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Full text of "Glossaire du pays Blaisois"

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Adrien THIBAULT 



GLOSSAIRE 



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PAYS BLAISOIS 



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BLOIS 

Chez tous les Libraires 



ORLEANS 

HERLUISON, libraire, roe Jeanne -Orc 



ET CHEZ LWLTELR 

t\ le. Claa.ij.sscc-St -Victor (près Blois) 



GLOSSAIRE DU PAYS BLAISOIS 



N" 279 



Cet Ouvrage a été tiré à trois cents exemplaires numJrotés, dont les dix premiers 

sur papier de luxe. 



Adrien THIBAULT 



GLOSSAIRE 



DU 



PAYS BLAISOIS 




BLOIS 

Chez tous les Libraires 



ORLEANS 

HERLUL^ON, libraire, rue Jeanne -d'Arc 



ET CHEZ L^ALTELR 

à le. Cha\assée-St -Victor (près Blois) 



ri 



^ 



PC 



La Maîtresse THIBAULT 



Née Francoise-Chantal FLUMAS 



Ma Mère. 



A vous, via bonne et chère Mère, à vous qui êtes 
issue des plus anciennes familles paysannes de ce sol 
blaisois, je dédie ce livre consacré à l'étude de l'idiome 
dans lequel vous nous avei élevé^^ mes frères et moi, 

Votre fils très respectueux, 

Adrien THIBAULT. 



PRÉFACE 



-♦►.*- 



Dans la Préface de son I)icli(jnnaire. Lidrê dit (p. XXVII) : 

« II s'introduit dans la langue littéraire des mots venus des 
« patois, particulièrement des patois qui. avoisinant le centre, 
« ont avec lui moins de dissemblance pour le parler. Cela n'est 
« point à regretter, car ce sont toujours des mots très-français, 
« et souvent des mois trés-heureux «. 

Et plus loin (p. X\'LÏ) : 

« Le patois est un dialecte qui. nayant plus de culture litté- 

« raire, sert seulement aux usages de lavie commune Le 

« fond qu'ils (les patois) tiennent des dialectes (de lancienne 
« France) est excellent, et aussi français que ce qui est dans la 
« langue littéraire : on peut donc en user en sécurité, car ils sont 
« une part réelle et saine de notre idiome ». 

C'est la lecture de ces lignes qui m'a engagé à mettre au jour 
cette modeste étude, et m'a fait espérer ([u'elle pouri'ait être 
utile. 

On devait, en effet, s'étonner de voir que personne n'avait 
encore songé à faire pour Blois, ce qui a été fait pour plusieurs 
provinces, c'est-à-dire, à recueillir les mots, les locutions du 
parler blaisois (1). S'il existe un pa^^s où cette étude dût être 
intéressante, c'est assurément celui-ci. « La pureté même de la 
« langue et la douceur d'accent que le berceau et la Cour des 
« Princes y ont apporté » (2) la rendaient même, je crois, néces- 
saire, à notre époque dinvestigations philologiques. Mais pour 
mener à bien cette entreprise, il ne suffisait pas de posséder les 
qualités qui font le philologue et le lexicographe, il fallait avoir 

(1) M. Talbert, professeur au Prytanéo de La Flèclio, a fait imprimor en 
1874 une Uii^se intituléo : Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'an- 
cienne langue et l'ancienne pronoyi dation françaises. C'est une dissertation 
d'érudit avec laquelle le présent ouvrage n'a d'autre rapport que le chapitre 
préliminaire où je traite de la prononciation ; et, encore là, nous différons 
sensiblement, M. Talbert ayant spécialement étudié le dialecte du canton de 
Mer. 

(2) Dernier, Hist. de Blois, p. 9. 



„ PRÉFACE 

la qualité d autochtone. Si je n'ai pas les premières, je puis 
hautement me recommander de» la seconde : jamais jmisan 
blaisois ne fut plus hlaisois que moi. 



Dans son acception vul^aaire. le mot Palais, pour la plupart 
des gens, signille langage corrompu, jargon. C'est là un juge- 
ment à réformer, et la définition de Littrê doit être regardée 
comme souveraine. Un parler qui s'affranchit de toute régie, de 
toute logique dans la formation des mots et dans leur sj^ntaxe. 
et ne peut avoir de grammaire, c'est là un jargon. Quand j'étais 
enfant, une vieille parente, fatiguée de m'entendre faire des 
gammes sur le piano, s'écriait : « Tu m'abages avec ton piano ! » 
Abager est patois, piano est jargon. 

S'il est un parler qui puisse s'appliquer de point en point la dé- 
finition que Littré donne du patois, c'est assurément le parler du 
pays blaisois. La conviction où je suis qu'il constitue un appoint 
précieux pour la langue, et l'espoir que d'autres partageront 
cette conviction sont les mobiles qui m'ont déterminé. 

Il est bien vrai, comme le dit Moncrif (1), « qu'on ne peut ni 
« ne doit fixer une langue vivante ». ^lais si la notre a besoin 
de s'étendre, pourquoi aller chez des étrangers chercher des 
vocables hétéroclites et aussi opposés par l'origine que par 
l'accent au génie français, quand nous pourrions user de notre 
propre patrimoine, en puisant dans nos vieux auteurs, et dans 
les divers dialectes ou patois? Tous les bons esprits sont d'ac- 
cord pour s'opposer à ces tendances anti-nationales que ces 
vieux auteurs eux-mérnes signalaient et déploraient déjà de leur 
temps : Noël du Fait (2) se demande « si cela est bien fait chaii- 
« ger et invertir les noms de nostre pa3's pour en aller emprun- 
« ter ailleurs, et estre notable signe d'estre mauvais mesnager, 
« quérir du feu chez ses voisins ». Ptonsard, à qui Boileau a 
reproché, avec trop de sévérité peut-être, de parler grec et latin 
en français (qu eût-il dit de Rabelais!) Ronsard parle ainsi dans 
la Préface de sa Franciade : « .Je t'adverti de ne faire conscience 

« de remettre en usage les antiques vocables et choisir les 

« mots les plus pregnants et significatifs ». 

(1) Œuvres mêlées, 174^J. 

(2) Contes d'Eutrapel, tome II, p, 2o0 et suiv 



PREFACE III 



Le pays hlaisois. loi quil faut rentendrc ici, ne comprend 
qu'un territoire restreinl. borné à peu près, du midi au nord, 
par Cliouzy. la forèl de Blois. Fossé. Marolles. Jarday, Villorbon, 
Menars. avec une pointe (lu'on pourrait mener jusqu'à Mer, en 
longeant la Loire. Au (U'ià de cette limite, c'est la Beauce avec 
son langage ([ui varie d'autant plus qu'on s'éloigne davantage. 
Du levant au sud, je ne puis jjrendre que le bord de la Loire, 
depuis Saint-D^^é jusqu'à Candé. Passé^^()ntlivault. Saint-Claude. 
Vineuil. Collettes et Chaillos. 0:1 commence à sentir l'inlluence 
de la langue solognote : deux lieues plus loin, on est en pleine 
Sologne [1). Ce cercle comprend donc, à peu près, les deux can- 
tons, est et ouest, de Rlois. Et cette délimitation ne doit point 
être considérée comme arbitraire, si l'on veut bien admettre 
comme juste le princi[)0 qui m'a guidé, savoir : que toutes les 
expressions contenues dans ce recueil doivent être communes 
à toutes les localités du territoire désigné, et que tel mot, par 
exemple, entendu à Menars. est employé, et avec le même sens. 
à Marolleset àCbailles. Certes, si j'avais voulu être moins exclu- 
sif, j'aurais singulièrement grossi mon volume en poussant une 
pointe, dun côté jusqu'à Ilorljaultet Marchenoir. de l'autre jus- 
qu'à Bracieux et Contres : et j'avoue que j'ai dû souvent me faire 
violence pour repousser des vocables gracieux, pittoresques, 
énergiques. Mais, les introduire ici. c'eût été détruire dans mon 
œuvre la seule qualité [)eut-être qui puisse lui donner une va- 
leur i)liilologique : l'unité. Je crois avoir réalisé de cette ma- 
nière le vœu que ^l. le comte Jaubert dans son GlosHcm^e dit 
centre de la France, formulait en ces termes (2): « Un jour 
« peut-être, pourvu qu'on ne tarde pas trop, il sera possible de 
« caractériser plus nettement les dialectes de ces diverses 

(1) Pour la Beauce et la Sologne, ha diiïérence du langage provient avant tout 
de la dilTérence de la culture, et par suite, dfs mœurs. Pour les limites en 
aval et en amont de la Loire, il est raisonnable de les arrêter, d'une 
part, à Chouzy, car Onzain (à 4 kilomètres), suivait la coutume de Touraine : 
aujourd'hui encore son arpent n'est que de 10 boisselées au lieu de \'i, en Blai- 
sois : et, d'autre part, à Mer, car Avaray (à 6 kilomètres), était régi par la cou- 
tume d'Orléans : la fabrique de cette paroisse fut même plusieurs années (1763) à 
ne déposer ses registres dans aucun greffe, hésitant entre celui de Blois et celui 
de Beaugencv. 

(2) Introd., p. 15. 



IV PREFACE 

« contrées, et (rassio-nor à chacune d'elles, à l'exemple des 
t flores locales, une certaine quantité de mots, de locutions 
« qui. en etïet. leur sont particulières ». 

.Mais en restant même dans ce cercle si restreint, on rencontre 
des expressions (jui S(^nt loin d'être d'un usage universel. 
(rret/adcs. qui est très usité à ^Fenars, à Saint-Denis, à la 
Chaussée, est complètement inconnu dans les villages voisins. 
Quant à la prononciation, on pourrait dire qu'elle varie, pour 
certains mots. d(^ village à village. Si o ne se prononce ou que 
dans un nomhre limité de mots (Voyez O. | PROXONCIA TION 
qui suit . aux Granges, faubourg de Rlois, cette substitution de 
sou est presque générale : « Mon hounounic, dounez-moi des 
poifjnes, è sont bonnes ». Chose étrange, on retrouve ce même 
parler à quatre lieues de là, à Mer. à Saint-Dyé et aux environs. 
La transformation du é initial en a {acouter, aborgner, etc.), si 
fréquente depuis Saint-Sulpice jusqu'à Saint-Denis, ne se re- 
trouve plus à Menars. p]lle disparaît tout-à-fait en Beauce, où 
Ton a même une tendance à transformer au contraire, le a en é 
{étvnper pour attraper), ce qu'on appelle ici 2^^t^^t£r j^ointu. On 
rencontre assez souvent, sourtout à Villetlanz}^ et à Villebrême 
des vieillards qui exagèrent l'habitude de substituer aux sons 
è, ai\e son eu, {crewne, eiuner, Queune, crème, aimer. Etienne] 
et qui prononcent presque tous les è, ai, é, sourdement, en des- 
serrant à peine les lèvres. 



ce 

O 



Tous hommes et femmes et petits enfants ont le nez en figure d'un 

as de treuWe. 

Rabelais, IV, 9. 

Je ne parle pas d'Orchaise. à trois lieues de Blois; le langage 
et surtout la prononciation de ce coin du Blaisois sont tellement 
caractérisés qu'il faudrait en faire une étude à part. 

M. Salomon Reinach. dans son Manuel de pJiilologie (1), pose 
cette question surprenante : « Si un français du seizième 
« siècle revenait sur terre, s*imagine-t-on qu'il comprendrait 
« une page de Rabelais prononcée par ses descendants actuels? » 
Je ne sais si ce français serait vraiment aussi dépaysé que le 
pense >f. Reinach en entendant un professeur en Sorbonne 
lire et commenter un chapitre de Pantagruel, mais je suis 
convaincu que Rabelais lui-même serait tout-à-fait à Taise s'il 

(1; Page l'77. 



PREFACE V 

venait se mêler à la conversation de nos paisans de Villebarou 
ou de Saint-Claude, car leur langage est encore aujourd'hui, 
à très peu de choses près, ce (jifil était au wi*" et même au 
x\^ siècle. 

Ung demi qiuirtier de terre assis dans le clou.u du pont chas- 

tré (aujourd'hui Ponts-Chartrains), joignant d'une part devers le vent 
cl'ahas au Gué-des-Paulx et d'autre part devers le vent d'amont, aux 
prés des dicts bailleurs, wn fous se entre deulx, et devers le vent de 
souUerre a la rivière de Cousson, et d'autre au elieniin ;i aller de la 
porte des Champs a Court (-Chevernyi. 

1 li)2. Arch. dép. Loir-et-Cher. E. 317. 

Le notaire qui rédigerait aujourd'hui ce bail rcrirail, sans 
doute,ces vocables avec l'orthographe acluelle: mais le bailleur 
et le preneur nen;^f^r/t'rr//t'y?/ pas d'autres que ceux du contrat 
de 1 \m. 



Après avoir arrêté les limites géographiques de mon travail. 
le point le plus important était d'en fixer les limites lexicogra- 
phiques. Que fallait-il prendre, que fallait-il laisser? Pour les 
mots manifestement corrompus, les mots de jargon (par ex. 
dcrictcment pour directement), je devais les exclure impitoya- 
blement. Mais dans le parler régulier n'avais-je pas aussi des 
éliminations à faire ? Devais-je, par exemple, accepter la locution 
astcure qu'on emploie ici universellement pour dire à cette 
heure ? Je ne l'ai point pensé, bien que Henry IV et Montaigne 
en eussent usé et que Brantôme eût écrit ast/mre ; ces illustres 
exemples ne pou valent me servir d'autorités: d'où qu'il vienne, un 
barbarisme est touiours un barbarisme. D'un autre côté, devais- 
je rejeter certains mots, sous prétexte qu<^ ce sont des mots de 
la langue officielle dont nous avons, nous, changé, transposé ou 
enlevé une ou plusieurs lettres ? Non, parce que dans la ])lu- 
part des cas. leur forme nettement caractérisée en fait des mots 
nouveaux, des mots tout autres. Je sais bien (|ue « la question 
« d'orthographe, pour peu qu'on la discute, doit être subor- 
« donnée à la question d'origine (1) », et que la forme la plus 
pure est celle qui se rapproche le plus du radical. On nous re- 
prochera de dire carcul, qui vient du lat. calculus, et colidor, qui 

(1) Charles Rozan, Les itetites Ignorances de la Conversation. 



vr PRÉFACE 



qui vient de l'italien corn'dore. Et pourtant, que faisons-nous 
autre chose que d'user de la pernuitalion si fréquente du l enr, 
et. réciproquement, du /• on /. qui a fait de iilulare, hurler, et de 
peregrhms, pèlerin ? 



¥ * 



J'ai aussi à m'expliquer sur l'admission de quelques mots 
(ils sont très rares) qui se trouveiit dans le Dictionnaire de 
l'Académie et surtout dans celui de Littré. Pour ceux qui ont 
une acception différente, leur i)lace ici était naturellement 
marquée. Pour les autres, j'ai été amené à les inscrire, parce 
(ju'ils y sont qualiliés. soit de bas, de populaires, soit de peu 
usités, qualifications qu'ils n'ont plus chez nous, ou de provin- 
ciaux, tels que canette. Littré disant : « Canette 4° Nom, 

« dans quelques provinces, de la bille dont les enfants se 
« servent pour jouer «. il est tout naturel que j'indique que le 
Blaisois est une de ces provinces-là. On m'a fait encore observer 
que plusieurs mots se rencontrent aussi dans d'autres parlers 
provinciaux, et ne sont pas, par conséquent, spéciaux à notre 
contrée : je n'en disconviens pas. Mais si, sous ce prétexte, je 
dois les négliger, un lexicographe tourangeau ou berrichon 
devra les omettre aussi, sous prétexte qu'ils font partie du 
parler blaisois : et alors, où les trouvera-t-on ? Il me suffit 
qu'ils existent ici pour que je les adopte ; car il importe que ce 
livre soit un recueil aussi complet que possible des mots du 
dialecte Blaisois. 

J'ai pensé bien faire aussi en donnant quelques mots anciens, 
aujourd'hui disparus, mais qui m'ont semblé appartenir 
spécialement au parler blaisois d'autrefois, ou, tout au moins, 
3' avoir été fort répandus. Outre l'intérêt archéologique qu'ils 
peuvent avoir, ces mots sont évidemment du domaine que 
j'avais à exploiter. 



» 



J'ai cru devoir insérer de nombreux exemples, non seulement 
pour venir en aide aux définitions, mais aussi pour donner une 
idée de la tournure des phrases et de l'esprit de nos paysans; 
et. dans ce but. pour les définitions, comme pour les exemples, 
je n'ai point hésité à employer les mots de mon propre Glossaire 
quand je les ai trouvés plus vrais, plus expressifs que ceux de 



PREFACE VII 

l'Académie. Leur origine est celle même de la langue et j'ai 
fait ce que j'ai pu pour lei)rouver. Sans doute, ma démonstration 
eut été plus complète si javais pu consacrera mes recherches 
autant de temps que j'y avais de goût. Néanmoins, je crois 
avoir éta^^é de citations anciennes les définitions d'un assez 
grand nombre de mots pour quon puisse accorder quelque 
crédit à celles qui en manquent. 






L'étymologie devait, à son tour, être traitée avec le plus 
grand soin. Pour les mots qui sont de la langue littéraire ou 
qui n'en différent que par quelque léger changement de forme 
j'ai considéré que leurs origines a3^ant été supérieurement 
étudiées par les maîtres dans des ouvrages qui sont entre 
toutes les mains, il serait puéril de les relater. Je n'ai ])arlé de 
leur étymologie que lorsque j'ai vu que la forme dialectale s'en 
approchait davantage que la forme française. Quant â ceux qui 
n'ont aucun rapport avec la langue académique, j'ai dû me 
borner, souvent, à en indiquer simplement le radical, sans 
chercher à expliquer la raison d'être de toutes les lettres qui 
les constituent. Les ét^^mologistes modernes ont établi des 
régies de permutation ingénieuses, mais qui ont le tort, à mon 
sens, d'être données comme absolues. Il y a (et il y aura 
probablement toujours), dans le français, des vocables dont il 
est impossible de justifier logiquement la construction ; à plus 
forte raison, dans un dialecte qui n'a pas de monuments 
littéraires. N'est-il pas permis, cependant, d'indiquer leur 
origine, si leur filiation est évidente ? ^le sera-t-il défendu, par 
exemple, d'écrire que pleumevoie vient de prirnula veris, cràpi 
de crapaud et tauyon de taudis, sous prétexte que ces formes 
capricieuses sont en désaccord avec les principes posés par 
M. Brachet ? Je ne le pense pas. Je crois, au contraire, que le 
lecteur me saura gré de n'avoir pas reculé devant la tâche qui 
s'imposait d'établir la légitimité des droits qu'ont ces nouveaux 
venus, qui sont pourtant des aînés, à entrer dans la langue 
française. Pour être plus court, je n'ai pas indiqué l'origine du 
mot quand cette origine apparaît clairement dans ce mot 
lui-même ou dans sa définition. 



* 



VIII PRÉFACE 

Littrê. qu'on est toujours heureux d'avoir pour soi. a dit : 
(Prof. p. XXVIID. 
« Malheureusement toutes ces sources de langue qui coulent 

• dans les patois sont loin dètre à la portée du lexicographe. 

• 11 son faut beaucoup que le domaine des parlers provinciaux 

• ait été suflisammenl exploré. 11 y reste encore de três-consi- 
« dérables lacunes ». 

C'est une de ces lacunes-là que j'essaye de combler aujour- 
d'hui ; et. pour justilîer davantage encore lopportunité de 
cette élude, je rappelle le conseil du comte Jaubert disant 
qu'il iic faut pas f)'op farrfr)-. Cela est vrai ; les vieilles 
expressions et surtout la vieille prononciation disparaissent 
tous les jours. Ce recueil qui eut été une fois plus considérable 
il y a quarante ans, serait peut-être, dans quarante ans d'ici. 
impossible à composer. Et Charles Nodier me semble avoir 
pressenti ce terme fatal quand il écrivait : « Si ces dialectes 

• populaires n'existaient plus, il faudrait créer une Académie 

• pour les retrouver ». J'applaudis de grand cœur à ces paroles. 
Oui. il est possible, je ne dis pas désirable, que les patois 
disparaissent ; mais, s'il doit en être ainsi, on reprendra, sans 
doute, ridée de ce maître de la langue française. En ce cas, 
mon petit livre pourra être de quelque utilité à la future 
académie. Il pourra aussi servir à constater que Blois n'est pas 
indigne de la réputation qu'il a, détre la patrie du beau 
langage et de la bonne prononciation. 



La Chaussee-Saint-Victor, Mai 1892. 



.^ I. OBSERVATIONS GRAMMATICALES 



(1) 



AuTicLi-: 1. - .Siilis^aiilil'H 

Acte, âge, air, autel, centime, chaud, éclair, emplâtre, espace, 
évangile, froid fïred), frîclie, gest(\ honneur, hôtel, incendie, 
légume, orage, ouvrage. i)oison sont du genre féminin. 

Fourmi (IVomi). image, noix, sentinelle sont masculins. 

Article '2. — I*i-oii<mii^< |M'I'!h<>iiii(^Is 



Singulier < 



Masculin. Féminin 

1'^ p. Je Je 

2'' 1». Ta m 



) .,^ (^ À' on .1 (levant une consonne, 

l f ^l Elle ou Aile devant une voyelle. 

il"^ 1). Je Je 

2" p. Vou Voie 

.^ ^ / E OU / (levant une consonne. 

( // Elle ou // devant une voyelle. 

Comme j' étions attentifs : et qui sommes-nous f Je sommes ce que 

je sommes ; je jouons. 

Moy. de parvenir, 1, 2G1. 

Je n'avons que faire de femmes avecq nous. 
17 août 1611. Aff". Guignard. Arcli. L.-et-Gli. li. Baill. de Blois. 

Je crois que nos anemys sont en grant pêne, vu la honteuse 

retrete qu'/// ont fet ; pour tout le jour de demayn, je soré le chemyn 

rjiKjs prendront et s'tjl ont joué le pasyon, nous jourons la 

vanyance. 

François I"'', Aneed. françoises, p. 112. Paris, 17U8. 

// y a. Il y avail. il y aura, il y aurait se prononcent yna^ 
gn'avé. gn'ara, gn'nrc. 

En français, dans Je l'aime, lu l'as, ils l'embrassent, V tient 
lieu indistinctement de te ou de la ou de cela. Il n'en est pas de 

(1) Dans tout ce paragraphe, on a fait bon marché de l'orthographe pour 
s'attacher à figurer aussi exactement que possible la phonétique du parler blai8(3is. 



X 



OBSERVATIONS 



même ici. On prononce toujours le pronom féminin la en le 
faisant suivre d'un .s- euphonique, quand le verbe commence 
par une voyelle ou un h muet: Je la s'aime, tu la s'as, i la 
s'embrassent. Voyez plus loin | II, PROXOXCIA TION, L. 

Article: 3. — Verbes 

CONJUGAISON DES VERBES AUXILIAIRES AVOIR et ÊTRE 

Infinitif 

PRÉSENT 

Avoir Etre 

PASSÉ 

Avoir èvu, èyant èvu Avoir ète (1), èyant ète 





PARTICIPE PRESENT 


Èyant 




Étant 




PARTICIPE PASSÉ 


Évu, èvue 


Indicatif 

PRÉSENT 


Été, ètée 


J'? 




J'se 


T'as 




T'es 


Il a 




Il est 


J avons 




J'sommes 


Vou ave 




Vou êtes 


Il ont 




I sont 




IMPARFAIT 


J'avée (2) 




J'ètée (2) 


T'avée 




T'ètée 


Il avé 




II été ou il'té 


J'avains 




J'ètains 


Vou avéez 




Vou ètéez 


Il avaint (3) 




Il ètaint ou il'taint (3) 



(1) Pour la prononciation de e, toyez au | II, PRONONCIATION, Tarticle p:, 
É, É, etc. 

(2) Cette prononciation est la même pour tous les verbes : j'eumée, j'finisée, 
j'recevée. j'rendée, j'eumerée, j'finirée, je recevrée, j'rendrée. 

(3; Or en nouant se cuydoint reposer 

Dens le basteau, car avoient lait la veille. 

BouRDiGNÉ, Faifeu, p. 6(3. 



GRAiNnrATICALES 



XI 



J'e èvu 

T'as èvu, etc. 



(Pas de PASSiJ: dkfinh 



PASSi: INDI.FIXI 



J'e ète 
T'as ète, etc. 



(Pas de PASSÉ antf.rifair) 



J'avée èvu 
'r'av('^o èvu, otc*. 



!'I>US-QUF-I>AHFAIT 



.l'a vue ète 
T'avée èie, otc 



FlJTl R SIMI'LL: 



J'are 
T'a ras 
I! ara 
J'arons 
\'ou a>'ez 
Il a roi) t. 



.l'sere 
Tu s'i'tis 
I s'ra 
J 'serons 
Vou s'rez 
I s'rout 



J'are èvu 
T'aras èvu, etc. 



FriTK l'Assi-: 



J'are ète 

s/ 

T'aras ète, etc. 



Conditionnel 



PRF.SFNT ne FUTUR 



J'arée 

I aree 

II are 
J'arains 
Vou aréez 
Il araint 



J'serèe 
Tu s'rèe 
I s'ré 
J'serains 
Vou s'réez 
I s'raint 



PASSE 



J'arèe èvu 


J'arée ète 


T'arée èvu, etc. 


T'arée ète, etc. 




IMPÉRATIF 


É 


Se 


Èyons 
Eve 


Sèvons 
beve 



XI 1 OBSERVATIONS 

Subjonctif 



PRi:SF,NT 



Que j'èye Q^^ j'sé ou sèye 

(Jue fève ^ue tu sèye 

Qu'il èye Qu'i se ou sèye 

Que j'eyains Que j'sèyains 

Que vou èyèez Que vou sèyéez 

Qu'il èyaint Qu'i sèyaint 

(Pas d'imparfait) 

PASSK 

Que j'ève èvu. Que j'èye ète 

Que t'èye èvu, etc. Que t'èye ète, etc. 

Article 4. — Vei-I»e» i*éllecliîs 



li 

V 



Je m'amuse Je me se amuse 

Tu t'amuse Tu t'es amuse 

I s'amuse I s'é amuse 

Je nous amusons Je nous sommes amuses 

Vou vou amuse Vou vou êtes amuses 

I leux amusent I leux sont amuses 

etc., etc., etc. 

Article 5. — €oiijM^i»îîsini îiiterro^atîve 

Cette conjugaison est inusitée, sauf pour les verbes auxiliaires 
être et avoir, où elle prend une forme tout-à-fait barbare : 



Je-fi ? 






J'se-t'i ? 


As-tu ? 






Es-tu ? 


A-t'i ? 






Est-i f 


J'avons-t'i ? 
Vou' ave-t'i f 






J'sommes-t'i ? 
Vou'ètes-t'i ? 


' >nt'i f 






Sont'i y 




etc.. 


etc.. 


, etc. 



Les autres verbes s'emploient dans la forme ordinaire ; c'est 
l'inflexion de la voix qui fait l'interrogation : Vous voulez 
venir 1 (sous-entendu : est-ce que) pour : Voulez-vous venir 1 



CtRAMMATICALES XIII 

Article 6. — Voi'Im»)^ iIoiiI In coiijii^^'iiiMfHi wVc*arte 

lies i'èf;ic*N <u'ilîimii'0« (1) 

1"^ CONJUGAISON 

ALLI'ilx. l'réa. du suhj . gue jallc •jik' t'nik's, (\\i\\ aile, que. 
j'allains. que vou' alléez. (luil âllent. 
ENVOYER et RFA'VOYI'.K. Fut. .IN^ivoirai. Cnnd. .l'eMvoirai>. 
TROr\'FH. Fdf. .!•' li-nu\t'Mi'ai. Coud, .le trouvéri'ais. 

2' CONJUGAISON 

H<)L*ILLIK. Fn(..\v bouilierai ou je ijouerai. Coud, .le Ijuuilleraisou 
je boue rai s. 

(XJILLIR (pour cueillir). Fut. Je cuillirai. Cond. Je cuilliraiî?. 

REQUÉRIR. rar(. ijas8é. Re(iuéri. 

'ri''NlR. Prés, de i'ind. Je teins, lu teins, ileint, jtenon^^, vous 
tenez, i'tennent. Futat-. Je teini-ai. Cond. Je leinrais. Prés. du. subj. 
Que je tenue. Pari, passé. Teint, teiiiti^ nu tint, tiulc Ses dérivés 
suivent la même règle. 

VENIR. Prés, de I'ind. Je veins, tu veins, i'veint, j'venons, vous 
venez, i'vennent. Fut. Je veinrai. Cond. Je veinrais. Prés, du subj . 
Queje venne. Ses dérivés suivent la même règle. Prévenir, fait en 
outre, siu part, passé, préveint, jtréveinte. 

3 CONJUGAISON 

APERCEVOIR, CONCEVOIR, DEVOIR, RECEVOIR. :j' pers. 
pi. du prés, de I'ind. U'apercevent, i'concevent. etc. Au prés, du subj. 
Que j'aperceve, etc. 

FALLOIR. Iniparf. ITaillait. Fut. ITaura. Condit. ITaurait. 

PLEUVOIR. Fut. l'pleura. Cond. l'pleurait. 

POUVOIR. 3^ pers. pi. du prés, de I'ind. l'pouvent. Prés, du subj. 
Que je peuve ou pouve. 

SAVOIR. Fut. Je sarai. Cond. Je sarais. Prés, du .subj. Que je 
save. 

VALOIR. Fut. Je vaurai. Cond. Je vaurais. 

VOIR. Fut. Je voirai. Cond. Je voirais. 

VOULOIR. Prés, de I'ind. J'velons, vous vêlez, i'voulent. Iniparf, 
Je vêlais, tu vêlais, i'velait, je velains, vous veléez, i'velaint. Fut. Je 
vourai. Cond. Je vourais. Prés, du subj. Que je voule. 

(1) Pour la pionon.ialion de tout cet article, voyez, ci-dessus, la conjug. des 
auxiliaires. 



XIV OBSERVATIONS GKAMMAÏICALES 

4 CONJUGAISON 

ATTKINDUK, AVI'.INDKi:, l':'l"I':iNnRE conservent \e ci k tous les 
temps : Jatteindons, j'aveimlais, éteindu. 

IKUUi;. Près, de l'ind. Je boiivojis, vous l)euvez, i'beuvent. Prés, de 
auOj. «jue je beuve, etc. 

COIDRI'', conserve le d à tous les temps: Vous coudez, je cou- 
dais, cpie je coiide, coudant, coùdu. 

ECl.OHK. Prt'.s. de Vind. 11 ècluiit, irèclouscnt. Irnparf. 11 èclouait. 
Fut. Il èclouera. Cond. Il èclouerait. Prévient, du subj. Qu'il èclouse. 
Part, passe. Eclous. Ce sont les seuls temps usités. 

KAIRK. Prés, du subj. Que vous faisiez. 

PKl'NDRE. Fut. Je prenrai. Cond. Je f>renrais. Ses dérivés suivent 
la même règle. 

RKPONDRE. Part, passé. Répons. 

lilRE. 3^' pers. pi. prés, de l'ind. l'risent. SubJ. Qu l'risent. 

SUIVRK. liasse défini. J'ai sui. Fut. Je suirai. Cond. Je suirais. 

POURSUIVRE suit la même règle. Voy. SUIVRE, au Glossaire. 

\1\RK. Passé déf. J'ai vit, t'as vit, etc. 

Autrefois le Passé défini, et même l'Imparfait de l'indicatif, le 
Présent et l'Imparfait du subjonctif, surtout dans les verbes de 
la l'"'' conjugaison, avaient leur terminaison en is pour la 
1^" et la '> pers. sing. et en // pour la 8^ Aujourd'hui on 
n'entend plus guère ce parler que dans la bouche des vieillards. 
Mon grand-oncle Jacquot Poulin me disait un jour : « Derien. 
si ton chien enragit et qui m'mordit, vauré mieux qutu l'sâbris 
tout de suite. 

En telle sorte que Marquet tombit de dessus sa iument. 

Rab., I, 2Ô. 



.^ IL PRONONCIATION 



A 

A a le son de au dans animal, année, Xanne (Annei Nannon, 
Xannette, ^farianne. Jeanne, gagner, tempérament: An-7iiuu(L 
an-née, etc. Henri Kstienne. l'Estoile et beaucoup d'autres 
écrivent fjangner. 

A est long dans palais, paillon, espace.* palais ijàlUon^ espace 
et bref dans paille, paillasse, paillasson. 

AT 
Chocolat, soldai se prononcent chocolà. solda. 

E, É, È, AI. ES. EZ et ER 

E a très souvent un son spécial qui n'est pas compris dans 
les quatre manières d'être de e définies par la grammaire, qui 
sont : e aigu = c, e grave = 6^, e circonflexe = è, et e muet = c. 
Si c n'est pas articulé d-àw^ engageant, pluie, il l'est, et d'une 
façon bien distincte, dans cheval, recevoir; cependant, dans 
l'un et l'autre cas. il est dit muet, quoiqu'il ne le soit point dans 
le second. On pourrait alors appeler cet e e doux et adopter un 

V 

nouvel accent : e, pour le distinguer. 

E^ é et ai sont souvent prononcés comme e. Er. à la fin d"un 
mot. Test toujours, aussi bien dans le langage des blaisois 
lettrés que dans le parler des campagnards. Danser, danger se 
prononcent danse, dange, et non dansé, dangé. 

E^ ê, ez ai, se prononcent eu dans chez, crème, prêt, apprêter, 
mèche, aimer, Villebrême: Cheuœ^ creume. etc. 

Comme il appert an Livre de ses probleiunes. 

Rose, Préf. XLV. 

E se prononce è dans dehors, demeurer, devenir : dehors, 
demeure, dèveni. 

E préfixe se prononce a ou plutôt se change en a dans un 
grand nombre de mots : les plus usités sont portés au Glossaire 



XVI 



PRONONCIATION 



à la lettre A. Dans riiitérieur des mots, cette prononciation est 
aussi fort commune, surtout quand e est suivi de r : Varser, 
2xircer. verser, percer. 

S'il s'en fust deslors appareeu. 

Rose. 5186. 

.1 / ei AVs se prononcent très souvent c', ée : Je bâtissais des 
maisons,. ;V bàdsscc dée méesons. ( Voyez l'article 3 du 1 1). 
É est êlidè dans cépage, c'page. Cliétif se prononce ch'ti. 

I 

/ a quelquefois le son de ci. Autrefois cette prononciation était 
très répandue. J'ai une assiette de Nevers de 1768 représentant 
St Vciclor. Aujourd'hui on n'entend plus guère que veigne, 
leignc. peignon: vigne, ligne, pignon. 

Pareillement Néron louovt les champeignons. 

Rab., IV, 50. 

0, AU et EAU 

a le son de on quand il est snivi de gn : ivrogne, besogne, 
ivrongne, besongne : 

Et afin qu elle besongne 

Elle empongne 
La quenouille et le fuseau 

B. DES PÉRiERS, Bonne femme, p. ;n5. 
Un grand panier d'ozier presque plain cVongnons. 

IfllT. Invent, présid. de Metz, p. 48. Arcli. L.-et-Ch. B. 
Baill. de Blois. 

<ju quand il est suivi de mrji, un: pomme, bonnet, pon rue. 

bon net. 

se prononce ou dans alose, chose, dos, os, repos, gros 

groseille, clos, closerie, closier, fosse, fossé, coté, cote 

Pentecôte, rôtir, ôter, oser, osier, gosier, poteau, rosée, arroser 

arrosoir, notre, votre, tôt. sitôt, soleil, sobriquet : alouse 

rhouse. etc. Cette prononciation était autrefois à peu prés 

générale. 

Car de sa souc/ie 

A point lais.-jé parent plus proiic/ie 

Vi. DES Pj':riers, Andrie. act. IV, se. (). 

AT se prononce aussi quelquefois o^«.• aller oit lit, hier ou 
boir. aussi oussi. saupiquet souplqaei. (Voyez Ou au Glossaire. ) 



PROXONCIATIOX xvii 

est aspiré dans ourse : la ourse. 

Eau se prononce presque toujours iaii : beau, pruneau. 
Beauce, ùiau, peurgniau, Biauce. Cette prononciation date des 
origines de la langue. 

DiauûVi, la première chose que je t'enseigne, c'est que tu mettes 

ton cuer en amer Dieu. 

JoiNviLLE, Mèm., p. 23G (éd. ISôS). 

U 

U se prononce presque toujours eu : Ursuline, plume, 
verdure, eicrseline, pleume, verdeure. 

DAVUS. 

Je ne l'avais pas encor veu 





SIMO. 






Davus ? 


DAVUS, 








Plait-il 


■> 






SI MO. 










Approche un 


peu. 




DAVUS. 






Vous avez 


, parlé à 


cette heure 





Bien apertement. 

SIMO. 

Je t'asseure. 
B. DES PÉRiERS, Andrie, act. I, se. 2. 
Une aerreare garnie de ce qui lui est nécessaire pour la. fer me te une. 
Avril 1618. Bail Feularde. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

DIER. DIÉRE 

La terminaison dierae prononce gue : grenadier, giœrnague: 
dière se prononce gitéese : chaudière, chcmgiœese. 

EN 

En, pronom relatif, suivi d'un verbe commençant par une 
vo^^elle, se prononce ainsi : 



XVIII PRONOXCIATION 

Si je peux en avoir. .sV /peux n'n'avoir: j'en attrape deux, 7c' 

a' n'attrape (îcifw. 

Il se prononce de même quand il est précédé de la négation 
7)': nous n'en étions pas loin,.yV' n'n'c tains point loin. Cette pro- 
nonciation est le résultat de la combinaison de en avec le n que, 
par une sorte de prosthése euphonique, le paysan place, dans 
certains cas, devant certains mots. Voyez N au Glossaire. 
Voici un fragment de récit patois qui donnera une idée de ce 

langage. 

\"\{i mon p'iit gàs qui m'dit: « Mon grand-pée, gn'y a 

désouàsiaux tant plein la caur, /n'en vaurée bein pour n'en 
mange ein p'tit «. La bourgeoise me dit : « Prends don ton fusil 
et vas-n'v «. — « Bam ! i'veux bein, si j'peux n' n'avoir \ » Je 
m'mée darriéze la porte de noute persoue : comme ça. je 
n' n'ètee point loin. Mé v'ia-t-i pas l'sacrée chat d'ia mée L'âme- 
douce qui veint les souhâmer ! I f . . . ichent le camp, vous pense 
bein ' .Itire taut d'même, je n' n'attrape deux, etc., etc. 

ET 

Kt. à la Un d'un mot. se prononce ordinairement é: bouquet, 
poulet, ho\iq\ié. jyonlé. 

EU 

Fai se prononce pres([ue toujours a : Eustaehe, Europe, 
Ustache. Urope. 

Jouxte d'un long à Husiache Galliot vers gallenie. 

Mars 1018. Part. Guill. Charron. Arcli. L.-et-Ch. B. Baill. 
fie Blois. 

Eur. à la fin d'un mot. ï'à\i euœ : sonneur, crieur, sonneaœ. 

herieux. 

Le tem|)s est j)ar trop rigoureux 

D'en vieillir Rois et Empereurs. 

Rose, .302. 

Marchans, Bourgeoys, Roturiers, iMhoareux ; 

Lors mon esprit fut fort laborieux 

BoiJRDiGNi':, Fai Jeu, p. 18. 

Bien gros Seigneur, jeune Abbé et joyeux 

Qui à meint jeu estoit très grant Joueuj'. 

Ibid., p. 88. 



PRONONCIATION xix 

HE 

//(' il \c Sun (le II dans hébéler, herbe, herbage, herboriste. 
Ilerbaiil. Ilereiile. h(^rse. lierser : nhfyc. (trhc... ITdrhavf.. . 

lEN 

len se prononce eut dans mien, lien, sien, i)ieii adv.), 
combien, rien, vaurien, mein... conûmn... raurein. 

()1 

V 

0/ se prononce ime dans moi. h)i. soi. doigl, quoi. cliarr(ji el 
dans tous les mois en inr en supprimant le /• ; mouchoir, tiroir: 
hioue /nouchoue. tirove. 

VA au retour de cet enterrement lienar et son ij^endre sjont venu 
goûter ces mouey et pour leurs dépenses je conte cinq soûls. 

18 sept. 1G3(). C\V^ delà Charité. Eglise de la Chaussée- 
S^ Victor. 

(excepté noir, soir, Loir et les inhnitifs en oir.) 

Il se prononce ovê dans tous les autres mots terminés en oi, 
dans les indicatifs en oU et dans les mots en oïl, oile et oine : 
foi. je dois, poil, étoile, chanoine, fovè, dovè. etc. 

Use prononce o^tai dans les mots en o«(? lexcepté oie, foie^, 
dans les mots en o/.s ^excepté bois^ dans les mots en olse et en 
oire (excepté Loire) et flans loi : joie, blaisois. ardoise, boire, 
Jouaie. Uaisouais, etc. 

Jean Cliahuneau de la paroisse de St-Honoré de Blouain. 

2Î) avril IGGt. Arcli. mun. Villebarou, vol. 1(31 1. 

Il se prononce oué dans les mots en oit : il boit. ^ boue, et oa 
dans les infinitifs en oU' : savoir, saroar. et dans Loire. 

Il se prononce ouà dans bois. oie. foie, bouâ, ouà, fouà, et 
quand il se trouve dans l'intérieur d'un mot : oiseau. ovAsiau. 

OU 

Ou a. assez souvent, un son difficile à figurer. Dans cette 
phrase : tache d'oublier ce mauvais tour, tâche cVauheyier ce 
mauvais taicr, le son de la diphtongue, s'il n'est pas tout à fait 
au, n'est plus ou. 



X X PRONONCI A TION 

El vou5^ qui jiortez granz codièreï> 
Cotulle, au musse de travers 
Delessez totes vos inagnières, 
Car vous estes viande à vers. 
1 lA». Épitaphe de J. de MorainviUe dans l'égl. de l'abb. 
de Beaugency, ap. Talbert. 221>. 

TI 

Ti suivi de e accentué se prononce qui : amitié, amiquie, et 
\\\\e\x\amiqu'quie: gouttière, gouquioze, et mieux gouqii'qiiiéze; 
Etienne. Quicnnc : tiens, quiens. 

La plus grande pi'jué du monde. 

Cyrano de B , f'éd. Joué, act. II, se. 2. 

On dit aussi pequit pour petit, et surtout pequiot pour petiot. 

Cette prononciation n'est pas plus extraordinaire que celle 
qui change ti en si dans tous les mots terminés en tient et en 
lion: pa//ent. élec/?on. 

C 

C se prononce g dans Claude, dans secret et ses dérivés, fa- 
culté et ses dérivés, second et ses dérivés. 



F ne se prononce pas dans bœuf, neuf (adj.), œuf, et veuf. 



Dans les terminaisons ou l est précédé d'une consonne et suivi 
d'un e muet il ne se prononce pas : table, cruble (crible), tahe, 

crube. 

Ce que demandrez, vous Tarez 

Et plus grant chose, ce me semble, 
Que vous êtes son orijlambe. 

Misi. du s. d'Orléans, 18,801. 

L suivi de i et dune autre vo^^elle, est mouillé, c'est-à-dire 
qu'il se prononce à peu prés comme y : liard, chandelier, four- 
milière, yiar, chandèyie, froumiyése ; c'est le gl des italiens. 

Je n'eussiesmes pas encor cheminé deux glieues. 

Cyrano de B., Ped. joué, act. II, se. 2. 

(.Cependant lie se prononce régulièrement li). Quand, dans ce 



PROXOXCIATION xxf 

cas, ^ est précédé d'une consonne, on articule cette consonne 
comme si elle était suivie <rmi r ; lahlior. puljlier. taheyic, pn- 
beyie. 

L ne se [U'ononce pas dans seul, ce uiot étant précédé immé- 
diatement de ioul : J'etéc tinit sric, jétains tout seux. 

Ainsi ostoye aux champs tout seuhr 
Et entre les pastours viz ceulx 
Qui s'ayuiei'ont, et autour d'enu;. 
Leurs l)rel)iettes. 

Al. CiiAurirn, Lir. des J Damea. 

L' remplaçant le [)ronom ]>ersonnel /c dcn'ant un verbe com- 
mençant par une vo^Tlle se prononce comme s'il yavait deux f: 
je laime. vous ne laime/ plus, Jel l'aune, vous nel L'aurez 
plus. 11 en est de même de /' représentant le pronom personnel 
la, mais pour les citadins seulement : pour les paysans, rouez 
% I, art. 2. Pronoms personnels. 

N 

X se prononce gn devant un / ou ij suivis dune autre voyelle : 
panier, fainient (fainéant), jjegnie, féegnian. 

Et vous qui portez granz codières, 
Cotulle, aumusse de travers, 
Delessez toutes vos magnières, 
Car vous êtes viande à vers. 
142U. Épitaphe. deJ. de Morainville dans l'égl. de l'abb. de 
Beaugency, ap. Talbert, p. 229. 
Deux pagniers. une corbeille et une cage. 

1) avril 1(*)(m. Invent. Passac, p. 13. Arcli. L.-et-Cli. E. (KiU. 

K 

A' [U'écédé du ne consonne, et suivi dun c muet, se place 
presque toujours, dans la prononciation, après cet e muet : 
adresser, breton, aderse, berlon. 

Reçoit l'ame en sa poverté. 

Rose, IPJSO. 

Item paiey a Pierre Tiercelin six livres dix set soûls pour le ren- 
l)Ourcer de l'argent qu'il auoit perieg. 

Janvier l()3fl. Cp*" de la Charité. Egl. de la Chaussée- 
St-Victor. 



XXII PROXi^XCIATION 

Journal eoinmencè le cinq feverier mil sept cent soixante et dix. 
Jonrn. «le Girnnd, 1'^' 1, r" et passim. Arcli. L.-et-Ch. 
V.. ()T8 bis. 

H en est de même niiaiid. au lieu d'un c muet, il est suivi de 

la terminaison ier. iére : prier, perie : 

Une folette chamberière d'étrange pays. 

B. ni'.s Pkrif.rs, Dise. non. plus mélanc, XIII, 198. 

el dans quelques autres cas : craquelin, carquelin, grouln, 

(JKO'OUiii. 

Quand, dans la dernière s^^labe dun mot, r est précédé d'une 
consonne et suivi d'un (Miiuet. il est élidé, si ce mot est suivi 
d'un repos, point ou virgule, ou d'un mot commençant par une 
voyelle : Respecfe rout'inaite, le maite Henry. 

Maistre Jehan de Meun ce ronnnant 

Parfist aussi comme je treuve 

P,t ainsi commence son œucre. 

Rose, 1153. 

Biens confisqués sur Augustin Texier-Gallery ci-devant chevalier 
des Ordes du tyran. 

Quartidi 21 fruct. an II. Affiche. Arch. H. Johannet. 

Si le mot suivant commence par une consonne, on fait sentir 
le rad libitum, un pauver gâs ou un pauve gâs. Dans arbre, le 
premier r disparaît même aussi : un bel âhe. 

Dans les substantifs terminés en oir, r ne se prononce presque 

V 

Jamais: Pressoir, persoite, un mouchoir à carreaux, VlW mou- 
choice à carriaux. L'orthographe usitée au xvi*^ siècle laisse 
supposer qu'on prononçait alors de cette façon : 

Ainsi les habitants de ce même lerroi/ 
Fourmillent à ce bord d'un regard plein d'effroy 

Ronsard, Hijm. 

Cependant r se prononce toujours dans les monosyllabes noir, 
soir. Loir). 

R ne se prononce jamais à la fin des infinitifs en er et en ir : 
aimer, finir, en/nie, fini. On entend aussi plaisi, pour plaisir. 

Quant a la terminaison ir des verbes, Vr ne s'en prononce jamais 
dans la conversation, ni devant une consonne, ni lorsque le verbe 
finit le sens et mesme on néglige souvent de la prononcer devant une 
voyelle. Mais dans la prononciation soutenue, il faut toujours faire 
sentir Vr. 

Regnier-Dksmar.ms, Traité de la Gramm. franc., p. 49. 



PROXONCIATIOX xxiii 

R entre deux voyelles se i)runonce souvent comme z : mare, 
marais, fressure, hutze. mazà. fcr^uze. Il est souvent êlidé 
dans père, mère, pée. méc. 

Autrefois, tous les r entre deux voyelles se prononçaient .^. 
On entend encore des vieillards illelirés dire les o^c/Z/cî' pour 
les oreilles, un ozUlle)\m\ oreiller; et cette prononciation est 
pour eux tellement naturelle qu'ils l'appliquent même à des mots 
d'origine récente : la gàzc pour la gare. Cet usage s'est surtout 
perpétué sur le territoire de Villebarou : on y dit, par exemple, 
les masas (marais . tandis qu'à quelques kilomètres d»' là, à 
MaroUes. on i)rononce )nams [J'oi/ez Guesite au Glossaire;. 

Denis Marin, serrusier a Blois. 

l^)^!0. Cp'^ (lo la marelle, éyl. Chaussèe-S'- Victor, |). I"). 

Mémoire des ouvraye de serruserie <|iie ie fait Fait une 

serreuse avec deux clez. 

ITIU. Arcli. (.lelegl. de la Chaussée-S'-Victor. 

J'oycz aussi Marot : Epistre du beau fy de Pazy. 



L.i:!?ii 1 e: 



des Auteurs le plus souvent cités 



-*<•>*- 



Archives tléparteineiitales de Loir-et-Cher. 

Archives de l'église de la Chaussée-S*-Victor. 

Archives de la mairie de la Chaussée-S*-Victor. 

Archives de la mairie de S*-Denis-sur-Loire. 

Archives de la mairie de Villebarou. 

Archives de M. Hippolyte Johannet, propriétaire à Blois. 

J. Bermer. Histoire de Blois. Paris, 1082. 

Ch. BouRDiGNÉ. La Légende de Maistre Pierre Faifeu, Paris, 
Ccustelier, 1723. 

Dl'cange. Glossarium ad script, med. et injhn. latinitatis, eum 
Huppl, Paris. 1733-60. 

Al. Chartier. Les Œuvres de Maistre Alain C/iartier, Paris, 
1017. 

Commentaires tres-exeellens de l'hjjstoire des plantes, composez 
premièrement en latin par Leonarth Fousch, médecin très renommé 
et depuis nouvellement traduicts en langue françoise par un homme 
scavant et bien expert en la matière. A Paris, Jacques Gazeau, 1549. 

G. CoQuiLLART. Les Poésies de Guillaume Coquillart, officiai de 
l'Eglise de Reims, Paris, Coustelier, 1723. 

G. Crétin. Les Poésies de Guillaume Crétin, Paris, Coustelier, 
1723. 

X. m: Fail. Les Contes et Discours d'Eutrapel (s. 1.), 1732. 
N. DU Fail. Discours d'aucuns propos rustiques, etc. (^s. 1.), 
1732. 

Fourré. Coutumes générales du pays et comté de Blois (rédigées 
l>ar Denis Dupont en 1523). Blois, 1777. 

F. GoDEFRov. Dictionnaire de l'ancienne langue française, etc. 
Paris, Vieweg, en cours de publication. 

Journal des choses remarquables, commencé le 5*^ aoust 1693 
<abbaye St-Laumer de Blois), manuscrit, aux archives dép. de Loir- 
et-Cher. H. 

Lalanne. Glossaire du i)atois poitevin, 1808. 

Liébaut. L'agriculture et Maison rustique de MM. Charles 
Estienne et Jean Liébaut, Rouen, 1652. 



LISTE DES AUTEURS xxv 

LîTTRi-:. Dictionnaire de ta langue française, 1878. 

G. DE LoRRis et Jean or: Mfun. Le Roman de la Rose, 
Amsterdam, 1735. 

Cl. Marot. Les Œuvres de Cl. Marol, La Hâve, 17(MJ. 

D. Noël Mars. Histoire du rorjal monastère de Sainct-Lomer de 
Blois, Blois, 186i). 

Merlin Coccaïe. Histoire maearoniquc, Paris, UJOU. 

Le moyen de parvenir (s. L), 1000 700 .S9 (1730). 

Ant. OuDiN. Dictionnaire italien et françois, Paris, 1081. 

Bon. DES Pi'.RiFRS. Le Cijmbalum mundi et autres œuvres, etc., 
Paris, 1811. 

Rabelais. Œuvres de F. Rabelais (Jacob), Paris, Giiarpenticr, 181."). 

Ronsard. Œuvres complètes (^Blancheiiiain), Paris, 18(>(). 

Ol. DE Serre. Le Théâtre d'agriculture, Lyon, 107'). 

Talbert. Du dialecte blaisois, etc., Paris, 1871. 

Talleinant des Réaux (Les Historiettes dei, Paris, 1810. 

Villon. Œuvres de François Villon, F'aris, Coustelier, 1723. 



EXPLICATION 



DES 



SIGNES & ABRÉVIATIONS 



Il au commencemeiiL diuic deliiiitiou, indique que le mol. 
outre le sens défini ici. a toutes les autres significations qu1l a 
dans le français. Dans le courant de Tarticle. il indique un 
changement de sens. 

? à la fin d'une étymologie, indique que cette étvmologie est 
douteuse. 

- Accent du e doux. ]'o{/ez K. É. Ê. etc.. au ^ PRONOX- 
CIA TIOX ci-dessus. 

* devant un H. indique que cette lettre est aspirée. 

t •• indique que le mot ou la phrase sont du parler hlaisois. 



AA.s. 


absolument. 


adj. 


adjectif. 


adv. 


adverbe. 


'aW 


allemand. 


aiic. 


ancien. 


arcU. 


archives. 


augin. 


augmentatif. 


bas-lat. 


Ijas-latin. 


c.-a.-d. 


c'est-à-dire. 


Comp . 
Cf. 


' comparez. 


diui. 


diminutif. 


Étym. 


Etymologie. 


ex. 


exemple. 


ext. 


extension. 


Firj. 


figurément. 


franr. 


français. 


gerni. 


germanique. 


h'-all-^ 


haut-allemand 



hypotii. hypothèse 00 hypothétique ; Voy. 



interj. 


interjection. 


ital. 


italien. 


lat. 


latin. 


Loc. 


locution. 


loc. adc. 


locution adverbiale. 


npr. 


nom propre. 


Orig. 


(jrigine. 


péjor. 


péjoratif. 


Pl- 


pluriel. 


pr. 


pronom. 


préf. 


préfixe. 


priv. 


privatif. 


Prov. 


proverbe. 


rad. 


radical. 


sf. 


substantif féminin. 


sm. 


substantif masculin 


i:a. 


verbe actif. 


vn. 


verbe neutre. 


cr. 


verbe réfléchi. 


Vou. 


vovez . 



GLOSSAIRE DU PAYS BLAISOIS 



-osorvco 




A, irrèp. Se place iuujoiirs devant ce mailn^ ce soir, puiir 
désigner le matin ou le soir du j(jur où l'on est. 

Vravinent, tu es bien acresté à ce matin. 

Raiî., I, 2'). 
Fauldra il peu ou beaucoup soupper à ce soir f 

IbicL, m, i:i. 

Il À , joint à un infinitif sert quelquefois à former un substantif: 
Vous voilà dans la bonne à-cueUUr, e.-à-d. dans un champ oiï il 
il y a beaucoup à cueillir. 

Alia^xS ée (a-ba-ge). sm. et /". Niais, imbécile, qui baye 
aux corneilles. || AdJ. ahuri. 

Étym. a et Bager pour Ba^'er. La transformation du y en (j, 
quand il se trouve entre deux voyelles, est une loi du dialecte 
local ; comparez lital. rngoinrc. ra^^er (rajTjuner), sagglare, 
essayer (Voyez gager, exxeuger. etc.). L'italien ancien avait 
baggeo et le moderne a hnggiano, même signilication. 

. Alia^'oi> va. Rendre « abagé ». I| Effaroucher, ahurir : Tu 
abageston cheval à force de le battre. 

Al»allei> l'a. Éballer {Voyez ce mot). 

Alialleiix, .s///. Crible à grands trous qui sert â « netlir « 
la balle. 

Al>a$!i9 sm. Le Sud, ou le Sud-Ouest. 

Abutant du bout cVo.bas sur le chemin de Poesard. 

1(314. Arch. L.-et-C. G. Par. St Victor. 



2 AU A 

AlKi«!^tMiis sm. Banc de sable, mot disparu. 

Los obasseurs, noues, oaues, et les terres qui joignent auxdits 
abasseurs. 

I oct. UOG. Aveu d'une met. de Suèvres^ ap. Godefroy. 

Ktym. Baisser {Voi/ez ce mot). 

Abat, S),). Trou dans l'ornière d'un chemin mal entretenu 
où les roues des voitures viennent s*al)attre, c'est-à-dire buter : 
Prendre à quartier pour se garer des abats. 

Al»alta£;'c% .s//^ || Force acquise par un objet qui tombe 
ou qu'on abat : Un grand manche à une masse donne plus d'abat- 
tage. Il Fi[/. : Verte réprimande : En rentrant, il a reçu un 
abattage ! 

Aluit-Veiit, si/K Double porte, moins haute que la porte 
principale, qui sert, quand celle-ci est ouverte, à garantir du 
vent l'intérieur de la pièce et à clore en partie l'ouverture, tout 
en laissant pénétrer l'air et le jour. 

Al»ec«liei> va. Donner la «bêchée» : abecher une margot. 

On les abesche (les oiseaux) eu leur faisant plaisir 

Sur le gjbier. 

Crétin, Déb. ent. d. Dames, p. 8.3. 

Il T'. imp. Avancer en saillie aigiie, dépasser l'alignement : 
Je me suis cogné contre cette planche qui abeche. 
Étym. Bec. 

Alic'i'iaii, s/j(. Vêtement grossier qu*on met par- dessus 
les autres pour se garantir de la pluie : et spécialement Tablier 
grossier que les gardeuses de vaches mettent sur leurs épaules. 
Il Abri. 

Etym. Dimin. de abri; ce mot est plutôt beauceron que blaisois. 

Ahei-lolû, îe, ;;^ir/. passé de Aberlobir. || Subst. Qui agit 
sans réflexion., tête éventée. 

Aherlohii^ va. Causer dans le cerveau un ébranlement 
qui en trouble les fonctions, étourdir : Je l'ai aberlobi d'un coup 
de poing. Ce tambour m'aberlobit. 

ÉTYM. « Berlu » : le trouble du cerveau étant comparé au 
trouble de la vue. 



AI3R :3 

Ahoîter, va. Fournir do la boisson à : Tes « gàs » vont te 
planter là, tu les aboites trop mal. 
Étym. Boite. 

AlM>iii'£;'eiHiiici> va. et n. Ebourgeonner. cueillir le 
« bourgeon » pour dégager les soucbes. 

AlMMii'i'aâ;*€V6^;>i. Action « dabourrer » le linge, essangeage. 

Alioiii*i-ei> vd. Abourrer le linge, Tessanger. lui faire 
subir un lavage sommaire, pour enlever les plus grosses impu- 
retés, avant de le mettre à la « l)uée ». 

Étym. ^1 pour e priv. et Bourre dans le sens de saleté. 

Ahoiitiii-e^ sf. Drageon. 

Étym. Vieux franc. Bonier. pousser, dans tous les sens. 

Alii'c (à-bre, on i)r(Mionce aussi à-be\ srn. Arbre: Un bfd 
àbre. || Abre mouvant, ou, simpbmient, àbre. une des pièces 
principab^s du pressoir. Le covi) (Vàbre est la première pression 
([u'on lait subir au marc. On dit, par plaisanterie, d\in fromage 
fort maigre : Il a reçu trois façons et le coup d'àbre, parce qu'un 
marc ainsi pressuré ne contient plus une seule goutte de vin. 

Ahi-eeàhi*o, sm. Groupe de nuages légers qui paraissent 
à rborizon. du côté du sud ou de l'ouest, à la fin d'une journée 
de grand soleil, sous la forme dun arbre branchu. et que nos 
pa3^sans regardent comme le signe certain de la continuation 
du beau temps. 

Étym. Abre, arbre, et cabre, dont il est diflicile de déterminer 
le sens et l'origine. 

Ahi'ifoii, s//^ Poêle, voile qu'on tient sur la tète des mariés 
pendant la bénédiction nuptiale. ]\rot badin. 

Le beau saint et gracieux abri/ou, qui catlioliquement s'interprète 

le rets à prendre les cocus. 

Motj. de Parvenir, I, lî). 
Étym. Abri et fou. 

Ahrig-eis va. Abriter. 

Si se tapirent et abrierent eulx et leurs chevaulx dessobz cliesnes. 

Froissard, Chron., ap. Godefroy, 

Étym. Abrig, abric, forme ancienne de abri : 

Genève s'en va un bon àbrie. 

d'Aubig., Hist., I, 302 



4 AlîS 

Bas-lat. ali/'ica. (ihriijd. 

Ali.^ieiiiei', Cil. S'ahseiiUn- : .le vais absenter de la maison 
pondant quelques jours. Ralielais dll. Qi) a emplo3^é ce mot 
activement : 

L'on envoyé ces noiiueaulx mariez veoii' leur oncle, pour les 
absenter de leurs l'emmes. 

Absolu, adj. ju. Jeudi absolu, jeudi-saint. Cette locution 
ancienne est inconnue de la plui)art des français de nos jours, 
quoiqu'elle ligure toujours sur les dictionnaires. Elle tend, du 
reste, â disparaître aussi chez nous, et Ion n'entend plus que 
très rarement l'ancien dicton : 

Jeudy absolu, 
Caresme est sus l'cul. 

AlMitsiiit, imrt. [irés. de abuter. || Sm. Propriétaire d'un 

bien qui abute sur : J'ai appelé tous les abutants à bornage. 

Il Sm. pi. Petites planches d'une vigne, tracées dans le sens 

contraire aux autres et qui terminent le morceau : Je n'ai plus 

à « marrer » que les abutants. 

Almtei*, vn. Toucher par un bout, être joignant, contigu, 
en })arlant des biens ruraux : Ce champ abute de solaire sur 
Pierre, et de e'alerne sur Paul : 

Abutant d'un bout aur les terres de Monsieur Duplecis. 

» oct. 15'jy. Arch. mun. Villebarou, vol. 1672, f° 99, vers. 

Le vieux français disait abuter à : 

Les rues qui abu.taient à la maison de ville. 

d'Aubigné, Hist., I, 38. 

Ai«ai-tei> vil. Écarter. || Vn. Abs. Éparpiller le foin pour 
le faire sécher. || Tendre le linge fraîchement lavé sur des 
cordes pour le faire sécher. 

AcaniiiMiide, sf. Coup, blessure : Si tu fréquentes ces 
mauvais gàs-lâ, tu attraperas quelque acassoude. || Fig. Ac- 
cident malheureux : Quand on aime à plaider, on est bien sujet 
aux acassoudes. 

Etym. Cassera Sa forme peu commune rend incertaine l'ori- 
gine de ce mot très usité. 

Aceolagt', sm. Action d'accoler {Voyez ce mot). 



ACII 5 

Payé neuf sols à Georges Jacquet pour Vaccollcuje il'une l)oisselée 
(lesdites vignes et pour deux bottes de paille. 

1091. Compte de la marelle. Egl. de la Chaussée-St- Victor. 

AcH'olei-, m. rt n. Attacher les jeunes [)Oiisses de hi vigne 
aux « charniers » avec de la i)aille ou du jonc. 

Pour soixante-sept journées d'hommes (jui ont acollé les vignes 

dessusd. 

1508. Arch. H(jtel-Dieu de Hlois, leg. K. 7. 

Payé vingt sols à la vefve Alexandre et à Héleine pour auoir 

accollé les vignes de P. Chenu. 

1691. Compte de la marelle. Egl. de la Chaussée-St-Victor. 

Aeeolei-îe, .s/. Temps pendant lequel on « accole ». 

Aecolem-, eiise, s)n. etf. Personne employée à « accoler ». 

Ac*(MMii|iai*ei-9 va. Comparer. Ronsard ne s'est jamais servi 
que de ce terme : 

Le mortel ne se doit accomparer aux dieux. 

RoNS., Eurfjmédon. 

Aec*oii«€»iitîi> vn. Consentir. 

AeiHHililei-, va. Mettre par couble (couple), accoupler. 

Le poulce et le doigt indice desquels il accoubla les deux ongles 
ensemble. 

Rab., III, 20. 

Aeei-eii-e (a-cré-re), vu. Accroire, usité seulement à l'infinilif 
et avec faire. 

Il faisoit accreire 
Qu'il estoit mort quand il dormoit. 

XVIP s. Epig. sur la mort de Richelieu. 

Acer€n»îi- (s') n\ S'acci^oupir. 

Une vieille aeropie. 

Rab., II, 10. 

Ac*enlei> ?vy. || Eculer : Acculer ses souliers. 

Tousiours aeeuloyt ses soViers. 

Rab., I, II. 

Aoliapiiei-, Cif. Echapper. 

Aeliavbotei», va. Écharboter (Voyez ce mot). 



6 ACII 

Ai'lismnV'i', va. Échauffer. 

At'liée, >/'. Keiiouêe des petits oiseaux, pol,ygoiuini avi- 

culare. 

Ktym. Diin. de Aclic. oml)ellifêre? Il n y a guère de rapport 
apimreut entre ces deux genres de plantes, et, pourtant c'est 
bien le même mot. 

AcIiiU'i*. va. Acheler. 
Étym. Bas-latin accapltarc. 

Ac*htii-c*ii% m. Éclaircir. 

L'œil de grenoille a le don gracieux 
Loy d'aclerci/r l'œil humain chassieux. 

Mat. DE BouTiGNY, œuv. de Marot. 

Afloppe, ée. adj. Ecloppé, ée. 

Aeinodeis va. Accommoder, préparer. Acmoder la salade. 
Acmoder la buée : disposer le linge dans le « tenou », et pré- 
parer tout ce qu'il faut pour la faire couler. 

Étym. (^ommode qui se prononce ke mo de (Fo//c^:rPARSENXE) 
et ensuite k"mode. 

Ai'oi-fliei-, va. Ecorcber. 

AcMMitei-, va. Écouter. 

Qui plus est souffroit m'aeouter. 

Villon, G'K TesK 
Accoutez, Messieurs, acoiUez un peu; je vous dirai un conte pour 

vous apaiser. 

Moy. de Parvenir, II, 32(). 

Il Acouter à. vu. Faire attention, attacher de l'importance à : 
Tn de plus, un de moins, je n'y acoute pas. 

Étym. Ce mot est moins éloigné de son origine que Écouter, 
liai, (isroltnre: lat. du in" s. asciUtare (Flav. Caper), lat. class. 
fi»'scultare, m. sign. 

Ac-i-à^*, .N//'/. Fnfanl chétif. ditTorme, mal venu. Fn Beauce on 
dit écrâs. et en Sologne àcrolle. 

§ 

Ktym. Orig. inconnue. 
A<*i-a.**«»i> va. Fcraser. 

Ac-iiîei-, va. Prononciation défectueuse mais très répandue 
de cqnoiiter ( Voyez ce mot;. 



A FF 7 

AfIieii-iiaN, loc. adv. dont on se sert par civilité en prenant 
congé, et qui revient à dire: Je ne vous dis pas adieu, parce que 
je serai heureux de vuus revoir. 

xVdJoiii'iieiiicMil, siH. Ajournenient, remise à un autre 
jour. 

Depuis Vadjoarnement à lui baillé. 

FouRRi':, Coût, de Blois, j». 4-J'.'. 

Aiyoïii'iiei-, ra. AjounK^r : Le conseil de révision l'a ad- 
journé. comme étant trop faible. 

Soit ad/'onrné au dedans de trente jours après ladite vue, prinse, 

et trouvée dudit douiniage. 

FouRRi':, Coat. de Biais, p. KîC). 

Adoiiiioi' C^')' '■''• Avoir bonne ou mauvaise chance dans 
un événement (pii dépend du hasard : Tu fadonnes bien. n<jus 
nous mettons à table. — Il vient de tomber malade, ça s'adonne 
mal, nous entrons en hiver. || .1 hs. Avoir une chance favorable : 
Avec son billet, il peut gagner 10,000 francs si ça s'y adonne. 

(^uant le besoin et le temps s'ij adonne. 

Cl. Marot, Psaume 101. 

A<1oii^Noi> va. et n. Adousser un champ, une terre, achever 
d'en briser les mottes pour Taplanir après le labourage, en 
faisant passer dessus la herse retournée sur le dos (dons). On dit 
mieux rouler, parce que. pour cette opération, on se sert le plus 
souvent, aujourd'hui, d'un rouleau. 

A<li-es«ei*, va. \\ Ranger, mettre à sa place, dans un endroit 
déterminé. 

Beurres où doiuuent être addressés^ 

LiEB.AUT, Mais, riist., Table des Mat. 

Afli-ot, otte fa-dré), adj. Adroit, adroite. C'était la pronon- 
ciation encore du temps de Molière. 

D'abord j'appréhendai que cette ardeur secrette 
Ne fut du noir esprit une surprise adroite. 

Mol., TartuJJ^e, act. III, se. 3. 

Affaîi-eN, sf. plur. \\ Faire des affaires, se dit absolument 
pour faire un partage de biens, un règlement d'intérêts entre 
membres d'une même famille : La bonne femme veut se délais- 
ser, il va falloir faire des affaires. 



8 



AFF 



AilaiilKM-tii-, va. Ahurir. « abagcr » : Un grand affauberti, 
un grand détraqué. 
Ktym. Orig. inconnue. 

Alllflii'* N/'. A[)pareil en forme de liaul châssis qui se place 
debout à l'avînit el à rarrière de hi charreile. Un dit souvent 
eiVche. 

KrvM. Ficher. 

AfliloiiMN sf. Pierre à aiguiser, à affiler. 

AlFoi-coi- («•), '•/'. S"effor(:'er. 

Airoiia!><Mii' C^')? ^'^'- S afïaisser. se laisser tomber. 
Ktym. Forme patoise de affaiser, on dit aussi s'affo^fasser. 

V 

AffoiiiN ée, ((dj. Extrêmement agité, qui ne sait plus à qui, 
ni à quoi entendre. 
Ktym. Foff. 

Airi-aiifliîi> va. Il Rendre franc, fertile : La gelée affranchit 
la vigne. Bienquon emploie aussi affranchir pour c^r//>'e>", c'est- 
à-dire rendre stérile, l'opposition extrême de ces deux sens 
n'est qu'apparente : la vigne affranchie donnera i>lus de vin et 
le goret affranchi plus de viande. 

Exempts du triste embarras 
Qui maigrit l'espèce humaine, 
Comme ils sont dodus et gras, 
Ces bons citoyens du Maine. 

a dit Béranger, en parlant des chapons, autres affranchis. 

Alli-aiielii^Neiii> sm. Châtreur. Voyez Affranchir ci- 
dessus. 

Plus vendu au sieur Gausseaume Rollin, marchand laljoureur et 
affranchisseur. 

19 janvier 17G0. Vente, f'' 28 rect. Arch. H. Johannet. 

Affi-oiiKs o€> adj. Effronté, ée. 

I^our ces garces, pour ces ribaudes 
Qui aff'rontées sont et bandes (hardies). 

('. V)i: CoiNci, Mir. Richel., ap. Godefroy. 

Airùt, .s//<. Il Etre OU n'être pMs d'affût : être ou n'être i)as 
dispos, en santé. 



AGR i> 

Étym. Par analogie avec un outil (jui u*es( bon que lorsqu'il 
est atlïilé. 

A;:-ai, P'ii'l. r.i'i)i. (^)ui s(M't à accentuer davantage le sens 
dune ])ro|)osition soit ariinuative. soit négative: Ali! dam! oui. 
voilà ce qu'il iii;i «liL aga. — il n'est [)()iiil venu. ;ig;i. (H je 
l'attendais. 

Afjiia, mon eiii\ . 

Rab., IV, (jT. 

KiYM. Pimv ('!/(//-. inipér. du verbe ancien ^///^//V/-. regarder. 

Af/ar comment cil Haynuier nous resveillent. 

Frois., Chron., II, ap. GodelVuy. 

A^xN .S'/". Eau. dnns la loc : être en âge : on dit do même : être 
en eau. 
Étym. Lat. Aqua. eau. 

Âii-e, sf. Kpocfue de la vie. etc.. masculin aujourd'hui, est 
encore féminin en blaisois, comme il l'était dans l'ancienne 
langue. 

(^ue d'hommes fortunez en leur âge première . 

MALHEFUiE, Larni. de St-Pierre 

\«.«.,.jivcNiH%^/^//. Cheval aggravé. « manon » aggravée, qui 
a ramassé un caillou, un gravier dans son sabot. 
IviYM. Gravier. 

Ai^'oiit, sm. Egout: Les agouts vont, c'est le « dégeou ». 

Une maison aveques toutes ses veues, «^o«s/.-, aisances et 

appartenances quelconques. 

l:nO. DucANGE, Agotum. 

A;;-oiittoi> va. Egoutter. 

quelque goûte 

Que Fortune au bec lui aqoute. 

iîose, 7103. 

Ai;i-attN éo, (idj. Qui est muni de ses agrals. 

De laissera la (in du présent bail laditte métairie l'ien et duemeiit 
ayrattée de tous ses agrats généralement quelconques. 

G Dec. 177.J. Bail Deschamps. Arch. H. Johannet. 

A^-i-ats, sm. pL Ce qui reste des céréales quand le grain en 
est enlevé. Ce mot, avec ses composés, est aujourd'hui plutôt 
beauceron que blaisois proprement dit. [Vouez Pillox). 



lu AGR 

Tous les bled'^ qui ont trempé dans l'eau ont été perdus avec leurs 
agrats (par suite d'une inondation de la Loire). 

1707. Journal des Ch. retnarq., fo 35 v° 

Plus un lot de bled qui reste à battre dont on ne pourra exi- 
ger la livraison dans le courant du carême prochain à cause des 

agrats. 

Nov. 1789. Vente volont., p. 50. Arcli. H. Johannet. 

Étym. Origine inconnue. 

A;çi-lc*luM-, ra. Saisir vivement, comme un chat avec ses 
griffes: Prends-garde, il va fagriclier ton « colant ». || Sagri- 
cher. s'accrocher : L"enfant s agriche à mes cotillons. 

Étym. Dérivé incorrect de griffe. 

Ai;-i-îote, sf. Cerise aigre. 

Les agriotes ou cerizes aigres sont plus propres à confire que les 
guines ou cerises douces. 

01. DE Serre, Théâ. VIII, 2. 

ÉTYM. Grec à'ypto:, sauvage. 

A^nclier («') (s'a-gu-che. et plus souvent s a-gueu-che). 
v/\ Se jucher, se hisser, a Aguches-toi donc pour arrigoter c'te 
pomme ». 

Étym. « Guche ». 

A;:jiéi-ei> va. Egarer, perdre. 

Ag-iietter, va. Guetter. 

Le villain, que maulx loups l'estrangle, 
Si s'estoit musse en ung angle, 
Par derrière et nous aguettoit. 

Rose, 15G10 
Il est souvent aguetté et menasse par des soldats. 

19 nov. 1601. Aff. Silv. de Mallivau. Arch. dép. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

Aliote, ée, adj. Arrêté par un obstacle : Je suis ahoté ; ma 
charrette est ahotée. 

Étym. Au mot Haha. obstacle, qu'on peut considérer comme 
parent de notre ahoté, Littré donne comme origine la double 
exclamation ah ! ah ! Cette étymologie est fort douteuse et c'est 
pour cela que ce mot n'est pas orthographié ici avec un 1t ini- 
tial. Il est plutôt venu de Ilot, qu'on trouve dans l'ancienne 



Aïs 11 

langue avec le sens de /^/n, mais qui, ici. signifierait obstacle, 
arrêt, et qui est, probablement aussi, le radical de cahot. 

Aule, sf. Aide, secours. 

Sans avoir d'autre aide atVaire. 

Rose, 57 10. 

ih'YM. \[-A.(ii>'to. même signif. 

Aïtlei', m. Aider, secourir. 

De feit, de dreit ou de costume leur pourreient aldder. 

loOl. D. FoNTENEAU, XXII, 110. Bibllut. (le Poitiers. 

Ce Brennus inhumain, sans espoir de subside. 
Tenant le glaive en main, aftin que par mort se aijde. 

Crétin, L'app. du Maresc. Chab., p. 1.50. 

Étym. Ital. aiutare, lat. adjutœre, même signif. 

Ai;;-i-aMMi^aii (ê-gra-sio en patois), s/n. Pommier sauvage, 
poirier sauvage. 

Etym. Aigre, parce que les fruits de ces arbres sont acides. 
A Égrain, qui a la même signification. Littré donne l'étym. /' 
l)our es. et grain, graine, qui vient d'une graine. 

Aiâ^'1-oii, .S//?. Héron, grand oiseau qui fréquente le bord des 
eaux. 

Quia cœperat aigrones in palude. 

12G8. DucANGE, aitjro. 
Pouacres, hegronîieaulr, foulques. 

Rab., I, 27. 

Étym. Ancien baut-all'^ lieigero, m. signif. 

Aii!;'iiilletteK9 sf. i^lur. Herbe des cbamps dont la graine 
affecte la forme d'une longue aiguille, scandix pecten Veneris. 

Aîle, inter.A tous les jeux de « canette », dans la campagne, 
quand le joueur trouve plus avantageux de se porter à droite ou 
à gauche, il s'écrie : Aile ! Souvent son adversaire le prévient 
par la défense : Ni aile ni « or tout » î 

Étym. Orig. incon. H faudrait de la bonne volonté pour trou- 
ver au mot aiie, lat. ala, le sens de écart qu'il a ici. 

Aînée, .s/". Airée, les gerbes étendues sur l'aire d'une grange 
pour être battues {Voyez Chap. irrélirnin., § II, R). 



V2 AIT 



^ 



Ait i-e, ce, adj. Agencé, arrangé, distribué, en parlant d'une 
habitation ; Une maison mal aîtrée. 
Étym. Aihrs. ci-dessous. 

A îfi-e«, .<//?. ;>/. Les aîtres d'une maison, les locaux, pièces. 

appartements qu'elle contient, et par extens. les gens qui 

Ihabitent. 

Et clorrovent huvs et fenestre, 

Si en seroit plus cliault leur estre. 

Rose, 1855G. 

Étym. Lat. alrrwm. porche, et par extens. maison. 

A.jaiiil»ée, sf. Enjambée. 

C'est à la feste de tous Sains 
Chascun i vient qui ains, ains, 
Gi-ands pas et longues ajambées. 
Fabliau de la Court de Paradis, ap. Jaubert. 

Ajanil»er9 va. Enjamber : Ajambes le fousse. 

AjHs, sni. Confiance, foi : C'est un baillevent. il n'y a point 
d'ajus à ce qu'il dit. c'est-à-dire il n'}' a point à avoir foi. 

ÉïYM. Adjust, ancien subst. verbal de adjuster dont le sens 
a passé du propre au figuré. 

Une paire de crochets sur lesquels ayant esté poisé un poix de 

xvj 1. du marc du Roy, se sont trouvez de bon adjust. 

11 oct. 1602. Pr. verb. de saisie, p. 3. Arch. de L.-et-Ch. 

B. Baill. de Blois. 

Une autre paire de crochets lesquels se sont trouvez bons de juste 

adjust. 

Ibid., ibid., p. d. 

Alayer, a-lé-ie). Elaguer. 

Chacun an, au temps que ly bois s'alayront, ly dits abbé et couvent 

penront une moitié à leur chois. 

DucANGE, laia* 

Etym. On trouve aussi dans les anciens textes alager et alai- 
fjner. mais ce dernier semble venir du lat. lignum, bois, tandis 
que Alayer a pour radical l'anc. h*. -ail'*, lah, incision : holland. 
lahen, retrancher. 

Aleaii, sm. Petit domestique de ferme dont les fonctions 
consistent surtout dans le soin des moutons. 
Etym. Ce mot est beauceron : à Veau pour abreuver le bétail. 



AL() 18 

Alielioii, .s-///. Alliiclion. dent (ruiie roue (rengrenage. 

r)9" Quatre-vingt pièces de fuzeaux, un denii-cent d'allichoriy deux 
Ijoeste pour le moulin. 

30 Novembre 1782. Règlement. Arcli. H. Johannet. 

64° Une vieille met, avec trente fuzeaux et alUchons. 

Ibid., iijid. 

Étym. Dérivé de aile, comme cornichon de corne. 

AII;i"iMN éo, ^'frf/. Il Droit, sans siiuiusités, sans aspérités : 
Un « pelon » bien aligné. 

Alite, .^/'. Élite: Désirée, c'est lalite 'ou la lile) des filles. 

Alité, ée,ac(y'. || Qui n"a aucune courbure, droit ( T'o/^^c ali- 
gné) : Une rotte bien alitée. 
Étym. Peut-être r/Z/Zc' ci-dessus. 

Allant, te, adj. Actif, active : ^ C'te poque est l)ein allante ». 

Un grand allant. 

N. DU Fail, Prop. riisi., p. 132. 

Allei», m. Fait auprès, du subj. que jV/^/e, que tu allés, qu'il 
Cille. 

L'on ne souffrira que ce meuble aile en décadence. 

01. DE Sr.RRE, Théât. VIII, 3. 

Allielier, va. Allécher, séduire, attirer : Il lui a donné cent 
sous pour l'allicher. 

Aiocliei*, fa. Ébranler. 

Étym. Autre forme de ÉlocJier pour Élosser (Voyez ce mot). 

Et tousjours l'orage cruel. . . 
Klochant la voûte du monde. 

RoNS., IVe liv. Ode 21. 

Alouette (Tête cl"), sf. La jacée, centaurea jacea, plante 
sauvage très commune qui a Tinvolucre de sa graine de la 
couleur et un peu de la forme d"une tête d'alouette. 

AloiiiMliu, va. Étourdir. Dun coup de poing, je l'ai alourdi. 

Symon Thibault frapa Guillaume Courtois de son baston un seul 
cop en la teste, dont il fu alourdé, et cheut à terre. 

1407. DucANGE, Élourdatus, 

On dit aussi Éloiirdir. • 



AloiiMe, sf. Alose, poisson. 

Le martli ensuivant i>our la j>itence du couvent d'alouses salées et 
lieux gournalx et un niulet pour nions. l'abbé. 

1374. DucANGE, Gorniis. 

AloiiM(M> V(i. Flatter, cajoler. 

Qui pour leur noblesse aloser, 
Comme le menu peuple cude, 
Fièrement mettent leur estude, 
A faire entour eulx armer gens, 
Cinq cens ou cinq mille Seryens. 

Rose. :> 18(). 
l.à nu besoing tit allousoit son bel oncle. 

G. CnASTELL, ap. Godefroy. 

Êtym. I.at. laus. louange, de laudarc, louanger: anc. franc. 

Aloii<^oiii-, <Mi^o, 5///. et sf. Adulateur, qui flatte avec l'in- 
tention de ti'omper : « Méfles-toi de li, c'est un alouseux ». 

Aliiottcs .s/. Cartes d'aluette, sorte de tarots dont on se sert 
pour jouer à la « bigàille ». 
Etym. Bas-lat. allueta pour alu'a. basane? 

Aliiiiiavi^i^ ^'('- ÉUiniacer (Voyez ce mot). 

A-.^laiii, sf. Situation, position commode pour faire quelque 
cliose : ne s'emploie que dans Être ou n'être pas à son à-main : 
avoir ou n'avoir pas son ouvrage disposé de façon à travailler 
librement. 

L'ancienne langue avait l'adj. a main, équivalent de adeœtrc, 

adroit. 

En prenant se tu es amain. 

Porras bien touchier à sa main. 

Clef d'Amour, p. 33, ap. Godefroy. 

Ainiii-«'MiclMs sf. Plante sauvage à odeur forte dont la fleur 
ressemble à une s<jrte de pâquerette, anthémis cotula et pyre- 
tbrum partlK'niniii. Arjirrvrhe ai mnerohe dans l'ancienne 
langue. 

Partlienium amaracum. 

Corament. très excelL, chap. 222. 

Étvm. Roman anuiruns. amertume. 



A Mo 15 

AiiiàNNei> va. || Amasser du mal. amasser « la chaud, la 
frêd » : Contracter du mal. prendre chaud, IVoid. 

La voilà encore au lit. I-lile y amasse des liumonrs, et insensi- 
blement elle y demeura dix-huit ans et y mourut. 

T. i)i:s Ri. AUX, t IX, p. 201. 

Aiiilii-oi^s cimhroa'. npr. Amhroise. nom d"homme. 

Abattant d'aval aux héritiers Ambrois Chenu. 

8 avril l(j9(). Arch. L.-ot-Ch. (i. Censif St-Victor, pièce 47. 
Joignant aux aians causes Ambrois Daudiii. 

1^'- mai 1<)87. Arcii. L.-et-Ch. (i. Fahr. St-Victor. 

A. 

Allie, sj\ Il L'àme d'une volaille : L(^s visccres. (ju'on laisse 
dans Fintérieur d'une volaille lorsqu'on la vidue. 

« 

Manger sa poule. . . et Vàme de son pourceau. 

N. DU Kah., Prop. rnst., p. l*'.i. 
Ce jars présenté sur la table d'un seigneur, lequel en chercha Vnme, 
et ne la trouvant pas, apella le cuisinier. 

Moi/, de Parvenir, II, 1311. 

Ktym. A/Jic, dans le sens de vie; lat. anima, parce que ces 
parties sont les plus nécessaires à la vie de l'animal. 

Aiiieiieis rrr. \\ Produire : Cet arbre amène de beaux fruits. 

Et vignes y planter 

Qui tous les ans ameinent 

Fruit pour les sustenter. 

Cl. Marot, Vs. IuT. 

Aiiiiettei> va. Êmietter, réduire en miettes. 

Aiiii;x'iioiiiioi-9 va. Le même que Amignoter. 

Aiiii£;-iioteP9 va. Caresser, flatter : Un enfant trop amignolé. 

Toy, mifjnottant ton dormeur de Latmie. 

RoNS., Cass. 1 l.s. 

Ce mot se trouve dans leDict. de Trévoux. 
Étym. Ane. franc, mignot, mignon. 

Aiiioiiitioii, sf. ^lunilion: employé principalement dans 
l'expression : Pain d'amonition. 

Pour amonitions de guerre, etc. 

Décl. devoy.du Cap. de Gonneville, ms., 15 juin 1505, 
ap. Godefroy. 



l(i A MO 

Aiiioiit^ s}j(. Le côté (rime terre qui se trouve du nord à Test. 

Joignant Mathiirin Tliomas du bout d'alfas, d'aultre coté à Jacques 

Renard du bout à'airiont, al)nttant sir Macé Marchais du bout de 

solaire. 

IGOT. Arcli. niun. de VjUebarou. Vol. 1G72, f" 117, rect. 

Aiuoiireuseiiieiit, adv. \\ En douceur, comme en cares- 
sant : La « pleue » tombe amoureusement. 

Aiiioaii'eiix:, eiise, adj. \\ Doux, charmant, qui provoque 
un sentiment de délectation : Un i)elit vin amoureux à boire. 

Aiieètre, sf. Race, espèce ; ne se dit sérieusement que des 
animaux et des plantes : Des poulets dune petite ancêtre. 

Aiieètrer, va. Fournir à quelqu'un une race d'animaux, 
une espèce de plantes qu'il n"a pas. Jai des lapins tout à fait ex- 
tra, il faut que je vous en ancêtre. 

Aiielie, s/l* Conduit par lequel le vin coule du pressoir dans 
la « tiau » : Jai vendu mon vin 80 francs pris à Tanche, c'est- 
à-dire au sortir du pressoir. 

L'un met à l'anclie un panier attaché. 

RoNS., Les Plais, rust. 

(Le panier, dont il est ici question, est suspendu à l'anche par 
son anse, de sorte que le vin, en passant au travers, se débar- 
rasse des grains et des pépins qu'il charrie.) 

Étym. Ane. li^-all'. anclui, tu^'aii. 

Aiidri, n. pr. André. 

Depuis le jour de S. Denysjusques à XsiS.Andrij. 

DucANGF., pertusagiam. 
Jouxte d'un long les hoirs feu Andnj Daudin. 

IGOO. Arch. de L.-et-Ch. G. Villerbon. Déclar. des terres. 



/-s. 



Ane, sm. \\ Instrument de tonnelier: aujourd'hui on dit 
plus souvent chevalet. 

Quatre doloueres, une plane, trois asses, deux i'eillez, un enguin, 
un asseau, un barrouer, deux coullombes, i'asne, le compas, la selle 
à rongner, une tire, le jablouer, le rabot, le crochet, estimé le tout 
ensemble sept livres dix sols. 

21) avril IGIO. Invent. Coudret. Arch. L.-et-Cher. B. Baill. de Blois. 

Il Ane de bois, sorte de chevalet dressé sur trois pieds et 
destiné à supporter une hotte ou un « butet ». |l Tour de corde, 



ANV 17 

de cordon, etc., enroulé qui chevauche, qui est par dessus un 
un autre : La corde du puits fait un âne. || Prov. Une prune 
dans la « goule » d'un âne, c'est comme qui dirait une goutte 
d'eau dans la rivière. || Faire l'âne pour avoir du son. faire 
l'innocent dans l'intention d'en tirer profit. 

Âiiette, sf. Terme familier qu'on applique à une petite fille 
qui n'apprend rien à l'école. 

Aiig-e^ s/n. Il Loc. Voir les anges, se dit de celui qui s'est mis 
ou qu'on a envo^^é au lit sans souper. L'origine de cette loc. 
s'est perdue: cependant il est bon de rapporter ici l'opinion 
de Pantagruel sur l'efficacité du jeûne : 

Point soupper seroyt le meilleur Bien croy ie l'homme replet 

de uiandes et crapule difficilement concepvoir notices des choses 
spirituelles ; ne suis toutesfois en l'opinion de ceulx qui, après longz 
et obstinez ieusnes, cuident plus auant entrer en contemplation des 
choses célestes. 

Rab., III, 13. 

Aii^leux^ euse, adj. Qui a un caractère difficile, har- 
gneux. 

Étym. Par anal, avec la noix angleuse dont il est difficile 
d'extraire l'amande. 

Animal (an-ni-mal), sm. \\ Fig. Homme brutal, s^^n. de 
Bestial {Voyez ce mot). || Sujet à caution, syn. de «Mâtin» 
{Voyez ce mot); il n'est même pas rare d'entendre ces deux 
mots unis dans une même phrase : Il est si animal, ce 
mâtin-là ! 

Auiiit, adv. Aujourd'hui. 

Et je m'en aviserai et consillerai encores anuit et demain plus 
plainnement. 

Frois., Chron.^ ap. Godefroy. 

Étym. C'est l'orthographe adoptée aussi par Rabelais et plu- 
sieurs autres, bien que ce mot soit formé évidemment de en et 
Imy, le jour présent. Il serait plus logique de suivre celle de 
Henri IV : 

Vous recevres deux lettres anhuti de mov. 

Aiiveu, sm. Orvet. Si un anveu vo3"ait clair, il n'y aurait 
plus personne sur terre. 



m AOU 

ÉïYM. Celle de avev(jle, lat. ab, priv.. ocnlus, œil. sans yeux : 
la croyance populaire est que l'anveu n'a point (fyeux et qu'il 
est très dangereux. Ce petit rei)tile est, au contraire, tout à fait 
inotYensif. 

Août (a-ou). sni. Ce mot. ici. fait deux syllabes quand il 
désigne le mois : Le mois d'a-out : mais il n'en fait qu'une quand 
il désigne la moisson : Faire l'oùt. 

A-i»ai-t, s/iK S'emploie toujours avec l'adj. possessif. État, 
situation en dehors de toute communauté d'intérêts, d'habita- 
tion, de vie. etc. : Je me suis mis à mon à-part. Sitôt mariés, je 
les mets à leur à-part. 

En vostre privé et a part. 

N. DU Fail, Coîît. (l'Eut., II, p. 227. 

Apei'elioi-, ni. Approcher. 

Apeiix, eiise^ adj. Épais, épaisse. 

Étym. On hésite à voir dans ce mot une corruption du franc. 
épais qui vient du lai. spissus, serré, et s'écrivait autrefois espois. 
Il est vrai que. en patois blaisois. le préfixe é se change très 
souvent en a : mais il est rare que es, ou le é qui en provient, 
subissent la même transformation : on n'a jamais dit apée, api 
pour éi^ée, épi. En outre, il n'y a pas d'exemple de la transfor- 
mation de la diphtongue ai ou oi en eu. A la rigueur, si apeuœ 
était le même mot (.{xieépaiSy il se prononcerait apais ou apée. 
Xe serait-ce pas un dérivé du lat. adiposus, gras, gros ? 

Apîtaiicer, va. Fournir la pitance à, nourrir. 

Aplèter, m. Être adroit à l'ouvrage, expédier la besogne, 
se hâter : Apléter comme M. le Curé des Montils (qui disait sa 
messe en 20 minutes). 

Aploitez tost, penez vos dou aster. 
(Dépèchez-yous, vous souffrez de rester tranquilles). 
Guill. d'Orenge, Ricli. 211)1, Godefroy : exploitier. 

ÉïYM. La même que pour exploiter, 

Aplèteiix, eii«€*5 sm. et /". Qui <? apléte ». 

ApoiliS ée, adJ. Qui est de couleur assortie, de mêm e poil 
Ijrincipalement en ijarlant des chevaux : Un attelage bien 
apoilé. 



AQU 19 

Appai-iMlloi-, va. ^Yssimilor. comparer. 

Et de tant se presumpcia 
Qu'a li se volt apparreiLUer. 

Fabl d'Ovide, Arsen., 5069, Godefroy. 

Appât, 6///. Il Nourriture, usité seulement dans : J^lre d'un 
petit ou d'un grand apprd. manger peu ou Ijeaucoui). 

Les iiliarisiens estoient de povre atour et de petit /)rt.s^ 

xv s. Ilist. des Emp., Ars. TAS'I, f" I, Godefroy. 

Ktym. a et 2)ast. du lat. paslus de pasci. i)aître. nourrir. 

Ai»|H>iiteiiieiit9 s/)i. Manière de se vêtir, mise. 
Étym. « Apponter ». 

Appoittei-, va. Arranger, apprêter, préparer: Apponter sa 
cliarrette pour aller aux foins. 

Il acheta une lainproye qu'a sa femme envoya pour apointer afin 
de festoyer son curé. 

Louis XI, Nouv. 38 (Jacob). 

Il Faire la toilette, habiller : Apponter ses enfants pour les 
envo3^er à la messe. || S apponter, s'occuper de sa toilette. 
Étym. Lat. ad punctum., au point. 

Apponssoi*, va. Pousser de dehors en dedans : Le vent 
appousse la fumée dans la chambre. 

Appreiitîf, îvo, adj. et sm. et f. Apprenti, apprentie ; ne se 
dit plus guère. 

Ronsard en son mestier n'estoit qu'un apprenti f\ 
Il avoit le cerveau fantastique et rétif. 

Régnier, Sat., IX. 
Vais-je épouser ici quelque apprentive auteur 1 

BoiLEAU, Sat., X. 

Appropii> va. Mettre en état de propreté. 

Afnienr, sm. Défaut du pain cuit sans que la pâte soit suffi- 
samment levée, ce qui produit des parties comi)actes, non 
spongieuses : Ce pain a l'aqueur. Les boulangers disent : pain 
lardé. Une croj^ance très répandue est que, lorsqu'on mange la 
galette sortant du four, il faut la casser avec ses doigts, et non 
la couper avec un couteau, parce que ça donnerait l'aqueur au 
pain qui est en train de cuire. 



20 ARA 

ÉTYM. Origine inconnue. Y aurait-il quelque rapport avec 

Vencueur : 

Mal qui ilespeselie lo^t le cheval Convient recourir au 

niareschal pour ariacher avec ferremens la glande qui s'enfle en la 

poitrine. 

O. DE Serre, Théât., VIII, 6. 

Ai-ahe, sm. Érable, arbre. 

Xomine bosci mortui accipiuntur salices, marsalices, tremble. 

arable, charme, tilium, bolum et alnœ. 

1:110. DucANGE, arablius. 

Ai-aî§"iiei> ra. et n. Enlever les toiles d'araignées: Araigner 
une chambre. 

Ai-beiête, sf. Petit arc de bois qui sert de jouet aux enfants. 

Un homme armé de chapeau de fer avecques une arbeleste et 

le terchois à mettre saiettes. 

1:359. DucANGE, tercerium, ;3. 

Arelieteete, sni. Architecte. 

Les plans et devis parafé que monsieur Renard, archetecte, a fait. 
1743. Devis de constr., p. 27. Arch. de l'égl. Chaus.-St-Victor. 

Ai-cleiit, sr/i. Feu follet, dont il est souvent question dans les 
contes de bonnes femmes où il joue le rôle dont parle Voltaire, 
(lettre 149) : 

Je les vovais comme deux ardents qui marchaient toujours devant 
moi et qui m'éclairaient en me perdant. 

Arclîlle, sf. Terre compacte, de couleur blanchâtre, dont on 
se sert ici pour luter la canelle quand on tire la cuve, argile. 

L'enfleure sous la selle se résoudra, appliquant dessus, comme 
mortier, de Vardille, qui est une terre forte, destrempée auec vinaigre. 

O. DE Serre, ThédL, 08:3, éd. 1605. 

Étym. Cette forme était autrefois aussi répandue que la forme 
argile que l'on écrivait argllle. Lat. argilla, m. sign. 

Ai-€lîlleiix, eii^e, adj. Qui contient de Tardille : Une terre 
ardilleuse. 

Argenté, ée, aâj. Qui a de l'argent en caisse, riche. 



ARP 21 

J'ay veu grant multitude 
De Livres imprimez, 
Pour tirer en estude 
Povres mal argentés. 
J. MoLiNKT, ap. Rourdigné, Faifeu, \t. 1<>*). 
Nota que l'emprunt de M'" Jousseaulme est simulé et qu'il nous 

a donné un contrebillet Nous avons fait la susdite déclaration 

pour que l'on ne nous crut pas argenteux. 

11 may MIO. Journ. des eh. remarr/., St-Laumer, Blois, f" K) v*". 

Ai-ieancla^-o, snK Façon suspecte d'agir, de traiter les 
affaires. || Occupations futiles. 
Étym. « AricancUcr ». 

Ai-ieaiidiei> îei*e, n///. et/'. Qui fait un commerce de peu 
d'importance et quelque peu suspect. || Personne qui s'occupe 
de beaucoup de choses et qui n'est bonne à rien. 

Étym. Orig. inconnue. 

Ai-ielial, stu. Fil d'arichai, fil d'archal : ne se dit plus guère. 

Un crible de fil d'arichal a cribler bled. 

1017. Invent, présid. de Metz, p. 20. Arcli. L.-et-C. 
B. Baill.de Blois. 

Étym. Lat. orichalcum. 
Amieiia^ sm. Almanach. 

Aroiiee, sf. Ronce. 

Mené les paroueres, buissons, espines et arronces hors la court du 

chastel. 

1550. Cpt« de Diane de Poitiers, ap. Godefroy. 

A la charge par ledit preneur de les (prés) étaupiner et couper 

les épines et arronces.. 

22 février 1750. Arch. Loir-et-Cher. G. Fabrique St-Victor. 

Ce mot s'écrivait aussi arons eiaronc. 

Arpent, S77i. Mesure agraire qui vaut douze boisselées, 
c'est-à-dire 60 ares 72 centiares. 

Ai-peiitî, s/)i. Petite construction dont le toil n"a qu'un seul 
versant, appentis. 

A la charge d'y bastir un petit arfentil. 

1591. Arch L.-et-Ch. H. Par. St-Martin (Blois). 
Pour avoir couvert une petite galerie et un petit arpentil. 

Ibid. H. Cp^« de Rec. et Dép., P 15. St-Laumer. 



22 ARQ 

Ai-quolien, s/)}. Bugrane rampante, ononis repens. plante 
sauvage qui pousse dans les terres incultes. 

Étym. Contraction, ou mauvaise prononciation de arrête- 
bœuf.^ nom que porte la plante en d'autres contrées. 

Ai-quolniNo, .s7". Le même que Arquebeu. 

Ai-i-aehîNi (a-ra-clii). Bois de feu provenant d'arrachage: 
Souches d'arrachis. 

Culées, arrachiSy souches de vigne, l)ois verreux. 

Tarif de l'Octroi de Blois. 

Arrnflor, m. Égratigner. 

Ledit Charle navra et arrafla des ongles ledit Naudin parmi le 
visage et es yeux jusques au sang. 

lo91. DucANGE, esgratineura. 

Ari-èteaii, srn. Chose destinée à arrêter, à faire ohstacle : 
Quand une couturière fait une boutonnière, elle la termine par 
un petit arrêteau. 

Arrière (On prononce souvent a-riée : Mjyez ci-dessous 
la citât, de 1348). Adv. exprimant une idée rétroactive, au 
contraire, au rebours : Je veux aller à droite : lui. arriére, 
veut prendre à gauche. 

Et quand le roy vint à Poytiers, il vousist (eût voulu) bien estre 
arieres a Paris. 

JoiNviLLE, Hist. St-Louis, p. 20()(Édit. 18()7). 

Pour les (saintes reliques) conduire et mener à l'abbaye du I.ys. . . 
pour les ramener et conduire ariez du Lys à Paris. 

7 avril 1348. DucaxNGE, capellani, I. 
Voire mais si vous lui faites quatre ou cinq oreilles? Arrière, ce sera 
une mauvaise besongne. 

Bon. DES Periers, Cont. et Nouv., t. I, p. 120 (Amsterd. 1735). 

Arrî;;-<»t, .^;//. Être à larrigot, être exposé, être en butte: 
Cette maison est à rarri^rot de tous les vents. 
Étym. « Arrigoter ». 

Ai*i'îiî;'«ter, va. Attraper, saisir à la volée : Arrigoter la 
balle. 

Étym. Fréquent, d'un verbe primitif arr^^^c^^, du lat. arrigere., 
dresser, tendre, (sous-entendu manus. les mains pour recevoir)? 
On dit aussi rigotter. Harrîgoter (avec ou sans h) dans Tanc. 



AUR 28 

langue n'avait plus du tout le niènie sens, venant de («/vv'^o//, 
jeu d'amour. 

Ai'i'î>'ei', ra. Auieiier. a[)[)ui'lei' à riv<'. à lécarl. dans un 
endroit où Ion puisse eharger connnodénienl : La vente est 
pleine d'eau, il faut arriver toul le l)()is à bras. 

Au rocher il les (voyageurs) «rr/ya. 

xn" s., Cit. de A. Brachf-t, Dictionn., arriver. 

Ai'i'on (â-rou), 5?/?. Ruisseau. || A(pieduc soulcrrain : 

Il eut la inallieureuse idée de se mettre a l'abri sous Varrou 

la bouche de Varrou. 

Avenir de L -ot-Ch., 2.3 juin 18H<). 

Il .Y. pr. VArron. ravine qui vient de la foret de Blois. tra- 
verse la ville en souterrain et se jette dans la Loire auprrs du 
pont. 

Ahuttant (l'un bout par le devant sur lad. rue du Poids du Iloy et 
d'autre bout par le derrière à la ruelle allant de la rue de la Serreu- 
zerve à l'rtro^tdud. Blois. 

1621. Invent, de Beaune, p. 110. Arch. L. et Ch. B. Baill. de Blois. 

Étym. Forme différente de rit, ruisseau, du lat. rivus, même 
sign. 

AiT-oùelioi- (s')f ^'- ''^'/^- S'égratigner en passant au milieu 
des épines, des ronces, des « roûches » : Je me suis arroiiché les 
jambes. 

Étym. i(KofU'he>K Cependant il faut observer que l'on trouve 
dans de vieux auteurs enronc/^^/* pour enroncer, (jui vient de 
ronce ; c'est peut-être le même mot. 

Visage, mains et nez enronchera. 

Al. ClIARTIER. 

Ai*i*oiiNafii:e9 s/n. Arrosage. 

Arrouséo, .^f. Ondée : Il a tombé à ce matin une bonne ar- 
rousée. 

Ai*i*on«ei% ra. Arroser. 

Que la terre arrousée 

De la fertile humeur d'une douce rousée. 

RoNS., Astrée. 

Ai-roiii^oir, sm. Arrosoir. 



2i ART 

Valentine, duchesse d'Orléans, quitta la cour et se retira à Blois, 
où elle passa le reste de ses lours en dueil et tristesse, et prit pour 
deuise vne phiole, ou arrousoir, auec ces mots : nihil mihi prœterea, 
prœterea nihil mihi, c'est-à-dire, rien ne m'est plus, plus ne m'est 

rien . 

Symph. GuYON, Hist. d'Orl, II, 152. 

Artîfîeîol, sm. Luzerne, trèfle, incarnat, sainfoin, etc., 
prairie artificielle. 

Ai-tîste, sm. fl Vétérinaire. 
Étym. Uart de la médecine. 

Aseîe, sf. Larve déposée sur la viande et sur le fromage par 
la mouche dorée et surtout par la mouche à viande., musca vo- 
mitoria. 

Étym. Orig. inconnue. 

Assaboiiîi> ra. Tremper, inonder, en parlant de la pluie: 
« J'se rentre tout assaboui pala pleue ». 
ÉïYM. Orig. inconnue. 

As^aiiifliiier, va. Rendre « saindin » : N'assaindines pas 
tes enfants : plus tard ils n'en seraient que plus malheureux. 

Assaîsoiiiiei-, va. || Donner aux terres la culture qui 
convient à la saison : A Vendôme les terres ne sont plus assai- 
sonnées comme chez nous. 

Aî^sai-iiieiitei», va. et n. Ramasser les sarments dans une 
vigne taillée et en faire des «javelles ». 

Icelle femme estoit allée assermenter en leur vigne. 

145.3. DucANGE, sermens. 
Item pour dix journées de femmes qui ont assarmenté nos vignes 
des Granges au pris de dix deniers tourns la journée, viij s. vj d. 

1506. Arch. Hôtel-Dieu de Blois. Reg. E^ 

Étym. La forme française est Essarmenter, que donne Littré. 

AsNauvagîr, va. Rendre sauvage, abrutir par de mauvais 
traitements. 

Il donneroit audit homme deux soufHetz bien assiz pour le assau- 
vagir. 

1 159. DucANGE, S(/lvaticus. 

A«so (â-se), sf. Outil de tonnelier formé d'un côté d'un 



ATA 25 

marteau, et de Tautrc criuie sorte de fer de pioche concave. Le 
pas d'asse, chanfrein rabattu qui termine le peigne d'une 
futaille. 

Ung- asse, deux meschantesdolloueres. 

1617. Invent. Raliart p. II. Arch. L.-et-Cli. B. Baill. de Blois. 
3 perceux à bondes de poinçons, une mauvaise asse, un feuillet, etc. 

11 nivôse an II. Arch. mun. St-Denis-sur-Loire. 

ÉïYM. Lat. ascia, hache et autres outils tranchants. 

Aisiseaii (à-sio. dans la camp.), sm. Petite « asse ». 

Un feuillet, une coulombe, un cochouet, un asseaa, etc. 

11 niv. an II. Arch. mun. St-Denis-sur-Loire. 

Asselle (â-selle), sf. Aisselle. 

Étym. Bas-lat. ascella, lat. axilla, m. sign. 

Aj^jseiiiblée^ sf. Fête communale, soit le jour du patron de 
la paroisse, soit tout autre jour. 

Les filles n'étaient pas chères à l'assemblée de Veretz, les garçons 
hors de prix. 

P.-L. Courier, II, 278, éd. 1826. 

Asseppé, ée, aclj. Le même que « cepé » ; mot disparu. 

Rendre et laisser ladicte vigne bien asseppée, encharnelée et en 
bonne façon. 

14 mars 1595. Arch. L.-et-Ch. G. Fabr. Villebarou. 

Assîéî^ei> va. Asseoir. || S'assiéser, s'asseoir. 

Assisons-nous sur ceste molle couche. 

RoNS., Marie. 

Étym. Pour assiéger, de siège. 

Assîquet, s))}. Petit ustensile que la tricoteuse fixe à sa 
ceinture et dans lequel elle engage une broche de son tricot, 
affîquet. 

Étym. Dim. de l'anc. franc, assiqiie, assiche, pieu. 

Atâeliei», vn. Tâcher : « J'allons y atâcher », nous allons 
faire notre possible pour en venir à bout. 

Atas (âtâ), sm. Appareil formé d'une ceinture et de deux 
bretelles qui sert à promener les petits enfants. 
Etym. Origine inconnue. Attacher? ■ 



26 ATE 

Atelle, sf. Partie du collier du cheval à laquelle le trait est 

attaché, attelle. 

Lui donna un coup d'une astelle qu'il tenoit. 

1384. DucANGE, astella. 

Atétot, s/)i. Tête d'un arbre destiné à produire du bois de 

feu. 

Les arbres de laquelle Meslairie lesd. preneurs ne pourront coupper 
par le pied, ains seullem. coupper les attestaulx selon la coustume 
du pais. 

2 juin 1(341. Bail, Arch. H. Johannet. 

Receu de Denys Tiercelin trois liures cinq sols pour sa part des 
atestaux des arbres du Cemetiere. 

1689. Cp'^ de la marelle. Ciiaussée-St-Victor. 

Il Tronc d'arbre et spécialement de chêne, qui, a^^ant été atêté 
toute sa vie, est débité à la fin comme bois de feu. 

Atéter, va. Couper la tête à (un arbre), étêter. 

Mais prendra (ledict preneur) la couppe et tonture des arbres qui 
ont accoustumé d'estre a//es^e^ estant en aage. 

29 août 1643. Bail, Arch. H. Joliannet. 

Plus receu de Nicolas Rabier pour les harbées du pré de la Houée 
et ung noyer atesté iiij 1. 

1633. Cp*^ de la marelle, p. 7. Chaussée-St- Victor. 

Atîtoiinei-, lY^ Parer avec affectation. || Entourer de soins 
exagérés : Cette enfant est trop atitonnée par ses parents, elle 
en devient insupportable. 

ÉïYM. Augment. de atinter. On trouve comme dimin. ancien 
atiinteler. 

Atoiiiiei> va. Étonner. 

Étym. Lat. aitonare, même signif. 

Ati*an^'ei> va. Étrangler. 
Atrog'iiei> va . Vouez ExPiOGNER. 

Attaclier, va. et a. Fixer le sarment au « charnier » au moj'en 
d'un brin d'osier, après que la vigne a été taillée : Attacher une 
«< plante ». je vais attacher. 

Attaque, sf. || Être d'attaque, être solide, hardi, entrepre- 
nant; n'être pas d'attaque, être d'une santé débile. 



AUG ^7 

Attelée, î/; Temps pendant lequel les chevaux travaillent 
sans rentrer à récurie, et, par extens. temps pendant lequel le 
cultivateur travaille sans rentrer à la maison. On dit plus sou- 
vent é fêlée. 

Attîeliei-, f'ff. Exciter, provoquer, agacer : Atticher un 
chien. 

Car nul vieil senglier hericié, 
Quant des chiens est bien aticié. 

Rose, 102<50. 

Étym. liai, atticiare (prononc. at-ti-tchâré), m. sign.. du lat. 
ad'àw titio. tison : c'est le même mot que rr///.ser. 

Aiilioiii*, sm. Aubier, couche de bois qui se trouve sous 
l'écorce d'un arbre, et qui est moins dure et moins précieuse que 
le reste du bois. 

Le bois est choisi sain et entier du cœur de l'arbre sans aucun 
auhour. 

O. DE Serrf, TIléât., 701, éd. UJO."). 

Il Fig. Manque de franchise, fourberie : Avec moi, pas d'au- 
bour. 
Étym. Ital. alburno (al-bour-no), du lat. cdhiirnimi, aubier. 

Aiiepiii, S7;i. Aubépine. 

Quand Vaucpin boutonne, 
Tailles ta vigne, bon homme 

Dicton populaire. 

Étym. Aubépln, qu'on a prononcé sans accent aitb'pin, puis 
aucpin. 

Aiieiiiiefoi»!i C^l^)? ^^(^^'- Quelquefois. 

Voyant que les escholiers estoyent aulcunesfois de loysir et ne 

scavoient a quoy passer temps. 

Rab., il ■">• 

Aug-eoii, s/ji. Sur la rive gauche de la Loire : Trou, exca- 
vation faite pour certains besoins de la culture. 
Etym. Auge, du lat. alveus, cavité. 

Aug-eoiiiier, va et n. Sur la rive gauche de la Loire : Faire 
à la vigne une façon de marre qui correspond à racler sur la 
rive droite. 

Etym. « Augeon ». 



28 AUG 

Aii^ette, sf. Il Auge de maçon : Emplir l'aiigette de mortier.* 

Aii^-iiieiitatioii9^7^. || Tout ce qui peut augmenter ou ré- 
tablir la fécondité d'un bien rural, engrais. 

De Silvain Rabier de Villesequeron neuf livres pour V augmentation 
de la vigne. 

um. Cp^" de la marelle. Kgl. de la Chaussée-St-Victor. 

Aiii:-iiieiitei> va. \\ Donner de Y « augmentation » à : Ce 
champ a grand besoin d'être augmenté. 

Aiijoiif s'/H. Ajonc. 
Etym. Orig. incon. 

Am-ipeaiix:, s/n. 2^1. Oreillons, gonflement inflammatoire 
du tissu cellulaire qui entoure la glande parotide. 

En nostre abbaye, nous n'estudions jamais de paour des auripeaulx. 

Rab., I, 39. 

Etym. Lat. auris, de l'oreille, pelis, peau. 

Auteiii*, s/ii. Il Cause, motif, se dit aussi bien des choses que 
des êtres animés : C'est la mort de mon père, ou c'est Jean, ou 
c'est la neige qui est l'auteur que je ne suis pas parti. 

Étym. Le sens primitif du lat. auctor est cause première. 

Aiiveuiiîèi-es, sf. pi. La partie d'un toît qui dépasse le 
mur. Il Espace intérieur compris entre le toit et le mur à l'en- 
droit où les chevrons reposent sur celui-ci. 

Etym. Bas lat. Auvenna, formé de ad ventiim, contre le 
vent ? 

Avalant, 2Jart. prés, de Avaler. Aller avalant : Descendre le 
courant de la Loire . Terme de marinier. 

Quand elles virent... qu'il n'y avoit point bateaux montans ou 
avàlans. 

Amyot, Homm. ill, t. I, p. 201. Paris KiGO. 

Étym. A, val. 

Avale-Royaume, sni. Grand dépensier, dissipateur. 

Aveîmli^e, va. Prendre un objet) dans un meuble ou dans 
un endroit où il a été serré : Aveindre une chemise dans 
1' « ormoire », ou encore dans un endroit où il n'est pas facile de 
l'atteindre : Aveindre un bouchon d'une bouteille (quand il est 



AVE 29 

tombé dedans;. Nous conjuguons aveindre comme la plupart 
des verbes en re : rendre, rendu, que je rende, aveindre, 
aveindu^ que faveinde. C'est une faute, il faut le conjuguer 
comme feindre, feint, que je feigne. 

Sa grandeur ne sera courroucée 

Que mon \v\Û\ j'aceirjne à bas. 

RoNS., Eleg, à Casa. 
En Beauce on dit avoindre. 

Aveiiidii, lie, adj. Dégourdi, vif et intelligent : Un petit 
gâs bein aveindu. En Beauce, nmindu. * 

Étym. Aveindre. 

I. Aveiieau, s/n. Petit tilet en forme de poche qui sert à 
aveindre le poisson de dans une huche. 

II. Aveiiean ;a-ve-nio), sra. Tablier grossier dont se couvrent 
les femmes de la campagne pour faire les gros netto^^ages. 

ÉïYM. Aveindre? Cette origine est suspecte (Comparez 
Aberiau). 

Avenir, r. imp. Convenir, être séant. 

Chascun doit faire en toutes places 

Ce qu'il scet qui mieulx lui advient. 

Ross, 2219. 

Une belle ceinture de pers et vert, disant que ceste liurée luy adue- 

noit bien veu qu'il auoit esté peruers. 

Rab., 11,31. 

Étym. A , et venir, qui s'est employé dans le même sens : 

La soutane lui (au cardinal de Retz) venoii mieux que l'épée, sinon 
pour son humeur, au moins pour son corps. 

T. DES RÉAUX, VII, p. 19. 

Avenrîs (a-van-ri), srn. Champ dans lequel on a récolté de 
l'avoine ou de l'orge et qu'on laisse en chaume tout l'hiver. 

Étym. Ane. aveneris qui se dit encore en Normandie pour 
champ d'avoine (aveine). 

A vents, S7n. i^lu. Le temps de l'A vent. 

Les frimats avoient été grands aux adcenis deNoél. 

N. DU Fail, Cont. d'Eutr., Il, p. 101. 
Le premier anniversaire sera dict le premier mardy des advens de 



nostre Seigneur. 



14 mai 1586. Arch. L.-et-C. G. Fabr. St-Victor 



30 AVO 

Avoîlle (a-voi-ie). 6^m. Voyez Axoyer. 

AvolnoF, va. Nourrir avec de Tavoine : Vn cheval bien 
avuinê. 

Av<Ȕi> ra. Fait au futur : J'arai. t'aras, il ara, j'arons, vou 

arez. ilaront. 

Mon frère, tu n'en aras pas. 

1378. DucANGR : harnesiatus. 

Et ainsi ara la meschine 

Gresle corps, gros cul et poitrine. 

Eust. Deschamps, ap. Littré: cul. 

Mais, madame, s'il vous plaist, are^ pitié d'elle. 

Lettre de M'« de Clèves, ap. Bernier, Preuves XXXIX. 

Item les bourgeois n'aront point de justice. 

137G. DucANGE : hauUa. 

Au conditionnel : j'arais, t'arais, etc. 

Toutes les fois ke je en aroie kemandement de li ou de sen coni- 

mant. 

1280. DucANGE, stagium. 

Et quant les ]3arties aroient fais tous leur contremans. 

IblcL, Campionnes. 

Avolé, ée, .b//^. et sf. Étranger qui vient habiter le pa^^s. 
Il Venu on ne sait doù. || Homme peu digne de considéra- 
tion. Dans tous les sens, terme de mépris. 

Jusques a ce que Satan père de toutes mutineries et troubles a su- 
borné un avolé qui a tasché de renverser nostre doctrine. 

Calvin, Predest, ap. Godefro}-. 
Icelle femme se douloit que son mary l'injurioit et lui disoit qu'il ne 
savoit qui elle estoit, et qu'elle estoit avolée sur un torquelon d'estrain 
(un bouchon de paille). 

1392. DucANGE, iorqua. 

Etym. Lat. volaread, voler, fuir vers. 

Avorton, .S//?. Il Orgelet, compère loriot. 
Étym. Avorter, parce que ordinairement cette petite tumeur 
n'aboutit pas. 

Avoyer, srn. Sorte de petit entonnoir. |1 Liseron, plante 
dont la fleur a la forme d'un entonnoir. 

Étym. 11 faudrait écrire avouillé ou tout au moins avoillé, de 
Tanc. V. nvoiailer, remplir (un fût) jusqu'à la bonde (Voyez 
Rayouillaud). 



AZI 31 

Avi-i, s)n. Avril : Le mois d'avri. || Prov. Le mois d'avri ne 
passe pas sans éi)i. el le mois de mai sans épi de blé. 

Axîii, N//^. Peuj)lier étèté. || Lspéce de peui)lier trapu. Ce 
mot qui ne se dit plus guère que sur la rive gauche de la Loire 
a du être autrefois d'un usage plus général, car, sur la rive 
droite aussi, on trouve dans i)lusieurs communes des climats 
appelés VAzin. Aujourdhui. on dit [)lus souvent BouHlru'd. 

Et au gros Azin (jii Osior qui est sur le cliemin «l'Uliaet remar- 
quant la £rros;seiir diidit iirl)re quo Imict Iinmines ne scauroient 
eml)rasser, 

K'mI. Fr. Lf.mairi:, Antitj. rl'Orléans, p. .M. 

Trois livres dix sols pour la vente de l'attestage de six azinn 

qui sont proche l'église de Sainct Victor. 

1G68. Cp*« de la marelle. Kgl. de la Cliaussée-St- Victor. 

Étym. Origine inconnue. 





Hahet (ba-bè). npr. Élisabetb. 
Bahi* npr. Elisabeth. Babet. 
Bahille^^/. Babil, loquacité. 

Bachique, adj. cL 2 g. Capricieux, fantasque : On ne peut se 
fier à lui. il est si bachique ! 

Étym. Est-ce bien ici l'adj. dérivé de Bacchus détourné de 
son sens primitif? 

Baeliolle, sf. Sorte de vaisseau en fer blanc à deux anses 
et à large ouverture, dont on se sert pour soutirer. Bacholle 
paraît avoir eu anciennement un sens un peu différent : 

Et après riiist les raisins en ses haeholes. 

1415. DucANGE, baeholata. 

Etym. Dimin. de l'anc. franc. Me, Mclie, auge, bassin. 

Bade, sf. Bavardage. Anciennement ce mot signifiait Propos 
frivole ou niais: 

A Rennes sont venuz à la couchée 
Où mainte bade ilz ont la descochée. 

BouRDiGNÉ, Faifeu, p. 54. 
Ses subtilz jeux, ses quacquetz et ses baddes. 

Ibid., ibid., p. 93. 

Étym. <? Bader )). 

Bâcler^ vn. Bavarder. 

Étym. Ce mot se disait autrefois pour haijer, tenir la bouche 
ouverte. Bas-lat. hadare, m. sign. 

Bacleiix^ euse, sm. et /. Bavard, bavarde, qui aime à 

(t bader». 

Ba^'iiolle, sf. Mauvaise petite charrette, voiture d'aspect 
minable. 

Étym. Aug. de banne, benne, tombereau: dans le Perche, 
hanniau, tombereau. 



1 



BAI o•^ 

JBa^'4»sNei> fil. Bégayer. 

Étym. Bay, bcg, oiioimit. qui mai-que riiésitatiuii du bègue. 
En Poitou. b('gr(s>ir}\ 

ISa;;-o^<!sc»iix, <»ii«c% s,ji. et /'. Qui « bagosso », bègue. 

naliiillc"!' (M Krliiillei-^ c/t. Faire entendre des laiiioiila- 
tions bruyantes et ibrcees : « Quoi ([u'il a don. cMrole-b'i. à l»n 
lui lier comme ça ? » 

Canum (est) lati'are, seu baiilare. 

DucANGF,, baalarc 

Étym. Bc ou ba péj. et liuller, vieux franr.. pour Junior. 

Les loups etlVoyablemciit kallent. 

RoNS., 0(1. 11, iiv. II. 

Cependant on lit dans une édit. de Q. Ourse, de 153'i. TIT, 51. 
ai). Godefro}' : 

L'on oyoit eles akallements de vieilles i^Qw^. 

AliuUement suppose aliuller : le b initial serait alors sim- 
plement euphonique. 

Bai^s,'aiit, sm. Probablement crochet qui soutient les gout- 
tières sur un toit. Mot disparu. 

Fault des baigauU pour servir à mettre les gouttières dudit arpen- 
til, environ une douzaine. 

18fév. i(J02. Proc. -verbal. Arcli. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Étym. Pour becauf, dérivé de bec, à cause de la forme de ces 
crochets ? 

Bai^-iioii, sm. Trou isolé et plein d'eau dans le milieu d'un 
pré. La cro^^ance commune est qu'un baignon n'a pas de fond; 
ce qui est certain c'est que sa profondeur est beaucoup plus 
grande que celle de la rivière voisine. 

Baîlleveiit, sm. Hâbleur, vantard, qui se targue de biens 
ou d'avantages imaginaires. C'est le caractère du personnage 
qui porte ce nom dans le Dialogue- de MaUepaye et Baillevent 
(Villon). 

Étym. Qui baille du veuf. 

Bai$$$$ei> vn. Descendre le courant. Terme de marinier. 
Autrefois va. Faire descendre le courant à : 

3 



:J1 H Al 

Item donné à un bastelier qui baissait des soldats qui vouloient 
loger iey la t^onime de Iiuici livres six sols. 

163-2. Compte de la marelle Égl. de la Chaussée-St-Victor. 

Iiaîîs«ette C-"')' ^"<'- 'f^^^'- Eu se baissant : niarelier à bais- 
sette. 

Uaja, .s///, vi /■ PiM-sonne niaise, nigaude : Un grand baja. 
une grande baja. 
Étym. Voi/cz Bkja. 

ISaJoite, sf. Fille, femme étourdie, tête éventée. 
Étym. Origine ineonnue. {Comparez Ba.ja). 

Italaiieeiiioiit, s/n. || Balancement de la lune, renouvel- 
lement de la lune, considéré comme susceptible de modiller la 
température : Toujours de Teau. sale temps: le balancement de 
la lune cliangera peut-être ça. 

ISallaiit, .s///. Il Élre en ballant, bésiter, être incertain, 
balancer. 

Ualle, .s/". Il Balle audent : balle à jouer formée de deux 
morceaux de peau, ordinairement de couleur différente, cousus 
et bourrés de son. de foin ou de mousse. Le sens et Forigine 
du mot audent étant inconnus, son ortliograpbe est incertaine. 
II Prov. Cela fera bien ma balle, c'est-à-dire mon affaire. C'est 
par une figure analogue qu'on disait autrefois, et qu'on dit 
encore quelquefois : Quand j"aurai la halle, quand la balle me 
viendra, pour : Quand je serai en position de faire telle cbose ; 
locution tirée du jeu de i)aume, 

Ballia^'e, .s///. Action de bala^^er qui se dit ici bailler. 

Plus payé à Renard pendant lesd. deux années pour le balliage 
(de l'église; la somme de quatre livres dix sols. 

1033. Compte de la marelle Egl. de la Cliaussée-St-Victor. 

Balliei'9 ca. Balayer. Cette ortliograpbe a été usitée par les 
meilleurs auteurs jusqu'au xviii" siècle. 

Ilallière, .^7". Couette de balle d'avoine pour le berceau des 
petits enfants. 

Baiieelle, .s/. Petit banc mobile. 



hM} 



OO 



Je ine (suis) retiré aussi dans noire pmcui'e siu- une Oanaelle, ni 
aiant pas de ciianibre vuide dans le dortoir. 

lOdéc. 1700. Journal des ch. reinart/., St-T.aunior, f'J 23. 

I(aiic*liei> s//f. Pièce de lai)issorio destinée à couvrir nii 
banc; aiijoiirdlnii inusité. 

Keia dix [>iècos de tapisserye, deux hanc/œrs, quatre tapis de lur- 
quye tant de talde que de bulTet. unj;? orrillier de velours roui^e et 
deux auUres vieilz mesclians tapis, quatre mesclians tuyaux d'oigues 
dorez, ung grand bancher de trois aulnes de longueur et deinye aulne 
de hauteur; tous les<pjels meubles contenu/, au présent article led. 
Desbordes serviteur duil. delïunct a dict appartenir au Roy. 

21 mars 10P.>. Invent. Cl. Raynion. Arch. L.-et-Ch. 
B. lîaill. de Hlois. 

ISsiiiliv4N sf. Banli(nie. Presque tout<'s les communes qui 
environnent Blois sont sépai^ées du territoire de celle ville par 
un chemin qu'on appelle chemin de la banlive. 

Do et concedo omnes consuetudincs meas et onines redditus 

meos Blesis infra Banlivam. 

1202. Charte de Louis de Blois. 

Ce mot de Banlica s'entend d'une lieue à l'entour de Blois. 

Noël Mars, St-Lomer, p. 1G5. 

Led. preneur sera tenu de. . . ])lanter la pièce de terre. . . seize à la 

banlice, en vigne commune du i)ays. 

8 juillet 1610. Arch. L.-et-Ch. G. Fabr. St-Victor. 

Étym. « Le mot Banliva [banlieue) est un abrégé de Bannum 
leuga\ l'espace d'une lieue, dans lequel le comte exerçait, 
comme dans la ville et les faubourgs, ses droits de Mnalité, sa 
justice et ses autres prérogatives féodales ». 

DupHK, Annot. de Noël Mars, ci-dessus. 

Itaiiqiict, .s:;/?. Repas de mariage, noces : « Je vas beintoilt 
aller au banquet, mon neveu se marie. » 

Ainsi qu'un convié 
S'en-va saoul du banquet de quelque marié. 

RoNS,, Ani. die. 

Baffiie! (que mouillé, comme dans queue) InferJ.nvàrqvicmi 
le dédain. Emplo^'é surtout à Francillon. 
Étym. Vonr basle, ital. basta, assez. 

Ba€|iiillée, sf. Le contenu du « bers » d'une charrette, une 
petite charretée : Aller quérir une baquillée de mangeâille. 



:\{\ lUR 



\ 



Étym. Coït. />('(', auge, la voiture étant considérée comme 
un vaisseau. 

lia ratte, .'?//?. Ce qui reste dans la baratte quand le beurre 
en est retiré. 

Du lait borate pour refroidir sa femme. 

N. DU Fail, Prop. rust., p. 40. 

Hai'hàâ;-oi% rft. Tondre, émonder. élaguer : Barbâger une 
« bas ». une javelle. 

Étym. Ce mot semble être une forme patoise de ébrirhcr : 
Les beaucerons disent ébcrrhôgcr. 

Kai-beeaiii, sra. Lucarne, ouverture de grenier sur un toit. 
Ane' on disait aussi barbecan et barbîcain, {Godefro}^. 

A l'entrée d'icelle grange y a une grande porte au-dessus de 
laquelle est ung harbequin. 

Juin 1()1(). Part. Champion, p. G. Areli. L.-et-CIi. 
B. Baiil. de Blois. 
Remettre à jilond un pan du barber/uin de sa grange de Pray. 
le" Juin 17U2. Couvent. Briais. Arcli. H. Joliannet. 

Étym. C'est une forme masculine de barbacane, meurtrière 
pratiquée dans le mur dune forteresse. 

Barbelée^ sf. Gelée blancbe : Ce n'est qu'une petite 
barbelée. 

Étym. Ûrig. inconnue. Il est difficile d'attribuer à ce mot le 
même radical : barbe, qu'a ladj. bfcrbelé. garni de dents ou de 
pointes. 

llai'Jieiei-, v. l/jiij. Se dit de la rosée qui se congèle la nuit et 
forme la gelée blancbe : Il a barbelé à ce matin. |j Barbelé, ée, 
part, passé. Couvert de gelée blancbe; se dit aussi fiy. des 
personnes : « I fait don bein fréd, te v"la tout barbelé ». 

Étym. « Barbelée ». 

Barlieqiiiii^s;/^ Le même que Barbeoalx. 

HsïvhotfSm. Tacbe d"encre sur le papier. 
Etym. urig. inconnue. 

Bai*l»otei> va. Tacber d'encre, couvrir de « barbots » : 
Prends garde de barboter ta page. 

Darilou, 5?//. Ane. 



IJAK 37 

Etvm. Pour hdfdol. bèk' de soiiiuie. 

|{:ii-o^M€'9 sf. Poli le « jîilc •'. porlêo à dus par une bète de 
souiuie. 

Etvm. Orii^'in»' iiiromiiic : W bas-brelon a bu, -a:-. baf(u<'( et 
Ducange harrotc. es}>écede cbarelb\ 

I5ai*i-a^:;-e, .s/. || Adiou de barrer (b'»s tonneaux, d'y mettre 
une « losbarre » qui eonsolide les fonds. 

Pour le barage desdits 20 jtoinçons et deux carres a lô sols par 
pièce, vingt Hvres cinq sols. 

Journal des c/i. rcinar.. Si- Lan hum- de Hh^is, f'^ i;j, v^. 

ISai-i'oaii^.s///. Il Jeu très pratiqué dans les rollêgesetsurtoul 
dans les Séminaires deBlois, et qui paraît être une modilication 
de la longue paume. Le barreau se joue en plein air. dans un 
terrein découvert de 2 à :îOO métrés. Le matériel consiste en 
un battoir en bois, long de 0.80 centinnHres environ dont 
0.60 pour le mancbe et qui porte le nom de bnrrccm. une balle 
en gomme, et deux pieux appelés crochets qu'on enfonce à un<^ 
distance variable : plus les joueurs sont alertes et solides du 
jarret, plus les crocbets sont éloignés.' Les joueurs étant 
partagés en deux camps, le camp qui a le barreau, ou la main, 
se groupe autour de l'un des i)ieux qui devient le centre de la 
partie, et les bons coureurs de ce camp se placent en file, dans 
la ligne de l'autre pieu, se toucbant tous l'un l'autre, soit de la 
main, soit de toute autre façon, le premier d'entr'eux toucbant 
au pieu. C'est ce qu'on appelle la Chaîne du crochet. Un de 
ceux qui ne sont point à la cbaîne. placé à la hauteur du crochet 
et lui tournant le dos. tient le barreau : le serimnt, placé devant 
lui. lance verticalement et à une hauteur convenable, la balle 
que le barreau frappe à la volée. Le camp ennemi se précipite 
pour la recevoir dans la main avant qu'elle ne touche terre. 
Sitôt le coup parti, la chaîne se rompt, les intrépides tentent 
de faire un crochet, c'est-à-dire de courir au pieu du bas pour 
revenir à celui du haut. Mais souvent, arrivés au crochet du 
bas, plusieurs coureurs j restent, redoutant la balle et attendent 
là. en formant une nouvelle chaîne, une occasion propice pour 
remonter, Si les joueurs du camp ennemi n'ont pu recevoir 
directement la balle en l'air, ce qui leur eût donné immé- 
diatement la victoire, ils la ramassent à terre, et leur adresse 
consiste à la lancer sur ceux qui font des crochets. S'ils ont la 



:Î8 BAlî 

chance d'en toucher un seul avant qu'il ne soit parvenu à Tun 
des deux pieux, ou à l'une des deux chaînes, ils sont vain- 
queurs. Le servant, qui appartient au camp ennemi, est surtout 
à redouter. Au moment où l'on le croit très attentif à servir, 
s'il aperçoit la moindre solution de continuité dans la chaîne, 
il lance vivement la halle et il suffit qu'elle atteigne un seul 
memhre de la chaîne ou d'un tronçon de la chaîne qui ne soit 
plus en contact avec le crochet pour faire perdre le camp qui 
a la main. La gloire de ce jeu consiste, pour les uns, à envoyer 
la halle à perte de vue. pour les autres, à faire un grand 
nombre de crochets, et pour ceux qui unissent la solidité du 
jarret â celle du poignet, à cueillir ce douhle laurier. 

Etym. On est tenté de croire que c'est l'instrument qui a 
donné son nom au jeu; cependant harreau^ signifiant petite 
barre, n'a guère de rapport avec le solide battoir dont il est ici 
question. Serait-ce plutôt le nom du jeu lui-même qui aurait été 
donné â l'instrument, et qui, en ce cas. viendrait de barres, jeu 
de course avec lequel le barreau a plus d'un point de ressem- 
blance. 

ISai'i-oi»e^5i>e9 adj. fern. Vrille barreresse, vrille à barrer 
vies tonneaux). 

Item deux feuilletz, une vrille barreresse. 

lOlG. hivent. Cendrier, p 17. Arcli. de L.-et-Cher. 
B. Baill. deBlois. 
Une vrille a barrer, estimée la somme de viii s^. 

1017. Invent. Rahart, p. 13, ibid. 

Etym. Ce mot. qui a disparu, n'a probablement jamais existé 
que sous la plume de quelque clerc ou de quelque greffier. 

ISai-i-oi, sra. Sorte de grande tire, outil de tonnelier qui sert 
â barrer les fûts. 

l5aN, adj. rrt. \\ Du sud. en parlant du vent : vent bas. 

ISa^aiio, fif. Il Sourd comme une basane, voyez Vksine. 

Ras-eiil, sin. Homme de petite taille, mot badin. 

Bacchus 
A qui amour donne puissance 
De mettre guerre entre bas culs. 

Cl. Marot, Temple de Cupido. 



15 AS '\^ 

Uii!swi»-4;'alci-iK', .s/'. Le Sn<l-()uesl. 

Ili? so voyent on \u\ inslaiu jtar vu vcnl irA<iuil.)n et basse (ialerne 
|>riuoz (lo la imu-oIic (Tvik* ?-i douce vendange. 

liil"). l''i'. Li-.MAiiii:, Aufi'/. (/'O/'/cans, \t. .{'.). 

ISaN<s4»-;;-oiill4% x/'. Mur (rime maison sur l('(|ii(d viciiiK'iil 
sappuvcM" los chevrons. 

Item sera tenu le dit Kranc-ovs faire les niuis des bassica r/oullcs 

2() juin 1 l'.l-2. Arcli. d(^ la Fal)ii(|uede \'\\'j:\. de Mer. 
( )n a mis le eouveiM (la couveiture) eu basse i/outc.iliuis toulii i;etle 
loniiueui'. 

2T jaiivi(M' 1711. Jonm. fh's eh. rcmai-fi., St-l auiiier, 1'" l."{. 

É'^Y^r. Pour has-éf/ou/. ("'est la [)aiiic la [dus j)ass(' du loiloù s<' 
Ibiane l'égoiil des eaux i)lu\ ialos. 

ItsiNNc-.solaiircN sf. Le Siid-l^sl. 

ISaiNN4't<Mi, .s///. Pelil chapeau ralaliné. à collVe l)asse, â 
J)oi'(ls menus. 

Ktym. Orig. incunnue. Sevail-ce un dérivé de l'ancien cubasse/. 
espèce de petit casque, par aphérèse de ca ? {Voyez Bosse") . 

UaMMÎeot, sm. Sorte de baquet à deux f(jnds (pii reçoil Teau- 
de-vie pendant la distillation. 
ÉTY:\r. Bassin. 

15as«îcN .s/. Kvier de cuisine: .J'arrive pour dîner, rien de 
jdus chaud que la ])assie, c'est-à-dire le repas n'est pas prêt. 
Autrefois, on disail dans le même sens : Il n'y a rien de si froid 
que l'àtre. (Oudin. àlre). 

Les esgouls apportent aussi heaucoup d'incommodités, soit de 
bassie, par l'immondice, soit d'eschinaud ou de couverture 

Mauduit, Coût, du Berrfj, ap. Jauhert. 

Étym. Bassin. 

UiXHt^Ui^sm. fl ?^larmite d'étain dans laquelle on porte le 
repas à ceux qui traYaillent au dehors. 

Ua>!»ter (bass-te). vn. ÂYoir assez de qualilé ou d'apparence 
pour ne pas être inférieur aux autres : A ce l)an(iuet-lâ, il n'y 
aura que du beau monde, nous ne basterons pas. 

Encor fit il tout ce qu'il peut et plus que ses forces n'y hantoient. 

Brantôme, Gr. Cap. frane., ap. Godefroy. 



40 BAS 

Étym. Ital. hasiarc., suffire. 

ItsD^tillcis ra."! Probablement défendre au mo^^en d'une 
diaue. 

Plus payé quinze sols de dépenses quand on a été faire babiiller le 
pré de Vin eu il. 

1707. C\^^^ de la marelle. Fabr. do la Cli.-St-Victor. 

ISaiaiNon^ sf. Battage des grains, temps où se fait cette 
opération. 

Un tas de bled en gerbe non battu; après la bataison d'iceux en 
sera fait raport au bas des présentes. 

7 dèc. 17G5. Invent., p. 31. Arcli. H. Joliannet. 

Uat-beiiri^e^ sm. Pompe qui sert pour les soutirages. 

Un bat-beurre à tirer le vin. 

11 niv. an II. Arch. mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Étym. Cet instrument se manœuvre comme le pilon d'une ba- 
ratte primitive. 

ISàtoii, sm. Il Sorte de masse de confrérie religieuse dont la 
lète, très développée, représente les emblèmes distinctifs de cette 
confrérie : Le bâton de St-Yincent, du St-Sacrement. 

Ung jour de feste annuelle à basions. 

Rab., IV, 45. 

A cet endroit de Rabelais, le bibliopliile Jacob dit qu'il s'agit 
des bâtons argentés que les cbantres portaient aux fêtes solen- 
nelles. 11 est plus probable que ce sont les bâtons cle confrérie : 
et ce qui rend cette opinion acceptable, c'est que, quatre 
lignes plus bas, Rabelais parle des ïq^ïq^ k doubles basions. S'il 
s'agissait du bâton des cbantres, cela voudrait dire qu'à ces 
fêtes-là, les cbantres en portaient deux, ce qui est inadmissible. 
Quand on céléljre une fête intéressant spécialement une confré- 
rie, celle-ci prend place dans la procession en portant son ou ses 
bâtons : c'est une fête à bâtons. Mais quand la cérémonie est de 
première classe, à Pâques, par exemple, toutes les confréries en 
sont avec leurs bâtons. C'est alors une fête à doubles et même à 
triples bâtons. Ce sens est encore corroboré par cet autre ï)as- 
sage du même auteur (liv. III. cb. 4). 

Plus de leçons, plus de veux, plu^ de basions et plus de chandelles 
que ne sont tous ceulx des neufz euescliez de Brotaigne. 



BAL 'il 

Pendant que les bâtons de confrérie seront L'\|njsLV. pour eire en- 
chéris, l'on ne chantera magnificat. 

Ki'jJ. DiJCANGF., déposait. 

Cette dernière cilalioii. de Diicang-e, senihic [t('i'einptuire. 

ISatici-ics sf. Il Aire de la grange. 

Une ij^range en laquelle il y a cinq entravées comprise la 
l)atterye. 

10:21. Invent, de Beaune, j). ôô. Arcii. L.-ui-Ch. 
H. Bail!, de Blois. 

Il Machine à battre et le personnel qui la sert. || Temps où 
Ton Jjal. 

ISatteiiv, .s///. Celui qui bat le grain dans la grange. || Bat- 
toir à battre le linge. 

Itaiiluiii, 6'//^ Le même que BoiiAX. 

I ISaiifi;-09 sf. Petit brin de n"iniporte quoi dont on fait une 
mesure, à divers jeux. 

Étym. l]as lat. balcM, roseau. 

II naiiâ;'i> s/'. Meule de foin, de blé, de [)aill<\, etc. Avoir 
tout à bauge, anc. loc. qui sianiliait : Avoir t(jut en abondance. 

Dans ce passage de Rabelais (I, 25) : 

Malotrus, dendins, beaitgears, tezez, etc. 

Beaugears semble signifier vagabond qui passe la nuit dans 
les bauges et non les boirges comme l'indique \o bibliophile 
Jacol). 

Étym. Bas-lat. bcrgn, garde, défense. Le sens primitif de 
I)auge a du être ouvrage de terre, de gazon (berge), servant 
de défense contre les attaques des hommes ou des éléments ; 
l)eu à peu Usera tombé â la signification de tas quelconque. Ou 
est d'autant plus fondé â accepter cette étym.. que le mot ttargc 
a à peu prés la même signification que tiotre bavge, dans la 
Vendée, dans le Limousin et dans la Manche. 

Baiii;-e, ée, «6//. Mal couché, couché dans un lit mal fait, 
mal préparé : Xous sommes bien mal bauges. 

Etym. Bauge, gîte de quelques animaux sauvages. En Nor- 
mandie on dit bavge, pour ///. 

Baiiâ.-ei> m. Mesurer en se servant de la bauo'e. 



'r2 UW 



1^ 



Étym. Batnjr 1. 

l5ai>aN!Nei-, /•;;. Baver IVéquonunent. se dit surtout des petits 
enfants. 

|{a>a!^!«*eiix, i'iinis adj. Qnï « bavasse », baveux. 

IJàvi-ftto, sf. La partie supérieure d"un tablier de femme 
ou d'un <v nappin » d'homme qui couvre la poitrine. 

. . leurs guiniples, collerettes, Oaunrettcs. . . et tout aultre linge. 

Rah.. IV, 52. 

Il Rabat d"ecclésiasli(fue. 
Étym. En ver. 

Ificaii-fi-èi-e, .s///. Il Le père du gendre ou de la bru. 

Ueaiile (à la camp., blôlc), sf. Blouse: mot â peu prés dis- 
paru, i^'oifc:- BiAur.E et Biaude). 

Un meschant pourpoinct de camelot et une ineschante bcaulle de 
thoille. 

1021. Invent, de Beaune, p. K». Arcli. L.et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

lU'IielIcN sf. Tout objet qui semble beau à un petit enfant; 

mot de petit enfant : Oh ! la jolie bebelle ! 

,' ^ 

ISeelie, adj. ui., ne se dit que dans orge bêche, escourgeon. 

S'il existoit des orges bêchés et des seigles. 

9 mess, an II. Reg. des délib. de la mun. de Villebarou. 

Étym. Bec? à cause de la forme du s'rain. 

ISecliéo, sf. Becquée. Ce que le bec d'un oiseau peut con- 
tenir. 

J'entends, soit de jour, soit de nuit 
De ces petits amours le bruit, 
Béans pour avoir la bêchée. 

RoNS., Od. 20, I. V. 

Heeliei-, ru. J)(jnner à bêcher, faire manger un oiseau. 

Et lui baillerez quelques fois des mousches à bêcher. 

LiEBAUT, Mais, rust., VII, 02. 

Étym. Bec. (Voyez Abechek). 

l^eelievetei-, m. Placer en sens inverse, la tète aux pieds. 



Quand on char^^c du UU), il laiit ])eche vêler les gerl)es dans le 
« bers ». 

Étym. Jîc [)()ur h/\ et chcvcl, double clievel. Anci(Minemenl on 
api)elait /// n bcchevet un lit à double cbevet, de sorb' (|ue ceux 
qui étaient coucbés dedans se trouvaient i>laeês la tète de l'un 
aux pieds de l'autre. 

ISécMit, (idj. iitr. Qm reste seul, isolé, qui n'a pu être apparié 
ou accouplé, se dit des obj(ds (pii vont par paire ou [uir couple : 
Il va un becut. uu mieux : Jl v en a un de bérol. 

Ét^[. Origine inconnue. 

ISedoi-, D). Se dit <laiis les piMisjonnals «le la ville de Blois 
pour « ((inguit' » au jeu de la « /a/ujicissc » [Voyez ce mot) : 
Jouer à beder. Beder s'emploie aussi ailleurs au jeu doie. 

Ktvm. Origine inconnue. Celui qui bédc voit souvent sa 
« canette » chassée très loin en arriére au ni(jmeni de toucher 
le but. C'est peut-être aussi le sens de beder, dans cet exemple : 

Depuis s'en viiulrcnt par la ville 
Pour Fraiicovs cuider suborner. 
Mais l'on les (ist sur pié sur bille 
Bien tost beder et retourner. 

Martial, Vi'fj. de C/i. VII, ap. Godel'roy. 

Uediieliei> m. Perdre son temps à des vétilles, « ber- 
nasser ». Rare. 

Étym. Origine inconnue. Ce mot a peut-être quelque parenté 
avec Beder, ci-dessus. 

lSe£;'iiaii4l (pron. (lu, comme dans gué), sm. Nigaud : Un 
grand beguaud. 

Et bien, grand betjaui, ni'as-tu regardé assez? 

N. DU Fail, Cont. d'Kulr., II, p. '>'). 

Au féminin, Beguaude. 

Étym. Bager (pron. beger). qui a fait begrmd, et, avec la pro- 
nonciation locale, beguaud {Vogez Ai'.aoe;. Badaud, (jui vient 
du ])rovençal badar, autre forme de bnger, se trouve être le 
même mot que notre beguaud, 

ISe^-iiin, sm. \\ Sorte de garniture de cordelettes pendantes 
qu'on adapte à la bride d'un cheval pour garantir ses naseaux 
des mouches. 



Vk l^EII 



/. '. 



Bèlàiillci> r//. Le même que Baiiuller. 

Ueiii \biii). (((Ir. Bien. 1| Pror. A moitié beiu faut se tenir : 
il faut se contenter de ce qu'on a. quand même on n'en serait 
qu'à moitié satist\iit. 



Itciiitont, ftdr. Bientùl. 

Bientoust tiimberiez en quel<ine liebure 



Uab., II, r.>. 



Hcja (iii Hc^fsiN, s/i(. Imljécillité : Il est tombé dans le béja. 

Amours 

. . . leur (aux jeunes gens) oste la beiannie et nice. 

Al. Chartier, Dèb. cl. deux Fortunes. 

Étym. Origine inconnue. Ce mot semble avoir une certaine 
parenté avec héjaime. 

15eleiiette et Behniette, sf. Bluette. petite étincelle qui 
jaillit du fover. 

Étym. Be péj. et luette, du lat. lacère, luire. Ailleurs on dit 
Bel i( guette : 

Dans le patois du pays, Béluguette doit signifier quelque chose 
comme étincelle. 

Paul Arènf, Ann. pol. et littér., 27 déc. 1891, p. 113. 

Ueliiier [bli-ne). vn. Etre atteint du tremblement particulier 
qu'amène la vieillesse : Je ne peux plus me raser, je beline trop. 
L'Académie n'a qu'un mot pour exprimer cet état, yrouiller: 

Tredame, Monsieur, est-ce que Madame Jourdain est décrépite» et 
la tète lui //rouî7/e-t-elle déjà ? 

Mol., Bourg.., act. III, se. 5. 

mais ce mot a d'autres acceptions. 

Étym. Ane. franc, bêle, clochette, bas-lat. bella, germ. bell, 
m. sign. La tête remue comme une clochette en branle. 

UelIc-suMii-, sf. li La mère du gendre ou de la bru. 

Ueiiai^e, sf. État du corps et de l'esprit dans lequel on se 
sent heureux de vivre. |1 Situation de fortune suffisante, aisance. 

Uéiiifiee^ sm. Bénéfice. 

ISei-eliii, lie, adj. Bréche-dent, qui a des dents de moins. 



liei'oiil^ .s///. Humilie contrefait el hoilciix. 

Icy doit être le procôs-verbal de révadcmenl du citoyen Celier 

hercul. 

'SA a\ lil 17!).}. Arcli. iiiun. de St-Denis-sur-Loire. 

Étym. Jh'/' \H\\. el cffl, c'est-à-dire qui aie derrière mal placé, 
mal luuriié. 

IS€M-4hiiiil4'i% /•//. Kair(^ du liiilaman^e, « rahàter ». Un orage 
du tliahle, via ([u"(;a berdaude î 

ÉTY^r. Origine inconnue: [)eut-ètr(' de hcdn, herdo, onoma- 
topée. 

I5oi';;-cMMi, .s///. Pièce de lem'e qui ;i l;i forme d'ini Iriangle 
plus ou moins allongé. 

Une autre pièce de terre labourable estant en bregeons. 

1G21. Invent, de Beaune, \). (Ki. Arch. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

Plus huit aipens joignant de gallerne faisant chevaille 

en brejons à j)lusieurs. 

17ô8. Arpentage de la Met. Maisons Rouges. 
Arcli, H. Johannet. 

Utym. Augm. de be)-(je, bord relevé ; dans un champ de cette 
forme, la charrue fait une « chevaille » très relevée. 

\' 
Ber^ei* (bar-ge^, .s///. || Homme grossier, slupide : Xe 

réponds donc pas à ses sottises, c'est un berger. 

Pour ce doit-on tenir a fol et a bergier 

Qui veult Dieu et pécliié en son cueur encliergier. 

J. DE Meung, Codic, 1507, Rose, t. 111. 

Hei-^ei-oiiiiotto, .sf. \\ Carré de papier plié de façon à repré- 
senter, à peu près, la forme dun oiseau, cocotte. 

llei-îeii«e, sf. Bruyère. 

Un Cartier de terre assis aux. Brieuses, terrouer de Villefricon. 
1(')()U. Arch. L.-et-Ch. G. Villerbon. Décl. des terres. 

Étym. Bt-ijèrc pour b/'injcre, avec la triple transformation pa- 
toise de br en ber, é en c doux, et /- en .s {Voyez l prélimin., 
PRONOXCIA TIOX). 

Berlaiieille iber-lan-sî-e,), sf. Balançoire, escarpolette. 
Étym. Dim. de Balance, qui vient du lat. bi, deux, lanx, pla- 



W5 UEli 



teau. Bi, qui dans le français est devenu ba, a lail chez nous Oo, 
auquel on a ajouté un /• euphonique. 

Itoi'laiii'illei' Jjer-lan-si-ie . ra. lUilaneer sur la « l)erlan- 
cille ». Il Vit. Se balancer. 

Hei'laii<liiioi'< rjh Perdre son temps, musarder. 
Etym. ]icrlaii, qui se disait anciennement pour hreUin., 
maison de jeu, tripot. 

llcM-laiHl, aiulcN sm. et /'. Lourdaud, niais : Un grous 
herlaud. 
Ktym. Probablement pèj. de herlu pris au flg. 

ISei-liii^-iiotte, sf. Cloche, clochette, sonnette, grelot : mot 
badin. 

ÉTY^[. Onomat.. berlin, hcrlin, comme d'autres disent clrelin. 
drelin. 

Kei-1oiiil»ette9 mij. et sf. Étourdie, qui n'a pas de suite dans 
les idées. « Ijajoite ». 
Étym. Ce mot semble être un dérivé capricieux de berlaud. 

Hoi*l<H|ii€M> ra. Secouer : Berloquer la porte, jj Vn. Être 
secoué, agité, en ]>roduisant un certain bruit : La porte ne fait 
que berloquer. 

Etym. Ber péj. et loquer pour /osser. (Voyez ce mot). 

Uei'lii, lie, afij- Louche. || .AI yope, qui a une mauvaise vue. 

Étym. /ic'/- péj. et lat. luccre, luir. d"où lumière, vue défec- 
tueuse. 

ISei-iiAelie, sf. Vin blanc nouveau, encore trouble. 
Étym. Ital. vernaccia^ sorte de vin blanc. 

nei-iiaN^aift-e, sm. Occupations futiles, niaiserie. || Tri- 
potage. 
Etym. « lie /'nasse r ». 

Kei'iiaNsei-9 m. Autrefois, faire le métier de «Bernassier ». 

Il Fig. et aujourd'hui. S'occuper de vétilles, de niaiseries : Il 

n'a fait que bernasser toute la matinée. || Tripoter, pêcher 

en eau trouble : Ils sont tout le temps à bernasser ensemble, 

c'est canaille et compagnie. 



1]KU \) 

Ktym. Ih'en un hran, son. excréments. Cf. Sabï'enassc}'. tra- 
vailler grossièrement, malproi)rement. 

ll(»i-iia««4'i-î<N sf. Autrefois, métier, marchandise de « her- 
nassier ». Aujourdliui. « bernassage »». 

Cette brennasseric de révérences me t'ai^die iilns (|u'uriy ieiine 

dial)le. 

Rais., IV. In. 

■{«■-■•iisiMNioi^ îèi-€N sm. et sf. Autrefois, l)oulang'er qui 
la])ri([uait du pain de ([ualité inférieure pour le pauvre monde. 
Les lîernassiers étaient souvent en cunllil avec les « Maistres 
jurez ])oulangers », qui prétendaient leur imposer le pont de 
l>lois comme seul lieu de vente pour leur marchandise. 

Réi^leinent entre les niaistres boulangers et les brcnassiers et 
fouassiers. 

Jl soil (lici que lesdictsappellants pourront vendre leurs dictes 

fouasses et ))ain, qu'jls amènent audict lieu de marché, sur le 
pont et en toutes aultres places i)ublicques de ceste dicte ville (Bloys). 
7 sept. 1()00. Ileg. de la Prévôté, f'> 21 1. Arcli. L.-et-C. 

Il Fhj. Aujourdliui, qui « bernasse », dans tous les sens fig. 

ISei-iie^ sf. Bande déterre qui borde un chemin, une roule,, 
entre la chaussée et le fossé, hernie. 

Koi'iiot, sm. Taureau, élevé comme étalon. 
Ktym. Pour bïnmei, avec la prononciation locale; de brun, 
couleur de la plupart des taureaux de nos contrées. 

Une autre vache estant des lirueres, appelée Brenne. 

km:. InveiU. IM'ésid. de Metz, p. 81. Arch. L.-et-C. 
H. Baillage de Blois. 

Itei-oiiiva^-e, .S///. Malpropretés faites à table, par exemple. 
en mélangeant les aliments solides avec les liquides. 
Etym. « Bet'obicer ». 

lSei-oiiieei'9 vn. Faille des « beroinçages » : Ce drole-lâ est 
dégoûtant, il ne fait que beroincer. 

Étym. Bc, péj. et roincer pour rincer, comme fcroin pour 
frein. 

Uei'oiiaMNei^ r. imp. Se dit du brouillai^d. de la bruine qui 
tombe : Il berouasse. il a berouasse. 
Etym. Ane. franc, brouaa. brouillard. 



i8 BEU 

ItoiHMiéis .s/". Bruuèe. hrouillard. 

lU'^i-oiicttiN sf. Brouette. 

Dan>5 la cour deuant ledit domicilie ou il sy esttrouuéune bcrouette. 

7 déc. 1TG5. Invent., p. 28. Arch. H. Joliannet. 

ÉTYM. Bi deux, et rouettc, petite roue. Laberouette avait pri- 
mitivement deux roues. 

Boi-oiiettieis ^m. Petit entrepreneur des petits transports. 
Terme de dérision. 

Boi-qnîlIcNN/". Béquille : La berquille au père Caraba. 
Ktym. Bcr péj. et quille, du h*. -ail' negil., quille, bâton. 

I5c»i-N, \///. Berceau. 

Fredegonde obtint une grosse victoire 
Près de Soissons, entre ses bras portant 
Son filz Glotaire encor au bers estant. 

Crétin, L'app. du Maresc, de Chah., p. 130. 

Il La partie d'une cbarrette comprise entre les deux ridelles. 
ÉTYM. Bas-lat. bcrsa, claie dosier. 

Bei-Nolles, sf. pi. Appareil en bois, en forme de long cadre, 
faisant partie de l'équipement des bêtes de somme. 
Étym. Augm. de bers ? 

Berte (beur-tej, sf. Biicbe provenant d'une racine d'arbre. 

Etym. Origine inconnue. Ce mot ne serait-il pas le radical de 
hretèche, bertèche, en ital. beriesca, appareil en bois qui cou- 
ronne les murs, ou : Arbre qu'on place auprès des rets à prendre 
les oiseaux, (Oudin). Qu'est ce que 

Une berte de bois pour nettx)yer et espuichier les puiclis. 

1-VjI. G/os?\ ms. Bétliune, ap. Godefroyf 

Bei-tei-elle, .s/; {Voyez Bretelle;. 

Bei-toii (à), loc. adv. D'une façon opposée à l'usage : Cliaus- 
ser ses sabots à berton, mettre le pied droit dans le sabot 
gauche et réciproquement. 

Étym. Pour breton. Cette locution tendrait à faire croire que les 
bretons ont, ou ont eu, l'habitude de faire les choses à l'envers. 
En breton, s'emploie chez les mariniers pour indiquer une nia- 
niére d'arrimer qui consiste à placer en travers un objet qu'on 
a l'habitude de mettre en long. 



BEU 49 

Ucsisîoii, oiiiie^ adj. el sn(. el /". JiiUK'aii. Jiniiollo. 

Le commun accouchement des l'emmes est un enfant, touteslbis on 
voit {comme le nombre des femmes est grand) qu'elles accouchent de 
deux que l'on appelle géniaux ou hessons. 

Park, XIX, :>. (Paris, éd. 1810). 

KTY^r. Lai. bis, deux. 

JloMiijil et lUvsiîiiii, .s/y/. Animal qui lai! [)arli(.' (ruuc rx- 
ploilati(»ii rurale: Jai un bestial de malade à récurie. 

Son bestiaU bien gouverner 
A droit et i-aison se contente. 

Crétin, Nat. de Mf/r Fram;., p. 10 1. 

estal>les servant à loger le bestial. 

1G21. Invent, de Beaune, p. •")ô. Aich. L-et-( h. 
B. Baill. de Blois. 

Il Fin. Individu stupide et méchant : C'est un vrai besliau. 

Il est homme beslai, sans jugement et [irivé de isens. 

1584. Lett. de Henri IV, ap. Godefroy. 
Va, bestiau mon govial ; sals-tu point que l'Eglise ne peut faillir!' 

Moij. de parvenir, I, V^l. 

Étym. Lat. bcs/iale^ adj. de bestia, béte. 

Itètot, .sm. Exi)ression polie dont on se sert pour ne pas pro- 
noncer le \i\oi cochon qu'on croit incivil: « ,1'allons tuer noul" 
bêtot au respect que je vous dois. » Du reste la formule d'excuse 
dont on use quand l'un des noms de cet animal vient dans la 
conversation semble être de tradition ancienne, (^uand Rabelais 
(IW 7) parle d'un pourceau, il ajoute aussitôt, avec Tespril d'à- 
propos qui le caractérise : « Dieu soU aiiecqucs nous! » et tl'une 
truie : « Saulue Vhonneiir de toute la compaignie ». 

il Imbécile: « C'est bein seur pas li qu'est l'auteur (pfles 
guernouilles n'ont point d'queues. c'est un vrai bétot. » 

Het tei-alie, sf. Betterave. 

Étym. Lat. beta, bette, et râpa., rave: la transformation de p 
en b est au moins aussi natui^lle que en c. 

Ueute ! //^/t'/.v. marquant le dédain, l'inditférence : Beute ! 
ne l'écoutez donc pas. il ne dit que des bêtises; usité surtout à 
Francillon. 

Étym. Pour baste! de l'ital. basta, assez. Il est toutefois difficile 

4 



r,u lUA 

de cerlilier celte origine. !)((( ! dans IMaule, a la même signill- 
cation. 

Hiaiicle, sf. Blouse: ne se dit presque plus. 

.l'avine mieux voir sa l)elle taille 

t. 

Soiibs sa Oiaiide qui luy baille 
Cent fois mieux façonné son corps. 

Des Accords, Bignrr., IV*^ liv., f" .31, a. 

(J'ni/rz HiAFLE et Hkailk). 

Ktvm. Altération de Tanc. hllaud, vêtement de dessus. 

KiaiilcN N/'. l^louse. ne se dit presque plus. (Voyez Beaule . 

Plus un mauvais gilet de serge, une biaulle de grosse toille. 

7 Décemb. 17G5. Invent., p. 12. Aicli. H. Joliannet. 

Étym. Probablement le même que « Biaiidc. » 

RieaiicN .s'/". Cépage blanc à gros grains. 

Des pincaulx, des fiers, des inuscadeaux, de la bicane. 

Rab., I, 2'). 
Ktvm. Origine inconnue. Lat. canas, l)lanc :' 

Uic-lie, sf. .leu de course, le même que Chat. ( Voyez ce mot.) 

|{iclei> en. Regarder en clignant les yeux, soit par suite 
dune conformation naturelle de l'organe, soil pour éviter le 
Irop grand éclat de la lumière : 

Les poissons plats vont d'un costé bisclant des ^eux. 

lÎF.i.oN, Nat. des Foiss., éd. l.").")."), p. {:]'S. 

U Viser en fermant un d'il. 

Étvm. Ancien français hicle, loucbe, du latin bL [)éj et oculus, 
jjar s3'ncope du o comme dans ancora, ancre, et du u comme 
dans cumulare. combler et simiilare. sembler. 

l(i«loii, sm. Grosse « canette », grosse bille à jouer, 

Étym. En Bretagne on appelle bidon une grosse balle de fusil. 

Ce mot a probablement la même origine que bedon, panse 

arrondie, origine inconnue. (Voyez Bude). 

Bien bi-in. ^tr/r ad v. se prononce bin, 6//^. l^ropriété rurale, 
portion quelconque de cette propriété: Voilà un bon bien. 

Bi^aille, .s/". .Jeu qui se joue avec une sorte de tarots appelés 



BIL 51 

ici cartes espagiiules, ou cartes d" « aliietle « : Faire une partie 
de bigaille. 
ÉTY^r. Origine inconnue. 

Bî^lei> en. Le même que Bicler. 

l(iji;-oi-ii€'aii, .S'///. Limaçon aquatique qui sert quelquefois 
(l'appjit iM)ur la [)èclie à la ligne, lininêe. 

ii^TYM. Lat. bicornis, (jui a deux cornes, c'est-à-dire deux 
tentacules larges et Iriangulaires. 

lUIcMiv, oiiM4% (uJJ. lîilieux : Un tempérament l)ileux. || (^ui 
a une humeur inquiète, chagrine. 

ISillo (hî-e), sf. Morceau de bois taillé en pointe, dont le 
moissonneur se sert pour lier les gerbes. 
Étym. Celt. blU, tronc d arbre. 

Ifiillei' (bi-ye), va. et n. Lier en se servant de la « bille ». 

UUlant une gerbe de l)led. 

N. DU Fail, Prop. rust..\). 11. 

Il Biller une pièce de vin, la disposer de façon qu'elle se 
trouve sur chantier, la honde en haut. 

Étym. Pour le premier sens, « Mlle » ci-des^sus : et, pour le 
second, Mlle., pièce de bois, chantier. 

Bîlletei* (bi-3T-tê), va. et n. Le même que Biller. au pre- 
mier sens. 

Itilloii [l)i-ion), s/il. Testicule : ne se dit aujourd'hui ([ue du 
coq . 

Mademoiselle étant venue au jardin vit un pruniei* de ces 

jirunes qu'on appelle billons dîme. 

Moij. de parvenir, 11, 81. 

Étym. Bille, boule. 

ISillot (bi-io\ sm. Appareil composé d'une forte courroie 
re[)liée dans laquelle est engagé le crochet d'allelage et tixé 
à l'attelle du collier au moyen dune cheville de bois api)elée 
bois de billot. 

Une petite montrée de cuir usée employé en billot et autre liar- 
nois usage de chevaux. 

19 janvier 1760. Vente, f'^ 38, \\ Arch. H. Johannet. 



■J^ 



> BIX 



Étvm. Billot, diiiiiii. de Inlle. îi été pris, par s3niecdoqiie. pour 
l'appareil tout entier. 

Itiiiei-, rd. Donner uii baisera : Oh! la mâtine, qui ne veut 
pas que je la bine ! 

KTYM.Orig. incertaine. Lai. bbius, double? parce que biner 
se dit surtout du rapprochenu^nt de deux figures. Biner n'a-t-il 
rien à voir avec binette, figure, dans le langage badin, que 
M»" Feuillet de Conciles fait venir dun sieur Binet, perruquier 
de Louis XIV ? Dans d'autres provinces, à Gien. par exemple, on 
dit Ififjer. 

ISioii, .s///. Flacon à mettre Ihuile. les liquides gras. 

(vUioddani vas. vocatuni bjjon, oleo plénum. 

1.%1. DucANGE, baheleria^. 

Êtym. .Aua'm. de bie, cruche, dans l'anc. français. 

ItiMcotiiie, .<;/". Vin blanc fait avec du raisin rouge non cuvé : 
se dit sur la rive gauche de la Loire, notamment à Chailles. 
Etym. Origine inconnue. 

ItiNMoii, sm. Buisson. 

Etym. Cest l'ancienne prononciation. 

RIaiielietoii, sm. Têpage blanc le plus cultivé naoruére 
dans nos contrées. 

Ulaiicliii> va. || Blanchir une bille de bois, la dresser, soit 
à la cognée, soit à la scie. 

Êtym. Blanc, parce que. dans cette opération, on enlève 
Técorce et on met à nu laubier qui est blanc. 

Hlottei> va. Amasser la neige à ses chaussures, à ses pieds, 
en marchant : Le facteur ne peut plus faire sa tournée, il ne fait 
que blotter. || V. imp. Sattacher aux chaussures, en parlant de 
la neige : On ne peut plus S(jrlir, ça blotte trop. 

Étym. Ane. franc, blotte, blostre. motte de terre. 

Uln, lie, aOj. Bleu, bleue. 

(J beau crvstal inurimirant 
Que le ciel azurant 
D'une belle couleur Mue, 
Où ma dame toute nue 
Lave son beau teint vermeil. 

RoNS., Od. 12, liv. V. 



B()D 53 

L'n autre tappis de taljle yaniy tout alentour de franges de 

laine bhœ. 

10 nov. l(;i)N. Invont, Seigneuret, p. 20. Arcli. de L.-et-Cli. 
B. Haill. de Hlois. 

Il So dil, i)ar aiili[dira8e el par plaisniilor'hv d'un lioninio d un 
blond anlenl. rouge: Lo lîlu. le [xdil Hlu. 
KTY^^. Ane. ail' hiiur, niènio sigiiiJlcalion. 

IMiiNii-, r,i. Devenir « hlu ». s(Mlil du IVoinage. (iiuind les vé- 
gétations de la peau ((ui le recouvre [)renneiit une leiiile 
l)leuàlre. 

ISoliaiM N///. (il grand hohaii. un gr;ind hemM. un grand 
dadais. 

Étym. Ane. IVain;. luiube, bègue, el. par ext. faible, sans 
iiitelligenee : dOii hohn, qui avait le niéine sens que notre 
hoban: 

L'amour de moi vous doins et ottroi toute sus, 
Et se vous n'en prendes, vous serez moult bobus ; 
(^ar (|uant li fers est caus, on i doit ferir sus. 

B. de Seb, III, 1111. Godefroy, bobn. 

lloliilloii, .s///. Havard, diseur de riens: se dil sur la rive 
nauche de la Loire, notamment àChailles. 
Étym. Probablement babil, avec changement du a en o. 

ISoliilhiiiiicM-, /•//. Bavarder, dire des riens. 
Étym. BobiUon, ci-dessus. 

ISoe<|iiei> r,i. Donner de la tète, se heurter : Jacques ne 
tenait point les guides dans la dévallée, son cheval a été boc- 
quer contre un mur. || Se bocquer, rr. Même signification. 

Étym. But\(\m se (lisait pour bfnic. dans i)lusieurs dialectes de 
Tanc. français. 

ItodcN sf. Taure, génisse, vache. 

Étym. Lai. bos.^ bœuf? Dans le patois poitevin ee mut a [)lu- 
sieurs formes : Bode. boude, beude, bede. Ne serait-ce pas 
l'origine des mots bedon, bedaine, qui signifieraient ainsi : 
Ventre gros et rond comme celui d'une vache? Cette h^'pothése 
.est d'autant moins à rejeter que. dans le même patois, bode et 
boude ont aussi le même sens de gros ventre. (Lalanne.) 



04 BOD 



.X L 



Bodet, N///. Veau. 
Étym. Bodi\ 

n«Mli, iiïn. Le même que Bodet. 

Uodielie^ x/'. Vache, génisse, mol d'enfant. 
Étym. Vouez Bode. 

Kodiii, .s///. Boudin. |1 Au pi. Repas d'apparat qu'on donne 
lursquon a tué et salé un porc : Nous ferons les bodins 
dimanche. Dans ce sens on dit aussi les rillons. 

Hodiiiiei-iN sf. Petit entonnoir en fer-blanc qui sert à faire 
le « bodin ». 

Itoiâi-eiiei^ spr. Beaugency. 

De Blois il arriva à Boisgency. 

Hist. des dern. troubles de France, 1. I, p. 9, v^ (1509). 

Beaugency ou Boisgenci, Balgentiacuin. 

BeriNier, p. 251. 

Itoiiiiis sf. Jeune fille, se dit sur la rive gauche de la Loire. ' 
Étym. Origine inconnue. En Gàtinais on dit boile. Les pei- 
gneurs de chanvre du Jura se servent, pour désigner une jeune 
fille, du mot hoitze. qui a peut-être quelque parenté avec hoime 
et hoile. 

ISoire, va., fait au prés, de l'indicatif, nous beuvons, vous 
beuvez. ils beuvent. 

Tes petits beuueraulx de Paris qui ne beuuent en plus qu'ung 

itinson.' 

Rab., II, 14. 

l((Û!SNsiillei> vrt. Traîner les cabarets pour 3" boire et y 
perdre son temps. 
Étym. Boissàille, i)éj. fictif de boisson. 

HoÎNNoIce, sf. ^Mesure agraire qui est de 5 ares 06 cen- 
tiares, ou 500 métrés carrés : Dans le val, la boisselée de pré a 
moins de contenance. (Cette opinion, encore aujourd'hui très 
répandue, n'est pas fondée) : 

C'est une erreur dont j'ai trouvé plusieurs personnes imbues ({u'en 
Blésois la mesure des prés n'est qu'à 22 pieds pour perche, elle est à 
21 comme pour les autres héritages. 

Si rarement on trouve sa mesure, c'est que plus l'héritage est pré- 



Bol 55 

cieux, plus les propriétaires, dans les tiU'e.^ <pi ils se Iniit, cliercheut 
â se (rayer des moyens d'usurpation. 

FoL'RKÎ;, Couf. (le Ulois, p. G32. 

Etym. Hoisi^rnit. L;i boissclée lui priniili vfMiieiil retendue do 
terre qu'on i)()uv;ut ensemencer avec le cunlenu dun boisseau. 

Uoi.s^»iei* (boci-sle). sm. Fagoteur, ouvrier ([ui travaille dans 
les bois : 

11 s'est suicidé dans les bois de Cheveriix . nu il ti-availlait comme 

hoisHicr... Cette moi't. . . a ])roduit une émotion considérable parmi 

les boissiers. 

Indrp. (Jr L.-ri-Ch., \ 1 lév. 18'.)2, )>. 2. 

Il Magasin à bois : 

Au rez-de-chaussée, deux chambres et grand hoisHicr. 

Pet. affioIiPH hh'S , 15 jnill. 1.*^00, p. :{ et passim. 

ISoiKs s/". Il La qiianlité de vin nécessaire à la consoraniation 
d'une [)ersonne. d'une maison : Je ne récolterai pas cette année 
pour ma boite. 

Quand le mesnager voudra mettre son vin en i)erce, et <ju'il le 
voudra tirer peu à peu pour sa boitte. 

Liera UT, Mais, rust., VI, ch. 1<>. 

Hoite, s/'. Il Autrefois Tronc d'une église : 

Payé à Monsieur Berrier la somme de trente-deux livres cinq sols 
pour le bâton et boette du Saint-Sacrement. 

1787. Reg. de la marelle. Marolles, n" I, f" 12, v^. 

Il Confrérie religieuse : 

Au procureur de la boeste de M'" St-Antoine, quatre sols quatre 
deniers provenant de la moitié du prix d'un mouton offert à l'église 
et à M'" St-Antoine. 

1 r.)9. Invent. fabr. Avaray, 1'*' :V.), W Arcli. L.-et-Ch. G. 
Aux ([uatre bocstea de l'Esglise de Villebarou, scavoir est : .\ la ré- 
paration et aux trépassez a chascune cinq soulz et a St Sébastian et 
au Chappellet a chascune six blancs. 

4 septemlire 157.^. Test, Sim. Bouzi. Arcli. mun. Villebarou. 
Vol. 15(il. 

Le peuple des faubourgs de Blois appelle encore aujourd'liui 
le banc des marguilliers la hoUe an pnw. 

Boitei' C*^^)? ^*^'- Se griser et même s'enivrer, mais en 
cachette et pas au cabaret. On dit aussi être on hoUe. 



56 BOL 

Le suppliant, qui estoit si Tort en boite uu yvro, que à peine 

scavoit qu'il faisoit. 

UÔU. Duc ANGE, Oecriotub;. 

Étym. Bof'tc. boisson. 

Itolle, sf. Bol. tasse : Une grande bolle. 

ISollée, sf. Le contenu d' « une bolle » : Une bollêe de lait. 

Hoii-aiiii« .s'///. Amoureux, prétendu, « miston ». 

It«>iili4>iiiiiie« s)n., fait au pi. honJiorji7nes, comme hoiûiQur 
fait bonficurs. Dans le Blaisois, les substantifs composés d'un 
adjectif et d'un substantif ont toujours suivi cette régie : 

Geoffroy de Mesneu, Denis le Mesureux et Robert de Bellelance, 

gentilhommes Blesois. 

Dernier, p. 208. 

Boiilioiiiiiioaii ibon-non-mio); sm. Homme âgé, terme 
badin. 

Accompagné d'ung tas de bonshommeaux. 

Crétin, Natic. de Mgr Françogs, p. 157. 

Roiijoiiis S///. Visière de casquette. 

Koiiiie, sf. Fiancée, promise : Il était à l'assemblée avec sa 
bonne. 
Étym. Pour bonne-amie. 

R^Hiiio-aiiiie^ sf. Voyez Bonne. 

HoiiiK^N, sf ///. Être dans ses bonnes, être en bonnes dispo- 
sitions, en belle liumeur. 

Kt quelques fois, qu'il est en ses bonnes, reguoubillonne de cham- 
brières. 

Rab., IV, 46. 

ItoiiiiettcN sf. Bonnet de coton ou de laine. 

La bonnette rouge. 

X. i)U Fail, Pro/j. rnsf., p. iy^. 

Hoiiiie-\'i<M*;;-e, sf Image, statue de la sainte Vierge : Une 
Bonne-vierge en bois. 

Boii-Naii^9 interj. Exclamation qui n'est considérée comme 
juron que lorsqu'on la fait suivre des mots : de Dieu, ou i)ré- 
céder du mot : sacré. 



BOU 57 

H^mmI, .s///. Il Fhj. Coté, coterie. i)arli : Je ne suifs pas de ce 
l)ord-lâ. Ils sont du même bord. 

ItoNMCN sf. Il rri-aiue de luzerne ou d'incarnat non battue : 
Semer de Tincarnat en Ijosse. 

Du clienevciix l'ii bosne espaiidu dans icellui (grenier). 

I.') sept. 161(). Invent. Pineau, p. 5. Arcli. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

Étym. Origine incertaine. Peut-être abréviation de a/bosse. 
qui a le même sens en Poitou et qui semble venir du lat. capuf. 
tête: ([uand iberbe est sur pied, sa graine lui lait une sorte de 
tête. Le gascon dit de même cabel pour épi. 

Bote! interj. Le même que Beute. 

KottiN sf. Il Douille en fer qui sert à fixer le « couard » à la 
liampe de la faux. 
Étym. Par anal, avec botte, cliaussure. 

Uotteaii (bo-lio). sm. Petite botte, se dit surtout d'une 
botte faite avec les débris, les restants de la paille. 

Lung- lieve le botteau de foing 

GoQUiLLART, MonoJ. fJs la botte de foirifj , \). 1.50. 
Plus payé pour une paillasse pour Monsieur le vicaire et pour six 
bolleau.r de paille pour mettre dans ladite paillasse trois livres 
douze sols 

l<)7:i. Cp*'= de la marelle, f" \'À. Égl. Chaussée-St-Victor. 

lioiioaiit, .S//?. Petit fût. baril, se dit le plus souvent en nuui- 
vaise part : Un mécbant boucaut. 
Étym. Bas-lat. bucellus, petit tonneau. 

Uoiielisiilloii^ snt. Mauvais boucber. bouclier qui vend de 
la mauvaise marcbandise. terme de mépris. || Garçon l)Oucber. 

li<»iic*lie-r<i»iii> srn. Pièce de t(jle garnie d'une poignée et 
disposée pour boucher la gueule d'un four. 

27" Une mauvaise met a paitrire pain, un goumas de bois, ses tré- 
teaux, un rouable de fer. Le bouche fouryt de tliosle, la pelle de four 
estimé quatre livres cinq sols. 

:\() nov. 17H2. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Uoiieliei', va. IJoucher un cheval, lui ouvrir la bouche pour 
connaître son ^ge à l'inspection de ses dents. 



58 BOU 

noiiclioii-«rèeiielle», su». Bouchon formé de chiffons, ({ui 
sert à hiver hi vaisselle. 

Je faisois la cuisine aux Cordeliers de Rennes, et je mis par mégarde 
le bouchon des écuelles au pot où je Hs cuire la potée. Gela fit une 
soupe miraculeuse.. 

Moy. lie parvenir, 1, 174. 

Il Fil). Frais comme un bouchon décuelles : très malpropre. 

Regardez un peu ce petit bouchon d'écuelles d'amourettes. 

Und., 11,259. 

Boiiotte, sf. Trou, ouverture dans un mur. une porte : La 
souris s'est sauvée par une houette. 

Plus dans une petite bouette dans un mur 

1 1 niv. an II. Arch. mun. de St-Denis sur-Loire. 
La boune galette 
Passe par la bouette! (la bouche). 

(Cri d'une marchande de gâteaux de Blois). 

Etym. Ital. buchetta (pron. bou-ket-ta) dim. de bicca (bou-caj, 
tivui. du lat. bùcca, cavité. On trouve écrit anciennement bau- 
hetteeX bauicette. 

Boiiirée, sf. Il Touffe qui. au milieu d'un champ de blé. de 
luzerne, pousse avec une vigueur exti^aordinaire. 

Boii.âre, s ? Boui^se. sac ? 

Neuf deniers provenant de la revente des bouges. 

1033. Cp*^^ de la marelle, p. 7. Fabr. de la Gli.-St- Victor. 

UiMiillaiMl, s)ji. Sorte de peuplier, appelé aussi peuplier 
suisse. Autrefois on disait plus souvent Azin. {Voyez ce mot.) 

Plus reçu d'Ange Chenu la somme de dix livres pour la tonture des 
ormeaux et bouillards. 

1782. Cp*'' de la marelle. Égl. de la Chaussée-St-Victor. 

Etym. Bouleau: comme port et comme feuillage, le bouillard 
a quelque ressemblance avec le bouleau. 

lioiiillée^ sf. Lieu planté de a bouillards, » bouquet de bouil- 
lards. Il Par ext. au S. de Blois. Cepée, « tallope ». 

UoiiilIii> vn. fait au fut. je bouillerai ou je bouerai, au condit. 
je bouillerais ou je bourrais. Ces temps viennent de la forme 
bouille r. 



BOU -'^y 

Ce n'est pas tousioursle bouiller qui consume les vins. 

ol. dkSi-rrf., Thcdt., III, X. 

1{oiiill4»iiiuMN .sV'. Tomnio BorFFKK. (Voyez ce mot.) 
ÉTVM. CuiiiiK le second sens de BoriLLÉF, ci-dessus. 

ItoiiiiiottCN sf. Polit trou, petite « bouette ». 
Étym. Dim. incorrect de « bouetle ». 

ItoiiiM, SU). Buis. Il Pâques de bonis, le dimanche des Ra- 
meaux. 
Pixos en grec, se nomme en latin Buxus, en françoys Boiujs. 

Comment, très excell., cliap. 2\^. 
Plus payé i)Our les bonis du jour de Basques fleupyes. 

um. Cp*« de la marelle. Kgi. de la Chaussée-St-Victor. 
On dit buis, dans les provinces, mais à Paris et à la cour on dit 

bonis ; c'est donc comme il faut parler. 

ÏNIknage, Observ., cli. *X). 

KoiiiN$^ei-9 va. Garnir de « bonis », et, spécialement, attacher 
à la croix dnin « carroi « une bi^anche ou une croix de bonis, le 
dimanche des Rameaux : (Test leBesson qui a rhabitudede bouis- 
ser la Croix-Coq de Francillon. 

Quérir le bouys pour boiujsser la croix. 

1473. Almenèches. Ai'ch. Orne. H. 24. GodetVoy. 

Boiijii, lie, adj. Qui est bombé en forme de bouge. 
IVMilotti^ sf. Il Petite boulaie, bouquet de bouleaux. 

ItoïKiiictf sin. Toute espèce de plantes donnant des Heurs : 
IManter des bouquets. 

Il y a les amateurs de roses, il y a les amateurs d'auricules, il y a 
les amateurs d'œillets, il y a les amateurs de dalliias, il y a les 
amateurs de camélias, il y a les amateurs de renoncules, il y a les 
amateurs d'anémones ! Ce sont les seules fleurs, les autres s'appellent 
des bouquets, et il faut voir de quelle manière on prononce le mot 

bouquet ... 

Alph. Karr, Voij. aut. de mon jardin, p. 152 (M. Lévy, 1857). 

Il Prov. Un bouquet sur la manche, l'objet d'une grande 
affection : Oh ! sa bru. c'est un bouquet sur sa manche ! 

BoiuMle, sf. Longue perche ferrée qui sert à manœuvrer un 
bateau. || Perche qui soutient la corde sur laquelle on met 
sécher la lessive. 



/ 



m Bou 

Les boiteux y ont laissé un amas de bourdes (bàtoiis) plus liaui 
que le plancher de cette salle. 

d'Aubignk. J^ar. de Fœnes, 1. '2, cli. 5. 

Etym. Ane. franc, beliov.rdc. sorte do lance. 

KoiiiMloiiiieaii, xm. ^fonlanl rVuno iZ'rando porte en bois, 
dune porte cochère. 
Étym. Dim. de boirnlon. augnient. de « bourde ». 

noiii<£;'eoi»4ei'iiN sf. Bourgeoisie : Les « paîsans » et la 
bourgeoiserie. 

]toiii-iî-ooii« sm. Feuillage de la vigne : Je vas faire une 
charge de bourgeon pour ma « bode ». 

Plusieurs particuUiers vontceuillir du bourgeon et de l'herbe dans 
les vignes d'autrui. 

18 mai 171KI. Reg-. des délib. de la mun. de Villebarou. 

Boiii-i-assier, s///. Tas de bourrées. 

lioiii-i-é, S//K Sorte de pierre tendre pour hi construction. 

Nous avons fait tailler 1.500 pieds de bourez en careaux a quatre 
deniers le pied, et .îOO pieds de pierre dure a un sol le pied. 

ITO^j. Journ. des eh. remar. de St-Laumer, fo 32, v". 

Étym. Bourré, village sur les bords du Cher où sont situées 
d'importantes carrières de cette pierre. 

lioiii-rielioii, .s///. Roitelet, troglodyte : Vif comme un 
bourrichon. 

Plub ledit Seigneur a et lui est deub... par les garçons dudit 
Cliousy, l'une des lestes deXoel, vn oiseau appelle Roistel autrement 
6o/.*rf7/o;?, qui lui doit être présenté. . . par deux garçons sur deux 
Ijastons, entourez de loriez liez et attachez de rubans de sove. 
Juin 1277 (transcrit en 1717). Cart. blés. Marmoutiers, p. 328. 

Étym. « De burrichus on a formé le d'mnnwVif bif/rrichio dont 
nous avons fait beurriclion oiiburrichon ]}o\ir roitelet, à cànse 
de la couleur roussastre de cet oiseau ». 

MÉNAGE, Bourrif/ue. 

Honi-i-îei', .S-//1. Fétu très mince : 11 m'est tombé un bourrier 
dans l'œil. 

s'il n'y avait autres bourriers en la fluste. 

X. DU Fail, Contes d'Eutrap., I. p. 38, 



VAIX 01 

Il \n pi. Débris, ordures : Il t'aiil Jeter les boiirriers dans la 
cour. 
Étym. Bourre. 

Iliiiiri'oelie^ .s-/'. I)Ourrache. plante médicinale. 

Houljelon, honrroehe. 

PAm';, y, :2<>, ap. Liitn''. 

ISoiitàilloii, .s///. Terre, champ d'une très petite étendue ; 
se dit [)ar plaisanterie. 
Étym. Dim. et péj. de houf. 

Uoiii-flii-lHHit, s?n. Lieu de rassemblement, â P>lois, de 
tous les ferlampiers, gens sans ouvrage et qui n'en cherchent 
point : Un gàs du ])Out-du-pont. 

(iuignard, François, né à Blois, député du bout du pont, à 13lois, a 
été conclamné huit fois ; il n'aime pas la police. 

Avenir de L!-et-Ch., no du 13 Juillet 1800. 

Itoiito-à-la-iiiiit, .s///, et /'. Qui n'avance pas à l'ouvrage. 

lambin, lambine, paresseux, paresseuse. 

Étym. Qui boute (pousse) à la nu il, c'est-à-dire : qui traîne la 
besogne pour la faire durer jusqu'à la nuit. Cette jolie locution, 
aujourd'hui peu usitée, semble avoir été spéciale à la ville de 
Blois et à ses environs immédiats. 

IS4Miti'oii, .N///. Borne en pierre ou en fer, disposée au coin 
d'une porte charretière, en avant d'un mur, d'un arbre, pour 
les préserver de l'atteinte des roues des voitures. 

Étym. Fonv boutcrouc, de bouter, mettre lesrotfes en dehors. 

ltoiit^9 sm. pi. Il Tisons, bouts, extrémités du bois qui hrùle 
dans le fo^^er : Pousser les bouts, tisonner. 

Hi-àa;"ette, sf. Brayette. fente de devant d'une culotte, d'un 
pantalon. 
Étym. Dim. de braye. pour braic, culotte. 

Le plus gentil Chevalier donnera à l'Escuier sa chemise, un autre 
lui baillera ses Orages, un tiers lui donnera un pourpoint. 

DucAiNGE, brafjœ. 

Brai (bre), .s//?. Voie d'une voiture, écartement des roues. 
Il Empreintes tracées sur la terre par les roues d'une voiture : 
. Cette charrette ne mène pas le brai, c'est-à-dire ses roues 
n'entrent pas exactement dans les traces des autres voitures. 



^^o BRA 

Lors vient au clieunn et voit qu'il est nouvellement hrée. 

L.ancel. du Lac\ ap. Littré, Orée. 

Étym. « Br.AYER ». broyer (ci-dessous). 

Ui-aiei!» {en pat. : brà), sf. pi. Levée, digue, turcie. 

Les deux brayes de Sainct-Victor. 

20 fév. 1 127. Chart. de CIi. d'Orléans, ap. N. Mars, 224. 

Pierre Garnier, pesclieux, demeurant au Irais. 

!()().*>. Invent, de la grande marelle, p. Ô. Arch. de rLgl. de 
la Cliaussée-St-Victor. 

KTY^L Bas-latin hraUu bnica, bracca, iiièine signif. 

Braillons, .s//?. jA. Se dit dans quelques endroits pour Bran- 
flnns: Le Dimanche des branlons. 

Hi-ayei* (brè-ie), va. Bro3^er. 

Ils vous brayeront de la fouace. 

Rab.,!. :12. 

ÉïYM. Voyc^- Brègkr. 

lîi-c'ift-ei-, va. Briser, broyer. « Ah! Tguerdin ! si je l'teins. je 
ibrège ! ». On dit aussi Brayct-. 

Une braii^^e a breiyer chambre (chanvre). 

inU). Invent. Roy, p. î). Arch. L.-et-Ch. B. Bail), de Blois. 

Étym. C'est le même que « brayer » bro^^er, avec la sul)stitu- 
tion du g au y. {Voyez Abagé). 

Bi'eiiis\ille9 .s/". Bruyère, considérée comme broussaille : On 
coupe la bremâille pour faire de la litière aux bestiaux. 

C'était (en Sologne) à perte de vue un horizon de landes et de 
bruyères, dites brumailles, coupé i)ar des étangs couverts de joncs 
et de maigres boucfuets de bois. 

Journal le A7A> Siècls du 18 février 1892, p. I. 
Les grands chênes abattus laissèrent la place à la brumaille. 

Ibf'd. 

Étym. Pour bramàllle, qui est une sorte de péjor. de bruyère. 
Ducange a bruaUle, menu bois pour chauflfer le four. 

Hreiiioi-, Vil. Beugler, en parlant du taureau, du bœuf et de 
la vache. 

Étym. Gerin. breinan, breninien, même signif. Comp. le 
grec |5p£p.îcv. même signif. 



lii'ott'llc» i)ciiis la camp, un prononce j)crtellc. el même her- 
terelle), sf. || Sorte de cale qui s'adapte au cliarpi et qui sert à 
maintenir la « douelle » n doler; ternie de tonnelier : 

Ung asse, deux meschantes dolloueres, ung ])altraict, une grappe, 
deux nieschants ral>ots, ung mescliant goué, deux berterelles, troys 
gonds, troys passes. 

KilT. Invent. Raiiart, p. 11. Arcli. L.-ot-Ch. B. Haill. 
de Blois. 

Il Au /;/. Appareil dont un se serl i)uur soutenir les petits 
enlanls qui commencent à marcher. F/(/. 11 ne lient (lu'â ])re- 
telles, se dil dun homme usé. miné, ([ui ne peut })lus se traîner. 

ISi'exiii^ .s///. Sorte de jeu d(^ carie, dil aussi Bezigue. 
Étym. Origine inconnue. 

Iti-îc*liei> fff. et n. Prendre au piège : Ih'îcher des moineaux, 
je vais hrîcher. 
Étym. Ancien français hr/c, piège, brichCj sorte de jeu. 

Aucunes jeunes Ijaclielette;? jouoient d'un jeu appelle la briche 

Andrieu d'Azencourt print hors des mains d'une desdites baclielettes 

le baston, (hupiel bricUer devoit. 

1 lus. DucANGi:, bricola. 

l5i-îooliN .s/". Il Travail qui n'est pas sérieux : Tout ra, c'est de 
la bricole. 
Ktym. Ane. franc, hric. piège, engin. 

Ki-ico1oi> m. S'occuper âdes travaux sans importance, sans 
utilité, à des « bricoles ». 

BHc«olîc»i> 5?;?. Homme qui ainieâ» bricoler ». 

Ui-iiieo»»tlT-reis, .s/", pi. Débris, bourriers. ordures, réduits 
presque complètement en poussière. 
Étym. Bren, ordure, et cendre. 

I5i-îii;i-elé, ée, ^/(/J. Se dit d'un taureau, d'une vache dont la 
robe est mêlée de i)oils rouges et noirs, comme le bai des che- 
vaux, et ravée de noir. Dans le Dessin (basse Normandie), on 
dit bi'ingé. 

Étym. Origine inconnue. Dringelé ne serait-il pas l'ancien 
rainselé (prononcé rainchelé, ringelé, avec prosth. du b], qui a 
des taches en forme de petites branches ? De rainsel, petite 
branche {rinceau). 



lii BRI 

IJi-îqué, ôe, (/(//. Desséché, doyeiiii sec comme une brique 
Du pain briqué. 

ISi-ii|iieiiclliei'9 6^//^. Bricolier. « l)ernassier ». 
Étym. }3ri(nicacîlc, vétille, mot qui a disparu, dim. de hrichc, 
hric. eno'in. piège. 

lîi-oe ]n\)\ N///. Fourche en fer à long manclie. 

Longs vouges, i)erchos, brocs ferrés. 

X. nu Fail, Contes d'Eutr., I, p. 23t. 
Plus quatre crouets, trois bros. 

Nov. 178'.». Vente volont., p. 50. Arcli, H. Joliannet. 

Ktym. Lat. hrorhvji. broccus, dent pointue et saillante. 
Iti-oelie^ sf. Il Aiguille à tricoter. 

lti-<K*liei*9 va. et n. Tricoter en se servant de « broches » : 
Brocher des bas. 

HiMMle, adj. f. Brune, en parlant d'une femme, d'une fille : 
Une belle brode. 

Nostris vero brode olini, idem (piod nunc brun, fuscus. 

DucANGE, broda. 

Étym. Origine inconnue. 
iti'4Miiietei> cfi. Enlever avec un broc. 
Iti-oqiiin, s//(. Brodequin. 

Ki-oiiilla.s.seï^ v. irnp. Se dit du brouillard qui tombe : Il 
a Ijroui liasse toute la matinée. 
Ktym. Ancien franc, btxmillas pour brouillard. 

Fouir ce brouillas de temps. 

Al. CiiARTiF.R. Espérance. 

ISi-oiiilletei'f m. Ramasser le l)ois mort. 
Ktym. Ane. franc, breuil. buis.son. 

Bi-iière, .s/. Bruyère : Un balai de bruére. 

Chaume, friche, gueretz, brueres et buissons. 

24 nov. lolT. Part. Présid. de Metz. Arch. L.-et-Cii. 
B. Baill. de Blois. 

Hi-ii maille, .s/*. Voyez Bremaillk. 

ltiilK"rfftii9 sm. Biberon : ne se dit plus guère. 



BUT 65 

Un vazo, un boucâult et un buberon, le tout de verre. 

IGIT. Invent. Présid. de Metz. p. so. Arcli. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

ISikWs .s/". ()i»('M'alion (|ui ;) pour but d(' blanchir le linge 
disposé dans un « tenon », sous un lil de cendres de bois, en 
faisant passer de leau chaude à travers cette cendre, lessive : 
Faire la buée. || Le contenu dii t(Miou : Laver la ])uée. 

L'ne autre» j(jurnée aviut que les niescliines de la Roine avoieut l'ait 

une buée, et avoient mises les napes île l'Hostel du Roy et de la Roine, 

Pt dra[)s, linges, sanibues, cuevrechefs ; et lui la buée estendue ou 

ries de la MagdebMuc iMUir scicluM-. 

1 \XH. DucANGF,, sambua. 

ISiioii, S///. Flacon à ni(dlre ["huilo. le même que lîiox. 

IMus payé deux sols six deniei-s pour un buon. 

Ki!).*). Ci)^" de la niàrelh^ I\gl. de la Chaussée-St-Victor. 

I5ni<»l«'e, N/". Le contenu d'un « butet ». 

IBiifolioi% .s///. Homme qui porte un lardeau à Faide dun 
« butet ». (V mot a disparu. presque comi)létement aujourd'hui 
cfuon ne manque pas d'autres moyens de transport. 

De plus nous avons requeri six buleh'ers\)0\\v transporteries terres. 
2!) flor. an II. Reg. des délib. de la nnin. de Villebarou. 

ISiitot (bu-té). s)ji. Sorte de petite hotte à haut dossier. 
Certaines corvées appellées Butage parce qu'elles se faisoient avec 
dos hottes qu'on appelle encore a présent Bidets au païs blesois. 

Bfrnier, p. 2n:{. 
Lins deux barils, onze paillons, deux buttets. 

Xov. 17«0. Vente volont., p. -U). Arcli. H. Joliannet. 

L'ancienne rue des Vanniers, aujourd'hui ({e Saint- Honoré, à 
Blois, est encore appelée rue des Butets par les gens do la cam- 
pagne. 

Ftym. Ce mot. qui est spécial à lidiome blaisois, ne se ren- 
contre nulle part, ni dans les anciens auteurs, ni dans les an- 
ciennes archives étrangères au pa^^s blaisois. Il vient du radical 
bitti, boit, tiui se trouve à la fois dans les langues d'origine 
celtique, germanique et latine [Voyez Littré : Botte. 3), avec le 
sens général de vase. 

Auquel il requist qu'il lui voulsist faire aide et chevance de deux 

butez plains de miel. , , 

1380. DucANGE, buiar. 



i;i; BUT 

Ici bvtc'A le sens de v;is<\ ]k>I. 

Icelliii MoiiMiart qui avoit une b<nit i»u hotte à son col, et unii 
baston pour soustenir sa hotte. 

1 l').'». DucANCF, boteronus. 

Nuln^ h)tfrt es! ini dini. de ce /y^^'/. 

Je ne tleniande mande, penier, casier, (junnnebaiin, crétin ne hotte 
pour engrener ma farinotte. 

ClîETIN, p. 2()T. 

Dans celle phrase, cumpusée de consunnances dans le goût 
ridicule de répoque, qunnnrbvtin semble être un proche y)arent 
de notre bute t. 

Co^nporez Tall'' modeime Miite, hotte. 






G 



Vît» <i(IJ. (lc//i(»isl. Hhi(j. (1rs 'J iioires. iiidiqiio les clios(»s : 
C'ost-i dur, ra vuk'iir ! Ta seul bien mauvais, ra pourriUire ! 

IvrvM. ('()ii(i'acti(iii do rr. crfir (d ht: (V v<>I<Mirdà. cclh» ])oiir- 
ri(iii'('-l;'i. 

CsiIkiii, .s-//^ Sorte de chilssis on l>nis sur lorpiol on assied 
une piécede viii pour la niainteuir dans la voiture. 

Harnais, traits en (Vr, pieds de tenue, ferrures, cabans, tavelles en 
IV r, itrolonires. 

Indépendant de I..-Pt-C.. \> nr-t. lx!)(i, j.. I. 

Ktvm. ( M'i.uiiic inconnue. 

C'aliasNoi> c(i. Fatiguer, importuner: Voilà une heure qu'il 
est à inecabasser. 

Point esguassez n'estes quand caOassez 
Kt entassez, poltrons à eliiclieface, 
La inalc niurt en ce pas vous deface. 

Kai!., I. .")!. 

Etym. Kst-ce le même que rancien verbe cahasser, qui signi- 
fiait bavarder, et aussi tromper, voler ? En ce cas, le sens aurait 
•considérablement dévié : ne faudrait-il pas plut<M s'arrétfn- 
au rad. cap. du latin capul. tète, le sens étant ici. au //V/.. 
rompre la tête ? 

Calioelie^ x/". || Têtard, larve du cra])aud (4 de la gre- 
nouille. 

Étym. Par analogie de forme avec la caboche qui sert à ferrer 
les chevaux. Du reste, si têtard veut dire grosse tète, cdhoche a 
la même signiiication, venant du lat. cainU, tète. 



C'aliosseï-, m. Bossuer, faire des bosses à : 

Diogenes le (son tonneau) cabossoit. 

Rai;., Prol. du lie. III. 

Étym. Ca préf. péj. (Littré : ca) et bosse, 

raeliepot, sni. Retrait ou le débitant cache le vin qu'il 



158 CxVO 

vend en cachette, sans payer de droits : Les coniniis ont trouvé 
son cache] K)t. 

Caelit'i-, rii. \\ SpcciaV cacher quelqu'un, lui mettre ce 
qu'il faut pour le hien couvrir dans son lit : Te voilà hien 
caché et hien « rivé >. à présent dors. 

C'adàhi-ts shk Cadavre : t'n grand cadàhre. un grand 
homme dégingandé. 

C'a«lielioii, sm. Cadet, se dit toujours comme sohriqu(d. 

CaitVi-, en. Tousser souvent, toussoter. 
Ktym. (onomatopée. 

rafoni-iiîaïuN///. Local retiré, coin qui sert de déharras : 
« Un chercheux de pain, qui vivait dans n'un méchant cafour- 
niaii ». 

Étym. Ca, péj. et fourni (fournil), le fournil étant générale- 
ment dans nos campagnes une pièce assez mal tenue dans 
laquelle on dépose toute espèce d'ustensiles, d'outils, etc. 

C'aiî'CMit (cajo). sia. « P'oiscelle » en vannerie de viorne ou de 
<f couàniau ». 

Avant que mettre le caillé dans les esclisses ou cagerottes pour le 
conuertir en fromage. 

<)1. dp: Sf.rrf, Thédt., IV, 8. 

Etym . Di m i nu ti f de cage . 

C'aj&:iiai-<1, s/n. Petit réchaud portatif. 

Ktym. Ital. Cncjaa, chienne, parce qu'on le voit ordinairement 
auprès du fo3'er, comme un chien accroupi. Chenet est dans le 
même cas. Du reste aujnnrd a signifié chenil : 

Mais en ces voyages, vous serez arresté misérablement en un cai- 
(jnard où tout vous manquera. 

Montaigne, liv. III, ch. 0. 

Caift-on, .S///. Homme égoïste, qui vit seul, et ne veut voir 
personne : Un vieux cagou. 

Étym. Peut-être pour cagot. malheureux traités au mo3'en- 
âge comme des parias, et appelés en quelques endvo'ii^ caccms . 
{Voyez Ducange, caguli). 

Caille (pron. crj, comme dans caillou), sf. Jaune d'œuf : cet 
œuf a deux cailles. || Par anal, avec la forme d'un œuf, en pre- 



CAi m 

naiit Je tout i)uiir la [>arlie. Panso friui vase, d'un pot, et, par 
plaisanterie d'un animal, dun honinie : Une grosso onille. une 
grosse bedaine. 
KrvM. Subst. verli. de Cailler. 

Cailles sf. ("'aillou rond duiil les enfants se servent en guise 

de « hidoii ". 

Le preud'iiouiiiie [>ril trois ou quaire cailles ou enfans de caillous, 
et. ... mit le plus gros en la bouteille. 

Moi/, de parccnir, II. .{Ol». 

Il Anciennement jeton dcjoii. 

Une petite l)oeste avec [tlusieurs cailles d'v voire. 

15 sept. nilC». Invciil. Pineau, [>. M. Aicli. L.-i.'l-(ii. 
H. Haill. .li' P.loi-. 

Etym. Lat. calofhfs. caillou. 

<'aillei> CH. Il Se di( d'un })etit entant qui rend son lait 
caille, ordinairement quand il en a trop [)ris : Si reiitani 
caille c'est qu'il est saoul. 

Caillette, .<?/'. Jaune d'œuf : Un anif à deux cailletles. 
Étym. Dim. de « cfùile » ci-dessus. 

i'aillot, sm. Caillou. 

Et lui donna un seul cop de sa rnain sur la teste dont il se heurta 
ou client sur un caillot. 

l;i81. Duc ANGE, hostis. 

Etym. Dimin. de « caille » ci-dessus. 

Caillote, sf. Petit caillou, petite « caille», petites pierres 
semées dans les cbamps. les vignes. || La Caillote de Gargan- 
tua, dolmen remarquable situé sur le territoire de la Cluipelle- 
Vendomoise : Gargantua, passant par là. fut obligé de se 
décbausser pour se débarrasser de cette caillote qui s'était 
introduite dans son soulier. L'ancienne lans'ue avait aussi 
CailletleeiCailloche. 

De la fontaine .L ruisel souri 
Qui sour la gravele ou bois court. 
Et fait resonner les quailletes. 

Fabl. d'Ov., Arsen. 5069, Godefroy. 
Menues rochettes plates et grosses cailloches parmy. 

P. DR Garcie, Le Grant Routtier, ibid. 



70 CAI 

Étym. Dim. do « CâlUe y ci-dessus. 

C^aillotcMix, cMi^ts adj. Plein de « cailloles » : Un champ 
cailloteux. une vigne cailloteuse. 

C'aiillii* uo (ca-iu). adj. Qui a une grosse « caille ». pansu : 
Une cliopine caillue. 

C'àlniiil, Sut. Petil bonnet d'enfant au berceau. 
Ktym. Ane. franc, cale, soiie de bonnet. 

C'nU'i-, vn. Ne ] as tenir bon. mollir, montrer delà crainte où 
il faut du courage : 

Philopœmen ne chala i)oint i)Our cela, ny ne laissa point de faire ce 
que portoit son devoir. 

Amvot, 1, Tor), édit. \ms). 

Ce mot est dans le Dict. de Boiste. 

Ktym. Lat. chnlarc, grec /aXav. abaisser, l^g. abaisser son 
courage. 

Calilior^'iio, N. et adj. Borgne. [| LuucUe. 
1^]tym. CaU, qui semble être un pêjor. de même nature que 
ca, de « cabosser » i^Cornp. le français Calip^ourchon) et borgne. 

C'alilioiiiMie, sf. Échasse : se dit sur la rive gauche de la 
Luire, notamment à Chailles. On dit aussi, à tort, callhourne. 
Étym. CaU, péj. {Voyez Caliborgxe) et « Bourde ». 

Vi\\\Uimvi\i\u^srn.'^ 

Uni, unelle, 
C&din. cadelle, 
Du pie, du jon, 
Calibnurdon. 

Voyez Chat. 

Caliealaiid (à), loc. adv. Porter un enfant à calicâlaud, le 
jjortersur le dos. ses bras entourant le cou, et ses jambes pla- 
cées sous les bras du porteur. 

Étym. Origine inconnue. Cali, i)éj. (T'o?/c'j Calihorone) et 
« càland », ci- dessus, lenfant qu'on porte ainsi ligurant une 
sorte de coiffure grotesque ? 

C^s\liiie, sf. Petit bonnet de femme a brides qui se nouent 
sous le menton. 



CAN ;i 

Coirtee d'un i>otit l)onnet dit « câline ». 

Indépendant de L.-rt-C, ii" «lu lO sept. is<.il. p. -^^ 

Ktym. Ane. franc. Cale, sorte de bonnet. 

('aloi*;;-iiiS .s. cl iidj. lîoi'gne. 

Luuclie, boiteus, contrel'aii ou ealorrjne. 

Kust. Di.sf iiAMi's, Poéa., (iodelVoy. 

Ivj'VM. C'a. [)L\\. {l'uijcz CaI'.osseh), et iaiicicii IVaiK'ais loriinc, 
loiif*li(\ 

Calol^ Sut. Soi'le de bois de l'eu. 
Éty>[. Orjo'ine ineonnue. 

CD 

Calville, sf. Kspêce de [joniUK' : Des [lomnies {\o calviiie. 
Ktym. Pour cdlrille. 

Caiiiln-i», f^^//. ///. et /'. Aniué légêremenl, cauibré. 

Une pièce <le fer de figure cambre comme un chausse pied. 

Pari-:, VI, ."). 

C'aiiilMi^is .s/; Maison délabrée. || Petite caluite en plan- 
clies : Il s'est bâti une cambuse dans son jardin. 

Campe, sf. AUilude. tenue : A-t-il une belle campe, ce 
canonnier-là ! 
Étym. Subst. verb. de se camper. 

Caiiov^Hi, .<?;;?. Caleçon. 

In caneçon de blanchet avec un petit bas d'estame gris, le tout a 

usa2:e d'homme. 

1()1'). Invent. Marchais, f"10, r^. Arch. L.-et-C. 

B. Baill. de Blois. 

t'ng pacquet de menus linges, comme eanessons, chaussons, 

chaussettes. 

1()10. In vent. Cannus, p. '), iOid. 

raiie|iéti*aN«e, sf. La petite outarde, oiseau. 

Klle se plait dans les terres maigres et pierreuses, raison pourrpioi 
on l'appelle canepetrace et ses petits petraceaux. 

BuFFON, Ois., la petite Outarde. 

I. Caiiei-, r,i. Boiter légèrement. (Fune façon qui rappelle 
l'allure du canard : Il s'en va canant. 

II. Caiiei> m. Pousser sa « canette » avec le pouce replié dans 
l'intérieur de la main fermée et se détendant comme un ressort. 



72 CAN 

l'/rvM. Origine incertaine. Ca^te, canard^ ou lai. canis, chien, 
parce que. à ce jeu. on est accroupi comme un de ces animaux : 
le sens aurait alors passé de la posture à l'action "! 

Caiiet, sii}. Caneton, jeune canard. 

Quand monseigneur le curé vit qu'on le vouloit bouter en la Ijoiste 
aux cailloux (prison) il fut plus esbahi qu'un canet. 

Louis XI, Noiiv., XCVI. 

C'aiiette, sf. Bille à jouer : Une canette en agathe. 
Étym. « Caner IL » 

('aiiiâ;-ei- C'^O? ^'''- '^^ \-'à\^\v en se faisant petit, comme un 
oiseau dans son nid : Je vais bien me caniger dans mon lit. 
Étym. Ca, péjor. et « nifjcr ». 

C'aiiillée, sf. Plante qui croît sur Teau des mares, lemna 
minor. et lemna gibba. 
Étym. Ca7ie, canard, pour qui cette plante est un régal. 

Canon, S// 1. \\ Sorte de soufflet formé d'une branche de 
sureau dont on a enlevé la moelle. || « Pétard » [Voyez ce mot:. 

rapielioii, sm. Capuchon. 

Ung capichon de camelot minime doublé de petite serge. 

Février 1(318. Invent. Charles. Arcli. L.-et-Cii. 
B. Baill. deBlois. 

Capii* (^»e), rr. Se tapir. 

Entrèrent à la couverte, afin qu'ils ne fussent apperceus, en un 

petit aunoy, et là se capirent. 

Froiss., II, p. 2(17, ai). Littré. 

Étym. Se clapir? Un lapin se clapit dans son trou. 

Capot, .S///. Vêtement de femme, en drap, composé dune 
[télerine el dun capuchon. 
Étym. Augm. de cape, chappe. 

Capot<% sf. (\rànd manteau de drap, àcoilTe, que la pa3^sanne 

prend Ihiver pour se garantir du froid; elle ne met la coiffe 

sur sa tête que lorsquelle est en grand deuil ou quelle assiste 

à un enterrement. 

Plus une capotte de drap bleu. 

23 Dec. 1788. Invent.. p. 8. ArcIi. H. Joliannet. 

Étym. Fém. de « capfff ». 



CAR rs 

C'ai-a1>iii« s?n. Sarraziii. blé noir, poly^oiium ragopj'ruin. 

Des champs de mauvais seigle ou de carabin (en IVaiirais blé noii) 
couiposaient tout(^ la culture. 

jouni. le AV.V' SIrrJn, du 1.*^ fôvrier 18U2, p. 1. 

É'rY:^r. Oriitine inconnue. 

rsii*n«|iiiii, .s///. Sorfo depelile casaque, mol dispnrii. 

Ung caraf/iiin <le bure blanc-lie à usage d'homme, 

llilG. Inv. Roy. p. (i. Arcli. L.-et-C. 13. Baill. de Blois. 

Ung petit caraquin de drap blanc. 

Ibid., ibifl. 

Étym. Probal)lement même origine ([iw af.s(iqi(e. Caraquin a 
pu devenir (v/>Y/(Y) sous l'influfMice de surcot. ancien vétemenl. 

l'aii-lMiiiiiadiN sf. Uagoùi eunipu.sé des débris de viande et 

des restes de sang provenant du fb'qieçage d'un porc, « étuvée ». 

Belles tripes frites, belles carbonnades. 

Rab., 1, 21. 

Etym. Lat. carbo. carbone/n, charbon. prul)ablement à cause 
de la couleur noire de ce mets. En Sologne, on dit diarbonnéc. 

Nos volon faire carbonées, 
Sont ces escuelles lavées i 

DucANGE, carbonea. 

Ducange cite les éijm. d'un ancien glossaire -.ixiruru carnla, 
quœ supra (xirbones clto solet decoqui, et de l'Acad. de la 
Crusca : carne sala ta de porco cotla ne carbonl, o nella padella ; 
mais ce sont là des grillades, et nullement notre carbonnade. 

C'ai-eaii., srn. ^Fauvais cheval, rosse. 
Etym. Autre l'orme de carcasse. 

Cai'CMil, shi. Calcul, arithmétique. 

C'ai-cMilei> ca. et u. Calculer. 

l''n qaercalant la révolucion des temps. 

xiv« siècle. Eust. Dfschamps. (Godefroy, supp ) 

Cai-ilKit, sni. Morceau de terre de peu dMmportance et 
d'accès difficile. 

IvrvM. Origine inconnue: cei)endant on peu conjecturer que 
bot est ici pour Jfout : cari serait une sorte de péjoratif de la 
même famille que ca dans cabosser, calorgne, et que cali dans 
caliborgne. 



v4 CAR 

C'ai-ilM»tiiii> sf. Ronde enfantine. Les enlanls. se tenant par 
la main, dansent en chantant : 

Dansons la car/botine, 
y y a pas de pain sieux nous ; 
N'y en a sieux ma voisine 
Mais ça n'est pas pour nous. 

Étym. Orig. inconnue. Peut-être pour caUlehuluic. lail caille. 
( Voyez Chat). La vache étant la grande pourvoyeuse du ménage 
rustique, il ne serait point étonnant que le pa^'san, et surtout 
les enfants, aient songé à céléhrer ses produits dans une danse 
naïve. 

rai-iiiioiiie^.s/^ Cérémonie. 

Lacroix devant, en ^vàniVeérimonie. 

Cl. Marot, Comp. Flor. Robertet. 
Trêve de çarimonie. 

MoLn:RF:, Médecin, act, II, se. 1. 

Etym. Lat. cœrimonia. m. sign. 

Cai-iiiaillèi-e., sf. Crémaillère : mot à peu prés disparu. 

Une carmaillère avec son carmaillon, une cœuiller de buée 
estimés à cinq sols. 

Août 1GI(^. Invent. Botliereau. Arcli. L.-etCh. 
B. Bail), de Blois. 

Cai-iiiailloii, s/n. Crémaillon. [l'oyez Carmaillère.) . 
Carmaillère et Carmaillon se sont dits o^énéralement dans le 
Blaisois jusqu'à la fin du siècle dernier. 

C'ai'iiioisi, le^aOj. Cramoisi. 

Deux bottes de soie de couleur rouge carmoisy. 

Dec. KilO. Invent. Marchais, devienne, f''2i, ro, 
Arch L.-et-C. B. 
Deux livres quatorze onces rouge earmoisy. 

Ibkl, ibid., ï" 2\, W 

Ety'm. Bas-lat. canneûwas. ital. eherraesl. 

Cai-oNNe, .s?/?. Toute voiture bourgeoise suspendue, vernie 

et couverte : Le médecin m'a emmené dans son caresse. 

Il Monter en carosse, Joe. prot : 11 a voulu monter en caresse, 

avant la permission de M. le curé. C'est l'idée exprimée par 

Boileau. d'une façon moins pittoresque, dans ce vers : 



CAR 75 

Ce coiH)lc cliarmaiit 

S'unit loiiirtcmps, dit-nn, avant lo sacrement. 

{Lutrin, W. 

C'ai-ollo, sf. ,|('ii(](» ,L!-;ir<;(Hls :.loii(M-;'i la onrnifo. Hoz/ec NiNE). 

C'aiiM|ii4'SiBi, N/y/. Kchaudé. sorte de gâteau. Ou conte avec 
adiuiratiuii la pi'oiiesse dugrandTliomasqui avait pcirié manger. 
en cinq niinuh^s. deux d(^nznines de carquelins : il gagna son 
pari, mais [)cns;i cloulïcr. ()ii Irouve raniuelin. d;ins Ivahelais. 
comme nom propre : 

Le iiasadouz (flèche) de Carquelin 

Raij., IV, .-)2. 

Ktvm. Pour CraqucUn. de ci-aquer: ce gâteau est Tort sec cl 
crdquc sous la dent. 

Carreau ^kà-ro), snt. Terme rural. Versoir mobile en bois, 
quon adapte à la charrue, lorsqu'on veut « refendre ». 
Ktym. Carré, de sa l'orme. 

i'ai'i'ée kil-rée). .s/\ Petite loge en bois, de forme plus ou 
moins carrée, établie sur un bateau, et qui sert de retraite aux 
mariniers. Anciennement, petite chambre : 

Les diz supplians tirèrent ledit Aujart hors de ladite chambre en 

la carrée o\x l>ouge dudit hostel. 

1 188. DucANGE, Caria. 

C'ai-i-elet, sra. Régie à quatre laces égales dont on se sert 
l)our tirer des lignes. 
Étym. Ane. franc, carroi . carreau, à cause de sa forme. 

Cai-i-oî câ-roue), sm. Carrefour : Le Carroi Saint-]\lartin, â 
Blois. 

Les fou aciers de Lerné passoient le grand carroy. 

Rab., I, 2."). 

Une boisselèe de vigne assis au quarroij de labée, dicte parr. de 

Villebarou. 

20 Mars KJOl). Arch. muu. Villebarou, vol. 1(;72. 

f« 129. vo. 

Étym. Liltré (Cliarroi)^ confond ce mot avec charroi ; pour- 
tant dans les citations anciennes [sauf une), qu'il donne, carroi 
n"a pas d'autre sens que celui de carrefour : 

X\\\ carrois des rues, de cent pas en cent pas. 

V Paré, III, p. 700. 



76 CAS 

On trouve aussi, dans les anciens auteurs, qudi'ron, ou carron 
qui a le même sens : 

Certes se jestoye laiTon 
Ravissant en boys ou (marron. 

Rose, 15773. 

C'est à tort qu'on écrit de nos jours carroir. L'adjonction 
du /' est inutile et même injustifiable, ce mot venant du lat. 
quadvivium : quatre voies, qu'on a prononcé quar-voie, quarroie 
et car roi. 

Casîsie-lu-aîs» ^kàss'bra). .-«j. et ^^^/y". ///. Sobriquet qu'on a tle 
tout temps, à Blois. donné aux Frères delà doctrine chrétienne : 
Un Frère casse-bras. Cette locution plaisante vient de ce que 
ces religieux portent un manteau dont les manches vides 
pendent et flottent comme des bras cassés. 

CaN«e-i>ot ^kâss'po). s)iï. Pot cassé, mais a^'ant encore son 
fond : Mettre les vieilles graisses dans un casse-pot. 

Ca^serette, sf. Petite boite sans couvercle dans laquelle 
on mettait le briquet et ses accessoires; mot disparu, depuis 
que les allumettes chimiques ont remplacé le briquet. Souvent 
c'était un vieux sabot qui remplissait cet office. 

Plus payé pour une casserette et pour un fer à fusil pour la 
chapelle cinq sols. 

1673. Cp*«^ de la marelle. Fabr. de la Chaussée-St-Victor. 

Étym. Pour cassette, petite caisse. 

Ca«!sette (câ-sette), sf. Fosse faite pour enterrer un provin. 
et. par ext.. ce provin lui-même. Dans le même sens, on dit 
aussi « Fausse ». 

Étym. Ital. cassetta. petite cai-sse, petit coffre. 

Cassîtîer, .s///. Arbrisseau, sorte de groseiller qui donne le 
cassis. 

Étym. Cassitier, de cassis, n'est pas plus anormal ([ue 
tabatière, de tabac. 

CaNNot (câ-so). srn. Fragment d'un objet de terre ou de 
verre cassé, tesson : Un cassot d'assiette, de bouteille. 

Cafs^toiiade, .s/". Cassonade. 

Castrole, sf. Casserole. 



CAT 77 

Saumon, brochet, turbot, alose, truite et sole. 
Soit frits, au cour l)OuilloM, en rai^oùt, en castrole 

QuiNAULT, Am. indfsc, I, .{. 

C'ii«ti'olo€s sf. Le contenu (rime « rastrole. o 

C'aitaplaiNM^s sf. rat;i[)lasnie. 

Cataii, .sY. l^llb^ de mauvaise vie. 
Ktym. Catherine. 

Vi\ii\\u\U\\l^ sut . Freluquel. lioninie qui s'allif'c el se pom- 
ponne comme une « câlin », ou pliilol coiiim<' une « calnu o 
I ]'(nje:- ces mots). Ce mot estplulol beauceron ({uc blaisois. 

C'atoeaîllctte, sf. Caille, oiseau. 

Étvm. Onomat. tirée du cliani d<' e<d oiseau. 

l'atécliiiiio, sut. Catéchisme. 

Ktvm. Les Précieuses proposaieni d'écrire ailéclihne. (So- 
maize. Dictionn. des Précieuses), disant « qiCil faloU faire en 
sorte que Von imf. écrire de raesrne que Von parlait ». 

C'aitèreiix, eii«e, adj. peu emphn^é au f. Qui est à craindre, 
dangereux, suspect : Dans la Vingtaine ((\w '20 avril au Kl mai) 
le temps est toujours catéreux. jf Douteux, hasardeux : D^ez- 
vous demain à Blois? — C'est bien catéreux. 

K'rvM. Ane. franc, caterre, danger. 

Mais le vaillant poullet 

Luy a lii'é ilo son cul un boullet, 
Non pas si dur que ploml», ou cuyttc tci-ro, 
(Aussy n'en eut si dangereux caterre). 
Mais luy bailla de la foyrc a travers 
De son museau. 

BouRDiGNi':, Faifeu, ]>. :2:}. 

C'atlierîiu' (saîiito)fV- t^a cétoine dorée, insecte qui sert 
de joujou aux enfants. 

Étym. Le 30 avril, jour de la Sainte Catherine, est l'époque 
vers laquelle les cétoines font leur apparition. 

Catiii, sf. Poupée : Un marchand de catins. -Ce mot n'a pas 

ici d'autre sens). 
Étym. Catherine. 



78 CAU 

CaiiîsétN .s-/'. Causerie. Faire la causée, s'entretenir familiè- 
rement qucind on se rencontre sur un cliemin. sur une place, etc. 

Caii«eiiieiit* sn'. Façon de parler, d'exprimer ses pensées : 
Je n'ai jamais entendu un aussi ])0i\\\ causement. 
Étym. Causer. 

C'avei'can, .s/y/. Petit réduit praticpié dans une cave. 

Il V a en ce logis dedans un cacereau que j'ai fait murer. 

C.'\RLOix, III, 12, ap. Litlré. , 

Dans la maison il y a un i)etit cacereau de ivjchei' ou l'on 

peut tirer des pierres de taille. 

170-2. Journal des c/toses reniarq., St-Î.aumei' de Blois, 
f 2.'). r^ 

Ce, .s-///. Cep. emploj^é dans la composition des noms de cli- 
mats, Has du Cr. Crm.r du Ce. Autrement on dit Sei', Seyr(Voyez 
ces motsK 

Ceiiietîi'C', Sut. Cimetière. 

Devant le eemetire saint Gei'vaise de Bourtmoyen. 

1279. Lettre de J. de Chàtillon. St-Sauveur de Blois. 
Bibl. de Blois. 

CVpa,:;-e <,spajj, sm. Cépage, variété quelconque d'une vigne 
cultivée : Le gainay est un cépage très répandu. 

(Quatre demie-ornes de vigne plantée en gros spaige. 

17 juin 1008. Arcli. mun. Villebarou, vol. I(i72, 
I*" 125, vo. 
Quatre boisseiées de vigne de tous spages. 

Cont. du 3 fév. 1712, p. 12. Arcli. de l'Égl. Chaussée- 
Sl-Victor. 

Cepé, ée, aOj. Xc s'emploie guère qu'au fém. : Une vigne 
bien cepée, oii il ne manque pas de ceps. 

N'est à trois lieuës prés des portes, 

Remese de vigne cepée, 

^Hii ne soit arse, ou estrepée. 

Guill. GuiAPtT, ap. Duc, estrepamentum. 
Bonne vigne bien spée et encharnellée. 

lôGU. Arch. Loir-et-Cher. G. 128. 

Cepiaii, S/H. Grosse serrure primitive a revêtement de bois : 
Un cepiau de porte de grange. 



cil A 79 

U li cepiaus est mis. 

Le Vieujc de Con/onrjne, Riciiel., 12171 ((Jodi.'fVox ). 
In i^ranû aepeau auec sa clef posé a ia porte de l'Ermiiage. 

I(i8:{. Cpte de la marelle. Egl. de la Chausséc-St-Virtni'. 
A la porte de la boulani^eiie sera mis une clfT neuve au spiau, au 
loquet un crampon et un mentonnet. 

iMars 1751. Devis de répar. Arcli. L..et-Cli. E. 2'M. 

Éty.m. Diin. (lo TiirH*. franc Ccjk lion. oiiIimnc. 

Cei-fle, .S///. Il J'ror. [\ no faiil pas jagor lo vin sur ios 
cercles (du fonnoau. sniis-ont(Mi(ln : Tl no fnut ]);is juLj-or l(^s 
gens sur TappanMico. 

Oi-iietto, sf. Xom donné par les paysans à la Crépide verte, 
crépis virens et à rKrodiiini pinipiniMlifoliuni. doux herbes des 
champs. 

Étym. Peiit-élrc diinin. de cerne, cercle, parce que les 
premières feuilles de ces plantes, s'étalant sur lo sol. f(jrment 
un cercle presque parfait. 

Cei-t (ser), siu. N'en faire que le cert, recommencer de plus 
belle : J'ai beau le lui défendre, il n'en fait que lecerl. 

Ktym. Ignorant l'origine de cette expression extrêmement 
répandue, on ne peut certifier son orthographe. Cependant il 
convient d'observer que Tancienne langue avait l'adj. cert, 
certain (du lat. vertus), dont le pluriel féni. certes, nous est 
resté comme adverbe, y'ejt faire que le cert. c'est-à-dire n'en 
faire que ce qiCon croit certain, se sera peut être dit d'abord 
dans un sens analogue à n'en fuire quà su tète, et ensuite, en 
accentuant Tidée de résistance, recommencer laction défendue. 

reii-v-t'Iii, CtVIlow-la, p/'. déinonstr. Ceux-ci, celles-ci, 
ceux-là, celles-là. . 

Etym. Cest. anc. franc, contracté avec euj:. elles : cest-euœ-ld, 
cest-elles-lù. (^.^st-eux-là devrait fairo c'i.cn.r.jn. 

C'iiaeliieiix, eiise, udj. Chassieux. 

Cliacliis^'iiole^ sf. Chassie. 

Cliàfaiid^ s)ji. Assemblage de pièces de bois formanl un 
plancher à hauteur. 



80 CHA 

Pour porter le boys des chajfaulj- tle la tour en l'ostcl tle Monsieur 
le Doven. 

114'.). Compte de St-Sauveur de Blols. Godefroy. 
Il a veu les anciens titres de ladicte Esglize qui estoient en parche- 
min qu'on avoit mis devant le mailrc autel sur le chafauit on sont 
les dictes châsses (Eglise de St-Victor). 

lO janvier lOTii. Minutes de M'' Pilon, not. à Blois. 
Dans le cas ou ledit citoyen Imbert, par l'effet du cliaffaxid qu'il 
ferait sur l'Eglise, ferait quelque dégradation. 

11 a;!iit I79:î. Reg. des délib. de la mun. de Viilebarou. 

!| Plancher établi dans une grange, au-dessus de Taire, et 
dans d'autres locaux d'une maison de culture. 
Ktym. Ital. Cdiafalco. même signif. 

Cliàfaiidei-, va. Établir un « chafaud » ou un échafaudage 
quelconque. 

Sur laquelle il chaffaudoii et basiissoit. 

X. DU Fail, Conte cl'Eiitrap., I, p. 5. 
Le V avril i ITUG), pour la bâti d'un petit bois pour faire des 
claiz pour chafauder trois livres. 

Comptes de rec. et dép., ï'^ 8. St-Laumer. Arch. L.-et-Ch. H. 

liialiii, 6///. Homme grossier, sans civilisation, terme de 
mépris. Il n'est pas rare d'entendre les gâs de la ville traiter 
les campagnards de « chahusde paîsans ». 

Cliailloii, sm. Caillou et spéciale caillou à feu. silex. 

Comment as-tu nom ? — Pierre C/iaillou ou Caillou. 

Moy. de parvenir, I, -219. 

Une boisselée de vigne sise au Chaillou, paroisse dudit Vilbarou. 

Cont. du 3 fév. 1712. Arch. del'Egl. Chaussée-St- Victor. 
Plus vingt-un plats et une jatte de faillance et chailloux. 

Xov. 1781). Vente volont , p. 7. Arch. H Johannet. 

Cliaise, sf. \\ La chaise au lait, jeu d'enfants, dans lequel 
deux enfants en portent un troisième assis sur leurs mains 
entrelacées, en chantant : 

A la chaise au lait 
Trois p'tits bonhommes dans n'un goblet, 

L'un qui crie, Faut' qui chante, 
L'aut' qui babille en perroquet. 

Étym. Origine inconnue. 



GIIA 81 

I. riiniMi<'i% .s///. Loueur de chaises à réglise. f| Loueur de 
voitures. 

IL ClinÎNÎ*"!-, .s///. Sorte d(^ grand panier suspeiidu où l'on 
met sécher les fromages. 

Chasier de fromage, sqiiarcella, baruola. 

DcniN, iJictionn. 

Étym. Lat. cascfoiff, même signif. de casons, fromage. Dans 
la citation ci-dessus, de (jiidin. cluisier signifie « foiscelle », 
« cageot », de même que tV^aj/c're, dans cette phrase de O. de 
Serre : 

Terrines, couloipes, faisselles, esclisses, cagerotes, chazieres et 

semblables servans à ce mesnage. 

TluJât., IV, ^. 
Mais ce sens confirme Tét^-mologie. 

C'Iiai^ièi-e, sf. Le même que Chaisier IL 

l'n van à vanner grains, une c/taissiere, deux mauvaises seilles. 
11) janv. 17<)0. Vente, f*^ 38, v^. Arcli. II. Joliannet. 

59^ Une chaisière à fromage. 

30 nov. 1782. Règlement. Ibid. 

Ciiîilotee, sf. Comme Échaloïée, voyez ce mot. 

riiaiiiai'oii, adj. inv. Reveche, sauvage : Avoir Ffiir cha- 
îna rou. 
Étym. Origine inconnue. 

CliaiiilK>iitii- C^^O^ ^*^*- Pourvoir à ses propres hesoins : 
Le voilà veuf, il va être obligé de se chamboutir tout seul. 
On dit aussi chcunhotir. 

Étym. Champ et boai : Aller au bout de son chanq). parfaire 
sa besogne. 

Cliaiiilii'e^ s/n. Chanvre : Les terres à chambre. 

Me direz mort, couché en une chambre 
En vostre hostel, ensepvely de chembre. 

BouRDiGNÉ, Faifeu, p. 81. 
EMus cent seize livres de chambre maie et femelle. 

Nov. 1789. Vente volont., p. 51. Arcli. IL Johannet. 

Cliaiiilii'eiix:, euse, adj. Qui a des fibres tenaces comme 
le « chambre », filandreux. Le blanc dTIollande est moins cham- 
breux que le peuplier. 

6 



8-.> .CllA 

C'IiaiiilM-oii, N///. Local privé où se réunissent les membres 
(lune société pour s'amuser et ])anqucter. 

Étym. Dim. de cha/)ibrc: il serait plus correct de dire clinm- 
hrcait. 

Clisiiii|i, S//?. Il ^[ettre aux champs, lue. Exciter, irriter. 

Pour lui troubler l'esprit, le mettre aiw champs et en cholère. 

N. DU Fail, Contes d'Eiitr., I, p. 2. 

Cliaiulelle, sf. \\ Tige d unelleur de pissenlit surmontée du 
pompon que forment les graines. 

Étym. Toutes les graines sen volent, et disparaissent comme 
la tlamme dune chamiclle, quand on souffle dessus. 

C'IiaïKlii-, vn. Chancir. se moisir: Du pain chandi. 

Far malheur, ses abricots se candirent, et ceux de sa mère se 
conservèrent fort l)ien : elle en changea un matin toutes les couver- 
tures. 

T. DES Rkaux, t. X, p. lOÔ. 

Il Blanchir, avoir le poil blanc: Un veau chandi ; une vieille 
tète chandie. ternie de mépris, un vieillard peu respectable. 
Étym. Lat. C(f/f.dcrc\ être blanc. 

Cliaiiteaii^ .•>///. || Passer le chanteau, loc. prov, Quand une 
personne sort dune situation délicate ou désastreuse et quune 
autre est menacée de la même épreuve, on dit plaisamment que 
la première va passer le chantemi à la seconde : Ma femme 
vient d'accoucher, c'est-il à la tienne qu'elle va passer le chan- 
teau :' — Jacques a mangé jusqu'à sa dernière raie de bien ; et 
je crois bien qu'il a passé le clianteau à Christophe. 

Étym. Allusion â l'usage qui veut que celle qui vient d'of- 
frir le pain bénit en donne le chanteau à sa voisine qui l'offrira 
le dimanche suivant. 

liiaiitîei-, 6/y^. Bord d'une rivière, dun fleuve : La Loire 
coule à plein chantier. 

Qu'il ne soit mis aucune chose empeschant les bords el chantiers 

de ladite rivière. 

1045. Fr. Lemaire, Antiq. d'Orléans, p. 55. 

Étym. Ane. franc, crt/tf, coin, bord. 

Cliapioter, ca. Irriter légèrement, gratter (un mal, une 



CIIA 8a 

blessure) : Il esl tout le temps ;'i elia[M(ilei' sou « IVon-ile ». 
il va « l'eiiveliiiK'i' «. 

Diogènes. . . le (sou tonneau i cUapoloU. 

Ram., PioL du lie, III. 

Il J''f(/. Tracasser, laiiiiiner : As-tu liai de me chapioter :' 
KrvM. Origine inconnue. Dim. irréîxulier de rhapcicr? 

C'lia|»|»oi> Cit.. en jKirlanl d'un ciianliv : Se [)romenei' dans le 
clioMir la ('happe sur le dos. '! Fi(i. Se donner des aii-s (Timpor- 
lanee en marehaid. 

Ciiai'hoiiiictti^ sf. Bois débité pour faire du charbon. 
Il Tout hois de feu débité à la longueur de :>n pouces ou î2 jiieds 
1/2, soit 0'"8'2 centimètres environ. 

Ciiai-eoii^, s/ii. Le cori)s d'un animal dépouillé ou i>lumé 
après que les membn^s ont été enlevés. 

Puis ostez la gorge et les boyaulx du poucin, et l'en pourrez 
paistre a l'une fois des eles, l'autre fois des cuisses, puis au derrenier 

du charqnois. 

Ménagier, II, :{()(). Godefrox . 

Il En parlant d"un polisson superbement vêtu, on dit: H res- 
semble au renard, la peau vaut mieux que le charcois. 

Étym. Lat. ccrrchesiif/m, sorte de vase ? Le charcois étant 
comme un vase dans lequel sont contenus les viscères. 

CiiaiMloiiiiet* .s-///. Chardonneret. 

Ou pas a pas le long des buissonnets 
Aliois querant les nids «les chardonnets. 

Cl. Ma ROT, Kfjl. au Roij. 

Cliai-g-e, 67". Il Amas dTierbe, de verdure pour la nourriture 
des vaches, qu'on porte à dos dans un grand tablier si)ècial : 
J'étais en train de cueillir une charge. 

Cliai-îteni*, sm. Administrateur des biens du bureau de 
Charité dans les paroisses ; mot disparu. 

La réception des nouveaux marguilliers et ehariteurs. 

10.30. Arch. de la Fabr. St-Victor. Charité. 

Les comptes des chariteux 

1792. Reg. desdélib. delanuin. de \ illeliarou. 

C.4/?/rA r/VT'^", caritatis Procurator. 

DUCANGE. 



84 CIIA 

riiarle^, Cliai-lot. [| Nom qu'on donne à un âne. 
Ktym. Le roi Charles X, qui était regardé comme un imbécile 
dans nos campagnes. 

* 

C'Iiai'iiiois S})i. Eclialas. 

Le suppliant donna aicellui Faucon duii eschalaz de vigne, nommé 

au pays (Blesois) charnier un cop sur la chenolle du col. 

141 1. DucANGE, cannolla. 
Paisseaux, eschalats, charniers, diuersement nommés selon les 

endroits. 

01. DE Serre, Théât., III, 1. 

Étym. Charne, qui se dit encore en Berry pour charme, lat. 
carpinus. Le bois de cbarme fut probablement emplo^^é spécia- 
lement à cet usage. 

Cliai-iiotto^ sf. Petit cliarnier, et, plus souvent, cbarnier 
bors d'usage. 

Il les laissera (les vignes) en Testât qu'elles se trouveront lors et 
qu'il y aye neantmoings a chacun sep ung charnier ou charnotte. 

1()58. Arch. dép. de L.-et-C. G. 87. St- Victor. 

C'Iiarpi^ s)u. Charpie : Faire du cbarpi. 

On remplira la playe de charpij sec. 

A. Paré, VI, I, édit. Paris, 1840 
De la même (chemise) on avoit fait le charpis. 

Moy. de parvenir. 11,64. 

Étym. Part, passé de l'ancien verbe franc, chay^pir, écharper. 

Cliarreyer, va. Charro^^er, voiturer : Charrej^er de la 
pierre. || Charrier, en parlant d'une rivière : La Loire charreye. 

Cliai-i-îère, sf. Bac pour passer les voitures. 

L'adjudicataire du passage doit avoir 2 grandes charières à tenir 
4 chareites chargées et attelées de G chevaux. 

1710. Journ. des ch. reniarq., S*-Laurner, f» ôO, v". 

Cliai-i'oi, sm. || FUj. Être dans un mauvais charroi, être 
dans une mauvaise situation, matérielle ou morale. 

En quelz douleurs et angoisseux charrois 

Sont bien souvent les gouverneurs des Princes. 

J. BoucMET, Le chap. des Princes, V. 

Le souci qu'on se donne pour ceux qu'on aime et qui sont dans un 

rnaiœais charrois 

Gi Sand, Fr. le Charnpi. 



CIIA 85 

C'Iiai'i-iKs sf. Il Fifj. Situalioii empêtrée, embarrassée, 
provenant de Tincurie ou de rinoa[)acité. Par exl . Désordre 
extrême : C'en est une charrue dans cette maison-là ! || Vacarme : 
Alle/-vou.^ vous taire : ali ♦ quelle ehaiTUc ! 

Étym. l^ar anal, avi^c une charrue (|ui. en défrichant, se 
trouve à cliaiiue instant embarrassée et mém<' arrêtée })ar les 
racines et les rocs qu'idle rencontre. 

C'liiii-(il (cliar-ti). sin. Le corjis de la cliarrelle sans ses 
accessoires. Ane. franc. cliarretU. 



Plus vendu et livré un chartf/ à gerbes non monté garni de 

ragots. 

lîl janv. ITCi;. Vente, f'' 2'.l, rect. Arch. H. Johannet. 



ses ridelles et ragots 



CliaN (châ\ s'/)i. Dans une grange, espace qui borde l'aire et 
dans lequel on entasse les gerbes. 

C/<as ou c/iaas, intervalle entre deux poutres. 

< )riHN, Dictf'onn. 

Pour cet efîét, démolir la couverture du c/iasoù sontlesdite^ pièces 

cassées. 

1»^' juin 17U2. Convention Briais. Arch. H. Johannet. 

Anciennement, portion de maison. 

Avec ung autre chatz de maison servant de grange. 

Fév. 1(;18. Bail Lemaire. Arcli. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

Étym. C'est le même que c/tai, qui, dans le Midi, signifie 
cellier. Du celt. kac, barrière. 

riiasso (c''0- ^'^<-'- ^f^^^'- En chaleur, se dit d'une vache. 

Vache en chas, vacca in frega, vacca in amore. 

OuDiN, Dictionn. 

Clia^Noi*, va. Il Saillir, en parlant du taureau et de la vache. 
Une vache mal chassée. 
Etym. Chasse, ci-dessus. 

Clia^soi, s /il. Bâtis en bois dans lequel on engage l'avant- 
train de la vache pendant la saillie. 
Étym. Chasser, ci-dessus. 

Cliat, sni. Il Jeu de course : Jouer au chat. Pour désigner 
celui qui sera le chat, c'est-à-dire qui courra après les autres, 
les enfants se placent en cercle, et l'un d'eux, en appliquant du 



8ti ^"iiA 

doigt chaque syllabe à chacun des joueurs, scande le couplet 

suivant : 

Une poule sur un mur 
Qui picotte du pain dur. 
Picoti, picota, 
Lèv" ta queue et pi t'en va. 

let autre couplet sert aussi nu même usage : 

Un i, un 1, 

Cadin, cadel. 

Du pié du jon, 

Calibourdon. 
Vn loup passant par le désert, 
Leva sa queue, son bec en l'air. 

Por, tire, crache, 

Sors de ta place. 

,Les petits Poitevinsdisent : Uni, unelle - Casi.caselle, — Le 
pé du jou — Coquille, goudron, — La caillebotine — Te casse 
Téchine. — Le pé dans lou — Te casse le cou). 

Celui des enfants sur lequel tombe la dernière syllabe, sort 
du cercle, et Ton recommence la même antienne jusqu'à ce 
qu'il n'en reste plus qu'un, qui est le chat. 

C'lirni-<Mi,.s/><. Chàtron d'artichaut. iTJeton enlevé au pied 
de la plante. 

ÊTYM. Châtrer, c'est-à-dire enlever toutes les tiges superllues. 
j>our n'en laisser qu'une ou deux, maîtresses, et de bon rapport. 

Clin Mil, sf. Chaleur : Prends garde d'amasser la chaud. 

('li;ni(l-ri-iMl (chô-fré'. .s-///. Pleurésie. 

<'liaiila^-<% .s///. Lnduit de mortier de chaux et spécialement 
enduit qui joint et fixe les enfaîteaux sur le sommet dun toit. 

Fault par le dedans de lad. chambre f'^ les saulaiges et colom- 
l»aigps qui se trouveront rompus. 

Mars KilS. Bail de Feularde. Arch. L.-et-Ch. 
H. Bail! «Je Bluis. 
Seront faits les cho/ luges si aucuns se trouvent nécessaires à l'aire. 

ITl.i. Devis de constr , p. 7. Arch. de l'égl. 
Chnn«i'^pp-St- Victor. 

C'IiaiiiiMMli'ii, .s///. Enfant malicieux, laquin : Que je 
t'attra]>e. méchant chaumediii ! 



CIIA S7 

Ki'VM. Clifiante et di'u. Le chaiiiiio. c[uaiid il csl dru, cesl-à- 
(lire serré et dur. êprratifiMK^ h's pieds et l(^s 'piiuhes des mois- 

S(jiineurs. 

<'liaiiiii4'i> ''>^. Il Envoyer ([uelcju'uii (diiiuiiicr ou il a tnit 
loùt, lue. pror. Aulretois. iHus eiieore (luà i)réseiil. I;i cullun' 
des céréales étail de Ix'aueoup l;i moins iniporlante de n(js 
campagnes ({ui sonl vi<iii()l)l(»s avant loul. \a'<> i)auvr<'s gens 
allaient tous les ans l'aire la moisson au i»ay.s du blé, en IJeauce, 
loin de chez (Mix. Lors donc (pn». dans un niomcnl (rinipati(Mic(» 
cl de nu. uvaise humeur, on envoie un imporlun rlunnin'i' oii il 
(I fait Vant. c(da revieni à lui dire : \a-l-cn loin d'ici, va le 
l)romener. 

C'liaiiiiM-'(fcs N/; Sorte ^W petite taux dont on se servait [)Our 
(diaunier. 

Lu Iiausï^ant une clunimetU' (pii c;>i un l)asioii Innu a iiiau<lic, nu 
quel a au bout un for (|ui est fait en manière de fau\ill(\ 

\:\\y.\. I)r( ANiiK, calma. 

('Iiaii!^!^4^i> !'((. ('o(dier. couvrir sa lenu'lle. en ijarlant du 
coq et des autres oiseaux. 

Ktym Pour cJiaudior. ancien verbe qui signilie serrer. 
[)resser. 

C'IiaiiNNci'ioii, sjit. llahitanl de la Chaussée-Saint-Victor. 

CliaiiiMNoiiiiiois sm. Chaufournier. 

Plus payé à Chevalier cliaasHOiiîiier trente tiMjis livres quinze sols 
l)uur quinze poinçons de chaux. 

1680. Cp^e (le la marelle, p. lô. Egl. de la 
Cliaussée-St- Victor. 

CiiaiiN^oiii-is, .s/'. Chauve-souris. 

Étym. CItav. cluiLce, cho, chou, radical rpii se trouve dans 
choue, chrmetle, et souris : chouette-souris ? [Voyez CiiAVAX'r. 
ci-dessous). 

riiavaiit^ sm. Chat-huant. hil)ou. 

Par quelque aigle, duc ou chacant la rauy. 

Rab.. 1\', .")T. 

Étym. Orig. incon. Bas-lat. caiianna, cauannus. Si on prend 
ce mot pour une corruption de chai-huant, il faut donner une 



8S CIIE 

èt^'iii. nette et plausil)le de ce dernier, ce que personne n'a fait 
jusqu'à ce jour. D'un autre coté, il convient d'observer que dans 
l'anc. langue chavc. dtaire, cave se disaient pour choitelte 
(Godefro}' : dioc): en ])asbret. caoucn ou caicen (Ducange : 
cauanna). Voyez Chaussouris. 

Clio, snt. Chef, tète, dans quelques emplois spéciaux : « Une 
ancêtre dail à grous clie ». Le Che des « lias » (climat de Saint- 
Claude). 

Ciioiiioi-, Vil. Tarder : Il ne cheme que d'arriver, il va 

arriver tout-à-lheure. 

J'av bien veu suvvre d'une: grant cerf et laisser courre une biche, 
pource que le varlet ne regardait pas bien qu'il (le limier) ne chemast 

a suyte. 

Le bon Varlet de chiens, p. 33 (Godefroy). 

Puis Neptunus huche, sans choninier 

Le vert Triton. 

Cl. Marot, Metamor. 

Il Xe pas chemer, agir opportunément : «Je vas aller tra- 
vailler. » — '■ Tu ne chemes pas, » c'est-à dire : c'est à propos. 
Il Chemer de. manquer de : C'est bien malheureux de chemer 
de pain. 
ÉïYM. Autre forme de ClK/mer. 

I. C'Iieiuii-cl (ch'nar), sm. Caillou très dur : Dur comme du 
chenard. 

Étym. Chien. Ce genre de caillou ne se trouve ordinairement 
pas par grande couche : c'est une pierre isolée, de grosseur 
moyenne, que les carriers appellent Tète de chien.^ tète de chat. 

II. Clioiiai'fl ch'nar. srr/. Colchique d'automne, colchicum 
auturnnale. plante des prés dont la bulbe est très vénéneuse. 

En lieu de bon froment est sorty la nielle. 
Chardons pour artichaux, chenarde pour safran. 

RoNS., Ed., V. 

Littré dit : Chenarde, — Chenevis, et il cite comme exemple le 
passage ci-dessus de Ronsard. Peut-être en quelque province 
nomme-t-on le chenevis chenarde, mais ce qui est certain, c'est 
que la chenarde de Ronsard est bien notre chenard. La colchi- 
que ressemble beaucoup au safran, aussi l'appelle-t-on safran 
des prés. Voyez Littré : Colchique. Safran, et Vorepierre : 
Mêla n th a ce es . Sa fra n . 



CIIE 89 

Étym. C/iien. On appelle aussi cette \)h\n[clHC-c/iicn, chienncc. 
Vof/cz Liltré : Coldùque. 

Cli^'iic-ili'c»! (clièii'-dré). ><rn. 1^'airo le chèiie-dret, se tenir 
sur les mains la tète en l)as, les janilx's droites en l'air. On dit 
aussi Planlcr la poiirvée. 

nioii€»v<Mi, .s///. Chencvis, a'raine de elianvre. 

Le suppliant «pii portoit du cheneceurr sur son cheval. 

1111. I)L( AN'.i:, Checerium. 
Plus cinq boisseaux de chenereu. 

Xov. ITN'.i. Vente volont., |). Ol. Arcli. H. Johannet. 

Cliei'lViiiK .S///. Cerfeuil. 

Étym. Ital. eerfuglio (pronon. tcher]^ même signification. 

dHM-i-i»e(chè-rée), sf. Cendre qui a servi à la « buée ». 

Étym. Lat. cinercus^ de cendre : le c se change en ch comme 
dans causa, chose : le i devient e comme dans circnhis, cercle ; 
le e, étant bref, tombe, et il reste chen'rée, d'où cherrée. 

C'Iiei-i-îoi*, s/n. Drap de grosse toile qui contient la « cherrée » 
sur le « tenou ». 

Chetit^ ite (on prononce ch'ti et clie-ti), adj. Chétif, chétive : 
Un homme chetit. Un chetit homme, un triste sire. 

En Normandie erent chetis 
Mis en agneaux et en guoles. 

DucANGE, annulas. 

Étym. Si c/ictifxleni du lat. capliviis, cheiil peut venir régu- 
lièrement de captif hi>i. autre forme lat. Ya\ admettant que 
cette dernière orthographe ne soit pas ancienne, la prononcia- 
tion, en tout cas. l'est : 

J'entends cette (envie), 

Qu'on accepte 
Au tiers rang des appéY//s, 

Non point celle 

Tant cruelle 
Envie, qu'ont les ehetifs 

Bon. DES Periers, Quête d'ajnitié, p. 342. 

Clietîteiiieiit (ch'tit'man), adv. Chétivement, mesquine- 
ment. 



IHi CHV. 

CiiiMix« ///V'y/. C'iie/ : - Vrins duii clu'iix uuiis ». 

Planter un beau rosier clieiw l'hoste. 

CoQLiLLART, Mono!- (les PerrucqiieSj p. H>7. 

Cette proiioiu'iatioii était encore celle de la cour de Louis XIV. 

C'lie>'nîll4s sf. Chacune des deux extrémités du « rayage ». 
Il Ligne sur laquelle alnuitissent [)lusieurs terres contiguës. 

Va d'une jtart devers juallorne faisant c/ierailles aux hoirs l'eu 

Jehan Patauit. 

Kl nov. IM I. Procéd. p'" les Cassettes, 4" pièce. 

Arch. M. Johannet. 

Tous; les jiroprieiaires qui possèdent des terrains à la checaille 

des Seus. 

"27 avril \KKK Avis du maire de la Chaussée-St-Victor. 

P'tym. Chef, tête. 

C'Iu'vaii, s//i. Cheval. 

Votre chevau baille : ha, ha. checau, vous ai-je acheté pour me 

mordi'e f 

Mo(j. de parvenir^ I, 121. 

C'Iievoln, sni. Plan de vigne garni de ses premières racines : 
A vendre, chevelu d'un an. 

Les cheuelues ou sautelles dites aussi margotes. 

01. DE Serre, riiéàt., III, l. 

Ktym. Par cuniparaison des radicelles avec des checeiiœ. 

Clievet, .s///. Il Le même que Chevktre. 

C'lievèti-€», .s»'^. Il Crochet à ressort, fermé par un morailion 
pour recevoir Tanse du seau et placé au bout de la chaîne qui 
termine une corde à puits. On dit le plus souvent chevet, à 
tort. 

La corde du puid garnye de sa poullie, chesne et ckevet. 

Août 1G18. Invent. Bothereau. .\rch. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

Clievcti*îei> sm. Chacune des deux grosses pièces de 
charpente qui enferment la « met » du pressoir, à l'avant et à 
l'arrière. 

Plus j'ai lait scier un checétrier et un arbre mouvant que j'ay donné 
pour faire les portes. 

1743. Devis de constr., p. 2. Arch. de l'Égl. de la 
Chaussée-St- Victor. 



cin 91 

Clioven, sm. Il Le même (fue Chkvet ( Voyez ce mot;. 

Vng cheveu a tirer eaues garnv de sa corde. 

1()17. Invent, liahart, j». is. Arcli. L.-et-Cli. H Baill. 
de Hlois. 
En la cour dnd. lieu a esté trouvé ung cheveu servant au i)uid. 

1(118. Curât, de Heynes, p. '.\2. Ibid. 

ClK-^i-cMiil, .s///. Il Fiij. Homme grossier. f|ui igiioii» les 
plus élémentaires notions du savoir-vivre. 

C'Iiiaiidciif, stn. Chiendent. |1 Fin. Dil'lieulté : C*esl-là le 
chiandent. 

Cliiaii, sm. Jeune chien : .relève deux chiaux de ma 
chienne. 

La femme de Brenouf api»ella la niei'e du sup[)liant lisse et ses en- 
fants chenuli'. 

MTI. DucANGE, canis. 

Étym. Con tract. (\e chicneau. 

riiiaiiloi-, vn. ^lettre has, en parlant d'une chienne. 
Étym. « Chiau. » 

<'liic*lMMi^ .s. et (fdj. NI. q{ /". Avare, d'humeur peu accommo- 
dante, dur : Une vieille chichou. 

Etym. Clilchc, avare. 

C'Iiicoiiettis sf. Morceau, lamheau d'étoft'e. de peau. etc.. 
(|ui ressemhle â une vilaine queue: on dit le plus souvent (fiieue 
de chicouette : « Quoi que c'est que c'te queue de chicouette qui 
pendille sour sa hlouse ? » |i La queue de chicouette, jeu d'en- 
fant ai)pelé ailleurs queue leuleu. Les enfants sont placés à la 
queue l'un de l'autre se tenant par leurs vêtements. Celui qui 
est en tête étend les hras pour protéger ses compagnons qui font 
leur possi])le pour fuir, sans se désunir, l'atteinte du chat, en 
chantant : Tu n'auras pas la queue de ma chicouette. 

Étym. CUi, dim. péjor. Vuijez Chioredi) et couette, dim. de 
fane, franc, cotte, queue. Queue de chicouette est un pléo- 
nasme. 

Cliîc'i-otte, sf. Petite crotte. || F/r/. Petite personne mal 
hàtie. mal avenante. 
Étym. C/fi, dim. [Voyez Chigredi) et crotte. 



90 CPII 

I. Chien, S//K Sorte do pince qui fait partie de 1 outillage du 
tonnelier et qu'on appelle aussi tù'c: peu usité. 

Cane, une trettoiro ou chien, fer de Tonnelier. 

OuniN, Dictionn. 

Étym. Par analogie de forme et de fonction avec la gueule 
d'un chien. 

II. Cliieiu Cliioiiiie, s. et adj. m. et /'. Avare : 11 n'est pas 
possible de voir plus chien que lui. 

Étym. Forme altérée de chiche, avare. 

CliioiiiieJii« sf. pi. Il Fleurs du vin, moisissures. 

Étym. En Berrv. on dit chiens. Il est difficile d'établir un 
rai>port quelconque entre l'objet et le nom. Ce mot ne vien- 
drait-il pas plutôt du verbe qui a formé aussi chiasses, 
ordures *? 

Clii£;-i-e(li, îe (chi-gher-di), .s. et adj. Chétif., malingre : Un 
pauvre petit chigredi. maigre comme un chien fou. 

Étym. Chi pour chic, chique, qui exprime l'idée de petite 
chose, lat. ciccum, et gredi, qui est dit peut-être pour gredin, 
petit chien. 

riiinriillo, sf. Canaille, vile populace. 

Étym. Pour chienàille qui est le même que canaille. 

Et ne qui daissent pas que cel sires ki les avoit fais a sa propre 
samblanche et a sa propre ymage, les eust oubliés por tel chienaills. 

VlLLEHARDOUIN, p. ITG, édit. 1^10. 

Cliiiioliée, sf. Une petite cliinchée. une très petite quantité. 

Si c'est de l'eau-de-vie, je n'en prendrai qu'une petite chinchée. 

Étym. Dim. de chinche. autre forme de e/z?gi(e, petit morceau. 

I. C'liiiiei'9 vn. Marchander mesquinement en achetant. 
Étym. Chien II. ci-dessus. 

II. Chîiiei*, vn. Faire le métier de marchand de chiffons ; 
peut-être le même que le précédent. 

Cliii-oi, .S///. Lieux d'aisances. 

Ciiîsîoi*, sm. Le même que Chaisier IL 

Cliî*îèi*e, sf. Le même que Chaisier IL 



CIIO 93 

Clioiiie (cliou-à-iie), sm. Petit pain d'une forme spéciale que 
vendent les boulangers : Il ouvre une goule qu'on y fourrerait 
un choîne sans toucher les bords. 

Pain blanc, choine. 

\\\\\... IV, ôî). 

N'est plus guère employé que par les anciens. Un r;iit])elle 
2i\\^^\ pai}i-haut . [Voyez Paix-Host). 

Étym. Lat. canus, blanc, pain blanc. Ducange et dautres font 
venir ce mot de chanoine : pain de cbnpitre. 

Ciioiiette, C'Iioii nette. Vo^ez Faxciiox. 

Clioiiiiiette^ Copiiiette, sf. lUirette : mot disparu. 

Cinq cliandelliers de cuivre et six d'estain auecq i\('\\\ chopi nettes 
d'estain et deux, de verre. 

10 juin 1(;()8. Invent, de la g'^« boiste de Montcaux. 
Arch. L.-et-Ch. E. G88. 
Plus payé pour deux ballais et ung oussouer en fer et avoir fait 
acomoder les coppi nettes. 

1G33. Cpt« de la marelle. Eyl. de la Chaussée-St-Victor. 

Clioppe^ adj. m. et f. Blet, blette, trop mûr : Une poire 
choppe. 

Étym. Origine inconnue. Peut-être Tall' schvpfen, heurter ; 
lorsqu'un fruit a reçu un choc, il devient vite dans le même état 
que s"il était choppe. 

Ciioiiiiie, sf. Sorte de jeu de carte qui n'est autre que la 
brisque ou mariage. 
Étym. Orio^ine inconnue. 



'O' 



ClH>iise, .s/'. Chose : Ce n'est pas grand'chouse, dit-on pour 
qualifier une personne qui se conduit mal. 

Je n'en pense autre ckouse 



On veut que je l'épouse. 

Bon. DES Periers, Andrie, act. I, se. 5. 

Clioiix:, S//), pi. Il P/'ov. : Ce n'est pas le tout que des choux, 
faut du beurre avec : dans tout travail, matériel ou moral, il ne 
suffit pas de posséder les premiers éléments, il faut trouver de 
quoi le mener à bonne fin. 



01 nie 

Mais ce n'est pas le tout f/ue des choiir, il faut de la yraisse. 

CvuANo m IV. Péd.jouè, act. II, se. :{. 

CliiitM*iii,x///. Lit. se dit en plaisaiihinl, et en mauvaise part : 
V\\ méchant clmtrin. 
ÉTYAr. Origine inconnue. 

CilMfttoi> .S///. Se (lit de l'avuine quand sa végétation est 
contrariée, incomplète, et que l'épi ne peut i)as se développer 
dune laron normale. 

Étym. Peut-être de civr. cibot qui se dit dans certaines pro- 
vinces pour ciboule: on aurait trouvé quelque analogie entre 
ce légume et une avoine mal venue. 

C'ielei-, Cifii-lei-, ru. Cingler : 11 lui a ciglé la figure d"un 
coup de fouet. 

Cîiice, sf. Forme différente et ancienne de Saince {Voyez ce 
mot). L'ancienne langue avait aussi cinceuœ, guenilleux. et 
ciéicicr. fripier. 

l'Ineois l'd. et n. Comme Saixcer. 

Ciiielle, sj\ Fruit de laubépine : cenelle. 

Etym. Lat. acinella, dimin. h3'p. de acimis, baie, pépin. 

Ci 11 <| liée, sf. ? 

Item deux r-ves, une fourche, une cinquée, une tranche, une palle. 

1(;21. Invent, de Beaune, p. 20. Aich. L.-et-C. 
B. Raill. de Blois. 

Ciiuiiiîèiiie, 6///. Mesure qui contient le cinquième d'un 
décalitre. |i Le contenu de cette mesure : Un cinquième 
d'avoine. 

Cîti-e, 6///. Cidre. 

Deux poinssons de ei/tre. 

15 sept. lOU;. Invent. Pineau, p. K;. Arch. L. et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

C'est l'orthographe de Ménage. 

Citi-oiiille, sf. Il Prov. Faire fleurir les citrouilles â Pâques, 
ou à Noël, se dit d'un vantard, d'un hâbleur qui promet monts 
et merveilles et même l'impossible. 



Ci^'olle, .s/". i^MiU' aiiii'uilh'. petile hniiproic 
Ktvm. Ori.ainc inconnue. 

Claîrté, .sV. ('larlc. 

Hz tollisovent la clairté du soleil. 

« 

Raiî., Ane. Prol. du lir., ]\\ 

(iaii, N///. Barrière basse et ordinairement à claire-voie, (jui 
sert à défendre l'entrée d'une écurie, d'une grange, lorsrjue la 
porte est ouverte : « Aleau ». Jernn' le clan, (fue les poules n'en- 
trent pas. Ce mot est plutôt beauceron que hlaisois. 

Ktvm. c/m'c. dont clan est une sorte de masc. 

ClaquottoN, sf. q[ pi. Petits morceaux de jjois aminci, dont 
les enfants usent en guise de castagnettes. 

l^aiiurye. ... lira deux [)ièce^ de Ijoi.^s de Turine pareille et 

les niist entre les doigtz (de la dextre) en boune symmétrie, et les 

chocquant ensemble, faisait son, tel que font les ladres en Bretaiirno 

auecques leurs clicrjuctfcs. 

Rab.. II. r.i. 

Cliiiint, .s///. Étendue de terrain, zone dans la campagne 
portant un nom particulier : ce qu'on appelle ailleurs lieu-dit. 

Chielic*!', 6//^. Ij Proc.W n'y a que l'ombre du cloclier pour 
être une bonne ombre, c'est-à-dire : Il est toujours avantageux 
d'être l'ami des gens d'église. 

C'hK'iil (clo-cu). sïii. Le dernier né de plusieurs petits, en 
parlant des animaux, et surtout des oiseaux. 

Et y a propos, ce biau marie qui suldet si finement haut, ce n'étet 
que le clocu Fi H Davi. 

CvRAxNO m: B., Pcd. jouè^ acte II, se. :j. 

Clo>«^îei*, 5//?. Voyez Clousier» 

ChMiei», i7(. Clore, fermer, n'est guère employé que dans la 
lac. : Clouer Tœil. 

Puys leua la main dextre, la clouant en telle façon qu'il assem- 

blovt les boutz de tous les doiûftz ensemble. 

Rab., II, 19. 
Clouer ^vo fermer, no-^-tris. 

Duc ANGE, cloeria. 

Étym. Lat. claudere, même signif. 



96 CLO 

CUms^sm. Enclos. || Absolument. Enclos de vigne: C'est 
du vin qui vient de mon clous. 
Item iing quartier de vigne assis ou doux de la Varenne. 

'.« nov. 1 172. Dôcl. des marguill. Égl. de Mer. 

rioii.sei-Us sf. Propriété rurale comprenant surtout des 
vignes. 

Reçu du clousierde hàc/ouserie du Bas-Vollay de la cire des abeilles. 
lUO. Compte de St-Sauveur de Blois, ap. Godefro}-. 

Etym. « CioKsier )k 

Cloii^ieis S///:. Homme qui exploite une « clouserie », un 
<i clous », pour le compte dun propriétaire. 

Mais le eloasier, pour faire fin de compte 

BouRDiGXÉ, Faifeu, p. 11. 

Ctielieliii^ sm. Cadeau que le parrain et la marraine font à 
à leurs filleuls qui se marient, le jour de leur mariage. {Voyez 
Gâteau). 

ÉTYM. AlP KOvhlein, petit gâteau : 

Un tonnelet de huit loz ou environ plain de chandelles de sieu 

et deux cuquelins d'espices. 

1408. DucANGE, Coket. 

L'ancien français avait Cochet, présent que le marié et la 
mariée avaient coutume de faire le soir de leurs noces, à leurs 
camarades. 

Lesdessuz nommez alerent quérir et demander le eoe/ie^ de l'espou- 
sée, si comme acoustumé est, lequel cocliet leur fut ordené par 
ycelle espousee, et après ce qu'ilz orent receu ledit eoe/<e^ s'en alerent 
boire en la sale. 

1397. Dl'cange, Cochetus. 

D. Carpentier. auteur du suppl. de Ducange, se demande 
si Cochet ne vient pas de Coq, ou du lat. Cocetum, mets 
composé de différents mélanges. N'est-ce pas simplement 
lalP hiœhen, gâteau : hùchen, cochet. hùchleia, coclielin ? 

Codiiu;-iiat, sm. Cotignac, confiture de coing. 

S'il toussoyt, c'estoyent boites de eoudifjnac. 

Rab , IV, .32. 
Coings et Coignaces desquels nous faisons ce eorf^^nac tant renom- 
mé et aymé des Parisiens. 

1G15. Fr. Lemaire, Antiq. d'Orléans, p. 43. 
ÉTYM. Coing, lût. cyO.onium. 



COI 97 

Coflli-, r//. Devenir « chupix* ». hlellir. m iiai'lanl des fruits : 
Des ixjiiinies (jui e<jiiinieiiceul à eult'jr. 
K'i'VM. oriii. iiicuniiue. 

C'4»£;'ii«i.H.s(»i> ffi. cl j(. Frapper suuveiiL et [)ai' petits cuups : 
< )ii (*sl auaeè <le leiileiKlre cotirnasser eomme ea. 
Ktym. Frèq. de cuilner. 

<'oîiiM'llo (cuà-iiiel). sf. Ag'arie, ehainpiiinon comestible à 
large elia[>ean : c'est le nièiiie (jue les ciladiiis appellent co///- 
nière. 

IvrvM. ( )fiLiine iiieoiiiiiie. 

I. C4Miiiisiii (^coà-niiau), .s//^ Espèce de grosse fraise. || Fuj. 
Un grand coîmiaii. homme de grande taille, sans vigueur de 
corps ni d'(^s])rit. 

IvrvM. Origine inconnue : ne serait-ce pas le masc. de col- 
iiiclle, ci-dessus, i)ar analogie de forme ? 

II. C'oîiiiiaii, .s/y/. Sur la rive gauclie de la Loire, le même 
que CoîxiAU. I! Foiscelle de terre ou de grés. ap[)elée sans 
doute ainsi, parce qu'elle remplace un « cageot » de coîmiau. 

Coîiieei', va. Mettre un coin à : Coincer le manche dune 
marre. 

Coiiieiiiei'9 va. Comme Coincer, ci-dessus. 



C'iiiiiiaii et C'ciiBiiiMi (couà-nio, couà-niou), s)ri. Troène, 
arbrisseau : son bois sert à la confection des « cageots o et des 
crochets de faux. Sur la rive gauche de la Loire, on dit 
coimiau. 

Le troesne, a[)pellé en latin ligusLruiu, bois blanc, a Lion et a Fon- 
tainebleau, coifjneau. 

01. i)F, Serre, T/tédt.. VI, H). 

Étym. Origine incertaine : Peut-être dim. deCoinfj, quoique 
cet arbuste ne ressemble guère à un cognassier : peut-être 
Couenne, dans le sens de peau, ècorce. parce que le bois s'em- 
ploie toujours pelé. Ce serait alors une formation analogue à 
celle de a pelon » ( Voyez ce mot) . 

Coipiaii, SHi. Copeau. || Nuage orageux, effiloché comme 
un copeau ; se dit sur la rive gauche de la Loire. 

7 



!)8 COL 

r<»1aiii,cs-///. IVtite friandise faite de mcMasse cuite avec des 
cuisses de noix et disposée dans un carré de papier. 

Étym. l^irt. prés, de coler. Cette friandise est quelque peu 
])<)isseus(\ 

I. C'<»laM, .\///. I^adaud, niais: Un grand colas. 
E r Y M . 1 V> w r ytculas . 

II. Cola«, .s/y^ Vase en fer-blanc, emmanché au bout d'un 
bâton, dont on se sert i)our faire couler la « buée ». 

Ktym. Couler. 

C4»li.*>i (co-li . siiï. Portion comprise entre deux fissures, 
deux crevasses, dans un bloc vertical de pierre : terme de 
carrier. 

ÉïYM. VowY coulis, ^e couler ; cette portion n'étant pas liée 
au gros de la masse, il est relativement facile à l'ouvrier de la 
faire couler. 

Collet, .s///. Il Ketraite que laissent enlr'eux les rangs suc- 
cessifs des gerbes entassées dans la grange, en chevauchant 
les uns sur les autres. || Ces rangs eux-mêmes. 

Il reste a battre aussi en bled dans laditte grange quinze lit de 
bled de chacun quinze collet. 

23 déc. 1788. Invent., p. 27. Arch. H. Johannet. 

Colleter, va. et >?. I| Disposer les gerbes en « collet », en les 
entassant. 

romhei'selle, .s/. Mouvement gymnastique qui consiste à 
faire exécuter au corps, les mains étant posées à terre, un tour 
en l'air pour retomber sur les pieds. 

Ce pauvre vieillard fait la combreselle. 

M. COCCAÏE, 1. 17. 

Sinon qu'en vostre tour 

Me faciez, de hait, la combreselle. 

Rab., II, 22. 

Étym. Combre. qui dans l'ancien français signifie arqué, 
arrondi, ai selle iiw lat. saltus, saut. On pourrait admettre aussi 
que le mot primitif fut côbreselle qui. avec Va nasalisé, est de- 
venu cambreselle, \)\\\% combreselle.^ coraberselle. et qui viendrait 
alors du lat. capri saltus, saut de chèvre. Le Picard dit : cou- 
vercheu. 



CUN 9i) 

CcMiilile, .v///. ^tottre au ('()inl)l(> du pont, loc. de marinier: 
Préparer un l)ateau à passer suus un [ïont en remontant le 
courant. 

Étym. Ce pont doit r(re le pont du hah^iu (4 non le |)ont à 
franchir, l)i(Mi (juOn se serve de cette expression sur des 
Ijaleaux (jui ne sont jras pontés. Comhle. dans l'ancienne langue, 
sendjle avoir été <iit précisément [)our;)on/, ttllac: 

Ung cliovalicr se iiiist au comble de la nef. 

Perceforest, 1. IV, ap. TJttrô. 

Ç<»iiii*tîre, sm. Cimetière. 

Étym. Lat. cœmetcrmra, même signif. 

roiiiiiiaiKUs .s/. Bout de corde ou lanière de cuir noues 
sur les tours dune corde à puits [)our en limiter la desceide. 

Omiiiiei'e, 5/". Il Voyez CohiVAA.Y.. 

roiDiiiiiHsaii-4N sjti. Sergent de ville : Trois commissaires 
emmenaient un « soûlaud » au violon. 

roiiiiiiiiiiw, sni. pi . Lieux d'aisances. 

Étym. C'est une nécessité cohimune à tout le monde qui fait 
fréquenter cet endroit-là. Anciennement on disait lieux com- 
iiiuns : 

Fut basty le pavillon pour y l'aire des lieux communs. 

KiGS. Lie. des ch. mémor. St-Launier, f^ 'M, \'\ 
Arcli. L.-et-Cli. 

Coiiaii, bourg à 21 kil.de Blois. Prov. Aller à Conan pour 
se faire débèter et à Sambin pour se faire affiner, ou Aller à 
Sambin pour se faire débèter et à Conan pour se faire affiner. 

l'oiJCZ DÈBÊTRR. 

Coiiei'éei' C**^^*)? ^'''- ^^ former, venir au monde : Ces 
petites mouches-là, ça se concrée comme ça, tout seul, dans le 
fumier. 

Les paysans encore qu'ils soyent de gms esprit, cognoissent et 
remarquent bien sa vertu (de la lune) quand il faut al^attre du bois, 
autrement il v vient souvent des vers qui se concréenl sous 

l'escorce. 

M. CoccAïi:. liv. 11*^. 

(C'est une opinion ençon^ fort répandue que le bois abattu 



100 CON 

dans le croissant do la lune est plus sujet que d'aulre à se 
piquer). On a dit et écrit, et on dit encore se concrier. 

ViuuUnti-^f siii. Terme rural. Ensemble de plusieurs raies 

dont les deux du centre sont adossées, c'est-à-dire versées l'une 

contre l'autre, les autres raies de chaque coté suivant le même 

mouvement. 

Et les cheiialiers et condots de côté et d'autre. 

LiFBAUT, Mais, ru^t., VI, chap. G. 

CoiiilonN^ois m. Labourer pour faire des « condous ». 

roiiiisiiMMaiieo, sf. \\ Maîtresse, ou, tout au moins, bonne- 
amie : Faire une connaissance, se promener avec sa connais- 
sance. 

roiiNéiiiieiit, te, adj. Important, considérable. 

Disputer rie tels et si conseqaentieux propos. 

N. DU Fail, Contes d'Eatrap., II, p. 1 15. 

CoiiterlMmtei> va. || F/^. Contredire, contrecarrer: Chaque 
fois quil ouvre la bouche, il y a quelqu'un qui le conterboute. 
Étym. Contre et bout : mettre bout contre bout. 

Copei-, m. Couper, ne se dit plus guère. Jusqu'au xyii*^ 
siècle, coper fût au moins aussi usité que couper. 

Copi nette, sf. Voyez Chopinette. 

Coqiiàille, .s/'. Volaille. || Métier de eoquâiller. 
Étym. Coq. 

C<>(|iiàillei', s/n. Coquassier. 

M. Mirault qui exerce la profession de corjuailler. 

Indépendant de Loir-et-Cher, 24 mai 1880, p. .'{. 
Avis aux coqaaillers et revendeurs. 

Réveil de Loir-et-Cher^ 2 nov. 1800, p. 3. 

Étym. « Coquàille ». 

Co€|uaHsier, sm. Marchand d'œufs, de volailles, de gibier. 

Hanuibal cocqaassier. 

Rab., II, 30. 

Étym. Coquasse, volaille., mot fictif ou disparu. 



COR 101 

Coi'helet, sm. roii)oau. console en pierres, et. spécialement, 
console qui 8iipi)nrte le manteau d'une cheminée. 

Mettre deux corbeleis do pierre de taille jtour i)i)rter les sablières. 
1.*) avril 1()()8. Devis p'" le prieuré de Mesland. Arch. 
L.-et-Ch. E. (188. 

Cordes sf. jl Prov. « Faut pas chercher la curde avant d avuir 
le viau » : c'est à peu prés l'idée de T.a Fontaine: 

Il ne faut jamais. 

Vendre la peau de IDiirs qu'on ne l'ait mis par terre. 

L'Ours et les deux Compagnons. 

C'oiMler, r.91. Vivre en bonne intelligence, s'accorder : Ces 
deux frères ne cordent pas ensemble. 
KT\^r. La t. corda, coeurs. 

Coi-iiiorî! y, village du canton de Contres, à lo kilomètres 
de Blois. Prov. Le partage de Cormera}^ : Tout pour l'un et rien 
pour les autres. 

Étym. Origine inconnue. Cette réputation de mauvais « par- 
tageux )> est commune à tous les Solognots, à peu prés. Il est 
probable qu'on en aura gratifié spécialement les habitants de 
Cormera}^ parce qu'ils se trouvent à l'entrée de la Sologne. 

CV>i'iisiillei% va. Fi^apper avec la corne : Sauves-toi, le 
« bernet » va te cornàiller. 

Ou'iie, sf. Il Loc. De corne en coin, transversalement. 

Corner, va. Comme Corn ailler. 

Coriiîaii, sm. Corniau de galette, morceau de galette coupé 
en triansrle. 



'O' 



Coriiielioii, sm. Comme CoRXL\r. jj Flg. Imbécile, niais. 

Coriiille sf. Corneille. || Le mal de sainte Cornille,les convul- 
sions, dans lesquelles les petits enfants poussent des cris ({ui 
ressemblent, dit-on (en y mettant de la bonne volonté), aux 
croassements du corbeau. ^lais sainte Cornille (Corneille, Cor- 
nélie, lat. Cornelia) a sa chasse dans l'église de la Chaussée- 
Saint- Victor, et l'analogie du nom a suffi pour qu'on y fasse 
des voyages ; Voyez ce mot), afin de conjurer cette maladie. 



10-2 COK 

C'4»i-|H»i'aiic*cs sf. Taille, grosseur, iiiaiiière d'être du corps : 
Un homme dune l)elle corporanoe. 

Le corsage ou eorporance : habitus, corpoiatura. 

KIOC». NiroT, Trésor de la l. franc.: corps. 

Coi'poi-é, ôo, ^7^//. (^ui a de la « eorporance », de la corpu- 
lence. 

roM*i«iii, s/jf. Coussin, et spécialement. ])ride de sabot rem- 
bourrée : Une paire de sabots à cossins. 

CoM^on, .S///. I)Ourgeon. a?il des arbres qui. en se déve- 
loppant, donne des feuilles et des branches ; se dit surtout de la 
vigne. 

Étym. Orig. inconnue. 

Cote, sf. Espèce, race, « ancêtre » : Une bonne cote de 
pomme de terre. 

Etym. Prol)ablement le même que cote, dans le sens de 
marque distinctive. 

CoiiaiMl, S)//. Appendice de la faux qui sert à la fixer au 
manche. 
Etym. Ane. franc, coue, queue. 

CoiiaMNei> vn. Se dit d'une poule lorsqu'elle fait entendre 
un certain gloussement qui indique qu'elle veut couver. 
Etym. Augrn. de couer, ci-dessous. 

Coiihli" (on prononce souvent coube), sf. Couple, paire, deux. 
Il n"est pas rare d'entendre dire, en parlant des enfants : La 
couble en vaut mieux que la douzaine. 

Il vient à maintz 

Une envie dedans les mains, 

De te prendre avec les gants doubles 

Pour en donner cinq ou six couhles 

De soufïlelz. 

C. Ma ROT, Epiff. du Inid ietin. 

Un corps de drap de Ijlondelet et une couble de couvrechefs. 

21 oct. Vm. Arch. mnn. Villebaron, vol. 1072, fo .56, v^ 

C'4Mil»lei> va. Accoupler. 

Comme de masle et de femelle coublez ensemblement. 

Rap,., m, 20. 



cou 108 

C4>iil»lot (cuu-IjIl'j. C(juplc'L 

F/rVM. Coi'hlr. (V(njrz Le (ràs Sh/o/i. ;i rAiip(Mi(lice). 

Toik^Ims .s7". Il Clinciiii des deux loii.us hilluls (|iii se placent 
en Iravers sur les planches roeouvrani !<• marc sur la nu^t du 
pressoir. 

roiKlinii, .s^//^ Partie d'uni* sou(die de viiiiic (pii est le plus 
enfoncée dans la terre et ([ui l'orme un coude, i>ar suih' du 
mode de planlalion : I»our arracher pr()[)renient la vigne, il 
faut pioclier a la [trolondeur du coudiau. 

C'oiic'hs .s/', (^ouvëe. Il Par plaisanterie, les enfants d'une 
même famille. 

C'oiiei', r/f. Couve)". ( )n dit. avec une poinlc de mépris, d'un 
homme qui aime à s'occu[)er du ménage et des travaux des 
femmes plus c(ue de son hien et des travaux des cham[)s : 
« C'est un metteux de poules couer ». ou encore : « C'est li qui 
fait teler le viau >>. 

C'oiiettei-, r,). Le chien couette de la queue, c'est-à-dire 
remue la queue ; c'est un pléonasme, il suffirait de dire le 
chien couette. 

Étym. Ane. franc, couc. queue. 

Coiifriis rn. Le même que Coffir. 

iVMiillsiiitiii, sm. iNtaladroit. qui a lait une bévue. « I n'aré 
pas dû s'y i)reiulre comme ça. le couillantin ». 
]''tym. Dim. d'un mot plus grossier. 

Coiiilloiiiiadts . s/". Plaisanterie. || Mot pour rire: expres- 
sion basse, quoicjue très usitée. 

C4Miiiiei> m. Se dit du cri du li(''vre et du lapin : Je viens 
d'entendre un lapin couiner, il doit étrc^ ju^is au collet. 
Ktym. Onomatopée. 

Coiilaiis:eM, villao:e à V-\ kilom. de lUois. /^'or. Aller à Cou- 
langes se dit plaisamnKuit d'une personne qui est en train 
de se ruiner, en faisant allusion à couler, se couler. 

Coule, sf. « Pièce » de coule, au jeu de bouchon, pièce à 
bords arrondis et usés qu'on lance en lui faisant raser la terre 



104 COU 

pour emporter bouchon. II Loe. : Être à la coule, être prudent, 
adroit, rusé même, pour se tirer d'affaire. 

Coulée,» N/'. Vallée étroite, passage, climat : Ce morceau se 
trouve dans la coulée de TAillebert. 

Ctmleis r/?. || Faire des glissades sur la glace. || Aujeu de 
bouchon, jouer avec la « pièce de coule » . 

Couleui-ei> ra. Colorer, donner de la couleur : Du vin 
couleuré, du vin qui a une bonne couleur naturelle. 

Couleiiv, s/y^ Petit conduil en fer par où Teau coule du 
« tenou » dans la chaudière, quand on fait la « buée ». 

Plus une poêle, un couleux et une cuillère, le tout de fer battu. 
Nov. 1780. Vente volent., page 5. Arch. H. Johannet. 

(I Tissu de crin à travers lequel on coule le lait pour en 
enlever tout ce qui ];eut le salir. 

Coiiliaii* .s///. Pièce de terre de peu d'étendue : Un méchant 
couliau de vigne. On dit aussi gouliau. 
Étym. Coulée, ci-dessus. 

Coiiloii-e, sf. Surface glacée où les gamins vont couler, 
glissoire. 

roiipaNMor, va. Couper, tailler ])ar petits coups et d'une 
façon malpropre, soit par maladresse, soit par malice : Cou- 
passer le bord de la table. 

C'oiipo, sf. Il Loc. Attraper la coupe : Se tirer adroite- 
ment d'un travail. 
Étym. Par anal, avec coupe, art de tailler les vêtements. 

Coiipoaii Tcou-pio. en patois), sm. Copeau. 

Coupeau, éclat, scheggia. 

OuDiN, Dictionn. 

La lacca è simile aU'aUjeio, le coupeau est semblable au bois. 

Ibkl. 

Coiii-^ée, sf. Charge de deux seaux d'eau qu'on va chercher 
au puits. 

Une courgée de vin en deux seaux. 

1.382. Duc ANGE, Corrjo. 

Étym. La courge, bâton recourbé dont on se sert pour porter 



cou 105 

deux seaux sur l'épaule, n'existe plus et u'o^{ même plus connue 
depuis bien longi(uiii)s dans nos contrées où l'on porle les seaux 
à bout de bras: mais le mot cm^rr/cc a subsisté dans plusieurs 
villages, avec le sens restreint ci-dessus. 

C'oiiiMiiil^MiiN, S///. Courlis, oiseau. 

Étvm. ( )n()mat()[)ée représentant le cri de i oiseau. 

C'<»iii*i*<»i4 SJ/K Courroie : l'n courroi de cuir. 

Aveci] ung coaro/j qui fermera les doux fenestres du grenier. 

iMars 1018. I^aii. <le Feularde. Arcli. L.-et-Ch. 
15. Bail!, de Bl.jis. 
Avecq UMg courouer (\\\'\ fennera les deux lenestres. 

I/j/d., ihid. 

C'oiii-i'oii, .s///. \>rrou. 

Mettre deux couronx et ung- lo(|ijet à la porte du carré de lad. 

cliaiiibi'e. 

Mars 1(J18. Bail de Feularde. Arch. L.-et-Ch. 

B. Baill. de Blois. 

1/ancienne langue avait aussi couroil, courraU, couvyeil. 
ci'( millet. 

Étym. Lat. fictif, coriciiliini, de corium, cuir, courroie. Dans 
le Forez on ai)[)elle corillèi'e une lanière de cuir qui sert à 
soulever le loquet de la porte. 

Coiii-i-oiiillei' et Coiii*i*ill€*i-, va. \'errouiller. mettre le 
courrou {]'oyez ce mot;. 

C<nii'sei> va. Chasser, mettre dehors. 

Jà si-tost ne la coursera, 
Q\w celle luy reprouchera. 

Rose, 17.231. 

Il croyait avoir été courbé par un grand bûcheron. 

24 août 1890. Réveil de L.-et-Ch., p. :{. 

C'oiii-vck*, .9/'. Corvée. 

.... Afin d'en di.^poser couniK,' bon beinblei'oit, tant i»oar des 
courvées, qu'autres droicts seigneuriaux. 

Noël M.ARS, St-Lomer, p. 101. 

Coiitai^»oii« sf. Culture spéciale et appropriée à la terre. 
Ce mot est à peu prés disparu. 



i()(j cou 

Labourer, cultiver, lumer et ensepaiancer le:? terres deppciidcint 

d'icelle mestairye en saisons et coastaifions propres et comodes. 

21> août l()i:^. Rail. Arcli. H. Johannet. 

Étym. Mauvais dérivé du lat. culiura, culture, anciennement 
coutcrc. 

CoùtiN sf. Cùte. 

11 cherche si les contes 
Ouvertes j^ar l'oraee aux lianes sont point dissoutes. 

RoNS., Odes. 

Coûté, S)}K Côté. 

D'ung coiisté et il'aultre. 

Rab., II, :i. 

Ils hériteront seulement du cousté maternel. 

:¥) déc. l.")Tl. Arch. mun. Villebarou, vol. \~^\i. 

Cinitoau, S/y/. Coteau. 

Lorsque l'automne 
Amasse des couteaux voisins 
Dedans le pressouer les raisins. 

RoNS., Le frelon. 
Joignant d'un bout vers galerne sur le chemin du coutau. 

l^< juin. 1002. Arch. Loir-et-Cher. G. Censif St- Victor. 

Ciiutnti^.sm. Côte dorsale de la feuille de quelque plantes, et 
notamment de la feuille de la laitue romaine : 

L'on prendra les plus grosses laictues afin d'avoir des troncs ou 

co'^tons gros comme le doigt. 

01. DE Serre, Thédt., IV. 

Ij Le plus souvent, branche de bois dans une bourrée : Ces 
bourrées ne valent rien, il v a deux ou trois coûtons et le reste 
n'est que de la « vernille ». 

COUTONS : Morceaux de bois pour empêcher que l'éclat des 
mats ne se fasse plus grand. 
COUTONNKR: Raccommoder à l'aide de eo«/o/i.s. 

OuDiN, Dictionn. 

|! Tige, en parlant d'une plante fourragère : Le sainfoin a 
de gros coûtons. 

Étym. Coûte pour côte, bien que Taccent ait disparu, fait qui 
se produit très rarement. 

Coiitiii-ièi-e, .sf. Il Coccinelle. l)ête à bon Dieu. 



CKE 107 

Étym. C'e nom vieiil i)r()l)ahk'menl de ce ([ue certaines cocci- 
nelles (Iccoupen/ des l'eLiilles de vê<4ê(aiix. D'un autre C(Mé, 
on disait anciennement couturic)' pour cull i valeur {couture pour 
culture"): c'est i)out-etre Varnir (lu cHifinifrirr (•oiiime c'est la 
hcte à bon Dîoh. 

Coii^'i-àillc, sf. 1/ensemencement des terres, et le temps où 
se lait cette opération. || Au pi. Filaiidr(^s produites [)ar diverses 
araignées et qui couvrent la (erre â cette épo(]ue, lils de la 
Vierge. 

Coyci-, .s///. Étui dans lequel le lauclieur met son aflihjire et 
qu'il porte pendant entre ses jambes. 
Kty^f. liai. coijlUi. bourse, ou lat. cotarlus. de cas-, afflloire. 

Ci'aeliai-il, .S'///. Cracbat : « 1 s'néyeré dans son cracliard o. 

Ci'àîllei-, m. Crier, brailler. 
Étym. Péj. de crier. 

Ci-aiiiili-e C-**^)? ^''"- Être intimidé, gêné : C'est du monde 
avec qui je ne me crains point, c'est-à-dire dont la présence ne 
m'intimide pas. 

Ci-api, siiï. Petit crapaud. 
Étym. Dim. irrégulier de crapaud. 

Crapii^ uo, adj. Trapu, gros et court. 

Etym. Origine inconnue : peut-être celle de crapaud et de 
crapoussin. Cependant on peut voir dans ce mot une autre forme 
de trapu. {Voijez Capir). 

Ci-aqnii*, f//. Produire un bruit sec en se cassant ou en se 
déchirant, craquer : J'entendais le plancher qui craquissait. 
Étym. Crac, onomatopée. 

Ci-as icrà). sf. Craie. 

CraNNe, sf. \\ Fifj. Action méprisable : Cet individu-là ne fait 
que des crasses. 1| ^lauvais tour : Tu m'as fait une crasse, mais 
tu me la paieras. 

Ci-eîi*e, va. Croire : Je ne te creis point. 

Il dist à l'rei : « Ja mar ererez Marsilie. 

Ch. de RoL, v. 19(),, édit. L. Gautier, 1875. 



108 GRE 

Ci-eiti-e, rn. Croître : Mauvaise herbe creit toujours. Cette 
locution ancienne est appliquée le plus souvent à un enfant 
espiègle que Ton voit grandir. 

Soleilz n'i luist, ne blet n'i poet pas creistre. 

Ch. de Ro/., v. OnO, édit. L. Gautier, 1875. 

Creiievoii, >///. Cresson. 

Ci-eiiîèi-e, sf. Crinière. 

C'i'éi>àdîon,Ny. Le même que Croissepadieu. 

Cressîi- ;ker-si), m. Mourir, crever : Ah. oui le pauvre 
diable, il est cressis : se dit plaisamment. 

Étym. ûrig. douteuse. Anciennement croissir se disait pour 
rompre, briser, détruire. 

CreiisaiMl, adj. Ernplo^^è seulement dans Rossignol creusard. 
rossignol des murailles. 
Étym. Creux, parce quïl niche dans les trous de murs. 

CreiisUle, sf. Coquille, et spécialement coquille de pèlerin : 
L'auberge de la Creusille. en Vienne. 
Étym. Creuœ. 

Ci*eyable, adj. Croyable. 

Ci-iei- (ke-rieT, vn. Pleurer, même silencieusement : Elle n'a 
l'ait que de crier tout durant la messe. 

D. — L'enfant a-t-il eriéf 

R. — Non, monsieur, il n'a pas pleuré. 

D. — Je ne dis pas qu'il a pleuré, je dis qu'il a crié. 

Indép. de L.-et-Ch., W" du 21 mai 1890. 

Ci-îou (ke-riou). sm. Qui «crie», qui pleurniche: se dit 
surtout des enfants. 

CvlHtskxi^ sm. Soude cristallisée : Faire une eau de cristau. 

Ci-iti(|iie9 sni. Sujet, occasion de critiquer : Tu me diras qu'il 
la fait pour le bien, ça n'empêche pas que ça donne un fort cri- 
tique. On dit aussi crétique. 

Ci-oc'lie-pîeil (à), loc. adv. A cloche-pied. 
Étym. Pied, et croche, recourbé. 

Ci-oeliet, .S///. Il Au pi. Appareil formé de trois ou quatre 



CRU 109 

longues dents en buis, qui ïs"adapte au-dessus de la lame de la 
faux lorsqu'on veut faucher des céréales ou des plantes four- 
rag'éres en graine : Faucher ;in^ crochets. || Pièces de l'équi- 
pement d'une bète de somme, consishml (Mi crochets de bois 
qui portent la charge. 

Plus 11110 pair de crochetSy une main de fer. 

2:î ^\ôc.. 1788. luvent., p. 1 1. Arcli. II. .loliannet. 

Il Lac. /f/'or. Mettre ses dents au crochet: Jeûner, parce ([u'on 
n'a rien à manger. [)ar analugie avec un outil qu(jn i)end à un 
clou lorsqu'on ne s'en sert pins. || Ivincer les crochets à quel- 
qu'un, lui payera boire pour se l'attacher. Crochets ici a le sens 
de dents. 

Il Vuf/cz Bmmxkw. 

Vi'iA ke-roue),s;>?. Outil en fer à deux ou trois dents poin- 
tues emmanché comme une marre : On charge le fumier avec 
un croi : 

(»>iiatre croués de fer estimez ensemble xii 8^ 

1(;17. Invent. Raliait, j». 12. Aicli. L. et-C. 
B. Baill. de Hlois. 
Plus quatre crouetsy trois bros. 

178'J. Vente vol., j). .V.). Arcli. H. Johannet. 

Il ^Farre à trois dents. 

Les propriétés se cultivent avec charue. pioche, mare, 

fjueroités et bêches. 

Il juill. 17î)3. Arch. mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Étym. Autre forme de croc. 

Ci-oi!^!se|i:V<lieii9 sf. L'alphabet qu'on apprend à l'école : Il 
ne sait seulement pas sa croissepâdieu. On dit aussi crépâdieu, 

Étym. Pour Croix de par Dieu. Cette contraction se retrouve 
dans Croisseliniau, croix de Petineau.nom d'un climat auprès 
du village de Francillon. 

Ci'ôiie, sf. Endroit, dans une rivière, garni de pierres et 
d'herbages, où se retire le poisson. 
Étym. Orig. inconnue. 

€'i-oBiei> vn. Prendre le poisson à la main, dans une « crône >•. 
en plongeant. 

Ci-ope, sf. Croupe. 



110 CRO 

Taureau qui dessus ta erope 
Enlevas la belle Europe. 

RoNS., Od. 11), 1. I. 

C'foplère, 67". Croupière. 

La face (tournée^ vers la croppicrc. 

Hah., IV, 45. 

Ci'<»i>ioii9 sm. Croupion. 

ri-««niel» .s;??. Il Cartilage et parties cartilagineuses des os 
qui croquent sous la dent quand on les mange. 

Cro^»sei> vn. Râler, en parlant d'un mourant. 
Ktym. Onomatopée. 

Ci-ottîeis sm. Celui qui. le long des chemins, ramasse les 
crottes, les excréments des animaux. 

Croiié, sm. Voyez Ckoi. 

Ci'otistoii (crouss-ton;, sm. Croûton. 

Ci-ontal, 6'//?. Croûte qui se forme sur une plaie : 11 avait sur 
la main un croûtal qu'il était tout le temps à « échaler ». 

Croûte, sf. îj Relève (Voyez ce mot). Terme de métier. 

CiMihle, s/Il. Crible. 

Unuui crublum avenœ. 

1258. DucANGE, erublum. 

Plus trois mauvais uiinots, mesure de Blois et trois mauvais 

crubles. 

7 déc. 1TG5. Invent., p. 23. Arch. H. Johannet. 

Crnbler, va. Cribler. 

Ci'iieîfîx, sm. li Prov. Le crucifix de Chai lies qui n"a ni 
ventre ni cul, terme de comparaison pour une personne 
très maigre. 

Étym. Vers 18i0. M. Picot, curé de Chailles, bourg situé à 
7 kilomètres de Blois. eut des désagréments avec ses parois- 
siens, pour avoir enlevé de l'Église et détruit un grand crucifix 
de bois dont la sculpture naïve et trop rudimentaire, lui 
paraissait peu propre à inspirer la piété des fidèles. Ce fait 
particulier a pu servira rajeunir un dicton populaire qui semble 
fort ancien : 



OUI 111 

Piteux coinine uny beau crucifix. 

CoQUiLLART, Plaiclof/., p. T(). 

d'îl-là, CtVIle-lfi^, i;/vm. (Ie//K Celui, cello : Le j(jur de 
riiiau«iiirali()n de la slatne (!(' Denis Pai)iu, à lîlois, quelques 
heures a[)rês la céréiiionie, un paysan renconlranl aux pieds 
du monument un membre de rinsliliil. celui-là même qui y 
avait iirésidé. lui dit : « (>. c'est Unis P;ipin «: et il ajouta, avec 
une nuanc:e de dédain : « C'est c'I'H-ld ({ui a invente la v;i[)eiir. 
si vous ne le savez pas ». |j Celui-ci. celle-ci, celui-là, celle-là : 
Prends c"t"il-là ou c"t*elle-là, ça m'est égal. 

Il faut tirei' l'éclielie après ceti là. 

M(jLn'aiF,, MèdccJny ?icA. II, se. 1. 

Je vois ciaii-eiiient ([ue vous ii'aiuiez i)as ct'elle-là (pi'ou vous 

destine. 

Scunu;, /.(( Ma naine, bc. 11. 

Ktym. Contract. de l'ancien franc, ccsf. cet, ce, il, lui. et là. 

Ciiaii, .s///. Sorte de « jàle » faite comme une cuve, c'est-à- 
dire i)lus large ou aussi large du fond que de l'ouverture. 
Il Spécialemenl. Sorte de baquet qui se met sous 1' «anche» 
du pressoir : 

Ung caaiL à mettre dessous Tance du pressouer. 

Août 1618. Invent. Bothereau, p. U. Arcii. L.-et-Ch. 
B. Bail!, (le Blois. 

{Voyez TiAU). 

Étym. Dim. de « cae ». 

Ciio (kû), sf. Cuve. 

Ciiîllii* (cu-3ir), va. Cueillir. 

On sème l'auoyne au moys de mars, on la caille en aoust. 

Comment très excelL, cliap. (u. 

Au fut. Je cuilllrai; condit.Jc cinllirais. 

A la cour tout le monde dit cueillira et recueillira ; a la ville tout 
le monde dit cueillera et recueillera, et cela présupposé que s'ensuit- 
il autre chose sinon que cueillira et recueillira est comme il faut 

parler ? 

Vaugelas, Rem., t. II, p. 88.'). 

Ciiiswi* (cui-se), Sf, Cuisson de pain. || La quantité de pains 
qui cuisent ensemble dans le même four. Pain de cuisse, pain 
de ménage par opposition à pain de boulanger. 



112 CUL 

Ciil, .w/'. Il Fiij. Faiiv le cul à quelqu'un, le supplanter, 
lèviiicer. lui jouer un nuiuvais tour. || Pror. Kire amis comme 
le eul et la chemise, se dit de l'inl imité de deux personnes 
peu recommandables. |l Mettre le cul dans Tavaloire : refuser 
dagir au moment décisif. || S'en relourner les pouces au cul, 
c'est-à-dire tout penaud, sans avoir obtenu ce quon était venu 
chercher. 

Cnlhèelie (cu-béche). ^m. Sorte de jeu. Un enfant tient une 
épingle cachée dans sa. main fermée qu'il présente à son 
adversaire. Celui-ci pose dessus une autre épingle et dit cul s'il 
pense que les deux épingles se trouvent dans le même sens, ou 
hcclic. s'il les croit en sens contraire. S'il devine, il gagne la 
partie. Gargantua jouait 

A le^ie à te^te bechecel. 

Rab., I, 22. 

Ce doit être le même jeu. qu'on appelait aussi Cul contre 
pointe. 

Étym. Cul. c'est-à-dire la partie arrondie de l'épingle, et hèclie. 
l)our bec, pointe. {Voyez aussi Becheveter). 

C'ni'eiix, sjfi. Petit outil qui sert à curer la charrue. 

Le signifiant trouva sa charrue ou il print un baston que l'en 

appelle cureur. 

1378. Arch. JJ. ap. GoJefroy. 

Ciiter C^^)? '■''• S'accroupir, se tapir : Le lièvre s'était 
cuté là. 
Étym. L'ancien français avait entier, cacher : 

Mucer, cuter ne puon mie. 

Car nous sommes en sa baillie. 

DucANGE, Cuta. 

C'est peut-être le même mot quoique ce ne soit plus abso- 
lument le même sens. Peut-être aussi dérivé irrégulier de cul. 



^p- 



^--Si "^ /IH 




n5ii-i-î«»i-e [on prononce souvenl fla-rié-ze). préj). Dorriéro. 

Une pièce (raiibei-aie contenant ileni.\ ar|ient abdiîse darricre le 

nionstier de Saint-Victeur. 

l;n;j. Arcli. L.-et-Cher. G. 87. 

darriere la tapisserie. 

R.\i{., IV, 87. 

Étym. De ('( (ii'rîèrc. 

llèlisiN, .S'///, ('niili'('-j)us. plan iiiféi'ieur : 11 a versé dans le 
déhas. 

Ilèluif* s/i). Action de se dêbatti'e, de geslictilei', action 
oratoire, gesle. Un pnysnîi sortant du sermon, apprécie le 
prédicateur: Pour de la « loqiience ». il a de la loquence, mais 
pas de débat. 

iK'liètoi-, va. Déniaiser. || Se débéter, cesser d'être bête. 
imbécile. || Pi'ov. Aller à Conan pour se faire débéter, et à 
Sambin [)Our se faille aftiner. ou Aller à Sambin pour se faire 
débêler et à Conan pour se faire affiner. On va en voyage {Voyez 
ce mot) à Saint Saturnin de Conan pour toutes les maladies dont 
la tête est le siège, et. par conséquent, pour toutes les affections 
du cerveau, pour la folie. L'origine de cette dévotion vient sans 
doute de ce que Saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, 
marlyr, ayant été attaché par les pieds â la queue d'un taureau 
furieux, eut la tête bro3^ée (an 257). Comme il nest pas rare de 
voir invoquer lintercession d'un saint pour la guérison des 
maux qu'il a lui-même endurés, Saint Saturnin a été invoqué 
spécialement pour les maux de tète. 

Pour ce qui concerne Sambin, je n"ai pu trouver d"ex[)lication 
suffisante. {Voyez Les Origines, etc.. de Ménage : Acnriasfre.) 

llèluMMl, s)fi. Flux de ventre^ diarrhée. 

llehoiit^ adv. Est toujours précédé des mots (on/ d' (en 
élidant l'o : Il était tout d'debout au pied de son 11 1. 

]lèl>i'àte9 ée, ndj . Débraillé. 

l>èl»rayei*, vu. Sortir une voiture du « bi^ii » : Pour tourner 
débrayes, ou tu vas verser. 

8 



114 DEB 

Dèln-oùlei-, va. et n. Oter nue voiture de sur ses roues en 
enlevant les -^ embroûloirs » qui tiennent l'essieu. 
Étym. l^oycz EmbroÛler. 

l>èeaelieis va. Découvrir (quelqu'un qui est au lit). Se dé- 
caclier. se découvrir. 

l>èc*alei> va. Faire partir, chasser : C'est bien difficile de le 
décaler de là. || Vn. Sortir de, décamper, s'en aller malgré soi : 
Il ne veut pas décaler du lit. 

Étym. 7>)<' et c*«/('/'. consolider ? Origine incertaine; serait-ce 
le même que dccancr qui a donné dccaniller., même sens, ou 
détaler avec changement du / en c ? ( Voyez Capir et Crapu.) 

Dèoaiielie, ^v". Echappatoire, subterfuge, excuse bonne ou 
mauvaise : Il m"a cherché une décanche. 
Etym. Dèeancher, ci-dessous. 

Deeaiielier, va. Dégager ce qui est « encanché ». || Fig. Se 
décancher, se tirer d'une mauvaise affaire, d'une situation dan- 
gereuse : Ah ! si je pouvais me décancher de cette saloperie 
de Panama ! 

Étym. De et « encancher ». 

Dèeài-ei> va. Partir vivement, décamper. « décaler » : Il 
n'a pas été long à décârer. 

Deea$9 sra. Etre ou n'être pas en decas de, être ou n'être pas 
capable de. 

Étym. De et cas, par une construction assez semblable à dedans. 
{Voyez Degoxtre.) 

Deee«sei> va. Cesser : Cet enfant ne décesse pas de crier. 
Ne s'emploie qu'avec la négative. 

Dècliafaudei> ra. et n. Enlever, démolir un « chafaud ». 

ChasfauMeront et deschasfaulderont à leur despens. 

9 mai 1551. Cli. du Bailli de Blois, ap. Godefroy. 

Dècliaiix, .sm, Affouillement produit par un violent courant 
d'eau. Il Excavation quelconque. 
Étym. Déchausser. 

Dèclaii'er9 va. Déclarer. 



DEF 115 

Quiconqiies plante cIkmiIx. est présentement par mon décret 

declairé bienluMireuK. 

Raiî., IV, 18. 

l>eiMMiii*e (de-coii-te). En docoiitro do, loc. adr. : Contre, 
dans toutes ses acceptions. || Au devant, à la rencontre : Aller 
en decontrede quelqu'un. || En comparaison : Quelle différence 
en decontre de lui ! |j Fifj. et aOs. Aller en decontre. s'opposer : 
Si Pierre le veut h'ion, moi je n'irai pas en decontre. 

Etym. P'ormé de de et contre^ connue dehors de de et fmrfi. 

l>ècoii>'eiiiii»,."i/'. Faux-fiiyanl. mauvaise excuse : Il m'a dit 
qu'il n'avait pas eu le temps, c'est une déconvenue. 
Étym. De et convenir, avouer. 

1>reo(|iicM> vn. Oter la coque à : Décoquer un œuf. 

l>ec*on|MN sf. A la découpe, loc. ndr. A travers champs : Au 
lieu de suivre le chemin, j'ai pris à la découpe. 

Étym. De et couper le terrain en marchant, pour prendre le 
plus court. 

l>èe<>iii-i-îllei» et l>èc<nii*i*ouilIei> va. Retirer le courrou 
de : Décourriller la porte. L'ancienne langue avait encore 
décrouiller. 

Et descroaille de ta corne 
Les portes de l'an nouveau. 

RoNS., Od. 11), 1. I. 

l>èe<>iitai!>>»4Miiiei', va. Changer la culture, dessaisonner. 
Vieux. 

30 De bien et duement labourer, cultiver, fumer et ensemencer de 
bon grain et en tems et saisons convenables lesdites terres labou- 
rables sans pouvoir les découtaisonner, ni surcharger de semence. 
22 brum. an VL Bail J. Johannet. Arch. H. Joliannet. 

Étym. « Coutaison ». 

Défaite, sf. Action de se défaire d'une chose dont on est 
propriétaire, vente, cession: Grasse comme elle l'est, ma vache 
sera toujours d'une honne défaite. 

Défendre, va. et a. Défier : Je te défends bien ^^"être nommé 
conseiller, on ne veux point de toi : oui je te le défends. 



116 DEF 

l>ereiif1iK adj. inr. Impossible : Toi. tuer un lièvre, ça t'est 
bien défendu ! 
Étym. Défendre, ci-dessus. 

1>oriMi, l>ereiicN adJ. Feu, feue : Dèfeu mon père, dèfeue 
ma mère. 
Étym. Vieux moi qui vient du lai. de/unclus, même signif. 

I>èlî^'ei*<i llMi,ju,-iioi', ra. Fondre un liquide gras, congelé, 
« figue » (figé) : Le feu dèfigue Fbuile. 

l>èfi'Otta§-e (dè-fer-tage). s/)i. Action de dèfretter. || Le bois 
qui en provient : Des bourrées de défrettage. 

Dèfi-ettei» ^dé-fer -ter). v((. et n. Couper, détruire des brous- 
sailles, des ronces, des épines, qui encombrent un champ, un 
bois. 

Étym. De et Tancien franc, fractîs. friche. Ce devait être 
primitivement le S3'non. de défricher. 

Dèfi-îper («e), vr. Se pourlécher, passer sa langue sur ses 
lèvres après avoir mangé ou bu quelque chose de bon. 

I>èfi*oe, S//?. Terre nouvellement « dèfroquetée », ou défri- 
chée. 

Étym. De et anc. franc, froc, frau, frou, terrain abandonné, 
inculte. 

DèlVocfiiei' et Dèfi-o€nietei> va. et oi. Arracher, netto3'er 
à laide de la pioche ou du pic : Défroqueter un « marjou ». 

Tu la (l'iierbe) tireras et arracheras avec la lioue ou pic et en 

defroqueras les racines. 

LiEBAUT, Mais, rust., U. 
Etym. Dèfroc, ci-dessus. 

Démaillé, ée, adJ. Ne se dit que des cercles en rouelles qui, 
a^'ânt rompu leurs liens, tendent à se redresser. 

Un lot de cercle dégôlé. 

11 niv., an II. Arcli mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Dè§:eon dé-jou;. sm. Dégel : Les « agouts « vont, c'est le 
dégeou. 

Dè^oiilei> vn. Couler, se mouvoir, en parlant des liquides. 
Étym. Pour découler: on a dit esgouler pour écouler : 



DEG - 117 

Il est vtile que le mesgue s'esgoale. 

LiÉBAUT, Mais. rusL, I, 11. 

llè^-oiiliii<M> vn. En parlant (Vnn liquide, s'épandre par une 
ouverture étroite, resserrée ou accidentelle : L'eau dégouline 
de la gouttière. 

Pendant que le verglas dt-gouline sur les vitres. 

Daudet, Sapho, p. 188. 

Étym. Larousse donne dégouliner comme un mot d'argot ; 
c'est le dim. de dêgoiiler, ci-dessus, forme dialectale de 
découler. 

Uè^'oiit, sm. Cours, écoulement, en parlant d'un ruisseau, 
d'une rivière : Curer une « noue » en allant en « decontre » du 

dégoût. 

Et l'eau croissant du défjout de tes pleurs. 

RoNS., Cassandre, 30. 
Étym. « Dcgouler ». 

Dèg'fatei* et Dè^ag-i'atei*, la. Dégrater une feiniie, lui 
enlever ses « agrats » . 

Il fera labourer, fumer, cultiver et ensemencer les terres desdicts 
lieux en temps et saison convenable, sans les desgratter ni 
dessaisonner. 

10 juillet l.j(>8. Bail de la Pitancerie. Arch. H. Johannet. 
Labourer, fumer, cultiver et ensepmancer les terres labou- 
rables en leur saison sans les desagrater nedésaisonner ne conuertir 
en aultre usaige que de terre a grains. 

8 mai 1574. Bail de la Pitancerie. Arch. H. Johannet. 

DègT-eiiei*, va. Dègrener une pompe, vider le corps d'une 
pompe de Teau qu'il contient, comme em/rener c'est le remplir 
pour mettre la pompe en fonction. 

Étym. Bê, qui marque l'ablation, et grain, par anal, avec la 
trémie d'un moulin. 

Dèg'i-iaiieliei* («e), vr. Se dit du mouvement que fait le 
vanneur pour amener le « pillon » au centre du van : Plus on se 
dégrianche et mieux le grain est « netti ». || Se déhancher, avoir 
une allure qui donnerait à croire qu'on a les hanches disloquées : 
Ce grand « beguaud ». qui marche en se dégrianchant. 

Etym. De et l'anc. franc, guanche. gaianche., agitation des 



118 DEG 

membres. Le second sens vient de la consonnance de ce mot 
avec dèJianchcr. 

l>eifnelior (souvent : dê-gueu-clie), vn. Quitter le « guche », 
le juclioir. en parlant des poules. 

Se j'avoye mon arbaleste, je te feroje bien desgueher. 

1 171. Arch. JJ. 105, ap. Godefrov- 
Il Fî(/. Quitter le lit. 

Dèlioter^ va. Dèboter une voilure, lad^^gager quand elle est 
» ahotêe ». 

Delà (d'ià), adv. Là. quand ce mot est précédé de de : 
t Si je reveins de delà ». 
Étym. De et là. {Voyez Demème). 

Délais sm. Humidité, pluie : Le temps n"a qu'à se mettre au 
délai. 

Étym. De et Vaigue, aige, aire, anc. franc. : eau, du lat. aqua-^ 
eau. 

Délaisser (se), vr. Donner, de son vivant, son bien à ses 
enfants, à ses héritiers : Mes enfants sont mariés, je vas me 
délaisser. 

Dèlîhèi-eis ra. Libérer, décharger d'une obligation, dé- 
livrer : Men v'ià donc pas moins quitte et délibère ! 
Étym. De augm. et libérer. {Voyez Dèmaxquer). 

l>èlieat et lilcnid, loc. adj. Qu'on applique à celui qui 
affecte d'être très sensible à la fatie'ue. au froid, au chaud, etc. 

Tu fais le délicat et blonde 
Du temps tu crains l'injuse. 

Noël ancien. 

Dèlig-eiiee, sf. \\ Diligence, voiture publique : Manquer la 
déligence. 

Étym. On prononcerait de même dèligent. diligent, si cet 
adjectif était en usage dans nos campagnes. 

Soient les maistres deligens de veoir les tiltres. 

Ordonn. des Rois de France, t. VII, p. 17<j, ap. Littré. 

l>eiiiais;:e, .s///. Dommage. Ij Bon demage ! ou bon dommage ! 
exclamation qui exprime, avec une pointe d'ironie ce que 
certaines choses, certains événements pourraient avoir déton- 



DEM 119 

liant, de fâcheux : Je lui ai prêté cent sous, j'espère bien qu'il 
nie remboursera. — a Bon demage ! » c'est-à-dire ce serait trop 
fort qu'il ne te remboursât pas. 

l>oiiiaiic*lH'i> vfi. Il Par cri. Défaire, avec le sens le plus 
étendu : Démancher une planche de petits pois (qui ont gelé), 
démancher un mariage (projeté entre deux jeunes gens), etc. 

l>eiiisiiH|iioi% r. i/np. Il s'en démanque de beaucoup : il sen 
faut de beaucoup. 

Étym. De ai manquer. De, au lieu d'être un privatif, serait 
plutôt ici une sorte daugmentatif redondant, comme dans 
desservir de ce passage de Rabelais (IL 32) : 

Grand mercy... monsieur, vous me faictes du bien plus je n'ay 
deseruij envers vous. 

DcMiiai<c*lioi> vn. Marcher, faire usage de ses jambes : Cet 
enfant commence à démarcher : ne se dit que d'un enfant. Le 
sens i)rimitirde ce mot est s'avancer : 

Le mut, voyant Panurge démarcher, guaigna le deuant. 

Rab., III, 20. 

Deiiièiiie (d'mêm), adv. De deméme, semblablement : 
Riche comme un puits, avare de demême. i! Tout de deméme 
(tout d' demême), pareillement, tout de même, néanmoins : 
Je ne l'attendais plus, il est venu tout de demême. 

Étym. De et rnèrne, ce quL avec la prép. de qui précède 
toujours, fait une redondance injustiflable. 

Ileiiièiio, sm. Mouvement, train d'une maison : Une maison 
d'un grand démène. L'ancienne langue disait démènement. 

l>ciiieiii'ei> vn. Être forcé par la maladie de rester à la 
maison : Son asthme l'a repris, il est forcé de demeurer tout 
à fait. 

(Ils) estoient souspeçonnez d'estre sorciers et d'avoir fait morir et 
demourer malades plusieurs personnes et bestes. 

1455. Duc ANGE, sortiarius. 

I. Deiiioîselle,^/". || Pensionnaire d'une maison de prosti- 
tution : Il va souvent voir les demoiselles. 

Vindrent par devers le suppliant la demoiselle de l'aljbé de 
Ponleroy, et un petit moine de son abbaye. 

1400. DucANGE, domicella. 



120 DEM 

II. Deiuoîselle, .s/; Chacun des deux leviers au mo^'en des- 
quels on tourne le pivot d'un pressoir. || Sorte de cheville mo- 
bile en fer. placée sur le sommet de Tavant-trainde la charrue, 
et qui sert à maintenir la perche dans la position oblique 
pour le travail et dans la position directe pour la marche. 

Étym. L'ancien mot franc. dnnwiseUc a signifié servante : 
servante et cfiafubrwre servent encore de nos jours à désigner 
certains organes de bois ou de fer qui font la fonction d'un 
serviteur. 

IKmiioIoi-, va. Disloquer, déboîter, démettre : On dirait 
quil a les bras démolés. 

Ez aultres demolioit les reins. 

Rab., I, 27. 

Étym. Autre forme de démolir, ou plutôt contraction du 
verbe ûci'if démolefier, de molette. {Voyez ce mot). 

]>èiii^ei> va. Dénicher, enlever les oiseaux d'un nid. 

Lucifer vouldra déniger des cieulx tous les dieux. 

Rab., III, 3. 

Il Vn. Quitter le nid : par eœt. se sauver, sortir avec précipi- 
tation : Quand les gendarmes sont arrivés, les guerdins avaient 
dénige. 

Dèpatonîller (no), vr. Se retirer d'un endroit où l'on est 
embourbé, où Ton patouille. || Nettoyer ses mains qui ont été 
en contact avec un corps gras ou gluant. H Fig. Se retirer dune 
mauvaise affaire, d'une entreprise périlleuse. 

Étym. Augm. et péj. de « dèpatter ». 

Dèpattei-9 va. Décrotter, enlever la boue (des chaussures) : 
.T'ai « pêté » dans « l'ardille ». je ne peux plus me dèpatter. 
Étym. Dé et patter. 

I>èpeiHlîlleiix>.s'/n. Usité seulement dans la loc. : Un grand 
dépendilleux dandouilles. un grand gâs sec et maigre, dégin- 
gandé. 

l>èpeii!^9 srn. Dépens(\ coiisonmiation : Ma vache est d'un 
grand dépens. 

I>èpiaiitei', va. Enlever la peau fpiau) à, écorcher. Dépiau- 
ter un lapin. 



DER 121 

lK»pIa>'oi' (rlô-plé-ie), ?Y^ Déployer. || Déplier. 

Le jour que Mars desplaioié ses bannières. 

Crktin, Compl. (Je G. de Btssipat, \). ~>[. 

llè|M»iMoiiiM'i% r/(. Fif/. Enlever, ùter ce qui est nuisible 
comme un [)oison : La « sarrasine « est une herbe dont il esl 
difficile de dépoisonner un champ. C'est au M;iire à dépoi- 
sonner la commune de cet « a volé « -là . 

Ilcpoifi-àilli's tM', /nlj. Se dit dune personne et surtoul 
dune femme dont le vêlement négligé laisse voir la poitrine : 
Une grande bringue, mal ficelée, toute dépoilràillée, 
dégoûtante. 

ÉTY^r. De ei poiti (UUe. pej. dej^oiirine. 

Blepcn-tei', va. Décharger un contribuable diin impôt qu'il 
payait auparavant : Le contrôleur l'a déporté pour ces trois 
boisselées ; j'ai vendu mon cheval, je vais me faire déporter. 

llci'alM>iil(^i*, vn. Dégringoler, s'écrouler, être précipté 
d'une hauteur en roulant. 

Etym. De, re et « ciboule r ». 

V 

Dèi-aysVg-ei- (dé-ri-â-ge), vn. Sortir du « rayage «. || Fiy. 
Etre déra^'àge. être sorti de ses habitudes, de ses connaissances, 
çL p(fr exf., avoir une conduite dérangée. Ilabelais dit dans 
le même sens dérayer. 

Chacun estoit desrayé. 

Rah., I, 27. 

Ilei'da, sj}i. Tapage, mêlée tumultueuse, bru3'ante : Ses 
enfants font un derda du diable. || Équipage, train de maison 
importante : C'en est un derda, dans cette maison-là ! 

Etym. Orig. inconnue, probablement la même que pour 
daredare. 

I>èi'èiioi-, rn. Desserrer les rênes à : Dérêner un cheval. 

Ilet-^-iie, adj. Dernier, dans le langage des enfants quand ils 
se comptent à certains jeux. 
Etym. Abrév. de dernier, qu'on prononce dergnier. 

Dèriàg-ei-. va. Le même que Dèrayager. 



122 DER 

Dèrîpei> m. Passer par-dessus la rive, le bord : La roue a 
déripé et la voiture est tombée dans le fossé. 
Étym. La t. De et ripa. rive. 

Dèi'îvei-, va. Dériver un lit, défaire la couverture qui était 
rivée [Voyez River). |1 Se dériver, quand on est au lit. défaire 
sa couverture en remuant. 

Dernier C<***)? ^^c. adv. En dernier lieu, à la fin. Ancienne- 
ment : ^?^ rf^rr^/??^/' (ro?/cj Charcois). Brantôme dit même: 
à Venderier. 

Dèi'otté, ée, adj. Qui a sa « rotte » rompue : L'ne bourrée 
dérottée. 



Sus ung fagot desroté. 

Rab., III, 18. 

Deriig-eaiit, te, adj. Pétulant, malicieux, en parlant d'un 
enfant : Ton « drôle » est bien deru géant. 

Étym. Le poitevin dit dnige dans le même sens. Ane. franc. 
druge. jeu, badinage. 

Dèsag-ratei», va. Le même que Dègrater. 

Dèseiiveloi>i>ei> va. Oter l'enveloppe de. 

Desserre, sf. Rupture de la glace qui couvre la rivière, 
quand le dégel arrive, débâcle : Le pont pourrait bien souffrir 
de la desserre. 

La rivière (Loire) prit le 20 lO*""' 1715 et a resté toute prise 
jusqu'au 5 de février 1716, jour auquel partie de la desserre rompit 
5 des arches du pont de la ville (Bloisi; le 7*^ du même mois le reste 
de la desserre ren\*ersa 8 autres arches dudit pont. 

Journ. des eh. remarq. St-Laumer, f" 50. 
Le 5^ février, mercredy, à 5 heures un quart du soir, la déeerre 
partit avec une si grande rapidité que à 7 heures du même soir, 
5 arches du pont de Blois lurent emportées. 

1710. Xoel Janvier. Le Loir-et-Cher, ann. 18'J2, p. 71. 

Dessîg'naleiiieiit, .s///. Description d"une personne qu'on 
veut faire connaître, signalement. 

Dessig*iialer, va. Faire le « dessignalement » de. 

Dessoler, va. Ébranler, arracher (un objet fixé au sol) : Il 
a accroché ce « boutrou « et Ta dessolé. 



DEV 123 

Dessaler les pavements. 

Froiss., c/iron. VIII, ap. Godefro3^ 

Il Disloquer, disjoindre : Une boîte, une caisse toute des- 
solée. 

DeNsoiii* (d'sour), i^/V;;. Dessous : Regarder en dessour. 
Étym. Lat. de et subter, même signification. 

Dess<uii«eei- (dé-sour-ce),r«. Trouver, imaginer, inventer : 
Je ne sais pas où il a été dessourcer tout ce qu'il nous a raconté. 
Il vn. Sortir, venir : On ne sait d'où il dessource. 

Étym. De et source. 

Dètapei», va. Déboucher un fût) en enlevant le tapon. 

Detaper. déboucher, distoppare. 

OuDiN, D/'ctionn. 

Dètasser (dé-tâ-se). va. Défaire un tas : Détasser de la 
paille. 

Dètîrei-, va. Détirer une « râs », faire sur la planche un sillon 
dont la terre comble le sentier. 

Deiiil9.s//i. Il Avoir du deuil, avoir du regret, se repentir : 
Te donner cela? j'en aurais bien du deuil! 

J'ai/ dueil que vieiilx villains tarnys 
Soient d'or et d'argent si garnis. 

Villon, Dial. de Mallepaye et Baillevent. 

De vallée, sf. Pente de terrain, descente : Mets ton cheval 
au pas, à la dévalée. 

Puis trouuay une petite bourgade à ]si deuallée. 

Rab., II, 32. 

Devant, s?n. et f. Qui est en tête, en avant, le premier: II 
est le devant, elle était la devant, ils ou elles sont toujours les 
devants : Dans la culture quand on a du monde, il faut toujours 
aller le devant, autrement rien ne va bien. 

Devaiitiaii, s//k Tablier de femme. 

Les brasselets, les chaperons 
Les deranteaux, les mancherons. 

RoNS., Gayetez, V. 



124 DEV 

A sa niepce et llllale... donno ung corps de bureau et ung 
decanteaa de serge. 

11 aoiit 1073. Arcli. mun. de Villebarou, vol. 1504. 

EïYM. Qu'on met devant soi. 

llovaiitîoi-o, sf. Le même que Devaxtiau. 

Devers, sni. Disposition à verser : Cette « bauge » va tomber, 
si je n'êta3'e pas le devers. 

IK'vîdet, S///. Dévidoir, instrument qui sert à mettre en pe- 
lotes le til des écheveaux. 

Un décide t et deux travoilz. 

15 sept. 1616. Invent. Pineau, p. 27. Arch. L.-et-Ch. 
B. baill. de Blois. 

I>évî<leiix, si/i. Le même que Dévidet. 

Devinette, sf. Mot, chose qu'on donne à deviner, rébus. 

Dèvîi-ei> vn. Retourner sur ses pas ; moins usité que 
Re virer. 

Dévi-illoiiiiei> va. Dérouler ce qui est « envrillonné ». 
Dévrillonner une corde. 

Dèvi'oiiillei> vct. Développer, défaire un objet qui est « en- 
vrouillé ». 

Duilile* il Prov. Le Diable bat sa femme ; se dit quand la 
pluie tombe en même temps que le soleil brille. 

Dicli, s/ji. Doigt, dans le langage des petits enfants : Il a du 
bobo à son didi. || Quand on est trois à jouer à la « chouine », il ar- 
rive qu'à la dernière levée, le troisième joueur n'a pas de carte. 
On suppose alors une carte plus faible que le plus faible atout, 
c'est-à-dire un 6 d'atout qu'il est censé lever et qu'il joue en po- 
sant son petit doigt sur la table. Cette carte imaginaire s'appelle 
didi : Je joue le didi. 

Étym. Ital. difo, lat. digitus. doigt. 

Digfotei-, vn. Grommeler, murmurer contre quelqu'un : 
Faites comme vous voudrez, il trouvera toujours mo^'en de 
digoter. Le picard dit Digoner. 

Étym. Fréq. de Dire, ci-dessous. 



DON 125 

I>iiiii09 sf. Dinde, femelle du dindon : Une grosse dinne. 
Étym. C'est un féniiniu l)ar])are de dinde, qui est lui-même 
employé au masculin, abusivement, pour dindon. 

Ilîi-cs fu. Bavarder, parler ({uand même, à tort et à tra- 
vers : Elle ne peut i)as tenir sa langue, faut qu'elle dise. 

llii*4H*i<'iiM'iit,/^((/r. Il Employé ('Hi[»l. Précisément, oui, c'est 
tout à fait cela : Tiens, vous voilà :' Je parlais directement de 
vous. — Alors, c'est lui (jui a fait cela ! - «< Directement ». 

I>î«f;"i-àc*€»,\/". Il Désagrément, inconvénient : En passage de 
communauté dans une maison est toujours une disgrâce qui 
gêne pour la vendre. 

Dî.s^'i-àc'îcMix^ciiNe, ndj. j| Désagréable, ennuyeu.x. 

Ilitoii, .s///. Bavardage, commérage : Je ne m'occupe pas des 
ditons. 
Étym. Augm. de dil, parole. 

l>I>-ei*>-»e, adj. d.cs i' (jeni'cs. Capricieux, malin, pétulant : 
Est-il diverse, ce «dnMe >» là! 

L'hoinnie inconstant, divers. 

La Fontaine, Clochette. 

Etym. Lat. Dive)-sus, tourné en différents sens. 

irià, 5?;/. Mot forgé pour remplacer le nom de Dieu en cer- 
taines locutions qui, de cette façon, ne sont point considérées 
comme juron : Nom de d'ià ! Un bon d'ià de chien qui m'a 
mordu. 

Doiiai5!»oii, sf. Donation : Il lui a fait donaison de son 
bien. 

Spécialement a revocqué et revocque la donnaison qu'elle a par 
cy devant faicte. 

8 juillet 1600. Arch. mun. Villebarou, vol. 1072, f*' 81, ro. 
Homme et femme durant et constant leur mariage, peuvent faire 
donaison mutuelle l'un à l'autre. 

FouRRi-:, Coût, de Blois, p. 328. 

Doiidrille, .sf. Trépidation et ondulation apparente de l'air 
au contact des surfaces échauffées, et spécialement du sol, attri- 
buées à l'inégale densité des couches d'air : phénomène qui 
s'observe par les temps calmes et de beau soleil. 



126 DOU 

Étym. Origine iiiconime. En supposant que onde soit le radi- 
cal de ce mot. il faudrait admettre un diminutif ondille, qu'on 
ne trouve nulle part, avec prosthése du d et èpenlhèse eupho- 
nique du r. D'un autre côté, lancienne langue avait driUer, 
briller, scintiller. 

Les étoiles drillantes. 

RoNS., 2« liv. Chansons. 

Mais, dans ce cas. la syllabe don reste inexpliquée. 

DoiihliN ée, adj. \\ ? 

Une petitte grange partye doublée et l'autre partye non doublée. 

1(>21. Invent, de Beaune, p. llil. Arch. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

I>oiiblo-i^iie9 sf. Dans certains pressoirs, grande roue ar- 
mée de chevilles qui servent de poignées et placée verticale- 
ment, au moyen de laquelle on fait la pression. 

Étym. DonUe^ à cause de sa dimension, ou deuxième roue, 
en considérant comme première la roue horizontale qui agit 
directement sur larbre. 

Doiielle, ^f. Pièce de merrain. douve. 

Icellui suppliant pris-t furtivement environ soixante pièces de 

douelles à faire tonneaux. 

1580. DucANGE, doela. 

J'ay apposé le scel a un poinsson et ce en douze endroicts 

dud. poinsson, assavoir : trois en chaque fond et six aux grandes 

douelles. 

1619. Invent. Perrot. p. 8. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Étym. Dim. de douve, douvelle, douelle. 
I>oiis, srrt. Dos. 

Doiinmlère, s/'. Pièce du harnais du limonier qui soutient la 
charrette. 

Ung harnois de limont auecq son collier et bride et mantelet et 
doussiere estimés la somme de huict livres. 

9 avril 1055. Invent. Passac, p. 13. Arch. L.-et-Ch. E. 600. 

Étym. « Txms » du cheval où est placé ce harnais. 

Doutaiiee^ .s/. Doute, soupçon : J'en avais comme une dou- 
tance. 

Loys rois dit que costume doit valoir loi ; quant aucune douiance 



DRU 127 

est de la loi, ele doit auoir l'autorité des choses qui toz jors sunt 

jugies. 

XIII® s. Licre de justice^ ap. Littré: Coutume. 

Di'ot (dré', Di-otte, adj. Droit, droite. 

Une tète de barbe avec l'ptoile nette 
L'encolure d'un cygne, efïilée et l)ien drette 

Molikkf:, Fdcheur, act. II, se. 7. 
Au dret de, en face de. 

Di-ètîei-, îèi-e, s/n. et /'. Droitier, qui se sert mieux de la niaiii 
« drette » que de la main gauche. 

]>i-o^-iie5 .s/". Il Cercle de drogue, cercle de chêne, terme de 
métier. 

Environ neuf mauvaises roiles de cercles de drogues. 

11 nivôse an II. Ai'cli. munie. St-Denis-sur-Loire. 

Étym. Origine inconnue. Les tonneliers prétendent que ce 
nom doit venir de la mauvaise qualité de cette sorte de cercle. 

l>i-ole, s/ji. Petit garçon, jeune fils : Appelle dune ton 
drôle. 
Étym. Origine inconnue. 

Drôliiie^ sf. Petite fille : Elle est jolie, ta drôline. 
Étym. Drôle, ci-dessus. 

Droiiiiie, (on prononce souvent de-rouine), sf, Meule de 
remouleur, mue par le pied. 

Étym. Onomatopée, imitant le bruit de cette roue en mou- 
vement : dr/')', dj'rr, drrr. 

I>i-ii^09 sf. Drageon, nouvelle pousse qui naît à la racine 
d'un végétal. || Brin de jonc qui se place entre lesdouelles d'une 
futaille pour la rendre étanche, quand elle a du « trop-fond. » 

Étym. Origine inconnue. 



.^«ojxjèo. 




Èl>as;ei% va. Le même que Abager. 

Kballois rrr. KventQv. || !'/•. S'èballer. s'éventer: Laisser du 
vin s"éballer. 
Étym. Une liqueur éventée sent la balle de blé. d'avoine. 

Èhorariieux de crapauds. Locution plaisante des paj^sans 
pour désigner un vigneron quelque peu maladroit: se dit de 
même en Beauce. pour qualifier un petit lal)oureur. 

Èelialoi-, va. Ecaler : Èclialler « un » noix; échaler un mal. 
en enlever le « croiital ». 

Item pour liuit journées de femmes pour amasser et esc/ialler 

lesd. noiz. 

150G. Arch. Hôtel-Dieu de Blois. Reg. E\ 

Pertiiiax, eschalleur de noix. 

Rab., II, 30. 

Eacha/er et esckaleau viennent de sqaallare et de squallelam. 

MÉNAGE, Les orig. de la langue Jr. : escaille. 

Étym. A 11^ schale. écaille. Il faut laisser à Ménage la respon- 
sabilité de ses faciles ét3"mologies ; il aurait été, sans doute, 
bien embarrassé de les justifier par des textes. 

Kelialotée^ sf. Morceau de pain avec sa croûte frottée d'é- 
cbalotte. et mieux d"ail, et saupoudrée de sel ; les goui'mets, 
avant de saler, étendent une légère couche de beurre. On dit 
presque toujours rjialotée. Si on ne trouve pas le mot dans les 
anciens auteurs, on y trouve, du moins, la description non 
équivoque du mets : 

Le bon Gallus trenche du gros bis, 

De gousses d'aulx en frotte gros quignons. 

Crétin, A Charbonnier, p. 231 

KeliaH>otei> rr/. Emonder les jeunes pousses : Ecliarboter 
une j)lante (jeune vigne), la tailler pour la première fois. Ce mot 
avait anciennement plusieurs sens qui différent du nôtre : 

Ung bâton dont on escharbotte le feu. 

Rab., I, 28. 
Escliarbotter la merde des petits enfants. 

Ibid., II, 34. 



ECH 129 

C n eseharhotiè. 

IbicL, III. 2s. 

Étym. Pour écharpolcr, aiigni. local de lanc. français 
cscharplr, couper. On peut admettre aussi que ce mot est une 
corruption de échorr/otfer : 

Adonc on leur esmonde ou eschargoite les racines et les fueilles 

avec des forces. 

LiiÏBAUT, Mais, rust., II, chap. 21. 

Echargotter semble un proche parent de cssargoticr : 

S'il est transplanté, fumé, essarrjotté. 

N. DU Fail, Contes crEutrap., II, p 172. 

Essargoter est formé de es ])réf. privai if. el arriot. ])our rr(iof. 
et signifie enlever les jeunes pousses. 

I^Z<*liai'|KN sf. II Petil corps aigu qui s'introduit acciden- 
l(dlement dans la peau : J'ai une écharpe dans le doigt : écharde. 

I^IeliiiiKloiiii* («*), rr. Se fanor. dépérir, en ])arlanl de 
certaines plantes, sousTinfluence supposée d'une chaleur latente 
du sol: lail. i'échalotte. quand ils sont trop enterrés, s'échau- 
douissent. Dans les champs, on trouve quelquefois des veines 
de terres qui sont échaudouies. c'est-à-dire infertiles. Dans la 
Beauce on appelle ces veines des chaudières : 

Il y a cin(i ou :<ix semaines, un laboureur impatienté de voir, dans 
une excellente terre à blé, des endroits rebelles à la culture, ce qu'en 
langage beauceron on appelle des chaudières, entreprit de défoncer 
le soi et d'en enlever les pierres qui le gênaient. 

M'" DE RocuAMBEAU, Bulletin de la Société Areliéologique 
du Vendu mois, 1887, p. 351. 

Etym. C/^a^^t^, chaleur. i| ÀYV^ai^^oi^//' n'est pas absolument le 
mémo que rchaudcr. Cette terminaison o^fii' a. sur la termi- 
naison ei\ l'avantage d'exinimer nn(» idée d'ami)lification et 
même d'excès. Coinp. Assabouir et Rnrcstoiii. 

Kelielette, sf. Clochette, mot disparu. 

Une grosse clochette ou eclœlette aussi de inétail. 

1757. Invent. fabr. St-Denis. Arch. Loir-et-Cher. G. 

Etym. « L'Aleman nomme Schell une sonnette d'où eschiles 
pour des clochettes dans Fœneste, III. 7. » (Le Duchat, dans 
ApoL pour Hérod., chap. XXXVIII). 

9 



18(1 ECU 

Èclii£(-iiiN ^7'. Echine: Avoir réchiiiiie cassée. 

Mariage de Jean des Vignes, 
On en a mal aux esc/u'gnes. 

Le Dl'ciiat, Proc. en rimes, Paris, 1664. 

KeliijK'iieis va. Accabler de coups. || Fatiguer outre mesure : 
t Une ou vraçïe èclii allante ». 

Kelai-i1ii> va. Eclaircir : Ee vin s'éclardit. 

Kflat <IVaii« x///. Averse soudaine. 

EeliM!!ie9 sf. Dans le dictionnaire de l'Académie et dans celui 
de Littré, Eclisse est défini : Petite claie d'osier sur laquelle on 
met égoutter le fromage. Chez nous, cette petite claie s'appelle 
Rond , Voyez ce mot), et Y Eclisse est une « foiscelle » qui n'a pas de 
fond : c'est précisément le rond qui lui en serl. 

Étym. Ane. li*-all''. Kliozan. fendre, parce qu'elle est faite 
o'énéralement d'osier ou de viorne fendus. 

Eelore, va. Substitue la diphtongue ou à o dans tous ses 
temps : Les petits n'éclouront pas, il fait trop « fred ». 

Fust-ce en hvver, les roses sesclouront. 

Ronsard, Amour, 14. 

Si tous 

Tes trous 

Esclous. 

Rab., I, l;^ 

Voyez % prélim. PIWXOXCIA TIOX : 0. 

Eeoij^^»e (é-coua-sse), sf. Cosse de pois. 

Étym. Prononciation patoise de l'ancien mot franc, écosse : 

L'on les cuillira devant qu'elles aient grené, encore fort tendres, 

avec leur coque, ou escosse. 

O. Di- Serre, VIII, ch. 6'. 

Etym. Flamand sdwsse, même sign. 

Ee<>^^<niiiei> va. Ecossonner un cep, en briser, en faire 
tomber les « cossons ». 

Étym. A Ecossonneuœ, Littré donne comme origine écosson, 
écosse, cosse. C'est une erreur ; ce mot vient de é préf. qui 
marque Tablation, et « cosson », bourgeon, œil des arbres. 

Eeouette, sf. Balai, guenille fixéeau bout d'une perche dont 



EFF 131 

on se sert pour balayer la braise quand ou chaurte le Tour. 
Il Petit l)alai dont se sert le tonnelier pour nettoyerles « douelles » 
d'une l'utaillr ([uil raeconnnode. 

Ftvm. Pour écouvettc (conmie « coi'c » i)0ur coicré)., dini. de 
lanc. français rscnvhr. l)alai. 

ÈtMMicttei-, ra. Nettoyer le four au moyen de Técouette. 

ÈcMMit, .S'///. Lieu propre à écouter en cachette: Celui qui va 
à Técout mérite un coup de fusil. || Action d'écouter en se 
cachant . 

Étym. Ane. franc, escoiil. de c.scouIcj'. 

KcMMitei* ik, rti. Voyez Ac.ouTEH. 

l^]i*i<ailMMiilloi'9 va. Ecraser, mettre en bouillie, écarb(juiller. 

Etym. ])"aprés Liltré. du lat. excarbimculare, réduire en 
morceaux menus comme du charbon. Xe pourrait-on y V(jir 
plus simplement une contraction de écrase)' et esbouiller qui 
se disait anciennement pour Faire sortir les boyaux ? 

Kerevîelie (é-ker-vi-che), .s/. Ecrevisse. 

Kenei-, ra. Donner aux rais d'une roue une certaine incli- 
naison sur le rno^^eu, ce qu'on appelle écuanteur; terme de 
charronnage : Une roue trop ou pas assez écuée. 

Ety:\[. jRcu ? par comparaison avec la forme des anciens 
boucliers qui étaient- ronds et convexes : écuer, donner la 
forme d"un écu. Ecuelle a cette origine. 

Kcnlci*, va. Eculer des fromages, mettre dans chaque 
« foiscelle » la quantité de caillé nécessaire pour faire un fro- 
mage. 

Etym. Ecuelle. 

Mangeant une esculée de lait. 

Rab.. IV, 17. 

Ou peut-être mieux cifAller. instrument dont on se sert pour 
faire cette opération. Cuiller s'est écrit et prononcé culier : 

Vela à tel pot tel culier. 

CoQLiLL., Plaid, de la Simple. 

Ëiratif$iller9 va. et n. Nettoyer un taillis de tout le faux 
bois, buissons, broussailles, « déferter ». 
Étym. É, préf. qui marque l'ablation, eifaux (faux-bois). 



182 EFF 

Efïic'lie, sf. Le même que Affiche. 

Elfi>i!xilloi% va et n. Le même que Effausillek. 

Efri-oiiilloi-, vff. ôler les feuilles de : Effrouiller des 
« naviaux ». des branches d'orme. 

ETYM. ft F/'OMil/CS ». 

Èflaniiiiis sf. Tris. Heur : Des êflammes jaunes. 
Étym. Flamme, forme des feuilles de cette plante. 

Èa:laviii*<** sf. Engelure, crevasse causée pas le froid : se 
dit sur la rive gauche de la Loire, notamment à Chailles. 
Étym. Glace, avec le sens de froidure. 

È.:;-laiidei> va. Èglander une branche, larracher au tronc 
de l'arbre. [J S'èglander, se détacher du tronc, en parlant d'une 
branche. Le part, passé èglandé se dit aussi bien de l'arbre que 
des branches : Des peupliers tout églandés. 

Étym. Orig. inconnue. 

ÈsoiiNNelei», va. Faire le « poussier » avec le râteau. 

Èfii-i-at!^ (é-gra). s/n. iil. Prononciation beauceronne de 
A(;rats. 

Èjs;:i'eiiiillei> va. Ecraser, réduire en très petites parcelles : 
Égremillerduchenevis pour le serin. 
Étym. Fréquent, de « gremir ». avec le préf. c. 

Ètt'i^îii'iier, va. Ebrécher. émousser le bord ou l'arrête d'un 
corps dur en en faisant éclater des petites parcelles, des grains. 
On dit aussi Ègraigner. 

Si l'estoc ou espée de l'un de nous ou de tous deux rompt ou 

esr/raif/ne. 

I^xi'iLLV, Suppl. à VHist. du CIi. Baijard^ Godefroy. 

Étym. Grain; c'est une autre forme de égrener. 
Èja-i-î^fimi-e, sf. Endroit où un objet est égrigné. 

¥Ai\H (ê-la;, sjh. pi. .Menus débris laissés sur les bords par les 
eaux quand elles se retirent; ne se dit, en Blaisois, que dans 
les lieux baignés par des cours d'eau. 

Étym. Peut-être laisser. (Voyez | prélim. PKOXOXCIA- 
TIOX : Ai). 



EMB 133 

ESoelieis m. l'ihranler. secouer. 

Le bouton (je) piins à es/ochier. 

Rose, 22(i:{7. 

Le sei'i'ui'ii.'i' uiai'clK.' ;l lu .grille (|u'il avoii clochée auparavant, 

l'arrache et entre le fireniier. 

d'Aubigm:, I/(s(., II, OI. 
Il S'èloclier, r,\ Branler. 

Et vous, mes dentz, cliascune si s'esloche. 

Villon, Requeste à la Court. 
Un dit aussi Alodier. 

Étym. Littré donne : Lat. \\c[\ïca'-locarc, de ex^ hors et locits^ 

lieu : déplacer. Ce n'est pas mon avis. Voyiez Élosser. dont 

èloclier n'est qu'une variante. 

-r , 

l^:ioMNei*9 va. Secouer, ébranler : Elosser une dent, élosser 

un arbre. 

Étym. E et lusse r II. 

l'^loiiiMlii-, ra. Etourdir. 

Le plantain rafreschit sans élourdir et liebeter. 

Comment., chap. XI. 

Kliiiiiaeer^ va. ein. Oler, enlever les « lumas » : Elunia<îer 
une vigne. 

KiiiliarraN, srn. \\ Ce n'est pas ça l'embarras, locution 
apprubative : Si nous allions serrer cette avoine ? — Ce n'est 
pas ça l'embarras ! c'est-à-dire : Ce ne serait pas mal à propos. 

Kiiibari-asKée, afIJ. f. Enceinte, surtout en parlant d'une 
tille : La voilà encore embarrassée. 

» 

Kiiiliat an-bà), sm. Bande de fer qui garnit le bord d'une 
roue. 

Plus vendu et livré une vieille roue de charette ferrée d'un 

vieux embats de fer usé. 

10 janv. ITGd. Vente, f'' 29, v-^. Arch. H. Johannet. 

Étym. Subst. verbal de ernbattre. 

Eiiil>o]»eliiioi> va. Envelopper (avec une étoffe) : Il lui a 
embobeliné la tête dans son cache-nez. 
Etym. En et bobeline pour bobine. 

Eiuhoiiueter ^an-bon-né-té), va. Mettre un bonnet à : 



134 EMB 

Embonneter un enfant. S'emploie surtout dans la loc. : 
Embonneter un *^ moine », le garnir de sa ficelle. 

KiiilHHic*lu»iiiiei> va. Mettre en bouchon. || S"embou- 
chonner. vr. Se mettre en bouchon, en pelote : Les draps 
se sont embouchonnés dans mon lit. 

KiiilM-ayei-, r(( et n. Mettre une voiture dans « le brai ». 
Il Par ejct. Mettre en mouvement une machine au moyen d'une 
courroie de transmission ou d'un autre appareil. 
Êtym. <^ Brai ». 

EiiilH-oiiille, sf. Embarras, confusion : C'est une embrouille 
à ne plus s'y reconnaître. 
Étym. Ital. imbroglio, même signif. 

Kiiiln-onlei^ vn. Fixer l'essieu sous le chartilau moyen des 
embroùloirs. 

Éty.m. C'est peut-être le mot Brèlo/r dont on se sert en 
artillerie : Brêler la pièce avec lavant- train et la débrèler, 
c'est-à-dire attacher le canon sous l'avant-train au mo3^en d'une 
prolonge et le détacher. Brèler semble tenir à l'anc. franc. 
hrail, piège à prendre les oiseaux et qui se tendait au moyen 
d'une cordelette. 

Kiiilii-onloii^ sra. Pièce de bois qui sert à fixer Tessieu 
sous le chartil, c'est-à-dire à « embroûler ». 

Un baston appelé embroiloir de charrette. 

1412. DucANGE, embrum. 

Eiiieeliei* fé-meu-che), va. Enlever la mèche de : Émecher 
son fouet à force de fouàiller. || Fig. Emeche, part, passé, légère- 
ment pris de vin. 

ELiiiiiisiiielie (an-man-che;, sf. Mécanique, instrument quel- 
conque dont la vue provoque l'ètonnement : Une drôle d'em- 
manclie que c'te machine-là! 1| Fig. et le plus souvent: Affaire, 
situation compliquée, embrouillée, périlleuse : Le marié ne 
voulait pas aller en confesse, la mariée « criait ». toute la noce 
grognait, le curé voulait f . . . (mettre tout le monde à la porte, 
en voilà une emmanche î 

Etym. Ernr,inyif]ior. 



EMP lo5 

EiiiiiioiiecliM- aii-inoii-ce-le). va. ]M(Mliv en « niouciaii », eu 
nioucoau : iMiiinoucoloi' de la [)aillo. 

l^^iiiiiiiiloiiiM"!' (an-mu-lon-nei. nt. Mellre on « iiiulou »>, ou 
petits las: Knuiiulouiier de la « liii/ardc «. 

Le suppliant ceuilioii cl ainulonnoii foin. 

1:{<S7. l)i;f'ANf;i;, ainahjare. 

Kiiioi'c*lioi% rit. lùnorelier une lanehe. enlever la matière 
gluanlcMiui la couvre. î| Parext. Ecailler: Eniorcher une carpe. 

Mn ploml) l)(^»illant p(jiir niicuK {n'A esmorclior 
S()i(Mit t'i'ittos cos langncs vcninifiuses. 

\ ii.i.ox, Bail . '( l'Ji rcairal ». 

Etvm. liai. ijKH'chiii, lai. (Uiiitrai, lie dliuile ? Origine 
incertaine. 

l^^iiioii\'CM> }:a. Agil(M\ Irouhlcr : On descend les cluisses 
samedi, ça va émouver le temps. La procession des chasses 
contenant les reliques de saint Victor et de plusieurs autres 
Saints, se fait en grande pompe à travers la paroisse de la 
Cliaussée-St-Victor. le dimanche qui suit la céléhration de la 
fête de Saint-Pierre. C'est, c'était surtout autrefois, la cérémonie 
religieuse la plus céléhre de toute la contrée. Lck veille de la 
fête, pendant le chant des premières vêpres, on descend de 
leurs niches les huit châsses, et on les dispose sur une estrade 
au milieu du chœur de l'église. On a cru longtemps que cette 
()[)éralion trouhlait la temi)érature. Aujourd'hui on le dit encore, 
mais on ne le croit i)lus. || Occasionner le « déhord » : 11 a été 
ohligé de sortir au galop de l'audience, les juges, les avocats, 
les gendarmes, tout ça l'émouvait. 

Étym. Lat. E et movere, mouvoir. 

Eiii|iaiia;;-c, sm. Tout ce qui constitue l'oulillage d'une 

maison de culture : En parlant, il a emmené tout son empanage. 

Il Train dune maison : C'est une maison d'un grand empanage. 

Étym. Forme ancienne de ftpcmage, dotation de prince, et, 
par ext., domaine, en général. 

Einpaiiiié, ée, adj. Garni de panne : J'ai acheté un quartier 
de cochon douze sous la livre, tout empanné. 

Eiiipai'lé^ ée. adJ. Voyez Ex. 



136 ' EMP 

Eiii|uVlier C^')« ^"^'- ^'emploie toujours avec la conjonction 
que : On ne peut sempècher que de rire. 

Et je ne me puis empêcher que je ne me réjouisse. 

8 mars 1(527. Voiture, Œuv., p. 7, Paris, 1680. 

Étym. S'cj/ipàdicr, ayant le sens de faire aiUre^nent, prend 
que au même titre que cette locution : on ne" peut s'empêcher, 
c'est-à-dire faire autrement que de rire. 

KiiipoiiU-iie, sf. Il Ptirtie de la « douelle » qui. dans un fût, 
fait saillie en dehors du fond. 
Étym. Peigne. [Voijez ce mot). 

EiiiiH'i-laii, sm. Éperlan. c^'prinus bipunclatus. petit 
poisson. 

Empêtra, ^m. Objet, et, surtout, personne qui embarrasse, 
qui empêtre : mot badin. 

Einplati-e, substantif masculin aujourd'hui, est encore fé- 
minin en blaisois. comme il Tétait dans Tancienne langue. 

Elle me conta de quelle façon elle avoit fait donner cette emplâtre. 

Skvignk, L. à M. de Pomponne. 21 nov. 1664. 

Plus luy et porté une (/rende emplâtre de ciguë pour mettre sur la 

ratte. 

Journ. de Giraud, f^' :^. V. Arch. L.-eL-Ch. E. (578 bis. 

Eiliplayer lan-plé-ie). va. Employer: Il est trop « faignant » 
pour que je r"empla3'e. 

ï^TYM. La parenté (Memplayer et d'e/nj^loi est tout aussi légi- 
time que celle d'effrayer et d'effroi. 

Eiiipoii-iio, .9/1 Loc.pf'ov. Acheter à la foire dempogne. se 
dit pour dero])er. en jouant sur le mot empogne, qu'on suppose 
un nom de lieu. L'italien dit absolument de même: L'a avuto 
alla fiera a Rarrrpino. 

EiiiiHitcS ée, adj. Lenl à se mouvoir: Un gros empoté. 

Eiiipi'<'i]tei% va. Emprunter. 
Étym. Lat. In, en, et ;;/Y>É'.s-^ar^, prêter. 

Eli, prép. S'emploie dans ces locutions : Être, ou aller en 
confesse, se confesser: être ou aller en charrue., labourer. 
De la même manière on disait anciennement aller, être en 
gibier pour chasser : 



ENC 137 

Martin le Gordien escuier alant en gibier, un espervier en son 

poing. 

VA\)i). Dlcange, (jibicere. 

Cet liomiiir esl bien on paii(M-. il parlo l)ieii, il est d'une 
convorsntion f;K*i le. agréable. Celle ioeiiUoii s'éerivail ancien- 
nement diinseiil mol el formait un nrljectil" : 

Franchise, la bien cmparlée. 

Rose, o\\\)'). 

Le Roy (Louis XII) qui estoil un beau jjrince a merveilles, très 
scavant et moult bien rmparlè. 

Jean n'Ai ton. aji. Bernier, [». 117. 

I<]iiaii»é (an-nè-re). (n/j. m. Se dit dun nid d'oiseau ajjan- 
dunné par la mère lorsqu'elle s'est aperçue qu'il a été découvert 
et touché: Le nid (|ue lu m'as enseigné est enairé. 

Étym. Oriffine incertaine. En air? comme ([ui dirait éventé ? 
Enaire sur la rive droite de la Loire, enaisc sur la rive gauche, 
enhaic i\\\\\o\ràv()\\.hnzc en Beauce. Que signifie cnliasé d-àw^ 
ce passage de Cyrano de Bergerac : 

Acoutés. ol (elle) n'a que faire de faire tant Venhasée, ol n*a goûte 

ne brin de biau. 

Le Pédant Joué, act. IL se. 2 (Amst., 1711). 

iJésairer qn'i, dans l'ancienne langue, était un s^mon^mie de 
dénicher, est un composé de aire. nid. 

Ii:iic*aiieliei> va. Presser, étreindre entre deux corps durs : 
La [)orle. en se refermant tout d'un coup, a encanché sa robe. 
Il S'encancher, vr. Se prendre le bras, la main. etc. : Je me suis 
encanché le doigt dans la porte. || Fig. Encancher. engager dans 
une mauvaise affaire : Ce gredin-lâ va bien finir par en encan- 
rher quelques-uns. I^a langue littéraire n'a pas d'équivalent. 

Étym. Origine incertaine. (Term. andi, étroit. L'espagnol a 
cngancJiar, accrocher, et sencachay\ "s'embarrasser dans un 
l)assage étroit. Com/;. aussi l'anc. franc, cant, coin. bord. 

Encan îii'CM- C^')f '''"• î-<? même que Se Caniger. 

Eiieariiei', va. Infecter, imprégner d'émanations fétides : 
Quand il lève son fumier, il encarne la maison. || Vn. Répandre 
une odeur infecte : Ce fromage encarne. 

Étym. Carne, viande gâtée, puante. 



138 ENC 

Eiic*ai-i|iicloi% ra. Mettre en quartiers, briser: Le cheval a 
pris le mors aux dents, il a encarquelé la charrette. 
Étym. Offar(2iile)\ prouonc. ])atoise de qvartic)-. 

\'n //itarquié de vaigne. 

MoLiKRF, Médecin, act. II, se. 2. 

F^fiHiai-iu'UMs ro. Oaruir de « cliarniers » : Encharnelerune 

«< plante ». 

Vigne bien spée (cepée) et enc/iarne/ée. 

1509. Arch. L.-et-Ch. G. 128. 

KiieliaiiMMoiiiiei-^ ra. Chauler: Enchaussonner du blé. 

Que doresenavant tons cuirez seront enchaussumez . 

1 IHT. DuCANGF, Calcinatium. 

Etym. Cltau.r. 

Eiiehèti-en>!»e el Eiichiiiti-eiise, sf. Bâtis qui supporte le 
treuil et le toit d"un i)uits. 

Plus payé treize sols six deniers pour la part du prix de Venehin- 
treuse du puy de la place. 

1711. Marelle de l'Eglise de la Chaussée-St-Victor. 
Payé à M. Clément Charpentier trois livres quatre sols, tant pour 

Venchetreuse du puid que pour deux bancs 

r. 11. lOicl., ibid. 

Étym. Probablement \)o\xy enchevètritre, assemblage de pièces 
de charpente. Toutefois la forme enchintr semble tenir à 
chintre, cintre, lat. cinctura, l'enchintreuse formant, en effet, 
une sorte de ceinture qui couronne l'orifice du puits. Mais il 
est difficile de décider, la prononciation actuelle étant encore, 
comme autrefois, tantôt enchin, tantôt enchè. 

Eiicoiil»liii-e, sf. Lanière, et souvent peau d'anguille, qui 
unit la verge au « tou du floau. » 
Étym « Conhler ». 

Eiieoiii-ii- (s'), m. Se sauver en courant. 

Sitôt que pique se vit : 
Ali ! je suis perdu, se dit. 
Et n'encourant vers sa mère 
Lui montre sa plaie améie. 

RoNS., Am. vol. de miel. 

Eiu'i'e, sf. Il Prov. Le papier ne refuse point l'encre : On 
écrit et on imprime tout, le vrai et le faux. 



EXF 181) 

KiMl<Miiiii«'s <'ms ((<ij. Malin, hupiiii. (pii a l('(liahlo aucnr))s. 
(Ml parlanl des enlVmtsou des jeunes ^ens. 

(Onaïul ils voyent ces pucelettes 

Endemenêes. 

Villon. Grand testament. 

Étym. l'oiir cndémoné. de démon. 

l'^iidi-d (an-dré". sm. Le conlraire d(î l'envers. || Lieu quel- 
conque : Aller dans tel endret. 

Salomon, qui grand clerc était 
Le recon liait en <juel(|ue endroit, 

T. A Font., Joconde. 

Kiiiliii'ei> va. Avoir besoin de: Il lonilie de l'eau. J'endu- 
rerais bien un parapluie, c'es(-â-dire un parapluie nie serai! 
utile, ou plutôt, en considérant 6'??f/^/>r/^ comme employé ellijdi- 
quement, j'endurerais bien qu'on me donnât un parapluie. 

li^iiraiNMiMix, l'Hwe, adj. Taquin avec olistination, entêté. 

En fmcewT, lascivious, pétulant. 

IGOU. CoTGRAVE, Dictionn. 

Ktym. Lat. infensus, très méchant, acharné. 

Iiliitaitei-, va. Emplir par dessus les bords : Les pommes de 
terre se vendent à mesure enfaîtée. 

Eiitaitiire, sf. La partie d'une denrée mesurée qui dépasse 
les bords de la mesure. 

li^iilleiiiiiiN sf. Enflure avec inllammation. 

l'^iifoiidi-e, ra. Mouiller, trenqier : La [)luie m'a tout en- 

Ibiidu. 

Gelez, ineunlriz et en fondiez. 

Villon, Petit Testant . 

Hz alluniL'i'ent du l'en pour lui seiclier ses hal)illeinens, qui estoient 

tous en fondus d'eau. 

1 17.{. Ducangi:. infusio. 

\\ T'/?. KIre perméajjle à l'eau. Cette « bauge « est si bien 
couverte qu'elle n'enfond pas. 
Etym. Lat. infundere, verser dans. sur. 

Eiifinidiii-e, sf. Etal de celui ou de ce qui est enfondu. 
Il Pluie subite, abondante, sans vent et favorable aux récoltes: 
Lne bonne enfondure attendrit la coque du raisin. 



140 ENF 

Eiifi'oiiiei*9 va. Enfermer. On rencontre enfroncr dans les 
anciens auteurs. ( T a//t'v Renfromer). 

Eiia;'oaii<*oi' C^')* '"''• S'imaginer, inventer: Il n'y pas de 

malice quil ne sengeance. Ne s"est-il pas engeance de 

ÉxYM. Lat. ingcncrare. engendrer, en parlant de l'esprit. 

Eii£;-lotii% ra. Engloutir: Ils m"ont fait manger un « routi » 
de cochon qui était si gras qu'il m"a engloti le cœur. 

Eii^oiilei'4 va. || Fig. Injurier: Chaque fois qu'il va au liai, 
un l'engoule. 

Étym. Engonler n'est pas grossier comme engueuler, goide 
se disant plus pour houche que pour gueule. 

Eii^-i'aiN!!»ei> vn. \\ Prov. Les gorets n'engraissent pas d'iau 
claire : se dit plaisamment, en manière de consolation, quand 
on trouve dans son plat quelque corps étranger qui n'est pas 
propre: et fig.. quand on voit un individu s'enrichir par des 
mo^'ens malhonnêtes. 

Eiis;-i'até, ée, adj. Qui est muni de ses « agrats ». Ce mot 
est plutôt heauceron que hlaisois. 

St^ra aussi tenu ledict preneur et a prorais de laisser à la fin du 

prest bail ladicte mestairie enrjratée de toutes et chacunes les pailles 

et aultres ag-rats qui proviendront en ladicte année dernière desj 

terres dudict lieu. î 

5 nov. 1597. Bail. Arch. H. Johannet. 

Eii^-raii^-e, sf. Sorte de jeu d'enfant : Jouer à l'engrange ; 
une partie d'engrangé. On dessine sur la terre un carré partagé 
en huit triangles égaux par une ligne verticale, une horizon- 
tale et deux diat^onales, c'est-à-dire un carré gironné. Les deux 
joueurs, munis chacun de trois cailloux qui leur servent de 
pions les posent alternativement sur les points de rencontre ou 
d'intersection des lignes. Pour gagner la partie, il faut arriver 
à placer ses trois cailloux sur une ligne droite. 

Etym. En dans, et grange ? probablement parce qu'on essaie 
de caser ses pions comme des gerbes dans une grange. 

Eng-iiîii, .s>/?. Outil de tonnelier, probablement le bâtissoir. 
mot disparu : 



ENT 141 

Quatre doluueres, une plane, trois asses, deux l'eillez; un enguin, 
un asseau. un Ijarrouer. 

21> avril Kil*.). Invent, (,'oudret. Arcli. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

Ii]ii*liiii ,;i-iiui), adv. Aujourd'hui. 

Que ne la vove encor enninjt. 

Rose, (110. 

Étym. Fil, dans, ol /lui, le jour présent. (J'oycz Anuit). 

\/ 
KiiiienjU'oi' lan-neu-ge), rrr. Ennuver. 

Ktym. C'est le t'ranç. Ciuiuiier, avec la prononciation locale du 

Il et la substitution du g au //. [Voyez Abagk:). 

Eainiii^'i'ei- (an-nu-gre), r«. Salir avec une matière grasse, 
gluante, visqueuse : Il s'est ennugre les mains de poix, il en a les 
mains tout ennugrèes. 

Étym. Origine inconnue. 

I^:iu|iiiqniiiei> r/i. Souiller, salir. I| S'emploie surtout au 
/uj. : Xe faire aucun cas de quelqu'un, le mépriser : Dis-lui 
donc que je renqui([uine : mot badin. 

Etym. L'anc. langue avait Inqiiîner, du latin inquinare. 
souiller. 

Eiii-aya^-ei»(an-ria-ge', va. ^Mettre dans le « raj^age » : 
Enrayâger un « laboureux». le mettre en train en commençant 
une raie. || Fig. Il est bien mal enrayage, il est engagé dans une 
mauvaise affaire. L'ancien français avait nrraier, même sign. 
(Ducange: (irralare). 

Eiii*isVg-ei> ni . Le même que Exrayager. 

Eiifl'oiiafie, ée, ndj. Fortement enroué. 
Étym. Augm. et péj. de enroue. 

EiiNaiivei- («'), va. Se sauver. 

EiiNoiiillé, ée, adj. Qui a une souille. 

Plus deux autres lits de plume meslée, et deux travers ensouillès 
de coutv de Xante. 

Xov. nSlJ. Vente volont., p. 32. Arch. H. Johannet. 

Eiiteiiie^ sf. Premier morceau coupé d'un pain. 
Étym. Entemer, ci-dessous. 



'1^ 



142 EXT 

Eiiteiiiei* (an-le-me). r<?. Eiilamer : Kiitemer le pain. On dit 
aussi Entotticr. 

Elle (la iouidre) couïîUmera Icb os des cori^s, sans enlommer la 

chair qui les couure. 

Rab., 111, ;ii. 

Eiiteiitlii, stit. Chose convenue d'avance, complot : Ils se 
sont rencontrés comme par liazard. mais c'était un entendu. 

Eiitei-preiiflfe^ va. \\ Enterprendre quelqu'un, le citer en 
justice : Il m'a dit tant de sottises que je vas l'enterprendre. 

J'ai appris que madame de Villars ne l'a entrepris qu'à cause 
qu'elle vouloit avoir de lui quelque chose, à quoi il ne consentoit pas. 

T. DES RÉAUX, t. VIII, ]). 231. 

Enfouie, .s/". Le même que Exieme. 
Entourer, va. Le même que Extemer. 

Eiiti»î<*oeliei> ni. Former une ligne brisée qui fait, à droite 
et à gauche, des saillies à peu prés S3^métriques. Si on partage 
en deux parties égales, dans le sens de la longueur, une vigne 
plantée dans le sens de la largeur dont F « orne » porte un nombre 
impair de ceps, sur la ligne de séparation les ceps entricoche- 
ront. Un apprenti laboure en entricochant. 

Étym. Entre et coclie, c'est-à-dire coches qui entrent les unes 
dans les autres. 

Eiiveliiiiei-, va. Envenimer: Elle s'est mis les mains dans 
le « lessu », ça lui a envelimé son mal. 

Serpens envelnnés en leurs oreilles estoient. 

Le Débat du Corps, p. 02,, ap. Talbert. 
■ Étym. « ^'elin ». 

Envoyer, va. Fait au fut. : f envolerai; et au conditionnel : 

f envolerais. 

Saint Michiel i envoiera 

Qui d'un effondre l'occira. 

DucANGE, atàarr/ratf. 

F^eut conclud que l'on enuolroit le plus vieulx. 

Rab., I, 17. 

Eiivi-illoiiiier, va. Enrouler (un brin flexible autour d'un 
objet quelconque, comme font les vrilles d'une plante grim- 
pante) : Envrillonner une corde autour d'un bâton . 



EIUl 143 

Baillez nue le crillonne ceste cliorde. 

Hai5., IV, 23. 

S'eiivrilloniier, rr. Kii itaiiaul des piaules, s'enrouler: Le 
chèvre-feuille s'envrilloune aulour du lilieul. 
Étym. « VriUoa ». 

l!:ii>-i*<>riillei*9 rii. Enrouler, envelopper négligemment, 
sans soin. 

Ktvm. Enn'OHî'l/e,' dérive ])r()babl(Mn(Md de rritle comme rn- 
vriiloniiC)'. son (juasi-synonyme, dérive de « rriiion. » 

K|iée, sf. Chacune des deux perches qui se placent, pour 
soutenir les planches, sur h* marc arrangé pour éli-e pressuré. 

l^^piaisoii, sf. Epiage : se dit surloul de la vigne : apparition 

du raison : .le n<* sais pas c(^ que s(Ta la vendange, mais Fépiai- 
son est belle. 

li^piaMNe, sf. Xom donné au \'ulpin des champs, alopecurus 
agrestis, au Brome, bromus sterilis, et quelquefois à TOrge 
queue de souris, hordeum murinum. 

Étym. Epi, avec le suff. péj. assc : mauvais épi. 

l^]|>iiio-iioii-c> sf. Prunellier, prunus spinosa. 

tlpiii^ie, sf. Il Petit tasseau de bois quon met entre des ais 
nouvellement sciés, pour qu'ils puissent sécher plus aisément 
sans gauchir. 

li^piKg'ler, -on. || Placer des « épingles » (entre des ais nou- 
vellement sciés) : Epingler du plancher. 

l^^filètei-. Vil. Le même que Apli-:tek. 

È4|iioiiter (é-cu-té;, r«. Rompre (une fleur, un fruit), au ras 
de son pédoncule, de sa queue, de sa tige : Equeuter une rose, 
des épis équeutés. || S'équeuter, vr. Se détacher de son pédon- 
cule : Le vent souffle si fort que les épis s'équeutent tout seuls. 
On dit plus souvent acuter dans la campagne. 

Ei-i'îei> îèi-e, adj. Qui marche d'un gras pas. || Flg. Diligent, 
actif : Avec un maître aussi errier, les domestiques se remuent. 

De che certes ont graiit mestier 

Tout pèlerin et tout esrier (voyageur) 

Qui passent par icelle terre. 

Duc-^NGE, erare, 

Étym. Erre, allure. 



144 ESC 

E$$eni'bil1ai'i1« aii-rte c( Eseai-hîllati'e, adj. Pétulant, 
dissipé, diflicilo à gouverner, en jiarlant d'un enfanl. 

Galant, brub(|ue, esearbillat. 

N. DU Fail, Prop. rust., p. G2. 
Escarbillard, a. pop. iiierry. 

Ch. NuGENT, Dictionary. Dublin. 1770. 

Étym. Orig. incert. Il faut peut-être songer à cscarUlle, 
menu charbon. Escarbillard alors signifierait ayxlent comme 
un charbon; on dit bien : chaud comme braise. La ^Ionno.ye 
prétend que ce mot vient de l'espagnol escarapclar, se remuer 
avec véhémence, s agiter. {Colites ctNouv. de Bon. des Periers. 
t. II. ]). 152. Amsterd.. 1785). 

K»eai'iiititei> ra. Escamoter : On m"a (^scarmolé mon 
porte-monnaie. 

Eseart [ess-kar;, .s///. Espace, champ libre. Un enfant, 
prenant son élan, au jeu de saute-mouton, dira : Faut c[ue jp 
prenne de l'escart. 

Étym. C'est Tancienne forme de écart. 

Eï^eh^t (ess-clo), sm. Sabot tout en bois, sans bride ni 
« cossin )'. Ce mot tend à disparaître : aujourd'hui on dit 
plutôt Irou-de-miUot. 

Je veis qu'elle (la vieille) descliaussa un de ses esclos (nous les 

nommons sabotz). 

Rau , III. 17. 

E«eofïîoi> va. Tuer, massacrer, terme badin. 

Étym. Ital. scof/lare, scoiwicire., éclater, crever, en parlant 
d'une arme à feu. C'est toujours le sens de destruction, mais 
dans escofficr. il est actif. 

Eseoiipette^ sf. Espèce de petit champignon qui pousse 
surtout dans les haies. 

Étym. L'anc. franc, avait escoitpel. copeau ; ce champignon 
y ressemble assez. Il ne faut pas songer à Tancien escoupettc, 
sorte de petite arquebuse. 

ENorapitable, adj. Qui excite au plus haut point la 
compassion, la pitié. || Effro^'able, horrible, tout ce qu'on peut 
imaginer de plus affreux : C'était quelque chose d'escrapitable, 
ou de scrapitable î 



ESS 145 

Étym. Orïix. iiicomuio. No serait-ce [loiut une sorte d'aug- 
ment. de Fancieii tVaneais infeahJc. e()nii)Mtissaiil. qui esl 
devenu pf/m/nhir ? 

De cueur dévot oX piteahle. 

Rose, 22.MX. 

KiNprîto, <HV (kIJ. (^ui a de rrspril. de riiilellipMiee. 

Klle (M''"'-' le Coigneux) est Jolie, spirituelle, elle a bien du feu ; 

alors elle u etoit pas si espriiée. 

T. nr.s Rkaux, i. V, p V.). 

I^NqiiiU^tte, sf. S(iu(dett(^ : Mai<.n-e comiiK* une escjuilcdie. 

E!^4|iiiiit<M% ra. Casser les reins à. hallre; rare en ce sens. 
II Surmener, fatiguer : « Une ouvrage esquintante ». || S'es- 
quint(M\ rr. : Cest [jas la peine que tu t'es(|uintes. 

Étvm. liai. schii'Hf(^ dos. ê(diine. ('"est la niènir orig. (|ue 
l)our « echigner ». 

Kîsîîiîetle, 67". Assiette, petit plat ; mot beauceron. 

KNNÎettée, sf. Le contenu d'une « essiette » : Une esiiiettêe 
de soupe. 

KNisioii, .s///. Essieu, mot disparu. 

Un essiou de fer. 

Fév. 1621. Inv. le Fuzelier, p. 20. Arch. L.-et-Ch. 
B. Oaill. de Blois. 
Un tombereau i»-arnv de ses roues ferrées et de son essiou de fer. 

Ibid., p. lo. 

Ennoi'iio, ENNCMii-iie, sf. Couverture de l)ardeaux. mot 
disparu : 

Une meson couverte d'essorne assize à Blois en la rue du Hault- 

Quartier. 

Uat. Chap. St-Sauveur. Blois. Arcii. L.-et-Cli. (i. LU. 

Une maison couverte iVessourne. 

1 185 10 id., ihld. 

Étym. Sorte d'aiigm. de als. 

Ei«ii.suiiiaiii9 sm. Essuie-main. 

Six petittes nappes et huict essumains de thoille tant bons que 
meschants. 

10 juin 1668. Invent, de la grande boiste de Monteaux 
Arch. L.-et-Ch. E. 688. 

10 



14t) EST 

ENtaii^-iieiiai'dis sf. Appareil formé de barres de bois 
arliculêes. qui se place entre les « affiches » et les ridelles, 
pour augmenter la capacité d'une charrette quand on y charge 
les moissons. On dit aussi reslanguenay^de. 

Étym. Ital. stanga. barre. Flamand, stang, pieu ? 

E«tiii*î;'ooii, sjJK Enfant vif. éveillé, malicieux : Un vrai 
esturgeon que ce « drôle » -là. 

Ètniiiei-, va. Enlever par imbibition au mo^^en d'un linge 
seclhumidité d"un objet mouillé : Ètamer du linge, étamer la 
salade. 

Étym. Lat. stamen, fil, et par ext. linge. 

KtaiK snu Etal, table sur laquelle le boucher débite les 
viandes. 

Ètaiipiiiei'9 va. Détruire les taui)iniéres. 

A la charge par ledit preneur de faire faucher, fanner l'herbe 
desdits prez en temps et saisons convenables, les étaupiner et 
couper les épines. 

20 nov. 1710. Arch. Loir-et-Cher. G. Faljrique St-Victor. 

Ètelée, sf. Se dit plus souvent que « attelée ». 

Êtelei», va. Atteler : Èteler un cheval. 
Étym. Pron. beauceronne de atteler. 

Éternel* (é-tar-ne), va. Etrenner. || Vn. Goûter, manger, 
boire pour la première fois : Une eau-de-vie si forte qu'on ne 
peut en éterner. 

Ètei'iiiie, sf. Espèce de chiendent, agroslis stolonifera. 

Étym. Malgré l'opinion de Littré, ce mot n'a rien de commun 
avec éternuer.^ lat. sterniun'e. Il dérive de sterney^e, couvrir, 
étendre, le propre de cette herbe étant de s'étendre comme un 
tapis. L'ancienne langue avait esternure., couverture étejidue 
par terre, venant de esternir, étendre : 

Quand on veut se coucher en un lieu suspect de serpents, il est 
bon d'esternir des fueilles de feugiere sous soy. 

Du PiNET, Pline, XX VII, ap. Godefroy. 

Èterpei-(é-tar-pe,, va. Couper toutes les branches d'un arbre 
ou d'un arbuste au ras du tronc : Êterper une vieille vigne. 



ETR 147 

Étym. Aiie. l'raiK;. cs(repe)\ ital. slerpare, sterpere. niéiiie 
sigiiiflcation. 

Ètètot, sta. Le même que AïKior. 

Èti'eiiipaâ;-^, sm. Action d' « ètremixn^ », façon (:rétremi)er : 
Régler rètrempagede sa charrue. LiUrê écrit civamimoc à lort. 
{Voyez Étremper). 

Ètfeiii|>ei> rn. Raccourcir ou rallonger la chaîne de la 
charrue en changeant la « jauge » de position, opération (lui a 
pour hut de donner plus ou moins de prise au soc. 

Étym. Lat. tempcrare, régler : on disait aussi anciennement 
attemprer et attremper, modérer. 

Èti-4Mii|ioii- (é-tran-poi), sw. Appendice gradué qu'on ajoute 
à certains ohjets. vêtement, harnais, etc. pour pouvoir en aug- 
menter ou en rétrécir le diamètre, la longueur ou l'ouverture : 
Le collier du cheval est trop serré, je vais être obligé d'y 
mettre un étrempoir. || « Etrempure ». 

Charues fournies de quatre paires de fers, deux paires de roelles, 
deux chaignons, deux portoeres et deux etrampoeres tout de fer. 

1395. Arch. MM. 31, f» 223, ap. Godefroy. 

Étym. « Étremper ». 

Ètreiiipiii-e, sf. Série de trous percés sur la perche de la 
charrue pour recevoir la « jauge ». 
Étym. « Étremper ». 

Ètret, tte (é-tré), adj. Etroit, étroite : Une culotte trop 

étrette. 

Damoiselie belette, au corps long et fluet, 
Entra dans un grenier par un trou fort étroit. 

La Font., Fables, m,fabl. XVII. 
Vovez-vous ces cases é traites, 



Je me suis proposé d'en faire vos retraites, 
Tenez donc, voici deux bûchettes. 

lùic/., Uhfabl. VIII. 

Étym. Ital. stretto, lat. strictus, m. sign. 

Èti*oii^"iiei> va. Rompre l'extrémité supérieure de la tige 
de : Fais donc attention à ta vache, elle étrongne mes choux ; se 
dit aussi en Picardie. 



148 ETR 

Les (\\z preneurs porront estrongner les saulx, ormes 

1:îO:î. Arc h. MM. ;M, ap. Godefroy. 
Étym. « Tromjnc ». 

Ètriii^ii!»ei> ra. Couper la tète et les branches d'un arbre pour 
en faire du bois de feu. 

Plus ({uatre arpens ou environ de paturoaux, épines et brossailles, 
garnis de plusieurs chesnes étruissés. 

() déc. 1T75. Bail du Ménil. Arch. H. Johannet. 

On trouve aussi estrosse)' et estroissier : 

Et se il ne les (abeilles) poent aveir, pourescrouser, il poent l'arbre 

es^roîss/er a doze pied de haut, se il ne les poent aveir autrement. 

DucANGE, Apicularii. 
Iltym. « Trufssc ». 

Ètiivée, sf. Carbonade {Voyez ce mot) : L'ètuvée est trop 
cuite. 

Étym. Eluve. Probablement qu'autrefois ce fricot se faisait 
cuire dans sa vapeur. 

Eux, jjr. pi. Se dit aussi bien du féminin que du masculin : 
« 1 rencontre deux fumelles, i s'met àcràiller aprée eux et à y 
eux dire des sottises ». 

Étym. Le lat. iUas a fait eux, féminin, tout aussi bien que 
illos. 

Evangile, .s/. || Un salut et une évangile, prière récitée par 
un prêtre pour l'intercession spéciale d'wnS'ài ni (Voyez Voy'age): 
anciennement évangile était du genre féminin : 

L'Évangile au chrétien ne dit en aucun lieu : 
Sois dévot; elle dit : Sois doux, simple, équitable. 

BoiLEAU, Sat. XI. 

Eveiiri», i'?;i. Le même que Avexris avec la prononciation 
beauceronne. 

Eveiiti'oiiillei', va. Eventrer : Eventrouiller une gre- 
nouille. 
Étym. Augm. local de eventrer. 

Eveux, eii^e, adj. Humide : Un terrein éveux. 

De nuages eveux 

J. A. DE BaIf, Ed. XV. 

Étym. Ancien français aù*e, eive, eve, e^n. 



EXT 149 

Kvîei> va. Évier un chanip. y pratiquer des rigoles, des 
< êviêres » pour récoulemenl des eaux. 

Plus paye lorsi|u'oii ost allé ecier le pré de \'iiu'uil sojjt s(j1s six 

deniers. 

IGT.'I. Marelle de l'Egl. de la Chaussée St-Victoi'. 

Ktym. Ancien franc, rvc. eau. 

KvIèi'iN .S'/'. Petite tranchée laite dans un champ, pour facili- 
ter récoulenientdes eaux d'hiver. 

Il est permis de faire avec la charrue des petits canaux ap))elés 
évières en cette province pour faire écouler l'eau. 

FouRKi-:, Cont. (le Blois. p. 487. 

Étym. Ane. franc, crc. eau. 

Evil, ue^parl. passé du verbe avoi/\ eu, eue : J'ai èvu bien 
du mal. 

Dist l'amiraill : Jangleu, venez avant ; 
Vos estes proz e vos saveir est grant, 
Vostre conseil ajoc eoiid tus tens. 

C/i. de Roland, st. 2b6. Génin. 

Donnons toutes les choses ke nos avons et avicmnes euul nos 

et no ancisseur. 

1266. Ch. DE Enguerr. de Couci, ap. Duc, soistura. 

Etym. Ital. avufo, lat. habifus, m. sign. 

Extra, adj. invar. Extraordinaire, ce qu'il y a de plus fort, 
de mieux, etc., superlatif : Il est d'une force extra ; elle avait 
une toilette extra. 

Étym. Lat. extra, hors, en dehors (du commun). 



$X^@5Xf> 



Faiâi-iiaiit, ttN ad}. Fainéant, paresseux. || Sm. Sorte de 
siège que le charretier installe en avant delà roue de sa voiture, 
du cO)té de l'homme : Il s'était endormi sur le faignant et il est 
tombé sous la roue. 

Étym. Qui ne fait nient, anc. franc, rien. 

Pour nient vit qui délaisse au désert 
Diligence qui les vertus esueille. 

Al. Chartier, Brev. des Nobles. 

Fai;;'iiaiiti«e, sf. Fainéantise. {Voyez N au | PRONON- 
CIATION). 

Faîllette, sf. Faillite. 

Faire, m. \\ Loc. Y faire, avoir une influence, un pouvoir, 

ou une vertu cp.ielconque, en parlant des choses : Partir dans 

une heure ou dans deux, ça ne peut pas y faire grand'chose. 

On dit que la nouvelle lune amène un changement de temps, ça 

n'y fait pas. 

Tout y fait quand on aime. 

La Fontaine, Mandragore. 

Il Voilà ce qui fait, loc. adv., c'est pour cela : Tu n'es pas venu 
hier, tu étais malade? — Mais oui. vTà c'qui fait ; c'est-à-dire 
elliptiquement i)Our Voilà ce qui fait que je n'ai pas pu venir. 

Faît (eoiiiiiie de) (com'de-fé), loc. adv. Effectivement, en 
efïet : Il m'avait dit qu'il viendrait du matin : comme de fait, il 
est arrivé au soleil levé. 

Ce qu'il faisoit à fin qu'on eust plus grand peur des morts : comme 
de fait celîi donne telle frayeur à quelques femmes, qu'on dit qu'elles 
en avortèrent. 

H' EsTiENNE, Apol. p. Hérod, t. II, p. 251 (Paris, 1879). 

Falaise, et plus souvent Faloise, sf. Le sahle de rivière le 

plus fin. 

Puis vovant le vaisseau 

Qui le portoit échoué dessus l'eau 

Demi-covert de falaize et de bourbe. 

Ronsard. Franc. ^ cli. I. 
Etym. Origine inconnue. 



FEL 151 

Falloii> r. irnp. Fait à l'imparfail // fnUlait : Faillail pas y 
aller. 

Voulant donnei' a entendre qu'il lauoit trouvé fort bon et qu'il n'en 

failloit plus qu'autant. 

Rab., II, 1. 

Étym. Falller, aiili^e coiijug. de JnUoir, ((iii est lo même. <lii 
reste, que faillir. 

Faiiclioii, Faiic*liott<N FaiiolMMiiM^tt^s C'li<mott<s 
Clioiiiictte, upr. Fi^aiieuise, nom de l'emme. 

Fa)i|iiiiN cidj. et î^rn. Fai^aiid. qui aime à se faire ])eau : Il 
est troi) faquin poui^ un d()mesli(|ue; se dit aussi en Berry et en 
Picardie. 

Étym. Il est bien diflicile de trouver par quelle succession 
d'idées a passé ce mot faquin, qui vient de l'ital. facchino. porte- 
faix, pour en arriver au sens qu'on lui donne ici. 

Fai'iiiiei-, sm. Garçon de moulin : Le farinier passe tous les 
dimanches matin. AdJ. : Un garçon farinier. 

Fatîque, s/'. Fatigue. 

Jean Chaljault dit la Faiirjue. 

Cont. du 3 février 1712, p. (î. Arch. de i'Égl. Chaussée- 
St-Victor. 

Etym. Ital. fatica, même signification. 

Fatîqiiei*, va. Fatiguer : Un cheval fatiqué. || Vu. Se fati- 
guer : J'ai trop fatiqué depuis huit jours. 
Étym. Ital. fatlcare, mêmesignif. 

Faux, sm. Oiseau de proie, espèce d'émouchel. 
Étym. Lat. falco, faucon. 

Fèdéi-îc, npr. Frédéric. 

L'empereur Federic Barberousse. 

Rab., IV, 45. 
Étym. Ital. Federico. 

Feî^'iier, vn. Boiter légèrement : Il me semble que son 
cheval feigne un peu. 
Étym. C'est une autre forme de feindre. 

Félîce, npr. Félix. 



1d2 FEM 

Mathuiin, fils de Fellis Marchais. 

4 mars 1G02. Arch. Villebarou, vol. 1564. 

Foniellîei-, >-. et adj. m. Coureur de filles, amateur du beau 
sexe. 

Feiidot (fan-dè), s?jk Petit outil de bois qui sert à fendre le 
« pelon « pour faire de l'osier. 

Feiier, va. et n. Tourner et retourner l'herbe pour la faire 
séclier : Je vais aller fener mon prê. || Vn. Se faner : . 

L'herbe se fene. 

Cl. Marot, Mètam. 
De fait la liberté des fleurs reiette et abhorre le maniment de la 
main ; pour ce que c'est ce qui les/enne et flaitrist auant le temps. 
B. DE ViGENÈRE, Les Images, etc.,rfe Philost., p. 11 (1610). 

Étym. Lat. femrin. foin. 

Feiieiix, eiij^e^ sm. et f. Celui, celle qui « fene ». 

Feiioiipe (Tnoup'), sf. Morceaux, rognures d'étoffes qui ne 
peuvent être d'aucun usage ; ne se dit plus guère que par les 
vieillards. 

Ung aultre pacquet ou y a une quenoille de boys peynte qui se 
desmonte et quelques petites fenouppes. 

21 mars 1011>. Inv. Raymou, p. l.'î. Arch. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 
Lu pacquet de \ie\\\es fenouppes de velours noir tassonné. 

24 nov. 1617. Invent. Presid. de Metz, p. 44, ibid. 

Etym. Origine inconnue. 



'o- 



Feiioupei-îe (fnou-p'rî), sf. 'Même sens que « Fenoupe », 
frii)erie. 

Fei*aii«lei> m. Habiller le chanvre, à l'aide du seran. 
Étym. Fer? ong. incertaine. Cf. aussi le nom de l'outil avec 
le verl)e qui le met en action : seran, ferandei'. ( Voyez Ferrasse). 

Fei'uiideiix: et Fei'aii€lîei> s///. Ouvrier qui préparc 
le chanvre, qui « ferande ». 

Ferrandier, acconcia canapa. 

OuDiN, Dietionn. 
Michel Porrotin ferandier. 

ô juill. 16«>!. ArcJi. uuin. de la Chaussée-St-Victor. 



FER 15^ 



FeiMlîllcM', /•//. Se dit du J)riii( produit pjir cerlains objets 
(juaiid ils sont agités, tels ([ue une f(Hiille de pii[)iei'. une feuille 
de t(Me, etc. 

Étym. /'Vt. /■/•/'. onomatopée. Kn lîerry. on dit frrdasser. 

F<M*<lii> m. Froidir : Prends g'ar(le que la soupe ne ferdisse. 
Ktym. « Fred » ; pour le déi)laceînent du r, roycz R au ^ 
rROXOXClA TION. 

F«^iMlii«e, .sV". Froidure. Ieni[)eralure froide : M' ne crains pas 
la fcrduse. 
Ktym. Voyez Fkhdih. 

FcMMliiset, €»ttcs (kIJ. Sensible au froid, à la « ferduse ». 

Fei'^ïim far-Kon). ^m. Fouraon de four. 
Étym. Fourrion vient de l'ital. forconc, fourche en fer. du 
lai. furca, fourche, mais fergon semble tenir plut(M à fe7\ 

Fei-iv<»iiiiei' (far-gon-nê). m. Fourgonner, remuer avec le 
« fergon ». || Remuer, fouiller avec un bâton, une perche, etc. 

Foi-iioiiillei-, m. Fureter au milieu d'un tas d'oljjets qu'on 
remue confusément. [| Remuer salement un liquide : Tl fei^- 
nouille dans la « mase ». 

Étym. Orig. incon. frucriimrtiic/'. grenouiller, qui a à peu 
près le même sens, vient du mot lat. y^muncula. grenouille, 
avec prosthésc du g. Ce même mot n'aurait-il pas formé aussi 
fernouiller {frcnoulller) avec prosthése du f? 

Feroîii, sm. « Roinger son feroin ». ronger son frein. 

Fei-ouàiier, vn. Se frotter en tordant le dos, comme pour 
se débarrasser de la vermine : « Quoi que t'as à ferouâner comme 
ça ? » 

Ftym. Augm. et péj. de Tanc. franc, /'/-oiipr, frôler, frotter. 

Fei-i'àill<»ii, ^'11. Marchand de ferraille. 
Fei'i'aii<iei> m. l'o i/cz Vvawsdv.u. 
Fei-i-aiulîei*, S7n. ]'oyez Feramjikh. 

Ferrasse, .*?/". Etoupe. dernière qualité de la filasse. 

Douze livres de pou en escheveau tant de pou que, /errasse, estimé 
six solz la livre. 

S nov. Kilo. Iiivent. Roîté. Arcli. L.-et-Ch. B. Baill.de Blois. 



154 FER 

Étym. Fer. comme dans fcrander, fcrandier. 

Fei-.siize, .sV". Fressure : « Paiiver gas ! i fa tique extra : faut 
qu'il ait la fersuze beiii accrochée pour résister ». c'est-à-dire 
un tempérament solide. 

ÉTY:^r. ("origine inconnue. 

Fei-tei-, rn. Fureter, fouiller partout : Vw enfant bien à 
charge, qui ferte partout. 
Étym. Forme dialect. de fureter ; ital. fcrettare. 

Fesseux, srn. Emouchet. oiseau de proie. 

El aulcunes fois au matin, quand il doit plouvoir, elle (la corneille) 
prononce une manière de cry et semble que elle die : glaras, glaras : 
et ce signifie pluye ; mesmement quand il est prononcé par la cor- 
neille bise que l'on noxnmQfaissie. 

Jeh. DF Brie; Le bon Berger, p. 51, ap. Godefroy. 

(Sans doute faissie est le même mot que notre fesseuœ : seule- 
ment ce nom est ici attribué à un autre oiseau). 

Étym. Orig. inconnue. Le lat. falœ, faux, a formé falco d'où 
faucon et faiij\, oiseaux à bec recourbé. Fesseuœ, qui est un 
S3'nonyme de fau.r, et Faissie auraient-ils la même origine : 
fahr, falcator ? 

Fessîei> Sût. Voyez Vessier. 

Feuve, sf Fève : Une planche de feuves. 

Fî.a-nei> va. Figer, congeler : L'huile est figuée dans le 
« bion ». 11 Vn. Se figer : Par ce grand « fred » l'huile flguera. 

Fîl, S7n. Il Le fil des reins, l'épine dorsale. 

Filet, .S///. Il Prof. Celui qui lui a coupé le filet a bien gagné 
ses cinq sous : se dit d'un bavard. 

Étym. Il paraît qu'autrefois on pa^^ait cinq sous l'opération 
qui consiste à couper le filet de la langue à un enfant. 

Filetoiipier, s/n. Peigneur de chanvre, marchand de filasse. 
Étym. Filer, étoupe. 

Fiiroiiet, s ni. Cordelette qui sert à faire des mèches au 
fouet. 

Flllole (fi-iol), sf. Filleule. [Voyez Fillou). 



FLA 155 

A sa niepce et flllole demeurant à VilIerl)OU. 

11 août ir>73. Arch. mun. Villebarou, vol ir»(')l. 
Il n'a pas aperoû Jeannette uva.Jillole, 
Laquelle a tout ouï, parole pour parole. 

MoLiKRF,, L' Etourdi, act. IV. se. 7. 

Fillot (li-io). .s-///. JMlloul. 

Je donne à Gal»riel de Curault, njon petit-neveu eiJlUot. 

Kilî). Invent. Curault, p. s. Aivli. L. et-Cli. H. Baill. de Blois. 

Filloii i fi- i OUI, s?;?,. Filleul. 

Iiem une aulne de grosse toille à son.//7/o« Mathurin Creiche. 

11 août 1573. Arch. niun. \'ilIebarou, vol. lôOl. 
Item donne à sesfilloux et Jllloles à chascun XII dun. 

8 janvier 1597. Ibid., vol. 1072, f« 20. r". 

Étym. Lai. fUiolus, dim. de fUius, petit fils, fils chéri. 

Fin, sf. Il A seule lin, /oc. adc. Afin : Si je lui écris, c'est à 
seule lin qu'il vienne. On disait anciennement à celle fin. 

FiMc-al, aie, adj. Qui est en bon état de santé ou de fortune : 
lleuni ! pas fiscal, le gâs ! 

Étym. Nos bons pa3'sans n'aiment pas les agents du fisc: ils 
s'imaginent qu'à manier l'argent de l'Etat, il leur en reste 
toujours aux doigts. Ce qui n'est plus vrai aujourd'hui pouvait 
l'être autrefois: v^oilà comment fiscal est devenu une sorte de 
synonyme de riche, et. par une ext. naturelle, de bien portant. 
Scribe semble avoir pris fiscal dans le sens de personnage 
important : 

C'est Pierre Durand, un fiscal de chez nous, qui m'a fait avoir un 

emploi civil. 

Scribe, Mie/tel et Christine, se. IV. 

Fixitiile, sf. Loc. Il n'en est jjas resté fistule, c'est-à-dire rien 
du tout. 
Étym. Probablement mauvais dérivé de fétu. 

Flàelie, sm. Partie du bois équarri que la hache ou la scie 
ont laissé en dessous du plan ou de l'arrête d'équarrissage : 
Cette solive a du flàche. 

En laquelle terre ou sable l'on verra évidamment la forme touchée, 

rides, /?ae/ies, bosses et concavités delà forme de tout le pied. 

B. Palissy, 337, éd. Paris, 1844. 
Etym. AlP flach. plat. 



156 FLA 

Flàelienx, oiu^e, ailj. Qui a du « tlàche » : Du charnier 
flâcheux. 

FlaiiilKS sf. Flamme: Le bois blaiie lait urie belle llambe. 

Tu en souflres 
Cruelle geheine en feu, Jlambes et soulfres. 

Cl. Marot, Les tristes vers de Beroalde. 

Ktym. Lat. jJmmnvhi. dim. de Ifamma. flamme. 

Fleaii (^flo), .s?/?. Fléau pour battre le grain : Battre au fléau. 
Il Au pi. Balance de grande dimension qui sert à peser de fortes 
chars^es : Peser du blé aux fléaux, ou sur les fléaux. 

Ce mot a été monosyllabe jusqu'au commencement du xyiii« 

siècle : 

L'aire fait un grand bruit, et \q Jleau durement 
Touchant dessus le bled, rebondit hautement. 

RoNS.^RD, Hyra. II, liv. I. 

FloiiriiiioiHl, npr. Florimond. 

Fleurimond Robertet. 
R. Belleau, Comm. sur le 2^ l. des Amours deRonsard. 

Étym. C'est la forme française : fleur. Florimond étant la 
forme latine ou plutôt italienne. 

Fleiii-iii, Sut. Fleurs et graines qui tombent du fourrage 
sec, lorsqu'on l'entasse ou qu'on le remue : Ramasser du fleurin 

pour le semer. 

ÉTYM. Ce mot avait anciennement le sens de fleurette, dim. 
de fleur. 

Foîi-e, sf. Luc. prov. La foire n'est pas sur le pont. Allons. 
vo3'ons, dépêchez-vous ! — Oh ! nous avons le temps, la foire 
n'est [)as sur le pont ! 

Il est difficile de connaître l'origine de cette locution extrê- 
mement usitée, et qui doit être ancienne. Car, si aujourd'hui. 
depuis 180i, la foire se tient auprès du pont actuel, sur le mail, 
il n'en était pas de même du temps de l'ancien pont, qui fut 
emporté par les glaces en 1716. Alors la foire se tenait dans la 
rue du Bourgneuf. et plus tard, vers 1600, dans les environs de 
l'église Saint-Solemne. aujourd'hui la Cathédrale. 

FoiNceUe, sf. Moule à fromage, fait de terre cuite ou de fer- 
blanc : quand il est d'osier, c'est « un cageot «. 



FOR 157 

Que pleines soient xo^^ foiscelles 
De fourmages secs et mous. 

Ronsard. Hf/m. à Saint Biaise. 

Étym. La t. fi scella, inènie sign. 

FiuK'oi', vn. Se dil (Tune surface solide qui cède sous un 
poids trop lourd : La ^iare fonce sous nos pieds. 

Foiic*<»t, sm. Petite broche en bois avec laquelle on bouche 
le trou qui sert à tirer le vin dun tonneau. I/Acadcniie dit 
fcmsiiet. 

Étym. Ce mot ne viendrail-il pas de fond, iai)arliedu tonneau 
ou se trouve toujours le foncel, par opposition à la « Puotle^ 
qui se trouve, elle, sur le b(juge ? 

F<uiviii'<N ■'^7'. Assemblage de pièces qui formenl un fond : 
La fonçure dune voiture. 
Etym. Foncer. \)()\\v e/tfoncef. L'Académie dil enfonçure. 

F^ii'Imi, uv^ddj. Fourbu: Un clieval forbu. 

Étym. Part, jmssë de l'ancien verbe .se forboirc, boire avec 
excès. On prétendait autrefois qu'un cheval devenait fourbu 
pour avoir bu trop ou mal à-propos. 

Foi-eiaii, srn. Corps de l'avant-train d'une charrue : Un 
forciau en orme. 

Étym. Force, c'est la partie de la charrue qui demande le plus 
de solidité. 

F«i'oîèi*e, .s/'. Petit étang où on élève du poisson ; aujour- 
d'hui peu usité. 

Ung petit estang ou forcière. 

1G17. Part. Prés, de Metz, p. 30. Arch. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 

Étym. Forcer ? On dit du poisson élevé dans ces réservoirs 
que c'est du poisson fo)'ce, c'est-à-dire nourri par force, par 
opposition au poisson de rivière qui est meilleur et plus 
recherché. 

Forseiii^ sai. Qui est d'origine étrangère au pays quil 
habite : Le garde-champêtre de la commune est un forsein. 
(Comp. HoRSEix). 

Étym. Ane. franc, fors, en dehors, et sein. 



158 FOR 

Foi't-oii-il fable (Ibr-eii-dià-ble). x;;?. Ktoffe fil et coton, très 
résistante: Une culotte de fort-en-diable. 

Fôsban-e (loss-bàr), ^7'. Bande de bois, barre plaie placée 
sur le fond d"iin fût pour le rendre plus solide. 

Plus environ un cent et deniv de bars et demy-cent de fausse-bars. 

Il niv. au II. Arch. iiiuu. de St-Denis-sur-Loire. 

Étvm. Pour forbarrc, fh/'s. en dehors, eibarre. 

'• 
Foshai*i*ei* (foss-bâ-re), va. Fosbarrer un poinçon, ^Miiettre 

une « fôsbarre ». 

Foiisiillée, sf. Fouet, fessée : Attends, polisson que je te 
donne la fouàillée ! 
Étym. FouùiUcr. 

Fouàîllei», m. Faire claquer son fouet : Ne fouâillespas, ily 
a un malade. 

F4>iiàiier, vn. Comme Ferouaxer. 

Foii€lra^ei> va.. Renverser, jeter çà et là, saccager : Ar- 
rive une « ventouse « qui foudràge toutes les « veilloches ». 

Rouler, irest pas le même que fouclràger ; une luzerne roulée 
est renversée toute dans le même sens, tandis qu'une luzerne 
foudrâgée est renversée par touffes dans tous les sens. 

Étym. Foudre, bourrasque. C'est le même mot que foudroyer, 
(Fo2/e;r Abage). 

Foiitlre, sf. Bourrasque, tempête : Les ailes du moulin em- 
portées par une foudre. 

Étym. Lat. fuUjur, éclair, foudre. C'est une extension du sens 
aux phénomènes qui accompagnent ordinairement la foudre, 
tonnerre. 

Foiidret, 6//?. Engin de pêche, filet fait en forme de nasse, 
ver veux. 

Étym. Peut-être (Y\u\\n\i[\ï de foudre, de l'alP fuder, tonneau, 
par analogie de forme : c'est ainsi qu'un autre genre de filet 
(à prendre les perdrix i se nomme tonnelle. 

Fouet, sm. H « Viette » taillée très long, pour que chaque 
« cosson » amène du fruit. 
Étym. Par anal, avec le fouet du charretier. 



FOU 159 

K4Miîlloii,.s//<.. Uiiverture laite a un vètemeul poui' y passer la 
main : Les fouillons d'une ])lons(\ 
Ktym. Fouille I'. 

Foiiiii, N///. Le niàle de la fouine, fouine. 

Les belettes, les chats et le^/ouyns. 

Amyot, OùiD. mesl. de Plut, a\). Godefroy. 

Failli iH'i> in. Fureter. 

Etym. FoiUm\ eomuK^ farci -à fait fureter. 

Foiipis sf. Le même que FKNOuri-: : se dit surtout en 
Beauce. 

Deux petites l)oestes de sapin l'uiie ronde et l'autre en auvalle ou 
y a quelques /b/</)e8.. 

IGK). Invent. D. Pineau, p. :\\. Arcli. L.-et-Ch. 
B. Baill. (le Blois. 

Kty.m. Origine i néon nue. 

FoiKiiii" («le)? ^'^^*- '"-'''- Travailler de fouque, travailler 
par à-coups, avec une ardeur grande, mais qui ne dure pas. 
Étym. Pour Ihugue. 

Foni'C'liotte, sf. \\ Chevalet fait de trois « charniers » enfon- 
cés sur la planche de la vigne, pour recevoir les autres charniers 
quand on l<'s « tire », c'est-à-dire quand on les arrache. 

Foiii'i-e-toiit, sm. Coin retiré dans une maison, qui sert de 
pièce de décharge, de débarras. 

Foni'i-îèi'e, 67'. Mangeoire des écuries à vaches: Garnir la 
fourrière de mangeai lie. 
Étym. Fearre, paille, fourrage. 

FtHiîSHe, .s/, t'osse : Il est tombé dans une fousse. 

Les yeux tournés vers l'occident il pousse 
Les noirs taureaux sur le bord de la fousse. 

RoNS., Franc. ^ cli. IV. 
Ledict procureur fera dire tous les ans le jour de Toussaints sur 

la/oMsse de son défunct mary le psalme Mémento Due David. 

14 nov'"'^ 15D3. Arch. mun. Villebarou, vol. 1G72, f» 59, ro. 

Il Terme de vigneron : provin, marcotte de vigne : « J'ai 
bein des fousses à faire dans c'te veigne-là ». 



160 FOU 

J'ai l'ait marche avec Umbredàne pour l'aire nos vignes des 

Brionières, à raison de 30 sous du cent âe fosses. 

U juin 1(307. Joiirn. des C/i. remarq., St-Laumer, f" 1, v°. 

FoiiJ^Ne, sm. Fossé. 

GarG:antua faisovt de la terre le foussè. 

Rab., I, 11. 

Abuttant d'un bout audict Gencian \\x\i^ toussé entre deux devers 
gallerne. 

1511. Terrier du Monceau (Mer\ f« 20, r". Arch. L.-et-C. G. 

Foutra sser* m. Toucher à tout, fouiller partout : Je 
n'aime pas voir un enfant foutrasser comme ça. 

Étym. Fatrasser, en changeant Va en oit sous l'influence 
d'un mot grossier. Fatrasser vient de fatras, amas confus : 
Littré le définit ainsi : S'occuper à des niaiseries. Il a donc 
perdu le sens primitif qu'il avait encore au xvir' siècle : 
fatrasser. irabrogliarc (Oudin). sens qui a été conservé dans 
foutrasser. 

Fouti*asNÎei> srn. Qui « foutrasse » : Veux-tu bien te tenir, 
petit foutrassier. 

Fi-aiie, auelie, adj. Qui ne se fait pas prier pour payer 
ce qu'il doit, libéral, généreux : Vous deviez donner davan- 
tage, vous n'êtes pas assez franc. || Qui produit régulièrement, 
fertile, en parlant des arbi^es et des terres : Ce poirier n'est 
pas franc. 

Fi-aiieilUuiiiet, etie^srn. et f. Habitant de Francillon. 
villaore â 5 kil. de Blois. 

Étym. La forme de ce mot est défectueuse, il faudrait 
Fra ncillonna is, a ise. 

Fi'aaieÎN, FraiicîiHitto, Sîiiotte, Xotou, nijr. François. 

Fi'à^îl ^frà-zij, srn. Résidu du charbon, delà braise. L'Aca- 
démie appelle fraisil les cendres, résidus du charbon de terre. 
Frasil est dans le Dictionn. de Boiste. 

Frati'ès Trà-três'. srn. Perruquier. 

Étym. Ailleurs on dit frater, au singulier. Il est difficile de 
déterminer pouiT[uoi nous employons, nous, le même mot au 
pluriel. 



FRl 161 

Fi-a,v«""f 5?^^- Sep. pièce de bois ou. i)lus souvent, de 1er, 
qui sert de base au corps de la cbarrue et donne la direction à 
la raie. 

Étym. F m lier. 

Fi*<mI fré\ fi*<Ml<», fidj. l^'i-oid. froide : Vv('i\ comme ^lace. 
Il *sy". Froidure : Amasser la IVed aux [ùeds. 
Étym. liai, freddo, lut. frigidus. même sign. 

Fi-€»iiiei> va. Fermer. 

VX après lad. Bourget/rc/iia sa porte. 

1(;T8. Att'. Desouches. Arcli. L.-ot-Cli. H. Haill. de Hlois. 

Fi-èinieiitci', va. Faire la cour à : Fréquenter une jolie 
fille. Il Va. Si j'avais à fréquenter, ce n'est pas avec elle que 
j'irais. 

Fi-îc'lie, .s. Qui est dit féminin dans tous les dictionnaires, est 
ici masculin. 

Joignant de soUere un Iriciie. 

2Gaoùt 1737. Partage. Arcli. H. Johannet. 

On n'avait jamais vu là qu'wn grand friche où les herbes 

maigres se jouaient au vent. 

Ph. DE Chennevière. Avent. du petit roi Saint-Louis, p. 147. 

Fi-î.:;-oiisse, sf. Nourriture peu délicate : A sa noce ? c'était 
pas ça, il n'y avait que de la frigousse. || Nourriture, en 
général : Hum ! pas grand' frigousse à ton souper ! Ce mot ne 
s'emploie pas dans la conversation sérieuse. 

Étym. Péj. de fricot. 

Fi-illaiit, aiite, adj. Grelottant de froid : Tout nu, tout 
frillant. C'est le part. prés, de Tancien \evhefriller : 

Friller, tremolar di freddo. 

OuDiN^ Dictionn. 

Étym. « Frigucire, soy démener, ou traveiller pour le froit, 
p'iUer ou frissonner ». Ducange : frigutire. 

Fi'îpe, sf. Ce qu'on mange avec son pain : Si tu manges 
toute ta fripe, tu n'en auras pas d'autre. Littré dit : Tout ce qui 
se mange ; ici, le sens est plus restreint. 

Friper, va. Manger jusqu'à la dernière miette ce qui reste 

11 



im FRi 

dans un plat, dans une assiette : Friper le plat, une casserole 
bien fripée. 
Étym. Orig. inconnue. 

Fi'îser, va. \\ Friser du son. riiuniecter avec un peu d'eau : 
.Te frise du son pour les poules. 

KiMiid, sf. Froidure, basse température, est du genre fém. 

Tu vas nous faire amasser la froid inutilement. 

Indépendant de Loir-et-Cher, 20 février 1891, p. 2. 

Dans la campagne on dit plus souvent ht fred. 

FiH>iiiei> va. Fermer : Fromer la porte. ( Voyez Renfkomer). 

Étym. Prononciation plus accentuée, plus sonore de fre7ner^ 
forme locale de /(??'//i£?/'. [Voyez Chap. prélim. | PRONONCIA- 
TIOX. R). 

Vt'i^iwu sm. Fourmi : Un gros fromi. 

Or sont venus \qs froniiz esueillez. 
Vit!-aux de Chantilly. Gaz. des Beaajc-Arts, 188(), p. 171. 

Étym. Lat. formica, m. siaii. 

Fï-oii^le^ sin. Furoncle : 

Le gros fronde au cropion. 

Rab-, Prol. du 4*^ liv. 

La feue machee a ieun et applicquée, meurit, dissoult lesferoncles. 

Comment., chap. 14G. 

Fi'«mlieiicei> va. Frotter : Froubencer une « ormoire ». 
Il V7\ Se froubencer, se salir en se frottant à quelque chose de 
malpropre, jj Part. i;a.s'.S6? .• Froubencé, fait sans soin, sans 
talent : C'est-il froubencé, de l'ouvrage comme ça ! 

Étym. Péjor. de « frouUr ». 

Fi'OiiImi-, en . Fourbir. 

Frcinilles, sf. jd- Feuillage de certains végétaux ; se dit 
surtout des pommes de terre : Les froùilles de pomme de terre 
ne sont bonnes qu'à faire du fumier. 

Étym. Lat. f/vndiculus, dim.hypotb. defrons, feuillage. 

FrcMiiiii, SNi. Le même que Fromi. 

Li froumi fait pourveance de blé. 

Eust. Deschamps, p. 191 (Crapelet, 1832). 



FUT 163 

Fil nielle, 5/'. Femelle. 

Madame de Coulangeb ccrivoit à labbé Testa : « J'ai trouvé votre 
femelle owfamelle. » C'étoit mademoiselle de Crenaii, qui alors ôtoit 

aussi maigre que lui. 

T. i.F.s Rkaux, t. X, p. 21"). 

!| Femme, par dénigrement : C'est une triste riimelle. || Fille 
de mauvaises mœurs: Il vit avec une jumelle. 

Dans tuas ces sens, un dit aussi fciucllc. Le u se prononçant 
souvent eu, l'ignorant confond le c de femelle avec la dii>h- 
tongue eic, et pense être logique en lui restituant le son de u. 
(Vouez U et EU au ^ i)rêliminair(^ : PROXOXCIA TIOX). 

Fiiiiiellieis n///. Le même que Femellikk. 

Fiiiiierioii, .s///. Petit tas de fumier dépose par intervalles 
dans un champ (ju'on veut fumer : Vn lièvre s'était « cuté » 
derrière un fumeriou. On trouve anciennement /i9?/?t'/'o^: et fon- 
merol. 

Fiiiiiie, .s/; ? ^lot dis|)aru. 

Ils pescherent environ cin([uantes enguilles qu'ilz mirent dedans 
une centine, qui estoit estachée audit chalan, et icelle emmenèrent 
jusques aux faunes près de la porte de la foulerie dudit Bloys. 

1109. TiMCA^GE, fiinifex. 

Fùtei-, m. Fatiguer outre mesure: (Test de l'ouvrage qui 
vous fiUe. Il Flg. Importuner, excéder : On est fiité de l'entendre. 

Étym. Ane. franc, fuster, fustiger, accabler de coups, du lat. 
fus lis. bâton : 

Les Portiers le /listent et Ivent, 
Bâtent, tuent ou crucifient. 

Rose, V)X\n). 



•^^^-5^-?^%- 




Oalisiilloii, s/ji. Méchanio cahute : Il logeait dans un 
a"a bai lion. 
Étym. Péjor. de cabane avec transformation du c en {/. 

fiàc'lie, sf. Rame : Une gâche de hêtre. 

Jehan Grineaul, qui estoit à ini port de la rivière de Loire 

print un aviron, nommé gaie /le. 

1870. DucANGE, (jachum. 

Ktym. Ane. h'-all' W/iscimn. laver: proprement, instrument 
à remuer Teau. 

CiîU'Iier, m. Ramer, se servir de la « gâche ». 

<;à§-ei> rrt. Tremper dans leau. aiguayer: Gager du linge, 
le rincer dans une dernière eau quand il vient d'être lavé : Gager 
des « lians » pour les rendre plus souples. 

Étym. T'est l'ancien mot gaer. gaye)'. baigner, laver, ital. 

guazzat'C : 

Tantôt après on vint tirer 

De l'eaue pour gaiier les clievaulx. 

CoQun.L., Monol. du Pufjs, p. 1(31. 

avec la transformation locale du y en g. (Voyez Abage). 



>>• 



Ga^x'iaei* (gan-gne), va- \\ Luc. : Gagner plus au pied qu'a la 
toise, s'enfuir. 

Étym. Jeu de mot qui repose sur le double sens de pied : 
Gagner au pied signifie s'enfuir, et le 2^ied, mesure, est la 
sixième partie de la toise. 

CAailloclie, s/'. Caillou, ne s'emploie plus que dans les locu- 
tions : .leu de gaillorhe. jeu de bouchon où le bouchon est 
remplacé par un caillou : ^lenton de gailloche, menton saillant 
et d'un dessin quelque peu irrègulier. 

Menues rochettes plates et grosses e.ailloches parmy. 

P. DE Garcie, Le r/ranl Routtier, Godefroy. 

Étym. Autre forme de « caillote ». 

Gaîne, .s/. || Pierre poreuse, de mauvaise qualité, terme de 
carrier. 



GAL inr» 

Étym. (3rigiue inconnue'. 

fialoriKN sf. f/uiicstel roiiosl-nord-ouesl : J.e vent qui était 
haut tout à l'iioure, est tunilH' dans la .i^alcrne. Opposé à solaire, 
(tans les désignations de bornage: ("est toi ((ui me joins de 
galerne : 

Joini.'-nant d'autre boni vers ;/nl/(^rnn ;i l;i traicte par laquelle on va 
dud. lieu g:aniruer le ij:raM(i cheiuin de Ciiouzy. 

U'.Ol. Invent, de Heauno, p. m;. Ardi. L.-et-Cli. 
B. Haiil. de Blois. 

La liaute-galerne. le nord-ouest. 
La basse-galei'iie, le sud-ouest. 
Étym. Tell, (jtraiarn, vent d ouesl. 

CRailoi-iicHs sf, ]iourras((ue venaid de In galerno. 

(AiillV'i'le, sf. Vagabondag<' : Courir la galferte. être sans 
cesse par chemins, se dit surtout des gens (|ui n'oni pns de do- 
micile, des galfertiers, des « Irnîniers. » 

Ktym. Ail'* Trv^//r<r/. pèlerinage, dans le sens de vaga])ondage. 

Iialoiiée (à la), loc. ((dr. A la luUe : Ùuvrngf^ fait à la 
galojJée. 

Oalva;;-t', sm. Usité seulement dans la loc. : Etre en galvage, 
flâner, traîner çà et là pour tuer le temps. 

Étym. Le patois poitevin iWi galouaoc qui est évidemment le 
même mot: dun autre côté la vieille langue avait garouayc, 
qui signiliait exactement la môme chose : 

Canillac fut bon compagnon 

De suborner dame Prudence, 

Qui se targuoit de haut renom. 

Faisant la femme d'importance. 

Elle blàmoit fort le déduit, 

Le passe-temps, le badina a a a a a âge, 

Et cependant on la surprit 

En revenant de rjaroua a a a a a âge. 

T. DES Rkaux, t. Vin. p. 22.^ 

De sorte que galvage. par Tintermédiaire de galouage, se 
IroiiYe être le même mot que garoiuige, qui vient de garou, 
loup-garou (germ. f^/-, homme, et ^«//; loup). C'est probablement 
de galYage que vient galvauder : comp. pelage et pelauder^ 
battre (quelqu'un, lui) frotter la peau. 



166 GAL 

Galvéïiieis .s///. Celui qui, dans la moisson, est chargé de 
* broqueter « les gerbes. En Beauce on dit calvénicr. 

Etym. Orig. inconnue. On disait anciennement, et les Picards 
disent encore. (laveUc pour javelle, gerbe (Duc. gavella). Par 
transposition du /. accident assez fréquent, gavelle a pu devenir 
galrcUc. d'où (julvclicr et galreiiicr. 

Cisiiiihi, îe, (uJj. Qui a les jambes lortes: Jean le gambi. 
IvrvM. Ane. franc, (jambe, jambe. 

C-aiiilMlUs ée, adj. Quin'estpas droit, tors, déjeté: Un brin 
de bois tout gambillé. 
Étym. Ane. franc. gatnhUle, petite jambe. 

Gaiiiet, sm. Cépage de qualité inférieure mais abondant, 
très répandu dans le Blaisois. 

Étym. Mauvaise orthographe, pour Gamny. nom d'un village 
de Bourçrogne. 

II serait à désirer que l'on renouvelât l'ordonnance de Charles IX 
qui défendait de planter l'infâme gamay dans les vignes qui pro- 
duisent des vins fins. 

A. JuLLiEN, Topog. des Vign., p. 81, ap. Littré. 
La commune gouvernée par notre colonel, c'est une vigne de bon 
plant ; gouvernée par une autre, ce ne sera plus que du méchant 
gamet, et pour lors je ne donnerais pas cinq sous de la vendange. 

Ch. DE Bernard, Gentilh. camp., Ibid. 

Gaiiivelle, sf. « Douelle » de dimension inférieure qui n'a 
pas 0,10 cent, de largeur. Grande ganivelle, celle que sa hau- 
teur permet d'emplo3^er dans la confection des poinçons. Petite 
ganivelle, celle qui ne peut servir que pour les quarts. || Objet 
de peu de valeur, camelotte : Ils ne feront pas d'argent à cette 
vente-là, il n'}' a que de la ganivelle. 

î^TYM. Pour cnnivp.lle qui serait une sorte de féminin de 
caniveau, dirn. de canneau, petite canne, à cause du peu de 
largeur de ce merrain ? 

Cvapaille, sf. Gaspillage : Il ne faut pas mettre son argent à 
la gapâille. || Etat de ce qui est éparpillé, désordonné : Tout est 
en gapâille dans cette maison-là. 

Etym. « GapôAller ». Le beauceron dit gripôMle. 

Gaps'iillei', va. Gaspiller : Gapâiller son argent, (i Epar- 
piller sans soin, sans ordre : Gapâiller le foin en « fenant ». 



GAU 107 

Étym. C'est le même mot ({ue (jaspi/h'r. radical (jasp ou (ja/j 
et le suffixe fréquent, ot péj. nfUrr. 

Oai-I>ot, .s*?^^. Poisson du genre ablc ([uOn appelle ailleurs 
clievanne. fyi)rinus leuciscus. 
Étym. Orig. inconnue. 

(■ai-lKitiaii, s)ji. Petit garbot. garhot. 

Ils levèrent plusieurs nasses, où ilz ti'Oiivèrent Ijarbillons et 
f/arbouteaulr, qui po voient bien valoir six blans. 

1 K)*.). Duc ANGE, (jarljola. 

(«ai-iliahlî* sm. \\\\ tellement vert qu'il est à peine buvable : 
Mauvaise vendange, on ne \\\ faire que dn garil)nldi. 

On dit aussi souvent gallhardl, 

Étym. En 1S.')9, la vendange fut particulièrement mauvaise 
et nos pa3^sans, ne partageant i>as sans doute l'admiration de 
Victor Hugo pour le lieras des deux mondes, donnèrent au vin 
le nom de Garibaldi qui était alors à la mode. 

Gas (gâ), sm. Garçon : Un beau gas. 'J Célibataire : Un vieux 
gas. Il Fils : Mon gas tire au sort la semaine qui vient. [| Domes- 
tique mâle : Je te prêterai mon gas deux jours. || Homme, en 
général : Un bon gas. un bon enfant : un mauvais gas, un 
liomme de mauvaise réputation. 

PjTYM. Origine inconnue. Gars, germ. var, homme? 

Oa«c*oii9 sm. \\ Cépage qui donne un vin rouge de bonne 
qualité. 

Oateaii [dans la campagne gà-tio\ sm. \\ « Coclielin » : Si je 
vas à la noce ^ je crois bien, je porte un gâteau : oui. je porte le 
gâteau de la mariée (c'est-à-dire, c'est moi qui suis son parrain). 
Voyez CocHELix. 

Iteni donne a sa fdlole Jacquette, fdle de Jean Boesière, ime mine 
de ble pour le gasteau de ses nopces. 

21 août 157;]. Arch. nuin. Villebarou, vol. U)G4. 
Item donne à Marie Marion sa filleule pour son gasteau une fois 
payée la somme de trente sols, au cas qu'elle meure avant de la voir 
mariée. 

21fév. 1G18. Arch. L.-ei-Ch. Fabrique de St-Victor. G. liasse!. 

Oauclroii^ sm. Goudron. 



168 GAY 

Spalmatura, gaudron, godron 

OuDiN, Dictionn. 

Étym. Arabe hathràn^ même signification. 

Oayer (ghê-ié). va. Baigner, laver, tremper dans l'eau. Se 
dit spécialement du linge : Gayer des draps. C'est le langage de 
la ville : dans la campagne on dit <i gager ». 

Oaiyot, otte (ga-io). adj. Bigarré, tacheté ; on dit plus 
souvent gaiiotc. \\ Qui a les cheveux de plusieurs couleurs ; 
Gayot est un nom propre assez commun dans le Blaisois. 

Étym. Gai, parce que la réunion des couleurs est plaisante à 
voir. Lltalien dit de même gaietta pelle, peau mouchetée. Le 
berrichon a (^rt/^at^, même signif., qui pourrait venir du lat. 
varius, varié. 

Gayote, ée, adj. Bigarré, tacheté: Une vache gayotée. 
Étym. « Gayot ». 

Gég'iieux, sm. Petit pot à panse rebondie, dans lequel les 
pa^^sans font, ou plutôt faisaient tiédir leur boisson ; se dit aussi 
en Picardie. 

Étym. Orisrine inconnue. 

Oelaiidor, r. wip. Geler légèrement. 

Cioliqiie, spr. Angélique, nom de femme. 

Oeiietin, s/n. Cépage aujourd'hui disparu ou nommé autre- 
ment : 

Une pièce de vigne située aux Braères, par. de St-Claude-de Diray, 

chargée de la somme de cHx solz huict deniers tournois et deux 

moysines de raisins genetins bons et raisonnables qui auront trois 
pieds et demy de longueur et de grosseur convenable. 

1633. Arch. dép. L.-et-Ch. G. III. 

Étym. Genêt? à cause de la saveur du raisin. 
GeiKMiilliiM-e, .s/. Genou de porc cuit. || .lambonneau. 

GeiiH, .s?>i. ^/. Il Loc. : Etre ou n'être pas de gens, être ou 
n'être pas bien ensemble, être ou n'être pas amis : Il n'ira pas à 
sa noce, je crois qu'ils ne sont pas de gens. 

îItym. Le mot lat. yens, signifiant l'ensemble des personnes 



GiM \m 

sorlanl d'une mémo souche, a |ni passer iialurellement du sens 
de alliés à celui de cunis, 

Oooi*;;-ON (Maint)* I! I^rnr. \ la Saint-George (2^^ avrilj. 
lîoiilioninie sème ton orge : 
A la Sailli -Marc ("2') avril) 
Il est trop lard. 

A la Sainct George, laisse ton avoine, sème ton orge. 

Lii-:haut, Mais, rust., V, cliap. 18. 

iROi*iiiiii, lues rffl/'. fieriiiain. germai no : (V)usin gerinin. 
cousine gerniine. 

Etienne Fleunias, cousin i/rrinin des deux costéz Marie 

Robei't, sa cousine germine. 

25nov''" 10X1. Ai-cli. niuii. df \illebarou, vol. K'.T^. 

Oei'>'îi* C'**')f ^ ''• ^Se remuer, s'aider de ses membres : <« .Ise 
si las que je n'peux pus me gervir ». 

Ce verbe ne s'emploie guère qu'à rinlinilir. 

Étym. L'ancienne langue iixdi^d j()rvit\jitrvvi\juvi7\ suffire, 
qui est probablement le même mot avec une dérivation assez 
naturelle du sens. Il faut noter aussi qu'on ne rencontre ces 
formes anciennes qu'à l'inlinitif, comme noire .^^rrir. La forme 
juvir indique peut-être comme origine le Vài.juvarc, aider, 
servir. 

Geste, N. Esl resté féminin comme il Tétait dans l'ancienne 
langue: En racontant la « cliouse ». il faisait la geste. 

Il fist b.umble contenance de corps, mais sa geste et parolle estoit 
aspre. 

COM MINES, II, •"). 

Cievi-aî« (NsiiiiO* >^l>''- Saint-('ior\;iis. bourg voisin de 
Blois. 

C«ille (saint), sf. Pror. Il y ;i de tout comme â la Sainl- 
Gille: la Saint-(iille est le nom donné anciennement à la foire 
de Blois qui dure du 2.") août au septembre et même plus tard. 

Les vrais jouis de Foire soui h-.-^ 29, :}(), 31 août et premier 

septeml)ro (Saint-Gille). 

FoiJRRK, Coût, de Blois, p. '.lôO. 

C-iiiihei'tei», m. Sautiller, être en e-aîté: se dit surtout des 
animaux, des bestiaux. Ce mot est plutôt beauceron. 



170 GIR 

Étym. Pour (jûnbel ter ijanihctter), agiter les jambes, fréquent, 
du simple, fictif ou disparu, gimMr (qui a formé aussi regùnber), 
de jambe : '\\à\. (jaiiihetturc, sgamhettarc. même signification. 
Pour le changement de am en ira, comparez ramper et grim- 
per (qui ont une même origine : Brachet, Diction, étym.). 

fwii-oiiiiée e( CiÎNoiiiu'e, .9/". Le contenu du giron, ou 
mieux du tablier d'une femme : Une gironnée dherbe. 

Icellui Roussel qui avoit une gironnée de cailloux en suiant lé 

suppliant. 

1405. DucANGE, (jyro. 

Ciît, .s^//^. Jet. action de » gitter ». || Espace couvert par le 
semeur jetant la semence. « Ce gouliau est si étret qu'il n'a 
seulement pas le git ». 

Oitoii^s^n. Jeton. 

Deux bourses, une de cuir et l'autre d'escarlatte rouge auecq cent 
treize gittons estant dedans. 

lajo. Invent, de Passac, p. 11. Arch. L.-et-Ch. E. (560. 

Cwître, sm. Gîte. 

Ciiti*ei», m. Se Oiti-ei*, rr. Avoir son « gître ». en parlant 
d'un lièvre. 

Ciittei», va. Jeter : Gitter des pierres. 

Et cil asegia Andrenoble et i dreça trente perrières qui gitoient en 
la cité et as murs et as tors. 

ViLLEHARDOUiN, CLXIX. (Llttré, /e^er). 

Étym. Ital. gittarc, \2ii.jactare, même signif. 

Cilaiide, spr. Claude. || Saint-Glaude, Saint-Claude-de- 
Diray. Ijourg à 8 kilomètres de Blois. 

Le suppliant dist à icellui Glande 

1479. DucANGE, cinagiuni G. 

Gléiie, .9/". CHane : Une gléne de blé. Anciennement gJéne 
se disait plus que glane. 

Ruth retournant avec sa glaine à Xoëmi. 

La Saincte Bible, p. 236. Lyon. Thibaud Ancelin, lOOÔ. 

Etym. Ducange donne gelimi, glana et glena. 



GON 171 

Glc^iiei> va. et n. (Haiier : On ne doit pas gléner tant que 
les gerbes sont dans le champ. 

il ItM-a aussi mal ;/lcncr ceste année. 

UAi5., Il, V2. 
Ktym. ]'u[/i':. (iI.KNK. 

4;iôiioiix, <;ii'^iicMiMis .s///, cl /". C.lnnenr. glaneuse. 

(«lu, .S///. Bolle (le [)aille de seigle triée et peignée qui sert a 
faire des « lians » et à « accoler » les vignes: Samedi, la paille de 
seigle se vendait jusqu'à 15 sous le glu. 

Un cent de (j/us pour couvrir la loige en laquelle ovroient les 

maçons. 

['M). O"^ de Nevers. Bibl. com. Xevers, ap. Godefroy. 

Étym. Flamand (jluijc paille. (Littrê. glvi). 

Giia^^ .N///. Grand garçon qui a encore les manières et la 
simplicité desprit d'un petit enfant : Un grand gnas. 
Ktym. Xlais ? avec la prononciation locale. 

Go, sm. et f. Faire le ou la go, regarder de travers, prendre 
un air menaçant, en parlant d'un taureau ou d'une vache ; 
expression beauceronne. 

ÉTYM. Origine inconnue; comp. cependant Visago. 

CModelaii, srn. Scie à lame large et à une seule poignée ({ui 
sert à scier la pierre. ^ 

Étym. Origine inconnue. 

OfHlet, sm. Il Sorte de gamelle de bois munie latéralement 
d'un long manche percé dans sa longueur, ce qui fait une sorte 
d'énorme pipe en bois. En buvant, par l'extrémité du manche, 
l'eau fraîche contenue dans la gamelle, on se désaltère plus 
sûrement et avec moins de danger qu'en l)uvant à même. Cet 
ustensile devient de plus en plus rare. 

Chascun vouloit recueillir de ceste rosée, et en boyre à plein 

guodet. 

Rah., II, :{. 

Plus payé unze solz pour une seille et un godet à M"" le Vicaire. 
1672. Cp*« de la Marelle. Kgl. de la Chaussée-St-Victor. 

Ooiiile^ adj. des deitx genres. Gonflé, gonflée : Il a tant 
mangé qu'il en est tout gonfle. 



17-2 OOR 

Déjà sur le lîgiiier la ligue s'engrossit 
Pleine et gonfle de lait. 

Réiny Bfllf.au (Paris, 1578). 

Ménage tloniie (jon/tc et (jon/lé, 

Ooi-^-o-i'<Mij^-e, .s/. Rouge-gorge, oiseau, molaciila rubecula. 

(^n y voit aussi des linottes et des gorrjes-rouijes. 

M. COCCAIE, ]. XIV. 

(ioNMe, sf. Bélier, mouton, bn^bis ; ce mot ne s'emploie que 
dans la conversation badine. 
Étym. « Gosse r ». 

CioNJ!»ei», rti. et n. Cosser, frapper de la tète, en parlant des 
moutons. 

Goiiàliie, ée, adj. Qui a un pied ou les deux pieds mal 
tournés: Un chercheux de pain tout gouâbiè^. 

Étym. Xe serait-ce pas une forme altérée de gamUlIe? Voyez 
ce mot. 

CvCHiape^ sf. Vie de débauches, d'excès, de ri bote : Il n'aime 
que la gouape. i| Celui qui se livre habituellement à ces excès : 
Les gouapes ne sont pas rares dans les scieurs de long. 

Etym. Lat. vappa, vaurien. Cette étjmi. est peut-être un peu 
savante, et pourtant, si gouape était de la langue littéraire, il 
traduirait bien ce passage d'Horace : 

Non ego. avarum 
Quum veto te fieri, vappam jubeo aut nebulonem. 

HoRACF, Sat., I. 

C«oiia|iei> vn. Mener une vie de « gouape ». 

Cîoiia|ieiii> .S///. Celui qui mène une vie de débauches, de 
ri bote, de « gouape ». 

G4Mia^, sm. Sorte de raisin blanc à grosses grappes, qui 
donne du vin de qualité inférieure. 

Il ne doit mettre es lieux humides le complant qui a les grains 
tendres et gros comme sauoureux, gouest. 

LiÉBALT, Maison riisf.j VI, chap, 2. 

Ety'm. Origine inconnue. 



GOU 173 

<i«Miiii, sjn. Coureur de filles, (léhauché: se dit surtout d'un 
iiuiiime d'un certain âge : T^n vieux gouin. 
Étym. (iouinc. 

fioiiiiK^ s/". ]'111('. ft'uinie de nueurs dissolues. 
Étym. Celt. (joiilnn: \\\v^\î\\'!>quean, nièuu* signif. 

<>oiilniMl, iii-ilo, (idj. lîavard, à qui on ne peut rien confier : 
Non. je ne veux pas le h» dir(\ tu es tro[) goulard. 
IvrvM. « (roule >». 

(■«MilaiiMlcM'icN .s/". Bavardage, cuiiiniérage. 

Jacotiii PouJetz lei»i'iiità moquor et dire plusieurs fjoulard/ses 

auquel le suppliant dist que se il ne cessoit de ainsi bagouler que on 

lui respondroit autrement. 

1117. DucANGE, haqori. 
Etym. Goulard, ci -dessus. 

<i4Mil4s .s/". I)0U('1h^ : Une grand'goule. 

Voilà comment les belles paroles nous croissent en la goule. 

Moij. de parvenir, I, IKi. 

Il Figure, tète : Bien sûr, il va se faire casser la goule. || Ou- 
verture : Galette cuite à la goule du four, c'est-à-dire à l'ouver- 
ture du four pendant qu'on est en train de le chauffer : 

En da, vous avez mieux dit qu'un four, et vous n'avez pas la (joule 

si grande. 

Ihid., I, Tr.\. 

Il Bavardage : 11 vous " abage » avec sa goule. || Gourman- 
dise : Pour la goule, il se ferait pendre. 
Étym. Vieux mot français, du lat. gula^ bouche, gueule. 

Cioiilei*, /•//. Parler, bavarder: 11 n'avance point à ouvrage, 
il ne fait que gouler. 
Étym. « (rovle ». 

Cioiilet, srn. Petite rigole. 

Les eaux entroient par certains gouleta ({\x\ estoient sous le 

Chapitre et le Trésor de Saint Jacques. 

1517. Bermer, p. IG. 

Une maison assise en ceste ville de Blois près les Trois Goulets. 

1G21. Arch. L.-et-Ch. G. St-Laumer. Coulanges. 

Étym. Dim. de « Goule -», ou peut-être mieux couler. 



174 GOU 

Ooiiliaii,.s/>^ Morceau de terre de peu d'étendue: Il n'y a 
qu'un quart de boisselée, ce n'est qu'un gouliau. 
Étym. Pour « Couliau ». 

Goiiiiia^i, sm. Sorte de table sur laquelle on manipulait la 
p<Ue. Mot disparu. 

Deux Qoumas, autrement des tables servant à tourner la paste. 
11) janvier ITGd. Vente, f«^ 38, verso. Arch. H. Johannet. 

27*> Une mauvaise met à paitrire pain, un goumas de bois, ses 
tréteaux. 



Etym. Oris'ine inconnue. 



30 nov. 1782. Règlement. Ibid. 



Goiii-JK'aïKl, sm. Celui qui s'einpiffre de nourriture, goulu, 
goinfre. 

Étym. Gonrge pour gor(je? L'ancienne langue avait gourgon- 
ceau qui semble être un augm. de goiwgaud : 

Lequel tenoit grand rigueur aux gens d'église, les appelant 

grimauds gourgonceaux. 

J. Vaultier, ap. Godefroy. 

Ci<»iii*^<>ii«^ei> vn. Se dit de l'effet produit par Fintroduction 
violente de Tair dans un liquide ou par son refoulement. Une 
bouteille gourgousse quand, étant vide, on la plonge dans un 
vase plein d'eau, ou quand, étant pleine, on la vide en la ren- 
versant brusquement. Un liquide épais qui bout sur le feu 
gourgousse quand à sa surface se forment des bulles qui écla- 
tent ; se dit aussi en Picardie. 

Étym. Probablement, comme glouglou, onomatopée tirée du 
bruit que produit l'air dans ces conditions. 

Ooui-iiie^ sf. Boursouflure sur un tronc ou une brandie 
d'arbre, occasionnée soit par un nœud, soit par une galle. 

Étym. Radical inconnu, le même que celui de grume, 
écorce. 

<ion«îei> .s»?. Gosier: f^ranrlrjousie?^ le père de Gargantua, 
dans Rabelais. 
Étym. Origine inconnue. 

GoÙN^ier^ sm. Petite botte faite par le a batteux » des 
débris de la paille et des épis quand il relève son « aisée », et 
qu'on donne aux bestiaux comme fourrage. 

Étym. Origine inconnue. Est-ce un dérivé de gousse qui 



GRA 175 

aurait été employé pour l)alle, débris des grains, résidus produits 
parle battage que roii onfonne dans le oovssicr? Il y a bien 
Tancien verbe f/OKSscr: 

Ciousser, c'est uiangor. 

(1. nouciiET, Sereesy 111, i:{0 (Roybel). 

mais alors le mot dérivé serait (joussaiUe et non fjoùssier. 

Cioy (goue). .s///. Forle serpe sans «< massoiinier ». 

J'oinpoiirnay d'allégresse un 707 dedans la main. 

IIONS., Eclofj., I. 
Tranche, pelle de Ijois et tjoucs [)uur arracher et couper des 
arbustes dans le parc de Menars. 

27 pluv., an III. Reg. des délib, de la niun. de Villebaruu. 

Etym. Celt. {/()!/, recourbé. 

Ciraeew, s/', pi. Noël qui se clianto aux mariages, au moment 
où les invités vont prendre congé après deux ou trois jours de 
noce : A mon banquet c'est Jean-Pierre qui a entonné les 
grâces. 

Étym. Gi'dces est le premier mot de ce noël dont voici le 
premier couplet : 

Grâces soient rendues 
Au Dieu de lassus 
De la bienvenue 
De son fils Jésus, 
Qui naquit de Vierge 
Sans corruption ; 
Pour notre décharge 
Souffrit Passion 
Alléluia. 
Kyrie, Christe, Kyrie eleison. 

Le violon accompagne les chanteurs, tout le monde est 
debout et les hommes sont découverts. Cette coutume se perd : 
mais, il n'y a pas longtemps encore, les grâces étaient le Te 
Deum obligé de tous les mariages de nos campagnes. 

Orai^^a^-e^ sm. Ce qui rend un mets gras, graisse ou 
beurre : Avec du graissage, ce n'est pas malin de faire du bon 
fricot. 

Orai^^eiix:^ i*nse, s/n. et f. || Fig. Patelin, qui, par de belles 
paroles et des flatteries, cherche à capter la confiance ; Elle me 



176 GRA 

disait comme ça: Je n'en vois point qui ait une aussi l)elle 
maison que vous. Ah ! la vieille graisseuse ! 

Étym. Graisse, par anal, avec un outil bien graissé qui pé- 
nètre mieux dans le bois. 

<Ri'2ilei> r((. Rôtir, Wùro passer par la flaïuuie on par le feu : 
Gràler des marrons. 

Graisler les châtaignes. 

Rab., I, 28. 

On dit aussi Faire gràler. || 1';^ Recevoir la chaleur d'un foyer, 
des ra vous du soleil, se hàler. se dessécher : Je viens de faire 
. un bon guéret. à présent ça va gràler. 

Étym. Ane. franc, graille, gril. C"est une autre forme de 
griller. 

<Ri*aii^-etiaii9 sm. Oi-aii^-etelle^ sf. Habitant des Granges, 
faubourg de Blois. 

I. Cii-appe^ .^7". ( )util de tonnelier, sorte de crampon qui sert 
â maintenir le dernier cercle d'une futaille, pendant qu'on le 
met en place. 

Ung asse, deux meschantes dolloueres, ung paltraict, une grappe. 
1017. Invent. Rahart, p. 11. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Étym. Ane. h'-alld'' chrapfo, ail*' moderne hraiipen, crochet. 

II. Grappe^ sf. Petit raisin. I| Au 1)1. se dit absolument et 
spécialement des raisins, gros ou petits, laissés par les vendan- 
geurs et récoltés j.ar les grappeurs : Une bottée de grappes. 
Une grappe de raisin, comme l'entend l'Académie, se dit : un 
raisin. 

fii-apper^ m. Cueillir dans les vignes les raisins laissés par 
les vendangeurs. 

Ces panures ignnrans icy qui (j nappent et vendangent les clos. 

Rar., V, 18. 
Parce que plusieurs particuliers soit de la ville ou ailleurs ne 
cherchent que le moment de çjraper et d'aller dans les vignes 
d'autruy pour y prendre le raisin. 

22 sept. 17îi;i. Reg. des délib. mun. de Villebarou. 

Il Fig. Faire de petits gains : Un petit épicier qui grappe par- 
ci, par-là. L'Académie dit grapiller. 



TtRE 177 

c;i*appoi*i4s sf. Action de « grapper « : Lu grapperie sera 
bien diflicilo cette année. || Temps permis pour grapper : l.a 
grapperie n'est pas encore donnée, c'est-à-dire le maire n'a pas 
encore fait piil)lier l'autorisation de grapper. 

Et quand à la r/rapcrie, il est defïenclu à tous citoyens quelconques 
de se transporter dans les vIlthos que trois jours après la fin do la 
vendange. 

22 sept. 17'.).}. Reg. des dèlib. de la niun. de Villebarou. 

Oi*ii|»p€^iii% oMso, S/)}, et/'. Celui, celle qui « grnppe ». 

Cii«avottei> vn. Se remuer : « Sitoùt qu'ses gàs pouvent 
gravotter. i 3'eux meteune marr(* enter les mains », c'est-à-diiv 
sitôt que ses enfants sont un peu forts. 

Monsieur l'Curé, cirez vos bottes, 
Si vous voulez vous marier, 
Car dans mon cœur (;a me grocotte 
Comme des rats dans n'un guernier. 

Refrain populaire. 

Étym. Autre forme de « gravouiller » . 

Gravoiiîller, m. Remuer confusément, grouiller : Les 
vers qui gravouillent dans le fromage. || Vr. Se gravouiller, 
se remuer difficilement : Il est si ancien, si usé, qu'il ne peut 
quasiment plus se gravouiller. 

Ét\m. IP-all'* n-ewelôn, grouiller. 

Grec, cMfiie, adj. Qui a l'air rébarbatif, revêche, rude. 

Oi'é^-acleH, sf. pi. Manières prétentieuses, affectées, soit 
dans la parole, soit dans le geste : C'est Frédéric qui fait ses 
grégades, il me scie le « dous ». 

Ce mot est usité surtout â Saint-Denis et à la Chaus.sée-Sainl- 
Yictor. 

Étym. Orig. inconnue. Peut-être grègite, culotte, haut-de- 
chausse ; on aurait dit faire des grégades comme on dit encore 
faire la belle jarahe ?* 

Oréle, sf. Instrument de « nettisage )> qui consistait en une 
grille de fer inclinée sur laquelle on faisait couler lentement 
les grains et graines. Il a été remplacé partout par le « tarât ». 

Plus deux minots, une grelle, une autre grelle en forme de moulin. 

23 déc. 1788. Invent., p. 14. Arch. H. Johannet. 

12 



178 GRE 

U Grille en fer qui sert à nettoyer le caillou cassé, à séparer 
le sable du jard. etc. 
Étym. Ane. français, r/yy///. (ircll, grille. 

Oi-eiiiii' {o\\ prononce souvent guer-mi). va. Réduire en 
morceaux très menus, pulvériser : (Tremir du pain pour faire 
un « miot >>. 

Étym. Probablemeni dérivé irrégulier de orain : réduire en 
morceaux gros comme des graines. 

Gi-eiia£;-cN 6//^ ]\lau valses graines, ou graines étrangères 
qui se trouvent mêlées aux grains des céréales. 

l'n autre septier de bled niesteil noir et plain de grenage. 

10 nov. 1G08. In vent. Seigneuret, p. 50. Arrli. L.-et-Ch. 
B. Bail!, de Blois. 

Cireiiette, sf. Voyez Guekxette. 

1. Cii-ève, .s/". Banc de sable dans le lit de la Loire : L'eau 
baisse, on commence à apercevoir les grèves. || Terrain 
« cailloteux » : La vigne se plaît ici. ce n'est qu'une grève. 

Le meilleur climat à vignes de la Cbaussée-Saint-Victor 
s'ai)pelle les Grèves. 

Étym. D"u]1 rad. celt. grav qui a formé aussi les mot gravier, 
g /'a V elle, g /'a vois. 

IL Grève, sf. Raie qui partage les cbeveux sur le sommet 
de la tête. 

La grève de moun clieeC, 
Fêtes la grève au lever, 
xiv*^ s. Gauter de BiBLESAvoRTii, Le Treytiè, etc. 

Etym. Orig. incon. Le vieil italien avait grava, creux, fossé. 

fii-ilMMisi, sni. Eurnolpe. insecte (\w\ découpe les feuilles de 
la vigne et répiderme des grains du raisin'. Le français dit 
grihouri. 

Étym. Orig. inconnue. 

Grîcliei», vn. Grincer : Gricber des dents. 

Gi'ifroii, sra. Crochet de fer fait en forme de solide hameçon 
à deux, trois ou quatre pointes, grapin. 

Une tranche, deux griffons de fer, ung marteau. 

1610. Invent. Prieur, p. 12. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 



GRO 179 

îItym. Augiii. de oriffe. 

<;i*i^-iie iLe i)aysaii prononce encore L»reigne , .s/". M(jrceau 
de pain bénit, taillé dans la bordure : I.a grigne des enlanls de 
cbœur est moins grosse que celle des chantres. 

Étym. Orig. inconnue. 

lii*ill<N sf. Gril : Fair(^ cuire une andouille sur la grille : 

Comme un cheval se [tolit à l'estrille. 

Et comme on voit un harang ï^ur la jrille. 

S* Gelais, ap. Godefroy. 
1*1 11!^ une mauvaise (jrille de fer, une lanterne de fer Ijlancq. 

7 déc. 17(35. Invent., p. 10. Arch. II. .loliannet. 

Étym. Anciennement g rail, (jtut.illc, bas-lal. r/i-aUcula pour 
craticuLa, même signif. 

Cii-l|»pe-Jë^»ii«, sm. Nom plaisant qu'on donne, un peu par 
dénigrement, au gendarme, par allusion aux soldats de Caïphe 
qui se saisirent de J.-C. 

GriN^aiid, de, (ulj. Qui « grisse », en parlant d'un enfant. 
Il Hargneux, revêcbe, en parlant d'une grande i)ersonne : On 
ne peut rien lui dire, elle est si grissaude. 

Oi'i^^se, sf. Pleurnicherie : Vas-tu finir ta grisse, à la fin ! 
Étym. « Grisser ». 

Gi*ifs^sei> vn. Pleurnicher, en s'efforçant de pleurer pour de 
l)on. se dit d'un enfant : Il ne fait que grisser du matin au soir. 

Étym. Fréquent, irrégulier de crier. En ital. gridio et g rida - 
tore, gridatrice, qui viennent de gridare, crier, ont exactement 
le sens de grisse et de grissaicd, aude. 

GroN-iioii*, srn. Variété de raisin qui donne un vin teintu- 
rier, cépage cultivé surtout à Saint-Lubin. MaroUes et Villeba- 
rou. 

Le 2U (Janvier 1G'J7) envoie par Denis le loup six: poinçons un 
quart de gros noir chez M. le Comte Curé de Fossé, qui nous a 
promis de les vendre comme du vin du païs. 

Joiirn. des Ch. remarq., St-Laumer, f" \. 

Grouiller^ va. et n. Ramasser le bois mort dans les forets, 
« brouilleter ». 



180 CtRO 

Étym. Peut-être le même que brouiller, hrouilleter. [Voyez 
ce mot). 

Gi-cHiilleux:, iminc, srn. et /". Celui, celle qui va « grouil- 
ler » dans les bois. 

<ironlei> va. Remuer : Groùler une grosse pierre. || Se 
groùler. vr. Se remuer : Je suis si las que je ne peux plus me 
groùler. 

Ktym. Pour crouler. 

Comment sa leste ^'est crouslce et esbranlée. 

Rab.. III. 1"». 

C*i'oii>*»9 (Hi-oiif^i!»e9 adj. Gros, grosse : Un grous homme, 
une û*rousse femme. 

C;i-oii!!«elle9 -n/". Groseille : Des grouselles rouges. 

Leur présentant prunes vertes et (jrozelles. 

Crétin, Dèb. de deux dames, p. 89. 
Un petit pot de verre dans lequel y a des grosellesvouges confittes. 
1H17. Invent. Présid. de Metz, p. 77. .\rcli. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 



(■l'oiiKollieis .sm. Groseillier. 

RAPIXUS. Gallice Grouselier 



DUCANGE 



Gi-4MiNillei> vn. Grouiller : Des « queues-de-poêle » qui 
crrousillent dans la « mase ». 
Étym. Fréquent, de grouiller. 

<*roiiN-iioii*9 srn. Le même que GR(Js-Xoir. 

Cii*iMiNNiei> loro, adj. (Trossier, grossière. 

Cii'iieliei> vn. Grinip<'r : In drôle qui est tout le temps 
à grucher sur le ^ javellier ». 
Étym. Origine inconnue. 

Ciriielienx, eii^e, sra. et /'. Enfant qui aime à « grucher ». 

Oiiclie, HYû. .luchoir : Vn petit guche au-dessus du « tet ». 
Étym. ^'oyez .Teu. 

Ouelier, vn., ou Se Oiielier, rr. 'Jucher, percher: C'est 
là que les poules guchent. ou se guchent. 



GUE 181 

Étym. <t Guche ». 
4;iièliis xf. llirl)l<*. 

<;iioii4% «V, ndj. (^ui a ses véteiiieiits mouillés. IVipés : Il 

esl entré tout ^iumic 

Ktym. Te mot. doiil Inri.uine est inconnue, est peut-élrc !<• 
radical de nHcnillc. D'anircs disent f/nedr. qui vienl. lui, du 
verbe yyeder, rassasier, soûler, et signifie alors, saturé d'eau. 

Ciik'micmiv, €Mi«e, adj. Comme TirExi':. 

Giieiiiaii* sm. Gosier : Il a reçu un c()upsur le gueniau : ne 
se dit que par [jlaisanterie. 
Ktym. Origine inconnue. 

Oiieiiilloii, .<?///. riiiffon. || Marchand de chiftbns cl de 
peaux de lapins. || Homme donl les vêtements sont en loques, 
en guenilles. 

Oii<M-(1i11ei% r7i. Frétiller. || Grelotter de froid. 

Ktym. Origine inconnue. On pourrait rapprocher r/i(é?/Y////c'/* 
de « ferfille/' » (frétiller), comme « (juernouiller » de « /er- 
nouUler ». 

Giiei-iliii, SHK II Morceau de viande, volaille, etc.. pendus 
par une ficelle devant le feu pour rôtir. || Tourne-hroche, 
rôtissoire mue par un appareil mécanique. 

Étym. Si la filiation des sens est telle, guerdin a été dit ainsi 
par analogie avec un gredln, gibier de potence. Si, au contraire, 
c'est le sens de rôtissoire qui doit précéder, il s'agirait alors du 
petit chien qu'on appelait autrefois grcdin : 

Le grand et le petit épagneul... sont devenus... grand et petit .^rerfms. 

BuFFON, Quadrup. Le chien. 

Le chien aurait encore donné son nom à cet ustensile comme 
au chenet et au « cagnard », deux autres accessoires du foyer. 

Oiiet'laiicl, aiMie (gher-lan). adJ. Meuble, friable : Une 



terre ffuerlande 



Étym. Guérie, forme locale de grêle, lat. gracilis? 



Guei-laticl, aiide (gher-lô), adJ. Menu, chétif : Un raisin 
guerlaud. || Sm. Guerlaud de Saint-Marc, sorte de cépage qui 
donne un vin rouge de qualité supérieure. 



182 GUE 

Étym. Dim. de grêle, lat. gracills. 

Giierle (glier-r), sf. Grille qui sert au netto^'age de diffé- 
rentes matières, * grêle ». Voyez ce mot. 

Oiiei-liiieei* (gher-lin). vn. Produire un bruit aigre comme 
une porte ou une roue mal graissée en tournant. 
Étym. Probablement forme locale de grincer. 

Ciiiei'lotei* (gher-lo). va. Secouer, agiter (un objet qui 
produit du bruit) : Guerloter une porte. || Va. Produire un 
bruit analogue à celui d'un grelot : Je ne sais pas ce qui 
guerlotte dans c'te boîte-là : la porte guerlotte. 

Ciriiei'iisizelle (gber-nâ), sf. Rainette, sorte de petite gre- 
nouille, dite aussi grenouille de Saint-Martin. 

Étym. Dim. local de « guernouille y>, sous l'influence du radical 
lat. rana, grenouille. L'ancienne langue avait renelsselle : 

Quant leisardes et reneiselles 
Et sorz lor pendent ans mamelles, 
Ne sunt pas illors demeiselles, 
Ainzse claiment sovent misselles. 

Est. DE FouGiÈRES, ap. Godefroy. 

Giiei-iiètiei- (gber-né), srn. Grainetier, marchand de grains 
et de graines. 

Guernetier sur tous approuvé 

Du sel. 

CoQuiLLART, Enqueste, p. 101. 

Giiei-iiette (gher-netj, sf. Feuille de sapin desséchée; mot 
venu de Sologne. 

Étym. Probablement dim. de graine, quoiqu'il soit difficile 
de saisir un rapport entre ces longues aiguilles et une graine 
([uelconque. Ducange donne, comme mot auvergnat, Garna, 
rami pinorurn, quibus furni cale/îunt: c'est bien la même 
chose. Co/j(p. GuERXiPi. 

Cffiiei'iiettei* (gher-nét-te). en. Semer dans le sillon, devant 
le laboureur : On guernette dans les blés en planche ; dans les 
blés à plat on sème à la volée. 

Étym. Pour greneler, gralneter, de grain, graine. 

Guei-iiipi (gher-ni). sm. Comme GrERNKni-: : Brûler des 
guernipis. 



GUI 18:5 

Ktym. Graine ai pi, ([ui virnl [)Oul-èlre {\{}, pians, pin. sapin ? 

Oiioi'ii4Miill4'i' (Lilirr-noii). va. Rciiiikm'. agiter un liquide 

Il Vil. Ktiv HMiiué. agité, en parlanl (riin liiiuide : « Y a encore 

((ueuque cliousc dans ce poineon-lâ: je sens l)eiii (jue ea guer- 

nouille ». || Se remuer, s'agiter dans leau : Quand je me baigne, 

je ne nage pas. je ne fais que guernouilhu-. Camp- Ffrxot'hj.F-î^ 

Étym. GucryiouHle, grenouille. 

Ciiioi'oiicHS sf. Famille nonihreuscdc pcdils animaux : Une 
guerouée de petits canets. on dit même, i)ar plaisanterie, une 
guerouée d'enfants. 

Oncques ou ne vit /// o/z^^t' d'oisilions eux panniei* sur un buisson. 

Docuni. (le l VZ\), ap. Wallon. J. d'Arc, p. X7. 

Éty>[. Pour (jrouée, (irouillée. qui grouille, (pii rcuiiue. 

Ciiie«etei% r((, et n. ^^ettre en guérel : duêseter un champ: 
il est trop tard pour guèseter. 
Étym. Guéscl. anc. prononciation de guéret. 

OiieNite, OiieNitoii, Hpr. ^farguerite. Les paysans des 
villages voisins de Francillon appellent, par jdaisanterie. les 
femmes de cet endroit des gucsites, parce que. à Francillon. 
l'usage de transformer le r en s s'est conservé plus vivant que 
partout ailleurs. Voyez cliap. prélim. | PRONOXCIATIOX : R. 

OiiètiMHi, sm. I^>as dont le pied est enlevé et remplacé par 
un sous-pied que mettent les femmes de la. campagne pendant 
l'été. 

ÉTY^r. Guêtre. 

Oiieiile-liëe^ sf. Fût défoncé par un bout. 
Étym. Gueule, ouverture, bée, béante. 

Panurge ayant la gueulle (bouche) bée. 

Rab., V, 1."). 

Giiîelie, 67'. Bâtonnet, petit morceau de bois appointi par les 
deux bouts qui sert à un jeu d'enfants. Ce jeu lui-même. On 
frappe avec un petit bâton, ou une palette en bois, la guîcbe à 
terre pour la faire sauter en l'air; puis on l'attrape à la volée, 
en criant : Guîcbe — droite — à l'alouette ! Pour gagner, l'ad- 
versaire doit, ou r « arrigoter ». ou la lancer dans un cercle 
étroit tracé par terre d'où l'autre joueur s'efforce de la repousser 
à l'aide de son bâton, avant qu'elle n'ait toucbé terre. 



184 GUI 

Étym. Eu Berry, un guichet c'est un verrou: la guîche en 
a^'ant à peu près la figure, ces deux mots ont évidemment la 
même origine qui est inconnue. Il est à remarquer que le même 
mot sert à désigner le même jeu dans les Vosges (Ha i liant. 
Patois Vosgicn). En Beauce, guînet, en Picardie, guise. 

Oiii^'iiaiileii, sf. Voyez Guilanxeuf. 

Giiiii'iie* sf. Il Pvov. Pa3'er des guignes à la Foire, se dit 
ironiquement pour promettre une récompense extraordinaire, 
une récompense comme on n'en voit pas : Si tu peux me prouver 
ça. je te paierai des guignes à la Foire. 

Étym. C'est de la grande foire de Blois qu'il est ici question: 
comme elle tombe le 25 août, il est bien impossible d'3^ trouver 
des guignes. 

Giiig'iiolet^ S7n. Voyez Lignolet. 

Oiiils^iiiieuf (gui-lan-neu), sf. Aumône, ou plutôt petit ca- 
deau qu'on fait aux enfants le 31 décembre, comme on leur 
donne, le lendemain, la bonne année, et, le Lundi de Pâques, 
les œufs de Pâques : Si vous plaît, ma guilanneuf ! 

Pour aller à Vaguillanneuf. 

Rab., II, 4. 

Souvent, dans la prononciation, on fait permuter le / avec un 
n et l'on dit guinanleu, et même guignanleu. 

Etym. Au gui l'an neuf! La tradition prétend que, la veille 
de Tannée nouvelle, les druidesses poussaient ce cri en coupant 
le gui des chênes avec une faucille d'or. 

(i>Tîes, .s/", i?;. Plaintes, lamentations exagérées, ridicules : 
Malgré toutes ses gjTies, je ne la plains point. 
Étym. Lat. gyrus, tour et détour? 



^'^^^^^^T' 




Ilal»ili4'i% lY/. Il IIabil1<MMo «"liniivro. lepeign<M\ le préparer 
pour en faire de la tilasse. 
Soixante livres de ciianvro non //rt6///e e.stinié à raison de sept sois 

la livre. 

23 déc. 1788. In vent. Arcli. H. Joliannet. 

* llaeliet, sm. Ridelle de charrette. 

Une autre cliarette tle roulage, deux luicliets et uno mauvaise 

roue. 

7 déc. 1700. in vent., p. 2î). Arcli. H. Joliannet. 

Étym. Origine inconnue. 

* llacliottei'9 va. Hacher menu, cou[)asser : 11 ne sait pas 
faire le « charnier ». il ne fait que lehachotter. 

* llaï^^oii, sm. Enfant quun déteste: enfant moins aimé 
que ses frères et sœurs : Elle aime bien ses enfants, mais celui- 
là, c'est son haïsson. 

Étym. H air. 

1la1cM|iiiiieis m. Haleter, être à bout de souffle : .le lenten- 
dais qui halequinait dans la montée. 
Étym. Pour haletiner. fréq. de haleter. 

' llaler, va. Hisser, élever, enlever avec peine, avec elTort : 
« H'té si tellement soûl ([ue j'avons été obligés de le hâler dans 
sa charrette ». 

' llaleiix:, eiiH^^adJ. De haie, sec : Temps hàleux, matinée 
hàleuse. 

Ilallefessîei*, 5?/i. Gueux, vagabond eftlanqué et de haute 
taille. 

Étym. Origine inconnue. Qu'est-ce q\\Q ne halle, qui se trouve 
aussi dans les vieux mots hallepiguaille. voleur, pillard, et 
halefertier, galefretier ? Le sens de ces trois mots offre une 
grande analogie. T'^o?/^ j Galferte. 

* Hana^ sm. Tout vaisseau destiné à contenir des liquides : 



186 II AN 

En mettant tous les lianas à 1" (^ agoiit », casera autant de tiré 
pour la « buée » . 

Quiconques veut estre escueliers à Paris, c'est a savoir venderes 
d'escueles, de hanas de fust et de madré. . . 

xiii^ s. Lir. des mestiers,eip. Littré, Jianap. 

Étym. Ane. li'-all' hnapf. vase. 

' llaiioii«6^//^. Au S.-O. de Blois, la jacée. centaurea jacea. 
Étym. Origine inconnue. 

Ilai-et, sm. Instrument de cuisine, sorle de grande fourchette 
de fer. Mot disparu. 

Deux chodrons. deux poeslons d'arain. une ecumoire, deux cuillers 
de cuivre jaune estimé avec un haret ou grande fourchette de fer sept 
livres. 

:iO nov. 17.^2. Règlement, p. 2. Arcli. Hip. .Johannet. 

Etym. Orig. inconnue. Peut-être pour havet. 

Havet, croc, crochet, fuscina. 

DucANGE, Havetus. 

' Ilai-^-iie, sf. Averse passagère avec vent et grésil. 
Étym. Origine inconnue. 

* Hai-^'iiei> vn. Être hargneux, grincheux, quinteux : On 
ne sait par quel bout le prendre, il ne fait que hargner. 

Ung enfant aagiéde deux ans ou environ, qui plouroit et hergnoit 

par force de maladie. 

142G. DucANGE, /tarnascha. 

Il Hennir, en parlant d'un cheval. C'est dans ce sens qu'il est 
le plus emplo3"é. 
Etym. Ancien français /^«/^^m'. mauvaise humeur. 

lias (hâ), sf. Haie : Une lias d' « aucpin ». 
Étym. Ane. W-rU'^ haga, même signif. 

Ilaiilier^-eoii, .s///. Pièce de l'habillement de dessous des 
femmes de la campagne, consistant en un bourrelet qui sert à 
soutenir les jupons à la taille. 

Étym. Dim. de haubert, chemisette de mailles très-fines des- 
cendant jusqu'à mi-cuisse (Demay. Le cosi. d'après les sceaux. 
p. 119). Les femmes auront probablement fait usage d'une sorte 
de tournure qu'elles auront nommée fiaubergeon par anal, de 
forme avec cette chemise de mailles, laquelle tournure s'est 



HON 187 

trouvée réduite, de par le caprice de la mode, au simple bour- 
relet d'aujourd'hui. 

' liant, (kJJ. m. Il Du Nord, en parlant du vent : Le vent est 
haut. 

* llaiito-,u-aloi-iiiN .s/. Le Nord-Ouest : Le vent est dans la 
haute-ffalerne. 



O' 



* llaiite-Nolaii-e, .s/'. Le Nord-Est : Le vent ne lient i)as 
quand il est dans la solaire ou la haute-solaire. 

* Holà, interj. Ilélas : Hélà non ! Ilelà oui ! 

Eh! dit-elle, là, là. — Mais, comment ! es-tu fâchée d'èire mariée':* 

T. DF.S RiiAUX, t. IX, p. 12. 

HeHiei*, f^i.Sedit de la façon dont une faux coupe riierbe. 
Elle herhe trop ou pas assez selon que. par suite d'un vice de 
monture, sa pointe est trop ou pas assez relevée. On dit aussi, 
par analogie, d'un soc qu'il herljc trop ou pas assez selon que, 
par suite d'un vice de monture ou de forge, sa pointe s'écarte, 
soit en dehors, soit en dedans, de la ligne droite indiquée par le 
« fraj^on ». 

Iliroiidelle^ .s/". [| Rondelle : Un essieu avec son hirondelle 
et son esse. 

Deux lances à poulces pareilles, ferrées et armées chascune de son 
arondelle \)0\iv couvrir la main devant. 

Jehan de Saintré, ap. Ducange, hirundo. 

' ll<»^-iia»^Nei-9 TH. « Ilogner » fréquemment: A la façon dont 
Ion enfant hos-nasse. c'est les dents. 

* Ho^*iiei> vu. Oronder. murmurer. 

Honrjne qui vourra 1 

Devise de la maison de Mailli/. 

Il Faire entendre, par intermittence, de petits cris plaintifs, 
en parlant d'un enfant au berceau. 
Étym. Peut-être onomatopée :' 

Hoiiiieui'9 s. Est féminin : C'est une grande honneur que 
vous me faites. 



188 HOR 

L'honneur fut si profonde. 
Et de si haultain faict, 
Que jusqu'au bout du monde 
La mémoire s'en lait. 
G. Chastellain, dans Bourdigné, Faifeu, p. 157. 

* lloi-Mohi, sni. et f. Personne étrangère au pays, au village : 
C'est un horsein, il ne trouvera pas de danseuse: se dit de même 
en Picardie. On dit aussi Forsein. 

Celui qui jugera les horsains et les estrangers. 

La Bodkrif, Harm. ap. Godefroy. 
ÉTYM. Qui est de hors le sein du pa3^s. 

* lloi*N-riHHiiiiie, loc. adv. Le côté opposé à celui où se 
place l'homme pour conduire un cheval ou une voiture, c'est-à- 
dire le coté droit : Il ne faut jamais se placer hors-l'homme, 
crainte des accidents. 

Hôtel de Saiiit-Fi^aiiçoi^, 2^^^ov. A Blois, avant la Révo- 
lution, le couvent des Cordeliers. dont le patron est saint 
François d'Assise, était contigu à la prison et les portes de ces 
deux maisons se trouvaient sur le même plan, celle-ci à gauche, 
celle-là à droite. Dans les disputes et les querelles on entendait 
souvent l'un des adversaires envoyer l'autre à l'hôtel de Saint- 
François, la porte à gauche. Ce dicton. toml)é en désuétude, 
n'aurait plus de sens aujourd'hui que le couvent a disparu et 
que la prison occupe ses hâtiments. 

Iloiiis (ouî). sf. Houis de cave, ou simplement Houis. ouver- 
ture qui sert à aérer une cave. Voyez Ouïs. 
Etym. Ital. uscia. lat. ostiimi. porte. 

* Houle, sf. Grande crevasse remplie de terre mêlée de pierres 
roulantes qu'on rencontre dans les hancs de pierre, large faille ; 
terme de carrier. 

Etym. Hollandais holl. danois html, creux. 

* lloiipaiiue, .s/. Vêtement grossier: Vêtu d'une méchante 
houpanne. I| Au pi. Ilardes aux trois quarts usées : Débar- 
rassez-moi donc de toutes ces houpannes. 

Étym. Orig. inconnue. Le mot lat. pannas, drap et chiffon, 
semble n'y être pas étranger. 

* Hourder, va. Se dit de la boue, de la terre détrempée qui 



HUS 181) 

s'attache aux roues des voitures : Ça hourde « en decoiitre » des 
roues. 

Par la inorhiou, dit il, j'en suis si hourdè (bourré) que plus n'en 

puis. 

Louis XI, Noue, X. 

Étym. ll'-nll' lin, 'dru, eiilasscr. îicrumuhM'. iKtrl. amas, pro- 
vision. 

lloiiNNCM% rti. Chasser, « courser *> en malmenant quelque 
peu, houspiller. || Exciter, pousser à faire quelque action. 

KTY^r. Houx, frapper avec une hrnnclK^ de houx, comme un 
vêtement qu'on hatavec un housmir, une /Kntssme. 

* lliiitlve^ .s/\ Huitaine : 

Les Huit levés de la Chandeleur. 

1271. Ducangl:, oe^ara. 

Ne s'emploie plus aujourd'hui (lue dans Service de huitive. 
service religieux céléhré pour un rléfunt huit jours après sa 
mort. 

Veult qu'il soipt donné aux panures une mine de blé en pain cuit et 
à chascun pauure une chopine de vin à huitive de son obit. 

le'- janv. IGOl. Arch. niun. Villebarou, vol. 1672, 1"^ 101. 
Sera célébré trois grandes messes et neuf messes basses, pareil 
nombre de messes hautes et basses à sa huitive et pareil nombre à 
son anniversaire. 

oct. lOnr). Arch. L.-et-Ch. Invent. fabr. d'Avaray, f" 7. 

Ktym. C'est la forme populaire du lat. octaca. dont octave est 
la forme savante. 

* lliilhecy * lliii'liec*, Vouez Urbec. 

lliiNKier, sin. Huissier. 

Item assavoir que les Hussiers de salle feront vuider la salle 

de toutes gens. 

l:M7. DrcA.NGF:, rihahli 



->-<'>®<°- 



I 



I^ pron. Désigne la 3*^ personne masculine au singulier et la 
S*' personne des deux genres au pluriel, devant une consonne : 
t I se sa leçon, i savent leux leçons ». 

\vU ndr. de temps. Du temps présent : Il doit partir ces 
jours-ici. C'est l'ancien langage jusqu'au XYii^^siècle: aujourd'hui 
on dit : Ces jours-ci. 

A veoir la trongne de ce faulx villain Revisit, il est encores plus 
ignorant et meschant que ces paouvres ignorans icy. 

Rab., V, 18. 

leit (i-si-te,i. adv. Forme patoise de ici qu'on entend assez 
souvent dans le pays blaisois, mais ordinairement dans la 
bouche de gens qui n'en sont pas originaires. 

Les marguilliers de Sainte-Marguerite 
Ont fait bouter cette verrière icijte. 

T. DES RÉAUX, t. X, p. 181. 

I^-iiaii^ sm. Agneau. L'ancienne langue disait aigneau ; la 
diphtongue ai s'est changée en i, ici comme dans beaucoup 
d'autres cas : Naine, nine^ germaine, germine, 

Ig:iiolet9 sm. Voyez Lioxolet. 

II9 [/ron. Désigne la 3^ personne masculine au singulier et la 
o« personne des deux genres au pluriel, devant une voj^elle : 

Il atendirent jusqu'au quart jour et il revindrent au palais. 

ViLLEHARDOUix, XII, ap. Littré. 

filiale, s. Est masculin malgré son origine lat. imago, qui 
est féminin : Un bel image. 

Les beaulx pilliers soustenoyent 

Ung bel ymage en lieu de chasse. 

Rose, 21711. 
Ils m'ont bien vu prendre ce petit image.. 

Bon. DES PÉRiERs, Cijmbal., I, p. 38. 

iiuhraiilahle, adj. Qu'on ne peut remuer, inébranlable. 



IVR 191 

Mais les l''i'aii<^'ais, imbramlahles dans les principes qu'ils ont 

arloptôs 

.") mai \V.):i. lleg. des délib. de la mun. de Villebarou. 

Il Qui ne peut se remuer : Il est soûl iiiibnuihible. 

Iiiiiiisiii4|iial»le (iii-inan-ka-ble). ft/j. \\ Infaillible : Cn 
remède innnanquable. 

Iiii|ini*rsiit, ni<«s ndj. Malin, huiuin. d'un g(3uvernement 
diflicile, en ]>arlanl d'un enfant. 

Tiiipotc'iit, <'iit<s adj. Im])êcile, niais : Un grand impotent. 
Étym. Lat. impotens, qui ne peul pas. C'est le sens liiTurc 
comme dans le mot irnhécUc. 

Iiieai'iiat, sm. Trêtlc incarnat : Une charretée d'incarnat. 

IiKliqiie^ .s/'. Action d'indiquer. || Indice : On m'a donné 
une indique pour trouver son adresse, il y a deux « l)Ou trous » à 
sa porte. 

Tii.^-i'at, ato, adj. Égoïste,, avare : Il ne fait pas bon tra- 
vailler pour lui. il est trop ingrat. 

Intéressé, ée, adj. Qui regarde de très près à la dépense : 
intéressé est cependant moins que avare. 

Intérêt, sm. Amour de l'épargne poussé un peu trop loin : 
Il ne connaît que l'intérêt, ce bonhomme-là. 

Itou, adv. Aussi : Tu vas par là? moi itou. — « Pourquoi don. 
itou, qu'i s'y prend de c'te façon-là? » 

Le gros Lucas aime à batifoler, et moi, par louas, je batifole itou. 

Molière, Fest. de Pierre, act. II, se. L 

Etym. Ane. franc, itel, du lat. hic, ce. talis, tel. 

Ivrer («'), rr. S'enivrer. Ce mot, peu emplo3"é, ne Test 
ordinairement que par ceux qui ne veulent pas dire se soûler. 

Ceux ont l'àme plus divine 
Qui boivent l'eau crvstaline 
Que Pégase fit sortir, 
Et qui bouillants de jeunesse 
S'icrent au cours du Permesse. 

Am. Jamyn, Œuvr. poét. 



J 



Jàle« sf. Vaisseau de bois de la forme d'un grand baquet 
destiné principalement à recevoir la vendange. 

Fais que n'entre en la j'aille 
Vin verd nesung. 

Crétin, à Hon. de la Jaille, I, p. 215. 
Elle donne audit Arnoul Racault les deux cuves, toutes les j'alles, 
cuaulx. 

l'»" déc. 15%. Arch. niun. Villebarou, vol. 1672, f« 65, rect. 

Étym. Orig. inconnue. Bas-lat.Ja/o, baquet. 

•làlée, s/". Le contenu d'une jàle: Trois jâlées de vendange 
font une pièce de vin. 

Les pauvres de l'Hôtel-Dieu avoient un droit sur lu}^ (le comte de 

Blois, Hugues de Chastillon). qui estoit de prendre en sa cuisine, 

toutes les fois qu'il couchoit à Blois, vingt pains, demi j'alaie de vin, 

six pièces de chandelles, et autant de foin et d'avoine qu'il en faloit 

pour deux chevaux. (Vers 1295). 

Bernier, p. 315. 

•lAlette, 67'. Petite jàle. || «Bârosse». 

•Ialii> Vil. Jaillir: L'eau de la pompe lui jalissait à la figure. 

Un grand feu et une flamme claire qui ialit vers le ciel. 

Amyot, Sylla, t. I, p. 920, éd. 1609. 

•fsilot, s/)(. Grande «jàle » sans oreilles. Dans les villages qui 
n'ont pas de cours d'eau, et pas de lavoirs, les jâlots servent à 
contenir l'eau nécessaire à la « buée ». 

Deux poinssons à sable, ung meschant j'allot. 

1017. Invent. Rahart, p. 14. Arch. L.-et-C. B. Baill. de Blois. 

Il Petit baquet, auge, dans lequel on donne la pâtée aux petits 
cocbons. aux petits chiens, etc. Dans ce sens, il n'est pas em- 
plo3^é dans la banlieue de Blois. 

Vng Jallot à faire manger des porcs. 

1619. Invent. Perrot, p. 22. Arch. L.-et-C. B. Baill. de Blois. 

Il Sorte de baquet plat dans lequel les « mesureux » de la halle 
posent leur mesure pour ne point perdre de grain. 



JAR 193 

Jaiiiilie, sf. Il Loc. A jaiiiljes ri<^aiides. à la ronverso. r-iil 
par sas tête. On dit plus souvent : A la jambe rlgaude. 

Étym. Origine iiicumiuc Rabelais disait : .1 Jajttbcs rchin- 
flninrs. 

•iaiiiliioiiiieis r/A. Marelier diin bon pas sans se fatiguer: 
se dit sui- la rive gauclio (]o l;i Loire. noIaiiinHMit à Cbailles. 

•lai'iKN sf. (Teri)e : » (ne grousse jarbc de ble >•. 

Et quanil Booz eut luanii»* cl i\\\'\\ fut alli' jlorinii- auprès (I'nii 

tas (le iarhes. 

La Sainte liihle, p. 2.T. Lvon, Tliil». Anceliii, W)'). 

JvrvM. Ani'. baul-all' .V''//*^>''<. gerbe 

JaiiMl, .s///, (iros cailloux (juun trouve avec le sable dans le 
lit de la T.oir(\ d'une rivière : Passer b^ salde a la « grêle » jKiur 
en ùter le jard. 

Ils (les murs) ont tous IS ])ieds de profondeur, ils sont posez surlc 

jard. 

ITol Journ. des ch. remarq. S' Laumei', ("."îl. 

IviYM. Cf. rilal. ///V//'/Y/, même signif. 



•laiiMlei'ie^ sf. Sorte de vesce sauvage : viscia tenuifolia. 
Krv^r. Origine inconnue. Ducange a Jercicrie, « une mau- 
vaise berbe qui croist entre les bleds, zizania. i. lolium ». 



•lai-doiix, <*iiN<% ndj. (^ui contient du jard : Sable jardeux. 

•lài'4MiM^i^ sf. Pc)is cornu, sorte de fourrage^ : lalliinis 
sativa. 

Item les terrages de Venours en pois, levés, Jarroces et veces. 

l."^2<). Due ANC l:, Jarrossia. 

.Iai-i*etc4ei> r//. Mettre les jarretières à. !| Se jarret(d(M'. /•/■. 
Mettre ses jarretières : Elle se jarretelle tro^) bas. 

•faii'i-c^tiaii, s?ji. Jarret de porc cuit, morceau de cbarcuterie. 

Jai'iM'tîoi', .s///. .larrelière. 

Je ])erdy mon (jariier en la rue. 

Les Ecang. des ouenoui/les, p. 21, aj). Littré. 
Une paire dejartiers de soye incarnadine garnie de dentelles de 
sove. 

Août 1018. Invent. Botliereau. Arch. L.-et-C. B. Baill. de Blois. 

13 



•laii^-cs sf. \\ Piêco de for qui. (laiis une charrue, unit la 
cliaiiie (le lavant-lrain à la perche et qui. i)ar sa position 
variahle. vè2:\o le deçrré de pénétrai ion du soc dans la terre. 

i)L\s(iuelU's cliariieï^ lo r^iippliant jn'int ri ('iii|Hii'ta les ceps, la 
Jdftfjf, deux chevilles de l'er et la îiiikv 

1:{8(I. Dlcangk, jaagia. 
Deux eliarrues et nue (•liariiette i^aiMiyes de rouelles, chesuon et 
lieux coiisires, deux />n<vc.s et autres ustaiicilles à iabourei*. 

UilT. Iiiveul. Hahait. p. IC). Arcli. L.-et-C. H. Baill. de Rlois. 

.lav<»ll<N x/". PidiMaiiot de sarments provenanl de la taille 
de la vigne : In cent de javelles. || (\^ bois lui-niènie : Un V)rin 
de javelle, un jeu de javelle. 

Le iiieiiie iour ireute Anglois i)artireul de leur l'oit, (juils auoieut 
a S. Lou|>, estaus iiabillez eu fenuues, l'aisaut seuiblaut de venir 
«pierir du bois, et des fagots de sanueut qu'on nomme iauelles. 

Syuqdi. Glyon, H'sl. d'Ori, II, 210. 
Iieui uui^ tast tant de bourées que javelles. 

8 uov. l(;u;. luv. Hotte. Arch. L.-el-(\ H. Haill. de Blois. 

Ktym. Bas-lat. capHlus. branchage. 

•lavelliei', .s;/?. Tas de << javelles >• : Un « bouiM'ichon >• a fail 
son nid dans le javcllier. 

I. .Ii»n, s//(. Juchoir : Mettre les poules à jeu. 

Étym. Le sanscrit ucca. haut, semble, au premier abord, être 
le radical des mots français Jucher, hucher et patois. (jacJie. 
(jucher : mais, outre que les intermédiaires manquent du 
sanscrit jusquâ nous, on peut croire que les formes ici«, /wc* et 
Joue, qui sont anciennes, indiquent simplement le Vài.Jugum, 
joug, et. par extension, morceau de bois posé liorizontalement 
sur deux autres debout. Cf. Jouau. 

II. JcMi, ^//i. Il .jeu deau. jet deau. 

Jeiidîy sm. La femelle de la sauterelle verte : Avoir le ventre 
comme un jeudi, c'est-à-dire rond, très plein. 

Étym. Origine inconnue ; peut-être onomatopée, du bruit que 
fait cet insecte. En Poitou, c'est le grillon qu'on appelle Jeudi. 

J«»liv€'ttef^9 'V- pl- Sorte de danse : Danser les jolivettes. On 
place sur une même ligne trois chaises, en laissant entr'elles 
un intervalle suffisant pour le passage des danseurs. Ceux-ci, 



JOU 195 

au noinljre do trois, à la suite l'un de lautre. iiarcourent eu 
dansant la ligne sinueuse Ibrniée i>ar les intervalles, en 
contournant la ehaise placée à chaiiuc* extrémité, pour refaire 
le même trajet en sens inverse : de sorte (]u'on ixuirraitdire que 
leur parcours ligure un <S à trois panses. I.e dernier danseur de 
la file, au li(Hi de faire, comme les deux rpii le ])rérédfMil. le 
tour de la dernière chaise, tourne devant celte chaise et se 
Irouve ainsi être à la tête de l;i lile. Ce manège se répéhmt à 
chaque extrémilé et la danse élan! nnuiée grand train, i! en 
résulte une confusion qui nest (|u"a[)[)arenLe. et un méli-mélo 
qui ne laisse pas de réjouir les yeux des spectateurs, surtout si 
les danseurs sont vêtus de couleurs différentes. V.n dansant, ils 
chantent, ou plut(M les spectateurs chantent ]Kjur eux : 

Kh î Ion Ion la. laissez-les passer. 
Les un. les deux, les trois, les helles joli vettes : 
Eh ! Ion Ion la. laissez-les passer. 
Les jolivett' après souper. 

« 

Étym. Quelques-uns disent ouvertes. Il s'agit en effet, proha- 
hlement. de la danse de ce nom ])ratiquée en Provence. Et 
cependant, on se demande comment elle a pu émigrer dans un 
paj^s où l'on ne sait même pas ce que c'est qu'une olive. Il 
est vrai que, à première vue, on ne s'explique pas davantage 
comment un hourg voisin d'Orléans porte le nom d'Olivet. 

JoN€^9 sp/\ Jose[>h. 

•lotte, sf. La moutarde sauvage, hi-assica arvensis : Lu 
champ d'avoine plein de jotte. 

Étym. Origine inconnue. 

•loiiàiiée, .s/'. Feu clair et ahondant. tlanihèe. 

Étym. Jcman pour Jean ( lo/y^o Jouannkt . par comparaison 
avec le grand feu qu'on hénissait autrefois le Jour de Saint- 
Jean ("24 juin), coutume qui suhsiste encore dans la paroisse de 
La Chaussée. 

•IfMiaiiiiot, i^\t^9 (ulj. Précoce, hàtif. en parlant de certains 
fruits, légumes, plantes fourragères, etc. : Des poires jouan- 
nettes. des pommes de terre jouannettes. du trèfle jouannet. du 
mêlier jouannet. 



196 JOU 

CiiK] boisseaux de gros pois h\Sincs jouaneiz. 

IGIT. Invent, présid. de Metz, \). 70. Arcli. L.-et-Cli. 
B. Baill. de Blois. 
Johannetz : il)id., p. 78 joanetz : ibid., p. 8^^. 

Étym. Jouon, Jean, parce que les plantes les plus précoces 
miirisent vers la Saint-Jean. 2i juin. 

•loiia!^NCi> va. Jouer mal à un jeu. ou jouer petit jeu. 
Étym. Péjor. ^ejouci'. 

•loiiaNMoii* .s//>. Celui (|ui juue mal à quelque jeu. ou qui joue 
l)etit jeu : V\\ méchant jouasson. 
Étym. « Jouasso' ». 

•loiiaii<» .S//?. Brin de bois placé en travers sur deux autres 
branches fourchues ; cet appareil formait à la vigne une espèce 
de berceau. 

Et sera tenu led. pr' de mètre es dites vignes chescun an tant 

comme il uiura demi millier de fourches et deus cenz et cinquante de 

Jouaus, et y fera cinq garez en deux ans et y proignera chescun an de 

quinze proigneurs. 

1301. Bail parlechap. St-Sauveur de Blois a Etienne Maci 

de la Chaucée. Arch. L.-et-Ch. G. 87. 

Aussi est elle bonne (cette vigne) a mettre en appuy ou. Joiœlle que 

les Latins appellent jugum. C'est quand après auoir fiché en terre des 

perches debout on en met d'autres de trauers, ausquelles on lie la 

vigne. 

1551. Cl. CoTTERFAU. Colum., m, 2. 

li Par exl. La planche de vigne elle-même sur laquelle 
s'étendait ce berceau : 

^^e^ii jouaulx de vigne faisant partie d'une minée de terre (f° 26, r") 

Douze j'ouauU de vigne prins en lad. minée (ibid.) .... Six 

jouaulx de vigne faisant partie de lad. mynée (fo 26, vo) Cinq 

jouaul-r de vigne prins à la rive d'amont de lad. mynée (ibid.). 

1511. Terrier du Monceau (Mer). Arch. L.-et-Ch. G. 

Étym-. hdii.Jygvm, joug, si l'on en croit Cl. Cottereau dans sa 
traduction de Columelle. La culture de la vigne en berceau sem- 
ble avoir duré, dans notre contrée, jusqu'au xv*' siècle, époque à 
laquelle le « charnier » fait son apparition. Cependant le terme 
Jouau continua à être appliqué à la planche de la vigne jus- 
qu'au milieu du xvr siècle, où il est remplacé par orne, et, plus 



JUS 



1U7 



lard, par pinnclic. Dans lune et laiilre aoceplioii. Joaan, a 
disparu, ici, depuis longtemps. Coinp. Jeu I. 

•liiMtts ^in. Sorte de corsage de paysanne très ajusté : Un 
juste d'indienne. 

Le premiei- porto \\\\q juste. 

I^ercejorest, \', '.)7, ap. Littiv, 

Plus un Juste et un jupon de draji ci-ainoisy. 

Nov. 17^'.>. Vente volont.. p. 12. Arch. II. Joliannct. 





Koi*ii|>i-ol»Nt, sf. Sorte de pavé destiné à mainlenir les 
bordures des bernes sur les routes : Dix métrés de kornprobst. 

ÉTY^r. KornproJ)sf, ingénieur en chef à Blois. ^lais les 
carriers et les cantonniers qui ne savent plus cette origine, 
disent corne pr ope. parce que. en efifet, ces bordures contribuent 
à la propreté de la berne et de la route. 




Ksi, (irl. fém. Placr drvanl uii iioin de laiiiillo, s"uiiiploie 
pour désiauer souvent la tille aînée, et. ((iielquefois la femme 
de : La Flumas. la lille aînée uu la lémme de Klumas. (^iiehjLie 
t'ois, quand ce nom en est susceptible, on le lénjinise : La 
l"*online. la (ilh^ aînée ou la femme de Poulin ou Poulain. 

Jo lègue a Ui Di ouette. un couM'e-clier et une eheuiise. 

12 déc. ir)7l. Areii. iiuni. \'iIleltaroii. vol. ir)i;4 

Mati'iiia \■^^\^^^ la l'dthaïuh'. 

Ki juin l.')72. ibifl .. ibid. 

Autrefois. C'était diin usage général :.Iouanneau. .louannelle: 
fhabaud. Chabaude: ^tarcbais. ^rarcbaise: etc. 

L.e irciz'"" jniir (Itî s('pieiid)re 1()2U, a été l)aptizée MaiiileleiiH' 

(ratinelle lille de Jehan Gatineaii sa niaraine MaGdaleine 

Dandine fille de Jehan Drtdiii. 

:i janvier 1(»:{2. ////>/.. noI. KiO":. 

Marie Comtesse, fille de Andié Le Comte. 

27 lévrier l(;;{lj, ibid., ibid. 

(Les Mis aînés ne sappellenl pas par leur prénoms, Etienne. 
Denis, etc.. mais par leur nom de famille : Flumas. Poulain;. 

Lalibe, .S///. Clerc, (lui nesl pas encore prélre: -* J ai réti- 
ve ^ ^ 

contre tous les labbes du grand siminaire ». || Vicaire : Le 
cure n'était point là. c'est le labbe qui est venu. 
Ktym. Le abbr. par agglutination de rarlicle. 

I^àelie, .s/'. Le même que Laciike L sur la rive gaucdn^ de la 
Loire. 

T. Lâchée, sf. Sorte de petit ver de terre : Chercher des 
lâchées pour [)éclier. 

ÉTY^r. Ane. franc. Kchéc, ifrlh\ avec agglutination de 
l'article. 

Soit pour apporter la bêchée 
A tes petits ou d'une ae/iee 
Ou d'une chenille ou d'un ver. 

R0.N6., Od. retran. 



-m LAC 

Du lat. Cisca. nourriture; ce ver sert d"appâl pour la pèche à 
la ligne. Làcfic. fàcJiéc ou âchéc ne sont usités dans le Blaisois 
que sur le territoire des communes qui ont de Teau et où la 
pèche est pratiquée. 

11. L.ac*Ii€*e, sf. Le même que ÂciiÉi:. renouée. 

L.a\-(le-loii;;-« n/lr. Le long de cet endroit-là. de cela : 
Prends-garde de « peter » lâ-de-long, il y a de la salade de 
semée. 

Laide, jtp/'. Adélaïde. 

L.aiii^> .S///. Bande, liteau: mot disparu. 

Une couverture de layue lilanche barrée i)ar les deux buuis de 
la/nr/s de rouge, vert et bleu 

Xov. 161(). Invent. Gendrier, i). ;J. Arcli. L.-et-C. B. Bail!, 
de Blois. 

Étym. Lat. ïinea, ligne. 

Lait, S///. Il P/'ov. On mange bien du pain avec du lait, 
dicton qui repose sur un jeu de mot et quon applique à celui ou 
à celle qui, en se mariant, prend un conjoint dépourvu de 
beauté, mais riche. 

Laiton, N///. Jeune poulain dun an environ. || Cochoji de 
lait. 

Lsi-le-loii^- (larion). adv. Le même que La-de-loxg. 

Laiiiboiirtle, sf. Long fouet dont se sert le laboureur i)Our 
toucher ses chevaux. 
Étym. x\nc. franc, behourde, lance, perche. 

Lainpielioii, sm. Bec qui porte la mèche dune lampe; mot 
disparu. 

Blus payé pour auoir lait aeommoder un cdiandeliei- et la lampe de 
l'Eglise et y auoir fait un lampichon neuf. 

IGOO. Cp^^« de la inârelle. Egl. Chaussée-St-Victor. 

Laiida^i lun-dà), .s///. Terre forte exempte de pierres, de 
cailloux, humus : Enlever une tomberée de landas. 
Étym. AU' land, champ, terre. 

Laii^'iiir, vn. || Etre le vaincu, au jeu de la « languisse » : 
Il languit depuis un quart d'heure. 



LAU '20i 

LsiBijUiii^Kis sf. Jeu do « canettes » : Jouer à la languisse. Le 
vainqueur s'etVorcf^ de chasser avec sa canette celle de son 
adversaire. jiis(|irâ ce qu'enlin celui-ci soit parvenu à la faire 
entrer dans !»' " pixiiid » central. 

KTY^r. Lauf/ffir. Cependant, il faut observer (lue l'ancienne 
langue avait le mot ((/H/uisse, chemin resserré, défilé, du lat. 
(iiKiushis, étroit. Languisse peut avoir été formé par agglutina- 
lion de l'article, comme lierre \ our lierre. 

Laiiioi-iKs sf. Jeu de marelle : Jouer à la lanterne. 

Ktym. Origine inconnue. Peut-être à forigine. la figure qu'on 
trace sur la terre se rapprochait-elle de la silhouette d'une lan- 
terne ; mais aujourdhui c'est celle l)ien connue du jeu de 
marelle. c"est-à-dir(^ un carré long, ordinairement arrondi au 
sommet et partagé en un certain nombre de compartiments dont 
l'un est coupé par deux diagonales qui se croisent. 

Laiiveriie, .s/". Sorte de danse ancienne exécutée par 
deux danseurs placés ftice â face et qui font certains pas 
(Uitre les bras d'une croix formée par deux bâtons placés à 
terre. 

Étym. Origine inconnue. 

L<ai»iiiei> vu. Mettre bas. en ])arlant d'une lapine. 

Lai'i*<iii, sm. Siphon de fer-blanc ou de cuivre dont on se 
sert pour soutirer le vin . 

Un Inron de fer blanc. 

11 niv. an II. Arcli. nian. de St-Uenis-sur-Loire. 

Étym. Lat. lali'o, hitrcmo/u, voleur. 

LîVs.sée, sf. Lassitude : J'ai attrapé la une fameuse lassée. 

Il Prendre â la lassée, poursuivre un gibier jusqu'à ce que la 

lassitude et la fatigue le fassent tomber entre vos mains : et fig. : 

Poursuivre quelqu'un de sollicitations réitérées, jusqu'à ce que 

Ton en ait obtenu ceiiue l'on désire. 

Lattis (la-ti), sm. \\ Spéciali. Sorte d'élagére faite de lattes ou 
de tringles de bois mince, sur laquelle la ménagère dépose ses 
fromages. 

Laui-ioii, sni. Laurier rose, nerium oleander : Un beau lau- 
rion blanc. 



^202 LAU 

Cinq caisses d'orangers et quatre de inirtes, dix loriona en pot. 
H déc. imi. Areh. L.-et-Cli. H. Justice St-Laumer. 

Étym. Sorte craugni. de laurier. 

LaiiteiiipN, adr. Longtemps. 

Lai^ai-e (^Haiiii), sf. Assemblée qui se lienl le Dimanche 
des Hameaux. (mi Bourg-Xeuf. et qui se tenait autrefois en de- 
hors de ce t*aul)ourg. prés de Saint-Lazare , anciennement 
l)rieurè et mahuh'erie oiï l'on soignai I les lépiTux : La Saint- 
Lazare est la première assemblée. 

Louis, son fils (du comté Thibault V, tmi lUiO), y donna (au prieuré 
de St-Lazare) un droit do foire au vendredi qui précède le Dimanche 
des Rameaux avec tous les revenus du Comté de Blois au jour de 
cette foire et aux deux jours qui la précèdent et qui la suivent. 

Bfrnifr, p. ()5. 

Leefîcnie, sf. Cercueil : mot disparu, et qui n'était vraisem- 
blablement employé que par rÉgiise. 

Le lendemain a '.) heures du matin on chanta l'oftïce des morts et 
après la grande messe et l'absolution a la lectique qui etoit au milieu 
du chœur, M. l'Évèque officia. 

Avril ITin. Journ. dcR c/i. remarq. .St-Laumer, f'' •"»(), r". 

Étym. Bas-lat. lectica, même sisiiif. 

L.è^-iiiiie, .S-. Est féminin: il est masculin en français. 

11 croit dans son jardin de bonnes lér/nmes. 

Labruvf.PcF, Caract., p. ">7. Paris, lO'.io. 
De."^ lêfjUJiie.s cifo^ai sonnées sans beurre. 

1710. Journ. défi cJi. remar<i. St-Laumer, f^j ;i<s. 

Lci^iie, sf. Ligne. Cette pi^ononciation devient rare. 

Et du milieu de celuy quarrefour par droite leirjne jusque à la 

dicte maison. 

12U6. Charte de H. ur, Cuatillon, C*<^ de Blois, 

ap. \. Mars, p. lî)2. 

Leiicle, .s/'. Lerib'. «eufdepou. 

Auec nitrum ou sel rosty, les bulbes (<le loi^iion sauuaige) ostent 

la tigne et les lendes. 

Comment., chap. .V.). 

Etym. Lat. ten.s, tendis, môme signiL 

LéHHii (lée-suj, sm. Eau qui a servi à faire couler la « buée », et 



(jui se trouve colurée par la polasse de la cendre quelle a prise 
pendant cette opération : lessive. 

Ordre du citoyon Hi.sï^e. agent des sali)ètres, de mettre en réquisi- 
lion les eaux des lessives appelées communément lessues. 

\) germ., an II. Délil». du Cons. mun. de Villebarou. 

l^t»!»*!NiiétN sf. La prcm'KM-c <mu dans laqucll*' «m lave le liniic 
au sortir du <- lenou >^. 
Etvm. « Lr'.s\s-/'. « 

LiMi, ///. Lonx, (tffj. i)(tss. Leur, leurs : .l'ai vu leu nuiison et 
leux biens. || Prou, ré fL de la 3^ per s. pluriel, ^e: « \"là les 
nioiniaux (|ui leux raveillent. » 

De ma chair propre (les cliiensi osent bien leur repaitre. 

RoNs., Cass., 1 m. 

Lèxaiidi-e, sp/\ Alexandre. 

Lèvi$!$9 spr. Alexis. 

Lii^ pron. per>;. Lui : 11 peut bein y aller, li. 

Mais point de fer ne d'achier ne puet seur // avoir et 

s'autre cose avoit seur //. il perdroit se querelle. 

DucANCE, Campiones. 

Liait (on prononce souvent A'an). sm. Lien de paille pour lier 
une gerbe, une botte. 

(^n la (le genest) nommé Sparton pour ce qu'il sert de cliorde ou 

lijan pour lyer les vignes. 

Comment., chap. 2U(). 

Étym. C'est le même mot que lle^i avec la [U'ononciation qui 
a subsisté jusqu'au xvi« siècle. 

Liée, sf. Petite ficelle : Une pelote de lice p(nir un sou. 
Ktym. Lat. licm'jji. même sio"nitication. 



'C 



Lielie^ .s/. Bombance : II naime que la liclie. 
KrvM. « LicJiei' ». 

Lieliée9 .s7'. Ce qu'on peut [)rendre avec sa langue en 
ft licliant V. Il Par extens. et le plus souvent Portion mince et 
légère d'une substance ductile quelconque, ou de toute autre 
chose : Une lichée de fromage sur son pain : le maçon n"a mis 
qu'une lichée de mortier. 



•-21)4 Lie 

Lîc'lto-iVipe, .s/'. Léclie-lVile. Ménage dit Uchefi'llc. 

Un laron de fei- blanc, une liche-fripe. 

11 niv. an II. \vc\\. inun. de Saint-Denis-sur-Loire. 

luiclioi-, ra. Lécher, friper : On n'est pas gros et gras de 
licher les murs. 

Alors le tlot qui voit 

Que le bord luy fait place, en glissant le reçoit. 
Au giron de la terre, appaiseson courage 
Et, la Uchant, se joue à l'entour du rivage. 

Ronsard, Franc , I. 

Il Vn. Faire bombance : ïu ne songes qu'à licher. 

Llc«liei»îe, .s/". Vice du « licheur ». 

Et tout alloit en ribauldie, 

En leeherie et gourmandie. 

Rose, ir>309. 
Ij Au pi. Bonbons, sucreries. 

Lielieiii-, Lielieiix, sm. Qui aime les bons repas, noceur. 

* 

Ainsi que fait le bon leeheav 

Qui des morceaulx est cognoisseur 

Et de plusieurs viandes taste 

En pot, en rost, en saulce, en pa^te 

/?06'e, 22477. 
Étvm. " Licher ». 

Lielioii, oiiiie, adj. Gourmand : Un chat bien lichon. 
li S7n, et f. Qui aime les sucreries, les mets raffinés : Un vieux 
lichon. 

Étym. « Licher ». 

T^ielMHinei-ie, s/. Défaut du <• lichon ». || XMpL Mets recher- 
chés, sucreries : Le dessert, ce n'est que des lichonneries. 

Lieoelie, sf. Sorte de petite loche. (Voyez ce mot). 
Étym. Orig. inconnue. 

LicMMiaiieiN va. Lécher dune manière dégoûtante : Les 
« lumas licouânent les cossons ». 
Étym. Augm. et péj. de « Licher ». 

Liéiiai'd, n. pr. Léonard : se dit surtout dans Saint- Liénard, 
Saint-Léonard, bourg de laBeauce, à 29 kil. de Blois, on entend 
rnème Saint-Glénard. 



LIG '205 

Et saint Lyenard qui tous deflerge 

Les pt^lerins bien repentants. 

Rose, 1)2.") 1. 
Sainct Liênatd. 

1000. Arch. Hôtel-Dieu de Bloi.s. Reg. E'\ 

Liéiiarde^ n. p>\ Léoiiarde. 

Liènarde Daudin. 

:{0 janviei' 1081. Arcli. mun. de Villebarou, vol. 1501. 

Lièti-oii (dans la camp. : yé-tron). ^m. Laileron. plante 
sauvage ffiii se rapproche de la laitue. 

Liette (dans la canij). : yelte). n/". Tiroir d'un nieul)le f[U(d- 
conque. 

Un buffet de boys de noier fermant a deux fenestres a clef avec sa 
liette. 

21 nov. l()l(i. Invent. Nie. Xicard. Arch. dép. B. Haill. de Bluis. 

Liette ou layette, cassettina. 

OuDiN, Dictionn. 

Lî^er (li-gerj, ère, aOj. Léger, ère : « Est-i liger ! Le eu 
n'y peuse pas eune once ! » 

Étym. C'est une ancienne forme de léger, qui, lui-même, 
s'est prononcé de la sorte jusquau siècle dernier : 

La fortune auprès d'eux d'un vol prompt et léger 
Les lauriers dans les mains, fend les plaines de l'air. 

Voltaire, Poème de Fontenoi. 

Lî^-ei» iW-gef), cuir. Se dit d'un chargement de charrette mal 
équilibré, qui porte trop en arriére : « C'tte charrette est chargée 
trop liger », ou encore : « Ca peuse liger ». 

Etym. Voyez Ligek, adj. 

Lig-iiolet, sm. Chiendent, dans les honnes terres cultivées. 
On croit généralement, et à tort, que le lignolet est une espèce 
spéciale. C'est la nature du sol et la culture qui font que ses 
rhizomes sont plus menus et heaucoup plus longs. 

Étym. On dit aussi ignolet, raîgnolet et guignolet ; mais je 
crois que c"est lignolet. tel qu"on le dit à E'rancillon. qui est la 
véritable forme ; dim. de lignent, à cause de ses longs fils 
rampants. 

Au lignolet le veus cauchier 
Et robe neuve li ballier 

Duc ANGE, Cointises, 



•-20U LICt 

L.i^'iioii« N//^ I.igneiil. 

Ktvm. Lai. /incola. \)e{'\{o cordo. 

1^ij;:oc*1i<s sf. \a^ même que Lukmhik. 

Li;;-4Misiiioi-« cfi. Le même que Licouaner : La vache est 
tout le temps à liuouàiier sa lonae. 

l^iiiH>&:<s sf. Le Limousin, pays : « 1 kerverait bein tous les 
maçons de la Limoge ({ue j"n'lièritrais pas d'eune tervelle ». 
(Dicton de la rive gauclie de la Loire). 

LiiHli* .s-//?. Lundi. 

Liiij!i-€S cfffj. /". Une terre linge, c'est-à-dire friable. meu])le. 
h'o'ére. 
Ktvm. Origine inconnue. 

Liii^-é« ée, adj. Se dil du linge qui. ayant subi plusieurs 
lessives. n"a plus Tapparence du neuf, et commence même à 
s'user : Des draps linges, une serviette très lingêe. c'est-à-dire 
presque usée. 

Lisflaiiiiiie li-lla-me), sf. Iris, sauvage ou cultivé : Des 
lisfîammes panachées. On dit aussi épamme. 
Étym. L/.s pour la fleur, flamme pour les feuilles. 

Li^ot^ sm. Sorte de couteau fait d'un morceau d'acier mince, 
généralement de lame de faux, fixé à un manche de bois : Je 
prends mon lisotpour aller « accoler ». 1| Flg. et ironiquement : 
Un beau lisot. un homme de peu de valeur. 

I^TYM. Nom d'homme, Louis. Louisot, Lisot. 

Li^otte^ sf, vSorte de petit couteau à lame recourbée en bec 
et fixée dans le manche, qui sert à vendanger. 

Lif^tie. Nom, en quelques endroits, d'un j)etil couteau à lame jieu 

tranchante, ffu.e l'on donne aux enfanta. 

\atthk. 
Étym. « Lisol ». 

Lite, sf. Elite : 

La taxe du pain se fera dorénavant scavoir: celle du pain blanc 
sur le froment de litte, celle du gros pain sur le bon mesfeil. 

25 avril \i'2'). Arcli. rnun. Blois. Délib. des échev. 

(Voyez Aliti;. 



LOU '201 

Lî^i't'e.s, s/', jf/. Rubans ih^ suie, ordiiiairciiieiil bleus et 
roses. ap[)('lés aussi Jarretières de Ja mariée, coupés par petits 
morceaux et dislribués à fous los iuvilês iVnuo noce. 

Je vous convie a uu's iiopoes, vous aurez de ma Uurée. 

Rafv, III, ;{(). 

Il Par cjiicns. au slnij. Ruban de soie uni. de (pndque roubMir 
quil soi! : Un l)onnel à livrées. 
Ktvm. Livré, cliose r(Mnis<'. donne*». 

Loc'Imn sf. Limace. 

Il avoit en la ru(dle <](> son liet un diiid, <lu([U('l il tuoil des loches 

en son jardin. 

n'Ai]Bn.NF., Fœnest, III, 21. 

Ktym. l^^sj)ag. /(t/fi. même signification. 

Lo^'oi'caii ^dans la camp, lo-ge-rio . n///. Le même ((uc 
LocKRox: se dit snrtont en Reauce. 

Dans un /of/creau estant dans la cour dud. logis a esté trouvé une 

ruv(\ 

K)!'.!. Invent. Bretlion. Arcli. L.-et-Cli. B. Baill.de Biois. 

Lo^i'eiMiii^ s/jk Hangar où Ton range les charrettes et les 
autres instruments de culture. 

Dans ini loijeron s'est trouvé vinyt-([uatre pots à lait. 

t.\ déc. 1788. Invent., p. 22. .\rcli. H. .loliamiet. 

Etym. .Vugm. de Inçic 

l^<iiiiliai'(li(s sf. Affiloire, pierre à aiguiser. 
Etym. Loj/iha/xlie, prorrnce dltalie oi'i se trouvent des car- 
rières de plitanite ou jaspe schisteux d'où l'on trrec-es pierres. 

L<K| nonce, .s/". Eloquence, et surtout grande l\icilité pour 
discourir : « Xout' labbe n'a pas d'ioquence. » 

Aussi vostre foie lorjuence 

Qui brait et crvc, novse et tense. 

t. * «y 

Rose, 1 -21)50. 
Etym. Lat. loqiœnffft, loquacité. 

Locfuet, i;7/i. Hoquet: Avoir le loqueL 
Étym. ]\[ot formé par agglutination de l'article /ea.\ec horpipt, 
en supprimant l'aspiration. 

Loi-ion, srn. Loriot, oiseau. 



'208 LOS 

Une forteresse que l'uriou avoit faite pour la sauve-garde de ses 

petits. 

B. Palissy, 111, édit. Paris, 1844. 

Étym. Pour le oriou paragghitin. de Tarticle: du lat. aureolus. 
doré, ainsi dit de sa couleur. 

LoNNcs sf. Bavarda'.ie. bagou : A-l-il une losse, ce mâtin-là! 
Etym. (* Lusse r » 1. 

I. LoM;sei> m. Bavai'(ler : Quand il aura lossé tout son soûl. 
il se taira. 
Étym. Origine inconnue. Conip. le lat. loqnl, parler. 

•il. L.o>i*sei> en. Branler, remuer : ,lai une dent qui losse. 
Étym. Celt. lusca, branler. 

Loiiée, sf. Assemblée sur une place publicpie, où Ton loue 
des domestiques, des vendangeurs. 

Loiiette^ sf. Ixode ricin, insecte parasite qui s'attache aux 
animaux, et spécialement au chien. 
Étym. Pour lonvette, petite louve, à cause de sa voracité. 

Loniiieiv rn. Regarder çà et là avec des yeux inquiets : Un 
chien qui s'en va loiimant. 
Étym. Origine inconnue. 

Loup, sm. Il Luc. Pour lui. il n'y a point de petits loups; se 
dil de quelqu'un qui est connu pour ses exagérations de 
langage. || Battre le chien devant le loup : 1» Prendre le parti 
rlu plus fort en daubant devant lui son adversaire. 

Parquoi nous nous satisfaisons, et vous a,ussi. en bâtant le chien 

devant le lion.- 

Moij . de parvenir, 11, IT). 

Il 2" Prendre les devants en faisant une démarche plus ou 
moins pénible pour éviter un plus grand désagrément: On 
allait le mettre à la porte, il s'en est bien douté et a battu le 
chien devant le loup en donnant sa démission. 

Loiipotte, sf Ilouppelle : La loupette d'un bonnet de 
coton. 
Étym. Mot formé par agglutination de larl. la avec houppette. 

L«Mii*«l, ndj. ^Mouton lourd, mouton atteint de la maladie 
qu'on appelle tournis. 



LUN 209 

Loiii'iliiie, sf. Vertige moiiientané, étourdissement : Il lui 
a pris comme une lourdine, el il a tomlié de sa eliarrette. 
Étym. Lourd, ci-dessus. 

l^uht'V'^ ndj. ///. el /'. Lounl. lourde. |)(^sanL 
Éty:si. Origine inconnue. 

Travail mes //(^res senteineris 

Aguisa. 

Vn.LoN, r;'i TesC. 

Quel esl ici le sens de lubre? Pénible, sombre, linjubrc, du 
lat. luriubris ? De ce sens, par une marche assez naturelle, lubre 
vserait arrivé à celui de pesant (Fesprit, et, passant du moral au 
physique, pesant de corps. Cette interprétation, toute hardie 
qu'elle paraisse, n'est pas plus extraordinaire que celle des 
étymologistes qui font venir lo^trd du lat. /fwidu.s, jaunâtre : il 
est vrai que Littré dit que c'est par une singularité très grande. 
{Vouez- Littré et Brachet). 

LiiiNsii'd^ 6'//^ Lé/ard : Un petit luisard. un luisard vert. 
Rabelais (IV, 2) (WiLlzart: 

Le chameleon qui est une espèce de lizart. 

Étvm. Ce mot semble tenir au moins autant à luire, briller, 
qu'au lat. lacertus, lézard. 

L.iiixai-<lo9 sf. Luzerne. 

Étym. Celt. lus, llys, herbe (Charles ïoubin, Dictionn.). 

L.iiiiiaf*»9 sm. Limaçon: Un lunias jaune. 
Étym. Ital. luniaca, même signification. 

Liiiiiero (lu-me-ro), sm. Numéro : « Il a évu un bon 
lumero ». 

Étym. lu-ài. yiumero, nombre, cette substitution du / au n 
est inexplicable. 

T^iiiiot^ Liiiiotte, sm. et sf. Linot. linotte. 

Les leinotes, ou lunotes, ou linotes vont eu tmuppe tout l'automne 

et liyver. 

P. Bf.lon, De la nat. des oiseaux, VII, Ki. 

11 Lunot jaune, verdier, loxia chloris. ou. d'après la nouvelle 
classification, fringilla chloris. 
Jci, c'est le bruant qu'on appelle verdier. 

14 



•210 LUR 

Étym. Orthugraphe défect lieuse de llnot. s'il est vrai que ce 
mut vient de Un. 

Liii'liire C«*)' ^'^^'- f'f^^'- '^ ^^^^'^ ^'^ '<^ travers : Tailier un 
vêtement à lurlure. 

Étym. Ce mot semble être de la lamille de iurclure, tiwlu- 
rctte, espèces d'onomatopées qui n'ont pas de sens originel. 

L.iit ilu). sm. Uut. chaleur, en parlant des brebis et des 
chèvres : Une brebis en lut : mot venu de la Beauce. 
Étym. AU'' Inst, désir ardent. 

Liitei> va. Saillir, en parlant des béliers et des boucs. 
Étym. Lnt, ci-dessus. 



'-'^^^m^ 



IS/L 



.M«\c*oiiiioi'9 vff. Màclioimcr, mâcher avec (liffiCLiUè ou avec 
nés'lio-ence : MàcoiiiKM- une croiUe de pain. On entend aussi 



màcoicincr 



Msulelciiai, sm. Sorte de raisin de treille noir très précoce 
qui est quelquefois à peu près niùr. ou tout uu moins tourné, à 
la Sainte-Magdeleine ^22 juillets 

31a£;-iiiiiia^-iio, .S//?. Personnage important, dans n'importe 
quelle situation sociaje: mot de la conversation boufïbnne: Tous 
les grous magnimagnos s'étaient réunis. 

ÉïYM. Lat. magnifs, grand. 

3laî, S7?i. Aubépine : Une branciie de mai. 
Étym. Le mois de Mal, parce que c'est Tépoque où fleurit cet 
arbuste. 

.^laiâ^T'e (mé-gre), sjh. Petit-lait : Le maigre est bon pour 

les gorets-. 

Il est utile que te oiesgae s'esgoule et se sépare du laict. 

Ln-:BAUT, Mais, rust., I, 11. 

ÉTYM. Celt. meag, petit-lait. On devrait dire mègue; le r a été 
introduit par assimilation avec maigre, d'autant i)lus facilement 
que dans le maigre, toute la graisse du lait est enlevée. 

Maillé, ée, aclj. Emaillé; ne se dit plus. 

Plus a baillé a lad. dam^"*^ une monstre ayant la boueste d'or 
maillé de la valleur de la somme de quatre vingts dix livres. 

1G18. Invent. Bothereau, p. 41. Arch. L.-et-Cli. B. Baill. 
de Blois. 

.^laîlleto, ée, ('z/://". Maillé, tacheté, en parlant des oiseaux: 
La « canepétrasse » a des plumes blanches mailletées de gris, 
Étym. Maille, du lat. macula, tache. 

.^làiUoii (mà-ion), sm. Brin d'osier qui « attache », ou brin 
de paille qui « accoUe », fixés par un nœud. 
Étym. iVugm. de maille, anneau. 



'212 MAI 

MîVîUoiinei-, r</. Attacher au moyen de « maillons » : Tu 
mai lionnes tes « viettes »> trop làehe. 

Maii'ci'îe (niairrî). n/" Mairie, liotel de ville. 

Jean Tizard grenelier de Sully sur Loire, seigneur de la mairerie 

de Gouniarville. 

wie s. Coasium. gên., t. 1, p. 247, ap. Littré. 

Abuttant d'amont sur les terres de la mairerie, et d'aual sur des 

friches. 

26 août 1737. Partage. Areli. H. Johannet. 

Mal, cs-///. Il Tomber du mal. être épileptique. 

Êtym. Four Jt(U(t-//u(l. Mal, sans qualificatif, empio^^é pour 
désigner i"affreuse épilepsie. est peut-être plus expressif que 
haut-mal. 

Maladret, ète, adj. Maladroit. 

.^ialhi-oii, sf. Grosse charrette de roulier qui a presque dis- 
paru depuis le cliemin de fer. 

Avant 1788, époque où parurent les roues à la MaWorough, le 
transport par terre se faisait sur des charrettes attelées de trois che- 
vaux. 

Bergevin, Hist. de Blois, t. II, p. 66. 

Étym. Le Malbrou de la clianson (Jolm Churchill, duc de 
Marll3orough. général anglais). Par ironie, le peuple a prétendu 
que ces lourdes et massives charrettes auraient figuré avec hon- 
neur dans le cortège pompeux de ce personnage. 

Le prince Eugène de Sav03^e et le mylord Malbrou. 

Journ. de Noël Janvier. Le Loir-et-Cher hist., arehèoL, 
t. I, p. j. 

Maleiipatte» (mal-an-patt;, n///. et /". Qui marche mal. 
mal jambe. 

Maleperte, sf. Mettre son argent à maleperte, faire une 
dépense qui ne rapporte aucun profit. 
ÉTYM. Mal, mate, mauvais, mauvaise, et petHe. 

^ialfaîetenr (mal-fek-teur), sm. Malfaiteur, liomme de 
sac et de corde. 
On ne pugnyt point le malfaicteur pour le mal fait, mais pour 

exemple aux autres. 

lîozier histor., I, 7, ap. Littre. 



MAX ^1^ 

Malice^ .y/'. Ji Culcrc luécliaiiceté : l'rciuls garde mi « J)ernet », 
il est en maliro. 

IMiis (le (ollyo que de malicp. 

Coiain., V, 17. 

.^lalîii, îii*N </f//. Ij MérliaiiL iiiêcjianle : Une vache nialine. 

l^nii' i^uarir une soif mal i ne, 

.l'ai l'ocours au l)nn vin, comme à ma médecine. 

Ol. Basselin, IV. Vire, \M\. 

.^lallc'ttis sf. \\A\\ sac d^' toile on «le papier. s(»rvant à dilTé- 
rents usages. 

Ses follicules ou Ijoursettes ont la semblance d'vne petite mallette. 

Comment., cliap. 2Z\. 

Plus cinq malettes de grosse toille. 

7 décemb. 170.5. Invent., p. 22. Areli. H. Johannet. 

!| SpécidU. Sac de toile dans lequel le mendiant met son 
pain. 

Toutes gens qui portojent malettes. 

Froius., Chronifj lies, ap. Littré. 

Étym. Dim. de malle. 

.^lallettée (ma-lé-tée). sf. Contenu d'une malette. 

.\laiiiei> ra. Manger, dans le langage des enfants. On dit, 
l)ar dérision, en parlant d'un individu qui a dévoré tout son 
avoir : 11 a fait le mimion. il a bien tout marné. 



'O' 



Maiielie, sf. !| La manche du vêtement d'un petit enfant 
passe pour avoir la vertu de révéler les méfaits dont il s'est 
rendu coupable. Aussi, lorsque la confession qu'il en fait 
semble quelque peu suspecte, le papa ne manque pas de lui dire : 
« Avances un peu. que je sente ta manche ». Ailleurs, c'est le 
petit doigt du papa lui-même qui a ce pouvoir redoutable. 

^laiiette, sf. Petite ànesse. Voyez Maxox. 

Ma iijs.-e ailles sf. Tout ce qui sert à la nourriture des bes- 
tiaux, et, spécialement. ITierbe des artificiels : Un charretée de 
mangeâille. Si c'est du foin, on dira : Une charretée de foin. 

Cette mangeâille ne se fauche pas comme les précédentes. 

01. DE Serre, Théât., p. 277. 



214 MAN 

:%laiiâ,-eassoii^ sf. Celui qui mange son Ijien, sa fortune, 
dissipateur. 
Étym. Péjor. de mangeur, 

Maiiâi'ei*^ va. \\ Prov. Quand on cliante en mangeant, on ne 
voit plus clair quand on est mort : se dit à un enfant qui chante 
à table pour lui faire perdre cette mauvaise habitude en 
retïrayant. ]\[ais jiour que cette calinotade ultra-naïve fasse son 
effet, il faut que l'enfant soit très jeune : plus tard elle ne prend 
plus. Rabelais (IL V2) cite ce dicton, mais légèrement modifié : 

Qui boit en mangeant sa soiippe 
Quand il est mort il n'y veoid goutte. 

Msiiiif s in. Pierraille, débris de carrière : Quelques brouet- 
tées de mâni pour charger la cour. 
Étym. Orig. inconnue. Celt. bas-bret. men, pierre? 

^iaiiîvelle, sf. \\ Poignée placée perpendiculairement sur 
le manche de la faux. 

Maiioii^ sf. Anesse. 

Étym. Madelon, Madeleine, nom de femme. 

Maiicfiie^-s;/?. ou f. Oubli, erreur. 

Sur laquelle chartre, il est à remarquer qu'il y a de la manque. 

N. Mars, Saint-Lomer, p. 80. 

^laiicfiiette, sf. Pièce de merrain ou de « charnier » mal 
fendue, manquée par le fendeur. 

Maiisiii^ sm. Chacun des deux bras de la charrue qu'on 
tient en labourant. 

N'appose la main a la inansine après, 

Pour ficher ta charrue au milieu des guerets. 

Ronsard. 

Plus environ vingt pièce de bois propre à faire des mansains. 

23 déc. 1788. Invent., p 18 Arch. H. Johannet. 

Étym. Ital. raaniccliino, petit manche. 

Maras (ma-râ), 5m. Le même que Masas. (Fo?/^^ | prélim. 
PROyoxCIATION.n.) 

Mare fmâr). .v///. Objet, instrument, outil qui sert à marquer. 



Treize cailles ei un marc d'ivoire. 

1017. Inv. Présid. de Metz, p. n.!. Aicli. L.-et-C. B. Haill. 
de Blois. 
Une petite paire de l)allances avecq une lime et un marc. 

Hilli. Tnvent. Coudret, ibid. 

Msii-eliaiHl, s/ji. \\ Lor. A\<>ii' de l'argent coiiniic im 
marchand de cochons, avoir de largenl monnayé plein ses 
poches. — Comme nn mnrcliand (1(^ cliicMis. irnvoir pas le sou. 

Mai'clié, S///. Biens ruraux d'un seul tenant, ne s'emploie 
que dans la locution : un marché de terre : Ils se sont mis tous 
les deux pour acheter ce heau marché de terre. 

Un marché de terre sis au Huaunie, commune de Saint-Lubin. 

V) juill. 181)0. Petites Affiches Blésoises, p. '.». 

Étym. Bas-lat. marchla, du geimi. mark, ])orne. frontière. 

31ai-elies9 sf. jjL I| ^lonter les grandes marches, paraître en 
justice: Je lui ferai monter les grandes marches. 

Étym. Pour accéder au tribunal de Blois, on monte un large 
perron de douze marches. 

Mareoii, sm. Rebouteur avec un pouvoir quelque peu sur- 
naturel. Pour être marcou, il faut être le septième garçon d'une 
famille où il n'y a pas de filles. 

Étym. Saint Marcou (Marculfe, né à Bayeux. mort en 558), 
qui guérit les humeurs froides, et communique aux rois de 
France le pouvoir de les guérir. Voyez Voyage. 

Mardi-g'i-as, sm. \\ Pror. Quand on mange de la soupe le 
jour de mardi-gras, ça fait pousser des chardons dans les avoines. 

Tl est difficile de trouver ce qui a pu donner naissance à 
cette singulière croyance). 

Marelle, sf. Fabrique d'une église. 

Nous ont remonstré la pouvreté de la dicte raarrelle et la charge 

d'icelle. 

Il nov. 1172. Déclar. des Marguilliers de Mer. (^Reoue de 

L.-et-Cher, 2® ann.. p. 9(3). 
Il Le banc des marguilliers : 11 a été s'asseoir à la marelle, ou 
au banc de marelle. 

Que son corps soit innumé en l'eglisse de Villebarou près le pillier 
ou non met la chandelle de la marelle. 

8 déc. 1605. Arch. mun. Villebarou. Vol. 1672, f« 113, r^ 



216 MAR 

Il Les marguilliers eux-mêmes pris collecUvement. 
Étym. Origine incertaine. Ce mot est-il formé, comme 7iuir- 
guillici\ du lat. )imt)'icula, registre, ou de 7narel, me^^eait, jeton 
de présence que Ton distribuait autrefois aux officiers d'église : 

« Omnes canonici. capellani et clerici debent merellos suos 

ibiasportare ». Ducange. /Kerallus. 

3Iài-elliei», sm. Marguillier : ne se dit plus guère. 

Lesdiz mareUiers nous ont affermé ne tenir, ne posséder autres 

héritages. 

9 nov. 1 172. Décl. des Marguill. de Mer. [Revue de 

L,-et-C., 2« ann.. p. 90.) 
Étym. Marelle, ci-dessus. 

^Iar£;'aiii9 .^//^ Sorte d'anguille: les mariniers disent que 
c'est le mâle, et les bonnes gens prétendent que boire son sang 
et un remède souverain pour guérir de l'ivrognerie. La Maison 
rustique (VL cliap. 16) donne cette recette : Prenez trois ou 
quatre anguilles toutes viues, mettez les tremper en vin jus- 
qu'à ce qu'elles meurent, puis faire boire de ce vin aux 
yurongnes. 

Étym. Origine inconnue. On entend dire aussi Mariain : on 
disait autrefois, et. en Languedoc on dit encore margaignon. 

Anguillas in marem et feminam distingunt. Marem vocant Af^n/a/'- 
72071 quod breviore, crassiore, latiore est capite. 

Ducange^ Margainon. 

^lai-g-oiilette, sf. Màcboire inférieure : se dit aussi dans 
toutes les provinces de l'Est. || Au ;?Z. Inflammation des am^^g- 
dales : Avoir les margoulettes ; se dit souvent pour « auri- 
peaux ». 

Étym. Mar, pour mal, malade, laid et gouleite, dimin. de 
goule, bouche. 

Mai'ielial, sni. Marécbal-forrant et même forgeron. 

Ung forgeron ou mariehault. 

R. EsTiENNE, T/ies. 

Étym. Ane. all'^ rrtarishalh, de marah, cheval, scalc, celui qui 
le soigne. 

Mariée, sf. || Nom donné par les villageois au mésentère 
du porc, dont ils se servent pour recouvrir les crépinettes. 



MAR 217 

Étym. Origine incertaine. Cette membrane étant sillonnée 
d'un réseau de filaments graisseux qui lui donnent quelque res- 
semblance avec une broderie, une parure de nicwlée, c'est 
peut-être de là que vient celle bizarre appellalion. Les cbarcu- 
tiers rap[)cll(uil crrphw (d'où crrphieffe) et la crépine est une 
ricbe passemenlerie. 

.\liii-i<»l4't9 sm. Sorte de [)runes violettes : Des i)runes de 
mariolel. on entend aussi (Wr/nai-iolel . 

Étym. Vowt Damafi violet. Cette altérai ion vient sans doute du 
voisinage de mariolet, marjolet, ancien mot qui signifiait : 
Homme qui a de l'extérieur, mais nulle valeur morale, cette 
prune, qui a de l'apparence, ne valant pas grand'cbose. {Mariolet 
vient de mnriole. poupée.) 

^lai;joii, .S//?. Pierraille ([ui couvre les terres arides, sté 
riles, ramassée en las : Faire un marjou au bout du « rayage ». 

Une boissellée de vigne as^size aux F^osseblanches dite paroisse 

(St-Denis), joignant d'aval au Seigneur de St-Denis et d'amont a ung 

niarjou. 

14 déc. lOST. Arch. L.-et-Cli. G. St-Denis-sur-Loire. 

Abattant de sollerre sur le Gav a cause de sa femme et d'autre sur 

des marjouj' et frisches. 

17 déc. 1718. Arch. L.-et-Ch. G. P»« St-Laumer. 

Étym. L'anc. français avait meurgier, meurger, qui subsiste 
encore en Lorraine, même signif.. mot traduit en bas-latin par 
Niurgerinm. On trouve aussi dans Ducange raercurius, qui a la 
même signification. 

^lai-lé, ^lai-lée, sui. el sf. Sorte de drague, faite en forme 
d'une grande « nuirre » en tôle à bords relevés et percée de 
trous. 

740 Une m^trlée à curer rivière et son manche de bois estimé vingt- 
cinq sols. 

;}0 nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Étym. Très probablement « rruirre ». 

Mariiieiiteaii, sm. Pied primitif de chacun des arbustes 
dont l'ensemble forme une baie vive. 

Il a été planté une borne distante du marmenteaii de la haye dudit 
sieur Talbert de sept pieds six pouces. 

16 mai 1806. Reg. des délib. de la mun. de Villebarou. 



•218 MAR 

^laroiielie^ sf. Le même que ÂMAROur.HE. Anciennement 
Ma route. 

La Maroute, qui est la Causse camomille 

LiÉBAUT, Mais, rust., V, 5. 

Mai-i-e, sf. Oui il. le premier du vigneron. Il se compose 
d'une lame de fer bordée d'acier, pleine, rectangulaire, sur- 
montée d'une douille dans laquelle se fixe le manche qui forme 
avec la lame un angle plus ou moins ouvert. 

Étym. Lat. /narra, o^rec u.dçjpov. même signification. 



i^ • M 



3larrei> ce et a. Travailler en se servant de la « marre ». 

En ce lieu, les paisans ne marrent la terre. 

M. COCCAÏE, 1. XIV. 

Maïa-eux, srn. Homme qui « marre ». Ij Vigneron, se dit un 
l)eu par plaisanterie. 

Aprez qu'ilz eurent beu. lesdiz raarreux s'en retournèrent beson- 

gnier audit courtil. 

14G3. DucANGE, marrare. 

Mari-ier, s/ji. Vigneron ; mot disparu. 

Saiclient tuit que, comme le marrier ou le vigneron de Blesois 

7 fév. 1204. Statut des vignerons blésois, Dupré, 1890. 

31ai-roiiiier9 va. Pester, endêver : Je vais le faire mar- 
ronner: se dit aussi en Picardie, en Berr}^ et en Normandie. 

Étym. Peut-être forme différente de marmonner, quoique le 
sens ne soit pas absolument le même. 

MarNaiile, sf. ou m. Marsault, sorte de saule, salix 
capraea : Une marsaule toute tortillée. 

Ils pincent les boutons des arbres, entre autres ceux du marsaule. 

BuFFON, Le Verdier. 

Étym. Mar pour mal, mauvais, et saule. Ducange dit saïUe 
mâle. 

Masa^ ('ma-zâ^ sm. Marais. || Terres basses, et généra- 
lement très fertiles, qui entourent les villages et qui sont sou- 
vent plantées en jardin. Ce mot aujourd'hui semble spécial à la 
paroisse de Villebarou. 

ÉTYM. Marais. (Voyez % prélim. PRONOXCIATION, R). 



MAT 219 

Item donne a lousioursmais a la boeste des Trépassez dud. 
Villebarou deux planches de marais. 

20 juin 1597. Arch. mun. Villelnirou. vol. 1072, f'^ GS, r«. 
Une maison, jardin, inarois, et toute l'appartenance d'icells. 

28 avril llilO, ibic/., vol. Kill. 

.^IsiNe (in;i-/o). .s/". Mwvo di^iii : lîaiiiiicr ses chevaux dans la 
mase. || La inase du sang : Nos villageois ont cru l(>ngleni[)sque 
tout le sang du corps venait d'une sorte de réservoir situé aux 
environs du C(eur : « I va kerve la mase du san<^ ». 

^laNNe, adj. inv. Ne s'emploie guère que dans la locution : 
Du pain masse, du pain dont la pâte est épaisse et sans yeux. 

Étym. C'est le subst. masse employé adjectivement. Lat. 
massff, grec pa^^^, pâte. 

MaNNoiiiiiei'9 sm. Appendice en forme de ciseau situé sur le 
dos de la serpe, et qui sert à abattre, en massant, les « sarchants » 
trop forts ou trop mal placés pour pouvoir être tranchés par la 
lame. 

Étym. Augm. de onassc. 

:ilastoe, oqiie (mass-toc . adj. Epais, mal bâti : Un gros 
mastoc. cette iille n'est pas laide mais elle est trop mastoque. 
Matériel, grossier, fait sans art : Une table mastoque. 

Mais ce que je ne pourrais jamais arriver à rendre c'est cet 

air de candeur, d'ingénuité, d'exquise fraîcheur faudrait pas em- 
ployer de substantifs, pas d'adverbes, rien que des adjectifs, et encore 
ça serait trop mas toc ! 

Léon Gandillot, Le Chat noir, 22 août 1891. 

Étym. Mrfssc et fnc dont lorigine est difficile â déterminer. 

Matei- («e)* ^'''- Se dresser sur ses pieds de derrière, en 
parlant dun animal, se cabrer, en parlant d'un cheval. || Fig. 
Parler, riposter avec véliémence. et même avec emportement, 
se rel)iffer, se révolter. 

Le 13 janvier 1813, l'Europe matée sort de sa léthargie et se révolte 

contre César. 

22 septembre 18DI. Journ. l'Eclair, p. 1, cc»l. ô. 

Étym. Se dresser comme un //làt. 

Matiâ;*auf1, aiide, sm. etsf. Petit malin, petit « mâtin » : Un 
petit mâtigaud de drôle. (1 Interj. qui marque l'étonnement 



220 ^[AT 

avec une pointe d'ironie: Comment, te voihï déjà caporal? 
Màtio'aïul ! tu montes vite en grade. 
Étym. Dim. poli de « ///afin. » 

Matin, îiie, s.eiadj. Malin, sujet à caution : Ne le laisses 
pas fréquenter ta fille, il est si matin ! Il est à remarquer que 
Rabelais emploie ce mot dans le sens, absolument opposé, de 
lourdaud, imbécile : 

Accupse, Balde, Bariole et ces aultres vieulx mastins, qui 

iamais n'entendirent la moindro lov des Pandectes. 

Rau., II, 10. 

Il Espiègle. 

Petite vilaine, inastine. 

X. DU Fail, Cont. d'Eutr., II, p. 111. 

Il Inicrj. qui marque Tétonnement : Matin ! comme te v'ià 
cossu ! 
Étym. Matin, chien ^ 

MAtii-, va. Flétrir, faner : Màtir la salade en la remuant 
maladroitement. || Vn. Devenir mâti. || Se màtir, t/\ Devenir 
inàti. se flétrir : Un bouquet se mâtit bien vite. L'ancienne 
langue avait aussi ^'amatir : 

Les jeunes et tendres fleurettes se seiclient et amatissent quand 

aucun accident leur advient. 

Louis XI, Nouv., 12. 
Ktym. Mot. 

.^laii, sm. Mal, abcès, furoncle, panaris, ulcère. 

Esclaf ou Esclave. . . . qui soit mesel ou meselle (lépreux), ou que 

il chiot mauvais mau. 

Le Reclu de Maliens, ap. Duc, Miselli. 

Mstiiri-aiie, aiiclie, adj. Qui n'est pas franc du collier, qui 
ne veut pas tirer, en parlant d'un cheval, d'un àne. 

^Iaii$-i'a^'ei> vn. Malmener, rudoj^er. 

Étym. C'est le même mot que maugréer, avec la prononcia- 
tion locale. T7>?/e:r RuDAGEB. Anciennement maugréer était 
emplo^^è activement : 

Maugréer Dieu, maugréer sa vie. 

OuDiN, Dietionn. 

Maiisoiiirraiit, te, /nJj. Qui souffre difficilement la 
contrariété, peu endurant, hargneux. 



MEL 021 

.\léei-iMlî (dans la camp.: mô-ker-di). .s-;;;. Mercredi. 

La plus saine opinion et le meilleur usage est donc non-seulement 

de prononcer, mais d'écrire mecredij, sans r, et non pas mercredij. 

Vaugelas, Remarques. 
.^IcMlée, spr. Amédée. 

]%1im1oi% spr. Xoiii de chien : Donner des confllures à 
Médor. faire plaisir, rendre service à quelqu'un qui n'en est pas 
digne, ou qui ne sait pas en être reconnaissant. 

Étym. Médor est le nom de lun des héros du Roland furieux 
de l'Arioste, dont les aventures avec In belle Angélique ont été 
popularisées par l'imagerie dEpinal. 

^\lée, .sY. Mère : Ta mée. sa mée {Vot/cz Mkmke). 

MèlaiMle^ .s/'. Anciennement, mélange de blé. surloul de 
blé de mars, et d'orge, pour la nourriture du pauvre monde : 

Vingt troys boesseaulx de l^led mesteil et neuf boesseaulx. de 

mel larde. 

22 nov. 1578. Arcli. de Villebarou, vol. 1(172, f'î 2, v". 

Un monceau de meslarde ou il peult avoir demy-muid. 

15 sep. IGH). Invent. Pineau, p. 4:i Arcli. L.-et-Clli. 

B. Baill. de Blois. 

Aujourd'hui, mélange de différents grains et graines pour la 
nouri-iture des bestiaux, et, spécialement, mélange d'orge et 
d'avoine pour l'engrais des cochons. 

^lèlo, .S'/". Nèfle, fruit du « mêlier I ». 

L'année des grosses mesles, car les troys en faisoyent le boisseau. 

Rab., II, I. 
Mèlîe, sp/\ Amélie et aussi Emilie. 

I. M*»lîei> .s?/?. Néflier : Les mèliers s<jnt rares chez nous. 

L'n mesUer nouailleux oinbrage le portail. 

RoNS., Ed., 2. 
Etym. Lat. NiespUi's, mém(^ signif. 

IL Mèlîei>.s;;?. Cépage qui donne un vin Idanc de qualité 
supérieure, à peu prés disparu de nos contrées, aujourd'hui 
qu'on préfère la quantité à la qualité. Il a été remplacé par le 
mêlier du Gàtinais qui donne un vin très inférieur. 

L'vn se nomme le mesUer commun, qui est de grand rapport 
(probablement notre blanclieton), l'autre s'appelle le gros mesUer 
qui a le bois et le fruict aussi plus gros (mêlier du Gàtinais^ ; et 



222 MEM 

l'autre s'appelle le franc jncslicr qui rapporte le meilleur fruict de 
tous, et le grain plus séparé île mélier disparu). 

LiFBAUT, Mais, rust., VI, U. 
Item M. Arnaut nepveu de M. Goutlaut a marqué neuf pointons de 
meslier dans notre cave a 4.") 1. prix fait. 

7 sept. l(îî>6. Journ. des choses remarq., Saint-Laumer, f' 2. 

Étym. Lat. n}cL miel. «î cause de la douceur du raisin. 

.^loiiiée, .s/". Ma mère, mot d'eufaul dont tout le monde se 
sert, jeunes et vieux. C'est le maman de nos campagnes, avec 
cette différence que, représentant en réalité les deux mots 
ma mère, il est toujours employé par la l'*' personne, sans 
article et sans adjectif. Il serait impossible en effet de dire : Ta 
bonne memée. ta bonne ma mère, tandis qu'on dit : Ta Ijonne 
maman. 

Par ma fé, mon deux amy, mon fiston, c'estoil memère. 

N. DU Fail, Cont. d'Eutrap., I, p. 118. 

.^Ieiiafi;-e9 sm. Façon dont se comporte une voiture en 
roulant : Son tapecul est d'un mauvais ménage. || Train de 
culture : Il fait valoir cinq arpents de vigne, et au moins deux 
cents boisselées de terre, c'est un grand ménage. 

* 

Etym. Mener, conduire et diriger. 

Meiiei> t'ji. Il Etre en tête, être le premier : J'ai le numéro 1, 
c'est moi qui mène. || Commander : Dans ce ménage -là, c'est la 
femme qui mène. |t Loc. N'en mener pas large, être tourmenté, 
souffrir pbysiquement ou moralement : On vient de l'opérer 
d'un cancer, il n'en mène pas large. Quand les gendarmes 
l'ont arrêté, il n'en menait pas large. En mener large, au 
sens propre, serait conduire une voiture largement et abon- 
damment cbargée. attelée de beaux chevaux superbement 
barnachès. et, au figuré, être riche, puissant, par ext. vaillant, 
bien portant. Comp. Fiscal. 

Meiierelle^ sf. Manivelle : La menerelle d'un puits. 

Enguerran prist la menecelle ou manche de treulle d'un puis. 

DucANGE {treii), 

qui a peut-être pris un /' ytourun /•.• c'est une erreur de lec- 
ture assez fréquente. 
Étym. Origine inconnue. 



AIEX 223 

.\leii€'t«mt, .s//?, et /'. inv. Gens sans aveu, nomades qu'on 
rencontre sur les routes et qui logent dans des voitures. Quand 
ce sont des nionlivurs de bêtes, on les appelle ?ncneti.r de 
loups. 

Etym. Mener lovi ce qu'on i)0ssêd(' avec soi. 

I. Moiiiaii, sm. « Beguaud ». nigaud, dadais : Un grand 
« niéniau ». 

Étym. Origine inconnue. Peut-être est-ce le même que le mol 
suivant. 

II. .^léiiiaii^ S//?, cladj. Nom qu'on donne au goret (juand il 
n'est plus cochon de lait, et pas encore tout a fait adulte : Ca 
n'est encore qu'un mêniau. mais ça fera une jolie hête. 

Dans les tels a porcs dud. logis a esté trouvé unze porcs inesnecnu. . 

10 avril IGIO. Invent. Brethan. Arcli. L.-et-Ch. B. Haill. de 

Blois. 

i'yS^ Un porc me^neau avec son auge ou dalle de pierre estimé 

trente livres. 

30 nov. ]782. Règlement. Arcli. H. Johannet. 

Étym. Origine incertaine. Peut-être diminutif de menu, 
quoique l'accent très appu^'é du c rende cette ét^^mologie dou- 
teuse. Y aurait-il quelque rapprochement à établir entre ce 
nioieijjienon: 

Ces boucs chastrez en quelques endroits appelles menons. 

01. DE Serre, IV, chap. 1 1. 
Ital. hienno, châtré. 

\le11ite9 sf. Menotte, petite main, mot d'enfiint. 

Meiiiiequiii,^;;?. Mannequin, sorte de panier d'osier haut 
et sans anse : Un mennequin de jardinier. || Fifj. Homme sans 
caractère, à qui on ne peut se fier : Un vieux mennequin. 

Étym. Dim. de rùannc, sorte de corbeille. (Quoique le sens fi- 
guré tienne assez naturellement au i)ropre, par assimilation 
d'une tête sans cervelle avec un panier vide, on pourrait ce- 
pendant admettre que mennequin, (Idiïi^ ce second sens, vient de 

V'à\\Q\\\\i\\(\Mannchen, petit homme. 

^leiioireN, sf. i>i . Les limons avec leurs accessoires, par 

opposition à « chartil » : Le chartil est usé, mais les menoires 
sont encore bonnes. || Lisière pour mener les enfants et leur 
apprendre à marcher. *< àtas >. 



224 MEN 

Meiioiiille, 6/. Argent, monuaio: ne se dit an'en plaisan- 
tant : Il a de la menouille. 
Étym. Probablement de menu, menue monnaie. 

3leiiti, .s///. Mensonge : Il m'a conté des mentis. 

x^leiitoiiiiièi'e^ sf. Saillie horizontale qui termine chaque 
rayon de la roue du pressoir, et qui sert à maintenir le câble. 

.Iléiiiiit, s,, t. Minuit. 

Apres menuit entre deux sommes. 

Al. Cmartii:r, Drb. du réveille matin. 

.^ieiiM^ei-îo, N/'. ^lenuiserie. 

Plus payé a Denys Cliantereau trois liui-es clouz'3 sols pour [)lu- 
>ieups besongnes de menuserie. 

11)0."). Cp*"^ de la marelle. Eglise de la Chaussée- Saint-Victor. 

Meiiù^sier^ sm. Menuisier. 

A Marcel Frérot, menusier, pour ung jeu de bille qu'il a faict en la 
salle du bal au chasteau de Blois. 

xvr s. DE Laborde, Emaux, p. 387. Paris, 1853. 

.\leini«serîe, sf. Vétille, affaire, occupation sans impor- 
tance : Il ne s'occupe qu'à des menusseries. 1| Alinutie : Il est 
dune menusserie qui ne passe sur rien. 

Mei*cel<»t, f^m. Petit colporteur : J'ai acheté cette image à un 
mercelot. 
Etym. Dim. de mercier. L'ancienne langue avait mercey^ot. 

.^It^i'e, sf. Il .Teu d'enfants : Jouer à la mère. Un enfant se 
place la tête au mur, en courbant l'échiné. Chacun des autres 
joueurs saute dessus, et. quand il est bien à cheval, lève en l'air 
un certain nombre de doigts quil donne à deviner au patient en 
disant: Combien? Si celui-ci ne devine pas, l'autre lui dit: 
Mange du son: mais s'il devine, il cède sa place au sauteur. 
Comme la monture se trémousse fortement, le cavalier, ne 
devant pas se servir de ses mains pour se maintenir, 
est souvent désarçonné, et alors il est obligé de se mettre 
à la suite du premier patient et dans la même position. De sorte 
que les derniers sauteurs ont une quantité de montures à fran- 
chir, sans toucher terre, bien entendu. i)Our arriver au premier 



MET 225 

sur le dos duquel ils doivent faire leur question en levant les 
mains. 

ÉïYM. Probablement corrupt. de l'ancien français Mok/i-c. 
jeu encore pratiqué en Italie où on rappelle raorrn avec lequel 
le jeu de la -mère a une certaine analogie. 

^lei-leaii, .s///. Petit du merle: Pror. Pâques bas ou baut. y 
a des merleaux de drus. 

iMei'liise^ sf. Âiiesse : Ma grand'mère avait une vieille 
merluse. 

Étym. Abrév. de Mcriusine, pour Melasùu\ fée des contes 
celtiques qui. paraît-il. avait la voix forte, car on dit Cris de 
mélusine. pour cris violents. Peut-être est-ce le braiment de 
Tanesse qui lui a vaki. par com[)araison, Ibonneur de ce 
surnom. Peut-être est-ce simplement une antipbrase. les 
ânesses, celles de cliez nous du moins, nayant précisément rien 
de féerique. 

3lot (mé). sf. Maie, buclie à pétrir et à mettre le pain. 

Et la (mon nez) s'esleuoit et croissoit comme la paste dedans la met. 

Rab., I, 10. 

Table a liette fermant a clef, deux banselles, une met. 

28 avril 1640. Arch. mun. Villebarou, vol. lOl 1. 

Il Proi\ Le couvercle est moins grand que la met, les souris 
mangeront le pain, se dit par plaisanterie, à un mariage, quand 
le mari est moins grand ou moins gros que sa femme. 

Il Tablier du pressoir. 

Ou le gay vendangeur de ses pies crasseux foule 
Trépignant sur la met la vendange qui coule. 

J. A. DE Baïf, Ed., IV. 

Il Ilucbe. grande boîte où tombe la farine en sortant de 
dessous la meule. Aujourd'liui que tous les moulins blutent, la 
met ne sert plus qu'a recevoir les « pâtées ». 

Oi" Une vieille met, avec trente fuzeaux et alliclions. 

30 nov. 17X2. Règlement. Arch. II. Johannet. 

Mèt^^adJ. j/f. Vin méte. vin nouveau quon a empècbé de 
bouillir pour lui conserver sa douceur native. 

Étym. Orig. incon. Peut-être pour maté, de mater, abattre, 
dompter. Littré dit mufer, de ?m(t, muet, rendre muet, inerte. 

15 



226 



MET 



Métier, sm. \\ Utilité, besoin, dans la loc. faire bon métier : 
Si j'allais demain « racler ma plante? » — 11 ferait bon métier : 
ce serait à propos. 

Mais bon droit a bon niestier d'avde. 

Villon, Bail : Faulse beaulté. 

Meiibliei» 'à la camp. meii-l)ei-ye), s/n. Mobilier. 

MeiieliOf sf. Mèche : La meuched'un fouet. 

Une arquebouze a meuciie garnye de sa bandolliere et fourchette. 
I(i21. Invent, de Beaiine, p. 15. Arcli. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 
Urig coiippouer a faire de la meiiehe. 

16:21. Cur. et invent. Brethon, p. 10, ibid. 

!l Loc. Il n'3" pasmeiicbe (ou mèche), il n'3^ apas moj^en. Mèche 
ici semble être un autre mot et venir de l'ital. rnezzo, mo3^en. 

Meiix, Meuse, adj. ]\Iùr. mûre : Un raisin meux. une 
pomme meuse. 

.^liale, sf. Xe s'emploie que dans la loc. Taire sa miâle. 
cesser de faire du bruit en pleurant, en « grissant », ou même 
en bavardant, en chantant ; ne se dit qu'en parlant aux enfants. 
Ce mot semble usité siiécialement dans les faubourgs de 
Blois. 

Étym. Subst. verbal de miauler ? 

Mîeiuoiiae, srn. Micmac, situation, affaire mêlée, em- 
brouillée. 

Mîelie, 67;/'. ]\Iichel. 

.^lîette, .s/: Il Une miette se dit i)0ur un peu de n'importe 
quoi : Donnes moi une miette de lait. 

.\li^-|H>]et, .S///. T o^(^.^ LlGNOLET. 

.^li^-iicHi, «iiiiie, adj. \\ Père, ou grand-père mignon, 
arrière-grand-père : Mère, ou grand'mère mignonne, arrière- 
grand'mère. || Adv. Faire mignon, donner un baiser : Fais-moi 
mignon. On dit aussi faire un mignon : Il m'a fait du bout des 
lèvres un petit mignon. 



Mig-iiouiie^ sf. Maîtresse : Il avait une mignonne en ville. 
A Pâques, quand il falloit se confesser, le même carosse qui alloit 



]\IIN 227 

quérir le confesseur euimenoit les rai<jnonnes, et les reprenoit en 
ramenant le confesseur. 

Tall. DES RÉAUX, Le Conn. de Lmjnes. 

."Ilillai-ile (nii-iar-(le;. s/\ Sorlo d'herbo sauvaf]^o, selaria 
viridis. 

Étym. Mi/, millot, et le suff. péj. (wde. mauvais millet. A 
Saint-Denis et à Villebarou on dit miUdi'hc. sans doute par 
influence du mot herbe : en Beauce on dit nùlUi.rd. 

MiiiçMMM SNt. (lesse tubéreuse, latbyrus luberosus. [)lante 
sauvage qui produit des petits tubercules d'aspect brun, â cliair 
blanche qu'on peut manger après les avoir cuit sous la cendre. 

Ètym. Orig. inconnue. Ne serait-ce pas pour rmtsson, du lat. 
riius, rat, souris, ce tubercule étant appelé ailleurs sovris de 
terre ?Littré rappelle macuson. 

.\lîiie, sf. Autrefois la moitié du setier. la mine, par une ana- 
logie naturelle, est devenue la moitié de Thectolitre qui, lui- 
même, s'appelle aujourd'hui setier, en Beauce. 

Peuple rira 
Bled ceui liera 
Septier pour mi/nne. 
Crétin, Nativ. de M(f Francotjs, p. KJU. 

Étym. Lat. et grec hemina, mesure qui contenait la moitié 
d'une certaine autre. 

Minée, sf. Ancienne mesure agraire contenant quatre 
boisselées. comme la mine ancienne contenait quatre boisseaux: 
ne se dit plus guère. 

Receu de Denis Bordier huict livres pour deux années de ferme de 

deux boisselées de pré Receu de Denis Gobillon seize livres 

pour deux années de ferme d'une minée desd. prés. 

1071). Cp*" de la marelle. Égl. de la Chauss.-St-Victor, p. 4. 

Minette, sf. Lupuline. plante fourragère, medicago lupu- 
lina. 
ÉTYM. Celt. min, petit: on appelle aussi cette plante petite 

luzerne. 

Minot, sm. La moitié d'une mine, mesure de grains. 

La mine se divise en deux minois et le minot en deux boisseaux. 

Fourré, Cont. de Blois, p. G07. 



2*28 ^rio 

Y avoii^j trouvé un minot et son rouleau dessus. 

28 avril 1T'.),S. Arch. mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Ge mot n'est plus guère usité en Blaisois: il s'est conservé en 
Beauce. 

Miot, sm. Morceau de pain débité menu, émietté dans du 
vin. Il ;^^ettre en miot, mettre en miettes, broyer. 
Étym. Mie de pain. 

^lîotée, sf. Le même que Miot. ci-dessus. 

.^■îriïei- (mir-ge). srn. Probablement le même cfue Mar.tou ; 
aui(Uird"liui inusité. 

Al)iUtant de galler. sur les mirgers des Beauvois. 

1()T3. Arch. dép. L.-et-C. G. In vent, de la fab. St-Denis, 

Mirliton, s/i*. Petit morceau de verre étamé encliassé dans 
la couronne d'un porteur de châsses, pour imiter le diamant et 
autres pierres précieuses. 

Autrefois, le porteur de chasses de la Chaussée-Saint-Victor ne 
consultait que son goût et ses ressources pour la confection de 
sa couronne à laquelle il donnait, par tradition, la forme de la 
couronne ro^'ale surmontée de quatre demi-diadémes. La car- 
casse de carton et de fll de laiton était recouverte d'étoffes de 
soie de couleur voyante ornées de franges et broderies de canne- 
tille, ou plutôt d'oripeau. et semées de perles et de mirlitons. 
Comme cette coiffure ne tardait pas à se faner et à se déformer, 
on imagina, il y a une trentaine d'années, de la remplacer par 
une couronne de tôle peinte, d'un modèle uniforme. Celle-ci, 
du moins, est immarcescible et incassable : mais elle a perdu en 
l)ittoresque ce qu'elle a gagné en solidité. 

Étym. Dimin. fantaisiste de //u'ro^r .? c'est l'opinion générale 
de tous les anciens porteurs de châsses. En tout cas, il est im- 
possible de trouver la moindre analogie entre ce mirliton et le 
jouet qui porte le même nom. 

Mi.se, sf. Terrain en friche qui n'a jamais été cultivé : La mise 
Daudin, place du bourg de la Chaussée-St- Victor, Ce mot s'em- 
ploie le jjIus souvent au pluriel : Les mises de Macé, les mises de 
Carcel : mais il disparaîtra bientôt avec la chose, la charrue et la 
marre pénétrant aujourd'hui partout. 



MOI :>29 

Toutes les terres, i^astines, meises, deserz etajonz. 

1310. Arcli. Loiret, ap. GodelVoy. 

Demi-arpent de terre assis en Cliamploy abuttant d'un l»out 

vers amont sur les mises du dit lieu. 

déc. Kiôl. Arch. L.-et-Ch. G. Fabrique St-Victor. 
Joignant degalerne le chemin de St-Bohaireà Champigny, abutant 
d'aval sur le chemin de Croteaux à Blois, et d'amont sur la mise. 
7 déc. 1780. Bail Croûte Seiche. Arch. H. Joliannet. 

Étym. Origine inconnue. Le latin myricœ a signifié, au 
mo3'en-âge : tcrrœ inciiltœ, vcpribits et diimeiis ahundantes 
(Ducange). C'est bien la définition de notre mise. 

^liHtuti^sm. Amoureux, « bon-ami », fiancé : Je viens de ren- 
contrer tonmiston mis comme un préfet. 
Étym. Ancien français miste, joli, gentil, bien paré. 

Miistoiiiief sf. « Bonne-amie », fiancée. 
Étym. « Mis ton ». 

Miistraiiee (miss-tran-se), sf. Mot employé seulement dans 
la conversation badine avec une grande variété de sens : Il est 
venu avec toute sa mistrance, avec toute sa famille. — Tu es de 
la mistrance qui mène la commune, de la coterie. — Voilà toute 
la mistrance qui dégringole, un tas de choses quelconques. 
etc., etc. 

Étym. l^onr mais trance, de ruaistre, maître. Le sens primitif 
et sérieux a dû être tout ce qui est sous l'autorité d'un maître, 
la famille, y compris les domestiques. 

Mitaii, Sut. Milieu : Il était au mitan de la place. Ce mot 
était autrefois d'un usage universel. Voyez surtout Brantôme. 

Étym. Mi, ail' rnitt, milieu. Anciennement mitan se disait 
aussi pour moitié. Encore aujourd'hui en Beauce on dit : mitan 
l'un, mitan Vautre, pour moitié de l'un, moitié de 1 autre. Ital. 
meta, mita, moitié. 

Mixtoii^ S/if. ? 

Deux brocs d'estain douze mixtons, dix salières. 

1677. Inv. des meubles. St-Laumer, fo 18. r**. Arch. L.-ei-Ch. 

Moine, sm. Toupie, jouet d'enfant : Jouer au moine, un 
moine en « bonis ». 

La (Gargantua) iouoyt au moijne. 

Rab., I, 22. 



230 MOI 

Étym. Origine inconnue. On disait autrefois: donner ou &rt?7- 
Icr le moine : Q'é{'M[ une malice de gamin qui attachait avec 
une ficelle le gros orteil dun homme endormi, comme il eut 
fait d'un moine, et le tirait de temps en temps. Bailler le inoine 
IKvr le cou, c'était pendre. 

I. ^loiii^oii,, sni. Le même que ^IiX(;ox. 

II. 31oiii^oii, sf. La quantité de lait fournie par une traite, 
pour une vache : Je viens de tirer une honne moinson. 

On disait autrefois aussi moison et moisson : 

Cheureaulx moissonniers (chevreaux de lait). 

Rab. , Ij 3 1 . 

Étym. Lat. //lulsus de 7nulgere, traire. 



.^loiroii (les anciens disent encore moi-zon). S7n. Mouron, 
nom qu'on donne à deux plantes très communes qui ne sont 
même pas de la même famille, lanagallis arvensis (primulacées). 
et l'alsine média (car^^oph^ilées). 

Étym. Orig. inconnue. 

Molèiie, sf. Il Jamhes de moléne. jambes molles, qui 
fléchissent sous le poids du corps. 

Étym. Cette expression est-elle forgée de )/wl. en jouant avec 
le mot molène. plante qui pourtant se tient droite, ou vient- 
dle de Tital. ancien molena, mie de pain ? 

Molette, sf. Os à tête arrondie : La molette du genou. 
Étym. Par comparaison avec une moletle. pilon. 

.\loli1i9 shi. ^Moulin : Tous les ânes ne vont pas au molin. 
C'était la forme la plus usitée anciennement : 

D'une tour ung molin à vent. 

Villon, G'^ Testament. 
Proche Sainct-Vicior au lieu appelle Champ des molins. 

160.'). Inv. de la g'^« marelle, p. 22. Arch. de l'égl. de la 
Chaussée-St-Victor. 

.^loliiiet, .S///. Moulinet, sorte de treuil : l'n molinet de 
charrette. 

Les cloches furent descendues de St-Sauveur par 3 

molinets, i'un sur l'autre, avec 3 gros câbles. 

1710. Journ. de No(d .Janvier, Le Loir-et-Cher hist., 1892, 
p. 1 10. 



:^[0X 231 

Molivaiilt et S5iiiil-l>ycS Pror. C/esl. ou ce n'est pas 
Molivault et Saint-Dyé. c'est-à-dire uik* merveille de ferlililê. 
de richesse, comme ou dit ailleurs : Ce nest [)as le Pérou. 

Étym. Montllraull et Sdiiil-Dyé sont deux communes riches 
et fertiles, -situées sur la rive gauche de la Loire, à l'i et 15 kil. 
en amont de Blois. 

^lolletoii, .S///, (irumeau. petile houle [irotluite i)ar la larine 
dans une opération culinaire mal réussie: T'ne bouillie pleine 
de molletons. 

ih^Y^r. MoJJet. un peu mou. Littré dil Motions (|u"il fait venir 
de motte. , 

.^loiiécN sf. Pochée de larine ou de blé. 

Devons moire no [)ropre molnée a tousiours poLir uieni al inuliii 
devant dit. 

Charto de 1212. Mnr. JGO, f*^ SO, v. Ricliol. ( Godefrov). 

Il Pa/' cxt. sur la rive gauche de la Loire, le contenu d'un 
panier, d'une corbeille, etc. Mais ici nuhiéc est peut-être dit 
abusivement pour raànée, de manne, corbeille : 

Certaines mariées de sel qu'ilz avoyent a Gueret de rante. 

1417. Arch. mun. Guéret. Soe. arc/iéol. de la Creuse, 1877, p. 70. 
La ville (Blois) fit ses présens de 21 Ijouteilles de vin, trois mânes 
de pèches, de biscuit et maspin et de raisins muscats. 

171(). Noël Janvier, Le Loir-et-Cher hist., 1S'.)2. p. 1 18. 

Étym. Ancien franc, moire, moudre. 

iMoiiHtreiix, oii«e, adj. Monstrueux, euse. 

Les Centaures étaient animaux monstreux. 

J. DE MoNTLYARD, p. G95, ap. Talbcrt, p. 25ri. 

^loiitée^ sf. Il Escalier : mot disparu. Voyez \iv. 

Dans la montée dudit logis. 
21 nov. 1617. hivent. Prés, de Metz, p. 25. Arch. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

Aloiitrée, sf. ? 

Une petite montrée de laine non blanche. 

19janv. 17GG. Vente, f-^ 28. Arch. H. Johannet. 

Une petite montrée de cuir usée employé en billot et autre harnois 

usage de chevaux. 

Ibid., f° 38, v°. 



232 MOQ 

Hloque.» sf. Moquerie : 

Mais il leur est advis que c'est moeque. 

Bon. DES PÉHiERS, Contcs, t. I, p. 1 40 (AmstercL, 1735). 

Il Prov. Au moqueux la moque, au bossu la bosse : Celui qui 
fait profession de se mocqver est sujet à sovffy^ir la mocquerie. 
(Oudin. Cirrios.) 

MoiMlaeliei> va. Mordre légèrement et fréquemment, mor- 
diller: Un ebeval qui mordâche sa longe. 

Mortiiaille (mor-tu-â-^^e), sf. Acte de décès; mot aujour- 
d'hui disparu. 

Registre des inortuailles. 

16(30. Arcli. mun. La Cliaussée-Saint-Victor, vol. 2. 

Mortuel, aclj. Mortuaire, dans Drap mortuel : 

Une chappe de camelot noir et ung drap mortuel de velours noir. 
10 juin 1668. In vent, de la g^® boiste de Monteaux. 
Arch. L.-et-Ch. E. 688. 

Motte, sf II Motte de four, massif de maçonnerie que fait 
un four. 

A gauche est une cuisine servant de fournil, et dont la motte 

du four se trouve en saillie. 

7 sep. 1785. Arch. L.-et-Ch. A. Justice de St-Laumer. 

Il Être sous la motte, être mort et enterré. 
Étym. Gerrn. /noet, mot. petite élévation (Littré). 

Miittei> l'a. Ameublir la terre autour des pieds de, butter: 
Motter des pommes de terre. 

Moueean fne se dit plus guère qu'à la camp, où on le pro- 
nonce mou-sio), sm. Monceau. 

Lesquels grains estoient battuz et nestoiez en ung mouseau 

dans ladicte grange. 

1611. Afï'. Guig.-Pilorget. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Vng mousseau de bled mesteil que lad. veufve a dit contenir deux 

muid>. 

1618. Cur. et invent, de Beynes, p. 21, iOid. 

MoiielieN, sf. pi. Il Ahsoli. Abeilles : Il va soigner ses 
mouches. 

Moiiclieiix:, sm. Mouchoir. 



MUL 233 

lloiifle^ sm. Mufle : Un moufle de chien. 

Etant aproclié et les voyant (les Saints) ainsi gras par le moujle et 
les mains. 

Motj. de parvenir, II,.l()l. 

Mouillette, sf. Sperme. 

Moiileaii mou-lio, dans la camp.), sni. Merluche. 

Pour cent de mouleau, dix sols. 
1(3 avril 1774. Tarif des droits de subvention de la v. de Blois. 
Arcli. départ. Affiches. 

Étym. « Moulue ». 

.\loiilue, sf. Morue. 

Moulue au beurre frais. 

Rab., IV, 32. 

On a servi 2 fois la semaine au monastère la moulue, dont l'eau a 

servi à saler la soupe des pauvres. 

1710. Journ. des ch. remarrj., St-Laumer, fo .3(1, v". 

Étym. Ital. molua: mais il est peu probable que le français ait 
emprunté ce mot à l'italien. Orig. inconnue. 

Monte, sf. Chatte ; on dit aussi Moumoute ; mot d'enfant. 

Étym. Probablement mouton. 

Moii^^asser, m. Remuer continuellement et d'une façon 
désordonnée : Il ne fait que mouvasser. 
Étym. Péjor. de ((mouver ». 

Moiivei-, va. Mouvoir, remuer: Mouver un pavé, la salade. 
Il Vn. Se mouvoir, se remuer, aller et venir. 

Disant cela, il raouroit, et prend un surplis qui était à part. 

Moij. de parvenir, II, 100. 

Miiloii, srn. Petit tas : Mettre du sainfoin en muions. 

Sor le million s'est endormis. 

Renart, suppL, ap. Godefroy. 

Étym. Meule, tas de foin, de paille, de fourrage. En Blaisois. 
meule n'est pas usité, on se sert du mot bauge, mais 7nulon est 
d'un usage journalier pour désigner un tas de n'importe quoi. 

Muloter, vn. Faire « de la petite ouvrage », s'occuper à de 
petits travaux : ne se dit pas en mauvaise part : C'est un rentier 
qui passe son temps à inuloter. 



234 ^rus 

Étym. Mulot. C'est employer son temps comme un chien qui. 
dans les champs, s'amuse â déterrer les mulots. 

31iiNer9 m. \\ Tarder : C'est une fille hein adrette qui ne 
muse guère à faire une « charge )^ 

Attendez un peu, s'il vous plaît, que je sois revenue du four, je ne 

muserai guère. 

Moij. de parvenir, II, 325. 

Mii«^-i-ai$-iie (muz-gré-gn'). sf. Musaraigne, espèce de 
souris des champs â museau de taupe. 

Étym. C'est l'ancien museraigne dont Ve, prononcé fortement 
s'est transformé en {/ : 

Beletes, fouines, ratepenades, museraignes. 

Rab., III, 12. 

.^Iiiîii«er> m. S'occuper à des vétilles, en se donnant heait- 
coup de mouvement : Il ne travaille pas, il ne fait que musser. 
II Fureter. 

Étym. Lat. //ais. souris, rat. 

.^liii$)!»oiiiiei> vn. Musser. ci-dessus. 

Mii^oi^oiiiieux:, Miii^.soiiiiier^ s//i. Qui aime à « mus- 

sonner >>. 



^)0(c. 




>r 



isr 



X, s/ii.. Quatorzième lettre de l"ali)liabel, se place couime 
lettre euphonique : 1" Devant les verbes commençant par 
une vo3'elle (cet usage devient de plus en plus rare). 2o Devant 
un, une, en, on, y (là) et ?/ (à lui, à elle) : « Je n'aime bien les 
gàtiaux. je vas n'aller en achiter, et après je n'irai en porter à 
ma fillole. dans n'itn penier. Je n'en mangerais bien un petit, 
si n'on ne me vo3^ait pas : mais mon pée m'a dit : Vas n'y donc 
tout de suite et donnes n'y toujou ! » 

Près le pillior ou non met la chandelle delà marelle. 

8 déc IGO.j. Arcli. miin. Villel^arou, vol. 1672, fp ll.i, r". 

Et pour luy auoir fourny d'inie chemisse lorz cpje non la ensevely 
la somme de dix soûls. 

18 sept. 1030. Cpt« de la Charité. Eglise de la Chaussrc- 
St-Victor. 

y remplace souvent en devant un verbe commençant par une 
vo3'elle, par ellision du e : « Vlà des gàtiaux, je n' n'achiterais 
bein ». Le premier n est euphonique, comme il est dit ci-dessus, 
mais le second est pour en (l'oyez En. Chap. Prélim.. ^ IT. 
PRONONCIA TION). 

Xaîii, sjû. liai m. hameçon : On a deux nains pour un sou. 
Étym. On a remplacé l'aspiration du h de haim par un n 
euphonique et au lieu de dire un lumn, on a dit un n'ain. 

Xaiice, .s/. Nasse, sorte de panier d'osier qui sert à prendre 
le poisson. 

Lesquels alerent de nuit au molin de Courtangis pour lever les 
gommes ou nanees qui estoient ans portes ou escluses de la rivière 
dudit molin s'aucunes en trouvoient. 

l.'JOO. Duc ANGE, Nanca. 

Il Claie d'osier, de forme oblongue. à bords relevés, qui sert à 
différents usages: Cuire des pruneaux dans une nance. 
Étym. Forme nasalisée de nasse. 

Xappiii, sm. Tablier d'homme à bavette : ]\Iets ton nappin 
pour vendanger. 
Étym. Nappe. 



236 NAR 

Xai'i*ées (iià-rée). sf. pi. Bavardage, racontage : D'un rien, 
il fait des narrées à n'en plus finir. 
Étym. Xarrer. 

XAsîllei*, m. Véliller. s"amuser à des bagatelles, lambiner. 

NaC'iller, niiiellare. yinnellare, niveler (s'amuser à des riens). 

OuDiN, Dictionn. 

Étym. Xials. prononcé nUh, a fait niàser, et par métathése du 
/, nàsier, nasiller. 

Xàï^illeux:, sm. Qui aime à * nasiller », à lambiner. 

Xaveaii, Xaviaii, sni. Navet. 

Bounias en Grec, se nomme en Latin Napus. En Francoys Nauet 

ou Xaueau. 

Comment., ch. 63. 

Les Naueaux sont plus grands que les Nauets. 

01. DE Serr)-:, Théât.,W,l. 

Il Naviau fou. la br3'one, bryonia dioica. || Loc. C'est bein 
d'autres naviaux ! c'est une tout autre affaire. 
Étym. Lat. napetus, dim. de napus, même signification. 

Xàvi-er, va. Causer un froid très vif. transir : Ce vent-là vous 
navre. 

Xayei> (né-ie), va. No^^er. 

N'y ay garde de nayer 

Tant sçay bien le gué essayer. 

Rose, 22329. 

Mieulx s'arde, ou se pende, ou se naye. 

Ibid., 13810. 

^é^ljarl. passé diQ naître. || P/'or. Bienbeureux qui est bien 
né, c'est-à-dire, qui a une nature sans défauts ; se dit, par un 
sentiment de commisération blâmable, pour excuser un cou- 
pable, un criminel. 

Xeiitîlle, sf. Lentille. 

11 faut dire de la poirée et des nentilles avec les Parisiens, et non 
pas des bettes et des lentilles avec les Angevins. 

MÉNAGE, Curios. 

Xetticag-eot, s/a. Petit balai ou brosse de chiendent dont 



NU 237 

on se sert pour iiel loyer les « cageots » et les autres ustensiles 
emplo3'és à la confection des fromages. 

Xottis«a^e,.s//?. Action de « nettir», de netloy(n' les grains 
et les graines. 

Xettii-, va. Xettover. rendre net. 

Enfans bien nettiz. 

Hab., III, 13. 

En telle sorte que le tout (tout le bois) soit bien abattu et neitij. 
1G79. Vente de bois à Burv. BaU. de la Soc. Amis des Arts 
de L.-et-Ch.y t. I, p. Oô, 

Il Absolument. Netto^'er des grains et des graines au van ou 
au « tarât » : J'ai fini de nettir. 

.\iaii (gnoj. Sut. Xichet, œuf naturel ou factice qu'on dépose 
dans le nid d'une poule pour la faire pondre. || FUj. Somme ou 
pièce d'argent que l'on conserve, comme jiour en attirer d'autre : 
Je ne veux pas changer ce louis-là, c'est mon niau. 

Étym. Diminutif irrégulier de nid formé comme niée, nyée 
qui se disait autrefois pour nichée : 

Lequel suppliant avoit une nijée de grans poucins bons a mangei*. 

l.'WT. DucANGE, Nidalis. 

Xitl, sjji. Il Prov. Quand les feuilles sont tombées on voit les 
nids : se dit de choses qui ne sont connues que lorsqu'elles sont 
dégagées d'une foule de circonstances avantageuses qui les 
dissimulaient; s'applique surtout à une personne qui a vécu 
dans le luxe: quand la gêne l'oblige à réduire son train, de 
toutes parts les dettes apparaissent. 

Xi^e^ sf. Niche : Une nige à chien. 

Xîg-ée, sf. Nichée, les habitants d'un nid ou d'une « nige » : 
Une nigée de moineaux, une nigée de « chiaux ». 

Xîg-er, vn. Nicher, faire son nid. || Se loger, par plaisanterie. 
Il ]'a. Niger de la paille : se dit. lorsque le batteur lève son airée, 
de la paille trop courte qu'il arrange et masse avec le râteau de 
façon à pouvoir la lier. 

Xîjottei», rn. Passer son temps à vétiller, à « bernasser ». 
Étym. Dimin. de l'ancien verbe niger, même signification, du 
latin nugari, même signification. 



XIN 

Aine, sf. Xaine. || AdJ. Qui est de très petite taille : 
Des « balsamines » niiies. || La carotte iiine. jeu de garçons dont 
voici la description: Chaque enfant prend son mouchoir, le tor- 
tille en forme de corde et fait, à Tun de ses bouts, un nœud 
solide. Puis chacun, à tour de rôle, se plaçant sur une raie 
tracée par terre, se courbe et lance entre ses jambes ce mou- 
choir pardessus sa tète, le plus loin ({uil peut, celui qui Ta 
lancé le moins loin étant le perdant. Qe jeu se joue encore d'une 
autre façon. Tous les mouchoirs préparés comme il est dit ci- 
dessus sont étendus par terre, parallèlement, en ligne, à l'in- 
tervalle d'un pas. Chaque joueur doit franchir chacun de ces 
mouchoirs à cloche-pied, sans les toucher, et arrivé au sien qui 
est le dernier de la file, il doit le saisir avec les dents, en posant 
les mains parterre et en restant toujours à cloche-pied. Puis il 
se relève et lance son mouchoir derrière lui par dessus sa tête. 
Ceux qui manquent à toutes ces prescriptions ont perdu. 

Dans lune et l'autre manière, les perdants sont condamnés à 
passer et repasser une fois au milieu de leurs compagnons formés 
en double haie, qui les frappent à tour de bras du nœud de leurs 
mouchoirs, en épargnant la tète : c'est aux patients à i)rendre 
["allure la plus rapide. Ce jeu a du bon, en ce qu'il habitue les 
garçons à n'avoir pas peur des coups, mais il est la ruine des 
mouchoirs: aussi est-il sévèrement proscrit par les maîtres 
d'école, et surtout par les mamans. 

Xolile, 6Î//2. Il Cochon, porc à lengrais : « J'allons tuer nout' 
noble ». 

Étym. Cette expression a. dit-on, pour origine le mépris que 
nos laborieux campagnards professent pour les nobles auxquels 
ils comparent les pourceaux à l'engrais, parce qu'ils vivent 
noblement, c'est-à-dire à ne rien faire i Voyez Littré, Gentil- 
homme. Il 5^). N'est-ce pas plutôt simplement une antiphrase 
bouffonne et plus ou moins inconvenante, employée pour ne 
jias se servir du mot cochon ? Voyez Bèteau. 

Xoeliet, ette, «OJ. Qui m le goût difficile, qui n'aime que 
les mets de choix. 

Étym. Origine inconnue. Comparez ïngnocher. manger 
négligemment et par petits morceaux. 

Xocîal, sm. L'habit, la parure des jours de noces ou qu'on 



NOT 289 

portait le jour qu'on s'est marié : Au l 'i JuilhH. il sest mis dans 
son nocial. 

X<xMi(l9 shK II P)'oi'. Un ne peut pas lairc un «irous 
nœud avor une petite corde : Il est imi)()ssijjle de réussir, 
quand on a des moyens trop restreints. || Faire de 
grous nœuds : prospérer en fortune, en sanlé : « i;[»aîsan est 
trop malheureux. Jean Moreau ;ie cabaretier) ne f ra pas d'gnjus 
nœuds à présent ». — En parlant d'un malade : « L'mêd'ein Ta 
r'tape un p'tit pou : c'est égal, i nTra pas d'grous nmuds ... 

Xo^-ei' (no-jér*;. s/jl Xo3'er : Un grand noger. on di( aussi 
nouger (nou-ger'j. 

Étym. Il est probal)le que ce mol est de l'ancienne langue. 
Ducange a nojerms, et une planlation de noyers s'a]>p<dail 
nojeraic : 

Pour les chasteneraies et nojeraiea c'est-a-dire pour les lieux 
complantés universellement de chasteniers et de noiers. 

Oî. DF SEiiFîK, Tliênt. VI, cil. ;!U. 

C'est le même que noyer. Voyez AiiAOE. 

Xcmilu-iller, tY/. Couper le cordon ombilical à lun enfani 
qui vient de naître: : Cet enfant a été noml)rillé trop court. 

.\4Hiclai1i9 s}n. Le même que OxDAix. formé de ^ujndaîjt ». 
comme « nain » de haim. 

Xoiivaloîi>.s//^. État d'un bien non cultivé : Un « proparien ". 
qui laisse son bien en nonvaloir. 

X4u-e, Xoi'liie, .s7>/'. Honoré. Honorine. 

Xm-etiiiu'âiii, .\4M*itiii*eaii9 n. oladj. m. Coch<)n d(^ lait; 
mot disparu. 

Deux porcs niasles noretureaax. 

1()17. Invent. prés, de Metz. p. ôl. Arcli. L.-et-Cli. H. 

Baill. de Bîois. 

Dans les têts à porcs dud. logis a (?sté trouvé onze porcs mesneaux 

et une truye estimez à laison de cent sols pièce plus six aultres 

petits porcs noritureaux estimez à raison de xl* pièce. 

101'.». Invent. Hrethon, ibid. 
Etym. Nourriture. 

Xote, sf. Chant, musique : Francis connaît la note. 

Feu Pierre de >rorvilliers fonda trois messes l'une de 



240 NOU 

requiem a noie au lundi, l'autre du Sainct Esprit a note au mercredi, 
ei la tierce de Xostre Dame sans note au vendredi. 

1383. Inseript. tumul. Église St-Xicolas, Blois. 
Elle ordoneestre dict et célèbre le jour de son obiit XXIIII messes 
basses et deux a nolte auecques vigilles et letanies. 

7 janvier 15Ô4. Arcli. mun. Villebarou. Vol. 1672, f" 40, v". 

Xoiiàîlleiix, ense, adj. Noueux : Un tronc d'ormeau 
nouâilleux. 

Un meslier nouâilleux ombrage le portail. 

RoNS., Eel., 2. 

Xoue, sf. Il Petit cours d'eau : La noue des Bas-Louets. à 
Saint-Dvé. 

Abuttant d'un bout aux Religieux de Cisteaulx la noue des prez 
entre deux. 

1.511. Teirier du Monceau (Mer), f'' 1."), v*^. Arcli. 
L.-et-Ch. G. 

Xoiite, arJJ. poss. Notre, ce qui est à nous : Noute maison. 

Soûl comme on noute cochon. 

Xoël ancien. 

Xoùte (1^ ^1^ 1**)? ^^dj. poss. Le ou la nôtre : Ce n'est pas 
voûte tour, c'est le noûte. 

Xozillat^ sm. Sorte de marron de qualité supérieure sans 
pellicule ni cloison. On dit aussi nouzillat. 

Étym. Anciennement on disait noiz4llat pour petite noix, et 
noziUe, pour noisette. Dans le pays d'origine, cette châtaigne 
s'appelle noizillat. 




Ohlier (dans la camp, o-bei-ié). va. Oublier. 

Oblier, las ! il u\miv'obl/e 
Par ainsi son mal qui se deiilt. 
Chascun dit bien : Oblie, oblie, 
Mais il ne le fait pas qui veult. 

Al. CiiARTiER, Déb. du Récei lie-matin. 

Étym. Ital. obUiare, lat. oblivisci, oublier. 

Œillot, siji. Dent canine de la mâcboire supérieure. 
Étym. On appelle aussi cette dent dent de l'œil, à cause de sa 
situation. 

Oison, s)u. Terme rural. Petit tas fait de deux coups de 
râteau dans un « ondain », pour préparer et faciliter le bolte- 
lage: se dit de l'avoine, de l'orge, et de tous les « artificiels » 
coupés à graine. 

ÉTYM. Origine inconnue, à moins que ce ne soit une corrup- 
tion de l'anc. franc, liouelon, dimin. de lioueL petit tas. 

One <nie, adv. Où que : « D'onc que tu veins ? » d"oii viens- 
tu ? 

Frère Jean lapperceut et demandoyt dond luy venoyt telle 
fascherie. tx- tû 

ÉTYM. Contract. de on donc que, mais dans Rabelais, dond 
semble venir du lat. de unde, d'où. 

Oiidaîii, snu Terme rural. Rangée de foin abattu par le 
faucbeur. On dit aussi nondain. 

Étym. Origine inconnue. L'Académie dit andain, qui vient 
peut-être de Tital. andare, marclier. 

Oiifliiie, sf. Mesure de pré, espace que couvre un « ondain ». 
Mot disparu. 
Deux ondines de pré à l'entrée des prez (de Saint-Victor). 
Item trois ondines de pré, ioignant d'aval a la métairie de Ville- 

barou. 

12 juin. 1G9G. Arch. L.-et-Cher. G. Censif Saint-Victor, pièce 7. 

16 



•24'^ ONG 

Oii^'iioii, cs-//^. Oignon. 

Advint ung soir, luy et ces compaignons 

Pour leur soupper, n'avoient pas deux ongnons. 

BouRDiGNÉ, Faijeii, p. 38. 
Oiiqiiis sm. Oncle. 

Sou onqiie s'en venit l'autre jour. 

Cyrano dl: B., Péd.joué, act. II, se. 2. 

Il Le père du mari de la sœur, ou de la femme du frère. 

Oi-boiM (or-bouè), sm. Cépage qui donne un vin blanc 
estimé. 

Étym. Peut-être pour Arbois. chef-lieu de canton du Jura, 
renommé pour ses vins : 

Toutes espèces de vignes comme Maluoysie, Muscadet 

Beaulne Arboi/s. 

Rab., V, 31. 

D'un autre cote, un vieux registre de la Chambre des Comptes 
de Paris, cité par Ducange, donne Orbois comme localité de la 
Champagne. 

Coinssi I, S. Maart de Soissons I, Chesy I, Orbois I. 

Ducange, gistam. 

Orellle-ile-Cliat, sf. Quartier de pomme séché au four ; 
mêlés aux « poires-tapées », ces fruits remplacent les pruneaux. 

Étym. Le quartier de pomme, en séchant, se recroqueville et 
prend un peu l'apparence de Voreille d'un chat. 

Oi*il»aiiiei*9 sm. Chandelier pour F ^c oribus ». 

Oi-il»ii»< (o-ri-bû). sf. Chandelle de résine. 

Les sinapizant auecques ung peu de pouldre d'oribus. 

Rab., II prol. 
Étym. Origine inconnue. 

Oi'îllei', Oi'îIlîei> sm. Oreiller. 

Un or illier de velours dessouz sa teste. 

Al. CuARTiKR, Hist. durog Cli. F//, p. 251. 

Deux couestes de lict garnyes de leurs travers et cinq orilliers 

de plume. 

1621. Invent, de Beaune, p. 14. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Oripeaux, sm. pi. Voyez AuRiPEAtx. 



ORÏ 2Ï>\ 

Oi-iiioii'O, <li-iiH»iscs .s/. Arinuire, meuble. 

Ormoire et armoire. 

CoTGR., Dictionn. (K'mO). 

La femme, voila la clef île Vormoire, prends ce qui est à toy et 

t'en va. 

20 vend, an IN'. Reg. des délib. de la mun. de Villebarou. 

Une paire d'ormotses a mettre vaisselle ayant six fenestres los 

unes fermant a clef et les autres sans clef. 

1021. Invent, de Beaune, p. 7. Arcli. L.-et-Cli. B. Baill. 

de Blois. 

Étym. Le lat. armarhim, meuble à mettre des armes, a dû 
faire primitivement armarie, (trmaire, puis, par cbangemeiit 
du r en / (qui se rencontre fréquemment), nlmnric, nimmrc : 

Un almarie ki esteit cl porche. 

xii° s. Rois, IV, K), ap. Hatzfeld, Dictionn. 

ensuite aumaire, aumoire: 

Puisqu'il n'a rien n'est qu'une aumoire. 

Villon, Petit Testani. 

et enfin par introduction dim /' euplionique : aurmoirr, or- 
moire. Cf. aussi orteil, du lat. articulus. 

Oi*iie, sf. Terme rural. Rangée de ceps de vigne : deux 
ornes accouplées forment une plancbe. Planter en ornes, c'est- 
à-dire, par rangs isolés, également espacés, se dit par o[)i)(jsilion 
à planter en « planches ». 

Une boisselée de vigne ou environ contenant sept ornes de 

vigne. 

.30 mars 1.58T. Arcli. mun. de Villebarou, vol. 1072. f" 12, r". 

On rencontre souvent, dans les mêmes archives, ce mot écrit 
orme. 
Étym. Lat. orO.o, orcUncra, rang : 

Ordines très vinearum. 

MuRATORi, Ant. iialicœ, 173^^, t. ô, col. ()2U. 

Ortoii, S7n. Orteil : « Le grous ortou ». 

Étym. Lat. ariiculus, dimin. de artits, petit membre. 

Ortotit, interj. A tous les jeux de « canette ». dans la cam- 
pagne, quand le joueur veut enlever un obstacle qui se trouve 
devant lui. il s'écrie : Ortout ! 

Étym. Probablement pour ôte tout. 



!2ii ORV 

Oi-valo, sf. La mercuriale, plante, merciirialis annua. 
Il Orvale noire, ansérine fétide, herbe à la morue, chœnopo- 
dium vu 1 varia. 

On, roi. ))wsc. S'emploie encore quelquefois pour au : Aller 
ou lit. 

Le cheuestre ou coul, et le coustel ou poing. 

Al. Quartier, VEspérance. 

<Mi(li'ii'9 m. Moisir, se dit surtout des récoltes fauchées, des 
pailles, etc. : Si la pluie continue, les avoines ne vont pas tarder 
ti oudrir. 

Étym. Ancien franc, houldrir, heudrir. 

Oiiètte (0 aspiré), sf. Ouate : Une camisole doublée avec de 
la ouétte. 
Étym. Dim. de Tanc. franc, oue, oie. 

IMiîN, sf. Petite ouverture qui sert à l'aération d'une cave. 

Par Vouije de la cave je voy ceste servante accroupie. 

G. BoucHET, Serees, I, 48, ap. Godefroy. 

Étym. A en croire l'orthographe de la citation ci-dessus, ce 
mot viendrait comme ouir, du lat. audire, entendre ; ce serait 
alors comme l'oreille de la cave. N'est-ce pas plutôt simplement 
une autre forme du mot liuis, porte, ouverture? 

O11J0119 .S/y'/. Sur la rive gauche de la Loire, Excavation, petit 
fossé fait pour certaines opérations de la culture, pour planter, 
par exemple. Sur la rive droite. Tas de terre formé par les dé- 
blais de cette excavation. 

Étym. Pour aujou, qui est lui-même une altération de augeon 
{Voyez ce mot;, du lat. alvetts, cavité. 

Oiis, sm. Os. 

« 

VeroUez iusqu'a Vous. 

Rab., I, 5t. 

Où«ei> va. User. 

Celle qui. bien dire je Vouse, 

Pour ma propre et très chère épouse 

J'aurais volontiers. 

Bon. DES PepvIErs, Andrie, act. I, se. 4. 

Oîisiei*, 6//1. Osier. (Voyez Pelon. 



OUV 045 

C'est ung Crétin, non de jong, d'ou.sier, ou de festu. 

Fr. Cn.vRriONNiKR, Prrf. des œiicda Crétin. 
Un deiny boisseau avec deux panniers d'oazicr. 

1G18. Cur. et inv. de Beynes, p. 8. Arch. L.-et-Cli. li. Haill. 
de Blois. 

Oiif!»)*»!^ adv. Aussi. 

De la roine oussi qui tient ijrrande teneur. 

Hiif/. Capet, V. 12'.)7, aj». Tall)ert, |). 21T. 

Oiitei-, l'ff. t)ler. 

Je t'apprend ray, si tu veux ni'escouter 

Comment l'ennuy d'un eœur se peut outer. 

UoNS., Odes vetranclt. 

Le preneur sera tenu faire ouster tout le sable et terre qui est en 

la moitié de la dicte pièce de pré. 

1571. Arch. L.-et-CIi. G. 20. 

Onvi*a^-o, s. Est féminin dans le Blaisois : Do la belle ou- 
vrage, de la petite ouvrage. 

Moi, Briais, m'oblige faire l'ouvrarje si-après mentionnée. 

le"" juin 1792. Convention d'ouvr. Arch. H. Johannet. 
Attendu que c'etoit /a seule ouvrage dont il s'est occupé. 

.S() août 1702. Re^. des délil). de la mun. de Villebarou. 




^>*^^'^^4*-<^ 




'A 




Paee «nie, loc. conj. Parce que. attendu que : Je n'y vas pas 

pace que je ne veux pas. — Pourquoi que tu ne veux pas ? — 
Pace que ! 

Paeoiniîlle, sf. Mauvaise marchandise, objets défectueux, 
camelotte. pacotille. 

Étym. C'est la prononciation qui pour ti, sous l'influence de 
coquille. {Voyez cliap. prélim. | PRONONCIA TION : TI). 

Pag-ale (en), loc. aclv. En désordre, confusément, sens 
dessus dessous. 
Étym. Origine inconnue. 

Paillon^ sm. Bannette, corbeille d'osier destinée princi- 
palement à recevoir la pâte travaillée pour faire le pain. . 

Plus deux barils, onze paillons, deux buttets. 

Xov. 1789, Vente volont., p. 49. Arch. H. Johannet. 

Une ruche qu'un boisseau ou un paillon peuvent d'ailleurs 

remplacer. 

Lect. de famille, Mag. pitior., 1872, p. 261. 

Étym. On en voit encore qui sont faits de2)aille. 

Pàilloiiiiée^ sf. Le contenu d'un paillon : Une pàillonnée de 
« pi lion » pour les poules. 

Paiii-liost (pin-liô), s/n. Sorte de petit pain de boulanger, 
fendu dans le sens de la longueur et qui coûte un ou deux 
sous. 

On fait encore chez les Boulangers à Blois, un petit pain sans 
levain, appelé Pain-hast, lequel se rompt aisément en deux portions 
égales. J'estime que c'est le vrai pain d'oublié ou d'hostellage. 

Fourré, Coût, de Blois, p. 96. 

Étym. Abrév. de hosiellnrie. en admettant l'origine indiquée 
par Fourré. Cependant on prononce absolument comme si 
c'était pain haut, quoique, aujourd'hui la forme de ce pain n'ait 
rieri d'élevé : il a pu en être autrement jadis. 

I^aiii perdu, .sm. Vagabond, fainéant, propre-â-rien. qui 



PAL 247 

ne gagne même pas le pain qivil mange. Pai/i/po'dic est un des 
preux cuisiniers qui entrent dans la Truye pour attaquer les 
andouilles. (Rab. IV, 40.) 

Primitivement, c'était probablement un jeu de mots, car le 
pain perdu était un mets fait de pain frit dans le beurre : 

Lequel exposant leiip répondi que il ne leur avuit que donner fors 

un pain blanc et du burre, et lors entrèrent oudit hostel disanz 

que ilz en feroient du pain perdu. 

i:^Sl. Arch. JJ. 12G, «, ap. Godefroy. 

L'ital. dit de même panperdiUo, vagabond. 

Faisan^ aime (pê-zan), sm. et sf. Pa^^san, pa3^sanne, campa- 
gnard : Les bourgeois et les paisans. || Cultivateur : « Qu'onc 
que tu fais de ton gàs, un notaire ? — Moi ! j'en fais un paisan ». 
Sa fille ne veut pas être paisanne, elle veut être lingère. 

Dieu mit des cœurs de rois aux seins des artisans, 
Et aux cerveaux des rois des esprits de paisans. 

d'Aubignk, Tragiques, p. 175, éd. Lalanne. 
Le nommé Jacques Pareau, dit Boutour, estant interrogé par 
Bardon le jeune : Te voila icy, tu n'as pas peur : — Pourquoi peur '^ 
les bourgeois ne doivent pas se mesler avec le paisan. 

10 juin 1704. Arch. mun. Saint-Dyé-sur-Loire. GG. 12, f" 2.3. 

IJ Parler paisan. le langage des ] aisans, de la campagne, le 
patois, par opposition à parler bourgeois, qui est le langage de 
la ville, le français. 

Étym. Pour que paiscm ne compte que deux syllabes, il faut 
que pays ait été monosyllabe. En effet, il l'est partout dans la 
Légende de Faifeu, de Charles Bourdigné : 

L'amour du pays m'a fort entallenté. p. 20. 

Au pays d'Anjou, tenant fort bonne table, p. 58. 

Palefei-iiiîei> sm. Garçon d'écurie, palefrenier : Les 
palefermiers du haras. 

ÉïYM. Corruption (\e palefrenier qm vient de i^cilefroi, cheval 
de promenade, sous l'influence du mot fermier. 

Palle, sf. Pelle : La palle qui se moque du « fergon ». 

L'ung une aultre appelloyt sa palle, elle le appelloyt son fourgon. 

Rab., IV, 9. 

Plus un moulin à blutter la farine onze paillons, deux pâlies 

à enfourner. 

23 déc. I78H. Invent., p. 12. Arch. Johannet. 



'248 PAL 

Il Vaime : Piler la palle, baisser la vanne ; 

La nuit dernière il baissait la pale d'une de ses roues, lorsqu'il 

fut pris d'un étourdissenient et tomba dans la Sartlie. 

15 sept. 1890. Petit Journal, p. 3, col. 5. 

Étym. Ital. palla, lat. pala, même signification. 

Palletto, sf. Il Chacun des deux pans d'une chemise 
d'homme : Etre en pallettes, être en chemise. 

Palletret, sm. Couperet, espèce de hachereau à large et 
lourde lame pour trancher et hacher la viande. 

PALTRET : m. A cleaver. Blesien (couperet, blaisois). 

1(311. CoTGRAVE, Dictionn. 
Plus une cognée, un paîtrait, un gouay. 

Xov. 1789. Vente volont., p. GO. Arch. H. Johannet. 

Étym. Littré diparterct qu'il fait dériver àe partir, partager. 
Mais si cette orthographe et cette ét3"mologie sont vraies, 
palletret est un autre mot : Texemple de Cotgrave est probant. 
Ital. palla. pelle, palle, et stretta, étroite, étrète. ce couperet 
ayant sa lame large comme une pelle et mince comme une 
lame de couteau ? Un autre outil du même genre, à l'usage des 
bouchers, s'appelle feuille, feuillet. 

Paloiiiie9 sf. Palonnier de herse ou de charrue. 

Trois rouelles de charue, deux palonne aussy de charue. 

19 janv. ITOr». Vente, f^ 30, ro. Arcli. H. Johannet. 

Lorsqu'on laboure à deux chevaux, on adapte un palonneau 
-. à chaque extrémité de la palonne et l'on attache le trait gauche 
du cheval de droite au palonneau de gauche et le trait droit du 
cheval de gauche au palonneau de droite. 
Étym. Augment. de;x//. pieu, pièce de bois. 

Palf>iiiieaii, sra. Petite palonne {Voyez Paloxxe). 

Colin Gaucliier prist un palonnel de charrue. 

13X.S. DucANGE, y^a/onas. 

Paltret, sra. Comme Palletret. 

I*aiii|iliiiiie9 sf. Trélle sauvage qui crcit dans les moissons, 
trifolium arvense. || Apére, autre plante sauvage, apera spica 
venti. 



PAR 249 

ÉïYM. Ane. franc, pampe, feuille, pétale, et pliune avec le 
sens de duvet, la fleur du trèfle sauvage étant un coton. 

Paiic'inii, sm, Ponceau, coquelicot. 

iViiière, sf. Le panais sauvage, peucedanum sativum. et 
plus souvent, par extens., la carotte sauvage, daucus carotta. 

Paiiiieaii (pa-nio, dans la campagne), sm. Sorte de selle 
sans arçon ni charpente, qui a disparu à peu prés com- 
plètement de nos contrées. 

\^\\Q panneau avec ses estriers. 

1610. Invent. Roy, p. 12. Arcli. L.-et-Ch. B. Bail), de Blois. 
35*^ Deux panneaux à chevaucher, une bride à hault mord. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch. Hjppol. Johannet. 

Paiitoiiiiiie, sf. Pantomime : Vn paillasse qui fait la 
pantomine. 

Étym. Forme altérée de panionilmc venue du voisinage de 
mine, apparence du visage, d'autant plus naturellement que la 
physionomie joue le plus grand r<Me dans la pantomime. 

Papifiiu, sm. Jouet, se dit en mauvaise part : « Bourge! les 
mauvais gàs ! qui voulent prendre mon nocial pour yeux servi 
de papifou ! » 

Mais au rebours chacun en tait 
Son plaisant, s'en rit et s'en moque 
Et s'en joue à la nique noque 
Ou pour mieux dire au papifou. 

J.-A. DE Baïf, Le Brave. 

Étym. Painer fou, nom d'un ancien jeu. 

Par, py^ép. \\ Employée tantôt seule, tantôt précédée de la 
prép. 671. Vers, du côté de : Cherche la balle, elle est tombée 
par toi, ou en par toi. 

Paraî (pâ-re), loc. interr. N'est-ce pas ? 
Étym. V owv ijcis v)X(i? n"est-il pas vrai? 

Pai-apelle, sf. Parapet : ce mot s'emploie surtout au plur. 
Les parapelles du pont sont hautes. 

Les remparts en dedans les m.urs des villes doivent estre larges de 
vingt pieds, scavoir les fraises ou parapets, de cinq pieds, où il y a 
des parapets, et quinze pieds hors des parapeh. 

Nouv. coust. rjen., I, p. 1114, ap. Littré. 



250 PAR 

Pareil, culj. y Loc. C'est du pareil au même, c'est-à-dire 
c'est exactement la même chose. 

Pai*rait-l>oii, Parfalt-hoiine, adj. Très bon, excellent: 
Du vin parfait-bon, du parfait-bon monde. 
Étym. Parfaitement bon. 

Pai-îiii-o, Pai-îouNo, sf. Action de parier, gageure. 

Pai-leiiieiit, s)/). Conversation, bavardage, propos : Ils se 
sont mariés tout de même, mais ça fait bien des parlements. 

Pour vostre honneur garder nettement sans blasnie et sans 
parlement du monde. 

Lie. du Cil. de la Tour, CXXIV, ap. Godefl'03^ 

Pai*lottei*, vn. Se Pai-lotter, vr. Affecter un langage 
précieux, s'écouter parler ; se dit d'un homme sans instruction 
qui veut faire le beau parleur. 

Étym. Dimin. de parler. 

Parriiia^e, sm. Cérémonie, cortège d'un baptême : Un 
beau parrinage. 

Parsîlle, sf. Repas d'apparat que le maître offre à son 
monde le dernier jour de la moisson, et le dernier jour de la 
vendange. 

Comme le dimenche prouchain avant la feste S. Mahieu, le sup- 
pliant demeurant a la chapelle en la chastellenie de Pontoise, eust 
ordonné avec ses charretiers et varies de faire ce jour au soir leur 
mengier d'après aoust, que les laboureurs du pais appellent la 

parcije. 

lUO. Arch. JJ. 100, ap. Godefroy. 

ÉTYM. Lat. pars, part ? L'ancienne langue avait aussi parcier. 
qui prend part à, ce qui ferait de la parc?/(3 une sorte de pique- 
nique ; ce n'est plus le sens d'aujourd'hui. Il convient d'obser- 
ver que, ici, le par de parsille se prononce exactement comme 
le per de persil. Peut-être faudrait-il alors écrire persillé, et 
penser qu'à ce repas figurait autrefois un plat où le persil jouait 
un grand rôle comme condiment. 

Paî^ei* pa-ze), va. et n. Donner à la vigne une façon qui 
consiste à racler avec la marre la terre du sentier pour la jeter 
sur la planche. Cette expression est surtout employée à la 
Chaussée-Saint-Victor, et à Saint-Denis: ailleurs on dit racler. 



PAU 251 

Étym. Origine inconnue. Pas ? avec le sens ancien de 
passage, sentier faire le sentier? 

Pa.s-iiioiiis, l(x\ adr. Enfin, à la fin: Pas moins, te voilà! 
J'en suis pas moins débarrassé. 

Étym. L'exemple qui précède montre Torigini^ de cette lo- 
cution : Je n'Qw suis pas vioins que débarrassé, c'est-à-dire, j'en 
suis débarrassé tout à fait. 

Pasiwa^-eis èi*e, adj. \\ Oii il passe du monde: Un cbemin 
passager, une rue très passagère. 

Les Alpes, de plus longtemps, ont esté passagères aux armées que 

les Pirenees. 

Fauchet, Antiq. Gaal., II, I. 1, chap. 1 (KUO). 

Passée (pâ-sée), s/'. Passage, espace suffisant pour pouvoir 
passer : Il y a tout juste la passée d'un lièvre. 

S'ils font de nouvelles /?as.see.s' audit Ijoispour l'enlèvement de leurs 
marchandises, seront tenus les faire relever et boucher. 

1()79. Vente de bois à Burv, Bull, de la Soc. Amis des Arts 
de Loir-et-Cher, t. I, p. BG. 

Pâtée, sf. Il Mouture destinée aux bestiaux, terme de 
meunier. 

Patoi (patoue). s?n. Flaque d'eau, de boue liquide où l'on 
« patouille ». 

Icelle femme tumba le visaige adens en ung petit patoaeil qui 

estoit en la rue et là en l'eaue dudit patoaeil estoufïa. 

• 147:3. DucANGE, patile. 

I*at<>uillei> m. Patrouiller, marclier dans la boue liquide. 
Étym. Péjor. de « patter ». 

Pattée, .s/'. Fleur des cliamps. la scabieuse sauvage, sca- 
biosa arvensis. 
Étym. Origine inconnue. 

Pattei> va. Prendre de la terre à ses cbaussures en mar- 
chant dans un terrain humide et gras : I^our peu qu'il tombe de 
l'eau, on patte dans les terres fortes. 

Étym. Pa/Ze, pour pied. 

Paiiiiielle, sf. \\ Pièce d'assemblage qui traverse le char- 
til d'une voiture. 



252 PAU 

Paiiiiioii, sw. Poumon. 

Ou il a mal de teste, de pis ou depoictrine, 
De polmon ou de foye, de costez ou d'eschine. 

J. DE Meung, Codic, 169 {Rose, t. III). 

Étym. Ital. poJmone, même signification. 

Paiiiiioiiiqiie^ adj. Poitrinaire, qui a les poumons ma- 
lades. 

Pavois, .s?;?. Cible faite d'un disque de bois peint de diffé- 
rentes couleurs par cercles concentriques : Tirer au pavois. 
Joseph fait tirer un pavois dimanche, j'ai gagné le pavois. 

Étym. Origine inconnue. Ital. pavese, bouclier. 

PéeliaiMl, adJ. ini\ Couleur de fleur de pêcher, se dit d'un 
cheval rouan clair : Une jument pêchard. 

Ung autre cheval a poil peschard. 

IfilO. Invent. Bretlion. Arch. L.-ët-Ch. B. Baill. de Blois. 

Pèelieux, .S//?. Pêcheur. 

Anne Richard, v<^ de deffunct Jacques Pichon, vivant peseheux de- 
meurant aux Braies, parr. de St-Victor. 

7 avril 1096. Arch. L.-et-Ch. G. Censif St-Victor, pièce 68. 

Peeffiie, sf. Bec, et aussi bouche, mot badin. Avoir la 
pecque au hàle. être fort altéré, un lendemain de noce, par 
exemple. 

La nuit du 29 au 30 d'août 17 17, le tonnerre est tombé sur le cloché 
de cette église, a couppé la pecque du coq. 

Arch. mun. MaroUes-les-Blanches, vol. 1743. • 

Étym. Pour bec. 

PecMfuée, sf. Becquée, bouchée qu'on prend en rechignant, 
du bout des dents : Il a pris une pecquée de soupe, et il est allé 
se coucher. 

Étym. « Pecque ». 

Pètlrîx, sf. Perdrix : Un nid de pédrix. 

Étym. Lat. perdix. même signif. Pedrix, qui est formé par 
métathése du r. a autant de raison d'être que perdrix dont le 
second r est épenthétique : c'est-à-dire que si nous avons 
changé le r de place, le français, lui. en a ajouté un second. 

Pée, sm. Père : Mon pée, ton pée. 



PEL 253 

Pel^-iie, HTti. Il Partie de la douelle qui, dans un fût, dépasse 
le fond. Il Fruit de la bardane. 
Étym. Par anal, avec le peigne à décrasser. 

l*eig'iioii9 sm. Pignon, mur. 

Peine, s/". i| Loc. Il y en a, ou il n'y on a pas pour la i)eine, 
c'est-à-dire, ce qu'il y a vaut ou ne vaut pas la peine qu'on en 
parle. 

Peiiitiirei> l'a. Peindre : Peinturer une image. 

Si je ne loge en ces maisons dorées 

Au front superbe, aux voûtes peinturées. 

D'azur, d'esmail et de mille couleurs. 

Desportes, Berger. 

Pèle, adj. IMeuble. friable : Une terre « linge » et pèle. 
Non foulé : J'en avais deux « jâlées », mais deux jâlées pèles. 

Étym. Origine inconnue. 

Pèle-et-iiièle, loc, adv. Pêle-mêle. 

La commune opinion estoit qu'on s'assembloit pour faire un beau 
banquet et puis paillarder pesle et mesle les chandelles estaintes. 

Th. DE Beze, Hist. eccL, 1. II, p. 120, éd. 1580. 

Pelei*le, sf. Action de peler le chêne pour en tirer l'écorce 
destinée aux tanneurs. || Taillis de chênes de 15 à 20 ans ex- 
ploité pour être pelé : Dans cette vente, il n'}^ a pas de chênes 
(c'est-à-dire de gros chênes), ce n'est que de la pelerie. 

Peliaii^ s)ji. Pelouse. || Par ext. Abondance d'herbes quel- 
conques, friche : « Tailler sus le peliau », c'est tailler une vigne 
en mauvaise façon, dévorée d'herbe et de friche. 

Étym. Dimin. de l'anc. franc, i^e^, poil. 

Pelîii^ sm. Le même que Pellvu, sur la rive gauche de la 
Loire. Pelain signifiait autrefois pelage. 

Et or est de si VâM pelains 
Qu'il sembloit qu'il eust langui. 

Du Vallet aus XII famés, ap. Godefroy. 

I. Pelisse, sf. Herbe drue, se dit moins que « peliau » 
Voyez ce mot. 



254 PEL 

IL Pelisse, sf. ]\rorceau de peau de mouton avec sa laine 
dont on garnit les sabots couverts. les « esclots ». 

Pelle, sf. Il Vanne. T '()//('.* Palle. 

Peloii ^i>lon), s/)t. Brin d'osier naturel. On ne se sert du mot 
osier, ou plutôt ousicr, que pour pnrler du pelon fendu spécia- 
lement destiné à la tonnellerie. 

Et de les soustenir des vignes) de tout meirien eiplaons. 

13711. Arch. dép. L.-et-Cli. G. 87. 
Pour quarante joui'nées d'hommes qui ont tiré les charniers, curé 
les sanliers et ceuilly les pions desd. vignes (des Grois et des 
Granges) au pris de quinze deniers tournoys la journée. 

1508. Arch. Hôtel-Dieu de Blois. Reg. E'. 

Étym. Peler, parce que les brins se pèlent facilement et sont 
employés pelés par la vannerie. Ronsard disait pelasse : 

Adonc le pasteur entrelasse 
Ses paniers de torse pelasse. 

RoNS., De la venue de F Eté. 

La Maison rustique ;;II, 14), parlant de l'involucre des 
châtaignes, dit ([q^ pelons de cbastaignes. 

Peloiiiiîère (plon-nié-re), sf. Oseraie, lieu planté de 
t pelons ». Il Pied de pelons. 

On doit laisser la même distance (un pied et demi) pour planter 

suit vignes, soit pionnières. 

Fourré, Coût, de Blois, p. 505. 

On di.sait aussi anciennement i>Zonn<^/?/e, plonnoye. 

Mestairie garnie de prez, grange, maison, estables, tectz a bestes, 
plonnofje et louche de bois. 

3 juin 1106. Vente de Chenonceau, ap. Godefroy. 

Voyez Pelok. 

Pelcitte (plott'j, sf. Il Appareil dans lequel vient s'engrener 
la grande roue d'un moulin pour communiquer le mouvement 
à la meule. On l'appelle aussi fusée et lanterne. 

640 Une vieille met avec trente fuzeaux et allichons, une antienne 
p lotte de moulin fretté. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch H. Johannet. 

Pelou, sm. Petit chien, se dit surtout en Beauce. Cornp. 
Petou. 



PEN -255 

Étym. Lat. ;>//oàî^s :^ couvert de poil, comme villosus a fait 
vcloiix (qui est devenu plus tard velours). 

Peliii'Oi*, va. Enlever la pelure, la peau, peler : Pelurer une 
pomme. 

Peiiai'il, sm. Nourrain de carpe, petites carpettes qu'on 
met dans un étang pour le peupler. 
Étym. Origine inconnue. 

Poiieoii Cpan-cou). adj. Qui porte la tête penchée, soit 
naturellement, soit surtout par suite d'accident : Il a été mal 
remis de sa chute, et il est toujours resté un peu pencou. 

Et y m . Pou r pench c -cou . 

l*oii4lillei> va. Suspendre, pendre : Pendiller une andouille 
dans la cheminée. || Vu. Etre suspendu, pendu. 

l'ay veu des penduz plus de cinq cens ; mais je n'en veis oncques 

qui eust nieilhîure grâce en pendillant. 

Rah. , I, 12. 

Peiidilhielie, sf. Quelque chose qui « pendille » : « J"avons 
un poirier qui a de la poire une rage, ça fait des pendilloches 
que les hranches en cassent ». 

Ma terière, ma pendilloche. 

Rab., I, 11 . 

Ce qui fut exécuté au détriment des pendiloches qui furent levés. 

Moy. de parcenir, II, GO. 

Peiuliiiieiit^ prép. Pendant: Pendimentce temps-là. 

Étym. Pendant n'est pas autre chose qu'un adjectif dérivé de 
pendre ; pendirnetif est une forme adverhiale dérivée du 
même verhe. 

l*eii(U»i'eillo, sm. Pendant, houcle d'oreille, ne se dit plus 

guère. 

Deux pandoreilles d'or emaillé ayant chascun dix petits diamants 

fins. 

Août 1018. Invent. Botliereau. Arcli. L.et-Ch. B. Baill. 

de Blois. 

Peiielle, sf. Vétille, ohjet sans valeur. 
Étym. Lat. pannulus, haillon, guenille. 

Penelliei*, sut. Vétilleur, « aricandier », « proparien ». 
Étym. « Penelle ». 



•256 PEN 

Peuei-ée, sf. Le conlenu d'un « penier » : Une penerée de 
pommes. 

Peiiîei» (les pa^^sans prononcent pegn-gne), S7)i. Panier. 

Apres avoir a poinct desieuné alloyt à l'ecclise, et luy portoyt on, 

dedans un grand penier, un gros breuiere. 

Rab., I. -21. 

Feiiiiette, sf. Sorte de grossier couteau de bois dont le 
vigneron se sert pour dépatter, décrotter son outil. 

Oings la char de cel oysel du fiel avec une permette. 

Modiis, f*5 80, r°, ap. Godefroy. 

Étym. Dimin. de penne, du lài. penna, grosse plume d'oiseau. 
On appelle encore couteaux les plumes des oiseaux de proie. 

Peiiteeoùte, sf. Pentecôte : Prov. A la Pentecoûte, aux 
grouselles on y goûte. 

Chappel de fleurs que moult peu couste 

Ou de roses depenthecouste. 

Rose, 2100. 

Il Plante sauvage qui pousse communément dans les fossés et 
sur le bord des chemins et qui fleurit vers la Pentecôte. 
orchis hircina. 

Peiitoîi» (pan-toi). S7n. Instrument de tueur de porcs, consis- 
tant en une pièce de bois solide et légèrement arquée qui lui 
sert à suspendre la bête pour la dépecer. 

Un pentouer a pendre draps. 

13.")0. Arch. JJ. 87, ap. Godefroy. 
Un pendouer a pendre bestes. 

1 110. Arch. .]J. 172. 

Pepette, sf. Soupe, bouillie, mot d'enfant. 

Une manière de grux bien cler, a mode de potage, qui est fait de 
grus d'avoyne et de pain nommé des papettes. 

0^(jt'. claust. de S . Oyan, ap. Godefroy. 

Étym. Dimin. du lat. poppa, bouillie, mot conservé dans 
plusieurs provinces, et voisin de papin, bouillie, dans l'an- 
cien français. 

Pepîti-e, s m. Pupitre. 

Ung autre petit coffre de bois de chesne faict en pepistre. 

1G17. Invent. Delagrange, p. 5. .\rcli. L.-et-Ch. B. Baill, 
de Blois. 



PER 257 

Deux cassettes, ung pepîttre, le tout de fousteau. 

1017. Invent, présid. de Metz, p. 10, iOid. 

Poqiiiot, €>te, adj. Tout petit : Il est trop pequiot pour l'aire 
un soldat : mot badin. 
Étym. Diniin. de petil, qui se prononce ici souvent pc(iuL 

I*ei-c*onv, s m. Sorte de gros foret qui sert à percer les bondes 
des futailles. 

'S perceux à bondes de poinçons. 

Il nivôse an II. Arch. mun. de St-Denis-sui'-Loire. 

Perche (parche), sf. \\ Longue pièce de bois qui est un des 
principaux organes de la cbarrue. 

Pei'pi^*iiaii9 S7n. Sorte de verge de fouet : el'ai acheté un 
bon Perpignan. 

Étym. Perinonan, chef-lieu des P^Ténées-Orientales, où l'on 
trouve, sans doute, le micocoulier de Provence, celtis auslra- 
lis, d'où Ton tire ces manches de fouet. 

Ferré, sin. Partie d'un chemin ou d'une route qui est garnie 
de pierres ou de pavés : Marcher sur le perré. || Revêtement en 
pierre, dans un endroit quelconque: Faire un perré. 

Six mil neuf centz soixante et dix huict tomberees de moy- 
sons [sic), non comprins en ce les quartiers de pierre dure, pour 
faire les perres dudit jardin. 

1553. Cp*e de Diane de Poitiers, ap. Godefroy, 

Perrette, sf. Oie : Mener les perrettes au champ. 
Étym. Pour Pierrette, nom de femme, comme on appelle la 
pie Margot, Marguerite. 

Perreyer, va. Faire un perré à : Perreyer un fossé. 

Perreyeiir, srn. Ouvrier qui fait les perrés. 

Les perrayeurs. 

1410. Arch. mun. d'Angers. CC. 3. 

Perrière, sf. Carrière, lieu où l'on tire de la pierre. 

Paris est environné de toutes parts de perrieres souterraines, que 
le peuple appelle par corruption carrières. 

Est. Pasquier, Recher., IX, 2 (1665). 

Le marc qui est déposé dans laperrière. 

15 vent, an 111. Reg. des délib. de la munie, de VUlebarou. 

17 



258 PEU 

Pei'i'oii, sjji. Roc de peu d'étendue qu'on rencontre dans les 
champs : Mon « soi » s'est cassé contre un perron. 

Dreche l'amont, sus un peron le fiert. 

(Lève son épée, la frappe sur une grosse pierre). 

Raimrf.rt, Ogier, v. 8546, ap. Godefroy. 

Étym. Augm. de pierre. 

l»ei-!*oiiiie (par-se-ne\ sf. Personne : Je ne connais per- 
senne : il y a des persennes qui 

Et pensez vous don que set un parsenage comme les autres ? 

Cyrano de B., Pédant Joué, Act. V, se. 8. 

Étym. Lat. perso/ui, masque. La mutation de o en e est très 
ancienne : en remplace on dans tout le Roman de la Rose. 

l»ei-J!»îlle, sf. Comme Parsille. 

l»erNÎllet, s/n. Sorte dlierbe des champs, le carvi des 
moissons, carum segetum. et plus souvent, par extens., la ca- 
rotte sauvage, daucus carotta. 

Pei'.'snNei', va. Pressurer. 

ÉTYM. Voyez chap. prélimin., § H, PROXOXCIATIOX : R. 

Pei-.NUNa^-e, srn. Action de « persuser ». |i Vin qui coule du 
marc pressuré, par opposition à mére-goutte. 

l^ei-tiiits'iilleN, sf. pi. Garniture de grelots attachée aux 
harnais d'un cheval: C'est un méchant « bouchâillon » qui passe 
avec ses pertintâilles. 

Étym. Per, ber préf. péjor. et tinter avec le suffixe aille qui 
accentue le sens péjoratif. 

I*esai-tl,6///. Fourrage de pois, lorsque le fruit en est enlevé. 
Il Par extens. fourrage de haricots qu'on appelle aussi pois. 

Le suppliant se muça et se bouta dedens un tas de pesaz. 

1375. DucANGE, pesait. 

(Six pèlerins) s'estoyent mussez au iardin dessus les poyzards, 

entre les choux et lectues. 

Rab., I, 38. 

Pesei> va. et n. La syllabe pe se prononce toujours peu, 
même quand la S3ilabe qui suit est muette : .Je peuse. tu penses, 
etc. Il Prov. La culotte pesé plus (ou moins) que le cotillon, se 
dit d"un homme qui épouse une femme plus pauvre ;ou plus 
riche) que lui. 



PET '2bU 

Pes^iS ^■"<. Terre préparée pour servir de mortier: pisé. 
Mot disparu. 

Plus paje à Jean Lefort trente trois sols pour avoir fourni un cent 

de brique et trois asnées de pessez^ pour le fourneau tic la cloche de 

la chapelle. 

1707. Cp*"" de la marelle. Fahr. de laChaussée-St-Victor. 

Pestilloii, sr/i. Petite pustule. 



Petai-d, s'/)i. Il Jouet fait dun bout de sureau dont on a enlevé 
la moelle, et qui lance, par compression et avec explosion, un 
petit bouclion défilasse. On appelle aussi ce jouet canon. 

Pètée, sf. Danse, quelle qu'elle soit : « Veins donc danser 
eune pétée » ; se dit en badinant, surtout sur le territoire de 
Villebarou. 

Étym. « Peter ». 

V 

I*ot€*i> m. Mettre le pied: « Il m'a pête sur le pied ; j'ai 
pête dans la boue ». L'ancienne langue avait petler. dans le 
sens de marcher, aller et venir. 

S'en \\x\i petier en la place devant le chastel tant alla et vint 

en petiant, que le chastelain ouvrit la porte. 

Froissard, Chron., I, p. 204 (1N21). 

Étym. Lat. pes, pedem. pied. 

Petonv, eiifse^ sm. ei sf. \\ Fig. Poltron, couard: Il s'est 
sauvé comme un péteux. 

Étym. C'est une extension du sens figuré de péteiw qui. en 
français, signifie celui qui a fait une saleté, une malpropreté : 

On le chassa comme un péteux. 

Tall. des Réaux, V, p. 101. 

Dans le sens blaisois. on dit ailleurs foireux; péteux est i)eut- 
être moins bas. 

Petit, sra. Un petit : un peu, une petite quantité. 

De l'aneth on faict huylle laquelle est ang petit plus chaulde. 

Comment., chap. IX. 

Attendons un petit. 

Bon. DES Periers, Cymb., I, p. 3.3. 

Pétoiiiiei», m. Faire beaucoup de petits pas dans un petit 
espace : pétonner est à peu prés piétiner, sans le sens actif. 



'260 PET 

Et moy tantost de pistonner. 

Villon, Franc archier. 

L'asne portoit d'ung sainct la chasse, 

Et volant chascun prosterner, 

Cuyde que ce pour lui se lace: 

Si pense ja tout gouverner. 

Mais sur ce on le vint bastonner. 

En luv disant niotz de telle sorte: 

Sus, baudet, il fault pietonner : 

Tu n"es pas sainct, mais tu le porte. 

J. Lefevrf, Eniùl. cVAIciat, ap. Godefroy. 

Il n'y a qu'à la Comédie-Française et au Conservatoire que les 

hommes bafouillentàlasoixantaine, en branlant la tète, et peionnent, 

le dos rond, les jambes molles, avec des accidents séniles. 

Alp. Daudet, Sapho, p. 225. 
ï^TYM. Fréquent, de a^ i)ctcr ». 

Peton, S/Il. Chien, toutou, mot d'enfant. 

A quinze ou vingt jours de là, revint le notaire aussi gai peton 

résolu, comme une brebis tondue. 

Moy. de parvenir. I, IIG. 

Étym. Origine inconnue. 

Peu, adv. \\ Pour si peu ! loc. adv. exprimant l'affirmation 
par ironie : Tu dis du mal de cet liomme-Ià. et tu ne le connais 
seulement pas ! — Pour si peu î (s'-ent. que je le connais), 
c'est-à-dire je le connais très-bien. 

Pliy^»ieîeii, s/n. dans la campagne. Prestidigitateur, esca- 
moteur, quelque peu sorcier. Pour nos paysans, le blaisois 
Robert-Houdin est le i)lus grand des physiciens. 

Pliy.««»îque, sf. du lis la campagne. Prestidigitation avec une 
nuance de sorcellerie. 

Quoniam autem et phisicas ip/iisica vocantur illa in quibus causée 
occultée sunt) et ligaturas circa se habere multi volunt. 

xiii^ siècle. DucANGE, physiea. 

Piailler, va. et n. Gronder, réprimander avec vigueur : 
Polisson, ta mère va te piailler, ou va piailler après toi. 
ÉtYM. Pie ? crier comme une pie ? 

Plan, sf. Fille débauchée, femme perdue. 
Étym. h-dii.peUex, même signification :' 



PIC 261 

Piaille^ sf. Terme bas et injurieux, le iiiènie que Piâu. En 
Beauce, outre ce sens, piaule signifie : Brebis ciiéti ve, maladive, 
de mauvaise venue. Est-ce le même mot ? 

PiaiiUiii, srn. et f. Quémandeur, ({uémandeuse. qui mendie 
en geignant. 
Étym. Piauler, pleurniclier. en parlant des enfants. 

Piaiiteis ru. Piauler, en parlant dos petits poulets. 
Étym. Onomatopée. 

Plantre (piô-te), sf. Gouvernnil d'uno embnrontion et 
surtout d'un bateau de la Loire. 

Fuyons. Tourne visaige. Vire la peautre, fds de putain. 

Rab., IV, .").">. 
Qui est le souverain i-eniède, la clef de la l^esongne, \a peautre du 
navire, le manche de la charrue. 

N. DU Fa IL, Propos, riist., p. -V;, 

ÉTY^[. Origine inconnue. Dans Tancien français peaultre. 
comme poultrain, signifiait jeune cheval; la jeune jument 
s'appelait i>oi/i^rc, d'où notre vïioi poiUre, pièce de bois. Par une 
semblable dérivation peaiiltre ne serait-il pas l'origine de notre 
j)eaiitre ou picmlre ? 

Pîcassé, ée, aclj. Tacheté, moucheté et surtout marqué de 
petite vérole. 
Étym. Fréquent, de piqué. 

PîeUet (piche), S7n. Pot à vin. |i Le contenu de ce pot : Un 
pichet de vin blanc. 

Dementres me faites livrer 

Deux beax pichers de beau vin cler. 

Rom. de Partonoper^ ap. Duc, picariara. 

Étym. Ital. blcchiere. verre à boire, pecchio, pecchero, grande 
tasse à boire, bas-lat. hicarium. piccu'iurn. môme signification. 

Pielietée, sf. Le contenu d'un « pichet ». 

Pîeot, sm. Il Pointe de fer qui se trouve au bout du manche 
de la faux. 

Pierevelle (pi-ker-vei;, sf. Pie-griéche. Picrevelle « mar- 
gottée », la pie-griéche grise. 
Étym. Pie cruelle. 



202 PIE 

Pîëee, sf. Il Palet du jeu de bouchon fait ordinairement 
d'une vieille pièce de monnaie. 

Pîéeot, S//K Plante sauvage, renoncule rampante, ranun- 
culus repens. 
ÉïYM. Pour pied de coq. 

IMetl-cli-oît, s/ji. «Orne» de vigne, dans la longueur du 
« raj'age ». qui sert de clôture à une vigne, et même à un champ. 

lȔei'i-e, s/. Il Prov. Faire battre les pierres contre les cail- 
loux, se dit d'une personne qui par son extrême médisance 
arrive à faire fâcher les uns contre les autres les gens les plus 
paisibles : C'est une langue de vipère, elle ferait Ijattre les 
pierres contre les cailloux. 

Pîei»i*î, Pierrot, spr. Pierre, nom d'homme. 

Pîfolet, sm. Duvet, poil follet : Un petit moiniau qui n'a 
encore que du pifolet. 

Pî§-i»a!§, S771. « Patoi » de boue grasse et liquide : Enfants, 
je ne veux pas que vous « faisiez » du pigras à ma porte. 
Étym. Orig. inconnue. 

Pîg-rasser, m. Faire du « pigras ». 

Piler, va. || Piler la pelle, abaisser la vanne d'un cours 
d'eau, d'un étang. 

Pilette, sf. Pilon de bois à long manche qui sert à piler les 
raisins dans la «« jàle ■». 

Pilez d'une pilette de bois. 

xv« s. Ménayier, II, ô, ap. Littré. 

Pilloii pi-ion\ stn. Épis, grains incomplètement battus qui 
restent après le « nettissage » du blè. 

Des pailles, pillons, feurres et estraings néant pour ladite année 
pour ce que le dit capitaine les a pris pour ses chevaux. 

1 12ÎI. Cp*" de la grange d'Yenville. Arcli. Loiret, 
t. II, f« 112. 
8° Seront tenus les preneurs de laisser le dit lieu et métairie bien 
et duement engratté de tous agrats, comme paille, fourage, balle, 
poux, pillons et foins. 

30 juillet 17S7. Bail de la Ferlantorie. Arcli. H. 
Johannet. 



PIQ 263 

Étym. Ducange donne spilo, inlo, pillo, pUiimen, piletum, 
piUonmm et enfin pilio : Pvrgarncntiim fritmeati, scit S2)icœ 
rémanentes post ventilationem ; c'est la définition exacte de 
l'objet. Ces formes diverses ne sont que des traductions plus ou 
moins heureuses du français pUlon, mot qui est bien de nos 
contrées, cartons ses équivalents latins (sauf pflumen et pile- 
tum, qui traduisent sans doute des vocables analogues) pro- 
viennent des cartulaires de l'abbaye de Fleury-sur-Loire et de 
l'église de Chartres de la({uelle dépendait le Blaisois : ce qui 
explique comment Ducange. qui était d'Amiens, et J). Carpen- 
tier. qui était de Charleville. ne l'ont pas connu. Aussi, mal- 
gré Ducange et les vieux glossaires cités i>ar lui. qui font 
dériver ce mot de pila, pilare, piler, liattre le blé), on peut 
croire que pillon est le même mot que épillon, petit épi, ou 
plutôt mauvais épi: c'est éplllet (pilebnn?) qui signifie petit 
épi : 

Que (le tout cest grain c'on nienoit en se grange ke li paille 

et li estrains (paille de blé) et li gruins (halles), et li espei/lon en es- 

toient sien. 

Juillet 1211. Arch. Nord. 

. Dans cette citation, tirée du dict. de F. Godefro}'. espeillon 
n'est pas expliqué, mais il semble bien être notre pillon. 

Piiieaii9 sm. Sorte de cépage : Pineau blanc, pineau rouge, 
pineau d'Aunis. 

Des pineaulXy des fiers, des muscadeaulx. 

Raiî., I, 2"). 

Étym. Pin, le raisin a la forme d'une pomme de pin. 

Pî€>te, sf. Trou fait à un « moine » par la pointe d'un autre 
moine. Voi/ez Moine. 
Étym. Orig. inconnue. Peut-être altération àe pointe? 

Pîpei*, rn. Il ne pipe pas, il n'a pas pipé : il ne desserre pas 
les lèvres, il n'a pas répété, il est resté muet. 

Étym. Piper se dit du petit cri que font entendre les poulets ; 
il est ici inusité en ce sens. 

PîiHie, sf. Il Pièce de pique, « pièce » à bords refoulés et 
dentelés qui reste comme piquée à l'endroit où le joueur l'a 
lancée. 

Pîcniei*, m. Il Enfoncer les « charniers » dans les vignes : 



264 PIQ 

Pique. Denis, la terre est molle. |1 Au jeu de bouchon, jouer 
avec la pièce de « pique ». 

Pîqiieron, s/n. et f. Enfant taquin, se dit surtout d'une petite 
fille : « Laide est bein piqueron ». 

Étym. Dans l'ancien français, piqueron était s^aionjaiie de 
piquant : 

Les hayes défendant par leurs piquerons le passage à gens et 

01. DE Srrre, Théât., VI, chap. 30. 
Piquette, sf. Petit piquet : Une piquette en bois. 

Picfiioii (pi-kion), sm. Piquant, dent. 

Plus trois herses k piquons de bois. 

23 déc. 1788. Invent., p. 17. Arch. H. Johannet. 

Pis (pi), adi\ de temps. Puis: Et pis après? (è-pi-a-prée). 

Pîsifue (piss-ke), conj. Puisque. 

Pisseux, sm. Petit coussin fait de balle d'avoine qu'on met 
sous un petit enfant dans son « bers ». 

Pîssotièi-e, sf. Morceau de chair découpée dans une certaine 
partie du corps d'un porc et que l'on conserve pour graisser les 
outils, surtout les scies. 

Elle ne te servira que de pissotière. 

Rab., III, 27. 

Pîtciis (pi-toâ), adj. m. Chat pitois, putois. 

Nous faisons chercher partout, si c'estoit point la fouine, ou le 
pitois, qui mangeast nosdites poules. 

Des Accords, Bigarr. le 1. des Escraig., f» 41 b. Paris, 1615. 

Piti-aiiclie, s'/jk Outil de cultivateur dont le fer se termine 
dun bout par un pic, de l'autre par une tranche. 

Il luy sera fourni un py-tranche et une mauvaise pelle de bois. 
11 vont, an III. Reg. des délib. de la inun. de Villebarou. 

Il Chapeau pitranche, ou simplement pitranche, ancien 
chapeau de nos grands-pères, dont le bord, par derrière, était 
légèrement relevé en pointe, et par devant, étalé et rabattu. 

Pitrtiiiilla^e^ s/n. Action de « pitrouiller ». || Mélange dé- 
goûtant de choses disparates : Faire des pitrouillages dans son 
assiette. 



PLA 265 

Piti'oiilllei*, vn. Patauger dans l'eau bourbeuse. 
Étym. Autre forme de patvovAller. 

Plaoai'cl, sni. \\ Surface disposée le long d'un mur, sur un 
passage public, pour recevoir les publications administratives 
et les afflcbes. 

Étym. Plaquer. 

I. IMaee, sf. \\ Aire d'une cbambre : Elle lave sa vaisselle 
dans le mitan de sa place. 

Il faut refaire Va. place de la cuisine six pieds en carré, renduire les 
murailles d'icelle. 

15 avril 1GG8. Devis p*" le prieuré de Mesland. Arch. L.-et-Ch. 
E. 688. 

IL Place C^"0 *l^? ^oc. adi\ Au lieu de. 

Ces diables en place (de Proserpine) bientoust sortiront. 

Rah., III, 20. 
Un concert a eu lieu dans la maison du Préfet, et le citoyen Pelliz- 
zarri a obtenu un fusil pour prix du concours de musique, en place 
de la lutte, qui n'a pu avoir lieu faute de concurrents. 

25 mess, an VIII. Proc.-verb. du Préf. de L.-et-C. 
Arch. L.-et-Ch. 

Plaine, .s/". || Plane, outil qui sert à planer, à aplanir le bois. 

Une hachette, une gouge quarrée, une plaine. 

1.391, DucANGE,/)/anrt. 

Plaiiiii^^ (plâ-mus). sm. Coup donné avec la main, gour- 
made. soufflet. 

Il lui a baillé une belle planiuze, ou un beau soutîlet, et quelque 
semblable coup sur le visage. 

L.aNoue. Dict. des rimes, p. 118, édit.'15îK). 
Elle faisoit dépouiller ses dames et filles et les battoit du plat de 
la main avec de grandes claquades et planiussades assez rudes. 

Brantôme, VII, 255 (Foucault, 1822). 

Étym. Lat. palrrms, pahna, paume de la main, par transpo- 
sition fréquente du / .' 

Le suppliant ayans tousjours ses mains /j/amees soubz son mantel. 

1.370. DucANGE, palmaria. 

On trouve aussi palmée avec le sens de soufflet : 

Icellui Jaques donna une palmée audit Michault senz plus faire. 

1368. Ibid., palmata. 



26t) PLA 

Plaiif s/}K II II n"y a pas plan, cela est impossible. 
Étym. Lat. planus, uni, qui n'a pas d'aspérités et, par extens., 
de difficultés. 

Plaiielie, sf. \\ Planche de vigne, deux « ornes » accouplées : 
planche de blé. un certain nombre de raies de charrue séparé 
par une « refendure » : Faire du blé à planches, par opposition 
à Faire du blé à plat. 

I»laiifher, m. Montrer de Tindécision, de la faiblesse, de 
la lâcheté : Si tu planches, je serai là pour te redresser. Montrer 
peu d'ardeur pour le travail, et beaucoup pour la noce et l'insu- 
bordination : Avec ce patron-là, les ouvriers ne planchent pas. 

Étym. Probablement par analogie avec une planche qui ploie 
sous un fardeau trop lourd. 

Plante, sf. Jeune vigne jusqu'à Tàge de 5 ou 6 ans. 

La plante du grand cormier. 

Rab., III, 32. 

Proche l'église de St-Victor, un petit morceau d'héritage planté en 
gros noir de jeune plante. 

9 nov. 169S. Arch. L.-et-Ch. G. liasse I. Fabr. de St-Victor. 

Planter, m. \\ Se dit absolument pour Planter de la vigne : 
Planter en « ornes » . 

Plat (a), loc. adv. Se dit d'une façon de labourer où toutes 
les raies sont uniformes sans « refendures », ce qui donne au 
guéret une surface plane : Labourer à plat, des blés à plat, par 
oppos. à des blés en planches. 

Platean (on dit. le plus souvent, pla-tio). S7n. \\ Nénu- 
phar, nymphœa alba, réputé longtemps comme anaphrodisiaque : 
Eau de plateau, infusion que. d'après la croyance populaire, on 
fait prendre encore à ceux et à celles qui se vouent à la pratique 
de la chasteté : 

Nénuphar beu une fois en quarante iours, oste du tout l'enuie de 

faire le ieu d'amours. 

Comment.^ chap. 203. 

Le Nénuphar et nymphéa heraclia (sont contraires et ennemys) 

aux ribaulx moynes. 

Rab., III, 5L 

Étym. Plat, à cause de la forme de ses feuilles. 



PLI 267 

Platinée, sf. Le contenu d'un plat. 

Playei* (plè-ye), va. Ployer et plier : Playe comme un 
contrat. 

Puisque tant de fléaux qui te /)/a^er<n'escliine. 
N'arrachent un soupir de ta dure poitrine. 

Du Bartas, /« Sem. 
Item une petite table de boys de noyer neuCvc playante. 

3 août 1018. Invent, de Lorinois. Arcli. L.-et-Cli. B. Baill. 
de Blois. 

Pléiiii, lie, ^/(//. t^ui est nu-i)ieds ; se dit surtout à X'illeharou 
et à Francillon. 
Étym. Corrupt. de ptcds-nits. 

Plene, sf. Pluie : « La pleue tombe à siaux ». 
Etym. Lat. pliio, dont la traduction française pleuvoir a pris 
aussi le son eu. 

Pleiiinarcls, s?n. pi. Nuages formés de bandes légères, dé- 
chiquetées et transparentes, et qui sont regardés comme signe 
certain de vent. 

Étym. Pleume pour plv/nie, par comparaison avec un amas 
confus de plumes blanches. 

Pleuiiiei*, va. Plumer et Peler : Pleumer une pomme. 

Pleume voie, sf. Le narcisse des bois, fleur du printemps, 
narcissus pseudo-narcissus. 
Étym. Lat. prtmula veris, primevère. 



Pleiiiinaiiter (pleu-mio-te)^ va. Epousseter à l'aide d'un 
pleumiau (plumeau). Mot pa^^san. qui ne se dit guère qu'en 
riant. Quand il tombe de l'eau dans la semaine qui suit la Saint 
Pierre, les gens des villages voisins de la Chaussée-Saint- 
Yictor, surtout ceux de Francillon. ne manquent pas de dire: 
« V1à la pleue, c'est lesChausseriouxqui pleumiautent ! » c'est- 
à-dire, qui époussettent leurs châsses. Voyez Émouver. 

Pleiiva.sseï», r. imp. Pleuvoir fréquemment, mais par 
petites ondées : Il ne fait que pleuvasser. 

Plèyei», va. Comme Player. 

l*\\9 sm. \\ Levée, au jeu de cartes. 



268 PLO 

Ploii, s)u. Le même que Pelon. 

Pionnière, sf. Le même que Pelonnière. 

Pliiiiieaii (en patois, pleumiau), S7n. || Pror. Traîner ses 
pleumiaux. se dit d'un pauvre diable miné par une longue ma- 
ladie, par comparaison avec un canard, ou une oie malade qui 
traîne tristement ses ailes à moitié déplumées. 

Poeasse, sf. Petite « poque » ; se dit surtout sur la rive 
gauche de la Loire. 

Poelie, sf. Il Sac qui contient généralement un hectolitre : 
Se dit par opposition à sac qui est plus grand et dont la con- 
tenance est indéterminée. 

Car combien que l'eschine d'un asne se plaigne pour la charge 

ordinaire des poehefi. 

M. COCCAÏE, 1. XIV. 

Il Pvov. Au plus fort la poche : c'est le plus vigoureux, le 
plus hardi ou le plus malin qui l'emporte, par exemple, à une 
vente aux enchères. 

Poclietée, sf. Le contenu d'une poche. 

Poelni, ne, adj. Lourdaud, empoté: hardi, pochu ! 

Étym. L'ancien français avait pocher^ mettre en sac. Pochu 
signifie proprement, qui a les mouvements gênés comme s'il 
était dans un sac : comparez Empoté. 

Po^iias.seï-, va. Manier d'une façon malpropre : Ne po- 
gnasse donc pas la viande. 
Etym. Péjor. du vieux verbe français i?o^^ne/^ manier. 

Pogne, sf Poignet. |i La force du poignet: Il a une rude 
pogne ; se dit aussi en Picardie et en Rouchi. 

Pog:nei> m. Jouer aux « canettes » d'une façon fautive, en 
avançant le poignet : Si tu pognes, ça n'en est plus. 
Etym. « Pogne ». 

Poinçon, sm. Fût qui contient 228 litres. 

Sur le prix des vins saisis, et cependant après le loyer, vient 
d'abord le tonnelier pour les poinçons. 

Fourré, Coat. de Blois, p. 5G0. 

Il Le contenu d'un poinçon : Acheter un poinçon de vin. 



POI 269 

Étym. Origine inconnue. 

Pointu, adv, \\ Loc. Parler pointu, parler avec une ridicule 
affectation de beau langage. 

Poire-tapée, sf. Poire qu'on conserve après Tavoir séchée 
au four et aplatie. (Voyez Oreille de Chat.) 

Pois, sm. Haricot: Tu me regardes de travers, est-ce que je 
t'ai vendu des pois qui ne « voulaint » pas cuire? || Pois ronds, 
ou pois verts, les véritables pois, les petits pois, pisuni sativum. 

Recevez quatre francs avec ces quatre vers, 
Pour ce boisseau de pois dont vos greniers sont riches. 
Mais comblez la mesure, afin que des pois verts, 
G libéral ami ! ne soient point des pois chiehes. 

CoLLETFT, Epif/ ranimes, p. 221, édit. I(i.j3. 

Il Pois cornu, plante fourragère, gesse cbiclie, latliyrus cicera, 

Poîser, va. Puiser : Poiser de l'eau. || Vn. Prendre de l'eau 
dans ses cbaussures en marcbant dans un endroit liuniide : 
Prends-garde de poiser ! 

Poison, 6-., est féminin et non masculin, conformément â 
son étymologie, lat. potio. 

La contre poison doit estre plus forte que la poison. 

Arnb. Paré, XXIII, 14. Paris, 1840. 

Il Absolt. Morelle, plante vénéneuse : Il pousse delà poison 
tout le long du mur. 

Poîswiei- (poâ-sie), sm. Maraîcber qui, au printemps, 
cultive et vend des pois. 

Poîssîëre (poà-siè-re). sf. Cliamp ensemencé de pois. 

Poiti'ai, snK Poitrail: c'est l'ortliog. de Ménage. 

Moult fu riches li frains qu'il li a el chief mis ; 
Son poitral li laça, qui lu de cuir bolis. 

Chans. cVAnt., IV, 189, ap. Littré. 

Poitrasser, va. Pétrir ou manier salement. || Vn. Fig, 
Agir d'une façon louche, équivoque, en traitant les affaires. 
Étym. Péjor. de apoitrir ». 

Poîtrassier, ère, siJi. et 6/. Celui, celle qui « poitrasse » 
dans les deux sens. 



270 POI 

Poîti-îi> 17?. Pétrir. 

Loïre poitrissoit sa pâte, sa femme belutoit la farine." 

Rab., IV, 11. 

Polî$$$!$e« sf. Faire la polisse, faire le polisson. 

Étym. Ce mot qui est le primitif de polisson, n'est peut-être 
autre chose que le français i?o//c*e détourné de son sens normal 
par plaisanterie : faire la police (des rues), c'est-à-dire être 
toujours dans les rues. 

Poltrait, s/j?. Portrait. 

INHfiie^ sA Jeune fille, fille. 

Étym. Orig. inconnue. Le poitevin dit boqiie dans le même 
sens. 

INHfiiet^ sm. Petit trou fait dans la terre pour certains jeux, 
surtout pour les jeux de « canettes ». 
Étym. Dim. de poqvc. autre forme ^e poche. 

Portai, sm. Portail : Un portai en pierre de taille. 

Un gros marteau carré 
Frappe tel coup contre un portai barré. 

Cl. Marot, Enfer. 
Monter par la vifz d'icelle maison, sur les dictes murailles, en la 
guette estant sur le portai de ladicte porte du Foix. 

1529. Contr. d'hypoth. Arch. L.-et-Ch. E. TUi. 

Poi-teiiieiits, sm. 2)1. Etat de santé : Tu lui demanderas ses 
portements. 

Je sois acertainé de ton portement. 

Rab., IV., 3. 

Pin-te-poclie», S7n. Garçon de moulin, farinier. 

Aujourd'hui, semblable à tes porte-poches, tu te roules dans la 

farine. 

Gentil, Dinde truffée, dédie, II (Blois 1877). 

Porte, sf. Il Loc. Aller de porte en maison, aller de maison 
en maison, de porte en porte : C'est Pierre qui prie de l'enterre- 
ment et il va de porte en maison. 

Pot, s/n. Poteau, pieu, pilier. 

I cellui Roullant se muça et tapy derrière un pillier ou post en 

bois. 

1387. Arch. JJ. 131, ap. Godefroy. 



POU 271 

Pour clore ledit jardin, ledit preneur ^'oblige à mettre trente gros 
morceaux de bois ou pots et une botte et demie de charniers. 

20 germ. an II. Reg. des délib. de la mun. Villebarou. 

Ce mot est presque totalement disparu. 
Étym. Lat. iJostis, même signification. 

Piit-A-poiias^te^ sm. Pot de terre, percé d'un trou au fond, 
qui s'applique contre un mur et dans lequel les « pouâsses » 
font leur nid. On entend souvent pot-à-ponâs. 

Pothoiiille, sf. Préparation des aliments : C'est lui qui fait 
sa potbouille. il n'a recours aux services de personne pour 
préparer ce qui est nécessaire à sa nourriture et à son entre- 
tien. 

Pot-de-eliaiiibre^ sm. \\ Au jeu des Quatre-coins. celui 
des cinq joueurs qui se trouve au milieu. 

Pote, .s/*. Grand pot de grés à deux ou plusieurs anses : Saler 
du cochon dans une pote. 

4G" Quatorze pot a lait, deux potle, huit plats de terre estimé trois 

livres. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Potiron, sm. Champignon, en général. 

Ou celuy qui s'engendre ainsi qu'un potiron. 

Ronsard, Boc. royal, 2' partie. 

Poil, sm. Ne s'emploie que dans : Pou d'orge, résidus 
provenant du « nettissage » de l'orge. 

De la vendition des pailles, poux et fourrages appartenants à la 
dite grandie. 

1422. Cp*»^ du prod. de la gr. d'Yenville. Arch. Loiret. 
Tous agrats comme paiUe, fourage, balle, poux, pillons et foins. 
30juill. 1787. Bail de la Pédanterie. Arch. H. Johannet. 

Étym. Lat. pulverem, poussière? om x^ulsus. de pellerCyinU- 
sare, vanner : 

Mince SLYenœ pulsatœ. 

12G0. DucAXGE, pulsare. ■ 

Poiiàsse, sf. Moineau : Une pouâsse privée; ce mot se 
perd. 
Étym. Vowv passe, du lat. passa, moineau. 



272 POU 

Pinsons, Pivers, Passes et Passerons. 

Cl. Marot, Élég., I. 

Ponça, htc. cï-pl. qui ne sert qu'à accentuer le sens d'une 
phrase exclamative ou interrogative : « Hêlà. liêlà, c'est-i pouça 
malheureux ! Tu ne vourais pouça pas faire un pareil coup ? » 

Étym. Poureiça, cela; l'ancienne langue em^\oy2i\i poicr tant, 
à peu prés dans le même sens. 

Poueeaii, s/)i. Morceau de linge dont on enveloppe un 
doigt malade. 
Étym. Pouce. 

Poucliette, sf. Petite poche de vêtement, et spécialement 
poche de pantalon. 

Un petit pouchet ou sachet où il y avoit xxvj pièces d'or. 

139G DUCANGE, ^OOMC/m, 2. 

Une pouchette de thoille dans laq'^^ s'est trouvé plus""^ frezes et 
colletz de thoille. 

1621. Invent. Le Fuzelier, p. 12. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Étym. Dimin. àe poche qui s'est prononcé et écrit pouche : 

Pour le happer et mettre en sa pouche. 

Bon. DES Perriers, Cymb , I, p. 34. 

Poucîei-, 5. et «cO*. m. Loquet poucier, loquet qu'on ouvre 
en appuj'ant le pouce dessus. 

A la porte dud. jardin sur la cour y sera mis un loquet poussier 

avec son bâtant. 

Mars 1754. Devis pour Glénord., p. 22. Arch. L.-et-Ch. E. 293. 

Il sera mis un poussier. 

Ibid., p. 24, ibid. 

Pouée, sf. Sur la rive gauche de la Loire, Rampe qui permet 
à un chemin d'accéder à la levée; sur la rive droite, on dit 
fercie. 

Les .IL costes sont garnlz de pur/ées et de soUes fermées entre les 

postiaux. 

1346. Arch. K. 44, ap. Godefroy. 

Il Autrefois, planche de vigne : 

Item trois /)oaées de vigne assis au doux de Garrelleries. Item cinq 
pouées de vigne assis audit doux. 

1644. Aveu du lieu de Vert, paroisse de Tavers, ap. Le- 
clerc de Douv. Arch. Loiret. 



POU 273 

Étym. Pouée est le féminin de l'inusité pou, puy, tertre, du 
lat. podium, tertre. C'est de là que viennent les noms de famille 
Pou, Ditpou, communs dans le blaisois. et qui sont l'équivalent 
de Puy^ Puis, Diipuy, Biipuis. 

Poiiliais^e, sf. Courtisane du plus bas étage. 
Étym. Origine inconnue. 

Poii^'iia^sei> va. Comme Pognasser. 

Poiiîller, va. Vêtir, mettre sur soi : Pouiller sa blouse, 
pouiller ses sabots. 

Étym. Peau, le vêtement étant comparé à la peau. 

P^mlette, sf. Ampoule : J'ai des poulettes aux mains. 
Étym. Pour ampoulette. 

Poiilîii, sm. Appareil composé de deux fortes pièces de bois 
réunies par deux ou trois traverses, qui sert â monter certaines 
cliarges, notamment des fûts sur une voiture, et â les en des- 
cendre. 

Par le poulain on descend le vin en cave. 

Rab., I, 5. 
Plus deux poulins à charger du vin. 

15 niv. an II. Arch. mun. de St-Denis-sur-Loire. 
Étym. Germ. angl. to pull, guinder, hisser. 

Pouliiiier^ aclj . m. Marchand de chevaux? Mot disparu. 

Antlioine Goislart marchant poullinier. 

23 août 1597. Arch. mun. de Villebarou. 

Poiipillei^ vn. Clignoter des 3^eux: L'enfant va s'endormir, 
voilà qu'il poupille. Oh! oh! mon bonhomme, vous poupillez : 
vos 3'eux papillotent, vous avez bu. || Fig. Ne pas poupiller, 
conserver un grand sérieux : Quand il apprend sa leçon, il ne 
poupille pas. 

Étym. Lat. pupilla, prunelle de l'œil : ou, peut-être mieux, 
XKmpicre, 

Ponrreaii (le plus souvent prononcé poi\-rio), srn. Poireau, 
légume. 

Les fourreaux se sèment en mesme terroir que les oignons. 

01. DE Serre, Tliéât., VI, 4. 

18 



274 POU 

Poui-i-ée, sf. Poironi:. légume. || Lnc. Planter la pourrée. 
voye^ Chèxe-dret. 

Poiii-siiîvi-e, va., fait au part, passé poursuit au lieu de 

pou?'Suivi : 

Ils sont a présent poursuis par les officiers. 

1308. Dl'cange, dedicatio. 

Poiis!i!!»il»le9 adj. Possible. 

Poy (poue), sm. Pou : Les poys le dévorent. 

Pi-as iprâ), sf. Personne indolente, peu courageuse: Une 

grande pras. 

ÉTYM. Ancien français praye, proie, avec la prononciation 

locale. 

Mais bien sachiez que tel la (Venus) paye. 

(^ui puis se repent (\Q\di praye. 

/?ose, 11395. 

Une loge de bri^nche de chesne pour prendre les oyseaulx de 

praye. 

1146. Duc ANGE, branca. 

Du lat. preda. qui, au moyen-âge. se disait \)our 2)ecus, bétail : 
de sorte que grande i^'ms vaut un autre qualificatif également 
usité : grand bestiau. 

Pi-eiiie, adj. Premier, dans le langage des enfants, quand 
ils se comptent à certains jeux. 

Olivier de Rohan dit qu'il estoit/^resryie que ledit Guillaume à 

c'iose dessus dite retenir. 

l'312. DucANGE, prlmariolus. 

Pi'oiiiiei* C<^")9 ^^^(^- ^^(^^'- D'abord, primitivement, en pre- 
mier lieu : C'est à moi qu'il s'est adressé en premier. 

Que n'eriuoyas tu la mort a moy premier qu'a elle. 

Rab., II, 13. 

Prencl-iiiahi, .s;/?. Grateron, berbe sauvage, galium apa- 
rine. 

Preiifli'e, va... fait au futur : Je prearai, tu prenras, il 
prenra, etc. 

Prenez, vous dis-je, vous ne savez pas qui \ous pranra. 

Cyrano dk B., Péd. Jouet ^^t. V, se. 9» 



PRO 2 



/o 



PfesHÎiiiî, at/r. A la hâte: C'est trop pressimi, je n'arrive- 
rai pas. 

Pi-eiit, eiite, adj. Prêt, prête. 

I*i-éveiiîi*, iKi.. fait au part, juissé iiréccint, préveinie; cette 
forme tend à disparaître. 

Le maire de Marolles a prévient ceux qui sont nouvellement en 
fonctions. 

b'" vend, an XII. Arcli. nuin. de MaroIles-les-BIanches. 

Pi-evîlèii'e, sni. Privilège. 

Renonçant par sa foy à tous \esprecillèfjes, grâces et bénéfices. 

20 juiu 1102. Arcli. de la f'alu*. deTégl. de Mer. 

l*Hiiio, adJ. Précoce, liàtil, hâtive : Ce poirier est tout à fait 
prime. 
Étym. Lat. primus, premier. 

Pi'<»i^'iier9 Pi'<>iBi^'iiei> Pi-oii^iiei-, l*i-€ftviii$'iiei> 

va. et n. Provigner. faire des provins. Mots disparus. 

El y fera cinq garez (guérets^ façons) en deux ans et y pro/gncra 
chescun an de quinze proigneurs. 

i:}01. Bail. St-Sauveur. Arch. L -et-Cli. G. «7. 

Et fera faire les vignes de quatre façons et les proitignera partout 
ou besoing sera et ou proings se trouueront estre a faire et iceulx 
proings terrassera et rasera selon le pais. 

10 juil. irj()8. Bail de la Pitancerie. Arch. H. Johannet. 

Faire et fassonner, jjrongncr et encliarneller lesdictes vignes 

l)ien et deuement /^ron^/ices et encharnelées. 

17 déc. lOlî). Fabr. St-Lub. Villebarou. Arcli. L.-et-C. G. 
Cultiver, faire et fassonner, provitKjner et encliarneller ladicte 

pièce de vigne. 

21 sept. 1623. Ibid., ibid. 

Proîg'iieiir, s;/?. Provin, mot disparu. (Voyez Proigxer). 

Proiiig> s'/)2. Provin, mot disparu. (Voyez Proigxer). 

Pi*oiiiîei», ère, adJ. Premier. |[ En proinier, loc. adv. 
D'abord, en premier lieu. 

Proiig-iieK, va. Voyez Proigxer. 

Proparîeii, sjn. et f. Propre-à-rien, paresseux, flâneur. 



276 PRO 

Pi-opet, ette, adj. Qui est d'une propreté pimpante, se dit 
un peu par ironie. 

Certaine nièce assez propette. 
Et sa chambrière Raquette 
Devaient avoir îles cotillons. 

La Fontaine, Le Curé el le Mort. 

Froiifit. s/n. Profit. 

Quanque Dieu nous a fait c'est pour nosive prouj^ t. 

J. DE Mei]ng, Codic, 221, Rose, t. III. 
Tous et chacuns les ïvn'Wz, prouffit:-, reveniiz et emolumens qui en 
viendront et ystront et pourront venir et yssir. 

18 avril 1548. Bail du Mesnil. Arcli. H. Julianiiet. 

PiMMilitaliRN adj. Profitable. 

Si l'apothicaire luy en apporte un autre (remède) qui luy sera 

peut-estre autant pernicieux comme cestiiy-là luy eust esté proufi- 

table. 

H. EsTiENNE, Apol.p. Hérodote, t. 1, p. 2'J7 (Paris, 1879). 

l»i*onlîtei', vn. Profiter. i| Grandir, prendre de la force : 
Ce goret-là ne proufîte point. 

S'ilz pèchent ilz se damnent, s'ilz font bien ilz sont quicte ; 
Mais à Dieu riens qu'ilz facent, ne nuyst, ne ne, prouffite. 

J. DE Meung, CodiCy 211 {Rose, t. lllj. 

Pi'oveinlîei% 87)1. Coffre oii Ton serre la provende des 

chevaux. 

Une antienne met servant de provandier aux clievaux. 

19 janv. 1760. Vente, f*^ 30. Arch. H. Joliannet. 

I*i-4»viiig'iiei*9 va. Voyez Proixgner. 

PiMiiieaiix (en patois, peur-niô), sm. pL II Prov. Aller 
chercher, ou manger des pruneaux, aller à confesse. Les 
pruneaux sont pour nos paA'sans le plat sucré par excellence : 
c'est donc par antiphrase qu'on applique cette expression à 
celui qui va confesser ses i)échés à un prêtre lequel, gêné- 
ralernent, ne lui débite pas des douceurs. 

I»nette, .s/. Petit fausset qui sert à boucher un trou de 
gibelet fait à une pièce de vin ; abusivement, ce trou lui-même. 

PUETE. f. A peg in a hogshead etc. . . of wine; also the peg hole. 
(cheville à un tonneau etc. . . de vin ; trou de cette cheville.) 

1611. COTGRAVE. 



PUT 277 

Il Petit sifflet fait avec un brin de blé ou de seigle encore 
vert dans lequel on taille une languette vibrante, ou encore 
avec un bout de brandie d'un arbre en sève dont on accommode 
l'écorce dune certaine façon. Le son rappelle celui de la 
cornemuse. 

Étym. Dim. de Fane, franc, pue, cheville, de puer, tailler: 
lat. putare. tailler. 

Piirni5!»ie, sf. Pleurésie. 

Vous vous échaulTez trop, et vous pourriez gagner la piirèsie. 

MoLiKRE, Fest. de Pierre, act. II, se. 3. 

Pus, s?)i. eiaclv. Plus : J'en ai pus que toi, je n'en peux pus. 

Piiliii, sf. La viorne lantane. vil)urnum lantana et la viorne 
aubier, viburnum opulus. 
Étym. Puer; cet arbuste a une mauvaise odeur. 

Piitoiit, adv. Plutôt. 

Plustoust auriez-vous les chatz et les ratz ensemble reconcilié. 

Rab., IV, 35. 



4^ 00 -^S-P 







<liia«1i'aiii« x///. Faisceau de quatre cercles de cuve de 
9 mètres à peu près. Le quadrain s'appelait aussi Grand sixain. 
Vouez Sixain. Ce mot a disparu, comme l'objet, les cuves 
aujourd'hui étant reliées en fer. 

Miiand, conj. \\ A quand et. loc. adv. Avec, en même temps 
que : J'irai vous voir à quand et lui. 

11 vint des pèlerin? lesquelz. . . . amenoyent quant et aulx du 

vin par charroy. 

Rab., Append., p. 567. 
On dit aussi en quand et. 

Étym. Quand et est de l'ancienne lan^^ue. mais le n'ai trouvé 

nulle part à quand et. Ky aurait-il pas là un vague souvenir de 

l'ital. accanto, a canto : a canto a lui, à côté de lui ? 

Quarantaine, sf. |) Sorte de pomme de terre hâtive, 
qu'on peut récolter quarante jours après qu'elle a été 
plantée. 

iliiai-t, sm. Ij Fût qui contient la moitié du poinçon, soit 
Hi litres. U Le contenu de ce fût : Ils ont bu un quart de vin. 

Le 3'^ (novembre 1G97) envoie a M"" du Ressort de Mamers deux 

carres d'herbois, desquels il y en a un qu'on lui donne, et l'autre que 
l'on vend vingt livres. 

1607. Journ. des choses remarq. S. Laumer, fo 13, v^. 

ÉïYM. C'était autrefois le quart, la quatrième partie de la 
tonne ou tonneau, le poinçon en étant la moitié. [Voyez Tonne). 

Uiiai'te, x/. Mesure qui contient le quart d'un boisseau. || Le 
contenu de cette mesure : Une quarte de pois verts. 

Qimrte se dit lo jdus souvent, mais improprement, pour 
Cinquième {Voyez ce mot), aujourd'hui que l'ancien boisseau a 
disparu pour faire place au décalitre. 

L Qiiai-tiei*, fini. Mesure agraire contenant le fiuart de 
l'arpent, c'est-à-dire 3 boisselées ou 15 ares 18 centiares : 

Posiulans ut HJterum quadrantem beato Launomaro 

tribueret. 

1001. Xoel Mars, St Lomer, p. 373. 



Le (/uariier on vaut l'arpeni. 

N'iM.oN, Ha il 1er. et M al le p. 

W. Uiiaii*tioi% .s-///. Kcai'l. dans la loc. Prendre à (jiiarlier, 
c'est-îï-dire sorlii' iiiK' voilurcdii « hrai ». pour se ranj^cr dune 
autre voiture ou i)our éviter des ornières Iroj» profondes. 

Les cinq iiavii'os qui buivoiciil celui «lii coiute, vouiaiit prendre à 
ipiartier ducnniltaf, s'osoliouent. 

d'Aliuum:, Ilii^t., II.-JKMéd. KilOi. 

Uiiasiiiia<l4K sf. Quasimodo : Le diniaiielu» de la Quasi niado. 
Il Absoll. Assemblée de Saint-Claude qui se tient ce dimanche. 
Un Saint Claudain n'invite pas un ami à la Quasimado pour le 
rendre victime (c'est-à-dire p(jur lui faire dépenser son argent 
ou le lui gagner au jeu). 

Qiiatoi- (ka-tor , adj. num. Quatorze: Quator gas et quator 
filles. 

Vingt livres de chandelle de plusieurs grosseurs estimée quator 
sols la livre. 

Août 1()18. Invent. Bothereau. Arch. de L.-et-C. B. Baill. 
de Blois. 
Paiey pour avoir aclieptey un beluteau.... la somme de quatore 
soûls. 

li>;i(i. Cp'e de la marelle. Egl. de la Cliaussée-Saint-Victor. 

Uiiati-e-sV-quati-e, lue. adc. En très grande hâte, très 
rapidement: Marie-Louise s'est liabillèe quatre-à-quatre: elle a 
déjeuné quatre-à-quatre. 

Étym. Monter ou descendre un escalier quatre-à-quatre, c'est 
franchir quatre marches à la fois pour arriver plus vite. De là. 
l)robablement. une extension du sens d'action rajjide du 
particulier au général. 

I. Cliie^ conj. Il Ivcmplace dont qui n"est pas usité dans le 
patois blaisois : Les outils que jai besoin ; c'est ce bourgeois que 
ses chevaux ont des « pertintàilles ». Cette construction constitue 
un blaisisme qui échappe à toute analyse. 

IL Que, conj. Quoi : « Que que c'set ». quoi que ce soit. 

Uiiecas (k'ca, pi. Iv'câ), sra. Noix, fruit du noyer. 

Et leur donnarent ung cent de quecas. 

Rab., I, 25. 



280 QUE 

Étym. Onomatopée tirée du bruit que fait ce fruit quand on le 
casse. 

Uuecasîei» k"cà-zie). sm. Xo^^er. Vouez- Quecas. 

Queiiillei-e, sf. Forme corrompue de Canillée. 

Qiieiiiie, Qiieiiiiot, spr. Etienne. 

Qiieiioille, .•?/'. Quenouille. 

Cannes qui servent à faire des quenoilhes à nos femmes. 

Bon. DES PÉRiERS, Disc. non pi. melanc, p. 200. 
Gentionne Masson. . . . estant chez le Vacher complingnant où elle 
filloit sa quenoille. 

20 Dec. 1601. Aff. Le Vacher, de Chitenay. Arch. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

(I Sorte de bâton dont on fixe les extrémités aux mors ou aux 
colliers de deux chevaux attelés à une charrue pour les main- 
tenir écartés Tun de l'autre. 

Queroi [ke-roue), sm. Le même que Croi. 

Qiieroii^ sm. Le même que Courrou, sur la rive gauche de 
la Loire. 

CInerouîllei-, va. Le même que Courrouiller. sur la rive 
gauche de la Loire. 

Cliieii, Queiil, UiieuUe^ Uiieiix (kieu), aclj. Quel, quelle, 
quels et quelles : Queu guerdin! queul homme! queulle femme! 
queux enfants ! 

Item vous visiterez, tout autour de la ville, selon les places, quantes 
personnes convient de nécessité à fère le guet de nuez, et en queux 
lieux ils seront mieux assis pour veoir et ouïr. 

Vers 1.360. Arch. Joursanv. LVH. Bibl. Blois. 

En la forest de Bloys, deux arpens de bois assis au lieu de Bellenoe 

les queulx mondit seigneur le duc avoit donnez 

Il avril 1114, ibid. 1001, ibid. 

Uiiene-ile-poèle, sf. Têtard, larve de la grenouille et du 
crapaud. 
Étym. Par comparaison de forme. 

CliieiHiiie^ adj. Quelque. 

Monseigneur (d'Espernon) dit toujours queuque gentillesse. 

T. DES PvÉAUX, t. I, 201. 



QUI 281 

QiieiKiiiefois, adv. Quelquefois. || Par hasard, d aveuture : 
Je ne sors pas, si Jacques allait queuquefois venir. 

UiieiKfiiepai't^ (idr. Probablement : « Qu'onc » que j'en- 
tends ? c'est queuquepart un coup de fusil. || Fortuitement : 
Tu n'y aurais point queuquepart parlé de cette affaire-là ? 

(iiieiiqii'*!!!!, nue (kieu-kiun). fun. et sf. Quelqu'un, quel- 
qu'une : fait au pluriel queuqu'uns. queuqu'unes. 

Possible est que a quelcuns ne semblera 

Comment., cliap. VII. 

Qiiiaiile^ ^f. Vilaine chienne. |] Terme injurieux pour 
désigner une fille de mauvaise vie. 
ÉTY^r. Fém. d'une autre forme de « cltUut ». 

Cliiiroii^e^ sf. Clifoire, petite seringue faite d"un brin de 
sureau, jouet d'enfant. 

Étym. Ce mot n'est pas une corruption de clifoire ; il est d'une 
formation élémetitaire qui se devine toute seule. 

Cliiiiieliei*9 l'a. et n. Pencher, incliner, ne s'emploie que 
dans la loc. Quincher l'oreille, ou quincher de l'oreille : Il s'en 
va toujours quinchant de l'oreille comme un chien fouetté. 

On disait autrefois guincher : 

Le beau pignon rjuinchant un peu sur le midi d'un costé. 

N. DU Fail, Balic. d'Eutrap., II. 

Étym. Ital. chinare. lat. clinare, pencher. 

Qiiiiiqiieiiaiid^ sm. Cousin, moucheron : Je suis dévoré 
des quinquenauds. 

Cincenelle, cincenaud, petite mouche ainsi appeliee zinzala. 

Gloss. lat.-fr., Richel., 7071, Godefroy. 
Lors vinrent des cincenelle.s es hommes et es bestes : car tout le 
poucier de la terre fut conuerty en eincenelles. 

La Sainete Bible, p. .■)7. Lyon, Thib. Ancelin, 160.*). 

Étym. Origine inconnue. 

Qui- oiie^ loc. interr. Qui est-ce : Qui'onc que t'as vu : Qui 
est-ce que tu as vu ? Qui'onc qui t'a dit ça ? Qui est-ce qui t'a dit 
cela ? 

Étym. Contract. de qui donc. 



^ QUO 

Quoi faire, loc. adv. Pourquoi -? Quoi faire que tu n'es pas 
venu •? ^ 

A quoi faire demandez vous ? 

Bon. DES Periers, Cymb., II, p. 46. 
souvienne-vous de celuy à qui comme on demanda à nuotj faire il 
se peinoit si fort en un art 

Montaigne. 
Qii^oiie, loc. interr. Qu'est-ce? Qu'onc qui dit? qu'est-ce 
qu il dit ? Qu'onc qu'est arrivé ^ qu'est-ce qui est arrivé ? 
Etym. Contract. de quoi donc 



-^-.Ç.^^- 



4 




Ka...., rrétîxo qui exprime l'idée de répétition ou d'action 
rétroactive. C'est le re ou ré du français. 

Kaliat, siK. Grand bruit, fracas. 

Il se levoit tard pour nous fairo on rager, laisoit le rabat toute la 

nuit pour faire iniracle. 

Motj. de parvenir, I, 1::^."), 

Étym. Subst. verbal de « rahàter *. 

Raliatoe, sf. Grand fracas. || Grande quantité, foule: Il y 
avait une rabàtée de monde à l'assemblée. 
Étym. « RaMter ». 

Raliàtei> va. Faire du bruit, du vacarme : .le ne sais pas ce 
qui rabàte comme ça dans l'écurie. 

O esprit donc, bon seroit, ce me semble, 
Avecques toi rebasler toute nuict. 

Cl. Marot, Kpifj. à Tallart. 
Vous oùites rabaster a la porte de votre pavillon. 

Sully, Méra., t. V, p. 218 (éd. 1725). 

Il Proc. La goule lui rabàte, se dit d'un gourmand qui attend 
avec impatience le moment de se mettre à table. || Va. Battre : 
Attends seulement que je t'attrape, et je te rabàterai ! 

Étym. Rabat, se disait autrefois pour esprit follet, esprit tapa- 
geur, témoin Rabelais : 

La Mommerie des rabatz et lutins. 

Hah . II, 7. 

et l'exemple ci-dessus de Marot: du radical ttat, qui se trouve 
aussi dans bâton. 

Hahoiidi, la^adj. Quia de l'embonpoint, gros, joufflu. 

KailM>ii}stiii, sm. Homme de petite taille, mais trapu. 
ÉiYM. Origine inconnue. Peut-être raboustin est-il parent de 
ràblc : bien râblé ? 

Ral>oiitielia$-e9.9//7. Action de ■< rabouticlier ». 

Rahoiitieliei> va. Rafistoler, rapetasser: Rabouticlier une 
vieille salopette. 



284 RAC 

Étym. Re et abouticher, dimin. du verbe fictif abouter, de 
bout, mettre une chose au bout d'une autre. 

Ràclei*, va. et ;?. || Donner à la vigne une façon qui consiste 
à racler avec la marre la terre du sentier pour la jeter sur la 
planche. 

Raclette, sf. Outil de cantonnier qui sert à racler la boue 
des chemins. 

Raeoiii^ s//i. Recoin : Tous les coins et racoins. 

Raeoqiiillei> va. Ragaillardir: J'ai pris un verre de vin. 
ça ma un peu racoquillé. || Se racoquiller. se pomponner, se 
requinquer. 

RAdiii, s/ji. Gratin, partie de certains mets qui s'attache au 
fond du vase, en cuisant, par suite d'un excès de feu et qui ré- 
pand une odeur sui generis. 1| Prov. Sa bouillie sent le radin, il 
est dans une situation critique, il n'est pas éloigné d'une catas- 
trophe. 

Étym. Rader, du lat. raclere, racler, comme ^ra^m ([egyYftter. 

Râ(li«9 sm. Radis. || Pro^\ Voir pousser les radis par la 
racine, être mort et enterré. 

RAilei> va. Passer tout auprès de, au ras de. raser : Il n'a 
pas été blessé, mais la balle lui a raflé la joue. 
Étym. Ras. 

Rafoiiei'9 va. Repousser avec rudesse, rabrouer: Je l'ai jo- 
liment rafoué. 
Étym. Ra pour re, et fouer, du lat. fiigare, repousser. 

Ra^e, sf. Il Grande quantité : Ce poirier m'a donné du fruit 
une rage. 

Étym. La rage, maladie, éveille dans l'esprit l'idée d'excès 
dans le mal ; ici c'est l'excès dans le nombre. 

Rag'oiiillag-e, sm. Mets préparé d'une façon peu ragoû- 
tante, et même dégoûtante. 
Etym. Péjor. de ragoût. 

Rag'ouillat, sm. Comme Ragouillage. 

Ra^ouillot, sm. Comme Rayouillaud. 



RAL 285 

Uag*i*ayei' (ra-grê-ie), va. Uagréei*. 

Les pierres d'icelle tour seront ragrayèes et retaillées, si le cas y 

échet. 

1743. Devis de const., p. 1 1. Arcli. de l'égl. Chaussée- 

St-Victor. 

Italiii, sm. Tapage, vacarme : Les conscrits ont fait toute la 
nuit un ralui du diable. 

Simon je vous ferai un tel haUu qu'il en sera perpétuelle mémoire. 
] 129. Lettre de Jeanne d'Arc aux Anglais avant la prise des 
Tourelles, ap. Wallon, J. d'Arc, 1H77, p. «0. 

Étym. lia, pour re, et Inie)-. 

Itaide^ snu Face d'un morceau, dun brin, d'une i)iéce de 
bois qui présente une convexité: Mettre une pièce de bois sur son 
raide, la disposer de façon que cette convexité supporte la charge 
ou l'effort. 

Hai^^'ooii, .s-///. Rayon. 

Etym. « Raigcr », ital. ragrjio, ra^^on. 

Hai^-ei> m. Raj'onner, briller, luire : Le soleil raige ; 
quand je fais du feu, faut que ça raige. 

Dessus les heaumes de lor brans 

S'entredonent colps si grans 

Que par les chiefs li sanc rage. 

xiv*^ s. Guerre de Troie, ap. Duc, rigare. 

Étym. Ital. 7Yigglare, lat. radiare, ra^^onner. C'est le même 
mot que Tanc. franc, rayer, rayonner. Pour la mutation du 
Il en g, voyez Abage. 

Railla .S'y/?. Lisière d'un bois : Le rain de la forêt. 

Es termes et ou rain des forez. 

i:i76. DucANGE, raina. 

Joingnant d'autre part vers gallerne au rain de lad. forest. 

1G17. Part, l'résid. de Metz, p. 66. Arcli. L.-et-Ch. 
B. Baill. de Blois. 

Ralti, adj. emplo^'é surtout au masc. Un bois ralu : un 
morceau de bois, une branche, un tronc mal tournés, tors, de 
mauvais aspect. 

Étym. Orig. inconnue. 



QSe» RAxM 

Raiiia^-e^ s?n. || Goût, saveur : Ce vin aljieii un petit ramage 
mais qui n'est pas déplaisant. 

Étym. Orig. incertaine. Y aurait-il analogie avec le ramage 
des oiseaux, celui-ci flattant l'oreille comme celui-là le palais ? 
on dit bien, dans le même sens, bouquet. 

Kaiiieiicleau* srn. Petit reste, petit revenez-}^ : Qui est-ce 
qui veut du café ? il y a encore un petit ramendeau, 

Étym. Ane. français, ramener, rem.ener., du lat. remanere. 
rester, être de reste. 

Qui riens n'a plus que sa cornette 
Gueres ne vault le remenant. 

Pat/ielin, p. 100. Couslelier, 1723. 

Raiiioiiat^ sm. Ramoneur ; de même en Picardie. 

Kaiielie^ sf. Etai qui supporte la ridelle d'une charrette. 

Le suppliant frappa icellui l^erriîiot d'un baston ou ranclie de 

charrette. 

1408. DucANGC, ranclionuni. 

Étym. Lat. rameœ. ramAcem. branche darbre. 

Raiieliet, sm. Douille en fer dans laquelle s'emboîte la 
« ranche ». || Sj^non. de « hachet ». 

Plus une charette garnie de son essieu ses roues et son charretil 
et ses ranche ts. 

23 déc. 1T88. In vent. p. 17. Arch. H. Johannet 

Raiieiiiieux, eiise, adj. Rancunier, rancunière. 

Raii^ (toHt-cle-), loc. adv. L'un après l'autre, d'affilée : 
La grippe régne dans le bourg et elle va tout-de-rang, c'est-à- 
dire elle attaque tout le monde l'un après l'autre. On dit des 

groseilles : 

A la Pentecoùte 

On y goûte ; 

A la Sanit Jean 

On les mange tout-de-ranrj , 

Dicton populaire. 

Le destin me défend 

De vous prophétiser vos fortunes de rang. 

RoNS., Hym., 2Miv., I. 

Raii^ar, sm. Hangar, remise ouverte, où Ton met à l'abri, 
où Ton range les voitures, outils, etc. 



RAT 287 

Étym. Hangar, avec proslhése euphonique d'un /'. ou. peut- 
être mieux, ranger. 

Haiig-eot, .s>/?. Vieille seille qui a perdu son anse et une 
partie de sa « sarche » . 

Ua|>asfMiei> vn. Repasser, passer de nouveau : Il ne fait que 
passer et rapasser. 

Amours compassé 
Ses faiz comme la dance basse, 
Puis vaauant et puis râpasse, 
Puis retourne. 

Al CiiARTiF.R, Lie. des quatre Dames. 

Et seront tenus de laisser passer et rapasser chevaux et charrettes 
chargées. 

Mars 1018. Part. G. Charron. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de 
Blois. 

Uaipiat, adj. des :? genres. Qui pousse l'avarice jusqu'à la 
ladrerie : Il est si rapiat qu'il a regret au pain qu'il mange. 

Étym. Origine inconnue. C'est peut-être une sorte d'augment. 
de 7^ai. Voyez ce mot. 

Rai»oiisiiiei> va. Rhabiller, raccommoder des vêtements 
vieux et sans valeur : .Te rapouâne mon devantiau ; d'aucuns 
disent rabouâner, c'est une faute. 

Étym. Ra, préf. et point, faire de nouveaux points. 

H apport «pie, loc. conj. Parce que. à cause que : Ce 
n'est pas rapport qu'on est riche qu'on ne doit pas regarder 
le pauvre monde. 

Rare, adj. || C'est bien rare que. locution très usitée dans 
la campagne pour dire II serait étonnant que : C'est bien rare 
qu'il soit arrivé à l'heure. 

Ras (râ), sf. Raie, sillon : Il ne possède pas une ras de bien, 
c'est-à-dire pas le moindre bien-fonds. 

Rat, rate, adj. Avare, en parlant d'une personne connue 
pour être riche. 

Avoec les seignours et les dames 
M'esbatoie très volentiers. 
De ce n'estoie pas ratlers. 

Froiss., Poès., I. 1G2 (Scheler). 



288 RAT 

Étym. Le rongeur de ce nom fait, dit-on, des magasins de 
provisions pour lui et ses petits : 

Il y (à son nid) fait même quelquefois magasin, surtout lorsqu'il a 
des petits. 

BuFFON, Le Rat. 
mais ce ne serait pas là de l'avarice. 

Ratafii'e, 5//?. Les rats et les souris, pris collectivement : Le 
ratage me dévore mon blé. 

Rate, sf. Il Loc. Ne pas se fouler la rate, n'être pas ardent à 
l'ouvrage. 

RàteleiiHe, sf. \\ Abs. Femme qui va, après l'enlèvement des 
foins, des « artificiels », ramasser ce qu'il en reste; c'est le 
glanage des prés. 

Râtelle, sf. Grand râteau dont se sert la « râteleuse ». 

Ratoiiàiiei-9 m. Répéter souvent et inutilement la même 
chose, « digoter ». 

Étym. Prononciation locale de ratoiner, y^atonner., qui se 
disent ailleurs dans le même sens ; probablement de raton : 
on est aussi agacé d'entendre ratouâner que d'entendre trottiner 
un rat. Comp. rogatonner . 

Ravauder, va. et n. Raccommoder de vieilles futailles. 

Ravaiitleiix, sm. Tonnelier qui fait le métier de « ra- 
vauder ». Il i^iV- Homme qui montre peu de talent dans le métier 
qu'il exerce. 

Ravenelle, sf. Le radis sauvage, raphanus raphanistrum, 
plante très commune qui pousse spontanément dans les terres 
cultivées. 

Etym. Dimin. de rave. 

Ravei'dîr, va. Reverdir. 

L'espine vinette rauerditQ\ bourgeonne sur le printemps. 

Comment, chap. 206. 1 

\ 
Ravestoiil, îe, adj. Eveillé, déluré, gaillard : Un petit 
gas bein ravestoui. 
Étym. Orig. inconnue. 



REC 289 

Rît vis (ra-vi), sni. Action da se raviser : Un ravis le prend 
et il parti 

Ravivée, 6/'. Action de se raviser : 11 lui prend une ravisée 
et il s'en retourne. || Petite « attelée » : Je n'ai qu'une heure, je 
vas faire une ravisée. 

Ravoiiillaiid^ .«?//?. Petit entonnoir, ordinairement en 
}3oissellerie dont on se sert pour le vin. 
Étym. Ra, et ouUle)\ emplir un tonneau jusqu'à la bonde. 

Raysiâ;-e9 Réa^e, Riàjs;'e9 5?^^. L'ensemble des raies 
faites i)ar la charrue. || L'étendue d'une pièce de terre 
considérée dans le sens des raies : Un long riâge ; je suis au 
bout de mon riâge; les Réages-tords. les Torteréages, climats 
de la campagne biaisoise. 

Une pièce de terre labourable estant en j)lus'"^ reaages et 

tourneuses. 

1021. Invent, de Beaune, p. ">T. Arcli. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Rel»leiiiei> vn. Se dit du vent qui, se heurtant contre un 
obstacle, tourbillonne et frappe en retour : Le vent rebleme 
au coin de ce bâtiment. 

Étym. Grec (3Àviua, coup, de jSaXAstv, frapper. Cette étjanologie 
est un peu savante et il faudrait au moins un intermédiaire du 
grec au français ; mais elle paraît suffisamment raisonnable 
pour quon n'hésite pas à la donner. 

RelH>uloi> vn., ne s'emploie que dans Texpression Rebouler 
des yeux, faire des yeiw furibonds. 

Étym. Re et boîtier, c'est-à-dire rouler l'œil comme une 
boule. 

Reeevoîi*, ca., fait au prés, du subj. : que je rcceve, que tu 
receves, etc. [Voyez chap. prélim. | OBS. GRAMMA T., art. 6). 

La matière en est bonne et neuve : 
Or doint Dieu qu'en gré la receuce 
Celle pour qui je l'ai empris. 

Rose, notes, p. 103, t. IL 

Reeliafaiider, rn. Dresser un nouveau « châfaud ». 

Rechoff'auder, Ponteggiar di nuovo. 

A. Ol'Din, Dictionn. 

19 



290 REC 

Reolieiii'iieiix.» eiise, adj. Rechigné. 

Reeoinle, sm. Angle rentrant, mot employé surtout dans la 
désignation des pièces de terre. 

Borné d'amont par le chemin de la Chaussée à Francillon, et 

en recou'fe par le sentier des Clos-petits. 

7 juin ITTO. Arcli. de légi. Cliaussée-St-Victor. 

Keei-ii, sm. Jeune soldat nouvellement arrivé au régiment, 
recrue : Maladroit comme un recru. 

Ueeui-leiiieiit, s?)?. Action de « recurier ». [( Etat d'un 
mur. d'une maison qui avancent sur l'alignement d'une rue: 
Mon fournil est au recurlement de deux pieds. 

lleiMii*li'i> ra. et /i. Reculer. 

È'iY'si.Re et cul ; exemple rare de l'épenthése du r qui n'ajoute 
rien à Teuphonie du mot, au contraire. 

Uefeiuli-e, ra. et n. \\ Séparer les « condous » par un large 
sillon pour faire les planches, la charrue étant garnie d'un 
« carreau ». 

Uefeiidiii^e^ sf. Le quartier que le lahoureur laisse entre 
deux « condous » pour être refendu. 

Hefei'€lii> va. et n. Refroidir. 

Hefiig-ei* C**^)f ^"- ^*^7?- Se réfugier. 

Étym. Refnger de refuge n'est pas plus anomal que juger de 
juge. 

Uegltei*, va. Rejeter. 

Uog:lîsser (r'gue-lis-se), ta. Faire le contraire de lisser, 
hérisser, rebrousser: Le coq va se mettre en colère, voilà qu'il 
reglisse ses plumes. || Se reglisser, v. réfl., se hérisser, dresser 
son poil, ses plumes : Le chat se reglisse. 

Étym. Re qui exprime une action rétroactive, et lisser; 
l'épenthése du g vient probablement du voisinage de re glisser. 
D'Aubigné disait regrlsser : 

Ses cheveux reg risses par la colère en rond. 

dAubigné, Trag., p. 258. Paris, 18Ô7. 

L'annotateur L. Lalanne donne comme origine probable le 
lat. regressus, retourné. 



REM 291 

Rè^'iie9 sm. \\ Epidémie: Tous les enfants ont La coqueluche, 
c'est un régne. || Opinion, habitudes qui ont cours: Un curé se 
plaint à ses paroissiens de ce que sou église n'est guère 
fréquentée. — « Quoique vous v'iez, monsieur le Curé, répond 
Pun d'eux, c'est le régne ! » 

Ueg-oi-^- (re-gor), uni. Regorgement d'un cours d'eau: se dit 
spécialement du bief d un moulin: La roue fatigue, elle est 
gênée par le regorg. 

Re^'oiisVï^Ne, ée, aclj. R,assasié jusqu'au dégoût : « Toujou 
des choux et des teuffes, on en est regouâsse ! « 
Étym. Péjor. de « regouge ». 

Ue^-oii^-e, ée, (idj. Rassasié jusqu'au dégoût. 
Étym. Re, et goué d'où vient aussi engoué. 

1. Itcûii, sm. Rien : « J'en sais rein ». || Flg, Un méchant 
rein, un homme de rien, un enfant désagréable. 



'&' 



IL Ueiii^ sm. Le même que Raix. 

KeJalii-9 vn. Rejaillir : Son « crachard » lui a rejali sur le 
nez. 

Une fontaine d'eau rejalissante jusqu'à la vie éternelle. 

GoDEAU, ISlouv. Testament, t. I, p. 500 (éd. 1068). 

KelaN, Relai§>!$e (r'iâ, r'iâ-se), adj., ne s'emploie que dans 
la locution Soûl et relas, rassasié jusqu'au dégoût. 

Releiitii* C*^)* ^'- ^''éfi- Prendre de rinimidité : Pour ])eu 
qu'il tombe de l'eau, le fourrage d'avoine se retentit. 
Étym. Ancien français relent, humide. 

Relève, .s/'- Planche de rebut provenant des flancs impar- 
faitement équarris d'une bille de bois; on dit aussi crovte. 
Étym. Relever, ou plutôt lever. 

Reli^ioiiiiaire, adj. Qui pratique la religion, dévot. 

Reiii]>oiiii> va. Rendre meilleur : Rembonir un fricot en y 
mettant du beurre. || Va. Devenir meilleur : ce vin rembonit. 

Reiiibu, S7n. Tige de bas ou de chaussette « à rembucr ». 



'292 REINI 

Reiiil>iiei*9 ra. Renibiier des bas, des chaussettes, les 
raccommoder en y faisant des pieds neufs. 

Des bas bleus, rembués au bas^ et au haut blancs. 

25 avril 1703. Arcli. mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Étym. Ital. bi'.ca. trou, boucher les trous, ou rimijedulare^ 
ressemeler. 

Keiiiiiiaiiolici* (ran-man-ché), l'a. Munir d'un nouveau 
manche. || Fùj. Remettre d'accord. 

Il y a dissension 
Telle que je crois que jamais 
Xe se ramancheront ensemble. 

Bon. DES PÉRiERS, Andrie, act. III, se. '.\. 

Heiiioiivei> va. Mouver de nouveau, remuer. 

Jettez dans le tonneau six ou sept blancs d'œufs et les remonuez 
diligemment auec un baston. 

LiEBAUT, Maison riist., VI, chap. Kî. 

Keikipai'er («e), v. réff. S'emparer. 

Ueiliplayei* ,ran-plè-ie), va. Remployer, employer de 
nouveau. 

Ueiiiploi^ sm. Pli fait à une étoffe, à un vêtement, pour 
l'accoursir. rempli. 

Ueniployei», va. Faire un « remploi », un rempli. 

Reiic'lierclir, va. Renchérir. || Vn. Devenir plus cher : Le 
blé est rencherdi. 

Keiiettir, va. « Xettir » de nouveau. 

Ces os sont si bien renettis que les chiens ne font point la presse. 

Merlin Cocçaïe, Hist, mac, VIII. 

Reiifi*oiiiei«9 va. Renfermer. 

Nous voyons que tout ce qui peut faire un grand prélat estoit 
renfroraé en votre illustre personne. 

1G98. Xoel Janvier, Le Loir-et-Cher hist., 1892, p. 68. 

Renvoyer, va., fait au futur : je renvoirai: au conditionnel : 

je renvoirals. 

Je lui renvoierai bientost. 

Rab., Lettre à M' le Bailliuf, Xot. XLVI. 
Replayer 're-plé-ie), va. Replier, reployer. 



RES 293 

Repolis^ sm. Repos. 

Le sommeil et repous est don et bénéfice spécial des dieux. 

Rai3., 111, II. 

Repenser, va. et n. Reposer. 

L'on enuoye ces nouueaulx mariez veoii* leur oncle, pour les 
absenter de leurs femmes, et ce pendent so\' repouser. 

Rafî., III, (i. 

Repii«sei% m. Être repoussé, chassé en arriére, par ex. 
en parlant d'une arme à feu qu'on tire : Ce fusil repusse for- 
tement; quand on enfonce un pieu qui rencontre un roc, le 
maillet repusse. 

Étym. Lat. repulsare, repousser. 

Recitiérii*, r«., fait au participe passé requéi'l: J'ai été ré- 
quéri par les Prussiens avec mon cheval et ma charrette. 

Comme Jean Ai rode requerist que un jugement fet contre 

lui fust mis au neint. 

13(32. DucANGR, salvainentum. 

De plus nous avons requeri six buteliers pour transporter les 

terres. 

29 tlor. an II. Reg. des délib. mun. de Villebarou. 

Reqiiet, srn. Plat d'abatis de volaille : Un requet de poulet. 
Étym. Lat. reliqiiœ, restes? 

Item les copeux, les branches et tout le resquez et remeignant, qui 
demoureront emprès abatre ou faire le merrain. 

1301. DucANGE, remasencia, 2. 

Rèi^oii.s, oiite, ou oncle, ac/y*. Bien portant : Depuis quelque 
temps, ma femme n'est pas résoude. 

Étym. Part, passé de l'anc. verbe résoudre, qui entre autres 
acceptions, a signifié se rétablir, guérir : 

Le duc de Bourgongne, estant encore malade^ a très grand dur se 
pouvoit ressourdre parce que ja estoit devenu ancien. 

G. Chastfll., Chron., IV, 203. 

Quant Amors ainsi ordené, 

Ot luv et ses gens, et donné 

M'ot tel conseil, pas ne fu sours 

Mon doulz espoir, car bien resours 

En fu et dist qu'il se sentoit 

En meileur estât qu'il n'estoit. 

Froiss., Poés., III, 201, Scheler. 



294 RES 

Ici. il est employé simplement pour Uen portant, sans idée 
de reto^ir à la santé. De plus le è est nettement accentué. 

Re$^lûi% sm. Respiration, souffle : J'ai tant couru que j'en ai 
perdu le respir. 

Ainsi froideur et mortifère glace 
Print peu a peu en sa poictrine place, 
Quy estouppant les conduits de la vie, 
Et le respir sans lequel on desvie. 

Cl. Marot, Met. d'Ov., 1. II. 
Le trot en descendant coupait le respire à la grosse Sévère et 

l'empêchait de causer. 

G. Sand, Fr. le Cliampi. 

Étym. Ital. spiro, même signification. 

Retint, te, part, passé de retenir : J'ai retint ce domes- 
tique-là pour toute la semaine. 

Étym. Lat. r^etentiis, part, passé de retinere, même signif. 
Voyez Tint. 

Retiiitoii, srn. Mets, liqueur dont on reprend : Allons, en- 
core un petit retinton. 
Étym. « Retint » ? 

Retîraiice, sf. Refuge, retraite, lieu où l'on se retire : 
Menars, c'est la retirance de tout ce monde-là. 

Revende, sf. Revanche : 

Reveiig:ei», va. Revancher, défendre. 

L'autre qui veit sa compagne outrager 
Laissa la danse et la vint revenger. 

Cl. Marot, Epist. « D'un cueur entier y>. 

Revîr«ei> vn. Retourner sur ses pas. 
Étym. Re et vù^er. Voyez Virer. 

Revôn^er, vn. Chercher partout, fureter. 
Étym. Ital. volgere, tourner, remuer. 

Rez, adv. Ras: J'ai empli le pot tout rez, jusqu'au hord. 

J'ay veu despescher au sceau 
L'aultre jour des lettres patentes 
Pour couper au rez de la peau 
Telles qui ne sont suffisantes. 

CoQUiLLART, Droitz nouveauJx, p. 8. 



RIL 295 

Rlieiiinei*9 vu. Se dit du bruit spécial que cause à la respi- 
ration lin embarras des bronches ou de la poitrine : Ça lui 
rheunie sur restomac. 

Étym. Hhutne qui se prononce revrnc. 

Ria;;*e9 sm. Voyez Réage. 

Rilioiiillé, Rilioiiillo, loc. inr. que les entants répètent 
pour faire enrager un camarade en tournant l'index de la main 
droite dans la paume de la main gauche où ils ont préalable- 
ment craché, ou fait semblant de cracher. 

Mais la cour au latin a toujours fait la moue ; 
Elle fait rihouillés aux hommes studieux. 

Du LoRENS, Sat. XX, ap. Talbert, p. 201. 

Étym. Probablement la môme qu'à gribouille, mais celle quen 
donne Littré paraît bien insuffisante. 

RlcaN.sei> vn. Ricaner, rire avec affectation et en se 
moquant. 

Les filles commencearent à ricasser entre elles. 

Rab.,IV, 52. 
Étym. Péjor. de r?V^. 

RicaNNiei«9 èi*e, sjji. et sf. Qui « ricasse », narquois: Que je 
t'attrape, méchant ricassier ! 

Riclelé^ ée, adj. Ridé, ridée. 

Rieii9 S7n. \\ Pror. Un petit rien bordé de jaune, rien du 
tout. C'est une plaisanterie qui date de loin : 

lin rien entre deux plats. 

N. DU Fail, Contes d'Eutr., I, p. 304. 

Rifler, va. Enlever tout, sans rien laisser : En deux tours 
de cartes, il lui a riflé ses quatre sous. 
Étym. Germ. angl. )H/le, piller? 

Rig'oter, va. Attraper, saisir à la volée. Dans la vallée du 
Cher, on dit ricoper. Voyez Arrigoter. 

Rille, sf. Tranche mince de porc, frite dans la poêle ou dans 
la lèchefrite : Faire des rilles pour souper. 

Rilles et oreilles de pourceau. 

1480. Duc ANGE, rielle. 

Étym. Voyez Rillée. 



296 RIL 

RîUée i,ri-ié-e). sf. « Rille ». || Plat de rilles. 

Un riche faquin qui bruloit ses pourceaux en sa cheminée de 

peur d'en bailler des ri//èes. 

BoucHET, Serees, ap. Littré. 

Il Omelette au lard : Pour ftiire une bonne ri liée, il faut 
autant d'œufs que de rilles. 

Étym. Ne serait-ce pas le pari, passé d'un verbe disparu 
yHllci\ s3'non3^me de frire, et qui aurait la même origine que 
rissoler? 

le vous enuovrav du rillé en votre chambre. 

Rab., III, 30. 

, Rillette (ri-iéf), sf. Quand les « rillons » sont cuits, on retire 
la graisse avec précaution pour la mettre à part. Lorsque cette 
graisse n'est plus pure, se trouvant chargée de débris de 
rillons. on l'appelle rillette : c'est la rillette du paysan ; celle du 
charcutier est un mets composé exprés, fait de viande de porc 
hachée très menu, et cuite avec de la graisse et différents 
ingrédients. 

Il Par extens., au 2)1., couche de gravier qui se trouve sous 
la croûte de terre végétale, et dont la couleur rappelle celle des 
rillettes. 

Étym. Dimin. de « 7nlle ». 

Killoii (ri-ion), s?n. Viande coupée par morceaux de 150, 
200 grammes et au-dessous, cuite avec la panne et un assaison- 
nement spécial : Un rillon, avec un bout de fromage, et un 
verre de vin blanc, c'est le meilleur des déjeuners. 

Ety'm. Augm. de « rille ». 

Riolle, sf.. ne s'emploie que dans la locution Être en riolle, 
être en gaîté, avec une pointe de vin. 
Étym. Rire. 

Kipei*, va. Enlever, saisir très promptement, « rifler ». 

Les créanciers me font saisir, mais de quel dret ? Ce .sont eux 
qui me dèv^^nt. Ils me ripent tout et faut pas que je me plaigne ! 

Rec. de Loir-et-Cher, 19 avril 18Î)L p. 2. 

Etym. Probablement forme abrégée de gripper, agripper. 
Ilipiie, sf. Petit poisson qui vit dans les ruisseaux, épinoche. 



ROI 297 

Dieu ne créa oncques le karesine, f)ui l)ieii les salades 

carpes, lirochets, dars. ablettes, rippp^. 

Raiî., Le.ttrc à M . le Baillinf, Notice, XLVI. 

Étym. Origine inconnue. 

Iti<|ii4^6/. Mauvais petit cheval, rosse. 

Ktym. Origine inconnue; serait-ce. par antiphrase, une autre 
forme de r/c/ie, ital. ricca^ cfui vient du germ. iHihs, vaillant, 
puissant ? C'est à peu prés dans le même es[)ril que rosse est 
venu du germ. ross, cheval. 

I^îvei*, va. (I River un lil. enfoncer les bords de la couver- 
ture sous le matelas. On dit aussi River une personne dans son 
liL 

Itolii^e, sf. Plat de pommes de terre cuites en robe de 
chambre . . 

lioeiiiaiief ^7'. Redingotte et surtout soutane : ne se dit 
jamais sérieusement. 

Étym. AU' rock, habit, mami, homme. 

H(Mliii^-otte9 sf. Redingotte. 

Ro^-atoiiiiei> m. Grommeler, murmurer entre ses dents. 

tl « Digoter ». 
Étym. Rogaton, dans le sens de requête, supplication : 

Cafars, cagots papelard z pâtes- pelues, porteurs de roya- 

tons. 

Rar.. Ane. prol. du 1. IV. 

Uo^-iioii, s/ri. Il Au jeu de saute-mouton, coup de talon 
donné par le sauteur sur le derrière du patient. 
Étym. Origine inconnue : d'aucuns disent ofjnon. 

Roiiieei-9 m. Faire entendre, par mécontentement, certains 
sons inarticulés entre les dents, grommeler. 
Étym. Pour roncer, ital. roncare, gronder. 

Roin^-eon,, srn. Trognon, reste d'une chose mangée. 
« roingée » : « ïu crés que je vas manger tes roingeons ? » 

Roiiiâ;'ei% va. Ronger: « Roinger son ferouin », ronger son 
frein. 



298 ROI 

Roij$9 sm. pi. Nom donné par les charcutiers de village à 
Tépiploon du porc. 

Étym. Autre forme de rois. lat. retla, filets, à cause des fila- 
ments graisseux de cette membrane qui forment une sorte de 

réseau . 

Jouste la mer de Galilée 

Trouva trois frères pescheours ; 

Iluec faisoient lor labours, 

Sour le rivage rois lavoient 

Et as poissons lor rois tendaient. 

1323. DuCANGE. i^eselluSy 2. 

Rollé^ ée, Roulé, ée, adj. Se dit d'un tronc d'arbre débité 
dont les cernes ou cercles concentriques ne sont plus parfai- 
tement adhérents : Le sapin est souvent rollé. 

Tous les bois seront de bonne qualité d'un an de façon^ sans rouge, 
vergé, roulé, tranché, poury ni nœuds en iceux. 

1713. Devis de constr., p. 9. Arch. de l'égl. Chaussée-St- Victor. 

Étym. Lat. rotula, roue, cercle : les différentes couches, en se 
détachant, formant autant de cercles. 

R0II0119 sm. Barreau de bois arrondi : Un roi Ion de chaise, 
un rollon d'échelle. 

Similiter quoque retortas et rollones, stimulos quoque et cavillas, etc. 

xi^ siècle. Ch. de Lavardin. Arch. Loir-et-Cher. 
Plus payé à Thomas le Beau quatre sols pour avoir fait faire un 
rollon au ballustre de la chapelle. 

1707. Cp*® de la marelle. Egl, de la Chaussée-St-Victor. 

Étym. Augment. de rôle, du lat. rotulus, rouleau. 

Roinoi-aiitiii, sm. Cépage qui donne un vin blanc de 
qualité inférieure. 
Etym. Sans doute la ville de ce nom. 

Rond, sm. \\ Petit disque fait généralement d'osier plat, de 
viorne, sur lequel on dépose le fromage pour le façonner pen- 
dant qu'il finit de s'égoutter. 

Ronde, sf. Il Tas de rnangeaille arrondi et allongé qu'on fait 
avec le râteau dans un champ d' « artificiel » : Mettre du sainfoin 
en rondes. 

Rondeau (ron-dio), sm. Petit gâteau rond, ou d'autre forme, 
qu'on fait dans les ménages, le dimanche des brandons. 



ROU 299 

I. Rotte, sf. Menue branche de bois flexible, lien de bois 
pour les bourrées. || Pror. Il n'y a pas de fagot si « chetit » qui 
ne trouve sa rotte. c'est-à-dire : Il n"}' a pasdelille.si disgraciée 
soit-elle de la nature ou de la fortune, qui ne trouve un mari. 

Étym. a Nantes on dit rorfe, dans le Morvan ronette^ dans 
l'Aunis riorie; du lat. rctorta (virga), branche retordue. 

II. Uotte, 5/^. Sentier, sente. 

Si tost que ces pasteurs, du milieu de la rotte 

Ronsard, Ed. III. 

Étym. Celt. rod, roto, gué, passage, chemin. 

Rottée, sf. Ancien synon^^me de bourrée, fagot lié avec une 
rotte. 

Ce fut luy qui nous donna deux mille rottees de bois par an pour 

nostre chauffage. 

Noël Mars, St-Lomer, p. 115. 

Il Ancienne mesure de bois de chauffage qui valait 40 cen- 
tistéres. 

200 buclies de rothée, estimés les vingt bûches 7 1. formant une 
rothée, faisant au total dix rothées. 

15 niv. an II. Invent. Arch. mun. St-Denis-sur-Loire. 

Rotter, va. Lier au mo^'en d'une « rotte ». || Vn. Être propre 
à faire une « rotte », en parlant d"une branche : Le chêne rotte 
bien. 

Roiiahle^ sni. Kàble pour remuer la braise dans le four. 

Lesquels allèrent à un tour et pristrent l'un rouable et l'autre 

furgon. 

1387. DucANGE, rotabulum. 

27*^ Une mauvaise met a paitrire pain, un goumas de bois 

Un rouable de fer. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 

!! Uàble de maçon pour remuer la chaux qu'on éteint. 

Il Instrument qui sert à ramasser les grains battus ou « nettis » . 

Ung ruable dont on amasse le blé, quand il est batu. 

1462. Duc ANGE, ruere. 

RoiiA^er, va. Endommager un champ en passant avec une 
voiture, une charrue. || Vn. Par analogie, se dit d'une femme 
qui, « étant aux herbes », cueille de ci de là, furtivement, 



300 ROU 

quelques poignées de « inangeàille ». sur les champs voisins. 
Étym. Roue, de la voiture. 

Roiiàilleis vn. Se dit d'un moulin à vent, lorsque, par une 
faible brise, ses ailes tournent très lentement. 
Étym. Péj. de l'inusité rouer, tourner, en parlant d'une roue. 

KoiiaiiniN .s-/'. Sorte de tique, insecte parasite qui se loge 
sous la peau des animaux. 
Étym. Origine inconnue. 

Koûclie* sf. Laîche. carex à feuilles coupantes, sorte de ro- 
seau qui pousse dans les foins, dans les marais. 

Elle s'estoit iettee dans vn bocage, où il y auoit force rouches et 
force asperges saunages. 

Amyot, Homm. illus., t. I, p. 8. Paris, 1()09. 
Auront droit de faucher les rouches et herljes de chacun leur pré, 
jusqu'au fil de l'eau de la Cisse. 

xviii° s. Cart. blésois Marmoutiers, p. 288. 

Étym. Gothique rems, jonc. 

Roué, adj. \\ Prov. Roué comme les fesses d'un postillon, 
très rusé, très malin, frisant la filouterie. 

Étym. On joue ici sur le mot roué qui signifie dépravé, cor- 
rompu, et aussi écrasé par une roue de voiture : 

Il prit prétexte, en un passage si sujet à embarras, de quereller le 
cocher, en lui disant qu'il l'avoit pensé rouer. 

T. DES RÉAUX, t. VII, p. 222. 

et, par extension, meurtri, comme doivent l'être les fesses d'un 
postillon après une longue chevauchée. On trouve dans Cot- 
o^rave : 
Corrompu comme la fesse d'un postillon. 

Cette locution est moins vraie et moins pittoresque que la 
nôtre. 

Roue-cassée, sf. Sorte de mouvement gymnastique où le 
corps tournoie en l'air en posant alternativement les deux 
mains et les deux pieds par terre, pour imiter le mouvement 
d'une roue : Faire la roue-cassée. 



I. Rouelle, sf. Petite roue, roue de charrue. 

Lors est tournée la rouelle. 



Rose, 9928. 



ROU 301 

Plus une paire de rouelles de cliarus, 

7 dec. 17^>"). Invent., p. 2r>. Arch. H. Johannet. 

Il Faisceau de 24 cercles de iuimellerie bruts. 

Deux milliers quatorze ronelleH de sercles de sauije estimé a 
raison de huit liv. le millier. 

1621. Invent. Le Fuzelier, [). .Tî. Arcii. L.-et-Ch. B. Bail!, 
de Blois. 

II. IliMiolliN sf. Ruelle, petite rue. 

I. H<MiUS oe, adj. Voyez Rollé. 

II. Hoiilc, ocs pari, passé de rouler. Se dit des céréales, 
des plantes fourragères ahallues, versées, emmêlées par le 
vent, la pluie : De l'avoine roulée, du foin roulé. 

UoiiNoaii (en pat. roU-sio). sra. Roseau. 

Ung certain usaige, lequel plus leur (aux larrons; est 

contraire et ennemy que n'est le rouseau a la fougère. 

\i.\n., III, M. 
KoiiNéOf sf. Rosée. 

Les Ijestelettes là se mussent 
Qui les doulces rousées sussent 
Que le doulx ruisseau fait estendre 
Par les fleurs et par l'herbe tendre. 

Rose, 214-21. 

KoiiNÎère^ sf. Lieu où poussent abondamment les roseaux. 

Le fié de Galeel, tant en resseantises, comme en terres gain- 

gnables rosières et pasturages, et ou manoir de Paluel, es 

hommes et es rentes, es rosières et tourbières. 

1300. DucANGi:, roseria. 
Noble homme Gaultier des Routières. 

1:^ janv. 1530. Bail. Arch. H. Johannet. 
UouNsiaii^ sm. Ruisseau. 

RoHSî^îère, sf. Petite rigole dans un cliamp produite par 
les eaux de pluie. || AdJ. f. Terre roussiére, terre « éveuse », 
humide. 

Étym. C'est le féminin de roussiau, ci-dessus. 

RouNtée (rouss'tée), .s7" Volée de coups. 
Étym. Autre forme de rossée ? 

Roiitir, va. et n. Rôtir. 



302 RUA 

Au feu feirent roitstîr leur venaison. 

Rab., II, 20. 

Riiaii, S7}i. dit abusivement pour îlot : le ruau est le ruisseau 
qui entoure l'îlot : mot disparu. 

Ung ruau ou isleau deppandant et estant proche de la rivière du 

Cousson. 

1017. Part. Prés, de Metz, p. lô. Arch. L.-et-C. B. Baill. de 

Blois. 

Touchant au grant ruau qui vient de Briou descendre en la rivière 

du Cher. 

1470. Arch. Loir-et-Cher. E. 478. 

Hiitlà$'ei> va. Rudoyer, traiter rudement. 

Étym. Rude: c'est la même formation que rudoyer avec la 
prononciation locale et le changement du // en ^. (Voyez 
Abage). 

Uiiiiie-fer, 5/y?. et /". Qui use rapidement les vêtements les 
plus solides : se dit surtout d'un enfant. 

RiiNtiqiie, adj. Robuste, d'une santé vigoureuse, gaillard. 
Étym. Lat. rusticus, qui est de la campagne. 







Saliiiiie, .s/". Chandelle de résine, oribus. 

Étym. Pour Soitabane^ souabaine^ fémin. de souabain^ de 
Soimbe, province de l'ancienne Allemagne qui produit beaucoup 
de résine. 

8alHMii*iii9 sm. Cordonnier, savetier, terme de plaisanterie. 
Etym. Origine inconnue. 

Sae, sm. \\ Abs. Poche qui contient une mesure indéter- 
minée, mais toujours plus que Ihectolitre : On met le blé dans 
des poches, et la farine dans des sacs. || Ancienne mesure de ca- 
pacité pour les grains qui valait le quart du nmid. ou trois 
septiers. 

il'» Cinq sacqs de Ijleds froniens estimé vu sa qualité môdiijcre 
quatre vingt dix livres le niuid, cent douze livres dix sols. 

30 nov. 1732. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Sae-a-diable, S7n. Enfant pétulant, malicieux. 
Étym. Un sac où loge le diable ; c'est l'équivalent de qiù a le 
diable au corps. 

SaiMïtter, va. Remuer, ébranler par de petits coups ^ 
Sacotter une dent qui branle. 
Étym. Fréquent, de « sacquer ». 

SacMniei», va. Agiter par saccades, par « sacquets ». 

Chariot se peine et travaille 
D'avoir la botte, il sacque, il tire. 
Co(iun.LART, Mon. de la botte defoing^ p. 1 lît. 

Étym. Germ. scdcan^ secouer. 

SacMfuet, S7n. Mouvement brusque et irrégulier fait pour 
secouer une chose. 

Lors tenant le panier en sa main asseurée. 
Descouvre de l'aspic la tète colorée. 
Qui siHîoit à sacquets. 

Olenix du Montsacré, Cléopâtre (Paris, 1595). 

Etym. « Sacquer ». 



304 SAG 

Saâ;'oiiàiiei*9 va. Faire salement un ouvrage quelconque 
et. spécialement, laver salement. 
Étym. Sagoidn. 

faillie (sè-me\ sf. Sorte de grand lilet de pêche, seine. 

Je mains avec les ori^uilleus 

Qui mondaines lionors convoitent, 

Et la povreté vont prescliant, 

Et les grans ricliesces peschant 

As saijines et as trainiaus. 

Rose, 11085. 

Haiiiiei* (sê-mé), va. Pêcher avec la « saime ». î! Fig. Saimer 
quelqu'un, employer l'adresse et même la ruse pour le sur- 
prendre, pour rattraper. 

Haiiil»oi!!$9 .S///. Vésicatoire. quelquen soit la composition : 
Un lui a posé deux sainbois. 

Étym. Bois sain, nom donné à l'écorce du Daphne mezereum 
et du Daphne gnidium. qui peut servir de vésicatoire. 

Saîiiee, sf. Chiffon, ordinairement de laine, dont on se sert 
pour « saincer ». 

Étym. L'ancienne langue avait aussi cainse, chainse, toile de 
lin ou de chanvre. Origine inconnue. 

Saîiicei*, va. et n. Nettoyer un meuble en le frottant avec 
une « saince ». 

8aiii(liii9 iiie, adj. Câlin, caressant avec affectation. 1| Snt. 
et 6/. Méchant saindin, petite saindine. 

Étym. Origine incertaine. Peut-être pour sadin. anc. franc, 
dim. de sade, gracieux, agréable, gentil : 

C'est une petite noireite, 

Non pas noirette, mais Vjrunette, 

Une mignonne tant sadine, 

COQUILLART, Le MoRoloQ., }». 150. 

Le changement du a en ain, in n'est pas sans exemple dans 
la campagne blaisoise : on entend souvent dire Minrolles pour 
MaroUes. 

Saîiite-Cr€»iA:, npr. \\ Loc. Le travail de Sainte-Croix, un 
travail qui n'en finit pas. 



SAN 305 

II ne falloit plus que cela pour achever Sainte-Croix d'Orléans. 

Moij. de parcenir, II, 40. 

8aiiit-Glaiif1iii, sm. Habitant de la commune de Saint- 
Glaude (Claude). 

8aiiit-Mai*tlii (g'i'oiioiiille tie), sf. Raînette, « guer- 

nâselle ». 
Étym. Origine inconnue. 

8aiMier9 sm. Le même que Chaisier. II. 

I. 8alaiicl, adj. m. Malpropre, qui est habituellement sale, 
en parlant d'une personne. || Fig. Sm. Homme lascif, débauché : 
Un vieux salaud. Le féminin de ce mot, au propre et au figuré, 
est salope. 

IL Salaiifl, sm. Sarreau, tablier montant et à manches 
qu'on met aux enfants pour garantir leurs vêtements des 
taches. Cf. Salopette. 

Saleiii^e, sf. Saloire, vaisseau de bois dans laquelle on met 
la viande de porc salée. 

Salopei'9 va. Salir, tacher. || Fig. Faire sans soin, sans 
talent, gâter : Un ouvrage salopé. Il T r. Se saloper, se salir. 

Salopette, sf. Large pantalon de toile qu'on met par dessus 
l'autre pour le garantir des taches. Cf. Salaud, IL 
Étym. « Saloper ». 

8alut, sm. Prière récitée par un prêtre pour obtenir 
l'intercession spéciale d'un saint : M. le Curé m'a dit un salut 
et « une » évangile à sainte Cornille. 

Manassés prit un des Quinze- Vingts, et le pria de dire 

un salut à son intention. 

Moy. de parvenir, II, 55. 

8aiiil>iii, spr. Bourg à 19 kil. de Blois. Prov. Aller à Sambin 
pour se faire débêter et à Conan pour se faire affiner, ou Aller à 
Conan pour se faire débêter et à Sambin pour se faire affiner, 

voyez DÉBÊTER. 

8aii^ (bon) î interj. Juron familier qui serait un blas- 
phème, si Ton prononçait la phrase complète : Bon sang de 
Dieu ! 

8ang:le9 sm. Rangée simple de gerbes « bêche vetées » par 

20 



306 SAN 

laquelle on termine le chargement d'une charretée de blé. 
d'avoine, etc.: les autres sont doubles ou triples et s'appellent 
lits : une charretée complète se compose ordinairement de 
quatre lits et d'un sangle. I| Flg. Il a quatre lits et le sangle, il 
est ivre, complètement soûl. — 11 lui en a f — quatre lits et le 
sangle, il l'a battu à plates coutures. || Rangée d'avoine ou 
d'orge abattue par le faucheur. 
Étym. Lat. cingulum, ceinture. 

8aii$iei> va. \\ Sangler de l'orge, de l'avoine, les disposer 
en « sangles », en les fauchant, et non les mettre en javelles. 

Hareliaiit, sm. Vieille « viette » : Abattre un vieux sarchant 
pour faire de la place au jeune bois. 
ÉïYM. Origine inconnue. 

Sarelie, sf. Ceinture de bois qui entoure une seille. un 
boisseau. 

Item une baratte avecq plusieurs serches. 

\) nov. 161G. Invent. Gendrier, p. V.\. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Une sarche mobile se place sur les bords du « tenou » pour 
en augmenter la capacité. |j Cercle cloué au sommet et à Tinté- 
rieur d'une cuve pour en consolider les douves. 

On les a toutes (les cuves) enfoncées d'ais de sapin a double 

joint On a mis de l'argile ou terre grasse au tour de la sereke 

et on a couvert le tout de sable ; le vin s'y est bien conservé. 

1707. Journ. des eh. remarq. S(-Laumer, 1"" 3G. 

Étym. Prononc. locale de serche, forme ancienne de cercle. 

Sai'pe, sf. Serpe, instrument qui sert à tailler la vigne. La 

sarpe est remplacée à peu prés partout maintenant par le 

sécateur. 

Ou pieux, ou faulcilles, ou sarpen. 

Roue, 1918'J. 
Etym. Lat. sarpere, émonder. 

NarraNÎiie, sf. Plante sauvage, commune sur les territoires 
de Blois, la Chaussée-Saint-Victor et Saint-Denis, aristolochia 
clematitis. 

Aristolochia en Grec. . . . en Françovs Sarrazine. 

Comment. y chap. 31. 



SAV 307 

On dit aussi sarmsùne, et salarène à la Ghaussée-Saint-Victor. 
Étym. Cette plante a un peu Taspect et le port du sarrazin. 

SatÎNfaii-e^ m. \\ Abs. Tirer au sort pour la conscriplion : 
Il s'est marié aussitôt après avoir satisfait. 

Étym. C'est une ellipse hardie pour : Satisfaire à la loi du 
recrutement. 

Naiila^ (sô-là), sf. Petit Ijouquet de bois, en général. Un 
hameau de Blois et plusieurs climals des communes envi- 
ronnantes portent le nom de la Saulas. 

Étym. Primitivement, lieu planté de saules. 

Saiiiiiai^iN Haiiiiiésef sf. Saumure : « I faut (lue le 
sale trempe toujou dans la saumése ». 

^aiiiiiiii-a^^'o, sm. Réfection d'un mur en sous-œuvre ; peu 
emplo3^é auj ou rdhui . 

Faire au pourtour tous les sômurages ou besoin sera et les 
rand'huire a chaux et sable, et la maçonnerie en terre. 

!*"■ juin 1792. Convention Briais. Arch. H. Johannet. 

Il Au iv/. Petits murs sur lesquels on établit un plancher. 
Étym. Probablement pour sounvuymge, de l'ancien français 
sousmurer : 

22 Journées de maçons a soubsmurer, arrocher et chauffauiler la 
muraille de la court de la maison de la ville. 

1 15U. Arch. niun. Nevers. GG. Ô5. 

Sauterelle, sf. \\ Sarment tenant à une vieille souche qu'on 
couche en terre pour remplacer un cep disparu, provin. 
Étym. Pour sautelle, dont l'origine est inconnue : 

Marquotte ou sautelle cheuelùe. 

LiÉBAUT, Mais, rust., VI, chap. (>. 

Saiite-^uN-reiii, sm. Celui qui n'est bon à rien et qui 
cependant se donne des airs de capacité. || Celui qui se donne 
beaucoup de mal pour arriver à ne rien faire de bon, cogne- 
fétu. 

Savate, Savatée, sf. Plante sauvage, pas-d'àne, tussi- 
lago farfara. D'après le dire des bonnes femmes, pour en dépoi- 
sonner un champ, il faut aller l'arracher le jour de la Fête-Dieu, 
avant le soleil levé. 



3Ô8 SAV 

Savatîer, sm. Savetier. 

Les âmes des empereurs et des sacatiers sont jectées à même 

moule. 

Montaigne, II, 191 (Didot, an X). 

Jean fils de Mathieu Régnier, savatier. 

2Ô juin 1678. Arch. la Ch. -Saint- Victor, vol. 3. 

Savoir, va., fait au futur : je sarai, etc., et au condit. '.je 
sa rais. 

Vous i^arderez son secret et son droit par tout la où vous le sarez. 

DucANGE, bailUvi. 

Tel sait bien faire une maison 
Qui ne saroit faire un moulin. 

Pat/ielin, av. au lecteur (Coustelier, 1723). 

Savoù' s'emploie souvent au condit. pour Poiivoir à l'indicatif. 
Cette locution de l'ancienne langue, qui tombe en désuétude, 
est journellement emplo^^ée par le pa3'san. Quand il dit : Je ne 
saurais, qu'il prononce : Je n'sarée, c'est absolument comme s'il 
disait : Je ne peux pas. 

L'un dit : je n'y vas point, je ne suis pas si sot ; 

L'autre : Je ne saurais. 

La Fontaine, Fables, II, 2. 

Sclilof, Loc. Aller à sclilof, aller se coucher. 

Étym. Allemand schlaffen, dormir; souvenir de l'invasion 
de 1815, ou, peut-être, du séjour des lansquenets et des reîtres 
allemands à Blois. à la cour des Valois, au xvP siècle. 

See, Seccuie, adj. Sec, sèche : Attends que ta chemise soit 
secque. 

Ségiiei> va, et n. Tracer sur la terre, au moyen d'un cor- 
deau, .des lignes pour planter: Ségner un champ; il fait trop 
mou pour ségner. 

Deux hommes de villaige pour seigner le boys que nions, de 
Bourgogne a donné à la ville. 

1304. Cp^« deNevers. GG. 2. Arch. mun. Nevers. 

Étym. Lat. signare, marquer. 

Se^oiiclin (Saiiit-)^ spr. Saint-Secondin, bourg à 9 kilo- 
mètres de Blois. 

Gabriel Ferrant de la parr. de Sainct Segondin. 

25 oct. 1616. Arch. la Ch.-St-Victor, vol. I. 



SEP 309 

En l'église de Saint Segondin des vignes, proche de Buri. 

Berxif.r, Hist. de Blois, p. 195. 

Seg-i*et, ète, adj. Secret, secrète. |I Segret, s)n. Secret. 

La mal conseillée femelle ne dormit point si profond qu'elle oubliât 
ce mot de segret. 

Bon. DES Periers, Disc, non pi. niél., chap. VIII, p. 182. 

Étym. Ital. scgreto, même signification. 

Seilliuif sm. Mauvaise seille aux trois quarts usée. 

Si d'icelluy vous mettez dedans ung seilleau d'caue. 

Rab., III, 51. 
Item trovs mescliants butetz et deux seillots. 

1617. Invent. Rahart, p. 9. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

8enieiiX9 sm. Semoir, sorte de grand tablier de toile dans 
lequel on porte le grain à semer. 

L,e signifiant, ainsi comme il venoit de son labour et encore avoit- 

il le semeur pendu à son col . 

1375. DucANGE, semeurus. 

Sentier, sm. \\ Allée comprise entre deux planches de 
vignes. 

Sentinelle, s., est masculin : Le sentinelle est gelé dans sa 
guérite. 

Plusieurs soldats de la garnison entrèrent dans le camp des 

Anglois, ayans tué quelques-vns de leurs sentinelles. 

Symph. GuYON, Hist. d'Orl., II, 217. 

Sepeau, sm. Fo/ycc Cepiau. 

Septenibi'îei», sm. Ravaude ur qui ne fait le métier de 
tonnelier qu'au mois de septembre, pour la vendange. 

Septîer (se-tie, s'tie), 5?n. Hectolitre, en parlant des grains, 
ne se dit guère qu'en Beauce. Autrefois, mesure de huit 
boisseaux et douzième partie du muid. 

Plus dix sepliers moings ung boisseau de Jacques Lecour 

ix^ vij^ 

1639. Cp*' de la Charité. Eglise de la Chaussée-St-Victor. 
79° Huit muid, cinq septiers, deux b'" d'avoine, mezure de Blois, 
estimé à trois livres le septier fait trois cent trois livres quinze sols. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 
Voyez Sac. 



o 



10 SEP 



Septrée <^se-trée), sf. IMesiire agraire qui valait Imit 
boisselées de même que le septier valait huit boisseaux. 

Pour la ferme d'une septrée de vigne et terre. 

1GG3. Cp^^ de la marelle. Egl. de la Chaiissée-St-Viclor. 

Sei> î5»eui> sjji. Cep de vigne : Une orne de douze sers. 

Étym. Ce mot est un de ceux qui se trouvent le plus souvent 
sur les lèvres de nos vignerons, et, quoiqu'on en dise, il n'est 
guère possible de le prendre pour une corruption du mot cej), 
car cep se prononce ce : La croix du Ce, la bas du Ce (climats de 
Villebarou). Il est plutôt dérivé d'un radical sar qui se trouve 
dans le lat. sarpere, émonder, d'où est venu aussi sarmentiun, 
pour sarpmentitm. sarment. 

Seraii (s'ran), sm. Outil qui sert à diviser la filasse du 
cbanvre pour la rendre propre à être filée, à « habiller le 
chambre », comme on dit ici. 

Conscience le foule, conscience le froisse, 
Conscience le point plus que serans ne broisse (brosse) 

J, DE Meuxg, Test., 157G {Rosé). 

Étym. Ancien h^-all'^ schranz,^èQ\\\vev, duquel seran, sans 
accent, presque sans e, se rapproche davantage que séran, qui 
est de la langue officielle. 

Serf et, sm. Petit ver aquatique qui se construit avec des 
menus brins de bois, des petits grains de sable un étui dans 
lequel il demeure, larve de la phr^^gane striée. 

Étym. Origine inconnue. En Sologne, on dit Serfolet, à Or- 
léans Chénefer. 

Servent, .sm. || Carabe doré, insecte appelé aussi Viiie- 
mâlard. 

Étym. On a trouvé, sans doute, quelque ressemblance entre 
les él.ytres de ce coléoptére et les galons d'un sous-officier 
d'infanterie. 

Hercnieiii-, sm. Cercueil. 

Et fut apporté son corps en un serqiieur couuert de noir. 

Al. Chartier. Hlst. du R. Ch. VII, \). '.». 

Hei-i-e, sf. Il Sorte de coin de fer qui fixe le couard de la faux 
dans la « botte». 



SE Y 311 

Serreii.v, snï. Coquetier, marcliaiid d'œufs, de beurre, de 
volaille et de gibier. Ce mot ne se dit que d'un coquetier opé- 
rant sur un marcbé : J'avais dix livres de beurre, j'en ai vendu 
deux à des bourgeoises, le reste aux serreux. 

Étym. Les coquetiers serrent, c'est-à-dire amassent la mar- 
chandise. 

Hei't (ser). sm. Loc. N'en faire que le serl. r(nje:- Cert. 

Hci"\'îi> va. Il Couvrir, saillir, en parlant des animaux. 

I. Soiie, sm. Sureau. 

Une sarbataiiie de seiiz. 

N. nu Fail. Proi). rust.. \). 7(i. 

Il Proi\ « Franc comme une rolte de seue ». c'est-à-din^ pas 
franc du tout, qui dil le contraire de ce qu'il [)ense, et fait le 
contraire de ce qu'il dit: une branche de seue, ne pouvant se 
tordre, c'est le bois le moins propre à faire une « rot te ». Les 
garçons qui. dans la nuit du premier de Mai. vont planter des 
bouquets symboliques à la porte de leurs belles, ne manquent 
pas de gratifier d'une branche de seue celles qu'ils accusent de 
manquer de franchise. Chez nos ancêtres, les amoureux en 
usaient de même : mais pour eux le sureau était un autre en- 
bléme : 

Lorsque l'urio des filles dudit exposant^ nommée Jehannatte, vit 

ledit Caroncliel, elle 11 dit que la nuit S. Nicolay il l'avoit esmayée et 

mis sur leur maison une branche de seur, en disant qu'il n'avoit mie 

bien fait de ce faire, et qu'elle n'estoit mie femme à qui l'en deust 

faire tels esmayemens ne telz dérisions, et qu'elle n'estoit mie puante, 

ainsin que ledit seur le signifioit. 

1375. DucANGE, Maium. 

Étym. Lat. samMicus, sahuciis. sure-àw. 
IL Seiie, sf. Suie. 

Sonf :seu), sf. Soif: Endurer la faim et la seuf. 

Si un bœuf 

Passe par là, mourant de seuf. 

RoNS., La Grenouille. 

Seul*, sm. Voyez Ser. 

Sèyei> va. et a. Couper les céréales avec la faucille. 



312 SEY 

Lors commença le laboureur auecques ses gens seyer le bled. 

Rab., IV, 46. 
Étym. Ital. siegare, lat. secare, couper. 

8èyeiii» (en patois : sé-ieû), sm. Celui qui « sé^'e ». 

En 1706 les chaleurs furent si grandes que les hommes et les bestes 
mouroient dans les campagnes et sur les chemins. Plusieurs saieurs 
coupans les bleds, la faucille à la main, moururent sur place. 

1706. Jour, des ch. remarq. St-Laumer, fo 32, v°. 

Sicleis Sig:lei% va. Cingler : « J y ai sicle un coup dïoué 
pa' la goule ». Voyez Cicler. 

Sîeot, sm. Chicot : En place de dents, je n'ai plus que des 
sicots. 
Étym. Lat. ciccum, très petite chose. 

Sîeotter, va et n. Se servir maladroitement d'une scie, 
d'un couteau, d'un outil tranchant, de façon à gâter l'ouvrage. 
Étym. Fréquentatif péjor. de 5Cie/\ 

8ié(!$aiit9 sm. Posture d'un homme assis, séant : Se mettre 
sur son siésant. 
Étym. « Siéser ». 

Sîéser, va. Asseoir. || Vr. Se siéser, s'asseoir : Siéses-toi là. 
Étym. Pour siéger. 

Sieux^ préj). Chez : Il n'est pas sieux nous. 

Et sept ou huit^ chieulx le drappier. 

CoQUiLLART, Plaidoyer, p. 71. 

Étym. Voyez Cheux, dont c'est une forme adoucie. 
Sigler, va. Voyez Sicler. 

SîUer, va. Frapper en fouettant : La pluie vous sille la fi- 
gure. 

Étym. Germ. sila, couper, inciser. C'est peut-être aussi une 
autre forme de « sigler ». 

Siiiiinaire, sm. Séminaire. 

8itoiit9 adv. Sitôt, aussitôt. 

Et sachiez compaings que sitoust 

Que Fortune m'eust ainsi mys. 

Rose, 8404. 



SOL S13 

Sive, sf. Sève : La sive de mars et la sive d'août. 
Étym. Lat. sapa, comme « nine » de jiana. 

8ixaiii (si-zin), sm. Faisceau de six cercles de cuve, de 7 
mètres à peu près. || Un de ces cercles. 

Un sizain de cercles de cuve. 

1621. Invent, de Beaune, p. 8. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 
Le 22e (septembre 1096) j'ai acheptè chez Made Girard de Bourg- 
neuf deux cisains et demi de cercles de trois toises et demie, et 
deux cercles de quatre toises et demie pour dix livres dix sols, le 
eisain a raison de 3 1. le grand a 6 1. le quadrain. 

16'.)6. Journ. des ch. remarq. St-Laumer, fo 2. 

Ce mot a à peu près disparu, comme l'objet lui-même, les 
cuves aujourd'hui étant presque toutes reliées en fer. 

Soi, S7n. Un soi de charrue. 

Lequel suppliant a emblé un soich, un chasgnon à la charrue. 

1388. DucANGE, easnus. 

Ung aj'reau fourni de coustre et de souef. 

1457. Ibid., Arar. 

Une charrue avec ses rouelles garnye d'un soue. 

1616. Invent. Roy, p. 10. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Plus deux charùes garnies de leurs ruelles, essieux, deux coudres 

et deux souhaits chacun dans leurs chaussons. 

23 déc. 1788. Invent., p. 17. Arch. H. Johannet. 

Étym. Autre forme de soc. Cf. Croi. 

Solaire, sf. Le côté du soleil levant, l'est : 

Ouvrant sur le devant sur la rue qui dessend du carroy St Michel 
a la fontaine du poix du vent de sollere. 

Fév. 1618. Part. Debevnes. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Abutant sur la rivière de Loire en soullaire . 

8 juin. 1600. Arch. mun. Villebarou, vol. 1671, f° 8."), recto. 

Il Haute-solaire, le nord-est, Basse-solaire, le sud-est. 

Sole, sf. La couche supérieure de la terre cultivable : La 
sole est trop « secque ». 

SoIog:iiot, ote, sm. et sf. Habitant de la Sologne. 

hes Solongnaux sont gens frugaux, mesnagers et actifs. 

Fr. Lemaire, Ant. d'Orléans, p. 36, éd. 1645. 

En la maison de Monsieur Bourlabé seruoit un Sologneau. 

Id., ibid., p. 458. 



314 SOM 

Il AdJ. La race sologiiotte, en parlant des moutons. 

8oiiiiiie9 sf. Sac de farine : « Vas voir au molin si ma 
somme est preute «. || Proi\ Une puce de meunier qui a la 
somme sus le « dous ». un pou. Rabelais disait une pulce meu- 
nière. 

Étym. Somme, dont le sens primitif est charge d'âne, de 
mulet, de cheval. 

Soiiiioiix, oublie*, (idj. Taché de son. de taches de rousseur: 
Une petite rouge, toute sonneuse. 

Soreîlle, sf. Ustensile formé de l'os de la mâchoire 
inférieure d'un porc que l'on place dans un « tenou » à l'orifice 
du trou de canelle pour empêcher que le linge ne l'obstrue. 
Planchette de bois évidée servant au même usage. 

Étym. Origine inconnue. 

Soi*et, sm... Comme Soreille. 

Sorette, sf. Comme Soreille. 

►Sornette, sf. Comme Cernette. 

Soteaii (so-tio). sm. Petit sot, sot, imbécile: ce mot est plus 
solognot que blaisois. 

Et puis le povrecocquardean 
Sera requis de la bonne dame, 
Et au partir : allez, so^eaw, 
Remereiez-en vostre femme. 
1510. Poés. franc, des xv' ei \\i^ s. Godei'roy, soteaii. 

Sottl^eiix:, euse, adj. Qui dit des sottises, des injures. 

Soiiaiiiie, sf. Chandelle de résine, oribus. 
Etym. Pour soiiabanne. Voyez Sabane. 

Sonater, m. Se prêter réciproquement son cheval pour les 
travaux des champs. 

Souater. To partake whith, or be a partner in ; aiso, to joyne \vitli, 

or together, after the manner of countrey peasants, who bring every 

one a horse or two for the making of a team, which no one of 

liimselfe can furnish. 

CoTGR., 1011, ap. Godefroy, sowa^er. 

(Participer, s'associer, s'unir, à la manière des paysans qui 



sou 315 

amènent chacun un clieval ou deux pour composer un attelage 
qu'un seul, par lui-même, ne peut fournil*). 

Il Flg. Faire commerce d'amitié : Ces deux frères nesoufiteiil 
point. 
Étym. Par les anciennes formes franc, touriste, soiste, etc. 

Mais d'une chose a mult son cuei- ii'é, 
De conpaingnie n'ot point ne souasté. 

Les Lo/i., Ars., :U l.'î, f'M)''. Godefroy, souater. 

Donnons toutes les choses ke nos avons et aviemnes euut 

nos et no ancisseur en terrage. en soisfe, en tierce garbe. 
12()G. Gh. d'Enguerr. de Couci. Dvcange, soistura. 

rital. soccita : 

Soccitù, consignation de l)etail à moitié de profit. 

OuDiN, Dictionn. 

le bas-lat. socida, socccda, socita (même sens;, on arrive au lat. 
societas, société. Quant à la différence notable d'orthographe, 
elle ne provient que de la prononciation de nos contrées : 

De tout temps ils ont veu que en la ville d'Orléans on a point 

acoustumé de sohaster excepté depuis x ans en ça en tous les 

autres bonnes villes du royaume toute sohasterie est deffendue, et 
que ce on ne sohasioit point, les draps n'en cousteroient gueres plus 
a faire. Et avec ce que se deux mestres sohastent ensemble, ils 
peuvent trop plus faire de malefaçons, etc. 

1 106. Enquête, ap. Le Clerc de Douy, II, f" 257, \°. Arch. Loiret. 

Hoiiatoii, sm. Celui avec lequel on « souâte » pour les tra- 
vaux des champs, et, par extens.. son cheval : J'attends mon 
souâton pour aller en charrue. 

H<»ii]»aNteiiieiit (sou-bass-te-man), sm. Le même que 

SUBASÏEMENT. 

S<iii1>aii<1,, lie, adj. Taciturne, sombre, en dessous: Je ne 
sais ce qu'il a. il est tout soubaud. 

Étym. Mot formé, sans doute, sur l'ancienne prépos. soith, 
scmbs, sous, lat: suMer. Dans le Perche et dans la Beauce, sou- 
baud si.ornifle orourmand. 



O" 



8oiibi-ic|iiet, sm. Surnom bouffon ou injurieux, sobriquet. 

Il faut tousiours forger un soubriquet a la povre vérité. 

N. DU Fail, Contes d'Eut., t. I, p. 42. 



316 SOU 

Il est nécessaire de rechercher une descente à laquelle tous 

les soubriquets puissent conuenir. 

MÉNAGE, Les orig. de la langue fr. y cagot. 

Étym. Origine inconnue. 
8oucil (sou-si), sm. Sourcil. 

Soii^é, spr. Bourg de Loir-et-Cher, à 30 kil. de Vendôme. 
H Loc. Un âne de Songé, un imbécile. 

Les gens de Sougé, virent un jour flotter sur les eaux du Loir 
une masse noirâtre qui leur sembla fort suspecte: d'aucuns 
allèrent jusqu'à dire que c'était la baleine f Grand émoi dans 
tout le pays: les autorités se rendent sur le bord de la rivière, 
le clergé de même, croix et bannière en tête, pour éloigner 
le monstre. Le monstre, c'était un âne crevé. D'où le nom 
d'âne appliqué aux gens de Sougé qui, n'entendant pas la 
plaisanterie, sont toujours disposés à faire un mauvais parti à 
celui qui risque la moindre allusion à cette aventure. 

8ouhâiiiée9 sf. Raclée soignée, volée de coups. 
Etym. Probablement souhâmer, avec une déviation du sens. 
Cependant il faut noter l'ancien français hàmée, bataille, mêlée. 

Alexandre qui tant fist de liâmée. 

Villon, G'^ TestK 

8ou]miiiei'> va. Flairer, se dit surtout des animaux : Une 
vieille « manon » qui s'arrête à tout bout de champ pour souhâ- 
mer les crottes. 

Etym. Sous et l'ancien français as^n^n os77ier, flairer. 

^ouille^ sf. Étoffe d'une couette, d'un matelas, d'une pail- 
lasse, d'un oreiller, d'un traversin. 

Serviettes, mouchouers, couvre-chefs, ceintures blanches, souilles 
d'orilliers. 

Belon, SinguL, III, 15, ap. Littré. 

Plus six serviettes de toile commune, une nappe et une souille de 
drap verd. 

Nov. 1789. Vent, volont,, p. 23. Arch. H. Johannet. 

Étym. Souiller, salir, d'après le comte Jaubert. 

.Soûlaud, aufle, S77i. et sf. Qui se soûle, s'enivre habi- 
tuellement, ivrogne, ivrognesse. 

8oulé ;sou-le), sm. Soleil : Je partirai au soûle levé, au lever 
du soleil, se dit aussi en Lorraine. 



SUB 317 

Et le beau temps se monstrera 

Quand le doux souleil gracieux 

De vostre beaulté entrera 

Par les fenestres de mes yeux. 

Ch. d'Orléans, Bail 44 (Paris, 1842). 

Étym. Dimin. de l'ancien français soiU, du lat. sol, soleil, qui 
a existé conjointement avec la forme soleil. 

Hotipifiiiet^ sm. Saupiquet, sorte de ragoût composé de 
viande et d'oignon avec une pointe de vinaigre ou de vin blanc : 
Mettre du bouilli en soupiquet. 

Un soupiquet cy dessouz ne seroit pas mauvais. 

N. DU Fail, Prop. rust., 136. 

Étym. Sel q{ piquet, pointe de sel. 

Sour, prép. Sous. 

Étym. Lat. SuUer, même signification. 

Soumette, sf. Le même que Sornette. 

Sourvîrer, va. Mettre sens dessus dessous: 11 a tout 
sourviré dans l'ormoire. 
Étym. « Soitr »', sous et virer. 

Soiii^-eossoii, sm. Petit œil qui pousse sous le cosson, se 
dit de la vigne. 

Les bourgeons ont été grillés ; le sous-cosson, à part quelques 
vignes taillées tard, est perdu aussi. 

Avenir de L.-et-Ch., 22 avril 1892, p. 2. 

8iiha^!$teiiieiit (su-bass-te-man),5;/?.Bande d'étoffe attachée 
au ciel d'un lit et tombant sur les rideaux, lambrequin. 

22° Un tour de lit de thoeles blanches et ses subastemeiits composé 

de sept pièces. 

30 nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Étym. Madame deSévigné (21 août 1675; dit souhassement : 

Si vous trouviez dans Avignon ou dans Lyon de quoi faire des 
rideaux, un fond, un dossier, des soubassements, des pentes. 

Or, soubassement, terme d'architecture qui désigne la base 
d'une construction, n'a rien à voir ici. Dans l'ancien français 
liaste a signifié à la fois morceau de bois long et broche de 
fer, et enhaster, traverser d'une broche. Une garniture de ciel 



318 SUB 

de lit avec ses broches et anneaux a pu s'appeler hasteraent ; 
d'où le nom de suhhastement. subastement donné à la pente 
d'étofte qui la recouvrait. Souhdssement, dans ce cas. ne 
serait qu'une corruption de soulxiMeincnt. qui se dit ici autant 
que suMstonent. Au surplus, on trouve anciennement suhaste, 
avec le sens probable de notre subastement : 

Mettre des petites subastes soubz les verrières des alees du cueur. 

1489. Arch. Aube, veg. 3. G. 354, ap. Godefroy. 

Siililoi-9 vn. Siffler. 

On y voit des perrocquets lesquels sublent merveilleusement 

haut . 

M. COCCAÏE, 1. XIV. 

Sublant ou sifllant (lequel que Ion voudra, ou tous deux) une 

chanson du pays. 

X. DuFail, Contes d'Eutr., I, p. 117. 

Étym. Lat. sibilare, siffler. 

8iil>let, sm. Sifflet. 

L'oyseleur des champs, 

Qui doucement fait chanter son sublet, 

Pour prendre au bric l'oiseau n3'ce et foiblet. 

Cl. Marot, I, 254. 

Hiilfit <nie, loc. conj. Précisément parce que : Suffit que 
c'est mon frère qui a fait le coup, on va dire que je suis son 
complice. Cette locution a un sens beaucoup plus affirmatif que 

la tournure française : il suffit que ce soit mon frère pour 

qu'on dise. 

Snî, sm. Suif: Du sui de chandelle. 

Autant couste li sais que la mèche, 
xiiie s. Leroux de Lincv, Prov., ap. Littré, sidf. 

Huîntlm (suin-ti), sm. Ecoulement presque imperceptible, 
suintement, infiltration: Dans ce puits, ce nest pas une source, 
ce n'est qu'une quantité de petits suintis. 

Suivre, va., dans la campagne, fait au part, ijassé sui, te : 
Je l'ai sui pendant deux heures ; ou plutôt c'est le part, de suir, 
forme ancienne de suivre: 

Trop de perilz sont a suir la court. 

E. Deschamps, Poés., II, 95, A. T. 



SYR 319 

Hiipliee, spr. Siilpice. 

SupUtius de Monte Calvo (Suplice de Chaumont). 

1001. N. Mars, Ck. de St-Lomcr, p. :J74. 
Sainct Suplice. 

i:)(l'). Ai'ch. n<">t('l-l)i(Mi do Hlois. Reg. E\ 

Hiii*cMMiei> ca. Couper la queue à : Surcouer un cheval. 
Étym. Coiier, de l'ancien français coiie. queue, couper la 
queue, sur, au-dessus. 

Siii-|ielî^ ;Sur-pe-li\, sm. Sur[)lis, vêtement d'église. 

Regardons-les partir en leurs blancs surpelis. 

RoNS., Ilijmne à St-RocJi. 

IMus payé a Jehanne Garnier pour avoir acoinniodé quatre cerpe- 

Utz et une nappe viij s. 

1<)3;3. Cp*« de la niàrelle. Egi. de la Cliaussée-St-Victor. 

Plus six liui'es quinze sols paie pour de la tlioille pour faire un 

surpelis à l'Eglise. 

1G72. Ibid., ibid. 

Étym. Lat. super, sur, pellis, peau, vêtement de dessus ; bas- 
lat. super iicllicivra . 

Sus (su), préjh Sur. 

Le sus l'herbe drue, danrarent au son des iojeulx flageoUetz. 



Rab., I, 1. 



Siixoii, sf. Fille évaporée. 
Étym. Suzanne, nom de femme. 



SyiMi^leii, srn. Chirurgien. || .Médecin, en général. On dit 
aussi Saruglen. 

Étym. Corruption de chirurgie^i. L'italien a, comme nous, 
supprimé le r.* Cirugla, cirugicale, ce/'ugico. 



T 



Tacoiiiier, va. Taconner un fruit, le meutrir en le frappant 
de petits coups : Une pomme toute taconnée. 
Étym. Fréquent, de taquer pour tacher. 

Taille-mare (ta-3"e-mâr ; le a de tailler et de ses composés 
a le son du a de taper), S7n. Sorte de doloire qui sert à tailler le 
marc sur la met du pressoir. 

Dans le pressoir autour de la roue d'iceluy un cable, un taille- 
marc. 

21 déc. 1784. H. Justice St-Laumer, Arch. L.-et-C. 

Un pressoir garni de ses ustensiles dont il y a un câble, un tail- 

niarc. 

11 niv. an II. Arch. mun. de St-Denis-sur-Loire. 

Taillerie, sf. Action de tailler la vigne. || Le temps où Ton 
taille la viorne. 



'c 



Tallope, sf. Touffe d"herbe sortant d'une même racine : Une 
tallope de gazon. 

Le soleil estant couché, et puis les talopes de la forest d'Orléans 
qui commençoient a se trouver, séparèrent l'affaire. 

d'Aubigné, Hist. Univ., II, 19, 1'® éd. 

Étym. Ital. ^a^^o, jeune pousse de l'herbe, lat. thallus, branche, 
grec 0a).)/jo, germer. 

Talonnette, sf. Sorte de demi-chaussure de cuir qui ne 
couvre que le talon et le coii-de-pied en laissant libre la partie 
antérieure du pied et qui ne se porte qu'avec des sabots. 

Tante, sf. \\ La mère du mari de la sœur, ou de la femme du 
frère. 

Tant-.seulenient, adv. Seulement : Quand il a tant-seule- 
ment quarante sous dans sa poche, le roi n'est pas son cousin. 

Qui ne fait nul autre mestier 
Que d'espier tant seulement 
Qu'il ne se maine folement. 

Rose, 4013. 



TAT 321 

Cette locution était anciennement d'un usage général. 

Taper, va. Taper un poinçon, le boucher, y mettre le 

« tapon ». 

A la Saint-Martin, 

Bonhomme, tape ton vin. 

Dicton populaire. 

Étym. AW'^ zapfen, boucher; espag. tapare, bouclier; sanc. 
dâ., placer, api., sur. 

Tapereau (ta-pe-rio, dans la camp.), sm. Petit « tapon ». 
Étym. Dim. de tape, subst. verbal de « taper ». 

Tapette, sf. Jeu de « canette » ; on tape sa canette le long 
d'un mur, et si, en retour, elle touche une de celles qui sont 
déjà jouées, le joueur les ramasse toutes. || Chasse qu'on fait 
aux petits oiseaux, surtout aux moineaux, dans les haies, les 
buissons pendant les nuits d'hiver, en les tapant avec une sorte 
de battoir. 

Tapîiiette C*^ii), loc adv. En tapinois, en cachette. 

Tapoii, sm. Bondon : Un cent de tapons. 

Fais après a ma bouteille 
Des feuilles de quelque treille 
Un tapon pour la boucher. 

Ronsard, Od. 18, liv. II. 

Étym. Augment. de tape, subst. verbal de « taper ». 

Tai'îlt (ta-rà), sm. Van mécanique, mû par une manivelle. 

Étym. Onomatopée, tirée du bruit que fait cet instrument? 
L'orthographe tarare, qu'on rencontre partout, ne saurait être 
justifiée, surtout par la prononciation, par celle de Blois. du 
moins. 

Taratei*, vn. « Nettir » au « tarât ». 

Tai*ti-e, sm. Tertre, petite colline. 

Vous la pourrez veoir en .\ngiers, sus le tartre Sainct Laurent. 

Rab., ane. prol. du I. IV. 
On dit aussi Tarte. 

Étym. Origine inconnue. 

Tà-ta, s?/i. Mot de petit enfant : Faire tà-tâ. marcher, se pro- 
mener. 

21 



322 TAU 

Étym. Onomatopée marquant la cadence du pas du bébé 
qu'on promène en chantant : 

Ta ta, belle belle, 
Mon p'tit chien n'a point d'oreilles, 
Il est coquart (châtré), il est boiteux, 
Mon p'tit chien n'a point de queue. 

On peut se demander pourquoi l'on a choisi, pour le chanter 
aux bébés, un héros auquel il manque tant de choses pour être 
parfait ; c'est apparemment que la démarche d'un petit chien 
dans cette triste situation doit être à peu prés celle d'un bébé 
qui fait tâ-tâ. 

Taupiii, îiie, adj. Qui est de couleur de taupe, brun, ba- 
sané : Un petit taupin. 

Taupiiiag^e C^n)? loc. adv. Sourdement, en cachette, en 
tapinois : L'incendie a éclaté tout d'un coup, mais il y avait 
longtemps que ça brûlait en taupinage. 

Si ont par accord advisé 

Qu'ils s'en yront en tapinage 

Ainsi comme en pèlerinage. 

Rose, 12765. 

r 

Etym. Se tapir, sous l'influence du moi taupe. 

Tauyoïi, sm. Petit logement sale et minable. 
Étym. Pour taudion (de taudis), qui se dit en Picardie. 

Tavelle, sf. Levier ordinairement en fer qui sert à manœu- 
vrer le moulinet de devant d'une charrette. 

On a recueilli une tavelle sur la route de Lonzac. Elle devait servir 

à assommer le député. 

Journ. la Bataille, 22 oct. 1889. 

Étym. Origine incertaine : Ducange a Tavella, tavelle, bâton 
long d'une demi-brassée. On peut supposer que ce mot est le 
même que taravelle, comme tatjuster est le même que tara- 
buster. La Taravelle est ainsi dépeinte par 01. de Serre (Théàt., 
in, chap. 4). 

Cest instrument est composé d'une barre de fer longue de 

trois pieds, et grosse comme le manche du hoyau, le bout entrant en 
terre (pour planter la vigne) estant arrondi en pointe, bien forgé et 
acéré, etc. 



TER 32S 

Taravelle semble tenir au lat. trnbecula. dimin. de traljes^ 
bois de pique. 

Teiut-ikiain^ sm. Anse, poignée, saillie quelconque par 
laquelle on peut prendre et tenir un objet. 

Icellui Jaqueniin cheut par entre l'esclielle et le tien-main de 

laditte eschelle jusqu'à terre. 

1457. DucANGE, teneria. 

Tenir, va., dans le langage do la campagne, fait au près, de 
l'ind. je teins, tu teins, etc. 

Il tint la tere Dathan et Abirum. 

Roland, V. 121.") (Gautier). 

et au fut. et cond. je teinrai, je teinrais. 

Il venra et amenra sen tesmoing, et le tenra li avocas par le pan 

du sercot. 

DucANGE, campiones. 

au part, passé tint, tinte : voyez ce mot. 

Teiiou, sm. Cuvier, vaisseau de bois pour la « buée ». 

Un tenou a faire lessive avec sa selle. 

15 sept. 1616. Invent. Pineau, p. 45. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 
Plus un tenou et son troispied. 

23 déc. 1788. Invent., p. 18. Arch. H. Johannet. 

Étym. Ital. tinelio, dimin. de^mo, lat. tina, cuvier. 

Tenue, sf. || Pied de tenue, forte corde ou chaîne qui sert 
à assujettir le chargement d'une charrette. 

Une prolonge, un pied de tenue avec ses crochets. 

19 janv. 1766, vente, f'' 30, ro. Arch. H. Johannet. 
Harnais, traits en fer, pieds de tenue, ferrures, cabans, tavelles en 

fer, prolonges. 

Indépendant de L.-et-Ch., 8 oct. 1890, p. 4. 

Tercîe, sf. Sur la rive droite de la Loire, rampe par laquelle 
un chemin accède à la levée de la Loire ; sur la rive gauche on 
dit pouée; voyez ce mot. 

Étym. Autre forme de turcie. 

Terfou, sm. Bûche qu'on met dans le foyer et qu'on allume 
la nuit de Noël. 
Étym. Origine inconnue. Il est possible que ce soit une sorte 






TER 



d'augment. de laiicien franc, (réf. poutre, ou un composé de 
fou, foiiteau, lat. fagns, hêtre. 

Terîon, sm. Traj^on, bout du pis de la vache. || Turion : Je 
ne sais pas ce que c'est que ce mal-là, il lui pousse un tas de 
petits terions de chair. 

Tei-îon, .s//^ Treuil, et spécialement treuil de puits. 
Étym. Pour iriou, trioul, l'ancienne langue avait trieule ; 
autres formes de h'ciiiL 

Tei-iime, sf. Trémie de moulin. 

Étym. Pour ircnnic, bas-lat. iremula. du lat. trejucre. 
trembler. 

Terre, sf. \\ Terme rural. Absoll. Champ destiné à être 
ensemencé; se dit par opposition à vigne, pré. etc. : Dans mon 
demi-arpent, je n'ai que quatre boisselées de vigne, le reste est 
en terre. 

Tertous, oiites, adj. Tous, toutes. 

Vous vous portez bien tresious f 

Rab., IV, 24. 

Le Roman de la Rose emploie partout /restons pour tous. On 
entend aussi toiii-tous. 

Étym. Pour Tretous de tï'ès et tous; c'est une sorte de super* 
latif de tous. 

Tervelle, sf Truelle. « I kerverait bein tous les maçons de 
la Limoge que jTihériterais pas d'une tervelle ». 

Tervellée, .s7". Truellée. 

Tet (té), sra. Petit bâtiment pour loger un animal domestique : 
Un tet à porc. 

.Sus, grans toreaux, et vous, brebis petites, 
Allez au iect. 

Cl. Marot, Compl. a Mme Loyse de Savoie. 
Dans un tet a porc. 

23 déc. .1788. In vent., p. H). Arch. H. Johannet. 

Étym. Ital. telto., lat. tecttun, de tege/'e, couvrir. 

Têtot, S7n. Arbre étêté, qui produit des branches basses 
qu'on coupe comme bois de feu ; voyez Etêtot. 



TIE 325 



TeiilFe, sf. Pomine de terre. 
Étym. Oris^ine inconnue. 



'O' 



Tliarèse, Tlièi-èse, sf. Sorte de capuchon de femme de 
la campagne dont la pèlerine couvre les épaules et le buste. 
Étym. T/iérèse, nom de femme? 

Tiaii9 S7n. Sorte de baquet qui se met sous 1* « anche )^ du 
pressoir, pour recevoir le vin. {Voyez Cuau). 

Étym. Pour « Cimii ». Tiau est un exemple typique des alté- 
rations qu'une prononciation vicieuse fait subir à l'orthographe. 
Cu(m s'est prononcé qulau. Quand le pa3"san. plus instruit, 
voulut rendre son langage plus conforme au bon français, il 
corrigea Thabitude ({u'il avait d'employer qui pour ti: amiçw/é 
pour ami^^e. Mais n'ayant plus connaissance de la forme 
primitive cuau. il crut bien faire en traitant quiau comme les 
autres mots où il prononçait gia'pour ti. et dit tiau. (ro?/^c chap. 
prélim. I II, PRONONCIATION: TI). 

Tîaûti'e (tiô-tre). srn. Tréteau : se dit surtout des tréteaux 
qui servent à la « buée ». 

Huit ratteliers et deux échelle, un theautre, le tout de bois. 

11) janv. 17()G. Vente, f" 35, vo. Arch. H. Johannet. 

Étym. Origine inconnue. Ne serait-ce pas une corruption du 
mot tlukMre dans le sens d'échafaud ? 

Tilû, sni. Bouton de chemise orné qu'on met les jours de 
grande toilette : Des tibis en or. 
Étym. Origine inconnue. 

Tîei'cîer, sm. Mesure agraire qui était le tiers de l'arpent, 
c'est-à-dire 4 boisselées : mot disparu et qui semble avoir été 
usité surtout à Mer. 

Ung tiercier ou environ de pré. 

1511. Terrier du Monceau (Mer), fo 23, v^. Arch. L.-et-Ch. G. 

Ung tiercier de vigne assis a Clousfoucault parr. de Mer estant en 

brejons. 

1533. Aveu et dénomb. Chap. St Eustache, f° 1, r°, ihid. 

Le tiercier se divisait en 2 demi-tierciers : 

Derny tiercier de vigne assis a Pont Raout. 

Ibid., P6, r^ ibid. 



326 TIL 

TiUol (ti-iol), sm. Tilleul : Un grand tillol. || Sf. Fleur de 
tilleul desséchée pour infusions : On prend de la tillol pour les 
indigestions. 

Étym. Lat. tiliola, dimin. de tilia, tilleul. 

Tiiieau^ sm. Bâton solide qu'on passe dans l'anse d'un seau, 
dans les oreilles d'une « jâle » pour les transporter. 

Tijnau ou baston de plain poing, dequoj^ on porte les ances ou 

temps de vendenges. 

1441. DucANGE, tinellus. 

L'orthographe la plus fréquente était tinel ; on trouve aussi 
tinet. 
Étym. Origine inconnue. 

Tiiiiou, sm. Le même que Tineau, sur la rive gauche de 
la Loire. 

Tint, Tinte, part, passé de tenir : Une fois qu'il la « évu 
tint », il ne l'a pas lâche. 

Si le manche du fouet n'eust tint coup. 

N. DU Fail, Prop. rust., p. 115. 

Étym. Lat. tenius, part, passé de teneo, même signification. 

Tii'àUIe, sf. Fibres tendineuses qui se trouvent dans la 
viande. {Voyez Tire.) 

Tirant, sm. Celui avec qui il est difficile de traiter parce 
qu'il veut trop tirer à soi. 

Tire, sf. Tirage : Cheval de tire. || Difficulté à avancer : Ne 
traverse pas ce guéret. il y a trop de tire. || Outil de tonnelier. 

Quatre doloueres, une plane la selle a rongner. une tire^ le 

jablouer. 

1019. Invent. Coudret. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. de Blois. 

Il Fibres tendineuses qui se trouvent dans la viande. 

Tirepane, s? — ? Outil de cultivateur, probablement 
« croi ». 

Deux faucilles, ung t'aucillon, troys mares, une tranche et deux 
ti repanes. 

Nov. 1616. Invent. Gendrier. p. 12. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 



TOR 327 

Tii*ei% va. \\ Traire : Tirer une vache. |( Vn. Tirer au cœur, 
faire effort pour rejeter ou pour vomir ce qu'on a pris. 

Tireiix, 5/;? . « Jâle » percée latéralement pour recevoir la 
cannelle de la cuve quand on la tire. 

Un tireur a tirer vin, deux petits boisseaux a anthonner. 
1617. Invent. Rahart, p. 20. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. deBlois. 

Tiroii* (ti-roue). sm. \\ Seau dans lequel on « tire » une 
vache. 

Il tiroit les bestes dedans les tiroûers. 

Amyot, Daphnis, p. 246 (Blois, 182Ô). 

Deux meschantes seilles, ung tirouer et une meschante courge. 

1617. Invent. Rahart, p. 9. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. deBlois. 

Plus une selle (seille) et un tiroir estimé ensemble la somme de 

douze sols. 

7 décembre 1765. Invent., p. 7. Arch. H. Johannet. 

Tirplace^ sf. Comme Triplage. 

Toniliei», va. Tomber de Teau, uriner. 

Tumber de l'eau. 

Montaigne, 1, 16. 

Ton (t'ton), sm. Hanneton. 

Étym. Abréviation hardie de hanneton, mot dont l'origine 
est peu connue. 

Toiiiie9 sf., Tonneau^ s/n. Fût qui contient deux 
« poinçons » ou 456 litres environ. Anciennement le tonneau 
était surtout une mesure de compte. 

Le 10 10''" (1701) j'ai livré a M. Edme, marchand commissionaire 
à Mer 28 poinçons d'Auvergnat de notre closerie de St Marc a 
58 liv. le tonneau franc de tout pour huit cent douze livres. 

1701. Journ. des ch. remarq., f" 25, v». 

II Fût quelconque plus grand qu'un poinçon. 

Tonneau, s/n. Voyez Tonne. 

Totiuîi» (to-kir), va. Donner à un fruit un coup qui amène sa 
corruption : Toquir une pomme : est plus usité sous la forme pas- 
sive : Ce guignier a tant de fruit que ça se toquit au moindre 
vent. Il Part, passé. Toqui, ie. /îg. en parlant d'une personne, 
Toqué, qui a un grain de folie. 

Tortillon, va. Chacun des deux petits leviers qui servent à 



328 TOU 

manœuvrer le moulinet de derrière d'une charrette. On trouve 
dans ranci enne langue torioir, avec le même sens : 

Un autre fery ledit Rousselet par la teste d'un tortoer de 

charrette ou d'un gros baston. 

1377. DucANGE, tortor. 

Étym. Tordre, tortiller, parce que ces leviers servent à 
entortiller la corde autour du moulinet. 

Ton, sr/(. Le manche du fléau à battre le grain. 
Étym. Par les formes poitevines toiilé, toiUot, télot, on arrive 
au rad. lat. tehrm, trait, flèche. 

Touclier, r., est toujours neutre : C'est un gas dégoûtant à 
qui je ne voudrais seulement pas toucher: ma « canette » a 
touché à la tienne. 

En prenant se tu es amain 
Porras bien touchier à sa main. 

Clef d'amour, p. 33. Godefroy, ainain. 

Toiielieux, sm. Celui qui touche les chevaux en charrue. 

Totijoii, adv. Toujours : C'est toujou comme ça. 

Je te dis toujou la même chose, parce que c'est toujou la même 

chose, et si ce n'éloit pas toujou la même chose, je ne te dirois pas 

toujou la même chose. 

Molière, Fest. de Pierre, act. II, se. 1. 

II Loc. explétive et affirmative : « Prends-garde de casser 
c'tt'essiette-là, toujou ! » 

Toulîpe, sf. Tulipe. 

Etym. Ital. tuUpano (prononc. tou), espagnol, tulipa, tulipe. 

Tournure, sf. \\ Mal blanc qui vient au doigt. !| Présure : 
Eau de tournure, présure préparée. On dit aussi quelquefois 
tourne tte, 

Éty'm. Tourner. 

Tourte, sf. Tourterelle. 

La tourte aussi de chasteté louée. 

Cl. Marot, /•"« éd. de Vergile. 

f 

Etym. Lat. turtur, même signif. 

Tous«^alller, m. Avoir de faibles et fréquents accès de 
toux. 



TRA 329 

Toii«Hc>tei», fn. Comme Toussailler. 

Tout, S7n. Il Tout et le reste, loc. proc. qui est une sorte de 
superlatif de tout : 11 était eu si grand' colère, qu'il lui a dit tout 
et le reste, c'est-à-dire tout ce qu'il a pu imaginer de plus 
injurieux. || En tout. loc. adv. précédée de rien, point, pas : 
Nullement, en aucune façon, absolument rien : « Je n'en sais rein 
en tout ». 

Tout^ adc. Tôt : « Veins pus tout que pus tard ». 

Il départit si roiddement que ung guarrot d'arbaleste ne va plus 

ioust. 

Rab., II, 28. 

Toiit-foii, sm. Homme brusque, violent, qui agit comme 
s'il avait le cerveau détraqué. 

Toiit-laiti, sni. Homme à visage déplaisant : C'est ce petit 
tout-lai d-là. 

Toiit-pleîii, adv. Beaucoup : J'ai tout plein mal à la tête. 
Cette loc. très usitée, l'est surtout par les enfants. 

Lorsqu'une façon de parler est usitée à la cour et des bons auteurs 
coname est tout plein, il n^e faut pas s'amuser à en faire l'anatoniie, 
ni à pointiller dessus comme font une infinité de gens ; mais il faut 
se laisser emporter au torrent et parler comme les autres, sans 
daigner écouter ces éplucheurs de phrases. 

Vaugelas, Nouv. remarques, p. 129. Paris, 17.'Î8. 

Trac (tra), sm. Tracé, traces laissées dans l'berbe par le 
passage d'un homme, d'un animal, etc. 

Le trac de ses pas. 

Ronsard, Voy. de Tours. 

Traîner, vn. || Se promener au hasard, pour tuer le temps, 
par paresse. || Se débaucher. 

Traiiieiix, S7n. Petit traîneau qu'on adapte à la charrue 
pour la mener par les chemins. 

Traîiiîer, îère, s?n. et sf. Vagabond, vagabonde, qui 
traîne. || Traîniére. femme, fille de mœurs relâchées. 

Traîiioii, sf. Salope, coureuse de soldats. 
Etym. Traîner, ci-dessus. 



330 TRA 

TraiiiiB$9 sm. pi. EnfcUits tapageurs. || Enfants : J'ai laissé les 
trains à la maison. 
Étym. Train, embarras, tapage ? 

Traite, sf. Sur la rive gauche de la Loire, petit chemin non 
entretenu qui traverse les terres ; sur la rive droite on dit 
chemin vert. 

Traite, Tratta, camino. 

OuDiN, Dictionn. 

Tenant de solerre a une traite, d'amont à la traite qui descend 

a la fontaine. 

23 juin 1566. Arch. L.-et-Ch. Invent. fab. Avaray, f» 186. 

Etym. Le rad. lat. tra qui exprime l'idée de passage d'un 
lieu à un autre. 

Traiielie, sf. \\ Sorte de pioche, dont le fer est moins large 
et plus long. 

Depuys que Vicliot l'avoit abatu de coups de trenche parles fesses. 

N. DU Fail, Prop. rust., p. 52. 
Tranche, pelle de bois et goués pour arracher et couper des ar- 
bustes dans le parc de Menars. 

27 pliiv. an III. Reg. des délib. de la mun. de Villebarou. 

Trançon, s)n. Tronçon, morceau coupé de divers objets. 

Ung transon de coste bouine. 

Rab., II, 19. 

Il Partie d'un tout quelconque : Il a vendu sa closeriepar tran- 
çons. 
Étym. Augment. de tranche. 

Traiiçoiiiier9 va. Couper par « trançons ». 

Bruslez, tenaillez grisiez, transonnez, crucifiez ces 

meschans hereticques. 

Rab., IV, 53. 

Il Vn. Faire des trançons, se diviser en parties distinctes. On 
dit d'une cueilleuse d'herbe qu'elle trançonne, quand elle en- 
tame son champ par plusieurs endroits. Actuellement les vignes 
trançonnent parce qu'elles sont semées, par places, de taches 
phylloxériques. 

Trasse, sf. Tresse : Une grousse trasse de cheveux. 
Étym. Origine inconnue. 



TRE 331 

Trasser, va. Tresser : Trasser en trois ou en quatre, c'est-à- 
dire tresser à trois ou à quatre brins. 

Travers, sm. Ancien syn. de traversin. 

Un lict garny de son travers. 

28 avril 1G40. Arch. niun. Villebarou, vol. IGU. 
Plus un autre bois de lit sur lequel il y a une paillasse, deux lits de 
plume, un travers. 

15 nivôse an II. Arch. mun. St-Denis-sur-Loire. 

Travoî, sm. Instrument qui sert à mettre en éche veaux le 
fil des fuseaux. 

Un devidet et deux travoils. 

15 sept. 1616. Invent. Pineau, p. 27. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 

de Blois. 

25° Un rouet a Aller garnye de sa roue et un travoy estimé cent 

sols. 

30nov. 1782. Règlement. Arch. H. Johannet. 

Étym. La forme bas-bret. traoïiil semble rapprocher ce mot 
du franc, treuil. 

Travoyer, Travouiller, va. Travoyer du fil, le dévider 
au « travoi » ; vieux. 

Ung travouer a travouiller fil. 
1617. Invent, présid. de Metz, p. 66. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Ung travoil a travoiller û\. 

Jbid., p. 74. 

Trempe, sf. Volée de coups : Il a reçu une bonne trempe. 
Etym. Tremper ; on dit aussi, dans le même sens, tremper 
une soupe. 

Treiiipoi, sm. Mot de la conversation badine. De quelqu'un 
qui est tombé dans une mare, dans une rivière ou dans n'im- 
porte quelle eau ou quel liquide on dit : Il est tombé dans le 
trempoi. || Fig. Être dans le trempoi. être dans l'embarras, dans 
une situation difficile, comme on dit ailleurs Être dans le 
pétrin. 

Etym. C'est un mot forgé à plaisir, comme rendouer. dans 
cette phrase de Rabelais (V. 36) : 

Dieu vous le rendra en son grand rendouer. 

Treue, sf. Truie. || Fig. Salope, femme de mauvaise vie. 



332 



TRE 



Trevaueliei* ^oii prononce souvent ter-vô-chë), Trî- 
vaiielier, va. Placer deux personnes ou deux choses tête- 
bèclie. « beclieveter ». || Vn. Aller bout-ci, bout-là, marcher 
en zigzag, de corne en coin : Ce cheval, dans les montées, a 
rhabitude de trevauclier. 

Étym. Ital. Travalccwe, travalicare, passer à travers. 

Ti'îelie, sf. Tricherie. Prov. La triche en revient au jeu, 
c'est-à-dire, le tricheur devient la victime de ses tricheries. 

Triplace, Tii-place, 5/^. Traquet. oiseau, saxicola rubicola. 
ÉTYM. Orig. inconnue. 

Troclie, sf. Assemblage de fruits, de légumes liés au-des- 
sous l'un de l'autre sur un même brin : Une troche d'oignons. 

Une branche ou troche de marjolaine qui estoit moult belle, et 
estoit bien de deux piez de largeur pardessus. 

1409. DucANGE, trocna. 

Il Petite botte d'osier : dans ce sens on dit aussi torche. 

De chacun cent de torches d'oiizier, quarante torches. 

Arrêt du Parlement, IG sept. 1577, ap. Littré. 
Trente torches d'ouzier, estim. ensemble I solz. 

1(321. Invent. Le Fuzelier, p. 32. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Étym. C'est le même mot que torche, par métathése du r. 

V 

Troîs-pîetls (troâ-pie'. sm. Trépied, quels que soient sa 
taille et son usage. 

Un pot de fert auecq son anse et troispieds. 

noY. 1616. Invent. Gendrier, p. 0. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Plus un cuvier et son trois pieds. 

Nov 1789. Vente volont., p. 69. Arch. H. Johannet. 

Ti'oiiipe-^ouris, sm. Moulin de trompe-souris, moulin 
sans clientèle, où les souris ne trouvent pas de quoi manger. 

Troii^iie^ sf. Reste d'un vieux tronc darbre : Une vieille 
trongne de saule. 

Ne couperons et esmonderons les preneurs qu'une fois durant leur 
dit bail les ormeaux et trognes qui sont sur led. lieu. 

15 sept. 1785. Bail Lasneau. Arch. H. Johannet. 



TRU 33^ 

Tropaîse, sf. Situation de celui que la fortune rend trop 
heureux : « I s'enneuge à kerver, c'est la tropaise qui 
Tteint ». 

Trop-foiidf srn.. se dit d"un fût dont le fond a trop de cir- 
conférence : Ce poinçon a un peu de trop -fond. 

Ti-op-f!»e-niéle, sm.eXf. Personne qui se mêle habituelle- 
ment de ce qui ne la regarde pas, importun, importune. 

Troffiiate, adj. num. Une i)etite quantité non déterminée : 
Nous avons mangé troquate marrons, avec un verre de vin 
blanc. 

Étym. Trois ou qimtre. Le mot français irocarl, instrument 
de chirurgie qui a Irois carres ou pans, est formé de la 
même façon. 

Ti-ottiii9 siii. Jeune porc de 5 à (i mois. 
Étym. Trotter. 

Troiiîllé, ée, adj. Souillé, couvert de boue : Les vendan- 
geurs arrivent trouilles, « guenés ». 

Étym. Origine incertaine. Est-ce l'ancien français touiller, 
salir, barbotter, avec épenthése du r ? 

Troupet, sm. Troupeau : Un troupet de moutons. 

Trouver, ru., fait au futur je trouverai, au cond. je 
ty^ouvèrais. 

Ce qu'il iled. preneur; troucerra à propos de planter. 

12 mars IG-ôf). Arcli. de L.-et-C. G. Fabr. de St- Victor. 

Ti-iiî««e, sf. Arbre dont on coupe la tète à certaines époques 
pour faire du bois de feu ; se dit aujourd'hui surtout des ormes, 
« ététot ». 

Auront les preneurs les emondes et attestaux des iruisses qui se 
trouveront sur les dépendances de la dite métairie qu'ils couperont 
en tems, âge et saison convenable. 

30 juillet 1787. Bail, de la Ferlanterie. Arcli. H. Joliannet. 

Étym. Origine incertaine; peut-être autre forme de trousse. 
GodefroY donne estroussitres, ce qui provient d'un arbre 
émondé. 



334 



TUR 



Tupet, S7n. Petit bâton fiché en terre pour servir de but: 
mot disparu. i 

Turet Blesis nuncupatur, Scopus, quod terrœ aggestœ infigi 

soleat. 

Lesquelz compaignons avoient emprins que la partie, qui frapperoit 
premièrement de sa bille contre une verge de bois fichée en terre, et 
que l'en appelle ou païs le turet, gaigneroit le jeu. 

1416 DucANGE, turella. 

ÉTYi^f. Origine inconnue. Pour touret, dim. de fo?/r .Ma défi- 
nition lat. ci-dessus semble l'indiquer. 





Ulhec (ul-bé), Ulbet, S7n. Voyez Urbeg. 

Ulbèter, va. et n. Enlever dans les vignes les feuilles 
attaquées par les « ulbets ». 

Urbec (ur-bé), s/n. Rli3^nchite. rli^mchites bacchus, insecte 
dont la larve vit dans les feuilles roulées de la vigne, et finit 
quelquefois par l'en dépouiller entièrement. On dit au moins 
autant ulbec (ul-bé). 

Pour dépense faite a la procession faite a St Martin de Gravant 
pour garentir les vignes des ulbecs. 

1622. Arch. L.-et-C. Invent, de la fab. d'Avaray, f» 56. 
L'an 1516, dit la Cronique de Langres, ce mesme Evesque (Michel 
Boudet, de Blois) décerna commission contre les rattes, souris et 
urebeques qui mangeoient les bleds emplantez. Le 27 avril 
monitoire, et increpation le 13 juin en suivant. 

Bernier, Hist. de Blois, p. 395. 

Étym. Au passage ci-dessus, Bernier indique comme étymo- 
logie à urebeques : Quasi urentia becco, qui desséchent avec 
leur bec: je ne la cite que comme curiosité. Bec ne fait pas 
difficulté; le même insecte est appelé ailleurs bêche qui est 
une autre forme de bec; son nom scientifique Rhyncliite signifie 
bec en grec. Mais la première syllabe, ur ou ul, reste inexpli- 
quée : les anciennes formes hw^bec, uy^ebeque, et celle de Littré 
urebec ne nous éclairent pas davantage. Beaucoup, surtout 
des anciens, disent hulbec avec h aspiré. 

Uriis!soii9 sm. Hérisson. 

Une autre pièce de terre assize et scituée aud. lieu de Coudas 

(Cour-Cheverny) au lieu appelle la fosse hurisson. 

1617. Part. Présid. de Metz, p. 19. Arch. L.-et-C. 
B. Baill. de Blois. 

Urseliiie^ sf. Ursuline. D'après Ménage, on peut dire aussi 

bien Urseline que Ui^suline. 

Le monastère des Urselines. 

Noël Mars, St-Lomer, p. 408. 

Usurfruit, sm. Usufruit, terme de droit. 
Étym. Lat. usif.ra usage, et fructûs du fruit. 




Vaeahoiifl, de, s. et adj. Vagabond. 

Un coquin ou cayment et homme vacabond. 

1466. DucANGE, questa. 

Valaiitenr, sf. Valeur, prix : Il y en a pour la valanteur de 
quatre sous. 

Étym. Ce mot est formé du part, présent valant, comme 
pesanteur de pesant. 

Valet, s?n. || Sorte de taquet, petit morceau de bois taillé 
pour maintenir une porte fermée. 

Sera mis une croisée neuve de menuiserie composée d'un châssis 
dormant avec jet d'eau et de quatre châssis a verre; faire reservir 
les quatre vallets et toute la ferrure. 

Mars 175 t. Devis pour Clénord, p. 20. Arch. L.-et-Ch. E. 293. 

Valoir, sjn. La valeur des biens exploités par un cultivateur 
et, plus souvent, ces biens eux-mêmes : Jacques a un trop grand 
valoir et pas assez de monde pour que ses terres soient faites à 
heure et à temps. 

Vaiiiiei> m. Partir, s'en aller quand on y est forcé : Y a 
pas, faut vanner ; mot badin. 
Etym. Orig. inconnue. 

Vareiiiie (va-rann'), sf. Nom donné au val de la rive droite 
de la Loire depuis Chouz}^ jusqu'à Tours. Autrefois ce mot était 
employé par toute la contrée. 

Trois pièces de pré assises as varennes i paroisse de 

St-Victor). 

130'J. Arch. dép. L.-et-Ch. G. 87. 

Toutes les varennes (furent) inondées et ruinées. 

1709. Noël Janvier, Le Loir-et-Cher liistor., 1890, p. 4. 

Vai-eiiiiier, .sm. Cultivateur habitant la « varenne ». 

Vaureîii (vô-rin), ain. Vaurien, polisson. 

Veau (vio. dans la camp.), sm. || Pror. Chercher la corde 
avant d'avoir le veau, s'inquiéter de l'accessoire avant d"avoir 



YEN 337 

le principal : proprement, chercher une corde pour attacher un 
veau avant qu'il ne soit né. avant même de savoir s'il viendra 
en vie. 

Veig'iie, sf. Vigne. 

Plus une petite closerie. . . . avec quelques veignes. 

Noël Mars, St Lomer, p. 302. 
Ils furent merueilleusement encouragez à trauailler en la veigne 
du Seigneur selon l'esprit de leur vocation. 

1()50. Sympli. Guyon, Hist. d'Orléans, 2® part., p. 500. 

Veîg:iieroii, sm. Vigneron. 

Vallantin Gastignon et Charles Prest veigneron, demeur* a Ville- 
neufve paroisse S* Denis sur Loire. 

Unov. 167'J. Arcli. L.-et-Ch. G. 10, pièce 17. 

Veîlloclie, sf. Tas fait dans un champ d' « artificiel » 
nouvellement fauché, en attendant qu'on le serre : Mettre la 
luzerne en veilloches; ailleurs, veillotte et vUlotte. Pour le foin, 
on dit inulon. 

Étym. Augment. de l'ancien franc, vielle, vieille : 

En icelle prée, au pié d'une vielle de foing, ledit escuier se coucha. 

1300. DucANGE, viellare. 

Veîlloi (vé-ioue), S7u. Logement, ordinairement cave, où les 
femmes de la campagne se réunissent pour veiller enseinhle. 
Il se faisoit des fîleries, qu'ils appellent ce?7/o/s. 

N. DU Fail, Cont. d'Euir., I, p. 151. 

VelîMieux, euse (^v'ii-meû), adj. Venimeux, euse. 
Étym. « Velin ». 

Velîu (vdin), sm. Venin. || Grosse chenille, serpent quel- 
conque. 

Dragons, serpens, crapaus tous vélins et ordures. 

Deb. du corps et de l'dme, p. 02, ap. Talhert, p. 210. 

Étym. Ital. veleno, venin. 

Veiiclaiig-e, sf. \\ Prov. Vendange lût, vendange tard; 
vendange tard, vendange tôt, c'est-à-dire si la récolte est mûre 
de honne heure, tu donneras de la qualité à ton vin en 
vendangeant tard ; si. au contraire, la maturité est tardive, 
hâte-toi de vendanger, l'abaissement de la température ne 
pouvant t'amener que des mécomptes. 

2'Z 



O 



YEN 



Veiidîtîoii, sf. Vente. 

Et doit le sergent en toutes exécutions avant que procéder à 
aucune vendition, signifier la vente desdits biens au debteur. 

Fourré, Coût, de Blois, p. 682. 

Étym. Lat. vendltionem, même signification. 

Veiiîei*, s?n. ? Mot disparu. 

Ung grand chaukhon d'arin, ung autie moyen etung petit chaudron 

aussi d'arin Ung petit Venier de boys de chesne une poille, 

une passouere. 

1617. Invent. Rahart, p. 7. Arcli. de L.-et-C. B. Baill. 
de Blois. 

Venîi»9 vn.. fait au futur, ie veinrai, etc. 

La terre qui ausdiz enfanz est venue parle décès de leur mère, 

et celle qui leur venra par la descendue doudit Oudart leur père. 

1302. DucANGE;, descendua. 
Sitost comme il seront ibrfamilié de leurs pères et il venront à 

tenir mariage, 

1322. Ibid., forijamiliare. 

et au conditionnel je vemrais, etc. 

Kant je morrai, li terre reoenrait à la maison de S. Pierre. 

1281). Ibid., solus, 2. 

Il Loc. L'année, ou l'an qui vient, la semaine qui vient : 
Tannée, la semaine la plus prochaine. 

Estre payé à f année qui vient. 

X. DU Fail, Prop. riist., p. 83. 

Ventouse, .sf. Coup de vent violent, bourrasque, ouragan. 

Veiitvole (van- vol), sf. Petite averse de pluie, surtout de 
neige, de peu de durée. 

Il s'était marié à la venvolle (à la légère). 

Chateaubriant, ap. Littré. 
Étym. Que le ve^it envole. 

Vei> srn. \\ Ver coquin, ver-luisant ; ver creux, grand lézard 
vert. 

Vei*<lelei> vn. Commencer à tourner, à mûrir, en parlant 
des fruits, et surtout du raisin : « V'ià qu'ça c'mence à verdeler 
dans l'clous ». 



VER 339 

Soubs coulleur d'aller cueillyr des herbes dans les vignes, depuis 
que le verjus commance à grossyr et les raisins à verdeler. 

Sept. 1G08. Requête des hab. de St-Dyé. Arch. I..-et-C. 
B. Bail. deBlois. 

Étym. Proprement devenir vo'delet, diniin. de verdet^ dimin. 
de verd, vert. 

Verclîlloii, sm. Raisin tard venu, qui n'a pu mûrir. || Flg. 
Enfant né longtemps après ses frères et sœurs. 
ÉïYM. D'nmw.&everdet, dimin. de vcrd, vert. 

Vei'clrîei*, sm. Verdier, nom donné au bruant, à cause 
de la couleur verdàtre de son plumage. 

Véreux, adj. m. \\ Bois véreux, bois piqué, avarié, qui 
commence à pourrir, en parlant du bois de feu. 

Culées, arraclîis, souches de vigne, bois oerreax. 

1892. Tarif de l'Octroi de Ulois. 

Verg-e, sf. \\ Pièce du « fléau » qui frappe le grain : Une verge 
de fléau en frêne. Dans Littré, c'est le manche du fléau; ici, ce 
manche s'appelle Tou [voyez ce mot). || Anneau de mariage. 
Il Dé à coudre ouvert par le haut. 

Verniéiiîer (var-mégn-gne), sm. Nom qu'on donne géné- 
ralement aux reptiles et aux petits rongeurs, et spécialement 
au rat et à la souris : En traversant la forêt, il a été piqué par 
un vermenier (serpent). — Mon grenier est plein de verménier 
(les souris et les rats pris collectivementj. 

O povre verminière ! 

Cl. Marot, Épis, à Lyon. 
En quoy toute son intention estoit que le inonde ne l'ust pas infecté 
de ces meschants et maudits Vermeniers. 

Bon. DES PÉRiERS, Coutes et Noiiv., I, p. 11'.). 
(Amsterd., 1735). 

Il Fifj. Petit polisson : Que je t'attrape, méchant verménier ! 

Veriiîlle, sf. Broutilles, menu bois, (j Flg. et le plus sou- 
vent, objet de nulle valeur : Tout ça ce n'est que de la vernille. 
Étym. Ancien franc, vente, du celt. gicern, aune, arbre. 

Vérole, sf. Variole. 



340 



VER 



Je ne m'étonne pas si, avec de telles précautions (se farder), on ne 

voit pas qu'elle a eu la vérole. 

SÉviGNÉ, 2 oct. 1G89 (Paris, 1862). 

Vei'i'e, sm. \\ Loc. Boire dans le même verre, en parlant 
de deux ou plusieurs personnes, être parfaitement d'accord, 
être de connivence. 

Vei'i-îiie, sf. Verre de montre. 

VeriMire (la campagne prononce va-reu-se). sf. Verrue. 

Vei'soiix, srn. Versoir de charrue. 

Une charrue a labourer garnie de son verseux. 

1621. Invent. Le Fuzelier, p. 1:^. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 
Plus deux verseux de cliarus. 

7 déc. 1760. Invent., p. 2i). Arch. H. Johannet. 

Vert, sm. \\ Loc. Le temps se met au vert, c'est-à-dire à l'hu- 
midité, à la pluie. 

Vert, adj. m. \\ Chemin vert, petit chemin non entretenu qui 
traverse les terres. 

Vescerîan, sju. Sorte de vesce sauvage qui pousse sponta- 
nément, vicia hirsuta. 

Hiebles, vesseron, pauot rouge. 

LiÉBAUT, Mais, rust., v. ch. 5. 

Vesî, Vesîii, S7n. Courbature affectant spécialement les 

muscles fessiers : J'ai le vesi d'avoir « seyé » toute la journée. 

\\Fig. Avoir le vesi. ou le vesin, être énervé, sans vigueur, et, 

par ext., sans courage. |{ Un vesin, un lambin, indolent : C'est 

un vrai vesin que ce grand gas-là. 

Étym. Origine inconnue. 

Vesîiie, sf. Vessie : ne s'emploie que dans la loc. Sourd 
comme une vesine, très sourd. 

Étym. Dimin. de vese^ ancien franc, qui signifiait vessie et 
cornemuse. On dit aussi : Sourd comme une bassine; mais vu 
l'espèce d'assonance des deux mots v£sii:e et basane et la 
parenté des deux labiales b et v {brebis ViSn' d3 vervecem), il 
est cro3'able que c'est la même locuticn La confa:ion des deux 
termes se sera produite d'autant plu- f:c].imcn' eue, dans les 
deux cas, il s'agit d'une peau mince t jnoue. 



VET 341 

Ve«oii9 sm. Bourdon, insecte de la famille des abeilles. 
Étym. Vese, cornemuse, à cause du bruit qu'il fait en volant. 

Vesoiiiiei», l'ii. Bourdonner, faire entendre un bourdonne- 
ment, comme un « veson ». 

Vessîei-, Fe.s«îei-, sm. Homme à bonnes fortunes, 
débauché. 

On m'a conté c[uo notre Sire 

Henrv-le-Grand étant à Bluis 

Se promenait souventes fois, 

Seul, aux champs : je vous vois sourire. 

Un jour il trouve en son chemin. 

Bissac au dos, marre à la main. 

Certain vigneron qui l'arrête. 

— « Monsieur, lui dit ce villageois 
Qui le prend pour un bon blaisois, 
Hier, à Blois, c'était donc fête ? 
Les cloches n'ont fait que sonner, 
Tinter, copter, carillonner ; 

J'en avains la tète rompue ». 

— a C'est que, répond le faux bourgeois, 
Le Roi vient d'arriver à Blois, 

Et l'on fête sa bienvenue 

Par force carillons joyeux ; 

Car tout bon chrétien fait des vœux 

Pour le Prince et pour sa famille ». 

— « Grand merci, dit le besacier. 
Il est ici, ce vieux vessierf 

En c'cas, j'm'en vas serrer ma fille ! » 

Contes b lai sois. 

Étym. Fesses ? si fessier est la forme primitive. 

VessîolCf sf. Ampoule produite par une brûlure, une échau- 
dure, etc. 
Étym. Dimin. de vessie. 

Vessîolé, ée^aclj. Couvert de « vessioles » : lia la main toute 
vessiolée. 

Veistaiicfueiiardef sf. Comme Estaxguenarde. 

Vétille, sf. \\ Petit balai sans manche qui sert à nettoyer la 
met du pressoir. 
Étym. Lat. vitilia, brins d'osier. 



342 



VIA 



Vîaulei*, m. Vêler, mettre bas, en parlant d'une vache. 
Étym. T7«h pour vecm. 

Viliercfiiiii^ sm. Vilbrequin. 

Serpes, scies tenailles... et vibrequins. 

Rab., V, 9. 

Ung viberquin, deux carreaux d'assier, ung compas et une lime. 
1619. Invent. Perrot, p. 19. Arch. L.-et-Ch. B. Baill. 
de Blois. 

Étym. Littré donne comme origine à Vilbrequin les mots fla- 
mands irindcn. tourner, et holiren, percer. Cette étymologieest 
bien séduisante; mais, outre qu'elle implique l'origine flamande 
de l'outil lui-même. ce qu'il faudrait voir, on ne peut s'empêcher 
de remarquer qu'il 3' a loin de ivindenboliren à vilbrequin, et à 
notre viberquin . On pourrait y voir une forme altérée de 
virebroquin, de virer et broquin., dim. de Fane, franc, broc 
brohe. broque, broche, pointe, c'est-à-dire, outil qui fait virer, 
tourner une pointe: d'autant mieux qu'on dit aussi virbrequin. 
Comp. Berquix, le conteur des enfants. 

Vîette, sf. Drageon de vigne qui a déjà été taillé au moins 
une fois : Voilà un brin qui fera une bonne viette l'année qui 
vient. 

Étym. Peut-être contract. de vignette, petite vigne. On trouve 
dans Ducange vieturn, incurvum. flexum, courbé; cet adj. 
qualifle assez justement l'état ordinaire d'une viette. 

Vif, sf. Vis ; mot disparu. 

Ung char! il faict à quenoilles fermant à vifs. 

1617. Invent. Delagrange, p. 2. Arch. L.-et-C. B. Baill. de 
Blois. 

Il Escalier en spirale: mot disparu. 

Et pour monter tant en lad. clianibre haulte que greniers, y a une 
vif de bois. 

1618. Part, de Beynes. Ibid., ibid. 

Grenier dessus acicomodé d'une vif de montée pour monter ou 
descendre aud. grenier. 

1621. In vent, de Beaune, p. 91. Ibid., ibid. 

Vîg'iierîe, sf. Toute façon faite à la vigne qui n'est pas 
façon de « marre », telle que l'accolage, l'attachage. etc. Terme 
de vigneron, aujourd'hui à peu prés inusité. . 



VIN 343 

Faire la vii^ne et la lassonner de toutes lassons de marre et 
vigneries en temps et saison. 

18 fév. 107)8. Arch. L.-et-G- G. Kabr. St-Victor, liasse I. 

Villeiiialai'df s)/i. Carabe doré, insecte culéoptêre. 
Étym. Villernâlard. village de la commune de IMarolles à 
8 lui. de Blois ? 

VîUei-lMui (vi-iar-bou), spr. Villerbon. bourg j'i 8 k. de Blois. 

Léonard, fils de Antoine Thibault de Villerbon. 

.SO juill. 1()0."). Arch. mun. Mllebarou, vol. lôOl, 
Victor Gobillon de la paroisse de Villarboii. 

:n oct. 1581). Arch. mun. la Ch.-S^- Victor, vol. 1. 

Cette orthograpbe se retrouve dans la plui)art des titres, 
jusqu'au xviii^ siècle. 

Vîii, sm. Il Prov. \\n vert, vin cher. Quand le vin est vert, 
c'est ordinairement que la récolte a été mauvaise non seule- 
ment comme qualité, mais aussi comme quantité, ce qui fait 
qu'il se vend cher quand même. 

Viiiette, sf. Oseille. 

Ayant eu l'argent qu'elle prétendoit, c'estoit autant de vinette 

cueillie. 

Moij. de par ce ni r^ II, K5. 

Il Vinette aux crapauds, sorte de plantain. 

Étym. Littré dit que vinette est un dimin. de vigne; 
cependant il est impossible de saisir aucun rapport entre ces 
deux plantes. Orig. inconnue. 

Vingt, sm. Terme de compte qui se dit de 20 livres, 
aujourd'hui 10 kilogrammes, emplo^^é surtout pour évaluer le 
poids des porcs : Mon cochon pèse huit vingts. 

L'emploi de vingt comme substantif n'a subsisté que dans 
quatre-vingts. Mais autrefois il était général et encore d'un 
usage courant au xvii*' siècle, dans le peuple, au moins : 

Par ma foi, je disois cent ans mais vous passerez les six vingts. 

MoLiÈRH, Avare, act. IL se. 0. 

Viii§;-taliie9 sf. Période comprise entre le 20 avril et le 
10 mai : Dans la Vingtaine, le temps est toujours « catéreux ». 



344 VIN 

Vinoteaii (vi-no-tio). s/)k Vîiiotolle, sf. Habitant du 
bourg de Vineuil. 

ÉTYM. Mot fraiicbement patois et très irrégulier ; la forme 
française serait vinolien. 

Violé, adj. m., ne s'emploie que dans Bœuf violé, bœuf gras, 
le héros du Carnaval. 

Gargantua joiioit au bœuf mole. 

Rab., I, 22 

Etym. Viole, violon, parce qu'autrefois on le promenait au son 
du violon. 

Vîi-er, l'a. || Retourner sur ses pas : Vire donc, on t'attend 
chez toi. Il est moins usité que son composé Remrey\ 

Vireux (on prononce le plus souvent vî-seû), sm. Ustensile 
fait d'une poignée de paille triée, peignée et disposée en 
éventail, sur lequel le fromage, égoutté, est placé et viré, c'est- 
à-dire retourné, jusqu'à ce qu'il soit complètement fait. 

Vîsà§-o, aclj. inv. Louche : « E'n'seret pas laide, si é'n'tet pas 
tant set peu visâgo ». Ce mot est particulier aux faubourgs de 
Blois. 

Etym. Viser, regarder, à go, à gauche, ou plutôt de travers 
(Cf. Go). On ne peut s'empêcher d'observer le voisinage du 
français virago qui. avec la prononciation locale, ferait visago; 
mais la différence des sens est si grande qu'il n'y a pas lieu de 
s'arrêter à cette ét3'mologie. 

Vîssetoiii*, .<?m. Tour en sens opposé : Eaire des tours et 
vissetours. tourner, virer. 
Etym. Visse pour vire de virer, et tour de tourner. 

Vitrail, sra. Vitrail. 

La nuit du 29 au .30 d'août 1717 le tonnerre est tombé sur le cloché 

de cette église est venu passer par le haut du vitrau. 

Arch. mun. Marolles-les-Blanches, vol. 1713. 

Vivatiire, sf. Nourriture, vivres. 
Étym. Mot barbare venant de vivy^e. 

Voii> va., fait au fulur : Je voirai, etc., et au conditionnel : 
Je voirais, etc. 



VOU 345 

(^uiconques voirra son prochain en dangier. 

Rab., I, 52. 
En unûr niomont vous la vonriez en cendres. 

Ibid., IV, 21. 

Veult qu'il soit donné à Jehan Solhîmeau une de ses chemises, celle 

que voyront ses exécuteurs estre a luy la plus commode. 

le'- janvier KJOl. Arch. mun. Villebarou, vol. 1()72. 1'^ 101, v". 

Voîi-e, adi\ ou plutôt loc. explétive qu'on peut traduire par 
Vraiment, s'emploie toujours avec un verbe à rimpératif : 
Voyons voire ; écoutez voire ce qu'il raconte; répète-le voire 
un peu. 

Volîelie, .s/. Volige. planclie mince. 
Étym. Origine inconnuç. 

Volî€*i> sm. Troupe d'oiseaux volant de concert: Un volier 
de canards sauvages. 

Voiiloii*, va., fait au présent de rindicatif : Vous relcz, ils 
voulent. 

Que ce/e-3:-vous que je vous dise. 

Cyrano de B., Péd. Joué, Act. V, se. \). 

Lesquels voulent les cieulx estre aux humains pour prognostic 

certain que 

Rab., IV, 27. 

Si les enfants dudit testateur coul/ent ])aillerdeux escuz aux dictes 

boestes. 

30 mai l.')81. Arch. mun. Villel^arou, vol. 1072, f« 8, r". 

au présent du subjonctif : Que je roule, que tu voules, etc. 

Ce n'est pas que je voule dire que nos mœurs 

lOiô. Fr. Lf.maire, Antirj. d'Orléans, p. 75. 

En casque son prochain héritier ne roulle pas accepter led. don 

et legs. 

23 mai lOOO. Arch. L.-et-C. G. fabr. St-Victor. 

au futur : Je voitrymi. tu voiir^ms, etc. 

Des autres pour quo}^ ne vourra 

Quelle rayson l'en destourra. 

Rose, 20526. 

et au conditionnel : Je vourrais, tu vourrais. etc. 

Car qui devant sçavoir pourroit 

Quelz faitz le Ciel faire vourroit 

Bien les pourroit-il empêcher. 

Ibid., 18154. 

Voyez Cliap. préliminaire, 1 1, art. 6. 



>]46 YOU 

^>auto^ au pluriel v<>«, adj. poss. Votre : « Voûte pée et 
voûte mée » : Votre père et votre mère. 

Vont€* (le ou Isi), (dlj. poss. Le, ou la votre : Ce n'est pas à 
iioute tour, c'est au voûte. 

V«>>'aii4-e, s7)i. Pèlerinage fait au sanctuaire d'un saint : Faire 
un voyage à StSvlvain. 
Nous aiJasmes en f^oyarje à sainct Jean d'Amiens. 

X. DU Fa II,, Coîit. d'Eiiir., II, p. 32. 

Il Prières récitées par le prêtre pour obtenir Tinlercession 
d'un saint : >ronsieur le Curé m'a dit un voyage à St Victor. 
et un autre à SteCornille. 

Voici les principaux voyages de la contrée : A l'église Saint- 
Xicolas. de Blois, voyage à .^7 Mnrcou, pour les êcrouelles 
[marque au cou). 

A Saint-Louis, de Blois. voyage à St Gilles, pour les enfants 
qui font leurs dents. 

A la Cliaussée-Saint-Victor. voyage à .S7 Victor, pour les 
fièvres, et à Sfe Cornille (Corneille ou Cornélie), pour les convul- 
sions appelées Mal de Ste Cornille, parce que les cris des en- 
fants qui en sont malades ressemblent aux croassements d'une 
« cornille ». 

A Saint-Denis, voyage à Ste Néornoise, la vierge aux pieds 
d'oie, pour la peur. 

Pour la peur aussi, voyage à Coulanges : mais là, c'est à 
St Denis lui-même, patron de l'église, qu'on s'adresse. On lit 
dans Tèvangile de sa fête : Nolite timere. n'ayez pas peur 
(St Math., ch. 10). 

A Cour-sur-Loire, vo3^âge â Ste Radegonde, pour les douleurs, 
les rhumatismes. 

A Villebarou. voyage â .S7 Siilmin pour les varices (/2e de 
vin). 

A l'église de Vienne, â Blois. voj'âge à St Saturnin {Voyez 
CoxAx), pour aller ou pour venir, c'est-à-dire pour mourir 
ou guérir promptement. pour en finir tout de suite. C'est quand 
on a épuisé tous les remèdes et tous les vo.yâges, qu'on se décide 
à aller invoquer St Saturnin que nos paysans, chose remar- 
quable, appelent \e Père de tous les saints, comme les anciens 
païens appelaient Saturne le Père de tous les Dieux. 

On disait aussi autrefois, et on entend encore quelquefois : 



VRI -.Vu 

Y'à'w^i \\\\ \\)y'à\^{} ii Sic Sov lame, pour guérir de la mauvaise 
liabitude de boire plus que sa soif, mais ce n'a jamais été i)roba- 
blomeiil qirune plaisanterie. SI Solemne (qu'on îi toujours 
prononcé soiclarne). était, avanl Louis XI \'. le |>atron dune 
église de Blois. aujourdliui calhédrale. Tromp»' par la dési- 
nence féminine de ce nom. on en avait fait une sainte : 

Jehanne Kabier, do la paroisso i]esninc(e Soulatjnne. 

•^*>(lé(^ l.')!in. Aieli. la Cliaussée-St-Victor, vol. 1. 

L'origine de beaucoup de ces }>élerinages. comme il est facihi 
de le voir, ne repose (fue sur un calembour (.s7 VhicenL 
patron des vignerons : vin couleur du sano) et (pielquefois, sur 
un bien mauvais calembour : les leigneux et les galeux vont 
deniander leui* guérison à .s7 Aiiiwm quils [>rononcent 
SI Tcujnanl. 

Sainci Kutro/jc faiïstn l les /u/dro/jictjftrs ...Saiiicl (îcnou les (jouîtes. 

Hab., L 1.'). 

Il y a à Montmartre un taljleau de Notre-Seigneur et de la 

Ma(lelein(\ de la bouche de laquelle sort un écriteau où il y a 

Raboni (en hébreu : Maître, parole adressée par Magdeleine à Jésus 

qu'elle rencontre après sa résurrection (8t .Jean, XX, 10). Les bonnes 

femmes en ont fait un saint Rabonny qui rabonnit les maris et on y 

fait des neuvaines pour cela. 

T. DES RÉAUX, t. X, p. I(i8. 

Voyez : Les origines., etc.. de Ménage : Acariash'e, et Apolotjie 
pour Hérodote de H.Estienne. Cbap. XXXVIIL 

Vraiiieiit, /^(c/r. Vraiment : Oui vrament. 

Ha! mon mignon, lui dit-elle, vous siflez, vous aurez crament une 

flûte. 

Moy . de parccnir, I, V)\. 

Vi-illoiB, s)n. Copeau mince comme un ruban et se contour- 
nant en spirale, produit par l'action de la varlope. 
Étvm. Vrille, production filamenteuse de certaines plantes. 



-?=- "">©<"- 




V, pron. pers. slnij. des 2 genres. A lui, à elle, lui : Si tu la 
rencontres, t'3^ parleras, parle-y-en, c'est-à-dire tu lui parleras, 
parle-lui de cela. Cependant y ne remplace pas toujours à lui, 
à elle, lui : Si j'ai à faire à li, j'y dirai, et non pas si i'y ai à faire. 
C'est l'usage, basé sur l'euphonie, qui décide. 

Étym. Contract. de à li pour à lui. 

Yeux, pron. pey^s. pi. des 2 genres. A eux, à elles, leur : 
Montre-3"eux donc ta page. Cependant yeux ne remplace pas 
toujours à eux. à elles, leur : Si j'ai à faire à eux, j'yeux dirai et 
non pas si j'3'eux ai à faire. C'est l'usage, basé sur l'euphonie, 
qui décide. 

Étym. Contract. de y employé ici par euphonie au lieu de à, 
et eux. 








Ze, particvle. Parler ze, prononcer les./. (I doux et ch comme 
:, zézayer. 

Ziiii;:, sm. Zinc : Un seau en zing". 







APPENDICE 



« O O—O — f- 



■m.-' **■ 

EN PATOIS BLAISOIS 



Dans l'équeurie où qui v'iié d'naîte 
On dit qu'l'àne et l'beu qui yétaint 
D'vant Jésus-Christ s'agenoillaint. 
En adorant ce nouviau mai te. 
J'en e bein conneu, en tant temps, ' 
Dés beus, dés an' d'eune aute ancête, 
J'en e bein conneu, en tant temps. 
Qui n'en araint pas fé autant. 

De parents gn'avé jjas la presse 

A i'entaur de ce ch'ti grabas ; 

In pauver chien voit l'petit gas, 

Li liche lés mains et le caresse. 

J'en e bein conneu, en tant temps, 

Dés grous chiens qui vont (1) à la messe, 

J'en e bein conneu, en taut temps. 

Qui n'en araint pas fé autant. 

Comme i faisé in temps de breume, 
Sus leu gueuche eune poule, in dindon 
De leus ail' couvraint le poupon 
Pour pas qu'il attrapit du rheume. 
J'en e bein conneu, en taut temps, 
Dés pour et dés dindons sans pleume, 
J'en e bein conneu. en taut temps, 
Qui n'en araint pas fé autant. 

(1) Ou ne fait sentir aucune liaison : vont fia la messe. 



— 352 — 

Mé. c'qiie vous n'vaurez p'têt' pas creise, 
C'est que ces cinq pauvr animaux (1) 
Ont passe, le nez sus lés siaux, 
Taut' la nuit sans manger ni boise. 
J'en e bein conneu. en taut temps. 
Dés besquiaux d'ailleurs qu'à la foise, 
J'en e bein conneu. en taut temps, 
Qui n'en araint pas fé autant. 



Voici ime autre pièce que je crois originaire du pays hlaisois. 
Elle date des premières années de ce siècle et donne une idée 
assez exacte du parler patois actuel et des concessions faites 
par lui, surtout pour la prononciation, à la langue littéraire. 

Au temps des guerres de r Empire et des pontons de t Anglais., 
nos grand'rnères ont été trop souvent témoins d'aventures 
semblables à celle qui est ici mise en action. Aussi., qua7id dans 
un banquet deux acteurs improvisés jouent et chantent les rôles 
de Simon et de sa mère., c'est toujours avec un véritable atten- 
drissement que les convives écoutent ces couplets dont la naïveté 
n'exclut pas une certaine pointe d'espiHt et même de malice. 

Le Oaf^ 8inioii 



LA MERE SIMON, 
entrant toute effarée et fermant vivement la porte 

A mon s'cours, mes enfants, 
Rentrons, il n'est qu'temps, 
D'fraj^eur me v'ià morte. 

Cest Simon nout'grand gas 
Qui r'veint du trépas 
Que j'veins d'voir là-bas {bis). 



(1) Prononcez an ni maux. 



— OOO 



C'est boin lui. voyez- vous. 

Keiitroiis donc dieux nous. 

Fermons bein la porte (1). 
Et pour le renvoyer 

Donn'moi mon psautier 

Et prends rbenitier (Ms). 

SIMON. 

(/c/iors. 

l^an ! [)an ! Ouvrez-moi done. 

C'est vont' gas Simon 

Qui r'veint d'Angleterre. 
J'étais si mal là-bas 

Qujaccours à grand pas, 

Et vous tends les bras [bis . 

Ile la ! mon pauvre enfant. 

Pour toi, dans l'instant. 

J'somm' tout en prière. 
Pour t'ouvri ri)aradis. 

Ecoute bein. j'te dis. 

Un De profundis (bis). 

SIMON. 

Pour un De profundis 

C'est toujou ça d'[>ris 

Pa' rtrou de la serrure. 
IMais, et' vous fous tertous. 

Ou bein voulez- vous 

^['renvoyer d'rheux nous? (bis).- 

LA MÈRE. 

Oui. va-t'en, mon enfant. 
D'nous tu s'ras content, 
Car demain, j'te Ijure. 

(1) Les strophes n'ayant qu'une seule rime féminine qui a sa correspondante 
dans la strophe suivante, cette construction singulière les force à marcher 
accouplées. On peut dire d'elles que et- sont véritablement des couplets. 

23 



— 354 - 



Pour adouci ton sort 
J'te frons dir' d'abord 
Un servie' de mort (bis). 

SIMON. 

Un servie" ? . . . vous rêvez. 

J"vois bein qu'vous m'pernez 

Pour un aut', ma mère. 
Je n'suis point un r'venant. 

J'suis vraiment vivant, 

Simon, voûte enfant (Ms). 

LA MÈRE. 

Cn'est point la vérité, 

L'on m'a rapporte 

Ton extrait mortuaire (1, . 
C'qu'est écrit est écrit, 

Mets-toi dans l'esprit 

Qu't'es mort, c'est fini [bis). 

SIMON. 

Je n'suis point mort un brin 

Et je n'suis enfin 

Ni r'venant ni diable. 
Avec vous, sans tarder. 

Pour vous rassurer, 

J'vas boire et manger (bis). 

LA MÈRE. 

Si c'est vrai qu't'es vivant, 
Veins, mon pauvre enfant, 
Veins te mettre à table. 

Elle ouvre la porte. 

Mang', tu nous rassur'ras. 
Car j'creis bein qu'là-bas 
Les morts ne mang' pas (bis\ 



(1) Uai ne compte que pour une syllnbe. 



- 355 — 

SIMOX, 

entrant. 

C'est beiii moi qui suis mui. 
Calmez vont' effroi, 
Pisqiie (1) j'cass' la croûte. 

Kiiibrassons-noiis tertoiis : 
Bon Dieu ! ([u'il est doux 
I)"me r'voir avec vous ! ibis 

L.V MÈHK. 



J'ai récrit bein signe 
Comni' quoi qu'tu fus tue 
Dans n'eun' grand' déroute. 

Je n'creirai pus l'papier 
Pisqu'en nout' quartier 
Te v'iâ tout miievipis). 

SIMON. 

M'voyant si mal reçu 
Tout bonn'ment j'ai cru 
Qu'vous pardiez la tête : 

Je n'savais pas pourquoi 
Vous pouviez, d'bonn' foi. 
Prier Dieu pour moi (bis). 

LA MKRE. 

C'tour-lc'i, mon pauv' garçon. 

Me donne eun' leçon : 

Je n's'rai pus si bête. 
Je n'creirai pus maint'nant. 

Oui, mon cber enfant. 

Elle i embrasse. 
Qu'aux r^•enants vivants (bis). 

(1) Pisque [^vow. piss que). Puisque. 



..cjx^o. 



(Les fautes typographiques étant à peu prés inévitables dans 
la composition d'un ouvrage de cette nature, l'auteur ne croit 
pas devoir signaler celles d'accentuation et de ponctuation, 
fautes relativement légères, qui ne déroutent pas le lecteur). 

Caa;-oii — Étym. Après cagot ajoutez : Les cagots étaient 
des. . . etc. 

Cîbotei» — sm.. lisez va. 

Coiitoii — Étym. Ajoutez à la fin : Cf. « couteau ». 
Cressîr — cressis, lisez : cressi. 
Empeelier (s') — Lisez : Voiture, Œuv., t. L 
Èvîère — Étym. Au lieu de toute la phrase, lisez : « Évier ».• 
Oi-êle — (^ nettisage «. lisez : « nettissage ». 
leî — paouvres, lisez : paoures. 

Malice — Comm.. lisez : Comixes, V, 17 (Paris, 1649). 
Moiileaii — Arch. départ., lisez : Arch. L.-et-Ch. 
PoiirNiiîvre — poursuit, lisez : poursui : ajoutez : Voy. 
Suivre. 
Roi^ — tendaient, lisez : tendoient. 



-:çe^ 



IlLOIS IMP. C. MIGAULT ET C'% RUE PIEHKE-DE-BLOIS, 14 





PC 

2987 

B5T35 



Thibault, Adrien 

Glossaire du pays Blaisois 



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