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I^MâÉ^
GLOSSAIRE
DU
PATOIS POITEVIN
PAn
M. l'abbé IiAIiA\\\E,
Curé d'Oirc (Vienoe), membre de la Société des antiquaires de l'Ouest.
V^AWVWW—
INTRODUCTION.
Jules César raconte , dans ses commentaires, que, à son arrivée
dans la Gaule, il y trouva trois grands dialectes correspondant aux
l)rincipales divisions ethnographiques du pays, savoir : le Belge, et le
Celte au nord et ^Aquitain au midi. Selon toute vraiscmblince ,
cV'St à la division celtique qu'il faut rattacher les diverses peuplades
gauloises de l'Ouest que le môme Jules César et Pline nous montrent
établies sous le nom collectif de Pictones au sud de la Loire et au
nord de l'Aquitaine.
C'est notre ancien Poitou qui , sous la domination romaine , fit
partie de la grar.de province désignée sous le nom de seconde Aqui-
taine, et dont le vaste territoire forme, de nos jours, trois divisions
départementales : la Vienne, les Deux-Sèvres et la Vendée.
Avec leur domination, les maîtres du monde ne tardèrent pas à
imposer leur langue, d'abord comme idiome ofHciel seul admis dans
les actes divers et les différentes institutions de l'autorité publique.
Bientôt elle eut ses écoles dans les villes principales , et les dialectes
primitifs, délaissés par les vaincus émancipés , ne se parlèrent plus
que dans les lieux éloignés des centres administratifs et militaires.
Au v* siècle, l'absorption était complète. Mais les invasions germa- J(
ïxxu. 4' ^/f V
il
Il INTHODLCTION.
niqiit'S lie cette épo<]uc aiucnèrcnl proniptoinent la clégéiiéresccnce
de la langue latine.
Du mélange des l.mgues employces par les vainqueurs et les
vaincus se forma la langue romane avec ses différents diatectes, aussi
nombreux , dit M. de Clievallei , que les centres seigneuriaux de
quelijue importance dont se composait l'échiquier du royaume
féodal (1).
Évidemment l'ancien Poitou, dont limportance, connne centre
seigneurial, n'est contestée par personne, eut son dialecte particulier.
Aussi le trouvons-nous indiqué, dans un tableau synoptique des
peuples européer)s anciens et modernes classés par familles et par
langue, comme ajiparlenant, au moyen âge, à la langue celto-
romane qui se parlait au centre et à l'ouest.
Il est à croire que la position géographique de cette province aura
fait subir de bonne heure à son dialecte de nombreuses modifica-
tions empruntées soit à la langue franco-romane ou langue du Nord,
soit à la vasco-romane qui se parlait en Gascogne, soit à la langue
romane pure ou langue d'Oc.
Toujours est-il que ce dialecte , tel qu'il nous est parvenu , pré-
sente à l'observateur un ensemble de mots et de locu lions qui ap-
partiennent aux différents idiomes que nous venons d'énumérer.
Dans son étude sur les noms de lieux du déi)artement de la
Yienne.notre savant archiviste, M. Rédet, fait cette judicieuse obser-
vation que les noms qui se terminent aujourd'hui pare, y ou i avaient
dans les chartes du xi^ siècle la désinence ec : Antoignec, Archincc,
Turcc^ affaiblissement de la désinence ac du midi, et ceci pour l'ar-
rondissement de Chàtelleraud. Tandis que dans l'arrondissement de
Montmorillon la terminaison méridionale s'est religieusement con-
servée jusqu'à nos jours, Lussac, Millac, Persac, etc. (2).
De même dans le vocabulaire actuel de notre Poitou, avec les ter-
minaisons fiî, e, î, qiii ap[)arlieunent aux dialectes du Nord, se sont
conservées les désinences a^ âe, ou ci our, qui appartiennent aux dia-
lectes du Midi, et encore des variantes en aie, ade^ ée^ eie eigne qui
ne sont probablement que des corru[)tions ou modifications des
(1) Origine A formation de la langue française.
('2} Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, tome xiil.
INTRODUCTION. IIl
désinences généralement admises dans les langues que nous venons
d'indiquer.
C'est en citant diverses phrases recueillies sur les lieux mêmes
qu'il nous sera facile de démontrer les nombreuses ^^ariétés de
formes que présente ce patois.
«lé étas li d'mandac'qu'o m'fellit; iéfat inchemi à ré, m'a ré
bailla d'c, qu'i é d'manda : » J'ai été lui demander ce qu'il me fallait;
j'ai fait un chemin pour rien, il ne m'a rien donné de ce que je lui ai
demandé. (La Barre de Moulismes, village limitrophe de la commune
d'Adriers et lieux circonvoisins, canton de l'Isle- Jourdain.) « Eu i en
quette annade dant in bri d'autant mai que d'iavé dan très bris de
quoquedécs annadées qu'o io : » Il y en a cette année dans un brin
bien davantage que quelquefois dans trois brins quelques années
qu'il y a. (Commune de Luchapt et autres voisines du Limousin,
canton de l'Isle- Jourdain.)
« Aja,mossieu l'chirugian, qu'o dissit mâete Piarrot, gi'abraquâe
pou lin d' veire nàe : » Ah ! ah ! monsieur le chirurgien, dit maître
Pierre, il a lancé l'ordure pas loin de votre nez. (D.-S., c. de Celles,
arr. de xMelle et Vendée.)
« Oh ! m'mon , i vau allai à la ballade. — Eh ! qu' faire? — Per
gueuillai les autres dan ! » Oh ! maman, je veux aller à la ballade.
— Eh ! que faire? — Pour regarder les autres donc ! (Dans les trois
départements.)
«t Oh ! qu'ol eu i brav' houme , d' premire qualiti , et qui se bai
tourni seues petites affaires : » Oh ! que c'est un brave homme , de
première qualité , et qui sait bien donner une bonne tournure à ses
petites affaires. (V., c. de Neuville, de Mireheau, de Youillé.— D.-S.,
c. de Thénezai, d'Airvault et beaucoup d'autres lieux. — Vendée, dans
quelques cantons.)
« E-tu enguillcbaudaie? — non. — Eh bé ! i t'cnguillebaude pre
tout' la journaie : » Es-tu retenue pour la danse ? — Non.— Eh bien î
je te retiens pour toute la journée. (V., arr. Giv. — D.-S., arr. Mel.,
Parth., etc. — Vend.)
et Se poué c' quel y a meingne drôle ; gl' é greil, gne fé qu' greil-
laudai : » Je ne sais point ce qu'a mon drôle ; il est hargneux ; il ne
fait que pleurnicher. (D.-S., c. B.)
Ces nuances diverses sont surtout bien caractérisées, à l'exception
X
IV INTRODUCTION.
(les finales /et gnc, dans les i)rononis personnels corrélatifs des Fran-
çais moi et toi. L'on dit, suivant les lieux, ina, ta, mac, tâe, mai, tai,
maie, taie, me, té, mée, 1er, mcic, teie, meUj teu, mo, to, moie , ioie.
moue, tour. Il n'échappera à personne <|ue jné, té sont latins; moie,
toie, grecs
Au milieu de cet amalgame de désinences qui persistent à se
maintenir côte à cote, souvent dans nne même commune, une seule
est universellement admise : c'est la désinence a, non pas pour indi-
quer le féminin , connue dans la langue l'omane , mais pour tenir
lieu de la terminaison française eau. Aussi dit-on partout ehapa,
buta , chapea, burea, chapia , buria , pour chapeau , bureau. Dans
l'arrondissement de \îontmorillon , cette môme désinence a non-
seulement prévalu dans les terminaisons é et er, mais elle s'étend
encore aux noms des lieux en ac. Ainsi l'on prononce Lussa, Milla,
Versa, et non pas Lussac , Millac, Persac.
La désinence latine or, remplacée, en français, par cuxai cur, est
encore en vigueur dans certaines contrées ; mais elle a été affaiblie
presque partout parle retranchement de la finale r,meillour, meillou,
meilleur.
Si de cet examen des désinences nous passons à celui de la pro-
nonciation de certaines lettres , là encore nous verrons que le dia-
lecte poitevin a subi des modifications puisées à diverses sources. Il
en est de générales au pays , d'autres particulières à certaines con-
trées. Ce sont surtout les consonnes b, c, g,j, l,p, q, s, qui, combi-
nées avec d'autres lettres , présentent ces particularités.
B suivi de / est mouillé, dans certains mots, devant les voyelles a,
e, comme dans blarri, jeu d'enfants, ci dans blette, \)e{\{ morceau de
bois pointu qui sert à lier les gerbes. Il en est de même des lettres
combinées c/, cœ, eu, gl, gn, gu, pi, qu, comme dans les mots : classe,
cœur , curé , gleu , glin (1) , gnon (2) , gnolea (3) , gugle (4) , place ,
plume, qucurre (5), qui (6). Excepté l'arrondissement de Chàtelle-
(1) Chaume.
(2) Non.
(.3) Petit bateau.
(4) Jupon.
(5) Cuiro.
(C) Ici.
INTRODUCTION. V
raud, une portion de celui de Loudun et quelques autres communes
des trois départements, partout ailleurs an^ en se prononcent on, et
on se prononce an : onge, pour ange, indifféremmont pour indiffé-
remment, pronanciatian pour prononciation.
Dans une portion de l'arrondissement de Civray (Vienne) et dans
la plus grande partie des arrondissements de Melle et de Niort, les
consonnes g clj sont aspirées, ou ne se font presque point sentir :
Jeon, Jacques^ maingeai , Jean , Jacques , manger.
Dans le Sablais, dans une portion du Marais , dans la Gâtine et le
Mellois, la consonnes, seule ou doublée, a le son de ch: léchai^ piche-
tolct^ laisser, pistolet. L'Auvergnat prononce cette lettre de la même
manière.
G et 7, devant une voyelle quelconque , ont , dans le Sablais et le
Cbaumois , à peu près la prononciation italienne dge^ dgi, qui est
aussi la prononciation limousine ; dgidâe, guider, dgir^ guère. Dans
les mêmes lieux , on a le ch anglais , comme dans cette pbrase :
« Qui aé-t-ou tchou qu'a mi tcliel u tchur itchi ? » Quel est-il celui
qui a mis cuire cet œuf ici ? Et , dans le Mellois , le c au commen-
cement des mots se prononce tche , comme le c affiùbli italien ,
tchcuilli^ cueillir. Enfin, dans une portion des cantons de Dangé et
de Pleumartin,la diphthongueflm, la syllabe in font aigne, ingne :
« Dans ma maingne , il y en a vingne : y> Dans ma main , il y en a
vingt. Nous renvoyons, pour les autres mutations de lettres, de syl-
labes et de diphtbongues, au chapitre des observations grammaticales
qui suit celte introduction.
Ce patois fait aussi un grand usage de contractions, d'élisions et
de lettres euphoniques, comme dans ces phrases : « Dorm'o? —
S'i' n' donnai pou, qu' v'dri'o? » Dormez-vous? — Si je ne dormais
pas, que voudriez-vous? — « V'ié-ve , v'I'o? » Voulez-vous? —
a V n'érez, v' arcz : » Vous n'irez, vous aurez. — « faut qu"i t'i
marie : » Il faut que je te marie. — « G' n'at(gle n'a) pou d'cusinai : )>
Il n'a point de cuisinier. — « S'o, ou s'ou plié : » S'il vous plaît.
— (C Qq' d'sa'o ? » Que dites-vous? -— « Vr'o (vr' p. vour) fussiant
quiés sots? » Là où sont ces sots ? — « G' n'au pouviant : » lis ne le
pouvaient. — « V'riti : » Vérité. — i I-zi vi : » J'y vis. — « Vez'
attenguiez : » Vous attendez. — « Pt'ai ? » Plait-il? — « lou qu' tu
vas?» Où vas-tu?— « N'avans fé quieu: ^ Nous avons fait cela. —
VI IXTRODUGTIOiX.
« Noiit'é niaîté : » Notre maître. — (^ Pren're, pau're : » Prendre ,
pauvre. — « S'o ii'é in voiturer : » Si ce n'est un yoiturier etc.
11 n'est pas inutile de faire remarquer que Plante et Térence, qui
reproduisent le langage familier des Latins, ont introduit dans leur
poésie beaucoup de syncopes, de contractions et de synérèses. Ainsi
ils disent : <t En'm vero : » Enim vero. — a Sen'x qui hue : » Senex
qui hue ; — ^c Capiunt vol'ptates : » Capiunt voluptates.— « Opu'st : i^
Opus est. — « Dixe, adduxe, intellexes , » pourdixisse, adduxisse,
intellexisses , etc. Nous ferons la môme observation en ce qui con-
cerne les dialectes du iMidi et du Limousin ^ mais là ne se borne pas
l'analogie qui existe entre ces patois et le nôtre. Outre un certain
nombre de mots qui n'ont subi aucune modification , tels que boc ,
étoc, aque, (/roc, grouc, c/ii, co, barbotte, billon, sabot, étau, avec,
rien, chenil, chien, coup, serpent, bâton, etc., il en est un plus grand
nombre , six cents environ , qui dérivent de ces divers dialectes ,
comme besson (gémeau ) , abrou (abreuvoir) , charrière (cour d'une
ferme), egraèmes, egracmai (larmes, pleurer), beure (boire), beurette
(à la) (en secret), codonié (cognassier), poua , ^oi^c (puits), revolinai
(tourbillonner),;-/, rmw (ruisseau), 5rtw;;m (saumure) ;&c55ow,6(?5.^o?mo,
abéoura, charrieras^ lagremo, béouré, beura, coudounié, peg, pous,
revoluna, riou, sauinate, etc. — V. ces mots dans le Glossaire.
Tels sont les rapprochements qui existent entre le patois poitevin
et les patois méridionaux ; ils sont bien plus nombreux , en ce qui
concerne l'origine des mots , entre le vieux français et les dialectes
de la Champagne, du Berry et de la Mayenne, que nous avons con-
sultés. Il est vrai de dire aussi que nous n'avons pu déterminer
l'analogie du tiers des mots qui composent ce glossaire, huit mille
environ.
Sur ce total , quelques-uns , en très-petit nombre , dérivent du
celte, comme groge^ groie, de groig, pierre, corme, boisson faite avec
des cormes, de korma, bière ; 400 environ de la basse latinité , et
trois cents à peu près de la langue romane. Deux mille viennent du
latin, soit qu'ils se retrouvent dans le vieux français, les dialectes
du Nord et du Midi, soit qu'ils appartiennent en propre à notre
patois.
Les mots de source grecque y figurent au nombre de 160; le
contingent allemand et anglais y apparaît dans une très-minime
INTRODUCTION. VII
proportion. Quant à l'analogie de certains mots avec les langues
italienne et espagnole , nous pensons que cette analogie est due à
l'influence du roman sur les mots correspondants de ces langues.
De cette grande variété d'origine découle tout naturellement l'ab-
sence d'homogénéité que l'on remarque dans notre dialecte ; de là
cette foule de mots à foiuncs diverses , ces sons de voix si variés. Ici
ils se traînent lourdement, ailleurs l'articulation est plus brève , là
comme empâtée d'une salive épaisse, ou bien nat-illarde et désagiéa-
blement chantante.
D'où il est permis de conclure aussi que ces variations si tranchées
appartiennent à des races diverses qui n'ont conservé de leur idiome
primitif que le mode de prononciation. Les invasions, les immigra-
tions si nombreuses dont le territoire poitevin a été le théâtre ne
peuvent que corroborer ce sentiment.
Avec les éléments si disparates dont se compose notre patois , et
que nous venons d'indiquer, il n'était guère possible d'écrire des
ouvrages de longue haleine , poèmes , récits historiques ou légen-
daires, ni même de traduire quelques hvres sérieux. Aussi ne sommes-
nous point surpris de n'avoir vu se perpétuer jusqu'à nos jours
qu'un très-petit nombre d'écrits en patois poitevin.
Honneur donc aux quelques hommes qui n'ont pas craint de se
mettre à l'œuvre, malgré toutes les difficultés de cette langue capri-
cieuse et revêche , et qui ont su tirer de ce sac de mouture les
quelques parcelles de farine qu'il contient ^our c /t a four ai {{), dans
une poésie satirique, les mœurs, us et coutumes de leur temps,
et nous faire aqueneutre (2) l'esprit naïvement frondeur, épicé d'un
certain sel gaulois , qui caractérise ses habitants ! Belleforest , en
parlant d'eux, a pu dire avec quelque raison :
« Quant au peuple de cette province , ceux qui l'ont fréquenté le
jugent pour grossier, lourdaut et mahcieux en sa simplicité ; mais
c'est des paisans qu'ils entendent : lequel sans mentir est tin et rusé,
et qui trompera son homme en faisant le niais et jargonnant son
patois (3). »
(1) Écrire.
(1) Connaître.
(3) Cosmographie universelle, édit. do lôOô. p. 165 et 166.
VIII INTRODUCTION.
Les modernes pourraient-ils désavouer ce portrait de leurs an-
cêtres du XVI* siècle ?
C'est donc Ja satire qui a exercé la verve de nos quelques poètes
poitevins. Nos noëls, qui, dans le genre, sont les plus anciennes
poésies connues , ont niènie subi cette influence :
Aux pieds de la crèche du Sauveur ,
Les pastoureaux de Thouars,
Qui aviant la renoumie
D'être de vaillants soudars,
Sont vigoureusciuent raillés parce qu'ils
N'aviant ren qu'ine épie
Pre tretous, incoro si fort rouillie
Qu'o lou fauffit ine armic
Pre la tiri do fourea.
La lacc limousine n'y fut guère plus épargnée.
j vainguit sans convii
Ine viloine trolie
De Limousins aflfamis;
Mez tote noutre assomblie
Lour dissit que les raves en la Judie
K'étiant guère estimie ,
N'ayant point de pourceaux.
Aussi bien, comme l'a dit très-judicieusement M. de la Marson-
nière : « Si ce patois est impropre au lyrisme , il convient parfaite-
ment à la satire (1). »
C'est au w siècle que ce genre de jiocsic religieuse fut essayé par
un moine de l'Anjou , et c'est Rabelais qui nous l'apprend.
c En Anger, dit-il, étoit pour lors un vieux oncle , seigneur de
Saint- Georges , nommé Frapin. C'est lui qui a foit et composé les
beaulx et joyeux no(}ls en langage poictevin. Il vivoit en 1 i88 (2) »
Cette assertion de Rabelais est trop explicite pour paraître contes-
table, et. quoiqu'il n'indique pas le véritable nom de l'auteur (le nom
(l) Poésies nationales du Poitou, Mémoires de la Société des antiquaires
de l'Ouest, tome xxv, p. .30G.
(ï) Ancien prologue du quart liv., p. 203. Edit. du bibliophile Jacob.
INTRODUCTION. IX
de Frapin n'étant que Tune de ces ridicules épithètes dont il grati-
fiait les moines) , il est assez rationnel de conclure, d'après le texte
précité, que les noëls primitifs, en langage poitevin, ont pour auteur
un moine angevin. Ce n'est donc pas à l'abbé Gustcau , prieur de
Doix , près. Maillezais , qu'en doit revenir l'honneur; lui-même a
voulu, sans aucun doute, constater indirectement ce fait d'un auteur
plus ancien, dont le nom lui était inconnu, en publiant son premier
recueil de noëls en 1742, sous le voile de l'anonyme, avec ce titre :
« Noëls nouveaux , dans tous les styles , pour les différents goûts ,
par un pasteur, à Fonlenay, chez Jacques Poirier, imprimeur du roy,
de la ville, du collège , et marchand libraire. »
Ce titre de ce Noëls nouveaux » suppose certainement la préexis-
tence de noëls plus anciens que le prieur de Doix connaissait. L'ano-
nyme qu'il conserve indique aussi sa délicatesse à ne point s'attribuer
tous ceux que contenait ce nouveau recueil, soit qu'il y ait intercalé
les anciens, après les avoir revus et corrigés, soit qu'il les y ait
maintenus avec leur cachet primitif. Nous ajouterons que l'on voit
figurer plusieurs noëls en langage poitevin dans un recueil du
xvi^ siècle , conservé à la Bibliothèque impériale.
Avec cinq noëls , l'abbé Gusteau nous a laissé quelques chan-
sons, deux dialogues et une traduction de la première églogue de
Virgile.
Ces diverses poésies, recueillies par feu M. Pressac, ont été impri-
mées de 1855 à 1861 , avec le glossaire de ce savant , par la Société
des antiquaires de l'Ouest. M. Bardy, alors président de cette Société,
à qui avait été confié le soin de l'impression de ce petit volume , l'a
enrichi des biographies du poëte et de son glossateur.
De toutes nos productions patoises , celle de l'abbé Babu , curé de
Soudan , mort en 1701, est à la fois la seule sérieuse et peut-être la
mieux soignée. L'auteur, il est vrai , ne s'y astreint pas aussi sévè-
rement que les autres écrivains aux mots et aux formes du patois.
Quand l'expression sonne mal à son oreille, il l'abandonne volontiers
pour s'exprimer plus élégamment ou d'une façon plus pure, à l'aide
d'une expression française ; mais son œuvre est parfaitement conçue.
Son livre est intitulé : Égïogues poitevines sur différentes matières de
controverses pour V utilité du vulgaire de Poitou. Tout en traitant ce
sujet avec la dignité convenable, il ne manque jamais, quand
X INTRODUCTION.
l'occasion se présente, de décocher des traits incisifs et satiriques, à
la manière dont procèdent nos paysans quand ils se raillent entre
eux. C'est ainsi qu'il raconte, en particulier, l'histoire d'un ministre
et de son frère \c prcpousaiit. Le ministre, qui désirait ohtenir [)OLir
ce dernier une place avantageuse, après l'avoir fait prêcher souvent
devant le consistoire , se détermina à recueillir l'avis de ceux qui le
composaient. Les premiers des anciens déclarèrent qu'il était fort
savant, et qu'il méritait d'ôlre [)lacé à la tète d'une grande église.
Pas in n'ousit jamois rcn ilire de sinistre,
S"o n'est in voiturer nommé maître Sauquet,
Qui passet dans qiiio temps pr in homme de caquet.
Gle dissit au pastoux: « Monsû, dame sincère,
I diray men avis sur monsù vetre frère :
Gle semble à l'apprenty do marichau Nivard.
Quand son maître est présent, gne faitben que pr' hasard ;
Quand gn' est point présent, gle ferre de merveille.
De même devant vous vetre frère buchcille ;
Quand vous n'estez point quy, gle dit prou joliment.
N'allez donq jà paraître à son commencement,
Au colloque ou synode, ou gle s'rat passé maître;
Car y s're^ ben trompé se gl' en tiret ses guestres.
L'ahbé Babu avait aussi traduit en langage poitevin une églogue au
moins de Virgile. Il nous l'apprend lui-môme au début de ses églo-
gues de controverse :
Mé qui, dans mon jargon, fis dos vers plus de mille
Pr' expliquer à nos gens les œuvres de Virgile ;
Mé qui chanty Titire, Alexi, Coridon,
EtSeméle endormy so l'ombre d'in brandon ,
I veux do même stilo expliquer la créance
Et faire ver l'esprit dos hugueneaux de France.
Nous possédons encore, dans une série de trente et une strophes,
une chanson joouse sur le siège mis devant Pefers par Va7nirô , en
1 569 ; une seconde, no« moins joyeuse, composée par un troubadour
vulgaire à la nouvelle de la prochaine arrivée du cardinal Barborin,
pourvu de l'évêché de Poitiers par le pape Urbain YIll; mais il n'y
fut pas installé, Innocent X, successeur d'Urbain, ayant refusé de lui
donner ses bulles. *
INTRODUCTION. XI
Tout le monde connaît le petit recueil de la Gente PoitevinWie ,
publié pour la première fois en 1580 , et que M. de la Marsonnière
appelle un bouquet lormé des llcurs les plus rustiques et les moins
choisies (1). Le titre de l'édition de 16G0 porte:
La Gente Poitevin'rie.
Tôt de nouvea rcncontri
Ou Talebot bon et bea
Fait réponse ù Robinea.
Lizez ou bain y ve prie
Pre vous railly de sot'rie
De beaucoup de ciiicanours
Qui fasant do méchants tours.
Avecque le prccez de Jorget et de san vezin,
Et de chansons jeouses composie in bea Poitevin ,
Et le precès criminel d'in marcassin.
Il y a encore la Moirie de St-}Ioixont,o lez vervede de f retonte lez
mitre, dédiée à Madame la duchesse Mazarin par Jean Drovhct, aî)o-
thicaire au dit lieu ; cnsomble la Mizaillc à Tavni^ toute birolée de
nouvea que Vamprimou cmmoule; et entin un i)ctit livre anonyme
imprimé à Loudun , en 1661, sous le titre des Amours de Colas.
L'auteur, dit M. de Gennes, a dédié son œuvre à une sorte d'aréo-
page de beaux esprits qu'on appelait Messieurs les économes de la
Tour-Yolu, réputés , à ce qu'il jmrait, pre les milieux diseux de tote
la ville de Loudun (?).
Jje langage d'autrefois , consigné dans les livres que nous venons
d'énumérer, est encore le langage des paysans de nos jours ; ce sont
bien vraiment les mêmes mots, les mêmes expressions , les mêmes
euphonies, les mômes élisions et contractions. Et cette comparaison
du passé avec le présent serait encore beaucoup plus évidente si, au
lieu de traduire en vers leurs impressions diverses, les écrivains
cités enssent préféré les énoncer en prose. Il ne peut échapper à
personne , en effet , à la lecture de ces poésies , que leurs auteurs ,
très-souvent embarrassés par la rime ou impérieusement commandés
par la mesure, ont été forcés d'abandonner le mot propre, l'expres-
(1) Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, tome xxv.
(2) Discours prononcé à la séance publique de 1862, t. xxvii' des Mémoires
des antiquaires de l'Ouest,
XII liNTHOnrCTION.
sioii originale du palois, pour recourir au uiot, à l'expression de la
langue académique. Presque tous aussi ont négligé parfois d'écrire
les mots tels qu'ils sont prononcés.
Nous avons souvent entendu dire : Il n'y a plus chez nous ou
presque plus de patois. C'est une erreur. Il est bien vrai que , par
une délérence trop souvent aflectée, le paysan, devant ses supérieurs
ou des hommes lettrés , s'étudie à s'ajiproprier le langage de son
interlocuteur; mais, somme toute , comme il écoute plus qu'il ne
parle devant ces sortes de personnes , cette étude même n'exerce
qu'une très-mince iullucnce sur son langage ordinaire.
Si l'on veut bien en juger , qu'on le surprenne à converser avec
les siens. Chacun pourra se convaincre alors que le patois est plus
vivant qu'il ne se l'imaginait de prime abord.
Nos campagnards pourront donc dire longtemps encore avec ceux
que ra])bé Gusieau a mis en scène :
Quand gle fosant quiolay complimentorirs,
Où gle fûurant mille mantries. "*
Passe qu'o set en latineas ,
Mais que gle nous laissant parler poitevineas (1).
Quand on y réfléchit, il est facile de remonter à la source de cette
perpétuité de langage. Elle est due à l'instruction première, la [)lus
importante de toutes, que l'enfant reçoit sur les genoux de sa mère ;
elle s'oublie rarement et se transmet de génération en génération ,
malgré les leçons de l'instruction primaire. Le patois, ici comme
ailleurs , ne disparaîtra complètement que lorsque les mères cesse-
ront de le parler à leurs nouveaux-nés. Alors seulement disparaîtront
tous ces dialectes, toute cette barbarie de langage, qui semblent
s'obstiner à divorcer si tristement avec notre idiome national.
L'usage des proverbes n'est pas rare dans le langage poitevin.
Parmi les plus répandus, nous en avons recueilli un certain nombre
qui lui sont propres et quelques autres qui ont leurs analogues dans
la langue française.
Une personne immobile, sans énergie, est piquée coum' in cloiiza
(1) La Miière daui paisans au suj^t daux rnangeoux, p. i.i.
INTRODL'CTION. XIII
su in finni. Être rouge coume le coff'gna , c'est avoir le visage trop
coloré.
A ceux qui aiment le changement de condition , de ferme ou de
toute autre chose, on ne manque jamais de dire q^ie les ageasses sont
pretout pigeaudes , pour indiquer que ces changements ne pro-
duisent rien d'avantageux ; c'est l'équivalent de toute boule qui roule
n'amasse pas mousse.
Un gourmand, est aloubi quem' in' chine qu ses chins tétant. —
L'homme ivre , écorche le renard. — Gu'emporfra poué le courait d'
la porte, s'applique aux valets ou aux fermiers qui font trop les
importants avec leurs égaux. — Sortir de chez son maître avant lo
terme échu, c'est montre su sa f ment courtaude. — Sourdaud quem'
in' crie, se dit des gens complètement sourds. — Au beau parleur,
au bavard insupportable, on dit : Quîalle qui t'acopé V gnou n'a pas
volé ses cinq sous, ou gle caause coum' in geai borgle; ou bien encore :
C qu' gle dit s tint coume daux caleas su n'ine parche. — Celui qui
se laisse tromper, né pou mai fin qu' le limât dans la baudouelle. —
Aver daux perdrigcas, c'est perdre sur des objets achetés trop clier.
— Ceux qui ne peuvent arracher des légumes à la main , attachant
lou-z-âne aux charras. — Quand on est languissant, sans courage,
071 na pas mai d' force quHn achet. — Jaune coum' in cuet^ c'est avoii'
la jaunisse. — L'homme en colère, est acrèté quem' in jau. — Ni
brigeni mige ^ ne plus rien posséder. — On fait ine vilaine bugeaie^
quand on a des difficultés dans une affaire. — Être pris coum! in
fouin dan ine bouzine , c'est être pris eii flagrant délit. — Von
chante qxiem' in bregère su in tarte ^ quand , en chantant, l'on crie à
toute voix. — Une fille, une femme riche en propriétés, asan cot'llan
terraillou. — Aver la mandrigorgne , c'est prospérer, autrement dit
avoir la poule noire. — Porjai la ménetrée ^ est l'analogue de payer
les violons. - Enfin tout âne parsouné port' in mauvais bât, se dit
de ceux qui ont des difficultés, des querelles, par suite de l'indivision
d'une propriété. — V. ces mots dans le Glossaire.
Avec îc langage subsistent encore les anciennes coutumes , les
anciens usages, les préjugés et les superstitions des siècles précô»
dents.
Chaque année , dans la soirée de la veille de Noël , et cela dans
tout le Poitou, le plus ancien du logis, entouré de ses enfants et de
XIV INTRODUCTION.
ses serviteurs , bénit religieusement et à genoux la bûche énorme
qui doit brûler pendant les trois fêles ou pendant toute Toctave de
cette grande solennité, et que l'on appelle, dans l'arrondissement de
Poitiers , le tréfougeau . ailleurs moucheron ou cosse de Nau. Il faut
conserver un tison de cette bûche jusqu'à la Noël suivante.
C'est , avec un morceau de pain bénit de la fête , un préservatif
assuré contre les sorciers et le feu du ciel. Comme les générations
qui l'ont précédée, la génération actuelle peut donc aussi chanter ces
strophes du noel poitevin :
Peux qu'ol est la coutume
De se chauffi au tréfougeau
Pre n'aver thou ni rumo.
Le poin beny abonde
Don les troa moessos au point du jour
Aussi bon qu'à la gronde. .
01 est la sauvegarde
Contre les tonnerres et sorcez.
Le bon Dieu nous in garde.
Les animaux de travail ne sont pas oubliés non plus dans cette
veille solennelle ; ils ont leur réveillon, appelé guil/oneu dans le Châ-
telleraudais. Ce guilloneu est une ration de la meilleure pâture
qu'on leur donne par surcroît. Ce général et constant usage est
suffisamment justifié parla légende que nous avons entendu raconter
dans cette contrée. Un cultivateur , soit par obstination à ne point
suivre la coutume, soit par oubli, était ahé à la messe de minuit sans
avoir préalablement administré le guilloneu à ses bœufs. A son
retour, voulant s'assurer si les bêtes parlaient dans cette nuit mys-
térieuse, il entre dans l'étable et arrive précisément à ce moment où
l'un d'eux, Rosé, supposons-nous, disait à soTi camarade : Châtain ,
que feras-tu demain? — Je porterai mon maître en terre. Et la pro-
phétie eut son entier accomplissement. Aussi , depuis cette époque,
jamais cultivateur n'a oublié de donner le guilloneu à ses bêtes de
travail.
De même tous les ans , la veille de la Saint-Jean-Baptiste, chaque
village allume , après l'avoir béni, le feu appelé fougeau de St-Jcan
dans l'arrondissement de Montmorillon, et partout ailleurs ^'o//awwe>,
jaunée ou feu nouvea.
INTRODUCTION. XV
Tandis que ce feu brûle, et cet usage existe dans le Montmorillon-
nais, et avec quelques variantes dans le Civraisais, les bergers et les
bergères passent plusieurs fois dans les flammes, jusqu'à ce qu'elles
soient vralées , pour employer le mot patois, des baguettes de noise-
tier coupées la veille dès le matin. Au bout de cette baguette est un
nœud d'herbe dite de la Saint-Jean , où pend une noix verte. Il faut
mordre neuf fois dans celte noix pour se préserver du mal de dents
pendant l'année. On nous a donné la recette comme infaillible.
Chaque baguette , soigneusement conservée , est le préservatif de
certaines maladies qui , sans celte précaution , ne manqueraient pas
d'atteindre le troupeau.
De leur côté , les adultes ont le soin de ceindre une guirlande de
l'herbe de la Saint- Jean et de se chauffer les reins , afin de se pré-
server du renard pendant les métives^ c'est-à-dire des douleurs rhu-
matismales; puis, quand le feu va s'éteindre, après quelques rondes,
chacun jette sa pierre dans le fongeau. Celui qui jette la plus grosse
est assuré de récolter les plus belles rahes de la contrée. Dans le
canton de Civray, la môme chose est assurée à ceux qui ont le cou-
rage, en sautant par-dessus les flammes, d'appuyer un pied dans ce
foyer embrasé.
Ici ce sont de petites branches de noyer que l'on expose de la
môme manière à l'action du feu, et que l'on passe dès le lendemain
sur le dos des animaux domestiijucs pour les préserver de maladies.
Là, de semblables branches, cueillies le malin seulement de la fête,
avant le lever du soleil , sont placées , dans le même but , à chaque
porte des étables.
Partout aussi c'est l'usage de jeter des pierres sur le feu presque
éteint, mais pour diverses raisons. La principale serait de marquer
sa place pour l'année suivante , surtout dans les localités où les
pierres sont disposées en cercle autour du foyer; ailleurs, ces pierres
doivent servir de siège à la sainte Vierge. Dans le canton de Neuville,
les hommes mariés qui n'ont pas d'enfants jettent "leur pierre pour
en avoir ('ans le cours de l'année.
Il y a encore des contrées où les mères de famille ont la précaution
d'emporter un petit tison enflammé qu'elles éteignent à la maison
avec de l'eau bénite ; elles le déposent ensuite ou sur le ciel du Ut ou
V
XVI INTRODUCTION.
sous le chevet, afin de préserver la famille et la maison des atteintes
de la foudre.
Enfin, dans les communes où filles et garçons ont maintenu
l'usage de sauter par-dessus le feu , c'est à dessein de se mettre à
l'abri de tout accident jusqu'à la [Mochàïne johannce.
Les sorciers, les devins, les charmeux , les touchenx, les adoubeux
eirebouicux^\es empiriques^ exercent toujours une fâcheuse influence
sur l'esprit de nos campagnards. Le vocabulaire patois a même
divers mots qui indiquent les formes différentes sous lesquelles peut
se produire l'ensorcellement.
Il y a Y aehamaraudcmcnt , le canninement , encarminement ou
encalminement , V emboueaudcment , V embonsinement et Vensalbat-
tement, etc.
Celui qui est ac/iamaraudaise trouve sous la puissance immédiate
d'Acham, l'un des habitués du sabbat. On le conjure le jeudi , dans
la nuit , de 2 à 3 heures , en lui offrant un morceau de pain et en
faisant un cercle autour duc^uel on écrit : Par le Dieu saint ; Nasim,
j, j, h, m, a, et on prononce la formule : Tiens, viens, etc.
Vencanniné^ comme 1 indique le mot, est sous l'influence de cer-
taines paroles ou chants magiques qui varient à l'infini.
Dans Vejnboucaudemeni , on est sous l'empire du président et
maître des sabbats , que l'on représente sous la forme d'Cin grand
bouc noir aux veux étincelants.
Veinbousinemcnt est le résultat du sort qui provient de quelques
mauvais lieux.
Vcnsalbattement est , sans contredit , de tous les sorts le plus
funeste, si l'on en juge d'après le sens du mot. Il doit, en effet,
partir directement de l'assemblée môme du sabbat , et, par consé-
quent, avoir été décrété par la majorité, sinon la totalité des délibé-
rants , dont le nombre est immense.
Heureusement tous ces pauvres affligés du sort ont un sauveur
assuré dans le devin ou la devineuse , car, dans nos campagnes , les
devins n'ont pas l'unique pouvoir de lire dans l'avenir, mais ils ont
encore celui de déhvrer les ensorcelés des sorts qui les obsèdent.
Bien que cette double superstition ait sensiblement diminué, çlle
est néanmoins encore assez profondément enracinée dans l'esprit du
INTRODUCTION. XVII
plus grand nombre ; on l'entretient comme à plaisir dans l'imagi-
nation des enfants , soit par tous les contes qui leur sont débités à
plaisir , soit par la crainte qu'on leur inspire d'une foule de bêtes
fantastiques.
Au premier rang il faut placer la chasse-galerie ou chasse-briquet ,
dont les cris effrayants se font entendre pendant la nuit ; la Bigourne
ou Bicorne^ l'une des déesses du sabbat ; le Guémar, qui rôde le soir
autour des habitations, etc., etc.
Le pouvoir des charmeux s'étend sur bêtes et gens, à ce point que,
sous le contact de leur art , ils ne peuvent ni avancer, ni reculer, ni
respirer , ni parler, et encore moins se livrer soil au bien , soit au
mai.
Les toucheux ont le talent ineffable, par leur seul toucher , d'ar-
rêter immédiatement les progrès de la brûlure et des virus que
communique la morsure de la vipère et des chiens enragés. Leur
pouvoir est tel qu'ils peuvent môme arrêter le virus parle seul effort
de leur volonté , dès qu'on leur indique le prénom de la personne
atteinte du mal.
Les empiriques connaissent et guérissent tous les maux passés ,
présents, futurs, nouveaux : en particulier, les fluxions de poitrine
avec l'eau exprimée des orties assaisonnées de sel et de poivre. Ce
sirop , ainsi édulcoré , est connu dans quelques communes sous le
nom des aives, et chaque habitant s*en approvisionne pour toute
l'année.
La maraie (sorte de gangrène ou de corruption) est radicalement
guérie en l'exposant sur une flamme produite par une poignée de
foin légèrement humectée et saupoudrée de sel. L'on se préserve
même de cette maladie en portant constamment du sel sur soi.
La chaple (abcès ou tumeur) est traitée par le charpentier du
village. Le remède est souverain si celui qui l'applique représente la
troisième génération de charpentiers de sa famille ; surtout il est
d'une simphcité à faire envie à quiconque redoute le bistouri du
docteur. Il lui suffit de faire un signe de croix sur la chaple avec
sa hache , en prononçant quelques paroles que nous ne connaissons
pas.
Et il y a des siècles que ces superstitions sont en vigueur et se
maintiennent ! Qui pourrait en assigner le terme ? Hélas ! la super-
xx\n. %*
XVIII INTRODUCTION.
stition est le fond de notre nature viciée, et, bien que nous ne soyons
pas de la caste des devins, nous oserions presque avancer que, sous
une forme ou une autre, sortilège, empirisme, fascination, magné-
tisme, ta])les tournantes, spiritisme , elle se perpétuera dans toutes
les classes de la société jusqu'aux dernières générations.
Mais les préjugés de nos paysans sont tels que la mode môme ,
cette déesse capricieuse et séduisante qui étend son joug du sommet
à la base de réclielle sociale, n'a pu parvenir à détruire le costume
traditionnel dans quelques contrées de notre vieux Poitou. S'il était
donné au prieur de Doix de secouer la poussière de sa tombe , il
retrouverait sans peine les viiis de son temps, et il pourrait faire dire
au nouvel époux, guières fin^ d'une nouvelle marjolette :
Tantous o l'y faut daux bourgnons,
Tantous in croupère,
In garde robe , in cotillon ,
Daux coeffcs , daux brassères ;
Pre sa drolesse , in bonnet gris;
Pre Jacquet et Jean , daux vitis (l).
Si les anciens pastoureaux de Porteriez et de St Moixont étaient
admis de nouveau à rendre leurs hommages à Jésus naissant , ils
pourraient aujourd'hui , comme autrefois , lui offrir l'accoutrement
de sarye, et, queme on dit au village, Vy brocher in calaud.
Ils reconnaîtraient parfaitement, parmi les vêtements des hommes,
ici le vraau, la robe revelinonte, là le serpillas, le senoiron, la daumée
et la biaude , diiWenrs les culottes à pont-levis, la grand' chemise, et
partout les gamaches et les sabarons ; parmi ceux des femmes , le
Justin, le bourrelet, le perpouin, le cor-au-chat , la gatinelle^ le car-
nnrjuin, [q godiâon, là devantère aque sa bravatte e{\esôi\Grs cof llans;
à la manière dont elles se coiffent , le carolon , qui rappelle , au dire
de M. Roudier, le chaperon de Charlemagne , la bourlce,\a cornette
à bourgnon, la coiffe barbinetée, le qvignon , le calot , la cayenne , le
bignolon ou guignolet , la béguineite , la pantine à trois quartiers, la
calotte et la cornettr , que soutiennent ou ornent le frontonge , le
floque ou floquet et les ribandeas. V. ces mots dans le Glossaire.
Il n'est pas jusqu'à certaines friandises qui n'aient bien leur cachet
(1) Poésies patoises. p. 23.
INTRODUCTION. XIX
d'antiquité locale. Tout le monde connaît la crêpe poitevine , la
manière de la préparer, de la faire cuire et de la sauter dans la poôle
à frire ; mais plusieurs ignorent probablement pourquoi nos cam-
pagnards se font un devoir scrupuleux de sauter la crêpe à trois
époques principales de Tannée, savoir : le premier jour de l'an, le jour
de la fête de la Chandeleur elle jour du mardi gras. Le premier jour
de l'an , c'est pour avoir de l'argent toute l'année ; à la Chandeleur,
afin que la pâte lève parfaitement dans la met et au four, et à l'époque
du Carnaval, pour préserver les blés de la nuble (1) pendant la flo-
raison.
Dans les cantons de Chauvigny et de Saint-Savin , les bergères
sautent aussi et mangent la crêpe au jour du dimanche gras , et
réservent celles dites crêpes à rajasse; elles les jettent aux branchages
élevés dos grands arbres , afin d'intéresser par ce mets délicat la
reconnaissance de toutes les pies de la contrée. Ce sont alors autant
de sentinelles avancées toujours disposées à avertir leurs bienfai-
trices , par leurs cris acres et stridents , de l'approche de l'ennemi ,
loups et gardes champêtres.
C'est le baigneton , sorte (le pâtisserie légère frite dans la i^oêle ,
qui , pendant les fêtes grasses , fait le régal des habitants du canton
de Pleumartin. Si l'on fait le signe de croix en mangeant le premier
et si l'on prononce ces mots : Baigne ^ baigneton^ fais fuir nielles et
chardons^ les champs seront assurément délivrés de ces plantes
parasites.
Le cassemuseau de Poitiers, pâtisserie très-anciennement recher-
chée et en fort grande renommée, est bien au-dessous aujourd'hui,
si l'on en croit les amateurs , de sa primitive réputation. Il fut ainsi
nommé , d'après d'anciens comptes des confréries , parce qu'on le
jetait à la tête des pauvres gens quand on voulait les en gratifier.
(Monteil, Hist. desFr.,t. 2.)
Le naulet est une autre pâtisserie de circonstance qui a la forme
grotesque d'un petit enfant. Naulet, en Poitou, veut dire enfant. Ce
bonbon ne se vend , dans les rues de Poitiers , que de la Noël à la
fête des Rois. La merlusine de Lusignan rappelle , sous forme de
gâteau , la terrible fée, moitié femme et moitié serpent , si redoutée
au moyen âge dans cette contrée.
(I) La carie des blés,
XX INTRODL'GTION.
Dans le Châtelleraudais, et spécialement dans la capitale de cette
ancienne vicomte, le souvenir de la cérémonie druidique, le gui l'an ,
neuf, s'est perpétué jusqu'à ce jour sous la dénomination de guil-
loncu. C'est une pâtisserie très-légère , fort recherchée des enfants ,
et qui compte parmi leurs cadeaux d'étrennes.
Dans les campagnes, il y a la fouée, ainsi appelée de son mode de
cuisson ; j'est tout simplement un morceau de pâte que l'on jette
sur le foyer du four, tandis qu'on le chauffe. Le torfiau-bauduche est
un petit pain que l'on fait la veille de Noël ; on le conserve d'une
année à l'autre pour préserver le pain de la moisissure ; il sert aussi
à guérir les chiens de la rage , en leur en donnant à manger dès
qu'ils ont été mordus par des chiens enragés. Ailleurs , dans le
canton de Pleumartin, il y a la galette Bauduche. C'est aussi un petit
pain rond. Mais son usage n'est plus le môme. Il sert à invoquer
Ste Bauduche pour ohtenir un temps sec et serein quand on veut
faire la buée (lessive). Les ménagères le préparent quelques jours
seulement avant cette importante opération, puis elles le donnent au
premier pauvre qui se présente à la porte, et c'est lui qui est chargé
de faire les prières à la sainte pour ohtenir le temps favorable. La
même coutume existe dans les environs de Parthenay.
La soupaloué a une origine toute religieuse , si l'on en croit la
tradition. L'usage n'en est permis que le jour de la Chandeleur, en
mémoire du festin que donna la Vierge Marie aux dames ses voi-
sines qui, ce jour-là, l'accompagnèrent au temple, à l'occasion de ses
relevailles. La soupaloué est une tartine de pain blanc trempée dans
des œufs battus que l'on fait cuire dans la poêle, au beurre, à l'huile
ou à la graisse. Elle est plus agréable au goût quand elle est saupou-
drée de sucre , ce qui se pratique assez généralement aujourd'hui.
C'est ce que l'on appelle soupe rousse^ soupe dorée dans l'arrondisse-
ment de Civrav et ailleurs.
Et , puisque nous venons de nommer Civray, nous n'oublierons
pas de mentionner ses tourtias à la fougée^ qui n'ont d'autre mérite
que celui de la fouée châtelleraudaise ; le tortia fremagé , sorte de
gâteau composé , ainsi que le mot l'indique , de pâte et de fromage ;
le farfignac. que l'on fait avec de la marmelade de pommes et de la
pâte ; le sigalé ou saligalé , galette de farine de maïs que l'on fait
cuire au four sur des feuilles de chou. Tous ces gâteaux se font
aussi dans l'arrondissement de Melle.
INTRODUCTION. XXI
La galette de Nau est un petit pain que l'on conserve avec soin ; on
en donne aux femmes et aux femelles des animaux pour les délivrer
promptement de la mère (arrière-faix) .
Avec ses naulets , le pays de Montmorillon possède : le clafoti ,
mélange de farine , de lait et de cerises , que l'on fait cuire au four
dans un moule à tourte ; le goueron , variante du précédent ; on y
mêle des poires ou pommes coupées par tranches ; la moijée^ sorte de
bouillie que l'on fait pour les maçons le jour de l'Ascension. La teblée
et la gouillère ne diffèrent que par leurs noms du tortia et de la
fouée: la première tire son nom de la tèble, pour tuile, sur laquelle
on la fait cuire, et la seconde de la gueule du four auprès de laquelle
elle est déposée.
Il faut en dire autant du préfour vendéen; mais cette contrée est
renommée, en outre, par ses aglises etmérisses^ brioches composées
de beurre , de farine et de sucre ; le canton de l'Isle-Jourdain , par
ses galetous : c'est un mélange de pommes de terre râpées et de
farine de froment ou de farine de sarrasin.
Ghef-Boulonne a ses prunis^ gâteaux de prunes ; Bressuire et Thc-
nezai ont leurs alises.
Enfin la cornuelle ou fouace cornue^ autrefois très-répandue, ne se
rencontre plus ^^uère que dans quelques lieux privilégiés : c'est un
gâteau de forme triangulaire que l'on donne aux enfants le dimanche
des Rameaux , et qu'ils portent, pendant la procession, suspendu à
leur rameau béni. Elle est connue à Airvault sous le nom de fuie.
De ce que nous avons exposé au commencement de cette intro-
duction il résulte :
1° Que le patois poitevin est un mélange confus de mots, d'ex-
pressions et de désinences qui appartiennent aux divers dialectes
voisins de notre province , qui se sont formés à la suite de la déca-
dence de la langue romane ;
2° Qu'il peut être considéré comme un spécimen des modifications
multiformes que ces dialectes ont subies ;
3° Que le langage est à peu près stationnaire depuis le xvj^ siècle,
ainsi qu'il est facile de s'en convaincre en comparant le patois d'au-
jourd'hui avec celui des écrits qui sont parvenus jusqu'à nous.
Si nous avons ajouté enfin aux observations crifiques que nécessite
notre œuvre des détails de mœurs , coutumes , superstitions , etc.,
XXII INTRODUCTION.
c'est que nous avons [jcnsé que ces documents réunis seraient pour
l'observateur comme un tableau saisissant de la vie intime des villa-
geois de notre pays , et que nous lui épargnerions la peine de le
composer lui-même , en recherchant ces documenls à chaque mot
qui les enseigne.
Déjà quelques travailleurs, M.M. Rousseau, Beauchet-Filleau,Mau-
duyt père, Cardin et mademoiselle Poey-d'Avant, nous ont devancé
dans cette œuvre si ardue d'un glossaire du patois poitevin, et, certes,
nous avons puisé largement dans les documenls qu'ils ont mis à
notre disposition avec tant de bienveillance. Toutefois, chacun d'eux
n'ayant étudié que le patois d'une contrée en particuher, nous avons
pu faire une ample moisson dans un grand nombre de lieux inex-
plorés jusqu'à ce jour, et rencontrer ici et là des mots inusités ou
tombés en désuétude ailleurs. Nous avons pu constater aussi , en
générahsant notre travail, que tel ou tel mot, telle ou telle expression,
que l'on croyait proj^re à une locahté en particulier, était parfaite-
ment en vigueur dans des locahtés voisines, souvent dans la province
entière, mais avec variation de désinence ou de lettres, soit au com-
mencement , soit au milieu des mots. Au reste , nous rendons à
chacun ce qui lui est dû , en indiquant et la source où nous avons
puisé et les lieux où le mot est en usage ; et cela, non pour aftirmer
qu'il ne le soit pas ailleurs , mais pour spécialiser seulement les
localités où il nous a été donné de le recueiUir.
Ce travail d'ensemble sur notre langue poitevine est le fruit de
plusieurs années de recherches et d'études. Les recherches de mots
nous ont été très-gracieusement facilitées, pour l'arrondissement de
Montmorillon, par MM. Ricordeau,curé d'Adriers, aujourd'hui doyen
de Lussac ; Rouet, curé de Saulgé ; Brisson , curé de Luchapt, et
Magnon , curé de Moulismes ; pour l'arrondissement de Civray, par
M. Guinot. instituteur communal à Oiré ; pour les arrondissements
de Niort et de Melle , par M. Bouin , curé de Sainte-Blandine ^ pour
ceux de Parthenay et de Bressuire , par M. Robert , en ce moment
fadeur à la gare de Menars , et en particulier pour les cantons de
Thénezai,d'AirvaultetdeChàtillon,parM. Deveau, doyen d'Airvault;
partout aussi par plusieurs villageois avec lesquels nous nous sommes
mis en relation , et de la bouche desquels nous avons recueilli la
plupart des phrases que nous citons. C'est ce qui nous a permis
INTRODUCTION. XXIII
d'établir avec certitude les diverses variations de désinences, de lettres,
etc., qui existent d'un lieu à l'autre. Aussi chaque mot de ce glos-
saire a été reproduit tel que nous l'avons entendu prononcer.
Pour ce qui est des étymologies des mots, nous les avons détermi-
nées , croyons-nous , d'après les règles modernes indiquées à cet
égard, et en tenant compte, en cela et pour quel(|ues autres détails,
des judicieuses observations qui nous ont été faites par les membres
érudits de la commission de la Société des antiquaires de l'Ouest
chargés d'examiner notre œuvre (1). De même, quand le cas se pré-
sente, nous indiquons dans un ordre invariable les mots des divers
idiomes que nous avons consultés ayant quelque analogie avec ceux
de notre dialecte, ainsi que les corrélatifs de notre langue française
employés dans un autre sens. Nous n'avons pas oublié non plus de
mentionner à la suite les noms de lieux du département de la Vienne
qui puisent leur origine dans notre patois; et, disons-le en termi-
nant, si notre travail n'atteint pas complètement le but qu'exige une
entreprise de ce genre, nous espérons que l'on pourra nous rendre
ce témoignage qu'il a été traité avec toute la conscience réclamée
par un ouvrage sérieux.
(1) Cette commission se composait de MM. Audinet, Cardin, Ménarcl et
Rédet.
OBSEllYATIONS GRAMMATICALKS
SUR
LE PA.XOIS r^OITEVIIV
DES LETTRES.
Les lettres, les syllabes, les diphthongues subissent diverses muta-
tions qui altèrent la nature d'un même mot, souvent de canton à
canton, de commune à commune, et quelquefois dans la môme
commune.
Cette mutation s'applique aussi aux mots français que les habi-
tants s'approprient. Nous avons cru nécessaire d'en faire l'énuméra-
tion, par ordre alphabétique , en indiquant les localités où chaque
mutation a heu.
Ac, sonne a, Lussac, Lussa. (V. arr. de Montm.) — Ai, owé, affaire,
ajfouère. (D. -S. —Vend. Gàtine).— Ai,ais, ^/c j'ai, i'ae, j'avais, t'ai^ae.
(Vend. Sab. Chaum.— D.-S., c. de Celles.) — Ai, ais, i : j'aimerai ,
j'aimerais, ramen. (V. Voui.,Mireb., Neuv., St-Remi, près Montm.
— D.-S.,c. Thénez., Airv., etc.)— Ai, ais, Vé : je servirai, je servirais, t
servirié. (V. St-Saviol.) - Ai, ot, main, mom. (V.~D.-S., Gâtine. l'-
Ain, ann,mai\n,ma7in. (Vend., Sabl., Chaum.)— Al, au, ou .-mal, mau,
mou. (V.— D.-S.— Vend.)— An, in: dimanche, diminche. (Vend. —
D.-S., Gàtine. — On, an, toison, toisan. (Dans presque tout le Poit.)—
Au, aou, causant, caousant. (D.-S., arr. Mel.)-Au, ou, autre, outre.
(Vend., Sab. Chaum.)
E muet est toujours nul. — E sonne ai, aimé, aimai. (V.— D.-S. —
Vend.)— E, aie, fermeté, fermetaie. (V., arr. Civ.— D.-S., arr. Niort.
XXVI INTllODUCTlOiN.
Parlli. — Voiid.) — E, èe, pomme, ;)o?/i//2e>. (V., c. Isle.-Jour. , Luchapt.)
— E, er, a. -bonté, causer, bonta^ causa. (V., an*, de Montm.) — E, ce,
i ; curé, assemblée, curi, asscifiblie. (D.-S., c. Maz., Airv., Thénez. —
V., c. Mirb., Nouv., Monte. — Vend.) — Eau, a, chapeau, chapa.
(D.-S. — Vend. )=ifa, morceau, ?/?orrrrt. (V.,c. Monte, Mireb.— D.-S.
— Vend. )=^î\ boisseau, baissai. (V., c. Montm., Isl.-Jour. — D.-S.,
c. Cel. — Vend. j^^", couteau, fOî//é. (D.-S., arr. Mel.)=/a, beau, 6/a.
(V. — D.-S. — Vend.)— E, est, cu^ échine, cuchine^ est, eu. (V., c.
Mireb., c. Monte.)— Ei, a, seigneur, 5«^nor. (D.-S., arr. Mel.) — Ei^
de, \)c'me , pdene. (Vend., Sab. Ghaum.) — Ei, o/, peine, poine.
(D.-S.— V. — Vend.) — En, ein^ prendre, prcindre. (D-S., arr. Mel.)
— En, m, entier, intier. (D.-S. -Vend. — Gâtinc.) — En,o, enfer, ofer.
(Vend., Sabl. Ghaum.) — En, 'on, appartement, appartcmont. (V. —
D.-S. — Vend.) — Er, de, tromper, irotnpde. (D.-S., arr. Mel. Vend.)
— Er, ai, s'emparer, s'emparai. (V. — D.S. — Vend.) — Er, i, pécher ,
pêchi. (V., c. Mireb., c. Xeuv. — D.-S.— Ghàt., Thén., Airv., c. Isl-
Jour.,Luch.)— Et, 6^/e,quinquet, ^w/?igî/e^^e.(V.,Monts-s.-Guesnes.)
— Eu,oi,peu,;;oî. — Eu, Ufheure\i,huru. (V., c. Monte, c. Mireb.) —
Eur, eux, ou, our : seigneur, seignour , malheureux, malheuroux.
(D.-S.,c. Maz», Marais. — V., c. Civ. , c. Monte, c. Montm., Isl.-Jour.)
I sonne é, eiy Ghampigny , Champegné ^ plier, pleier. — V., c.
Montc.,Maze.— D.-S.— Vend.)— lé, é, \)ied,pé. (V.— D.-S. -Vend.)—
lé, ied, 7, pitié, piti, pied, pi. (V., c. Montm. St-Remi. — D.-S , Airv.,
Thén.)— 1er, a, grenier, grena. (V., arr. de Montm.) —Il, ai/, baril,
barail. (Vend., Sabl., Ghaum.) — 1er, t, taillandier, taillandi {y . y c.
Isl.-Jour., Luch.) — In, ann, vin, vann. (Vend.. Sabl., Ghaum.) — In
t, brin, bri. (V., c. Mireb-, c. Isl.-Jour., Luch.)— Ine, aiwe, poitrine,
poinf raine. r\'. — D.-S. — Vend.) — Ir, re, courir, courre. (D.-S. —
Vend.j -Is, iche, pistolet, pichetolet. (D.-S., arr. Mel. — Vend.)
O
0, a, apôtre, apatre. (V., c. Mirb., Massognes.) — 0, ai, encore ,
encaire. (V.,c. Montm.., Isl.-Jour.)— 0, ou, rôté, coûté. (V. — D.-S.
— Vend.) — Ûi, an, moindre, mandrc. (D.-S.— Vend.)— Oi, as^ pour-
INTRODUCTION. XXVII
quoi, precas. (Vend.).— Oi, e, étoile, ctellc. (V. — D.-S.-Vend.)— Oi ,
fw, voir, veur. (D.-S., arr. Mel., Gàtine.) — Oi, oin, poignarder, poin-
gnarder. (V.— D.-S.— Vend.) — Oir, air, voir, vair. (C. Montm., St-
Remi.) — Oir, ear, apercevoir, apercevear. (D.-S.— Vend., Marais.)—
Oir, ei\ avoir, aver. (V. — D.-S. — Vend.) — Om. ///}, tombe, iiînbc.
(V., c. Montm., c. Mireb. - D.-S.— Vend.)— On, a??, maison, ?naisa7i.
(V. — D.-S. — Vend.)— Ou, /«, poisson, poissi)i. (V., c. Mireb., Neuv.
D.-S. — Vend.) — On, ou, cbausson, c/mussou. (V., c. Montm., Isl.-
Jour.) — Ou, u, toux, iu.sse. (V., c. Montm.,lsl.-Jour.— D.-S.— Vend.)
OEu, u, bœuf, bu. (V.-D.-S. - Vend)— UEur, m, sœur, su. iVend.,
Sabl., Cbaum.)
V
U, eUy prune, prenne. (V., c. Montm., c St-Sav.) — U, ou, fuir,
fouir. (V.-D.-S.— Vend.)— Ui, eu, fruit, frcut. (V.- D.-S.— Vend.)
— Ui, /, fruit, frit. (V.— D.-S. —Vend.) - Un, ann, brun, brann
(Vend., Sabl., Chaum.)
R
R final ne se prononce point : périr, péri.
T final se fait toujours sentir dans certaines localités, et en parti-
culier dans les arrondissements de Poitiers, Cbàtelleraud et Mont-
morillon.
V devant rest souvent sui)ijriiné, pauvre, paure.
DU SUBSTANTIF.
En général les substantifs du patois poitevin suivent les règles
ordinaires admises par la langue française.
Il faut en excepter les noms terminés par cl, al; ils font au singu-
lier a w, mortel, ;^/o;7aw , cheval, chcvau. Au fait au contraire a/5
au pluriel, des cbevaux, des chevals.
XXVIIl INTRODL'GTlOrs.
Ail, eilf pour œtV, et les autres substantifs ainsi terminés, ne su-
bissent aucun changement au pluriel : un a//, un œil, des ails, des
œils.
DE L'ARTICLE.
L'article en patois est dau , deu , do , dou pour le masculin et le
féminin, dau pain, f/ew beurre, dou fromage.
Au pluriel, daux, de us, dos, dous.
DE L'ADJECTIF.
Les adjectifs masculins terminés par ou, our, ont leur féminin en
ouse, bigassou, bigassour, bigassouse.
DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS.
Suivant les localités ces adjectifs sont :
Masculin. Féminin,
Quiau.
Quiel.
Quieu.
Quiou.
Quo.
Quou.
Tiau.
Tieu.
Tiou.
Tchel.
Tchiou.
Ce, cet.
Quale.
Quialo.
Quielle.
Quiellée.
Quette.
Quiette.
Tialle.
Tielle.
Tchelle.
Tchielle.
Cette.
Remarque. — Tous ces adjectifs prennent la lettre euphonique /
devant une voyelle.
Pluriel des deux genres.
Qués.
Quelles.
Quiès,
Quièlai.
Quiellés.
Ces.
INTRODUCTION.
XXIX
ADJECTIFS POSSESSIFS.
Masculin.
»
Mingne.
Mon.
Singne. Son.
Tingne.
Meu.
Seu.
Teu.
Min.
Sin.
Tin.
Moun.
Souné.
Tonné.
Mo une.
Netre.
Vetre.
Lau.
Nete.
Vête.
Leu.'
Neutre.
Veulre.
Lou.
Ton,
Singulier.
Noute.
Notre.
Voûte.
Votre.
Lour.
Nouté.
Voûté.
Loute.
Noutre.
Voutre.
Louté.
Noutré.
Voutré.
Leur.
Pluriel.
Nou.
Vou.
Laux.
Nouté.
Voûté.
Lours.
Glours.
Lourées.
ADJECTIFS INDÉFINIS.
Quauque.
Queque.
Quque.
Quièque.
Tieuque.
Quieuque.
Teiiieaque
Tau.
Tel.
Queu.
Quo.
Quel.
Quelque.
XXX INTRODUCTION.
DES PRONOMS PERSONNELS.
Pour la première personne : /, ie, ma^ mâe^ mai, maie^ me, meiey
mée, jneu, mo, 77ioie, je me, moi ; /, 7ie, nous.
Pour la 2« personne , ta, tae^ tai, taie, té, téc, téie, teu, to, toie ,
te, tu, toi ; ve, vous.
Pour la 3* personne : gle, le, il, ils ; ail, eil ne s'emploient qu'in-
terrogativement ; auy o, ou, le; gli^ lé, H, lui; a, aile, ielle, elle ;
sa, sai, se, si,soué, soi ; in, en ; ieux, gleux, eux ; alles^ allées, ellées,
ielles, elles ; Ieux, lours, leurs.
On dit euphoniquement zeux, zeaux, zellées.
DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS.
Ces pronoms sont :
O, ceci, cela, ce, cet, le, la. 01 par euphonie devant les voyelles,
n est usité dans la langue romane comme pronom relatif employé
neulralement. 11 tient aussi lieu du pronom il, surtout comme sujet
des verbes impersonnels.
Masculin.
Cholé. Quouquiqui. Celui-ci, celui-là.
Quieuquiqui. Quoqui.
Quiauquiqui. Quouqui.
Quiaula. Tiauqui.
Quieuqui. Tchouqui.
Quioqui. Ququi.
Quoulé.
Féminin,
Quallequi. Tiellequi. Celle-ci, celle-là.
Quiellequi. Tcliiellequi.
Remarque. — Le pluriel dans ces pronoms est pour le masculin :
quiéqui, qualéqui , etc.; pour le féminin, qualléesqui, tiellées-
qui, etc.
INTRODUCTION. XXXI
DES PRONOMS RELATIFS.
Masculin, Que, qu, qui; qué^ quoi; qu, queu, qui, quo, que.
Le queu, le quiu, le quieu, le quo, le quiou, le queul , le tiru, le
tchicu, lequel.
Féminin : La queue, la tieue, la quielle, la quiette, etc., laquelle.
Pour le pluriel, ajouter un s, z oux.
DES VERBES.
VERBE AUXILIAIRE AVOIR.
Il diffère du français, dans la plupart de ses temps; nous donnons
les plus irréguliers.
Indicatif j^résent.
Première pers. pi. avons, avant, ons.
Imparfait.
I avas, ou avé, j'avais.
T'avas, ou t'avé, tu avais.
Gl'avet, il avait.
Gl'aviant, ii'aviant, nous avions.
V'avé, vous avez.
Gl'aviant, ils avaient.
Passe défini.
l'oguis, j'eus, etc.
Gl'oguit.
l'oguimes, n'z'oguimes.
Y'zoguites.
Gl'oguirant, curant, euriant.
XXXIÏ INTRODUCTION.
Passé indéfini.
l'ai ogu. J'ai eu.
T'a ogu. Tu as eu, etc.
Gl'at ogu.
l'avant, n'zant ogu.
V'avé ogu.
Gl'avant, gl'ant ogu.
Passé antérieur'^
l'oguis ogu ou oguiu. J'eus eu.
T'oguis ogu. Tu eus eu, etc.
Gl'oguit ogu,
l'oguimes ogu.
V ogu lies- ogu.
Oroguirantogu.
Impératif.
Ege, ou eche , aie,
Egeons, échons, ayons.
Egez, échez, ayez.
Subjonctif présent ou futur.
Première pers. Qui ege^ eche^ ou aisse, que j'aie.
Première pers. plu. Qui pgiant ^ échiant ^ ou a'issions ^ que nous
ayons.
Troisième pers. plu. Quglégrantf échéant, ou aïssiant , qu'ils
aient.
Infinitif présent.
Aver, avoi, avai, avoir.
Passé,
Aver ogu, avoir eu.
INTRODUCTION. ^ XXXIII
Participe présent.
Egcant, ccheant, ayant.
Ogu, ogiiiu, egeant ou échéant ogu.
Remarque. — Patois limousin, infinitif présent : oveï^ avoir ; parti-
cipe passé, ogu.
Provençal : participe passé, agu.
VERBE AUXILIAIRE ÊTRE.
A part l'impératif et les temps composés de l'auxiliaire avoir, il est
' le même qu'en français.
Impératif,
Sèche ou sége, sois.
Séchons, ségeons, soyons.
Séchez, ségez , soyez.
Cette forme est à peu près la seule qui ait survécu. D'autres, qui
sont connnuncs à l'ancien français, se trouvent dans les auteurs qui
ont écrit en patois.
Ohservatiosis géiftéraleis sur les quatre
eofsjui^alêioais*
La première a l'infinitif en dCy ai^ é^ ou i. Ainsi, l'on dit indis-
tinctement, suivant les heux, aimâe, aimai^ aimé ou aimi.
Dans la seconde le r final du français est retranché à l'infinitif,
fini^ finir.
Il y a très-peu de verhes terminés en oir , et le plus ordinaire-
ment ces sortes de verbes ont la terminaison de la première conju-
gaison : ver, voir, ou de la quatrième, recevre, recevoir.
Dans la conjugaison des temps simples, il y a des nuances notables
qu'il est bon d'indiquer ; et les temps composés empruntent l'auxi-
liaire avoir tels qu'ils sont en patois.
xxxu. 3*
XXXIV INTRODI'CTIOX.
A l'indicalif présent, à l'impailait, au futur simple , au condi-
tionnel présent, au sul)jonctif présent, à l'imparfait, et à la 1'^ pers.
plu. de l'impératif les 3^' personnes du plur. sont toujours en ant :
aimons, aiment, aimant ; finissaient, fumsiant.
Remarque. —Dans l'arrondissement de Monlmorillon, ces mêmes
terminaisons sont cnin, ouvrirint ^ aimerint ^ ils ouvrirent, ils ai-
mèrent;/ furin, i mangirin, nous fiuncs, nous mangeâmes.
Les passés délinis de la 1", 2** et S** conjugaison se conjuguent
ainsi :
I treclii, je cherchai ; tu trechis , tu cherchas; gle Irechi, il cher-
cha; i ou n'trcchîmes, nous cherchâmes ; ve trcchites, vous cher-
châtes ; gle trechirant, ils cherchèrent.
A l'imparfait du suhjonctif des 1'% 2' et 3" conjugaisons, l'on dit :
qu'i s'éguisse, que je suive, qu'te s'guisses , que tu suives; qu'glo
s'guisse, qu'il suive ; qu'i s'guissiant, que nous suivions ; qu' v' s'guis-
siez, que vous suiviez; qu'gle s'guissiant, qu'ils suivent.
Quelques verhcs français suhissent, dans le patois, certaines modi-
fications que nous devons signaler.
Voici les principales :
Aller : angez, allez : qu'i ange, que j'aille : qu'i angissc, que j'al-
lasse ; allirant, allèrent.
Boire : part. prés, hoivant, huvant : part, passé béguin, bégudée,
bu, bue.
Choir : Inf. prés, cheurc; part. pas. chésu, chevi , chet, chesi ,
tchesi.
Connaître : quencntrc, connaître : congu, conogu, cogucgu, que-
nœgu, queneuguiu, connu. Prés, del'indic. : i queneus, je connais.
Croire, craire, crèrc : part. pas. crégu : pass. déf. , i cregui , i
crezis.
Coudre : part. prés, coudant; part. pas. coudu ; pass. déf. i
coudis.
Eclore : inf. prés.ecloui; part. prés, éclouissant ; part. pas. écloui ;
pass. déf. gl'eclosi.
Faire : inf. prés, fouaire : part. prés, fouaisant, fasant : part. pas.
fasu : pass. déf. i fasi.
Falloir : part. pas. fauguu; pass. déf. fauguit : subj. prés, qu'o
fauge.
INTRODUCTION. • XXXV
Mettre : part. pas. métu.
Mourir : part. pas. mériu, muriu, mourguiii.
Naître : part. pas. naicii, naicimée : nacii, naquiu, nessut.
Nuire : iufin. prés, neure; part. prés, neusant; part. pas. neut;
pas. déf. i neusi.
Pouvoir : part. pas. pMu, pogu, péguiu.
Prendre : irif. prés, prodre : pas. déf. i préngui; subjonctif prés,
qu'i prénje : qu'i prenisse.
Savoir : part. pas. sogu, sogiu.
Venir : part. pas. véngu, véngiu : pass. déf. i vengui.
■ Voir : infîn. prés : ver , veair ; part. prés, vezant ; part. pas.
véguiu; prés, de l'ind. i vé. ou veu ; pass. déf. i végui ; impératif
voichez, voyez.
Vouloir: veler, vaudre; part. prés, vêlant, vaugeant : part. pas.
veguiu, vauguiu. Ind. prés, i veil ou vaut ; te veil, te vaut ; gle veil,
gle vaut; i vêlant, ve vêlez, gle vêlant ; pass. déf.^i Yelis,te velis, etc.;
futur simple i vedrai, i vaudrai, etc. ; impératif, veil ou vauge ; subj.
pi'és. qu'i veuge ou vauge ; imparf. qui veguisse ou vaugisse.
LEGENDE.
AUTEURS CITÉS DANS CE GLOSSAIRE.
A. R.— Abb6 Rousseau, cur»^ de Verruye (Deux-Sèvres), mort à Ver-
ruye le 9 avril 18G5. Manuscrit sur quelques mots poite-
tevins qu'il nous avait obligeamment donné. De la lettre A
à la lettre L inclusivement.
Am. de Col.— Ampui-s de Colas, petit livre anonyme imprimé à Lou-
dun en 1661.
Arch. St Hil. — Archives du département de la Vienne , fonds St
Hilaire.
Bab. — Messire Jeau Babu , docteur en théologie, prêtre et curé de
Soudan (D.-S.). Églogues poitevines sur différentes ma-
tières de controverses pour l'utilité du vulgaire de Poitou.
A Niort, chez Jean EUes, imprimeur et marchand libraire
sous les Halles, 1701.
B.-F.— Beauchet-Filleau, juge de paix du canton de Chef-Boulonne
(D.-S.), membre de la Société des antiquaires de l'Ouest.
Essai sur le Patois poitevin ou petit Glossaire de quelques-
uns des mots usités dans le canton de Chef-Boutonnc et
les communes voisines. Melle, Ch. Moreau, imp. -libraire,
1864.
Besançon. — Recueil de noëls anciens en patois de Besançon, nou-
velle édition, par Ch. Belamy. Besançon, imprimerie
et librairie de Binlot, place St-Pierre, 1842.
C. et P.D. --Cardin, ancien magistrat, membre delà Société des an-
tiquaires de l'Ouest, et demoiselle Poey-Davant. Voca-
bulaire vendéen; quelques mots delà langue ven-
déenne aux environs de Fontenay. Manuscrits.
Champagne (Patois de la).— Recherches sur l'histoire du langage et
des patois de Champagne , Tarbé.
Reims, 1851.
Chans. poit. — Chansons poitevines, dont plusieurs inédites et re-
cueillies par nous.
. INTRODUCTION. XXXVII
Berry (patois du). — Vocabulaire du Bcrry et de quelques cantons
voisins, par un amateur du vieux langage
(Comte Jau}3ert). Paris, à la librairie encyclo-
pédique de Roret , rue Haute-Feuille, 10 bis,
1842.
Coût. Charr. — Coutume de Cbarroux , publiée par M. de la Fonte-
nelle. Mémoires de la Société des antiquaires de
l'Ouest.
D. Font. — Dom Fonteneau, manuscrits. Bibliotlièque de la ville de
Poitiers.
Du C.—Charlesdu Fresne, seigneur du Cange, Glossarium adscrip-
tores mediœ et infimae latinitatis. Francofurti ad Mœnnum
ex oflicinâ Zunnerianâ, apud Jobannem Adamum Jun-
gium, 1710.
Gent. Poelv. — Gente Poctvin'rie , publiée pour la première fois en
1580. Edition de ICGO aveque le precez de Jorget
et Roba divisi en beacot de peces.... à Pœters pre
Jon Fleurea.
Gust. — Gusteau, prieur de Doix, aux portes de Maillezais (Vendée),
auteur de poésies patoises (patois vendéen), recueillies par
feu M. Pressac, sous-bibliolliécaire de la ville de Poitiers,
membre delà Société des antiquaires de l'Ouest, accom-
pagnées d'un glossaire, dont ce dernier est l'auteur, et
des biographies de ces deux personnages, par M. Bardy,
conseiller à la Cour impériale de Poitiers, membre et ex-
président de la Société des antiquaires de l'Ouest. Poitiers,
Oudin, 1855-1861.
Gascon (Patois). — Las papillotos de Jacques Jasmin de l'Académie
d'Agen, maître ès-jeux floraux, grand prix de
l'Académie française. Edition populaire avec
le français en regard. Paris, Firmin Didot
frères, fils et Cie, rue Jacob n"* 50, 1860.
Languedocien (Patois). — Recul d'Uvras patoizas de M. Fabre priou
curât deCella nova.AMoimepeyc Aco déX
Jullienimprimur plaça LouisXVI, 57 1826.
Limousin (Patois). — Fables choisies de La Fontaine, mises en vers
patois limousin, par Foucault. Nouvelle
XXXVIII INTRODUCTION.
édition. A Limoges, chez Bargeas aîné, édi-
teur, rue du Temple, n° 20, 1835.
Manusc. du Poitou. - Manuscrits du Poitou; recueil de mots poite-
vins exti-aits des manuscrits des archives du
déparlement, par M. Rédet, archiviste de la
Vienne , memhre de la Société des anti-
quaires de l'Ouest. Manuscrit in-fol. de
74 pages.
Maud. - Mauduyl père, memhre de la Société des antiquaires de
rOuest, conservateur du cahinet d'histoire naturelle de
la ville de I^oi tiers. Vocahulaire poitevin commencé en
1808, continué jusqu'en 1825. Manuscrit, lettres A, B, G.
Moir. de Sl-Moix. — La moirie de Saint-Maixent, par Jean Drovhet,
apoticaire au dit lieu, ensomble la Mizaille à
Tavni, comédie poitevine. Poitiers, Amassard.
1661-62.
N. P.— iNoëls poitevins. Vu permis d'imprimer; à Poitiers, le quinze
septembre 1777. Signé Dutillet , lieutenant général de
police en exercice.
Provençal (Patois). — Mircio, poëme provençal, par Frédéric Mistral.
Paris, Charpentier, hbraire-éditeur, 1859.
Rabelais.— OEuvres de François Rabelais. Paris, J. Bry aîné, libraire-
éditeur, 27, rue Guénégaud, 1854.
Saintonge (Patois de la). -Curiosités étymologiques et grammati-
cales, par M. A. Boucherie, agrégé de
grammaire, professeur de cinquième.
Bulletin de la Société archéologique et
historique de la Charente, 4° série, t. 1".
Angoulème, 1865.
Siège de Poit. par Col. — Siège de Poitiers par Coligny , Chanson
joouse sur le siège mis devant Peters par
l'amirô en 1 569, trente et une strophes.
Mayenne (Patois de la).— Dictionnaire du patois de la Mayenne, par
Verger.
INTRODUCTION.
XXXIX
Abréviations grammsïticftles.
Adj., adjectif.
Adj. verb., adjectif verbal.
Adv., adverbe.
B. !., basse latinité.
Cit., citation.
P., fém., féminin.
Genr., genre.
G., grec.
Interj., interjection.
L., lat., latin.
Le précéd., le mot précédent.
Loc, locution.
Loc. adv., locution adverbiale.
Pr., pronom.
Pr. déni., pronom démonstratif.
Pr. pers., pronom personnel.
R., racine.
S. f., substantif féminin.
S. M., substantif masculin.
V., voir.
V. a., verbe actif.
V. imp., verbe impersonnel.
V. irr., verbe irrégulier.
V. n., verbe neutre.
V. pr., verbe pronominal.
Abréviations des noms de lirux..
Arr. Bress., arrondissement de Bressuire.
Arr. Civ., arrondissement de Civray.
Arr. Cbàt., arrondissement de Châtelleraud.
Arr. Loud., arrondissement de Loudun.
Arr. Mel., arrondissement de Melle.
Arr. Montm., arrondissement de iMontmorillon,
Arr. Parth., arrondissement de Parthenay.
Arr. Poit., arrondissement de Poitiers.
C, canton.
D.-S., Deux-Sèvres.
Font., arrondissement de Fontenay.
Maille., Maillezais.
Sabl. etChaum., Sablais et Chaumois.
V., Vienne.
Vend., Vendée.
XL INTRODUCTION.
Signes Eiidlcatcurs.
D.-S.-(B.-F.)— (A. H.) Ce trait entre D.-S. et (B.-F.)et celui entre
(B.-F) ct(A.R.) iiuli(|U(} que nous avons trouvé le mol dans plusieurs
localités du département des Deux-Sèvres, et qu'il api)artient aussi
au glossaire de M. Beauchet-Filleau et au manuscrit de M. l'abbé-
Rousseau.
D.-S., arrondissement de Melle - (B.-F.), usité dans l'arrondisse-
ment de Melle, et glossaire de M. Beauchet-Filleau.
D.-S., arrondissement de Partli. - (A. R.), en usage dans l'arron-
dissement dcl'arlhenay et manuscrit de l'abbé Rousseau.
(B.-F.), que le mot appartient au seul glossaire de M. Beauchet-
Filleau.
(A. R.), que le mot appartient au manuscrit de l'abbé Rousseau.
Nota : V. — D.-S.— Vend., mot usité dans trois départements.
Dans tout le Poitou, encore plus gcuéralomcnt répaudii , bien qu'il puisse
être incounu daus quelques contrées.
C. de Montm.. c. de Mircboau, etc., que le mot a été recueilli dans le
cant(jn désigné . mais non exclusivcmcut a d'autj es cantons ou d'autres
communes.
GLOSSAIRE
DU
r^^TLOIS POITEVIIV
ABE
A, pr. p. fém , elle : « a s'en vé, •
elle s'en va ; al, aile devantune voyelle :
« al' ou v'iait, > elle le voulait. Vienne,
Deux-Sèvres, Vendée.
ÂBABiÂS, s. m., grande étendue de
champs. Ce mot est le plus souvent pris
en mauvaise part, et indique des terres
de qualité inférieure. L'on dit encore
que l'on a fait un grand abaria?, quand
on a fait beaucoup d'ouvrage dans la
journée. (A. R )
Abàt-d'aive(1. halnere, aqua). \ o-
cu'lion employée pour signifier grande
pluie. L'on dit encore, dans le même
sens, pluie-d'abat ; • ol a cheut in si
grond abat d'aivc quielte neut , qu' lé
cliins boirant loul. d'bout aneut, » il a
tombé une si grande quantité d'eau
celte nuit, que les chiens boiront tout
debout aujourd'hui. V. — D.-S. — I*a(ois
du Berry : • batte-de-pluie, » averse.
AbecBai (ab'chai), v. a. Donner la
becquée aux oiseaux. Vienne, arr. de
Civray.
Abedounaï, ib (ab'dounai), [r. 6e-
(/ow), ad., celui ou celle qui a le ventre
enflé , gros comme un tambour.
V.— D.-S.
Abeglèrb, s. f. (g! mouillés) ouver-
ture de la ruche par laquelle sortent les
abeilles; tton' fait pou bonàboutrel' nai
à l'abeglère ; »> il ne fait pas bon de meti re
le nez à l'abeglère. V. — D.-S.— Basse
\^\\i\\{é,ahollagium^abellarium (Duc.)
— Ane. franc. : abeillage, abeillou^
aboiUage (Duc).
Abelî, Abelzi (s'), V. pr., s'embellir,
devenir serein en parlant du temps.
ABE
V. G. Montm. Moulismes^arr. de Civray
et de Poitiers.— D.-S., c. de Mauzé.
Abéjai, V. a, donner la becquéeaux
oiseaux. D.-S., c. d'Airvault. f^. Abe-
chai.
Abenai (ab'nai), v. imp., prospérer,
arrondir ses terres. V. arr. de Civray. —
D -S., arr. de Melle et de Niort. Se dit
principalement dans l'arrondissement de
Civray des femelles des animaux qui
produisent beaucoup : « Nous oueilles
ont ben ab'nai quiette anéie. »
Abeegeon, s. m., sillon qui va en
diminuant comparativement à ceux d'un
même champ. V. suivant les lieux.
— D.S., c. de Bressuire.
Abehgeounai, v. n (I. abbreviare?)
faire des abergeons. f^. ce mot. Au
figuré une affiiire abergcoune , quand
elle est sur le point de se terminer.
V—D -S. suivant les localités. — Lat.
a66rej;/are, abréger, raccourcir (Veget.).
— Dans saint Jérôme , ce mot signifie
avancer. — En franc, abréger [abbre»
viare), c'est rendre plus court.
ABEiLLi, S. m., ruche. V. Cliampi-
gny-le-Sec.
Abruille, s. f., abeille. V.— D.-S.
Abbuillèbe, s. f., ouverture de la
ruche par laquelle sortent les abeilles.
V. arr. de Poitiers (Maud.). f'.Abeglère.
Abeuillou , ouB, adj. masc, celui
qui cultive les abeilles, qui en prend
soin, ou s'en occupe. Y., arr. de Civray.
Abeyai, v. n., être hors d'haleine.
Une longuecoursefailaôeyai. L'on disait
autrefois abeyance pour exprimer Tidée
d'attendre quelque chose avec ardeur ;
2 ABO ,
béer et bayer pour dire que l'on avait
la bouche béante. Nous avons encore
l'expression béer aux corneilles. —
Patois du Berry: « abahieretnbayer. •
— Patois de Champai^ne : i abahier ,
abaier, abailler, » abboyer, désirer,
attendre, écouter, faire le guet.
Abibaude, s. f., fétu, petit corps qui
se trouve dans un liquide. Vend. Font.
(G. et P.-D.)
Abibaudb, V. a, répéter, assaillir,
hébèter, fatiguer par des vétilles. D.-S.
Oui meltiront d'abord les âm' à la lorlure,
Ed les abibaudaot do seni de l'écriture (Bab.)
Abilancb, s. f., faiblesse causée par
la faim. Vend. (C. et P. D.)
Abillagb, s. m, apprêt, raccommo-
dage. Vienne. — • Payé pour Tabei-
glage de trente et trois livres de chan-
vre, etc. y (An 1597. Manuscrits du Poi-
tou.)
Abisail, s. m. , trombe. V., arr. de
Montmoriilon.
Abll.\ise (// mouillés), s. f., ablette,
petit poisson. Vend. (G. et P. D.)
Abodaillé (s'j, v. pr., prendre du
ventre. Se dit en particulier des ani-
maux : a man bu s'é abodaillé, > mon
bœuf a pris du ventre. V. arr. de Poi-
tiers, f. Abedounai.
Aboeillai (abeuillai), se dit prin-
cipalement de l'épi de blé qui perce
son enveloppe: « L' temps est bia, le
blé aboeillera de bounheur. » V. Civ. —
Lat.ocîi/are, faire ouvrir les yeux (Tert.).
Abonesi et Abou^esi 'abon'si),
v. a. et pr., rendre meilleur en parlant
des personnes; améliorer en parlant des
terres. V. — D -S. — Français: bonifier
(1. bonum, facere), améfiorer, s'amé-
liorer.
Abobdai et Aboubdai (r. ylborde),
v. a., mettre un support : • faut abordai
quiés poumés, gle casseriant; » il faut
mettre un support à ces pommiers, ils
casseraient. V. — D. S. — Marne, Ar-
dennes : « abuder, « appuyer.
Aborde, Abolrde, potence, sup-
port, grande béquille : « prendre les
abourdes, » très-usilé au pluriel. Par ex-
tension les pièces de bois dont on se sert
pour étayer une charpente. V. — D.-S.
—Vend.
ABR
Abodcagb,éb, adj. , lieu, contrée
peuplés de bois, d'arbres. V. arr. de
l*oitiers. (Maud.)— D.-S., arr. de Melle,
c deChâtillon.
Aboui (tomber en\ loc, se dit de3
bôles et des gens qui ne profitent pas,
faute de nourriture. V. arr. de Poitiers.
D.-S.— Vend.
Aboulai, v. a., apporter , donner :
« aboul* iqui ta bourse. » V.— D.-S. —
V. n. joindre par un bout. D.-S., c. do
Chàtillon, — Marne, Haute-Marne.
Aboumi. e, adj. (1. obdormire)^ en-
gourdi , endormi : * quiau temps é à
l'aive aneut, i seu tout aboumi; » ce
temps est a l'eau aujourd'hui , je suis
tout endormi. V. — D.-S.
Aboumi (s'), v. pr., s'endormir. V.,
arr. de Poitiers, arr. de Civray.
Abouquillai {bouc) , v. n. , mettre
bas, se dit des chèvres : « i p' pas m'n
allai mes cheubres allant abouquillai; •
je ne peux pas m'en aller, mes chèvres
vont mettre bas. V. Civ.
Aboubai, v. a. et n., bien couvrir,
vêtir chaudement. Vend. Font. (C. et
P. D).
Aboubillab , v. n., mettre bas.
D.-S., arr. deMelle. F. Abouquillai.
Abouzaillé, e [bouze] , adj , petit,
rabougri : « quou drôle é tout abou-
zaillé , gne profit' pas; » ce drôle est
tout rabougri, il ne profite pas. V. arr.
de Poitiers, c. de Montmoriilon.
Abrami , V. n., avoir grand'soif :
« i se abrami desed. » j'ai grand'soif.
D.-S., arr. deBressuire.
Abreché, v. a., couvrir en général.
V. arr. de Montmoriilon. f^. Abourai.
ABREGEA, ABBEGBAIL, ABRBIAL ,
s. f , couverture de lit, manteau, tous
les objets qui servent à couvrir, à enve-
lopper par dessus les vêtements ordi-
naires : « les abrégeas d'au lé sont tout'
cheutes, » les couvertures du lit sont
toutes tombées V. — D.-S., suivant les
localités.
ABREGEAI. V. a. et n., couvrir, com-
pléter. Un champ est abrégé quand lo
fumier le couvre abondamment. V., arr.
de Civray. — D.S. , arr. de Melle. —
Patois du Berry : « loger. »
Abrège», s. f. pi., couvertures des
lits. D.-S., c. de Celle.
Abrejueb, s. f., couverture do pot :
ABR
ACA
« l'abrejure é cassai, » la coaverlure du
pot est cassée. V., arr. de Civray. —
D.-S., arr. de Melle.
Abreisote , s. f. , sorte de racine
bonne à manger. D.-S., c. B. — Vend.
(C. et P. D.)
Abbenotes, s. f. pi., amygdales :
« vin don qu'i t'arra( he lés abrenotes, »
viens donc que je t'arrache les amyg-
dales. D.-S.,c. de Chàtillon.
Abreuvour et Abervoub, s. m.,
abreuvoir (b. 1. abeuvrare). V.— D.-S.
—Vend.
Abreveu et Abrevou basse latinité:
abeuvrare^ adaquare animalia) [Duc] —
PatoisdelaCreuse: ««abeurodon,» abreu-
voir. — Provençal : «abeuraetabéoura.»
abreuver. — Patois limousin : « abeuro-
dour, » boisson ; o ne potié grenouillas
soun abeurodour; » je ne puis troubler
sa boisson. (Fouc.)
Abriâil, s. m., sorte d'écharpe,
carré long de toile, d'étoffe ou de dro-
guet dont les femmes se couvrent, et
qui leur sert de manteau ; autrefois géné-
ralement en usage dans le Poitou ; se
porte encore dans les cantons de Neu-
ville et de Veuille (Vienne), dans le
pays bas de Tarrondissement de Melle,
et dans quelques contrées de la Vendée.
« Son abriail est d'or. » (Gust.^ p. 47.)
— Couverture de toile dont on couvre
les bœufs pour les préserver de la pluie
ou du froid. V. arr. de Châtellerault.
Abric, s. f., abri. V.— D -S. — Ro-
man « abric » — Patois de la Sain-
tonge.— Au dire de M. Cascneuve, c'est
la prononciation languedocienne. Il le
fait dériver du latin apricus, bien que
ce mot ait une signification toute diffé-
rente. — ^lénage lui donne pour racine
1 inusité opericus, que l'on a fait d'o-
perlo. (B. F.)
Abrichure, s. f., abriure, couver-
ture de pot. /^. Abrejure.
Abriai et Abriquai, v. a., abriter,
couvrir : « abrïe bé quiau drôle ; »
couvre bien ce drôle.
Abrieai (s'), v. pr., se mettre à l'a-
bri, se couvrir. V.— D.-S. — Vend. —
Roman : a abriar. » — Patois de la
Creuse ; « aberria.» — Patois du Berry :
« abrisser. » — Patois de la Mayenne:
« abrier. »
Abrou, s. m , abreuvoir. D.-S.,
arr. de Parlh., — c. de Maz. (A. R.) ^.
Abreuvour.
Abboulloté, v. n,, se dit des plan-
tes, des arbres qui ne peuvent se déve-
lopper parce qu'ils croissent à l'ombre
déplantes ou d'arbres plus élevés. V.
arr. de Châtelleraud, Oiré.
Abubant (en), loc. adv.,en pente.
D.-S.,c. de Maz. (A. R.)
Aburai, v. a. et n. (I. abiiti, abutor),
pencher, verser, égoulter, même ava-
ler; sécher le linge; par extension :
« abure ton verre, d égoutte ton verre.
V. — D.-S.
Abubeingne, s. f., boussée de blé
qui croît sur l'emplacement du petit
monceau de fumier déposé dans lo
champ : c la, ié core tous lesaburein-
gnes don man s'ilan; » ta, j'ai encore
tous les abureîngnes dans mon sillon.
D.-S., canton de Celles — Au figuré,
mauvais coup, par suite d'une chute ou
de tout autre accident : « gl'at attrapé
iqui ine abureingne ; n'e s'ra pa r'fouait
d'silout. ») Il a attrapé là un coup; il ne
sera pas guéri de sitôt. D.-S., c. de
Celles, Prailles.
Abusideingne, Abusidon , Abu-
siON, s. m., illusion. D.-S. — V.,sur-
vant les lieux.
Abuttai, v. a , mettre un support à
un mur. Vend. (C. et P. D.) — Marne,
Ardennes : « abuder, » appuyer, attein-
dre. (Tarb.) — Français : « abuter, »
c'est jeter des palets vers un but pour
voir qui jouera le premier.
ACABAUDAl, aie, ACABADDI, E,
adj., morne, triste : « ma mère est toute
acabaudaie. » D.-S., c. de Mazières
(A. R.); c. de Bressuire. — V., c. de
Montcontour.
Acache, adj , compact. V. arr. de
I.oudun, de Civrav. — Vend. (G. et
P. D.)
AcACHAi, V. n., appuyer sur une
chose pour lui donner moins de vo-
lume.
AcACHAi (s'), V. pr. : « la paille s'a-
cache. » V. — D.-S.— Vend.— Ancien
français : « escacher. » Prenés des rai-
sins hors la grappe et les escackés en
ung pot. (TaïUevent.)
AcAFNiouNAE, v. B, chiffonncr.
D.-S., arr. de Melle.
AcAGNAi, v. n., être accablé d'où-
4
AGG
AGE
vrage : « quieu n'é pou in bon mélre,
gl'acagne trejou ses valets; > celui-ci
n'est point un bon maître, il accable
toujours ses valets d'ouvrage. — V. a.,
tourmenter, crier sur. V. arrondisse-
ment de Civray. — D.S., c. de Bres-
suire; arr. de Melle. — Basse lalinilé :
acanizare. Le mol picard « acanner » si-
gnifie poursuivre quelqu'un d'injures,
comme si l'on excitait un chien contre
lui. (Duc.) — Patois du Berry : a acca-
gner, > provoquer, exciter. — Arden-
nes : o acanner, » aboyer, injurier.
AcÀLANT, E (I. calere), adj. verb.,
qui échauffe; s'emploie au propre et au
figuré : « feu acalant ; propos acalants. >
D-S. -V.
AcALA.1, V. n , avoir chaud : « il est
acalé de soif et de chaud. » V. arr. de
Chàiolleraud. — D.-S., c. de Mazières.
(A. R.)
ACA.N, S. m., enfant; personne petite
et de mauvaise 2;ràce. Vend. (G. et
P. D.) ^
ACCADEOUAE, ACCADROUAI (s") [1.
cadere]. v. pr,,se laisser abattre. V).-S.,
arr. de Bressiiire. — Vend. (C. et P. D.)
AccASAE, AccoiSAi, V. a., apaiser.
Vend. (C. et P. D.) — V.
AccASi (s'), V. pr., se rasseoir, re-
poser en parlant des liqueurs. D.-S., c.
de Mazières. (A. R)
AccoTTE, s. m., support. D.-S., c.
de Bressuire.— Vend. (C. et P. D.) —
Français : « accotoir. » appui pour s'ac-
coter.
Accotai, v. n., supporter facilement
la peine, le travail, la dépense : « gl'é
riche, Taccol'ra bé; w il est riche, il
pourra bien soutenir. V. arr. de Poi-
tiers et de Civray. — Vend. — Fran-
çais : « accoter^ » affermir une chose en
l'appuyant sur une autre.
A c'couBLAi (6/ mouillés) (I. co-
pula]y V. n , se dit de deux hommes
qui se prêtent mutuellement leurs ani-
maux pour divers travaux, et en parti-
culier pour le labourage. V., arr. de Ci-
vray; arr. de Poitiers. — D-S., arr. de
Melle et de Bressuire — Français : « ac-
coupler, » mettre deux à deux.
AccouBLE (bl mouillés), s. f., mor-
ceau de cuir ou de peau d'anguille ser-
vant à lier le nerf avec la chappe du
fléau. V., c. de Monte, Mazeuil.
Accoublet(6/ mouillés), s. m,
lanière de cuir qui termine la juille.
(B. F.)
AccouAi (I. cauda), v. a., attacher
un animal à la queue d'un autre. —
V. n., terme de maquignon, partir avec
des animaux accouais : « le gars ac-
couera de bon matin. « — Terme de bou-
langerie, rendre lourd : a sa miche est
accouaie. » — (s'), v. pr., se réunir à
d'autres, se marier; il est pris en mau-
vaise part. V. — D.-S. — Français : « ac-
couer, » frapper un cerf a l'épaule.
AccouRSAi, V. a. (I. accurrere),
mettre en cours, procurer des pratiques :
< 01 é man fière qui m'ai accoursai ; »
c'est mon frère qui m'a procuré des pra-
tiques. V. — D.-S. — (A. R.) — Pour-
suivre quelqu'un en courant. V. — D.-
S. — 'B. F.) — L'on dit en mauvaise part :
« le bon accorsier, » le mauvais sujet,
le mauvais drôle. (B. F.) — Basse lati-
nité : accursare , id est cui dabitur
cursus. (Duc.) — Gascon : « accoursa,»
poursuivre.
AccouRSÉ, s. m., l'habitué d'un
moulin. V., arr. de Poitiers.
Acc^jURseries (accours'ries), s. f p.,
chalands, pratiques. D.-S., c. de Bres-
suire. — (A. R.)
AccouEsis, s. m., dard ou vaudoise,
poisson : « a la Saint-Aubin, l'accoursis
est en chemin. » V. (Maud.)
AccouRTÉ (être bin), loc, être bien
achalandé. St-Romans-lès-Melle. (B. F.)
AccuEiLLAGE, S m., actioT p.ir la-
quelle on prend quelqu'un à son service,
ou par laquelle on se met au service de
quelqu'un. — Assemblée d'accueillage,
lieu où se louent les domestiques. Dans
une grande partie du Poitou.
Accueilli, v. a. (1. co///greré), pren-
dre quelqu'un à son service pour un
temps convenu et à un prix fixé. — (s'),
V. p., se mettre au service d'autrui.
Dans une grande partie du Poitou.
AcELAi [ac'lai] (1. celare), v. a,,
boucher, fermer. V.
ACERTENA, ACERTE^É (1. CCrfus],
V a , assurer, donner pour certain. —
(s'), v. pr., s'assurer soi même d'une
chose, d'une nouvelle. D.-S, c. de
Mauzé. — V., arr. de Poitiers et de Ci-
vrav. — Roman : « acerlenar, » indi-
quer, assurer. — c Qu'ils estoient due-
ACII
AGI
ment informez et acertainés des dicls
privilèges. » (Arch. St-Hil. Bourg, just.,
i\° 36.) — Marne : k acerlener. » — An-
cien français.
AcœuBAi, lE, adj., celui ou celle qui
a du cœur à l'ouvrage; se dit des bêtes
et des gens.V.~D.-S.— (A.R.)— «Être
acœuré, » être fatigué. V., arr. de
Montm., Moulismes.
AcŒURAi, V. a., donner du cœur,
du courage. D.-S., c. de Châlil.
AcHAE, AcHÉ[, V. a , haïr. Vend.
(C. et P. D.) — V., arr. de Civray.
AcHAÏ, V. n., céder, se rendre, ne
pouvoir suivre les autres à la course ;
se dit aussi des oiseaux qui abandon-
nent leur nid, la couvée commencée. —
V., arr. de Civray; c. de Monte, Ma-
zeuil, où l'on dit achéi. — (B. F.)
ACHAÎTRÉ, ACHÂINTRÉ, ChAINTRE
(r. chaitre), v. a., faire paître le bétail
sur le bord d'un champ. — (s'), v, pr.,
paître sur une chaitre. — Au figuré,
solliciter quelque chose. V., c. de Mont-
morillon , Moulismes. — V. — D.-S ,
c. de Mazières. (A. R.)
AcHALA?JDAi et AcHÂLANTÉ (r. cha-
land), V. a., flagorner quelqu'un, avec
l'intention de le tromper, de surprendre
sa bonne foi. V., arr.de Poitiers. —
D.S., c. de Maz. (A. R.) — V., arr. de
Montmorillon et de Châtelleraud. —
Patois limousin : « acholandas. » —
Français : « achalander, » c'e^t procurer
des chalands.
AcHALANT , E, adj. verbal, qui
échauffe, s'emploie au propre et au fi-
guré. V., arr. de Poitiers, c. de Monte,
Mazeuil.
AcHALAi et AcHALiiNÉ, V. a. et n.,
être accablé de chaleur : « i seu tout
achalé, » je suis accablé de chaleur." V.
— Exciter la colère, importuner.— (S^),
v. pr. : « le feu s'achale, » le feu s'a-
nime. -— Prendre goût à son ouvrage,
travailler avec action : « allons, enfants,
faut s'achalai. » V. — D.-S. — Vend.
AcHAMARAUDEMEL\T(r. marauder],
s. m., ensorcellement. D.-S , arr. de
Melle.
AcHAMARAUDAi, V. a., ensorcelcr.
V. — D. S. - (B. F.)
AcHARiAR, V. n.; faire attention.
Vend. (C. et P. D )
AcHARNAiLLÉ.E, ad]., glaodes lac-
tées engorgées. V., arr. de Poitiers.
ACHABNAILLÉ (s'), V. pr. , s'engorgcr
en parlant des glandes lactées. V., arr.
de Poitiers.
ACHAUDBÉ, ACHAURÉ, ÉE, adj., ac-
câblé de chaleur ; se dit aussi des brebis
qui se réunissent en groupe, lorsque la
chaleur les accable. Ce mot est quel-
quefois employé comme verbe prono-
minal : « Allons nous en en mérienne,
nous oueilless'achaudrant.» V., arr. de
Poitiers et de Civray. — D.-S,, c. C. B.
— (B. F.)— V.,c. de Montmorillon, Mou-
lismes.
AcHAYAi, v. n., déplaire. Vend. (C.
et P. D.)
AcHEAYAi, v. n., céder, se rendre.
Vend. (C. et P. D.) F. Achaï.
AcHEBRiTÉ, v. n., mettre bas en par-
lant des chèvres. V., Moulismes. —
Français : « chevroter, d faire des che-
vreaux.
AcHÉE et AcHET, s. f., c'esl le ver de
terre, le lombric. On dit proverbiale-
ment : « N'aver pas mé d'force qu'ine
achée. » pour signifier que l'on est mou,
languissant. V. — D.-S., arr. de Melle.
— (B. F.) — Ane. Franc. : « On en
a surpris quelques-uns (des pluviers)
qui avaient encore les achées vivantes
dedans la gorge à demi avallées. » (Be-
lon., i. V, c. 18.)
AcHÉissABLE, adjectif, haï-sablc :
« Quiau drôle est si achéis>able qu'i
vaudrai qu' gl' s'eïsse aussi lin de mé
qu' gl' en é proche; » ce drôle est si
haïssable que je voudrais qu'il fût aus-i
loin de moi qu'il en est près. V., arr.
(le Civray.
ACHENAL, AcHENAULT (l. canalis)^
s. m., chenal. V., arr. de Poitiers. —
D.-S. — « Ensemble ung achenauît do
pierre. » (An. 1577, D. Font., t. xii,
p. 38.1.) — Lacombe : « escheno, » t. 2.
AcHENAi, AIE (ach'nai), adjectif,
acharné. Vend. (C. et P. D.)
ACHEYAI, V. n., V. ACHAE. D.-S.,
c. de Bressuire. — Vend. (C. et P. D.) :
« Ne cott' pas à quiau nie, la mèr
acherrat; » ne touche pas à ce nid, la
mère l'abandonnera.
AcHicoTAi, V. n., mettre bas en par-
lant des chiennes. D.-S., St-Romans-
lès-Mel. (B. F.)
AciAU, s. m., herminette, outil de
6
ACQ
charpentier qui sert a doler le boi>. V ,
arr. de Montmorillon , ■Moiilismes. —
D.-S. , c. de Bressuire. -- Latin : acix-
ris. petite C0i;n6e d'airain. — Français :
aisseau, aisselle.
AciMENTÉ (r. ciment., v a., enduire
une muraille de ciment. V., Moulismcs.
Agitai, v. a., préparer les i;erbes
pour les charger. V., arr. de Poitiers.
ACLiAPOUNAi (s) [r. cliapou], V.
pr , devenir cliap^n. / . ce mut : » Gl*
a tro marchai, gl' é tout aciiapounai ; »
il a trop marché, il est tout fourbu —
V. - u.-s.
AcLUiÉ(c/ mouillés) [I.r/Mfre],v. n.,
mettre bas, en parlant des chiennes. V.,
arr. de Chàtelleraud. — Latin : cluere,
être, exister. (Lucr.)
AcoDOUEB,s. m., accoudoir : « Plus
les acodouers et pierron de la dicte platte-
forme. » (1577. D. Font., t. xii, page
385.1
AcoiNÇOX 1. cuneus), s. m., sillon
qui va en 'diminuant. V., arr. de Civray,
Lizant. r. Abergeon.
AcoiNÇONNAi (r. acoi?iço)i), V. n.,
faire des acoinçons. V., Lizant.
AcousiNAi (1. consanguine us\ v. a.,
se traiter de cousin :
« Et, gn'acousinant pus bay souvent laux parents ; »
et bien souvent ils ne traitent plus leurs
parents de cousins. > (Gust., p. 61.) —
Parextension, accosteravec prévenance,
reconnaître, avoir égard. V., arr. de
Poitiers. — D.-S., arr. de Melle, c. de
Bressuire. — Marne : « acousiner. î>
AcoYAU, s. m , support de l'aube
d'une roue de moulin. V. — D.-S. —
Morceau de bois que l'on cloue au.x che-
vrons lattants quand ces derniers n'ont
pas la longueur nécessaire pour empêcher
les eaux pluviales de tomber trop près
du mur et de le dégrader. V. — D.-S.,
c. C. B. B.¥.)
AcoYAU, S. m., canal pour conduire
l'eau dans les champs au pied d'un ar-
bre. D -S., arr. de Melle.
AcQLEM (acq'nij. v. a., accabler, en-
lever foutes les forces : « I^ais.s'me don,
tu m'acquenis; t> laisse-moi, tu m'ac-
cables, D.-S., c. de Chàlillon ; fléchir
sous le poids d'un fardeau, D.-S. — (s'),
V. p , s'apparesser, se maigrir. Vend.
(C. et P. D.) — Patois du Berry ; « ac-
.VGU
niter, » ati'amer, épuiser. — o Acni,» adj.,
éreinté , épuisé, tombé d'inanition.
iC. J.)
AcQiiKTAi (!. acquirere]^ v. a., ache-
ter, acquérir. V. — D.-S.
AcuAPAUPAi (r. crapaud), v. n.,
être aplati comme un crapaud, par suilo
de 1.» fiitigue , d'une longue marche.
F. Aciiapounai. D.-S., c. de Bressuire;
— c. de iMaziùres. (A. R.)
ACRAS, s. m., abondance, quantité :
« y at du blé in acras. d D.-S., c. de
Bressuire.
AcBEMAi (1. acer, mandare), v. a.
et n., recommander fortement : « Acremo
Il bé (le songeai a mé ; » recommande-
lui bien de songer à moi D.-S., Chà-
lillon;— c. de iVlaz. (A. R.) —Vendée.
(Cardin.)
AcRRNiLLÉ, R, adj., sc dit des plantes
étiolées, d'une végélation languissante.
V.,MouIismes — D.-S.,c. C. B. (B. F.)
AcRERits, S. f. pi., objets de peu de
valeur. D.-S., c. de Cliàtiilon.— Vend.,
Font. (C. et P. D.)
AcRÈTAi (I cris(a), être et se mettre
en colère comme un coq dont la crôtG'
se dresse. (B. F.) : « Acresté quem in
jau ; » en colère comme un coq. (Rob.
Div., p. 122.) — V. pr. s'opiniâtrer :
« Gl' étiant acrèté à s'battre. » D.-S.,
Chàlillon. — Dans Rabelais, acrester :
« Vraiment, tu es bien acresté à ce
malin; tu mangeas hier soir trop de
mil. » (Liv. i*^'', "ch. 25.)
AcRONAi (s'), V. pr.jse courber par
l'etret du mal, du froid. V., Chàtelleraud.
— D.-S.,c. de Bressuire. — (A. R.)
AcBLCHAi, V. a., suspendre, accro-
cher. — (s'j, V. pr. : <( Quiau valet s'a-
cruche partout. )> V., arr. de Poitiers et
de Civray. — D.-S., arr. de Melle.
AcucHAiLS ou Aquciiails et Acu-
CHUUES, s. m. pi., ce qui est au fond des
verres, des bouteilles, des casseroles. —
Au figuré : « Ramasser les acuchails, »
c'est être bon ménager, tirer parti de ce
que l'on a. V. — D.-S.
ACUCHAILLAI et ACUCHAI (r. acU'
chaUs),v. a., tirer jusqu'à la dernière
goutte. V.— D.-S. Suivant les localités
pour l'emploi de tel ou lel mot.
AcuBO^, s. m., fagol formé de la ra-
clure des bois. V.,arr. de Poitiers et de
Civray.
ADO
ADR
Adelzi, e, adj., celui ou celle qui
perd son temps , qui ne sait que faire ;
effronté : « T'é ben adelzi, drôle ; » tu
es bien effronté, drôle. V., arr. de
Poitiers.
A DEMEURAI (I. admorari), v. n., re-
tarder, causer du relard. V., arr. de
Civray. — (B.-F.)
Adèque, Ioc, avec quoi : « Adèque
v'Iez-vous quiau fèse? « avec quoi vou-
lez-vous que je fasse cela? D.-S. — Ven-
dée.
Adlaést, Adlési, e, adj., V. Adelzi.
Vend. (C. et P. D.)— V., arr. de Châ-
telleraud. — Mayenne : « adiesi , »
homme qui fait quelques malices par
désœuvrement.
Adouacé, V. n. et pr,, vivre en con-
cubinage ou conjugalement sans être
marié à l'église. V., Mazeuil.
Adouage, s. m., concubinage. V.,
arr. de Civray. — D.-S., c. B.
Adoub, s. m., un composé de beurre
ou de graisse et d'huile pour faire
dos crêpes. D-S., arr. de Melle. —
Même signification aussi que le mot
suivant. — Roman : « adob, » arran-
gement. — Vieux français : « adou , »
arrangement.
Adoubage, s. m., raccommodage.
— Assaisonnement des mets. — Adou-
cissement d'une peine. V. — D.-S.
« ... E t-0 qui l'adoubage
»Quc gic mettant aux maux que gle nous ont fasus?»
(Gust., p. 59.)
Adoubai (1. adoptare)^ v. a. et n.,
raccommoder : « Adoubai ses bardes. »
— Assaisonner : «f Adoub' meux la
soupe, » V. — D.-S. — « Pour deux
livres de grosse et trois onces do fil d'or-
chant... pour adouber le mail de l'or-
loge de la ville. » (An. 1430, arch. de
la ville de Poitiers.) — C'est encore un
terme d'agriculture : « Faire adoubai,»
signifie couvrir le grain qui se trouve
sur le sillon, et que la charrue n'a pas
enterré. (B. F.) — Basse latinité « ado-
bare, » du latin adoptare , orner, re-
vêtir quelqu'un de l'armure militaire.
(Duc.) — Roman : « adobar, » arranger.
-— Provençal : o adouba; adoubant
li panié^ » raccommodant les paniers.—
Patois de la Creuse : « adoubarer. >
—Vieux français : « adouber, » orner :
« Or at en jusques à le malin que je
t'adouberay ,et te donray armes. » (Robert
Bourron.) — Français : « adouber, » v.
a., terme de trictrac et d'échec, toucher
à une pièce sans la joiier.
Adoubeux, se, et Adoubou (r.
adoub ), adj., celui ou celle qui raccom-
mode les membres : « Tu m'cass'ra les
dés; i l'iés adoubr'ai ; in ban adou-
beux, i ponse; » tu me casseras les
doigts. — Je le les raccommoderai, —
Un bon raccommodeur, je pense 1 —
C'est aussi le nom que l'on donne dans
quelques localités à celui qui castre les
animaux, V,, Civray. — D-S.: « Elle
alla par devers Thousle du Gcrvis-Vert
qu'elle dist être adoubeur. » (Manuscrits
du Poit,, année 1615.) — Adoubeur.
même signification. (Michel Leriche,
cité par B. F.)
Adouai (s'), v. pr., vivre en concu-
binage. Vienne. — D.-S. — Vendée. /'.
Adouacé. — Roman : « adouar, » fanii-
liarisor. — Ancien français : « adouer, »
a et adoué m'as à ton serviteur enfiir-
çon. » (Lac. cité par B. F., t. iv.) —
Français : « adoué, ée, » adj., terme do
vénerie, accouplé, apparié.
Adounai (r. donner), v. n., ren-
contrer juste, s'accoutumer : « i n'ma-
doun'rai jamois iquit ; » je ne m'accou-
tumerai jamais ici. — (s'), v. pr,, s'a-
donnai avec quelqu'un, c'est vivre en
bonne intelligence avec lui. Se dit sur-
tout de deux époux qui vivent en bonne
harmonie : « Gle s'adounant bé. » V.
— D.-S. — Vend. — Français : « s'a-
donner, » se livrer avec ardeur et habi-
tuellement à une chose; se fréquenter
habituellement.
Adouzillé et Adouzilli, v, n. et
pr., arranger, mettre en ordre; « s'a-
douzillé à l'ouvrage, » c'est s'y habi-
tuer, y prendre goût : « I y sen tout
adouzillai; » j'y suis tout accoutumé.
V., arr. de Poitiers. — D.-3., c. de
Bressuire.
Adresse, s. f., petit sentier à travers
champs pour abréger un chemin ou en
éviter un mauvais. On lui donne aussi,
dans quelques localités, le no.m de « che-
min de la messe. » V.— D.-S, — u Pour
l'usage et commodité de laquelle (mai-
son, sise au village de Parigni, par. de
Jaunai) il y a une adresse et chemiu
8
AES
particulier. » (An. 1684.) — Patois du
Berry : « adresse, » direction , sentier
qui abrège le chemin. — Ancien fran-
çais : a adresse ; » ceux qui connais-
saient les adresses des chemins furent
ceux qui échappèrent. ( I*réface des
contes de la reine de Navarre, citai, du
C. J.) — Français : « adresse, » indi
cation du domicile d Une personne ou
de la situation d'un lieu.
ÀDRiGAiL. s. ni , les diverses pièces,
morceaux, etc., qui servent à un mémo
objet, à une entreprise. V. — D,-S.
Adrigaillai [r. adrigail), v. a ,
préparer tout ce dont on a besoin pour
faire quelque chose. — V. pr., se pré-
parer. V. — D.-S.
Adrogeai (r. adrogeai/), v.a., ras-
sembler diverses pièces d'un objet pour
en composer un tout. V ,c. de Monte,
Maze. — Parler correctement, avec élé-
gance : « Réponse adrogeaie, » faite à
propos. (B. F.)
Adrogeail, s. m., les objets que
l'on adroge. Par extension, et en mau-
vaise part, mariage mal assorti. V., c.
de Monte, Mazeuil.
Adurmaillai (s'). V. pr., former des
duretés, des inégalités, devenir dur :
« Le r'meuil de ma vache s'é tant adur-
maillai , qu'on n' peut plus la tirai. V ,
arr. de Poitiers.
Aduvement (aduv'menl), s. m., as-
saisonnement des mets.V., Châtelle-
raud.
Adl'vementé (aduv'menlé;, v. a ,
assaisonner les mets : « J'ons bin
aduv'menté l'fricot. » V., arr. de Chû-
telleraud,
Advemant (en casd'), loc. adv.,en
cas qu'il advienne. V., commune de
Mi rebeau.
■ Mais recevez trrjnus,
n En cas d'advenlant, quielle petite image. »
(Gust., p. 39.)
Ce mot, dit M. Prfssac, paraît être le
latin adceniant^ et avoir été emprunté
à une forme judiciaire que nous ne con-
nai'Sons plus.
AÉCOUÈTE, s. f., balai. Vend. (C.
elP.-D.)
Aesme {\. anima), s. f., âme, esprit.
Vend. — Roman: «anma, arma.» — Ane.
français: «anème, anme, arme, aime.»
AFF
— Arme, pour âme, est fréquemment
employé dans les inscriptions funéraii'cs
de I '2i)\\ à \ 435. — Aime, dans celles du
xiv*> siècle, en général. Unis aux pio-
noms «m, sa, la, ces mots s'écrivaient :
m'arme, s'arme , l'arme, ou m'aime,
s'aime, l'aime.
A FEU, loc, être ou n'être point d'afeu,
c'est avoir une bonne ou une mauvaise
santé. V., arr. de Poitiers.
A FI RM ATI ON \.affirmaré),%. [., con-
firmation :
• Puisque gle in'at froté le front
» Avec de l'heulle, ce dit-on,
» 1 ne scay qu'ol ètoit L faire
■ Gle disant qu'ui ctoit pr'ine aûrmation. •
[Gust., p. J5.1
Affaiciie, adj. des |deux genr. (1. af-
fectus), affaibli, lourd : « mon cœur est
tout affaiche » (A. Pi.)
Affairoux, adj., celui qui se donne
de l'importance, affairé. V. , arr. de
Poitiers. Français : « affairé, » qui a ou
qui affecte d'avoir beaucoup d'affaires.
Affairatl, s. m , grand troupeau
de bestiaux : « v'ia-tin grond affairail
d'moulons; comment v'iève quo méngo
tout béne quit? » Voilà un grand trou-
peau de moutons: comment voulez-vous
que tout mange bien ici ? V., Civrav. —
I).-S , — c. U. B (B. F)
Affenage (l. fenum), s. m., foin
non pesé que l'on met à pleins râteaux
dans les écuries des auberges. Dans
tout le Poitou. — Au figuré : « être de
bon affenage, » c'est manger de bon
appétit. V., c. de Montmorillon.
Affenail, s. m. V. le précédent,
dans le second sens. V., arr. de Châ-
telleraud.
Affené, v. a., donner du foin aux
bêles dans les écuries. — Faire pro-
duire sur une ferme le foin nécessaire à
la nourriture des bestiaux. — Au fi-
guré, il s'applique aux personnes, — Il
s'entend aussi des cadeaux réitérés que
l'on est susceptible de recevoir. V., arr.
P.,Civ. — « Affeni,» D.-S., C. B. —
Patois du Berry. — Rabelais : « Quand
j'ai bien àpoinct desjeuné, et mon esto-
mach est bien a poinct affené et agrené.»
(L. 3., c. 15.)
Afferdeillé, e et afferdeilli,e
(affeurdeillé) [1. frigus], adj., celui ou
?•^
A FI'
AFF
relie i|iii a froid. V., D.-S. — Troven-
Çiil : « urrejouli. »
AFFKiumx SK (affroux), adj, se dil
de a-lui qui aime à changer de mets,
ou qui éprouve do la répugtianrp à les
premir>*. Oo h \q dicton : « aff'roux
coiiin in c!iin » V. — I) -S.
Affiagi:, s m , verger planté de
IVui s. V. — D. S. — i*ar extension,
une personne est d'un bon ou d'un
niauviiis affiage, suivan! qu'il est facile
ou difficile de la nourrir. V. — D.-S.
Affiages, s. m. pL, nom générique
de? harnais aratoires do toute e^pèce.
(B.-F.)
Affuil, s. m., se dit do l'appélit
bon ou mauvais. V. suivant les lieux.
V. AHenage au figuré.
Affic, s. m., l'avant train d'une
charrue. (B. F.)
Affié, ée, adj., enfant ou petit bé-
tail qui n'a plus besoin de sa nourrice.
V.. arr. do Poitiers, arr. de Loudun.
Affie. v. a. et n. 1 afjigtre].é\ê\er,
nourrir, planter, greffer Par extension,
pourvoir, fournir. — V. pr., se pour-
voir, se nourrir : « Quiau gars s'affie
bin; «ce garçon se nourrit bien. V. — D.-S.
— Vend. — « Neponrrdiu planter et affier
en lad. terre au!cuns arbres fruitiers. »
(An. i/i.'iO Manuscrits ilu Poitou.) —
Patois du Berrv : « adliir. alfier, » éle-
ver, nourrir; sap[)lique non-seulement
aux con^tructions, mais aux plantations
— Rabelais: u affier; j en affierai et
enlerai en mun jardin de Tourainesur
la rive gauche de l.oire. et seront dicte<
poiivs de bon Christian. » (L 4, c. r»4 )
A FFi É (l fides}, v. a. , affirmer. Vend
— D S.
« 01 é b.iin jire le fin sûr
>' El (li qutiu i vuus Hftie. ■>
(Gciit. l'oëi.]
Basse latinité : afjldare, Jîdein dare^
ftde dala polUceri , elc (Duc.; — Pa-
tois du Herry : «afBer,» donner sa foi. —
Aube, Marne. — Ancien fiançais : « af
fier.
• Je vous a'fie
» Et ccrlilie. »
[La Fontaine.]
P.abelais: a J'en suis grandement scan-
dalisé, je vous affie, et ne m'en peulx
taire » (L. 3, c. 22.)
XXXll.
Affigeat, v. a. et pp., élover, nour-
rir. V , arr. de Montmorillon.
Affilai, v. n. , donner du lait :
« Ma vache affile bin. » V., Chàl. --
D -S., c. de Bressui!"e. — Français: « af-
filer, » donner le fil à un Iranchi'.nt.
Affilaie (d'i, loc adv., sans inter-
ruption : « I li dix li'UPS d'affilaie. »
V , arr.de CiviMv — D S., c Maz.
(A U); arr. de Melle. — « Affili fd"). »
dans plusieurs antres lieux. —Patois du
Berry : « affilée (d'I, » roule faite sans
s'arrêter.
Affilochai (s') [l Jil'dm], v. pr.,
se dit des blés ou des plantes qui lèvent
avec des feuilles minces longues, étroi-
tes, comme des brins de fil V. — D.-S.
Affinar et Affinai, v. a., trom-
per, attrap.-r. D S. — Vend. (Cet P. D )
— Ancien français, « affiner » : « !.es
trompe et les 'affine. » (l.a Fontaine.)
— Patois <lu Berry. — Français : ren-
dre plus fin, plus délié, elc.
AFFLKuaÉ, E,adj .qui ti'a de hi santé
que l'apparence. V., arr. de Poitiers.
Affligeation (1. nf/lictio), s f. . af-
fliction, tristesse : a queulle affligeation
dans sa famille! » V. — D.-S.
Affolai, v.n , avorter. V. Ci vray. —
iB.-F.) — Basse latinité : affolare , est
levifer laedere , vulnerare. (Duc.) —
Roman : c affolar , • endommager,
blesser. —Marne, Yonne : tuer, blesser,
écra-er, rendre fou. — Ancien français :
« affoler. » blesser légèrement. — Fran-
çais : « s'affoler, » c'est devenir fou, être
passionné.
Afkoufai, v. a. et n., donner de
tout avec profusion : o i n' m'étoune
pou (pi' gl' engrais -e gl' é si ben afl'oufé
d' tout ; • je ne m'étonne pas qu'il en-
grai.-^se; il a tout à profusion. V , arr.
deCiviay.— Vend (C et P. D.;— !'a-
fois du Berry : « affourer, » donner à
manger aux troupeaux.
AffO'JGé, e. adj , se dit du feu qui
ne peut s'allumer parce cpi il manque
d'air : « quond 1' feu é affou^é, le bois
brûle à létou.Tade; » quand le feu
manque d'air, le buis brûle en étoufT.ml.
V , arr. ih» Poitiers et de Civray. —
Bas.>e l.iliiiité : affocare, faire du feu
iDuc).
Affoulé , V. n., avorter. V., c.
Montm., Mouli.-mes.
4*
10
AFF
AGA
Affranchi, v ii., rlifitror Ns aiii-
maux On dit. pur iMu«loj;ie , îiflViuicliir
quelqu'un , pcnir exprinuT qu'on l'a
rendu sage el Iriinqnille. (B.-F.) — V. —
I).-S. — Vend. — l.alin : a ffraugere ^
rompre au pri\< ou contre. — Basse lati-
nité : o/ïratK/uire francos , id est li-
ieros et inihunirs nitilere, (Duc.) —
Roman : « alVanquir, > apprivoiser,
adoucir, el « afrancar, » amollir. —
Putois (lu Rerry : « alTrancInr, o clià-
li'er les anim;ni\ — Krançais : « affran-
chir, » uu'ilri' en liberté, décharger,
■exempler.
AFF114NCH1SSF.U, S. m., Celui qui
affranchit. — l) -S, — Patois du Berry :
« alTranchisseur , • clu\lreur de bes-
tiauï.
Affremoghar, V. a., nettoyer les
Stables, eidever le fumier. Vend! (C. et
V. O.)
AFFRlCOCHiet Affbiclochai.v a.,
affriander. V..C Monic, Mazeuil. — (B.-
¥.] — Marne : • affrioler, «séduire, atti-
rer. — Français: a aiïiiuler, » accoutu-
mer à la 2;ourmandise.
Affbigalai. V a. et pr. V. le pré-
céd. V. suivani les localités.
Affriqlelak, r et Affriquflé.ée
lafïriq'laé), adj , freldiant. Vend. (C. et
P. D.) — « ûhl gl'é aiïfiqu'lé quiau
petit gars. >» V. — 4). -S
Affroistai.v. n .faire banqueroute.
Généralemeni appliqué dans ce sens
dans tout le Poitou. -— Français : * af-
fronter, » attaquer avec hardit^sse.
AFFRONTKU el AFFRO^TOU , SB,
adj , c^lui qui a affrontai, qui a fait
banqueroute. V. — D -S. — Français :
• affronieur , » celui q:ii trompe avec
hypocrisie.
' Affbouté . F. (r./;-o?/), adj. , se dit
d'une jachère remplie. Mel — Dans un
sens plus général . il s'applique à une
grande quantité de cho^es. L).-S., arr.
de Melle et de Brns^uire.
Affrolzai ou
affermir, enfonier :
Affo>Z4I . V. a.
« Et Dieo pnr u puissance
» M'a fait ouvrir les oeil pr' affonirr ma créance. »
(Bab.. p. 7.)
Affbutageai et Affblté (I. fru-
gijej- y V a , planter des arbres à fruit.
Une métairie " bin affrutagée » est une
métairie où il y a beaucoup d'arbres à
fruit. V , arr. de Poitiers et de Civray,
c. de Montmordion. — Patois du Berry :
(( afîruiler, » achever de mûrir sur la
paille.
Affubail (I. fibula], s, m., mor-
ceau d'étofTe en forme d'écharpe, et
dont on se couvre la lé.te. Vend. (C. et
P.-!).) — Bass»^ latinité : affibulare ,
Jlbula constriitgere : t pallium, quoin
curia affibulalus erit. » (Duc. Hugo
de (^leeriis de majoratu F'ranciaî).
Affijbliae. V. n., froncer les sour-
cils. Vind. (C. et P. D.)
Affltail, s. m., objet de peu do
valeur. V. — D.-S , dans certaines loca-
lités.
AFFUriArsl/«v//i).s m. pi., instru-
ments en général ; tout ce qui peut
servir à la même chose; objets de peu
de valeur. — ^. — D.-S.— Marne et Haute •
\Iarne : t affutiaus , » petits outils,
petits objets » choses inutiles. — Patois
du Berry : « afifutiau, » effets, orne-
ments, parure: « montrer ses affutiaus,
avoir de beaux affuiiaux. » Il s'écrivait
autrefois a/ustiau , et signifiait un
manche, un morceau de bois.
Agaciî, V. a , se dit des terres m»l
cultivées el que l'on épuise f^ute d'amen-
dements V., arr. de C.hâtelleraud. —
Français : « agacer, » causer un agace
ment.
Agalai, V. a , briser les mottes de
terre qui se trouvent dans les champs
fraîchement labourés, surtout dans feux
otj l'on a semé du maïs : « via aq' mé,
pondont qu'i labourr'ai, t'agal'ra, lé. •
Viens avec moi. pendant que je labou-
rerai, tu briseras les mottes, toi. V ,arr.
Civray. — (B.-F )
Agali . s. m., grande étendue de
champs. (B.-F.) — /'. Aharias.
Agalouh, s. m., râteau qui sert k
agalai les petites moMes. (B -F.) — Adj.
pris substantivement: Celui qui brise des
mottes ou qui abat des noix. V., arr. de
Civray.
Agabai^ exclamation! regarde, vois;
terme de surprise et d'admiration :
a agarai , veir, ce qu' gle vin m' dir'
iquit , i nou arai jamois creit; • re-
garde, voir ce qu'il vient me dire ici. je
ne l'aurais jamais cru. V. Civ. — D.-S.
Limalonges.
AGA
ACiAST OU Agat, s. m. (I. vasfare),
cîôgàl, fiommaf^e : « faire poyez l'agas, »
f.iire payer le dommage, ((lust., p. 69.)
V. — D -S — Vend — Gascon : « agat, »
débordement. — Patois du Berry : viagas
(feau, » abondance d'eau, averse.
Agatai, V. a., (r, agdf), faire du
dommage . du dégât : « Gl'a m'nô ses
cueilles don man blé^ l'a tout agâtai ;»
il a mené ses ouailles dans mon blé. il
l'a tout endommagé. V., — D.-S. — (VJa-
nusc. dw Poitou.) — « Agastant » est
employé dans la coutume du Poitou de
1614 : « tout home qui a jurisdicion
peult prendre , uu faire prendre les
bestes qu'il trouvera malfaisans ou
agasiant en son domaine, > (art. 67 ,
Cit. B. F.) — « Agasiie » : la bonne
contrée des Fr.mcs sera toute agasiie. »
^Chronique dsDuGuesclin, vers 17,136,
Cit. B. F.)
AGkVLkGE'r. gaul€),s. m. Elagage,
D.-S.. — c. Maz. (A. R)
AoAULA.iet AuA(7Li (P. çaule), v. a.,
abattre avec une gaule, gauler: « quand
agauleras-tu les noix? • •=— Acquitter ,
j)ayer : « il aeu la peine d'agauler les
<l€ltes de son enfant. » D S., — c. Maz.
(A. R.)V. Civray. — D -S , arr. de
Bressuire. Français : « Gauler, » abat-
tre avec une gaule.
Agauté, V. a., faire des prévenan
ces» flatter. D -S., C Maz. (A. R.)
Agautés^ s. f. pi. (I. gaudere . Pré-
venances , attentions , surtout de la
part d un inférieur. V. Civray.— D.-S.,
c. Maz (A. R.)
Agdai (I. adjuvare), v. a., aider :
« agde mou don, » aides-moi donc. V.
arr. Civray. — Gascon : < adujabo , »
aidait.
Age, s. m., bois entouré de haies;
haie. Dans I arrondissement de Mont-
morillon quelques propriétés portent ce
nom : Les Ages ; le Pvy de l'Age. Il
y a aussi, dans la commune de Savi
gné, près Civray, une métairie appelée
les Ages D'où ce bon mot : o I>a Cha-
rente (rivière), passant par le tan (mou-
lin) , conduit des Ages (propriété i à la
Folio , autre propriété. » V. Civray.
Agassb ou Ageasse [\.Acax), s. f ,
pie : • Les ageasses sont partout pi-
geaudéas, > blanches et noires. C'est un
proverbe dont le sens est que l'on ne
AGG
n
gagne rien u changer de profession , d^s
condition. — « Ageasse bati'rèle, Tra-
gî'asse ou Tregeasse, o oiseau, genre
d'agcasse. — Ageasse (crêpe à l") :
tf Tous les ans, au dimanche gras, dit
M. Tabbé Auber, on tourne des crê-
pes, duiU chaque bergère prend sa part ;
niais on réserve aussi celle de la pie , et
celle-l.i s appelle Crêpe a l'Ageasse. Kn
efft't , la délicate friandise est un des
goûts favoris de l'oiseau babillard. I ors
donc que, dans l'après-midi , les trou-
peaux sortent de retable , on emporte
des crêpes que l'on va jeter aux bran-
chages élevés des grands arbres, afin
d intéresser la reconnaissance de l'avide
plénirostre. et dans la persuasion qu'on
sera av(?rti par lui de toute approche
de rennemi , c'est-i dire du loup, ou du
garde champêtre. » (Recherches sur
Saint-Pierre-les-Eglises , Vienne). —
Ageasse (jiivelle à l'j. — L'ageasse a
encore la réputation , continue M A uber,
d'avertir sérieu^ement les propriétaires
que loiir terrain est visité par le renard,
la fouine, les voleurs , etc. C'est dans
le but de lui conserver cette bonne ha-
bitude que, après la récolie dos javelles.
la dernière est jetée aussi aux branches
d'un arbre, afin que la pie y trouve des
matériaux pour son nid. « — Roman :
« Agassa f — Marne : « Agache ,
agasse. > — Patois du Berry.
Ageasse. La Fontaine ; t Agace. »
(Fable de l'Aigle et la Pie),
Ageassea, Ageassin et Ageasson,
s. m., jeune pie. V. — D.-S. — Vend,
suivant les localités. — Provençal :
tt Ageassoun. »
Agei , s. m., érable noir, dans quel-
ques communes.
Agençai (r. getiçai),v. a., balayer.
Vend. (C". P. D.).— Au figuré, donner
le fouet :
« Et gl'pn cachant la clc
» De pou que l'au régent ne fii-se ajancer lau po-
[nant.»
(Gust.)
Français: « Agencer, > disposer,
ajuster.
Aggrvva'ît , E (aggravare) , adj".
V.. qui cause des douleurs, du mal aux
pieds: « Chemin aggravant,» àcausedu
sable qui s'y trouve. V,— D.-S— (B.-F.^
\\!
AC.L
y'
— A. R.) rirl()i>.lu n<*n y : « Vi^i^nni'' »
bi' cîil (itv^ pii' Is «K'à ;inini;ui\ (piiinvl ils
SO:»l iniuilris , foulés, sl' dit ou si ciîins
K' même --eas , (lai»-s la Vienne el les
D'-iivSè\ les.
AGOi;oiiAtel AGiiiioiiAi [\. aggre-
ç/arc'i^ V a., rassembler, réunir; lillé-
ialemonl réunir en Iroiipeau. Se dit
prineipaîemjnl de la pouie (pii réunit
?es pou-si :s ^ous ses jîiles. Vend. (C. et
p 1)., V. _ D.-S. —Patois du Btrry et
de Saintoniie.
AGGiiOiAi (s'),v. pr ,s'nccroupir. V.
— I).-S. — Provençal : «Agrouva; sus
lou pople ?grouv;i , » sur le peuple ac-
rroupi. — llabcl.iis : « Arrrouer ; »> el
nous mena druict à la cagt? où il était
accroué. n (î, 5, C. 8 )
Agissanccs (1. agere) , s. f. pi. ,
maniènîd'a^^ir : < on verra ses agi-san
ces. — D -S., r. Maz (A. K)— V., arr.
Civray — Mniiu : « ^gi^'--^» « lesagies
(1 une 'maison, ce sont ses détails inté-
rieurs.
AGLAN igl mouillé.-) [1 glnn>\,
s. m.. V.. arr. de l'oiîiers, de Civray ,
Châlelleraud, .Monimorillon :
« T'aras de r.i jlan, f'.irns de l'ngl.in
»» Quand li-s chnf:n'"s en nmen.lrHut. »
refrain d'une chr.Jison poitevine que les
her.^^ères ch^uilenl en gardant leurs co-
flions. — Pattis limou.-^in : « ogiian. » —
Ardennes: « a^lund.» — Patois du Berry
AglamjEk 'gl mouillés), s. l. ,
recolle du gland V arr de Poitiers et
<'e (!ivray. — Parois du Berry : a aii-
lander, »'aiï; rme: la glandée d un bois.
Aglantin. s uk. églanlier, V. c.St-
Savin.
Aglat, e igl mouillési. [I. glociea]
adj.,gliicé : « blé agial), — qui lieiil
aux pieds : • terre aglal»'.-» - Gras cuil :
« pi.in dglal, » V. arr. P.,(;iv.. — \eixi
(C. et P' D.|— l).-S. c. de .Maz. (A. R.)
— c. de Bre.ssuiie.
Aglaii. k 'gl mouillé.-), adj. , .s'em-
ploie dans lemè'iie.-;ens(iuelemot précc-
denl . avec cell(î diTérenee . quand on
l'applique?^ la terre, cpic celle qiudifi-
calion ne lui e.->t donnée qu(î lorsqu'elle
n'est pa> meuble Dans les communes
de Mouslime» etd'Adrieisou ne mouille
pasies lellresg.el I.V., - I) -.S — Vend.
AgliaU.nls, s, m. [)!., étrennes ,
AGO
p:é.;enls, du piemicr jour de l'an. 1) -S..
c.Maz (\ P\.) — « nguianeu; » c'e.-t
le mot dont les vieilles gens se servent ,
dans la lîeaure , pour d"manler l'au-
mône le jour du pirmii'rde lan. — Pa-
tois du Bjrry : w angilan. r étrenms.—
Rabelais : « aguillaneuf; pour !a ré-
bellion des Soui.-ses qui s'estoient as-
semblés , au nombre de bombies. pour
al!er à l'aguillaneuf , le premier trou de
Tan. î (I . 2 , c. Il )
Aglio.n et Aglin ( gl mouillés) ,
(I. aciiS;, s m., aiguillon, perche as.-ez
longue el efiilée, armée h l'une de ses
extrémités d'une pointe pour pi(pier les
bœufs, et à l'autre d'une petite palette
en fer pour nettoyer la charrue. Syn-
co[)e du mot ag/ug/on. V,, c. de Mont-
cont' ur, Mazeuil — I).-S , c de Bres-
suire. — Roman : « agulion. »
Aglisr l(jl mouillé.-), s. f. , 'sorte de
brioche faite avec du beurre , du sucre
el de la farine. Vend. c. deChalans.
AGLOTi [gl mouillés), s m., gland,
l) -S. c. Tliénezay. /'. Agian.
Agluglon el AGLi]Liî\(f;/ n)0uillés\
s. m., aiguillon. V., arr de Poitiers et
deCivray — Roman : « agulion.» — Pro-
venç.d : « aguhioun. » — Ghampagne :
a aguyon. » Patois limousin : « oi-
guillon. >
Agnea (I. ngmis) , s. m , agneau.
V., Civ. — D.-S., arr. di} Hressuire, —
« Pi.intc m'iqai Iciis les aanf.ns »
{Giist., [I. 1 1.")
Agneleau, s. m., aluvau. \end.
(C. el P. D )
Ag.nelle, Agnette et agmtr (I.
agnalla) , s. f. . agru»au femelle. V., c.
.\iunlc . INIazeuil. — V) -S — Marue :
« agnelle. • — Patois limousin :
u oigtK.'llo. »
Ago. Kxchimation. F.Agarai : «ago,
ago , bezoun, « cii pour se fiiire suivre
fies chiens dans certaines contrée?.
V. Châtelleraud , pour l'emploi du mot
comme exclamation . et pour l'arrond.
de Civray dans le dernier sens. — Ar-
dennes et patois limou-in : o aga »
Agolai, v. a., flatter, flagorner pour
tromper. \ end. (G. el P. D.)
Agoiçai, v. a. et n (axah'.v) , aga-
cemenl causé aux dents , aux nerfs :
« ta poire m'agoice les dents, — (s*| v.
AGU
AGI:
i:^
pr.. elrp foiirmenlé . eiuuiyc , aba.-;-
fiuiirrli. n -S. — jA. R.)
Agossxi, V. 0., moiis.-er, Vend. (C
vt W D.)
AooiiKArDAK , V 11 et pp., PR hnis-
S(>r : être blotti, f" . Aj^rouiii. I).S. —
c. O'Ile.
AciuiiTOU <l. gu(t(i)y s in.,seiui pcTcé
où l'on met éL;ouiUT les fromages I) -S.
0. de (Icllo.
Agrains !}. qrmnim) , s m. |)I.. cri-
bhires de céré;iips destinées aux voIimI-
les. V. arr. (.hàt., iMontm . — Sain-
ton ;^e.
Agralat , V. a., flatter. V. arr. de
Poitiers et de (jvray. — /''. Ai.'olai. —
Ronian : « a^reiar,» honorer, « agradar,»
plaiie. délecter. — Ga.-con : « agrada,»
plaire.
AORALFiiR et Agralfux, sr. adj. ,
fciiii ou relie (]iii a^rale: « ah! (]u' (|iii-
au iiars é agraleox ! » ah î qne ce gar-
est flatteur l^^-I) -S. suivatif les lieux.
Agiugo'.'Ssi (cire), Icc. , avoir! air
souffrant et m;dade : «in' ^é poué
qui qu'oui at I ve?in , gl' é jolirnonl
agregous>i ; « je ne sais pas ce qu'a le
voisin, il a j-ilimeul I air nu.huie. V.
Civray.
AGREIANCE (I. çrofl/s), S. m . COH-
Fentemcnt, agrément : < i au .f'ré avec
I agréiance de n»a fennnie; » je le ferai
avec le con^entonienl ragrémenl de ma
fenune. V., arr. de Poitiers. — I];isse
iiitinité : agreamention , consensus,
agrément (Duc.)— Gascon : a agrada, »
plaire.
Agrkignai, V. a., exciier h se
battre. l).-8., c. ^laz. (A. H.)
Agrimaili-ai et agblmi.iilm [I
gruniu.^] (s ), v pr. , se réduire eu gru-
meaux, eu petites l)oules : « de peu
quieuqu' tomps, uiau lait s'agremaill
trejou; •> depuis quelque temps, mon
li'it seiéduit toujours en grumeaux. V ,
arr de Poitieis et de Civray — D -S
— (A. R) suivant les localités.
Agrknail (1. granum)^ s. m., dépôt
au fond d'un vase : « n' v'rse don pou
si vite, te fia cheure les agrenails; b ne
verse donc pas si vi^e, tu feras tomber
le dépôt. V.-D.-S.-Vend.
Agrexai' l\i (r. agrenail/es], v.a.,
jeter des grains défectueux, des agrains
aux volailles : « mes poulets profiiant-
eils bén depeu qu'i les ngrenr.ille ! «
\tes poulets profilenl-ils bien ('(«puisquo
je leur donne du grain ' V. — D.-S.
Agbe;\aillfs et Agrevaix. s. f.
pi., grains défectueux. V. — D.-S Vend,
suivant les lieux,
Agiîfine, V. a., jeter du grain aux
volailles dans la trémie du moulin :
« vô don agrené quiés pcudets, gle cre-
vant de foiin . » va doiu*. donner du
grain h ces poulets, ih crèviMit de faim.
— Au figuré, fournir de l'argent à (piel-
qu'un. V. — D.-S. — Vend — Rabelais :
a a-zrené» faiij.i, plein, repu.(L. xxx),
c 15.)
Agrenoisrs, s. f. pi , grains défec-
tueux. V. — D. S — Vend, suivant les
lieux. F. Agrenailk'S.
Aguichae, v. a , attraper, prendre,
sai.-ir : « gl', agrich' prelout où gr[)cul; »
il altrappe partout où il peut. \' . — D -S.
AGRiPP\i (I. conipcre), v. a , sai-
sir : « s' i peux t'agrippai , meitignn
gars, tu moupoiras; » si je peux to
sai-^'P, mon gars, tu me le payeras.
D.-S , c. de Bressuire.— Veisl. — l'ra!-
çais : « gripper, » attraper subli'emenf.
Sai-ir, arrêter.
A G ROLE, s. m., genêt épineux V,
(hà'. — Corbeau , gf-ole. — V., c de
.VIonimoriilou.
Agkolê, v. a , flatter. V., arr. do
Chàlelleraud. V. Agolai — Patois du
Berry : a agroler, » insulter.
Agroumi (s'), v. pr., s'accroupir,
mettre culotte bas-e. V , arr. < hàt —
Provençal : « agr oumouli ; s'agnanuou-
lisson et s'estiront, » s'accroupissent et
s'allongent, — ï'atois limousin : « agru-
nii et ogrumi. »
Agija fagai, exclamation. D.-S., c. do
Hressuire. y . Ago. — Rabelais: « ai:ua,
men ami, elles sont tant douillettes »
(L. IV, c. G7.)
AGUEGiNi, v. a , exciter les chiens .î
se battre, a aboyer : * d piequ agiio-
gni sans cesse le» chiens? b V., c. (ie
iMontcontour.
Aguervant, e. adj. vcrb., qui cau-e
de.-^ douleurs. V — D -S tJans ipjciques
locidités. y. Aggravant.
Agl'GLE((/w et ^/mouillés) ji. Aciis],
aiguille à coudre, aiguille de charrette.
V. — D.-S.
Rcman : « a'^u gua et
a'j:uilla. » — Rabelais : « l'aullre soub
14
AÎG
AÏG
haicloit le templo do Notrc-Danu» lout
plein d'aguilesucérés.') (Koiiv. pr. liv.iv,
p. 1510)'
Aguglk icju el g! monillésV s. f. .
pl.inte dont les grains sont renfernK'S
dans des siliqnes lunj^ues ef aiguës et ()iii
ont une certaine ressornblano' avec l'iri-
cuille. V.— B.-F.l— n-S.
Ar.iGLEE et Acre LIE (gu ff yl
nïouillés), s. f., ai.^iiillon. V., arr. de
Toiiiers et de (".ivray — /'. Agiion.
Agi'mentr 's', ^(/i/ nu)uillé-l, v. pr..
sHrdormer, s'enquérir, s'inquiéter : t y'
n'au cré pu depis qui m'en sis a^ju-
nvnlé; » je ne crois plus cela df[iurs (frie
je m'en suis informé. V., arr. Châl.
Agusail et Aguse (pierre d'). s. m ,
pierre à aiguiser : « i ai predu moun
aguse ; la tu trouvai? • J'ai perdu ma
pierre a aigui.-er, l'as tu trouvée? V^ —
D. S. suivant les lieux
Agdsai [gu mouillés) [I. acuere],
V. a , aiguiser. V. — D.-S. — Aguse (s'|,
V. pr., se dit (U^> piailles et principale
ment des céréales (jui, pressées par la
chaleur, ne peuvent faire de dragcoiis,
et ne forment que des lig<s aus?i me-
nues quo des aiguilles : « j' vins d* voir
mes blés, le sont louî agusés. » V , arr.
de Chàlelleraud — Ronuin : « aguzar. »
— Français : « aîizuisei. •
• » ^
Aglsktte igl mouillés' [pierre d'|,
diminutif d'agu.-e. V. ce mot V , Cha-
laitdrai
AHARsaR, V. a., regarder, faire at-
tention a queNju un, a quelque chose.
Vend. (C. et P. O )
Ahhjlai(I t//M/a/f),v,a ,crieraprès
quelqu'un, l'ahurir : « et gle n' z' aheu
liant, » et ils criaiv'nt sur nous. D -S.
AiCKTiEOu piarde en bois, s. f . ,
outil de charpentier. V., arr. de Cl)ât.
V. Ancf-rolle. — Pe'ite planche pour
hacher la viande ou l<» porter cuire au
four. V., c. de Montmorillon.
AiFFAGE, s. m., terrain bas el hu
mide. V., 0. de Montmorillon.
AiGAiL ou AiGUAiLd aqua),s. m ,
rosée : « l'aigail fait venir la bequeule
(maladie, î;. ce mot) aux cueilles. > D.-S
— Vend. — Ce mot, joint au verbe faire ,
est employé proverbialement, pour dire
causer du tort, du dommage. Celte ex-
pre^.sion vient peut être du tort consi-
déi able que Ton fait aux |)rés en y pas-
sant, quand il y a de la rosée.
» Pfc to dire, y ne sçais d;iux «iiieiix faut mny se
[pl«ln(1r»v
• r.'>r qiiicl.iy z'animaux nous (oui bay de l'(?Kall.>»
(Gusl., p. 61 )
Roman : • aigua. » — Provençal :
« eigagno, eigagnole, » rosée; « à l'ei-
gagno. » il la rosée. — Ancien français.
AiGAiLLAi, V. impers., couvrir de
rosée : « a malrn, o!' tait fort aigaillai ; »
ce matin, il y avait beaucoup de rosée.
— Par extension, jeter, répandre sur des
objets quelques gouttes d'eau, du sel ,
de la fiirrne : « sardines aigaillées, » qui
ont été un peu .salées. — Au liguré (s'égail-
lai). V. pr., s'éparpiller, se répandre :
« aigaillez-vou>, les gars ! » expressioit
devenue célèbre depuis les guerres ven-
déennes. (A. R.) Dans tout le Poitou.
AiGAiLLÉ, V. a., passer à l'eau lo
linge sale : « Mariton , va don aigaillé
les linceux ; • Marie, va donc passer à
l'eau les draps des lits. V.
A iG AILLER, s. f , petite pluie douce :
« ol a cheut in' p'tif égaillée qui a fé
grond biti à nous prés; » il a tombé
une petite rosée qui a fait grand bien à
nos prés. V. — D.-S.
AiGAiLLi, s. m. eau répandue en
grande quaritité, par maladresse ou inu-
tilement : « gar" don queul aigailli, ail*
a fait dons la place. • Voyez (lonc toute
l'eau (pi'ellea répanduedans la chambre.
V.-D-^S.
AiGAiLLOiJ, SE, adj., forte rosée; le
lieu où elle est répandue : « ol' tait bin
aigaillou à malin ; » c'était bien couvert
de ro.-^ée ce matin. — Par extension, l'on
dit d'une personne qu'elle est aigail-
louse, quand elle revient d'un champ,
d'un pré, les pieds et les jambes trempés
par la rosée : « Ah I ma cher' feille,eh I
l'é tout' aigaillouse ; » ah ! ma chère
fîile, eh 1 tu es toute trempée de rosée.
V., arr. de Poitiers et de Civray.
AiGAiLLL'BE, S. m , diminutif d'ai-
gail, arrosement léger des plantes, des
légumes : « i vas baillé in* aigaillure à
mes carottes n V , c. de Neuville.
AiGLACi (gl mouillés), v. a., casser
une branche d'arbre qui, en se brisant,
emporte avec elle des lambeaux d'écorce,
et fait fendre l'autre partie qui reste al-
AIG
tachée au tronc : « queu demage d'aveir
iii.t;Iaci qiial' ?i jolie p'tit' enle ; »
quel dommage d'avoir cassé ce si joli
petit arbre. V., c. de Mirebeau.
AiGLANDAi igl mouillés) ; v. le pré-
cédent. (D. -F.).
AiG>EA, s. m., agneau. V. — D.-S.
suivant les lieux. /^. Agnea.
AiGMEL\i; V. n., mettre bas en par-
lant des brebis : a tout' mes oueilles
-sanl ogneléies; » toutes mes brebis ont
mis bas, V., arr. de Civray.
AiG^ELiN, s. m., laine pri^e sur les
agneaux de l'année. V. — D.-S.— Vend.
— Ardennes : « agnelin. »
AiG;MTE , s. f., agneau femelle. V.,
arr. de Civray. /'. Agnelle.
AiGKÈMES (I. Iacrymie\,s. f. pl.Jar
mes : • les aigrèmes m'en cheu>iant daux
îiils;» les pleurs m'en lombaientdes yeux.
V., arr. de Civray et de Poitiers. — l).-S.
» Le» aigrémc» dos ails 1y sorliant pu Rrnnssr.s
B Que iL'ti us que pounaiit nos deux poiiklles
(musses.
(Gust.)
Légrèmcs, » larmes, gouttes d'eau. (Lac ,
l. Il, cit. B.-F.)
AiGBON, s m., héron , oiseau. V.
AlGUAI et AiGlJE, adj. . déguenillé,
misérable. D.-S. , c. de Bressuiro :
« Quand y tU dos Français, autrefois, riche,
{heureux]
» Tout déglmbré dans Londre. aigi.é* qufme do*
[gue<'x]. »
(Bab., p. 46.)
AiGUAi, V. a., habiller, arranger,
mettre en ordre. D.-S , c. Bressuire. —
Vend. Font. (Cet P. D.)— Raccommo-
der : aigu' don ma c'Iotie; » raccomuiode
donc ma culotte. V., arr. de Civray. —
• Eiga » » accommoder, ranger (La-
combe, cit. B.-F.)
AiGUAi (r. aiguë), v. a., mettre, ré-
pandre de l'eau : « tes prés .«^ant-eils
aigués? » Par extension, étancher les
fonds d'une futaille afin qu'elle ne perde
plus le liquide qu'elle contient. V. —
D.-S. —Rabelais : « en banquetant, du
vin aigué séparaient l'eau. » (L. i",
c. 24.)
AiGUEfi. aqua),s. f.,eau. V.,arr. de
Montmorillon. — Breton : • aguen. » —
Languedocien : « ayga. « — Provençal :
Ain
15
« aïgo ; ouslaloun pôr l'ai^zo rousiga, i»
maisonnette rongée par ICiiu. — Patois
limousin : aïgo. » — Marne et Haute-
Marne : « aiguë et aigé. > — Noms do
lieux : Mortaigiie, près Bcuivsso; Fon-
taigue, près St-Maurice-en-Cjençay (V )
AiGUiet Aiguière, s. f , rigole tracée
dans un champ pour faire écouler les
eaux pluviales. D. S.,c. de Bressuire —
(B.-F.) — Patois du Berry. — Français :
a aiguière, » vase à anse et à bec pour
verser de l'eau.
AiGUiLLABDB, S f., aiguillon. V.,
arr. de Montmorillon r. Agiion.
Ail, s. m., œil. V. — D -S. suivant
les localités. « Qui baissant si fort les
ails et la tète. » (Gust., p. .SO.)
Ail a la sbbpent, s. m., Hyaciri'
thuscomosus.{Miiu(\.) V. — D.-S.
AiLLOCi et AiLLOUBAi, v. a.. casser
une branche d'arbre qui, en se brisant,
emporte avec elle des lambeaux d'écorce.
D.-S., c. de Bressuire. f^. Aiglaci.
AiLLOCHES,s. f. pi., herbe a la perle
ou avoine perlée. (B.-F.)
AiLLOua et AiLLOU, adv. , ailleurs ,
d'ailleurs. V., arr. Civray, c. de Mire-
beau. — D.-S. — Venil. — <• G le vent
d'ailloux. »(Bab., p. i>.)
• T'éras, sais en b^y sùrf ,
» Altluu planter des cliixix. »
(GUst., p. 5.)
AiLLOox, s. m., Hyacinthiix como-
5WS. V..arr.dePoit.(\Iaud.) -C. Monte.,
c. Maze., arr. de Civray. — D.-S. V. Ail
à la serpent.
AiMEMOU. s. m., myosotis V., arr.
de Poit. (Maud.)
Aitv, INNE (I. www.s); adj num., un,
une V. — D.-S.— Vend.
AiNGAiL, s m., rosée. V., arr. do
Chàlelleraud. f^, Aigail.
AiNSE et AiNGSE,s. f., peau qui re-
couvre les jointures des phalanges sur le
dessus des mains : « les ainses d'aux
moins m' fant grond mau ; » la peau du
dessus des mains me fait grand mal.
V , arr Poit.— Vend. Font, [il et P. D.)
—D.-S., c. de Bressuire.
AiB-DO-ToMPS {l.aer.tempus), îoc,
air du temps; le ciel, le firmament :
« ochet de l'aive de l'air-do-lomps; » il
16
ADJ
ALA
lombc (!e l'eiiu. V.— 1) -S., c. de Bri-s-
suiiL' :
« Qui fiO.int prr bondi* dans Tnir do tcmp!»
» Lou godir «'t Ion gnii7.é. «
(Rob. Uiv.. p. 195. Cit. n.-F.)
Qui fifi-îiiinl îk> oz rolenlir (l;ins l';iir du
tt mps liiir boiiclii' vt \vuv j^osicr.
Aiiui)\. s f., portion (l'une îlirro.
f^'.^^' '"<^'') • « "<^""^ n'avons pu baltro
qn'ino airada a c;!ii>e de ifiiel'i" mniée.»
(B.-FJ
AiRADAi et AiRAi (I. nrerp\ v. n ,
sérher sur pied , se dit priririp;demeiit
(h'^ céréales ^R.-F ) — Anglais : « airer,»
tcrhrr. rhaufifer.
AiREK (I. créa), s. f.. 1rs ijerhi^s
ôien •Uf's sur une ^our à hallre! l/on
(lit.halln'iiiio. deux airées. V — D.-S.—
Qiianliléile rlioses étenduessur la lerre,
par nkClonymie : o le vrnt a fait cheure
inneairétule poires. • — «Airée d'aive. »
par métaphore averse, grande pluie. V.
— Marne, Ardennes : « aifée, airault. •
— Kra'çais : « aiie, » cour à l)at!re.
AihfHK, s. f , fiTon <!e lalx.urage.
V.. c. do Neuville. — ArdiMines : o âi-
rure, » culîure.
AisiNAiet Aisi, V a. el n., mouvoir,
faire enirer fHciN'ment ; « ma manche
n'ai.-ine [)as. » — (S ), v. pr., se lourner.
enirer à .-on aise. D. S. (A. R ) (B -V.)
— V., arr. de Poilirr^. — f^alois limou-
sin ; <i eysina, » — v. pr. Is'), èirc adroit
a son ouvrage . à faire tonte e.-pèce de
rhoses : o il s'aisit bin à la besogne. »
V., arr. de Clhàielleraud.
AisiNANCE, s. f, aisance dans les
mouvements , faculé de faire, d'agir.
V., arr. Moulin.. I nchapt , Adriei>. —
(B-F.) — Bas.-^e latinité , aisantiu ,. vox
foren-is . f.icullas quain quis habel
utendi, in alienu piœdio, rébus non
Mi!s, vel ex jure miinicipali , vel pro
prielariorum concessione , a gallico,
uisauce. coinmo(!itas. — Boman : • ai
zina, > facilité. — Français : a aisance, o
f.icililé dans les aclions, les di.-cours,
les manières.
AisissANT, E. adj. verb , chose que
l'on peut mellre à l'aise V.ldiâf. — D -.S..
c Maz. 'A . R .) — Celui ou cède qui est
actif : « qiiiau gars é ben ai^is^aul. »
V. arr de ( ivray.
ADJUDE (\-ac/jutonum), ai Je. Vend.
(C. et P. D.)— Pa-se lalinilé : uahicfn ■
auxilium. — Roman : «< ajiida. « — Gas-
con : « adujabo, » aidait. — Picardie:
« aiude. > — Marne : « aiduie , aïe,
aiup , " aide. — Patois du Berry : • aji-
der, » aider.
AivAi (r. aive)^ v. a., abreuver,
irriguiT : • aivai les près, • y conduire
l'eau par des rigoles V. Civ. — D.-S.
AIVE il. iiquu), s. f., eau. V.— [).-S.
Vend —Gallois : « a\v, » eau. — Yave :
« si qui» j'en léroie un jui.-e (jugement)
de chaude yave et de fer ehaiid. »
iRoman du renard.) — « tve, esve , •
ancien français.
A IV EUX et Aivou,SE, adj , humide,
qui relient l'eau. Se dit principalement
des terres : • quialle terre n' vaut rin,
air é trot aiveuse; » celle terre no vaut
rien, elle est trop humide. V. — D -S.
— Vend. — « Aivissoux, se. w (B -F.)
Ajaii-lo.v, s. m., Tajonc, le jonc
marin, le genêt épineux. les Euro-
pœus de l inné (B.-F.)
Ajançai , v. a., balayer. (Gusl.)
V. Agencer.
Aja, inlerj. ah! ah! V. Chalandrai.
D.-S. Vastes. — iB.-F.)
Ajects(1. adjectvs\,s.m. pi., ce que
l'on donne en sus du marché : « i v' bail-
l'rai vingt écusel les ajfts. » D -S. Châ-
lillon.
/^JHl^DRE (\.acljungeré),\ a., attein-
dre, attraper à la course : a o s' né niu
derinqu'i rajeinde; o il s'en e-t fallu do
rien que je l'attrape. V., c. de Monte,
:\laz(uil. — D. S., arr. Mel. el do
Bres^uire.
Ala.xg'ii, e (1. iançjuidus)^ adj.,
celui ou celle qui souffre de la soif.
\. .Mazeui! —Gascon : « alangourido ;
el dens se roso a!angouri(io, » et dans
ses roses langoureuses.
A LAN Oïl, v. n., ïrOUiTrir de la suif.
V. Monte. Mazeuil.
ALA>GTibSEMENT, S. m., étal de celui
qui souffre de la soif. V. Monte. Ma-
zeuil.
Alapi, e, adj., collé, qui se lient l'un
à l'autre : « ah ! (pi i ai grond chaaud I
ma ch'mis' en é alapie a ma pia ; » ah I
que j'ai grand chaud ! ma r hemise en
est collée h ma peau. V., arr (ivray.
Alapi, v. a., coller; par extension,
feutrer : « faut alapi la lanc pre fair'
ALL
ALO
17
(lyiixchapijnix, » il finiloolk'r la hiino
l)Our faire des chaiieaux. V., arr. de
CiMay.
Alein (!. ha/ilus), s. m., haleine :
« gl' a in alein bin mauvais. » V,,orr. de
rniiiers, de Civrav ef de Mon'rnorillon.
— Provençid : « a!én ; on lenént soun
alén. • — Marne : « alénée. •»
ALE^TI, F, adj., celui ou celle qui
souffle de la soif. V.— Marne : a alenli, •
paresseux, làehe.
Alentissement, s. n>., état de celui
qui soufTre de la >oif. V.,arr. de Chàîel-
loraud. /'. Alangtissement.
Ali , s. m., pain qui n'est pas levé.
Vend. (C. et P. D.)
Alîgk, p. f .fruit de l'alizier. V., arr.
deCivray. — [B.-F.) — Patois du Berry :
« a lis. »
ALiriAUX, s. m. pi., oreillons. En-
lever les alipiaux, c'est presser, avec les
doigts, les i\erf> qui se trouvent au-
desfous dis o.'"eilles , ce qui cau^e une
vive douleur : Ton dit en plaisantant à
un enfant : • o faut que je te desserre
les alipaux , lu mangeras mieux. •
V., arr. de Châlelleraud. — Rabelais :
« auriper.ux ; en nostre abbaye, nous
n'étudions jamais de paour des auri-
peaux. » (1 . i^"", c. 39 |
Aliron, s. m., le lérol de Bufîon
D.-S., c. de Bressuire.
Alise, s m., gâteau sans levain,
pain gras rui». D. S. Thénezai, arr rie
Bressuire. —Vend. (C. et P. I).)— Gâteau
rond et dentelé, î-ur lequel on a
étendu du fromage que l'on fait cuire
avec la pâte. V., arr. de Civray. — Sain
tonge : <• alise. » galette peu levée fuite
avec le résidu de la pâte
All\r. s. m. , peuplier en général.
D -S., arr. de Melle. — Patois du Berry :
a ayola d • peuplier noir.
Allant, s. m., espèce de couleuvre.
V.,c. Monte, ^îazeuil. — D.S
Allé, aille, pr. pers., 3« pers.
fém., elle. V.—D -S.— Haute-Marne.
Allée, s. f., asphodèle blanc ou ra-
meux. nsphodelvs ramosus, plante tu-
berculeuse qui vient dans les bois
(B.-F.)--V. Chalandray. — D.-S , arr.
de Bressuire.
Allegbin ^aU'grin), s m., ranchcr
,de charrette. V., arr. de Châtelleraud.
Alluugne (I. ii)ica), v. a , aligner,
mettre en lignes. V.,arr. de Poitiers.
Allier, s. m., peuplier. I).-S., arr.
de Mel. (Rond , — Basse latinité : alie-
Tins, arboris species . Belgis nosiris,
a lie}' Duc). — Français : « allier, •
terme de chasse, filet pour prendre des
cailles.
ALLOiniT et Allourit (être), loc,
fatigué, abattu par la chaleur (B -F.)
ALLOrsi, E, adj., épuisé de fatigue:
« i n' peu rén fair', i seu tout alluisi, »
je ne peux rien fHÎre. je suis épuisé de
fatigue. V., arr. deCivray.
Allotai, v. a., tromper dans un
marché : « meingne vesin ni'a allotai
pas mal, en m' vondont ses bus, gn'au
z-a poué fat a n'un ingrat ; o mon voisin
ne m'a pas mal trompé en me vendant
ses bœufs; il ne l'a pas fait à un ingrat.
D. S., c de Bressuire. — Vend. Font.
(C. et P. D )
Alogeai , v. a., avertir que le four
est chaud. (B.-F.)
ALOivGEAiLet Alonji;re (Irè.'^-long),
[I. longus], s des ?. j;«mu'., prolonge-
ment d'un objet : « OIj ! Jeannette , ta
rob'é trot courte; melsyin alongeail. —
M( tsen don ine à ta cîiolte, tai. » Oh!
Jean net !e. la robe est trop courte, mets-
y un aiong(';iil. — Mets en ilonc une h
t'a culotte, toi. V. — I).-S. — Suivant les
lieux.
Alopinai (r. lopin), v. a., couper
par petits morceaux, par lopins : «avant
de sanai quiés poiim-terre, o faudra les
alopiiuii ; » avant de semer ces pommes
de ter re , il faudra les couper par [)etit5
morceaux. V., — D. S.
Aloquetai (aloq'tai) , v. a., faire
des Itus : « dans le partage de ton père,
tout a été mal aloiilai. » O.-S. — c. do
Maz.(A W.)
Alori, e, adj , assoupi. Vend. (C.
et P. i).)
Alotai . v. a., faire des lots V,, Ci-
vray. — /'. Aloquetai. — Patois du
Berry : « allotir. »
Aloi Bi et Aloubri, e (1 hipîrc) ,
adj. , affamé , gourmand : « glé aloubi
coume in' chinne qu' ses chins tétant. >
Il est affamé comme une chienne que
ses chiens tètent. V., arr. de Civray ,
18
AMA
AMR
Châlelleraud et de Poilieri. — D.-S. c.
deBressuire. — Vend.
« Qal rom dr fr;infs alonbl^
i> Manglani lu bouc éiique *
(Uust., p. aa.)
— Provençal : « aloubali , v'en l'orne
aloiibaii. » Rabelais: « ailouvir; je
suis allouvi el alTamé de bien faire el
travailler. » (L. iv., c. 24.)
Alouette-Baiibe et Baudr, s. f,
alouelte-cochevis. V. c. Monte, Mazeuil.
— (Maud.)
Alouette-Dupkb (huppée), s. f. » le
cocheviseï la calandre. V., arr. de Poi-
tiers el de Civray.
ALOUETTE-FKKLunE , ?. f. , alouette
cochevis. V., air. de Monlmorilion. V.
Alouetle-Baube.
ALOUETTK'RAI.ETTE, ou RATILLE, OU
simplement RALETTB, s. f., c'est raiouetle
du printemps, beaucoup plus petite et
d'une couleur plus fauve que l'ulouetle
ordinaire. (B. F.)
Alouge. s. m., morceau de pain que
la bergère donne en récompense à son
chien lorsqu'il revient de détourner les
brebis qui font du dégât : « alouiié ,
alougé, man chin, man valet, alougé, »
du pain, du pain, mon chien, mon
valet, du pain. V., arr. de Civray. —
Basse latinité : « alogia , convivium
sine sermone, quia anliqui siienter
prandebant (Duc ).
A LUGE. s. f., fruit de l'alizier. V.Cha-
landray,c. de Monlmorilion, Moulismes.
D.-S. — c. de Thénezay. / . Alitie.
Alugeai et Alugié g. légèrement
aspiré), s. m., alizier. D.-S. — Vasies.
V. Chalandray.
Alvert, s. m., lézard vert.
Amaron et Amabont (le / sonne),
s. m., la matricaire, matricaria par-
thenium. — (B -F.). V., arr. de ( hâlelle-
raud. — D.-S, ,c. deBressuire. —Roman:
« amaruns, » amertume.
Amattounai , V. a. , former des iné-
galités , des duretés dans la laine , dans
la filasse que l'on travaille.— (s') v. pr.,
se dit des poupées de chanvre, de laine
qui forment des nœuds, des duretés.
D.-S., c. de Bressuire. — (A. R.)
AMANDURAEet AMAUDUBÉ, V. a. et
pr., adoucir, apaiser. Vend. (C. P. D)
V. — D.-S. — Gascon : « amadura, »
mûrir.
Amarné(s'), V. pr., s'engorger en
parlant des glandes lactées. V., c. de
Wontmorillon. f. Acharnaillai.
Amblé (6/ mouillés), s m , lien
rond , en cuir, en branches flexibles, ou
en osier, servant à tenir le joug des
bœufs , à l'aiguille d'une charrette ou
à la perche d'une charrue. V. — D.-
S. — Vend., suivant les localités. —
Basse latinité : c amblacium , instru-
mentum ru>ticum (Duc.) — « Vambla-
cius ^ dit M. Guérard , est annulus
virgis flexis , contortisque efformatus ,
cui paxillus jugi inserilur, isque annu-
lus aralri temonem extremum adjunc-
tumque in ipsum introducium relinet
alqueatlrahit. » (Cit. B.-F) — Arden-
nes : « amblai , » claie , ridelle.
Amble ibl mouillés), s. m. , pain
rond, ou gâteau ayant un trou au mi-
lieu. (B. F.)
Ambredoibai , V. a., étendre une
substance grasse ou humide sur quelque
cho.^e, salir ; se prend toujours en mau-
vaise part. (B.-F.) — V., arr. de Civray.
Ambrenai, ie (r. abreuver)^ part,
passé d'ambrevai; terrain humecté par
l'eau. V. — D.-S. — Français : « abreu-
ver, » humecter profondément.
Amegnoiina!,v. a., caresser, flatter,
traiter une personne avec douceur :
c i se ben perqué tu m'am'gnounne ,
te vMrais aver quieuqui » ; je sais bien
pourquoi tu me flattes , tu voudrais
avoir cela D.-S. — Haute-Marne :
• amignolter, » caresser, flatter.
Amelottes, s. f. pi., restes de pain
laissés sur la table à la fin du repas ;
« tu fais trejou dos amelottes. » (B.-F.)
AME(>iUiONet Ambndillon(1. emen-
datio)^ s. m , ce que le vendeur donne
audelàfle la juste mesure, et quiamende,
rend meilleur le marché. V., — D.-S.,
suivant les localités.
Amenai , v. n., mettre bas en par-
lant des animaux en général. Dans
tout le Poitou. — Patois du Berry :
a produire. » — Français : « amener, n
mener, conduire.
Amebsaulb, s. m., plante, salix
caprœa. V., arr. de Poit. (Maud.)
Amessai (1. missa)y v. a., bénir une
femme lorsqu'elle vient pour la pre-
ANC
niicre fois à la messe après ses cou-
ches. V., arr. de Poitiers.— D. -S., c. de
Bressuire. — (A. R.)
Aminochai (s'), V. pr. , littérale-
ment prendre de la mine, se dit des
affaires qui , selon qu'elles se traitent
ou se présentent, se font bien ou mal.
V,, arr. de Civraj'. — D.-S., arr. de
Mel.—(B. -F.)— Bas-Breton: • moina, »
se montrer.
Amibollet, s. m., chant clair et
élevé d une personne que l'on est
étonné d'entendre chanter : « gle chonte
quem' in amirollet. > Vend. Font. (Cet
P. D.)
A MOIN DR ESI (1. minuere\v. a et n.,
diminuer, rendre moindre. Vend. Font.
(C. et P. 0.)
Amoissat, V. a , exciter les chiens à
nous défendre, en criant: A moi ! à moi!
(A.R.)
Amondia et Amondiant, s. f., ce
que le vendeur donne au delà de la juste
mesure : « doun' me don ine p'tite
^amondia. » D.-S. , c. de Bressuire.
- (B.-F.)
Amondurae et Amoudubai, v. a.,
adoucir, apai^er. Vend. (Cet P. D.) — V.
n.-S. V. Amandurée. — Patois du
Berry : « amodurer du vin, > y mettre
de Teau
Amoniance (en), loc, inutilement ,
sans nécessité : « prêchai fair' brulâe
do bois en amoniance?o n' fé pas fré. »
Pourquoi faire brûler du bois inutile-
ment ? il ne fait pas froid. D.-S., arr. de
Mel. - (B-F.)
Amont (d'i [1. ad ^ mons]^ adv., en
haut. V. Luchapt. — Ardennes, Marne,
Aube : « amont, n en haut.
Amobni , E, adj., triste, souffrant.
D.-S., arr. de Bressuire. — Anglais:
• to mourn, >* pleurer, porter deuil.
Amourinai (s'j [1. morî], v. pr.,
dépérir, mourir ppu à peu, se dessécher.
Se dit principalement des arbres ou des
plantes : « mes blés n* fasant pou boun'
mine, gle s'amourinant. b D.-S., c. de
Celles. — (B.-F.)— Saintonge. — Burgaud
des Marets : « peur tout vaillan j'avon
ine oueiye amourinée. » (I" égloguede
Virgile).
Angebollb (anc'rolle), s. f., outil de
charpentier qui sert à doler le bois. V. —
ANÉ
19
Aisserollo ou asserolle. (Manusc. du
Poitou. An. 1733.)
Ancia, s. f , petite palette en fer et
à douille que l'on adapte au pied de
l'aiguillon, et dont le laboureur se sert
pour nettoyer sa charrue et trancher
les mauvaises herbes. V., arr. Poit.
Ançollk, s. f., outil de charpentier.
V., arr. de Civray. V. Ancerolle. —
Latin : ancile^ sorte de bouclier coupé
des deux côtés, de sorte que le haut et
le bas paraissent plus larges que le
milieu.
Ancbit. s. m., écrit imprimé.
« Gn'a folt quio bel ancrlt que pre meil tous ;ip-
[prendre. »
(Ép. àBab.)
Andais ou Andois. s. f , petite pa-
lette en fer et à douille. V., arr. de
Châtelleraud. V. Ancia.
Andegueni, v. a, et n., dépérir,
dessécher, sans pouvoir se plaindre ,
mourir d'envie d'une chose qu'on ne
peut avoir :
« O faudrat croqnay le mnricot
■ AnUrguent sans dire taot. »
(Giut., p. s<.)
Andillon, s. m., griffes ou ongles
des animaux à pied fourchu. V., arr. de
Poit.— Patois limousin : a andillou. »
Ane, s. m., sorte de raclette dont on
se sert pour ramasser et réunir le grain
sur l'aire. V., arr. de Poitiers et de
Civray.
Ané (t. Aacwoc/tf), adv., aujourd'hui.
Dans quelques localités du Poitou. —
L'abbé Rousseau écrit ce mot par ^, et
le fait dériver des deux mots latins,
hac et nocte. Contrairement à l'opinion
de Ménage, qui lui donne pour racine
in hodie , et adoptant celle de l'abbé
Rousseau, la plus vraisemblable , il est
vrai de constater que, depuis longtemps,
il est d'usage de l'écrire par a et non
par h. Cette façon de parler , au reste,
a pris sa source dans la coutume des
Gaulois et des Germains de diviser le
temps par le nombre des nuits. Les
Francs, les Anglo-Saxons et les peuples
du Nord adoptèrent cet usage, encore
suivi au xii* siècle. Quot nocies habet
infans iste ? est-il dit dans la vie de S.
Goar. — Non noctes, dit Geoffroi de
20
ANI
A NT
mouillés^ , s. m. ,
des aninuMix à pied
les lieux. V. Andil-
Ve;tdôino , senuidu))! cnnsuefKffinnu
faïcornm ^ se^f , secHuduni insliluta,
inducias postulawus. — Gascon .
* cinèy. - — I iitois liiiiousin : «♦ nné. »
A^iRDiL, S. m , orvet. V. Moiilisnies.
Aneuil, adv.. aujourd'hui. V.,c. de
ri-'ie-Jouriain.
Aneissai I. nncfesccrc, v. n. et
iinp. , commencer à faire nuit. Vend
(C et V. I).)— Kspai;Mol : c anochecer, •
faire nuit. (Cit. C et P. D )
A>njT. adv., aujourd'hui V.— D -S.
Vend, suivant les localités. V. o ané. »
Tau rit annil jnlimrnt
Qi:l drinuin é in grond tonnent.
(Geiit. P. «t., p. 38.)
Aneutzi, V. n, et imp., commencer
à faire nuil. V. , arr. de Civray.
V. Aneussai.
Anc.lox (gi.
grifïes ou onii;les
lourchu. Suivant
Ion
AA'GoissAf ou Angoi'fssvi {]. an-
gère), v. a., dé>ireravec?.r(leur, ef, par
antithèse, tr-^casser, eniiuyer : «. an-
soi^ser sa vie de p:irler. » c'est en avoir
i;rande envie; « angois.-ai de faim, x>
avoir grand faim. V. — D.S.
Angoize et Angboize (I. nnguî.s)^
s. f., lézard gris des murailles. V., ' iv ,
Savigné, Genouillé; I) -S. , arr. de
Melle. — Dans lu commune de Melle-
ran (D.-S.l, l'on désigne, sous ce nom,
tous les reptiles. (B.-F.) — Snintonge.
où l'on dit aussi « angrolle. » — Patois
limousin: « engrossoulo.» — languedo-
cien : a giizollo »
Anguh.nkuil, s. m., Orvet. V., arr
do Chàielleraud /'. Aneuil.
Amclé et Amcli, e (l. nihibim)
adj., qui ne produit pas. V., Chàtellc-
rau J. — D.-S , c. de Bres.^uire.
Amée, s. f., quantité, multitude. Se
dit principalement des ii'.sectes , des
vermines : « Qiiiaii chin a in aniée de
puces ; » cechien a unequanlilé énorme
de puces. V., arr. de Poitiers et de Ci-
vray. — D.-S., arr. de Bre^suire.
Ame, v. a., muPiplier : • Seingne
écurie e?t bay aniéie de bétail; » son
écurie est bien garnie de bétail. V. —
D.-S., commune de Biesruire.
Amfuil.s. m., Orvti. V Aneuil. V.,
arr. de Poitiers. (Maud.)
Amt, adv., atijonrd'hui. dans quel-
ques localités V. Ané.
Anjollk.s. f. , mélampvre, plante.
D.-S., S;iuz-" au.— (B. K.) '"•
Ann, i.NNE devant une voyelle, un :
« ann brann, » un brun. Vend., Sa-
blais et (.hiiumois.
A^^ADR (I. -annus], s. f., année:
« En y en o quetie annade, dant in bri,
d'autant mai que dVavé dant très bri>
(le quoqua'lées annadées, qu'o i'o ; » il
y en a, celle année, diins un brin, bien
plus que quelquefois dans trois brins
tjuelqiies années qu'il y a. V., Luchapt.
— Paîois limousin : « annado. •
Anmiit f prononcez an nuit), adv .
aujourd'hui. V., suivant les lieux. —
Mavonne : « annuit. » — Patois du
Reriy : « annehui. •> — Marne, Aube :
« anuit et annuy. »
Anouch\li , R, adj., se dit de;*
plantes languissantes. \'., c. (Je lAIonl-
conlour. V. Acrenillé.
A.\ou-EiLL\l (s'i [r. noiiaeillt], v.
pr., se former en petits paqueis, en [)ar-
lant des « notiseilles, » noisettes. (A R.)
Anragi)emll\i, v. n et pr., dépé-
rir, dessécher, eiwager. V., arr. de Li-
vrav. V. Andegueni.
Anse, s f , peau qui recouvre les
jointures d- s ph?ilanges sur le des-us
(les mains. V.. c. «le iMonicontour. V.
Ainse.
Ansfe l an.-^a) . s. f.. petite cuve
runde en bois, ayant deux oreilles, ser-
vant à fouler et à porter la vendange.
V , arr. do ( hàtelleiaud. — - Ardennes :
« anséc. » seau ou [Uinier à anse jiour
les vendangeurs. — Babclais : • Le vis
du pressoir s'appeloit receptjes ansées,
rôles. » (L. V. c. 16.)
Ansu et par Ansu, Ioc. , au-fle.-sus»
par dessus : c Morit' don quieu ansu
l'plancha ; > monte donc ceîi la-haut sur
le plancher. V. — D.-S . suivarU les
lieux — Marne : « ansus, » rendiv.-vous.
Ante d. aniita), s, f., tante. V. —
D -S. — Vend , dans certaines locali-
tés. — ce- Marguerite do Bauçay, mon
ante, jadis dame de la Fourest. {\n 1 39 1.
Manu^c du Poitou.) — Marne: « ante. »
— Ancien français. — Anglais: « aunt »
APP
Amjkil, s. m., Orvel. V. Ancuil.
Î).-S., c. (le Bre^sui^(3.
AiNZEUEAU et Anzis, S. m., pelile
palrtie L'ii fer et à douille, que l'un
ii.Japte au pied de l'aii»uillon. V.,arr.
«ie l-'oitiers, suivaiil les lieux. /'. Aticia,
Aoii'JE, atlj. et pr. iiidéf. , autre.
D. S., ajr. de iMelle.
APATTAi {f)a bref), v. n. , égaler:
« Pari qu' mon jevau apatte le tin à
couri ; » je parie que mon cheval égale
le lieu à courir. V., arr. de Civray.
Apeu, prép et adv., après. D.-S.,
arr' de Melle. — Provençal : « apèy »
A PI DÉ |V) [1. pielas], v. pr., s'api-
loyer, se plaindre : « .l'on bieau dcunné
à nout' père tout c' qu'o faut, i s'apid*
toijjou ; •) Nous avons beau donner à
noire père tout ce qu il lui faut, il se
f>lai:U loujour.s. V , arr. de Cliàtelle^
raud.
Apilotai (I pila , V. a., mettre en
pilols, t'n las V. — D -S. — Uoman :
« apilar. » — Gascon : « apilouta. »
A PLAN JURE {j)L mouillés j, s. f.,
af)lumb. Vend. (C. et i^ IJ.) Au figuré,
parité.
Apliacbai, v. n., flatter, troipper
quelqu'un par des paroles engageantes.
(li.-K.)— Kspagiiol : « aplazer, » plaire.
(Vit.B.-K.)
APLiACREUx, SK,adj . cclui ou celle
qui apliacre : « m* fa dons li in fameu
apliacreux ; » il y a en lui un fameux
lladeur U.-S., arr. de MnlJe.
Aporcinai [)^^)\\. porcvi,us] devenir
L'ras. D. S — l'aiois du Berry : « apor-
ciné, ée; » gras comme un porc.
Appahagkai, v. a , com|)arer : « On
n'peut l'apparage-ai à dautes; » on ne
peut le comparer a d'aulres. V.. arr. de
Civray, — D.-S. — (A. R ) — (s'), v
pr., se croiie l'égal d'un autre. — Pa-
tois du Berry: « apparer, » appareiller,
egali.-er.
Appabaiss\nce |I. a/)parere)y ap-
parence : « L'apparaLs-^anee de la ré-
colte est magnilique. » \ . — D.-S.
Appaujbm .1. pascere , pnstut}i\
donner la pâlureau.x animaux : u Tes
j'nients sanl-eilles ben appaluraies? »
les juments otil-elles bien lie la pâ ure?
V., arr. de Civravetde AJontnioriilon.
— D.-S.
Appelouèke, s. f., et Appelour,
APP
1>1
s. m. (1. a ppcl htre), i\[)\)vi{u .y ,, arr. do
Li\ray, c de Moiilmoiillcn. — D.-S.,
canton de Bressuire. — (B,-F.)
Appel .usai (app lousai [r. pelouse],
v. a., rendre propre à produire de la
pelouse, de 1 lierbe : « Son pré a été
vile app'Iousé. o V.. c. de Monlcontour.
— D.-S., c. Maz. (A. 11.) — Français :
« [)eIouse » (1. pilus), terrain couvert
d'une herbe douce et courte.
Appialai, v. a., flatter, engager par
des paroles doucereu.ses. V. , arr P., Ci v . ,
Linaz.— -D.-S. , c. de Br }.-;suire.--( A . R .)
— P'rançais : « piauler. » du lalin pipi-
larcy crier conmie les petits oiseaux.
AppiALou, SB (r. appialai), s. et
adj., flatteur, hâbleur : « ton frère é iu
grond appialou; » ton frère est un grand
flatteur. V. Linazay. — D.-S., c. de
Bressuire — ' \. R.)
Appiassai (1. pipilare) , v. n ,
groîuler coniiîiuellement, se fàciier sans
cesse. (B.-F.)
Appicasseux, se (r. nppia.^sai) ^
adj., celui ou celle qui ap[)iasse. D.-S.,
c. de llressuire. — iB.-F.)
Appigbi-.t, s. m , jus, suc, assaison-
nement. V., arr. de Chàtelleraud et de
Poitiers. — Rabelais : « et messieurs n'y
trouvareiit pas grand appigret. » (L. v,
<-. i6.) — On dit aussi « appicvert. »
Apporichinae &') v pr.. devenir
gras. \'end. (C. et P. D ) V. Aporcinai.
A p PO LE (1. apponere) . appuyer,
poser : « ap[)Oué quieu qui; » appuie
cela ici — V. pr., s'appuyer. V. — D.-S. :
« ma fouye, j'ai dit à to : par moay, c'ié
su messieu de la Tour-Voiu qu au faut
s'ijpoué. » ma foi j'ai dit a tous : pour
moi c'est sur messieurs de la Tour-
Volu qu'il faut s'appuyer. > (Am de
Col.) — Basse latinité : appodiare, inidli
in rem aliquam, in(!u:nbere.— I^atois du
Berry : « appouer » fs"), se poser. — An-
cien français : • puier , » «ie podium,
rescui innitimur. 'Duc.) — « Qui le--, veist
sor les chevax puier. » iLe roman
d'Amile. Duc.) — Français: « appuyer,
s'appuyei-. »
App«»ui et Appouyé, v. a et pr.,
T'. le précéd. : « s"i l'apponie in' lape, tu
z'ou mingras pou; t si je t'appuie une
tcipe, lu ne la mangeras pas V., arr.
de Civray., c. de Munie, iMazeuil, c.
Isl. -Jourdain. — Italien : « appogiare. »
22
ARA
Apras, prép., npivs : • npras vous la
justice. » (Gust., p. 26.) — Vend.
Apprazai et Appueye (1. pratum),
V. a., convenir un terrain en pré : —
(s'i, V. pr., proiiuire de l'herbe comme
un pré D.-S.. c de Bres>uire. — (A. R )
— Basse latinité : a/>/)/a/a/'É',inpralum
redigere. (Duc.)
Aque (I. actus), Dde notarié : « j'ai
payé moiin aque. » V., arr. de Chà-
telleraud.
Aqur, prép, ave<". V. Civray. —
• Aque entre nous, » loc, avec nous.
D.-S., arr. de Bressuire — Gascon :
« aque , » avec : « v'nir aqiie nous ; ••
venir avec nous.
Aque-deque , loc. , avec quoi :
« aqu' déqu' v'Iez-ve qu'i au fesse?»
avec quoi voulez-vous que je fasse cela ?
V., arr. de Civray. — D -S., arr. de
Melle.
Aquknr (r. quené), v. n , se con-
jugue avec le verbe être. Être épuisé de
faim, de lassitude, de travail. V., arr.
de Châlelleraud.
Aquem el AQUINÉ. v. n., échouer
dans une entreprise: (s'), v. pr., s'épui-
ser, faire de vuins efîoris. Vend. iC et
p. D.)— V., arr. de Chàtelleraud
Aqlîebmai (s'), v. pr., recommander.
D.-S., arr. de Melle el de INiorl.
Aquoia (I. aqua, via], s. m., rigole,
saignée pour arroser les prés. V., arr.
deCivrav, Brux. — lA. i\.)
A RAIL, s. m., oripeau, mauvai.-e dé-
froque. V., arr. de Chat. — Par exten
sion, relai de chétifs ânes. D.-S., c. de
Bressuire. — (D. Font.)
AuAiL, LLE , adj., personne avare
d'ouvrage, qui ne >e lasse jamais de
travailler. V., arr. de Chà'elleraul.
ARAiLLÉ(r. arail),\. n., travailler
sans relâche, succomb^^r sous le fardeau.
V., arr. de Châlelleraud et de Poitiers.
Arais (a/.s très-long [{.arnre].^ m.,
il signifie labour, mais il n'esl guère
employé quedansles phrases suivantes :
« aller'a Tarais, bœuf d'arais, » c^'St-à-
dire aller labourer, bœufs de labour :
- g^lle d'arais. » aiguillon du bouvier.
(B -F.)— « Chaque laboureur peut clore
et fermer pour chacun bœuf d'arée,
pour faire paslis, une journal de terre ■»
(Coutume de St-Jean-d'Angély . t. iv.
art. 14, Cit. B -F.) — Basse laiinilé:
ARA
aratura, aratio agri, quam tenens flo-
mino débet ex debiîo et stalo servitio.
iDuc.) — « A rat dimidiam araluram >
(Capitulare, an. 812). — Marne : « arée,
areurc , » labour , terre labourable. —
Basse latinité : area , ager, aut locus
qui nec colilur nec aratur. Duc.)
Arami, v. a., réduire à l'obéissance,
en parlant des enfants. Il s'emploie ordi-
nairement avec la négation : « on n'
peut arami Ion p'til gars. » D.-S., c.
Maz. (A. R.) — Arr. Mel.— V. pr., paître
avec avidiié, sans changer de place :
* tes oueilles se scnt-eilles ben aramies
aneul? » Tes ouailles ont-elles mangé
sur place aujourdhui? V., arr. de
Civray. — Basse la'inité : oramire^ ad-
ramire , adrhamire . cavere , promit-
tere,obligaresecoram judicerem quam-
quam se facere. — Patois du Bcrry :
« aramer ; » un essaim d'abeilles
s'arame, se fixe à une branche. — Ancien
français : • aramir , » a élé employé
par les anciens poètes , comme engage-
ment devant justice de prouver par duel
la chose en litige :
Pour blau néant s'est aramt
D'avoir mandé lr<tntp personne. •
(Chronique de du Guesclin).
Français: < aramer, ») mettre une pièce
de drap sur un rouleau pour l'allonger.
Arantelle (aranea, iela)^ s. f.,
toile d'araignée. Dans tout le Poitou.—
Patois limousin : a arantello, « aran-
telle.
Arantelai (aranlMai) [r nranfelle].
v a., enlever les arantelles. Dans tout
le Poitou — • A Chacherin M^^rquet
pour avoir arrenlellc les vitres. »
(An. 1003. Manusc. du Poit.)
Arantelouai, s. m., et Arantk-
LOUÈBE,s.f.iaranl'louai),espèee de balai
à long manche pour aranieler. Dans
tout le Poitou, suivant les lieux.
Arau. aria, ara, arra (I. ara-
frum!, s. m., charrue sans avant-train.
V. — D. S — Vend , suivant les localités.
1 Pu long qu'un fer d'area. » (Koh. div.)
— ranguedocien : « araire. » — Ar-
dennes: « aireau. » Provençal ; « aray. »
—Rabelais : « aroi , » il ne tire pas
l'aroi comme le bœuf T.. i, c. 40 .
Araud, s. m., vent et contre-vent
qui se contrarient avec impétuosité :
ARE
« ol a pa?sé in arand dans la cheminée,
j' crélais touL eniporlé. > V., arr de
Ciiâtellerand.
Araudai, V. n., chanter en laboii-
rani.en conduisant la charrette à bœufs.
V., c. de Monte, Mazeuii. — D.-S. —
V. a , mépriser. V., arr. Chat.
Araudkment, s. m., bruit confus de
voix, de cris. V., arr., Civ., Brux,c de
Monlcontour.— D.-S., arr. deBressuire.
- (A. R.)
Arbeluttks (arb'luties), s. f. pi.,
éblouissenients. V., arr. de Civray ,
arr. de Monlmorillon.
Arbuchat (à 1*1, loc, a rebours, à
reculons. V., arr. Civ. — D.-S., arr. de
Melle. Marii^ny. (B.-F )
Akcklet farç'Iet), s. m., petit mor-
ceau de fil de fer , en forme d'arceau .
qui se pose derrière la tèle pour tenir
le calolon qui renferme tous les cheveux.
— ! atin : urcu/us. petit cercle que l'on
se mettait sur la tête pour porter des
vases plus aisément.
Abcha, Archkra, Abchia , Ab-
CHiAti (I. ascia], s. m., hachereau. V.
Civray. — V.— D.-S , suivant les lieux.
Abcorte, s. f., récolle : « no arcor-
tées sont bravées , » nos récolles sont
belles. V. Luchapt.
Ardai (I. ardere]^ v. n., être ardent.
Vend. (C. et P. D.)— Ardennes, Marne :
« ardoir, anJre, » brûler. — Patois
du Berry : « ardoire » (vache), v.iclie
en chaleur. — Ancien français: « ardre. »
brûler, incendier. « Sembloit doncques
tout le corps sphérique d icelle ardre et
flamboyer iRab.,L.v c. 41.)
Ardilb (I. aî'gila), s. f., argile. V.,
arr. Monlm. — D.-S., arr. de Bressuire.
(B,-F.) — Champagne : « ardillé. »
Ardillou. se (r. ardUe) , adj , ar-
gileux. V., c. de Monlmorillon. — D.-S.,
ar.deîNleile. — (B.-F.)— Ardennes,Marne:
« Ardillier, ère. » — Noms de lieux :
• Ardilleux, > chef-lieu de commune,
(D.-S.).
Abe (1 ar(?re),adj. des deux i<enres,
sec, cassant, ruds : « temps are, bois
are, étoffe are ; quiau bois é si are
qu' gle c^ss' coum' d'au verre; » ce bois
est si sec qu'il casse comme du verre.
Dans tout le Poitou. — Roman : « are. «
Abé, interj qui marque l'étonne-
ment, le doute, et encore prenez garde :
ARL 23
• are don. » V., arr. Poit., Civ., c.
Monte, Maze.— Aube: • arrié, » encore,
sans doute, au contraire. — Gascon :
€ aro, » maintenant. — Pnloisdu Berry :
« ardez, » regardez, voyez.
Abeub, abère (r. are), s. f., temps
très-sec : « 1' tomps est joliment à
l'areur; » le temps est fortement au sec !
V., arr. Poitiers. — D.-S., arr. deBres-
suire. — (A. R.) — V., arr. de Loudun.
Argagnasses, s. f. pi., guenilles.
V., arr. de Poitiers etdeCivray. — (B.-F.)
— i.es mois des femmes ; environs de
Melle. iRond.)
Abglantin et Abglontin {gl
mouillés), s. m., églantier. V. — D.-S. —
Vend , suivant les lieux. V, Agiantin.
Rabelais.
Abgoumèrb, s. m., tas de terreau
placé à peu de distance de la maison
d'habitation, environné de fagots pour
le garantir des volailles, et sur lequel on
sème quelques graines potagères. (B.-F.l
Abgcikçai (1. ringi), v. a., faire
souffrir avec rage; s'emploie surtout
pour les enfants qui crient : « o santses
mécelés qui l'argrinçant; » ce sont ses
den's molaires qui le font crier. (C et
P. D.l
Arouagnasse, s. m., mauvais sujet,
vaurien. D-S., arr.de Niort. — - Espa-
gnol : • araganèze, » fainéant.
A RGUELissE, s t. , réglisse, plante. V.,
arr. de Poitiers (Maud.i.
Abgouanne, s. f., petit champignon
noir qui vient au milieu des chardons.
V., arr. de Poitiers
Arias, s. m., besogne hérissée de
difficultés. Au figuré , embarras. V.
_ D.-S. — Vend. — Patois du Berry ,
Ardennes, Marne : a arias, t
Abie, s. f., sillon que le laboureur
trace pour séparer deux champs con-
tigus. V., c. de Mirebeau. — V. a., la-
bourer. V., c. Monte, Mazeuii.
Abitaud, e, adj., petit, rabougri.
Vend. (C. et P. D.)— Latin : aridus ,
maigre, décharné; entra arzrfa (Ovi.);
aridus homo , un taquin, un vilain.
( lérence.)
Abjart. s m., petit arbrisseau qui
sert ?i faire des haies; c'est aussi Térable
noir. V.. arr. de Civray.
Arlàntieb, s. m , églantier. V. —
Rives de la Creuse. F.' Àrglantin.
n
AUO
Arnevu, >. m., oreaii. V. , c. Isi.-
Jourd., AiiricMà
Aboche, V. a., jeter dos pierre.-^ après
quelquun; poursuivre des animaux,
(les personnes à coup de pierres : « oè-
ve d liai, ou i v' z'aroche ! « Ofez-\mis
de là eu je vous aroelie! — (s'), v. pr.,
s'aroché « quein' i pas^i, Piarre el Jeon
s'arochiant eoum' dau\ fous; » t:»ndi-;
qiie jepassai-i, Pierreel.Teans'arocliaient
comme des fous. V. — D.-S.— Venii. —
Sainlonwe : « o;arocher. » — Mavenne :
« a rocher » — Roquefort : « li uns de
torchons rarrochoient. •
Arog\nt, s. m., lempêîe, tourbillon.
V. — Français : « ouragan, » grand vent
mêlé de pluie.
ArOlNDKLLE (I. hirundo), s. f., hiron-
delle. V.. arr. de Poitiers et de Lou.lun
Hcrondale (rue d'j : « hérundale tout
auprès. •* (Guillot de Paiis. xui«^ ?iè 'le.)
— Arondale (rue d'i, [Sauvai , t. i^'",
p. 141] — Ilyroiidaile: « viens de hyron-
dalle » Cart. de Sorb. 1264). — Ilabe
lais:«aronJelle ; «puis en frotte un coin
(le cendres d'un ni 1 d'arondelles. »
(L. Il, c. 24 ) — Cléaienl Marot : « je
ressemblais l'arondelle qui vole. » —
Berry , ArJennes , Aube, iMarne :
• aronde. » — Clément Marot , a vien.
le dieu Pan, vien plus loi que l'aronde. »
AuoNDiA el AttONDiAii, s m., jeune
lùrondelle. V., suivant les lieux.
Arquant (en)[l. rofa\, loc adv., en
tournant comme urje roue. V. Chat .
Coudun. — D -S., arr. de Bressuire.
AR0UCH41 (s'), V. pr., se dit des
brebis qui se r omissent en gnuipe dans
les champs à cause de la chaleur :
« les oueilles se sant arouchies de à
matin-, • It^s ou.iilles se sont réunies en
groupe dès ce matin. D.-S., arr. de
Bressuire.
ARorcni, F, adj , accablé de cha-
leur. V., ode Bressuire F. Achandré
Aroiui (1. rofar^). v. a., tourner
comme une roue; cribler. V., arr. Civ.,
arr. de Chût, el de Loudun. — V n.,
lai-iser dépos'T, é.^outter : « laiss' don
arouai quieu in p'tit, «laisse donc sé-
cher cela un peu. — (S') v. pp., S3 pré-
parer, se disposer : « V tomps s'aroue a
l'aive; » le teraps se dispose a la pluie.
— Rabelais : < rouer, » tourner en
AUU
rond : « el ainsi cheminer cireulaire-
nienl «-n rouant. « (L. iv, c. 32 )
Arour, s ni , lemps sec, sécheresse.
V.. c de M ire beau.
Arolmi. v n. el pr., prolon;j;er con-
tinuer : « r tempe aroumi à l'aiguë ; »
le lemps est tout b fail à l'eau. V., c. do
iMontmorillon — (S'), v. pr., s'accrr-u-
pir : ft gC é terjou aroumi; r il est tou-
jours accroiqji. V.
Aroutm, v. n., donner son lait en
parlant des vaches, des chèvres, des
truies : « ma vache ébin aroutaie. o —
V, a., éconduire, renvoyer : « tu men-
neu,i va t'aroutai ; » lu m'ennuies, je
vas le renvoyer. — (.S'j, v. j)r , s'en
dller, s'ôler de la roule, dans plusieurs
lieux.
A ROUTÉ, ÉE, adj , Cfdui ou celle dont
les insiruments, le commerce vont bien.
V._Vend.
ARP10.NS(g. apTTa^o)), S. m. pi., les
ongles, le bout des doigts V. — l).-S. —
'B -K.) — Roman : « arpa, » grifïe — Pri>
vetiçal : « arpo. » — Gascon : « ar-
piou — i,aiombe : « arpes; h cop de
dens, de queue, d'arpes et de dels. »
(ï. I<=^ p. 178. Cil. B.-F.)
Arra, s. m^ butoir ou double ver-
soir. (B.-F.) — Patois du Berry : « ar-
riol, » araire, charrue sans avant-train.
Arrachai, v. n., souffrir morale-
ment et physiquement : « qu' gl' en
arrache de belle» ! » V. Civ. — D.-S.— C.
-\laz. (A R )
Arraée, s. f., charrue sans avanî-
train. Vend. (C. et P. D ). F. Arais.
Arre (in), loc, en arrière. V'. —
D -S.
Abrr, interj , exprimant le mécon-
tentement ou l'élonnement V., arr. P.,
c. Mireb., Monîg. — Conj. ou adv..
enfin, maiiitenanl, voilà ; e.-»t encore
usité dans le Dauphinéet les environs de
Rouen. — S. m., armée :
f Vintdebounc nmfinie
» Avccq'ie sou bfa arrc. »
^S'ég. de l'oit, par Coligny).
Arrée, s f , charrue sans avant-
Irain. V..c. de Montcontour.
Arrèbe, adv., au contraire, d'ail-
leurs, a i)résent : « l'é vif arrère? • Tu
es vif à présent? V.,arr. Poitiers. — (A.
R.)— Patois limousin : «orey,w arrière.
AKS
Arrestis, s. m. pi., arêtier, pièce de
charpente qui forme le côté angulaire
d'un comble : « pour obvier au danger
et inconvénient qui pourroit advenir,
s'il n'y avoit c'e^ arrestis. » (An. 1577,
t. H, *p. 3S5. D. Font.)
Arria, s. m., train, équipage", suite.
V., arr. Poit. — D -S., St-Maixent. —
Aube, Marne : « arroi, «» assaisonne-
ment, équipage, préparalif, cérémonie.
— Rabelais : c arroi, » ordre de bataille.
Arriail, s. m. et.adj.— Vend. (C. et
P. D ) — Oripeau, mauvaise défroque.
V.. arr. de Poitiers..
Arriaillai, V. a., mettre de l'ordre
dans ses aflfaires V. Civray.
Arribots , s. m. pi., brimborions,
parcelles : « o chet dos arribots d' l'aer
do temps; » il tombe quelques légers
flocons de neige. (B -F.)
Arrte, s. f., charrue sans avant-
train. V., c. de Mirebeau. V. Arais.
Arrimai (s')[l. i^imari], v. pr., s'ac-
corder ensemble : w thielle chanson et
thielle air s'arrimant bein ; » celte chan-
son et cet air s'accordent bien. « Arri-
mai I) un discours c'est bien arrondir ses
phrases. (B. -F.) — Arr. de Welle et de
Bressuire. — Français : « arimer, » ar-
ranger avec ordre les objets dans un
navire.
Arrive (jusqu'), loc. adv., aller :
« jusqu' arrive, » c'est aller au lieu où
l'on voulait arriver. Dans tout le Poitou.
Ahrolai.v. a., accoutumer, dresser
comme pour un rôle : t i n'ai pu l'ar-
rolai au travail. » — 'S'j, v. pr., s'ac-
coutumer : « faut s'arrolai à la mi-
sère. (A. R.l— D.-S., arr. de Bressuire
et de Parthenay.
Areoltai, v. a., envoyer, chasser.
Par extension, poursuivre. Dans les en-
virons de Melle on lui donne le sens de
détourner, ôter du chemin. V. — D.-S. —
(B.-F.)
Arse (I. acer), adj. des deux genr.,
se dit du vin, de la boisson , même des
fruits : piquant au goût, acre. V., c. de
Neuville.
Arser, loc. adv., hier soir. V., arr.
de Poitiers, de Civray et de ?*iontmo-
rillon. — D.-S. — Vend. — « Arçoir i
(Reg. de la ville de Poitiers). — Berry,
Ardennes : i arsoir. •
Arsouil (1. suillus), s. m., homme
XXSll.
ASS
25
méprisable par son ivrognerie et sa
mauvaise conduile, dans tout le Poitou.
—Patois du Berry ; « arsouille, o terme
de mépris.
Artaillé et Artsillé, ée, adj.,
proprement vêtu. V., suivant les lieux.
— Français : « arlillé, » t. de marine,
garni de canons.
Artegnolle et Artignolle, s. m.,
ongle do coqs. V., arr. de Poitiers et de
Montmorillon. — Haute-Marne : « arti-
gnole, » jeune enfant. — Aube : « artot, »
ergot de coq.
Arteillin et Artetllon, s, m.,
ongle. V., suivant les lieux.
Artifailles, s m. pi., vêtementsen
général : « tu n' sar'ras pas tes arti-
failles? » tu ne serreras pas tes vête-
ments? V. — D.-S. — Patois du Berry :
« artifailles, » embonpoint qui manque
de soutien.
Arvengu, s. m., revenu. V., c. de
risl. -lourd., Liichapt.
Arvirai, v, a., écarter , éloigner :
.< airvir' les poules. » V. , arr. de
Civray.
Arvire-marion. s. f., soufflet, coup
de bâton : « i l' baill'ré ben inn' arvire-
marion, mé, si tu raisounes, tai ; » je te
donnerai bien un soufflet, moi, si tu
raisonnes, tiens. V., arr. de Civray.
AsciEAU (I. ascia), s. m , outil de
charpentier. V., arr. de Civray et de
Loudun. — D.-S., arr. de Bressuire. —
Ardennes, Marne : *( asse, asseau , »
hache, hachetle
A SI, V. a. n. et pr. , mouvoir, faire
entrer facilement. V., arr. de Civray.
V. A\A et Aisinai.
AssAÉE, S. f., bécasse. Vend. (C. e\,
P. D.)— - a Assée, j> perdrix , bécasse.
(An 1494, Manusc. du Poitou.) — Ar-
dennes : c assée, t> bécasse.
AssARÉ, v. a., mettre à couvert :
« assarons nous iquit.» — Récolter, rap-
procher, ramasser : « quou gars a ben
assaré depeu in tomps en par ici ; » ce
gars a bien prospéré depuis quelque
temps. — (S'), v. pr., se former en
pomme, comme les choux, les laitues, se
rapprocher. V., arr. de Poitiers et de
Civ.--D-S. — Lalin : serare, fermer à
clef. (Arnobe et Priscien.)
AssAVANTAi (r. savant), v. a., in-
former, rendre savant : « qui l'a assa-
%.«
26
ASS
ATE
vanté de quieuqiii? » de ce fait, de cette
nouvelle? — (S'), v. pr., s'informer :
« faut s'assavanlai de cette affaire. » —
Se répandre en parlant d'un bruit, d'un
événement. D.-S., arr. de Bressuire et
deParlhenay.— (A. R.) — Rabelais: «de
ce j'ai bien voulu ta seigneurie as-
savanter. »
AssEDBAi, V. n., avoir soif : t o fat
tontde chaud qu'i se trejou ass'drai; »
il fait si chaud que j'ai toujours soif.
V., arr. de Civray.
ASSEGtOUÈRE et ASSENJOUÈRR, S. f.,
petite corde qui passe dans les deux
bouts de Valfelure, pour tenir Voni^det
au joug. V., arr. de Poitiers. — D.-S ,
suivant les lieux.
AssEGRELAi , V. 3., cxcitor h se
battre : «vai pou ass'grelai quiés chins,
tu les frais battre. » V., arr.de Civray.
Y. Agreignai.
Assert (I. assentlri)^ loc. adv. ,
d'accord, de (onnivence : a l'était d'assent
asser, et aneut poué ; » il était d'accord
hier soir, et aujourd'hui point. V., arr.
de Civray. — D.-S. — Marne : « assens,
assentement, » consentement.
Asser, loc. adv., hier soir. V., c. de
Mirebeau.— Saintonge: « asser, assoer. »
— Ardennes : « asso. ■ — Lettre auto-
graphe de Marguerite de Navarre :
« arsoir. »
AssEREAU, s. m., sorte de hache re-
courbée dont se servent les sabotiers
pour dégrossir le bois, après avoir em-
ployé la cognée. V., arr. de Chàtelle-
raud.
Asseyes et Asseyis, s. f. pi., re-
prises : € gl' a mis combé d'asseyes
avant de réussir ! » V^, Civ. — D.-S." —
Vend. Font. (C. et P. D.)— Y., c. de
Montcontour.
AssiAiL et AssiAGE (1. assiclere),
s. m., siège, ce qui tient lieu de siège :
a drôle d'assiail qu' gl' a choisi ! » V..
arr. de Poitiers ei de Loudun. — D.-S.,
arr. de Parlhenay — Patois du Berry :
• assiloi, n meuble ou lieu propre à
s'asseoir.
AssiMBRÉ fs',, [imber], v. pr., se
mettre à l'abri pour se garantir de la
pluie. — Par extension, s'accroupir. V.
— D.-S., dans quelques localités.
ASSIUEMAI et ASSIMEÎSTI, V. a.,
assaisonner les mets, y mettre du sel,
du poivre. V. — D.-S. — Vend., sui-
vant les lieux.
Assire(s'), [r. .-/.f.sia//], v. pr , s'as-
seoir. V. — D.-S. — Vend. — Gus-
teau :
« Qui ne peut marchay nis'assirc
(P.
sa)
as-
Roman : « assire. » — Gascon
setre. » — Ancien français.
AssiTAGE et AssiTAiL, S. m., petit
tabouret en bois dont on se sert pour se
placer dans le coin fie la cheminée. V.,
c. rie Monlmorillon. — Arr. de Civray.
- (B.-F.).
AssoGUAi (s'), V. pr., s'assoupir, se
laisser aller: « Tes oueilles ont-ailes
bene mingé aneut ? — • A non, a s'sont
assogueies de bonne heure; » tes ouailles
ont-elles bien mangé aujourd'hui? —
Non, elles se sont assoupies trop tôt.
V., Civray et arr. de Cliàtelleraud.
Assole, ée, adj., affligé. V., c. de
Monlmorillon.
Assommé, ou mettre somme, soiim-
me, V. a., élever le soc au moyen du
iendelloniy. ce mot), afin do labourer
légèrement, moins profondément. V.,
arr. de Poitiers et de Civray, c. de l'Isle-
Jourdain.
AssouME, s. m,, asthme et asthma-
tique. Vend. (Cet P. D.).
AsTÈRE et AsTOURE, adv., (1. hac
horn), à présent. V,, arr. de Poitiers et
de Loudun. — D.-S., arr. de Melle. —
Patois du Berry : a ast-heure , » à
présent.
AsTBOGOT, s. m., fou, imbécile, ce-
lui qui n'a pas de tête. Ce mot, qui cor-
respond à celui (ïost7'ogot,eèi sans doute
un souvenir de la domination de ce
peuple. V.
Atartelai (s'), v. pr., faire corps,
s'agglutiner, en manière de tartre, par
l'effet de l'humidité, du défaut d'air.
D.-S., c. de Maz. (A. R.).
Atelé et Atelier (al'lé), s. m., ha-
ras. V. — D. S., suivant les lieux.
Atelube (at'lure), s. f., alteloire,
cheville de fer recourbée de 33 c. en
longueur, servant à tenir les omblet.t
ou étraites au joug des bœufs. V. —
D.-S. — Basse latinité : « attelaius
equus^)) cheval attelé à un char.— Fran-
çais , « attelûire,» cheville au Umon
ATT
d'une charrette pou^ arrêter les traits
des chevaux.
AiiLLE (donner de l')^ [g. arr,], s. f.,
donner de l'embarras , du tracas, du
travail. V.,c. deMontmorillon. — (B.-F.)
Bas^e latinité: alia, nfya^aaiia, hnine.
(Duc). — Patois du Berry : « attry» »
tort, déijât. — Guillaume Guiart : « Qui
ne vont mie constretant celé ahatie. »
(An. 1248.) — Chronique de Bertrand
du Guesclin :
Dix Anglois vont sur luy, luy font moust auslie.
— « A tilles, hoslilles,» boudins, andouil-
les, dépouilles d'un porc nouvellement
tué : « Item une frixure de porceau et
toutes le> atilles pour six prébendes. »
(Vers 1500. Manusc. du Poitou.)
Aton (1. al lus), s. m., vent du midi.
V., c. de Monlmorillon. — Patois li-
mousin : « auto. »
Atrinqu.\i, V. a., ranger, mettre par
ordre, habiller : « g'no saura jamais at-
frinquai ses atTaires,» — (s'),v. pr., s'ha-
biller. V., arr. de Poitiers et de Civray.
— D.-S.. arr. de Melle et de Parîhenay.
— (A. R.). — Provençal : «atrénca; un
autre bén plus béu es léumai atrenca, »
d'un autre bien plus beau lestement
elle s'habille.
Atrochai et Atrochelai fatro-
ch'Iai), V. a., attacher ensemble par
troches ou paquets. V. — D. S., suivant
les lieux. — (B.-F.).
Atteîxi, V. a., attendre : « lu d'vrais
m'att'ni, » tu devrais m'attendre. — (s'),
v. pr., s'attendre, compter sur : « Ma
mèr' s'att'nait a mé, » ma mère s'atten-
dait à moi. V., arr. de Poitiers, de Ci-
vray et de Loudun. — D.-S., arr. de
Parîhenay. — (A. R.) — Arr. de Melle:
« NûH<i tenir sur nou garde, aUeni tous les joux. »>
(Bab., p. 14.)
Attepe et Attope, s. f. , tuteur pour
les arbres, les vignes et tout ce qui a
besoin d'être soutenu. V., arr. de Poi-
tiers, de Loudun et de Monlmorillon. —
D.-S., arr. de :MelIe.
Attepai , Attopai et Aïtopi ,
(r. attepe)^ v. a. et pr., mettre des
atlepes à des arbres, à des ceps de vi-
gne, et, en général, à tout ce qui a be-
soin d'être soutenu, consolidé. — (s'),
AUM
27
v. pr., et. par extension, s'assolider,
rendre solide : « é tu bén attepai?» V.
— D -S., suivant les lieux.
Attoucae, v. n., avancer. Vend. (C.
et P. D.).
Attrinquailles, s. f. pi., assem-
blage de divei's objets que l'on réunit
pour un voyage, et, par extension, outils,
instruments. V., arr. de Poitiers. — D.-
S., arr. de Melle.
ATTï<mQ_Uki{r.alfrhiqitailles].w.a.,
réunir ses attrinquailles. V. — D,-S.
Atujeai, v. n., manquer d'haleine,
ne pouvoir respirer : « i ai in rhum', i
n'peut pa en seul'ment atujeai, » j'ai un
rhume qui m'empêche de respirer. V.,
arr. de Poitiers.
Au, pr. pers., 3« pers. , le : « tout
aussi vrai quem' y t'au dis. » (Gust.). —
Gascon : « al. » '
AuBAi (1. albere], v. n,, partir dès
l'aube, de bon matin. D.-S., arr. de
Bressuire. — Vend. (G. et P. D.j. —
Patois limousin : « auba. »
AuBOUR (1. alburnum)^ s. m , em-
bûche, embarras, chose qui n'est pas
claire : « i vé qui dTaubour^ » je ne
vois là rien de clair. — Par extension,
marchandise défectueuse. Dans tout le
Poitou. — Basse latinité : alborium,
aubier. (Duc). — Français: « aubier, j>
bois tendre et blanchâtre entre l'écorce
et le corps de l'arbre.
Al'BOUrde, s. f., béquille : « g'ne
peut poué marchai sans aubourdes. »
V.,*arr. de Poitiers. V. Abourde.
AuG, s. m., oie mâle. V., arr. de Ci-
vray. — Vend. (C. et P. D.).— D.-S.—
Basse latinité : auca ; invenimus in
codem loco aucas G3. (An. 812. Ca-
pitulare). — Provençal : « auco. t> —
Ardennes : « auc. »
AucHE, s. f., oie. V., arr. de Monl-
morillon, suivant les lieux. — Patois
limousin ; « aucha. » — Languedocien :
« auca. »
Audition (1. audire], s. L, ordre,
avis : « i n'ai pou encor' audition de
bougeai, » je n'ai pas encore ordre de
remuer. V., arr. de Civray. — D.-S.,
c. deMaz. (A. R.).
AuMAiLLE,s. m., gros bétair. V. —
D.-S. « Lesd, preneurs seront tenus y
tenir aumaillé de beuf:^, brebis et autres
be.^les. » An 1544.— « Restes, belines,
28
ALZ
aumailles et chevalines. » An 1503.
(Manusc. du Poitou.) — Basse latinité :
înantualia pecora, seu animalia man-
sueta qiuTj ut loqnitur Varro, Mb. 2, De
re rust., cap. 7, ad manus accodere
consueverunt. A latino hocce vocabulo
deflexum gallicum « aumaille. » (Duc ).
— Ancien français : « aumaille. »
« vilains tuent, femmes dispiilllent,
» Les aumailles partout acuclllent. »
(Guill. Guiart.)
« Leurs besles aumailles, à sçavoir va
clies et veaux. » (Charla, an. 1303 in
Hist. abbat. I.ongi-Pontis). — Champa-
gne : « aumaille, » génisse.
AuMUCHi, E, adj., se dit d'un vase
quand le contenu dépasse les bords du
contenant : « Tan pot é trot plein, gl'é
tout aumuchi, •> ton pot est trop plein,
il déborde. D.-S., arr. de Bressuire. —
(B-F.).
Au NT (on te), s. f., tante. Vend. (C.
et P. D.).
Alpai,v. Il , partir dès le jour. Vend.
(Cet P. D.}. r. Aubai.
Alpérai (1. op€rari\ v. a., aug-
menter. V., arr. de Civray. — D.-S.,
arr. de Dressuire.
AuQUE, prép.. avec. Vend. (C. et P.
D.). y. Aque.— iMarne, Haute-Marne:
< auques, » jamais, toujours.
AusTE et AusTOUT, adv., aussitôt.
V. — D. S.
AtTAN, S. m., grain qui reste dans la
balle. V., c. de Montcontour.
AuTALN, s. m., vent du midi. V.
Aton. V. — D -S.— Français : « autan, »
vent du midi.
Auteur (l. auctor\ s. m., cau;e,
motif : « la lettre est l'auteur que mon
père m'a blàiTîé. » Dans tout le Poitou.
— Français: « auteur, » première cause
d'une chose.
AuvE [\. alhus], s. f., Qeiir de farine
très-fine qui vole autour de la meule dans
les moulins. Dans les usines à l'ancien
système (a point ciirré), quand on levait
les meules pour les piqtier, il se trouvait
beaucoup i\^auve dans les coins et c'était
le bénéfice des meuniers. (B.'F.)
AUTÊCHES s. f. p!., étincelles car-
bonisées. D.-.S,,arr. de Bressuire.
AuzEA. s. m., oiseau. V. — D,-S. —
AVE
Patois du Limousin : « auzéou. » —
Provençal : « aouzel. »
AvACHAi (s'), [I. vacuus\, V. pr.,
s'affaisser ; s'éculer en parlant des chaus-
sures. D.-S., arr. de Melle et de Bres-
suire. — (B.-F.j
AvAGNEAU , S. m., petit filet pour
prendre le poisson des réservoirs. V.,
arr. de Chat., ÎNIairé. — Basse latinité :
venna, seplum ad intercipiendos pis-
ces. (Duc.)
.\VAGNAI, V. a., fatiguer quelqu'un
plus faible que soi, qui veuf travailler
avec nous, lutter de forces, faire au-
tant d'ouvrage : « i seu vasi^é, i n'en
peut pus, tu m'avagnes ; » je suis hors
dhaleine , je n'en puis plus, tu me faii
gués. (B.-F.) — Roman : « affanar, »
fatiguer.
AvAGNÉ, ÉE, adj., celui ou celle qui
est abattu par la chaleur, qui éprouve
les besoins de la soif. V , arr. de Châ-
telleraud.
AvAiNGEAi , V. n., avancer, faire
promptement : « l.'valet n'avainge
guères. » D.-S., c. de Maz. (A. R.) —
iMavenne : « avanger. » — Français;
a avancer, « faire aller en avant.
AvAU (d'), [1. vallis]^ adv., en bas.
V., c. de l'Lle-Jourdain. — IMarne:
« avau,» parmi, à terre, à bas.
AvAUX, s. m. pi., caprices que l'on
souffre aux enfatits. Vend. (C. et P. D )
— IMarne : « aveaux, » chute^ ruine,
plaisir, débauches.
AvEAUX, s. m. pi., terme de char-
penterie : « Est nécessaire de prompte-
ment refaire la dite charpente aussi
gastée, et y mettre aultres tirans, aveaux
et chevrons, i» (D. Font., an. 1577, t. 12,
p. 385.)
AvEiLLE, adj , aveugle, privé de la
vue. V.— D.-S.— Vend. :
" Gle jurerai, s'o faut, que vos ail sont aveilles. »
{GusT., p. 61-.. j
Ils jurent, s'il faut, que vos œils sont
aveugles. — Basse latinité : avocuius
et abocellus, aveugle. (Duc )
AvEiNDBE, V. a., atteindre. V., arr.
de Poitiers, Lavoux. — Marne et patois
du Berry : « aveindre, aveinder. » —
Mayenne : a aveder. »
AvELOT (avelôte), s. m., dernier jour
des moissons, du battage, de la fenaison,
AVI
et en général de tout travail. L'avelot
des moissons et du battage des grains
est ordinairement jour de joyeuse vie
dans les fermes. V., arr, de Châtelle-
raud.
AvENAGK,s. m , ration, picotin d'a-
voine : (I i'chevau a-t-eil ogu l'avenage? »
le cheval a-t-il eu sa ration d'avoine?
V., arr. de Civ. — D.-S., c. de Bress. —
(A. R.) Redevance rn avoine. (An. 1336,
Manusc. du Poitou.) — Bas^e latinité :
avenngium, vectigal, seu pensitatio ex
avenis, dominis pensilari solita. (Duc.)
AvEXAiE et AvENÉE, S. f., rogaiu
d'avoine moissonnée. V., arr. de Civ. —
Avoine moulue pour les animaux ma-
lades ou que l'on engraisse. (A. R.) —
V.,arr. de Poitiers. — Marne: « avenas, •>
paille, farine d avoine.
A VER <\. habcre\ v. a., avoir. V. —
D.-S. — Vend. « Michas qui cret aver
en se le Saint-Esprit. » (Rab., p. 2.) —
Provençal : « avé, » avoir : « cresiése-
gur de î'avé bello, » croyait assurément
l'avoir belle.
Avère, adj. f., ne se dit que des noix.
La noix avère est une noix qui tient h
sa coquille. Vienne.
Avescai, V. a., mettre à bout, attra-
per. D.-S., c. de Châtillon.
Aveu (être), loc.^ mettre en train.
V., c. de Mirebeau.
AvEuvAi (1. vidua), v. n. et pr., être
veuf ou veuve. V., arr. de Civray. —
Roman : « aveuvaret ave^var. »
AvEZAE, v. a., mettre en train, com-
mencer. V., arr. de Poitiers où l'on pro-
nonce avezai et avezé —■ D.-S., arr.
de Melle. — Accoutumer. Vend. ,'C. et
P. D.) — Patois limousin «avezar. » —
Italien :.« avejjato. »
AviAiL (1. vita)^ s. m., encourage-
ment, aide, etc. L'on donne de Xaviail
au fou en lui jetant du menu bois; à une
personne, en lui disant quelque bonne
parole, en la fortifiant par une bonne
nourriture. D.-S., c. de Bressuire. —
(C. iVlaz. A. R.) — Au figuré, temps
brûlant, grande chaleur. D.-S , c. de
Bressuire. — Vend. (C. et P. D.)
AviANT, E, adj. verb., plaie vive et
enflammée. V., arr. de Poitiers.
AviAi et Avii, V. a., allumer le feu
ou la chandelle, leur donner la vie:
« V'ia-t-in fé bene aviai. » V., arr. de
AYR
^9
Civray et de Loudiin, canton de Mire-
beau où l'on dit avii. D.-S. — Vend. (C.
et P. D.) — (B.-F.)— AllL'indre— (s'),
v. pr., s'accroupir sur ses talons. (B F.)
— Patois du Berry : « avier, » donner son
lait : « Celte vache a un grand défaut,
elle ne veut pas avier. »
AviRAi, V. a., détourner le bétail
qui fait du dommage. V., c. de Mont-
contour. — D.-S. y. Arvirai.
Avisa K, v. a., apercevoir. Vend.
(C. et P. D.) — Basse latinité : avisarCy
acicisare, donner conseil. (Duc.)
Avisa NCE, s. f., relation de société
avec quelqu'un, connaissance : aO m'é
avis qu'glé d'moun avisance; » il me
semble que je le connais. V., arr. de
Poitiers et de Civray.
Avisai et Avisi, v. a., connaître
quelqu'un de vue : « i l'avis'bé, » je le
connais bien. V., arr. de Poitiers. — D.-
S , arr. de Bressuire. — (B.-F.) —Fran-
çais : « aviser, » donner avis.
Avocat, s. m., fusée de maïs dé-
pouillée de ses grains. (B.-F.)
AvoiNDRE, V. a., atteindre. V., arr.
de Chàtelleraud. V. Aveindro.
AvoLUAi (l. valere), v. n., augmen-
ter en valeur, prospérer: « Jésus, v'avez
bé avoluai dampis qui n'v'z avais vu, »
Jésus, vous avez bien prospéré depuis
que je ne vous avais vu. V. — D.-S.—
(B.-F.) — Vend., Font. (C. et P. D )
AvONJi, V. n., avancer. V., c. de
Mirebeau et de Monicontour. f^. Avain-
geai.
AvouATNB (r. vouain), v. n.. être
voualri {V. ce mot), être mou, n'avoir
aucun courage. V., c. de Neuville et de
Mirebeau.
AvouÈRK, v. a., avoir. V. — D.-S.
— Vend. V. Aver.
AvouREct AYOURÉ(/j«c/<ora),adv.,
à présent, en ce moment, maintenant.
V.— D.-S. — Vend.
« PoictCTins, ol'esl avoure
» Quo «e faut bon resjouy. »
(Genl. l'oet., p. 67.)
Ayrault ou AiRAULT, S. m., cour,
jardin, terrains vagues qui entourent
le plus ordinairement la maison d'habi-
tation. D.-S., arr. de Bressuire. — (B -F.)
— Ayraut , emplacement devant une
maison où Ton dépose la paille, etc. (Man.
3a
BAC
BAD
du Poitou. An. ISOO et 1482.).— Basse Azur, s. m., bleu pour donner une
latinité: ayrale ôearea, locus. (Duc.) légère teinte au linge. D.-S., arr. de
— Patois limousin : « eyràou, )> empla- Melle et Niort,
cernent où l'on fait pourrir la feuille ,
j .1 il'.' T « Teut-pn se pHSsay tlnmidon,
devant la porte des mêlâmes. —La- ; . u'épissc, d'Lur, de savon ' ..
combe: « heireau, hércau, » maison (cust., p. «*8.)
rustique, ferme. '
B
BAD
Babeil et Babeuil, llb, adj., ba-
billard, qui cause à tout propos. V. —
D.-S. — Marne : « babelé, babelu. »
aimable causeur, galant conteur.
Babellage et BABEriiLLAGE(r. ba-
beil), s. f., bavardage. V.— D.-S., sui-
vant les localités.
Babellai (// mouillés), v. n., bavar-
der : « gne cin^se de bab'llai. « Y., arr.
de Poitiers et de Civray. — D.-S., arr.
de Bressuire et de Parthenay.
Babellou,se(// mouillés), adj., celui
ou celle qui bavarde. V. — D.-S.
« Cousin, les perroquet ne Tallant pas la rage,
» sont d'aux babeilloux so de malin plumage. »
vGust., p. 74.)
Babeluche (bab'luche), s. f., dépôt,
sédiment que l'on trouve au fond d'un
vase qui contenait des liquides.
EABiGEOT, s. m., babcurro, liqueur
séreuse du lait. Vend.
« Qui condit Jacquet qui porte In pot
» Rempli de babigeot. »
(Gu.st., p. 9.)
Loc, verre que l'on a sali en buvant:
« ton verre est tout babigeot. » Vend.
— D.-S. On dit aussi, dans le même
sens : « badigeot. » (B.-F.)
Bachelerie (bachel'rie) , s. f., le
temps du célibat. V.— D.-S.— Vend —
Basse latinité : baccelaria, l'ordre de
bachelierie. (Duc.) — Boman de Garin :
« la flor de France et la bachelerie. »
(Duc.)
Bachelé et Bachelié (bach'lé), s.
m., célibataire, qui n'est pas nwrié.
D.-S. — Vend. (C. et P. D.) — V.,
suivant les localités. — Latin : baceli,
sots, niais ou badins. — Ardennes,
-Marne : « bacheler, bachelier, » jeune
cavalier, éciiyer, galant. — Noms do
lieux : les Bacheliers et Bas Bacheliers.
Dangé. (V.)
Bacouette et Bascouette, s. f. ,
bergeronnette, lavandière ou hoche-
queue, oiseau. Vend., Font. (C. et P.
D.)
Bacu, s. m., avaloire, partie du har-
nais qui tient au reculement. V. — D.-
S. — Patois du Berry : croupière. —
Rabelais : bacul, « tu travailles jour-
nellement beaucoup, je l'aperçois a
l'usure de ton bacul. » (L. v, c. 7.)
Badae, v. n., faire attention, prendre
garde. V., c. de Monte, .Mazeuil, où ce
mot se prononce badai. — Vend. —
D.-S.
M I devas bay yraiment tant baday. »
(Gust.,p. «3.)
« Qui ne badé veau que de gagné la
porte, » que je ne pris certes garde qu'à
gagner la porte. (Miz. à Tauni , p. l'-S.)
— « Badé. » parler sans cesse. V.. Chat.
— « Badai, » ouvrir la bouche, la
gueule. L'on dit proverbialement, dans
le canton de Civray, pour indiquer
qu'une personne chante mal : « Glo
bade la goule coum' in jobet, sans sa-
ver c quel dit, » il ouvre la bouche
comme un niais sans savoir ce qu'il dit.
— Hébreu : bada , inventer quelque
chose, imaginer, feindre, (pr livre des
Rois, XII, 33.) — Sanscrit : bhadd, ou-
vrir la bouche, parler. — Roman :
« badar, » huer. — Provençal : « bada, »
ouvrir la bouche: « e vers li nivoencaro
BAF
BAG
31
bado, » et vers les nues elle ouvre en-
core la bouche. — Saintonge etBerry :
« bader. » — Ancien français : « bade, »
sentinelle.
Badafouaire, adv., vite, preste-
ment : « Bisquien, va chin Tmarichau,
et badafouaire, » garçon , va chez le
maréchal, et vivement. U.-S., c. de St-
Maixent, Chavagné.
Badaie, S: f , huées, cris que font
les moissonneurs après les passants.
(B.-F.)
Bad AILLONS , s. m. pi., morceaux de
chair qui pendent au menton de la
chèvre; par extension, morceaux pen
dant à un vêtement. V., arr. de Civrav.
— D.-S.
Badalae, V. n., faire vivement une
chose. D.-S., c. de St-Maixent , Cha-
vagné.
Bade-Bec, mot à mot ouvre-bec, s.
m., personne immobile ou qui ne dit
rien. V., Civrav.— Morceau de bois que
l'on met dans le bec de loie pour le te-
nir ouvert quand on la gouge. (B.-F.) —
Roman : a badar la boca. »
Badèche, s. f., trou , ouverture
béante : « Le vent passe par thielle ba-
dèche. » D.-S., arr. de Bressuire.— (B.-
F.)
Bade-Goule, Bade.mbblle, s. des
deux genr., grand causeur, babillard,
bavard fatigant , insupportable. Se
prend toujours en mauvaise part: « eh
qu'é que'l di quiau grond bade-goule? »
eh! quesl-ce qu'il dit ce grand bavard?
V., arr. de Civray.— (B.-F.)
Badeub, se, adj., celui ou celle qui
parle sans cesse. V., arr. de Châtelle-
raud. — Noms de lieux : « Badard »
(Chénevelles. V.)
Badia, s. m., battoir. Vend. (C. et
P. D.) — Saintonge : <• Badras. »
Badtllai, V. n., se dit des noix, des
châtaignes qui s'échappent du brou
V., arr. de Civray.
Badole, Badrole et Badori, s.
m., sot, niais. V. — D.-S., suivant les
lieux. — Roman : « badaule, badoc et
badia. »
Badoli, ad. m., se dit d'un vin
fraudé à l'excès. V., c.de Montconlour,
Mazeuil.
Bafuté, V. a., repousser quelqu'un,
le dédaigner, lui parler sévèrement :
« i se pas c'qu'o veut à dir' Jeon,
m'bafut' trejou, » je ne sais pas ce que
cela veut dire, .lean me repousse tou-
jours. V. — Patois du Berry : « bafu-
ter, » dédaigner, déprécier, rejeter avec
dédain.
Bagalouaise (r. baguer), s. f. , bou-
che : (( i va t'cad'naci la bagalouaise, »
je vais te cadenasser la bouche. V., Mi-
rebalais.
Baglullon igl mouillés) , s. m.,
fruit de Téglanlier. V., arr. de Poi-
tiers.
Bagogliab et Bagouillai (r. 6a-
giier), V. a., parler beaucoup, vite, sans
relâche. Vend. (C. et P. D.) — V. —
D.-S. — Ardennes : « ba2;ouler. »
Bagou, s. m., babil, loquacité
« tais'ras-lu ton bagou? Dans tout le
Poitou. — Marne : « bagout, » caquet,
aplomb dans le monde. — Patois du
Berry : « bagoul, » bavardage, jac-
tance.
BAG0UILL0^^ s. m., églantier. V.,
arr. de Monlmorillon. V. Arglantin.
Bagoulae, Bagoulé et Bagouli,
v. a., parler beaucoup. Vend. — V.,
suivant les lieux. — Patois du Berry :
« bagouler. » V. Bagogliâo.
Bagoulabd, e, adj., celui ou celle
qui ne cesse de parler : « quiu bagou -
lard eut-ou quiu ! » quel bagoulard est-
ce 1 V., c. de Mirebeau et de Montcon-
lour. — Patois du Beiry : « bagoulaut, »
bavard. — Ardennes : « bagouleur. »
Bagouléb. s f., cri de voix reten-
tissant : « gl'a jeté in' bagoulée, les
vitres en atit brandi, w il a jet<) un cri,
les vitres en ont vibré. V., arr. de Poi-
tiers.
Baguant, te, adj. verb., niais, im-
bécile : « J'cré pa avoir vu jamai in
pareil baguant, » je ne crois pas avoir
jamais vu un pareil imbécile. V. — Ar-
dennes, Haute-Marne : « Bajat, ba-
jas^e, » sot, niais.
Bague (1. bacca)^ s. f., corde qui
sert à miùntenir des sacs de bl'é sur une
bête de somme. V. — i^.-S.
Baguée, s. f., charge, les sacs que la
bague lie ensemble, v. — D.-S.
Baguai, v. a., mettre la bague aux
sacs. V. — V. a. (I. balarel), ouvrir,
gémir : a bagu' don ta goul' avoure, »
plains-toi donc à présent. — (Se), v. pr.,
32
BAI
segorger de nourriture. (R.-F.)— Fran-
çais : « bugucr, » faufiler, tcrnm de
coutume.
BAGUÈr.E igu mouillés), |r. baguai],
adj. f., noix dont le bioii est ouvert. —
S. f., grosse noix, dite aussi noix muse-
role. V., arr. de Poitiers. — Noms de
lieux : Bagouère. (Le Vijîeant, \\
Baguette, s. f., étoffe de laine non
croisée, à l'usage des campagnards. D.-
S.. la Molhc-St-Héraye.
Baguillox \gu mouillés), s. m., fruit
de l'églantier. V., arr. de Poitiers.
V. Baglullon. — Noms de lieux : lîa-
guillet ;St-Pierre-de-Maillé, V.)
Bai (mettre de), bai pour bas; loc,
enfoncer le soc dans la terre. V.. canton
de risle-Jourdain, Adriers. — Marne :
* bas » (laboureur de), jardinier qui
travaille avec la bêche.
Baioeton, s. m., e-^pèce de beignet,
diminutif de ce mot. En mangeant le
premier, il faut faire le signe do la
croix, et prononcer ces mots : « bai-
gne, baigneton, fais fuir nielles et char-
dons. » et l'on est assuré de délivrer ses
champj de ces plantes parasites. V.,
arr. de Châlelleraud, Maire. — Patois
du Berrv: « beugnon.» beignet.
Baillaud. de, adj., celui ou celle
qui baille; par extension, sot, niais:
« grand baillaud, va. » V. — D.-S.
Baillabge, s. f., orge de printemps.
Pans tout le Poitou. Saint Georges-les-
Baillargeaux est un chef lieu de canton
très-connu de l'arrondissement et aux
portes de Poitiers. — Noms de lieux :
Baillargeux fies), [Leigné-sur-Usseau,V.]
Baillbrgi r. baillarge , v. n., ra-
masser la baillarge , la moissonner :
« enfants, faudra baillergi demoin,o! eu
grondement tomps; » enfants, il faudra
mois.sonner la baillarge demain, c'est
grandement temps. V., c. de Montcon-
tour, la Grimaudière.
Baillotte, diminutif de baille, s. f.,
petite cuve en bois où l'on met la ven-
dange. V. — D.-S. — Bailletteou bail-
lolte : « une bassée avec une baillolte. »
lAn. 1772. Vasles. ilaniisc. du Poitou.)
— « Baillot. » (Manusc. du Poitou )
Baillottb. s. f., pièce de deux
iiards. V., c. de Montcontour— Italien :
« ba'ioque, » petite monnaie.
Baillou, s. m., animal rampant qui
BAL
fait peur ; par extension, pei*sonne laide.
Vend.(C. et P. D.)
Baisse, s. f., lieu bas, vallon, la
partie la plus profonde d'une vallée.
(B.-F.)
Baissière (r. bas), s. f., l'endroit le
plus bas d'un champ et qui reçoit les
eaux des sillons. V., c. de risl.-.îourd.,
Adriers — Français : « baissière, »
reste du vin près de tarir.
Balafre, s f., maladie des mou-
tons: boutons, chancres qui leur vien-
nent dans la bouche. C'est la cocote ou
phlyctène. (B.-F.) — Français : « ba-
lafre, j) cicatrice longue par suite d'une
blessure.
Balaie, s. m., plafond d'une étable
composé de fagots ou de branchages
appuyés sur des chevrons V., arr. de
Civray.
Balais, s. m., plante, genista sco-
paria. V., arr. de Poitiers. (Maud.)
Balaite, s. f., sorte de balai pour
nettoyer le grain sur l'aire : « pronds
me la' balaite et néli bén qu'où grain ; >
prends-moi la balaite et nettoies bien ce
grain. V., arr. de Poitiers et de Mont-
morillon. — Basse latinité : balaium^
scopa, Gallis, balai. (Duc.) — Patois du
Berry : « balaitière, » champ de genêts
à balais.
Balasson, s. m., espèce de selle en
grosse toile piquée que l'on met sur le
dos des mulets quand on veut leur faire
porter une charge. V. — D.-S. — Lit
de balles d'avoine pour coucher les en
fants. V., arr. de Civray, c. de l'Isle-
Jourdain, Adriers, Luchapt. — Patois
du Berry : « balasse, » sac rempli de
balles davoine pour les lils d'enfants. —
Français : « balasse, • matelas formé de
balles d'avoine.
Balasson (aller à), loc, c'est trans-
porter les denrées à dos de mulet. (B.-F )
Balassom, s. m., agneau que l'on a
toadu sur les reins seulement, ce qui
produit l'effet d'un balasson V.,arr. de
Civray. — D.-S., Loubillé. (B.-F )
Balayou, s. m., balai pour nettoyer
le grain. V., c. de 1 Isl.-Jourd., Adriers.
V.* Balaite.
Baleret (bal'ret) , s. m., plafond
d'une étable. V., arr. do Civray. V. Ba-
laie. — • Balleret, » hangar. (B.-F.)
Balebetài, Baletai (bal'r'taiJiV. n ,
BAL
faire le halmie d'une étable. V., arr. de
Civray. (A. RJ Y. Dalaie.
Balebit,5. m., crécerelle, espèce d é-
pervier. Vend., Font. (C. et P. D.)
Balet ou Ballet, s m , abat-jour.
Vend. (C. et P. D ] — Galerie (\\ù pré-
cède la porle de certaines éi^lises. V. —
« I/église de Nieuil et ballet d'icelle. »
(Manusc. du Poitou. An I329-N8t.) —
Mayenne : « balet, » petit toit au-iiessus
des boutiques. — Français : « ballet, »
danse figurée avec pantomime représen-
tant une action.
Baleze, s. f., balai pour neUoycr le
grain. V., arr. de l>oudun. V. Balaite.
Balézi, v.a., se servir de la Balèze.
V., arr. de Loudun.
Daliixai (r. balin)y v. a., balancer
une personne à deux dans le balin, en
la prenant par les pieds et par la tête :
< Vau-lu qu'i t'baliniant? » Veux-tu
que nous te balancions? V., arr. de
Civray. — Français : t balin, » pièce
de toile qui reçoit le grain quand on
le vanne ou qu'on le crible.
Balinaie, s f., plein un balin:
a apporte ta balinaie de feuilles. » V.,
arr. de Civ. — D.-S.— (A.-R.)
Ballade , s. f., assemblée cham-
pêtre; au figuré, querelle, dispute:
« quiau nouvea moinage n'sont a rin
d'ban, gle sant trejou en ballade, » ce
nouveau ménage n'est pas bon, ils sont
toujours en querelle. V., arr. de Civ.
— I>.-S. — Grec : paXXî^M, danser en
trépignant. — Basse latinité: balare,
ùallare et vtdlare, saltare, choreas
ducere. (Duc) — Ancien français :
« baler ; puis chante, et puis espringe
et baie. » (Cit. Duc.) — M^rne : « bal-
1er, sauter, danser, s'amuser.
Ballant, te, adj. verb., qui pen-
dille, qui n'est pas en repos : « corde
ballante ; » par extension : « être bal-
lant dans ses vêtements, » flotter dans
des vêtements trop larges Dans tout le
Poitou. — Français : « ballant, » n'est
usité que dans cette phrase : « aller les
bras ballants. »
Balle (très-bref;, v. n., surnager,,
ne pas enfoncer dans l'eau.
Daux maisans qui baillant sti l'alve.
(Chaos. Poil.)
Mayenne : « être pendant »
BAN
33
Ballère (// mouillés), s. f., toile
pleine de balles de blé, et principale-
ment de balles d'avoine, qui sert de
matelas. — Morceau de toile qui sert à
enlever les balles pendant le battage.
V., arr. de Poitiers et de Civray. —
U--S. — « Une ballère de toile de gros-
série. » (An. 1731 Vasies. .Manusc. du
Poitou.) — Grec : CaSaXîa, cunabula et
cunas vocant. (Glossa. grâce, lat. Duc.)
— Basse latinité : batlinia ; ut una-
quaeque villa intra cameram lectaria
plumatias — batlinias habeat. (Capitu-
lare de villis. c. 42.)— î'atois limousin .
« balinge > (b. 1. balinja), couche des-
tinée aux enfants. — Mayenne : « bal-
lière. > — Noms de lieux : Balière (la)
[Vie. V.|
Balleyb, s. f , y. ie précédent. Mais
il n'est employé que dans le second
sens. V., arr. de Civray.
Balot, s. m., lèvre épaisse. Usité
surtout au pluriel : « De grous vilains
balols. » V., arr. de Civrav. — D.-S.,
arr. de Melle. (G. Maz. A. R.)— Vend.
« Sent tout fret son plrot
> Et se laord le balot. »
(Gust., p, 110.)
•I Cas qu'en soune mot
• Et «e mord k- balot. »
(N. P., p. 148.)
Balouèbe, s. f. , balai pour nettoyer
les grains. V., c de St-Savin^ Journé.
y. r.alaitç.
Baltaré, s. m., babeurre. V., arr. de
Châtelleraud. V. Babigeot.
Balvaudé, v. n., faire le fainéant,
s'amuser à des riens. V., arr. de Châ-
telleraud. — Patois du Berry : « bal-
vauder, » tourner autour de la maison,
regarder l'ouvrage et ne rien faire.
Balvote, v. n., se dit de l'oiseau de
proie qui plane, s'apprêtanl à se préci-
piter sur sa proie. V., arr. de Châtel-
leraud.
Bandieau, s, m., bande de mousse-
line de I mètre de long sur 7 à 8 cen-
timètres de large qui sert à serrer une
calotte autour de la têîe. V.,arr. de P.
— D.-S., arr. de Rressuire et de Par-
thenay.— Basse latinité : bindx^ institae,
limbi, fasciae : « Sufficiat etiam cuilibet
sororum una clamis , duee bindae. »
(Duc.) — Français: c bandeau, » bande
d'étoffe qui ceint le front.
o i
BAR
RAR
Bandis 'all-band). s. m. pi., bandes
de fer qui garnissent les roues d'une
cluirrelte. V., arr. de Poitiers et de
Loudun.
BANEet Ban, s. f. ,1e fanon du b ruf.
V., arr. deCivray. — (B.-F.)
Banque, s. m., plante, glijcîmcra
Jluitans. (Maud.)
Baralai, V. a., ébranchor un arbre.
V., c. de .Mirebeau et de Monts.
Barallre, s. f., ébranchage. V.,
Chouppes.
Barassai, V. a., déranger, remuer,
toucher à tout. D.-S., arrrde .Melle,
Barasseuie^; dDara~s"ries), s. m. pi.,
menus objets de peu de valeur. (B.-F.)
Barasson , OUNNE, adj., celui ou
celle qui harasse. D -S., arr. de Melie ;
— s. m. , celui qui par métier transporte
la vendange dans des basses. (A. R.)
Baraï, s. m., maître de maison. I).-
S., arr. deBressuire.
Barat, s. m., babeurre. V., arr. de
Poitiers et de Civray. — Par extension,
déchet. — Basse latinité : baratum,
fraude, ruse: « que bien loyaument et
justement à son povoir et sans fraude
ou barat il mettra en œuvre les choses
dessus déclairées. » (D. Font. An 14-18.
Arch. S. Hil. Egl., n» 241 .) — Français :
« barat et baraterie, » t. de mar ,' lar-
cin, fraude.
Babatay, V. n., faire du beurre dans
la baratte. V.,arr. de Civray. — D.-S.,
arr. de Bressuire. — Vend.
« AuMlbay que .Margot scalt faire daux cailbotcs,
» Tiray sa vache et baratay. »
(Gust.)
Baratay, v. n., tricher, 'tromper.
D.-S.,Chizé. — V. a., mêler les caries.
D. S., c. de Châlillon. — Ancien fran-
çais : « debaretcr, > tromper, ou vain-
cre et surmonter.
• Un Jour pour les (lesbsrcier
» Vindrent Sarazlns paletei •
(Guill. Guiart. An. H7o.Clt. Duc.)
Baratée (galette), s. f., galette com-
posée de farine et de barat. V., arr. de
Civray.
Barai, V. a., futur du verbe bailler,
donner : « Tins, qu'i l'i dissi coum'çà,
i t'baré cent écus, et o s'ra fé, i n'eu v'ii
poué ; » tiens, que je lui dis comme
cela, je te donnerai cent écus et ce sera
fait ; il ne voulut pas. limité à quelques
temps seulement. V. — I).-S. — Vend.
— Basse latinité : balliare^ bailler,
donner. (Duc.)
Baubaillou, s. m., f. Balafre. Pour
guérir les animaux atteints de cette
niala lie, il faut faire saigner les bou-
tons, et fiiclionner la plaie avec du
poireau ou des oignons infusés dans le
vinaigre. (Bemède vulgaire). V., arr.
Civ.
Barbayou, s. m., plante, joubarbe
des toits, barba Jouis. Vend. (C. et
P. D ).
Barbayou, sb, adj , rayé. Vache ou
bœuf de deux couleurs. Vend. (C. et
P. D).
Barbe-de Bouc, s. f., champignon
qui croît en automne dans les bois, et
qui vient en petits filaments semblables
à la barbe de bouc ; de là son nom. Il
est comestible. (B.-F.).
Barbe-d'Houmme, s. f. , plante, bar-
be-de-Capucin. V., arr. Poit. (Maud.).
Barbejau, s. m., raisin blanc. V.,
arr. Poitiers.
Barboï, s. m., insecte; le procuste
chagriné et autres. ;Maud.) V., arr.
Poit., c. Montcontour. — D.-S., c.
Bress. — En français : u barbot, » celui
qui fait la barbe aux forçats.
Barbot- BouFFOUiN, s. m., Centau-
rea cyaiius^ plante. V., arrond. Poit.
(\Jaud.).
Barbota et Babbotteaux, s. m.
pi., les barbes de la tèlicre que l'on
met aux bœufs, ou du filet qui sert à
garaniir les chevaux des mouches. V.
— D.-S. — tf Baillé au cordier XL soûls
pour avoer fourny une paire de barbot-
teaux pour ung cheval. » (An. I.'iS'i.
Maiiusc. du Poitou). Ba.<se latinité :
barbuta^ teguminis species, quo caput
tegebant milites, seu équités in prœliis.
(Duc). — Patois du Berry : « barbo-
tiaux, » s. m. pi., franges, ornements.
— Noms de lieux : Barboleaux (les) et
Petits Barboteaux (Mondion. V.).
Barbote, s. f., couleuvre. V., c.
Montm. En français : « barbote, »
poisson d'eau douce du genre des ga-
des.
Barbote (ail à la), s. m., ail des
champs. V., c. Isl.-Jourd. Adri. Luch.
BAR
Patois limousin : (c barbote. » (Fouc).
Babbou, (/. barba), barbu. V., arr.
Civ. — D.-S. — a Ecoute iqui, bar-
bou. » (Gust.) — Marne : a barbé. »
Barbouillou et Barbouillouk,
SE, adj. (1. barbula), barbouilleur. V.
— D.-S., suivant les lieux.
€ Non pas tous, barboulUoux, Potct, Erault,
[Quiiitard.
{Bab., p. 7.)
Barche, Barchu, e, adj. des 2
genr., celui ou celle qui a des dents de
moins : « Mon drôl' é déjà tout barche. »
V., arr. Civ. — D.-S., arr. l\!el. —
Basque, ibérien : « bresca. » — Ro-
man : « bresca, besca. » — Provençal :
«î berco ; de forme descarnado e barco ; •
des formes décharnées etédentées.
Bardai, s. m., mot à mot, barre
d'aive, barrage pour arrêter Teau :
« di don, Jacques, fé don in bardai. »
— D.-S., c. de Celles.
Bardé, v. a., enduire, couvrir de
boue. Par extension, l'on dit en mau-
vaise part d'un liomme ivre : « il est
bardé d'être saou, » il est couvert de
vin — Se bardé, v. pr., se couvrir
de boue. (B.-F ). — Provençal : « bar-
dissa. » (Lac. cit. B.-F.). — Français :
« barder, » armer un cheval d'une
barde.
Barderai (bard'rai), s m., battoir.
Vend. Font. (C. et P. D.). r. Badia.
Bardin et Baudou, petit âne. Y.,
arr. de Poit. et de Civrav. — D.-S. —
Latin ; burdus, burdo, mnlet : tollam
onus burdonum de terra Reg. (-5, 4, 17).
— Provençal : « bardo. » — Lan2:ue-
docien : m bardot. »
Bardtne,s. f., la femelle du bardin,
bourrique. V. — D.-S.
Bareil et Bareuil, s. m., baril. V.,
arr. de Poit. et de Loud., suivant les
lieux.
Bargegniae, Bargigagli, (gl
mouillés), Barginé, v. n. , hésiter,
tâtonner. Vend. (C. et P. D.). V._,
c. Montcontour pour <f bar.i^igagli. •»
— Basse latinité : bargannlare, barca-
nlare^ barguinare, tricarl, (ergiver-
sari. (Duc). — Patois limousin : « bar-
gigna. » — Marne : « Bargaigner : »
hésiter, marchander; « bargagne, bar-
BAU
35
gnaigné, )) débat, doute, discussion. —
Roman d'Aubéry :
« Je suis pucelle jonctte eit eschavic.
« Si dois bien i cstre des homes bargln-
Ancien français : « barginer : si homes
est range bargine aver à la paerose »
(Cit. Duc.\ — Italien : « bargagnare. »
— Français : « barguigner, » balancer
à prendre un parti.
Bari-Bara, Loc. adv., discours in-
signifiant, sans queue ni tête. (B.-F.).
— V. — D-S.
Barli, v. a., tondre un arbre. V.,
c. de Montcontour.
Barlu, sr, adj., celui ou celle qui
tond un arbre. V., c. de Montcontour.
Bahlures, s. f. pi., les branches, les
broutilles de l'arbre tondu : « prinquiès
barlures per chauffi l'four. i>V., c. de
Montcontour.
Barné, v. a., balancer une per-
sonne à deux. V., arr. de Chat. — A^.
balinai.
Barollai, v. a., les marchands de
moutons appellent a barollai, » rogner
la laine, la relever, mettre leurs bestiaux
en état de paraître h la foire L'on (iit
encore au figuré : « barollai les che-
veux, » c'est-à-dire les couper très-
court. De là le dicton : « tondu ba-
rollu. » (B.-F.). — V.
Baroti et Barotté, v a., transpor-
ter la vendange, dans des ba-ses, il dos
de bêtes de somme. V., c. de Monte,
arr. de Poit. et de Chat.
Barotté etBAROTTiER, s. m., petit
marchand blalier qui conduit son blé à
« balasson, » ou avec une charrette. V.,
arr. Civ. — (B.-F ).
Barotteux, se (r. barotté), adj., ce-
lui ou celle qui transporte la vendange.
V., arr. Poit. et de Chat.
Barounrie, s. f.,
« G fut Inc barounrie
■ Que de l'iiive qui veaet
» Ou moulin de la Jassrie. »
(Siège de l'oit., p. Col.\
Barrau, adj. m., celui auquel on a
coupé les cheveux très-ras, comme
36
BAS
dans ce couplet que chanlenl les en-
fants :
" Tondu Bnrrau,
• Les rhcins f'dinngcronf ^rc nan,
« Tond» racquc
« L«» chclns V iningcront pre Paqiic.
iB.-K...
Barreaux, 5. m. pi., l'on ap[)elle
de ce nom des gerbes que l'on ii b;il!ues
sans les délier ce que l'on appelle bal-
Ire en poinip). soit pour avoir du blé
de meilleure qualité, et moins mélanjjié
de graines étrangères soit parce que le
lenip:^ n'étant p;'.s sûr, l'on n'osait épa-
rer une airée. (B.-F.)-
n\RRE. E, adj., bœuf ou vache de
deux coul^^urs. V. — Vendée, Font.
(C. et P. D.). — Patois du Rerry :
« barré, ée, « bœuf, vache marqués de
lignes biî^arrées.
Basac (à), loc. adv., sans doute
synonyme de t au bisac, à la bessace. »
Laisser tout à basac ou à la basac,
c'est laisser tout en désordre. V., arr.
P., arr. Chat.
« Sans ly ertc mis t basac, »
(Siège Toit., p. Col.}.
Bashkur (de), loc. adv., « partir de
basheur, » c'est partir â la nuit, le so-
leil se couchant. — D.-S., arr. Bres-
suirc. — Basse latinité : • bassns, » bas,
(Duc).
Basi, V. n., disparaître; au figuré
s'écli[>ser : « l'argent basit entre les
mains de sa femme. » (A. R.) — Sain-
longe.
Bassaie el Bassée, s. f., vase en
pierre ou en bois, où mangent certains
animaux, principalement les porcs. —
D.-S. Parth. Melle. — V., arr. de Poit.
et de Civr. L'on dit proverbialement :
« ils mangent à la même bassée, i
quand maîtres et valets miingcnt à la
même table. — - Bassié, » V. — D.-S.
suivant les lieux. « Une bassée et une
bailiette » (An 1772, Vasies j— Patois
du Berry : « bassié, » tablette ou pierre
d'un évier de cuisine. — Ardennes :
« bassyé, » latrines.
Basse, s. f , cuve en bois de forme
ovale propre à transporter la vendange
nu l'eau. V. — D -S. — Haute-Marne :
trou plein d'eau.
Bassicoubtte, s. f., bergeronnette,
BAT
lavandière, oiseau. V., arr. de Poitiers.
— / . Bacouette.
B\sKiL (g. pâaî;), s. m., seuil de ia
porte. V. — D -S. — Vend.
Bassrillet, s m , diminutif do
basseil. V. —D.-S. — Vend.
Bassku, s. f., vase en pierre ou en
bois où mangent les porcs. V., c. de
Montconlour.
Basselr, s. f., profondeur : « tu
ne toucheras pas le fond de la source à
cause de sa basseur. » (A. R.). — V.,
arr. de Poil, et de Civ. — Basse lati-
nité : bassus, depressus, imus. (Duc).
— Italien : t Basse, > Bas (Duc.j.
Bassicot, s. m., diminutif de basse.
V. ce mot. Vend. (C. et P. D.). —
Français : « bassicot, > machine qui
sert h* sortir les morceaux d'ardoise de
la carrière.
Basst, v. n., ne s'emploie que dans
cette phrase : « bassi de honte, » rou-
gir, avoir honte au suprême degré. V.,
arr. Civ. — iB.-F.).
Bassiot, s. m., petite cuve pour
doimer a manger aux volailles. V., arr.
de Civ. —(B.-F.).
Bassive, |I. vaciva), adj. f., jument
qui vient en chaleur el ne produit pas.
— D.-S., c Bress.
Baster, V. n., suffire, être fort con-
tre quelqu'un : ■ i n' bast' poué cont'
li, » il n'est pas fort contre lui. V., c.
de Monte — Vend. (C. et P. D.). —
Basse latinité : bastare, sufficere, quasi
bene slare (Duc). — Italien : « bas-
lare. »
Bat-ageasse, s. m., pie-grièche.
Ce nom patois provient, sans doute, de
ce que cet oiseau est toujours en guerre
avec les ageasses et les oblige souvent
a fuir. (B.-F.).
Bataillai, v. a., prendre beaucoup
de peine. « qu'où ifaaut bataillai per
goignai sa paur' vie! » qu'il faut avoir
de peine pour gagner sa pauvre vie ! —
Se dit du claquet d'un moulin lorsqu'il
n'y a plus de blé dans la trémie. —
(b. 1. : batalare), se débattre pour
faire un marché. V., arr. de Poitiers et
de Loud. — D.-S., nrr. Melle. — Basse
latinité : batalare arma, arma movere.
— Français : « batailler, » combat-
tre, contester vivement, lutter contre,
(Fam.).
BAT
BAU
37
Bategnon [f^afgyion), s. m., espèce
de selle en grosse toile piquée. — D.-S.,
arr. de Melle. V. Balasson.
Batf.lai [baVlai], v. n., rêver. Se
dit des malades qui rêvent en dormant :
u i n'a fé qu' bat'lai tout' la neut; ol é
mauvais sine; » i! n'a fait que rêver
toute la nuit ; ce n'est pas bon signe. V.,
arr. Civ.
Batèbe (r. 6d/), s. f., corset à l'u-
sage des femmes de la campagne : a o
fé si châaud qu'i n' prénré qu' ma bâ-
tère; i> il fait si chaud que je ne pren-
drai que mon corset. V., arr. de Poit.
Batière, Batire, s. f, toile rem-
bourée de paille ou de bourre que les
meuniers mettent sur le dos de leurs
mulols. (B.-F.). — V.
Batlageai ou Badlageai, V. n.,
rêver. — D.-S., arr. Mel. — (B.-F.).
V. Batelai.
BATOr^S-D'ESS'LETTE et R AXONS DE
SELLETTE, S. f . , chevilles qui tiennent
réunis l'e.-^sieu et la sellette de la char-
rue. V.. arr. Civ. —(B.-F.).
Battaisojns (batt'sons), s. f. pi.,
(I. batuere), battage des grains, la sai-
son de les battre. V., arr. C.iv. —
(B.-F.).
Batt.rrelle (bail' relie), s. f., dis-
que en fer qui se place aux deux extré-
mités du moyeu d'une roue. V., arr. de
Poit. et de Civ., c. de Monte. — « Cinq
bat'reles deux boistes, etc (An. 1112.
Manusc. du Poitou).
Batteresse (battresse), s. f., nuée
de grêle qui bat, détruit, en tombant,
le.-^ récoltes. On trouve ce mot dans le
journal de Guillaume Le Riche et la
chronique de Langon ;B.-F.) Générale-
ment employé en Poitou. — Noms de
lieux : Batteresse, commune de Châ-
teau- 1, archer. V.
Batteries (batt'ries), le battage des
grains : « Les batt'ries sant-eilles que-
mencées chez ta? » le battage des grains
es!-il commencé chez toi? V. — D.-S.
V. Battaisons. — Français : « batterie, »
querelle avec coups.
Batti, s. m., l'endroit le plus battu
d'un chemin : a sègue le batti, tu n'em-
boul'ras poué; » suis le chemin le plus
battu, tu n'enfonceras pas tes pieds
dans la boue. — V., c. de Mirb., arr.
de Civ. - D.-S
Batti, s. m., tranchant d'une faux
fraîchement battue : « i fauch'ré h
m'nuise, le batti de man dail é tout
frais ; ï je faucherai b mon aise, le
batti de ma faux est tout frais. V., nrr.
de Civ. et de Poil.
Battour, s. m., in^lrument en bois
pour battre le linge quand on le lave.
On dit aussi, dans quelques endroits,
«< battou » et « battouère. »> Dans tout
le Poitou. — Français : « battoir. »
Baudelle et Baudouelle, s. f.,
feu de genêts, d'ajoncs, de brandcs;
flamme vive et de peu de durée. L'on
dit proverbialement de celui qui su
laisse attrappcr : « gl'é rusé coum' le
lumat dons la baudouelle. » V., arr. de
Civray, c. de l'Ilsle- Jourdain. — (B.-F.\
— Patois limousin : <i baudado. »
Baudreillou, se, adj., couvert de
boue. V., arr. de Poit.
Bauduche (tourtiau), s. m., petit
tourteau, petit pain que l'on fait la
veille de Noël, et que l'on conserve
d'une année à l'autre, pour pré.-^erver
le pain de la moisissure. C'est avec ce
tourtiau aussi que l'on prétend guérir
de la rage les chiens qui en sont atteints,
en leur en donnant à manger. V., arr.
de Châtelleraud. — Petit pain que Ton
fait quelques jours avant la lessive et
que l'on donne au premier pauvre pas-
sant afin qu'il prie Ste Bauduche ou
Baudiche de donner un temps favorable
pour sécher la lessive. V. , arr. de Chat ,
Maire. — D.-S., Parihenay.
Baufin, s. m., bluet,' centaurea
cyanus deLinnée, arr.de Poit.(Maud.);
arr. de Loud.
Baugai, V. n., aboyer : « Lés chins
n' cinssant d' baugai ; * les chiens ne
cessent d'aboyer. — D.-S., c. de Bres-
suire et de Parth.
Bauge, s. f., mesure linéaire non
déterminée. — Avoir ou non la bau^o,
c'est avoir ou non la taille réglementais
indiquée pour le service militaire Dans
tout le Poitou.
Baugeai, v. a.,seservirdelabauge.
se « bauger, » se mesurer. — Dans tout
le Poitou. -- Patois du Berry.
Baule (1. boiiis), s. f., mie de pain.
V., c. Neuv., c. Monte.
Baulai, v. a., hurler : t quiè t-o
qu'enlond baulai? > qu'est-ce que j'en-
38
13AZ
icnds hurler? V. — D.-S. — Basse lati-
nité : baulare, canum est latrare seu
baulare.(Sindoniu5 iii libro De naiurls
rerum,e[c. Duc.).— Aniennes : k Bau-
lier, » danser. — Besançon : « hurler. »>
— Anglais : a lo bawl, ^) crier, criailler.
(Cit. B.-F.).
Baulle-bec (// mouillés), s. m.,
babillard, grand causeur. — D.-S., arr.
de Bress. /'. Badenibelle.
Balirasse, s. f., le plus mauvais du
chanvre. V., arr. de Poit. et deCiv. —
I/on dit aussi, dans certains endroits,
f bourasse » — Français : « bourras, »
gros drap, aussi nommé a bure. »
Bauree, ?. f . , litière, paille fraîche
que 1 on met sous les bestiaux. « Faire
la baurée, » c'est nettover une étable.
V., arr. Civ. — D.-S., ârr. Mel.
Bavassai, V. a. et n., bavarder,
rr.conter les nouvelles spns discrétion :
<• qu'bavasse-tu don d'méme ? dau.x
ment'ries qu'i cré ; » que bavardes-tu
donc de même? Des mensonges , je
crois. V., c. de Monte, Maze. — D.-S.,
c. B., Mel. — Marne : « baver , » ba-
varder, médire.
Bavou, se, adj., bavard, babillard.
Tiè£-.=ouvent employé par nos paysans
dans leurs disputes : m laize-le donc, tu
n'esqu'unbavou.wV. — (B.-F.) — Marne:
fbaveur,» causeur, fainéant. — «baveu,»
d'après Boiste, a la même signification.
Bayai, v. n., tirer la langue à cause
de la chaleur ; se dit des bêtes et des
2ens : « gle bave coum'in chin qui a fé
sepî. lieues avant d'd'junai ; » Il tire la
laiigue comme un chien qui a fait sept
lieues avant de déjeûner V.,arr. Civ.
— i^atois du Berrv : « baver, » crier,
aboyer— Françiis; « bayer », regarder
la bouche ouverte en contemplant.
Bayap.t, s. m., mauvais cheval. V.
D -S. — « dieval de poil bayart, estelle
on front, vendu 50 escus. » (An 1464,
îSIanu:;c. du Poitou.)— i boiart , » che-
val hongre manqué. (Manusc. du Poi-
tou.)
Bayot ou BADJOT,adj., ne s'emploie
qu'au féminin : « grande badjot » Vend.
(C. et P.-\).]
BAZA^^E,?. f., gros ventre. (B.-F.)—
Basse latinité : 6a;-awa,sacculu3. (Duc.)
— >"om5 de lieux : Bazane (la) [Chapelle-
Bâton, V.].
BED
Bazotae, v.n., chanceler. Vend.
(C. et P. D.)
BÉ (1. bene) , adv., bien. V. D.-S. —
Limousin , languedocien, gascon.
Bra . BiA (I. bellus), adj , beau. V.
— D.-S.
Bea (bel-à-de), s. m,, avantage, sort
avantageux : « l'héritage de ma tante
m'a fait un bel-a-de-bea.» V., arr. Civ.
arr. Parth. — D.-S.
Bka (a de),loc. adv., avantageux, fa-
vorable : « quieuqui m'est à de bea,» cela
m'est fiivorable. « Depeu qu'man père
a mouriu . o m'en se bén a-de-bia , i se
mait' chez nou.«J, > depuis que mon père
est mort, cela m'est bien avantageux, je
suis maître à la maison. — V. — D-S.
— :a. U.)
Beacop et BiACOP, adv., beaucoup.
V. — D.-S. — Vend. L'on dit au.«^si :
« beacot et biacot. »
Bêchai, v. n., dormir par interrup-
tion , sans être au lit , en penchant la
têle. D.-S., arr. Bress. C'est ce que
l'on appelle dans la Vienne : a Cougnai
les paux. »
Bechan, s. m., petit binochon dont
on se sert dans les jardins. V.,c. Monte,
Maze. — Basse latinité : « becca, besca,
be.ssa, bessus, bêche. » (Duc.)
Bêché, v. n., se dit des volailles en
général prêts à éclore : « les petits bê-
chant dans l'u , gle vendrant d'ser ou
demoin , m les petits sont sur le point
d'éclore. ils seront éclos ce soir ou de-
main.— V.— D.-S.. — Vend. — ÎN^arne,
Hîe-Marne : « bêcher, » frapper du bec,
casser sa coquille.
Becot , s. m., le bout de la tige du
maïs qui tient à la fusée et que l'on
casse en le pelant, afin de pouvoir faire
les Iroches. — L'on donne également
ce nom aux portions de branches que le
jardinier ou celui qui étauce des arbres
ont laissées : « Thiau l'houme a Icché
les bécots trop longs. » (B.-F.)
Becot, s. m., chevreau :
« Dcax becot qua lat fait dau troupea l'espérance. >
fGust., p. 77.)
Beda , S. m., gros homme : • v'ia i
beda cornu' o'n" n'a guères ! » Voilà un
gros homme comme il n'y en a guère.
V., c. Monte.
Bedaille, s. f., gros ventre. V.,arr.
Civ., F. Bazane.
BEG
Bedageasse (b'dageasse) , s. f., pie-
grièche. V., arr. Civ., F. Balagea^se.
Bedaksse (b'daesso), s. f., lame sans
le rnancho : « pracle me ta b'dacsse ; •
prête-moi ta lame de couteau. D.-S.,
c. de Celles.
Bedasse (b'dasse) , s. f., gros ven-
tre. V., arr. Civ., /^ Bazane.
Bédé, s. f , jeune vache. (B.-F.).
BEL
39
BEDE , S. f., gros ventre : « ah !
gar
don qu'aile bède qu'oui a qu'oui hou-
me ! » Ah! regarde donc quel gros
ventre qu'a cet homme. V., arr.Poit. —
Aube : « bide , bidon , » gros ventre ,
bedaine. — Franc;us : « bedaine,»
gros ventre.
FîEnEGUiAN [d cj mouillés), s. f. ,
coiffe des Piautes et des Pelleboises ,
F. ces mois. Elle se porte aussi dans
une parlie dt^l'arrondissement de ISiort
et de Civray. Ce bedguian ou béguien
se compose de la cornette , de l'arselet ,
de trois pringues et du r'virau. V. ces
mots. — Français : a béguin, » bonnet
de toile avec bride pour les enfants.
Bedochai (b'docbai), v. a., se servir
de la Ifdoche pour béchor la terre. V.
Bedocjie (b'doche), s. f . , houe à
main (B -F.) ~ Provençal : obosoche.»
(l.ac. cit. B.-F.).
Bedocheux et Bedochour , se
[Udocheux) , adj., celui ou colle qui
bedocho. V., arr. Poitiers, arr. de Civ.
Bedochon (b'dochon), s. m., petit
binochon. 'b.-F.). V. iîechan.
Bedon, s. m., gros ventre, arr. Poit.
F. Bazane.
B[G\ssAR et Bkgassé , V. n , béga-
yer. Vend.(C.etP.-D.)V.— Hte-Marne:
« beguer. »
Begassaiid et Begassou ,
bègue. Vend. (G. et P. D.) — V.
BÉGAiiD , E, adj., sot , niais : « ri'n
d'pus bégaud qu'quau gars ; » rien de
plus niais que ce gars. V,,arr. Chat, et
de I.oudun. — Vend. (C. et P. D.) —
Mayenne : « bégaud. »
BÉGUANT , E, adj. V., bègue. V.,
arr. de Civ. V. Begassard.
BÉGiiENASsi, E, adj., bègue. D.-S.,
c. de Thénezay. F. Begassard.
^ Beguette \gu mouillés) , s. f., bre-
bis propre à engendrer. V., arr. Civ. —
D.-S., c. Sauz.-Vaus. — (Loubillé,
B.-F.)— Français : « beguettes, » s. f.
adj.
pi., petites pinces de serrurier. — An-
glais : « to beyet, )) engendrer, et <• to
begétfer, » celui ou celle qui engen.Jre.
(Cit. B.-F.).
Begui, s. m., nom que l'on donne
au cochon quand on l'appelle. D. S.
Beguignai et Bequignai, v. n. ,
crier d'une manière plaintive en parlant
du chevreau :
« Couchés sur lo pavé béguignant d'cndiiraTce »
[Gu'^t.)
Vend.— V.— D.-S.
Béguine, s. f., espèce de coulisse en
soie ou en lustrine recouvrant la calutto
qui donne la forme à la «pantine. ^ \'.,
c. Monte, V. ce mol.
BÉGUINE, s. f., sarments de vigne
liés par pc^tits paquets , javelles. (o.-F.)
BÉGUi NETTE, S. f., diminutif _do bé-
guine, espèce de coulisse, etc. V., arr.
de Poit. et de Civ. — Bonnet de dessous
doni la forme est en pointe. V., arr. do
Montm., Journé , Adriers.
Beho, Beho, Beho, Bai, cris des
bergères pour se faire suivre de leurs
troupeaux démontons. V.,arr. de Cliàt.
Beille (bouille) , s. f., ventre, sur-
tout de poisson. \"end. — Les Essarts.
(C. et P. D.) — Anglais : « belly, »
(bé'v) , ventre. ' ' -•
BÈJË , s. f., becquée. D.-S — Airv.
Béjon^s. m., la semence renfermée
dans le noyau. D.-S. — Bore, Saint-
Jouin , l ouin.
Belar, s. m., enfant qui crie. V.,
arr de Civ.
Belard (b'iard). s. m., bélier, dans
plusieurs contrées du Poitou. — Bellard :
« le curé de Montamisé devait , chaque
année , le mardi de Pâques, aux cha-
pelains et bacheliers du chapitre de
Notre-Dame, h Poitiers , un mouton
bellard, vif, a cornes. » (An. 1083.
Manu;C. du Poitou.)
Belaie et Belée 'l'iaie), s. f, pleurs,
cris, se dit principalement des enfants :
« gle poussirant ine b'iaie a fair'chpure
leso>ais d'Iàer do temps, /) ils poussè-
rent un cri à faire tomber les oiseaux de
raire du temps. D.-S., arr. de Mel. —
V., arr. de Civray.
Bêlé, (b'ié), v. n., crier en pleurant;
se dit principalement des enfants. V.,
arr. de Civrav.— D.-S., arr. deWel. —
40
BEX
Français : c bêler, s faire un bêlement.
Relières (b'Iièros', s. f., les dents
inci^ive^. V., arr. de Civray. — Frati-
çais : « bélière, » annrau qui soutient
le battant d'une cloche , ou une pende-
loque.
Belike (b'iine), s. f., assignation ,
citation. D.-S. — Hanc , village du
Dreuil-Coeffault (B.-F.).
Belinaj (b'Iiiuii), v. n., action de
Taccouplcment des béliers. Au figuré,
agiter doucement et fréquemment la
tète, particulièrement chez les person-
nes âgées ! « ton père quem'ence à
blinai. « — Escroquer : « i mTie pou
il qu'où gars; gl' m'a blinai d'cinq à
six froncs en m'vondont san blé, » je
ne me fie p;>s a ce gars, il m'a trompé
de cinq à six francs en me vendant son
blé. — V. — D.-S.
Bellabd , E (// mouillés), adj. ,
bancal. Vend. |C. et P. D.)
Bellarde fb'llarde, // mouillés), s.
f.,gro5 bâton: ajoueràla b'ilarde.» V..
arr. de Civ. — Ardennes : « belloy, »
bâton.
Blllardé (b'ilarde, // mouillés),
V. n., marcher comme un bancal. Vend.
(C. et P. D.).
Belle d. be/lare), v. a., terme de
jeu , doubler l'enjeu, la mise. V.
Ben et BE^E(I. bene), adv., bien. V.,
arr. de Civ. — D.-S. — Provençal :
« bén , bén mai,» bien davantage. —
Putois du Berry : c ben , » bien.
* Bena , s m.'(l. bonus), benêt. Vend.
— Koms de lieux : Bena , Chau-
nay, V.
Benatsé . V. n., être a son aise, à
sou contentement ; laisser aller une
chose doucement , V.
Blnaiseté, s. f. , contentement,
bien-être : « la benais'té l'tuera. » V.
— Patois du Berry : « benaisetê.»
P>ENASsi.(l.feo?/î^7>i), diminutif de bén,
s. f. , tern-s , une petite quantité :
« quond i auré méngé ma gouléie de
b'nass', i cherch'ré man pain, » quand
j'aurai mangé mon peu de bien , je
chercherai mon pain. V., arr. de Civ.,
arr. de Chat. — D -S — Noms de lieux :
Benasse (la) , jPayé , V.]
Benassox fb'nasson). Y. le précé-
dent. D -S. , V.
BRNATBElb.l. banasta), s. f., espèce
BER
d'engin pour le véron. V., c. de Monte,
Maze. — Benate: «quemdam clericum,
piscantem cum banasta in fossatis. v
(An. 1274 , Saint-Benoît do Quinçay.
Manuscrit du Poilou ) — Basse latinité :
vivarium . piscatorium. (Duc.)
Bemt (b'nil),s. m., rouge-gorge.
Vend., Font. (C. et F.-D.).
BÈQUE [qu mouillés) [g. B'./.t;],s. f. ,
chèvre. V , D.-S. — Français : « bi-
quet , » chevreau.
Bequegnon,s. m., petite queue,
petit bout d'un objet qui se termine en
pointe : « gl'avé daux chaires dans
quialle maisan qu'avant tout daux be-
qijcugnons ; » il y avait des chaises
dans celle maison qui ont toutes des
petits bouts. V., arr. de Civ.
Bequelai, Bequeli»(<72^ et / mouil-
lés), V. n., crier d'une manière plain-
tive, en parlant du chevreau. V. , arr.
de Civ. et de Loudun.
Bequet, s. m., poisson : « Ilem. le
mercredi des roysons , en solles de
mer. deux bequets et ung chabosseau...
xiii s. » (Manusc. du Poitou.)
BKQUETTE(r. 6efy«e),s.f., jeune chè-
vre. V., c. Monte, Mazeuil.
Bequeulk , s. f., maladie delà bou-
che produite par dos boulons : « quiau
drôle a la bequeule. » V., arr. de Civ.
BÉQUIA1L, s. f., bétail. V., arr. de
Chat.
BÉQUILLAED, E, BeQUILLOU, SE,
adj., boiteux, qui marche à l'aide de
béquilles. V. — D.-S., arr. de Mêle ;
suivant les localités.
BÉQuioN , s. m. , petit chevreau ,
dérive de lequette. V., arr. de Poit. et
de Loudun.
Bequiounai et Bequiouni, v. n,
mettre bas en parlant des chèvres. V.,
arr. de Poitiers et de Loudun. F, Abou-
quillai.
Ber , s. m., berceau. D.-S. , Nueil-
s. -les- Aubiers , Châlillon. — Basse la-
tinité; « Bersa^bersœ, cratesvimineae,
seu sepes ex palis vel ramis grandiori-
bus contexl» , quibus silvae , vel parci
undique incinguntur, ut nullus ccrvis ,
caeterisque feris ad egressum pateat
aditus Ab ejusmodi cratibus man-
sit infantium cunis nomen , quas bers
et berceaux vocamus , quod ex vimi-
nibus invicem contextis confeclse sint. i
BEU
(Duc.)— Gascon et provençal : « brès;
ie faguèron un brès; • ils lui firent un
berceau. — Marne: c ber, • — Environs
de Blois.
Berai , loc, construction des deux
mots, bien, vrai, employés inlerrogaii-
venient, et dont notre locution patoise
répète le même sens : « eh Piarre , la
femme à Jean f.edoux qu'est morte ! —
Berai ? » (B.-F.) — C. de Sauzé-Vaus-
sais.
Bebciou (beurciou}[b.l. herc'wlum],
s. m., berceau. V., — D. S. V. Ber.
Berche , Bbechu , E , adj., celui
ou celle qui a des dents de moins V.,
arr. de Civ. — D -S., arr. de Mtlie.
Bebdagon , s. m , eau emmiellée ,
résultat du lavage des divers instru-
ments qui ont servi à la manipulation
du miel lorsqu'on l'enlève des ruches.
On boit cette eau , et elle peut servir de
tisanelaxalive. V., arr. deChâlelleraud,
Oiré , Maire.
Berdaquement (beurdaqu'meiit) .
s. m., cahot ; bruit qui résulte du choc
de plusieurs objets : « queu diabl' de
beurdoqu'ment fasanteils don! » quel
diable de bruit font-ils doncl V., arr.
de Civ. — D.-S., arr. de Bressuire.
Berdaquai (beurdaquai) , v. a. et
n., faire du bruit , du lapage : « Pnragé
d'drôle , i é bia li dir'de s'taisai , le
bf'urdaque trejou; » enragé de drôle,
j'ai beau lui dire de se taire, il fait
toujours du bruit. V,, Civ. — D.-S.
Berdassai (beurdassai), adj., homme
qui s'occupe de ce qui concerne les
femmes : « cré me, teigne frère n'é
qu'in beurdassai; » crois-moi, ton frère
ne s'occupe que du ménage. D.-S. ,
arr. de Bressuire.
Bebdasse (br'dasse) , femme brouil-
lonne , s'occupant de peu.
Berdassi , V. a. , s'occuper de cho-
ses insignifiantes : • i ou di per le sus.
qu'oui houme n' fe qu'berdassé; » je
le dis pour le sûr, cet homme ne fait
que berdasser. V., c. de \lonlcontour.
Berdassotr , adj. m , celui qui
s'occupe h des vétilles : « quiqu' tu fé
lai, grond berdassour? tu Frai ben
meux d'v'ni soupai ; • qti'est-ce que tu
fais-là grand berdassour? Tu ferais bien
mieux de venir souper. V,,arr. de Civ.
— V. Berdassai.
ixxn.
BER
41
Bebdk (l bardas)^ s. m. , paresseux,
fainéant à l'excès. V. , arr. de Chat.,
Maire. — Patois du Berry : « berdin, »
simple d'esprit, niais; — badinage,
niaiserie.
Berdoibài (b'rdoirai), v. a., salir.
(B -F.) F. Ambredoirai. — Patois du
Berry : « benloire, o mauvais pas causé
par de la boue.
BÈRE (l. bibere] , v. ac , boire, part,
passé, bégu {gu mouillés) : « gl'a tout
begu ; » il a tout bu. V., D. S. — On
dit aussi : « b'eyu. h D -S. — Italien ;
(I bere , ou bevere, » boire. (Cit. B -F.)
Bergaud, s. m j hanneton. V., D -S.
— V". aussi Bregaud. — Il y a Bergaud,
nom de lieu, dans la commune de Ver-
rières, (V.) et Le Bergault dans celle de
■Vlazerolles (V.)
Bergeon, s. m , sillon qui va en di-
minuant V., arr. de Poit. et de Loud.
— A^. Abergeon. — Vend , c. de Cha-
lans.
Bebgeounai, v. n., faire des ber-
geons. V., arr. de Poit. et de Loud. —
Vend., c. de Chalans. V, Abergeounai.
Bergbreau (berg'reau) , s. m. ,
petite brande, petite bruyère ; t sorcier,
j'te r'doute, va l'en chiau dans le ber-
g'reau. » C'est la formule usitée dans
quelques communes de l'arrondissement
de Montmorillon , pour se garantir du
sortilège.
Bergle et Berle {gl mouillés), s. f. ,
faux-cresson, apium palustre. V. —
D.-S. — Marne ; • Berle », plante nom-
mée ailleurs chervis.
BhRGOTTE, s. f., brebis déjà vieille.
V.,arr. de Poit., Civ.
« J' n'iré pus aux champs,
« Boun'gcns,
« Gardai qu'iès vieilles bergottcs. »
[Chans. Poil]
Berjeotte, s. f , petite bruyère. V.,
arr. de Poit.
Bebjeotti, v. n., manger peu à la
fois, sans appétit. V., c. de Montconlour,
Berlar, s. m., bélier. V., Adriers.
Berlère (/ mouillé), s. f., anse mo-
bile d'un va-o (in'on suspend, chaudron,
marmite : a a-l-u ben apreuvé la ber-
lère d'Ia marmite, avont d'Ia boutr'au
cramaillon ? » as-tu bien éprouvé l'anse
de la marmite , avant de la mettre au
6*
4?
BEPi
BET
fieniaillun? V., air. do f iv. — D -S.,
jirr. de M^lle, c. do Parihenay. — Au
figuré, langue : « gl'a in' bonn' berlère
dans la goule, quiauqui « il a une
bcuine lancine dans la bouche, celui-ci.
V., îiiT. de Civ.
nF.RUCOTON , s. m., brugnon. On
l'appcUe aussi caîet, parce qu'il n'a pas
de duvet comme la pèche (B,-F.) — arr.
de Melle.
Berlinage et Brelinagr , s. m.,
brebis, moulons. V.. arr. de Poil, et de
Civ. — D -S., arr. de Melle.
Bkrlin. s. m., moulon mâle. Y.,
D.-S : « Item trente chiefz de berlin
dont il y a cinq chasîrez. oi (An I4G3.
Lezay. Manusciits du Poitou )
Bkrlikk , adj f., femme folâtre :
<* rin d'p'us berline qu'la femme à
Jeondé > ; rien de plus folâlre que la
femme de .leaii. V., c. de Montcontour.
— Patois du Berry : « berlines, ber-
lins , I) idées de travers , humeurs
noires.
Btr.LOT, Brei.ot, (le t sonne), vo-
lage, insensé, idiot. V., arr. de Châlel-
leraud — Mavenne : « brelau ou berlau »
('iseur de riens. — Parois du Berry :
tt berlaud, berlaudin , » niais musard.
i.Q pa'ois aaussi les verbes : «< berlauder
et b'^rlaiiser. » s'amuser à (\e^ riens.
Berlot, s. m., le dernier jour des
moi.-sons. V., c. de Monfm. f\ Avelut.
Bkr>ar , s m., fourche en bois à
q»!aîre doigts pour étendre le lumier.
\ . — D.-S
Bkune, s. f., drap de lit en grosse
toile. Vendée, Fonlenay. (C. et P.-D.)
— Toile qui sert àcouvrir unecharrette.
V.. c. Monlcontour, Maze.
Berne, s. f., faux-cresson , Vienne,
/■. Kergle — Marne et Haute-Marne :
« berne. » fossé, trou, berge. — Noms de
lieux : Berne Ha), ChiUellerault,
Bersolé, Brhsolé, e. adj., celui
ou celle dont le visage est marqué de
rousseurs, ou par la variole. V. — D.-S.
Berteau, s. m., cheville qui sert
avec la muette ë mainleidr l'équilibre
de la traction d'une charrue. D.-S.,
arr. de Bressuire et de Parlhenay.
Bf,rteau, s m., bande de culotte;
de là ce proverbe : « o faudra lerjou
Itindre {)er san ber'eau de cliolte , »
il faudra toujours le tenir par sa bande
de culotte, pour indiquer une personne
qui ne sait pas se conduire elle-même.
V., arr. de Loudun.
Berté, v. n.. aller et venir, se dit
principalement des animaux qui paca-
gent : (.( Mé;? oueilles s'sont pas soûlées
annuit. ai'n'ont fé qu'berté. » Y., arr.
de Chàtelieraud.
Brseuil, s. m., puisard pour faire
écouler l'eau. D.-S., Vendée. — Petite
roue par oùsuinledel'eau. Y. — arr. de
Poitiers.
Besille, s. f. , chèvre. Y., arr. de
Civray.
BEbOCflAT. v. a., piocher. Y. — D.-S ,
V. Bedochai.V. D.-S., — « oùillecestoit
allé pour besocher des chenevraulx. »
(An. 1531. Manuscrits du Poitou.)
Besoche, instrument qui sert à Be-
sochai V.— D.-S. — « Item II be^oches
et un trahant. o (An. 1329. Manuscrits
du Poitou.)
Besocheux, se, adj., celui ou celle
qui besoche. V. — U.-S. V. Bedocheux.
Besochon, s. m., petite besoche.
V. — D.-S. (An. 1546. Manuscrits du
Poitou.)
Besson, NE, adj., jumeau, jumelle.
Dans tout le Poitou. — Besson, s. m.,
pionnier ou terrassier. (xv« siècle. Ma-
nuscrits du Poitou.) — Roman, « besso.»
— Provençal : « bessou no, besson. » —
Gascon et limousin : u bessou. » — Ar-
dennes : « bessons , bessonnes. » —
Noms de lieux, Bessons (Moulin des),
ChefBoulonne (D.-S.j. ■
l'ESTiASSK. s. f., (1. best'ia] une bête,
un lourdaud. Y. — D. S. — Italien :
« Besliaccia », grosse bêle.
Beté, v. n., figer : a la sauce est bé-
tée dans Iplat. » Dans tout le Poitou,
où ce mot se prononce bétai, béti et
bêlé, comme nous l'avons écrit.
Betin , s. m., Terres de mauvaise
qualité mélangées de pierres, de cail-
loux. — Gravois. débris. Y. — D.-S.
BETTE-CKAaiPÈTRE, S. f , betterave.
D -S., arr. de Bressuire. — Rabelais :
« bette» (L. V\ c. 13. )
Betusë, fh. 1. Befuysia), s. f., me-
sure de capacité équivalant à huit bois-
seaux du pays. V., c. de Chauv. (An.
1409. iManuscrit.j — Français : « be-
tusë » , tonneau à dend ouvert pour
transporter le poisson.
BEU
Betusée, s. f., seplrée. (Manuscrits
(]ii Poitou.)
Benaille, s. f., chaume; paille qui
reste sur le sillon après le sciage des
blés. (A. R)
Beude, s. f., petite vache, (B.-F.)
V. Bede.
Bevgvet Jgu mouillés), s. m., engor-
gement des lèvres : ogi'é pa à s'n ais',
tai, m'n houme ; gl'a l'beuguet » ; il
n'est pas à son aise, liens, mon mari_, il
a le beuguet. V., arr. de Poitiers.
Beuillais , s. m. pi. , Monceaux de
beuille, ou de buaille. D -S. — V. ces
mots.
Beuillk, s. f., petits fragments de
filasse, ou de grettes qui tombent sous
la broyé. (B.-F.) — Roman : « Buela,
Bueilla. » Noms de lieux, Beuillon (le),
(S. Clair, V.).
Beuiller, s. m , meule de buailles
(A. R.).
Bediller, V. a, et n., dépouiller un
champ de sa beuaille. [A. R.). — Ven-
dée (C. et S. D.).
Beuiller , v. a , Attendre : « i, é
resté iqui à beuillé, i n'sé combé
d'tomps, i n'é poué véngu » ; ; je suis
jesté ici a l'atteadre, je ne sais com-
bien de temps, il n'est point venu.
— Regarder ce que font les autres :
« qu'beuill'tu don avoure » ? Que re-
gardes-tu donc à présent? V.,-- D.-S.—
Aube, Haute Marne : obeuillir, beuyer,
f'jire beuillot,» regarder avec attention,
faire le guet.
Beuillou, se, adj., celui ou celle qui
regarde faire les autres. V., arr. de
Poitiers.
Beuillou, s. m., cousin, insecte.
Vendée, Fontenay. (C. et P. D.).
Beure, V. a, part. pas. t begu »
{gu non mouillés), boire ; •N'allant
beure in chopin'en mingeant nouté
pain » ; nous allons boire une chopine
en mangeant notre pain. V., c. Isle-
Jourd.. Adriers. Luchapt. où le part,
pas. fait au féminin «bégudée ; n «nous
vachées ont allées bégudées? » Nos
vaches ont-elles bu? — Patois du Berry :
« beuvre, beuver.» Roman de la Rose :
«de celte fontaine beuvrez.» —Patois
du Limousin : « béouré. » — Noms de
lieux; Beuvrie, (Asnois.V.).
BIA
45
Beurette ih la), loc. adv., en sdoret,
en particulier :
« Qui de quiau pauvre Pas
» Parlant a la bcurctte. »
^Gust , p. 3.)
On dit en Bas-Poitou d'une personne
que l'on voit aller à confesse: « elle va
parler à la beurelle. » (t'res ) — Patois
de Besançon : « benra » fermer; « aiva
beura » , on avait fermé.
BbURG^E, s. f., hanneton. (B.-F.)
Beurgne, s. m , coup. V., arr.de
Civrav.
Beurginf, V. n., bossuer, faire des
bosses, se dit des ustensiles de ménsye.
— (Se) V., pr., se heurter en tombant :
« i m' se beurgué tout' la tête en chesant
dau plancher » ; je me suis heurté la
tète en tombant du grenier. V., arr. de
Civray.
Beurgnb, s. f., brin de taillis qu'on
laisse de distan<'e en distance pour
fixer les limites d'une coupe de bois.
Espèce de pieds-cormiers. (Rondier,cit.
B.-F.).
Beurrai, v. n. (1. Butyriim)^ donner
du beurre en parlant d'une vache :
a tés vaches beurrant-ailes ben?) Tes
vaches beurrenl-eîles bien? —Français;
« beurrer», mettre du beurre.
Bkute, s. f., petite parcelle de feu :
« n'y avé pa ine beute. » (A -R )
Beuve , s. f. , cruche : « vé don à la
feingtaine q'ri dues pliennes beuves
d'aive ; » va donc à la fontaine chercher
deux pleines cruches d'eau. D.-S., c. de
Bressuire.
Bezaine, s. f , ruche : « la bezaine
était toute pleine. » (A.-R.) — Bezenne:
« deux bezennes et un vieux fauteuil. »
— (An. 1764, Vasies , Wanusc) — Ar-
dennes : « Besainne, Besanne. »
Beze et Bezie, s. f., nom d'amitié
que les bergères donnent à leurs chèvres.
V. — D.-S.
Bia, s. m., blé : « v'ia d'biau bia ;»
voici du beau blé. V., c. TisL-Jourd.,
Luchapt.
BiAiN, BiAN, s. m., jour de marché,
D., arr. Parth. , c de Celles, Vend. —
« Les biaina de Parth. sont des mar-
chés-foires très-renommés.» — (Manusc.
du Poitou.) — Basse latinité : Bienna ^
«définiunlur in consueludinepiclavensi,
44 BIC
iut. 99. — Corvées tant d'hommes que
de bètes. * — « Binins >, in consuetiid.
Andes^av., art. 4w9. — « Bians, » in
IMclaxensi. art. 102, 190. — « Le bien,»
in chartM Maurilii de Bellavilla , dom.
Ganaschi^e; ann. l2ti.S. — « Rias. »
Tabul. S. Eparchii inculism. (Duc.) —
Aftlennes : « Biain, » corvée. — On ap-
pelait autrefois bian ou bien, en Poi
ton la corvée qut^ devaient les hommes
et les bètes, et biennau.x , tes corvé-
ables (Coût, du roit<)U.)
BiAS, s. m., boyau. D.-S., arr. de
Rlelie — Vend.
« Car rI' avnnt soin de coiidrp aiifnn
» In grand bia.s que chez les boiidmuux. »
(Gu.st., p. 0.)
BiARDE , S. f., jeu d'enfants; I.oule
que ion se renvoie avec des bâtons
V., arr. Poit.
BiAi DE, s. f., blousC, vêlement :
« doun' nie don ma biaude.» V. — D.-S.
— Basse laliniié : Bliaudus , bliaus ,
hl'ialdus^ vestis species. « Dédit pro
placito isto 2i> sol, et unum bliaudum
ranabiiHim. « (Duc.)— Patois du Berry :
'( Biaude » — Besançon : « Biaude. »
— Haute-Marne: « Bliaut , bliaut, »
vêtement de dessus. — Roman de Ga-
rin :
" En uno^jnrdp rob-.- li rois en vint
»> Ve>le un bliaui g«nteini ni li avlnt. »
(Cit. Du.-.)
FUienne Tabourol :
« J'uiaac mieux voir la belle taille
> Suuslabiaud: qui lui baille. »
(Cit. G. 3.)
Bi.\LTiEAT , v n , sortir , apparaître
sur divers points. D.-S. , Melîe. —
(Uondier.)
BiALLE , s. f., mie de pain. V., arr.
de Poit. y. Baule. — Blouse. K., Biaude.
D -S., arr. de Parth,
Biberon, 'l. Bibere),s. m., vaseoù
l'on met i'huile. Vend. (C. et P.-D.) —
Trançois : « Biberon », petit vase pour
boire avec un bec ou tuyau
BiBLAi (h mouillés), v. a., impor-
tuner , troubler , interrompre : « tu
ibibles parce que t'au fé trot vile » ; lu
te troubles parce que lu fais cela trop
vite. Dansioul le Poitou.
BicÈTRK, s. m , bissextile : « c'est
'année du bicèlre.» V., arr. de Chat..
BÎE
vulgairement l'année de malheurs. —
Basse latinité : Bis.sexfus^ infortunium,
malum superveniens , vulgo eliam nos-
tris hac notione. (Duc.) — Infaustum
bi?sextum sœpius romanœ reip. fuisse.
(Macrobius, lib. i. Saturn., c. 13, cit.
Duc.) — F e hisfiexleéiml.un droit épis-
copal de l'Église de Poitiers, que chaque
prêtre devait acquitter pendant le
synode. (Synode, an. 1280, c. ii.) —
Tune bis?e\tilis erat annus. ac sicut
vulgo audivimus, super proditores cor-
ruil bissexlu.-. (Ordericus Vitalis, I. xii,
p. 882, cit. Duc )
Pour ce que bisscxtre eschiet
L'an en .sera lout desbauchlet.
(Joan Alolinetus.)
in Calendario, fol. \()l. (Cit. Duc.) —
Aube : « Bicètie. »> — Patois du Berry :
« Bicêtie, » erifant vif, bruyant.
Biche, (poil), s m., l'on dit d'une
mule ou d'un mulet qu'ils ont le poil
biche, lorsque leur pelage est fauve. Le
plus souvent, pour ne pas diretoujours,
ces animaux ont une raie noire trans-
versale sur les reins (B.-F.) — V., arr.
de Civ. et de Loudun.
BicoT, (g. pî/.Yi), s. m , chevreau.
Vendée :
« Les chicot aux grands chay, in bicoi à sa mère. »
i^Gust., p. 77.)
BiDALE, S. f., gros morceau pris sur
le dessus ou le dessous d'un pain entier:
« pri man grond coutia, i copi in'bidalo
le long de quiau chôntia. » Je pris mon
couteau, je coupai un morceau le long
de ce pain. V., arr. de Civ.
BlDROUILLE et BiDROUILLET , S. f.,
vin plat, sans force. Dans tout le Poi-
tou. — (A.-R.)
BiDROUiLLEE, s. f.,"mets composé
de citrouille cuite délayée dans du lait
auquel on ajoute du poivre : « migne,
man p'tit, migne la bidroiiillép, ail' é
ben bonne, d V., arr. de Civ. — D.-S.,
arr. de Melle.
BiuRUTjS. m., vil), plat. (B.-F.) F.
Bidrouille.
BiE, Bue.Blge, Buie, S f., cruche.
V. — D.-S. — Vend., suivant les com-
munes. V. Bcuve. — Patois du Berry :
« Buge. »
Bierbb, (r. bribe)y s. l., morceau
BIG
pris au milieu d'un pain entier : c oh î
p'pa , cope mou don ine p'tite bierbe
de pain, va; » oh! papa , coupe moi
donc une petite bierbe de pain, va. V.,
arr. de Civ,
BiGARLAi , V. a., orner, enjoliver.
V., arr. de Civ.
BiGABLÉ, E, adj , de plusieurs cou-
leurs : « prendrai ma robe bigarlée
dimanche pr' allai a la ballade ; » je
prendrai ma robe bigarlée dimanche
pour aller à l'assemblée. V., arr. de Civ.
BiGASSAi, V. a., troquer, changer du
bétail pour d'autre, en faire métier ,
commerce. V., Civ. — D.-S. — (B.-F.), qui
l'écrit bigacer.
BiGAssou, SE, oiiR,ousE, adj., celui
ou celle qui bipasse. V.,arr. de Civ. —
D.-S. — (B.-F.»
BiGAU, s. m., pic. V., arr. Monlm.
BiGAUDE (bète),s.f , bêle fantastique
que l'on dit habiter les puits pour em-
jiècher les enfants d'y regarder, dans la
crainte daccidenis : « t'approche pas
d'quiau poué , man p'iit , la bigaude
t'ming'rait ; ne l'approches pas de ce
puits, mon petit, la bigaude le mange-
rait. V., arr. de Civr.
BiGEAE, V. a., trouver par hasard,
et après avoir beaucuuj^ furelé. Vend.
BiGKAROu, SK, adj., bizarre. V,, arr.
de Civ., Linazai. — (B.-F.)
BiGXOLER, v. n., avoir un vilain
coe/fîs, se dit des femmes. ■ — D.-S. —
(B -F.)
BiGNOLON, S. m , vilain coêffis ;
manière peu gracieuse de se coëffer, rela-
livoment à la forme. (B.-F.)
BiGOisÉ, v. n., prendre un chemin
détourné , faire quelque chose avec
ruse , détourner l'attention. V.,arr. de
Chat , arr deCivray.
Bigot, s. m., nom que les habitants
do la Gàtine donnent à ceux de la
plaine. D.-S., Gâtine. C'était le surnom
des Normands :
« Souvent dient, sire, pourquoi
» Ne tollezla terre as bigos ? »
(Rom. de Vacce.s.)
BiGOTU, F, adj., bossu, de travers ,
qui n'a aucune régularité : « quiau
ch'min é tout torlu, bigotu. » V., arr.
de Poit., Civ. et de Loiidun.
BiGOURNE (bèîe), [l bis^corm/], s f.,
BIO
45
animal fantastique que l'on suppose se
rendre au sabbat. V., arr. de Chat., de
Poitiers. — Koms de lieu.x : Bigoimerie
daj [Vaux, près ihàl.)
BiGU AILLE, V. a., troquer, changer
du bétail pour d'autre. V. — D.-S.
— V. Bipassai. — Ancien français :
« Bigiier. »
BlCUAlLLEUX et BIGUAILLOU , SE,
adj., celui ou celle qui biguaille ,
D.-S. — V. Bigassou.
BiGUENAiL, s. m., brizeau. champ
ensemencé de diverses espèces de grain :
« ton biguenail est bea, mon vesin. »
(B.-F.)
BiLLOU, S. m., morceau de bois , et
par extension bâton. V., c. Isl.-Jourd.
— Patuis Limousin : « Billou. » —
Noms delieux : Billou, prè.s Ilains (V.)
BitMiiAi_, v. n., sauter, danser. Noms
de lieux : Grand et Petit Bimbard,
(Sainl-i\emy-sui -Creuse )
Bine, s. f., instrument de jardinage.
Vend. (C. et P.-D.)— Grossobille pour
jouer. V.,arr. de Civ. — Cigale. V.,
arr.de Poil.— Patois du Berry ; oBine»,
dinde femelle, poule d'indo.
BiiNER (I. binaire), donner aux terres
une seconde façon.
BiNRTi] , s. m , mésange. V., c. de
Monte. — Vend., ¥o\\\. {C. et P.-D I —
Verdier, V. — D S. Les paysans l'ap-
pellent ainsi, dit M. Beauchel-Filleau,
parce qu'il lait son nid dans les vignes
au moment où on les bine; ou plutôt
()arce qu'en chantant, il prononce par-
faitement les mois: bifL bin bW /?/,
comme adressant celte question aux
vignerons. — Onomatopée.
B!^GUAT , V. n. , bondir , sauter,
danser : se dit des animaux et parfois
des enfants. (B. F.)— V., arr. de Civ.
BiNOCHR, s. f., insirument de jardi-
nage, diminutif de Bine. V., arr. de
Po'it.
BiNOCHÉE, s. f., terre qui a éié le-
vée avec la binoche. V., arr. de Poi-
tiers.
BiocHE , s. f.. bêche. V. , Isle-
Jourd., Adriers.
BiocHE, v.a.. se servir de la bioche,
bêcher la terre. V., Isle-Jourdain,
Adriers.
BlGGEAI,BlOUGEAI, (g. pîc;) V. n.,
et plus ordinairement impers., élre
46
BIR
BiS
en inouvemenl. s'agiter en parlant ties
êtres vivants réunis ensemble : « o bio-
aeai fort dans l'cabaret. n D.-S., c. de
Maz. (A -R.) — Arr. de Mel. — Vend.
(C. et P.-D.) — Dans le cantonde Civ.,
il se dit plus particulièrement des in-
sedes en général,
BiOGÈRE. (r. biocjeai), fourmilière.
Vend. (C. et P.-D )
BiOT, (le/se fait sentirdans l'arrond.
de (^hât.) s. m., vase de grés où l'on
met l'huile. Il est aussi pris dans le sens
de biberon. V. ce mot. — Vend. (C. et
P.-D.)
BioTTAr . V. n., boire à un biot.
Vend. (C. et P.-D.)
BiQuiON , S. m., chevreau. V. —
D -S., dcvns quelques communes. F.Bé-
quion.
BiQUTOU>'N.\T [y. Biquion), v. n.,
mettre bas en parlant des chèvres. V. —
D -S., dansquelquescommunes F. Bé-
quiounai.
BiQUDÉ et BïQUÉ, V. a., embrasser.
V., Isle-Jourdain , Luchapt. — Patois
limousin : t Bicora. »
BiRAiLL.Ai et Biz\iLLAT (r. fiireil\
V. n., cligner Us veux» loucher un peu.
V. — D -S . arr. de Melle.
BiBAiLLOU, SE, adj.. celui ou celle
qui cligne les yeu.x V. — D.-S.
BiBAUD, E, adjeclif , qualification
amicale que l'on donne souvent aux
enfants : « mon p'iit biraud, ma chère
birande. » V. — D -S.
BiBEiL et BiREUiL, adj. , louche, qui
a les yeux de travers. V.,arr. de Poit.,
Monte. — D.-S. — (B-F.)
• A pea thien me rendit coum' in vrai bireuil
» En bourdant les cossons, les ch'iil» et la mii-
[raiile. >.]
(.Mellois, sa avr., leei. Cit. B.-F.)
BiREiLLAi, V. a., regarder quelqu'un
avec indiscrétion. D.-S., arr. de Bress.
BiRETTE, S. f., arum rulgare : ^ bi-
relte de chat, « les belemnites. V.
(Maud.'! Patois du Berry : a birette, »
loup-garou.
bii'.OGLAE igl mouillé?) et Biroillé.
T. n.. cligner les veux. Vend. (C. et P.
D.) y. Biraillai.
Biroilla, adj. V. Bireuil. V., c. de
Mireb. : « Queu biroilla d'drôle est-ou
quiu ! » quel louche de drôle est-ce
cela 1
BiROT, TE, adj., sot, sotte. (A. R.)
BiBOTAi, v.n., regarder niaisement.
(A. R.)
Bmou, SE, adj., celui ou celle qui
cligne les yeux. V., arr. de Chat. —
D.-S., arr. de Melle. V. Biraillou.
BiROUGNK,BiROUNE, S. f . , vrille. V.,
arr. de Poit. et de Civ. — D.-S., arr.
de Melle. — Gascon : a biroule, » pi-
rouette.
BisCARiAi, K, adj , celui ou celle qui
est maladif, qui a quelques infirmités :
c i seu tout biscari.ii depi qtieuques
jous, » je suis à moitié malade depuis
quelques jours. V. — D -S. — Vend.
BiscouETTE fl. bU. cauda) , s. f. ,
bergeronnette, oiseau. V.,Civ. — D.-S.
— (B.-F.) L'oiseau à qui l'on donne ce
nom, la bergeronnette ou lavandière, a
un mouvement de queue, souvent répété,
de bas en haut et de haut en bas. F. Ba-
couelte.
BiscouETTÉ, V. n , tourner et re-
tourner, sauter, courir. V., arr. de Civ.,
c. de Monte.
BiSQUiRN , s m., domestique qui
mène le gros bétail aux champs : « di
don au bi>quien d m'né nous bu chain-
Irai in couble d'heures ; » dis donc au
valet de mener nos bœufs pacager, le
long des lisières de nos chumps, pen-
dant deux heures. V., arr. de Civ. —
Mauvais cheval. V., arr.de ( hàt. — (B.-
F.) il est synonyme de 6/.scaye;?, autre-
fois bif^qui'n. (Lac, t. 2.) — Français :
« bisquain. » peau de mouton préparée
et garnie de laine.
BiSQUOis et Biscois (1. bisulcus),
adj., qui n'est pas régulier, qui n'est
pas ordinaire. Un TJmousin, un Gascon,
quoique parlant français, passera pour
parler bisquols. De l'étoffe qui n'est pas
coupée au droit fil est coupée tout 6/5-
quois. Un chemin qui n'est pas droit
va tout bisquois. (Press.) V. — D.-S. —
Vend.
1 Si gne parilant pas latin 00 bay biscoU. •
(Gast., p. 78.)
Wallon : « bisque. » (Cit. Press.)
Bisse, s. m., rouge-gorge. Environs
de Melle. C'est le purroulaa d'Aristote,
dit Scaliger,et il traduit ce mot par bir-
rida. D.-S.— (B.-F.]— Roman : u bi.<, •
BLA
brun. — Françuià : « bisse, » terme de
blason, serpent.
BissRLLE, s. m., gros morceau pris
sur le dessus ou le dessous d'un pain
entier. Latin : buccella , une petite
bouctîée, diminutif de buccea. bouchée.
Fréquemment employé dans 1 Kcriture
sainte, comme dans ce passage de Ruth,
l. XIV : « Intinge buccellam tuam in
aceto. »
BissoTB, s. f., panier rond. V., c. de
Saint-Savin.
BiSTOQUET et BisTORON, S. m., en-
fant gros et fort : « tu enlève qui, in
fameux bistoquet, » tu élèves un enfant
qui est bien fort. V., arr. de Civray. —
Petit domestique, petit berger. (Barot.)
— Marchand de chèvres. (B.-F.) —
Français: « bisloquet, » espèce de
queue de billard pour jouer du gros
bout.
BiSTRAC, S. m., ronge-gorge, ainsi
appelé à cause de son cri. V., arr. de
Civ. V. Bénit.
BisTRAC , adj m , b;incal : « quou
l'enfant marche mal^ lé tout bislrac. »
V-, arr. de Poit.
BiSTRAUD,s. m., petit berger chargé
de la garde du gros bétail. (B.-F.)
BtTABD,s.m.. onlarde oiseau de pas-
sage. Vend. Font. (Cet V. D.)— nasse la-
tinité: bistarda, avisquœdegilin aqua,
latinis, avis tarda. (Duc.) — Marne :
« bislarde. » — Français : « bizart, »
oiseau de passage.
BizEUiL, LLE, louche, qui a les yeux
de travers. V., arr. de Civ. — Y, Bi-
reuil.
Bla.s. m., blé. V., c. de risl.Jourd.
— Basse latinité : bladum, sic autem
appellabant quodvis triticum, etsi dif-
ferret a frumento. — Blatum, blajum.
— Patois limousin : « bla. » — Gascon:
« blal. i — Languedocien : « blat. » —
Italien : « biado. >
Blanchet, s. m., habillement de
dessous des femmes. V.. c.de iMirebeau.
— D.-S— (A.R.)— Etofîede laine blan-
che. La Faye-Monjault. (IManusc. du
Poitou.) — .\Jarne : « blanchet, » étoffe
commune, doublure.
Blanchisseur, s. m., écorcheur.V.
— D.-S.
Blanchi, y. a., enlever la peau des
BLU
47
animaux morts de maladie ou d'acci-
dent. V. — D.-S.— (A.-R.)
Blaîndou, s. m., rai->in blanc, formé
des deux mots blanc et doux, sa couleur
et sa qualité. V., arr. de Civ.
Blard {ht mouillés) , s. m., jru
d'enfants qui consi.-te à pousser une
pierre ronde avec des bâtons. D.-S.
Blard, s. m., bélier. — V., arr. de
Poit. — Ver qui se trouve dans les
fruits. V., arr. de Chat. — Noms de
lieux : la Blardrie (Champniers, V.)
Blardé, e, adj., fruit dans lequel il
y a des b lards. V., arr, de Chût.
Blat, e, adj., une grosseur indéter-
minée ; se dit principalement du fil.
(B.-F.)
BLhTTE {bl moudlés), s. f., petit
morceau de bois pointu qui sert à \Wt
les gerbes. V., c de iMonlm , Mou-
lism.es. — Patois du Berry : « blette, »
bette commune poirée. carde : « Septi-
trif n, riche entre tous les marchans, ne
mange rien, sinon blettes et raves. (U.
An«^u Cit. C. J.)
Blevé.s. m , bluet. plante. V.,c.de
i'Isl.-Jourd. et d'Adriers.
BliiN, s. m., bélier. D.-S., arr. do
Bress — « B^lines, » s. f pi-, animaux
bêlants, brebis : « et illecque.-> ont pris
certaine grant quantité de bestes beli-
nes. » (Manusc.du Poitou An. \4?j\).)
BLioc-Bnoc.loc.en bloc, à poignée,
pêle-mêle. V., arr. de Civ.
Blonde, s. f., plante, verpascum
thapsus. V. (Maud ) — Français :
« blonde. » C'est une sorte de dentelle
de soi*'.
Blot (1. bellus), s. m., mot caressant
à l'adresse des petits enfanis. V., arr. de
Civ.— D. S., c. de Thénezay.— Vend.
(C. et P. D.)
« Pre le petit belol. »
(Gust., r. 9.)
Noms de lieux : Blots (les), Availles,
Thuré, près Chat.
Blotae (r. blot), V. a., soigner ten-
drement. Vend. (C. et P. D.)
Bll'TIA, s. m., bluteau, blutîoir. —
Basse latinité : blutare; « nostris, blu-
ter, est farinam incernere. » (Duc.) —
Marne : « bluteau, « étoffe de laine
pour tamiser la farine.
Bluttes, s. f. pi., éblouissements.
V._, arr. de Civ. V. Arbeluttes.
48
BOI
Bor
Boa BAI (I. boare , v. ti. , crier
cumine un bouvier. Veiui. (C. el P. D.)
BoBELiQUK ibobl'iqiie), s. m., ni;ii>,
qui ^e Inis^e facilenieiit tromper. Vend.
M Gle nous ont dong uienéâ quciiir do bob^Iique. »
(Bab., p. 91.)
BOBELUCHE (bob'luchR', S. f., dépôt,
sédiment que l'on rrouve au fond d'un
\H>e qui contenait des licjuides. V., arr.
de Bress.
Boc, s. m., sabot. V., arr. de Civ.
HocR (la mille;, loc, qui répond à
mille pestes!
« Eh bay, la mille bocc!
» Aller doue Irelous v'y permenay. >»
(GUSl., Ji. 36.)
BoCQUF. S. f., petite femme. Vend.
(C. t'i P. D I
BoDAiLLK, S. f , monnaie de billon :
« 1 aras quinze francs en bodaille. »
(Gust., p. 54.)
BoDAUx, S. m. pi., bestiaux, ferme
enfantin. Vend (C. et P. D.)
l5()i)R et BEDE, s f., gros ventre, et
aussi simplement ventre : o S'empli la
bode ou la bède , > c'est manger. Dans
tout le Poitou.
BoDEET, s. m., veau. V., Chalan-
dray. — D.-S., c. de Thénezav. —
Vend. (C. et P. D )— Patois du Berry :
« body, )> veau.
BoDi, E, adj , fiancé, fiancée. Vend.
(C. et P. D.)
Boette, s. f.. chaussée. V., arr. de
I.oudun. — « Devis des ouvrages qu'il
convient faire pour le rétablissement de
la boette ou chaussée appelée la Court,
sise entre le n)Oulin de Betourne et celui
«le Bf^uveron.sur la rivière de la Dive. »
(An 1730. Marnes. .Manusc. du Poitou.)
P»OGLiAON fin), loc. adv., un instant,
un moment. Vend. (G et P. D ;
BoGiJET, s. m., pelle courbe. Vend.
(C. et P. D.)
BoGUi, E, ad., fiancé, fiancée. V. —
D.-S. — V. Bodi.
BoiAC ou Baiac fà), loc. signifiant
saleté, malpropreté. V., arr. de Poit. et
de Civ. — Unté a Bordeaux.
BoiFFÉ. V. a , chercher minutieuse-
ment et par curio?ité . « l'a tout boiffé
dans muun armoise, o V., arr. de thâ-
telleraud.
BoiFLE, s. f., petite enflure pleine
d'eau, aux pieds ou aux mains. (A. B.)
— Patois du Berry : « boutiffe, » cloche
à la peau produite par une brûlure.
BoiFLAi, V. n., avoir des boifles.
(A.B.)
BoiLR, S. m., terrain mouvant qui
s'élève et s'abcdsse dans les marais et
qu'on dirait supporté par l'eau. Vend.,
iMaillezais. (C. et P. D.)
BoI^oTTE, s. f., petite ouverture :
« quou chat a foui par la boinottte. »
V., arr. Poit. et Chat. — Patois du
Berry : « bouinotte, » trou ou petit
passage de forme ronde, petite fe-
nêtre.
BoiBAGE et BoiEAWGB (1. Uibere)^
s. m., boisson : « 1' maite a dau boi-
range qui cope la goule ; » le maître
de fermier) a de la boisson qui coupe
la bouche. V.
BoiRATOUÈRE et BOIBATUBE, S. f . ,
V. le précédent : « queule boiralouère
é-t-ou quieu ! » quelle boisson est-ce
cela! V., arr. Civ.
Boi ROCHE, s. f , bourriche : « bailT
mé don ine boiroche de poumes, ma
boune , i n'en ai cheut; » donne-moi
donc une boiroche de pommes , ma
bonne, je n'en ai point. V., arr. P.,
arr. Civ., c. Montm. — C'est aussi un
engin pour la pêche. — a Boueresche,
berroiche, bouresche, bourrache, bour-
rouhe et bourroiche; » filet que l'on
trouve décrit dans les dictionnaires
actuels de la pêche sous le nom de
a bourache, bouragne, bourague, bou-
ragué. » C'est une espèce de nasse
d'osier, assez semblable pour la forme
aux souricières de fil d'archal. (Bi-
bliothèque de l'Ecole des Chartes,
3«= série, t. m, p. 50.)
BoiROCHEE, s. f., plein une boi-
roche. V., arr. P — D -S.— Boirechée :
« item , sept boyrechées et demi de
gardeches a païer en caresme chascun
diemenchu de caresme par e.sgaux par-
ties. » (Manusc. du Poitou, 1408. j
BoiROCHON, s. m., diminutif de
boiroche. V.— D.-S.
BoiSGAiLLAN , S m., églantier. V.,
c. Montm., Saulgé. V. Agiantin.
BOR
BOR
49
BoissELEAL , S. 111., Himiiuilif de
boisseau. V.,Isl -Jourd., Adriers.
Boisson, s. m , buisson. V., arr.
Civ. -D.-S.— Vend. — Ba?=e latinité :
ôoissonus, buisson, « minor boscus. »
iDiic.) — Roman : « boisson, boissn,
boyso. » ~ Chronique de du Guesclin :
« Et taillèrent è< bois et arbres et boissons. »
^V. 8026. Cit. 15. -F.)
Marne: « boissonet,» bosquet, buisson.
— Noms de lieux: o Boissonnerie » (la).
Mignaloux,et la « Boissonniere, » dans
trois autres communes. (V.;
BoiTOUs'aiE , s. f., sorte de maladie
des brebis. — Se dit aussi de celui qui
est boileux. V., arr. de Poit. et de Civ.,
c. Monte. —D.-S. — Patois du Berry :
« boiterie, »> action de boiter. — la
vieille a boiterie » est un cas rédliibi-
toire. (Loi sur les vices rédliibitoires.)
BoiTRASStjS. f., femme boiteuse, qui
inarche mal : « l'a l'air boitrasse, qu'a
lu-don? » V., arr. F'oit.
BoMBEFLLE et BOMBILLEj, S. f . ,
toutes sortes de viandes : <• quiau gars
aime joliment la bombeille; » ce gars
aime joliment la viancie. V., arr. Poit.,
arr. de Chat, et de Civ., c. de Monte.
— (B. -F.) — Français : « bombance , «
somptuosilé en bonne chère.
BoNDALE, v. n., avoir mal au cœur :
« rin qu' dou voir ça m' faisait bon-
dalé. ») V., arr. Chà't.
BoNDOUELLE, S. f . , flamme légère et
de ppu de durée. V., c. de Montm.
V. Baudelle.
BoNTBE (1. monstrare), v. a. et pr.,
montrer, faire voir : a alhins. f fé poué
priai, bontre c' que t' se faire ; w allons,
ne te fais point prier , montre ce que
tu sais faire. V., arr. Poil.
BoRDAGE, ÈBE (b. 1. hordagium] ^
adj , celui ou celle qui exploite une
borderie. (A. R.) — Basse latiidté : « te-
iietura3 species, ratione eujus borda-
l'ius, seu qui in bordam tenet, vilio-
ribusservitiis domino obuoxius est, etc.
(Duc.) — Patois limousin : a bourdé-
ragé. I)
BoBDE, s. f., arête de poissons;
barbe des céréales. V., arr. Civ., c.
Monte. — D.-S. — Vend. — Pvoman :
« bordo, » lance.
Borde, s. f., débris du chanvre
broyé. V., c. Isl. -Jourd., Adriers. —
Aube, Marne : tas de tiges de chanvre.
Boude, Bordier, s. m , celui ou
celle qui exploite une borderie. V.—
D -S. — Bas^e latinité : bordarius^ qui
bordam auldomumsub bordagii onere
possidet. (Duc ) — Français : a bordier i*
propriétaire), dont le champ borde un
chemin.
Bordée, s. f.. le temps que le culti-
vateur met à labourer. Sa journée est
d'une ou deux bordées suivant la sai-
son. V., arr. Chat. — Français: % bor-
dée, » décharge de tous les canons d'un
même côté du vaisseau.
Borderie ibord'rie), s. f., petit do-
maine. Dans tout le Poitou. — Manusc.
du Poitou, passuji. — Basse latinité :
borduria, praidium rusticum, nostris,
métairie, Jerme ; Occitanis , bordo.
•Duc.)— Coutume du Poitou : borderie,
art. 173 et suiv. (Duc.) — Patois du
Berry : a borderie, » petite exploitation
rurale. —Aube. Marne : « borde, bor-
derie, » petite maison , petite ferme. —
.\oms de lieux: « La Borde, les Bordes,
la Borderie, les Borderies > sont au
nombre de trente-trois dans le départe-
ment de la Vienne.
BoRDiLLAi, v. n , se dit des bœufs
excités par la mouche et qui, pour s'en
débarrasser, courent et tournent autour
des haies, d^s bordures de bois. V., c.
Isl -Jourd., Adriers.
Bores, s. m. pi , petits fragments de
filasse qui tombent sous la broyé. V.,
arr. de Civ. Y. Beuille.
Borglade (à la) [gl mouillés], loc,
à l'aveuglette : o gl'a fé toutquieu à la
borgladè. V., arr. P. — Français : « à
raveu2le';te, > s^nsy voir clair.
Borgle \gl mouillés;, adj., borgne.
V.— D.-S.
BoRGLFTTE (k la). V. Borgladc. V ,
arr. P., arr. C . c. Monte, Maze. —
D-S. C. C. B. ^B.-F.)
BoBG>AON, S. m., culotte. C'est
aussi une espèce de jupon. Vena. (C. ^'t
P. D.)
Borna et Bornae, s. m., ruche.
V. — D.-S. — Bornais : « trois quarte-
rons de cire des bornas de madame, s
(An. 1379. Manusc. du Poitou.)
BoRNACHE, s. f., V. le précéd. V , c.
Montm.
50
BOT
DoRîSAis et RoruNAis, s. m., terre
glaise, ferre de médiocre qiiiilité. V —
< item forniront et rendront sur la dite
place ... bornav, sable, etc. » fArch.
St-Hil., n" 87, ann. M43.)— Trois loca-
lités de la Vienne sont désignées sous
ce nom.
noRS\DE ou BoRSADÉ, adj., mort,
morte. V . c. l.-l -.lourd., I.uch.
Bosse (la nudebosse), loc. V. Doce.
« As-tu pire entorse
» La geiie de cousté ou ben la nialcbosse ? »
(Atn. de Colas, acte i", se. t".)
Languedocien : a malo bosso; • c'était
le nom que l'on donnait anciennement
à une sorte de peste, appelée ainsi des
bosses ou bubons qui sortaient a la
peau. (Cit. Près.) — Marne, Haute-
Marne : c bosse, • bouton, peste.
BossE-DAiL, s. f., réunion de plu-
sieurs gousses d'ail. D -S., C. B.
Bot, s. m , sabot. V. boc. V.— D -S.
Vend.
■ Le quo a predu son prncei pre non bot cassé. »
(Cent.. Poite. p. ïs. cit. B.-F.)
f Vendeur> de grelles, de boz et de
pâlies. •> (Manusc. du Poitou.)
Bot, s. m., chaussée. (Manusc. du
PeUou. 1385.)
Bot. s m., crapaud. Vend., Maillez.
fC. et P. D.) — Ardennes : * bot, » lortu,
laid , crapaud. — Français : ■ bot, »
se joint toujours au mot pied; contre-
fait.
Bote et Boti, s. m., sabotier, fai-
seur de bots : « 1' bote m'a fé daux bols
qui n'ant rin durai ; » le sabotier m'a
fait des sabots qui n'ont pas duré. V. —
D.-S.-Vend.
B0TBY4S, s. m., pâtisserie faite avec
<les œufs et de la graisse. D.-S., c.
Châlil.
Botte, s. f., ficelle que l'on met au
bout d'un fouet. V.— D.-S.
BOTTEAU (r. botte) . s. m., petite
botie de foin. V., arr. Chat., arr. Civ.,
c. Monte. — « Ung bolelleur a faire des
boteaux. » — (An. ikaî». Poitiers ,
manusc. j
« Il Risoit dans la crèche
» Sur unbotteau de fi^ifi.
;s. P., p. «» )
— Boteau et bouteau : « lequel faisoil
BOU
boteaux de foin» et Irouvav le dit
bouteau tout porry. » (Arch. St«Hil.
Arçay, n* 38.)
HOUBE (g. Bcu^îcv), BOUBLE et BOU-
BLtN [bl mouillés), adj. des deux genres,
enflé ; « visage boube. » V. — L).-S. —
(B.-F.). suivant les lieux.
BoiJCAGÈaE, s. f.. bergère de bou-
quelerie. V., arr. Poit.
« nieu, don, bonjon, bcll' boncagère
» Que fé tu quit dans quiés ?alaiis. >
(Cbaris. Polt.)
Bouchard, e, adj., mulet ou mule
qui a le museau entièrement noir : « ol
é grond d'mage qu' ta mule se bou-
charde. a n' sera pou si ben de d'faite; ■
c'est grand dommage que ta mule soit
boucharde , il ne sera pas facile de la
vendre. V., arr. de Poit. et de I oud.
BoucHAUD et BoucHEAU 'b. bue-
caudum), s. m., vanne placée à l'écluse
du canal d'un moulin pour retenir et
faire passer 1 eau. V. — D -S.— (B.-F.) —
< Item que les musniers.... ayent à
tenir les chaussées, exclusos et bou-
chaulx. » (Arch. St-Hil. Bourg., just,
n» 63.) Pour faire un bouchaud on plan-
tait de distance en di?tance des pieux
dans la largeur d'une rivière pour y
placer des verveux et autres filets pro-
pres "a la pèche. — Basse latinité : « in
buccaudo^ quod factum est in exclusa
ejusdem molendini (de ISiolio) et in pis-
calura buccaudi. » (An. 1 ISi, Manusc.
du Poitou. )=/îwctTa, ostium fluminis :
« et liceat dicto Bernardo facere vel te-
nere semper in dicto piscario duas bue-
ceas vel amplius per quas aqua Ga-
ronnae possil intrare in piscarium et
exire. » (Duc.) — Gascon : « bouco.
bouche. • — Italien : a Boccaccia , »
grande bouche. — >"oms de lieux : Bou-
chau , Bouchaud (le), Bouchaux (les)
[Vienne].
Bouchaud, s. m., sous-sol des lerres
marécageuses. (B.-F.)
BoucHÈBHE,s. m., mot à mot, 6oî/c,
chèvre. Chèvre qui. par un vice de con-
formation intérieure, est impropre à la
reproduction. V., arr. de Civ. et de
— Loud. IB.-F.) — Noms de lieux : Bou-
chèvre(la), Orches (V.).
BoL'CQUAi, v. n. , liltcralemenl faire
BOU
le bouc, bouder : «i vaau-tu miiigeàe dau
poin sec? — i nein. — To coum' tu
v'dras, nian gars; boucque to s' tu
veau ; » veux-tu manc^er du pain sec ?
— Non. — Tout comme lu voudras;
boucque toi si tu veux. V., arr. de
Poit., Civ. et de Loudun, où le langage
diffère de la phrase citét\ — D.-.S., arr.
de Melie — (se), v. pr., s'entêter. Dans les
mêmes lieux. — Marne : • bouquer »
(faire;, faire bouder, contrarier.
BoLDË(l. bos), s. f., génisse que sa
mère allaite encore. V. — D.-S.
BouDEAU et BouDET, S. m., veau
qui tète encore. V., arr. Poit. — D.-S.
Suivant les lieux.
BOUDESOULLE , S, f . , brouctto à
bras Ce mot, usité en Saintonge, est
spécialement employé dans les commu-
nes (le Couture, d'Ârgenson et de Vil-
lemain. (B.-F.).
BOUDICHR et BOUDILLE. S. f . , (r.
boude), dont il est le diminutif, r. ce
mot. D -S.
BouDiNGUE, s. f. , vessie d'un ani-
mc.l mort, et principalement celle du
porc. V. — D -S.
BoTjDiNGUET, s. m., hommc maigre
et fluet. V., arr. Civ.
BoiJDiNOUR , SE (1. botulns), adj.,
celui ou celle qui fait des boudins; par
extension celui qui les aime beaucoup,
qui en mange. V., arr. Civ. — Vend.
— Boudinou :
•I In grand bias
» Que chez les boudinuux gl'ant fait remplir
[de sang. »
(Gust. p. 71).
BouDREiLLAi, v. 3., couvrir de
boue, éclabousser — (Se), v. pr., se
couvrir de boue. (A. R.).
BouDREiLLE, S. f . . boue : « évit' don
la boudreille » (A. R.).
BouÉ d. 6os), s. m., bouvier, le va-
let qui a soin des bœufs, des étables et
des granges dune ferme. V., arr. de
Poil, et de Civ. — D.-S. — « Item,
VII couvretures telles quelles que pour
boyers que autres. » (An. 13*J9. IMa-
nu^c. I. — Basse latinité : bovarius, cui
boum cura commissa esl,nostris, bou-
vier {Duc.) — Roman : «boyer, bovier.w
BouÉ d. buxum), s. m , buis. V.,
c. St-Savin. — Noms de lieux ; « Boue, »
Mondion, St-Christophe. — « Boues »
BOU
51
(les), Oiré, Naintré; « Bouée » (la),
Mazeuil (Vienne).
BouÈLE et BouÉRE, V. a., mêler,
démêler, mélanger. V., arr. de Montm.
— Patois du Berry : « bouler, boula-
ger, boulayer. > — Patois limousin :
« bouyra. »
BouÉ PUN ATS, S. m y licornus san-
guineus, insecte. V. (Maud.)
BouESSiÈBE (r. boue), lieu planté de
buis. V., arr. de iNlontm. — Basse lati-
nité : buxeria, buxetum forte, seu silva
buxis consita, nostris, boissière. {Duc.)
Il y a dans le Poitou plusieurs com-
munes, villages et fermes qui portent
le nom de <• Boissière, Bussière. »
Bouffe, v. n., bouder. V. Boucque-
lai. — Il se dit par extension des cou-
veuses qui abandonnent leur nid : « ma
poul' qui couait a bouffé depis deux
jours : » Ma poule qui couvait a aban-
donné ses œufs depuis deux jours. V.,
arr. Chat. — Patois du Berry : « bouf-
fer. »
BouFFiGE, s. f., vessie et particu-
lièrement celle du porc. (B -F.).
BOUFFIN, BOUFFOU, BOUFFON Ct
BouFFOUJN, s. m., bluet. V., arr. de
Châtelleraud, de Poit. et de Civ. —
(B.-F.). — « Les filles de St-François
de Poitiers devaient, chaque année, la
veille de la fête de l'Assomption, don-
ner un bouquet de fleurs de bouflin et de
nielle à l'image de la Vierge, lorsqu on
la portait en procession, et qu'on^ pas-
sait devant la porte de leur monastère. »
(An. 1673. Manuscr. du Poitou )
BouFioiE et BouiFGLE [qI mouillés),
s. f., petite enflure pleine d'eau aux
pieds ou aux mains. V., arr. de Poit.,
suivant les lieux, f^. Boifle.
BouFiOLAi et BouiFGLi, v. n., avoir
des boufioles » ou des « bouifgles. »
V., arr. de Poit., suivant les lieux.
V. Poiflai.
BouHOUME, S. m,, espèce de baume,
plante. V., arr. P., Civ., c. Monte,
iVlaz.
BouiÉ (r. boue), s. m., celui qui
laboure. V., arr. Civ. — D-'S- — Pa-
tois limousin : a bouié, li bouié, > les
laboureurs.
BouiGE (b. 1. boygia), s. f., terrain
inculte et couvert de petite brande.
Dans quelques communes. — n Terre
o2
BOU
celui qui regarde
S., air. de Bress.
élaiit en bouige el absinne près Sl-Sa-
vin. » |Manu>c. du Poitou. An. 1G8.).)
— Bouge : « une pièce de lerre conte-
nant cinq sexlrées de lorre assise au di
lieu de Marlaisé, e.-^lans toutes en bou-
ges » (An. 1475. Manu?c. du Poitou )
BoiULLAAU, s. m., poche de tablier
des p.'tils enfants. O.-S , arr. Melle el
de Niort.
BoLiLLARD, s. m, réprimande:
« gare le bouillard, mon garçon. » —
Par extension, inégalité de caractère :
• a dos bouillards, parfois ion frère pa-
raît tout cocasse. » (A. R.) — Français:
terme de marine, nuage qui annonce
du vent ou de la pluie.
Bouillard \i, v. a., lancer, répri-
mander. (A. l\.).
BouiLLEB, S. f., pied de plante
formé de plusieurs rejetons. — Vend.
Font. (C. et P. D.).
BouiLLOU, s. m.,
faire les autres. D.-
V., Beuillou.
BouiOLAi, V. n , avoir des pustules
sur la peau. V., arr. Civ.. {^Iiât.,où
l'on dit « buuioli. o — C. Monte
— « Bouioli. D.-S , c. de Rressuire.
BoiJiN, s. m , moucht^qui s'introduit
dans les naiines de l'àne pour le tour-
menter : » lai, gar' don quiau, coum'
gle r'mue la tète, on diriut qu' gl'a 1'
bouin; » tiens, regarde donc celui-ci.
comme il remue la tête, on dirait qu'il
a le « bouin. » V., environs de P., Si-
Benoît.
BoLiNAGE, s. m, caractère. Ne
s'emploie le plusordinairemenique pour
indiquer un mauvais caractère. V., arr.
P. — D -S.
« ncTrals-y, men* am(, m* mettre tout en nage.
» Car y ne sais ja »oinn'*et d'iii chétil bouinage. »
(Mellois, 28 a^^il isei.)
BociNR, s. f., l'hippobosque du che-
val : mouche bouine. V. (Maud.) —
D.vS. — fB -F ).
BoujEAU, s. m., poche de tablier.
V.» c. de Monte.
Boulangé et Boulangent, s. m..
Étoffe de laine et de fil. V., arr. Civ.
— D.-S. — « Lit garni de son chasiil
de bois de poirier, garni d'une toile
rousse, d'une couette, traver?ier, deux
draps et une mante de boulanger. * (.\n.
1772. Varies, .Manusc. du Poitou).
BOU
BoiLr-i)E FEU, s. î.,pxouia coral-
/iiia, plante. V. (Maud.)
BouLÉE, s. f. , sorte de pèche qui se
f;iil avec un panier en se promenant
dans l'eau que I on « boule » ^trouble)
avec les pieds. V. — (B -F.).
Bouleié, V, n., rouLiir, changer de
couleur, se dit des fruits : a les c'rises
sont béntôt ules, les v'Ia qui bou-
léient. » V., arr. Châf.
Bouler, v n., troubler : « ton vin
est boulé. » Dans tout le Poitou.
BoULEB (r. buue}f v. a., mettre les
pieds dans la boue, remplir ses sou-
liers, ses sabots de boue ou deau :
<( l'aut' ser en m' rendant d' veillée, i
ai boulé mes pleins bots ; » l'autre roir,
en me rendant de la veillée, j'ai boulé
plein mes sabo's. — V. n., au figuré,
l'on dit d'une fille qui s'est déshonorée:
« al' a boulé d'un pé, » elle a boulé
d'un pied. V. — D -S.
Bouler, v, a , faire mal, avec hâie,
un ouvrage quelconque : a qu' sert de
l'o dirV tu houle trejou l'ouvrage, cti
va-t-ou mcux? » à quoi sert de te le
dire? tu fais l'ouvrage trop vite, cela
est- il mieux"? — (se), v. pr., se préci-
piter à l'ouvrage, le faire mal et trop
vite. V. — D.-S.
Bouler, V. n., aboyer. V. Baulai :
« les chins ant boulé quielte neut tout
coum' quond gle voyant les loue; • les
chiens ont aboyé cette nuit rie la mémo
manière que lorsqu'ils voient les loups.
V., arr. P. — Français : « bouler, a so
dit des pigeons qui enflent la gorge.
BouLi-BouLA et Boulin-Boulot,
loc. ad., pêle-mêle : air a quille .-^es
affaires dans la place tout bouli-boula.
V , arr. Poit , Civ. et de Loudun. —
(B-F.).
Bouliron, s. m., serre-tête. D.-S.
(Barot.)
BouLiTE,s.f., petite ouverture. Dans
fout le Poitou. Nom de lieux : '(Bouli-
lière (la), u (Ligugé, près Poitiers.)
BouLiTE, s. f., oi-eau. C'est la cres-
serelle, que l'on appelle également cas-
serelle. (B.-F.)
BouLiTEAU, s. m , blutoir. B.-F. —
A.R.)
BouLiTER, (r. boulH€aa\\ . a., pas-
ser la farine par le bouliteau. (A. R.)
BoULi'! EB, (r. boulite), v. n., regar-
BOU
BOU
53
ilor avpc mystère les passanls par une
petite ouverture. V.— D -S. — Vend.
BouLiTER, (r. hou(f), V. n., rouler
en foujbant. D.-S (Rond )
BoULiTOUR, s. m., blutoir. V,, arr.
dediv. et de Loudun. {V. Boulileau.)
BoiîLOTAi, (r boule), v. a., rouler
en forme de boule, battre : « as-tu bou-
loté la pâle? » — (se) v. pr., se rouler
par terre, se battre. D -S c. Maz. (A.
KJ—C. B.— V.,c. Monlcontour.
Boulot (1. bu/la), s. m. , objet roulé
en forme de boule, — Personne plus
i^tosse quf^ grande : « grous boulot, va,
l'avingeriii pus à roulai qu'à couri: •»
gros boulot, va, tu avancerais plus à
rouler qu'à courir. V. — D.-S.
BouME-DE-RiviÈRE, S. m., la mintha
aqvatica, plante. V. (Maud.)
Bo'Jn'ge.nt, interjection qui exprime
une idée de compassion affectueuse, et
répond pour le sens au peccaire des
Provençaux et des î-angueduciens. A
cette expression de boungent, on re-
connaît de suite, hors du Poitou, l'ha-
bitant de cette province. (Press.)
« Pre nous cignoux boun'gent, errnns demi-
[saiivages »
(Gu«T,. p. 76.)
Au moyen âge, les lépreux recevaient
du peuple les noms h.'S plus doux, les
pjjis consolants. On les appelait les ma-
lades de Dieu, les bonnes gens, f Vie de
.mainte Elisabeth de Thuringe, de Mon-
lalembert, cit. A. R. j
BouMSSE, s. m., dent venimeuse de
la vipère et de l'aspic rouge. D.-S., en-
viions de St-Maixent.
BououNAi, V. n., crier, en parlant du
chal-huanl, onomatopée. D.-S.,c. Hre.ss.
BoiiQUB [qu mouillési, s. f., chèvre :
« bouque, bouque, agare, agare dau
pain, » chèvre, chèvre, regarde du pain.
V. — D.-S., suivant les lieux. — Fran-
çais : « bouque, » l. de marine, canal,
passage.
BouQUîLLAi, V. n., mettre bas, en
parlant des chèvres. V Abouquillai :
M quond les chèbres avant bouquillai,
fau lou fair' mingeai la soupe à l'oi-
gnon; » quand les chèvres ont mis bas,
il faut leur faire manger la soupe à Foi-
gnon. V., arr. Civ.
BouQUiLLON. s. m , panier ordinai-
rement rond et à couvercle. (A. R.)
BouQUiLLOUNAiE, S. f., plein un
bouquillon : v( qui veux-tu de ta bouquil-
lonnaie de prunes? » (A.R.)
BoL'RAi et BouBAiL, S. m, les ba-
layures de la maison; — petite parcelle
de paille; — grain dépoussière dans les
yeux. V., suivajît les lieux —(B. -F.) —
Patois du Berry : « bouraille, w crotte.
BouRAiLLOU, SE, adj , plein de bou-
rail, mal en ordre; par extension : éche-
velé, mal peigné. (B.-F.)
BouRASSE, s. f., gros fil, le plus mau-
vais du chanvre. V. — D -S — Vend. —
Manuscritsdu Poitou — Patoisdu Berry :
couches pour emmaillotter les enfants.
BouBBJTAi, V. a., déranger les choses
aveclinlentionde les remeitreen ordre.
Vend. Font.
BouRBiTE, adj. f., celle qui bourbile.
Vend. Font.
Bourbon, s, m , le semper inviim
tectornm. plante. V. Poit. (Maud.)
BoURDAi, V. a., heurter : a bourdai
sa tète contre ine porte. >» (A. R.)
« A peu thicu me rendit
» En bourdant les cossons, les chails et la
[muraille. »
(Mellois, 28 av. i8oi,cit. B.-F.)
— Manquer de force au travail ; « Piarre
a fé bourdai Jacquet. » — Par extension,
ne pas réussir dans une entreprise : «soii
afTiiire a bourdai, » et manquer de mé-
nioire rester court. Dans tout le Poitou.
— Mayenne : « bourder, » heurter. —
Patois "du Berry : « bounlir, » rester
dans un mauvais pas, ne pouvoir plus
avancer ; au figuré, manquer. — Marne :
« bourder, » mentir; « bourde, » men-
songe.
BouRDi, E, adj., fatigué, harassé.
Arr. Montm.
BouBDiN. s. m., âne.V., arr. deChât.
et de Loudun V. bardin. — Français :
bourdin, espèce de petite pêche ronde
que l'on mange en septembre.
BouRE, s. f., sorte de jeu de cartes.
V.,arr. P., arr. Civ. — Patois limousin:
« Bouro, > jeu.
BouRÈCHR, s. m , engin de pè^he
pour prendre des vérons et des loches.
Il a la forme de la hourgne, et il est fait
avec du jonc. (B.-F.) — l.acombe :
« boueresche, » instrument en forme de
panier propre à pécher, (T. R.)
1
A
mv
BUl
BouRGADiK, S. m., habitant d'une
bourgade, d'un bourg. D.-S.
BouRGEASSON, s. "m., ouvrier de la
ville ou des campagnes qui veut faire le
bourgeois : a v'ia in fameux cadet per
fair' i'bourgeasson « V., arr. Civ. (B -F.)
BouuGRAU, s m., espèce de cochon
que l'on nomme encore périgourdin.V.,
arr, Poit. et Chat.
B0URGE0NSetB0URGL0NSf7/ mouil-
lés). s. m. pL, portions de la toison des
brebis, qui se détachent natureliemenl
avant la tonte. V. — D.-S.
BorjRGiSAON et bourgne,s. m , sorte
de panier ordinairement de paille et de
ronces, à gros ventre et étroite em-
bouchure, où l'on conserve des fruits,
des haricots, etc. Vend. (C- et P. D.)
— V. — D.-S. — « Trois petites bour
gnes de paille et de ronze flans deux
desquelles il y a environ un boisseau et
demi de chenevis. »• (An. 1746. iManusc.
du Poitou.) —Engin de pèche de même
forme.
BoLROON, s. m., sorte de coiffe.
Vend. — La cornette à bourgnon se
porte encore dans les cantons de Lezai
et de Sauzé-V^aussais, arr. de Melle.
« Tanloiis ol y faut daux bnurgnons. »
(Gast., y. 45.)
• La coiffe à bourgnon est sans coulisse,
dit M. Pressac; elle ne se portait guère
que dans les communes de Doix, Mou-
treuil et Velluire, arrond. Font. On n'en
voit plus que sur la tète de quelques
vieilles femmes. Un « bourgnon, > c'est
encore cette coiffe piquée qui supporte
i'échaffauda^e de la coiffe. Pris en mau-
vaise part, ce mot signifie une coiffe peu
belle.
BouHi, s. m., nom que l'on donne au
cochon quand on l'appelle. V. V. Be-
gui.
BouRiN-BOUBA, loc ad ., pêle-mêle.
Expression formée du verbe bourrer.
V.,c. Monte, Maze. — D.-S. C. B. —
« Car rbez noas on De voit qu: carnage et que
Imort;
« Tout est boorin-boura. >
Gast., p. 77.
Gascon : « bourrin-bourrau , • pôle-
mèle.
BouRiLLON, s. m., fagot formé du
raclage des bois. V., arr. Chat. — Ré-
sultat du raclage de la chenevière lors-
que le chanvre est cueilli. V.. arr. Poit.
BouRLÉ ou BOURLÉE, S. f . sorte de
coitTe basse et à barbe tombante. V.,
c. Montcontcur.
BoLiRLOT (le/ sonne), s m., la fin d'un
ouvrage et princi{)alement des mois-
sons, etc. V., arr. de Poil, et de Civ. —
D-S — (B.-F.)
BouRLOTAi (se), v. pr., rouler en.
forme de boule, V., arr. Civ. — (B.-F.)
V. boulotai.
BOURNA, BOURNAE, BOURNAIS, (b.l,
bornaciiis), s. m., ruche. V. — D. S. —
Vend. — • Cum tribus bornaciis. >
(Au 1284.)
M Ressemblait a qiialés bournais
B Là où i assarant les nbcuglcs. »
(Chansons poit.;
Provençal : « bourna. » — Patois du
Berry . « bornais. » — Languedocien :
« bourniou. » — Saintonge : « Bournat.^
— Noms (ie lieux : « Bournais^les), »
Loudun. (V.)
BouR^EU et Bournier, s. m., ru-
che. V., arr. de Loudun. — Vend.
Font (C. et P. D ). ^. Bourna.
BoL'RMFOiN, s. m., bluet. Vend.
(C. et P. D ). — V. Bouffin.
BOURNIGEAI et BoURNAGEAT, V. a.
et n., fureter, mettre tout pêle-mêle
dans une armoire. Vend. (C. et P. D).
— Au figuré, s'amuser à des riens :
e guiett' la don qui. à bournageai; te
frais ben meux d'allai l' coiffai, tai; n
regarde-la donc là à boui^iageai, lu
ferais bien mieux d'aller te coiffer. —
Patois du Berry : terme de marine.
BouRMZE (terre), adj , terre de mé-
diocre qualité. V., arr. Civ. f^. Bor-
nais.
BouR!VOiEMENT,s. m., bomage. V.,
c. Veuille. — (An. 1677. Manusc. du
Poitou).
BouROLAi (r. bnurole), v. a., pécher
à la bûurole. Cette pêche se pratique
en plaçant une bourole dans un cou-
rant d'eau peu large et peu profond,
tel qu'un fossé, et à l'aide de bouloirs,
et même en se mettant dans l'eau et la
troublant avec les pieds, le pêcheur
force le poisson à se précipiter dans
l'engin. V.
Bourole et Bourolle, s. f., c'est
un engin de pêche, filet conique, non
BOL
BOL'
OJ
muni (le cerceaux. V^, arr. de Poit, el
(le Lou(J. — D.-S , arr. de Bress. —
(Manuscrits du Poitou )
BouROLi (r. bourole)^ v. a , mettre
tout en désordre. V., c. Monte, i\la-
zeuil.
BoUROLLE, s. f. , grande jallo en
paiile tressée dans laquelle on place des
j^rains, des fèves, etc. Par extension, on
dit d'une femme enceinte, « quai a ine
belle bourolle. • (B.-F.) — Petit panier
en forme de poire fait avec des viornes.
V., arr. Civ.
Boi3ROLLÉE(r. bourolle\ s. f., plein
une bourolle. V., arr. Poit. — D.-S.,
arr Bress.
Bourrée, s. f., litière pour les bes-
tiaux. V., arr. de Civ. — (B.-K.). f^.
Bauréo. — Français : « bourrée, » pe-
tit fagot fait de broussailles.
BoL'RRiE, s. f., balayures. D -S.,
arr. de Bress. — (A. R.). — A'. Bou-
rai. — Patois du Limousin : « bouri. »
Bourrin, s. m., âne. D.-S., Tillou.
(B.-F.). — /'. Bardin. — Patois du
Berry : o bourrin, •• mauvais petit tau-
reau, et par extension, enfant mal ve-
nant,
BouRSAU, s. m., grosse touffe de re-
jets d'épines, de chêne, d'arbres en gé-
néral: «' faaut dérachi quiés boursaus
dlian d'dans ; » il faut arracher les
boursaus de In-bas. D.-S., arr. de
Bress. — Français : « boursault, »
espèce de saule.
BouRSicoT, (gr. Bu2<7a), S. m., petite
bourse; avoir en argent. V., arr. Poit.
et de Civ. : « y ai, i cré, six froncs, o lé
tout man boursicot. » — Gascon :
« boursiquel, » gousset.
Boursicotai, v. a., faire son bour-
sicot, ramasser de l'argent. V., arr.
Poit., c. Montconlour.
BouRSOLAi, V. n., avoir des cloches
à la peau. V., arr. Poit.
BouRU,s. m., espèce de jeu. V., arr.
de Ctiât. V. Boure.
Bousi-BousA, loc. adv., pêle-mêle.
Dans plusieurs communes de la Vienne.
r. Bouli-Boula. — Patois du Berry :
« bout-ci bout-là. »
BoussÉE, s. f., grosse touffe de rejets
d'épine, et d'arbres en général, f^.
Boursau. Dans tout le Poitou. — « La-
quelle pièce de bois paraisl avoir esté
grandement brouttée par les bestiaux
et gaslée par les larrons, qui ont couppé
les boussées du taillis en saison non
convenable. » (An. i6-l5. Manusc. du
Poitou.)
Boiissi, s. m., petite parcelle : « un
boussi de pain, un boussi de terre. »
D.-S. — Gascon et limousin : « boussi, »
morceau. — Rabelais : a boussin. »
« Et au diable le boussin de pain pour
s'escurer les dents. » (L 4, prol.) —
Français : « boussin, » croûte tendre
de la pierre de taille.
BoussiNE, s. f., trochet de fleurs ou
de Iruits qui croissent comme par bou-
quet : « boussine de poires, boussine
de raisins. » V., arr. Chat. — Patois
du Berry : (( bousson, » tas de foin.
BoussicoT, s. m , gros homme. ,.V ,
Chat. r. Beda.
BoussîOLAi, v. n., avoir des bous-
sioles. (A. R ) — /'. Boiflaê.
BoussroLE, s. f., cloche à la peau.
(A.R.). V. Boiflay.
BoUSTARINel BOUSTINGUET, S. m.,
littéralement bout-à-rien, homme de pe-
tite taille. V., arr. Poit. (Maud.), arr.
de Civ.
Boutai et Botaî, v, a., pousser,
heurter; se dit principalement (jesbètes
bovines et ovines qui se repoussent
avec la têt*i : « guiette bé à tes bus,
drôle, que gn' s' bouliant poué, glo
s'écorn'riant; n fais bien attention,
drôle, à ce que les bœufs ne se heurtent
point, ils s'écorneraient. — Boutai se
dit aussi de la taupe lorsqu'elle fouille
et soulève la terre : « 1* temps va
chongeai^ les taup' boutant • V.— -D «S.
— Vend — Roman : « botar, » pous-
ser. — Champagne et ancien français ;
« bouter. >
Bouté, adj. m., vin troublé. V.,c.
de Chauvigny. — Marne : « bouté-en-
têle, saule étêté. — Dans le Berry,
bouté ne se dit pas seulement du vin,
mais encore du bois qui a éprouvé un
commencement de décomposition.
Boutée, s. f. , taupinière. V., arr. de
Poit. (Maud.) — Ardennes : charge,
contenu d'une hotte.
Bouteille, s. f., plante, espèce de
courge. V. — D.-S. — Bouteille de coye
ou decoué. V. — (Manusc. du Poitou.)
Bouteille, s. f., espèce de meuble
56
BOU
en bois tressé dans lequel on serre le
lait. Vend. Font. (C. et P. D.). — Pa-
nier olissé à mettre du pain. D.-S ,
Vasies. (Maniisc. du Poitou, an. (731.)
Basst^ latinité : butîicvK , cantharus
vasquoddam cum ansis: (Duc I
Boi'TLLiN et BouTLLON (// mouil-
lées), s. m , sorte de panier. V. Bon
quillon. V., arr. P. c. Monte. Maze.
— D.-S C. B. — Boulillon : « un pa-
nier ou boulillon clisse, dans lequel il y
a quatre pelotons de fil de chenevin. »
(An. 1731. Manusc. du Poitou.)
Bout'n'iqui , loc, composée des
deux mots boutre mettre, /r/w/, là et du
n euphonique : mefs-foi /a, place-toi
ici. V., arr. Poit.
BouTiQUAi (r. boiiflque), v. a., mot
à mot, aller de boutique en bouîique .
passer son temps à des riens: a qu'diable
boutiqu' - t - eil depeu l'heure qii'gl é
porii ?» — V. — D -S. — Vend.
BouTOLE et BouTROLR , S. f. , uasse
en osier. V., arr. de Poitiers . Sanxay
— arr. de Civ. — D -S. — Fosse à la
chute d'un étan;;. — D.-S. , arr. de
Bressuire.
BoiiTON, s. m., moyeu. V. — D.-S. —
Facjot à deux rouettes. V , arr. dedhât.
BouThS, s. f., montre :
• G!c portant la boutre au cciiié. »
(Gust., p. 37.)
— Vend.
Boutre, Boutre, v. a., montrer.
V.— D.-S. — Vend.
«« Pre boul.iy combay t':ilme
» A rouinnv Ipsgens te vio? pre l'etiiinenny. ■■
(Gust.)
— Mettre, approcher:
• Lf Joug que (jle venant nous bootre en prison. >■
(Gust., p. 23. j
« Butre M gro.'se artillenie ,
■ Pre 1ère pou à Châteileraut. »
(Siépjde Poil., p. Col )
« Qu'ol e«îait belle ma'.ire
n De m'aver fait bnutre rn justice. »
(Gent. Poctv,, p. la.)
(se), V. pr.
■ 1 me boutre à écrire
• 1 nous avals j.-tmats appris. »
(Cbans. polt.)
Gascon : a bôti , > mettre. ■ — Patois
limousin : « bouta. -> — Patois rlu Berrv :
BOU
(« bouter. » — Champagne : « boutre. »»
— Ancien français, Marot: « bouterise;,»
se mettre
o El en tel langage se boute de «on gré >»
BouTRELLK , S. f . , instrument de
piVhe en osier, servant à conserver le
poisson. Vienne. « Boulerelles d'oizils ,
bourolles , paniers et autres engins. »
(An. 14H8. Manusc. du Poitou.)
BoiiTUiGEAi , V. a., furetj^r. V., arr.
de Poitiers. — /'. Bournigeai.
BoL'TBON, s. m , panier pour garder
du poisson dans l'eau, le plus ordinai-
rement déforme conique, dont louver-
lure étroite et pratiquée au sommet du
cône est feimée d'un tampon en bois
ou de tout autre manière. V.
BouTBON , s. m, petit enfant. Terme
de mé[)ris quand on l'adresse à un
homme : t méchant boutron !» — V. ,
D-S.
BouTROU , S. m., celui qui montre,
qui enseigne, par extension instituteur:
« ol é l'boutrou de Saauzé; • c'est l'in-
stituteur de Sauzé. — D.-S.
BouYOLLEs , s. m. , cloche qui se
forme sur la peau , causée par une
brûlure, synonyme de boifle. V. ce mot.
— D.-S — C. C. B. (B.-F.l — Patois
du Berrv : « bovolle. » — V. Bou-
liffe.
BouzAiL , s. m., sros ventre. (B.-?".)
— V. Bazane. — Italien : « buzzo , »
gros ventre. — Anglais : «bushei, >
boisseau.
Bouz\iLLAUD, E, adj., se dit des
petites personnes qui possèdent un gros
ventre. (B.-F ).
BoLZ\Nfe, s. f., gros ventre. — D.-S.,
arr. de Bressuire. V. Bazane.
Bouz.AR , s. m., raisin blanc, — V.,
arr. de Civray.
BouzE, adj. des 2 genres. L'enfant
le dernier né de la même mère : « i ai
six drôles, Marion est la bouze. » J'ai
six drôles, Marie est la bouze. — V.,
arr. de Civray.
BoLzi, s. m., pour boussi, morceau.
Vend.
« Il y tlris de ma penère
« lie lard tout frai.s in gruus bouzt »
(Oa>t., p. 17. J
Boi ziA et Boi ziEAU, s. m, , bouze,
BOU
BRA
57
fiente de bœuf ; par extension , excré
ment humain. — V. — D.-S. — Cham
pagne : « bouse , bouset , bouson , »
boue , fumier. — Noms de lieux
a Bouza , » Thollet. (V.)
BouziAE, V. n., mettre bas en par
lant des femelles des animaux. — D.-S.
c, de Celles et de Prahec.
BocziNE , s, f. , l'hippobosque du
cheval, insecte. — V-, arr. de Poitiers.
— V. Bouine.
BouziNE , s. f. , piège en forme de
souricière, destiné à prendre les fouines ,
que l'on appelle fouins en Poitou. L'on
dit proverbialement : « pris coum' in
fouin dan ine bouzine. •
» quel fazait triste mine
» De se vère pris
» Coum* in fouin dans ine bouzlne ! »
[Cit. B.-F.]
— Etre pris comme un fouin dans une
bouzine, c'est être surpris, interdit.
(B.-F.).
Bouzine. s. f., haut-bois fait avec un
morceau de buis. — Vèze.
J'en ai pris ma bousine
£t je m'en suis réjoui.
(N. p., p. 18.)
Rabelais : « les vezes, bouzines sounè-
rent harmonieusement. » (L. 5, c. 23.)
— La lin : buccina , cor de berger,
ou de vacher, avec lequel il appelle son
troupeau,
Bouzine , s. f., havre-sac. -- D.-S. ,
arr. de Bressuire.
Bouzine, s. f., vessie en général :
« si t'm'enneu , i t'crève la bouzine. »
— D.-S., c. Airv. et Châtillon. —
Mayenne : (c bouzine , » vessie de
cochon,
Bouzine , v. n., s'occuper à des
choses peu importantes , à des bagatel-
les : « qu'fé ton drôle? — Ehl M'sieur,
pas grand'cbouse , le bouzine, le tra-
casse. » Dans tout le Poitou.
Bouzl^'BlEs; s. f. pi., choses de
peu d'importance. Dans tout le Poitou.
— Anglais : « business, » affaires, oc-
cupations. (B.-F.).
BouziNEux , SE , adj. , celui ou celle
qui s'occupe de choses peu importantes,
bagatelles : « qu'elle profession ?— Eh 1
mon Dieu 1 bousineux,tracasseux. » V.
xxxa.
BouziROT , S. m., gros homme,
terme de moquerie :
« Porte , va , putons , grous bouzirot
» Dau bucbe , dau fagot, d
(Cf. p., p. 142.)
BouzE, S. f., boue :
« Et de net ia butirant
« Quo fazpt gronde bouze
» Sur le ciiemin de l'hopito. »
(Siège de Poit., p. Col.)
Boyard, s. m. , civière, dite aussi
civièi'e-3-bras pour la distinguer de la
civière-roulesse. — Vend. (C. et P. D.)
[B.-F.]. — Provençal : « bayart, »
civière.
BoYÉ, ÉE, adj., fiancé, fiancée. —
D.-S., c. de Bressuire. — V. Bodi.
BoYOU , s. m., bouvier. V., arr. de
Chat. — V. Boue. — Patois duBerry :
« boyer. »
Brage, s. m,, syncope de breuvage.
(A. R.).
Bragoe et Braguette (I. hra ca ou
bracca) y s. f., devant de culotte. —
D.-S., c. de Bressuire. — Vend. (G. et
P. D.). — Ba^se latinité : bragae. bra-
gues : • tout nuuet descals en bragues.»
— Brages : « un autre lui baillera ses
brages. » — Patois du Berry : « bre-
gues , i) hardes, vêlements. — Mayenne :
« bragues et bragueites , » hauts-de-
chausses. — Français : « brague , »
terme de marine, corde pour retenir
l'afftJt d'un canon. — « Braguette,»
cordage du mât de hune pour le
guinder.
BRAi.s.m., pellicule de la châtaigne,
V., arr. de Civ., Isl.-Jourd., Adriers.
Braiché, v. a., enlever le miel des
ruches. V.
Braiches, s. f. pi., gâteaux de miel
enlevés d'une ruche. Proverbialement :
« rognai les braiches à quelqu'un,» c'est
le priver d'un proBt, diminuer son
gain. Dans tout le Poitou.
Braillaie et Braillée j s. f., cri :
« j'tai ine braillaie , » c'est jeter un cri.
Dans tout le Poitou. — Basse latinité :
a braiare, vagire , clamare prout in-
fantes soient. » (Duc.)
Brain , s. m. , til de chanvre le plus
fin : « v'ik de bia brain. • V. — D.-S.
BflAISE4U et BRAISIA (g. Bpâ^liiv),
s. m., brasier. V. — D.-S. — Suivant
b8
BRA
les lieux. — Patois limousin : « bragèz.»
Bbalat, V. a., faire sécher des per-
ches au four ; se dit aussi des marrons
que l'on fait rôtir. V., c. de 51ontm.^
Saulgé.
Bramae (g. Bpsas'.v), V. n., beugler ;
par extension : « bramâe la faim,» crier
la faim. « Brame-pain, w qui crie la
faim. (C. J.) — Roman : « bramar. » —
Languedocien et provençal : « brama, »
mugir ; « et la mar que bramo, » et la
mer qui mugit. — Français: « bramer, »
crier, en parlant du cerf.
Bhamard, s. m., héron, butor. V.,
arr. de Poit. (Maud.)
Bramee, s. f., cri du bœuf: « Quiau
bœuf a poussai ine bramf^.e à fair tout
trcimblai. ») ce bœuf a jeté un mugissR
ment a faire tout trembler. V., arr. de
Civ.
Bramîne (avoir la),loc., avoir grand
faim, une faim canine. (B.-F.)
Braminai, V. n., avoir la bramine.
V. aussi Abrami. (B.-F.)
Bra>xhe (avoir de la), loc, se dit
des bestiaux qui engraissent. V. —
D.-S.
Bra>'dillon, s. m , petit morceau :
(( vèque don querre deu p'tits brandil-
lons peur alluma le fieu ; » va donc
chercher des petits morceaux de bois
pour allumer le feu. V., c. de Tlsie-
JourJain.
Brandon (b. 1. hrandd), s. m., mor-
ceau de bois auquel on attache une poi
gnée de paille ou de foin et que l'on pi-
que au coin d'un champ pour indiquer
qu'il est interdit d'y faire pacager et
même d'y passer. D.-S.— V. — (B.-F.) —
€ Brandon » était un terme de coutume.
Judiciairement on appelle, de nos jours,
« saisie-brandon » la saisie des fruits
pendant par racine.
« Mé qui chanty Tiiire, Aleils, Coridon ,
• Et Semelc endormy so l'ombre d'in brandon. »
, (Bab., p. i.)
Basse latinité : 6ra?2c/o, vélum, seu
hrandeum , quod praediis obsignatis
apponitur.(Duc.) — Aube, Marne: Fagot,
torche. — Ancien français, ainsi que le
verbe brandonner.
Brangliar, V. n., vibrer comme
une corde d'instruments; se secouer
comme un jeune arbre au vent. Vend.
(C. et P. D.)
BRA
Branqeai, y. a., labourer un champ
que Ton vient de moissonner et que l'on
veut laisser chômer pendant l'hiver.
Brangis, s. m., champ qui a été
brangé. (B.-F.) Il y a dans la com-
mune de Thuré (V.) La Brangeardière ;
La Brangerée, dans celle de Verrières
(V.) ; la Grande et la Petite Branjar-
dière, dans celle de Champagné-Saint-
Hilaire (V.)
Braquaie^ s. f., ordure. D.-S., arr.
de IMelle.
Braquae, V. a., lancer une 6m-
quaie : « ky\ , mossieu l'chirugian,
quo dissit mossieu l'pharmacian, gl'a
braquâe pas lin de votre nae, » ah ! ah !
mon>ieur le chirurgien, que dit mon-
sieur le pharmacien, il a lancé l ordure
pas loin de votre nez. Se dit principa-
lement des oiseaux. D.-S., arr. de
M elle.
Brasegliet [gl mouillés) s. m., ac-
tion de faire cuire des châtaignes sous
la cendre : < Vour ira-tu fair' tan brase-
gliet, tai, quiette année? » ou iras-tu
faire ton brasegliet^ toi, cette année?
V., c. de Civ. Dans ce canton, le jour
delà Toussaint est vulgairement appelé
le jour dau brasegliet, et ceux qui ont
des châtaignes en envoient à ceux de
leurs parents ou de leurs meilleurs amis
qui n'en ont pas, afin qu'ils puissent
faire leur brasegliet.
Brasi, s. m., diminutif de braiseau,
petite braise. V. — D.-S.
Bkassaillai, V. a., gesticuler^ re-
muer les bras. V., c. de Mirebeau. —
D.-S., c. de Bress. — Vend.
« Gl'at brassaillé long-temps, et gle s'est trémoussé
» Mai qa"oa ne f jit in chat quand gl'esl embarrassé. »
(Gasl., p. so.)
Gascon : « brassejan, » en agitant ses
bras.
Brassère, Brassière et Rrassire
ir. bras), s. f., vêlement du premier
âge. Dans tout le Poitou.
« La brassère qu'ai at se lace oque in cordeas. »
(Gust.)
Eravatte, Bravette et Bravotte
fr. bavette)^ s. f., pièce d'étoffe que les
femmes s'attachent sur la poitrine, et
qui tient ordinairement à la devantière.
D.-S. — V., suivant les lieux.
RRE
Bravousette, s. f., diminutif du
précédent. V., c. de l'Isle- Jourdain et
d'Adriers.
Bbave, adj. des deux genres, bien
vêtu, ou proprement habillé : « a-tu vu
Madeion à la messe? Ah ! ma chère
âme, qu'ai' était brave ! » Dans tout le
Poitou. C'est le mot français détourné
de son véritable sens. — Patois du
Berry : « brave, » se dit d'un beau gar-
çon, d'une belle fille, et pour désigner
une personne qui a de beaux habits.
Bravé (se), v. pr., se vêtir de ses
plus beaux habils, ou avoir du goût
dans sa toilette : « i en queneut poué
coum' Glauduche igl mouillés), pre se
si bé bravé ; » je n'en connais pas
comme Claude, pour s'habiller aussi
bien. Dans tout le Poitou.
Brayai , V. a., broyer le chanvre ou
le lin. V. — D.-S. — Basse latinité :
breiare, pinsere, Gall. broicr le pain,
vel, ut alii efferunt, bréeler. (Duc.)
Braye, s. f., poche en grosse toile
dont on se sert pour extraire le miel de
la cire. D.-S., Vasies. — « Une braye
à tirer du miel. » (An. 1772. Vasies,
Manusc. du Poitou.)
Brayeuse, s. f., celle qui broie le
chanvre ou le lin : « ma foué ! ol é Ca-
thuche qu'avenge la mai de tertoutes à
brayai ; d ma foi ! c'est Catherine qui
avance la plus de toutes à broyer. V. —
D-S.
Brebial, s. m., brebis en général.—
« Et prendre lad. révérente la moitié
des blés et autre brebial, etc. » (An.
1503. Rochereuil
tiers.)
BRECH4UD, Berchaud, e, et Brè-
che, adj. des deux genres, celui ou celle
qui a des dents de moins. V. — D.-S.,
suivant les lieux. — Basque-ibérien :
« bresca. > — Roman : « besca. » —
Vieux français : « bresce. n
Brèche, s. f., rayons de miel. (B.-F.)
y, Braiches.
« Itauquem ineesscn qui vau quitter ses brèches.»
(Rol)eaDivi9„ etc., p. 124.)
Berdàssae, v. n., bavarder. Vend.
(C. et P. D.)
Bredassai, v. a. et n., s'occuper à
des choses peu importantes : « Parai,
gars, l'aim' meus bredassai iqui que
BRE
59
faubourg de Poi-
d'm'nai tes cueilles aux chomps ; »
n'est-ce pas, gars, que t'aimes mieux
bredassai ici que de mener tes cueilles
aux champs? Dans tout le Poitou. —
Patois du Berry : « bredasser, » faire
un bruit incommode en remuant quel-
que chose.
Bri' BASSE, adj. f., femme de peu de
sens, qui veut se mêler de tout. Dans
tout le Poitou.
BREDASSE,s.f., autrefois» vredasse,»
besace. (B.-F.)
« Mez maintenant Icz maltoutez
» Avant tous' augeu la vredasse. »
(Rob. Div., p. 65. Cit. B.-F.)
Bredàssier , ÈRE , Bredassou ,
Bredassour, se, adj , celui ou celle
qui s'occupe de bagatelles, de niaiseries.
V.
Bredic-Beedoque, loc. qui exprime
le bruit que quelqu'un fait en marchant
lourdement : « l'onton-tu qui vint bre-
dic-bredoque ? » l'entends-tu qui vient,
etc. V. — D.-S. — (B.-F.) — Français :
flt brelic-breloque, » sans ordre, témé-
rairement.
Bredoirai, v. a. et pr., salir, se sa-
lir. V. — D-S. — Vend.
Bredoquement, s. m., cahot, bruit.
Vienne. V. Berdaquement.
Bredoquer, v. a. et n., faire du
bruit , du tapage. Vienne. V. Berda-
quai.
Brée, Braye, s. f., instrument pour
tiller le chanvre, le lin. V. — D.-S.,
suivant les lieux. — « Cent livres de
chanvre brayé à la braye de bois seule-
ment. (Vasies, Manusc. du Poitou.)
Bregeai (r. brège)^ v, a., action de
teiller le chanvre au moyen de la brège.
V., arr. de Civ. et de Montm.
Bregaud (l. bruchns), s. m., bour-
don. — Bregaud jaune, la guêpe-frélon.
V., Poit. — Bregaud-pigeon. V., arr. de
Civ. — Latin : bruchus^ insecte, du
grec Bj)oû>4û;. Très-usité dans l'Ecriture
sainte.
Saint Jérôme, après les naturalistes,
dit qu'il y a trois sortes de ces insectes,
tous différents, et qui ne prennent leur
origine que d'une chenille appelée eruca,
qui s'engendre dans des lieux chauds
après qu'il a plu.
D'après quelques passages de l'Ecri-
60
BRE
ture, bruchus désignerait à la fois le
hanneton , la sauterelle et un autre
genre d'insecte qui mange les restes de
la sauterelle : Residuuyn locuslœ co-
medit hruchtis. (Joël., i,4.)
Bregaud, s. m., pierre de chaux
qui n'a pu se di^soudre dans leau.
Vend. (C. et P. D)
Bregaudai (r. bregaud) , v. n.,
causer bas, murmurer, imiter, en par-
lant, le bruit que fjit un bregaud en
volant; onomatopée. D.-S.
Bbegaude^s. f., soupe au salé et
aux choux verts. V. (Maud.) — Patois
limousin : « bréjàoudo. »
BBEGAiiDiÈRE,s.f.,niddesbreî;auds.
V. — D.-S. Koms de lieux : Bergeau-
dière (la), Doussay (Vienne).
Brbge, s. f., brége, instrument pour
tiiler le chanvre. V., arr. de Civray et
de Montmorillon — Français: « brége, »
filet à mailles étroites.
Bregeasse, s. f., petite brande. V.,
arr. de Civ. — « Kregeau » V.,c. de
risle-Joutdain. — Noms de lieux : « Ber-
geas, » la Bussière; « Bregoux, » I\Jil-
lac (Vienne).
Bregeotte, s. f., l'mca, excepté
la brande. V. (Maud,)— <- Bregeottes, »
6. f. pi., terrain couvert de bruyères
V., arr. de Poit.
JBbegossb et Bregottb, s. f., mau-
vaise brebis, de peu de valeur. — Par
extension, et pris en mauvaise part, se
dit d'une vieille femme. V. — D.-S. —
Languedocien : « bregouza , » vieille
femme.
Bregolwai et Bebgounai , v. n.,
jargonner : « v'ia qu'gle se lire, gle
coumence à zou bergounnai ; » voilà
qu'il sait lire, il commence à jargonner.
V., arr, de Civ,
Bbègue, s. f., le procuste chagriné,
insecte, D -S., arr. de Bress. T. Barbot.
— Hanneton. V,, arr, de Civ,— D.-S.,
Lorigny. (B.-F.) V. aussi Bregaud,
Brlillee, s. f , cri du bœuf. V. —
D.-S,, suivant les lieux. V. Briimée.
BflhjASSE, s, f., \ erica. \., arr. de
Civ. V. Bregeotte. ,
Bbejolle (br'jolte), s. f., se dit d'une
bêle \ieille et maigre : « ine vieille
br'jolle, » (B.-F.)
biELAAU, s. ra., la larve du han-
neton.
BRE
Bbelaèbe, s. f., anse mobile d'un
vase. Vend, (C. et P. D.) f\ Berlère.
Bbelai, s. m., plante. Vend., Font.
(C, et P. D.)
Brelan, s. m., bavardage, et même
le lieu où se tiennent les bavardages :
« Toinot a passé li aussi prel'brelan ; »
Antoine, lui aussi , a passé par le bre-
lan ; c'est dire que l'on en a parlé en
mauvaise part. V., arr, de Poit. et de
Civ,, c. de Monte, — D.-S,, arr. de
Bress.
Brelandai, V. a. et n., parler de
quelqu'un en mauvai.se part, médire,
même calomnier. Par extension : « mu-
ser. » V. — D,-S. — Haute-Marne :
a brelander, » jouer, agir au hasard,
aller et venir, — Français: «brelander,»
jouer habituellement aux cartes. —
Noms de lieux : « Berlandière (la) ;
Berlandinière (la), »
Brelangu {gu mouillés) [r, brelan]^
adj., bavard, importun : « ol é i bre-
langu d'premire qualiti; » c'est un ba-
vard de première qualité. V., c. de
Mireb., de Monte, et de Maz.
Bbelangui, V. a. et n., parler de
quelqu'un en mauvaise part. V,, c, de
Mireb. et de Monte.
Bbelaquai . V. a., bavarder. V.,
arr. de Poit.
Brblaqueux, se, adj., bavard. —
Au figuré, gourmand, importun, para-
site qui aime à vivre chez les autres.
V., arr, de Poit. — a La Brelaquerie, »
Marigny-Brizay (V.)
Brelau , Berlau et Blau, suivant
les lieux, s, m., ver que l'on trouve
dans les fruits et princi|>alement dans
les cerises. V., arr, de Poit. et de Civ.
— D.-S.
Brelau, s. m., le bélier d'un trou-
peau. V. — D.-S.
Brelaudae, V. n,, passer son temps
à des bagatelles. Vend. (G. et P. D.)
Brelaudai, ie (r, brelnu) , adj.,
fruit dans lequel il y a des brelaus, des
vers. V,, arr, de Poit. et de Civ. —
D.-S. — y, Blardé,
Brelèbe et BuELiÈRE. s. f., anse
mobile d'un vase. (B.-F.) [A, R.] V. Ber-
lère. Noms de lieux : * Brelière (la), »
Adriers (Vienne).
Bbelin, s. m., mouton, brebis en gé-
BRE
néral. Très-usité au pluriel. V., arr. de
Poit. et de Loudun.
Bbelinage, s. m., l'espèce ovine :
« i avait à la fouère de Valence (près
Couhé-Vérac) de bias brelinages ; » il y
avait à la foire de Valence de belles
brebis. V., arr. de Poit. et de Civ. —
DS.
Bbeltquai, V. a., désirer avec ar-
deur : (( gle di qu'gn'en veut pas et sa
goule y en brelique, » il dit qu'il n'en
veut pas et sa bouche en brelique. V.,
arr. de Poit.
BBEM4LE, s. m., brande mâle, la
plus haute, la meilleure. C'est la petite
qui porie les graines. V., arr. de Chat.
et de Civ. — Brumalles; • taillis et bru-
malles^, bois mort et mort bois pour
faire son moulin. » (An. Iô48. Châtelle-
raud. Manusc.) — Patois du Berry :
« brumaille, » bruyère h balais.
Bbkn4(, V. a. et pr., salir, se salir.
(A. R.)
Bernai E, s. f., nourriture cuite,
composée de son, de pommes de terre
ou de grosse farine, et d'autres légumes
que l'on donne aux bestiaux : « Gle dort
BU la brenaie, » c esl-à-dire il est bien
nourri, en parlant d'un animal domes-
tique quelconque. V. — D.-S. — Basse
latinité : « breUt brennium, furfur,
bran, son de farine. (Duc.)
Brenassai, V. n., faire de la bre-
naie. V., arr. de Civ.
Bbenassai, V. a. et n., s'occuper à
des bagatelles, à des riens. D.-S , arr.
de Bress. — (A. R.)
Brenass'ries, s. f. pi., choses de peu
d'importance, bagatelles. — D.-S., arr.
de Bress. (A. R.)
Brène, s. f., instrument pour tiller
le chanvre, le lin. V., c. de Monlcon-
tour. V. Brée.
Brenée et Brenie, s. f., nourriture
cuite pour les bestiaux. V., D.-S., sui-
vant les lieux. F. Brenaie.
Brenou, se, adj., sale, mal propre:
« Eh ! d'our vin qu'où drôle, mes bons
amis, gl'é tout brenou? » Eh! d'où
vient ce drôle, etc. V., arr. de Poit. et
de Loud. — Marne : « breneux, » mer-
deux. — Français : « breneux, » sali de
bran.
Bbesille (faire), loc, faire collation.
BRE
61
D.-S., Paizay-le-Tort. (B..F.)— Roman :
« briza, > miette.
Bressay et Bbessi , bercer, sui-
vant les lieux.— (Se), v. pr., se dandi-
ner, se balancer en marchant. Dans
tout le Poitou.
> Pu fier qu'un magistrat qui semble se bressay. •
(Gust.)
Gascon : a bressa. »
Bressiou , s. m., berceau. V., arr.
de Chat.
Bressolièbe , s. f., diminutif du
précédent, berceau. V. — D.-S. — Ar-
dennes : « bressolet. »
Brrtauds, s. m. pi., chevilles que
l'on place sur le joug et qui servent à
retenir les juilles. (B.-F.) V. Berteau.
Breticliae, v. n., briller et faire
briller partiellement : « o brelicliail de
tous coûtés, » ça brillait de tous côtés.
D -S., arr. de Melle.
Breiingue et Breton , s. m.,
bluette, étincelle. D. S., c. de Bress. —
V. — Vend.
Bbetounai (r. breton), v. n. L'on
dit du bois qu'il bretonne , lorsque,
en brûlant, il fait jaillir beaucoup d'é-
tincelles. V., arr. de Civ — (B.-F.)
Brette ou Berte, adj., une vache
brette est celle dont le veau est sevré,
vendu. D.-S. — (A.-R.) — Dans le canton
de Civray, on donne indistinctement ce
nom à la vache en général : « IVIa brette
est bonne, a beurre bene. » — Gascon :
« brettos, » génisses.
Brette, v. n., donner du lait. V. —
D.-S. — (A. R.)
Bbelil (b. 1. brolium), s. m., bois
taillis. Ce mot nest plus usité dans le
langage, mais il est resté attaché à un
grand nombre de villages et d'habita-
tions dans le Poitou : 44 l'ont conservé
dans le département des Deux-Sèvres,
et 41 dans «^elui de la Vienne.
Breuillé (r. breuillée), v. n., mu-
gir. V., arr. de Chat. V. Bramâe.
Bbeuillée, s. f., mugissement. "V.,
arr. de Chat. V. Bramée.
Breussour,s. m., berceau. V.,arr.
de Poit. V. Bressiou.
Brevochat, v, n , boire souvent, à
chaque instant ; est pris ordinairement
en mauvaise part : « Nout' vesin a ine
gronde maladie, gle brevoche à tout
62
BRI
moument ; o f dré in ban c'Ié pr'y
fourni, d notre voisin a une grande ma-
ladie, il boit à tout moment ; il faudrait
un bon cellier pour y suffire. Dans tout
le Poitou.
« y ne f.i/.é que brevorher,
» S;in que nionpï.vsc ppin ne cher. »
^Gent. PoëteT. Cit. B.-F.)
Brevochard , Brevochu et Bre-
vocHOUR, S. m., celui qui brevoche.
V. — D.-S., suivant le» lit-ux.
Brevot. s. m , diminutif des précé-
dents. (B.-F.)
Bbeyai, V. a. V.— D.-S. V. Bregeai.
Brezolm, ie, adj., celui ou celle
dont la figure est marquée de rousseurs,
ou par la petile vérole: « e-t-eil vilain !
gl'é tout brezolai; » est-il laid, il est tout
brezolé. V., arr. de Poit. et de Civ.
V. Bersolé.
Bri, adj. num,, un. V.^ c. de l'Isle-
Jourdain et de Luchapt.
Bri, s. m., cambouis. V., arr. de
Civ.
Bbi, s. m., argile. Vend. (C. et P.
D.)
Beibay, s. m., tronc d'arbre depuis
les racines jusqu'aux branches. Vend.
« Inegroslc d'aux creux dau bribay d'ine souche. »
(GUSt., p. 77.)
Bribe, s. f . gros morceau pris sur le
dessus ou le dessous d'un pain entier.
V., c. de Monte.
Bribelle, s. f., gros morceau de
pain: «• oh! quieule bribelle, gl'a pris !»
oh! quel morceau de pain il a pris! D.-
S., arr. de Bress. et de Parthenay.
Brichet , s. m., bœuf marqué de
blanc à la queue seulement. V., arr. de
Civ.— (B.-F.)
Bricolai (r. bricole), v. n., chance-
ler : « Chariot a bé tant bégu qu'gl s'on
vé chin li bricolent de çay et d'iay ; »
Charles a bien tant bu qu'il s'en va chez
lui bricolant de ça et de là. V., arr. de
Poit. et de Loudun. — Français : jouer
de bricole à la paume ; ne pas aller droit
dans une affaire.
Bridea ou Brizea, s. m., orge ou
seigle que l'on sème très-épais avant
l'hiver et que l'on fait manger aux bes-
tiaux au printemps. (B.-F.) V., arr. de
Poit. et de Civ. — « Bridea et bridia, »
BRI
petite vesce noire. V., arr. de Poit. —
« Bredeau : dîmes vertes de vesces, jar-
ruusse et bredeau, en la j^ar. de Saint-
Georges. )) (An. 1706. Manusc. du Poi-
tou.)
Brtktte, s. f., petite brebis. (A.-R.)
— Brebis de deux ans. S. Romans-lès-
Melle. (B.-F.) — Basse laliniié. Berbix,
detorlum ex vervex. (Duc.) — Nec ber-
bices lundere habeanf licilum. (Capitu-
lare, ann. 789.) — Italien : « berbice. »
Briffaud, s m., c'est ainsi que l'on
désignait autrefois, dans l'arrondisse-
ment de IMelle, la crêpe poitevine. —
Espèce de pâtisserie; tranche de pain
trempéedans de la pâte délayée, et frite
dans la poêle. V., arr. de Civray. —
(B.F).
Brigalé, ÉE, adj., objet de plusieurs
couleurs. V., arr. de Poit. et de Chat.
Z-^. Bigarlé.
Brigalet, s. m., petit berger; se
dit aussi d'un mauvais cheval. V. —
(D.-S.) /^. Bistraud.
Bbigaud, s. m., insecte noir qui a
la forme d'une araignée et s'attache aux
brebis. V., arr. de Chat.
Brigue, {r. bribe), s. f., morceau
de pain : « i en ai eu brigue»; je n'en
ai pas eu un morceau : « ni brigue , ni
mige » , loc. qui signifie aucuns
restes. V. — D.-S. — Gascon :« brigal, »
morceau.
Brimbâllai, (r. brimballe).\. pr,,
se balancer à l'aide d'une brimbolle,
V. — D -S. — « brimballer » signifie,
d'après Trévoux , branler de çà et de
là, et se disait des cloches que l'on son-
nait démesurément, et de ceux qui agi-
taient niaisement leurs bras et leurs
jambes. (Cit. B.-F.) — Marne : o brim-
baller, » carillonner. — Breton : « brim-
balât, » sonner. (Cit. B.-F.) — Espa-
gnol : « bambalear, » chanceler, se
dandiner (Cit. B.-F.).
Brimballe (g. By.u.6a).sTfc)) , s. f. ,
escarpolette, jeu d'enfants. Ils se pro-
curent cet amusement en se suspendant
par les mains à une branche d'arhre
pour se balancer. — La branche de l'ar-
bre elle-même. V. — D.-S .
Brimai, (r. brime), v. imp., tomber,
en parlant de la brime. — v. a., en-
dommager; geler ,en parlant de la gelée
blanche. Et par extension : « le soleil
BRO
a brimé nous fruts, » résultat du soleil
après la gelée blanche; « les vents ont
brimé les arbres, » — « animaux bri-
més , » c'est-a-flire qui ne sauraient
s'engraisser , qui ne peuvent croître
V.. arr. Chat. —(A. R.). — Vendée.
(Cet P. D.) — se dit encore d'animaux
atteints de maladies contagieuses. V.,
c. Monte, Mciz.
Brimai, v, n., être malade : « mon
père est brimai depuis huit jours. »
D.-S., c. Airv.
Brime (1. bruma), s. f., brume. V.
— D.-S. — Vend.
Brimb, s. f., maladie quelconque:
« i ai in' brime à n'en poué r'v'ni ; >
j'ai une maladie à n'en point guérir, —
D -S.,c. Airv.
Bringuai, V. n., aller par sauts et
par bonds. Dans tout le Poitou. —
Français: « bringue; » grande femme
sans tournure.
Bringues, (mettre en), loc, briser.
Vend. — Patois du Berry : « bringues
(en,) » en morceaux, en pièces.
Briochay (r. brioche)^ v. a., passer
la Blasse au chevalet, seconde opération
que l'on fait subir au chanvre quand on
le broie. D,-S,, arr. de Bress. A AJontc.
ce mol s'applique aussi bien à la pre-
mière qu'à la seconde opération.
Brioche, s. f., broie en fer qui sert
a donner la seconde façon au chanvre.
D.-S.,, arr. de Bress. et de Parlh.
Briole, s, f., pain long d'une livre.
D.-S. (Barot).
Brique, s. f., miette, reste. — V.,
arr. de Civray. — Aube, Haute-Marne.
Brisageai , s. m., brasier : « faut
qui m'appreche de quiau brisageai, »
V., arr. de Civray. V. Braiseau.
Brise, s. f., synonyme du mot fran-
çais braise. D -S.", arr. de Bress,
Brizeau,s. m., toute récolte qu'on
fait pâturer ou qu'on coupe en vert
pour faire manger à l'étable. V. —
D.-S.
Bro, s. m., son. Vend. (C. et P. D.).
Brochecu,s. m., la baie de l'églan-
tier. (B.-F.) — Roman : « brochar , »
piquer.
Brochille, s. f., petite branche. V.,
arr. de Civ. — Patois du Limousin :
a brouchillou, » Gascon : « broucailla, »
broussailler.
BRO
63
Brochille, v. a. etn., ramasser les
petites branches. V., arr. de Civray.
Brode, adj., qui casse facilement :
« pâte brode, » pâte qui ne se tient pas.
V. — D.-S.
Broi, s, f , buis. V. boue. — D.-S.,
c. Celles. — Noms de lieux : « Broies
(les); » Chûiillon. (V.).
Broie, s. f., engin de pèche fait en
osier qui se place au bouc/ieau,k la
vanne d'un moulin pour prendre des
anguilles : « le valet a-t-eii bé mis la
broie au boucheau ? » V.
Brolle, s. l, ruche. V., arrond. de
Chat.
Bromae et Bromi, v. n., mugir;
rendre le son de l'airain quand il frémit.
Vend. (C. et P. D.) — V., arr. de Poit.
et de Civ. — Patois limousin : « Bro-
mar. d
Brondi, v. n.(g. BpcvTatd), retentir,
rendre un son grave , retentir avec
force. Une pierre lancée avec force
brondit.N. — D.-S.
« Le bûcheron chantant ferat hrondi la nae. »
[Gust., p. 80,]
« L'air do temps brondisset. »
[Miz. p. 6.]
« Qui faziant prebrondis jusque dans l'air do temps
<i Lou goule et lou gouzc. »
[Rob. di?., p. 125, B. F]
—Roman: «brandar. » — Patois limou-
sin: i« brundis. » — Marne, Haute-Marne:
« brondir, » bourdonner, siffler, reten-
tir, — Français : « brandir, » secouer,
agiter dans ^a main.
Brondissour, (r. brondi], s. m.,
jouet d'enfant, fait d'un morceau de bois
plat, dentelé sur les côtés, et que l'on
fait mouvoir à l'aide d'une corde. V.
— D.-S. — Demi cercle en fer servant
à soutenir l'essieu d'une charrette. —
« Deux brandissous et autres ferrailles »
(An. 1747. Vasles. — iManuscrits du
Poitou,).
Broquai, v. a. , surpasser , faire
mieux qu'un autre. D.-S.
Brouard,s, m., plant de vigne dont
le fruit avorte toujours. V., arr. de
Poit. et de Loudun,
Broueta , s. m., buis, environs
de Melle, (B.-F.).
« Deu intieil broueta, qu'essamait la fleur varte.»
[Mulluis duts av. isei.J
64
BRO
Bbouillard , s. m., vertige qui
s'empare quelquefois des bestiaux aux
foires et que Ton attribuait autrefois à
un sortilège pratiqué par les marchands
étrangers pour avoir la marchandi^e à
meilleur marché, l/on attribue encore
ce vertige, de nos jours, à la poudre de
foie de ioup brûlée au four, et répandue
dans les champs tie foire. C'est ce qu'on
appelle faire sauter les bœufs. V. —
D.-S, — Vend.
Broullaud (// mouillés), s. m.,
arbre, plante qui ne vient pas bien, qui
croit à l'ombre d'arbres ou de plantes
plus élevées. V., arr. de Chat. — D.-
S., G. Brftîs — « BrouiTeaux,» s. m. pi.,
• terre en chaulme et brouillenux. >
(An. 1689. Dangé. — Manuscrits du
Poitou.).
Broullassai , V. a. , bouleverser ,
mettre le désordre. V., arr. de Poitiers
et deCiv. — D.-S., c. Bress.
« Netre bon ré vent de chassy
« Quez qui youliaot brouillassy »
(Cent. Polit.).
— Imper., se dit d'un temps brumeux,
légèrement pluvieux. V. — Patois du
Berry : « brouasse (ilj « , il bruine, il
tombe une pluie fine. — Mayenne :
« brouillasser. »
Broulles (// mouillés), s. m. pi.,
fagots faits avec de menues branches ou
des épines. D.-S.
Brousse, Broussée et Brosse, s. f.,
hallier, touffe de ronces, d'épines, d'ar-
bres. — xv« siècle; — Manuscrits du
Poitou. — Ce mot, dans quelques en-
droits, signifie encore bois, et il y a les
BrousseSy bois dépendant du domaine
de la Clielle,dansla commune d'Andillé
(V.) — Gascon: « braco, » broussailles
— Patois du Berry : « brosses,» bruyè-
res. — Noms de lieux : Il y en a vingt-
six qui portent ce nom dans le départ,
de la Vienne.
Brodif, s. f., synonyme du mot fran-
çais brouée. V., c. de'Monlc.
Brout (g. BsjTTc'./) , s. m., feuilles
d'arbres que Ton cueille pour la nourri-
ture des bestiaux. — Il signifie aussi les
feuilles des arbres , des buissons que les
bètes paissentsur place. — Parextension,
maladie que les bestiaux contractent en
broutant les bourgeons des jeunes ar-
BRU
bres , et que , pour cette raison , on
appelle : « maladie du brout. » V. —
D.-S. — Hourgeon , dans quelques lieux.
— Basse latinité : hnistum, pastio ,
cibatus, esca , pastio animalium ex
/;/-u.vt'/.s , e dumetis , le broust. Hinc
brouster, pascere, depascere. « Capreae
quuque... brustum habeant per lotum
tîoscum. »— (Duc.) — Roman : « brou-
tar, I) brouter , ronger. — Français :
brout, » enveloppe verte des fruits à
coquilles. — Noms de lieux: «La Broute»
Béthines , V.; quatre appelés : « Les
Broux; » deux, « Broux » et « LeBroux.»
(V.)
Broutard (r. brouf) , s. m., veau
qui commence à brouter, dont la chair
n'est plus tendre. Vend. — Hanneton.
-(B-F.)
Broutou, s. m., hanneton : « les
broutons avant rangé tous nous âbres ,
i n'avant pat o sr'ment in frut à nous
met'su la dont, o n'r'ch'te qu'l'nai ; »
les hannetons ont rongé tous nos arbres,
nous n'avons pas seulement un fruit
à nous mettre sous la dent, il ne reste
que le noyau. — D.-S., arr. de Melle et
de Niort.
Bruanda, s. m., personne brusque;
brouillon : v ah! mon bon Dieu, qu'oui
houme et-i bruanda ! » — V. , arr. de
Poitiers.
Brumail (r. brime) y s. m., petite
pluie fine (B.-K.). — Roman : cbruma. »
Brume, v. impers., tomber , en par-
lant de la brume. — V., arr. de Civ.
Brunette , s. f., champignon do
couleur brune qui pousse à la même
époque que la tarbe-de-bouc , et est ,
comme lui , come^tible. V. — D.-S. —
(B.-F.).
BfiUtNETTFS, s. f. pi. « L'on appelle
ainsi , à Chef-Boutonne , dit M. Beau-
chel-Filleau , les cordons du drap mor-
tuaire. C'est un souvenir de la religion
protestante, autrefois généralement pra-
tiquée dans celte localité. Les protes-
tants de la Rochelle et de quelques pro-
vinces , dit Ménage, appelaient bru-
nettes ce que les catholiques appellent
drap mortuaire. Porter les brunettes ,
c'est tenir un cordon du poêle. » —
Basse latinité : a bruneta , brunetum ,
pannus non ex nativi coloris lana con-
BUG
fectus , sed quavis tinctura imbulus.
(Duc.) » — Guillaume Guiart :
« Ne vestl il vert , ne brunette
» Ne drap , co nous conte l'hktolre ,
» Qui ne traislt à couleur noire. »
(Ad. 1248. Duc.)
Brune, Bbuneur et Bbunoub, s. f.,
nuage très-noir : « o s'ièvesu la galarne
ine brune bav naire ; » il se lève sur la
galerne un nuage bien noir. — D.-S.,
arr. de Bressuire. — V., arr. de Poit.
et de Civ. — Basse latinité : brunus,
fuscus color, subniger, nigricans, Gallis
brun. — Marne: «brune,» venue de la
nuit, carie des grains.
Brut, s. m. /corrélatif du mot fran-
çais bruit. — M Avoir le brut, » est une
locution qui signifie avoir le bruit d'êire
sorcier Plus généralement avoir le bruit
de ceci ou de cela , c'est être réputé
ravoir fait. V. -- D.-S. — Patois li-
mousin, Aube, Marne. Provençal et
Gascon t brut : au brut de la ma-
lemparado , » au bruit du fatal événe-
ment.
Bu , s m., tison enflammé : <i ine bu
d'feu. a Dans tout le Poitou.
Bu , s m., bœuf ; « t'a d'jolis bus; »
tu as de jolis bœufs. V.— D -S.— Prin-
cipalement dans la partie de ces deux
départements que l'on appelle Gâline.
Bu A, s. m., boyau. V., arr. de Civ.
y. Bias.
BUAILLE et BUEILLE , S. f., SBCondc
paille; chaume. Vend. (C. et P. D.) —
D.-S., arr. de Bress. — Irlandais ;
« Buain. » (Cit. Card.)
BuAiLLAE et BuEiLLT, V. 3., couper
la buaille. D.-S. — Vend.— D.-S. ^c. de
Bress.
BuAiLLON, S. m., diminutif de buée,
petite lessive. D.-S. — Airv., c. de Chà-
tillon.
BucHAiLet BucnAT(r. bûche], s. m.,
petit brin de bois, éclat de bûche : « o
faut amassai les buchails. » V. — D.S.
— Vend., suivant les lieux. — Gascon:
€ Busco », bûche.
Bdchaillai, V. a. et n.. ramasser
les buchails, dans les bois, les haies, le
lo.;g des chemins. — Être en peine, se
donner du mal : « oh ! qu'o faut bu-
chaillai, dans quialle ferme , per vivre
tout juste et poyé son raaite ! » oh 1
qu'il faut avoir de peine dans cette
BUF
65
ferme pour vivre tout juste et payerson
maître! — Chercher sa phrase. Suivant
les lieux.
Bûchai et Bûché , v. a., frapper à
coups de cognée ; travailler avec force,
activement. — Au figuré , rouer de
coups : a ah ! guerdin, c'é don d" même
qu' tu fais, i va t' bûchai, lu t' en s'vén-
dra langtomps; » ah ! gredin, c'est donc
de même que tu fais, je vas te bûchai,
tu t'en souviendras longtemps. Dans
tout le Poitou. — Patois du Berry :
« bûcher, » frapper à coups de cognée ;/
au figuré, rouer de coups. — Marne :
«bûcher, » mesurer une distance avec
un brin de paille; frapper.
BucHEiLLE et BucHiLLE, S. f., petit
brin de bois. V. — D.-S., dans quelques
localités. — Haute-Marne ; « bercheilles.»
brins de bois mort.
Buch'llé, (//. mouillés), v. a. et n.,
ramasser les bucheilles. V. ce mot. Dans
quelques contrées. V. « Buchaillai. »
— Au figuré chercher sa phrase, le mot
propre, hésiter.
« De même devant vous votre frère bticheille
») Quand vous n'estez point quy gle dit prou
[joliment* •
(Bab., p. 69.)
Boe, s. f., cruche à deux anses. V.
— D.-S. — Deux buez de terre verte.
(An. 1484, manusc. du Poit.)
BuEE, s. f.. lessive. V. — (Manuscrit
du Poit., 1546. — Patois du Berry:
« buée et buie. » — Marne : « buée, »
— « buer, » laver; — « buerie, »
lavoir; — ancien français : «buée. »
BuFFAR , V. a., souffler : « buffâel'
feu pre rallumai, la chandelle pour l'é-
teindre. » Vend.,— V. n.,au figuré, res-
pirer avec effort. — V. — D.-S. — Bo-
man : « buff"ar. »
BuFFE et BuFFRE,adj., se dit princi-
palement des noix quand elles commen-
cent à se gâter. V., arr. de Poit. et de
Civ. — D.-S. — « Bufec, » creux, vide,
gâté (Lacombe, t. ii.)
BuFFÉ, V. a. et n., souffler. V. —
D..S. — y, Buffâe.
« Séchons rendus tout d'au premay
• Pre bufay son feu pre tlray
» De l'ève en ses sellUi. »
(N. p., p.
144.)
66
BUL
Patois du Berry : « bouffer, » souffler ;
le vent bouffe. — Ronsard :
« Des Tenls Impétueux qui se bouffent si fort. »
(Cit. C. J.)
BrFFÊE, s. f., souffle, coup de vent ;
tourbillon de fumée. V., arr. de Foi-
tiers.
Blfflotte, (r. buffe), adj., se dit
des noix percées par les vers. V., arr.de
Poitiers.
BiiFFOU, s. m., morceau de bois ou
de fer creux, long de 50 a 60 centi-
mètres, qui sert de soufflet , et même à
attiser le feu. Encore en usage dans
quelques pauvres ménages delà Vienne
et des Deux-Sèvres. — Patois du Cerry :
4 boutToiet bouffouet, » soulïlet.
BuGADiER, (b. I. hngaderius), s. m ,
buandier. V., c. Isl.-Jourd. — (An 1408,
Manusc. du Poitou.)
BuGE, s. f., buie. Y., arr. de Civ. et
de Montm. V. Beuve.
BuGEADE, s. f. , lessive. V., arr. de
Montm. /'. Buée. — Gascon et Proven-
çal : « Bugado. »
BuGEADi,s. m., cuve à lessive. F.le
précédent. V.jC.Isl. -.lourd. ,Adriers^ Lu*
chapt.
Bl'GEADou, s. f., diminutif de bu-
geade, petite lessive. V., c. Isl.-Jourd.,
Luchapt.
Btgeaie et BuGÉE, s. f. V. Buée.
Suivant les lieux. — Au figuré, l'on dit
d'une affaire qui prend une mauvaise
tournure : <r Q^if'-i n' fra poué ine
boune bugeaie. » V. — D-S. — Vend.
Bcgeandrib, s. f., buanderie. V.,
arr. de Montm. — Noms de lieux :
■ Bugenderie, » Archi.:2;ny iVienne.)
BuGiEet Buie, s. f.. Buée. V. — D.-S ,
suivant les lieux. V. Bugée. — Patois de
Besançon , Berry , Marne et Haute-
Marne : « buie. »
BujE, s.f., cruche. V., arr. de Civ.
et de Montm. F. Beuve. — Patois du
Limousin : • bujo , » cuve , cuvier. —
Patois du Berry : c bujau», cuvier.
BuLi, V. n., mugir. V., c. de Monte.
V. Bramâe.
Bllie, s. f., mugissement. V., c. de
Monte. V. Bramée.
Bllotte, s. f., noix percée par les
vers. V.. arr. de Chat, et de Loudun.
y. Buffelûtte.
BUR
Bub,e,(1.5m7tm5), adj., brun, brune.
— Au figuré, sournois, sombre, mauvais
caractère : « guiette le lai, tai, quiau
grous bur; gne n' causera pas d' la
sérée , va » ; regarde-le là, tiens, ce
gros bur ; il ne parlera pas de la soirée,
va. V., arr. dePoit. et de I^udun.
BuRBE, 3. f., bosse au front. V., c.
de Montcontour.
BuRAON, s. m., cabane. Vend. (C.
et P. D.) — Français : « buron, » ca-
bane où Ton fait le fromage dans les
montagnes d'Auvergne.
BuREA, ELLE,(r. Bur^) adj., mouton,
brebis dont la laine est marquée de noir
et de blanc : « habillement fait de laine
burelle. • (B.-F.) — Patois du Berry :
« burau, de », jaunâtre.
BuREAs(saut de), loc, jeu d'enfants;
cul par dessus tète, culbute : le saut de
bureas s'appelle ailleurs faire la cocu-
lette :
« Et qo'i fais en tombant In grand .saut de bureas. »
(GUSl., p. C6.)
BuREiLLÉ, V. a., regarder quelqu'un
avec indiscrétion. V., arr. de Poitiers et
de Chat. V. Bireillai.
BuREiLLOU, SE, adj., celui ou celle
qui regarde avec indiscrétion. V., arr.
de Poitiers.
BuRELET f^wrVeO, s. m., bourrelet
que les femmes attachent au bas et sur
le derrière de leur corset, ou brassère ,
pour soutenir leurs jupes. D.-S., arr.de
Bress. et de Parth.
BuRET, s. m., le taon des bœufs. V. ,
arr. de Poit. et de Chat.
BuRGAU, s. m., frelon, bourdon. Il y
a le tourteau- burgau , espèce de
gâteau. V. — D.-S. F. Bregaud. —
Patois limousin : « burgaou. »
BuHGAUDi, V. n., crier de toutes ses
forces — (sej, v. pr., s'écrier. V., c. de
Monte, Mazeuil.
BuRGAUDiN, NNE, adj., coureuf.
Vend., Font. (Cet P.D.)
BuRGOLLiAi, V. n., mugir. Gâtine.
BuBJAUD, s. m., bourdon V., arr.
de Ci Vf. — D.-S., c. de Bress. F. Bre-
gaud.
BuRTN, s. m., mouche qui s'attache
au museau des animaux. V., arr. de
Civ.
BUS
BuBiN, S. m.j veste de bure. (B.-F.)
« Tu vaux don qui m'érale,
» Qui soubre mon burin. »
(Mellois,28 avril i86i.)
— Français instrument de graveur :
BuRLE, ÉE, adj. buriné.
« Le moindre de loux mol quand glenous ont parlé
» Passet pr' arrêt do ciel, tout scellé, tout burlé. »
(Bab., p, 91 .)
— Français : « Burelé, » t. de blason.
BuBGUAi, V. a. et n., heurter : « l'ai
burquécont' in caillou. » — (se) v. pr.,
se heurter. D.-S., arr. de Bress. et de
Parlh. —(A. R.)
BuRQAiN, (r. 6w?')', s. m., veste , à
l'origine, de couleur rousse, taillée d'une
façon particulière. D.-S.
Busse, s. f., barrique. Usité dans les
environs de Bressuire et de Loudun. —
Bm
67
« Une busse de vin blanc de cens et
rente. > — (An. 1633, Manusc. du Poi-
tou.) — Marne : a Buse » , tonneau.
(Tarb.)
Blitie, s. f. , taupinière. V., c. de
Montcontour. V. Boutée.
BuTTAvet Buté, (b. 1. àuium), v. n.,
prendre pour but, en lançant des
pierres, ou comme terme d'une chose.
Vend.
« Seglepeutvc bultay, gle ve ferat dau.t qucu-
fgnes. »
(Gust., p, C3.)
— V. pr., « se buté,» se heurter, s'opi-
niâfrer, paraître, se montrer. V. —
D.-S. — Vend. — Basse latinité : Bu-
tum, finis, limes, terminus. (Duc.) —
Marne : « buter (se), »> s'opiniàlrer, se
dépiter.
G •
CAB
Ça, adj. démonst., ce ; « çà que, »
ce que. Dans tout !e Poitou.
Caba, s. m., brin de chanvre très-
gros. V., arr. Chat., IMairé.
Caban AY (g. y.y.T,7.rf,) , s. m., c'est le
nom qu'on donne dans les marais du
Bas- Poitou au fermier d'une cabane
Vend.
« Que gl'acbetit autour dau cabanay Gcorget. »
(Gust., p. 39.)
— Basse latinité : cabannarla et cha-
banaria, sedes rustica, capanna , vel
cabanna, vel prserlium rusticum. (Duc.)
Ça bas. adv., ici en bas. V. — D.-
S. — (A. R.) — Vend. — Sainlonge.—
Ancien français.
*
M Tant la haut que cà bas
» T'en aras sans obstacle. »
(Gust., p. 3.;
m.
Cabas, s
bies. (A. R.
concave.
Cabasse, s. f.,
(A. R.)
creux ; se dit
des ar-
cavus, creux.
Latin
tronc d'arbre creux.
Cabaud, s. m., grosse noix. V., arr.
deCiv. V. Baguère.
Cabèche, s. f., espèce de fourche qui
sert à remuer le fumier. D.-S., c. de
Parth.
Cabèche {].caput),s. f., grosse tête :
« gl'a moyen d'apprenre a lire quiauqui,
gl'a ine fameuse cabèche. » V., arr. de
Civ. — D.-S., arr. de Bress. — Pro-
vençal : « cabesso. » — Lanj^uedocien ;
« cabôsso. » — Saintonge : « cabo-
che. *»
Cabeugtve, s. f., bosse au front. V,,
arr. de Chat. /^. Burbe.
Cabinet, s. m., armoire, placard.
V., arr. de Civ. — D.-S. — Vend. —
tt Un cabinet de bois de cerisiet fermant
à clef avec quatre fenestres (ou battants)
apprécié 20 livres. » (An 17 fil. Vasles.
Manusc. du Poitou. — Gascon : « ga-
binet. » — Marne : « cabinet, » coffret,
armoire.
Caboche, s. f., plante.
Caboche,, v. a,, mettre des caboches
à des sabots. V.
Cabobnea, adj., creux, vide à l'in-
68
CAC
térieur; arbre, melon « cabornea. »
Vend. (C. et P. D.) — Provençal : « ca-
forno, » cavité : a mando sa ma dins
la caforno, > mit sa main dans la ca-
vité.
Cabosses, s. m. pi., les épis ou tètes
du tiède, de la luzerne après leur matu-
rité, lesquelles renferment d'autant plus
de graines qu'elles sont plus grosses.
(B.-F.) — Saintonge. — Gascon : a ca-
tels, n épis.
Cabossi, e, adj.. c'est ainsi que l'on
désigne les bêtes et les gens atteints
d'une maladie quelconque : « Made-
lurhe é tout' cabossie de peu quieuque
tomps. » — Se dit aussi des fruits meur-
tris par un coup de vent ou la tempête.
D.-S. , arr. de Bress. et de Parth.
Cabot, s. m., petit monceau; jeu
d'enfants, jouer au cabot avec des noix.
V. . arr. de Poit. et de Loudun. — Ca-
boter, V. n., c'était un des devoirs des
sacristains de Montierneuf de faire ca-
botter les cloches les jours de saint
Marc et de saint Cloud. (An 1629. Ma-
nusc. du Poitou.)
Caboubgne et Cabouene , s. et
adj., creux, vide à l'intérieur ; trou. V.
— D.-S. V. Cabornea. — D.-S., c. de
Maz. (A. R.) — Saintonse. — « La Ca-
borgne » et la « Petite-Caborgne » sont
des noms de lieux de la commune de
Bellefonds (V.); « Caborne (la), » Bu-
lerolles et Lavoux. (V.)
Cabour>ot, te, adj., creux. V., arr.
de Civ. et de Loudun.
Cabbenot. te, adj. V. le précédent.
V., arr. de Poit. —D.-S.
Cabrenote , s. f., tronc d'arbre
creux : « enfonce ton bras dans la ca-
brenote. » (A. R.) — Par extension,
petit placard. V., c. de Mirebeau. —
Petite boîte en bois blanc qui sert à
mettre les enfants au maillot. V., arr.
de Loudun.
Cabri (l. capra), s. m., chevreau.
V.. arr. de Poit. et de Civ. — Chèvre,
D.-S. —Gascon : « cabre » — Patois
du Rerry : « cabin, » chevreau.
Cabro, s. m., coureur, bohémien.
V.,c. del'Isl.-Jourd., Luchapt.
Cacassae et Cacassi, v. n., bé-
gayer. Vend. (C. et P. !>.; — V., c. de
MiVebeau. — Crier comme des oies.
Onomatopée, V., c. de Montcontour.
I
CAF
Cacassab, s. m., bègue. Vend. (C.
et P. D.)
Cacau, s. m., noix. V.,c. de Monlm.
et de risl. -lourd. OEuf. V., arr. de
Civ. — Marne : « caca, w œuf.
Cacau, s. m., pie, oiseau. D.-S-, arr.
de Bress.
Cacaux, s. m. pi., coquilles. V.,
arr. de Poit.
« Les nouzUIcs sont pre les filles
» Les cacaux pre les nigauds. »
(Cbans. poit.)
Cache-Mistouri et Cache-Mite ,
s. m., s. f., jeu d'enfants. V., arr. de
Poitiers et de Civray, c. de l'Isle-Jour-
dain.
Cacrea (g. y.apa), S. m., sommet de
la tête. V., c. de Mireb. et de Monte. —
Patois du Berry : « cacrotte, > crâne.
Cacrea, s. m., fragment de poterie.
Vend. (Cet P. D.)
Cacrea, s. m., fruit dont on a ôté le
pourri. Vend. (C. et P. D.)
Cacrelle. s. f., diminutif de ca-
ciea , sommet de la tête. V., c. de
Vouillé.
Cadenandale (battre la), îoc, se dit
de quelqu'un qui passe son temps à
courir, à battre le pavé. (B.-F )
Cadenettes (cad'nettes), s. f. pi.,
longs poils frisés qui garnissent les
oreilles des baudets. V., arr. de Civ. —
D -S., arr. de Melle. — Français : « ca-
denettes, » longue tresse de cheveux
derrière la tête.
Cadet, s. m., sorte de corset à l'u-
sage des femmes dans certaines contrées.
V., c. de Montcontour, La Grimau-
dière.
Cadrou (faire le) [1. caducus], Ioc.,
avoir l'air souffrant , malade , avoir
mauvaise mine (B.-F.) — Saintonge.
CadrouEjS. f., tristesse, abattement.
Vend. (C. et P. D.) — Adj., et, par ex-
tension , stupéfait, désappointé. Vend.
(C. et P. D.) — Noms de lieux : « La
Cadrouse » \Nouaillé, V.)
Cadeu, e, adj, caduc, triste, abattu.
D.-S. — (A. R.)
Cafegnon et Cafignon (cafgnon), '■
s. m., mauvais chausson, mauvais cha-
peau, mauvaise coiffure. V., arr. de
Poit. et de Civ. — Toutes choses chif-
fonnées. D.-S., arr. de Melle. — Se dit,
CAG
♦
en général, des chaussons usés : a o
n'sont pas des chaussons, o sont des
cafgnons. » V., arr. de Chat., Maire.
— Patois du Berry : « cafignon. » —
Rabelais : escafignon : a je vis un jeune
escafignon espouser une vieille panlo-
phie. » (L. 4,0. 9.)
Cafegnounai , mettre un chapeau
ou quelque autre chose en cafgnon, le
chiffonner. V., arr. de Civ. — Un fro-
mage est « cafegnouné » quand le temps
le rend gras,
Cafie, e, adj., gros, rond: «ah!
quieul cafié ! » ah ! quel gros homme !
V., arr. de Chat.
Cafont ou Quafont, s. m., lieu où
l'eau tient. V., Cheneché.
Gagne (1. ca;a«), s. f., poltronnerie.
Dans tout le Poitou. — Chagrin, gui-
gnon. Vend. (C. et P. D.) — Adj. des
2 genr., et, par exlension, stupéfait,
étonné. — D. S., Châtillon. — Proven-
çal : a cagno, » chagrin : a souleto vous
vén uno cagno, » seule il vous vient un
nonchaloir. — Patois du Berry : « ca-
gnie, « petit polisson, gamin. — Ita-
lien : « cagna, » nonchalance. — Fran-
çais : c cagnardise, » paresse habi-
tuelle.
Gagnai, V. n., faire le poltron, céder,
se rendre : a tu s'ra forcé de cagnai. »
V. — D. S. — V. a., cacher : « Vour a
lu cagnai mon gilet*^» (A. R.) — Marne:
(( cagner, » boiter, refuser, reculer, elre
poltron. — Français: « cagnarder, »
vivre dans la paresse.
Gagnon, s. m., gros morceau, se dit
principalement du pain : « in grou câ-
gnon de pain. » (B.-F.) — V. — D.-S.
Gagkot, s. m., petit chien : « portai
cagnot, » c'est, au jeu de la pirouette,
porter celui qui a gagné. V,, arr. de
Civ.— D.-S.— (A. R.) — Italien : < ca-
gna, > chienne.
Cagnou se, adj., cagneux, honteux,
craintif. Vend.
€ Pre mas transi, penot,
» I disas tout cagneux, adieu moa pauvre pot. »
(Gust., p.. 64.)
Patois du Berry : c cagnaud, e, » pa-
pelard, caressant avec hypocrisie.
Cagouet et Gagouet,s. m., nuque,
y. — D.-S. — Patois limousin : a co-
GAI
69
guéi. » — Patois du Berry : « cacouet, »
caquoi.
Cagouille, s. f., les hélix promatia
et aspersa, V., arr. de Poit. (Maud ) —
Limaçon. V., Civ. — D.-S. —(B.-F.)
— Saintonge. — Français: « cagouille,»
terme de marine, volute au haut de l'é-
peron d'un vaisseau. — Noms de lieux :
« La Cagouillère, » près Poiiiers; « Les
Cagoulières. » (Saint-Pierre-de-Maillé,
V.)
Cagbou, se, adj., se dit de la vo-
laille sur le point de crever et des per-
sonnes accablées par la souffrance :
« l'fait l'cagou quem' in pigeon qui a
r'çu in cot de piarre.» V., arr. de Poit.
et de Civ., c. de Monte.
Cahureau, s. m. V. Cazureau.
Cahute, v. n., crier, aboyer. V.,
Chat. — Tousser souvent. V., arr. de
Loudun. — Aube et Marne : c cahut,
cahour, cahours, » entêté, poltron.
Çai ou Çay (de), adv., de çà. — Y.
D.-S. — Languedocien.
Cail cadet, s. f., le mâle de la
caille , la caille en général : « in cail-
cadet qui grouaitses p'tits, » une caille
qui grouait ses petits. D.-S., arr. de
Melle.
Caillade, s. f., terre argileuse dé-
trempée par l'eau. V., c. de Tlsl. -lourd.
— Noms de lieux : « Caillauderie, la
Caillauderie, Caillaudière, les Caillau-
dières. » (V.)
Caillade (r. caille)^ s. f., lait aigre
qui est resté dans la t'rasse (A^. ce mot),
après que l'on a levé les crèmes pour
faire le lait. (B.-F.)
Caille, s. f., lait caillé^ mauvais
lait. D.-S , arr. de Bress.
Caille, adj. des 2 genr. L'on donne
le nom de bœuf-caille à celui dont le
pelage est tacheté de rouge et de blanc.
(B-F.)
Caillebâsse, s. f., lait caillé ; « Gle
nous fasons trejou mingeai d'ia caille-
basse à neutre d'juner; » ils nous font
toujours manger du lait aigre à noire
déjeuner. V., arr. Civ. — Français :
« caillebotte. »
Caillebottai , AIE, adj., qui est
blanc et noir; ne se dit point des cho-
ses. (A. R.)
Caillebottai (r. caillebotte), v. n.
et pr. , réduire en gros grumeaux ;
70
CAL
CAL
(' Prends garde, ton lait caillebottera. »
(A. R.)
Caillennb, s. f., coiffe de dessous,
le plus souvent en carton, et qui forme
comme le moule de la coiffure que l'on
appelle panline. V., canton de Mont-
morillon.
Caillon, s. m., bonnet de femme à
formes diverses. V. — D.-S. — Vend.
Caillon, s. m., la caillette, le qua-
trième ventricule de l'estomac des ru-
minants. On lui a donné ce nom parce
que c'est l'endroit où se forme la pré-
sure qui sert à faire cailler le lait. L'on
prend dans les campagnes ce caillon
que l'on pétrit avec de la pâte, et dont
on fait la galette. {V. ce mot.) [B. F.)
Caillonna.1 et Cailloutai (Se;, v.
p., se coiffer d"un caillon. V.
Caillotte (r. caillou), s. f., cail-
loux brisés, cassés, macadam. V.. arr.
Poit. — Petits cailloux pris dans les
carrières. V., arr. Chat. — Caillou.
D.-S., arr. de Bress. — Patois du Berry :
« caille. » — Noms de lieux : « Cail-
loterie [\a). » [Romagne, V.]
Cajo, interj. dont se servent les ber-
gères pour chasser les loups. D.-S., c
de Celles. — Interject. dont elles se ser-
vent pour exciter leurs chiens après les
chevaux et les bœufs qui se trouvent en
agât. (B. F.)
Calabre et Calavre (Battre la),
loc, battre le pavé. V., arr. de Civ. — -
V. Cadenandale. Latin : c Calabria, »
la Calabre, province d'Italie.
Calai (g. xaXaw), v. n., céder, obéir :
•> faudra que tu cales. V. — D.-S. —
Vend. — Roman : « calar, calare, î se
taire. — Provençal : « cala. » — Pa-
toi du Berry : « caler, » fuir. — Mon-
taigne : « Cette superbe vertu eût-elle
calé au plus fort de sa montre? »
Calai, v, a., enfoncer, faufiler :
« caler sa jambe dans son pantalon, d
— V. pr. , s'enfoncer, se faufiler: a s'ca-
lai tout chaud dans son lit. » V. — D.-S.
— Français : «caler, * assurer, mettre
d'aplomb avec une cale.
Calai (r. cale), v. a., ôfer, enlever
la cale, le brou de la noix; par exten-
sion, se détacher, en parlant de la peau
du bois au moment delà sève : « quiou
pouple cale bé ; » ce peuplier, etc. V.
— D.-S.
Calai, v. n., se dit de la peau quand
elle tombe par écailles : « Les pés et
les moins m'calant d' mai en m.ai; » la
peau de mes pieds et de mes mains
tombe de plus en plus. V. — D.-S.
Calandre, s. f., alouette huppée.
L'on dit proverbialement : « chonté
coum' ine calandre, » pour dire de
quelqu'un qu'il chante continuellement,
V., arr. de Civ. — D.-S. — Basse lati-
nité : Calandra, Italis, est alaudae
species, quam a Galerita, de qua, suo
loco, dictam pulat Octav. Ferrarius,
eadem quœ calandrus, gryllus, cicada,
curculio. (Duc.) — Marne : « calandre,
calandrelle, » alouette à doigts courts.
— Français : insecte qui ronge les blés.
Calard, B, adj., celui qui cale, ou
enlève le brou de la noix :
« Cali, calard,
« Vau-tii dau lard ?
» I non, i non ;
»> Que vaii-tu donc ?
» Cent cots de bâton
» Per les talons. »
Jeu d'enfants quand l'un se refuse à
faire quelque chose. V., arr. de Civ.
Calau, adj., bœuf qui a les cornes
droites et inclinées sur le cou. V. — D.-S.
Calaud, s. m., oiseau, le petit plon-
geon. Vend., Font. (C. et P. D.)
Calaud, s. f., coiffure très-peu fa-
çonnée et à l'usage des enfants. V. —
D.-S. :
« Et qupme on dit au ménage,
» Librochirant in calaud. »
(N. p., p. 61.)
Calculi , s. m. , calcul. Vend. :
« Mais laissons moins quiau calcull. »
(Gust.)
Cale, s. f., brou de la noix, de l'a-
mande; la noix elle-même. V. — D.-S.
Calé (Être bien), loc, être propre-
ment vêtu. Par extension, être riche, à
son aise. Dans tout le Poitou.
Calea, s. f., le dessus de la tête.
(B.-F.)
Calea, Callea, Calau, Cala4U,
s. f., la noix dépouillée de son brou, de
sa cale : a Mes caleassantbans. C'qu'tu
dis s'tint coum' daux caleas su n'ine
parche; » ce que tu dis se tient comme
des noix sur une perche. C'est un pro-
CAL
verbe poitevin qui signifie une conver-
sation embrouillée , sans ordre , sans
aucun bon sens. V. — D.-S. — Vend. —
Patois du Berry : « calo, calon, » noix
encore pourvue de son brou. — Eure-et-
Loir : « callot, » noix : « sec coume
in callot. » (Hécart.)
Câlet, s. m., breugnon. (B.-F.)
Calet, tte, (1. calvus)^ adj., être
nu, sans vêtements, légèrement vêtu.
Avoir la tète calette, c'est être chauve ;
les pieds calets, les pieds nus. — Calet
(à), loc, à nu, à découvert. Dans tout
le Poitou.
Calibau et Caltbier, s. m., gros
morceau de pain. V., c. INlontc, arr. de
Chat. — Gros morceau de pierre. V.,
arr. Poit.
Câlin, adj., bois câlin, s'applique
uniquement au substantif bois; il signi-
fie du bois dépouillé de son écorce, ou
du bois de feu moins gros que le bois
dit bois marchand et bois de corde.
Câlin, s. m., vase, le plus souvent
de fer blanc, muni d'une couverture
sur laquelle on place de la braise, tan-
dis que l'on met également du feu sous
les pieds. Il sert à faire cuire des vian-
des dans leur jus. (B.-F.) — V., arr.
Civ. — Français : « câlin, » composi-
tion métallique dont la base est l'étain.
Câline [a bref), s. f., espèce de coiffe
composée d une bande de linon d'un
mètre environ, sur 2.5 cent, de long,
enrôlée sur un petit calaud, et laissant
tomber deux petites barbes par derrière.
D.-S., arr. de Bress.
Calorgne, adj., louche, V., arr.
Poit. — Mayenne. — Marne : « calor-
gne, caliborgne, » borgne.
Calort, s. m., petit bonnet d'enfant,
mauvais chapeau. V., arr. Civ.— Mau-
vaise coiffure. V., c. Pleum., Maire.
Calot, s. m., sorte de coiffure à bar-
bes tombantes. D.-S.
Caloton, s. f., diminutif de calot,
espèce de calotte pour tenir les cheveux
renfermés. V., arr. Civ. — D.-S., arr.
Mel. et Niort.
Calouret, s. f. , commère. Vend.
(C. et P. D.)
CAllai, s. m., noix dépouillée de son
brou. Vend. (C. et P. D.) ^. Calea.
GAN
71
Callard , s. m. , cambouis. Vend.
(C. et P. D.) :
« Vour ol' était mon nom en callard émolé.
(GUSt., p. 66.)
Calles (1. calx)j s. m. p., corne des
pieds du bœuf. V., arr. Poit. — Latin :
calx, le bout du pied, la corne d'un
bœuf, d'un cheval.
Camail, s. m., maillot. Vend. (C. et
P. D.) — Français : « camail, » vête-
ment ecclésiastique.
Ca>:bé(1. quatn bené), adv., com-
bien. D.-S., c. Celles. — Patois limou-
sin : « cambé. »
CAMiSEBOLLE,s.f., camisole, blouse :
« Camis'rolle et jupons rayés, à ses pés
daux grous bocs per soûlés ; » camisole
et jupons rayés, à ses pieds de gros sa-
bots pour souliers. V., arr. Liv. —
Basse latinité : camîsile , camisilis ,
cantpsiley vestis species, eadem, quae
alba , seu camisia, velcerte tela qusevis
linea aut cannabina. (Duc.) Vieux fran-
çais,
« Cheiase et cheinsil
» N'a touchiés pas a mou chainse,
» Sire ch&valier. »
(Cit. Duc.)
Pvoman de Garin : « Qui plus est
blanche que nul pans de cheinsil. »
Canard, s. m., instrument de ser-
gier pour écarder la laine. V. — D.-S.
— « Un canard de bois à écarder de la
laine, garni de ses liardes. » (An 1781,
Vasles. Manusc. du Poitou.)
Canau (1. canna), s. m., cruche pour
aller puiser de l'eau. Vend. (C et P. D.)
Cane (I. canis), v. a., mordre. V.,
Civ.
Canet, s. m., diminutif de canard,
caneton : « Boire comme un canet, »
c'est boire beaucoup. Dans tout le Poi-
tou. — Patois du Berry : « cani, ca-
nou. »
Caniaon, s. m., âne. Vend. (C.
et P. D.)
Canole, s. f., fouace. Vend., environs
de Fontenay. — Ardennes : « canole, »
gorge.
Canton, s. m., carrefour; le lieu où
se rassemblent plusieurs personnes :
a D'our vin-tu ? — Dau canton, — Au
72
CAP
figuré , il est synonyme à caquet, ca-
quetage.V. — D.-S.
« Alix auberges, aux coulons, aux portes des églises »
^Gust., p. 68.)
Dans nos campagnes, le cantoti est
le lieu où se réunissent les femmes
du village, pour coudre, pour filer, etc.
C'est là, comme jui four et à la fon-
taine, que se débitent les nouvelles,
les médisances et les calomnies. Plus
d'une querelle y prend sa source ; plus
d'une personne y est viclimée par les
mauvaises langues, qui n'y sont ja-
mais rares. — Basse latinité : Cante-
r/?/7?i,' unum canterium terra) quod vo-
bis Marota dédit. î (Duc.) — Roman:
« Canton.» — « Canton. » pour portion,
morceau de terre, est souvent employé
dans les anciens manuscrits. — Ancien
français : « quanton. » — Noms de
lieux : Canton (Le). » [Le Vigean, V.J
Caput(1. Caput), s. m., tète. V.^ c.
Jsl.-Jourd., Adriers.
Capai (r. cape), v. n., littéralement,
mettre sous cape , cacher, se baisser :
« capt' iqui ; » cache-toi ici. — (se), v.
pr., se cacher. V. — D -S.
Caphnan, s. m., mauvais chausson.
Vend. (C. et P. D.) V. Cafî'gnon.
Capitou (r. cap), adj. m., têtu, fan-
tasque, capricieux. Vend. (C. et P. D.)
Capot (r. cap], s. m., sorte de man-
teau, à l'usage des femmes, ayant un
capuchon : le capuchon du manteau.
Dans tout le Poitou. — Coiffe, environs
de Fontenay. — Capitium, de caput^
espèce d'habillement dont les femmes se
couvraient l'estomac. (V^arr.) — Dans
l'Ecriture sainte , ouverture du haut
d'une robe par laquelle on passe la (été
pour la vêtir : in cujus med'io supra
erit capitium. (Exod. 28, 32.)— Patois
du Berry : « capiche,capichon, capot »
capuchon en étoffe de laine blanche que
les femmes mettent sur leur bonnet,
et qui couvre les épaules.
Capoti n , s. m , on y joint ordinaire-
ment le qualificatif petit ; c petit capo-
tin, » qui gagne sa vie tout doucement,
soit comme ouvrier, brocanteur de bes-
tiaux , soit comme blatier, etc. V. —
D.-S. — Petit vigneron qui vend le vin
de son crû. (A. R.)
Capuciiî ou Capucine, s. m. ou f..
CAR
vase en fer blanc dont le couvercle a la
forme d'un capuchon, et qui sert à ver-
ser l'huile dans une lampe. Vienne.
Caque, adj., se dit des noix : - noix
caque, » c'est la noix ouverte et qui va
lais^^er le brou : « Les noix de mes'hui
?ont caques, faut les abattre. » V., arr
Chat.
Caquet-boulite, Caquet-toutou
loc. que l'on emploie lorsqu'on se cache
et se découvre successivement pourarau
ser les enfants. V.
Caquelotte (g. y.oy.Xcç) , s. f. , co
quille. V., suivant les lieux.
Caquebot (ca^'ro^j, s. m., fragment
de poterie. — ■ Vend. — (C. et P. D.)
V. Cacrea.
Caquette et Caquine, s. f. , dent ,
terme enfantin. — D.-S. , c. de Bressuire.
— Vend. — (C. et P. D.) — V., c. de
Monte.
Caqueugne, s. f., bosse au front. —
Vend. (G. et P. D.)— V. Cabeugne.
Carabiîsé, ée , adj., taquin, qui
aime les plaisirs bruyants. V. , arr. de
Poitiers.
Caras, sse, s. et adj., sorte de nom
que les habitants de la Gâline donnent
à ceux de la plaine : « s'habiller en
caras , la femme de mon frère est ca-
rasse. » — (A. R.)
Carbasse, s. f., abondance.— Vend.
— (C. et P. D.)— Latin : carbas , vent
du nord-est.
Carcagnasse, s. f., tête , et parti-
culièrement mauvaise tête. V.
Carcassai, v. n., onomatopée, crier
comme les oies. V., arr. de Poitiers. —
V. Cacassi.
Carcasson , UNE (r. carcassai) ,
adj., celui ou celle qui ne sait ce qu'il
dit, qui carcasse comme les oies. V.,
arr. do Poit. De là ce dicton poitevin :
« François père aux oies,
» Carcasson père aux piroas. »
Carcelle, s. f., insecte brun foncé,
ayant plusieurs pattes , qui s'attache à
la peau du bœuf et en suce le sang. Il
tourmente le bœuf, parfois, jusqu'à
le rendre furieux. V., arr. de Chat.
Cardou (l. carduus), s. m._,cardeur.
V. — D.-S.
« La compagnée était de cinquante cardouxt *
(Bab„ p. 10.)
CAR
Latin : carduus, chardon , de carrere
pour carpere, dans le sens exprimé par
Varron , carpere lanam , carder de la
laine. — Basse latinité : cardo , car-
duiis, seu cardui strobilus, quo lanae
carminantur, (Duc.)
Cahgnaon et CàRiGNON , s. m., en-
tamuredu pain, gros morceau. — Vend.
— (C. et P. D.)— V., arr. de Chat.
Carias et Cariau , s. m., le carex,
plante. V., arr. de Poit. (Maud.)
Caribandale, s. f., toutes sortes de
viandes en général. — (B.-F.) — V. Bom-
bille.
Carminat (1. Carmen) , v. a., en-
chanter, ensorceler, charmer : « i cré
qu'i ai été carminai. » — D.-S., arr. de
Parthenay. — (A. R.) — Dans le langage
des livres saints, canere carmtii , c'est
prophétiser. — Basse latinité : carmi-
7iare , incanlare , carminibus magicis
irretire : « ipso oculo clauso qui car-
minatus erit... glaudulas mane carmi-
nabis. » (Marcellus empiricus, C. 8 et
15. Cit. Duc.)
Carminement,s. m., enchantement,
ensorcellement par des paroles magi-
ques. — D.-S., arr. de Parlh. — Aube :
« carme, » chant magique.
Carnaquin.s. m., camisole à l'usage
des femmes, la partie supérieure de leur
vêtement. — ;B.-P\'> — Y . Casaquin.
Carne , s. f., chair, viande. Dans
tout le Poitou. — Adjectivement, il est
pris en mauvaise part quand on l'a-
dresse à une femme. — Gaélique .
« Carn. »
Carnon , s. m. , diminutif de carne ,
surnom donné a l'âne , indiquant le
mépris : « mauvais carnon , mauvaise
carne! » — V., arr. de Chat.
Carolon , s. m. , coiffure d'enfant ,
et même mauvais chapeau : « i a tu
ben donné in cot de carolon? » c'est-à-
dire as-tu bien salué telle ou telle per-
sonne? V., arr. de Civ. — Coiffure de
femme. Si nous en croyons M. Rondier,
dit M. Beauchet-Filleau , ce mot rap-
pellerait le chaperon carlovingien. [Mel-
lois , 1er ggpt iSSi.)
Carot, s. m., plat en grosse terre,
mauvais et ébreché ; une soupière , un
vase. — Vend. :
CAR
7'>
M Que gremplissant de loupe
» Tretous lau caroL »
ÎXIII.
(Gust.)
— Débris de vaisselle. ~ (B.-F.)
» Otou les Escuevlis , qui fasiont la roue
« Et se pavoniant quemc o faut les perrot
« Quond gl'avdnt lo» sau de gren dous lou carrot.
(Moirie de Sen-Moixont, p. 8.)
Garrot, en cet endroit , dit M. Pressac,
est le vase dans lequel on donne leur
mangeaille aux perrots (perroquets.) —
Bordeaux : « carrot , » pot en grès ou
en terre , à une anse, qui sert à mettre
la graisse. « Carotte, » vase plus grand
et à deux anses , dans lequel on con-
serve la viande de cochon , ou d'oie
confite. (Cit. Press.) — Saintonge :
« carot , » écuelle de terre.
Carot , s. m., dessus de la tète. —
(B.-F.) ~ Saintonge. — Ancien fran-
çais : « care , » tête :
« Mon frère Lazare
« Porte haulle care. »
vMystère de la Passion , Génin.;
Cabpelot [carp'lot) [b. 1. carpa] ,
diminutif de carpe ^ petite carpe :
« 1 vissautay in carpelot.
(N. p., p. 142.)
— Français : « carpillon , » très-petite
carpe.
Carquelin, s. m., corrélatif du
français : « craquelin, » espèce de pâ-
tisserie que font les fouaciers. Elle a la
fa forme d'un ambîet. — D.-S. — La
ÎVIolhe-Saint-Héraye. — (B.-F.) — Pâ-
tisserie feuilletée. Elle se fait à Théne-
zay. — Pâtisserie molle en forme d'am-
blet, composée de sucre et de farine. —
V-, arr. de Civ. — A forme fourchue.—
D.-S., c. de Bress. et d'Airvault. —
Français : « craquelin, » pâtisserie qui
craque sous les dents.
Carquelotte, s. m. , coquille. V. ,
arr. de Civ, — V. Caquelotte.
Carquillon, s. m., quartier d'une
pomme , d'une poire. — (B.-F.) — V.,
arr. de Civ.; se dit aussi , dans ce der-
nier arrondissement , des oreilles.
Caree , s. f. , querelle, dispute:
« n'é poué l'tout , après quienqui , i'a
ogu in'carre qui a duré pou mal de
temps ; » ce n'est pas le tout , après
cela , il y a eu une carre qui a duré
assez longtemps. — S. m., c'est le nom
sous lequel , à Saint-Romans-lès-Melle^
8-
74
(.AR
ou désigne le champ de foire aux che-
vaux.— (B.-F.)— Haute-Marne : (( carre,»
jeu d'enfants (les 4 coins )
Carreau, s. m., dureté qui se trouve
au bas du fanon des vaches. C'est la
marque certaine des bonnes beurrières.
Un bien pelit nombre de vaches possède
ce carreau. V. — D.-S.
Carbia , s. m., carrefour, place :
« l'aTaii In grand liouiue de piarre
» Drait au mitand'in gr.nnd carria. »
(Chans. poit.)
— Basse latinité : « carreria, via, sed
illa proprie per quam carrus transire
potesl.» (Duc.)— Gascon : « carrero , »
rue.
Carribot, s. m., très-petite pièce de
terre entourée de murs, de haies, ou
de fossés. — (B.-F.)
Carroi et Carroir , s. m. , carre-
four, y.— D.-S.— V. Carria.- Manusc.
du Poitou. —Marne : « carroy , » quar-
tier, place. — Patois du Berry : « car-
rage, carroir, carrou, carrouge,' carroy, »
croisement de quatre chemins, carrefour.
Ancien français : « carroy : »
■ Par mainl carroy, par maint canton et place. »
(Marot.)
— Noms de lieu.x : neuf portent celui
de : « Carroir , » et deux celui de :
«> Carroy. » (V.)
Carte (1. quarta) , s. m., saison,
laps de temps : « ah i n'ou cré poué
restai iqui quielle carte, > ah ! je ne le
crois pas rester ici cette carie. — D.-S..
Va^le3. — Moisson , environs de
Mfcile. — (B.-F.)
Carte . s. f. , mesure de liquide :
« payé pour vingt deux cartes et demye
de vin claret et blanc qui a esté donné
à madame de la Trimoille , elle estant
en cesle ville xlit,s. • (An H92.
IManusc. du Poitou.) — La quarte
(quarla) était aussi une pièce de terre
d'une certaine mesure. — Noms de
lieux : onze sont ainsi désignés: « Carte
(l.a). » Vienne.
Cartillai , v. a., mettre à quar-
tiers. — D -S. — Patois du Berry :
« cartille , » parcelle.
Cahtillon, s. m., quartier. V., arr.
de Civ. — D.-.S. — V, Carquillon.
CAS
Cartouère , s. f., couverture d'un
vase : « la cartouère d'au pot , d'au
pélon » (poêlon).— D.-S., arr. de Bres-
suire.
Carviraé, ÉE , adj, fou. — Vend.
— (C. et P. D.)— D.-S. :
« a moins qu'égcant le cervea carviré. »
(Bab. Ei'lt.)
Cas ,conj., quoi ; « cas que, » quoi-
que : « de cas, » de quoi. — « avoir
de cas , » c'est avoir le suffisant , le
nécessaire :
« Chantons le mariage
» Dan cousin Micluis
* Qui veut faire grand'chère.
» faut porter de cas. »
(Gust.)
— Patois du Berry : « cas (du) » , du
bien , de la denrée , de la marchandise.
Cascaint , e (l. cascua) , adj. verb. ,
celui ou celle dont le cerveau est dé-
rangé. — D.-S.
Cascaret , TTE , adj., synonyme du
précéd. V. , c. de iMontc. — D.-S., c.
de Bressuire. — (A. R.)
Casse , s. f., lèche-frite. Dans tout le
Poitou : « une casse de terre , trois
petits pots de terre , etc. » (An. 1765.
Vasies. (Manusc. du Poitou.) — Rabe-
lais. — Aube, Marne : « casse, » poêlon
de cuivre, casserolle, cuiller. — Pro-
vençal , patois du Berry : chaudière
en fonte ou en potin pour laver la vais-
selle.
Casse , s. f., boue. — D.-S. , arr.
de Bress. — Vend. (C et P. D ) —
Petite flaque , mare d'eau croupissante.
V., arr. de Chat. On ditaussi : « gasse.»
Casse, s. f. , motte de terre. Au
figuré, Ton dit, dans certaines loca-
lités , d'un objet quelconque : « il pèse
coum'ine casse, » pour indiquer que
l'objet est lourd , d'un bon poids. V.,
arr. de Poit., c. de l'Isle-Jourdain ,
Adriers. — Noms de lieux' «Casse (La)»,
à Béruges, à Bournand , a RoifTé, (V.)
Cassemuseau, s. m., pâtisserie très-
tendreeten granderenomméeh Poitiers.
Ainsi nommé parce qu'on le jetait a la
tête des pauvres gens. (Anciens comptes
des confréries. Monteil, //is^ire des Fr. ,
t. II , p. 437.) — « En cassemuseaux et
CAZ
jonchée il, s. » (An 1547. Manusc. du
Poitou.)
Cassebelle, s. f. , c'est la crécerelle.
— D.-S. — (B.-F.)
Casserette, s. f., petite boîte qui
fait partie d'un coffre dans lequel les
campagnards serrent leurs effets , et
dont le couvercle sert à maintenir le
coffre ouvert. C'est dans cette boîte que
l'on met l'argent, les bijoux. — D.-S.,
arr. de Bress.
Casserot (ca.ss'roO , s. m., débris
de poterie. V. — D.-S.
Cassivre , s. f., marmelade de pru-
nes. — Vend. — Les Essards. (C. et
P. D.)
Cassoil , s. m., trou plein de boue
et d'eau. — D.-S., c. de Chàtilion.
Cassot , s. m., syncope du précéd.
(A. R.) — Amoindri , retranché. On
appelle ainsi les personnes du Midi , où
les noms •< cassot , cassour, > et leurs
équivalents: « chapon, chapot, capot, »
furent donnés au moyen âge, et à cause
de la circoncision, à des familles répu-
tées juives, mais véritablement descen-
dues des "Wisigolhs. {Hist. des races
maudites de la France, par Francisque
Michel. Cit. A. R.)
Cassotte (a bref) [1. cassus], s. f ,
instrument en bois ou en fer-blanc, qui
sert à laver les mains. V., c. Civ., Sa-
vigné. — Lieu plein de boue ou d'une
certaine quantité d'eau. V., arr. Chat.
Cassou, se [a bref) [r. casse], adj.,
terrain, ou terre qui a beaucoup de
mottes; « quiou chomp é trop cassou,
gn'é pas en bonne termine, » ce champ
est trop cassou, il n'est pas bien pré-
paré. V., arr. Poit.
Castille, s. f., groseille. Vend.,
environs de Font.
Catouil et Catouillage (a bref),
s. m._, mélange de terre, de chaux et do
petites pierres que l'on retire d'un mur
écroulé ou démoli. (A. R.) — V., arr.
de Poit. et de Loudun.
Catrechimour (r. catéchisme), s.
m., enfant qui apprend le catéchisme.
V., arr. Civ. — Patois du Berry : < ca-
théchimier, » enfant qui va au caté-
chisme.
Cazeillai, V, n., se faufiler, se ca-
cher dans les haies, D.-S., arr. Bress.
cm
75
Cazotte, s. f., trou, creux. D.-S.,
c. Bress.
« Pre nourri Pierrot
> Dans la cazotte d'in chagne, ^
* (Chans. poit.)
Cazureau, s. m., petit monceau de
terre. Vend. Font. (G. et P. D.) V. Ca-
hureau.
Ce aux (1. cœlum), s. m. pi. cieux.
« De toute éternité
» .\ux ceaux fut arrêté. •
(Gust.
CÈBE (1. sœpa), s. m., oignon de
Tannée précédente, replanté au prin-
temps afin d'en avoir de primeur.
« Depen qu'i \j Jeanaeton
» En frlcassanl de ta sèbe. »
(Rob.dlv., p. 94.)
Provençal : « sibo ou cebo. »
Celée (a la), loc, se mettre à l'abri de
la pluie, du vent, de la tempête : « i
m'seu mi à la c'Iée sou n'in boissan.» V.,
arr. de Poit. et de Civ.— Patois du Ber-
ry : « acelé, » à l'abri de la pluie.
CÉLAE, s. m., terre de bonne qualité
et recherchée dans les parties du Mellois
où il n'existe pas de sable pour la ma-
çonnerie. Les maréchaux l'emploient
aussi pour leurs soudures. D.-S., arr.
de Melle.
Ceingae, v. n., pousser la morve
pour la répandre dans le mouchenâe
tenu par une autre personne. Se dit
seulement des enfants. — Faire rentrer
la morve au lieu de la laisser sortir.
D.-S., arr. de Melle et de Niort.
Cenderlle (// mouillés) , Cex-
DEBLLIRE, CENDREILLE, CeNDRTLLB
et Cendille, s. f., la mésange. V. —
D.-S., suivant les lieux.
Cendbellette ou Cendille (faire),
loc , se pendre par les bras et les jam-
bes, le ventre en haut et le dos tourné
vers la terre : position qu'affectionnent
les cendrilles en cherchant des insectes
autour des branches des arbres. (Mel.
B.-F.) — V., arr. Civ.
Cendrènb et Cendbou, se (I. ci-
nis), adj., ce qui est ou couvert ou cou-
leur de cendres. D.-S., suivant les lieux.
— (B.-F.) — V., arr. de Civray et de
Loudun.
76
GEU
Cenelle (cn'elle). s. f., fruit de
l'uubépine : *i les maries s'rant pa èses
quieite année, o i a pou d'c'nelles ; »
les merles ne seront pas à l'aise celle
année, il u'v a pi^nt de cenelles. « An-
née de c'nelles, année d'hiver; )> dicton
poitevin. Dans tout le Poitou. — Marne
et patois du Berry : « cenelle et cinelle.o
— Ancien français : «< Cenelle. »
• Ne sai se seront cenelles
» Et seront vorral'llles el belles. »
(Ruicbcuf.)
D'après Roisle, ce serait le fruit du houx.
L'on appelle, du reste, a cenelle, » dans
nos campagnes, presque toutes les pe-
tites baies des arbrisseaux. (B.-F.) —
Noms de lieux : i Ceiiillère (la), » Saint-
Remi-s. -Creuse. (V.)
Ceo, s. m., ciel. Vend. (C. et P. D.) :
« Do ceo pre de lé la lune. »
(N. p., p. 15.)
—Provençal et limousin : « céu, céou. »
CÈPE, s*, f, ruche. V., c. de l'Isl.-
Jourd. /■. Borna.
Cebase (1. cerasum)^ s. f., cerise.
D.-S.,c. Celles: «Guindolaet cerasa.»
(Fragment inédit d'une chronique de
Maillezais. Bibliothèque de l'Ecole des
Charles, t. ii, p. 164.)
Cebclet (cl mouillés) (i. circulus),
s. m., bœuf dont les cornes se dirigent
en avant en forme de cercle. V., arr.
de Poitiers.
Cernoue, Cernl'gf,Cer\ube, s. f.,
Vaqrostis stolonifera, plante. (.Maud.)
V., suivant les localités.
Cetci. Celtci, p. démons., celui-ci,
ceux-ci. V., arr. Chat.
CÈTRE '1. cesfn(m\ s. m., coin de
fer. Vend. (C. et P. D.)
Cevree, s. f., plein une civière. V.,
arr. Civ.
Ceur (queur) [1. corium], s. m.,
cuir: « quiés soûlés sant' bans, gle sant
en ceur d'ch'vau ; • ces souliers sont
bons; ils sont en cuir de cheval. V. —
D-S.
Cecsse (queusEe) (I. cor^uere], s. f.,
la quantité de pain que I on fait à cha-
que fournée : « toute la ceusse qu'i ant
fé à matin é agiate; > toute la fournée
de pain que nous avons faite ce matin
est grasK:uil. V.— D.-S.— Cuise {coccia
CHA
fruvienti), cuise de froment valant 4
septiers, mesure de Montiorncuf. (An.
l'i;>3. Manusc, du Poitou. — Cuisse :
« doux sex tiers de froment pour la cuisse
(lu samedi joux saint xist. » (An. (378.
Manusc. thi Poitou )
Ceusse (I. coxo.], s. f., cuisse : « la
ceusse m'fé <;rond mau ; » la cuisse me
fait grand mal. V. — D.-S.
Cha, Ioc. qui n'a de sens que par
suite de sa réunion il d'aulres mots :
« Chà deux, châ trois, » par deux, par
trois; « chà-z-in,chàin, » un à un , « châ
p'iit, châ poué, » pas à pas; « qui va
châ p'iit va lin. » C'est le proverbe ita-
lien : « qui va piano va sano, et qui va
sano va lontano. » — Dans tout le
Poitou.
Ch.4, adv., chez. V., c. l'Isle-Jour.,
Luchapt.— Patois limousin. — Gascon :
« chel . »
Chab.\ron (c7m bref), s. m., instru-
ment en bois que Ton met au bout de
la perche de l'araire, afin que les bœufs
tiennent leur tète plus ferme en labou-
rant. V.,arr. Chat.
Chabaton, s. m., brin de chanvre
très-gros. On en fait des allumettes. V.,
arr. de Poit. F. Caba.
Chabichou, s. m., petit fromage ap-
pelé aussi fromage de Montbernage, du
nom de Tun des faubourgs de Poitiers,
où il se fabrique. 11 est encore connu
sous le nom de « fromage cafioné. » « Le
chivichou, ce fromage piquant si cher à
Henri de Béarn. » (T. xxxvi^, p. 124,
Musée des fam.) V. — D.-S. — Vend.
Chabin, s. m., scieur de long. V. —
Chabanne, s. f. , un UjI de bois ou de
gros copeaux : « une chabanne de bois
composée de 100 bûches au prix de
9 livres. » (An. 1701. Manusc du Poi-
tou.) —Aube : • chabin, » enfantchétif.
Chabirotae, v. n., avoir froid, et
principalement aux extrémités : « les
pôs m'chabirolant, faut qu'i m'chauffe.»
D.-S., c. Celles.
Chaboisséa, s. m., chabot, poisson.
V., arr. Poit. — Chabosseau : « item
le mercredi des roiizons ung chabos-
seau. » (An. 1484. Manusc. du Poitou.)
Chabu et Chabut, s. m., instrument
en fer et à ressort qui tient le seau
quand on le coule dans le puits. V., arr.
Poit. et Chat.
CHA
Chabuches et Chabusses, s. f. pi.,
feuilles de chou, de navet, de carottes ;
— par exlensiou « copeaux. > V., arr.
Poit. et CÀv.
CHACHnuiN, is'NE, adj., lambin, ce-
lui ou cellequi n'avance a rien. V.,arr.
Chat., Maire. — Patois du Berry : a cha-
chouin, » sournois.
Chachouiné, V. n., lambiner. V.^
arr. Chàl., iMairé.
Chachutai, y. a., parler à l'oreille
de quelqu'un avec un air mystérieux.
Chaclai [cl mouillés), v. n., faire
corps, se serrer : « les cailloux cassés
menus chûcleront mieux que grous. •
(A.R.)
Chacot, s. m., ennui, souci, trouble.
Vend. (C. et P. D.)
M Qui dans bcacot de cervelles
» Causant dau chacot »
(Gust., p. 9.)
Chacotement, s. m., le bruit que
l'on fait en chacotant. (A. R.)
Chacotai, V. a. et n., frapper, heur-
ter : « chacotai la porte ou à la porte
avec son bâton. » (A. R.) — D.-S,, arr.
deBress. et de Parth.
Chacoura, Chacoureux et Cha-
couBOis, S. m., coronille variée, plante.
\. — (Maud.)
Chadrier , s. m., chardonneret,
oiseau. V., arr. Poit. (Maud.) — Rabe-
lais : « délicieuse à tous oiseaulx cano-
res, comme linotes, chardriers. (I. 3,
c. 49.)
Chaffaud, s. m., échafaud, écha-
faudage, dans tout le Poitou :
« Lez gronds foussez et les chaffaui
• Qu'a viant fat qu'allez lourdauz. »
(Rob. Dit., p 74.)
— Saintonge. — Ancien fiançais.
Chaffourai, v. a.,. écrire. D.-S.,
c. Bress. — Vend.
« Avant-ail cliaffouré deux tras mots d'écrl-
[vage. »
(Gust., p. 88.)
Chaffrats (très-bref), s. m., grand
bruit, grand tumulte : « quié chaffrais
fasez-v' don,enfonls? i> (A. R.) [3.-F.].
— Patois limousin : « chaffré, » cri.
Chaffraudai (r. chaffre), v. a.,
enlever le chaffre des noix qui n'est pas
CHA
77
tombé do lui-même. V., arr. Poil, et
Civ.
Chaffraude (r. chaffre), s. f.. pris
adjecliv., noix dont le « chaffre »
tombe, ou va tomber : « va tu pas
abatt' tes nûs? — a n' sant pas chaf-
fraudes. • V., arr. de Poit. et de Civ.
Chafre, s. m., c'est le synonyme
de notre mot français sobriquet. IB.-F.).
— Patois du Berry : « chaffré, » quel-
qu'un dont le corps ou les vêlements
sont délabrés.
Chaffre, s. m., le brou de la noix,
surtout quand il en est séparé. V., arr.
Poit. et Civ. — D.-S. — Noms de
lieux : « Chaffre 'la}» » Lhommaizé (V.).
Chagnasse (r. châgne], s. f., mau-
vais chêne. V., arr. Civ.
Chagne, s. m., chêne. V. — D.-S.
— Vend, — Breton : « cheingeii et
chergen, » chêne. — Patois du Berry :
« châgne, » chêne pédoncule.
Chaginée, s. f., lieu où il y a beau-
coup de chênes réunis, plantés avec
symétrie, ou confusément 1 « allons
sous la chagnée. » V., arr. Civ. —
D.-S. , c. Bress. et c. Maz. (A. R.), où ce
mot se prononce « chagnaie. » — Noms
de lieux : « Chagnaie (la), » Payré,
V. ; « Cha^nay (la), » La Puye, V. ;
« Chagnerie (la), i» St-Gervais , V. ;
« Chagnée (la) , » Chef-Boutonne ,
D.-S.
Chagnerasse, s. f., mauvais chêne,
V., arr. de Poil. (Maud.) F. Chagnasse.
— Rejets de chêne (B.-F.). — Noms de
lieux : « Chagnards (les), > Sl-Sauveur,
V. ; I Chagnerotles (les) , » Targé,
¥ •
Chagnon, s. m., le derrière de la
tête : « le chagnon do cou. » V. —
D.-S. — Vend. — Il est aussi syno-
nyme de * cagnon, « V. ce mot. V. —
D.-S. — Vend:
« Karlcs li baise la bouche et le menton
» De sa main dextre le flert el chaaignon. »
(Roifl. de Guillaume au Court Nez, cit. B -F.)
« Chagnon ou chaignon, » se trouve
aussi d'ans Villon (B.-F.). — Patois du
Berry : « chagnon, chignon, » nuque.
Chagouet, s. m., nuque. D.-S,,
arr. de Bress. — Vend. — (C. et P. D.).
V. Cagouet.
78
CHA
Chahu, e, adj., grossier, avare.
D.-S.
CuAi, S. m,, cellier. Vend. (G. et P.
D.). — Chaix : « château consistant
en greniers, chais, cave et basse-
cour. «" — Chay à faire le vin. (1740,
1737. IVIanusc. du Poitou.)
Chail, s. m., gravier, caillou : « i
ai daux chails dans mes bots ; o faut
amassai les chails dons leschomps; »
il faut ramasser les a chails » dans les
champs. V., arr. Poil, et Civ. — D.S.
« I ai bea roâcbi pre quo coule
» Quicuqui rac soinble tn vrai chail. »
(Rob. div., p. 89. Cit. B.-F.)
« Chails amassés pour bâtir. » (An.
1470, V^asles. iManusc. du Poitou.) —
• Chail-aigre, « le silex. — « Chaii-de-
raoulin, » la pierre meulière. — l.atin :
callis, sentier, chemin frayé, battu. —
Noms de lieux : « Chaillé, » (Buxeuil,
V.]; a Chaillerie(la), > Ligugé, V.
Chaildri, s. m., chardonneret. V.,
arrondissement de Poit. et de Loudun,
y. Chadrier.
Chalai, V. n., tracer, étendre hori-
zontalement ses racines. D.-S. — lA.
R.)
Chaillochou, se, adj., se dit des
fruits qui ont comme des a chails » à
l'intérieur. D -S , c. de Celles.
Chaïlloc, s. m., caillou, gravier.
Vend. (C. et P. D.) — V. Chail.
Chaillot , s. m., diminutif de
«chail, )• gravier. V., arr. Civ. —
« Là furenl-ell dedens la ville défendant
» Pierres et chaillos vont sur notre gent
[gesfanl. »
Cbroa. de du GuescUn, v. sus. iCit. B.-F.)
— Noms de lieux : a Chaillochère (la), •
Blanzais, V.
Chaillouqueux, se, adj., champ,
terre couverte de petits cailloux. V., c.
de Neuville.
Chailtrai, s. m., préliminaire d'un
arrangement, d'un accord secret au
préjudice d'un tiers : « gl' avant fét
d' quieu in chailtrai, et i nous sans
trouvé gobés ; » ils ont fait de cela un
arrangement secret, et nous nous som-
mes trouvés attrapés. D.-S., Ste-Blan-
diiie, c. de Celles et environs de Pra-
hec.
Chai.ntbai (r. chaiutre)yS . a., faire
CHA
paîtrele bétail sur la lisière d'un champ.
V. — D.-S. V. Achaitrai.
Chaintbage (r. c/iaintre), s. m.,
ce qui se récolte sur une « chaintre. »
V. — D.-S.
Chaintre, s. m., contour non la-
bouré d'un champ, et qui sert à faire
pacager les bestiaux. — Sillons tracés
sur les limites d'un chaijip dans le sens
contraire du labourage général de la
pièce de terre. (B.-F.\ — V. — Au fi-
guré, « ne pas faire chaintre » de quel-
que chose^ et principalement des mets,
c'est tout manger, ne rien laisser. V.,
arr. Poit. « Chinlre et chaintre. »
(1481, 1629, 1409, 1611. Manusc. du
Poitou.) — Noms de lieux : « Chain-
tres (les), m [St-Gervais, V.]; et «la
Chintre, (Sanxay, V.). — Patois du
Berry : e cheinle. » terre en jachère
renfermée par un trait de charrue.
(C. .T.)
Chairage et Chairange (1. caro),
s. f., la carnation; constitution d'une
personne. L'on est d'un bon ou d'un
mauvais « chairange, » suivant qu'on
se porte bien ou mal. V., arr. Poit. et
Civ., c. Monte. — « Chérage, t> chera-
gium, cens capital ; census quem homi-
nes de corpore sive de capite quotannis
debebant domino prestare. (Duc.)
Chaire, s. f., c'est le mot français
chaise : « doun' m' don in' chaire. »>
V. — D.-S.
(i 1 me my dons inc grond cbalre. »
(Rob. Dlv., p. 23.)
Chatsse, s. f., le blé que ramasse
lewchaisseron. j) V., c. Monte, LaGri-
maudière.
Chaisseron (r. chaisse) , s. m.,
valet de meunier qui va dans les cam-
pagnes chercher le blé, et retourner la
farine. V., c^Montc, î.a Grimaud. —
« Chesseronde, s. f., droit seigneurial :
« ventes et honneurs, moulins, droiz
de chesseronde, etc. » (Manusc. du Poi-
tou )
Chaiteai, V. a., faire paître le bé-
tail sur la lisière d'un champ. Vend., c.
de Chalans. V. Chaintrai.
Chaitrb, s. f., contour non labouré
d'un champ, et qui sert h faire pacager
les bestiaux. Vend., c. de Chalans. A-'.
Chaintre.
CHA
Chalafe, s. f., brou des noix. V.,
c. Montm., Moulismes.
Chalafre, s. f., petite parcelle de
tuyau de lin ou de chanvre. V., arr. de
Chat. — Brou des noik, arr. Civ.
Chalangeai, V. n., tarder ; « que
sert de chalangeai tant. » (A. R.)
Chalk, s. m., le brou de la noix.
V.,c Isl.-Jourd. V. Chaffre.
Chalé, V. n , les mains, les doigts,
le nez v( chalent > quand on y éprouve
un grand froid. — Par extension, cé-
der, ne pas résister. V. — D.-S. —
(A. R.)
Chalé (r. chale)^ v. a,, enlever le
brou des noix, V. arr. Chût. — Rabe-
laii : « cependant les métayers qui là
auprès challoientles noix «(L. t.,c. 25).
— Patois du Berry, Ardennes : « Chal-
1er, » ôter la coquille d'une noix.
Ch4Lé (se), V. pr.,se rebuter; ne se
dit guère que dans ce sens : « i ai bia
li fair' dos sottises, gle r'vint tout d'
même, gne se challe poué ; » j'ai beau
lui faire des sottises^ il revient tout de
même, il ne se rebute pas. Vend., Font.
(Cet P. D.)
Chalé, v. n., tracer, étendre des ra-
cines en parlant des arbres. V., arr.
dePoit. V. Chailai.
Chaleuil, s. m., petite lampe en
cuivre, assez semblable, pour la lorme,
aux lampes romaines. V. — D.-S., sui-
vant les lieux. — Ardennes : « chaleil. »
— Provençal : « caléu ; do la niue lou
caléu, » la lampe de la nuit. — Sain-
tonge : « chaleuil et chaneuil. »
Chaliaud, s. m., coquille de noix.
V., c. Neuville.
Chalibaude et Chalubaude, s. f.,
flamme vive et passagère. V. — D.-S.
Vend. V. Baudelle.— Patois du Berry :
<( chalibaude, » feu de chenevottes.
Chaltn, s. m., le brou delà noix.
V., arr. de Civ., de Chat, et de Lou-
dun. F. Ghatîre.
Chalin [a bref)[l. calor], s. f., le
tonnerre, l'orage, l'éclair. Dans tout le
Poitou. L'on fait assez souvent ce jeu
de mots : « i aime meux in chalin (chat
loin), qu'in cha proche (chat voisin)
gle mordra pou silou dons mon frou-
mage. » V.,arr. Civ.
Chaline, 5. f., F. le précédent. L'on
appelle encore « chaline » les nuages
(^HA
79
noirs qui annoncent l'approche de Tora-
ge : « v'Ià ine chaline qui s' lève. » V.
— Vend. (B.-l\).
Chalinou, se, adj., temps orageux ;
nuée qui menace de donner de l'orage.
V. —D.-S. —Vend.
Chalinu, sr, adj., V. le précédent.
V., c. Monte, Mazeuil.
Châlit, s. m., lit V. — D.-S. —
a DiHix linceulx et le chaslit à que-
nouille. » (An. 1519. Manusc. du Poi-
tou )
Challemie, s. f., chalumeau, flûte
champêtre :
« 01 y arait do challemie. »
i.Gcnt. Poët.)
— Latin : calamns^ roseau, ou canne
dont les anciens faisaient des flûtes, des
flageolets; flûte, flageolet, chalumeau.
— Basselalinilé : calamella, vel cala-
mellus, fistulatorius calamus quo in
bellis etiamnumi utuntur Helvetii. A
calamis efhcta vox calainellus, fistula,
uQslrïs chalianeau, hodïaïc haleine /le,
olim. (Duc). — Patois limousin :
« charméou. » — Chroniques de du
Guescl. :
« Trompes et challemelles et cors sarrazlnois. »
(Cit. Duc.)
Clem.-Marot :
« A lous venans péndy la chailemye. »
Chalougear, v. n., retarder, diffé-
rer, négliger : « v' z'avé bé chalougé
per m' poyae; » vous avez bien retardé
pour me payer. D.-S , c. Celles.
Chalotte, s. f., coquille. V., c. de
Montm. V. Chaliaud.
Chalour (1. calor)^ s. f., chaleur.
V., arr. Civ. —D.-S.
« I vé qu'avec chaloDX chaquin de vous s'era-
[presse. »
(Cab., p. 56.)
Chalumea et Chalumia, s. m.,
flûte champêtre. V. — D.-S.— F. Chal-
lemie.
Chalupe et Chelupe, s. f., enve-
loppe du mil avant d'être pilé. Vend.
(G. ef P. D.). — Cosses des pois, des
fèves, des haricots, etc. (B.-F.).
Chalupe, s. f., bateau plat. V. —
D.-S.
80
CHA
Chalupé (r. chalupe)^ v. a., trier
les noix. V.. c. deNeuv., Chéncché.
Chambalou, s. m., morceau do
bois, composé de trois pièces, qui s'ap-
puie sur ràj;e d'une charrue, el s'atta-
che entre la perche et l'alteloire. V., c.
Vouillé, c. Monte, MazeuiI,où l'on dit
« chambalan ; te t'rend bé d' bonheur
d' i'arrie leu? — O faut bé, i ai cassé
mon chambalan. — Patois limousin :
« chamboiou, » courj^e.
Chambarière, s. f., pieu qui sert à
supporter une charrette. V., arr. Civ.
Chambigk, s. f., morceau de bois
fourchu auquel sont attelés les bœufs
placés les plus près de la charme quand
on laboure avec deux paires de bœufs.
V., c. Isl.-Jour.
Chambord, s. m., bordure non la-
bourée dun champ. D.-S., c. de Mauzé.
V. Chaitre,
Chambre (I. cannabis), s. f., chan-
vre. V. — D.-S., dans quelques con-
trées.
Chambrère, s. f., châtaigne avor-
tée. V., arr. Poit. (IMaud.)
Chambrère, s. f., instrument que
l'on attache à la crémaillère el qui sert
à supporter la poêle quand elle est sui-
te feu. (B.-F.).
Chamellai, V. n., pleurer, crier à
tout moment , et comme à voix cou-
verte : c( gne n'cinss'pas de chameulai
du matin au soir. » V., arr. de Poit.
Champage , s, m., pacage. D.-S.
(Rond.).
Champeau, adj. des 2 genres, pré
qui n'est pas a regain. D.-S. (Rond.) —
Komsde lieux : « Champeau. » (Oercé,
Pouzioux, V.).
Champelon, (/ mouillé, champ'lon),
s. m., fer préparé pour un soc. V., arr.
de Civ.
• Champeyai, (r. champage), v. a.,
pacager. D.-S. (Rond.)— Basse latinité :
« ca/nparius, qui campos^ seu agros
servat, el ne vastenlur , aut furîis pa-
leant, invigilat.... chajnpaier est cum
licentia dalur pascendi pecora in cam
pis, seu arvis. (Duc).
Champis, se, s. eladj., enfant illégi-
time, bâtard : l'on dit d'un capricieux,
d'un entêté : « gl'é chompi coum' in
mulet , • dans tout le Poitou. — Patois
du Berry : « champis^ •> [e campis.
CHA
né dans les champs , enfant trouvé,
illégitime.
Champisserie . (r. c/ia}npis),s. f. ,
espièglerie, sottise, méchanceté. Dans
tout le Poitou.
a... Mais dis-me, va, Lucas,
« si gne t'Avant jù fait qiu I((ue champisserie.»
[Gust. , p. 60.]
Chandelé , (chand'lé), s. m., chêne
fourchu ; se dit aussi d'un cheval qui se
cabre. V., arr. de Poit.
Chandelle , s. f., tiplia, plante.
V., Poit. arr. (Maud.).
C'hangeotai , v. a., fréquentatif de
changer; changer souvent. (B.-F.).
— V.
Changeoteux, se, adj., celui ou
celle qui change souvent : « Jouzille n'a
poué d'tenue dons ses affaires, ol'é in
chongeoteux de première volée; » Jo-
seph n'a point de tenue dans ses affaires,
c'est un changeoteux de première vo-
lée. — V.
Chaîne, (1. canna)^ s. f., gros robi-
net. D.-S. — «channe » ou «chouaniie, »
trou d'une aiguille, d'une cuve. V., arr.
do Civ. — Besançon : « channe, » me-
sure de vin qui tient deux pintes. — An-
glais : « channel, )^ canal, (cit. B.-F.)
Chanteneau (chanl'neau) , s. m.,
cadeau que le parrain et la marraine
font à leur filleul pour la fête de Noël.
Cet usage provient de la Saintonge, oij
l'on distribuait autrefois , à cette même
époque, des gâteaux sur lesquels était
grossièrement tracée l'image de l'enfant
Jésus et de la sainte Vierge. (B.-F.).
Chaon, s m.,chat-huant : « i allans
avouer dau fret , le chaon bououne. »
D.-S., arr. île Bressuire et de Parlh. —
Basse latinité : cauanna , cauannus^
noctua , hibou , chat-huant. ,|Duc.) —
Gallo-Belges : « cahuan. »
CtiAPAi , s. m., virole qui est au
bout du manche du fléau. V., c. Isle-
Jourdain, Adriers.
Chaple {pi mouillés), s. f., morceau
de cuir servant a lier la verge du fléau
à son manche. V.,arr. de Civ. — (B.-F).
Chaplé, ^pl mouillés), toucher de
la chaple ; c'est un procédé empirique
que les vieilles femmes emploient pour
guérir les bouts des seins des nourrices
quand ils pourrissent. -— C'est une tu-
CHA
CHA
81
meur, dit M. Beauchel-Filleau, qui doit
être pansée par un charpentier , lequel
doit être d'une familleoù l'on a toujours
exercé cet état de père en fils. Le pan-
sement a lieu au moyen de certaines
paroles qu'il prononce en faisant avec
la hache certains mouvements. Dans
l'esprit de plusieurs, c'est le seul moyen
de guérir ce mal.
Chaple, s. f. , sable ou détritus for-
més par la (aille des pierres, et dont on
se sert pour crépir les murailles. (B.-F.)
C'est ce qu'on appelle achaplis et Cha-
plin dans le département de la Vienne.
— Chapplin : « Pour un grelleau que
je achaplay pour passer le chapplin X.
d. » (An. 1466 Vasles. — Manuscrits du
Poitou.)
Chap'llon, s. m., fer préparé pour
un soc. V. Champelon, V.
Chapotai, V. a. , dégrossir , dimi-
nuer : « chapotai in bot. « — Par ex-
tension, battre: « chapotai son voisin.»
V. — D.-S. — Vend. Patois du Berry :
« chapotter , » bûcher, dégrossir une
pièce de bois.
Chapoti, V. a. et pr., noircir, et se
noircir. V., c. Monte.
Chappe, s. f., morceau de cuir ser-
vant à lier la verge du fléau a son man-
che.
Châppe-d'ceil, s. m., paupière. V.
— D. S.
Chaptau, s. m., cheptel, D.-S. —
Vasles — « Receu de Pierre Chener de
la Froterie XXXV s. pour cause et rai-
sen d'une jument qu'il tenoit à croistet
chaptau .i> (An. 1466^ Vasles.)
Chapuise, s. f., charpente : « pour
droisser la chapuise sur les murs de
ladite maison.» (Vienne, x\" siècle. —
Manuscrits du Poitou. ) Charpentier. —
Marne : « chapuis, chapuiseur. »
Chapusai et CflABUSAi, V. a., dé-
grossir, diminuer. V. Chapotai. V. —
D.-S. — Ardennes : « chapuser, » char-
penter, tailler du bois. — Patois du
Berry : « Chaptuser, » couper menu.
Charabia, s. m., langage inintelli
rîb'o ; celui qui le parle se dit en parti
cuâior des Auvergnats. Dans tout le
Poitou. Ce mot est employé dans ce
dernier sens dans la chanson fort con-
nue : « Ohé les Auvergnats. » — Pa-
tois du Berry : c Charabiat , » bar-
bouilleur, homme qui ne se fait pas
comprendre.
Charail, s. m., lampe. V,,— D.-S.
— Vend., suivant les lieux. V. Chaleuil.
— Gascon : « carel. » — Ardennes :
« charail. »
Charas, s. m. pi., pailles des fèves,
des pois, etc. V., arr. de Civ. — (B.-F.).
/''. (Miabusses.L'on dit proverbialement,
dans le canton de Civray, d'une personne
qui n'a pu arracher , à la main , un
chou, ou un navet ; « gl'a-t attaché s'n
âne aux charas, »
Charat, (faire sonner le^),s. m.,
paille de fève. T., arr. de Poitiers et de
Civray.
Chabbillé et Charpillé (I. car-
pere), v. a. , « charbillé la grelaude, •»
c'est manger la soupe claire. V., c.
Vouillé.
Chabboi^s. m._, graine de chanvre.
V. — D.-S. — Dans quelques lieux.
Charclai {cl mouillés), (r. char-
cle), enlever les écailles d'un poisson.
D.-S., c. Celles.
Charcle , [cl mouillés) , s. m-,
écaille de poisson. — D.-S. (Rond.).
Charclé, ée {cl mouillés), adj.,
qui a des écailles : au figuré , rousseur
à la peau.D.-S.,c. Celles.
Charde, s. f., écaille de poisson. —
V., c. de Monte. V. Charcle.
Chardou, s. m., bœuf brun. — V.,
c. Isle-Jourdain.
Chareau, s. m., cuve en bois dont
on se sert pour transporter la vendange.-
— V. — D.-S. — Item VII charraus à
vin.— (An. 13!2y. Manuscrits du Poit.).
— Basse latinité : carrata et carada^
dolii vinearii seu alterius liquoris
species. Usatica mss. vice comitatus
rotomagi, ubi de teloneis vini : pour
le tontiel que on appelle charetée^
7 sols. (Duc.)
Charéiai , V. a , poursuivre quel-
qu'un à coups de pierres. — V^, arr. de
Civ. — y. Arochai.
Charetl, s. m., lampe. V. — D.-S.,
suivant les lieux. V. Chaleuil.
Chargeoire, s. f., fourche en bois,
armée de plusieurs dents. D.-S., Saint-
Romans-lès-MelIe. —Français : « char-
geoir, » c'est une sellette à trois pieds
pour poser la hotte.
82
GHA
Chaegeouibe , s. f, , personne à
cbarge. V., c Monte, Mazeuil.
Charlatai ou Charlotai , V. a ^
flagorner, subtiliser : « i m' se laissai
attrapai mai; quiau marchondm'a tant
charlotai, » je me suis laissé attraper,
moi, ce marchand m'a tant subtilisé.
— V. arr. Civ. V. Achalantai.
Charmelle , Chabmellée, s. f,,
cornemuse : « eu joui bé de là charmel-
lée ; » il joue bien de la charmellée. V . ,
c. Isl.-Jourd.j Luchapt. — Patois li-
mousin : « charmello. »
Charnail et Chaeneil (1. carnis),
s. m., dureté qui se trouve dans le pis
des vaches après la vélure. V., arr. de
Poit. et de Loudun.— D.-S , suivant les
lieux.
Chaboussae (I. carruca)^ v. n., pro-
mener. Vend. (C. et P. D.)
Chârpi>'S (mettre à) [I. carpere],
loc, mettre en pièces, à petits morceaux.
V., arr. de Civ.— (B.-F.)
Charpre , Cherpre et Charpe
{!. carpinus), s. m., charme, charmille.
V. —■ D.-S. — Vend., suivant les lieux.
— < Bois de la Beletère tenant la cos-
dre, le charpre, etc. » (An 1334.) —
« Cherpre. » (An 1474. Manusc. du
Poitou.)
Ch.\RQDOIS (g. cras;, crai/.o'î)^ s. m.,
terme de boucherie : * in charquois de
chebra_, » le corps d'un chevreau. —
Par extension, terme de mépris : « ôte
ton charquois d'iqui. » V. — (B.-F.)
Charraut , s. m., Manuscrits du
Poitou, charrière, grange. — « Le char-
rauz abbatis et conventus monasterii
novi apud Chirec. » An 1276. — Noms
de lieux : a Charaud (le), » la Bussière,
V.; « Charault Ile;. » Bellefonds, Fleix,
Lavoux, Salles-en-Tculon , V. ; « Cha-
rault-Bourgeois (le), » Salles-en-Toulon,
V., et quelques autres qui s'écrivent
Charreau, Charrault.
Charre, s. f., trace de| charrettes.
V. — D. S. — Vend.
Charre, Charrère, s. f , bateau où
l'on passe des animaux et des charrettes^
passage pour entrer dans un champ,
dans un pré. — V. — D.-S. — Vend.—
Basse latinité : carreria , via : char-
reria, videtur sumi proea navisspecie,
quam haccum appeiIamus,quahomines
&e et res suas in fluviis transvehunt,
CHÂ
defectu ponlis. (Duc.)— Patois limousin:
« charrieras, » petit chemin.— Gascon :
f carrero, » rue, — Patois du Berry :
ft charrière, » bac de grande dimension.
— Marne : « charrière, » ornière, che-
min pour les voitures — Noms de lieux:
« Charrière,» (Pvossay, V.); • Charriè-
res (les), » (Leigné, V.)
Char BIÈRE, s. f., cour d'une ferme.
V., c. de risl. -lourd., Adriers.
Chabruyages, s. m, pi. L'on com-
prend sous ce nom générique tous les
instruments aratoires en général. (B.-
F.)
Chabsau, s. m., couverture de lit
fabriquée par les tisserands du pays et
qui est composée de fil et de laine,
étoffe vulgairement appelée boulingé ou
boulangé. D.-S., c. de Celles.
Charte (très-long), s. f , charrette.
V. — D.-S. — Vend. — Patois du
Berry : « charte, » charrette à ridelles.
Chartieu, Chartiou, s. m., le
corps d une charrette, charlil. V. — D.-
S., suivant les lieux.
Charve, s. f., chanvre. V.— D.-S. —
Manusc. du Poit. V. Chambre. — Sain-
ton ge. — Gascon : « carbe. »
Charveux ou Cherveux, se, adj.,
filandreux. V. — D.-S., dans plusieurs
lieux. — Saintonge.
ChabviSjCharvoy, s. m., chenevis.
V. — D.-S.,suivantleslieux. "T. Charboi.
Chasse, s. f., morceau de fer carré
avec manche en bois qui sert à étamper
le fer chaud. V., arr. Chat.
Chxsse-Briquet, s. f., réunion d'a-
nimaux fantastiques qui crient pendant
la nuit. V., arr. Chat. — C'est ce qu'on
appelle, dans les arr. de Poit. et de Lou-
dun, « chasse-galerit, » et^dans d'autres
provinces, « chasse-de-Saint-Hubert, »
chasse mystérieuse de fantômes d'hom-
mes et de fantômes de chiens ; à Fon-
tainebleau, a le grand veneur de la forêt
de Fontainebleau. » C'est ainsi que des
paysans et des bergers interprétèrent
les' jappements de chiens, les cris et les
cors de chasseurs que Henri IV entendit,
chassant dans la forêt de Fontainebleau,
et l'apparition au comte de Soissons,
qui s'était avancé, sur l'ordre du roi,
d'un homme noir criant d'une voix ter-
rible en disparaissant aussitôt : men-
teîidez-vousf (Mathieu),
GHA
Chasseron, s. m., valet de meunier.
V. — D.-S. V. Chaisseron. Moyennant
certaine redevance, dit M. Beauchet-
Filleau, le seigneur qui avait un moulin
banal accordait aux autres meuniers
qui étaient dans l'étendue de sa terre
la permission de « chasser à la pochée ; »>
c'était ce que l'on appelait, en Poitou,
le droit de « chasserandrie ou chassan-
drie, » ainsi qu'il est écrit dans un acte
du bureau des finances de l'année 1771.
Chassi, V. a., faire corps, se serrer.
V., c. de Monte. J^. Chaclai.
Chat, s. m., crocheta trois branches
ou griffes recourbées, qui sert à rr^tirer
des puits les seaux qui y sont tombés. V.
— (An 1694. Manusc. du Poitou.)
Châtain, NE, adj., bœuf ou vache
dont le poil tire sur la couleur de la
châtaigne. V. — D.-S.
Chatelet, s. m., dévidoir qui sert à
mettre le lil en écheveau. Dans tout le
Poitou.
« In chatelet et daux fuscas. »
(Gust., p. 82.)
Patois du Berry : « chatelet. »— Fran-
çais : « chatelet, » partie d'un métier
de rubanier qui soutient les hautes
lices.
Chatelet, s. m., jeu d'enfants. C'est
un petit monceau de trois ou quatre
noix qu'il faut abattre avec une autre.
V., arr. Civ.
Chatouère et Chatouinère (1. ca-
tus), s. f.;, chatière. V. — D -S., suivant
les lieux. — Besancon : « chaitenère. »
Châtrai, v. a., passer de la laine à
des bas pour les raccommoder. V., arr.
de Poit.
Chatraire (1. castraré)^ s. m., ce-
lui qui châtre les animaux. V., c. de
risl. -lourd.
Chatrin.s. m., chardonneret. Vend.
(Cet P. D.)y. Chadrier.
Chatris, s. m., moulon châtré et
bon pour la boucherie. V. — D -S. —
Vend. — a Pour quartiers de chastri
que l'en avoit prins de Philippon Jaques
^xll s., VI d. » (An 1301. Manusc. du
Poitou.)
Ch.atron (r. chatraire)^?,. m., jeune
bœuf tout récemment châtré. V. — D.-
S. — Patois du Berry.
Chatte-nègre, s. f., jeu d'enfants.
CHA
83
Dans ce jeu, un seul court après les
autres jusqu'à ce qu'il les ait tous pris.
C'est le sort qui désigne celui qui doit
courir le premier, et l'on prélude ainsi :
n Unie, une aile,
» Cazi, cazeUe,
» Le pé (lu jon,
» CoqulUe, goudron ;
» La caille-bottine,
» Te casse l'éihine,
» Le pé dan loue,
» Te casse le cou. »
C'est celui sur lequel tombe le dernier
mot qui doit courir. V., arr. de Civ.
CuAUBENi, v. n., s'échauffer, moisir
en parlant du pain. V. — D.«S. — (A.
R.)
Chaubouillé, e, adj., couvert de
chaubouillure. V. — D -S.
Chaubouillissé, e, adj., couvert
de chaubouillissures. V., arr. de Civ.
Chaubouillissures et Chaubouil-
lure, s. f., éruption cutanée occasionnée
par la chaleur. V. — D.-S._, suivant les
lieux.
Chaucrevé, e, adj., se dit des lé-
gumes ou de la soupe à moitié cuite.
V., arr. de Poit., c. de Monte. — D.-S.,
arr. deBress.
Chaudebouillures , s. f. , petits
boutons produits sur la peau par la cha-
leur. V.
Chaudïn, s. m., le boyau rectum
des animaux : l'on dit, par plaisanterie,
des personnes : « i cré bi qu'gla le
chaudin pourri. » D.-S., c. d'Airvault.
Chaudra (suivre le), loc, faire cuire
du pain après quelqu'un quand le four
est chaud. (B -F.)
Chaudra (à), loc. adv., se dit des
moutons quand ils se réunissent en
groupe pour se garantir de la chaleur.
V., arr. de Civ. — (B.-F )
Chaudrolou, se et Chaudrolut,
te, adj., se dit de la terre ou des ani-
maux ; de la terre quand elle est trop
perméable, qu'elle ne conserve pas son
humidité : « quielle pièce de terre est
chaudrolouse. » Des animaux quand ils
redoutent la chaleur : « tan bu est chau-
drolou. » iB.-F )
Chaulier,s. m., ouvrier qui prépare
la chaux, et, par extension, le marchand
de chaux. V. — D-S. — « Chaulma^
cier. » « A Estienne Bigot Pierre Pau^
84
CHA
CHE
leaii , etc., chaulmaciers du Pin, pour
trente et sept charretées de chaux. »
(An 14S3.) — « Chaumacer, » v. a.,
enduire de chaux : a chaumacer le
portai. » (An 1507. Manusc. du Poitou.)
Chaumea, s. m., terre inculte ou en
jachère. Vend. (C. et P. D.) — basse la-
tinité: « cahna, quibiis in locis (cilalis)
calma, videntur appcllati agri aratorii,
in quibus messes esse soient, qua? ca-
lamis frumenlariis constant, quos inde
nostri chaumes vocant. ^) (Duc.) C'est
donc par extension, d'après cette défini-
tion, que le mot chaumea est appliqué
aux terres incultes.'
Chaumeni et Chaumesi, v. n., s'é-
chauffer, moisir en parlant du pain. V.
— D.-S. — Vend., suivant les localités.
Saintonge. — Patois limousin : « chau-
menido. » — Rabelais : « Ils n'en ont
pas une hazarde, et sur le soir quelque
morceau de pain chaumeni. « (L. 2,
c. 30.)
Chaumia , s. m., petite chaume,
clairière dans un bois. (B -F.) — « Chau-
meau » est le nom d'un moulin de la
commune de Loubillé (D.-S.), situé près
d'un communal nommé « les Chau-
mes. » (B.-F ) — « La Chaume, les
Chaumes, Chaume, Chaumeil, Chau-
merie, Chaumeuil, Chaumellerie,Chau-
melonge, » sont des noms de lieux très-
nombreux dans le département de la
Vienne.
Chaumontai , V. a., chauler le blé.
V., c. Isl.-Jourd., Adriers.
Chaumussé, v. n., remuer, et prin-
cipalement les oreilles. V. , arr. de
Poit.
Chavanea, s. m., faisceau de poi-
gnées de chanvre sortant du royour.
(F, ce mot), et que l'on dispose ainsi
pour les égoutter. (B.-F.)
Chavam, s. m., chat-huant. V. — -
D -S. — Vend. V. Chaon. — Patois du
Berry. — Patois du Limousin : « cho-
van.')) — Noms de lieux : « Chavaux
(les), » Antran (V.)
Chavé (1. cavare)y v. a. et n , creu-
ser : <( chavé in boc. > V., arr. de Civ.
Creuser sous terre. — Au figuré : « mal
qui chave, » c'est une plaie qui s'étend,
qui fait des ravasjes à l'intérieur. V. —
D.-S. — Françai.^ : « caver. »
Chaveuillai pour Chahbuillai,
V. n., travailler à la lueur du chareuil.
(B.-F.)
Chaveutllon, s. m., celui qui n'y
voit qu'à peine, qu'en clignotant, comme
éclairé par un chareuil. (B.-F.)
CiîAY, s. m., chien, dans quelques
localités :
« De porte en porte aUer trcchay
» In morcea de poin queme in chay. »
(Giist., p. 24.)
Roman : a ché. » — Patois limousin :
« ché. »
Chebetièbe (cheb'tière) et Che-
BÉTiÈRE, S. f., garniture du lit au-dessus
du chevet. V., arr. de Civ.
CHEBRAelCHEBRiA,s. m.,chevreau.
V., arr. de Poit. et de Civ. — D.-S. —
V. Cabri. — Patois du Berry : « che-
bris. •)
Chebratte, s. f., diminutif du pré-
cédent, jeune chèvre d'un an. D.-S. —
Roman : « cabreta. » — Noms de lieux :
« Cheboirie (la), » Queaux (V.); « Che-
bretterie (la), » Châtain (V.).
Chebratte, s. f., espèce de champi-
gnon. V., arr. de Poit. — (B.-F.)
Chebratte, s m., triangle de fer
pour mettre les plats sur le feu. V., arr.
de Poit. et de Civ.
Chebressaillai (r. chebressailles),
V. a., cligner des yeux, remuer fré-
quemment les paupières. D.-S., arr. de
Melle.
Chebress AILLES, s. f. pi., paupièrcs.
D.-S., arr. de Melle.
Chebrie, s. f , musette, espèce de
flûte faite avec du bois tendre et moel-
leux facile à forer. V., arr. de Poit. et
de Civ. ~ D -S. — (B.-F.) — Patois li-
mousin : « chobréto, » connue plus an-
ciennement dans le Limousin sous le
nom de « bedon » ou de « loure. »
Chebrié, v. n., mettre bas en parlant
des chèvres. V.— D.-S. V. Abouquillai.
— Au figuré, pleurer, en parlant des en-
fants, inîiter le cri de la chèvre. V., arr.
de Poit. et de Civ.- (B.-F.)
Cheftière,s. f., garniture du lit au-
dessus du chevet. V., arr. de Poitiers.
V. Chebelière.
Chemi, s. m , chemin. V., c. del'Isl.-
lourd.
CHE
Cheminet, s. m., petit chemin. V.
— D.-S. :
« Me fit verre à trois pas in petit cheminet. »
(Bab., p. 87.)
Chrminou, s. m., V. leprécéd. V.,
c. de risl.-Jourd.
Chemisole, s. f., veste. V. — Gilet
à manches le plus souvent en toile ou en
coton. (B.-F.)
« Ta chemisolle étot, ou ce-t-au que tu laa naise ? »
[Amours de Colas, p. 8. Cit. B.-F.]
Latin : camisia, est indiqué dans plu-
sieurs chartes latines comme un vête-
ment ecclésiastique et militaire.
Chemis'roule, s.f., V. leprécéd. V.,
c. Isl.-Jourd., Adriers.
Chena, Chenea, s. m., jeune chien.
V., arr. deCiv. et de Loudun.— Patois
du Berry : « chenard. •
Chenatre, (Ch'nâtre), s. m. , petit
chien. (B.-F.)
Cheinatre, adj. des deux genr., cou-
leur effacée, passée. (B.-F.)
Chenebau (Chen'bau) [b.l. Cmia-
berillum\^ s. m , chenevière; lieu où
l'on cultive ordinairement le chanvre.
(B.-F.). — V.,arr. de Civ. — « Cham-
bault, chembault » : — « une pièce de
chambault contenant à semer un bois-
seau de chenevoy. » (An. 1680, les
Fosses , Manusc. du Poitou.) « Cum
sola et canaberillo.» (An. 939, manusc.
du Poitou.)
Cheneboué (Chen boue), s. m , che-
nevis.,V.,c. Montm.— D.-S. -(B.-F.)—
Chenevoy. (Manusc. du Poit.) — Patois
limousin : « chénobou. » — Marne :
« cheneveuse. »
CHÉNEBOUÈRE,s.f.,V., arr. de Chat.
Y. Chenebau. — Patois limousin : «ché-
nébiêro. »
Chenet, s. m., jeune chien. V.,c. de
risle-Jourd. F. Chena. — Ardennes:
« chenel. »
Cheneuil, s. m., chenil, V., arr.de
Poitiers.
Chenevtn, s. m., chanvre- D.-S.,
Vasles.— Quatre pelotons de fil de che-
nevin. (An. 1731, Vasles, Manus. du
Poitou,)
Chenevbault (Chen'vrault) , s. m.,
chenevière. V. — D.-S. — Et au dict
lieu tiennent aussy les dictes bornes et
CHÉ
85
limittes au chenevraultfeu René Lorier.
(1579.) — (Arch. Saint-Hilaire , bourg,
U65.) V. Chenebau.
Cheniau, s. m., jeune chien. D.-S.,
arr. de Bress. F. Chena.
Chenin , s. m., raisin aussi appelé
blanc-massé. V., arr. de Chat, et de
Loudun. — Rabelais : « et avec nos
raisins chenins estuvant les jambes de
Forgier mignonnement.» (L. V^, C. '20.)
Y. Confort.
Chenoué, s. m., chenevis. D.-S.,
arr. de Bress. Y. Charboi,
Chepseau (1. caput.)^s. m., c'est la
têtée d'un champ, l'endroit le plus élevé,
où les laboureurs , avant de revenir sur
leurs pas, nettoyent le soc de leurs char-
rues, ce qui finit , au bout d'un certain
temps, par former, en cet endroit, comme
un chevet. (B.-F.) — D.-S., arr. de
Melle et de Niort. — « Chevessaut : »
— « trois sillons de terre faisant demie
cartoilée tenant... du nord à un cheves-
saut, d'autre à un conversain. » (An-
née 1673, Manusc. du Poitou.)
Chérai et Chébé^ s. m., sorte d'é-
charpe de fil et de droguet dont les
femmes de la campagne se couvrent les
épaules. D.-S., c. de Sauz. - Vaussais.
— V., arr. de Civ.
Chérant , TE, adj. verb., celui ou
celle qui surfait sa marchandise, qui
aime k vendre cher. Dans tout le Poi-
tou. — Patois du Berry.
Cherbe, Cherve, s. f., chanvre.
V. — D.-S. V. Chambre.— Manusc. du
Poitou. —Patois limousin : « cherbe. »
Chère, s. f , visage, mine:
« In ange me faislt la chère. »
(Gust., p. is.)
— feinte, faux-semblant, D.-S.— Vend.
-(A. R.)
« Gl'aufasoit tout de bon qu'ea faisolt point la
[chère. »
(Gust., p. 60.)
— Confiance : « Faites grand chère là
dessus. » (Rab., L m, c. 14.) — Basse
latinité : a cara, faciès, vultus, caput.»
(Duc.) Employé dans ce sens par les
plus anciens poètes.
Chéree, s. f., plante dont les feuilles
ressemblent à celles du chanvre , et les
fleurs à celles de la marguerite des
86
CHE
champs. Très-funeste aux céréales. V.,
arr. de Chat.
Chéreuil, s. m., petite lampe. V. —
D.-S. Suivant les lieux. V. Chaleuil.
Cherelve , s. f., brouette. D.-S., c.
Bress., Boi^mé.
Cherpeillai , V. a. , mettre les
toisons de laine par petils bouchons
pour les briï^er, les carder. V., arr. de
Poit. et de Civ. — Basse latinité : car-
pia , linamentum, seu linteum carpfum .
quod vulneribusinditur, noslris char-
pie. (Duc.)
Cherre (1. Cadcre), v. n., tomber :
t i a dau glas à matin, pronds bé gard'
à cherre, man valet ; » il y a de la glace
ce malin, prends bien garde à tomber,
mon valet ; valet pour enfant- V. —
D S.
Cherri, s. m., toile qui sert à conte-
nir les cendres dont on se sert pour la
lessive. D.-S.
Cherrolée.s. m., f. le précéd. V.,
arr. de Poit.
Chervi (se), V, pr., se chagriner ,
craindre, en goisser. Vend. (C. et P. D).
— « S*'en chervi ». même sens. (A. R.)
Chet, (1. caput]y s. m. , tète, ou
pièce de bétail. V., Isle-.Tourd. —
Vend. (C. et P. D.— Patois Limousin :
« chai. » — Ardennes : « chaon. »
CoET , s, m. , pis de vache ou de
chèvre. Vend.. Font. (C. et P. D.)— V.,
Monte, arr. de Chat.— D.-S — (B.-F.)
Chète , s. f., chute : «( i fit in'chète
arser , i m'en sintirai linslomps. »
(B.-F.)
Chetelai, V. n.. mettre bas en par-
iant des chiennes. V , arr. de Civ. F.
Achicotai. — Ardennes : « chesteller, »
se dit d'une chatte qui met bas ses pe-
tits.
Cheubre,s. f., chèvre. V., c. Couhé.
Brux.
Cheubratte , s. f., jeune chèvre.
V. — D.-S. — y. Chebratte.
Cheucherea, s. m., collectif, co-
quilles de noix. V., arr. de Loudun.
Cheugxard, de (r. cAewgrwe), adj.,
mutin, de mauvaise humeur.b.-S.,arr.
de Bress. et de Parth.
Cheugne. s. f., moue, mauvaise
humeur : « faire la cheugne w Vienne.
Cheugnai,v. n., être sombre et pen-
sif, se livrer à de tristes rêveries , bou-
CHt
der. — Jeûner par force. D.-S., arr. de
Bress. et de Parth.
Cheurre, v. n., tomber, choir. V.—
D.-S. — Vend.
a SI je voulons couri ga'ant pre nous faire
[cheurre. » ]
(Oust., p. 67.)
— Part, passé : «chésu, cheusi, » V. —
D.-S. — Vend.— « Chevi, » V., c. de
Veuille. — « Chet, chesi. » Vend.
Cheut (le t sonne légèrement), adv.,
ne pas : « on' n'a cheut » il n'v en a pas.
V., arr. de Civ. — D.-S.
Cheut, te, très-bref, adj., aucun ,
pas un : « cheut des camarades dira le
contraire. t> (A. R.) — V., arr. de Civ.
Cheux, prép.. chez. V. — D.-S. :
«Ilem.ontestéportéscheuxmaistre Pierre
Monsor. (D. Font., t. xii, p. 271, an-
née 1562). — a Cheux nous, « locution
signifiant à la maison : « de cheux-
nous, » autre loc. très-fréquemment em-
ployée, et répondant à ces mots : de ma
maison, ou à l'adj. poss. le mien, la
mienne :
« Si ne tay in mariage
» Pre la famé de chcu-nous."
(Rob. Div., p. 87.)
« La femme de chez nous,
» La méchante diablesse. »
(N. P., p. 88.)
— « Quiau de chez nous , » celui de
chez nous , l'homme de chez nous, mon
mari. — Yonne, Marne: «Cheus, cheux,
cheuz.»
Chevalerie l'cheval'rie) [1. cabal-
liis], s. f., collectif , la race chevaline ,
asine et mulassière en général. Dans
tout le Poitou.
Chevau-au-diable (ch'vau), s. m.,
insecte, c'est le moine ou la demoiselle.
(B.-F.) — V., arr. de Civ.
Cheveliau et Chevellon (chev'-
liau), s. m., bois recourbé fixéau milieu
du manche de la faux. D.-S., arr. de
Parth. et de Bress. — (A. R.) Suivant
les lieux.
Chevet, s. m., l'endroit le plus élevé
d'un champ. V., arr. de Poit. — D.-S.
— y. Chepseau.
Cheveuille, s. f., cheville ; — che-
ville du pied : « i m'séfé mau à la che-
veuille. » Proverbialement : « quond la
puput (lahupe) attrape, o fé maillochai
CHE
les cheveuilles. » C'est-à-dire quand on
entend chanter cet oiseau, à jeun, pour
la première fois, à la saison, l'on se
donne des coups de pied en marchant.
V., arr. de Civ. — D.-S.
Chevillé (ch'villé), s. m., boulon
en fer qui attache le forçar au prâ.
(B.-F.) V. ces mots.
Chevillis (ch'villis), s. m., instru-
ment en bois, sorte de cheville qui sert,
par sa disposition^ à faire entrer plus
profondément ou plus légèrement le soc
en terre, suivant le besoin du labour.
V., c. Isl. -lourd. V. Muette.
Chevillon (cirvillon), s. m., grosse
cheville en bois ou en fer traversant des
deux côtés le cep de la charrue pour
ramasser l'herbe. V. , arr. de Chat.
Chèvre -volante^ s. f., oiseau, la
double bécassine. V.,arr. Poit. (Maud.)
Chevretai et Chevrotai (ch'vr'tai),
V. n., mettre bas, en parlant des chè-
vres. V. — D.-S. — V. Abouquillai. —
Ardennes, Marne : « chevrotter, » s'im-
patienter.
Chevrette (ch'vrette), s. f., cham-
pignon. D.-S., c. de Bress. V. Che-
bratte.
CuEVRiAi (ch'vriai), v. n., mettre
bas, en parlant des chèvres. F, Abou-
quillai. D.-S., suivant les lieux.
Chevrie (ch'vrie), s. f., espèce de
llùte. V, — D.-S. — Suivant les lieux :
« Et le dit appellant sounoit d'un in-
strument appelé chevrie. » (An. 1484.
Veuille. iVJanusc, du Poitou.) — « Do
jouou de chevrie. » (Moirie de Saint-
Moixent, p. 8.)
Chevriotte (ch'vriotte) , s. f., di"
minuiif du précédent.
«I Phelippot jouait de la chevriotte. i
(N. p., p. 2"*.)
— Chevrette, cornemuse : c: II était
dû à la seigneurie de Puygarreau, sur
un héritage qu'on appelait Fresches des
Gâteaux, deux gasteaulx, etc., avec un in-
strument appelé la chevrette et le (am-
bourt, où en deffaull de ce et le hault-
bois. ') (An. 1639. St-Genest. Manusc. du
Poitou.)
Chez-d'âil, s. m., réunion de plu-
sieurs gousses d'ail. V., arr. de Chat.
7. Bosse-d'ail.
GHI
8:
Chi, s. m., chien. V., c. de Montm.
et de risl.-Jourd.
Chi, prép.^ chez. V., c. Monte.
Chiasse, s. f , trou pratiqué dans le
plancher d'une charrette pour en faire
tomber le fumier quand on le répand
dans les champs. V. — D.-S. — Diar-
rhée. V. — Aube, Marne : <( chiasse, »
rebut.
Chiassou , SE, adj., celui ou celle
qui a la diarrhée. V., arr. Poit. et Civ.
— D.-S., c. Bress. — « OEil chias-
sou, » œil qui a la chassie : « Gl'a
r chéreil aux œils, gl'é tout chassiou ; » il
a la lampe aux yeux, il est tout chas-
siou. V., c. Civ.
Chiche (I. siccus], s. f., espèce de
cochet à feuilles très-découpées dont on
fait des salades. (B.-F.) — Ardennes :
€ chiche, » ciment, mortier.
Chicherots, s. m., Chicherottes,
s. f. pi. , coquilles de noix. V., arr. Chat.
V. Cheucherea.
Chichetai (chich'tai) (r. chichèle]^
V. a., épargner, se montrer parcimo-
nieux. V., arr. Chat.
Chichète (\.sicclias)^ s. f., épargne,
parcimonie. S'emploie souvent dans ce
sens : <x aller à la chichète, » chercher
à épargner. (A. R.)
Chicot, Chienou, s. m., diminutif
de chi, chien ; jeune chien. Vend. —
V.^ c. de Montm.j St-Remi.
« I comparas, compère,
> Les chicots aux grands chay, in bicotà sa mère.»
(Giist., p. 7 7.)
Chie, s. m., pis de vache ou de chè-
vre. D.-S., c. deThénezay. V. Chet.
Chiemouc, s. m., butome ombelle.
Vend., Font. (C. et P.-D.) — Fruit de
l'églantier. D.-S., arr, de Bress.
Chiffoui, V. a., écrire, barbouiller.
V., c. de iMontc. f^. Chaffourai.
Chiffrailles ou Chiffres , s. m.
pi., "débris de murailles, gravois, gros
tas de petites pierres le long des murail-
les, D.-S., c. C. B. (B.-F.)
Chillou, s. m., caillou. V., arr.
de Montm. et de Chat. /^. Chail,
— « Chillou, » pavé; « item à Jehan
Reboisseau, pour avoir forni de chillou
et terres, etc. » (An. 1430. Manusc.) —
Noms de lieux ; « Chillou » et <f Chillou^ij
88
:ho
(Le) sont au nombre de huit dans lo
département de la Vienne.
Chin, s, m., chien. V. — D.-S. —
V. Chi. — Provençal.
Chin. prép., chez. V. — D.-S., sui-
vant les lieux. — V. Cheux.
Chiot, s. m., jeune chien. V., arr.
de Chat. V. Chicot. — Patois du Berry :
a Chiou.
Chiot (avoir le), loc, avoir l'es-
tomac déran:^é; avoir la dyssenterie.
D.-S.— B.-F.) — V., arr.Civ.
Chioukbe, s. f., lieux d'aisance. V.,
arr. Civ.
Chiouère, s. r, trou pratiqué dans
le plancher d'une charrette pour en faire
tomber le fumier quand on le répand
dans les champs. — Diarrhée. D.-S.,
arr. de Bress.
Chiposa et Chipoiseau, s. m., la
cucubale. Brisée sur la main ou contre
un corps dur, le calice -de sa fleur pro-
duit une certaine détonation. Jeu d'en-
fants. V.,arr. Civ.— ,B.-F.)
Chirail, s. m., tas de pierres, de
décombres. V., arr. Poil. (Maud.)
CfliRAiLLÉ, s. m., las de pierres en-
fouies dans la terre. V., arr. Poit.
(Maud.)
Chiraillou, s. m., endroit où il y
a beaucoup de pierres. V., arr. de Poit.
(Maud.)
CniRON, s. m., tas de pierres ; mon-
ticule formé par une agglomération de
pierres. V. — D.-S. —Rocher. Vend.
^Manusc, du Poitou.)
CuiRON, s. m. . buisson touffu, épais.
D-S., env. de Melle.
Chiroue, s. m., lieux d'aisance. V.
— D.-S.
Chisere ou Chisière, s. f., espèce
de panier qui sert a faire sécher de= fro-
mages. D.-S., Aubigné. (B.-F.)
Chol.atre ,v. impers., importer, don-
ner du souci de quelque chose. Vend.
(C. etP.-D.)
Chole. ee, pr. démonstr. , celui-là,
celle-là. Vend., Maillezais. (C. elP.-D j
Cholettb, s. f., navette, larum vul-
gare. V., arr. Poit. (Maud.), arr. Civ.
— D.-S., arr. de Bress. et de Parlh.
Chombbire, s. f., instrument que
Ton attache à la crémaillère et qui sert
^ supporter la poêle quand elle est sur
CIN
le feu. D.-S. , Nueil-sous-les-Aubiers.
V. Chambrère.
Choppe, adj. des 2 genr., trop mûr,
à moitié pourri : « poires ou pommes
choppes, bois choppe. » Dans tout le
Poitou. — Patois du Berry : « choppe, »
poire molle.
Choppksi (chopp'si), v. n., se gâter,
en parlant des fruits spécialement. Dans
tout le Poitou.
Chou-de-Paris, s. m., plante, afri-
plex hortensis. V., arr. Poit. (Maud.)
Chou-de-vigne, s. m., plante, V.,
arr. Poil. (Maud.)
Cholmitai, V. n. , pleurnicher,
V., c. Monts, Berlhegon.
Chuche, s. f., cousin, insecte. V.,
arr. de Chat. F. Beuillou.
CiBO, s. m., oignon de l'année pré-
cédente, replanté au printemps pour en
avoir de primeur. V., arr. de Chat.
A'. Cèbe. — Provençal : « cibo et sebo,»
oignon. — Marne : ce cibour , » petit
oignon. — Rabelais: «cibot; plusvingtet
cinq charretées de porreaulx , d'oignons
et decibots. » (L. 2, c. 2".)
CiBOT et Cfbou, s. m., la corde du
licou que l'on passe dans la bouche ou
sur le nez des chevaux, ânes ou mulets
pour s'en servir comme d'une bride. V.
— D.-S. — (A. R.)
CiMAi, V. n., se dit d'un vase, d'une
futaille qui ne relient pas bien le liquide
qu il contient : a Vé don vèr a la pippe,
si a n'cime pas core ; » va donc voir si
la pipe ne cime pas encore. V. — D.-S.
— Marne . Haute-Marne , patois du
Berry : « si mer. »
ClMANTÈRE OU SiMANTÈRE, S. m.,
cimetière. V. — D.-S. — Vend. —
(An. J 376. Manusc. du Poitou.) — Sain-
tonge : « cemantière. » — Gascon : « ci-
me ntéri. »
CiNCE, s. f., écouvillon, terme de
boulanger. V. — D-S. — L'on dit pro-
verbialement : a la cince se moque du
fourgon, » en parlant d'une femme sale
qui se moque d'une autre non moins
sale. La « cince » est une longue perche
au bout de laquelle sont attachés de
vieux chiffons. — Ardennes : « cince, »
ceinture. — Aube : « cince, » guenille.
CiNCÉ, V. a., nettoyer avec la cince.
V.— D.-S.
CiNQUAiNE (r. cinq.), s. f., petite
GLA
cordo de la grosseur du doigt composée
de cinq fils, qui sert à faire des longes do
licol. (B.-F.).— « Asséjouère. » V.,arr.
Civ., K. ce mot. — Talois limousin :
« sincèno, » le bout du lil par où l'i^n
peut dévider un écheveau.
Cintre, s. m., soliveau placé sous
les barriques. V., arr. Civ.
Cio (quio), s. m., clef : « avai-vous
troubé la cio? > Avez-vous trouvé la
clef? V., Isl.-Jour., [.uchapt.
CiTAU et CiTiA. (g. CTO?), s. m. ,
gerbes disposées en moyeltes. V., nrr.
P.-D.-S.
CiTELÉE, S. f., diminutif de citau ,
gerbes entassées sans ordre et sans que
i'on se soit préoccupé du nombre ,
prèles àèîre chargées sur les charrettes.
(B.-F.)
CiVAE, S. m., avantage. Vend. (C. et
P. D.)
CiviÈRE-ROULEssE, S. f., brouelte à
bras. V.~D.-S.— r. Boudesoulle.
ClVRAIE, CiVR E, ClVRIE, S. f,
plein une civière : « va don cri ine
civrie d' ironfle, tu la baill'ras aux
vias ; » va donc chercher plein une ci-
vière de Irètle , tu la donneras aux
veaux. V. — D.-S., suivant les lieux.
Cla Ici mouillés), s. m., petit creux
où se tient l'eau, et par ex(ension, eau
dormante : « le cla d' la Guirande
(commune d'Aitfres, près INiort) doune
biaco d'onguiles quond les aives se re-
tirant. » b.-S., arr. Melle et de Niort.
Cla, s. m., fléau pour battre les
grains. V., Chat. — D.-S., c. Bress. —
Vend. Dans quelques communes. —
Rancher de charrette. Vend., c. Cha-
lans.
Claeot [cl mouillés), s. m., bœuf
d'un poil clair. V. — D.-S.
Clabot ici mouillés), s. m., gros
sabotj et par extension, se dit d'une
personne qui fait du bruit en marchant.
V., arr. Civ.
Clabot, s. m., trou, creux. D.-S.
(Rond.) — « Clabot » de terre : « un
clabot de terre assis entre les fossez de
Saint-Romays et le pré Chambaut. »
(An. 1407. "Manusc. du Poitou.) —
Basse latinité : clabata, rivus, cana-
lium, clabata, forte cavata. (Duc.)
Clabot, te, adj., vide, peu rempli :
« œuf clabot, » œuf qui n'a pas été
xxxn.
CLÉ
89
mange.
fécondé; on dit d'une personne qui a
beaucoup mangé : « gne n' det poué
aver le vonire clabot, car gl'a prou bai
mongeai ; » il ne doit pas avoir le ven-
tre vide, car il a assez bien
Vend. (C. et P. D.). — V. — D.-S
Clabotai [ri mouillés), v. n., mar-
cher lourdement. V., arr. Civ. — (se),
V. pr., so gâter en parlant des œufs.
Vend.
('lafoti {cl mouillés), s. m., es-
pèce de gâteau composé de farine, de
lait et de cerises que l'on fait cuire au
four dans un moule à tourte. V., c. St-
Savin, Journé.
Clagot, r [cl mouillés), adj., vide,
peu rempli. D.-S., arr. de Bress. F.
Clabot, adjectif.
Clagotai [cl mouillés), v. n., mar-
cher lourdement. D.-S , arr. de Bress,
F. Clabotai.
Clair-bassin {cl mouillés), s. m.,
plante, la ficaire renoncule.— Clair bas-
sin de rivière, cal ta vaiustris. V., arr.
Poit. (.\Iaud )
Claîrea ici mouillés), s. m., ciel
d'un clair obscur. V., arr. Civ. —
D.-S , c. Bress. — Vend. — Au figuré,
objet presque usé. V., arr. Poit.
Clairin (cl mouillés], s. m., espèce
de clochette qu'on suspend au cou des
bestiaux qui pacagent dans les bois.
Vend. — D-S. — (B.-F.). - « Une
sonnette ou clairin. »(An. 1731. Vasles.
Manusc. du Poitou.) — Patois du
Berry : « cîairin, clairon, » grelot au cou
du gros bétail.
Clairot [cl mouillés), s. m,, trou,
creux. D.-S., arr. de Bress.
Cla VI A (1. clavus), s. m., hameçon.
V. — D.-S. — Vend. — Languedo-
cien : « clavel, barbât. » — Saintonge :
« clavia. » — Rabelais.
Claveure et Clavuee (1. clavis),
s. L, clef. V., arr. Civ. — D.-S. -
(B.-F.). — C'est aussi la serrure d'une
porte. — Marne : « claver, » fermer à la
clef.^ — Rabelais.
Clay, adj., clair. Vend.
« si clay quemc le joux. »
(Gust,)
Cléon et Clion, s. m., petite claie,
petite barrière. V. — D.-S., suivant
les lieux. — Basse latinité : cleîa,
9"
90
GLI
CLO
clala^ crates, tabula viminibus aut vir-
gultis conlexta, Gall. claye. (Duc.) —
Aube : « clayon et cleyoïi , » claie,
petile porto ballante. — Ancien fran-
çais : « crcil ou cloie. »
Clkrçai {cl mouillés), v. a., arra-
cher l'herbe qui croît dans les champs,
dans les jardins. D. -S., arr.de Bress.
el de Parih.
Clf.rgeon, s. m., enfant de chœur.
Dans lout le Poitou. — Le xx'' jour de
janvier aux chantres et clerjons qui
chantèrent vespres et la messe à la
frairie d'Acquilaine faictc chez lesCor-
deliers X s. (An. 1152. Manusc. du
Poitou )
Clkri.n, s m , sorte de chant. V. —
Vend.
« Avourc qu'o stc malade
» .\vé cbanlrjt in clerin. »
(Cent. PoKlv.)
Clepjouna [cl mouillés), s. m., prè-
Iraille, terme de mépris. — Petit cler-
geon. Vend. (C. et P. D.). — Apôtre.
V., arr. Civ.
Cli A et Glas (c7 mouillés) [g. /.XaUîv],
s. m., glas, dans tout le Poitou. —
« Classus (Gauthier de Montierneuf),
son de toutes les cloches d'une église.
Manusc. du Poitou.)
Cliâban, s. m., bancal : » ta pou d'
chance, lai, Perrot ; s' tan frère était
pou cliaban, gle s' n'irait, et lai tu s'ré
exempl ; » tu n'as pas de chance, toi,
Pierre; si ton frère n'était pas bancal,
il partirait, et loi tu serais exempt. V.,
arr. Civ.
Cliâbon d. clibanus), s. m., char-
bon endammé. V).-'i.
■ Austout le petit Moïse
■ Sacqait in cliabon prc éponter l'ozca. »
Cliaffai (Se), v. pr., s'écraser en
tombant. V., c. Charroux, St-Marlin-
Lars.
Cliapon, une, adj.,qui marche avec
difficulté, sur ses ergots, sur ses bou-
lets; se dit des cochons qui ont le pied
plat, des chevaux, etc. V., arr. Civ. —
iB.-F.).
Cliapounat, v. n., marcher avec
difficulté. (B.-F.). — V., arr. Civ. —
D.-S. — Français ; « clopiner, d mar-
cher avec peine.
Clicouère, s. m., canon.
« Do ^'randa coups de cllcoiiùie
» Qui l'y tiriant a bca joiirno. »
(Siège de Polt., p. Col.) '
Cli DON, S. m., petite barrière: « oh 1
l\Iari>sou, farma le clidon.» — Rlarissou
pour Marie. V., c. do Montm. et de
risl -Jour. r. Cléon.
Clie (g. yXv.(ù)^ s. f., claie. V. — •
D.-S. « Item, fourniront et rendront
ï^ur la di€te place.... boys et clyes pour
pontoyer. » (An. 1443. Arch. St-llil.,
.\" 87.)
Clir, s. f., barrière plus longue que
haute qui sert à clôturer un champ, une
coe.r. V., arr. Civ., Isl-.fourd., Adriers.
— Noms de lieux : a Clie (la) , »
Chapt^lle-Bâton , Chapelle-Morlhemer ,
Queaux (V.).
CLlENGNEetCLINGNEfc/ mOuiIlés),S.
m., petite barrière. D.-S., arr. de B.rcss.
y. Cléon.
Clierâî (ni mouillés) [r. clièré] ,
s. m., petit meuble en bois placé au-
dessus de la table, où l'on met les cuil-
lères D.-S., c. Paith. et de Bress.
CLii":RE(c/ mouillés) [I. cochlear\, s.
f., cuillère. D.-S., Parth. et Bress.
Cli EURE [cl mouillés) [I. cluiare],
v.a., cligner, fermer les yeuY. (B.-F.}. —
Clieurai est employé, dans le c. de ûv. ,
dans le jeu d'enfants appelé « la forge. »
— Roman : o dure, » cligner.
Cliomâe et CliOxMai {cl mouillés),
V. n., flamber, flamboyer. Vend. (C. et
P. D.)— D.-S., arr. de Bress.
Clioque ou Cliouque {cl mouillés^
s. m., engoulevent, oiseau ainsi appelé
à cause de son cri ; onomatopée. V.,
arr. Civ.
Cliquai [cl mouillés), v. a., fermer
les yeux, cligner. D.-S , arr. de Bress.
V. (.heure.
Clissou, s. m., instrument en bois,
imitant la « claie » pour faire cuire les
fruits au four. V., c. Isle. -Jourdain ,
Adriers.
Clochette {cl mouillés), s. f., aqui-
Icgia vulgaire. V., arr. Poit. (Maud.),
arr. Civ.
Clocu [cl et eu mouillés) [1 . clausus^
culus], s m., l'enfant le dernier né.
V. — D,-S., suivant les localités. V.
Bouze.
COG
Clomiai, V. n., flamber. D -S.,
Châiillon. F. Cliomâe.
Clopechat (clop'chat, cl mouillés),
s. m., genêt épineux. V., arr. de Poit.
(Maud.) y. Agrole.
Cloque et Clouque, s. m., petit
trou qui se trouve à l'intérieur de la
rive d'un ruisseau , d'une rivière ; et
par extension , trou où il y a de l'eau.
Prendre des écrevisses au « cloque, »
c'est les prendre dans les trous des
ruisseaux. V. — D.-S.
Cloque et Clôt (cl mouillés), s. m,,
crapaud accoucheur : onomatopée. V.,
arr. de Poit. (Maud.) — Vend. (C. et
P. D.)
CLOUZA.(f/ mouillés), s m., le cham-
pignon en jiénéral. V. — D.-S. — Un
homme immobile est piqué « coum'in
clouza su in fumé, » l'rov. Poil.
Clutai [cl mouillés) [1. cludere],
V. n., accoucher. — D.-S. — Limalon-
ges. — Latin : cludere^ terminer un
ouvrage, être à la fin^ au terme de quel-
que chose.
Cluzîa. et Cluziau [cl mouillés) ,
s. m ,agarîcus campestrU. V. (Maud.)
Co, s. m., coup, V. — D.-S. — Patois
limousin : • co. »
CoBE,s. f., grosseur instantanée et
passagère qui provient d'un coup, V.,
c. de xNJireb. , de Pleumartin et de Maire.
CoBÉ , s. m. , fruits agglomérés au
bout d'une branche, V., arr. de Chat.
GocAMBÉE , s, f. , pain chaud trempé
dans du vin. — D.-S., c. de Thénezay,
Oroux , Lspayralte.
CoARDE , s! f., instrument qui sert
à laver les mains : « Catissou, mets d'
l'aiguë dans la coarde. » Catissou ,
p. Catherine. V., c. del'Isl -Jourdain.
CocASSiEE, ÈRE, sub., ccluî OU Celle
qui fait le commerce des œufs , et par
extension , des œufs et de la volaille.
V. — (( baillé au cocquassier. » (An.
1516. iManusc. du Poitou.) — Marne.
CocATRE ou GocATRi, S. m., œuf
avorté. Les habitants de nos campagnes
croient encore que cet œuf est le résul-
tat de l'accouplement d'une poule et
d'un serpent , du cocatrix apparem-
ment, puisque le nom de l'œuf en dé-
rive. Dans tout le Poitou,— Ardennes :
« cocâtre, » demi chapon.— Français :
COC
91
« cocatrix , » espèce de, basilic qui ha-
bite les puits , les cavernes.
Cocue, s. f., jeune truie que l'on a
rendue impropre ;i la reproduction.
Dans tout le l'oilou,
CocHELiN (I. coc/ilearium), s. m. ,
présent que les filleuls et filleules font à
leur parrain et. marraine en les invitant
à leur mariage, et, réciproquement,
cadeau fait par les parrains et marrai-
nes. Assez ordinairement les filleuls
donnent des objets de toilette ou un gâ-
teau , et les parrains et marraines cies
ustensiles do ménage. Autrefois le
« cuchi'iin » de ces derniers consistait
principalement en cui'lôres et four-
chettes. V., arr. de Chat. — Patois du
Brrry : « cochelin, » cadeau que les
parents font à une maiiée , el ordinai-
rement composé d'ustensiles de ménage.
CocnÉ (r. coche) , v. a., castrer ; se
dit des iruies. V. — D.-S. — Patois du
Berry : « cocher, » faire le coq. ,
Cochet, s. m., pissenlit. V. — D.-S.
— Français : (f cochet , •> jeune coq.
CocHOuu (r. coche), s. m., celui qui
coche. V., arr, de Civ.
Cocotte (1. coquere, coctiim), s. f.,
vase le plus ordinairement de fer blanc,
muni d'une couverture. V., arr. de
Civ. — y. Calin employé substantive-
ment. — Marne : « cocotte , »> mar-
mite de fer.
Cocu [eu mouillés) , s. m. , coucou ,
oiseau. V. — D.-S. — Vend.
Cogue(cz<j mouillés) , s. f. , plante à
fltnirs jaunes. V., arr. de Civ. — Fruit
do l'églantier. V., arr, de Chat. —
Plante marécageuse à feuillage épais ,
à tige élevée de un à deux mètres, -y
D.-S. , c, de Bress. — Ciguë. Y. ,
arr. de Poiiiers.
Coculau{c« mouillés) , s. m. , l'en-
fant le dernier né, après lequel la même
mère n'en fait plus d'autres; se dit
aussi des animaux, V., arr, de Civ. —
« Cougulaux ; nous n'avons que les
petits agneaux , souvent des cougulaux
qui sont sujets à devenir fols , et il y a
une prévention que les agneaux de dîme
ne profitent pas.» [kn. 1721. Availles-
Limousine),
Cocute (eu mouillés), s. f , ciguë ,
plante. L'astku^a cynapium de Linné,
— (B.-F.) - D.-S.
92
COI
CoDONiER (1. cfjdoniuni) , s. m. ,
cognassier. Vend. — (C. cl P. D.)
CoBFFA et CoEFFis, S. m., coiffe des
femmes do la campagne. — O.S.
COEFFAGK et CoÈfFANGE , S. H).,
manière dont la coiffe est faite V. , arr.
deCiv. etdePoit. — D.-S.
CûEURARSElGNE et COE'J BASSON
{cœu mouillés), s. m., mal au cœur,
aigreur d'estomac. — D.-S. , c. de
Bress. : « i se misérable dau cœuras-
son. » V., arr. de Civ.
COFFEGNA et COFFIGNEAU (cof
f gna) , s. m , instrument qui sert à
laver les mains, V. — Grec : ■/.cv'''''î ,
panier d'osier. — Le mot latin coplii-
nus est employé dans l'écriture dans le
même sens que le mot grec : Tuleruut
reliquias, duodecim coplùnos Jrag-
inentorum pletios. (St-Malth. 14, 20.)
CoFFiNEAU , s. m , vase en bois de
vergne qui, rouge déJT par la teinte
naturelle de ce bois , acquiert encore
une couleur plus foncée par l'usage
auquel on l'emploie , qui est d'ouillcr
de vin les futailles. Ce mot, très-employé
dans ce sens en Sainlonge , ne Ter t que
proverbialement dans le canton de Chef-
Boutonne, où l'on dit : « rouge comme
un coffincau , » en parlant d'une per-
sonne dont le visage est haut en couleur.
— (B.-F.) — Saintonge :
« Qucsto qui parest dans les ceos
» Pu groud qu'io cercle de tounca
n Et pu rouge quin coffinea. r
[Rob. Oiv., p. 13.]
Réservoir fixé à un bateau pour y
mettre le poisson. V., arr Chat., Leu-
gny. Maire. — Ardennes, Marne : (( cof-
fin", coffineau, » corbeille, panier.
CoGEAE (I. cogère), v. a., forcer.
Vend. (C. et P. D.)
CoG>E, s f., bosse au front cau.-:ée
par un coup. Y. Burbe.
CoHABix, s. m., celui qui se coha-
bine. V.. arr. de Civ.
CoHxBiNAi, v. a. et pr., marcher en
se dandinant. V., arr. Civ. — D.-S.
~1B.-F.)
« Quand la br'gèro vct an champ
» Son rhein vet cohabinant
^ » En rev'nant gle ret le trot,
n El pu souvent au galop. »
(Dict poit., Cit. B -F.)
Coiâ, S. m., repas en signe de ré-
GOL
jouissance que l'on fait à la naissance
d'un enfant, et lorsque tous les agneaux
d'un troupeau sont nés. Après le repas,
les bergers et bergères dansent en ronde
devant la porte de chaque élable. V ,
arr. Civ.
Cote, s. f., calebasse (B.-F.)
CoiE-SAUVAGE, S. f . , cspècc déplante
grimpante qui pousse dans les haies et
sur le bord des bois. La feuille res-
semble à celle du houblon. Elle porto
de peîites graines rouges, et elle est
munie pour se soutenir de vrilles au
moyen desquelles elle s'attache aux ob-
jets' environnants. Sa racine, qui de-
vient parfois énorme , affecte la forme
d'une cole , ce qui lui a valu le nom
qu'on lui donne dans les campagnes.
(R.-F).— V.— D.-S.
CoiNTAi (r. coin), v. a., assujélir,
fixer un objet avec des coins ou autre-
ment , de manière à ce qu'il reste
stable. D.-S.— (A. R.)
Coi RE, s. f., sorte de lien fait le plus
ordinairement de branches flexibles
qui sert à lier des fagots ou à fermer un
clcon. V., arr. Poit. — D.-S.
CoiP.E, s. m., terme de boucher,
morceau pris dans la cuisse du bœuf ou
du veau. (B -F.)
CoiBÉ, V. a., tenir fermé par le
moyen de la coire. D -S. — (B -F.)
Colas, s. m., pot en terre cuite dont
les femmes se servent pour se chauffer.
— A(!j. diminutif du nom propre ]\i-
colas, sot, niais : « Ah ! grand colas. »
V. — D.-S., arr. de Bress."' et de Parîh.
CoLAi, V. a., passer le balai sur la
roue pour nettoyer le blé , en sép.irer
les graines parasites et les goussails.
D -S. — (B.-F.) — Latin : colare , de
colum , une couloire, signifie littérale-
ment passer quelque cho.se de liquide
par un linge. Au figuré, purifier :
Jilios Levi colab'it quasi aurum.
(Malach. 33.)
CoLEUR, adj , celui ou celle qui co/e
les grains. D.-S.— (B -F.)
CoLi et CoRi. V. n., se corrompre en
parlant des liquides; moisir. V., arr. de
Chat.
Collet I. colli/m), s. m., mouchoir
de cou. D.-S. , c. Brioux^ Périgné ,
Celles, Monligné.
CoLLis (b. I. co//a), s. m. pi., ce que le
GOM
coleur amène avec son balai. D.-S. —
(B.-F/-CoIeys : « desquelles dixmcs...
les pailles, baliers et coleys tlemourent
à la priorcssedud. priorté. » (An. N02
Breuil-Chizé, IManusc da Poitoi;.) —
« Colla, reilecimas et cobiaria requi-
rebat. ^ (Vers 1104. Manusc. du Poilou.)
liOLOUH (balai), s. m. , balai dont on
se sert pour calai la roue. D -S. —
(B.-F.t
(Fomentai (c'menlai) [l. comedere],
V. a , manger beaucoup de pain et peu
do f licol, n'èlre pas gourmand. D.-S.
B.-F.)
« Mal dam' b filait bai c'mentnl
» l'r'avoi chacun sa p'tit bêchai. »
iCiian'^. poit.)
COMEIN'TAGE, C'mENTAGË [v . CO-
uientaï], s. m., ce que l'on mange avec
le pain : « faut du c'menlage o D.-S. —
(B.-F)
CoMMRYAi (I. commeare), v. n., se
prêter mutuellement ses animaux pour
travailler et principalement ppur labou-
rer. V., arr. de Loudun. — D.-S.,
Mauzé, près Kiort. — Vend. (C. et P. D)
(luMxMEYEiJx. SE, adj., cclui ou celle
qui conimeye. V., arr. de Loudun. —
D.-S., Mauzé, prèsNioit. — Vend. (C. et
P. D.)
CoiNiMOLNCFMENT (c'mmoinc'mont ) ,
s. m., commencement. V. — D.-S., Gà-
tine.
« Vous véqui le bea ccimraoincement. »»
(Bab., p. 10.)
CoMPAGAÉE (I. compages) ^ s. f . ,
Ihomme et la femme unis par les liens
du mariage: « i seu prou désolai, t'nez;
i ai pr'du ma cher' compagnée. dampis
tras s'moines ; » je suis assez désolé ,
tenez ; j'ai perdu ma chère femme de-
puis trois semaines. V. — D.-S.
Compagnon, s. m., fort, actif, vi-
goureux : il est presque toujours précédé
des qualificatifs bon, fort: « v'ia-t-in
fort compagnon, » Dans tout le Poitou.
— Français a compagnon , d associé,
camarade.
Compakagé (1. comparare)^ v. a.,
compariT. V., arr. de Chat., c. de
Monte, Mazeuil, où l'on dit comparagi.
V. Apparageai.
Compliment'rie [pi mouillés) ,
CON
93
s. f., compliment : a v'ii f'rez bai mes
compliment'rie?. » V.,arr. Civ. — D.-S.,
arr. Bress. — Vend.
Comportement, s. m., conduite,
manière de se conduire : « pr'in' feille
qu'é seule, ^;aliette a-t-in joli compor-
tement. » V. — D.-S., c. Bress.
Composai (se) [1. coniponere]^ v. pr.,
ne rien faire, ne pas se presser soit en
travaillant, soit en marchant; regarder
faire les autres : « allons, France, allons
m'n ami, compos' te bin quit avoure ;
les autes frant tout et ta rin; » allons,
François, allons mon ami, ne te presse
pas à présent, les autres feront tout et toi
rien. Dans tout le Poitou.
Conche (1. coKcha), s. f., petit en-
foncement, petit port où abordent les
barques dans le iMarais. Vend. — D.-S.
— Français : second réservoir des marais
salants.
CoNJARNAi et CoNJERNt, suivant Ics
lieux (se) [l. conjarare], v. pr., se con-
jurer, se concerter. L'on dit d'une nuée
qu'elle se o conjarne, » lorsque plu-
sieurs nuées se réunissent ensemble. V.
CoNOM (I. cognomen)^ s. m., sur-
nom. V. — D.-S., c. Erioux (B.-F.)
CoNRÉER,v. a., avoir soin, arran-
ger, (xiii^ siècle. 3Ianusc. du Poilou.)
Contenances (cont'nances), s. f. pi.,
laizes d'étoffes fixées à demeure, chaque
côté d'un lit à quenouilles ou à la du-
chesse. V., arr. Poit. et Civ., c. Monte,
La Grimaudière
CoNTREBOT, S. m., canal creusé au
pied et le long d'un bot (chaussée ,
digue). Vend. — Manuscrits du Poitou.
CoN VENGÉ, V. a., proposer un objet
avec intention de le vendre ou de faire
un marché, V., arr. Chat. — D,-S., c.
Bress., où l'on dit : « convenci. » —
Basse latinité: « conventare^coxwQninm
agere. » — Ardennes : « convéance, i
accord, convention.
Conversant (conv'rssant), s. m.,
plaine de champ dont tous les sillons sont
tracés dans le môme sens : « ton chomp
etl'minsant dons r môme convr'ssant. »
Ce mot se trouve dans plusieurs anciens
actes. (B. F.;. — Latin: « conversans, »
qui tourne ou qui fait tourner. — Fran-
çais : « convergeant , « qui tend vers
le même point.
04
COQ
COR
Co.NviEMBM (1. convisere]f s. m.,
invitation. V., arr. Cliàt.
CONVIEUX, SE, CONYIOUR, SE, adj ,
du même mot latin que le précédent;
celui ou celle qui convie aux noces Au-
trefois, lorsque, dansle Chàlelleraudais,
le banquet des noces se faisait au caba-
ret, les convieux étaient les futurs con-
joints accompagnés d'un bachelier et '
d'une bacheliève. Ils parcouraient en-
semble la paroisse , et les paroisses les
plus voisines, et, dans chaque maison
visitée, le bachelier s'exprimait à peu
près ainsi : & excusez , maître ou mai
tresse, de la liberté que je prends d'en-
trer dans voti'e maison C'est pour vous
convier au banquet de mon camarade
([ue voilà ici présent. Il sera marié
lundi ou mardi en quinze. Le déjeuner
sera chez son père et le dîner chez
maître un tel, cabaretieraubourgde
Je vous prie d'assister à la messe et aux
offrandes , et quant au banquet ,
comme il vous plaira. » Le bachelier
plaçait alors, comme signe d'invitation,
une branche de laurier h la cheminée,
et l'invité arrosait le laurier de copieuses
libations. — La plupart des invités se
faisaient un devoir d'accepter, et payaient
les frais du banquet. C'était une' soi-le
d'association qui dispensait les inté-
ressés des frais énormes que nécessitent
aujourd'hui les repas de noces. — V., sui-
vant les lieux. — Basse latinité : « con-
i'ifare, unde, nostris, convier. » (Duc.)
— Ardennes, Marne : « convis, convy, »
festin.
CoPAGE (g. /.c-£'v), s. m., grains que
l'on vème pour être coupés en vert. V.,
arr. de Puit. et de Civ.— D.-S.— (A. R.)
COPAKT, E, adj. verb. , qui coupe,
qui taille; a mes outils sont mal co-
pants. )> Au figuré, « vent copant, »
glacé; « figure copante. o dure, re-
poussante. D.-.*^. — (A. R.) — V., arr.
Civ. — Basse lai i ni té : « coppare, cae-
dere, secare. » (Duc.)
Coq, s. m., oseille sauvage. V.—
D.-S.-(B.-F.)
Coqueluche (coq'luche à la belle) ,
ioc, le sommet, le point le plus élevé
d'un objet quelconque : •< veux-!u grim-
pai à la beir coqu'luchc de quiau pom-
pilon » (peuplier;?— « I n'v mont'rai
jà. » D.-S. — [B.'V.) — V.; arr. Civ.
CoR-AU-CHàT, OU simplement Cor ♦
s. m., espèce de ceinture baleinée qui
tient le bourre/et. D.-S., arr. de Melle.
— (( Cor, » synonyme de cadet. V. ce
mot. V., c Montcontour.
CoRBA (I. curvus) ^ adj. employé
subst., par lequel on désigne un bœuf
ou une vache dont les cornes se diri-
gent vers la terre. V.— D.-S.
CoRBEHTON, S. m., chevillo de bois
qui sert à lixer l'imblé el le joug à la
charrette. Vend., c. Chalans.
COBBIN (l. corbis] , s. m. , pot à eau
ou à vin : « i faut qn'i ange cri in cor-
bind'vin, i cont'rant meux nous af-
fair'en Ibuvont; » il. faut que j'aille
chercher un corbin de vin, nous racon-
terons mieux nos affaires en le buvant.
V. — D S. — Ardennes : « corbin , »
tré.^or. — Marne : « corbin, » corbeau.
C'est le vieux mot français.
CoRBï^oux (I. cornus] . s. m. , ser-
gent , huissier. Vend. ((]. et P. D.) —
Marne : « corbineur, » voleur.
Cordai, s. m., V. Proulea. V., c.
de l'L-le-Jourdain , Adriers.
CoRE, prcp., syncope du mot fran-
çais encore. V. — D.-S.
Ardennes : « co. »
C0BJE1^G^E, COBGEON et COUB-
GEON (1. corium), s. m., bande de cuir
longue et étroite qui sert à lacer les bro-
dequins , et , en général , toutes les pe-
tites courroies.—'D.-S. — V.— (B.-F ),
suivant les localités. — Provençal :
« courrejoun; pos liga ti courrejoun ; »
lu peux lier tes courroies. — Ardennes,
Marne : « corgie , courgie, corgiée , »
fouet, lanière.
CoRGNE, adj., louche, sournois,
méchant. Vend., Font. — D.-S.
CoRGNART , adj., sournois. V., c. de
Monic, Saint-Jean-de-Sauve. — D.-S. ,
c. d'Airvault.
CouMAi , V. n , laisser reposer, lais-
ser inactif, improductif. Des terreaux,
des terres fraîchement sorties du fond
des fossés doivent cormai pendant une
année avant d'être employées , sans
doute pour recevoir les influences de la
température. — D.-S. — (B.-F.) — V.,
arr. de Civ,
Corme , s. m., boisson faite avec les
cormes ou sorbes. V. — Gaélique :
«corm, » bière ou toute boisson eni-
COR
vrante. Celtique : « corma , » bière; —
Rabelais : « corme , » et à boire belle
piscanline, et beau corme (L. I'^'", c. 3.)
CoBsiENÉ, s. m., cormier. Dans tout
le Poitou. — Noms de lieux : « Cormier,»
Saulgé. V. ; « Cormier (le) : » Ayron ,
l'ayroux , Saint- r.hristophe , Prinray
de Civ. (V.); «Cormy ^Grand et Petit'jj»
Vaux près Couhé (V.)
CoRMiGi, s. m , y. le précéd , c. de
Monte., la Grimaudière.
(>ORXEMUSAi, V. n., jouer de la cor-
nemuse. Dans tout le Poitou.
C0RNE31USEUX OU CORNE.MUSOCX ,
SE, adj., celui qui joue de la cornemuse.
Dans tout le Poitou. — Cornemuzeur :
1 sieur abbé de JNoyers et le seigneur
àQs Ormes Saint-Martin doibvent par
cliascun an un gasteau , etc., accompa-
gnez de df'ux cortiemuzeurs (An 1G43.
Dangé, iManusc. du Poitou.)
Counes-deCerf, s. m. pi , plante,
lacluca perennh-. V., arr. de Poit.
(Maud )
CoH^ETTE, S. m., dans l'arrondisse-
ment de Melle , et partie de ceux de
Kiort et de Civrav , la cornette est le
dessus de la coiffe , le principal mor-
ceau Elle est en dentelle ou en mous-
seline.
Cornue (Fouace) [l. cornu]^ s. f,,
cs[)èce de gâteau de forme triangulaire
que l'on j)ique dans une branche d'ar-
bre , de noyer, de laurier, ou dans un
bâton fourchu, avec des pommes , et
rubans flottants au vent, et que les en-
fants portent a la messe et à la proces-
sion houzanière le dimanche des Ra-
meaux. Cet usage, encore persistant
dans quelques communes du Poitou,
est tombé en désuétude dans le plus
grand nombre. Il se perd aussi à Chef-
Doutonne , dit .M. JJeauchet-Filleau ,
depuis quelques années. V. — D.-S.
Il se maintient à Bordeaux , et les
oranges y remplacent les pommes. —
Latin : « cornu , w corne. — Marne :
« cornu (pain.) , » sorte de petit pain en
usage à Reims pendant le carême.
CoRNUELLE, S. f-, diminutif du pré-
céd. — D.-S. — (B.-F.)
CoBPOKÉ , ÉE (1. corpus) , adj., per-
sonne bien proportionnée , bien faite ;
et par extension, robuste, vigoureuse.
COT
95
Dans tout le Poitou. — Basse latinité :
corporosufi, corpuleiUus (Duc.) —
Marne : « corporé. w — Patois du Berry :
c corporé , » corpulence.
CoRPORE^CE , s. m. , corpulence.
Dans tout le Poitou.
CoRSELETTE, diminutif de corset, s.
f. , habillement de femme. V. — D.-S.
(B.-F.).
CoRTiLLON (1. curtus), S. m , sillon,
terrain qui va en diminuant. V., c. de
Montm. F. Abergeon.
CoRTfLLOiSNAT , v. a., faire des cor-
lillons. V.,c. de Montm. V. Abergeon-
nai.
CoRTiNE et COURTINE, S. f . , rideaux
de lit à quenouilles ou à la duchesse;
rideaux de lit en général : «c pauro
p'iite, i ai bia t'au r'bontrai, tu n'aran-
g'ras jamais bin quiés cortines ; » pau-
vre petite, j'ai beau le le faire voir, ja-
mais tu n'arrangeras bien ces cortines.
— Basse latinité : cortina,.... Neque
aliunde petenda origo cortinarum^ seu
velorum, vel aulaeorum, quibus aliaria
clauduntur apud christianos , atque
adeo lecti ipsi nostrates. (Duc.)
« Au'.ae dicuntur aulœa : pefasmala tempU :
» Cortina thalami : vclaria, vcla thcatrl, »
CCU. Duc.)
Français : « corline, » trépied d'airain
consacré à Apollon. — Patois du Ber-
ry : (• cortines. » — Champagne :
« courtine. » -— Noms de lieux : « Cour-
tines (les) , » St-Marlin-Lars. (V.).
CossARD, s m., vieil arbre. V. —
Vend. — D.-S.
CossARDE et COSSE, S. f , la racine
de la brande V., arr. Chût. Montm.
Vend., c. Chalans. — Cosse-de-Nau.
V. Trefougeau, c. Montm, — Vend., c.
Chalans. — Patois du Berry : « cosse,»
souche d'arbre.
CossARDE et COSSE, s. f., oiseau de
proie. V. — D.-S.
CossF, s. f., pierre calcaire tendre.
Vend.
CossEREA fcoss'rea), s. m., diminu-
tif de cosse, émouchet, petit épervier.
D.-S., c. Parth.
CoT, s m., coup; c'est le mot fran-
çais dans le sens de quantité de vin ou
96
COU
de liqueur qujon boit en une fois. V. —
D.-S.
» Fallil veni hiar
» Taurais mangé dos crêpes
• Taurais bu in cot. »
(Chans. poit. Cit. B.-F.}
Gascon : « cot : »
CoTELLE. S. f., lisière d'arbres qui
fait la clôture d'un champ, d'un pré,
d'un bois, qui en forme le côté. I).-S.
~ (B.-F.).
Coté, (o Ircsbref), v. a., toucher,
être à côté de : « ne m'cole pas,» D.-S.
(A. R.) — V.^ par extension, trinquer.
V.
Coté, v. a.; arrêter, empêch*?r :
« cotez, cotez le mulet; gl'est échappé.»
— V. n., s'arrêter, ne point avancer :
€ la voiture a coté. » D.-S (A. R.)
— V.
Coté, v. n., bégayer, D.-S.,c. Celles.
CoTi (o bref;, v. a. et n., meurtrir.
Dans tout le Poitou. —Se dit aussi des
étoffes qui se piquent. Vend. (G. et
P.-D.). — Patois du Bcrry : « coti, •>
froissé, meurtri.
CoTiÈRB, (o bref.\ s. f . entre-deux
d'unsillon. V.,c. Montm., Moulismes.—
Mayenne : • cotière, n dilTormité de la
taille chez une femme.
CoTissuBE , s. f., meurtrissure :
(( di din, Jondé, ta cotissure eut-aile
guari ? — i poué. » Dis donc, Jean, ta
cotissure est-elle guérie? — Un peu,
V. —D.-S. Vend.,— Taches du linge
coti. Vend. Font. (C. et P.-D.).
CoTBi, s. m., maçon. Vend. (C. et
P.-D ).
CouADE,s, f., instrument qui sert à
laveries mains. V., arr. do Montm. V.
Cassolte dans le premier sens.
COUAÉEjCOUAI ET COUAIL, S. m.,
(I. cos\ vase en bois ou corne do bœuf
dans lequel le faucheur met de l'eau et
sa pierre h aiguiser la faux, et qu'il
porte en fauchant, au dessous de la
ceinture j et pendante. Vend. (C. et
P.-D.) — (B.-F.)— D.-S., arr. de Bress.
et de Parlh. — Provençal : <■ coût, n
CoUAi (r. couée)^ v. a. couver. V. —
D.-S. — « Couvi, » dans plusieurs
lieux.
Col AILS, s. m. pi., laine que les bre-
bis perdent, ou celle qui se trouve sous
COU
leur ventre, ou autour de la queue. V.,
c. Isl.-Jourd. Adri.
CoLiBAiTAi. V. a., poursuivre quel-
qu'un, vouloir laiie faire à un autre
plus qu"il ne peut, un travail au dessus
de ses forces. (B.-F.)
Couble et CouBLET (6/ mouillés)
(I. copu/a), s. f , s. m., morceau d? cuir
ou de peau d'anguille servant à lier le
neif avec la chappe du fléau. V.— D.-S.,
suivant les lieux. Y. Accoublc.
CouBLE (bl mouillés), v. a., lier, at-
tacher ensemble. V. — Appareiller ,
mettre ensemble, deux à deux. V. —
D.-S.
Coucou, s. m., la primevère offici-
nale, primula o(/iciriaUs de Linné.
(B.-K.) — Patois dû Berry : a coucou, »
diverses fleurs prinlanières, anémone
pulsatille.
Coucou-BOULiTE, loc. que l'on em-
ploie lorsqu'on se cache et se découvre
successivement la figure pour amuser
les enfants. V., arr. de f^it.— D.-S. —
(B.-F.) /. Caquet-Boulite.
CouDiGNÉ, s. m , cognassier. V.,
arr. de Civ. V. Codonié.
COUDI.N, COLDING Ct COUDOING, S.
m., coing, fruit du cognassier. V. —
D.-S. (B.'-F.) — Vend. — Sainlongc. —
Roman : « codoing. » — Noms de lieux :
a Coudiiiière (la), » Blanzais, Brigueii-
le-Chantre, V.
CouDOM, s. m., cognassier. V., c.
de risle-Jourd. V. Codonié. — Proven-
çal : « coudounié; mens palinello soun
li flou dou coudounié; » moins pâles
sont les fleurs du cognassier. — Lan-
guedocien, « couduun. » — ISoms de
lieux : « Coudonnière (la), » Availles,
près Charrcux.
(^OUE et EcouE (l. caurla), s. f.,
queue; et encore, dans quelques loca-
lités : pierre à aiguiser. — « Coues d'a-
ria, D mancherons d une charrue. V. —
D -S.
» Lé Frlbou s'en aUirant
» La coue Inlre les doux fesse. »
(Cent PoUt.l.
Provençal : « co. » — Patois limousin :
« couo.* » — Marne : « coué, » garni
d'une queue. — INoms de lieux : « Coue
(la), ») l.encloîlre. (V.)
CouE-DK-JAU, S. f.. plante. — « Coue-
cou
cou
97
de lèvre. V.— D.-S.-Vend.— n Couc-
de-renard, « trifolnun rubens, \ ., arr.
Poit. (Maud.) — « Coue-de-cheval. » V.,
c. Isle-Jourd.
CouÉE (1. cubare), s. f., couvée:
« une couée de poulets. » — Au figuré :
« une couée de drôles, » pour indiquer
plusieurs enfants appartenant ;i la môme
mère. V. — D. S. — Patois du Berry :
(I coui. ») œuf couvé gâté.
CouÈRE, s f. , réorleou chaîne en fer
au bout de laquelle est fixé le proulea.
V., arr Poit. — D -S. V. ce mot.
Cou ET (I. cauda ,, s. m., mèche de
cheveux. Dans tout le Poitou. — Fran
çais : quatre grosses cordes amarrées
au bas des voiles.
Couette (très bref j, diminutif de
<( coue, -> s. f., petite queue. V. — D.-S.
Couette (long) [l. culciia plumed],
s. f , lit de plumes. — Ardennes, ^jarne :
« couette.»
CouFORT, s, m., synonyme de che-
nin, raisin ainsi nommé à cause de la
difficulté qu'on éprouve à l'écraser. V.,
c. .ÀJirebeau.
COUGNAI, C0UG^ÉetC0UGiNI,S.m..
cognassier. D.-S.^ c. Rress. — V., arr.
de Poit,, suivant les lieux. V. Codonié.
Coug:sai (1. coercere), v. a., mettre,
enfermer. D.-S , arr. de Bress.
o On les cougnit tous deux dans belle consiergcrie. »
(Bab., p. 42.)
Patois limousin : « couigna. »
Couière, s. f. T". Couère.
Coui et CoutN (I. cubare), s. m.,
couvain des abeilles. V., arr, Civ. —
D.-S.— Vend —V., arr. de Chat.
CouiE, s. f., couvée. D.-S,, c. Bress.
y. Couée.
COUILLOU, COUILLOU, COUILLOU,
loc. c'est ainsi qu'on appelle les poules
à Luchapt. V.
Couix, s, m. / . Coui. V
Couine, s. m., cognassier
St-Savin. Y. Codonié.
(Couiné (r, coui], v. a. et n., faire le
couvain en parlant de«^ abeilles, D.-S, —
Par extension et au figuré : faire le fai-
néant. V., arr. Poit. — Noms de lieux :
« Couinière (la), » « Couinière (la Pe-
tite), » Bonneuil-Matours. V,
Couiné (r. coin),w. a., chercher dans
les coins. Vend. (C. et P. D.)
Couiné, v. a , assujétir, rendre un
objet stable V., arr. Chat. V. Cointai.
('ouiNÉ, V. n., crier, surtout en par-
lant d'un cochon pris, frappé, deman-
dant à manger, ou que l'on lue. D.-S. —
Aube, Haute- Marne : a. couigner, coui-
ner, » grogner, pl.'urer.
(JouiNQUAi, v n,, r.leprécéd. Ono-
matopée. V. — D -S.
CouLiNE (de), loc, on cachette :
« et i ai entrai tout d'couline. » D.-S.,
arr. ^Jelle.
CouME, adv,, comme. V. — D,-S, —
Vend., suivant les lieux. — ï.anguedo-
cien : « couma, » — Gascon ; a coumo. »
— Limousin.
COUMEIVTAI, v, a , épargner. D -S.,
arr. de Bress. et de Parth. /^. Cémentai.
CoiiMENTAGE, V. Comentage. D.-S ,
c de Bressuire.
COUMINCKMENT, S. m., Commence-
ment. V., arr, de Civ.
CouMOYAi. v. n., se prêter mutuelle-
ment des animaux de travail. Vend. (C.
et P. D.) V. Conmiczai.
CouMOYEUZ, SE, adj,, celui ou celle
qui commeze.Vend. (Cet P. D.)F. Com-
nieyeux.
CouMUX, s. m,, plante, vicia enicta^
V., arr. Poit. (Maud.) Civ.
Couleuvre et Connbuvre, s ni.,
second blé, par opposition au blé de
guéret. L'on dit d'un blé qu'il a mangé
son « conneuvre, » lorsque, après avoir
été très-beau pendant l'hiver, il s'étiole
.,arr. Chût
c. de
au printemps, au moment de l'épiage et
de la floraison (B.-F.) —V.. suivant les
localités.
Coupe 1, cupa), s. f. , vase en terre
percé de trous, qui sert à donner la
forme aux fromages et a les égoutter,
V., c, Isle-.Tourd. — Noms de lieux :
(( Coupe (la). » Queaux, Vernon. (V.)
CoiJPiLLÉE, s f , maladie commune
aux bœufs et ^ux brebis : congestion
du petit colon. V., c. de l'Isle-Jourd.j
Adricrs.
CouRAiL, s m., verrou : « a-t-eil
pouisai l'cuurail d'Ia porte? » Par ex-
tension : n quiau gars fé ben ses airs
iqui, gn'emport'ra pou l'courail prê-
tent ; » moquerie ou reproche à l'adresse
d'un domestique qui, devant les autres
valets ou en public, prend trop chaude-
ment les intérêts de son maître, et si-
d8
cou
gnifiant que l'on en trouvera bien d'au
très aprè? lui ; que la maison ne sera
pas close pour ceux qui se présenleront.
V.,arr. (ieCiv— I).-S.-(B.-F )-Palois
du Berry : • cou rail. « — Noms de lieux :
a Couraillou Je), » Doussay. (V.)
COIRAILLAI et COI'RKILLAI, V. a.,
barrer une porte avec le courail. ^^,
arr. (^iv., Poit. et Monlm. — D. S. —
(8.-F.) — Paloii du Berry.
CoLRBEjAU. s, m., le grand courlis.
V., arr. Poil. (Vlaud.)
CoiRE, s. m., noisetier. V., c. de
rislc-Jourd.
CoiREiL (b. 1. Corel lium), s. m.,
verrou. V. Courail. V., arr. de Poit.,
(le Liv. et de Montm. — l).-S. :
t et que h la porte, il n'avoit rccous-
tumé de fermer les deux portes du costé
du piaci.-tre de la dicte église, ains seul-
lement du verrouil et courreil par le
derrière.») (\n 1570. Arch. St-llil. Egl.,
suppl. n" 40.) La prise de possession de
l'office de chevecière de l'abbaye de la
Trinité de Poitiers était co^^talco per
apprehensioiiem vectis, seu corcllii
majoris altaris. : An 1503. Manusc. du
Poitou.)
Coi'RE d. qua hora'', adv , quand :
« cour' qu' irant â la fouère? » Quand
irons-nous à la foire ? V., arr. de C.'iv.
— I).-S., c. Bress.— Vend. — Langue-
docien : « cour. » — Gascon : • couro. »
COLBESSE, s. f., poule qui couve :
« ma poule cauresse m a baillai
inze bais p'iits poulets ; » ma poule
couresse m'a donné onze beaux petits
poulets. D.-S., arr, Melle et Niort. —
V., arr. Civ., arr. Châl.
CouRETKfi , s. m. , littéralement
couvre terre, plante; onomatopée. V.,
arr. de Civ. f^. Cliacoura.
('ouREYÉ, v.a., passer lo balai sur
le blé jeté au vent, sur la cour à battre ,
pour le nettoyer. V., arr. de ('liât.
V. Colai.
Courge, s. f., bâton dont on se sert
pour porter des fardeaux sur Tépaule.
V, — D.-S. — Français : corbeau de
fer ou de pierre pour porter le faux man-
teau d'une cheminée.
COLRGEAIE, CoLRGÉE et COURGIE ,
S. f., charge que l'on perle avec la
courge : « une courgeaie de linge, une
COU
courgéo d'aive , » D.-S. — V. — Vend.
Suivant les lieux.
CouRGE-DE Ranches, S. m., ma-
driers qui passent sur les deux limons
do la charrette et dans lesquels s'em-
moriaisont les ranches. D.-S. — (B.-F )
CouRLOURiT, s. m., le courlis. D.-S.
(B.-F.)
('oiîRouiL,s. m., verrou. Vend. (C. et
P. D ) /'. Courail.— Patois du Berry :
a courou et crouillou, «»
CouROUiLi.AE,v. a .fermer une porto
avec lo verrou. Vend. /'. Courouilhii —
Patois du Berry : « courouiller. »
CoTROiiR, SE(1. currere)^ adj., celui
ou celle qui est sans cesse par voie et
par chemin. V.,arr. deCiv.
Courrai, s m., bande de cuir lon-
gue et étroite qui sert à lacer les brode-
quins, etc. r. Corgeon. D.-S. — (B.-F.)
CouBBANCE.s. f. ,fossé profoud creusé
par les eaux pluviales et servant à leur
écoulement. — Ruisseau. V., arr. de
Chat. — < Terre joignant à la courrance
qui vient de la Forgerie aux prez de
Moigne. I) (l408, Sainl-Romain--ur-
Vienne, Manusc. du Poitou. j
CôURRATiEu, RE, adj., celui ou celle
qui est sans cesse par voie et par che-
mins. V., arr. de Poit. — Marne : com-
mis; ionnaire en marchandises. — Dans
Rabelais ce mot signifie revendeuse. —
Noms de lieux : «Couiratier(le),» Vaux-
sur-Vienne.
Courre, s. f., sorte de poisson, le
congre. V. — Manusc. du Poitou. An.
1.54'0.
(-OURSOIR1: (g. >'.coTc;),s. m., courou
espace libre entourant les habitations.
Vend. (G. et P. D.) — D.S., arr. Melle.
— Jardrins, cours, coursoucros. (I6.')8.)
Nieuil-lEspoir. Manusc. du Poitou.)
CouRsiÈRE (1. cursus)^ s. f., sentier.
V., arr. Civ., Châtain.
Courtaud (faire) [I. cnrtus], locse
dit d'un domestique qui sort de chez
son maître avant l'époque convenue.
Par extension, monter sur « sa j'ment
courtaude. » V.,arr. Civ.
COURTÉE et COURTIE, 3. f . , tOUt lo
blé étendu sur une cour à battre. Il est
aussi employé dans le sens de airée.
V.— D.-S , suivant les lieux.
CouHTE-NOUÉE, s. f., plante, renouée
cou
I
ou cenlinode ; onomatopée. Vend. ,
Font. (C. et P. D.)
CouRTiL, S. m., petite cour, terrain
vague qui entoure la maison d'habita-
tion. V. — D.-S.— Il désigne encore l'en-
semble des servitudes, cours, bâtiments
qui entourent une maison d'exploita-
tion. D.-S., arr. Mel.— « Cortil, » jardin.
(An. 138.5. iManusc du Poitou.' — Basse
latinité : « curtile, curtillum. o Spel-
manno, locus, velsedescurtis; Vadiano,
villulaaliquapauciseedificiisconstructa;
domus rusticana prœdiolo conjuncta :
reclius, cui adjunctus est horlus, nam
curiile proprie hortum rusticum , seu
curti:^ sonat. (Duc.)— Ardennes, Marne:
« courtis, courtils, » jardin clos. —
Mayenne : acourti, •» lieu vague devant
une' ferme. — Roman du renard :
« La bonne fcm.Tie du Maisnil
Il A ouvert i'uis de son conrtil. »
[Cit. Uuc]
C0URIILL4GE et COURTILÉGE (b. 1.
curtllagium) , s. m. V. — D.-S. F. le
précédent.
« I pensez mea
v Quela cour (palais do justice) fust in courUUage. »
(Cent. Poëtv.)
« Maison et courtillage, » cum viridario
et cortil lagin. (An. 1334-1352. Manus.
du Poitou.) — Sorte de redevance. (An.
1385. Manusc. du Poitou.) — Curtila-
giiim, idem quodcurlile. (Duc.J — Guil-
laume Guiarl 1298 :
« Et s'espandircnt fols et sages
») Çà et là par les courliUages. »
Marne : « courtilage, » jardinage, lé-
gumes.
CouRTiLLOU, s. m., sillon qui va en
diminuant. V., c. hl.-Joiir., Adriers.
COY
99
-T,'
Aberiïeon.
CouRTiLLOUNAi , v. n., faire des
courlillons. V.^c. deTI^l Jour., Adriers.
V. Abergeonnai
CouRTiou, S. m , petite cour , etc.
V.— D.-S. /'''.Courlil.(An. 15iO.Manus.
du Poitou. — Psoms de lieu.x : c< Cour-
tiou (le), » Blanzais , Rouillé, SkSau-
vant, Thuré (V.) ; « Grand et PetitCour-
tiou, >Thurageau(V.); « Courtioux(le).»
Anché , St-Martin-la-Rivière , Pouillé.
iV.j ; « Courlis (les), Ceaux, près Loud. ,
Coussay-les-Bois. (V.), « Courty (le),
Nueil-sùr-Dive (V.).
CouRTûuÈBE, s. f., couverture. V.,
arr. de Civ.— D.-S. V. Cartouère.
CousT, CoLSECt CousiB.s. m . vase
en bois, ou corne de bœuf dans lesquels
le faucheur met de l'eau et sa pierre
à aiguiser. D.-S. — Vend. — (B -F.).
V. Cou'dée.
CoussA et CoussAR, s. m., houx.
V.,arr.Poit.— D. S.— ;b -F.).— V.,arr.
de Civ. — Noms de lieux : « Coussa (te), »
Prailles (D:-S); « Coussaie (la), »
Ayron. (V.)
CoussOTTE, s. f., instrument qui sert
à laver les mains. V. — D.-S. — Vend.
V. Ca.-sotte. — Patois du Berry : « cous-
sotte , i> espèce de poêlon en bois et à
manche court, servant à puiser l'eau
dans un seau.
CoUTEA-PAROUR [\. cultei-parans),
s. m., couteau à deux manches qui sert
à parer le bois, à le peler, à lui enlever
l'écorce. (B.-F ) — « Couteau a parer •
du sabotier. V., arr. Civ.
CouTON. plaque en fer dont on gar-
nit le dessus et les côtés d'un sep de
charrue. V. — D.-S.
CouTON, s. m., les nervures des
feuilles de choux et des légumes en gé-
néral; tiges des plantes quand elles sont
dures et coriaces. L'on dit aussi : « un
couton d'balai, > pour dire un balai
usé. V. — D.-S.-(B.-F.)— Saintonge. —
Patois du Berry : « couton, > cote,
tige.
"CoLVRAîLLE, S. f., ensemencement
des blés : « le temps des couvrailles, »
la saison où Ton fait les blés. V. — D.-S.
— Manusc. du Poitou.
Coux, s. m. , houx. V., c. do l'Isl.-
Jour. V. Coussa. — Noms de lieux :
« Coux (le), » Availles, arr. Civ.
CoYAUx LATTAISTS, S. m. pi., mor-
ceaux de bois que l'on cloue aux che-
vrons. D -S. — Synonyme de « acoyau. »
y. ce mot.
CoYET , s. m., vase en bois qui sert
au faucheur à mettre de l'eau et la
pierre h aiguiser sa faux. V. T. Couâe.
CoYON, s. m., au propre, c'est le
pépin de la coie. Il signifie aussi une
bouteille, a Bère son coyon, » boire sa
bouteille. D.-S.— ;B.-F.)—- Patois limou-
sin : « couyo, » citrouille.
100
CRA
Cbab^nt et Ckabas, s. m., crachat
épais et fréquent ; gros rliiime; c i ai in
crabantsu l'fistoumal qui m' cueurve; m
jai un crabanl sur l'ostomac qui me
crève, c'est-à-dire qui m'étoutTe. V , arr.
Poit. et C\\'., suivant les lieux.
Crabassai, V. n., lou^ser en cra-
chant, faire des crachats dégoûtants. V.
— D.-s.— :b.-f.)
Cracasse, s. f., sommet de la tête.
D.-S., arr. de Bress. V. Cacrea.
Cracassai , V. n., crier comme les
oies ; onomatopée. V., arr. de Civray.
/'. Carca^sai.
Cracassai, v. n,, se dit des objets
qui cassent bref et avec un bruit sec,
du bois qui travaille, de deux corps
durs qui se heurtent. D -S.— (B.-F.) ~
V., arr. Civ.
Cuacasson, oUiNE, adj., babillard,
bredouilleur. V.— D.-S. V. Carcasson.
Crachat-de-Coucou, s. m., bave
produite par la larve de la casside verte.
V., arr. de Poit (Maud.)
Cracoches, s. f. pi., coquilles. V.,
arr. de Chat. T'. Cnquelotte.
Cracot, te, adj., creux : « chagne
cracot. » D.-S., arr. de Bress. et de
Parth. —(A. R.)
Cracottk , s. f. , tronc d'arbre
creux. D.-S , arr. de Bress. et de Parth.
-(A. R.)
Cracotïf, s. f.. coquille de noix,
d'œufs. D.-S., Saint-Romans lès-Mel.
(B.-F.) y Caquelotte.
Ceaisi et Craisiou, s. m., petite
himpe. V., Mo!its-sur-Guesnes. — D.-S.,
arr. de Parih. (.4. R ) — Rabelais :
« craisiou. »
Crapasson. ounne, adj, petit, mais
d'une taille bien rlessiriée D.-S.,arr. de
B.ress. et de Parth.
Crapaud, s. m., sorte de cadenas, en-
ferges pour les pieds des chevaux. V'.,
arr. de Poit et de Civ, — D.-S.
CBAPAUD-DE-VlG^B, S m , cngoulc-
• vent, oiseau. D.-S. (B.-F.) V. Clioque.
Crapaud, s. m , mitaines, sorte de
gants dont les doigts, sauf le pouce, ne
sont pas séparés. D.-S.— (B.-F.)— «Mi-
taines-à-crapaud. » V.,arr. Civ.
Craquauds, s. m,, coquilles en gé-
néral V._, arr. de Chat. V. Caquelotte.
CRI
Cras (l. crescere)fS. m., croît, chep-
tel. Vend.
« Que Chcrbonnc tenait à cras de sa tante Rrnote, »
(Gust., p. 54.)
Gascon : « crey, » croît. — Marne :
« crut,cru!c,)) augmentation,
Crasée, s. f., carrefour: a di li qu'gle
m'attenge à la crasçe do par délai les
ehomps de la ville ; » dis-lui qu'il m'at-
tende au carrefour qui est au-delà des
champs de la ville. V., arr. Poit.
Cregison , s, m., entamure , gros
morceau. V. — D.-S. Y. Cargnâon.
Creire (l. credere]^ v. a., croire.
Dans tout le Poitou.
« Mûre ol faut bay craire. »
(Gusf., p. 81.)
Prés, de rind. : « s. cré, y cray. » Part.
prés. : « créant, crayant. o Part, pas :
« creguis, cru. » — Roman : « creire. »
— Gascon : • creyre. t>
Cremeillou, se (1. cremare), adj.,
désireux. INo s'emploie que dans le sens
négatif. Vend. (Cet P. D.)
Crenea, Crenou (1. cr€?ia\s. m,,
petit espace séparé que l'on réserve dans
une écurie pour les brebis, les oies. D.-
S , arr. de Bress. et de Parth. — (A.. R.)
Cr.EM, E. adj., amaigri, affaibli par
une longue maladie, faible, fatigué. —
Se dit aussi de quelqu'un qui a pauvre
mine. — Dans un autre sens, c'est faire
le paresseux, le fainéant. D.-S. — (B.-F.)
— V., arr. Poit.
Crenochis, s. m , ce qui est trop
peu étendu. D.-S. — (A. R.)
Crenon (I. crena), s. m., petite ou-
verture, petit compartiment. D.-S. —
(B.-F.)
Creuge-Oreille et Crcge-Orei llb,
s. m., insecte, perce-oreille. D.-S. —
V. — (B.-F.)
Cri et Crir, syncope du verbe fran-
çais quérir. Dans tout le Poitou.
« Mais si gne revenant qui ne les ange crlr. »
(Bab., p. 91 .)
Crie, s. f., va.se en grès, en terre,
pour contenir de l'huile, du vin. D.-S.
— (A. R)
« Et d'antre do vinaigre et de l'heule en do cric. »
(Bab , p. 47.)
GRO
— Buie, cruche, il ne s'emploie qne dans
le proverbe: « sourd queme ine crie. »
Vend. (C. el P. 1)0
Crignolle, s. f , !a cornouille, le
fruit du cornouiller. D.-S — (B.-F.)
Crignolier, s. m, cornouiller. I.).-
S. — (B.-F.) Baï^se latinité : conio/iinn,
cornus ; corno Italis, conwlier Gallis.
(Duc.)
Cro, s. m, , creux, trou : « lou pra
d'ia cro, » le pré des trous. V., c. Isl.-
Jourd., r.uchapt. — Aube : «cro, cron, »
fossé. — Patois du Berry : « cros, crot, »
trou, creux, pièce d'eau.
Croisaie el Crotsie,s. f., carre-
four. V. Cra.-^ée. Il s'emploie aussi dans
le sens du mol français croisée, fenê-
tre. D.-S. — (A. R.)"
Crole, s. m., vase. Vend, (G. et P.
D.)
CfiOLÉ et Crolinai, v. a. et n,. se-
couer, remuer, renverser : » la tête li
erole. « — « Quiconque en vouloit avoir
ne falloit que crousler l'arbre. » (Rab ,
1. ri, c. 9.) — Au figuré : « croie de la
tête, » c'est dire non, faire un signe né-
gatif. V. — D.-S. — Aube, Marne :
« cruUer, crosler. »
Crolette , s. f., brysa média ,
plante. V., arr. Poit. (Maud.)
Croquet {qu mouillés), adj., petit :
« ol é l'croquct. » V. — D.-S. — (B -F.)
Crosson, s. m., morceau de pain
bénit qu'on envoie à la famille qui doit
offrir le pain bénit le dimanche suivant.
C'est aussi le morceau du même pain
réservé à M. le curé. Dans tout le Poitou
Basse latinité : crustum, crustullum^
pro fragmente panis. (Joan. de Janua.
Cit. Duc )
CROSso^^ s. m., chicot de bois mort;
reste d'une dent carriée : « thiau cresson
d'maiss'lé (de dent), m'fé in mau gâlé.o
D.-S.— :B.-F.)
Crotte-de-rat, s. m.^sedum acre,
plante. V. , arr. de Poit. et de Civ,
(Maud.)
Crot'iou, se, adj., crotté; par ex-
tension, barlDouillé: « eh ! d'our vin-lu,
engouessé d'drùle, t'é tout crotlou, bau-
drou, patrouillou ; » et d'où viens-tu,
endiablé de drôle, tu es tout crotté, sale
et plein de boue. V. — D.-S.
Croui, V. n., moisir. V., arr. de
Civ.
GUE
101
Croupère, s. f., bourrelet que les
femmes attachent au bas de leur corset
pour soutenir leur jupe. D.-S., c. de
Bress — Vend.
« Tanloiis ol y faut d.iu Lourgnon,
» Tantôt iue croupère. »
(Gust., p. 2ô.)
Basse latinité : crupes, -/.cvia , funls ,
corde. (Duc.)
Croutai et Croutelat,v. a., rendre
inégal, raboteux. — Impers. Devenir
raboteux : « o croulai fort dès ;i malin. .>
V. — D.-S., c. de Bressuire où l'on dit
« crouU. » — (A. R.)
Cru [u très-long^, s. m., trou. V. ■—
D.-S.— (B.-F.) — F. Cro.
1 -Ine serpent si groiisse
» Que jamcz y cge vu .sorti de cruz ou fousse. ))
[l\0b. DiV., p. 125.)
— Pvornan : « crus, d creux, vide.
Cruchai, V. n., monter: « gai-'don
où gl é cruchai, s'ol y a dau ban sons; »
regardes donc où il est monté, s'il y a
du bon cens. — (Se), v. pr.,se percher.
V., arr. de Poit. — D.-S., c. de Bress.
Crucheas, s. m. pi., coquilles de
noix : « r'passez bin quiés crucheas,
enfants, o peut bé y avèr cor' daux
nougeas; » repassez bien ces coquilles,
enfants, il peut bien y avoir encoi'e des
noix. V. — D.-S.
Cryon, s. m , pot à bec pour 1 huile.
Vend. (C. et P. D.)
(Jubatte et Cubotte (très-bref), ^. f.,
petiîe cuve. Vend. (C. et P. D.) — V.,
arr. de Civ. — Basse latinité : cuha^
cupa, labrum, Gall. Cîive. (Duc )
Nota. — Ce mot, et tous ceux qui
commencent pareront ces deux lettres
mouil!ées,exceplé ceux qui, danscerlains
lieux, se prononcent tche.
Cube-de-Charrats, s. f , cuve dans
laquelle on transporte la vendange. D.-
S. -(B-F.)y. Charreau.
Guette, s. f., petite cuve qui sert à
recevoir le vin au sortir du pressoir.
V., arr. de Cliât. — Cue : « Item qua-
tre grans eues à tenir vin. » (An 1339.
Manusc. du Poitou.)
CuEiULLE (b. 1. collia], s. f., côte,
colline, montée rude. D -S. — V. —
(A. B.) Ce mot n'est plus guère u^ilé
que pour des noms de lieux. Vient de
102
GUL
aculia, dit M. Beaiichet-Fillenu, que
l'on trouve cité dans un acte do 1452.
Jculia extra por/om Saucti-Lazari.
C'est la Cucille-Mircbalaise à PoitiiTS.
— Col/ia, laCueilie. (An 1287. Arch
de la mairie de Poitiers.) Noms de
lieux : <r Cueille (la), d Champagné-Sl-
Hilaire. Curzay (V.)
CiEiLLERi et CuLLERON, s. m., pe-
tit meuble en bois placé au-dessus de la
table où Ton met les cuillères. V., c. de
1 Ïsl.-Jourd. et arr. de Civ. V. l'-lierai.
Cuiou (quiou\ s. m., cul. « Si l'baill'
mou pé dans le cuiou. p V.^ c. de l'Isl -
Jourd.
Cul-Bltan, s. m., le traquet mo-
teu\, oiseau. V., arr. de Poit. (Maud.)
— Marne : cul-blanc, petit oiseau de
la famille des échas.-iers.
CuLAi, et TcHULAi, dans quelques
contrées, v; a. et n,, aller en arrière.
V. — D.-S. — Vend.
« cravançanl gle culant apras. » (Gust.)
CUV
Curé (1. curare), v. a., trier les
noix. V.,arr. de Chat. V. Chalupé.
CuRERiE (cur'ric) , s. f . , action de
cure. V., arr. de Chat.
CuROU, CuROUR, s. m., petite palette
en fer et à douille que Ion adapte au
pied de l'aiguillon, et dont le laboureur
se sort pour nettoyer .'-a charrue et cou-
per les mauvaises herbes. V., arr. de
Civ. — D.-S. , arr. de Melle. —
(B-F.)
CrTn\i fichutrai), V. n., s'accroupir,
se blottir. Vend. Font. (C. et P. D.)
CuTRON (Ichutron), S. m., mauvais
torchon. D -S., c. Celles.
CiiVATE, s. f., petite cuve. Vend. V.
Cubât te.
CuvERTE (1. cooperfus), s. f., courte-
pointe. V., arr. de Civ., Blanzay et Li-
nazay. — D.-S., arr. de Melle et do
Bress. — Provençal : « cubertuno : »
« lire plan-plan sa cubcrt(mo; » tiro
l doucement sa couverture.
D
BAI
Da, s. m., urine, du vieux mot fran-
çais fJate que l'on trouve dès 1250.
(Lac.) D.-S. — (B-F.)
Daburai (r. de aOurai), v. a , égonl-
ter, assécher : « les chatagnes sant
cueutes, o faut les daburai ; » les châ-
taignes sont cuites, il faut les égoutter.
V., arr. Civ, V. Aburiîi.
Dablrour, s. m., planche percée
que l'on met .'ur un pot, en le versant,
pour c daburai » les châtaignes et les
pommes de terre bouillies. V., arr. Civ.
Dacouai (I. de cauda], v. a., déta-
cher un animal attaché à la queue d'un
autre. V., arr. Civ.
Daffougeai (r. de offougeai), v
a., donner de l'air au feu afin qu'il
s'enflamme. V., arr. Civ.
Dag ALLAI (r. de agallni), v. a.,
abattre des noix avec une gaule : « vé
dou dagallai quiés nouas. » V., arr. de
Civ.
Dagaçai (r. de agacer), v. a., enle-
ver l'irritation causée aux dents par les
fruits que l'on a mangés. V., arr. Civ.
DAGriLLAi, v. a., prendre quelque
chose avec les dents, le secouer. D.-S.,
c. d'Airvault, Gâtine.
Daiche, s. f., corbeille dans laquelle
les pavsannes serrent leurs coiffes. D.-S.
— (B.'f.)
Dail, s. m., faux. — Au figuré,
« battre son dail, » c'est mourir, s'étein-
dre petit à petit. V. — D.-S. — Vend.
— « Dail à faucher. » (An. 1747. Va.s-
les. Manusc.) — Roman : « dalh ou
dayll, j) faux; du gothique « dail, »
d'a'pres Raynouard. (Cit. B.-F.) —
Saintonge. — Languedoc : « dàlio. »
— IVovençal : v dai : mai coume un
dai souîo l'enchaple; « mais comme une
faux sous le marteau qui la bat. — Pa-
tois du Berry : « dard. » — Gascon :
1 daillo. » — Rabelais : « dail : la
mort avec son dail l'eust faulché et cer-
clé de ce monde. « (Prol., 1. 4.)
DAN
Datve et DÈVB, s. f , ennui ce qui
cause do l'ennui, didiciiité, embarras.
D.-S., c. Brcss. — Vend.
o 01 ay bay quleu la dnive. »
(Giist., p. so.)
Roman : « desviar, » égarer. — Ancien
frar.çais : « desverie : ce me semble
grande desverie, •> (An. 1290. Di.-po-i-
tion des loges des diverses professions à
la foire du Lendit à Paris.)
Dalle, s. f., tuyau, chenal. — Au
figuré: « s'arroser la dalle dau cou, s
c'est b)ire à longs traits. V, — D.-S.
Dalletai et i)ALLOTAT, V. n. , agiter
ses ailes. — Au figuré, être transporlé
de joie. Vend. — Par ex'.ension, aller,
remuer, marcher :
« Y gallopy si fort de sente en sente
» Que mon pouvre chevau ne peut plus dal-
[ lotir. »
(Rab.)
Damèrr^ Ioc. adv , pour dam sei-
gneur et veré vraiment. Vend. —
t Damèrc! ol est que. »
(Gu.ueau, p. la.)
Da MIOCHE, S, f., la dame du « bour-
geasson, « qui veut imiter la grande
dame. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. Poit.
Dangé. s. m., maladie charbonneuse
des bêles bovines et ovines : « ol é 1'
Irasiôme des vias, nout' n^.oître, qu'i
perd per le dongé; » c'est !e troisième
des veau.x, notre maître, que je perds
par le dangé. V., arr. Poit., Civ. et
Monlm. — D.-S , arr. Melic.
Dainiai, v. a , <îétruirc : c i s'rë
obligeai d'ach'tai d' l'onguonl gris pre
daniai les pouigles à quiau drôle ; » je
serai obligé d'acheter de l'onguent gris
pour détruire les poux a ce drôle. —
Piacine : de^ français, marque de sépa
ration, et ardai, patois poitevin, multi-
plier.
DA^'ZE et Donze, adj , qui est
dompté, qui devient docile; un cheval
e^t « donze » lorsqu'il est dressé à la
charrette, à la voiture, et qu'il est par
conséquent docile à la voix, à la main
qui le dirige. — Par extension, fatigué,
harassé. V., arr. Poit. et de Civ.
Danzé, Donzb, V. a. et pr., domp-
ter. Par extension, n'en pouvoir plus :
DAU
103
« glo s' sant perfant donzé à force do
donsai ; » ilsso sont pourtant fatigués à
force de danser. V. — D.-S.
Darachai, v. a., arracher. V., arr.
Poit, et Civ. — D.-S., arr. de Bress.
— I,alin : de, séparation, radicarl,
prendre racine, pous.-^er.
Darre, prép., derrière. V., arr. Civ.
— D.-S. — Vend.
« Et dare tirerai la langue contre vou-^. •>
(Gust., p. ca.)
Gascon : « darré. » — Provençal :
« darrié : darrié li grands areno; •»
derrière les grandes aiènes. — .Marne :
« darrié. » — Patois du I,imou:^in :
« dorey. )>
Darrère, prép. V. !e précéil. V. —
D.-S. —Vend.
« 01 est vray qu'y n'ay point de porte de darrère. »
(Bap., p. 01.)
— Roman : « reyre, reirê, » derrière.
— Rabelais : « darrière : devisant avec
luy lui persuada monter darrière. »
(I. 5, c. 7.)
Darrère, s. m., dos, derrière, la
partie postérieure. V.,
« I re.sembiai par le darrère
» A n'in président. » [Chans. poit.J
Dassiant, Dassiont (être), Ioc,
être assis. V., arr. Civ. — D -S., St-
Romans-lès-Meile. — (B.-F.) — « Kn
assiont; » D.-S., c. Bress.
Dat^nçai et DÉTANÇAI, v. a., cueil-
lir lu tViiil avant sa maturité : « nou.s
pouères sant toutes coties, faut creirc
qu'air avant été détaneéies ; » nos
poires sont toutes meurtries, il faut
croire qu'elles ont été cueillies trop tôt.
V., arr. Civ. — D S. — (B.-F.). —
f.aîin : de lenipore, de bonne heure :
« ipse de lempore cœnavit, » il soup:i
de bonne heui-e. (Flirt.)
Dau. art., de, du. des, dans pre.-quc
tout le Poitou. — Patois limou>in :
« daou. >>
Dau, s. m., dé à coudre. V., arr.
Chat, et de Monlm.
Daubé, v. a., frapper devant sur le
fer. V., arr. Chat.
Daubkur, s m., ouvrier forgeron ou
serrurier qui frappe sur le fer chaud
avant le maître ouvrier. V., arr. Chût.
Daumée et Daumeu, s. f., blouse.
104
DÉB
V.,arr. Poil. — Yeric, c. xMirebeau el
de Vouillé — D.-S., c. de Thénezay
Dauraileau (le), c'est le chant des
bergères quand elles parlent de la mai-
son pour conduire leurs brebis aux
champs. V., arr. Oiv et de Chat.
D'avant, adv , devant. V. — D.-S.
— Vend. — Pxoman et Languedocien.
De, s. m., doigt. V., arr. de l'oit, et
de Civ. — D.-S., arr. de Bress. et de
Par th.
a De mes deux dés mouchis mou dcz
« (Jnl était morveux.
(Chans. poil )
Gascon : « dit, >
DÉ, 5. m., Dieu. (>'. p) — Aube,
Marne.
Deablesa (diabletia; [l. diabolus],
s. m., diminutif de diable.
« Ainsi qupmc deab';clea
» Iglz criant à pleine goule. »
',Gcnt. Po&lv.)
Débadai, V. n., ouvrir la bouche,
répondre. (B.-F.)
DEBAGOULAE,(r. cle bagou), \. a. .ra-
conter avec abondance , parler beau-
coup. Vend. |C. et P. D)
DEBAGOLLAictDÉBADiGOLLAT, Sui-
vant les lieux « débagouli. » /-'. le pré-
cédent. V. — D.-S.
« Gle s'métirant bén neu ou* dix
» A débagouli la grand'mcsse. »
(Chans. Poit.)
— Marne : « débagouler », radoier,
DÉBAîSNi (sE;, v. pr., se dégoûter
d'une personne, en avoir mauvaise opi-
nion : M on m'a débanni d'elle. » Vend.
Font. (C. et P. D )
DÉBARicoLÊ. E, adj , SG dit des fu-
tailles qui sont en mauvais étal : « tes
barriques sont toufesdébaricolées. » Du
mot barrique. (B -F.)
DÉBAT, s. m., dessous, cavité, trou :
« il a versé parce qu'une roue de sa
charrette a tombé dans le débat qui est
aux quatre chemins. » V., arr. de Chat.
— Gascon : « débat », en dessous.
DÉBEBTÉ, v. n., changer de chemin ,
dévier de sa route, — se dit au figuré
de ceux qui se laissent entraîner au vice,
ù la débauche, après avoir eu une con-
DEC
duite exempte de reproches. V., Chat.,
Oiré.
Debillardaî, v. a., ébaucher , dé-
grossir les pierres sortant de la cariière.
D.-S., arr. de Parth.
Déblav.e, (ftHiiouillés), s. m , jus-
tificiition : « que dira-t-eil per san dé-
blàmc? V. — D.-S. — Vend.
Déblamé , (bl mouillés), v. a. et
pr., justifier quelqu'un, .se justifier soi-
même. V. — D.-S. — Vend.
Déboittat et Debottai, v. a., dé-
garnir les pieds des vignes. V., Monlm.,
Saint-Remi, arr. de Poit. et de Civ.
DÉBOKD, s. m., mnladie des enfants
qui est supposée leur abattre l'estomac.
C'est la convulsion causée le plus ordi-
nairement par la dentition. Il y a la
perle à débord que Ion met au cou des
enfants pour les prémunir contre cette
maladie. V., arr. de Chat. — Haule-
Marne : « débord •> , convulsion, —
Mayenne : « débord t> , dyssenterie ,
diarrhée. Français : « débord » ^ t. de
médecine, débordement.
Debouillai, V. a., défaire, renver-
ser, ruiner. D.-S. — (B.-F.)
DÉBROUSAi (se), v. pr., se nettoyer,
et principalement se débarbouiller. V.,
arr. de Poit.
DÉBUBAE, V n., avoir très grand
cha'ud, respirer fiéquemment. Vend. iC.
et P. D.)
DÉBURAi , V. a., égoutter. V. Abu-
rai. — Vider : « débure don tes poches, »
D.-S. - (A.R.)
DECALAI; V. a., ôter le brou , la cale
de la noix ; séparer la peau du bois au
moment de la sève. — V. n. , par ex-
tension, enlever les taches. D.-S. ■ —
(A.R.)
Dec vY-DELAY,adv., deçà, deli.Dans
!out le Poitou. Employé par tons les
auteurs qui ont écrit en patois poitevin.
— Gascon : o delay », la bas.
Décapité, adj., se dit d'un mauvais
chemin. Vend. (C. et P, D.) — Marne :
« décapiter (se)», S3 ilépiter , perdre la
tète, — Français : « décapiter », couper
la tête.
DÉCHABUTÉ, V, n. , se détacher de
l'arbre, et tomber en parlant desfeuilles :
« depis deux jours les feuilles des fibres
se sont bén déchabuléies. » V., a:r. de
Chût., Oiré.
DEC
DÉCHAFOURAi , V. 3., déchiffrer;
lire une chose difficile. D.-S.
» Y «arant bé les déchafourai. »
Chans. Poit.
Dechalat (r. châle), v. a., enlever
le brou , la châle de la noix. V., c. de
risl. -.lourd,
DÉCHARiNAiLLAi {V. Charnall), v.
a., enlever le charnail : « la boude en
tétanl décharnaill'ra la vache. » D.-S.,
arr. de Parth.— (A. R.)
DÉCHAUDRONÉ, V. a., dégarnir le
pied des vignes. V., c. de Saint-Savin.
f. Déboutai.
Dechaussoire, s. f., petite houe
dont on sesertpoiir déchausser la vigne.
V. — « Deux besoches, deux déchaus-
soires. » (An. 17.52 , manusc. du Poi-
tou.) — Français : « déchaussoir )■), s.
m., instrument de dentiste pour dé-
chausser les dents.
DÈCHE, s. f.,vice, défaut de confor-
mation : « mon bœuf a une dèche à la
jambe qui li fé grand tort, — Au figuré,
mauvaise fortune. V., arr. de Poit.,
Chat. — Marne : « deschée, deschef »,
perte. — Patois du Limousin : « Déy-
cho », blessure. — Français : « déchet »,
diminution en quantité ou en valeur.
Decheiaint, te, adj. verb., sale,
malpropre. Au figuré, une personne qui
se plaint sans raison. V., arr. de Chat.,
Oiré, Maire.
Dechemela , V, a., changer une
paire de bœufs de main , c'e»t-à dire
meltre à gauche celui qui est de main
droite, et vice versa y ou assortir en-
semble les bœufs choisis dans deux
paires. V., c. Monîm. , Saint-Remi.
Decidation (1. decisio) , s. f, ,
décision. V.
Decinssai, v. n., ne pas cesser, con-
tinuer sans interruption : « gne d'cins-
s'ra pas d'causai »>, va. V.
Decis, se, adj. (1. decisus), décisif.
V., Civray, arr. de Bressuire.
« Donne sus tous les points, sans écouter rEgliâc,
» Sa résolution comme chose déclse. »
(Bab., p. 26.)
Decoirai (y. Coire), v. a., ouvrir
en ôtant la coire : «decoir' vitel'clion. »
D.-S. - (A.-R.) — V,, arr de Civ.
DÉcoMPORTAi (se) , Y. H. et pr., se
xxxu.
DÉF
105
désoler , perdre la tête par suite d'un
chagrin, d'une perte, du peu de succès
dans une entreprise : « Jacquille est
tout décomportai depeu qu' sa paur'
Renotte est défunte »; Jacques perd la
lêle depuis la mort de sa pauvre Renée.
V.
DÉcoPAi, V, a., interrompre ; « n'
t'avis' pas d'veni me décopai pendant
mon travail, » D.-S. — (A. R.) — V.
Au figuré, débaucher , détourner du
devoir : « ol é 1' voisin qui a décopai
mon mari. D.-S. — (A. R.), — v. pr,,
discontinuer. — Par extension, donner
le change à sa parole, dans une con-
versation, surtout devant la justice :
« gl'é poué à s'n aise , quiau gars, de-
vontr juge, gle s* décop' trot » ; il n'est
pas à son aise, ce gars, devant le juge,
il n est pas ferme dans ses réponses. V.
DÉcossAi {r. Cosse), V. a.^ ôterles
pois, les fèves de leurs cosses. V, —
D,-S.
DÉcouRGEAi (F. Courge) , v. a,,
décharger quelqu'un du fardeau qu'il
porte à Taide de la courge — (sej, v.
pr.,se décharger soi-même. V. — D.-S,
Decoubrompre, v. a., interrompre :
c pardon d' ' vous décourrompre. »
D.-S. — (B.-F.) — « Décourrompre
(sans), » loc. sans interruption : « i ai
vu passé dau brelinage toute quiette
malinéie sans décourrompre » ; j'ai vu
passer des moutons, toute la matinée,
sans qu'il y ait eu relâche, interrup-
tion. V., arr. de Poit, et Civ. — D.-S.,
arr. de Bress. et de Parth.
DÉCROLLAi (r. 6To/t'),v. 8., écrou-
1er ; se dit surtout de la terre formant
les talus des fossés, et de celle qui se
trouve sur la pente des sillons, laquelle,
par l'effet de la pluie, ou des gelées,
tombe dans les raies ou comble les
fossés. (B.-F.) — C. Bressuire, —V.,
arr. de Civ,
DÉcuRAiLLAi , v. 3., approprier ,
nettoyer , rendre propre. D. S., arr. de
!Vîelle.(Rond.) Peut-être du latin curare,
avoir soin. (B.-F.)
DÉFbÇAi et DÉFERTÉ (defçai), v. a.,
défaire ce qui était fretté, entrelacé.
D.-S., arr. de Bress. et de Parth. —V.,
arr. de Chat.
DÉFINI, V. n., changer, devenir mé-
connaissable. Une longue maladie dé-
40*
106
DÉG
finit la personne qui en a été atteinte ,
elle ramiiigrit. l'affaiblit, la défigure.
(B.-F)— V , Civ.— D.-S.,arr. de Bress.
et de Parlh.
DEFod'fo, d'for) [I. de foris), adv.,
dehors. V. — D.-S'., Gâline. — Vend.
• Et nous ogtill fogii incore
» BalD pouvreineiit couchey defore.
(Gcnt. roet.,p. 91. Cit. B.-F.)
Roman, limousin, provençal et gas-
con : a defuro. » — Languedocien :
« ilefora. j — Besançon : « defoe. • —
Saintonge : t defuère, defors. » — An-
cien français.
Dkfougeai (1. defoderé) , v. a.,
étouffer D.-S., arr. de Mel. (Rond.)
Defrettai et Defroqui tat , v. a.,
défaire ce qui est frelté, entrelacé : «les
chaises sont toutes defreltaies. » Il est
aussi pronominal D.-S., arr. de Parth
(A. R.) — V., arr. de Civ. — Français:
« défroque», dépouille.
Defkougnai (se), v. pr., remuer les
épaules à tout propos , faire des contor-
sions. — D.-S. — iB.-F.j — V., arr. de
Poit. et de Civ.
Defbuches , s. f. pi. , débris, dé-
pouilles , restes. V. — D -S. — « Et pa-
reillement des six soufflectz et aultres
vieux bois et desfruches de la vieille
orgue.» (An. 1608. Arch. St.-Hil. Egl.
Suppl. n" AZ.)
Defruche, s. f. , se dit principale-
ment des petites branches, des racines,
etc., d'un arbre abattu ; « arrache me
Ihiau châgne et t'aura té la defruche. »
— D.-S. — (B.-F.)— V.
Degallai , V. a., abattre avec une
gaule.— D.-S.— (B.-F.)— F. Dagallai.
Dkgallots (à la) |r. deçja(lai\j loc.
peu usitée. Elle exprime une idée d'a-
bandon et de délaissement. — (Ij.-F.)
Degatai, v. a., défricher : « mon
valet m'a dégâté trois boisselaies de
mauvaise terre » (A. R.) — D.-S. ,
c. de Bress. et de Pari h.
Degeli (<lég'li| , s." m. C'est le mot
françdis : a dégel. » Dans tout le Poitou.
Degènai , V. a., mettre à l'aise. 11
est aus.>îi pronominal. V. — D.-S., arr.
de Bress. — Patois du Berry. Racine,
de, prép, qui marque séparation , et
gêne, situation fâcheuse.
DÉG
Degtmbré , ÉE (d'gimbré) , adj., dé-
guenillé. V.— D.-S.
« Quand y vit do Fr.inçais autrefois riche, heureux
» Tout acgluibré dans Londres. »
(Bab.)
DÉCOISILLAI, V. a. et n., parler vite
et longtemps, se prend en mauvaise
part : « pauv' cher houme. en a-t-i
dégoisillai su man camptel » V.— Patois
du Berry. — Français : « dégoiser , »
babiller.
DÉGOUATLL\r et Dégouillai, v. a.,
littéralement déchirer, mettre en pièces
avec la gueule. — Au figuré, dénigrer,
médire : « prêchai déguoillai drnôme
tout l'minde ? » Pourquoi dénigrer
comme çh tout le monde ? » — D.-S. ,
suivant les lieux.
Degoussai , v. a., ôter les pois , les
fèves , des gosses , des gousses. V. —
D.-S. — V. Décossai.
Dégoutable , adj. des 2 genres,
dégoûtant, sale, repoussant : « ot' to
d'Ià , vilain dégoutable; » ôte-toi d'ici,
vilain dégoûtant. — D.-S. — (B.-F.)
— V., arr. de Poitiers et de Civ.
Degbevasai (d'grevasai) , v. a.,
donner de l'air au feu, afin qu'il s'en-
flamme — D.-S., arr. de Bress. — V.
Daffougeai.
Deguaçai, v. a., au propre, s'il
était usité , tirer de la guace , de la
mare. Au figuré , tirer de peine , d'em-
barras : « l'argent que tu m'as prêté
m'a deguaçai. » D.-S. — (A. R.)
DÉGUARGUENAÇAI (sc) , V. pP. , Se
découvrir la gorge , la poitrine , se dit
principalement des femmes, on mau-
vaise part. V., arr. de Poit. et de Civ.
— Racine , guarguena , l'ensemble de
la gorge.
DÉGUETLLAi, v. a., déchirer, secouer
avec force : « dégueille don thiau fein ,
egl séchera meux » Au figuré , battre ,
secouer quelqu'un par les cheveux : «i
l'ai bein dégueilîai. d D.-S. — (B.-F.)
— V., arr. de Civ. — Limousin : « de-
iïueillo, » bombance.
Déguenillé , V. a., littéralement,
mettre en guenilles. Au figuré, syno-
nyme du précéd. V., arr. de Chat.
Dégueni , V. a. et n., avoir le plus
DEM
vif désir d'une chose que l'oa ne peut
obtenir, D.-S. — Vend.
« Gu'au pouvaQt , gl'en deguenlssant. >
(Gust., p. 37.)
Deguignou , s. m., répugnance. V.,
arr. de (^liât.
Deguillai, V. a., mettre en pièces.
Au figuré, médire, calomnier. — D.-S.,
arr. deBress. — V. Dégouillai.
Dejanae (d'janàe), v. n., relever le
nez par mépris. Vend. (C. et P. D.)
DfcJABROUSAi (d'jabrousai) , v. a. et
n., débarbouiller, laver la'figure. V. —
D.-S. — Racine de, qui marque extrac-
lion , eljabroUj malpropre , sale.
Dejertour, s. m., répugnance.
D.-S. — (B. -F.) — V. reguigiiou. Vient,
dit M. Beauchet-Filleau , de dejicere ,
jeter hors, et du romnn dejetai\ rejeter.
Dejobrai, v. a. et pr., débarbouiller.
V., arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) -
Racine : de, qui nicirque extraction^ et
johrai , salir.
Déjoue , ÉE , adj., folâtre, enjoué.
V., arr. de Poit.
Del, s. m., deuil. D.-S., arr. de
Bress. — Patois limousin : « dau. »
Delâpassai (d'Iapassai) [se], v. pr.,
se débarrasser d'un fardeau. (B.-F.)
DÉLIÉE, s f., l'heure où les labou-
reurs cessent de labourer , où ils délient
leurs bœufs. V.
Dklinguai et Delinquai (I. delin-
quere) , v. n., diminuer, périr, décli-
ner, se faire vieux : « sa pauvre fortune
delingue. » D.-S. — V. — Vend. ,
suivant les lieux. — Paiois du Berry :
« delingiier. » — Français : « délin-
quer, » contrevenir à la loi.
Délivres, s. m. pi. , décombres,
restes de construction. Dans tout le
Poitou.
Deloire (I. doïere) , v. a. et pr ,
plaindre, se plaindre. Vend. \C. et P.D.)
— Ancien français : « condouloir. »
Déluré , ee, adj. , celui ou celle qui
n'a pas peur, hardi , analogue de luron.
Dans tout le Poitou. — IVîarne: habile,
rusé, adroit.
Demage, s. m., c'est le mot français
donwiage. Dans tout le Poitou.
f Si quequain me fant dau demage. »
(Gust.)
DÉN
107
Demàlae (se), V. pr., se plaindre de
son mal : « se demalâe sans mau, » c'est
se plaindre sans avoir de mal. Vend.—
(C et P. D.) — V., arr. de Civ. — De-
malai (d'malai) [se]. Au figuré , se
plaindre du peu de profit que l'on fait,
du" malheur des temps. D.-S. —(A. R.)
— V. pr», s'impatienter, s'ennuyer. V.,
arr. de Civ. — D.-S._, arr. de Bress. et
de Parth. — (B.-F.)
Dématiné, v. n., au propre , retar-
der, diminuer : o les jours dématinent;»
au figuré , vieillir : « je dématine de
mes'liui; ï> je vieillis, mes jours s'en
vont. V.^ arr. de Chat., Oiré. — Ra-
cine : de , qui fait exprimer au mot
le sens contraire , et matutinum , ma-
tin.
Demes'hui et Demesis, adv., dé-
sormais , maintenant , à présent. V.,
arr. de Chat. — Vend. Font. — (C. et
P. D ) — Ancien français.
Demeurance (l. dêmorari) , s. f.,
demeure, habitation. V. — D.-S.
« V'iant savoir sa demeurance
» I la suvit pas à pas. »
fClians. poit. )
« En laquelle le dict testateur fait sa
demourance. » — (An. 1461. Manusc.
du Poitou.) — Patois du Berry : « de-
meurance , demourance. » La langue
romane a « demoransa , » et l'italien ,
« dimoranza. w — Ancien français :
« demeurance, demourance. »
« Si que toujours, ay espérance
» Eii la maison du seigneur demeurance. »
(Mnrot. Ps. 19.)
Demo et Demoin, adv., demain, V.,
c. Isl-Jour,, Luchapt , où l'on dit:
« demo, » et partout ailleurs : « de-
moin. » D.-S. — Vend. — Patois li-
mousin : «demo. •
Demonio et Demoniou , s. m., en-
fant remuant, lutin. Le mot est espa-
gnol. Vend. Sablais.
Den AILLAI (se), V. pp., se plaindre.
D.-S —(B.-F.)
DÉNAiTRE (faire) , v. n., littérale-
ment, rendre la vie ennuyeuse, l'abré-
ger ; impatienter : « quiau drôle m'fra
trejou d'naître. » V. — Patois du
Berry.
Denbté, ée, adj., celui qui a perdu
108
DÉQ
le nez par un accident, ou par maladie.
Par extension, camus, qui a le nez
court. V. — Patois du Berry. — Racine :
de qui maniue extraction, et nez.
Deobai, w.de auhah, v n.. partir
dès l'aube , de giand malin. — l).-S.,
arr.de Parlh. — (A. R.)
Depatai, V. a., décrotter, enlever la
houe V., arr. de Poit. et Civ.— Patois
du Berry.
Dkpecai (dep'çai). v. a., déchirer,
couper. V., arr. de Poit. et Civ. — Par
extension se dépêcher, faire vite quelque
chose. V. — D.-S.
Dépeçai , (dep'çai), v. a., couper
menu : a irai cheux vous , quont i are
dep'çai daux choux à ma thebratte. »
V. — D-S.
Deplounai (r. pion), v a. et n.,
enlever le pion, le brou de la châlai
gne. 1).-S., arr. de Bress. et de Pan h.
Dep'naillai, v. a., étendre, épar-
piller : a ne dep'naille don pas tes bar-
des dans la chambre. » D.-S. — (A. R.j—
V., arr. de Poit. et Civ. — Rabelais :
dépenaillé, ée, adj., couvert déguenillés.
— Patois du Berry : « Dépeniller, » (le
fumier), l'épandre dans les champs.
Depeu, ou Desped et Depis, prép.
et adv._, depuis :
« Sorly dcspeu neuf ans des écoles d'Orfort. »
(Bab., p. 44.)
V., — D.-S. — Vend., suivant les lieux.
— Patois limousin : « Deypey.» — Lan-
guedocien : « despiov. »
DEPITE, V. a . défier : • i te dépile
dou faire. » V., arr. Chat.
Déplombai, v. n. et pr., un vase se
déplombe, quand le vernis s'en détache.
D-S — V.— (A.R.)
Dépote, s. f., accès, abord, appro-
che. L'on dit de matériaux à enlever,
de travaux à exécuter qu'ils sont en
bonne ou mauvaise dépoie, suivant que
le lieu où ils sont situés est d'un accès
faciki ou difficile. V., arr. de Poit. et de
Civ.
DÈQUEet DfQLÉ. (1. dequis), adv.,
de quoi V., arr. de Civ. — D.-S., arr.
de Parlh. et de Melle.
DEQLErf AiLLAÉ, V. n. et pr., être «dé-
qu'naillâe,» c'est, pour la première fois,
être parrain ou marraine : « Cambé a-
lu dTllàaus, Jeadet ?— i n'ai chut —
DER
lai ! t'é poué core déqu'naillâe, din? »
t ombien as-tu de filleux, .Teadet? — Je
n'en ai aucun. — Tai, lu n'es pas encore
décjuenaillè , donc? D-S , arr. de
Melle et de Niort.— V.arr. de Poit. et de
Civ., avec la prononciation ai, e, ou i,
suivant les lieux.
Deraché, V. a., arracher. V.,arr.
de Chût. —D.-S., arr. de Melle. T. Dara-
chai. — Patois du Berrv. — Rabelais:
« avec un brin de paille cependant au-
roit desraché du fond de la paillasse. »
(L. J'=^ c. 17.)
Perailkau, s. m., récit ennuyeux,
injures sur injures. D.-S.— (A. R.) —
synonyme de Dauraileau, V. ce mot.
V., arr. de Chat.
DkRAY, AiRR(l. ds rstro), adj.. der-
nier, dans quelques communes ; et dans
d'autres : « derré, derrcre. »
« Les dcray transplantés »
[Gust., p. 80.]
« St Matthieu nous apprend dans son derré clia«
[pitre.
(Bab., p. 5.)
€ Fais et ordonne mon testament et
derrère volonté. » (An. H04, Arch.
St-Hil. Egl suppl. n"30.)
On a écrit encore : « derrein , et der-
reine ». < Et par les derreines années et
emplois. » (An. 1398. Arch. Si-Hil.
Courcôme,n^ 43.)
Roman : « reire, reyre, » en arrière.
— Aube, Marne ; • derrain, derien »
DÉREGEAi, V. a., c'est donner à \m
champ le second labour, la seconde fa-
çon, parce qtie alors on refend le sillon
que l'on avait fermé en donnant la pre-
mière, et l'on refait la regedans l'endroit
où elle était. D.-S., arr. de Melle.
(B.-F.j Racine : c/e, hors, rège, raie.
Deréjube, s. f., l'action de dérégeai,
de donner le second labour. (B.-F.)
Debevbillai (se), v p , se réveiller :
« i n' seu poué core déréveillae. o V. —
Patois lansiiiedoc. adéréveilla. •
D^RLiNAi,v. n., retentir comme le
bruit d'une cloche, d un métal. V,,
arr. de Poit, — Patois du Derry : réson-
ner par suite d'une commotion. — Ra-
cine : c/re//n, bruit d'une sonnette. Ono-
matopée.
Derlotaï, v. n., chanter en labou'
DES
rant, en conduisant une charrette. D. -S.,
G. de Thénezay. V. Araudai.
Debs\e (se), V. pr., s'habiller, se
coiffer en parlant d'une femme Vend.
(C. et P. D.) — Anglais : a to dress, »
babiller.
Desaboui, e, adj., vêlements en dé-
sordre. V., arr. de Poitiers.
Desabregeai et Dabbegeai (le g
est légèrement aspiré), v. a., découvrir,
Ô!er la couverture d'un lit — (se), v. pr.,
sedécouvrir : c quiau drôle é si mau
couchonl que gle m'a tout desabregeai
quiette neiit. • Ce drôle est si mauvais
coucheur qu'il m'a tout découvert cette
nuit. — V., arr. de Civ.
Desabriai, v. a. Y. le précéd. V.
— O.S.
DÉSABROUSAi, v. a. et pr., débar-
bouiIltT, laver la ûgure. V. — D.-S
C. Debrousai.
Desacouai,v. a., détacher un ani-
mal que l'on avait attaché à la queue
d'un autre D.-S. F. Dacouai.
Desaffolgeai , V. a., donner de
l'air au ftni afin qu'il s'enflamme. V.,
arr. de Poil. C. Daffougeai.
Desaffiai, v. a , cesser de planter
des arbres fruitiers : « lu n'as pas rai-
son de desaffiai ion verger de poiriers.»
(A. R. — D-S., arr. de Bress. et de
Parth. — V., arr. de Civ. il esl aussi
pronominal. — Racine : de^ qui fait ex-
primer une idée contraire au verbe,
afiîai , produire, élever.
Desaigaillat, (r. de, s euph. ai-
guaillai] v. a., faire tomber Vakjail,
Teau lie pluie : « le vent qui souffle dé-
saigailKra promptement les prés. »
Impers. • hier soir o n' désaigailluit pas
vite. I) D.-S., c. Maz (A.R.) — c.
Bress. — V., arr. de Poit.
Desaimb, éb (d'saimé), adj., littéra-
lement qui a perdu l'âme, l'esprit ; et,
par extension, folâtre, badin, faible d'es-
prit : t ton n'veu é d'saimé. » V., arr.
de Poit. et Chût.
DÉSANDORMi , V. a. , réveiller. —
Par extension, faire comprendre, désa-
buser. V. — D.-S.
• Zacbarie, à présent vous me désandormrt. »
[Bab., p. sa.]
DÉSANiAi, v. a., détruire, faire dis-
paraître : « on n' peut désaniai ces
DÉT
109
mauvaises racines de mon terrain. »
D.-S. — V., arr. de Chat., arr. Poit. —
(A. R.)
DESAVAINGEA1, V. 3. et n., déparer;
n'être pas avenant. D.-S., c. Maz.
(A. R.)
Desavançai, v. a., cueillir le fruit
avant sa malurilé. Par exlens-ion faire
une action, un ouvrage, avant le temps.
D.-S., arr. de Bress. et de Parth. —
(A. R.)
Désendettai (se), v. pr., se libérer,
s'acquitter. V. — Patois du Berry. —
Braniûire : a Elle est morte désendettée
quasi de tout. »
Désencol'é, v. a. et n., détacher un
animal que l'on avait attaché à la queue
d un autre. V., arr. de Chat. /^ . Da-
couai.
Desodju et Dessodjue (à la, à ma),
loc , à l'insu : « tu n' partiras pas à la
desodju de ta mère. » D.-S., c. AJaz.
(A. R.i —Vend., Font.
Desotrillai et Désotillai (r. de
soteille et sotiUe) [-e], v. pr., perdre
ses « soteilles ou sotilles, » en parlant
des bestiaux dont la corne tombe. V.,
arr. Civ. — D.-S., c. Bress.
Desouant, adv., littéralement, dès
avant, autrefois : « ah 1 desouant, gle
labouriant pou quem avoure : » ahl
autrefois, ils ne labouraient pas comme
maintenant. D.-S., arr. de Melle et
Mort.
Desoude (en), loc. ad., à la sour-
dine : « mordre en desoude, t par der-
rière, en traître. V., arr. Civ. — « Dé-
sourd (en). » V., arr. de Poit.
Desouillé'^f.^^, s euph. cloulllé)^
V. a. et pr., « désouillé » qu*flqii'un,
c'est lui donner des mets différents de
ceu.\ dont il est rassasié ; le changer de
mets. V. — D.-S., arr. de Bress.
Dessapassae, v. a., débarrasser.
Vend. C. et P. D.)
Desserte, v. a., défricher, essarter.
V., arr. Chat. — Patois du Berry.
Det, s. m., doigt. V., arr. de Civ.
— D.-S. — Roman et Provençal : i sus
lou bou dou det. » — Catalan : « dit. »
Detapai, v. a., déboucher. D.-S.
(B -F.) — Roman : t destapar, » débou-
cher, retirer.
Détabdai, v., a., retarder, faire per-
dre le temps. V. — Patois du Berry.
110
DEV
Detbau. s. m., cognée, hachereaii.
D.-S., Partii.— Provençal : • (Icsirau. >
— Palois limousin : t deytraoïi. »
Detreax, s. m. Y, le précéd. Vend.
(C. et P D.)
Detrbvirai, V. a., virer, tourner en
un sens opposé, bonlever.-er, renverser.
V. — D.-S. — Roman : o detras, »
derrière; « virar, v tourner.
Detriai, V. a., sevrer, se dit unique
ment des enfants. — Au figuré, et |)ar
extension, « détriai • quelqu'un, et sur-
tout « se détriai. » c'est rompre soi-
même avec une habitude ou en détour-
ner un autre. Dans tout le Poitou.
DÉTROL'iLLAi (r. de, trouillai].\. a.,
desserrer la corde d'une charrette, et
laisser aller la corde du puits. V., arr.
Poit. et Civ. — D.-S., c Bress. — Par
extension, au figuré, aller mal : « Ça
détrouille ses affaires, > c est-a-dire ses
affaires sont ea mauvais état. V. —
D.-S.
DÉTUBBAi (1. deturbarë), v. a., in-
terrompre, troubler : « souvent on me
délurbe dans ce que je fais. î> D -S., c.
Maz. (A. R.) — Patois du Berry : « dé-
tourber. •
Deu, art., de, du, des. V., c. de
Mirebeau et de l'Isl.-Jourd. V. Dau.
Deube (1. dehere)^ v. a., devoir. V.,
arr. de Civ. — D -S., arr. de Melle.
Devallaie et Devallée (b. 1. de-
valaloriuîn), s. f., pente, descente :
K Le mulet s'abattit a la dvallaie. » V.
— D.-S — \'end. — Devalatorium\
pro quadam domosita in desccnsu, ?eu
deva/atorio mercali novi. (An. 1279.
Manusc. du Poitou.) — Mayenne. —
Français : « dévaler, » descendre. —
>'oms de lieux : « Devallerie(la), » Colom-
biers. (V.)
Devant (à la), loc , « à la devant
d'eux, • au devant d'eux; « aller à la
devant de quelqu'un, » c'est aller à la
rencontre d'une personne. V. — D.-S.
— Vend. — Languedocien : • en l'en-
davant. »
Devant, s. m.; Devamaère, s. f.;
Devanteau, s. m., tablier a l'usage des
femmes de la campagne, dans tout
le Poitou.
« Son gardcrobe fit fait d'un de^antcan de pcas. ■-
(Gust., p. 5S.)
DIF
— « Devantier : trois devantiers de
sarge grise. î (An. 1694. Smarve. Ma-
nusc. du Po'tou ) — « Devantière. »
(An. 1773. Manusc. du Poitou.) — Ro-
man : • davantal, devandalh, deven-
dailh. » — Patois du Berry : « do-
vanteau, devantier, devantière. » —
Ardennes, Marne : « devantier. » —
Saintonge:c devanteau. » - Etienne
Tabourot : « son devantier blanc. » —
Rabelais : « elle mit son devanteau sus
sa leste. »
Drvariae (d'variâe\ v. n., déchoir.
Vend. (C. et P. D.) — Perdre de sa va-
leur, ne pas se maintenir en un bon étal.
D.-S., c. Maz. (A. R.)
DÉVETTAI (dév'ttai), v. n., qui ne
peut plus concevoir. Se dit des femelles
des animaux. « Ta vache est aile dév'l-
taie, Charlu? — O y a lin-lomps. »
D.-S.
Drvinpurae (d'vinpnrâe), v. a , ca-
lomnier, déchirer son prochain avec
passion : « ma foné, AI. le curé, ve
d'vinpurâe joliment la religion protes-
tante atout; )^ ma foi. M. le curé, vous
calomniez beaucoup la religion proles-
tante aussi. D.-S,, arr. Melle.
Devirai (d'virai) [1. de et girare],
v. a. et n., détourner, interrompre son
chemin, une course pour s'arrêter :
« d'vir' don qui, y boirant in co; »
détournes donc ici, nous boirons un
coup. V. — D.-S. — Besançon : « dai-
vira. » — Patois limousin : « déyvi-
roda, » dévirée, détour. — Français :
« dévirer, » se dit d'un câble qui recule
au lieu d'avancer; terme de marine.
Dgidab, v. a., guider. Vend., Sabl.
et Chaumois.
Dgir, adv., guères. Vend., Sabl. et
Chaumois.
Diau, s. m., dé à coudre; celui qui
est ouvert par le bout. V.
Diaule, s. f., diminutif du précéd.,
dé h coudre, celui qui est fermé. V.
DiCHTÈRAT, V. n.. tromper au jeu.
Vend., Font. (C. et P. D.)
DiCHTEBOU, SE, adj., trompeur,
altrappeur, processif. Vend., Font. (C.
et P. D.)
DicHTAi, V. a., guetter. D.-S., arr.
Melle.
Diffamé et Diffami (1. dlffamaré),
DOM
adj., déformé, qui n'a aucune grâce. V.
— D.-S.
« Et dlqualez qui sant torlu
» Toi diffaioy et tôt bossu. »
(Cent. Poëlv.)
DiGOLAESSE (I. decnUare] , s. f.,
« la St-Jo-Digolaesse,» la décollation de
saint Jean - Baptiste ; le jour de cette
fêle. Vend. (C. et P. D.) —a Digolaisse
(la), » foire à Mougon (arr. Mel.), le
jour de la décollation de Saint Jean-
Baptiste (29 août). — Mcolaise on dico-
laisn iSt-Jean), foire à Nieuil-l'Espotr,
V. (L>9 août). — « StJean de Collaces.
(Baliize, hist de la maison d'Auverg.,
t. Il, p. 20r,.)
DlMORNCHE et DlMOINCHE, S. m.,
dimanche :
<t 1 le trouve assidu Us dimoinches au sermon. »
(Bab- , p. 61.)
DfN, conj., donc. V., c. de IMirebeau.
— D.-S ^ arr. Melle. — Din, prép.,
dans. V., c. de iMireb. et de Monte.
— D.-S , c. d'Airvault. — Gascon :
« dins. »
DioK. exclamation; poursuis, pour-
suis. D.-S., Gâtine. — Affirmation, si,
oui. D.-S., c. d'Airvault.
Diou ou You Nom de) [1. Deus],
interjection imprécative, dans tout le
Poilou.
DiQUi, Dequi, adv., d'ici ou delà.
V.,arr. Civ. — D.-S. — (B.-F.)
Diversr (I. divej\sus), s. f., que-
relle, dispute : a aimer la diverse, sou-
tenir la diverse. » V. — D.-S.
1)0, pi. Dos, art. composé, du, des.
Suivant les lieux, ou plutôt la manière
d'écrire le mot
« Moque te do curé, prent ben quleu qu'y te dis »
(Bab., p. is )
— Champagne : " do. i»
DoGUAi, V. n., attendre, faire le
pied de grue : « i ans doguai loitt l' jou,
rin n'é vingu; » nous avons attendu
tout le jour, rien' n'est arrivé. V., arr.
Civ.
Doigt (1. digitus), s. m., dé à cou-
dre. D.-S.
DoiRAi, V. a., enduire, salir. Vend.,
Font. (C. et P. D.)
DoMAiE, S. f., blouse. D.-S., arr. de
Parth. V. Daumée.— Patois du Berry :
DOR
111
t domaye (la), » ancien habit de céré-
monie des paysans du Sancerrois et du
N'ivernais, généralement en cotonnade
bleue, pour les jours de première com-
munion, de grandes fêtes ou de mariage.
Les basques en sont très-longues et le
corsage très-court.
Do.NDE, adj. , qui est dompté.
/'. Danze. « Être donde, » être fiitigué.
D.-S. , arr. do Melle. — Romaa :
« domije. >
DoNDAi (1. domare), v. a., domp-
ter. — D.-S. V. Danzai. — Gascon :
« dounda. » Roman : « dompdar. » —
Ancien catalan : « domdar. » (Cit.B.-F.)
DoRCiiAE, V. a., toucher légèrement.
D.-S., arr. Melle.
DoBGKASSE,s. m., terme de mépris.
Se dit d'une vieille ftmme. D.-S. (B.-F.)
f. B regosse.
DoEiBELLÀE, V. 3., cnHchir d'or.
Vend. (C. et P. D.)
DoRMAiL, LLE (I. dormîtor), adj.,
dormeur, qui aime dormir : « ta sœur
est ine fameuse dormaille. t> V. — D. S.
— Rabelais : a dormar : » « Baillent le
moine par les pieds a leurs compagnons
dormars » (L. iv, c. 16.)
Dormi BiE (I. dormire), s. f., som-
meil , besoin de dormir. Dans tout le
Poitou.
DoRMTTOiRE (de l'en) [1. dormito-
riuui], loc, ce qui prépare au sommeil.
L'on appelle vulgairement « chanson de
l'en-dormitoire » ce que les mères chan-
tent à leurs petits enfants pour les en-
dormir. V. — D.-S. — Roman : « dormi-
cio. » — Italien : a dormizione. »
DoRMEZAE, adv., désormais. Vend.
(C et P. D.)
DoRNAiEet DoRNÉEfr. dorne),s. f.,
ce que contient le tablier, la dorne.
Dans tout le Poilou.
DoRNK, s. f., giron, espace compris
depuis la ceinture jusqu'aux genoux
d'une personne assise. Définition très-
exacte de l'abbé Rousseau. Dans tout le
Poitou. — » Laquelle emportoitsa pleine
dorne de linge de ladicte église. » (An.
1662. D. Font., t. Xll, p. 323 )
Dorne, s. f , pierres qui forment le
cintre, la gueule d'un four. V., arr. Civ.
— D.-S., arr. de Melle et de Bress.
Doro (1. durare). s. m., patience.
(Vend. C. et P. D.)
112
DOU
DR\
DoBL'T , TE, adj. , bourru , de mau-
vaise humeur. D.-S. — (B.-F.)
Dotai, v. n., dormir par interrup-
tion, sans être au lit, en penchant la
tête. (Vend. C. et P. D.
Dûu. adj, num.. deux, au pi. douéa.
quand il précède un substantif féminin :
c dou hommes, doués femmes. « V., c. de
risi. -Jour.— Patois limousin : « doué.»
— Gascon : c dios, dus. »
Dou, art., de, du, des. V. —D.-S.,
suivant les lieux. V. Dau. — Champagne.
— Provençal : « don grand oumèro, »
du grand ormeau.
Doublet (1. duplex], s. m., terme
de maquignon pour indiquer une bêle
chevaline dans sa deuxième année. Dans
tout le Poitou, suivant les lieux.
Doublet, Doubl.\e {bl mouillés),
p. m., bissac. V.— D.-S.'— Il e?t aussi
connu métaphoriquement sous le nom
de fusil de toile, » dit M. Beauchet-
Filleau, c'est l'arme dont se servent les
indigents pour aller quêter dans les
campagnes :
« O faudrat s'armay d'in doublay. •
« (Gnst., p. 2i.)
— Basse latinité: aduplarium, saccu-
lus, crumena, Gallis olim, doublier, »
(Duc.) — Roman d'Aubery :
■ Le chapel prent, l'escharpc et le doubller,
» Et le bordon qui ne voit pas laissier. »
— Aube : < doublet, doublier, doublot, •»
serviette pliée en diagonale dont les
aysannes se couvrent la tête.— Nappe,
l
mge.
DouBLERON, GUNNE, adj , terme de
maquignon pour indiquer une bête che-
valine de deux ans. Dans tout le Poitou.
Doublon, nne, adj. V. le précédent.
S'applique également aux jeunes veaux.
Dans tout le Poitou , suivant les lieux.
— Provençal : « doublen; » t quant de
doublen ? » combien de bouvillons?
Doue, s. f , fo.-se pleine d'eau où on
lave le linge à défaut de fontaine. D.-S.
— (A. R.) — Fo5=é5 autour d'une place,
d'un château, d'un jardin. V. — Vend.
(C. et P. D ) — c Seront tenuz iceulx ha-
bitants et dessus nommés faire ou faire
faire des douhes et foussés a l'entour de
la dicte forteresse, d (An. 1443. Arch.
St-Hil. Masseuil, no87.)
Dou LE AU (g. -^cw.c;), g.
m
petit
valet. Terme d'amitié pour les petits en-
fants , qui n'est guère usité que dans
cette phrase : « Vin dan, man p'quit
douleau, vin iqui,vin man p'quit valet, »
viens donc liion petit enfant, viens ici ,
viens, mon pelil valet. D.-S. — Châtillon.
— Vend. Sablais.
DouEET, DouET et Det, s. m., la-
voir, pièce d'eau où on lave. On ne dit
pas je vais laver mon linge, mais seule-
ment t i va au det. » D.-S., c. Bress. —
Vend., Font. (C. et P. D.) — Canal.
V., c. Isl.-Jour., Adriers. — Mayenne :
« doueet, » lavoir.
DouRDAi, V. a., battre quelqu'un.
Vend. (C. et P. D.)
DousiL ou DouziL, s. m., petit
morceau de bois taillé en pointe ou en
cône, dont on se sert pour tirer du vin
à une barrique ou à un tonneau. Dans
tout le Poitou. — Basse latinité : « duci-
culus, duciolus, ducillus, epistomii
vesiibulum, seu paxillus ori epistomii
insertus. » (Duc.) — Auvergnat : « dou-
zilia. ï — Ancien français : « dosil et
dousil. »
DouTANCB, s. f., soupçon, croyance.
Dans tout le Poitou.— Marne. — Ancien
français.
Dbagougnai, V. a., importuner :
• va-len, tu me dragougnes. j) Ce mot,
dit labbé Rousseau, rappelle les dra-
gonnades contre les religionnaires, D.-S.
(A. R.)— C. Bress. et arr. de Parth.
Dramai, v. a., user, détériorer:
« i en ai jamais vu in tau coura' quiau
pro dramai .«-es afîiiires ; » j'en ai jamais
vu un semblable à celui-ci pour user ses
affaires. — Au fiiiuré, c'est se fatiguer à
voyager, à marcher. V. — D.-S.
Drameux et Drawour , se, adj.,
celui ou celle qui drame. V., arr. Poit.
et de Civ.
Deapeas , s. m. pi., langes. V. —
D-S.
» Courons d'tn grond randoa
• Ver quiou pcllt poupon
> Qui crie sur la pallie
> Dans dos cbétU drapeat. •
(N. p.)
— Aube, Marne, Haute-Marne : a dra-
pais, drapeaux, drapelets, » langes d'en-
fant, chiffons.
DRl
DLB
113
Drkchai, V. a., toucher^ joindre.
Environs deMei. (B.-F.)
€ I œanigancit ben et drechlt la TolaUIC' >
DREDTLL4I et DERDEILLAI, V. H ,
trembler de froid ; frisson causé par la
fièvre. D.-S.--(B.-F.)—V.— Patois du
Berry : « dardeler , u trembler de la
fièvre ou de colère. Pron. 11 signifie
aussi s'élancer, ireinbler de joie.
Dremai, V. a., user, déchirer. Vend.
(C. et P. D.)-V. Drannàe.
Dressikre, s. f., sentier. V., c. de
risl.-Jour. y. Coursière.
Dré, adv., droit. Ce mot forme plu
sieurs locutions ; « iqiii a dré , » ici à
droile : • dré qui, au dré. à la dré, »
vis-à-vis. Dans certains lieux on ajoute
le t euphonique.
» Quleu sont de faux moyeni pour mener dret au
[but.
^Bab., p. «4.)
Au figuré, c dret, w chose qui n'est pas
permise : « o n'é pas dret. • V., arr
Chat. — C'est un vieux mot français, dit
M. Beauchet-Filleau, que nous trouvons
usité en roman sous bien des formules :
« dreit. dre;:;. dreich, dret. » etc. — Pa-
tois limousin. — Provençal : « dre, »
« dre de la branco, » vis-à-vis de la
branche.
Dret, te, adj., droit. Dans tout le
Poitou.
Dretement (dret'ment), adv., préci-
sément, à point nommé. l).-S,,c. .Maz
(A. R.)
Drigâil, s. m., attirail, encombre-
ment . « que frez y de tout quiau dri-
gâil? )) V.—D.-S— Vend.— Terme de
moquerie , en parlant de meubles et
d'effets de peu de valeur : «• son drigail
s'altriq'ra sans peine dans sa nouvelle
demeure. » D-S. — (A. R.)— •« drigay. »
tout ce qui compose le mobilier et la
garde-robe !
« Et mon père et ma mère
• De tôt notre drigay feron In Inrantère. »
(Am. de Col., p. 48. Cit. B.-F.)
Dbilb, V. a., glisser, faufiler : « quou
drôle de Pierrille (Pierre) drile partout. •
— (Se), V. pp., se faufiler. V., arr. de
Châl.
Drillai , y. a. , déchirer : « in'
pourrant pou l'entret'ni d'veste, gl'ou
drille tout. » Nous ne pourrons pas l'en-
tretenir d'habits, il déchire tout. V.,
Civ.
Drinai, V. n., uriner. D.-S. , c. de
Châtillon.
Drogéb, s. f., mélange d'orge de
printemps et d'avoine, V.,arr. Poit. et
de Chat. — Manusc. du Poitou.
Dbolb, s. m , enfant, terme d'amitié,
d'affection par lequel les parents dési-
gnent leurs enfants: « drolesse, dro-
lière » s'emploient au féminin dans le
même sens. Dans tout le Poitou.
Drosses, s. f. pi., criblures, rebut du
blé. — Au figuré l'on dit d'un homme
gras, replet I « gle s' port' ben quiau
gars, on vé bene qu' gle n'mingepouqu'
ijaux drosses. » 11 se porte bien ce gars ,
on voit bien qu il ne mange pas que des
drosses. V. — D.-S —Vend., suivant les
lieux. — Anglais : t dross, > ordure. —
Anglo-saxon : t dros. » (Cit. Gard.) —
Allemand : « dreck. »
Droue, s. f., Vagrostîs stolonifera,
plante. V., c. de Monte, et de l'Isl.-
Jour.
Drougeai (g. rpti-^o), V. a., ronger :
c gle sant queme dos chés qui drou-
geant do rouget; » ils sont comme des
chiens qui rongent des os. Vend. (C. et
P. D )
Dhouq, s. m., jeu de cache-cache,
jeu d'enfants. V., arr de Chat.
Droye, s. f., plante, ray-grass. D.-S ,
c. Celles.
Drugb, adj. des deux genres, vif,
actif, ombrageux, se dit des animaux et
des liommes lestes et légers de corps.
D.-S.— (B.-F.)— V., arr. Civ.— Ancien
français : « drue, drus, » brave, hardi ,
vi j;oureux. Dans le roman de la Rose, il
signifie une souris.
Dhugeai (r. druge), v. n., se dis-
traire, s'amuser. D.-S.
Drugesse, s. f. , vivacité, activité.
D -S.— (B.-F.j
Druqué, V. n., jouer au drouq. V.,
arr. Chat.
Dubaï, s. m, duvet. D.S. , arr.
de Bress.
DuBE, s. f., dune, hauteur, éléva-
tion. V. — D.-S., c. Bress. — « Dunes
(les). • On appelle ainsi, vulgairement,
114
DUR
les hauteurs qui dominent Poitiers à
l'est — DubeetDublo, IÔ72.1583, 162-1.
(iManusc. du Poitou). — Basse latinité :
fi duna, dunus, dunum, vetere Gallo-
rum lingua, monteni, vel collem si^ni-
ficat. rnde faclum, ut omnium pêne
oppidorum, qiiae collibns aut montil)Us
inae lificafa suiit. nonnna in dunum ter-
minentur Sed et eliamiium dujias,
t:ibnlosos et arenarios colles ad Flandri.'C,
Hoilandiasque, atque adeo ipsius Anglia:)
liltora Gaili nosiri dunes^ htV^Kduynen
vocanl. » (Duc.)
DuEiL, s. m.; deuil : « j' porfons T
dueil dnout' mère. » V., arr. de Chat.
et de Civ. V. Del.
Di'ME, s m., duvet. V. — D.-S. --
f Tant par la douceur d'icellui dumet. »
(Tab..l 1", I3.I— Basselatini(é:r/w/??a.
innascilur verô a vibus plu magium multi-
plex : puUis namque noviter genitis
primô innascuntur illae (etc.) Se-
cundo innascuntur aliœ quae dicuntur
lanulae, a quibusdam dumœ. Hœ sunt
exiles et molles, densiores et longiores
primis. (Duc.)
Ducange pense que, dans le texte que
nous veno:!S de citer et qu'il a extrait
d'un livre sur l'art de la chas.-^e par
Frédéric H, il faut lire durx, à cause
du mot français duvet. Mais notre pa-
tois reproduisant \e mot dumet, et Ra
bêlais l'ayant employé, il est évident que
le mot duma est bien le mot réol et qu'il
n'y a aucune altération dans le texte.
Dupe, s. f., dune, hauteur, élévation.
V — y Dube. — Noms de lieux :
« Duppe(la). .) [Rrux, V.]
DuppE, s. f., huppe, oiseau V., arr.
Poit. — « Car il n'y a nulle apparence
de dire qu'à Paris sus Petit-Pont geline
de feurre, et fus>ent-ils aussi huppés que
duppes de marais. » iRab., l. 2, c. 12.)
Dlbagne (1. durus), s m., homme
d'un caractère sombre et taciturne. (B. -F.)
DIR
DuBAGNOU , SE, adj. , coriace :
(( tliielle vionde n'est pas boune, aile
estduràgnouse. » 'B.-F.)
DuRANMESi , adv., désormais : < i
reste iquit duranmési, » D -S., c. Parth.
et Rress.
Dl'kassier, ère, adj., se dit du bé-
tail , quand il est maigre et qu'il a un
poil qui n'annonce ni vigueur ni santé.
V., arr. Civ. — D.-S.
DuRATJD, DE, adj. , qui n'est pas
tendre, en parlant de la viande. — Au
figuré, rude, insensible : « un homme
duraud. • V., arr. de Poitiers et de
Civ.
DuBCHAE, V. a., toucher légèrement.
Vend. V. Dorchûe.
DiiREiu, s. m., plante des prés. V.,
c. Isl.-Jour., Adriers.
Dljbé et Dubaï (1. durare), v. n.,
attendre, prendre paiience. « L'iomps
m'dure, » me paraît long. « Dur' don,»
reste en paiience. V., arr. Chat., arr.
Civ.— D.-S.
« Duré don, duré don, ve m'avé to foupic. »
(Am. de Col., p. 17.)
— Patois du Berry. — Thibaut, comte
de Champagne :
« Et fine amors qui ne ra'ilalt durer. »
(Cit. C, J.)
DuREET et DuBET, S. m., troène,
plante, ligustrum vulgare. Vend. (C.
et P. D.)
DuRiEB, ÈBR. adj., se dit du bétail
quand il est maigre. D.-S., arr. de
Bres-. et de Parth. V. Durassier.
DiJBMADAiRE , S. m , duF au mal.
D.-S., Chizé.
DuROU, s. m., espèce de chicorée
sauvage qui poussq^dans les champs, et
dont la tige, qui est fort dure, sert à
faire des balais très-recherchés pour
nettoyer les aires.(B.-F.)— V.
Ë
EBA
Ebaffae, Ebaffé, ée, adj , anéanti j sion, étonné. Vend. (C. et P. D.) — V.,
par la chaleur , essoufflé. — Par exlen- 1 arr. de Poit. et de Civ. — D.-S,, arron-
. 1
EBI
EBR
115
dissement de Bressuire et de Parth.
Ebaroui (s'). V. pp., tomber de vé-
tusté. D.-S.— (B.-F )
Ebat, s. m , événement. V., c. Isl ■
Jour., Adriers.
Ebaupin, s. m., aubépine. V. — D.-S.
— Et aussi les a veu prendre des es-
baupins et autres espines. » (An. 1494.
Nieuil. Manusc. du Poitou.)
Ebaurai, V. a., commencer un ou-
vrage, le préparer : « où qu'ol é Fan-
chette? — Air a été ebaurai son linge. >
Où est Françoise ? — Elle est allée pré-
parer son linge. V., arr. Civ.
EBE1LL41, V. a., éventrer. Vend.
(Cet \\ D.)
Ebellai (s')» V. pr., se dit du ciel
lorsqu'il s'éclaircit. s'embellit après une
averse, un orage. D.-S. — (B.-F.) — V.,
arr. Civ.
Ebrnai feb'nai) , v. a, écraser,
émietter. Vend. (C. et P. D.)
Ebequelé (ebeq'lé) [s'] , v. pr. ,
s'écrier en parlant des gens; jeter des
bêlements non interrompus, en parlant
des moutons, des chèvres : « qu'a don
ta chiôvre, ma mignoune; a s'a ébequ'lé
tout' la matineie. V., arr. Chat., arr.
Civ.
Ebequegnai (r. bequegnon), v. a.,
casser, briser le bequegnon, F. ce mol.
V., arr. Civ.
Ebergné, ée (eb'gné), adj., pot
cas-é à son extrémité. V., arr. Civ.
Ebeblobé , EE (ébeurlobé), adj.,
étourdi, insensé. V. — D.-S. — Patois du
Berry : « éberlobé. » _
Eberll'té. v. a. et n , éblouir :
« otez don qu'aile chandelle a m'éber-
lutte. n V., arr. Poit. — Patois du Berry :
t éberluter »
Ebebluttes, s. f. pi. , éblouisse-
ments. V., arr. de Poit. — V. Arbeluttes.
— Patois du Berry.
Eberquegnai, AiB, adj., pot cassé
à son extrémité. D -S., c. de Bress. —
V. Ebergné.
Ebiocquai, v. a., écraser en bloc, en
masse : « i avé daux us dans ma poche,
i ai cheut, i les ai tou ebiocquai; »
j'avais des œufs dans ma poche ; je suis
tombé , je les ai tous écrasés en masse.
V.. arr. Civ -D.-S.— (B.-F.)
Ebibogliaé, ÉB,adj., éraillô. Vend.
(C. et P. D.)
Ebisail, s. m., vent de bise^. et sé-
cheresse qui en est la conséquence : « ol
a fet in grond ébisail » D.-S. — (B -F.)
— V., arr. Civ.— « Ebisail, » tourbil-
lon : « quiel ébisail a tout éparpeillé
noul' blé » V., arr. de Poit.^ c. de St-
Savin. V. Abisail.
Ebisaillai (s'), v. pr., se refroidir ,
se dessécher au vent de bise. D.-S. —
(B-F.)
Ebobé, ée. adj., étonné, imbécile,
niais. V. — Vend (C. et P. D ). —
Mayenne : « ébaubé, ébaubi »
Ebouchabdai, v. a., débarbouiller.
Vend.iC. et P. D.)
F.BOiiiLLAi, V. a. et n., réduire un
objt^t à l'état de bouillie, écraser, broyer,
briser. V. — D.-S., suivant les localités.
— Il s'emploie encore dans le sens de
démolir : « tu fais donc ébouillai ta
grange? • — D.-S.— (B.-F.)— Patois li-
mousin : « evbouilla. »
m
€ Chantez comment François furent valncuz,
» Escarlelez, esboulUiz, e.sbaulez »
[Cit. B.-F.]
-^ (S'), v.pr. , s'écrouler. V.— D.-S., sui-
vant les lieux. — Mayenne.
Ebouissé (s'), v. pr., s'étonner :
« Et monsieur le marquis son frère
» Qui grain ne s'éboiilsset. »
(Slégede Poit., p. Col.)
EBOURàï. V. a., préparer un ouvrage.
D. S — (B.-F.)— /-". Ebaurai.
Ebousaclai {cl mouillés), v. a.,
écraser. 11 a quelque chose de plus éner-
gique que le verbe ébouillai : • s' i t'
Scirais coum' i t'aeme disait un amou-
reux à sa promise dont il tenait la main),
i t'ébousaclierai les dés coum' ine bouze
de vache; » si je te serrais la main
comme je t'aime , je t'écraserais les
doigts comme une bouze de vache. D.-S. ,
arr. de Melle.— (B.-F.)
Ebousaillai , v. a., nettoyer les
étables, les cours , enlever les fumiers.
V., arr. Civ. — Même sens que le pré-
cédent. D.-S., arr. de Melle.— (B. F.)
Ebousai, v a., nettoverles étables,
V.. dans quelques localités.
Ebousillé, Ebousilli, v. a., écra-
ser. V., arr. de Poit., suivant les lieux.
y. Ebousacliai.
Ebraillai (s*), V. pr., s'écrier, par-
1^6
1er haut. V., arr.
Bress. — Vend.
EGA
Poit. — D.-S., arr. de
€ Gle l'ébrallloit dau cot, et cle l'ouvret le point. "
(Gust., p. 30.)
Ebbenai, V. a. et pp., (^craser, melire
à miettes , à petits morceaux : c gl' a
cheu dau planché, gle s'é tout ébrenai. >
V., arr. de Poit et de Civ.— D.-S.
« I m'ievli l'roaUn
> Tout lodç et bouralUou, fagooii, tout ébrené. ■
(CU. B.-F.)
Provençal : « esbréuna, » « Tâge m'es-
bréuno. »
Ebrbsillai, V. n., mettre en pièces,
à tous petits morceaux. V., arr. de
Poit. et de Civ — D.-S.— (B. F.) — Pa-
tois du Berrv : « débesiller, » mettre en
pièces, gâter.
Ebbettai (r. brelte)y v. a., faire
ces-er les vaches, les chèvres, les brebis
de nourrir leurs petits : « quont ébrett'ra
tu ta vache ? » D.-S., arr. de Bress.
Ebbiolae (s'i, V. pr., s'empêtrer :
« gl' écrété dons la planne, ses mules
gl'échapirant, l's'ébriolit dans les gui-
des, r vr sou li labourit l'échiné ; » il
écrétait dans la plaine , ses mules lui
échappèrent, il s'empêtra dans les guides,
le versoir lui laboura l'échiné. D.-S-,
arr. de Melle et de Niort.
Ebroqlegné, ée (ébroq'gné), adj ,
pot cassé à son extr.émilé. Vend. (G. et
P. D.) V. Eberî?né.
Eelffab, Ebuffée, adj., essoulïlé.
Vend. (G et P. D )— V., arr. de Poit.—
D.-S., arr. de Bress.
EcAFOUGE, ÉE, adj., feu presque
mort, braise qui s'éteint V.. c. Montm.
EcALEA, s. m , noix dépouillée de
son brou. Vend. (C. et P. D ) — Aube :
« Ecalas. »
Egalai, v. a. , littéralement faire
comme la noix qui quitte le brou ; par
métaphore, écarter, a Ecalai les jam-
bes. » V., arr. P. — D.-S. — (B.-F.) —
Français : « écaler, > ôter l'écale des
noix.
EcAMBOUiLLE, S. f., grande quantité
d'eau tombée du ciel, amenée par des
fossés, des aiguières. D. S. — (B.-F.; —
Roman : « escampar, n verser. (B.-F.)
ECARDE (I. carduus)^ s. f. , sorte de
EGH
peigne dont on se sert pour carder la
laine. V.
« Mai» qulelle de quioquy se troH»e en sci escarde». »
(Bab.. p. il.)
EcARDOU et EcABDOUB, S. m., car-
deur. V.
EcARLANTR.s. f , oiseau, la traie. V.,
c. Monte. , St-Jean-de-Sauves.
ECABQUAILLAiet ECABTILLAI, V. a.,
jeter autour de soi, écarter les jambes ;
ouvrir démesurément les yeux : a gl'
écarquaiir les ails coum* ine bine qui
pond à l'ombre; » les yeux comme une
bine (dinde), etc. V., arr. Poit., arr.
Civ. — D.-S. — Fendre. V.— D.-S. —
Français : < écarquiller, p écarter, ou*
vrir.
EcAssoNNÉ, V. a., briser les mottes,
les casses de terre. V., c. Montm.
V. aussi Agalai.
EcERNuoB, s. f., plante, Vagrostis
stolonifera. V., arr. de Cbât. « Cer-
nuge. »
EcHALAFB,s. f., brou de la noix.
F., c. de Montm. F. Chalafe.
Echalé, V. a.» enlever le brou de la
noix. V. — Patois du Berry.
EcHALEAU , s. m., tranche de foin
que 1 on coupe dans la barge avec une
faux. D.-S., c. do Bress.
EcHALETet ÉCHALiCB, S. m., petite
échelle qui sert à franchir les haies.
Quelquefois c'est une grosse pierre mise
en travers que l'on enjambe. D.-S.
— (A -R.) — V., arr. Civ. — « Chemin de
l'eschallier. » (An. 1623. Manusc. du
Poitou.)
« En passant pr' In' ëchalct ,
> I laissl tomber min pané. »
(Cil. B.-F.)
— Patois du Berry : a échalier, » petite
échelle double et basse appuyée des deux
côtés d'une haie, etc.
EcHALETTE , S. f., espècB d'échclle à
montants très-rapprochés l'un de l'autre,
et qui , fixée a l'aiguille ou au timon
d'une charrette, sert à retenir le char-
gement quand il est composé de paille,
de foin. B.-F.)— V., arr. Civ.— D.-S.,
arr. de Bress. et de Parth.
ECHILINAE et ECHALINAI, V. U.,
ECH
EGL
117
échauffer. Vend. (C. et P. D.) — V.
V. aussi Achalai.
EcHALUPÉ, ÉB, adj., lidéralement
être sorti de sa coquille comme le fruit
de la noix. Au figuré, se dit des enfants
assez grands, assez forts pour com-
mencer à gagner leur vie. V., arr.
Chat.
EcHALUPÉ, V. a., enlever le brou de
la noix. V., c. de Mirebeau. V. Echalé.
EcHAMBLAiB, S. f . , tranche de foin
que l'on coupe dans la barge avec une
faux. D -S. Maisonnais. — (B.-F.)
V. Echaleau.
EcHARAiLLÉ, E, adj., celui qui a les
yeux rouges. — Par extension . viande
mal coupée. Vend. (C. et P. D )
EcHAB AILLÉ, V. 3., passer le fil dans
la cendre pour le blanchir. D.-S., arr.
de Melle.— (B.-F.)
EcHARBOT (\. scarabœus), s. m.,
hanneton. V. , arr. Civ. — D.-S. , c.
Bress.—Vend. (G. et P. D.)
« I ai boy cbez nous la ecbarbot. »
(Gust.)
— Poésies de Marie de France : « eschar-
bot. I) (T. II, p. 281 ) — Français : a es-
carbot , » insecte du genre des sca-
rabées.
EcHARCLAi et EcHARDAi {cl mouil-
lés), v. a., écailler un poisson. D.-S.,
arr. de Melle. — (B -F.) — Arr. de Bress.
— Vend. — V., c. de Monte. , où l'on dit
« échardi. » V. Charclai.
ECHARDE, s. f., écaille de poisson.
D.-S., arr. de Bress — Vend. — V., c.
de Monte. F. Charcle. « Ecbarde » est
aussi une petite épine, un petit éclat de
bois qui entre dans la peau.
Echardi, v. n., être hardi en affaires.
V., c. Monte.
EcHARDRIC et ECHARDEIL, S. m.,
chardonneret. D.-S., arr. de Melle.
V. Chadrier.
ECHAREUGNÉ, ECHABEUILLÉ, ÉE ,
adj., celui qui a les yeux rouges ou
pleins de chassie. V., arr. de Civ et de
Poit.
EcHÂRRAYOU, S. m , toile qui sert à
renfermer les cendres dont on se sert
pour la lessive. D., arr. de Parth. —
(A.-R.)7, Cherri.
EcHAUTi, v. a., salir. D.-S., Melle.
-(B.-F.)
« Oh ! qui dUsU mon p'iit, l' veux donc
> Qui m'écbautisae In brin. »
(Cit. R.-F.)
EcHÉEAi, V. n., céder, se rendre.
D.-S., Châiillon. V. Achaï.
EcHERPiLLAi, V. a., mettre les toi-
sons de laine par petits bouchons pour
les briser, les carder. V., arr. de Poit.
et de Civ. V. Cherpeillai. — Ardennes :
a écherpiller, » voler.
EcHEViLLAi (s'), V. pr,, sc donner
des coups de pointes de sabot dans les
chevilles en marchant. D.-S., arr. de
Melle et de Bress.— (B.-F.)— V., arr. de
Civ.
EcHiNAL, S. m., canal de l'écluse
d'un moulin. V., Chat.
EcHOLTi, V. a., découvrir, mettre au
jour, faire connaîlre. — (B.-F.)
EcHUM.EAU,s.m. y. Echaleau. D.-S.,
c. de St-Maixent, arr. de Parth. —
(A.-R.)
EciLLES et EcEiLLES (1. exiUs)^s.
m. pi., restes de pâture que les bestiaux
laissent dans les râteliers ou sous leurs
pieds. L'on dit des enfants qu'ils font
leurs « éceilles grousses, » lor.-^qu'ils
gaspillent ce qu'ils mangent. — Au figuré,
• ramasser les éceilles, » c'est ménager
ce que Ton a, faire de l'économie. V.,
arr. Poit. et Civ pour « éceilles. » D.-S.,
c. B. — (B.-F.) pour « érilles. n —
Saintonge : « essille. » — Vieux fran-
çais: 4 essil, • ruine.
Eclaire i herbe à F), s. f , plante, la
grande chélidoiiie. V. — D.-S.— (B.-F.)
— Ch. Etienne : Chelidonia de ïesc'ère,
vel etiam chelidonium quod quidera
majusappellatur. » (Cit. B -F.)
EcLAiRCissoiRB, S. f., éclaiicie qui
se fait dans les nuages. D.-S. — (B -F.)
EcLASSÉ, ÉE (cl mouillés), adj.,
fatigué, souffrant. V., arr. Chat. — Pa-
tois du Berry : « éclassé, » qui souffre
de la soif.
EcLAVEA, s. m , hameçon. V., c,
Vouillé, Avron.
_ - ' •
« Al a de grands nasias
1) Qu'éliant fé corcin' dauï écIaTias. »
(Chans. Poit.)
EcLissAi [cl mouillés), v. a., écla-
118 •
ECR
ECU
bousser , faire rejaillir un liquide à
l'aide de leciissouère : « et l'aive m'ec-
clissail de gassot en ga>sot » D -S. —
V., arr. Civ. — Ancien français.
ÉcLissoiÉRE, s f., petite seringue
en bois dont les enfants se servent pour
arroser les passants par espièglerie, ou
s'arroser entre eux et eonime par jeu.
V.. arr. Civ. — D.-S.
EcoBUB, s. f., terre pelée où l'on se
dispose a mettre le feu. D.-S., arr. de
Bress. — Ardennes : « écobuer, > Gul-
liver une terre en friche. — Français :
t écobue, » espèce de pioche en forme
de houe.
EccEi!B.\i (cœ mouillés), v. n. et pr.,
faire mal au cœur, vomir. V. — Marne :
« écœurer. »
EcoRCHE-cuL, ?. m. , églantier. V.,
arr. Civ —D.-S.— (B. -F.)
EcoTiULÉ (être), loc, c'est entendre
au printemps pour la première fois, et
avant d'avoir déjeûné, le chant de cer-
tains oiseaux voyageurs, tels que le cou-
cou, le loriot , ïa caille, etc. D.-S. —
B.-F.)
ECODATLS ou ECOUAILLES. S. m. pi.,
laine que les brebis perdent ou qui se
trouve sous leur ventre et autour de la
queue. V. , arr. de Civ. — D.-S. —
V. Couails.
Ecou AILLAI, V. a., faire lesécouails.
V.— D.-S.
EcouAiLLis , S. m., laine courte.
D -S., iMelle 'Rond.)
EcouEBAT, S. m., morceaux de bois,
déchet du chàtaigner quand on fait des
cercles. D.-S , c. de Celles — Morceau
de bois fendu en queue. (B -F.)
EcouÈTB, s f., guenille emmanchée
au bout d'une perche, dont on se sert
pour nettoyer le four avant d'y mettre
le pain. V., arr. Poit.
EcoubaflaK// mouillés), v. a., faire
des raies sur ce qui est poli ; dérhirer,
écorcher : c Pierrille en m'nant sa
branle à la ville a écouraflé le mur de
ma closure. » Pierrille, pour Pierre. —
(S'), v. pr., s'écorcher, se déchirer les
mains. V., où Ion prononce dans quel-
ques contrées m écouraflé. » — D.-S.
EcBABOLiLLAi, V. a.,écra-er, surtout
un corps mou, tout ce qui rend de l'eau,
du jus. D.-S.— (A. R.)— V.—Vend. —
(S'), V. pr., se broyer les 03, une partie
du corps par un accident, une chute.
V. -D.-S.— Vend.
e Chanti'z comment Krinçol* furent plllci,
» ChoUez, foulez, roulez, escharboulllcz »
(Cliaat. sur la bataille de Gutnegaie (mt»)
(Cit. B.-F.)
Ancien français : « ejcarbouiller et es-
crabouilliT. »
ECRABOUTAE, ÉE, adj. , oppressé
d'humeurs sur la poitrine. Vend. (G. et
P. D.)
EcRAMOLLi, E, V. 3., amolMp, écra-
ser : « la pluie ecramolli les mottes. »
D.-S., arr de Bress.
EcBAPOiiTi, V. a. etpr., écraser, sur-
tout un corps mou. Vend. — D.-S.— Pro-
vençal : «oscrapouchina , » • deguôron,
très contre un , vous escrapouchina ; »
ils durent, trois contre un, vous écraser.
EcRAs et EcBASE, s. f., une grande
quantité, en abondance. V., arr. de
Chài., arr, de Civ.
EcKEPi ou EcREPissAi , V. a., ren-
verser, jeter à terre. — Par extension :
écraser, réduire à rien. D.-S. — (B.-F.)
EcRET, s. m., ce qui reste au milieu
de l'ancien sillon après le premier la-
bour. D.-S., arr. de Melle eî de Niort.
EcEÈTAi, V. a., donner le premier
labour. D. S., arr. de Melle et de Niort.
EcREVANCES, s. f. pi., grains défec-
tueux que l'on enlève de la cour à
battre, ou qui tombent sous le crible.
V., Chat. — a Escréance : » « Les pailles
des dixmes et terrages de Roussav,
balles, baliers et escréances d(sd.
dixmes. » (An. 1518. Rossay. Manusc.
du Poitou.)
EcRiN-DE-CoFFRE,s.m., petite boîte
qui fait partie d'un coffre. (B.-F.)
A'. Casserette. — Basse latinité : « scri-
nium , feretrum , in quo reliquiae sacrae
recondunlur, nostris, escrin. » (Duc.)
EcRiocHES, s. f. pi , échasses. V.,
arr. de Chat.
EcRivAGE, s. f , écriture. Vend.
EcucHÉ, V. a., épuiser, tarir. V.,
arr de Chat. V. Acuchai.
EcucHON, s. m , ce qui a été acuchô ;
Fondrilles. V., arr. de thât. V. Acu-
chail.
EcuRAiLLAî, V. a., approprier, net-
toyer, rendre propre. D.-S., arr. de
Melle.— V., arr. de Poit. et de Civ,
EFF
ECUR4UDAI (1. acutus, roclere),\ a.,
diminuer , raccourcir : a T'es tout
écuraudé, » dit on à celui dont les che-
veux ont élc coupés trop court. V., arr.
Civ.— D.-S.— (H.-F.)
EcuRON, s. m., fagot de bois. V., arr.
de Chat, et de Monlm.
Edouvai, V. n., maigrir; diminuer,
couler , employés pour rendre la pre-
mière idée. Il pourrait dériver de « de
vovere, i» employé par les Latins avecia
significatiou d'ensorceler. D.-S , c. B.
~(B.-F.)
Efestouillé , ÉE , adj., éveillé,
alerte, subtil. V., arr. Civ.
Effamaf ou Effamt, suivant les
lieux. V. a., déchirer, mettre en pièces:
€ Toinillon et Mateluche s' sant battus,
EGA
119
gl' étiant
tout effamés; » Antoine et
Mathurin se sont battus, ils se sont tout
déchirés. V.
Effarvoyai (1. effervescere), v. a.,
effaroucher : « sans cesse tu effarvoyes
mes poules. » — (S*), v. pr. , s'envoler de
frayeur. D.-S., arr. de Bress,—(A.-R.)
— V. dans quelques contrées.
Effb, s. f., terrain bas et humide ;
et encore, fonds de terre où passe quelque
peu d'eau qui le rend impropre au
labour, et qui n'est bon qu'à produire
de l'herbe. D.-S., c. iMaz. — V., arr.
Chat. — (Manusc. du Poitou.)
Effondement ou Enfondf.ment,
s. m., pluie assez abondante pour péné-
trer profondément dans la terre, ou
transpercer les habits. D.-S., arr. de
Bress. et de Parth. — (A.-R.)
Effondre ou Enfoi\dre,v a. et pr.
(1. effundere], pénétrer en parlant delà
pluie : « mon frère est arrivé tout en-
fondu ; » « le terrain est tout effondu. o
— V.. arr. Civ — D-S., arr. de Bress.
et de Parth. — Rabelais : « effundre. »
Effort, s. m., hernie. Dans tout le
Poitou.
Effoueaichai (1. efferaré),\. a.,
effaroucher. V., arr. de Civ. — D.-S.,
arr de Melle.
Effolt.gneau, s. m., oiseau qui sort
du nid. — Au figuré, se dit de l'enfant
qui commence à marcher; « c'est un
effourgneau. » V., arr. Civ. — Proven-
çal : a enfournieau. »
Effolt^gnai, Effournayai et Ef-
FOUBNiLLAi (s') [I. efferré], v. pr.,
sortir du nid pour la première fois. —
V. — D.-S. — Suivant les lieux.
EFFOrEGWON et Effournillon, s.
m., oiseau qui sort du nid. — V. — D.-S.,
suivant les lieux. V. Effourgneau.
Effraisai (s'), v. pr., s'écrier par
frayeur de quelque chose, avoir peur et
pousser descris. D.-S.— (B.-F.) — Ro-
man : a esfreidar, e-sfrayar , » effrayer.
(Cit B.-F.)— Vieux français : « effraerou
effréer. »
Effuaists, s. m., cris d'effroi, té-
moignages exagérés d'une crainte ridi-
cule. D.-S.
Effrasé. v. n. , tomber en mor-
ceaux , émietler, briser. V., arr. Chût.
— Haute-Marne : « i-ffraiser. »
Effrayoyb , v. a., effaroucher. V.,
arr. de Chat. V. Effarvoyai.
Effretillé, Eh (r. 7re/i7/<?r), adj.,
remuant, vif, éveillé. D.-S. — V.^ arr.
de Poit. et de Civ. — Français : « fré-
tiller, » s'agiter par des mouvements
vifs et courts.
Effbime (I. /remor), adj. _, effroyable,
horrible. (B.-F.)
EFFRiMÉ,v.a. et n., émier,émietter.:
« effrime don de la miche dans Ion
lait. » — (S'j, v. pr., s'émier , tomber
en menus morceaux : « ton pain ne
s'effrime{)as; la paille s'effrimait toute.»
D.-S., c. Waz. (A.-R j— V., arr. Civ.
Effumogeai, v. a., lever le fumier
des écuries, deîs étables : « ol é diman-
che, faut effumogeai. » (B -F.)
Egagliae, V. a. et pr., étendre, s'é-
tendre. Vend. (C. et P. D.) — AJayenne :
« égailler, d
Egali , v. a., briser les mottes de
terre dans les champs fraîchi ment la-
bourés. V., c. de iMirebeau et de Mont-
contour. /''. Agalai. — • Puis devalloit
si roidement et si asseurément que plus
ne pourriez parmi un pré bien égalé.»
(Rabelais, 1. l^c. 23.)
Egamai, v. a. , crier : o l'enfant
dans sa maladie égamait la faim. » —
Un chien pris par la rage est un chien
« égamé.j>D.-S —(A. R.). — arr. de Bress.
et de Parth. — I.atin gannire^ se dit des
chiens qui glapissent de joie, et par mé-
taphore, du cri que font les oiseaux
quand on leur enlève leurs petits : «Non
fuit qui moveret pennam , et aperiret
os, et ganniret. » (Isaïe, 10, 14.)
120
EGR
Egapillai, V. a., disperser. Vend.
(C. et P. D.)
Egarouillai (r. garouil) , v. a ,
dépouiller la fusée du garouil (maïs) du
grain qui la recouvre, ce qui se fait, le
plus onlinairement, en la Iroitant forte-
ment contre le manche d'une poêle à
frire. D.-S. - IB.-F.) — V., arr. de
Civ.
Egaddi {s)[\. gaudere], v. pr., se
réjouir :« quiés ouvrés s'égaudissiant
proubin i'aut' ser, aToure gle sant tout
amornis» , ces jeunes gens se réjouis-
siiient assez bien l'autre soir, à présent
ils sont abattus. V. — D.-S.
Eg\Udissement , s. m., joie. V. —
D -S. En quelques endroits : et igau-
dissement. »
Egaulai (r. gaule] et égolai, v. a.,
abattre avec une gaule. V. — D.-S. —
Vend. Suivant les lieux. V. Agaulai.
Eglaudai igl mouillés), v. a , la-
bourer un champ que l'on vient de mois-
sonner et que Ton veut laisser chômer
pendant l'hiver. D.-S., arr. de Bress.
V. Bran geai,
Eglocé et Egloubai {gl mouillés) ,
V. a., ébranler une plante qui lient par
les racines ; détacher, en tirant une
petite branche d'une plus grossse. — iS'),
V. pr. V., arr. de Chat. — D.-S., arr.
de Bress. et de Parth.
Egorgette, s. f., oiseau, une espèce
de fauvette. (B -F.)
Egosagliae (s'), v. pr., s'égosillera
force de chanter ou de parler. Vend.
(C. et P. D.)
Egourmi, v. a., ne se dit que du feu.
C'est lacliver , le faire flamber : « Ton
feu n'es guères égourmi,» ne dégage
que peu de chaleur. D -S. — (B.-F.)
Egrabolillai , V. a. , remuer la
braise. Vend. fC et P. D.) — S') , v.
pr., s'effondrer. D.-S., c. de Châtillon.
Egraemai eif.Ght}>iK\{r.egj'aèmes),
V. n., pleurer, ré[)andre des larmes.
Vend 'C et P. D.— V. — D.-S.
Egraemes et Égrèmes (1. lachry-
rnx . s. m. pi., larmes : « les égrèmes
li cheusiant daux ails. 5 Vend. — V. —
D -S. — Provençal : « lagremo ; de la-
gremo grosso et rapido » , des larmes
grosses et rapides.
Egrafegnai (égrafgnai.v. a. et pr.,
égraligner. Dans tout le Poitou. — Pa-
EJA
tois du Berry : « égrafigner. » Bona-
venture des Perriers : a égraffigner b :
« Et même trouvèrent façon d'égrafflgner. »
Ronsard : « égrafiner »
« Toujours le ehîrdon et l'ortie
» Puisse égrafiner son tombeau. »
Egrafegnueb (égrafgnure) , s. f.,
égratignure. V. — D.-S. — Vend.
Fghenigbai,v. a., remuer quelqu'un,
ou quelque chose : a y va bé aller .t'é-
grenigeai » ; je vais bien aller te remuer.
Vend. fC. et P. D.)
Egrevaldai, v.a., remuer la braise.
D.-S.,c. de Bress. V. Égrabouillai
Egbon et Égruo\, s.
oiseau. V
(Cit. B.-F.) — Espagnol et CatalaR :
m., héron ,
D.-S. — Roman : aaigros.»
« agron. » — Patois du Berry : « ai-
gron. »
FGBUGEOU et ÉGBUGEOUB, S. m.,
égrugeoir. V. — D.-S.
Eguenaillai (egu'naillai) , v. a.,
écarter, et, par extension, épouvanter.
D.-S., c. de Bress.
Eguené, ee , adj., haletant: « iai
tant couri , tant couri , qu'i en seu
eguené;» j'ai tant couru, tant couru, que
j'en suis haletant. V., arr. dePoit.
Eguené (être», loc, avoir la dyssen-
terie: se dit des moutons qui sont at-
teints de la cachexie. (B.-F.)
Egugle [gu et gl mouillés), s. f.,
aiguille a coudre, aiguille de charrette.
V., c de Montm. Y. Agugle.
EIGBIN4T OU AlGKINAT, E, adj.,
aigre-doux, léger goût, ou odeurd'aigre.
L'on appelait le verjus autrefois, en
vieux français et en roman, « eygras
ou eigras » ; les fruits aigres, les légumes
et les herbes potagères ayant un peu
d'àcreté ou d'amertume étaient dési-
gnés sous le nom « d'esgrin, eigrin ou
aigrin. » iB.-F.)
EiL, s. m., œil. V. — D.-S., suivant les
lieux. — Gascon ; « els », yeux.
EîL, ETLLB, pr. pers. delà 3« pers.
Dans quelques contrées. — Roman :
a el, elh. » — Patois du limousin : « egl il.»
EiNGNE, adj. num., un. — D.-S.,
c. de Bress. — V. Ain.
Ejaillai (s') |l. ejulare], v. pr. ,
s'écrier : c gle s'éjaillait daux cots. n
ELO
V., arr. de Poil.,Civ. et Chat. — D.-S.,
arr. de Bress.
Ejabouillai, V. n., se dit des blés
renversés et mêlés par le vent ou l'orage.
V., arr. de Civray. — D.-S., arr, de
Bress. et de Parth.
Ejarrai s'), V. pp. , tomber ayant
les jambes écartées outre mesure : « i ai
chet et i m'?é tout éjarré. • — D.-S. —
(B.-F.) — V., arr. deCiv.
Ejimpaillai , V. a , gaspiller, dissi-
per, répandre cà et là. — Vend. —
(Gust.)
Ejogruai, V. a. V. le précéd. Vend.
(C. et P. D.)
EjouBiE.s. f., enjambée. V.— D.-S.,
suivant les lieux.
« Qui gl'abattir'ant do mur
« Quatre vingt bouneéjouble, »
(Siég de Poit.)
Ejoselé , ER (ejos'lé; , adj., gai, vif,
éveillé. — D.-S. — (B.-F. i — Roman :
« esjauziré , » joyeux, content.
Elavardi. élavasietélavi(l./o?;are),
s, m. , ragoût à sauce trop copieuse ,
dont le jus est dominé par Teau. V. ,
arr. de civ. — D -S. , arr. de Bress. et
de Melle. — (B.-F.)
Elée , plu. Elées, pr. f. de la 3«
pers., elle. V. — D.-S. — Gascon : « ela.»
— Patois limousin : « eil, ela. »
Eléi et Elégi (s'; , v. pr., se luxer
un membre. V., arr. de Civ. — D.-S.
Eléissueë, s. f., entorse, luxation :
« i n'sé pou c' qu'é dans l'bras , i cré
qu'ol é inéléissiire , i n'peut pou m'en
agdai : » je ne sais pas ce que j'ai dans
le bras, je crois que c'est une é/élssure,
je ne peux pas m'en aider. V., arr. de
Civ.
Eleude (1. eluceré) , s. f. , éclair. ~
D.-S. — (B.-F.)— Roman : «Eslhuciada.»
Eleudé (r. eleude] , v. n., faire des
éclairs. — D.-S. -— (B.-F.) — Berry :
« élider. » — Aube : « eleuder. »
Eloçai et Eluci , v. a., casser une
branche d'arbre, qui , en se brisant ,
emporte avec elle des lambeaux de l'é-
corce et fait fendre l'autre partie qui
reste attachée au tronc. V., c. de Monte.
— D.-S., arr. de Parth. — (A. R.)
Elochâi , V. a. et n. , détruire les
loches, les limaces. Dans tout le Poitou.
— Aube : a élocher, » ébranler.
xxxn.
EMB
121
Elotsài (r. éloise) , v. impers., faire
des éclairs : « ol' a éloisai tout' la neut.»
V. — D.-S. — Vend. — V. Eleudé.
Eloise , s. f., éclair. V. — D.-S. -»■
Vend. V. Eleude.— Saintonge. — Arden-
nés. — Patois du Limousin : « éylausi.»
— Rabelais : « élicie. » — Montaigne :
« notre vie n'est qu'une éloize dans le
cours d'une nuit éternelle. » (L. .3, c. 5.)
Eluçures , s. f. pi., lesbranclies ('lu-
cies^ brisées. V.,c. de Wontc.T. Elocai,
LluCl.
Emayat et Emoyai (l. emonere) [s'],
V. pr., s'informer. V., arr. de Civ. —
D.-S., c. de Bress., arr. de Parth. et de
Melle. — Clément Marot :
« Mai.5, je vous prie, mon sauf-conduit ayons
» Et de cela plus ne nous émayons. »
Embabijolai ou Embabigeolaï ,
V. a., tromper par de belles paroles. —
D.-S., arr. do Bress., de Parth. et de
Melle :
« Et mé 1 t'dis que t'é jà flne
n Si t'y te lalss'enibabijolai. »
iChans. poit.)
Embabijolou , SE, adj., trompeur.
— D.-S.
Embabiolai, V. a., flatter, tromper.
V., arr. de Civ. — Y. Embabijolai.
Embabiolour , SE, adj., flatteur,
enjôleur. V., arr. de Civ. — V. Emba-
bijolou.
Embarrassée, adj., se dit dans plu-
sieurs endroits d'une femme enceinte.
— Patois limousin : « emborassado. »
— Marne et patois du Berry : « embar-
rassée. >
Ejibelzi (s'), v. pr., s'embellir. V.,
c. de Mirebeau. F. Abelzi.
Embobelînai (embob'linai) , v. a.,
couvrir, envelopper quelqu'un avec soin
pour l'empêcher de ressentir du froid ,
ou l'impression de l'air extérieur. (S')
V. pr. —V. — D.-S.— (B.-F.)
Embohèmé et Enbouémé fr. bohé-
mien), V. a , tromper, filouter, tricher,
ensorceler. V., arr. de Chat., c. do
Montm.
Emboucagi, e, adj., lieu peuplé de
bois , couvert d'arbres : « ta bord'rie
eu biemboucagie.») V., c. de Mireb.etde
Monte. — Patois du Berry : « embocagé,
\22 KME
embourragé, » torrnin couvorl d'ar-'
brcs.
Emboucacdé .V. a., littéralement ,
t^a^^fu^mtT en bouc , ensorceler. V. ,
arr. de Chat.
Emboi;caudi:me.\t , s. m., ensor-
cellement. V^, arr. lie Chat.
Embouillo>>ai et Emboulat fs') ,
V. pr., s'enfoncer dans l'eau. V. — D.-S
— Patois du Berry : m emboulai , »
emmêler. — Aube : « emboulei , »
brouiller.
Embouril, s. m., nombril. D.-S.,
arr. de Melle. — On dit aussi : • ncm-
bouril. • — Roman : « emboril. » —
Provençal : « emhourigo ; enfernissent
de l'embourigo >_, frémissante du nom-
bril.
Embousiné, V. a. , ensorceler. V.
/-'. Achamaraudai.
Embousinement , s. m , ensorcelle-
ment. V. V. Achamarauiiement.
EMBOUSiMiux, SE, adj et subs. ,
celui ou celle qui embousine, sorcier ,
sorcière. V.
Embraime, ée, adj , embarrassé. V.,
arr. de Poit.
Embbbuficotai , V. a., entortiller
quelqu'un ; l'embarrasser par ries ques-
tions captieuses, l'engager dans une af-
faire douteuse. D.-S. — V. — (s'i v.
pr., se lancer dans une affaire dont on
ne connaît pas les conséquences, ou dif-
ficile à traiter : « i cré qu' man frère
s'é embrelificolai dons quielle affaire a
n' pou s'en sorti.» V. — D.S.— (B.-F.)
Eme, s. f., unie, e.-prit, intelligence :
« pr' in drôle d' quiel âge, gn'a poué
pus d'ême. » V. — D.-S. — Vend. —
-« Mez Raffcc ogult devonlage d'ême. k
(N. 1'.)
— Ardennes, Marne : « ême » estime,
ainour. — Patois limousin ; a eimé »,
âme, esprit.
Emenlsai (em'nusai) , v. a., amoin-
drir. D.-S. — Vend. — Roman : «ame-
nuzar ^, amoindrir.
Emenyai, v a., emmener. Vend.,
Maillezais. (G. et P. D.)
Emerglaudai (gl mouillés), v. a. et
pr., réjouir, se réjouir, être vif, gai, fré-
tillant. V. — D.-S. — \end.
« Jarnl, Tiarrot , coam' l' v'ia brave
> Coum' ta in air raiereglaudai. »
(Cbans. Poil.)
EMP
Emeuche,s. f., ficelle que l'on mel au
bout d'un fouet. V., arr. de Chat.
Emigeai , V. a., émier; « émigeai
dau poin dons dau lait, dau vin. » V. —
D.-S. — (B.-F.)
Emissai (s'), v. pr., se donner beau-
coup de mouvement. D.-S.
Emisse, ée, adj., éveillé, vif. D.-S.,
arr. de IMelle.
Emoisellai (// mouillés) [1 ernol-
lire], v. a., ne se dit que des enfants
quand les dents les fatiguent, qu'ils sont
moins frais qu'a l'ordinaire : « o sanl
ces mécelés qui rémoi.s'llant », ce sont
ses grosses dents qui le fatiguent. Vend.
— D.-S.
Emolé etEMOULÉ.ÉE, adj., imprimé,
gravé. Vend. — D.-S., arr. de Bress. —
€ Vour ol était mon nom en callard émolé. »
(Gust.-)
Emoxndissae,v. a., étonner. Vend.
(C. et P. D.)
Emorchai^ v, a., tromper , attirer
par des choses flatteuses. V. — D.-S. —
(B.-F.) — Français : « amorcer. »
Emorchf, s. f., herbe sèche des pa-
cages dédaignée des bestiaux ; très-
usité au pluriel. D.-S. , c. de Maz.
(A. R.)
Emotou,s. m., rouleau en bois de
40 centimètres de long, ayant un man-
che, et servant à briser les mottes de
terre. D.-S., arr. de Parth et de Bress.
— Latin ; « emotus , » remué; « emo-
tum solum, » terre remuée. (Columelle.)
Emourigeai (1. emungere)^ v. a., se
dit principalement du feu que l'on
écarte, que l'on ravive : « émourige
don quiau feu, tu t' chauff'ra meux. »
V.. arr. de Poit. et de Civ. Par exten-
sion, épouvanter, faire peur à des ani-
maux. V., arr. de Civ.
Emoustiquai et Émouvai , v. a. et
pr., donner du mouvement, devenir vif,
actif, léger. Par extension , « emousti-
quai, émouvai » un enfant , c'est le
frapper, le battre : « bouge ens'ment,
e i'émouvré tan casaquin ma. » V. —
D-S. —Vend.
EfiriPABAT, v. a., laisser tomber. V.,
c. ]sle-Jourdain.
Empas, s. m. pi , maladie des gen-
cives des chevaux^ et qui les empêche
de mander. V. — D.-S. — Vend.
ENC
EuPEBAi (s') , V. pr., augmenter.
V. — D.-S. F. Auperai.
« Mois y pense en qiiieuquy, mois ma foi s'en cm-
[père. » ]
(Bab.,p. S4.)
— Basse latinité : «emparare » et aam-
parare » tueri. (Duc.)
Empétrouèbes, s. r. pi., entraves ,
liens en fer ou en corde que Ton met aux
pieds de devant des bestiaux pour les
empêcher de courir, de fuir. V., arr. de
Chat. , Maire. — Patois limousin :
« empéoulas, » attaches.
Emi»l\nte , V. a., commencer une
maison, un mur. V., arr. de Chat.
Emplanchon, s. m., charrue à deux
oreilles avec barre de fer pour soc. V.,
c. Isl.-Jour.j Adriers.
Emplatke {pL mouillés), s. f., cita-
lion, assignation : ce ol é don d' même
qu'o va; eh ! bé, i va t' f... in' emplâtre
au c... » V. — D.-S.
EsiPLUMASSAi , V. a., emplumer.
Vend.
« Emplumassé qaemc in linot. »
(Gust., p. 4S.)
Emudai, v. a,, ébruiter, dévoiler :
« n'ou-z-émude poué , ol y f ré tort. »
V. — D.-S.,Gâtine.
Enboni et Enbounesi, v. a., amé-
liorer, rendre meilleur. V., arr. de Chat.,
arr. de Civ. — D.-S., arr. de Bress. et
de Parih.
Enboubi, v. a. y. abourai;,bien cou-
vrir , vêtir chaudement. V., c. de Mi-
rebeau, arr. de Loudun.
Encalminai et Encabminai, v. a.
et n., ensorceler par les charmes. D.-S.,
arr. de Parth. et de Bress. F.Carminai.
— Espagnol : « ensalmo, » parole ma-
gique pour guérir certaines maladies.
Encalminemrnt et Encabmine-
MENT, s. m., ensorcellement par les
charmes. D.-S., arr. de Bress. et de
Parth.
Encamaillai, v. a., emmailloter.
Vend. Font. (C. et P. D.)
Encanchai, v. n. et pr., s'embour-
ber. Au figuré, se mettre dans l'embar-
ras, faire de mauvaises affaires. — V.
- — D.-S. — Patois du Berry : « encan-
cher », se dit au figuré d'une personne
qui est dans rembarras.
ENC
123
ENCAssAi,v.a.etpr.,littéralementso
mettre dans la casse (boue), embourber
et s'embourber. D.-S, — Vend. — V.
Elv CAY, En-lay, loc. adv., en deçà,
au delà. V. — D.-S. — Vend.
Encebne (à l'), loc. adv., h. l'entour,
aux environs. D.-S., c. do Maz. (A.R.)
Enchabaraudai, v. a., ensorceler.
(B.-F.) — « Encharrauder, » an 1400.
(Lacomb. 8, 2.)
ENCHAi?iTRAi(r. e7ic/<ai!;?^?'e), v. a.,
faire pacager le bétail sur une chaintre :
« E-lu ben boun' bergère ? Enchaintie-
tu ben tes oueilles? ))V.,arr. de Civray.
y. Achainbrai.
Enchanitréyai, v. a. ^. lo précéd.
V., arr. de Civ., Savigné.
Encharsi,Enghardi, v. a., enché-
rir. V. — D.-S.— « Les lui baillera sans
les lui enchardir , ne mettre autres
charges sur les dits moulins. » (An 1450.
Manusc. du Poitou.)
Enchargeai, v. a., recommander
particulièrement une affaire, une chose,
un travail, parce qu'on y tient. V. —
D.-S.
Enchouti, V. n., salir : « gl' acheut
dans la gâche^ gle s'é tout enchouti. »
— Au figuré, ternir la réputation. V.,
arr. Civ.— D.-S. — Vend. (C. et P. D.)
« I en fu priqueu tout enchoutri. »
(Cent, poitv., p. 27.)
Encitai, v. a., enseigner. V., c. Isl.-
Jourd., Adriers.
Encllenai [Il mouillés), v. a., so
dit principalement des moutons quand
ils donnent des coups de tête à faire
perdre la respiration. V. — D.-S., Ga-
tine.
Encoinçon, s. m., sillon plus court
que les autres. V., arr. de Civ. —
y. Acoinçon. — V.,*c. de Civ., Blanzai.
— D.-S., Melle.— Escoinse, s. f. :« une
petite escoinse de terre. » (1609. Vasles.
Manusc. du Poitou.) — « Escoin ou es-
coinson ; ^ petit coin de terre qui se
trouve à l'angle d'une grande pièce.
(Manusc. du Poitou.) — D.-S. , Vasles.
EîNCOlNÇOUNAIE et EXCOINÇOUNÉE
(r. encoinçon), s. f., l'ensemble des en^
coinçons 'y., c. Civ., Blanzai, Linazai.
— d!-S., arr. de Melle. — « Escoissonne,
escoissonnée ; •> « plus une pièce de
terre en escoissonne. » (An. 1599. Les
124
EXD
Fosses.) a Plus unee>cois5onnéode terre
de cent dix sei lions. » (IG61. Les
Fosses.) — M Escoussonnée. » (Manusc.
du Poitou.)
E.NcossAi (r. e/î, couse), v. a,, en-
voyer dans la cosse^ expression triviale.
V., c. de Monte., St-Jean-de-Sauves.
Encoi:b.\isse , V. a., liltéralement
avoir le cou baissé; atlaclier la jambe
d'un animal avec rexlrémité du licou ,
afin qu'il ne puisse s'échapper en paca-
geant. V., arr. Lhàl.
E>couÉ, V. a. et n., attacher un
animal h la queue d'un autre. V., arr.
de Chat. V. Acouai
Encrait, s. m., ce qui reste au
milieu de lancien sillon après le pre-
mier labour. V., arr. de Civ. — D.-S ,
c. de Parlh. V. Ecret.
ErscBAiTAT, V. a., donner le premier
labour. V., arr. de Civ., c. de l'Isl.-
Jour — D.-S., c. de Parth. F. Ecrétai.
Encraitou et Encré, s. m , areau à
une oreille avec une barre en fer pour
soc. V., c. Montm., St-I\emi et c. de
risl -Jour , Luchapt,p. encré.
Encbin, s. m., petite boîle qui fait
partie des coffres. V., arr. de Civ.
V. Cas.-erette.
Encboisée, s. f., carrefour. D.-S.,
arr. de iMelle.
Encblchai, V. a. et pr. , placer un
objet dans un endroit élevé. D.-S.,
Melle. — V.,c. de Civ. et de Montm. —
Monter, grimper. D.-S., c. Airvault.
E.NCRLCHOD , ENCBUCHt)UR , S. m.,
morceau de bois percé de deux trous ,
rentrant dans les bâtons de sellette qui
portent la perche de l'avant-train de la
charrue. D.-S., arr. de Mel. — 'B.-F.)
E.NDEMINÉ, EE (1. iil (IXlllOU)^ adj.,
brouillon , lutin , volage. Vienne. —
Mayenne. — Ardennes : « endemené. »
Éndeminé (s'(, V. pr., s'enrager. V.
Endebce, E:idabde , Enderde , s.
f. , dartre vive : « i fré passé ten en-
derce, s' lu veux. Gondille. avequedau
jus de laba fumé et dau vinaigre. » Je
te ferai passer ton enderce, si tu veux ,
Radégonde, avec du jus de tabac fumé
et du vinaigre. V.— D.-S. — Vend. (C.
et P. D.) — Patois du Berry : « en-
darde. >
ErsDiVES, s. f. pi., gencives. Dans
plusieurs communes des trois départe-
ENG
ments. — Basse latinité : dentiva^ gin-
givae quibus dentés hœrent. (Duc.) —
l^atois du Berry : « endives, » avives ,
glandes de la gorge des chevaux.
Endurance, s. f., douleur, souf-
france. Vend.
« Coucbés sur le pavé, béguignant d'endurance. >
(Gust., p. 77. j
E>'DUBE, S. f , chaume, allée, avenue
où les bestiaux peuvent pacager sans
être inquiétés par les voisins. V., c. de
Couhé.
En FARCES et En f erg es (1. in fer-
r'uin)^ s. f. pi. , entraves. V. — D.-S.—
Vend. V. Empétrouères. — « Jambière
d'enferge.<5 ; » partie de l'entrave qui
tient a la jambe du cheval. — « Crapauds
d'cnferges, o le cadenas qui strt à fer-
mer les enferges. Dans tout le Poitou.
—(An. 1 764. Vastes. Manusc. du Poitou.)
— Provençal : « enferri ; de t'estaca mé
lis enferri ; » de l'attacher avec les en-
traves. — Sainlonge : « enfarges. />
Enflume (Jl mouillés), s. f. , en-
flure : (( maladie de l'enflume, » hydro-
pisie.V.— D.-S.
ENF0NDRE(l.?7i/wnd/ere), v. a.etpr.,
tremper, pleuvoir en abondance : « ol a
cheul quiette neut tonl d'aive qu' les
ch'mins et les chomps sont tout enfon-
dus ; » — « i m' sent tout enfondu
arser. » V. — D.-S., Gâtine. — Roman :
« infundre. » — Catalan, portugais,
espagnol : « infundir. » — Italien :
« infonflere. »
Enframai,v. n., répandre une mau-
vaise oJeur : a quiau fumé enframe
raide ; » ce fumier répand une bien
mauvaise odeur. V. — D.-S., Gâtine.
Enfutaî, v. a., mettre le vin dans
les fùls, dans les barriques en le tirant
de la cuve. — Au figuré, envoyer, faire
sortir : « i l'enful'rai bé , ta ; » je te
ferai bien sortir, liens. V. — D.-S. —
(A.R.)
Enfltailles, s. f. pi, l'action de
mettre le vin dans les barriques après le
cuvage. V.
Engeignat, v. a., tromper dans un
marché, dans un échange. Vend. (C. et
P. D.) — Basse latinité: engannare.de-
cipere. (Duc.) — Aube : « engigner. » —
Vieux français : « enganer, engigner, »
« que plus i ariez mis , plus seriez en-
ENJ
ENR
125
Bi\, i> affliger;
engouisse
ganez ; mes d'une chose estes vos engi-
nez. » (Duc. au mot ingenium.)
Engobmé (s'), V. pr., se pavaner,
faire le beau : « ah 1 coum' i s'engorme,
quou gars ! > V., arr. de Chat.
Engouesse, ÉE(r. en gouesse), adj.,
endiablé, lutin, jovial. V., dansquelques
contrées.
EiNGOUESsÉ, V. a. et n., avoir un
désir de diable, un grand désir de faire
une action quelconque : a i engouesse
ma vie d'il baillai ine tape. » V., dans
quelques lieux. — Provençal : « angouis-
a mai fau que l'âge nous
»
Engouillounai, V. a., manger avi-
dement, et, par suite, faire passer une
portion de la nourriture, une miette de
pain dans les fosses nasales : « i é mingé
trot vit', i m'seut engouillounai. » V.,
arr. Civ.
Engravai, V. a. et pr., avoir des
douleurs aux pieds , par suite d'une
longue marche ou d'une marche forcée.
Se dit aussi dos animaux. — « Engra-
vant, » chemin plein de graviers. V. —
D.-S. F. Aggravant.
Engraver (r. £v -j'pâ9c'.v), V. a., gra-
ver : « i a engravé en pierre de nouvel
du cosié de la dicte ruche deGeffe une
marque de la dicte borne. » (An. 1579.
Arch. St-Hil., bourg, n^ 1465.)
Enguillebaudai , V. a., engager,
embaucher , retenir : « é-tu enguille-
baudaie? — I non. — Eh bé, i t'enguille-
baude pre toute la journaie. » Es-tu re-
tenue pour la danse ? — Non. — Eh bien,
je te reliens pour toute la journée. V.,
c. de Couhé.— D.-S., arr. Mel.
Enguimrnti (s'), V. pr., s'informer,
s'enquérir : « i m' se bi enguimenti deu
jou que rvinrant,i n'eu pu ausavoi per
le juste. » Je me suis bien informé du
jour où ils viendraient, je n'ai pu le sa-
voir au juste. D.-S., c. d'Airvault.
V. Agumenté.
Enjoinbie, s. f., enjambée : « ah !
quiés gronds enjonbies ! gl' érait bay à
Koum' en quat' jous; » ah ! ces grandes
enjambées ! il irait bien à Rome en
quatre jours. D.-S., c. Bress. F. Ejonbie.
Elnjouqui (r. en joug), v. a., mettre
le joug aux bœufs. V., c. de Neuville.
Enjuchai (s'), se percher, grimper,
monter : « où diable quiau drôle d'Zi-
dore s'é-t-eil enjuchai? » où diable ce
drôle d'Isidore s'esl-il enjuché ? V. —
D.-S.— Vend.
c Gle s'est^njuché dans la chaise. »
(Gust., p. 80.}
Emmouraché (s'I, V. pr., devenir
amoureux d'une manière irréfléchie. V.
—D.-S.
« Perrot et Jehanne s'étiant emmourachés. i>
(Chans. poil.)
Enneu,s. m., ennui : « Irejou gle m'
sert d'enneu. » V.— D.-S.
« Tout abattu d'enneux durant quoque semolnc. »
(Bab., p. 63.)
Patois du Berry. — Patois limousin :
« eynei. » — Marne : • ennuir, » en-
nuyer.
Ennuit, adv., aujourd'hui, V., arr.
Chat. — F. Anet.— Marne : « ennuit , »
cette nuit , aujourd'hui. — Rabelais :
« ennuict, ï> aujourd'hui.
ElMORl^É, V. n. et pr. (r. eii orine)^
peupler, multiplier. On est aussi vite
« enoriné » de poules que de pauvreté.
(Dicton poitevin}. — F , c. Isl.-Jour.,
Adriers, Luchapt.
E.NOisAi et Enougelai (I. mtx)^
V. a., trier les noix. V.— D.-S., suivant
les lieux. T. Chalupé.
Enougeleu, se, adj., celui ou celle
qui énougelle. V. — D.-S.
Enougellehie, s. f., l'acte par le-
quel on enlève les noix de leurs co-
quilles; ce travail se fait pendant les
soirées d'hiver. Les voisins s'y invitent
mutuellement. L'opération terminée ,
vient le réveillon , et chacun se relire
après avoir dansé quelques rondes. V.
—D.-S.
En'^aginé, V. a., enrager. V., c.
Isl.-Jour., Adriers, Luchapt.
Enraguenillat (s), V. pr., avoir le
plus vif désir de faire quelque chose. V.,
arr. de Civ. V. Endeminé.
Enraie, s. f,, raie d'écoulement que
l'on fait au milieu d'un champ pour
écouler les eaux. D.-S., arr. de Bress.
et de Parth.
Enraq-jat, v. a. et pr. fr. rague),
vendre de mauvais bestiaux à quelqu'un;
se pourvoir d'animaux défectueux par
126
ENT
EPE
méprise : « i m' se enraqué. » V. —
D.-S.
EiNBÈRE, prép. négat., pourtant, pré-
cisément pas. D.-S., c. Bress.— Vend.,
Font. (C. et P. D.)
Enrine, V. n. et pr., peupler, multi-
plier : u sa cour a été vite enrinée d'vo-
iailles. » V., arr. de Chat.
E-NROUCHAi, V. pr., senrouer : i m'
scu bui enrouchai. > V. — D.-S.
E:s BOUTAI, V. a. et n. V. Aroutai.
D.-S., arr. de Mel.
Ess A.LB AT Al [r. sabbat), v. a., ensor-
celer : « a tu poué vu dir' que quialle
femme a été ensalbatie par quiau i^rond
sorcé?» n'as lu pas entendu dire qu-e
cette femme a été ensorcelée par ce
grand sorcier ? D.-S , c. de Bress.
V. Achamaraudai. — Sabbat : c'est le
lieu où se réunissent les sorciers pour
préparer leurs maléûces.
Ensalbatement, s. m., sortilège.
D.-S., c. de Bress.
Ensement, Ens'remeist (ens'ment),
adv., seulement. D.-S.— Vend., suivant
les lieux.
• I 11 oU ben mon cbapea
S Gle m'aTisU ensement pas. »
(Cbans. poit.)
Guillot de Paris : « de St Christophle et
ensement. »
Ensoecillade, plur. Ensorcilla-
DÉES, S. f., ensorcellement. V., c. Isl.-
Jour., l uchapt.
Ensu, adv., en haut, là-haut, au-
dessus. V.— D.-S.— Vend. — Patois li-
mousin : « ensùs. i/
Ensuaibai , V. a., envelopper un
mort d'un suaire. V. — D.-S. — Sain-
tonge : « ensouairer. »
E.'vsrnQUETOT, loc. adv., en outre:
c et promistrent ensurquetot par lour
foi et sus Tobligement de leurs biens. »
(An. 1282. Loudun. Manusc. du Poit.)
Entagnai, Entaillai (s'), v. pr.,
entrer dans la boue, dans le bourbier!
D.-S., arr. de Parth.— V.. c de l'Isl.-
Jour. — Patois limousin : « enteigna. »
Entalbotai (r. eu talbot),\. a. et n..
mettre un talbot (bâton mis en travers
au cou d'unchien),employéau participe.
Il se dit de celui qui fdit du bruit en
marchant avec ses sabots. V. — D.-S.
Entardai, V. a., retarder, causer du
retard. D.-S., arr. de Bress. V. Ade-
meurai.
Entendoire, s. i., faculté de com-
prendre. V. — Rabelais : « J'ai assez
belle entendoire. » (L. iv, c. 27.)
Entour, adv., à l'entour, autour. V.
— D.-S. — Vend. — Rabelais : « ami, par-
lez d'ici entour pour ceste fois. » (L. ii,
c. 22.)
E^iTRAVAUX, s. m., entrait, pièce de
charpenie, nommée aussi tirant : « et
y mettre deu.x entravaux de grosseur
do cinq poulces en carré. » (An. 1677.
D. F., p. 385.)
Entrkchi et Entrbmi , b, adj. ,
dissipé, volage. V., arr. de Chat, et de
Civ. — D.-S., c. de Bress., suivant les
lieux.
Entre-jambes, s. m., allure, se dit
principalement des chevaux. V. — D.-S.
Entremi, adv., jusqu'à ; « dampi la
St-Jo entremi à la St-Micha ; > depuis la
St Jean jusqu'à la St Michel. Vend.
(C. et P. D.)— V. — Gascon : t entre-
mièy, » entre.
Enveuvai, V. n., devenir veuf. D.-S.,
arr. de Parth. —(A. R.)
Epaffaî, v. n. et pr., être essouflé.
D.-S., arr. de Melle (B.-F.)
« Jamé tant esbafé
• Ne me trou?y qutqualle ti. »
(^Gent. poët., p. 58.)
Epaeai, v. a. (1. pararé)^ étendre,
éparpiller. Dans tout le Poitou.
Eparou et EpAROUR (r. éparai), s.
m., étendoir, séchoir : « le linge a été
porté dans l'éparou. » D.-S., c. Maz.
(A. R.) — V., arr. de Civ. pour « épa-
rour. >
Epaudoire, s. f. , fourche en bois à
quatre doigts pour étendre le fumier.
Vend. (C. et P. D.) F. Bernar.
Epenillé (ep'nillé), v. a., se ditsur-
tout du fourrage que 1 on écarte dans les
prés. V. Dépenaillai.
Epenn evessi (s'], v.pr., s'éparpiller :
« i gravi su ine butte, sous mes pés la
butte s'égrabouilli, du haut en bas i
tribouli, et tout l'argeont qu'i avas dons
ma poche s'épenn'vessi. » Je grimpai
sur une butte, sous mes pieds la butte
s'écroula, je roulai du haut en bas , et
toutlargeat que j'avais dans ma poche
s'éparpilla. D.-S,, c. de Châtillon.
EPI
Epbbbissai etEPEEBissAi {\. pers-
picere)^ v. a., visiter minutieusement :
« lu n'a pou ben éperbissai man cot'-
Ilan ; on 1 rap'tassont , tu y a quitté in
creux ; » tu n'as pas bien visité mon
cotillon; en le raccommodant, tu lui as
laissé un trou. V. , arr. de Poil, et de
Civ. — 11 signifie encore éparpiller.—
D.-S ,,arr. de Melle.
Epiautae, V. a., enlever la peau.
D.-S., arr. de Melle et de Niort.
Epibaudai, V. a., répéter , fatiguer
par des vétilles : u i se core epibaudai
de c' qu'i m' dissit l'aul' ser; » je suis
encore fatigué des vétilles qu'il ma dites
l'autre soir. D.-S. , c. de Chàtillon.
V. Abibaudai.
EpiBOSSAi (s*), v. pr., s'éplucher. D.-
S., arr. de Parth.— (A. R.)— V. a. , grat-
ter la têie.épucer. Vend. (G. et P. D.)
EpicASSES.s.f. pi., la partie ligneuse
adhérente au lin. V., arr. de Loudun.
EpicAssi (r. épicasses), v. a., pei-
gner le lin. V., arr. de Loudun.
EpicASsou, s. m , instrument en fer
pour enlever les épicasses. V., arr. de
Loudun.
Epigeaux, s. m. pL, criblures des
blés. V. — D.-S. — V. Ecrevances. On
appelle encore epigeaux les épis que le
battage a séparés de la paille et qui sont
mélangés avec le grain. — « Epigeot :
et prendra les arrère vens, espigeots et
gagoilhons des blez des terrages deuz on
dit petit fief des Pousses. » (An. 1428,
Breuil-Chizé , manusc. du Poitou.) —
Saintonge ; « epijot. » — Provençal :
« espigau «, épis ; « au mai tis espigau
espigons, » plus tes épis épient.
Epigé , V. n, (I. spiçari), monter
en épi. V. — D.-S. — Roman : « espi-
gar. )» — Provençal : « espiga. »
Epina (1. spina), s. m., fagot d'é-
pines dont on se sert pour fermer un
passage. V.,c. Saint-Savin, Journé.
EpioTAi, V. a., nettoyer les grains
Jetés au vent et étendus sur la cour à
battre. D.-S., arr. de Bress. T. Colai.
Epiotou, s. m., balai dont on se
sert pour nettoyer les grains que l'on
jette au vent sur l'aire. D.-S., arr. de
Bress.
E?ivARDAi (s'), V. pr., se plumer
avec son bec. V., arr. de Civ. — D.-S.,
arr. de Niort et de Parth. — Par ex-
EPO
127
tension, se donner des airs, faire le
beau. D.-S., arr. de ;\lelle.
Eplé, v. n., se dit des volailles qui
sortent de l'œuf. V.. c de Saint-Savin.
Eplet {pi mouillé.^) , s. m., profit ,
avantage : « le drap en grande largeur
fait plus d'éplet que l'étioit. » Vend.
(C. et P.D.)
Epletae {pi mouillés) , v. n. ,
avancer à son ouvrage — par extension
avancer à faire sa fortune. D.-S., c. de
Celles.
Eplimageai et Eplumagé (I. e,
pluma) (s'), V. pr.. se plumer. V., arr.
de Poit.-D.-S.,arr.deParth.— (A.R.)
Eploté , V. n., sortir de l'œuf ,
éclore. V., c. de Montm. V. Eplé.
Epontai, v. a. et n., étonner, faire
peur. V., arr. de Poit. et de Civ. —
D.-S., arr. de Melle et de Parth. —
(A. R.) |s'], v. pr.
€ Mas à dire entre nous, son étrange doctrine
» Me trouble la cervelle et m' épontc slfot^ »
(Bab., p. 13.)
— Avec la négative il signifie , le plus
ordinairement , n'être pas malade : « i
n' se poué épontai. » — Besançon :
« aiponta. » — Ancien français : « es-
péonter. »
Epo.NTAiLet ÉPor.AiL, s. m., épou-
vantait, ce qui est laid à faire peur :
« quieu grond éporail, » se dit d'une
femme vieille et laide. Vend. (C. et
P. D.) — D.-S., •arr. de Melle et de
Niort.
Epoinïa^t , TE , adj. verb. , qui
étonne, qui fait peur : « nouvelle épon-
tante, récit épontanl x) D.-S. , arr. de
Parth. —(A.R.) —V., arr. de Civ.
Epol'LE, s. f., petite enflure pleine
d'eau sur la peau : « quond n'an ae
f'ssai qu' perse, n'an a jamé d' époule
aux fesses. » Quand on n'e^t fessé que par
soi, on n'a jamais^/' f/^oz^/es aux fesses.
Prov. Poit. D.-S., c. de Celles , Tho-
Epoloué, s. m., carrelet, engin de
pêche. V., arr. deCliât.
Epouffai (s'), v. pr., se sauver de
tous côtés, s'enfuir en s'éparpillant : « i
an vu daux perdrigeas, mais glese sant
tout époufés. » D.-S., arr. de Melle. —
(B.-F.)
Epoustour, se, adj., celui, ou celle
128
qui époussette.
Vend.
ERA
arr. de Civ. —
« I cré que tu fus fin, el que ta frippcrlc
» Ariil en époustoux bay mal été servie. »
(Gust., p. C6.)
Equails {Ecails), s. m. pi., laine
coiirle. V., arr. de Chat. V. Ecouails.
Equag>é, V. a., céder, obéir. V.,
c. de iMonlm.
Equari, V. a., écorcher. V., arr. de
Chat. V. Blanchi. — Français : « Éca-
rieretéquarrir, » même sens.
Equabquillât, V. a , écarter, élar-
gir. — (s'), V. pr. V. — Rabelais :
a les doigls des mains esquarquillés. >•
(p. '^06.;
Equeulle (<7?^ mouillés) [1. scu-
telia], s. f.,écuelle.
Erabinée, s. f., le temps que l'on
met à labourer. 1).-S., arr. de Bress.
et de Parth. V. Bordée.
Erage, s. m., plant, racine; se dit
principalement des plants de vigne ;
« pour faire du bon vin, il faut de bons
érages, > V. — Rabelais : a et dict-on
qu'en Bourbonnois encore dure l'érage
dont sont dictes aureilles de Bourbon
nois. » (L. II, c. l'^f.)
Erage , s. m , lignée, parenté :
« Pierrot Borcé d'érage noble - ; Pierre
Bore est de race noble. V. — Rabe-
lais : « Saint lago de Bressure en est-il
encore de l'éïrage ? » (L. m, c. 22.)
Erageai (r. érage), v. a., multi-
plier les arbres à fruit. V., arrondis, de
Civ.
Ebalaé, V. a. et n., éreinter ^ estro-
pier. Vend. (G. et P. D.)
ERALÉ(trè:-bref), v. a. et n., déchire;',
mettre en pièces : « meingne drôle in
passont don in boissan a éralé se harJe.s
et sa figure » ; mon drôle en passant
dans un buisson a déchiré ses habits
et sa figure. D.-S. — V., dans quelques
endroits. — Eralé (s'), v, pr.,se déchi-
rer, se faire mal. Vend., Font. (C. et
P. D.) — D.-S.
Eralure, s. f., éraflure. V. — D.-S.
Eran'Che, ée, adj., celui ou celiequi
a la hanche démanchée V. — D.-S. —
Patois limousin : « eirancha, » boiteux.
Eeau, s. m., charrue à une oreille.
V., suivant les lieux. V. Arau.
ERU
Eràudai , V. a,, crier après quel-
qu'un. (B.-F.)
Erbeluttes, s. f. pi. , éblouisse-
monts. V., c. de Monlm. r. Arbeluttes.
Erenanai el Erenai (er'nànai), v.
a. et pr., éreinter, crever. Le participe
passé se dit principalement des per-
sonnes qui ont des hernies. Vend. (C.
et P. D.) -- V. — D.-S. — Ardennes,
Haute-Marne : « «rner, fatiguer. » —
Rabelais ; « et commanda aux gar-
çons d'étable le traicler à la fourche et
l'éresner à coups de baston. » (L. v,
c. 7 )
Ergremillé, v. a., se réduire en
grumeaux, en petites boules. V., arr.
de Chat. y. Agremailiai.
Erguegnasses , s. f. plu., mauvais
vêlements ; habits de chaque jour :
« AU' s'é n'allée à la messe, a se d'sha-
billée, air a laissé toutes ses ergue-
gnasses su ine chaire; » elle s'est en allée
a la messe, elle s'est déshabillée , elle a
laissé tous ses vêtements sur une chaise.
V., arr. de Poil.
Eria , s. m., charrue a une oreille.
V., suivant les lieux. V. Arau.
Erinde , s. f., ronce : « cope quiées
érindes, i les fr'antbrûli su place. » V.,
c. (le Veuille.
Ertpoulat (\.'€ripere], v. a., éra-
flerla peau, l'écorce d'un arbre. Vend.,
Font. (Cet P. D)
Erme, s.f., araignée. — Petit filet
pour prendre les oiseaux. D.-S., arr.
de Bress. el de Parth.
Ermitou, se (r. ermite] , adj., hai-
neux. D.-S, arr. de Melle.
Fronce et Ébonde, s. i., ronce. —
V. — D -S. — Vend., suivant les loca-
lités. — Patois du Berry. — Aube:
« ronce. »> — Rabelais.
Erondelle, s. f. , hirondelle. V.,
arr. de Chat. F . Arondelle.
Eboudée, s. f.,roue:« là éroudée
n'é pas graissade. » V., Luchapt.
Ebuçai (l. eruîicare], v. a. et pr.,
détacheV les feuillei d'une branche d'ar-
bre en la serrant d'une main que l'on
lire à soi. D.-S. — (A. R.) — V. —
Vend. — Alayenne : « érucer. » —
— Provençal ': « desrusca ; me sem-
ble que senso élo aro siéou desrusca » ;
il me semble que sans elle l'on m'ar-
rache l'écorce.
ESS
EsABOui (l. sapor) , v. n., perdre sa
saveur : « la légume duranmési é ésa-
bouie. » D.-S , arr.de Bress.,de Parlh.
et de IVlelie.
EscARBOUiLLi, V. 3., écfaser. V. —
D-S. V. Ecrabouillai.
« L'Espagne chonte
• Et sise vonte
» D'escarbouilly tous les Français. »
(Rob. div., p. 72 )
EscHiLLE, S. f., petite cloche. L'on
s'en sert principalement pour les proces-
sions, et assez orilinairement au nom-
bre de deux. Elles précèdent la ban-
nière, et leur son avertit les fidèles du
défilé de la procession. V. — D.-S. —
Vend. — Manus. du Poitou , an H28.
— Basse latinité : • scilla, skilla ,
schilla, squilla, tintinnabulum , campa-
nula, italis squilla, undesquillare reso-
nare. » (Duc.) — Roman : c esquello ,
esquelho. » — « Eschelle, eteschielle, »
petite cloche, et a eschille, » clochette à
manche que l'on porte aux processions.
(Laombe, t. ii.)
EscLAViTUDE, S. f . , esclavagc. Vend.
Sab. (C. et P. D.)
EscouTi, E, adj.^ infect. Vend. (C.
et V. D )
EscRAPiTABLE, adj., mauvais, cor-
rompu, pitoyable, qui fait peur : « enfin
quoué, qu' veu-tu qui V dis-je, c'é in
mal escrapitable. » V., arr. de Chat.
EsKURBAi, v. a , rendre sourd à
force de faire du bruit : « taise te , tas ,
tu m'éseurbe. •> D.-S.— (B.-F) — Pro-
vençal : « eissourba, » étourdir.
EsUERBÉ et EsHEBBOULAi (r. ex
herba), v. a., arracher les mauvaises
herbes, les plantes parasites , sarcler,
V., arr. deCiv., arr. de iMontm. et arr.
de Poit. — Marne : « esherber. » —
Patois du limousin : « eysserba. »
EssAC, s. m. , vanne de décharge
d'un moulin. (B.-F.)
EssAGOuÈiiE, s. f. , rigole que l'on
pratique dans les champs pour faire
écouler les eaux pluviales. Y. Aigui.
EssAiLset EssETS, s. m. pi', restes
de pâture que les bestiaux laissent dans
les râteliers ou sous leurs pieds. D.-S.,
arr de Bress. et de Parth V Ecilles.
Essaimai, v. a , laverdu lingeavant
de le lessiver, essanger. D.-S., arr. de
Parlh. et de Melle.
ESS
129
EssAMAi et EssAMRAE, v. II., Sentir
fort , répandre une odeur agréable.
« Les fleurs d'man jardrin essamiant a
matin, ol emboumé ; » les fleurs de mon
jardin répandaient une odeur qui em-
baumait. F., arr. Civ. — Vend. (C. et
P. D.)
EssANGB, S. m., l'action d'essanger.
D.-S., arr. de Parlh.— (A.. R.)— Fran-
çais : « essanger, » laver le linge avant
de le lessiver.
EssARMEiLLAE, v. 8., étendre le fu-
mier dans les champs. D.-S., c. de
Celles.
EssARMENTAi (r. sarmeni) y v. a.,
ramasser les sarments après la taille de
la vigne. (B.-F.).
Essartai et Essertai, v. a , déchi-
rer le linge, les vêtements. Vend. —
V.-D.-S.
fl 1 esscartons nelre Titement. »
[Gust., p. 69.]
Essartai, Essertai, v. a., défri-
cher. V.— Vend. — D.-S— Basse lati-
nité ; « essartaj^e , exartare , a latino
exertum diclum pulat, quod est evul-
sum et eradicatum ; seu ab exaro ,
unde exaratum , ager exaratus, pros-
cissus. (Duc.)
Essarts et Essartis, s. m. pi. ,
terres défrichées. V. — D.-S — Vend. —
Roman du renard :
€ Tant est allez les trois menus
>i En son essart en est venus. »
Noms de lieux : « Essart, les Essarts, i
dans plusieurs communes du Poitou.
Essringouère, s. f., raie d'écoule-
ment que l'on pratique dans les champs
pour les assécher. V., arr. de Chat.
y. Enraie.
Essemai et Esseumai (ess'mai) , v.
n., sentir fort , rendre une odeur
agréable. V.. arr. de Poit.— D.-S-, arr.
de Bress. V. Essamai.
Esseulé et Essoulé,v. a. etn., se
dit d'une personne qui aime à s'isoler ou
que l'on isole à dessein. V., arr. Monlm.
Il est français adjectivement.
Esseulé, v. a., casser une branche
d'arbre qui, en se brisant, emporte avec
elle des lambeaux de l'écorce, et fait
fendre l'autre partie qui reste attachée au
tronc. V., arr. de Montm. T. Aiglaci.
130
EST
Essi et Essiou , s. m. (I. axis), es-
sieu de charrette. V., arr. de Chat, et
arr. de Civ., < essiou. « — D.-S., arr.
de Melle.
Essor, s. m., sécheresse, hàle ;
othiau temps est à l'essor.,. » « i fé in
grond essor. » D -S., arr. de Melle. —
(B.-F.'^ — Français : « essorer, » exposer
à l'air, au vent, faire sécher.
EssoRGLÉ, Y. a., couper les oreilles
à une bête : « ton chin étout essorglé,
le loue i' a copé les oreilles apparem-
ment. > — Par extension , et au tiguré ,
rompre les oreilles par des cris. V., arr.
de Civ.— D.-S.
EssouMAi, V. n., sentir. Vend. (G. et
P. D.)
EssuÉE, EssujKE, s. f., perte, ca-
tastrophe. Par extension, coups reçus :
« Colas vin d'attrapai in' essuée qui peut
comptai. » V., arr. de Poit. et de Civ. :
pour tt essujée. » — D.-S. — Français :
fl suée, t) inquiétude subite et mêlée de
frayeur. — Grande dépense.
EssuGEAi, v. a. et pr., essuyer :
« essuge-:e don les moins, a sant tout*
sales. » V. — D.-S., Gâline. — Proven-
çal : « eyssuga. o
EssuMEAU, s. m., essuie-mains. V.,
c. IVlontm., St-Remi.
EsTEBBiLLE (l. cx^ ivrbo\ s. f.,
tourbillon. V.— D.-S., arr. de Bress. —
Languedocien : « estourba, » troubler ,
déranger.
EsTERLOC, s. m., ostrogot. V., arr.
de Civ.
EsTipoT, EsQUiPOT, s m., petite
boîte qui fait partie d'un coffre. Vend.
— D.-S. — (B -F.), pour «esquipot. »
« Tirlant de laiix estipot
» be l'or à plein sachot. >
(Gust., p. 10.)
Le nom 6'estipot se donne encore à la
bourse et à tout objet employé à serrer
quelque chose. (Pressac.) — Bordeaux :
« esclipot, » cassette.
EsTivAiLLEs (1. œstivus), S. f. pi.,
céréales de printemps : « esquelles terres
lesdits bordiers seront tenuz semer par
chascun an jusques à la quantité de
35 sexliers de froment et seille et autans
d'estivailles pour le moins. » (An. 1480.
Breuil-l'Abbesse. Manusc. du Poitou.)
ETO
Etalanche, s. f., écharde. V., arr.
de Civ.— D.-S., arr. de Melle.
Etancue, s. f., bafardeau. D.-S. —
V. — Roman : « estancar, » étancher. —
Vieux français : « esiance ou stanche. »
Français : « étancher, » arrêter l'écou-
lement d'un liquide.
Etauçai, V. a , couper les branches
d'un arbre têtard. (B.-F.)
Etaux, s. m. pi., fagots faits avec
des branches d'arbres. (B.-F.) — Vieux
français : « estaille , » copeaux.
(xMi* siècle.)
Etbiwte. s. f., calme en parlant du
vent : « n' fé pou in' éteinte de vont. »
Vend. (C. et P. D.)
Eteppai (r. éteppe), v. a. et pr.,
mettre des éteppes. V. — D.-S. V. At-
tepai.
Eteppe (1. stipes)^ s. f., support,
perche, tuteur. V. — D.-S. V. Attepe. —
« Estappes, esteppes , » a poyé à ceulx
qui ont coppé et mis appoint les es-
teppes et longuières à assoyer lesd. pa-
litz. » (An. 1475. St-Romain.) — 11 y
avait autrefois près Poitiers la foire des
esteppes : o magna via per quam itur
ad nundinas dous étapes. » (An. 1320.
Manusc. du Poitou.) — Ancien français.
Eteppe (1. stupa), s. f. , éloupe.
Vend., Sablais et Chaumois.
Eternue, s. f., plante, Vagrostîs
sfolonifera. V., arr. de Chat. —D.-S,,
arr. de Bress. K. Cernoue. — Aube :
(I étarnue, » sorte dearaminée. — Patois
du Berry : « élernue, » agroslis blanc.
Eteté, Etètéb , s. m., entre-deux
des champs. V., arr. de Loudun.
Etétubes, s. f. pi., le plus mauvais
du chanvre. V., arr. Chat.
Etirolé, ée, adj., mince, f!uet,
chétif. L'on dit en parlant de quelqu'un
de grand, de mince : a o le grond eti-
rolé î » (B.-F.)
Etoc, s. m., étau. V., arr. de Civ. —
D.-S , arr. de Bress. — Provençal.
Etoquai, v. a. et pr., battre quel-
qu'un. Les chevaux « s'étoquant » quand
ils se mordillent mutuellement la cri-
nière.
Etouat, v. a., serrer dans une ar-
moire. Vend, à La Garnache. (C. et
P. D )
Etoumbji, b fétoum'ji), adj., moisi.
Vend. (G. et P. D.)
ETU
Etoumesi (étoum'si) , v. n., s'al-
térer, moisir en parlant du linge, du
lait qui commence à s'aigrir. D.-S.,
arr. de Bress. et de Parlh. — Vend.,
Font. (C. et P. D.)— (A. R.)
Etoupai II. stupa), v. a., peigner,
carder le chanvre. V., arr. de Civ.
, Etoupassai, v. réfléchi, avoir été
battu. (B.-F.) — a Estoupacier, » mettre
au pilori. (Lacombe, t. ii.)
Etoupier (r. étoupai), s. m., celui
qui éloupe. V., arr. de Civ.
Etout, conj. et adv.^ aussi. V., sui-
vant les lieux. — Vend. (C. et P. D.) —
Ardennes. — Besancon: « aitout. »
Etraite, s. f., lien rond en cuir, en
branches flexibles, ou en osier, servant à
tenir le joug des bœufs a Taiguilie d'une
charrette ou à la perche d'une charrue.
V., arr. de Chat. V. Amblet.
Etrangeai, v. a., rançonner, fcure
payer trop cher. Dans tout le Poitou.
Etranglard [gl mouillés), s. m.,
petite poire sauvage ainsi appelée à
cause de son âcreté. V., arr. de Civ. et
de Melle.
Ethebeuille, s. f., tourbillon. V.,
arr. de Civ., de Montm. V. Esterbille.
Etrillou, Etrillour, s. m., ins-
trument que l'on tient à la main pour
dévider le fil, afin qu'il ne coupe pas
les doigts. V.,arr. de Civ., c. de Monte,
et de Montm. — D.-S., c. Celles —
(B.-F.)
Etrefougé,ée,Etrefougt,e, adj.,
mort, mis en terre : « lu n' s'ra bén qu'
quond lu s'ra èlrefougé. •
Etrefougeai, v. a., tuer un être
vivant. V., c. Couhé. — D.-S., c. Maz.
(A. R.)
Eutreuçage et Etruçage (r.
étreucé) , s*, m., ce qui provient d'un
arbre étreucé. V., arr. Chat — « Es-
troussures : estroussuresdes grands bois
de Gironde adjugées au prix de 90liv. »
(An 1577. Duché de Châlelleraud.)
Etreucé d. truncare), v a. ébran-
cher un arbre, l'élronçonner. V., arr.
Chat. — « Estrougner : estrougner les
saules. » (An l589.Manusc. du Poitou )
V. Etauçai.
Eteiquai, v. a., enlever les triques.^
les grosses branches des fagots, n'y laisser
que le bois menu. V. — D. S. — (B.-F.)
Etuderie (l. studium)i s. f., étude,
EVE
131
et lieu où Ton fait ses études. Vend. —
(Gust.)
Etures, s. m. pi., démonstrations
excentriques. Vend.
Etuvaillaud, s. m., pacage d'un
champ nouvellement moissonné, dont le
chaume est encore frais. :B.-F.)
EuGLOUBi (g/ mouillés,) v. a., casser
une branche d'arbre qui, en se brisant,
emporte avec elle des lambeaux de l'é-
corce, et fait fendre l'autre partie qui
reste attachée au tronc. V.,arr. de Lou-
dun. V. Aiglaci.
EUGLOUBURE içl mouiHés.) s. f., la
branche , l'écorce « eugloubie. • V.,
arr. de Loudun. -— V. Êluçure.
Eu, pron. pers. ; 3«pers., il. V., c.
Isle-Jourdain, Luchapt.
EuRÉE et EuRÈRE (l. ora), s. f.,
bord, extrémité, entrée. V., arr. Civ.,
c. de Couhé pour « Eurèren : — «Com-
mençant dès l'eurée du dictestang. >
(An.* i.j79, arch. saint Hil. Bourg.,
n° 1465.) — Vieux français : « orée.^ »
EuvRAi, v. a. {\. aperire) ^ ouvrir.
D.-S., arr. de Bress. — Vend.
M Gl'euvretles ail, gl'euvret la goule.»
(Gust., p. 80.)
EvAGUAi , V. n. et pr. (1. evagari),
disparaître, se dissiper : « la douleur
s'évag'ra. » D.-S., arr. de Parlh.
EvAGUAi (s') , V. pr., s'étendre: <« la
douleur s'évaguaie dans tous mes mem-
bres. » D.-S., arr. de Parth. — (A.-R)
— V., arr. de Poil.
EvAi,s. m., évier. D.-S., c. de Par-
thenay.
Evaluai [valere] , v. n., gagner en
valeur : a tout que tu n' fra poué au-
trement, ta métairie n'évalura poué. »
D -S. — Français : « évaluer, » estimer
une chose selon sa valeur.
Evargondai, ie (1. verecundus),
adj., dévergondé ; « rin d' pus evar-
gondai que quialle fumelle » , rien de
plus dévergondé que cette femme. D.-S.
Evestoui, e, adj., éveillé , alerte ,
subtil. V., arr. de Poit. — D.-S., arr.
de Bress. f^. Efestouillé.
Eveuvai, v. n., devenir veuf. Vend.
€ Mais de qulelle broche glc fant bay dau femme.
[éveuvée. » '
(Gasl.. p. S8.)
132
EVR
EZI
EvEZÀGLÀï igl mouillés) , v. a.,
écraser quelque chose entre ses doigts.
(B.-F.)
EvoLAGEAi, AIE, adj., étourdi. D -S.
-(A.-R.)
EvoLAGEAi, V. a., effaroucher , for-
cer la volaille à s'envoler : « qu'a tu
b'toin d'évolageai mes poules? w —(s'),
V. pr.. s'effaroucher, s'effrayer. D.-S.
-(A.R.)
EvREDiK (1. vertigo), s. m., caprice,
fantaisie. V.— D.-S. — Courage inac-
coutumé, (ie peu de durée, décision
prise à l'instant. Vend. (G. et P. D.) —
Sainlonge : a eveurdin,» caprice subit.
EvREiLLAUDi, V. a., féjouir — (s'),
V. pr., devenir gai : « gl'é bai evreil-
laudi ; gle rouill' daux eils quem' in*
chatte qu'avorte dons dau bran »; il est
bien gai, il ouvre des yeux comme une
chatte qui avorte dans du son. D.-S.,
arr. de Bress. et de Parlh.
ExPLiQUEMENT, S. m., explication.
V., arr. Chat.
Eziou [g. cîc7ua), s. m., osier. V.,
arr. de Poitiers et de Civ. — D.-S.,
arr. de Melle. — (B.-F.) — « Ayziou,
Aysioux » : « pour XLII torches
d'aysioux. » An. 1582, manusc. du Poi-
tou.
F
FAR
Fagnb (très-bref), s. f., boue : « gl'a
chet dons la fagne, » il est tombé dans
la boue. V., arr. de Civ. — D.-S., arr. de
Melle et de Parth. — Saintonge — Basse
latinité : «fangus d— Roman: «faigna,>
boue. — Bas-Breton; « fank. » — Pa-
tois wallon : « fanië. » — Patois li-
mousin : «faigno.» — Italien : «fango.»
Fagnou, SE. adj., boueux , couvert
de boue. V. — D.-S. : « Pâques fagnou,
année froumentouse. i> (Dicton Poit.) —
Saintonge.
Fai, s. m., fléau pour battre le blé.
D.-S.. arr. de Melle et de Niort
Fail, s. m , fils. V — D.-S. —Vend,
suivant les lieux.
« Car gl' esf, disant ail,
» Le ras dauxcieux que j'attendons
> Et dau bon Dieu le (ail. s
(Guit., p. If.)
Paillette II. falleré), s. f., dé-
faut dans la toile. V.— D.-S. — Vend.
— Roman : c failla, failhida», manque-
ment, faute. (Cit. B.-F.)
Failli, E, adj , chétif, de peu de
valeur :
« Et souvent dans laux poches
n Gn'ant pas la failli sou marqué. »
^Gust., p. S8.)
« Les habitants de Salle ont in faiUy marchand.»
(B«b., p. 17.)
Faimgalle et Fraimgalle, s. f.,
faim dévorante. Expression métapho-
rique, empruntée sans doute à l'action
de la gale sur le corps. Dans tout le Poi-
tou. — Berry : « fringale fringale, »
faim extrême; exténué de fatigue. —
— Gascon : «fan-gâno, » faim canine.
Faimgallai et Fraimgallai (r.
faimgalle), v. n., avoir la faimgalle.
Dans tout le Poitou,
Faissou (1. fascis)^ adj. des deux
gen., pesant, gros, embarrassant, s'em-
ploie le plus souvent avec la particule
négative. D.-S.— (B.-F.) —V., arr. de
Civ. — Roman : « fais. »
Fan (l. famis), s. m., faim : « ni
fan, ni se» ; ni faim, ni soif. V., Lu-
ch.ipt. — Gascon, limousin et languedo-
cien : a fan. »
Fanfouinai, v. a. et n., manière
peu intelligible de parler des personnes
à qui le voile du palais manque. Vend.
(C. et P. D.)
Faraud, e (l. farî), adj., fier , or-
gueilleux. Danstout le Poitou.— Yonne:
« faraud », fat, élégant. — Mayenne :
« faraud » , orgueilleux. — Patois du
Berry : «faraud», fier de ses beaux
habits.
Faraudai frac, faraud) [se], v.
pr., s'enorgueillir, se pavaner. Dans
tout le Poitou.
FAU
Fabci (1. farcire) , s. m., mélange
d'herbes hachées et de lard auxquels
on ajoute des jaunes d'œuf que l'on en-
veloppe d'une ou deux feuilles de chou
vert, et que l'on fait cuire au pot dans
un petit filet qui ne sert qu'à cet usage,
et que dans quelques endroits l'on ap-
pelle le /arciwier. V., arr. de Poit., de
Civ. c. risle-Jourd. — D.-S.
Farcinié, s. m., le filet qui contient
le farci. V., c. Isle-Jourd. — Ailleurs,
poche -à-farci.
Farfignac, s. m. , gâteau fait avec
des pommes. 'V., arr. de Civ.
Farfollae (// mouillés), v. n. ,
démanger. Vend. (C. et P. D.)
Farfoullae (// mouillés) , v. n.,
marcher dans la boue^ dans un terrain
humide : « mes pés farfouillant dons
mes bots» ; mes pieds sont à pleine
boue dans mes sabots. D.-S., c. de
Celles.— Patois limousin : « farfouillas.»
Farfouillai, v. n., faire du bruit ;
l'eau entrée dans les souliers far-
fouille en marchant. D.-S., c. de
Maz. (A. R.)— Marne : « farfouiller, »
fouiller, s'agiter. — Patois du Berry :
« farfouiller », chercher en fouillant.
Fari , s. m., terre ocreuse, d'un
jaune pâle, qui compose le sous-sol de
certaines terres calcaires. V., c. La
Villedieu , Vivône.
Farinaie, s. f. [\. farina], mélange
de farine de baillarge et d'avoine dé-
trempé dans du lait ou de l'eau, que
l'on donne aux petits cochons. D.-S.,
arr, de Parlh. — V., arr. de Poit. et de
Civ.
Faubourde, s, f., bâton de cinq h
six pieds de long, crochu a l'une de ses
extrémités, servant à porter des fagots
sur l'épaule. 'V., arr. de Chat.
Faucellée et Faucillée (//
mouillés), s. f., plante dont les feuilles,
d'un vert jaunâtre, sont allongées et
dentelées comme une faucille. De là
son nom; onomatopée. — V., arr. de
Poit. et de Civ. — D.-S. — (B -F.)
Faumanche (I. faix, manubrium),
s. m , manche de faux. V. — D -S.
Fauterne, s. f., plante qui croît
dans les blés, et le long des haies. Sa
graine, petite, noire et luisante , com-
munique au pain, quand elle s'y trouve
incertaine quantité, un goût d'amer-
FEN
133
tume très-prononcé. D.-S. — (B.-F.) —
Provençal : « fauterno, » aristoloche.
(Lacombe.)
Favris (I. faba], s. m., paille de
fève. V., dans quelques localités. —
Marne : « favas, » fèves, tige de fèves.
Fayan {\. fagus)^ s. m., hêtre , ar-
bre. V., arr. de Civ. — D.-S. — Erse :
M feagha.» — Breton : «fao et faouenn.»
— Provençal : « fau, faou. > — Marne :
a fau. » — Aube : « fayte. » — Patois
du Berry : «< fau, foyard, fou. »
FÉ, s. f., foi. — V. — D.-S. — Lan-
guedocien et limousin : « fé. »
Febae (1. favus)f s. f., tromperie.
Vend. (C. et P. D.)
Fedon, oune (f'don), adj., se dit des
baudets et des ânesses au-dessous d'un
an. V., arr. Civ.— D.-S —IB.-F.)-Pro-
vençal : « fedoun, n poulain : « coumo
s'ère un fédoun atrinable au labour. »
Feil, s. m., fils. V.— D.-S., suivant
les lieux. V. Fail.
Feillaude, s. f. (1. filiola), petite
fille. V. — D.-S. Par extension, fille :
« a son Ira oveque ly
» Uo pu galante feuillandc. d
(Rob. Div., p. 96.)
Feille, s f., fille. V., arr. P., arr.
Civ.— D.-S.
« Nos belles feilles poëcterlnes
» En contemplant sa bonne mine
• En Youdriantchaquine in taux. »
(Rob. DiT., p. 64.)
Feintise (I. fingere), s. f., feinte,
dissimulation. V.— D.-S.
Felou Tlou), s. m., grande peur.
Vend. (C. et P. D.)
Fellou et Fillou (// mouillés)
[\.filiolusY s. m., filleul. V.— D.-S. —
Vend., suivant les lieux.
Fenaillons, s. m. pi., guenilles ,
linge sale et déchiré. Employé par mé-
taphore, l'on dit d'une fille sale dans sa
mise qu'elle est une « fenailion. » (B.-F.)
Fenabde (fnarde) [I. feneus\, s. f.,
herbe qui reste dans les champs quand
les blessent coupés. D.-S.~(B.-F.)
Feninée, s. f., femme. V., c. de TIsl.-
Jour. — Languedocien et limousin ;
« fenna. » — Gascon : « fenno. >
Fenêtre, s. f., trou carré pratiqué
dans un mur de séparation qui indique
134
FES
la non mitoyenneté : case, comparti-
ment. V. — D.-S. — a Ilem ont cassé
ung aullre grant poulpilre fort long,
avant une grande feneslre fermant à
ciel. » (An. 1562.)— « Une armoire ou-
vrant à deux feneslres et un tiroir au
milieu. >> (An. 1758, Vasles.)— "Fenestre
à assées, fenestre pour prendre ozeas. »
(An 1572. Manusc. du Poitou.)
Ferasse (f'rasse), s. f., le plus mau-
vais du chanvre. /'. Baurasse. V.
Ferasses (I. ferrum], s. m. pi., fers
que l'on met aux sabots. V., arr. Civ.
Feriau (1. feria), s. m., jour de fêle,
de repos.
« I n'en degneral ren craindre,
» Car le Jour est feriau. »>
(N. p., p. 20.)
Fbrlor , E, adj., enfoncé. Gâline.
FerlucheSjS. f. pi., copeaux légers
produits par le rabot ou la variope. V.,
arr. Chat. — Marne : o ferluche, » gue-
nille, mèche.
Fermogeae ou Fremogeae W.fimus
agere), v. a., nettoyer les étables. Vend.
(C. et P. D.)
Fermougbai et Fremogeai, v. a.
V. le précéd. V. — D.-S., suivant les
lieux.
Fertalé [t. fertaléè)^ v. n., tomber
en abondance en parlant de la pluie, de
la grêle et des coups. V., arr. Chat,,
Maire.
Fertaléb, s f., abondance, grande
quantité : « fertalée d'eau , fertalée de
coups. ■ V.,arr. Chat., Maire.
Ferté , V. a., tisser trop clair une
pièce de toile ou d'étoffe, V., arr. de
Poit. et de Chat.
Ferté, v. a., tracer un sentier à tra-
vers champs en y marchant pour la
première fois : « quiés poules a fertant
daux v'dets dons quiés bois ; •> ces poules
font des sentiers dans ces bois. V., arr.
de Civ.
Febti, s. m., l'endroit le plus frayé
d'un chemin. V., arr. de Civ.
Fesselle (l./.9ce//a), s. f., vase de
(erre percé de trous qui sert h donner la
forme aux fromages et à les égoutter.
V. — D.-S. — a Redevance de sept sols
six deniers .... et ung fromage en la
fesselle. « (An. 1634. La Foucaudière).
— Patois du Berrv : « fersielle. »
FIA
FÉTissiÈREs, s. f. pi. , on appelle
ainsi les femmes qui font cuire leur pain
au four d'un boulanger. V,, arr. Civ.
— Pain félis : « payé pour XII grans
pains félis valant VllI d. chacun,
VIII s. j) (An 1469. Vastes. Manusc. du
Poitou.)
Feugnat, v. n., avoir du dégoilt :
(I i n' se qu' li baillai à mangeai , le
feiigne su tout. ■ Vend. (G. et P. D.) —
Patois du Berry : « feugner, » sentir,
llairer.
Feuillet, s. m., espèce de scie. V.
— D -S. — « Feuillet à scier du bois. »
(1765. Vasles. Manusc. du Poitou.)
Feurliné et FtRLiNÉ , retentir
comme le bruit d'une cloche, d'un mé-
tal, y. Derliné. V.,c. de Lussac.
• Cinq ou six denettes
» Dans ma pociiette
>) Quieu s'ra bou pre feurliné. »
(Cbans. poit.)
Patois du Berry : « ferliner, » son fêlé
d'une cloche cassée, son de l'argent
dans la poche.
Feutai (faire) [1. focu$\^ loc, se dit
du feu. C'est l'activer soit en le soufflant,
soit en y mettant du bois : o tou feu n'
feut' guères, v'sin. » D -S.— l'B.-F.)
Févée, s. f., haricot : « févée négrée,
blanchée , rougée , » haricot noir ,
blanc, rouge. V., c. l'Isl.-Jour,, Lu-
chapt.
Fevrée \\. fehruarius],?». f., violette
blanche V. — D.-S., suivant les loca-
lités. Dans d'autres endroits on dit :
« février. »
Fi fl. ficus)^ s. m., verrue. V. —
D.-S. "
l^'iALAUD, E, adj., désœuvré. D.-S.,
c. Bress.
FiALE, s. m., fanne : « les fiales des
poumes de terre. » D.-S. — (B.-F.)
FiALÉE, s. f., abondance, grande
quantité. V. y. Fertalée.
FiALÉ, V. a., tomber en abondance
en parlant de la pluie, de la grêle et des
coups. Vienne. V. Fertalé.
Fiance {\. fidentia), s. f., confiance,
assurance : « i n'ai poué de fiance en
quiau gars. »Dans tout le Poitou. « Ne
deit doner fiance au seignor de la ville
de Charroux. » (Coût, de Charr.) — Pa-
tois du Berry ; « fiance. » — Rabe-
lais : « Mais toute ma fiance est en
Dieu mon protecteur. » (L. 2, c. 28.)
FiAUNES, s. f. pi., feuilles de plantes
fourragères et potagères : « quiés Iron-
fles avant daux fiaunes; ai sant supar-
bes; » ces trèfles ont des feuilles; elles
sont superbes. D.-S., c. Celles.
FiCHON (1. jigere), s. m., aiguillon
des abeilles, des guêpes, des serpents. —
Au figuré, mauvaise langue. D.-S., c.
Bress. — Roman : a fisso. » — Gascon
et languedocien : a Ussou. »
Fie, s. m., raisin blanc. V. — «Payé à
plusieurs personnes pour pain, poisson,
huyle, sau, œufs, fromages, fiez, etc. »
(An 1387. Manusc. du Poitou.) — Rabe-
lais : « fiers. »
Fie QUE et Refié-que , loc, aux-
quelles sont toujours joints les deux
mots, pre ou yer mé: « fié qu' pre mé,
i ou fr'é jh; » quant à moi je ne le ferai
pas. V., arr. Poil. — Patois du Berry :
« fié » (à mon), a. quant à moi. »
FiÈvEs, s. f. pi., petites grenouilles
qui coassent en été , pendant la nuit.
V., arr. de Chat, et de Civ,
FiÉROU, FiÉROT (le t sonne), adj.
des deux genres, fier. (B.-F.)— V., arr.
de Civ., pour a fiérot. » — Patois limou-
sin : » fiéiroun. » Italien : « fiero. »
FiEU [\. focus), s. m., feu. V., c de
risl.-Jour., Luchapt. — Patois limousin :
« fét. » — Marne : « fex. » — Gascon :
« fet, fec. »)
Fignolai, v. n., se parer, avoir une
mise recherchée. V. — D.-S.
< Quiés bea* messieurs qui fignolant,
» Le chapea su l'oreille. »
[Chaos, poit ]
Aube : « fignoler, » faire l'aimable, le
beau fils. — iNIarne : « achever, polir. »
FiGiNOLàNT, adj. \erb. , qui aime à
se parer, à suivre la mode. V. — D.-S.
FiGNOLEUX, SE, adj. V. le précé-
dent. V. — D.-S., suivant les lieux.
FiLAiE, FiLi [d'à) , loc. adv. , sans
interruption : a i fi dix leues d'afilaie. »
V.,arr. Civ. -D.-S., arr. Melle.— V.,
c. Monte, et D.-S., c. de Bress. pour
« d'afili. »
FiLLATRE , s. m. et f., beau-fils et
belle-fille, enfants du premier lit. V. —
Sainionge : o belle-fille. » — Ancien
français : pour les deux genres.
FLA
135
FiLLAU, S. m., petit enfant. V.—
D.-S.— Vend., suivant les localités.
« En disant à quiau fîllau
» Ah ! bonjour notre bon nooestre. »
(N. p., p.2«.)
Rabelais : « fillot ; fillot, dictes m'en
vostre advis. » (L. 3, c. 24.)
FiLLAUDE, s. f., jeune fille, petite
fille. Vienne. ^. Fellaude.
FiLLOLE, s. f., filleule. Dans tout le
Poilou. — r/on donnait autrefois ce nom
à une église annexée à une paroisse. —
Patois du Berry : « filliol, filliole. » —
Ancien français : « fillole et filliole. »
FiLOCHAi (se) [1. fihim], v. pr., se
dit des blés ou des plantes qui lèvent
avec des feuilles minces. V., c. de
iMont. F. Afiilochai.
FiLTOUPAi, v. a., peigner, carder le
chanvre. V.— D.-S. F. Etoupai.
FiLTOUPlER, s. m., celui qui peigne
le chanvre. V. — D. S. V. Etoupier.
FiNFEELU, E, et FiNFERLur, adj.,
fier, orgueilleux : « est-eil faraud, quiau
gars 1 gle fé ben san finferlut ; gle pass'
d'au Ion mai sons m' dir ban jour; »
est-il fier ce gars! il fait bien son or-
gueilleux ; il passe auprès de moi sans
me dire bonjour. V., arr. Civ. — Fran-
çais : « fanferluche, » ornement sans
valeur.
FiON, s. m., élégance. V. Vend. —
Mouvement, branle : « donner un fion, »
danser un branle. (B -F.) — Marne:
« fion, )) ruse, adresse, savoir faire.
Fiou (1 Jilujn), s. m., fil à coudre.
V., arr. Civ., c. Ile-Jour. — D.-S. —
(B.-F.) — Provençal, limousin : « fiéu,
fiéou. »
FiscELLE, s. f., vase qui sert à don-
ner la forme aux fromages et à les
égoutter. V., arr. de Civ. — D.-S.
y, Fesselle. — Provençal : « fiscello. •
Fissoîv, s. m., l'aiguillon des guêpes,
des serpents, etc. V. — D.-S. V. Fiction.
— Saintonge.
Fla et "Flai (1. Jlagellum), s. m.,
instrument pour battre le blé. V. —
D.-S. — Vend., suivant les localités. —
Marne et Haute-Marne : « fiais, flau,
fié. » — Ancien français : « fléel. «
Flabé {fl mouillés)*, v. a., abattre les
noix. V., arr. de Chat.
136
FOG
Flagne-d'bau, s. f., boue, terre hu-
mide. D.-S. (Rond.)
Flambe, s. f-, iris à fleur bleue, et
que l'on met assez généralement sur les
fours de nos campagnes. V.
FL\MBiEel Flamboisb {\.^f7amma),
s. f.. tlamme ; « faire une flambie, »
c'est jeter du bois sec et menu dans le
feu pour obtenir une grande flamme.
D.-S., c. Bress., arr. de Melle, pour
« flamboise. » — Patois du Berry :
« flambée, » feu clair de bourrées.
FLK^m\i[\. Jlamma],\. n., flamber,
être allumé, se dit du feu. — Au fi-
guré, la tète, la figure, les joues a flam-
mant, « lorsqu'on y éprouve une grande
chaleur D.-S., arr. de Parlh. (A. R.),
arr. de Melle. (B.-F.) — Roman : « fla-
meiar. — Espagnol : « flamear. »
Flasque, Flïasque [fl mouillés),
s. m., fera repasser le linge, entouré
d'une bande de fer, et recouvert afin de
pouvoir y mettre du feu. D -S. — Vend.
— V., c. Lusign., Viv. etCiv. — Vend.,
pour « fliasque. » — Français : « flas-
que. » mou et faible.
Flasquai, Fliascae, V. a., repasser
le linge avec le « flasque. » D.-S. —
Vend. — V., suivant les lieux.
Fleur AGE, s. m., riboulet fin que
les boulangers jettent sur leur pelle. V.
— D.-S. — Français : o fleurage, » son
de gruau.
Fleurai, v. a., jeter de la farine, du
riboulet, sur le pain levé, sur la pâte,
afin qu'ils ne s'attachent pas à li pelle,
au linge. V. — D.-S. — Français :
« fleumer, » exhaler une odeur.
Fliaau, s. m., filleul : « man perein
dau tompUe m'appelle lerjou san flâau ; »
mon parrain du temple (le protestant)
m'appelle toujours son filleul. D.-S , arr.
Melle.
Flicouèbe, s. f., petite seringue. V.,
arr. de Chat. V. Eclissouère.
Flomai, V. n , flamber, flamboyer.
V.,c. de Monte, V. Clomiai,
Floquai [fl mouillés), v. n., faire du
bruit. V. — D.-S. — V. Farfouillai. —
Aube : ■ floquer, j> flotter.
Floquet, s. m., troupeau de brebis
peu nombreux. Vend (C. et P. D )
Flubé (// mouillés,, v. n., siffler. V.
arr. Chat. — Patois du Berry.
fOGUAi, V. n. et pp., faire manger
FON
quelqu'un, ou manger outre mesure. —
V. — D.-S. —Vend.
FoiGNE ou FouÈGNE, S. f . , boue.
D.-S , arr. de Melle (Rondier.)
Foijou, s. m., receveur du droit de
fouage (Gust.)
P'oiNTisE, s f., feinte, dissimulation.
V. — D.-S. —Vend. V. Feintise.
FoiRiAU, S. m., raisin. V., arr. de
Chat. P . Bouzar. — Rabelais : « foi-
ra r. »
Foissellb, s. f., vase pour donner
la forme aux fromages et les faire égout-
ler. D.-S., arr. de Bress. — Aube.
FoLioT, adj., folichon. V. — Marne :
{< foloier, folier, » faire des folies —
Rabelais: « je lui remontrais en fol-
liant. .) (L. 3, c. 14.)
FoMBRAGE, s. m., litière, tout ce
qui sert a faire du fumier. V., arr. de
Chàl. ~ Patois du Berry : « fombran, »
fumier.
FOMBRAGÉ , FOMBRAYAI , FoM-
BREYÉ. V. a., nettoyer les étables. —
Vend. — V., arr. Chat. V. Fermogeâe.
— Patois du Berry : « fombrayer et
fombréger. n
FoMBRii, V. a. y. les précédents.
V., c. Monte, Mazeuil.
FoN'ÇBAi, V. a. et n., fournir de l'ar-
gent à quelqu'un, être, pour ainsi dire,
son banquier, l'aider dans ses besoins ,
dans ses entreprises. Dans tout le Poitou.
FoNÇEAi (r. fond), v. a., donner la
culotte à un enfant : «quand foncerez-
vous le petit gars? » D.-S., c. de Ma-
zières. (A. R.)
Fond (1. fundus)^ s. m., culotte ,
pantalon. D.-S., c. de Maz. (A.R.) —
c. de Bress.
Fondis, s. m. pi. , bâtiments tombés
en ruine, masures. V.— D.-S. — « Fon-
dis oumazery. » (1481,Nieuil, manusc.
du Poitou.) — «Fundeys, domus rui-
nose et dérute. » (An. 1291, arch. St.-
Hilaire , Bourg.) — « Frousleys. »
(An. 1498, Béruges.)
Fondre, v. n., démolir, s'écrouler.
V.— D -S. — Vend. — Le mot latin
fundere se trouve employé dans le sens
de démolir dans une charte de l'an 1212
du cartulaire de Boisgrolland : « domus
que erat prope turrim de Thalemundo
quam ego (Willelmus de Malo LeonQ
dominusThalemundijfundifeci. »
FOR
FoNDHÉE (1. fundus)^ s. f., terrain
'lansun fond. V.,arr. de Civ. — Patois
du Berry : » fondrée, » fondrière.
FoNDRiLLES, S. f. pi., Corrélatif du
mol français effondrîlles, parties gros-
sières, restées au fond d'un vase après
l'ébullition ; rebut. V. — D.-S.
Font (1./ow5), s. f., fontaine. V. —
D.-S. — Vend. — Provençal et patois
(lu Berry : a font. » — Gascon; o foun »
Grand nombre de localités du départe-
ment de la Vienne sont désignées sous
le nom de Font ou Fond. 11 en est de
même de plusieurs Fontaines.
FoNTERNE, s. m., plante qui croît
dans les blés et le long des haies, très-
nuisible aux céréales. Sa graine com-
munique au pain un goût très-désagré
able. V., arr. de Civ. V. Fauterne.
Fo>'Z.4iE et FoNZÉE, s. f., terrain
dans un fond : « la fonzaio de ton pré
n'est pas toute mauvaise. » D -S., c. de
Mazières (A. R.)
FORÇABLE (hl mouillés) \\ forfis] ,
adj. des deux genr., ouvrage fatigant ,
qui exige de la force. D.-S."^ — (B.-F.) —
V., arr. Civ.
« Forsablemcnt par graiif outrogc. »
(Le libvrc du Bon Jehan, duc de
Bretaigne. V. 223.)
FoRÇÂRj S. m., morceau de bois qui
tient à l'essieu de l'avant train de la
charrue par un bout, et dont Tautre
forme une entaille dans laquelle s'adapte
le pra. f-', ce mot. (B.-F.)
FoRMANCE (1. forma), s. f., appa-
rence, forme. V. — D -S. — petites
grappes qui sortent des bourgeons de la
vigne au moment où les feuilles com-
mencent a s'épanouir. V., arr. de Civ.
— D.-S.— (B.-F)
Fors, adv., dehors : « et parco si vin
ereta perlait de fors, » et par hasard si
du vin était apporté du dehors. (Coût.
deCharroux, art. 6.)— Roman : afors. »
y. Defors.
FoRSAT, S. m., forfait : '
« De forsat qu'Adam fit contre fîon métré.
» Quand do frut vouguit repètre. »
[N. P., p. 10.]
Fort (1. fortis), s. m., terrain ferme
et solide. Pour asseoir des fondations il
XXXII.
FOU
137
faut creuser jusqu'au /o?-^ : «i avant bea
creuseai, i n' trouvant poué 1' fort ; »
nous avons beau creuser, nous no trou-
vons pas le fort. V.— D.-S. — (B.-F.)
FoRTATiF, VE, adj., celui ou celle
qui est fort de tempérament, vigou-
reux. V. —D.-S.
FoRTE-couE , s. f., raisin blanc à
graine très-dure. V., arr. de Civ.
FORTiLLON (l. forticulus), adj. m.,
diminutif de fort, se dit d'un enfant dont
les forces commencent à se développer :
a v'ià son drôle fortillon. » V., arr. de
Chat.
Fou, s. m., crochet en bois, suspen-
du par une corde au milieu d'un appar-
tement où l'on met le chareuil [voir
ce mot) pendant la veillée. V._, arr. do
Poitiers et de Civray.
Fou (mouton), s. m., mouton atteint
du tournis, maladie causée par une hy-
dalite dans le cerveau ou le cervelet.
D.-S. — V. — Vend. — (B.-F.)
FouACiER (r. fouace), adj. et subs.,
marchand de fouaces. — Rabelais : « au-
quel temps les fouaciers de Lerné pas-
soientle grand quarroi. >» (L. l, c. S.S.)
— Français : « fouace, » sorte de ga-
lette épaisse.
FouAT, s. m., foyer. D.-S., Parth.,
Airvault.Châtillon.
FOUASSÉE ou FOUASSÈRE , S. f. ,
mauve. D.-S. , Saint-Romans-les-Mel.
(B -F.)
Foucade, s. f., colère , impatience.
V. — D.-S.
FouÉE (1. focus)yS. f., pâte que l'on
fait cuire sur le foyer du four au mo-
ment où on le chauffe, et que l'on mange
avec ou sans beurre. V., Chat. — Il y
avait autrefois le droit ûefouée que l'on
payait dans les villes pour le bois de
chauffage. — Mayenne: « fouée,» flamme.
— Aube, Marne : poignée de menu bois,
fagot. — Français : chasse nocturne.
FouEROUSE, S. f., sorte de raisin.
V., c. de risI.-Jour. V. Foiriau.
FOUGÉ , FOUGEAT , FOUGI , FoUI
[l.focus), s. m., foyer. V. — D.-S., sui-
vant les lieux. — Gascon : « fougue, k
Patois limousin : « foujez. « — Pro-
vençal: afougau, aufougau secaufant; w
au foyer se chauffant.
FouGÉE, s. f., c'est le corrélatif du
français fouée, chasse aux oiseaux qui se
138
FOU
FOU
fuit la nuit h la clarté du fou. V. —
D -S. Gàtine.
FouGEAU. s. ni., feu dp Saint Jean.
Dans les communes de Parrondissement
de iMontmorillon, où ce mot signifie «feu
de saint Jean, » les bergers, après la cé-
rémonie religieuse , passent dans le feu
une verge de noisetier au bout de la-
quelle ils ont piqué une noix verte , ou
ajouté un nœud de riierbc dite de saint
Jean. Cette verge , qui a été coupée la
veiliedela fête, est pieusement conser-
vée pour préserver le troupeau des ma-
ladies, et surtout de la dent du loup.
L'on mord dans la noix ou dans le nœud
d'herbe pour se préserver du mal de
dent. Kniin chaque assistant au fougoau
jetle une pierre dans le feu , et ceux qui
jettent les plus grosses sont assurés de
récoller, dans l'année, les plus grosses
raves (navets).
Foui (1. fugere), v. a. et n., fuir :
« fuissez don ; w fuyez donc : « Piarre
v'iait m'batl, i é foui devont li. w V. —
D.-S. — Vend. — Saintonge. — Rabe-
lais tdont eslimarenl que Gargantua
estoitfoui avec sa bande. »
Fouie, Fuie, s. f. , sorte de fouace.
D.-S , c. d'Airvault. V. Cornuelle.
FouiJATEAT, V. a., fouiller. Vend.
(C et P. D.)
FOUILLAGEOUX, FOUILLAGEUX, SE
(l. foliosus)^ adj , assemblage épais
d'arbrisseaux. V., arr. Civ.
Fouillard(1. /o/iwm), s, m., bran-
che d'aibrc, ou rameau pourvu de son
feuillage : « s' tu va tcheuilli daux
c'râeses, cass'pas les fouillards, trejou ; »
si lu vas cueillir des cerises, ne ca.-se
pas les branches, toujours. V., arr. Civ.
— D.-S., c. Bress., arr. de Melle, Niort
— Au figuré, langue : « gP a-t-in fouil-
lard dons la goule qu'é dong'reux. »
V., arr. de Civ. — l^atois du Berry :
« feuillard, » fagots de branches d'or-
mes , coupées lorsqu'elles ont encore
leurs feuilles, et qu'on donne l'hiver
aux brebis. — jSoms de lieux : « Fouil-
lardes des) » [Angliers, V.].
F0UlLLARDAI,F0UILL.ABGEAT,V.n.,
bruit que fait le vent en soufflant à tra-
vers les arbres et en agitant les feuilles.
L'on se ^ert du même mot pour expri-
mer le bruit qu'on produit en traversant
un taillis, un champ de rnaïs. D -S.,
arr. de Melle et de Bress. — V., arr.
de Civ., pour « fouillargeai. d
FOUILLOUSE, FOUILLUIE, S. f . , pO-
che : « gl' avant bé daux pèces dans
laux fouillouses. w V, — D.-S. — arr.
de Civ. pour « fouillute. »
Fouinai (r. fouine)^ v. a , onoma-
topée, avoir la ruse de la fouine; cher-
cher minuliousement, se rendre impor-
(un. V. — D.-S.
« Ravaudras-tu toujours? faulto que tu
[fouine ? »
(Bab., p.4.)
Mayenne : « fouiner, » ruser. — Aube,
Marne : « fouiner, id fuir, reculer.
Foui AGI RE, s. f., piège à prendre les
fouines que l'on appelle « fouins, » dans
nos campagnes. D.-S. (B.-F.)
Foupi, V. a., chiffonner. V. — D.-S.
— Patois du Berry.
FouRACHEct FouRAicHE(l. furax)^
adj., non apprivoisé, en parlant des
animaux, peu sociable en parlant des
personnes, ombrageux, timide. D.-S.
— (A.R.) — V.
« La (onrache infidèle
» Devant il trejou fuit. »
(Guiliery, p. 20, cit. B.-F.)
Saintonge. — Patois du Berry : « fou-
rache, » farouche. — Provençal : « fou-
réjhé.
Fourche-Patllère (1. furca, pa-
lea), s. f., grande fourche, dont l'une
des dents est sensiblement plus longue
que l'autre, et dont on se sert pour ra-
masser la paille de l'aire, et la porter
au pailler. D.-S. (B -F.) — V.
FOURCHINAUD, FOURCHÏNE (l./wr-
ca, nodus), adj. m., arbre dont la tige
se partage en plusieurs branches, forme
la fourche. D.-S. — (B.-F.) — V., arr.
Civ. et de Poit. pour <î: fourchine. »
Foup.JATAi, V. a., remuer, secouer le
bois avec une fourche dans un four, et
avec un bùton ou les pincettes dans la
cheminée. V., arr. Poit. et Civ. — Ma-
yenne : « fourganer. »
FouRME^TAGE, S. m., CB quB l'on
mange avec son pain. V., c. de Monte,
l.a Grimaudière.
FOURNEANGE et FOURNÉYANGE (L
fnrnarius)^ s. m., action de fournéer.
D.-S., arr, de Parth. — (A, R.)
FRA
FouRNÉAi et FouRNÉYM, V. a., pé-
trir le pain, préparer la fournée, mettre
au four. 1).-S , arr. de Mclle et de
Parlh.-(B.-F.) — (A. R.)
« C'est ben pour tay, ma foy, que les inonenncs
[fourneyant. »
(Am. de Co!., p. 2s. cit. B -F.)
Coutume de Poitiers : « fournoyer ; la
contrainte de fournoyer à aucun four
dépend des droits de basse jurisdiclion. »
(Art. 4G.) — Basse latinité : furniare^
in furnum immittere , « enfourner. »
(Duc.)
FouRNiou, S. m., bâtiment où est le
four. V. — D.-S. — (Manusc. du Poit.
passim.) — Basse laiinité : furnile,
pars œdis rusticae in qua est furnus,
vulgo/ow?v2?7. (Duc )
FoussETU\ (1. fossatum)^ s. m , di-
minutif de fossé;, petit fossé D.-S. —
(B.-F.)
î'oussî, E {\.fusus), adj., excessive-
ment rempli : (« le jour de Pâques
l'église était foussie de monde. » Par
hypallage, très-nombreux : « Le monde
était foussi dans l'église le jour de Pâ-
ques. » (A. R.)
FouvRA[ et FoTJVRÉE. s. f., violette
blanche, violette de février. D.-S., arr.
de Bress. — Vend. (C. et P. D.)
Fragne (1. fraxineiis], s. m., frêne.
V. — D.-S. — Vend.
FRAGi>iÉE,s. f., lieu planté de frênes.
V. — D.-S. — Noms de lieux : « Fra-
gnée(la), «[Lisant, V.], « Fregnée(la), »
[Genouillé, V.].
FR4GN0LE, s. f . , la cantliaride qui
affectionne le « fragne. ») (B.-F.)
Frague (1. fracius), adj., faible, sans
force : « i m' sent le cœur frague. »
D.-S., c. Mazières. (A. R.)
Fraichin [\. fracescere), s. m., pour-
riture, odeur de poisson crû, de m.arée,
mauvaise odeur. V. — D -S, — Odeur
de cochon quand on l'ouvre; le lait
d'une vache qui vient de faire son veau.
Vend. (G. et P. D,)
Frainguenailles, s. f. pi., hail-
lons. D.-S.— (B.-F.)— Latin : fragmina,
de fragmen^ morceau d'une chose
rompue par fragment.
Frairaiches i^.fratres), s. m. pi.,
tous les frères, tous les parents d'une
personne. D.-S., c. Mazières. (A. R.) —
FRA
139
Basse latinité ifrareschia : Franci nos-
tri vulgo, frérage et freresche vocant
ojusmodi partitiones bonorum patorno-
rum , unde frerager, et frereschei\
pro partiri \nlor ïrixlrc^^ol frarescheurs
pro cohœredibus passim usurpant con-
suetudines municipales, Andegavcnsis,
Cenomanensis, Piclavensis, etc. (Duc.)
— Patois du Berry :« fréreux, » cou-
sin, cousin germain, enfants de deux
frères.
Fraisselle, s. f., V. Fesselle. V. —
D.-S., c. Maz. (A. R.)
Fralaud, e, adj. V. Fialau. V.,
arr. Civ.
Frale(1. fragilis), adj. des 2 gonr.,
peureux, craintif, fragile : «in' sai jà
sifrâle. » D.-S., c. C B. (B.-F.)
Fralai (r. fraie), v. a., brûler, gril-
ler ; se dit de l'effet que produit une ge-
lée blanche sur le feuillage, les jeunes
pousses, les bourgeons et les fruits :
•> la neut du 4 au 5 mai 1861 a fralé
toutes nos vegnes. t> V. — D.-S., c. C.
B. fB.-F.) —V., arr. Civ.
Frambois, s. m., fumier. Vend.,
Font. (G. et P. D.) — « Maison à chaz...
et une fosse à frambois y joignant. »
(An. 1633. Manusc. du Poitou.)
Framboyai (r. frambois), v. a., en-
lever le fumier des établcs, les nettoyer.
— Mayenne : a framboyer, » verger.
FRAiNC,adj. m., hardi, résolu en par-
lant d'un enfant. D.-S., c. Bress. —
Fort, robuste, en parlant d'un homme
ou d'une bête de somme. De là l'adage :
<i franc du collier, d V.
Franc, che, adj., privé, apprivoisé.
V. — D.-S. — Roman : « afranquir, »
apprivoiser. — Français : « franc, »
libre.
Frappe (de), loc, dru et menu :
(< quand l'aive cheut de frappe, les che-
mins sont moins glissants. » V. — D.-S.
Frasail, s m., braise du four. D.-S.
— Grec : Bpàralv, être brûlant.
Fr4si etFRASiL, s. m., petite braise
des maréchaux et des boulangers. V.,
arr. Chat. — Vend. (G. et P. D.) /'. le
précédent. — Somme : « frasin. »
Frates et Fratres (le), s. m., bar-
bier du village. V. — D.-S. — Langue-
docien : « frater. »
Fraulai, v. pr., faire la courbette
aux gens plus élevés que soi, pour en
140
FRE
FRI
obtenir les bonnes grâces. V. — D.-S.
— Iliiule-IMarne : « frauler, » frotter,
froisser. — Français : « frôler, » tou-
cher légèrement en passant.
Fredeillou et Fridillou, se (1.
frigidus), aiij., frileux. V. — D.-S.
c Car cinq ou six gaudenoz, nau, nau,
» Ine nés bain fredillouse. »
(N. P., p. 27.)
Fregeois, s. m., engoulevent, ou
crapaud volant, oiseau. (B.-F.)
Frbigms, Freintis (r. freindre), s.
m., blé étendu dans l'aire et que l'on se
dispose à rompre avec le fléau. V., arr.
Civ. — D.-S. —Vend.
Freindre (I. frenderé), v. a. et n.,
étendre le blé dans Taire pour le battre.
V. — D.-S., arr. de Bress. et de Parth.
— (A. R.)
Frelassai, V. n., faire du bruit en
parlant de corps qui «e choquent. D -S ,
c. Maz. (A. R )— V.
Frelinai, V. n., retentir en parlant
d'un métal. V. — D.-S. V. Ferliné.
Frelo, adj., frêle; au figuré, aven-
luré, démoli.
« La mœsse ertet presque frelo. «
(Cent. Poëtv.)
Fremageou (gâteau) [b. X.fromage-
ria\ s. m., gâteau recouvert de fro-
mage. V., arr. Civ. — D.-S , arr.
Melle.
Frémi E (1. formica)^ s. f., fourmi.
V.. arr. Poit. — D. S. — (B.-F.) —
« Bonjou, mossieu fremi^ et votre com
pagnée. » (Mel. du 14 avril 1861. Cit.
B.-F.) — Marne : « freumi. » — Patois
du Berry : a froumi. w
Frem'igèbe et Fremillère (r. fre-
mie] , s. f. , fourmilière , suivant les
lieux.
« L'étuit contre une fremlgère
» D'un Toisinage assr z rhetlt. »
(Mclt., 14 ar. 1861).
Fbemigis , s. m., mélange de divers
objets entas.-és pêle-mêle , sans ordre :
« quieu fremigis qu'san logis ! » Quel
désordre que sa maison 1 V., arr. de
Poit.
fREMOEGEAi, V. a., nettoyer les
écuries, enlever le fumier des cours.
V.,c. de Civ., Blanzai. — V. Fermogeâe.
Frenicle {cl mouillés) , adj des 2
genres, chatouilleux. Par extension,
gai, vif. V. — D.-S.
Frenicleai [cl mouillés) [r. frenî-
c/e] , V. a., chatouiller. V., arr. de
Civ. — D.-S. Environs de Melle.
Frenicliou , SE, adj., chatouilleux.
V. Civ. — D.-S., arr. de Melle.
o Ah ! m'en souvlndra , la lira ,
» Al n'était frenicUouse. »
[Chans. Poit.]
Fheni [\.finire) , dépérir, s'applique
aussi bien aux personnes qu'aux choses.
— D-S. — (B.-F.)
Frérie, s. f. — V. Frairaiches. V.
— Assemblée, réunion, V. — D.-S.
« Par la frayrie des marchands mer-
ciers, n (1619. An. manuscr.) — « Frai-
rie » signifiait autrefois débauche ,
réjouissance. — Roman : « fraire. » —
La Fontaine:
« Un loup étant de frairle. »
Fressure, s. f., mets composé de
tartines de pain cuites dans une chau-
dière avec de la graisse et de la viande
hachée, et que l'on conserve dans des
pots. — D.-S. — Nueil-sous-les-Au-
biers.
Frété, s. m., sentier. — D.-S. —
(B.-F.) — Noms de lieux: « Frété, »
Adriers (V.) ; « Fretet , » Mauprevoir
(V.)
Frette, s. f., petite branche de bois
souple, flexible, qui sert à faire des
cages. — D.-S., c. de Muz. (A- R.) —
Basfe latinité : « frecta , frectatus, fric-
latijs , una mitra friclala cum argento
et reband frètes nostri sagiltae spe-
ciem vocabanl. » (Duc.) — Français :
«' frette, » lien de fer autour du moyeu
d'une roue , virole. — Petites bandes
entrecroisées en losange dans un écus-
son.
Frette, v. a., entrelacer. — D.-S.,
c. de Maz. (A.R.) — Ardennes, Marne:
« fretter, » peigner le chanvre. —
« frette, » terme de blason.
Fribou, s. m., nomquel'on donnait,
parfois, dans le Poitou, aux soldats
Huguenots^ peut-être à cause desrecrues
FBO
FRO
141
fribourgeoises qui se trouvaient dans
leurs armées.
« fut in jour d'In loindy
» Lé fribou vinrant d'Ozonsse. »
(Siég. de P., p. Col.)
Frigale, Fkigalta (1. frugalis] ,
adj.. friand. V. — D.-S.
. Frigalet, te, adj V. le précéd. :
a rin d'pus frigalet que qu'aile drolière
deGondille; » rien de plus friand que
celte drôlesse de Radégonde. V., arr.
de Civ.
Frigali,, V. n., rapiner, être voleur
par gourmandise. V., c. de Monte. ,
JVlazeuil.
Fbigalu, Ej adj., rapineur par gour-
mandise. V., c. de Monte., Mazeuil.
Frilai , V. n., frémir dans le sens
de bruire, onomatopée : « l'eau frile, »
quand on y jette un charbon ardent ;
Thuile « frile o dans la poêle, quand
elle pétille. — D.-S., c. de Bress.
Fringuenelle , s. f., houx piquant,
petit houx, ruscus aculatus.— Vend.
(C. et P. D.) — Aube : « fringue-
nelle , » manie , caprice.
Fringuai et Fringui , suivant les
localités, V. a. et n., danser, sauter,
dans tout le Poitou.
« Gle bondissant, gle fringuant bain et béas. »
(Rob. Div., p. 79.)
« Pr'ally frlngy danslous jQoesons. •
(Rob. Dlv.)
Celtique : « fringal , d se donner du
bon temps. — Provençal :J«fringoiiina,
se fringouion d'amour, » se trémous-
sent d'amour. — « fringuer, » s'amu-
ser, faire 1 élégant. — Berry : faire le
pédant. — Rabelais : « fringuez la
toureloura la la et buvez à oultrance. »
(L. 2 , c. 12.)
Frimousse , s. f., figure, se dit or-
dinairementen mauvaise part : « quielle
drôle de frimousse! d V. — D.-S. —
(B.-F.)
Friquai, s. m., vase en terre et à
trois pieds où l'on fait la rôtie. V.,c.de
Veuille et d'Ayron.
Frioulai, v. n., frémir dans le sens
de bruire. V. — D.-S. — K. Frilai.
Froge, s. ra., le produit , le petit de
la jument , de l'ânesse , de la vache.
V. — D.-S. — Latin : « fruges, » les
biens de la terre, comme les blés, les
légumes.
Froment (poil), s. m., bœuf ainsi
appelé à cause de la couleur de sa robe.
V. — D.-S. — « Fromentin. » « Deux
bœufs , l'un de pel rouge , et l'autre
fromentin. «(An. 1432.Nieuil. Manusc.
du Poitou.)
Frontange , s. f. , ruban que les
femmes de la campagne mettent en
nœud à leur coiffe , ou au pied des
bouquets destinés aux mariées. V., arr.
de Poit.
Boileau : « fontanâ;e : »
« Et découtrant l'orgueil de leurs rudes esprits
» Sous leur fontange altière asservir leurs maris.*
(Satire lo*, vers 572).
On lit en note : « Ce nom vient de
Madame la duchesse de Fontange, qui ,
s'apercevant à la promenade que sa coëf-
fure ne tenait pas , prit une de ses jar-
retières qu'elle lia autour de sa tèto
pour assurer sa coëffure. I.a manière
dont elle avait noué ce ruban plut , et
ce qu'une nécessité de hasard avait
produit devint sur-le-champ une mode
qui subsiste encore en partie , quoique
la forme du nœud change continuelle-
ment. »
^ Frottée , s. f., croûte de pain frot-
tée d'ail : « mangeai ine frottée. » V.—
D.-S.
Frottée , s. f., correction sévère et
avec coups : « si tu bouges, i f baré in'
frottée qui n' s'ra pou d'paille. » V. —
D.-S.
Frou , adj., terrain inculte, en fri-
che , en jachère. — D.-S. — (B.-F.) —
« héritages en frou etgast. » (An 1442.)
— «Terres en frouslet non coytivées. »
(cultivées). [An 1389,Ayron, manusc]
— Basse latinité : « fraustum, vel
frausta terrae, vastum, incultus et ere-
mus ager, terre en sast. , frosta terra ,
eadem notione, in Tabulario. » (S. Cy-
priani Pictv. fol. 81.) « Guido Picta-
vensium comes requirebat apud Exso-
letiam. talem consuetudinem in terra ,
quae populariter /ro5^a vocatur, qualem
in illa , qw^ frosta non erat. — Judi-
catum est ergo et definitum ab Adel-
berto comité Marchise. — Terram, quae
in frostuni redacta jam esset liberam
debere reverti, etc. » — (Frou in con-
suet. Aurelian., art. 169) — « Froux »
142
FRU
FUT
ou « friche « in Con<iie(. do Menctou,
î.irt.lO(Duc.)— ^'oIns de lieux : «Froiix»
(Joussé) (V.) ; « Froux (les), i» Lésigny
(V.) ; « Friches (les), w Beuxe.
Fuoi'GNAi (se), V. pr. , remuer les
C(vuiles à tout propos, faire des contor-
sions. — D.-S., c. de Bress. — V. Dé-
frougnai.
Frodillé (se), V. pr., s'agiter le
corps d'impatience, en signe de 'mécon-
tentement : tt frouilie loué s'iu veux ,
mon cadet , à présent que j'sons enrayé
a causé, tu m'fras pas taise. » V. , ai'r.
de Cluif.
Froume (herbe à la), s. f. , plante ,
le carex. — F., environs de Lusignan.
FhOUiMiLLE , s. f,, fourmi , V. , arr.
de Civ. — F. Fremie.
Feoumobgeai et FrumotiGeai ,
nettoyer les élables. V., c. de Civray,
Linazai, Savigné.
Froltis [\.frustum), s. m., décom-
bres, ruines. V., arr. de Civ. — « Ar-
rentement d'un froutis en la seigneurie
de Jouarcnne. » (An. 1471. Manusc. du
Poitou.)
Frugeaillae, V, n., gratter en in-
troduisant uu instrument quelconque
dans quelque chose de creux. « Fru-
geaillâe « dans l'oreille , dans le nez ,
pouren faire sortir un corps étrangerqui
s'y est introduit.— D.-S., arr. de Melle.
' FïiVTiFi kl {\ fructifica)'e), v. n, ,
mettre bas en parlant des femelles des
animaux, comme brebis, vaches, ju-
ments, etc. — D.-S.,c. de Maz. —
(A. R.)— V.
Fuie , s. f., sorte de fouace.— D.-S.,
c. d'Airvaull. — F. Cornuelle.
FiiMAiL (l. fumus)^ s. m., brouillard,
brume. — D.-S. — (B.-F.) — V., arr.
de l*oit. — Roman ; « fumai , » fumée.
FuMELLAi (fum'Uaî) \\.femella] ^
V. a. « Fum'llai le chanvre, c'est ar-
racher les tiges mules pour laisser mûrir
les liges femelles. Par extension, cueillir
sur un arbre les fruits les plus mûrs. —
D.-S., c. de AJazières. — (A. R.) — arr.
de Bress.
FuMERiou , s. m., lieu où l'on dé-
pose le fumier. V., c do Veuille et do
\!ontc.~ Patois du Berry : ic fumeriau,
fumeiot , » tas de fumier dans les
champs.
Fumerolle, s. f., courtillière^ taupe-
grillun. — V. — D.-S.
FuMi, s. m., fumier. V. Luchapt.
FuMOUGEAE, V. 3., uetloycr les éta-
bles. — D.-S., c. de Celles.— F. Frou-
morgeai.
FuRGAiLLA.1 (;rès-long) , v. a. et n. ,
fouiller, remuer, mettre sens dessus
dessous. — D.-S , arr. de Bress. et de
Par th.
FURGUENELLE, S.
petit houx. — D.-S. ,
f., houx piquant,
arr. de Bress. —
V. Fringuenelle,
FusELiÈRE , S. f . , petite machine
triangulaire et en bois, servant à pla-
cer les fuseaux. V. — D.-S. — Manusc.
du Poitou.
FuTERNE, s. f., fumcterre. — Vend.
— (C. et P. D.)
G
GAÇ
Gaau , particule affirmative, oui
D.-S., c. Celles.— Vend. (C. et P. D.)
Gabeche, s. f., fourche en bois à
trois ou (juatro dents, pour porter les
balles des céréales. V., c. Monte.
Gabf.gie (gab'gié), s. f., tromperie.
Dans tout le l*oilou. — Patois du Berry :
« gabegie. «
Gaeorai cl Gaboreau , s. m., blé
que l'on fait manger en vert aux bes-
tiaux. Vend. , Font. (C. et P. D.)
Gaboureau, (b. 1. (/a6/o/«), s. m.,
petit bâtiment attenant à la cour h bat-
tre les grains, et où l'on dépose, chaque
soir, le grain battu dans la journée, V.,
arr. de Poit.
Gacraie, s. f., mare, étendue d'eau
dormante. D -S., Villemain. (B.-F.)
Gaçouail, s. f., lieu plein de l30ue.
D.-S.,'c. de Saint-Maixent.
GAI
GA.D4S , adj., gai, gaillard. Vend.
(C. et P. D.) — Grec : o -j-aîw, » se ré-
jouir.
Gadrelle, adj. f., fillo ou fcmniis
qui a mauvaise tournure , de haute
taille, qui se laisse aller surses hanches.
Se prend le plus ordinairement en mau-
vaise part. V., arr. de Poit. — Basse
latinité : « ga dal es ;s\m\\'iler de gadali-
buset meretricibiis volumus , ut apud
quemque invenla? fuerint, etc. Ubi ga-
dalcs videnlur fuisse qui ignoti dicun-
tur. (Duc.) .
Gad'eobe, s. f , tablier. V., arr. de
Civ. — Vend. (G. et P. D.)
Gadrouille, s. m. , eau trouble ,
boue, vase. Vienne.
Gadrouilleai, V. a., marcher dans
l'eau, dans la boue à plaisir. V., arr. de
Poit. et de Civ. — D -S.
Gage (1. vas), s. m., vase quelcon-
que destiné à contenir des solides ou
des liquides.
Gagék, s. f., outil, instrument en
général. V., c. Isl. -lourd., Luchapt.
Gagnoghis, s m., amas de boue.
D. S., c. de Mazières. (A. R.)
Gaginot (a), loc, aller; passer par-
tout à la manière des chiens qui ne
choisissent ni beaux, ni mauvais che-
mins. C'est le même mot que « cagnol.»
D. S., c. Maz. (A. R.)
Gaîgate , s. f., gorge, sein. Vend.
(C. et P. D.) — Vallon : « garguète. »
— Saintonge : a gargate. »
Gaillin-Gaillot, loc, aller, passer
partout à la manière des chiens. V., arr.
de Poit. V. Gagnoî.
GaillolN {tj^ès-lo)ig\ s. m., femme
malpropre, sale, dégoûtante. V., ville
de Poitiers.
Gaillon [a bref], s. m. , femme ou
fille légère, volage. V., ville de Poi-
tiers.
Gaildreau, adj. des deux genres ,
sale, malpropre. V., arrondissement de
Poitiers.
Gain et Guiain {h. \. gagnagium\
s. m., regain, seconde coupe des prai-
ries naturelles. Dans tout le Poitou. La
coutume du Poitou, art. 196, et d'au-
trescoutumesdisent : « prés gagneaux, »
prés à regain. (Duc, au mot gagna-
gium.)
Gainai (1. vagina)^ v. a., mettre
GAL
143
comme on forait dans une goîne, un
fourreau : « gaine ton bras dans la
manche de ta veste. » D.-S., c. de iMa-
zicres. (A. R.)
Gaissai et GuiAissAi, v, n., taller,
pousser d'autres tiges. V. — D -S.
— (B.-F.) — Roman : « gayssar, » dra-
geonner, croître, pousser.
Galbaudae,v. n. , marcher dans la
boue, dans l'eau. D.-S., arr. de Melle.
Galeïou, s. m., espèce de galette.
Mélange de pommes de terre râpées, do
farine de froment en quelques endroits,
ou de fiu'ine de sarrasin sur les fron-
tières du Limousin. V., c. Isl, -.Jourdain.
Adriers. Luchapt.
Galées, s. f. pi., brandes , landes.
D.-S.,c. de Maz, (A. R.)
Galè.tte-de-Nau, s. f., petit pain
que l'on fait la veille de Noël , et dont
on fait manger un morceau aux femmes
accouchées ou aux femelles des animaux
qui ont mis bas, pour lesdélivrer promp-
lement de l'arrière-faix. V., arr. de Poit.
et de Civ.
G ALI, s. m., arau à deux oreilles
avec barre en fer pour soc. V.,c. de
Montm., St-Remi.
Galibaudrou, s. m. , mot a mot ,
galant sale, plein de boue; amant,
terme de mépris. Vend. Font.
Galtnet (en), loc, à la légère : « I
se touten galinet et peurtaut i é chaud."
D. S., c de Bres. — (c. Maz. A. R.)
Galipe, s. f., mauvais terrain, terre
mal cultivée. V., arr. de Chat.
Galipotte , s. f., marche rapide:
• courir la galipette, » c'est aller au
sabbat sur un manche à balai ou être en-
sorcelé : (C la bêle bigourne qui court la
galipolte. » V., arr. de Chat. — D.-S.
(Rond.) — Vend.
« Et piscCTurl le trot
» Le trot et la jjalIpoUe. »
(Gust., p. 8.)
Ses corrélatifs sont, dit M. Pressac : Ro-
man : « galaupar. » — Vallon : « gala-
' pias,» co'iH'eur, vaurien ; en patois bes-
sin; arr. de Bayeux, « galapiau et gala-
piat. » — Haute Marne : « galapiat, »
rustre.— Patois du Berry : « galopin,»
polisson, vaurien.
Gallefretiee, s. m., gourmand ,
parasite, coureur ; homme sans foi ni
144
GAN
loi. V. — D.-S.: tt qui se vante avoir la
force de soixanlo gallefretiers. » (Rab.,
1. m, c. 27.) — Espagnol : (c gallo-
ferro, » mendiant.
, Galletière (r. galletou), s. f., in-
strument qui sert à faire cuire le galle-
tou V., c. Isle-Jourd. Adriers.
Galluche, s. f., terre pierreuse. V.,
arr. de Loudun. (Manusc. du Poitou.)
Galo(e\),1oc. adv., se dit d'une ber-
gère qui retourne à la mai-^on une bre-
bis sur le point de mettre bas. V., arr.
deCiv. — D.-S.
GalouagecI Galouinage (en), loc.
adv., être sans cesse par voie et par
chemin. Dans tout le Poitou.
Galvoudae , v. a., courir, vaquer.
Vend.(C. et P. D.)
Gamache, s. f., guêtre en toile ou
en étoffe que l'on porte par dessus les
pantalons quand on va travail'er dans
un lieu fangeux, ou plein d'eau. Dans
les environs de Chef-Boulonne. — Il a
encore la signification de savate : •• it'
douneré in cot d' gamache , par la ga-
nache (menton). » (B.-F.j — Y., arr." de
Civ. — D.-S., arr. de Bress, — Basse
latinité : « gamacha, pedulis lanei spe-
cies, quasetiamsuperiorem pedispartem
tegit, vulgo gamache. Occitanis gara-
macho, gamacho, vox ut videtur de-
ducla a compagus , vel campagus. »
(Duc.) — Français: «gamache, » bottine
ou bas de toile cirée.
Gamakdai, v. a., ne pas bien faire
une chose. V., arr. Poit. — D.-S., c. de
Bress. et Parlh.
Gambillon (êlre de), loc. , c'est-à-
dire jambe de çà, jambe de là, sur une
chaise, sur uii bâton. D.-S. — (B.-F.)
— Basse latinité : « gamba, » jambe. —
Marne : « gambille (traîner la), » traî-
ner la jambe. — Patois du Berry :
« gamby, » boileux. — Français ; « gan>
bii'er, » terme de fauconnerie, remuer
les jambes de côté et d'autre.
Gamboisai (se), v. pr., s'étendre, se
mettre à l'aise, marcher en se dandinant
sans se presser. V., arr. de Poit. —
D.-S.,c. de Bress., arr. do Melle. —
(B.-F.)
Gaivdole et Gondole (en), loc,
objet courbé par l'effet du feu, de la cha-
leur ou de la sécheresse. V. — D.-S.
Ganot (à la) [1. canis] , loc, çà et
GAR
là, en parlant des petits objets. Passer
un ruisseau à la ganot, c'est le passer
en ôtant ses chaussures. D.-S., c. de
Bress. — Vend. (C. et P. D.)
Gapaillai,v. a , gaspiller, dissiper.
D.-S., arr. de Parth. — (A. K.) V.
Ej impaillai.
Gara, s. m., fusain, plante, omjmus
vul garis, Y enû.(C. et P.D )
Garçonieau, s. m., diminutif de gar-
çon, petit enfant. V., arr. Chût. —
Ardennes: a garcerion. »
Garde, s. f., fil roulé autour d'un
écheveau afin qu'il ne se mêle pas. V.,
dans plusieurs localités.
Garette, s. f., pièce de terre en gué-
ret, V. — D.-S. — «Xa dicte pièce de
terre labourer et façonner et cultiver
de toutes les façons et garettes requises
et nécessaires. » (An. 1629. Fontaine le
Comte. Manusc du Poitou.)
Gard'monceau, s. m., petit bâti-
ment attenant à la cour à battre les
grains, et où l'on dépose, chaque soir, le
grain battu dansla journée. V., arr. de
Chat. V. Gaboureau.
Gardou, Gardour, Gabdouai et
Gardoir, s. m., coffre en bois percé
de trous où l'on garde le poisson. V. —
D.-S. — Vend., suivant les lieux. —
« Hoslel noble de la Barbotière avec
ses dépendances de maisons, granges,
cours, courtillages, jardrins, vergiers^
gardouers, eaues, estangs, etc. » (Ma-
nusc. du Poit. An. 1538. Vasles.)
Garéié, v. a., courir après quelqu'un
en lui lançant des pierres. V., arr. de
Chat. V. Àrochai.
Garganae,Garganate,Gargané,
Garganit, Gargasi, s. m., le gosier,
la trachée-artère. Par extension, la
gorge. Dans tout le Poitou, suivant les
lieux. — Grec : •yap-j'afiîwv, la luetto.
— Provençal : « gargamello, » gorge :
« ai-li coupa la gorgamello? » ai-je
coupé la gorge? — Saintonge ; « gar-
gamelle. » — Aube : « Garguette. »
— Haute-Marne : « garguillot, » gorge.
Gargoliae, v. n , faire le bruit de
la liqueur dans un tonneau qui n'est
pas plein. Par extension, gazouiller.
Vend. (C. et P. D.) — Français : « gar-
gouiller, » barboter dans l'eau.
Gargotai (1. gurgustium)y v. n.,
bouillir très-fort : t quiou pot gargotte
GAR
trot, la soupe vaudra rin. » V. — D.-
S. — Français : a gargoter, » hanter
les gargotes.
Gabgouet, s. m., la nuque. V., arr.
de Chat., Muiré. V. Gagouet. On dit
auïsi (i Gagouet. •>
Gargouillae (se), v. pr., se garga-
riser. D.-S., c. Celles.
Gargouillage, s. m , mauvaise cui
sine : « quieu gargouillage ! ming'ra
quieu qui pourra. » V. — D.-S.
Gargouilleau, Gargouillou, s.
m., enfant qui s'est mis dans la boue,
dans la saleté. V., arr. Chât.^ arr. de
Civ. pour « gargouillou. »
Gari, V. a. et n., guérir. V., arr.
Poit. — D.-S. — Roman : « garir ou
guarir. » — Gascon : « gari. » — Pa-
tois du Limousin : « garir. »
Garieub, s. m., garant, répondant :
« ilem^ la moitié d'une jaloigne de noes
de chescun prevendier qui est vendu
ou marchié de Civray si le vendeur ne
advohet garieur. » (An. 1388. — Art. 91
delà coût, du Poitou )
Garissou, s. m., médecin, chirur-
gien. Vend. (C. et P. D.)
Garne, imprécation , corrélatif de
sacré. D.-S — Vend.
Garne, s. f., terre élevée. Vend.
(C. et P. D.)
Garobe, s. f., vesce cultivée. Il yen
a de deux espèces, la noire et la blan-
che, vicia saliva de Linné. Vend.
(C. et P. D.) — D.-S. — (B.-F.) - Ma-
nusc. du Poitou. — Roman: a Garossa. »
— Catalan et Espagnol : « garroba. »
Garocsaî, V. a., poursuivre à coups
de pierres. D.-S , arr. de Melle, de
Bress. et de Parth. — (B.-F.) — (A. R.)
F. Arochai.
Garou, s. m., diable, sorcier : cou-
rir le garou, c'est être possédé du dé-
mon. V.,La Grimaudière. — Ardennes:
(I garou. »
Garouage et Galouage (être en),
loc, c'est être en embarras, avoir beau
coup d'occupations. — Par extension,
une maison en « garouage » est une
maison en désordre. D.-S.
Garouage, s. m., désordre accom-
pagné de tapage. Vend. (C et P. D.) —
Ardennes, Aube : fête, débauche.
Gabouil, s. m., maïs. On l'appelle
GAT
145
aussi, dans quelques contrées, blé d'Es-
pagne. V. — D.-S. — Vend.
Gabouillaud, s. m., pain fait avec
de la farine de maïs. — Champ en
jachère après avoir donné une récolle
degarouil. D.-S. — (B.-F.)
Garouillette, s. f., diminutif de
garouil; maïs semé très-épais pour être
coupé en vert. V. — D.-S.
Gaspaillai, V. a., gaspiller, dissi-
per. D.-S., arr. de Parlh. V. Gapaillai.
Gaspailles {ff^aspalium)y s. f. pi.,
ce que le van rejette à terre : « les
pailles et gaspailles de la court dixme-
rie do Villiers » (An. 15l6. Manusc.
du Poitou.)
Gasse, s. f., boue. Vend., Font. (C.
et P. D.) — - Petite flaque d'eau dans
un chemin, une cour, etc. V. — D.-S.
Gâtine.
c Le baudet au bea mitant d'tne place
>• Les Jetll dont Ine gace. »
lN.p.,p. 29.)
Allemand : « wasser, »eau. — Noms de
lieux : « Gasse-au-Veau (la), » Vouillô
Gassipodai, Gassipotaï, V. n.,
marcher dans une gasse, dans la boue
ou dans l'eau. V. — D.-S. —(B.-F.)
Gassipoté, V. n., faire mal quelque
chose, réduire à rien. V., arr. Poit.
Gassot, s. m., diminutif de gasse,
petite gasse. D.-S. — (B.-F.)
« Et rère m'écllssaît
» De gassot en gassot. »
(MeL, S8 arr., isgi, Cit. B.-F.)
Noms de lieux : « Gassotte (la), » Alon-
nes(V.); « Gassotière (la), » Adriers
(V.).
Gassouil, Gassouillîs, s. m.,
boue, flaque d'eau. V. —D.-S. — Vend.,
suivant les lieux. — Noms de lieux :
« Gassouillet (le), » Dienné (V.).
Gassouillai,v. a., salir, éclabousser
avec de la boue, ou de l'eau d'un « gas-
souil. )> V. — D.-S. — Vend.
€ I ne crés pas que mé soulay
> Fussiant gassotiillés daux gasses à quiès
[ouvray.
(Gust.)
Gâtai (se), v. pr., se blesser, se salir :
« le gars in cheusant d'sa charte s'é
146
G AU
gâtai tout r corps. » V. — D.-S. —
Sainlonge. — Rabelais : « guasler. «
Gâtai, aie (l. rastare), adj., mé-
chant, d'un mauvais caractère : « i n'sé
qu' faire d' man drôle de Micha, gl' 6
gâtai ; n je ne sais que faire de mon
dràle de Michel, il est gâté, a Chien
gàlé, > chien enragé. V. — D.-S.
Gatf.let (b 1. gastel/etum). s. m.,
petit gâteau. V. ~ D.-S. — « Eadem
die li sext. frumenti pro gastelletis do-
minarum. » (A.n. 1331. Manusc. du
Poitou.)
Gatinelle (r. Gat'ine), s. f., sorte de
corset réduit à de simples bandes, ainsi
appelé, probablement , parce que la
mode en sera venue de Gàtine. Vend.,
Maillezais ^C. et P. D.)
Gatou, se, adj., chemin raboteux,
« aggravant. » D.-S., StCoutant. (B.-F.)
Gau, part, aff., oui : « gau-bene, »
oui bien. V., arr. de Civ. — D.-S. V.
Gaau.
Gau-â-Gau, loc, vis-à-vis : a i mar-
chai gau à-gau de mé, > vis-à-vis de
moi. D.-S. — (B.-F.) —V. — Roman :
« Gau, élan. » — Anglais : a to go, »
marcher.
Gauberge, s. f., sorte de poisson
sec : « pisces sicci qui vocantur gauber-
ges. » (An. 1285. Niort, manusc. du
Poitou.)
Gaubub, s.f., sorte de houe servant à
écobuer. F. Gobuis. (An, 1731. Vastes.
Manusc. du Poitou.)
Gaudenoz, s. m., niais, godiche :
« car cinq à six 2;audenoz. t^ (N. P.,
p. 27.)
Gaudi (1. gaudere), v. n , se ré-
jouir.
« Pas ne laissâmes de gaudir. »
(N. l'.. p. 19.)
« Chaquien se giudiroit dcdins nouire contrée. »
(Requête en vers présentée par les habitants de
St-.Mai.xrnt à Moreau de Beaumont, lieutenant
de Poitou)
Aube : a gaudel, > joie, bruit.
Gaudissou, s. m., plaisant, homme
de joie. D.-S. — Vend. — Ba-se lati-
nité : gavdiosus, gaudens, lœtus, ex
gallico , joieux; Ôccitanis, gaiijous.
(Duc.) — Noms de lieux : « Gaudier ;
Gaudière; Gaudières; Gaudinerie; Gau-
dinière; Gaudion. » Vienne.
GAZ
Gatjdrai, V. a., salir de boue l'ex-
trémité de ses vêtements : « Louisoune
s'a toute gaudraie dons l'aigail ; » Louise
s'est toute salie de boue dans l'égail.
D.-S., c. Bress. — Vend. (G. et P. D )
Gaugufqinai, v. a., faire mal un
ouvrage. D.-S. — (B.-F.) — arr. de
Bress.
Gauléiai, v. a. et pr., gauler. V.,
arr. de Poit. et de Civ. V. Agaulai. —
« Gauloyement, » s. m , action de gau-
léiai. (Manusc. du Poitou.)
Gaullai (// mouillés), v. a. et n.,
mouiller. Vend. (Cet P. D.)
Gauuai, v. a. et pr., tromper: « i
n' cré pou qu'i m' quitte (laisse) gaurai
in' aut' fé per quiou gars. » V., arr. de
Civ. V. Allotai.
Gauroub, se, adj., celui ou celle
qui trompe. V., arr. Civ.
Gavachai, v. a., faire mal un ou-
vrage. V., arr. de Poit. V. Gauguegnai.
V., arr. — D.-S., c. Mazières. (A. R.)
Gavachin, Gavachon, s. m., ter-
rain où ne poussent que des ajoncs et
des bruyères. D.-S., arr. de Bress. et
de Parth.
Gavagne, s. f., mauvaise ménagère.
Vend., Font. (G. et P. D.)
Gavagni et Gavagnai, suivant les
lieux, v. a., gâter, salir, V., arr. Poit.
et de Civ., c. Monte, Mazeuil. — D.-
S. — Vend. (C. et P. D.) F. Gaugue-
gnai. — L'on applique encore cette ex-
pression à l'ouvrage mal fait : « thiau
chomp est gavagnai ; » ou à des objets
dévastés, ruinés par les eaux, la grêle,
la tempête. (B.-F.) — Au figuré, éprou-
ver des démangeaisons causées par des
insecte.-;. V. — Roman : a gavaingnar,
gavanhar, » nuire.
Gaveau, adj. m., celui qui fait mal
un ouvrage. V., arr. Poit., Civ. —
Ouvrier qui n'est pas encore reçu com-
pagnon. V. — Patois du Berry : « ga-
vaud, ï celui qui marche mal.
G.AZEA, s. m., baudet, âne. V., Mire-
beau.
« Du côté de Mirebea
» Valnguiranl de boune grâce
> Cinq ou six sur un gazca.
(N. P., p. 98.)
— Basse latinité : gazella, equus sara*
cenicus cursu pic'cvalens. (Duc.)
Gazkllette [Il mouillés), s. f., fau-
GEN
GER
147
velle : « gazellelte à têle nègre, » fau-
vette à tête noire. Onomatopée; ainsi
nommée à cause de son cliant. D.-S. —
(B.-F.)
Gazellai (// mouillés) [se], v. pr.,
se cacher, se faufiler. (B.-F.). V. Ca-
zeillai.
Gea., part, nég., pas, ne point ; cor-
rélatif de jà, « nan gea, » non point.
Vend. (G. et P. D.)
Geallon, s, m., vase déterre dans
lequel on porte le lait à la ville, ou,
d'après M. Beauchel-Filleau , dans le-
quel on met prendre le lait pour faire
du beurre. V., arr. Civ.— D.-S.
Geallonkée, s. f., plein un geallon.
V.,arr. de Civ.— D.-S.
Geargea, s. m., plante vivace, du
genre des légumineuses, qui pousse dans
les haies et dans les blés, dont les gous-
ses ressemblent à celles de la garobe, et
dont les graines sont connues sous le
nom de rondins. D.-S. — (B.-F.) — V.,
arr. Civ,— Patois du Berry : « geargio, »
gesse sans feuilles.
Geaupaillat, V. a., littéralement
fouler la paille comme un jau (coq),
comme la volaille , qui l'éparpillé avec
sespaltes. Terme de moissonneur, cou-
per mal le blé, laisser des épis, de la
paille sur les sillons : « i n' loug'répou
d'avontage Liséper la métive, glé fé qu'
geaupaillai ; » je ne louerai plus désor
mais Louis pour la moisson , il coupe
mal. V., arr. de Poit. et de Civ. — D.-
S.,arr. de iMelle.— (B.-F.)
GÈDE, s. m., vase en bois. Vend.
Font. (C. et P. D.)
Geillat, V. n., baver. 11 ne se dit
guère que des enfants en bas âge. Vend.
Font. (C. et P. D.)
Gelassis, s. m. pi., gelées blanches
et tardives. D.-S., c. de Celles.
CÉLINE, s. f., lampane commune,
plante, lampsana communis. On la
mange en salade. V._,arr. Civ.
GÉ.ME, s. f , poix. V.— D.-S. — Vend.
Genç.41, V. a., balayer. V. — D.-S.
F. Ajançai. — Dans un grand nombre
de localités, on prononce : « geonçai, » et
dans quelques autres : « geonci. »
« I gonssy ben tra foals la place. »
(Gent. roëtv.)
jancer : « le sacristain de l'abbaye de
Montierneuf était tenu de jancer l'église
touttefois qu'il en este it mestier. » (An.
1479. iManusc. du Poitou.)
GEfsçuRES, s. f. pi., tout ce que ra-
masse le balai : a o n' faut poué quittai
qui les geonçures d' la place; » il ne
faut point laisser lii les balayures de
la chambre. — V. — D.-S., dans plu-
sieurs localités. • — « Janceures. » (An.
1479. Mar.usc. du Poitou.)
Geneuil et Geneil (1. genu]^ s. m.,
genou. V. — D.-S., suivant les lieux.
— Roman et catalan : « Genolt. >
Genétrole, s. f., petit genêt, plante.
V., arr. Civ. — Aube : « genestre, > ge-
nêt, arbuste. — Patois dii Berry : « ge-
nestrole, » genêt des teinturiers.
Geneuillon et Geneuillou [v.ge-
neuil), s. m., cassette en bois où les
femmes s'agenouillent pour laver le
linge. V. — D.-S. — Roman : « ge-
nolho. » — Marne : « Genoillon (à), »
à genoux. ^
« Devant le duc d'Anjou se mirent à genoillon. »
(Chron. de du Guesclin, v. i409. Cit. B.-F.j
Genbvré (gen'vré), s. m., genièvre.
V., dans plusieurs localités. — D.-S.,
c. de Bress. — Aube : « genefevre. « —
Noms de lieux : « Genèbres (les), » Anti-
gnv; « Génébrière (la), » Usson; «Gen-
nebry, » St-Benoîl. (V.)
GÊnevrezi, v. n., rajeunir. Vend.
(C. et P. D.)
Geoux, se (1. (javisus), adj., joyeux,
gai.
« 1 avisl ine geouse bregère. »
(Gent. Poljt.)
Gerbaude, s. f., la fin des moissons,
du battage des grains. V., c. Isl.-Jour.,
Adriers. — Basse latinité : garba, spi-
carum manipulus. (Duc.) — Noms de
lieux : « Gerbaudière (la), »• Antran,
Leigné-sur-Usseau, Liglet ; « Gerbau-
dières (les), » St-Pierre-de-Maillé. (V.)
Gerg, s. m., le mâle de l'oie, le
jars. D.-S., arr. de Bress. et de Mello.
-(B.-F.)
Germail, s. m., le râle de la mort,
D.S., c. Maz. (A. R.)
Gebnon (I. germen)^ s. m., germe,
V. — DS.
Gervis , s. m., treillage. Il y a
encore à Poitiers une rue du nom de
148
GIN
I Gervis-Vert, » à cause, sans doule^
des nombreux treillages que l'on y
voyait autrefois. V. — D.-S. — « Pour
quatre gervis pour mettre aux fenêtres
du 4« étage des greniers » (An. 1641.
St-Savin. Manusc. du Poitou.)— Ancien
français.
GÊti. V. n., êîre ennuyé, ronger
son frein; ne s'emploie guère qu'à l'in-
finilif et aux temps composés: « Ah!
petit drôle, lu te plais à me faire géti. »
D.-S. —(A. R.)
GiBAi. GiBBAi, V. a. et n., ruer. D.-
S., arr. de Bress. — Vend. (C- et P. D.)
— Haute-Marne : « giber, » jouer. —
Saintonge : « giber, » ruer. — Ancien
français : « regiber. »
GiBRENA, s. m., homme de rien,
terme de mépris : « ol é in ban gibrenà.»
D -S. — Vend. (G. et P. D.) — (B.F.)
— Français : « gibier de potence. •
GiEUKÉ, ÉE (djieurai dans le Sablais),
adj., amer à force d'être salé. — Vend.
(C. et P. D.)
Gifle, s. f., soufflet. V. — D.-S. —
Mayenne et patois du Berry.
GiFLU (/7 mouillés), v. a., souffleter.
V. — D.-S.
GiGou, SE (r. gigue), adj., boiteux.
V., arr. Chat., Maire.
GiGUENAiL, s. m., le gros intestin.
(B.-F.)
« Igl aTait si raldc emplit son gigucnaU. »
(Cbant de Cadet a la ooce. B.-F.)
GiGOUGNAi, V. a., foupir, tripolersa-
jement. V., arr. Poit- — Par extension,
secouer, remuer, ébranler par de fortes
secousses. V., arr. Civ. — D.-S. —
(B.-F.
GiL\E, V. n., couler un peu, et par
filets. Vend. (C. et P. D.) — Mayenne :
« giler. I) lancer un filet d'eau.
GniPAiLLAi, V. a., renverser, jeter,
éparpiller, D.-S. — Vend.
« Ole Tainrant deux ou tras gympalUay tos
[écuelles. »
(Gast., p. 89.)
V. Ejimpaillay.
GiNCOLE, S. f., écharpe. Avoir le
bras en « gincole, » oest avoir le bras
suspendu par une écharpe quelconque,
lorsqu'il est nécessaire de le tenir en
cet état, par suite d'une fraclurt' ou
GIR
d'un autre accident. — V. — D.-S. F.
Jécole.
GiNGUETTE, s. f., petit vêlemcnt du
premier àgo. D.-S , arr. do Melle et de
Bress. — (B.-F.) — Ancien français :
« guinguct, !) habit court et étroit. —
Français : « ginguet, ginguette, » qui a
peu de force, peu de valeur.
GiNGUOis (lie), loc, décote, de biais,
de travers. D.-S. — V. — (B.-F.) —
Patois du Berry : « gimboize. » —
Français : « guingois. »
GiOLE, s. "f., grande cage en bois
dont on se sert pour élever les jeunes
poulets; les barreaux y sont disposés
assez serrés pour que la mère y soit
renfermée , et que les petits passent
dans les interstices. D.-S. (B.-F.) — V.,
arr. Poit. et Civ. — Basse latinité :
gabiola, cage. — Patois limousin :
n joloyo. » — Français : « geôle, > pri-
son.
GiouLAi (1. gula), v. n., crier, hurler.
V., arr. de Civ. V. Baulai.
GiRAUDE. s. f., espèce de mets com-
posé de certaines parties du ventre et
de la bile du bœuf, assaisonné de sel et
de poivre et renfermé dans un boyau.
V. , ville de Poit.
GiRAUT ou GiROT, S. m., gras dou-
ble, ou le gésier des volailles. V., arr.
Civ. — Le gros intestin des animaux.
(B.-F.)— Palois du Berry : « Girot, »
sang de bœuf coagulé sous forme de
boudin.
GiRÈLE, s. f., espèce de champignon
qui se trouve au pied des vieilles sou-
ches d arbre. Il est comestible. T., arr.
Chat. — Au figuré, a girèle, » fille qui
préfère le plaisir au travail. Il est pris,
le plus ordinairement, en mauvaise part.
V., arr. Civ. — Gascon : « girélo, »
imbécile. — Français : « girèle, » sorte
de poisson.
GiRET, s. m., vieux bélier. — Au fi-
guré, y. le précédent pris aussi au fi-
guré. Vend., Font. (C. et P. D.)
GiRiE, s. f., moquerie, hypocrisie :
« queulles giries n'ant-eils pas fô! » V.
— D -S. — (B.-F.) — Patois du Berry :
« girie, » plainte hypocrite, jérémiade
ridicule. — Haute-Marne et Marne :
« giries, » plaintes, grimaces.
"Girole, Girondelée, s. f., espèce
de champignon. V., c. de Montm. et de
GLA
GLO
149
St-Savin, pour « girole; » c. de l'isl-
Jour., Luchapt, p. « girondelée. »
GiBON, s. m., pied-de-veaii, arum
vulgare^ plante. Vend. (C. el P. D.) D.-
S. - (B.-F.)
GlEONNAlE, GlRONNÉE, GlRONNIE,
suivant les lieux (g. p?^;), tout ce qui
est contenu dans le giron. V. — D.-S.
« Et leur pleine gironnie
» De lour baia ilgs baillirant. »
(N. P., p. 14.)
Cite, s. f., jeune haie; rejets de bois
taillis d'un ou deux ans : <l tes j'raents
sant dons mes gîtes. »> D.-S. — (B.-F.)
— V., arr. Civ.
GiTEAT, V. a., jeter. V. — D.-S. —
Roman et catalan : « «itar. » — Patois
du Berry : a giter. « — Italien : « git-
lare. » — Rulebeuf : « se il la met dans
un sac et il l'en gîte desor le pont en
l'aive. (Cit. C. J.)
GiTOiRE, S. f.j arithmétique. Vend.
(C. et P. D.)
GiTOUNE, S. f., jeune mule. V., arr.
Civ.— Vend.(C. et P. D.)
Gla (gl mouillés) |1. glacîes], s. m ,
glace, dans tout le Poitou.
« O'treluse o souleil
• Quem do gla. »
[Rob. Div., p. 112.]
Roman : « glas et glatz. » — Patois li-
mousin : « glia. )) — Gascon et Patois
du Berry : « glas. »
Glabard {gl mouillés) [r. glabé],
adj., celui ou celle qui a une « glabe. »
V., arr. Chat.
Glabe {gl mouillés), s. f., panse,
ventre : « ah! il en a ine glabe! • V.,
arr. Chat.
Glabu, SE [gl mouillés), adj., celui
ou celle qui a un gros ventre. V., arr.
Chat., !\lairé.
Glagle [gl^ gl mouillés), s. m.,
glaïeul, plante. V., arr. Civ.
Glamot [gl mouillés) [blé ou fro-
ment], s. m., autrefois : queue de tq-
T\-drd,melampyrum arvé'wse de Linné »
La graine de cette plante, qui ressemble
quelque peu au grain de froment, mais
qui est d'une couleur plus brune, est
aussi plus petite. Elle fait souvent le
désespoir des cultivateurs qui ne peu-
vent la trier. Elle donne au pain une
couleur bleuâtre, el un goût désagréa-
ble. (B.-F.)
Glardre ou Glerdbe (gl mouil-
lés), V. n., faire flamber le feu, l'allu-
mer. Vend. (G. et P. D.)
Glat, te(I. glacies],a6]., pain gras-
cuit. V., c. Montm.
Glati, e, adj., plein d'eau : « la font
eu tout' glalie. » — V., c. de l'Isle-
Jourd.
Gle (gl mouillés) [1. tV/e], pr. pers.
de la 3<^ pers., il, ils. Dans la gente poëtv.,
il est écrit igl, iglz. Nous pensons que
c'est irrégulièrement, eu égard à la ma-
nière dont il est généralement prononcé
dans le Poitou.
Glêtron [gl mouillés), s. m., pis-
senlit engénéral. V., arr. de Poit.
Gleu et Glin {gl mouillés), s. m.,
chaume D. S. — Vend. — V. , suivant
les localités.— Vieux français : « giui, »
se prononce encore ainsi dans l'arron-
dissement de Chat. — Roman : «gleng »
Gliet, te igl mouillés), adj., pain
sans levain. (B.-F.)
Glissouère {gl mouillés), s. f.,
petite seringue dont se servent les en-
fants pour s'arroser entre eux, et par jeu,
ou pour arroser les passants et par es-
pièglerie. V., arr. de Civ. V. EccliS'
souère.
Glou, se, adj., gluant. V., arr.
Civ.
Gloubai (gl mouillés), v. a., laver
les boyaux du porc , par exemple,
quand on veut faire des boudins, parce
qu'en les nettoyant on enlève la peau
intérieure. D.-S. — (B.-F.) — V., arr.
Civ. — « Glouer, » fourchette à glouer,
crochets à glouer. (An. 1731. ) Vasles.
iManusc. du Poiîou )
Gloube [gl mouillés), s. f., petit
instrument en fer, ou en bois qui se
pique dans la cheminée (le plus ordi-
nairement) par l'une do ses extrémités,
et dont l'autre, qui est comme fendue,
et forme deux branches, reçoit et tient
pincée la chandelle ôerousine. D.-S.
— iB.-F.) — V., arr. de Civ. — L'on
appelle encore de ce nom deux mor-
ceaux de bois dont se servent les affran-
chisseurs pour castrer les chevaux ; et
encore toute entaille profonde faite en
forme de mortaise et dans laquelle on fait
entrer une autre pièce de bois de ma-
15Q
GO
nière à ce qu'elle y joue facilement.
(B.-F.)t)e5 «gloubos » en bois servent à
mainlenir le linge étendu sur des cordes
pour les faire sécher, .
Glougukux, SE fgf/ mouillés], adj.,
gluant. V.,,arr. de Poit. V. gloii.
Glutreau {gl mouillés) , s. m.,
larynx. V., arr. de Chat.
GiSE {gn mouillés) . syncope de gle
ne, il ne. Dans tout le Poitou.
Gnea 'gn mouillés), s. m., agneau.
V., arr. de Loudun. f'. « Agnra. »
GxELT, V. n , mettre bas en par-
lant des brebis. V.jarr. de Loudun. V.
Aignelai.
Gnellx, s. m., toison , laine des
agneaux. V., arr. de Loudun. V. Ai-
gnelin.
Ginklle, Gnite, s. f., agneau fe-
melle. V., arr. de Loudun; et arr. de
Poit. pour « gnite. »
G>'0 [gn mouillés), s. m,, œuf na-
turel, ou pierre blanche et ronde qu'on
laisse dans le nid des poules pour les
engager à y pondre. V. — D.-S. —
Haute-Marne. — Patois du Berry :
« gniau. »
Gnole {gn mouillés) , s. f., bateau.
Vend., c.Chalans.— Patois du Berry:
« gnole, » très-petite barque.
Gnolea ^(/«mouillés,, s. m., dimi-
nutif ÙQ gnole. — Petit bateau servant^
dans le Marais, à tuer les canards sau-
vages. D'une main le chasseur gouverne
la nacelle, et il tient, de l'autre, son
fusil prêt a tirer le gibier. Vend.,c
Chalans.
Gnon [gn mouillés), part, nég., non.
Modification gutturale de cette particule.
V. — D.-S. — Vend.
Gnou, s. m., filet sous la langue qui
empêche les enfants de s'allaiter. L'on
dit, proverbialen)ent , de celui ou de
celle qui cause avec volubilité , ou avec
esprit: « Celui qui y a copé le gnou,
n'a poué vclé ses cinq sous. » V. —
D.-S.
Go, part, affirmative. V. Gau, gaau :
« go bene, go bé, » oui bien. V., arr.
de Poit. Monts-sur-Guesnes, arr. Civ.
D.-S. — (B.-F.)
€ Vos-iu v'nl danser,
• Mamle Jannette .'
» Vûs-tu v'nl danser ?
» — Go bé. »
(lîab. Poit.)
GOG
GoAZE, S. m., froment barbu. V.,
arr. de Civ. — D.-S., arr. deMelle. —
(B -F.)
Gobea et GoDjEA , S. m., noix.
Vend. (C. et P. D.) — D.-S., c. Chàlil-
lon.
GoBUis otCoBUis, s. m., terre pelée
où-Ton se dispose à mettre le feu. Vend.
— « Gobuys et gobuer » : « item uno
boisselée et demie de terre gobuéo, par
le dit Bouer, tenant au gobuys que la-
boure Julien Texereau. » (An. 15lî<) —
pour trois journées employées à répan-
dre du gaubuy dans le bois de Laval. »
(An I7i9. Vasles. — Manusc. du Poi-
tou.)
GoDEBEiLLA (god'beilla), s. m., gras
double. Vend. — F. Giraut. — Rabe-
lais : gaudebillaux sont grosses tri-
pes de coiraux (bœufs\ » (L. 1, c. 4.)
GODELAN, GODELIjGODENDAR. (Go-
d'ian, god'Ii), s. m., scie très-longue à
Tusage des charpentiers, des sabotiers
et des tailleurs de pierre. V. Dans quel-
ques localités, arr. de Chat., pour « go-
dendar. »
GoDELANCÉ, V. a., so scrvir du go-
delan. Vienne.
GoDELLE et GouDREiLLE, S. f., lame
de couteau, sans manche. D.-S., Châtil.
— Vend. (C. et P. D.)
GoDELLE, S. f., dent, se dit surtout
des animaux qui ont de grands crocs.
D-S. —(B.-F) —V., arr. Civ.
GoDENEAU (god'neau), s. m., vase
en terre, à trois pieds et à queue, où
Ton fait chauffer la rôtie. — V., arr.
de Chat.
GoDiAON, s. m., jupon. Vend. —
(C. et P. D.)
GoGUE. s. f., farce que Ton met dans
une panse de mouton que Ton fait
bouillir — sang de cochon ou de vo-
laille cuit dans la poêle avec du lard et
des oignons, ou seulement des oignons.
« La goguc que gl'a fait les chay n'en vellant
[pas. »
[Gust.,p. 23.]
« La base de ce mot , d'après M.
Pressac, esi gaudium dont par le retran-
chement de la dernière syllabe, et le
redoublement de la première, on a fait
gogo, gogue, goguette, gogaille, go-
guenard, goguinette, plaisanterie. Dans
l'ancien français, ^o^'we avait en outre la
GOR
GOU
151
signification de raillerie , et c'est de
cette idée générale de réjouissance
qu'est né l'usage d'appeler ainsi un mets
qui est le régdl desh.ibitanls de la cam-
pagne, et que par cette raison , ils ne
servaient qu'aux jours de gala. » —
Saintonge. — Ardennes ; plaisanterie
— Rabelais : « gogue », panse.
GoGUE, s. f., gros coin en bois. D.-
S. — Vend.
GOGUiA (godja) , s. m., noix. —
Vend. (Cet P.D.)
GoiACÉ, s. m. ^ noyer. D -S. Châtil-
lon.
GoGU, E igu mouillés), adj., joyeux.
— Vend. (C. et P. D.) — Aube, Marne :
« goguelu, goglu, » plaisant, railleur.
GoiG?s'i, V. a., gagner.
« Car on lour fit goigni le ho. »
[Siège de Poit., p. Col ]
GoiMELLE^s. f., femme dégingandée.
Vend. (Cet P. D.)
GoiSAi, V. a., remplir ses sabots en
marchant dans la boue. Vend. (C et P.
D.)
GoR AILLE [goret], s. f., viande de
cochon. — Au figuré abject, vil. V. —
D.-S.
« Qoe y oguist fumet et paille
» Do chevrea et de la goraiMe. »
(Rob. Div.)
GORETTE (b.I. coreftus), s. f., truie
pleine pour la première fois, ou qui
vient de faire sa première portée : «ma
gorette a gourillounai à matin. > V. —
D.-S. Suivant les lieux.
GoEDE, adj. des 2gen., étourdi. Par
extension , sale. Vend^ (C et P. D.) —
Latin : « giirdus. > Étourdi , pesant
lourd. Quintilien, c. .5, cite ce mot
comme d'origine espagnole. (C et P.
D.)
GoEGEAiL (1. giirges), s. m., l'en
semble de la gorge. V. — D.-S., arr.
de Bress. — Patois limousin : « gorjo, »
bouche.
GORGEATTE.GORGETTE, s. f.^rOUgC-
gorge, oiseau. V., c. de l'Isle-.Tourd. et
arr. de Civ., pour gorgelte. —Patois du
Berry : « gorgette, » fauvette.
GoRGEAU (l. gurges), s. m., trou :
« le gorgeau regoule d'aiguë ; » le'trou
est si plein d'eau qu'il la rejette. V.,
c. de risle. -lourd.
Gorgé, v. n,, se dit de l'épi qui
perce son enveloppe. V., arr. Chat.
V. Abeuillai.
Gorgeouère, s. f., diminutif de gor-
geail. V. ce mot. V., arr. de Civ. —
Patois limousin : « gourgero, gourjoré-
ou, )) gosier.
Gorgette (r. gorge), s. f., bavette.
V., arr. de Poit.— D -S , arr. de Bres-
suire.
GoRiLLON, s. m., diminutif de goret;
tout petit porc. V. — D.-S.
GoRiLLouNAi, V. n., mettre bas en
parlant des truies. V., arr. de Civ.
GoELE,adj., creux. V., c. Isle.-Jour-
dain, Adri.
GoRO^AiLLE,s.f., viande de cochon.
V.— D.-S. V. Goraille.
GoRUE, S- f., truie. D. S.
GoRRE, s. f., sorte de jeu ; bouleque
ron se renvoie avec des bâtons. Vend.
(C. et P. D.j-- Marne : « gorre. » luxe ,
élégance.
GoRT (g. 7/^''?o;) , s. m., cochon.
D. Font. Luçon. Vend. — Gorreaux :
« dîme d'agneaux, gorreaux, veaux, »
etc. (An. 'l492, ^ieuil. Manusc. du
Poitou.)
Goûtai (r. gort\ v. n., mettre bas
en parlant des truies. D.-S,, arr. de
Bress V. Gorillounai.
Goss.\i, v. a. et n., tailler un mor-
ceau de bois à petits morceaux ; tra-
vailler à divers ouvrages en bois ,
comme râteaux, claies, etc. V. — D.-S.
— Vend. — Couper, taillader de petits
morceaux de bois avec un couteau :
« que goss'tu don iqui ? — Ah I rin ,
i m'amuse. » Dans tout le Poitou.
GossERiE (goss'rie) , s. f., lieu où
l'on gosse. V.— D.-S.
GouA, mot dont se servent les ber-
gères pour mettre les chiens à la pour-
suite des chèvres : « ta. Barbette, ta ,
ma chinne, ta goua, mord la goua, ma
chinne, mord la.» V.,arr. de Civ.
GouBET, s. m. , un gros morceau :
« In grou goubet d' pain , d' vionde. »
Dans quelques communes. D.-S. —
(B.-F.)
GouDREiLLE, S. f . , lame de couteau.
V., arr. de Poit. —Vend. (C. et P. D.)
— Couteau mal emmanché. D.-S., c. de
152
GOU
Breèî. — Couteau. V., c. de Monte.
Saint-Jeaii-de-Sauves. — D.-S., Châ-
tillon.
GouDRiLLAï , V. a. , diminutif de
gossai. couper, taillader avec une gou-
dreiile, un couteau. V., arr. de Civ.
Goi ÈRE, GouÉRON, e^pèce de pâtis-
serie faite avec de la farine, des œufs et
du beurre, auxquels on ajoute des
graines de raisin, des pommes ou poires
coupées par tranches, et que l'on fait
cuire au four sur une feuille de chou.
V. , c. Isle-Jourd . Luchapl , pour
« gouère, » et c. de Montm. et de Saint-
Savin, p. « gouéron. »
GouESSE, s. m., diable, démon. V.
Dans quelques localités.
GouET, s. m., lame de couteau effi-
lée, et légèrement recourbée , emman-
chée au bout d'un morceau de bois, et
servant à enlever les noix de la coquille.
V., Chat. — Rabelais : « ") beaux gouets
qui sont petits, demi-couteaulx, dont
les petits enfants de *nostre pays
cernent les noix. » (L. 1'% c. 27.) —
Patois du Bei ry ; « goy, gouy ; > ser-
pette de vigneron. — Français : « gouet, >
grosse serpe de bûcheron.
GouFFE, adj . des deux genres, épais ;
couteau gouffe, qui n'est pas bien ai-
guisé. D^-S. — (B.-F.)
GouGEAi, v. a., gorger. — (Se), v.
pr., manger avec avidité. D.-S. — (B.-F.)
— Appâter la volaille pour l'engraisser.
V. — D.-S. — Sainlonge. — Ancien
français : « gouge, » fille de mauvaise
vie.
GouiNE. 5. f., l'hippobosque du che-
val : « mouche-gouine » V., arr. de
Civ. V. Bouine.
GoLLAAU ;1. çula], S. m., bouchée
d'aliment : « ah! boun'gent, boun'gent,
vem'en douné qu'in paure goulaau. »
D.-S.— (I Goulot. • Vend. (G. et P. D )
— Besançon : « gouze, •> morceau.
GoLLAFRE, s. f., maladie des mou-
tons. V., arr. de Loudun. F. Balafre.
GoDLARD, s. m., engin de pêche or-
dinairement en osier. V. — « Goulardz
et engins à pescher. » (An. 1636, ma-
nusc. du Poitou.) Il y a des goulards à
deux et à quatre gueules.
GouLÉ, s. m., ouverture dans une
haiepar laquelle on ne pcutpasser qu'en
se courbant jusqu'à terre sur les pieds
GOU
et sur les mains. D.-S., Chàtillon. — A
Alonne, près Poitiers, et dans le bourg,
il y a un lieu dit « leGoulé, w agglomé-
ration de jardins bas dans lesquels on
entre par un petit échalier. — Patois du
Bcrry : «goulet,» vide ou passage
dans une haie. — Marne : « égoùt ,
tuyau, gouttière. » — Français : « gou-
let, » entrée étroite d'un port. Noms de
lieux : « Goulet (le), » Champigny-le-
Sec. (V.).
GouLLÈRE (//mouillés) [l.g'î//a], s.f.,
tourteau à la flamme, ainsi nommé
parce qu'il se fait à l'entrée, à la bou-
che du four. V., c. Montm. et de l'Isle-
.lourd., Adriers.
GouLÉE, s. f., petit morceau, petite
quantité ; une goulée de terre , une
goulée de biens. V. — D.-S. — « Gau-
lée, » mesure agraire. « 22 goulées de
pré à 12 pieds de long.» (An. 1500,
Vouilié. Manusc. du Poitou.)
GouLLOU.NAi (// mouillés), v. a.,
manger avidement, par gourmandise :
« tu gouUoun'ras don terjou ! » V.,
arr. de Poit. V. Engouillounai.
GouLLOUiNEUx, SE, adj., celui ou
celle qui gouiloune. Vienne.
GOULUFRIA, GOOLIPATE et GOULU-
PATE (I. gulosus) , s. m., personne qui
mange par gourmandise. V., suivant
les localités. — Ardennes , Marne :
« gouliafre, gouliarel, » gourmand, dé-
bauché.
GouMiTAT (1. vomitarë), v. n., tous-
ser et cracher sans cesse, faire des cra-
chats dégoûtants. D.-S. — V., arr. de
Civ. — (B.-F.)
GouMiTEux, SE, adj., celui ou celle
qui goumite. (B.-F.)
GouMOis, s. m , longue table où le
boulanger dépose ses pains. D. S , c. de
Maz. (A. R.)
GouMON (1. gummi), s. m., œdème,
tumeur molle, sans douleur , cédant à
l'impression du doigt. — Au figuré et
par onomatopée, double menton. V. —
D.-S.
GouPE(l. gurdus), adj., épais. V.,
arr. de Poit. y. Gouffe.
GouPEiLLE , Gocp'llée (// mouil-
lés), s. f., maladie des bœufs et des
moutons; congestion du petit colon :
a depis quieu qu'tomps tout man berli-
GOU
nage cueurve d'ia goupllée. » V. —
D-S. — (B.-F.)
GouBAON , S. m., cochon. Vend.
(C. et P. D.). V. Gort. — Gourron :
fl ilem je prins qiintre boyceaux de
inou>ture au garnier que je fuict moul-
dre pour les gourrons. » (An. \bS4.
Manusc. du Poitou.)
GouRBiLLON (I. corbiila] , s. m.,
petit morceau ce terre, d'étoffe : « in
p'iit gourbillon d'chomp.» D-S. — (B.-
F.)
Gourde, s. f., jeu qui consiste à
chercher l'objet ainsi appelé, ordinaire-
ment un mouchoir noué à l'un des
bouts, et avec lequel on frappe quel-
quefois sur le dos de celui qui le cherche.
— V., arr, Civ.
GouRGE, s. f., (erre jaune dont le
sous-sol est argileux. D.-S. Env. de
Part h.
GouRi, V. a., tromper dans un mar-
ché. V., arr.de Loudun. f\ Allotai.
GouRLASSE, s. f.. toile, ou étoffe ren-
due trop ferme par l'apprêt. — V., arr.
Civ. — l).-S. — Grand morceau de
peau arraché des arbres. (B.-F.) — V.,
arr. de Civ,
GouRMEL\T, V. n., parler entre les
dents. V. — D.-S., suivant les lieux.
GouROUNAT, V. n.. mettre bas en
parlant des truies. V. Gorillonai. — Au
figuré, s'écrouler en parlant des murs,
des terres, des bâtiments: « l.a terre
de tio chomp gouroune dans thio
foussé. » D.-S. — (B.-F.) — Vienne.
GOUROUNANTE , GOUROUNIÈRE ,
GoRONNiÈRE , adj. f., truie pour la
reproduction. Parextension. truie pleine,
prête à mettre bas ou qui a des petits.
V. — D.-S. — Vend. — « Les fermiers
de Pouillé devaient annuellement.... un
cocl)On de lait, s'ils avaient une truie
goronnière. w (An. 1779. Manusc. du
Poitou.)
GouRU, USE, adj., celui ou celle qui
trompe dans un marché. V., c. de
Monte. Mazeuil.
GouspiLLEAi, V. a., gosser, couper
menu, sans goût. Vienne.
Go\issk\[T. gousse), v. n., fournir
en gousses, en avoir en abondance, se
dit des plantes léguminçuses : « quiés
pois, quiés fèves , quiés monjettes ont
bai goussais. » V. — D.-S. — Vend.
GRA
153
GoussAiL, S. m., vesce blanche. V.,
arr. Poit.,c. de ^li rebeau, gousses, cos-
ses des plantes parasites qui poussent
dans les champs et se mêlent aux grains :
« thio froument est plein de goussails. »
(B.-F.)
GouzEGLiAE, V. a., couper menu.
Vend. (Cet P. D.) F. Gouspillai.
GouziÉ, s. m., vase où le faucheur
met sa pierre avec de l'eau pour aiguiser
son dail (faux], c. de l'IsIe-Jour. F.
Couaée.
GovÈRE, adv., de ^o oui, et vêré
vraiment, oui vraiment. D-S., arr. de
iMelle. — (B.-F.)
GoYON, s. m., goujon, petit poisson,
V. — D.-S.
Grabot, Grabodt , s. m., graine
de lin dans son enveloppe. D.-S , c.
Bress. — Vend. (C. et P. D.)
« Hier en Tentant In bossea de grabot. »
[N. P., p. 142.]
Grabot ou grabout, » balles du frèfle
et delà luzerne. D.-S.— (B.-F.)-— Fran-
çais : « grabot , w criblure, pou.s.sière.
Grabotai, V. n., prendre la forme
de petits grains, de « grebais, » en par-
lant du laitage tourné. Vend.
Graffignai , V. a., égratigner. V.
D.-S, — Boman : « grafmar. » —
Patois du Berry : « gratiner. > — i\îar-
ne : « graffigner. »
Graffigxoux (g. 7?fô'rto), s. m'.,
écrivain judiciaire en général. — huis-
sier.
« d.ime fut iqui queGrigoire en colère
» Dissit au graffioou, ly donnant mille noms. »
(Gost., p. co.)
— Greffier :
« Lé graffignoux ou aTont écrily,
« Chaffoiiry et barbouilly. »
(Cent. Poëtv. a» part., p. 78.)
Gbaguena, s. m., graguenette, s f.,
l'ensemble de la gorge, V., arr. de Civ.
pour gragueiia, et D.-S., c. de Bre<s.,
pour «graguenette.» f^\ Garganac.
Gragouet, s. m., la nuque : a s'i V
prin per le gragouet.. te n'sra jà à t'n
ése, tas; » si je te prends par la nu-
que, tu ne seras pas à ton aise , tiens.
V., arr. de Civ. V. Gagouet.
Gbain, s. m. (1. granum), colza :
154
GRÂ
n huile de grain, )i huile de colza. V.,
c. Isle-Jour. — Luchapt.
Grai^jài, V. n., abonder en grains :
« Ihio blégraint'bein. t)|B. F.) — Vienne.
Gascon : « grana. « — Patois du Berry:
— « grainer. » — Français: «grainer, •
pratiquer de petites émiiicncesou grains
à la surface d'un corps. — Noms de lieux :
« Grenalière (la),» Savigné. (V.)
Ghaippe , adj des '2 genres, en-
gourdi par le froid. Ne se dit que des
pieds et des mains. V. — D.-S. — Vend.
je. et P.D.), où l'on prononce greppc.
— Au (iguré , adroit. — [»rovençal •
€ grèpi, » onglée: « faslo, moun orne,
s'ai Ion grèpi » ; (àte, mon brave, si
j'ai l'onglée.
Gralae et Gralai , v. a., rôtir,
dessécher à l'excès : « la chaleur a
gràlé les feuilles de mes poiriers. •> —
V.a. et n., faire « grâiai » des châ-
taignes au feu ou dans une poêle per-
cée\ D.-S , arr. de Melle et de Parth.—
Vend. (C. et P. D.) — V., dans quel-
ques iocalftés. — (A. R.)-— (B.-F'J. —
Rabelais : o graisler. »
Gralette, Grelette, s. f , tartine
de pain grillé que Ton met dans le lait,
dans le chocolat, etc. V. — D.-S.
Gralou, s. m , poêle à rôtir des mar-
rons Vend. (C. et P. D.)— D.-S., c .Maz.
(A. R ) — Patois du Berry : <i graloire. »
Graxbaron, s. m., grande perche
qui sert à maintenir le foin sur une
charrette avec les clas. V. ce mot. —
Vend., c. Chalans.
Gband'ch'mise, s. f., Wouse. V.,
arr. de Civ. F. Daumée.
Grapaudai (r. crapaud), v. n.,
littéralement marcher comme le cra-
paud ; onomatopée. Se dit surtout des
enfants qui commencent à marcher,
et se traînent sur les pieds et les mains.
— Par extension, gratter. V., arr. de
Pûit. et de Civ. — D.-S., c. Bress. et
arr. de Melle. — iB.-F.)
Grapette (à la , loc , jelter de me-
nues pièces d'argent, des sous au milieu
d'une troupe d'enfants qui cherchent à
les gripper, à le.» ramasser. D.-S., arr.
de Bress. — Allemand : « Grefféin. »
saisir.
Grapiette et Rapiette, s. f., lé-
zard gris , le lézard des murailles :
Proverbialement, une personne sèche
GR.V
se nourrit de rapiettes ; une per-
sonne heureuse au jeu a des queues
de rapiettes dans sa poche, V., arr. de
Poil.
Grapouinai, v. n., marcher avec
difficulté, avoir les pieds endoloris après
une longue marche. — D.-S. — (B.-F.)
— Roman : « graponar, m ramper, se
traîner.
Grappe, adj. des 2 genr., mains
grappes ; doigts grappes, engourdis par
le froid. — Au figuré , quelqu'un vif à
la réi)lique « n'a pas la langue grappe, w
Vienne. F. « graippe. » — Saintonge.
— Ardennes : « Grappe, » ulcère, pus-
tule. — Bas-Breton : « krap, » grappin.
Grappe-chat (à), loc, aller à « grap-
pe-chat, » sur les pieds, sur les mains.
D-S., c. Maz. (A R.)
Gras-oe-Mouton , s. m. , lampane
commune, plante. V., arr. de Chût. F.
geline.*
Grassegeline, s. f., lampane com-
mune. Vend. (C. et F. D.) V. Ge-
line.
Gratea, s. m., plante , le grateron.
Il y en a de plusieurs espèces. Les plus
communes sont le grand blanc, et le
petit jaune. Très-nuisible aux céréales.
D.-S. — (B,-F.) arr. de Melle. — Vien.
Gr.atelle, s. f., maladie de la
peau, démangeaisons, gale, etc. : oGotte
a la pea perdue d'gratelle ; w Margue-
rite a la peau, etc. Dans tout lo Poi-
tou.
Graton,s. m., débris de lard fondu.
V. — D.-S., c. Bress. — «Gratons dus
aux religieuses de la Trinité à carême
prenant. » (xiv® siècle. Manusc. du
Poitou.)
Gravé, s. m., assaisonnement dos
mets au gras. V., c. Isle-Jour.Luchapt.
Grave, v. n , monter , grimper :
a gravé à la cime d'in âbre , gravé
coum'in chat, w c'est grimper, gravir,
vivement, lestement. Dans tout le Poi-
tou.
Gravegnon (grav'gnon),s. m,,grim-
pereau, petit oiseau qui grimpe lo long
des arbres; onomatopée D.-S.— V. —
D'après Bu ffon , dit M. Beauchot-Fil-
leau , les grimpereaux étaient connus ,
en Poitou, sous lo nom « degravelets. »
Gravétai (r. gravé) , v. a., assai-
sonner des mets au gras : « i o bé gra-
GRE
v'tai per tout'la maisonnée; w j'ai bien
préparé des mets au gras pour tous les
gens de la maison. V., c. de l'Isl. -lourd.
Luchapt.
GRAVOUiLLÉ(r. grai'ouillon), v.n.,
grimper doucement en se servant des
pieds et des mains. V., arr. de Chàtell.
— Marne : « gravouiller, <> clapoter. —
Provençal : <> gravacha (gravatsa), »
gratter. — Patois du Limousin : « gra-
vecha , » gratter. — Patois du Berry :
« graviller, » gravir.
Gravouillon , s. m. , petit oiseau ,
grimpereau. /^^ . Gravegnon. — Au figuré,
enfant qui, pour marcher, se sert de ses
pieds et de ses mains. V., arr. de Chat.
Grweai , V. n., convenir, plaire. —
D.-S. (Barot). — Boman : « greiar, »
agréer, plaire. — Marne : « gréer, »
approuver, plaire.
Grebaïs, s. m, pi., petits grains qui
se forment dans du laitage tourné, ou
dans de la sauce. Vend.
Grègne et Grig^k, s. f., morceau
de pain ou de gâteau , spécialement
celui que le sacristain offreà la personne
qui doit donner le pain bénit. — D.-S. ,
c. de Bress. — Vend. (C. et P. D.) —
La croûte du pain. V. — Au figuré ,
avoir une « grigne « contre une per-
sonne^ c'est avoir de la rancune. V. —
Saintonge dans ce dernier sens. — Pa-
tois du Berry ; (• grigne, giignotto, »
petite parcelle d'une chose , une miette.
— Ancien français:» graigne^ » souci ,
chagrin.
Gregnou et Grignou ^ adj. m. . se
dit du pain dont la croûte est crevée. V.
Gregou et Grigou, adj., caduc,
indisposé^ malade , se dit des bêtes et
des gens. V., arr. de Poit. et de Civ. —
Français: « grigou,» gredin, miséra-
ble, individu d'une avarice sordide.
Greil, adj , pleurnicheur. — D.-S.,
c. de Bress.
Greillaudai , V. n., pleurnicher,
se plaindre et crier sans cesse ; <« se
poué c'quel'y a meingne drôle; gl'é
greil, gne fé qu'greillaudai. » Je nesais
point ce qu'a mon drôle ; il est greil , il
ne fait que pleurer.— D.-S., c. deBress.
Grelaud , F, adj. qualifie. , un
objet fragile, déposé sans soins, à terre,
dans un panier. V.
Gbela, Grelae, s. m., grelle, s. f.,
van , crible. V.
GRE
D.
155
S. —Vend.—
Suivant les lieux. — a. Grelleau a
chapté pour passer le chapplin. » (An.
!466. Vasles. — Manusc. du Poitou.)
« La parole d'in obreas
« N'a pas pu de tenue
« Qu'in grain dans la treinue
« Et l'évc don in grclea. »
[[\ob. Uiv., p. 1 18,]
Boman : a grello, » grille. — Gascon :
« grelo, » crible.
Grelet (le t sonne dans quelques
contrées), s. m., grillon. V. — D.-S. —
Vend. — Noms de lieux : « Grêlé, »
Messemé ; « Greletrie (la), « Champa-
gné-le-Sec, a Grelets (les) , » Pouant ;
« Greletterie(la), » St-Sauveur. (V.)
Grelai et Greleyai , v. a., passer
par la grelle, le grêla. V. — D.-S —
Vend.
Grellures et Greleyures , s. f.
pl., le déchet des objets grellés, gre-
levés. 'V. — D.-S. — Vend. — Suivant
les lieux.
Gremeil, s. m., le râle de la mort.
« Lionne n'eu pincaire borsadée . mai
all'eu din l'gremeil ; » Léonie n'est pas
encore morte, mais elle (îst dans le ràlo
delà mort.V.,c. de l'Isle-Jourd. Luchapt,
Adrier.-. V. Germail.
Greme]llo>\ s. m., farine mal dé-
layée dans de la sauce , ou du lait, et
qui, pour cette raison, forme des petites
boules. V., arr. Poit. et de Civ. — D.-
S., arr. de Bress. et de Parih. — Patois
du Berry : « Gremille et gremillons. »
Gremelai , V. n., être oppressé:
« Ah! m'man, pépé i gremèle (gre-
meule) trejou : » Ah ! maman grand
père est toujours oppressé. V. — Gron-
der, se fâcher, grogner. On rapi)lique
aussi dans les environs de Melleau bruit
du tonnerre : « le chaîin gremelait, » le
tonnerre grondait. (B.-F.)
Gremelou, se (grem'Iou) , adj. ,
asthmatique. Vend. (C. etP. D.)
Geemillon, s. m., petit grumeau.
D.-S., c. Maz. (A.-R.) — c Bress. —
V., arr. do Civ. — Pe:it morceau, pelito
part, une portion d'un tout : « gremil-
lon de pain, gremillon de champ. » V.,
arr. de Chat. — Mayenne: « gremilles,»
miettes, petits fragments. — Noms de
lieux : «Gremillon, » Marigny-Brizay j
«Gremillon (le), » Vernon. (V.)
136
GRE
(UIE
tomber grain h
Grkna, s. m., grenier : « eu monta
din sou grena peur greleya sou bia ; »
il est monté dans son grenier pour cri-
bler son blé. V., c. Monlm. et de l'Is.-
Jourdain.
Gbe> AILLAI, V. a., remuer , épar-
piller. D-S.. c. !\laz. (A.R.)
Grenaidai, V. n,,
grain, par petite portion. « La terre
grenaude » en s'éboulant b la suite des
gelées. L'on dit encore la même chose
de la pluie, de la grêle qui tombent, des
noix que l'on abat. D.-S. , arr, de
Melle. — (B.-F.) — Noms de lieux :
« Grenaudiére , » Persac ; «Greiiau-
dières(les), » Ingrandes. (V.)
Geenkuillae, s. m., lieu maréca-
geux peuplé de grenouilles. D.-S., arr.
de Melle. Dans la commune de Thori-
gné, il y a le « Grenouillae de Jédre. »
— Patois du Berry : « Grenouillai, »
mare. — Noms de lieux: « Grenouil-
leau. » Sérigny; « GrenouUlère (la), »
Roiffé , St-Romain-s. -Vienne , <« Gre-
nouillères (les),» ïhurageau. (V.)
Grbneuillai (r. greneuille), v. n.,
s'amuser à des bagatelles, à des riens. —
Par extension, ne pouvoir avancer son
ouvrage, parce qu'il est d'une exécution
difficile : «oyat in'heure qu'i se q.iil à
greneuillai, et i n'ai core rin fé; î ily a
une heure que je suis ici à greneuillai, et
je n'ai encore rien fait. V., arr. Civ. et
de Poit. — D.-S. — (B -F.)
Greneuille, s. f., c'est le mot fran-
çais grenouille. Dans tout le Poitou :
« Vaingiiil Ine gr'ncuille
« Qui m'niordit au talon
m La pibolc. »
CChans. Poil).
Au figuré, et par plaisanterie, Tondit:
«ne boit don poué tontd'aive.on t'met-
tra daux greneuilles dons Tvontre. »
V. - D -s'
Greneuille, s. f., maladie du co-
chon ; ganglions qui enflent dans sa
gueule et l'empêchent de manger. D.-S.
— (B.-F ) — V , arr. de Poil, et de Civ.
Greneuillo.n, s. m., maladie des
moutons : prurigo de la face et des
oreilles, caractérisée par des papules
dartreuses. (B.-F.)
Greneuillon [r. grenf uille,, adj.
des 2 genr., celui ou celle qui greneuille,
qui ne travaille pas activement. V., arr.
Civ. —D.-S. — (B. F.)
Grekot ou Grelot (à la), loc, met-
tre il nu ; « i n'encamaille pou man
drôle, i l'coucho tout a la grelot, n —
Mettre des noix à la « grenot , » les
étendre dans la cour; ne point les ser-
rer. Vend. (C. et P. D.)
Grenot (gr'not), s. m., être à petit
grain comme la terre qui s'elTrite. On
dit encore : « aller au gr'not , » pour
exprimer l'idée de commerce sur les
grains. (B.-F.)
Crenotâi, V. n., tomber grain à
grain. V., arr. de Poit. et de Civ. —
b.-S., arr. de Bress. et de Parlh. —
(B.-F.) V. Grenaudai.
Grenotaon,s. m., petite mesure de
paille. (Vend. C. et P. D.)
Grenote,s. f. .vase où l'on met le
grain destiné aux volailles. D.-S., arr.
de Bress. et de Parlh. — A. R.)
Grenotier, s. m. marchand de
grains, blatier. (B.-F.) — Basse latinité :
granatarius, préposéaux grains (Duc.)
Grenotte, s. f., grande jatte en bois
ou en paille dont on se serl pour semer
les grains. — D.-S , arr. de Melle. —
(B.-F.)
GrenotteaIj V. a., semer le blé.
Vend. (C. et P. D.)
GRhNucHE, S. f., espèce de scarla-
tine. V., arr. Civ. — D.-S., c. Maz.
(A. R.)
Grbnuché (r. grennches)^ v. a. et
n., donner des gremiches aux volailles.
V. - D.-S.
Grenuches, s. m pL, grains défec-
tueux que l'on donne aux volailles. V.
D.-S
Geenucmon, s m., y. « greneuit-
lon, grenuche et agrains. » — Suivant
les lieux.
Grenu VELLES, s. f. pi., petites gre-
nouilles qui coassent en été pendant la
nuit. — Vend. Font. (C. et P. D.) V.
Fièves.
G RKSEiLLAi.v.n., être oppressé, avoir
de l'humeursur la poitrine :«Jeon gre-
seille depeu lintomps, quieu n'é poué
bon sine à c'qu'i peu creire. )i D.-S.,
arr. de Bress. V. Gremelai.
Gbésissb, s, f., grésil. V., c. Isl.-
Jour. Adriers.
Grette, s. î., petites parcelles li-
GRI
ç^neuses qui se détachent du chanvre ou
du lin quand on le broye. D -S.— (A. R.)
— (B.-F.) Anglais: « grit, » parcelles
que la lime enlève du 1er sur lequel on
la fait mordre. (B.-F.)
Grève, s. f., raie que l'on se trace
sur la lète en partageant ses cheveux:
as-lu vu Lisette? sa grève é terjou
bén dersei, ouaillo » ! as-tu vu Louise?
Sa grèae e>t toujours bien dressée, oui !
V., arr. Civ. — D.-S , arr. deiMelle. —
(B.-F.)
Grezil, s. m., sable ramassé dans
les champs après les grandes pluies.
D.-S. — (C -F.)
Grisolle, s. f., groseille. D-S. —
Sainlonge. — Provençal : « grounzello. b
Gresollier, s. m , groseiller. D.-S.
— Sainlonge. — Provençal : a agrasso-
lier. »
Gbezoullai et Grèsoll.\i (Il
mouillés^^ v. n., trembler de froid ,
éprouver le râle de la mort. D.-S , arr.
de Parth. et de Melle. — (A. R.) —
(B.-F)
Gricé, (1. ringi), v. a. et pr., gron
der entre les dents. V., arr. Chat.
Grigou, ouse, adj., hargneux, qui
gronde sans cesse. V., arr. Chat.
Grigue, s. f., miette, petit morceau.
V.. arr. de Loudun. V. Brigue.
Grillon, s. m., débris de lard fondu.
V. V. Graton.
Gruie, s. f., chandelle de résine. —
Au figuré et par extension, sec, maigre :
« quiau drôle de Pierrot a l'air d'ine
véritable grime; gne profile ni n'
cuerve; » ce drôle de Pierre a l'air d'une
véritable grime; il ne profile, ni ne
crève. V. — D.-S. — Patois du Berry :
a grime, » un grain de fruit à grappe.
— Français : « grime v » petit écolier.
Grimelé, ée (grim'lé), adj., triste,
vieux, ridé ; se dit principalement des
vieillards et des fruits qui ont la peau
ridée. D.-S., arr, Melle. —(B.-F.) —
I\oman : « grim
Italien : « grimo. » (Cit. B.-F.)
Gri.mer, v. a., blâmer, réprimander.
V., arr. Poit. — Français: « grimer
(se), » se rider la figure pour jouer les
rôles de grime, de vieillard, au théâtre.
Grtmodai, Grimou.nai, v. a. et pr.,
quereller, blâmer, tracasser. V., arr.
Poit. — D.-S., arr. de Bress. — Haute-
GRO
157
» triste, morose. —
Marne : gronder, murmurer. — Patois
du Berry : « gromouneux, » grognard.
Grimole, s. f., espèce de galette
faite avec des restes de caillé , que
l'on pétrit avec du petit lait et de la
larine ; ou galette faite avec de la farine
de maïs On appelle aussi ces galettes
a grimolet. » V., arr. Civ. — a Grimo-
lée, » arr. Poit.
Gringuenassaï (se), v. pr., se fâ-
cher, se disputer pour des vétilles :
« ah! queu ménage! gle sanUlrejou on
s' gringu'nassont ; » ah! quel ménage!
ils sont toujours à se disputer. V. —
D.-S. — Vend., suivant les lieux.
Grtpou, s. m., grippe-sou, receveur
de rentes.
« Tandis que les gripoux aa palais nous plu-
[mant. >
(Gust.;
Allemand : « greifein, » saisir.
Crippatlle (à la), loc, répandre
de la menue monnaie, des dragées, au
milieu d'une foule d'enfants qui les ra-
massent, en se précipitant, en les grip-
pant. V. — D.-S. V. Grapette.
Grtpasses, s. m. pi., terres rocail-
leuses, remplies de pierres, d'épines, et
placées le plus souvent sur le versant
d'un coteau. (B.-F.)- V. —D.-S., sui-
vant les lieux.
Grippe (Ail. greifein), s. f., action
de serrer, de tenir quelque chose avec
la main : « quiau gars a la grippe boune,
ma foué. » (B.-F.) — V. — D.-S. —
Aube , Marne : « grip , grippe, grip-
paille, » vol, rapine.
Grippet, s. m., chemin roide et
étroit; petite côte: « mes chevals ant
r'buté dons le grippet ; » mes chevaux
n'ont pas voulu tirer dans le grippet.
Dans tout le Poitou. — Aube : c grip-
peau, » tertre, colline.
Grison, s. m., granit gris du bocage
vendéen.
Grog, s. m., rien. Quand on a mangé
de quelques mets et qu'il ne reste rien,
on dit : « il n'en reste groc. » De même
quand on ne retire aucun profit de ses
entreprises, etc. — Vend.
« I ne retiras groc daux pattes à quielle ouvrère. »
(Gust., p. 78.)
Grog, s. m, sec, cassant, rude.
Vend. f^. Are.
158
GRO
Gboge et Croie, s. f., lorrain léger,
rempli de petites pierres. V. — D-S.—
Celtique : « groig, » pierre. — Noms
de lieux : « Groge. Crogerie, Crogcs,
Grogots, Croie, Croix, Crojets; u' au
nombre de vingt, dans le départ, de la V.
Gbolia et Crolifau, s. m., petit de
la € grolle d 'corbeau). V. — H. -S. —
Vend., suivant les localités. Le pro-
verbe, fl grolle qu'a grolias n'a jamais
mangé bon morcia, » se dit de la femme
qui a plusieurs enfants, et qui par suite
est obligée de s'imposer beaucoup de
privations.
Grolirk, s. f , grosse noix, aussi ap-
pelée noix muserole : ■ deu (des; caleas
grolea, deu (desj noués grolires. ■ V.,
c. Monte; Mazeuil. — Rabelais : « Car-
palim (l'une coquille de noix grollière
faisoit un beau petit, joyeux et harmo-
nieux moulinet. » (L. 4, c. 66.)
Grolle (plumer la), loc , faire une
légère collation pour attendre le souper
sans souffrir de la faim. Ne se dit guère
que des collations des vignerons. —
L'on appelle aussi e plume-grolle » un
petit morceau de pain. (B.-F.)
Giios-BEC, s. m,, oiseau. V. —
D.-S.
Crosseries, s. f. pi., toutes les cé-
réaleSj excepté le froment. D.-S., arr. de
Melle. — V., arr. Poit. et Civ. — (B.-
F.) — Français : < grosseries , » gros
ouvrage de taillandier.
Grossier, ère, adj , gros, gras:
« grossier de corps, et léger d'esprit. »
V., arr. Poit. —Patois du Berry. —
Français : « grossier, » épais, qui'n'est
pas délicat.
Grolae, V. a., couver. Vend. (C. et
P. D )
Crolachée, s. f., giboulée : « les
dernières grouachées ont bin jauni les
blés. V., arr. de Chàt., St-Sauveur.
Gbouaie, s. f., couvée. Par exten-
sion , grand nombre, une « grouaie »
d'enfants, beaucoup d'enfants. Vend. —
D.-S. — Anjilais : < growing, » nais-
sant. (Cit. B.-F.)
Crouail, s. m., terrain pierreux.
D.-S. — V. Groge.
Groubillon, s. m., petit morceau,
parcelle. V., arr. de Civ. V. Gourbil-
ion.
Gbolc, s. m., chenil. Par extension,
GRU
une personne de mauvaise humeur est
« hargneuse comme in chin dons in
grouc. » V., arr. Poit. cl de Civ. —
Patois limousin : « gru. »
Grouee et GroiiIE, s. f., couvée.
V. — l>.-S., suivant les lieux. V.
Grouaie. — Patois du r>erry.
Groueteux, se, adj., gravois, pe-
tites pierres, terrain léger. V. — D.-S.,
suivant les localités. Y. Groge.
G ROUI, v. a., souffrir des pieds par
la marche. — D.-S. — (A. R.)
Crouin, s. m., raisin blanc, ayant
le goût du poivre, V^, arr. Civ. — Noms
de lieux : a Grouin, • les Ormes, (V.)
Gruasse, s. f., terre chaude et légère.
D-S.,c. Celles.
Gruau (être en), loc, se dit particu-
lièrement des poules qui perdent leurs
plumes, et par analogie des personnes
qui sont a peine vêtues. Vend. (C. et
P. D )
Gruchai et Gruchi, v. a., grimper,
monter. V.
Grucheux, se, adj., celui ou celle
qui gruche. V.
Gruge, s. f., instrument à dents pour
brider le chanvre, le lin. D.-S., arr. de
Parih. — (A. R.) — Noms de lieux :
(( Gruge (la), » Vendeuvre; « Gruges
(les), .rrhuré. (V )
Grugeai, v. a , giugeai le chanvre,
le lin, c'est en eidever "les têtes avec la
gruge. D.-S., arr. de Parth. — « Toutes
les graines des d. lins et chanvres je les
doys grugier à mes dépens. » (An. M84.
Manuscrits du Poitou.) — Français :
<• gruger, » briser, entre ses dents, quel-
que chose de dur ou de sec.
CuuGEAiL, s. m., petites pierres,
cailloux dont le sol est entièrement cou-
vert dans certains endroits; terrain cal-
caire pauvre, où la vigne néanmoins se
plaît. Le vin qu'il produit est ordinaire-
ment sec et de bonne qualité. V., arr.
de Poit. et de Chàt. — D.-S., c. de
Bress.
Grugeasse, s. f., objet en mauvais
état, de peu de valeur : « ine grugeasse
de maison. » D-S., c. de Celles.
Grusele,Grusolle, s. f., groseille.
V., arrondissement de Poit,, de Chat.,
et aussi de Civ., pour ■ grusole.» F, Gre-
solle.
GBUSELÉfgrus'lé), s. m., groseiller :
GUE
• i ai bia visitai mes grus'Iés, y n'y vé
pou de gruseles. » V. V. Gresolier.
GtJACE, GuACHiî, s. f. , flaque d'eau
bourbeuse, croupissante. Vend. — D.-S.
V. Casse, Cassette.
GUAÇOUATL, GUAÇOUILLET, S. m ,
diminutif des précédents. D. S., arr. de
Bross et de Farlh.
Gl'CHE i'ju mouillés) [1. jugiim]^ s.
m., juchoir el lieu où la volaille juche la
nuit : « tes poules sont-i h guche, ma
mignonne? — Non, i n' se pas en s'
ment où a guchont. » V., arr. de Chat.;,
Maire. — Patois du Berry : « gueuche, »
perche à volailles.
GucHÉ (921 mouillés), v. n., jucher.
V., arr. de Chat. — Patois- du Berry :
« gueucher. »
GuÈDE et GuEDÉ, BE ,adj., lourd,
essoufllé. V. - D.-S., arr. de Bress. et
deParth. — (A. R.)
GuÈDE, V. n.., terme de joueurs de
boules , de quilles ; ne pas atteindre le
but. Il est aussi pronominal. — Elre
essoufflé : « i seu guedé , i n' peux pu
allai. » V. —D.-S.
GuEDB, V. n et pr., être rempli ; se
remplir de nourriture à l'excès, de ma-
nière à ne pas pouvoir respirer à l'aise.
La personne qui a trop bu ou trop
mangé << s'est guedée coum'in goret. »
« Quand gl'at été guedé et que gn'cn t ouraUpus. »
(Gust., p. 65.)
— Français : « guéder, » teindre avec
la guède.
GuEiLDROU, SE, salo , malpropre.
V., arr. de Civ. — f\ Gaildreau.
« Gréliant cinq ou six gueildroux
» Per conduire quielle fiancée »
(Chans. polt.)
GuEMAR , S. m., être fantastique,
que l'on a créé à tort pour inspirer de
la crainte aux enfants : « A lu pou en-
tendu l'guémar? — I non — I l'é ben
ontondu mé , g!e fasait huum, huum.»
N'as-tii pas entendu le guémar? — Non.
— Je l'ai bien entendu, moi , il faisait
huum! huum! — V., arr. de Civ. —
Dans le roman de Merlin , le chevalier
Guiomars figure comme l'amant de la
fée Morgain ou Morgane, élève du fa-
meux enchanteur, et sœur du roi Artus.
GUI
159
(Vie et prophéties de Merlin. Paris ,
Aut. Vérard 1498.)
GuEMÉ, GuENAi , V. n, haleter,
respirer difficilement, être essoufflé après
une course , ou de grands efforts. — V.,
arr. de Civ. — Vend. , pour a guenai. »
« Le han de Saint Joseph a été poussé
en guenant. » (Cit. de P. D.)
GuENASSE, s. f., dyssenterie, cours
de ventre. — D.-S. — (.B-F.)
GUENAi, v. n. y. Guemé.
GuENET (être à la;, loc. qui signifie
avoir plus d'ouvrage que l'on ne peut
en faire dans un temps donné. D.-S.
GuENEUiLLE, S. f , guenille, mou-
choir de poche. V. — D.-S.
« Perrot tir' sa gncneulllc
« Et le nez s'est tcrché. »
(Chans. polt.)
GuENiLLOU (Baudet) , adj. m., c'est
le baudet le plus recherché. 11 est ainsi
nommé à cause de la pelisse qui le re-
couvre du garrot a la queue, et qui
descend souvent jusqu'à terre. C'est
comme un pauvre couvert de guenilles.
V.- D.-S.
GuERGNiN [gu mouillés), s. m., en-
tamure du pain , gros morceau. V., c.
de Mirebeau. V. Cargnàon,
GuERLiN, s. m., bruit d'un grelot,
d'une petite sonnette. Onomatopée. V._,
arr. de Civ.
GuELiLLAi (gu mouillés) , v. a., re-
garder fixement quelqu'un ou quelque
chose : a Oh ! m'man , i vau allai à la
ballade. — Et qu' faire ? — Gueuillai
les aut'es, don 1 » V., arr. de Civ. — .
D.-S. — (B.-F.)
GuEiLLOU SB, adj., celui ou celle
qui f/«ew///e. V., arr. de Civ.
GuGLE(grw,gr/ mouillés), s. f., jupe, ju-
pon. N'est guère employé que dans cette
phrase : « Sègue me don trejou pre la
gugle. ») D.-S., arr. deMelle. (B.-F.)
GuGLE-GuGLE (à la), loc, se dit d'un
objet que deux personnes se renvoyent
mutuellement comme un volant, une
balle de paume, etc. D.-S., arr. deMelle.
(B.-F.)
GuiAiRE, GuiRE,s. f., espèce de vi-
role en fer servant à envelopper la
queue du dail (/aux) avec le bout du
manche. D.-S., arr. de Bress. pour
« guiaire» , V. — D.-S., suivant les
160
GUI
lieux pour « guire. » — « Trois faux à
faucher avec leur guire. » (An. 1781 ,
Va?Ies. Manusc. du Poitou.)
CiLiAissAi. V. n., pousser des je(s ,
taller. V.— D.-S.
GriAissoN, el Gaisson. s m., (aile.
V. -D.-S.
Gliboles , s. f. pi.. les jambes :
« gare à les guiboles, w crie-t-on à quel-
qu'un quand on fait rouler derrière lui
une barrique, une boule, etc. V. —
D-S
GuicHE , V. a. et n. , attendre. :
« quand j' s'rons la à guiché. » V., arr.
deChàl.
GuiCHOiRE, s f., seringue en sureau
qui sert de jouet aux enfants. (B.-F )
V. Ecclissouère.
GuiÉ, adj. num., dix : « cambé
vau-tud' poules, Marissou? — I en vau
puié ; » combien veux-tu de poules ,
Marie ? — J'en veux dix. V., c. de l'isle-
Jourd.
GuiÉMENTi (se), V. pp., s'informer.
V.. c. de Monte.
GiiET-A-PANS, loc, « la main guiet-
à-pans, • signifie la main prête à pren-
dre, à dérober. Vend.
■ De nos roulaces et nos jcmants
n Aut trejous la moin guct-à-pans. >>
(Gust.)
Français : « guet-apens, » embûche dres-
sée pour insuUer ou tuer quelqu'un.
GuiLURE, s. m., cours d'eau: « le
guieure de Chambon. D.-S., c. Saint-
Maixent, François et Clavé : « le guieure
d'Exireuil » D.-S., arr. de Niort. — Pro-
vençal : « gaudre , » torrent ; « lou
brut d'un gaudre que très tumbo ; » le
bruit d'un torrent qui tombe en cata-
racte. — Patois du Berry : « gour, »
pièce d'eau profonde el bourbeuse.
GuiGNÉTAi, V. a., arriver avec peine
à faire quelque chose. V., arr. de (;iv.
G\]\GSET M ir. guigneite), v. a., se
servir de la guignette, (B.-F.)
GuiGNBTTE, s. f. , scrpettc. V., arr.
de Civ. — D.-S. , arr. de IMelle. —
« Guenguiette, » petite hache. ( 1 200, La-
combe,, cit. B.-F.)
GuiGNOLAi(sB),v.pr.,sepeigneravec
soin, coquettement : a ah ! mon Dieu,
qu' tu mé dau tompsa t'guignoiai. » V.,
arr. de Civ., arr. de Poit.
GUI
Guignolet, s. m., manière peu gra-
cieuse de se coiffer quant à la forme.
V., arr. do Civ. T. Bignolon.
GuiLANVERT , S. m., lézard vert.
V., c. de IMontm. et de Saint-Savin.
GuiLLE, s. f., espèce de virolo en fer
servant à envelopper la queue du dail :
« lu va allé cheuz l'marichau fair' metl'
ine giiille à la queue de mon dail. » V.,
arr. de Chût. — Vend. /'. Guiairo.
GuiLLEBAUDAi, v. n., s'occuper à
des riens : « quié quel guillebaude'? »
qu'est-ce qu'il nigaude? Noms do lieux :
« Guillebaudière (la) , » Chàtelleraud :
a Guillebaudière, » I.uchapt : «Guille-
baudières (les) , j> la Chapelle-Moulière.
(V.)
GuiLLEDROU,s. m., courir le«guille-
drou, » c'est, courir le sabbat. Vend.
(C. et P. D.) — Mayenne: « guilledrou, »
sabbat; Aube : « guilledou (courir lej, »
être en bonne fortune.— Basse latinité ;
gfldofiia^iïdunailio. — Français: « guille-
dou, 1) ancienne confrérie d'Allemagne :
« courir le guilledou, » aller souvent
et surtout la nuit dans les lieux suspects.
Pop.
GuiLLAi , v. a. et n., glisser : « ma
mère, en partant, ma guillai dix francs
dans ma poche ; » — (se) se glisser, se
faufiler. D.-S. -(A. R.)— (B.-F.)— V.—
— Vend.
GuiLLET, S. m., petit passage, petit
sentier à travers un bois, à travers une
haie. V. — D.-S. —(B.-F.)
GuiLLANEU (la), s. m., c'est le jour
du premier de l'an. Dans les cantons de
Lussac, de Monlmorillon, de Tlsle-Jour-
dain, l'on dit encore aujourd'hui jevous
souhaite « la guillaneu, » la bonne an-
née. — « Aguillaneuf , » premier jour
de janvier. (Saint-Savin, pap. de cens
et rentes. — Mayenne : « guiau-
leu. » — Patois du Berry : « guilané, »
aumône spéciale aux premiers jours do
l'année.
GuiLLONEU, s. m. , espèce de pâtis-
serie Irès-recherchée des enfants el qui
compte parmi leurs cadeaux d'étrennes.
V., arr. de Chàtelleraud. — On appelle
encore : « guilloneu, » dans le Chàtelle-
raudais, la ration du meilleur foin que
les cultivateurs donnent à leurs bœufs
pendant la nuit de Noël, avant d'aller à
la messe de minuit. Cette coutume est
GUI
fundée sur la légende que voici : Un
fermier était allé à la messe de minuit,
sans avoir préalablement donné le
guilloneu à ses deux bœufs. A son re-
tour il entre dans Tétable , au moment
où l'un de res animaux disait à l'autre :
Châtain, que feras-tu demain? — Je
porterai mon maître en terre. En effet, le
maître mourut dans la journée de Noël,
et depuis cette époque jamais cultiva-
teur n'a failli au devoir de donner le
guilloneu à ses bœufs.
Dans le canton de Civray, Ton ra-
conte la même légende, miiis le mol
employé est « réveillon. » Les bêtes ont
aussi leur réveillon dans l'arrondisse-
ment de Poitiers.
GuiMBELET,s. m., foret, pelitoufil de
fer pour percer les tonneaux. Vienne. —
fl Pour deux guymbelelz et des pin-
celtes. » (An. 1584, Saint-Georges. !Ma-
nusc. du Poitou.)
GulNDOLE,S.f ,GUINDOU,S.m.(b.I.
gnindolum], cerise douce et d'une très-
bonne et belle qualité. V. — D.-S.
~ Vend. — « Anno MCCCXXX fuit
lanta aeris serenitas et amœnitas quod
in martio inveniebantur rosae et bolri
in vineis, circa principium madii guin-
dola et cerasa. » (Fragment inédit d une
GUM
161
chronique de Maillezais. Bibliolh. de
l'Ecole des Charles, t. ii,p. 1C4.)
GuLNDOLiEB, S. m., cefisier. V. —
D.-S. — Vend.
GuiREUiL {gu mouillés), adj. , lou-
che : « qu' fé lu d' tan paure guireuil ,
Mariette? — Pou grond chouso; o
m'enneu béne qu'il se d' même. » —
Que fais-tu de Ion pauvre louche, Ma-
riette ? — Pas grand'chose; ça m'en-
nuie bien qu'il soit comme cela. V.,
arr. de Civ.
GuiCE, s. f., nourrice : « i seu tout'
désairée, ma boune ; ma chère guice
est corps; » je no sais pas oîi j'en suis ,
ma bonne ; ma chère nourrice est morte.
V.,arr. de Poil.
GuiSTRE, s. m., espèce de couteau à
l'usage des sabotiers, — mauvais cou-
teau. — V., arr. de Poit. et de Chat.
Guiu, s. m., Dieu. D. S.
« Où les Romains n'egeant In leut pre prier GuIu. »
(Bab., p. 97.)
GuMENTB [gu mouillés) [se], v. pr.,
s'informer : <i i m'gument'rai d' quielle
affaire. » V., arr. de Chat. — Y. Agu-
menté. — Rabelais : « guermenter ; et
toujours se guermente a tous étrangers. »
(L. l°^c. 49.)
H
HAN
Habenage (hab'nage), s. m., arran-
gement, combinaison : « l'hab'nage qu'
ton frère a fait, queul hab'nage est-o? i
D.vS., c. Mazières. (A. R.)
Habenai (hab'nai), v. a., arranger :
Pourra-(u hab'nai mon paquet dans la
carriole? » D.-S., c. Maz. (A. R.)
Habillé, v. a., peigner le chanvre
littéralement lui faire sa toilette. V.,
arr. Chat.
Habilleux, s. m., celui qui peigne
le chanvre, qui l'habille. V., arr. Chat.
Hachât, V, a., fatiguer beaucoup;
meurlrir. Dans tout le Poitou.
Hadoc, Hadot, s. m., sorte de pois-
son de mer qui ressemble à la sèche :
« De miiliari piscium siccorum qui vo-
cantur hadoc. »> (1285, INiort.j « Compté
avec la Cardine, femme de Hardouin
Chauvyn, pour le merlu et hadotz,
harant que autre marchandise de pa-
rerie, etc. w ^An. 1534. Manusc. du
Poitou.)
Haé, ée, adj., laid. Vend (C. et P.
D.)
HANàC, S. m., vase, panier. Vend.,
Font. (C. et P. D.) — « Henna : deux
hennas d'argent. > (An. 1329. Manusc.
du Poitou.) — Basse latinité: hanapus,
hanappus, Jianaphus, vas, paiera,
craier, exsaxonico hnaep, hnaeppa, ca-
lix, paiera. (Duc.) — « Il feit apporter
un grand hanap de vin, » — Philippe
Mouskes, « hanas : »
«t Et apportèrent estrelins,
» Hanas, coupe» et œaserins. »
162
HAR
Hancheau ou Hanchaud {h non
iispirée), s. m., hanche. V., arr, de
Poit. — Basse latinité : hanclia^ nnca,
ancha, ancus, ooxenili\, e\ ilalico,
anca, et gallico anc/ie. — Provençal :
« anco, mai de l'espalo et jusqu'à
l'anco. » — Limousin : « anchas. »
Hapan, s. m,, mauvais sujet, chena-
pan. Vend. (C. el P. 0.)
IIaquknassai (haqunassai), v. n.,
s'empresser beaucoup, et no venir à
bout de rien Vend. (C. et P. D ) —
1).-S., arr. de Bress.
Haraldi {h aspirée), v. n., crier
après quelqu'un. V., c. de Monte. V.
Aheulai. — Saintonge : « haroder, »
maltraiter.
Uarboulai, Ukbboulai (I. herba),
V. a., sarcler, arracher les mauvaises
herbes. V. — D.-S., suivant les lieux.
— (B.-K.) y. Cerclai. — Basse latinité :
hevhidare, herbam seu gramen proferre.
(Duc.)
Uarkugne, s. f.. terme de mépris en
parlant d'une femme de mauvaise vie.
(B.-F.^
Hardi LLAi, v. n., se munir de tout
ce qu'il faut, dont on a besoin. V. —
D.-S.
Uardillage, s. m., les choses né-
cessaires à son état, à l'équipement d'un
cheval. V. - D.-S.
Hargne [li. aspirée), s. m., tempête,
l)Ourrasque, se dit principalement des
bourrasques accompagnées de grêle :
« v'ia in' hargne qui é joliment fret. »
\'., arr. de Cliàt. — Environs de Blois :
(t hargne, » giboulée. — Patois du
Berry : « harne, » giboulée, ondée.
HÂhgnou, se, adj., c'est le même
mot que l'adjectif fiançais hargneux ;
dans tout le Poitou.
HARLALD(/i aspirée), s. m., chenapan.
V., arr. de Loudun. V. Hapan.
UaE.NECHAGE et AB^ECHLME^'T, s.
m., harnais. Par exten.-ion, toilette ,
vêtements : « quielle mariéie av't'alle
ben de bias harnech'monts, gars? »
cette mariée avait-elle bien de beaux
vêtements gars? V., arr. Civ. — Bas^e
latinité : liarnascha, armât ura, lorica,
thorax; sed proprie apparatus omnis
bellicus. (Duc.)
Habnechai^ v. a. et pr., mettre des
harnais. Par extension, mettre des vète-
HAU
ments : o quiou l'houm' harncche ben
sa feille; » cet homme habille bien sa
lille. V., arr. Civ.
Harmas, s. m., harnais. V. — D.-
S. :
I aime mieux mes bus, mos socs et mes charrues,
» Tous nies harnlas. »
(Clians. poil )
Harode. s. m., c'est le substantif
propre Hérode, le meurtrier de saint
Jean-Baptiste, employé, par analogie,
pour indiquer un homme dur, méchant,
cruel : a gl'é dur comm' in Harole. »
D.-S., c. Chàtillon.
Harpai, s. f., enjambée : a i fasai
ino lieue dons deux harpais tout qu'i
marchai vite; » je faisais une lieue dans
deux enjambées, tant j'allais vite. Hy-
perbole. V., arr. Civ.
Harpai, v. a., faire vivement un
chemin indiqué, le parcourir rapide-
ment : 4 i ai harpai cinq ou six fés le
ch'min. » V., arr. de Civ.
Harpe ou Herpé (». àpTrà^siv), v. a.,
voler, piller avec précipitation; prendre
tout ce qui se trouve sous la main. V.,
arr. Chat. — D.-S., c. Bress., où l'on
prononce « luirpi. » — Basse latinité :
harpagare, rapere, diripere. (Duc.) —
Marne : « harper. »
Harussf, s. f., petit poisson d'eau
douce : « et ne print aulcunes truicles,
ains seullement une pougnée de vredons
et harus^es. (An 1612. Pamprou. Ma-
nusc du Poitou.)
Hâtons, s. m. pi., menus grains
mélangés de balles. V., suivant les
lieux.
Haubressa, Haubressac, s. m.,
havre-sac. V., arr. Poit. et de Civ. —
Champagne : « habersac. » — Alle-
mand : a haber, » avoine, «sak, » sac.
Hauciiai, v. a., croiser. V.
H\ULAi, Heulai (1. uiulare), v. n.,
crier; crier sur quelqu'un pour lui
faite lionte ou l'insulter. V. — D.-S.,
suivant les lieux. — (Gust.) — (A. R. )
Haulaie (a la), loc, chanter a la
haulaie, c'est chanter très-haut avec des
cris perçants. V. —D.-S. — Clément
Marot : « les infernaux feront sauts et
huilées. »
Haussemont-de-tomps, loc ; elle
indique qu'il y a variation atmosphéri-
I
HEU
HON
163
que, que le temps devient beau. V., arr.
Civ. — D.-S., arr. de Parth. et de
Bress. — (A. R.)
llEARCES, S. f. pi., hardes. Vend.
M Ah! que gl'ant avalé d'hearce et d'autres
[affaires.
(GllSt., p. 58.)
HÉET, S. m., gré, souhait. Vend. (C.
et P. D.)
HÉLAI, V. n , pleurer, crier. D.-S.,
c. de Bress. /'. Chamculai.
Hep, exclamation, cri pour appeler.
— « lep, » ailleurs. V.
Hera-E, V. a., négliger la culture de
ses terres, ne leur donner aucun amen-
dement. Vend. (C. et P. D.) V. Agaçai.
Herbe-de-la-rëmisr, s. f., armoise
vulgaire. Vend., Font. (C. et P. D.)
Herbe-do-creux et do-pointes, s.
f. pi., plante, ellébore. Vend. (C.etP. D.)
Herginae, V. a., chagriner. Vend.
(C. et P. D.]. — Marne : « hargner, »
taquiner.
Hérisson, s. m., pierres placées de
champ sur un mur à pierres sèches et
qui en forment le couronnement. V.,
ai T. Poit. — Hérissonner : « trois pipes
de chau emploiées pour hérissoiiner la
grosse tour de la fortilesse de St-Ro-
main. » (An. 1482. St-Romain. Ma-
nusc. du Poitou.)
HÉRODE, s. f,^ plante. V.
Herpe, Herse, s. f., grille en fil de
fer, montée sur un châssis en bois, et
surmontée d'une trémie. (B. -F.) C'est un
instrument plus simple et moins perfec-
tionné que le crible. V. — D.-S. —
(B.-F.) pour « herse. » — Ardennes :
« herpe. » — Noms de lieux : « Harpe
(ial, « Chabournay, Vendeuvre (V.).
Hetae, V. n., plaire, convenir. Vend,
(C. et P. D.) — Ancien français : a het-
ler, )> employé dans l'ancienne coutume
de Bretagne.
Heuble, Huble (bl mouillés) [l.
ebulus], s. f., hièble, plante. V., arr.
Civ. — D.-S., arr. de Bress. — Patois
du Berry : « huble. »
Heuchai. Huchai, V. a. et n.,
gronder, crier après quelqu'un, l'appe-
ler, parler haut. Vend. (C. et P. D.) —
V. — D.-S.
« cr hiichiant tertous à pUenne tôle
» Queme daux cbins qui se battiant. »
(Cbans. poit.)
« Arrérages de iiii s. de cens dont il
hucha à garantie l'abbé. » — Basse la-
tinité •.huesium, hutesium,mu\[[[uôuns
clamor inconditus, huer eihuée. (Duc.)
— Rabelais : a huschant en paulme »
(L. l^^ c. C.) — Patois du Limousin :
« huchas, » crier. — Français : « bû-
cher, » terme de chasse.
Heuchet (r. heuchai), s. m., coque-
luche, onomatopée. Vend., Font. (C. et
P. D.)
Heule (l. oleum), s. f., huile : « i
n'ons pu qu' fair' de vetre heule, la sa-
lade air é mingée, » dans tout le Poi-
tou. — Saintonge. — Ancien français :
« uelie, ulie, » qui se prononçait eulée
ou ulle (// mouillés).
Heurée, s. f., bord, e.xtrémité, côté.
V., arr. Poit. — D.-S. —(B.-F.) —
« Champ tenant d'une heurée à... »
(An. 1634. Ayron.) — Rabelais : « heu-
rée; tu le trouveras à l'heurée dau
champ de l'umia. »
Heurtai, Hurtai [h aspirée), v. n.,
tousser avec effort ; faire des efforts pour
vomir : « le cœur me heurte. » V. —
D.-S.
Hiii, Hiii. Hou, Hou, Hou {h légè-
rement aspirée), cris d'allégresse qu'on
répète fréquemment dans les réunions
joyeuses, surtout aux noces, en condui-
sant la mariée n l'église. M. Rondier
pense que ces cris viennent de Jovis,
Jupiter, dieu suprême que l'on invo-
quait ainsi. C'est plutôt le mot latin, io,
interj.; elle est souvent une marque de
joie, comme dans Piaule et dans Horace,
et quelquefois une marque de douleur,
comme dans Tibulle.
HiMOU (l. humor)y s. m., humeur.
Vend. (C. et P. D.) — Languedocien :
« humou. »
Hingle, s. m., bâton pour sauter
les fossés. Vend. Marais de Saint-Jean-
de-Mont. ^C. et P. D.)
HiRE (1. ira), s. m., horreur et com-
passion : « thiau mau m' fé hire ; » ce
mal me fait horreur. (B.-F.) — Roman :
« orres, » horrible.
HoBAE et Hobai, V. n., partir dès
l'aube, de grand matin. Vend. Font.
(C. et P. DO
HoNGRELiNE [hangreline] , s. f.,
vêtement d'homme encore porté par les
vieillards dans le canton de Celles (D.-S.),
164
HOU
el que Ton peut comparer à un pardes-
sus ou redingote.
Ce mot se trouve dans les Mémoires
de M. de Motteville :
1 Son hubit, dil-elle (en parlant de la
reine de Suède alors à la cour de
l.ouisXIV), son habit était composé
d'un petit corps (jui avoit à moitié la
figure d'un pourpoint d'un homme, et
l'autre moitié celle d'une hongreline de
femme. » (T. iv, p. -WA.)
flONGRELiNES [ançrelines], s. f. pi.,
vêtements en général. V., arr. de Poi-
tiers.
HoNTAOE. s. m., honte. Il signifiait
autrefois affront. R -F.) - D.-S. — V.,
arr. de Civ.
HoQiiA.1 et Hoquetai, v. n., rester
court, s'arrêter. \. — D.-S.
« L'autre dispt tout haut que gn'estot pns poly
» D'autre que gl' hoquet et manquet d'iiiirdiesse. »
vBab., p. 70.)
I a Fontaine : « hoquet, s» choc, cahot.
HoQUETON, s m , ancien vêtement,
sorte de casaque qui n'est plus en u.-age.
(Manusc du Poitou. Saint-Benoît. An.
1515.) — .Ancien français.
HoBDÉ, interj., ah 1 ah! marque l'é-
lonnement. V., Chat.
HoRÉ, HouREfl. hora),s. m « heure:
« quau r heure ou? — guié horé ; »
quelle heure est-il? — Dix heures. V., c.
Isl.-Jour., Luchapt. — D.-S. — Gascon ;
(I hoiiro. »
Horé, adv., aujourd'hui. V., c. Isl.-
Jourd., f-uchapt.
Hosené ihos'né), s. m., lieu planté
de buis. V., c. Isle-Jourd. Adriers.
Hosenne,s. m., buis. V.,c. Isl.-Jourd.
Adriers.
Hoste.\u (1. hospitiunvy, s. m , logis,
hôtel.
« Et sa mère tote intère
B L'infontit en in pOTre bostean. >
(N. p.)
Provençal : « ousieau. »
HouLÈRE , s. f., truie nourrice.
Vend. — Marne : « houlière, » femme
galante.
Houp, interj., cri de joie en dansani.
V. — D.-S. —Vend.
HouPAi, V. a. , crier ^ottp , endan-
.sant, et même après quelqu'un. Vend.
(C. el P. D.)
HUM
HousANNE et Osa N NE [Eosanna), s.
f., branche do buis bénit que les catho-
liques portent à la procession 1-3 diman-
che des rameaux, vulgairement appelé
le dimanche de Vhousanne. Dominica
in palmisquœ osa;î/m dicitur. » (Capit.,
an. 812.)
Dans plusieurs communes du Poitou,
les cultivateurs plantent dans leurs
champs des brins du buis bénit qu'ils ont
porté pendant la lîrocession pour mettre
leurs blés sous la protection de Dieu.
Quand au printemps, dit M. Rondier,
nos jeunes paysans frappent un brin dé
frêne pour en faire un flageolet , ils
chantent :
<f Tanne, tanne
«< Bois d'housanne
« Pre monsieur et per noadame
« Et per le p'tlt rigollet
•< Qu'a fait... dans son bounet. >
Hébreu : Hosanna, salva, obsecro. Ac-
clamation ordinaire au.-î Hébreux , qui
se trouve dans les évangélistes, tirée du
ps. 117. comme l'on dit maintenant :
f ive i Empereur ! vive le roi !
HOUSANMÈRE0UOSANNIÈRE(c/'O?a:),
s. f., c'est une croix de buis bénit que
l'on porte à la procession du dimanche
des rameaux, et que l'on attache à la
croix du cimetière. Les campagnards
prétendent que, tel est le vent au mo-
ment où l'on attache cette croix , tel il
sera pendant les trois quarts de l'année.
V. — D.-S. — Vend. — Rabelais : « si
que la cervelle en tomba près la croix
osannicre. » ([.. iv, c. 13 )
HousENiT (le l se fait sentir), s. m.,
buis, branche de buis bénit. D -S., en-
virons de Bressuire. — Noms de lieux :
« Hosannets (les), > Lhommaizé. (V.)
HoubTEAU (à 1'), loc , au logis, à la
maison. (D.-S), c. Mazières (A.R.) —
Besançon : « ai l'houlo, » à la maison.
— Aube : « houté (a 1'), » au logis.
HuMEA.s. m., hameau.
« Quand donc des autres humcas
« Le pu rempli d'abllesse. »
(N. p., p. 27.)
Hlmeau, s. m., ormeau. (An. 1499 ,
Smarve. Manusc. du Poitou.)
HuMELAYB, s. f . , lieu planté d'or-
meaux : « item une humelaye tenant à
la d.ouche.» (1466, manusc. du Poitou.)
HUT
HuTEAUDEAU, S. m. , chapon , cha-
pon gras. Vienne : « ung huteaudeau
ou grand poulet. » (An. 1560 ) • Ung
huteaudeau ou chaponneau. »(An. 1560.
Manusc. du Poitou ) — Rabelais : « et
mille sept cents huteaudeaulx. » (L. 1",
c. 37.)
HYE
165
HuTiERS, S. m. pi., descendants des
anciens coliberts du Marais du Poitou^ et
ayant les mêmes mœurs qu'eux. (Chro-
niques fontenaisiennes, p. 13.)
Hyé, s. m., mare : « i vai bé quiau
hyé, » je vois bien cette mare. D.-S.,
environs de Champdeniers. Gàtine.
INE
I lAi, iE,pr.pers. delà première pers.
sing. et plur.: /, ?e,je, nous : « i fré
quieu ; » — « i vindrant chin vous. »
ïudesque : « ih. » — Roman : « io. »
I, pr. pers. de la 3° pers. sing., il.
V. —D.-S.- Vend.
I, INE, lAiN, lUNB, adj. num., un ,
une. V., arr.de Chat., pour « iain,iune,»
c. de iMirebeau, p. « i. ine. » V. Ain,
ine.
Ias.se, s. f., diminutif d'«^^rtS5e. V.
ce mot : « iasse-ba tresse et batrelle. »
pie-grièche. Vend. (C. et P. D.) — Pa-
tois limousin : « iasso, » pie.
Igarque?lli, V. a., ouvrir, étendre;
« icarqueilli les eils, »> ouvrir les yeux;
« icarqueilli les bras, >■ étendre les bras.
D.-S., c. de Thénczai.
« Oh ! mon Dieu le bea gars !
» Gl' icarqucille danx bras. »
(Chans. poit,)
Idè.nb (l. idoneus), adj. des deux
genres, hébété. Vend. (C. et P. D.)
Idéyou, se (g. i^ia), adj., dépourvu
d'idées, innocent, quelque peu hébété,
changeant d'idées, de projets à chaque
instant. D.-S., arr. de Melle. -— (B.-F.)
V. arr. deCiv.
Ielle, ieux, pr. pers., Supers. sing.
fém. et 3^ pers. masc. plur : « i nous ont
pas fait ieux ; a n'a pas v'nue ielle. » V.,
arr. deCliât.
I-EN-MET, loc-, littéralement j'en mets,
je m'en doute, je le crois, je le suppose:
« ou é don Jean ? — à la fouère, i en
met. » D.-S. —(B.-F.)
lEU.pr. pers. etadj.poss., leur :((ieu
drôle é parti depis i n' se quand , n' se
presse poingt de v'ni.» V., arr. de Chat.
Ignea, Igneau, s. m., agneau. V.,
c. de IMirebeau, pour « ignea, » et arr.
de Chat., pour « igneau. •> —Patois du
Berry : << igneau, » agneau mâle. —
Mayenne : « igneau. »
Ignette, s. f., agneau femelle. V.,
arr. de Chat. F. Brietle. — Patois du
Berry, Mayenne : « ignelle »
Ilai, ilé (1. illic), adv., là , ici.
Vend. — D.-S., V , suivant les localités.
Imelé [bl mouillés), s. m., anneau
de cuir ou d'osier, dont on se sert pour
attacher le joug des bœufs à la perche
d'une charrue, ou à l'aiguille d'une
charrette. Vend., c. de Chalans.
Imolé, ée, adj., imprimé. V., arr.
de Civ. F. Emolé.
In, prép., en, suivant les localités.
M I mis le giiiell in terre. »
(N. p.)
In, Inné, adj. num. F. Ain, suivant
les lieux.
Incamant, e, adj. verb , celui ou
celle qui ne peut s'aider d'un ou de plu-
sieurs de ses membres, par suite d'une
blessure, d'un accident ou d'une mala-
die. V., arr. Chat.
Inces, s. m pi , les articulations des
doigts. D.-S., c. Bress.
Inchères, s. f. pi., lieux maréca-
geux dans lesquels croissent les joncs
en abondance; jonchères. V. — D.-S. —
Vend.
Indiné (1. hhinire] , v. n., crier fai-
blement en parlant d'un cheval. V., arr.
Chat.
Ine-sé-co-fois, loc, littéralement,
et c'est le sens réel du mot, je ne sais
combien de fois. D.-S., Menigoulte.
166
IQU
In ET, adv., aujourd'hui. Vend. (G. et
P. D.) r. Anet.
INFECTIONNAT (p. infection],\ . n.,
répandre une mauvaise odeur , une
odeur infecte, se dit principalement (le>
choses corrompues. Dans tout le Poitou.
— Français : « infecter, o
Infont (1. infans) , s. m., enfant.
Gàline.
• El l'âne et lo bœuf qal l'infont lèche. »
(N. p )
I ivoN, I NON-JA, loc, et non, et non
pas. V.— D.-S.
Installai, v. a., instruire, ensei-
gner, corriger '. « installe don bai quiau
gnrs. gl' au mérite. » V. — D.-S.
Lnve.ntionnai, V. a et pr., inventer,
supposer : a sinvenlionnai , y> se tour-
menter l'esprit, la tète à répandre des
nouveautés, des choses fausses. V. —
D.-S.— Saintonge.
lORS, pr. pers., Supers, pi., eux.V.,
arr. de Civ.
lou, louR. adv. de lieu, où : « iour
e.^t-il? iou va-tu? » V., arr. de Chat,
lou, s. m., roc qui se lève par feuilles.
et qui dans certains endroits est propre
à faire de la chaux. V., arr. Chat.
Ique (1. usque), prép., jusque.
€ Iqii à tonsqu' osùge minet. »
(N.p.,p.e7.)
Iqdi et Iquit (qu mouillés), adv.,
TVR
ici, là, se dit à peu prés dans tout le
Poitou.
€ Pu ra'outl d'iqiii Titemont. >>
(Gcnt. poëtv., p, S9.)
« Iqui-dau-long. » ici auprès. — Aube,
Ardennes : « iqui. » — Provençal :
« aqui, )> ici là ; « aqui l'a de tou, » ici
il y a de tout : « a qui de long, » ici
auprès.
Iquiou, adj. démonstratif, celui-ci,
celui-là : « iquielle, w celle-ci, celle-là.
Vienne,
Iragne et Irogne, s. f. , araignée.
V.— Vend.— D.-S.— (B.-F.).— « I ton-
dit m'n'iracrne. » A'. Eragne. — Piitois
du Berry : « iragne. »
Itao et Itau > adv. et adj., aussi,
ainsi, tel. Vend. — V. —D.-S. —Cou-
tume de Charroux : « itaus, » ainsi,
tel. — Ardennes : « ital , itel, » autant,
ainsi.
Itaud, de, adj., stupéfait, déconte-
nancé , idiot : « rester tout itaud ; pa-
raître tout itaud. » V. — D.-S.
Itchi, adv., c'est le même mol que
Iqul , prononcé différemment. D.-S.,
Celles. — Vend , Sablais, Chaumois.
Itout, Itou, conj. et adv., aussi,
pareillement. V. — D.-S.—- Dans le Châ-
telleraudais on fait sonner le t tinal.
V. Etout. — Berry, Yonne, Mayenne.
IvRÉ (s'I, V. pr , s'enivrer. V., arr.
Chat, et Civ,— Berrv, — Am., Jamyn.
« Et qui bouillant de jeunesse
» S'jvrcnt au cours du l'crmessc. »
JAB
Ja (1. jam)^ jamais, point, non, dans
tout le Poitou.
« Ho! morguienne ne fréjà. »
(Amours de Col., p. 6«.)
Roman : « jh. d — Ardennes, Marne :
tf déj.i. » — Provençal : « ges (dzes) ;
qu'avié ges de ratello; » qui n'avait
pas de rate.
.Table, s. m., la partie des douelles
d'une barrique qui se trouve en dehors
de la rainure du fond. Vienne.
Jablonnai {bl mouillés) , v. a.,
mettre les sarments de la vigne en pe-
tites javelles après la taille. D.-S., c.
Beauvoir. (B.-F.)
Jabraillai, v. n., criailler. V,. arr.
de Poil, et de Civ. — D -S., arr. de
Melle. — (B.-F.)— Anglais : « to jabber,»
V. n., parler vite, bredouiller.
Jabraillard , E {t. jahraillai) y
adj., celui ou celle qm jahraille .\i .-S.^
c. de Celles et arr. de Niort.
Jabrou, se [j aspiré), adj., sale,
JAL
malpropre, se dit principalement du
corps : « essuje te don 1' bec di, t'es
tout jabrou ; » essuie-(oi donc la bouche,
tu es tout sale. V., arr. Civ.
Jacassai (r jacasse), v. n., parler à
tort et à travers, bavarder comme une
ageasse. V. — D.-S. — Ardeniies ,
Yonne, Mayenne.
Jacasse, adj. f., bavarde. V., arr.
Poit. — D.-S., arr. de Bress. et de Melle.
— (B.-F.) — Marne, Yonne, Mayenne.
Jacasseuse, adj. f., bavarde : « ol
é qu'ine jacasseuse , a cause coum' in
geai borgle. » V., arr. de Chat, et de
Civ.
Jade, s. f., panier long de paille
ou d'osier, où le boulanger met lever le
pain. — Vase de bois ou de terre. V. —
D.-S.— Vend., suivant les lieux.
Jade, s. f., alvéole creuse des petites
coupes où le gland et la noisette sont
enchâssés. D.-S., c. Mazières, (A. R.)
Jadeau, s. m., il a le sens des deux
précédenls.D.-S^,c deMazières (A. R.)
—Arr. de Melle. —(B.-F.)— Rabelais :
« car il ha les yeulx rouges comme un
jadeau de vergue. j> (L. l^i-, c. 39.)
Jadelle, s. f., diminutif des précé-
dents. V. — D.-S., suivant les localités.
Jadeaulée et Jed\ulée, s. f., plein
un jadeau : " gl' a mingé tout' ine ja-
daulée de migé. o V. — D -S., suivant
les localilés — Contenance, quantité in-
déterminée. D.-S.~(B.-F.)
Jaffrée, s. f., plein un tablier; sy-
nonyme de « Gironnée. » V. ce mot.
V., arr. de Poit.
Jaildrai (se), V. pr., se pousser, se
tirer. Vienne.
Jainçon (l junctura)^ s. m. : « les
jainçonsdes doigts m' font grand mal.»
V. — Chat. L'on dit aussi : « jaiçon. »
Jaipe (1. vespa), s. f., guêpe, insecte.
V.. arr. Chat., Leugny.
Jaipàie, s. f., cri : « l'enfant dans sa
maladie jetait de grandes jaipaies. »
D.-S., c. Maz. (A.R.)
Jappai, v. a. et n., hucher, appelerà
haute voix. Onomatopée : « jaippe don
les gens, Francille. » D.-S., c. Maz.
(A. R.)
Jalle, s. f., engelure. V.— D.-S. —
Mayenne.
Jalon, s. m., pot au lait. V., arr.
JAR
1G7
de Civ. — a Jaloge, » mesure de grains,
de liqueur et de terre, (xiii*^ siècle.
Manusc.) — Basse latinité : « Ja/o, »
mensura frumentarii. (Duc.) — Aube :
« jahtis, î seau, vase de bois.
Jaloux, s. m. V. le précédent. Vend.
(C. et P. D.)
Jamblottai, v. n., remuer conti-
nuellement les jambes. V. — D.-S.
Jan.nette, s. f.. bourriche. V., arr.
de Civ. r. Boiroche. — Patois du Berry :
« jeannette, » fleur de coucou.
Janot, s. m., crapaud. V., arr. Civ.
Japai (.;a très-long ) , v. a., raccom-
moder et principalement les bas. V. — -
D.-S. — Limousin : « jàpis, » saisir.
Japillai et Jappaïllai, v. n., di-
minutif de jaippai. f\ ce mot. Parler
sans cesse, criailler, et quelquefois en
mangeant, en se fâchant. V. — D.-S.
Jara et Jarau, adj. f. et subst.,
fdie qui n'a pas Kair modeste. V., arr.
Civ. — D -S., c. .Maz. (A. R.)
Jaraudai, v. n., jouer. V., arr. de
'^oit.
Jaraude, adj. f., fdle qui aime à
jouer; se prend en mauvaise part. V.,arr.
de Poit. et de Civ. — Patois du Berry :
a jaraude, » vesce a fleurs solitaires.
Jareau, s. m., noyau de la noix. V. ,
c. Montm. et de l'Isl.-Jourd. — Patois
limousin : • jaras, » quartiers.
Jargotai, v. n., bouillir très-fort.
D.-S.— (B.-F.) r.Gargotai.
Jarguet, s m., robe d'enfant. Vend.
Environs de Doix. C'était autrefois une
sorte de jaquette que l'on donnait aux
enfants entre la robe de l'enfance et le
vêtements de l'homme :
<t Et gl' at in grand jarguet. »
(Gust., p. 17.)
JARiGE(b. l.Jarigla)^ mauvaise terre,
terre inculte. V., Àlonncs. Il y a près
du bourg de cette commune un terrain
de très-mauvaise qualité appelé le bois
de la Jarige, — « Cum quadam simul
jjarigia. » (An. \2\7.) Noms de lieux :
« Jarige et la Jarige. » V.
Jarni , exclamation , peste. Ah !
diable. V.— D -S.
« Jarni, Perrot, querae te v'ia brave »
(Chans. Poit.)
168
JAR
Jarnicoton [r. jarni], iiiterj., cxcla-
malion. V.— D.-S.
«I J.irnicotoD, si je prends un bâton,
» Je t'adcrscrai ton corsage. »
(Cbans. pollv.)
— Mayenne (Verger.)
Jabmdieu , imprécation. Je renie
Dieu : « jarnigieu » par euphémisme ,
(c jarnongieu, » et modification, a jar-
nonguoi. » (Press.)
« Sont pas, Jarnongoy, daux affaires hontouses.»
(Gusl., p. lia.)
Jarolai, V. n., remuer sans cesse,
aller et venir : « Ihiés drôles i n' fanant
qu' jarolai. - D.-S.— (B.-F ) Il est pris en
mauvaise part dans plusieurs contrées
— Provençal : c garro, » jambe ou
jarret.
Jaroloux, SB (r. jarolai), adj.,
celui ou celle qui jarole. D.-S., c. de
Celles, Thorigné.
Jarouillai, V. n., se frotter les jam-
bes en marchant; se dit principalement
des animaux : « queme gle jarouille;
iiarge don les jymbes. » V. — D.-S. —
(B.-F.) Par extension, se dit des plantes,
des blés bouleversés par la pluie , par le
vent ou par le passage de personnes,
d'animaux, et d'un vase qui verse mal.
y., arr. Civ.
Jarolillou, se {t. jurousse), adj ,
bancal. On applique cette qualification,
en particulier , à celui qui a contracté
cette infirmité, parce que dans sa jeu-
nesse il a été nourri de jarousse. On a
dans le pays des faits de personnes qui,
ayant fait abus de jarousse, pour nour-
riture, ont été affligées de celle infir-
mité. D.-S., Airv. — V., arr. Civ.—
Palois du Berry : - jarraud, » qui a
les genoux en dedans.
jABBOLSSEfb. \.jarrocia]^?,. f.. gesse
cultivée, lathirus saliva. Dans tout le
Poitou. — « Décima et terragium ves-
ciarium et jarrociarum. » (An. 1278.
Ayron. JManuîC du Poitou )
Jarr4T, s m., co.sses sèches des
poi.•^. Vend. (C. et P. D.) — D.-S.
V. Charat,
Jabbb , s. m. , cale en fer servant à
presser la queue d'une faux dans la
guialre. D.-S., c Parth. — Franryis :
V. grand vase à mettre de l'eau douce, d
J.\U
Jarres, s. m. pi. On appelle ainsi
des courants rapides dans les parties les
moins profondes de la Vienne.
Jarti, exclamation , pesle. Gust. et
Noëls Poitevins.
• Ah! jarti! t'ylcplu.s savant. »
[Gust., p. 14.]
Jase, s. f., plaisanterie : « entendre
la jase, » ne pas se fâcher quand quel-
qu'un nous plaisante; « donner daux
jases, » faire des plaisanteries. V. —
D.-S. — Français : « jaser. »
Jaspillai et Jaspinai, v. a. et n.,
disputer , parler de toutes sortes do
choses. V., arr. Civ. — D.-S., suivant
les lieux. — Marne.
Jau (1. galius), s. m., coq, dans
tout le Poitou. — « Devoir de quatre
jaux et douze deniers dii sur la maison
d'Ecussé. » (An. 1574. Manusc. du
Poitou.) — Provençal: «gau; unoplumo
de gau, > une plume de coq —Langue-
docien : « gai, gâou. » — Patois li-
mousin : «"jaou. > — Berry, Sain-
tonge : « jau. •> — Ardennes : « jau, »
coq, petit garçon ~ Rabelais : « les
aultres danser comme jau sur braise. *
([-. U, c. )6.) — Noms de lieux : « Jau
(le), » Oiré, Marigay-Brizai (V.)
Jau, s. m., robinet. V. — D.-S., dans
plusieurs localités.
Jau, s. m., lanière decuir tortil!éeen
rond et percée d'un trou dans lequel
passe le virolet pour le réunir au loulot
d'un fléau. (B.-F.)
Jau-blanc, s. m., gelée blanche.
Vend. (C. et P. D.) — Besançon :
« jaula, 1 gelée.
Jau-chiard, s. m., coq qui ne vaut
rien pour la reproduction. (B.-F.)
Jau-pèchai , s. m., héron, ainsi
nommé, parce que c'est un oiseau pê-
cheur. Onomatopée V., c. Isl -Jour.
Jaucoue, s. f., plante. D.-S., Câ-
line. F. Droye.
Jauflée, Jaufrée, s. f., plein les
deux mains : « jauflée de bla. » V., c.
Isl. -Jour. Adriers, arr. de Civ. pour
« jaufrée. » — Patois limousin : € jau-
fado. »
Jaunée , s. f. , feu de la veille de la
St-Jean. V. Fougeau.— Dans un grand
nombre de communes, et en particu-
JAV
m'
169
lier dans cellos c!ts canton:? ^\o la Villc-
(iieii ot de Vivôiie, les assistants , a[)rès
!a cérémonie rdij^ieiise, so chaiiiieiil le
dos au feu de St-Jean, afin de n'avoir
pas le renard (mal aux i-eins) pendant la
moisson — Chacun passe dans la flamme
ime branche O.e noyer ayant trois noix
que l'on mol dans sa houclie, et que
l'on fait pa-ser trois lois par-dessus sa
tète afin d'être préservé du mal de dents
pendant l'année. On l'emporte à la
maison |>our la préserver de la foudre.
Knfin, tous, en se retirant, jettent une
pierre autour du feu pour y servir de
siège à la sainte Vieri2,e. — Dans le can-
ton de Civray, les bergers apportent au
Jeu nouvia une verge de I herbe ile la
St-Jean ou de nousillère qu'ils ont
coupée le malin, avant le lever du soleil,
ils eu font brûler les feuilles, et conser-
vent ces verges pendant neuf jours.
Chaque fois que le troupeau sort de
rétable, pendant ces neuf jours, ils tou-
chent cha(iue bête avec leur verge, afin
de faire prospérer le troupeau. — Dans
le canton de Neuville , les hommes
marié-^ sans enfants jettent la pierre
dans le foyer de la jaunée , afin iïe.n
obtenir. — L'origine des feux de la Sl-
.lean, d'après Guiart Desmoulins, re-
monterait au règne de .Julien l'Apostat.
Voici ce qu'il raconte : « Au tems le
mauvais empereur Julien le ixînoié ,
prisrenl paien les os Jehan, si les espar-
sirent par les chans , pour l'envie qu'il
avoient des grans miracles qui ave-
noient à son sépulchre. Mais tost après
les recueilleront cis paien meisme et les
arstrent en feu, et en gilèrent la poudre
as vens; et les chans qui la recoillireni
en furent tosl ensemenciés au cent dou-
ble des années en avant. Et cist arsins
de ses os est tenut por second martyre,
et cist secont martyre représentent par-
tout li crestien, car il recueillent au jour
de sa Nativité partout les os et les ar-
dent en grant feu... mais peu de gens
sevent que cil feu senefie » (Bible de
Guiart Desmoulins xiu*^ siècle. Toir les
quatre livres des rois , introduction ,
p. XXVI.)
Jaupla.1 {pi mouillés), v. a. et n.,
jouer à la pousse -pousse. V., arr. Poit.
et Civ. — D.-S., arr. de Bress.
Javailloxs, s. m. pi., les plus petits
xxxii.
éi>is , ceux qui ne montent pas aussi
haut que les autres. (B.-F.)
Javassai (r. jaimsse), v. n,, bavar-
der. D-S., c. Airvault, arr, de Melle.
Javasse, s. f., bavarde. D-S., c.
Airvault.
Javau, s. m , la poignée de blé
étendue sur le terrain et qui vient d'être
coupée par le moissoimeur. V., c. Isl.-
Jour., Adriers. — Ardennes, iVlarne :
« javau, » fagot, poignée d'épis, etc.
J A VELAI [,aiflai), s, m., petit las de
blé que l'on place de distance eu dis-
tance sur le sillon. D.-S. , c. Parilu
— Marne : « javeler, » lai-sser lesavoines
coupées sur terre.
Javelot jav'lon), s. m., petit fagot
de sarmt-nts , javelle. D.-S., c. Maz.
(A. R.)
Jecolle, s. f., lisière avec laquelle
on ^upporle un enfant, pour l'aider à
marcher. V., arr. Civ. Ou appelait an-
ciennement jecolle une sorte de ban-
doulière, ou bande de cuir pour porter
le mousqueton. — C'est aussi uneécharpe
attachée auprès du cou et qui soutient
un bras cassé ou blessé. V. — D.-S.
Jedeau, s. m., écuelle. V.
o Car gl'cn avct pre li inèin'^î
B 5urri in grond plein JL-deau. »
(N 1»., p. 31.)
— « Jedos. » (Manusc. du Poitou.) —
t Jedaulx de boys grans et petis. » An.
IIH4 )
JÈPAI , v. a , appeler, onomatopée :
< jeppe don pu fort, gle t'endra meux. »
V., arr. Civ.
JÈQUE (I. usque], prép., jusque.
« Pr' aller Jèquc à l'église o me coustetsanspolne.»
\Bab., p. \o.)
Jerzais, s. m , vesce multiflore,
vicia cracca. Vend. (C et P. D.)
Jeton, oune, s. m, et f., poulain,
mule jusqu'à l'âge d'un an. V. — D.-S.
—Vend.
Jette, s. f., rejets de bois taillis d'un
ou de deux ans au plus. D.-S., arr. de
Bress. V. Gite.
Jeu, s. f., joie. Vend. (C. et P. D.)
Jeudi , s. m., insecte, le grillon. V.
— D.-S.
Jevauchai, v. n., croiser. V., yrr.
de Civray. V. Hauchai.
14'
170
JOL
Jevbt, ^:. m., hihoiirng»^ en travers,
pour ne point ^âler le blé du voisin :
«< a-l-on fé un j'vet .«-u nian rhoinp là on
Tbliéé négu? » a-l-on fait un jcvet sur
mon chann[>. là où le blé est né? V.,air.
l'oit.— D -S ,arr. Mo).
JrNooLLAi, V. n., vaciller, remuer.
iB.-F.)
Ji.\Giî\i , V. n., danser, folâtrer :
w quiau drôle de Jconti é terjou bé dé-
saimé, gne cinsse jamé do ginguai. »
Ce drôle de Jean e»l loujour^T bien fou ,
il ne cesse jamais de folâtrer. V. —
D-S.
JOBE OU JoBKT. adj m , niais, qui se
laisse tromper facilement. Dans tout le
Poitou.
JoBiTRE, s. m., se dit d'une personne
volage. V., arr. Châl., Maire.
JoBLE bl mouillés) , s. m. , coquil-
lage qui s'attache aux rochers, et dont
la coque est un cône aplati. Vend.
(C. et P. D )
JoBLiNAi [bl mouillés), v. n., rire,
plaisanter, passer son temps à rire.
Vend., Font. (C. et P. D.)
JoBBAi, V. n., salir : « g'ié jobré de
gasse de la tête au.x pés. » D.-S., c.
Bress.— Vend., Font. (C. et P. D )
• Et gle s'est tout jobré en mangeant 5 pougnée. »
(Gust., p. 6S.)
JoBROU, SE, adj., sale, malpropre.
D.-S., c. de Bress. V. Jabrou.
JOGUENET, JOGUBXETTE , bJJ. et
sub?., qui fait rire par ses niaiseries.
D.-S , c Maz. (A. R.)
JoHANNÉE, s. f, feu de S!-.Iean.
V. Jaunée, suivant les lieux. — V. Bau-
douelle, Chalibaude. D.-S. , c. Maz.
(A. R.)
JOINCLB. JOUINCLR OU .TONCLE [cl
mouillés) [\.juvencus]. s. m., \eau de
deux ans que l'on commence à mettre
au joug. V,— D -S. — Vend
JoLivÉ, BE, adj , joli : « qu'é quoué
qu'ési jolivé? » Qu'est-ce que cela qui
e^l si joli? V.,c. Isl.-Jourd.
JOLIOT, TE, adj., diminutif de ;o//,
se dit des petits enfants. V. — D.-S. —
Français : « joliet, lie, • diminutif de
joli.
JoLLET. s. m , jeune coq , diminutif
de « jau. » Vend. (C. et H. D.)— Sain-
longe : « jallel. •
JOU
JoiNQUE {{.Juguïn), s, m. , joug. D.-
S. , c. Part h.
JopiTRAF , V. n. , faire des jeux
bruvants et de mauvaise grâce. Vend.
(C. et P. D.) — V.. arr. Chat., où Ion
prononce : « jopilré. »
JosELLE, s. f., foulque, poule d'eau.
Vend. C. et P. D.)
JoTTE, s. f., joue. V., c. Isl.-Jour. —
D.-S., arr. de M elle.
JoïTB. v. n.. mêler, réunir : « nos
.moulons sont jotlés. » D.-S., c. Maz.
(A. R.)
JoTTERiAiix , S. m. pi, maladie,
gonflement des amygdales. V. — D.-S. —
.Mayenne.
Joue, s. m., JoDCHE, s. f. {\.juyum)y
perchoir à volailles. L'on dit au figuré,
d'une conversation dont les expressions
sont mal choisies : « c'est à faire tomber
les poules du joue. » V.— D.-S-, et Oiré
en particulier , pour « jouche. »
V. Guche.
JouELLE, S. f., treille. V., arr. Chat.,
Maire, St-Sauveur.
JouGARDE(l. joais), subst. et adj ,
fdle ou femme qui s'habille sans goût.
V., arr. P.
JouiLLAi, V. n., bafer. V., arr. de
Civ. y. Geillai.
JouQUAi, V. n. et pr., jucher.
Journaux, s. m. pi., mesure agraire
des vignes, dans cerlaines localités.
Très-usité dans les anciens manuscrits.
L'on dit aussi : a journal. » — Basse la-
tinité: <ijurnalis,joniate^ Gallis/ow/'-
nely quantum uno die par boum arare
polest. •'(Duc) —Patois du Berry :
• journau de terre. » — Marne : • jour,
journal, journel, » mesure de terre con-
tenant environ 50 ares.
JousTK(l./wj:^a),adv., auprès. Vend.
(Cet P, D.) — ilarne: «jouste, jouxio. >
— Languedocien : a jout. »
Joi.'STE, s. f., betterave, espèce de
chenopodivm , appelé aussi chou do
Paris. V. — D.-S. — t Tous les jours
maigres , depuis Pasques jufîques à la
mi-aousl , de bonnes herbes tant de
jouîtes que autres. » (An. L'iuo. Manusc.
du Poitou.)
Joute, s. f., plante grasse dont la
feuille ressemble à celle de la betterave.
V., arr. Poit.
Joute, s. f., mélange de choux, d'or-
Jll
lies ou d'autres plantes, et dd son, que
l'on donne en nourriture aux dindons ,
aux oies. V., arr. Poit. et Civ, — D -S.,
environs de Melle.
JouTTAE. V. n., réunir. D.-S., c. de
Bress. F, Jottai.
JouTTKRABR. S. f , betterave, V.
Ju, s. m., juchoir. V., c. du 1 1.-l.-
Jour. V. Guche. — Aube : « ju, jut, »
couché.
Juchera, s. m., le plancher d'une
écurie, espèce de fenil composé de che-
vrons ou desimpie-i perches cl de plan-
ches non jointes qui ^ervent à supporter
de la paille ou du foin : « o va pusd'foin
presque su l' juch'ra, enfonts, i n' join-
drant pou les fauches; » il n'y a presque
plus de foin sur le juchera , etc. V. —
1) .-S.— Vend.
Jui, s. m., genêt épineux de la grande
espèce. V., arr. de Chat.
JuiLLAi, V. n , baver. D.-S.,arr.de
Parth.-{A. R.) V. GeiHai.
JLT
171
JuiSAK, V. n., souffrir intérieure-
ment. Vend. (C. et P. D.)
JULLES, JOUILLES (b. I. COHJUnclo) ,
S. f. pi . lanières de cuir dont on se sert
pour attacher \e joug sur la tête des
bœufs. Dans tout le Poitou. — (Manu^c,
du Poitou.) — '( Jugiim cum amblacio et
conjunclis quando nocesse fuerit. »
(lapif. de Charlemagne.) — Provençal :
« julhe, juillos. »
JcNQUE, s m., veau de deux ans.
V., c. do risle-Jourdain , Adriers.
V. Joincle.
Jl'ste, Justin, s. m., casaquin , la
partie du vêtement qui couvre le haut du
corps des femmes delà campagne. D.-S.
-(B.-F.)
Jutai, v. n., donner du jus; par ex-
tension, couler; i< le sang jutait de son
bras. . D.-S. -(A. R.;— V.— Vend.
JuTTE, S. f. , poirée. Vend., Font.
(C. et P. D )
Jutterabb, s. f., betterave. Vend.
(C. et P. D.).—V. Joutterabe.
LA(;
Labachb, s. f., insecte de couleur
brune. D.-S., c. de Mazières. (A. R.)
V. Carcelle.
Labiai (I. labi) , v. a., calomnier :
« prêchai Irejou labiai les autes? » pour-
quoi calomnier toujours lesautres? Ven-
dée.
Lac 1. laqueus), s. m., lacet, cor-
don de fil avec lequel les femmes ser-
rent leur corset. V. — D.-S.
Lacae(1. /ac), V. a., se dit du chat,
du chien , lorsqu'ils boivent du lait.
Vend. (Cet P. D.)
Laç\i (I. laceraré), v. a , battre
quelqu'un à coups de corde, de fouet ,
ou de houssine : « si tu m'enneus pus
lintemps i f lac'ré avec man fouet. » Par
extension, et au figuré, tromper, attra-
per : « i m' se laissé laçai on ach' tont
quiés deux bus. » V.— ^ D.-S. — (B.-F.)
— Roman : a lassar. »
Lachet, s. m , ver de terre. V. —
DS,
Lacquakt,te (1. /r/c«s), adj. verb.,
mouille, trempé, couvert d'eau. (B.-F.)
— Boiste : « Lagant, » tout ce que la mer
rejellede son sein. (Cit. B.-F.)
Lacquassb, s f. , diminutif de lac,
petite mare, petite flaque d'eau. D -S.,
Breuil-Coéffault. (B.-F.l
Laesse (g. X'j/-o;), s. f., lice, chienne
qui a mis bas. Se prend en mauvaise
part aujourd'hui dans nos campagnes ,
comme autrefois dans les sphères plus
élevées, quand on l'adresse à une femme.
- Latin : « lycisca^ n chienne qui
vient d'un chien et d'une louve, ou
d'une chienne et d'un loup. — Roman :
« leissa, » chienne. (Cil. B.-F.)
Lagnou, se (g. Ax^-rciv), adj., pares-
seux, lâcho V — î) -S. — Plaintif, à
plaindre. Vend. ;(,. et P. D.)— « Lagny, »
c'est le surnom que les Parisiens don-
nèrent à Jean-.-^ans Peur, duc de Bour-
gogne, à l'occasion de la persistance de
ce duc à rester à Lagny-sur->îarne
172
LAN
114 îH) : e Jfi»M-(le-I.ni;i>y, « qui n';>liàto.
— Italien : o liigjiosu. a pUiinlif. —
Aniii.iis : « lagger, »> celui qui >'ijriête,
qui sîmiuse.
I.agouu, s. m,, ruisstMu. D.-S.. c
dp Rress. — Environs de Melle. (Ron-
dier.)
La'chf, mlj., ver de terre. V. —
D.-S. V. 1 iiehel.
I.Ai, Lais, iulv., là; « délai, » au
de Ij ; « Lai-has, » la-ba:?. V.— D. -S —
Vend.
— I ihcrche qulcu nrctout, pr'iquz prc laïs. pr"
[\cy. .>]
(Bab., p. 11.)
— Coulume de Charroux : « lai, » (art.
jtr| — Piitoi> liniousin et languedocien.
l.Ki'S \. longé), s. m., loin. \'. —
D.-S. — Vend. — Patois du Limousin :
« lai. » — Gascon : <- lén. >•
LAiBEsd. lar, lares), s. m. pi., feu
pllieu. Vend. (C. et P. n.) — Latin :
(« lar, » le feu. le foyer : « lares, » les
dieux protecteurs dune famille.
Laissus, adv. de lieu, au dessus.
V. — D.-S. — Gascon : a lassus. »
Laitexu, s. m _, jeune baliveau de
ré--erve. V., arr. de Chat., Vaux. —
Français : o lais. •»
LArrEEO.NetLAiTO>(laiL'ron;,[r./ûri7],
s m , veau, poulain ou cochon qui lèie.
V._0.-S — Paîois du Berry : «lai
ton «
L\iz ou Laize, s. f., bordure, lisière:
«la lai/e d'un jardin, la laize d'un bois.»
— I aisse . « chaignes, ^ros bovs et au-
tres boys eslans en la laiss<' de l'ouglé.»
(An. |.îi:i, Vas'es,manusc.)
Lamballe, Lampe, s. f., fanon du
bœuf. V., arr. de Poit. et arr. de (hât.
pjur lampe. — Lampe : nom dune au-
mône consistant en la chair de trois
bœufs qui se taisait une fois l'année en
l'abbaye de Sainl-Maixent. (Mauus. du
Poitou. )
Laxdaux. s. m. pi. . andains , rangs
de foin di-posés en sillons. — Basse la-
lifiilé : anc/cinvs, bande do pré d'une
longueur indéterminée, et de la largeur
(i'un coup de faux (Guérard. Cil. B -F.)
Laxde et Landin, s. m., chenet
V.— D.-S., suivant les localités. —
Item II landers. (An. 1329 . manusc.
LAP
du Poitou.) — Patois du Berry : « lan-
guel. » — Français : « landier. o
Lam^ks, s. f pi,, œufs de poux.
V. — l) S. — Mavcnne.
Landon, s. m., lisière avec laquelle
on supporte un enfaiit pour 1 aider a
marcher. V., arr. de Poitiers. — D.-S.
« I.'iin donne à Jé-usun l.indon
» Et l'autre une cliimise. »
(N. P., p. m )
— Défense par la coulume du Poitou
de « tenyr des chièvres, sinon aux la-
boureurs à ung areau une clMèvr(; et
aux laboureurs a deux areaulx deux ,
lesquelles ilz seront tenuz mener pas-
turer par les chamois herbuz et les tenyr
par ung landon. « (1579.)
Landou, se (r. landes), adj. , rem-
pli de landes. Par extension, terme de
mépris. V. — D.-S.
Laxuou se, adj , paresseux, fai-
néant D.-S., c. de Celles.
La.nfet. s. m., lin. Vend , Font.
(C. et W D.l — « Dixme de blez, ven-
danges, potages , lanfels. » ^An. 1459.
Vouvent, manusc.)
LA^iGAGEAi, V. a., faire la langue à
quelqu un, lui dire comment il faut par-
ler, ou faire : « gl'a eu bia le langageai,
gn'a pou mcux rnssi ; » il a eu beau lui
faire la langue, il n'a pas mieux réussi.
V. — D.-S. — Patois du Berrry :
« languer, » slvler, faire la leçon.
Langangeb, ère (I. linguax), adj.,
celui ou celle qui par'e insolemment.
V. — Patois du I iniousin : o lingojfz.»
— Patois du Berry : «- langard, Lui-
guar
La.\gf.ron [long' l'on), s. m., langrs.
D -S. — y. Drapea — Basse latinité:
a longeolinn, » vL'-,iisinlerior lanea mo-
nachorum ad genua usque pertingens,
sic dicta, quod lanea fit, unde laneos
panrdculo-; quibus infantes tircumvol-
vuntur, Uinge< eliamnum appellamus.
(Duc.)
I angue-df.-Bœuf, s. f., p'anle , la
buglose, dont les feuilles ont < n effet la
formi', et au toucher la rudesse de la
langue de "Bœuf. Onomatopée. (B.-F.) —
V., arr. de Civ.
Lapace, s. f , planle, bardane gla-
bre. D -S. — Vetui.
I APAi [2^ y.ir.Ti'.-t], V. a , saisir, em-
LAV
poigiKT ; ( t par extension coller : « ou
lape coumme gemme ; » ça colle comme
poix. V. — Fninçais : « laper, » boireen
tirant l'eau avec sa langue.
I.APi^cou , SE r. lapai], arlj., qui
prend qui ti( nt, se dit principalement
des terres grasses , difficiles à labourer
quand clTes sont détrempées par les
})lnies. V., c. de la Villedieu. — Civ. —
Aube : « lappeux, » gra*, gluant.
Lappr (r. lapai), s. f.. plante, syno-
nyme de lapace , ainsi appelée parce
quelle prend et arrête ceux qui passent.
Onom;itopée : a Lappa in tabernaculis
eoruin. » (Osée, 10, H.) V.. arr. de Civ.
cl de Chàl. — D.-S. — Roman : « lap-
I a. « — l'ortugais et calelan , « lapa, »
— Patois du Berry : a lappes, r» capi-
tule de fleurs j tête de la platite appelée
Bardcine.
I.AQU.\i, V. a., se dit du cliien ou du
chiitqni boit du lait. V., arr. de Poi-
tiers et de Civ. — V. n , se dit des co-
chons qui se vautrent dans leau. V., c.
deSaint-Savin et do Monfm.
Lardé, ee \. laridum), adj , pain
qui n'est pas levé. V. , arr. de Cbâl.
F. Ali.
î.AP.GE (1. largus^]. s. m., place de
chaque animal dans une étable. I) -S.
Latiîveas, s. m., laîin (Gust.l
« P.isse qu'oset on InUnoas
)) Mais que gle nous laissant parler Poitou inra*. »
Lah, lé, Ioc, chant des bergères :
« la bergère chont' le lau lé pre fair'
bMuviii sescheins. i» I).-S , c. do Bre.-s
Y. L)au rai leau.
I.AUTRU, adj , écervelé. Yen(J. (C.
et P. D )
Lavart et T. A VERT, s. m., le lézard
vert ù^is bois. V., c. de Civ., l.inazai ,
c. de Vouillé, Chalandray. — I) -S.,
c. de Thénezai, arr. de .Melle — (B.-!^\)
— Roman : « lazert. » — Gascon et li-
mousin : 4 luzèr. »
Lavoue et Lavoure (1. lavare, , s.
m., pierre, ou planche sur laquelle on bat
le linge en le lavant. V., arr. de Poit.
et de Civ. — C'est aussi le lieu où on
lave.
La-voure, adv., là où . et simpîc-
mentoù. V. — D.-S. — Vend. — Cham-
pagne : « Là vou. » là où.
LEU
4 -ro
1 tCt
I.É, pr. pers. '6^ i)crs., elle. V. —
D.-S. Suivant les lieux.
Lebrou, s. m.^ glouton, qui dévore.
(B -F.)
Lede, s. m , clou qui traverse le bout
d'un es-ieu pour empêcher la vo\n\ de
^o^tir : « quiello charte vé bay, a bal à
lede, » c'est-:i-dire cette charrette roule
bien. D -S., c de Bress.
I EGNOU, LiG^on, s. m., fdet sous
la langue qui empêche les enfants de
s'allaiter. V. — Vend.— Patoisdu Berry :
f( lègnotjx, B il n'a pas h lignoux, il
parle facilement.
LÉROT. R. adj., niais, imbécile. D.-S.
_V. — Vend.
Ï.EROr, s. m , loir, animal. V. —
I) -S. — Vend. — Marne : « petit rat,
loir. »
f,És adj. démonst. plur., ceux : « lés
de derrière. » crux de derrière. V., c.
de risl -Jourd.
f Essi, ^ m., eau de lessive. Pans
tout le Poitou. — Roman : a lissiu ou
leissiu. .) — Patois du Berry : « lessif ,
lessu, lissu » — Saintonge : « lessi, » —
Yonne, Haute-Marne : «■ le.-su. » — Ra-
belais : « puis en frotta une partie
d'huyilef.'e noix pour voir si elle estoyt
point esciipte de lexif de figuier. î
LETRKAuet Letiueau. s m., pis-
senlit frisé qui blanchit sous les mottes
dv terre, pendant Thiver. V., arr. de
Chàtelleratdt.
I EU. pr. pers. et adj po s., leur :
<« leu frère, leuz oncle, » leur oncle.
— î.au.
»< Ne crains point lau fumée. »
(Gut., p. 8 )
— Roman : a lor. » — Ital.: « loro. »
— Ancien français : a lo. i>
Leuche, s. 'f,, ver de terre. V. —
n.-S. — Vend. V. Lachet.
Leurre d. iutva], s. f , loutre. V ,
arr. de Chat. — « Couhère : » pour les
despens de Cvbarf le luieour et de ses
gens qu'il a f;iil l'espace de Mil jours
qu'il demeura au mois d'avril l'an mil
CCCXXIV et XII à chacer et prendre
louheres en l'estang despenfaigne.
(An. 1391, Dienné et Verrières. Manusc.
(Uj Poitou.) — Rabelais : u les jambes
comme une leurre. » (L. iv, c. 31 .)
Lelîze 'eu très-breP), s. f., clou qui
174
Lie
traverse le bout d'un essieu de charrello
pour empêcher h roue de sortir. V._,
arr. deCiv. V. Lede.
ÏEVARDE, s. f , lézard £:ris des mu-
railles. V., arr. de C hàt. V. Grapielte.
Levé (1. levare), v. a , donner la pre-
mière fnçon, soit a un champ, soit à une
pièce de terre précédemment en prés ,
en pâlis , etc. (B.-F.) — Dans tout le
Poitou.
Coutume de Poitou : <« et aussi (le
Seigneur dominant) ne lèvera pas les
prez ne les pasturages quand le 6ef
tombe en rachat. » (Art. 1 36. Cit. B.-F.)
Levbachk ;I. Icpor), s. f., la femelle
du lièvre. V., arr. deCiv.
Lezerou, SB (lez'rou^, adj., malpro-
pre: « les drôles à Bern' gouraesse (la
femme Bernegou) sant ails bé lez'roux ! »
D.-S., c. de Celles.
LÉzi, s. m., loisir. D -S., Châtiflon,
— Patois du Limousin : « lézéi. »
Lbzi (à-de) , loc , avoir du loisir, ne
faire rien : t le bé a-de-lézi aneut, » tu
es bien à ton loisir aujourd'hui. V.,
Monlm. — D.-S., Châiillon. — « Laési
(a-de^. » Vend. (C. et P. Dj— Besançon :
« ai lési. > f
I.i, pr. pers. 3^ pers., lui. Dans tout
le Poitou.— « T.i, » elle. D -S., c. d'Air-
vaultet de Chàlillon. — Roman, Gas-
con , Berry : « li , » lui. — Italien :
e gli. »
Lia, s. m., liard , ancienne monnaie.
D.-.S.
L\\y, adv., ici, lii-bas, au dedans;
• lian d'dans, • lii-bas. Dans tout le Poi-
tou.
M Entre lian le cousin roy.
(Gust.)
— C'est l'ancien mot français : « leans, »
(/ mouillé). € I éans » est le corrélatif
de • céans. • (Press.)
LIA^-DR-REVERs. S. m., jambe de
force. D.-S., c. de Celles.
LiAQUB, adj. des deux genr., qui
tient aux pieds. V. , arr. de Chat
V. Agiat.
I.iAVART, s. m , lézard vert. D. S.,
c. de Bress. V Lavart.
LiCHAi (r. liche), v. a., manger avec
gourmandise. - V. — D.-S. — Patois
de la Saintonge , du Berry et de la
Marne : « licher. >
LLM
LiciiE. s. f. (g. Xsîxw), gourmandise:
« aimer la liche, » c'est aimer la bonne
chère. V. — D.-S. — Saintonge : « li-
cherie. » — Mayenne : « liche. » —
Patois du Berry : «lécherie.» — Marne:
a liche, » miette, peu de chose.
LiCHOU, SE (r. fic/ie), adj , gour-
mand, ivrogne. V.— Saintonge et Berry :
« lichour. t — Patois du Limousin;
« Lechodiez. » — Mayenne et Marne :
« lichard. licheur. » Pi imitivement « li-
chèrres et licheor i> signifiaient gens
méprisables.
LiDOiBB, adj , chèvre en chaleur.
V.. arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) —
Vend. IC. et P. D )
I,iE (1. ligare], s. f., corde de char-
rette. Dans tout le Poitou.
Liée, s. {., le temps que Ton met à
labourer avec des bœufs. V. — D.-S.
— r. Bordée.
LiEiNNE, s. f., glane. Dans tout le
Poitou.
LiENNÉ (r. lienne)^ v. a., glaner.
Dans tout le Poitou.
LiENNEUX, SE, adj., celui ou celle
qui lienne. Dans tout le Poitou.
Ljkr et DÉLIER (1. ligare) , v. a.,
lier, c'e?t attacher le joug sur la tête des
bœufs, au moyen àG^jinlles, pour les
atteler h la charrue, à la charrette. Dé-
lier c'est leur ôter le joug. Il faut lier, il
faut délier, se comprend parfaitement
sans que l'on soit ot3ligé d"y ajouter le
mot bœufs. (B.-F.) — Dans tout le Poi-
tou.
r.TEVRACHE, LiEVBESSE, S. f., fe-
melle du lièvre. (B.-F.) — D.-S., arr.
de Bress. et de Parlh., pour « lievresse. »
LiGiNOU , s. m., fil ciré qu'emploient
les cordonniers, ligneul. V. — D -S. —
Crin dont on fait des collets pour pren-
dre des petits oisaux. V. — D.-S. -—
c< Une paire de lignoux à prendre des
oiseaux. » (An. 1694. Manus. du Poi-
tou.)
LiLLR, s. m., lierre. V., arr. de Civ.,
c. de Montm. et de l'isl -Jourd.
LiMAisTB, s. f., morceau de bois qui
porte sur les quenouilles des lits, et sup-
porte les rideaux. (B.-F)
LiMoiREUx , SE (I. limosus), adj.,
gluant, visqueux. (B.-F.)
LiMOiRiES, s. f. pi , trace , vestiges
de limaçons. D.-S., c. de Celles.
LOC
liMOMA (I. temo^ temonis), s. m.
pi., timons d'une charrc'Ue. Dans tout le
Poitou. — Latin : « tcnWy » le limon
ou la llèclie d'un charriot — Basse la-
tinité : « limonerius, equus ad currus
temonem. » (Duc.)
Llncit, s. m., eau de les^ive D.-S.,
c. de Bress. V. Lessi.
LiNGAGi, V, a.^ faire la langue à
quelqu'un.
« Vous avrz bea Irzllngnj»!
« Et tôt vetre fat arrangy. »
(Gent. Poet.)
LiKE , S. m., lierre. D.-S. — (B -F)
V. Lille.
LiRKTTE, S. f., bande d'étoffe qu'on
utilise en cousant les morceaux ensem-
ble pour en faire des tapis de lirelles.
(B.-F.)
LiROU, s. m., loriot, oiseau. Vend.,
Font. (C et P. D.)
Lisette , s. f., betterave. D.-S.,
Saint Aubin et Noirlieu. — Gesse sans
feuilles. (B.-F.) A'. Geargia.
Lit, s. m,, chartil. V., c. de l'Isle-
Jour. V. Charliou.
LiTREE, s f., bande, morceau d'é-
toffe, de papier, etc., lon^iue et étroiie:
« i m" seut emporté en passent lai tout
ine Mirée de ma blouse. » D -S. —
(B.-F.) — V. — Basse latinité-, litra ,
listra, limbus, ora. Hinc origo vocis,
llstre vel iitre apud nos vulgo usur-
patee pro Uturis nigris^ etc. (Duc.)
LiZAHDE, s. f., lézard gris. D.-S.,
arr. de Bress. et deParth. f. Grapielte.
LizE, s. f., argile, terre grasse. —
V. — D-S. — a Droit du sieur Du-
chilleau de prendre de la terre lizeel du
sable dans les bois de la seigneurie de
Vasies pour ses tuileries du Chilleau. »
(An. 1764. Manus. du Poitou.)
I LARDRE, Llerdrb (// mouillés)
|1. ai^dere], v n., allumer le feu, le faire
flamber : « thou fu n'ilerdre d'gir ; » ce
feu ne flambe guère. Vend. Sabl. et
Chaum.
Loche, s f., genre de vers mollus-
ques nus, semblables au limaçon terres-
tre, sans coqui le • gras coum* in'
loche,» se dit d'une personne très-grasse.
Dans tout le Poitou. — Patois du Berry.
— Français : « loche, » petit poisson de
rivière. — Noms de lieux : « Loche, »
LOR
17i
Asnois; « I ocheri(;(la!, » Héruges. (V.)
LociiÉ, ÉE, adj , très-^ros, Vendée.
(C. et P. D.)
LociiÉ (r. loche), v. n.. se dit des
récoltes mangées par les loches : « thiés
blés sanl tout loches. • (B.-F.) — Fran-
çais : « locher, » secouer.
LoDE (g. >.oû.îc;) , adj. des 2 genres,
lâche, lourd. fainéant, paresseux. (B.-F.)
— Basse latinité : « lurdus, spurcus,
impurus immundus vel polius stolidus
quomodo nos l onrdaut àïâmus. it[Duc.)
LoDKNAi (r. /o^é?), V. n., lambiner,
faire le paresseuï : a ihio drôle y n' fô
qu' lodenai. » (B.-F.)
I.ODiER, s. m., couverture delilfailo
de coton ou de laine piquée entre deux
toiles. V. — (C I ict gariiy d'un matel-
lalet lodier. n» (An. 1619. Wanuîc. du
Poitou.)
LoNDAE , LoNDAi, S. m., chcnêt.
Vend. (C. et P. D ) — D.-S., c. de Bres-
suire, pour « londai. » V. Lande.
LoNDiN, s. m., lisière pour soutenir
les enfants. D.-S., arr. de Bress. et de
Parth. F. Jecolle,
Long (i qui au, qui au),loc., ici, au-
près, lieu non éloigne. V. — D.-S.
Longe AU, de (1. longus), adj , long,
allongé, fluet : < quielle feille s'ré poué
mal , s'a n'avet la figure longeaude; »
cette fille serait assez bien si elle n'avait
pas la figure allongée. D.-S.
LoNGiÈRE, 3. f., essuie mains. —
« Deux bassins et deux longières pour
laver les mains en chapitre. «(An. 1500.
Manusc. du Poitou.)
I OQUE, s. f., gras-double. V., arr.
dePoit. et de Chat.
LoQUB. adj., imbécile, et s^adresse
plus particulièrement aux femmes. Vend
Sablais.
LoQUENCE (l. loquentia).s. f., voix,
parole : « avoir une bonne loquence, »
c'est avoir une vuix forte, claire et so-
noie. V. — D.-S. — Champagne.
Loquet [qu mouillés), s. m., trou-
peau de moutons : « t'as acheté tout in
loquet d'moutons, vesin.» D.-S.— ^B.-F.)
Loquet, s. m., c'est le mot français:
4 hoquet. » V. — D. S.
Loquetai, v. n., s'arrêter, rester
court. V. — D.-S-, arr. de Bress. et de
Parth. V. Hoquai.
Lorgne, adj. des deux genres, morne,
17(3
LOI
LLZ
tri>le,iibuUii, se dit des bèleset de?g«Mis.
I).-S., Hrr. do Pni IIilmuiv.
LoHi\. s m., criJcliiil dogoùiniil e(
fréquoiu. V., arr. de Chût V. Cia-
bant.
I.or. pr pers S" per>.,Ieur: a luu
pt^re. Ion mère. » V, — I).-S. — Vend ,
Miivant les lieux — Ardonnes , Marne.
— Gascon : « loii, > lui, le , « lous. »
les — Lan<:uedocien, limousin : t lou. i»
I.OUALN il. levnre , s. m , c'est le
substantif français : « levain. •• D.-S.,
arr. de Parlh
L011B4TAI et LOUBATIA. S. m., lou-
voleau. — Au fii^uro, un loub.ilia est
uno personne qui ne pense qu'à elle.
Patois limousin : •< loubolou. » — Pro-
vençal : « loubaloun. « Noms de lieux :
« LÔubautière (la). » Buxerolles : « Lou
balière la). » Benassais. (V.)
F^ouBE, s. f , morceau de bois fendu
pour maintenir le linge au séchoir. V.
— I).-S.
l.oîiBERiE. S. f., avarice: « qu'où
gars n'a qu' la loub'rie en tète. » V.,
arr. de Chat.
I oi;be. s. m., écorcede mil. Vendée.
(C. et P. D.)
î.olc-a-Barrai;d . !oc , ivrogne ,
gourmand. (fl.-F )
Loue i|. hcatin) , s. f., louage :
« aller a la loue, >» c'est se rendre dans
le lieu où se fait le louage? des journa-
liers et des domestiques. (V.)
I ouÈBE, s. f.» loutre. V., arr. de Ci-
vray. V. Leurre.
l'ouBiEB, s. m., lucarne. Vienne.
L0DGE4I r. loue), v. a. et pr., pren-
dre quelqu'un à son service, et se met-
tre au service de quelqu'un. V., arr.
de C'iv. — Provençal : « louga (se); que
vengué se louga, » (]u'il vint se louer.
— l^alois limousin : w lugar(se). »
LouB, pr. pers., leur. V — D.-S. —
Vi>nd.
LouvREs, S. m. pi., se dit du papier
brûlé , et plus particulièrement des
feuilles brûlées qui voltigent. D.-S., c.
Celles.
LiiBE, s. f , chandelier pour tenir la
chandelle de résine. Vend. Font. (C. et
P. D.)
Lucane, s f., raisin blanc. V., arr.
de Civ. — Français : a lucane, » genre
d'in?ecte coléoplère.
LuGRAi, V. n., être gluant, gras,
commencer à se corrompre. Vend.
(C. et P. D ) — D.-S. — (B.-F.)
LuGBANT, TR, adj.vorb., LL'GBEUX.
LuGBOU, SE, adj., gras, gluant. V. —
D.-S. Suivant les localités.
LuMAT (I. hmajr), s. m., limaçon.
Dans tout le Poitou.- Patois du Berry.
Luînotte-Jauinr, s. f., oiseau , le
bruant (B -F.i — Patois du Berry :
« linotte, p linotte.
LuQUE en», loc , se dit des chèvres en
chaleur. D.-S., c. de Bress. V. I-idoire.
LuRAU, subst. m., luron. Vend. —
Gusteau. — Patois limousin : « lura, •»
imbécile.
l-URE , s. f., manie. Vend. iC. et P.
D.)
Luzil. liu'iu.<;, s m., brochet : « pour
deux gros luz qui furent présentés au
receveur xxvi s. • ( An ia96. Manusc.
du Poitou.)
LuzET. s. m , va^'Ce sauvage. D.-S.,
arr. de Bress. — Berry : « luzet. »
M
Ma. pr. per. U«\>ers., moi. V. —
D..S —Vend., suivant les localités.
iMabi, e, adj., écrasé, affaibli : " Ma-
teluche é bin mabi de pi quiequ'
temps; - Mathurin est bien affaibli de-
puis quelque temps. V., arr. Châl.
M AELE ihl mouillés,, adj., faible,
nul, sans valeur.
« Voîux de pauvres g*'ns daux homme* le pu
[mable p
(Gust., p. 60.)
MAC
Mâche (a très-long), s. m., appétit;
être ou n'être pas en « mâche, » c'est
avoir ou n'avoir pas d'appétit. V. —
D.-S.
Mâche 'a frès-brefi, s. f. , bugrane
des champs, plante. V. — Vend — D.-S.
— Espèce de luzerne sauvage que l'on
rencontre dans certaines terres.
Machee (terrp), adj. f., se dit de la
terre battue par l'eau V., c. Isl.-Jour.,
Adriers. — Noms de lieux: « Machère
ni , grosse
MAG
(la),») Boiiri^-Archainbaud , Saulgé. (V.)
jMachele (maclilé), s.
dent. V., c. St-Sav.. Journé
Mâcher (a très-bref) \\. madart\ ,
V. a. et pr., meurtrir. V. — D -S. —
Vend. — Roman : « macar et machar, »
battre, frapper. — Gascon: a machuca. »
—Battre.
Machouiînai (r. mâchoire), v. a et
n., manger lentement avec dégoût V. —
D -S. , suivant li'S lieux. — iMariie :
• mâchonner, » manger sans appétit.
M.4CHURR [a bref), s. f. , contusion ,
meurtrissure. Dans tout le Poitou. —
Ancien français.
Maço\, s. m., oiseau , ainsi appelé
parce qu'il niche de préférence dans les
vieux murs. Gournay. (B.-F.) Onoma-
topée.
iMacrka, s. m , petit polisson. Vend.
Macreux, s. m., terrain. Vend. (C.
et P. D.)
îMadae, s. m., madrier. Vend. iC. et
P. D.j— Espagnol : « madera, » bois.
MADE,adj. des deux genr., s'applique
à la chair meurtrie et à toute boisson un
peu acide; < tan vaein s'ré bé bein ,
mai ol éd'muge qu' i'é in pouae made,
qu' vau tu qu i l' dise? » Ton vin serait
bien bon, mais c'est dommage qu'il
soit un peu acide, que veux-tu que je
te dise? I).-S., c. de Celles.
Madeube , adj. des deux genres^
lourd, pesant. (B -F.) — Roman : « ma-
deyra ou madeira, )> matière (Cit. B.-F.)
Madré (I. madère), adj. des 2 genr..
pain qui n'est pas bien cuit. V., arr.
Civ.— .Moite, humide. D.-S.— (B.-F.)—
Vase, coupe, s. f. : « item deux madrés
à pié d'argent. » (Manus.) — Ardennes,
Aube, INlorne : « madré, » vase de bois
veiné, ou d'agate, ou de marbre.
Magad, s. m., petit lait. V., arr.de
Chat. — Basse latinité : « mesga, j> sérum
laclis.
Magaudé, v. a , sucer du mauvais
lait. Se dit des enfants qui sont allaités
pendant une nouvelle grossesse. V.,arr.
Chat.
Maglot {gl mouillés), s. m., pain
qui n'est pasbien cuit. D.-S. V. iMadre.
MaglotOiNS, s. m. pi., petits gru-
meaux qui se forment dans la farine
quand on ne la délave pas avec soin.
D.-S.^ (B.-F.)
MAI
1 //
MaciNER, s. f., enfant nouveau-né :
« paiiie pequite magnée. » pauvre petit
enfant. V., arr. Civ'. — D.-8. —(B.-F.)
— Basse latinité: « niniriada , mais-
nada, etc., familia, quasi mansionata;
Italis. masiiadju ; mesnée, mesnies,
nu'igne, Gallicis. » (Duc.)— Patois limou-
sin : (I mognia. » — Languedocien :
« manil. » — Ardennes : « magnie, »»
assemblée, foule, suite.
Magotou, s. m., petits grumeaux
qui se forment dans la farine quand, en
l'employant avec du lait ou de l'eau, on
ne la délaye pas avec soin. V., c. de
risl-Jûur., Adriers. f^. Maglotons.
Magrk, adj., c'est le mot français
maigre. V., c. Isl.-.Iour., Luchapl.
iMai (très-long) |1 magh] , conj. ,
plus , davantage : « tan mai, » beau-
coup, plus ; « (an mai gl' o f ra, tan mai
i m' fach'ré ; » plus il le fera, plus je me
fâcherai. Dans tout le Poitou. — Gas-
con : « may, » davantage. — Saintonge.
— Provençal: a mai; n'acamparien bèn
mai ; o ils en amasseraient bien davan-
tage. — Patois limousin : « mai. » —
Patois du Berry : « mais, » plus; d'a-
bord, en premier lieu — Ancien fran-
çais : « mais. •
k Hat l'air qui n'en peut ra.iis. »
(La Fontaine, f ible du lion et Ju mouclicron.^
M.4i(I. w?^)[lon2;]. pr. pers. 1" pers.,
moi. V. —D.-S.— Vend. V. Ma.
Mai (brefi [1 wm/i/.s], s. m., aubé-
pine. Dans tout le Poitou. Onomatopée.
— Patois du Berrv. — Noms de lieux :
(t .Mai les), » Bellefonds. (V.)
Maie (1. me), pro. pers. i»"* pers ,
moi. V. — D.-S. — Vend. , suivant \qs>
lieux.
Maigristin (1. macer), adj., dimi-
nutif de maigre; légèrement maigre: se
prend aussi dans le sens de souffreteux.
D.-S. — 'B.-F.) — Français: « maigrelet, »
un peu maigre.
Mail (1. milium\, s. m., mil Pour le
manger , on le préparc ordinairement
au lait. Vend.
* or avoit in pot do mail qii' l'avant mangé les
[chats. »
(Gnst., p. 33.)
Noms de lieux : « Mail (le), » Migna-
loux-Beauvoir. (V.)
i
178
MAI
Maillée, s. f., meule de î^erbes
faite dans la cour d'une ferme. D.-S. —
V., arr. P., arr. Civ. — ^B -F.)
RIaillochai (r. maiUoche), v. a. et
pr,, donner des coups : « maillochai
quelqu'un, » le battre, le frapper comme
à coups (le mailloche ; « faire maillo
chai, » faire donner des coups. V.. arr.
de Poit. et de Civ.— D.-S , c. de Bress.,
arr. de Parth.
Mailloche , s. f. , diminutif do
maillée. Se dit des gerbes de blé ou de
foin entassées pour les garantir de la
pluie. V., arr. Civ. — D -S. — L'on dit à
celui que l'on taxe d'exagération ou de
mensonge : a ol é autant vré c' qu' lu
dit, coume le diable chie dos maillo-
ches. » (B.-F.)
Mailloche, s. f , maillet. V. — D.-S.
— Patois du Berry : « maloche, malotle,
maluche, » gros maillet a fendre le
bois.
Mailloche, ée , adj. , meurtri,
froissé; s'applique principalement aux
fruits : « quiés poires sant toutes mail-
locheies. » V. — D.-S. — Vend.
MaINGAILLÈRE, MONGAILLÈBEjS f.,
petite ouverture en forme d'entrée de
poche, qui est faite sur chaque côté des
jupons des femmes de la campagne, et
qui leur permet de pas-er la main pour
prendre les objets placés dans leurs
poches de dessous. V., arr. Civ. — D.-S.
-:b.-f.)
Mainzi, Minsi, s. f., feuilles d'orties
hachées avec de la mie de pain ou du
son pour nourrir les dindonneaux et les
oisons. (B.-F.)
M aisselle (1. maxilla)^ s. f., mâ-
choire, dents. V. — D.-S. « Item une
bouète d'argent... en laquelle est la
raaisselle de Monsieur sainct Pierre. » —
(An. 1469, arch. St Hil., n« 287 ) —
Roman : • maissella. ï — Aube, Marne :
€ maisselle, maixelle, » joue, visage.
Maisselier (r. mahscUé), s. m,,
grosse dent, dent molaire. V. — D.-S.—
(B.-F.|— Basse latinité : « maxellarii,
dentés. » (Duc.) — Provençal : « maisso,
a fa cruci ma maisso, » a fait grincer ma
mâchoire. — Ane. français : « maisse-
1ers, » dents.
Maithiaud, b (1. magistrr), adj.,
celui ou celle qui commande d'un air
impérieux, qui veut faire le maître. V.
MAX
— D.-S. — Ancien français : « maislne, »
morgue, fierté.
Malageai (1. maie, ngere), v. n.,
èire malade : a ail' é déjà corps ! a n'a
pou malageai lintemps. • Elle est déjà
morte; e'ie n'a pa> été longtemps ma-
lade. D.-S., c. de Bress. — Vend., Font.
(C. et P. D.)
M A l A I N A I , M A L A I ^ ss A T [ma le esse) ,
V. n., prendre de la peine, se fatiguer
pour gagner, travailler fort et beau-
coup : < y gagne ma vie, mais en malai-
nant. » (B.-F.) V.— D.-S. — Roman :
« malanan , » malade , malheureux ,
« malanensa , » maladie. — Patois du
Berry : « malaiser (se), « se gêner.
Malaiseté (malais'té) , s. f., priva-
tion, soiiiïrance. V., arr. Chat. — Basse
latinité : o malatalus, » qui maie habet.
(Duc.)
Malan (1. malum)^ s. m., toutes
sortes de plaies en général et principa-
lement ailles qui présentent de dange-
reux svmplômes. o 01 v a v' nu in malan
qui l' f ra bin souffrir.'» D.-S— (^ -F.)
INI aleg AELE (maie habilis) , adj.^
malhabile. Vend. (C. et P. D.)
« .Sévère ou malégable. »
(Gust., p. 99.)
Malegagne (mal'gagne), s. f., cor-
vée, prestations en nature. V. — INoms de
lieux : « Malligagnes, » Genouillé. (V.)
Malessoine, s. f., malaise :
« cr aga.s«it tant les hugueneau
> Que gle les mit en lualessoine. »
^B;ib.)
Maungé, v. a., mélanger : « i-z-ont
malingé tout, pouères et poumes; » ils
ont tout mêlé, poires et pommes. V.,
arr. de Chat.
Maltoutoub, s. m., maltotier.
« Lez maltoutours sont dégradez. »
(Cent. Poetv.)
Mancrot , TE i}. mancus)^ adj.,
manchot. Il est aussi pris substantive-
ment. V. — D.-S. — Patois limousin :
« manco, » gauche.
Mandeae, Mandrai, Mindbai (r.
mandre), v. n., diminuer. Vend. (Cet
P. D.j
Mandre et Mendrb (1. minor), adj.
MAQ
MAR
179
des deux genr. , moindre. V., arr. Civ.
— D.-S.
« Au maadre mot qu'on dit gle se montrant re-
fvesche.
(Bab., p. 46.)
f Et si y sera cette besoigno a aussi
petitz ou mendres frais et despens , et
plus senrement traitée. (An. I428,areli.
St-Hil Bourg, p. 9.) — Maindre: « le
maindre plus légier frais. » (14,'>0. Arch.
St-Hil. Egl., suppl. n° 3i.)'— Gascon :
« mendre. » — Patois du Limousin :
u mindré. » — Languedocien : « men-
dro, mendré. »
Mandrigobgne , s. f., bête fantas-
tique qui est supposée donner la pros-
périté. Celui qui prospère, la maison
qui s'enrichit a une mandrigorgne à sa
disposition. V.» c. Wontm.
Wanes, s. f. pi., insectes, les phry-
ganes. V.
Mangitions, s. f. plur., grattelleou
petite gale, démangeaison. D.-S. — (B.-
F.) y.'Gratelle.
Manifait [maie factus\ adj., con-
trefait. V.,arr. Poit. — D.-S.
Manigant, Menigant, adj verb.,
faible d'esprit, bateleur, faiseur de far-
ces. V., arr. Chat. — Basse latinité:
M.maniculare,(\o\\iin vel strophas exco-
gilare. Galli dicimus manigancer ,{d\ve
des manigances, quasi manibus ludifi-
care, uti agunt praestigiatores. » (Duc.)
Manivaule,s. f., fleur de farine, qui,
dans les moulins, vole autour de la
meule. D.-S., c. de Celles, c. de Chef-
Boutonne. (B.-F ) V. Auve.
Manjouèrr , s. f. (I. mancîucaj^e).
Crèche. V.— D.-S.
«I Naquu de la Verge ncère
>i Qui l'a mis dans une inanjouère. ■
(N. P., p. ai.)
Mann, s. f , main. Vend. Sabl. et
Chau.
Manoiai, Manopai (1. mamiari) ,
V. a., manier grossièrement, tripoter :
« tu n' finira pas de manoiai quieuqui. »
V. — D.-S. —Basse latinité: amanopera^
mannoperay manuum opéra. (Duc.) —
Marne : « manoier, » manier, frapper
des mains.
Maquerie (maq'rie) [1. macula], s.
f., crachat sale et dégoûtant. Vend.
V. Crabant.
Maquillage, s. m., arrangements,
projets ridicules ou impossibles; travail
fait sans soin et sans attention : « qu'est-
don que tliio maquillage? que fazé-v*
don ? t) Qu'est-ce donc que cet arrange-
ment? que faites-vous donc? D.-S. —
(B.-F.) — c. Bress.
Maran, adj. m., se dit des bêtes et
des gens, qui , malgré la bonne nourri-
ture, ne peuvent engraisser. V.
MaraiNne (b. I. marani) y s. m,
avare, grippe-sou, fesse-Mathieu. (B.-F.)
—Basse latinité: ■ marani^ » apud His-
panos Mauri appellari soient. (Duc.)
M aras (g. L».epo;), s. m., morceau, dé-
signe le plus ordinairement un petit es-
pace pris dans un plus grand : « ton blé
e-t-eil gelé, dis' Piarre? — 01 i en a
queuques p'tits marâs. » (B -F.)
Marau, s. m (b. 1. mara)y marais.
Vend., c. de Chalans — Basse latinité :
« mara, » palus, lacus, stagnum. (Duc.)
Maraud (I. yiias , maris) \a bref],
adj., terme de tendresse pour désigner
les enfants ; il signifie aussi enfant en
général. V. — D -S.
« D;uix marauds tondus queme daux œufs
» Chaatiant menus quem' daux cheveux. >»
(Chans. poit.)
Français: terme de mépris, coquin,
fripon, gueux.
Maraud, e, adj., s'applique aux ani-
maux qui engraissent difficilement.
D.-S —(B.-F.) y. Maran.
Mar.^ye, Marée {^.marcor), s. f.,
gangrène, pourriture provenant d'égra-
lignures qui s'enflamment et causent de
vives douleurs. Pour guérir ces plaies,
les paysans prennent une poignée de foin
légèrement humectée, la saupoudrent
de sel de cuisine, y mettent le feu et
exposent la partie malade à la fumée, et
c'est ce qu'ils appellent faire la maraye.
Les superstitieux portent sur eux du sel
de cuisine pour prévenir cette maladie.
D.-S. — (B.-F.;— V,, arr. Civ. —Basse la-
tinité : « marancia , « dolor qui concipi-
tur ex aliquo damno. — Ancien fran-
çais : « marance et maranche. »
Marcblot (l. merx, mercis), s. m.,
diminutif de mercier ; petit marchand.
« Robin le marcelot. »
(N. P., p. 145.)
Marcesche,s. f. ,1a fête de la N.-D,
180
MAR
MAR
de murs; de l'Aniionciation (25 nuirs).
— « Troys mailles de cenz redevable au
jour de la Marcesche. » (An. 1352
IS'oyers, m an use )
Mabcii\is, s. m., lac. mare, étang.
V. — D-S. D'après l'abbé Roii.-soau ,
c'est encore un terrain vague au finage
de deux territoires, et où depuis se sont
établies des habitations qui en ont pris le
nom. Nous pensons au contraire que
ces habitations ont été ainsi nommées
parce qu'elles ont étéétabliesauprèsd'un
T)m)r/iais. Nous en citerons pour exem*
pie la maison de Marchais-!e Rond, au-
trefois prieuré, aujourd hui maison de
garde dans la forêt de la Guerche (com-
mune de St-Remi-.^ur-Creuse), et bâtie
auprès d'un marchais — iManusc. du
Poitou — Roman : « marex. •> — Il y a
plusieurs lieux appelés « Marchais »
dans le département de la Vienne.
M\RCHAfJCIE, I\UbCHAUSSÉE, S. f.,
cour, rez-iJc-chaussée. f 1339, I4.i0, Châ-
lelleraud}. — |1-II0, 1439, Poitiers, ma-
uusc )
M.\RE, s m , les plus grosses bran-
ches des gros arbres : « et dons thio
mare tout seul tu trouvVas c' qu'o f
faut ; p et dans cet e grosse branche
seule tu trouveras ce qu'il te faut. —
Branches a.-sez grosses pour faire du
« marriau, •> [merrain] (B-F ) — V.,arr.
Civr. — D.-S.. arr. de Melle el de Bress.
^a Patois du Berry : mare, » arbre.
Mabe. s. f., houe. V., Chat.
M ABÉ, V. a., se servirde la mûre. V.,
Chat.
Marbau (b. 1. niarellus), s. m,, lot
de bois, portion de bois ()rise dans uu
plus grand, les coupes de bois sont di-
visées, assez ordinairenieni , par ma-
reaux, soit pour les vendre en détail ,
soit pour les exploiter. Vienne. — Ma
rellus : morceau de terre. (An. l'-;79.
St-Benoît. Savigné, manusc. du Poitou.)
Maréchal, s. m., rossignol des mu-
railles. (D -.S.)
Marér,s. f.,bac. V., arr.de Montrn ,
dans plusieurs communes.
Mabelé 'mar'léi [r. mareaii], v a.,
diviser une coupe de bois en plusieurs
mare^ux. Vienne.
Mareux (r. wd/T), adj., celui qui
mare. V., arr. Chàl.
ÎMarfin, s. m , tas. quantité. V ,
arr. Civ. I/on dit aussi « mallin. »
« De (oui In mnrfin d'aiiiciit fou. »
(Uast., p. 34 I.)
Margagne , Mabgagnour , s. m.
■V. mal , gngne\ mauvais ouvrier , do-
mestique, journalier, qui ne sait pas
travailler, faire ce qu'on lui commande;
qui gâte l'ouvrage : « ol é in margagne.»
(B.-F.)— D-S., àrr. de Melle.— V., arr.
de Civ. pour « margagnotir. »
Mabgagïné r. marfjngne)^ v. a.,
faire mal un ouvrage , im travail :
'< qu'é-to qu' vous m'avez mar^^agné
lai t (!i>('z m' don, vous autres; n'est-ou
pas du bén fé? » — (B -F.) — Faire de
mauvaise besogne parce que le terrain
est himiide. D -S., c. de Celles.
Makgouillai. v. a., faire un ou-
vrage agricole par la pluie , dans une
boue liquide et grasse. tB.-F.) — V., arr,
Civ. — D.-S., arr. de Melle et de Bress.
— Marne : « margouilier, » salir.
Margouillage, s. m., ouvrage fait
par un mauvais temps ou dans un ter-
rain bourbeux. Se dit en général de
toutes choses sales et dégoûtantes. —
Français : « margouillis, » gâchis plein
d'ordures.
Margoulette fl. mafa gula)^ s f.,
mâchoire el principalement bouche mal
faite. Vienne. — Marne : « margou-
lelte. ))
SMargoyiI. 7)wrs,Deus), mler'}.^ eu-
phémisme de morguleu.
« Mais q'iielay qui les fant ne sont margoy Jà
[bêtes. K
CGU'^t., p. S7.)
îMariaud, k (1. maritxis), adj Jeune
garçon ou jeune fille parvenus à làge de
puberté , bons à marier : « v'Ia ton
gars mariaud, Fanchette! » Voici ton
fils bon à marier, Françoise! D.-S. —
(B.-F.)— Vienne.
Mariaudat (r. mariaud)^ v. a. et
pp., marier, se marier. Vienne.
« C'est donc aneut mon tour
» D'y être inariaudale. n
(Chans. poil.)
Marjoa, s. m., marié : « que quoué
qui pa-.«e? — qu'élou marida ? » — V.,
c. de l'l>l.-Jour. — I\Uois du Limou-in :
« niorifla. »
)
MAR
Mahida, V. î). ot 11., marier, se ma-
l'ier : « vau tu te inarida? » veux-lii le
marier? V^, c. Isi.-Jour., Ltichapt. —
— Patois limousin' : a moridar. »
Mabidade (r. marida), s. T., mariée.
V., c. Ifel.-Jour., I.uchapt.
Maridagé (r. niaridu), s m., ma-
liai^e. V., c. Isl.-Jour. , [.ucliapt. —
Patois limousin : « moridage. » — Cas
cun : « maridatge. »
Mahiennaë, Mariennai, Merien-
NAI (r. mariennaie). v. n., prendre du
lepos dans l'après-midi : « i se las, i vé
mariennai in p'tit; » je suis las, je vais
dormir un peu. V. — D.-S. — Ven(]. —
Sa in longe : « meuriéncr. »
M A R j E N N A I E ( 1 . m eridies) , s . f . ^
l'après-midi. Faire la « mariannaie, »
c'est se reposer. L'on dit des brebis
qu'elles fout une longue « maricnnaie, »
quand l'iles restent longlemps à i'élable.
\ .— D.-S — Vend., suivant 'es lieux.
« I m' scut Irot amusaie
» Avoc mon b-rgiT Colin
» Tout' la mariennaie. »
(Cbans. poilv.)
Ro-man : « meriana , » l'après-midi :
« quan le roi ac mangea, dort me-
riana. »
îMarienne, Mehienne. V. le pré
céd. V. — D.-S., suivaiit les lieux — On
appelle aussi « met iennes » les bluetles
occasionnées par le soleil : « les mé-
riennes m'éberlulant les ails. » V., arr.
Poit , Civ. — Basse latinité : « meri-
diana, somnus meridianus. — Meridiance
incipiebant in dominica ramis palma-
rum, ut est in consuetudinibus Floriac,
[). 3'J6, a die iduum maiarum u-que in
diera iduum seplembrium. (Duc.) —
Ancien français: a. mérienne; et en esté,
en temps de la mérienne, soient les hus
de le parleur et de la gardein, et les
fenestres devers la cuisine clos, et ne
soient pas ouvert tans que houme soune
a honre de Noune qui sera chantée
après la mérienne. » (Cit. Duc.) — Sain-
tonge : « meurienne. » — Ardennes :
« mérienne, » sommeil de midi. — Pa-
tois du Berry : « meyenne , d méri-
dienne. — Français : « méridienne. »
Mariounetat (marioun'tai). v. a. et
Ti., manger entre les r?pas. V. , arr.
Civ.
MAU
181
Mauivaulai (r. niarioaule), v. a.,
faire de la martvaule. F.ca mot. D.-S.,
c. de Beauvoir et de Bress.
Marivaule, s f., fleur de farine
qui, dans les moulins, vole autour des
meules. D.-S., arr. de Bress. et de
Part h.
iMAnivoLE,s. f., insecte, coccinelle,
bètc-3-Dieu. D.-S., c. Bress — Patois du
Berry : w mari vole, » bète-a-bon-Dieu.
M ARME (I. mea anima), inlerj. affir-
mative, explétive et approbalive : par
mon âme ! sur mon àme I « i faut bé
quiau fas<e, m'arme! pisque persoune
vaut faire. » V. — D.-S.
« Manne ! o n'en fui jamais un tau. »
(N. P., p. 13.)
« Marme ! igl estait si poly. »
(Rob. Uiv., p. 89.;
Don Font. : « por le salut de marme. »
(An. 1208, t. XXV, p a05.)-Rabelais :
« marmes!cesle-ci n'estmie lamienne. »
(Prol. nouv., p. 2<)8.)
Marmigeoune , s. f., râ'e perlé,
oi.^eau Vend , Font. (C. et P. D.)
IMaRMIiRaI et MARMUSÉfg. ac3a'j3î'.v),
y. a., murmurer, se prend prèsque'tou-
jours en mauvaise part : « on marmuse
bai daux chouses su san cample. » Dans
tout le Poitou. — Patois du Limousin :
• marmuzar. » — Ardennes, Marne :
i marmonner. » — I acombe : « mar-
mul, murmure, bruit.
Marmouette, s. f., marionnette :
« Son feil vet aa moi.ton jouer do mannouette. »
(Bab.)
Marochon,s. m , diminutif de mare.
Vend. (C. et P. D.) — Petite houe. (Ra-
belais.)
Marocho\-de-Chein,s m., plante,
le lesticule du chien , plante de la fa-
mille des orchis. (B -F.)
Marote (banc à), s. m., espèce de
banc muni d'un crochet formé d'un
morceau de bois qui a l'apparence d'une
grosse tète qui appuie sur une planche.
Il sert à tenir ce que l'on veut travailler
avec le couteau-parour ou la plaine.
!B..F.)
Maroton , s. m. , agglomération de
farine dans la bouillie, de pain dans la
soupe. V. — D.-S.
i82
MAT
MIROTON, S. m., hiilbrnn, canard
sauvage (B.-F.)
Martagot, s. m., bando de nuages
qui paraissent le soir à l'horizon du
côté de l'Ouest. C'est ordinairement un
signe précurseur de la pluie pour le len-
demain. D. -S. -(B.-F.)
Martouri, Martri, e, adj., meur-
tri. Y., arr. Civ. — Vend. {C. et P. D.)
— D.-S. — Roman : « marturiar. »
Mas, conj., mais, suivant les loca-
lités. V. Mai. Coutume de Charroux :
« li quau ne valent mas x6G sols de la
monnoye courable. » (Art. 28.) — Patois
du Limousin : « ma. »
Massugeon, adj. masc. et subst.,
épais, lourd. V., arr. Poit. Noms de
lieux : « Massugeon, » St-Rémi-en-
Montm.
Mataie (1. matutinus),s.m., matin :
« i é été à mataie, m' proum'ni ;» je suis
allé ce matin me promener. V., arr.
Poit., c. de Mirebeau.
Matayon, s. m., petit grumeau qui
se trouve dans la farine, quand, en l'em-
plovant avec du lait ou de l'eau, on ne
la délave pas avec soin. D.-S., arr. de
Melle.— (B.-F.)
Matb, s. m., ma, Irès-Iong , ag-
glomération de farine dans la bouillie,
de pain dans la soupe V. — D.-S. —
Adj. des deux genr., mou, molasse,
flétri : « quiés fruls sont mates. » Dans
tout le Poitou. — Roman: « matar, »
frapper. — Français: « mater, t morti-
fier, dompter.
Maton, s. m., agglomération de fa-
rine dans le lait, de pain dans la soupe.
Vend. (C. et P. D.) — Aube : a mallon. »
Saintonge : « maton. » — Ancien fran-
çais : lait caillé : a il n'est si bonne
viande que matons. » (M Jus du pèle-
rin, p. lOO.)
Ma-tou, Ioc. , moi aussi. V.— D.-S.,
suivant les lieux.
Matelot, s. m., bœuf qui a les cor-
nes droites et inclinées sur le cou. V.—
D.-S. — Vend. , suivant les lieux.
f". Calau.
Matrouille (r. mate), s. f., terme
de mépris; fainéant. — Par extension ,
celui ou celle qui parle avec difficulté.
V.— D.-S.— Vend.
Mateoi iLLEAi, V. B et n., mâcher
M.\U
lenlemont et avec dégoût. V. — D.-S. —
V. .Machouinai.
Mau (1. juanus), s. f., main. V., c.
Montm., St-Kemi, c. de l'Isl.-Jour. —
Languedocien : « man. >> — Patois li-
mousin : « ma. »>
Mau |1. malum) , s. m., mal : « i' é
d'au mauàla mau. » V. — D.-S.— Vend.,
suivant les lieux. — Roman et patois du
Berry : « mau. » — Languedocien :
« maou T) — Patois limousin : « mau. »
Mau (à de-), Ioc, ressentir la priva-
tion d une chose dont on a joui. L'on
dit d'un enfant que l'on a sevré : « sa
nourrice li s'ra bene à-de-mau. » V., c.
de Monte, et de Mirebeau, arr. de Civ. —
D.-S.. Chatillon. — Vend.— Aube : « il
m'est en mau, » cela m'ennuie, je m'en-
nuie.
Maubian. s. m., mal blanc; le piétin,
vice de la sécrétion cornée du pied des
moutons; maladie contagieuse. D.-S. —
(B.-F.)
Mau-chaud (1. malum , calor) , s.
m , toutes les maladies en général pen-
dant lesquelles le malade se trouve
comme dans un grand feu. D.-S. —
(B.-F.)— V., arr. Civ.
Mau-content (I. maie, contentns),
s. m., mécontent :« m' n'houme é tout-à-
fait mau-content. » V.— D.-S. — Proven-
çal : " maucountént.
Mau-fasant (1. maie factens) ^ adj.
verb , malfaisant. V. — D.-S. — Basse
latinité : < mis/acere, misfactum, mes-
faire. » (Duc.) — Provençal : « maufa-
fau, » artisan du mal. — Patois limou-
sin ; « maufotour. o
Mau-fat, e, adj., mal fait, contref<fit.
V.--D -S. V. Manifait.
« Totraaiifat qui avet la toux. »
(Gcnt. Poetv.)
Patois limousin : « maoufa. »
Maufinai, v. n., languir, souffrir en
languissant : a quiau pouvre Jouset i
n'a pou maufinai: » ce pauvre Joseph
n'a pas langui dans sa maladie; il est
mort promplement. (B.-F.)
Maugré, prép , malgré : « maugré
nous. » V. — D.-S. — Provençal : « mau-
grat ; li mort maugrat lou sourne barri; •>
les morts malgré le sombre rempart. —
Besançon : « maugra. » — Patois du
Berry : « maugré, » — Languedocien :
MAU
« maoïjgré. » — 1 imousin : « moiigra. »
— Clément Marol :
a Et nous laissons noaulgré nous
» Les doulx champs de nos pays, c
Mauguière, s. f , partie basse d'un
champ où Teau séjourne faule d'écoule-
ment suffisant. V.^ c. Isl.-Jour. — Noms
de lieux : « Mauger, i>St-Légerde Monl-
brilluis : « ^langue, Mauguet. » Vivône,
Marnay. (V.)
Maunai , Mauni (1. molinarlus)^ s.
m., meunier. V. — i).-S , suivant les
lieux; St-Remi , près iMonlm., pour
« mauni. »
Malpatient i\. maie, pcifien.s), s.
m., mal patient, impatient. V. — D.-S.
iMaupitou, ouse, adj., colérique,
turbulent. (B.-F.)
Maurau et MouRAU, s. m , muse-
lière de corde ou de viodies que l'on
«lonne aux animaux lorsqu'on les mène
au pacage, au labour, auprès d'un blé,
d'un pré. V., arr. de Poit. et de Civ. —
D.-S. — « Moreau, » espèce de cabas de
corde ou de jonc, dans lequel on met du
foin afin que les mulets puissent manger
en marchant. (Trévoux.) — l,es char-
bonniers se servent encore de nos jours
d'un petit sac pour le même usage,
mais ils n'y mettent que de l'avoine.
— Ancien français : «moure, » museau,
grouin.
Mauraudai, Mouratjdai (r mau-
rau), V. a., mettre le mar.rau. V.,arr.
Civ. — D.-S. : « emmouraudai » est plus
usité.
Maussaie, s. m., fraisier. D -S. —
(B.-F.)
Mausse, s. f., fraise. D.-S.— (B.-F.)
Mautemps [mainm, tempus) s. m.,
mauvais temps : « 1' maulemps dur'
mai, quielte année, qu' le beau. » V. —
D.-S. — Provençal : «mauléms; i téms
que sian , mautèms ; » aux temps où
nous sommes, temps mauvais.
Madvelance (I. malevolentia], s.
f , malveillance. D.-S. — V. Dans quel-
ques endroits on dit : • malvoulance, »
et « mauvenance » dans les arrond. de
Melle et de Civ. — Roman : u malvo-
lensa. » — Ancien catalan : « malvo-
lença. » — Espagnol et port. : « malvo-
lencia. • — Ital. : « malevolenza. — An-
glais : a malévolence. »
MEJ
183
Mazuraud, s. m., masure, vieille
maison. D.-S — « iMaison avec appen-
tif; mazuraultet houche. » (Manusc.)
« Pre trcchai Jr» vremtne
» Au long daux mazurraux. »
(Guillery, p. 38.)
MÉ, pr. pers., ff" pers., moi, suivant
les lieux.— « Mé (dans), » adv,, milieu,
parmi. Vend. (C. et P. D.) — Gascon,
Languedocien, Limousin, Berry.
MÉcÉLÉ, s. m., grosse dent. V. —
D.-S.— Vend. — r. Machelé.
MÈCHE, adj f., se dit d'une vache
lorsqu'une de ses tétines ne donne pas
de lait. Vend., Font. (C. et P. D.)
Megau, Mégo, Mécu, Mégue, s.
m., petit lait. V. — D.-S.— Vend., sui-
vant les lieux. — Sanscrit : « mal » ou
« mant'agfer, » battre à beurre. (Pictet.)
— Erse : « meaget meng, » petit lait. —
Irlandais : « meadhg. » — Marne :
mégue, mégui, me.-gue. » — Lacombe :
« mé«:ue »
Meigné, s. m., meunier. D.-S., c. de
Bress. V. Maunai.
iMeil, s. m., mil. D. S., c. de Bress.
V. Mail. — Gascon : « mel. »
Mril, adj., mieux. Vend. — D.-S. —
« Melz. » (Chanson de Roland.) — Pa-
tois limousin : « miég. »
Mkille, s. m., pis de vache. — Au
figuré, grosse et vilaine femme. Vend.
(C. et P. D.)
Meillou , Meillour (1. melior),
adj., meilleur. V., arr. Civ. — D.-S. —
Vend. — Limousin : « meillou. — Lan-
guedocien : « millou. »
Meinage et MofNAGE (b. 1. malna-
gium), s. m., enfant : « a tu daux mei-
nages? — 1 en é bé deux ou tras. » As-
tu des enfants? — J'en ai bien deux ou
trois. V., arr. Civ. — D.-S., arr. Mel. —
« Maignagium ;n tria sextaria siliginis
percipienda super maygnagio ipsius
Aymerici. (An. 1264. Charroux, ma-
nusc. du Poitou.) — Gascon : <i may-
natge. >
Meinagé, s. m., V. le précéd. —
« Mou meinagé s'en é ana; » mon fils
est parti. V., c. de l'Isl.-Jour. — Patois
du Limousin.
Mejor, s. m , milieu du jour. Vend.
(C. et P. D.) — Gascon : c metjour, »
184
MEL
midi. — Pnlois du Limou-in : « nieijou
l't miezjour.
IMÈLE {)ne<p't/um), s. f., nèfle. V. —
D -S. — Vend. — Mayenne, Berry Aube,
Miirne , Saintonge. — Rabelais : « fut
certaine année si (rès-ferlile en tous
fruiets. .. et singulièrement en mesie
qu'on rappela de toute mémoire l'amure
des grosses mesles. • (Rab. , 1. 2*^, c. 1*='.)
MÊLÉ et MÈLiF.u, s. m., néllier. V.
D.-S. — Veni. — S.iintonge, Berry. —
Noms de lieux : < Mellié (le), » iMon-
treuil-Bonnin, Vouillé. (V )
Mêle, ée (m'ié), adj., séché au soleil
ou au feu; « prunes, cerises mlées. >
— Par extension , ridé, desséché. Dans
tout le Poitou. — Saintonge.
Mêle et faire Mêle, v. n., faire sé-
cher , et par extension, se dessécher,
maigrir. Dans tout le Poitou. — Sain-
longe.
iMeleisgeae((/ aspiré). s. m., ouvrier
en moulins. D.-S., arr. de Melle et de
Niort.
Meleinge (^ aspiré), s, m, tout ce
qui sert à moudre le blé : « Jacquet
Tciiinquailel a fé r'fair' tout san me-
leinge à nu. » D.-S., arr. de Melle et de
Niort.
MÈLi MÈLOT, loc, pêle-môle : « ol é
tout mèli-mêlot. » V. — D. S. — Besan-
çon : i molin-molot. »
Mblinge, s. m., mélangi^ de paill(^ et
de foin, de regain et de balles que Ton
donne aux bestiaux. D.-S., c. deBress.
et Gâtine.
Melon (mVo/;), s. m., taon: toute
e.spèce de mouches qui f.iit du bruit en
volant. Vend Font. (C. et P. D.)
Melons (faire dauxl, loc, s'appli^juo
aux fruits, aux herbes, aux légumes
qu'un vent brûlant (le ve:U du midi) a
desséchés : « l' vent a fé daux m'Ioas
dons man jardrin. » V. — D.-S.
MÈLOT, (le t sonne dans quelques
contrées), s m., mélange de paille et de
foin, de regain et de balles que l'on
donne nux bestiaux Par ex'ension tout
ce qui est mélangé. V. — D.-S. —
V. Mélinge.
Melouai, s. m. et adj,, séché au so-
leil ou au feu. V. - D.-S. V. Mêlé.
.Melolr. Melouair, Meloué, Mel-
loir {fTilouairj^s. m., claie pour faire
cuire les fruits au four. D.-S. — V. —
ME.N
Vend. — Suivant les lieux. — (• Item
trois melloirs. » (\n. 109 4. Manus. «lu
Poiïou I
Mk.lounai (M'lounai) |r. î)ie/on] ,
littéralement imiter avec sa voix le bruit
du nif!on(i\u taon); onomaloi)ée. (.han-
ter à demi-voix , parler sourlemenl.
Vend.. Font. (C. et P. D )— Causer
entre les dents , sans cesse, à propos de
rien. D -S — (B.-F.j
MiMBRur, s. m., madrier dont on
se sert pour faire une cloison. V , arr.
de fiv. — D -S , arr. de Melle.— (B -F.)
Ménetrée.s. f , salaire du ménétrier.
(Oust.) — Vend. — « Faire payer la
ménéirée, » correspond à I expression,
faire payer les violons — Basse latinité :
<i menesfral/us, » ménestrel, autrefois
joueur d'instruments. (Duc.)
Mknettr, s. f. . petite main. V. —
D.-S. — I anguedocien : a manéta. »
— Provençal : « menoto; de si menoto
misfoulino , » de ses petites mains
Ûuetles.
Menrtte, s. f. , fille ou femme dévole.
V. — D.-S.
Meniclk {cl mouillés^, s. f. , bou-
tique, se dit en mauvaise purt.
« Qui sert o d'y chercher \o trente-unième .irtirle
« Qui fait le fondement de toute la incnicle. »
(B-ih., p. 7.)
Menillou (M'mllou) , alj. m.,
celui qui s'occupe à des bagatelles. —
Par extension, soigneux ; et encore , un
pauvre, un mendiant. V.
Menesske, s. f, terme de mépris,
femme ou (ille peu riche qui affecte des
airs de 2randeur ridicules. V., arr. Chà-
tellerault.
Menoiue, s. f, petit joug, dont on se
sert pour conduire, mener les bœufs à
la foire, et qui ne pourrait servir au la-
bourage. V., arr. de Chat.
Menoire. s. f , réorte ou chaîne en
fer. V.. arr. Chat. V. Couère.
Memjzb,s. f., petit poisson. — « Droit
de pescher a petis poissons appelés me-
nuzes. j (An. 1485, 1526, Vouillé. Ma-
nuscrit du Poitou.)
MÉQUEGNON (meq'snon) , s. m ,
petit coffre a couvercle adapté à une
table à manger, où l'on met le pain et
les restes du repas V., arr. de Poit.
Mensonge, s. m , morceau, de pa-
MER
pierou d'étoffe sur lequel on commence
un pelolon de fil. V. — D.-S.
!Mentrie(1. me7ifiri),s. f., mensonge.
V. — D.-S. — Vend. — Patois du
Bcrry , Haule-Marne : « mente. »
iMÈRCÉet Mercelot, s. m., mar-
chand col porteur, marchand mercier.
V., arr. Chat., Poit., Civ. — D -S., c.
de Rress. — Vend. (C. et P. D.)
Mebcédé (la), loc, la morci-Dicu.
« La mercéclé le puplc dit. »
(Genl. Poetv.)
Mbrdé, loc, par ma foi, mort Dieu :
« Netre bon ré, mcrdé ! fat ra^e. »
(Gent. Poeu.)
— Rabelais : « par la merdé , c'est un
luiin ou un diable, ainsi desguisé. »
(L. le--, c. 55.)
MÈRE, adv. , assurément , certaine-
ment, oui. Vend.
• Las tu vu de bay prez? More, ol o faut bay crère.»
(Gust., p. ol.)
Mère, s. f., arrière-faix, t. de méde-
cine. Dans l'arrondissement de Civray
et dans plusieurs autres communes de
la Vienne, pour délivrer promptemenl
de la mère les femmes ou les femelles
d'animaux , on leur fait manger un
morceau de la galet te-de'naii. F. ce
mot.
Merèle (m'rèle), s. f.,ncne. Sauzé-
Vaussais; il y a la foire aux m'rèles qui
se tient le 19 novembre.
MÉRÈLiER (M'relier), S. m., néflier.
V., arr. Civ. — Vi.-^.^ arr. de Melle.
V. iMêlier.
Mergis , s. m. pi., ruines, démoli-
tions. V., arr. de Chat. — Besancon :
« iMourgie. » — Haute-Marne : « mer-
gey, » las de pierres.
AlÉRissB, s. f , sorle de pâtisserie
légère. Vend., c deChalans. F. Agiise
Merl\idia, s. m., petit merle:
< Pâques haut ou bas. i a trejou daux
merlaudias. » D.-S., Chàlillon.— Noms
de lieux : « Merlanderie (la), » Château-
Garnier ; « Merlaudière (la), » Antigny.
(V.)
Merlet (poil), adj., châtain foncé;
se dit des bœufs et des vaches. Dans
tout le Poitou. — Manus. du Poitou.
ÏXXll.
MET
185
Merlicoton, s. m., brugnon^ petite
pêche dont la chair est adhérente au
noyau. — V. — D.-S. — (B.-F.) Y.
Berlicoton.
Mersaule, s. m., plante. V., c. de
Monte, y . Amersaule. — « Ormes ,
fresnes , saulles, mersaulles, vergues et
autres natures fie bois qui sont sur la
solleetglacisdes prés Bazin.» (An. 1702.
Ligugé. Manuscrit.)
Meslts, s. m., bureau, grosse étoffe
de laine rou.-;e ; « femme vêtue d'une
colt(ule bureau autrement appelé mes-
lis. » (An. 1515. Saint-Benoît. Manus.
du Poitou.)
Messi, Minssée, s. f., herbes et
principalement orties mélangées avec du
S'On que l'on donne en nourriture aux
oisonselaux dindonneaux. V., arr. de
Chat. y. .Mainzi.
Met(1. mactra], s. f., huche où l'on
pétrit le pain ; pétrin. Dans tout le Poi-
tou : « INetre met n'a pas de farine. » —
« -Maiet, « pétrin : « en la paneterie une
maiet fermant couvercle.» (An 1473,
Faye-Monjault. INlanus. du Poilou.) —
Rabelais : « et croissait comme pâte
dans la met. -» Patois du Berry : « met. »
Ancien français : « mais, maye, maict,
mect. »
Métaie, s. f., moitié. (B.-F.)
MÉTAS ou Méiay, s. m., métayer.
Suivant les lieux.
« Gle songeant à faire exécufay
a Laux métas pre pouToy joiiay. »
(Gust., p. 38.)
MÉTiVAi ir.7nétive)^\. a., moisson'
ner. V. —D.-S. —Vend.
MÉTIVE (I. metere)^ s. f., moisson.
V. - D.-S. - Vend.
€ Je n'ay poingi de rcpoué du depuis les nnouë-
[tlve*. »]
[Am. de Col., p. f •]
— Manusc. du Poitou : « mestiva, »
redevance en blé (1181.) — Basse lati-
nité : « mestùm , mestivag'ium, » —
Bas-Breton : « medi , «moissonner:
4 medel, d moissonneur. (Cit. B.-F.)
IMÉTIVEUR, MeTIVEUX, EDSE, MÉTI-
vier, ère, Metivour, ouse, adj.,
moissonneur. V. — D.-S, — Vend., sui-
186
M[D
vant les localités. — Mayenne : a mesli-
vier. » — Rom. de Huon de Merg :
« Si ay trouvé nuciin e«Di
• Apr^ la main as tuc^tlviers. »
î^ïÉTOU, MÉTOUT, ioc, moi aussi. V.
-D.-S.
MÉTUBB (1. })ux(ui'a , s. f., moulure,
mélange de grains pour faire du pain.
— Seigle et orge. — Trois quarts de ^eigle
cl un quart de baillarge. An. 1488. —
P'roment et orge. (An. 1728, Vivône,
manusc. du Poitou.) — « Modure. »
(An. 1378.) — « Moduranqia. » An.
1313 )
IMeu, adj. des deux genr., mieux. V.
— D.-S. F. IMeil. — Sainlonge — Ancien
français.
îMeug n k, Mugne (g. u-'jî'.v), s. f. , moue.
V. — D.-S. — Vend. Se dit aussi dans
l'arrondissement de Melle des chevaux
et des mules qui relèvent leur tête en
faisant voir leurs dents. — Sanscrit :
« mauna , » silence. fPictet ) — Cym-
rique : « monyn, » un individu morose,
sombre. (Piclet.)
Meuil , s. m., mulet, poisson de
mer. Vend. (C. et P. D.) — ISluglhe :
« pour poisson qui fut présenté à noz
seigneurs les présidents le viii^ jour
d'oc'obre pour muglhes xxiii s
1111 d. D (An. 1 396, manu?c. du Poitou.)
!Mei:>e, s. m., meunier. V. — D.-S.,
suivant les lieux. V. Maunai.
Mi (dans), loc, milieu, parmi.
V. « mé (dans). »
« Qu'ol est itau marqué dans my l'apornlice. »
(B..b.}
MiAU, s. m.^mil. Vend. (C. et P. D.)
/'. Mail.
MiAU, s. m., miel. D.-S., arr. de
Melle.
u Le saTont que le miau don les bournais se
[sacque. »
(Cil. B.-F,;
— Provençal : a mfou. b
MiDOLLE>T, TE [\. nv,dolens), adj.,
nonchalant, langoureux : € n'fé don
poué lonl tan midoulont , on' te va
poué; » ne fait donc pas tant ton lan-
goureux , cà ne te va pas. V., arr. de
Pûii. et de'Civ.
MU
MiEjEU, MiEJOUR, s. m., midi, le
milieu du jour. D.-S., arr. de Bress. et
de Parlh. — \'., arr. de Civ., pour
« miejour. » — Provençal : « micjour,
li niagnan à miejour. d
Ml EUR, adj., mieux : « ta fennée é-
f-alle mieur? » V., c. de llsl.-Jour.
V. Mdl.
MiGAiLLÈRE, s. f., petite ouverlurB
en forme d'entrée de poche qui est faite
sur chaqiie côté des jupons des femmes
(le la cainpagnie, et qui leur permet de
passer la main pour prendre les objets
placés dans leurs poches de des-ous.
D.-S., c. de Bre.«^s.— Vend. (C. et P. D.)
MiGE (1. mica), s. f , miette. Vend.
(C. et P. D.)— V. arr. Civ. : « ni frique,
nimige,» rien du tout. — Basse latinité :
viiga. » (Duc.) — Ancien français :
« mie. »
MiGÉ, MigIjMig'eot, Migni, s. m.,
pain émietlé dans du lait, du vin ou de
la boi?son : » fé dau niigé, femme; i
m' sont r cœur fade, o m' remettra ; »
fais du migé, femme, je me sens le cœur
mal à l'aise, çà me fera du bien. V. —
D.-S. — Vend., suivant les lieux. — Pa-
tois du Berry : « mijot. »
M ION AI, V. a., manger. V. — D.-S.
MlG^OTAI, V. a., manger du bout des
dents, avec répugnance : « gne minge
poué.ouelle,gne féqu' mignotai. » V. —
D.-S. — Français : « mignoler, « dorlo-
ter, caresser doucement.
MiGODELLE , s. f. , cau emmiellée,
riK^ultat du lavage des divers iu.^tru-
ments qui ont servi h la manipulation
du miel. D.-S., c de Thénezai et de
Paith. V. Berdagon.
MiGORÉE, s. f., grande troupe : « ail'
a tout' ine migorée de drôles, » dit-on
d'une femme qui a beaucoup d'enfants.
(B.-F.)
Migrai, v. n. et pr., pester, avoir du
dépit. Dans le sens de pester, il ne
s'emploie guère que précédé du verbe
faire. V. — D.-S. (le mot est très-usité à
Bordeaux, surtout parles revendeuses:
« mes petites pratiqua (disent les mar-
chandes d'œufs), voulez-vous de ma
boutiqua; faites-vous de l'amolette
au jamban, c'est bien ban, j' les vends
qu' neuf sous, pour faire migrai les au-
tres. »
.MijouNÉ, s. m., repas que l'on fait à
M 10
midi, à la mi-journée. D.-S., arr. de
iMelle. (Barot.)
IMiJOUTAT , V. n., goûter, faire une
collation au milieu du jour. U.-S., arr.
de Melle. (Barot.)
MiLAi, Mile (1. mille), s. m., millier.
V.— D.-S.
« Et Blake contre son attende
» Les voit sur son fort à rall;iy. »
(Gust., p. 41.)
« A l'houre ol eust fellu dos milcz de miracles. »
(Bab., p. 6.)
—Gascon : « mile. »
jMiLOCQUB ou MiLLOCRE , S. f . ,
bouillie de farine de maïs cuite; l'on dit
proverbialement mettre en milocque,
pour mettre en bouillie. (B.-F.) — Ro-
man : « milhoca , » millet de Barbarie.
— Provençal : i millias>e. — Rabelais :
« millorque. »
WiLLtux, adj., meilleur. V., arr. de
Loudun. — « Messieurs les économes de
la Tour-Volu, réputés, à ce qu'il paraît,
pre les milieux diseux de tote la ville de
Loudun. »
Mi?iCÉ (1. minuere)^ v. a. et n., dé-
truire, hacher ; «la grêle a mince toute
ma récolte. » V., arr. Chat. — Patois
du Berry : « mincer, » couper, réduire
en petits morceaux.
MiNCHAE, V. a. Surprendre, trom-
per. Par extension, se préserver d'un
coup, d'un accident. Vend.
Mincir, s. f'., jeu du bouchon:
« jouer à la minche. » Vend.
Mine, s. {., mesure de capacité de la
valeur d'un demi-setier. (Manusc. du
Poit.)
Minée (1. miîia).s. f., mesure agraire
anciennement en usage, équivalant, à
Chauvigny, à quarante pas au carré.
(An. M09. Manusc. du Poit.)
MiNFAiL, s. f., méprise, erreur : a si
ai fait mal, ol est ben per minfail. »
(B.-F.)
MiNOTON, S. m., épi de maïs quand
le grain est enlevé. V., arr. de Civ. —
D.-S., arr. de Melle. — (B.-F.) V. Avo-
cat.
IMiocHE, s. f., tas de fagots. (B.-F.)
— Lacombe : « moye, moyis, » amas,
tas, monceau^ meuîe de foin, de paille.
MiOLÈaE, s. f., mie de pain mêlée
MOE
187
mions. w V., c. de Pleumar-
avec la migodelle. (7. ce mot.) D.-S.,
Thénezay, Parlh.
MiON. s. m., miette : « o faut ra-
massé les
tin.
MiOT (le t sonne), s. m., pain émietté
dans du vin ou de la boisson : « v'Ia de
bon miot. » V., arr. Chat. — Mayenne:
« miochée, » pain trempé dans le cidre,
quelquefois avec addition d'un autre
mets.
MiRAE (1. mirarî], v. a., resarder
du coin de l'œil. Vend. (G. et P. D.)
MiRMONDAE, v. a., étonnor grande-
ment. Vend. (C. et P. D.)
MiSAiLLE (r. mhe], s. f., enjeu,
pari. Dans tout le Poilou.
AIrsÉE,s. f., herbes, et principalement
orties mélangées avec du son, que l'on
donne en nourriture nux oisons et aux
dindonneaux. V., c. de Mirebeau et de
Neuville, arr. de Loudun. F. Mainzi.
Missou, s. m., âne. V., arr. Civ. —
Mhîns. (B.-F.)
Mitaine, s. f., espèce de gants, dont
on se sert pour couper des épines. — \.
D.-S. — Vend. — « Une mitaine à fer-
mer les palisses. > (Vasles. Manusc.)
MlTAN, S.
Poitou.
m., milieu. Dans tout le
« I avait In grand lioume de pierre,
» Drct au mitan d'in grand carria. » '
iChans. poit.)
a Et garny d'une dentelle, d'un soleil
par le mitant. » (An. 1612. Arch.) —
Champagne, Berry, Limousin, Proven-
çal, Gascon, Languedocien, «mitan : »
(( proun courreire au mitan, » de nom-
breux coureurs au milieu, — Besançon :
« moitant. » — Ancien français.
Mite, s. f. , mitaine : k quette mite é
que mène ; » cette mitaine est la mienne.
V., c. de l'Isl.-Jour.
MiTTER (1. niîttere), v. n., faire mît-
ter une chose, c'est la jeter en l'air.
Vend. (C. et P. D.)
Mnine, s. f., marraine. V., c. Isl -
lourd. — Gascon : « menîno, » grand-
mère.
MOCHENAÉ et MOUCHENÉ, S. m.,
mouchoir. V'end. — D.-S. — Rabelais :
« d'un mouschenez. » (L. 1^% c. 13.)
MoÉLi-MoÉLO, loc, pêle-mêle. D.-
S., c. de Bress.
I
188
MOL
MoESSA, MoESSiA, i^. m . monceau ;
Tmoessia d'blé a hin moindri depis
l'aule joii. • V. — D -S. — Vend.,
suivant les lieux.
Moin (do), loc toujours précédée du
verbe être, accompagné des pronoms
ma, la, sa : « à ma, a ta de moin. »
Au figuré, se dit d'un maladroit. V. —
D.-S.
ÎNIoiNDRATiON [r. moindri . s. f.,
diminution : t i a-l o moindralion o sur-
ceiz. « Gent. Poëlv.)
iMoiMiKi (I. iuinuere\ v. n., dimi-
nuer. « La baillargea bé moindii depeu
Iras mois qu'i mongeans dessus. » V.
— D.-S. F. Amoindresi.
« Pre qui est o dcpcu d x ons
» Gl'ont fat pretout raoindry l'arecont. »
(Gent. Poeiv.)
MoiXE, S. m , gouet taché, plante.
V., arr. Civ. — Berry.
Moine, s. m , espèce de cheville en
fer qui tient le nerf au bout du manche
d'un Qéau. V. — D.-S.
Mois, adv., plus, davantage. P'. Mai
« Mois n'allons en arant^, mois l'on vet em-
[pircr. »
(Bab , p. iî.)
MoJETTE et Monjette, s. f , haricot
sec. V., arr. Civ. — Manusc. du Poitou
— Sainlonge : « mougelte. > — Patois
limousin : mojetla.
Molange d. molliré), s. m., se dit
de certaines terres qui sont assez bien
trempées pour recevoir le blé dans de
bonnes conditions d'ensemencement. \.
— D -S. — Patois du Berry : « Mol-
lange. D boue liquide qui ne peut se tenir
en tas et qu'on pousse avec le balai dsns
les égouts.
Mole (l. wîo/a), s. f., meule. V., c.
Isl.-Jour,, Adriers. — Mole de cercles.
V. — Gascon : « moles. »
MOLICHOU, MOLLIGEOL', SE (I. mol-
lit), adj., mou. molle: a ie galelou é
trot molichou. d V., c. de risl.-Jour.
— D -S., p. « molligeou. » — Italien :
« mollicio, n ce qui e-t mollet.
Molle (1. mollis), s. f., remous. V.,
arr. Chat.
.MoLLEB, adj. f , moulée, imprimée :
« lire en mollée, >» lire des caractères
imprimés, moulés. Vend.
M OR
Molli, s, m , roc pourri, argileux,
qui forme le sous-sol dans certaines por-
tions de Tarr. (!e Melle.
MONJP.E,s. f., toupie. V., air. Civ.
Mont (lii, loc. adv., en haut, sur la
ha u leur : « ou ache a s'en ana. vèqiie
la querre à moni, ma cliinne, oh ! vèque
la querre; oh! vèque à la payade, oh!
vèque; » la vache s'en va, va !a cherclier
en haut, ma cliicnne, va la chercher;
oh ! viens à la récompense, oh! viens.
V.. c. Isl.-Jour., Luchapt.
MoNTML, s. m., molle de terre éle-
vée. D.-S — Bas^e kilinité : moiiticel-
lus. (Duc.)
MoNTHÉEd. moiuirare). s. f., coupe
de bois en exploitation V., arr. Chat.,
Oiré. — Bas^e latirdté : monslrala,
certamensura quae forte monslratur, id
est designatur caedenda. (Duc.)
MONTBUGE, s. f., i)eiite élévation.
V..C. .Monlm., Mouli^mes.
Moque, .Mogue, s. f., vase en terre
dont on se sert pourboire. V. — D.-S.
— Vend., Font. — Roman : • muei,
murg, » muids.
Moque, s. f., la mie de pain. V. —
D-S
MoRCHE, S. f. , morve. V., arr. de
Civ. — D.-S., arr. de Bress. et de
Melle.
MoRCHOU, SE, adj., morveux, terme
de mépris. V., arr. Civ. — D.-S., arr.
de Bress. et de Melle.
« Et qu'ln de quiés morchoux en ne're no.T). »
(Bab , p. 72.)
INÎORDEGNAi, v. a., mordiller. (B.-F.)
Mobdingue, imprécation.
< Dans quiu<« dl quo palrz prcnans
» l'rc la mcrdingue à tous venans. »
(Cent. Poetv.)
MoBÉE,s. f., cambouis V.,c. Monte,
Mazeuil.
MoRÉES, s. f. pi., étincelles carboni-
sées : 't ne fourgeate pas quiau feu, tu
l'ras tombai daux morées dans quielle
bouillie ^ V., arr. de Poit. V. Auvô-
clies. — Français : « moiée, » plante,
genre d'i ridées
MoHET. s. m., paille brûlée, délayée
dans l'eau el produisant une liqueur
noire dont les scieurs de long se servent
MOU
pour marquer leurs lignes ci'équarris-
sagp. (B.-F.)
RIouGiEU, inlerj. impréc, morL-
vDicu. V. — D.-S. — IMayenne :
« morgue, morguenne. n (Verger.)
MoBGUE, s. f., brebis qui a un
agneau. D.-S., arr. de Meile;
« Courre, ine moifîuc musse au mitant d'un
» Les .lutres In spgant. » [vedet.
(Mellois du 38 av. isei.)
MORVA, MoRViA, S. m., morve. V.,
arr. Chat. — D.-.S. — Rabelais, « mor-
venux : aflin que les hostes abhorrents
leurs inFàmes crachats et morveaux. d
(Ane. Prol. du liv. 4 )
MoRLiON, s. m., plante, mouron. D.-
S. — (B.-F.)
MoRPFN, S. m., arbuste, nerprum ;
le rhamnus de Linné et de Jussieu.
(B.-F)
Mortifier, v. pr. (se), se faire du
mal. V , arr. de Poit.
« A m' fit assir dcssur in b;inc
» Ali ! i chevi. i me mortifii le^ deux Jambes. >*
(Chans. Poil.)
MoTiNE, S. f., plante marécageuse,
appelée ainsi parce que ses racines, en
s'agg'omérant et en s'élevanl au-dessus
du sol, forment comme des mottes.
C'est \erarcx paludusa. (Press.) Vend.
— D.-S., Marais.
« Car tandis que nos prés sont remplis de llmotif
» De peare, de pava-, de jonc et de niotines. *
(GUst., p. 79.)
MoTREAU, S. m., petite île au milieu
d'une rivière ou d'un étang Vend,
MoTURAGE (r. méture), s. m., droit
que prélève le meunier sur la mouture
D.-S., c. Bress — « Item trois septiers
et six boiceaux et demy de seigle que
doivent de moturage, chacun an, plu-
sieurs personnes d Anligné. » (D. Font.
An. 1:^6-5.) — Basse latinité : Moitstu-
rangia^ mouturangia, mullurangia.
(Duc.)
Mou, s. m., mal. Vend., Sabl. et
Chaum.
MouA, Moue, pr. pers. de la P»
pers., moi : « o n'é poué, mafoué, moue
qui fr'ais quieuqui. » V. — D.-S.
Mouchënai (mouch'nai),s. m., mou-
MOU
189
choir. L'on dit indistinctement dans le
canton de Civray « mouch'nai de po-
che, » mouchoir pour se moucher, et
« mouch'nai de cou, o mouchoir pour
se couvrir le cou. V., arr. de Civ. /'.
Mouchenûe. •
Moucheron, !MoucHON''mouch'ron),
s. m., bûche, tison; « aver trejour la
pèle su les mouch'rons, » c'est faire
sans cesse la cuisine. — « Mouch'ron-
de-Nau, » bûche de Noël. V., arr. Civ.
— D.-S., arr. de Melle, p. « mou-
che n. »
Mouchille (moukille), s. f., petite
fille. V., c Monte, St-Jean-de-Sauves.
— Espagnol : « muchaca. »
iMoucHOU, SE, adj , celui ou celle
qui a souvent la morve au nez. V., arr.
Civ. V. aussi Moucheron.
MoucLE [cl mouillés) [I. mufilus], s.
f., pour moule, coquillage, dans tout
le Poitou. — « ung boisseau de mou-
cles, u s. VI, d. » (1469. Vasies. Ma-
nusc.)
iVlouDE ou MoDTE, S. f . , ce que l'on
fait moudre de blé à chaque fois. V. —
D.-S.
MouDURAi, v. a , prendre son droit
de moulure, de moudurange: « 1' mouné
m'a volé à quielle foué, gl'a trot mou-
durai. » V. —D.-S.
Moudurange (b. 1. modurangia),
s. m., droit que prélève le meunier sur
la mouture Vienne. V. Moturage. —
Patois du Berry : « modurenge. »
MouÉE, MuEE d. movere), s. f.,
grand nombre, foule — « Mouée (cou-
rir à la), » c'est se rendre en foule dans
un lieu quelconque. V., arr. Civ. —
D. S.
« Cooriant k la mouée écouter queir docîoax. »
(Bab., fi. 55.)
— Rabelais : « depuis certaines éclipses,
s'en est revolé une grande mouée »
L. V, c. 4.) — Français : « mouée, »
mélange de sang de cerf, de lait et de
pain qu'où donne aux chiens à la curée.
MouENKE, s. f, cavité pratiquée
dans le bout du mancho d'un dail. V.—-
D.-S.
Mouffiasse, s. f., petite fille qui
renifle sans se moucher, D.-S., c. de
Celles.
190
MOU
n., rire en sournois ;
IMOUFLIAE, V
a qu'a-tu (lin a moufliâe, méchant mor
chou? » D-S., arr. Melle cl Niort.
MOUGNE, adj , >ans cornes; <- unechè-
Tre, une vaclie, un bélier mougne, c'e?t-
à-dire n'ayant pas de cornes. » V., arr.
Chat. — D.-S., c. Bress. — Manusc.
du Poitou.
MoriLLASSEBiE , S. f., petite pluie
continuelle : c v'ia in' journaie de monil-
lassVie. » V. — D.-S.
iMouJASSE, S. f , petite fille. Vienne.
MoujETTE, s. f., haricot sec. D.-S.,
arr. de Bress. et de Part h. — F. IMo-
jette. — Gascon ; « moungetos. »
Moulage, s. m., celuiqui répare les
roues des moulins, et en général toc le
la lioiserie de ces usines. Par extension,
mécanicien en moulins. V., arr. deCliâ-
tellerault.
]MoL'LA>GE : « moulin à blé à deux
moulanges ; à deux roues et à deux
meules. » (An. 1447. Sniarves. Manus.
du Poitou.)
Moulant et Molant (1. inolert) ,
adj. verb., celui qui fait moudre ordi-
nairement au même moulin ; la pra-
tique d'un moulin. V., arr. de Châtelle-
rault. — D.-S. — Patois du Berry :
« meulant. »
Moule pee moule, loc, c'est-à-dire
imprimé pour imprimé. (Gust )
MouLiNOT, s. m., petit moulin, faire
le « moulinot, » c'est imiter une roue
qui tourne. Vend.
« J'ay b.iy chez nous in'écharbot
« Qdifait le moulinot. »
(Gust., p. 10.)
— Nomsde lieux : « Moulinet. » (Migné.
Vienne.)
Mousii , adj. m., enragé : « chien
moumi ou chien gâté, • chien enragé.
MoUNÉ(b. \. mou)ia7'iu.s)^s. m., meu-
nier V. — D.-S. V. Maunay. — « Dicti
Goupilion et Groleau... venerunt ., ad
molendinum deLatnbro... et prohibe-
runt mcunario dicti molendini. » Cit.
B.-F.) — Patois du Limousin : « mou-
niez. »
Moue AELE (1. mori)^ adj., assom-
mant, à faire mourir. Vend.
« 01 est chousc uiourabic. »
(Gust.)
MOU
MouREAu, S. m., bœuf dont le tour
des yeux est noir. V. — D.-S.
MouRE (1. moriim), s. f., mûre, fruit.
V.-D.-S.
MouREisNE, S. f., petites boulettes de
boue qui pendent au bas des panta-
lons déchirés et crottés. — Baies de cer-
tains arbrisseaux, (B.-F.)
MouRÈTEs, s. f. plur., étincelles car-
bonisées. V., arr. de Civray. V. Au-
vèches.
MouRiNE (l. mori) , s. f., mortalité,
épidémie ; se dit des bêles et des gens,
mais plus généralement du bétail. —
« Veut cure comment elle fust mise à morine. •
— (C'est de Blanche de Bourbon dont
il est question dans ce vers. Chron. de
du Gueselin, v. 6(i3o.) — « Mouri-
neux (mouton), » malade. (Lacombe.)
— Anglais : « murrain » (pr. môrene),
mortiilité parmi le bétail.
MouRiNE, s. f , laine prise sur des
brebis mortes. D.-S., arr. de Bress. —
Vend. (C. et P. D.)
Mouron, s. m., muselière. Vienne.
V. Maurau. — Provençal : « Mour-
raioun. »
MoussAU {h.\.mii!ielhcs)y?>. m., ob-
jet pointu, dont la pointe est émoussée.
V.— D.-S. — (B.-F.) —Basse latinité :
« musellus, museau. » (Duc.)
MoussAUD, DE, adj , boudeur: « gar'
lou tai fair' son moussaud, » regardez-le
faire son boudeur. V. — D.-S.
Mousquet, s. m., fagot. V., arr. de
Poitiers. — « Fagots mousquets éva-
lués 200 liv. le millier. » (An. 1790.
Manusc. du Poitou.)
Mousse, s. f., fraise. V., c. de Civ.,
c. Isl.-Jourd. /^. Mausse.
MoussiER, s. m., fraisier. V., arr.
de Civ.
MoussiON (1. ?nusca),s. m., insecte,
cousin. D.-S. — y.,c. de Civ. — Dans
le canton de Civ., on ne manque jamais
de dire aux enfants, le jour du carna-
val : « faut pou mingé d' soup' d'ser;
siv'en mingé, les moussions vous man-
g'ranl quielte ennée; » il ne faut pas
rfianger de- soupe ce soir; si vous en
mangez, les moussions vous mangeront
cette année. — Gascon : « mousquil. »
— Provençal : « mouissau. »
MUÉ
MousTRiLLE, S. f., viande de porc
hachée avec de l'oignon dans du sans;
que l'on fait cuire dans la poèloune.
D.-S., Parth. Ailleurs ce mets s'appelle
«fressure. »
i\l(>UTAKDE-DES- Champs , s. f.,
plante dont la feuille et la graine res-
semblent à celles du radis, et qui, quel-
quefois, couvre entièrement les champs
ensemencés, et étouffe les céréales en
herbe. D.-S. (Rond.)
IMOUTEU. V. n , aui^menter, donner
un rendement supérieur à celui que l'on
espérait. V, — D.-S. — (B.-F.)
iMouTOi>f-CouRANT , S. m., bélier
pour la reproduction. V., arr. de Civ.
— D.-S. — (B.-F.)
MouTTONiNiER, S. m., le berger des
moutons : « Payé au mnuttonier pour
une payre de souliers XXV soulz ; pour
une paire de bots II s. » (An. 1608.
Rlanusc. du Poitou.) — Français :
« moutonnier, moutonnière, » qui a la
nature des moutons.
MovAE (se). (1. movere), v. pr., se
mouvoir. Vend. (G. et P. D.) — Âlarne:
• mouver. »
MoYÉE, s. f., sorte de bouillie que
l'on fait pour les maçons le jour de T As-
cension, et qui fait appeler cette fête le
jour de la moyée. V.^ c. de Saint-Sa-
vin. Journé.
A Moulismes. ce même jour est aussi
appelé « moyée, » a cause du festin que
font entre eux les bergers et bergères.
A ce festin, figurent pour principaux-
mets, le lard, les œufs, le beurre qu'ils
ont quêtes la veille, dans les fermes et
métairies de la commune.
Mreleet, adj., celui qui s'entremet
dans un mariage. Vend.
MuDAU, DE (l. îmitus), muel.
« Gle les rendrai tretous mudaux queme do sot. •
(Bab., p. C8.)
— Provençal : « mudo; s'aplanto, es-
pavourdido e mudo, » s'arrête , effarée,
muette. — Gascon : « mut. » — Ar-
dennes, Marne : «mueau, muiau. »
Mue (I. mufare), v. a., changer :
se dit de l'action d'éloigner ou d'appro-
cher la cliarrue de son avant-train, au
moyen de la chaîne et de la muetle.
L'on dit encore donner de Ventrée ou
de la sortie^ suivant que l'on mue en
MUR
191
avant ou en arrière. — v, — D.-S. —
Français : «muer,» se dit des animaux
qui changent de poil , des oiseaux qui
changent de plumes.
iMuETTE, s. f., instrument en fer ou
en bois de forme triangulaire qui a deux
crampons, l'un placé au milieu de l'un
des côtés du rectangle, l'autre au quart
ou aux trois quarts. I.a muette 'è^ place
dans une série de trous percés dans la
perche delà charrue, plus haut ou plus
bas, selon les besoins du labour , ce qui
a pour effet de rapprocher ou d'éloigner
la charrue de son avant-train. — Un
champ est dit faire la muette, lorsqu'une
portion des sillons est moins longue que
l'autre, et fait équerre sur le champ
voi^in. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. de
Poit. et de Giv.
MULARD (1. mulus)^ adj., se dit d'une
personne qui ne se presse point, qui se
met en retard, qui perd son temps à de3
bagatelles. V. — D.-S., c. de Bress.
arr. de Parth.
« Marche devant, pauvre mulard,
a El t'appuie sur ton billard. »
(N.P.,p. 19.)
MuLASSE, S. f., la race mulassière.
V. — D.-S. — Manusc. du Poitou.
MuLASSiER (cheval), s. m.., étalon
qui entretient la race des juments mulas-
sières. V. — D.-S. — Vend. — Manus.
du Poitou.
Mulassière (jument), s. f., la jument
qui produit le mulet. V. — D.-S. —
Vend.
MuLETON (mul'ton), s. m., jeune
mulet. V. — D.-S. —Vend.
MuLON , s. m., engelure. V., arr. de
Civ. — D.-S., Parth.
MuLON, MuLouNEA. S. m., barge de
foin que l'on fait dans les prés. D.-S.,
Parth. — Petite meule, petit tas de foin.
(B.-F.) — Patois du Berry, Marne:
« mulon. « — Ancien français : « mule. î
M ULOT, TE (le t sonne), celui ou celle
qui perd son temps. V., arr. de Chat.
y. Mulard.
iMuRAiL, MuRAU, S. m., lieu où l'on
conserve les fruits ; les fruits mêmes
que Ton veut conserver. V., air. de Poit.
— D.-S.— V., arr. de Chat. \iOMV Murau.
Muraille, v. n., achever de mûrir.
V. — D.-S.
192
MUS
Ml'rgé, s. m., tas de pierre^, de dé-
combres. V. — D.-S., c. de Bress. —
Patois du Borry : < miirgée. »
IMisEHAG.NR, MusEiuGNE, S. f., mu-
saraigne. V., arr. Civ. — Vend.
€ Met les ongles dedans, les tourne, les paugrigno
• Pre en faire autant In Jour au sourit, au mu-
[srigiic. »
[Gust.J
MusERiN, S. m., mujcau. (B.-F.)
Muss\E (r. musse), v. n., sauler un
échalior, passer dans une haie : « i
mussi dons qiiiiiu cliomp. » D.-S., arr.
Mellc. — Berry ; <( musser. »
Musse il mus], s. f , trou à travers
une haie où l'on peut passer, ou se ca-
cher. V., arr. cliàt. — D.-S., arr. de
MUS
Melle et de Bress. — Vend. (C. et P. D.)
— Patois du Berrv. — Ancien fran-
çais : cachette, passage à lapins dans une
haie.
iMussÉ, V. a., sentir, flairer: « et qui-
é-t-o qu' gle mu.sse? » V. — D.-S. —
Veud.
• Qui veol que le souîall musse par la croUayc. »
(Melluls, 28 avril isei.)
€ En la rue R:ioul Menuiccl
> Trouvait un hninmo qui nuicet. »
(xm* siècle. Guillot de Paris.)
— Ardennes, Marne : t musser, » ca-
cher.
Musset, s m , insecte, cousin, pe-
tite mouche. Vend , Font. — D.-S. —
(B.-F.) — Saintonge.
N
NAP
Na. I. 7iux)y s. f , noix. V. — D.-S.
— Patois limousin : « nou. «
jN'a. (1. nasus), s. m., nez, V., c. Isl.-
Jour., Luchapt. — Patois limousin.
Ka, V. n., aller : « gl'é nà là, » il est
allé la. V., c. Isl.-Jour., Adri , Liich.
— Patois limousin : a nas. »
ISabouit, e, adj., se dit des bètes el
des gens qui dépérissent faute de nour-
riture : « lai pour ququiau goret cheuje
nabouit; o j'ai peur que ce goret dépé-
risse. V., arr. de Civ., Linazay. V.
Aboui.
ÎS'ABUCEet >'avuce ;1. napus), s. f.,
semis de navets. Vend. (C. el P. D ) —
Feuilles de navets. V., arr. Civ. —
Ardennes : « nabine, n champ de na-
vets.
Nabussae (r. nabuce), v. a , cueil-
lir des n;ibuce~. Vend. CCi. et P. D )
Nacre (b. I. norgaj, s. f. , morve du
nez. Vend. (Cet P. D.) — Basse latinité:
a norga, » sordes naris. fDuc.j — Es-
pagnol : c nacar, » nacre, écaille de
nacre.
KaCbou, se (r. nao'e), adj., mor-
veux, drôle : « ain nacrou. » Vend. (C et
P. D.)
>'adee (I. natrix), adj. des 2 genr.,
fin, adroit, rusé, acariâtre, V. — D.-S.
Na!, s. m., noyau du fruit. D.-S.,
arr. de Melle et de Niort.
Naide (g. uato), s. f., terre humide,
noue. D.-S., arr. de Bress. et de Parth.
r. Flaque d'eau.
Naidlux, euse , Naidoux , OUSB,
adj., terrain humide. D.-S., arr. de
Bress. et de Parth.
Nair, e (1. niger], adj., noir. V.—
D.-S., suivant les lieux.
Naise, s. f., lieux marécageux. D.-
S.. c de Brc>s f". FfTe.
Naudins, s m. pl., bande de pré de
la largeur d'un coup de faux, et d'une
longueur indéterminée. V., arr. de Poit.
V. Landeaux.
Nantes, s. m., jeu d'enfants, à peu
près semblable a celui de la chatte-
nègre, avec la différence que le premier
pris aide ù [)rendre les autres, après ce
court dialogue : • où sont tes frères? —
A Nantes. — Aide-moi à les prendre. »
V., arr. Civ.
Napai, v. n., mouiller. Vend., Font.
(C. et P. D )
Napant, te, adj. verb., trempé,
mouillé. (B.-F.)
Napillox, s. m., diminutif de nappe,
NAV
xNER
193
torchon. V., c. Montm., Saulgé. — Pa-
tois du Berry : « napille, napillons, »
guenilles.
Napisson, s. f, femme sale. V., arr.
Civ.
Napbon,s. m., bar>lane cotonneuse,
plante, lappa tomentosa. Vend., Font.
(C. et P. D.) — V.
Napperon (napp'ron), s. m., dimi-
nutif de nappe, lin^^e pour essuyer la
vaisselle, ordinairement de grosse toile.
V. — D.-S. — Aube. — Patois du
Berry : « nappin. »
Natre (a bref;, adj. des 2 genr.,
méchant, mauvais caractère. V., sui-
vant les lieux.
Natreté, s. f , finesse, mauvais vou-
loir. V. — D.-S. — Rabelais.
Nau (I. natus), s. m., noël. V, — D-
S. — Vend.
Nau (1. nux), s. f., noix. Vend.^ c.
Chaîans. — Ardennes : « Neuxe. »
Naulet et Nauleet, s. m., petit
gâteau que l'on fait pendant les fêtes de
Noël et qui a la forme d'un enfant. V.
— D.-S., c. de Bress. — Nom que l'on
donne familièrement au pain. D.-S., Sl-
Romans-les-Mel. (B.-F.) — Noslel ou
naulet : « item à l'an neuf est deu à
chascune dame ung noslet qui doit estre
de demy boiceau de froument. » (An.
1500.) — « Le naulet de Noël. » (1500.
IManusc. du Poitou )
Naulet, s. m., petit enfant :
« Adonc pris ma houlette
» Pour aller Toir naulet . »
(N. P., p. 18 )
— L'on dit par dérision d'un jeune
homme qui s'amuse à des riens: « grand
naulet, va ! » V.
Nauzé, s. m., noyer. Vend., c. Cha-
lans.
Navarit (I. navis), s. m., cabane
montée sur deux ou quatre roues dans
laquelle couche le berger chargé de la
garde des moutons que l'on fait parquer
Vend. — L'on dit aussi « lavarit : »
« Lola de mon lavarit. »
[Gust.]
Navea, Nayeau, Navia, Naviau
(L napus),è. m., navet. V. — D -S. —
« ^avellum^ ou navellus : ilem in na-
vellis, un d. » (An. 1301.) -— « En
naveaux et pourée, m s. vi d. » (An.
154G. Manusc, du Poitou.) — Sain-
tonge : « naveau. » — Kabelais : « un
plat de venaison salle aux naveaulx. >
NAVl^E,s. f. . semis de navels. D.-S.,
c. Bre>s. — Ncivut : « deme, en peniz,
en nabinrs, en cherves. » (An. 1309.
Chauvigny. Manusc.)
NavinÉ, V. a., cueillir les navines.
D.-.S., c. de Bre.-s V. Nabussâe.
Nazii.li'S, s. f. pi., narines. V., arr.
Civ. — D -S., arr. de Mclle. — (B.-F )
— Roman : « nas et naz. »
NÉET (I. nox). s. f., nuit. D.-S. —
\'end., suivant les lieux. — Gascon :
« nèy. » — Patois limousin : « néi,
néit. »
Negeai. NEGÉ'se)(l. necare\ v. pr.,
se noyer : « gles'é negeai on s' boignant
dons r Clan ; » il s'est noyé en se bai-
gnant dans le Clain. V. — D.-S. —
Roman : « ne2:er. >» — Catalan ancien :
« negar.
» Languedocien et limousin :
neja. » — Provençal : a nega : per
negasoun imménsodoulour. » — Cham-
pagne et Berry : « nayer. d — Rabe-
lais : a verfugoy ! je me naye, je me
perds, je m'esgare. »
NÈGUB (I. niqer), adj, des 2 genr.,
noir. V,, arr. Civ., c. Montm , St-Remi.
— D.-S y. Nair.
• Et que neutre grand poule nègre
» Pondait de bias us. »
[Chans. Poit.J
« Mas btn que gle blâmant loux nègre action. »
[Bab.,p. 2.]
— Roman, catalan et provençal : « nè-
gre; et sort di rasin nègre. » — Espa-
gnol, italien, gascon et patois limou?in :
« négro. »
Négiesi (r. nègre), v. a. et n., noir-
cir. V. — D. S.* — Vend. — Gascon :
« négiit, » noirci.
Négreté (r. nègre], s. f., nuage ou
temp.s très-noir. B.-F I '— Italien, pro-
vençal : « negretto, » noirâtre. — Ita-
lien : Il ncgrezzn, d noirceur.
Nembouril, s. m., nombril. /^. Em-
bouril.
Nequette et NiQUETTE, s. f., terme
enfantin pour désigner les dents. Dans
tout le Poitou. V. Caquette.
Nerf (1. îiervus). s. m., morceau de
nerf de bœufquisertà réunir la achappe
au toulot. » f\ ces mots. V. — D.S.
194
NEU
NIG
Nerme (1. îie, a)uma), s. m., littéra-
lemetit pas une âme, personne.
« 01 e^t fnt, o n'y a pu norme
» qui ousc veny iiou troiibly.»
i^Gcnt.' rotilv.)
€ Jou<ct jory prc son crme
» Qu'il n'y avait point incorc connu norme. »
[X. V.. p. ;5.]
— « Nearnie » :
« Nearme n'a les moins prou forte. »
[Gust., p. 8.]
— Romnn et auvergnat : « narma :
que narma sache ré de ce que nous re-
garda. »
>^ETTi, K, adj., nettoyé, approprié.
V. — D.-S. — Rabelais : « Lorsque les
enfants bien nettis, bien repus et allaic-
tés dorment profondément. « (L. 3,
c 13.) — Italien : « netlo. »
INetti, V. a., nettoyer, V. — D.-S.
— Rcinian . « nelejar, eu neleyar. » —
Limousin : « netteger. » — Mayenne :
« netlir. » — Marne : « nétier. »
Neugre. adj. des 2 genr., noir. D.-
S.. suivant les lieu.x.
^'EU1L. Ps'but, s. f., nuit. V., arr. de
Poit. et de Civ. — D.-S. — V., c. de
risl.-Jourd. pour \euil:
B née pas encore neut, faut attendre in pelU. »»
[Amours (le Colas, p. 9.]
— Roman : « nucch, nueg. w — Besan-
con. Ardennes : « neu. « — Saintonge :
c neut. »
Neu RE, Neusai (I. riocere), v. n ,
faire tort, nuire : « trejou. quiau mau-
vais gas de Jousille (Joseph) me neut. »
V. — D.-S. — Vend. — Ancien fran-
çais.
Keut.au ou NoTEAU (à\ loc, toute la
nuit : (I il a tussi à noteau, » il a tous.-é
toute la nuit. V. — D.-S. — Suivant les
lieux. — (B-F.)
Neutrolai (r. neuf), v. n., passer
une partie de la nuit à travailler :
aller au travail dès l'aube, et le conti-
nuer longtemps après jour couché: « i
n' restrail jàcheu nout' moitre, on neu-
trole trot, » je ne resterai point chez
noire maître, on neutrole trop. V ,arr.
de Civ.
>"EUTzi, V. n. et imp., commencer à
faire nuit : « T jour baisse , o neutzi, i
n'finirans pou noute tâche. » V., arr.
de Civ. V. Aneussai.
NÈVE (1. nix, ?iiois),s. f., neige. V.,
arr. de Civ. — D.-S. — (B -F.) — Vend.
— Roman : a niex, neu,nieu. » — Cata-
lan : a neu. » — Limousin : t névio. »
— Fspagnol : « neive. » — Ital.: onève. »
INÈVE, ÉE, adj., couvert de neige.
Vend. (C. et P. D ) — Roman : « ne-
veiic, » neigeux.
Neys, adv. de temps, encore. —
«... recogneurent queilont donéetquitté
e neys douèrent et quittèrent davant
nous. » (An. 12S2. Loudun. — Manus.
du Poitou.)
NiAF, s. m., mauvais cordonnier.
V. — D.-S., c de Bress. — Marne :
« niafre. »
Nice, adj., simple, niais. Vend.
(C. et P. D.)
N1CLOUÈRE {cl mouillés), s. f., na-
rine. D.-S., c. Châlillon.
Nicole, s. f., coccinelle, insecte, bête-
à-Difni.Vend. (Cet P. D.)
NiFFETAi (niff'tai) , v. a., fureter,
chercher partout. V.— D.-S. — Vend.
« GL' at nifeté pretout. »
[Gust., p. 49.1
— Languedocien : « nifla , nifleja, »
flairer, renifler.
NiGE (l. nidus)^ s. f., chenil : « gPé
hargnein quem ingne chindanssanige,»
il est hargneux comme un chien dans
son chenil. D.-S., c. de Bress.
NiGÉ, ÉE, adj., noyé. D.-S., c. de
Bress. — Vend.
NiGEALÉ. V. a., enlever les noix de
leurs coquilles. V.Lavoux près Poitiers.
V. Chalupai.
jN'igeassai (1. nugari), v. n., n'a-
vancer à rien. — Par extension, tra-
vailler avec soin, minutieusement. V.,
arr. de Poit. et Civ. — D -S., arr. de
Bres-;. — Ardennes : « niger. »
N1GEASSERIES, s f. pi., niaiseries, ba-
gatelles. V.,arr. Poit. et Civ.
NiGEASSEUX, NiGEASSIER, NiGEAS-
SOU, adj., celui ou celle qui nigeasse.
V. — D.-S. Suivant les lieux.
NiGEOTÉ, v. n , n'avancer à rien,
lambiner, niaiser. V.,arr. de Chat.
/-'. Mgea-sai.
Nirii-OTEUX, SE, adj., celui ou celle
qui nigeotte^ qui lambine : « fin d'pus
NOC
nigeofeux que la femme à France »
(François). V., arr. de Chat.
NïGEOU,s.m., travail délicat à faire,
minutieux : « o n'è pou qu'o sèche ma-
laisé, mais ol é nigeou. » Vend. (C. et
P. D.)
NiGRtLLAi, V. a., remuer quelqu'un,
quelque chose : « gl'a besoin qu'on
r ni^relle. » D.-S.' c de Bress. V.
E^renigeai.
Ni LLE, s. f., bois recourbé, fixé au
manche de la faux : « ton dail i n'a pas
de nille ; » ton manche de faux, etc.
V., arr. de Civ., c. de l'Isl.-Jourd.
V. Cheveliau.
INiLLE, s. f., ongle des animaux à
pieds fourchus. (B.-F.) V. Galles.
Ni>'CHOLOU , SE, adj. , négligent,
nonchalant. D.-S. — (B.-F.) — Hatois
du Berry : « nonchaleux. »
NiNGLE, s, f , bâton pour sauter les
fossés. Vend. (C. et P. D.) V. Hingle.
NiOT, s. m., ce mot. qui est pris dans
l'acception de très-petit, est toujours pré-
cédé de l'adjectif petit : « in p'tit niot :
vau-tu mingeai ? — Ouail; i ming'rai
ben in p'tit niot. » Veux-tu manger ? —
Oui, je mangerai bien un tout petit
morceau. D,-S.— (B.-F.) —V., arr.de
Civ.
NiT, s. m., nuit. V. -— D.-S. Suivant
les lieux. F. Nëet.
NivBAi (se), V. pr., s'enivrer. V. —
D.-S.
No {\. vovem],a(\]. num., neuf. V.,
c. Isl.-Jourd. , Luchapt. — Gascon :
« néou. j)
NoBLET (poil), s. m., poil d'une belle
couleur. Se dit des bêtes bovines. "V. -—
D.-S. — Vend. — « Une vache de poil
noblet. » (1094, Smarves. Manusc. du
Poitou.)
Noc, s. m , cuve en pierre où Ton
presse l'huile. V.,arr. de Civ., c. Isle-
Jourd., Adriers , Luchapt. — .Marne :
« noc, » gouttière.
Noce, s. f. , ce mot signifie à la fois
modicité ou parcimonie, et abondance
ou excès : « manger une noce, » c'est
manger une bouchée, un morceau pour
attendre le repas principal : « faire la
noce, » c'est se gorger de nourriture et
devin. V., arr. "de Chat. — Basse lati-
nité : nociu7n,ei quolibet die unum pa-
nem^ dimidiam lagenam cervisiae, ?w~
NOU
195
cium carnis, die carnium, et tria alle-
cia,quolibetdiepiscium.(l)uc. Monastic.
Angl. t. 11, p.ig. 380.)
NoDAi, V. n , s'assoupir en remuant
la tète. D.-S., Chà'illon.
Nooe, s. m., jeune veau d'un à deux
ans. D.-S.,c. de Bress. — Vend. (C. et
P.D.)
NoiRSAULE, S. f., plante, sa/isca-
prœa, V., c. de Monte. V. Amersaule.
NoLLiÈRE, adj.. vache qui passe une
année sans faire de veau. D.-S., c. de
Bress. — Vend. (C et P. D.)
NoMBLE DE Porc (b I. mnnbles), s.
m., ventre de porc. — « ilem die do-
minica in {?Ao béate Radegundis in 1
numblez XIIll d. ») (An. 130L Sainte-
Croix. Manusc. du Poitou.)
NoNAÈME [non, anima), s. m., sans
esprit. Vend. (C. et P. D.)
NoNDiLLES, S. f. p!., ongle des ani-
maux à pieds fourchus. V., arr. de Ci-
vray. V. Calles.
NoNOT, TTE, adj., niais. Vend. (C.
et P. D.)
NOQUETAI 'noq'(ai),v. n., s'arrêter,
rester court. V.,arr.deCiv. V. Hoquai.
NoRE (l. nurus), s. f., bru, belle-
fille. V., arr. de Civ., c. Montm.etde
l'Isl.-Jourd.— D.-S.— Vend. — Roman,
catalan, portugais : « nora. » — ■ Pro-
vençal, gascon, limousin : o nôro. » —
Espagnol : « nuera. » — Saintonge :
« nore. •
NoRRAiN et NouRRAiN, S. m., pa-
cage : le norrain est bon ou mauvais
suivant que le pacage est de bonne ou
de mauvaise qualité. V. — D.-S. —
Racine des plantes et principalement do
la vigne. V. — D.-S. — Roman : « noi-
rin,» rejeton.
Norrain et Noubrâtn.s. m., se dit
des cochons et des moulons qui sont
sevrés, r. — D.-S.— «Bail à ferme
pour le droit de nourrain. » (An. 1627.)
— Patois du Berry : « nourrin, » petit
cochon. — Français : « nourrain, » pe-
tits poissons pour peupler les étangs.
NouASSEUX et Nouassou (I. nodo-
.<?z^s), adj., noueux. V. —D.-S. Suivant
les lieux. — Berry , Ardennes :
4 nouailleux. >
« Un meslier nouailleux ombrage le portail. )>
[Ronsard ]
— Italien : « nodato. »
196
NOU
NUP
NouAY, Noué, s. m., noyer. Vend.
— D.-S. Suivant les lieux.
« Gle se Juchant trctous dans nos pus gr.in(ls
[nouay.»
(Gust., p. 69.)
— Rabelais : a noirette, » jeune noyer :
« a donc coururent vers les noireltes
tout roidenienl qu ils purent pour les
rencontrer. » (L. i^', c. 43.)
ISouE (b. 1. 7iayda),s. f., cuve en
pierre ou en bois placée le plus ordi-
nairement auprès d'un puils, et qui ,
dans les lieux éloignés des ruisseaux, des
rivières, des fontaines, sert aux femmes
(le la campai;neà laver le linge. V., arr.
de Civ. — c ISesde ou noue, o terrain
aquatique. (An. 1333.) — « Nayda, »
nesde (an. N6i. Manusc. du Poitou.) —
.Marne : « noue, » b.is-fond, vallée. —
Berry : « noud, » ange en pierre pour
recevoir l'eau. — Français : tuile en
canal pour égoutter l'eau.
NouERAiB , s f., lieu planté de
noyers. V. — D.-S — Vend. — « Sau-
laye assise au dessoubz du moulin de
quatre rouhes davant la nouheraye
de mesd. dames (de Sainte-Croix) tenant
? ladite rivière du Clain. o (An. 1528
ManuîC. du Toit.)
NoLETAi (r fiouefte), v. a., lacer les
cordons des brodequins. V , arr. de Civ.
NoL'ETTE, s. f. , cordon de souliers^
et surtout de brodequins. V., arr. de
Civ. f^. Corgeing.
NoLGB , NoL'GEAE , nover. V. —
D.-S. Suivant les lieux, y. Nouay, —
Provençal : « nouguié. » — Patois Li-
mousin : « néjo. » — Berry : « nogier.
nougier. »
KoLGE, s. m., noix triée que l'on
porte chez l'huilier ; a nongé (pain), »
le résidu, k' marc des noix après l'ex
pression de Ihui'p. D.-S. — K. I.us-ac.
NouGEASSE r. nougé), s f., noyau
deh noix. V., c. Montm. , Sain:-Remi.
jSougeat, Nougelle,s. f., le résidu,
le marc des noix. V., c de l'Isl.-Jour.
— (B.-F.) — Pour : o nougelle. » V.
Nongé pain).
NOUGERATP, NonERAIE , NOUGE-
RiE, 5. f , lieu planté de noyers. V. —
D -S. Suivant les lieux. V. Noucraie.
NoLGEBAS (noug'ras), s. m., noix
sans coquille. V., arr. de Civ. — D.-S.
NouGij Noui, s. m., noyer. V., c.
IsI.-.Iour., Luchapt, p. a nougi. » V.
— D.-S., suivant les lieux, p. « noui. »
Nouis, s. f., étoffe faite avec de la
laine qui a déjà servi et dont on a noué
les bouts. D.-S. — (B.-F.)
NouRASSE, s. f.. noyer dont le tronc
est creux, qui a rejeté de jeunes bran-
ches sur un vieux tronc. V., c. de Mire-
beau.
NouRRiGEON, s. m., nourrisson. V.
— D.-S. — Roman : « noyriguier, •
nourrisseur, « norriguiera, » nourris-
seuse. fCit. B.-F.)
NOUSILLATi: ou OUSILLATE, S. m.,
espèce de châtaigne très-estimée et qui
tire son nom probablement de sa forme
ronde, et assez semblable aux « nou-
silles » (noisettes). D.-S. — (B,-F.) —
V. — Vend.
NousiLLADE, S. f , y. le précéd. V.,
c. Isl.-Jour., Luchapt. — Patois 4u
Berry : i- nousillade, » petite châtaigne
sans pellicule.
NOUSILLE, NOUSETLLE, NaUSEILLB
(l. Jiucula),s. f., noisette: « pour l'achat
d'ung boisseau de nozilles. y> fAn. 1482.
Sl-Roinain. !\]anusc. du Poitou.) — Pa-
tois du Berry et Mayenne : « nousille. •
— Patois liinou-ii\ : « nouzillias. »
NousEiLLÉ fnous'llé), s. m , noise-
tier. Dans tout le Poitou.
NousEiLLÈKE (rious'llère), s. f., lieu
planté de noisetiers. Dans tout le Poi-
tou.
NuBLe et Neuble {bl mouillés) [1.
nehula], s. f., carie des céréales. Les
paysans prétendent que la carie est cau-
sée par la pluie ou les brumes qui se
font pendant la floraison des blés, V.
— D.-S. — Vend.
NuBLÉetNEUBLÉ [bl mouillés], adj.,
attaqué par la carie. V. — D.-S. — Ra-
belais ; (• niéb'e, » gâté, corrompu.
Nuisance, Neusance (1. nocere]^ s.
f., tort dommage. V. — D.-S. — Patois
du Berry : « nuisance. » — Ancien
français.
NuLEfb. 1. nuits), s. f., sorte de pâ-
tisserie : « I den. afl cenam pro nules
et ob'lées. » (xiv« siècle. Manusc. du
Poitou. I
Nupo, s. m., oignon germé qui se
plante en avril. D.-S., arr. de Bress. et
de Parth. / . Cèbe.
OPL
O (I. hoc)^ pr. démonlr., ceci, cela,
ce, cet, le, la : «• o m'enneu ben, » cela
m'ennuie bien : ol , par euphonie, de-
vant les voyelles : « cl é ben vrai. » —
Il tient aussi lieu du pronom i7, surtout
comme sujet des verbes i^mpersonnels :
c( faudra qu' gle vennè, » il faudra
qu'il vienne. — Provençal : « o faut, »
il faut. — 11 est u>itédans la langue ro-
mane comme pronom relatif masculin
employé neutralement.
O, prép., avec :
« Piiy vinguirlant de Vonneull
» Ue Lavauxel J.izcneuil
» O in chjicun sa flagtolle. »
[N.P.,p.o8.]
— Ardennes, Marne : « o, od, » avec,
à, vers.
Oasi, Oasil ou OuASi, s m , osier.
V. — D.-S. V. Eziou. — « Oizils. »
manusc. du Poitou. — Patois du Berry :
e oisis, ousier. »
Obervak (obrevâe), v. a., ennuyer
fortement. Vend. ((!. et P. D.)
Ocres, s. f. pi., le dessus des doigts :
« i t' baillerai su les ocres. » D.-S., c.
Bress. — Vend. (C. et P. D.)
Oeil, parlicu'e affirmative, jou'i. D.-
S. — Vend. — V.
Ofer, s. m., enfer. Vend., Sabl. et
Chaum.
Oge, s. m., ange. Vend., Sabl. et
Chaum.
Ogo, s. m., fou, imbécile, celui qui
n'a pas de lète. V., arr. Chat., AJairé
f^. Astrogot.
Ogkon-de serpent, s. m., hyacin-
thus comosus, plante. Vend. (C. et P.
D.) /'■. Ail-3-la-serpent.
Ognons (peler les), loc, !e temps des
fiançailles, surtout lorsque, par suite
du refus de leurs parents, l'un ou l'autre
des futurs est oblisé de faire des som-
mations respectueuses, ce qui lui fait
de la peine, le fait pleurer. (B.-F.)
OïL. part, aflf., oui. D.-S. — Vend.
y. Oeil.
Oio, part, négat., non. V., c. Isl.
Jour., Luchapt.
Olée (1. olere)y s. m., le laurier-
sauce (B -F.) — Vieux français: « oîer, »
sentir bon.
Omblet [bl mouillés), s. m., anneau
de cuir ou de branches flexibles qui
sert à attacher le joug à la perche d'une
chiHTue. ou à l'aiguille d'une charrette.
V. — n.-S. — Vend., suivant les lieux.
V. Amblet.
Ombliai, V. a. et n., oublier. V. —
D -S., suivant les lieux.
Ome et Omier \\. ulmus), s. m.,
ormeau. V., c Montm. — « Hosme. »
(An. 1^78. Nieuil. Manusc. du Poitou.)
— Provençal : « oume. »
OMÉEet Oumée, s f., carie de l'os
maxillaire des animaux, et principale-
ment (lu bœuf. L'on croit que celte ca-
rie provient , le plus ordinairement,
d'une piqilre faite par l'aiguillon. V.,
arr. Poit. — D.-S.
OlNce, s m., arliculalion des doigts;
les phalanges : « in morcea d' bois m'a
cheu su l'once daux dés, o m'a fé grond
mau ; » un morceau de bois a tombé sur
mes « onces, » çà m'a fait grand mal.
V., arr. de Poit. — Saintonge. — Pro-
vençal : « ounso; » mostro sis ounso, il
montre ses phalanges. — Rabelais :
f oincé: mais je dirai cela de luy qu'il
ha bien les plus dures oinces.... »(L. 4.,
c. 16.)
O.NDAiN, S. m., sillon de pré d'une
étendue indéterminée et de la largeur
d'un coup de faux. V. — ■ D.-S., sui-
vant les lieux
O.NDF.RCE, S. f., dartre vive. D.-S.,
0. de Bress.
0.x DEUX, s., m , petite palette en fer,
tranchante et à douille, que l'on adapte
au pied de l'aiguillon, et dont le labou-
reur se sert pour nettoyer sa charrue et
couper les mauvaises herbes. V., arr.
de Loudun. V. Ancias.
Ondille, Ondrille. Ondlton, s.
m., les ongles des animaux fourchus :
« noutés bus i n'avons pus d'ondrilles
aux pés. » V., arr. de Civ. et c de
risl.-Jour., p. « ondrilles. » V. Andil-
lon.
Op, Op la, interj., cri d'appel, dans
198
ORN
tout le Poitou. — Ani^lais : « up, » de-
bout, sur pieu, sous ses pieds.
Oplo, part. a(T., oui : « qu'é moussu
r cura, que vingu t' confessa? —
Oplo; I) c'est monsieur le curé qui est
venu te confesser? — Oui. — Patois du
Limousin : « aplo. »
OguEetOiQUE, prép., avec. D.-S.
« Et l'en vains oquc nous. »
[Gust.]
— Gascon : « aque. ••
Obde. exclamation, terme de sur-
prise. V., Leugny-sur-Creiise. V. Ago,
Oreille, srf., les planches qui sont
placées de chaque côté de l'arau, ou
celle qui est dun côié seulement, et qui
servent à verser la (erre. V. — D -S.
OttETLLE-Dt-PRÈrRE, S. f . , cspèce de
champignon. V., arr. Civ. — Quartier
de pomme ou de poire séché au four.
iB.-F.)
Orendroit. !oc , à présent. (An.
IS'iO. Manu.-c. du Poitou.)
Oroia-de-temps, loc, un grand
espace de temps : • thio drôle a été in
orgnia de temps sans rein faire. j>
D.-S. B.-F.)
Orgne, s. m., lourdaud, pare>seux,
fainéant : « vé don coum' i fé l'orgne. »
(B.-F.) — Ardennes, vexation, outrage.
Orgou, s. m., orge-froment ; g l 38
boisseaux orgoux. » (An. 1688. Bonnes.
AJanusc. du Poitou.)
Oria>tier, Oriântin.s. m , églan-
tier. D.-S., c. Bress. — V., arr. Chût,
_ — Vend. F. Argaillou.
Orillette. s', f. V. Girèle dans le
sens de champignon. Y,, c. Montm. et
de St Savin.
Orine, s. f , origine.
€ Coasidère, Sorin, qaciz gens de benne orine. »
[Bab., p. 40.3
— Basse latinité : orîginariî. —
AJarne, Mayenne : « orine. »
« Ll barons du pays quisunt de bonne orlae. »
[Cbronlq. de du Guesc."
— « Francorine, » français d'origine
Oriou, s. m., loriot. D.-S. — (B.-F.)
— Roman : « auriol. » — Catalan et
espagnol : « oriol. »
Orne, s. m. lot de bois, portion de
bois prise dans un plus grand. V., arr. de
Chat., Oiré. Y. Mareau.
ouc
Orpions.Outetllons, s, m. pi., les
ongles, les bouts des doigts. V., arr. de
PtMi. et de Loudun, et arr. de Civ.» p.
orleillons. » — Bas^e latinité : ortiLii,
pedis ungulae (Duc.)
Orrusse. s. m., poisson, espèce de
véron piquant D.-S (Rond.)
Ortigi:, Ortuge (1. urtica), s. f ,
ortie. V. — D.-S., suivant les localités.
« Mais qu'après o vcnguit ine certaine tige
)' De gens qui jetUranl lour froc dans les or-
tigc. »
(Bab,, p. 34.)
— « Toile d'orlige, » toile blanche. D -
S., c. Cel. — Roman : « ortiiza, ur-
liga. » — Provençal : « ourtigo. w
Ortolin (1. lioriulnnus), s. m , jar-
dinier : « quatre oliviers qu'ay faici ar-
racher par l'orlolin de céans. » (V. 1548.
Alanusc. du Poitou.)
0^iVAN^E, s. m., plante qui croit
dans les petits ruisseaux. V., arr. Cliâ".
Osai. Osea, Osia (1. avis), s. m.,
oiseau. V. — D -S. — Vend., suivant
les lieux. — Ancien français : « oisiax. »
OsiLLOU. s. m., oisillon. V., c. Isl.-
Jour.
Ostade, Ost4DINe,s. f., suivanlHé-
carl, l'osiade éiait une sorte de camelot
dans lequel il y avait un fil de soie
blanche mêlé à la laine brune qui for-
mait le corps de l'étoffe et qui la ren-
dait a.-sez brillante. L'inventeur de ce
tissu habilait Anvers et se nommait
Van-Ostade. Dictionnaire rouchi-fran-
çais, p. 31'9.) — a: Item je donne à la
femme de M<= Micheau Gillet ma robe
de sort brune doublée d'ostadine. » (Ma-
nusc. du Poitou. An. 1516.)
Ot, s. m,, grand cierge. Vend. (C. et
P. D.)
Otout, conj., aussi. V. — D.-S. —
Vend., suivant les lieux, y. Etout. —
Mayenne : « otout, » avec.
Ou, pr. démonst., ce, cet, le, la, il :
« j'ou fr'é, » je le ferai : « faut-ou qu'i
m'en ange? » faut-il que je m'en aille?
V. — D.-S. —Vend. V. 0.
OuAiL, OuEL, OuEiLLE, part, afî.,
oui. V. - D.S. — Vend. F. Oeil.
OucHE (b. l. occha), s. f., champ
près la maison. V. — D.-S. — Vend.
OUI
OYA
199
— Jardin potager placé dans des ter-
^ai^^ clos de murs ou de haies. (B-F.)
— «Hocha. » (An. 1333.)— « Osche, »
terre en culture entourée d'une haie ou
d'un fossé. (I4G4. Ayron.) — Jardin
plus parliculièrement desliné aux ii;ros
légumes comme aux choux. Vend. —
Mayenne et patois du Berry : « ouche. »
— Noms de lieux : « Ouches (les), »
« Ormes (les); » Pouant (V.).
OicHE-A-MUSARD, loc, mot h mot
le champ où l'on reste, le cimetière.
(B.-F )
OuEiLLE, s. f., brebis, dans tout le
le i'oitou. — « Item xvii chez d'oeiiles. »
(An. 1329.) — (c Oueille. » (An 1740.
Manusc. du Poitou.)— Roman : « ovella,
oveilla. »
OuicHE, exclamalion pour faire re-
culer les bœufs. Vend. (C. et P. D.)
OuiLLAGE, s. m., le surplus que l'on
donne bénévolement d'une marchandise
vendue au poids ou à la mesure C'est
encore le temps qu'un domestique donne
à son maître après l'expiration de son
service. D.-S.
Ouille (1. olla), s. f., petit pot dans
lequel on vend le caillé provenant du
lait (les brebis, V.,arr. Poit.— Ecuelle
en terre. D.-S — Vend. — « Houle de
sel. » (An. 1387. ÎManusc. du Poitou.)
« Ah! q'ie n'ai-je cassé men oulle ! »
(Gust., p. 49.)
— Ardennes : «ouïe, » marmite, huile,
mets. — Ancien français
Ouille, v. a., remplir un vase, une
barrique avec « l'ouillette. » — Par
extension être rassasié de nourriture
D -S. — V. — « Russart employé à
cuiller les vins à Maillé. » (An. Io04.)
Ouillette m mouillés), s. f., petit
entonnoir de bois ou en fer blanc. V. —
D.-S. — Vend. — « Ouillette : une
ouillette de fer blanc. » (An. 1773.
Vasies Manusc. du Poitou.) — Ancien
français
Oulier '!. o//«\ s. m., marchand de
pots. — « Item en la foyre de saint iNlar-
sault (à Civray) la tierce partie de trois
mailhes en toutes menues ventes, c'est
assavoir en ouliers qui ont charrette qui
paient quatre deniers. » (An. 1388. Gr.
Gauth.)
OuMB, s. m , ormeau. V., arr. de
Montni. — « Jusquesau lieu de l'Oulme-
Landain. > (St-Hil. Bourg. An. J579.)
— Gascon : « ourme. » — Marne :
4 ourmel. » — Noms de lieux : « Ormes
(les) » [V.].
OuTiLLEMïïNT, S. m., ustcnsilc de
ménage; tout ce qui sert à un ouvrier.
V. — D -S. — Vend. — « Liz. touai-
Ihes, drapilles et aultres houstillemenis
nécessaires, pour servir au dit presbi-
tère. » (An. 1419. Manusc du I^oitou.)
OuMEROLLE, S. f., ccpéc de jeunes
rejets d'ormeau. D.-S. — Vend.
Ouvre, s f , fleur de farine très-fine
qui vole autour de la meule dans les
moulins. D.-S.,c de Brioux. V. Auve.
OuYBAY et Ouvré (1. operari), s.
m., jeune gars. V. — D.-S., suivant
les lieux. — Languedocien : « ouvrié.»
Ouvrère, s. f., jeune fille : « quielle
ouvrère n'é ni habile ni fine. » V. —
D.-S.
OuYE ou Oye, s. f. et m., petite ou-
verture pour aérer un lieu quelconque,
et principalement les caves V. — D.-
S. — « Fait bastir une ouyeen masson-
nage. » (An. 1409 ) — « Un ouy de
cave. I) (1741. Poitiers. Manusc.)
Oyar, s. m , peuplier. D.-S., c. de
Bress.
PAG
Pabou (1. pappus), s. m., pavot,
dans tout le Poitou.
Pagre, s. m., insecte suceur qui
s'attache aux oreilles des chiens, à la
panse des bestiaux. Vend. (C. et P. D.)
Pagnotai, V. n., marcher difficile-
ment, avec crainte : « qui qu'i f'ré tout'
la neut à pagnotai dons quié» ch'mins? t
200
PAL
qu'est-ce que je ferai toute la nuit à
marcher avec crainte dans ces chemins?
V., arr. Civ.
Pagnoutou, sr, adj., celui ou celle
qui pagnolte. V., arr. Civ. — Ar.len-
nes. Haute-Marne : n paiznolle, » lâche,
paresseux. — Palois du Cerry : « pa-
gnot, » mou, pu>illanime, sans énergie
Pai (I pellii;). s. f., peau. V., c. Isl.-
Jour.
Paui et Pau: (1. pa/ea), s. m., tas
de jiaille, meule de paille. V. — D.-S.
— Basse latinité : paiearii. — Pro
vençal : - paie, paiéro; coucharen au
paie, • nous coucherons à la meule de
paille ^Mist.)
Paie (I. pnnis), s. m., pain : o o n*a
pu d' paie dons la met. » V. Ayron, la
Grimaudière. — Gascon : « pâ. » —
Languedocien : « pan. »
Pailler, v. a., former avec de la
paille, et avec foule autre maîière, le
siège d'une chaise, d'un fauteuil. (B.-F)
— V. — Roman : * palhar, » empail-
ler.
Paillt, s. m., (as de paille, meule
de paille. V., c de Neuv., de Mirebeau
et de Monte. — D.-S., c. de Thénezay et
d'Airvault.
« El caclii darrère In paiHy »
(Cent Poct., p. 98.)
Paillisse, s. f., sorte de paillon. V.
Paillo.n, s. m., tas de padies réunis
en monceaux, ce qui donne plus de faci-
lité pour les enlever à la fourche dilo
<• paillère.' o L'on dé.-igne encore ainsi
des bottes de paille. V. — D.-S., Ga-
tine. — Français : grosse paillette.
Pain-au-lièvre,s. m., onomatopée.
Plante ainsi appeh'e parce que les lièvres
en sont très-friands. K. Allée. V., arr.
(jv. -- D.-S-, arr. de Bress. et de
Parih.
Pain-chaud, s. m , primevère offici-
nale, plante, prîmula olficinalis ; doit
peut être son nom à I otieur qu'elle
exhale. Vend. (C. et P. D.; — Chardon.
V., arr. Civ.
PAl^TAlLL\I (faire\ loc, littérale-
ment, faire « paintailler, » avciir re-
cours souvent au pain ; une nombreuse
famille fait « paintailler. y^ Par exten-
sion, faire tous ses efforts, tout ce que
l'on peut. D.-S.
PAI
Palabres, s. f. pi., paroles. C'est le
mot espa;.:nol. Vend., Sabl. , Chaum.
Palabré, v. n., parler bien haut et
longirmps. en se plaignant de choses
qui n'en valent pas là peine. Vend.,
Sabl., Chaum.
Palastbk (clou), s. m., clou pour les
souliers. — « (doux palastre fort. »
(An. 1537. Manusc. (lu Poitou.) —
Français: partie extérieure de la ser-
rure, sur laquelle sont montées les pièces
intérieures,
Palastrf.b, v. a., mettre des clous
palastres aux souliers. — a Pour euer
achalé à Mirbeau pour taconner et pa-
laïlrer lessoulersdesd.charretcrs 15 s.»
(An. 1537. Manusc.)
Palaine ou Palème, s. f. , grande
herbe, longue et dure, qui pousse dans
les ])ois. V. — D.-S.
Palauton, s. m ^ peloton. \'., c.
Ll.-Jour. — « Palalon. » V., arr. Civ.
Palerék (pal'rée) |l. pola\, plein une
pelle. Dans tout le Poitou. — Uabelais:
(I cependent quatre de ses gens lui jet-
toient en la bouche moustardes à
pleines palerées. » (L. i^r^ p. 21.)
Palette, s. f ,1a pelle a feu. V , arr.
Civ. — D.^., arr. do Melle — (B.-F.) —
Italien : « palelta. »
Palisse, Palisson, s. f., s. m., haie
sèche, haie vive.
€ Moty la mnin ?:u in pau
» Qui esloit in la p.TJice. »
(Gciit. Poety., p. 74.)
— Basse latinité : palicivm, pâlit, et
closture. (Duc.) — Roman : « paliza, »
palissade.
Palisse, Pailltsson , Paillis-
soune, PAILLO^, Pailloune, espèce
de corbeille en paille pour mettre le
pain, D -S. — V., arr. Civ. — « Neuf
paillisson et une petite pgiliissonne. »
(An. 17G!» Va^Ies. IManu^c. du Poitou.)
— Provençal : « paillasso, paillassou. »
Palisse-venthesse, s. f., corbeille
qui sert à Iran-^porter le grain, lorsqu'il
est battu, de la cour dans le grenier :
« vé querre la palisse-ventresse, qu'i
sarint nouté bia. » V., c. de l'isl-
Jour.
PALLBBnESSAi (r. pallebrcsse), v.
a., se servir de la pallebresse, remuer
PAO
la terre avec elle. V., arr. Civ. — D.-
S.— (B.-F.)
Pallebbesse, s. f., pelle-bêche. V.,
arr. Civ. — D.-S — (B.-F.)
Pallefbàe, V. a., fouler aux pieds.
Vend. (C. et P. D.)
Paloune, s. f., plante, espèce de tu-
lipe qui pousse et fleurit dans les prés.
D.-S. — (B.-F.) — Vienne.
Paloune (1. palumbus), s. f., pigeon
ramier, la palombe des Pyrénées. —
(B.-F.) .
Pampaié,Pampaillou,Pampailly,
s. m., la fin, le dernier jour des mois-
sons, du battage des grains. V., arr.
de Civ. — D.-S. — (B.-F.) V. Avelot.
Pampalène, s. f.^ plante. — (B.-F.)
V. Paloune.
Pana, s. m., instrument en fer et à
ressort, sorte de crochet, qui tient le
seau quand on le coule dans le puits.
V., arr, de Civ. V. Chabu.
Pane, s. m., pain. Vend.^ c. Chalans.
F. Faie.
Pané, s. m., panier. V. — D.-S. —
Vend., suivant les lieux.
Pané-sand'dou, s. m., panier qui
contient le blé de semence que porie le
laboureur pour faire les semailles ":
a vau-tu porta lou pané-sand'dou ? »
V., c. Isl-Jour., Adriers.
Paneté (1. panis), s. m., petit coffre,
qui tient à la table à manger, où l'on
sert le pain. /'. Mequegnun.
Panètre, V. a., pénétrer. V., c. Isl.-
Jour., Adriers.
Panetbole, s. f., coléoptère de mau-
vaise odeur qui se tient dans le foin,
dans les granges. (B.-F.)
Pangliai-: (1. peîidere), v. n., pen-
dre, être suspendu. (C. et P. D.)
Pangliâet, s. m.,suspensoir. Vend.
(C. et P. D.)
Pantbe, adj., avare. D.-S., c. d'Air-
vault.
Pantine, s. f., fond de coëffe à
l'usage des femmes. V. — Coëffure qui
a remplacé la cornette. V., c. Montm.,
Saulgé. — D.-S. — (B.-F.) — Fran-
çais : « Pantine, » nombre d'écheveaux
liés ensemble.
Paou et Paour (1. pavor), s. f.,
peur. D.-S. — Vend., suivant les lieux.
— Languedocien : « poou. » •— Limou-
XXIll.
PAR
201
sin : a pàu. » — Rabelais: r de paour
que mort ne le surprenne. » (L. 3,
c. 2.)
Papachin, Papkchtn, s. m., van-
neau, oiseau. D.-S. — (B.-F.) — V.,
c. Civ., p. n Papechin.»
Papegay, s. m., oifeau, perroquet :
« baillé cincq livres et demye de fil de
fer et deux bottes de fil d'archar pour
faire la caige du papegay. • (An. 1537.
iVJanusc. du Poitou.)
Paques-fleuries fr. pascha JIo'
mm), s. m. pi., le dimanche des ra-
meaux. V., arr. Chat.
Parai, loc, par vrai, c'est vrai,
n'est-ce pas, qu'en penses-tu? V.— D -S.
—Provençal : « parai; semblo parai, »
il semble, n'est-ce pas? — Besançon :
« paire, » certes.
Parai, v. a., peler un fruit. C'est
aussi un terme de sabotier et de tanneur.
V. — D.-S. — Roman : << parar, » pré-
parer.
Para je (1. parare), enlever la terre.
Vend., c. Chalans.
Parc, s. m., Coie-sauvage. On attri-
bue à la racine de cette plante, infusée
dans du vinaigre, la propriété de guérir
les dartres. V., arr. Civ.
Parceron, s. m., petit espace séparé
que l'on réserve dans une écurie pour
les oies, les brebis, etc. V., arr. de
Civ. F. Crenea.
Pabchas, s. m., parchemin, manus-
crit. V. — D.-S. — Mayenne.
Parcheminour, s. m., parchemi-
nier. — « Item fu paie au parchemi-
nour pour le messal, lx s. n (An. 1380.
Manusc du Poitou.)
Parculou, s. m., procureur. Vend.
— D.-S.
Pardi, Pardine, exclamation, par
Dieu! V. — D.-S.
Pardon, s. m., le son funèbre de
l'agonie : « sonner le pardoii. » V. —
D.-S., dans quelques localités.
Paré, s. m., longueur de toile que
tire le métier du tisserand : « 1' tiss'rond
a fait trois parés anneut. » (B.-F.)
Pare-bot, s. m., instrument de sa-
botier qui sert à dégrossir et à terminer
les sabots. V. — « Couteau parbot. »
(Vasles. Manusc.)
46*
202
PAR
Pareil (1. parilis), s. m., paire :
t un pareil de sabots. » V., c. Isl.-
Jour., Luchapt.
Parielle, Pabèle, s. f., plante,
V/iippolapat/iion de Dioscoride. V. —
D.-S. — Vend. — (B.-F )
Pahentage (l. parens), s. m , pa-
renlé. V. — D.-S.
Parglé (gu mouillés), excl., par
Dieu :
n Pargué I si faut ou
» Avont quo se Jou »
(N, r., p. 113.)
Parlange, s. m., langage, manière
de dire, discours préparé. V. — D -S
— Vend.
€ Nonlre parlange est bca,
» Coumc l'èvc le coule. »
(Cit. n.-F.)
Parlaqui, loc. adv., par ici. V.,c.
Montm., Saulgé.
Pahle-d'isle, s. f., graine de lierre.
V.. arr. Civ.
Paroib (1. paî'ore),s. m. .instrument
de sabotier. V., sui\ ant les lieux. V. Pa-
rebot.
Parontagr. s. m., parenté. \. —
D.-S.j suivant les lieux.
« Affermis n'arer en son parontage
» Auquln d'in si bea cors.ige. »
(N. p., p. 33.)
Parour, s. m., espèce de peigne ou
de brosse faite de jeunes liges de genêt
ou de bruyère doiii se servent les tisse-
rands pour démêler etencoller leurs (ils.
(B.-F.
Pabpaion, Parpion , Parpillou
{1. papilio), s. m., papillon. V. — D.-
S. — V., arr. de Chat., p. « par-
pion,» etc., de risl -Jourd.,p. parpillou.
— Provençal : a lou parpaioun i' eu
me farai. * — Patois du l.imousin :
«> parpoillou.» — Roman : t parpaillo.»
— Gascon : « Parpaillol. » — Rabe-
lais : « et couroit volunliers après les
parpaillons. » (I,. 1", c. il.)
Parsais et Persais [persicum,
sous-entendu wm/ww), s. m., pèche qui
qui ne laisse pas le noyau. V.
Pabsb [\. passer), s. m , moineau.
Vend. (C. et P. D.) — Roman : « pas-
sera et passerat. » — Warue et patois
PAS
du Berry : « passe et epasse. » —
Mayenne : a pesse. » — Ancien fran-
çais : « passe, paisse. »
Parson il. pars]^ s. m., petit espace
que l'on réserve dans une écurie, pour
les oies, les brebis. Il était autrefois du
féminin et signifiait part, portion. V. —
D.-S.
« Qui avoicnt lor fort chacun en sa parçon. »
(Chroniq. du Gués., v. 7987.)
Parsonié, Parsouné, Parsounié,
ÈBE (1. persona), adj., associé, copar-
tageant. V., arr. Civ. — D.-S. — Vend.
— Se dit en mauvaise part des femmes.
V. — Objets dont la propriété est indi-
vise. L'on dit proverbialement : • tout
âne parsouné porte un mauvais bât. »
C'est-à-dire que toute chose indivise est
mal soignée. D.-S. — (B.-F.) — Basse
latinité : parcennarii , percenaiii ,
ceux qui divisent entre eux l'héritage
paternel. (Duc.) — « Partionarius'o {ku.
128'J,) — « Personners. » (An. 1392.
Manusc. du Poiiou.) — Roman : « par-
sonicr. » — Catalan : « parçonner. »» —
Espagnol : • pnrcionero. » — Sain-
longe : « parçounier. » — Assises de
Jérusalem : « les parties sont parson-
niers en cel cas. » (C. 87.) — Prophé-
ties de Merlin : « et parcunière sunt
d'umanité. « — Chez les anciens au-
teui's, passim, « parçonnier, parce-
ner, parchonnier. »
Partage-a-Pingaut, Partage-a-
CouRLOURiT, loc, tout cl'un côté, rien
de l'autre. (B.-F.)
Part-a-Ragnia, loc. D -S., arr. de
Bress. V. le précéd.
Partement, s. m., départ. V. —
«Depuis ton parlement. >(Rab.,l.4.,
c. 3.)
Partur, s. m., petit passage dans
une haie, dans un buisson. V., c. Isl.-
Jour., Luchapt.
Parl'elle, s. f., plante, Vhippola-
paihum de Dioscoride. V.,arr. de Civ.
r. Parielle.
Parure, s. f., ce que l'on a enlevé
de la peau des fruits. V. — Anglais :
< paring » (pr. périn) l'action de cou-
per, de rogner, rognure, pelure.
Pas-d'ane, Pas-de-poulain, s. m.,
onomatopée, tussilage vulgaire, plante.
Ainsi nommée parce que sa feuille est
PAT
assez semblable au pied d'un âne ou
d'un poulain. — (B.-F.) — V., arr. de
Chat., p. « pied-de-poulain. »
Pasquanade, s. f., plante, la berce-
branc-ursine. D.-S. — (B.-F.) — V.
Passada, V. a., passer; part, passé,
« passade : » a vau-tu passada par la
fout? — Oplo; » veux-tu passer par la
fontaine? — Oui. V,, c. de l'Isl.-
Jour.
Passe, s. f., insecte. V., arr. de
Chat. V. Carcelle.
Passée, s. f., petit chemin, sentier.
Il est aussi synonyme de passage. V. —
D.-S — (B.-F.)
Passeria, s. m., passereau. D.-S.,
arr. de Bress. et de Parlh. V. Parse.
Patache, Pataque, s. f , pomme
de terre. D.-S., c. Bress., Nueil-les- Au-
biers. — D. S., arr. de Melle, p. « pa-
taque. » (Barot.)
Pataql'in, Patatou, s. m., mot
employé dans la sorcellerie. Courir le
pataquin , c'est courir sans savoir où
l'on va, par suite d'un sort. V., arr. de
Chat., arr. de Civ. pour patatou.
Pataee,s. f., pomme de terre. D.-S..
Parth. F. Patache.
Patas , s. m. pi., nuages isolés,
clairs, chargés de pluie ou de neige,
presque toujours précurseurs d'une va-
riation atmosphérique. V., arr. de Châ-
tellerault. — Gascon : « patas, » coups.
Patassé, V. a., appliquer des piè-
ces, des morceaux à des vêtements. V.,
arr. de Chat.
Pate-a-pate (a très-bref) [1. par,
pari], loc, terme de jeu; égal à son
adversaire soit en nombre de points,
soit en nombre de parties. V.
Patelou, se (pat'lou), adj., ombra-
geux, chatouilleux, facile à émouvoir ; se
dit des gens et des bêtes. D.-S., c. de
Bress.
Pater [a bref), v. n., égaler : « Tu
pâte à mé , » tu es aussi grand, aussi
fort que moi. D.-S. — (B.-F.) — V. n.,
être crotté , sali par la boue. V. —
D.-S. — Patois du Berry : « pater, « se
dit de la boue qui s'attache aux sou-
liers et de la personne elle-même qui
marche dans la boue.
Patifagnai, V. n., marcher dans
PAT
203
la « fagne, » dans la boue. V. —
D.-S.
Patiforma ou Patriformia (1. pa-
tï'is forma) , s. m., ressemblance du
père : « Quiau drôle es ben son patifor-
mia. » V., arr. de Poit. — D.-S., arr.
de Mel.
Patin (g. -TràTsiv), s. m., gros sabot. —
Par extension, homme qui fait du bruit
en marchant. D.-S., c. de Bress. — Talon
des cartes. D.-S., c. de Châlillon.
Patine, s. f., extrémité de la guêtre,
ou languette du chausson. V., c. de
Montm. et de Sl-Sav.
Patiha, Patiria (1. pati), s. m., ce-
lui qui souffre au moral comme au phy-
sique : c Paure patiria, » pauvre mal-
heureux ! V. — Vend. — D.-S.
Pâtisse, s. f., plante, espèce de ray-
grass. V., arr. de Chat.
Patogliae, v. n., barboter dans
l'eau comme les enfants. Vend. (C. et
P. D.)
Patouillai, v. n., marcher dans la
boue. V. — D.-S. — Aube, Warne. —
Patois du Berry : « pat^uiller. »
Patrafae, v. a , barbouiller. Vend.
(C.etP. D.)
Pateouil, s. f., patrouillage, bour-
bier. V. — D.-S. y. Gassouil. — Pa-
tois du Berry : <l patouillat, patouaille, »
bourbe, gâchis, boue claire. — Aube,
Marne : « patouillas. » — Français :
(T patrouillis. » — Noms de lieux : a Pa-
touilla (le), » Liglet. V.
Patrouillaau Patrouillet , s.
m., grande perche au bout de laquelle
sont attachées des guenilles dont les
boulangers se servent pour nettoyer
leurs fours. D.-S. — Vend. — V., dans
quelques localités.
Patrouillou, se, adj., couvert de
boue. V. —D.-S.
Patte-de-nau, s. f . , graine de lierre.
V., arr. de Civ. V. Parle-d'île.
Pattefeae, v. a., barbouiller; il si-
! gnifie aussi fouler aux pieds. Vend.
V. Patrafae.
Patureau (1. pascere , pastum)^ s,
m., pâturage. Dans tout le Poitou. —
Noms de lieux : a Pâturai (le Grand), »
Pressac; « Patureau (le), » Oiré; « Pâ-
turelle(la), » Coussay-les-Bois.
204 PAV
Pau(1. palus)f s. m., pieu. V. —
D.-S.
<■' Si la mort ne l'oguit tué d'in cot de pau.
(Rob. div.)
« To rède qncm'in pau. »
(Aiu. de Col., p. 2.)
a Ea une charrette qui en estoit pleine jusque sur
[les panx. »
(An. 1^63. D. Font., t. xii, p. 279.)
Provençal, patois du Berry, Mayenne :
pau.» — Patois du IJmousin: opaou. »
— IN'oms de lieux : « Puu (le), » Ven-
deuvre. (V.)
Pai BOURDE, s. f. , bâton de deux
mètres de long, en chu à l'une de ses
extrémités, servant à porter des fagots
sur l'épaule. V. f\ Faubourde. — a Au
garçon qui a porté la paubourde pour
soubstenir l'image de madame sainte
Radégonde. » (An. 1003. Manusc.)
Paucre, s. f., grosse main. V. —
D.-S., c. de Bress. — Rennes : a po-
cres. »
Paucre-de-loup. s. f., la renoncule
des prés, patte de luup, parce que cette
plante représente assez bien l'empreinte
du pied de cet animal. Onomatopée.
D.-S., arr. de Bress.
Paucber (r. pauvre)^ v. a., manier,
pétrir, tourner en tous sens. Vend. (C.
etP. D.)
Paufoup.che (1. palus ^ pieu ; furca,
fourche), s. f. V. Faubourde. V. —
D.-S. — F.Allegrin. V.,c.Isle-iourd.,
Adriers.
Paugregnai et Paugrignai. v. a.,
tourner en tous sens, manier comme
avec des griffes ; « Et que paugrigne
don quiou drôle de Charlu? » D.-S., c.
de Bress.
Palil, s. m., pou. Vend., Fonte-
nay. (C. et P. D.) — Roman : t peoil
et peoillet. »
Pal'lu, b, adj., peureux. D.-S. (Ba
rot.) — - Roman : « pauruc^ paoruc, »
peureux, craintif, poltron.
Palteignai et Poitrignai, v. a.,
pétrir, tourner en tous sens. V. Y. Pau-
crer.
Pavas, s. m., espèce de rouche com-
mune, et dont on se sert, après l'avoir
fait sécher, pour couvrir les toits ; le
scirpus lacustris ou maritimus. On
donne aussi le nom de o pavas » au du-
PEI
vet que fournit le typha et dont on fait
des oreillers. Vend.
« Car tandis que nos prés sont remplis de limons
» De pearc, de pavas, dejoncet de motincs. »
(Gust., p. 19.)
Payade, s. f., payement : « Vèque
il la payade, ma chienne, vèque à
la payade; » viens au payement, ma
chienne, etc. V., c. Isle. -.lourd.
PÉ et Pi (I. pe.vj, s. m., pied. V. —
D -S. — Vend., suivant les lieux. —
Languedocien et limousin : « pé. >) —
Ardeiines : « peis. »
Pea et Pi A (1. pellis), s. f., peau :
« Et la pea d'in craapau. »
fGiiilIcri, p. 28.)
« Iret teste levée et sans craindre sa pea, »
^Bab., p. ea.)
— Roman : « pé. » — Gascon :
« pel. I)
Peabb et PiARRE (1. petra), s. f._,
pierre. V. — D.-S. -— \'end., suivant
les lieux,
Peautraille, s. f. , vile canaille,
vile populace, gens méprisables. (B.-F.)
— D -S — Vend. — Rabelais : « Comme
bien proprement telle peautraille de bé-
listiaudiers nommaient les anciens. »
(L. 2, c. 25. j
Pecaudai, v. a., remplacer des piè-
ces, par d'au!res pièces, sur de vieux
habits. D.-S., c. de Bress. — Basse la-
tinité : peceium, pièce. (Du C.)
PÈCHARD, DE, adj., poil blanc tacheté
de rouge : « cheval pêchard, jument pê-
charde. » Dans (oui le Poitou.
Pedache {a long), s. f,, insecte qui
s'attache aux oreilles des chiens, à la
panse des bestiaux pour leur sucer le
sang. Vienne. V. Pâcre.
Pedoque, s f., petit trou que font
les enfants pour jouer. Ce jeu consiste à
poquer (à jeter), dans ce trou, des billes
de marbre, des noyaux, même de lar-
gent. V.
PÉEs (1. pisum), s. m., pois. (B.-F.)
Pj.ignassier (1. pecien), s. m., celui
qui peigne, qui prépare le chanvre. V.
— D.-S. V. Habilleux.
Peigkeras , Peignerolle (pei-
gn'ras) , s. m., espèce de chardon à
haute tige dont les feuilles viennent
PÈL
deux à deux et forment comme un go-
det autour de la tige où se conserve
Teau pluviale. (B -F.j— V., arr. de Civ.,
pour « peignei'olle. »
Peille(1. jDÎ/w5), s. f., pelouse, grosses
touffes d'herbes qui poussent longues et
épaisses dans les bois, dans les champs
en jachère. D.-S. — (B.-F.) — Fran-
çais : « peilles, » vieux chiffons em
ployés à la fabrication du papier.
Pkillé, v. a., piller. Vend. :
« Faisant ou bain être pelllé. »
(Gust ,p. 86.)
Peillou , SE, adj., pillard. Vend. —
Patois limousin : « Peillayre, » pauvre,
dépouillé.
Pelasse (p'Iasse), s. f., long morceau
de peau arrachée, enlevée ; écorce qui
y ressemble. (B.-F.)
Pelât (p'iat), s. m., mouton qui n'es!
que tondu. D.-S. — (B.-F.) — Proven-
çal : « pela, » pelé, rasé.
PÈLE, s. f., poêle à frire. V\ — D.-S.
— Vend.
Pelée (p"lée) [I. pilare], s. f., laine
prise sur des brebis mortes.
Pèler^ V. a., mesurer avec soin^ mi-
nutieusement. Vienne.
Pellebois, se, adj., habitants de la
partie de l'arrondissement de Melle qui
est la plus couverte de bois, et princi-
palement dans toute la partie nord. Ce
nom leur vient de la grande fabrication
de cercles en châiaigner que l'on fciit
dans cette contrée, et surtout de l'usage
de peler le bois pour faire de Técorce
ou des perches. D.-S,, arr. de Melle. —
Patois limousin : « péchas- le-bôs, » bû-
cheron.
Pelleboiserie , s. f., la contrée ha-
bitée par les Pellebois. — D.-S. , arr.
de Melle.
Pelle-chin , s. m. , vanneau : « 1'
mouni a borsadé , oré , douée pelle-
chins qu'éliant vingudés à soun étang ;>
le meunier a tué , aujourd'hui , deux
vanneaux qui étaient venus à son étang.
V., c. de l'Isl.-Jourd.
PELôi\(plon), s. m., enveloppe delà
châtaigne. — D.-S. — Vienne.
PÈLON , s. m., vase à trois pieds et à
queue où l'on fait chauffer la rôtie. V.,
arr. de Poit. V. Godeneau.
PEN
205
Pelour (p'iour), s. m., équarrisseur.
ï/on donne aussi ce nom aux marchands
qui vendent des marchandises de mau-
vaise qualité et qui trompent ceux qui
les achètent. — (B -F.) — D.-S.
Pelousai , V. n., se couvrir de pe-
louse. Vienne. — V. Appelousai.
Pelu , e (1. pilus) , adj.^ couvert de
poils JN'est plus guère usité dans le
langage , mais il sert encore de sobri-
quet. (B.-F.) — Patois du Berry.
Penaguin, s. m., homme qui se
mêle de l'ouvrage des fçmmes. Vienne.
Penailles (Î. panmilits) , s. f. pi.,
habits déchirés. V., arr. de Civ. —
D.-S., arr. de Bress. et de Parth.
PE^xiiCE (\. pannucea ou pannutia)y
s. m., drap. Vend. — (C. et P. D.)—
S. f., guenille, haillon. V., arr. P.
PÈNE , s. f. , fils qui restent au bout
de la pièce de toile que le tisserand vient
de terminer, qui servent a nouer les fils
de celle qui va lui succéder, et que le
tisserand enlève lorsque cette nouvelle
pièce est commencée. V. — Marne :
(L penne , » drap , serge.
Pendour (1. pendere) , s. m. , mor-
ceau de bois auquel on suspend, par
les deux pieds de derrière , le porc que
l'on vient de tuer, afin de le faire re-
froidir avant de le saler. (B.-F.) — D.-S.
— Vienne. On appelait «pendoir, » au-
trefois , la corde à laquelle les charcu- '
tiers suspendaient le lard.
Pendreillai, v. a., pendre. —Vend.
Pené , s. m. , panier. — V. , D.-S. ,
Vend. Suivant les localités — Y. Pané.
Penère (1. partis), s. f., panetière,—
Vend.
« Prends me ta penôre et me suit. »
(6ast., p. t5.)
— Rabelais : « panoire ; «• une panoire
et une sarpe à la ceincture. (L. iv,
c. 48.)
PEiNET, TE , adj., apprivoisé. Vend.,
Saint Philbert de Pont-Charrault. (C. et
P. D.)
Penilles , s. f. pi. , mauvaises gue-
nilles , linge sale et déchiré : « chin-z-
allée les penilles traînant pretout dons
la place ; » chez elles, etc. V., arr. de
Civ. — D.'S. , arr. de Bress. — V,
Fenaillons.
206
TER
Penon, s. m., épis du maïs dépouillé
de son grain. (B.-F.) Y. Avocat.
Penouille , s. f. (1. peHicUlus]^ tige
de maïs. Vend.
Penouse (semaine) , adj. f., ainsi ap-
pelée, lit-on, dans un sermon manu-
scrit du xiiF siècle, « parce que nostre
sire y fut penez et travaillez. »
Pentecoteaux , s. m. pi., fleurs et
pains à chanter qu'on faisait tomber sur
les fidèles du haut des voûtes, le jour
de la Pentecôte , pendant la grand'
messe, à Saint-IIilairede F'oiliers, (Bul-
letin de la Sociéîé des antiquaires de
rOuPSt, 1841, 1843.)
PentecoutEjS. {. , plante; tous les
orchis sont désignés sous ce nom. Ono-
matopée. V. — I).-S.
Peqiiot, Pequit, te iqu mouillés;,
adj., petit. Dans tout le Poitou.— Pro-
vençal : « pichot (pitsot); à soun pichot
cabas. »
Per. prép., pour. V.— D.-S. — Vend.
— Gascon , limousin.
PÉBA (1. ph^um), s. m., poiré : « i a
bégu cha li dau bon péra ,i> j'ai bu chez
lui 'le bon poiré.» V.^c.de Tlsl.-Jourd.
— Gascon : a pero^ »» poire. — Roman :
« pera. »
Perce-Jau, s. m. , instrument pour
percer les futailles , pour y mettre un
jau (robinet). V.— D-S. — (B.-F.) _
Prbcet . s. m., pêche qui ne laisse
pas le noyau. V.^ arr. de Civ. — V.
Parsais. — Dialectes du Midi.
Percette. s. f. , vrille. (B.-F.) — V.
Biroune. — Marne : « percette,» bluet.
Perchai , perché, conj. Pourquoi?
— D.-S., Vend. — Ha\. perché.
Perchaude (l. perça], s. f., perche,
poisson d'eau douce. V. — D -S.— « Item
vendredi ini"de may à Touars en une
perchaulde , ix den. » (An. 1520. Ma-
nusc. du Poitou.)
Perdasse, s. f., poêle percée dans
laquelle on fait rôtir des marrons. V. ,
arr. de Civ.
Pbrdria , Perdrigea, Perdru-
GEAU, s. m., perdreau. V.— D.-S. etV.,
G. de risl.-Jourd. pour : « perdru-
geau. » « n'é pou anéed perdrigeas
quielte anée , gle sant râles. » Ce n'est
pas année de perdreaux cette année, ils
sont rares. L'on dit proverbialement do
quelqu'un qui a acheté, à trop grand
PER
prix, un objet susceptible d'être revendu :
il ara daux perdrigeas. > — Roman
et provençal : a perdigal. » « n'aviéu
courregu qu'après li perdigau. » —Noms
de lieux : « Perdrigère (la), » Marçay ,
Vernon. (V.)
PÈRE , s. f., poire. — D.-S. , Mel-
leran. (B.-F.)
Péré, V. a., garnir de pierres, se
dit principalement des puits. V. , arr.
de Chat. — Patois du Berry : « Per-
raycr, » empierrer, paver en talus.
Perère, s. f., carrière : a la chaume
et pérère de IMarnay. » (An. 1387. Ma-
nusc. du Poitou.)
PÉRiA , s. m. , le sternum de l'hom-
me. (B.-F.)
Perle, s. f., plante, variété du fro-
mental , ainsi nommée parce que sa
racine se compose d'une série de tubé-
rosités blanchâtres disposées a la suite
les unes des autres, comme des grains
de chapelets , et dont la forme et la
couleur ont une certaine ressemblance
avec les perles. Onomatopée. (B.-F.) —
CVst Vavena elatior de l.inné.
Perluchai ou Preluchai (se), v.
pr., léclier autour : « l'fricot était si
ban qu'gle s'on preluchiant les dés ; » le
mets était si bon qu'ils s'en léchaient
les doigts. V. du grec XstJtw, lécher , et
per, fort , beaucoup.
Permentage fpeurmontage) , Pre-
montage.s. m., ce que l'on a pour man-
ger avecson pain, viande, légumes, fro-
mage , etc. Vienne. — V. Comentage.
Pebmenté (peurmenté) , v. a., épar-
gner, manger avec frugalité le « peur-
mentage » Vienne — y . Cémentai.
Perot fp'rot, faire sonner le t) y s.
m., dindon , dans tout le Poitou.
« Porte va , pulou'ï , grou» Buzlrot
» Dau poulet dau perot. »
(N. p., p. ua.)
Peepaau (à), loc. ,à propos. V,—
D.-S.— Vend.— Languedocien. — Patois
limousin ; « perpaou. »
Perpol'asse (peurpouasse), prepou-
asse , s. f. , cour d'une maison , pour-
pris. Vend. — (C. et P. D)
Perraudae , V. a. et n. , chanter
haut. Vend. — (C. et P. D.)
Perroylur,s. m., carrier. (An. 1387.
Manusc. du Poitou.)
PET
PÉ
207
Persac , Pressic, s. m. , espèce
d'herbe qui pousse dans les prés artifi-
ciels , et donl les épis sont ronds et
très-pointus. V. — D.-S.
Pesas (I. pisum) , s. m., pois , s'em-
ploie le plus ordinairement au pluriel.
V., arr. de Civ. - D.-S. — (B.-F.) —
Roman : « peze. » — Provençiil : « pe-
zols. » — Limousin : « pézéou. n —
Languedocien : o pëzë. > — '■ Sainton-
geois : « peza , pezia. » — Aube : « pe-
zas, » cosses de pois.
Pescre , s. m. , vaurien , méchant
dangereux. V. — D.-S. — Vend.
M Les pescres d'animaux que ne sont-ails crevés.»
(Gust., p. G7.)
— Provençal, languedocien: « peccaire.»
Pessou (l. p/5ci.9), s. m., poisson:
« avai vou bé pringu deu pessou ? »
Avez-vous bien pris du poisson? V., c.
de risl -lourd., T.uchapt. — Limousin :
c péissou. » — Languedocien : « peys-
soun. »
Petas , s. m., pièce , morceau d'é-
toffe ou de toile qui sert à petasser. V. ,
arr. de Civ. — O.-S.— - Languedocien ,
gascon.
" Pétasse, s. f., femme de peu de
sens qui veut se mêler de tout. V. —
D.-S. — Vend. — Mayenne.
Petassé, V. a., appliquer des pièces,
des morceaux à des vêtements, rapiécer.
V. — D.-S. — Roman : « pedassar, »
boucher des trous avec des chevilles. —
Provençal : « spetassa :
« La cami«a stouca
s N'a pas ben spetassa. »
(Chaos, prcv.)
Petau, s. m., pièce : « mettre petau
su petau , » mettre pièce sur pièce. V.
— r. Petas.
Petée, s. f. , lignée, famille : « tout'
la petée était iqui, » se prend en mau-
vaise part. (B.-F.)
Peton , s. m., cochon du Limousin ,
tacheté de noir. — D.-S. — Vienne.
Peton (1. pes) , s. m., petit pied. V.
— D.-S. — Provençal : « petoun. »
Petouère (l. peditum), s m., hran-
chedesureau dont on a enlevé la moelle et
dont les enfants se font un jouetau moyen
d'une baguette et de deux tampons de
chanvre , de pomme ou de navet, dont
l'un repousse l'autre , et produit une
certaine explosion. — V. — D.-S., arr.
de Melle. — (B.-F.)
Petougnai , V. a. , remplacer des
pièces par d'autres pièces , sur de vieux
habits. Vienne. — V. Pecaudai.
Petounai (r. peton), v. n., piétiner,
maugréer en trépignant. V. — D.-S. —
Vend. :
« Mes enfans mo font petounay. »
(Gust., p. 90.)
— Mayenne : « petouner. » — Patois
du Berry : « petonner, petounner, »
aller furetant , s'occuper de petites cho-
ses où l'on n'a que faire.
PÉTRABE , s. f., betterave. V., c. de
risl. -lourd; dans quelques communes.
V. loutterabe.
PÉTRAQUE , s. f. , pomme de terre.
D.-S , c. de Villemain. (B.-F.) r. Pa-
tache.
Petras (1. 2'^^tro , nis) , s. m. , lour-
daud , niais :
« C'est un petras que je tiens , que Je mène ,
» C'est un petras que je tiens par le bras. »
(Chans. poit.)
— Marne : « petrat ,
paysan. — Mayenne
» grossier ,
Petrasse (être en) , loc. , être de
mauvaise humeur. V.— D.-S. — (B.-F.)
— V. Perdasse.
Pétrole, s. f. , la digitale, plante.
V.,arr. de Civ.— D.-S., Melle. (Rond.)
V. Panetrole.
Peu, s. f., puits. — D.-S. , arr. de
Melle.
Peu, adv., pnis. « Peu s'en vint
qui; » puis s'en vint ici. » D.-S.
Peuchotte, s f. , diminutif de pi-
chet, pot à eau, à vin. V. La Grimau-
dière.
Peuïlle , s. f., chaume. — D.-S.
V. Peille.
Peux que, conj., puisque :
« Peux qu'ol est la coutume. »
(N. P., p. «9.)
— Besançon : « peu que. »
Pé-bas,s. m.,pay3bas, la partie mé-
ridionale de l'arrondissement de Melle.
208
PIB
L'on divise aussi 1.^ Poiloii , en « haut-
pé, » et « pé-bas, » haut et bas Poitou.
PÉBAS , PÉBATELLE, adj. , Ceiui OU
celle qui habite le pé-bas. — D.-S. ,
arr. de Melle.
PiAiLLABD , E (1. pipHare) , adj.,
piailleur. V. — D.-S. — Mayenne.
PiARDE , s. f., espèce de pioche. V.
— D.-S. — « Iiem une piarde et une
fourche de fer à trois doits » (An. 1694.
Smarve. Manusc. du Poitou.)
PiARDÉ, V. a., travailler la terre avec
une piarde. Vienne.
PiABDO\,s. m., diminutif de piarde.
V. — D.-S.
PiAU (1. pi/us), s. m., poil , cheveu :
a à tir'piau , qu'aura quiau ? » h tire-
poil f qui aura ceci , cela ? V. — D.-S. :
« Ses plauc qui sont M dely. »
(Cent, poët., p. 95.)
— Provençal : «peu» (péou) : « lou sang il
mounto au bout di peu. » — Patois li-
mousin : « piaou , péous.'îe. » Gascon :
a priel. » — Saintongeois. — Ancien
français : « pau. »
PiAUMAi , V. n., se dit des bestiaux
qui perdent leur poil : a tan beu piau-
me. » — D.-S. — (B.-F.)
PiADNAi et PiONNAi , V. n., travail-
ler rudement et surtout à la tâche , à la
corvée. Vend. :
« Le curé veut qu'i me confesse
B Et le ras me fait piaunay. «
(Gust., p. ao.)
PiÀUTE (l. pes), S. f., patte. — V.,
Adriers.
PiBALE, s. f , petite anguille à ventre
jaune. — D.-S. — Vend., Marais.
PiBAU , s. m., grosse anguille à ven-
tre jaune. — D.-S. — Vend., Marais.
PiBLE , s . m. , peuplier. V. , c. de
Montm. et de l'IsL-Jourd.— Provençal :
fl Pibo. •>
PiBOLAi (r. pibole) , v. a. , jouer de
lapibole. V. — D.-S. — Vend. :
« Te pibole à ton gré daux airs rieux et nouveas. »
(Gust., p. 9.)
— V. n., Frissonner: « les pésme pibo-
liant. » V., arr. de Civ.
Pibole , s. f. , espèce de Qûte à bec ,
PIG
et h trois trous. V. — D.-S.
Vend.
« Mon compagnon Huguet répondit d' sa pibole. >
(N. P., p. ai.)
« Dansant après la pibole. »
(Gust., p. 9.)
• An printemps la mère ajeasse
» Fit san nid dans un boissan ,
» La pibole. »
(Chansons polt.)
— Rabelais : « au son des vezes et
piboles. » — (L. IV , c. 35.) — V. Auve.
V., arr. de Civ.
Pibole, s. f . , coccinelle, insecte que
l'on appelle aussi et plus généralement
Bête-a-Dieu. V., arr. de Civ.
« Vole , vole , ma pibole,
» Queu conté tu vol'ras
» Queu coûté in'n'iré nore.»
(Dicton poitevin.)
Pic (l. picus] , s. m. , oiseau , pivert.
V. — D.-S. — Roman : « pic. » —
Espagnol : « pino. « — Ane. catalan :
« picot. » — Rabelais : « pic-mar ; de
laquelleusentles pic-mars.» (L. iv,c. 62).
PiCAïLLON , s. m., monnaie, argent.
V. , arr. de Poitiers, — D.-S. — « Pi-
caillou. » V., c. de risl.-Jourd. et de
Luchapt. — Patois limousin : a pigoil-
lou. »
PiCHAE , PiCHAi , Pichet, Piche-
VET, Pichotte (b. X.picherium), s. m.,
pot à bec , de grès ou de terre , dont
on se sert pour tirer le vin et la bois-
son. V. — D.-S. — Vend. — « Ilem in
picheriis iiii d. » (An 1301.) — Seize
pychers de vin decoventappelésjustes.»
(An 1331. Manusc. du Poitou) :
M Del'èvefrède en in pichai. »
(Gust., p. 2.)
— Roman : « pichin et pichier. > —
Languedocien : « pichier et pechier. >
— Mayenne, Marne et Berry : « pichet. »
— Ecossais : « pig, » pot. — Noms de
lieux : « Picherie (la). »
Pichebanette , s. f., cuve , moitié
de tonneau en forme de baquet : « de
t'chai grondes pich'ranettesqu' l'app'lons
baillié hydraulique ; » de ces grandes
cuves que l'on appelle baille hydrauli- '
que. — D. S., arr. de Melle.
PicoçAi, v, a., se dit de tous les gra-
nivores principalement, parce qu'ils ra-
PIG
massent les céréales avec leur bec, grain
à grain , et des oiseaux en général ,
parce qu'ils piquent avec leur bec. Dans
tout le Poitou.
« Une poule sur un mur
« Picoçantdu pain dur. »
— Saintongeois : « pigocer. ») — Bas-
Breton : apigosa,» cogner, frapper fort.
— Languedocien : « pictis^a. »
Picot, s. m., tache. (B.-F.)
PicoTTE , s. f. , variole. Dans tout le
Poitou.
PiDAE, PmÉ, PiDi (1. pletas), s. f.,
pitié. — Vend.— (C. et P. D.) - (Gust.)
— V. , c. de Montm. et de Bress.,p.
« pidi. ))
« Egépidé, s'ou pley, do pauvre Sen Maixont. »
(Requête à Moreau de Beaumont, lieutenant
de Poitou.)
PiDÉABLE , adj. des 2 genr. , piteu.-?,
sensible. Vend.
PiDOU, SE. adj., V. le précéd. V. ,
arr. de Chat. — Vend. :
«Quièsgens qui jàpldouxant dans leurs écritaires.»
(Gust., p. S8.)
—Doucereux, câlin, pitoyable.— D. -S.,
c. de Bress.— Vend. — Gascon : « pié-
tadous , » piteux , apitoyé. — Noms de
lieux : « Pidoire (la) , Usseau. V.
Pied-bouge, s. m.,coronille variée,
plante. V,^ arr. de Civ. et de Chat.
V. Chacoura.
Pierreyeux, s. m , le charretier qui
conduit des pierres. V., arr. de Châtel-
lerault, Oiré.
Piebrière, s. f., carrière. V. — Ma-
nusc. du Poitou.
PiFOLET, S. m., duvet. V., arrondis-
sement de Chat.
PiFFÉ (se) , se plumer avec son bec.
V., arr. de Chat. V. Epivardai. — Noms
de lieux : a Piferie (la), » Payré. V.
PiFRB, s. m., ail d'une seule gousse.
V., arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) —
En français, très-gros, goulu.
PiGAiLLE, s. f., avoir la pigaîlle ,
c'est ressentir un picotement à la gorge.
— Au figuré, c'est avoir SDif. V. —
D.-S. — Noms de lieux : « Pigeaillière
(la). » Lavoux. (V.)
PiGARLi.E, adj., bariolé. D.-S., c.
de Bress. F. Birgarlé.
Pige, s. f,, outil servant à piquer, à
PIG
209
réparer les meules de moulin. D.-S.,
arr. de Melle. — Noms de lieux : « Pi-
gerie (la), • Château-Garnier; « Pigère
(la), » Senillé. Vienne.
Pigeai (r. pige), v. a., piquer la
meule du moulin. D.-S., arr. de Melle.
— Creuser. — Au figuré, attraper, trom-
per quelqu'un. V. — D.-S — « Lésageas-
ses pigeant V garouil. » V.,arr. de Civ.
PiGEAssAi, V. a., couvrir de bigar-
rures , tacheter : « gl'a pigeassai son
bâton d'ine drôle de façon. » Dans tout
le Poitou. — Roman : « pichatar. »
PiGEAUD, E, adj., noir et blanc, ou
rou2;e et blanc. Dans tout le Poitou.
« Pre l'ozea l'était bea, son corps était pigeaud.»
PiGEAUDAT, V. n., la terre pigeaude,
lorsqu'elle n'est mouillée qu'à la sur-
face : « n' fé pou ban a s'nai , o pi-
geaude, D il ne fait point bon à semer ,
la terre pigeaude. D.-S. — (B.-F.) _
PiGNEUX (1. pecten), s. m., celui qui
peigne le chanvre. V. — D.-S. — V.
Habilleuxv
PiGKOLAi, V. a., orner, enjoliver :
« le logis de meingne mouaîlre est ingne
logis bin pignolai, mafoué; » la maison
de mon maître est une maison bien or-
née, ma foi. D.-Ç., c. de Bress. V. Bi-
garlai.
PiGNOT, s. m., petit pied : « chauff
tes pignots, ma megnounne, chauff tes
pignots. » V., arr. de Civ.
PiGOUANE, s. f. (a long), douleur
qu'on ressent dans l'estomac pour une
cause inconnue. Au figuré, donner la
pigouâne à quelqu'un , c'est le serrer
fortement derrière et devant avec les
deux poings. V.
PiGOUiLLE, S. f., perche ferrée qui
sert à conduire les bateaux. Vend.
Font. (C. et P. D.) — (B.-F.)
PiGOUiLLAE, v. a., se servir de la
pigouille. Vend. (C. et P. D.) — Par
extension, gratter, piquer fréquemunent,
à petits coups, avec unobj,et.
PiGOL'îLLAi, V. a., tripoter avec ses
doigts, avec une fourchette les mets qui
sont dans les plats. V. —D.-S.
PiGROLiER, s m., oiseau, pivert. —
Vend.(C. et P. D.) F. Pic.
PiGUERLi,E, adj., celui ou celle dont
la figure est marquée de petite vérole.
— Bariolé : «les us d'caille santpiguer-
210
PIP
lis. » V., c. de Monte. — D.-S., c. de
Thénezav. V. Brezolé.
Pilet' s. m., tronc d'arbre. Tome la
partie qui s'élève droite , dégarnie de
grosses branches, et pouvant servir de
bois d'ouvrage : ce ihiau chagne a un
bea pilet. « (B.-F.) — On appelait an-
ciennement « pilet p le trait des arbalé-
triers.
PiLOTig.TTiXc;),s.m.,monceau,amas.
Dans tout'ie Poitou. — Français , tas
de sel ramassé en roue dans un marais
salant.
PiMPAiLLÉ, s. m., le dernier jour des
moissons : « o s'ra demoin lepimpaillé,
i nous en doun'rant. y 1).-S.,c. de Bress.
V. Avelot.
PiNAU et PiNON, s. m., noyau. V.,
arr. de Chat., arr. de Poit., pour « pi-
non, w ISoms de lieux : « Pineau^ » Beau-
mont, Béthines. V.
PiNATE. s. f., vase de grès dans le-
quel on place le plus ordinairement de
petiies provisions de viandes salées. Ce
vase a deux anses et la forme de l'am-
phore antique, moins le goulot. (B.-F.)
— V., ;irr. de Civ. — D.-S. — a Item ,
in XXII jallis et XII pinates. » (An.
1332,>"oaillé.) — (I Item, .ïehan Pour-
chaire de la Pasgerie aedmena à Vasles à
madame ung sallouer , deux grans pi-
nates, » etc. (An. 1469. Manusc. du
Poitou.)
PiNÉ, PiNi, PiNiER (1. pinus], s. m.,
pin, arbre. V., arr. de Civ., arr. de
Montm. — D.-S., arr. de Bress. et de
Parlh. — ^oms de lieux : « Pinier (le),
Piniers (les),» au nombre de onze. (V )
PiNGEONOu PiNGEOUjS. m.,sortede
vanne ronde et trouée qui sert à retenir
et a laisser passer l'eau à la chaussée
d'un étang. Vend.
PiNGUiÉ, s. m., pinçon, oiseau. V.,
c. de Mireb. et de Monte.
PiNOTE, s. f., grand vase où l'on met
des pruneaux secs. Vend. (C. et P. D.)
PiOTB, s. m., pied. V., c. Isle-Jourd.,
Adriers.
PlODSE, PlOZE, PlOUSÉE, S. f.,pUCe.
Vend. — D.-S., arr. de Melle pour
t piouse, » et c. de l'Isle-Jour. pour
« piousée. )) — Roman : « piuze. d —
Ital : « pulee. »
Pipe, s. f., cercle qui sert à lier le
•tierçon. Usité dans la contrée des Deux-
PIR
Sèvres dite Pelleboiserie. V. ce mot.
PiPOU,s. m., pourpier. D-S., c. de
Bressuire —Vend. (G. et P. D.)
PigUE-GuEUx, s. m., tous les char-
dons, et particulièrement le chardon
étoile D.-S. — (B.-F.)
Pique (faire), loe., ou simplement
« piqué. I) c'est faire assigner devant un
tribunal. D.-S., arr. de Melle. —(B.-F.)
PiQUERON (piqu'ron),s. m , aiguillon,
dard des insectes, dent de la vipère.
V., arr. de Chat V. Fiehon. — Cel-
tique : « picken. »
PiQUETTE-DO-JOUR, loC., Is point
du jour , la lueur qui précède l'aurore.
(B.-F.)— Patois du Berry : « pique-du-
jonr. D
PiRK (1. hira, boyau), s. f., l'ensem-
ble de l'appareil digestif. Dans tout le
Poitou.
« I peux môme vous dire
» Que tant que dan» le rentre me battrat la
[pire. »
(Bab.,p, 8.)
— Au figuré, Ton dit d'un ivrogne qu'il
a la pire sèche.— Saintongeois.
PiBOLAi, V. a., orner, enjoliver, ou
piroler de dessins divers le dessus du
beurre, celui d'un gâteau. V. — D.-S.
F. Bigarlai.
PiBON, s. m., oison. V. — D.-S.
— Vend. — « Six oies et douze petits
pirons vendus treize livres. » (An. 1772.
Vasles. Manuse. du Poitou.)
€ Pense trouy ine famé
>> I ne Irciie qu'lnpiron. •
(Rob. Dlv., p. 88.)
PiRON, S. m., la brassée de blé que
l'on dépose sur le sillon, et que l'on met
ensuite en gerbes. D.-S., e de Châ-
tillon. — Noms de lieux : « Pironnière
(la), » Saint-Benoît. (V.)
PiROT, s m., diminutif de pire. V.
— D.-S. — Vend.
m Herodea cas qu'en sonne mot
* Sea tout fret son plrot. >
(Gust.,p. ».)
PiROTE , Pire , Pireau , Pirbttb ,
noms que l'on donne aux oies ; « virai
quem' in piron fou. » Dans tout le Poi-
tou.
Pirouette, s. f., jeu d'enfants. Il
PLA
consiste à poser , sur deux pierres, un
morceau de bois relativement court ,
appelé pirouette. On lance la pirouette à
l'aide d'un bâton. Elle doit être ren-
voyée par un autrejoueur à l'effet d'at-
teindre le bâton que l'adversaire a posé
sur les deux pierres à la place de la
pirouette. V., arr. deCiv.
PiROui, s. m., petit morceau de peau
d'anguille que l'on met au bout de la
broche d'un rouet pour filer la laine.
V., arr. de Poit.
PiRBE, s. f., pierre: € arroche don
quou ché à cots de pirres. » V., c. de
risl.-Jourd.
Pjscane, s. f., petite seringue en bois
tendre qui sert de jouet aux enfants.
(B.-F.)
PiscàNTiNE, s. f., mauvaise boisson,
mauvais vin. V. — D.-S. — Rabelais.
PiTAcrs, adj., pittoresque : « quiau
l'adraité bène pitacus. » V., arr. deCi-
vray.
Pitou, SE, adj., sensible, piteux. V.,
arr. de Civ. r. Pidou. — Ancien fran-
çais.
PiTROUiLLE , s. f., bourbier, lieu
fangeux. V., arr. de Chat. V. Patrouil.
PiVELài (piv'lai), V. a. et n., orner,
enjoliver. Ces enjolivements ou orne-
ments consistent en losanges, carrés,
cœurs et autres figures gravées avec un
couteau sur les quenouilles et les bâ-
tons. On enduit ces rayures de callard.
(cambouis). V. — D.-S. — Vend.
« I tenas dans ma moin un bâton pivelé. »
(Gust.;
— Roman : « pipar et pimpar. » —
Ancien français : « pipoler, pipouler. »
PiVEE, s. m., oiseau^ pivert. Vend.
(C. et P. D.) F. Pic.
PivRY, S. m., plante du genre des
légumineuses. Vienne. F. Georgea.
Place {pi mouillés), s. f., pelouse.
V., arr. Civ.
Placitbe (b. I. placitum), s. m., on
appelle ainsi à Civray la place, située
près l'église, où se tient le marché aux
volailles, aux œufs, aux légumes. Ce
mot rappelle les anciens plaits seigneu-
riaux qui se tenaient dans un champ,
sous un arbre, à la porte des églises. —
Un petit placistre entre deux chemins
PLE
211
qui se croisent. » (An. 1643. Veuille. )
— «Rue Ste-Pelage tendant du placis-
tre St-Simplicien à la rue de St-Cy prien . »
(Poitiers. Manusc.)
Placrai [pi mouillés), v. a., jeter
avec force quelque chose de mou contre
un corps dur : « i va f placrai thielle
fagne prè la goule, w (B.-F.) — V., Civ.
— D.-S., arr. de Melle et de Bress. —
Par extension, flatter. V. — D.-S.
Placreur, Placreux {pi mouil-
lés), adj., celui ou celle qui flatte. V. —
D.-S.
Plamor, conj., a cause de, parce
que. Vend. (C. et P. D.)
PLANCHON(p/ mouillés) [1. planca],
s. m., le plancher d'une chambre, la
chambre elle-même ou le grenier. V.,
arr. Poit. — D.-S. — Basse latinité :
plancatum.
PL4NCH0UNAI ipl mouillés), V. a.,
planchéier. Dans tout le Poitou.
Plandrou, se (1. plangere), adj.,
plaintif, et, par extension, fainéant. V.,
c. Dangé, Buxeuil.
Plange {pi mouillés) [l. planvs], s.
f. et adj., plan, uni. — Au figuré, af-
faire qui n'est pas claire, qui s'em-
brouille : « n'é pou plange. » D.-S.,
arr. Melle.
Planti {pi mouillés), s. m., tenue de
vignes; fief. (B.-F.) — • Auprès du
plantis de mons d. le prieur de s. The-
baut. » (An. 1454. Manusc. du Poitou.)
Platrelle {pi mouillés), s. f., ma-
ladie, anémie. (B.-F.) — Noms de lieux :
(( Planti (le}, » Montmorillon, Senillé;
« Plantis (les), » Journet ; « Planlis-Bou-
tins Ile), » Châtelleraud; « Planty (le), >
Ingrande. V.
PLASTRE(p/ mouillés), adj., flatteur.
Vend. (C. et P. D.)
Pleau (pi mouillés), s. m., poil. V.
— D.-S. — Vend. F. Piau.
f
< Et si ve résonnez, gic tous prenrant aux
[pleaux. »
(Gust., p. 89.)
Pleingne {pi mouillés), s. m., pe-
louse : « teingne chomp vezin é rempli
de ploingne. • D.-S., c. de Bress. V.
Place.
Plessis {pi mouillés), s. m., haie
sèche. Plus tard ce mot a signifié, par
212
POE
extension, non plus la clôture en elle-
même', mais les terres renfermées dans
son enceinte. — Basse latinité : p/eis-
secium, plessis. D'après Joseph Scali-
ger, c'est un lieu fermé par des haies ou
des branchages, ou une maison cham-
pêtre, ou une propriété où il y a des
parcs. — Marne, IlauIeMarne : « ples-
sis. plesseis, « parc, clos, habitation de
plaisance. — Berry : h.iie entrelacée,
clos, parc fermé de haies. — Noms de
lieux : une douzaine portent ce nom.
Vienne.
Pli, s. m., parrain : « sou pli gn'o
ré bailla, quond l' s'é marida ; * son
parrain ne lui a rien donné quand il
s'est marié. V., c. de l'Isl.-Jour.
Pliacbé, V. a., enduire, appliquer.
Vienne.
Pliânge, adj. des 2 genr. . uni, plan.
V. — D.-S., Gâtine.
Plionnr , s. m. , pivoine. Vend.
(C. et P. D.)
Plogeai (pi mouillés) [1. plicare],
V. a , ployer, courber. (B.-F.)
Plon {pi mouillés), s. m., pelouse.
V. - D.-S. r. Place.
Plon, s. m., la coquille verte des
noix, des châtaignes. Vienne.
Pluma.il (1. pluma)j s. m., aile d'oie
qui sert de piumasseau, dans tout le
Poitou. — Ardcnnes : « plumart, w plu-
meau, balai de plumes.
Plume-grolle, s. f., petit morceau
de pain. D.-S.
Po,s. m., pain. V., Luchapt. — Pa-
tois limousin.
Po, adv. de négation, point. V., c.
Isl.-Juur., I.uch.
Poe, s. m., petit trou que font les
enfants pour jouer. V. Pedoque. D.-S.
Pochée, s. f. , sac rempli de grains.
Dans plusieurs localités une pochée
éq* ivaut à dix doubles décalitres de
blé. Dans d'autres c'est un sac de cinq
doubles décalitres, ou seulement le blé
que l'on envoie au moulin, au marché
Dans tout le Poitou. — Basse latinité :
a poickia, pouchia, » mensura frumen-
taria , in diœcesi Biturrensi. (Duc.)
— Saxon : a pack, » sac.
PoELOLUNNE, S. f., chaudron en cui-
vre. D.-S. Parth.
POI
Poi (I. paucum), adv., peu. D.-S.,
c. Bress. — Vend. (C. et P. D.)
« Prc avcr niy in poy de funiy. »
(Gcnt. PottT., p. 18.)
m Sans parler un poy. »
(Bab., p. 2.)
« Per ma qui sal trop pois hardi. >
{Gust.,p. la.)
— a Poy plus, poy meins, » un peu plus,
un peu moins. (An. 1416. Ansigny,
Civray. Manusc. du Poitou.) — Marne,
Ardennes : « po, poc, poi. *
Poigl [gl mouillés), s. m., pou.
Vend (C. et P. D.) V. Pattil.
PoiN, S. m., pain. V. — D.-S., sui-
vant les lieux.
« Et scait à mon aris mois que son polo
[menger. •
(Bab., p. 44.)
PoiNTEAS,s. m., pointe, cime. Vend.
« Roume, cher Mélibée, at aussi haut son cou
> .Au-dessus le pointeas dau rillcs rononaées. >
(Gust., p. 77.)
PoiNTREAU, S. m., anneau fait d'une
lanière de cuir tordue ou même d'une
réorte, et qui sert à lier les bœufs à la
charrue. V., c. de iVIontm, et de l'Isl.-
Jour. V. Imblé.
PoiRAON, s. m., petite bande le long
d'un mur de jardin. — Pierre de che-
minée en forme de plaque. Vend. (C. et
P. D.)
PoiRASSE,s. f., poirier sauvage, sau-
vageon que l'on plante pour greffer.
(B.-F.) .
Poiré 1. plrua), s. m., plante dont
le fruit ressemble assez bien à une
poire, et laisse au toucher quelque chose
de très-amer. Elle vient en abondance
dans certains terrains de la commune de
r.oubillé. (B.-F.) — Patois du Berry :
« poiriers^ » aristoloche clématite.
PoiRicHON, s. m., petites poires qui
viennent dans les haies. D.-S. — (B.-F. )
PoiRiLLON et Perillon, s. m., se
dit en général des poires sauvages.
Vienne.
Pois(l. pagus)^ s. m., pays. D.-S.
— Patois limousin.
« Vous qui fasez trombley dans qulo poy tout le
[monde.
(Requête à Moreau de Beaamont, etc.)
POQ
PoTS-DE-TiARRK, P. m., pomiiie de
terre. V., Ayron. V. Palache.
PoiSEA et PoisiA, s. m., haricot sec,
D.-S., arr. de Bress. — Vend. (C. et
P. D.) — Rabelais : « poisards, » liges
de pois : «« s'éloieiU musse au jardin
dessus les poisards. » (L. l*^'", c. 38.)
POITRIGNAI ou POTRIGNAI, V. 3,,
pétrir dans ses mains, manier sidemeni,
d'une manière dégoùlanle. D.-S. — B.-
F.) — V.j arr. de Poit. — Patois du
Berry : « potigner, » tripoter.
PoLACRE,s. m,, ladre, vilain. D.-S.,
c. Bress. — Vend. ^,C. et P. D.) -
Marne, Haule-Marne : « polacre, » Po-
lonais, sale, dégoûtant.
Pomma, s. m., cidre. V.,c. Isl.Jour.
POMPLLON {p/l mouillés) [I. popit-
his], s. m., peuplier. V., arr. Civ. —
D.-S., arr. de iMelle. — Saintonge :
« popillon. »
Ponant (1. ponens), s. m., derrière,
cul. (Gust.) — « Ajançai ou jançai le
ponant, » c'est donner le fouet. — Pa-
tois limousin : a ponéou. »
PONEAU, s. m., grande terrine munie
d'anses. Dans tout le Poitou. — « En
ballays et poneaux de terre pour les
enfermeriesiiiis. » (An. 1546. \!anusc.
du Poitou )
PoNNE, s. f., cuvier. Dans tout le
Poitou. — <' Une ponne de terre et sa
selle estimées deux livres. » (An. 1543,
1764. Manusc.)
PoiNET, s. m., dé à jouer que l'on
fait tourner sur un pivot. Vend. (C. et
P. D.) — D.-S.— (B.-F.)
PoNTiF (le/ nul), adj., ombrageux,
peureux, se dit des bêtes et des gens.
D.-S., arr. de Melle et Niort.
PO^T-LOUIS, PONT-LEVIS , S. m,,
devant de culotte : « gle commence a
être grand garçon, gle porte daux cu-
lottes à pont-louis. » V., arr. de Civ.
F. Brague.
PopuLON, s. m., peuplier. D.-S. —
Saintonge : o populot. »
PooTE-POOTE, loc, manière d'appe-
ler les canards. D.-S Dans une partie
de l'arrondissement de Chat, on se sert
du mot « goulu. »
PoQUE, s. f., petit trou que font les
enfants pour jouer. Vienne. V. Pedo-
que.
POQUETON (poq'ton), s. m., petite
POT
213
portion, petite quantité que l'on peut
mettre dans sa poche. D.-S. — • (B.-F.)
— V., arr. Civ.
PoRCHERiou, s. m., blongios, oiseau
du ge'nre héron. Vend., Font. (C. et
P. D.)
PoRGNAi, PoRNiÉ, S. m., porte-
diner; vase en ferblanc dont on se sert
pour porter la soupe et le dîner h ceux
qui travaillent dans les champs. D.-S.,
Parth. — Arr. de Melle. — (B.-F.) —
<« Porle-diné ou petit chaudron de cui-
vre. » (An. 1749. Vasles. Manusc. du
Poitou.)
Porta u ou Poubtau {]. poi'ta), s.
m., portail, se dit aussi des grandes
portes d'entrée d'une maison delferme :
« va fremai les portaux; » va fermer
les portes.— Basse latinité : « portafe. »
(Duc.) — Patois limousin : « pour-
taou » Noms de lieux : o Porteau (le), »
au nombre de dix dans le département
de la Vienne.
Porte-botte, s. m., morceau de
cuir qui attache la botte (ficelle, au fouet.
V. —D.-S.
Porte-faix, s. m., larves des insectes,
vulgairement appelées « mânes, » L'on
s'en sert avec avantage pour appât dans
la pêche a la ligne. V.
PoRTELLON, Portillon (1. porta), s.
m., petite barrière qui précède la porte
d'entrée d'une maison , établie pour
empêcher les volailles d'y pénétrer. D.-
S , c. Bress.
Porte-manche, s. m., double cour-
roie en cuir qui attache un fouet à son
manche. V. — D.-S.
Portement, s. m., état de la santé.
S'informer du a portement > de quel-
qu'un, c'est lui demander comment va
sa santé. V. — D.-S. — Patois du Berry.
— Ancien français. — Babelais : « à
ce que par lui je sois acerlainé de ton
portement. » (L. 4, c. 3.)
PoBTOiRE (1. portare), s. f., hotte
pour porter le raisin. V., arr. Chat. —
Rabelais : « une portoire d'or faite à
la mosaïque » (I.. 4, c. l''^.)
PoRTOU et PoRTOUR, S. m., pièce de
toile longue et étroite attachée au cou
des moissonneurs et qui leur sert à por-
ter le blé qu'ils coupent. V., arr. Civ,
— D.-S., arr. Mel., Niort.
Potages, s. m. pi., les légumes en
214
POT
général, et particulièrement ceux qui
servent à faire la soupe. V. — D.-S. —
Yenil. — a Deux boisseaux de potages
moitié pois et moitié fèves. » (An. 1648.
St-Savin. Wanusc.)
PoTAR, s. m., coq blanc: « nouté
potar n'o po chanta, oré; » noire coq
blanc n'a point chanté aujourd'hui. V.,
c. de risl.-Jour.
Pote, s. f., cane. V. — D.-S. —
Vend.
Pote, s. f., trou que font les enfants
pour s'amuser au jeu dit de « la pote. »
— Trou en général. V. — D.-S. —
Vend. V. Pedoque.
POTÉET, s. m,, canard. Vend. (Cet
P. D.)
PoTELAGEAi (pot'lageai), v. a., re-
muer, tourner une chose, la mettre à sa
place. Au figuré, pot'lageai quelqu'un,
c'est le réduire par la force, en faire ce
que l'on veut. — D.-S., arr. Melle.
POTELiNAi, v. a, manier avec pré-
caution. Poteliner un enfant c'est lui
donner les soins que comporte son jeune
âge. (B.-F.l — V. —D.-S.
POTELOUBE (r. patte-de-lovp)^ s. f.,
plante, renoncule des prés. V., arr. de
Civ. — D.-S , arr. de Melle. — (B.-F.)
PoTETile / se fait sentir), s. m., pot
à eau ou à vin de grès ou de terre. V.
— D.-S.
« 01 é r potet qu'est cause
I Qu' la daUe dou cou s'arrose. »
— Deux petits potets de terre. » (Ma-
nusc.) — Basse latinité : potus. (Duc.)
— Saintonge. — Rabelais: « grandz
polz, grandz bassins, grandes lasses,
couppes, potetz. »
Potin, s. m., vase en cuivre pour
verser de l'eau dans le pétrin. V. — }
Vase de cuivre pourvu d'une anse ou
d'une douille auquel on adapte un man-
che et qui sert entre autres usages à
verser de l'eau lessivée sur le linge :
€ porte icou potin. » (Am. de Col , p.
36.) — Français : « potin, > cuivre
jaune.
POTIRELLE ou POTURELLE, S. f., es-
pèce de champignon. V.
Potiron, s. m., le champignon en
général. V. — D.-S. — Vend. — Fran-
çais : grosse citrouille.
POU
Pou, s. f., peur. D.-S. — Vend. Y.
Paour.
« Tu scarez que la poux qu'on te donne sur
[quieu. a
(Bab., p. M.)
— Provençal : « ai bello pou, » j'ai
grande peur. — Gascon ; « poou . » —
Besançon : « poue. » — Saintonge :
« poure. »
PouA (1. puteus), s. m., puits. D.-S.,
Tillou. (B.-F.) — Gascon : « pou. i»
Pou\ (I. pariim), adv., peu : « in
poua alîèté. » D.-S., arr. de Mel.
PouBLE [bl mouillés), s. m., peu-
plier. V., arr. de Chat. Y. Oyar. —
Ardennes : <■ puble. » Noms de lieux :
a Poublais(la); » Prinçay : (« Poublaye
(la Basse et Haute) ; » Leigné-sur-Us-
seau : « Poubleaux (les), » le Bouchot. V.
PoucHE, s. f., lie, partie la plus
grossière d'une liqueur. D.-S., c. Bress.
Vend.— (C. et P. D.)
PoucHE, S. f., toux : « la pouche é-
t-a passadée ? — Oio. » — Ta toux est-
elle passée? — Non. V., c. Isl.-Jourd.
Poudre, s. f., jeune cavale. D.-S.,
c. de Bress., arr, de Melle. — « Une
jument rouge âgée de dix ans avec une
poudre à sa suite. » (An. 1765. Vasies.
iManusc. du Poitou.) — Basse latinité :
« polfclrus^pulietrum, pultrinus^pul-
lus equinus. » (Duc.) « Invenimus de pe-
culio poledros bimos 10. » (Capitui.
An. 812.) — Rabelais l'écrit : « poultre,»
et il donne ainsi l'explication du mot:
« les Poitevins nomment ainsi une ju-
ment non encore saillie.
€ Pourquoi comme une Jeune poutre
€ De travers guignc£»iu vers moy ? »
(Ronsard.)
— Ardennes : Marne : « poutre, » pou-
liche ,• poulret , » jeune cheval.
Pour, s. m., puits. V. — D. S.— V.
Poua. Patois limousin : « Pey. »
PouÉ, adv. de négation, point. V.,
arr. de Civ. — D.-S., c. B., Airvault,
Melle: « La branche n'était poué forte. »
PouLiL, s. m , pou. Vienne. V.
Paueil.
Pouessant, te, adj. verb., qui a du
poids : « les poulets sant-eils bans ? —
— Eh ! oui gle coumençant à être pou
trot mal pouessants; » tes poulets sont-
POU
ils bons ? — Eh ! oui, ils commencent à
avoir assez de poids. V., arr. de Civ.
Gâtine.
PouGNAGE, s. m., ce que la main
peut contenir de brins de blé en mois-
sonnant avec la faucille. Une pièce de
blé a du pougnage quand elle e-t bien
fournie. L'on dit du blé qu'il a mangé
son pougnage, quand il gaisse avant
l'hiver. D.-S., c. de Celles.
Pougnage, s. m. , garniture d'une
ferme, et principalement les charrettes ,
charrues, harnais, etc. D.-S., Chérigné.
(B.-F.)
PouGNASSE, Pougnon, S. f., petite
fille. V., arr. de Poilierà.— D.-S., arr.
de Melle.
PoDFFiASSE, s. f , fille malpropre OU
de mauvaise conduite. V". — D.-S.
PouFFiiV, s, m., bluel. D.-S., arr. de
Melle. (Rondier.) V Bouffin.
PouiLLASSE, s. f. , petite fille. V.,
arr. de Civ. V. Pougnasse.
PouiLLOU (1. puUus), s. m., petit
poulet : « voûtés pouillou.-; sont-i
grous? » V., arr. de iMontm,— Marne:
« pouilleux, » petit perdreau.
Pouis , s. m., fontaine qui n'a pas
de cours. V., c. de Montm. Mouli.
PoiiLAiLLE, s. f., volaille. Dans tout
le Poitou. — « A Perrot Boucher et
Perrot Chesseporq pour poulhailles ,
poussins, oisons, » etc. (An. 1389. IWa.
nusc. du Poitou.)
PouLATBON (1. pullastra), s. m.,
poulet maigre et étique. D.-S., arr. de
Bress., de Parlh. et de Melle.
PouLE-AU-BON-DiEU, S. f., hirondelle.
V., arr. de Civ. V. Arondelle.
PouLiCHOU, SE, adj., peureux, cha-
touilleux, facile à émouvoir, se dit des
bêtes et des gens. (B.-F.)
PouMERASSE, S. f., rejet de pommier,
pommier sauvage. V. — D.-S., arr. de
Melle et de Bress.
PouNÉ (I. powere), y. a. et n., pon-
dre : « la poule a-t-elle pounu? » — Ra-
belais : « poner ; c'est pour faveur que
les éléments portent aux alcyons, oiseaux
sacrés à Thétis, qui pour lors ponent et
esclouent leurs petits lès le rivage. »
(L. V, c. 6.)— Patois du Berry : «pon-
ner. » — Amyot : « estiment que c'est
tout autant manger des œufs que des
animaux qui les ponnent. >
PRA
215
PouNETTE, s. f., vase en (erre où
l'on met le lait pour le faire monter en
crème. D.-S., Parth.
PouNETTÉE, s. f., plein une pou-
nette. D.-S., Parth.
PouPETTES, s. f., plante. : n cotylé-
don ombilicata. » Vend. (C. et P. D.)
PouBiN (1. putrls), s. m., fumier.
D.-S., arr. de Bress., Gâtine, arr. de
Melle, (Rondier.) — Manusc. du Poi-
tou.
PouRi(*u, SE, adj. , peureux. V. —
D.-S.
PouRVOUEiLLE, S. m., morcoau do
bois qui s'cmmortaise dans le forcar
^V. ce mot) et sert d'aiguille à la char-
rue. — Il sert encore à désigner la
pièce de bois, la perche qui s'attache au
timon de la charrette pour augmenter
l'altelage. D.-S., arr. de Parlh. et de
Bress.
PoussiOT, s. m., asthme. (Gust.)
PouvRAE (r. pouvrc), v. n., faire de
la poussière : « o pouvre. » Vend. —
D.-S. — Vienne, où l'on dit « pouvrai. »
Pouvre (l. pulvis)^ s. f., poudre ,
poussière. V. arr, de Civ. — D.-S., arr.
de Melle. — Vend. — Roman : « pol-
vera. »
Pouvre, s. m., personne dont la
fréquentation est dangereuse. (Gust.)
PouvHOU, SE, adj., peureux. (Barot.)
— - D.-S., arr. de Melle. — Roman :
<i pavoros, paoros. »
PouzE, s. m., sarment que l'on a
rogné en taillant la vigne. (B.-F.)
Pra, s. m., morceau de bois qui
s'cmmortaise dans le forcar et sert d'ai-
guille à la charrue. D.-S. — Vend. —
(B.-F.) V. Pourvoueille.
Pra (I. pratum), s. m., pré. V., c. de
Monlmorillon et de l'Isle-Jourd. — Pa-
tois limousin : « pra. » — Langue-
docien et gascon : « prat. » — Arden-
nes, Marne : a prael, praiel. » Noms de
lieux : « Pras (Grand et Petit), » Mous-
sac. V.
Pradr, s. f , prairie. V., c. Mont-
morillon et de risl -lourd. — Langue-
docien : « prâda. » — Gascon : « prâ-
do. » Noms de lieux : « Prade (la), »
Asnières, Saulgé. V.
Pradèle, s. f., pâturage abandonné
pourlabassecour,elqui tient à la maison
d'exploitation : « les pirons sant-eils
216
PRÉ
dons la pradelle? » V,, arr. de Civ.,c.
de l'I^le-JourJ.
Pbancae, V. a., pincer avec force.
Vend. ,C. et P. D.)
Pranture ou Pronture, par con-
traction lies mots par et arentuj'e, ioc,
peul-è:re, par hasard, par aventure. —
D.-S.,arr. de Melle. — iB.-F.)
Pbasse 1. passer), s. f., moineau. V.
arr. de Poitiers et de Civ. — D.-S. —
(B.-F.) — Palois du Berry : « Prasse. »
Prasta.s. m., petite prasse. — Au
figuré, terme injurieux. V., arr. de Gi-
vra y.
P'rb i. pcr], prép. , par, et pour.
V. — D.-S.
Pbebagxai, Pbebinae r. prebin),
V. a., provigner, faire des provins. V.,
arr. de Civ. — D.-S. — Prébaigner :
« à la charge par le preneur dedans
deux ans prouchain. Venans améliorer
les vignes, c'est assavoir escriper et arra-
cher tous et chùns les seps lesquels ne
sont de bon aire et les prébaigner. »
(An. 1469.)
Pbebin, s. m., provin. V., arr. de
Civ. — D.-S., c. C. B. (B -F.) — Pré-
bain : « Esquelles vignes lepreneur sera
tenu faire tous les prébains qui seront
à faire. » (An. I.ô84, Saint-Denoît. .Ma-
nuscrit du Poitou. — Roman : « pro-
bage. ù
Precas, conj., pourquoi. Vend. —
D.-S., c. de Montcoutant.
Précarbai 'se), V. pr., se prélasser,
nàner. B.-F.) '
Prêchai, s. m., se dit d'une per-
soime qui est de bon appétit. Vend.
(C. et P. D.)
Prêchai, prêché, conj., pourquoi.
D.-S — Vend.
Prechanter (b. 1. prœcantare)^\,
a., rendre un honneur public par le
chant. (Bab.)
■ On vet que dès qulo temps on priet pre les
Imorts ;
» Oa diset pr'eax la messe, on prechaniet loux
[corps. »
Pbec\s, Perchât, s. m., papier
écrit, mémoires, suppliques. V. — D.-S.
« Qaèllez vilain prêchas rompli de méchonceté. »
Pbecioté, Précioti (I. preciosus),
chose rare et curieuse : « quieuqui é
PRE
ine préciûté. » Il est employé aussi par
ironie, comme dans celte phrase : « en
v'Iat ine belle préciolé!» — Garder
quelque chose en précioté], c'est garder
avec soin. V.— D.-S. — (B.-F.)
Precour(I. /jr^B fî/r.sw.s), s. m., dis-
cours, et plus particulièrement prône ,
sermon, instruction : « quont iVIad'Iu
Bouesselle (femme de Boissea) sil él'raie,
r curé fit in procour qui fit bramâe tout
r miiulo;» quand iMadeleine Bouesselle
fut enterrée, le curé fit un sermon qui
fit pleurer tout le monde. D.-S., arr. de
Melle.
Preculou (1. procurator) , s. m. ,
procureur :
n In grond viellard de preculoux . »
(Cent. PoJitv.)
« Quichci les avocats, les preculoux, au greffe. »
(Bab., p. -la.)
— V. Parculou.
Preuèque, conj,, mot-à-mot pour de
quoi : « ol é predèque i ai v'Iu métou
far'ine rigourdaine. » (Mel. 24 mars
1861.)- Ù.-S., arr. dé iMelle. — (B.-F.)
— V., arr. de Civ.
Predingue, exclamation, par Dieu :
« Predingue ! i 11 répondray bain. »
(Gent. polilv.)
— y. Pardi.
Prrdoubae , V. n. , pardonner :
« predouraé-me,» pardonnez-moi. Vend.
Font. (C. et T. D.)
Préfour (1. praf, furnium], s. m.,
tourteau , ainsi nommé parce qu'on le
fait cuire à la gueule du four. — D.-S.,
arr. de Mel. et de Niort. — Vend., Font.
(Cet P. D.)
Preglae, V. n. , périr, se perdre
sans laisser de traces de ce que Ton est
devenu. Vend. (C. et P. D.)
Preiller, V. a.
« Ne verrons preiller Rome avec son antecrlt. ■
Bab.)
Prelange, Prélongb, s. m., lan-
gage :
« si ton prelange est franc y t'honore et chérit. »
(Bab., p. «7.;
a Mourea d'in JoM prclonge
■ Nous valnguit faire In sermon.»
(N. P., p. sa.)
PRÉ
Prelinguant(1. prœloque)is)^s. m.,
qui parle le premier :
« I quo prelinguant y le vis. »
(oent. poëlv.)
Premae (1. primus) , uclj., premier :
<i prcmâe que, î premier que, avant
que. Vend. — (C. et P. D )
Premeloge 'I. prunus, locus) , adj.
des 2 genr., précoce, hàlif. — Au figuré,
un enfijnt qui vient au monde avant les
neuf mois révolus, est un premeloge.
V. — D.-S. — Saintonge : « peurme-
loge , promeloge. » — Patois du Berry :
« promunge, » fruit, terrain de pri-
meur.
Premoi:*^s {\.pro, minns), loc, pour
le moins. D.-S., arr. de Bress. et de
Part h.
Premy (1. peVf médium], prép.,
parmi. V., arr. de Civ. — D.-S.
Présure, s. f., présure pour faire
prendre le lait, D.-S. — (B.-F.)
Prepousai (1. proponere) , v. a.,
proposer. V. — D.-S. :
« Luter aux AUeraansla prepouset sans glose. »
[Bab., p. 40.]
Preque, Prequé, Préqueu, conj.,
pourquoi. V., arr. de Civ. — D.-S.
Prequioulou, s. ni., procureur.
Vend. (C. et P. D.) Y. Parculou.
Pressais, s. m., pêche qui tient au
noyau. D.-S. — (B.-F.) — Roman:
• presega, >• pêcher. — Gascon : « pre-
cet, » pèches; « presseguès, » pêchers.
pREssAiTiER,s. m., l'arbre qui donne
le pressais. V. — D.-S.
Pressimi, adv. , très- prestement.
Vend. (C. et P. D.)
Pressonnae fl. persona), adj., as-
socié dans une ferme. Vend. (C. et P.
D.) — <L C'est assauoir les choses que je
et mon personner auons Arsay ou en-
viron. > (An. 1337. Arch. St-Hil., Ar-
çay, nol4.)
Prêtant, prép. et adv., pourtant. V.
— D.-S.
PretaUjS m., prétendant à la main
d'une fille : a Quielle feille n'a guière
depretaus. » D -S.", Chàiillon.
Prèle, s. f , osier. V., Monts-sur-
Guesnes. V. Eziou. — S. f., plante ma-
récageuse. V. — Il y a à Alonne, près
Poitiers, la vallée de la Prêle.
XXXll.
PRO
217
Prevatl, PflEvoiL,s. m., assemblée
religieuse occasionnée par des voyages
à quelque relique ou à quelque saint,
et accompagnée d'une foire. Vend. ,
Font. (C. et P. D.) — Il y avait autre-
fois à Châtellerauld la foire des provai-
res. — Launay (paroisse de Ste-Cé-
cile. en Bas-Poitou^, où se tient, le jour
(Je la feste, une prevaille ou foire. » (An.
17.50. .Manusc. du Puilou.)
Priau, Prioule, s. m., morceau de
bois qui s'emmortaise dans le forçar et
sert d'aiguille à la charrue : «.Gne
peudi po arrangea sou priau ; » il ne
pouvait pas arranger son priau. V.,
c. de risle-Jourd. et arr. de Civray,
p. « prioule. » V. Pourvoueille.
Pr'igi, Pr'iqui, adv., par ici, par
là. V. —D.-S.
« Orbaiii quond lot fut ainassl
» Ueçay de lay pr'ici pr'iqui,
» Veci voent in presonnage
> Bain abilly. o
(Cent. Poëlv., p. 62, cit. B.-F.)
Prime (l.pr/??iM.s), adj., primeur. Dans
tout le Poitou. V. Primeloge. — Ro-
man : a prim. » — Espagnol et portu-
gais : « primo. »)
PfliNGUAi, Prinquai, V. 3., pincer.
Vend. (C. et P. D.)— V. n., éprouver une
sensation vive, désagréable ou doulou-
reuse: «f le fret pringue. » (B.-F.)
Pringuette. s. f., pincette. D.-S.,
Melleran. (B.-F.)
Priisque, s. f., pli formé dans le
r'virau [voir ce mot), formant la corne
et toujours au nombre de trois. V., arr.
de Civray. — D.-S., arr. de iMelle.
Procurassia, s. m., procureur. D.-S.
w Daux procurassias, daux sergents. »
(Chans poit.)
Prodre, V. a. et n., prendre : « pro-
dre la bousque, » c'est se fâcher. Vend.
(Cet P. D.)
Proférexce, s. f. , revenu, produit.
(Manusc. du Poitou j — Basse latinité :
profereniia, proferentium , proferta^
proventus, reditus. (Duc.)
Prou , adv., où : « prou gl'é? » où
est-il ? Vend. (P. et C. D.)
Prou (1. parum], adv., assez : « En
v'iez-ve d'aute? — I nan, i en ai prou.»
V. — D.-S. — Vend. — Roman : « preu.»
47*
218
PTA
— Provençal : « proun. )^ — Berry,
Champai^ne, Limousin : « prou. » —
Ancien français.
Prouae ^I. prohare), v. a., prouver.
Vend. (C. et P. D.)
Prouail, s. m., croc qui sert à atta-
cher deux bœufs à une aiguille de char-
rette ou à une perche de charrue. D.-
S., Parlh. — Perche de cliarrue. D.-S.,
c. Bress.
Proue (1. proba) , s. f., preuve:
« Baillez-en la proue, > donnez-en la
preuve. Vend.
Prol'ILLèrb, s. f., croc qui sert à
metire-deux bœufs à une ai;:;uille de
charrette ou à une perche de charrue.
V. - D.-S.
PfiOUiN, S. ni., provin. V., arr. de
Chat. y. Prebin.
PROIJLEA, s. m., morceau de bois
qui s'emmortai^e dans le forçar et sert
d'aiguille à la charrue. V.*— D.-S.
V. Pouvoueille.
Pruna-blancs. m , prune de Sainte-
Catherine non greffée: « pruna-Saint-
Michea, » prune delaSt-Michel,de cou-
leur violette foncée. — « Prune-date, ■
violet très-foncé, mariolé, goret. V , arr.
deCiv.
Prunollons (// mouillés), s. m. pi.,
jeunes rejets de pruniers. V., arr. de Civ.
— B.-F.)
Prlms et PRUNOU (gâteau de)
[1. prunumYs. m., galette sur laquelle
on a étendu, avant de la mettre au four,
une marmelade faite avec des pruneaux.
D.-S — B -F.i
Ptas. s. m., fruit. Vend. (C. et P. D )
Ptassaé, Ptassiaé, e, adj., man-
PYO
geur et marchand de fruits. Vend. (C.
et P. D.)
Pue, s. f., dent de fourche, de râ-
teau. Dans tout le Poitou.
PuET, s. m., engin pour prendre des
petits oiseaux, et principalement les mé-
sanges. Il se compose de morceaux de
sureau droits et d'un demi-cercle qui se
détend au moyen d'une petite corde.
D.-S.,c. Cel.
PuDAi , V. n., répandre une-odeur
puante, de punais. V., c. Isle-Jourd.,
Ad ri ers.
Pi DÉ, PuTADE, adj., punais. V.,c.
I.->lG-Jourd., Adriers.
Pue, s. f., PuoN, s. m ,deiU de four-
che de râteau, et en général tout ce qui
a un bout pointu et piquant. Dans tout
le Poitou. Provençal : a puo, » pointe.
PupuT (1. npupa), s. f., huppe, oi-
seau. V. — D.-S. — Patois du Berry :
« puput. )) — Rabelais : « Où me mu-
nir de langues de puputz et decueurs de
ranes verdes? »
Pute, ad v._, après tout, hé bien! V.
- D.-S :
o Peute ! nous s'ran hor.s de peine. »
(Geiit. poetv.)
Pute, Pelte, s. f., bergeronnette,
oiseau. V., arr. de Civ.
PuTOD, adv., plus tôt :
« Quiélay sont sot qui mourant putous
» Que l'heure n'est venue. »
(Gust., p. 19.)
Pyot^ TE, adj , habitants du pays
haut. D.-S., c. de Celles.
Q
QUA
Qu {qu mouillés) , pr. rel. _, que.
C. Montm., Moulisme.
QuA, inlerj., quoi? (Gust.)
QuAiRAGE, s. m., entourage d'une
métairie. Vend. (C. et P. D.j — Patois
du Berry : « quarrage, » carrefour.
QuAiREUX, Ql'ièbeux (I quxrcre).
s. m., carrefour. V. — D.-S., c. de
Bress. — « iMa mai.->on du dicl lieu de
Vatan, assise aux querrouer des bancs
du dict lieu. (An. IIGI. Arch. St Hil.
Egl.) — Noms de lieux : o Quereuï et
Querreux (lej, » St-îMerre-des- Eglises,
Saulgé. Anché,Sillars (V )
QuALÉQUi, pr. démonst pi. , ceux
qui. V. — D.-S.
Quant (l. quantum), adv. , autant
que , comme, aussi : « quant et lui ,
QUE
quant et moi. » V. , arr. de Chat. —
Champagne , Berry. — Ancien fran-
çais :
« Et les forêts a vu planter menues
« Qui , quant et lui , sont vieilles devenues.»
(Meilin deSt-Gelais.)
QuARRE (1. quœrere), v. a., quérir,
chercher : « va don quarre dau poin; »
va donc chercher du pain. — D.-S., c.
de Sauzé-Vaussais. — (B.-F.)
Quarre, s. f . , querelle. V. — D.-S.
— Roman : « carays, » dispute, que-
relle. — Anglais : « quàrrel » (pr.
quouârel.)
Quarte (1. quart us) , s. f., les trois
mois de la St-Jean à la St-Michel qui
composent la quatrième partie de l'an-
née : « i m'remembre, ine fet, ol'tait
pre la quarte. » — D.-S. — (B.-F.)
Quatre - PoTF.s (à) [1. quartus ,
pedes] , marcher en s'aidant de ses
pieds et de ses mains. V. , arr. de Civ.
QuAU , QuALLE , pron. dém., ce,
cette. V. — D.-S.
QuAUQUE f^?/«//5(?zfe), adj. , quel-
que. V., Adriers, Luchapt. — D.-S.
— Vend. : « pour quauque tort que il
facet. » iCout. de Charr., art. 22.) —
Provençal : a quauque esperitoun siblo
miaulo. » — Gascon : « quaouque »
QuAUQu'uN, adj., auplur. : <- quau-
qués-uns; a quelqu'un , quelques-uns.
V., c. de risl.-Jourd. , Adriers et Lu-
chapt.
QucHOTAi [qu mouillés) , v. n., par-
ler bas. Par extension , boire à petits
coups et souvent. V., arr. de Civ.
Que, pr. rel , qui. V., c. de l'Isle-
Jourdain , Adriers et Luchapt.
Que, pr. rel., quoi :
« A que sert'o tant d'acclamation .' »
(Bab.)
— Gascon : « que , qui. »
QuECAS (q'cas), s. m., noix dépouillée
deson brou. V., arr. de Chat. — Rabelais:
« et leur donnarent ung cent de que
cas. » (L. pr, c. 2.5.)
QuÉDEiNCHE (faire le ou la), loc. ,
feindre une indisposition , être malade.
- — D.-S. (Barot.)
QuEDENANT , adv. , combicu , plu-
sieurs, une grande quantité. D.-S.
— (B.-F.)
QUE
219
QuEGLiAE, V. a. , cueillir. Vend.
(Cet P. D.)
QuELiON (q'Iion), petite barrière qui
précède la porte d'entrée d'une maison.
V. — D.-S. — V. Portellon.
QuEMANT , adv., comment. — D.-S.
— Vend.
QuEME , adv. , comme. V. — D.-S.
— Vend. Suivant les lieux.
« Emplumassé quem'ln linot. n
(Gust.)
QuEMENTAGE ( q'mentage) , s. m. ,
ce que l'on a pour manger avec son
pain : « t'a mingé tôt ton qu'mentage,
le ming'ra ton poin sec. » — D.-S.' —
Vend.
QuEME>TAT (q'mentai), v. a., épar-
gner. — D.-S. — Vend.
QUEiMliNÇAI , QUEMOINÇAI, V. a.,
commencer! V.,c. de IMirel). — D.-S.,
c. de Bress. — pour « quemoinçai. »
QUEMINCEMENT, Qu EMOirSCEMENT,
S. m., commencement. V.. c. de Mireb.
— D.-S., c. de Bress. — p. « quemoin-
cement. »
QuEMOTAE (q'mofâe), v. a., épar-
gner ce que l'on a à manger avec son
pain. Vend. (C. et P. D.)
QuENAiLLE (q'naille), s. m. , enfant
nouveau-né , petit enfant; ou grande
personne agissant comme un enfant. V.
— D.-S. — Ancien français.
QuENNE , s. f jCane. V. — D.-S.
QuENAi (r. <7«e?iee), v. n., faire un
effort ; se dit aussi des cris des petits
enfants quand ils souffrent ; se dit en
mauvaise part de ceux qui ont trop
mangé : « gle quenne coum'in goret. »
V. — D.-S. — Saintonge : « quener, »
vagir.
QuENÉE^s. f . , gros soupir, effort.
V. — D.-S.
QuENEUiLLE , S. f. , qucnouilie. V.
— D.-S.
QuENEUSSONCE , S. f., connaissancG.
V. — D.-S. — Gâtine. — (B.-F.)
«Jamez de quiou bea jeut, n'en àrié queneussonce. »
(Rob. Div., p. lit.)
QuENEUTRE (l. cognosceré) , v. a. ,
connaître. V, — D.-S. — Gâtine. —
Saintonge.
QuEJNiAU, S. m., petit enfant. V.,
220
QUE
arr. de Chat. — Saintonge : « quonaye,
quenayon. »
QuÊque , QuiÈQUB (1. f/ualisque) ,
adj. , quelque. V. — D.-S. — Vend.
Suivant les localilôs. — Ardonnos.
QuERGLON (queurij;lon, gl mouillés),
s. m. , petite barrière qui précède la
porte d'entrée de la maison F. Portel-
lon. — V. — D.-S.
QuERiou , s. m., lieu de pacage ré-
servé pour les volailles et qui entoure
la maison de ferme. V. , c. de l'Isle-
Jourdain.
QutiiRE, V. a., chercher : <.( vèque
querre mou seil. » Va chercher mon
seau. V., c. de I Isle-Jourd. — Ga?con,
Ardennes, ÎVJarnc. — Ane. français.
QuEBBOiR , S. m., carrefour — D.-S.
y. Quaireux. — INlanusc. du Poitou. —
Noms de lieux : « Querroir (le),» Quin-
çay (V.)
QUFSSOTTE , S. f. , instrument qui
sert à laver les mains. D.-S. — Vend.
QUETÉ , QuETiE , pr. démonsf., ce.
cette. V., c. de risl.-Jourd. — Patois
limousin.
Qu'houre (1. qua hora) , adv.,
quand : « qu'hour vendra t-eil? » Quand
viendra-t-il? V. — D. S. — Roman :
coure, r — Provençal : o quouro , »
quelque temps.
QuED , pr. rel., que. — pr. démonst.:
ce. V. , c. de Yhi -Jourd., Adriers et
Luchapf.
Ql'euarsson {qu mouillés), s. m.,
aigreur; sensation aigre excitée dans
l'estomac. D.-S.
QuECGNAi (se) [r. queugne], v. pr. ,
se donner un coup, se faire une bosse à
la tête. (B.-F.j
Queugne , s. f., coup , et principale-
ment coup à la tète. V. — D.-S. — V.
Cabeugne.
QuEUL, QuEDX, pr. rel., quel,
quels :
« Qneul houneur , queux bea* profits. »
(Gust.)
QuEUQUE, adj., quelque. V. —D.-S.
Vend.
" 01 é bin queuqiie cho^e de bla
'^ Que dverre ddux maisans su l'alve. »
[ChaHB. poit.]
QUI
QuEURASSON [qu mouilIés), s. m. ,
aij^reur à l'estomac. V. — D.-S.
QuEURE, QuiEURE [qu moujllés [l.
cnqucre] , v. a , cuire. V. — D.-S. —
Vend. — Besançon : « queure. »
QiJEDKEiix , s. m., petit e.^pace de
terrain en forme de cour , devant une
maison — D.-S., Parth.
QuF.ussER , s. m., houx , plante :
« in grous boursau de queusser à l'a-
voure quo jouquant tous quiés p'tits
aiseas; •) une grosse boussée de houx
où se perchent tous ces petits oiseaux.
D.-S., arr. de Bress.
QuEUSOïTE, s. f. , instrument qui
sert à laver les mains. — D.-S., c. de
Ci'lles.
Qui, adv. de lieu, ici, là. V. — D.-S.
— V'end. — Limousin , Besançon.
QuiAQUiA, s. m., espèce de grive :
(• i voiron pas d'quiaquia qnetle annie,
y a pas de c'nelles; » nous ne verrons
pas de grives cette année , il n'y a pas
decenefles. V., c. de Monte. — Aube :
« quia-quias, » grive de grosse espèce.
Qliaquiasse, Quiequasse , adj. ,
bavarde: « fezez don taise quielle quia-
qiiiasse. » V., arr. de Poit. et de Civ. —
D.-S. , c. de Bress., p. « quiequasse. »
QuiARCHAi, v. a., chercher. V. —
D -S. :
I Perrot , qularche ton chalumoa. »
[N. P., p. M4.]
QuiARE, V. a., chercher, quérir.
D.-S., arr. de Bress.
QuiAU,QiJiALE, QuiÈLE (1. qualis)^
pr. démonst., ce, celui, celle ; au plu-
riel , qitiea , qidèlai : « quiea que j'ai-
merai de quiélai de ses frères. » V. —
D.-S.
« Et seriez inchonlé d'avéfail quielle grâce. »
[Requête à Moreau de Beauinont.}
— Roman : « quai , qal, cal. » — Pro-
vençal : « quau i>
QuiAUQUietQuiOQUi, pr. démonst.,
celui-ci. V. — D.-S. — Patois limou-
sin : « quéouqui. •
QuiBNGNF, s. m., le taon des bœufs.
D.-S.. arr. de Bress.
QuiEQu'uN, pr. ind., quelqu'un. V.
— D-S. — Vend.
QuiEBEUx, QuiÉBU, S. m., carre-
QUI
four: cf Ofatbeaanel, leu femmes éront
ou quiéru; » il fait beau aujourd'hui, les
femmes iront au carrefour. V., c. de
Monlconiour, arr. de Poitiers et de Ci-
vray , pour ; « quiéreux. » V. Quai-
reux.
QuiEU, pr. démonst., ceci, cela ; au
pi. quiés, ceux-ci V. — D.-S. — Vend.
a A.près qulcu, sache quleqiii* »
(Gust.)
— Provençal : « aquéu, aquéli. »
QuiKUQUi, QuiELLEQUi, pr. démon-
stratif, celui-ci^ celle-ci. Dans tout le
Poitou.
QuiEUSSON, s. m., cuisson. V., arr.
de Civ.
Quignon, Quignou, s. m., coiffe.
V., c. de i\!ontc. La Grimaudière. —
D.-S., pour « quignon »
QuiLLET, s. m., fluet mince, menu.
a G bon vieil tomps l'an s'habill'.-t
« Drestement sans être qulllet. »
(Geiit. Poët.)
Quio, pr. démonst., celui , ce , ceci ,
cela. Dans tout le Poitou.
« Destache te de quio qui t'a mis à la chaîne. »
(Bab.)
« Prendront ù quio cot pre quio moyen in bout. »
[E\eqiiête à Moreau de Beauraont.J
QïJiOD, Quou, QuALE, QuiALE. adj.
V. le précédent. — Provençal ; « Quelo. »
— Patois limousin : « Quou. »
QUIOQUI, QUIOUQUI, QuiELLEQUi,
QUS
221
p. démonstratif, celui-ci, celui-là, celle-
ci, celle-là. Vienne.
« Gl'as son dit et dédit, vcezvouben, quloqul. »
[Requête il Moreau dé Beauniont.]
QuiQUiou, s. m , femme sale. V.,
arr. de Civ. — V. Napisson.
Quiu, pr. démons , ce, ceci, cela :
« minge quiu ; mange ceci. V. , c. de Mi-
rebeau et Neuville.
QuoQUADÉE, pr. ind., quelque. V.,
c. Isle-Jourd., I.uchapt.
QuoT, a.Jv._, quand. D.-S., arr. de
Melle.
Quouci, QuouQUi, pr. démonst.,
celui-ci, celui-là. V , Saulgé, Journé ,
arr. de Monlm. — Ce, cet, canton de
Mi rebeau
QuouÉ, pr. démonst., celui, celui-ci :
« qu'é quoué qu'a fé quo ? » quel est
celui ci qui a fait cela? V., c. de l'Isl.-
four.
QuQUi [qu mouillés), pr. démonst.,
celui-ci. V., c. de Montm.
QuBAiL, QuROT (le t sonne) \qu
mouillés], s. m., résidu d'un fruit. V. —
D.-S. Suivant les lieux.
QuROUR {qu mouillés) , s, m., petite
palette de fer dont se servent les culti-
vateurs pour nettoyer leur charrue. V.,
arr. de Civ. V. Ancias.
QussE {qu mouillésl, s f. , le pain
que l'on fait dans une fournée, ou la fa-
rine qui sert pour faire une fournée. V.,
c. de Mirebeau, arr. de Loudun. V.
« Ceusse, »
R
RAB
Ra, Ré, s. m., roi. V. — D.-S.
K Gle disiant qu'ol' tait nout' ra
» Quiauqui qui fat si bin la guinrre. »
[Chans. poit.]
— Gusteau. ~ Babu.
Rabâche, s. f, insecte brun foncé
qui s'attache à la peau du bœuf. D.-S.,
c. de Bress. F. Carcelle.
Rabale, Raballe, s. f., râteau com-
posé d'une planche et d'un manche, qui
sert à mettre en monceau le blé que l'on
bat au fléau. V. — D.-S. — Vendée.
y. Ane.
Rabale, s. f., arau à deux oreilles
avec barre en fer pour soc. V., c. Isle-
Jourd. Luchapt.
Rabale-Boissea,s. m., plante ainsi
nommée parce qu'elle est très-nuisible
aux céréales. V., arr. de Civ.
Raballe, s. f., femme de mauvaise
vie. D.-S., c. de Celles.
Rab ALLÉE, is. f., grande quantité :
999
RAB
t ine raballée d'enfants, ineraballée d'
monde. » V. — D.-S. — Vend.
Raballé, V. a., ramasser avec la
raballe; s'entend aussi dans le sens de
traîner dans la boue un objet quelcon-
que , le salir. D.-S. — (B.-F.) — V. —
Provençal : a Rabailla, » ramasser des
objets de peu de valeur.
Rabalou, s. m., râteau. V., arr. de
Civ.
Rabalous, s. m., étranger de mau-
vaise mine qui parcourt les campa^^nes
(B.-F.)
Rabanais, R\bama,s. m., plante ,
moutarde-des-champs. V. — D.-S.
Rabat, s. m., tour de lit dans les
lits à quenouilles. D.-S., arr. de Melle
et de Niort. — Ardennes : a Rabats, w lu-
tin, esprit. — Marne : mur placé au bout
du jeu de paume.
Rabatee , s. f. , coups de bâton;
donner, recevoir une rabâtée. V.
Rabate, V. a. et n., frapper, secouer;
battre quelqu'un avec un bâton. Par
extension, faire du bruit. Dans tout le
Poitou. — (• Le ditLorrain lui dist qu'il
n'avoit rabasté à sa porte. « (An, 1527.
Manusc. du Poitou.) — Ménage fait
venir ce mot du grec saSaTTsiv, faire du
bruit. Il ajoute qu'on appelle rabats,
en Poitou, les esprits qui reviennent
(B.-F.). C'est le mot consacré dans le
département des Ardennes . ainsi que
nous l'avons consigné au mot rabat.
ÎS'ous ignorons si nos campagnards
emploient encore ce substantif dans leur
langage, mais le verbe rabâté , dans
plusieurs contrées, est toujours usité pour
signiûer laction du bruit que font les
revenants : < i n' se poué c' qu' o veut
à dire; ol a rabâté tout' la neut dons le
ploncher; » je ne sais pas ce que cela
veut dire, j'ai entendu du bruit toute la
nuit dans la chambre haute.
L'influence des esprits frappeurs,
que l'on cherche à exploiter de nos jours,
n'est donc qu'une surperstition très-an-
cienne, que les villageois ont conservée
en Poitou, et qu'ils appellent rabâté. —
Patois du Berry : « rabâter, » fiiire
du bruit. — ISoms de lieux : «Rabalé,-
Saint-Léger de Montbrillais , Roiffé.
(V.)
Rabettb, s. f., petite rave, colza,
RAG
navette. V.— D.-S.— Roman : « rabetta,»
petite rave.
Rabiaule, s. f., mets préparé avec
des raves. V.,c. Isl.-Jourd. Adri.
Rabtlleai , v. a., raccommoder :
t< rabiller les habits, les membres cas-
sés. » V, —D.-S.— An. 1537. Manusc.
du Poitou.
Rabikéb, s. f. , tâche, corvée: «Don-
ner ine rabinée à un champ. » c'est lui
donner un labour. Par extension :
« donner ine rabinéeà quelqu'un, » c'est
passer quelques heures avec lui : «irai
v' donnai ine rabinée, avont qu'o se
linlomps. » j'irai vous voir avant qu'il
soit longtemps. V. — D.-S. — Vend. —
Rabinée, en quelques endroits, a le
même sens que rabâtée. V. ce mot.
Rabot, s. m , ravine. Vend. (C. et
P. D.) — Le limon déposé par le débor-
dement d'une rivière, d'un torrent, ou
par tout ce qui sert à l'écoulement des
eaux après de grandes pluies. Au figuré,
une pluie abondante, et de peu de du-
rée. V. — D.-S. — Manusc. du Poi-
tou. — Roman : « rabeg, rabey, ra-
betli,)) courant d'eau, torrent. - Noms de
lieux : o Rabois, »> Saint-Romain près
Civray : « Raboué, » Andillé. (V.)
Raboui,Ioc., dépérissement du corps,
de la santé ; par extension : <i jeter le
raboui, » c'est revenir à la santé après
une longue maladie. D.-S., c. B.
Raboumnai, v. a., coudre sansgoût,
raccommoder. Vend (C. et P. D.)
RABOYA?iOuRABOYON,s. m., plante,
moutarde sauvage. D.-S., arrondi.sse-
ment de Melle. — (B.-F.) V. Rabanais.
Rabresac, s. m., havresac. V.,arr.
de Chat. V. Haubressa.
Rac, adj., court : « rester rac,» rester
court. Vend. (C. et P. D.j
Racassae, Racassai, v. a., faire
le bruit que font les grains dans la cap-
sule lorsqu'on les secoue. V. — D.-S.
— Vend. Suivant les lieux.
Racasse, s. f., nom que les gens de
la campagne donnent aux ouvriers des
villes. V., arr. de Civ. — D.-S , arr.de
Melle et de Bress.
Racassehie (racass'rie), s f , ce qui
ne vaut gères ; se dit des hommes et des
animaux. V., arr. de Civ. — (B.-F.) —
Roman : « Raca. »
Racau.de, adj., chauve; celui qui
RAC
a les cheveux trop courts. D.-S., c. de
Bress. — V., arr de Poit. — « Racaau. »
Vend. (C. et P. D.)
Racaustrai, V, a., raccommoder,
recoudre. V. — D.-S.
« llfaut racaustrcr mon sabot. »
(N. P ,p.i8.j
— «Racoiistrer, » réparer : « et faits
racouslrer (es faucilles cheux le maré-
chal. » (An. 1571. Arch., Saint-Hil.
Egl., suppl., no40.)
Raçai (se), V. pr., s'accroupir, dissi-
muler la hauteur de sa taille, se faire le
plus petit que l'on peut. V., arr. de Ci-
vray. — D.-S., arr. de Bress. et de
Melle. — (B.-F.)
a Igllse racltdaasia cotn. ■
(Chans, PoU.)
Rachée, s. f., giboulée : « les ra-
chées de mars. » (B.-F.)
Rachkport (vent de), loc, vent de
l'Ouest. (B.-F.)
Racle (c/ mouillés), RAQUE[g'W mouil-
lés], s. f., morceau de bois, le plus sou-
vent douelle de barrique que l'on passe
sur un boisseau pour en ôter le grain
qu'ilcontient en trop. V. — D.-S. —
Ardennes, Marne : « racle. )>
Raclet, te, adj., chauve : « i d'vint
tout raclet, depis quieuque temps. » V.,
arr. de Civ. V. Racau.
Racobnesi racurn'si), v. a., dimi-
nuer , terminer : « racorn'si son ou-
vrage, » c'est l'avoir presque terminé.
V., arr. de Poit.
Racque ou Raque, s. f., rosse, delà
celte expression : « faignant comme ine
racque ; puer queme la raque. » V. —
D.-S. — Se dit en mauvaise part en
parlant d'une femme.
« Et qu'ol est peurc In plau
« Qu'in sot pardit sa raque. »
(Meliois, 24 mars tsei.j
RAI
223
— Roman : « raca, » rosse, bête étique.
— Provençal : «■ raquo, » mare, eau
bourbeuse.
Racremai, Recremai, v. n. et pr.,
rappeler, et se rappeler à la mémoire ,
recomxmander : « i t'racrème d' fair'
toun ouvrage avont d'parti. i> (B.-F.) —
D.-S., arr. de Bress. et de Melle.
Radoudeux, se, adj., celui ou celle
qui raccommode les membres cassés.
V. — D.-S. Dans quelques localités.
Raé, s. m., roi. Vend. (C. et P. D.)
r. Ra. '
Rafistolai, v. a. et pr., réparer;
mettre en meilleur état sa forlune, ses
affaires. V.— D.-S. — Patois du Berry
et de Champagne'.
Ragage, s. m., homme ou femme de
mauvaise vie : « tchieu l'houme é poué
d' bon ragage. » Font., Vend. (C. et
P. D.)
Ragalae, v. a., fureter partout, dé-
ranger les meubles. Vend. (C. et P. D.)
Ragane, s. m., rigole que Ton creuse
le long de la lisière d'un chanij) pour
l'écoulement des eaux. V., arr. Civ. —
D.-S., c. Bress.
« Naqulu dès l'Ouzanne
» Don ine ragane. ■
(N, P., p. H8.)
Ragouillage (1. regustare), s. m.,
mauvaise cuisine; mets à longue sauce,
et de mauvais goût. V. — D.-S. —
Basse latinité : « regustas. »
Ragote, s. f , brebis non encore
mère, ou qui porte pour la première
fois. V., arr. de Civ.
Ragrouae, v. a., couvrir. Vend.
(C. et P. D.) V. Agrouâe.
Ragroui, e, adj , rabougri; se dit
d'une personne petite, d'un enfant, d'un
animal mauvais dans son espèce. V.,
arr. Chat.
Ragué, v. a., rendre ce que l'on a
pris soit légitimement, soit par fraude :
« il a bien fallu qu'il rague les six francs
qu'il m'avait pris en trop. » — Terme
de jeu : « j'i ai fait ragué dan un seul
coup tout ce qu'il avait gagné. » —
Par extension, vomir. V., arr. de Chat.
Rai, s. m., rayon de soleil. V., arr.
Poit. -— D.-S., c. Bress. — Provençal :
« li rai escounjura, » les rayons char-
més.
Raicièbb, s. f., raisin gris-blanc,
à grosse graine, à queue longue. V., c.
Isl.-Jour., Adriers.
Rai DE (I. rigidus], s. m., endroit
élevé, cime. V.
Raille, s. f., diminutif de raillerie.
V., arr. Chat.
Raille-chein, loc, jeu de chiens;
224
RAM
railleries qui finissent souvent par des
coups de dent. Quai^d les enfants s'amu-
sent « finit souvent en railie-chein. a
(B.-F.)
Raire (1. ra(liare)j v. n., luiro,
rayonner. V., arr. Puit. — D.-S. —
Ve'nd. — vB.-F.) — Roman : « raiar,
rajar et rayar, » briller, rayonner.
•1 Beu long-temps après qaleu, la lune qu'y vy
[raire. »
(Bab., p. 87.1
RA1SI>"ETTE ou RaSINETTE (g. pas),
s. f. , la vigne sauviige et les petites
grappes qn'elle porte. D.-S. — (B.-F.)
— Roman : « razain. »
Raisu, e (1. radere, rasum)^ a'ij ,
court, V., c. Isl.-Jour., Adriers.
Rait. e, adj., enroué. V., arr. Chût.
Raiteur. s. f., enrouement. V., arr.
Chat.
Rajai, V. a , racler : c: vau-tu râjai
r cul dau chaudran? » D.-S., Châtillon.
Rajettes, s. f. pi., raclures. D.-S.,
Châtillon.
Ralle, s. f., squelette : « ralle de
cheval, « pour exprimer la maigreur de
l'animal. (Rondier.) — Cuisse. Vend.
(C. et P. D.) — S. m., mollet : « 1' ralle
m' fé mau. w D.-S., c. Bress. — S. f.,
mauvaise jambe : « quiau gars a-t-ine
vilaine décampe, le tir' la ralle qu' m'in
galérian. » D -S-, c. de Celles. — Noms
de lieui : c Rallerie (la), » Gouex (V.).
Ralubox et Raliroîv, s. m , rat
des champs. V., c. Montm., Moulis-
mes.
Ramaie, Ramée, s. f., averse, pluie
d'orage. V. — D.-S. — Noms de lieux :
« Ramée (la), » Cenon (V.)
Ramale, s. des 2 gonr., animal qui
par des vices cachés, ou par défaut de
conformation, est impropre à la re-
production de son espèce. (B.-F.)
Ramia (l. ra}nu.<]t s. m., espace pris
dans un plus grand ; se dit surtout des
blés qui, semés inégalement, ont poussé
avec plus de force et d'abondance dans
certaines parties d'un champ. (B.-F )
Bamigkau (1. ramus). s. m., haie
vive remplie de ronces ; o in grou rami-
geau » est un endroit toufTu , plein
d'épines, où l'on ne peut passer. V.,
arr Civ. — ^B. -F.)— Dans la commune
de Jazeneuil, près Lusignan, il y a « la
RAN
fosse à ramigeau, » située au coin d'un
bois.
Ramigé, Ramissé, v. n., faire du
bruit dans la feuillée, dans la a ra-
missé » : « qu'é-t-o quieu qui ramisse
dans la palisse? » D.-S.
Ramisse, s. f., haie sèche pour clô-
ture. V., arr. Montm.
Rampeau, s. m., jeu de quilles ou
des neufs trous. V. — D.-S. — « La
comtesse do Poitiers avait seule le droit
de faire jouer au rampeau au bourg de
St-Léger-la-Pallu les jours de foire. >•
(An. Î72I. Manusc. du Poitou.)
Ranche, s. f., ridelle. V. — D.-S.
— a Eflfraiiche. »» Lacombe. — « Char-
rette avec des claies d'aisses, ses ran-
chesetses fonsseures. »(An. 17.5.5. Vas-
les. Manusc. du Poitou.)— Effranche.
(Lacombe.)
RA^DE, s. f., sillon, se dit surtout
des vignes. D.-S. — V. — (B.-F.) —
« Plus sept randes de vigne de grande
versainne. » (An. 1594. Manusc. du Poi-
tou.)
Randia, Randieau, s. m., sillon
en général. V., arr. Poit.
Randon, s. m., impétuosité, rapi-
dité. D.-S.
« I couru d'in tau randon.
» Que ma langue devint sèche. »
(N. P., p. 9t.)
— Marne : « randon. ^) — Livre du bon
Jehan duc de Bourgogne :
« Quant les choasit, de plain randon
» Il va desploier son pennon. »
vV. 2, i48.)
— Chronique de du Guesclin :
« A Poitiers sont venu en fuyant de randoo,
» A Chando fut conté cette perdirion. »
(V. 18, 951.)
Randonée, Randon ie (r. randon),
s. f., multitude du môme lieu :
« Tretous d'ine randonie
» En Beihléem llgs allirant. »
(N. p , p. 14.)
— Noms de lieux : « Randonnière (la), »
Marnay (V.). — Français : « circuit
que fait une bête lancée autour du
même lieu avant de l'abandonner.
RAS
Ranguin, Ranqutn [gu et qu mouil-(
lés), s. et adj. m., celui qui traîne la
jambe en marchant : « avance don, pau-
vre ranquin. » (B.-F.) — V., arr. Civ.
— R.oman : « ranqueiar, » boiteux. —
Par extension, homme dur intraitable.
V., arr Poit. et de Civ.
Rantai et Rantaie, adv., proba-
blement : a i aron bein incore de l'aive
rantaie. w D.-S., Sauz.-Vaus. —(B.-F.)
Rapail (premier a long) , s. m., le
brin le plus court du chanvre, que l'on
ne peut cueillir à la poignée comme le
chanvre plus élevé. V., arr. Poit. et de
Civ.-^D -S., arr. de Bress. et de Parth.
Rapaillai, v. a., ramasser le chan-
vre le plus court. V., arr. Poit. et de
Civ. — D.-S.. c Bress. — Par exten-
sion, grapiller, ramasser ce qui reste
dans une vigne après la vendange, ou
dans les arbres fruitiers après la cueil-
lette. (B.-F.) — Roman : « rapar , »
prendre, enlever. — Provençal : « ra-
baillar. »
Rapailleur, se, adj., celui ou celle
qui rapaille. V., arr. Poit. et de Civ. —
D.-S., arr. de Bress. et de Melle.
Rapeau, Rapia, Rampeau, s. m.,
jeu de quilles. Rabelais l'énumère parmi
ceux auxquels s'amusait Gargantua. V.
— D.-S., c. de Bress.
Rapiette,s. f., lézard gris des mu-
railles. V. — D.-S. y. Gbapiette. —
Noms de lieux : ce Rapiette (la;, »
Payroux, (V.),
Raque, s. f., vieille brebis. Au figuré,
coureuse, bohémienne. 1).-S..c. Celles.
— Femme de mauvaise vie; animal de
peu de valeur, V. — D.-S.
Ras (tout», loc.^ auprès, sur le point
de : « c'est tout ras, » pour dire ce lieu
n'est pas éloigné; « il a été tout ras de
perdre, »> c'est-à-dire sur le point de
perdre. V. — D.-S. — Adj., plein,
a ras-bord. » — Gascon : « ras. » —
Marne, Haute-Marne.
Ras, s. m , l'enfant né le dernier,
après lequel une femme n'en a point
d'autre. D.-S., c de Bress. V. Bouze.
Rase, s. f., morceau de bois que
Ton passe sur un boisseau de grains»
puur en enlever le trop plein. V. —
D.-S — Basse latirjité : raseria, rasel-
lus, rasière. ^Duc.) F. Racle.
RAU
22b
RASEetRÈSE, s. f., ruelle délit. V.,
arr. Civ., et de Poit. pour rèse.
Rasis, s. m., portion des murs d'un
bâtiment qui touche à la charpente, qui
la rase. V. — D.-S.
Rassarai, V. a. et pr., entasser,
amasser. V.,c. Montm. V. Assarai.
Rassouillai (se), v. pr., se mouiller
jusqu'aux os. D.-S., c. R. — Vend. (C.
et P. D.)
Ratatouille, s. f., se dit, en mau-
vaise part, de mets ou de restes de mets
mélangés et à sauce très-abondante. V.
— D.-S. — Berry, Marne et Haute-
Marne.
Ratrau (/. rasfellum), s. m., sorte
d'échelle couchée, inclinée dans sa lar-
geur, et suspendue dans les écuries au-'
dessus de la mangeoire pour y mettre la
nourriture des animaux. Dans tout le
Poitou. — (Manusc.) — Noms de lieux :
a Râteau {\p), » la Bussière , Journet,
V.).
Raté, adj., ce qui a été mordu par
les rats ou les souris : « pain raté. » V.
— D.-S. — Saintonge, « rati. »
Ratelet, s. m., répine dorsale ; se
dit des individus maigres et décharnés.
V. —D.-S.
Ratelet, s. m., plante. (B.-F.)
Ratin, s. m., rat, souris, dans tout
le Poitou.
R\t-ltron, Rat-lueon, s. m., le
lèrot de Buffon. (B.-F.) — V., arr. de
Civ., p. « rat luron, p
Ratouère, s. f., ratière. V., arr.
Civ. — D.-S. — (B.-F.) — Libvre du
bon Jehan duc de Bretagne :
« Tous les traictres qui dedans sont
» Attrappés en la ratouére. »
(V. 716. Cit. B.-F.)
— Noms de lieux : « Ratonière (la), >
CouIombiers{V.).
Ratouillat (se), v. pr , se mouiller,
se couvrir de boue. V. — D.-S., V.
Rassouillai.
Rau, s. m., la partie du métier du
tisserand qui frappe le long des lames
pour sérier le lissage. V , c. Isi.-Jour.,
Adriers.
Raudai, v. n , les premiers sons
qu'un enfant fait entendre en essayant
sa voix. — Les Gâtinaux « raudent •
(espèce de chant) en conduisant leurs
226
HEB
REG
charrettes ou leurs charrues. D.-S.,
Gàtine.
Rayageou, se, s. m., cekii qui fait
tort à ses voisins en gâtant leurs ré-
coltes, ou en anticipant sur leurs terres.
(B.-F.l — D.-S., arr. de Bress. et de
Melle. — Vend.
Ravaillons, s. m. pi., se dit des
tiges des plantes les plus basses et prin-
cipalement de celles des céréales. V.,
arr. Chat. — Ardennes : « ravailier, »
ravaler, abaisser.
Ravalure. s. f., plant de vigne taillé
pour la première fois. (B.-F ) — La
Quintinie : « ravaler, •> diminuer par
la taille la hauteur des arbres ou des
arbustes. — En français : « ravale-
ment, • action de receper le vieux bois
d'un arbre, de donner sur place aux
pierres d'un bâtiment leur dernière
forme.
Ravat, s. m., canal de l'écluse d'un
moulin. Vend. (C. et P. D.)
Ravau (en), loc, se dit des animaux
et principalement des chats en chaleur.
V. — D.-S.
Ravaudât, v. a., piller, ravager.
V., c. Isl.-Jour., Adriers. — Au figuré,
chicaner.
Ravenelle, s. f., espèce de navet
sauva.^e. V., arr. de Chat.
Rayage (1. radiare), s. m., assole-
ment. — i -iviser ses terres en trois
« ravages. » c'est établir ou suivre l'as-
solement triennal. V., arr. Chat.
Raye, s. f., labourage; aller à la
« raye, » c'est aller labourer. Vend (G.
et P. D. — Noms de lieux : « Rayé (la), »
Le Bouchet, Maulay (V.).
Rayé, v. n., luire, rayonner. V.,
arr. Chat. — D.-S , arr. Melle.
KÉ, s, m , rien. V^, c. Is!.-Jour.
RÉBE (I. râpa], s. f., turneps, gros
navet. V., arr. Civ. — Vend. (C. et
P. D.)
R'bec, s. m., rot, vapeur de l'esto-
mac qui sort avec bruit de la bouche.
D.-S., arr. Melle.
Rebecca (faire un), loc, fairemuette
en parlant d'un champ. D.-S., Aubigné.
(B.-F.)
Reeinai (r'binai), v. n., c'est faire
deux fois la même chose. V., arr. Poit.
et Civ. — Ardennes, Marne, c'est don-
ner un troisième labour. — Basse lati-
nité : rehinare\ terram, altéra et re-
petita aralione proscissam, tertia rur-
sum proscindere. (Duc.)
Rebinai (r'binai), v. a , regimber.
Ne se dit guère que des enfants, des
domestiques ou des ouvriers. L'on appe-
lait autrefois « rebineurs » ceux qui se
rétractaient de choses dites devant la
justice. Il est aussi pronominal. (B.-F.)
— Anghiis : a repine, » se plaindre,
être facile ; « repiner, » celui qui mur-
mure.
Rebouffai (r'bouffai), v. a., repous-
ser, renvoyer , détourner : « thielle
étanche a fé r'bouffai l'aive qui v'nait à
mon pré. » (B.-F.) — V., arr. Civ. —
Par extension, une plante qui s'étiole.
V., arr. Civ. — Roman : « rebotar,
rebolfar, w repousser. — Aube : « re-
boutïer, » réprimander.
Reboutet (r'boutet). s. m., farine
de troisième qualité. (B.-F.) — La-
combe : « rebnlet, » farine dont on a
ôté la fleur. (T. 2.)
Reboutrai (r'boutrai) [I. mons-
frare], v. a., montrer, instruire. V.,
arr. Civ. — D.-S.
Reboutrou, s. m., maître d'école,
instituteur. D.-S., arr. Melle.
Recaillounai (se), v. pr., se coiffer
de nouveau. V.
Recalai (se) [I. recalescere], v. pr.,
se reposer, reprendre ses forces, soit en
mangeant, soit en buvant. — Au figuré,
se mettre à son aise, améliorer sa posi-
tion. D.-S. —V. —(B.-F.)
Recepai, v. a,, raccommoder des
vêtements ; refaire le pied d'un bas.
V , arr. Poit. et de Civ. — D.-S., arr.
de Bress. et de Parth.
Reghalai (se), v. pr., se refroidir,
se rebuter dune chose, d'une entreprise.
D.-S. — ,'B.-F.)
Reghanai, Rechegnai, V. n., hen-
nir : « les chevals r'chanant. > V., arr.
Civ.— D.-S., arr. Melle. — Vendée, p.
« rechegnai. » — Berry : « rechaner, »
braire. — Roman de Doon :
« Nul chevaux ne beonit, nul mul ne rechaigne. »
Recheugnon, nne, adj., se dit des
enfants qui ne font que criailler, qui
sont de mauvaise humeur. V., arr. Civ.
— D.-S., arr. Mel. — (B.-F.)
RED
REG
227
RecheugNounai , V. n., criailler,
pleurnicher, se dit des enfants : « qu'a-
vant don aneut quiés drôles? n' fasant
que r'cheugnounai. » V., arr. Civ. —
D.-S., arr. Melle. — (B.-F.;
Rechèbai^ Rechivai, V. n., retom-
ber, faire une rechute dans une mala-
die : « gl'a rechèré, gle s'ra pis qu' dau
premécot. » D.-S.. c. de Bress. — V.,
arr. de Civ. et D.-S., arr. de Melle. p.
« rechivai. » — Basse latinité : recidi-
vare. (Duc.)
Rechiyure, s. f., rechute. V., arr.
Civ. — D.S., arr. Melle.
Rechognai, v. n., hennir. D.-S.,
arr. de Bress. F. Rechegnai.
Reciai (de), loc. adv., sur le soir,
après la collation. Gâtine.
RÉGIE, s. f , méridienne; l'heure du
repos dans l'après-midi. V., c. de TI^l -
Jour. V. Mérienne. — La collation,
l'heure même de cette collation. V.,
arr. de Poit. — D.-S., arr. de Melle et
de Parth.
Recoulai (1. recolere)^ v. a., briser
le chanvre pour la seconde fois à l'aide
de la brè2;e. V. — D.-S. — Français :
« recouler, » couler de nouveau.
Recoquet et Recoquïet, s. m.,
l'enfant qui vient le dernier, et long-
temps après les autres. V., arr. de
Poit.
Récurai (l. recurare), v. a , donner
à un champ un second labour, une se-
conde façon. V. — D.-S., arr. de Melle
et de Niort. F. Dérégeai. — Français :
« recurer, » nettoyer de nouveau quel-
que chose de creux.
Recurure, s. f., action de recurai.
V., arr. Civ.
Redat (1, dicere), s. m., rêve.
« Dans l'accord synodal, la présence réelle
ï Ne fût plus in redat, non plus qu'erreur mor-
celle.»
(Bab., p. 86.)
— Ardennes : « redder, w rêver.
RÈDE, adv., beaucoup, fort, extrê-
mement : (1 mes blés sant rède biaux. »
V.
Redguienchae, v. n., remuer la
lêle avec mauvaise humeur : « quiau
gars r'dguienche joliment de la taete. >
D.-S , arr. de Melle.
Redour, s. m., routoir, lieu où l'on
fait rouir le chanvre. V., arr. Chat. —
Noms de lieux : « Redoux (les), » Lé-
signy.
Refaire (en) [I. reficere]^ loc, c'est
manger de nouveau. V. — D.-S.
Refauché, v. a., croiser. V.,arr.
Chat. F. Hauchai.
Refendre, v. a., donnera un champ
le second labour. V., arr. Civ. F. Dé-
régeai. — Dans le canton de Bressuire
c'est donner le troisième labour. —
Français : fendre de nouveau.
Refoux , s. m., vin d'apprêt. —
« Ung bussart de reffoux ou vin d'ap-
près, » (An. 1470. Vasles. Manusc. du
Poitou.)
Refredi (1. refrigerare), v. n., se
dit des femelles des animaux en général
quand elles cessent d'être en chaleur.
V. — D.-S. — Roman : « refreydir, »
éprouver du froid.
Refredissure, s. f., maladie des
poumons, de la poitrine, et en général
toute maladie interne. V. — D.-S.
Regane (r'gane), s. f , rigole pour
l'écoulement des eaux. (B.-F.j V. Ra-
gane.
RÉGE (b. 1. rega), s. f., sillon, le
creux du sillon. L'on dit aussi une
« rége de vigne » pour un rang. —
a Six reges de vigne contenant ung
journau d'homme. » (An. 1545.
Alonne. Manusc. du Poitou.) — Basse
latinité : rega\ ut maiores nostri... regae
faciant. (Càpitulaire devillis, art. 10.)
— riga ou roga dans plusieurs manus-
crits —Provençal, gascon : « rego, » sil-
lon. — Berry : « réguit, ») sillon. —
Sainfonge : « rége. »
Rége-batarde, s. f., rigole. V., c.
Isl.-.Iour., Adriers.
Regnochai (r'gnochai), v. n., rire
beaucoup, par moquerie, à la dérobée,
pour des riens : i n' se c' qu'ol ant
quiés quiaquiasses, a n' fant qu' r' gno-
chai ; » je ne sais ce qu'ont ces bavar-
des, elles ne font que rire. V. — D.-S.
Regnocheu. se (r' gnochai)i adj.,
celui ou celle qui r'gnoche. V.
Reguegnon, s. m., enfant qui crie,
qui pleurniche. D.-S., arr. de Melle.
V. Recheugnon.
Reguegnouivai, v. n., rechigner,
criailler. V. — D.-S. V. Rechegnou-
nai.
228
REM
Reguet, s. m., vigile, garde, guet :
« pour 17 torches portées au reguel
fait par monseigneur le maire la veille
du pardon, lxx s. ii d. » (xv^ siècle,
compte de dépenses de la ville de Poi-
tiers.) On appelait aussi le « reguet » la
veillée de la fêle de la Translation de
St-Hilaire. — Basse latinité: reguayta,
excubiae. vigiliae — « Lesdits bourgeois
seront tenus de garder la porte de la
dite ville, y faire le reguet par nuit. »
(Duc.)
Reible (6/ mouillés), s. f., râble:
« la reible d' l'échiné m' fé grond
mau. » V^, arr. Poit.
Reille, s. f., rancher. Vend. (C. et
P. D.) — F. Allegrin.
Rejet (r' jet) [1. rejectus], s. m.^ terre
d'un fossé jetée du côté d'un champ, et
qui forme comme accotement pour en
interdire l'entrée. V. — D.-S. — Fran-
çais : € action d'exclure. »
Relet (r' let), s. m., restes, choses
délaissées. Vend.
« L'in laa demande dau relet. »
(Gust., p. 39.)
Relichat (r'iichai [g. Xsi/.w], v. n ,
manger par gourmandise, avec avidité,
et sans rien laisser des mets que l'on
mange. V. —D.-S. — Marne: « lé-
cher. t>
Relicheu^ euse. Relichou, ousb,
adj.j celui ou celle qui reliche. V. — D.-
S. — Patois du Berry . « Licheur, li-
chouis. i> — Lacombe : « lecheoxs, lé-
cheur, lechière^ louceor, » parasite,
lèche-plat. (Cit. B.-F.)
Reloge, s. m., horloge : « le r'ioge
ne va pou, » l'horloge ne va point. V.
— D.-S. — Vend. — Manusc. du Poi-
tou.
o Quiou-qui qiiou reloge a fat foalre
» 01 est in rn( aire nommé Bolléve
>> A cau.se quK les pouvres geans
>» G'ne scaviant à qu'ol heureglle diniant. «
[inscription qui se lisait sur la cloche de l'hôtel
de ville de Poitiers.]
Aube, Yonne: a reloge. » — Langue-
docien : a rélojé. » — Catalan et gas-
con : i rellotge. — » Roman : a reloge. »
Remberte, s. f., plante qui vient
dans les jardins et les vergers. V. —
REN
D.-S. — (B.-F.) — Mercurialis an-
nna.
Remeil (remeuil), s. m., le pis des
femelles des animaux et principalement
de la vache et de la chèvre. V. — D.-S.
— Vend., suivant les lieux. V. Meille.
— Roman; « remuevll, remoil, » humi-
dite.
Remeillai , Remeuillai, V. n.,
faire du remeil en parlant des femelles
des animaux qui sont pleines. V. —
D.-S. — Vend.
Remblai (r'm'lai), v. a , grogner
entre les dents. D.-S., c. Bressuire. —
Vend. (Cet P. D.)
Remembrai (se) [1. rememorarî]^ v.
pr., se souvenir, se rappeler (B.-F.) —
Patois du Berry : a remembrance, »
souvenir. — Catalan : « remembrar. >
— Italien : a remembrare. » — Anglais:
« remembrer. » — Ancien français :
a ratmentevoir. »
Remembrée, s. f., souvenir, mé-
moire. Dans quelques lieux. — Recom-
mandation des trépassés aux prières
des fidèles, fàiteannuellement, ou chaque
dimanche, au prône de la messe parois-
siale : « Item je donne et lègue au curé
ou vicaire de l'église de Vouilhéxii den.
pou estre en la grande remambrée de la
d. église. » (An. 1502. Manusc. du
Poitou.)
Remouflai (r'mouflai), v. n., reni-
fler. D.-S. -V.
Remouillée (r'mouillée) , s. f , par
un temps de pluie, quand on voit poin-
dre encore d'autres nuages à l'horizon,
l'on dit : « Via encore ine remouillée, »
un nuage qui va nous mouiller de nou-
veau. — Roman: a remuevll ou re-
moil. » (B.-F.)
Remouillère, s. f , terrain argileux
qui retient l'eau. ^B.-F.) — D.-S., arr.
de Melle. — Berry: « mouillère, » ter-
rain humide.
Renalai (r'nalai), v. a , faire le re-
naud, le sillon. V.
Renaquai, v. n,, tapager. Vend.
« Iles fasastremblay, tant fort y renacas. »
(Gust., p. 60.)
Ren-a-bacquë, loc, rien du tout,
aucuns restes, rien de ce que l'on de-
mande : « Di don , Margot, a-tu d' la
REP
mounai, té? — Ah! ma cher' âme,
gn'en avant ren-à-racque. » Dis donc,
Marguerite, as-tu de la monnaie, toi?
— Ah ! ma chère âme, nous n'en avons
pas du tout. V. — D.-S. — (B -F.)
Renard, s. m , morceau de bois fixé
au linteau d'une porte pour la tenir fer-
mée. V., arr. Civ. — « Renards, » s.
m. pi., chevilles de bois qui servent h
attacher les coues (queues] à la sole de
la charrue. V., arr. Civray. — D.-S.
(B.-F.)
Renard (écorcher le), loc, se dit
des ivrognes qui vomissent le vin qu'ils
ont pris en trop grande quunti;é « t'é-
tais bé sou hier au ser, t'écourchais le
r''nard. » D'après le dictionnaire de
Trévoux, cette locution était autrefois
usitée. (B.-F.) — Marne, Berry : « re-
uarder, » vomir. On dit aussi, dans le
Berry, que « le vin renarde, » quand
il prend en vieillissant un goût amer.
Renaré, ée, Renarde, ée, adj ,
fin, rusé, défiant : « o quiau gars d'
Froncé est-eil renarde ! on n'peut pou
l'arrapâe. » Oh 1 ce gars de François
est-il rusé! on ne peut pas l'attraper.
V. — D.-S. — (B.-F.)
Remarquai (se), v. pr.,se pencher sur
le dos, en arrière w Gl' était eteppé là-
bas, gle s'é renarqué en arrère, et gl'a
chu. » Il était appuyé là-bas, il s'est
penché en arrière, et il est tombé. V. —
Provençal : « Enarca (s') ; s'énarquo
souto iéu, )) elle se cabre sous moi.
Renaud (r'naud), s. m., sillon. V.,
suivant les lieux. F. Randia. — « Rei-
neau ; les dites terres avoient esté cy-
devant cultivées comme il paroissoit par
les reineaux étant en icelles. » (An
1704. Saulgé. Manusc. du Poitou.) -
Renea, s m., le milieu de l'encrai.
{V. ce mot.) D.-S. Par th.
Renotai (I. re?iz7or), v. n., murmu-
rer, faire des observations à voix basse,
d'un ton fâché et de mauvaise humeur.
(B.-F.) — Roman : <■ renos, » querel-
leur. — Languedocien : « renous. »
Renoteu, euse (r'noteu), adj., celui
ou celle qui renote. (B -F.)
Repanai (se) [r'panai], v. pr., se
reposer, se refaire, respirer après une
longue course, ou un travail excessif :
«< r'pane te don, t'é ébaffai. » Par ex-
RES
229
tension, refaire sa fortune. V. — D.-S.
- (B.-F.)
Reparon. Reparou, Reparoune,
s. m. et f., étoupe de 2^ qualité, celle
qui tient, le milieu entre le brin et la
gro.-se étoupe. V. — D.-S. — « Item le
jour sainct Georges baillé à Marie Ber-
narde pour avoir filé xi livres de repa-
rori, iiis.vni d. » (An 1534. Manusc. du
Poitou )
Repoussour il. repidsare)^ s. m.,
morceau de bois qui tient à l'oreille du
versoir, lequel entre dans un trou pra-
tiqué dans la perche, et au moyen de
plusieurs trous dont le r'poussour est
percé fait ouvrir ou fermer l'oreille rie
manière à faire plus ou moins verser la
terre qu'on laboure. (B -F.) V. Muette.
— Français: c repoussoir, j> instrument
de fer qui sert à repousser.
Rf.quermai (requeurmai), v. a., re-
commander. F. Acremai. D.-S., c.
Mauzé, près Niort. Arr. de Melle. —
Patois du Berry : « requeumer, » rac-
crocher , rattraper une personne qui
tombe.
Reqdêtai, v. n., manifester son mé-
contentement. D.-S., arr. de Melle et
Niort.
Rësabai (r'sabai), v. a., raccommo-
moder: « r'sab'z-ou don? » D -S , c.
Celles.
RÈSE ouRÈZE, s. f., sillon, creux du
sillon. V. — D.-S. — « Metare arbores
aut vineas est disponere, et certis men-
suris atque etiam ordinibus serere :
vulgus nostrum vocat réonner: nam
ordines ipsos appellat rfe,9 rêons et in-
ter ordinaria des reses, solum autem
ipsum le guéret. » (Seminarium de
Charles Estienne, p 34.) — Ruelle: « En
laquelle vigne y a une petite rèze. i>
(An. 1579." Arch. St-Hil. Bourg., n»
1465.) — « Rèze délit, » dans tout le
Poitou.
Resoli (1. retiolum), s. m., haie
sèche ; clôture en branchages entrela-
cés, et soutenue par des pieux. D.-S.
-(B.-F.)
Ressf, Ressiée et Ression, s. m.,
la collation, l'heure de la faire. V. —
D. S. — Vend. — Rabelais : ressiner
et ressouner : « Vous dictes qu'il n'est
desjeuner que d'escholiers, dîners que
230
REV
d'avocats, ressiner que de vignerons. »
(L. 4,c.46.)
Ressie, s. f., repos, sommeil du mi-
lieu liu jour, pour les moissonneurs et
les faucheurs. V., c. de Mirebeau.
Ressiolnae, Ressun\i (1. recœ-
narei, v. n., faire la collation : « avé-
ve réciounai, les gars? n V. — D.-S. —
Vend. — Rabelais : reciner : a Puis en-
trarent en propos de reciner en propre
lieu. )) (L. 1", c. 5.) — « Ressiner, »
Montaigne.
Retaillon, s. m., morceau, petite
portion que l'on retranche d'une chose
quand on la façonne. V. — D.-S.
Retapé ^êlre bien), loc, èlre bien
habillé, être bien vêtu. V. — D.-S.
Rrtelble, Retublie, s. m., chau-
me. V.. environs de Sl-Savin. — D.-S. —
Provençal : « restouble : lou mandé
fouire si restouble, » l'envoya labourer
ses chaumes. — Lacombe : « resteul^le. »
(T. 2.)
Retinton (r'tinlon) [I. retinere, vê-
tent us\, s. m. , petit reste. Se dit surtout
dans cette phrase: « J'ai un rtinlon de
mal à la tète, n V. - D S.- (8. -F.)
RETORNEet ToBNE, S m., revenant.
V., c. Isl.-Jour., Adriers.
Retohble (r touble), s. m., froment
qui succède sur le même champ à un
autre froment. V., suivant les lieux. —
Rabelais, ornière, terre grasse: « lequel
sa charrette versée par un retouble. »
(L. 4, c. 21.) '
Retranchi, v. a., donner à un
champ le second labour. V. Dérégeai.
D.-S , arr. de Bress. et de Parth.
Relble-dau-Chein, s. {., plante.
V., arr. Civ.
Relouai et Ringeai(I. ringi),\.n.^
ruminer. Dans tout le Poitou. — Sain-
tonge.
Reugnr et RiNGE, s. m., la nour-
riture que les animaux ruminent Dans
tout le Poitou.
Reuil, s. m., instrument dont on se
sert pour ramener la braise en dehors
du four. V., arr. Montmorillon.
Redillai, v. a., se servir du reuil.
V.. arr. Montmorillon.
Revent, s. m., grains défectueux
mélangés de balles, de graines et de
poussière, et que l'on peut jeter une
seconde fois au vent, ou passer par le
RI
van. Vienne. — « Tous et checuns les ca-
gougllons et revens de la dicte ayre. »
(An. 1019, les Fosses. Manusc. du
Poitou.)
Reveus-iNOM, s. m., surnom, sobri-
quet :
« vis qu'on nous donnct pretout des revers-
[nom. B
[Bab.]
Revilae, Rbvîlai (r'vilâe), v. n.,
revenir à la vie, à la santé. V.— D.«S.
— Vend.
« Ma, vel'o, œonscgnou, le faire revilcy ? »
[Requête à Moreau de Beauroont.J
— Patois du r.imousin : « revicoulu, »
ravivé. — Patois du Berry : « revuil-
ler. » — Se dit aussi du fœtus des
femelles des animaux , quand elles
sont pleines, et qu'on l'a senti remuer
«i au-z c senti r'vilai ; » et encore, par
métonymie : « thielle j'mont est r'vi
laie, » Ce mot s'emploie aussi pour ex
primer les crues des sources, quand, l'hi
ver. ou à la suite des grandes pluies
elles commencent à couler. (B.-F.) —
V.— D.-S.
R'viBAU, S. m , petit morceau de
mousselineqiiisemel entre la cornette et
le bonnet. D.-S., c, de ( elles.
Revibau (faire), loc , c'est se retour-
ner pour se défendre lorsqu'on est atta-
qué : « ol' tait temps qu'i fi r'virau ,
tais, quiou gars me maneiait déjà fort le
casaquin. • C'était temps que je me dé-
fende, ce gars me pressait déjà trop for-
tement le corps. — « Baillai in r'virau,»
c'est frapper du revers de la main sur
la figure. V. - D -S.
Reviron (faire le), loc, faire la cul-
bute. V. - D.-S.
Revolînai (r'volinai) [1. revolvere] ,
V. n., tourbillonner : « ne restant pou
qui, l'vont r'voline trot. » V. -— D.-S. —
Roman : a revolinar. » — Provençal :
« revoluna. »
Reue, Revobte , s. f., sorte de lien
fait avec des branches llexibles. V. —
D.-S., c. de Bressuire V. Coire.
Ri, PiiAU, s. m., ruisseau. V., arr.
de Montmorillon. — Ris : <t chemin
joignant le ris descendant au moulin du
Choiseau. » (An. 1586. Saulgé. Menus.
RIB
du Poitou.) — Patois du Berry. — Pa-
tois du Limousin, Gascon: « rioii. » —
Noms de lieux : o Rie, Ry, Rye,» en
grand nombre.
RiBALE, s. f _, raclette pour ramasser
le grain sur la cour à battre. V., c. de
Montmorillon. V. Ane. — Ribat. V. —
D.-S.
RiBANDEA, S. m., ruban. V.— D.-S.
« Daux cailles, daux bagues, datix ribandcas. »
(Chans. Poit.)
RiBE, S. f., plante à graine oléagi-
neuse qui ■ [)ousse qucl(]tipfois. en si
grande abondance, dans les blés de mars,
qu'elle en étouffe une grande partie.
D.-S., Sauzé-Vaussais. (B.-F.) — Fran-
çais : machine à brover le lin.
RiBE^iT, adj., enfant maladif, de
mauvaise santé. D.-S. — (B.-F.)
RiBET, s. m., morceau de pain enlevé
d'un pain entier. V., arr. de Civ,
RiBLEBiB, s. f., escroquerie, larcin :
« Appoincté est que messieurs les doc-
teurs et tenans pédagogues seront man-
dez jeudi céans pour leur remwistrer les
ribleries et autres forfaiz que font leurs
escoliers pour y donner provision. »
(An. 1459. iManus. du Poitou.)
RiBOTAi et RiBOTi, V. n., rouler en
tombant d'un escalier, d'un talus. V.
RiBOTU, Ey adj., raboteux. V._, arr.
de Chat.
RiBOULi (se), V. pr., se retourner sur
soi : « Eh ! fé don attentian, min fail, ta
monche de ch'misole é tout' riboulie su
lin bras.» Eh 1 fait donc attention,
mon fils, la manche de ta veste est re-
tournée sur ton bras. D.-S., arr. de
Bress.
RiBOL"LET(le^sonne), s. m., recoupe.
Vienne.
RiBOUSSE, RiBOCTTE. s. f., bâton dont
l'un des bouts forme comme tête. V. —
D.-S. — Lacombe : bâton phis gros à
un bout qu'à l'autre, massue, (xii^ et
xiii^ siècle.) — Riboutte (jeu de la;,
pierre ou balle que l'on repousse avec
cette sorte de bâton. — « Défense de
jouer à la massue et riboutte sur le plan
de Saint-Pierre (à Poitiers;. » (Ordon-
nance du lieutenant général de police
22 janvier 1751.)
RIG
231
RicANDAi, V. n., braire, se dit des
ânes et des mules. V. — D.-S. — Vend.
« Gle se mpttit à ricandaie,
« A saulaie cl à gambadale. »
(Mellois.)
RiCASSOU et RiCASSOUÈRE, s. m.,
s. f., rieur, rieuse à l'excès. V., arr. de
Chat.
RiCASSONNÉ, V. n., rire à l'excès.
V.. arr. de Chat.
RlCOUANFS et RiCOINES, s. f. pi.,
bavardages de peu de valeur, plaisante-
ries et propos calomnieux : « Hum ! qui
qu' tu nous conte qui ? rin qu'daux ri-
couanes d'conlan. » Qu'est-ce que tu
nous racontes la ? des piopos de canton
(lieu où se font les bavardages). Vienne.
— D.-S.
RicouANNÉ et RicoiN'NÉ, V, H., ra-
conter des ricouannes. V. — D.-S.
RicouET. s. m., mèche de cheveux.
V., arr. deCivray. V. Couet.
RiFAGEOU, ou SE, adj., revèche, ma-
lin. V., arr. de Montmorillon.
RiFAUT, s. m., rave radis. V. —
D -S.— Vend.— Basse latinité, rîjlare,
écorcher : La saveur de ces racines est
acre, dit le docteur Coraier, dans sa
brochure sur le patois messin, et cause
au palais une forte sensation. — « Pour
ung chou cappuet des riffaulxet aultres
herbes. (An. 1584. Manusc. du Poitou.)
Rifles, s. f. pi., copeaux légers.
V. — D. S. — Vend. F. Ferluches.
RiGANE (1. rîgare)^ s. f., rigole : « i
ai fé ine rigane dans mon prâ. pourfair'
couri l'aiguë; quand o'' mouillero l'ai-
guë pass'ra dedin. » V., c. de Montmo-
rillon, Moulismes. V. Aquoia. — Basse
latinité: « rigago, rigus, rigole. » (Duc.)
RiGALÉE, s. f., flamme vive et passa-
gère. V., c. de Dangé. Y. Bauduelle. —
Provençal : « regalido ; la regalido pe-
tejavo, T> le feu joyeux pétillant.
RiGALER, V. n. et pr., réchauffer:
« la flamme rigâle. » V., c. de Dangé.
RiGEAi,v. n., enfoncer ses racines
dans la terre, et les étendre en parlant
des plantes. V. — D.-S. — Vend.
RjGEAiLS. s. m. pi., ra'ines des
mauvaises herbes qui se trouvent dans
les champs, surtout celles qui tracent,
(B.-F.) — D.-S., arr. de Meile.
232
RIO
RiGKAiLLOU, FK. adj., champ, pièce
de terre remplie de racines. D.-S. A
Goiirnay, l'on dit : « rigioux. » (B -F.)
RiGEB,s. f., plant de vigne. V. —
D.-S. — Noms de lieux : «> Rigeon, »
Archigny. (V.)
RiGOLÉB,s. f., flamme viveet de peu
de durée. D.-S., c. de Celles et Niort. V.
Bauduelle.
RiGOiRUAiNES , s. f. pi., bourdes,
anecdotes plai^antt^. (B.-F.) — Noms
de lieux : t Rigoudaine ;la) , » Sossav.
Tliuré. V.
RiGLEMT rigu'nit),adj., enfant ma-
ladif. D.-S. y. Ribenit.
RiLLÉ, V. n., couler goutte à goutte;
faire du bruit en coulant; se dit d'un
.filet d'eau qui tombe d'une élévation
quelconque. V., arr. de Chàtelleraud.
RiMAE, Rimai, V. n.. brûler légère-
ment ; se dit des mets qui. pendant la
cuisson, prennent a la poêle, à la casse-
rolt\ V. — D.-S. — Vend.
RiM.\LE, s. m., animal qui n'est pas
apte à la reproduction de son espèce.
V., arr. de Civray. V. Ramâle.
Ri.NGEAi (se), V. pr.; se mettre en
ordre, en état : a Allons, Piarre , vin
don. — Tout a l'heure , i m'ringe. »
D -S., arr. de Melle. — (B.-F.)
RiNGiE, s. m., rouge-gorge. D.-S.,
environs de Saint-^iaixent.
RiNGUET, s. m., petit. (B.-F.)
RiocHE (1. ridere), v. n., rire.
< 1 Ti queœe à riochet. »
[GenU. Pofit.]
— V. Regnochai.
RiOBTE (b.l. retoria),s. f., hart, lien
de vergea tordues. V. — D.-S — A'end.
— Noms de lieux : < Riorleau (le) , »
Romagne. (V.)
RiORTE.AE, RiORTAi (r. riorte), v. a.,
attacher quelque chose avec la riorte et
principalement du bois. Au figuré .
cf riorlai quelqu'un, > le battre. V. —
D.-S. — Vend.
RiOBTON , S. m., petite branche que
Ton tord pour faire des riorles. V. —
D -S.
RiOTTi, v. n,, entrelacer, entourer.
■ Qui quez peon à ton d'étage
K Rlotty de riboadea. »
Cent. PoetT.]
ROA
RiPACERiES (I. rapax), s. f. pi., les
bourgeois ou leurs dames. D.-S., arr.
de Melle.
RiPASSON, s. m., jeune homme de la
ville. V., arr. de Civray. — Ripassou :
soldat. Vend. (C. et P. D.)
Pipai, v. n., gli.-iser. Dans tout le
Poitou. — V. a., détacher les feuilles
des branches avec la main. V. — D.-S.
— Snintonge : « riper, » glisser.
Ripe , s. f. , rou.'j;e-?orge, oiseau.
Vend. (C. et P. D)
RiPE-RAPE(ala), loc, jeter à la volée
des pièces d'argent, des dragées , au
miTuii d'une troupe d'enfants qui cher-
chent \\ les ripai, à les rama:ser. D.-S.,
arr. de Melle. V. Grapette.
Ripes, s. f. pi., copeaux légers. V. —
D.-S. — Vend, f . Ferhiches.
RippE, s. f., navette sauvage. V. —
D.-S.
RiQUETTE, s. f., le creux du sillon.
V., arr. de Montm.
RjTK, Rite, Rite, Rite (très-bref) ,
loc, cri pour appeler les cannes. D.-S.,
arr, de Melle. — L'on dit : « ritou, rilou,
ritou, ritou, » pour appeler les canards.
RitI'.e, s. m., pris adjectivement.
Mauvais caractère, malin, 5e dit plus
parliculièrement des enfant» : « Ah I
p'tit ritre. » Ce mot est sans doute pour
reitre, et rappelle, dans les lieux où il
est employé, le triste souvenir des trou-
pes allemandes qui ravagèrent le pays
pendant les guerres religieuses. D.-S. —
Vend.
Rivageai (r. rivages), v. n., couper
les rivages, c'est-à-dire les joncs et autres
plantes aquatiques qui croissent sur le
bord des rivières. V. — D.-S.
Rivages, s. m. pi., les herbes aqua-
tiques, les joncs qui croissent sur le
bord des rivières, et que les meuniers
fauchent pour les donner en nourriture à
l^urs mulets. V. — D. S.— (Manuscrits
du Poitou.)
RivAU (I. rirus)^ s. m., ruisseau. V.
— D -S. Noms de lieux : un grand
nombre portent ce nom. (V.)
RoA^^•E,s. f. , instrument dont se
servent le.s sabotiers pour aplanir les
sabots à leur extrémité V.
PiOAETE, RoKRTE(l vetorta), s. f. ,
sorte de lien qui sert "a lier les fagots.
V., arr. de Chat. — D.-S. — Vend.
ROI.
Robe- REVKLiNONTE , 5. f., habit
lonj; , sans coilet , a coupe droite, ainsi
nommée, ^ans doute , à cause des on-
dulations que lui fait produire , en
marchant, celui qui en cA revêtu. —
D.-S., c. de Celles.
RoBERDE , UOBERTE , s. f.,plante,
mercurialis annua. Vend. Font, (C.
et P. [).) — Noms de lif^ux : « Ro-
bfrderie (la) , l.atillé , Roberilrie. » St-
Georgts , Archigny : (« Roberlrie (la), »
Voulème. (V)
KoBiCE , S. m. , vol , larcin : « pour
réparacion du robice faicl de nuict es
vignes du doux de » 'An. I5I3.
Sniarve. Manusc du Poitou.) — Basse
latinité : « roboria et roôerla bonorum
alicujus ab ipsius persona , vel ipso
saltem pree-enîe et inviîo, sublatio. d
— (Duc ) — Ancien français: «Hoberie.»
Robin , ine, adj., poil tirant sur le
rouge ; usité pour les mules et mulets
seulement. — V, — l) -S.
HoDE (1. l'ola) , s. f., roue. V., Lu-
chapt.
RoGANK, s. f., peut-être organe pour
voix , ou orgues :
« Daux chantours, daux belle roganc. »
[Gent. PoRiv.]
RoGLTAE (1. rogare) , v. n. , crier et
pleurer comme les enfants. Vend. —
(C. et P. D.)
lioi BBErACT,s. m .roitelet, oiseau.
V. — l).-S.— Patois du Rerry. — Patois
du 1 imoiisin : « réy-béïnéï. »
RoiLLE, s m., mouton mal ca-tré ,
mais qui , bien qu im})ropre à la repro
duciiun, poursuit les brebis. I.a viande
en est de qualité inférieure. — D.-S. —
(B.-F.) — Ardennes : a roille , roillé , »
vagabond.
RoiLLÉ , V. a. , mâcher. V. , arr. de
Chat.
HoizoNS , s. m pi. , les processions
des rogations. V.
RoLAi , V. a. , retrousser en rollant :
• rol'don la manche de ta veste ; roi
bé quiau lit. » — Au figuré, se rassa-
sier, manger beaucoup d une chose que
l'on trouve de son uoùl : « le gourmet
se rôle , le gourmand se guede. »
(B.-F.)
RoLON , S m.j morceau de bois qui
ÏXXII.
ROT
relie deux chevrons pour faire une
échelle , un râtelier. V. — D.-S.
UoMEA (I. ramus], s. m. , rameau.
Vend , c. de Chalans.
RoMME. s. m., l'agonie, le râle de
la mort : « mon frère é dans le rumme
de la mort. » V., arr. de Chat. /'. Ger-
mail. — Roman : « reuma et rouma. »
RoMPiKS (1. rumpere) , s. m. pi.,
lambe.iux de laine qui se détachent lors
de la tonte des moutons. C'est la laine
de qualité inférieure, la moins longue.
V. — I) -S.
Rompre, v. a., battre avec le fléau
le blé étend»! sur 1' ire V. — D.-S —
Se dit aussi des champs , des jachères ,
ou prés a qui l'on donne un premier
labour : « ai baaillé au prier de sainte
Valère de Mauzé mes es?ars novens qui
sont ou bocluiii saint Sernin , li devunt
dit home rompre et gaagnier les terres
aux us et aux couslumes dou pays. »
(( harte de Maengo, seigneur de Sur-
gères ;an i:'.')3 )
Ho\DE , s f , ronce. V. — D.-S. —
Italien : « ronca. » — Noms de lieux :
« Konde (la) , » dans plusieurs commu-
nes. (V.)
RoNDEA.s. m. , sillon. V., c. de
Veuille. — V. Randia.
HoNDELLE, S. f. , ail d'une seule
gousse. V., arr. de Civ. V. Pifre. —
Françcds : petit bouclier rond autrefois
en usaf^e.
RoiNDiN , s. m , grain rond , tel
1 6'
que
V. — D.-S.
mugir sou r-
la vesce , la garcbe , elc
Ro^GAGLlAE, V. a etn
>!ement — Gàiine — .Murmure?, gron
der. Vend. — (C. et P. D.)
Roquai fg. fw-j-c-.v), v. a., mâcher. V.
— p. -S — Français: «; roquer, » terme
de jeu d'échecs.
Roqué , s m. , mesure de capacité ,
le tiers d'une bouteille. V. , arr. de
Montm. — Patois du Berry , septier
mesure).
Ros\DAi (se) [I. 7'O.s],
mouiller à la rosée. V.,
.Jourdain. — Gascon : «
ro^ée.
RossELU , E, adj , raboteux, inégal :
" la routé bin m;Mivai-e dépis quieqiie
temps, ail' é rosselue d'in bout à l'au-
tre. » V. — V. Ribotu.
RoTUBAE (I. ructns)^ v, n. , faire
V. pr. , se
c. de risle-
rouzâdo . »
234
ROI
de Melle et de
des rois.— D.-S., arr
Niort. — /'. Rotâe.
Rou.s. m., la parlie du métier du
tisserand qui frappe le long des lames
pour serrer le lissage. V., arr. de Civ.
— /'. Rau.
Rolable. s m., instrument qui sert
à r.imener la braise du four. V. , arr.
de Poitiers. — V. Reuil.— Provençal :
rediable ; o émé soun redial>lo »
Roi!AiBE,s. f. , raie entre deux sil-
lons. V. , c. de Neuville. — Patois du
Berry : « rouaie^ ^ sillon : petit sentier
séparalifde deux morceaux de vigne,
de pré ou de terre — Noms de lieux :
a Rouère (hO, » BeaumonI , l.haîupa-
gné-*^ainl-Hilaire.
Rouan et Rouin, s. m., ornière. V
— D.-S. — Patois du Berry : « louin. »
RoL'A^BLB, s. m., rejeton prove-
nant de la racine d un arbre. V. , arr.
de Chat.
RoLBRÈciiE (1. rî^ônca) , s. f. , ru-
brique :
« Poure vendre-I-eil donc?
>. .\s-lu quoquc roulirêche ? »
(Bab.)
RoucHAGE, Bouche (b. I. roscha),
s. m., s. f., rubanier, roseau flexible,
spnnjanium. Vend. — V. — Iris des
murids , iris-/)seu(/oncoriis de Linné.
(B.-F.j — « De rusc/in vero supradicti
siai^ni ita fuit termiiuilum. » (f^ moitié
du xm' siècle. Alanusc. fiu Poitou. j —
Noms de lieux : « Bouchère (la),» Châ-
tain. fV.)
RoucHARTS , s. m. pi. . liges de
pommes de terre. Vend. Environs de
Fontenay.
ROIJCHB , ROUÈCHE , ROL'ENCHF.
{\. laucu.s) , ad], des 2 genr., enroué.
V. — D.-S. :
« Gl'aTaU in air trcroblast, In prclnngr ronenche.»
^U.ib.. r- 7 1.)
— Roman : « rnncou raucli. » — Ca
talan et e.--pagriol : « ron< o. » - l orlu-
gais : « rouco. » — Palien : u rauco »
RoUETTE, s. f., baguette, lien de bois
V.. c. de iNeuvilie. — /'. Amblet. —
Patois du Berry. — Marne : petite
perche flexible.
RoDGEAi (I. rumigare) , v. a., ron-
ROU
ger, mâcher, couper avec ses dents :
« rongeai Tbillot , » enrager, ronger
son frein. — Sainlonge. — Espagnol et
Portugais : « rumiar. » — Provençal :
« romiar. •>
Bougé , s. m. , os. V. — D -S. —
Vend. Par exten^ion , pomme ou poire
dont il ne reste plus que le cœur, dont
on a rongé la chair. (B.-F.)
RouGÉ, s. m., insecte de couleur
rouge qui s'attache à la peau et y cause
des démangeaisons. V. — D.-S. —
Français : « rouget, p( isson de mer. v
RouGE-UAU-FouR, loc. adv., mot à
mot. rouge du four, pain mal réussi. V.
— D.-S. — Au figuré, individu timbré.
D.-S , Prailles.
RouGLiA, inlerj. : Quelque chose de
beau pour s en glorifier! Vend. — (C.
et P. D.)
ROUHYER, RoYF.R, ROUBR, S. m.,
faiseur de roues, charron. « Mémoire
de Gillei Chasteau, rouhyer, demeurant
a St Sornin, près Poitiers. » (An. 1 530.)
— Rouer. (An. Ml9. Manusc. du Poi-
tou )
Rouillai, v. a., rouler les yeux de
côléet u'aulre. V. — D.-S.
« Et quant Rcrtran oj de ceci la tcnnre
» A roillir ce print et a levé la hure. »
(Chron. de Rert du Gués. V. i9, 69i .)
Rouille, s. f., plante. V., arr. Ci-
vray.
RouiLLOU 'avoir le), loc, c'est avoir
les yeux fixés sur un objet sans aucune
inti^rruption. V.
RouiLLOU (bouillon), s. m., eau dans
laquelle on fait cuire lesboudin^, et qui
est couleur de rouille. (B.-F.) — D.-S.,
arr. de .Melle.
RouissouR. s. m., ruisseau où l'on
fait rouir le chanvre, le lin. V. — V.
Redour.
RouJON, s. m., ppfit ver de couleur
rouge qui se tient sur la remberte. (B.-
Kl/, liougé.
Roi MAIL et RouMEAU, S. m., op-
prcs-ioii caii-ée par une refroidi-sure,
un rhume. D-S., <'n\irons ae Melle.
(B.-K.j V. au?si Romme.
>i Ob ! qui dissli, mon p'tit, tu vaui don qui m'i-
['ale,
» Qu'l loubre cuon burin , qui prln-]e le rou-
[maU.
{MtUnit du 28 avril in«i.j
RUG
RUS
235
RouMiA,s. m., larvngitc, rhume.
(B.-F.) V. le précéd.
Roupilles, s. f., vieux morceaux
de driip, ;;uetnlle5. V — D -S.
RoL'ssKLOTi, E 'roussMoti), adj.. ce-
lui ou celle dont la figure est marquée de
rous>eurs. V., c. de Montconlour. V.
Brezolai,
Routae, V. II., faire des vents par la
bouche : « L' méd'cin m'envaie chez 1'
droi;uiste qu'ri deux drogues per m'
fer' routae. » D.-S., arr. de Meiie et de
Kiort.
RouTiN, s. m., petit sentier. Ces pe-
tits sentiers, tracés à travers chami)s,
abrègent le parcours d'un lieu à Pauire,
et sont encore appelés, dans quelques
endroits, «chemins de la messe. » V. —
D -S. — Patois du Berry. — Marne:
« roulis, roupie, routée. »
RoiJzo.NS et Rozo\s, 5. m. pi., les
rotations. V — D.-S. — « Perles ru-
zons, les cueilles o tond. » (Dicton poi-
tevin.) — « En faisant les processions
des roulons. » {An. Iiit2. Arch. St-
Hilaire-Kgl., n' 3;'7.) V. Roizons.— Ro-
man : « roazo. »
RovRE, adj. des 2 genres, rude au
physique et au moral. Vend. (C. et
P. D.)
RovRE, S. f., patience, plante. V'end.
(C et P. D.)
RucE, s. f., espèce de colza sauvage.
V. — D.-S.
RuDELLES, Ruelles (1. rota), s. f.
pi., roues de l'avant-lrain de la charrue,
diminutif de roue. 11 signifiait autrefois
les roues d'une charrette. V. — D.-S.
« Ine charrette à chivcau
»» Qui 4\ ait tro quatre ruelle»
)> Osl ronde que do écuellcs. »
(Rob. Dlv.,p. II.)
Ruette (b. 1. riiga), s. f.. ruelle. V.
— D.-S. — RuGtte de Saragois à Mir-
beau. » (An. 1780. Manusc. du Poi-
tou.) — Patois du Berry.
RuLOUR et RuELO'JR, S. m , verger.
— « Ruelour ou vergier. » (An. 1444.
Poitiers.) — « Tenant au vergier et ru-
leur de la dite venderesse. » (An l'40G,
Manusc. du Poitou.)
RULLOT l// mouillés), s. m., plante,
variété du fromental. D.-S. — (B.-F.) —
V. Perle.
Ruque, s. f., nuque :
« Le sergent fut baUu, sa ruque fut peignée. >>
(Gust., p. co.)
Russe, s. f. , goutte d'eau qui pend
au nez, qui en tombe, roupie : « mou-
ches-ledon, gran(lt'3alope,t'asla russe. »
Dans tout le Poitou.
Russe, s. m , rouge-gorge, oiseau.
V.— D-S. —Vend.
Russu.NAi , V. n., faire collation.
D.-S., arr. de Parthenay. V. Ressiou-
nâe.
SAB
Saau (1. .9rt/),sel. Vend. (C. et P. D.)
Sabaron, Sabarou , s. m. , chaus-
sure en cuir qui ne couvre que le coude-
pied V'. — D -S. — Roman : « Sabata
ou Sabato, » soulier. — Provençal :
Sabrenas, • savetier.
Sabe (I. sapa;, s. f., sève du bois et
des plantes. V.— D-S.— (B.-F.i —
Gascon : « Sâbo. » — Anglais . «Sâp »
(pr. sépe.i
Sabe (r. sabe), v. n , se détacher fa-
cilement en parlant de lecorce du bois,
ce qui se produit quand l'arbre est en
sabe. Pour faire un sifflet, les enfants
couj)enl une pousse de l'année, d'une
grosseur relative, y pratiquent une in-
cision aux deux extrémités de la lon-
gupurqu'ils veulent donner à l instru-
ment, et 1 appuyaiit sur l'un de leurs
genoux, ils la frappent avec un manche
(lecou'eau, en chantant, ju-qu'à ce que
récoice se soit détachée du bois :
« Sabe, sabe, ma pibole,
»< Tu boiras dau jos de grole,
« Si tua' sab' pas
« Tu n'en boiras pas, »
'236
SAC
— La même incantation se fait pour la
même cause par les enfants de la Sain-
tonge , mais la récompense promise est
ditférente. Au lif^u i!e ju> de giole, ce
sont des œufs rôtis et mollets qui doi-
vent être le prix du succès. — Langue-
docien : « Sal)à. »
Sabe (1. sa père), v. n., éprouver une
sensation vivo et douloureuse , surtout
par suite du froid : « la moin (main)
sabe, I) quand on y éprouve du froid :
« la goule en sabe, » lorsqu'on mani^^e
des m^is fortement épicés, ou que I on
boit des liqueurs trop fortes. — Au figuré
dé.-irer vivement, être impiitienl de dire
ou de faire quelque chose. — V. — D.-S.
Vend.
« Le bec me sébe fort, et la gou'e me j.nppe
» I n'ou peu puz tenl, ol c>t fat, o in'érhappe.»
(Rob I)iv.,p, 121.1
Sabé, V. a, ttjer : « Sabe me don
quiau poulet , ié pou l'cœur fie z'ou
1ère. » V., arr. de Liv. — DéchinT,
mettre en pièces : « ol est daux osais
qu' glanl sabé avec leiis pliumes.i» D.-S.,
arr. de Melle.
Sabia-Bielle , adj. , sot , niais.
(B.-F.)
Sa binai (1. sabina), v. n , éprouver
des démangeai-ons à la peau. V. — Par
extension, êire impatient de dire ou de
faire quelque chose. Vienne.
Sabibo\.s. m , escarpin, chau.^scnen
cuir. D -S , c. de Bress. V- Snbaron.
Sabotau.lm, v, n., faire (hj b:uit
avec des snhots. V.. c. de \li rebeau.
SABOLBtAU , s. m., os déclianié :
l'on dit, ironiquement : i piête-moi don
ton saboureau pour faie la soupe >
V., arr. de Châtelleraud. — .'Manclie de
gigot. D,-S., c. de Celles. — Patois
limousin . « sabouràou, » morceau de
lard dont on fait la soupe. — TV'oms de
lieux : a Sabouraux (lesl , » Saint-
Genest. (V )
Saboubin, s. m., mauvais savetier
qui court les villai^es (R.-F.) — « Sa
bourins (le.s) » Dangé, Ù^son. (V.)
Sacae, Sacquai \\. sncrnr?), v a ,
serrer quelque cliose. D.-S. — Vend.
|C. et P. I — E-pai2iiol : o Sacar »
Sachot , s. m , petit sac, sachet.
Vendée.
« De l'or à plein sachot. »
(Gust., p, 10.)
SAN
Sacquetai, v. a., évenlerdes grains,
ou des pois, avec un sac, pour en chasser
les balles. V.— D.-S. — Par exlen-ion,
se dit (\u pouls dont les niou^ements
sont précipités. (Mellois du y juin 1.^61.)
Sae (1. aitis], s. f., soif. Vend. (C. et
P. D.)
Sagâu, s. m. , omelette au lard.
D-S., Chiitillon.
Saguenail, Saguenat, Saguema,
s. m., objet qui donne une mauvai.-e
odeur par suiie de maljiropieté : «
--ont r ?ag' nad. » V , at r. de ("ivray,
arr. de Poitiers. — D. S., c. do Bres-
suire.
Saguenitou, s. m., un somlard, un
gueux errant, personne mal velue. V.
— D.-S.
Sai, pr. pers. de la Sl^ pers., soi. V.
— D.-S. Vend. Suivant les lieux.
Saigne nez, s. m., le mille-feuilles,
pliinte ainsi nommée p;irce qu'elIt- pro-
liuil un saignement lie iiez(jiiand on in-
troduit une de ses feuilles dans les na-
rines. Onomatopée. V.— D.-S — Vend.
Sain , cloche : «Pour sonner les
sains. » (An. I4.S0. Manu-^. du Poitou.)
Saincanet, Saiisce>et, adj., cor-
ruption des mots sain et net; qui se
porte bien, qui n'a aucun mal, ni dé-
faut V.— D.-S.
Saintikr (1. sigmim\ s. m., fondeur
de cloches, (xiv* siècle. Manusc. du
Poitou.)
Salau, s. m., sarrau, petit tablier
d'enf.ml V — D S.
Saligale, s. m., galeite de farine de
maï,- que l'on fait cuire au four sur dt'S
feuilles de chou. (B.-K.) — V., arr de
Civ. — D.-S , arr, de Melle.
Salou (I. .sa/;, s. m., vase dans le-
quel on conserve la viande de porc, le
salé : a a-tu fé tin salou? »> as tu tué un
porc? D.-S , arr. de Parthenay. — Ar-
dennes : o saloux, » salière, boîte à sel.
Sanaillai, v. a., semer le grain.
Vend. (C. et P. D.) — Sanai el Senai.
V.— D.-S.
SA^BLIÉ , s. m., sentier : « t'a qu'à
prindre quiau sanblié^ t'arriv'ra tout
dré. » V., arr. Civ. — o Seinblié. »
(An. 1498. iManu>c. du Poitou.)
Sané, v. a., castrer. D.-S. F. Coché.
— Au figuré, raccommoder, saner un
SAR
trou, une déchirure. (B.-F.) — Proven-
çal : « sana, » castrer.
Sangl4 et Sanglaro (gl mouil-
lés), s. m., serpent gros et lonj^/a feinte
jaune mélangée de vert. V., suivant les
lieux
Sanglé t'gl mouillés) , s. m., sen-
tier. V. — b.-S., suivant les localités.
V. Sanhiié.
Sanglé (gl mouillés), v. a.^ jeter,
lancer. V.— D.-S.
« Ole m'zorîant sanglé pnr le nez
» SI na'véja pris garde à iné. »
(Chan*. polt.)
Sangsène, Sangsuge. Sangsijre
{\ snfigi/isîiga,,s f., sangsue. V. — D. S
— Ronuin : • sancsuga. » — Portugais
et italien : « sanguisugj». » — Patois du
Berry : « sani2:suie', sang>ure. d
Sanguf.nite , Smmguknit , s. f,
plante vermifuge, sanloline. V. — D. S.
Sanguin, Songuin (I sanguineus),
s. m , arbrisseau ; espèce de cornouiller,
ainsi nommé de son écorce rouge. Il est
défendu aux bergers, dans quelques lo-
calités, de frapper leurs brebis avec fies
vergettesde cet arbrisseau, parce qu'elles
auraient la saignée ou coup de sang.
V.— D.-S — « Sangui. » dans le midi.
SaNOIR SeNGIR.S. m ,etSENOl)ÈRE,
s. f , nappe consacrée h semer le blé. V.
— D -S., suivant les lieux.
SANTii\EA[i, s m., petit réservoir
fixé à un ba'eau pour y mettre le pois-
son. V roffineau. dans le 2^ sens. V.,
arr. de Châtelleraud.
Sanzille, s. f., oiseau, mésange. V.
— n.-s.
Sapae , Sapai, v. a., baiser avec
bruit des lèvres : a o n'a poué sapé, o
n'a fé qu' coté. » C est la différence
entre le baiser lourd ou affectueux, et le
baiser léger ou indifférent. V. — D.-S. —
Vend.
Sarde, s. f., osier. V., c. de Pleu-
mariin.
Sargaillat (r. sargaille). v. n.,
s'amu-er. folâtrer, se prend en mauvaise
part. V.— D.-S.
Sargaille, s. f., fille ou femme lé-
gère, volage V. — D.-S.
SarpaUdae, v. n.. gâcher l'ouvrage
avec une serpe. Se dit des bù hérons ;
« quiau gas de I.ison m' fra pu jaméd'
SGI
237
fagots; gl'a tout sarpaudae ma palisse; »
ce gars de fouis, etc. D.-S., arr. de
Vielle et de Niort.
Sarraillai, v. a., coudre mal, bou-
cher un trou sans y mettre une pièce, en
rapprochant les bords. Par extension :
« dents sarrdillées, » resserrement con-
vulsifde la mâchoire. V. — D.-S. —
Vend.
Sarre, coin en fer pour serrer la
guire. (f^. ce mot.) D.-S., arr. de Par-
thenay.
S A R n É (I . serere) , v . a . , serrer, met! ro
à l'abri. V. - D.-S. — Basse latinité :
c serare, serrare. » (Duc.)
Sau (I. sal). s. f.,sel : « v'Iè ve d' la
sau. les femmes? — Inon, 1 n'ani poué
d'argeoni. » — « | es mesures qui vont
à mesurer la sau. » (Manusc. du Poitou.)
« PheUpon donnera la saii. »
(N.PO
— Sainlonge. — Provençal, Besançon,
Ga>con : « sal. »
Sauma (I. sal, mvrki), s. m., sau-
mure, .sel fondu et liquéfié dans le char-
nier. Pour être bon et ne point se gâter,
le salé doit baigner dans la saumure.
V.— D.-S. — Vend. — Provençal : « sau-
mafe. »
Sauterea, Sautereau . Sauter-
glain [gl mouillés), Sauterlia, s.
m., sauterelle. V. _ D -S. — Vend. —
Patois du Berry : « sauîerieau. »
Sauteru (SHUt'ria), adj , celui ou
celle qui saute. V., c. de la Villedieu.
Sauvagea, s. m., sauvageon, jeuno
arbre venu sans culture. V. — D -S.
Sauvation, s. f., salut : « en cheu-
sanl d'au feni, i m' seu acrochai à la
porte de l'élable, ol a été ma sauva-
tion. » V.— D.-S — Saintonge. « ... Et
par tei aurunt salvatium. » (Les quatre
livres des rois, p. 263 )
SAUVEiMEwr, s! m , salut :
M O faul bein qu'igl endure
» l're nouire sauveitiont. »
(Pi. P., p. »».)
Sauze, s. f., arbrisseau, saule. D.-S.
;^Roman : « Fauze, « saule. — Proven-
çal : « sauze, entre li sauze. »
Savonnette, s f, plante, sapO'
naria de Linné. fB-F )
SciouNAi [scindere, sclssum),v. a.,
2:^s
SEG
SEJ
fropper, battre avec un scion. Le mot
sciou est français. Il signifie j)elit reje-
ton flexible d'un arbie. V. — D.-S.
Se, pr. pers. de la "2' piTS , soi. V. —
D -S , siiivani les lieux. K, Sai — Patois
du Linioii.-in.
Se. Sed. Set (1. sitis\ s. f., soif. V.
— D.-S. — Roman, gascon et proven-
çal : « set. ») — Espagnol : « sed. » —
Portugal; « sede. > — Italien : « sete. »
Se-bo, exclamation des laboureurs,
des charretiers pour ai rèler leurs bœufs.
V., arr. de Chàtelleiaud. — Patois du
Berry : « sta-bo, » sta, bos.
Sebrade, s. f.. déchirure. (B -F.)
Sebimi (I. separare], v a., déchirer.
V. — n.-S. — Roman : « sebrar. » — Ha
luis du I imousin : • eycébras. »
ShCOTTE (^'cotfe), S. f . , instrument
de bois ou de ferblanc qui sert à laver
les mains. V.. arr. de Civray. V. Cas-
sol te.
Srg.ksce (\. sequentia), s. f., suite,
cortège. Vend.
« Ve pourrez cepcnriant, et ta* et ta sepance
» Passay dans mon taudis la oit en a^^nnmce. »
(Gust.)
Ancien français : « sequance et sé-
quence. »
Segeai (1. segere], v. a., scier, cou-
per, moi.-sonner : « ol é tomps desegeai
les blés. I) V. — D.-S. — Sainlonge. —
Coutume du Poitou : « celluy qui lient
à lerrages doit requérir son seigneur. ..
de venir terrager le blé quand il est
séyé. — Roman : « segar. » — Basse
latinité : segare. secare , proprie de
me?se aut pratodicilur. (Duc )— Gascon
et languedocien : « sega. »
Skgklaton, Segrelat, te (1. se-
cale , sub^t. et adj. , c'e>t le surnom
que l'on donne aux paysans des cantons
de Sauzé-Vaussais et de I.ezay (D.-S.)
parce qu'on ne récoltait aulrefoir,. dans
ces contrées que du seigle ; « faut qu'i
angians à la fouère de l.'zny, i verranl
les segrelais et segrelates. » — a Se^e-
lier lierre), » terrea^elgie : o une pièce
de terre fromental et. segelicr. o (An.
1479. vianusc. du Poitou. j — B^sse lati-
nité : sega/lum^ signlum.. jDuc )
Segke, Segue, Sékgue (1. 8equi),\.
a., suivre. V.— D.-S — Vend., où l'on
dit aussi : « segâe. » — Coutume de
Charroux : û et ob ses homes qui le
devent siègre ob armes par tota la mar-
che. » (Art. lO.) — Roman : a ségre. »
— Provençal : « segui, iéu la vole se-
gui, » je veux la suivre. — Saintonge. —
Ancien français : « sevré, sievre. »
Segretain, s. m., sacristain. V. —
D.-S.— Vend.
« Que le prôtre et le ii'gretaln
» Miriant loa bourse nette.
(Gust.)
Segueilli, v. a., déchirer avec les
dents. D -S., Thénezai.
« S'ol avait poinsélé 11
> L'arlunt bé segueilli. »
(Chans. polt.)
Seie, Saie (1. seta), s. f , crin du
cheval : ^( Ihielle j'ment à la seie longe ; »
« ^iète, » a Brioux (B.-K.)— V. — D.-S.
Vend., suivant les lieux. — Seie, lac pour
prendre les oiseaux. V., arr. de Civ. —
Saintonge : « saie. • — Languedocien :
« sedou, » lac de crin ou nœud coulant
pour prendre les oiseaux.
SEiL(b. I. sellus), s. m., seau d'une
seule pièce avec anse fixe en bois. V. —
D.-S, — Vend. — Seil-goulard. seau eu
forme de cuve. V., arr. de Civray. —
Ardennes : « seiay » — Ba-se latinité :
sellus , mensura liquidorum : nostri
sfiillea majores cados vocant quibus
aqiia ex puieis hauritur.
Seilla , Seilleau fs'lla . s'ileau,
// mouillés), s. m., seau cerclé en fer
avec anse mobile également en fer :
« rtoun' me don quiau s'ila, qu'i ange
q'ri in' s'ilôe d'aive. • V. — D.-S. —
Vend.
« Pre bnfay son feu, pre tiray
» De l'ève en ses tcillas. »
(Gust.. p. 12.)
— « 11 apporta un seilleau plein d'eau. »
(An. l/igc». D. Font., t. Xll, p. 419.]—
Roman : « seilla et snlha. »
ShiLLÉE (s'IIée, // mouillés), s. f.,
plein un seau. V. — D.-S.
Seimbai et Sei^gbrt, v. n , être
pensif, songer, ne pas avancer à son ou-
vrage. D.-S.
Seite, s. f., suite. D.-S., arr. de
Parthenay.
SÉJOLÈBE , s. f., petite corde qui
SEN
SER
239
passe dans les deux bouts de l'atlelure
pour tenir l'omblet au joug. V. — D.-S.
A''. A>?éi<eoiière.
Skllktte (l sella), s. f.. l'une des
pièces de la oharnie. C'est un nia Iri r
qui repose sur l'essieu et sert à porler la
perche (B.-F )— V., arr. de Civray. —
D.-S. c de Rress
Semadi ^s'madi), s. m., samedi :
« ol é demoin s'madi. » D.-S., arr. de
Melle, Bress. et Purth. — Vend — V.,
arr, de Civ. — Ardennes, Sainfons-e. —
Ancien français : a le semadi en la
voilleseint André. » (An. 1292. Saint-
Père de Chartres.)
Srme (1 semen),s. f., époque desse-
mailleà : « la semé est rendue. » (B.-F.)
— Roman : « sem. » — Italien: <■ semé. »
semence. — Basse latinité • « semh'e. »
Semk (labourer), loc. , labotirer su-
perficiellement , ne faire qu'effleurer la
terre, D.-S., arr. de Bressuire.
Skmk%ci'/VU (I semenlhius], s. m.,
pièce de toile qui sert à s^mer le'^ grains.
— F>pace de terrain qui est couvert par
la semence conienue dans le s'menceau.
(B.-F.) — f.acombe : « sac semensie. »
ScMENTiBE, Sementère is'nieiUire ,
s. m .cimetière. V. — D -S. — Provi nçal :
« camen'éri : devers lou camentéri. )>
— Patois du Limousin : « sémèiitêri. »
Sendai, s m., sentier. D.-S., arr.
de Parih. V Sanblié.
Senai , V. a., châtrer : — semer. V.
D.-S. //. Sané. — Patois du Berry :
e semer. •
Srnisse, s. f., graine de foin naturel.
V.
Senoiraon, Senoiron, s. m., linge
sale,chéiif. Par e.\tension, vêtement.
D.-S.— Vend.
« N'ayer qu'io senolron pre tout accoutrement. »
(Bab,, p, 67.)
Sentiment favoir du), loc, avoir
une odeur forte et pénétrante qui af-
fecte vivement le goût et l'odorat.
(B.-F.)
« Mettez le neïdedon
)> Peu te Terray après
» S'oll at do seniimont. »
(Rob. Di?., p. ICI.)
— Vapeur qu'exhabnt les bêles fauves.
(Terme de vénerie.)
Seppe, Soupe (1. cippus), s. f., tête
d'arbre étronçonnée. pour lui faire rap-
porter plus de branches. Vend. — D.-S.
c Et sortant si chargés que la snppe se panche. >
(Giist., p. 6».)
— Par extension, tronc d'arbre, ruche.
V. — Noms de lieux : « Seppe (laj, »
Savi;iné. (V.)
Ser, Seras, s. m., Serée, s. f.,
(1. seruni]^ le soir, la soirée. Dans tout
le Poitou, suivant les lieux.
« Au ser y mé le vea au tet. »
^Gent. poetT., p. ta.)
— Roman : « ser^sera. » — Provençal et
gascon : ce sero. » — Patois du Limou-
sin : « séi. » — Ardennes : « sérée ,
série. <>
Sérault, s. m., le couvre-feu, l'An-
gelus du soir. — < .le me doubte que
quand mon gendre alla au clocher son- <
ner le sérault. » ^Arch. St-Hil. Egl.,
suppl. n» 40 )
Skrbe s. f., espèce de colza sauvage.
(B.-F ) V. Ruce.
Sergxillk, s. f., fille ou femme vo-
lage V. V. Sargaille.
Sergmllai, V. n., s'amuser, folâ-
trer. V. V. Sargaillai.
Sergent. s m, morceau de bois que
l'on pique au coin d'un champ pour in-
diquer qu il est interdit d'y Taire paca-
ger, et même d'y passer. V., arr. de
Châ'elleraud. V. Brandon.
Sergbntoux, s. m., sergent, pour
huissier. (Gust.)
Sert, s. m., soir: « de seri, » ce
soir. D S., c. de Thénezay.
Serinette, s. f., plante, chardon
roulant et chardon étoile. V. — D.-S.
Skr PILLAS, s m., grosse toile d'em-
ballage , sorte de tablier d homme.
Vend.
€ Et sa ceinture est faite d'un tIcui serpillas. »
(Gust,, p, »5.)
Sbrpillèrr, s. f , couverture de toile
que 1 on met sur les bœufs pour les ga-
rantir dn riniempérie des saisons. V.,
arr, de Cliâitlleraud. — Haute-Marne :
a serpillèreet sarpillère, » grosse toile.
SefvPOULat (se), v. pr., se déchirer,
240
SIB
SIN
s'enlever la peau. Vend. (C. et P. D.)—
D -S., arr. de Melle.
Sekre, s. f , cale en fer «ervant à
pres>er la queue d'une faux i!aii.«^ la
guioire. V., arr. de Civray. V. Jarre.
Sertre, s. f., assurance :
€ Tout le corpe m'allei iromblnnt
» Mon cœur n'étoit point in •écrire. »
(N. I'.,P. aa.)
Servol\nt, s. m., enfant qui ne fait
que réunit r, courir. Se dit aussi des
grandes ()ersonnes : « tu n're-i'ras pas
en paix, ^trand sprvolant. d (f^.-F )
Setra, s. m., bas sans pied, espèce
de ganiaches (13.-F )
SFr.vSFiTiK s. m., sureau. V — D.-S,
— a Et souhs un grand seu qui esloit
en la diile place se reposa. » (Annales
d'Aquitaine, p. 20 ) — Lacombé et dic-
tionnaire de Tr'^voux : seu » — Rab;^'-
lais : •' sulz etsuzeau. » — Ardenneset
patois du Berry : « séu. »
SEUG^AE et Sbi;g?jai, v. n., être
sombre et pensif, bouder. — Par exten-
sion, s'amuser h des vétilles au lieu de
travailler. V. — D.-S.— Vend. F. Oheu-
gnai — Roman : « sognar, » songer ,
rêver. — Italien : c sognare. «
Seugnard, adj., mutin, de mauvaise
humeur. V. — D.-S. K. ( heugnard.
S^L'iL . s m., sureau. V., c. de
Montmorillon. F. Seu.
Shulecoche, s. f. , petit instrument
en fer que l'on met au bout d'un fuseau.
V., arr. de Civray
Seizeb I. sudare), v. n , suer :
« Et pre foire seuïer les pouvre rcraontran». »
(Bab., p. 81 .)
Sevrai, v a., déchirer. Vend. Font.
(Cet I'. D.) F Sebrai.
Sf, adv., encore. V.
Si, s. m., suif. D.-S.
SiAA, part, aff., oui Vend. (C. et
P.D I
SiBLAî 'bl mouillé.s) [1. s'ibilare] ^
V. n . sifïler. V. — Languedocien :
f Sibla. »
SiBLET (6'' mouillé-), s. m , sifïlet.
V. — Languedocien. — Marne ; « Sihio
sifïlf^t, cri.
SiBOT, SiBOLT, s. m., la corde du
licou que l'on passe dans la bouche ou
sur le nez des chevaux, etc., pour s'en
servir comme d'une bride. V. — D.-S.
r. Cibui.
SiBouLi-SiBOULA , loc. , pêle-mêle.
V., arr. de Poitiers. A'. Bouli-boula.
SicLOiiÈRE {cl mouillés), s. f.,
pi lile seringue en bois dont les enfants
^e servent pour arro.-er les pa>sants par
espièglerie, ou s'arroser entre eux et
coniine par jeu. D.-S., arr. deBreSsuirc
et de Parlh.
SicoT.s. m., petit morceau de bois ;
ce qui reste d'une branche d'arbre cou-
pée presque rez-lerro. Dans tout le Poi-
tou : l'on dit proverbialement : • faire
sauter lesicot, » ce qui répond à faire
sauter l'anse du panier.
« On peut dire qu'aux barrières
» L'on fait sauler lesirot. r
(Chanson poit.;
SrcOT, S. m., hoquet. D--S., arr.
de Melle.
« Courre y cheusit chcux nous, y fus pris d'au .si-
[cot. »
(B.-F.J
SfcoTAT. V. a., cahoter : « en |>as-
sant dans thiés chemins, on est bé si-
coié. (i> -F.j — ^oms de lieux : « Sico-
tière (la). )^ Journet, l'rincay. Vernon.
(V)
SiÉ (1 sfi.x), adj nimi., six. V., c.
del'ble-Iourdain — Gascon : « Siès. » —
Pa'ois limousin : o(,hiéy. »
SiF et SE. s. m., suif. D -S., arr. de
Parlhenay. — Marne : « sien. >
Sigale, s. m., galette (Je farine de
maïs. V., arr. de (ivray. F. Saligalé.
SlGOUlLLAE. SlGOUlLLAl, V. a., Se-
couer. xend., Maillezais. — Tripoter,
hacher. V. — D.-S. — Garcon : '( sar-
gouilla. »
SiLAi, V. n., crier sur un ton aigu.
V. — D.-S. — Couler un peu et par
Glets : a la barrique sile. » 'V. — D.-S.
— Vend. — Roman : « siular, » sifïler.
— Languedocien : « sioùla, » pousser
un cri aigu et perçant.
SiLOi,SiLOi!R,adj., celui ou cellequi
sile. V.— D.-S.
SiMois, s. m., le haut d'un bas.V. —
D.-S.
Sl^CR ou SiNSE, p. m., vieux tor-
chon déchiré, torchon de four. — D.-S.
SON
SOT
241
— Vend. (C. et P. D.) — Patois du
Berrv.
SiOL4i, S. f , petit sillon formé à deux
fois par le \ersour. V., arr. de Civray
SiROTTAi, V. a. , faire un ouvrage
avec soin, le parfaire. V. — D.-S.
SiT, s. m., fût, futaille. D.-S., arr.
de Melle et de Niort.
SiTOU, s. m., faisceau d'épines. Ven-
dée. (C. et P. D.)
SivRE, S. m , sève. V._, arr. de Châ-
telleraud. f\ Sabo.
So \\. sîib), prép., sous. — Abrévia-
tion pour si vous : « ayez, so })lait.
piliéd'niai » ayez, s'il vous plaît, pitié
de moi Dansiout le Poitou.
So, s. m., cour à battre le blé. V.,
c. Isle. -Jourdain.
So, pr. possessif, sing. masc, au
pluriel, sonés ou sonadés. V., c. Isle-
Jourdain.
SOFFRENDAE, SOFFRENDAT, V. H.,
peiner, avoir le cœur «ros. Vend. (Cet
P. D ) — Patois du Limousin : «< sou-
frounar. »
SoFf. lE, et SoFiAT, des 2 gen., adj.,
sot. niais, imbécile : « que t'é sofi, don ! )>
(B.-F.)
SoGUAT (r. sogue), v. a. et n., rester
en repos, attendre et faire attendre. V.
— D -S.
SoGUE, S f., repos, silence. V. —
D.-S. L'on appelle « sogue , » dans
quelques localités, le Mémento de la
me.'Se : a damnez lou bin à la sogue, »
disait un paysan à son curé, en le priant
de dire une messe pour envoyer un de
ses enneniisen enfer.
SoiFFEUR, SE iv. 50?'/), adj., celui ou
celle qui aime a boire. V. — D.-S.
SoLAGE, Solange (I. solum),s. m.,
qualité d'un fonds de terre. Un champ
est d'un bon ou d'un mauvais solage,
suivant la qualitédu terrain. V. — D.-S.
Suivant les localités.
SoLÉE, s f , plein une cour à battre.
V., c. Isle-.louidain — Patois du Berry :
(( cépée, I) lowffede plusieurs tiges de bois.
Sombré (labourerj. loc. labourer su-
perficiellement. iB.-F.) V. Semé.
SoNA (1 sonus) ^ V. a., appeler:
« faut ana le sona, » il faut aller l'appe-
ler. V., c. Isle-Jourdain.
SoBCEiLLOU, ousE, adj., soucieux.
« La plupart de vous gens sont dos gcnssorrptlloux.»
vBub , p. ao. ]
SoRET, TTE, adj.. celui ou celle à qui
on a coupé les oreilles. V.. arr. de (.i-
vray. — D.-S., arr. de Bressuire. —
Vend.— Celui ou celle à qui on a coupé
les chrveux trop ras. V., arr. de Châ-
telleraud. — Patois du Berry : « sans
oreille. » — « Sorets (les) , » nom de
lieu.
SoRÈTAi v. a , labourer légèrement
pour marfpier les réges. V.. arr. de
Montmorillon. — Noms de lieux : « So-
reierie(la), •> Savigny. (V.)
SORGE , adj. des 2 genr. , léger :
« pain sorge. » V., arr. de Châtelle-
raud.
SORGLAU , SORGLON , SORGLOU
'g/ mouillés), adj.. animal "^ qui on a
coupé les oreilles. V. — D.-S. V. So-
tet.
SoRLLAE igl mouillés), v. n., faire
le paresseux, travailler nonchalamment.
D.-S., arr. de Melle.
SoTEiLLF. ou SoTiLLF, S. f , la come
des pieds des bêtes bovines, ovines et
porcines, les ergots des oiseaux. V. —
I). S. r. Galles.
SoTEiLLONS, S. m. pi., diminutif du
précédent. (B.-F.)
SoTÈRE-A-CorsTN, loc. On appelle
ainsi les trous que font les enfants pour
jouera certains jfux. Vend. — Chausses-
trappes creu->ées pour attraper les pas-
sants et les faire tomber ou salir. (Pres-
sac.)
< Si je voulons courri,gl'anl, prcnousfaire cheurre,
» Dau sotèrc-à-cousic "
(Gust., p. G7.)
SoTREA, S. m., diminutif de sot, petit
sot. V. — D -S.
SoTTiCHE , adj., sot, niais. Vend.
(C. et P. D.) — Anglais : « sotish. »
SoTTisiEUX, EUSE, adj , sottisier,
diseur de sottises: « Ah', quielle drol-
lère de Madeluche. é-t-alle soitisieuse! »
Ah! cetîe diôlesse de Madelaine, est-
elle sotlisière ! V.— D.-S. —Patois du
Berry.
9A9
SOU
SoTTRiE, S. f. , sottise , injure. D.-S ,
arr. de Bressuire.
« Et tandis, rlei ve prie
» Bain Joliment de roë <iOtirie. »
(Gciit. poetv.)
SoiBRAT, V. a.,mangpr avec avidité,
se soùltT de viande, de mets. V., arr
de Cjvray.
SouBKAi, V. a , tracasser, ennuyer.
D.-S., arr. de Melle. V., arr. deCivray.
— Déchirer. V. Sebrai.
« Oh ! qui disîlt , mon p'tlt, tu taux don qui m*é-
[rale
• Qui aombre mon bifrln. .....:•>
[Melloit, 98 arrll isei.)
SouBREJorÈRE, S f., petite cnrde
qui pas,-edans les deux bonis de Tatte-
lure, pour tenir l'omblet au joui;. V., c.
de Montmorill .n. Y. Asseseouère.
Souc sol US', adj., seul Vend. —
D.-S. —Provençal : « soûl.» — Patois
du Limousin : « sou. » — Ancien fran-
çais.
Sor'CAE. V. a., serrer fortement. Ven-
dée. (C et P. D.)
Souci, s. m , gouffres de la T)ive du
midi au-dessons de Bunneuil-Hux Mon-
ge^. dans lesquels se perdent . l'été , les
eaux de celte petite rivière. 11 y a le
a souci de la Juraenl-B'anche. >
(B.-F.)
SouDi. E. adj., ennuyant, contra-
riant celui qui ennuie ou qui contrarie
par ses manières ou p.ir ses actes. V. —
Champagr.e : « soudis , soudivant, »
séducteur, traître.
SojJEiL 1. suile), s. m , mare, amas
d'eau. l).-S.,Brioux. — Bourbier. (B.-F.;
— Roman ; « suit et suilla. » — Ar-
denne.s, Hnule-Marne : « sou soue. »
Soi'FFRENAi.v. n., sangloter. (B -F)
y. Soffrendâe. — Patois du Berry :
• souffernes , > spasme qui suit les
pleurs.
Souille, s. f., taie d'oreiller. Dans
tout le Poitou. — Maniisc. du Poitou.
Soulae 1. solere), v. n., avoir cou-
tume Vend. (C. et P. D.) — Rabelais .
a souloir, soler. >
SoLLAiLLÈRE, S. f.. licu que le soleil
réchauffe, et où les femmes se réunissent
SOU
faire des cancans.
pour travailler et
Vend.
« L'in dequio^ Joui mn tante GuUlcbotte
< A la soulalllère conioit. »
(Gust., p. JJ7.)
— Espagnol : « solana. » On appelle
encore «solana » une galerii^ ouverte au
midi, située à l'un des étages supérieurs
de la maison, et où les Espagnols vont ,
pendant l'hiver, jouir de la chaleur du
soleil. (Pressae.) — ^oms de lieux :
« Soleillcrie (lai, » Ingrandes. 'V.)
SouLEiLL.Ai, V. n., mettre au soleil,
expo-er à sa chaleur : « O faut faire
souleillai ihiés gearbes, a sant toutes
trompes. « (B.-F ) — V. — Vendée. —
Roman : « solelhar, » se trouver au
soleil. — Provençal : « souleilla; me
soiileil'a irai de ta caro, » me soleiller
aux ravons de ton visaue. — Gascon :
u souzeilla » Dans du Bellay :
« Les coteaux solcillez de pampres sont couverls. »
SouLAiRE et Solaire, S, f., vent du
midi ou du sud sud-est. V. — Vend.
Patois du Berry : « soulaire, solar, sou-
lar.)^ — Aube: « solerre,solers,soulers.))
SouLAHD, DE, adj,, Celui ou celle qui
se ?oùle, ivrogne V. — U.-S. — Haute-
Marne : « soulon. »
SouLAS. s. m., multitude, troupe,
grand nombre , réunion non)breu>e :
gle saut vengus tout in soûlas chez
Piarrot. » Ils ^onl venus toute une
troupe chez Pierre. V. — D.-S. — Vend.
« Oans inc ball.ide y l'avislt
" Dans in ^oulas d'fumellrs. *
(Chanson poitevine.)
SouLAS (1. solatium),s. m., plaisir ,
joie, contentement.
X Do pastoux qucme quhu tous n'avez grand soiv
[las. »
(Rab.)
— Provençal. — Rabelais : « o lors ,
joyeuseté. alaigresse, liesse, soûlas, dé-
duicts. » (L. IV, c. 5.)
Sou LE 'jeu de) aussi appelé jeu des
solles : « ( e jeu, dit le docteur Guépin,
con.-istail à erdever au milieu d'une
foule, souvent liès-considérable, une
boule de cuir lancée par le seigneur ou
sou
son représentant, et a la logei' soit dans
une ferme, soit dans une auberge. Celui
qui logeait la soûle était bien vu aux
assemblées de toutes les jeunes filles, et
les autres ne pouvaient conlinuer l.Mir
jeu qu'en la rachetant. cest-t-i!ire en
piiyanl à boire a tous ceux qui pou-
vaient entrer dans la ferme ou daus
l'auberge. » (Hist. de Nantes, deuxième
édition, p. 3'25.) l/échevinage de Poi-
tiers défendit d'y jouer dans les rues le
7 fév. 1464 L'évèque de Nantes le pros-
crivit en 1669, sous peine d'excommu-
nication. U est encore en usage dans
l'arrondissement de Hontivy.
SouMME (I. sitmmus), adj. des deux
genres.; légi-r, meuble, en parlant des
terres. Vienne.
SouPALOiJÉ, s. f., repas pour la lou-
ange : « cœna nd l aunes. » ou « repas
alloué, » dû. La soupaloué consiste a
tremper des tartines de pain blanc dans
des œufs battus. On les fait cuire dans
la poêle, au beurre, à la graisse ou a
l'huile. On y ajoute aujourd'hui du
sucre quand elles sont cuites Tou^ les
cultivateurs du Châtelleraudais font re-
ligieusement la soupaloué le jour et fête
de la Purification pour imiter en cela ,
disent-iU, la sainte \ ierge^ qui, le jour
de sa purification, servit un nif'ts sem-
blable tiux femmes qui 1 avaient accom-
pagnée au temple.
Soupe- doueb , Soupe-rousse ,
SouPE-PATOUSE. V. — D.S. Suivant
les lieux. V. Le précédent
SouRDAE (o n va pou), loc malade
qui ne va ni pis ni mieux. U.-S., c. de
Celles.
SouRDAi, V. n., s'amuser, passer son
temps à des riens. L'on dit aussi au
figuré : « n'être pas sourdai , » n'être
pas dupe. D -S , arr. de Melle.
SouRDAU, AUDR, adj., sourd. "V. —
D.S.
Sourde, ée, adj , le plus mauvais,
le plus chélif : « o n'est puué 1' sourde
dmes eignas. » D.-S. (Rondier). — Ro-
man : «sordeier. o comparatif de «sor-
dei, î mauvais, chétif pire.
SouBDouB. s. m., terrain humide,
où l'eau coule toujours, excepté pendant
les grandes chaleurs de l'été. 'V., arr. de
Chat. — Basse latinité : surgere, émer-
ge re.
SRA 243
« sourdis, >
(Duc.) — Marne
fontaine, soiirce.
SounGE (l. surgere) , adj. des 2
genr., très léger, se dit des choses ani-
mées et inanimées. jB.-F.)
u I seux pu soorge qii'in mouton. >
IRub, Dlv. p. 98.)
— F. Sorge,
Sourgi (r. sourge), v. a., soulever un
poids : a sourgis thiau membrut. y>
i,B.-F.) — "V., arr. de Civray. — An-
glais : « to surge, « s'élever. »
SOURIGETTE , SOU HISSOUÈRE, S, f.,
souricière. D.-S. — V.
SouRiou, se, ad , terre qui retient
l'eau. V., c. de Neuville. V. Sourdoué.
Souris-chaude, s. f. , chauve-sou-
ris. Dans tout le Poitou. — Aube ,
iNlarne, patois du Berry.
SoussAJS , s. m., profit, augmenta-
tion : u un ragoût fiiit plus de ^oussais
qu'un rôti. » — Vend., Font. (C. et
P.-D.j
SoussEYAi , V. a., ménager , aug-
menter en poids, en volume : « Enfants,
fazé sous-eyai le peurmentage ; » en-
fiints, ménagez ce que vous avez à
manger. — « La pâle sousseye dans la
met B : la pâte augmente dans le pétrin.
V. — D.-S.
SouTRAE, V. a., ajuster. Vend. (C.
et P. D.j
SoUTRE (I. subtus), S. m., ce qui
forme la base d'un peloton de fil, par
exemple une coquille de noix, un petit
chiffon sur lesquels on pelotonne du
fil. — C'est aussi une sorte de lit de
paille, de fagois , de feuilles d'arbres
sèches que l'on dispose, par couches,
tur le sol, pour garantir de l'humidité
la paille, le foin, les gerbes de blé V.
_ D.-S. — Vend. - « Et estoit à la
vérité soustre de foing. » (An. 1462,
Arch. St-Hdaire, Arçay , n^ 38.) —
Provençal : a soustre; dins soun sous-
tre, » sûr sa litière. — Ardennes; patois
du Berry.
SouTROU, s. m., petit matelas rem-
pli de balles que l'on place dans le ber-
ceau des enfants. (B.F.)
SouviGNOiN, s. m., raisin blanc Irès-
parfumé V., arr. de Civ.
Sraule, s. m., saule. V., Adriers.
244
SLG
Srelot, s. m., petit siège. V., arr.
deC.ivray. /. Assitail. — (Manusc. du
Poitou.)
SsoL\ ! Exclamation des laboureurs
pour arrêter leurs bœufs. 'B.-F.) y.
t se-I)0. »)
Su, Slgb, Sugea . s. m., sureau,
arbrisseau. V. — D.-S. /'. Seu.
SrBL\i , SuBLiAE (1. sibi/are) \bl
mouillés], V. n., silfler. V.— D.-S. —
Vend.
■ Injoijsle !y snblet Inc scrpont si gronde,
» Que jauiei y cge vu sorti rie rruz ou fousse. »
(Rob. Oiv., p. i»3.)
« .Mais y n'pus ji sublai dedans- »
(Clians. poli.)
— Sainfonge. — Provençal : « sibla. »
— Rai'elnis : « s'il subloit , c'estoient
bottées de singes verds. •» (N. 4,c. 32 )
SuBLÉ, s m , liiléralement , blé sur
blé, second blé. V , arr. de Chat. F.
Couneu\re.
Sl'BLKT , SlBL.\ET {sibUus\S. m.,
sifflet. V. — D.-S. - Vend.
• J'avez bon à m;m cbapea
■ lu bea sublet. »
(Rob. Div. p. 92.)
— Ardennes, Marne, Mayenne.
Stcr, s. m. plante, langue de bœuf,
espèce de bourrache , ainsi appelée
parce qu'on en suce les fleurs. Ononia-
lopée. V., arr. de (Jiv. — Noms de
lieux : « Souzi (le', » îMartaizé (V.)
SuGE, s. f,, suie. V., arr. de Mont-
mordlun.
Slgnae, V. n., être timide, ne pas
oser parler par timidité: « thiau drôle
le sugni' lerjou. » D.-S., c. de Celles.
Sl"gn4Rd,e 'r sugnae],&(\'} .celui ou
cellequisugne : ai n'é jamévu msugnard
d'rnaeme, n i ouse parlae. »> Je n'aj ja-
mais vu un drôle aussi timide , il n'ose
pas parler. D -S ,c. de Celles.
Sljf.tei>gne . s. m., petite corde
qui pas-e dans les deux bouts de l'alte
jure pour tenir Tombiet au joug. D.-S..
c. de Bress. V. As^ejouère.
Slgile 'gll mouillési, s. f.. sorte
de poisson : a item die >abbati in pisci-
bus, videlicel in stty/iis et anguillis xii
8. » (An. 1332. Noaillé ) « Pour
seUjilhes et huisires. xxvi s. viii d. »
(An. 1396. Manusc. du Poitou.)
SIS
SuMAT, v. n.. suinter. V., arr. do
Civray. V. Si lai.
SupET, s. m., huppe, plumet ; objet
placé au sommot ; e i n'a lai>sé à ihi.îu
[)ompillon, en rétauçant , qu'in su pet à
la cime. » — L'on dil encore d'une per-
sonne presque chauve qu elle n'a plus
qu un su pet de cheveux. (B.-F.) — V.,
arr. de Civray.
SuppAi, V. a., sucer. V. — D.«S. —
Vend.
« Au Upu de lau baillay
» Prc le iLiOins son pouze à suppay. »
(Gust-, p. 6S.J
— Aube : a supor » sucer ; émonder,
tailler.
SuppoLENCE, s. f , , prorata. Dans
un partage, chacun reçoit à la suppo-
lence de sa mise , de ses droiis.
(B -F.)
Supputai, v. a., fréqueniatif de sup-
pai, sucer le pain, la viamle, ce que l'on
a duns la bouche, au lieu de lemâcher.
(B.F.)
SuQUE, s. m., sureau. D-S..C. de
Bress. /'. Seu. — Paîois du Berry : « su^
.>ué. suveau »
SuRCEiz, S. m., surcroît :
« I a-to moinJration o surceiz. »
(Cent, poetv.;
SuRCOCHE, S. f., peiit instrument en
fer que Ton met au bout d'un fuseau.
V., arr. de Poitiers. V. Seulecoche.
SuRRSTRAE, v. u., tarder. Vend. (C.
et P. D.)
Surge , arlj. des 2 genr., léger.
Vend. (C. et P. D.j V. Sorge.
SuRJOUÈRE, s f., petite corde qui
passe dans les deux bouts de l'attelure
pour tenir l'omblel au joug. V. — D.-
S.. arr. rloParth. V. Assejouère.
Sus, adv., ne s'emploie qu'avec le
mot lez : « lez-sus, » là-haut. (B.-F.) —
V.
SusAiLS, S m. pi-, ciseaux. V., c.
lsI-.Jourd.
SussoTAi, V. a., sucer. V., arr.de
Civray. V. Suppotai.
TAL
Ta. pr. po35. de la 2« pers., toi. V. —
D.-S. — Suivant les lieux.
Tabarée, s. f., marmelade de pru-
nes, (le fruits Vend. — D.-S.
Tabrnau (tab'nau) s. m. , homme
rabougri, plus gros que haut: « quiu
quioul é quiou tab''nau ? » qu'est-ce que
c'est que cri homme rabougri? — V.,
C. de Montcontour.
Taborisai et Tabournai , v. a.,
battre, frapper , « laiz'te. ou i te ta-
bourne d'importance », tais-toi ou je te
bats soiiinpusement. V. — l) -S. — Ro-
man : « tabornar,' frapper, tourmenter.
— Patoisdu Herry : atabouler.» — Aube,
Ardennes , Haut-;-Marne : tabouler , la-
bulpr, labourer, tabcurner.
Taboiree, s. f.. molle de terre, tau-
pinière. D.-S., c. de Bre?s.
ïabut, s.m , bruit peine, embarras,
travad, inquiétude : a ine chrétienne
(femme) qui a beacot d'onfonts a bé dau
tabut. > Dans tout le Poitou.
« Ten sevrnt mon fcil quand on nous vit virer
» Do tabus quen'curoDs durant qualre >cmoiaes.x
(Bab., p. «.]
— Rabelais : «de ces tabus je me passe-
rois bien pour celle année. » (1. m, c. 9.j
— Ardennes : noise.
Tabutai 'r. tahvt), v. a., faire du
bruit, du tapage. — (Se), v. pr., s'appli-
quer à faire (.juelque chose, faire un tra-
vail difficile : « quieuqui m'iabul'be la
laete. » V. — D.-S — Vend, — « Je suis
ici de ahan pour entendre la pro'édure
de voire ditl'érent, et tu me viens encore
tabuster. » (Rabelais^ 1. H, c. U.)
Tache, s. f. , gros clou pour ferrer
les souliers. V. — D.-S. — rsoms de
lieux : « Tache (la) », Adriers.
Tâcheron s. m , ouvrier à la tâche.
V. — Paioisdu Berry.
Tacot s. m , petii morceau de bois,
petite souche de bois taillis : « i m'sé
effamé la sole d au pé à n'in tacot, o
Je me suis fait grand mal à la sole du
pied en marchant sur un tacot. V. —
D. S. — Vend. — Berry : souche d'ar-
bre.
Tai, pr. pers. de la 2« pers., toi.
V. —- D.-S. — Vend. Suivant les lieux.
P. Ta.
Tai, Té, loc, voilà, tiens. V. —
D.-S.
Tai, Tat, Tai, Parisienne, tai vit'
vit'vit' (très-brefj véquiou flrè«^-allongé),
loc. dont on se sert poiir mettre les
chiens après les animaux, et les déiour-
nerdu dégât qu'ils font. D.-S., arr.de
Melle.
Tain, Tin (le), pr. poss., le tien :
a Et non pas pre le tain. » V. — D.-S.
— Vend.
Taille-de-paîn, s. f., tranche de
pain que l'on coupe pour la soupe. V. —
D.-S.
Talbot, s. m., morceau de bois que
l'on suspend au cou des animaux pour
les empêcher de courir. V. — D.-S. —
Vend.
« Et b.Tïllerat au diabîe in talbot,
» Pour le leindre au cachot. »
(Gust , p. t.)
(Manusc. du Poitou.) — Saintonge. —
Noms de lieux : « Taillebot , » La
Trimouille.
Talbotat [t. talbot), v. a. et n.,
mettre un talbot b un animal. — Par
extension, faire du bruit en marchant,
surtout avec des sabots. V. — D.-S. —
Vend V, Entalbotai. — Noms de lieux:
« Talboterie » (la), Oiré. (V.)
Taldouère, s. f., cheville dont on
se sert pour atteler les bœufs à la char-
rue, ou à la charrette. V., c. de l'Isl.-
Jourd.
Talé, s. f., feuille de légumes. D.-S.,
c. de Bress. — Vend. (C. et P. D )
TalèrEjS. f.. tarière : <• la talère dau
bote, dau charpenté. » V. — D.-S. —
Vend.
Talibier, Taligot, s. m., gros
morceau de pain : « aque nian grond
coutea, i é copé in laligot de qniau
chantea^ » avec mon couteau j'ai coupé
un gros morceau de pain de ce pain
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TAR
entier. — V., arr. de Poit. et arr. de
Civ., pour Taliiot.
Talle (1. ta/ea), s. f., châtaignier
qui porte du fruit. D.-S., arr. deMelle,
— rejetons qui pou>senl. au pied du
châiaiiiiier. — Melle.— Français : branche
qui pousse au pied d'un arbre.
Tambol R, s. m., e>pècedo verveux à
deux gueules, et de forme cylindrique,
soutenu par des traverses , et des cer-
ceaux en bois qui en forment les gueu-
les. — Vienne.
Tamisaillb. Tamisouère (b. 1. ta-
mtsium), s. f., morceau de bois placé
tn travers de la m<-t qui sert à tamiser
la farine. V., arr. de Civ. — 1).-S., arr.
de .Melle. — (B.-F.)
Tampoeinage , s. m., bruit, tapage.
(B.-F.)
Tanclai, V. a., mettre un petit cer-
cle en fer autour d'un sabot. — Vienne.
Tank. s. f., insecte qui s'attache n la
peau des animaux. — V., arr. de Civ,
/'. Carcelle.
Tannedi, s. m , écorce d'aibre, et
en général boisécorcé. V., c. de l'Isl.-
Jourd.
TA^SEREME^■T , Tantseulfment ,
ad., seulement. V. — I).-S.. suivant les
lieux. — Coutume de Charroux : « tant
solament. » (Art. 13, 17 et 27 ) — Pa-
tois du Berry : t tantseulemenl. » — An-
cien frai çais.
TantikaiNTaine, s. f., bande allon-
gée, troupe nombreuse et qui se déploie.
<i 01 a parsé ine grande taniirantaine de
grues. I) (C -F.)
Tantouillade , s. f., marmelade :
c la bonne lantouilla^ie qu' le bon Dieu
nousenvoyade. »V.. c. del'Isl-Jourd. —
D.-S , arr.' de Melle.
Tape, s. f.,coutelasàdeux tranchants,
Vend. (Cet P. D.)
Tapée (poire), s. f., poire aplatie et
cuife au four. V.
Tapon, Tapoumas, ?. m . cheville
de fer qui sert a retenir I anneau (Je la
couère a I aiguille d une charrette. ^ .,
arr. de Chat.— l) -S. — Français ; étoffe,
soie, etc., mi^ en las.
Tabi. s. m., l'endroit le plus élevé
d'un champ. V., c. de Monte, f^. Chep-
seau.
Iabtaîllé, V. n., parler beaucoup,
se disputer e