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Full text of "Glossaire du pátois poitevin"



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I^MâÉ^ 






GLOSSAIRE 



DU 



PATOIS POITEVIN 



PAn 



M. l'abbé IiAIiA\\\E, 

Curé d'Oirc (Vienoe), membre de la Société des antiquaires de l'Ouest. 



V^AWVWW— 



INTRODUCTION. 



Jules César raconte , dans ses commentaires, que, à son arrivée 
dans la Gaule, il y trouva trois grands dialectes correspondant aux 
l)rincipales divisions ethnographiques du pays, savoir : le Belge, et le 
Celte au nord et ^Aquitain au midi. Selon toute vraiscmblince , 
cV'St à la division celtique qu'il faut rattacher les diverses peuplades 
gauloises de l'Ouest que le môme Jules César et Pline nous montrent 
établies sous le nom collectif de Pictones au sud de la Loire et au 
nord de l'Aquitaine. 

C'est notre ancien Poitou qui , sous la domination romaine , fit 
partie de la grar.de province désignée sous le nom de seconde Aqui- 
taine, et dont le vaste territoire forme, de nos jours, trois divisions 
départementales : la Vienne, les Deux-Sèvres et la Vendée. 

Avec leur domination, les maîtres du monde ne tardèrent pas à 
imposer leur langue, d'abord comme idiome ofHciel seul admis dans 
les actes divers et les différentes institutions de l'autorité publique. 
Bientôt elle eut ses écoles dans les villes principales , et les dialectes 
primitifs, délaissés par les vaincus émancipés , ne se parlèrent plus 
que dans les lieux éloignés des centres administratifs et militaires. 
Au v* siècle, l'absorption était complète. Mais les invasions germa- J( 
ïxxu. 4' ^/f V 



il 

Il INTHODLCTION. 

niqiit'S lie cette épo<]uc aiucnèrcnl proniptoinent la clégéiiéresccnce 

de la langue latine. 

Du mélange des l.mgues employces par les vainqueurs et les 
vaincus se forma la langue romane avec ses différents diatectes, aussi 
nombreux , dit M. de Clievallei , que les centres seigneuriaux de 
quelijue importance dont se composait l'échiquier du royaume 
féodal (1). 

Évidemment l'ancien Poitou, dont limportance, connne centre 
seigneurial, n'est contestée par personne, eut son dialecte particulier. 

Aussi le trouvons-nous indiqué, dans un tableau synoptique des 
peuples européer)s anciens et modernes classés par familles et par 
langue, comme ajiparlenant, au moyen âge, à la langue celto- 
romane qui se parlait au centre et à l'ouest. 

Il est à croire que la position géographique de cette province aura 
fait subir de bonne heure à son dialecte de nombreuses modifica- 
tions empruntées soit à la langue franco-romane ou langue du Nord, 
soit à la vasco-romane qui se parlait en Gascogne, soit à la langue 
romane pure ou langue d'Oc. 

Toujours est-il que ce dialecte , tel qu'il nous est parvenu , pré- 
sente à l'observateur un ensemble de mots et de locu lions qui ap- 
partiennent aux différents idiomes que nous venons d'énumérer. 

Dans son étude sur les noms de lieux du déi)artement de la 
Yienne.notre savant archiviste, M. Rédet, fait cette judicieuse obser- 
vation que les noms qui se terminent aujourd'hui pare, y ou i avaient 
dans les chartes du xi^ siècle la désinence ec : Antoignec, Archincc, 
Turcc^ affaiblissement de la désinence ac du midi, et ceci pour l'ar- 
rondissement de Chàtelleraud. Tandis que dans l'arrondissement de 
Montmorillon la terminaison méridionale s'est religieusement con- 
servée jusqu'à nos jours, Lussac, Millac, Persac, etc. (2). 

De même dans le vocabulaire actuel de notre Poitou, avec les ter- 
minaisons fiî, e, î, qiii ap[)arlieunent aux dialectes du Nord, se sont 
conservées les désinences a^ âe, ou ci our, qui appartiennent aux dia- 
lectes du Midi, et encore des variantes en aie, ade^ ée^ eie eigne qui 
ne sont probablement que des corru[)tions ou modifications des 

(1) Origine A formation de la langue française. 

('2} Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, tome xiil. 



INTRODUCTION. IIl 

désinences généralement admises dans les langues que nous venons 
d'indiquer. 

C'est en citant diverses phrases recueillies sur les lieux mêmes 
qu'il nous sera facile de démontrer les nombreuses ^^ariétés de 
formes que présente ce patois. 

«lé étas li d'mandac'qu'o m'fellit; iéfat inchemi à ré, m'a ré 
bailla d'c, qu'i é d'manda : » J'ai été lui demander ce qu'il me fallait; 
j'ai fait un chemin pour rien, il ne m'a rien donné de ce que je lui ai 
demandé. (La Barre de Moulismes, village limitrophe de la commune 
d'Adriers et lieux circonvoisins, canton de l'Isle- Jourdain.) « Eu i en 
quette annade dant in bri d'autant mai que d'iavé dan très bris de 
quoquedécs annadées qu'o io : » Il y en a cette année dans un brin 
bien davantage que quelquefois dans trois brins quelques années 
qu'il y a. (Commune de Luchapt et autres voisines du Limousin, 
canton de l'Isle- Jourdain.) 

« Aja,mossieu l'chirugian, qu'o dissit mâete Piarrot, gi'abraquâe 
pou lin d' veire nàe : » Ah ! ah ! monsieur le chirurgien, dit maître 
Pierre, il a lancé l'ordure pas loin de votre nez. (D.-S., c. de Celles, 
arr. de xMelle et Vendée.) 

« Oh ! m'mon , i vau allai à la ballade. — Eh ! qu' faire? — Per 
gueuillai les autres dan ! » Oh ! maman, je veux aller à la ballade. 
— Eh ! que faire? — Pour regarder les autres donc ! (Dans les trois 
départements.) 

«t Oh ! qu'ol eu i brav' houme , d' premire qualiti , et qui se bai 
tourni seues petites affaires : » Oh ! que c'est un brave homme , de 
première qualité , et qui sait bien donner une bonne tournure à ses 
petites affaires. (V., c. de Neuville, de Mireheau, de Youillé.— D.-S., 
c. de Thénezai, d'Airvault et beaucoup d'autres lieux. — Vendée, dans 
quelques cantons.) 

« E-tu enguillcbaudaie? — non. — Eh bé ! i t'cnguillebaude pre 
tout' la journaie : » Es-tu retenue pour la danse ? — Non.— Eh bien î 
je te retiens pour toute la journée. (V., arr. Giv. — D.-S., arr. Mel., 
Parth., etc. — Vend.) 

et Se poué c' quel y a meingne drôle ; gl' é greil, gne fé qu' greil- 
laudai : » Je ne sais point ce qu'a mon drôle ; il est hargneux ; il ne 
fait que pleurnicher. (D.-S., c. B.) 

Ces nuances diverses sont surtout bien caractérisées, à l'exception 



X 



IV INTRODUCTION. 

(les finales /et gnc, dans les i)rononis personnels corrélatifs des Fran- 
çais moi et toi. L'on dit, suivant les lieux, ina, ta, mac, tâe, mai, tai, 
maie, taie, me, té, mée, 1er, mcic, teie, meUj teu, mo, to, moie , ioie. 
moue, tour. Il n'échappera à personne <|ue jné, té sont latins; moie, 

toie, grecs 

Au milieu de cet amalgame de désinences qui persistent à se 
maintenir côte à cote, souvent dans nne même commune, une seule 
est universellement admise : c'est la désinence a, non pas pour indi- 
quer le féminin , connue dans la langue l'omane , mais pour tenir 
lieu de la terminaison française eau. Aussi dit-on partout ehapa, 
buta , chapea, burea, chapia , buria , pour chapeau , bureau. Dans 
l'arrondissement de \îontmorillon , cette môme désinence a non- 
seulement prévalu dans les terminaisons é et er, mais elle s'étend 
encore aux noms des lieux en ac. Ainsi l'on prononce Lussa, Milla, 
Versa, et non pas Lussac , Millac, Persac. 

La désinence latine or, remplacée, en français, par cuxai cur, est 
encore en vigueur dans certaines contrées ; mais elle a été affaiblie 
presque partout parle retranchement de la finale r,meillour, meillou, 
meilleur. 

Si de cet examen des désinences nous passons à celui de la pro- 
nonciation de certaines lettres , là encore nous verrons que le dia- 
lecte poitevin a subi des modifications puisées à diverses sources. Il 
en est de générales au pays , d'autres particulières à certaines con- 
trées. Ce sont surtout les consonnes b, c, g,j, l,p, q, s, qui, combi- 
nées avec d'autres lettres , présentent ces particularités. 

B suivi de / est mouillé, dans certains mots, devant les voyelles a, 
e, comme dans blarri, jeu d'enfants, ci dans blette, \)e{\{ morceau de 
bois pointu qui sert à lier les gerbes. Il en est de même des lettres 
combinées c/, cœ, eu, gl, gn, gu, pi, qu, comme dans les mots : classe, 
cœur , curé , gleu , glin (1) , gnon (2) , gnolea (3) , gugle (4) , place , 
plume, qucurre (5), qui (6). Excepté l'arrondissement de Chàtelle- 



(1) Chaume. 

(2) Non. 

(.3) Petit bateau. 

(4) Jupon. 

(5) Cuiro. 
(C) Ici. 



INTRODUCTION. V 

raud, une portion de celui de Loudun et quelques autres communes 
des trois départements, partout ailleurs an^ en se prononcent on, et 
on se prononce an : onge, pour ange, indifféremmont pour indiffé- 
remment, pronanciatian pour prononciation. 

Dans une portion de l'arrondissement de Civray (Vienne) et dans 
la plus grande partie des arrondissements de Melle et de Niort, les 
consonnes g clj sont aspirées, ou ne se font presque point sentir : 
Jeon, Jacques^ maingeai , Jean , Jacques , manger. 

Dans le Sablais, dans une portion du Marais , dans la Gâtine et le 
Mellois, la consonnes, seule ou doublée, a le son de ch: léchai^ piche- 
tolct^ laisser, pistolet. L'Auvergnat prononce cette lettre de la même 
manière. 

G et 7, devant une voyelle quelconque , ont , dans le Sablais et le 
Cbaumois , à peu près la prononciation italienne dge^ dgi, qui est 
aussi la prononciation limousine ; dgidâe, guider, dgir^ guère. Dans 
les mêmes lieux , on a le ch anglais , comme dans cette pbrase : 
« Qui aé-t-ou tchou qu'a mi tcliel u tchur itchi ? » Quel est-il celui 
qui a mis cuire cet œuf ici ? Et , dans le Mellois , le c au commen- 
cement des mots se prononce tche , comme le c affiùbli italien , 
tchcuilli^ cueillir. Enfin, dans une portion des cantons de Dangé et 
de Pleumartin,la diphthongueflm, la syllabe in font aigne, ingne : 
« Dans ma maingne , il y en a vingne : y> Dans ma main , il y en a 
vingt. Nous renvoyons, pour les autres mutations de lettres, de syl- 
labes et de diphtbongues, au chapitre des observations grammaticales 
qui suit celte introduction. 

Ce patois fait aussi un grand usage de contractions, d'élisions et 
de lettres euphoniques, comme dans ces phrases : « Dorm'o? — 
S'i' n' donnai pou, qu' v'dri'o? » Dormez-vous? — Si je ne dormais 
pas, que voudriez-vous? — « V'ié-ve , v'I'o? » Voulez-vous? — 
a V n'érez, v' arcz : » Vous n'irez, vous aurez. — « faut qu"i t'i 
marie : » Il faut que je te marie. — « G' n'at(gle n'a) pou d'cusinai : )> 
Il n'a point de cuisinier. — « S'o, ou s'ou plié : » S'il vous plaît. 
— (C Qq' d'sa'o ? » Que dites-vous? -— « Vr'o (vr' p. vour) fussiant 
quiés sots? » Là où sont ces sots ? — « G' n'au pouviant : » lis ne le 
pouvaient. — « V'riti : » Vérité. — i I-zi vi : » J'y vis. — « Vez' 
attenguiez : » Vous attendez. — « Pt'ai ? » Plait-il? — « lou qu' tu 
vas?» Où vas-tu?— « N'avans fé quieu: ^ Nous avons fait cela. — 



VI IXTRODUGTIOiX. 

« Noiit'é niaîté : » Notre maître. — (^ Pren're, pau're : » Prendre , 
pauvre. — « S'o ii'é in voiturer : » Si ce n'est un yoiturier etc. 

11 n'est pas inutile de faire remarquer que Plante et Térence, qui 
reproduisent le langage familier des Latins, ont introduit dans leur 
poésie beaucoup de syncopes, de contractions et de synérèses. Ainsi 
ils disent : <t En'm vero : » Enim vero. — a Sen'x qui hue : » Senex 
qui hue ; — ^c Capiunt vol'ptates : » Capiunt voluptates.— « Opu'st : i^ 
Opus est. — « Dixe, adduxe, intellexes , » pourdixisse, adduxisse, 
intellexisses , etc. Nous ferons la môme observation en ce qui con- 
cerne les dialectes du iMidi et du Limousin ^ mais là ne se borne pas 
l'analogie qui existe entre ces patois et le nôtre. Outre un certain 
nombre de mots qui n'ont subi aucune modification , tels que boc , 
étoc, aque, (/roc, grouc, c/ii, co, barbotte, billon, sabot, étau, avec, 
rien, chenil, chien, coup, serpent, bâton, etc., il en est un plus grand 
nombre , six cents environ , qui dérivent de ces divers dialectes , 
comme besson (gémeau ) , abrou (abreuvoir) , charrière (cour d'une 
ferme), egraèmes, egracmai (larmes, pleurer), beure (boire), beurette 
(à la) (en secret), codonié (cognassier), poua , ^oi^c (puits), revolinai 
(tourbillonner),;-/, rmw (ruisseau), 5rtw;;m (saumure) ;&c55ow,6(?5.^o?mo, 
abéoura, charrieras^ lagremo, béouré, beura, coudounié, peg, pous, 
revoluna, riou, sauinate, etc. — V. ces mots dans le Glossaire. 

Tels sont les rapprochements qui existent entre le patois poitevin 
et les patois méridionaux ; ils sont bien plus nombreux , en ce qui 
concerne l'origine des mots , entre le vieux français et les dialectes 
de la Champagne, du Berry et de la Mayenne, que nous avons con- 
sultés. Il est vrai de dire aussi que nous n'avons pu déterminer 
l'analogie du tiers des mots qui composent ce glossaire, huit mille 
environ. 

Sur ce total , quelques-uns , en très-petit nombre , dérivent du 
celte, comme groge^ groie, de groig, pierre, corme, boisson faite avec 
des cormes, de korma, bière ; 400 environ de la basse latinité , et 
trois cents à peu près de la langue romane. Deux mille viennent du 
latin, soit qu'ils se retrouvent dans le vieux français, les dialectes 
du Nord et du Midi, soit qu'ils appartiennent en propre à notre 
patois. 

Les mots de source grecque y figurent au nombre de 160; le 
contingent allemand et anglais y apparaît dans une très-minime 



INTRODUCTION. VII 

proportion. Quant à l'analogie de certains mots avec les langues 
italienne et espagnole , nous pensons que cette analogie est due à 
l'influence du roman sur les mots correspondants de ces langues. 

De cette grande variété d'origine découle tout naturellement l'ab- 
sence d'homogénéité que l'on remarque dans notre dialecte ; de là 
cette foule de mots à foiuncs diverses , ces sons de voix si variés. Ici 
ils se traînent lourdement, ailleurs l'articulation est plus brève , là 
comme empâtée d'une salive épaisse, ou bien nat-illarde et désagiéa- 
blement chantante. 

D'où il est permis de conclure aussi que ces variations si tranchées 
appartiennent à des races diverses qui n'ont conservé de leur idiome 
primitif que le mode de prononciation. Les invasions, les immigra- 
tions si nombreuses dont le territoire poitevin a été le théâtre ne 
peuvent que corroborer ce sentiment. 

Avec les éléments si disparates dont se compose notre patois , et 
que nous venons d'indiquer, il n'était guère possible d'écrire des 
ouvrages de longue haleine , poèmes , récits historiques ou légen- 
daires, ni même de traduire quelques hvres sérieux. Aussi ne sommes- 
nous point surpris de n'avoir vu se perpétuer jusqu'à nos jours 
qu'un très-petit nombre d'écrits en patois poitevin. 

Honneur donc aux quelques hommes qui n'ont pas craint de se 
mettre à l'œuvre, malgré toutes les difficultés de cette langue capri- 
cieuse et revêche , et qui ont su tirer de ce sac de mouture les 
quelques parcelles de farine qu'il contient ^our c /t a four ai {{), dans 
une poésie satirique, les mœurs, us et coutumes de leur temps, 
et nous faire aqueneutre (2) l'esprit naïvement frondeur, épicé d'un 
certain sel gaulois , qui caractérise ses habitants ! Belleforest , en 
parlant d'eux, a pu dire avec quelque raison : 

« Quant au peuple de cette province , ceux qui l'ont fréquenté le 
jugent pour grossier, lourdaut et mahcieux en sa simplicité ; mais 
c'est des paisans qu'ils entendent : lequel sans mentir est tin et rusé, 
et qui trompera son homme en faisant le niais et jargonnant son 
patois (3). » 

(1) Écrire. 

(1) Connaître. 

(3) Cosmographie universelle, édit. do lôOô. p. 165 et 166. 



VIII INTRODUCTION. 

Les modernes pourraient-ils désavouer ce portrait de leurs an- 
cêtres du XVI* siècle ? 

C'est donc Ja satire qui a exercé la verve de nos quelques poètes 
poitevins. Nos noëls, qui, dans le genre, sont les plus anciennes 
poésies connues , ont niènie subi cette influence : 

Aux pieds de la crèche du Sauveur , 

Les pastoureaux de Thouars, 
Qui aviant la renoumie 
D'être de vaillants soudars, 

Sont vigoureusciuent raillés parce qu'ils 

N'aviant ren qu'ine épie 

Pre tretous, incoro si fort rouillie 

Qu'o lou fauffit ine armic 

Pre la tiri do fourea. 

La lacc limousine n'y fut guère plus épargnée. 

j vainguit sans convii 

Ine viloine trolie 
De Limousins aflfamis; 
Mez tote noutre assomblie 
Lour dissit que les raves en la Judie 
K'étiant guère estimie , 
N'ayant point de pourceaux. 

Aussi bien, comme l'a dit très-judicieusement M. de la Marson- 
nière : « Si ce patois est impropre au lyrisme , il convient parfaite- 
ment à la satire (1). » 

C'est au w siècle que ce genre de jiocsic religieuse fut essayé par 
un moine de l'Anjou , et c'est Rabelais qui nous l'apprend. 

c En Anger, dit-il, étoit pour lors un vieux oncle , seigneur de 
Saint- Georges , nommé Frapin. C'est lui qui a foit et composé les 
beaulx et joyeux no(}ls en langage poictevin. Il vivoit en 1 i88 (2) » 

Cette assertion de Rabelais est trop explicite pour paraître contes- 
table, et. quoiqu'il n'indique pas le véritable nom de l'auteur (le nom 



(l) Poésies nationales du Poitou, Mémoires de la Société des antiquaires 
de l'Ouest, tome xxv, p. .30G. 
(ï) Ancien prologue du quart liv., p. 203. Edit. du bibliophile Jacob. 



INTRODUCTION. IX 

de Frapin n'étant que Tune de ces ridicules épithètes dont il grati- 
fiait les moines) , il est assez rationnel de conclure, d'après le texte 
précité, que les noëls primitifs, en langage poitevin, ont pour auteur 
un moine angevin. Ce n'est donc pas à l'abbé Gustcau , prieur de 
Doix , près. Maillezais , qu'en doit revenir l'honneur; lui-même a 
voulu, sans aucun doute, constater indirectement ce fait d'un auteur 
plus ancien, dont le nom lui était inconnu, en publiant son premier 
recueil de noëls en 1742, sous le voile de l'anonyme, avec ce titre : 
« Noëls nouveaux , dans tous les styles , pour les différents goûts , 
par un pasteur, à Fonlenay, chez Jacques Poirier, imprimeur du roy, 
de la ville, du collège , et marchand libraire. » 

Ce titre de ce Noëls nouveaux » suppose certainement la préexis- 
tence de noëls plus anciens que le prieur de Doix connaissait. L'ano- 
nyme qu'il conserve indique aussi sa délicatesse à ne point s'attribuer 
tous ceux que contenait ce nouveau recueil, soit qu'il y ait intercalé 
les anciens, après les avoir revus et corrigés, soit qu'il les y ait 
maintenus avec leur cachet primitif. Nous ajouterons que l'on voit 
figurer plusieurs noëls en langage poitevin dans un recueil du 
xvi^ siècle , conservé à la Bibliothèque impériale. 

Avec cinq noëls , l'abbé Gusteau nous a laissé quelques chan- 
sons, deux dialogues et une traduction de la première églogue de 
Virgile. 

Ces diverses poésies, recueillies par feu M. Pressac, ont été impri- 
mées de 1855 à 1861 , avec le glossaire de ce savant , par la Société 
des antiquaires de l'Ouest. M. Bardy, alors président de cette Société, 
à qui avait été confié le soin de l'impression de ce petit volume , l'a 
enrichi des biographies du poëte et de son glossateur. 

De toutes nos productions patoises , celle de l'abbé Babu , curé de 
Soudan , mort en 1701, est à la fois la seule sérieuse et peut-être la 
mieux soignée. L'auteur, il est vrai , ne s'y astreint pas aussi sévè- 
rement que les autres écrivains aux mots et aux formes du patois. 
Quand l'expression sonne mal à son oreille, il l'abandonne volontiers 
pour s'exprimer plus élégamment ou d'une façon plus pure, à l'aide 
d'une expression française ; mais son œuvre est parfaitement conçue. 
Son livre est intitulé : Égïogues poitevines sur différentes matières de 
controverses pour V utilité du vulgaire de Poitou. Tout en traitant ce 
sujet avec la dignité convenable, il ne manque jamais, quand 



X INTRODUCTION. 

l'occasion se présente, de décocher des traits incisifs et satiriques, à 
la manière dont procèdent nos paysans quand ils se raillent entre 
eux. C'est ainsi qu'il raconte, en particulier, l'histoire d'un ministre 
et de son frère \c prcpousaiit. Le ministre, qui désirait ohtenir [)OLir 
ce dernier une place avantageuse, après l'avoir fait prêcher souvent 
devant le consistoire , se détermina à recueillir l'avis de ceux qui le 
composaient. Les premiers des anciens déclarèrent qu'il était fort 
savant, et qu'il méritait d'ôlre [)lacé à la tète d'une grande église. 

Pas in n'ousit jamois rcn ilire de sinistre, 

S"o n'est in voiturer nommé maître Sauquet, 

Qui passet dans qiiio temps pr in homme de caquet. 

Gle dissit au pastoux: « Monsû, dame sincère, 

I diray men avis sur monsù vetre frère : 

Gle semble à l'apprenty do marichau Nivard. 

Quand son maître est présent, gne faitben que pr' hasard ; 

Quand gn' est point présent, gle ferre de merveille. 

De même devant vous vetre frère buchcille ; 

Quand vous n'estez point quy, gle dit prou joliment. 

N'allez donq jà paraître à son commencement, 

Au colloque ou synode, ou gle s'rat passé maître; 

Car y s're^ ben trompé se gl' en tiret ses guestres. 

L'ahbé Babu avait aussi traduit en langage poitevin une églogue au 
moins de Virgile. Il nous l'apprend lui-môme au début de ses églo- 
gues de controverse : 

Mé qui, dans mon jargon, fis dos vers plus de mille 
Pr' expliquer à nos gens les œuvres de Virgile ; 
Mé qui chanty Titire, Alexi, Coridon, 
EtSeméle endormy so l'ombre d'in brandon , 
I veux do même stilo expliquer la créance 
Et faire ver l'esprit dos hugueneaux de France. 

Nous possédons encore, dans une série de trente et une strophes, 
une chanson joouse sur le siège mis devant Pefers par Va7nirô , en 
1 569 ; une seconde, no« moins joyeuse, composée par un troubadour 
vulgaire à la nouvelle de la prochaine arrivée du cardinal Barborin, 
pourvu de l'évêché de Poitiers par le pape Urbain YIll; mais il n'y 
fut pas installé, Innocent X, successeur d'Urbain, ayant refusé de lui 
donner ses bulles. * 



INTRODUCTION. XI 

Tout le monde connaît le petit recueil de la Gente PoitevinWie , 
publié pour la première fois en 1580 , et que M. de la Marsonnière 
appelle un bouquet lormé des llcurs les plus rustiques et les moins 
choisies (1). Le titre de l'édition de 16G0 porte: 

La Gente Poitevin'rie. 

Tôt de nouvea rcncontri 

Ou Talebot bon et bea 

Fait réponse ù Robinea. 

Lizez ou bain y ve prie 

Pre vous railly de sot'rie 

De beaucoup de ciiicanours 

Qui fasant do méchants tours. 
Avecque le prccez de Jorget et de san vezin, 
Et de chansons jeouses composie in bea Poitevin , 
Et le precès criminel d'in marcassin. 

Il y a encore la Moirie de St-}Ioixont,o lez vervede de f retonte lez 
mitre, dédiée à Madame la duchesse Mazarin par Jean Drovhct, aî)o- 
thicaire au dit lieu ; cnsomble la Mizaillc à Tavni^ toute birolée de 
nouvea que Vamprimou cmmoule; et entin un i)ctit livre anonyme 
imprimé à Loudun , en 1661, sous le titre des Amours de Colas. 
L'auteur, dit M. de Gennes, a dédié son œuvre à une sorte d'aréo- 
page de beaux esprits qu'on appelait Messieurs les économes de la 
Tour-Yolu, réputés , à ce qu'il jmrait, pre les milieux diseux de tote 
la ville de Loudun (?). 

Jje langage d'autrefois , consigné dans les livres que nous venons 
d'énumérer, est encore le langage des paysans de nos jours ; ce sont 
bien vraiment les mêmes mots, les mêmes expressions , les mêmes 
euphonies, les mômes élisions et contractions. Et cette comparaison 
du passé avec le présent serait encore beaucoup plus évidente si, au 
lieu de traduire en vers leurs impressions diverses, les écrivains 
cités enssent préféré les énoncer en prose. Il ne peut échapper à 
personne , en effet , à la lecture de ces poésies , que leurs auteurs , 
très-souvent embarrassés par la rime ou impérieusement commandés 
par la mesure, ont été forcés d'abandonner le mot propre, l'expres- 

(1) Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, tome xxv. 

(2) Discours prononcé à la séance publique de 1862, t. xxvii' des Mémoires 
des antiquaires de l'Ouest, 



XII liNTHOnrCTION. 

sioii originale du palois, pour recourir au uiot, à l'expression de la 
langue académique. Presque tous aussi ont négligé parfois d'écrire 
les mots tels qu'ils sont prononcés. 

Nous avons souvent entendu dire : Il n'y a plus chez nous ou 
presque plus de patois. C'est une erreur. Il est bien vrai que , par 
une délérence trop souvent aflectée, le paysan, devant ses supérieurs 
ou des hommes lettrés , s'étudie à s'ajiproprier le langage de son 
interlocuteur; mais, somme toute , comme il écoute plus qu'il ne 
parle devant ces sortes de personnes , cette étude même n'exerce 
qu'une très-mince iullucnce sur son langage ordinaire. 

Si l'on veut bien en juger , qu'on le surprenne à converser avec 
les siens. Chacun pourra se convaincre alors que le patois est plus 
vivant qu'il ne se l'imaginait de prime abord. 

Nos campagnards pourront donc dire longtemps encore avec ceux 
que ra])bé Gusieau a mis en scène : 

Quand gle fosant quiolay complimentorirs, 
Où gle fûurant mille mantries. "* 



Passe qu'o set en latineas , 

Mais que gle nous laissant parler poitevineas (1). 

Quand on y réfléchit, il est facile de remonter à la source de cette 
perpétuité de langage. Elle est due à l'instruction première, la [)lus 
importante de toutes, que l'enfant reçoit sur les genoux de sa mère ; 
elle s'oublie rarement et se transmet de génération en génération , 
malgré les leçons de l'instruction primaire. Le patois, ici comme 
ailleurs , ne disparaîtra complètement que lorsque les mères cesse- 
ront de le parler à leurs nouveaux-nés. Alors seulement disparaîtront 
tous ces dialectes, toute cette barbarie de langage, qui semblent 
s'obstiner à divorcer si tristement avec notre idiome national. 

L'usage des proverbes n'est pas rare dans le langage poitevin. 
Parmi les plus répandus, nous en avons recueilli un certain nombre 
qui lui sont propres et quelques autres qui ont leurs analogues dans 
la langue française. 

Une personne immobile, sans énergie, est piquée coum' in cloiiza 

(1) La Miière daui paisans au suj^t daux rnangeoux, p. i.i. 



INTRODL'CTION. XIII 

su in finni. Être rouge coume le coff'gna , c'est avoir le visage trop 
coloré. 

A ceux qui aiment le changement de condition , de ferme ou de 
toute autre chose, on ne manque jamais de dire q^ie les ageasses sont 
pretout pigeaudes , pour indiquer que ces changements ne pro- 
duisent rien d'avantageux ; c'est l'équivalent de toute boule qui roule 
n'amasse pas mousse. 

Un gourmand, est aloubi quem' in' chine qu ses chins tétant. — 
L'homme ivre , écorche le renard. — Gu'emporfra poué le courait d' 
la porte, s'applique aux valets ou aux fermiers qui font trop les 
importants avec leurs égaux. — Sortir de chez son maître avant lo 
terme échu, c'est montre su sa f ment courtaude. — Sourdaud quem' 
in' crie, se dit des gens complètement sourds. — Au beau parleur, 
au bavard insupportable, on dit : Quîalle qui t'acopé V gnou n'a pas 
volé ses cinq sous, ou gle caause coum' in geai borgle; ou bien encore : 
C qu' gle dit s tint coume daux caleas su n'ine parche. — Celui qui 
se laisse tromper, né pou mai fin qu' le limât dans la baudouelle. — 
Aver daux perdrigcas, c'est perdre sur des objets achetés trop clier. 
— Ceux qui ne peuvent arracher des légumes à la main , attachant 
lou-z-âne aux charras. — Quand on est languissant, sans courage, 
071 na pas mai d' force quHn achet. — Jaune coum' in cuet^ c'est avoii' 
la jaunisse. — L'homme en colère, est acrèté quem' in jau. — Ni 
brigeni mige ^ ne plus rien posséder. — On fait ine vilaine bugeaie^ 
quand on a des difficultés dans une affaire. — Être pris coum! in 
fouin dan ine bouzine , c'est être pris eii flagrant délit. — Von 
chante qxiem' in bregère su in tarte ^ quand , en chantant, l'on crie à 
toute voix. — Une fille, une femme riche en propriétés, asan cot'llan 
terraillou. — Aver la mandrigorgne , c'est prospérer, autrement dit 
avoir la poule noire. — Porjai la ménetrée ^ est l'analogue de payer 
les violons. - Enfin tout âne parsouné port' in mauvais bât, se dit 
de ceux qui ont des difficultés, des querelles, par suite de l'indivision 
d'une propriété. — V. ces mots dans le Glossaire. 

Avec îc langage subsistent encore les anciennes coutumes , les 
anciens usages, les préjugés et les superstitions des siècles précô» 
dents. 

Chaque année , dans la soirée de la veille de Noël , et cela dans 
tout le Poitou, le plus ancien du logis, entouré de ses enfants et de 



XIV INTRODUCTION. 

ses serviteurs , bénit religieusement et à genoux la bûche énorme 
qui doit brûler pendant les trois fêles ou pendant toute Toctave de 
cette grande solennité, et que l'on appelle, dans l'arrondissement de 
Poitiers , le tréfougeau . ailleurs moucheron ou cosse de Nau. Il faut 
conserver un tison de cette bûche jusqu'à la Noël suivante. 

C'est , avec un morceau de pain bénit de la fête , un préservatif 
assuré contre les sorciers et le feu du ciel. Comme les générations 
qui l'ont précédée, la génération actuelle peut donc aussi chanter ces 
strophes du noel poitevin : 

Peux qu'ol est la coutume 

De se chauffi au tréfougeau 

Pre n'aver thou ni rumo. 

Le poin beny abonde 

Don les troa moessos au point du jour 

Aussi bon qu'à la gronde. . 

01 est la sauvegarde 

Contre les tonnerres et sorcez. 

Le bon Dieu nous in garde. 

Les animaux de travail ne sont pas oubliés non plus dans cette 
veille solennelle ; ils ont leur réveillon, appelé guil/oneu dans le Châ- 
telleraudais. Ce guilloneu est une ration de la meilleure pâture 
qu'on leur donne par surcroît. Ce général et constant usage est 
suffisamment justifié parla légende que nous avons entendu raconter 
dans cette contrée. Un cultivateur , soit par obstination à ne point 
suivre la coutume, soit par oubli, était ahé à la messe de minuit sans 
avoir préalablement administré le guilloneu à ses bœufs. A son 
retour, voulant s'assurer si les bêtes parlaient dans cette nuit mys- 
térieuse, il entre dans l'étable et arrive précisément à ce moment où 
l'un d'eux, Rosé, supposons-nous, disait à soTi camarade : Châtain , 
que feras-tu demain? — Je porterai mon maître en terre. Et la pro- 
phétie eut son entier accomplissement. Aussi , depuis cette époque, 
jamais cultivateur n'a oublié de donner le guilloneu à ses bêtes de 
travail. 

De même tous les ans , la veille de la Saint-Jean-Baptiste, chaque 
village allume , après l'avoir béni, le feu appelé fougeau de St-Jcan 
dans l'arrondissement de Montmorillon, et partout ailleurs ^'o//awwe>, 
jaunée ou feu nouvea. 



INTRODUCTION. XV 

Tandis que ce feu brûle, et cet usage existe dans le Montmorillon- 
nais, et avec quelques variantes dans le Civraisais, les bergers et les 
bergères passent plusieurs fois dans les flammes, jusqu'à ce qu'elles 
soient vralées , pour employer le mot patois, des baguettes de noise- 
tier coupées la veille dès le matin. Au bout de cette baguette est un 
nœud d'herbe dite de la Saint-Jean , où pend une noix verte. Il faut 
mordre neuf fois dans celte noix pour se préserver du mal de dents 
pendant l'année. On nous a donné la recette comme infaillible. 
Chaque baguette , soigneusement conservée , est le préservatif de 
certaines maladies qui , sans celte précaution , ne manqueraient pas 
d'atteindre le troupeau. 

De leur côté , les adultes ont le soin de ceindre une guirlande de 
l'herbe de la Saint- Jean et de se chauffer les reins , afin de se pré- 
server du renard pendant les métives^ c'est-à-dire des douleurs rhu- 
matismales; puis, quand le feu va s'éteindre, après quelques rondes, 
chacun jette sa pierre dans le fongeau. Celui qui jette la plus grosse 
est assuré de récolter les plus belles rahes de la contrée. Dans le 
canton de Civray, la môme chose est assurée à ceux qui ont le cou- 
rage, en sautant par-dessus les flammes, d'appuyer un pied dans ce 
foyer embrasé. 

Ici ce sont de petites branches de noyer que l'on expose de la 
môme manière à l'action du feu, et que l'on passe dès le lendemain 
sur le dos des animaux domestiijucs pour les préserver de maladies. 
Là, de semblables branches, cueillies le malin seulement de la fête, 
avant le lever du soleil , sont placées , dans le même but , à chaque 
porte des étables. 

Partout aussi c'est l'usage de jeter des pierres sur le feu presque 
éteint, mais pour diverses raisons. La principale serait de marquer 
sa place pour l'année suivante , surtout dans les localités où les 
pierres sont disposées en cercle autour du foyer; ailleurs, ces pierres 
doivent servir de siège à la sainte Vierge. Dans le canton de Neuville, 
les hommes mariés qui n'ont pas d'enfants jettent "leur pierre pour 
en avoir ('ans le cours de l'année. 

Il y a encore des contrées où les mères de famille ont la précaution 
d'emporter un petit tison enflammé qu'elles éteignent à la maison 
avec de l'eau bénite ; elles le déposent ensuite ou sur le ciel du Ut ou 



V 

XVI INTRODUCTION. 

sous le chevet, afin de préserver la famille et la maison des atteintes 
de la foudre. 

Enfin, dans les communes où filles et garçons ont maintenu 
l'usage de sauter par-dessus le feu , c'est à dessein de se mettre à 
l'abri de tout accident jusqu'à la [Mochàïne johannce. 

Les sorciers, les devins, les charmeux , les touchenx, les adoubeux 
eirebouicux^\es empiriques^ exercent toujours une fâcheuse influence 
sur l'esprit de nos campagnards. Le vocabulaire patois a même 
divers mots qui indiquent les formes différentes sous lesquelles peut 
se produire l'ensorcellement. 

Il y a Y aehamaraudcmcnt , le canninement , encarminement ou 
encalminement , V emboueaudcment , V embonsinement et Vensalbat- 
tement, etc. 

Celui qui est ac/iamaraudaise trouve sous la puissance immédiate 
d'Acham, l'un des habitués du sabbat. On le conjure le jeudi , dans 
la nuit , de 2 à 3 heures , en lui offrant un morceau de pain et en 
faisant un cercle autour duc^uel on écrit : Par le Dieu saint ; Nasim, 
j, j, h, m, a, et on prononce la formule : Tiens, viens, etc. 

Vencanniné^ comme 1 indique le mot, est sous l'influence de cer- 
taines paroles ou chants magiques qui varient à l'infini. 

Dans Vejnboucaudemeni , on est sous l'empire du président et 
maître des sabbats , que l'on représente sous la forme d'Cin grand 
bouc noir aux veux étincelants. 

Veinbousinemcnt est le résultat du sort qui provient de quelques 
mauvais lieux. 

Vcnsalbattement est , sans contredit , de tous les sorts le plus 
funeste, si l'on en juge d'après le sens du mot. Il doit, en effet, 
partir directement de l'assemblée môme du sabbat , et, par consé- 
quent, avoir été décrété par la majorité, sinon la totalité des délibé- 
rants , dont le nombre est immense. 

Heureusement tous ces pauvres affligés du sort ont un sauveur 
assuré dans le devin ou la devineuse , car, dans nos campagnes , les 
devins n'ont pas l'unique pouvoir de lire dans l'avenir, mais ils ont 
encore celui de déhvrer les ensorcelés des sorts qui les obsèdent. 

Bien que cette double superstition ait sensiblement diminué, çlle 
est néanmoins encore assez profondément enracinée dans l'esprit du 



INTRODUCTION. XVII 

plus grand nombre ; on l'entretient comme à plaisir dans l'imagi- 
nation des enfants , soit par tous les contes qui leur sont débités à 
plaisir , soit par la crainte qu'on leur inspire d'une foule de bêtes 
fantastiques. 

Au premier rang il faut placer la chasse-galerie ou chasse-briquet , 
dont les cris effrayants se font entendre pendant la nuit ; la Bigourne 
ou Bicorne^ l'une des déesses du sabbat ; le Guémar, qui rôde le soir 
autour des habitations, etc., etc. 

Le pouvoir des charmeux s'étend sur bêtes et gens, à ce point que, 
sous le contact de leur art , ils ne peuvent ni avancer, ni reculer, ni 
respirer , ni parler, et encore moins se livrer soil au bien , soit au 
mai. 

Les toucheux ont le talent ineffable, par leur seul toucher , d'ar- 
rêter immédiatement les progrès de la brûlure et des virus que 
communique la morsure de la vipère et des chiens enragés. Leur 
pouvoir est tel qu'ils peuvent môme arrêter le virus parle seul effort 
de leur volonté , dès qu'on leur indique le prénom de la personne 
atteinte du mal. 

Les empiriques connaissent et guérissent tous les maux passés , 
présents, futurs, nouveaux : en particulier, les fluxions de poitrine 
avec l'eau exprimée des orties assaisonnées de sel et de poivre. Ce 
sirop , ainsi édulcoré , est connu dans quelques communes sous le 
nom des aives, et chaque habitant s*en approvisionne pour toute 
l'année. 

La maraie (sorte de gangrène ou de corruption) est radicalement 
guérie en l'exposant sur une flamme produite par une poignée de 
foin légèrement humectée et saupoudrée de sel. L'on se préserve 
même de cette maladie en portant constamment du sel sur soi. 

La chaple (abcès ou tumeur) est traitée par le charpentier du 
village. Le remède est souverain si celui qui l'applique représente la 
troisième génération de charpentiers de sa famille ; surtout il est 
d'une simphcité à faire envie à quiconque redoute le bistouri du 
docteur. Il lui suffit de faire un signe de croix sur la chaple avec 
sa hache , en prononçant quelques paroles que nous ne connaissons 
pas. 

Et il y a des siècles que ces superstitions sont en vigueur et se 
maintiennent ! Qui pourrait en assigner le terme ? Hélas ! la super- 
xx\n. %* 



XVIII INTRODUCTION. 

stition est le fond de notre nature viciée, et, bien que nous ne soyons 
pas de la caste des devins, nous oserions presque avancer que, sous 
une forme ou une autre, sortilège, empirisme, fascination, magné- 
tisme, ta])les tournantes, spiritisme , elle se perpétuera dans toutes 
les classes de la société jusqu'aux dernières générations. 

Mais les préjugés de nos paysans sont tels que la mode môme , 
cette déesse capricieuse et séduisante qui étend son joug du sommet 
à la base de réclielle sociale, n'a pu parvenir à détruire le costume 
traditionnel dans quelques contrées de notre vieux Poitou. S'il était 
donné au prieur de Doix de secouer la poussière de sa tombe , il 
retrouverait sans peine les viiis de son temps, et il pourrait faire dire 
au nouvel époux, guières fin^ d'une nouvelle marjolette : 

Tantous o l'y faut daux bourgnons, 
Tantous in croupère, 
In garde robe , in cotillon , 
Daux coeffcs , daux brassères ; 
Pre sa drolesse , in bonnet gris; 
Pre Jacquet et Jean , daux vitis (l). 

Si les anciens pastoureaux de Porteriez et de St Moixont étaient 
admis de nouveau à rendre leurs hommages à Jésus naissant , ils 
pourraient aujourd'hui , comme autrefois , lui offrir l'accoutrement 
de sarye, et, queme on dit au village, Vy brocher in calaud. 

Ils reconnaîtraient parfaitement, parmi les vêtements des hommes, 
ici le vraau, la robe revelinonte, là le serpillas, le senoiron, la daumée 
et la biaude , diiWenrs les culottes à pont-levis, la grand' chemise, et 
partout les gamaches et les sabarons ; parmi ceux des femmes , le 
Justin, le bourrelet, le perpouin, le cor-au-chat , la gatinelle^ le car- 
nnrjuin, [q godiâon, là devantère aque sa bravatte e{\esôi\Grs cof llans; 
à la manière dont elles se coiffent , le carolon , qui rappelle , au dire 
de M. Roudier, le chaperon de Charlemagne , la bourlce,\a cornette 
à bourgnon, la coiffe barbinetée, le qvignon , le calot , la cayenne , le 
bignolon ou guignolet , la béguineite , la pantine à trois quartiers, la 
calotte et la cornettr , que soutiennent ou ornent le frontonge , le 
floque ou floquet et les ribandeas. V. ces mots dans le Glossaire. 

Il n'est pas jusqu'à certaines friandises qui n'aient bien leur cachet 

(1) Poésies patoises. p. 23. 



INTRODUCTION. XIX 

d'antiquité locale. Tout le monde connaît la crêpe poitevine , la 
manière de la préparer, de la faire cuire et de la sauter dans la poôle 
à frire ; mais plusieurs ignorent probablement pourquoi nos cam- 
pagnards se font un devoir scrupuleux de sauter la crêpe à trois 
époques principales de Tannée, savoir : le premier jour de l'an, le jour 
de la fête de la Chandeleur elle jour du mardi gras. Le premier jour 
de l'an , c'est pour avoir de l'argent toute l'année ; à la Chandeleur, 
afin que la pâte lève parfaitement dans la met et au four, et à l'époque 
du Carnaval, pour préserver les blés de la nuble (1) pendant la flo- 
raison. 

Dans les cantons de Chauvigny et de Saint-Savin , les bergères 
sautent aussi et mangent la crêpe au jour du dimanche gras , et 
réservent celles dites crêpes à rajasse; elles les jettent aux branchages 
élevés dos grands arbres , afin d'intéresser par ce mets délicat la 
reconnaissance de toutes les pies de la contrée. Ce sont alors autant 
de sentinelles avancées toujours disposées à avertir leurs bienfai- 
trices , par leurs cris acres et stridents , de l'approche de l'ennemi , 
loups et gardes champêtres. 

C'est le baigneton , sorte (le pâtisserie légère frite dans la i^oêle , 
qui , pendant les fêtes grasses , fait le régal des habitants du canton 
de Pleumartin. Si l'on fait le signe de croix en mangeant le premier 
et si l'on prononce ces mots : Baigne ^ baigneton^ fais fuir nielles et 
chardons^ les champs seront assurément délivrés de ces plantes 
parasites. 

Le cassemuseau de Poitiers, pâtisserie très-anciennement recher- 
chée et en fort grande renommée, est bien au-dessous aujourd'hui, 
si l'on en croit les amateurs , de sa primitive réputation. Il fut ainsi 
nommé , d'après d'anciens comptes des confréries , parce qu'on le 
jetait à la tête des pauvres gens quand on voulait les en gratifier. 
(Monteil, Hist. desFr.,t. 2.) 

Le naulet est une autre pâtisserie de circonstance qui a la forme 
grotesque d'un petit enfant. Naulet, en Poitou, veut dire enfant. Ce 
bonbon ne se vend , dans les rues de Poitiers , que de la Noël à la 
fête des Rois. La merlusine de Lusignan rappelle , sous forme de 
gâteau , la terrible fée, moitié femme et moitié serpent , si redoutée 
au moyen âge dans cette contrée. 

(I) La carie des blés, 



XX INTRODL'GTION. 

Dans le Châtelleraudais, et spécialement dans la capitale de cette 
ancienne vicomte, le souvenir de la cérémonie druidique, le gui l'an , 
neuf, s'est perpétué jusqu'à ce jour sous la dénomination de guil- 
loncu. C'est une pâtisserie très-légère , fort recherchée des enfants , 
et qui compte parmi leurs cadeaux d'étrennes. 

Dans les campagnes, il y a la fouée, ainsi appelée de son mode de 
cuisson ; j'est tout simplement un morceau de pâte que l'on jette 
sur le foyer du four, tandis qu'on le chauffe. Le torfiau-bauduche est 
un petit pain que l'on fait la veille de Noël ; on le conserve d'une 
année à l'autre pour préserver le pain de la moisissure ; il sert aussi 
à guérir les chiens de la rage , en leur en donnant à manger dès 
qu'ils ont été mordus par des chiens enragés. Ailleurs , dans le 
canton de Pleumartin, il y a la galette Bauduche. C'est aussi un petit 
pain rond. Mais son usage n'est plus le môme. Il sert à invoquer 
Ste Bauduche pour ohtenir un temps sec et serein quand on veut 
faire la buée (lessive). Les ménagères le préparent quelques jours 
seulement avant cette importante opération, puis elles le donnent au 
premier pauvre qui se présente à la porte, et c'est lui qui est chargé 
de faire les prières à la sainte pour ohtenir le temps favorable. La 
même coutume existe dans les environs de Parthenay. 

La soupaloué a une origine toute religieuse , si l'on en croit la 
tradition. L'usage n'en est permis que le jour de la Chandeleur, en 
mémoire du festin que donna la Vierge Marie aux dames ses voi- 
sines qui, ce jour-là, l'accompagnèrent au temple, à l'occasion de ses 
relevailles. La soupaloué est une tartine de pain blanc trempée dans 
des œufs battus que l'on fait cuire dans la poêle, au beurre, à l'huile 
ou à la graisse. Elle est plus agréable au goût quand elle est saupou- 
drée de sucre , ce qui se pratique assez généralement aujourd'hui. 
C'est ce que l'on appelle soupe rousse^ soupe dorée dans l'arrondisse- 
ment de Civrav et ailleurs. 

Et , puisque nous venons de nommer Civray, nous n'oublierons 
pas de mentionner ses tourtias à la fougée^ qui n'ont d'autre mérite 
que celui de la fouée châtelleraudaise ; le tortia fremagé , sorte de 
gâteau composé , ainsi que le mot l'indique , de pâte et de fromage ; 
le farfignac. que l'on fait avec de la marmelade de pommes et de la 
pâte ; le sigalé ou saligalé , galette de farine de maïs que l'on fait 
cuire au four sur des feuilles de chou. Tous ces gâteaux se font 
aussi dans l'arrondissement de Melle. 



INTRODUCTION. XXI 

La galette de Nau est un petit pain que l'on conserve avec soin ; on 
en donne aux femmes et aux femelles des animaux pour les délivrer 
promptement de la mère (arrière-faix) . 

Avec ses naulets , le pays de Montmorillon possède : le clafoti , 
mélange de farine , de lait et de cerises , que l'on fait cuire au four 
dans un moule à tourte ; le goueron , variante du précédent ; on y 
mêle des poires ou pommes coupées par tranches ; la moijée^ sorte de 
bouillie que l'on fait pour les maçons le jour de l'Ascension. La teblée 
et la gouillère ne diffèrent que par leurs noms du tortia et de la 
fouée: la première tire son nom de la tèble, pour tuile, sur laquelle 
on la fait cuire, et la seconde de la gueule du four auprès de laquelle 
elle est déposée. 

Il faut en dire autant du préfour vendéen; mais cette contrée est 
renommée, en outre, par ses aglises etmérisses^ brioches composées 
de beurre , de farine et de sucre ; le canton de l'Isle-Jourdain , par 
ses galetous : c'est un mélange de pommes de terre râpées et de 
farine de froment ou de farine de sarrasin. 

Ghef-Boulonne a ses prunis^ gâteaux de prunes ; Bressuire et Thc- 
nezai ont leurs alises. 

Enfin la cornuelle ou fouace cornue^ autrefois très-répandue, ne se 
rencontre plus ^^uère que dans quelques lieux privilégiés : c'est un 
gâteau de forme triangulaire que l'on donne aux enfants le dimanche 
des Rameaux , et qu'ils portent, pendant la procession, suspendu à 
leur rameau béni. Elle est connue à Airvault sous le nom de fuie. 

De ce que nous avons exposé au commencement de cette intro- 
duction il résulte : 

1° Que le patois poitevin est un mélange confus de mots, d'ex- 
pressions et de désinences qui appartiennent aux divers dialectes 
voisins de notre province , qui se sont formés à la suite de la déca- 
dence de la langue romane ; 

2° Qu'il peut être considéré comme un spécimen des modifications 
multiformes que ces dialectes ont subies ; 

3° Que le langage est à peu près stationnaire depuis le xvj^ siècle, 
ainsi qu'il est facile de s'en convaincre en comparant le patois d'au- 
jourd'hui avec celui des écrits qui sont parvenus jusqu'à nous. 

Si nous avons ajouté enfin aux observations crifiques que nécessite 
notre œuvre des détails de mœurs , coutumes , superstitions , etc., 



XXII INTRODUCTION. 

c'est que nous avons [jcnsé que ces documents réunis seraient pour 
l'observateur comme un tableau saisissant de la vie intime des villa- 
geois de notre pays , et que nous lui épargnerions la peine de le 
composer lui-même , en recherchant ces documenls à chaque mot 
qui les enseigne. 

Déjà quelques travailleurs, M.M. Rousseau, Beauchet-Filleau,Mau- 
duyt père, Cardin et mademoiselle Poey-d'Avant, nous ont devancé 
dans cette œuvre si ardue d'un glossaire du patois poitevin, et, certes, 
nous avons puisé largement dans les documenls qu'ils ont mis à 
notre disposition avec tant de bienveillance. Toutefois, chacun d'eux 
n'ayant étudié que le patois d'une contrée en particuher, nous avons 
pu faire une ample moisson dans un grand nombre de lieux inex- 
plorés jusqu'à ce jour, et rencontrer ici et là des mots inusités ou 
tombés en désuétude ailleurs. Nous avons pu constater aussi , en 
générahsant notre travail, que tel ou tel mot, telle ou telle expression, 
que l'on croyait proj^re à une locahté en particulier, était parfaite- 
ment en vigueur dans des locahtés voisines, souvent dans la province 
entière, mais avec variation de désinence ou de lettres, soit au com- 
mencement , soit au milieu des mots. Au reste , nous rendons à 
chacun ce qui lui est dû , en indiquant et la source où nous avons 
puisé et les lieux où le mot est en usage ; et cela, non pour aftirmer 
qu'il ne le soit pas ailleurs , mais pour spécialiser seulement les 
localités où il nous a été donné de le recueiUir. 

Ce travail d'ensemble sur notre langue poitevine est le fruit de 
plusieurs années de recherches et d'études. Les recherches de mots 
nous ont été très-gracieusement facilitées, pour l'arrondissement de 
Montmorillon, par MM. Ricordeau,curé d'Adriers, aujourd'hui doyen 
de Lussac ; Rouet, curé de Saulgé ; Brisson , curé de Luchapt, et 
Magnon , curé de Moulismes ; pour l'arrondissement de Civray, par 
M. Guinot. instituteur communal à Oiré ; pour les arrondissements 
de Niort et de Melle , par M. Bouin , curé de Sainte-Blandine ^ pour 
ceux de Parthenay et de Bressuire , par M. Robert , en ce moment 
fadeur à la gare de Menars , et en particulier pour les cantons de 
Thénezai,d'AirvaultetdeChàtillon,parM. Deveau, doyen d'Airvault; 
partout aussi par plusieurs villageois avec lesquels nous nous sommes 
mis en relation , et de la bouche desquels nous avons recueilli la 
plupart des phrases que nous citons. C'est ce qui nous a permis 



INTRODUCTION. XXIII 

d'établir avec certitude les diverses variations de désinences, de lettres, 
etc., qui existent d'un lieu à l'autre. Aussi chaque mot de ce glos- 
saire a été reproduit tel que nous l'avons entendu prononcer. 

Pour ce qui est des étymologies des mots, nous les avons détermi- 
nées , croyons-nous , d'après les règles modernes indiquées à cet 
égard, et en tenant compte, en cela et pour quel(|ues autres détails, 
des judicieuses observations qui nous ont été faites par les membres 
érudits de la commission de la Société des antiquaires de l'Ouest 
chargés d'examiner notre œuvre (1). De même, quand le cas se pré- 
sente, nous indiquons dans un ordre invariable les mots des divers 
idiomes que nous avons consultés ayant quelque analogie avec ceux 
de notre dialecte, ainsi que les corrélatifs de notre langue française 
employés dans un autre sens. Nous n'avons pas oublié non plus de 
mentionner à la suite les noms de lieux du département de la Vienne 
qui puisent leur origine dans notre patois; et, disons-le en termi- 
nant, si notre travail n'atteint pas complètement le but qu'exige une 
entreprise de ce genre, nous espérons que l'on pourra nous rendre 
ce témoignage qu'il a été traité avec toute la conscience réclamée 
par un ouvrage sérieux. 



(1) Cette commission se composait de MM. Audinet, Cardin, Ménarcl et 
Rédet. 



OBSEllYATIONS GRAMMATICALKS 



SUR 



LE PA.XOIS r^OITEVIIV 



DES LETTRES. 

Les lettres, les syllabes, les diphthongues subissent diverses muta- 
tions qui altèrent la nature d'un même mot, souvent de canton à 
canton, de commune à commune, et quelquefois dans la môme 
commune. 

Cette mutation s'applique aussi aux mots français que les habi- 
tants s'approprient. Nous avons cru nécessaire d'en faire l'énuméra- 
tion, par ordre alphabétique , en indiquant les localités où chaque 
mutation a heu. 



Ac, sonne a, Lussac, Lussa. (V. arr. de Montm.) — Ai, owé, affaire, 
ajfouère. (D. -S. —Vend. Gàtine).— Ai,ais, ^/c j'ai, i'ae, j'avais, t'ai^ae. 
(Vend. Sab. Chaum.— D.-S., c. de Celles.) — Ai, ais, i : j'aimerai , 
j'aimerais, ramen. (V. Voui.,Mireb., Neuv., St-Remi, près Montm. 
— D.-S.,c. Thénez., Airv., etc.)— Ai, ais, Vé : je servirai, je servirais, t 
servirié. (V. St-Saviol.) - Ai, ot, main, mom. (V.~D.-S., Gâtine. l'- 
Ain, ann,mai\n,ma7in. (Vend., Sabl., Chaum.)— Al, au, ou .-mal, mau, 
mou. (V.— D.-S.— Vend.)— An, in: dimanche, diminche. (Vend. — 
D.-S., Gàtine. — On, an, toison, toisan. (Dans presque tout le Poit.)— 
Au, aou, causant, caousant. (D.-S., arr. Mel.)-Au, ou, autre, outre. 
(Vend., Sab. Chaum.) 



E muet est toujours nul. — E sonne ai, aimé, aimai. (V.— D.-S. — 
Vend.)— E, aie, fermeté, fermetaie. (V., arr. Civ.— D.-S., arr. Niort. 



XXVI INTllODUCTlOiN. 

Parlli. — Voiid.) — E, èe, pomme, ;)o?/i//2e>. (V., c. Isle.-Jour. , Luchapt.) 
— E, er, a. -bonté, causer, bonta^ causa. (V., an*, de Montm.) — E, ce, 
i ; curé, assemblée, curi, asscifiblie. (D.-S., c. Maz., Airv., Thénez. — 
V., c. Mirb., Nouv., Monte. — Vend.) — Eau, a, chapeau, chapa. 
(D.-S. — Vend. )=ifa, morceau, ?/?orrrrt. (V.,c. Monte, Mireb.— D.-S. 
— Vend. )=^î\ boisseau, baissai. (V., c. Montm., Isl.-Jour. — D.-S., 
c. Cel. — Vend. j^^", couteau, fOî//é. (D.-S., arr. Mel.)=/a, beau, 6/a. 
(V. — D.-S. — Vend.)— E, est, cu^ échine, cuchine^ est, eu. (V., c. 
Mireb., c. Monte.)— Ei, a, seigneur, 5«^nor. (D.-S., arr. Mel.) — Ei^ 
de, \)c'me , pdene. (Vend., Sab. Ghaum.) — Ei, o/, peine, poine. 
(D.-S.— V. — Vend.) — En, ein^ prendre, prcindre. (D-S., arr. Mel.) 
— En, m, entier, intier. (D.-S. -Vend. — Gâtinc.) — En,o, enfer, ofer. 
(Vend., Sabl. Ghaum.) — En, 'on, appartement, appartcmont. (V. — 
D.-S. — Vend.) — Er, de, tromper, irotnpde. (D.-S., arr. Mel. Vend.) 
— Er, ai, s'emparer, s'emparai. (V. — D.S. — Vend.) — Er, i, pécher , 
pêchi. (V., c. Mireb., c. Xeuv. — D.-S.— Ghàt., Thén., Airv., c. Isl- 
Jour.,Luch.)— Et, 6^/e,quinquet, ^w/?igî/e^^e.(V.,Monts-s.-Guesnes.) 
— Eu,oi,peu,;;oî. — Eu, Ufheure\i,huru. (V., c. Monte, c. Mireb.) — 
Eur, eux, ou, our : seigneur, seignour , malheureux, malheuroux. 
(D.-S.,c. Maz», Marais. — V., c. Civ. , c. Monte, c. Montm., Isl.-Jour.) 



I sonne é, eiy Ghampigny , Champegné ^ plier, pleier. — V., c. 
Montc.,Maze.— D.-S.— Vend.)— lé, é, \)ied,pé. (V.— D.-S. -Vend.)— 
lé, ied, 7, pitié, piti, pied, pi. (V., c. Montm. St-Remi. — D.-S , Airv., 
Thén.)— 1er, a, grenier, grena. (V., arr. de Montm.) —Il, ai/, baril, 
barail. (Vend., Sabl., Ghaum.) — 1er, t, taillandier, taillandi {y . y c. 
Isl.-Jour., Luch.) — In, ann, vin, vann. (Vend.. Sabl., Ghaum.) — In 
t, brin, bri. (V., c. Mireb-, c. Isl.-Jour., Luch.)— Ine, aiwe, poitrine, 
poinf raine. r\'. — D.-S. — Vend.) — Ir, re, courir, courre. (D.-S. — 
Vend.j -Is, iche, pistolet, pichetolet. (D.-S., arr. Mel. — Vend.) 

O 

0, a, apôtre, apatre. (V., c. Mirb., Massognes.) — 0, ai, encore , 
encaire. (V.,c. Montm.., Isl.-Jour.)— 0, ou, rôté, coûté. (V. — D.-S. 
— Vend.) — Ûi, an, moindre, mandrc. (D.-S.— Vend.)— Oi, as^ pour- 



INTRODUCTION. XXVII 

quoi, precas. (Vend.).— Oi, e, étoile, ctellc. (V. — D.-S.-Vend.)— Oi , 
fw, voir, veur. (D.-S., arr. Mel., Gàtine.) — Oi, oin, poignarder, poin- 
gnarder. (V.— D.-S.— Vend.) — Oir, air, voir, vair. (C. Montm., St- 
Remi.) — Oir, ear, apercevoir, apercevear. (D.-S.— Vend., Marais.)— 
Oir, ei\ avoir, aver. (V. — D.-S. — Vend.) — Om. ///}, tombe, iiînbc. 
(V., c. Montm., c. Mireb. - D.-S.— Vend.)— On, a??, maison, ?naisa7i. 
(V. — D.-S. — Vend.)— Ou, /«, poisson, poissi)i. (V., c. Mireb., Neuv. 
D.-S. — Vend.) — On, ou, cbausson, c/mussou. (V., c. Montm., Isl.- 
Jour.) — Ou, u, toux, iu.sse. (V., c. Montm.,lsl.-Jour.— D.-S.— Vend.) 
OEu, u, bœuf, bu. (V.-D.-S. - Vend)— UEur, m, sœur, su. iVend., 
Sabl., Cbaum.) 

V 

U, eUy prune, prenne. (V., c. Montm., c St-Sav.) — U, ou, fuir, 
fouir. (V.-D.-S.— Vend.)— Ui, eu, fruit, frcut. (V.- D.-S.— Vend.) 
— Ui, /, fruit, frit. (V.— D.-S. —Vend.) - Un, ann, brun, brann 
(Vend., Sabl., Chaum.) 

R 

R final ne se prononce point : périr, péri. 



T final se fait toujours sentir dans certaines localités, et en parti- 
culier dans les arrondissements de Poitiers, Cbàtelleraud et Mont- 
morillon. 



V devant rest souvent sui)ijriiné, pauvre, paure. 

DU SUBSTANTIF. 

En général les substantifs du patois poitevin suivent les règles 
ordinaires admises par la langue française. 

Il faut en excepter les noms terminés par cl, al; ils font au singu- 
lier a w, mortel, ;^/o;7aw , cheval, chcvau. Au fait au contraire a/5 
au pluriel, des cbevaux, des chevals. 



XXVIIl INTRODL'GTlOrs. 

Ail, eilf pour œtV, et les autres substantifs ainsi terminés, ne su- 
bissent aucun changement au pluriel : un a//, un œil, des ails, des 
œils. 

DE L'ARTICLE. 

L'article en patois est dau , deu , do , dou pour le masculin et le 
féminin, dau pain, f/ew beurre, dou fromage. 
Au pluriel, daux, de us, dos, dous. 

DE L'ADJECTIF. 

Les adjectifs masculins terminés par ou, our, ont leur féminin en 
ouse, bigassou, bigassour, bigassouse. 

DES ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS. 

Suivant les localités ces adjectifs sont : 

Masculin. Féminin, 



Quiau. 

Quiel. 

Quieu. 

Quiou. 

Quo. 

Quou. 

Tiau. 

Tieu. 

Tiou. 

Tchel. 

Tchiou. 



Ce, cet. 



Quale. 

Quialo. 

Quielle. 

Quiellée. 

Quette. 

Quiette. 

Tialle. 

Tielle. 

Tchelle. 

Tchielle. 



Cette. 



Remarque. — Tous ces adjectifs prennent la lettre euphonique / 
devant une voyelle. 



Pluriel des deux genres. 

Qués. 

Quelles. 

Quiès, 

Quièlai. 

Quiellés. 



Ces. 



INTRODUCTION. 



XXIX 



ADJECTIFS POSSESSIFS. 







Masculin. 


» 


Mingne. 


Mon. 


Singne. Son. 


Tingne. 


Meu. 




Seu. 


Teu. 


Min. 




Sin. 


Tin. 


Moun. 




Souné. 


Tonné. 


Mo une. 








Netre. 




Vetre. 


Lau. 


Nete. 




Vête. 


Leu.' 


Neutre. 




Veulre. 


Lou. 



Ton, 



Singulier. 



Noute. 


Notre. 


Voûte. 


Votre. 


Lour. 


Nouté. 




Voûté. 




Loute. 


Noutre. 




Voutre. 




Louté. 


Noutré. 




Voutré. 







Leur. 



Pluriel. 



Nou. 


Vou. 


Laux. 


Nouté. 


Voûté. 


Lours. 
Glours. 
Lourées. 



ADJECTIFS INDÉFINIS. 



Quauque. 




Queque. 


Quque. 


Quièque. 


Tieuque. 


Quieuque. 


Teiiieaque 


Tau. 


Tel. 


Queu. 




Quo. 


Quel. 



Quelque. 



XXX INTRODUCTION. 

DES PRONOMS PERSONNELS. 

Pour la première personne : /, ie, ma^ mâe^ mai, maie^ me, meiey 
mée, jneu, mo, 77ioie, je me, moi ; /, 7ie, nous. 

Pour la 2« personne , ta, tae^ tai, taie, té, téc, téie, teu, to, toie , 
te, tu, toi ; ve, vous. 

Pour la 3* personne : gle, le, il, ils ; ail, eil ne s'emploient qu'in- 
terrogativement ; auy o, ou, le; gli^ lé, H, lui; a, aile, ielle, elle ; 
sa, sai, se, si,soué, soi ; in, en ; ieux, gleux, eux ; alles^ allées, ellées, 
ielles, elles ; Ieux, lours, leurs. 

On dit euphoniquement zeux, zeaux, zellées. 

DES PRONOMS DÉMONSTRATIFS. 

Ces pronoms sont : 

O, ceci, cela, ce, cet, le, la. 01 par euphonie devant les voyelles, 
n est usité dans la langue romane comme pronom relatif employé 
neulralement. 11 tient aussi lieu du pronom il, surtout comme sujet 
des verbes impersonnels. 

Masculin. 

Cholé. Quouquiqui. Celui-ci, celui-là. 

Quieuquiqui. Quoqui. 

Quiauquiqui. Quouqui. 

Quiaula. Tiauqui. 

Quieuqui. Tchouqui. 

Quioqui. Ququi. 



Quoulé. 



Féminin, 



Quallequi. Tiellequi. Celle-ci, celle-là. 

Quiellequi. Tcliiellequi. 

Remarque. — Le pluriel dans ces pronoms est pour le masculin : 
quiéqui, qualéqui , etc.; pour le féminin, qualléesqui, tiellées- 
qui, etc. 



INTRODUCTION. XXXI 

DES PRONOMS RELATIFS. 

Masculin, Que, qu, qui; qué^ quoi; qu, queu, qui, quo, que. 
Le queu, le quiu, le quieu, le quo, le quiou, le queul , le tiru, le 
tchicu, lequel. 

Féminin : La queue, la tieue, la quielle, la quiette, etc., laquelle. 
Pour le pluriel, ajouter un s, z oux. 

DES VERBES. 

VERBE AUXILIAIRE AVOIR. 

Il diffère du français, dans la plupart de ses temps; nous donnons 
les plus irréguliers. 

Indicatif j^résent. 

Première pers. pi. avons, avant, ons. 

Imparfait. 

I avas, ou avé, j'avais. 

T'avas, ou t'avé, tu avais. 

Gl'avet, il avait. 

Gl'aviant, ii'aviant, nous avions. 

V'avé, vous avez. 

Gl'aviant, ils avaient. 

Passe défini. 

l'oguis, j'eus, etc. 

Gl'oguit. 

l'oguimes, n'z'oguimes. 

Y'zoguites. 

Gl'oguirant, curant, euriant. 



XXXIÏ INTRODUCTION. 

Passé indéfini. 

l'ai ogu. J'ai eu. 

T'a ogu. Tu as eu, etc. 

Gl'at ogu. 

l'avant, n'zant ogu. 

V'avé ogu. 

Gl'avant, gl'ant ogu. 

Passé antérieur'^ 

l'oguis ogu ou oguiu. J'eus eu. 

T'oguis ogu. Tu eus eu, etc. 

Gl'oguit ogu, 

l'oguimes ogu. 

V ogu lies- ogu. 

Oroguirantogu. 

Impératif. 

Ege, ou eche , aie, 
Egeons, échons, ayons. 
Egez, échez, ayez. 

Subjonctif présent ou futur. 

Première pers. Qui ege^ eche^ ou aisse, que j'aie. 

Première pers. plu. Qui pgiant ^ échiant ^ ou a'issions ^ que nous 
ayons. 

Troisième pers. plu. Quglégrantf échéant, ou aïssiant , qu'ils 
aient. 

Infinitif présent. 
Aver, avoi, avai, avoir. 

Passé, 
Aver ogu, avoir eu. 



INTRODUCTION. ^ XXXIII 

Participe présent. 

Egcant, ccheant, ayant. 

Ogu, ogiiiu, egeant ou échéant ogu. 

Remarque. — Patois limousin, infinitif présent : oveï^ avoir ; parti- 
cipe passé, ogu. 

Provençal : participe passé, agu. 

VERBE AUXILIAIRE ÊTRE. 

A part l'impératif et les temps composés de l'auxiliaire avoir, il est 
' le même qu'en français. 

Impératif, 

Sèche ou sége, sois. 
Séchons, ségeons, soyons. 
Séchez, ségez , soyez. 

Cette forme est à peu près la seule qui ait survécu. D'autres, qui 
sont connnuncs à l'ancien français, se trouvent dans les auteurs qui 
ont écrit en patois. 



Ohservatiosis géiftéraleis sur les quatre 

eofsjui^alêioais* 

La première a l'infinitif en dCy ai^ é^ ou i. Ainsi, l'on dit indis- 
tinctement, suivant les heux, aimâe, aimai^ aimé ou aimi. 

Dans la seconde le r final du français est retranché à l'infinitif, 
fini^ finir. 

Il y a très-peu de verhes terminés en oir , et le plus ordinaire- 
ment ces sortes de verbes ont la terminaison de la première conju- 
gaison : ver, voir, ou de la quatrième, recevre, recevoir. 

Dans la conjugaison des temps simples, il y a des nuances notables 
qu'il est bon d'indiquer ; et les temps composés empruntent l'auxi- 
liaire avoir tels qu'ils sont en patois. 

xxxu. 3* 



XXXIV INTRODI'CTIOX. 

A l'indicalif présent, à l'impailait, au futur simple , au condi- 
tionnel présent, au sul)jonctif présent, à l'imparfait, et à la 1'^ pers. 
plu. de l'impératif les 3^' personnes du plur. sont toujours en ant : 
aimons, aiment, aimant ; finissaient, fumsiant. 

Remarque. —Dans l'arrondissement de Monlmorillon, ces mêmes 
terminaisons sont cnin, ouvrirint ^ aimerint ^ ils ouvrirent, ils ai- 
mèrent;/ furin, i mangirin, nous fiuncs, nous mangeâmes. 

Les passés délinis de la 1", 2** et S** conjugaison se conjuguent 
ainsi : 

I treclii, je cherchai ; tu trechis , tu cherchas; gle Irechi, il cher- 
cha; i ou n'trcchîmes, nous cherchâmes ; ve trcchites, vous cher- 
châtes ; gle trechirant, ils cherchèrent. 

A l'imparfait du suhjonctif des 1'% 2' et 3" conjugaisons, l'on dit : 
qu'i s'éguisse, que je suive, qu'te s'guisses , que tu suives; qu'glo 
s'guisse, qu'il suive ; qu'i s'guissiant, que nous suivions ; qu' v' s'guis- 
siez, que vous suiviez; qu'gle s'guissiant, qu'ils suivent. 

Quelques verhcs français suhissent, dans le patois, certaines modi- 
fications que nous devons signaler. 

Voici les principales : 

Aller : angez, allez : qu'i ange, que j'aille : qu'i angissc, que j'al- 
lasse ; allirant, allèrent. 

Boire : part. prés, hoivant, huvant : part, passé béguin, bégudée, 
bu, bue. 

Choir : Inf. prés, cheurc; part. pas. chésu, chevi , chet, chesi , 
tchesi. 

Connaître : quencntrc, connaître : congu, conogu, cogucgu, que- 
nœgu, queneuguiu, connu. Prés, del'indic. : i queneus, je connais. 

Croire, craire, crèrc : part. pas. crégu : pass. déf. , i cregui , i 
crezis. 

Coudre : part. prés, coudant; part. pas. coudu ; pass. déf. i 
coudis. 

Eclore : inf. prés.ecloui; part. prés, éclouissant ; part. pas. écloui ; 
pass. déf. gl'eclosi. 

Faire : inf. prés, fouaire : part. prés, fouaisant, fasant : part. pas. 
fasu : pass. déf. i fasi. 

Falloir : part. pas. fauguu; pass. déf. fauguit : subj. prés, qu'o 
fauge. 



INTRODUCTION. • XXXV 

Mettre : part. pas. métu. 

Mourir : part. pas. mériu, muriu, mourguiii. 

Naître : part. pas. naicii, naicimée : nacii, naquiu, nessut. 

Nuire : iufin. prés, neure; part. prés, neusant; part. pas. neut; 
pas. déf. i neusi. 

Pouvoir : part. pas. pMu, pogu, péguiu. 

Prendre : irif. prés, prodre : pas. déf. i préngui; subjonctif prés, 
qu'i prénje : qu'i prenisse. 

Savoir : part. pas. sogu, sogiu. 

Venir : part. pas. véngu, véngiu : pass. déf. i vengui. 
■ Voir : infîn. prés : ver , veair ; part. prés, vezant ; part. pas. 
véguiu; prés, de l'ind. i vé. ou veu ; pass. déf. i végui ; impératif 
voichez, voyez. 

Vouloir: veler, vaudre; part. prés, vêlant, vaugeant : part. pas. 
veguiu, vauguiu. Ind. prés, i veil ou vaut ; te veil, te vaut ; gle veil, 
gle vaut; i vêlant, ve vêlez, gle vêlant ; pass. déf.^i Yelis,te velis, etc.; 
futur simple i vedrai, i vaudrai, etc. ; impératif, veil ou vauge ; subj. 
pi'és. qu'i veuge ou vauge ; imparf. qui veguisse ou vaugisse. 



LEGENDE. 

AUTEURS CITÉS DANS CE GLOSSAIRE. 



A. R.— Abb6 Rousseau, cur»^ de Verruye (Deux-Sèvres), mort à Ver- 

ruye le 9 avril 18G5. Manuscrit sur quelques mots poite- 

tevins qu'il nous avait obligeamment donné. De la lettre A 

à la lettre L inclusivement. 

Am. de Col.— Ampui-s de Colas, petit livre anonyme imprimé à Lou- 

dun en 1661. 
Arch. St Hil. — Archives du département de la Vienne , fonds St 

Hilaire. 
Bab. — Messire Jeau Babu , docteur en théologie, prêtre et curé de 
Soudan (D.-S.). Églogues poitevines sur différentes ma- 
tières de controverses pour l'utilité du vulgaire de Poitou. 
A Niort, chez Jean EUes, imprimeur et marchand libraire 
sous les Halles, 1701. 
B.-F.— Beauchet-Filleau, juge de paix du canton de Chef-Boulonne 
(D.-S.), membre de la Société des antiquaires de l'Ouest. 
Essai sur le Patois poitevin ou petit Glossaire de quelques- 
uns des mots usités dans le canton de Chef-Boutonnc et 
les communes voisines. Melle, Ch. Moreau, imp. -libraire, 
1864. 
Besançon. — Recueil de noëls anciens en patois de Besançon, nou- 
velle édition, par Ch. Belamy. Besançon, imprimerie 
et librairie de Binlot, place St-Pierre, 1842. 
C. et P.D. --Cardin, ancien magistrat, membre delà Société des an- 
tiquaires de l'Ouest, et demoiselle Poey-Davant. Voca- 
bulaire vendéen; quelques mots delà langue ven- 
déenne aux environs de Fontenay. Manuscrits. 
Champagne (Patois de la).— Recherches sur l'histoire du langage et 

des patois de Champagne , Tarbé. 
Reims, 1851. 
Chans. poit. — Chansons poitevines, dont plusieurs inédites et re- 
cueillies par nous. 



. INTRODUCTION. XXXVII 

Berry (patois du). — Vocabulaire du Bcrry et de quelques cantons 

voisins, par un amateur du vieux langage 
(Comte Jau}3ert). Paris, à la librairie encyclo- 
pédique de Roret , rue Haute-Feuille, 10 bis, 
1842. 
Coût. Charr. — Coutume de Cbarroux , publiée par M. de la Fonte- 

nelle. Mémoires de la Société des antiquaires de 
l'Ouest. 

D. Font. — Dom Fonteneau, manuscrits. Bibliotlièque de la ville de 

Poitiers. 

Du C.—Charlesdu Fresne, seigneur du Cange, Glossarium adscrip- 

tores mediœ et infimae latinitatis. Francofurti ad Mœnnum 

ex oflicinâ Zunnerianâ, apud Jobannem Adamum Jun- 

gium, 1710. 

Gent. Poelv. — Gente Poctvin'rie , publiée pour la première fois en 

1580. Edition de ICGO aveque le precez de Jorget 
et Roba divisi en beacot de peces.... à Pœters pre 
Jon Fleurea. 
Gust. — Gusteau, prieur de Doix, aux portes de Maillezais (Vendée), 
auteur de poésies patoises (patois vendéen), recueillies par 
feu M. Pressac, sous-bibliolliécaire de la ville de Poitiers, 
membre delà Société des antiquaires de l'Ouest, accom- 
pagnées d'un glossaire, dont ce dernier est l'auteur, et 
des biographies de ces deux personnages, par M. Bardy, 
conseiller à la Cour impériale de Poitiers, membre et ex- 
président de la Société des antiquaires de l'Ouest. Poitiers, 
Oudin, 1855-1861. 

Gascon (Patois). — Las papillotos de Jacques Jasmin de l'Académie 

d'Agen, maître ès-jeux floraux, grand prix de 
l'Académie française. Edition populaire avec 
le français en regard. Paris, Firmin Didot 
frères, fils et Cie, rue Jacob n"* 50, 1860. 

Languedocien (Patois). — Recul d'Uvras patoizas de M. Fabre priou 

curât deCella nova.AMoimepeyc Aco déX 
Jullienimprimur plaça LouisXVI, 57 1826. 

Limousin (Patois). — Fables choisies de La Fontaine, mises en vers 

patois limousin, par Foucault. Nouvelle 



XXXVIII INTRODUCTION. 

édition. A Limoges, chez Bargeas aîné, édi- 
teur, rue du Temple, n° 20, 1835. 
Manusc. du Poitou. - Manuscrits du Poitou; recueil de mots poite- 
vins exti-aits des manuscrits des archives du 
déparlement, par M. Rédet, archiviste de la 
Vienne , memhre de la Société des anti- 
quaires de l'Ouest. Manuscrit in-fol. de 
74 pages. 
Maud. - Mauduyl père, memhre de la Société des antiquaires de 
rOuest, conservateur du cahinet d'histoire naturelle de 
la ville de I^oi tiers. Vocahulaire poitevin commencé en 
1808, continué jusqu'en 1825. Manuscrit, lettres A, B, G. 
Moir. de Sl-Moix. — La moirie de Saint-Maixent, par Jean Drovhet, 

apoticaire au dit lieu, ensomble la Mizaille à 

Tavni, comédie poitevine. Poitiers, Amassard. 

1661-62. 

N. P.— iNoëls poitevins. Vu permis d'imprimer; à Poitiers, le quinze 

septembre 1777. Signé Dutillet , lieutenant général de 

police en exercice. 

Provençal (Patois). — Mircio, poëme provençal, par Frédéric Mistral. 

Paris, Charpentier, hbraire-éditeur, 1859. 
Rabelais.— OEuvres de François Rabelais. Paris, J. Bry aîné, libraire- 
éditeur, 27, rue Guénégaud, 1854. 
Saintonge (Patois de la). -Curiosités étymologiques et grammati- 
cales, par M. A. Boucherie, agrégé de 
grammaire, professeur de cinquième. 
Bulletin de la Société archéologique et 
historique de la Charente, 4° série, t. 1". 
Angoulème, 1865. 
Siège de Poit. par Col. — Siège de Poitiers par Coligny , Chanson 

joouse sur le siège mis devant Peters par 

l'amirô en 1 569, trente et une strophes. 

Mayenne (Patois de la).— Dictionnaire du patois de la Mayenne, par 

Verger. 



INTRODUCTION. 



XXXIX 



Abréviations grammsïticftles. 



Adj., adjectif. 

Adj. verb., adjectif verbal. 

Adv., adverbe. 

B. !., basse latinité. 

Cit., citation. 

P., fém., féminin. 

Genr., genre. 

G., grec. 

Interj., interjection. 

L., lat., latin. 

Le précéd., le mot précédent. 

Loc, locution. 

Loc. adv., locution adverbiale. 



Pr., pronom. 

Pr. déni., pronom démonstratif. 

Pr. pers., pronom personnel. 

R., racine. 

S. f., substantif féminin. 

S. M., substantif masculin. 

V., voir. 

V. a., verbe actif. 

V. imp., verbe impersonnel. 

V. irr., verbe irrégulier. 

V. n., verbe neutre. 

V. pr., verbe pronominal. 



Abréviations des noms de lirux.. 



Arr. Bress., arrondissement de Bressuire. 

Arr. Civ., arrondissement de Civray. 

Arr. Cbàt., arrondissement de Châtelleraud. 

Arr. Loud., arrondissement de Loudun. 

Arr. Mel., arrondissement de Melle. 

Arr. Montm., arrondissement de iMontmorillon, 

Arr. Parth., arrondissement de Parthenay. 

Arr. Poit., arrondissement de Poitiers. 

C, canton. 

D.-S., Deux-Sèvres. 

Font., arrondissement de Fontenay. 

Maille., Maillezais. 

Sabl. etChaum., Sablais et Chaumois. 

V., Vienne. 

Vend., Vendée. 



XL INTRODUCTION. 

Signes Eiidlcatcurs. 

D.-S.-(B.-F.)— (A. H.) Ce trait entre D.-S. et (B.-F.)et celui entre 
(B.-F) ct(A.R.) iiuli(|U(} que nous avons trouvé le mol dans plusieurs 
localités du département des Deux-Sèvres, et qu'il api)artient aussi 
au glossaire de M. Beauchet-Filleau et au manuscrit de M. l'abbé- 
Rousseau. 

D.-S., arrondissement de Melle - (B.-F.), usité dans l'arrondisse- 
ment de Melle, et glossaire de M. Beauchet-Filleau. 

D.-S., arrondissement de Partli. - (A. R.), en usage dans l'arron- 
dissement dcl'arlhenay et manuscrit de l'abbé Rousseau. 

(B.-F.), que le mot appartient au seul glossaire de M. Beauchet- 
Filleau. 

(A. R.), que le mot appartient au manuscrit de l'abbé Rousseau. 

Nota : V. — D.-S.— Vend., mot usité dans trois départements. 

Dans tout le Poitou, encore plus gcuéralomcnt répaudii , bien qu'il puisse 
être incounu daus quelques contrées. 

C. de Montm.. c. de Mircboau, etc., que le mot a été recueilli dans le 
cant(jn désigné . mais non exclusivcmcut a d'autj es cantons ou d'autres 
communes. 



GLOSSAIRE 



DU 



r^^TLOIS POITEVIIV 



ABE 

A, pr. p. fém , elle : « a s'en vé, • 
elle s'en va ; al, aile devantune voyelle : 
« al' ou v'iait, > elle le voulait. Vienne, 
Deux-Sèvres, Vendée. 

ÂBABiÂS, s. m., grande étendue de 
champs. Ce mot est le plus souvent pris 
en mauvaise part, et indique des terres 
de qualité inférieure. L'on dit encore 
que l'on a fait un grand abaria?, quand 
on a fait beaucoup d'ouvrage dans la 
journée. (A. R ) 

Abàt-d'aive(1. halnere, aqua). \ o- 
cu'lion employée pour signifier grande 
pluie. L'on dit encore, dans le même 
sens, pluie-d'abat ; • ol a cheut in si 
grond abat d'aivc quielte neut , qu' lé 
cliins boirant loul. d'bout aneut, » il a 
tombé une si grande quantité d'eau 
celte nuit, que les chiens boiront tout 
debout aujourd'hui. V. — D.-S. — I*a(ois 
du Berry : • batte-de-pluie, » averse. 

AbecBai (ab'chai), v. a. Donner la 
becquée aux oiseaux. Vienne, arr. de 
Civray. 

Abedounaï, ib (ab'dounai), [r. 6e- 
(/ow), ad., celui ou celle qui a le ventre 
enflé , gros comme un tambour. 
V.— D.-S. 

Abeglèrb, s. f. (g! mouillés) ouver- 
ture de la ruche par laquelle sortent les 
abeilles; tton' fait pou bonàboutrel' nai 
à l'abeglère ; »> il ne fait pas bon de meti re 
le nez à l'abeglère. V. — D.-S.— Basse 
\^\\i\\{é,ahollagium^abellarium (Duc.) 
— Ane. franc. : abeillage, abeillou^ 
aboiUage (Duc). 

Abelî, Abelzi (s'), V. pr., s'embellir, 
devenir serein en parlant du temps. 



ABE 

V. G. Montm. Moulismes^arr. de Civray 
et de Poitiers.— D.-S., c. de Mauzé. 

Abéjai, V. a, donner la becquéeaux 
oiseaux. D.-S., c. d'Airvault. f^. Abe- 
chai. 

Abenai (ab'nai), v. imp., prospérer, 
arrondir ses terres. V. arr. de Civray. — 
D -S., arr. de Melle et de Niort. Se dit 
principalement dans l'arrondissement de 
Civray des femelles des animaux qui 
produisent beaucoup : « Nous oueilles 
ont ben ab'nai quiette anéie. » 

Abeegeon, s. m., sillon qui va en 
diminuant comparativement à ceux d'un 
même champ. V. suivant les lieux. 
— D.S., c. de Bressuire. 

Abehgeounai, v. n (I. abbreviare?) 
faire des abergeons. f^. ce mot. Au 
figuré une affiiire abergcoune , quand 
elle est sur le point de se terminer. 
V—D -S. suivant les localités. — Lat. 
a66rej;/are, abréger, raccourcir (Veget.). 
— Dans saint Jérôme , ce mot signifie 
avancer. — En franc, abréger [abbre» 
viare), c'est rendre plus court. 

ABEiLLi, S. m., ruche. V. Cliampi- 
gny-le-Sec. 

Abruille, s. f., abeille. V.— D.-S. 

Abbuillèbe, s. f., ouverture de la 
ruche par laquelle sortent les abeilles. 
V. arr. de Poitiers (Maud.). f'.Abeglère. 

Abeuillou , ouB, adj. masc, celui 
qui cultive les abeilles, qui en prend 
soin, ou s'en occupe. Y., arr. de Civray. 

Abeyai, v. n., être hors d'haleine. 
Une longuecoursefailaôeyai. L'on disait 
autrefois abeyance pour exprimer Tidée 
d'attendre quelque chose avec ardeur ; 



2 ABO , 

béer et bayer pour dire que l'on avait 
la bouche béante. Nous avons encore 
l'expression béer aux corneilles. — 
Patois du Berry: « abahieretnbayer. • 
— Patois de Champai^ne : i abahier , 
abaier, abailler, » abboyer, désirer, 
attendre, écouter, faire le guet. 

Abibaude, s. f., fétu, petit corps qui 
se trouve dans un liquide. Vend. Font. 
(G. et P.-D.) 

Abibaudb, V. a, répéter, assaillir, 
hébèter, fatiguer par des vétilles. D.-S. 

Oui meltiront d'abord les âm' à la lorlure, 
Ed les abibaudaot do seni de l'écriture (Bab.) 

Abilancb, s. f., faiblesse causée par 
la faim. Vend. (C. et P. D.) 

Abillagb, s. m, apprêt, raccommo- 
dage. Vienne. — • Payé pour Tabei- 
glage de trente et trois livres de chan- 
vre, etc. y (An 1597. Manuscrits du Poi- 
tou.) 

Abisail, s. m. , trombe. V., arr. de 
Montmoriilon. 

Abll.\ise (// mouillés), s. f., ablette, 
petit poisson. Vend. (G. et P. D.) 

Abodaillé (s'j, v. pr., prendre du 
ventre. Se dit en particulier des ani- 
maux : a man bu s'é abodaillé, > mon 
bœuf a pris du ventre. V. arr. de Poi- 
tiers, f. Abedounai. 

Aboeillai (abeuillai), se dit prin- 
cipalement de l'épi de blé qui perce 
son enveloppe: « L' temps est bia, le 
blé aboeillera de bounheur. » V. Civ. — 
Lat.ocîi/are, faire ouvrir les yeux (Tert.). 

Abonesi et Abou^esi 'abon'si), 
v. a. et pr., rendre meilleur en parlant 
des personnes; améliorer en parlant des 
terres. V. — D -S. — Français: bonifier 
(1. bonum, facere), améfiorer, s'amé- 
liorer. 

Abobdai et Aboubdai (r. ylborde), 
v. a., mettre un support : • faut abordai 
quiés poumés, gle casseriant; » il faut 
mettre un support à ces pommiers, ils 
casseraient. V. — D. S. — Marne, Ar- 
dennes : « abuder, « appuyer. 

Aborde, Abolrde, potence, sup- 
port, grande béquille : « prendre les 
abourdes, » très-usilé au pluriel. Par ex- 
tension les pièces de bois dont on se sert 
pour étayer une charpente. V. — D.-S. 
—Vend. 






ABR 

Abodcagb,éb, adj. , lieu, contrée 
peuplés de bois, d'arbres. V. arr. de 
l*oitiers. (Maud.)— D.-S., arr. de Melle, 
c deChâtillon. 

Aboui (tomber en\ loc, se dit de3 
bôles et des gens qui ne profitent pas, 
faute de nourriture. V. arr. de Poitiers. 
D.-S.— Vend. 

Aboulai, v. a., apporter , donner : 
« aboul* iqui ta bourse. » V.— D.-S. — 
V. n. joindre par un bout. D.-S., c. do 
Chàtillon, — Marne, Haute-Marne. 

Aboumi. e, adj. (1. obdormire)^ en- 
gourdi , endormi : * quiau temps é à 
l'aive aneut, i seu tout aboumi; » ce 
temps est a l'eau aujourd'hui , je suis 
tout endormi. V. — D.-S. 

Aboumi (s'), v. pr., s'endormir. V., 
arr. de Poitiers, arr. de Civray. 

Abouquillai {bouc) , v. n. , mettre 
bas, se dit des chèvres : « i p' pas m'n 
allai mes cheubres allant abouquillai; • 
je ne peux pas m'en aller, mes chèvres 
vont mettre bas. V. Civ. 

Aboubai, v. a. et n., bien couvrir, 
vêtir chaudement. Vend. Font. (C. et 
P. D). 

Aboubillab , v. n., mettre bas. 
D.-S., arr. deMelle. F. Abouquillai. 

Abouzaillé, e [bouze] , adj , petit, 
rabougri : « quou drôle é tout abou- 
zaillé , gne profit' pas; » ce drôle est 
tout rabougri, il ne profite pas. V. arr. 
de Poitiers, c. de Montmoriilon. 

Abrami , V. n., avoir grand'soif : 
« i se abrami desed. » j'ai grand'soif. 
D.-S., arr. deBressuire. 

Abreché, v. a., couvrir en général. 
V. arr. de Montmoriilon. f^. Abourai. 

ABREGEA, ABBEGBAIL, ABRBIAL , 

s. f , couverture de lit, manteau, tous 
les objets qui servent à couvrir, à enve- 
lopper par dessus les vêtements ordi- 
naires : « les abrégeas d'au lé sont tout' 
cheutes, » les couvertures du lit sont 
toutes tombées V. — D.-S., suivant les 
localités. 

ABREGEAI. V. a. et n., couvrir, com- 
pléter. Un champ est abrégé quand lo 
fumier le couvre abondamment. V., arr. 
de Civray. — D.S. , arr. de Melle. — 
Patois du Berry : « loger. » 

Abrège», s. f. pi., couvertures des 
lits. D.-S., c. de Celle. 

Abrejueb, s. f., couverture do pot : 



ABR 



ACA 



« l'abrejure é cassai, » la coaverlure du 
pot est cassée. V., arr. de Civray. — 
D.-S., arr. de Melle. 

Abreisote , s. f. , sorte de racine 
bonne à manger. D.-S., c. B. — Vend. 
(C. et P. D.) 

Abbenotes, s. f. pi., amygdales : 
« vin don qu'i t'arra( he lés abrenotes, » 
viens donc que je t'arrache les amyg- 
dales. D.-S.,c. de Chàtillon. 

Abreuvour et Abervoub, s. m., 
abreuvoir (b. 1. abeuvrare). V.— D.-S. 
—Vend. 

Abreveu et Abrevou basse latinité: 
abeuvrare^ adaquare animalia) [Duc] — 
PatoisdelaCreuse: ««abeurodon,» abreu- 
voir. — Provençal : «abeuraetabéoura.» 
abreuver. — Patois limousin : « abeuro- 
dour, » boisson ; o ne potié grenouillas 
soun abeurodour; » je ne puis troubler 
sa boisson. (Fouc.) 

Abriâil, s. m., sorte d'écharpe, 
carré long de toile, d'étoffe ou de dro- 
guet dont les femmes se couvrent, et 
qui leur sert de manteau ; autrefois géné- 
ralement en usage dans le Poitou ; se 
porte encore dans les cantons de Neu- 
ville et de Veuille (Vienne), dans le 
pays bas de Tarrondissement de Melle, 
et dans quelques contrées de la Vendée. 
« Son abriail est d'or. » (Gust.^ p. 47.) 
— Couverture de toile dont on couvre 
les bœufs pour les préserver de la pluie 
ou du froid. V. arr. de Châtellerault. 

Abric, s. f., abri. V.— D -S. — Ro- 
man « abric » — Patois de la Sain- 
tonge.— Au dire de M. Cascneuve, c'est 
la prononciation languedocienne. Il le 
fait dériver du latin apricus, bien que 
ce mot ait une signification toute diffé- 
rente. — ^lénage lui donne pour racine 
1 inusité opericus, que l'on a fait d'o- 
perlo. (B. F.) 

Abrichure, s. f., abriure, couver- 
ture de pot. /^. Abrejure. 

Abriai et Abriquai, v. a., abriter, 
couvrir : « abrïe bé quiau drôle ; » 
couvre bien ce drôle. 

Abrieai (s'), v. pr., se mettre à l'a- 
bri, se couvrir. V.— D.-S. — Vend. — 
Roman : a abriar. » — Patois de la 
Creuse ; « aberria.» — Patois du Berry : 
« abrisser. » — Patois de la Mayenne: 
« abrier. » 

Abrou, s. m , abreuvoir. D.-S., 



arr. de Parlh., — c. de Maz. (A. R.) ^. 
Abreuvour. 

Abboulloté, v. n,, se dit des plan- 
tes, des arbres qui ne peuvent se déve- 
lopper parce qu'ils croissent à l'ombre 
déplantes ou d'arbres plus élevés. V. 
arr. de Châtelleraud, Oiré. 

Abubant (en), loc. adv.,en pente. 
D.-S.,c. de Maz. (A. R.) 

Aburai, v. a. et n. (I. abiiti, abutor), 
pencher, verser, égoulter, même ava- 
ler; sécher le linge; par extension : 
« abure ton verre, d égoutte ton verre. 
V. — D.-S. 

Abubeingne, s. f., boussée de blé 
qui croît sur l'emplacement du petit 
monceau de fumier déposé dans lo 
champ : c la, ié core tous lesaburein- 
gnes don man s'ilan; » ta, j'ai encore 
tous les abureîngnes dans mon sillon. 
D.-S., canton de Celles — Au figuré, 
mauvais coup, par suite d'une chute ou 
de tout autre accident : « gl'at attrapé 
iqui ine abureingne ; n'e s'ra pa r'fouait 
d'silout. ») Il a attrapé là un coup; il ne 
sera pas guéri de sitôt. D.-S., c. de 
Celles, Prailles. 

Abusideingne, Abusidon , Abu- 
siON, s. m., illusion. D.-S. — V.,sur- 
vant les lieux. 

Abuttai, v. a , mettre un support à 
un mur. Vend. (C. et P. D.) — Marne, 
Ardennes : « abuder, » appuyer, attein- 
dre. (Tarb.) — Français : « abuter, » 
c'est jeter des palets vers un but pour 
voir qui jouera le premier. 

ACABAUDAl, aie, ACABADDI, E, 

adj., morne, triste : « ma mère est toute 
acabaudaie. » D.-S., c. de Mazières 
(A. R.); c. de Bressuire. — V., c. de 
Montcontour. 

Acache, adj , compact. V. arr. de 
I.oudun, de Civrav. — Vend. (G. et 
P. D.) 

AcACHAi, V. n., appuyer sur une 
chose pour lui donner moins de vo- 
lume. 

AcACHAi (s'), V. pr. : « la paille s'a- 
cache. » V. — D.-S.— Vend.— Ancien 
français : « escacher. » Prenés des rai- 
sins hors la grappe et les escackés en 
ung pot. (TaïUevent.) 

AcAFNiouNAE, v. B, chiffonncr. 
D.-S., arr. de Melle. 

AcAGNAi, v. n., être accablé d'où- 



4 



AGG 



AGE 



vrage : « quieu n'é pou in bon mélre, 
gl'acagne trejou ses valets; > celui-ci 
n'est point un bon maître, il accable 
toujours ses valets d'ouvrage. — V. a., 
tourmenter, crier sur. V. arrondisse- 
ment de Civray. — D.S., c. de Bres- 
suire; arr. de Melle. — Basse lalinilé : 
acanizare. Le mol picard « acanner » si- 
gnifie poursuivre quelqu'un d'injures, 
comme si l'on excitait un chien contre 
lui. (Duc.) — Patois du Berry : a acca- 
gner, > provoquer, exciter. — Arden- 
nes : o acanner, » aboyer, injurier. 

AcÀLANT, E (I. calere), adj. verb., 
qui échauffe; s'emploie au propre et au 
figuré : « feu acalant ; propos acalants. > 
D-S. -V. 

AcALA.1, V. n , avoir chaud : « il est 
acalé de soif et de chaud. » V. arr. de 
Chàiolleraud. — D.-S., c. de Mazières. 
(A. R.) 

ACA.N, S. m., enfant; personne petite 
et de mauvaise 2;ràce. Vend. (G. et 
P. D.) ^ 

ACCADEOUAE, ACCADROUAI (s") [1. 

cadere]. v. pr,,se laisser abattre. V).-S., 
arr. de Bressiiire. — Vend. (C. et P. D.) 

AccASAE, AccoiSAi, V. a., apaiser. 
Vend. (C. et P. D.) — V. 

AccASi (s'), V. pr., se rasseoir, re- 
poser en parlant des liqueurs. D.-S., c. 
de Mazières. (A. R) 

AccoTTE, s. m., support. D.-S., c. 
de Bressuire.— Vend. (C. et P. D.) — 
Français : « accotoir. » appui pour s'ac- 
coter. 

Accotai, v. n., supporter facilement 
la peine, le travail, la dépense : « gl'é 
riche, Taccol'ra bé; w il est riche, il 
pourra bien soutenir. V. arr. de Poi- 
tiers et de Civray. — Vend. — Fran- 
çais : « accoter^ » affermir une chose en 
l'appuyant sur une autre. 

A c'couBLAi (6/ mouillés) (I. co- 
pula]y V. n , se dit de deux hommes 
qui se prêtent mutuellement leurs ani- 
maux pour divers travaux, et en parti- 
culier pour le labourage. V., arr. de Ci- 
vray; arr. de Poitiers. — D-S., arr. de 
Melle et de Bressuire — Français : « ac- 
coupler, » mettre deux à deux. 

AccouBLE (bl mouillés), s. f., mor- 
ceau de cuir ou de peau d'anguille ser- 
vant à lier le nerf avec la chappe du 
fléau. V., c. de Monte, Mazeuil. 



Accoublet(6/ mouillés), s. m, 
lanière de cuir qui termine la juille. 
(B. F.) 

AccouAi (I. cauda), v. a., attacher 
un animal à la queue d'un autre. — 
V. n., terme de maquignon, partir avec 
des animaux accouais : « le gars ac- 
couera de bon matin. « — Terme de bou- 
langerie, rendre lourd : a sa miche est 
accouaie. » — (s'), v. pr., se réunir à 
d'autres, se marier; il est pris en mau- 
vaise part. V. — D.-S. — Français : « ac- 
couer, » frapper un cerf a l'épaule. 

AccouRSAi, V. a. (I. accurrere), 
mettre en cours, procurer des pratiques : 
< 01 é man fière qui m'ai accoursai ; » 
c'est mon frère qui m'a procuré des pra- 
tiques. V. — D.-S. — (A. R.) — Pour- 
suivre quelqu'un en courant. V. — D.- 
S. — 'B. F.) — L'on dit en mauvaise part : 
« le bon accorsier, » le mauvais sujet, 
le mauvais drôle. (B. F.) — Basse lati- 
nité : accursare , id est cui dabitur 
cursus. (Duc.) — Gascon : « accoursa,» 
poursuivre. 

AccouRSÉ, s. m., l'habitué d'un 
moulin. V., arr. de Poitiers. 

Acc^jURseries (accours'ries), s. f p., 
chalands, pratiques. D.-S., c. de Bres- 
suire. — (A. R.) 

AccouEsis, s. m., dard ou vaudoise, 
poisson : « a la Saint-Aubin, l'accoursis 
est en chemin. » V. (Maud.) 

AccouRTÉ (être bin), loc, être bien 
achalandé. St-Romans-lès-Melle. (B. F.) 

AccuEiLLAGE, S m., actioT p.ir la- 
quelle on prend quelqu'un à son service, 
ou par laquelle on se met au service de 
quelqu'un. — Assemblée d'accueillage, 
lieu où se louent les domestiques. Dans 
une grande partie du Poitou. 

Accueilli, v. a. (1. co///greré), pren- 
dre quelqu'un à son service pour un 
temps convenu et à un prix fixé. — (s'), 
V. p., se mettre au service d'autrui. 
Dans une grande partie du Poitou. 

AcELAi [ac'lai] (1. celare), v. a,, 
boucher, fermer. V. 

ACERTENA, ACERTE^É (1. CCrfus], 

V a , assurer, donner pour certain. — 
(s'), v. pr., s'assurer soi même d'une 
chose, d'une nouvelle. D.-S, c. de 
Mauzé. — V., arr. de Poitiers et de Ci- 
vrav. — Roman : « acerlenar, » indi- 
quer, assurer. — c Qu'ils estoient due- 



ACII 



AGI 



ment informez et acertainés des dicls 
privilèges. » (Arch. St-Hil. Bourg, just., 
i\° 36.) — Marne : k acerlener. » — An- 
cien français. 

AcœuBAi, lE, adj., celui ou celle qui 
a du cœur à l'ouvrage; se dit des bêtes 
et des gens.V.~D.-S.— (A.R.)— «Être 
acœuré, » être fatigué. V., arr. de 
Montm., Moulismes. 

AcŒURAi, V. a., donner du cœur, 
du courage. D.-S., c. de Châlil. 

AcHAE, AcHÉ[, V. a , haïr. Vend. 
(C. et P. D.) — V., arr. de Civray. 

AcHAÏ, V. n., céder, se rendre, ne 
pouvoir suivre les autres à la course ; 
se dit aussi des oiseaux qui abandon- 
nent leur nid, la couvée commencée. — 
V., arr. de Civray; c. de Monte, Ma- 
zeuil, où l'on dit achéi. — (B. F.) 

ACHAÎTRÉ, ACHÂINTRÉ, ChAINTRE 

(r. chaitre), v. a., faire paître le bétail 
sur le bord d'un champ. — (s'), v, pr., 
paître sur une chaitre. — Au figuré, 
solliciter quelque chose. V., c. de Mont- 
morillon , Moulismes. — V. — D.-S , 
c. de Mazières. (A. R.) 

AcHALA?JDAi et AcHÂLANTÉ (r. cha- 
land), V. a., flagorner quelqu'un, avec 
l'intention de le tromper, de surprendre 
sa bonne foi. V., arr.de Poitiers. — 
D.S., c. de Maz. (A. R.) — V., arr. de 
Montmorillon et de Châtelleraud. — 
Patois limousin : « acholandas. » — 
Français : « achalander, » c'e^t procurer 
des chalands. 

AcHALANT , E, adj. verbal, qui 
échauffe, s'emploie au propre et au fi- 
guré. V., arr. de Poitiers, c. de Monte, 
Mazeuil. 

AcHALAi et AcHALiiNÉ, V. a. et n., 
être accablé de chaleur : « i seu tout 
achalé, » je suis accablé de chaleur." V. 
— Exciter la colère, importuner.— (S^), 
v. pr. : « le feu s'achale, » le feu s'a- 
nime. -— Prendre goût à son ouvrage, 
travailler avec action : « allons, enfants, 
faut s'achalai. » V. — D.-S. — Vend. 

AcHAMARAUDEMEL\T(r. marauder], 
s. m., ensorcellement. D.-S , arr. de 
Melle. 

AcHAMARAUDAi, V. a., ensorcelcr. 
V. — D. S. - (B. F.) 

AcHARiAR, V. n.; faire attention. 
Vend. (C. et P. D ) 

AcHARNAiLLÉ.E, ad]., glaodes lac- 



tées engorgées. V., arr. de Poitiers. 

ACHABNAILLÉ (s'), V. pr. , s'engorgcr 
en parlant des glandes lactées. V., arr. 
de Poitiers. 

ACHAUDBÉ, ACHAURÉ, ÉE, adj., ac- 

câblé de chaleur ; se dit aussi des brebis 
qui se réunissent en groupe, lorsque la 
chaleur les accable. Ce mot est quel- 
quefois employé comme verbe prono- 
minal : « Allons nous en en mérienne, 
nous oueilless'achaudrant.» V., arr. de 
Poitiers et de Civray. — D.-S,, c. C. B. 
— (B. F.)— V.,c. de Montmorillon, Mou- 
lismes. 

AcHAYAi, v. n., déplaire. Vend. (C. 
et P. D.) 

AcHEAYAi, v. n., céder, se rendre. 
Vend. (C. et P. D.) F. Achaï. 

AcHEBRiTÉ, v. n., mettre bas en par- 
lant des chèvres. V., Moulismes. — 
Français : « chevroter, d faire des che- 
vreaux. 

AcHÉE et AcHET, s. f., c'esl le ver de 
terre, le lombric. On dit proverbiale- 
ment : « N'aver pas mé d'force qu'ine 
achée. » pour signifier que l'on est mou, 
languissant. V. — D.-S., arr. de Melle. 
— (B. F.) — Ane. Franc. : « On en 
a surpris quelques-uns (des pluviers) 
qui avaient encore les achées vivantes 
dedans la gorge à demi avallées. » (Be- 
lon., i. V, c. 18.) 

AcHÉissABLE, adjectif, haï-sablc : 
« Quiau drôle est si achéis>able qu'i 
vaudrai qu' gl' s'eïsse aussi lin de mé 
qu' gl' en é proche; » ce drôle est si 
haïssable que je voudrais qu'il fût aus-i 
loin de moi qu'il en est près. V., arr. 
(le Civray. 

ACHENAL, AcHENAULT (l. canalis)^ 
s. m., chenal. V., arr. de Poitiers. — 
D.-S. — « Ensemble ung achenauît do 
pierre. » (An. 1577, D. Font., t. xii, 
p. 38.1.) — Lacombe : « escheno, » t. 2. 

AcHENAi, AIE (ach'nai), adjectif, 
acharné. Vend. (C. et P. D.) 

ACHEYAI, V. n., V. ACHAE. D.-S., 

c. de Bressuire. — Vend. (C. et P. D.) : 
« Ne cott' pas à quiau nie, la mèr 
acherrat; » ne touche pas à ce nid, la 
mère l'abandonnera. 

AcHicoTAi, V. n., mettre bas en par- 
lant des chiennes. D.-S., St-Romans- 
lès-Mel. (B. F.) 

AciAU, s. m., herminette, outil de 



6 



ACQ 



charpentier qui sert a doler le boi>. V , 
arr. de Montmorillon , ■Moiilismes. — 
D.-S. , c. de Bressuire. -- Latin : acix- 
ris. petite C0i;n6e d'airain. — Français : 
aisseau, aisselle. 

AciMENTÉ (r. ciment., v a., enduire 
une muraille de ciment. V., Moulismcs. 

Agitai, v. a., préparer les i;erbes 
pour les charger. V., arr. de Poitiers. 

ACLiAPOUNAi (s) [r. cliapou], V. 
pr , devenir cliap^n. / . ce mut : » Gl* 
a tro marchai, gl' é tout aciiapounai ; » 
il a trop marché, il est tout fourbu — 

V. - u.-s. 

AcLUiÉ(c/ mouillés) [I.r/Mfre],v. n., 
mettre bas, en parlant des chiennes. V., 
arr. de Chàtelleraud. — Latin : cluere, 
être, exister. (Lucr.) 

AcoDOUEB,s. m., accoudoir : « Plus 
les acodouers et pierron de la dicte platte- 
forme. » (1577. D. Font., t. xii, page 
385.1 

AcoiNÇOX 1. cuneus), s. m., sillon 
qui va en 'diminuant. V., arr. de Civray, 
Lizant. r. Abergeon. 

AcoiNÇONNAi (r. acoi?iço)i), V. n., 
faire des acoinçons. V., Lizant. 

AcousiNAi (1. consanguine us\ v. a., 
se traiter de cousin : 

« Et, gn'acousinant pus bay souvent laux parents ; » 

et bien souvent ils ne traitent plus leurs 
parents de cousins. > (Gust., p. 61.) — 
Parextension, accosteravec prévenance, 
reconnaître, avoir égard. V., arr. de 
Poitiers. — D.-S., arr. de Melle, c. de 
Bressuire. — Marne : « acousiner. î> 

AcoYAU, s. m , support de l'aube 
d'une roue de moulin. V. — D.-S. — 
Morceau de bois que l'on cloue au.x che- 
vrons lattants quand ces derniers n'ont 
pas la longueur nécessaire pour empêcher 
les eaux pluviales de tomber trop près 
du mur et de le dégrader. V. — D.-S., 
c. C. B. B.¥.) 

AcoYAU, S. m., canal pour conduire 
l'eau dans les champs au pied d'un ar- 
bre. D -S., arr. de Melle. 

AcQLEM (acq'nij. v. a., accabler, en- 
lever foutes les forces : « I^ais.s'me don, 
tu m'acquenis; t> laisse-moi, tu m'ac- 
cables, D.-S., c. de Chàlillon ; fléchir 
sous le poids d'un fardeau, D.-S. — (s'), 
V. p , s'apparesser, se maigrir. Vend. 
(C. et P. D.) — Patois du Berry ; « ac- 



.VGU 

niter, » ati'amer, épuiser. — o Acni,» adj., 
éreinté , épuisé, tombé d'inanition. 
iC. J.) 

AcQiiKTAi (!. acquirere]^ v. a., ache- 
ter, acquérir. V. — D.-S. 

AcuAPAUPAi (r. crapaud), v. n., 
être aplati comme un crapaud, par suilo 
de 1.» fiitigue , d'une longue marche. 
F. Aciiapounai. D.-S., c. de Bressuire; 

— c. de iMaziùres. (A. R.) 

ACRAS, s. m., abondance, quantité : 
« y at du blé in acras. d D.-S., c. de 
Bressuire. 

AcBEMAi (1. acer, mandare), v. a. 
et n., recommander fortement : « Acremo 
Il bé (le songeai a mé ; » recommande- 
lui bien de songer à moi D.-S., Chà- 
lillon;— c. de iVlaz. (A. R.) —Vendée. 
(Cardin.) 

AcRRNiLLÉ, R, adj., sc dit des plantes 
étiolées, d'une végélation languissante. 
V.,MouIismes — D.-S.,c. C. B. (B. F.) 

AcRERits, S. f. pi., objets de peu de 
valeur. D.-S., c. de Cliàtiilon.— Vend., 
Font. (C. et P. D.) 

AcRÈTAi (I cris(a), être et se mettre 
en colère comme un coq dont la crôtG' 
se dresse. (B. F.) : « Acresté quem in 
jau ; » en colère comme un coq. (Rob. 
Div., p. 122.) — V. pr. s'opiniâtrer : 
« Gl' étiant acrèté à s'battre. » D.-S., 
Chàlillon. — Dans Rabelais, acrester : 
« Vraiment, tu es bien acresté à ce 
malin; tu mangeas hier soir trop de 
mil. » (Liv. i*^'', "ch. 25.) 

AcRONAi (s'), V. pr.jse courber par 
l'etret du mal, du froid. V., Chàtelleraud. 

— D.-S.,c. de Bressuire. — (A. R.) 
AcBLCHAi, V. a., suspendre, accro- 
cher. — (s'j, V. pr. : <( Quiau valet s'a- 
cruche partout. )> V., arr. de Poitiers et 
de Civray. — D.-S., arr. de Melle. 

AcucHAiLS ou Aquciiails et Acu- 
CHUUES, s. m. pi., ce qui est au fond des 
verres, des bouteilles, des casseroles. — 
Au figuré : « Ramasser les acuchails, » 
c'est être bon ménager, tirer parti de ce 
que l'on a. V. — D.-S. 

ACUCHAILLAI et ACUCHAI (r. acU' 
chaUs),v. a., tirer jusqu'à la dernière 
goutte. V.— D.-S. Suivant les localités 
pour l'emploi de tel ou lel mot. 

AcuBO^, s. m., fagol formé de la ra- 
clure des bois. V.,arr. de Poitiers et de 
Civray. 



ADO 



ADR 



Adelzi, e, adj., celui ou celle qui 
perd son temps , qui ne sait que faire ; 
effronté : « T'é ben adelzi, drôle ; » tu 
es bien effronté, drôle. V., arr. de 
Poitiers. 

A DEMEURAI (I. admorari), v. n., re- 
tarder, causer du relard. V., arr. de 
Civray. — (B.-F.) 

Adèque, Ioc, avec quoi : « Adèque 
v'Iez-vous quiau fèse? « avec quoi vou- 
lez-vous que je fasse cela? D.-S. — Ven- 
dée. 

Adlaést, Adlési, e, adj., V. Adelzi. 
Vend. (C. et P. D.)— V., arr. de Châ- 
telleraud. — Mayenne : « adiesi , » 
homme qui fait quelques malices par 
désœuvrement. 

Adouacé, V. n. et pr,, vivre en con- 
cubinage ou conjugalement sans être 
marié à l'église. V., Mazeuil. 

Adouage, s. m., concubinage. V., 
arr. de Civray. — D.-S., c. B. 

Adoub, s. m., un composé de beurre 
ou de graisse et d'huile pour faire 
dos crêpes. D-S., arr. de Melle. — 
Même signification aussi que le mot 
suivant. — Roman : « adob, » arran- 
gement. — Vieux français : « adou , » 
arrangement. 

Adoubage, s. m., raccommodage. 

— Assaisonnement des mets. — Adou- 
cissement d'une peine. V. — D.-S. 

« ... E t-0 qui l'adoubage 
»Quc gic mettant aux maux que gle nous ont fasus?» 

(Gust., p. 59.) 

Adoubai (1. adoptare)^ v. a. et n., 
raccommoder : « Adoubai ses bardes. » 

— Assaisonner : «f Adoub' meux la 
soupe, » V. — D.-S. — « Pour deux 
livres de grosse et trois onces do fil d'or- 
chant... pour adouber le mail de l'or- 
loge de la ville. » (An. 1430, arch. de 
la ville de Poitiers.) — C'est encore un 
terme d'agriculture : « Faire adoubai,» 
signifie couvrir le grain qui se trouve 
sur le sillon, et que la charrue n'a pas 
enterré. (B. F.) — Basse latinité « ado- 
bare, » du latin adoptare , orner, re- 
vêtir quelqu'un de l'armure militaire. 
(Duc.) — Roman : « adobar, » arranger. 
-— Provençal : o adouba; adoubant 
li panié^ » raccommodant les paniers.— 
Patois de la Creuse : « adoubarer. > 
—Vieux français : « adouber, » orner : 



« Or at en jusques à le malin que je 
t'adouberay ,et te donray armes. » (Robert 
Bourron.) — Français : « adouber, » v. 
a., terme de trictrac et d'échec, toucher 
à une pièce sans la joiier. 

Adoubeux, se, et Adoubou (r. 
adoub ), adj., celui ou celle qui raccom- 
mode les membres : « Tu m'cass'ra les 
dés; i l'iés adoubr'ai ; in ban adou- 
beux, i ponse; » tu me casseras les 
doigts. — Je le les raccommoderai, — 
Un bon raccommodeur, je pense 1 — 
C'est aussi le nom que l'on donne dans 
quelques localités à celui qui castre les 
animaux, V,, Civray. — D-S.: « Elle 
alla par devers Thousle du Gcrvis-Vert 
qu'elle dist être adoubeur. » (Manuscrits 
du Poit,, année 1615.) — Adoubeur. 
même signification. (Michel Leriche, 
cité par B. F.) 

Adouai (s'), v. pr., vivre en concu- 
binage. Vienne. — D.-S. — Vendée. /'. 
Adouacé. — Roman : « adouar, » fanii- 
liarisor. — Ancien français : « adouer, » 
a et adoué m'as à ton serviteur enfiir- 
çon. » (Lac. cité par B. F., t. iv.) — 
Français : « adoué, ée, » adj., terme do 
vénerie, accouplé, apparié. 

Adounai (r. donner), v. n., ren- 
contrer juste, s'accoutumer : « i n'ma- 
doun'rai jamois iquit ; » je ne m'accou- 
tumerai jamais ici. — (s'), v. pr,, s'a- 
donnai avec quelqu'un, c'est vivre en 
bonne intelligence avec lui. Se dit sur- 
tout de deux époux qui vivent en bonne 
harmonie : « Gle s'adounant bé. » V. 
— D.-S. — Vend. — Français : « s'a- 
donner, » se livrer avec ardeur et habi- 
tuellement à une chose; se fréquenter 
habituellement. 

Adouzillé et Adouzilli, v, n. et 
pr., arranger, mettre en ordre; « s'a- 
douzillé à l'ouvrage, » c'est s'y habi- 
tuer, y prendre goût : « I y sen tout 
adouzillai; » j'y suis tout accoutumé. 
V., arr. de Poitiers. — D.-3., c. de 
Bressuire. 

Adresse, s. f., petit sentier à travers 
champs pour abréger un chemin ou en 
éviter un mauvais. On lui donne aussi, 
dans quelques localités, le no.m de « che- 
min de la messe. » V.— D.-S, — u Pour 
l'usage et commodité de laquelle (mai- 
son, sise au village de Parigni, par. de 
Jaunai) il y a une adresse et chemiu 



8 



AES 



particulier. » (An. 1684.) — Patois du 
Berry : « adresse, » direction , sentier 
qui abrège le chemin. — Ancien fran- 
çais : a adresse ; » ceux qui connais- 
saient les adresses des chemins furent 
ceux qui échappèrent. ( I*réface des 
contes de la reine de Navarre, citai, du 
C. J.) — Français : « adresse, » indi 
cation du domicile d Une personne ou 
de la situation d'un lieu. 

ÀDRiGAiL. s. ni , les diverses pièces, 
morceaux, etc., qui servent à un mémo 
objet, à une entreprise. V. — D,-S. 

Adrigaillai [r. adrigail), v. a , 
préparer tout ce dont on a besoin pour 
faire quelque chose. — V. pr., se pré- 
parer. V. — D.-S. 

Adrogeai (r. adrogeai/), v.a., ras- 
sembler diverses pièces d'un objet pour 
en composer un tout. V ,c. de Monte, 
Maze. — Parler correctement, avec élé- 
gance : « Réponse adrogeaie, » faite à 
propos. (B. F.) 

Adrogeail, s. m., les objets que 
l'on adroge. Par extension, et en mau- 
vaise part, mariage mal assorti. V., c. 
de Monte, Mazeuil. 

Adurmaillai (s'). V. pr., former des 
duretés, des inégalités, devenir dur : 
« Le r'meuil de ma vache s'é tant adur- 
maillai , qu'on n' peut plus la tirai. V , 
arr. de Poitiers. 

Aduvement (aduv'menl), s. m., as- 
saisonnement des mets.V., Châtelle- 
raud. 

Adl'vementé (aduv'menlé;, v. a , 
assaisonner les mets : « J'ons bin 
aduv'menté l'fricot. » V., arr. de Chû- 
telleraud, 

Advemant (en casd'), loc. adv.,en 
cas qu'il advienne. V., commune de 
Mi rebeau. 

■ Mais recevez trrjnus, 

n En cas d'advenlant, quielle petite image. » 

(Gust., p. 39.) 

Ce mot, dit M. Prfssac, paraît être le 
latin adceniant^ et avoir été emprunté 
à une forme judiciaire que nous ne con- 
nai'Sons plus. 

AÉCOUÈTE, s. f., balai. Vend. (C. 
elP.-D.) 

Aesme {\. anima), s. f., âme, esprit. 
Vend. — Roman: «anma, arma.» — Ane. 
français: «anème, anme, arme, aime.» 



AFF 

— Arme, pour âme, est fréquemment 
employé dans les inscriptions funéraii'cs 
de I '2i)\\ à \ 435. — Aime, dans celles du 
xiv*> siècle, en général. Unis aux pio- 
noms «m, sa, la, ces mots s'écrivaient : 
m'arme, s'arme , l'arme, ou m'aime, 
s'aime, l'aime. 

A FEU, loc, être ou n'être point d'afeu, 
c'est avoir une bonne ou une mauvaise 
santé. V., arr. de Poitiers. 

A FI RM ATI ON \.affirmaré),%. [., con- 
firmation : 

• Puisque gle in'at froté le front 
» Avec de l'heulle, ce dit-on, 
» 1 ne scay qu'ol ètoit L faire 
■ Gle disant qu'ui ctoit pr'ine aûrmation. • 

[Gust., p. J5.1 

Affaiciie, adj. des |deux genr. (1. af- 
fectus), affaibli, lourd : « mon cœur est 
tout affaiche » (A. Pi.) 

Affairoux, adj., celui qui se donne 
de l'importance, affairé. V. , arr. de 
Poitiers. Français : « affairé, » qui a ou 
qui affecte d'avoir beaucoup d'affaires. 

Affairatl, s. m , grand troupeau 
de bestiaux : « v'ia-tin grond affairail 
d'moulons; comment v'iève quo méngo 
tout béne quit? » Voilà un grand trou- 
peau de moutons: comment voulez-vous 
que tout mange bien ici ? V., Civrav. — 
I).-S , — c. U. B (B. F) 

Affenage (l. fenum), s. m., foin 
non pesé que l'on met à pleins râteaux 
dans les écuries des auberges. Dans 
tout le Poitou. — Au figuré : « être de 
bon affenage, » c'est manger de bon 
appétit. V., c. de Montmorillon. 

Affenail, s. m. V. le précédent, 
dans le second sens. V., arr. de Châ- 
telleraud. 

Affené, v. a., donner du foin aux 
bêles dans les écuries. — Faire pro- 
duire sur une ferme le foin nécessaire à 
la nourriture des bestiaux. — Au fi- 
guré, il s'applique aux personnes, — Il 
s'entend aussi des cadeaux réitérés que 
l'on est susceptible de recevoir. V., arr. 
P.,Civ. — « Affeni,» D.-S., C. B. — 
Patois du Berry. — Rabelais : « Quand 
j'ai bien àpoinct desjeuné, et mon esto- 
mach est bien a poinct affené et agrené.» 
(L. 3., c. 15.) 

Afferdeillé, e et afferdeilli,e 
(affeurdeillé) [1. frigus], adj., celui ou 



?•^ 



A FI' 



AFF 



relie i|iii a froid. V., D.-S. — Troven- 
Çiil : « urrejouli. » 

AFFKiumx SK (affroux), adj, se dil 
de a-lui qui aime à changer de mets, 
ou qui éprouve do la répugtianrp à les 
premir>*. Oo h \q dicton : « aff'roux 
coiiin in c!iin » V. — I) -S. 

Affiagi:, s m , verger planté de 
IVui s. V. — D. S. — i*ar extension, 
une personne est d'un bon ou d'un 
niauviiis affiage, suivan! qu'il est facile 
ou difficile de la nourrir. V. — D.-S. 

Affiages, s. m. pL, nom générique 
de? harnais aratoires do toute e^pèce. 
(B.-F.) 

Affuil, s. m., se dit do l'appélit 
bon ou mauvais. V. suivant les lieux. 
V. AHenage au figuré. 

Affic, s. m., l'avant train d'une 
charrue. (B. F.) 

Affié, ée, adj., enfant ou petit bé- 
tail qui n'a plus besoin de sa nourrice. 
V.. arr. do Poitiers, arr. de Loudun. 

Affie. v. a. et n. 1 afjigtre].é\ê\er, 
nourrir, planter, greffer Par extension, 
pourvoir, fournir. — V. pr., se pour- 
voir, se nourrir : « Quiau gars s'affie 
bin; «ce garçon se nourrit bien. V. — D.-S. 
— Vend. — « Neponrrdiu planter et affier 
en lad. terre au!cuns arbres fruitiers. » 
(An. i/i.'iO Manuscrits ilu Poitou.) — 
Patois du Berrv : « adliir. alfier, » éle- 
ver, nourrir; sap[)lique non-seulement 
aux con^tructions, mais aux plantations 

— Rabelais: u affier; j en affierai et 
enlerai en mun jardin de Tourainesur 
la rive gauche de l.oire. et seront dicte< 
poiivs de bon Christian. » (L 4, c. r»4 ) 

A FFi É (l fides}, v. a. , affirmer. Vend 

— D S. 

« 01 é b.iin jire le fin sûr 
>' El (li qutiu i vuus Hftie. ■> 

(Gciit. l'oëi.] 

Basse latinité : afjldare, Jîdein dare^ 
ftde dala polUceri , elc (Duc.; — Pa- 
tois du Herry : «afBer,» donner sa foi. — 
Aube, Marne. — Ancien fiançais : « af 
fier. 



• Je vous a'fie 
» Et ccrlilie. » 



[La Fontaine.] 

P.abelais: a J'en suis grandement scan- 
dalisé, je vous affie, et ne m'en peulx 
taire » (L. 3, c. 22.) 

XXXll. 



Affigeat, v. a. et pp., élover, nour- 
rir. V , arr. de Montmorillon. 

Affilai, v. n. , donner du lait : 
« Ma vache affile bin. » V., Chàl. -- 
D -S., c. de Bressui!"e. — Français: « af- 
filer, » donner le fil à un Iranchi'.nt. 

Affilaie (d'i, loc adv., sans inter- 
ruption : « I li dix li'UPS d'affilaie. » 

V , arr.de CiviMv — D S., c Maz. 
(A U); arr. de Melle. — « Affili fd"). » 
dans plusieurs antres lieux. —Patois du 
Berry : « affilée (d'I, » roule faite sans 
s'arrêter. 

Affilochai (s') [l Jil'dm], v. pr., 
se dit des blés ou des plantes qui lèvent 
avec des feuilles minces longues, étroi- 
tes, comme des brins de fil V. — D.-S. 

Affinar et Affinai, v. a., trom- 
per, attrap.-r. D S. — Vend. (Cet P. D ) 

— Ancien français, « affiner » : « !.es 
trompe et les 'affine. » (l.a Fontaine.) 

— Patois <lu Berry. — Français : ren- 
dre plus fin, plus délié, elc. 

AFFLKuaÉ, E,adj .qui ti'a de hi santé 
que l'apparence. V., arr. de Poitiers. 

Affligeation (1. nf/lictio), s f. . af- 
fliction, tristesse : a queulle affligeation 
dans sa famille! » V. — D.-S. 

Affolai, v.n , avorter. V. Ci vray. — 
iB.-F.) — Basse latinité : affolare , est 
levifer laedere , vulnerare. (Duc.) — 
Roman : c affolar , • endommager, 
blesser. —Marne, Yonne : tuer, blesser, 
écra-er, rendre fou. — Ancien français : 
« affoler. » blesser légèrement. — Fran- 
çais : « s'affoler, » c'est devenir fou, être 
passionné. 

Afkoufai, v. a. et n., donner de 
tout avec profusion : o i n' m'étoune 
pou (pi' gl' engrais -e gl' é si ben afl'oufé 
d' tout ; • je ne m'étonne pas qu'il en- 
grai.-^se; il a tout à profusion. V , arr. 
deCiviay.— Vend (C et P. D.;— !'a- 
fois du Berry : « affourer, » donner à 
manger aux troupeaux. 

AffO'JGé, e. adj , se dit du feu qui 
ne peut s'allumer parce cpi il manque 
d'air : « quond 1' feu é affou^é, le bois 
brûle à létou.Tade; » quand le feu 
manque d'air, le buis brûle en étoufT.ml. 

V , arr. ih» Poitiers et de Civray. — 
Bas.>e l.iliiiité : affocare, faire du feu 
iDuc). 

Affoulé , V. n., avorter. V., c. 
Montm., Mouli.-mes. 

4* 



10 



AFF 



AGA 



Affranchi, v ii., rlifitror Ns aiii- 
maux On dit. pur iMu«loj;ie , îiflViuicliir 
quelqu'un , pcnir exprinuT qu'on l'a 
rendu sage el Iriinqnille. (B.-F.) — V. — 
I).-S. — Vend. — l.alin : a ffraugere ^ 
rompre au pri\< ou contre. — Basse lati- 
nité : o/ïratK/uire francos , id est li- 
ieros et inihunirs nitilere, (Duc.) — 
Roman : « alVanquir, > apprivoiser, 
adoucir, el « afrancar, » amollir. — 
Putois (lu Rerry : « alTrancInr, o clià- 
li'er les anim;ni\ — Krançais : « affran- 
chir, » uu'ilri' en liberté, décharger, 
■exempler. 

AFF114NCH1SSF.U, S. m., Celui qui 
affranchit. — l) -S, — Patois du Berry : 
« alTranchisseur , • clu\lreur de bes- 
tiauï. 

Affremoghar, V. a., nettoyer les 
Stables, eidever le fumier. Vend! (C. et 
V. O.) 

AFFRlCOCHiet Affbiclochai.v a., 
affriander. V..C Monic, Mazeuil. — (B.- 
¥.] — Marne : • affrioler, «séduire, atti- 
rer. — Français: a aiïiiuler, » accoutu- 
mer à la 2;ourmandise. 

Affbigalai. V a. et pr. V. le pré- 
céd. V. suivani les localités. 

Affriqlelak, r et Affriquflé.ée 
lafïriq'laé), adj , freldiant. Vend. (C. et 
P. D.) — « ûhl gl'é aiïfiqu'lé quiau 
petit gars. >» V. — 4). -S 

Affroistai.v. n .faire banqueroute. 
Généralemeni appliqué dans ce sens 
dans tout le Poitou. -— Français : * af- 
fronter, » attaquer avec hardit^sse. 

AFFRONTKU el AFFRO^TOU , SB, 

adj , c^lui qui a affrontai, qui a fait 
banqueroute. V. — D -S. — Français : 
• affronieur , » celui q:ii trompe avec 
hypocrisie. 

' Affbouté . F. (r./;-o?/), adj. , se dit 
d'une jachère remplie. Mel — Dans un 
sens plus général . il s'applique à une 
grande quantité de cho^es. L).-S., arr. 
de Melle et de Brns^uire. 



Affrolzai ou 
affermir, enfonier : 



Affo>Z4I . V. a. 



« Et Dieo pnr u puissance 
» M'a fait ouvrir les oeil pr' affonirr ma créance. » 

(Bab.. p. 7.) 

Affbutageai et Affblté (I. fru- 
gijej- y V a , planter des arbres à fruit. 
Une métairie " bin affrutagée » est une 



métairie où il y a beaucoup d'arbres à 
fruit. V , arr. de Poitiers et de Civray, 
c. de Montmordion. — Patois du Berry : 
(( afîruiler, » achever de mûrir sur la 
paille. 

Affubail (I. fibula], s, m., mor- 
ceau d'étofTe en forme d'écharpe, et 
dont on se couvre la lé.te. Vend. (C. et 
P.-!).) — Bass»^ latinité : affibulare , 
Jlbula constriitgere : t pallium, quoin 
curia affibulalus erit. » (Duc. Hugo 
de (^leeriis de majoratu F'ranciaî). 

Affijbliae. V. n., froncer les sour- 
cils. Vind. (C. et P. D.) 

Affltail, s. m., objet de peu do 
valeur. V. — D.-S , dans certaines loca- 
lités. 

AFFUriArsl/«v//i).s m. pi., instru- 
ments en général ; tout ce qui peut 
servir à la même chose; objets de peu 
de valeur. — ^. — D.-S.— Marne et Haute • 
\Iarne : t affutiaus , » petits outils, 
petits objets » choses inutiles. — Patois 
du Berry : « afifutiau, » effets, orne- 
ments, parure: « montrer ses affutiaus, 
avoir de beaux affuiiaux. » Il s'écrivait 
autrefois a/ustiau , et signifiait un 
manche, un morceau de bois. 

Agaciî, V. a , se dit des terres m»l 
cultivées el que l'on épuise f^ute d'amen- 
dements V., arr. de C.hâtelleraud. — 
Français : « agacer, » causer un agace 
ment. 

Agalai, V. a , briser les mottes de 
terre qui se trouvent dans les champs 
fraîchement labourés, surtout dans feux 
otj l'on a semé du maïs : « via aq' mé, 
pondont qu'i labourr'ai, t'agal'ra, lé. • 
Viens avec moi. pendant que je labou- 
rerai, tu briseras les mottes, toi. V ,arr. 
Civray. — (B.-F ) 

Agali . s. m., grande étendue de 
champs. (B.-F.) — /'. Aharias. 

Agalouh, s. m., râteau qui sert k 
agalai les petites moMes. (B -F.) — Adj. 
pris substantivement: Celui qui brise des 
mottes ou qui abat des noix. V., arr. de 
Civray. 

Agabai^ exclamation! regarde, vois; 
terme de surprise et d'admiration : 
a agarai , veir, ce qu' gle vin m' dir' 
iquit , i nou arai jamois creit; • re- 
garde, voir ce qu'il vient me dire ici. je 
ne l'aurais jamais cru. V. Civ. — D.-S. 
Limalonges. 



AGA 

ACiAST OU Agat, s. m. (I. vasfare), 
cîôgàl, fiommaf^e : « faire poyez l'agas, » 
f.iire payer le dommage, ((lust., p. 69.) 
V. — D -S — Vend — Gascon : « agat, » 
débordement. — Patois du Berry : viagas 
(feau, » abondance d'eau, averse. 

Agatai, V. a., (r, agdf), faire du 
dommage . du dégât : « Gl'a m'nô ses 
cueilles don man blé^ l'a tout agâtai ;» 
il a mené ses ouailles dans mon blé. il 
l'a tout endommagé. V., — D.-S. — (VJa- 
nusc. dw Poitou.) — « Agastant » est 
employé dans la coutume du Poitou de 
1614 : « tout home qui a jurisdicion 
peult prendre , uu faire prendre les 
bestes qu'il trouvera malfaisans ou 
agasiant en son domaine, > (art. 67 , 
Cit. B. F.) — « Agasiie » : la bonne 
contrée des Fr.mcs sera toute agasiie. » 
^Chronique dsDuGuesclin, vers 17,136, 
Cit. B. F.) 

AGkVLkGE'r. gaul€),s. m. Elagage, 
D.-S.. — c. Maz. (A. R) 

AoAULA.iet AuA(7Li (P. çaule), v. a., 
abattre avec une gaule, gauler: « quand 
agauleras-tu les noix? • •=— Acquitter , 
j)ayer : « il aeu la peine d'agauler les 
<l€ltes de son enfant. » D S., — c. Maz. 
(A. R.)V. Civray. — D -S , arr. de 
Bressuire. Français : « Gauler, » abat- 
tre avec une gaule. 

Agauté, V. a., faire des prévenan 
ces» flatter. D -S., C Maz. (A. R.) 

Agautés^ s. f. pi. (I. gaudere . Pré- 
venances , attentions , surtout de la 
part d un inférieur. V. Civray.— D.-S., 
c. Maz (A. R.) 

Agdai (I. adjuvare), v. a., aider : 
« agde mou don, » aides-moi donc. V. 
arr. Civray. — Gascon : < adujabo , » 
aidait. 

Age, s. m., bois entouré de haies; 
haie. Dans I arrondissement de Mont- 
morillon quelques propriétés portent ce 
nom : Les Ages ; le Pvy de l'Age. Il 
y a aussi, dans la commune de Savi 
gné, près Civray, une métairie appelée 
les Ages D'où ce bon mot : o I>a Cha- 
rente (rivière), passant par le tan (mou- 
lin) , conduit des Ages (propriété i à la 
Folio , autre propriété. » V. Civray. 

Agassb ou Ageasse [\.Acax), s. f , 
pie : • Les ageasses sont partout pi- 
geaudéas, > blanches et noires. C'est un 
proverbe dont le sens est que l'on ne 



AGG 



n 



gagne rien u changer de profession , d^s 
condition. — « Ageasse bati'rèle, Tra- 
gî'asse ou Tregeasse, o oiseau, genre 
d'agcasse. — Ageasse (crêpe à l") : 
tf Tous les ans, au dimanche gras, dit 
M. Tabbé Auber, on tourne des crê- 
pes, duiU chaque bergère prend sa part ; 
niais on réserve aussi celle de la pie , et 
celle-l.i s appelle Crêpe a l'Ageasse. Kn 
efft't , la délicate friandise est un des 
goûts favoris de l'oiseau babillard. I ors 
donc que, dans l'après-midi , les trou- 
peaux sortent de retable , on emporte 
des crêpes que l'on va jeter aux bran- 
chages élevés des grands arbres, afin 
d intéresser la reconnaissance de l'avide 
plénirostre. et dans la persuasion qu'on 
sera av(?rti par lui de toute approche 
de rennemi , c'est-i dire du loup, ou du 
garde champêtre. » (Recherches sur 
Saint-Pierre-les-Eglises , Vienne). — 
Ageasse (jiivelle à l'j. — L'ageasse a 
encore la réputation , continue M A uber, 
d'avertir sérieu^ement les propriétaires 
que loiir terrain est visité par le renard, 
la fouine, les voleurs , etc. C'est dans 
le but de lui conserver cette bonne ha- 
bitude que, après la récolie dos javelles. 
la dernière est jetée aussi aux branches 
d'un arbre, afin que la pie y trouve des 
matériaux pour son nid. « — Roman : 
« Agassa f — Marne : « Agache , 
agasse. > — Patois du Berry. 

Ageasse. La Fontaine ; t Agace. » 
(Fable de l'Aigle et la Pie), 

Ageassea, Ageassin et Ageasson, 
s. m., jeune pie. V. — D.-S. — Vend, 
suivant les localités. — Provençal : 
tt Ageassoun. » 

Agei , s. m., érable noir, dans quel- 
ques communes. 

Agençai (r. getiçai),v. a., balayer. 
Vend. (C". P. D.).— Au figuré, donner 
le fouet : 

« Et gl'pn cachant la clc 
» De pou que l'au régent ne fii-se ajancer lau po- 

[nant.» 
(Gust.) 

Français: « Agencer, > disposer, 
ajuster. 

Aggrvva'ît , E (aggravare) , adj". 
V.. qui cause des douleurs, du mal aux 
pieds: « Chemin aggravant,» àcausedu 
sable qui s'y trouve. V,— D.-S— (B.-F.^ 



\\! 



AC.L 



y' 



— A. R.) rirl()i>.lu n<*n y : « Vi^i^nni'' » 
bi' cîil (itv^ pii' Is «K'à ;inini;ui\ (piiinvl ils 
SO:»l iniuilris , foulés, sl' dit ou si ciîins 
K' même --eas , (lai»-s la Vienne el les 
D'-iivSè\ les. 

AGOi;oiiAtel AGiiiioiiAi [\. aggre- 
ç/arc'i^ V a., rassembler, réunir; lillé- 
ialemonl réunir en Iroiipeau. Se dit 
prineipaîemjnl de la pouie (pii réunit 
?es pou-si :s ^ous ses jîiles. Vend. (C. et 
p 1)., V. _ D.-S. —Patois du Btrry et 
de Saintoniie. 

AGGiiOiAi (s'),v. pr ,s'nccroupir. V. 

— I).-S. — Provençal : «Agrouva; sus 
lou pople ?grouv;i , » sur le peuple ac- 
rroupi. — llabcl.iis : « Arrrouer ; »> el 
nous mena druict à la cagt? où il était 
accroué. n (î, 5, C. 8 ) 

Agissanccs (1. agere) , s. f. pi. , 
maniènîd'a^^ir : < on verra ses agi-san 
ces. — D -S., r. Maz (A. K)— V., arr. 
Civray — Mniiu : « ^gi^'--^» « lesagies 
(1 une 'maison, ce sont ses détails inté- 
rieurs. 

AGLAN igl mouillé.-) [1 glnn>\, 
s. m.. V.. arr. de l'oiîiers, de Civray , 
Châlelleraud, .Monimorillon : 

« T'aras de r.i jlan, f'.irns de l'ngl.in 
»» Quand li-s chnf:n'"s en nmen.lrHut. » 

refrain d'une chr.Jison poitevine que les 
her.^^ères ch^uilenl en gardant leurs co- 
flions. — Pattis limou.-^in : « ogiian. » — 
Ardennes: « a^lund.» — Patois du Berry 

AglamjEk 'gl mouillés), s. l. , 
recolle du gland V arr de Poitiers et 
<'e (!ivray. — Parois du Berry : a aii- 
lander, »'aiï; rme: la glandée d un bois. 

Aglantin. s uk. églanlier, V. c.St- 
Savin. 

Aglat, e igl mouillési. [I. glociea] 
adj.,gliicé : « blé agial), — qui lieiil 
aux pieds : • terre aglal»'.-» - Gras cuil : 
« pi.in dglal, » V. arr. P.,(;iv.. — \eixi 
(C. et P' D.|— l).-S. c. de .Maz. (A. R.) 
— c. de Bre.ssuiie. 

Aglaii. k 'gl mouillé.-), adj. , .s'em- 
ploie dans lemè'iie.-;ens(iuelemot précc- 
denl . avec cell(î diTérenee . quand on 
l'applique?^ la terre, cpic celle qiudifi- 
calion ne lui e.->t donnée qu(î lorsqu'elle 
n'est pa> meuble Dans les communes 
de Mouslime» etd'Adrieisou ne mouille 
pasies lellresg.el I.V., - I) -.S — Vend. 

AgliaU.nls, s, m. [)!., étrennes , 



AGO 

p:é.;enls, du piemicr jour de l'an. 1) -S.. 
c.Maz (\ P\.) — « nguianeu; » c'e.-t 
le mot dont les vieilles gens se servent , 
dans la lîeaure , pour d"manler l'au- 
mône le jour du pirmii'rde lan. — Pa- 
tois du Bjrry : w angilan. r étrenms.— 
Rabelais : « aguillaneuf; pour !a ré- 
bellion des Soui.-ses qui s'estoient as- 
semblés , au nombre de bombies. pour 
al!er à l'aguillaneuf , le premier trou de 
Tan. î (I . 2 , c. Il ) 

Aglio.n et Aglin ( gl mouillés) , 
(I. aciiS;, s m., aiguillon, perche as.-ez 
longue el efiilée, armée h l'une de ses 
extrémités d'une pointe pour pi(pier les 
bœufs, et à l'autre d'une petite palette 
en fer pour nettoyer la charrue. Syn- 
co[)e du mot ag/ug/on. V,, c. de Mont- 
cont' ur, Mazeuil — I).-S , c de Bres- 
suire. — Roman : « agulion. » 

Aglisr l(jl mouillé.-), s. f. , 'sorte de 
brioche faite avec du beurre , du sucre 
el de la farine. Vend. c. deChalans. 

AGLOTi [gl mouillés), s m., gland, 
l) -S. c. Tliénezay. /'. Agian. 

Agluglon el AGLi]Liî\(f;/ n)0uillés\ 
s. m., aiguillon. V., arr de Poitiers et 
deCivray — Roman : « agulion.» — Pro- 
venç.d : « aguhioun. » — Ghampagne : 
a aguyon. » Patois limousin : « oi- 
guillon. > 

Agnea (I. ngmis) , s. m , agneau. 
V., Civ. — D.-S., arr. di} Hressuire, — 

« Pi.intc m'iqai Iciis les aanf.ns » 

{Giist., [I. 1 1.") 

Agneleau, s. m., aluvau. \end. 
(C. el P. D ) 

Ag.nelle, Agnette et agmtr (I. 

agnalla) , s. f. . agru»au femelle. V., c. 
.\iunlc . INIazeuil. — V) -S — Marue : 
« agnelle. • — Patois limousin : 
u oigtK.'llo. » 

Ago. Kxchimation. F.Agarai : «ago, 
ago , bezoun, « cii pour se fiiire suivre 
fies chiens dans certaines contrée?. 
V. Châtelleraud , pour l'emploi du mot 
comme exclamation . et pour l'arrond. 
de Civray dans le dernier sens. — Ar- 
dennes et patois limou-in : o aga » 

Agolai, v. a., flatter, flagorner pour 
tromper. \ end. (G. el P. D.) 

Agoiçai, v. a. et n (axah'.v) , aga- 
cemenl causé aux dents , aux nerfs : 
« ta poire m'agoice les dents, — (s*| v. 



AGU 



AGI: 



i:^ 



pr.. elrp foiirmenlé . eiuuiyc , aba.-;- 
fiuiirrli. n -S. — jA. R.) 

Agossxi, V. 0., moiis.-er, Vend. (C 
vt W D.) 

AooiiKArDAK , V 11 et pp., PR hnis- 
S(>r : être blotti, f" . Aj^rouiii. I).S. — 
c. O'Ile. 

AciuiiTOU <l. gu(t(i)y s in.,seiui pcTcé 
où l'on met éL;ouiUT les fromages I) -S. 
0. de (Icllo. 

Agrains !}. qrmnim) , s m. |)I.. cri- 
bhires de céré;iips destinées aux voIimI- 
les. V. arr. (.hàt., iMontm . — Sain- 
ton ;^e. 

Agralat , V. a., flatter. V. arr. de 
Poitiers et de (jvray. — /''. Ai.'olai. — 
Ronian : « a^reiar,» honorer, « agradar,» 
plaiie. délecter. — Ga.-con : « agrada,» 
plaire. 

AORALFiiR et Agralfux, sr. adj. , 
fciiii ou relie (]iii a^rale: « ah! (]u' (|iii- 
au iiars é agraleox ! » ah î qne ce gar- 
est flatteur l^^-I) -S. suivatif les lieux. 

Agiugo'.'Ssi (cire), Icc. , avoir! air 
souffrant et m;dade : «in' ^é poué 
qui qu'oui at I ve?in , gl' é jolirnonl 
agregous>i ; « je ne sais pas ce qu'a le 
voisin, il a j-ilimeul I air nu.huie. V. 
Civray. 

AGREIANCE (I. çrofl/s), S. m . COH- 

Fentemcnt, agrément : < i au .f'ré avec 
I agréiance de n»a fennnie; » je le ferai 
avec le con^entonienl ragrémenl de ma 
fenune. V., arr. de Poitiers. — I];isse 
iiitinité : agreamention , consensus, 
agrément (Duc.)— Gascon : a agrada, » 
plaire. 

Agrkignai, V. a., exciier h se 
battre. l).-8., c. ^laz. (A. H.) 

Agrimaili-ai et agblmi.iilm [I 
gruniu.^] (s ), v pr. , se réduire eu gru- 
meaux, eu petites l)oules : « de peu 
quieuqu' tomps, uiau lait s'agremaill 
trejou; •> depuis quelque temps, mon 
li'it seiéduit toujours en grumeaux. V , 
arr de Poitieis et de Civray — D -S 
— (A. R) suivant les localités. 

Agrknail (1. granum)^ s. m., dépôt 
au fond d'un vase : « n' v'rse don pou 
si vite, te fia cheure les agrenails; b ne 
verse donc pas si vi^e, tu feras tomber 
le dépôt. V.-D.-S.-Vend. 

Agrexai' l\i (r. agrenail/es], v.a., 
jeter des grains défectueux, des agrains 
aux volailles : « mes poulets profiiant- 



eils bén depeu qu'i les ngrenr.ille ! « 
\tes poulets profilenl-ils bien ('(«puisquo 
je leur donne du grain ' V. — D.-S. 

Agbe;\aillfs et Agrevaix. s. f. 
pi., grains défectueux. V. — D.-S Vend, 
suivant les lieux, 

Agiîfine, V. a., jeter du grain aux 
volailles dans la trémie du moulin : 
« vô don agrené quiés pcudets, gle cre- 
vant de foiin . » va doiu*. donner du 
grain h ces poulets, ih crèviMit de faim. 
— Au figuré, fournir de l'argent à (piel- 
qu'un. V. — D.-S. — Vend — Rabelais : 
a a-zrené» faiij.i, plein, repu.(L. xxx), 
c 15.) 

Agrenoisrs, s. f. pi , grains défec- 
tueux. V. — D. S — Vend, suivant les 
lieux. F. Agrenailk'S. 

Aguichae, v. a , attraper, prendre, 
sai.-ir : « gl', agrich' prelout où gr[)cul; » 
il altrappe partout où il peut. \' . — D -S. 

AGRiPP\i (I. conipcre), v. a , sai- 
sir : « s' i peux t'agrippai , meitignn 
gars, tu moupoiras; » si je peux to 
sai-^'P, mon gars, tu me le payeras. 
D.-S , c. de Bressuire.— Veisl. — l'ra!- 
çais : « gripper, » attraper subli'emenf. 
Sai-ir, arrêter. 

A G ROLE, s. m., genêt épineux V, 
(hà'. — Corbeau , gf-ole. — V., c de 
.VIonimoriilou. 

Agkolê, v. a , flatter. V., arr. do 
Chàlelleraud. V. Agolai — Patois du 
Berry : a agroler, » insulter. 

Agroumi (s'), v. pr., s'accroupir, 
mettre culotte bas-e. V , arr. < hàt — 
Provençal : « agr oumouli ; s'agnanuou- 
lisson et s'estiront, » s'accroupissent et 
s'allongent, — ï'atois limousin : « agru- 
nii et ogrumi. » 

Agija fagai, exclamation. D.-S., c. do 
Hressuire. y . Ago. — Rabelais: « ai:ua, 
men ami, elles sont tant douillettes » 
(L. IV, c. G7.) 

AGUEGiNi, v. a , exciter les chiens .î 
se battre, a aboyer : * d piequ agiio- 
gni sans cesse le» chiens? b V., c. (ie 
iMontcontour. 

Aguervant, e. adj. vcrb., qui cau-e 
de.-^ douleurs. V — D -S tJans ipjciques 
locidités. y. Aggravant. 

Agl'GLE((/w et ^/mouillés) ji. Aciis], 
aiguille à coudre, aiguille de charrette. 



V. — D.-S. 



Rcman : « a'^u gua et 



a'j:uilla. » — Rabelais : « l'aullre soub 



14 



AÎG 



AÏG 



haicloit le templo do Notrc-Danu» lout 
plein d'aguilesucérés.') (Koiiv. pr. liv.iv, 
p. 1510)' 

Aguglk icju el g! monillésV s. f. . 
pl.inte dont les grains sont renfernK'S 
dans des siliqnes lunj^ues ef aiguës et ()iii 
ont une certaine ressornblano' avec l'iri- 
cuille. V.— B.-F.l— n-S. 

Ar.iGLEE et Acre LIE (gu ff yl 
nïouillés), s. f., ai.^iiillon. V., arr. de 
Toiiiers et de (".ivray — /'. Agiion. 

Agi'mentr 's', ^(/i/ nu)uillé-l, v. pr.. 
sHrdormer, s'enquérir, s'inquiéter : t y' 
n'au cré pu depis qui m'en sis a^ju- 
nvnlé; » je ne crois plus cela df[iurs (frie 
je m'en suis informé. V., arr. Châl. 

Agusail et Aguse (pierre d'). s. m , 
pierre à aiguiser : « i ai predu moun 
aguse ; la tu trouvai? • J'ai perdu ma 
pierre a aigui.-er, l'as tu trouvée? V^ — 
D. S. suivant les lieux 

Agdsai [gu mouillés) [I. acuere], 
V. a , aiguiser. V. — D.-S. — Aguse (s'|, 
V. pr., se dit (U^> piailles et principale 
ment des céréales (jui, pressées par la 
chaleur, ne peuvent faire de dragcoiis, 
et ne forment que des lig<s aus?i me- 
nues quo des aiguilles : « j' vins d* voir 
mes blés, le sont louî agusés. » V , arr. 
de Chàlelleraud — Ronuin : « aguzar. » 
— Français : « aîizuisei. • 

• » ^ 

Aglsktte igl mouillés' [pierre d'|, 
diminutif d'agu.-e. V. ce mot V , Cha- 
laitdrai 

AHARsaR, V. a., regarder, faire at- 
tention a queNju un, a quelque chose. 
Vend. (C. et P. O ) 

Ahhjlai(I t//M/a/f),v,a ,crieraprès 
quelqu'un, l'ahurir : « et gle n' z' aheu 
liant, » et ils criaiv'nt sur nous. D -S. 

AiCKTiEOu piarde en bois, s. f . , 
outil de charpentier. V., arr. de Cl)ât. 
V. Ancf-rolle. — Pe'ite planche pour 
hacher la viande ou l<» porter cuire au 
four. V., c. de Montmorillon. 

AiFFAGE, s. m., terrain bas el hu 
mide. V., 0. de Montmorillon. 

AiGAiL ou AiGUAiLd aqua),s. m , 
rosée : « l'aigail fait venir la bequeule 
(maladie, î;. ce mot) aux cueilles. > D.-S 
— Vend. — Ce mot, joint au verbe faire , 
est employé proverbialement, pour dire 
causer du tort, du dommage. Celte ex- 
pre^.sion vient peut être du tort consi- 



déi able que Ton fait aux |)rés en y pas- 
sant, quand il y a de la rosée. 

» Pfc to dire, y ne sçais d;iux «iiieiix faut mny se 

[pl«ln(1r»v 
• r.'>r qiiicl.iy z'animaux nous (oui bay de l'(?Kall.>» 

(Gusl., p. 61 ) 

Roman : • aigua. » — Provençal : 
« eigagno, eigagnole, » rosée; « à l'ei- 
gagno. » il la rosée. — Ancien français. 

AiGAiLLAi, V. impers., couvrir de 
rosée : « a malrn, o!' tait fort aigaillai ; » 
ce matin, il y avait beaucoup de rosée. 
— Par extension, jeter, répandre sur des 
objets quelques gouttes d'eau, du sel , 
de la fiirrne : « sardines aigaillées, » qui 
ont été un peu .salées. — Au liguré (s'égail- 
lai). V. pr., s'éparpiller, se répandre : 
« aigaillez-vou>, les gars ! » expressioit 
devenue célèbre depuis les guerres ven- 
déennes. (A. R.) Dans tout le Poitou. 

AiGAiLLÉ, V. a., passer à l'eau lo 
linge sale : « Mariton , va don aigaillé 
les linceux ; • Marie, va donc passer à 
l'eau les draps des lits. V. 

A iG AILLER, s. f , petite pluie douce : 
« ol a cheut in' p'tif égaillée qui a fé 
grond biti à nous prés; » il a tombé 
une petite rosée qui a fait grand bien à 
nos prés. V. — D.-S. 

AiGAiLLi, s. m. eau répandue en 
grande quaritité, par maladresse ou inu- 
tilement : « gar" don queul aigailli, ail* 
a fait dons la place. • Voyez (lonc toute 
l'eau (pi'ellea répanduedans la chambre. 
V.-D-^S. 

AiGAiLLOiJ, SE, adj., forte rosée; le 
lieu où elle est répandue : « ol' tait bin 
aigaillou à malin ; » c'était bien couvert 
de ro.-^ée ce matin. — Par extension, l'on 
dit d'une personne qu'elle est aigail- 
louse, quand elle revient d'un champ, 
d'un pré, les pieds et les jambes trempés 
par la rosée : « Ah I ma cher' feille,eh I 
l'é tout' aigaillouse ; » ah ! ma chère 
fîile, eh 1 tu es toute trempée de rosée. 
V., arr. de Poitiers et de Civray. 

AiGAiLLL'BE, S. m , diminutif d'ai- 
gail, arrosement léger des plantes, des 
légumes : « i vas baillé in* aigaillure à 
mes carottes n V , c. de Neuville. 

AiGLACi (gl mouillés), v. a., casser 
une branche d'arbre qui, en se brisant, 
emporte avec elle des lambeaux d'écorce, 
et fait fendre l'autre partie qui reste al- 



AIG 

tachée au tronc : « queu demage d'aveir 
iii.t;Iaci qiial' ?i jolie p'tit' enle ; » 
quel dommage d'avoir cassé ce si joli 
petit arbre. V., c. de Mirebeau. 

AiGLANDAi igl mouillés) ; v. le pré- 
cédent. (D. -F.). 

AiG>EA, s. m., agneau. V. — D.-S. 
suivant les lieux. /^. Agnea. 

AiGMEL\i; V. n., mettre bas en par- 
lant des brebis : a tout' mes oueilles 
-sanl ogneléies; » toutes mes brebis ont 
mis bas, V., arr. de Civray. 

AiG^ELiN, s. m., laine pri^e sur les 
agneaux de l'année. V. — D.-S.— Vend. 
— Ardennes : « agnelin. » 

AiG;MTE , s. f., agneau femelle. V., 
arr. de Civray. /'. Agnelle. 

AiGKÈMES (I. Iacrymie\,s. f. pl.Jar 
mes : • les aigrèmes m'en cheu>iant daux 
îiils;» les pleurs m'en lombaientdes yeux. 
V., arr. de Civray et de Poitiers. — l).-S. 

» Le» aigrémc» dos ails 1y sorliant pu Rrnnssr.s 
B Que iL'ti us que pounaiit nos deux poiiklles 

(musses. 
(Gust.) 

Légrèmcs, » larmes, gouttes d'eau. (Lac , 
l. Il, cit. B.-F.) 

AiGBON, s m., héron , oiseau. V. 

AlGUAI et AiGlJE, adj. . déguenillé, 
misérable. D.-S. , c. de Bressuiro : 

« Quand y tU dos Français, autrefois, riche, 

{heureux] 
» Tout déglmbré dans Londre. aigi.é* qufme do* 

[gue<'x]. » 
(Bab., p. 46.) 

AiGUAi, V. a., habiller, arranger, 
mettre en ordre. D.-S , c. Bressuire. — 
Vend. Font. (Cet P. D.)— Raccommo- 
der : aigu' don ma c'Iotie; » raccomuiode 
donc ma culotte. V., arr. de Civray. — 
• Eiga » » accommoder, ranger (La- 
combe, cit. B.-F.) 

AiGUAi (r. aiguë), v. a., mettre, ré- 
pandre de l'eau : « tes prés .«^ant-eils 
aigués? » Par extension, étancher les 
fonds d'une futaille afin qu'elle ne perde 
plus le liquide qu'elle contient. V. — 
D.-S. —Rabelais : « en banquetant, du 
vin aigué séparaient l'eau. » (L. i", 
c. 24.) 

AiGUEfi. aqua),s. f.,eau. V.,arr. de 
Montmorillon. — Breton : • aguen. » — 
Languedocien : « ayga. « — Provençal : 



Ain 



15 



« aïgo ; ouslaloun pôr l'ai^zo rousiga, i» 
maisonnette rongée par ICiiu. — Patois 
limousin : aïgo. » — Marne et Haute- 
Marne : « aiguë et aigé. > — Noms do 
lieux : Mortaigiie, près Bcuivsso; Fon- 
taigue, près St-Maurice-en-Cjençay (V ) 

AiGUiet Aiguière, s. f , rigole tracée 
dans un champ pour faire écouler les 
eaux pluviales. D. S.,c. de Bressuire — 
(B.-F.) — Patois du Berry. — Français : 
a aiguière, » vase à anse et à bec pour 
verser de l'eau. 

AiGUiLLABDB, S f., aiguillon. V., 
arr. de Montmorillon r. Agiion. 

Ail, s. m., œil. V. — D -S. suivant 
les localités. « Qui baissant si fort les 
ails et la tète. » (Gust., p. .SO.) 

Ail a la sbbpent, s. m., Hyaciri' 
thuscomosus.{Miiu(\.) V. — D.-S. 

AiLLOCi et AiLLOUBAi, v. a.. casser 
une branche d'arbre qui, en se brisant, 
emporte avec elle des lambeaux d'écorce. 
D.-S., c. de Bressuire. f^. Aiglaci. 

AiLLOCHES,s. f. pi., herbe a la perle 
ou avoine perlée. (B.-F.) 

AiLLOua et AiLLOU, adv. , ailleurs , 
d'ailleurs. V., arr. Civray, c. de Mire- 
beau. — D.-S. — Venil. — <• G le vent 
d'ailloux. »(Bab., p. i>.) 

• T'éras, sais en b^y sùrf , 
» Altluu planter des cliixix. » 

(GUst., p. 5.) 

AiLLOox, s. m., Hyacinthiix como- 
5WS. V..arr.dePoit.(\Iaud.) -C. Monte., 
c. Maze., arr. de Civray. — D.-S. V. Ail 
à la serpent. 

AiMEMOU. s. m., myosotis V., arr. 
de Poit. (Maud.) 

Aitv, INNE (I. www.s); adj num., un, 
une V. — D.-S.— Vend. 

AiNGAiL, s m., rosée. V., arr. do 
Chàlelleraud. f^, Aigail. 

AiNSE et AiNGSE,s. f., peau qui re- 
couvre les jointures des phalanges sur le 
dessus des mains : « les ainses d'aux 
moins m' fant grond mau ; » la peau du 
dessus des mains me fait grand mal. 
V , arr Poit.— Vend. Font, [il et P. D.) 
—D.-S., c. de Bressuire. 

AiB-DO-ToMPS {l.aer.tempus), îoc, 
air du temps; le ciel, le firmament : 
« ochet de l'aive de l'air-do-lomps; » il 



16 



ADJ 



ALA 



lombc (!e l'eiiu. V.— 1) -S., c. de Bri-s- 

suiiL' : 

« Qui fiO.int prr bondi* dans Tnir do tcmp!» 
» Lou godir «'t Ion gnii7.é. « 

(Rob. Uiv.. p. 195. Cit. n.-F.) 

Qui fifi-îiiinl îk> oz rolenlir (l;ins l';iir du 
tt mps liiir boiiclii' vt \vuv j^osicr. 

Aiiui)\. s f., portion (l'une îlirro. 
f^'.^^' '"<^'') • « "<^""^ n'avons pu baltro 
qn'ino airada a c;!ii>e de ifiiel'i" mniée.» 
(B.-FJ 

AiRADAi et AiRAi (I. nrerp\ v. n , 
sérher sur pied , se dit priririp;demeiit 
(h'^ céréales ^R.-F ) — Anglais : « airer,» 
tcrhrr. rhaufifer. 

AiREK (I. créa), s. f.. 1rs ijerhi^s 
ôien •Uf's sur une ^our à hallre! l/on 
(lit.halln'iiiio. deux airées. V — D.-S.— 
Qiianliléile rlioses étenduessur la lerre, 
par nkClonymie : o le vrnt a fait cheure 
inneairétule poires. • — «Airée d'aive. » 
par métaphore averse, grande pluie. V. 

— Marne, Ardennes : « aifée, airault. • 

— Kra'çais : « aiie, » cour à l)at!re. 
AihfHK, s. f , fiTon <!e lalx.urage. 

V.. c. do Neuville. — ArdiMines : o âi- 
rure, » culîure. 

AisiNAiet Aisi, V a. el n., mouvoir, 
faire enirer fHciN'ment ; « ma manche 
n'ai.-ine [)as. » — (S ), v. pr., se lourner. 
enirer à .-on aise. D. S. (A. R ) (B -V.) 

— V., arr. de Poilirr^. — f^alois limou- 
sin ; <i eysina, » — v. pr. Is'), èirc adroit 
a son ouvrage . à faire tonte e.-pèce de 
rhoses : o il s'aisit bin à la besogne. » 
V., arr. de Clhàielleraud. 

AisiNANCE, s. f, aisance dans les 
mouvements , faculé de faire, d'agir. 
V., arr. Moulin.. I nchapt , Adriei>. — 
(B-F.) — Bas.-^e latinité , aisantiu ,. vox 
foren-is . f.icullas quain quis habel 
utendi, in alienu piœdio, rébus non 
Mi!s, vel ex jure miinicipali , vel pro 
prielariorum concessione , a gallico, 
uisauce. coinmo(!itas. — Boman : • ai 
zina, > facilité. — Français : a aisance, o 
f.icililé dans les aclions, les di.-cours, 
les manières. 

AisissANT, E. adj. verb , chose que 
l'on peut mellre à l'aise V.ldiâf. — D -.S.. 
c Maz. 'A . R .) — Celui ou cède qui est 
actif : « qiiiau gars é ben ai^is^aul. » 
V. arr de ( ivray. 

ADJUDE (\-ac/jutonum), ai Je. Vend. 



(C. et P. D.)— Pa-se lalinilé : uahicfn ■ 
auxilium. — Roman : «< ajiida. « — Gas- 
con : « adujabo, » aidait. — Picardie: 
« aiude. > — Marne : « aiduie , aïe, 
aiup , " aide. — Patois du Berry : • aji- 
der, » aider. 

AivAi (r. aive)^ v. a., abreuver, 
irriguiT : • aivai les près, • y conduire 
l'eau par des rigoles V. Civ. — D.-S. 

AIVE il. iiquu), s. f., eau. V.— [).-S. 
Vend —Gallois : « a\v, » eau. — Yave : 
« si qui» j'en léroie un jui.-e (jugement) 
de chaude yave et de fer ehaiid. » 
iRoman du renard.) — « tve, esve , • 
ancien français. 

A IV EUX et Aivou,SE, adj , humide, 
qui relient l'eau. Se dit principalement 
des terres : • quialle terre n' vaut rin, 
air é trot aiveuse; » celle terre no vaut 
rien, elle est trop humide. V. — D -S. 
— Vend. — « Aivissoux, se. w (B -F.) 

Ajaii-lo.v, s. m., Tajonc, le jonc 
marin, le genêt épineux. les Euro- 
pœus de l inné (B.-F.) 

Ajançai , v. a., balayer. (Gusl.) 
V. Agencer. 

Aja, inlerj. ah! ah! V. Chalandrai. 
D.-S. Vastes. — iB.-F.) 

Ajects(1. adjectvs\,s.m. pi., ce que 
l'on donne en sus du marché : « i v' bail- 
l'rai vingt écusel les ajfts. » D -S. Châ- 
lillon. 

/^JHl^DRE (\.acljungeré),\ a., attein- 
dre, attraper à la course : a o s' né niu 
derinqu'i rajeinde; o il s'en e-t fallu do 
rien que je l'attrape. V., c. de Monte, 
:\laz(uil. — D. S., arr. Mel. el do 
Bres^uire. 

Ala.xg'ii, e (1. iançjuidus)^ adj., 
celui ou celle qui souffre de la soif. 
\. .Mazeui! —Gascon : « alangourido ; 
el dens se roso a!angouri(io, » et dans 
ses roses langoureuses. 

A LAN Oïl, v. n., ïrOUiTrir de la suif. 
V. Monte. Mazeuil. 

ALA>GTibSEMENT, S. m., étal de celui 
qui souffre de la soif. V. Monte. Ma- 
zeuil. 

Alapi, e, adj., collé, qui se lient l'un 
à l'autre : « ah ! (pi i ai grond chaaud I 
ma ch'mis' en é alapie a ma pia ; » ah I 
que j'ai grand chaud ! ma r hemise en 
est collée h ma peau. V., arr (ivray. 

Alapi, v. a., coller; par extension, 
feutrer : « faut alapi la lanc pre fair' 



ALL 



ALO 



17 



(lyiixchapijnix, » il finiloolk'r la hiino 
l)Our faire des chaiieaux. V., arr. de 
CiMay. 

Alein (!. ha/ilus), s. m., haleine : 
« gl' a in alein bin mauvais. » V,,orr. de 
rniiiers, de Civrav ef de Mon'rnorillon. 
— Provençid : « a!én ; on lenént soun 
alén. • — Marne : « alénée. •» 

ALE^TI, F, adj., celui ou celle qui 
souffle de la soif. V.— Marne : a alenli, • 
paresseux, làehe. 

Alentissement, s. n>., état de celui 
qui soufTre de la >oif. V.,arr. de Chàîel- 
loraud. /'. Alangtissement. 

Ali , s. m., pain qui n'est pas levé. 
Vend. (C. et P. D.) 

Alîgk, p. f .fruit de l'alizier. V., arr. 
deCivray. — [B.-F.) — Patois du Berry : 
« a lis. » 

ALiriAUX, s. m. pi., oreillons. En- 
lever les alipiaux, c'est presser, avec les 
doigts, les i\erf> qui se trouvent au- 
desfous dis o.'"eilles , ce qui cau^e une 
vive douleur : Ton dit en plaisantant à 
un enfant : • o faut que je te desserre 
les alipaux , lu mangeras mieux. • 
V., arr. de Châlelleraud. — Rabelais : 
« auriper.ux ; en nostre abbaye, nous 
n'étudions jamais de paour des auri- 
peaux. » (1 . i^"", c. 39 | 

Aliron, s. m., le lérol de Bufîon 
D.-S., c. de Bressuire. 

Alise, s m., gâteau sans levain, 
pain gras rui». D. S. Thénezai, arr rie 
Bressuire. —Vend. (C. et P. I).)— Gâteau 
rond et dentelé, î-ur lequel on a 
étendu du fromage que l'on fait cuire 
avec la pâte. V., arr. de Civray. — Sain 
tonge : <• alise. » galette peu levée fuite 
avec le résidu de la pâte 

All\r. s. m. , peuplier en général. 
D -S., arr. de Melle. — Patois du Berry : 
a ayola d • peuplier noir. 

Allant, s. m., espèce de couleuvre. 
V.,c. Monte, ^îazeuil. — D.S 

Allé, aille, pr. pers., 3« pers. 
fém., elle. V.—D -S.— Haute-Marne. 

Allée, s. f., asphodèle blanc ou ra- 
meux. nsphodelvs ramosus, plante tu- 
berculeuse qui vient dans les bois 
(B.-F.)--V. Chalandray. — D.-S , arr. 
de Bressuire. 

Allegbin ^aU'grin), s m., ranchcr 
,de charrette. V., arr. de Châtelleraud. 



Alluugne (I. ii)ica), v. a , aligner, 
mettre en lignes. V.,arr. de Poitiers. 

Allier, s. m., peuplier. I).-S., arr. 

de Mel. (Rond , — Basse latinité : alie- 
Tins, arboris species . Belgis nosiris, 
a lie}' Duc). — Français : « allier, • 
terme de chasse, filet pour prendre des 
cailles. 

ALLOiniT et Allourit (être), loc, 
fatigué, abattu par la chaleur (B -F.) 

ALLOrsi, E, adj., épuisé de fatigue: 
« i n' peu rén fair', i seu tout alluisi, » 
je ne peux rien fHÎre. je suis épuisé de 
fatigue. V., arr. deCivray. 

Allotai, v. a., tromper dans un 
marché : « meingne vesin ni'a allotai 
pas mal, en m' vondont ses bus, gn'au 
z-a poué fat a n'un ingrat ; o mon voisin 
ne m'a pas mal trompé en me vendant 
ses bœufs; il ne l'a pas fait à un ingrat. 
D. S., c de Bressuire. — Vend. Font. 
(C. et P. D ) 

Alogeai , v. a., avertir que le four 
est chaud. (B.-F.) 

ALOivGEAiLet Alonji;re (Irè.'^-long), 
[I. longus], s des ?. j;«mu'., prolonge- 
ment d'un objet : « OIj ! Jeannette , ta 
rob'é trot courte; melsyin alongeail. — 
M( tsen don ine à ta cîiolte, tai. » Oh! 
Jean net !e. la robe est trop courte, mets- 
y un aiong(';iil. — Mets en ilonc une h 
t'a culotte, toi. V. — I).-S. — Suivant les 
lieux. 

Alopinai (r. lopin), v. a., couper 
par petits morceaux, par lopins : «avant 
de sanai quiés poiim-terre, o faudra les 
alopiiuii ; » avant de semer ces pommes 
de ter re , il faudra les couper par [)etit5 
morceaux. V., — D. S. 

Aloquetai (aloq'tai) , v. a., faire 
des Itus : « dans le partage de ton père, 
tout a été mal aloiilai. » O.-S. — c. do 
Maz.(A W.) 

Alori, e, adj , assoupi. Vend. (C. 
et P. i).) 

Alotai . v. a., faire des lots V,, Ci- 
vray. — /'. Aloquetai. — Patois du 
Berry : « allotir. » 

Aloi Bi et Aloubri, e (1 hipîrc) , 
adj. , affamé , gourmand : « glé aloubi 
coume in' chinne qu' ses chins tétant. > 
Il est affamé comme une chienne que 
ses chiens tètent. V., arr. de Civray , 



18 



AMA 



AMR 



Châlelleraud et de Poilieri. — D.-S. c. 
deBressuire. — Vend. 

« Qal rom dr fr;infs alonbl^ 
i> Manglani lu bouc éiique * 

(Uust., p. aa.) 

— Provençal : « aloubali , v'en l'orne 
aloiibaii. » Rabelais: « ailouvir; je 
suis allouvi el alTamé de bien faire el 
travailler. » (L. iv., c. 24.) 

Alouette-Baiibe et Baudr, s. f, 
alouelte-cochevis. V. c. Monte, Mazeuil. 

— (Maud.) 

Alouette-Dupkb (huppée), s. f. » le 
cocheviseï la calandre. V., arr. de Poi- 
tiers el de Civray. 

ALOUETTE-FKKLunE , ?. f. , alouette 
cochevis. V., air. de Monlmorilion. V. 
Alouetle-Baube. 

ALOUETTK'RAI.ETTE, ou RATILLE, OU 

simplement RALETTB, s. f., c'est raiouetle 
du printemps, beaucoup plus petite et 
d'une couleur plus fauve que l'ulouetle 
ordinaire. (B. F.) 

Alouge. s. m., morceau de pain que 
la bergère donne en récompense à son 
chien lorsqu'il revient de détourner les 
brebis qui font du dégât : « alouiié , 
alougé, man chin, man valet, alougé, » 
du pain, du pain, mon chien, mon 
valet, du pain. V., arr. de Civray. — 
Basse latinité : « alogia , convivium 
sine sermone, quia anliqui siienter 
prandebant (Duc ). 

A LUGE. s. f., fruit de l'alizier. V.Cha- 
landray,c. de Monlmorilion, Moulismes. 
D.-S. — c. de Thénezay. / . Alitie. 

Alugeai et Alugié g. légèrement 
aspiré), s. m., alizier. D.-S. — Vasies. 
V. Chalandray. 

Alvert, s. m., lézard vert. 

Amaron et Amabont (le / sonne), 
s. m., la matricaire, matricaria par- 
thenium. — (B -F.). V., arr. de ( hâlelle- 
raud. — D.-S, ,c. deBressuire. —Roman: 
« amaruns, » amertume. 

Amattounai , V. a. , former des iné- 
galités , des duretés dans la laine , dans 
la filasse que l'on travaille.— (s') v. pr., 
se dit des poupées de chanvre, de laine 
qui forment des nœuds, des duretés. 
D.-S., c. de Bressuire. — (A. R.) 

AMANDURAEet AMAUDUBÉ, V. a. et 

pr., adoucir, apaiser. Vend. (C. P. D) 



V. — D.-S. — Gascon : « amadura, » 
mûrir. 

Amarné(s'), V. pr., s'engorger en 
parlant des glandes lactées. V., c. de 
Wontmorillon. f. Acharnaillai. 

Amblé (6/ mouillés), s m , lien 
rond , en cuir, en branches flexibles, ou 
en osier, servant à tenir le joug des 
bœufs , à l'aiguille d'une charrette ou 
à la perche d'une charrue. V. — D.- 
S. — Vend., suivant les localités. — 
Basse latinité : c amblacium , instru- 
mentum ru>ticum (Duc.) — « Vambla- 
cius ^ dit M. Guérard , est annulus 
virgis flexis , contortisque efformatus , 
cui paxillus jugi inserilur, isque annu- 
lus aralri temonem extremum adjunc- 
tumque in ipsum introducium relinet 
alqueatlrahit. » (Cit. B.-F) — Arden- 
nes : « amblai , » claie , ridelle. 

Amble ibl mouillés), s. m. , pain 
rond, ou gâteau ayant un trou au mi- 
lieu. (B. F.) 

Ambredoibai , V. a., étendre une 
substance grasse ou humide sur quelque 
cho.^e, salir ; se prend toujours en mau- 
vaise part. (B.-F.) — V., arr. de Civray. 

Ambrenai, ie (r. abreuver)^ part, 
passé d'ambrevai; terrain humecté par 
l'eau. V. — D.-S. — Français : « abreu- 
ver, » humecter profondément. 

Amegnoiina!,v. a., caresser, flatter, 
traiter une personne avec douceur : 
c i se ben perqué tu m'am'gnounne , 
te vMrais aver quieuqui » ; je sais bien 
pourquoi tu me flattes , tu voudrais 
avoir cela D.-S. — Haute-Marne : 
• amignolter, » caresser, flatter. 

Amelottes, s. f. pi., restes de pain 
laissés sur la table à la fin du repas ; 
« tu fais trejou dos amelottes. » (B.-F.) 

AME(>iUiONet Ambndillon(1. emen- 
datio)^ s. m , ce que le vendeur donne 
audelàfle la juste mesure, et quiamende, 
rend meilleur le marché. V., — D.-S., 
suivant les localités. 

Amenai , v. n., mettre bas en par- 
lant des animaux en général. Dans 
tout le Poitou. — Patois du Berry : 
a produire. » — Français : « amener, n 
mener, conduire. 

Amebsaulb, s. m., plante, salix 
caprœa. V., arr. de Poit. (Maud.) 

Amessai (1. missa)y v. a., bénir une 
femme lorsqu'elle vient pour la pre- 



ANC 

niicre fois à la messe après ses cou- 
ches. V., arr. de Poitiers.— D. -S., c. de 
Bressuire. — (A. R.) 

Aminochai (s'), V. pr. , littérale- 
ment prendre de la mine, se dit des 
affaires qui , selon qu'elles se traitent 
ou se présentent, se font bien ou mal. 
V,, arr. de Civraj'. — D.-S., arr. de 
Mel.—(B. -F.)— Bas-Breton: • moina, » 
se montrer. 

Amibollet, s. m., chant clair et 
élevé d une personne que l'on est 
étonné d'entendre chanter : « gle chonte 
quem' in amirollet. > Vend. Font. (Cet 
P. D.) 

A MOIN DR ESI (1. minuere\v. a et n., 
diminuer, rendre moindre. Vend. Font. 
(C. et P. 0.) 

Amoissat, V. a , exciter les chiens à 
nous défendre, en criant: A moi ! à moi! 
(A.R.) 

Amondia et Amondiant, s. f., ce 

que le vendeur donne au delà de la juste 

mesure : « doun' me don ine p'tite 

^amondia. » D.-S. , c. de Bressuire. 

- (B.-F.) 

Amondurae et Amoudubai, v. a., 
adoucir, apai^er. Vend. (Cet P. D.) — V. 
n.-S. V. Amandurée. — Patois du 
Berry : « amodurer du vin, > y mettre 
de Teau 

Amoniance (en), loc, inutilement , 
sans nécessité : « prêchai fair' brulâe 
do bois en amoniance?o n' fé pas fré. » 
Pourquoi faire brûler du bois inutile- 
ment ? il ne fait pas froid. D.-S., arr. de 
Mel. - (B-F.) 

Amont (d'i [1. ad ^ mons]^ adv., en 
haut. V. Luchapt. — Ardennes, Marne, 
Aube : « amont, n en haut. 

Amobni , E, adj., triste, souffrant. 
D.-S., arr. de Bressuire. — Anglais: 
• to mourn, >* pleurer, porter deuil. 

Amourinai (s'j [1. morî], v. pr., 
dépérir, mourir ppu à peu, se dessécher. 
Se dit principalement des arbres ou des 
plantes : « mes blés n* fasant pou boun' 
mine, gle s'amourinant. b D.-S., c. de 
Celles. — (B.-F.)— Saintonge. — Burgaud 
des Marets : « peur tout vaillan j'avon 
ine oueiye amourinée. » (I" égloguede 
Virgile). 

Angebollb (anc'rolle), s. f., outil de 
charpentier qui sert à doler le bois. V. — 



ANÉ 



19 



Aisserollo ou asserolle. (Manusc. du 
Poitou. An. 1733.) 

Ancia, s. f , petite palette en fer et 
à douille que l'on adapte au pied de 
l'aiguillon, et dont le laboureur se sert 
pour nettoyer sa charrue et trancher 
les mauvaises herbes. V., arr. Poit. 

Ançollk, s. f., outil de charpentier. 
V., arr. de Civray. V. Ancerolle. — 
Latin : ancile^ sorte de bouclier coupé 
des deux côtés, de sorte que le haut et 
le bas paraissent plus larges que le 
milieu. 

Ancbit. s. m., écrit imprimé. 

« Gn'a folt quio bel ancrlt que pre meil tous ;ip- 

[prendre. » 
(Ép. àBab.) 

Andais ou Andois. s. f , petite pa- 
lette en fer et à douille. V., arr. de 
Châtelleraud. V. Ancia. 

Andegueni, v. a, et n., dépérir, 
dessécher, sans pouvoir se plaindre , 
mourir d'envie d'une chose qu'on ne 
peut avoir : 

« O faudrat croqnay le mnricot 
■ AnUrguent sans dire taot. » 

(Giut., p. s<.) 

Andillon, s. m., griffes ou ongles 
des animaux à pied fourchu. V., arr. de 
Poit.— Patois limousin : a andillou. » 

Ane, s. m., sorte de raclette dont on 
se sert pour ramasser et réunir le grain 
sur l'aire. V., arr. de Poitiers et de 
Civray. 

Ané (t. Aacwoc/tf), adv., aujourd'hui. 
Dans quelques localités du Poitou. — 
L'abbé Rousseau écrit ce mot par ^, et 
le fait dériver des deux mots latins, 
hac et nocte. Contrairement à l'opinion 
de Ménage, qui lui donne pour racine 
in hodie , et adoptant celle de l'abbé 
Rousseau, la plus vraisemblable , il est 
vrai de constater que, depuis longtemps, 
il est d'usage de l'écrire par a et non 
par h. Cette façon de parler , au reste, 
a pris sa source dans la coutume des 
Gaulois et des Germains de diviser le 
temps par le nombre des nuits. Les 
Francs, les Anglo-Saxons et les peuples 
du Nord adoptèrent cet usage, encore 
suivi au xii* siècle. Quot nocies habet 
infans iste ? est-il dit dans la vie de S. 
Goar. — Non noctes, dit Geoffroi de 



20 



ANI 



A NT 



mouillés^ , s. m. , 
des aninuMix à pied 
les lieux. V. Andil- 



Ve;tdôino , senuidu))! cnnsuefKffinnu 
faïcornm ^ se^f , secHuduni insliluta, 
inducias postulawus. — Gascon . 
* cinèy. - — I iitois liiiiousin : «♦ nné. » 

A^iRDiL, S. m , orvet. V. Moiilisnies. 

Aneuil, adv.. aujourd'hui. V.,c. de 
ri-'ie-Jouriain. 

Aneissai I. nncfesccrc, v. n. et 
iinp. , commencer à faire nuit. Vend 
(C et V. I).)— Kspai;Mol : c anochecer, • 
faire nuit. (Cit. C et P. D ) 

A>njT. adv., aujourd'hui V.— D -S. 
Vend, suivant les localités. V. o ané. » 

Tau rit annil jnlimrnt 

Qi:l drinuin é in grond tonnent. 

(Geiit. P. «t., p. 38.) 

Aneutzi, V. n, et imp., commencer 
à faire nuil. V. , arr. de Civray. 
V. Aneussai. 

Anc.lox (gi. 
grifïes ou onii;les 
lourchu. Suivant 
Ion 

AA'GoissAf ou Angoi'fssvi {]. an- 
gère), v. a., dé>ireravec?.r(leur, ef, par 
antithèse, tr-^casser, eniiuyer : «. an- 
soi^ser sa vie de p:irler. » c'est en avoir 
i;rande envie; « angois.-ai de faim, x> 
avoir grand faim. V. — D.S. 

Angoize et Angboize (I. nnguî.s)^ 
s. f., lézard gris des murailles. V., ' iv , 
Savigné, Genouillé; I) -S. , arr. de 
Melle. — Dans lu commune de Melle- 
ran (D.-S.l, l'on désigne, sous ce nom, 
tous les reptiles. (B.-F.) — Snintonge. 
où l'on dit aussi « angrolle. » — Patois 
limousin: « engrossoulo.» — languedo- 
cien : a giizollo » 

Anguh.nkuil, s. m., Orvet. V., arr 
do Chàielleraud /'. Aneuil. 

Amclé et Amcli, e (l. nihibim) 
adj., qui ne produit pas. V., Chàtellc- 
rau J. — D.-S , c. de Bres.^uire. 

Amée, s. f., quantité, multitude. Se 
dit principalement des ii'.sectes , des 
vermines : « Qiiiaii chin a in aniée de 
puces ; » cechien a unequanlilé énorme 
de puces. V., arr. de Poitiers et de Ci- 
vray. — D.-S., arr. de Bre^suire. 

Ame, v. a., muPiplier : • Seingne 
écurie e?t bay aniéie de bétail; » son 
écurie est bien garnie de bétail. V. — 
D.-S., commune de Biesruire. 



Amfuil.s. m., Orvti. V Aneuil. V., 
arr. de Poitiers. (Maud.) 

Amt, adv., atijonrd'hui. dans quel- 
ques localités V. Ané. 

Anjollk.s. f. , mélampvre, plante. 
D.-S., S;iuz-" au.— (B. K.) '"• 

Ann, i.NNE devant une voyelle, un : 
« ann brann, » un brun. Vend., Sa- 
blais et (.hiiumois. 

A^^ADR (I. -annus], s. f., année: 
« En y en o quetie annade, dant in bri, 
d'autant mai que dVavé dant très bri> 
(le quoqua'lées annadées, qu'o i'o ; » il 
y en a, celle année, diins un brin, bien 
plus que quelquefois dans trois brins 
tjuelqiies années qu'il y a. V., Luchapt. 

— Paîois limousin : « annado. • 
Anmiit f prononcez an nuit), adv . 

aujourd'hui. V., suivant les lieux. — 
Mavonne : « annuit. » — Patois du 
Reriy : « annehui. •> — Marne, Aube : 
« anuit et annuy. » 

Anouch\li , R, adj., se dit de;* 
plantes languissantes. \'., c. (Je lAIonl- 
conlour. V. Acrenillé. 

A.\ou-EiLL\l (s'i [r. noiiaeillt], v. 
pr., se former en petits paqueis, en [)ar- 
lant des « notiseilles, » noisettes. (A R.) 

Anragi)emll\i, v. n et pr., dépé- 
rir, dessécher, eiwager. V., arr. de Li- 
vrav. V. Andegueni. 

Anse, s f , peau qui recouvre les 
jointures d- s ph?ilanges sur le des-us 
(les mains. V.. c. «le iMonicontour. V. 
Ainse. 

Ansfe l an.-^a) . s. f.. petite cuve 
runde en bois, ayant deux oreilles, ser- 
vant à fouler et à porter la vendange. 
V , arr. do ( hàtelleiaud. — - Ardennes : 
« anséc. » seau ou [Uinier à anse jiour 
les vendangeurs. — Babclais : • Le vis 
du pressoir s'appeloit receptjes ansées, 
rôles. » (L. V. c. 16.) 

Ansu et par Ansu, Ioc. , au-fle.-sus» 
par dessus : c Morit' don quieu ansu 
l'plancha ; > monte donc ceîi la-haut sur 
le plancher. V. — D.-S . suivarU les 
lieux — Marne : « ansus, » rendiv.-vous. 

Ante d. aniita), s, f., tante. V. — 
D -S. — Vend , dans certaines locali- 
tés. — ce- Marguerite do Bauçay, mon 
ante, jadis dame de la Fourest. {\n 1 39 1. 
Manu^c du Poitou.) — Marne: « ante. » 

— Ancien français. — Anglais: « aunt » 



APP 

Amjkil, s. m., Orvel. V. Ancuil. 
Î).-S., c. (le Bre^sui^(3. 

AiNZEUEAU et Anzis, S. m., pelile 
palrtie L'ii fer et à douille, que l'un 
ii.Japte au pied de l'aii»uillon. V.,arr. 
«ie l-'oitiers, suivaiil les lieux. /'. Aticia, 
Aoii'JE, atlj. et pr. iiidéf. , autre. 
D. S., ajr. de iMelle. 

APATTAi {f)a bref), v. n. , égaler: 
« Pari qu' mon jevau apatte le tin à 
couri ; » je parie que mon cheval égale 
le lieu à courir. V., arr. de Civray. 

Apeu, prép et adv., après. D.-S., 
arr' de Melle. — Provençal : « apèy » 
A PI DÉ |V) [1. pielas], v. pr., s'api- 
loyer, se plaindre : « .l'on bieau dcunné 
à nout' père tout c' qu'o faut, i s'apid* 
toijjou ; •) Nous avons beau donner à 
noire père tout ce qu il lui faut, il se 
f>lai:U loujour.s. V , arr. de Cliàtelle^ 
raud. 

Apilotai (I pila , V. a., mettre en 
pilols, t'n las V. — D -S. — Uoman : 
« apilar. » — Gascon : « apilouta. » 

A PLAN JURE {j)L mouillés j, s. f., 
af)lumb. Vend. (C. et i^ IJ.) Au figuré, 
parité. 

Apliacbai, v. n., flatter, troipper 
quelqu'un par des paroles engageantes. 
(li.-K.)— Kspagiiol : « aplazer, » plaire. 
(Vit.B.-K.) 

APLiACREUx, SK,adj . cclui ou celle 
qui apliacre : « m* fa dons li in fameu 
apliacreux ; » il y a en lui un fameux 
lladeur U.-S., arr. de MnlJe. 

Aporcinai [)^^)\\. porcvi,us] devenir 
L'ras. D. S — l'aiois du Berry : « apor- 
ciné, ée; » gras comme un porc. 

Appahagkai, v. a , com|)arer : « On 
n'peut l'apparage-ai à dautes; » on ne 
peut le comparer a d'aulres. V.. arr. de 
Civray, — D.-S. — (A. R ) — (s'), v 
pr., se croiie l'égal d'un autre. — Pa- 
tois du Berry: « apparer, » appareiller, 
egali.-er. 

Appabaiss\nce |I. a/)parere)y ap- 
parence : « L'apparaLs-^anee de la ré- 
colte est magnilique. » \ . — D.-S. 

Appaujbm .1. pascere , pnstut}i\ 
donner la pâlureau.x animaux : u Tes 
j'nients sanl-eilles ben appaluraies? » 
les juments otil-elles bien lie la pâ ure? 
V., arr. de Civravetde AJontnioriilon. 
— D.-S. 
Appelouèke, s. f., et Appelour, 



APP 



1>1 



s. m. (1. a ppcl htre), i\[)\)vi{u .y ,, arr. do 
Li\ray, c de Moiilmoiillcn. — D.-S., 
canton de Bressuire. — (B,-F.) 

Appel .usai (app lousai [r. pelouse], 
v. a., rendre propre à produire de la 
pelouse, de 1 lierbe : « Son pré a été 
vile app'Iousé. o V.. c. de Monlcontour. 
— D.-S., c. Maz. (A. 11.) — Français : 
« [)eIouse » (1. pilus), terrain couvert 
d'une herbe douce et courte. 

Appialai, v. a., flatter, engager par 
des paroles doucereu.ses. V. , arr P., Ci v . , 
Linaz.— -D.-S. , c. de Br }.-;suire.--( A . R .) 
— P'rançais : « piauler. » du lalin pipi- 
larcy crier conmie les petits oiseaux. 

AppiALou, SB (r. appialai), s. et 
adj., flatteur, hâbleur : « ton frère é iu 
grond appialou; » ton frère est un grand 
flatteur. V. Linazay. — D.-S., c. de 
Bressuire — ' \. R.) 

Appiassai (1. pipilare) , v. n , 
groîuler coniiîiuellement, se fàciier sans 
cesse. (B.-F.) 

Appicasseux, se (r. nppia.^sai) ^ 
adj., celui ou celle qui ap[)iasse. D.-S., 
c. de llressuire. — iB.-F.) 

Appigbi-.t, s. m , jus, suc, assaison- 
nement. V., arr. de Chàtelleraud et de 
Poitiers. — Rabelais : « et messieurs n'y 
trouvareiit pas grand appigret. » (L. v, 
<-. i6.) — On dit aussi « appicvert. » 

Apporichinae &') v pr.. devenir 
gras. \'end. (C. et P. D ) V. Aporcinai. 

A p PO LE (1. apponere) . appuyer, 
poser : « ap[)Oué quieu qui; » appuie 
cela ici — V. pr., s'appuyer. V. — D.-S. : 
« ma fouye, j'ai dit à to : par moay, c'ié 
su messieu de la Tour-Voiu qu au faut 
s'ijpoué. » ma foi j'ai dit a tous : pour 
moi c'est sur messieurs de la Tour- 
Volu qu'il faut s'appuyer. > (Am de 
Col.) — Basse latinité : appodiare, inidli 
in rem aliquam, in(!u:nbere.— I^atois du 
Berry : « appouer » fs"), se poser. — An- 
cien français : • puier , » «ie podium, 
rescui innitimur. 'Duc.) — « Qui le--, veist 
sor les chevax puier. » iLe roman 
d'Amile. Duc.) — Français: « appuyer, 
s'appuyei-. » 

App«»ui et Appouyé, v. a et pr., 
T'. le précéd. : « s"i l'apponie in' lape, tu 
z'ou mingras pou; t si je t'appuie une 
tcipe, lu ne la mangeras pas V., arr. 
de Civray., c. de Munie, iMazeuil, c. 
Isl. -Jourdain. — Italien : « appogiare. » 



22 



ARA 



Apras, prép., npivs : • npras vous la 
justice. » (Gust., p. 26.) — Vend. 

Apprazai et Appueye (1. pratum), 
V. a., convenir un terrain en pré : — 
(s'i, V. pr., proiiuire de l'herbe comme 
un pré D.-S.. c de Bres>uire. — (A. R ) 
— Basse latinité : a/>/)/a/a/'É',inpralum 
redigere. (Duc.) 

Aque (I. actus), Dde notarié : « j'ai 
payé moiin aque. » V., arr. de Chà- 
telleraud. 

Aqur, prép, ave<". V. Civray. — 
• Aque entre nous, » loc, avec nous. 
D.-S., arr. de Bressuire — Gascon : 
« aque , » avec : « v'nir aqiie nous ; •• 
venir avec nous. 

Aque-deque , loc. , avec quoi : 
« aqu' déqu' v'Iez-ve qu'i au fesse?» 
avec quoi voulez-vous que je fasse cela ? 
V., arr. de Civray. — D -S., arr. de 
Melle. 

Aquknr (r. quené), v. n , se con- 
jugue avec le verbe être. Être épuisé de 
faim, de lassitude, de travail. V., arr. 
de Châlelleraud. 

Aquem el AQUINÉ. v. n., échouer 
dans une entreprise: (s'), v. pr., s'épui- 
ser, faire de vuins efîoris. Vend. iC et 
p. D.)— V., arr. de Chàtelleraud 

Aqlîebmai (s'), v. pr., recommander. 
D.-S., arr. de Melle el de INiorl. 

Aquoia (I. aqua, via], s. m., rigole, 
saignée pour arroser les prés. V., arr. 
deCivrav, Brux. — lA. i\.) 

A RAIL, s. m., oripeau, mauvai.-e dé- 
froque. V., arr. de Chat. — Par exten 
sion, relai de chétifs ânes. D.-S., c. de 
Bressuire. — (D. Font.) 

AuAiL, LLE , adj., personne avare 
d'ouvrage, qui ne >e lasse jamais de 
travailler. V., arr. de Chà'elleraul. 

ARAiLLÉ(r. arail),\. n., travailler 
sans relâche, succomb^^r sous le fardeau. 
V., arr. de Châlelleraud et de Poitiers. 
Arais (a/.s très-long [{.arnre].^ m., 
il signifie labour, mais il n'esl guère 
employé quedansles phrases suivantes : 
« aller'a Tarais, bœuf d'arais, » c^'St-à- 
dire aller labourer, bœufs de labour : 
- g^lle d'arais. » aiguillon du bouvier. 
(B -F.)— « Chaque laboureur peut clore 
et fermer pour chacun bœuf d'arée, 
pour faire paslis, une journal de terre ■» 
(Coutume de St-Jean-d'Angély . t. iv. 
art. 14, Cit. B -F.) — Basse laiinilé: 



ARA 

aratura, aratio agri, quam tenens flo- 
mino débet ex debiîo et stalo servitio. 
iDuc.) — « A rat dimidiam araluram > 
(Capitulare, an. 812). — Marne : « arée, 
areurc , » labour , terre labourable. — 
Basse latinité : area , ager, aut locus 
qui nec colilur nec aratur. Duc.) 

Arami, v. a., réduire à l'obéissance, 
en parlant des enfants. Il s'emploie ordi- 
nairement avec la négation : « on n' 
peut arami Ion p'til gars. » D.-S., c. 
Maz. (A. R.) — Arr. Mel.— V. pr., paître 
avec avidiié, sans changer de place : 
* tes oueilles se scnt-eilles ben aramies 
aneul? » Tes ouailles ont-elles mangé 
sur place aujourdhui? V., arr. de 
Civray. — Basse la'inité : oramire^ ad- 
ramire , adrhamire . cavere , promit- 
tere,obligaresecoram judicerem quam- 
quam se facere. — Patois du Bcrry : 
« aramer ; » un essaim d'abeilles 
s'arame, se fixe à une branche. — Ancien 
français : • aramir , » a élé employé 
par les anciens poètes , comme engage- 
ment devant justice de prouver par duel 
la chose en litige : 

Pour blau néant s'est aramt 
D'avoir mandé lr<tntp personne. • 

(Chronique de du Guesclin). 

Français: < aramer, ») mettre une pièce 
de drap sur un rouleau pour l'allonger. 

Arantelle (aranea, iela)^ s. f., 
toile d'araignée. Dans tout le Poitou.— 
Patois limousin : a arantello, « aran- 
telle. 

Arantelai (aranlMai) [r nranfelle]. 
v a., enlever les arantelles. Dans tout 
le Poitou — • A Chacherin M^^rquet 
pour avoir arrenlellc les vitres. » 
(An. 1003. Manusc. du Poit.) 

Arantelouai, s. m., et Arantk- 
LOUÈBE,s.f.iaranl'louai),espèee de balai 
à long manche pour aranieler. Dans 
tout le Poitou, suivant les lieux. 

Arau. aria, ara, arra (I. ara- 
frum!, s. m., charrue sans avant-train. 
V. — D. S — Vend , suivant les localités. 
1 Pu long qu'un fer d'area. » (Koh. div.) 
— ranguedocien : « araire. » — Ar- 
dennes: « aireau. » Provençal ; « aray. » 
—Rabelais : « aroi , » il ne tire pas 
l'aroi comme le bœuf T.. i, c. 40 . 

Araud, s. m., vent et contre-vent 
qui se contrarient avec impétuosité : 



ARE 

« ol a pa?sé in arand dans la cheminée, 
j' crélais touL eniporlé. > V., arr de 
Ciiâtellerand. 

Araudai, V. n., chanter en laboii- 
rani.en conduisant la charrette à bœufs. 
V., c. de Monte, Mazeuii. — D.-S. — 
V. a , mépriser. V., arr. Chat. 

Araudkment, s. m., bruit confus de 
voix, de cris. V., arr., Civ., Brux,c de 
Monlcontour.— D.-S., arr. deBressuire. 
- (A. R.) 

Arbeluttks (arb'luties), s. f. pi., 
éblouissenients. V., arr. de Civray , 
arr. de Monlmorillon. 

Arbuchat (à 1*1, loc, a rebours, à 
reculons. V., arr. Civ. — D.-S., arr. de 
Melle. Marii^ny. (B.-F ) 

Akcklet farç'Iet), s. m., petit mor- 
ceau de fil de fer , en forme d'arceau . 
qui se pose derrière la tèle pour tenir 
le calolon qui renferme tous les cheveux. 
— ! atin : urcu/us. petit cercle que l'on 
se mettait sur la tête pour porter des 
vases plus aisément. 

Abcha, Archkra, Abchia , Ab- 
CHiAti (I. ascia], s. m., hachereau. V. 
Civray. — V.— D.-S , suivant les lieux. 

Abcorte, s. f., récolle : « no arcor- 
tées sont bravées , » nos récolles sont 
belles. V. Luchapt. 

Ardai (I. ardere]^ v. n., être ardent. 
Vend. (C. et P. D.)— Ardennes, Marne : 
« ardoir, anJre, » brûler. — Patois 
du Berry : « ardoire » (vache), v.iclie 
en chaleur. — Ancien français: « ardre. » 
brûler, incendier. « Sembloit doncques 
tout le corps sphérique d icelle ardre et 
flamboyer iRab.,L.v c. 41.) 

Ardilb (I. aî'gila), s. f., argile. V., 
arr. Monlm. — D.-S., arr. de Bressuire. 
(B,-F.) — Champagne : « ardillé. » 

Ardillou. se (r. ardUe) , adj , ar- 
gileux. V., c. de Monlmorillon. — D.-S., 
ar.deîNleile. — (B.-F.)— Ardennes,Marne: 
« Ardillier, ère. » — Noms de lieux : 
• Ardilleux, > chef-lieu de commune, 
(D.-S.). 

Abe (1 ar(?re),adj. des deux i<enres, 
sec, cassant, ruds : « temps are, bois 
are, étoffe are ; quiau bois é si are 
qu' gle c^ss' coum' d'au verre; » ce bois 
est si sec qu'il casse comme du verre. 
Dans tout le Poitou. — Roman : « are. « 

Abé, interj qui marque l'étonne- 
ment, le doute, et encore prenez garde : 



ARL 23 

• are don. » V., arr. Poit., Civ., c. 
Monte, Maze.— Aube: • arrié, » encore, 
sans doute, au contraire. — Gascon : 
€ aro, » maintenant. — Pnloisdu Berry : 
« ardez, » regardez, voyez. 

Abeub, abère (r. are), s. f., temps 
très-sec : « 1' tomps est joliment à 
l'areur; » le temps est fortement au sec ! 
V., arr. Poitiers. — D.-S., arr. deBres- 
suire. — (A. R.) — V., arr. de Loudun. 

Argagnasses, s. f. pi., guenilles. 
V., arr. de Poitiers etdeCivray. — (B.-F.) 
— i.es mois des femmes ; environs de 
Melle. iRond.) 

Abglantin et Abglontin {gl 
mouillés), s. m., églantier. V. — D.-S. — 
Vend , suivant les lieux. V, Agiantin. 
Rabelais. 

Abgoumèrb, s. m., tas de terreau 
placé à peu de distance de la maison 
d'habitation, environné de fagots pour 
le garantir des volailles, et sur lequel on 
sème quelques graines potagères. (B.-F.l 

Abgcikçai (1. ringi), v. a., faire 
souffrir avec rage; s'emploie surtout 
pour les enfants qui crient : « o santses 
mécelés qui l'argrinçant; » ce sont ses 
den's molaires qui le font crier. (C et 
P. D.l 

Arouagnasse, s. m., mauvais sujet, 
vaurien. D-S., arr.de Niort. — - Espa- 
gnol : • araganèze, » fainéant. 

A RGUELissE, s t. , réglisse, plante. V., 
arr. de Poitiers (Maud.i. 

Abgouanne, s. f., petit champignon 
noir qui vient au milieu des chardons. 
V., arr. de Poitiers 

Arias, s. m., besogne hérissée de 
difficultés. Au figuré , embarras. V. 
_ D.-S. — Vend. — Patois du Berry , 
Ardennes, Marne : a arias, t 

Abie, s. f., sillon que le laboureur 
trace pour séparer deux champs con- 
tigus. V., c. de Mirebeau. — V. a., la- 
bourer. V., c. Monte, Mazeuii. 

Abitaud, e, adj., petit, rabougri. 
Vend. (C. et P. D.)— Latin : aridus , 
maigre, décharné; entra arzrfa (Ovi.); 
aridus homo , un taquin, un vilain. 
( lérence.) 

Abjart. s m., petit arbrisseau qui 
sert ?i faire des haies; c'est aussi Térable 
noir. V.. arr. de Civray. 

Arlàntieb, s. m , églantier. V. — 
Rives de la Creuse. F.' Àrglantin. 



n 



AUO 



Arnevu, >. m., oreaii. V. , c. Isi.- 
Jourd., AiiricMà 

Aboche, V. a., jeter dos pierre.-^ après 
quelquun; poursuivre des animaux, 
(les personnes à coup de pierres : « oè- 
ve d liai, ou i v' z'aroche ! « Ofez-\mis 
de là eu je vous aroelie! — (s'), v. pr., 
s'aroché « quein' i pas^i, Piarre el Jeon 
s'arochiant eoum' dau\ fous; » t:»ndi-; 
qiie jepassai-i, Pierreel.Teans'arocliaient 
comme des fous. V. — D.-S.— Venii. — 
Sainlonwe : « o;arocher. » — Mavenne : 
« a rocher » — Roquefort : « li uns de 
torchons rarrochoient. • 

Arog\nt, s. m., lempêîe, tourbillon. 
V. — Français : « ouragan, » grand vent 
mêlé de pluie. 

ArOlNDKLLE (I. hirundo), s. f., hiron- 
delle. V.. arr. de Poitiers et de Lou.lun 
Hcrondale (rue d'j : « hérundale tout 
auprès. •* (Guillot de Paiis. xui«^ ?iè 'le.) 

— Arondale (rue d'i, [Sauvai , t. i^'", 
p. 141] — Ilyroiidaile: « viens de hyron- 
dalle » Cart. de Sorb. 1264). — Ilabe 
lais:«aronJelle ; «puis en frotte un coin 
(le cendres d'un ni 1 d'arondelles. » 
(L. Il, c. 24 ) — Cléaienl Marot : « je 
ressemblais l'arondelle qui vole. » — 
Berry , ArJennes , Aube, iMarne : 
• aronde. » — Clément Marot , a vien. 
le dieu Pan, vien plus loi que l'aronde. » 

AuoNDiA el AttONDiAii, s m., jeune 
lùrondelle. V., suivant les lieux. 

Arquant (en)[l. rofa\, loc adv., en 
tournant comme urje roue. V. Chat . 
Coudun. — D -S., arr. de Bressuire. 

AR0UCH41 (s'), V. pr., se dit des 
brebis qui se r omissent en gnuipe dans 
les champs à cause de la chaleur : 
« les oueilles se sant arouchies de à 
matin-, • It^s ou.iilles se sont réunies en 
groupe dès ce matin. D.-S., arr. de 
Bressuire. 

ARorcni, F, adj , accablé de cha- 
leur. V., ode Bressuire F. Achandré 

Aroiui (1. rofar^). v. a., tourner 
comme une roue; cribler. V., arr. Civ., 
arr. de Chût, el de Loudun. — V n., 
lai-iser dépos'T, é.^outter : « laiss' don 
arouai quieu in p'tit, «laisse donc sé- 
cher cela un peu. — (S') v. pp., S3 pré- 
parer, se disposer : « V tomps s'aroue a 
l'aive; » le teraps se dispose a la pluie. 

— Rabelais : < rouer, » tourner en 



AUU 

rond : « el ainsi cheminer cireulaire- 
nienl «-n rouant. « (L. iv, c. 32 ) 

Arour, s ni , lemps sec, sécheresse. 
V.. c de M ire beau. 

Arolmi. v n. el pr., prolon;j;er con- 
tinuer : « r tempe aroumi à l'aiguë ; » 
le lemps est tout b fail à l'eau. V., c. do 
iMontmorillon — (S'), v. pr., s'accrr-u- 
pir : ft gC é terjou aroumi; r il est tou- 
jours accroiqji. V. 

Aroutm, v. n., donner son lait en 
parlant des vaches, des chèvres, des 
truies : « ma vache ébin aroutaie. o — 
V, a., éconduire, renvoyer : « tu men- 
neu,i va t'aroutai ; » lu m'ennuies, je 
vas le renvoyer. — (.S'j, v. j)r , s'en 
dller, s'ôler de la roule, dans plusieurs 
lieux. 

A ROUTÉ, ÉE, adj , Cfdui ou celle dont 
les insiruments, le commerce vont bien. 
V._Vend. 

ARP10.NS(g. apTTa^o)), S. m. pi., les 
ongles, le bout des doigts V. — l).-S. — 
'B -K.) — Roman : « arpa, » grifïe — Pri> 
vetiçal : « arpo. » — Gascon : « ar- 
piou — i,aiombe : « arpes; h cop de 
dens, de queue, d'arpes et de dels. » 
(ï. I<=^ p. 178. Cil. B.-F.) 

Arra, s. m^ butoir ou double ver- 
soir. (B.-F.) — Patois du Berry : « ar- 
riol, » araire, charrue sans avant-train. 

Arrachai, v. n., souffrir morale- 
ment et physiquement : « qu' gl' en 
arrache de belle» ! » V. Civ. — D.-S.— C. 
-\laz. (A R ) 

Arraée, s. f., charrue sans avanî- 
train. Vend. (C. et P. D ). F. Arais. 

Arre (in), loc, en arrière. V'. — 
D -S. 

Abrr, interj , exprimant le mécon- 
tentement ou l'élonnement V., arr. P., 
c. Mireb., Monîg. — Conj. ou adv.. 
enfin, maiiitenanl, voilà ; e.-»t encore 
usité dans le Dauphinéet les environs de 
Rouen. — S. m., armée : 

f Vintdebounc nmfinie 
» Avccq'ie sou bfa arrc. » 

^S'ég. de l'oit, par Coligny). 

Arrée, s f , charrue sans avant- 
Irain. V..c. de Montcontour. 

Arrèbe, adv., au contraire, d'ail- 
leurs, a i)résent : « l'é vif arrère? • Tu 
es vif à présent? V.,arr. Poitiers. — (A. 
R.)— Patois limousin : «orey,w arrière. 



AKS 

Arrestis, s. m. pi., arêtier, pièce de 
charpente qui forme le côté angulaire 
d'un comble : « pour obvier au danger 
et inconvénient qui pourroit advenir, 
s'il n'y avoit c'e^ arrestis. » (An. 1577, 
t. H, *p. 3S5. D. Font.) 

Arria, s. m., train, équipage", suite. 
V., arr. Poit. — D -S., St-Maixent. — 
Aube, Marne : « arroi, «» assaisonne- 
ment, équipage, préparalif, cérémonie. 
— Rabelais : c arroi, » ordre de bataille. 

Arriail, s. m. et.adj.— Vend. (C. et 
P. D ) — Oripeau, mauvaise défroque. 
V.. arr. de Poitiers.. 

Arriaillai, V. a., mettre de l'ordre 
dans ses aflfaires V. Civray. 

Arribots , s. m. pi., brimborions, 
parcelles : « o chet dos arribots d' l'aer 
do temps; » il tombe quelques légers 
flocons de neige. (B -F.) 

Arrte, s. f., charrue sans avant- 
train. V., c. de Mirebeau. V. Arais. 

Arrimai (s')[l. i^imari], v. pr., s'ac- 
corder ensemble : w thielle chanson et 
thielle air s'arrimant bein ; » celte chan- 
son et cet air s'accordent bien. « Arri- 
mai I) un discours c'est bien arrondir ses 
phrases. (B. -F.) — Arr. de Welle et de 
Bressuire. — Français : « arimer, » ar- 
ranger avec ordre les objets dans un 
navire. 

Arrive (jusqu'), loc. adv., aller : 
« jusqu' arrive, » c'est aller au lieu où 
l'on voulait arriver. Dans tout le Poitou. 

Ahrolai.v. a., accoutumer, dresser 
comme pour un rôle : t i n'ai pu l'ar- 
rolai au travail. » — 'S'j, v. pr., s'ac- 
coutumer : « faut s'arrolai à la mi- 
sère. (A. R.l— D.-S., arr. de Bressuire 
et de Parthenay. 

Areoltai, v. a., envoyer, chasser. 
Par extension, poursuivre. Dans les en- 
virons de Melle on lui donne le sens de 
détourner, ôter du chemin. V. — D.-S. — 
(B.-F.) 

Arse (I. acer), adj. des deux genr., 
se dit du vin, de la boisson , même des 
fruits : piquant au goût, acre. V., c. de 
Neuville. 

Arser, loc. adv., hier soir. V., arr. 
de Poitiers, de Civray et de ?*iontmo- 
rillon. — D.-S. — Vend. — « Arçoir i 
(Reg. de la ville de Poitiers). — Berry, 
Ardennes : i arsoir. • 

Arsouil (1. suillus), s. m., homme 

XXSll. 



ASS 



25 



méprisable par son ivrognerie et sa 
mauvaise conduile, dans tout le Poitou. 
—Patois du Berry ; « arsouille, o terme 
de mépris. 

Artaillé et Artsillé, ée, adj., 
proprement vêtu. V., suivant les lieux. 
— Français : « arlillé, » t. de marine, 
garni de canons. 

Artegnolle et Artignolle, s. m., 
ongle do coqs. V., arr. de Poitiers et de 
Montmorillon. — Haute-Marne : « arti- 
gnole, » jeune enfant. — Aube : « artot, » 
ergot de coq. 

Arteillin et Artetllon, s, m., 
ongle. V., suivant les lieux. 

Artifailles, s m. pi., vêtementsen 
général : « tu n' sar'ras pas tes arti- 
failles? » tu ne serreras pas tes vête- 
ments? V. — D.-S. — Patois du Berry : 
« artifailles, » embonpoint qui manque 
de soutien. 

Arvengu, s. m., revenu. V., c. de 
risl. -lourd., Liichapt. 

Arvirai, v, a., écarter , éloigner : 
.< airvir' les poules. » V. , arr. de 
Civray. 

Arvire-marion. s. f., soufflet, coup 
de bâton : « i l' baill'ré ben inn' arvire- 
marion, mé, si tu raisounes, tai ; » je te 
donnerai bien un soufflet, moi, si tu 
raisonnes, tiens. V., arr. de Civray. 

AsciEAU (I. ascia), s. m , outil de 
charpentier. V., arr. de Civray et de 
Loudun. — D.-S., arr. de Bressuire. — 
Ardennes, Marne : *( asse, asseau , » 
hache, hachetle 

A SI, V. a. n. et pr. , mouvoir, faire 
entrer facilement. V., arr. de Civray. 
V. A\A et Aisinai. 

AssAÉE, S. f., bécasse. Vend. (C. e\, 
P. D.)— - a Assée, j> perdrix , bécasse. 
(An 1494, Manusc. du Poitou.) — Ar- 
dennes : c assée, t> bécasse. 

AssARÉ, v. a., mettre à couvert : 
« assarons nous iquit.» — Récolter, rap- 
procher, ramasser : « quou gars a ben 
assaré depeu in tomps en par ici ; » ce 
gars a bien prospéré depuis quelque 
temps. — (S'), v. pr., se former en 
pomme, comme les choux, les laitues, se 
rapprocher. V., arr. de Poitiers et de 
Civ.--D-S. — Lalin : serare, fermer à 
clef. (Arnobe et Priscien.) 

AssAVANTAi (r. savant), v. a., in- 
former, rendre savant : « qui l'a assa- 

%.« 





26 



ASS 



ATE 



vanté de quieuqiii? » de ce fait, de cette 
nouvelle? — (S'), v. pr., s'informer : 
« faut s'assavanlai de cette affaire. » — 
Se répandre en parlant d'un bruit, d'un 
événement. D.-S., arr. de Bressuire et 
deParlhenay.— (A. R.) — Rabelais: «de 
ce j'ai bien voulu ta seigneurie as- 
savanter. » 

AssEDBAi, V. n., avoir soif : t o fat 
tontde chaud qu'i se trejou ass'drai; » 
il fait si chaud que j'ai toujours soif. 
V., arr. de Civray. 

ASSEGtOUÈRE et ASSENJOUÈRR, S. f., 

petite corde qui passe dans les deux 
bouts de Valfelure, pour tenir Voni^det 
au joug. V., arr. de Poitiers. — D.-S , 
suivant les lieux. 

AssEGRELAi , V. 3., cxcitor h se 
battre : «vai pou ass'grelai quiés chins, 
tu les frais battre. » V., arr.de Civray. 
Y. Agreignai. 

Assert (I. assentlri)^ loc. adv. , 
d'accord, de (onnivence : a l'était d'assent 
asser, et aneut poué ; » il était d'accord 
hier soir, et aujourd'hui point. V., arr. 
de Civray. — D.-S. — Marne : « assens, 
assentement, » consentement. 

Asser, loc. adv., hier soir. V., c. de 
Mirebeau.— Saintonge: « asser, assoer. » 

— Ardennes : « asso. ■ — Lettre auto- 
graphe de Marguerite de Navarre : 
« arsoir. » 

AssEREAU, s. m., sorte de hache re- 
courbée dont se servent les sabotiers 
pour dégrossir le bois, après avoir em- 
ployé la cognée. V., arr. de Chàtelle- 
raud. 

Asseyes et Asseyis, s. f. pi., re- 
prises : € gl' a mis combé d'asseyes 
avant de réussir ! » V^, Civ. — D.-S." — 
Vend. Font. (C. et P. D.)— Y., c. de 
Montcontour. 

AssiAiL et AssiAGE (1. assiclere), 
s. m., siège, ce qui tient lieu de siège : 
a drôle d'assiail qu' gl' a choisi ! » V.. 
arr. de Poitiers ei de Loudun. — D.-S., 
arr. de Parlhenay — Patois du Berry : 
• assiloi, n meuble ou lieu propre à 
s'asseoir. 

AssiMBRÉ fs',, [imber], v. pr., se 
mettre à l'abri pour se garantir de la 
pluie. — Par extension, s'accroupir. V. 

— D.-S., dans quelques localités. 

ASSIUEMAI et ASSIMEÎSTI, V. a., 

assaisonner les mets, y mettre du sel, 



du poivre. V. — D.-S. — Vend., sui- 
vant les lieux. 

Assire(s'), [r. .-/.f.sia//], v. pr , s'as- 
seoir. V. — D.-S. — Vend. — Gus- 
teau : 



« Qui ne peut marchay nis'assirc 

(P. 



sa) 



as- 



Roman : « assire. » — Gascon 
setre. » — Ancien français. 

AssiTAGE et AssiTAiL, S. m., petit 
tabouret en bois dont on se sert pour se 
placer dans le coin fie la cheminée. V., 
c. rie Monlmorillon. — Arr. de Civray. 
- (B.-F.). 

AssoGUAi (s'), V. pr., s'assoupir, se 
laisser aller: « Tes oueilles ont-ailes 
bene mingé aneut ? — • A non, a s'sont 
assogueies de bonne heure; » tes ouailles 
ont-elles bien mangé aujourd'hui? — 
Non, elles se sont assoupies trop tôt. 
V., Civray et arr. de Cliàtelleraud. 

Assole, ée, adj., affligé. V., c. de 
Monlmorillon. 

Assommé, ou mettre somme, soiim- 
me, V. a., élever le soc au moyen du 
iendelloniy. ce mot), afin do labourer 
légèrement, moins profondément. V., 
arr. de Poitiers et de Civray, c. de l'Isle- 
Jourdain. 

AssouME, s. m,, asthme et asthma- 
tique. Vend. (Cet P. D.). 

AsTÈRE et AsTOURE, adv., (1. hac 
horn), à présent. V,, arr. de Poitiers et 
de Loudun. — D.-S., arr. de Melle. — 
Patois du Berry : a ast-heure , » à 
présent. 

AsTBOGOT, s. m., fou, imbécile, ce- 
lui qui n'a pas de tête. Ce mot, qui cor- 
respond à celui (ïost7'ogot,eèi sans doute 
un souvenir de la domination de ce 
peuple. V. 

Atartelai (s'), v. pr., faire corps, 
s'agglutiner, en manière de tartre, par 
l'effet de l'humidité, du défaut d'air. 
D.-S., c. de Maz. (A. R.). 

Atelé et Atelier (al'lé), s. m., ha- 
ras. V. — D. S., suivant les lieux. 

Atelube (at'lure), s. f., alteloire, 
cheville de fer recourbée de 33 c. en 
longueur, servant à tenir les omblet.t 
ou étraites au joug des bœufs. V. — 
D.-S. — Basse latinité : « attelaius 
equus^)) cheval attelé à un char.— Fran- 
çais , « attelûire,» cheville au Umon 



ATT 

d'une charrette pou^ arrêter les traits 
des chevaux. 

AiiLLE (donner de l')^ [g. arr,], s. f., 
donner de l'embarras , du tracas, du 
travail. V.,c. deMontmorillon. — (B.-F.) 
Bas^e latinité: alia, nfya^aaiia, hnine. 
(Duc). — Patois du Berry : « attry» » 
tort, déijât. — Guillaume Guiart : « Qui 
ne vont mie constretant celé ahatie. » 
(An. 1248.) — Chronique de Bertrand 
du Guesclin : 

Dix Anglois vont sur luy, luy font moust auslie. 

— « A tilles, hoslilles,» boudins, andouil- 
les, dépouilles d'un porc nouvellement 
tué : « Item une frixure de porceau et 
toutes le> atilles pour six prébendes. » 
(Vers 1500. Manusc. du Poitou.) 

Aton (1. al lus), s. m., vent du midi. 
V., c. de Monlmorillon. — Patois li- 
mousin : « auto. » 

Atrinqu.\i, V. a., ranger, mettre par 
ordre, habiller : « g'no saura jamais at- 
frinquai ses atTaires,» — (s'),v. pr., s'ha- 
biller. V., arr. de Poitiers et de Civray. 
— D.-S.. arr. de Melle et de Parîhenay. 
— (A. R.). — Provençal : «atrénca; un 
autre bén plus béu es léumai atrenca, » 
d'un autre bien plus beau lestement 
elle s'habille. 

Atrochai et Atrochelai fatro- 
ch'Iai), V. a., attacher ensemble par 
troches ou paquets. V. — D. S., suivant 
les lieux. — (B.-F.). 

Atteîxi, V. a., attendre : « lu d'vrais 
m'att'ni, » tu devrais m'attendre. — (s'), 
v. pr., s'attendre, compter sur : « Ma 
mèr' s'att'nait a mé, » ma mère s'atten- 
dait à moi. V., arr. de Poitiers, de Ci- 
vray et de Loudun. — D.-S., arr. de 
Parîhenay. — (A. R.) — Arr. de Melle: 

« NûH<i tenir sur nou garde, aUeni tous les joux. »> 

(Bab., p. 14.) 

Attepe et Attope, s. f. , tuteur pour 
les arbres, les vignes et tout ce qui a 
besoin d'être soutenu. V., arr. de Poi- 
tiers, de Loudun et de Monlmorillon. — 
D.-S., arr. de :MelIe. 

Attepai , Attopai et Aïtopi , 
(r. attepe)^ v. a. et pr., mettre des 
atlepes à des arbres, à des ceps de vi- 
gne, et, en général, à tout ce qui a be- 
soin d'être soutenu, consolidé. — (s'), 



AUM 



27 



v. pr., et. par extension, s'assolider, 
rendre solide : « é tu bén attepai?» V. 
— D -S., suivant les lieux. 

Attoucae, v. n., avancer. Vend. (C. 
et P. D.). 

Attrinquailles, s. f. pi., assem- 
blage de divei's objets que l'on réunit 
pour un voyage, et, par extension, outils, 
instruments. V., arr. de Poitiers. — D.- 
S., arr. de Melle. 

ATTï<mQ_Uki{r.alfrhiqitailles].w.a., 
réunir ses attrinquailles. V. — D,-S. 

Atujeai, v. n., manquer d'haleine, 
ne pouvoir respirer : « i ai in rhum', i 
n'peut pa en seul'ment atujeai, » j'ai un 
rhume qui m'empêche de respirer. V., 
arr. de Poitiers. 

Au, pr. pers., 3« pers. , le : « tout 
aussi vrai quem' y t'au dis. » (Gust.). — 
Gascon : « al. » ' 

AuBAi (1. albere], v. n,, partir dès 
l'aube, de bon matin. D.-S., arr. de 
Bressuire. — Vend. (G. et P. D.j. — 
Patois limousin : « auba. » 

AuBOUR (1. alburnum)^ s. m , em- 
bûche, embarras, chose qui n'est pas 
claire : « i vé qui dTaubour^ » je ne 
vois là rien de clair. — Par extension, 
marchandise défectueuse. Dans tout le 
Poitou. — Basse latinité : alborium, 
aubier. (Duc). — Français: « aubier, j> 
bois tendre et blanchâtre entre l'écorce 
et le corps de l'arbre. 

Al'BOUrde, s. f., béquille : « g'ne 
peut poué marchai sans aubourdes. » 
V.,*arr. de Poitiers. V. Abourde. 

AuG, s. m., oie mâle. V., arr. de Ci- 
vray. — Vend. (C. et P. D.).— D.-S.— 
Basse latinité : auca ; invenimus in 

codem loco aucas G3. (An. 812. Ca- 

pitulare). — Provençal : « auco. t> — 
Ardennes : « auc. » 

AucHE, s. f., oie. V., arr. de Monl- 
morillon, suivant les lieux. — Patois 
limousin ; « aucha. » — Languedocien : 
« auca. » 

Audition (1. audire], s. L, ordre, 
avis : « i n'ai pou encor' audition de 
bougeai, » je n'ai pas encore ordre de 
remuer. V., arr. de Civray. — D.-S., 

c. deMaz. (A. R.). 

AuMAiLLE,s. m., gros bétair. V. — 
D.-S. « Lesd, preneurs seront tenus y 
tenir aumaillé de beuf:^, brebis et autres 
be.^les. » An 1544.— « Restes, belines, 



28 



ALZ 



aumailles et chevalines. » An 1503. 
(Manusc. du Poitou.) — Basse latinité : 
înantualia pecora, seu animalia man- 
sueta qiuTj ut loqnitur Varro, Mb. 2, De 
re rust., cap. 7, ad manus accodere 
consueverunt. A latino hocce vocabulo 
deflexum gallicum « aumaille. » (Duc ). 
— Ancien français : « aumaille. » 

« vilains tuent, femmes dispiilllent, 
» Les aumailles partout acuclllent. » 
(Guill. Guiart.) 

« Leurs besles aumailles, à sçavoir va 
clies et veaux. » (Charla, an. 1303 in 
Hist. abbat. I.ongi-Pontis). — Champa- 
gne : « aumaille, » génisse. 

AuMUCHi, E, adj., se dit d'un vase 
quand le contenu dépasse les bords du 
contenant : « Tan pot é trot plein, gl'é 
tout aumuchi, •> ton pot est trop plein, 
il déborde. D.-S., arr. de Bressuire. — 
(B-F.). 

Au NT (on te), s. f., tante. Vend. (C. 
et P. D.). 

Alpai,v. Il , partir dès le jour. Vend. 
(Cet P. D.}. r. Aubai. 

Alpérai (1. op€rari\ v. a., aug- 
menter. V., arr. de Civray. — D.-S., 
arr. de Dressuire. 

AuQUE, prép.. avec. Vend. (C. et P. 
D.). y. Aque.— iMarne, Haute-Marne: 
< auques, » jamais, toujours. 

AusTE et AusTOUT, adv., aussitôt. 
V. — D. S. 

AtTAN, S. m., grain qui reste dans la 
balle. V., c. de Montcontour. 

AuTALN, s. m., vent du midi. V. 
Aton. V. — D -S.— Français : « autan, » 
vent du midi. 

Auteur (l. auctor\ s. m., cau;e, 
motif : « la lettre est l'auteur que mon 
père m'a blàiTîé. » Dans tout le Poitou. 
— Français: « auteur, » première cause 
d'une chose. 

AuvE [\. alhus], s. f., Qeiir de farine 
très-fine qui vole autour de la meule dans 
les moulins. Dans les usines à l'ancien 
système (a point ciirré), quand on levait 
les meules pour les piqtier, il se trouvait 
beaucoup i\^auve dans les coins et c'était 
le bénéfice des meuniers. (B.'F.) 

AUTÊCHES s. f. p!., étincelles car- 
bonisées. D.-.S,,arr. de Bressuire. 
AuzEA. s. m., oiseau. V. — D,-S. — 



AVE 

Patois du Limousin : « auzéou. » — 
Provençal : « aouzel. » 

AvACHAi (s'), [I. vacuus\, V. pr., 
s'affaisser ; s'éculer en parlant des chaus- 
sures. D.-S., arr. de Melle et de Bres- 
suire. — (B.-F.j 

AvAGNEAU , S. m., petit filet pour 
prendre le poisson des réservoirs. V., 
arr. de Chat., ÎNIairé. — Basse latinité : 
venna, seplum ad intercipiendos pis- 
ces. (Duc.) 

.\VAGNAI, V. a., fatiguer quelqu'un 
plus faible que soi, qui veuf travailler 
avec nous, lutter de forces, faire au- 
tant d'ouvrage : « i seu vasi^é, i n'en 
peut pus, tu m'avagnes ; » je suis hors 
dhaleine , je n'en puis plus, tu me faii 
gués. (B.-F.) — Roman : « affanar, » 
fatiguer. 

AvAGNÉ, ÉE, adj., celui ou celle qui 
est abattu par la chaleur, qui éprouve 
les besoins de la soif. V , arr. de Châ- 
telleraud. 

AvAiNGEAi , V. n., avancer, faire 
promptement : « l.'valet n'avainge 
guères. » D.-S., c. de Maz. (A. R.) — 
iMavenne : « avanger. » — Français; 
a avancer, « faire aller en avant. 

AvAU (d'), [1. vallis]^ adv., en bas. 
V., c. de l'Lle-Jourdain. — IMarne: 
« avau,» parmi, à terre, à bas. 

AvAUX, s. m. pi., caprices que l'on 
souffre aux enfatits. Vend. (C. et P. D ) 
— IMarne : « aveaux, » chute^ ruine, 
plaisir, débauches. 

AvEAUX, s. m. pi., terme de char- 
penterie : « Est nécessaire de prompte- 
ment refaire la dite charpente aussi 
gastée, et y mettre aultres tirans, aveaux 
et chevrons, i» (D. Font., an. 1577, t. 12, 
p. 385.) 

AvEiLLE, adj , aveugle, privé de la 
vue. V.— D.-S.— Vend. : 

" Gle jurerai, s'o faut, que vos ail sont aveilles. » 

{GusT., p. 61-.. j 

Ils jurent, s'il faut, que vos œils sont 
aveugles. — Basse latinité : avocuius 
et abocellus, aveugle. (Duc ) 

AvEiNDBE, V. a., atteindre. V., arr. 
de Poitiers, Lavoux. — Marne et patois 
du Berry : « aveindre, aveinder. » — 
Mayenne : a aveder. » 

AvELOT (avelôte), s. m., dernier jour 
des moissons, du battage, de la fenaison, 



AVI 

et en général de tout travail. L'avelot 
des moissons et du battage des grains 
est ordinairement jour de joyeuse vie 
dans les fermes. V., arr, de Châtelle- 
raud. 

AvENAGK,s. m , ration, picotin d'a- 
voine : (I i'chevau a-t-eil ogu l'avenage? » 
le cheval a-t-il eu sa ration d'avoine? 
V., arr. de Civ. — D.-S., c. de Bress. — 
(A. R.) Redevance rn avoine. (An. 1336, 
Manusc. du Poitou.) — Bas^e latinité : 
avenngium, vectigal, seu pensitatio ex 
avenis, dominis pensilari solita. (Duc.) 

AvEXAiE et AvENÉE, S. f., rogaiu 
d'avoine moissonnée. V., arr. de Civ. — 
Avoine moulue pour les animaux ma- 
lades ou que l'on engraisse. (A. R.) — 
V.,arr. de Poitiers. — Marne: « avenas, •> 
paille, farine d avoine. 

A VER <\. habcre\ v. a., avoir. V. — 
D.-S. — Vend. « Michas qui cret aver 
en se le Saint-Esprit. » (Rab., p. 2.) — 
Provençal : « avé, » avoir : « cresiése- 
gur de î'avé bello, » croyait assurément 
l'avoir belle. 

Avère, adj. f., ne se dit que des noix. 
La noix avère est une noix qui tient h 
sa coquille. Vienne. 

Avescai, V. a., mettre à bout, attra- 
per. D.-S., c. de Châtillon. 

Aveu (être), loc.^ mettre en train. 
V., c. de Mirebeau. 

AvEuvAi (1. vidua), v. n. et pr., être 
veuf ou veuve. V., arr. de Civray. — 
Roman : « aveuvaret ave^var. » 

AvEZAE, v. a., mettre en train, com- 
mencer. V., arr. de Poitiers où l'on pro- 
nonce avezai et avezé —■ D.-S., arr. 
de Melle. — Accoutumer. Vend. ,'C. et 
P. D.) — Patois limousin «avezar. » — 
Italien :.« avejjato. » 

AviAiL (1. vita)^ s. m., encourage- 
ment, aide, etc. L'on donne de Xaviail 
au fou en lui jetant du menu bois; à une 
personne, en lui disant quelque bonne 
parole, en la fortifiant par une bonne 
nourriture. D.-S., c. de Bressuire. — 
(C. iVlaz. A. R.) — Au figuré, temps 
brûlant, grande chaleur. D.-S , c. de 
Bressuire. — Vend. (C. et P. D.) 

AviANT, E, adj. verb., plaie vive et 
enflammée. V., arr. de Poitiers. 

AviAi et Avii, V. a., allumer le feu 
ou la chandelle, leur donner la vie: 
« V'ia-t-in fé bene aviai. » V., arr. de 



AYR 



^9 



Civray et de Loudiin, canton de Mire- 
beau où l'on dit avii. D.-S. — Vend. (C. 
et P. D.) — (B.-F.)— AllL'indre— (s'), 
v. pr., s'accroupir sur ses talons. (B F.) 
— Patois du Berry : « avier, » donner son 
lait : « Celte vache a un grand défaut, 
elle ne veut pas avier. » 

AviRAi, V. a., détourner le bétail 
qui fait du dommage. V., c. de Mont- 
contour. — D.-S. y. Arvirai. 

Avisa K, v. a., apercevoir. Vend. 
(C. et P. D.) — Basse latinité : avisarCy 
acicisare, donner conseil. (Duc.) 

Avisa NCE, s. f., relation de société 
avec quelqu'un, connaissance : aO m'é 
avis qu'glé d'moun avisance; » il me 
semble que je le connais. V., arr. de 
Poitiers et de Civray. 

Avisai et Avisi, v. a., connaître 
quelqu'un de vue : « i l'avis'bé, » je le 
connais bien. V., arr. de Poitiers. — D.- 
S , arr. de Bressuire. — (B.-F.) —Fran- 
çais : « aviser, » donner avis. 

Avocat, s. m., fusée de maïs dé- 
pouillée de ses grains. (B.-F.) 

AvoiNDRE, V. a., atteindre. V., arr. 
de Chàtelleraud. V. Aveindro. 

AvoLUAi (l. valere), v. n., augmen- 
ter en valeur, prospérer: « Jésus, v'avez 
bé avoluai dampis qui n'v'z avais vu, » 
Jésus, vous avez bien prospéré depuis 
que je ne vous avais vu. V. — D.-S.— 
(B.-F.) — Vend., Font. (C. et P. D ) 

AvONJi, V. n., avancer. V., c. de 
Mirebeau et de Monicontour. f^. Avain- 
geai. 

AvouATNB (r. vouain), v. n.. être 
voualri {V. ce mot), être mou, n'avoir 
aucun courage. V., c. de Neuville et de 
Mirebeau. 

AvouÈRK, v. a., avoir. V. — D.-S. 

— Vend. V. Aver. 

AvouREct AYOURÉ(/j«c/<ora),adv., 
à présent, en ce moment, maintenant. 
V.— D.-S. — Vend. 

« PoictCTins, ol'esl avoure 
» Quo «e faut bon resjouy. » 

(Genl. l'oet., p. 67.) 

Ayrault ou AiRAULT, S. m., cour, 
jardin, terrains vagues qui entourent 
le plus ordinairement la maison d'habi- 
tation. D.-S., arr. de Bressuire. — (B -F.) 

— Ayraut , emplacement devant une 
maison où Ton dépose la paille, etc. (Man. 



3a 



BAC 



BAD 



du Poitou. An. ISOO et 1482.).— Basse Azur, s. m., bleu pour donner une 
latinité: ayrale ôearea, locus. (Duc.) légère teinte au linge. D.-S., arr. de 
— Patois limousin : « eyràou, )> empla- Melle et Niort, 
cernent où l'on fait pourrir la feuille , 

j .1 il'.' T « Teut-pn se pHSsay tlnmidon, 

devant la porte des mêlâmes. —La- ; . u'épissc, d'Lur, de savon ' .. 

combe: « heireau, hércau, » maison (cust., p. «*8.) 

rustique, ferme. ' 



B 



BAD 



Babeil et Babeuil, llb, adj., ba- 
billard, qui cause à tout propos. V. — 
D.-S. — Marne : « babelé, babelu. » 
aimable causeur, galant conteur. 

Babellage et BABEriiLLAGE(r. ba- 
beil), s. f., bavardage. V.— D.-S., sui- 
vant les localités. 

Babellai (// mouillés), v. n., bavar- 
der : « gne cin^se de bab'llai. « Y., arr. 
de Poitiers et de Civray. — D.-S., arr. 
de Bressuire et de Parthenay. 

Babellou,se(// mouillés), adj., celui 
ou celle qui bavarde. V. — D.-S. 

« Cousin, les perroquet ne Tallant pas la rage, 
» sont d'aux babeilloux so de malin plumage. » 

vGust., p. 74.) 

Babeluche (bab'luche), s. f., dépôt, 
sédiment que l'on trouve au fond d'un 
vase qui contenait des liquides. 

EABiGEOT, s. m., babcurro, liqueur 
séreuse du lait. Vend. 

« Qui condit Jacquet qui porte In pot 
» Rempli de babigeot. » 

(Gu.st., p. 9.) 

Loc, verre que l'on a sali en buvant: 
« ton verre est tout babigeot. » Vend. 
— D.-S. On dit aussi, dans le même 
sens : « badigeot. » (B.-F.) 

Bachelerie (bachel'rie) , s. f., le 
temps du célibat. V.— D.-S.— Vend — 
Basse latinité : baccelaria, l'ordre de 
bachelierie. (Duc.) — Boman de Garin : 
« la flor de France et la bachelerie. » 
(Duc.) 

Bachelé et Bachelié (bach'lé), s. 
m., célibataire, qui n'est pas nwrié. 
D.-S. — Vend. (C. et P. D.) — V., 
suivant les localités. — Latin : baceli, 



sots, niais ou badins. — Ardennes, 
-Marne : « bacheler, bachelier, » jeune 
cavalier, éciiyer, galant. — Noms do 
lieux : les Bacheliers et Bas Bacheliers. 
Dangé. (V.) 

Bacouette et Bascouette, s. f. , 
bergeronnette, lavandière ou hoche- 
queue, oiseau. Vend., Font. (C. et P. 
D.) 

Bacu, s. m., avaloire, partie du har- 
nais qui tient au reculement. V. — D.- 
S. — Patois du Berry : croupière. — 
Rabelais : bacul, « tu travailles jour- 
nellement beaucoup, je l'aperçois a 
l'usure de ton bacul. » (L. v, c. 7.) 

Badae, v. n., faire attention, prendre 
garde. V., c. de Monte, .Mazeuil, où ce 
mot se prononce badai. — Vend. — 
D.-S. 

M I devas bay yraiment tant baday. » 

(Gust.,p. «3.) 

« Qui ne badé veau que de gagné la 
porte, » que je ne pris certes garde qu'à 
gagner la porte. (Miz. à Tauni , p. l'-S.) 

— « Badé. » parler sans cesse. V.. Chat. 

— « Badai, » ouvrir la bouche, la 
gueule. L'on dit proverbialement, dans 
le canton de Civray, pour indiquer 
qu'une personne chante mal : « Glo 
bade la goule coum' in jobet, sans sa- 
ver c quel dit, » il ouvre la bouche 
comme un niais sans savoir ce qu'il dit. 

— Hébreu : bada , inventer quelque 
chose, imaginer, feindre, (pr livre des 
Rois, XII, 33.) — Sanscrit : bhadd, ou- 
vrir la bouche, parler. — Roman : 
« badar, » huer. — Provençal : « bada, » 
ouvrir la bouche: « e vers li nivoencaro 



BAF 



BAG 



31 



bado, » et vers les nues elle ouvre en- 
core la bouche. — Saintonge etBerry : 
« bader. » — Ancien français : « bade, » 
sentinelle. 

Badafouaire, adv., vite, preste- 
ment : « Bisquien, va chin Tmarichau, 
et badafouaire, » garçon , va chez le 
maréchal, et vivement. U.-S., c. de St- 
Maixent, Chavagné. 

Badaie, S: f , huées, cris que font 
les moissonneurs après les passants. 
(B.-F.) 

Bad AILLONS , s. m. pi., morceaux de 
chair qui pendent au menton de la 
chèvre; par extension, morceaux pen 
dant à un vêtement. V., arr. de Civrav. 
— D.-S. 

Badalae, V. n., faire vivement une 
chose. D.-S., c. de St-Maixent , Cha- 
vagné. 

Bade-Bec, mot à mot ouvre-bec, s. 
m., personne immobile ou qui ne dit 
rien. V., Civrav.— Morceau de bois que 
l'on met dans le bec de loie pour le te- 
nir ouvert quand on la gouge. (B.-F.) — 
Roman : a badar la boca. » 

Badèche, s. f., trou , ouverture 
béante : « Le vent passe par thielle ba- 
dèche. » D.-S., arr. de Bressuire.— (B.- 

F.) 

Bade-Goule, Bade.mbblle, s. des 
deux genr., grand causeur, babillard, 
bavard fatigant , insupportable. Se 
prend toujours en mauvaise part: « eh 
qu'é que'l di quiau grond bade-goule? » 
eh! quesl-ce qu'il dit ce grand bavard? 
V., arr. de Civray.— (B.-F.) 

Badeub, se, adj., celui ou celle qui 
parle sans cesse. V., arr. de Châtelle- 
raud. — Noms de lieux : « Badard » 
(Chénevelles. V.) 

Badia, s. m., battoir. Vend. (C. et 
P. D.) — Saintonge : <• Badras. » 

Badtllai, V. n., se dit des noix, des 
châtaignes qui s'échappent du brou 
V., arr. de Civray. 

Badole, Badrole et Badori, s. 
m., sot, niais. V. — D.-S., suivant les 
lieux. — Roman : « badaule, badoc et 
badia. » 

Badoli, ad. m., se dit d'un vin 
fraudé à l'excès. V., c.de Montconlour, 
Mazeuil. 

Bafuté, V. a., repousser quelqu'un, 
le dédaigner, lui parler sévèrement : 



« i se pas c'qu'o veut à dir' Jeon, 
m'bafut' trejou, » je ne sais pas ce que 
cela veut dire, .lean me repousse tou- 
jours. V. — Patois du Berry : « bafu- 
ter, » dédaigner, déprécier, rejeter avec 
dédain. 

Bagalouaise (r. baguer), s. f. , bou- 
che : (( i va t'cad'naci la bagalouaise, » 
je vais te cadenasser la bouche. V., Mi- 
rebalais. 

Baglullon igl mouillés) , s. m., 
fruit de Téglanlier. V., arr. de Poi- 
tiers. 

Bagogliab et Bagouillai (r. 6a- 
giier), V. a., parler beaucoup, vite, sans 
relâche. Vend. (C. et P. D.) — V. — 
D.-S. — Ardennes : « ba2;ouler. » 



Bagou, s. m., babil, loquacité 



« tais'ras-lu ton bagou? Dans tout le 
Poitou. — Marne : « bagout, » caquet, 
aplomb dans le monde. — Patois du 
Berry : « bagoul, » bavardage, jac- 
tance. 

BAG0UILL0^^ s. m., églantier. V., 
arr. de Monlmorillon. V. Arglantin. 

Bagoulae, Bagoulé et Bagouli, 
v. a., parler beaucoup. Vend. — V., 
suivant les lieux. — Patois du Berry : 
« bagouler. » V. Bagogliâo. 

Bagoulabd, e, adj., celui ou celle 
qui ne cesse de parler : « quiu bagou - 
lard eut-ou quiu ! » quel bagoulard est- 
ce 1 V., c. de Mirebeau et de Montcon- 
lour. — Patois du Beiry : « bagoulaut, » 
bavard. — Ardennes : « bagouleur. » 

Bagouléb. s f., cri de voix reten- 
tissant : « gl'a jeté in' bagoulée, les 
vitres en atit brandi, w il a jet<) un cri, 
les vitres en ont vibré. V., arr. de Poi- 
tiers. 

Baguant, te, adj. verb., niais, im- 
bécile : « J'cré pa avoir vu jamai in 
pareil baguant, » je ne crois pas avoir 
jamais vu un pareil imbécile. V. — Ar- 
dennes, Haute-Marne : « Bajat, ba- 
jas^e, » sot, niais. 

Bague (1. bacca)^ s. f., corde qui 
sert à miùntenir des sacs de bl'é sur une 
bête de somme. V. — i^.-S. 

Baguée, s. f., charge, les sacs que la 
bague lie ensemble, v. — D.-S. 

Baguai, v. a., mettre la bague aux 
sacs. V. — V. a. (I. balarel), ouvrir, 
gémir : a bagu' don ta goul' avoure, » 
plains-toi donc à présent. — (Se), v. pr., 



32 



BAI 



segorger de nourriture. (R.-F.)— Fran- 
çais : « bugucr, » faufiler, tcrnm de 
coutume. 

BAGUÈr.E igu mouillés), |r. baguai], 
adj. f., noix dont le bioii est ouvert. — 
S. f., grosse noix, dite aussi noix muse- 
role. V., arr. de Poitiers. — Noms de 
lieux : Bagouère. (Le Vijîeant, \\ 

Baguette, s. f., étoffe de laine non 
croisée, à l'usage des campagnards. D.- 
S.. la Molhc-St-Héraye. 

Baguillox \gu mouillés), s. m., fruit 
de l'églantier. V., arr. de Poitiers. 
V. Baglullon. — Noms de lieux : lîa- 
guillet ;St-Pierre-de-Maillé, V.) 

Bai (mettre de), bai pour bas; loc, 
enfoncer le soc dans la terre. V.. canton 
de risle-Jourdain, Adriers. — Marne : 
* bas » (laboureur de), jardinier qui 
travaille avec la bêche. 

Baioeton, s. m., e-^pèce de beignet, 
diminutif de ce mot. En mangeant le 
premier, il faut faire le signe do la 
croix, et prononcer ces mots : « bai- 
gne, baigneton, fais fuir nielles et char- 
dons. » et l'on est assuré de délivrer ses 
champj de ces plantes parasites. V., 
arr. de Châlelleraud, Maire. — Patois 
du Berrv: « beugnon.» beignet. 

Baillaud. de, adj., celui ou celle 
qui baille; par extension, sot, niais: 
« grand baillaud, va. » V. — D.-S. 

Baillabge, s. f., orge de printemps. 
Pans tout le Poitou. Saint Georges-les- 
Baillargeaux est un chef lieu de canton 
très-connu de l'arrondissement et aux 
portes de Poitiers. — Noms de lieux : 
Baillargeux fies), [Leigné-sur-Usseau,V.] 

Baillbrgi r. baillarge , v. n., ra- 
masser la baillarge , la moissonner : 
« enfants, faudra baillergi demoin,o! eu 
grondement tomps; » enfants, il faudra 
mois.sonner la baillarge demain, c'est 
grandement temps. V., c. de Montcon- 
tour, la Grimaudière. 

Baillotte, diminutif de baille, s. f., 
petite cuve en bois où l'on met la ven- 
dange. V. — D.-S. — Bailletteou bail- 
lolte : « une bassée avec une baillolte. » 
lAn. 1772. Vasles. ilaniisc. du Poitou.) 
— « Baillot. » (Manusc. du Poitou ) 

Baillottb. s. f., pièce de deux 
iiards. V., c. de Montcontour— Italien : 
« ba'ioque, » petite monnaie. 

Baillou, s. m., animal rampant qui 



BAL 

fait peur ; par extension, pei*sonne laide. 
Vend.(C. et P. D.) 

Baisse, s. f., lieu bas, vallon, la 
partie la plus profonde d'une vallée. 
(B.-F.) 

Baissière (r. bas), s. f., l'endroit le 
plus bas d'un champ et qui reçoit les 
eaux des sillons. V., c. de risl.-.îourd., 
Adriers — Français : « baissière, » 
reste du vin près de tarir. 

Balafre, s f., maladie des mou- 
tons: boutons, chancres qui leur vien- 
nent dans la bouche. C'est la cocote ou 
phlyctène. (B.-F.) — Français : « ba- 
lafre, j) cicatrice longue par suite d'une 
blessure. 

Balaie, s. m., plafond d'une étable 
composé de fagots ou de branchages 
appuyés sur des chevrons V., arr. de 
Civray. 

Balais, s. m., plante, genista sco- 
paria. V., arr. de Poitiers. (Maud.) 

Balaite, s. f., sorte de balai pour 
nettoyer le grain sur l'aire : « pronds 
me la' balaite et néli bén qu'où grain ; > 
prends-moi la balaite et nettoies bien ce 
grain. V., arr. de Poitiers et de Mont- 
morillon. — Basse latinité : balaium^ 
scopa, Gallis, balai. (Duc.) — Patois du 
Berry : « balaitière, » champ de genêts 
à balais. 

Balasson, s. m., espèce de selle en 
grosse toile piquée que l'on met sur le 
dos des mulets quand on veut leur faire 
porter une charge. V. — D.-S. — Lit 
de balles d'avoine pour coucher les en 
fants. V., arr. de Civray, c. de l'Isle- 
Jourdain, Adriers, Luchapt. — Patois 
du Berry : « balasse, » sac rempli de 
balles davoine pour les lils d'enfants. — 
Français : « balasse, • matelas formé de 
balles d'avoine. 

Balasson (aller à), loc, c'est trans- 
porter les denrées à dos de mulet. (B.-F ) 

Balassom, s. m., agneau que l'on a 
toadu sur les reins seulement, ce qui 
produit l'effet d'un balasson V.,arr. de 
Civray. — D.-S., Loubillé. (B.-F ) 

Balayou, s. m., balai pour nettoyer 
le grain. V., c. de 1 Isl.-Jourd., Adriers. 
V.* Balaite. 

Baleret (bal'ret) , s. m., plafond 
d'une étable. V., arr. do Civray. V. Ba- 
laie. — • Balleret, » hangar. (B.-F.) 

Balebetài, Baletai (bal'r'taiJiV. n , 



BAL 

faire le halmie d'une étable. V., arr. de 
Civray. (A. RJ Y. Dalaie. 

Balebit,5. m., crécerelle, espèce d é- 
pervier. Vend., Font. (C. et P. D.) 

Balet ou Ballet, s m , abat-jour. 
Vend. (C. et P. D ] — Galerie (\\ù pré- 
cède la porle de certaines éi^lises. V. — 
« I/église de Nieuil et ballet d'icelle. » 
(Manusc. du Poitou. An I329-N8t.) — 
Mayenne : « balet, » petit toit au-iiessus 
des boutiques. — Français : « ballet, » 
danse figurée avec pantomime représen- 
tant une action. 

Baleze, s. f., balai pour neUoycr le 
grain. V., arr. de l>oudun. V. Balaite. 

Balézi, v.a., se servir de la Balèze. 
V., arr. de Loudun. 

Daliixai (r. balin)y v. a., balancer 
une personne à deux dans le balin, en 
la prenant par les pieds et par la tête : 
< Vau-lu qu'i t'baliniant? » Veux-tu 
que nous te balancions? V., arr. de 
Civray. — Français : t balin, » pièce 
de toile qui reçoit le grain quand on 
le vanne ou qu'on le crible. 

Balinaie, s f., plein un balin: 
a apporte ta balinaie de feuilles. » V., 
arr. de Civ. — D.-S.— (A.-R.) 

Ballade , s. f., assemblée cham- 
pêtre; au figuré, querelle, dispute: 
« quiau nouvea moinage n'sont a rin 
d'ban, gle sant trejou en ballade, » ce 
nouveau ménage n'est pas bon, ils sont 
toujours en querelle. V., arr. de Civ. 
— I>.-S. — Grec : paXXî^M, danser en 
trépignant. — Basse latinité: balare, 
ùallare et vtdlare, saltare, choreas 
ducere. (Duc) — Ancien français : 
« baler ; puis chante, et puis espringe 
et baie. » (Cit. Duc.) — M^rne : « bal- 
1er, sauter, danser, s'amuser. 

Ballant, te, adj. verb., qui pen- 
dille, qui n'est pas en repos : « corde 
ballante ; » par extension : « être bal- 
lant dans ses vêtements, » flotter dans 
des vêtements trop larges Dans tout le 
Poitou. — Français : « ballant, » n'est 
usité que dans cette phrase : « aller les 
bras ballants. » 

Balle (très-bref;, v. n., surnager,, 
ne pas enfoncer dans l'eau. 

Daux maisans qui baillant sti l'alve. 
(Chaos. Poil.) 

Mayenne : « être pendant » 



BAN 



33 



Ballère (// mouillés), s. f., toile 
pleine de balles de blé, et principale- 
ment de balles d'avoine, qui sert de 
matelas. — Morceau de toile qui sert à 
enlever les balles pendant le battage. 
V., arr. de Poitiers et de Civray. — 
U--S. — « Une ballère de toile de gros- 
série. » (An. 1731 Vasies. .Manusc. du 
Poitou.) — Grec : CaSaXîa, cunabula et 
cunas vocant. (Glossa. grâce, lat. Duc.) 

— Basse latinité : batlinia ; ut una- 
quaeque villa intra cameram lectaria 
plumatias — batlinias habeat. (Capitu- 
lare de villis. c. 42.)— î'atois limousin . 
« balinge > (b. 1. balinja), couche des- 
tinée aux enfants. — Mayenne : « bal- 
lière. > — Noms de lieux : Balière (la) 
[Vie. V.| 

Balleyb, s. f , y. ie précédent. Mais 
il n'est employé que dans le second 
sens. V., arr. de Civray. 

Balot, s. m., lèvre épaisse. Usité 
surtout au pluriel : « De grous vilains 
balols. » V., arr. de Civrav. — D.-S., 
arr. de Melle. (G. Maz. A. R.)— Vend. 

« Sent tout fret son plrot 
> Et se laord le balot. » 

(Gust., p, 110.) 

•I Cas qu'en soune mot 
• Et «e mord k- balot. » 

(N. P., p. 148.) 

Balouèbe, s. f. , balai pour nettoyer 
les grains. V., c de St-Savin^ Journé. 
y. r.alaitç. 

Baltaré, s. m., babeurre. V., arr. de 
Châtelleraud. V. Babigeot. 

Balvaudé, v. n., faire le fainéant, 
s'amuser à des riens. V., arr. de Châ- 
telleraud. — Patois du Berry : « bal- 
vauder, » tourner autour de la maison, 
regarder l'ouvrage et ne rien faire. 

Balvote, v. n., se dit de l'oiseau de 
proie qui plane, s'apprêtanl à se préci- 
piter sur sa proie. V., arr. de Châtel- 
leraud. 

Bandieau, s, m., bande de mousse- 
line de I mètre de long sur 7 à 8 cen- 
timètres de large qui sert à serrer une 
calotte autour de la têîe. V.,arr. de P. 

— D.-S., arr. de Rressuire et de Par- 
thenay.— Basse latinité : bindx^ institae, 
limbi, fasciae : « Sufficiat etiam cuilibet 
sororum una clamis , duee bindae. » 
(Duc.) — Français: c bandeau, » bande 
d'étoffe qui ceint le front. 



o i 



BAR 



RAR 



Bandis 'all-band). s. m. pi., bandes 
de fer qui garnissent les roues d'une 
cluirrelte. V., arr. de Poitiers et de 
Loudun. 

BANEet Ban, s. f. ,1e fanon du b ruf. 
V., arr. deCivray. — (B.-F.) 

Banque, s. m., plante, glijcîmcra 
Jluitans. (Maud.) 

Baralai, V. a., ébranchor un arbre. 
V., c. de .Mirebeau et de Monts. 

Barallre, s. f., ébranchage. V., 
Chouppes. 

Barassai, V. a., déranger, remuer, 
toucher à tout. D.-S., arrrde .Melle, 

Barasseuie^; dDara~s"ries), s. m. pi., 
menus objets de peu de valeur. (B.-F.) 

Barasson , OUNNE, adj., celui ou 
celle qui harasse. D -S., arr. de Melie ; 
— s. m. , celui qui par métier transporte 
la vendange dans des basses. (A. R.) 

Baraï, s. m., maître de maison. I).- 
S., arr. deBressuire. 

Barat, s. m., babeurre. V., arr. de 
Poitiers et de Civray. — Par extension, 
déchet. — Basse latinité : baratum, 
fraude, ruse: « que bien loyaument et 
justement à son povoir et sans fraude 
ou barat il mettra en œuvre les choses 
dessus déclairées. » (D. Font. An 14-18. 
Arch. S. Hil. Egl., n» 241 .) — Français : 
« barat et baraterie, » t. de mar ,' lar- 
cin, fraude. 

Babatay, V. n., faire du beurre dans 
la baratte. V.,arr. de Civray. — D.-S., 
arr. de Bressuire. — Vend. 

« AuMlbay que .Margot scalt faire daux cailbotcs, 
» Tiray sa vache et baratay. » 

(Gust.) 

Baratay, v. n., tricher, 'tromper. 
D.-S.,Chizé. — V. a., mêler les caries. 
D. S., c. de Châlillon. — Ancien fran- 
çais : « debaretcr, > tromper, ou vain- 
cre et surmonter. 

• Un Jour pour les (lesbsrcier 
» Vindrent Sarazlns paletei • 

(Guill. Guiart. An. H7o.Clt. Duc.) 

Baratée (galette), s. f., galette com- 
posée de farine et de barat. V., arr. de 
Civray. 

Barai, V. a., futur du verbe bailler, 
donner : « Tins, qu'i l'i dissi coum'çà, 
i t'baré cent écus, et o s'ra fé, i n'eu v'ii 
poué ; » tiens, que je lui dis comme 



cela, je te donnerai cent écus et ce sera 
fait ; il ne voulut pas. limité à quelques 
temps seulement. V. — I).-S. — Vend. 

— Basse latinité : balliare^ bailler, 
donner. (Duc.) 

Baubaillou, s. m., f. Balafre. Pour 
guérir les animaux atteints de cette 
niala lie, il faut faire saigner les bou- 
tons, et fiiclionner la plaie avec du 
poireau ou des oignons infusés dans le 
vinaigre. (Bemède vulgaire). V., arr. 
Civ. 

Barbayou, s. m., plante, joubarbe 
des toits, barba Jouis. Vend. (C. et 
P. D ). 

Barbayou, sb, adj , rayé. Vache ou 
bœuf de deux couleurs. Vend. (C. et 
P. D). 

Barbe-de Bouc, s. f., champignon 
qui croît en automne dans les bois, et 
qui vient en petits filaments semblables 
à la barbe de bouc ; de là son nom. Il 
est comestible. (B.-F.). 

Barbe-d'Houmme, s. f. , plante, bar- 
be-de-Capucin. V., arr. Poit. (Maud.). 

Barbejau, s. m., raisin blanc. V., 
arr. Poitiers. 

Barboï, s. m., insecte; le procuste 
chagriné et autres. ;Maud.) V., arr. 
Poit., c. Montcontour. — D.-S., c. 
Bress. — En français : u barbot, » celui 
qui fait la barbe aux forçats. 

Barbot- BouFFOUiN, s. m., Centau- 
rea cyaiius^ plante. V., arrond. Poit. 
(\Jaud.). 

Barbota et Babbotteaux, s. m. 
pi., les barbes de la tèlicre que l'on 
met aux bœufs, ou du filet qui sert à 
garaniir les chevaux des mouches. V. 

— D.-S. — tf Baillé au cordier XL soûls 
pour avoer fourny une paire de barbot- 
teaux pour ung cheval. » (An. I.'iS'i. 
Maiiusc. du Poitou). Ba.<se latinité : 
barbuta^ teguminis species, quo caput 
tegebant milites, seu équités in prœliis. 
(Duc). — Patois du Berry : « barbo- 
tiaux, » s. m. pi., franges, ornements. 

— Noms de lieux : Barboleaux (les) et 
Petits Barboteaux (Mondion. V.). 

Barbote, s. f., couleuvre. V., c. 
Montm. En français : « barbote, » 
poisson d'eau douce du genre des ga- 
des. 

Barbote (ail à la), s. m., ail des 
champs. V., c. Isl.-Jourd. Adri. Luch. 



BAR 

Patois limousin : (c barbote. » (Fouc). 

Babbou, (/. barba), barbu. V., arr. 
Civ. — D.-S. — a Ecoute iqui, bar- 
bou. » (Gust.) — Marne : a barbé. » 

Barbouillou et Barbouillouk, 
SE, adj. (1. barbula), barbouilleur. V. 

— D.-S., suivant les lieux. 

€ Non pas tous, barboulUoux, Potct, Erault, 

[Quiiitard. 
{Bab., p. 7.) 

Barche, Barchu, e, adj. des 2 
genr., celui ou celle qui a des dents de 
moins : « Mon drôl' é déjà tout barche. » 
V., arr. Civ. — D.-S., arr. l\!el. — 
Basque, ibérien : « bresca. » — Ro- 
man : « bresca, besca. » — Provençal : 
«î berco ; de forme descarnado e barco ; • 
des formes décharnées etédentées. 

Bardai, s. m., mot à mot, barre 
d'aive, barrage pour arrêter Teau : 
« di don, Jacques, fé don in bardai. » 

— D.-S., c. de Celles. 

Bardé, v. a., enduire, couvrir de 
boue. Par extension, l'on dit en mau- 
vaise part d'un liomme ivre : « il est 
bardé d'être saou, » il est couvert de 
vin — Se bardé, v. pr., se couvrir 
de boue. (B.-F ). — Provençal : « bar- 
dissa. » (Lac. cit. B.-F.). — Français : 
« barder, » armer un cheval d'une 
barde. 

Barderai (bard'rai), s m., battoir. 
Vend. Font. (C. et P. D.). r. Badia. 

Bardin et Baudou, petit âne. Y., 
arr. de Poit. et de Civrav. — D.-S. — 
Latin ; burdus, burdo, mnlet : tollam 
onus burdonum de terra Reg. (-5, 4, 17). 

— Provençal : « bardo. » — Lan2:ue- 
docien : m bardot. » 

Bardtne,s. f., la femelle du bardin, 
bourrique. V. — D.-S. 

Bareil et Bareuil, s. m., baril. V., 
arr. de Poit. et de Loud., suivant les 
lieux. 

Bargegniae, Bargigagli, (gl 
mouillés), Barginé, v. n. , hésiter, 
tâtonner. Vend. (C. et P. D.).  V._, 
c. Montcontour pour <f bar.i^igagli. •» 

— Basse latinité : bargannlare, barca- 
nlare^ barguinare, tricarl, (ergiver- 
sari. (Duc). — Patois limousin : « bar- 
gigna. » — Marne : « Bargaigner : » 
hésiter, marchander; « bargagne, bar- 



BAU 



35 



gnaigné, )) débat, doute, discussion. — 
Roman d'Aubéry : 



« Je suis pucelle jonctte eit eschavic. 

« Si dois bien i cstre des homes bargln- 



Ancien français : « barginer : si homes 
est range bargine aver à la paerose » 
(Cit. Duc.\ — Italien : « bargagnare. » 

— Français : « barguigner, » balancer 
à prendre un parti. 

Bari-Bara, Loc. adv., discours in- 
signifiant, sans queue ni tête. (B.-F.). 

— V. — D-S. 

Barli, v. a., tondre un arbre. V., 
c. de Montcontour. 

Barlu, sr, adj., celui ou celle qui 
tond un arbre. V., c. de Montcontour. 

Bahlures, s. f. pi., les branches, les 
broutilles de l'arbre tondu : « prinquiès 
barlures per chauffi l'four. i>V., c. de 
Montcontour. 

Barné, v. a., balancer une per- 
sonne à deux. V., arr. de Chat. — A^. 
balinai. 

Barollai, v. a., les marchands de 
moutons appellent a barollai, » rogner 
la laine, la relever, mettre leurs bestiaux 
en état de paraître h la foire L'on (iit 
encore au figuré : « barollai les che- 
veux, » c'est-à-dire les couper très- 
court. De là le dicton : « tondu ba- 
rollu. » (B.-F.). — V. 

Baroti et Barotté, v a., transpor- 
ter la vendange, dans des ba-ses, il dos 
de bêtes de somme. V., c. de Monte, 
arr. de Poit. et de Chat. 

Barotté etBAROTTiER, s. m., petit 
marchand blalier qui conduit son blé à 
« balasson, » ou avec une charrette. V., 
arr. Civ. — (B.-F ). 

Barotteux, se (r. barotté), adj., ce- 
lui ou celle qui transporte la vendange. 
V., arr. Poit. et de Chat. 

Barounrie, s. f., 



« G fut Inc barounrie 

■ Que de l'iiive qui veaet 

» Ou moulin de la Jassrie. » 

(Siège de l'oit., p. Col.\ 



Barrau, adj. m., celui auquel on a 
coupé les cheveux très-ras, comme 



36 



BAS 



dans ce couplet que chanlenl les en- 
fants : 

" Tondu Bnrrau, 
• Les rhcins f'dinngcronf ^rc nan, 

« Tond» racquc 
« L«» chclns V iningcront pre Paqiic. 

iB.-K... 

Barreaux, 5. m. pi., l'on ap[)elle 
de ce nom des gerbes que l'on ii b;il!ues 
sans les délier ce que l'on appelle bal- 
Ire en poinip). soit pour avoir du blé 
de meilleure qualité, et moins mélanjjié 
de graines étrangères soit parce que le 
lenip:^ n'étant p;'.s sûr, l'on n'osait épa- 
rer une airée. (B.-F.)- 

n\RRE. E, adj., bœuf ou vache de 
deux coul^^urs. V. — Vendée, Font. 
(C. et P. D.). — Patois du Rerry : 
« barré, ée, « bœuf, vache marqués de 
lignes biî^arrées. 

Basac (à), loc. adv., sans doute 
synonyme de t au bisac, à la bessace. » 
Laisser tout à basac ou à la basac, 
c'est laisser tout en désordre. V., arr. 
P., arr. Chat. 

« Sans ly ertc mis t basac, » 

(Siège Toit., p. Col.}. 

Bashkur (de), loc. adv., « partir de 
basheur, » c'est partir â la nuit, le so- 
leil se couchant. — D.-S., arr. Bres- 
suirc. — Basse latinité : • bassns, » bas, 
(Duc). 

Basi, V. n., disparaître; au figuré 
s'écli[>ser : « l'argent basit entre les 
mains de sa femme. » (A. R.) — Sain- 
longe. 

Bassaie el Bassée, s. f., vase en 
pierre ou en bois, où mangent certains 
animaux, principalement les porcs. — 
D.-S. Parth. Melle. — V., arr. de Poit. 
et de Civr. L'on dit proverbialement : 
« ils mangent à la même bassée, i 
quand maîtres et valets miingcnt à la 
même table. — - Bassié, » V. — D.-S. 
suivant les lieux. « Une bassée et une 
bailiette » (An 1772, Vasies j— Patois 
du Berry : « bassié, » tablette ou pierre 
d'un évier de cuisine. — Ardennes : 
« bassyé, » latrines. 

Basse, s. f , cuve en bois de forme 
ovale propre à transporter la vendange 
nu l'eau. V. — D -S. — Haute-Marne : 
trou plein d'eau. 

Bassicoubtte, s. f., bergeronnette, 



BAT 

lavandière, oiseau. V., arr. de Poitiers. 

— / . Bacouette. 

B\sKiL (g. pâaî;), s. m., seuil de ia 
porte. V. — D -S. — Vend. 

Bassrillet, s m , diminutif do 
basseil. V. —D.-S. — Vend. 

Bassku, s. f., vase en pierre ou en 
bois où mangent les porcs. V., c. de 
Montconlour. 

Basselr, s. f., profondeur : « tu 
ne toucheras pas le fond de la source à 
cause de sa basseur. » (A. R.). — V., 
arr. de Poil, et de Civ. — Basse lati- 
nité : bassus, depressus, imus. (Duc). 

— Italien : t Basse, > Bas (Duc.j. 
Bassicot, s. m., diminutif de basse. 

V. ce mot. Vend. (C. et P. D.). — 
Français : « bassicot, > machine qui 
sert h* sortir les morceaux d'ardoise de 
la carrière. 

Basst, v. n., ne s'emploie que dans 
cette phrase : « bassi de honte, » rou- 
gir, avoir honte au suprême degré. V., 
arr. Civ. — iB.-F.). 

Bassiot, s. m., petite cuve pour 
doimer a manger aux volailles. V., arr. 
de Civ. —(B.-F.). 

Bassive, |I. vaciva), adj. f., jument 
qui vient en chaleur el ne produit pas. 

— D.-S., c Bress. 

Baster, V. n., suffire, être fort con- 
tre quelqu'un : ■ i n' bast' poué cont' 
li, » il n'est pas fort contre lui. V., c. 
de Monte — Vend. (C. et P. D.). — 
Basse latinité : bastare, sufficere, quasi 
bene slare (Duc). — Italien : « bas- 
lare. » 

Bat-ageasse, s. m., pie-grièche. 
Ce nom patois provient, sans doute, de 
ce que cet oiseau est toujours en guerre 
avec les ageasses et les oblige souvent 
a fuir. (B.-F.). 

Bataillai, v. a., prendre beaucoup 
de peine. « qu'où ifaaut bataillai per 
goignai sa paur' vie! » qu'il faut avoir 
de peine pour gagner sa pauvre vie ! — 
Se dit du claquet d'un moulin lorsqu'il 
n'y a plus de blé dans la trémie. — 
(b. 1. : batalare), se débattre pour 
faire un marché. V., arr. de Poitiers et 
de Loud. — D.-S., nrr. Melle. — Basse 
latinité : batalare arma, arma movere. 

— Français : « batailler, » combat- 
tre, contester vivement, lutter contre, 
(Fam.). 



BAT 



BAU 



37 



Bategnon [f^afgyion), s. m., espèce 
de selle en grosse toile piquée. — D.-S., 
arr. de Melle. V. Balasson. 

Batf.lai [baVlai], v. n., rêver. Se 
dit des malades qui rêvent en dormant : 
u i n'a fé qu' bat'lai tout' la neut; ol é 
mauvais sine; » i! n'a fait que rêver 
toute la nuit ; ce n'est pas bon signe. V., 
arr. Civ. 

Batèbe (r. 6d/), s. f., corset à l'u- 
sage des femmes de la campagne : a o 
fé si châaud qu'i n' prénré qu' ma bâ- 
tère; i> il fait si chaud que je ne pren- 
drai que mon corset. V., arr. de Poit. 

Batière, Batire, s. f, toile rem- 
bourée de paille ou de bourre que les 
meuniers mettent sur le dos de leurs 
mulols. (B.-F.). — V. 

Batlageai ou Badlageai, V. n., 
rêver. — D.-S., arr. Mel. — (B.-F.). 
V. Batelai. 

BATOr^S-D'ESS'LETTE et R AXONS DE 

SELLETTE, S. f . , chevilles qui tiennent 
réunis l'e.-^sieu et la sellette de la char- 
rue. V.. arr. Civ. —(B.-F.). 

Battaisojns (batt'sons), s. f. pi., 
(I. batuere), battage des grains, la sai- 
son de les battre. V., arr. C.iv. — 
(B.-F.). 

Batt.rrelle (bail' relie), s. f., dis- 
que en fer qui se place aux deux extré- 
mités du moyeu d'une roue. V., arr. de 
Poit. et de Civ., c. de Monte. — « Cinq 
bat'reles deux boistes, etc (An. 1112. 
Manusc. du Poitou). 

Batteresse (battresse), s. f., nuée 
de grêle qui bat, détruit, en tombant, 
le.-^ récoltes. On trouve ce mot dans le 
journal de Guillaume Le Riche et la 
chronique de Langon ;B.-F.) Générale- 
ment employé en Poitou. — Noms de 
lieux : Batteresse, commune de Châ- 
teau- 1, archer. V. 

Batteries (batt'ries), le battage des 
grains : « Les batt'ries sant-eilles que- 
mencées chez ta? » le battage des grains 
es!-il commencé chez toi? V. — D.-S. 
V. Battaisons. — Français : « batterie, » 
querelle avec coups. 

Batti, s. m., l'endroit le plus battu 
d'un chemin : a sègue le batti, tu n'em- 
boul'ras poué; » suis le chemin le plus 
battu, tu n'enfonceras pas tes pieds 
dans la boue. — V., c. de Mirb., arr. 
de Civ. - D.-S 



Batti, s. m., tranchant d'une faux 
fraîchement battue : « i fauch'ré h 
m'nuise, le batti de man dail é tout 
frais ; ï je faucherai b mon aise, le 
batti de ma faux est tout frais. V., nrr. 
de Civ. et de Poil. 

Battour, s. m., in^lrument en bois 
pour battre le linge quand on le lave. 
On dit aussi, dans quelques endroits, 
«< battou » et « battouère. »> Dans tout 
le Poitou. — Français : « battoir. » 

Baudelle et Baudouelle, s. f., 
feu de genêts, d'ajoncs, de brandcs; 
flamme vive et de peu de durée. L'on 
dit proverbialement de celui qui su 
laisse attrappcr : « gl'é rusé coum' le 
lumat dons la baudouelle. » V., arr. de 
Civray, c. de l'Ilsle- Jourdain. — (B.-F.\ 
— Patois limousin : <i baudado. » 

Baudreillou, se, adj., couvert de 
boue. V., arr. de Poit. 

Bauduche (tourtiau), s. m., petit 
tourteau, petit pain que l'on fait la 
veille de Noël, et que l'on conserve 
d'une année à l'autre, pour pré.-^erver 
le pain de la moisissure. C'est avec ce 
tourtiau aussi que l'on prétend guérir 
de la rage les chiens qui en sont atteints, 
en leur en donnant à manger. V., arr. 
de Châtelleraud. — Petit pain que Ton 
fait quelques jours avant la lessive et 
que l'on donne au premier pauvre pas- 
sant afin qu'il prie Ste Bauduche ou 
Baudiche de donner un temps favorable 
pour sécher la lessive. V. , arr. de Chat , 
Maire. — D.-S., Parihenay. 

Baufin, s. m., bluet,' centaurea 
cyanus deLinnée, arr.de Poit.(Maud.); 
arr. de Loud. 

Baugai, V. n., aboyer : « Lés chins 
n' cinssant d' baugai ; * les chiens ne 
cessent d'aboyer. — D.-S., c. de Bres- 
suire et de Parth. 

Bauge, s. f., mesure linéaire non 
déterminée. — Avoir ou non la bau^o, 
c'est avoir ou non la taille réglementais 
indiquée pour le service militaire Dans 
tout le Poitou. 

Baugeai, v. a.,seservirdelabauge. 
se « bauger, » se mesurer. — Dans tout 
le Poitou. -- Patois du Berry. 

Baule (1. boiiis), s. f., mie de pain. 
V., c. Neuv., c. Monte. 

Baulai, v. a., hurler : t quiè t-o 
qu'enlond baulai? > qu'est-ce que j'en- 



38 



13AZ 



icnds hurler? V. — D.-S. — Basse lati- 
nité : baulare, canum est latrare seu 
baulare.(Sindoniu5 iii libro De naiurls 
rerum,e[c. Duc.).— Aniennes : k Bau- 
lier, » danser. — Besançon : « hurler. »> 

— Anglais : a lo bawl, ^) crier, criailler. 
(Cit. B.-F.). 

Baulle-bec (// mouillés), s. m., 
babillard, grand causeur. — D.-S., arr. 
de Bress. /'. Badenibelle. 

Balirasse, s. f., le plus mauvais du 
chanvre. V., arr. de Poit. et deCiv. — 
I/on dit aussi, dans certains endroits, 
f bourasse » — Français : « bourras, » 
gros drap, aussi nommé a bure. » 

Bauree, ?. f . , litière, paille fraîche 
que 1 on met sous les bestiaux. « Faire 
la baurée, » c'est nettover une étable. 
V., arr. Civ. — D.-S., ârr. Mel. 

Bavassai, V. a. et n., bavarder, 
rr.conter les nouvelles spns discrétion : 
<• qu'bavasse-tu don d'méme ? dau.x 
ment'ries qu'i cré ; » que bavardes-tu 
donc de même? Des mensonges , je 
crois. V., c. de Monte, Maze. — D.-S., 
c. B., Mel. — Marne : « baver , » ba- 
varder, médire. 

Bavou, se, adj., bavard, babillard. 
Tiè£-.=ouvent employé par nos paysans 
dans leurs disputes : m laize-le donc, tu 
n'esqu'unbavou.wV. — (B.-F.) — Marne: 
fbaveur,» causeur, fainéant. — «baveu,» 
d'après Boiste, a la même signification. 

Bayai, v. n., tirer la langue à cause 
de la chaleur ; se dit des bêtes et des 
2ens : « gle bave coum'in chin qui a fé 
sepî. lieues avant d'd'junai ; » Il tire la 
laiigue comme un chien qui a fait sept 
lieues avant de déjeûner V.,arr. Civ. 

— i^atois du Berrv : « baver, » crier, 
aboyer— Françiis; « bayer », regarder 
la bouche ouverte en contemplant. 

Bayap.t, s. m., mauvais cheval. V. 
D -S. — « dieval de poil bayart, estelle 
on front, vendu 50 escus. » (An 1464, 
îSIanu:;c. du Poitou.)— i boiart , » che- 
val hongre manqué. (Manusc. du Poi- 
tou.) 

Bayot ou BADJOT,adj., ne s'emploie 
qu'au féminin : « grande badjot » Vend. 
(C. et P.-\).] 

BAZA^^E,?. f., gros ventre. (B.-F.)— 
Basse latinité : 6a;-awa,sacculu3. (Duc.) 
— >"om5 de lieux : Bazane (la) [Chapelle- 
Bâton, V.]. 



BED 

Bazotae, v.n., chanceler. Vend. 
(C. et P. D.) 

BÉ (1. bene) , adv., bien. V. D.-S. — 
Limousin , languedocien, gascon. 

Bra . BiA (I. bellus), adj , beau. V. 
— D.-S. 

Bea (bel-à-de), s. m,, avantage, sort 
avantageux : « l'héritage de ma tante 
m'a fait un bel-a-de-bea.» V., arr. Civ. 
arr. Parth. — D.-S. 

Bka (a de),loc. adv., avantageux, fa- 
vorable : « quieuqui m'est à de bea,» cela 
m'est fiivorable. « Depeu qu'man père 
a mouriu . o m'en se bén a-de-bia , i se 
mait' chez nou.«J, > depuis que mon père 
est mort, cela m'est bien avantageux, je 
suis maître à la maison. — V. — D-S. 

— :a. U.) 

Beacop et BiACOP, adv., beaucoup. 
V. — D.-S. — Vend. L'on dit au.«^si : 
« beacot et biacot. » 

Bêchai, v. n., dormir par interrup- 
tion , sans être au lit , en penchant la 
têle. D.-S., arr. Bress. C'est ce que 
l'on appelle dans la Vienne : a Cougnai 
les paux. » 

Bechan, s. m., petit binochon dont 
on se sert dans les jardins. V.,c. Monte, 
Maze. — Basse latinité : « becca, besca, 
be.ssa, bessus, bêche. » (Duc.) 

Bêché, v. n., se dit des volailles en 
général prêts à éclore : « les petits bê- 
chant dans l'u , gle vendrant d'ser ou 
demoin , m les petits sont sur le point 
d'éclore. ils seront éclos ce soir ou de- 
main.— V.— D.-S.. — Vend. — ÎN^arne, 
Hîe-Marne : « bêcher, » frapper du bec, 
casser sa coquille. 

Becot , s. m., le bout de la tige du 
maïs qui tient à la fusée et que l'on 
casse en le pelant, afin de pouvoir faire 
les Iroches. — L'on donne également 
ce nom aux portions de branches que le 
jardinier ou celui qui étauce des arbres 
ont laissées : « Thiau l'houme a Icché 
les bécots trop longs. » (B.-F.) 

Becot, s. m., chevreau : 

« Dcax becot qua lat fait dau troupea l'espérance. > 

fGust., p. 77.) 

Beda , S. m., gros homme : • v'ia i 
beda cornu' o'n" n'a guères ! » Voilà un 
gros homme comme il n'y en a guère. 
V., c. Monte. 

Bedaille, s. f., gros ventre. V.,arr. 
Civ., F. Bazane. 



BEG 

Bedageasse (b'dageasse) , s. f., pie- 
grièche. V., arr. Civ., F. Balagea^se. 

Bedaksse (b'daesso), s. f., lame sans 
le rnancho : « pracle me ta b'dacsse ; • 
prête-moi ta lame de couteau. D.-S., 
c. de Celles. 

Bedasse (b'dasse) , s. f., gros ven- 
tre. V., arr. Civ., /^ Bazane. 

Bédé, s. f , jeune vache. (B.-F.). 



BEL 



39 



BEDE , S. f., gros ventre : « ah ! 



gar 



don qu'aile bède qu'oui a qu'oui hou- 
me ! » Ah! regarde donc quel gros 
ventre qu'a cet homme. V., arr.Poit. — 
Aube : « bide , bidon , » gros ventre , 
bedaine. — Franc;us : « bedaine,» 



gros ventre. 



FîEnEGUiAN [d cj mouillés), s. f. , 
coiffe des Piautes et des Pelleboises , 
F. ces mois. Elle se porte aussi dans 
une parlie dt^l'arrondissement de ISiort 
et de Civray. Ce bedguian ou béguien 
se compose de la cornette , de l'arselet , 
de trois pringues et du r'virau. V. ces 
mots. — Français : a béguin, » bonnet 
de toile avec bride pour les enfants. 

Bedochai (b'docbai), v. a., se servir 
de la Ifdoche pour béchor la terre. V. 

Bedocjie (b'doche), s. f . , houe à 
main (B -F.) ~ Provençal : obosoche.» 
(l.ac. cit. B.-F.). 

Bedocheux et Bedochour , se 
[Udocheux) , adj., celui ou colle qui 
bedocho. V., arr. Poitiers, arr. de Civ. 

Bedochon (b'dochon), s. m., petit 
binochon. 'b.-F.). V. iîechan. 

Bedon, s. m., gros ventre, arr. Poit. 
F. Bazane. 

B[G\ssAR et Bkgassé , V. n , béga- 
yer. Vend.(C.etP.-D.)V.— Hte-Marne: 
« beguer. » 

Begassaiid et Begassou , 
bègue. Vend. (G. et P. D.) — V. 

BÉGAiiD , E, adj., sot , niais : « ri'n 
d'pus bégaud qu'quau gars ; » rien de 
plus niais que ce gars. V,,arr. Chat, et 
de I.oudun. — Vend. (C. et P. D.) — 
Mayenne : « bégaud. » 

BÉGUANT , E, adj. V., bègue. V., 
arr. de Civ. V. Begassard. 

BÉGiiENASsi, E, adj., bègue. D.-S., 
c. de Thénezay. F. Begassard. 

^ Beguette \gu mouillés) , s. f., bre- 
bis propre à engendrer. V., arr. Civ. — 
D.-S., c. Sauz.-Vaus. — (Loubillé, 
B.-F.)— Français : « beguettes, » s. f. 



adj. 



pi., petites pinces de serrurier. — An- 
glais : « to beyet, )) engendrer, et <• to 
begétfer, » celui ou celle qui engen.Jre. 
(Cit. B.-F.). 

Begui, s. m., nom que l'on donne 
au cochon quand on l'appelle. D. S. 

Beguignai et Bequignai, v. n. , 
crier d'une manière plaintive en parlant 
du chevreau : 

« Couchés sur lo pavé béguignant d'cndiiraTce » 

[Gu'^t.) 

Vend.— V.— D.-S. 

Béguine, s. f., espèce de coulisse en 
soie ou en lustrine recouvrant la calutto 
qui donne la forme à la «pantine. ^ \'., 
c. Monte, V. ce mol. 

BÉGUINE, s. f., sarments de vigne 
liés par pc^tits paquets , javelles. (o.-F.) 

BÉGUi NETTE, S. f., diminutif _do bé- 
guine, espèce de coulisse, etc. V., arr. 
de Poit. et de Civ. — Bonnet de dessous 
doni la forme est en pointe. V., arr. do 
Montm., Journé , Adriers. 

Beho, Beho, Beho, Bai, cris des 
bergères pour se faire suivre de leurs 
troupeaux démontons. V.,arr. de Cliàt. 

Beille (bouille) , s. f., ventre, sur- 
tout de poisson. \"end. — Les Essarts. 
(C. et P. D.) — Anglais : « belly, » 
(bé'v) , ventre. ' ' -• 

BÈJË , s. f., becquée. D.-S — Airv. 

Béjon^s. m., la semence renfermée 
dans le noyau. D.-S. — Bore, Saint- 
Jouin , l ouin. 

Belar, s. m., enfant qui crie. V., 
arr de Civ. 

Belard (b'iard). s. m., bélier, dans 
plusieurs contrées du Poitou. — Bellard : 
« le curé de Montamisé devait , chaque 
année , le mardi de Pâques, aux cha- 
pelains et bacheliers du chapitre de 
Notre-Dame, h Poitiers , un mouton 
bellard, vif, a cornes. » (An. 1083. 
Manu;C. du Poitou.) 

Belaie et Belée 'l'iaie), s. f, pleurs, 
cris, se dit principalement des enfants : 
« gle poussirant ine b'iaie a fair'chpure 
leso>ais d'Iàer do temps, /) ils poussè- 
rent un cri à faire tomber les oiseaux de 
raire du temps. D.-S., arr. de Mel. — 
V., arr. de Civray. 

Bêlé, (b'ié), v. n., crier en pleurant; 
se dit principalement des enfants. V., 
arr. de Civrav.— D.-S., arr. deWel. — 



40 



BEX 



Français : c bêler, s faire un bêlement. 

Relières (b'Iièros', s. f., les dents 
inci^ive^. V., arr. de Civray. — Frati- 
çais : « bélière, » annrau qui soutient 
le battant d'une cloche , ou une pende- 
loque. 

Belike (b'iine), s. f., assignation , 
citation. D.-S. — Hanc , village du 
Dreuil-Coeffault (B.-F.). 

Belinaj (b'Iiiuii), v. n., action de 
Taccouplcment des béliers. Au figuré, 
agiter doucement et fréquemment la 
tète, particulièrement chez les person- 
nes âgées ! « ton père quem'ence à 
blinai. « — Escroquer : « i mTie pou 
il qu'où gars; gl' m'a blinai d'cinq à 
six froncs en m'vondont san blé, » je 
ne me fie p;>s a ce gars, il m'a trompé 
de cinq à six francs en me vendant son 
blé. — V. — D.-S. 

Bellabd , E (// mouillés), adj. , 
bancal. Vend. |C. et P. D.) 

Bellarde fb'llarde, // mouillés), s. 
f.,gro5 bâton: ajoueràla b'ilarde.» V.. 
arr. de Civ. — Ardennes : « belloy, » 
bâton. 

Blllardé (b'ilarde, // mouillés), 
V. n., marcher comme un bancal. Vend. 
(C. et P. D.). 

Belle d. be/lare), v. a., terme de 
jeu , doubler l'enjeu, la mise. V. 

Ben et BE^E(I. bene), adv., bien. V., 

arr. de Civ. — D.-S. — Provençal : 

« bén , bén mai,» bien davantage. — 

Putois du Berry : c ben , » bien. 

* Bena , s m.'(l. bonus), benêt. Vend. 

— Koms de lieux : Bena , Chau- 
nay, V. 

Benatsé . V. n., être a son aise, à 
sou contentement ; laisser aller une 
chose doucement , V. 

Blnaiseté, s. f. , contentement, 
bien-être : « la benais'té l'tuera. » V. 

— Patois du Berry : « benaisetê.» 
P>ENASsi.(l.feo?/î^7>i), diminutif de bén, 

s. f. , tern-s , une petite quantité : 
« quond i auré méngé ma gouléie de 
b'nass', i cherch'ré man pain, » quand 
j'aurai mangé mon peu de bien , je 
chercherai mon pain. V., arr. de Civ., 
arr. de Chat. — D -S — Noms de lieux : 
Benasse (la) , jPayé , V.] 

Benassox fb'nasson). Y. le précé- 
dent. D -S. , V. 

BRNATBElb.l. banasta), s. f., espèce 



BER 

d'engin pour le véron. V., c. de Monte, 
Maze. — Benate: «quemdam clericum, 
piscantem cum banasta in fossatis. v 
(An. 1274 , Saint-Benoît do Quinçay. 
Manuscrit du Poilou ) — Basse latinité : 
vivarium . piscatorium. (Duc.) 

Bemt (b'nil),s. m., rouge-gorge. 
Vend., Font. (C. et F.-D.). 

BÈQUE [qu mouillés) [g. B'./.t;],s. f. , 
chèvre. V , D.-S. — Français : « bi- 
quet , » chevreau. 

Bequegnon,s. m., petite queue, 
petit bout d'un objet qui se termine en 
pointe : « gl'avé daux chaires dans 
quialle maisan qu'avant tout daux be- 
qijcugnons ; » il y avait des chaises 
dans celle maison qui ont toutes des 
petits bouts. V., arr. de Civ. 

Bequelai, Bequeli»(<72^ et / mouil- 
lés), V. n., crier d'une manière plain- 
tive, en parlant du chevreau. V. , arr. 
de Civ. et de Loudun. 

Bequet, s. m., poisson : « Ilem. le 
mercredi des roysons , en solles de 
mer. deux bequets et ung chabosseau... 
xiii s. » (Manusc. du Poitou.) 

BKQUETTE(r. 6efy«e),s.f., jeune chè- 
vre. V., c. Monte, Mazeuil. 

Bequeulk , s. f., maladie delà bou- 
che produite par dos boulons : « quiau 
drôle a la bequeule. » V., arr. de Civ. 

BÉQUIA1L, s. f., bétail. V., arr. de 
Chat. 

BÉQUILLAED, E, BeQUILLOU, SE, 

adj., boiteux, qui marche à l'aide de 
béquilles. V. — D.-S., arr. de Mêle ; 
suivant les localités. 

BÉQuioN , s. m. , petit chevreau , 
dérive de lequette. V., arr. de Poit. et 
de Loudun. 

Bequiounai et Bequiouni, v. n, 
mettre bas en parlant des chèvres. V., 
arr. de Poitiers et de Loudun. F, Abou- 
quillai. 

Ber , s. m., berceau. D.-S. , Nueil- 
s. -les- Aubiers , Châlillon. — Basse la- 
tinité; « Bersa^bersœ, cratesvimineae, 
seu sepes ex palis vel ramis grandiori- 
bus contexl» , quibus silvae , vel parci 
undique incinguntur, ut nullus ccrvis , 
caeterisque feris ad egressum pateat 

aditus Ab ejusmodi cratibus man- 

sit infantium cunis nomen , quas bers 
et berceaux vocamus , quod ex vimi- 
nibus invicem contextis confeclse sint. i 



BEU 

(Duc.)— Gascon et provençal : « brès; 
ie faguèron un brès; • ils lui firent un 
berceau. — Marne: c ber, • — Environs 
de Blois. 

Berai , loc, construction des deux 
mots, bien, vrai, employés inlerrogaii- 
venient, et dont notre locution patoise 
répète le même sens : « eh Piarre , la 
femme à Jean f.edoux qu'est morte ! — 
Berai ? » (B.-F.) — C. de Sauzé-Vaus- 
sais. 

Bebciou (beurciou}[b.l. herc'wlum], 
s. m., berceau. V., — D. S. V. Ber. 

Berche , Bbechu , E , adj., celui 
ou celle qui a des dents de moins V., 
arr. de Civ. — D -S., arr. de Mtlie. 

Bebdagon , s. m , eau emmiellée , 
résultat du lavage des divers instru- 
ments qui ont servi à la manipulation 
du miel lorsqu'on l'enlève des ruches. 
On boit cette eau , et elle peut servir de 
tisanelaxalive. V., arr. deChâlelleraud, 
Oiré , Maire. 

Berdaquement (beurdaqu'meiit) . 
s. m., cahot ; bruit qui résulte du choc 
de plusieurs objets : « queu diabl' de 
beurdoqu'ment fasanteils don! » quel 
diable de bruit font-ils doncl V., arr. 
de Civ. — D.-S., arr. de Bressuire. 

Berdaquai (beurdaquai) , v. a. et 
n., faire du bruit , du lapage : « Pnragé 
d'drôle , i é bia li dir'de s'taisai , le 
bf'urdaque trejou; » enragé de drôle, 
j'ai beau lui dire de se taire, il fait 
toujours du bruit. V,, Civ. — D.-S. 

Berdassai (beurdassai), adj., homme 
qui s'occupe de ce qui concerne les 
femmes : « cré me, teigne frère n'é 
qu'in beurdassai; » crois-moi, ton frère 
ne s'occupe que du ménage. D.-S. , 
arr. de Bressuire. 

Bebdasse (br'dasse) , femme brouil- 
lonne , s'occupant de peu. 

Berdassi , V. a. , s'occuper de cho- 
ses insignifiantes : • i ou di per le sus. 
qu'oui houme n' fe qu'berdassé; » je 
le dis pour le sûr, cet homme ne fait 
que berdasser. V., c. de \lonlcontour. 

Berdassotr , adj. m , celui qui 
s'occupe h des vétilles : « quiqu' tu fé 
lai, grond berdassour? tu Frai ben 
meux d'v'ni soupai ; • qti'est-ce que tu 
fais-là grand berdassour? Tu ferais bien 
mieux de venir souper. V,,arr. de Civ. 
— V. Berdassai. 

ixxn. 



BER 



41 



Bebdk (l bardas)^ s. m. , paresseux, 
fainéant à l'excès. V. , arr. de Chat., 
Maire. — Patois du Berry : « berdin, » 
simple d'esprit, niais; — badinage, 
niaiserie. 

Berdoibài (b'rdoirai), v. a., salir. 
(B -F.) F. Ambredoirai. — Patois du 
Berry : « benloire, o mauvais pas causé 
par de la boue. 

BÈRE (l. bibere] , v. ac , boire, part, 
passé, bégu {gu mouillés) : « gl'a tout 
begu ; » il a tout bu. V., D. S. — On 
dit aussi : « b'eyu. h D -S. — Italien ; 
(I bere , ou bevere, » boire. (Cit. B -F.) 

Bergaud, s. m j hanneton. V., D -S. 

— V". aussi Bregaud. — Il y a Bergaud, 
nom de lieu, dans la commune de Ver- 
rières, (V.) et Le Bergault dans celle de 
■Vlazerolles (V.) 

Bergeon, s. m , sillon qui va en di- 
minuant V., arr. de Poit. et de Loud. 

— A^. Abergeon. — Vend , c. de Cha- 
lans. 

Bebgeounai, v. n., faire des ber- 
geons. V., arr. de Poit. et de Loud. — 
Vend., c. de Chalans. V, Abergeounai. 

Bergbreau (berg'reau) , s. m. , 
petite brande, petite bruyère ; t sorcier, 
j'te r'doute, va l'en chiau dans le ber- 
g'reau. » C'est la formule usitée dans 
quelques communes de l'arrondissement 
de Montmorillon , pour se garantir du 
sortilège. 

Bergle et Berle {gl mouillés), s. f. , 
faux-cresson, apium palustre. V. — 
D.-S. — Marne ; • Berle », plante nom- 
mée ailleurs chervis. 

BhRGOTTE, s. f., brebis déjà vieille. 
V.,arr. de Poit., Civ. 

« J' n'iré pus aux champs, 
« Boun'gcns, 

« Gardai qu'iès vieilles bergottcs. » 
[Chans. Poil] 

Berjeotte, s. f , petite bruyère. V., 
arr. de Poit. 

Bebjeotti, v. n., manger peu à la 
fois, sans appétit. V., c. de Montconlour, 

Berlar, s. m., bélier. V., Adriers. 

Berlère (/ mouillé), s. f., anse mo- 
bile d'un va-o (in'on suspend, chaudron, 
marmite : a a-l-u ben apreuvé la ber- 
lère d'Ia marmite, avont d'Ia boutr'au 
cramaillon ? » as-tu bien éprouvé l'anse 
de la marmite , avant de la mettre au 

6* 



4? 



BEPi 



BET 



fieniaillun? V., air. do f iv. — D -S., 
jirr. de M^lle, c. do Parihenay. — Au 
figuré, langue : « gl'a in' bonn' berlère 
dans la goule, quiauqui « il a une 
bcuine lancine dans la bouche, celui-ci. 
V., îiiT. de Civ. 

nF.RUCOTON , s. m., brugnon. On 
l'appcUe aussi caîet, parce qu'il n'a pas 
de duvet comme la pèche (B,-F.) — arr. 
de Melle. 

Berlinage et Brelinagr , s. m., 
brebis, moulons. V.. arr. de Poil, et de 
Civ. — D -S., arr. de Melle. 

Bkrlin. s. m., moulon mâle. Y., 
D.-S : « Item trente chiefz de berlin 
dont il y a cinq chasîrez. oi (An I4G3. 
Lezay. Manusciits du Poitou ) 

Bkrlikk , adj f., femme folâtre : 
<* rin d'p'us berline qu'la femme à 
Jeondé > ; rien de plus folâlre que la 
femme de .leaii. V., c. de Montcontour. 

— Patois du Berry : « berlines, ber- 
lins , I) idées de travers , humeurs 
noires. 

Btr.LOT, Brei.ot, (le t sonne), vo- 
lage, insensé, idiot. V., arr. de Châlel- 
leraud — Mavenne : « brelau ou berlau » 
('iseur de riens. — Parois du Berry : 
tt berlaud, berlaudin , » niais musard. 
i.Q pa'ois aaussi les verbes : «< berlauder 
et b'^rlaiiser. » s'amuser à (\e^ riens. 

Berlot, s. m., le dernier jour des 
moi.-sons. V., c. de Monfm. f\ Avelut. 

Bkr>ar , s m., fourche en bois à 
q»!aîre doigts pour étendre le lumier. 
\ . — D.-S 

Bkune, s. f., drap de lit en grosse 
toile. Vendée, Fonlenay. (C. et P.-D.) 

— Toile qui sert àcouvrir unecharrette. 
V.. c. Monlcontour, Maze. 

Berne, s. f., faux-cresson , Vienne, 
/■. Kergle — Marne et Haute-Marne : 
« berne. » fossé, trou, berge. — Noms de 
lieux : Berne Ha), ChiUellerault, 

Bersolé, Brhsolé, e. adj., celui 
ou celle dont le visage est marqué de 
rousseurs, ou par la variole. V. — D.-S. 

Berteau, s. m., cheville qui sert 
avec la muette ë mainleidr l'équilibre 
de la traction d'une charrue. D.-S., 
arr. de Bressuire et de Parlhenay. 

Bf,rteau, s m., bande de culotte; 
de là ce proverbe : « o faudra lerjou 
Itindre {)er san ber'eau de cliolte , » 
il faudra toujours le tenir par sa bande 



de culotte, pour indiquer une personne 
qui ne sait pas se conduire elle-même. 
V., arr. de Loudun. 

Berté, v. n.. aller et venir, se dit 
principalement des animaux qui paca- 
gent : (.( Mé;? oueilles s'sont pas soûlées 
annuit. ai'n'ont fé qu'berté. » Y., arr. 
de Chàtelieraud. 

Brseuil, s. m., puisard pour faire 
écouler l'eau. D.-S., Vendée. — Petite 
roue par oùsuinledel'eau. Y. — arr. de 
Poitiers. 

Besille, s. f. , chèvre. Y., arr. de 
Civray. 

BEbOCflAT. v. a., piocher. Y. — D.-S , 
V. Bedochai.V. D.-S., — « oùillecestoit 
allé pour besocher des chenevraulx. » 
(An. 1531. Manuscrits du Poitou.) 

Besoche, instrument qui sert à Be- 
sochai V.— D.-S. — « Item II be^oches 
et un trahant. o (An. 1329. Manuscrits 
du Poitou.) 

Besocheux, se, adj., celui ou celle 
qui besoche. V. — U.-S. V. Bedocheux. 

Besochon, s. m., petite besoche. 
V. — D.-S. (An. 1546. Manuscrits du 
Poitou.) 

Besson, NE, adj., jumeau, jumelle. 
Dans tout le Poitou. — Besson, s. m., 
pionnier ou terrassier. (xv« siècle. Ma- 
nuscrits du Poitou.) — Roman, « besso.» 
— Provençal : « bessou no, besson. » — 
Gascon et limousin : u bessou. » — Ar- 
dennes : « bessons , bessonnes. » — 
Noms de lieux, Bessons (Moulin des), 
ChefBoulonne (D.-S.j. ■ 

l'ESTiASSK. s. f., (1. best'ia] une bête, 
un lourdaud. Y. — D. S. — Italien : 
« Besliaccia », grosse bêle. 

Beté, v. n., figer : a la sauce est bé- 
tée dans Iplat. » Dans tout le Poitou, 
où ce mot se prononce bétai, béti et 
bêlé, comme nous l'avons écrit. 

Betin , s. m., Terres de mauvaise 
qualité mélangées de pierres, de cail- 
loux. — Gravois. débris. Y. — D.-S. 

BETTE-CKAaiPÈTRE, S. f , betterave. 
D -S., arr. de Bressuire. — Rabelais : 
« bette» (L. V\ c. 13. ) 

Betusë, fh. 1. Befuysia), s. f., me- 
sure de capacité équivalant à huit bois- 
seaux du pays. V., c. de Chauv. (An. 
1409. iManuscrit.j — Français : « be- 
tusë » , tonneau à dend ouvert pour 
transporter le poisson. 



BEU 

Betusée, s. f., seplrée. (Manuscrits 
(]ii Poitou.) 

Benaille, s. f., chaume; paille qui 
reste sur le sillon après le sciage des 
blés. (A. R) 

Beude, s. f., petite vache, (B.-F.) 
V. Bede. 

Bevgvet Jgu mouillés), s. m., engor- 
gement des lèvres : ogi'é pa à s'n ais', 
tai, m'n houme ; gl'a l'beuguet » ; il 
n'est pas à son aise, liens, mon mari_, il 
a le beuguet. V., arr. de Poitiers. 

Beuillais , s. m. pi. , Monceaux de 
beuille, ou de buaille. D -S. — V. ces 
mots. 

Beuillk, s. f., petits fragments de 
filasse, ou de grettes qui tombent sous 
la broyé. (B.-F.) — Roman : « Buela, 
Bueilla. » Noms de lieux, Beuillon (le), 
(S. Clair, V.). 

Beuiller, s. m , meule de buailles 
(A. R.). 

Bediller, V. a, et n., dépouiller un 
champ de sa beuaille. [A. R.). — Ven- 
dée (C. et S. D.). 

Beuiller , v. a , Attendre : « i, é 
resté iqui à beuillé, i n'sé combé 
d'tomps, i n'é poué véngu » ; ; je suis 
jesté ici a l'atteadre, je ne sais com- 
bien de temps, il n'est point venu. 
— Regarder ce que font les autres : 
« qu'beuill'tu don avoure » ? Que re- 
gardes-tu donc à présent? V.,-- D.-S.— 
Aube, Haute Marne : obeuillir, beuyer, 
f'jire beuillot,» regarder avec attention, 
faire le guet. 

Beuillou, se, adj., celui ou celle qui 
regarde faire les autres. V., arr. de 
Poitiers. 

Beuillou, s. m., cousin, insecte. 
Vendée, Fontenay. (C. et P. D.). 

Beure, V. a, part. pas. t begu » 
{gu non mouillés), boire ; •N'allant 
beure in chopin'en mingeant nouté 
pain » ; nous allons boire une chopine 
en mangeant notre pain. V., c. Isle- 
Jourd.. Adriers. Luchapt. où le part, 
pas. fait au féminin «bégudée ; n «nous 
vachées ont allées bégudées? » Nos 
vaches ont-elles bu? — Patois du Berry : 
« beuvre, beuver.» Roman de la Rose : 
«de celte fontaine beuvrez.» —Patois 
du Limousin : « béouré. » — Noms de 
lieux; Beuvrie, (Asnois.V.). 



BIA 



45 



Beurette ih la), loc. adv., en sdoret, 
en particulier : 

« Qui de quiau pauvre Pas 
» Parlant a la bcurctte. » 

^Gust , p. 3.) 

On dit en Bas-Poitou d'une personne 
que l'on voit aller à confesse: « elle va 
parler à la beurelle. » (t'res ) — Patois 
de Besançon : « benra » fermer; « aiva 
beura » , on avait fermé. 

BbURG^E, s. f., hanneton. (B.-F.) 

Beurgne, s. m , coup. V., arr.de 
Civrav. 

Beurginf, V. n., bossuer, faire des 
bosses, se dit des ustensiles de ménsye. 

— (Se) V., pr., se heurter en tombant : 
« i m' se beurgué tout' la tête en chesant 
dau plancher » ; je me suis heurté la 
tète en tombant du grenier. V., arr. de 
Civray. 

Beurgnb, s. f., brin de taillis qu'on 
laisse de distan<'e en distance pour 
fixer les limites d'une coupe de bois. 
Espèce de pieds-cormiers. (Rondier,cit. 
B.-F.). 

Beurrai, v. n. (1. Butyriim)^ donner 
du beurre en parlant d'une vache : 
a tés vaches beurrant-ailes ben?) Tes 
vaches beurrenl-eîles bien? —Français; 
« beurrer», mettre du beurre. 

Bkute, s. f., petite parcelle de feu : 
« n'y avé pa ine beute. » (A -R ) 

Beuve , s. f. , cruche : « vé don à la 
feingtaine q'ri dues pliennes beuves 
d'aive ; » va donc à la fontaine chercher 
deux pleines cruches d'eau. D.-S., c. de 
Bressuire. 

Bezaine, s. f , ruche : « la bezaine 
était toute pleine. » (A.-R.) — Bezenne: 
« deux bezennes et un vieux fauteuil. » 

— (An. 1764, Vasies , Wanusc) — Ar- 
dennes : « Besainne, Besanne. » 

Beze et Bezie, s. f., nom d'amitié 
que les bergères donnent à leurs chèvres. 
V. — D.-S. 

Bia, s. m., blé : « v'ia d'biau bia ;» 
voici du beau blé. V., c. TisL-Jourd., 
Luchapt. 

BiAiN, BiAN, s. m., jour de marché, 
D., arr. Parth. , c de Celles, Vend. — 
« Les biaina de Parth. sont des mar- 
chés-foires très-renommés.» — (Manusc. 
du Poitou.) — Basse latinité : Bienna ^ 
«définiunlur in consueludinepiclavensi, 



44 BIC 

iut. 99. — Corvées tant d'hommes que 
de bètes. * — « Binins >, in consuetiid. 
Andes^av., art. 4w9. — « Bians, » in 
IMclaxensi. art. 102, 190. — « Le bien,» 
in chartM Maurilii de Bellavilla , dom. 
Ganaschi^e; ann. l2ti.S. — « Rias. » 
Tabul. S. Eparchii inculism. (Duc.) — 
Aftlennes : « Biain, » corvée. — On ap- 
pelait autrefois bian ou bien, en Poi 
ton la corvée qut^ devaient les hommes 
et les bètes, et biennau.x , tes corvé- 
ables (Coût, du roit<)U.) 

BiAS, s. m., boyau. D.-S., arr. de 
Rlelie — Vend. 

« Car rI' avnnt soin de coiidrp aiifnn 
» In grand bia.s que chez les boiidmuux. » 
(Gu.st., p. 0.) 

BiARDE , S. f., jeu d'enfants; I.oule 
que ion se renvoie avec des bâtons 
V., arr. Poit. 

BiAi DE, s. f., blousC, vêlement : 
« doun' nie don ma biaude.» V. — D.-S. 

— Basse laliniié : Bliaudus , bliaus , 
hl'ialdus^ vestis species. « Dédit pro 
placito isto 2i> sol, et unum bliaudum 
ranabiiHim. « (Duc.)— Patois du Berry : 
'( Biaude » — Besançon : « Biaude. » 

— Haute-Marne: « Bliaut , bliaut, » 
vêtement de dessus. — Roman de Ga- 
rin : 

" En uno^jnrdp rob-.- li rois en vint 
»> Ve>le un bliaui g«nteini ni li avlnt. » 

(Cit. Du.-.) 

FUienne Tabourol : 

« J'uiaac mieux voir la belle taille 
> Suuslabiaud: qui lui baille. » 

(Cit. G. 3.) 

Bi.\LTiEAT , v n , sortir , apparaître 
sur divers points. D.-S. , Melîe. — 
(Uondier.) 

BiALLE , s. f., mie de pain. V., arr. 
de Poit. y. Baule. — Blouse. K., Biaude. 
D -S., arr. de Parth, 

Biberon, 'l. Bibere),s. m., vaseoù 
l'on met i'huile. Vend. (C. et P.-D.) — 
Trançois : « Biberon », petit vase pour 
boire avec un bec ou tuyau 

BiBLAi (h mouillés), v. a., impor- 
tuner , troubler , interrompre : « tu 
ibibles parce que t'au fé trot vile » ; lu 
te troubles parce que lu fais cela trop 
vite. Dansioul le Poitou. 

BicÈTRK, s. m , bissextile : « c'est 
'année du bicèlre.» V., arr. de Chat.. 



BÎE 

vulgairement l'année de malheurs. — 
Basse latinité : Bis.sexfus^ infortunium, 
malum superveniens , vulgo eliam nos- 
tris hac notione. (Duc.) — Infaustum 
bi?sextum sœpius romanœ reip. fuisse. 
(Macrobius, lib. i. Saturn., c. 13, cit. 
Duc.) — F e hisfiexleéiml.un droit épis- 
copal de l'Église de Poitiers, que chaque 
prêtre devait acquitter pendant le 
synode. (Synode, an. 1280, c. ii.) — 
Tune bis?e\tilis erat annus. ac sicut 
vulgo audivimus, super proditores cor- 
ruil bissexlu.-. (Ordericus Vitalis, I. xii, 
p. 882, cit. Duc ) 

Pour ce que bisscxtre eschiet 
L'an en .sera lout desbauchlet. 

(Joan Alolinetus.) 

in Calendario, fol. \()l. (Cit. Duc.) — 
Aube : « Bicètie. »> — Patois du Berry : 
« Bicêtie, » erifant vif, bruyant. 

Biche, (poil), s m., l'on dit d'une 
mule ou d'un mulet qu'ils ont le poil 
biche, lorsque leur pelage est fauve. Le 
plus souvent, pour ne pas diretoujours, 
ces animaux ont une raie noire trans- 
versale sur les reins (B.-F.) — V., arr. 
de Civ. et de Loudun. 

BicoT, (g. pî/.Yi), s. m , chevreau. 
Vendée : 

« Les chicot aux grands chay, in bicoi à sa mère. » 

i^Gust., p. 77.) 

BiDALE, S. f., gros morceau pris sur 
le dessus ou le dessous d'un pain entier: 
« pri man grond coutia, i copi in'bidalo 
le long de quiau chôntia. » Je pris mon 
couteau, je coupai un morceau le long 
de ce pain. V., arr. de Civ. 

BlDROUILLE et BiDROUILLET , S. f., 

vin plat, sans force. Dans tout le Poi- 
tou. — (A.-R.) 

BiDROUiLLEE, s. f.,"mets composé 
de citrouille cuite délayée dans du lait 
auquel on ajoute du poivre : « migne, 
man p'tit, migne la bidroiiillép, ail' é 
ben bonne, d V., arr. de Civ. — D.-S., 
arr. de Melle. 

BiuRUTjS. m., vil), plat. (B.-F.) F. 
Bidrouille. 

BiE, Bue.Blge, Buie, S f., cruche. 
V. — D.-S. — Vend., suivant les com- 
munes. V. Bcuve. — Patois du Berry : 
« Buge. » 

Bierbb, (r. bribe)y s. l., morceau 



BIG 

pris au milieu d'un pain entier : c oh î 
p'pa , cope mou don ine p'tite bierbe 
de pain, va; » oh! papa , coupe moi 
donc une petite bierbe de pain, va. V., 
arr. de Civ, 

BiGARLAi , V. a., orner, enjoliver. 
V., arr. de Civ. 

BiGABLÉ, E, adj , de plusieurs cou- 
leurs : « prendrai ma robe bigarlée 
dimanche pr' allai a la ballade ; » je 
prendrai ma robe bigarlée dimanche 
pour aller à l'assemblée. V., arr. de Civ. 
BiGASSAi, V. a., troquer, changer du 
bétail pour d'autre, en faire métier , 
commerce. V., Civ. — D.-S. — (B.-F.), qui 
l'écrit bigacer. 

BiGAssou, SE, oiiR,ousE, adj., celui 
ou celle qui bipasse. V.,arr. de Civ. — 
D.-S. — (B.-F.» 

BiGAU, s. m., pic. V., arr. Monlm. 
BiGAUDE (bète),s.f , bêle fantastique 
que l'on dit habiter les puits pour em- 
jiècher les enfants d'y regarder, dans la 
crainte daccidenis : « t'approche pas 
d'quiau poué , man p'iit , la bigaude 
t'ming'rait ; ne l'approches pas de ce 
puits, mon petit, la bigaude le mange- 
rait. V., arr. de Civr. 

BiGEAE, V. a., trouver par hasard, 
et après avoir beaucuuj^ furelé. Vend. 
BiGKAROu, SK, adj., bizarre. V,, arr. 
de Civ., Linazai. — (B.-F.) 

BiGXOLER, v. n., avoir un vilain 
coe/fîs, se dit des femmes. ■ — D.-S. — 
(B -F.) 

BiGNOLON, S. m , vilain coêffis ; 
manière peu gracieuse de se coëffer, rela- 
livoment à la forme. (B.-F.) 

BiGOisÉ, v. n., prendre un chemin 
détourné , faire quelque chose avec 
ruse , détourner l'attention. V.,arr. de 
Chat , arr deCivray. 

Bigot, s. m., nom que les habitants 
do la Gàtine donnent à ceux de la 
plaine. D.-S., Gâtine. C'était le surnom 
des Normands : 

« Souvent dient, sire, pourquoi 
» Ne tollezla terre as bigos ? » 

(Rom. de Vacce.s.) 

BiGOTU, F, adj., bossu, de travers , 
qui n'a aucune régularité : « quiau 
ch'min é tout torlu, bigotu. » V., arr. 
de Poit., Civ. et de Loiidun. 

BiGOURNE (bèîe), [l bis^corm/], s f., 



BIO 



45 



animal fantastique que l'on suppose se 
rendre au sabbat. V., arr. de Chat., de 
Poitiers. — Koms de lieu.x : Bigoimerie 
daj [Vaux, près ihàl.) 

BiGU AILLE, V. a., troquer, changer 
du bétail pour d'autre. V. — D.-S. 

— V. Bipassai. — Ancien français : 
« Bigiier. » 

BlCUAlLLEUX et BIGUAILLOU , SE, 

adj., celui ou celle qui biguaille , 
D.-S. — V. Bigassou. 

BiGUENAiL, s. m., brizeau. champ 
ensemencé de diverses espèces de grain : 
« ton biguenail est bea, mon vesin. » 
(B.-F.) 

BiLLOU, S. m., morceau de bois , et 
par extension bâton. V., c. Isl.-Jourd. 

— Patuis Limousin : « Billou. » — 
Noms delieux : Billou, prè.s Ilains (V.) 

BitMiiAi_, v. n., sauter, danser. Noms 
de lieux : Grand et Petit Bimbard, 
(Sainl-i\emy-sui -Creuse ) 

Bine, s. f., instrument de jardinage. 
Vend. (C. et P.-D.)— Grossobille pour 
jouer. V.,arr. de Civ. — Cigale. V., 
arr.de Poil.— Patois du Berry ; oBine», 
dinde femelle, poule d'indo. 

BiiNER (I. binaire), donner aux terres 
une seconde façon. 

BiNRTi] , s. m , mésange. V., c. de 
Monte. — Vend., ¥o\\\. {C. et P.-D I — 
Verdier, V. — D S. Les paysans l'ap- 
pellent ainsi, dit M. Beauchel-Filleau, 
parce qu'il lait son nid dans les vignes 
au moment où on les bine; ou plutôt 
()arce qu'en chantant, il prononce par- 
faitement les mois: bifL bin bW /?/, 
comme adressant celte question aux 
vignerons. — Onomatopée. 

B!^GUAT , V. n. , bondir , sauter, 
danser : se dit des animaux et parfois 
des enfants. (B. F.)— V., arr. de Civ. 

BiNOCHR, s. f., insirument de jardi- 
nage, diminutif de Bine. V., arr. de 
Po'it. 

BiNOCHÉE, s. f., terre qui a éié le- 
vée avec la binoche. V., arr. de Poi- 
tiers. 

BiocHE , s. f.. bêche. V. , Isle- 
Jourd., Adriers. 

BiocHE, v.a.. se servir de la bioche, 
bêcher la terre. V., Isle-Jourdain, 
Adriers. 

BlGGEAI,BlOUGEAI, (g. pîc;) V. n., 

et plus ordinairement impers., élre 



46 



BIR 



BiS 



en inouvemenl. s'agiter en parlant ties 
êtres vivants réunis ensemble : « o bio- 
aeai fort dans l'cabaret. n D.-S., c. de 
Maz. (A -R.) — Arr. de Mel. — Vend. 
(C. et P.-D.) — Dans le cantonde Civ., 
il se dit plus particulièrement des in- 
sedes en général, 

BiOGÈRE. (r. biocjeai), fourmilière. 
Vend. (C. et P.-D ) 

BiOT, (le/se fait sentirdans l'arrond. 
de (^hât.) s. m., vase de grés où l'on 
met l'huile. Il est aussi pris dans le sens 
de biberon. V. ce mot. — Vend. (C. et 
P.-D.) 

BioTTAr . V. n., boire à un biot. 
Vend. (C. et P.-D.) 

BiQuiON , S. m., chevreau. V. — 
D -S., dcvns quelques communes. F.Bé- 
quion. 

BiQUTOU>'N.\T [y. Biquion), v. n., 
mettre bas en parlant des chèvres. V. — 
D -S., dansquelquescommunes F. Bé- 
quiounai. 

BiQUDÉ et BïQUÉ, V. a., embrasser. 
V., Isle-Jourdain , Luchapt. — Patois 
limousin : t Bicora. » 

BiRAiLL.Ai et Biz\iLLAT (r. fiireil\ 
V. n., cligner Us veux» loucher un peu. 
V. — D -S . arr. de Melle. 

BiBAiLLOU, SE, adj.. celui ou celle 
qui cligne les yeu.x V. — D.-S. 

BiBAUD, E, adjeclif , qualification 
amicale que l'on donne souvent aux 
enfants : « mon p'iit biraud, ma chère 
birande. » V. — D -S. 

BiBEiL et BiREUiL, adj. , louche, qui 
a les yeux de travers. V.,arr. de Poit., 
Monte. — D.-S. — (B-F.) 

• A pea thien me rendit coum' in vrai bireuil 
» En bourdant les cossons, les ch'iil» et la mii- 

[raiile. >.] 
(.Mellois, sa avr., leei. Cit. B.-F.) 

BiREiLLAi, V. a., regarder quelqu'un 
avec indiscrétion. D.-S., arr. de Bress. 

BiRETTE, S. f., arum rulgare : ^ bi- 
relte de chat, « les belemnites. V. 
(Maud.'! Patois du Berry : a birette, » 
loup-garou. 

bii'.OGLAE igl mouillé?) et Biroillé. 
T. n.. cligner les veux. Vend. (C. et P. 
D.) y. Biraillai. 

Biroilla, adj. V. Bireuil. V., c. de 
Mireb. : « Queu biroilla d'drôle est-ou 
quiu ! » quel louche de drôle est-ce 
cela 1 



BiROT, TE, adj., sot, sotte. (A. R.) 

BiBOTAi, v.n., regarder niaisement. 
(A. R.) 

Bmou, SE, adj., celui ou celle qui 
cligne les yeux. V., arr. de Chat. — 
D.-S., arr. de Melle. V. Biraillou. 

BiROUGNK,BiROUNE, S. f . , vrille. V., 
arr. de Poit. et de Civ. — D.-S., arr. 
de Melle. — Gascon : a biroule, » pi- 
rouette. 

BisCARiAi, K, adj , celui ou celle qui 
est maladif, qui a quelques infirmités : 
c i seu tout biscari.ii depi qtieuques 
jous, » je suis à moitié malade depuis 
quelques jours. V. — D -S. — Vend. 

BiscouETTE fl. bU. cauda) , s. f. , 
bergeronnette, oiseau. V.,Civ. — D.-S. 
— (B.-F.) L'oiseau à qui l'on donne ce 
nom, la bergeronnette ou lavandière, a 
un mouvement de queue, souvent répété, 
de bas en haut et de haut en bas. F. Ba- 
couelte. 

BiscouETTÉ, V. n , tourner et re- 
tourner, sauter, courir. V., arr. de Civ., 
c. de Monte. 

BiSQUiRN , s m., domestique qui 
mène le gros bétail aux champs : « di 
don au bi>quien d m'né nous bu chain- 
Irai in couble d'heures ; » dis donc au 
valet de mener nos bœufs pacager, le 
long des lisières de nos chumps, pen- 
dant deux heures. V., arr. de Civ. — 
Mauvais cheval. V., arr.de ( hàt. — (B.- 
F.) il est synonyme de 6/.scaye;?, autre- 
fois bif^qui'n. (Lac, t. 2.) — Français : 
« bisquain. » peau de mouton préparée 
et garnie de laine. 

BiSQUOis et Biscois (1. bisulcus), 
adj., qui n'est pas régulier, qui n'est 
pas ordinaire. Un TJmousin, un Gascon, 
quoique parlant français, passera pour 
parler bisquols. De l'étoffe qui n'est pas 
coupée au droit fil est coupée tout 6/5- 
quois. Un chemin qui n'est pas droit 
va tout bisquois. (Press.) V. — D.-S. — 
Vend. 

1 Si gne parilant pas latin 00 bay biscoU. • 

(Gast., p. 78.) 

Wallon : « bisque. » (Cit. Press.) 

Bisse, s. m., rouge-gorge. Environs 
de Melle. C'est le purroulaa d'Aristote, 
dit Scaliger,et il traduit ce mot par bir- 
rida. D.-S.— (B.-F.]— Roman : u bi.<, • 



BLA 

brun. — Françuià : « bisse, » terme de 
blason, serpent. 

BissRLLE, s. m., gros morceau pris 
sur le dessus ou le dessous d'un pain 
entier. Latin : buccella , une petite 
bouctîée, diminutif de buccea. bouchée. 
Fréquemment employé dans 1 Kcriture 
sainte, comme dans ce passage de Ruth, 
l. XIV : « Intinge buccellam tuam in 
aceto. » 

BissoTB, s. f., panier rond. V., c. de 
Saint-Savin. 

BiSTOQUET et BisTORON, S. m., en- 
fant gros et fort : « tu enlève qui, in 
fameux bistoquet, » tu élèves un enfant 
qui est bien fort. V., arr. de Civray. — 
Petit domestique, petit berger. (Barot.) 

— Marchand de chèvres. (B.-F.) — 
Français: « bisloquet, » espèce de 
queue de billard pour jouer du gros 
bout. 

BiSTRAC, S. m., ronge-gorge, ainsi 
appelé à cause de son cri. V., arr. de 
Civ. V. Bénit. 

BisTRAC , adj m , b;incal : « quou 
l'enfant marche mal^ lé tout bislrac. » 
V-, arr. de Poit. 

BiSTRAUD,s. m., petit berger chargé 
de la garde du gros bétail. (B.-F.) 

BtTABD,s.m.. onlarde oiseau de pas- 
sage. Vend. Font. (Cet V. D.)— nasse la- 
tinité: bistarda, avisquœdegilin aqua, 
latinis, avis tarda. (Duc.) — Marne : 
« bislarde. » — Français : « bizart, » 
oiseau de passage. 

BizEUiL, LLE, louche, qui a les yeux 
de travers. V., arr. de Civ. — Y, Bi- 
reuil. 

Bla.s. m., blé. V., c. de risl.Jourd. 

— Basse latinité : bladum, sic autem 
appellabant quodvis triticum, etsi dif- 
ferret a frumento. — Blatum, blajum. 

— Patois limousin : « bla. » — Gascon: 
« blal. i — Languedocien : « blat. » — 
Italien : « biado. > 

Blanchet, s. m., habillement de 
dessous des femmes. V.. c.de iMirebeau. 
— D.-S— (A.R.)— Etofîede laine blan- 
che. La Faye-Monjault. (IManusc. du 
Poitou.) — .\Jarne : « blanchet, » étoffe 
commune, doublure. 

Blanchisseur, s. m., écorcheur.V. 

— D.-S. 

Blanchi, y. a., enlever la peau des 



BLU 



47 



animaux morts de maladie ou d'acci- 
dent. V. — D.-S.— (A.-R.) 

Blaîndou, s. m., rai->in blanc, formé 
des deux mots blanc et doux, sa couleur 
et sa qualité. V., arr. de Civ. 

Blard {ht mouillés) , s. m., jru 
d'enfants qui consi.-te à pousser une 
pierre ronde avec des bâtons. D.-S. 

Blard, s. m., bélier. — V., arr. de 
Poit. — Ver qui se trouve dans les 
fruits. V., arr. de Chat. — Noms de 
lieux : la Blardrie (Champniers, V.) 

Blardé, e, adj., fruit dans lequel il 
y a des b lards. V., arr, de Chût. 

Blat, e, adj., une grosseur indéter- 
minée ; se dit principalement du fil. 
(B.-F.) 

BLhTTE {bl moudlés), s. f., petit 
morceau de bois pointu qui sert à \Wt 
les gerbes. V., c de iMonlm , Mou- 
lism.es. — Patois du Berry : « blette, » 
bette commune poirée. carde : « Septi- 
trif n, riche entre tous les marchans, ne 
mange rien, sinon blettes et raves. (U. 
An«^u Cit. C. J.) 

Blevé.s. m , bluet. plante. V.,c.de 
i'Isl.-Jourd. et d'Adriers. 

BliiN, s. m., bélier. D.-S., arr. do 
Bress — « B^lines, » s. f pi-, animaux 
bêlants, brebis : « et illecque.-> ont pris 
certaine grant quantité de bestes beli- 
nes. » (Manusc.du Poitou An. \4?j\).) 

BLioc-Bnoc.loc.en bloc, à poignée, 
pêle-mêle. V., arr. de Civ. 

Blonde, s. f., plante, verpascum 
thapsus. V. (Maud ) — Français : 
« blonde. » C'est une sorte de dentelle 
de soi*'. 

Blot (1. bellus), s. m., mot caressant 
à l'adresse des petits enfanis. V., arr. de 
Civ.— D. S., c. de Thénezay.— Vend. 
(C. et P. D.) 

« Pre le petit belol. » 

(Gust., r. 9.) 

Noms de lieux : Blots (les), Availles, 
Thuré, près Chat. 

Blotae (r. blot), V. a., soigner ten- 
drement. Vend. (C. et P. D.) 

Bll'TIA, s. m., bluteau, blutîoir. — 
Basse latinité : blutare; « nostris, blu- 
ter, est farinam incernere. » (Duc.) — 
Marne : « bluteau, « étoffe de laine 
pour tamiser la farine. 

Bluttes, s. f. pi., éblouissements. 
V._, arr. de Civ. V. Arbeluttes. 



48 



BOI 



Bor 



Boa BAI (I. boare , v. ti. , crier 
cumine un bouvier. Veiui. (C. el P. D.) 

BoBELiQUK ibobl'iqiie), s. m., ni;ii>, 
qui ^e Inis^e facilenieiit tromper. Vend. 

M Gle nous ont dong uienéâ quciiir do bob^Iique. » 

(Bab., p. 91.) 

BOBELUCHE (bob'luchR', S. f., dépôt, 
sédiment que l'on rrouve au fond d'un 
\H>e qui contenait des licjuides. V., arr. 
de Bress. 

Boc, s. m., sabot. V., arr. de Civ. 

HocR (la mille;, loc, qui répond à 
mille pestes! 

« Eh bay, la mille bocc! 

» Aller doue Irelous v'y permenay. >» 

(GUSl., Ji. 36.) 

BoCQUF. S. f., petite femme. Vend. 
(C. t'i P. D I 

BoDAiLLK, S. f , monnaie de billon : 

« 1 aras quinze francs en bodaille. » 
(Gust., p. 54.) 

BoDAUx, S. m. pi., bestiaux, ferme 
enfantin. Vend (C. et P. D.) 

l5()i)R et BEDE, s f., gros ventre, et 
aussi simplement ventre : o S'empli la 
bode ou la bède , > c'est manger. Dans 
tout le Poitou. 

BoDEET, s. m., veau. V., Chalan- 
dray. — D.-S., c. de Thénezav. — 
Vend. (C. et P. D )— Patois du Berry : 
« body, )> veau. 

BoDi, E, adj , fiancé, fiancée. Vend. 
(C. et P. D.) 

Boette, s. f.. chaussée. V., arr. de 
I.oudun. — « Devis des ouvrages qu'il 
convient faire pour le rétablissement de 
la boette ou chaussée appelée la Court, 
sise entre le n)Oulin de Betourne et celui 
«le Bf^uveron.sur la rivière de la Dive. » 
(An 1730. Marnes. .Manusc. du Poitou.) 

P»OGLiAON fin), loc. adv., un instant, 
un moment. Vend. (G et P. D ; 

BoGiJET, s. m., pelle courbe. Vend. 
(C. et P. D.) 

BoGUi, E, ad., fiancé, fiancée. V. — 
D.-S. — V. Bodi. 

BoiAC ou Baiac fà), loc. signifiant 
saleté, malpropreté. V., arr. de Poit. et 
de Civ. — Unté a Bordeaux. 

BoiFFÉ. V. a , chercher minutieuse- 
ment et par curio?ité . « l'a tout boiffé 



dans muun armoise, o V., arr. de thâ- 
telleraud. 

BoiFLE, s. f., petite enflure pleine 
d'eau, aux pieds ou aux mains. (A. B.) 
— Patois du Berry : « boutiffe, » cloche 
à la peau produite par une brûlure. 

BoiFLAi, V. n., avoir des boifles. 
(A.B.) 

BoiLR, S. m., terrain mouvant qui 
s'élève et s'abcdsse dans les marais et 
qu'on dirait supporté par l'eau. Vend., 
iMaillezais. (C. et P. D.) 

BoI^oTTE, s. f., petite ouverture : 
« quou chat a foui par la boinottte. » 
V., arr. Poit. et Chat. — Patois du 
Berry : « bouinotte, » trou ou petit 
passage de forme ronde, petite fe- 
nêtre. 

BoiBAGE et BoiEAWGB (1. Uibere)^ 
s. m., boisson : « 1' maite a dau boi- 
range qui cope la goule ; » le maître 
de fermier) a de la boisson qui coupe 
la bouche. V. 

BoiRATOUÈRE et BOIBATUBE, S. f . , 

V. le précédent : « queule boiralouère 
é-t-ou quieu ! » quelle boisson est-ce 
cela! V., arr. Civ. 

Boi ROCHE, s. f , bourriche : « bailT 
mé don ine boiroche de poumes, ma 
boune , i n'en ai cheut; » donne-moi 
donc une boiroche de pommes , ma 
bonne, je n'en ai point. V., arr. P., 
arr. Civ., c. Montm. — C'est aussi un 
engin pour la pêche. — a Boueresche, 
berroiche, bouresche, bourrache, bour- 
rouhe et bourroiche; » filet que l'on 
trouve décrit dans les dictionnaires 
actuels de la pêche sous le nom de 
a bourache, bouragne, bourague, bou- 
ragué. » C'est une espèce de nasse 
d'osier, assez semblable pour la forme 
aux souricières de fil d'archal. (Bi- 
bliothèque de l'Ecole des Chartes, 
3«= série, t. m, p. 50.) 

BoiROCHEE, s. f., plein une boi- 
roche. V., arr. P — D -S.— Boirechée : 
« item , sept boyrechées et demi de 
gardeches a païer en caresme chascun 
diemenchu de caresme par e.sgaux par- 
ties. » (Manusc. du Poitou, 1408. j 

BoiROCHON, s. m., diminutif de 
boiroche. V.— D.-S. 

BoiSGAiLLAN , S m., églantier. V., 
c. Montm., Saulgé. V. Agiantin. 



BOR 



BOR 



49 



BoissELEAL , S. 111., Himiiuilif de 
boisseau. V.,Isl -Jourd., Adriers. 

Boisson, s. m , buisson. V., arr. 
Civ. -D.-S.— Vend. — Ba?=e latinité : 
ôoissonus, buisson, « minor boscus. » 
iDiic.) — Roman : « boisson, boissn, 
boyso. » ~ Chronique de du Guesclin : 

« Et taillèrent è< bois et arbres et boissons. » 
^V. 8026. Cit. 15. -F.) 

Marne: « boissonet,» bosquet, buisson. 
— Noms de lieux: o Boissonnerie » (la). 
Mignaloux,et la « Boissonniere, » dans 
trois autres communes. (V.; 

BoiTOUs'aiE , s. f., sorte de maladie 
des brebis. — Se dit aussi de celui qui 
est boileux. V., arr. de Poit. et de Civ., 
c. Monte. —D.-S. — Patois du Berry : 
« boiterie, »> action de boiter. — la 
vieille a boiterie » est un cas rédliibi- 
toire. (Loi sur les vices rédliibitoires.) 

BoiTRASStjS. f., femme boiteuse, qui 
inarche mal : « l'a l'air boitrasse, qu'a 
lu-don? » V., arr. F'oit. 

BoMBEFLLE et BOMBILLEj, S. f . , 

toutes sortes de viandes : <• quiau gars 
aime joliment la bombeille; » ce gars 
aime joliment la viancie. V., arr. Poit., 
arr. de Chat, et de Civ., c. de Monte. 
— (B. -F.) — Français : « bombance , « 
somptuosilé en bonne chère. 

BoNDALE, v. n., avoir mal au cœur : 
« rin qu' dou voir ça m' faisait bon- 
dalé. ») V., arr. Chà't. 

BoNDOUELLE, S. f . , flamme légère et 
de ppu de durée. V., c. de Montm. 
V. Baudelle. 

BoNTBE (1. monstrare), v. a. et pr., 
montrer, faire voir : a alhins. f fé poué 
priai, bontre c' que t' se faire ; w allons, 
ne te fais point prier , montre ce que 
tu sais faire. V., arr. Poil. 

BoRDAGE, ÈBE (b. 1. hordagium] ^ 
adj , celui ou celle qui exploite une 
borderie. (A. R.) — Basse latiidté : « te- 
iietura3 species, ratione eujus borda- 
l'ius, seu qui in bordam tenet, vilio- 
ribusservitiis domino obuoxius est, etc. 
(Duc.) — Patois limousin : a bourdé- 
ragé. I) 

BoBDE, s. f., arête de poissons; 
barbe des céréales. V., arr. Civ., c. 
Monte. — D.-S. — Vend. — Pvoman : 
« bordo, » lance. 

Borde, s. f., débris du chanvre 



broyé. V., c. Isl. -Jourd., Adriers. — 
Aube, Marne : tas de tiges de chanvre. 

Boude, Bordier, s. m , celui ou 
celle qui exploite une borderie. V.— 
D -S. — Bas^e latinité : bordarius^ qui 
bordam auldomumsub bordagii onere 
possidet. (Duc ) — Français : a bordier i* 
propriétaire), dont le champ borde un 
chemin. 

Bordée, s. f.. le temps que le culti- 
vateur met à labourer. Sa journée est 
d'une ou deux bordées suivant la sai- 
son. V., arr. Chat. — Français: % bor- 
dée, » décharge de tous les canons d'un 
même côté du vaisseau. 

Borderie ibord'rie), s. f., petit do- 
maine. Dans tout le Poitou. — Manusc. 
du Poitou, passuji. — Basse latinité : 
borduria, praidium rusticum, nostris, 
métairie, Jerme ; Occitanis , bordo. 
•Duc.)— Coutume du Poitou : borderie, 
art. 173 et suiv. (Duc.) — Patois du 
Berry : a borderie, » petite exploitation 
rurale. —Aube. Marne : « borde, bor- 
derie, » petite maison , petite ferme. — 
.\oms de lieux: « La Borde, les Bordes, 
la Borderie, les Borderies > sont au 
nombre de trente-trois dans le départe- 
ment de la Vienne. 

BoRDiLLAi, v. n , se dit des bœufs 
excités par la mouche et qui, pour s'en 
débarrasser, courent et tournent autour 
des haies, d^s bordures de bois. V., c. 
Isl -Jourd., Adriers. 

Bores, s. m. pi , petits fragments de 
filasse qui tombent sous la broyé. V., 
arr. de Civ. Y. Beuille. 

Borglade (à la) [gl mouillés], loc, 
à l'aveuglette : o gl'a fé toutquieu à la 
borgladè. V., arr. P. — Français : « à 
raveu2le';te, > s^nsy voir clair. 

Borgle \gl mouillés;, adj., borgne. 
V.— D.-S. 

BoRGLFTTE (k la). V. Borgladc. V , 
arr. P., arr. C . c. Monte, Maze. — 
D-S. C. C. B. ^B.-F.) 

BoBG>AON, S. m., culotte. C'est 
aussi une espèce de jupon. Vena. (C. ^'t 
P. D.) 

Borna et Bornae, s. m., ruche. 
V. — D.-S. — Bornais : « trois quarte- 
rons de cire des bornas de madame, s 
(An. 1379. Manusc. du Poitou.) 

BoRNACHE, s. f., V. le précéd. V , c. 
Montm. 



50 



BOT 



DoRîSAis et RoruNAis, s. m., terre 
glaise, ferre de médiocre qiiiilité. V — 
< item forniront et rendront sur la dite 
place ... bornav, sable, etc. » fArch. 
St-Hil., n" 87, ann. M43.)— Trois loca- 
lités de la Vienne sont désignées sous 
ce nom. 

noRS\DE ou BoRSADÉ, adj., mort, 
morte. V . c. l.-l -.lourd., I.uch. 

Bosse (la nudebosse), loc. V. Doce. 

« As-tu pire entorse 
» La geiie de cousté ou ben la nialcbosse ? » 
(Atn. de Colas, acte i", se. t".) 

Languedocien : a malo bosso; • c'était 
le nom que l'on donnait anciennement 
à une sorte de peste, appelée ainsi des 
bosses ou bubons qui sortaient a la 
peau. (Cit. Près.) — Marne, Haute- 
Marne : c bosse, • bouton, peste. 

BossE-DAiL, s. f., réunion de plu- 
sieurs gousses d'ail. D -S., C. B. 

Bot, s. m , sabot. V. boc. V.— D -S. 
Vend. 

■ Le quo a predu son prncei pre non bot cassé. » 
(Cent.. Poite. p. ïs. cit. B.-F.) 

f Vendeur> de grelles, de boz et de 
pâlies. •> (Manusc. du Poitou.) 

Bot, s. m., chaussée. (Manusc. du 
PeUou. 1385.) 

Bot. s m., crapaud. Vend., Maillez. 
fC. et P. D.) — Ardennes : * bot, » lortu, 
laid , crapaud. — Français : ■ bot, » 
se joint toujours au mot pied; contre- 
fait. 

Bote et Boti, s. m., sabotier, fai- 
seur de bots : « 1' bote m'a fé daux bols 
qui n'ant rin durai ; » le sabotier m'a 
fait des sabots qui n'ont pas duré. V. — 
D.-S.-Vend. 

B0TBY4S, s. m., pâtisserie faite avec 
<les œufs et de la graisse. D.-S., c. 
Châlil. 

Botte, s. f., ficelle que l'on met au 
bout d'un fouet. V.— D.-S. 

BOTTEAU (r. botte) . s. m., petite 
botie de foin. V., arr. Chat., arr. Civ., 
c. Monte. — « Ung bolelleur a faire des 
boteaux. » — (An. ikaî». Poitiers , 
manusc. j 

« Il Risoit dans la crèche 
» Sur unbotteau de fi^ifi. 

;s. P., p. «» ) 

— Boteau et bouteau : « lequel faisoil 



BOU 

boteaux de foin» et Irouvav le dit 

bouteau tout porry. » (Arch. St«Hil. 
Arçay, n* 38.) 

HOUBE (g. Bcu^îcv), BOUBLE et BOU- 

BLtN [bl mouillés), adj. des deux genres, 
enflé ; « visage boube. » V. — L).-S. — 
(B.-F.). suivant les lieux. 

BoiJCAGÈaE, s. f.. bergère de bou- 
quelerie. V., arr. Poit. 

« nieu, don, bonjon, bcll' boncagère 
» Que fé tu quit dans quiés ?alaiis. > 

(Cbaris. Polt.) 

Bouchard, e, adj., mulet ou mule 
qui a le museau entièrement noir : « ol 
é grond d'mage qu' ta mule se bou- 
charde. a n' sera pou si ben de d'faite; ■ 
c'est grand dommage que ta mule soit 
boucharde , il ne sera pas facile de la 
vendre. V., arr. de Poit. et de I oud. 

BoucHAUD et BoucHEAU 'b. bue- 
caudum), s. m., vanne placée à l'écluse 
du canal d'un moulin pour retenir et 
faire passer 1 eau. V. — D -S.— (B.-F.) — 
< Item que les musniers.... ayent à 
tenir les chaussées, exclusos et bou- 
chaulx. » (Arch. St-Hil. Bourg., just, 
n» 63.) Pour faire un bouchaud on plan- 
tait de distance en di?tance des pieux 
dans la largeur d'une rivière pour y 
placer des verveux et autres filets pro- 
pres "a la pèche. — Basse latinité : « in 
buccaudo^ quod factum est in exclusa 
ejusdem molendini (de ISiolio) et in pis- 
calura buccaudi. » (An. 1 ISi, Manusc. 
du Poitou. )=/îwctTa, ostium fluminis : 
« et liceat dicto Bernardo facere vel te- 
nere semper in dicto piscario duas bue- 
ceas vel amplius per quas aqua Ga- 
ronnae possil intrare in piscarium et 
exire. » (Duc.) — Gascon : « bouco. 
bouche. • — Italien : a Boccaccia , » 
grande bouche. — >"oms de lieux : Bou- 
chau , Bouchaud (le), Bouchaux (les) 
[Vienne]. 

Bouchaud, s. m., sous-sol des lerres 
marécageuses. (B.-F.) 

BoucHÈBHE,s. m., mot à mot, 6oî/c, 
chèvre. Chèvre qui. par un vice de con- 
formation intérieure, est impropre à la 
reproduction. V., arr. de Civ. et de 
— Loud. IB.-F.) — Noms de lieux : Bou- 
chèvre(la), Orches (V.). 

BoL'CQUAi, v. n. , liltcralemenl faire 



BOU 

le bouc, bouder : «i vaau-tu miiigeàe dau 
poin sec? — i nein. — To coum' tu 
v'dras, nian gars; boucque to s' tu 
veau ; » veux-tu manc^er du pain sec ? 

— Non. — Tout comme lu voudras; 
boucque toi si tu veux. V., arr. de 
Poit., Civ. et de Loudun, où le langage 
diffère de la phrase citét\ — D.-.S., arr. 
de Melie — (se), v. pr., s'entêter. Dans les 
mêmes lieux. — Marne : • bouquer » 
(faire;, faire bouder, contrarier. 

BoLDË(l. bos), s. f., génisse que sa 
mère allaite encore. V. — D.-S. 

BouDEAU et BouDET, S. m., veau 
qui tète encore. V., arr. Poit. — D.-S. 
Suivant les lieux. 

BOUDESOULLE , S, f . , brouctto à 
bras Ce mot, usité en Saintonge, est 
spécialement employé dans les commu- 
nes (le Couture, d'Ârgenson et de Vil- 
lemain. (B.-F.). 

BOUDICHR et BOUDILLE. S. f . , (r. 

boude), dont il est le diminutif, r. ce 
mot. D -S. 

BouDiNGUE, s. f. , vessie d'un ani- 
mc.l mort, et principalement celle du 
porc. V. — D -S. 

BoTjDiNGUET, s. m., hommc maigre 
et fluet. V., arr. Civ. 

BoiJDiNOUR , SE (1. botulns), adj., 
celui ou celle qui fait des boudins; par 
extension celui qui les aime beaucoup, 
qui en mange. V., arr. Civ. — Vend. 

— Boudinou : 

•I In grand bias 
» Que chez les boudinuux gl'ant fait remplir 

[de sang. » 
(Gust. p. 71). 

BouDREiLLAi, v. 3., couvrir de 
boue, éclabousser — (Se), v. pr., se 
couvrir de boue. (A. R.). 

BouDREiLLE, S. f . . boue : « évit' don 
la boudreille » (A. R.). 

BouÉ d. 6os), s. m., bouvier, le va- 
let qui a soin des bœufs, des étables et 
des granges dune ferme. V., arr. de 
Poil, et de Civ. — D.-S. — « Item, 
VII couvretures telles quelles que pour 
boyers que autres. » (An. 13*J9. IMa- 
nu^c. I. — Basse latinité : bovarius, cui 
boum cura commissa esl,nostris, bou- 
vier {Duc.) — Roman : «boyer, bovier.w 

BouÉ d. buxum), s. m , buis. V., 
c. St-Savin. — Noms de lieux ; « Boue, » 
Mondion, St-Christophe. — « Boues » 



BOU 



51 



(les), Oiré, Naintré; « Bouée » (la), 
Mazeuil (Vienne). 

BouÈLE et BouÉRE, V. a., mêler, 
démêler, mélanger. V., arr. de Montm. 
— Patois du Berry : « bouler, boula- 
ger, boulayer. > — Patois limousin : 
« bouyra. » 

BouÉ PUN ATS, S. m y licornus san- 
guineus, insecte. V. (Maud.) 

BouESSiÈBE (r. boue), lieu planté de 
buis. V., arr. de iNlontm. — Basse lati- 
nité : buxeria, buxetum forte, seu silva 
buxis consita, nostris, boissière. {Duc.) 
Il y a dans le Poitou plusieurs com- 
munes, villages et fermes qui portent 
le nom de <• Boissière, Bussière. » 

Bouffe, v. n., bouder. V. Boucque- 
lai. — Il se dit par extension des cou- 
veuses qui abandonnent leur nid : « ma 
poul' qui couait a bouffé depis deux 
jours : » Ma poule qui couvait a aban- 
donné ses œufs depuis deux jours. V., 
arr. Chat. — Patois du Berry : « bouf- 
fer. » 

BouFFiGE, s. f., vessie et particu- 
lièrement celle du porc. (B -F.). 

BOUFFIN, BOUFFOU, BOUFFON Ct 

BouFFOUJN, s. m., bluet. V., arr. de 
Châtelleraud, de Poit. et de Civ. — 
(B.-F.). — « Les filles de St-François 
de Poitiers devaient, chaque année, la 
veille de la fête de l'Assomption, don- 
ner un bouquet de fleurs de bouflin et de 
nielle à l'image de la Vierge, lorsqu on 
la portait en procession, et qu'on^ pas- 
sait devant la porte de leur monastère. » 
(An. 1673. Manuscr. du Poitou ) 

BouFioiE et BouiFGLE [qI mouillés), 
s. f., petite enflure pleine d'eau aux 
pieds ou aux mains. V., arr. de Poit., 
suivant les lieux, f^. Boifle. 

BouFiOLAi et BouiFGLi, v. n., avoir 
des boufioles » ou des « bouifgles. » 
V., arr. de Poit., suivant les lieux. 
V. Poiflai. 

BouHOUME, S. m,, espèce de baume, 
plante. V., arr. P., Civ., c. Monte, 
iVlaz. 

BouiÉ (r. boue), s. m., celui qui 
laboure. V., arr. Civ. — D-'S- — Pa- 
tois limousin : a bouié, li bouié, > les 
laboureurs. 

BouiGE (b. 1. boygia), s. f., terrain 
inculte et couvert de petite brande. 
Dans quelques communes. — n Terre 



o2 



BOU 



celui qui regarde 
S., air. de Bress. 



élaiit en bouige el absinne près Sl-Sa- 
vin. » |Manu>c. du Poitou. An. 1G8.).) 

— Bouge : « une pièce de lerre conte- 
nant cinq sexlrées de lorre assise au di 
lieu de Marlaisé, e.-^lans toutes en bou- 
ges » (An. 1475. Manu?c. du Poitou ) 

BoiULLAAU, s. m., poche de tablier 
des p.'tils enfants. O.-S , arr. Melle el 
de Niort. 

BoLiLLARD, s. m, réprimande: 
« gare le bouillard, mon garçon. » — 
Par extension, inégalité de caractère : 
• a dos bouillards, parfois ion frère pa- 
raît tout cocasse. » (A. R.) — Français: 
terme de marine, nuage qui annonce 
du vent ou de la pluie. 

Bouillard \i, v. a., lancer, répri- 
mander. (A. l\.). 

BouiLLEB, S. f., pied de plante 
formé de plusieurs rejetons. — Vend. 
Font. (C. et P. D.). 

BouiLLOU, s. m., 
faire les autres. D.- 
V., Beuillou. 

BouiOLAi, V. n , avoir des pustules 
sur la peau. V., arr. Civ.. {^Iiât.,où 
l'on dit « buuioli. o — C. Monte 

— « Bouioli. D.-S , c. de Rressuire. 
BoiJiN, s. m , moucht^qui s'introduit 

dans les naiines de l'àne pour le tour- 
menter : » lai, gar' don quiau, coum' 
gle r'mue la tète, on diriut qu' gl'a 1' 
bouin; » tiens, regarde donc celui-ci. 
comme il remue la tête, on dirait qu'il 
a le « bouin. » V., environs de P., Si- 
Benoît. 

BoLiNAGE, s. m, caractère. Ne 
s'emploie le plusordinairemenique pour 
indiquer un mauvais caractère. V., arr. 
P. — D -S. 

« ncTrals-y, men* am(, m* mettre tout en nage. 
» Car y ne sais ja »oinn'*et d'iii chétil bouinage. » 
(Mellois, 28 a^^il isei.) 

BociNR, s. f., l'hippobosque du che- 
val : mouche bouine. V. (Maud.) — 
D.vS. — fB -F ). 

BoujEAU, s. m., poche de tablier. 
V.» c. de Monte. 

Boulangé et Boulangent, s. m.. 
Étoffe de laine et de fil. V., arr. Civ. 

— D.-S. — « Lit garni de son chasiil 
de bois de poirier, garni d'une toile 
rousse, d'une couette, traver?ier, deux 
draps et une mante de boulanger. * (.\n. 
1772. Varies, .Manusc. du Poitou). 



BOU 

BoiLr-i)E FEU, s. î.,pxouia coral- 
/iiia, plante. V. (Maud.) 

BouLÉE, s. f. , sorte de pèche qui se 
f;iil avec un panier en se promenant 
dans l'eau que I on « boule » ^trouble) 
avec les pieds. V. — (B -F.). 

Bouleié, V, n., rouLiir, changer de 
couleur, se dit des fruits : a les c'rises 
sont béntôt ules, les v'Ia qui bou- 
léient. » V., arr. Châf. 

Bouler, v n., troubler : « ton vin 
est boulé. » Dans tout le Poitou. 

BoULEB (r. buue}f v. a., mettre les 
pieds dans la boue, remplir ses sou- 
liers, ses sabots de boue ou deau : 
<( l'aut' ser en m' rendant d' veillée, i 
ai boulé mes pleins bots ; » l'autre roir, 
en me rendant de la veillée, j'ai boulé 
plein mes sabo's. — V. n., au figuré, 
l'on dit d'une fille qui s'est déshonorée: 
« al' a boulé d'un pé, » elle a boulé 
d'un pied. V. — D -S. 

Bouler, v, a , faire mal, avec hâie, 
un ouvrage quelconque : a qu' sert de 
l'o dirV tu houle trejou l'ouvrage, cti 
va-t-ou mcux? » à quoi sert de te le 
dire? tu fais l'ouvrage trop vite, cela 
est- il mieux"? — (se), v. pr., se préci- 
piter à l'ouvrage, le faire mal et trop 
vite. V. — D.-S. 

Bouler, V. n., aboyer. V. Baulai : 
« les chins ant boulé quielte neut tout 
coum' quond gle voyant les loue; • les 
chiens ont aboyé cette nuit rie la mémo 
manière que lorsqu'ils voient les loups. 
V., arr. P. — Français : « bouler, a so 
dit des pigeons qui enflent la gorge. 

BouLi-BouLA et Boulin-Boulot, 
loc. ad., pêle-mêle : air a quille .-^es 
affaires dans la place tout bouli-boula. 
V , arr. Poit , Civ. et de Loudun. — 
(B-F.). 

Bouliron, s. m., serre-tête. D.-S. 
(Barot.) 

BouLiTE,s.f., petite ouverture. Dans 
fout le Poitou. Nom de lieux : '(Bouli- 
lière (la), u (Ligugé, près Poitiers.) 

BouLiTE, s. f., oi-eau. C'est la cres- 
serelle, que l'on appelle également cas- 
serelle. (B.-F.) 

BouLiTEAU, s. m , blutoir. B.-F. — 
A.R.) 

BouLiTER, (r. boulH€aa\\ . a., pas- 
ser la farine par le bouliteau. (A. R.) 

BoULi'! EB, (r. boulite), v. n., regar- 



BOU 



BOU 



53 



ilor avpc mystère les passanls par une 
petite ouverture. V.— D -S. — Vend. 

BouLiTER, (r. hou(f), V. n., rouler 
en foujbant. D.-S (Rond ) 

BoULiTOUR, s. m., blutoir. V,, arr. 
dediv. et de Loudun. {V. Boulileau.) 

BoiîLOTAi, (r boule), v. a., rouler 
en forme de boule, battre : « as-tu bou- 
loté la pâle? » — (se) v. pr., se rouler 
par terre, se battre. D -S c. Maz. (A. 
KJ—C. B.— V.,c. Monlcontour. 

Boulot (1. bu/la), s. m. , objet roulé 
en forme de boule, — Personne plus 
i^tosse quf^ grande : « grous boulot, va, 
l'avingeriii pus à roulai qu'à couri: •» 
gros boulot, va, tu avancerais plus à 
rouler qu'à courir. V. — D.-S. 

BouME-DE-RiviÈRE, S. m., la mintha 
aqvatica, plante. V. (Maud.) 

Bo'Jn'ge.nt, interjection qui exprime 
une idée de compassion affectueuse, et 
répond pour le sens au peccaire des 
Provençaux et des î-angueduciens. A 
cette expression de boungent, on re- 
connaît de suite, hors du Poitou, l'ha- 
bitant de cette province. (Press.) 

« Pre nous cignoux boun'gent, errnns demi- 

[saiivages » 
(Gu«T,. p. 76.) 

Au moyen âge, les lépreux recevaient 
du peuple les noms h.'S plus doux, les 
pjjis consolants. On les appelait les ma- 
lades de Dieu, les bonnes gens, f Vie de 
.mainte Elisabeth de Thuringe, de Mon- 
lalembert, cit. A. R. j 

BouMSSE, s. m., dent venimeuse de 
la vipère et de l'aspic rouge. D.-S., en- 
viions de St-Maixent. 

BououNAi, V. n., crier, en parlant du 
chal-huanl, onomatopée. D.-S.,c. Hre.ss. 

BoiiQUB [qu mouillési, s. f., chèvre : 
« bouque, bouque, agare, agare dau 
pain, » chèvre, chèvre, regarde du pain. 
V. — D.-S., suivant les lieux. — Fran- 
çais : « bouque, » l. de marine, canal, 
passage. 

BouQUîLLAi, V. n., mettre bas, en 
parlant des chèvres. V Abouquillai : 
M quond les chèbres avant bouquillai, 
fau lou fair' mingeai la soupe à l'oi- 
gnon; » quand les chèvres ont mis bas, 
il faut leur faire manger la soupe à Foi- 
gnon. V., arr. Civ. 

BouQUiLLON. s. m , panier ordinai- 



rement rond et à couvercle. (A. R.) 

BouQUiLLOUNAiE, S. f., plein un 
bouquillon : v( qui veux-tu de ta bouquil- 
lonnaie de prunes? » (A.R.) 

BoL'RAi et BouBAiL, S. m, les ba- 
layures de la maison; — petite parcelle 
de paille; — grain dépoussière dans les 
yeux. V., suivajît les lieux —(B. -F.) — 
Patois du Berry : « bouraille, w crotte. 

BouRAiLLOU, SE, adj , plein de bou- 
rail, mal en ordre; par extension : éche- 
velé, mal peigné. (B.-F.) 

BouRASSE, s. f., gros fil, le plus mau- 
vais du chanvre. V. — D -S — Vend. — 
Manuscritsdu Poitou — Patoisdu Berry : 
couches pour emmaillotter les enfants. 

BouBBJTAi, V. a., déranger les choses 
aveclinlentionde les remeitreen ordre. 
Vend. Font. 

BouRBiTE, adj. f., celle qui bourbile. 
Vend. Font. 

Bourbon, s, m , le semper inviim 
tectornm. plante. V. Poit. (Maud.) 

BoURDAi, V. a., heurter : a bourdai 
sa tète contre ine porte. >» (A. R.) 

« A peu thicu me rendit 
» En bourdant les cossons, les chails et la 

[muraille. » 
(Mellois, 28 av. i8oi,cit. B.-F.) 

— Manquer de force au travail ; « Piarre 
a fé bourdai Jacquet. » — Par extension, 
ne pas réussir dans une entreprise : «soii 
afTiiire a bourdai, » et manquer de mé- 
nioire rester court. Dans tout le Poitou. 

— Mayenne : « bourder, » heurter. — 
Patois "du Berry : « bounlir, » rester 
dans un mauvais pas, ne pouvoir plus 
avancer ; au figuré, manquer. — Marne : 
« bourder, » mentir; « bourde, » men- 
songe. 

BouRDi, E, adj., fatigué, harassé. 
Arr. Montm. 

BouBDiN. s. m., âne.V., arr. deChât. 
et de Loudun V. bardin. — Français : 
bourdin, espèce de petite pêche ronde 
que l'on mange en septembre. 

BouRE, s. f., sorte de jeu de cartes. 
V.,arr. P., arr. Civ. — Patois limousin: 
« Bouro, > jeu. 

BouRÈCHR, s. m , engin de pè^he 
pour prendre des vérons et des loches. 
Il a la forme de la hourgne, et il est fait 
avec du jonc. (B.-F.) — l.acombe : 
« boueresche, » instrument en forme de 
panier propre à pécher, (T. R.) 



1 



A 



mv 



BUl 



BouRGADiK, S. m., habitant d'une 
bourgade, d'un bourg. D.-S. 

BouRGEASSON, s. "m., ouvrier de la 
ville ou des campagnes qui veut faire le 
bourgeois : a v'ia in fameux cadet per 
fair' i'bourgeasson « V., arr. Civ. (B -F.) 

BouuGRAU, s m., espèce de cochon 
que l'on nomme encore périgourdin.V., 
arr, Poit. et Chat. 

B0URGE0NSetB0URGL0NSf7/ mouil- 

lés). s. m. pL, portions de la toison des 
brebis, qui se détachent natureliemenl 
avant la tonte. V. — D.-S. 

BorjRGiSAON et bourgne,s. m , sorte 
de panier ordinairement de paille et de 
ronces, à gros ventre et étroite em- 
bouchure, où l'on conserve des fruits, 
des haricots, etc. Vend. (C- et P. D.) 
— V. — D.-S. — « Trois petites bour 
gnes de paille et de ronze flans deux 
desquelles il y a environ un boisseau et 
demi de chenevis. »• (An. 1746. iManusc. 
du Poitou.) —Engin de pèche de même 
forme. 

BoLROON, s. m., sorte de coiffe. 
Vend. — La cornette à bourgnon se 
porte encore dans les cantons de Lezai 
et de Sauzé-V^aussais, arr. de Melle. 

« Tanloiis ol y faut daux bnurgnons. » 
(Gast., y. 45.) 

• La coiffe à bourgnon est sans coulisse, 
dit M. Pressac; elle ne se portait guère 
que dans les communes de Doix, Mou- 
treuil et Velluire, arrond. Font. On n'en 
voit plus que sur la tète de quelques 
vieilles femmes. Un « bourgnon, > c'est 
encore cette coiffe piquée qui supporte 
i'échaffauda^e de la coiffe. Pris en mau- 
vaise part, ce mot signifie une coiffe peu 
belle. 

BouHi, s. m., nom que l'on donne au 
cochon quand on l'appelle. V. V. Be- 
gui. 

BouRiN-BOUBA, loc ad ., pêle-mêle. 
Expression formée du verbe bourrer. 
V.,c. Monte, Maze. — D.-S. C. B. — 

« Car rbez noas on De voit qu: carnage et que 

Imort; 
« Tout est boorin-boura. > 

Gast., p. 77. 

Gascon : « bourrin-bourrau , • pôle- 
mèle. 

BouRiLLON, s. m., fagot formé du 
raclage des bois. V., arr. Chat. — Ré- 



sultat du raclage de la chenevière lors- 
que le chanvre est cueilli. V.. arr. Poit. 

BouRLÉ ou BOURLÉE, S. f . sorte de 
coitTe basse et à barbe tombante. V., 
c. Montcontcur. 

BoLiRLOT (le/ sonne), s m., la fin d'un 
ouvrage et princi{)alement des mois- 
sons, etc. V., arr. de Poil, et de Civ. — 
D-S — (B.-F.) 

BouRLOTAi (se), v. pr., rouler en. 
forme de boule, V., arr. Civ. — (B.-F.) 
V. boulotai. 

BOURNA, BOURNAE, BOURNAIS, (b.l, 

bornaciiis), s. m., ruche. V. — D. S. — 
Vend. — • Cum tribus bornaciis. > 

(Au 1284.) 

M Ressemblait a qiialés bournais 
B Là où i assarant les nbcuglcs. » 

(Chansons poit.; 

Provençal : « bourna. » — Patois du 
Berry . « bornais. » — Languedocien : 
« bourniou. » — Saintonge : « Bournat.^ 

— Noms (ie lieux : « Bournais^les), » 
Loudun. (V.) 

BouR^EU et Bournier, s. m., ru- 
che. V., arr. de Loudun. — Vend. 
Font (C. et P. D ). ^. Bourna. 

BoL'RMFOiN, s. m., bluet. Vend. 
(C. et P. D ). — V. Bouffin. 

BOURNIGEAI et BoURNAGEAT, V. a. 

et n., fureter, mettre tout pêle-mêle 
dans une armoire. Vend. (C. et P. D). 

— Au figuré, s'amuser à des riens : 
e guiett' la don qui. à bournageai; te 
frais ben meux d'allai l' coiffai, tai; n 
regarde-la donc là à boui^iageai, lu 
ferais bien mieux d'aller te coiffer. — 
Patois du Berry : terme de marine. 

BouRMZE (terre), adj , terre de mé- 
diocre qualité. V., arr. Civ. f^. Bor- 
nais. 

BouR!VOiEMENT,s. m., bomage. V., 
c. Veuille. — (An. 1677. Manusc. du 
Poitou). 

BouROLAi (r. bnurole), v. a., pécher 
à la bûurole. Cette pêche se pratique 
en plaçant une bourole dans un cou- 
rant d'eau peu large et peu profond, 
tel qu'un fossé, et à l'aide de bouloirs, 
et même en se mettant dans l'eau et la 
troublant avec les pieds, le pêcheur 
force le poisson à se précipiter dans 
l'engin. V. 

Bourole et Bourolle, s. f., c'est 
un engin de pêche, filet conique, non 



BOL 



BOL' 



OJ 



muni (le cerceaux. V^, arr. de Poit, el 
(le Lou(J. — D.-S , arr. de Bress. — 
(Manuscrits du Poitou ) 

BouROLi (r. bourole)^ v. a , mettre 
tout en désordre. V., c. Monte, i\la- 
zeuil. 

BoUROLLE, s. f. , grande jallo en 
paiile tressée dans laquelle on place des 
j^rains, des fèves, etc. Par extension, on 
dit d'une femme enceinte, « quai a ine 
belle bourolle. • (B.-F.) — Petit panier 
en forme de poire fait avec des viornes. 
V., arr. Civ. 

Boi3ROLLÉE(r. bourolle\ s. f., plein 
une bourolle. V., arr. Poit. — D.-S., 
arr Bress. 

Bourrée, s. f., litière pour les bes- 
tiaux. V., arr. de Civ. — (B.-K.). f^. 
Bauréo. — Français : « bourrée, » pe- 
tit fagot fait de broussailles. 

BoL'RRiE, s. f., balayures. D -S., 
arr. de Bress. — (A. R.). — A'. Bou- 
rai. — Patois du Limousin : « bouri. » 

Bourrin, s. m., âne. D.-S., Tillou. 
(B.-F.). — /'. Bardin. — Patois du 
Berry : o bourrin, •• mauvais petit tau- 
reau, et par extension, enfant mal ve- 
nant, 

BouRSAU, s. m., grosse touffe de re- 
jets d'épines, de chêne, d'arbres en gé- 
néral: «' faaut dérachi quiés boursaus 
dlian d'dans ; » il faut arracher les 
boursaus de In-bas. D.-S., arr. de 
Bress. — Français : « boursault, » 
espèce de saule. 

BouRSicoT, (gr. Bu2<7a), S. m., petite 
bourse; avoir en argent. V., arr. Poit. 
et de Civ. : « y ai, i cré, six froncs, o lé 
tout man boursicot. » — Gascon : 
« boursiquel, » gousset. 

Boursicotai, v. a., faire son bour- 
sicot, ramasser de l'argent. V., arr. 
Poit., c. Montconlour. 

BouRSOLAi, V. n., avoir des cloches 
à la peau. V., arr. Poit. 

BouRU,s. m., espèce de jeu. V., arr. 
de Ctiât. V. Boure. 

Bousi-BousA, loc. adv., pêle-mêle. 
Dans plusieurs communes de la Vienne. 
r. Bouli-Boula. — Patois du Berry : 
« bout-ci bout-là. » 

BoussÉE, s. f., grosse touffe de rejets 
d'épine, et d'arbres en général, f^. 
Boursau. Dans tout le Poitou. — « La- 
quelle pièce de bois paraisl avoir esté 



grandement brouttée par les bestiaux 
et gaslée par les larrons, qui ont couppé 
les boussées du taillis en saison non 
convenable. » (An. i6-l5. Manusc. du 
Poitou.) 

Boiissi, s. m., petite parcelle : « un 
boussi de pain, un boussi de terre. » 
D.-S. — Gascon et limousin : « boussi, » 
morceau. — Rabelais : a boussin. » 
« Et au diable le boussin de pain pour 
s'escurer les dents. » (L 4, prol.) — 
Français : « boussin, » croûte tendre 
de la pierre de taille. 

BoussiNE, s. f., trochet de fleurs ou 
de Iruits qui croissent comme par bou- 
quet : « boussine de poires, boussine 
de raisins. » V., arr. Chat. — Patois 
du Berry : (( bousson, » tas de foin. 

BoussicoT, s. m , gros homme. ,.V , 
Chat. r. Beda. 

BoussîOLAi, v. n., avoir des bous- 
sioles. (A. R ) — /'. Boiflaê. 

BoussroLE, s. f., cloche à la peau. 
(A.R.). V. Boiflay. 

BoUSTARINel BOUSTINGUET, S. m., 

littéralement bout-à-rien, homme de pe- 
tite taille. V., arr. Poit. (Maud.), arr. 
de Civ. 

Boutai et Botaî, v, a., pousser, 
heurter; se dit principalement (jesbètes 
bovines et ovines qui se repoussent 
avec la têt*i : « guiette bé à tes bus, 
drôle, que gn' s' bouliant poué, glo 
s'écorn'riant; n fais bien attention, 
drôle, à ce que les bœufs ne se heurtent 
point, ils s'écorneraient. — Boutai se 
dit aussi de la taupe lorsqu'elle fouille 
et soulève la terre : « 1* temps va 
chongeai^ les taup' boutant • V.— -D «S. 
— Vend — Roman : « botar, » pous- 
ser. — Champagne et ancien français ; 
« bouter. > 

Bouté, adj. m., vin troublé. V.,c. 
de Chauvigny. — Marne : « bouté-en- 
têle, saule étêté. — Dans le Berry, 
bouté ne se dit pas seulement du vin, 
mais encore du bois qui a éprouvé un 
commencement de décomposition. 

Boutée, s. f. , taupinière. V., arr. de 
Poit. (Maud.) — Ardennes : charge, 
contenu d'une hotte. 

Bouteille, s. f., plante, espèce de 
courge. V. — D.-S. — Bouteille de coye 
ou decoué. V. — (Manusc. du Poitou.) 

Bouteille, s. f., espèce de meuble 



56 



BOU 



en bois tressé dans lequel on serre le 
lait. Vend. Font. (C. et P. D.). — Pa- 
nier olissé à mettre du pain. D.-S , 
Vasies. (Maniisc. du Poitou, an. (731.) 
Basst^ latinité : butîicvK , cantharus 
vasquoddam cum ansis: (Duc I 

Boi'TLLiN et BouTLLON (// mouil- 
lées), s. m , sorte de panier. V. Bon 
quillon. V., arr. P. c. Monte. Maze. 

— D.-S C. B. — Boulillon : « un pa- 
nier ou boulillon clisse, dans lequel il y 
a quatre pelotons de fil de chenevin. » 
(An. 1731. Manusc. du Poitou.) 

Bout'n'iqui , loc, composée des 
deux mots boutre mettre, /r/w/, là et du 
n euphonique : mefs-foi /a, place-toi 
ici. V., arr. Poit. 

BouTiQUAi (r. boiiflque), v. a., mot 
à mot, aller de boutique en bouîique . 
passer son temps à des riens: a qu'diable 
boutiqu' - t - eil depeu l'heure qii'gl é 
porii ?» — V. — D -S. — Vend. 

BouTOLE et BouTROLR , S. f. , uasse 
en osier. V., arr. de Poitiers . Sanxay 

— arr. de Civ. — D -S. — Fosse à la 
chute d'un étan;;. — D.-S. , arr. de 
Bressuire. 

BoiiTON, s. m., moyeu. V. — D.-S. — 
Facjot à deux rouettes. V , arr. dedhât. 
BouThS, s. f., montre : 

• G!c portant la boutre au cciiié. » 
(Gust., p. 37.) 

— Vend. 

Boutre, Boutre, v. a., montrer. 
V.— D.-S. — Vend. 

«« Pre boul.iy combay t':ilme 
» A rouinnv Ipsgens te vio? pre l'etiiinenny. ■■ 

(Gust.) 

— Mettre, approcher: 

• Lf Joug que (jle venant nous bootre en prison. >■ 

(Gust., p. 23. j 

« Butre M gro.'se artillenie , 

■ Pre 1ère pou à Châteileraut. » 

(Siépjde Poil., p. Col ) 

« Qu'ol e«îait belle ma'.ire 
n De m'aver fait bnutre rn justice. » 
(Gent. Poctv,, p. la.) 

(se), V. pr. 

■ 1 me boutre à écrire 

• 1 nous avals j.-tmats appris. » 
(Cbans. polt.) 

Gascon : a bôti , > mettre. ■ — Patois 
limousin : « bouta. -> — Patois rlu Berrv : 



BOU 

(« bouter. » — Champagne : « boutre. »» 
— Ancien français, Marot: « bouterise;,» 
se mettre 

o El en tel langage se boute de «on gré >» 

BouTRELLK , S. f . , instrument de 
piVhe en osier, servant à conserver le 
poisson. Vienne. « Boulerelles d'oizils , 
bourolles , paniers et autres engins. » 
(An. 14H8. Manusc. du Poitou.) 

BoiiTUiGEAi , V. a., furetj^r. V., arr. 
de Poitiers. — /'. Bournigeai. 

BoL'TBON, s. m , panier pour garder 
du poisson dans l'eau, le plus ordinai- 
rement déforme conique, dont louver- 
lure étroite et pratiquée au sommet du 
cône est feimée d'un tampon en bois 
ou de tout autre manière. V. 

BouTBON , s. m, petit enfant. Terme 
de mé[)ris quand on l'adresse à un 
homme : t méchant boutron !» — V. , 
D-S. 

BouTROU , S. m., celui qui montre, 
qui enseigne, par extension instituteur: 
« ol é l'boutrou de Saauzé; • c'est l'in- 
stituteur de Sauzé. — D.-S. 

BouYOLLEs , s. m. , cloche qui se 
forme sur la peau , causée par une 
brûlure, synonyme de boifle. V. ce mot. 

— D.-S — C. C. B. (B.-F.l — Patois 
du Berrv : « bovolle. » — V. Bou- 
liffe. 

BouzAiL , s. m., sros ventre. (B.-?".) 

— V. Bazane. — Italien : « buzzo , » 
gros ventre. — Anglais : «bushei, > 
boisseau. 

Bouz\iLLAUD, E, adj., se dit des 
petites personnes qui possèdent un gros 
ventre. (B.-F ). 

BoLZ\Nfe, s. f., gros ventre. — D.-S., 
arr. de Bressuire. V. Bazane. 

Bouz.AR , s. m., raisin blanc, — V., 
arr. de Civray. 

BouzE, adj. des 2 genres. L'enfant 
le dernier né de la même mère : « i ai 
six drôles, Marion est la bouze. » J'ai 
six drôles, Marie est la bouze. — V., 
arr. de Civray. 

BoLzi, s. m., pour boussi, morceau. 
Vend. 

« Il y tlris de ma penère 
« lie lard tout frai.s in gruus bouzt » 
(Oa>t., p. 17. J 

Boi ziA et Boi ziEAU, s. m, , bouze, 



BOU 



BRA 



57 



fiente de bœuf ; par extension , excré 
ment humain. — V. — D.-S. — Cham 
pagne : « bouse , bouset , bouson , » 
boue , fumier. — Noms de lieux 
a Bouza , » Thollet. (V.) 

BouziAE, V. n., mettre bas en par 
lant des femelles des animaux. — D.-S. 
c, de Celles et de Prahec. 

BocziNE , s, f. , l'hippobosque du 
cheval, insecte. — V-, arr. de Poitiers. 

— V. Bouine. 

BouziNE , s. f. , piège en forme de 
souricière, destiné à prendre les fouines , 
que l'on appelle fouins en Poitou. L'on 
dit proverbialement : « pris coum' in 
fouin dan ine bouzine. • 

» quel fazait triste mine 
» De se vère pris 

» Coum* in fouin dans ine bouzlne ! » 
[Cit. B.-F.] 

— Etre pris comme un fouin dans une 
bouzine, c'est être surpris, interdit. 
(B.-F.). 

Bouzine. s. f., haut-bois fait avec un 
morceau de buis. — Vèze. 

J'en ai pris ma bousine 
£t je m'en suis réjoui. 

(N. p., p. 18.) 

Rabelais : « les vezes, bouzines sounè- 
rent harmonieusement. » (L. 5, c. 23.) 

— La lin : buccina , cor de berger, 
ou de vacher, avec lequel il appelle son 
troupeau, 

Bouzine , s. f., havre-sac. -- D.-S. , 
arr. de Bressuire. 

Bouzine, s. f., vessie en général : 
« si t'm'enneu , i t'crève la bouzine. » 

— D.-S., c. Airv. et Châtillon. — 
Mayenne : (c bouzine , » vessie de 
cochon, 

Bouzine , v. n., s'occuper à des 
choses peu importantes , à des bagatel- 
les : « qu'fé ton drôle? — Ehl M'sieur, 
pas grand'cbouse , le bouzine, le tra- 
casse. » Dans tout le Poitou. 

Bouzl^'BlEs; s. f. pi., choses de 
peu d'importance. Dans tout le Poitou. 

— Anglais : « business, » affaires, oc- 
cupations. (B.-F.). 

BouziNEux , SE , adj. , celui ou celle 
qui s'occupe de choses peu importantes, 
bagatelles : « qu'elle profession ?— Eh 1 
mon Dieu 1 bousineux,tracasseux. » V. 

xxxa. 



BouziROT , S. m., gros homme, 
terme de moquerie : 

« Porte , va , putons , grous bouzirot 
» Dau bucbe , dau fagot, d 

(Cf. p., p. 142.) 

BouzE, S. f., boue : 

« Et de net ia butirant 
« Quo fazpt gronde bouze 
» Sur le ciiemin de l'hopito. » 
(Siège de Poit., p. Col.) 

Boyard, s. m. , civière, dite aussi 
civièi'e-3-bras pour la distinguer de la 
civière-roulesse. — Vend. (C. et P. D.) 
[B.-F.]. — Provençal : « bayart, » 
civière. 

BoYÉ, ÉE, adj., fiancé, fiancée. — 
D.-S., c. de Bressuire. — V. Bodi. 

BoYOU , s. m., bouvier. V., arr. de 
Chat. — V. Boue. — Patois duBerry : 
« boyer. » 

Brage, s. m,, syncope de breuvage. 
(A. R.). 

Bragoe et Braguette (I. hra ca ou 
bracca) y s. f., devant de culotte. — 
D.-S., c. de Bressuire. — Vend. (G. et 
P. D.). — Ba^se latinité : bragae. bra- 
gues : • tout nuuet descals en bragues.» 
— Brages : « un autre lui baillera ses 
brages. » — Patois du Berry : « bre- 
gues , i) hardes, vêlements. — Mayenne : 
« bragues et bragueites , » hauts-de- 
chausses. — Français : « brague , » 
terme de marine, corde pour retenir 
l'afftJt d'un canon. — « Braguette,» 
cordage du mât de hune pour le 
guinder. 

BRAi.s.m., pellicule de la châtaigne, 
V., arr. de Civ., Isl.-Jourd., Adriers. 

Braiché, v. a., enlever le miel des 
ruches. V. 

Braiches, s. f. pi., gâteaux de miel 
enlevés d'une ruche. Proverbialement : 
« rognai les braiches à quelqu'un,» c'est 
le priver d'un proBt, diminuer son 
gain. Dans tout le Poitou. 

Braillaie et Braillée j s. f., cri : 
« j'tai ine braillaie , » c'est jeter un cri. 
Dans tout le Poitou. — Basse latinité : 
a braiare, vagire , clamare prout in- 
fantes soient. » (Duc.) 

Brain , s. m. , til de chanvre le plus 
fin : « v'ik de bia brain. • V. — D.-S. 

BflAISE4U et BRAISIA (g. Bpâ^liiv), 

s. m., brasier. V. — D.-S. — Suivant 



b8 



BRA 



les lieux. — Patois limousin : « bragèz.» 

Bbalat, V. a., faire sécher des per- 
ches au four ; se dit aussi des marrons 
que l'on fait rôtir. V., c. de 51ontm.^ 
Saulgé. 

Bramae (g. Bpsas'.v), V. n., beugler ; 
par extension : « bramâe la faim,» crier 
la faim. « Brame-pain, w qui crie la 
faim. (C. J.) — Roman : « bramar. » — 
Languedocien et provençal : « brama, » 
mugir ; « et la mar que bramo, » et la 
mer qui mugit. — Français: « bramer, » 
crier, en parlant du cerf. 

Bhamard, s. m., héron, butor. V., 
arr. de Poit. (Maud.) 

Bramee, s. f., cri du bœuf: « Quiau 
bœuf a poussai ine bramf^.e à fair tout 
trcimblai. ») ce bœuf a jeté un mugissR 
ment a faire tout trembler. V., arr. de 
Civ. 

Bramîne (avoir la),loc., avoir grand 
faim, une faim canine. (B.-F.) 

Braminai, V. n., avoir la bramine. 
V. aussi Abrami. (B.-F.) 

Bra>xhe (avoir de la), loc, se dit 
des bestiaux qui engraissent. V. — 
D.-S. 

Bra>'dillon, s. m , petit morceau : 
(( vèque don querre deu p'tits brandil- 
lons peur alluma le fieu ; » va donc 
chercher des petits morceaux de bois 
pour allumer le feu. V., c. de Tlsie- 
JourJain. 

Brandon (b. 1. hrandd), s. m., mor- 
ceau de bois auquel on attache une poi 
gnée de paille ou de foin et que l'on pi- 
que au coin d'un champ pour indiquer 
qu'il est interdit d'y faire pacager et 
même d'y passer. D.-S.— V. — (B.-F.) — 
€ Brandon » était un terme de coutume. 
Judiciairement on appelle, de nos jours, 
« saisie-brandon » la saisie des fruits 
pendant par racine. 

« Mé qui chanty Tiiire, Aleils, Coridon , 
• Et Semelc endormy so l'ombre d'in brandon. » 
, (Bab., p. i.) 

Basse latinité : 6ra?2c/o, vélum, seu 
hrandeum , quod praediis obsignatis 
apponitur.(Duc.) — Aube, Marne: Fagot, 
torche. — Ancien français, ainsi que le 
verbe brandonner. 

Brangliar, V. n., vibrer comme 
une corde d'instruments; se secouer 
comme un jeune arbre au vent. Vend. 
(C. et P. D.) 



BRA 

Branqeai, y. a., labourer un champ 
que Ton vient de moissonner et que l'on 
veut laisser chômer pendant l'hiver. 

Brangis, s. m., champ qui a été 
brangé. (B.-F.) Il y a dans la com- 
mune de Thuré (V.) La Brangeardière ; 
La Brangerée, dans celle de Verrières 
(V.) ; la Grande et la Petite Branjar- 
dière, dans celle de Champagné-Saint- 
Hilaire (V.) 

Braquaie^ s. f., ordure. D.-S., arr. 
de IMelle. 

Braquae, V. a., lancer une 6m- 
quaie : « ky\ , mossieu l'chirugian, 
quo dissit mossieu l'pharmacian, gl'a 
braquâe pas lin de votre nae, » ah ! ah ! 
mon>ieur le chirurgien, que dit mon- 
sieur le pharmacien, il a lancé l ordure 
pas loin de votre nez. Se dit principa- 
lement des oiseaux. D.-S., arr. de 
M elle. 

Brasegliet [gl mouillés) s. m., ac- 
tion de faire cuire des châtaignes sous 
la cendre : < Vour ira-tu fair' tan brase- 
gliet, tai, quiette année? » ou iras-tu 
faire ton brasegliet^ toi, cette année? 
V., c. de Civ. Dans ce canton, le jour 
delà Toussaint est vulgairement appelé 
le jour dau brasegliet, et ceux qui ont 
des châtaignes en envoient à ceux de 
leurs parents ou de leurs meilleurs amis 
qui n'en ont pas, afin qu'ils puissent 
faire leur brasegliet. 

Brasi, s. m., diminutif de braiseau, 
petite braise. V. — D.-S. 

Bkassaillai, V. a., gesticuler^ re- 
muer les bras. V., c. de Mirebeau. — 
D.-S., c. de Bress. — Vend. 

« Gl'at brassaillé long-temps, et gle s'est trémoussé 
» Mai qa"oa ne f jit in chat quand gl'esl embarrassé. » 

(Gasl., p. so.) 

Gascon : « brassejan, » en agitant ses 
bras. 
Brassère, Brassière et Rrassire 

ir. bras), s. f., vêlement du premier 
âge. Dans tout le Poitou. 

« La brassère qu'ai at se lace oque in cordeas. » 

(Gust.) 

Eravatte, Bravette et Bravotte 

fr. bavette)^ s. f., pièce d'étoffe que les 
femmes s'attachent sur la poitrine, et 
qui tient ordinairement à la devantière. 
D.-S. — V., suivant les lieux. 



RRE 

Bravousette, s. f., diminutif du 
précédent. V., c. de l'Isle- Jourdain et 
d'Adriers. 

Bbave, adj. des deux genres, bien 
vêtu, ou proprement habillé : « a-tu vu 
Madeion à la messe? Ah ! ma chère 
âme, qu'ai' était brave ! » Dans tout le 
Poitou. C'est le mot français détourné 
de son véritable sens. — Patois du 
Berry : « brave, » se dit d'un beau gar- 
çon, d'une belle fille, et pour désigner 
une personne qui a de beaux habits. 

Bravé (se), v. pr., se vêtir de ses 
plus beaux habils, ou avoir du goût 
dans sa toilette : « i en queneut poué 
coum' Glauduche igl mouillés), pre se 
si bé bravé ; » je n'en connais pas 
comme Claude, pour s'habiller aussi 
bien. Dans tout le Poitou. 

Brayai , V. a., broyer le chanvre ou 
le lin. V. — D.-S. — Basse latinité : 
breiare, pinsere, Gall. broicr le pain, 
vel, ut alii efferunt, bréeler. (Duc.) 

Braye, s. f., poche en grosse toile 
dont on se sert pour extraire le miel de 
la cire. D.-S., Vasies. — « Une braye 
à tirer du miel. » (An. 1772. Vasies, 
Manusc. du Poitou.) 

Brayeuse, s. f., celle qui broie le 
chanvre ou le lin : « ma foué ! ol é Ca- 
thuche qu'avenge la mai de tertoutes à 
brayai ; d ma foi ! c'est Catherine qui 
avance la plus de toutes à broyer. V. — 
D-S. 

Brebial, s. m., brebis en général.— 
« Et prendre lad. révérente la moitié 
des blés et autre brebial, etc. » (An. 
1503. Rochereuil 
tiers.) 

BRECH4UD, Berchaud, e, et Brè- 
che, adj. des deux genres, celui ou celle 
qui a des dents de moins. V. — D.-S., 
suivant les lieux. — Basque-ibérien : 
« bresca. > — Roman : « besca. » — 
Vieux français : « bresce. n 

Brèche, s. f., rayons de miel. (B.-F.) 
y, Braiches. 

« Itauquem ineesscn qui vau quitter ses brèches.» 
(Rol)eaDivi9„ etc., p. 124.) 

Berdàssae, v. n., bavarder. Vend. 
(C. et P. D.) 

Bredassai, v. a. et n., s'occuper à 
des choses peu importantes : « Parai, 
gars, l'aim' meus bredassai iqui que 



BRE 



59 



faubourg de Poi- 



d'm'nai tes cueilles aux chomps ; » 
n'est-ce pas, gars, que t'aimes mieux 
bredassai ici que de mener tes cueilles 
aux champs? Dans tout le Poitou. — 
Patois du Berry : « bredasser, » faire 
un bruit incommode en remuant quel- 
que chose. 

Bri' BASSE, adj. f., femme de peu de 
sens, qui veut se mêler de tout. Dans 
tout le Poitou. 

BREDASSE,s.f., autrefois» vredasse,» 
besace. (B.-F.) 

« Mez maintenant Icz maltoutez 
» Avant tous' augeu la vredasse. » 

(Rob. Div., p. 65. Cit. B.-F.) 

Bredàssier , ÈRE , Bredassou , 
Bredassour, se, adj , celui ou celle 
qui s'occupe de bagatelles, de niaiseries. 
V. 

Bredic-Beedoque, loc. qui exprime 
le bruit que quelqu'un fait en marchant 
lourdement : « l'onton-tu qui vint bre- 
dic-bredoque ? » l'entends-tu qui vient, 
etc. V. — D.-S. — (B.-F.) — Français : 
flt brelic-breloque, » sans ordre, témé- 
rairement. 

Bredoirai, v. a. et pr., salir, se sa- 
lir. V. — D-S. — Vend. 

Bredoquement, s. m., cahot, bruit. 
Vienne. V. Berdaquement. 

Bredoquer, v. a. et n., faire du 
bruit , du tapage. Vienne. V. Berda- 
quai. 

Brée, Braye, s. f., instrument pour 
tiller le chanvre, le lin. V. — D.-S., 
suivant les lieux. — « Cent livres de 
chanvre brayé à la braye de bois seule- 
ment. (Vasies, Manusc. du Poitou.) 

Bregeai (r. brège)^ v, a., action de 
teiller le chanvre au moyen de la brège. 
V., arr. de Civ. et de Montm. 

Bregaud (l. bruchns), s. m., bour- 
don. — Bregaud jaune, la guêpe-frélon. 
V., Poit. — Bregaud-pigeon. V., arr. de 
Civ. — Latin : bruchus^ insecte, du 
grec Bj)oû>4û;. Très-usité dans l'Ecriture 
sainte. 

Saint Jérôme, après les naturalistes, 
dit qu'il y a trois sortes de ces insectes, 
tous différents, et qui ne prennent leur 
origine que d'une chenille appelée eruca, 
qui s'engendre dans des lieux chauds 
après qu'il a plu. 

D'après quelques passages de l'Ecri- 



60 



BRE 



ture, bruchus désignerait à la fois le 
hanneton , la sauterelle et un autre 
genre d'insecte qui mange les restes de 
la sauterelle : Residuuyn locuslœ co- 
medit hruchtis. (Joël., i,4.) 

Bregaud, s. m., pierre de chaux 
qui n'a pu se di^soudre dans leau. 
Vend. (C. et P. D) 

Bregaudai (r. bregaud) , v. n., 
causer bas, murmurer, imiter, en par- 
lant, le bruit que fjit un bregaud en 
volant; onomatopée. D.-S. 

Bbegaude^s. f., soupe au salé et 
aux choux verts. V. (Maud.) — Patois 
limousin : « bréjàoudo. » 

BBEGAiiDiÈRE,s.f.,niddesbreî;auds. 
V. — D.-S. Koms de lieux : Bergeau- 
dière (la), Doussay (Vienne). 

Brbge, s. f., brége, instrument pour 
tiiler le chanvre. V., arr. de Civray et 
de Montmorillon — Français: « brége, » 
filet à mailles étroites. 

Bregeasse, s. f., petite brande. V., 
arr. de Civ. — « Kregeau » V.,c. de 
risle-Joutdain. — Noms de lieux : « Ber- 
geas, » la Bussière; « Bregoux, » I\Jil- 
lac (Vienne). 

Bregeotte, s. f., l'mca, excepté 
la brande. V. (Maud,)— <- Bregeottes, » 
6. f. pi., terrain couvert de bruyères 
V., arr. de Poit. 

JBbegossb et Bregottb, s. f., mau- 
vaise brebis, de peu de valeur. — Par 
extension, et pris en mauvaise part, se 
dit d'une vieille femme. V. — D.-S. — 
Languedocien : « bregouza , » vieille 
femme. 

Bregolwai et Bebgounai , v. n., 
jargonner : « v'ia qu'gle se lire, gle 
coumence à zou bergounnai ; » voilà 
qu'il sait lire, il commence à jargonner. 
V., arr, de Civ, 

Bbègue, s. f., le procuste chagriné, 
insecte, D -S., arr. de Bress. T. Barbot. 
— Hanneton. V,, arr, de Civ,— D.-S., 
Lorigny. (B.-F.) V. aussi Bregaud, 

Brlillee, s. f , cri du bœuf. V. — 
D.-S,, suivant les lieux. V. Briimée. 

BflhjASSE, s, f., \ erica. \., arr. de 
Civ. V. Bregeotte. , 

Bbejolle (br'jolte), s. f., se dit d'une 
bêle \ieille et maigre : « ine vieille 
br'jolle, » (B.-F.) 

biELAAU, s. ra., la larve du han- 
neton. 



BRE 

Bbelaèbe, s. f., anse mobile d'un 
vase. Vend, (C. et P. D.) f\ Berlère. 

Bbelai, s. m., plante. Vend., Font. 
(C, et P. D.) 

Brelan, s. m., bavardage, et même 
le lieu où se tiennent les bavardages : 
« Toinot a passé li aussi prel'brelan ; » 
Antoine, lui aussi , a passé par le bre- 
lan ; c'est dire que l'on en a parlé en 
mauvaise part. V., arr, de Poit. et de 
Civ,, c. de Monte, — D.-S,, arr. de 
Bress. 

Brelandai, V. a. et n., parler de 
quelqu'un en mauvai.se part, médire, 
même calomnier. Par extension : « mu- 
ser. » V. — D,-S. — Haute-Marne : 
a brelander, » jouer, agir au hasard, 
aller et venir, — Français: «brelander,» 
jouer habituellement aux cartes. — 
Noms de lieux : « Berlandière (la) ; 
Berlandinière (la), » 

Brelangu {gu mouillés) [r, brelan]^ 
adj., bavard, importun : « ol é i bre- 
langu d'premire qualiti; » c'est un ba- 
vard de première qualité. V., c. de 
Mireb., de Monte, et de Maz. 

Bbelangui, V. a. et n., parler de 
quelqu'un en mauvaise part. V,, c, de 
Mireb. et de Monte. 

Bbelaquai . V. a., bavarder. V., 
arr. de Poit. 

Brblaqueux, se, adj., bavard. — 
Au figuré, gourmand, importun, para- 
site qui aime à vivre chez les autres. 
V., arr, de Poit. — a La Brelaquerie, » 
Marigny-Brizay (V.) 

Brelau , Berlau et Blau, suivant 
les lieux, s, m., ver que l'on trouve 
dans les fruits et princi|>alement dans 
les cerises. V., arr, de Poit. et de Civ. 
— D.-S. 

Brelau, s. m., le bélier d'un trou- 
peau. V. — D.-S. 

Brelaudae, V. n,, passer son temps 
à des bagatelles. Vend. (G. et P. D.) 

Brelaudai, ie (r, brelnu) , adj., 
fruit dans lequel il y a des brelaus, des 
vers. V,, arr, de Poit. et de Civ. — 
D.-S. — y, Blardé, 

Brelèbe et BuELiÈRE. s. f., anse 
mobile d'un vase. (B.-F.) [A, R.] V. Ber- 
lère. Noms de lieux : * Brelière (la), » 
Adriers (Vienne). 

Bbelin, s. m., mouton, brebis en gé- 



BRE 

néral. Très-usité au pluriel. V., arr. de 
Poit. et de Loudun. 

Bbelinage, s. m., l'espèce ovine : 
« i avait à la fouère de Valence (près 
Couhé-Vérac) de bias brelinages ; » il y 
avait à la foire de Valence de belles 
brebis. V., arr. de Poit. et de Civ. — 
DS. 

Bbeltquai, V. a., désirer avec ar- 
deur : (( gle di qu'gn'en veut pas et sa 
goule y en brelique, » il dit qu'il n'en 
veut pas et sa bouche en brelique. V., 
arr. de Poit. 

BBEM4LE, s. m., brande mâle, la 
plus haute, la meilleure. C'est la petite 
qui porie les graines. V., arr. de Chat. 
et de Civ. — Brumalles; • taillis et bru- 
malles^, bois mort et mort bois pour 
faire son moulin. » (An. Iô48. Châtelle- 
raud. Manusc.) — Patois du Berry : 
« brumaille, » bruyère h balais. 

Bbkn4(, V. a. et pr., salir, se salir. 
(A. R.) 

Bernai E, s. f., nourriture cuite, 
composée de son, de pommes de terre 
ou de grosse farine, et d'autres légumes 
que l'on donne aux bestiaux : « Gle dort 
BU la brenaie, » c esl-à-dire il est bien 
nourri, en parlant d'un animal domes- 
tique quelconque. V. — D.-S. — Basse 
latinité : « breUt brennium, furfur, 
bran, son de farine. (Duc.) 

Brenassai, V. n., faire de la bre- 
naie. V., arr. de Civ. 

Bbenassai, V. a. et n., s'occuper à 
des bagatelles, à des riens. D.-S , arr. 
de Bress. — (A. R.) 

Brenass'ries, s. f. pi., choses de peu 
d'importance, bagatelles. — D.-S., arr. 
de Bress. (A. R.) 

Brène, s. f., instrument pour tiller 
le chanvre, le lin. V., c. de Monlcon- 
tour. V. Brée. 

Brenée et Brenie, s. f., nourriture 
cuite pour les bestiaux. V., D.-S., sui- 
vant les lieux. F. Brenaie. 

Brenou, se, adj., sale, mal propre: 
« Eh ! d'our vin qu'où drôle, mes bons 
amis, gl'é tout brenou? » Eh! d'où 
vient ce drôle, etc. V., arr. de Poit. et 
de Loud. — Marne : « breneux, » mer- 
deux. — Français : « breneux, » sali de 
bran. 

Bbesille (faire), loc, faire collation. 



BRE 



61 



D.-S., Paizay-le-Tort. (B..F.)— Roman : 
« briza, > miette. 

Bressay et Bbessi , bercer, sui- 
vant les lieux.— (Se), v. pr., se dandi- 
ner, se balancer en marchant. Dans 
tout le Poitou. 

> Pu fier qu'un magistrat qui semble se bressay. • 

(Gust.) 

Gascon : a bressa. » 

Bressiou , s. m., berceau. V., arr. 
de Chat. 

Bressolièbe , s. f., diminutif du 
précédent, berceau. V. — D.-S. — Ar- 
dennes : « bressolet. » 

Brrtauds, s. m. pi., chevilles que 
l'on place sur le joug et qui servent à 
retenir les juilles. (B.-F.) V. Berteau. 

Breticliae, v. n., briller et faire 
briller partiellement : « o brelicliail de 
tous coûtés, » ça brillait de tous côtés. 
D -S., arr. de Melle. 

Breiingue et Breton , s. m., 
bluette, étincelle. D. S., c. de Bress. — 
V. — Vend. 

Bbetounai (r. breton), v. n. L'on 
dit du bois qu'il bretonne , lorsque, 
en brûlant, il fait jaillir beaucoup d'é- 
tincelles. V., arr. de Civ — (B.-F.) 

Brette ou Berte, adj., une vache 
brette est celle dont le veau est sevré, 
vendu. D.-S. — (A.-R.) — Dans le canton 
de Civray, on donne indistinctement ce 
nom à la vache en général : « IVIa brette 
est bonne, a beurre bene. » — Gascon : 
« brettos, » génisses. 

Brette, v. n., donner du lait. V. — 
D.-S. — (A. R.) 

Bbelil (b. 1. brolium), s. m., bois 
taillis. Ce mot nest plus usité dans le 
langage, mais il est resté attaché à un 
grand nombre de villages et d'habita- 
tions dans le Poitou : 44 l'ont conservé 
dans le département des Deux-Sèvres, 
et 41 dans «^elui de la Vienne. 

Breuillé (r. breuillée), v. n., mu- 
gir. V., arr. de Chat. V. Bramâe. 

Bbeuillée, s. f., mugissement. "V., 
arr. de Chat. V. Bramée. 

Breussour,s. m., berceau. V.,arr. 
de Poit. V. Bressiou. 

Brevochat, v, n , boire souvent, à 
chaque instant ; est pris ordinairement 
en mauvaise part : « Nout' vesin a ine 
gronde maladie, gle brevoche à tout 



62 



BRI 



moument ; o f dré in ban c'Ié pr'y 
fourni, d notre voisin a une grande ma- 
ladie, il boit à tout moment ; il faudrait 
un bon cellier pour y suffire. Dans tout 
le Poitou. 

« y ne f.i/.é que brevorher, 

» S;in que nionpï.vsc ppin ne cher. » 

^Gent. PoëteT. Cit. B.-F.) 

Brevochard , Brevochu et Bre- 
vocHOUR, S. m., celui qui brevoche. 
V. — D.-S., suivant le» lit-ux. 

Brevot. s. m , diminutif des précé- 
dents. (B.-F.) 

Bbeyai, V. a. V.— D.-S. V. Bregeai. 

Brezolm, ie, adj., celui ou celle 
dont la figure est marquée de rousseurs, 
ou par la petile vérole: « e-t-eil vilain ! 
gl'é tout brezolai; » est-il laid, il est tout 
brezolé. V., arr. de Poit. et de Civ. 
V. Bersolé. 

Bri, adj. num,, un. V.^ c. de l'Isle- 
Jourdain et de Luchapt. 

Bri, s. m., cambouis. V., arr. de 
Civ. 

Bbi, s. m., argile. Vend. (C. et P. 
D.) 

Beibay, s. m., tronc d'arbre depuis 
les racines jusqu'aux branches. Vend. 

« Inegroslc d'aux creux dau bribay d'ine souche. » 

(GUSt., p. 77.) 

Bribe, s. f . gros morceau pris sur le 
dessus ou le dessous d'un pain entier. 
V., c. de Monte. 

Bribelle, s. f., gros morceau de 
pain: «• oh! quieule bribelle, gl'a pris !» 
oh! quel morceau de pain il a pris! D.- 
S., arr. de Bress. et de Parthenay. 

Brichet , s. m., bœuf marqué de 
blanc à la queue seulement. V., arr. de 
Civ.— (B.-F.) 

Bricolai (r. bricole), v. n., chance- 
ler : « Chariot a bé tant bégu qu'gl s'on 
vé chin li bricolent de çay et d'iay ; » 
Charles a bien tant bu qu'il s'en va chez 
lui bricolant de ça et de là. V., arr. de 
Poit. et de Loudun. — Français : jouer 
de bricole à la paume ; ne pas aller droit 
dans une affaire. 

Bridea ou Brizea, s. m., orge ou 
seigle que l'on sème très-épais avant 
l'hiver et que l'on fait manger aux bes- 
tiaux au printemps. (B.-F.) V., arr. de 
Poit. et de Civ. — « Bridea et bridia, » 



BRI 

petite vesce noire. V., arr. de Poit. — 
« Bredeau : dîmes vertes de vesces, jar- 
ruusse et bredeau, en la j^ar. de Saint- 
Georges. )) (An. 1706. Manusc. du Poi- 
tou.) 

Brtktte, s. f., petite brebis. (A.-R.) 
— Brebis de deux ans. S. Romans-lès- 
Melle. (B.-F.) — Basse laliniié. Berbix, 
detorlum ex vervex. (Duc.) — Nec ber- 
bices lundere habeanf licilum. (Capitu- 
lare, ann. 789.) — Italien : « berbice. » 

Briffaud, s m., c'est ainsi que l'on 
désignait autrefois, dans l'arrondisse- 
ment de IMelle, la crêpe poitevine. — 
Espèce de pâtisserie; tranche de pain 
trempéedans de la pâte délayée, et frite 
dans la poêle. V., arr. de Civray. — 
(B.F). 

Brigalé, ÉE, adj., objet de plusieurs 
couleurs. V., arr. de Poit. et de Chat. 
Z-^. Bigarlé. 

Brigalet, s. m., petit berger; se 
dit aussi d'un mauvais cheval. V. — 
(D.-S.) /^. Bistraud. 

Bbigaud, s. m., insecte noir qui a 
la forme d'une araignée et s'attache aux 
brebis. V., arr. de Chat. 

Brigue, {r. bribe), s. f., morceau 
de pain : « i en ai eu brigue»; je n'en 
ai pas eu un morceau : « ni brigue , ni 
mige » , loc. qui signifie aucuns 
restes. V. — D.-S. — Gascon :« brigal, » 
morceau. 

Brimbâllai, (r. brimballe).\. pr,, 
se balancer à l'aide d'une brimbolle, 
V. — D -S. — « brimballer » signifie, 
d'après Trévoux , branler de çà et de 
là, et se disait des cloches que l'on son- 
nait démesurément, et de ceux qui agi- 
taient niaisement leurs bras et leurs 
jambes. (Cit. B.-F.) — Marne : o brim- 
baller, » carillonner. — Breton : « brim- 
balât, » sonner. (Cit. B.-F.) — Espa- 
gnol : « bambalear, » chanceler, se 
dandiner (Cit. B.-F.). 

Brimballe (g. By.u.6a).sTfc)) , s. f. , 
escarpolette, jeu d'enfants. Ils se pro- 
curent cet amusement en se suspendant 
par les mains à une branche d'arhre 
pour se balancer. — La branche de l'ar- 
bre elle-même. V. — D.-S . 

Brimai, (r. brime), v. imp., tomber, 
en parlant de la brime. — v. a., en- 
dommager; geler ,en parlant de la gelée 
blanche. Et par extension : « le soleil 



BRO 

a brimé nous fruts, » résultat du soleil 
après la gelée blanche; « les vents ont 
brimé les arbres, » — « animaux bri- 
més , » c'est-a-flire qui ne sauraient 
s'engraisser , qui ne peuvent croître 
V.. arr. Chat. —(A. R.). — Vendée. 
(Cet P. D.) — se dit encore d'animaux 
atteints de maladies contagieuses. V., 
c. Monte, Mciz. 

Brimai, v, n., être malade : « mon 
père est brimai depuis huit jours. » 
D.-S., c. Airv. 

Brime (1. bruma), s. f., brume. V. 
— D.-S. — Vend. 

Brimb, s. f., maladie quelconque: 
« i ai in' brime à n'en poué r'v'ni ; > 
j'ai une maladie à n'en point guérir, — 
D -S.,c. Airv. 

Bringuai, V. n., aller par sauts et 
par bonds. Dans tout le Poitou. — 
Français: « bringue; » grande femme 
sans tournure. 

Bringues, (mettre en), loc, briser. 
Vend. — Patois du Berry : « bringues 
(en,) » en morceaux, en pièces. 

Briochay (r. brioche)^ v. a., passer 
la Blasse au chevalet, seconde opération 
que l'on fait subir au chanvre quand on 
le broie. D,-S,, arr. de Bress. A AJontc. 
ce mol s'applique aussi bien à la pre- 
mière qu'à la seconde opération. 

Brioche, s. f., broie en fer qui sert 
a donner la seconde façon au chanvre. 
D.-S.,, arr. de Bress. et de Parlh. 

Briole, s, f., pain long d'une livre. 
D.-S. (Barot). 

Brique, s. f., miette, reste. — V., 
arr. de Civray. — Aube, Haute-Marne. 

Brisageai , s. m., brasier : « faut 
qui m'appreche de quiau brisageai, » 
V., arr. de Civray. V. Braiseau. 

Brise, s. f., synonyme du mot fran- 
çais braise. D -S.", arr. de Bress, 

Brizeau,s. m., toute récolte qu'on 
fait pâturer ou qu'on coupe en vert 
pour faire manger à l'étable. V. — 
D.-S. 

Bro, s. m., son. Vend. (C. et P. D.). 

Brochecu,s. m., la baie de l'églan- 
tier. (B.-F.) — Roman : « brochar , » 
piquer. 

Brochille, s. f., petite branche. V., 
arr. de Civ. — Patois du Limousin : 
a brouchillou, » Gascon : « broucailla, » 
broussailler. 



BRO 



63 



Brochille, v. a. etn., ramasser les 
petites branches. V., arr. de Civray. 

Brode, adj., qui casse facilement : 
« pâte brode, » pâte qui ne se tient pas. 
V. — D.-S. 

Broi, s, f , buis. V. boue. — D.-S., 
c. Celles. — Noms de lieux : « Broies 
(les); » Chûiillon. (V.). 

Broie, s. f., engin de pèche fait en 
osier qui se place au bouc/ieau,k la 
vanne d'un moulin pour prendre des 
anguilles : « le valet a-t-eii bé mis la 
broie au boucheau ? » V. 

Brolle, s. l, ruche. V., arrond. de 
Chat. 

Bromae et Bromi, v. n., mugir; 
rendre le son de l'airain quand il frémit. 
Vend. (C. et P. D.) — V., arr. de Poit. 
et de Civ. — Patois limousin : « Bro- 
mar. d 

Brondi, v. n.(g. BpcvTatd), retentir, 
rendre un son grave , retentir avec 
force. Une pierre lancée avec force 
brondit.N. — D.-S. 

« Le bûcheron chantant ferat hrondi la nae. » 
[Gust., p. 80,] 

« L'air do temps brondisset. » 
[Miz. p. 6.] 

« Qui faziant prebrondis jusque dans l'air do temps 
<i Lou goule et lou gouzc. » 
[Rob. di?., p. 125, B. F] 

—Roman: «brandar. » — Patois limou- 
sin: i« brundis. » — Marne, Haute-Marne: 
« brondir, » bourdonner, siffler, reten- 
tir, — Français : « brandir, » secouer, 
agiter dans ^a main. 

Brondissour, (r. brondi], s. m., 
jouet d'enfant, fait d'un morceau de bois 
plat, dentelé sur les côtés, et que l'on 
fait mouvoir à l'aide d'une corde. V. 
— D.-S. — Demi cercle en fer servant 
à soutenir l'essieu d'une charrette. — 
« Deux brandissous et autres ferrailles » 
(An. 1747. Vasles. — iManuscrits du 
Poitou,). 

Broquai, v. a. , surpasser , faire 
mieux qu'un autre. D.-S. 

Brouard,s, m., plant de vigne dont 
le fruit avorte toujours. V., arr. de 
Poit. et de Loudun, 

Broueta , s. m., buis, environs 
de Melle, (B.-F.). 

« Deu intieil broueta, qu'essamait la fleur varte.» 
[Mulluis duts av. isei.J 



64 



BRO 



Bbouillard , s. m., vertige qui 
s'empare quelquefois des bestiaux aux 
foires et que Ton attribuait autrefois à 
un sortilège pratiqué par les marchands 
étrangers pour avoir la marchandi^e à 
meilleur marché, l/on attribue encore 
ce vertige, de nos jours, à la poudre de 
foie de ioup brûlée au four, et répandue 
dans les champs tie foire. C'est ce qu'on 
appelle faire sauter les bœufs. V. — 
D.-S, — Vend. 

Broullaud (// mouillés), s. m., 
arbre, plante qui ne vient pas bien, qui 
croit à l'ombre d'arbres ou de plantes 
plus élevées. V., arr. de Chat. — D.- 
S., G. Brftîs — « BrouiTeaux,» s. m. pi., 
• terre en chaulme et brouillenux. > 
(An. 1689. Dangé. — Manuscrits du 
Poitou.). 

Broullassai , V. a. , bouleverser , 
mettre le désordre. V., arr. de Poitiers 
et deCiv. — D.-S., c. Bress. 

« Netre bon ré vent de chassy 
« Quez qui youliaot brouillassy » 

(Cent. Polit.). 

— Imper., se dit d'un temps brumeux, 
légèrement pluvieux. V. — Patois du 
Berry : « brouasse (ilj « , il bruine, il 
tombe une pluie fine. — Mayenne : 
« brouillasser. » 

Broulles (// mouillés), s. m. pi., 
fagots faits avec de menues branches ou 
des épines. D.-S. 

Brousse, Broussée et Brosse, s. f., 
hallier, touffe de ronces, d'épines, d'ar- 
bres. — xv« siècle; — Manuscrits du 
Poitou. — Ce mot, dans quelques en- 
droits, signifie encore bois, et il y a les 
BrousseSy bois dépendant du domaine 
de la Clielle,dansla commune d'Andillé 
(V.) — Gascon: « braco, » broussailles 

— Patois du Berry : « brosses,» bruyè- 
res. — Noms de lieux : Il y en a vingt- 
six qui portent ce nom dans le départ, 
de la Vienne. 

Brodif, s. f., synonyme du mot fran- 
çais brouée. V., c. de'Monlc. 

Brout (g. BsjTTc'./) , s. m., feuilles 
d'arbres que Ton cueille pour la nourri- 
ture des bestiaux. — Il signifie aussi les 
feuilles des arbres , des buissons que les 
bètes paissentsur place. — Parextension, 
maladie que les bestiaux contractent en 
broutant les bourgeons des jeunes ar- 



BRU 

bres , et que , pour cette raison , on 
appelle : « maladie du brout. » V. — 
D.-S. — Hourgeon , dans quelques lieux. 
— Basse latinité : hnistum, pastio , 
cibatus, esca , pastio animalium ex 
/;/-u.vt'/.s , e dumetis , le broust. Hinc 
brouster, pascere, depascere. « Capreae 
quuque... brustum habeant per lotum 
tîoscum. »— (Duc.) — Roman : « brou- 
tar, I) brouter , ronger. — Français : 
brout, » enveloppe verte des fruits à 
coquilles. — Noms de lieux: «La Broute» 
Béthines , V.; quatre appelés : « Les 
Broux; » deux, « Broux » et « LeBroux.» 
(V.) 

Broutard (r. brouf) , s. m., veau 
qui commence à brouter, dont la chair 
n'est plus tendre. Vend. — Hanneton. 
-(B-F.) 

Broutou, s. m., hanneton : « les 
broutons avant rangé tous nous âbres , 
i n'avant pat o sr'ment in frut à nous 
met'su la dont, o n'r'ch'te qu'l'nai ; » 
les hannetons ont rongé tous nos arbres, 
nous n'avons pas seulement un fruit 
à nous mettre sous la dent, il ne reste 
que le noyau. — D.-S., arr. de Melle et 
de Niort. 

Bruanda, s. m., personne brusque; 
brouillon : v ah! mon bon Dieu, qu'oui 
houme et-i bruanda ! » — V. , arr. de 
Poitiers. 

Brumail (r. brime) y s. m., petite 
pluie fine (B.-K.). — Roman : cbruma. » 
Brume, v. impers., tomber , en par- 
lant de la brume. — V., arr. de Civ. 

Brunette , s. f., champignon do 
couleur brune qui pousse à la même 
époque que la tarbe-de-bouc , et est , 
comme lui , come^tible. V. — D.-S. — 
(B.-F.). 

BfiUtNETTFS, s. f. pi. « L'on appelle 
ainsi , à Chef-Boutonne , dit M. Beau- 
chel-Filleau , les cordons du drap mor- 
tuaire. C'est un souvenir de la religion 
protestante, autrefois généralement pra- 
tiquée dans celte localité. Les protes- 
tants de la Rochelle et de quelques pro- 
vinces , dit Ménage, appelaient bru- 
nettes ce que les catholiques appellent 
drap mortuaire. Porter les brunettes , 
c'est tenir un cordon du poêle. » — 
Basse latinité : a bruneta , brunetum , 
pannus non ex nativi coloris lana con- 



BUG 

fectus , sed quavis tinctura imbulus. 
(Duc.) » — Guillaume Guiart : 

« Ne vestl il vert , ne brunette 
» Ne drap , co nous conte l'hktolre , 
» Qui ne traislt à couleur noire. » 
(Ad. 1248. Duc.) 

Brune, Bbuneur et Bbunoub, s. f., 
nuage très-noir : « o s'ièvesu la galarne 
ine brune bav naire ; » il se lève sur la 
galerne un nuage bien noir. — D.-S., 
arr. de Bressuire. — V., arr. de Poit. 
et de Civ. — Basse latinité : brunus, 
fuscus color, subniger, nigricans, Gallis 
brun. — Marne: «brune,» venue de la 
nuit, carie des grains. 

Brut, s. m. /corrélatif du mot fran- 
çais bruit. — M Avoir le brut, » est une 
locution qui signifie avoir le bruit d'êire 
sorcier Plus généralement avoir le bruit 
de ceci ou de cela , c'est être réputé 
ravoir fait. V. -- D.-S. — Patois li- 
mousin, Aube, Marne. Provençal et 
Gascon t brut : au brut de la ma- 
lemparado , » au bruit du fatal événe- 
ment. 

Bu , s m., tison enflammé : <i ine bu 
d'feu. a Dans tout le Poitou. 

Bu , s m., bœuf ; « t'a d'jolis bus; » 
tu as de jolis bœufs. V.— D -S.— Prin- 
cipalement dans la partie de ces deux 
départements que l'on appelle Gâline. 

Bu A, s. m., boyau. V., arr. de Civ. 
y. Bias. 

BUAILLE et BUEILLE , S. f., SBCondc 
paille; chaume. Vend. (C. et P. D.) — 
D.-S., arr. de Bress. — Irlandais ; 
« Buain. » (Cit. Card.) 

BuAiLLAE et BuEiLLT, V. 3., couper 
la buaille. D.-S. — Vend.— D.-S. ^c. de 
Bress. 

BuAiLLON, S. m., diminutif de buée, 
petite lessive. D.-S. — Airv., c. de Chà- 
tillon. 

BucHAiLet BucnAT(r. bûche], s. m., 
petit brin de bois, éclat de bûche : « o 
faut amassai les buchails. » V. — D.S. 
— Vend., suivant les lieux. — Gascon: 
€ Busco », bûche. 

Bdchaillai, V. a. et n.. ramasser 
les buchails, dans les bois, les haies, le 
lo.;g des chemins. — Être en peine, se 
donner du mal : « oh ! qu'o faut bu- 
chaillai, dans quialle ferme , per vivre 
tout juste et poyé son raaite ! » oh 1 
qu'il faut avoir de peine dans cette 



BUF 



65 



ferme pour vivre tout juste et payerson 
maître! — Chercher sa phrase. Suivant 
les lieux. 

Bûchai et Bûché , v. a., frapper à 
coups de cognée ; travailler avec force, 
activement. — Au figuré , rouer de 
coups : a ah ! guerdin, c'é don d" même 
qu' tu fais, i va t' bûchai, lu t' en s'vén- 
dra langtomps; » ah ! gredin, c'est donc 
de même que tu fais, je vas te bûchai, 
tu t'en souviendras longtemps. Dans 
tout le Poitou. — Patois du Berry : 
« bûcher, » frapper à coups de cognée ;/ 
au figuré, rouer de coups. — Marne : 
«bûcher, » mesurer une distance avec 
un brin de paille; frapper. 

BucHEiLLE et BucHiLLE, S. f., petit 
brin de bois. V. — D.-S., dans quelques 
localités. — Haute-Marne ; « bercheilles.» 
brins de bois mort. 

Buch'llé, (//. mouillés), v. a. et n., 
ramasser les bucheilles. V. ce mot. Dans 
quelques contrées. V. « Buchaillai. » 
— Au figuré chercher sa phrase, le mot 
propre, hésiter. 

« De même devant vous votre frère bticheille 
») Quand vous n'estez point quy gle dit prou 

[joliment* • 
(Bab., p. 69.) 

Boe, s. f., cruche à deux anses. V. 

— D.-S. — Deux buez de terre verte. 
(An. 1484, manusc. du Poit.) 

BuEE, s. f.. lessive. V. — (Manuscrit 
du Poit., 1546. — Patois du Berry: 
« buée et buie. » — Marne : « buée, » 

— « buer, » laver; — « buerie, » 
lavoir; — ancien français : «buée. » 

BuFFAR , V. a., souffler : « buffâel' 
feu pre rallumai, la chandelle pour l'é- 
teindre. » Vend.,— V. n.,au figuré, res- 
pirer avec effort. — V. — D.-S. — Bo- 
man : « buff"ar. » 

BuFFE et BuFFRE,adj., se dit princi- 
palement des noix quand elles commen- 
cent à se gâter. V., arr. de Poit. et de 
Civ. — D.-S. — « Bufec, » creux, vide, 
gâté (Lacombe, t. ii.) 

BuFFÉ, V. a. et n., souffler. V. — 
D..S. — y, Buffâe. 

« Séchons rendus tout d'au premay 



• Pre bufay son feu pre tlray 
» De l'ève en ses sellUi. » 

(N. p., p. 



144.) 



66 



BUL 



Patois du Berry : « bouffer, » souffler ; 
le vent bouffe. — Ronsard : 

« Des Tenls Impétueux qui se bouffent si fort. » 

(Cit. C. J.) 

BrFFÊE, s. f., souffle, coup de vent ; 
tourbillon de fumée. V., arr. de Foi- 
tiers. 

Blfflotte, (r. buffe), adj., se dit 
des noix percées par les vers. V., arr.de 
Poitiers. 

BiiFFOU, s. m., morceau de bois ou 
de fer creux, long de 50 a 60 centi- 
mètres, qui sert de soufflet , et même à 
attiser le feu. Encore en usage dans 
quelques pauvres ménages delà Vienne 
et des Deux-Sèvres. — Patois du Cerry : 
4 boutToiet bouffouet, » soulïlet. 

BuGADiER, (b. I. hngaderius), s. m , 
buandier. V., c. Isl.-Jourd. — (An 1408, 
Manusc. du Poitou.) 

BuGE, s. f., buie. Y., arr. de Civ. et 
de Montm. V. Beuve. 

BuGEADE, s. f. , lessive. V., arr. de 
Montm. /'. Buée. — Gascon et Proven- 
çal : « Bugado. » 

BuGEADi,s. m., cuve à lessive. F.le 
précédent. V.jC.Isl. -.lourd. ,Adriers^ Lu* 
chapt. 

Bl'GEADou, s. f., diminutif de bu- 
geade, petite lessive. V., c. Isl.-Jourd., 
Luchapt. 

Btgeaie et BuGÉE, s. f. V. Buée. 
Suivant les lieux. — Au figuré, l'on dit 
d'une affaire qui prend une mauvaise 
tournure : <r Q^if'-i n' fra poué ine 
boune bugeaie. » V. — D-S. — Vend. 

Bcgeandrib, s. f., buanderie. V., 
arr. de Montm. — Noms de lieux : 
■ Bugenderie, » Archi.:2;ny iVienne.) 

BuGiEet Buie, s. f.. Buée. V. — D.-S , 
suivant les lieux. V. Bugée. — Patois de 
Besançon , Berry , Marne et Haute- 
Marne : « buie. » 

BujE, s.f., cruche. V., arr. de Civ. 
et de Montm. F. Beuve. — Patois du 
Limousin : • bujo , » cuve , cuvier. — 
Patois du Berry : c bujau», cuvier. 

BuLi, V. n., mugir. V., c. de Monte. 
V. Bramâe. 

Bllie, s. f., mugissement. V., c. de 
Monte. V. Bramée. 

Bllotte, s. f., noix percée par les 
vers. V.. arr. de Chat, et de Loudun. 
y. Buffelûtte. 



BUR 

Bub,e,(1.5m7tm5), adj., brun, brune. 
— Au figuré, sournois, sombre, mauvais 
caractère : « guiette le lai, tai, quiau 
grous bur; gne n' causera pas d' la 
sérée , va » ; regarde-le là, tiens, ce 
gros bur ; il ne parlera pas de la soirée, 
va. V., arr. dePoit. et de I^udun. 

BuRBE, 3. f., bosse au front. V., c. 
de Montcontour. 

BuRAON, s. m., cabane. Vend. (C. 
et P. D.) — Français : « buron, » ca- 
bane où Ton fait le fromage dans les 
montagnes d'Auvergne. 

BuREA, ELLE,(r. Bur^) adj., mouton, 
brebis dont la laine est marquée de noir 
et de blanc : « habillement fait de laine 
burelle. • (B.-F.) — Patois du Berry : 
« burau, de », jaunâtre. 

BuREAs(saut de), loc, jeu d'enfants; 
cul par dessus tète, culbute : le saut de 
bureas s'appelle ailleurs faire la cocu- 
lette : 

« Et qo'i fais en tombant In grand .saut de bureas. » 

(GUSl., p. C6.) 

BuREiLLÉ, V. a., regarder quelqu'un 
avec indiscrétion. V., arr. de Poitiers et 
de Chat. V. Bireillai. 

BuREiLLOU, SE, adj., celui ou celle 
qui regarde avec indiscrétion. V., arr. 
de Poitiers. 

BuRELET f^wrVeO, s. m., bourrelet 
que les femmes attachent au bas et sur 
le derrière de leur corset, ou brassère , 
pour soutenir leurs jupes. D.-S., arr.de 
Bress. et de Parth. 

BuRET, s. m., le taon des bœufs. V. , 
arr. de Poit. et de Chat. 

BuRGAU, s. m., frelon, bourdon. Il y 
a le tourteau- burgau , espèce de 
gâteau. V. — D.-S. F. Bregaud. — 
Patois limousin : « burgaou. » 

BuHGAUDi, V. n., crier de toutes ses 
forces — (sej, v. pr., s'écrier. V., c. de 
Monte, Mazeuil. 

BuRGAUDiN, NNE, adj., coureuf. 
Vend., Font. (Cet P.D.) 

BuRGOLLiAi, V. n., mugir. Gâtine. 

BuBJAUD, s. m., bourdon V., arr. 
de Ci Vf. — D.-S., c. de Bress. F. Bre- 
gaud. 

BuRTN, s. m., mouche qui s'attache 
au museau des animaux. V., arr. de 
Civ. 



BUS 
BuBiN, S. m.j veste de bure. (B.-F.) 

« Tu vaux don qui m'érale, 
» Qui soubre mon burin. » 

(Mellois,28 avril i86i.) 

— Français instrument de graveur : 
BuRLE, ÉE, adj. buriné. 

« Le moindre de loux mol quand glenous ont parlé 
» Passet pr' arrêt do ciel, tout scellé, tout burlé. » 

(Bab., p, 91 .) 

— Français : « Burelé, » t. de blason. 
BuBGUAi, V. a. et n., heurter : « l'ai 

burquécont' in caillou. » — (se) v. pr., 
se heurter. D.-S., arr. de Bress. et de 
Parlh. —(A. R.) 

BuRQAiN, (r. 6w?')', s. m., veste , à 
l'origine, de couleur rousse, taillée d'une 
façon particulière. D.-S. 

Busse, s. f., barrique. Usité dans les 
environs de Bressuire et de Loudun. — 



Bm 



67 



« Une busse de vin blanc de cens et 
rente. > — (An. 1633, Manusc. du Poi- 
tou.) — Marne : a Buse » , tonneau. 
(Tarb.) 

Blitie, s. f. , taupinière. V., c. de 
Montcontour. V. Boutée. 

BuTTAvet Buté, (b. 1. àuium), v. n., 
prendre pour but, en lançant des 
pierres, ou comme terme d'une chose. 
Vend. 

« Seglepeutvc bultay, gle ve ferat dau.t qucu- 

fgnes. » 
(Gust., p, C3.) 

— V. pr., « se buté,» se heurter, s'opi- 
niâfrer, paraître, se montrer. V. — 
D.-S. — Vend. — Basse latinité : Bu- 
tum, finis, limes, terminus. (Duc.) — 
Marne : « buter (se), »> s'opiniàlrer, se 
dépiter. 



G • 



CAB 



Ça, adj. démonst., ce ; « çà que, » 
ce que. Dans tout !e Poitou. 

Caba, s. m., brin de chanvre très- 
gros. V., arr. Chat., IMairé. 

Caban AY (g. y.y.T,7.rf,) , s. m., c'est le 
nom qu'on donne dans les marais du 
Bas- Poitou au fermier d'une cabane 
Vend. 

« Que gl'acbetit autour dau cabanay Gcorget. » 

(Gust., p. 39.) 

— Basse latinité : cabannarla et cha- 
banaria, sedes rustica, capanna , vel 
cabanna, vel prserlium rusticum. (Duc.) 
Ça bas. adv., ici en bas. V. — D.- 
S. — (A. R.) — Vend. — Sainlonge.— 
Ancien français. 

* 

M Tant la haut que cà bas 
» T'en aras sans obstacle. » 
(Gust., p. 3.; 



m. 



Cabas, s 
bies. (A. R. 
concave. 

Cabasse, s. f., 
(A. R.) 



creux ; se dit 



des ar- 
cavus, creux. 



Latin 
tronc d'arbre creux. 



Cabaud, s. m., grosse noix. V., arr. 
deCiv. V. Baguère. 

Cabèche, s. f., espèce de fourche qui 
sert à remuer le fumier. D.-S., c. de 
Parth. 

Cabèche {].caput),s. f., grosse tête : 
« gl'a moyen d'apprenre a lire quiauqui, 
gl'a ine fameuse cabèche. » V., arr. de 
Civ. — D.-S., arr. de Bress. — Pro- 
vençal : « cabesso. » — Lanj^uedocien ; 
« cabôsso. » — Saintonge : « cabo- 
che. *» 

Cabeugtve, s. f., bosse au front. V,, 
arr. de Chat. /^. Burbe. 

Cabinet, s. m., armoire, placard. 
V., arr. de Civ. — D.-S. — Vend. — 
tt Un cabinet de bois de cerisiet fermant 
à clef avec quatre fenestres (ou battants) 
apprécié 20 livres. » (An 17 fil. Vasles. 
Manusc. du Poitou. — Gascon : « ga- 
binet. » — Marne : « cabinet, » coffret, 
armoire. 

Caboche, s. f., plante. 

Caboche,, v. a,, mettre des caboches 
à des sabots. V. 

Cabobnea, adj., creux, vide à l'in- 



68 



CAC 



térieur; arbre, melon « cabornea. » 
Vend. (C. et P. D.) — Provençal : « ca- 
forno, » cavité : a mando sa ma dins 
la caforno, > mit sa main dans la ca- 
vité. 

Cabosses, s. m. pi., les épis ou tètes 
du tiède, de la luzerne après leur matu- 
rité, lesquelles renferment d'autant plus 
de graines qu'elles sont plus grosses. 
(B.-F.) — Saintonge. — Gascon : a ca- 
tels, n épis. 

Cabossi, e, adj.. c'est ainsi que l'on 
désigne les bêtes et les gens atteints 
d'une maladie quelconque : « Made- 
lurhe é tout' cabossie de peu quieuque 
tomps. » — Se dit aussi des fruits meur- 
tris par un coup de vent ou la tempête. 
D.-S. , arr. de Bress. et de Parth. 

Cabot, s. m., petit monceau; jeu 
d'enfants, jouer au cabot avec des noix. 
V. . arr. de Poit. et de Loudun. — Ca- 
boter, V. n., c'était un des devoirs des 
sacristains de Montierneuf de faire ca- 
botter les cloches les jours de saint 
Marc et de saint Cloud. (An 1629. Ma- 
nusc. du Poitou.) 

Caboubgne et Cabouene , s. et 
adj., creux, vide à l'intérieur ; trou. V. 
— D.-S. V. Cabornea. — D.-S., c. de 
Maz. (A. R.) — Saintonse. — « La Ca- 
borgne » et la « Petite-Caborgne » sont 
des noms de lieux de la commune de 
Bellefonds (V.); « Caborne (la), » Bu- 
lerolles et Lavoux. (V.) 

Cabour>ot, te, adj., creux. V., arr. 
de Civ. et de Loudun. 

Cabbenot. te, adj. V. le précédent. 
V., arr. de Poit. —D.-S. 

Cabrenote , s. f., tronc d'arbre 
creux : « enfonce ton bras dans la ca- 
brenote. » (A. R.) — Par extension, 
petit placard. V., c. de Mirebeau. — 
Petite boîte en bois blanc qui sert à 
mettre les enfants au maillot. V., arr. 
de Loudun. 

Cabri (l. capra), s. m., chevreau. 
V.. arr. de Poit. et de Civ. — Chèvre, 
D.-S. —Gascon : « cabre » — Patois 
du Rerry : « cabin, » chevreau. 

Cabro, s. m., coureur, bohémien. 
V.,c. del'Isl.-Jourd., Luchapt. 

Cacassae et Cacassi, v. n., bé- 
gayer. Vend. (C. et P. !>.; — V., c. de 
MiVebeau. — Crier comme des oies. 
Onomatopée, V., c. de Montcontour. 



I 



CAF 

Cacassab, s. m., bègue. Vend. (C. 
et P. D.) 

Cacau, s. m., noix. V.,c. de Monlm. 
et de risl. -lourd.  OEuf. V., arr. de 
Civ. — Marne : « caca, w œuf. 

Cacau, s. m., pie, oiseau. D.-S-, arr. 
de Bress. 

Cacaux, s. m. pi., coquilles. V., 
arr. de Poit. 

« Les nouzUIcs sont pre les filles 
» Les cacaux pre les nigauds. » 

(Cbans. poit.) 

Cache-Mistouri et Cache-Mite , 

s. m., s. f., jeu d'enfants. V., arr. de 
Poitiers et de Civray, c. de l'Isle-Jour- 
dain. 

Cacrea (g. y.apa), S. m., sommet de 
la tête. V., c. de Mireb. et de Monte. — 
Patois du Berry : « cacrotte, > crâne. 

Cacrea, s. m., fragment de poterie. 
Vend. (Cet P. D.) 

Cacrea, s. m., fruit dont on a ôté le 
pourri. Vend. (C. et P. D.) 

Cacrelle. s. f., diminutif de ca- 
ciea , sommet de la tête. V., c. de 
Vouillé. 

Cadenandale (battre la), îoc, se dit 
de quelqu'un qui passe son temps à 
courir, à battre le pavé. (B.-F ) 

Cadenettes (cad'nettes), s. f. pi., 
longs poils frisés qui garnissent les 
oreilles des baudets. V., arr. de Civ. — 
D -S., arr. de Melle. — Français : « ca- 
denettes, » longue tresse de cheveux 
derrière la tête. 

Cadet, s. m., sorte de corset à l'u- 
sage des femmes dans certaines contrées. 
V., c. de Montcontour, La Grimau- 
dière. 

Cadrou (faire le) [1. caducus], Ioc., 
avoir l'air souffrant , malade , avoir 
mauvaise mine (B.-F.) — Saintonge. 

CadrouEjS. f., tristesse, abattement. 
Vend. (C. et P. D.) — Adj., et, par ex- 
tension , stupéfait, désappointé. Vend. 
(C. et P. D.) — Noms de lieux : « La 
Cadrouse » \Nouaillé, V.) 

Cadeu, e, adj, caduc, triste, abattu. 
D.-S. — (A. R.) 

Cafegnon et Cafignon (cafgnon), '■ 
s. m., mauvais chausson, mauvais cha- 
peau, mauvaise coiffure. V., arr. de 
Poit. et de Civ. — Toutes choses chif- 
fonnées. D.-S., arr. de Melle. — Se dit, 



CAG 

♦ 

en général, des chaussons usés : a o 
n'sont pas des chaussons, o sont des 
cafgnons. » V., arr. de Chat., Maire. 
— Patois du Berry : « cafignon. » — 
Rabelais : escafignon : a je vis un jeune 
escafignon espouser une vieille panlo- 
phie. » (L. 4,0. 9.) 

Cafegnounai , mettre un chapeau 
ou quelque autre chose en cafgnon, le 
chiffonner. V., arr. de Civ. — Un fro- 
mage est « cafegnouné » quand le temps 
le rend gras, 

Cafie, e, adj., gros, rond: «ah! 
quieul cafié ! » ah ! quel gros homme ! 
V., arr. de Chat. 

Cafont ou Quafont, s. m., lieu où 
l'eau tient. V., Cheneché. 

Gagne (1. ca;a«), s. f., poltronnerie. 
Dans tout le Poitou. — Chagrin, gui- 
gnon. Vend. (C. et P. D.) — Adj. des 
2 genr., et, par exlension, stupéfait, 
étonné. — D. S., Châtillon. — Proven- 
çal : a cagno, » chagrin : a souleto vous 
vén uno cagno, » seule il vous vient un 
nonchaloir. — Patois du Berry : « ca- 
gnie, « petit polisson, gamin. — Ita- 
lien : « cagna, » nonchalance. — Fran- 
çais : c cagnardise, » paresse habi- 
tuelle. 

Gagnai, V. n., faire le poltron, céder, 
se rendre : a tu s'ra forcé de cagnai. » 
V. — D. S. — V. a., cacher : « Vour a 
lu cagnai mon gilet*^» (A. R.) — Marne: 
(( cagner, » boiter, refuser, reculer, elre 
poltron. — Français: « cagnarder, » 
vivre dans la paresse. 

Gagnon, s. m., gros morceau, se dit 
principalement du pain : « in grou câ- 
gnon de pain. » (B.-F.) — V. — D.-S. 

Gagkot, s. m., petit chien : « portai 
cagnot, » c'est, au jeu de la pirouette, 
porter celui qui a gagné. V,, arr. de 
Civ.— D.-S.— (A. R.) — Italien : < ca- 
gna, > chienne. 

Cagnou se, adj., cagneux, honteux, 
craintif. Vend. 

€ Pre mas transi, penot, 

» I disas tout cagneux, adieu moa pauvre pot. » 

(Gust., p.. 64.) 

Patois du Berry : c cagnaud, e, » pa- 
pelard, caressant avec hypocrisie. 

Cagouet et Gagouet,s. m., nuque, 
y. — D.-S. — Patois limousin : a co- 



GAI 



69 



guéi. » — Patois du Berry : « cacouet, » 
caquoi. 

Cagouille, s. f., les hélix promatia 
et aspersa, V., arr. de Poit. (Maud ) — 
Limaçon. V., Civ. — D.-S. —(B.-F.) 

— Saintonge. — Français: « cagouille,» 
terme de marine, volute au haut de l'é- 
peron d'un vaisseau. — Noms de lieux : 
« La Cagouillère, » près Poiiiers; « Les 
Cagoulières. » (Saint-Pierre-de-Maillé, 

V.) 

Cagbou, se, adj., se dit de la vo- 
laille sur le point de crever et des per- 
sonnes accablées par la souffrance : 
« l'fait l'cagou quem' in pigeon qui a 
r'çu in cot de piarre.» V., arr. de Poit. 
et de Civ., c. de Monte. 

Cahureau, s. m. V. Cazureau. 

Cahute, v. n., crier, aboyer. V., 
Chat. — Tousser souvent. V., arr. de 
Loudun. — Aube et Marne : c cahut, 
cahour, cahours, » entêté, poltron. 

Çai ou Çay (de), adv., de çà. — Y. 
D.-S. — Languedocien. 

Cail cadet, s. f., le mâle de la 
caille , la caille en général : « in cail- 
cadet qui grouaitses p'tits, » une caille 
qui grouait ses petits. D.-S., arr. de 
Melle. 

Caillade, s. f., terre argileuse dé- 
trempée par l'eau. V., c. de Tlsl. -lourd. 

— Noms de lieux : « Caillauderie, la 
Caillauderie, Caillaudière, les Caillau- 
dières. » (V.) 

Caillade (r. caille)^ s. f., lait aigre 
qui est resté dans la t'rasse (A^. ce mot), 
après que l'on a levé les crèmes pour 
faire le lait. (B.-F.) 

Caille, s. f., lait caillé^ mauvais 
lait. D.-S , arr. de Bress. 

Caille, adj. des 2 genr. L'on donne 
le nom de bœuf-caille à celui dont le 
pelage est tacheté de rouge et de blanc. 
(B-F.) 

Caillebâsse, s. f., lait caillé ; « Gle 
nous fasons trejou mingeai d'ia caille- 
basse à neutre d'juner; » ils nous font 
toujours manger du lait aigre à noire 
déjeuner. V., arr. Civ. — Français : 
« caillebotte. » 

Caillebottai , AIE, adj., qui est 
blanc et noir; ne se dit point des cho- 
ses. (A. R.) 

Caillebottai (r. caillebotte), v. n. 
et pr. , réduire en gros grumeaux ; 



70 



CAL 



CAL 



(' Prends garde, ton lait caillebottera. » 
(A. R.) 

Caillennb, s. f., coiffe de dessous, 
le plus souvent en carton, et qui forme 
comme le moule de la coiffure que l'on 
appelle panline. V., canton de Mont- 
morillon. 

Caillon, s. m., bonnet de femme à 
formes diverses. V. — D.-S. — Vend. 

Caillon, s. m., la caillette, le qua- 
trième ventricule de l'estomac des ru- 
minants. On lui a donné ce nom parce 
que c'est l'endroit où se forme la pré- 
sure qui sert à faire cailler le lait. L'on 
prend dans les campagnes ce caillon 
que l'on pétrit avec de la pâte, et dont 
on fait la galette. {V. ce mot.) [B. F.) 

Caillonna.1 et Cailloutai (Se;, v. 
p., se coiffer d"un caillon. V. 

Caillotte (r. caillou), s. f., cail- 
loux brisés, cassés, macadam. V.. arr. 
Poit. — Petits cailloux pris dans les 
carrières. V., arr. Chat. — Caillou. 
D.-S., arr. de Bress. — Patois du Berry : 
« caille. » — Noms de lieux : « Cail- 
loterie [\a). » [Romagne, V.] 

Cajo, interj. dont se servent les ber- 
gères pour chasser les loups. D.-S., c 
de Celles. — Interject. dont elles se ser- 
vent pour exciter leurs chiens après les 
chevaux et les bœufs qui se trouvent en 
agât. (B. F.) 

Calabre et Calavre (Battre la), 
loc, battre le pavé. V., arr. de Civ. — - 
V. Cadenandale. Latin : c Calabria, » 
la Calabre, province d'Italie. 

Calai (g. xaXaw), v. n., céder, obéir : 
•> faudra que tu cales. V. — D.-S. — 
Vend. — Roman : « calar, calare, î se 
taire. — Provençal : « cala. » — Pa- 
toi du Berry : « caler, » fuir. — Mon- 
taigne : « Cette superbe vertu eût-elle 
calé au plus fort de sa montre? » 

Calai, v, a., enfoncer, faufiler : 
« caler sa jambe dans son pantalon, d 

— V. pr. , s'enfoncer, se faufiler: a s'ca- 
lai tout chaud dans son lit. » V. — D.-S. 

— Français : «caler, * assurer, mettre 
d'aplomb avec une cale. 

Calai (r. cale), v. a., ôfer, enlever 
la cale, le brou de la noix; par exten- 
sion, se détacher, en parlant de la peau 
du bois au moment delà sève : « quiou 
pouple cale bé ; » ce peuplier, etc. V. 

— D.-S. 



Calai, v. n., se dit de la peau quand 
elle tombe par écailles : « Les pés et 
les moins m'calant d' mai en m.ai; » la 
peau de mes pieds et de mes mains 
tombe de plus en plus. V. — D.-S. 

Calandre, s. f., alouette huppée. 
L'on dit proverbialement : « chonté 
coum' ine calandre, » pour dire de 
quelqu'un qu'il chante continuellement, 
V., arr. de Civ. — D.-S. — Basse lati- 
nité : Calandra, Italis, est alaudae 
species, quam a Galerita, de qua, suo 
loco, dictam pulat Octav. Ferrarius, 
eadem quœ calandrus, gryllus, cicada, 
curculio. (Duc.) — Marne : « calandre, 
calandrelle, » alouette à doigts courts. 
— Français : insecte qui ronge les blés. 

Calard, B, adj., celui qui cale, ou 
enlève le brou de la noix : 

« Cali, calard, 
« Vau-tii dau lard ? 
» I non, i non ; 
»> Que vaii-tu donc ? 
» Cent cots de bâton 
» Per les talons. » 

Jeu d'enfants quand l'un se refuse à 
faire quelque chose. V., arr. de Civ. 

Calau, adj., bœuf qui a les cornes 
droites et inclinées sur le cou. V. — D.-S. 

Calaud, s. m., oiseau, le petit plon- 
geon. Vend., Font. (C. et P. D.) 

Calaud, s. f., coiffure très-peu fa- 
çonnée et à l'usage des enfants. V. — 
D.-S. : 

« Et qupme on dit au ménage, 
» Librochirant in calaud. » 

(N. p., p. 61.) 

Calculi , s. m. , calcul. Vend. : 

« Mais laissons moins quiau calcull. » 

(Gust.) 

Cale, s. f., brou de la noix, de l'a- 
mande; la noix elle-même. V. — D.-S. 

Calé (Être bien), loc, être propre- 
ment vêtu. Par extension, être riche, à 
son aise. Dans tout le Poitou. 

Calea, s. f., le dessus de la tête. 
(B.-F.) 

Calea, Callea, Calau, Cala4U, 
s. f., la noix dépouillée de son brou, de 
sa cale : a Mes caleassantbans. C'qu'tu 
dis s'tint coum' daux caleas su n'ine 
parche; » ce que tu dis se tient comme 
des noix sur une perche. C'est un pro- 



CAL 

verbe poitevin qui signifie une conver- 
sation embrouillée , sans ordre , sans 
aucun bon sens. V. — D.-S. — Vend. — 
Patois du Berry : « calo, calon, » noix 
encore pourvue de son brou. — Eure-et- 
Loir : « callot, » noix : « sec coume 
in callot. » (Hécart.) 

Câlet, s. m., breugnon. (B.-F.) 

Calet, tte, (1. calvus)^ adj., être 

nu, sans vêtements, légèrement vêtu. 

Avoir la tète calette, c'est être chauve ; 

les pieds calets, les pieds nus. — Calet 

(à), loc, à nu, à découvert. Dans tout 

le Poitou. 

Calibau et Caltbier, s. m., gros 
morceau de pain. V., c. INlontc, arr. de 
Chat. — Gros morceau de pierre. V., 
arr. Poit. 

Câlin, adj., bois câlin, s'applique 
uniquement au substantif bois; il signi- 
fie du bois dépouillé de son écorce, ou 
du bois de feu moins gros que le bois 
dit bois marchand et bois de corde. 

Câlin, s. m., vase, le plus souvent 
de fer blanc, muni d'une couverture 
sur laquelle on place de la braise, tan- 
dis que l'on met également du feu sous 
les pieds. Il sert à faire cuire des vian- 
des dans leur jus. (B.-F.) — V., arr. 
Civ. — Français : « câlin, » composi- 
tion métallique dont la base est l'étain. 

Câline [a bref), s. f., espèce de coiffe 
composée d une bande de linon d'un 
mètre environ, sur 2.5 cent, de long, 
enrôlée sur un petit calaud, et laissant 
tomber deux petites barbes par derrière. 
D.-S., arr. de Bress. 

Calorgne, adj., louche, V., arr. 
Poit. — Mayenne. — Marne : « calor- 
gne, caliborgne, » borgne. 

Calort, s. m., petit bonnet d'enfant, 
mauvais chapeau. V., arr. Civ.— Mau- 
vaise coiffure. V., c. Pleum., Maire. 

Calot, s. m., sorte de coiffure à bar- 
bes tombantes. D.-S. 

Caloton, s. f., diminutif de calot, 
espèce de calotte pour tenir les cheveux 
renfermés. V., arr. Civ. — D.-S., arr. 

Mel. et Niort. 

Calouret, s. f. , commère. Vend. 
(C. et P. D.) 

CAllai, s. m., noix dépouillée de son 
brou. Vend. (C. et P. D.) ^. Calea. 



GAN 



71 



Callard , s. m. , cambouis. Vend. 
(C. et P. D.) : 

« Vour ol' était mon nom en callard émolé. 

(GUSt., p. 66.) 

Calles (1. calx)j s. m. p., corne des 
pieds du bœuf. V., arr. Poit. — Latin : 
calx, le bout du pied, la corne d'un 
bœuf, d'un cheval. 

Camail, s. m., maillot. Vend. (C. et 
P. D.) — Français : « camail, » vête- 
ment ecclésiastique. 

Ca>:bé(1. quatn bené), adv., com- 
bien. D.-S., c. Celles. — Patois limou- 
sin : « cambé. » 

CAMiSEBOLLE,s.f., camisole, blouse : 
« Camis'rolle et jupons rayés, à ses pés 
daux grous bocs per soûlés ; » camisole 
et jupons rayés, à ses pieds de gros sa- 
bots pour souliers. V., arr. Liv. — 
Basse latinité : camîsile , camisilis , 
cantpsiley vestis species, eadem, quae 
alba , seu camisia, velcerte tela qusevis 
linea aut cannabina. (Duc.) Vieux fran- 
çais, 

« Cheiase et cheinsil 
» N'a touchiés pas a mou chainse, 
» Sire ch&valier. » 

(Cit. Duc.) 

Pvoman de Garin : « Qui plus est 
blanche que nul pans de cheinsil. » 

Canard, s. m., instrument de ser- 
gier pour écarder la laine. V. — D.-S. 
— « Un canard de bois à écarder de la 
laine, garni de ses liardes. » (An 1781, 
Vasles. Manusc. du Poitou.) 

Canau (1. canna), s. m., cruche pour 
aller puiser de l'eau. Vend. (C et P. D.) 

Cane (I. canis), v. a., mordre. V., 
Civ. 

Canet, s. m., diminutif de canard, 
caneton : « Boire comme un canet, » 
c'est boire beaucoup. Dans tout le Poi- 
tou. — Patois du Berry : « cani, ca- 
nou. » 

Caniaon, s. m., âne. Vend. (C. 
et P. D.) 

Canole, s. f., fouace. Vend., environs 
de Fontenay. — Ardennes : « canole, » 
gorge. 

Canton, s. m., carrefour; le lieu où 
se rassemblent plusieurs personnes : 
a D'our vin-tu ? — Dau canton, — Au 



72 



CAP 



figuré , il est synonyme à caquet, ca- 
quetage.V. — D.-S. 

« Alix auberges, aux coulons, aux portes des églises » 

^Gust., p. 68.) 

Dans nos campagnes, le cantoti est 
le lieu où se réunissent les femmes 
du village, pour coudre, pour filer, etc. 
C'est là, comme jui four et à la fon- 
taine, que se débitent les nouvelles, 
les médisances et les calomnies. Plus 
d'une querelle y prend sa source ; plus 
d'une personne y est viclimée par les 
mauvaises langues, qui n'y sont ja- 
mais rares. — Basse latinité : Cante- 
r/?/7?i,' unum canterium terra) quod vo- 
bis Marota dédit. î (Duc.) — Roman: 
« Canton.» — « Canton. » pour portion, 
morceau de terre, est souvent employé 
dans les anciens manuscrits. — Ancien 
français : « quanton. » — Noms de 
lieux : Canton (Le). » [Le Vigean, V.J 
Caput(1. Caput), s. m., tète. V.^ c. 
Jsl.-Jourd., Adriers. 

Capai (r. cape), v. n., littéralement, 
mettre sous cape , cacher, se baisser : 
« capt' iqui ; » cache-toi ici. — (se), v. 
pr., se cacher. V. — D -S. 

Caphnan, s. m., mauvais chausson. 
Vend. (C. et P. D.) V. Cafî'gnon. 

Capitou (r. cap), adj. m., têtu, fan- 
tasque, capricieux. Vend. (C. et P. D.) 
Capot (r. cap], s. m., sorte de man- 
teau, à l'usage des femmes, ayant un 
capuchon : le capuchon du manteau. 
Dans tout le Poitou. — Coiffe, environs 
de Fontenay. — Capitium, de caput^ 
espèce d'habillement dont les femmes se 
couvraient l'estomac. (V^arr.) — Dans 
l'Ecriture sainte , ouverture du haut 
d'une robe par laquelle on passe la (été 
pour la vêtir : in cujus med'io supra 
erit capitium. (Exod. 28, 32.)— Patois 
du Berry : « capiche,capichon, capot » 
capuchon en étoffe de laine blanche que 
les femmes mettent sur leur bonnet, 
et qui couvre les épaules. 

Capoti n , s. m , on y joint ordinaire- 
ment le qualificatif petit ; c petit capo- 
tin, » qui gagne sa vie tout doucement, 
soit comme ouvrier, brocanteur de bes- 
tiaux , soit comme blatier, etc. V. — 
D.-S. — Petit vigneron qui vend le vin 
de son crû. (A. R.) 
Capuciiî ou Capucine, s. m. ou f.. 



CAR 

vase en fer blanc dont le couvercle a la 
forme d'un capuchon, et qui sert à ver- 
ser l'huile dans une lampe. Vienne. 

Caque, adj., se dit des noix : - noix 
caque, » c'est la noix ouverte et qui va 
lais^^er le brou : « Les noix de mes'hui 
?ont caques, faut les abattre. » V., arr 
Chat. 

Caquet-boulite, Caquet-toutou 
loc. que l'on emploie lorsqu'on se cache 
et se découvre successivement pourarau 
ser les enfants. V. 

Caquelotte (g. y.oy.Xcç) , s. f. , co 
quille. V., suivant les lieux. 

Caquebot (ca^'ro^j, s. m., fragment 
de poterie. — ■ Vend. — (C. et P. D.) 
V. Cacrea. 

Caquette et Caquine, s. f. , dent , 
terme enfantin. — D.-S. , c. de Bressuire. 

— Vend. — (C. et P. D.) — V., c. de 
Monte. 

Caqueugne, s. f., bosse au front. — 
Vend. (G. et P. D.)— V. Cabeugne. 

Carabiîsé, ée , adj., taquin, qui 
aime les plaisirs bruyants. V. , arr. de 
Poitiers. 

Caras, sse, s. et adj., sorte de nom 
que les habitants de la Gâline donnent 
à ceux de la plaine : « s'habiller en 
caras , la femme de mon frère est ca- 
rasse. » — (A. R.) 

Carbasse, s. f., abondance.— Vend. 

— (C. et P. D.)— Latin : carbas , vent 
du nord-est. 

Carcagnasse, s. f., tête , et parti- 
culièrement mauvaise tête. V. 

Carcassai, v. n., onomatopée, crier 
comme les oies. V., arr. de Poitiers. — 
V. Cacassi. 

Carcasson , UNE (r. carcassai) , 
adj., celui ou celle qui ne sait ce qu'il 
dit, qui carcasse comme les oies. V., 
arr. do Poit. De là ce dicton poitevin : 

« François père aux oies, 

» Carcasson père aux piroas. » 

Carcelle, s. f., insecte brun foncé, 
ayant plusieurs pattes , qui s'attache à 
la peau du bœuf et en suce le sang. Il 
tourmente le bœuf, parfois, jusqu'à 
le rendre furieux. V., arr. de Chat. 

Cardou (l. carduus), s. m._,cardeur. 
V. — D.-S. 

« La compagnée était de cinquante cardouxt * 

(Bab„ p. 10.) 



CAR 

Latin : carduus, chardon , de carrere 
pour carpere, dans le sens exprimé par 
Varron , carpere lanam , carder de la 
laine. — Basse latinité : cardo , car- 
duiis, seu cardui strobilus, quo lanae 
carminantur, (Duc.) 

Cahgnaon et CàRiGNON , s. m., en- 
tamuredu pain, gros morceau. — Vend. 
— (C. et P. D.)— V., arr. de Chat. 

Carias et Cariau , s. m., le carex, 
plante. V., arr. de Poit. (Maud.) 

Caribandale, s. f., toutes sortes de 
viandes en général. — (B.-F.) — V. Bom- 
bille. 

Carminat (1. Carmen) , v. a., en- 
chanter, ensorceler, charmer : « i cré 
qu'i ai été carminai. » — D.-S., arr. de 
Parthenay. — (A. R.) — Dans le langage 
des livres saints, canere carmtii , c'est 
prophétiser. — Basse latinité : carmi- 
7iare , incanlare , carminibus magicis 
irretire : « ipso oculo clauso qui car- 
minatus erit... glaudulas mane carmi- 
nabis. » (Marcellus empiricus, C. 8 et 
15. Cit. Duc.) 

Carminement,s. m., enchantement, 
ensorcellement par des paroles magi- 
ques. — D.-S., arr. de Parlh. — Aube : 
« carme, » chant magique. 

Carnaquin.s. m., camisole à l'usage 
des femmes, la partie supérieure de leur 
vêtement. — ;B.-P\'> — Y . Casaquin. 

Carne , s. f., chair, viande. Dans 
tout le Poitou. — Adjectivement, il est 
pris en mauvaise part quand on l'a- 
dresse à une femme. — Gaélique . 
« Carn. » 

Carnon , s. m. , diminutif de carne , 
surnom donné a l'âne , indiquant le 
mépris : « mauvais carnon , mauvaise 
carne! » — V., arr. de Chat. 

Carolon , s. m. , coiffure d'enfant , 
et même mauvais chapeau : « i a tu 
ben donné in cot de carolon? » c'est-à- 
dire as-tu bien salué telle ou telle per- 
sonne? V., arr. de Civ. — Coiffure de 
femme. Si nous en croyons M. Rondier, 
dit M. Beauchet-Filleau , ce mot rap- 
pellerait le chaperon carlovingien. [Mel- 

lois , 1er ggpt iSSi.) 

Carot, s. m., plat en grosse terre, 
mauvais et ébreché ; une soupière , un 
vase. — Vend. : 



CAR 



7'> 



M Que gremplissant de loupe 
» Tretous lau caroL » 

ÎXIII. 



(Gust.) 



— Débris de vaisselle. ~ (B.-F.) 

» Otou les Escuevlis , qui fasiont la roue 
« Et se pavoniant quemc o faut les perrot 
« Quond gl'avdnt lo» sau de gren dous lou carrot. 
(Moirie de Sen-Moixont, p. 8.) 

Garrot, en cet endroit , dit M. Pressac, 
est le vase dans lequel on donne leur 
mangeaille aux perrots (perroquets.) — 
Bordeaux : « carrot , » pot en grès ou 
en terre , à une anse, qui sert à mettre 
la graisse. « Carotte, » vase plus grand 
et à deux anses , dans lequel on con- 
serve la viande de cochon , ou d'oie 
confite. (Cit. Press.) — Saintonge : 
« carot , » écuelle de terre. 

Carot , s. m., dessus de la tète. — 
(B.-F.) ~ Saintonge. — Ancien fran- 
çais : « care , » tête : 

« Mon frère Lazare 
« Porte haulle care. » 

vMystère de la Passion , Génin.; 

Cabpelot [carp'lot) [b. 1. carpa] , 

diminutif de carpe ^ petite carpe : 

« 1 vissautay in carpelot. 

(N. p., p. 142.) 

— Français : « carpillon , » très-petite 
carpe. 

Carquelin, s. m., corrélatif du 
français : « craquelin, » espèce de pâ- 
tisserie que font les fouaciers. Elle a la 
fa forme d'un ambîet. — D.-S. — La 
ÎVIolhe-Saint-Héraye. — (B.-F.) — Pâ- 
tisserie feuilletée. Elle se fait à Théne- 
zay. — Pâtisserie molle en forme d'am- 
blet, composée de sucre et de farine. — 
V-, arr. de Civ. — A forme fourchue.— 
D.-S., c. de Bress. et d'Airvault. — 
Français : « craquelin, » pâtisserie qui 
craque sous les dents. 

Carquelotte, s. m. , coquille. V. , 
arr. de Civ, — V. Caquelotte. 

Carquillon, s. m., quartier d'une 
pomme , d'une poire. — (B.-F.) — V., 
arr. de Civ.; se dit aussi , dans ce der- 
nier arrondissement , des oreilles. 

Caree , s. f. , querelle, dispute: 
« n'é poué l'tout , après quienqui , i'a 
ogu in'carre qui a duré pou mal de 
temps ; » ce n'est pas le tout , après 
cela , il y a eu une carre qui a duré 
assez longtemps. — S. m., c'est le nom 
sous lequel , à Saint-Romans-lès-Melle^ 

8- 



74 



(.AR 



ou désigne le champ de foire aux che- 
vaux.— (B.-F.)— Haute-Marne : (( carre,» 
jeu d'enfants (les 4 coins ) 

Carreau, s. m., dureté qui se trouve 
au bas du fanon des vaches. C'est la 
marque certaine des bonnes beurrières. 
Un bien pelit nombre de vaches possède 
ce carreau. V. — D.-S. 

Carbia , s. m., carrefour, place : 

« l'aTaii In grand liouiue de piarre 
» Drait au mitand'in gr.nnd carria. » 
(Chans. poit.) 

— Basse latinité : « carreria, via, sed 
illa proprie per quam carrus transire 
potesl.» (Duc.)— Gascon : « carrero , » 
rue. 

Carribot, s. m., très-petite pièce de 
terre entourée de murs, de haies, ou 
de fossés. — (B.-F.) 

Carroi et Carroir , s. m. , carre- 
four, y.— D.-S.— V. Carria.- Manusc. 
du Poitou. —Marne : « carroy , » quar- 
tier, place. — Patois du Berry : « car- 
rage, carroir, carrou, carrouge,' carroy, » 
croisement de quatre chemins, carrefour. 
Ancien français : « carroy : » 

■ Par mainl carroy, par maint canton et place. » 

(Marot.) 

— Noms de lieu.x : neuf portent celui 
de : « Carroir , » et deux celui de : 
«> Carroy. » (V.) 

Carte (1. quarta) , s. m., saison, 
laps de temps : « ah i n'ou cré poué 
restai iqui quielle carte, > ah ! je ne le 
crois pas rester ici cette carie. — D.-S.. 
Va^le3. — Moisson , environs de 
Mfcile. — (B.-F.) 

Carte . s. f. , mesure de liquide : 
« payé pour vingt deux cartes et demye 
de vin claret et blanc qui a esté donné 
à madame de la Trimoille , elle estant 
en cesle ville xlit,s. • (An H92. 
IManusc. du Poitou.) — La quarte 
(quarla) était aussi une pièce de terre 
d'une certaine mesure. — Noms de 
lieux : onze sont ainsi désignés: « Carte 
(l.a). » Vienne. 

Cartillai , v. a., mettre à quar- 
tiers. — D -S. — Patois du Berry : 
« cartille , » parcelle. 

Cahtillon, s. m., quartier. V., arr. 
de Civ. — D.-.S. — V, Carquillon. 



CAS 

Cartouère , s. f., couverture d'un 
vase : « la cartouère d'au pot , d'au 
pélon » (poêlon).— D.-S., arr. de Bres- 
suire. 

Carviraé, ÉE , adj, fou. — Vend. 

— (C. et P. D.)— D.-S. : 

« a moins qu'égcant le cervea carviré. » 

(Bab. Ei'lt.) 

Cas ,conj., quoi ; « cas que, » quoi- 
que : « de cas, » de quoi. — « avoir 
de cas , » c'est avoir le suffisant , le 
nécessaire : 

« Chantons le mariage 

» Dan cousin Micluis 

* Qui veut faire grand'chère. 

» faut porter de cas. » 

(Gust.) 

— Patois du Berry : « cas (du) » , du 
bien , de la denrée , de la marchandise. 

Cascaint , e (l. cascua) , adj. verb. , 
celui ou celle dont le cerveau est dé- 
rangé. — D.-S. 

Cascaret , TTE , adj., synonyme du 
précéd. V. , c. de iMontc. — D.-S., c. 
de Bressuire. — (A. R.) 

Casse , s. f., lèche-frite. Dans tout le 
Poitou : « une casse de terre , trois 
petits pots de terre , etc. » (An. 1765. 
Vasies. (Manusc. du Poitou.) — Rabe- 
lais. — Aube, Marne : « casse, » poêlon 
de cuivre, casserolle, cuiller. — Pro- 
vençal , patois du Berry : chaudière 
en fonte ou en potin pour laver la vais- 
selle. 

Casse , s. f., boue. — D.-S. , arr. 
de Bress. — Vend. (C et P. D ) — 
Petite flaque , mare d'eau croupissante. 
V., arr. de Chat. On ditaussi : « gasse.» 

Casse, s. f. , motte de terre. Au 
figuré, Ton dit, dans certaines loca- 
lités , d'un objet quelconque : « il pèse 
coum'ine casse, » pour indiquer que 
l'objet est lourd , d'un bon poids. V., 
arr. de Poit., c. de l'Isle-Jourdain , 
Adriers. — Noms de lieux' «Casse (La)», 
à Béruges, à Bournand , a RoifTé, (V.) 

Cassemuseau, s. m., pâtisserie très- 
tendreeten granderenomméeh Poitiers. 
Ainsi nommé parce qu'on le jetait a la 
tête des pauvres gens. (Anciens comptes 
des confréries. Monteil, //is^ire des Fr. , 
t. II , p. 437.) — « En cassemuseaux et 



CAZ 

jonchée il, s. » (An 1547. Manusc. du 
Poitou.) 

Cassebelle, s. f. , c'est la crécerelle. 
— D.-S. — (B.-F.) 

Casserette, s. f., petite boîte qui 
fait partie d'un coffre dans lequel les 
campagnards serrent leurs effets , et 
dont le couvercle sert à maintenir le 
coffre ouvert. C'est dans cette boîte que 
l'on met l'argent, les bijoux. — D.-S., 
arr. de Bress. 

Casserot (ca.ss'roO , s. m., débris 
de poterie. V. — D.-S. 

Cassivre , s. f., marmelade de pru- 
nes. — Vend. — Les Essards. (C. et 
P. D.) 

Cassoil , s. m., trou plein de boue 
et d'eau. — D.-S., c. de Chàtilion. 

Cassot , s. m., syncope du précéd. 
(A. R.) — Amoindri , retranché. On 
appelle ainsi les personnes du Midi , où 
les noms •< cassot , cassour, > et leurs 
équivalents: « chapon, chapot, capot, » 
furent donnés au moyen âge, et à cause 
de la circoncision, à des familles répu- 
tées juives, mais véritablement descen- 
dues des "Wisigolhs. {Hist. des races 
maudites de la France, par Francisque 
Michel. Cit. A. R.) 

Cassotte (a bref) [1. cassus], s. f , 
instrument en bois ou en fer-blanc, qui 
sert à laver les mains. V., c. Civ., Sa- 
vigné. — Lieu plein de boue ou d'une 
certaine quantité d'eau. V., arr. Chat. 

Cassou, se [a bref) [r. casse], adj., 
terrain, ou terre qui a beaucoup de 
mottes; « quiou chomp é trop cassou, 
gn'é pas en bonne termine, » ce champ 
est trop cassou, il n'est pas bien pré- 
paré. V., arr. Poit. 

Castille, s. f., groseille. Vend., 
environs de Font. 

Catouil et Catouillage (a bref), 
s. m._, mélange de terre, de chaux et do 
petites pierres que l'on retire d'un mur 
écroulé ou démoli. (A. R.) — V., arr. 
de Poit. et de Loudun. 

Catrechimour (r. catéchisme), s. 
m., enfant qui apprend le catéchisme. 
V., arr. Civ. — Patois du Berry : < ca- 
théchimier, » enfant qui va au caté- 
chisme. 

Cazeillai, V, n., se faufiler, se ca- 
cher dans les haies, D.-S., arr. Bress. 



cm 



75 



Cazotte, s. f., trou, creux. D.-S., 
c. Bress. 

« Pre nourri Pierrot 

> Dans la cazotte d'in chagne, ^ 

* (Chans. poit.) 

Cazureau, s. m., petit monceau de 
terre. Vend. Font. (G. et P. D.) V. Ca- 
hureau. 

Ce aux (1. cœlum), s. m. pi. cieux. 

« De toute éternité 

» .\ux ceaux fut arrêté. • 

(Gust. 

CÈBE (1. sœpa), s. m., oignon de 
Tannée précédente, replanté au prin- 
temps afin d'en avoir de primeur. 

« Depen qu'i \j Jeanaeton 
» En frlcassanl de ta sèbe. » 

(Rob.dlv., p. 94.) 

Provençal : « sibo ou cebo. » 

Celée (a la), loc, se mettre à l'abri de 
la pluie, du vent, de la tempête : « i 
m'seu mi à la c'Iée sou n'in boissan.» V., 
arr. de Poit. et de Civ.— Patois du Ber- 
ry : « acelé, » à l'abri de la pluie. 

CÉLAE, s. m., terre de bonne qualité 
et recherchée dans les parties du Mellois 
où il n'existe pas de sable pour la ma- 
çonnerie. Les maréchaux l'emploient 
aussi pour leurs soudures. D.-S., arr. 
de Melle. 

Ceingae, v. n., pousser la morve 
pour la répandre dans le mouchenâe 
tenu par une autre personne. Se dit 
seulement des enfants. — Faire rentrer 
la morve au lieu de la laisser sortir. 
D.-S., arr. de Melle et de Niort. 

Cenderlle (// mouillés) , Cex- 

DEBLLIRE, CENDREILLE, CeNDRTLLB 

et Cendille, s. f., la mésange. V. — 
D.-S., suivant les lieux. 

Cendbellette ou Cendille (faire), 
loc , se pendre par les bras et les jam- 
bes, le ventre en haut et le dos tourné 
vers la terre : position qu'affectionnent 
les cendrilles en cherchant des insectes 
autour des branches des arbres. (Mel. 
B.-F.) — V., arr. Civ. 

Cendrènb et Cendbou, se (I. ci- 
nis), adj., ce qui est ou couvert ou cou- 
leur de cendres. D.-S., suivant les lieux. 
— (B.-F.) — V., arr. de Civray et de 
Loudun. 



76 



GEU 



Cenelle (cn'elle). s. f., fruit de 
l'uubépine : *i les maries s'rant pa èses 
quieite année, o i a pou d'c'nelles ; » 
les merles ne seront pas à l'aise celle 
année, il u'v a pi^nt de cenelles. « An- 
née de c'nelles, année d'hiver; )> dicton 
poitevin. Dans tout le Poitou. — Marne 
et patois du Berry : « cenelle et cinelle.o 
— Ancien français : «< Cenelle. » 

• Ne sai se seront cenelles 
» Et seront vorral'llles el belles. » 

(Ruicbcuf.) 

D'après Roisle, ce serait le fruit du houx. 
L'on appelle, du reste, a cenelle, » dans 
nos campagnes, presque toutes les pe- 
tites baies des arbrisseaux. (B.-F.) — 
Noms de lieux : i Ceiiillère (la), » Saint- 
Remi-s. -Creuse. (V.) 
Ceo, s. m., ciel. Vend. (C. et P. D.) : 

« Do ceo pre de lé la lune. » 

(N. p., p. 15.) 

—Provençal et limousin : « céu, céou. » 

CÈPE, s*, f, ruche. V., c. de l'Isl.- 
Jourd. /■. Borna. 

Cebase (1. cerasum)^ s. f., cerise. 
D.-S.,c. Celles: «Guindolaet cerasa.» 
(Fragment inédit d'une chronique de 
Maillezais. Bibliothèque de l'Ecole des 
Charles, t. ii, p. 164.) 

Cebclet (cl mouillés) (i. circulus), 
s. m., bœuf dont les cornes se dirigent 
en avant en forme de cercle. V., arr. 
de Poitiers. 

Cernoue, Cernl'gf,Cer\ube, s. f., 
Vaqrostis stolonifera, plante. (.Maud.) 
V., suivant les localités. 

Cetci. Celtci, p. démons., celui-ci, 
ceux-ci. V., arr. Chat. 

CÈTRE '1. cesfn(m\ s. m., coin de 
fer. Vend. (C. et P. D.) 

Cevree, s. f., plein une civière. V., 
arr. Civ. 

Ceur (queur) [1. corium], s. m., 
cuir: « quiés soûlés sant' bans, gle sant 
en ceur d'ch'vau ; • ces souliers sont 
bons; ils sont en cuir de cheval. V. — 
D-S. 

Cecsse (queusEe) (I. cor^uere], s. f., 
la quantité de pain que I on fait à cha- 
que fournée : « toute la ceusse qu'i ant 
fé à matin é agiate; > toute la fournée 
de pain que nous avons faite ce matin 
est grasK:uil. V.— D.-S.— Cuise {coccia 



CHA 

fruvienti), cuise de froment valant 4 
septiers, mesure de Montiorncuf. (An. 
l'i;>3. Manusc, du Poitou. — Cuisse : 
« doux sex tiers de froment pour la cuisse 
(lu samedi joux saint xist. » (An. (378. 
Manusc. thi Poitou ) 

Ceusse (I. coxo.], s. f., cuisse : « la 
ceusse m'fé <;rond mau ; » la cuisse me 
fait grand mal. V. — D.-S. 

Cha, Ioc. qui n'a de sens que par 
suite de sa réunion il d'aulres mots : 
« Chà deux, châ trois, » par deux, par 
trois; « chà-z-in,chàin, » un à un , « châ 
p'iit, châ poué, » pas à pas; « qui va 
châ p'iit va lin. » C'est le proverbe ita- 
lien : « qui va piano va sano, et qui va 
sano va lontano. » — Dans tout le 
Poitou. 

Ch.4, adv., chez. V., c. l'Isle-Jour., 
Luchapt.— Patois limousin. — Gascon : 
« chel . » 

Chab.\ron (c7m bref), s. m., instru- 
ment en bois que Ton met au bout de 
la perche de l'araire, afin que les bœufs 
tiennent leur tète plus ferme en labou- 
rant. V.,arr. Chat. 

Chabaton, s. m., brin de chanvre 
très-gros. On en fait des allumettes. V., 
arr. de Poit. F. Caba. 

Chabichou, s. m., petit fromage ap- 
pelé aussi fromage de Montbernage, du 
nom de Tun des faubourgs de Poitiers, 
où il se fabrique. 11 est encore connu 
sous le nom de « fromage cafioné. » « Le 
chivichou, ce fromage piquant si cher à 
Henri de Béarn. » (T. xxxvi^, p. 124, 
Musée des fam.) V. — D.-S. — Vend. 

Chabin, s. m., scieur de long. V. — 
Chabanne, s. f. , un UjI de bois ou de 
gros copeaux : « une chabanne de bois 
composée de 100 bûches au prix de 
9 livres. » (An. 1701. Manusc du Poi- 
tou.) —Aube : • chabin, » enfantchétif. 

Chabirotae, v. n., avoir froid, et 
principalement aux extrémités : « les 
pôs m'chabirolant, faut qu'i m'chauffe.» 
D.-S., c. Celles. 

Chaboisséa, s. m., chabot, poisson. 
V., arr. Poit. — Chabosseau : « item 
le mercredi des roiizons ung chabos- 
seau. » (An. 1484. Manusc. du Poitou.) 

Chabu et Chabut, s. m., instrument 
en fer et à ressort qui tient le seau 
quand on le coule dans le puits. V., arr. 
Poit. et Chat. 



CHA 

Chabuches et Chabusses, s. f. pi., 
feuilles de chou, de navet, de carottes ; 
— par exlensiou « copeaux. > V., arr. 
Poit. et CÀv. 

CHACHnuiN, is'NE, adj., lambin, ce- 
lui ou cellequi n'avance a rien. V.,arr. 
Chat., Maire. — Patois du Berry : a cha- 
chouin, » sournois. 

Chachouiné, V. n., lambiner. V.^ 
arr. Chàl., iMairé. 

Chachutai, y. a., parler à l'oreille 
de quelqu'un avec un air mystérieux. 

Chaclai [cl mouillés), v. n., faire 
corps, se serrer : « les cailloux cassés 
menus chûcleront mieux que grous. • 
(A.R.) 

Chacot, s. m., ennui, souci, trouble. 
Vend. (C. et P. D.) 

M Qui dans bcacot de cervelles 
» Causant dau chacot » 

(Gust., p. 9.) 

Chacotement, s. m., le bruit que 
l'on fait en chacotant. (A. R.) 

Chacotai, V. a. et n., frapper, heur- 
ter : « chacotai la porte ou à la porte 
avec son bâton. » (A. R.) — D.-S,, arr. 
deBress. et de Parth. 

Chacoura, Chacoureux et Cha- 
couBOis, S. m., coronille variée, plante. 
\. — (Maud.) 

Chadrier , s. m., chardonneret, 
oiseau. V., arr. Poit. (Maud.) — Rabe- 
lais : « délicieuse à tous oiseaulx cano- 
res, comme linotes, chardriers. (I. 3, 
c. 49.) 

Chaffaud, s. m., échafaud, écha- 
faudage, dans tout le Poitou : 

« Lez gronds foussez et les chaffaui 
• Qu'a viant fat qu'allez lourdauz. » 

(Rob. Dit., p 74.) 

— Saintonge. — Ancien fiançais. 
Chaffourai, v. a.,. écrire. D.-S., 

c. Bress. — Vend. 

« Avant-ail cliaffouré deux tras mots d'écrl- 

[vage. » 

(Gust., p. 88.) 

Chaffrats (très-bref), s. m., grand 
bruit, grand tumulte : « quié chaffrais 
fasez-v' don,enfonls? i> (A. R.) [3.-F.]. 

— Patois limousin : « chaffré, » cri. 
Chaffraudai (r. chaffre), v. a., 

enlever le chaffre des noix qui n'est pas 



CHA 



77 



tombé do lui-même. V., arr. Poil, et 
Civ. 

Chaffraude (r. chaffre), s. f.. pris 
adjecliv., noix dont le « chaffre » 
tombe, ou va tomber : « va tu pas 
abatt' tes nûs? — a n' sant pas chaf- 
fraudes. • V., arr. de Poit. et de Civ. 

Chafre, s. m., c'est le synonyme 
de notre mot français sobriquet. IB.-F.). 

— Patois du Berry : « chaffré, » quel- 
qu'un dont le corps ou les vêlements 
sont délabrés. 

Chaffre, s. m., le brou de la noix, 
surtout quand il en est séparé. V., arr. 
Poit. et Civ. — D.-S. — Noms de 
lieux : « Chaffre 'la}» » Lhommaizé (V.). 

Chagnasse (r. châgne], s. f., mau- 
vais chêne. V., arr. Civ. 

Chagne, s. m., chêne. V. — D.-S. 

— Vend, — Breton : « cheingeii et 
chergen, » chêne. — Patois du Berry : 
« châgne, » chêne pédoncule. 

Chaginée, s. f., lieu où il y a beau- 
coup de chênes réunis, plantés avec 
symétrie, ou confusément 1 « allons 
sous la chagnée. » V., arr. Civ. — 
D.-S. , c. Bress. et c. Maz. (A. R.), où ce 
mot se prononce « chagnaie. » — Noms 
de lieux : « Chagnaie (la), » Payré, 
V. ; « Cha^nay (la), » La Puye, V. ; 
« Chagnerie (la), i» St-Gervais , V. ; 
« Chagnée (la) , » Chef-Boutonne , 
D.-S. 

Chagnerasse, s. f., mauvais chêne, 
V., arr. de Poil. (Maud.) F. Chagnasse. 

— Rejets de chêne (B.-F.). — Noms de 
lieux : « Chagnards (les), > Sl-Sauveur, 
V. ; I Chagnerotles (les) , » Targé, 

¥ • 

Chagnon, s. m., le derrière de la 
tête : « le chagnon do cou. » V. — 
D.-S. — Vend. — Il est aussi syno- 
nyme de * cagnon, « V. ce mot. V. — 
D.-S. — Vend: 

« Karlcs li baise la bouche et le menton 
» De sa main dextre le flert el chaaignon. » 
(Roifl. de Guillaume au Court Nez, cit. B -F.) 

« Chagnon ou chaignon, » se trouve 
aussi d'ans Villon (B.-F.). — Patois du 
Berry : « chagnon, chignon, » nuque. 
Chagouet, s. m., nuque. D.-S,, 
arr. de Bress. — Vend. — (C. et P. D.). 
V. Cagouet. 



78 



CHA 



Chahu, e, adj., grossier, avare. 
D.-S. 

CuAi, S. m,, cellier. Vend. (G. et P. 
D.). — Chaix : « château consistant 
en greniers, chais, cave et basse- 
cour. «" — Chay à faire le vin. (1740, 
1737. IVIanusc. du Poitou.) 

Chail, s. m., gravier, caillou : « i 
ai daux chails dans mes bots ; o faut 
amassai les chails dons leschomps; » 
il faut ramasser les a chails » dans les 
champs. V., arr. Poil, et Civ. — D.S. 

« I ai bea roâcbi pre quo coule 

» Quicuqui rac soinble tn vrai chail. » 

(Rob. div., p. 89. Cit. B.-F.) 

« Chails amassés pour bâtir. » (An. 
1470, V^asles. iManusc. du Poitou.) — 
• Chail-aigre, « le silex. — « Chaii-de- 
raoulin, » la pierre meulière. — l.atin : 
callis, sentier, chemin frayé, battu. — 
Noms de lieux : « Chaillé, » (Buxeuil, 
V.]; a Chaillerie(la), > Ligugé, V. 

Chaildri, s. m., chardonneret. V., 
arrondissement de Poit. et de Loudun, 
y. Chadrier. 

Chalai, V. n., tracer, étendre hori- 
zontalement ses racines. D.-S. — lA. 
R.) 

Chaillochou, se, adj., se dit des 
fruits qui ont comme des a chails » à 
l'intérieur. D -S , c. de Celles. 

Chaïlloc, s. m., caillou, gravier. 
Vend. (C. et P. D.) — V. Chail. 

Chaillot , s. m., diminutif de 
«chail, )• gravier. V., arr. Civ. — 

« Là furenl-ell dedens la ville défendant 
» Pierres et chaillos vont sur notre gent 

[gesfanl. » 
Cbroa. de du GuescUn, v. sus. iCit. B.-F.) 

— Noms de lieux : a Chaillochère (la), • 
Blanzais, V. 

Chaillouqueux, se, adj., champ, 
terre couverte de petits cailloux. V., c. 
de Neuville. 

Chailtrai, s. m., préliminaire d'un 
arrangement, d'un accord secret au 
préjudice d'un tiers : « gl' avant fét 
d' quieu in chailtrai, et i nous sans 
trouvé gobés ; » ils ont fait de cela un 
arrangement secret, et nous nous som- 
mes trouvés attrapés. D.-S., Ste-Blan- 
diiie, c. de Celles et environs de Pra- 
hec. 

Chai.ntbai (r. chaiutre)yS . a., faire 



CHA 

paîtrele bétail sur la lisière d'un champ. 
V. — D.-S. V. Achaitrai. 

Chaintbage (r. c/iaintre), s. m., 
ce qui se récolte sur une « chaintre. » 
V. — D.-S. 

Chaintre, s. m., contour non la- 
bouré d'un champ, et qui sert à faire 
pacager les bestiaux. — Sillons tracés 
sur les limites d'un chaijip dans le sens 
contraire du labourage général de la 
pièce de terre. (B.-F.\ — V. — Au fi- 
guré, « ne pas faire chaintre » de quel- 
que chose^ et principalement des mets, 
c'est tout manger, ne rien laisser. V., 
arr. Poit. « Chinlre et chaintre. » 
(1481, 1629, 1409, 1611. Manusc. du 
Poitou.) — Noms de lieux : « Chain- 
tres (les), m [St-Gervais, V.]; et «la 
Chintre, (Sanxay, V.). — Patois du 
Berry : e cheinle. » terre en jachère 
renfermée par un trait de charrue. 
(C. .T.) 

Chairage et Chairange (1. caro), 
s. f., la carnation; constitution d'une 
personne. L'on est d'un bon ou d'un 
mauvais « chairange, » suivant qu'on 
se porte bien ou mal. V., arr. Poit. et 
Civ., c. Monte. — « Chérage, t> chera- 
gium, cens capital ; census quem homi- 
nes de corpore sive de capite quotannis 
debebant domino prestare. (Duc.) 

Chaire, s. f., c'est le mot français 
chaise : « doun' m' don in' chaire. »> 
V. — D.-S. 

(i 1 me my dons inc grond cbalre. » 
(Rob. Dlv., p. 23.) 

Chatsse, s. f., le blé que ramasse 
lewchaisseron. j) V., c. Monte, LaGri- 
maudière. 

Chaisseron (r. chaisse) , s. m., 
valet de meunier qui va dans les cam- 
pagnes chercher le blé, et retourner la 
farine. V., c^Montc, î.a Grimaud. — 
« Chesseronde, s. f., droit seigneurial : 
« ventes et honneurs, moulins, droiz 
de chesseronde, etc. » (Manusc. du Poi- 
tou ) 

Chaiteai, V. a., faire paître le bé- 
tail sur la lisière d'un champ. Vend., c. 
de Chalans. V. Chaintrai. 

Chaitrb, s. f., contour non labouré 
d'un champ, et qui sert h faire pacager 
les bestiaux. Vend., c. de Chalans. A-'. 
Chaintre. 



CHA 

Chalafe, s. f., brou des noix. V., 
c. Montm., Moulismes. 

Chalafre, s. f., petite parcelle de 
tuyau de lin ou de chanvre. V., arr. de 
Chat. — Brou des noik, arr. Civ. 

Chalangeai, V. n., tarder ; « que 
sert de chalangeai tant. » (A. R.) 

Chalk, s. m., le brou de la noix. 
V.,c Isl.-Jourd. V. Chaffre. 

Chalé, V. n , les mains, les doigts, 
le nez v( chalent > quand on y éprouve 
un grand froid. — Par extension, cé- 
der, ne pas résister. V. — D.-S. — 
(A. R.) 

Chalé (r. chale)^ v. a,, enlever le 
brou des noix, V. arr. Chût. — Rabe- 
laii : « cependant les métayers qui là 
auprès challoientles noix «(L. t.,c. 25). 

— Patois du Berry, Ardennes : « Chal- 
1er, » ôter la coquille d'une noix. 

Ch4Lé (se), V. pr.,se rebuter; ne se 
dit guère que dans ce sens : « i ai bia 
li fair' dos sottises, gle r'vint tout d' 
même, gne se challe poué ; » j'ai beau 
lui faire des sottises^ il revient tout de 
même, il ne se rebute pas. Vend., Font. 
(Cet P. D.) 

Chalé, v. n., tracer, étendre des ra- 
cines en parlant des arbres. V., arr. 
dePoit. V. Chailai. 

Chaleuil, s. m., petite lampe en 
cuivre, assez semblable, pour la lorme, 
aux lampes romaines. V. — D.-S., sui- 
vant les lieux. — Ardennes : « chaleil. » 

— Provençal : « caléu ; do la niue lou 
caléu, » la lampe de la nuit. — Sain- 
tonge : « chaleuil et chaneuil. » 

Chaliaud, s. m., coquille de noix. 
V., c. Neuville. 

Chalibaude et Chalubaude, s. f., 
flamme vive et passagère. V. — D.-S. 
Vend. V. Baudelle.— Patois du Berry : 
<( chalibaude, » feu de chenevottes. 

Chaltn, s. m., le brou delà noix. 
V., arr. de Civ., de Chat, et de Lou- 
dun. F. Ghatîre. 

Chalin [a bref)[l. calor], s. f., le 
tonnerre, l'orage, l'éclair. Dans tout le 
Poitou. L'on fait assez souvent ce jeu 
de mots : « i aime meux in chalin (chat 
loin), qu'in cha proche (chat voisin) 
gle mordra pou silou dons mon frou- 
mage. » V.,arr. Civ. 

Chaline, 5. f., F. le précédent. L'on 
appelle encore « chaline » les nuages 



(^HA 



79 



noirs qui annoncent l'approche de Tora- 
ge : « v'Ià ine chaline qui s' lève. » V. 

— Vend. (B.-l\). 

Chalinou, se, adj., temps orageux ; 
nuée qui menace de donner de l'orage. 
V. —D.-S. —Vend. 

Chalinu, sr, adj., V. le précédent. 
V., c. Monte, Mazeuil. 

Châlit, s. m., lit V. — D.-S. — 
a DiHix linceulx et le chaslit à que- 
nouille. » (An. 1519. Manusc. du Poi- 
tou ) 

Challemie, s. f., chalumeau, flûte 
champêtre : 

« 01 y arait do challemie. » 

i.Gcnt. Poët.) 

— Latin : calamns^ roseau, ou canne 
dont les anciens faisaient des flûtes, des 
flageolets; flûte, flageolet, chalumeau. 

— Basselalinilé : calamella, vel cala- 
mellus, fistulatorius calamus quo in 
bellis etiamnumi utuntur Helvetii. A 
calamis efhcta vox calainellus, fistula, 
uQslrïs chalianeau, hodïaïc haleine /le, 
olim. (Duc). — Patois limousin : 
« charméou. » — Chroniques de du 
Guescl. : 

« Trompes et challemelles et cors sarrazlnois. » 

(Cit. Duc.) 

Clem.-Marot : 

« A lous venans péndy la chailemye. » 

Chalougear, v. n., retarder, diffé- 
rer, négliger : « v' z'avé bé chalougé 
per m' poyae; » vous avez bien retardé 
pour me payer. D.-S , c. Celles. 

Chalotte, s. f., coquille. V., c. de 
Montm. V. Chaliaud. 

Chalour (1. calor)^ s. f., chaleur. 
V., arr. Civ. —D.-S. 

« I vé qu'avec chaloDX chaquin de vous s'era- 

[presse. » 
(Cab., p. 56.) 

Chalumea et Chalumia, s. m., 
flûte champêtre. V. — D.-S.— F. Chal- 
lemie. 

Chalupe et Chelupe, s. f., enve- 
loppe du mil avant d'être pilé. Vend. 
(G. ef P. D.). — Cosses des pois, des 
fèves, des haricots, etc. (B.-F.). 

Chalupe, s. f., bateau plat. V. — 
D.-S. 



80 



CHA 



Chalupé (r. chalupe)^ v. a., trier 
les noix. V.. c. deNeuv., Chéncché. 

Chambalou, s. m., morceau do 
bois, composé de trois pièces, qui s'ap- 
puie sur ràj;e d'une charrue, el s'atta- 
che entre la perche et l'alteloire. V., c. 
Vouillé, c. Monte, MazeuiI,où l'on dit 
« chambalan ; te t'rend bé d' bonheur 
d' i'arrie leu? — O faut bé, i ai cassé 
mon chambalan. — Patois limousin : 
« chamboiou, » courj^e. 

Chambarière, s. f., pieu qui sert à 
supporter une charrette. V., arr. Civ. 

Chambigk, s. f., morceau de bois 
fourchu auquel sont attelés les bœufs 
placés les plus près de la charme quand 
on laboure avec deux paires de bœufs. 
V., c. Isl.-Jour. 

Chambord, s. m., bordure non la- 
bourée dun champ. D.-S., c. de Mauzé. 
V. Chaitre, 

Chambre (I. cannabis), s. f., chan- 
vre. V. — D.-S., dans quelques con- 
trées. 

Chambrère, s. f., châtaigne avor- 
tée. V., arr. Poit. (IMaud.) 

Chambrère, s. f., instrument que 
l'on attache à la crémaillère el qui sert 
à supporter la poêle quand elle est sui- 
te feu. (B.-F.). 

Chamellai, V. n., pleurer, crier à 
tout moment , et comme à voix cou- 
verte : c( gne n'cinss'pas de chameulai 
du matin au soir. » V., arr. de Poit. 

Champage , s, m., pacage. D.-S. 
(Rond.). 

Champeau, adj. des 2 genres, pré 
qui n'est pas a regain. D.-S. (Rond.) — 
Komsde lieux : « Champeau. » (Oercé, 
Pouzioux, V.). 

Champelon, (/ mouillé, champ'lon), 
s. m., fer préparé pour un soc. V., arr. 
de Civ. 

• Champeyai, (r. champage), v. a., 
pacager. D.-S. (Rond.)— Basse latinité : 
« ca/nparius, qui campos^ seu agros 
servat, el ne vastenlur , aut furîis pa- 
leant, invigilat.... chajnpaier est cum 
licentia dalur pascendi pecora in cam 
pis, seu arvis. (Duc). 

Champis, se, s. eladj., enfant illégi- 
time, bâtard : l'on dit d'un capricieux, 
d'un entêté : « gl'é chompi coum' in 
mulet , • dans tout le Poitou. — Patois 
du Berry : « champis^ •> [e campis. 



CHA 

né dans les champs , enfant trouvé, 
illégitime. 

Champisserie . (r. c/ia}npis),s. f. , 
espièglerie, sottise, méchanceté. Dans 
tout le Poitou. 

a... Mais dis-me, va, Lucas, 
« si gne t'Avant jù fait qiu I((ue champisserie.» 

[Gust. , p. 60.] 

Chandelé , (chand'lé), s. m., chêne 
fourchu ; se dit aussi d'un cheval qui se 
cabre. V., arr. de Poit. 

Chandelle , s. f., tiplia, plante. 
V., Poit. arr. (Maud.). 

C'hangeotai , v. a., fréquentatif de 
changer; changer souvent. (B.-F.). 
— V. 

Changeoteux, se, adj., celui ou 
celle qui change souvent : « Jouzille n'a 
poué d'tenue dons ses affaires, ol'é in 
chongeoteux de première volée; » Jo- 
seph n'a point de tenue dans ses affaires, 
c'est un changeoteux de première vo- 
lée. — V. 

Chaîne, (1. canna)^ s. f., gros robi- 
net. D.-S. — «channe » ou «chouaniie, » 
trou d'une aiguille, d'une cuve. V., arr. 
do Civ. — Besançon : « channe, » me- 
sure de vin qui tient deux pintes. — An- 
glais : « channel, )^ canal, (cit. B.-F.) 

Chanteneau (chanl'neau) , s. m., 
cadeau que le parrain et la marraine 
font à leur filleul pour la fête de Noël. 
Cet usage provient de la Saintonge, oij 
l'on distribuait autrefois , à cette même 
époque, des gâteaux sur lesquels était 
grossièrement tracée l'image de l'enfant 
Jésus et de la sainte Vierge. (B.-F.). 

Chaon, s m.,chat-huant : « i allans 
avouer dau fret , le chaon bououne. » 
D.-S., arr. île Bressuire et de Parlh. — 
Basse latinité : cauanna , cauannus^ 
noctua , hibou , chat-huant. ,|Duc.) — 
Gallo-Belges : « cahuan. » 

CtiAPAi , s. m., virole qui est au 
bout du manche du fléau. V., c. Isle- 
Jourdain, Adriers. 

Chaple {pi mouillés), s. f., morceau 
de cuir servant a lier la verge du fléau 
à son manche. V.,arr. de Civ. — (B.-F). 

Chaplé, ^pl mouillés), toucher de 
la chaple ; c'est un procédé empirique 
que les vieilles femmes emploient pour 
guérir les bouts des seins des nourrices 
quand ils pourrissent. -— C'est une tu- 



CHA 



CHA 



81 



meur, dit M. Beauchel-Filleau, qui doit 
être pansée par un charpentier , lequel 
doit être d'une familleoù l'on a toujours 
exercé cet état de père en fils. Le pan- 
sement a lieu au moyen de certaines 
paroles qu'il prononce en faisant avec 
la hache certains mouvements. Dans 
l'esprit de plusieurs, c'est le seul moyen 
de guérir ce mal. 

Chaple, s. f. , sable ou détritus for- 
més par la (aille des pierres, et dont on 
se sert pour crépir les murailles. (B.-F.) 
C'est ce qu'on appelle achaplis et Cha- 
plin dans le département de la Vienne. 

— Chapplin : « Pour un grelleau que 
je achaplay pour passer le chapplin X. 
d. » (An. 1466 Vasles. — Manuscrits du 
Poitou.) 

Chap'llon, s. m., fer préparé pour 
un soc. V. Champelon, V. 

Chapotai, V. a. , dégrossir , dimi- 
nuer : « chapotai in bot. « — Par ex- 
tension, battre: « chapotai son voisin.» 
V. — D.-S. — Vend. Patois du Berry : 
« chapotter , » bûcher, dégrossir une 
pièce de bois. 

Chapoti, V. a. et pr., noircir, et se 
noircir. V., c. Monte. 

Chappe, s. f., morceau de cuir ser- 
vant à lier la verge du fléau a son man- 
che. 

Châppe-d'ceil, s. m., paupière. V. 

— D. S. 

Chaptau, s. m., cheptel, D.-S. — 
Vasles — « Receu de Pierre Chener de 
la Froterie XXXV s. pour cause et rai- 
sen d'une jument qu'il tenoit à croistet 
chaptau .i> (An. 1466^ Vasles.) 

Chapuise, s. f., charpente : « pour 
droisser la chapuise sur les murs de 
ladite maison.» (Vienne, x\" siècle. — 
Manuscrits du Poitou. ) Charpentier. — 
Marne : « chapuis, chapuiseur. » 

Chapusai et CflABUSAi, V. a., dé- 
grossir, diminuer. V. Chapotai. V. — 
D.-S. — Ardennes : « chapuser, » char- 
penter, tailler du bois. — Patois du 
Berry : « Chaptuser, » couper menu. 

Charabia, s. m., langage inintelli 
rîb'o ; celui qui le parle se dit en parti 
cuâior des Auvergnats. Dans tout le 
Poitou. Ce mot est employé dans ce 
dernier sens dans la chanson fort con- 
nue : « Ohé les Auvergnats. » — Pa- 
tois du Berry : c Charabiat , » bar- 



bouilleur, homme qui ne se fait pas 
comprendre. 
Charail, s. m., lampe. V,,— D.-S. 

— Vend., suivant les lieux. V. Chaleuil. 

— Gascon : « carel. » — Ardennes : 
« charail. » 

Charas, s. m. pi., pailles des fèves, 
des pois, etc. V., arr. de Civ. — (B.-F.). 
/''. (Miabusses.L'on dit proverbialement, 
dans le canton de Civray, d'une personne 
qui n'a pu arracher , à la main , un 
chou, ou un navet ; « gl'a-t attaché s'n 
âne aux charas, » 

Charat, (faire sonner le^),s. m., 
paille de fève. T., arr. de Poitiers et de 
Civray. 

Chabbillé et Charpillé (I. car- 
pere), v. a. , « charbillé la grelaude, •» 
c'est manger la soupe claire. V., c. 
Vouillé. 

Chabboi^s. m._, graine de chanvre. 
V. — D.-S. — Dans quelques lieux. 

Charclai {cl mouillés), (r. char- 
cle), enlever les écailles d'un poisson. 
D.-S., c. Celles. 

Charcle , [cl mouillés) , s. m-, 
écaille de poisson. — D.-S. (Rond.). 

Charclé, ée {cl mouillés), adj., 
qui a des écailles : au figuré , rousseur 
à la peau.D.-S.,c. Celles. 

Charde, s. f., écaille de poisson. — 
V., c. de Monte. V. Charcle. 

Chardou, s. m., bœuf brun. — V., 
c. Isle-Jourdain. 

Chareau, s. m., cuve en bois dont 
on se sert pour transporter la vendange.- 
— V. — D.-S. — Item VII charraus à 
vin.— (An. 13!2y. Manuscrits du Poit.). 
— Basse latinité : carrata et carada^ 
dolii vinearii seu alterius liquoris 
species. Usatica mss. vice comitatus 
rotomagi, ubi de teloneis vini : pour 
le tontiel que on appelle charetée^ 
7 sols. (Duc.) 

Charéiai , V. a , poursuivre quel- 
qu'un à coups de pierres. — V^, arr. de 
Civ. — y. Arochai. 

Charetl, s. m., lampe. V. — D.-S., 
suivant les lieux. V. Chaleuil. 

Chargeoire, s. f., fourche en bois, 
armée de plusieurs dents. D.-S., Saint- 
Romans-lès-MelIe. —Français : « char- 
geoir, » c'est une sellette à trois pieds 
pour poser la hotte. 



82 



GHA 



Chaegeouibe , s. f, , personne à 
cbarge. V., c Monte, Mazeuil. 

Charlatai ou Charlotai , V. a ^ 
flagorner, subtiliser : « i m' se laissai 
attrapai mai; quiau marchondm'a tant 
charlotai, » je me suis laissé attraper, 
moi, ce marchand m'a tant subtilisé. 

— V. arr. Civ. V. Achalantai. 
Charmelle , Chabmellée, s. f,, 

cornemuse : « eu joui bé de là charmel- 
lée ; » il joue bien de la charmellée. V . , 
c. Isl.-Jourd.j Luchapt. — Patois li- 
mousin : « charmello. » 

Charnail et Chaeneil (1. carnis), 
s. m., dureté qui se trouve dans le pis 
des vaches après la vélure. V., arr. de 
Poit. et de Loudun.— D.-S , suivant les 
lieux. 

Chaboussae (I. carruca)^ v. n., pro- 
mener. Vend. (C. et P. D.) 

Chârpi>'S (mettre à) [I. carpere], 
loc, mettre en pièces, à petits morceaux. 
V., arr. de Civ.— (B.-F.) 

Charpre , Cherpre et Charpe 
{!. carpinus), s. m., charme, charmille. 
V. —■ D.-S. — Vend., suivant les lieux. 

— < Bois de la Beletère tenant la cos- 
dre, le charpre, etc. » (An 1334.) — 
« Cherpre. » (An 1474. Manusc. du 
Poitou.) 

Ch.\RQDOIS (g. cras;, crai/.o'î)^ s. m., 
terme de boucherie : * in charquois de 
chebra_, » le corps d'un chevreau. — 
Par extension, terme de mépris : « ôte 
ton charquois d'iqui. » V. — (B.-F.) 

Charraut , s. m., Manuscrits du 
Poitou, charrière, grange. — « Le char- 
rauz abbatis et conventus monasterii 
novi apud Chirec. » An 1276. — Noms 
de lieux : a Charaud (le), » la Bussière, 
V.; « Charault Ile;. » Bellefonds, Fleix, 
Lavoux, Salles-en-Tculon , V. ; « Cha- 
rault-Bourgeois (le), » Salles-en-Toulon, 
V., et quelques autres qui s'écrivent 
Charreau, Charrault. 

Charre, s. f., trace de| charrettes. 
V. — D. S. — Vend. 

Charre, Charrère, s. f , bateau où 
l'on passe des animaux et des charrettes^ 
passage pour entrer dans un champ, 
dans un pré. — V. — D.-S. — Vend.— 
Basse latinité : carreria , via : char- 
reria, videtur sumi proea navisspecie, 
quam haccum appeiIamus,quahomines 
&e et res suas in fluviis transvehunt, 



CHÂ 

defectu ponlis. (Duc.)— Patois limousin: 
« charrieras, » petit chemin.— Gascon : 
f carrero, » rue, — Patois du Berry : 
ft charrière, » bac de grande dimension. 
— Marne : « charrière, » ornière, che- 
min pour les voitures — Noms de lieux: 
« Charrière,» (Pvossay, V.); • Charriè- 
res (les), » (Leigné, V.) 

Char BIÈRE, s. f., cour d'une ferme. 
V., c. de risl. -lourd., Adriers. 

Chabruyages, s. m, pi. L'on com- 
prend sous ce nom générique tous les 
instruments aratoires en général. (B.- 

F.) 

Chabsau, s. m., couverture de lit 
fabriquée par les tisserands du pays et 
qui est composée de fil et de laine, 
étoffe vulgairement appelée boulingé ou 
boulangé. D.-S., c. de Celles. 

Charte (très-long), s. f , charrette. 
V. — D.-S. — Vend. — Patois du 
Berry : « charte, » charrette à ridelles. 

Chartieu, Chartiou, s. m., le 
corps d une charrette, charlil. V. — D.- 
S., suivant les lieux. 

Charve, s. f., chanvre. V.— D.-S. — 
Manusc. du Poit. V. Chambre. — Sain- 
ton ge. — Gascon : « carbe. » 

Charveux ou Cherveux, se, adj., 
filandreux. V. — D.-S., dans plusieurs 
lieux. — Saintonge. 

ChabviSjCharvoy, s. m., chenevis. 
V. — D.-S.,suivantleslieux. "T. Charboi. 

Chasse, s. f., morceau de fer carré 
avec manche en bois qui sert à étamper 
le fer chaud. V., arr. Chat. 

Chxsse-Briquet, s. f., réunion d'a- 
nimaux fantastiques qui crient pendant 
la nuit. V., arr. Chat. — C'est ce qu'on 
appelle, dans les arr. de Poit. et de Lou- 
dun, « chasse-galerit, » et^dans d'autres 
provinces, « chasse-de-Saint-Hubert, » 
chasse mystérieuse de fantômes d'hom- 
mes et de fantômes de chiens ; à Fon- 
tainebleau, a le grand veneur de la forêt 
de Fontainebleau. » C'est ainsi que des 
paysans et des bergers interprétèrent 
les' jappements de chiens, les cris et les 
cors de chasseurs que Henri IV entendit, 
chassant dans la forêt de Fontainebleau, 
et l'apparition au comte de Soissons, 
qui s'était avancé, sur l'ordre du roi, 
d'un homme noir criant d'une voix ter- 
rible en disparaissant aussitôt : men- 
teîidez-vousf (Mathieu), 



GHA 

Chasseron, s. m., valet de meunier. 
V. — D.-S. V. Chaisseron. Moyennant 
certaine redevance, dit M. Beauchet- 
Filleau, le seigneur qui avait un moulin 
banal accordait aux autres meuniers 
qui étaient dans l'étendue de sa terre 
la permission de « chasser à la pochée ; »> 
c'était ce que l'on appelait, en Poitou, 
le droit de « chasserandrie ou chassan- 
drie, » ainsi qu'il est écrit dans un acte 
du bureau des finances de l'année 1771. 

Chassi, V. a., faire corps, se serrer. 
V., c. de Monte. J^. Chaclai. 

Chat, s. m., crocheta trois branches 
ou griffes recourbées, qui sert à rr^tirer 
des puits les seaux qui y sont tombés. V. 
— (An 1694. Manusc. du Poitou.) 

Châtain, NE, adj., bœuf ou vache 
dont le poil tire sur la couleur de la 
châtaigne. V. — D.-S. 

Chatelet, s. m., dévidoir qui sert à 
mettre le lil en écheveau. Dans tout le 
Poitou. 

« In chatelet et daux fuscas. » 

(Gust., p. 82.) 

Patois du Berry : « chatelet. »— Fran- 
çais : « chatelet, » partie d'un métier 
de rubanier qui soutient les hautes 
lices. 

Chatelet, s. m., jeu d'enfants. C'est 
un petit monceau de trois ou quatre 
noix qu'il faut abattre avec une autre. 
V., arr. Civ. 

Chatouère et Chatouinère (1. ca- 
tus), s. f.;, chatière. V. — D -S., suivant 
les lieux. — Besancon : « chaitenère. » 

Châtrai, v. a., passer de la laine à 
des bas pour les raccommoder. V., arr. 
de Poit. 

Chatraire (1. castraré)^ s. m., ce- 
lui qui châtre les animaux. V., c. de 
risl. -lourd. 

Chatrin.s. m., chardonneret. Vend. 
(Cet P. D.)y. Chadrier. 

Chatris, s. m., moulon châtré et 
bon pour la boucherie. V. — D -S. — 
Vend. — a Pour quartiers de chastri 
que l'en avoit prins de Philippon Jaques 
^xll s., VI d. » (An 1301. Manusc. du 
Poitou.) 

Ch.atron (r. chatraire)^?,. m., jeune 
bœuf tout récemment châtré. V. — D.- 
S. — Patois du Berry. 

Chatte-nègre, s. f., jeu d'enfants. 



CHA 



83 



Dans ce jeu, un seul court après les 
autres jusqu'à ce qu'il les ait tous pris. 
C'est le sort qui désigne celui qui doit 
courir le premier, et l'on prélude ainsi : 

n Unie, une aile, 

» Cazi, cazeUe, 

» Le pé (lu jon, 

» CoqulUe, goudron ; 

» La caille-bottine, 

» Te casse l'éihine, 

» Le pé dan loue, 

» Te casse le cou. » 

C'est celui sur lequel tombe le dernier 
mot qui doit courir. V., arr. de Civ. 

CuAUBENi, v. n., s'échauffer, moisir 
en parlant du pain. V. — D.«S. — (A. 
R.) 

Chaubouillé, e, adj., couvert de 
chaubouillure. V. — D -S. 

Chaubouillissé, e, adj., couvert 
de chaubouillissures. V., arr. de Civ. 

Chaubouillissures et Chaubouil- 
lure, s. f., éruption cutanée occasionnée 
par la chaleur. V. — D.-S._, suivant les 
lieux. 

Chaucrevé, e, adj., se dit des lé- 
gumes ou de la soupe à moitié cuite. 
V., arr. de Poit., c. de Monte. — D.-S., 
arr. deBress. 

Chaudebouillures , s. f. , petits 
boutons produits sur la peau par la cha- 
leur. V. 

Chaudïn, s. m., le boyau rectum 
des animaux : l'on dit, par plaisanterie, 
des personnes : « i cré bi qu'gla le 
chaudin pourri. » D.-S., c. d'Airvault. 

Chaudra (suivre le), loc, faire cuire 
du pain après quelqu'un quand le four 
est chaud. (B -F.) 

Chaudra (à), loc. adv., se dit des 
moutons quand ils se réunissent en 
groupe pour se garantir de la chaleur. 
V., arr. de Civ. — (B.-F ) 

Chaudrolou, se et Chaudrolut, 
te, adj., se dit de la terre ou des ani- 
maux ; de la terre quand elle est trop 
perméable, qu'elle ne conserve pas son 
humidité : « quielle pièce de terre est 
chaudrolouse. » Des animaux quand ils 
redoutent la chaleur : « tan bu est chau- 
drolou. » iB.-F ) 

Chaulier,s. m., ouvrier qui prépare 
la chaux, et, par extension, le marchand 
de chaux. V. — D-S. — « Chaulma^ 
cier. » « A Estienne Bigot Pierre Pau^ 



84 



CHA 



CHE 



leaii , etc., chaulmaciers du Pin, pour 
trente et sept charretées de chaux. » 
(An 14S3.) — « Chaumacer, » v. a., 
enduire de chaux : a chaumacer le 
portai. » (An 1507. Manusc. du Poitou.) 

Chaumea, s. m., terre inculte ou en 
jachère. Vend. (C. et P. D.) — basse la- 
tinité: « cahna, quibiis in locis (cilalis) 
calma, videntur appcllati agri aratorii, 
in quibus messes esse soient, qua? ca- 
lamis frumenlariis constant, quos inde 
nostri chaumes vocant. ^) (Duc.) C'est 
donc par extension, d'après cette défini- 
tion, que le mot chaumea est appliqué 
aux terres incultes.' 

Chaumeni et Chaumesi, v. n., s'é- 
chauffer, moisir en parlant du pain. V. 
— D.-S. — Vend., suivant les localités. 
Saintonge. — Patois limousin : « chau- 
menido. » — Rabelais : « Ils n'en ont 
pas une hazarde, et sur le soir quelque 
morceau de pain chaumeni. « (L. 2, 
c. 30.) 

Chaumia , s. m., petite chaume, 
clairière dans un bois. (B -F.) — « Chau- 
meau » est le nom d'un moulin de la 
commune de Loubillé (D.-S.), situé près 
d'un communal nommé « les Chau- 
mes. » (B.-F ) — « La Chaume, les 
Chaumes, Chaume, Chaumeil, Chau- 
merie, Chaumeuil, Chaumellerie,Chau- 
melonge, » sont des noms de lieux très- 
nombreux dans le département de la 
Vienne. 

Chaumontai , V. a., chauler le blé. 
V., c. Isl.-Jourd., Adriers. 

Chaumussé, v. n., remuer, et prin- 
cipalement les oreilles. V. , arr. de 
Poit. 

Chavanea, s. m., faisceau de poi- 
gnées de chanvre sortant du royour. 
(F, ce mot), et que l'on dispose ainsi 
pour les égoutter. (B.-F.) 

Chavam, s. m., chat-huant. V. — - 
D -S. — Vend. V. Chaon. — Patois du 
Berry. — Patois du Limousin : « cho- 
van.')) — Noms de lieux : « Chavaux 
(les), » Antran (V.) 

Chavé (1. cavare)y v. a. et n , creu- 
ser : <( chavé in boc. > V., arr. de Civ. 
Creuser sous terre. — Au figuré : « mal 
qui chave, » c'est une plaie qui s'étend, 
qui fait des ravasjes à l'intérieur. V. — 
D.-S. — Françai.^ : « caver. » 

Chaveuillai pour Chahbuillai, 



V. n., travailler à la lueur du chareuil. 
(B.-F.) 

Chaveutllon, s. m., celui qui n'y 
voit qu'à peine, qu'en clignotant, comme 
éclairé par un chareuil. (B.-F.) 

CiîAY, s. m., chien, dans quelques 
localités : 

« De porte en porte aUer trcchay 
» In morcea de poin queme in chay. » 
(Giist., p. 24.) 

Roman : a ché. » — Patois limousin : 
« ché. » 

Chebetièbe (cheb'tière) et Che- 
BÉTiÈRE, S. f., garniture du lit au-dessus 
du chevet. V., arr. de Civ. 

CHEBRAelCHEBRiA,s. m.,chevreau. 
V., arr. de Poit. et de Civ. — D.-S. — 
V. Cabri. — Patois du Berry : « che- 
bris. •) 

Chebratte, s. f., diminutif du pré- 
cédent, jeune chèvre d'un an. D.-S. — 
Roman : « cabreta. » — Noms de lieux : 
« Cheboirie (la), » Queaux (V.); « Che- 
bretterie (la), » Châtain (V.). 

Chebratte, s. f., espèce de champi- 
gnon. V., arr. de Poit. — (B.-F.) 

Chebratte, s m., triangle de fer 
pour mettre les plats sur le feu. V., arr. 
de Poit. et de Civ. 

Chebressaillai (r. chebressailles), 
V. a., cligner des yeux, remuer fré- 
quemment les paupières. D.-S., arr. de 
Melle. 

Chebress AILLES, s. f. pi., paupièrcs. 
D.-S., arr. de Melle. 

Chebrie, s. f , musette, espèce de 
flûte faite avec du bois tendre et moel- 
leux facile à forer. V., arr. de Poit. et 
de Civ. ~ D -S. — (B.-F.) — Patois li- 
mousin : « chobréto, » connue plus an- 
ciennement dans le Limousin sous le 
nom de « bedon » ou de « loure. » 

Chebrié, v. n., mettre bas en parlant 
des chèvres. V.— D.-S. V. Abouquillai. 
— Au figuré, pleurer, en parlant des en- 
fants, inîiter le cri de la chèvre. V., arr. 
de Poit. et de Civ.- (B.-F.) 

Cheftière,s. f., garniture du lit au- 
dessus du chevet. V., arr. de Poitiers. 
V. Chebelière. 

Chemi, s. m , chemin. V., c. del'Isl.- 
lourd. 



CHE 

Cheminet, s. m., petit chemin. V. 
— D.-S. : 

« Me fit verre à trois pas in petit cheminet. » 

(Bab., p. 87.) 

Chrminou, s. m., V. leprécéd. V., 
c. de risl.-Jourd. 

Chemisole, s. f., veste. V. — Gilet 
à manches le plus souvent en toile ou en 
coton. (B.-F.) 

« Ta chemisolle étot, ou ce-t-au que tu laa naise ? » 
[Amours de Colas, p. 8. Cit. B.-F.] 

Latin : camisia, est indiqué dans plu- 
sieurs chartes latines comme un vête- 
ment ecclésiastique et militaire. 

Chemis'roule, s.f., V. leprécéd. V., 
c. Isl.-Jourd., Adriers. 

Chena, Chenea, s. m., jeune chien. 
V., arr. deCiv. et de Loudun.— Patois 
du Berry : « chenard. • 

Chenatre, (Ch'nâtre), s. m. , petit 
chien. (B.-F.) 

Cheinatre, adj. des deux genr., cou- 
leur effacée, passée. (B.-F.) 

Chenebau (Chen'bau) [b.l. Cmia- 
berillum\^ s. m , chenevière; lieu où 
l'on cultive ordinairement le chanvre. 
(B.-F.). — V.,arr. de Civ. — « Cham- 
bault, chembault » : — « une pièce de 
chambault contenant à semer un bois- 
seau de chenevoy. » (An. 1680, les 
Fosses , Manusc. du Poitou.) « Cum 
sola et canaberillo.» (An. 939, manusc. 
du Poitou.) 

Cheneboué (Chen boue), s. m , che- 
nevis.,V.,c. Montm.— D.-S. -(B.-F.)— 
Chenevoy. (Manusc. du Poit.) — Patois 
limousin : « chénobou. » — Marne : 
« cheneveuse. » 

CHÉNEBOUÈRE,s.f.,V., arr. de Chat. 
Y. Chenebau. — Patois limousin : «ché- 
nébiêro. » 

Chenet, s. m., jeune chien. V.,c. de 
risle-Jourd. F. Chena. — Ardennes: 
« chenel. » 

Cheneuil, s. m., chenil, V., arr.de 
Poitiers. 

Chenevtn, s. m., chanvre- D.-S., 
Vasles.— Quatre pelotons de fil de che- 
nevin. (An. 1731, Vasles, Manus. du 
Poitou,) 

Chenevbault (Chen'vrault) , s. m., 
chenevière. V. — D.-S. — Et au dict 
lieu tiennent aussy les dictes bornes et 



CHÉ 



85 



limittes au chenevraultfeu René Lorier. 
(1579.) — (Arch. Saint-Hilaire , bourg, 
U65.) V. Chenebau. 

Cheniau, s. m., jeune chien. D.-S., 
arr. de Bress. F. Chena. 

Chenin , s. m., raisin aussi appelé 
blanc-massé. V., arr. de Chat, et de 
Loudun. — Rabelais : « et avec nos 
raisins chenins estuvant les jambes de 
Forgier mignonnement.» (L. V^, C. '20.) 
Y. Confort. 

Chenoué, s. m., chenevis. D.-S., 
arr. de Bress. Y. Charboi, 

Chepseau (1. caput.)^s. m., c'est la 
têtée d'un champ, l'endroit le plus élevé, 
où les laboureurs , avant de revenir sur 
leurs pas, nettoyent le soc de leurs char- 
rues, ce qui finit , au bout d'un certain 
temps, par former, en cet endroit, comme 
un chevet. (B.-F.) — D.-S., arr. de 
Melle et de Niort. — « Chevessaut : » 

— « trois sillons de terre faisant demie 
cartoilée tenant... du nord à un cheves- 
saut, d'autre à un conversain. » (An- 
née 1673, Manusc. du Poitou.) 

Chérai et Chébé^ s. m., sorte d'é- 
charpe de fil et de droguet dont les 
femmes de la campagne se couvrent les 
épaules. D.-S., c. de Sauz. - Vaussais. 

— V., arr. de Civ. 

Chérant , TE, adj. verb., celui ou 
celle qui surfait sa marchandise, qui 
aime k vendre cher. Dans tout le Poi- 
tou. — Patois du Berry. 

Cherbe, Cherve, s. f., chanvre. 
V. — D.-S. V. Chambre.— Manusc. du 
Poitou. —Patois limousin : « cherbe. » 

Chère, s. f , visage, mine: 

« In ange me faislt la chère. » 

(Gust., p. is.) 

— feinte, faux-semblant, D.-S.— Vend. 

-(A. R.) 

« Gl'aufasoit tout de bon qu'ea faisolt point la 

[chère. » 
(Gust., p. 60.) 

— Confiance : « Faites grand chère là 
dessus. » (Rab., L m, c. 14.) — Basse 
latinité : a cara, faciès, vultus, caput.» 
(Duc.) Employé dans ce sens par les 
plus anciens poètes. 

Chéree, s. f., plante dont les feuilles 
ressemblent à celles du chanvre , et les 
fleurs à celles de la marguerite des 



86 



CHE 



champs. Très-funeste aux céréales. V., 
arr. de Chat. 

Chéreuil, s. m., petite lampe. V. — 
D.-S. Suivant les lieux. V. Chaleuil. 

Cherelve , s. f., brouette. D.-S., c. 
Bress., Boi^mé. 

Cherpeillai , V. a. , mettre les 
toisons de laine par petils bouchons 
pour les briï^er, les carder. V., arr. de 
Poit. et de Civ. — Basse latinité : car- 
pia , linamentum, seu linteum carpfum . 
quod vulneribusinditur, noslris char- 
pie. (Duc.) 

Cherre (1. Cadcre), v. n., tomber : 
t i a dau glas à matin, pronds bé gard' 
à cherre, man valet ; » il y a de la glace 
ce malin, prends bien garde à tomber, 
mon valet ; valet pour enfant- V. — 
D S. 

Cherri, s. m., toile qui sert à conte- 
nir les cendres dont on se sert pour la 
lessive. D.-S. 

Cherrolée.s. m., f. le précéd. V., 
arr. de Poit. 

Chervi (se), V, pr., se chagriner , 
craindre, en goisser. Vend. (C. et P. D). 
— « S*'en chervi ». même sens. (A. R.) 

Chet, (1. caput]y s. m. , tète, ou 
pièce de bétail. V., Isle-.Tourd. — 
Vend. (C. et P. D.— Patois Limousin : 
« chai. » — Ardennes : « chaon. » 

CoET , s, m. , pis de vache ou de 
chèvre. Vend.. Font. (C. et P. D.)— V., 
Monte, arr. de Chat.— D.-S — (B.-F.) 

Chète , s. f., chute : «( i fit in'chète 
arser , i m'en sintirai linslomps. » 
(B.-F.) 

Chetelai, V. n.. mettre bas en par- 
iant des chiennes. V , arr. de Civ. F. 
Achicotai. — Ardennes : « chesteller, » 
se dit d'une chatte qui met bas ses pe- 
tits. 

Cheubre,s. f., chèvre. V., c. Couhé. 
Brux. 

Cheubratte , s. f., jeune chèvre. 
V. — D.-S. — y. Chebratte. 

Cheucherea, s. m., collectif, co- 
quilles de noix. V., arr. de Loudun. 

Cheugxard, de (r. cAewgrwe), adj., 
mutin, de mauvaise humeur.b.-S.,arr. 
de Bress. et de Parth. 

Cheugne. s. f., moue, mauvaise 
humeur : « faire la cheugne w Vienne. 

Cheugnai,v. n., être sombre et pen- 
sif, se livrer à de tristes rêveries , bou- 



CHt 

der. — Jeûner par force. D.-S., arr. de 
Bress. et de Parth. 

Cheurre, v. n., tomber, choir. V.— 
D.-S. — Vend. 

a SI je voulons couri ga'ant pre nous faire 

[cheurre. » ] 
(Oust., p. 67.) 

— Part, passé : «chésu, cheusi, » V. — 
D.-S. — Vend.— « Chevi, » V., c. de 
Veuille. — « Chet, chesi. » Vend. 

Cheut (le t sonne légèrement), adv., 
ne pas : « on' n'a cheut » il n'v en a pas. 
V., arr. de Civ. — D.-S. 

Cheut, te, très-bref, adj., aucun , 
pas un : « cheut des camarades dira le 
contraire. t> (A. R.) — V., arr. de Civ. 

Cheux, prép.. chez. V. — D.-S. : 
«Ilem.ontestéportéscheuxmaistre Pierre 
Monsor. (D. Font., t. xii, p. 271, an- 
née 1562). — a Cheux nous, « locution 
signifiant à la maison : « de cheux- 
nous, » autre loc. très-fréquemment em- 
ployée, et répondant à ces mots : de ma 
maison, ou à l'adj. poss. le mien, la 
mienne : 

« Si ne tay in mariage 

» Pre la famé de chcu-nous." 

(Rob. Div., p. 87.) 
« La femme de chez nous, 
» La méchante diablesse. » 

(N. P., p. 88.) 

— « Quiau de chez nous , » celui de 
chez nous , l'homme de chez nous, mon 
mari. — Yonne, Marne: «Cheus, cheux, 
cheuz.» 

Chevalerie l'cheval'rie) [1. cabal- 
liis], s. f., collectif , la race chevaline , 
asine et mulassière en général. Dans 
tout le Poitou. 

Chevau-au-diable (ch'vau), s. m., 
insecte, c'est le moine ou la demoiselle. 
(B.-F.) — V., arr. de Civ. 

Cheveliau et Chevellon (chev'- 
liau), s. m., bois recourbé fixéau milieu 
du manche de la faux. D.-S., arr. de 
Parth. et de Bress. — (A. R.) Suivant 
les lieux. 

Chevet, s. m., l'endroit le plus élevé 
d'un champ. V., arr. de Poit. — D.-S. 

— y. Chepseau. 

Cheveuille, s. f., cheville ; — che- 
ville du pied : « i m'séfé mau à la che- 
veuille. » Proverbialement : « quond la 
puput (lahupe) attrape, o fé maillochai 



CHE 

les cheveuilles. » C'est-à-dire quand on 
entend chanter cet oiseau, à jeun, pour 
la première fois, à la saison, l'on se 
donne des coups de pied en marchant. 
V., arr. de Civ. — D.-S. 

Chevillé (ch'villé), s. m., boulon 
en fer qui attache le forçar au prâ. 
(B.-F.) V. ces mots. 

Chevillis (ch'villis), s. m., instru- 
ment en bois, sorte de cheville qui sert, 
par sa disposition^ à faire entrer plus 
profondément ou plus légèrement le soc 
en terre, suivant le besoin du labour. 
V., c. Isl. -lourd. V. Muette. 

Chevillon (cirvillon), s. m., grosse 
cheville en bois ou en fer traversant des 
deux côtés le cep de la charrue pour 
ramasser l'herbe. V. , arr. de Chat. 

Chèvre -volante^ s. f., oiseau, la 
double bécassine. V.,arr. Poit. (Maud.) 

Chevretai et Chevrotai (ch'vr'tai), 
V. n., mettre bas, en parlant des chè- 
vres. V. — D.-S. — V. Abouquillai. — 
Ardennes, Marne : « chevrotter, » s'im- 
patienter. 

Chevrette (ch'vrette), s. f., cham- 
pignon. D.-S., c. de Bress. V. Che- 
bratte. 

CuEVRiAi (ch'vriai), v. n., mettre 
bas, en parlant des chèvres. F, Abou- 
quillai. D.-S., suivant les lieux. 

Chevrie (ch'vrie), s. f., espèce de 
llùte. V, — D.-S. — Suivant les lieux : 
« Et le dit appellant sounoit d'un in- 
strument appelé chevrie. » (An. 1484. 
Veuille. iVJanusc, du Poitou.) — « Do 
jouou de chevrie. » (Moirie de Saint- 
Moixent, p. 8.) 

Chevriotte (ch'vriotte) , s. f., di" 
minuiif du précédent. 



«I Phelippot jouait de la chevriotte. i 
(N. p., p. 2"*.) 



— Chevrette, cornemuse : c: II était 
dû à la seigneurie de Puygarreau, sur 
un héritage qu'on appelait Fresches des 
Gâteaux, deux gasteaulx, etc., avec un in- 
strument appelé la chevrette et le (am- 
bourt, où en deffaull de ce et le hault- 
bois. ') (An. 1639. St-Genest. Manusc. du 
Poitou.) 

Chez-d'âil, s. m., réunion de plu- 
sieurs gousses d'ail. V., arr. de Chat. 
7. Bosse-d'ail. 



GHI 



8: 



Chi, s. m., chien. V., c. de Montm. 
et de risl.-Jourd. 

Chi, prép.^ chez. V., c. Monte. 

Chiasse, s. f , trou pratiqué dans le 
plancher d'une charrette pour en faire 
tomber le fumier quand on le répand 
dans les champs. V. — D.-S. — Diar- 
rhée. V. — Aube, Marne : <( chiasse, » 
rebut. 

Chiassou , SE, adj., celui ou celle 
qui a la diarrhée. V., arr. Poit. et Civ. 
— D.-S., c. Bress. — « OEil chias- 
sou, » œil qui a la chassie : « Gl'a 
r chéreil aux œils, gl'é tout chassiou ; » il 
a la lampe aux yeux, il est tout chas- 
siou. V., c. Civ. 

Chiche (I. siccus], s. f., espèce de 
cochet à feuilles très-découpées dont on 
fait des salades. (B.-F.) — Ardennes : 
€ chiche, » ciment, mortier. 

Chicherots, s. m., Chicherottes, 
s. f. pi. , coquilles de noix. V., arr. Chat. 
V. Cheucherea. 

Chichetai (chich'tai) (r. chichèle]^ 
V. a., épargner, se montrer parcimo- 
nieux. V., arr. Chat. 

Chichète (\.sicclias)^ s. f., épargne, 
parcimonie. S'emploie souvent dans ce 
sens : <x aller à la chichète, » chercher 
à épargner. (A. R.) 

Chicot, Chienou, s. m., diminutif 
de chi, chien ; jeune chien. Vend. — 
V.^ c. de Montm.j St-Remi. 



« I comparas, compère, 
> Les chicots aux grands chay, in bicotà sa mère.» 

(Giist., p. 7 7.) 



Chie, s. m., pis de vache ou de chè- 
vre. D.-S., c. deThénezay. V. Chet. 

Chiemouc, s. m., butome ombelle. 
Vend., Font. (C. et P.-D.) — Fruit de 
l'églantier. D.-S., arr, de Bress. 

Chiffoui, V. a., écrire, barbouiller. 
V., c. de iMontc. f^. Chaffourai. 

Chiffrailles ou Chiffres , s. m. 
pi., "débris de murailles, gravois, gros 
tas de petites pierres le long des murail- 
les, D.-S., c. C. B. (B.-F.) 

Chillou, s. m., caillou. V., arr. 
de Montm. et de Chat. /^. Chail, 
— « Chillou, » pavé; « item à Jehan 
Reboisseau, pour avoir forni de chillou 
et terres, etc. » (An. 1430. Manusc.) — 
Noms de lieux ; « Chillou » et <f Chillou^ij 



88 



:ho 



(Le) sont au nombre de huit dans lo 
département de la Vienne. 

Chin, s, m., chien. V. — D.-S. — 
V. Chi. — Provençal. 

Chin. prép., chez. V. — D.-S., sui- 
vant les lieux. — V. Cheux. 

Chiot, s. m., jeune chien. V., arr. 
de Chat. V. Chicot. — Patois du Berry : 
a Chiou. 

Chiot (avoir le), loc, avoir l'es- 
tomac déran:^é; avoir la dyssenterie. 
D.-S.— B.-F.) — V., arr.Civ. 

Chioukbe, s. f., lieux d'aisance. V., 
arr. Civ. 

Chiouère, s. r, trou pratiqué dans 
le plancher d'une charrette pour en faire 
tomber le fumier quand on le répand 
dans les champs. — Diarrhée. D.-S., 
arr. de Bress. 

Chiposa et Chipoiseau, s. m., la 
cucubale. Brisée sur la main ou contre 
un corps dur, le calice -de sa fleur pro- 
duit une certaine détonation. Jeu d'en- 
fants. V.,arr. Civ.— ,B.-F.) 

Chirail, s. m., tas de pierres, de 
décombres. V., arr. Poil. (Maud.) 

CfliRAiLLÉ, s. m., las de pierres en- 
fouies dans la terre. V., arr. Poit. 
(Maud.) 

Chiraillou, s. m., endroit où il y 
a beaucoup de pierres. V., arr. de Poit. 
(Maud.) 

CniRON, s. m., tas de pierres ; mon- 
ticule formé par une agglomération de 
pierres. V. — D.-S. —Rocher. Vend. 
^Manusc, du Poitou.) 

CuiRON, s. m. . buisson touffu, épais. 
D-S., env. de Melle. 

Chiroue, s. m., lieux d'aisance. V. 

— D.-S. 

Chisere ou Chisière, s. f., espèce 
de panier qui sert a faire sécher de= fro- 
mages. D.-S., Aubigné. (B.-F.) 

Chol.atre ,v. impers., importer, don- 
ner du souci de quelque chose. Vend. 
(C. etP.-D.) 

Chole. ee, pr. démonstr. , celui-là, 
celle-là. Vend., Maillezais. (C. elP.-D j 

Cholettb, s. f., navette, larum vul- 
gare. V., arr. Poit. (Maud.), arr. Civ. 

— D.-S., arr. de Bress. et de Parlh. 
Chombbire, s. f., instrument que 

Ton attache à la crémaillère et qui sert 
^ supporter la poêle quand elle est sur 



CIN 

le feu. D.-S. , Nueil-sous-les-Aubiers. 
V. Chambrère. 

Choppe, adj. des 2 genr., trop mûr, 
à moitié pourri : « poires ou pommes 
choppes, bois choppe. » Dans tout le 
Poitou. — Patois du Berry : « choppe, » 
poire molle. 

Choppksi (chopp'si), v. n., se gâter, 
en parlant des fruits spécialement. Dans 
tout le Poitou. 

Chou-de-Paris, s. m., plante, afri- 
plex hortensis. V., arr. Poit. (Maud.) 

Chou-de-vigne, s. m., plante, V., 
arr. Poil. (Maud.) 

Cholmitai, V. n. , pleurnicher, 
V., c. Monts, Berlhegon. 

Chuche, s. f., cousin, insecte. V., 
arr. de Chat. F. Beuillou. 

CiBO, s. m., oignon de l'année pré- 
cédente, replanté au printemps pour en 
avoir de primeur. V., arr. de Chat. 
A'. Cèbe. — Provençal : « cibo et sebo,» 
oignon. — Marne : ce cibour , » petit 
oignon. — Rabelais: «cibot; plusvingtet 
cinq charretées de porreaulx , d'oignons 
et decibots. » (L. 2, c. 2".) 

CiBOT et Cfbou, s. m., la corde du 
licou que l'on passe dans la bouche ou 
sur le nez des chevaux, ânes ou mulets 
pour s'en servir comme d'une bride. V. 

— D.-S. — (A. R.) 

CiMAi, V. n., se dit d'un vase, d'une 
futaille qui ne relient pas bien le liquide 
qu il contient : a Vé don vèr a la pippe, 
si a n'cime pas core ; » va donc voir si 
la pipe ne cime pas encore. V. — D.-S. 

— Marne . Haute-Marne , patois du 
Berry : « si mer. » 

ClMANTÈRE OU SiMANTÈRE, S. m., 

cimetière. V. — D.-S. — Vend. — 
(An. J 376. Manusc. du Poitou.) — Sain- 
tonge : « cemantière. » — Gascon : « ci- 
me ntéri. » 

CiNCE, s. f., écouvillon, terme de 
boulanger. V. — D-S. — L'on dit pro- 
verbialement : a la cince se moque du 
fourgon, » en parlant d'une femme sale 
qui se moque d'une autre non moins 
sale. La « cince » est une longue perche 
au bout de laquelle sont attachés de 
vieux chiffons. — Ardennes : « cince, » 
ceinture. — Aube : « cince, » guenille. 

CiNCÉ, V. a., nettoyer avec la cince. 
V.— D.-S. 

CiNQUAiNE (r. cinq.), s. f., petite 



GLA 

cordo de la grosseur du doigt composée 
de cinq fils, qui sert à faire des longes do 
licol. (B.-F.).— « Asséjouère. » V.,arr. 
Civ., K. ce mot. — Talois limousin : 
« sincèno, » le bout du lil par où l'i^n 
peut dévider un écheveau. 

Cintre, s. m., soliveau placé sous 
les barriques. V., arr. Civ. 

Cio (quio), s. m., clef : « avai-vous 
troubé la cio? > Avez-vous trouvé la 
clef? V., Isl.-Jour., [.uchapt. 

CiTAU et CiTiA. (g. CTO?), s. m. , 
gerbes disposées en moyeltes. V., nrr. 
P.-D.-S. 

CiTELÉE, S. f., diminutif de citau , 
gerbes entassées sans ordre et sans que 
i'on se soit préoccupé du nombre , 
prèles àèîre chargées sur les charrettes. 
(B.-F.) 

CiVAE, S. m., avantage. Vend. (C. et 
P. D.) 

CiviÈRE-ROULEssE, S. f., brouelte à 
bras. V.~D.-S.— r. Boudesoulle. 

ClVRAIE, CiVR E, ClVRIE, S. f, 

plein une civière : « va don cri ine 
civrie d' ironfle, tu la baill'ras aux 
vias ; » va donc chercher plein une ci- 
vière de Irètle , tu la donneras aux 
veaux. V. — D.-S., suivant les lieux. 

Cla Ici mouillés), s. m., petit creux 
où se tient l'eau, et par ex(ension, eau 
dormante : « le cla d' la Guirande 
(commune d'Aitfres, près INiort) doune 
biaco d'onguiles quond les aives se re- 
tirant. » b.-S., arr. Melle et de Niort. 

Cla, s. m., fléau pour battre les 
grains. V., Chat. — D.-S., c. Bress. — 
Vend. Dans quelques communes. — 
Rancher de charrette. Vend., c. Cha- 
lans. 

Claeot [cl mouillés), s. m., bœuf 
d'un poil clair. V. — D.-S. 

Clabot ici mouillés), s. m., gros 
sabotj et par extension, se dit d'une 
personne qui fait du bruit en marchant. 
V., arr. Civ. 

Clabot, s. m., trou, creux. D.-S. 
(Rond.) — « Clabot » de terre : « un 
clabot de terre assis entre les fossez de 
Saint-Romays et le pré Chambaut. » 
(An. 1407. "Manusc. du Poitou.) — 
Basse latinité : clabata, rivus, cana- 
lium, clabata, forte cavata. (Duc.) 

Clabot, te, adj., vide, peu rempli : 
« œuf clabot, » œuf qui n'a pas été 

xxxn. 



CLÉ 



89 



mange. 



fécondé; on dit d'une personne qui a 
beaucoup mangé : « gne n' det poué 
aver le vonire clabot, car gl'a prou bai 
mongeai ; » il ne doit pas avoir le ven- 
tre vide, car il a assez bien 
Vend. (C. et P. D.). — V. — D.-S 

Clabotai [ri mouillés), v. n., mar- 
cher lourdement. V., arr. Civ. — (se), 
V. pr., so gâter en parlant des œufs. 
Vend. 

('lafoti {cl mouillés), s. m., es- 
pèce de gâteau composé de farine, de 
lait et de cerises que l'on fait cuire au 
four dans un moule à tourte. V., c. St- 
Savin, Journé. 

Clagot, r [cl mouillés), adj., vide, 
peu rempli. D.-S., arr. de Bress. F. 
Clabot, adjectif. 

Clagotai [cl mouillés), v. n., mar- 
cher lourdement. D.-S , arr. de Bress, 
F. Clabotai. 

Clair-bassin {cl mouillés), s. m., 
plante, la ficaire renoncule.— Clair bas- 
sin de rivière, cal ta vaiustris. V., arr. 
Poit. (.\Iaud ) 

Claîrea ici mouillés), s. m., ciel 
d'un clair obscur. V., arr. Civ. — 
D.-S , c. Bress. — Vend. — Au figuré, 
objet presque usé. V., arr. Poit. 

Clairin (cl mouillés], s. m., espèce 
de clochette qu'on suspend au cou des 
bestiaux qui pacagent dans les bois. 
Vend. — D-S. — (B.-F.). - « Une 
sonnette ou clairin. »(An. 1731. Vasles. 
Manusc. du Poitou.) — Patois du 
Berry : « cîairin, clairon, » grelot au cou 
du gros bétail. 

Clairot [cl mouillés), s. m,, trou, 
creux. D.-S., arr. de Bress. 

Cla VI A (1. clavus), s. m., hameçon. 
V. — D.-S. — Vend. — Languedo- 
cien : « clavel, barbât. » — Saintonge : 
« clavia. » — Rabelais. 

Claveure et Clavuee (1. clavis), 
s. L, clef. V., arr. Civ. — D.-S. - 
(B.-F.). — C'est aussi la serrure d'une 
porte. — Marne : « claver, » fermer à la 
clef.^ — Rabelais. 

Clay, adj., clair. Vend. 

« si clay quemc le joux. » 

(Gust,) 

Cléon et Clion, s. m., petite claie, 
petite barrière. V. — D.-S., suivant 
les lieux. — Basse latinité : cleîa, 

9" 



90 



GLI 



CLO 



clala^ crates, tabula viminibus aut vir- 
gultis conlexta, Gall. claye. (Duc.) — 
Aube : « clayon et cleyoïi , » claie, 
petile porto ballante. — Ancien fran- 
çais : « crcil ou cloie. » 

Clkrçai {cl mouillés), v. a., arra- 
cher l'herbe qui croît dans les champs, 
dans les jardins. D. -S., arr.de Bress. 
el de Parih. 

Clf.rgeon, s. m., enfant de chœur. 
Dans lout le Poitou. — Le xx'' jour de 
janvier aux chantres et clerjons qui 
chantèrent vespres et la messe à la 
frairie d'Acquilaine faictc chez lesCor- 
deliers X s. (An. 1152. Manusc. du 
Poitou ) 

Clkri.n, s m , sorte de chant. V. — 
Vend. 

« Avourc qu'o stc malade 
» .\vé cbanlrjt in clerin. » 

(Cent. PoKlv.) 

Clepjouna [cl mouillés), s. m., prè- 
Iraille, terme de mépris. — Petit cler- 
geon. Vend. (C. et P. D.). — Apôtre. 
V., arr. Civ. 

Cli A et Glas (c7 mouillés) [g. /.XaUîv], 
s. m., glas, dans tout le Poitou. — 
« Classus (Gauthier de Montierneuf), 
son de toutes les cloches d'une église. 
Manusc. du Poitou.) 

Cliâban, s. m., bancal : » ta pou d' 
chance, lai, Perrot ; s' tan frère était 
pou cliaban, gle s' n'irait, et lai tu s'ré 
exempl ; » tu n'as pas de chance, toi, 
Pierre; si ton frère n'était pas bancal, 
il partirait, et loi tu serais exempt. V., 
arr. Civ. 

Cliâbon d. clibanus), s. m., char- 
bon endammé. V).-'i. 

■ Austout le petit Moïse 
■ Sacqait in cliabon prc éponter l'ozca. » 

Cliaffai (Se), v. pr., s'écraser en 
tombant. V., c. Charroux, St-Marlin- 
Lars. 

Cliapon, une, adj.,qui marche avec 
difficulté, sur ses ergots, sur ses bou- 
lets; se dit des cochons qui ont le pied 
plat, des chevaux, etc. V., arr. Civ. — 
iB.-F.). 

Cliapounat, v. n., marcher avec 
difficulté. (B.-F.). — V., arr. Civ. — 
D.-S. — Français ; « clopiner, d mar- 
cher avec peine. 



Clicouère, s. m., canon. 

« Do ^'randa coups de cllcoiiùie 
» Qui l'y tiriant a bca joiirno. » 

(Siège de Polt., p. Col.) ' 

Cli DON, S. m., petite barrière: « oh 1 
l\Iari>sou, farma le clidon.» — Rlarissou 
pour Marie. V., c. do Montm. et de 
risl -Jour. r. Cléon. 

Clie (g. yXv.(ù)^ s. f., claie. V. — • 
D.-S. « Item, fourniront et rendront 
ï^ur la di€te place.... boys et clyes pour 
pontoyer. » (An. 1443. Arch. St-llil., 
.\" 87.) 

Clir, s. f., barrière plus longue que 
haute qui sert à clôturer un champ, une 
coe.r. V., arr. Civ., Isl-.fourd., Adriers. 

— Noms de lieux : a Clie (la) , » 
Chapt^lle-Bâton , Chapelle-Morlhemer , 
Queaux (V.). 

CLlENGNEetCLINGNEfc/ mOuiIlés),S. 

m., petite barrière. D.-S., arr. de B.rcss. 
y. Cléon. 

Clierâî (ni mouillés) [r. clièré] , 
s. m., petit meuble en bois placé au- 
dessus de la table, où l'on met les cuil- 
lères D.-S., c. Paith. et de Bress. 

CLii":RE(c/ mouillés) [I. cochlear\, s. 
f., cuillère. D.-S., Parth. et Bress. 

Cli EURE [cl mouillés) [I. cluiare], 
v.a., cligner, fermer les yeuY. (B.-F.}. — 
Clieurai est employé, dans le c. de ûv. , 
dans le jeu d'enfants appelé « la forge. » 

— Roman : o dure, » cligner. 
Cliomâe et CliOxMai {cl mouillés), 

V. n., flamber, flamboyer. Vend. (C. et 
P. D.)— D.-S., arr. de Bress. 

Clioque ou Cliouque {cl mouillés^ 
s. m., engoulevent, oiseau ainsi appelé 
à cause de son cri ; onomatopée. V., 
arr. Civ. 

Cliquai [cl mouillés), v. a., fermer 
les yeux, cligner. D.-S , arr. de Bress. 
V. (.heure. 

Clissou, s. m., instrument en bois, 
imitant la « claie » pour faire cuire les 
fruits au four. V., c. Isle. -Jourdain , 
Adriers. 

Clochette {cl mouillés), s. f., aqui- 
Icgia vulgaire. V., arr. Poit. (Maud.), 
arr. Civ. 

Clocu [cl et eu mouillés) [1 . clausus^ 
culus], s m., l'enfant le dernier né. 
V. — D,-S., suivant les localités. V. 
Bouze. 



COG 

Clomiai, V. n., flamber. D -S., 
Châiillon. F. Cliomâe. 

Clopechat (clop'chat, cl mouillés), 
s. m., genêt épineux. V., arr. de Poit. 
(Maud.) y. Agrole. 

Cloque et Clouque, s. m., petit 
trou qui se trouve à l'intérieur de la 
rive d'un ruisseau , d'une rivière ; et 
par extension , trou où il y a de l'eau. 
Prendre des écrevisses au « cloque, » 
c'est les prendre dans les trous des 
ruisseaux. V. — D.-S. 

Cloque et Clôt (cl mouillés), s. m,, 
crapaud accoucheur : onomatopée. V., 
arr. de Poit. (Maud.) — Vend. (C. et 
P. D.) 

CLOUZA.(f/ mouillés), s m., le cham- 
pignon en jiénéral. V. — D.-S. — Un 
homme immobile est piqué « coum'in 
clouza su in fumé, » l'rov. Poil. 

Clutai [cl mouillés) [1. cludere], 
V. n., accoucher. — D.-S. — Limalon- 
ges. — Latin : cludere^ terminer un 
ouvrage, être à la fin^ au terme de quel- 
que chose. 

Cluzîa. et Cluziau [cl mouillés) , 
s. m ,agarîcus campestrU. V. (Maud.) 

Co, s. m., coup, V. — D.-S. — Patois 
limousin : • co. » 

CoBE,s. f., grosseur instantanée et 
passagère qui provient d'un coup, V., 
c. de xNJireb. , de Pleumartin et de Maire. 

CoBÉ , s. m. , fruits agglomérés au 
bout d'une branche, V., arr. de Chat. 

GocAMBÉE , s, f. , pain chaud trempé 
dans du vin. — D.-S., c. de Thénezay, 
Oroux , Lspayralte. 

CoARDE , s! f., instrument qui sert 
à laver les mains : « Catissou, mets d' 
l'aiguë dans la coarde. » Catissou , 
p. Catherine. V., c. del'Isl -Jourdain. 

CocASSiEE, ÈRE, sub., ccluî OU Celle 
qui fait le commerce des œufs , et par 
extension , des œufs et de la volaille. 
V. — (( baillé au cocquassier. » (An. 
1516. iManusc. du Poitou.) — Marne. 

CocATRE ou GocATRi, S. m., œuf 
avorté. Les habitants de nos campagnes 
croient encore que cet œuf est le résul- 
tat de l'accouplement d'une poule et 
d'un serpent , du cocatrix apparem- 
ment, puisque le nom de l'œuf en dé- 
rive. Dans tout le Poitou,— Ardennes : 
« cocâtre, » demi chapon.— Français : 



COC 



91 



« cocatrix , » espèce de, basilic qui ha- 
bite les puits , les cavernes. 

Cocue, s. f., jeune truie que l'on a 
rendue impropre ;i la reproduction. 
Dans tout le l'oilou, 

CocHELiN (I. coc/ilearium), s. m. , 
présent que les filleuls et filleules font à 
leur parrain et. marraine en les invitant 
à leur mariage, et, réciproquement, 
cadeau fait par les parrains et marrai- 
nes. Assez ordinairement les filleuls 
donnent des objets de toilette ou un gâ- 
teau , et les parrains et marraines cies 
ustensiles do ménage. Autrefois le 
« cuchi'iin » de ces derniers consistait 
principalement en cui'lôres et four- 
chettes. V., arr. de Chat. — Patois du 
Brrry : « cochelin, » cadeau que les 
parents font à une maiiée , el ordinai- 
rement composé d'ustensiles de ménage. 

CocnÉ (r. coche) , v. a., castrer ; se 
dit des iruies. V. — D.-S. — Patois du 
Berry : « cocher, » faire le coq. , 

Cochet, s. m., pissenlit. V. — D.-S. 

— Français : (f cochet , •> jeune coq. 
CocHOuu (r. coche), s. m., celui qui 

coche. V., arr, de Civ. 

Cocotte (1. coquere, coctiim), s. f., 
vase le plus ordinairement de fer blanc, 
muni d'une couverture. V., arr. de 
Civ. — y. Calin employé substantive- 
ment. — Marne : « cocotte , »> mar- 
mite de fer. 

Cocu [eu mouillés) , s. m. , coucou , 
oiseau. V. — D.-S. — Vend. 

Cogue(cz<j mouillés) , s. f. , plante à 
fltnirs jaunes. V., arr. de Civ. — Fruit 
do l'églantier. V., arr, de Chat. — 
Plante marécageuse à feuillage épais , 
à tige élevée de un à deux mètres, -y 
D.-S. , c, de Bress. — Ciguë. Y. , 
arr. de Poiiiers. 

Coculau{c« mouillés) , s. m. , l'en- 
fant le dernier né, après lequel la même 
mère n'en fait plus d'autres; se dit 
aussi des animaux, V., arr, de Civ. — 
« Cougulaux ; nous n'avons que les 
petits agneaux , souvent des cougulaux 
qui sont sujets à devenir fols , et il y a 
une prévention que les agneaux de dîme 
ne profitent pas.» [kn. 1721. Availles- 
Limousine), 

Cocute (eu mouillés), s. f , ciguë , 
plante. L'astku^a cynapium de Linné, 

— (B.-F.) - D.-S. 



92 



COI 



CoDONiER (1. cfjdoniuni) , s. m. , 
cognassier. Vend. — (C. cl P. D.) 

CoBFFA et CoEFFis, S. m., coiffe des 
femmes do la campagne. — O.S. 

COEFFAGK et CoÈfFANGE , S. H)., 

manière dont la coiffe est faite V. , arr. 
deCiv. etdePoit. — D.-S. 

CûEURARSElGNE et COE'J BASSON 

{cœu mouillés), s. m., mal au cœur, 
aigreur d'estomac. — D.-S. , c. de 
Bress. : « i se misérable dau cœuras- 
son. » V., arr. de Civ. 

COFFEGNA et COFFIGNEAU (cof 

f gna) , s. m , instrument qui sert à 
laver les mains, V. — Grec : ■/.cv'''''î , 
panier d'osier. — Le mot latin coplii- 
nus est employé dans l'écriture dans le 
même sens que le mot grec : Tuleruut 
reliquias, duodecim coplùnos Jrag- 
inentorum pletios. (St-Malth. 14, 20.) 
CoFFiNEAU , s. m , vase en bois de 
vergne qui, rouge déJT par la teinte 
naturelle de ce bois , acquiert encore 
une couleur plus foncée par l'usage 
auquel on l'emploie , qui est d'ouillcr 
de vin les futailles. Ce mot, très-employé 
dans ce sens en Sainlonge , ne Ter t que 
proverbialement dans le canton de Chef- 
Boutonne, où l'on dit : « rouge comme 
un coffincau , » en parlant d'une per- 
sonne dont le visage est haut en couleur. 
— (B.-F.) — Saintonge : 

« Qucsto qui parest dans les ceos 
» Pu groud qu'io cercle de tounca 
n Et pu rouge quin coffinea. r 

[Rob. Oiv., p. 13.] 

Réservoir fixé à un bateau pour y 
mettre le poisson. V., arr Chat., Leu- 
gny. Maire. — Ardennes, Marne : (( cof- 
fin", coffineau, » corbeille, panier. 

CoGEAE (I. cogère), v. a., forcer. 
Vend. (C. et P. D.) 

CoG>E, s f., bosse au front cau.-:ée 
par un coup. Y. Burbe. 

CoHABix, s. m., celui qui se coha- 
bine. V.. arr. de Civ. 

CoHxBiNAi, v. a. et pr., marcher en 
se dandinant. V., arr. Civ. — D.-S. 
~1B.-F.) 

« Quand la br'gèro vct an champ 
» Son rhein vet cohabinant 
^ » En rev'nant gle ret le trot, 
n El pu souvent au galop. » 

(Dict poit., Cit. B -F.) 

Coiâ, S. m., repas en signe de ré- 



GOL 

jouissance que l'on fait à la naissance 
d'un enfant, et lorsque tous les agneaux 
d'un troupeau sont nés. Après le repas, 
les bergers et bergères dansent en ronde 
devant la porte de chaque élable. V , 
arr. Civ. 
Cote, s. f., calebasse (B.-F.) 

CoiE-SAUVAGE, S. f . , cspècc déplante 
grimpante qui pousse dans les haies et 
sur le bord des bois. La feuille res- 
semble à celle du houblon. Elle porto 
de peîites graines rouges, et elle est 
munie pour se soutenir de vrilles au 
moyen desquelles elle s'attache aux ob- 
jets' environnants. Sa racine, qui de- 
vient parfois énorme , affecte la forme 
d'une cole , ce qui lui a valu le nom 
qu'on lui donne dans les campagnes. 
(R.-F).— V.— D.-S. 

CoiNTAi (r. coin), v. a., assujélir, 
fixer un objet avec des coins ou autre- 
ment , de manière à ce qu'il reste 
stable. D.-S.— (A. R.) 

Coi RE, s. f., sorte de lien fait le plus 
ordinairement de branches flexibles 
qui sert à lier des fagots ou à fermer un 
clcon. V., arr. Poit. — D.-S. 

CoiP.E, s. m., terme de boucher, 
morceau pris dans la cuisse du bœuf ou 
du veau. (B -F.) 

CoiBÉ, V. a., tenir fermé par le 
moyen de la coire. D -S. — (B -F.) 

Colas, s. m., pot en terre cuite dont 
les femmes se servent pour se chauffer. 
— A(!j. diminutif du nom propre ]\i- 
colas, sot, niais : « Ah ! grand colas. » 
V. — D.-S., arr. de Bress."' et de Parîh. 

CoLAi, V. a., passer le balai sur la 
roue pour nettoyer le blé , en sép.irer 
les graines parasites et les goussails. 
D -S. — (B.-F.) — Latin : colare , de 
colum , une couloire, signifie littérale- 
ment passer quelque cho.se de liquide 
par un linge. Au figuré, purifier : 
Jilios Levi colab'it quasi aurum. 
(Malach. 33.) 

CoLEUR, adj , celui ou celle qui co/e 
les grains. D.-S.— (B -F.) 

CoLi et CoRi. V. n., se corrompre en 
parlant des liquides; moisir. V., arr. de 
Chat. 

Collet I. colli/m), s. m., mouchoir 
de cou. D.-S. , c. Brioux^ Périgné , 
Celles, Monligné. 

CoLLis (b. I. co//a), s. m. pi., ce que le 



GOM 

coleur amène avec son balai. D.-S. — 
(B.-F/-CoIeys : « desquelles dixmcs... 
les pailles, baliers et coleys tlemourent 
à la priorcssedud. priorté. » (An. N02 
Breuil-Chizé, IManusc da Poitoi;.) — 
« Colla, reilecimas et cobiaria requi- 
rebat. ^ (Vers 1104. Manusc. du Poilou.) 

liOLOUH (balai), s. m. , balai dont on 
se sert pour calai la roue. D -S. — 
(B.-F.t 

(Fomentai (c'menlai) [l. comedere], 
V. a , manger beaucoup de pain et peu 
do f licol, n'èlre pas gourmand. D.-S. 
B.-F.) 

« Mal dam' b filait bai c'mentnl 
» l'r'avoi chacun sa p'tit bêchai. » 
iCiian'^. poit.) 

COMEIN'TAGE, C'mENTAGË [v . CO- 

uientaï], s. m., ce que l'on mange avec 
le pain : « faut du c'menlage o D.-S. — 
(B.-F) 

CoMMRYAi (I. commeare), v. n., se 
prêter mutuellement ses animaux pour 
travailler et principalement ppur labou- 
rer. V., arr. de Loudun. — D.-S., 
Mauzé, près Kiort. — Vend. (C. et P. D) 

(luMxMEYEiJx. SE, adj., cclui ou celle 
qui conimeye. V., arr. de Loudun. — 
D.-S., Mauzé, prèsNioit. — Vend. (C. et 
P. D.) 

CoiNiMOLNCFMENT (c'mmoinc'mont ) , 
s. m., commencement. V. — D.-S., Gà- 
tine. 

« Vous véqui le bea ccimraoincement. »» 

(Bab., p. 10.) 

CoMPAGAÉE (I. compages) ^ s. f . , 
Ihomme et la femme unis par les liens 
du mariage: « i seu prou désolai, t'nez; 
i ai pr'du ma cher' compagnée. dampis 
tras s'moines ; » je suis assez désolé , 
tenez ; j'ai perdu ma chère femme de- 
puis trois semaines. V. — D.-S. 

Compagnon, s. m., fort, actif, vi- 
goureux : il est presque toujours précédé 
des qualificatifs bon, fort: « v'ia-t-in 
fort compagnon, » Dans tout le Poitou. 
— Français a compagnon , d associé, 
camarade. 

Compakagé (1. comparare)^ v. a., 
compariT. V., arr. de Chat., c. de 
Monte, Mazeuil, où l'on dit comparagi. 
V. Apparageai. 

Compliment'rie [pi mouillés) , 



CON 



93 



s. f., compliment : a v'ii f'rez bai mes 
compliment'rie?. » V.,arr. Civ. — D.-S., 
arr. Bress. — Vend. 

Comportement, s. m., conduite, 
manière de se conduire : « pr'in' feille 
qu'é seule, ^;aliette a-t-in joli compor- 
tement. » V. — D.-S., c. Bress. 

Composai (se) [1. coniponere]^ v. pr., 
ne rien faire, ne pas se presser soit en 
travaillant, soit en marchant; regarder 
faire les autres : « allons, France, allons 
m'n ami, compos' te bin quit avoure ; 
les autes frant tout et ta rin; » allons, 
François, allons mon ami, ne te presse 
pas à présent, les autres feront tout et toi 
rien. Dans tout le Poitou. 

Conche (1. coKcha), s. f., petit en- 
foncement, petit port où abordent les 
barques dans le iMarais. Vend. — D.-S. 
— Français : second réservoir des marais 
salants. 

CoNJARNAi et CoNJERNt, suivant Ics 
lieux (se) [l. conjarare], v. pr., se con- 
jurer, se concerter. L'on dit d'une nuée 
qu'elle se o conjarne, » lorsque plu- 
sieurs nuées se réunissent ensemble. V. 

CoNOM (I. cognomen)^ s. m., sur- 
nom. V. — D.-S., c. Erioux (B.-F.) 

CoNRÉER,v. a., avoir soin, arran- 
ger, (xiii^ siècle. 3Ianusc. du Poilou.) 

Contenances (cont'nances), s. f. pi., 
laizes d'étoffes fixées à demeure, chaque 
côté d'un lit à quenouilles ou à la du- 
chesse. V., arr. Poit. et Civ., c. Monte, 
La Grimaudière 

CoNTREBOT, S. m., canal creusé au 
pied et le long d'un bot (chaussée , 
digue). Vend. — Manuscrits du Poitou. 

CoN VENGÉ, V. a., proposer un objet 
avec intention de le vendre ou de faire 
un marché, V., arr. Chat. — D,-S., c. 
Bress., où l'on dit : « convenci. » — 
Basse latinité: « conventare^coxwQninm 
agere. » — Ardennes : « convéance, i 
accord, convention. 

Conversant (conv'rssant), s. m., 
plaine de champ dont tous les sillons sont 
tracés dans le môme sens : « ton chomp 
etl'minsant dons r môme convr'ssant. » 
Ce mot se trouve dans plusieurs anciens 
actes. (B. F.;. — Latin: « conversans, » 
qui tourne ou qui fait tourner. — Fran- 
çais : « convergeant , « qui tend vers 
le même point. 



04 



COQ 



COR 



Co.NviEMBM (1. convisere]f s. m., 
invitation. V., arr. Cliàt. 

CONVIEUX, SE, CONYIOUR, SE, adj , 

du même mot latin que le précédent; 
celui ou celle qui convie aux noces Au- 
trefois, lorsque, dansle Chàlelleraudais, 
le banquet des noces se faisait au caba- 
ret, les convieux étaient les futurs con- 
joints accompagnés d'un bachelier et ' 
d'une bacheliève. Ils parcouraient en- 
semble la paroisse , et les paroisses les 
plus voisines, et, dans chaque maison 
visitée, le bachelier s'exprimait à peu 
près ainsi : & excusez , maître ou mai 
tresse, de la liberté que je prends d'en- 
trer dans voti'e maison C'est pour vous 
convier au banquet de mon camarade 
([ue voilà ici présent. Il sera marié 
lundi ou mardi en quinze. Le déjeuner 
sera chez son père et le dîner chez 

maître un tel, cabaretieraubourgde 

Je vous prie d'assister à la messe et aux 
offrandes , et quant au banquet , 
comme il vous plaira. » Le bachelier 
plaçait alors, comme signe d'invitation, 
une branche de laurier h la cheminée, 
et l'invité arrosait le laurier de copieuses 
libations. — La plupart des invités se 
faisaient un devoir d'accepter, et payaient 
les frais du banquet. C'était une' soi-le 
d'association qui dispensait les inté- 
ressés des frais énormes que nécessitent 
aujourd'hui les repas de noces. — V., sui- 
vant les lieux. — Basse latinité : « con- 
i'ifare, unde, nostris, convier. » (Duc.) 
— Ardennes, Marne : « convis, convy, » 
festin. 

CoPAGE (g. /.c-£'v), s. m., grains que 
l'on vème pour être coupés en vert. V., 
arr. de Puit. et de Civ.— D.-S.— (A. R.) 

COPAKT, E, adj. verb. , qui coupe, 
qui taille; a mes outils sont mal co- 
pants. )> Au figuré, « vent copant, » 
glacé; « figure copante. o dure, re- 
poussante. D.-.*^. — (A. R.) — V., arr. 
Civ. — Basse lai i ni té : « coppare, cae- 
dere, secare. » (Duc.) 

Coq, s. m., oseille sauvage. V.— 
D.-S.-(B.-F.) 

Coqueluche (coq'luche à la belle) , 
ioc, le sommet, le point le plus élevé 
d'un objet quelconque : •< veux-!u grim- 
pai à la beir coqu'luchc de quiau pom- 
pilon » (peuplier;?— « I n'v mont'rai 
jà. » D.-S. — [B.'V.) — V.; arr. Civ. 



CoR-AU-CHàT, OU simplement Cor ♦ 
s. m., espèce de ceinture baleinée qui 
tient le bourre/et. D.-S., arr. de Melle. 
— (( Cor, » synonyme de cadet. V. ce 
mot. V., c Montcontour. 

CoRBA (I. curvus) ^ adj. employé 
subst., par lequel on désigne un bœuf 
ou une vache dont les cornes se diri- 
gent vers la terre. V.— D.-S. 

CoRBEHTON, S. m., chevillo de bois 
qui sert à lixer l'imblé el le joug à la 
charrette. Vend., c. Chalans. 

COBBIN (l. corbis] , s. m. , pot à eau 
ou à vin : « i faut qn'i ange cri in cor- 
bind'vin, i cont'rant meux nous af- 
fair'en Ibuvont; » il. faut que j'aille 
chercher un corbin de vin, nous racon- 
terons mieux nos affaires en le buvant. 
V. — D S. — Ardennes : « corbin , » 
tré.^or. — Marne : « corbin, » corbeau. 
C'est le vieux mot français. 

CoRBï^oux (I. cornus] . s. m. , ser- 
gent , huissier. Vend. ((]. et P. D.) — 
Marne : « corbineur, » voleur. 

Cordai, s. m., V. Proulea. V., c. 
de l'L-le-Jourdain , Adriers. 

CoRE, prcp., syncope du mot fran- 
çais encore. V. — D.-S. 
Ardennes : « co. » 

C0BJE1^G^E, COBGEON et COUB- 

GEON (1. corium), s. m., bande de cuir 
longue et étroite qui sert à lacer les bro- 
dequins , et , en général , toutes les pe- 
tites courroies.—'D.-S. — V.— (B.-F ), 
suivant les localités. — Provençal : 
« courrejoun; pos liga ti courrejoun ; » 
lu peux lier tes courroies. — Ardennes, 
Marne : « corgie , courgie, corgiée , » 
fouet, lanière. 

CoRGNE, adj., louche, sournois, 
méchant. Vend., Font. — D.-S. 

CoRGNART , adj., sournois. V., c. de 
Monic, Saint-Jean-de-Sauve. — D.-S. , 
c. d'Airvault. 

CouMAi , V. n , laisser reposer, lais- 
ser inactif, improductif. Des terreaux, 
des terres fraîchement sorties du fond 
des fossés doivent cormai pendant une 
année avant d'être employées , sans 
doute pour recevoir les influences de la 
température. — D.-S. — (B.-F.) — V., 
arr. de Civ, 

Corme , s. m., boisson faite avec les 
cormes ou sorbes. V. — Gaélique : 
«corm, » bière ou toute boisson eni- 



COR 

vrante. Celtique : « corma , » bière; — 
Rabelais : « corme , » et à boire belle 
piscanline, et beau corme (L. I'^'", c. 3.) 

CoBsiENÉ, s. m., cormier. Dans tout 
le Poitou. — Noms de lieux : « Cormier,» 
Saulgé. V. ; « Cormier (le) : » Ayron , 
l'ayroux , Saint- r.hristophe , Prinray 
de Civ. (V.); «Cormy ^Grand et Petit'jj» 
Vaux près Couhé (V.) 

CoRMiGi, s. m , y. le précéd , c. de 
Monte., la Grimaudière. 

(>ORXEMUSAi, V. n., jouer de la cor- 
nemuse. Dans tout le Poitou. 

C0RNE31USEUX OU CORNE.MUSOCX , 

SE, adj., celui qui joue de la cornemuse. 
Dans tout le Poitou. — Cornemuzeur : 
1 sieur abbé de JNoyers et le seigneur 
àQs Ormes Saint-Martin doibvent par 
cliascun an un gasteau , etc., accompa- 
gnez de df'ux cortiemuzeurs (An 1G43. 
Dangé, iManusc. du Poitou.) 

Counes-deCerf, s. m. pi , plante, 
lacluca perennh-. V., arr. de Poit. 
(Maud ) 

CoH^ETTE, S. m., dans l'arrondisse- 
ment de Melle , et partie de ceux de 
Kiort et de Civrav , la cornette est le 
dessus de la coiffe , le principal mor- 
ceau Elle est en dentelle ou en mous- 
seline. 

Cornue (Fouace) [l. cornu]^ s. f,, 
cs[)èce de gâteau de forme triangulaire 
que l'on j)ique dans une branche d'ar- 
bre , de noyer, de laurier, ou dans un 
bâton fourchu, avec des pommes , et 
rubans flottants au vent, et que les en- 
fants portent a la messe et à la proces- 
sion houzanière le dimanche des Ra- 
meaux. Cet usage, encore persistant 
dans quelques communes du Poitou, 
est tombé en désuétude dans le plus 
grand nombre. Il se perd aussi à Chef- 
Doutonne , dit .M. JJeauchet-Filleau , 
depuis quelques années. V. — D.-S. 

Il se maintient à Bordeaux , et les 
oranges y remplacent les pommes. — 
Latin : « cornu , w corne. — Marne : 
« cornu (pain.) , » sorte de petit pain en 
usage à Reims pendant le carême. 

CoRNUELLE, S. f-, diminutif du pré- 
céd. — D.-S. — (B.-F.) 

CoBPOKÉ , ÉE (1. corpus) , adj., per- 
sonne bien proportionnée , bien faite ; 
et par extension, robuste, vigoureuse. 



COT 



95 



Dans tout le Poitou. — Basse latinité : 
corporosufi, corpuleiUus (Duc.) — 
Marne : « corporé. w — Patois du Berry : 
c corporé , » corpulence. 

CoRPORE^CE , s. m. , corpulence. 
Dans tout le Poitou. 

CoRSELETTE, diminutif de corset, s. 
f. , habillement de femme. V. — D.-S. 
(B.-F.). 

CoRTiLLON (1. curtus), S. m , sillon, 
terrain qui va en diminuant. V., c. de 
Montm. F. Abergeon. 

CoRTfLLOiSNAT , v. a., faire des cor- 
lillons. V.,c. de Montm. V. Abergeon- 
nai. 

CoRTiNE et COURTINE, S. f . , rideaux 
de lit à quenouilles ou à la duchesse; 
rideaux de lit en général : «c pauro 
p'iite, i ai bia t'au r'bontrai, tu n'aran- 
g'ras jamais bin quiés cortines ; » pau- 
vre petite, j'ai beau le le faire voir, ja- 
mais tu n'arrangeras bien ces cortines. 
— Basse latinité : cortina,.... Neque 
aliunde petenda origo cortinarum^ seu 
velorum, vel aulaeorum, quibus aliaria 
clauduntur apud christianos , atque 
adeo lecti ipsi nostrates. (Duc.) 

« Au'.ae dicuntur aulœa : pefasmala tempU : 
» Cortina thalami : vclaria, vcla thcatrl, » 

CCU. Duc.) 

Français : « corline, » trépied d'airain 
consacré à Apollon. — Patois du Ber- 
ry : (• cortines. » — Champagne : 
« courtine. » -— Noms de lieux : « Cour- 
tines (les) , » St-Marlin-Lars. (V.). 

CossARD, s m., vieil arbre. V. — 
Vend. — D.-S. 

CossARDE et COSSE, S. f , la racine 
de la brande V., arr. Chût. Montm. 
Vend., c. Chalans. — Cosse-de-Nau. 
V. Trefougeau, c. Montm, — Vend., c. 
Chalans. — Patois du Berry : « cosse,» 
souche d'arbre. 

CossARDE et COSSE, s. f., oiseau de 
proie. V. — D.-S. 

CossF, s. f., pierre calcaire tendre. 
Vend. 

CossEREA fcoss'rea), s. m., diminu- 
tif de cosse, émouchet, petit épervier. 
D.-S., c. Parth. 

CoT, s m., coup; c'est le mot fran- 
çais dans le sens de quantité de vin ou 



96 



COU 



de liqueur qujon boit en une fois. V. — 
D.-S. 

» Fallil veni hiar 
» Taurais mangé dos crêpes 
• Taurais bu in cot. » 

(Chans. poit. Cit. B.-F.} 

Gascon : « cot : » 

CoTELLE. S. f., lisière d'arbres qui 
fait la clôture d'un champ, d'un pré, 
d'un bois, qui en forme le côté. I).-S. 
~ (B.-F.). 

Coté, (o Ircsbref), v. a., toucher, 
être à côté de : « ne m'cole pas,» D.-S. 
(A. R.) — V.^ par extension, trinquer. 
V. 

Coté, v. a.; arrêter, empêch*?r : 
« cotez, cotez le mulet; gl'est échappé.» 

— V. n., s'arrêter, ne point avancer : 
€ la voiture a coté. » D.-S (A. R.) 

— V. 

Coté, v. n., bégayer, D.-S.,c. Celles. 

CoTi (o bref;, v. a. et n., meurtrir. 
Dans tout le Poitou. —Se dit aussi des 
étoffes qui se piquent. Vend. (G. et 
P.-D.). — Patois du Bcrry : « coti, •> 
froissé, meurtri. 

CoTiÈRB, (o bref.\ s. f . entre-deux 
d'unsillon. V.,c. Montm., Moulismes.— 
Mayenne : • cotière, n dilTormité de la 
taille chez une femme. 

CoTissuBE , s. f., meurtrissure : 
(( di din, Jondé, ta cotissure eut-aile 
guari ? — i poué. » Dis donc, Jean, ta 
cotissure est-elle guérie? — Un peu, 
V. —D.-S. Vend.,— Taches du linge 
coti. Vend. Font. (C. et P.-D.). 

CoTBi, s. m., maçon. Vend. (C. et 
P.-D ). 

CouADE,s, f., instrument qui sert à 
laveries mains. V., arr. do Montm. V. 
Cassolte dans le premier sens. 

COUAÉEjCOUAI ET COUAIL, S. m., 

(I. cos\ vase en bois ou corne do bœuf 
dans lequel le faucheur met de l'eau et 
sa pierre h aiguiser la faux, et qu'il 
porte en fauchant, au dessous de la 
ceinture j et pendante. Vend. (C. et 
P.-D.) — (B.-F.)— D.-S., arr. de Bress. 
et de Parlh. — Provençal : <■ coût, n 

CoUAi (r. couée)^ v. a. couver. V. — 
D.-S. — « Couvi, » dans plusieurs 
lieux. 

Col AILS, s. m. pi., laine que les bre- 
bis perdent, ou celle qui se trouve sous 



COU 

leur ventre, ou autour de la queue. V., 
c. Isl.-Jourd. Adri. 

CoLiBAiTAi. V. a., poursuivre quel- 
qu'un, vouloir laiie faire à un autre 
plus qu"il ne peut, un travail au dessus 
de ses forces. (B.-F.) 

Couble et CouBLET (6/ mouillés) 
(I. copu/a), s. f , s. m., morceau d? cuir 
ou de peau d'anguille servant à lier le 
neif avec la chappe du fléau. V.— D.-S., 
suivant les lieux. Y. Accoublc. 

CouBLE (bl mouillés), v. a., lier, at- 
tacher ensemble. V. — Appareiller , 
mettre ensemble, deux à deux. V. — 
D.-S. 

Coucou, s. m., la primevère offici- 
nale, primula o(/iciriaUs de Linné. 
(B.-K.) — Patois dû Berry : a coucou, » 
diverses fleurs prinlanières, anémone 
pulsatille. 

Coucou-BOULiTE, loc. que l'on em- 
ploie lorsqu'on se cache et se découvre 
successivement la figure pour amuser 
les enfants. V., arr. de f^it.— D.-S. — 
(B.-F.) /. Caquet-Boulite. 

CouDiGNÉ, s. m , cognassier. V., 
arr. de Civ. V. Codonié. 

COUDI.N, COLDING Ct COUDOING, S. 

m., coing, fruit du cognassier. V. — 
D.-S. (B.'-F.) — Vend. — Sainlongc. — 
Roman : « codoing. » — Noms de lieux : 
a Coudiiiière (la), » Blanzais, Brigueii- 
le-Chantre, V. 

CouDOM, s. m., cognassier. V., c. 
de risle-Jourd. V. Codonié. — Proven- 
çal : « coudounié; mens palinello soun 
li flou dou coudounié; » moins pâles 
sont les fleurs du cognassier. — Lan- 
guedocien, « couduun. » — ISoms de 
lieux : « Coudonnière (la), » Availles, 
près Charrcux. 

(^OUE et EcouE (l. caurla), s. f., 
queue; et encore, dans quelques loca- 
lités : pierre à aiguiser. — « Coues d'a- 
ria, D mancherons d une charrue. V. — 
D -S. 

» Lé Frlbou s'en aUirant 

» La coue Inlre les doux fesse. » 

(Cent PoUt.l. 

Provençal : « co. » — Patois limousin : 
« couo.* » — Marne : « coué, » garni 
d'une queue. — INoms de lieux : « Coue 
(la), ») l.encloîlre. (V.) 
CouE-DK-JAU, S. f.. plante. — « Coue- 



cou 



cou 



97 



de lèvre. V.— D.-S.-Vend.— n Couc- 
de-renard, « trifolnun rubens, \ ., arr. 
Poit. (Maud.) — « Coue-de-cheval. » V., 
c. Isle-Jourd. 

CouÉE (1. cubare), s. f., couvée: 
« une couée de poulets. » — Au figuré : 
« une couée de drôles, » pour indiquer 
plusieurs enfants appartenant ;i la môme 
mère. V. — D. S. — Patois du Berry : 
(I coui. ») œuf couvé gâté. 

CouÈRE, s f. , réorleou chaîne en fer 
au bout de laquelle est fixé le proulea. 
V., arr Poit. — D -S. V. ce mot. 

Cou ET (I. cauda ,, s. m., mèche de 
cheveux. Dans tout le Poitou. — Fran 
çais : quatre grosses cordes amarrées 
au bas des voiles. 

Couette (très bref j, diminutif de 
<( coue, -> s. f., petite queue. V. — D.-S. 

Couette (long) [l. culciia plumed], 
s. f , lit de plumes. — Ardennes, ^jarne : 
« couette.» 

CouFORT, s, m., synonyme de che- 
nin, raisin ainsi nommé à cause de la 
difficulté qu'on éprouve à l'écraser. V., 
c. .ÀJirebeau. 

COUGNAI, C0UG^ÉetC0UGiNI,S.m.. 

cognassier. D.-S.^ c. Rress. — V., arr. 
de Poit,, suivant les lieux. V. Codonié. 
Coug:sai (1. coercere), v. a., mettre, 
enfermer. D.-S , arr. de Bress. 

o On les cougnit tous deux dans belle consiergcrie. » 

(Bab., p. 42.) 



Patois limousin : « couigna. » 

Couière, s. f. T". Couère. 

Coui et CoutN (I. cubare), s. m., 
couvain des abeilles. V., arr, Civ. — 
D.-S.— Vend —V., arr. de Chat. 

CouiE, s. f., couvée. D.-S,, c. Bress. 
y. Couée. 

COUILLOU, COUILLOU, COUILLOU, 

loc. c'est ainsi qu'on appelle les poules 
à Luchapt. V. 

Couix, s, m. / . Coui. V 

Couine, s. m., cognassier 
St-Savin. Y. Codonié. 

(Couiné (r, coui], v. a. et n., faire le 
couvain en parlant de«^ abeilles, D.-S, — 
Par extension et au figuré : faire le fai- 
néant. V., arr. Poit. — Noms de lieux : 
« Couinière (la), » « Couinière (la Pe- 
tite), » Bonneuil-Matours. V, 

Couiné (r. coin),w. a., chercher dans 
les coins. Vend. (C. et P. D.) 



Couiné, v. a , assujétir, rendre un 
objet stable V., arr. Chat. V. Cointai. 

('ouiNÉ, V. n., crier, surtout en par- 
lant d'un cochon pris, frappé, deman- 
dant à manger, ou que l'on lue. D.-S. — 
Aube, Haute- Marne : a. couigner, coui- 
ner, » grogner, pl.'urer. 

(JouiNQUAi, v n,, r.leprécéd. Ono- 
matopée. V. — D -S. 

CouLiNE (de), loc, on cachette : 
« et i ai entrai tout d'couline. » D.-S., 
arr. ^Jelle. 

CouME, adv,, comme. V. — D,-S, — 
Vend., suivant les lieux. — ï.anguedo- 
cien : « couma, » — Gascon ; a coumo. » 
— Limousin. 

COUMEIVTAI, v, a , épargner. D -S., 
arr. de Bress. et de Parth. /^. Cémentai. 

CoiiMENTAGE, V. Comentage. D.-S , 
c de Bressuire. 

COUMINCKMENT, S. m., Commence- 
ment. V., arr, de Civ. 

CouMOYAi. v. n., se prêter mutuelle- 
ment des animaux de travail. Vend. (C. 
et P. D.) V. Conmiczai. 

CouMOYEUZ, SE, adj,, celui ou celle 
qui commeze.Vend. (Cet P. D.)F. Com- 
nieyeux. 

CouMUX, s. m,, plante, vicia enicta^ 
V., arr. Poit. (Maud.) Civ. 

Couleuvre et Connbuvre, s ni., 
second blé, par opposition au blé de 
guéret. L'on dit d'un blé qu'il a mangé 
son « conneuvre, » lorsque, après avoir 
été très-beau pendant l'hiver, il s'étiole 



.,arr. Chût 



c. de 



au printemps, au moment de l'épiage et 
de la floraison (B.-F.) —V.. suivant les 
localités. 

Coupe 1, cupa), s. f. , vase en terre 
percé de trous, qui sert à donner la 
forme aux fromages et a les égoutter, 
V., c, Isle-.Tourd. — Noms de lieux : 
(( Coupe (la). » Queaux, Vernon. (V.) 

CoiJPiLLÉE, s f , maladie commune 
aux bœufs et ^ux brebis : congestion 
du petit colon. V., c. de l'Isle-Jourd.j 
Adricrs. 

CouRAiL, s m., verrou : « a-t-eil 
pouisai l'cuurail d'Ia porte? » Par ex- 
tension : n quiau gars fé ben ses airs 
iqui, gn'emport'ra pou l'courail prê- 
tent ; » moquerie ou reproche à l'adresse 
d'un domestique qui, devant les autres 
valets ou en public, prend trop chaude- 
ment les intérêts de son maître, et si- 



d8 



cou 



gnifiant que l'on en trouvera bien d'au 
très aprè? lui ; que la maison ne sera 
pas close pour ceux qui se présenleront. 
V.,arr. (ieCiv— I).-S.-(B.-F )-Palois 
du Berry : • cou rail. « — Noms de lieux : 
a Couraillou Je), » Doussay. (V.) 

COIRAILLAI et COI'RKILLAI, V. a., 

barrer une porte avec le courail. ^^, 
arr. (^iv., Poit. et Monlm. — D. S. — 
(8.-F.) — Paloii du Berry. 

CoLRBEjAU. s, m., le grand courlis. 
V., arr. Poil. (Vlaud.) 

CoiRE, s. m., noisetier. V., c. de 
rislc-Jourd. 

CoiREiL (b. 1. Corel lium), s. m., 
verrou. V. Courail. V., arr. de Poit., 
(le Liv. et de Montm. — l).-S. : 
t et que h la porte, il n'avoit rccous- 
tumé de fermer les deux portes du costé 
du piaci.-tre de la dicte église, ains seul- 
lement du verrouil et courreil par le 
derrière.») (\n 1570. Arch. St-llil. Egl., 
suppl. n" 40.) La prise de possession de 
l'office de chevecière de l'abbaye de la 
Trinité de Poitiers était co^^talco per 
apprehensioiiem vectis, seu corcllii 
majoris altaris. : An 1503. Manusc. du 
Poitou.) 

Coi'RE d. qua hora'', adv , quand : 
« cour' qu' irant â la fouère? » Quand 
irons-nous à la foire ? V., arr. de C.'iv. 
— I).-S., c. Bress.— Vend. — Langue- 
docien : « cour. » — Gascon : • couro. » 

COLBESSE, s. f., poule qui couve : 
« ma poule cauresse m a baillai 
inze bais p'iits poulets ; » ma poule 
couresse m'a donné onze beaux petits 
poulets. D.-S., arr, Melle et Niort. — 
V., arr. Civ., arr. Châl. 

CouRETKfi , s. m. , littéralement 
couvre terre, plante; onomatopée. V., 
arr. de Civ. f^. Cliacoura. 

('ouREYÉ, v.a., passer lo balai sur 
le blé jeté au vent, sur la cour à battre , 
pour le nettoyer. V., arr. de ('liât. 
V. Colai. 

Courge, s. f., bâton dont on se sert 
pour porter des fardeaux sur Tépaule. 
V, — D.-S. — Français : corbeau de 
fer ou de pierre pour porter le faux man- 
teau d'une cheminée. 

COLRGEAIE, CoLRGÉE et COURGIE , 

S. f., charge que l'on perle avec la 
courge : « une courgeaie de linge, une 



COU 

courgéo d'aive , » D.-S. — V. — Vend. 
Suivant les lieux. 

CouRGE-DE Ranches, S. m., ma- 
driers qui passent sur les deux limons 
do la charrette et dans lesquels s'em- 
moriaisont les ranches. D.-S. — (B.-F ) 

CouRLOURiT, s. m., le courlis. D.-S. 
(B.-F.) 

('oiîRouiL,s. m., verrou. Vend. (C. et 
P. D ) /'. Courail.— Patois du Berry : 
a courou et crouillou, «» 

CouROUiLi.AE,v. a .fermer une porto 
avec lo verrou. Vend. /'. Courouilhii — 
Patois du Berry : « courouiller. » 

CoTROiiR, SE(1. currere)^ adj., celui 
ou celle qui est sans cesse par voie et 
par chemin. V.,arr. deCiv. 

Courrai, s m., bande de cuir lon- 
gue et étroite qui sert à lacer les brode- 
quins, etc. r. Corgeon. D.-S. — (B.-F.) 

CouBBANCE.s. f. ,fossé profoud creusé 
par les eaux pluviales et servant à leur 
écoulement. — Ruisseau. V., arr. de 
Chat. — < Terre joignant à la courrance 
qui vient de la Forgerie aux prez de 
Moigne. I) (l408, Sainl-Romain--ur- 
Vienne, Manusc. du Poitou. j 

CôURRATiEu, RE, adj., celui ou celle 
qui est sans cesse par voie et par che- 
mins. V., arr. de Poit. — Marne : com- 
mis; ionnaire en marchandises. — Dans 
Rabelais ce mot signifie revendeuse. — 
Noms de lieux : «Couiratier(le),» Vaux- 
sur-Vienne. 

Courre, s. f., sorte de poisson, le 
congre. V. — Manusc. du Poitou. An. 
1.54'0. 

(-OURSOIR1: (g. >'.coTc;),s. m., courou 
espace libre entourant les habitations. 
Vend. (G. et P. D.) — D.S., arr. Melle. 
— Jardrins, cours, coursoucros. (I6.')8.) 
Nieuil-lEspoir. Manusc. du Poitou.) 

CouRsiÈRE (1. cursus)^ s. f., sentier. 
V., arr. Civ., Châtain. 

Courtaud (faire) [I. cnrtus], locse 
dit d'un domestique qui sort de chez 
son maître avant l'époque convenue. 
Par extension, monter sur « sa j'ment 
courtaude. » V.,arr. Civ. 

COURTÉE et COURTIE, 3. f . , tOUt lo 

blé étendu sur une cour à battre. Il est 
aussi employé dans le sens de airée. 
V.— D.-S , suivant les lieux. 
CouHTE-NOUÉE, s. f., plante, renouée 



cou 

I 

ou cenlinode ; onomatopée. Vend. , 
Font. (C. et P. D.) 

CouRTiL, S. m., petite cour, terrain 
vague qui entoure la maison d'habita- 
tion. V. — D.-S.— Il désigne encore l'en- 
semble des servitudes, cours, bâtiments 
qui entourent une maison d'exploita- 
tion. D.-S., arr. Mel.— « Cortil, » jardin. 
(An. 138.5. iManusc du Poitou.' — Basse 
latinité : « curtile, curtillum. o Spel- 
manno, locus, velsedescurtis; Vadiano, 
villulaaliquapauciseedificiisconstructa; 
domus rusticana prœdiolo conjuncta : 
reclius, cui adjunctus est horlus, nam 
curiile proprie hortum rusticum , seu 
curti:^ sonat. (Duc.)— Ardennes, Marne: 
« courtis, courtils, » jardin clos. — 
Mayenne : acourti, •» lieu vague devant 
une' ferme. — Roman du renard : 

« La bonne fcm.Tie du Maisnil 
Il A ouvert i'uis de son conrtil. » 

[Cit. Uuc] 

C0URIILL4GE et COURTILÉGE (b. 1. 

curtllagium) , s. m. V. — D.-S. F. le 
précédent. 

« I pensez mea 
v Quela cour (palais do justice) fust in courUUage. » 

(Cent. Poëtv.) 

« Maison et courtillage, » cum viridario 
et cortil lagin. (An. 1334-1352. Manus. 
du Poitou.) — Sorte de redevance. (An. 
1385. Manusc. du Poitou.) — Curtila- 
giiim, idem quodcurlile. (Duc.J — Guil- 
laume Guiarl 1298 : 

« Et s'espandircnt fols et sages 
») Çà et là par les courliUages. » 

Marne : « courtilage, » jardinage, lé- 
gumes. 

CouRTiLLOU, s. m., sillon qui va en 
diminuant. V., c. hl.-Joiir., Adriers. 



COY 



99 



-T,' 



Aberiïeon. 



CouRTiLLOUNAi , v. n., faire des 
courlillons. V.^c. deTI^l Jour., Adriers. 
V. Abergeonnai 

CouRTiou, S. m , petite cour , etc. 
V.— D.-S. /'''.Courlil.(An. 15iO.Manus. 
du Poitou. — Psoms de lieu.x : c< Cour- 
tiou (le), » Blanzais , Rouillé, SkSau- 
vant, Thuré (V.) ; « Grand et PetitCour- 
tiou, >Thurageau(V.); « Courtioux(le).» 
Anché , St-Martin-la-Rivière , Pouillé. 
iV.j ; « Courlis (les),  Ceaux, près Loud. , 



Coussay-les-Bois. (V.), « Courty (le), 
Nueil-sùr-Dive (V.). 

CouRTûuÈBE, s. f., couverture. V., 
arr. de Civ.— D.-S. V. Cartouère. 

CousT, CoLSECt CousiB.s. m . vase 
en bois, ou corne de bœuf dans lesquels 
le faucheur met de l'eau et sa pierre 
à aiguiser. D.-S. — Vend. — (B -F.). 
V. Cou'dée. 

CoussA et CoussAR, s. m., houx. 
V.,arr.Poit.— D. S.— ;b -F.).— V.,arr. 
de Civ. — Noms de lieux : « Coussa (te), » 
Prailles (D:-S); « Coussaie (la), » 
Ayron. (V.) 

CoussOTTE, s. f., instrument qui sert 
à laver les mains. V. — D.-S. — Vend. 
V. Ca.-sotte. — Patois du Berry : « cous- 
sotte , i> espèce de poêlon en bois et à 
manche court, servant à puiser l'eau 
dans un seau. 

CoUTEA-PAROUR [\. cultei-parans), 
s. m., couteau à deux manches qui sert 
à parer le bois, à le peler, à lui enlever 
l'écorce. (B.-F ) — « Couteau a parer • 
du sabotier. V., arr. Civ. 

CouTON. plaque en fer dont on gar- 
nit le dessus et les côtés d'un sep de 
charrue. V. — D.-S. 

CouTON, s. m., les nervures des 
feuilles de choux et des légumes en gé- 
néral; tiges des plantes quand elles sont 
dures et coriaces. L'on dit aussi : « un 
couton d'balai, > pour dire un balai 
usé. V. — D.-S.-(B.-F.)— Saintonge. — 
Patois du Berry : « couton, > cote, 
tige. 

"CoLVRAîLLE, S. f., ensemencement 
des blés : « le temps des couvrailles, » 
la saison où Ton fait les blés. V. — D.-S. 
— Manusc. du Poitou. 

Coux, s. m. , houx. V., c. do l'Isl.- 
Jour. V. Coussa. — Noms de lieux : 
« Coux (le), » Availles, arr. Civ. 

CoYAUx LATTAISTS, S. m. pi., mor- 
ceaux de bois que l'on cloue aux che- 
vrons. D -S. — Synonyme de « acoyau. » 
y. ce mot. 

CoYET , s. m., vase en bois qui sert 
au faucheur à mettre de l'eau et la 
pierre h aiguiser sa faux. V. T. Couâe. 

CoYON, s. m., au propre, c'est le 
pépin de la coie. Il signifie aussi une 
bouteille, a Bère son coyon, » boire sa 
bouteille. D.-S.— ;B.-F.)—- Patois limou- 
sin : « couyo, » citrouille. 



100 



CRA 



Cbab^nt et Ckabas, s. m., crachat 
épais et fréquent ; gros rliiime; c i ai in 
crabantsu l'fistoumal qui m' cueurve; m 
jai un crabanl sur l'ostomac qui me 
crève, c'est-à-dire qui m'étoutTe. V , arr. 
Poit. et C\\'., suivant les lieux. 

Crabassai, V. n., lou^ser en cra- 
chant, faire des crachats dégoûtants. V. 

— D.-s.— :b.-f.) 

Cracasse, s. f., sommet de la tête. 
D.-S., arr. de Bress. V. Cacrea. 

Cracassai , V. n., crier comme les 
oies ; onomatopée. V., arr. de Civray. 
/'. Carca^sai. 

Cracassai, v. n,, se dit des objets 
qui cassent bref et avec un bruit sec, 
du bois qui travaille, de deux corps 
durs qui se heurtent. D -S.— (B.-F.) ~ 
V., arr. Civ. 

Cuacasson, oUiNE, adj., babillard, 
bredouilleur. V.— D.-S. V. Carcasson. 

Crachat-de-Coucou, s. m., bave 
produite par la larve de la casside verte. 
V., arr. de Poit (Maud.) 

Cracoches, s. f. pi., coquilles. V., 
arr. de Chat. T'. Cnquelotte. 

Cracot, te, adj., creux : « chagne 
cracot. » D.-S., arr. de Bress. et de 
Parth. —(A. R.) 

Cracottk , s. f. , tronc d'arbre 
creux. D.-S , arr. de Bress. et de Parth. 
-(A. R.) 

Cracotïf, s. f.. coquille de noix, 
d'œufs. D.-S., Saint-Romans lès-Mel. 
(B.-F.) y Caquelotte. 

Ceaisi et Craisiou, s. m., petite 
himpe. V., Mo!its-sur-Guesnes. — D.-S., 
arr. de Parih. (.4. R ) — Rabelais : 
« craisiou. » 

Crapasson. ounne, adj, petit, mais 
d'une taille bien rlessiriée D.-S.,arr. de 
B.ress. et de Parth. 

Crapaud, s. m., sorte de cadenas, en- 
ferges pour les pieds des chevaux. V'., 
arr. de Poit et de Civ, — D.-S. 

CBAPAUD-DE-VlG^B, S m , cngoulc- 
• vent, oiseau. D.-S. (B.-F.) V. Clioque. 

Crapaud, s. m , mitaines, sorte de 
gants dont les doigts, sauf le pouce, ne 
sont pas séparés. D.-S.— (B.-F.)— «Mi- 
taines-à-crapaud. » V.,arr. Civ. 

Craquauds, s. m,, coquilles en gé- 
néral V._, arr. de Chat. V. Caquelotte. 



CRI 

Cras (l. crescere)fS. m., croît, chep- 
tel. Vend. 

« Que Chcrbonnc tenait à cras de sa tante Rrnote, » 

(Gust., p. 54.) 

Gascon : « crey, » croît. — Marne : 
« crut,cru!c,)) augmentation, 

Crasée, s. f., carrefour: a di li qu'gle 
m'attenge à la crasçe do par délai les 
ehomps de la ville ; » dis-lui qu'il m'at- 
tende au carrefour qui est au-delà des 
champs de la ville. V., arr. Poit. 

Cregison , s, m., entamure , gros 
morceau. V. — D.-S. Y. Cargnâon. 

Creire (l. credere]^ v. a., croire. 
Dans tout le Poitou. 

« Mûre ol faut bay craire. » 

(Gusf., p. 81.) 

Prés, de rind. : « s. cré, y cray. » Part. 
prés. : « créant, crayant. o Part, pas : 
« creguis, cru. » — Roman : « creire. » 

— Gascon : • creyre. t> 
Cremeillou, se (1. cremare), adj., 

désireux. INo s'emploie que dans le sens 
négatif. Vend. (Cet P. D.) 

Crenea, Crenou (1. cr€?ia\s. m,, 
petit espace séparé que l'on réserve dans 
une écurie pour les brebis, les oies. D.- 
S , arr. de Bress. et de Parth. — (A.. R.) 

Cr.EM, E. adj., amaigri, affaibli par 
une longue maladie, faible, fatigué. — 
Se dit aussi de quelqu'un qui a pauvre 
mine. — Dans un autre sens, c'est faire 
le paresseux, le fainéant. D.-S. — (B.-F.) 

— V., arr. Poit. 

Crenochis, s. m , ce qui est trop 
peu étendu. D.-S. — (A. R.) 

Crenon (I. crena), s. m., petite ou- 
verture, petit compartiment. D.-S. — 
(B.-F.) 

Creuge-Oreille et Crcge-Orei llb, 
s. m., insecte, perce-oreille. D.-S. — 
V. — (B.-F.) 

Cri et Crir, syncope du verbe fran- 
çais quérir. Dans tout le Poitou. 

« Mais si gne revenant qui ne les ange crlr. » 

(Bab., p. 91 .) 

Crie, s. f., va.se en grès, en terre, 
pour contenir de l'huile, du vin. D.-S. 

— (A. R) 

« Et d'antre do vinaigre et de l'heule en do cric. » 

(Bab , p. 47.) 



GRO 

— Buie, cruche, il ne s'emploie qne dans 
le proverbe: « sourd queme ine crie. » 
Vend. (C. el P. 1)0 

Crignolle, s. f , !a cornouille, le 
fruit du cornouiller. D.-S — (B.-F.) 

Crignolier, s. m, cornouiller. I.).- 
S. — (B.-F.) Baï^se latinité : conio/iinn, 
cornus ; corno Italis, conwlier Gallis. 
(Duc.) 

Cro, s. m, , creux, trou : « lou pra 
d'ia cro, » le pré des trous. V., c. Isl.- 
Jourd., r.uchapt. — Aube : «cro, cron, » 
fossé. — Patois du Berry : « cros, crot, » 
trou, creux, pièce d'eau. 

Croisaie el Crotsie,s. f., carre- 
four. V. Cra.-^ée. Il s'emploie aussi dans 
le sens du mol français croisée, fenê- 
tre. D.-S. — (A. R.)" 

Crole, s. m., vase. Vend, (G. et P. 
D.) 

CfiOLÉ et Crolinai, v. a. et n,. se- 
couer, remuer, renverser : » la tête li 
erole. « — « Quiconque en vouloit avoir 
ne falloit que crousler l'arbre. » (Rab , 
1. ri, c. 9.) — Au figuré : « croie de la 
tête, » c'est dire non, faire un signe né- 
gatif. V. — D.-S. — Aube, Marne : 
« cruUer, crosler. » 

Crolette , s. f., brysa média , 
plante. V., arr. Poit. (Maud.) 

Croquet {qu mouillés), adj., petit : 
« ol é l'croquct. » V. — D.-S. — (B -F.) 

Crosson, s. m., morceau de pain 
bénit qu'on envoie à la famille qui doit 
offrir le pain bénit le dimanche suivant. 
C'est aussi le morceau du même pain 
réservé à M. le curé. Dans tout le Poitou 
Basse latinité : crustum, crustullum^ 
pro fragmente panis. (Joan. de Janua. 
Cit. Duc ) 

CROSso^^ s. m., chicot de bois mort; 
reste d'une dent carriée : « thiau cresson 
d'maiss'lé (de dent), m'fé in mau gâlé.o 
D.-S.— :B.-F.) 

Crotte-de-rat, s. m.^sedum acre, 
plante. V. , arr. de Poit. et de Civ, 
(Maud.) 

Crot'iou, se, adj., crotté; par ex- 
tension, barlDouillé: « eh ! d'our vin-lu, 
engouessé d'drùle, t'é tout crotlou, bau- 
drou, patrouillou ; » et d'où viens-tu, 
endiablé de drôle, tu es tout crotté, sale 
et plein de boue. V. — D.-S. 

Croui, V. n., moisir. V., arr. de 
Civ. 



GUE 



101 



Croupère, s. f., bourrelet que les 
femmes attachent au bas de leur corset 
pour soutenir leur jupe. D.-S., c. de 
Bress — Vend. 

« Tanloiis ol y faut d.iu Lourgnon, 
» Tantôt iue croupère. » 

(Gust., p. 2ô.) 

Basse latinité : crupes, -/.cvia , funls , 
corde. (Duc.) 

Croutai et Croutelat,v. a., rendre 
inégal, raboteux. — Impers. Devenir 
raboteux : « o croulai fort dès ;i malin. .> 
V. — D.-S., c. de Bressuire où l'on dit 
« crouU. » — (A. R.) 

Cru [u très-long^, s. m., trou. V. ■— 
D.-S.— (B.-F.) — F. Cro. 

1 -Ine serpent si groiisse 
» Que jamcz y cge vu .sorti de cruz ou fousse. )) 

[l\0b. DiV., p. 125.) 

— Pvornan : « crus, d creux, vide. 

Cruchai, V. n., monter: « gai-'don 
où gl é cruchai, s'ol y a dau ban sons; » 
regardes donc où il est monté, s'il y a 
du bon cens. — (Se), v. pr.,se percher. 
V., arr. de Poit. — D.-S., c. de Bress. 

Crucheas, s. m. pi., coquilles de 
noix : « r'passez bin quiés crucheas, 
enfants, o peut bé y avèr cor' daux 
nougeas; » repassez bien ces coquilles, 
enfants, il peut bien y avoir encoi'e des 
noix. V. — D.-S. 

Cryon, s. m , pot à bec pour 1 huile. 
Vend. (C. et P. D.) 

(Jubatte et Cubotte (très-bref), ^. f., 
petiîe cuve. Vend. (C. et P. D.) — V., 
arr. de Civ. — Basse latinité : cuha^ 
cupa, labrum, Gall. Cîive. (Duc ) 

Nota. — Ce mot, et tous ceux qui 
commencent pareront ces deux lettres 
mouil!ées,exceplé ceux qui, danscerlains 
lieux, se prononcent tche. 

Cube-de-Charrats, s. f , cuve dans 
laquelle on transporte la vendange. D.- 
S. -(B-F.)y. Charreau. 

Guette, s. f., petite cuve qui sert à 
recevoir le vin au sortir du pressoir. 
V., arr. de Cliât. — Cue : « Item qua- 
tre grans eues à tenir vin. » (An 1339. 
Manusc. du Poitou.) 

CuEiULLE (b. 1. collia], s. f., côte, 
colline, montée rude. D -S. — V. — 
(A. B.) Ce mot n'est plus guère u^ilé 
que pour des noms de lieux. Vient de 



102 



GUL 



aculia, dit M. Beaiichet-Fillenu, que 
l'on trouve cité dans un acte do 1452. 
Jculia extra por/om Saucti-Lazari. 
C'est la Cucille-Mircbalaise à PoitiiTS. 

— Col/ia, laCueilie. (An 1287. Arch 
de la mairie de Poitiers.) Noms de 
lieux : <r Cueille (la), d Champagné-Sl- 
Hilaire. Curzay (V.) 

CiEiLLERi et CuLLERON, s. m., pe- 
tit meuble en bois placé au-dessus de la 
table où Ton met les cuillères. V., c. de 
1 Ïsl.-Jourd. et arr. de Civ. V. l'-lierai. 

Cuiou (quiou\ s. m., cul. « Si l'baill' 
mou pé dans le cuiou. p V.^ c. de l'Isl - 
Jourd. 

Cul-Bltan, s. m., le traquet mo- 
teu\, oiseau. V., arr. de Poit. (Maud.) 

— Marne : cul-blanc, petit oiseau de 
la famille des échas.-iers. 

CuLAi, et TcHULAi, dans quelques 
contrées, v; a. et n,, aller en arrière. 
V. — D.-S. — Vend. 

« cravançanl gle culant apras. » (Gust.) 



CUV 

Curé (1. curare), v. a., trier les 
noix. V.,arr. de Chat. V. Chalupé. 

CuRERiE (cur'ric) , s. f . , action de 
cure. V., arr. de Chat. 

CuROU, CuROUR, s. m., petite palette 
en fer et à douille que Ion adapte au 
pied de l'aiguillon, et dont le laboureur 
se sort pour nettoyer .'-a charrue et cou- 
per les mauvaises herbes. V., arr. de 
Civ. — D.-S. , arr. de Melle. — 
(B-F.) 

CrTn\i fichutrai), V. n., s'accroupir, 
se blottir. Vend. Font. (C. et P. D.) 

CuTRON (Ichutron), S. m., mauvais 
torchon. D -S., c. Celles. 

CiiVATE, s. f., petite cuve. Vend. V. 
Cubât te. 

CuvERTE (1. cooperfus), s. f., courte- 
pointe. V., arr. de Civ., Blanzay et Li- 
nazay. — D.-S., arr. de Melle et do 
Bress. — Provençal : « cubertuno : » 
« lire plan-plan sa cubcrt(mo; » tiro 
l doucement sa couverture. 



D 



BAI 



Da, s. m., urine, du vieux mot fran- 
çais fJate que l'on trouve dès 1250. 
(Lac.) D.-S. — (B-F.) 

Daburai (r. de aOurai), v. a , égonl- 
ter, assécher : « les chatagnes sant 
cueutes, o faut les daburai ; » les châ- 
taignes sont cuites, il faut les égoutter. 
V., arr. Civ, V. Aburiîi. 

Dablrour, s. m., planche percée 
que l'on met .'ur un pot, en le versant, 
pour c daburai » les châtaignes et les 
pommes de terre bouillies. V., arr. Civ. 

Dacouai (I. de cauda], v. a., déta- 
cher un animal attaché à la queue d'un 
autre. V., arr. Civ. 

Daffougeai (r. de offougeai), v 
a., donner de l'air au feu afin qu'il 
s'enflamme. V., arr. Civ. 

Dag ALLAI (r. de agallni), v. a., 
abattre des noix avec une gaule : « vé 
dou dagallai quiés nouas. » V., arr. de 
Civ. 

Dagaçai (r. de agacer), v. a., enle- 



ver l'irritation causée aux dents par les 
fruits que l'on a mangés. V., arr. Civ. 

DAGriLLAi, v. a., prendre quelque 
chose avec les dents, le secouer. D.-S., 
c. d'Airvault, Gâtine. 

Daiche, s. f., corbeille dans laquelle 
les pavsannes serrent leurs coiffes. D.-S. 

— (B.'f.) 

Dail, s. m., faux. — Au figuré, 
« battre son dail, » c'est mourir, s'étein- 
dre petit à petit. V. — D.-S. — Vend. 

— « Dail à faucher. » (An. 1747. Va.s- 
les. Manusc.) — Roman : « dalh ou 
dayll, j) faux; du gothique « dail, » 
d'a'pres Raynouard. (Cit. B.-F.) — 
Saintonge. — Languedoc : « dàlio. » 

— IVovençal : v dai : mai coume un 
dai souîo l'enchaple; « mais comme une 
faux sous le marteau qui la bat. — Pa- 
tois du Berry : « dard. » — Gascon : 
1 daillo. » — Rabelais : « dail : la 
mort avec son dail l'eust faulché et cer- 
clé de ce monde. « (Prol., 1. 4.) 



DAN 

Datve et DÈVB, s. f , ennui ce qui 
cause do l'ennui, didiciiité, embarras. 
D.-S., c. Brcss. — Vend. 

o 01 ay bay quleu la dnive. » 

(Giist., p. so.) 

Roman : « desviar, » égarer. — Ancien 
frar.çais : « desverie : ce me semble 
grande desverie, •> (An. 1290. Di.-po-i- 
tion des loges des diverses professions à 
la foire du Lendit à Paris.) 

Dalle, s. f., tuyau, chenal. — Au 
figuré: « s'arroser la dalle dau cou, s 
c'est b)ire à longs traits. V, — D.-S. 

Dalletai et i)ALLOTAT, V. n. , agiter 
ses ailes. — Au figuré, être transporlé 
de joie. Vend. — Par ex'.ension, aller, 
remuer, marcher : 

« Y gallopy si fort de sente en sente 
» Que mon pouvre chevau ne peut plus dal- 

[ lotir. » 
(Rab.) 

Damèrr^ Ioc. adv , pour dam sei- 
gneur et veré vraiment. Vend. — 

t Damèrc! ol est que. » 

(Gu.ueau, p. la.) 

Da MIOCHE, S, f., la dame du « bour- 
geasson, « qui veut imiter la grande 
dame. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. Poit. 

Dangé. s. m., maladie charbonneuse 
des bêles bovines et ovines : « ol é 1' 
Irasiôme des vias, nout' n^.oître, qu'i 
perd per le dongé; » c'est !e troisième 
des veau.x, notre maître, que je perds 
par le dangé. V., arr. Poit., Civ. et 
Monlm. — D.-S , arr. Melic. 

Dainiai, v. a , <îétruirc : c i s'rë 
obligeai d'ach'tai d' l'onguonl gris pre 
daniai les pouigles à quiau drôle ; » je 
serai obligé d'acheter de l'onguent gris 
pour détruire les poux a ce drôle. — 
Piacine : de^ français, marque de sépa 
ration, et ardai, patois poitevin, multi- 
plier. 

DA^'ZE et Donze, adj , qui est 
dompté, qui devient docile; un cheval 
e^t « donze » lorsqu'il est dressé à la 
charrette, à la voiture, et qu'il est par 
conséquent docile à la voix, à la main 
qui le dirige. — Par extension, fatigué, 
harassé. V., arr. Poit. et de Civ. 

Danzé, Donzb, V. a. et pr., domp- 
ter. Par extension, n'en pouvoir plus : 



DAU 



103 



« glo s' sant perfant donzé à force do 
donsai ; » ilsso sont pourtant fatigués à 
force de danser. V. — D.-S. 

Darachai, v. a., arracher. V., arr. 
Poit, et Civ. — D.-S., arr. de Bress. 

— I,alin : de, séparation, radicarl, 
prendre racine, pous.-^er. 

Darre, prép., derrière. V., arr. Civ. 

— D.-S. — Vend. 

« Et dare tirerai la langue contre vou-^. •> 

(Gust., p. ca.) 

Gascon : « darré. » — Provençal : 
« darrié : darrié li grands areno; •» 
derrière les grandes aiènes. — .Marne : 
« darrié. » — Patois du I,imou:^in : 
« dorey. )> 

Darrère, prép. V. !e précéil. V. — 
D.-S. —Vend. 

« 01 est vray qu'y n'ay point de porte de darrère. » 

(Bap., p. 01.) 

— Roman : « reyre, reirê, » derrière. 

— Rabelais : « darrière : devisant avec 
luy lui persuada monter darrière. » 
(I. 5, c. 7.) 

Darrère, s. m., dos, derrière, la 
partie postérieure. V., 

« I re.sembiai par le darrère 

» A n'in président. » [Chans. poit.J 

Dassiant, Dassiont (être), Ioc, 
être assis. V., arr. Civ. — D -S., St- 
Romans-lès-Meile. — (B.-F.) — « Kn 
assiont; » D.-S., c. Bress. 

Dat^nçai et DÉTANÇAI, v. a., cueil- 
lir lu tViiil avant sa maturité : « nou.s 
pouères sant toutes coties, faut creirc 
qu'air avant été détaneéies ; » nos 
poires sont toutes meurtries, il faut 
croire qu'elles ont été cueillies trop tôt. 
V., arr. Civ. — D S. — (B.-F.). — 
f.aîin : de lenipore, de bonne heure : 
« ipse de lempore cœnavit, » il soup:i 
de bonne heui-e. (Flirt.) 

Dau. art., de, du. des, dans pre.-quc 
tout le Poitou. — Patois limou>in : 
« daou. >> 

Dau, s. m., dé à coudre. V., arr. 
Chat, et de Monlm. 

Daubé, v. a., frapper devant sur le 
fer. V., arr. Chat. 

Daubkur, s m., ouvrier forgeron ou 
serrurier qui frappe sur le fer chaud 
avant le maître ouvrier. V., arr. Chût. 

Daumée et Daumeu, s. f., blouse. 



104 



DÉB 



V.,arr. Poil. — Yeric, c. xMirebeau el 
de Vouillé — D.-S., c. de Thénezay 

Dauraileau (le), c'est le chant des 
bergères quand elles parlent de la mai- 
son pour conduire leurs brebis aux 
champs. V., arr. Oiv et de Chat. 

D'avant, adv , devant. V. — D.-S. 
— Vend. — Pxoman et Languedocien. 

De, s. m., doigt. V., arr. de l'oit, et 
de Civ. — D.-S., arr. de Bress. et de 
Par th. 

a De mes deux dés mouchis mou dcz 
« (Jnl était morveux. 

(Chans. poil ) 

Gascon : « dit, > 

DÉ, 5. m., Dieu. (>'. p) — Aube, 
Marne. 

Deablesa (diabletia; [l. diabolus], 
s. m., diminutif de diable. 

« Ainsi qupmc deab';clea 

» Iglz criant à pleine goule. » 

',Gcnt. Po&lv.) 

Débadai, V. n., ouvrir la bouche, 
répondre. (B.-F.) 

DEBAGOULAE,(r. cle bagou), \. a. .ra- 
conter avec abondance , parler beau- 
coup. Vend. |C. et P. D) 

DEBAGOLLAictDÉBADiGOLLAT, Sui- 
vant les lieux « débagouli. » /-'. le pré- 
cédent. V. — D.-S. 

« Gle s'métirant bén neu ou* dix 
» A débagouli la grand'mcsse. » 

(Chans. Poit.) 

— Marne : « débagouler », radoier, 

DÉBAîSNi (sE;, v. pr., se dégoûter 
d'une personne, en avoir mauvaise opi- 
nion : M on m'a débanni d'elle. » Vend. 
Font. (C. et P. D ) 

DÉBARicoLÊ. E, adj , SG dit des fu- 
tailles qui sont en mauvais étal : « tes 
barriques sont toufesdébaricolées. » Du 
mot barrique. (B -F.) 

DÉBAT, s. m., dessous, cavité, trou : 
« il a versé parce qu'une roue de sa 
charrette a tombé dans le débat qui est 
aux quatre chemins. » V., arr. de Chat. 
— Gascon : « débat », en dessous. 

DÉBEBTÉ, v. n., changer de chemin , 
dévier de sa route, — se dit au figuré 
de ceux qui se laissent entraîner au vice, 
ù la débauche, après avoir eu une con- 



DEC 

duite exempte de reproches. V., Chat., 
Oiré. 

Debillardaî, v. a., ébaucher , dé- 
grossir les pierres sortant de la cariière. 
D.-S., arr. de Parth. 

Déblav.e, (ftHiiouillés), s. m , jus- 
tificiition : « que dira-t-eil per san dé- 
blàmc? V. — D.-S. — Vend. 

Déblamé , (bl mouillés), v. a. et 
pr., justifier quelqu'un, .se justifier soi- 
même. V. — D.-S. — Vend. 

Déboittat et Debottai, v. a., dé- 
garnir les pieds des vignes. V., Monlm., 
Saint-Remi, arr. de Poit. et de Civ. 

DÉBOKD, s. m., mnladie des enfants 
qui est supposée leur abattre l'estomac. 
C'est la convulsion causée le plus ordi- 
nairement par la dentition. Il y a la 
perle à débord que Ion met au cou des 
enfants pour les prémunir contre cette 
maladie. V., arr. de Chat. — Haule- 
Marne : « débord •> , convulsion, — 
Mayenne : « débord t> , dyssenterie , 
diarrhée. Français : « débord » ^ t. de 
médecine, débordement. 

Debouillai, V. a., défaire, renver- 
ser, ruiner. D.-S. — (B.-F.) 

DÉBROUSAi (se), v. pr., se nettoyer, 
et principalement se débarbouiller. V., 
arr. de Poit. 

DÉBUBAE, V n., avoir très grand 
cha'ud, respirer fiéquemment. Vend. iC. 
et P. D.) 

DÉBURAi , V. a., égoutter. V. Abu- 
rai. — Vider : « débure don tes poches, » 
D.-S. - (A.R.) 

DECALAI; V. a., ôter le brou , la cale 
de la noix ; séparer la peau du bois au 
moment de la sève. — V. n. , par ex- 
tension, enlever les taches. D.-S. ■ — 
(A.R.) 

Dec vY-DELAY,adv., deçà, deli.Dans 
!out le Poitou. Employé par tons les 
auteurs qui ont écrit en patois poitevin. 
— Gascon : o delay », la bas. 

Décapité, adj., se dit d'un mauvais 
chemin. Vend. (C. et P, D.) — Marne : 
« décapiter (se)», S3 ilépiter , perdre la 
tète, — Français : « décapiter », couper 
la tête. 

DÉCHABUTÉ, V, n. , se détacher de 
l'arbre, et tomber en parlant desfeuilles : 
« depis deux jours les feuilles des fibres 
se sont bén déchabuléies. » V., a:r. de 
Chût., Oiré. 



DEC 

DÉCHAFOURAi , V. 3., déchiffrer; 
lire une chose difficile. D.-S. 

» Y «arant bé les déchafourai. » 

Chans. Poit. 

Dechalat (r. châle), v. a., enlever 
le brou , la châle de la noix. V., c. de 
risl. -.lourd, 

DÉCHARiNAiLLAi {V. Charnall), v. 
a., enlever le charnail : « la boude en 
tétanl décharnaill'ra la vache. » D.-S., 
arr. de Parth.— (A. R.) 

DÉCHAUDRONÉ, V. a., dégarnir le 
pied des vignes. V., c. de Saint-Savin. 
f. Déboutai. 

Dechaussoire, s. f., petite houe 
dont on sesertpoiir déchausser la vigne. 
V. — « Deux besoches, deux déchaus- 
soires. » (An. 17.52 , manusc. du Poi- 
tou.) — Français : « déchaussoir )■), s. 
m., instrument de dentiste pour dé- 
chausser les dents. 

DÈCHE, s. f.,vice, défaut de confor- 
mation : « mon bœuf a une dèche à la 
jambe qui li fé grand tort, — Au figuré, 
mauvaise fortune. V., arr. de Poit., 
Chat. — Marne : « deschée, deschef », 
perte. — Patois du Limousin : « Déy- 
cho », blessure. — Français : « déchet », 
diminution en quantité ou en valeur. 

Decheiaint, te, adj. verb., sale, 
malpropre. Au figuré, une personne qui 
se plaint sans raison. V., arr. de Chat., 
Oiré, Maire. 

Dechemela , V, a., changer une 
paire de bœufs de main , c'e»t-à dire 
meltre à gauche celui qui est de main 
droite, et vice versa y ou assortir en- 
semble les bœufs choisis dans deux 
paires. V., c. Monîm. , Saint-Remi. 

Decidation (1. decisio) , s. f, , 
décision. V. 

Decinssai, v. n., ne pas cesser, con- 
tinuer sans interruption : « gne d'cins- 
s'ra pas d'causai »>, va. V. 

Decis, se, adj. (1. decisus), décisif. 
V., Civray, arr. de Bressuire. 

« Donne sus tous les points, sans écouter rEgliâc, 
» Sa résolution comme chose déclse. » 

(Bab., p. 26.) 

Decoirai (y. Coire), v. a., ouvrir 
en ôtant la coire : «decoir' vitel'clion. » 
D.-S. - (A.-R.) — V,, arr de Civ. 

DÉcoMPORTAi (se) , Y. H. et pr., se 

xxxu. 



DÉF 



105 



désoler , perdre la tête par suite d'un 
chagrin, d'une perte, du peu de succès 
dans une entreprise : « Jacquille est 
tout décomportai depeu qu' sa paur' 
Renotte est défunte »; Jacques perd la 
lêle depuis la mort de sa pauvre Renée. 
V. 

DÉcoPAi, V, a., interrompre ; « n' 
t'avis' pas d'veni me décopai pendant 
mon travail, » D.-S. — (A. R.) — V. 
Au figuré, débaucher , détourner du 
devoir : « ol é 1' voisin qui a décopai 
mon mari. D.-S. — (A. R.), — v. pr,, 
discontinuer. — Par extension, donner 
le change à sa parole, dans une con- 
versation, surtout devant la justice : 
« gl'é poué à s'n aise , quiau gars, de- 
vontr juge, gle s* décop' trot » ; il n'est 
pas à son aise, ce gars, devant le juge, 
il n est pas ferme dans ses réponses. V. 

DÉcossAi {r. Cosse), V. a.^ ôterles 
pois, les fèves de leurs cosses. V, — 
D,-S. 

DÉcouRGEAi (F. Courge) , v. a,, 
décharger quelqu'un du fardeau qu'il 
porte à Taide de la courge — (sej, v. 
pr.,se décharger soi-même. V. — D.-S, 

Decoubrompre, v. a., interrompre : 
c pardon d' ' vous décourrompre. » 
D.-S. — (B.-F.) — « Décourrompre 
(sans), » loc. sans interruption : « i ai 
vu passé dau brelinage toute quiette 
malinéie sans décourrompre » ; j'ai vu 
passer des moutons, toute la matinée, 
sans qu'il y ait eu relâche, interrup- 
tion. V., arr. de Poit, et Civ. — D.-S., 
arr. de Bress. et de Parth. 

DÉCROLLAi (r. 6To/t'),v. 8., écrou- 
1er ; se dit surtout de la terre formant 
les talus des fossés, et de celle qui se 
trouve sur la pente des sillons, laquelle, 
par l'effet de la pluie, ou des gelées, 
tombe dans les raies ou comble les 
fossés. (B.-F.) — C. Bressuire, —V., 
arr. de Civ, 

DÉcuRAiLLAi , v. 3., approprier , 
nettoyer , rendre propre. D. S., arr. de 
!Vîelle.(Rond.) Peut-être du latin curare, 
avoir soin. (B.-F.) 

DÉFbÇAi et DÉFERTÉ (defçai), v. a., 
défaire ce qui était fretté, entrelacé. 
D.-S., arr. de Bress. et de Parth. —V., 
arr. de Chat. 

DÉFINI, V. n., changer, devenir mé- 
connaissable. Une longue maladie dé- 

40* 



106 



DÉG 



finit la personne qui en a été atteinte , 
elle ramiiigrit. l'affaiblit, la défigure. 
(B.-F)— V , Civ.— D.-S.,arr. de Bress. 
et de Parlh. 

DEFod'fo, d'for) [I. de foris), adv., 
dehors. V. — D.-S'., Gâline. — Vend. 

• Et nous ogtill fogii incore 

» BalD pouvreineiit couchey defore. 

(Gcnt. roet.,p. 91. Cit. B.-F.) 

Roman, limousin, provençal et gas- 
con : a defuro. » — Languedocien : 
« ilefora. j — Besançon : « defoe. • — 
Saintonge : t defuère, defors. » — An- 
cien français. 

Dkfougeai (1. defoderé) , v. a., 
étouffer D.-S., arr. de Mel. (Rond.) 

Defrettai et Defroqui tat , v. a., 

défaire ce qui est frelté, entrelacé : «les 
chaises sont toutes defreltaies. » Il est 
aussi pronominal D.-S., arr. de Parth 
(A. R.) — V., arr. de Civ. — Français: 
« défroque», dépouille. 

Defkougnai (se), v. pr., remuer les 
épaules à tout propos , faire des contor- 
sions. — D.-S. — iB.-F.j — V., arr. de 
Poit. et de Civ. 

Defbuches , s. f. pi. , débris, dé- 
pouilles , restes. V. — D -S. — « Et pa- 
reillement des six soufflectz et aultres 
vieux bois et desfruches de la vieille 
orgue.» (An. 1608. Arch. St.-Hil. Egl. 
Suppl. n" AZ.) 

Defruche, s. f. , se dit principale- 
ment des petites branches, des racines, 
etc., d'un arbre abattu ; « arrache me 
Ihiau châgne et t'aura té la defruche. » 
— D.-S. — (B.-F.)— V. 

Degallai , V. a., abattre avec une 
gaule.— D.-S.— (B.-F.)— F. Dagallai. 

Dkgallots (à la) |r. deçja(lai\j loc. 
peu usitée. Elle exprime une idée d'a- 
bandon et de délaissement. — (Ij.-F.) 

Degatai, v. a., défricher : « mon 
valet m'a dégâté trois boisselaies de 
mauvaise terre » (A. R.) — D.-S. , 
c. de Bress. et de Pari h. 

Degeli (<lég'li| , s." m. C'est le mot 
françdis : a dégel. » Dans tout le Poitou. 

Degènai , V. a., mettre à l'aise. 11 
est aus.>îi pronominal. V. — D.-S., arr. 
de Bress. — Patois du Berry. Racine, 
de, prép, qui marque séparation , et 
gêne, situation fâcheuse. 



DÉG 

Degtmbré , ÉE (d'gimbré) , adj., dé- 
guenillé. V.— D.-S. 

« Quand y vit do Fr.inçais autrefois riche, heureux 
» Tout acgluibré dans Londres. » 

(Bab.) 

DÉCOISILLAI, V. a. et n., parler vite 
et longtemps, se prend en mauvaise 
part : « pauv' cher houme. en a-t-i 
dégoisillai su man camptel » V.— Patois 
du Berry. — Français : « dégoiser , » 
babiller. 

DÉGOUATLL\r et Dégouillai, v. a., 

littéralement déchirer, mettre en pièces 
avec la gueule. — Au figuré, dénigrer, 
médire : « prêchai déguoillai drnôme 
tout l'minde ? » Pourquoi dénigrer 
comme çh tout le monde ? » — D.-S. , 
suivant les lieux. 

Degoussai , v. a., ôter les pois , les 
fèves , des gosses , des gousses. V. — 
D.-S. — V. Décossai. 

Dégoutable , adj. des 2 genres, 
dégoûtant, sale, repoussant : « ot' to 
d'Ià , vilain dégoutable; » ôte-toi d'ici, 
vilain dégoûtant. — D.-S. — (B.-F.) 

— V., arr. de Poitiers et de Civ. 

Degbevasai (d'grevasai) , v. a., 
donner de l'air au feu, afin qu'il s'en- 
flamme — D.-S., arr. de Bress. — V. 

Daffougeai. 

Deguaçai, v. a., au propre, s'il 
était usité , tirer de la guace , de la 
mare. Au figuré , tirer de peine , d'em- 
barras : « l'argent que tu m'as prêté 
m'a deguaçai. » D.-S. — (A. R.) 

DÉGUARGUENAÇAI (sc) , V. pP. , Se 

découvrir la gorge , la poitrine , se dit 
principalement des femmes, on mau- 
vaise part. V., arr. de Poit. et de Civ. 

— Racine , guarguena , l'ensemble de 
la gorge. 

DÉGUETLLAi, v. a., déchirer, secouer 
avec force : « dégueille don thiau fein , 
egl séchera meux » Au figuré , battre , 
secouer quelqu'un par les cheveux : «i 
l'ai bein dégueilîai. d D.-S. — (B.-F.) 

— V., arr. de Civ. — Limousin : « de- 
iïueillo, » bombance. 

Déguenillé , V. a., littéralement, 
mettre en guenilles. Au figuré, syno- 
nyme du précéd. V., arr. de Chat. 

Dégueni , V. a. et n., avoir le plus 



DEM 

vif désir d'une chose que l'oa ne peut 
obtenir, D.-S. — Vend. 

« Gu'au pouvaQt , gl'en deguenlssant. > 
(Gust., p. 37.) 

Deguignou , s. m., répugnance. V., 
arr. de (^liât. 

Deguillai, V. a., mettre en pièces. 
Au figuré, médire, calomnier. — D.-S., 
arr. deBress. — V. Dégouillai. 

Dejanae (d'janàe), v. n., relever le 
nez par mépris. Vend. (C. et P. D.) 

DfcJABROUSAi (d'jabrousai) , v. a. et 
n., débarbouiller, laver la'figure. V. — 
D.-S. — Racine de, qui marque extrac- 
lion , eljabroUj malpropre , sale. 

Dejertour, s. m., répugnance. 
D.-S. — (B. -F.) — V. reguigiiou. Vient, 
dit M. Beauchet-Filleau , de dejicere , 
jeter hors, et du romnn dejetai\ rejeter. 

Dejobrai, v. a. et pr., débarbouiller. 
V., arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) - 
Racine : de, qui nicirque extraction^ et 
johrai , salir. 

Déjoue , ÉE , adj., folâtre, enjoué. 
V., arr. de Poit. 

Del, s. m., deuil. D.-S., arr. de 
Bress. — Patois limousin : « dau. » 

Delâpassai (d'Iapassai) [se], v. pr., 
se débarrasser d'un fardeau. (B.-F.) 

DÉLIÉE, s f., l'heure où les labou- 
reurs cessent de labourer , où ils délient 
leurs bœufs. V. 

Dklinguai et Delinquai (I. delin- 
quere) , v. n., diminuer, périr, décli- 
ner, se faire vieux : « sa pauvre fortune 
delingue. » D.-S. — V. — Vend. , 
suivant les lieux. — Paiois du Berry : 
« delingiier. » — Français : « délin- 
quer, » contrevenir à la loi. 

Délivres, s. m. pi. , décombres, 
restes de construction. Dans tout le 
Poitou. 

Deloire (I. doïere) , v. a. et pr , 
plaindre, se plaindre. Vend. \C. et P.D.) 
— Ancien français : « condouloir. » 

Déluré , ee, adj. , celui ou celle qui 
n'a pas peur, hardi , analogue de luron. 
Dans tout le Poitou. — IVîarne: habile, 
rusé, adroit. 

Demage, s. m., c'est le mot français 
donwiage. Dans tout le Poitou. 

f Si quequain me fant dau demage. » 

(Gust.) 



DÉN 



107 



Demàlae (se), V. pr., se plaindre de 
son mal : « se demalâe sans mau, » c'est 
se plaindre sans avoir de mal. Vend.— 
(C et P. D.) — V., arr. de Civ. — De- 
malai (d'malai) [se]. Au figuré , se 
plaindre du peu de profit que l'on fait, 
du" malheur des temps. D.-S. —(A. R.) 
— V. pr», s'impatienter, s'ennuyer. V., 
arr. de Civ. — D.-S._, arr. de Bress. et 
de Parth. — (B.-F.) 

Dématiné, v. n., au propre , retar- 
der, diminuer : o les jours dématinent;» 
au figuré , vieillir : « je dématine de 
mes'liui; ï> je vieillis, mes jours s'en 
vont. V.^ arr. de Chat., Oiré. — Ra- 
cine : de , qui fait exprimer au mot 
le sens contraire , et matutinum , ma- 
tin. 

Demes'hui et Demesis, adv., dé- 
sormais , maintenant , à présent. V., 
arr. de Chat. — Vend. Font. — (C. et 
P. D ) — Ancien français. 

Demeurance (l. dêmorari) , s. f., 
demeure, habitation. V. — D.-S. 

« V'iant savoir sa demeurance 
» I la suvit pas à pas. » 

fClians. poit. ) 

« En laquelle le dict testateur fait sa 
demourance. » — (An. 1461. Manusc. 
du Poitou.) — Patois du Berry : « de- 
meurance , demourance. » La langue 
romane a « demoransa , » et l'italien , 
« dimoranza. w — Ancien français : 
« demeurance, demourance. » 

« Si que toujours, ay espérance 
» Eii la maison du seigneur demeurance. » 
(Mnrot. Ps. 19.) 

Demo et Demoin, adv., demain, V., 
c. Isl-Jour,, Luchapt , où l'on dit: 
« demo, » et partout ailleurs : « de- 
moin. » D.-S. — Vend. — Patois li- 
mousin : «demo. • 

Demonio et Demoniou , s. m., en- 
fant remuant, lutin. Le mot est espa- 
gnol. Vend. Sablais. 

Den AILLAI (se), V. pp., se plaindre. 
D.-S —(B.-F.) 

DÉNAiTRE (faire) , v. n., littérale- 
ment, rendre la vie ennuyeuse, l'abré- 
ger ; impatienter : « quiau drôle m'fra 
trejou d'naître. » V. — Patois du 
Berry. 

Denbté, ée, adj., celui qui a perdu 



108 



DÉQ 



le nez par un accident, ou par maladie. 
Par extension, camus, qui a le nez 
court. V. — Patois du Berry. — Racine : 
de qui maniue extraction, et nez. 

Deobai, w.de auhah, v n.. partir 
dès l'aube , de giand malin. — l).-S., 
arr.de Parlh. — (A. R.) 

Depatai, V. a., décrotter, enlever la 
houe V., arr. de Poit. et Civ.— Patois 
du Berry. 

Dkpecai (dep'çai). v. a., déchirer, 
couper. V., arr. de Poit. et Civ. — Par 
extension se dépêcher, faire vite quelque 
chose. V. — D.-S. 

Dépeçai , (dep'çai), v. a., couper 
menu : a irai cheux vous , quont i are 
dep'çai daux choux à ma thebratte. » 
V. — D-S. 

Deplounai (r. pion), v a. et n., 
enlever le pion, le brou de la châlai 
gne. 1).-S., arr. de Bress. et de Pan h. 

Dep'naillai, v. a., étendre, épar- 
piller : a ne dep'naille don pas tes bar- 
des dans la chambre. » D.-S. — (A. R.j— 
V., arr. de Poit. et Civ. — Rabelais : 
dépenaillé, ée, adj., couvert déguenillés. 

— Patois du Berry : « Dépeniller, » (le 
fumier), l'épandre dans les champs. 

Depeu, ou Desped et Depis, prép. 
et adv._, depuis : 

« Sorly dcspeu neuf ans des écoles d'Orfort. » 

(Bab., p. 44.) 

V., — D.-S. — Vend., suivant les lieux. 

— Patois limousin : « Deypey.» — Lan- 
guedocien : « despiov. » 

DEPITE, V. a . défier : • i te dépile 
dou faire. » V., arr. Chat. 

Déplombai, v. n. et pr., un vase se 
déplombe, quand le vernis s'en détache. 
D-S — V.— (A.R.) 

Dépote, s. f., accès, abord, appro- 
che. L'on dit de matériaux à enlever, 
de travaux à exécuter qu'ils sont en 
bonne ou mauvaise dépoie, suivant que 
le lieu où ils sont situés est d'un accès 
faciki ou difficile. V., arr. de Poit. et de 
Civ. 

DÈQUEet DfQLÉ. (1. dequis), adv., 
de quoi V., arr. de Civ. — D.-S., arr. 
de Parlh. et de Melle. 

DEQLErf AiLLAÉ, V. n. et pr., être «dé- 
qu'naillâe,» c'est, pour la première fois, 
être parrain ou marraine : « Cambé a- 
lu dTllàaus, Jeadet ?— i n'ai chut — 



DER 

lai ! t'é poué core déqu'naillâe, din? » 
t ombien as-tu de filleux, .Teadet? — Je 
n'en ai aucun. — Tai, lu n'es pas encore 
décjuenaillè , donc? D-S , arr. de 
Melle et de Niort.— V.arr. de Poit. et de 
Civ., avec la prononciation ai, e, ou i, 
suivant les lieux. 

Deraché, V. a., arracher. V.,arr. 
de Chût. —D.-S., arr. de Melle. T. Dara- 
chai. — Patois du Berrv. — Rabelais: 
« avec un brin de paille cependant au- 
roit desraché du fond de la paillasse. » 

(L. J'=^ c. 17.) 

Perailkau, s. m., récit ennuyeux, 
injures sur injures. D.-S.— (A. R.) — 
synonyme de Dauraileau, V. ce mot. 
V., arr. de Chat. 

DkRAY, AiRR(l. ds rstro), adj.. der- 
nier, dans quelques communes ; et dans 
d'autres : « derré, derrcre. » 

« Les dcray transplantés » 

[Gust., p. 80.] 

« St Matthieu nous apprend dans son derré clia« 

[pitre. 
(Bab., p. 5.) 

€ Fais et ordonne mon testament et 
derrère volonté. » (An. H04, Arch. 
St-Hil. Egl suppl. n"30.) 

On a écrit encore : « derrein , et der- 
reine ». < Et par les derreines années et 
emplois. » (An. 1398. Arch. Si-Hil. 
Courcôme,n^ 43.) 

Roman : « reire, reyre, » en arrière. 
— Aube, Marne ; • derrain, derien » 

DÉREGEAi, V. a., c'est donner à \m 
champ le second labour, la seconde fa- 
çon, parce qtie alors on refend le sillon 
que l'on avait fermé en donnant la pre- 
mière, et l'on refait la regedans l'endroit 
où elle était. D.-S., arr. de Melle. 
(B.-F.j Racine : c/e, hors, rège, raie. 

Deréjube, s. f., l'action de dérégeai, 
de donner le second labour. (B.-F.) 

Debevbillai (se), v p , se réveiller : 
« i n' seu poué core déréveillae. o V. — 
Patois lansiiiedoc. adéréveilla. • 

D^RLiNAi,v. n., retentir comme le 
bruit d'une cloche, d un métal. V,, 
arr. de Poit, — Patois du Derry : réson- 
ner par suite d'une commotion. — Ra- 
cine : c/re//n, bruit d'une sonnette. Ono- 
matopée. 

Derlotaï, v. n., chanter en labou' 



DES 

rant, en conduisant une charrette. D. -S., 
G. de Thénezay. V. Araudai. 

Debs\e (se), V. pr., s'habiller, se 
coiffer en parlant d'une femme Vend. 
(C. et P. D.) — Anglais : a to dress, » 
babiller. 

Desaboui, e, adj., vêlements en dé- 
sordre. V., arr. de Poitiers. 

Desabregeai et Dabbegeai (le g 
est légèrement aspiré), v. a., découvrir, 
Ô!er la couverture d'un lit — (se), v. pr., 
sedécouvrir : c quiau drôle é si mau 
couchonl que gle m'a tout desabregeai 
quiette neiit. • Ce drôle est si mauvais 
coucheur qu'il m'a tout découvert cette 
nuit. — V., arr. de Civ. 

Desabriai, v. a. Y. le précéd. V. 
— O.S. 

DÉSABROUSAi, v. a. et pr., débar- 
bouiIltT, laver la ûgure. V. — D.-S 
C. Debrousai. 

Desacouai,v. a., détacher un ani- 
mal que l'on avait attaché à la queue 
d'un autre D.-S. F. Dacouai. 

Desaffolgeai , V. a., donner de 
l'air au ftni afin qu'il s'enflamme. V., 
arr. de Poil. C. Daffougeai. 

Desaffiai, v. a , cesser de planter 
des arbres fruitiers : « lu n'as pas rai- 
son de desaffiai ion verger de poiriers.» 
(A. R. — D-S., arr. de Bress. et de 
Parth. — V., arr. de Civ. il esl aussi 
pronominal. — Racine : de^ qui fait ex- 
primer une idée contraire au verbe, 
afiîai , produire, élever. 

Desaigaillat, (r. de, s euph. ai- 
guaillai] v. a., faire tomber Vakjail, 
Teau lie pluie : « le vent qui souffle dé- 
saigailKra promptement les prés. » 
Impers. • hier soir o n' désaigailluit pas 
vite. I) D.-S., c. Maz (A.R.) — c. 
Bress. — V., arr. de Poit. 

Desaimb, éb (d'saimé), adj., littéra- 
lement qui a perdu l'âme, l'esprit ; et, 
par extension, folâtre, badin, faible d'es- 
prit : t ton n'veu é d'saimé. » V., arr. 
de Poit. et Chût. 

DÉSANDORMi , V. a. , réveiller. — 
Par extension, faire comprendre, désa- 
buser. V. — D.-S. 

• Zacbarie, à présent vous me désandormrt. » 

[Bab., p. sa.] 

DÉSANiAi, v. a., détruire, faire dis- 
paraître : « on n' peut désaniai ces 



DÉT 



109 



mauvaises racines de mon terrain. » 
D.-S. — V., arr. de Chat., arr. Poit. — 
(A. R.) 

DESAVAINGEA1, V. 3. et n., déparer; 
n'être pas avenant. D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

Desavançai, v. a., cueillir le fruit 
avant sa malurilé. Par exlens-ion faire 
une action, un ouvrage, avant le temps. 
D.-S., arr. de Bress. et de Parth. — 
(A. R.) 

Désendettai (se), v. pr., se libérer, 
s'acquitter. V. — Patois du Berry. — 
Braniûire : a Elle est morte désendettée 
quasi de tout. » 

Désencol'é, v. a. et n., détacher un 
animal que l'on avait attaché à la queue 
d un autre. V., arr. de Chat. /^ . Da- 
couai. 

Desodju et Dessodjue (à la, à ma), 
loc , à l'insu : « tu n' partiras pas à la 
desodju de ta mère. » D.-S., c. AJaz. 
(A. R.i —Vend., Font. 

Desotrillai et Désotillai (r. de 
soteille et sotiUe) [-e], v. pr., perdre 
ses « soteilles ou sotilles, » en parlant 
des bestiaux dont la corne tombe. V., 
arr. Civ. — D.-S., c. Bress. 

Desouant, adv., littéralement, dès 
avant, autrefois : « ah 1 desouant, gle 
labouriant pou quem avoure : » ahl 
autrefois, ils ne labouraient pas comme 
maintenant. D.-S., arr. de Melle et 
Mort. 

Desoude (en), loc. ad., à la sour- 
dine : « mordre en desoude, t par der- 
rière, en traître. V., arr. Civ. — « Dé- 
sourd (en). » V., arr. de Poit. 

Desouillé'^f.^^, s euph. cloulllé)^ 
V. a. et pr., « désouillé » qu*flqii'un, 
c'est lui donner des mets différents de 
ceu.\ dont il est rassasié ; le changer de 
mets. V. — D.-S., arr. de Bress. 

Dessapassae, v. a., débarrasser. 
Vend. C. et P. D.) 

Desserte, v. a., défricher, essarter. 
V., arr. Chat. — Patois du Berry. 

Det, s. m., doigt. V., arr. de Civ. 
— D.-S. — Roman et Provençal : i sus 
lou bou dou det. » — Catalan : « dit. » 

Detapai, v. a., déboucher. D.-S. 
(B -F.) — Roman : t destapar, » débou- 
cher, retirer. 

Détabdai, v., a., retarder, faire per- 
dre le temps. V. — Patois du Berry. 



110 



DEV 



Detbau. s. m., cognée, hachereaii. 
D.-S., Partii.— Provençal : • (Icsirau. > 

— Palois limousin : t deytraoïi. » 
Detreax, s. m. Y, le précéd. Vend. 

(C. et P D.) 

Detrbvirai, V. a., virer, tourner en 
un sens opposé, bonlever.-er, renverser. 
V. — D.-S. — Roman : o detras, » 
derrière; « virar, v tourner. 

Detriai, V. a., sevrer, se dit unique 
ment des enfants. — Au figuré, et |)ar 
extension, « détriai • quelqu'un, et sur- 
tout « se détriai. » c'est rompre soi- 
même avec une habitude ou en détour- 
ner un autre. Dans tout le Poitou. 

DÉTROL'iLLAi (r. de, trouillai].\. a., 
desserrer la corde d'une charrette, et 
laisser aller la corde du puits. V., arr. 
Poit. et Civ. — D.-S., c Bress. — Par 
extension, au figuré, aller mal : « Ça 
détrouille ses affaires, > c est-a-dire ses 
affaires sont ea mauvais état. V. — 
D.-S. 

DÉTUBBAi (1. deturbarë), v. a., in- 
terrompre, troubler : « souvent on me 
délurbe dans ce que je fais. î> D -S., c. 
Maz. (A. R.) — Patois du Berry : « dé- 
tourber. • 

Deu, art., de, du, des. V., c. de 
Mirebeau et de l'Isl.-Jourd. V. Dau. 

Deube (1. dehere)^ v. a., devoir. V., 
arr. de Civ. — D -S., arr. de Melle. 

Devallaie et Devallée (b. 1. de- 
valaloriuîn), s. f., pente, descente : 
K Le mulet s'abattit a la dvallaie. » V. 

— D.-S — \'end. — Devalatorium\ 
pro quadam domosita in desccnsu, ?eu 
deva/atorio mercali novi. (An. 1279. 
Manusc. du Poitou.) — Mayenne. — 
Français : « dévaler, » descendre. — 
>'oms de lieux : « Devallerie(la), » Colom- 
biers. (V.) 

Devant (à la), loc , « à la devant 
d'eux, • au devant d'eux; « aller à la 
devant de quelqu'un, » c'est aller à la 
rencontre d'une personne. V. — D.-S. 

— Vend. — Languedocien : • en l'en- 
davant. » 

Devant, s. m.; Devamaère, s. f.; 
Devanteau, s. m., tablier a l'usage des 
femmes de la campagne, dans tout 
le Poitou. 

« Son gardcrobe fit fait d'un de^antcan de pcas. ■- 

(Gust., p. 5S.) 



DIF 

— « Devantier : trois devantiers de 
sarge grise. î (An. 1694. Smarve. Ma- 
nusc. du Po'tou ) — « Devantière. » 
(An. 1773. Manusc. du Poitou.) — Ro- 
man : • davantal, devandalh, deven- 
dailh. » — Patois du Berry : « do- 
vanteau, devantier, devantière. » — 
Ardennes, Marne : « devantier. » — 
Saintonge:c devanteau. » - Etienne 
Tabourot : « son devantier blanc. » — 
Rabelais : « elle mit son devanteau sus 
sa leste. » 

Drvariae (d'variâe\ v. n., déchoir. 
Vend. (C. et P. D.) — Perdre de sa va- 
leur, ne pas se maintenir en un bon étal. 
D.-S., c. Maz. (A. R.) 

DÉVETTAI (dév'ttai), v. n., qui ne 
peut plus concevoir. Se dit des femelles 
des animaux. « Ta vache est aile dév'l- 
taie, Charlu? — O y a lin-lomps. » 
D.-S. 

Drvinpurae (d'vinpnrâe), v. a , ca- 
lomnier, déchirer son prochain avec 
passion : « ma foné, AI. le curé, ve 
d'vinpurâe joliment la religion protes- 
tante atout; )^ ma foi. M. le curé, vous 
calomniez beaucoup la religion proles- 
tante aussi. D.-S,, arr. Melle. 

Devirai (d'virai) [1. de et girare], 
v. a. et n., détourner, interrompre son 
chemin, une course pour s'arrêter : 
« d'vir' don qui, y boirant in co; » 
détournes donc ici, nous boirons un 
coup. V. — D.-S. — Besançon : « dai- 
vira. » — Patois limousin : « déyvi- 
roda, » dévirée, détour. — Français : 
« dévirer, » se dit d'un câble qui recule 
au lieu d'avancer; terme de marine. 

Dgidab, v. a., guider. Vend., Sabl. 
et Chaumois. 

Dgir, adv., guères. Vend., Sabl. et 
Chaumois. 

Diau, s. m., dé à coudre; celui qui 
est ouvert par le bout. V. 

Diaule, s. f., diminutif du précéd., 
dé h coudre, celui qui est fermé. V. 

DiCHTÈRAT, V. n.. tromper au jeu. 
Vend., Font. (C. et P. D.) 

DiCHTEBOU, SE, adj., trompeur, 
altrappeur, processif. Vend., Font. (C. 
et P. D.) 

DicHTAi, V. a., guetter. D.-S., arr. 
Melle. 

Diffamé et Diffami (1. dlffamaré), 



DOM 

adj., déformé, qui n'a aucune grâce. V. 

— D.-S. 

« Et dlqualez qui sant torlu 
» Toi diffaioy et tôt bossu. » 

(Cent. Poëlv.) 

DiGOLAESSE (I. decnUare] , s. f., 
« la St-Jo-Digolaesse,» la décollation de 
saint Jean - Baptiste ; le jour de cette 
fêle. Vend. (C. et P. D.) —a Digolaisse 
(la), » foire à Mougon (arr. Mel.), le 
jour de la décollation de Saint Jean- 
Baptiste (29 août). — Mcolaise on dico- 
laisn iSt-Jean), foire à Nieuil-l'Espotr, 
V. (L>9 août). — « StJean de Collaces. 
(Baliize, hist de la maison d'Auverg., 
t. Il, p. 20r,.) 

DlMORNCHE et DlMOINCHE, S. m., 

dimanche : 

<t 1 le trouve assidu Us dimoinches au sermon. » 

(Bab- , p. 61.) 

DfN, conj., donc. V., c. de IMirebeau. 

— D.-S ^ arr. Melle. — Din, prép., 
dans. V., c. de iMireb. et de Monte. 

— D.-S , c. d'Airvault. — Gascon : 
« dins. » 

DioK. exclamation; poursuis, pour- 
suis. D.-S., Gâtine. — Affirmation, si, 
oui. D.-S., c. d'Airvault. 

Diou ou You Nom de) [1. Deus], 
interjection imprécative, dans tout le 
Poilou. 

DiQUi, Dequi, adv., d'ici ou delà. 
V.,arr. Civ. — D.-S. — (B.-F.) 

Diversr (I. divej\sus), s. f., que- 
relle, dispute : a aimer la diverse, sou- 
tenir la diverse. » V. — D.-S. 

1)0, pi. Dos, art. composé, du, des. 
Suivant les lieux, ou plutôt la manière 
d'écrire le mot 

« Moque te do curé, prent ben quleu qu'y te dis » 

(Bab., p. is ) 

— Champagne : " do. i» 

DoGUAi, V. n., attendre, faire le 
pied de grue : « i ans doguai loitt l' jou, 
rin n'é vingu; » nous avons attendu 
tout le jour, rien' n'est arrivé. V., arr. 
Civ. 

Doigt (1. digitus), s. m., dé à cou- 
dre. D.-S. 

DoiRAi, V. a., enduire, salir. Vend., 
Font. (C. et P. D.) 

DoMAiE, S. f., blouse. D.-S., arr. de 
Parth. V. Daumée.— Patois du Berry : 



DOR 



111 



t domaye (la), » ancien habit de céré- 
monie des paysans du Sancerrois et du 
N'ivernais, généralement en cotonnade 
bleue, pour les jours de première com- 
munion, de grandes fêtes ou de mariage. 
Les basques en sont très-longues et le 
corsage très-court. 

Do.NDE, adj. , qui est dompté. 
/'. Danze. « Être donde, » être fiitigué. 
D.-S. , arr. do Melle. — Romaa : 
« domije. > 

DoNDAi (1. domare), v. a., domp- 
ter. — D.-S. V. Danzai. — Gascon : 
« dounda. » Roman : « dompdar. » — 
Ancien catalan : « domdar. » (Cit.B.-F.) 

DoRCiiAE, V. a., toucher légèrement. 
D.-S., arr. Melle. 

DoBGKASSE,s. m., terme de mépris. 
Se dit d'une vieille ftmme. D.-S. (B.-F.) 
f. B regosse. 

DoEiBELLÀE, V. 3., cnHchir d'or. 
Vend. (C. et P. D.) 

DoRMAiL, LLE (I. dormîtor), adj., 
dormeur, qui aime dormir : « ta sœur 
est ine fameuse dormaille. t> V. — D. S. 
— Rabelais : a dormar : » « Baillent le 
moine par les pieds a leurs compagnons 
dormars » (L. iv, c. 16.) 

Dormi BiE (I. dormire), s. f., som- 
meil , besoin de dormir. Dans tout le 
Poitou. 

DoRMTTOiRE (de l'en) [1. dormito- 
riuui], loc, ce qui prépare au sommeil. 
L'on appelle vulgairement « chanson de 
l'en-dormitoire » ce que les mères chan- 
tent à leurs petits enfants pour les en- 
dormir. V. — D.-S. — Roman : « dormi- 
cio. » — Italien : a dormizione. » 

DoRMEZAE, adv., désormais. Vend. 
(C et P. D.) 

DoRNAiEet DoRNÉEfr. dorne),s. f., 
ce que contient le tablier, la dorne. 
Dans tout le Poilou. 

DoRNK, s. f., giron, espace compris 
depuis la ceinture jusqu'aux genoux 
d'une personne assise. Définition très- 
exacte de l'abbé Rousseau. Dans tout le 
Poitou. — » Laquelle emportoitsa pleine 
dorne de linge de ladicte église. » (An. 
1662. D. Font., t. Xll, p. 323 ) 

Dorne, s. f , pierres qui forment le 
cintre, la gueule d'un four. V., arr. Civ. 
— D.-S., arr. de Melle et de Bress. 

Doro (1. durare). s. m., patience. 
(Vend. C. et P. D.) 



112 



DOU 



DR\ 



DoBL'T , TE, adj. , bourru , de mau- 
vaise humeur. D.-S. — (B.-F.) 

Dotai, v. n., dormir par interrup- 
tion, sans être au lit, en penchant la 
tête. (Vend. C. et P. D. 

Dûu. adj, num.. deux, au pi. douéa. 
quand il précède un substantif féminin : 
c dou hommes, doués femmes. « V., c. de 
risi. -Jour.— Patois limousin : « doué.» 
— Gascon : c dios, dus. » 

Dou, art., de, du, des. V. —D.-S., 
suivant les lieux. V. Dau. — Champagne. 

— Provençal : « don grand oumèro, » 
du grand ormeau. 

Doublet (1. duplex], s. m., terme 
de maquignon pour indiquer une bêle 
chevaline dans sa deuxième année. Dans 
tout le Poitou, suivant les lieux. 

Doublet, Doubl.\e {bl mouillés), 
p. m., bissac. V.— D.-S.'— Il e?t aussi 
connu métaphoriquement sous le nom 
de fusil de toile, » dit M. Beauchet- 
Filleau, c'est l'arme dont se servent les 
indigents pour aller quêter dans les 
campagnes : 

« O faudrat s'armay d'in doublay. • 
« (Gnst., p. 2i.) 

— Basse latinité: aduplarium, saccu- 
lus, crumena, Gallis olim, doublier, » 
(Duc.) — Roman d'Aubery : 

■ Le chapel prent, l'escharpc et le doubller, 
» Et le bordon qui ne voit pas laissier. » 

— Aube : < doublet, doublier, doublot, •» 
serviette pliée en diagonale dont les 

aysannes se couvrent la tête.— Nappe, 



l 



mge. 



DouBLERON, GUNNE, adj , terme de 
maquignon pour indiquer une bête che- 
valine de deux ans. Dans tout le Poitou. 

Doublon, nne, adj. V. le précédent. 
S'applique également aux jeunes veaux. 
Dans tout le Poitou , suivant les lieux. 
— Provençal : « doublen; » t quant de 
doublen ? » combien de bouvillons? 

Doue, s. f , fo.-se pleine d'eau où on 
lave le linge à défaut de fontaine. D.-S. 
— (A. R.) — Fo5=é5 autour d'une place, 
d'un château, d'un jardin. V. — Vend. 
(C. et P. D ) — c Seront tenuz iceulx ha- 
bitants et dessus nommés faire ou faire 
faire des douhes et foussés a l'entour de 
la dicte forteresse, d (An. 1443. Arch. 
St-Hil. Masseuil, no87.) 



Dou LE AU (g. -^cw.c;), g. 



m 



petit 



valet. Terme d'amitié pour les petits en- 
fants , qui n'est guère usité que dans 
cette phrase : « Vin dan, man p'quit 
douleau, vin iqui,vin man p'quit valet, » 
viens donc liion petit enfant, viens ici , 
viens, mon pelil valet. D.-S. — Châtillon. 

— Vend. Sablais. 

DouEET, DouET et Det, s. m., la- 
voir, pièce d'eau où on lave. On ne dit 
pas je vais laver mon linge, mais seule- 
ment t i va au det. » D.-S., c. Bress. — 
Vend., Font. (C. et P. D.) — Canal. 
V., c. Isl.-Jour., Adriers. — Mayenne : 
« doueet, » lavoir. 

DouRDAi, V. a., battre quelqu'un. 
Vend. (C. et P. D.) 

DousiL ou DouziL, s. m., petit 
morceau de bois taillé en pointe ou en 
cône, dont on se sert pour tirer du vin 
à une barrique ou à un tonneau. Dans 
tout le Poitou. — Basse latinité : « duci- 
culus, duciolus, ducillus, epistomii 
vesiibulum, seu paxillus ori epistomii 
insertus. » (Duc.) — Auvergnat : « dou- 
zilia. ï — Ancien français : « dosil et 
dousil. » 

DouTANCB, s. f., soupçon, croyance. 
Dans tout le Poitou.— Marne. — Ancien 
français. 

Dbagougnai, V. a., importuner : 
• va-len, tu me dragougnes. j) Ce mot, 
dit labbé Rousseau, rappelle les dra- 
gonnades contre les religionnaires, D.-S. 
(A. R.)— C. Bress. et arr. de Parth. 

Dramai, v. a., user, détériorer: 
« i en ai jamais vu in tau coura' quiau 
pro dramai .«-es afîiiires ; » j'en ai jamais 
vu un semblable à celui-ci pour user ses 
affaires. — Au fiiiuré, c'est se fatiguer à 
voyager, à marcher. V. — D.-S. 

Drameux et Drawour , se, adj., 
celui ou celle qui drame. V., arr. Poit. 
et de Civ. 

Deapeas , s. m. pi., langes. V. — 
D-S. 

» Courons d'tn grond randoa 
• Ver quiou pcllt poupon 

> Qui crie sur la pallie 

> Dans dos cbétU drapeat. • 

(N. p.) 

— Aube, Marne, Haute-Marne : a dra- 
pais, drapeaux, drapelets, » langes d'en- 
fant, chiffons. 



DRl 



DLB 



113 



Drkchai, V. a., toucher^ joindre. 
Environs deMei. (B.-F.) 

€ I œanigancit ben et drechlt la TolaUIC' > 
DREDTLL4I et DERDEILLAI, V. H , 

trembler de froid ; frisson causé par la 
fièvre. D.-S.--(B.-F.)—V.— Patois du 
Berry : « dardeler , u trembler de la 
fièvre ou de colère. Pron. 11 signifie 
aussi s'élancer, ireinbler de joie. 

Dremai, V. a., user, déchirer. Vend. 
(C. et P. D.)-V. Drannàe. 

Dressikre, s. f., sentier. V., c. de 
risl.-Jour. y. Coursière. 

Dré, adv., droit. Ce mot forme plu 
sieurs locutions ; « iqiii a dré , » ici à 
droile : • dré qui, au dré. à la dré, » 
vis-à-vis. Dans certains lieux on ajoute 
le t euphonique. 

» Quleu sont de faux moyeni pour mener dret au 

[but. 
^Bab., p. «4.) 

Au figuré, c dret, w chose qui n'est pas 
permise : « o n'é pas dret. • V., arr 
Chat. — C'est un vieux mot français, dit 
M. Beauchet-Filleau, que nous trouvons 
usité en roman sous bien des formules : 
« dreit. dre;:;. dreich, dret. » etc. — Pa- 
tois limousin. — Provençal : « dre, » 
« dre de la branco, » vis-à-vis de la 
branche. 

Dret, te, adj., droit. Dans tout le 
Poitou. 

Dretement (dret'ment), adv., préci- 
sément, à point nommé. l).-S,,c. .Maz 
(A. R.) 

Drigâil, s. m., attirail, encombre- 
ment . « que frez y de tout quiau dri- 
gâil? )) V.—D.-S— Vend.— Terme de 
moquerie , en parlant de meubles et 
d'effets de peu de valeur : «• son drigail 
s'altriq'ra sans peine dans sa nouvelle 
demeure. » D-S. — (A. R.)— •« drigay. » 
tout ce qui compose le mobilier et la 
garde-robe ! 

« Et mon père et ma mère 
• De tôt notre drigay feron In Inrantère. » 
(Am. de Col., p. 48. Cit. B.-F.) 

Dbilb, V. a., glisser, faufiler : « quou 
drôle de Pierrille (Pierre) drile partout. • 
— (Se), V. pp., se faufiler. V., arr. de 
Châl. 



Drillai , y. a. , déchirer : « in' 
pourrant pou l'entret'ni d'veste, gl'ou 
drille tout. » Nous ne pourrons pas l'en- 
tretenir d'habits, il déchire tout. V., 
Civ. 

Drinai, V. n., uriner. D.-S. , c. de 
Châtillon. 

Drogéb, s. f., mélange d'orge de 
printemps et d'avoine, V.,arr. Poit. et 
de Chat. — Manusc. du Poitou. 

Dbolb, s. m , enfant, terme d'amitié, 
d'affection par lequel les parents dési- 
gnent leurs enfants: « drolesse, dro- 
lière » s'emploient au féminin dans le 
même sens. Dans tout le Poitou. 

Drosses, s. f. pi., criblures, rebut du 
blé. — Au figuré l'on dit d'un homme 
gras, replet I « gle s' port' ben quiau 
gars, on vé bene qu' gle n'mingepouqu' 
ijaux drosses. » 11 se porte bien ce gars , 
on voit bien qu il ne mange pas que des 
drosses. V. — D.-S —Vend., suivant les 
lieux. — Anglais : t dross, > ordure. — 
Anglo-saxon : t dros. » (Cit. Gard.) — 
Allemand : « dreck. » 

Droue, s. f., Vagrostîs stolonifera, 
plante. V., c. de Monte, et de l'Isl.- 
Jour. 

Drougeai (g. rpti-^o), V. a., ronger : 
c gle sant queme dos chés qui drou- 
geant do rouget; » ils sont comme des 
chiens qui rongent des os. Vend. (C. et 
P. D ) 

Dhouq, s. m., jeu de cache-cache, 
jeu d'enfants. V., arr de Chat. 

Droye, s. f., plante, ray-grass. D.-S , 
c. Celles. 

Drugb, adj. des deux genres, vif, 
actif, ombrageux, se dit des animaux et 
des liommes lestes et légers de corps. 
D.-S.— (B.-F.)— V., arr. Civ.— Ancien 
français : « drue, drus, » brave, hardi , 
vi j;oureux. Dans le roman de la Rose, il 
signifie une souris. 

Dhugeai (r. druge), v. n., se dis- 
traire, s'amuser. D.-S. 

Drugesse, s. f. , vivacité, activité. 
D -S.— (B.-F.j 

Druqué, V. n., jouer au drouq. V., 
arr. Chat. 

Dubaï, s. m, duvet. D.S. , arr. 
de Bress. 

DuBE, s. f., dune, hauteur, éléva- 
tion. V. — D.-S., c. Bress. — « Dunes 
(les). • On appelle ainsi, vulgairement, 



114 



DUR 



les hauteurs qui dominent Poitiers à 
l'est — DubeetDublo, IÔ72.1583, 162-1. 
(iManusc. du Poitou). — Basse latinité : 
fi duna, dunus, dunum, vetere Gallo- 
rum lingua, monteni, vel collem si^ni- 
ficat. rnde faclum, ut omnium pêne 
oppidorum, qiiae collibns aut montil)Us 
inae lificafa suiit. nonnna in dunum ter- 

minentur Sed et eliamiium dujias, 

t:ibnlosos et arenarios colles ad Flandri.'C, 
Hoilandiasque, atque adeo ipsius Anglia:) 
liltora Gaili nosiri dunes^ htV^Kduynen 
vocanl. » (Duc.) 

DuEiL, s. m.; deuil : « j' porfons T 
dueil dnout' mère. » V., arr. de Chat. 
et de Civ. V. Del. 

Di'ME, s m., duvet. V. — D.-S. -- 
f Tant par la douceur d'icellui dumet. » 
(Tab..l 1", I3.I— Basselatini(é:r/w/??a. 
innascilur verô a vibus plu magium multi- 
plex : puUis namque noviter genitis 
primô innascuntur illae (etc.) Se- 
cundo innascuntur aliœ quae dicuntur 
lanulae, a quibusdam dumœ. Hœ sunt 
exiles et molles, densiores et longiores 
primis. (Duc.) 

Ducange pense que, dans le texte que 
nous veno:!S de citer et qu'il a extrait 
d'un livre sur l'art de la chas.-^e par 
Frédéric H, il faut lire durx, à cause 
du mot français duvet. Mais notre pa- 
tois reproduisant \e mot dumet, et Ra 
bêlais l'ayant employé, il est évident que 
le mot duma est bien le mot réol et qu'il 
n'y a aucune altération dans le texte. 

Dupe, s. f., dune, hauteur, élévation. 
V — y Dube. — Noms de lieux : 
« Duppe(la). .) [Rrux, V.] 

DuppE, s. f., huppe, oiseau V., arr. 
Poit. — « Car il n'y a nulle apparence 
de dire qu'à Paris sus Petit-Pont geline 
de feurre, et fus>ent-ils aussi huppés que 
duppes de marais. » iRab., l. 2, c. 12.) 

Dlbagne (1. durus), s m., homme 
d'un caractère sombre et taciturne. (B. -F.) 



DIR 

DuBAGNOU , SE, adj. , coriace : 
(( tliielle vionde n'est pas boune, aile 
estduràgnouse. » 'B.-F.) 

DuRANMESi , adv., désormais : < i 
reste iquit duranmési, » D -S., c. Parth. 
et Rress. 

Dl'kassier, ère, adj., se dit du bé- 
tail , quand il est maigre et qu'il a un 
poil qui n'annonce ni vigueur ni santé. 
V., arr. Civ. — D.-S. 

DuRATJD, DE, adj. , qui n'est pas 
tendre, en parlant de la viande. — Au 
figuré, rude, insensible : « un homme 
duraud. • V., arr. de Poitiers et de 
Civ. 

DuBCHAE, V. a., toucher légèrement. 
Vend. V. Dorchûe. 

DiiREiu, s. m., plante des prés. V., 
c. Isl.-Jour., Adriers. 

Dljbé et Dubaï (1. durare), v. n., 
attendre, prendre paiience. « L'iomps 
m'dure, » me paraît long. « Dur' don,» 
reste en paiience. V., arr. Chat., arr. 
Civ.— D.-S. 

« Duré don, duré don, ve m'avé to foupic. » 
(Am. de Col., p. 17.) 

— Patois du Berry. — Thibaut, comte 
de Champagne : 

« Et fine amors qui ne ra'ilalt durer. » 

(Cit. C, J.) 

DuREET et DuBET, S. m., troène, 
plante, ligustrum vulgare. Vend. (C. 
et P. D.) 

DuRiEB, ÈBR. adj., se dit du bétail 
quand il est maigre. D.-S., arr. de 
Bres-. et de Parth. V. Durassier. 

DiJBMADAiRE , S. m , duF au mal. 
D.-S., Chizé. 

DuROU, s. m., espèce de chicorée 
sauvage qui poussq^dans les champs, et 
dont la tige, qui est fort dure, sert à 
faire des balais très-recherchés pour 
nettoyer les aires.(B.-F.)— V. 



Ë 



EBA 



Ebaffae, Ebaffé, ée, adj , anéanti j sion, étonné. Vend. (C. et P. D.) — V., 
par la chaleur , essoufflé. — Par exlen- 1 arr. de Poit. et de Civ. — D.-S,, arron- 

. 1 



EBI 



EBR 



115 



dissement de Bressuire et de Parth. 

Ebaroui (s'). V. pp., tomber de vé- 
tusté. D.-S.— (B.-F ) 

Ebat, s. m , événement. V., c. Isl ■ 
Jour., Adriers. 

Ebaupin, s. m., aubépine. V. — D.-S. 
— Et aussi les a veu prendre des es- 
baupins et autres espines. » (An. 1494. 
Nieuil. Manusc. du Poitou.) 

Ebaurai, V. a., commencer un ou- 
vrage, le préparer : « où qu'ol é Fan- 
chette? — Air a été ebaurai son linge. > 
Où est Françoise ? — Elle est allée pré- 
parer son linge. V., arr. Civ. 

EBE1LL41, V. a., éventrer. Vend. 
(Cet \\ D.) 

Ebellai (s')» V. pr., se dit du ciel 
lorsqu'il s'éclaircit. s'embellit après une 
averse, un orage. D.-S. — (B.-F.) — V., 
arr. Civ. 

Ebrnai feb'nai) , v. a, écraser, 
émietter. Vend. (C. et P. D.) 

Ebequelé (ebeq'lé) [s'] , v. pr. , 
s'écrier en parlant des gens; jeter des 
bêlements non interrompus, en parlant 
des moutons, des chèvres : « qu'a don 
ta chiôvre, ma mignoune; a s'a ébequ'lé 
tout' la matineie. V., arr. Chat., arr. 
Civ. 

Ebequegnai (r. bequegnon), v. a., 
casser, briser le bequegnon, F. ce mol. 
V., arr. Civ. 

Ebergné, ée (eb'gné), adj., pot 
cas-é à son extrémité. V., arr. Civ. 

Ebeblobé , EE (ébeurlobé), adj., 
étourdi, insensé. V. — D.-S. — Patois du 
Berry : « éberlobé. » _ 

Eberll'té. v. a. et n , éblouir : 
« otez don qu'aile chandelle a m'éber- 
lutte. n V., arr. Poit. — Patois du Berry : 
t éberluter » 

Ebebluttes, s. f. pi. , éblouisse- 
ments. V., arr. de Poit. — V. Arbeluttes. 
— Patois du Berry. 

Eberquegnai, AiB, adj., pot cassé 
à son extrémité. D -S., c. de Bress. — 
V. Ebergné. 

Ebiocquai, v. a., écraser en bloc, en 
masse : « i avé daux us dans ma poche, 
i ai cheut, i les ai tou ebiocquai; » 
j'avais des œufs dans ma poche ; je suis 
tombé , je les ai tous écrasés en masse. 
V.. arr. Civ -D.-S.— (B.-F.) 

Ebibogliaé, ÉB,adj., éraillô. Vend. 
(C. et P. D.) 



Ebisail, s. m., vent de bise^. et sé- 
cheresse qui en est la conséquence : « ol 
a fet in grond ébisail » D.-S. — (B -F.) 
— V., arr. Civ.— « Ebisail, » tourbil- 
lon : « quiel ébisail a tout éparpeillé 
noul' blé » V., arr. de Poit.^ c. de St- 
Savin. V. Abisail. 

Ebisaillai (s'), v. pr., se refroidir , 
se dessécher au vent de bise. D.-S. — 
(B-F.) 

Ebobé, ée. adj., étonné, imbécile, 
niais. V. — Vend (C. et P. D ). — 
Mayenne : « ébaubé, ébaubi » 

Ebouchabdai, v. a., débarbouiller. 
Vend.iC. et P. D.) 

F.BOiiiLLAi, V. a. et n., réduire un 
objt^t à l'état de bouillie, écraser, broyer, 
briser. V. — D.-S., suivant les localités. 
— Il s'emploie encore dans le sens de 
démolir : « tu fais donc ébouillai ta 
grange? • — D.-S.— (B.-F.)— Patois li- 
mousin : « evbouilla. » 

m 

€ Chantez comment François furent valncuz, 
» Escarlelez, esboulUiz, e.sbaulez » 

[Cit. B.-F.] 

-^ (S'), v.pr. , s'écrouler. V.— D.-S., sui- 
vant les lieux. — Mayenne. 
Ebouissé (s'), v. pr., s'étonner : 

« Et monsieur le marquis son frère 
» Qui grain ne s'éboiilsset. » 

(Slégede Poit., p. Col.) 

EBOURàï. V. a., préparer un ouvrage. 
D. S — (B.-F.)— /-". Ebaurai. 

Ebousaclai {cl mouillés), v. a., 
écraser. 11 a quelque chose de plus éner- 
gique que le verbe ébouillai : • s' i t' 
Scirais coum' i t'aeme disait un amou- 
reux à sa promise dont il tenait la main), 
i t'ébousaclierai les dés coum' ine bouze 
de vache; » si je te serrais la main 
comme je t'aime , je t'écraserais les 
doigts comme une bouze de vache. D.-S. , 
arr. de Melle.— (B.-F.) 

Ebousaillai , v. a., nettoyer les 
étables, les cours , enlever les fumiers. 
V., arr. Civ. — Même sens que le pré- 
cédent. D.-S., arr. de Melle.— (B. F.) 

Ebousai, v a., nettoverles étables, 
V.. dans quelques localités. 

Ebousillé, Ebousilli, v. a., écra- 
ser. V., arr. de Poit., suivant les lieux. 
y. Ebousacliai. 

Ebraillai (s*), V. pr., s'écrier, par- 



1^6 

1er haut. V., arr. 
Bress. — Vend. 



EGA 

Poit. — D.-S., arr. de 



€ Gle l'ébrallloit dau cot, et cle l'ouvret le point. " 

(Gust., p. 30.) 

Ebbenai, V. a. et pp., (^craser, melire 
à miettes , à petits morceaux : c gl' a 
cheu dau planché, gle s'é tout ébrenai. > 
V., arr. de Poit et de Civ.— D.-S. 

« I m'ievli l'roaUn 

> Tout lodç et bouralUou, fagooii, tout ébrené. ■ 

(CU. B.-F.) 

Provençal : « esbréuna, » « Tâge m'es- 
bréuno. » 

Ebrbsillai, V. n., mettre en pièces, 
à tous petits morceaux. V., arr. de 
Poit. et de Civ — D.-S.— (B. F.) — Pa- 
tois du Berrv : « débesiller, » mettre en 
pièces, gâter. 

Ebbettai (r. brelte)y v. a., faire 
ces-er les vaches, les chèvres, les brebis 
de nourrir leurs petits : « quont ébrett'ra 
tu ta vache ? » D.-S., arr. de Bress. 

Ebbiolae (s'i, V. pr., s'empêtrer : 
« gl' écrété dons la planne, ses mules 
gl'échapirant, l's'ébriolit dans les gui- 
des, r vr sou li labourit l'échiné ; » il 
écrétait dans la plaine , ses mules lui 
échappèrent, il s'empêtra dans les guides, 
le versoir lui laboura l'échiné. D.-S-, 
arr. de Melle et de Niort. 

Ebroqlegné, ée (ébroq'gné), adj , 
pot cassé à son extr.émilé. Vend. (G. et 
P. D.) V. Eberî?né. 

Eelffab, Ebuffée, adj., essoulïlé. 
Vend. (G et P. D )— V., arr. de Poit.— 
D.-S., arr. de Bress. 

EcAFOUGE, ÉE, adj., feu presque 
mort, braise qui s'éteint V.. c. Montm. 

EcALEA, s. m , noix dépouillée de 
son brou. Vend. (C. et P. D ) — Aube : 
« Ecalas. » 

Egalai, v. a. , littéralement faire 
comme la noix qui quitte le brou ; par 
métaphore, écarter, a Ecalai les jam- 
bes. » V., arr. P. — D.-S. — (B.-F.) — 
Français : « écaler, > ôter l'écale des 
noix. 

EcAMBOUiLLE, S. f., grande quantité 
d'eau tombée du ciel, amenée par des 
fossés, des aiguières. D. S. — (B.-F.; — 
Roman : « escampar, n verser. (B.-F.) 

ECARDE (I. carduus)^ s. f. , sorte de 



EGH 

peigne dont on se sert pour carder la 
laine. V. 

« Mai» qulelle de quioquy se troH»e en sci escarde». » 

(Bab.. p. il.) 

EcARDOU et EcABDOUB, S. m., car- 
deur. V. 

EcARLANTR.s. f , oiseau, la traie. V., 
c. Monte. , St-Jean-de-Sauves. 

ECABQUAILLAiet ECABTILLAI, V. a., 

jeter autour de soi, écarter les jambes ; 
ouvrir démesurément les yeux : a gl' 
écarquaiir les ails coum* ine bine qui 
pond à l'ombre; » les yeux comme une 
bine (dinde), etc. V., arr. Poit., arr. 
Civ. — D.-S. — Fendre. V.— D.-S. — 
Français : < écarquiller, p écarter, ou* 
vrir. 

EcAssoNNÉ, V. a., briser les mottes, 
les casses de terre. V., c. Montm. 
V. aussi Agalai. 

EcERNuoB, s. f., plante, Vagrostis 
stolonifera. V., arr. de Cbât. « Cer- 
nuge. » 

EcHALAFB,s. f., brou de la noix. 
F., c. de Montm. F. Chalafe. 

Echalé, V. a.» enlever le brou de la 
noix. V. — Patois du Berry. 

EcHALEAU , s. m., tranche de foin 
que 1 on coupe dans la barge avec une 
faux. D.-S., c. do Bress. 

EcHALETet ÉCHALiCB, S. m., petite 
échelle qui sert à franchir les haies. 
Quelquefois c'est une grosse pierre mise 
en travers que l'on enjambe. D.-S. 
— (A -R.) — V., arr. Civ. — « Chemin de 
l'eschallier. » (An. 1623. Manusc. du 
Poitou.) 

« En passant pr' In' ëchalct , 
> I laissl tomber min pané. » 

(Cil. B.-F.) 

— Patois du Berry : a échalier, » petite 
échelle double et basse appuyée des deux 
côtés d'une haie, etc. 

EcHALETTE , S. f., espècB d'échclle à 
montants très-rapprochés l'un de l'autre, 
et qui , fixée a l'aiguille ou au timon 
d'une charrette, sert à retenir le char- 
gement quand il est composé de paille, 
de foin. B.-F.)— V., arr. Civ.— D.-S., 
arr. de Bress. et de Parth. 

ECHILINAE et ECHALINAI, V. U., 



ECH 



EGL 



117 



échauffer. Vend. (C. et P. D.) — V. 
V. aussi Achalai. 

EcHALUPÉ, ÉB, adj., lidéralement 
être sorti de sa coquille comme le fruit 
de la noix. Au figuré, se dit des enfants 
assez grands, assez forts pour com- 
mencer à gagner leur vie. V., arr. 
Chat. 

EcHALUPÉ, V. a., enlever le brou de 
la noix. V., c. de Mirebeau. V. Echalé. 

EcHAMBLAiB, S. f . , tranche de foin 
que l'on coupe dans la barge avec une 
faux. D -S. Maisonnais. — (B.-F.) 
V. Echaleau. 

EcHARAiLLÉ, E, adj., celui qui a les 
yeux rouges. — Par extension . viande 
mal coupée. Vend. (C. et P. D ) 

EcHAB AILLÉ, V. 3., passer le fil dans 
la cendre pour le blanchir. D.-S., arr. 
de Melle.— (B.-F.) 

EcHARBOT (\. scarabœus), s. m., 
hanneton. V. , arr. Civ. — D.-S. , c. 
Bress.—Vend. (G. et P. D.) 

« I ai boy cbez nous la ecbarbot. » 

(Gust.) 

— Poésies de Marie de France : « eschar- 
bot. I) (T. II, p. 281 ) — Français : a es- 
carbot , » insecte du genre des sca- 
rabées. 

EcHARCLAi et EcHARDAi {cl mouil- 
lés), v. a., écailler un poisson. D.-S., 
arr. de Melle. — (B -F.) — Arr. de Bress. 

— Vend. — V., c. de Monte. , où l'on dit 
« échardi. » V. Charclai. 

ECHARDE, s. f., écaille de poisson. 
D.-S., arr. de Bress — Vend. — V., c. 
de Monte. F. Charcle. « Ecbarde » est 
aussi une petite épine, un petit éclat de 
bois qui entre dans la peau. 

Echardi, v. n., être hardi en affaires. 
V., c. Monte. 

EcHARDRIC et ECHARDEIL, S. m., 

chardonneret. D.-S., arr. de Melle. 
V. Chadrier. 

ECHAREUGNÉ, ECHABEUILLÉ, ÉE , 

adj., celui qui a les yeux rouges ou 
pleins de chassie. V., arr. de Civ et de 
Poit. 

EcHÂRRAYOU, S. m , toile qui sert à 
renfermer les cendres dont on se sert 
pour la lessive. D., arr. de Parth. — 
(A.-R.)7, Cherri. 



EcHAUTi, v. a., salir. D.-S., Melle. 

-(B.-F.) 

« Oh ! qui dUsU mon p'iit, l' veux donc 
> Qui m'écbautisae In brin. » 

(Cit. R.-F.) 

EcHÉEAi, V. n., céder, se rendre. 
D.-S., Châiillon. V. Achaï. 

EcHERPiLLAi, V. a., mettre les toi- 
sons de laine par petits bouchons pour 
les briser, les carder. V., arr. de Poit. 
et de Civ. V. Cherpeillai. — Ardennes : 
a écherpiller, » voler. 

EcHEViLLAi (s'), V. pr,, sc donner 
des coups de pointes de sabot dans les 
chevilles en marchant. D.-S., arr. de 
Melle et de Bress.— (B.-F.)— V., arr. de 
Civ. 

EcHiNAL, S. m., canal de l'écluse 
d'un moulin. V., Chat. 

EcHOLTi, V. a., découvrir, mettre au 
jour, faire connaîlre. — (B.-F.) 

EcHUM.EAU,s.m. y. Echaleau. D.-S., 
c. de St-Maixent, arr. de Parth. — 
(A.-R.) 

EciLLES et EcEiLLES (1. exiUs)^s. 
m. pi., restes de pâture que les bestiaux 
laissent dans les râteliers ou sous leurs 
pieds. L'on dit des enfants qu'ils font 
leurs « éceilles grousses, » lor.-^qu'ils 
gaspillent ce qu'ils mangent. — Au figuré, 
• ramasser les éceilles, » c'est ménager 
ce que Ton a, faire de l'économie. V., 
arr. Poit. et Civ pour « éceilles. » D.-S., 
c. B. — (B.-F.) pour « érilles. n — 
Saintonge : « essille. » — Vieux fran- 
çais: 4 essil, • ruine. 

Eclaire i herbe à F), s. f , plante, la 
grande chélidoiiie. V. — D.-S.— (B.-F.) 
— Ch. Etienne : Chelidonia de ïesc'ère, 
vel etiam chelidonium quod quidera 
majusappellatur. » (Cit. B -F.) 

EcLAiRCissoiRB, S. f., éclaiicie qui 
se fait dans les nuages. D.-S. — (B -F.) 

EcLASSÉ, ÉE (cl mouillés), adj., 
fatigué, souffrant. V., arr. Chat. — Pa- 
tois du Berry : « éclassé, » qui souffre 
de la soif. 

EcLAVEA, s. m , hameçon. V., c, 
Vouillé, Avron. 

_ - ' • 

« Al a de grands nasias 
1) Qu'éliant fé corcin' dauï écIaTias. » 
(Chans. Poit.) 

EcLissAi [cl mouillés), v. a., écla- 



118 • 



ECR 



ECU 



bousser , faire rejaillir un liquide à 
l'aide de leciissouère : « et l'aive m'ec- 
clissail de gassot en ga>sot » D -S. — 
V., arr. Civ. — Ancien français. 

ÉcLissoiÉRE, s f., petite seringue 
en bois dont les enfants se servent pour 
arroser les passants par espièglerie, ou 
s'arroser entre eux et eonime par jeu. 
V.. arr. Civ. — D.-S. 

EcoBUB, s. f., terre pelée où l'on se 
dispose a mettre le feu. D.-S., arr. de 
Bress. — Ardennes : « écobuer, > Gul- 
liver une terre en friche. — Français : 
t écobue, » espèce de pioche en forme 
de houe. 

EccEi!B.\i (cœ mouillés), v. n. et pr., 
faire mal au cœur, vomir. V. — Marne : 
« écœurer. » 

EcoRCHE-cuL, ?. m. , églantier. V., 
arr. Civ —D.-S.— (B. -F.) 

EcoTiULÉ (être), loc, c'est entendre 
au printemps pour la première fois, et 
avant d'avoir déjeûné, le chant de cer- 
tains oiseaux voyageurs, tels que le cou- 
cou, le loriot , ïa caille, etc. D.-S. — 
B.-F.) 

ECODATLS ou ECOUAILLES. S. m. pi., 

laine que les brebis perdent ou qui se 
trouve sous leur ventre et autour de la 
queue. V. , arr. de Civ. — D.-S. — 
V. Couails. 

Ecou AILLAI, V. a., faire lesécouails. 
V.— D.-S. 

EcouAiLLis , S. m., laine courte. 
D -S., iMelle 'Rond.) 

EcouEBAT, S. m., morceaux de bois, 
déchet du chàtaigner quand on fait des 
cercles. D.-S , c. de Celles — Morceau 
de bois fendu en queue. (B -F.) 

EcouÈTB, s f., guenille emmanchée 
au bout d'une perche, dont on se sert 
pour nettoyer le four avant d'y mettre 
le pain. V., arr. Poit. 

EcoubaflaK// mouillés), v. a., faire 
des raies sur ce qui est poli ; dérhirer, 
écorcher : c Pierrille en m'nant sa 
branle à la ville a écouraflé le mur de 
ma closure. » Pierrille, pour Pierre. — 
(S'), v. pr., s'écorcher, se déchirer les 
mains. V., où Ion prononce dans quel- 
ques contrées m écouraflé. » — D.-S. 

EcBABOLiLLAi, V. a.,écra-er, surtout 
un corps mou, tout ce qui rend de l'eau, 
du jus. D.-S.— (A. R.)— V.—Vend. — 
(S'), V. pr., se broyer les 03, une partie 



du corps par un accident, une chute. 
V. -D.-S.— Vend. 

e Chanti'z comment Krinçol* furent plllci, 
» ChoUez, foulez, roulez, escharboulllcz » 
(Cliaat. sur la bataille de Gutnegaie (mt») 

(Cit. B.-F.) 

Ancien français : « ejcarbouiller et es- 
crabouilliT. » 

ECRABOUTAE, ÉE, adj. , oppressé 
d'humeurs sur la poitrine. Vend. (G. et 
P. D.) 

EcRAMOLLi, E, V. 3., amolMp, écra- 
ser : « la pluie ecramolli les mottes. » 
D.-S., arr de Bress. 

EcBAPOiiTi, V. a. etpr., écraser, sur- 
tout un corps mou. Vend. — D.-S.— Pro- 
vençal : «oscrapouchina , » • deguôron, 
très contre un , vous escrapouchina ; » 
ils durent, trois contre un, vous écraser. 

EcRAs et EcBASE, s. f., une grande 
quantité, en abondance. V., arr. de 
Chài., arr, de Civ. 

EcKEPi ou EcREPissAi , V. a., ren- 
verser, jeter à terre. — Par extension : 
écraser, réduire à rien. D.-S. — (B.-F.) 

EcRET, s. m., ce qui reste au milieu 
de l'ancien sillon après le premier la- 
bour. D.-S., arr. de Melle eî de Niort. 

EcEÈTAi, V. a., donner le premier 
labour. D. S., arr. de Melle et de Niort. 

EcREVANCES, s. f. pi., grains défec- 
tueux que l'on enlève de la cour à 
battre, ou qui tombent sous le crible. 
V., Chat. — a Escréance : » « Les pailles 
des dixmes et terrages de Roussav, 
balles, baliers et escréances d(sd. 
dixmes. » (An. 1518. Rossay. Manusc. 
du Poitou.) 

EcRiN-DE-CoFFRE,s.m., petite boîte 
qui fait partie d'un coffre. (B.-F.) 
A'. Casserette. — Basse latinité : « scri- 
nium , feretrum , in quo reliquiae sacrae 
recondunlur, nostris, escrin. » (Duc.) 

EcRiocHES, s. f. pi , échasses. V., 
arr. de Chat. 

EcRivAGE, s. f , écriture. Vend. 

EcucHÉ, V. a., épuiser, tarir. V., 
arr de Chat. V. Acuchai. 

EcucHON, s. m , ce qui a été acuchô ; 
Fondrilles. V., arr. de thât. V. Acu- 
chail. 

EcuRAiLLAî, V. a., approprier, net- 
toyer, rendre propre. D.-S., arr. de 
Melle.— V., arr. de Poit. et de Civ, 



EFF 

ECUR4UDAI (1. acutus, roclere),\ a., 
diminuer , raccourcir : a T'es tout 
écuraudé, » dit on à celui dont les che- 
veux ont élc coupés trop court. V., arr. 
Civ.— D.-S.— (H.-F.) 

EcuRON, s. m., fagot de bois. V., arr. 
de Chat, et de Monlm. 

Edouvai, V. n., maigrir; diminuer, 
couler , employés pour rendre la pre- 
mière idée. Il pourrait dériver de « de 
vovere, i» employé par les Latins avecia 
significatiou d'ensorceler. D.-S , c. B. 
~(B.-F.) 

Efestouillé , ÉE , adj., éveillé, 
alerte, subtil. V., arr. Civ. 

Effamaf ou Effamt, suivant les 
lieux. V. a., déchirer, mettre en pièces: 
€ Toinillon et Mateluche s' sant battus, 



EGA 



119 



gl' étiant 



tout effamés; » Antoine et 



Mathurin se sont battus, ils se sont tout 
déchirés. V. 

Effarvoyai (1. effervescere), v. a., 
effaroucher : « sans cesse tu effarvoyes 
mes poules. » — (S*), v. pr. , s'envoler de 
frayeur. D.-S., arr. de Bress,—(A.-R.) 
— V. dans quelques contrées. 

Effb, s. f., terrain bas et humide ; 
et encore, fonds de terre où passe quelque 
peu d'eau qui le rend impropre au 
labour, et qui n'est bon qu'à produire 
de l'herbe. D.-S., c. iMaz. — V., arr. 
Chat. — (Manusc. du Poitou.) 

Effondement ou Enfondf.ment, 
s. m., pluie assez abondante pour péné- 
trer profondément dans la terre, ou 
transpercer les habits. D.-S., arr. de 
Bress. et de Parth. — (A.-R.) 

Effondre ou Enfoi\dre,v a. et pr. 
(1. effundere], pénétrer en parlant delà 
pluie : « mon frère est arrivé tout en- 
fondu ; » « le terrain est tout effondu. o 
— V.. arr. Civ — D-S., arr. de Bress. 
et de Parth. — Rabelais : « effundre. » 

Effort, s. m., hernie. Dans tout le 
Poitou. 

Effoueaichai (1. efferaré),\. a., 
effaroucher. V., arr. de Civ. — D.-S., 
arr de Melle. 

Effolt.gneau, s. m., oiseau qui sort 
du nid. — Au figuré, se dit de l'enfant 
qui commence à marcher; « c'est un 
effourgneau. » V., arr. Civ. — Proven- 
çal : a enfournieau. » 

Effolt^gnai, Effournayai et Ef- 
FOUBNiLLAi (s') [I. efferré], v. pr., 



sortir du nid pour la première fois. — 
V. — D.-S. — Suivant les lieux. 

EFFOrEGWON et Effournillon, s. 
m., oiseau qui sort du nid. — V. — D.-S., 
suivant les lieux. V. Effourgneau. 

Effraisai (s'), v. pr., s'écrier par 
frayeur de quelque chose, avoir peur et 
pousser descris. D.-S.— (B.-F.) — Ro- 
man : a esfreidar, e-sfrayar , » effrayer. 
(Cit B.-F.)— Vieux français : « effraerou 
effréer. » 

Effuaists, s. m., cris d'effroi, té- 
moignages exagérés d'une crainte ridi- 
cule. D.-S. 

Effrasé. v. n. , tomber en mor- 
ceaux , émietler, briser. V., arr. Chût. 
— Haute-Marne : « i-ffraiser. » 

Effrayoyb , v. a., effaroucher. V., 
arr. de Chat. V. Effarvoyai. 

Effretillé, Eh (r. 7re/i7/<?r), adj., 
remuant, vif, éveillé. D.-S. — V.^ arr. 
de Poit. et de Civ. — Français : « fré- 
tiller, » s'agiter par des mouvements 
vifs et courts. 

Effbime (I. /remor), adj. _, effroyable, 
horrible. (B.-F.) 

EFFRiMÉ,v.a. et n., émier,émietter.: 
« effrime don de la miche dans Ion 
lait. » — (S'j, v. pr., s'émier , tomber 
en menus morceaux : « ton pain ne 
s'effrime{)as; la paille s'effrimait toute.» 
D.-S., c. Waz. (A.-R j— V., arr. Civ. 

Effumogeai, v. a., lever le fumier 
des écuries, deîs étables : « ol é diman- 
che, faut effumogeai. » (B -F.) 

Egagliae, V. a. et pr., étendre, s'é- 
tendre. Vend. (C. et P. D.) — AJayenne : 
« égailler, d 

Egali , v. a., briser les mottes de 
terre dans les champs fraîchi ment la- 
bourés. V., c. de iMirebeau et de Mont- 
contour. /''. Agalai. — • Puis devalloit 
si roidement et si asseurément que plus 
ne pourriez parmi un pré bien égalé.» 
(Rabelais, 1. l^c. 23.) 

Egamai, v. a. , crier : o l'enfant 
dans sa maladie égamait la faim. » — 
Un chien pris par la rage est un chien 
« égamé.j>D.-S —(A. R.). — arr. de Bress. 
et de Parth. — I.atin gannire^ se dit des 
chiens qui glapissent de joie, et par mé- 
taphore, du cri que font les oiseaux 
quand on leur enlève leurs petits : «Non 
fuit qui moveret pennam , et aperiret 
os, et ganniret. » (Isaïe, 10, 14.) 



120 



EGR 



Egapillai, V. a., disperser. Vend. 
(C. et P. D.) 

Egarouillai (r. garouil) , v. a , 
dépouiller la fusée du garouil (maïs) du 
grain qui la recouvre, ce qui se fait, le 
plus onlinairement, en la Iroitant forte- 
ment contre le manche d'une poêle à 
frire. D.-S. - IB.-F.) — V., arr. de 
Civ. 

Egaddi {s)[\. gaudere], v. pr., se 
réjouir :« quiés ouvrés s'égaudissiant 
proubin i'aut' ser, aToure gle sant tout 
amornis» , ces jeunes gens se réjouis- 
siiient assez bien l'autre soir, à présent 
ils sont abattus. V. — D.-S. 

Eg\Udissement , s. m., joie. V. — 
D -S. En quelques endroits : et igau- 
dissement. » 

Egaulai (r. gaule] et égolai, v. a., 
abattre avec une gaule. V. — D.-S. — 
Vend. Suivant les lieux. V. Agaulai. 

Eglaudai igl mouillés), v. a , la- 
bourer un champ que l'on vient de mois- 
sonner et que Ton veut laisser chômer 
pendant l'hiver. D.-S., arr. de Bress. 
V. Bran geai, 

Eglocé et Egloubai {gl mouillés) , 
V. a., ébranler une plante qui lient par 
les racines ; détacher, en tirant une 
petite branche d'une plus grossse. — iS'), 
V. pr. V., arr. de Chat. — D.-S., arr. 
de Bress. et de Parth. 

Egorgette, s. f., oiseau, une espèce 
de fauvette. (B -F.) 

Egosagliae (s'), v. pr., s'égosillera 
force de chanter ou de parler. Vend. 
(C. et P. D.) 

Egourmi, v. a., ne se dit que du feu. 
C'est lacliver , le faire flamber : « Ton 
feu n'es guères égourmi,» ne dégage 
que peu de chaleur. D -S. — (B.-F.) 

Egrabolillai , V. a. , remuer la 
braise. Vend. fC et P. D.) — S') , v. 
pr., s'effondrer. D.-S., c. de Châtillon. 

Egraemai eif.Ght}>iK\{r.egj'aèmes), 
V. n., pleurer, ré[)andre des larmes. 
Vend 'C et P. D.— V. — D.-S. 

Egraemes et Égrèmes (1. lachry- 
rnx . s. m. pi., larmes : « les égrèmes 
li cheusiant daux ails. 5 Vend. — V. — 
D -S. — Provençal : « lagremo ; de la- 
gremo grosso et rapido » , des larmes 
grosses et rapides. 

Egrafegnai (égrafgnai.v. a. et pr., 
égraligner. Dans tout le Poitou. — Pa- 



EJA 

tois du Berry : « égrafigner. » Bona- 
venture des Perriers : a égraffigner b : 

« Et même trouvèrent façon d'égrafflgner. » 



Ronsard : « égrafiner » 



« Toujours le ehîrdon et l'ortie 
» Puisse égrafiner son tombeau. » 

Egrafegnueb (égrafgnure) , s. f., 
égratignure. V. — D.-S. — Vend. 

Fghenigbai,v. a., remuer quelqu'un, 
ou quelque chose : a y va bé aller .t'é- 
grenigeai » ; je vais bien aller te remuer. 
Vend. fC. et P. D.) 

Egrevaldai, v.a., remuer la braise. 
D.-S.,c. de Bress. V. Égrabouillai 

Egbon et Égruo\, s. 
oiseau. V 
(Cit. B.-F.) — Espagnol et CatalaR : 



m., héron , 
D.-S. — Roman : aaigros.» 



« agron. » — Patois du Berry : « ai- 
gron. » 

FGBUGEOU et ÉGBUGEOUB, S. m., 

égrugeoir. V. — D.-S. 

Eguenaillai (egu'naillai) , v. a., 
écarter, et, par extension, épouvanter. 
D.-S., c. de Bress. 

Eguené, ee , adj., haletant: « iai 
tant couri , tant couri , qu'i en seu 
eguené;» j'ai tant couru, tant couru, que 
j'en suis haletant. V., arr. dePoit. 

Eguené (être», loc, avoir la dyssen- 
terie: se dit des moutons qui sont at- 
teints de la cachexie. (B.-F.) 

Egugle [gu et gl mouillés), s. f., 
aiguille a coudre, aiguille de charrette. 
V., c de Montm. Y. Agugle. 

EIGBIN4T OU AlGKINAT, E, adj., 

aigre-doux, léger goût, ou odeurd'aigre. 
L'on appelait le verjus autrefois, en 
vieux français et en roman, « eygras 
ou eigras » ; les fruits aigres, les légumes 
et les herbes potagères ayant un peu 
d'àcreté ou d'amertume étaient dési- 
gnés sous le nom « d'esgrin, eigrin ou 
aigrin. » iB.-F.) 

EiL, s. m., œil. V. — D.-S., suivant les 
lieux. — Gascon ; « els », yeux. 

EîL, ETLLB, pr. pers. delà 3« pers. 
Dans quelques contrées. — Roman : 
a el, elh. » — Patois du limousin : « egl il.» 

EiNGNE, adj. num., un. — D.-S., 
c. de Bress. — V. Ain. 

Ejaillai (s') |l. ejulare], v. pr. , 
s'écrier : c gle s'éjaillait daux cots. n 



ELO 

V., arr. de Poil.,Civ. et Chat. — D.-S., 
arr. de Bress. 

Ejabouillai, V. n., se dit des blés 
renversés et mêlés par le vent ou l'orage. 
V., arr. de Civray. — D.-S., arr, de 
Bress. et de Parth. 

Ejarrai s'), V. pp. , tomber ayant 
les jambes écartées outre mesure : « i ai 
chet et i m'?é tout éjarré. • — D.-S. — 
(B.-F.) — V., arr. deCiv. 

Ejimpaillai , V. a , gaspiller, dissi- 
per, répandre cà et là. — Vend. — 
(Gust.) 

Ejogruai, V. a. V. le précéd. Vend. 
(C. et P. D.) 

EjouBiE.s. f., enjambée. V.— D.-S., 
suivant les lieux. 

« Qui gl'abattir'ant do mur 
« Quatre vingt bouneéjouble, » 

(Siég de Poit.) 

Ejoselé , ER (ejos'lé; , adj., gai, vif, 
éveillé. — D.-S. — (B.-F. i — Roman : 
« esjauziré , » joyeux, content. 

Elavardi. élavasietélavi(l./o?;are), 
s, m. , ragoût à sauce trop copieuse , 
dont le jus est dominé par Teau. V. , 
arr. de civ. — D -S. , arr. de Bress. et 
de Melle. — (B.-F.) 

Elée , plu. Elées, pr. f. de la 3« 
pers., elle. V. — D.-S. — Gascon : « ela.» 

— Patois limousin : « eil, ela. » 

Eléi et Elégi (s'; , v. pr., se luxer 
un membre. V., arr. de Civ. — D.-S. 

Eléissueë, s. f., entorse, luxation : 
« i n'sé pou c' qu'é dans l'bras , i cré 
qu'ol é inéléissiire , i n'peut pou m'en 
agdai : » je ne sais pas ce que j'ai dans 
le bras, je crois que c'est une é/élssure, 
je ne peux pas m'en aider. V., arr. de 
Civ. 

Eleude (1. eluceré) , s. f. , éclair. ~ 
D.-S. — (B.-F.)— Roman : «Eslhuciada.» 

Eleudé (r. eleude] , v. n., faire des 
éclairs. — D.-S. -— (B.-F.) — Berry : 
« élider. » — Aube : « eleuder. » 

Eloçai et Eluci , v. a., casser une 
branche d'arbre, qui , en se brisant , 
emporte avec elle des lambeaux de l'é- 
corce et fait fendre l'autre partie qui 
reste attachée au tronc. V., c. de Monte. 

— D.-S., arr. de Parth. — (A. R.) 
Elochâi , V. a. et n. , détruire les 

loches, les limaces. Dans tout le Poitou. 

— Aube : a élocher, » ébranler. 

xxxn. 



EMB 



121 



Elotsài (r. éloise) , v. impers., faire 
des éclairs : « ol' a éloisai tout' la neut.» 
V. — D.-S. — Vend. — V. Eleudé. 

Eloise , s. f., éclair. V. — D.-S. -»■ 

Vend. V. Eleude.— Saintonge. — Arden- 
nés. — Patois du Limousin : « éylausi.» 
— Rabelais : « élicie. » — Montaigne : 
« notre vie n'est qu'une éloize dans le 
cours d'une nuit éternelle. » (L. .3, c. 5.) 
Eluçures , s. f. pi., lesbranclies ('lu- 
cies^ brisées. V.,c. de Wontc.T. Elocai, 

LluCl. 

Emayat et Emoyai (l. emonere) [s'], 
V. pr., s'informer. V., arr. de Civ. — 
D.-S., c. de Bress., arr. de Parth. et de 
Melle. — Clément Marot : 



« Mai.5, je vous prie, mon sauf-conduit ayons 
» Et de cela plus ne nous émayons. » 

Embabijolai ou Embabigeolaï , 

V. a., tromper par de belles paroles. — 
D.-S., arr. do Bress., de Parth. et de 
Melle : 

« Et mé 1 t'dis que t'é jà flne 

n Si t'y te lalss'enibabijolai. » 

iChans. poit.) 

Embabijolou , SE, adj., trompeur. 

— D.-S. 

Embabiolai, V. a., flatter, tromper. 
V., arr. de Civ. — Y. Embabijolai. 

Embabiolour , SE, adj., flatteur, 
enjôleur. V., arr. de Civ. — V. Emba- 
bijolou. 

Embarrassée, adj., se dit dans plu- 
sieurs endroits d'une femme enceinte. 

— Patois limousin : « emborassado. » 

— Marne et patois du Berry : « embar- 
rassée. > 

Ejibelzi (s'), v. pr., s'embellir. V., 
c. de Mirebeau. F. Abelzi. 

Embobelînai (embob'linai) , v. a., 
couvrir, envelopper quelqu'un avec soin 
pour l'empêcher de ressentir du froid , 
ou l'impression de l'air extérieur. (S') 
V. pr. —V. — D.-S.— (B.-F.) 

Embohèmé et Enbouémé fr. bohé- 
mien), V. a , tromper, filouter, tricher, 
ensorceler. V., arr. de Chat., c. do 
Montm. 

Emboucagi, e, adj., lieu peuplé de 
bois , couvert d'arbres : « ta bord'rie 
eu biemboucagie.») V., c. de Mireb.etde 
Monte. — Patois du Berry : « embocagé, 



\22 KME 

embourragé, » torrnin couvorl d'ar-' 
brcs. 

Emboucacdé .V. a., littéralement , 
t^a^^fu^mtT en bouc , ensorceler. V. , 
arr. de Chat. 

Emboi;caudi:me.\t , s. m., ensor- 
cellement. V^, arr. lie Chat. 

Embouillo>>ai et Emboulat fs') , 
V. pr., s'enfoncer dans l'eau. V. — D.-S 

— Patois du Berry : m emboulai , » 
emmêler. — Aube : « emboulei , » 
brouiller. 

Embouril, s. m., nombril. D.-S., 
arr. de Melle. — On dit aussi : • ncm- 
bouril. • — Roman : « emboril. » — 
Provençal : « emhourigo ; enfernissent 
de l'embourigo >_, frémissante du nom- 
bril. 

Embousiné, V. a. , ensorceler. V. 
/-'. Achamaraudai. 

Embousinement , s. m , ensorcelle- 
ment. V. V. Achamarauiiement. 

EMBOUSiMiux, SE, adj et subs. , 
celui ou celle qui embousine, sorcier , 
sorcière. V. 

Embraime, ée, adj , embarrassé. V., 
arr. de Poit. 

Embbbuficotai , V. a., entortiller 
quelqu'un ; l'embarrasser par ries ques- 
tions captieuses, l'engager dans une af- 
faire douteuse. D.-S. — V. — (s'i v. 
pr., se lancer dans une affaire dont on 
ne connaît pas les conséquences, ou dif- 
ficile à traiter : « i cré qu' man frère 
s'é embrelificolai dons quielle affaire a 
n' pou s'en sorti.» V. — D.S.— (B.-F.) 

Eme, s. f., unie, e.-prit, intelligence : 
« pr' in drôle d' quiel âge, gn'a poué 
pus d'ême. » V. — D.-S. — Vend. — 

-« Mez Raffcc ogult devonlage d'ême. k 

(N. 1'.) 

— Ardennes, Marne : « ême » estime, 
ainour. — Patois limousin ; a eimé », 
âme, esprit. 

Emenlsai (em'nusai) , v. a., amoin- 
drir. D.-S. — Vend. — Roman : «ame- 
nuzar ^, amoindrir. 

Emenyai, v a., emmener. Vend., 
Maillezais. (G. et P. D.) 

Emerglaudai (gl mouillés), v. a. et 
pr., réjouir, se réjouir, être vif, gai, fré- 
tillant. V. — D.-S. — \end. 

« Jarnl, Tiarrot , coam' l' v'ia brave 
> Coum' ta in air raiereglaudai. » 
(Cbans. Poil.) 



EMP 

Emeuche,s. f., ficelle que l'on mel au 
bout d'un fouet. V., arr. de Chat. 

Emigeai , V. a., émier; « émigeai 
dau poin dons dau lait, dau vin. » V. — 
D.-S. — (B.-F.) 

Emissai (s'), v. pr., se donner beau- 
coup de mouvement. D.-S. 

Emisse, ée, adj., éveillé, vif. D.-S., 
arr. de IMelle. 

Emoisellai (// mouillés) [1 ernol- 
lire], v. a., ne se dit que des enfants 
quand les dents les fatiguent, qu'ils sont 
moins frais qu'a l'ordinaire : « o sanl 
ces mécelés qui rémoi.s'llant », ce sont 
ses grosses dents qui le fatiguent. Vend. 

— D.-S. 

Emolé etEMOULÉ.ÉE, adj., imprimé, 
gravé. Vend. — D.-S., arr. de Bress. — 

€ Vour ol était mon nom en callard émolé. » 

(Gust.-) 

Emoxndissae,v. a., étonner. Vend. 
(C. et P. D.) 

Emorchai^ v, a., tromper , attirer 
par des choses flatteuses. V. — D.-S. — 
(B.-F.) — Français : « amorcer. » 

Emorchf, s. f., herbe sèche des pa- 
cages dédaignée des bestiaux ; très- 
usité au pluriel. D.-S. , c. de Maz. 
(A. R.) 

Emotou,s. m., rouleau en bois de 
40 centimètres de long, ayant un man- 
che, et servant à briser les mottes de 
terre. D.-S., arr. de Parth et de Bress. 

— Latin ; « emotus , » remué; « emo- 
tum solum, » terre remuée. (Columelle.) 

Emourigeai (1. emungere)^ v. a., se 
dit principalement du feu que l'on 
écarte, que l'on ravive : « émourige 
don quiau feu, tu t' chauff'ra meux. » 
V.. arr. de Poit. et de Civ. Par exten- 
sion, épouvanter, faire peur à des ani- 
maux. V., arr. de Civ. 

Emoustiquai et Émouvai , v. a. et 
pr., donner du mouvement, devenir vif, 
actif, léger. Par extension , « emousti- 
quai, émouvai » un enfant , c'est le 
frapper, le battre : « bouge ens'ment, 
e i'émouvré tan casaquin ma. » V. — 
D-S. —Vend. 

EfiriPABAT, v. a., laisser tomber. V., 
c. ]sle-Jourdain. 

Empas, s. m. pi , maladie des gen- 
cives des chevaux^ et qui les empêche 
de mander. V. — D.-S. — Vend. 



ENC 

EuPEBAi (s') , V. pr., augmenter. 
V. — D.-S. F. Auperai. 

« Mois y pense en qiiieuquy, mois ma foi s'en cm- 

[père. » ] 
(Bab.,p. S4.) 

— Basse latinité : «emparare » et aam- 
parare » tueri. (Duc.) 

Empétrouèbes, s. r. pi., entraves , 
liens en fer ou en corde que Ton met aux 
pieds de devant des bestiaux pour les 
empêcher de courir, de fuir. V., arr. de 
Chat. , Maire. — Patois limousin : 
« empéoulas, » attaches. 

Emi»l\nte , V. a., commencer une 
maison, un mur. V., arr. de Chat. 

Emplanchon, s. m., charrue à deux 
oreilles avec barre de fer pour soc. V., 
c. Isl.-Jour.j Adriers. 

Emplatke {pL mouillés), s. f., cita- 
lion, assignation : ce ol é don d' même 
qu'o va; eh ! bé, i va t' f... in' emplâtre 
au c... » V. — D.-S. 

EsiPLUMASSAi , V. a., emplumer. 
Vend. 

« Emplumassé qaemc in linot. » 
(Gust., p. 4S.) 

Emudai, v. a,, ébruiter, dévoiler : 
« n'ou-z-émude poué , ol y f ré tort. » 
V. — D.-S.,Gâtine. 

Enboni et Enbounesi, v. a., amé- 
liorer, rendre meilleur. V., arr. de Chat., 
arr. de Civ. — D.-S., arr. de Bress. et 
de Parih. 

Enboubi, v. a. y. abourai;,bien cou- 
vrir , vêtir chaudement. V., c. de Mi- 
rebeau, arr. de Loudun. 

Encalminai et Encabminai, v. a. 
et n., ensorceler par les charmes. D.-S., 
arr. de Parth. et de Bress. F.Carminai. 
— Espagnol : « ensalmo, » parole ma- 
gique pour guérir certaines maladies. 

Encalminemrnt et Encabmine- 
MENT, s. m., ensorcellement par les 
charmes. D.-S., arr. de Bress. et de 
Parth. 

Encamaillai, v. a., emmailloter. 
Vend. Font. (C. et P. D.) 

Encanchai, v. n. et pr., s'embour- 
ber. Au figuré, se mettre dans l'embar- 
ras, faire de mauvaises affaires. — V. 
- — D.-S. — Patois du Berry : « encan- 
cher », se dit au figuré d'une personne 
qui est dans rembarras. 



ENC 



123 



ENCAssAi,v.a.etpr.,littéralementso 
mettre dans la casse (boue), embourber 
et s'embourber. D.-S, — Vend. — V. 

Elv CAY, En-lay, loc. adv., en deçà, 
au delà. V. — D.-S. — Vend. 

Encebne (à l'), loc. adv., h. l'entour, 
aux environs. D.-S., c. do Maz. (A.R.) 

Enchabaraudai, v. a., ensorceler. 
(B.-F.) — « Encharrauder, » an 1400. 
(Lacomb. 8, 2.) 

ENCHAi?iTRAi(r. e7ic/<ai!;?^?'e), v. a., 
faire pacager le bétail sur une chaintre : 
« E-lu ben boun' bergère ? Enchaintie- 
tu ben tes oueilles? ))V.,arr. de Civray. 
y. Achainbrai. 

Enchanitréyai, v. a. ^. lo précéd. 
V., arr. de Civ., Savigné. 

Encharsi,Enghardi, v. a., enché- 
rir. V. — D.-S.— « Les lui baillera sans 
les lui enchardir , ne mettre autres 
charges sur les dits moulins. » (An 1450. 
Manusc. du Poitou.) 

Enchargeai, v. a., recommander 
particulièrement une affaire, une chose, 
un travail, parce qu'on y tient. V. — 
D.-S. 

Enchouti, V. n., salir : « gl' acheut 
dans la gâche^ gle s'é tout enchouti. » 
— Au figuré, ternir la réputation. V., 
arr. Civ.— D.-S. — Vend. (C. et P. D.) 

« I en fu priqueu tout enchoutri. » 

(Cent, poitv., p. 27.) 

Encitai, v. a., enseigner. V., c. Isl.- 
Jourd., Adriers. 

Encllenai [Il mouillés), v. a., so 
dit principalement des moutons quand 
ils donnent des coups de tête à faire 
perdre la respiration. V. — D.-S., Ga- 
tine. 

Encoinçon, s. m., sillon plus court 
que les autres. V., arr. de Civ. — 
y. Acoinçon. — V.,*c. de Civ., Blanzai. 
— D.-S., Melle.— Escoinse, s. f. :« une 
petite escoinse de terre. » (1609. Vasles. 
Manusc. du Poitou.) — « Escoin ou es- 
coinson ; ^ petit coin de terre qui se 
trouve à l'angle d'une grande pièce. 
(Manusc. du Poitou.) — D.-S. , Vasles. 

EîNCOlNÇOUNAIE et EXCOINÇOUNÉE 

(r. encoinçon), s. f., l'ensemble des en^ 
coinçons 'y., c. Civ., Blanzai, Linazai. 
— d!-S., arr. de Melle. — « Escoissonne, 
escoissonnée ; •> « plus une pièce de 
terre en escoissonne. » (An. 1599. Les 



124 



EXD 



Fosses.) a Plus unee>cois5onnéode terre 
de cent dix sei lions. » (IG61. Les 
Fosses.) — M Escoussonnée. » (Manusc. 
du Poitou.) 

E.NcossAi (r. e/î, couse), v. a,, en- 
voyer dans la cosse^ expression triviale. 
V., c. de Monte., St-Jean-de-Sauves. 

Encoi:b.\isse , V. a., liltéralement 
avoir le cou baissé; atlaclier la jambe 
d'un animal avec rexlrémité du licou , 
afin qu'il ne puisse s'échapper en paca- 
geant. V., arr. Lhàl. 

E>couÉ, V. a. et n., attacher un 
animal h la queue d'un autre. V., arr. 
de Chat. V. Acouai 

Encrait, s. m., ce qui reste au 
milieu de lancien sillon après le pre- 
mier labour. V., arr. de Civ. — D.-S , 
c. de Parlh. V. Ecret. 

ErscBAiTAT, V. a., donner le premier 
labour. V., arr. de Civ., c. de l'Isl.- 
Jour — D.-S., c. de Parth. F. Ecrétai. 

Encraitou et Encré, s. m , areau à 
une oreille avec une barre en fer pour 
soc. V., c. Montm., St-I\emi et c. de 
risl -Jour , Luchapt,p. encré. 

Encbin, s. m., petite boîle qui fait 
partie des coffres. V., arr. de Civ. 
V. Cas.-erette. 

Encboisée, s. f., carrefour. D.-S., 
arr. de iMelle. 

Encblchai, V. a. et pr. , placer un 
objet dans un endroit élevé. D.-S., 
Melle. — V.,c. de Civ. et de Montm. — 
Monter, grimper. D.-S., c. Airvault. 

E.NCRLCHOD , ENCBUCHt)UR , S. m., 

morceau de bois percé de deux trous , 
rentrant dans les bâtons de sellette qui 
portent la perche de l'avant-train de la 
charrue. D.-S., arr. de Mel. — 'B.-F.) 

E.NDEMINÉ, EE (1. iil (IXlllOU)^ adj., 

brouillon , lutin , volage. Vienne. — 
Mayenne. — Ardennes : « endemené. » 

Éndeminé (s'(, V. pr., s'enrager. V. 

Endebce, E:idabde , Enderde , s. 
f. , dartre vive : « i fré passé ten en- 
derce, s' lu veux. Gondille. avequedau 
jus de laba fumé et dau vinaigre. » Je 
te ferai passer ton enderce, si tu veux , 
Radégonde, avec du jus de tabac fumé 
et du vinaigre. V.— D.-S. — Vend. (C. 
et P. D.) — Patois du Berry : « en- 
darde. > 

ErsDiVES, s. f. pi., gencives. Dans 
plusieurs communes des trois départe- 



ENG 

ments. — Basse latinité : dentiva^ gin- 
givae quibus dentés hœrent. (Duc.) — 
l^atois du Berry : « endives, » avives , 
glandes de la gorge des chevaux. 

Endurance, s. f., douleur, souf- 
france. Vend. 

« Coucbés sur le pavé, béguignant d'endurance. > 

(Gust., p. 77. j 

E>'DUBE, S. f , chaume, allée, avenue 
où les bestiaux peuvent pacager sans 
être inquiétés par les voisins. V., c. de 
Couhé. 

En FARCES et En f erg es (1. in fer- 
r'uin)^ s. f. pi. , entraves. V. — D.-S.— 
Vend. V. Empétrouères. — « Jambière 
d'enferge.<5 ; » partie de l'entrave qui 
tient a la jambe du cheval. — « Crapauds 
d'cnferges, o le cadenas qui strt à fer- 
mer les enferges. Dans tout le Poitou. 
—(An. 1 764. Vastes. Manusc. du Poitou.) 
— Provençal : « enferri ; de t'estaca mé 
lis enferri ; » de l'attacher avec les en- 
traves. — Sainlonge : « enfarges. /> 

Enflume (Jl mouillés), s. f. , en- 
flure : (( maladie de l'enflume, » hydro- 
pisie.V.— D.-S. 

ENF0NDRE(l.?7i/wnd/ere), v. a.etpr., 
tremper, pleuvoir en abondance : « ol a 
cheul quiette neut tonl d'aive qu' les 
ch'mins et les chomps sont tout enfon- 
dus ; » — « i m' sent tout enfondu 
arser. » V. — D.-S., Gâtine. — Roman : 
« infundre. » — Catalan, portugais, 
espagnol : « infundir. » — Italien : 
« infonflere. » 

Enframai,v. n., répandre une mau- 
vaise oJeur : a quiau fumé enframe 
raide ; » ce fumier répand une bien 
mauvaise odeur. V. — D.-S., Gâtine. 

Enfutaî, v. a., mettre le vin dans 
les fùls, dans les barriques en le tirant 
de la cuve. — Au figuré, envoyer, faire 
sortir : « i l'enful'rai bé , ta ; » je te 
ferai bien sortir, liens. V. — D.-S. — 
(A.R.) 

Enfltailles, s. f. pi, l'action de 
mettre le vin dans les barriques après le 
cuvage. V. 

Engeignat, v. a., tromper dans un 
marché, dans un échange. Vend. (C. et 
P. D.) — Basse latinité: engannare.de- 
cipere. (Duc.) — Aube : « engigner. » — 
Vieux français : « enganer, engigner, » 
« que plus i ariez mis , plus seriez en- 



ENJ 



ENR 



125 



Bi\, i> affliger; 
engouisse 



ganez ; mes d'une chose estes vos engi- 
nez. » (Duc. au mot ingenium.) 

Engobmé (s'), V. pr., se pavaner, 
faire le beau : « ah 1 coum' i s'engorme, 
quou gars ! > V., arr. de Chat. 

Engouesse, ÉE(r. en gouesse), adj., 
endiablé, lutin, jovial. V., dansquelques 
contrées. 

EiNGOUESsÉ, V. a. et n., avoir un 
désir de diable, un grand désir de faire 
une action quelconque : a i engouesse 
ma vie d'il baillai ine tape. » V., dans 
quelques lieux. — Provençal : « angouis- 
a mai fau que l'âge nous 
» 

Engouillounai, V. a., manger avi- 
dement, et, par suite, faire passer une 
portion de la nourriture, une miette de 
pain dans les fosses nasales : « i é mingé 
trot vit', i m'seut engouillounai. » V., 
arr. Civ. 

Engravai, V. a. et pr., avoir des 
douleurs aux pieds , par suite d'une 
longue marche ou d'une marche forcée. 
Se dit aussi dos animaux. — « Engra- 
vant, » chemin plein de graviers. V. — 
D.-S. F. Aggravant. 

Engraver (r. £v -j'pâ9c'.v), V. a., gra- 
ver : « i a engravé en pierre de nouvel 
du cosié de la dicte ruche deGeffe une 
marque de la dicte borne. » (An. 1579. 
Arch. St-Hil., bourg, n^ 1465.) 

Enguillebaudai , V. a., engager, 
embaucher , retenir : « é-tu enguille- 
baudaie? — I non. — Eh bé, i t'enguille- 
baude pre toute la journaie. » Es-tu re- 
tenue pour la danse ? — Non. — Eh bien, 
je te reliens pour toute la journée. V., 
c. de Couhé.— D.-S., arr. Mel. 

Enguimrnti (s'), V. pr., s'informer, 
s'enquérir : « i m' se bi enguimenti deu 
jou que rvinrant,i n'eu pu ausavoi per 
le juste. » Je me suis bien informé du 
jour où ils viendraient, je n'ai pu le sa- 
voir au juste. D.-S., c. d'Airvault. 
V. Agumenté. 

Enjoinbie, s. f., enjambée : « ah ! 
quiés gronds enjonbies ! gl' érait bay à 
Koum' en quat' jous; » ah ! ces grandes 
enjambées ! il irait bien à Rome en 
quatre jours. D.-S., c. Bress. F. Ejonbie. 

Elnjouqui (r. en joug), v. a., mettre 
le joug aux bœufs. V., c. de Neuville. 

Enjuchai (s'), se percher, grimper, 
monter : « où diable quiau drôle d'Zi- 



dore s'é-t-eil enjuchai? » où diable ce 
drôle d'Isidore s'esl-il enjuché ? V. — 
D.-S.— Vend. 

c Gle s'est^njuché dans la chaise. » 

(Gust., p. 80.} 

Emmouraché (s'I, V. pr., devenir 
amoureux d'une manière irréfléchie. V. 
—D.-S. 

« Perrot et Jehanne s'étiant emmourachés. i> 

(Chans. poil.) 

Enneu,s. m., ennui : « Irejou gle m' 
sert d'enneu. » V.— D.-S. 

« Tout abattu d'enneux durant quoque semolnc. » 

(Bab., p. 63.) 

Patois du Berry. — Patois limousin : 
« eynei. » — Marne : • ennuir, » en- 
nuyer. 

Ennuit, adv., aujourd'hui, V., arr. 
Chat. — F. Anet.— Marne : « ennuit , » 
cette nuit , aujourd'hui. — Rabelais : 
« ennuict, ï> aujourd'hui. 

ElMORl^É, V. n. et pr. (r. eii orine)^ 
peupler, multiplier. On est aussi vite 
« enoriné » de poules que de pauvreté. 
(Dicton poitevin}. — F , c. Isl.-Jour., 
Adriers, Luchapt. 

E.NOisAi et Enougelai (I. mtx)^ 
V. a., trier les noix. V.— D.-S., suivant 
les lieux. T. Chalupé. 

Enougeleu, se, adj., celui ou celle 
qui énougelle. V. — D.-S. 

Enougellehie, s. f., l'acte par le- 
quel on enlève les noix de leurs co- 
quilles; ce travail se fait pendant les 
soirées d'hiver. Les voisins s'y invitent 
mutuellement. L'opération terminée , 
vient le réveillon , et chacun se relire 
après avoir dansé quelques rondes. V. 
—D.-S. 

En'^aginé, V. a., enrager. V., c. 
Isl.-Jour., Adriers, Luchapt. 

Enraguenillat (s), V. pr., avoir le 
plus vif désir de faire quelque chose. V., 
arr. de Civ. V. Endeminé. 

Enraie, s. f,, raie d'écoulement que 
l'on fait au milieu d'un champ pour 
écouler les eaux. D.-S., arr. de Bress. 
et de Parth. 

Enraq-jat, v. a. et pr. fr. rague), 
vendre de mauvais bestiaux à quelqu'un; 
se pourvoir d'animaux défectueux par 



126 



ENT 



EPE 



méprise : « i m' se enraqué. » V. — 
D.-S. 

EiNBÈRE, prép. négat., pourtant, pré- 
cisément pas. D.-S., c. Bress.— Vend., 
Font. (C. et P. D.) 

Enrine, V. n. et pr., peupler, multi- 
plier : u sa cour a été vite enrinée d'vo- 
iailles. » V., arr. de Chat. 

E-NROUCHAi, V. pr., senrouer : i m' 
scu bui enrouchai. > V. — D.-S. 

E:s BOUTAI, V. a. et n. V. Aroutai. 
D.-S., arr. de Mel. 

Ess A.LB AT Al [r. sabbat), v. a., ensor- 
celer : « a tu poué vu dir' que quialle 
femme a été ensalbatie par quiau i^rond 
sorcé?» n'as lu pas entendu dire qu-e 
cette femme a été ensorcelée par ce 
grand sorcier ? D.-S , c. de Bress. 
V. Achamaraudai. — Sabbat : c'est le 
lieu où se réunissent les sorciers pour 
préparer leurs maléûces. 

Ensalbatement, s. m., sortilège. 
D.-S., c. de Bress. 

Ensement, Ens'remeist (ens'ment), 
adv., seulement. D.-S.— Vend., suivant 
les lieux. 

• I 11 oU ben mon cbapea 

S Gle m'aTisU ensement pas. » 

(Cbans. poit.) 

Guillot de Paris : « de St Christophle et 
ensement. » 

Ensoecillade, plur. Ensorcilla- 
DÉES, S. f., ensorcellement. V., c. Isl.- 
Jour., l uchapt. 

Ensu, adv., en haut, là-haut, au- 
dessus. V.— D.-S.— Vend. — Patois li- 
mousin : « ensùs. i/ 

Ensuaibai , V. a., envelopper un 
mort d'un suaire. V. — D.-S. — Sain- 
tonge : « ensouairer. » 

E.'vsrnQUETOT, loc. adv., en outre: 
c et promistrent ensurquetot par lour 
foi et sus Tobligement de leurs biens. » 
(An. 1282. Loudun. Manusc. du Poit.) 

Entagnai, Entaillai (s'), v. pr., 
entrer dans la boue, dans le bourbier! 
D.-S., arr. de Parth.— V.. c de l'Isl.- 
Jour. — Patois limousin : « enteigna. » 

Entalbotai (r. eu talbot),\. a. et n.. 
mettre un talbot (bâton mis en travers 
au cou d'unchien),employéau participe. 
Il se dit de celui qui fdit du bruit en 
marchant avec ses sabots. V. — D.-S. 

Entardai, V. a., retarder, causer du 



retard. D.-S., arr. de Bress. V. Ade- 

meurai. 

Entendoire, s. i., faculté de com- 
prendre. V. — Rabelais : « J'ai assez 
belle entendoire. » (L. iv, c. 27.) 

Entour, adv., à l'entour, autour. V. 
— D.-S. — Vend. — Rabelais : « ami, par- 
lez d'ici entour pour ceste fois. » (L. ii, 
c. 22.) 

E^iTRAVAUX, s. m., entrait, pièce de 
charpenie, nommée aussi tirant : « et 
y mettre deu.x entravaux de grosseur 
do cinq poulces en carré. » (An. 1677. 
D. F., p. 385.) 

Entrkchi et Entrbmi , b, adj. , 
dissipé, volage. V., arr. de Chat, et de 
Civ. — D.-S., c. de Bress., suivant les 
lieux. 

Entre-jambes, s. m., allure, se dit 
principalement des chevaux. V. — D.-S. 

Entremi, adv., jusqu'à ; « dampi la 
St-Jo entremi à la St-Micha ; > depuis la 
St Jean jusqu'à la St Michel. Vend. 
(C. et P. D.)— V. — Gascon : t entre- 
mièy, » entre. 

Enveuvai, V. n., devenir veuf. D.-S., 
arr. de Parth. —(A. R.) 

Epaffaî, v. n. et pr., être essouflé. 
D.-S., arr. de Melle (B.-F.) 

« Jamé tant esbafé 

• Ne me trou?y qutqualle ti. » 

(^Gent. poët., p. 58.) 

Epaeai, v. a. (1. pararé)^ étendre, 
éparpiller. Dans tout le Poitou. 

Eparou et EpAROUR (r. éparai), s. 
m., étendoir, séchoir : « le linge a été 
porté dans l'éparou. » D.-S., c. Maz. 
(A. R.) — V., arr. de Civ. pour « épa- 
rour. > 

Epaudoire, s. f. , fourche en bois à 
quatre doigts pour étendre le fumier. 
Vend. (C. et P. D.) F. Bernar. 

Epenillé (ep'nillé), v. a., se ditsur- 
tout du fourrage que 1 on écarte dans les 
prés. V. Dépenaillai. 

Epenn evessi (s'], v.pr., s'éparpiller : 
« i gravi su ine butte, sous mes pés la 
butte s'égrabouilli, du haut en bas i 
tribouli, et tout l'argeont qu'i avas dons 
ma poche s'épenn'vessi. » Je grimpai 
sur une butte, sous mes pieds la butte 
s'écroula, je roulai du haut en bas , et 
toutlargeat que j'avais dans ma poche 
s'éparpilla. D.-S,, c. de Châtillon. 



EPI 

Epbbbissai etEPEEBissAi {\. pers- 
picere)^ v. a., visiter minutieusement : 
« lu n'a pou ben éperbissai man cot'- 
Ilan ; on 1 rap'tassont , tu y a quitté in 
creux ; » tu n'as pas bien visité mon 
cotillon; en le raccommodant, tu lui as 
laissé un trou. V. , arr. de Poil, et de 
Civ. — 11 signifie encore éparpiller.— 
D.-S ,,arr. de Melle. 

Epiautae, V. a., enlever la peau. 
D.-S., arr. de Melle et de Niort. 

Epibaudai, V. a., répéter , fatiguer 
par des vétilles : u i se core epibaudai 
de c' qu'i m' dissit l'aul' ser; » je suis 
encore fatigué des vétilles qu'il ma dites 
l'autre soir. D.-S. , c. de Chàtillon. 
V. Abibaudai. 

EpiBOSSAi (s*), v. pr., s'éplucher. D.- 
S., arr. de Parth.— (A. R.)— V. a. , grat- 
ter la têie.épucer. Vend. (G. et P. D.) 

EpicASSES.s.f. pi., la partie ligneuse 
adhérente au lin. V., arr. de Loudun. 

EpicAssi (r. épicasses), v. a., pei- 
gner le lin. V., arr. de Loudun. 

EpicASsou, s. m , instrument en fer 
pour enlever les épicasses. V., arr. de 
Loudun. 

Epigeaux, s. m. pL, criblures des 
blés. V. — D.-S. — V. Ecrevances. On 
appelle encore epigeaux les épis que le 
battage a séparés de la paille et qui sont 
mélangés avec le grain. — « Epigeot : 
et prendra les arrère vens, espigeots et 
gagoilhons des blez des terrages deuz on 
dit petit fief des Pousses. » (An. 1428, 
Breuil-Chizé , manusc. du Poitou.) — 
Saintonge ; « epijot. » — Provençal : 
« espigau «, épis ; « au mai tis espigau 
espigons, » plus tes épis épient. 

Epigé , V. n, (I. spiçari), monter 
en épi. V. — D.-S. — Roman : « espi- 
gar. )» — Provençal : « espiga. » 

Epina (1. spina), s. m., fagot d'é- 
pines dont on se sert pour fermer un 
passage. V.,c. Saint-Savin, Journé. 

EpioTAi, V. a., nettoyer les grains 
Jetés au vent et étendus sur la cour à 
battre. D.-S., arr. de Bress. T. Colai. 

Epiotou, s. m., balai dont on se 
sert pour nettoyer les grains que l'on 
jette au vent sur l'aire. D.-S., arr. de 
Bress. 

E?ivARDAi (s'), V. pr., se plumer 
avec son bec. V., arr. de Civ. — D.-S., 
arr. de Niort et de Parth. — Par ex- 



EPO 



127 



tension, se donner des airs, faire le 
beau. D.-S., arr. de ;\lelle. 

Eplé, v. n., se dit des volailles qui 
sortent de l'œuf. V.. c de Saint-Savin. 

Eplet {pi mouillé.^) , s. m., profit , 
avantage : « le drap en grande largeur 
fait plus d'éplet que l'étioit. » Vend. 
(C. et P.D.) 

Epletae {pi mouillés) , v. n. , 
avancer à son ouvrage — par extension 
avancer à faire sa fortune. D.-S., c. de 
Celles. 

Eplimageai et Eplumagé (I. e, 
pluma) (s'), V. pr.. se plumer. V., arr. 
de Poit.-D.-S.,arr.deParth.— (A.R.) 

Eploté , V. n., sortir de l'œuf , 
éclore. V., c. de Montm. V. Eplé. 

Epontai, v. a. et n., étonner, faire 
peur. V., arr. de Poit. et de Civ. — 
D.-S., arr. de Melle et de Parth. — 
(A. R.) |s'], v. pr. 

€ Mas à dire entre nous, son étrange doctrine 
» Me trouble la cervelle et m' épontc slfot^ » 

(Bab., p. 13.) 

— Avec la négative il signifie , le plus 
ordinairement , n'être pas malade : « i 
n' se poué épontai. » — Besançon : 
« aiponta. » — Ancien français : « es- 
péonter. » 

Epo.NTAiLet ÉPor.AiL, s. m., épou- 
vantait, ce qui est laid à faire peur : 
« quieu grond éporail, » se dit d'une 
femme vieille et laide. Vend. (C. et 
P. D.) — D.-S., •arr. de Melle et de 
Niort. 

Epoinïa^t , TE , adj. verb. , qui 
étonne, qui fait peur : « nouvelle épon- 
tante, récit épontanl x) D.-S. , arr. de 
Parth. —(A.R.) —V., arr. de Civ. 

Epol'LE, s. f., petite enflure pleine 
d'eau sur la peau : « quond n'an ae 
f'ssai qu' perse, n'an a jamé d' époule 
aux fesses. » Quand on n'e^t fessé que par 
soi, on n'a jamais^/' f/^oz^/es aux fesses. 
Prov. Poit. D.-S., c. de Celles , Tho- 

Epoloué, s. m., carrelet, engin de 
pêche. V., arr. deCliât. 

Epouffai (s'), v. pr., se sauver de 
tous côtés, s'enfuir en s'éparpillant : « i 
an vu daux perdrigeas, mais glese sant 
tout époufés. » D.-S., arr. de Melle. — 
(B.-F.) 

Epoustour, se, adj., celui, ou celle 



128 

qui époussette. 
Vend. 



ERA 



arr. de Civ. — 



« I cré que tu fus fin, el que ta frippcrlc 
» Ariil en époustoux bay mal été servie. » 

(Gust., p. C6.) 

Equails {Ecails), s. m. pi., laine 
coiirle. V., arr. de Chat. V. Ecouails. 

Equag>é, V. a., céder, obéir. V., 
c. de iMonlm. 

Equari, V. a., écorcher. V., arr. de 
Chat. V. Blanchi. — Français : « Éca- 
rieretéquarrir, » même sens. 

Equabquillât, V. a , écarter, élar- 
gir. — (s'), V. pr. V. — Rabelais : 
a les doigls des mains esquarquillés. >• 
(p. '^06.; 

Equeulle (<7?^ mouillés) [1. scu- 
telia], s. f.,écuelle. 

Erabinée, s. f., le temps que l'on 
met à labourer. 1).-S., arr. de Bress. 
et de Parth. V. Bordée. 

Erage, s. m., plant, racine; se dit 
principalement des plants de vigne ; 
« pour faire du bon vin, il faut de bons 
érages, > V. — Rabelais : a et dict-on 
qu'en Bourbonnois encore dure l'érage 
dont sont dictes aureilles de Bourbon 
nois. » (L. II, c. l'^f.) 

Erage , s. m , lignée, parenté : 
« Pierrot Borcé d'érage noble - ; Pierre 
Bore est de race noble. V. — Rabe- 
lais : « Saint lago de Bressure en est-il 
encore de l'éïrage ? » (L. m, c. 22.) 

Erageai (r. érage), v. a., multi- 
plier les arbres à fruit. V., arrondis, de 
Civ. 

Ebalaé, V. a. et n., éreinter ^ estro- 
pier. Vend. (G. et P. D.) 

ERALÉ(trè:-bref), v. a. et n., déchire;', 
mettre en pièces : « meingne drôle in 
passont don in boissan a éralé se harJe.s 
et sa figure » ; mon drôle en passant 
dans un buisson a déchiré ses habits 
et sa figure. D.-S. — V., dans quelques 
endroits. — Eralé (s'), v, pr.,se déchi- 
rer, se faire mal. Vend., Font. (C. et 
P. D.) — D.-S. 

Eralure, s. f., éraflure. V. — D.-S. 

Eran'Che, ée, adj., celui ou celiequi 
a la hanche démanchée V. — D.-S. — 
Patois limousin : « eirancha, » boiteux. 

Eeau, s. m., charrue à une oreille. 
V., suivant les lieux. V. Arau. 



ERU 

Eràudai , V. a,, crier après quel- 
qu'un. (B.-F.) 

Erbeluttes, s. f. pi. , éblouisse- 
monts. V., c. de Monlm. r. Arbeluttes. 
Erenanai el Erenai (er'nànai), v. 
a. et pr., éreinter, crever. Le participe 
passé se dit principalement des per- 
sonnes qui ont des hernies. Vend. (C. 
et P. D.) -- V. — D.-S. — Ardennes, 
Haute-Marne : « «rner, fatiguer. » — 
Rabelais ; « et commanda aux gar- 
çons d'étable le traicler à la fourche et 
l'éresner à coups de baston. » (L. v, 
c. 7 ) 

Ergremillé, v. a., se réduire en 
grumeaux, en petites boules. V., arr. 
de Chat. y. Agremailiai. 

Erguegnasses , s. f. plu., mauvais 
vêlements ; habits de chaque jour : 
« AU' s'é n'allée à la messe, a se d'sha- 
billée, air a laissé toutes ses ergue- 
gnasses su ine chaire; » elle s'est en allée 
a la messe, elle s'est déshabillée , elle a 
laissé tous ses vêtements sur une chaise. 
V., arr. de Poil. 

Eria , s. m., charrue a une oreille. 
V., suivant les lieux. V. Arau. 

Erinde , s. f., ronce : « cope quiées 
érindes, i les fr'antbrûli su place. » V., 
c. (le Veuille. 

Ertpoulat (\.'€ripere], v. a., éra- 
flerla peau, l'écorce d'un arbre. Vend., 
Font. (Cet P. D) 

Erme, s.f., araignée. — Petit filet 
pour prendre les oiseaux. D.-S., arr. 
de Bress. el de Parth. 

Ermitou, se (r. ermite] , adj., hai- 
neux. D.-S, arr. de Melle. 

Fronce et Ébonde, s. i., ronce. — 
V. — D -S. — Vend., suivant les loca- 
lités. — Patois du Berry. — Aube: 
« ronce. »> — Rabelais. 

Erondelle, s. f. , hirondelle. V., 
arr. de Chat. F . Arondelle. 

Eboudée, s. f.,roue:« là éroudée 
n'é pas graissade. » V., Luchapt. 

Ebuçai (l. eruîicare], v. a. et pr., 
détacheV les feuillei d'une branche d'ar- 
bre en la serrant d'une main que l'on 
lire à soi. D.-S. — (A. R.) — V. — 
Vend. — Alayenne : « érucer. » — 
— Provençal ': « desrusca ; me sem- 
ble que senso élo aro siéou desrusca » ; 
il me semble que sans elle l'on m'ar- 
rache l'écorce. 



ESS 

EsABOui (l. sapor) , v. n., perdre sa 
saveur : « la légume duranmési é ésa- 
bouie. » D.-S , arr.de Bress.,de Parlh. 
et de IVlelie. 

EscARBOUiLLi, V. 3., écfaser. V. — 
D-S. V. Ecrabouillai. 

« L'Espagne chonte 
• Et sise vonte 

» D'escarbouilly tous les Français. » 
(Rob. div., p. 72 ) 

EscHiLLE, S. f., petite cloche. L'on 
s'en sert principalement pour les proces- 
sions, et assez orilinairement au nom- 
bre de deux. Elles précèdent la ban- 
nière, et leur son avertit les fidèles du 
défilé de la procession. V. — D.-S. — 
Vend. — Manus. du Poitou , an H28. 
— Basse latinité : • scilla, skilla , 
schilla, squilla, tintinnabulum , campa- 
nula, italis squilla, undesquillare reso- 
nare. » (Duc.) — Roman : c esquello , 
esquelho. » — « Eschelle, eteschielle, » 
petite cloche, et a eschille, » clochette à 
manche que l'on porte aux processions. 
(Laombe, t. ii.) 

EscLAViTUDE, S. f . , esclavagc. Vend. 
Sab. (C. et P. D.) 

EscouTi, E, adj.^ infect. Vend. (C. 
et V. D ) 

EscRAPiTABLE, adj., mauvais, cor- 
rompu, pitoyable, qui fait peur : « enfin 
quoué, qu' veu-tu qui V dis-je, c'é in 
mal escrapitable. » V., arr. de Chat. 

EsKURBAi, v. a , rendre sourd à 
force de faire du bruit : « taise te , tas , 
tu m'éseurbe. •> D.-S.— (B.-F) — Pro- 
vençal : « eissourba, » étourdir. 

EsUERBÉ et EsHEBBOULAi (r. ex 
herba), v. a., arracher les mauvaises 
herbes, les plantes parasites , sarcler, 
V., arr. deCiv., arr. de iMontm. et arr. 
de Poit. — Marne : « esherber. » — 
Patois du limousin : « eysserba. » 

EssAC, s. m. , vanne de décharge 
d'un moulin. (B.-F.) 

EssAGOuÈiiE, s. f. , rigole que l'on 
pratique dans les champs pour faire 
écouler les eaux pluviales. Y. Aigui. 

EssAiLset EssETS, s. m. pi', restes 
de pâture que les bestiaux laissent dans 
les râteliers ou sous leurs pieds. D.-S., 
arr de Bress. et de Parth V Ecilles. 

Essaimai, v. a , laverdu lingeavant 
de le lessiver, essanger. D.-S., arr. de 
Parlh. et de Melle. 



ESS 



129 



EssAMAi et EssAMRAE, v. II., Sentir 
fort , répandre une odeur agréable. 
« Les fleurs d'man jardrin essamiant a 
matin, ol emboumé ; » les fleurs de mon 
jardin répandaient une odeur qui em- 
baumait. F., arr. Civ. — Vend. (C. et 
P. D.) 

EssANGB, S. m., l'action d'essanger. 
D.-S., arr. de Parlh.— (A.. R.)— Fran- 
çais : « essanger, » laver le linge avant 
de le lessiver. 

EssARMEiLLAE, v. 8., étendre le fu- 
mier dans les champs. D.-S., c. de 
Celles. 

EssARMENTAi (r. sarmeni) y v. a., 
ramasser les sarments après la taille de 
la vigne. (B.-F.). 

Essartai et Essertai, v. a , déchi- 
rer le linge, les vêtements. Vend. — 
V.-D.-S. 

fl 1 esscartons nelre Titement. » 

[Gust., p. 69.] 

Essartai, Essertai, v. a., défri- 
cher. V.— Vend. — D.-S— Basse lati- 
nité ; « essartaj^e , exartare , a latino 
exertum diclum pulat, quod est evul- 
sum et eradicatum ; seu ab exaro , 
unde exaratum , ager exaratus, pros- 
cissus. (Duc.) 

Essarts et Essartis, s. m. pi. , 
terres défrichées. V. — D.-S — Vend. — 
Roman du renard : 

€ Tant est allez les trois menus 
>i En son essart en est venus. » 

Noms de lieux : « Essart, les Essarts, i 
dans plusieurs communes du Poitou. 

Essringouère, s. f., raie d'écoule- 
ment que l'on pratique dans les champs 
pour les assécher. V., arr. de Chat. 
y. Enraie. 

Essemai et Esseumai (ess'mai) , v. 
n., sentir fort , rendre une odeur 
agréable. V.. arr. de Poit.— D.-S-, arr. 
de Bress. V. Essamai. 

Esseulé et Essoulé,v. a. etn., se 
dit d'une personne qui aime à s'isoler ou 
que l'on isole à dessein. V., arr. Monlm. 
Il est français adjectivement. 

Esseulé, v. a., casser une branche 
d'arbre qui, en se brisant, emporte avec 
elle des lambeaux de l'écorce, et fait 
fendre l'autre partie qui reste attachée au 
tronc. V., arr. de Montm. T. Aiglaci. 



130 



EST 



Essi et Essiou , s. m. (I. axis), es- 
sieu de charrette. V., arr. de Chat, et 
arr. de Civ., < essiou. « — D.-S., arr. 
de Melle. 

Essor, s. m., sécheresse, hàle ; 
othiau temps est à l'essor.,. » « i fé in 
grond essor. » D -S., arr. de Melle. — 
(B.-F.'^ — Français : « essorer, » exposer 
à l'air, au vent, faire sécher. 

EssoRGLÉ, Y. a., couper les oreilles 
à une bête : « ton chin étout essorglé, 
le loue i' a copé les oreilles apparem- 
ment. > — Par extension , et au tiguré , 
rompre les oreilles par des cris. V., arr. 
de Civ.— D.-S. 

EssouMAi, V. n., sentir. Vend. (G. et 
P. D.) 

EssuÉE, EssujKE, s. f., perte, ca- 
tastrophe. Par extension, coups reçus : 
« Colas vin d'attrapai in' essuée qui peut 
comptai. » V., arr. de Poit. et de Civ. : 
pour tt essujée. » — D.-S. — Français : 
fl suée, t) inquiétude subite et mêlée de 
frayeur. — Grande dépense. 

EssuGEAi, v. a. et pr., essuyer : 
« essuge-:e don les moins, a sant tout* 
sales. » V. — D.-S., Gâline. — Proven- 
çal : « eyssuga. o 

EssuMEAU, s. m., essuie-mains. V., 
c. IVlontm., St-Remi. 

EsTEBBiLLE (l. cx^ ivrbo\ s. f., 
tourbillon. V.— D.-S., arr. de Bress. — 
Languedocien : « estourba, » troubler , 
déranger. 

EsTERLOC, s. m., ostrogot. V., arr. 
de Civ. 

EsTipoT, EsQUiPOT, s m., petite 
boîte qui fait partie d'un coffre. Vend. 
— D.-S. — (B -F.), pour «esquipot. » 

« Tirlant de laiix estipot 
» be l'or à plein sachot. > 

(Gust., p. 10.) 

Le nom 6'estipot se donne encore à la 
bourse et à tout objet employé à serrer 
quelque chose. (Pressac.) — Bordeaux : 
« esclipot, » cassette. 

EsTivAiLLEs (1. œstivus), S. f. pi., 
céréales de printemps : « esquelles terres 
lesdits bordiers seront tenuz semer par 
chascun an jusques à la quantité de 
35 sexliers de froment et seille et autans 
d'estivailles pour le moins. » (An. 1480. 
Breuil-l'Abbesse. Manusc. du Poitou.) 



ETO 

Etalanche, s. f., écharde. V., arr. 
de Civ.— D.-S., arr. de Melle. 

Etancue, s. f., bafardeau. D.-S. — 
V. — Roman : « estancar, » étancher. — 
Vieux français : « esiance ou stanche. » 
Français : « étancher, » arrêter l'écou- 
lement d'un liquide. 

Etauçai, V. a , couper les branches 
d'un arbre têtard. (B.-F.) 

Etaux, s. m. pi., fagots faits avec 
des branches d'arbres. (B.-F.) — Vieux 
français : « estaille , » copeaux. 
(xMi* siècle.) 

Etbiwte. s. f., calme en parlant du 
vent : « n' fé pou in' éteinte de vont. » 
Vend. (C. et P. D.) 

Eteppai (r. éteppe), v. a. et pr., 
mettre des éteppes. V. — D.-S. V. At- 
tepai. 

Eteppe (1. stipes)^ s. f., support, 
perche, tuteur. V. — D.-S. V. Attepe. — 
« Estappes, esteppes , » a poyé à ceulx 
qui ont coppé et mis appoint les es- 
teppes et longuières à assoyer lesd. pa- 
litz. » (An. 1475. St-Romain.) — 11 y 
avait autrefois près Poitiers la foire des 
esteppes : o magna via per quam itur 
ad nundinas dous étapes. » (An. 1320. 
Manusc. du Poitou.) — Ancien français. 

Eteppe (1. stupa), s. f. , éloupe. 
Vend., Sablais et Chaumois. 

Eternue, s. f., plante, Vagrostîs 
sfolonifera. V., arr. de Chat. —D.-S,, 
arr. de Bress. K. Cernoue. — Aube : 
(I étarnue, » sorte dearaminée. — Patois 
du Berry : « élernue, » agroslis blanc. 

Eteté, Etètéb , s. m., entre-deux 
des champs. V., arr. de Loudun. 

Etétubes, s. f. pi., le plus mauvais 
du chanvre. V., arr. Chat. 

Etirolé, ée, adj., mince, f!uet, 
chétif. L'on dit en parlant de quelqu'un 
de grand, de mince : a o le grond eti- 
rolé î » (B.-F.) 

Etoc, s. m., étau. V., arr. de Civ. — 
D.-S , arr. de Bress. — Provençal. 

Etoquai, v. a. et pr., battre quel- 
qu'un. Les chevaux « s'étoquant » quand 
ils se mordillent mutuellement la cri- 
nière. 

Etouat, v. a., serrer dans une ar- 
moire. Vend, à La Garnache. (C. et 
P. D ) 

Etoumbji, b fétoum'ji), adj., moisi. 
Vend. (G. et P. D.) 



ETU 

Etoumesi (étoum'si) , v. n., s'al- 
térer, moisir en parlant du linge, du 
lait qui commence à s'aigrir. D.-S., 
arr. de Bress. et de Parlh. — Vend., 
Font. (C. et P. D.)— (A. R.) 

Etoupai II. stupa), v. a., peigner, 
carder le chanvre. V., arr. de Civ. 
, Etoupassai, v. réfléchi, avoir été 
battu. (B.-F.) — a Estoupacier, » mettre 
au pilori. (Lacombe, t. ii.) 

Etoupier (r. étoupai), s. m., celui 
qui éloupe. V., arr. de Civ. 

Etout, conj. et adv.^ aussi. V., sui- 
vant les lieux. — Vend. (C. et P. D.) — 
Ardennes. — Besancon: « aitout. » 

Etraite, s. f., lien rond en cuir, en 
branches flexibles, ou en osier, servant à 
tenir le joug des bœufs a Taiguilie d'une 
charrette ou à la perche d'une charrue. 
V., arr. de Chat. V. Amblet. 

Etrangeai, v. a., rançonner, fcure 
payer trop cher. Dans tout le Poitou. 

Etranglard [gl mouillés), s. m., 
petite poire sauvage ainsi appelée à 
cause de son âcreté. V., arr. de Civ. et 
de Melle. 

Ethebeuille, s. f., tourbillon. V., 
arr. de Civ., de Montm. V. Esterbille. 
Etrillou, Etrillour, s. m., ins- 
trument que l'on tient à la main pour 
dévider le fil, afin qu'il ne coupe pas 
les doigts. V.,arr. de Civ., c. de Monte, 
et de Montm. — D.-S., c. Celles — 
(B.-F.) 

Etrefougé,ée,Etrefougt,e, adj., 
mort, mis en terre : « lu n' s'ra bén qu' 
quond lu s'ra èlrefougé. • 

Etrefougeai, v. a., tuer un être 
vivant. V., c. Couhé. — D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

Eutreuçage et Etruçage (r. 
étreucé) , s*, m., ce qui provient d'un 
arbre étreucé. V., arr. Chat — « Es- 
troussures : estroussuresdes grands bois 
de Gironde adjugées au prix de 90liv. » 
(An 1577. Duché de Châlelleraud.) 

Etreucé d. truncare), v a. ébran- 
cher un arbre, l'élronçonner. V., arr. 
Chat. — « Estrougner : estrougner les 
saules. » (An l589.Manusc. du Poitou ) 
V. Etauçai. 

Eteiquai, v. a., enlever les triques.^ 
les grosses branches des fagots, n'y laisser 
que le bois menu. V. — D. S. — (B.-F.) 
Etuderie (l. studium)i s. f., étude, 



EVE 



131 



et lieu où Ton fait ses études. Vend. — 
(Gust.) 

Etures, s. m. pi., démonstrations 
excentriques. Vend. 

Etuvaillaud, s. m., pacage d'un 
champ nouvellement moissonné, dont le 
chaume est encore frais. :B.-F.) 

EuGLOUBi (g/ mouillés,) v. a., casser 
une branche d'arbre qui, en se brisant, 
emporte avec elle des lambeaux de l'é- 
corce, et fait fendre l'autre partie qui 
reste attachée au tronc. V.,arr. de Lou- 
dun. V. Aiglaci. 

EUGLOUBURE içl mouiHés.) s. f., la 
branche , l'écorce « eugloubie. • V., 
arr. de Loudun. -— V. Êluçure. 

Eu, pron. pers. ; 3«pers., il. V., c. 
Isle-Jourdain, Luchapt. 

EuRÉE et EuRÈRE (l. ora), s. f., 
bord, extrémité, entrée. V., arr. Civ., 
c. de Couhé pour « Eurèren : — «Com- 
mençant dès l'eurée du dictestang. > 
(An.* i.j79, arch. saint Hil. Bourg., 
n° 1465.) — Vieux français : « orée.^ » 

EuvRAi, v. a. {\. aperire) ^ ouvrir. 
D.-S., arr. de Bress. — Vend. 

M Gl'euvretles ail, gl'euvret la goule.» 

(Gust., p. 80.) 

EvAGUAi , V. n. et pr. (1. evagari), 
disparaître, se dissiper : « la douleur 
s'évag'ra. » D.-S., arr. de Parlh. 

EvAGUAi (s') , V. pr., s'étendre: <« la 
douleur s'évaguaie dans tous mes mem- 
bres. » D.-S., arr. de Parth. — (A.-R) 
— V., arr. de Poil. 

EvAi,s. m., évier. D.-S., c. de Par- 
thenay. 

Evaluai [valere] , v. n., gagner en 
valeur : a tout que tu n' fra poué au- 
trement, ta métairie n'évalura poué. » 
D -S. — Français : « évaluer, » estimer 
une chose selon sa valeur. 

Evargondai, ie (1. verecundus), 
adj., dévergondé ; « rin d' pus evar- 
gondai que quialle fumelle » , rien de 
plus dévergondé que cette femme. D.-S. 

Evestoui, e, adj., éveillé , alerte , 
subtil. V., arr. de Poit. — D.-S., arr. 
de Bress. f^. Efestouillé. 

Eveuvai, v. n., devenir veuf. Vend. 

€ Mais de qulelle broche glc fant bay dau femme. 

[éveuvée. » ' 
(Gasl.. p. S8.) 



132 



EVR 



EZI 



EvEZÀGLÀï igl mouillés) , v. a., 
écraser quelque chose entre ses doigts. 
(B.-F.) 

EvoLAGEAi, AIE, adj., étourdi. D -S. 
-(A.-R.) 

EvoLAGEAi, V. a., effaroucher , for- 
cer la volaille à s'envoler : « qu'a tu 
b'toin d'évolageai mes poules? w —(s'), 
V. pr.. s'effaroucher, s'effrayer. D.-S. 
-(A.R.) 

EvREDiK (1. vertigo), s. m., caprice, 
fantaisie. V.— D.-S. — Courage inac- 
coutumé, (ie peu de durée, décision 
prise à l'instant. Vend. (G. et P. D.) — 
Sainlonge : a eveurdin,» caprice subit. 



EvREiLLAUDi, V. a., féjouir — (s'), 
V. pr., devenir gai : « gl'é bai evreil- 
laudi ; gle rouill' daux eils quem' in* 
chatte qu'avorte dons dau bran »; il est 
bien gai, il ouvre des yeux comme une 
chatte qui avorte dans du son. D.-S., 
arr. de Bress. et de Parlh. 

ExPLiQUEMENT, S. m., explication. 
V., arr. Chat. 

Eziou [g. cîc7ua), s. m., osier. V., 
arr. de Poitiers et de Civ. — D.-S., 
arr. de Melle. — (B.-F.) — « Ayziou, 
Aysioux » : « pour XLII torches 
d'aysioux. » An. 1582, manusc. du Poi- 
tou. 



F 



FAR 



Fagnb (très-bref), s. f., boue : « gl'a 
chet dons la fagne, » il est tombé dans 
la boue. V., arr. de Civ. — D.-S., arr. de 
Melle et de Parth. — Saintonge — Basse 
latinité : «fangus d— Roman: «faigna,> 
boue. — Bas-Breton; « fank. » — Pa- 
tois wallon : « fanië. » — Patois li- 
mousin : «faigno.» — Italien : «fango.» 

Fagnou, SE. adj., boueux , couvert 
de boue. V. — D.-S. : « Pâques fagnou, 
année froumentouse. i> (Dicton Poit.) — 
Saintonge. 

Fai, s. m., fléau pour battre le blé. 
D.-S.. arr. de Melle et de Niort 

Fail, s. m , fils. V — D.-S. —Vend, 
suivant les lieux. 

« Car gl' esf, disant ail, 

» Le ras dauxcieux que j'attendons 

> Et dau bon Dieu le (ail. s 

(Guit., p. If.) 

Paillette II. falleré), s. f., dé- 
faut dans la toile. V.— D.-S. — Vend. 
— Roman : c failla, failhida», manque- 
ment, faute. (Cit. B.-F.) 

Failli, E, adj , chétif, de peu de 
valeur : 

« Et souvent dans laux poches 
n Gn'ant pas la failli sou marqué. » 

^Gust., p. S8.) 

« Les habitants de Salle ont in faiUy marchand.» 

(B«b., p. 17.) 



Faimgalle et Fraimgalle, s. f., 
faim dévorante. Expression métapho- 
rique, empruntée sans doute à l'action 
de la gale sur le corps. Dans tout le Poi- 
tou. — Berry : « fringale fringale, » 
faim extrême; exténué de fatigue. — 
— Gascon : «fan-gâno, » faim canine. 

Faimgallai et Fraimgallai (r. 
faimgalle), v. n., avoir la faimgalle. 
Dans tout le Poitou, 

Faissou (1. fascis)^ adj. des deux 
gen., pesant, gros, embarrassant, s'em- 
ploie le plus souvent avec la particule 
négative. D.-S.— (B.-F.) —V., arr. de 
Civ. — Roman : « fais. » 

Fan (l. famis), s. m., faim : « ni 
fan, ni se» ; ni faim, ni soif. V., Lu- 
ch.ipt. — Gascon, limousin et languedo- 
cien : a fan. » 

Fanfouinai, v. a. et n., manière 
peu intelligible de parler des personnes 
à qui le voile du palais manque. Vend. 
(C. et P. D.) 

Faraud, e (l. farî), adj., fier , or- 
gueilleux. Danstout le Poitou.— Yonne: 
« faraud », fat, élégant. — Mayenne : 
« faraud » , orgueilleux. — Patois du 
Berry : «faraud», fier de ses beaux 
habits. 

Faraudai frac, faraud) [se], v. 
pr., s'enorgueillir, se pavaner. Dans 
tout le Poitou. 



FAU 

Fabci (1. farcire) , s. m., mélange 
d'herbes hachées et de lard auxquels 
on ajoute des jaunes d'œuf que l'on en- 
veloppe d'une ou deux feuilles de chou 
vert, et que l'on fait cuire au pot dans 
un petit filet qui ne sert qu'à cet usage, 
et que dans quelques endroits l'on ap- 
pelle le /arciwier. V., arr. de Poit., de 
Civ. c. risle-Jourd. — D.-S. 

Farcinié, s. m., le filet qui contient 
le farci. V., c. Isle-Jourd. — Ailleurs, 
poche -à-farci. 

Farfignac, s. m. , gâteau fait avec 
des pommes. 'V., arr. de Civ. 

Farfollae (// mouillés), v. n. , 
démanger. Vend. (C. et P. D.) 

Farfoullae (// mouillés) , v. n., 
marcher dans la boue^ dans un terrain 
humide : « mes pés farfouillant dons 
mes bots» ; mes pieds sont à pleine 
boue dans mes sabots. D.-S., c. de 
Celles.— Patois limousin : « farfouillas.» 

Farfouillai, v. n., faire du bruit ; 
l'eau entrée dans les souliers far- 
fouille en marchant. D.-S., c. de 
Maz. (A. R.)— Marne : « farfouiller, » 
fouiller, s'agiter. — Patois du Berry : 
« farfouiller », chercher en fouillant. 

Fari , s. m., terre ocreuse, d'un 
jaune pâle, qui compose le sous-sol de 
certaines terres calcaires. V., c. La 
Villedieu , Vivône. 

Farinaie, s. f. [\. farina], mélange 
de farine de baillarge et d'avoine dé- 
trempé dans du lait ou de l'eau, que 
l'on donne aux petits cochons. D.-S., 
arr, de Parlh. — V., arr. de Poit. et de 
Civ. 

Faubourde, s, f., bâton de cinq h 
six pieds de long, crochu a l'une de ses 
extrémités, servant à porter des fagots 
sur l'épaule. 'V., arr. de Chat. 

Faucellée et Faucillée (// 
mouillés), s. f., plante dont les feuilles, 
d'un vert jaunâtre, sont allongées et 
dentelées comme une faucille. De là 
son nom; onomatopée. — V., arr. de 
Poit. et de Civ. — D.-S. — (B -F.) 

Faumanche (I. faix, manubrium), 
s. m , manche de faux. V. — D -S. 

Fauterne, s. f., plante qui croît 
dans les blés, et le long des haies. Sa 
graine, petite, noire et luisante , com- 
munique au pain, quand elle s'y trouve 
incertaine quantité, un goût d'amer- 



FEN 



133 



tume très-prononcé. D.-S. — (B.-F.) — 
Provençal : « fauterno, » aristoloche. 
(Lacombe.) 

Favris (I. faba], s. m., paille de 
fève. V., dans quelques localités. — 
Marne : « favas, » fèves, tige de fèves. 

Fayan {\. fagus)^ s. m., hêtre , ar- 
bre. V., arr. de Civ. — D.-S. — Erse : 
M feagha.» — Breton : «fao et faouenn.» 
— Provençal : « fau, faou. > — Marne : 
a fau. » — Aube : « fayte. » — Patois 
du Berry : «< fau, foyard, fou. » 

FÉ, s. f., foi. — V. — D.-S. — Lan- 
guedocien et limousin : « fé. » 

Febae (1. favus)f s. f., tromperie. 
Vend. (C. et P. D.) 

Fedon, oune (f'don), adj., se dit des 
baudets et des ânesses au-dessous d'un 
an. V., arr. Civ.— D.-S —IB.-F.)-Pro- 
vençal : « fedoun, n poulain : « coumo 
s'ère un fédoun atrinable au labour. » 

Feil, s. m., fils. V.— D.-S., suivant 
les lieux. V. Fail. 

Feillaude, s. f. (1. filiola), petite 
fille. V. — D.-S. Par extension, fille : 

« a son Ira oveque ly 

» Uo pu galante feuillandc. d 

(Rob. Div., p. 96.) 

Feille, s f., fille. V., arr. P., arr. 
Civ.— D.-S. 

« Nos belles feilles poëcterlnes 
» En contemplant sa bonne mine 
• En Youdriantchaquine in taux. » 

(Rob. DiT., p. 64.) 

Feintise (I. fingere), s. f., feinte, 
dissimulation. V.— D.-S. 

Felou Tlou), s. m., grande peur. 
Vend. (C. et P. D.) 

Fellou et Fillou (// mouillés) 
[\.filiolusY s. m., filleul. V.— D.-S. — 
Vend., suivant les lieux. 

Fenaillons, s. m. pi., guenilles , 
linge sale et déchiré. Employé par mé- 
taphore, l'on dit d'une fille sale dans sa 
mise qu'elle est une « fenailion. » (B.-F.) 

Fenabde (fnarde) [I. feneus\, s. f., 
herbe qui reste dans les champs quand 
les blessent coupés. D.-S.~(B.-F.) 

Feninée, s. f., femme. V., c. de TIsl.- 
Jour. — Languedocien et limousin ; 
« fenna. » — Gascon : « fenno. > 

Fenêtre, s. f., trou carré pratiqué 
dans un mur de séparation qui indique 



134 



FES 



la non mitoyenneté : case, comparti- 
ment. V. — D.-S. — a Ilem ont cassé 
ung aullre grant poulpilre fort long, 
avant une grande feneslre fermant à 
ciel. » (An. 1562.)— « Une armoire ou- 
vrant à deux feneslres et un tiroir au 
milieu. >> (An. 1758, Vasles.)— "Fenestre 
à assées, fenestre pour prendre ozeas. » 
(An 1572. Manusc. du Poitou.) 

Ferasse (f'rasse), s. f., le plus mau- 
vais du chanvre. /'. Baurasse. V. 

Ferasses (I. ferrum], s. m. pi., fers 
que l'on met aux sabots. V., arr. Civ. 

Feriau (1. feria), s. m., jour de fêle, 
de repos. 

« I n'en degneral ren craindre, 
» Car le Jour est feriau. »> 

(N. p., p. 20.) 

Fbrlor , E, adj., enfoncé. Gâline. 

FerlucheSjS. f. pi., copeaux légers 
produits par le rabot ou la variope. V., 
arr. Chat. — Marne : o ferluche, » gue- 
nille, mèche. 

Fermogeae ou Fremogeae W.fimus 
agere), v. a., nettoyer les étables. Vend. 
(C. et P. D.) 

Fermougbai et Fremogeai, v. a. 
V. le précéd. V. — D.-S., suivant les 
lieux. 

Fertalé [t. fertaléè)^ v. n., tomber 
en abondance en parlant de la pluie, de 
la grêle et des coups. V., arr. Chat,, 
Maire. 

Fertaléb, s f., abondance, grande 
quantité : « fertalée d'eau , fertalée de 
coups. ■ V.,arr. Chat., Maire. 

Ferté , V. a., tisser trop clair une 
pièce de toile ou d'étoffe, V., arr. de 
Poit. et de Chat. 

Ferté, v. a., tracer un sentier à tra- 
vers champs en y marchant pour la 
première fois : « quiés poules a fertant 
daux v'dets dons quiés bois ; •> ces poules 
font des sentiers dans ces bois. V., arr. 
de Civ. 

Febti, s. m., l'endroit le plus frayé 
d'un chemin. V., arr. de Civ. 

Fesselle (l./.9ce//a), s. f., vase de 
(erre percé de trous qui sert h donner la 
forme aux fromages et à les égoutter. 
V. — D.-S. — a Redevance de sept sols 
six deniers .... et ung fromage en la 
fesselle. « (An. 1634. La Foucaudière). 
— Patois du Berrv : « fersielle. » 



FIA 

FÉTissiÈREs, s. f. pi. , on appelle 
ainsi les femmes qui font cuire leur pain 
au four d'un boulanger. V,, arr. Civ. 

— Pain félis : « payé pour XII grans 
pains félis valant VllI d. chacun, 
VIII s. j) (An 1469. Vastes. Manusc. du 
Poitou.) 

Feugnat, v. n., avoir du dégoilt : 
(I i n' se qu' li baillai à mangeai , le 
feiigne su tout. ■ Vend. (G. et P. D.) — 
Patois du Berry : « feugner, » sentir, 
llairer. 

Feuillet, s. m., espèce de scie. V. 

— D -S. — « Feuillet à scier du bois. » 
(1765. Vasles. Manusc. du Poitou.) 

Feurliné et FtRLiNÉ , retentir 
comme le bruit d'une cloche, d'un mé- 
tal, y. Derliné. V.,c. de Lussac. 

• Cinq ou six denettes 

» Dans ma pociiette 

>) Quieu s'ra bou pre feurliné. » 

(Cbans. poit.) 

Patois du Berry : « ferliner, » son fêlé 
d'une cloche cassée, son de l'argent 
dans la poche. 

Feutai (faire) [1. focu$\^ loc, se dit 
du feu. C'est l'activer soit en le soufflant, 
soit en y mettant du bois : o tou feu n' 
feut' guères, v'sin. » D -S.— l'B.-F.) 

Févée, s. f., haricot : « févée négrée, 
blanchée , rougée , » haricot noir , 
blanc, rouge. V., c. l'Isl.-Jour,, Lu- 
chapt. 

Fevrée \\. fehruarius],?». f., violette 
blanche V. — D.-S., suivant les loca- 
lités. Dans d'autres endroits on dit : 
« février. » 

Fi fl. ficus)^ s. m., verrue. V. — 
D.-S. " 

l^'iALAUD, E, adj., désœuvré. D.-S., 
c. Bress. 

FiALE, s. m., fanne : « les fiales des 
poumes de terre. » D.-S. — (B.-F.) 

FiALÉE, s. f., abondance, grande 
quantité. V. y. Fertalée. 

FiALÉ, V. a., tomber en abondance 
en parlant de la pluie, de la grêle et des 
coups. Vienne. V. Fertalé. 

Fiance {\. fidentia), s. f., confiance, 
assurance : « i n'ai poué de fiance en 
quiau gars. »Dans tout le Poitou. « Ne 
deit doner fiance au seignor de la ville 
de Charroux. » (Coût, de Charr.) — Pa- 
tois du Berry ; « fiance. » — Rabe- 



lais : « Mais toute ma fiance est en 
Dieu mon protecteur. » (L. 2, c. 28.) 

FiAUNES, s. f. pi., feuilles de plantes 
fourragères et potagères : « quiés Iron- 
fles avant daux fiaunes; ai sant supar- 
bes; » ces trèfles ont des feuilles; elles 
sont superbes. D.-S., c. Celles. 

FiCHON (1. jigere), s. m., aiguillon 
des abeilles, des guêpes, des serpents. — 
Au figuré, mauvaise langue. D.-S., c. 
Bress. — Roman : a fisso. » — Gascon 
et languedocien : a Ussou. » 

Fie, s. m., raisin blanc. V. — «Payé à 
plusieurs personnes pour pain, poisson, 
huyle, sau, œufs, fromages, fiez, etc. » 
(An 1387. Manusc. du Poitou.) — Rabe- 
lais : « fiers. » 

Fie QUE et Refié-que , loc, aux- 
quelles sont toujours joints les deux 
mots, pre ou yer mé: « fié qu' pre mé, 
i ou fr'é jh; » quant à moi je ne le ferai 
pas. V., arr. Poil. — Patois du Berry : 
« fié » (à mon), a. quant à moi. » 

FiÈvEs, s. f. pi., petites grenouilles 
qui coassent en été , pendant la nuit. 
V., arr. de Chat, et de Civ, 

FiÉROU, FiÉROT (le t sonne), adj. 
des deux genres, fier. (B.-F.)— V., arr. 
de Civ., pour a fiérot. » — Patois limou- 
sin : » fiéiroun. » Italien : « fiero. » 

FiEU [\. focus), s. m., feu. V., c de 
risl.-Jour., Luchapt. — Patois limousin : 
« fét. » — Marne : « fex. » — Gascon : 
« fet, fec. ») 

Fignolai, v. n., se parer, avoir une 
mise recherchée. V. — D.-S. 

< Quiés bea* messieurs qui fignolant, 
» Le chapea su l'oreille. » 

[Chaos, poit ] 

Aube : « fignoler, » faire l'aimable, le 
beau fils. — iNIarne : « achever, polir. » 

FiGiNOLàNT, adj. \erb. , qui aime à 
se parer, à suivre la mode. V. — D.-S. 

FiGNOLEUX, SE, adj. V. le précé- 
dent. V. — D.-S., suivant les lieux. 

FiLAiE, FiLi [d'à) , loc. adv. , sans 
interruption : a i fi dix leues d'afilaie. » 
V.,arr. Civ. -D.-S., arr. Melle.— V., 
c. Monte, et D.-S., c. de Bress. pour 
« d'afili. » 

FiLLATRE , s. m. et f., beau-fils et 
belle-fille, enfants du premier lit. V. — 
Sainionge : o belle-fille. » — Ancien 
français : pour les deux genres. 



FLA 



135 



FiLLAU, S. m., petit enfant. V.— 
D.-S.— Vend., suivant les localités. 

« En disant à quiau fîllau 
» Ah ! bonjour notre bon nooestre. » 

(N. p., p.2«.) 

Rabelais : « fillot ; fillot, dictes m'en 
vostre advis. » (L. 3, c. 24.) 

FiLLAUDE, s. f., jeune fille, petite 
fille. Vienne. ^. Fellaude. 

FiLLOLE, s. f., filleule. Dans tout le 
Poilou. — r/on donnait autrefois ce nom 
à une église annexée à une paroisse. — 
Patois du Berry : « filliol, filliole. » — 
Ancien français : « fillole et filliole. » 

FiLOCHAi (se) [1. fihim], v. pr., se 
dit des blés ou des plantes qui lèvent 
avec des feuilles minces. V., c. de 
iMont. F. Afiilochai. 

FiLTOUPAi, v. a., peigner, carder le 
chanvre. V.— D.-S. F. Etoupai. 

FiLTOUPlER, s. m., celui qui peigne 
le chanvre. V. — D. S. V. Etoupier. 

FiNFEELU, E, et FiNFERLur, adj., 
fier, orgueilleux : « est-eil faraud, quiau 
gars 1 gle fé ben san finferlut ; gle pass' 
d'au Ion mai sons m' dir ban jour; » 
est-il fier ce gars! il fait bien son or- 
gueilleux ; il passe auprès de moi sans 
me dire bonjour. V., arr. Civ. — Fran- 
çais : « fanferluche, » ornement sans 
valeur. 

FiON, s. m., élégance. V. Vend. — 
Mouvement, branle : « donner un fion, » 
danser un branle. (B -F.) — Marne: 
« fion, )) ruse, adresse, savoir faire. 

Fiou (1 Jilujn), s. m., fil à coudre. 
V., arr. Civ., c. Ile-Jour. — D.-S. — 
(B.-F.) — Provençal, limousin : « fiéu, 
fiéou. » 

FiscELLE, s. f., vase qui sert à don- 
ner la forme aux fromages et à les 
égoutter. V., arr. de Civ. — D.-S. 
y, Fesselle. — Provençal : « fiscello. • 

Fissoîv, s. m., l'aiguillon des guêpes, 
des serpents, etc. V. — D.-S. V. Fiction. 
— Saintonge. 

Fla et "Flai (1. Jlagellum), s. m., 
instrument pour battre le blé. V. — 
D.-S. — Vend., suivant les localités. — 
Marne et Haute-Marne : « fiais, flau, 
fié. » — Ancien français : « fléel. « 

Flabé {fl mouillés)*, v. a., abattre les 
noix. V., arr. de Chat. 



136 



FOG 



Flagne-d'bau, s. f., boue, terre hu- 
mide. D.-S. (Rond.) 

Flambe, s. f-, iris à fleur bleue, et 
que l'on met assez généralement sur les 
fours de nos campagnes. V. 

FL\MBiEel Flamboisb {\.^f7amma), 
s. f.. tlamme ; « faire une flambie, » 
c'est jeter du bois sec et menu dans le 
feu pour obtenir une grande flamme. 
D.-S., c. Bress., arr. de Melle, pour 
« flamboise. » — Patois du Berry : 
« flambée, » feu clair de bourrées. 

FLK^m\i[\. Jlamma],\. n., flamber, 
être allumé, se dit du feu. — Au fi- 
guré, la tète, la figure, les joues a flam- 
mant, « lorsqu'on y éprouve une grande 
chaleur D.-S., arr. de Parlh. (A. R.), 
arr. de Melle. (B.-F.) — Roman : « fla- 
meiar. — Espagnol : « flamear. » 

Flasque, Flïasque [fl mouillés), 
s. m., fera repasser le linge, entouré 
d'une bande de fer, et recouvert afin de 
pouvoir y mettre du feu. D -S. — Vend. 
— V., c. Lusign., Viv. etCiv. — Vend., 
pour « fliasque. » — Français : « flas- 
que. » mou et faible. 

Flasquai, Fliascae, V. a., repasser 
le linge avec le « flasque. » D.-S. — 
Vend. — V., suivant les lieux. 

Fleur AGE, s. m., riboulet fin que 
les boulangers jettent sur leur pelle. V. 
— D.-S. — Français : o fleurage, » son 
de gruau. 

Fleurai, v. a., jeter de la farine, du 
riboulet, sur le pain levé, sur la pâte, 
afin qu'ils ne s'attachent pas à li pelle, 
au linge. V. — D.-S. — Français : 
« fleumer, » exhaler une odeur. 

Fliaau, s. m., filleul : « man perein 
dau tompUe m'appelle lerjou san flâau ; » 
mon parrain du temple (le protestant) 
m'appelle toujours son filleul. D.-S , arr. 
Melle. 

Flicouèbe, s. f., petite seringue. V., 
arr. de Chat. V. Eclissouère. 

Flomai, V. n , flamber, flamboyer. 
V.,c. de Monte, V. Clomiai, 

Floquai [fl mouillés), v. n., faire du 
bruit. V. — D.-S. — V. Farfouillai. — 
Aube : ■ floquer, j> flotter. 

Floquet, s. m., troupeau de brebis 
peu nombreux. Vend (C. et P. D ) 

Flubé (// mouillés,, v. n., siffler. V. 
arr. Chat. — Patois du Berry. 

fOGUAi, V. n. et pp., faire manger 



FON 

quelqu'un, ou manger outre mesure. — 
V. — D.-S. —Vend. 

FoiGNE ou FouÈGNE, S. f . , boue. 
D.-S , arr. de Melle (Rondier.) 

Foijou, s. m., receveur du droit de 
fouage (Gust.) 

P'oiNTisE, s f., feinte, dissimulation. 
V. — D.-S. —Vend. V. Feintise. 

FoiRiAU, S. m., raisin. V., arr. de 
Chat. P . Bouzar. — Rabelais : « foi- 
ra r. » 

Foissellb, s. f., vase pour donner 
la forme aux fromages et les faire égout- 
ler. D.-S., arr. de Bress. — Aube. 

FoLioT, adj., folichon. V. — Marne : 
{< foloier, folier, » faire des folies — 
Rabelais: « je lui remontrais en fol- 
liant. .) (L. 3, c. 14.) 

FoMBRAGE, s. m., litière, tout ce 
qui sert a faire du fumier. V., arr. de 
Chàl. ~ Patois du Berry : « fombran, » 
fumier. 

FOMBRAGÉ , FOMBRAYAI , FoM- 

BREYÉ. V. a., nettoyer les étables. — 
Vend. — V., arr. Chat. V. Fermogeâe. 
— Patois du Berry : « fombrayer et 
fombréger. n 

FoMBRii, V. a. y. les précédents. 
V., c. Monte, Mazeuil. 

FoN'ÇBAi, V. a. et n., fournir de l'ar- 
gent à quelqu'un, être, pour ainsi dire, 
son banquier, l'aider dans ses besoins , 
dans ses entreprises. Dans tout le Poitou. 

FoNÇEAi (r. fond), v. a., donner la 
culotte à un enfant : «quand foncerez- 
vous le petit gars? » D.-S., c. de Ma- 
zières. (A. R.) 

Fond (1. fundus)^ s. m., culotte , 
pantalon. D.-S., c. de Maz. (A.R.) — 
c. de Bress. 

Fondis, s. m. pi. , bâtiments tombés 
en ruine, masures. V.— D.-S. — « Fon- 
dis oumazery. » (1481,Nieuil, manusc. 
du Poitou.) — «Fundeys, domus rui- 
nose et dérute. » (An. 1291, arch. St.- 
Hilaire , Bourg.) — « Frousleys. » 
(An. 1498, Béruges.) 

Fondre, v. n., démolir, s'écrouler. 
V.— D -S. — Vend. — Le mot latin 
fundere se trouve employé dans le sens 
de démolir dans une charte de l'an 1212 
du cartulaire de Boisgrolland : « domus 
que erat prope turrim de Thalemundo 
quam ego (Willelmus de Malo LeonQ 
dominusThalemundijfundifeci. » 



FOR 

FoNDHÉE (1. fundus)^ s. f., terrain 
'lansun fond. V.,arr. de Civ. — Patois 
du Berry : » fondrée, » fondrière. 

FoNDRiLLES, S. f. pi., Corrélatif du 
mol français effondrîlles, parties gros- 
sières, restées au fond d'un vase après 
l'ébullition ; rebut. V. — D.-S. 

Font (1./ow5), s. f., fontaine. V. — 
D.-S. — Vend. — Provençal et patois 
(lu Berry : a font. » — Gascon; o foun » 
Grand nombre de localités du départe- 
ment de la Vienne sont désignées sous 
le nom de Font ou Fond. 11 en est de 
même de plusieurs Fontaines. 

FoNTERNE, s. m., plante qui croît 
dans les blés et le long des haies, très- 
nuisible aux céréales. Sa graine com- 
munique au pain un goût très-désagré 
able. V., arr. de Civ. V. Fauterne. 

Fo>'Z.4iE et FoNZÉE, s. f., terrain 
dans un fond : « la fonzaio de ton pré 
n'est pas toute mauvaise. » D -S., c. de 
Mazières (A. R.) 

FORÇABLE (hl mouillés) \\ forfis] , 
adj. des deux genr., ouvrage fatigant , 
qui exige de la force. D.-S."^ — (B.-F.) — 
V., arr. Civ. 

« Forsablemcnt par graiif outrogc. » 

(Le libvrc du Bon Jehan, duc de 
Bretaigne. V. 223.) 

FoRÇÂRj S. m., morceau de bois qui 
tient à l'essieu de l'avant train de la 
charrue par un bout, et dont Tautre 
forme une entaille dans laquelle s'adapte 
le pra. f-', ce mot. (B.-F.) 

FoRMANCE (1. forma), s. f., appa- 
rence, forme. V. — D -S. — petites 
grappes qui sortent des bourgeons de la 
vigne au moment où les feuilles com- 
mencent a s'épanouir. V., arr. de Civ. 
— D.-S.— (B.-F) 

Fors, adv., dehors : « et parco si vin 
ereta perlait de fors, » et par hasard si 
du vin était apporté du dehors. (Coût. 
deCharroux, art. 6.)— Roman : afors. » 
y. Defors. 

FoRSAT, S. m., forfait : ' 

« De forsat qu'Adam fit contre fîon métré. 
» Quand do frut vouguit repètre. » 

[N. P., p. 10.] 

Fort (1. fortis), s. m., terrain ferme 
et solide. Pour asseoir des fondations il 

XXXII. 



FOU 



137 



faut creuser jusqu'au /o?-^ : «i avant bea 
creuseai, i n' trouvant poué 1' fort ; » 
nous avons beau creuser, nous no trou- 
vons pas le fort. V.— D.-S. — (B.-F.) 

FoRTATiF, VE, adj., celui ou celle 
qui est fort de tempérament, vigou- 
reux. V. —D.-S. 

FoRTE-couE , s. f., raisin blanc à 
graine très-dure. V., arr. de Civ. 

FORTiLLON (l. forticulus), adj. m., 
diminutif de fort, se dit d'un enfant dont 
les forces commencent à se développer : 
a v'ià son drôle fortillon. » V., arr. de 
Chat. 

Fou, s. m., crochet en bois, suspen- 
du par une corde au milieu d'un appar- 
tement où l'on met le chareuil [voir 
ce mot) pendant la veillée. V._, arr. do 
Poitiers et de Civray. 

Fou (mouton), s. m., mouton atteint 
du tournis, maladie causée par une hy- 
dalite dans le cerveau ou le cervelet. 
D.-S. — V. — Vend. — (B.-F.) 

FouACiER (r. fouace), adj. et subs., 
marchand de fouaces. — Rabelais : « au- 
quel temps les fouaciers de Lerné pas- 
soientle grand quarroi. >» (L. l, c. S.S.) 

— Français : « fouace, » sorte de ga- 
lette épaisse. 

FouAT, s. m., foyer. D.-S., Parth., 
Airvault.Châtillon. 

FOUASSÉE ou FOUASSÈRE , S. f. , 

mauve. D.-S. , Saint-Romans-les-Mel. 
(B -F.) 

Foucade, s. f., colère , impatience. 
V. — D.-S. 

FouÉE (1. focus)yS. f., pâte que l'on 
fait cuire sur le foyer du four au mo- 
ment où on le chauffe, et que l'on mange 
avec ou sans beurre. V., Chat. — Il y 
avait autrefois le droit ûefouée que l'on 
payait dans les villes pour le bois de 
chauffage. — Mayenne: « fouée,» flamme. 

— Aube, Marne : poignée de menu bois, 
fagot. — Français : chasse nocturne. 

FouEROUSE, S. f., sorte de raisin. 
V., c. de risI.-Jour. V. Foiriau. 

FOUGÉ , FOUGEAT , FOUGI , FoUI 

[l.focus), s. m., foyer. V. — D.-S., sui- 
vant les lieux. — Gascon : « fougue, k 
Patois limousin : « foujez. « — Pro- 
vençal: afougau, aufougau secaufant; w 
au foyer se chauffant. 

FouGÉE, s. f., c'est le corrélatif du 
français fouée, chasse aux oiseaux qui se 



138 



FOU 



FOU 



fuit la nuit h la clarté du fou. V. — 
D -S. Gàtine. 

FouGEAU. s. ni., feu dp Saint Jean. 
Dans les communes de Parrondissement 
de iMontmorillon, où ce mot signifie «feu 
de saint Jean, » les bergers, après la cé- 
rémonie religieuse , passent dans le feu 
une verge de noisetier au bout de la- 
quelle ils ont piqué une noix verte , ou 
ajouté un nœud de riierbc dite de saint 
Jean. Cette verge , qui a été coupée la 
veiliedela fête, est pieusement conser- 
vée pour préserver le troupeau des ma- 
ladies, et surtout de la dent du loup. 
L'on mord dans la noix ou dans le nœud 
d'herbe pour se préserver du mal de 
dent. Kniin chaque assistant au fougoau 
jetle une pierre dans le feu , et ceux qui 
jettent les plus grosses sont assurés de 
récoller, dans l'année, les plus grosses 
raves (navets). 

Foui (1. fugere), v. a. et n., fuir : 
« fuissez don ; w fuyez donc : « Piarre 
v'iait m'batl, i é foui devont li. w V. — 
D.-S. — Vend. — Saintonge. — Rabe- 
lais tdont eslimarenl que Gargantua 
estoitfoui avec sa bande. » 

Fouie, Fuie, s. f. , sorte de fouace. 
D.-S , c. d'Airvault. V. Cornuelle. 

FouiJATEAT, V. a., fouiller. Vend. 
(C et P. D.) 

FOUILLAGEOUX, FOUILLAGEUX, SE 

(l. foliosus)^ adj , assemblage épais 
d'arbrisseaux. V., arr. Civ. 

Fouillard(1. /o/iwm), s, m., bran- 
che d'aibrc, ou rameau pourvu de son 
feuillage : « s' tu va tcheuilli daux 
c'râeses, cass'pas les fouillards, trejou ; » 
si lu vas cueillir des cerises, ne ca.-se 
pas les branches, toujours. V., arr. Civ. 

— D.-S., c. Bress., arr. de Melle, Niort 

— Au figuré, langue : « gP a-t-in fouil- 
lard dons la goule qu'é dong'reux. » 
V., arr. de Civ. — l^atois du Berry : 
« feuillard, » fagots de branches d'or- 
mes , coupées lorsqu'elles ont encore 
leurs feuilles, et qu'on donne l'hiver 
aux brebis. — jSoms de lieux : « Fouil- 
lardes des) » [Angliers, V.]. 

F0UlLLARDAI,F0UILL.ABGEAT,V.n., 

bruit que fait le vent en soufflant à tra- 
vers les arbres et en agitant les feuilles. 
L'on se ^ert du même mot pour expri- 
mer le bruit qu'on produit en traversant 
un taillis, un champ de rnaïs. D -S., 



arr. de Melle et de Bress. — V., arr. 
de Civ., pour « fouillargeai. d 

FOUILLOUSE, FOUILLUIE, S. f . , pO- 

che : « gl' avant bé daux pèces dans 
laux fouillouses. w V, — D.-S. — arr. 
de Civ. pour « fouillute. » 

Fouinai (r. fouine)^ v. a , onoma- 
topée, avoir la ruse de la fouine; cher- 
cher minuliousement, se rendre impor- 
(un. V. — D.-S. 

« Ravaudras-tu toujours? faulto que tu 

[fouine ? » 
(Bab., p.4.) 

Mayenne : « fouiner, » ruser. — Aube, 
Marne : « fouiner, id fuir, reculer. 

Foui AGI RE, s. f., piège à prendre les 
fouines que l'on appelle « fouins, » dans 
nos campagnes. D.-S. (B.-F.) 

Foupi, V. a., chiffonner. V. — D.-S. 
— Patois du Berry. 

FouRACHEct FouRAicHE(l. furax)^ 
adj., non apprivoisé, en parlant des 
animaux, peu sociable en parlant des 
personnes, ombrageux, timide. D.-S. 
— (A.R.) — V. 

« La (onrache infidèle 
» Devant il trejou fuit. » 

(Guiliery, p. 20, cit. B.-F.) 



Saintonge. — Patois du Berry : « fou- 
rache, » farouche. — Provençal : « fou- 
réjhé. 

Fourche-Patllère (1. furca, pa- 
lea), s. f., grande fourche, dont l'une 
des dents est sensiblement plus longue 
que l'autre, et dont on se sert pour ra- 
masser la paille de l'aire, et la porter 
au pailler. D.-S. (B -F.) — V. 

FOURCHINAUD, FOURCHÏNE (l./wr- 

ca, nodus), adj. m., arbre dont la tige 
se partage en plusieurs branches, forme 
la fourche. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. 
Civ. et de Poit. pour <î: fourchine. » 

Foup.JATAi, V. a., remuer, secouer le 
bois avec une fourche dans un four, et 
avec un bùton ou les pincettes dans la 
cheminée. V., arr. Poit. et Civ. — Ma- 
yenne : « fourganer. » 

FouRME^TAGE, S. m., CB quB l'on 
mange avec son pain. V., c. de Monte, 
l.a Grimaudière. 

FOURNEANGE et FOURNÉYANGE (L 

fnrnarius)^ s. m., action de fournéer. 
D.-S., arr, de Parth. — (A, R.) 



FRA 

FouRNÉAi et FouRNÉYM, V. a., pé- 
trir le pain, préparer la fournée, mettre 
au four. 1).-S , arr. de Mclle et de 
Parlh.-(B.-F.) — (A. R.) 

« C'est ben pour tay, ma foy, que les inonenncs 

[fourneyant. » 
(Am. de Co!., p. 2s. cit. B -F.) 

Coutume de Poitiers : « fournoyer ; la 
contrainte de fournoyer à aucun four 
dépend des droits de basse jurisdiclion. » 
(Art. 4G.) — Basse latinité : furniare^ 
in furnum immittere , « enfourner. » 
(Duc.) 

FouRNiou, S. m., bâtiment où est le 
four. V. — D.-S. — (Manusc. du Poit. 
passim.) — Basse laiinité : furnile, 
pars œdis rusticae in qua est furnus, 
vulgo/ow?v2?7. (Duc ) 

FoussETU\ (1. fossatum)^ s. m , di- 
minutif de fossé;, petit fossé D.-S. — 
(B.-F.) 

î'oussî, E {\.fusus), adj., excessive- 
ment rempli : (« le jour de Pâques 
l'église était foussie de monde. » Par 
hypallage, très-nombreux : « Le monde 
était foussi dans l'église le jour de Pâ- 
ques. » (A. R.) 

FouvRA[ et FoTJVRÉE. s. f., violette 
blanche, violette de février. D.-S., arr. 
de Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

Fragne (1. fraxineiis], s. m., frêne. 
V. — D.-S. — Vend. 

FRAGi>iÉE,s. f., lieu planté de frênes. 
V. — D.-S. — Noms de lieux : « Fra- 
gnée(la), «[Lisant, V.], « Fregnée(la), » 
[Genouillé, V.]. 

FR4GN0LE, s. f . , la cantliaride qui 
affectionne le « fragne. ») (B.-F.) 

Frague (1. fracius), adj., faible, sans 
force : « i m' sent le cœur frague. » 
D.-S., c. Mazières. (A. R.) 

Fraichin [\. fracescere), s. m., pour- 
riture, odeur de poisson crû, de m.arée, 
mauvaise odeur. V. — D -S, — Odeur 
de cochon quand on l'ouvre; le lait 
d'une vache qui vient de faire son veau. 
Vend. (G. et P. D,) 

Frainguenailles, s. f. pi., hail- 
lons. D.-S.— (B.-F.)— Latin : fragmina, 
de fragmen^ morceau d'une chose 
rompue par fragment. 

Frairaiches i^.fratres), s. m. pi., 
tous les frères, tous les parents d'une 
personne. D.-S., c. Mazières. (A. R.) — 



FRA 



139 



Basse latinité ifrareschia : Franci nos- 
tri vulgo, frérage et freresche vocant 
ojusmodi partitiones bonorum patorno- 
rum , unde frerager, et frereschei\ 
pro partiri \nlor ïrixlrc^^ol frarescheurs 
pro cohœredibus passim usurpant con- 
suetudines municipales, Andegavcnsis, 
Cenomanensis, Piclavensis, etc. (Duc.) 

— Patois du Berry :« fréreux, » cou- 
sin, cousin germain, enfants de deux 
frères. 

Fraisselle, s. f., V. Fesselle. V. — 
D.-S., c. Maz. (A. R.) 

Fralaud, e, adj. V. Fialau. V., 
arr. Civ. 

Frale(1. fragilis), adj. des 2 gonr., 
peureux, craintif, fragile : «in' sai jà 
sifrâle. » D.-S., c. C B. (B.-F.) 

Fralai (r. fraie), v. a., brûler, gril- 
ler ; se dit de l'effet que produit une ge- 
lée blanche sur le feuillage, les jeunes 
pousses, les bourgeons et les fruits : 
•> la neut du 4 au 5 mai 1861 a fralé 
toutes nos vegnes. t> V. — D.-S., c. C. 
B. fB.-F.) —V., arr. Civ. 

Frambois, s. m., fumier. Vend., 
Font. (G. et P. D.) — « Maison à chaz... 
et une fosse à frambois y joignant. » 
(An. 1633. Manusc. du Poitou.) 

Framboyai (r. frambois), v. a., en- 
lever le fumier des établcs, les nettoyer. 
— Mayenne : a framboyer, » verger. 

FRAiNC,adj. m., hardi, résolu en par- 
lant d'un enfant. D.-S., c. Bress. — 
Fort, robuste, en parlant d'un homme 
ou d'une bête de somme. De là l'adage : 
<i franc du collier, d V. 

Franc, che, adj., privé, apprivoisé. 
V. — D.-S. — Roman : « afranquir, » 
apprivoiser. — Français : « franc, » 
libre. 

Frappe (de), loc, dru et menu : 
(< quand l'aive cheut de frappe, les che- 
mins sont moins glissants. » V. — D.-S. 

Frasail, s m., braise du four. D.-S. 

— Grec : Bpàralv, être brûlant. 

Fr4si etFRASiL, s. m., petite braise 
des maréchaux et des boulangers. V., 
arr. Chat. — Vend. (G. et P. D.) /'. le 
précédent. — Somme : « frasin. » 

Frates et Fratres (le), s. m., bar- 
bier du village. V. — D.-S. — Langue- 
docien : « frater. » 

Fraulai, v. pr., faire la courbette 
aux gens plus élevés que soi, pour en 



140 



FRE 



FRI 



obtenir les bonnes grâces. V. — D.-S. 

— Iliiule-IMarne : « frauler, » frotter, 
froisser. — Français : « frôler, » tou- 
cher légèrement en passant. 

Fredeillou et Fridillou, se (1. 
frigidus), aiij., frileux. V. — D.-S. 

c Car cinq ou six gaudenoz, nau, nau, 
» Ine nés bain fredillouse. » 

(N. P., p. 27.) 

Fregeois, s. m., engoulevent, ou 
crapaud volant, oiseau. (B.-F.) 

Frbigms, Freintis (r. freindre), s. 
m., blé étendu dans l'aire et que l'on se 
dispose à rompre avec le fléau. V., arr. 
Civ. — D.-S. —Vend. 

Freindre (I. frenderé), v. a. et n., 
étendre le blé dans Taire pour le battre. 
V. — D.-S., arr. de Bress. et de Parth. 

— (A. R.) 

Frelassai, V. n., faire du bruit en 
parlant de corps qui «e choquent. D -S , 
c. Maz. (A. R )— V. 

Frelinai, V. n., retentir en parlant 
d'un métal. V. — D.-S. V. Ferliné. 

Frelo, adj., frêle; au figuré, aven- 
luré, démoli. 

« La mœsse ertet presque frelo. « 

(Cent. Poëtv.) 

Fremageou (gâteau) [b. X.fromage- 
ria\ s. m., gâteau recouvert de fro- 
mage. V., arr. Civ. — D.-S , arr. 
Melle. 

Frémi E (1. formica)^ s. f., fourmi. 
V.. arr. Poit. — D. S. — (B.-F.) — 
« Bonjou, mossieu fremi^ et votre com 
pagnée. » (Mel. du 14 avril 1861. Cit. 
B.-F.) — Marne : « freumi. » — Patois 
du Berry : a froumi. w 

Frem'igèbe et Fremillère (r. fre- 
mie] , s. f. , fourmilière , suivant les 
lieux. 

« L'étuit contre une fremlgère 
» D'un Toisinage assr z rhetlt. » 

(Mclt., 14 ar. 1861). 

Fbemigis , s. m., mélange de divers 
objets entas.-és pêle-mêle , sans ordre : 
« quieu fremigis qu'san logis ! » Quel 
désordre que sa maison 1 V., arr. de 
Poit. 

fREMOEGEAi, V. a., nettoyer les 



écuries, enlever le fumier des cours. 
V.,c. de Civ., Blanzai. — V. Fermogeâe. 

Frenicle {cl mouillés) , adj des 2 
genres, chatouilleux. Par extension, 
gai, vif. V. — D.-S. 

Frenicleai [cl mouillés) [r. frenî- 
c/e] , V. a., chatouiller. V., arr. de 
Civ. — D.-S. Environs de Melle. 

Frenicliou , SE, adj., chatouilleux. 
V. Civ. — D.-S., arr. de Melle. 

o Ah ! m'en souvlndra , la lira , 
» Al n'était frenicUouse. » 

[Chans. Poit.] 

Fheni [\.finire) , dépérir, s'applique 
aussi bien aux personnes qu'aux choses. 

— D-S. — (B.-F.) 

Frérie, s. f. — V. Frairaiches. V. 

— Assemblée, réunion, V. — D.-S. 
« Par la frayrie des marchands mer- 
ciers, n (1619. An. manuscr.) — « Frai- 
rie » signifiait autrefois débauche , 
réjouissance. — Roman : « fraire. » — 
La Fontaine: 

« Un loup étant de frairle. » 

Fressure, s. f., mets composé de 
tartines de pain cuites dans une chau- 
dière avec de la graisse et de la viande 
hachée, et que l'on conserve dans des 
pots. — D.-S. — Nueil-sous-les-Au- 
biers. 

Frété, s. m., sentier. — D.-S. — 
(B.-F.) — Noms de lieux: « Frété, » 
Adriers (V.) ; « Fretet , » Mauprevoir 

(V.) 

Frette, s. f., petite branche de bois 
souple, flexible, qui sert à faire des 
cages. — D.-S., c. de Muz. (A- R.) — 
Basfe latinité : « frecta , frectatus, fric- 
latijs , una mitra friclala cum argento 

et reband frètes nostri sagiltae spe- 

ciem vocabanl. » (Duc.) — Français : 
«' frette, » lien de fer autour du moyeu 
d'une roue , virole. — Petites bandes 
entrecroisées en losange dans un écus- 
son. 

Frette, v. a., entrelacer. — D.-S., 
c. de Maz. (A.R.) — Ardennes, Marne: 
« fretter, » peigner le chanvre. — 
« frette, » terme de blason. 

Fribou, s. m., nomquel'on donnait, 
parfois, dans le Poitou, aux soldats 
Huguenots^ peut-être à cause desrecrues 



FBO 



FRO 



141 



fribourgeoises qui se trouvaient dans 
leurs armées. 

« fut in jour d'In loindy 

» Lé fribou vinrant d'Ozonsse. » 

(Siég. de P., p. Col.) 

Frigale, Fkigalta (1. frugalis] , 
adj.. friand. V. — D.-S. 
. Frigalet, te, adj V. le précéd. : 
a rin d'pus frigalet que qu'aile drolière 
deGondille; » rien de plus friand que 
celte drôlesse de Radégonde. V., arr. 
de Civ. 

Frigali,, V. n., rapiner, être voleur 
par gourmandise. V., c. de Monte. , 
JVlazeuil. 

Fbigalu, Ej adj., rapineur par gour- 
mandise. V., c. de Monte., Mazeuil. 

Frilai , V. n., frémir dans le sens 
de bruire, onomatopée : « l'eau frile, » 
quand on y jette un charbon ardent ; 
Thuile « frile o dans la poêle, quand 
elle pétille. — D.-S., c. de Bress. 

Fringuenelle , s. f., houx piquant, 
petit houx, ruscus aculatus.— Vend. 
(C. et P. D.) — Aube : « fringue- 
nelle , » manie , caprice. 

Fringuai et Fringui , suivant les 
localités, V. a. et n., danser, sauter, 
dans tout le Poitou. 

« Gle bondissant, gle fringuant bain et béas. » 

(Rob. Div., p. 79.) 
« Pr'ally frlngy danslous jQoesons. • 

(Rob. Dlv.) 

Celtique : « fringal , d se donner du 
bon temps. — Provençal :J«fringoiiina, 
se fringouion d'amour, » se trémous- 
sent d'amour. — « fringuer, » s'amu- 
ser, faire 1 élégant. — Berry : faire le 
pédant. — Rabelais : « fringuez la 
toureloura la la et buvez à oultrance. » 
(L. 2 , c. 12.) 

Frimousse , s. f., figure, se dit or- 
dinairementen mauvaise part : « quielle 
drôle de frimousse! d V. — D.-S. — 
(B.-F.) 

Friquai, s. m., vase en terre et à 
trois pieds où l'on fait la rôtie. V.,c.de 
Veuille et d'Ayron. 

Frioulai, v. n., frémir dans le sens 
de bruire. V. — D.-S. — K. Frilai. 

Froge, s. ra., le produit , le petit de 
la jument , de l'ânesse , de la vache. 
V. — D.-S. — Latin : « fruges, » les 



biens de la terre, comme les blés, les 
légumes. 

Froment (poil), s. m., bœuf ainsi 
appelé à cause de la couleur de sa robe. 
V. — D.-S. — « Fromentin. » « Deux 
bœufs , l'un de pel rouge , et l'autre 
fromentin. «(An. 1432.Nieuil. Manusc. 
du Poitou.) 

Frontange , s. f. , ruban que les 
femmes de la campagne mettent en 
nœud à leur coiffe , ou au pied des 
bouquets destinés aux mariées. V., arr. 



de Poit. 



Boileau : « fontanâ;e : » 



« Et découtrant l'orgueil de leurs rudes esprits 
» Sous leur fontange altière asservir leurs maris.* 
(Satire lo*, vers 572). 

On lit en note : « Ce nom vient de 
Madame la duchesse de Fontange, qui , 
s'apercevant à la promenade que sa coëf- 
fure ne tenait pas , prit une de ses jar- 
retières qu'elle lia autour de sa tèto 
pour assurer sa coëffure. I.a manière 
dont elle avait noué ce ruban plut , et 
ce qu'une nécessité de hasard avait 
produit devint sur-le-champ une mode 
qui subsiste encore en partie , quoique 
la forme du nœud change continuelle- 
ment. » 

^ Frottée , s. f., croûte de pain frot- 
tée d'ail : « mangeai ine frottée. » V.— 
D.-S. 

Frottée , s. f., correction sévère et 
avec coups : « si tu bouges, i f baré in' 
frottée qui n' s'ra pou d'paille. » V. — 
D.-S. 

Frou , adj., terrain inculte, en fri- 
che , en jachère. — D.-S. — (B.-F.) — 
« héritages en frou etgast. » (An 1442.) 

— «Terres en frouslet non coytivées. » 
(cultivées). [An 1389,Ayron, manusc] 

— Basse latinité : « fraustum, vel 
frausta terrae, vastum, incultus et ere- 
mus ager, terre en sast. , frosta terra , 
eadem notione, in Tabulario. » (S. Cy- 
priani Pictv. fol. 81.) « Guido Picta- 
vensium comes requirebat apud Exso- 
letiam. talem consuetudinem in terra , 
quae populariter /ro5^a vocatur, qualem 
in illa , qw^ frosta non erat. — Judi- 
catum est ergo et definitum ab Adel- 
berto comité Marchise. — Terram, quae 
in frostuni redacta jam esset liberam 
debere reverti, etc. » — (Frou in con- 
suet. Aurelian., art. 169) — « Froux » 



142 



FRU 



FUT 



ou « friche « in Con<iie(. do Menctou, 
î.irt.lO(Duc.)— ^'oIns de lieux : «Froiix» 
(Joussé) (V.) ; « Froux (les), i» Lésigny 
(V.) ; « Friches (les), w Beuxe. 

Fuoi'GNAi (se), V. pr. , remuer les 
C(vuiles à tout propos, faire des contor- 
sions. — D.-S., c. de Bress. — V. Dé- 
frougnai. 

Frodillé (se), V. pr., s'agiter le 
corps d'impatience, en signe de 'mécon- 
tentement : tt frouilie loué s'iu veux , 
mon cadet , à présent que j'sons enrayé 
a causé, tu m'fras pas taise. » V. , ai'r. 
de Cluif. 

Froume (herbe à la), s. f. , plante , 
le carex. — F., environs de Lusignan. 

FhOUiMiLLE , s. f,, fourmi , V. , arr. 
de Civ. — F. Fremie. 

Feoumobgeai et FrumotiGeai , 
nettoyer les élables. V., c. de Civray, 
Linazai, Savigné. 

Froltis [\.frustum), s. m., décom- 
bres, ruines. V., arr. de Civ. — « Ar- 
rentement d'un froutis en la seigneurie 
de Jouarcnne. » (An. 1471. Manusc. du 
Poitou.) 

Frugeaillae, V, n., gratter en in- 
troduisant uu instrument quelconque 
dans quelque chose de creux. « Fru- 
geaillâe « dans l'oreille , dans le nez , 
pouren faire sortir un corps étrangerqui 
s'y est introduit.— D.-S., arr. de Melle. 

' FïiVTiFi kl {\ fructifica)'e), v. n, , 
mettre bas en parlant des femelles des 
animaux, comme brebis, vaches, ju- 
ments, etc. — D.-S.,c. de Maz. — 
(A. R.)— V. 



Fuie , s. f., sorte de fouace.— D.-S., 
c. d'Airvaull. — F. Cornuelle. 

FiiMAiL (l. fumus)^ s. m., brouillard, 
brume. — D.-S. — (B.-F.) — V., arr. 
de l*oit. — Roman ; « fumai , » fumée. 

FuMELLAi (fum'Uaî) \\.femella] ^ 
V. a. « Fum'llai le chanvre, c'est ar- 
racher les tiges mules pour laisser mûrir 
les liges femelles. Par extension, cueillir 
sur un arbre les fruits les plus mûrs. — 
D.-S., c. de AJazières. — (A. R.) — arr. 
de Bress. 

FuMERiou , s. m., lieu où l'on dé- 
pose le fumier. V., c do Veuille et do 
\!ontc.~ Patois du Berry : ic fumeriau, 
fumeiot , » tas de fumier dans les 
champs. 

Fumerolle, s. f., courtillière^ taupe- 
grillun. — V. — D.-S. 

FuMi, s. m., fumier. V. Luchapt. 

FuMOUGEAE, V. 3., uetloycr les éta- 
bles. — D.-S., c. de Celles.— F. Frou- 
morgeai. 

FuRGAiLLA.1 (;rès-long) , v. a. et n. , 
fouiller, remuer, mettre sens dessus 
dessous. — D.-S , arr. de Bress. et de 
Par th. 

FURGUENELLE, S. 

petit houx. — D.-S. , 



f., houx piquant, 
arr. de Bress. — 



V. Fringuenelle, 

FusELiÈRE , S. f . , petite machine 
triangulaire et en bois, servant à pla- 
cer les fuseaux. V. — D.-S. — Manusc. 
du Poitou. 

FuTERNE, s. f., fumcterre. — Vend. 
— (C. et P. D.) 



G 



GAÇ 



Gaau , particule affirmative, oui 
D.-S., c. Celles.— Vend. (C. et P. D.) 

Gabeche, s. f., fourche en bois à 
trois ou (juatro dents, pour porter les 
balles des céréales. V., c. Monte. 

Gabf.gie (gab'gié), s. f., tromperie. 
Dans tout le l*oilou. — Patois du Berry : 
« gabegie. « 

Gaeorai cl Gaboreau , s. m., blé 
que l'on fait manger en vert aux bes- 



tiaux. Vend. , Font. (C. et P. D.) 
Gaboureau, (b. 1. (/a6/o/«), s. m., 
petit bâtiment attenant à la cour h bat- 
tre les grains, et où l'on dépose, chaque 
soir, le grain battu dans la journée, V., 
arr. de Poit. 

Gacraie, s. f., mare, étendue d'eau 
dormante. D -S., Villemain. (B.-F.) 

Gaçouail, s. f., lieu plein de l30ue. 
D.-S.,'c. de Saint-Maixent. 



GAI 

GA.D4S , adj., gai, gaillard. Vend. 
(C. et P. D.) — Grec : o -j-aîw, » se ré- 
jouir. 

Gadrelle, adj. f., fillo ou fcmniis 
qui a mauvaise tournure , de haute 
taille, qui se laisse aller surses hanches. 
Se prend le plus ordinairement en mau- 
vaise part. V., arr. de Poit. — Basse 
latinité : « ga dal es ;s\m\\'iler de gadali- 
buset meretricibiis volumus , ut apud 
quemque invenla? fuerint, etc. Ubi ga- 
dalcs videnlur fuisse qui ignoti dicun- 
tur. (Duc.) . 

Gad'eobe, s. f , tablier. V., arr. de 
Civ. — Vend. (G. et P. D.) 

Gadrouille, s. m. , eau trouble , 
boue, vase. Vienne. 

Gadrouilleai, V. a., marcher dans 
l'eau, dans la boue à plaisir. V., arr. de 
Poit. et de Civ. — D -S. 

Gage (1. vas), s. m., vase quelcon- 
que destiné à contenir des solides ou 
des liquides. 

Gagék, s. f., outil, instrument en 
général. V., c. Isl. -lourd., Luchapt. 

Gagnoghis, s m., amas de boue. 
D. S., c. de Mazières. (A. R.) 

Gaginot (a), loc, aller; passer par- 
tout à la manière des chiens qui ne 
choisissent ni beaux, ni mauvais che- 
mins. C'est le même mot que « cagnol.» 
D. S., c. Maz. (A. R.) 

Gaîgate , s. f., gorge, sein. Vend. 
(C. et P. D.) — Vallon : « garguète. » 
— Saintonge : a gargate. » 

Gaillin-Gaillot, loc, aller, passer 
partout à la manière des chiens. V., arr. 
de Poit. V. Gagnoî. 

GaillolN {tj^ès-lo)ig\ s. m., femme 
malpropre, sale, dégoûtante. V., ville 
de Poitiers. 

Gaillon [a bref], s. m. , femme ou 
fille légère, volage. V., ville de Poi- 
tiers. 

Gaildreau, adj. des deux genres , 
sale, malpropre. V., arrondissement de 
Poitiers. 

Gain et Guiain {h. \. gagnagium\ 
s. m., regain, seconde coupe des prai- 
ries naturelles. Dans tout le Poitou. La 
coutume du Poitou, art. 196, et d'au- 
trescoutumesdisent : « prés gagneaux, » 
prés à regain. (Duc, au mot gagna- 
gium.) 
Gainai (1. vagina)^ v. a., mettre 



GAL 



143 



comme on forait dans une goîne, un 
fourreau : « gaine ton bras dans la 
manche de ta veste. » D.-S., c. de iMa- 
zicres. (A. R.) 

Gaissai et GuiAissAi, v, n., taller, 
pousser d'autres tiges. V. — D -S. 
— (B.-F.) — Roman : « gayssar, » dra- 
geonner, croître, pousser. 

Galbaudae,v. n. , marcher dans la 
boue, dans l'eau. D.-S., arr. de Melle. 

Galeïou, s. m., espèce de galette. 
Mélange de pommes de terre râpées, do 
farine de froment en quelques endroits, 
ou de fiu'ine de sarrasin sur les fron- 
tières du Limousin. V., c. Isl, -.Jourdain. 
Adriers. Luchapt. 

Galées, s. f. pi., brandes , landes. 
D.-S.,c. de Maz, (A. R.) 

Galè.tte-de-Nau, s. f., petit pain 
que l'on fait la veille de Noël , et dont 
on fait manger un morceau aux femmes 
accouchées ou aux femelles des animaux 
qui ont mis bas, pour lesdélivrer promp- 
lement de l'arrière-faix. V., arr. de Poit. 
et de Civ. 

G ALI, s. m., arau à deux oreilles 
avec barre en fer pour soc. V.,c. de 
Montm., St-Remi. 

Galibaudrou, s. m. , mot a mot , 
galant sale, plein de boue; amant, 
terme de mépris. Vend. Font. 

Galtnet (en), loc, à la légère : « I 
se touten galinet et peurtaut i é chaud." 
D. S., c de Bres. — (c. Maz. A. R.) 

Galipe, s. f., mauvais terrain, terre 
mal cultivée. V., arr. de Chat. 

Galipotte , s. f., marche rapide: 
• courir la galipette, » c'est aller au 
sabbat sur un manche à balai ou être en- 
sorcelé : (C la bêle bigourne qui court la 
galipolte. » V., arr. de Chat. — D.-S. 
(Rond.) — Vend. 

« Et piscCTurl le trot 
» Le trot et la jjalIpoUe. » 

(Gust., p. 8.) 

Ses corrélatifs sont, dit M. Pressac : Ro- 
man : « galaupar. » — Vallon : « gala- 
' pias,» co'iH'eur, vaurien ; en patois bes- 
sin; arr. de Bayeux, « galapiau et gala- 
piat. » — Haute Marne : « galapiat, » 
rustre.— Patois du Berry : « galopin,» 
polisson, vaurien. 

Gallefretiee, s. m., gourmand , 
parasite, coureur ; homme sans foi ni 



144 



GAN 



loi. V. — D.-S.: tt qui se vante avoir la 
force de soixanlo gallefretiers. » (Rab., 
1. m, c. 27.) — Espagnol : (c gallo- 
ferro, » mendiant. 

, Galletière (r. galletou), s. f., in- 
strument qui sert à faire cuire le galle- 
tou V., c. Isle-Jourd. Adriers. 

Galluche, s. f., terre pierreuse. V., 
arr. de Loudun. (Manusc. du Poitou.) 

Galo(e\),1oc. adv., se dit d'une ber- 
gère qui retourne à la mai-^on une bre- 
bis sur le point de mettre bas. V., arr. 
deCiv. — D.-S. 

GalouagecI Galouinage (en), loc. 
adv., être sans cesse par voie et par 
chemin. Dans tout le Poitou. 

Galvoudae , v. a., courir, vaquer. 
Vend.(C. et P. D.) 

Gamache, s. f., guêtre en toile ou 
en étoffe que l'on porte par dessus les 
pantalons quand on va travail'er dans 
un lieu fangeux, ou plein d'eau. Dans 
les environs de Chef-Boulonne. — Il a 
encore la signification de savate : •• it' 
douneré in cot d' gamache , par la ga- 
nache (menton). » (B.-F.j — Y., arr." de 
Civ. — D.-S., arr. de Bress, — Basse 
latinité : « gamacha, pedulis lanei spe- 
cies, quasetiamsuperiorem pedispartem 
tegit, vulgo gamache. Occitanis gara- 
macho, gamacho, vox ut videtur de- 
ducla a compagus , vel campagus. » 
(Duc.) — Français: «gamache, » bottine 
ou bas de toile cirée. 

Gamakdai, v. a., ne pas bien faire 
une chose. V., arr. Poit. — D.-S., c. de 
Bress. et Parlh. 

Gambillon (êlre de), loc. , c'est-à- 
dire jambe de çà, jambe de là, sur une 
chaise, sur uii bâton. D.-S. — (B.-F.) 
— Basse latinité : « gamba, » jambe. — 
Marne : « gambille (traîner la), » traî- 
ner la jambe. — Patois du Berry : 
« gamby, » boileux. — Français ; « gan> 
bii'er, » terme de fauconnerie, remuer 
les jambes de côté et d'autre. 

Gamboisai (se), v. pr., s'étendre, se 
mettre à l'aise, marcher en se dandinant 
sans se presser. V., arr. de Poit. — 
D.-S.,c. de Bress., arr. do Melle. — 
(B.-F.) 

Gaivdole et Gondole (en), loc, 
objet courbé par l'effet du feu, de la cha- 
leur ou de la sécheresse. V. — D.-S. 

Ganot (à la) [1. canis] , loc, çà et 



GAR 

là, en parlant des petits objets. Passer 
un ruisseau à la ganot, c'est le passer 
en ôtant ses chaussures. D.-S., c. de 
Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

Gapaillai,v. a , gaspiller, dissiper. 
D.-S., arr. de Parth. — (A. K.) V. 
Ej impaillai. 

Gara, s. m., fusain, plante, omjmus 
vul garis, Y enû.(C. et P.D ) 

Garçonieau, s. m., diminutif de gar- 
çon, petit enfant. V., arr. Chût. — 
Ardennes: a garcerion. » 

Garde, s. f., fil roulé autour d'un 
écheveau afin qu'il ne se mêle pas. V., 
dans plusieurs localités. 

Garette, s. f., pièce de terre en gué- 
ret, V. — D.-S. — «Xa dicte pièce de 
terre labourer et façonner et cultiver 
de toutes les façons et garettes requises 
et nécessaires. » (An. 1629. Fontaine le 
Comte. Manusc du Poitou.) 

Gard'monceau, s. m., petit bâti- 
ment attenant à la cour à battre les 
grains, et où l'on dépose, chaque soir, le 
grain battu dansla journée. V., arr. de 
Chat. V. Gaboureau. 

Gardou, Gardour, Gabdouai et 
Gardoir, s. m., coffre en bois percé 
de trous où l'on garde le poisson. V. — 
D.-S. — Vend., suivant les lieux. — 
« Hoslel noble de la Barbotière avec 
ses dépendances de maisons, granges, 
cours, courtillages, jardrins, vergiers^ 
gardouers, eaues, estangs, etc. » (Ma- 
nusc. du Poit. An. 1538. Vasles.) 

Garéié, v. a., courir après quelqu'un 
en lui lançant des pierres. V., arr. de 
Chat. V. Àrochai. 

Garganae,Garganate,Gargané, 
Garganit, Gargasi, s. m., le gosier, 
la trachée-artère. Par extension, la 
gorge. Dans tout le Poitou, suivant les 
lieux. — Grec : •yap-j'afiîwv, la luetto. 

— Provençal : « gargamello, » gorge : 
« ai-li coupa la gorgamello? » ai-je 
coupé la gorge? — Saintonge ; « gar- 
gamelle. » — Aube : « Garguette. » 

— Haute-Marne : « garguillot, » gorge. 
Gargoliae, v. n , faire le bruit de 

la liqueur dans un tonneau qui n'est 
pas plein. Par extension, gazouiller. 
Vend. (C. et P. D.) — Français : « gar- 
gouiller, » barboter dans l'eau. 

Gargotai (1. gurgustium)y v. n., 
bouillir très-fort : t quiou pot gargotte 



GAR 

trot, la soupe vaudra rin. » V. — D.- 
S. — Français : a gargoter, » hanter 
les gargotes. 

Gabgouet, s. m., la nuque. V., arr. 
de Chat., Muiré. V. Gagouet. On dit 
auïsi (i Gagouet. •> 

Gargouillae (se), v. pr., se garga- 
riser. D.-S., c. Celles. 

Gargouillage, s. m , mauvaise cui 
sine : « quieu gargouillage ! ming'ra 
quieu qui pourra. » V. — D.-S. 

Gargouilleau, Gargouillou, s. 
m., enfant qui s'est mis dans la boue, 
dans la saleté. V., arr. Chât.^ arr. de 
Civ. pour « gargouillou. » 

Gari, V. a. et n., guérir. V., arr. 
Poit. — D.-S. — Roman : « garir ou 
guarir. » — Gascon : « gari. » — Pa- 
tois du Limousin : « garir. » 

Garieub, s. m., garant, répondant : 
« ilem^ la moitié d'une jaloigne de noes 
de chescun prevendier qui est vendu 
ou marchié de Civray si le vendeur ne 
advohet garieur. » (An. 1388. — Art. 91 
delà coût, du Poitou ) 

Garissou, s. m., médecin, chirur- 
gien. Vend. (C. et P. D.) 

Garne, imprécation , corrélatif de 
sacré. D.-S — Vend. 

Garne, s. f., terre élevée. Vend. 
(C. et P. D.) 

Garobe, s. f., vesce cultivée. Il yen 
a de deux espèces, la noire et la blan- 
che, vicia saliva de Linné. Vend. 
(C. et P. D.) — D.-S. — (B.-F.) - Ma- 
nusc. du Poitou. — Roman: a Garossa. » 
— Catalan et Espagnol : « garroba. » 

Garocsaî, V. a., poursuivre à coups 
de pierres. D.-S , arr. de Melle, de 
Bress. et de Parth. — (B.-F.) — (A. R.) 
F. Arochai. 

Garou, s. m., diable, sorcier : cou- 
rir le garou, c'est être possédé du dé- 
mon. V.,La Grimaudière. — Ardennes: 
(I garou. » 

Garouage et Galouage (être en), 
loc, c'est être en embarras, avoir beau 
coup d'occupations. — Par extension, 
une maison en « garouage » est une 
maison en désordre. D.-S. 

Garouage, s. m., désordre accom- 
pagné de tapage. Vend. (C et P. D.) — 
Ardennes, Aube : fête, débauche. 

Gabouil, s. m., maïs. On l'appelle 



GAT 



145 



aussi, dans quelques contrées, blé d'Es- 
pagne. V. — D.-S. — Vend. 

Gabouillaud, s. m., pain fait avec 
de la farine de maïs. — Champ en 
jachère après avoir donné une récolle 
degarouil. D.-S. — (B.-F.) 

Garouillette, s. f., diminutif de 
garouil; maïs semé très-épais pour être 
coupé en vert. V. — D.-S. 

Gaspaillai, V. a., gaspiller, dissi- 
per. D.-S., arr. de Parlh. V. Gapaillai. 

Gaspailles {ff^aspalium)y s. f. pi., 
ce que le van rejette à terre : « les 
pailles et gaspailles de la court dixme- 
rie do Villiers » (An. 15l6. Manusc. 
du Poitou.) 

Gasse, s. f., boue. Vend., Font. (C. 
et P. D.) — - Petite flaque d'eau dans 
un chemin, une cour, etc. V. — D.-S. 
Gâtine. 

c Le baudet au bea mitant d'tne place 
>• Les Jetll dont Ine gace. » 

lN.p.,p. 29.) 

Allemand : « wasser, »eau. — Noms de 
lieux : « Gasse-au-Veau (la), » Vouillô 

Gassipodai, Gassipotaï, V. n., 

marcher dans une gasse, dans la boue 
ou dans l'eau. V. — D.-S. —(B.-F.) 

Gassipoté, V. n., faire mal quelque 
chose, réduire à rien. V., arr. Poit. 

Gassot, s. m., diminutif de gasse, 
petite gasse. D.-S. — (B.-F.) 

« Et rère m'écllssaît 
» De gassot en gassot. » 

(MeL, S8 arr., isgi, Cit. B.-F.) 

Noms de lieux : « Gassotte (la), » Alon- 
nes(V.); « Gassotière (la), » Adriers 

(V.). 

Gassouil, Gassouillîs, s. m., 
boue, flaque d'eau. V. —D.-S. — Vend., 
suivant les lieux. — Noms de lieux : 
« Gassouillet (le), » Dienné (V.). 

Gassouillai,v. a., salir, éclabousser 
avec de la boue, ou de l'eau d'un « gas- 
souil. )> V. — D.-S. — Vend. 

€ I ne crés pas que mé soulay 
> Fussiant gassotiillés daux gasses à quiès 

[ouvray. 
(Gust.) 

Gâtai (se), v. pr., se blesser, se salir : 
« le gars in cheusant d'sa charte s'é 



146 



G AU 



gâtai tout r corps. » V. — D.-S. — 
Sainlonge. — Rabelais : « guasler. « 

Gâtai, aie (l. rastare), adj., mé- 
chant, d'un mauvais caractère : « i n'sé 
qu' faire d' man drôle de Micha, gl' 6 
gâtai ; n je ne sais que faire de mon 
dràle de Michel, il est gâté, a Chien 
gàlé, > chien enragé. V. — D.-S. 

Gatf.let (b 1. gastel/etum). s. m., 
petit gâteau. V. ~ D.-S. — « Eadem 
die li sext. frumenti pro gastelletis do- 
minarum. » (A.n. 1331. Manusc. du 
Poitou.) 

Gatinelle (r. Gat'ine), s. f., sorte de 
corset réduit à de simples bandes, ainsi 
appelé, probablement , parce que la 
mode en sera venue de Gàtine. Vend., 
Maillezais ^C. et P. D.) 

Gatou, se, adj., chemin raboteux, 
« aggravant. » D.-S., StCoutant. (B.-F.) 

Gau, part, aff., oui : « gau-bene, » 
oui bien. V., arr. de Civ. — D.-S. V. 
Gaau. 

Gau-â-Gau, loc, vis-à-vis : a i mar- 
chai gau à-gau de mé, > vis-à-vis de 
moi. D.-S. — (B.-F.) —V. — Roman : 
« Gau, élan. » — Anglais : a to go, » 
marcher. 

Gauberge, s. f., sorte de poisson 
sec : « pisces sicci qui vocantur gauber- 
ges. » (An. 1285. Niort, manusc. du 
Poitou.) 

Gaubub, s.f., sorte de houe servant à 
écobuer. F. Gobuis. (An, 1731. Vastes. 
Manusc. du Poitou.) 

Gaudenoz, s. m., niais, godiche : 
« car cinq à six 2;audenoz. t^ (N. P., 
p. 27.) 

Gaudi (1. gaudere), v. n , se ré- 
jouir. 

« Pas ne laissâmes de gaudir. » 

(N. l'.. p. 19.) 

« Chaquien se giudiroit dcdins nouire contrée. » 
(Requête en vers présentée par les habitants de 
St-.Mai.xrnt à Moreau de Beaumont, lieutenant 
de Poitou) 

Aube : a gaudel, > joie, bruit. 

Gaudissou, s. m., plaisant, homme 
de joie. D.-S. — Vend. — Ba-se lati- 
nité : gavdiosus, gaudens, lœtus, ex 
gallico , joieux; Ôccitanis, gaiijous. 
(Duc.) — Noms de lieux : « Gaudier ; 
Gaudière; Gaudières; Gaudinerie; Gau- 
dinière; Gaudion. » Vienne. 



GAZ 

Gatjdrai, V. a., salir de boue l'ex- 
trémité de ses vêtements : « Louisoune 
s'a toute gaudraie dons l'aigail ; » Louise 
s'est toute salie de boue dans l'égail. 
D.-S., c. Bress. — Vend. (G. et P. D ) 

Gaugufqinai, v. a., faire mal un 
ouvrage. D.-S. — (B.-F.) — arr. de 
Bress. 

Gauléiai, v. a. et pr., gauler. V., 
arr. de Poit. et de Civ. V. Agaulai. — 
« Gauloyement, » s. m , action de gau- 
léiai. (Manusc. du Poitou.) 

Gaullai (// mouillés), v. a. et n., 
mouiller. Vend. (Cet P. D.) 

Gauuai, v. a. et pr., tromper: « i 
n' cré pou qu'i m' quitte (laisse) gaurai 
in' aut' fé per quiou gars. » V., arr. de 
Civ. V. Allotai. 

Gauroub, se, adj., celui ou celle 
qui trompe. V., arr. Civ. 

Gavachai, v. a., faire mal un ou- 
vrage. V., arr. de Poit. V. Gauguegnai. 
V., arr. — D.-S., c. Mazières. (A. R.) 

Gavachin, Gavachon, s. m., ter- 
rain où ne poussent que des ajoncs et 
des bruyères. D.-S., arr. de Bress. et 
de Parth. 

Gavagne, s. f., mauvaise ménagère. 
Vend., Font. (G. et P. D.) 

Gavagni et Gavagnai, suivant les 
lieux, v. a., gâter, salir, V., arr. Poit. 
et de Civ., c. Monte, Mazeuil. — D.- 
S. — Vend. (C. et P. D.) F. Gaugue- 
gnai. — L'on applique encore cette ex- 
pression à l'ouvrage mal fait : « thiau 
chomp est gavagnai ; » ou à des objets 
dévastés, ruinés par les eaux, la grêle, 
la tempête. (B.-F.) — Au figuré, éprou- 
ver des démangeaisons causées par des 
insecte.-;. V. — Roman : a gavaingnar, 
gavanhar, » nuire. 

Gaveau, adj. m., celui qui fait mal 
un ouvrage. V., arr. Poit., Civ. — 
Ouvrier qui n'est pas encore reçu com- 
pagnon. V. — Patois du Berry : « ga- 
vaud, ï celui qui marche mal. 

G.AZEA, s. m., baudet, âne. V., Mire- 
beau. 

« Du côté de Mirebea 
» Valnguiranl de boune grâce 
> Cinq ou six sur un gazca. 

(N. P., p. 98.) 

— Basse latinité : gazella, equus sara* 
cenicus cursu pic'cvalens. (Duc.) 
Gazkllette [Il mouillés), s. f., fau- 



GEN 



GER 



147 



velle : « gazellelte à têle nègre, » fau- 
vette à tête noire. Onomatopée; ainsi 
nommée à cause de son cliant. D.-S. — 
(B.-F.) 

Gazellai (// mouillés) [se], v. pr., 
se cacher, se faufiler. (B.-F.). V. Ca- 
zeillai. 

Gea., part, nég., pas, ne point ; cor- 
rélatif de jà, « nan gea, » non point. 
Vend. (G. et P. D.) 

Geallon, s, m., vase déterre dans 
lequel on porte le lait à la ville, ou, 
d'après M. Beauchel-Filleau , dans le- 
quel on met prendre le lait pour faire 
du beurre. V., arr. Civ.— D.-S. 

Geallonkée, s. f., plein un geallon. 
V.,arr. de Civ.— D.-S. 

Geargea, s. m., plante vivace, du 
genre des légumineuses, qui pousse dans 
les haies et dans les blés, dont les gous- 
ses ressemblent à celles de la garobe, et 
dont les graines sont connues sous le 
nom de rondins. D.-S. — (B.-F.) — V., 
arr. Civ,— Patois du Berry : « geargio, » 
gesse sans feuilles. 

Geaupaillat, V. a., littéralement 
fouler la paille comme un jau (coq), 
comme la volaille , qui l'éparpillé avec 
sespaltes. Terme de moissonneur, cou- 
per mal le blé, laisser des épis, de la 
paille sur les sillons : « i n' loug'répou 
d'avontage Liséper la métive, glé fé qu' 
geaupaillai ; » je ne louerai plus désor 
mais Louis pour la moisson , il coupe 
mal. V., arr. de Poit. et de Civ. — D.- 
S.,arr. de iMelle.— (B.-F.) 

GÈDE, s. m., vase en bois. Vend. 
Font. (C. et P. D.) 

Geillat, V. n., baver. 11 ne se dit 
guère que des enfants en bas âge. Vend. 
Font. (C. et P. D.) 

Gelassis, s. m. pi., gelées blanches 
et tardives. D.-S., c. de Celles. 

CÉLINE, s. f., lampane commune, 
plante, lampsana communis. On la 
mange en salade. V._,arr. Civ. 

GÉ.ME, s. f , poix. V.— D.-S. — Vend. 

Genç.41, V. a., balayer. V. — D.-S. 
F. Ajançai. — Dans un grand nombre 
de localités, on prononce : « geonçai, » et 
dans quelques autres : « geonci. » 

« I gonssy ben tra foals la place. » 
(Gent. roëtv.) 

jancer : « le sacristain de l'abbaye de 



Montierneuf était tenu de jancer l'église 
touttefois qu'il en este it mestier. » (An. 
1479. iManusc. du Poitou.) 

GEfsçuRES, s. f. pi., tout ce que ra- 
masse le balai : a o n' faut poué quittai 
qui les geonçures d' la place; » il ne 
faut point laisser lii les balayures de 
la chambre. — V. — D.-S., dans plu- 
sieurs localités. • — « Janceures. » (An. 
1479. Mar.usc. du Poitou.) 

Geneuil et Geneil (1. genu]^ s. m., 
genou. V. — D.-S., suivant les lieux. 
— Roman et catalan : « Genolt. > 

Genétrole, s. f., petit genêt, plante. 
V., arr. Civ. — Aube : « genestre, > ge- 
nêt, arbuste. — Patois dii Berry : « ge- 
nestrole, » genêt des teinturiers. 

Geneuillon et Geneuillou [v.ge- 
neuil), s. m., cassette en bois où les 
femmes s'agenouillent pour laver le 
linge. V. — D.-S. — Roman : « ge- 
nolho. » — Marne : « Genoillon (à), » 
à genoux. ^ 

« Devant le duc d'Anjou se mirent à genoillon. » 
(Chron. de du Guesclin, v. i409. Cit. B.-F.j 

Genbvré (gen'vré), s. m., genièvre. 
V., dans plusieurs localités. — D.-S., 
c. de Bress. — Aube : « genefevre. « — 
Noms de lieux : « Genèbres (les), » Anti- 
gnv; « Génébrière (la), » Usson; «Gen- 
nebry, » St-Benoîl. (V.) 

GÊnevrezi, v. n., rajeunir. Vend. 
(C. et P. D.) 

Geoux, se (1. (javisus), adj., joyeux, 
gai. 

« 1 avisl ine geouse bregère. » 

(Gent. Poljt.) 

Gerbaude, s. f., la fin des moissons, 
du battage des grains. V., c. Isl.-Jour., 
Adriers. — Basse latinité : garba, spi- 
carum manipulus. (Duc.) — Noms de 
lieux : « Gerbaudière (la), »• Antran, 
Leigné-sur-Usseau, Liglet ; « Gerbau- 
dières (les), » St-Pierre-de-Maillé. (V.) 

Gerg, s. m., le mâle de l'oie, le 
jars. D.-S., arr. de Bress. et de Mello. 
-(B.-F.) 

Germail, s. m., le râle de la mort, 
D.S., c. Maz. (A. R.) 

Gebnon (I. germen)^ s. m., germe, 
V. — DS. 

Gervis , s. m., treillage. Il y a 
encore à Poitiers une rue du nom de 



148 



GIN 



I Gervis-Vert, » à cause, sans doule^ 
des nombreux treillages que l'on y 
voyait autrefois. V. — D.-S. — « Pour 
quatre gervis pour mettre aux fenêtres 
du 4« étage des greniers » (An. 1641. 
St-Savin. Manusc. du Poitou.)— Ancien 
français. 

GÊti. V. n., êîre ennuyé, ronger 
son frein; ne s'emploie guère qu'à l'in- 
finilif et aux temps composés: « Ah! 
petit drôle, lu te plais à me faire géti. » 
D.-S. —(A. R.) 

GiBAi. GiBBAi, V. a. et n., ruer. D.- 
S., arr. de Bress. — Vend. (C- et P. D.) 

— Haute-Marne : « giber, » jouer. — 
Saintonge : « giber, » ruer. — Ancien 
français : « regiber. » 

GiBRENA, s. m., homme de rien, 
terme de mépris : « ol é in ban gibrenà.» 
D -S. — Vend. (G. et P. D.) — (B.F.) 

— Français : « gibier de potence. • 
GiEUKÉ, ÉE (djieurai dans le Sablais), 

adj., amer à force d'être salé. — Vend. 
(C. et P. D.) 

Gifle, s. f., soufflet. V. — D.-S. — 
Mayenne et patois du Berry. 

GiFLU (/7 mouillés), v. a., souffleter. 
V. — D.-S. 

GiGou, SE (r. gigue), adj., boiteux. 
V., arr. Chat., Maire. 

GiGUENAiL, s. m., le gros intestin. 
(B.-F.) 

« Igl aTait si raldc emplit son gigucnaU. » 
(Cbant de Cadet a la ooce. B.-F.) 

GiGOUGNAi, V. a., foupir, tripolersa- 
jement. V., arr. Poit- — Par extension, 
secouer, remuer, ébranler par de fortes 
secousses. V., arr. Civ. — D.-S. — 
(B.-F. 

GiL\E, V. n., couler un peu, et par 
filets. Vend. (C. et P. D.) — Mayenne : 
« giler. I) lancer un filet d'eau. 

GniPAiLLAi, V. a., renverser, jeter, 
éparpiller, D.-S. — Vend. 

« Ole Tainrant deux ou tras gympalUay tos 

[écuelles. » 
(Gast., p. 89.) 

V. Ejimpaillay. 

GiNCOLE, S. f., écharpe. Avoir le 
bras en « gincole, » oest avoir le bras 
suspendu par une écharpe quelconque, 
lorsqu'il est nécessaire de le tenir en 
cet état, par suite d'une fraclurt' ou 



GIR 

d'un autre accident. — V. — D.-S. F. 

Jécole. 

GiNGUETTE, s. f., petit vêlemcnt du 
premier àgo. D.-S , arr. do Melle et de 
Bress. — (B.-F.) — Ancien français : 
« guinguct, !) habit court et étroit. — 
Français : « ginguet, ginguette, » qui a 
peu de force, peu de valeur. 

GiNGUOis (lie), loc, décote, de biais, 
de travers. D.-S. — V. — (B.-F.) — 
Patois du Berry : « gimboize. » — 
Français : « guingois. » 

GiOLE, s. "f., grande cage en bois 
dont on se sert pour élever les jeunes 
poulets; les barreaux y sont disposés 
assez serrés pour que la mère y soit 
renfermée , et que les petits passent 
dans les interstices. D.-S. (B.-F.) — V., 
arr. Poit. et Civ. — Basse latinité : 
gabiola, cage. — Patois limousin : 
n joloyo. » — Français : « geôle, > pri- 
son. 

GiouLAi (1. gula), v. n., crier, hurler. 
V., arr. de Civ. V. Baulai. 

GiRAUDE. s. f., espèce de mets com- 
posé de certaines parties du ventre et 
de la bile du bœuf, assaisonné de sel et 
de poivre et renfermé dans un boyau. 
V. , ville de Poit. 

GiRAUT ou GiROT, S. m., gras dou- 
ble, ou le gésier des volailles. V., arr. 
Civ. — Le gros intestin des animaux. 
(B.-F.)— Palois du Berry : « Girot, » 
sang de bœuf coagulé sous forme de 
boudin. 

GiRÈLE, s. f., espèce de champignon 
qui se trouve au pied des vieilles sou- 
ches d arbre. Il est comestible. T., arr. 
Chat. — Au figuré, a girèle, » fille qui 
préfère le plaisir au travail. Il est pris, 
le plus ordinairement, en mauvaise part. 
V., arr. Civ. — Gascon : « girélo, » 
imbécile. — Français : « girèle, » sorte 
de poisson. 

GiRET, s. m., vieux bélier. — Au fi- 
guré, y. le précédent pris aussi au fi- 
guré. Vend., Font. (C. et P. D.) 

GiRiE, s. f., moquerie, hypocrisie : 
« queulles giries n'ant-eils pas fô! » V. 
— D -S. — (B.-F.) — Patois du Berry : 
« girie, » plainte hypocrite, jérémiade 
ridicule. — Haute-Marne et Marne : 
« giries, » plaintes, grimaces. 

"Girole, Girondelée, s. f., espèce 
de champignon. V., c. de Montm. et de 



GLA 



GLO 



149 



St-Savin, pour « girole; » c. de l'isl- 
Jour., Luchapt, p. « girondelée. » 

GiBON, s. m., pied-de-veaii, arum 
vulgare^ plante. Vend. (C. el P. D.) D.- 
S. - (B.-F.) 

GlEONNAlE, GlRONNÉE, GlRONNIE, 

suivant les lieux (g. p?^;), tout ce qui 
est contenu dans le giron. V. — D.-S. 

« Et leur pleine gironnie 

» De lour baia ilgs baillirant. » 

(N. P., p. 14.) 

Cite, s. f., jeune haie; rejets de bois 
taillis d'un ou deux ans : <l tes j'raents 
sant dons mes gîtes. »> D.-S. — (B.-F.) 
— V., arr. Civ. 

GiTEAT, V. a., jeter. V. — D.-S. — 
Roman et catalan : « «itar. » — Patois 
du Berry : a giter. « — Italien : « git- 
lare. » — Rulebeuf : « se il la met dans 
un sac et il l'en gîte desor le pont en 
l'aive. (Cit. C. J.) 

GiTOiRE, S. f.j arithmétique. Vend. 
(C. et P. D.) 

GiTOUNE, S. f., jeune mule. V., arr. 
Civ.— Vend.(C. et P. D.) 

Gla (gl mouillés) |1. glacîes], s. m , 
glace, dans tout le Poitou. 

« O'treluse o souleil 
• Quem do gla. » 

[Rob. Div., p. 112.] 

Roman : « glas et glatz. » — Patois li- 
mousin : « glia. )) — Gascon et Patois 
du Berry : « glas. » 

Glabard {gl mouillés) [r. glabé], 
adj., celui ou celle qui a une « glabe. » 
V., arr. Chat. 

Glabe {gl mouillés), s. f., panse, 
ventre : « ah! il en a ine glabe! • V., 
arr. Chat. 

Glabu, SE [gl mouillés), adj., celui 
ou celle qui a un gros ventre. V., arr. 
Chat., !\lairé. 

Glagle [gl^ gl mouillés), s. m., 
glaïeul, plante. V., arr. Civ. 

Glamot [gl mouillés) [blé ou fro- 
ment], s. m., autrefois :  queue de tq- 
T\-drd,melampyrum arvé'wse de Linné » 
La graine de cette plante, qui ressemble 
quelque peu au grain de froment, mais 
qui est d'une couleur plus brune, est 
aussi plus petite. Elle fait souvent le 
désespoir des cultivateurs qui ne peu- 
vent la trier. Elle donne au pain une 



couleur bleuâtre, el un goût désagréa- 
ble. (B.-F.) 

Glardre ou Glerdbe (gl mouil- 
lés), V. n., faire flamber le feu, l'allu- 
mer. Vend. (G. et P. D.) 

Glat, te(I. glacies],a6]., pain gras- 
cuit. V., c. Montm. 

Glati, e, adj., plein d'eau : « la font 
eu tout' glalie. » — V., c. de l'Isle- 
Jourd. 

Gle (gl mouillés) [1. tV/e], pr. pers. 
de la 3<^ pers., il, ils. Dans la gente poëtv., 
il est écrit igl, iglz. Nous pensons que 
c'est irrégulièrement, eu égard à la ma- 
nière dont il est généralement prononcé 
dans le Poitou. 

Glêtron [gl mouillés), s. m., pis- 
senlit engénéral. V., arr. de Poit. 

Gleu et Glin {gl mouillés), s. m., 
chaume D. S. — Vend. — V. , suivant 
les localités.— Vieux français : « giui, » 
se prononce encore ainsi dans l'arron- 
dissement de Chat. — Roman : «gleng » 

Gliet, te igl mouillés), adj., pain 
sans levain. (B.-F.) 

Glissouère {gl mouillés), s. f., 
petite seringue dont se servent les en- 
fants pour s'arroser entre eux, et par jeu, 
ou pour arroser les passants et par es- 
pièglerie. V., arr. de Civ. V. EccliS' 
souère. 

Glou, se, adj., gluant. V., arr. 
Civ. 

Gloubai (gl mouillés), v. a., laver 
les boyaux du porc , par exemple, 
quand on veut faire des boudins, parce 
qu'en les nettoyant on enlève la peau 
intérieure. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. 
Civ. — « Glouer, » fourchette à glouer, 
crochets à glouer. (An. 1731. ) Vasles. 
iManusc. du Poiîou ) 

Gloube [gl mouillés), s. f., petit 
instrument en fer, ou en bois qui se 
pique dans la cheminée (le plus ordi- 
nairement) par l'une do ses extrémités, 
et dont l'autre, qui est comme fendue, 
et forme deux branches, reçoit et tient 
pincée la chandelle ôerousine. D.-S. 
— iB.-F.) — V., arr. de Civ. — L'on 
appelle encore de ce nom deux mor- 
ceaux de bois dont se servent les affran- 
chisseurs pour castrer les chevaux ; et 
encore toute entaille profonde faite en 
forme de mortaise et dans laquelle on fait 
entrer une autre pièce de bois de ma- 



15Q 



GO 



nière à ce qu'elle y joue facilement. 
(B.-F.)t)e5 «gloubos » en bois servent à 
mainlenir le linge étendu sur des cordes 
pour les faire sécher, . 

Glougukux, SE fgf/ mouillés], adj., 
gluant. V.,,arr. de Poit. V. gloii. 

Glutreau {gl mouillés) , s. m., 
larynx. V., arr. de Chat. 

GiSE {gn mouillés) . syncope de gle 
ne, il ne. Dans tout le Poitou. 

Gnea 'gn mouillés), s. m., agneau. 
V., arr. de Loudun. f'. « Agnra. » 

GxELT, V. n , mettre bas en par- 
lant des brebis. V.jarr. de Loudun. V. 
Aignelai. 

Gnellx, s. m., toison , laine des 
agneaux. V., arr. de Loudun. V. Ai- 
gnelin. 

Ginklle, Gnite, s. f., agneau fe- 
melle. V., arr. de Loudun; et arr. de 
Poit. pour « gnite. » 

G>'0 [gn mouillés), s. m,, œuf na- 
turel, ou pierre blanche et ronde qu'on 
laisse dans le nid des poules pour les 
engager à y pondre. V. — D.-S. — 
Haute-Marne. — Patois du Berry : 
« gniau. » 

Gnole {gn mouillés) , s. f., bateau. 
Vend., c.Chalans.— Patois du Berry: 
« gnole, » très-petite barque. 

Gnolea ^(/«mouillés,, s. m., dimi- 
nutif ÙQ gnole. — Petit bateau servant^ 
dans le Marais, à tuer les canards sau- 
vages. D'une main le chasseur gouverne 
la nacelle, et il tient, de l'autre, son 
fusil prêt a tirer le gibier. Vend.,c 
Chalans. 

Gnon [gn mouillés), part, nég., non. 
Modification gutturale de cette particule. 
V. — D.-S. — Vend. 

Gnou, s. m., filet sous la langue qui 
empêche les enfants de s'allaiter. L'on 
dit, proverbialen)ent , de celui ou de 
celle qui cause avec volubilité , ou avec 
esprit: « Celui qui y a copé le gnou, 
n'a poué vclé ses cinq sous. » V. — 
D.-S. 

Go, part, affirmative. V. Gau, gaau : 
« go bene, go bé, » oui bien. V., arr. 
de Poit. Monts-sur-Guesnes, arr. Civ. 
D.-S. — (B.-F.) 

€ Vos-iu v'nl danser, 
• Mamle Jannette .' 
» Vûs-tu v'nl danser ? 
» — Go bé. » 

(lîab. Poit.) 



GOG 

GoAZE, S. m., froment barbu. V., 
arr. de Civ. — D.-S., arr. deMelle. — 
(B -F.) 

Gobea et GoDjEA , S. m., noix. 
Vend. (C. et P. D.) — D.-S., c. Chàlil- 
lon. 

GoBUis otCoBUis, s. m., terre pelée 
où-Ton se dispose à mettre le feu. Vend. 

— « Gobuys et gobuer » : « item uno 
boisselée et demie de terre gobuéo, par 
le dit Bouer, tenant au gobuys que la- 
boure Julien Texereau. » (An. 15lî<) — 
pour trois journées employées à répan- 
dre du gaubuy dans le bois de Laval. » 
(An I7i9. Vasles. — Manusc. du Poi- 
tou.) 

GoDEBEiLLA (god'beilla), s. m., gras 
double. Vend. — F. Giraut. — Rabe- 
lais : gaudebillaux sont grosses tri- 
pes de coiraux (bœufs\ » (L. 1, c. 4.) 

GODELAN, GODELIjGODENDAR. (Go- 

d'ian, god'Ii), s. m., scie très-longue à 
Tusage des charpentiers, des sabotiers 
et des tailleurs de pierre. V. Dans quel- 
ques localités, arr. de Chat., pour « go- 
dendar. » 

GoDELANCÉ, V. a., so scrvir du go- 
delan. Vienne. 

GoDELLE et GouDREiLLE, S. f., lame 
de couteau, sans manche. D.-S., Châtil. 

— Vend. (C. et P. D.) 

GoDELLE, S. f., dent, se dit surtout 
des animaux qui ont de grands crocs. 
D-S. —(B.-F) —V., arr. Civ. 

GoDENEAU (god'neau), s. m., vase 
en terre, à trois pieds et à queue, où 
Ton fait chauffer la rôtie. — V., arr. 
de Chat. 

GoDiAON, s. m., jupon. Vend. — 
(C. et P. D.) 

GoGUE. s. f., farce que Ton met dans 
une panse de mouton que Ton fait 
bouillir — sang de cochon ou de vo- 
laille cuit dans la poêle avec du lard et 
des oignons, ou seulement des oignons. 

« La goguc que gl'a fait les chay n'en vellant 

[pas. » 
[Gust.,p. 23.] 

« La base de ce mot , d'après M. 
Pressac, esi gaudium dont par le retran- 
chement de la dernière syllabe, et le 
redoublement de la première, on a fait 
gogo, gogue, goguette, gogaille, go- 
guenard, goguinette, plaisanterie. Dans 
l'ancien français, ^o^'we avait en outre la 



GOR 



GOU 



151 



signification de raillerie , et c'est de 
cette idée générale de réjouissance 
qu'est né l'usage d'appeler ainsi un mets 
qui est le régdl desh.ibitanls de la cam- 
pagne, et que par cette raison , ils ne 
servaient qu'aux jours de gala. » — 
Saintonge. — Ardennes ; plaisanterie 

— Rabelais : « gogue », panse. 
GoGUE, s. f., gros coin en bois. D.- 

S. — Vend. 

GOGUiA (godja) , s. m., noix. — 
Vend. (Cet P.D.) 

GoiACÉ, s. m. ^ noyer. D -S. Châtil- 
lon. 

GoGU, E igu mouillés), adj., joyeux. 

— Vend. (C. et P. D.) — Aube, Marne : 
« goguelu, goglu, » plaisant, railleur. 

GoiG?s'i, V. a., gagner. 

« Car on lour fit goigni le ho. » 

[Siège de Poit., p. Col ] 

GoiMELLE^s. f., femme dégingandée. 
Vend. (Cet P. D.) 

GoiSAi, V. a., remplir ses sabots en 
marchant dans la boue. Vend. (C et P. 
D.) 

GoR AILLE [goret], s. f., viande de 
cochon. — Au figuré abject, vil. V. — 
D.-S. 

« Qoe y oguist fumet et paille 
» Do chevrea et de la goraiMe. » 

(Rob. Div.) 

GORETTE (b.I. coreftus), s. f., truie 
pleine pour la première fois, ou qui 
vient de faire sa première portée : «ma 
gorette a gourillounai à matin. > V. — 
D.-S. Suivant les lieux. 

GoEDE, adj. des 2gen., étourdi. Par 
extension , sale. Vend^ (C et P. D.) — 
Latin : « giirdus. > Étourdi , pesant 
lourd. Quintilien, c. .5, cite ce mot 
comme d'origine espagnole. (C et P. 
D.) 

GoEGEAiL (1. giirges), s. m., l'en 
semble de la gorge. V. — D.-S., arr. 
de Bress. — Patois limousin : « gorjo, » 
bouche. 

GORGEATTE.GORGETTE, s. f.^rOUgC- 

gorge, oiseau. V., c. de l'Isle-.Tourd. et 
arr. de Civ., pour gorgelte. —Patois du 
Berry : « gorgette, » fauvette. 

GoRGEAU (l. gurges), s. m., trou : 
« le gorgeau regoule d'aiguë ; » le'trou 



est si plein d'eau qu'il la rejette. V., 
c. de risle. -lourd. 

Gorgé, v. n,, se dit de l'épi qui 
perce son enveloppe. V., arr. Chat. 
V. Abeuillai. 

Gorgeouère, s. f., diminutif de gor- 
geail. V. ce mot. V., arr. de Civ. — 
Patois limousin : « gourgero, gourjoré- 
ou, )) gosier. 

Gorgette (r. gorge), s. f., bavette. 
V., arr. de Poit.— D -S , arr. de Bres- 
suire. 

GoRiLLON, s. m., diminutif de goret; 
tout petit porc. V. — D.-S. 

GoRiLLouNAi, V. n., mettre bas en 
parlant des truies. V., arr. de Civ. 

GoELE,adj., creux. V., c. Isle.-Jour- 
dain, Adri. 

GoRO^AiLLE,s.f., viande de cochon. 
V.— D.-S. V. Goraille. 

GoRUE, S- f., truie. D. S. 

GoRRE, s. f., sorte de jeu ; bouleque 
ron se renvoie avec des bâtons. Vend. 
(C. et P. D.j-- Marne : « gorre. » luxe , 



élégance. 



GoRT (g. 7/^''?o;) , s. m., cochon. 
D. Font. Luçon. Vend. — Gorreaux : 
« dîme d'agneaux, gorreaux, veaux, » 
etc. (An. 'l492, ^ieuil. Manusc. du 
Poitou.) 

Goûtai (r. gort\ v. n., mettre bas 
en parlant des truies. D.-S,, arr. de 
Bress V. Gorillounai. 

Goss.\i, v. a. et n., tailler un mor- 
ceau de bois à petits morceaux ; tra- 
vailler à divers ouvrages en bois , 
comme râteaux, claies, etc. V. — D.-S. 

— Vend. — Couper, taillader de petits 
morceaux de bois avec un couteau : 
« que goss'tu don iqui ? — Ah I rin , 
i m'amuse. » Dans tout le Poitou. 

GossERiE (goss'rie) , s. f., lieu où 
l'on gosse. V.— D.-S. 

GouA, mot dont se servent les ber- 
gères pour mettre les chiens à la pour- 
suite des chèvres : « ta. Barbette, ta , 
ma chinne, ta goua, mord la goua, ma 
chinne, mord la.» V.,arr. de Civ. 

GouBET, s. m. , un gros morceau : 
« In grou goubet d' pain , d' vionde. » 
Dans quelques communes. D.-S. — 
(B.-F.) 

GouDREiLLE, S. f . , lame de couteau. 
V., arr. de Poit. —Vend. (C. et P. D.) 

— Couteau mal emmanché. D.-S., c. de 



152 



GOU 



Breèî. — Couteau. V., c. de Monte. 
Saint-Jeaii-de-Sauves. — D.-S., Châ- 
tillon. 

GouDRiLLAï , V. a. , diminutif de 
gossai. couper, taillader avec une gou- 
dreiile, un couteau. V., arr. de Civ. 

Goi ÈRE, GouÉRON, e^pèce de pâtis- 
serie faite avec de la farine, des œufs et 
du beurre, auxquels on ajoute des 
graines de raisin, des pommes ou poires 
coupées par tranches, et que l'on fait 
cuire au four sur une feuille de chou. 
V. , c. Isle-Jourd . Luchapl , pour 
« gouère, » et c. de Montm. et de Saint- 
Savin, p. « gouéron. » 

GouESSE, s. m., diable, démon. V. 
Dans quelques localités. 

GouET, s. m., lame de couteau effi- 
lée, et légèrement recourbée , emman- 
chée au bout d'un morceau de bois, et 
servant à enlever les noix de la coquille. 
V., Chat. — Rabelais : « ") beaux gouets 
qui sont petits, demi-couteaulx, dont 
les petits enfants de *nostre pays 
cernent les noix. » (L. 1'% c. 27.) — 
Patois du Bei ry ; « goy, gouy ; > ser- 
pette de vigneron. — Français : « gouet, > 
grosse serpe de bûcheron. 

GouFFE, adj . des deux genres, épais ; 
couteau gouffe, qui n'est pas bien ai- 
guisé. D^-S. — (B.-F.) 

GouGEAi, v. a., gorger. — (Se), v. 
pr., manger avec avidité. D.-S. — (B.-F.) 
— Appâter la volaille pour l'engraisser. 
V. — D.-S. — Sainlonge. — Ancien 
français : « gouge, » fille de mauvaise 
vie. 

GouiNE. 5. f., l'hippobosque du che- 
val : « mouche-gouine » V., arr. de 
Civ. V. Bouine. 

GoLLAAU ;1. çula], S. m., bouchée 
d'aliment : « ah! boun'gent, boun'gent, 
vem'en douné qu'in paure goulaau. » 
D.-S.— (I Goulot. • Vend. (G. et P. D ) 
— Besançon : « gouze, •> morceau. 

GoLLAFRE, s. f., maladie des mou- 
tons. V., arr. de Loudun. F. Balafre. 

GoDLARD, s. m., engin de pêche or- 
dinairement en osier. V. — « Goulardz 
et engins à pescher. » (An. 1636, ma- 
nusc. du Poitou.) Il y a des goulards à 
deux et à quatre gueules. 

GouLÉ, s. m., ouverture dans une 
haiepar laquelle on ne pcutpasser qu'en 
se courbant jusqu'à terre sur les pieds 



GOU 

et sur les mains. D.-S., Chàtillon. — A 
Alonne, près Poitiers, et dans le bourg, 
il y a un lieu dit « leGoulé, w agglomé- 
ration de jardins bas dans lesquels on 
entre par un petit échalier. — Patois du 
Bcrry : «goulet,» vide ou passage 
dans une haie. — Marne : « égoùt , 
tuyau, gouttière. » — Français : « gou- 
let, » entrée étroite d'un port. Noms de 
lieux : « Goulet (le), » Champigny-le- 
Sec. (V.). 

GouLLÈRE (//mouillés) [l.g'î//a], s.f., 
tourteau à la flamme, ainsi nommé 
parce qu'il se fait à l'entrée, à la bou- 
che du four. V., c. Montm. et de l'Isle- 
.lourd., Adriers. 

GouLÉE, s. f., petit morceau, petite 
quantité ; une goulée de terre , une 
goulée de biens. V. — D.-S. — « Gau- 
lée, » mesure agraire. « 22 goulées de 
pré à 12 pieds de long.» (An. 1500, 
Vouilié. Manusc. du Poitou.) 

GouLLOU.NAi (// mouillés), v. a., 
manger avidement, par gourmandise : 
« tu gouUoun'ras don terjou ! » V., 
arr. de Poit. V. Engouillounai. 

GouLLOUiNEUx, SE, adj., celui ou 
celle qui gouiloune. Vienne. 

GOULUFRIA, GOOLIPATE et GOULU- 

PATE (I. gulosus) , s. m., personne qui 
mange par gourmandise. V., suivant 
les localités. — Ardennes , Marne : 
« gouliafre, gouliarel, » gourmand, dé- 
bauché. 

GouMiTAT (1. vomitarë), v. n., tous- 
ser et cracher sans cesse, faire des cra- 
chats dégoûtants. D.-S. — V., arr. de 
Civ. — (B.-F.) 

GouMiTEux, SE, adj., celui ou celle 
qui goumite. (B.-F.) 

GouMOis, s. m , longue table où le 
boulanger dépose ses pains. D. S , c. de 
Maz. (A. R.) 

GouMON (1. gummi), s. m., œdème, 
tumeur molle, sans douleur , cédant à 
l'impression du doigt. — Au figuré et 
par onomatopée, double menton. V. — 
D.-S. 

GouPE(l. gurdus), adj., épais. V., 
arr. de Poit. y. Gouffe. 

GouPEiLLE , Gocp'llée (// mouil- 
lés), s. f., maladie des bœufs et des 
moutons; congestion du petit colon : 
a depis quieu qu'tomps tout man berli- 



GOU 

nage cueurve d'ia goupllée. » V. — 
D-S. — (B.-F.) 

GouBAON , S. m., cochon. Vend. 
(C. et P. D.). V. Gort. — Gourron : 
fl ilem je prins qiintre boyceaux de 
inou>ture au garnier que je fuict moul- 
dre pour les gourrons. » (An. \bS4. 
Manusc. du Poitou.) 

GouRBiLLON (I. corbiila] , s. m., 
petit morceau ce terre, d'étoffe : « in 
p'iit gourbillon d'chomp.» D-S. — (B.- 
F.) 

Gourde, s. f., jeu qui consiste à 
chercher l'objet ainsi appelé, ordinaire- 
ment un mouchoir noué à l'un des 
bouts, et avec lequel on frappe quel- 
quefois sur le dos de celui qui le cherche. 
— V., arr, Civ. 

GouRGE, s. f., (erre jaune dont le 
sous-sol est argileux. D.-S. Env. de 
Part h. 

GouRi, V. a., tromper dans un mar- 
ché. V., arr.de Loudun. f\ Allotai. 

GouRLASSE, s. f.. toile, ou étoffe ren- 
due trop ferme par l'apprêt. — V., arr. 
Civ. — l).-S. — Grand morceau de 
peau arraché des arbres. (B.-F.) — V., 
arr. de Civ, 

GouRMEL\T, V. n., parler entre les 
dents. V. — D.-S., suivant les lieux. 

GouROUNAT, V. n.. mettre bas en 
parlant des truies. V. Gorillonai. — Au 
figuré, s'écrouler en parlant des murs, 
des terres, des bâtiments: « l.a terre 
de tio chomp gouroune dans thio 
foussé. » D.-S. — (B.-F.) — Vienne. 

GOUROUNANTE , GOUROUNIÈRE , 

GoRONNiÈRE , adj. f., truie pour la 
reproduction. Parextension. truie pleine, 
prête à mettre bas ou qui a des petits. 
V. — D.-S. — Vend. — « Les fermiers 
de Pouillé devaient annuellement.... un 
cocl)On de lait, s'ils avaient une truie 
goronnière. w (An. 1779. Manusc. du 
Poitou.) 

GouRU, USE, adj., celui ou celle qui 
trompe dans un marché. V., c. de 
Monte. Mazeuil. 

GouspiLLEAi, V. a., gosser, couper 
menu, sans goût. Vienne. 

Go\issk\[T. gousse), v. n., fournir 
en gousses, en avoir en abondance, se 
dit des plantes léguminçuses : « quiés 
pois, quiés fèves , quiés monjettes ont 
bai goussais. » V. — D.-S. — Vend. 



GRA 



153 



GoussAiL, S. m., vesce blanche. V., 
arr. Poit.,c. de ^li rebeau, gousses, cos- 
ses des plantes parasites qui poussent 
dans les champs et se mêlent aux grains : 
« thio froument est plein de goussails. » 
(B.-F.) 

GouzEGLiAE, V. a., couper menu. 
Vend. (Cet P. D.) F. Gouspillai. 

GouziÉ, s. m., vase où le faucheur 
met sa pierre avec de l'eau pour aiguiser 
son dail (faux], c. de l'IsIe-Jour. F. 
Couaée. 

GovÈRE, adv., de ^o oui, et vêré 
vraiment, oui vraiment. D-S., arr. de 
iMelle. — (B.-F.) 

GoYON, s. m., goujon, petit poisson, 
V. — D.-S. 

Grabot, Grabodt , s. m., graine 
de lin dans son enveloppe. D.-S , c. 
Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

« Hier en Tentant In bossea de grabot. » 

[N. P., p. 142.] 

Grabot ou grabout, » balles du frèfle 
et delà luzerne. D.-S.— (B.-F.)-— Fran- 
çais : « grabot , w criblure, pou.s.sière. 

Grabotai, V. n., prendre la forme 
de petits grains, de « grebais, » en par- 
lant du laitage tourné. Vend. 

Graffignai , V. a., égratigner. V. 
D.-S, — Boman : « grafmar. » — 
Patois du Berry : « gratiner. > — i\îar- 
ne : « graffigner. » 

Graffigxoux (g. 7?fô'rto), s. m'., 
écrivain judiciaire en général. — huis- 
sier. 

« d.ime fut iqui queGrigoire en colère 
» Dissit au graffioou, ly donnant mille noms. » 

(Gost., p. co.) 

— Greffier : 

« Lé graffignoux ou aTont écrily, 
« Chaffoiiry et barbouilly. » 

(Cent. Poëtv. a» part., p. 78.) 

Gbaguena, s. m., graguenette, s f., 
l'ensemble de la gorge, V., arr. de Civ. 
pour gragueiia, et D.-S., c. de Bre<s., 
pour «graguenette.» f^\ Garganac. 

Gragouet, s. m., la nuque : a s'i V 
prin per le gragouet.. te n'sra jà à t'n 
ése, tas; » si je te prends par la nu- 
que, tu ne seras pas à ton aise , tiens. 
V., arr. de Civ. V. Gagouet. 

Gbain, s. m. (1. granum), colza : 



154 



GRÂ 



n huile de grain, )i huile de colza. V., 
c. Isle-Jour. — Luchapt. 

Grai^jài, V. n., abonder en grains : 
« Ihio blégraint'bein. t)|B. F.) — Vienne. 
Gascon : « grana. « — Patois du Berry: 
— « grainer. » — Français: «grainer, • 
pratiquer de petites émiiicncesou grains 
à la surface d'un corps. — Noms de lieux : 
« Grenalière (la),» Savigné. (V.) 

Ghaippe , adj des '2 genres, en- 
gourdi par le froid. Ne se dit que des 
pieds et des mains. V. — D.-S. — Vend. 
je. et P.D.), où l'on prononce greppc. 
— Au (iguré , adroit. — [»rovençal • 
€ grèpi, » onglée: « faslo, moun orne, 
s'ai Ion grèpi » ; (àte, mon brave, si 
j'ai l'onglée. 

Gralae et Gralai , v. a., rôtir, 
dessécher à l'excès : « la chaleur a 
gràlé les feuilles de mes poiriers. •> — 
V.a. et n., faire « grâiai » des châ- 
taignes au feu ou dans une poêle per- 
cée\ D.-S , arr. de Melle et de Parth.— 
Vend. (C. et P. D.) — V., dans quel- 
ques iocalftés. — (A. R.)-— (B.-F'J. — 
Rabelais : o graisler. » 

Gralette, Grelette, s. f , tartine 
de pain grillé que Ton met dans le lait, 
dans le chocolat, etc. V. — D.-S. 

Gralou, s. m , poêle à rôtir des mar- 
rons Vend. (C. et P. D.)— D.-S., c .Maz. 
(A. R ) — Patois du Berry : <i graloire. » 
Graxbaron, s. m., grande perche 
qui sert à maintenir le foin sur une 
charrette avec les clas. V. ce mot. — 
Vend., c. Chalans. 

Gband'ch'mise, s. f., Wouse. V., 
arr. de Civ. F. Daumée. 

Grapaudai (r. crapaud), v. n., 
littéralement marcher comme le cra- 
paud ; onomatopée. Se dit surtout des 
enfants qui commencent à marcher, 
et se traînent sur les pieds et les mains. 
— Par extension, gratter. V., arr. de 
Pûit. et de Civ. — D.-S., c. Bress. et 
arr. de Melle. — iB.-F.) 

Grapette (à la , loc , jelter de me- 
nues pièces d'argent, des sous au milieu 
d'une troupe d'enfants qui cherchent à 
les gripper, à le.» ramasser. D.-S., arr. 
de Bress. — Allemand : « Grefféin. » 
saisir. 

Grapiette et Rapiette, s. f., lé- 
zard gris , le lézard des murailles : 
Proverbialement, une personne sèche 



GR.V 

se nourrit de rapiettes ; une per- 
sonne heureuse au jeu a des queues 
de rapiettes dans sa poche, V., arr. de 
Poil. 

Grapouinai, v. n., marcher avec 
difficulté, avoir les pieds endoloris après 
une longue marche. — D.-S. — (B.-F.) 

— Roman : « graponar, m ramper, se 
traîner. 

Grappe, adj. des 2 genr., mains 
grappes ; doigts grappes, engourdis par 
le froid. — Au figuré , quelqu'un vif à 
la réi)lique « n'a pas la langue grappe, w 
Vienne. F. « graippe. » — Saintonge. 

— Ardennes : « Grappe, » ulcère, pus- 
tule. — Bas-Breton : « krap, » grappin. 

Grappe-chat (à), loc, aller à « grap- 
pe-chat, » sur les pieds, sur les mains. 
D-S., c. Maz. (A R.) 

Gras-oe-Mouton , s. m. , lampane 
commune, plante. V., arr. de Chût. F. 
geline.* 

Grassegeline, s. f., lampane com- 
mune. Vend. (C. et F. D.) V. Ge- 
line. 

Gratea, s. m., plante , le grateron. 
Il y en a de plusieurs espèces. Les plus 
communes sont le grand blanc, et le 
petit jaune. Très-nuisible aux céréales. 
D.-S. — (B,-F.) arr. de Melle. — Vien. 

Gr.atelle, s. f., maladie de la 
peau, démangeaisons, gale, etc. : oGotte 
a la pea perdue d'gratelle ; w Margue- 
rite a la peau, etc. Dans tout lo Poi- 
tou. 

Graton,s. m., débris de lard fondu. 
V. — D.-S., c. Bress. — «Gratons dus 
aux religieuses de la Trinité à carême 
prenant. » (xiv® siècle. Manusc. du 
Poitou.) 

Gravé, s. m., assaisonnement dos 
mets au gras. V., c. Isle-Jour.Luchapt. 

Grave, v. n , monter , grimper : 
a gravé à la cime d'in âbre , gravé 
coum'in chat, w c'est grimper, gravir, 
vivement, lestement. Dans tout le Poi- 
tou. 

Gravegnon (grav'gnon),s. m,,grim- 
pereau, petit oiseau qui grimpe lo long 
des arbres; onomatopée D.-S.— V. — 
D'après Bu ffon , dit M. Beauchot-Fil- 
leau , les grimpereaux étaient connus , 
en Poitou, sous lo nom « degravelets. » 

Gravétai (r. gravé) , v. a., assai- 
sonner des mets au gras : « i o bé gra- 



GRE 

v'tai per tout'la maisonnée; w j'ai bien 
préparé des mets au gras pour tous les 
gens de la maison. V., c. de l'Isl. -lourd. 
Luchapt. 

GRAVOUiLLÉ(r. grai'ouillon), v.n., 
grimper doucement en se servant des 
pieds et des mains. V., arr. de Chàtell. 

— Marne : « gravouiller, <> clapoter. — 
Provençal : <> gravacha (gravatsa), » 
gratter. — Patois du Limousin : « gra- 
vecha , » gratter. — Patois du Berry : 
« graviller, » gravir. 

Gravouillon , s. m. , petit oiseau , 
grimpereau. /^^ . Gravegnon. — Au figuré, 
enfant qui, pour marcher, se sert de ses 
pieds et de ses mains. V., arr. de Chat. 

Grweai , V. n., convenir, plaire. — 
D.-S. (Barot). — Boman : « greiar, » 
agréer, plaire. — Marne : « gréer, » 
approuver, plaire. 

Grebaïs, s. m, pi., petits grains qui 
se forment dans du laitage tourné, ou 
dans de la sauce. Vend. 

Grègne et Grig^k, s. f., morceau 
de pain ou de gâteau , spécialement 
celui que le sacristain offreà la personne 
qui doit donner le pain bénit. — D.-S. , 
c. de Bress. — Vend. (C. et P. D.) — 
La croûte du pain. V. — Au figuré , 
avoir une « grigne « contre une per- 
sonne^ c'est avoir de la rancune. V. — 
Saintonge dans ce dernier sens. — Pa- 
tois du Berry ; (• grigne, giignotto, » 
petite parcelle d'une chose , une miette. 

— Ancien français:» graigne^ » souci , 
chagrin. 

Gregnou et Grignou ^ adj. m. . se 
dit du pain dont la croûte est crevée. V. 

Gregou et Grigou, adj., caduc, 
indisposé^ malade , se dit des bêtes et 
des gens. V., arr. de Poit. et de Civ. — 
Français: « grigou,» gredin, miséra- 
ble, individu d'une avarice sordide. 

Greil, adj , pleurnicheur. — D.-S., 
c. de Bress. 

Greillaudai , V. n., pleurnicher, 
se plaindre et crier sans cesse ; <« se 
poué c'quel'y a meingne drôle; gl'é 
greil, gne fé qu'greillaudai. » Je nesais 
point ce qu'a mon drôle ; il est greil , il 
ne fait que pleurer.— D.-S., c. deBress. 

Grelaud , F, adj. qualifie. , un 
objet fragile, déposé sans soins, à terre, 
dans un panier. V. 

Gbela, Grelae, s. m., grelle, s. f., 



van , crible. V. 



GRE 
D. 



155 



S. —Vend.— 
Suivant les lieux. — a. Grelleau a 
chapté pour passer le chapplin. » (An. 
!466. Vasles. — Manusc. du Poitou.) 



« La parole d'in obreas 
« N'a pas pu de tenue 
« Qu'in grain dans la treinue 
« Et l'évc don in grclea. » 

[[\ob. Uiv., p. 1 18,] 



Boman : a grello, » grille. — Gascon : 
« grelo, » crible. 

Grelet (le t sonne dans quelques 
contrées), s. m., grillon. V. — D.-S. — 
Vend. — Noms de lieux : « Grêlé, » 
Messemé ; « Greletrie (la), « Champa- 
gné-le-Sec, a Grelets (les) , » Pouant ; 
« Greletterie(la), » St-Sauveur. (V.) 

Grelai et Greleyai , v. a., passer 
par la grelle, le grêla. V. — D.-S — 
Vend. 

Grellures et Greleyures , s. f. 
pl., le déchet des objets grellés, gre- 
levés. 'V. — D.-S. — Vend. — Suivant 
les lieux. 

Gremeil, s. m., le râle de la mort. 
« Lionne n'eu pincaire borsadée . mai 
all'eu din l'gremeil ; » Léonie n'est pas 
encore morte, mais elle (îst dans le ràlo 
delà mort.V.,c. de l'Isle-Jourd. Luchapt, 
Adrier.-. V. Germail. 

Greme]llo>\ s. m., farine mal dé- 
layée dans de la sauce , ou du lait, et 
qui, pour cette raison, forme des petites 
boules. V., arr. Poit. et de Civ. — D.- 
S., arr. de Bress. et de Parih. — Patois 
du Berry : « Gremille et gremillons. » 

Gremelai , V. n., être oppressé: 
« Ah! m'man, pépé i gremèle (gre- 
meule) trejou : » Ah ! maman grand 
père est toujours oppressé. V. — Gron- 
der, se fâcher, grogner. On rapi)lique 
aussi dans les environs de Melleau bruit 
du tonnerre : « le chaîin gremelait, » le 
tonnerre grondait. (B.-F.) 

Gremelou, se (grem'Iou) , adj. , 
asthmatique. Vend. (C. etP. D.) 

Geemillon, s. m., petit grumeau. 
D.-S., c. Maz. (A.-R.) — c Bress. — 
V., arr. do Civ. — Pe:it morceau, pelito 
part, une portion d'un tout : « gremil- 
lon de pain, gremillon de champ. » V., 
arr. de Chat. — Mayenne: « gremilles,» 
miettes, petits fragments. — Noms de 
lieux : «Gremillon, » Marigny-Brizay j 
«Gremillon (le), » Vernon. (V.) 



136 



GRE 



(UIE 



tomber grain h 



Grkna, s. m., grenier : « eu monta 
din sou grena peur greleya sou bia ; » 
il est monté dans son grenier pour cri- 
bler son blé. V., c. Monlm. et de l'Is.- 
Jourdain. 

Gbe> AILLAI, V. a., remuer , épar- 
piller. D-S.. c. !\laz. (A.R.) 

Grenaidai, V. n,, 
grain, par petite portion. « La terre 
grenaude » en s'éboulant b la suite des 
gelées. L'on dit encore la même chose 
de la pluie, de la grêle qui tombent, des 
noix que l'on abat. D.-S. , arr, de 
Melle. — (B.-F.) — Noms de lieux : 
« Grenaudiére , » Persac ; «Greiiau- 
dières(les), » Ingrandes. (V.) 

Geenkuillae, s. m., lieu maréca- 
geux peuplé de grenouilles. D.-S., arr. 
de Melle. Dans la commune de Thori- 
gné, il y a le « Grenouillae de Jédre. » 
— Patois du Berry : « Grenouillai, » 
mare. — Noms de lieux: « Grenouil- 
leau. » Sérigny; « GrenouUlère (la), » 
Roiffé , St-Romain-s. -Vienne , <« Gre- 
nouillères (les),» ïhurageau. (V.) 

Grbneuillai (r. greneuille), v. n., 
s'amuser à des bagatelles, à des riens. — 
Par extension, ne pouvoir avancer son 
ouvrage, parce qu'il est d'une exécution 
difficile : «oyat in'heure qu'i se q.iil à 
greneuillai, et i n'ai core rin fé; î ily a 
une heure que je suis ici à greneuillai, et 
je n'ai encore rien fait. V., arr. Civ. et 
de Poit. — D.-S. — (B -F.) 

Greneuille, s. f., c'est le mot fran- 
çais grenouille. Dans tout le Poitou : 

« Vaingiiil Ine gr'ncuille 
« Qui m'niordit au talon 
m La pibolc. » 

CChans. Poil). 

Au figuré, et par plaisanterie, Tondit: 
«ne boit don poué tontd'aive.on t'met- 
tra daux greneuilles dons Tvontre. » 
V. - D -s' 

Greneuille, s. f., maladie du co- 
chon ; ganglions qui enflent dans sa 
gueule et l'empêchent de manger. D.-S. 
— (B.-F ) — V , arr. de Poil, et de Civ. 

Greneuillo.n, s. m., maladie des 
moutons : prurigo de la face et des 
oreilles, caractérisée par des papules 
dartreuses. (B.-F.) 

Greneuillon [r. grenf uille,, adj. 
des 2 genr., celui ou celle qui greneuille, 



qui ne travaille pas activement. V., arr. 
Civ. —D.-S. — (B. F.) 

Grekot ou Grelot (à la), loc, met- 
tre il nu ; « i n'encamaille pou man 
drôle, i l'coucho tout a la grelot, n — 
Mettre des noix à la « grenot , » les 
étendre dans la cour; ne point les ser- 
rer. Vend. (C. et P. D.) 

Grenot (gr'not), s. m., être à petit 
grain comme la terre qui s'elTrite. On 
dit encore : « aller au gr'not , » pour 
exprimer l'idée de commerce sur les 
grains. (B.-F.) 

Crenotâi, V. n., tomber grain à 
grain. V., arr. de Poit. et de Civ. — 
b.-S., arr. de Bress. et de Parlh. — 
(B.-F.) V. Grenaudai. 

Grenotaon,s. m., petite mesure de 
paille. (Vend. C. et P. D.) 

Grenote,s. f. .vase où l'on met le 
grain destiné aux volailles. D.-S., arr. 
de Bress. et de Parlh. — A. R.) 

Grenotier, s. m. marchand de 
grains, blatier. (B.-F.) — Basse latinité : 
granatarius, préposéaux grains (Duc.) 
Grenotte, s. f., grande jatte en bois 
ou en paille dont on se serl pour semer 
les grains. — D.-S , arr. de Melle. — 
(B.-F.) 

GrenotteaIj V. a., semer le blé. 
Vend. (C. et P. D.) 

GRhNucHE, S. f., espèce de scarla- 
tine. V., arr. Civ. — D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

Grbnuché (r. grennches)^ v. a. et 
n., donner des gremiches aux volailles. 
V. - D.-S. 

Grenuches, s. m pL, grains défec- 
tueux que l'on donne aux volailles. V. 
D.-S 

Geenucmon, s m., y. « greneuit- 
lon, grenuche et agrains. » — Suivant 
les lieux. 

Grenu VELLES, s. f. pi., petites gre- 
nouilles qui coassent en été pendant la 
nuit. — Vend. Font. (C. et P. D.) V. 
Fièves. 

G RKSEiLLAi.v.n., être oppressé, avoir 
de l'humeursur la poitrine :«Jeon gre- 
seille depeu lintomps, quieu n'é poué 
bon sine à c'qu'i peu creire. )i D.-S., 
arr. de Bress. V. Gremelai. 

Gbésissb, s, f., grésil. V., c. Isl.- 
Jour. Adriers. 
Grette, s. î., petites parcelles li- 



GRI 

ç^neuses qui se détachent du chanvre ou 
du lin quand on le broye. D -S.— (A. R.) 

— (B.-F.) Anglais: « grit, » parcelles 
que la lime enlève du 1er sur lequel on 
la fait mordre. (B.-F.) 

Grève, s. f., raie que l'on se trace 
sur la lète en partageant ses cheveux: 
as-lu vu Lisette? sa grève é terjou 
bén dersei, ouaillo » ! as-tu vu Louise? 
Sa grèae e>t toujours bien dressée, oui ! 
V., arr. Civ. — D.-S , arr. deiMelle. — 
(B.-F.) 

Grezil, s. m., sable ramassé dans 
les champs après les grandes pluies. 
D.-S. — (C -F.) 

Grisolle, s. f., groseille. D-S. — 
Sainlonge. — Provençal : « grounzello. b 

Gresollier, s. m , groseiller. D.-S. 

— Sainlonge. — Provençal : a agrasso- 
lier. » 

Gbezoullai et Grèsoll.\i (Il 
mouillés^^ v. n., trembler de froid , 
éprouver le râle de la mort. D.-S , arr. 
de Parth. et de Melle. — (A. R.) — 
(B.-F) 

Gricé, (1. ringi), v. a. et pr., gron 
der entre les dents. V., arr. Chat. 

Grigou, ouse, adj., hargneux, qui 
gronde sans cesse. V., arr. Chat. 

Grigue, s. f., miette, petit morceau. 
V.. arr. de Loudun. V. Brigue. 

Grillon, s. m., débris de lard fondu. 
V. V. Graton. 

Gruie, s. f., chandelle de résine. — 
Au figuré et par extension, sec, maigre : 
« quiau drôle de Pierrot a l'air d'ine 
véritable grime; gne profile ni n' 
cuerve; » ce drôle de Pierre a l'air d'une 
véritable grime; il ne profile, ni ne 
crève. V. — D.-S. — Patois du Berry : 
a grime, » un grain de fruit à grappe. 

— Français : « grime v » petit écolier. 
Grimelé, ée (grim'lé), adj., triste, 

vieux, ridé ; se dit principalement des 
vieillards et des fruits qui ont la peau 
ridée. D.-S., arr, Melle. —(B.-F.) — 
I\oman : « grim 
Italien : « grimo. » (Cit. B.-F.) 

Gri.mer, v. a., blâmer, réprimander. 
V., arr. Poit. — Français: « grimer 
(se), » se rider la figure pour jouer les 
rôles de grime, de vieillard, au théâtre. 

Grtmodai, Grimou.nai, v. a. et pr., 
quereller, blâmer, tracasser. V., arr. 
Poit. — D.-S., arr. de Bress. — Haute- 



GRO 



157 



» triste, morose. — 



Marne : gronder, murmurer. — Patois 
du Berry : « gromouneux, » grognard. 

Grimole, s. f., espèce de galette 
faite avec des restes de caillé , que 
l'on pétrit avec du petit lait et de la 
larine ; ou galette faite avec de la farine 
de maïs On appelle aussi ces galettes 
a grimolet. » V., arr. Civ. — a Grimo- 
lée, » arr. Poit. 

Gringuenassaï (se), v. pr., se fâ- 
cher, se disputer pour des vétilles : 
« ah! queu ménage! gle sanUlrejou on 
s' gringu'nassont ; » ah! quel ménage! 
ils sont toujours à se disputer. V. — 
D.-S. — Vend., suivant les lieux. 

Grtpou, s. m., grippe-sou, receveur 
de rentes. 

« Tandis que les gripoux aa palais nous plu- 

[mant. > 
(Gust.; 

Allemand : « greifein, » saisir. 

Crippatlle (à la), loc, répandre 
de la menue monnaie, des dragées, au 
milieu d'une foule d'enfants qui les ra- 
massent, en se précipitant, en les grip- 
pant. V. — D.-S. V. Grapette. 

Grtpasses, s. m. pi., terres rocail- 
leuses, remplies de pierres, d'épines, et 
placées le plus souvent sur le versant 
d'un coteau. (B.-F.)- V. —D.-S., sui- 
vant les lieux. 

Grippe (Ail. greifein), s. f., action 
de serrer, de tenir quelque chose avec 
la main : « quiau gars a la grippe boune, 
ma foué. » (B.-F.) — V. — D.-S. — 
Aube , Marne : « grip , grippe, grip- 
paille, » vol, rapine. 

Grippet, s. m., chemin roide et 
étroit; petite côte: « mes chevals ant 
r'buté dons le grippet ; » mes chevaux 
n'ont pas voulu tirer dans le grippet. 
Dans tout le Poitou. — Aube : c grip- 
peau, » tertre, colline. 

Grison, s. m., granit gris du bocage 
vendéen. 

Grog, s. m., rien. Quand on a mangé 
de quelques mets et qu'il ne reste rien, 
on dit : « il n'en reste groc. » De même 
quand on ne retire aucun profit de ses 
entreprises, etc. — Vend. 

« I ne retiras groc daux pattes à quielle ouvrère. » 

(Gust., p. 78.) 

Grog, s. m, sec, cassant, rude. 
Vend. f^. Are. 



158 



GRO 



Gboge et Croie, s. f., lorrain léger, 
rempli de petites pierres. V. — D-S.— 
Celtique : « groig, » pierre. — Noms 
de lieux : « Groge. Crogerie, Crogcs, 
Grogots, Croie, Croix, Crojets; u' au 
nombre de vingt, dans le départ, de la V. 

Gbolia et Crolifau, s. m., petit de 
la € grolle d 'corbeau). V. — H. -S. — 
Vend., suivant les localités. Le pro- 
verbe, fl grolle qu'a grolias n'a jamais 
mangé bon morcia, » se dit de la femme 
qui a plusieurs enfants, et qui par suite 
est obligée de s'imposer beaucoup de 
privations. 

Grolirk, s. f , grosse noix, aussi ap- 
pelée noix muserole : ■ deu (des; caleas 
grolea, deu (desj noués grolires. ■ V., 
c. Monte; Mazeuil. — Rabelais : « Car- 
palim (l'une coquille de noix grollière 
faisoit un beau petit, joyeux et harmo- 
nieux moulinet. » (L. 4, c. 66.) 

Grolle (plumer la), loc , faire une 
légère collation pour attendre le souper 
sans souffrir de la faim. Ne se dit guère 
que des collations des vignerons. — 
L'on appelle aussi e plume-grolle » un 
petit morceau de pain. (B.-F.) 

Giios-BEC, s. m,, oiseau. V. — 
D.-S. 

Crosseries, s. f. pi., toutes les cé- 
réaleSj excepté le froment. D.-S., arr. de 
Melle. — V., arr. Poit. et Civ. — (B.- 
F.) — Français : < grosseries , » gros 
ouvrage de taillandier. 

Grossier, ère, adj , gros, gras: 
« grossier de corps, et léger d'esprit. » 
V., arr. Poit. —Patois du Berry. — 
Français : « grossier, » épais, qui'n'est 
pas délicat. 

Grolae, V. a., couver. Vend. (C. et 
P. D ) 

Crolachée, s. f., giboulée : « les 
dernières grouachées ont bin jauni les 
blés. V., arr. de Chàt., St-Sauveur. 

Gbouaie, s. f., couvée. Par exten- 
sion , grand nombre, une « grouaie » 
d'enfants, beaucoup d'enfants. Vend. — 
D.-S. — Anjilais : < growing, » nais- 
sant. (Cit. B.-F.) 

Crouail, s. m., terrain pierreux. 
D.-S. — V. Groge. 

Groubillon, s. m., petit morceau, 
parcelle. V., arr. de Civ. V. Gourbil- 
ion. 

Gbolc, s. m., chenil. Par extension, 



GRU 

une personne de mauvaise humeur est 
« hargneuse comme in chin dons in 
grouc. » V., arr. Poit. cl de Civ. — 
Patois limousin : « gru. » 

Grouee et GroiiIE, s. f., couvée. 
V. — l>.-S., suivant les lieux. V. 
Grouaie. — Patois du r>erry. 

Groueteux, se, adj., gravois, pe- 
tites pierres, terrain léger. V. — D.-S., 
suivant les localités. Y. Groge. 

G ROUI, v. a., souffrir des pieds par 
la marche. — D.-S. — (A. R.) 

Crouin, s. m., raisin blanc, ayant 
le goût du poivre, V^, arr. Civ. — Noms 
de lieux : a Grouin, • les Ormes, (V.) 

Gruasse, s. f., terre chaude et légère. 
D-S.,c. Celles. 

Gruau (être en), loc, se dit particu- 
lièrement des poules qui perdent leurs 
plumes, et par analogie des personnes 
qui sont a peine vêtues. Vend. (C. et 
P. D ) 

Gruchai et Gruchi, v. a., grimper, 
monter. V. 

Grucheux, se, adj., celui ou celle 
qui gruche. V. 

Gruge, s. f., instrument à dents pour 
brider le chanvre, le lin. D.-S., arr. de 
Parih. — (A. R.) — Noms de lieux : 
(( Gruge (la), » Vendeuvre; « Gruges 
(les), .rrhuré. (V ) 

Grugeai, v. a , giugeai le chanvre, 
le lin, c'est en eidever "les têtes avec la 
gruge. D.-S., arr. de Parth. — « Toutes 
les graines des d. lins et chanvres je les 
doys grugier à mes dépens. » (An. M84. 
Manuscrits du Poitou.) — Français : 
<• gruger, » briser, entre ses dents, quel- 
que chose de dur ou de sec. 

CuuGEAiL, s. m., petites pierres, 
cailloux dont le sol est entièrement cou- 
vert dans certains endroits; terrain cal- 
caire pauvre, où la vigne néanmoins se 
plaît. Le vin qu'il produit est ordinaire- 
ment sec et de bonne qualité. V., arr. 
de Poit. et de Chàt. — D.-S., c. de 
Bress. 

Grugeasse, s. f., objet en mauvais 
état, de peu de valeur : « ine grugeasse 
de maison. » D-S., c. de Celles. 

Grusele,Grusolle, s. f., groseille. 
V., arrondissement de Poit,, de Chat., 
et aussi de Civ., pour ■ grusole.» F, Gre- 
solle. 

GBUSELÉfgrus'lé), s. m., groseiller : 



GUE 

• i ai bia visitai mes grus'Iés, y n'y vé 
pou de gruseles. » V. V. Gresolier. 

GtJACE, GuACHiî, s. f. , flaque d'eau 
bourbeuse, croupissante. Vend. — D.-S. 
V. Casse, Cassette. 

GUAÇOUATL, GUAÇOUILLET, S. m , 

diminutif des précédents. D. S., arr. de 
Bross et de Farlh. 

Gl'CHE i'ju mouillés) [1. jugiim]^ s. 
m., juchoir el lieu où la volaille juche la 
nuit : « tes poules sont-i h guche, ma 
mignonne? — Non, i n' se pas en s' 
ment où a guchont. » V., arr. de Chat.;, 
Maire. — Patois du Berry : « gueuche, » 
perche à volailles. 

GucHÉ (921 mouillés), v. n., jucher. 
V., arr. de Chat. — Patois- du Berry : 
« gueucher. » 

GuÈDE et GuEDÉ, BE ,adj., lourd, 
essoufllé. V. - D.-S., arr. de Bress. et 
deParth. — (A. R.) 

GuÈDE, V. n.., terme de joueurs de 
boules , de quilles ; ne pas atteindre le 
but. Il est aussi pronominal. — Elre 
essoufflé : « i seu guedé , i n' peux pu 
allai. » V. —D.-S. 

GuEDB, V. n et pr., être rempli ; se 
remplir de nourriture à l'excès, de ma- 
nière à ne pas pouvoir respirer à l'aise. 
La personne qui a trop bu ou trop 
mangé << s'est guedée coum'in goret. » 

« Quand gl'at été guedé et que gn'cn t ouraUpus. » 

(Gust., p. 65.) 

— Français : « guéder, » teindre avec 
la guède. 

GuEiLDROU, SE, salo , malpropre. 
V., arr. de Civ. — f\ Gaildreau. 

« Gréliant cinq ou six gueildroux 
» Per conduire quielle fiancée » 

(Chans. polt.) 

GuEMAR , S. m., être fantastique, 
que l'on a créé à tort pour inspirer de 
la crainte aux enfants : « A lu pou en- 
tendu l'guémar? — I non — I l'é ben 
ontondu mé , g!e fasait huum, huum.» 
N'as-tii pas entendu le guémar? — Non. 

— Je l'ai bien entendu, moi , il faisait 
huum! huum! — V., arr. de Civ. — 
Dans le roman de Merlin , le chevalier 
Guiomars figure comme l'amant de la 
fée Morgain ou Morgane, élève du fa- 
meux enchanteur, et sœur du roi Artus. 



GUI 



159 



(Vie et prophéties de Merlin. Paris , 
Aut. Vérard 1498.) 

GuEMÉ, GuENAi , V. n, haleter, 
respirer difficilement, être essoufflé après 
une course , ou de grands efforts. — V., 
arr. de Civ. — Vend. , pour a guenai. » 
« Le han de Saint Joseph a été poussé 
en guenant. » (Cit. de P. D.) 

GuENASSE, s. f., dyssenterie, cours 
de ventre. — D.-S. — (.B-F.) 

GUENAi, v. n. y. Guemé. 

GuENET (être à la;, loc. qui signifie 
avoir plus d'ouvrage que l'on ne peut 
en faire dans un temps donné. D.-S. 

GuENEUiLLE, S. f , guenille, mou- 
choir de poche. V. — D.-S. 

« Perrot tir' sa gncneulllc 
« Et le nez s'est tcrché. » 

(Chans. polt.) 

GuENiLLOU (Baudet) , adj. m., c'est 
le baudet le plus recherché. 11 est ainsi 
nommé à cause de la pelisse qui le re- 
couvre du garrot a la queue, et qui 
descend souvent jusqu'à terre. C'est 
comme un pauvre couvert de guenilles. 
V.- D.-S. 

GuERGNiN [gu mouillés), s. m., en- 
tamure du pain , gros morceau. V., c. 
de Mirebeau. V. Cargnàon, 

GuERLiN, s. m., bruit d'un grelot, 
d'une petite sonnette. Onomatopée. V._, 
arr. de Civ. 

GuELiLLAi (gu mouillés) , v. a., re- 
garder fixement quelqu'un ou quelque 
chose : a Oh ! m'man , i vau allai à la 
ballade. — Et qu' faire ? — Gueuillai 
les aut'es, don 1 » V., arr. de Civ. — . 
D.-S. — (B.-F.) 

GuEiLLOU SB, adj., celui ou celle 
qui f/«ew///e. V., arr. de Civ. 

GuGLE(grw,gr/ mouillés), s. f., jupe, ju- 
pon. N'est guère employé que dans cette 
phrase : « Sègue me don trejou pre la 
gugle. ») D.-S., arr. deMelle. (B.-F.) 

GuGLE-GuGLE (à la), loc, se dit d'un 
objet que deux personnes se renvoyent 
mutuellement comme un volant, une 
balle de paume, etc. D.-S., arr. deMelle. 

(B.-F.) 

GuiAiRE, GuiRE,s. f., espèce de vi- 
role en fer servant à envelopper la 
queue du dail (/aux) avec le bout du 
manche. D.-S., arr. de Bress. pour 
« guiaire» , V. — D.-S., suivant les 



160 



GUI 



lieux pour « guire. » — « Trois faux à 
faucher avec leur guire. » (An. 1781 , 
Va?Ies. Manusc. du Poitou.) 

CiLiAissAi. V. n., pousser des je(s , 
taller. V.— D.-S. 

GriAissoN, el Gaisson. s m., (aile. 
V. -D.-S. 

Gliboles , s. f. pi.. les jambes : 
« gare à les guiboles, w crie-t-on à quel- 
qu'un quand on fait rouler derrière lui 
une barrique, une boule, etc. V. — 
D-S 

GuicHE , V. a. et n. , attendre. : 
« quand j' s'rons la à guiché. » V., arr. 
deChàl. 

GuiCHOiRE, s f., seringue en sureau 
qui sert de jouet aux enfants. (B.-F ) 
V. Ecclissouère. 

GuiÉ, adj. num., dix : « cambé 
vau-tud' poules, Marissou? — I en vau 
puié ; » combien veux-tu de poules , 
Marie ? — J'en veux dix. V., c. de l'isle- 
Jourd. 

GuiÉMENTi (se), V. pp., s'informer. 
V.. c. de Monte. 

GiiET-A-PANS, loc, « la main guiet- 
à-pans, • signifie la main prête à pren- 
dre, à dérober. Vend. 

■ De nos roulaces et nos jcmants 
n Aut trejous la moin guct-à-pans. >> 

(Gust.) 

Français : « guet-apens, » embûche dres- 
sée pour insuUer ou tuer quelqu'un. 

GuiLURE, s. m., cours d'eau: « le 
guieure de Chambon. D.-S., c. Saint- 
Maixent, François et Clavé : « le guieure 
d'Exireuil » D.-S., arr. de Niort. — Pro- 
vençal : « gaudre , » torrent ; « lou 
brut d'un gaudre que très tumbo ; » le 
bruit d'un torrent qui tombe en cata- 
racte. — Patois du Berry : « gour, » 
pièce d'eau profonde el bourbeuse. 

GuiGNÉTAi, V. a., arriver avec peine 
à faire quelque chose. V., arr. de (;iv. 

G\]\GSET M ir. guigneite), v. a., se 
servir de la guignette, (B.-F.) 

GuiGNBTTE, s. f. , scrpettc. V., arr. 
de Civ. — D.-S. , arr. de IMelle. — 
« Guenguiette, » petite hache. ( 1 200, La- 
combe,, cit. B.-F.) 

GuiGNOLAi(sB),v.pr.,sepeigneravec 
soin, coquettement : a ah ! mon Dieu, 
qu' tu mé dau tompsa t'guignoiai. » V., 
arr. de Civ., arr. de Poit. 



GUI 

Guignolet, s. m., manière peu gra- 
cieuse de se coiffer quant à la forme. 
V., arr. do Civ. T. Bignolon. 

GuiLANVERT , S. m., lézard vert. 
V., c. de IMontm. et de Saint-Savin. 

GuiLLE, s. f., espèce de virolo en fer 
servant à envelopper la queue du dail : 
« lu va allé cheuz l'marichau fair' metl' 
ine giiille à la queue de mon dail. » V., 
arr. de Chût. — Vend. /'. Guiairo. 

GuiLLEBAUDAi, v. n., s'occuper à 
des riens : « quié quel guillebaude'? » 
qu'est-ce qu'il nigaude? Noms do lieux : 
« Guillebaudière (la) , » Chàtelleraud : 
a Guillebaudière, » I.uchapt : «Guille- 
baudières (les) , j> la Chapelle-Moulière. 

(V.) 

GuiLLEDROU,s. m., courir le«guille- 
drou, » c'est, courir le sabbat. Vend. 
(C. et P. D.) — Mayenne: « guilledrou, » 
sabbat; Aube : « guilledou (courir lej, » 
être en bonne fortune.— Basse latinité ; 
gfldofiia^iïdunailio. — Français: « guille- 
dou, 1) ancienne confrérie d'Allemagne : 
« courir le guilledou, » aller souvent 
et surtout la nuit dans les lieux suspects. 
Pop. 

GuiLLAi , v. a. et n., glisser : « ma 
mère, en partant, ma guillai dix francs 
dans ma poche ; » — (se) se glisser, se 
faufiler. D.-S. -(A. R.)— (B.-F.)— V.— 
— Vend. 

GuiLLET, S. m., petit passage, petit 
sentier à travers un bois, à travers une 
haie. V. — D.-S. —(B.-F.) 

GuiLLANEU (la), s. m., c'est le jour 
du premier de l'an. Dans les cantons de 
Lussac, de Monlmorillon, de Tlsle-Jour- 
dain, l'on dit encore aujourd'hui jevous 
souhaite « la guillaneu, » la bonne an- 
née. — « Aguillaneuf , » premier jour 
de janvier. (Saint-Savin, pap. de cens 
et rentes. — Mayenne : « guiau- 
leu. » — Patois du Berry : « guilané, » 
aumône spéciale aux premiers jours do 
l'année. 

GuiLLONEU, s. m. , espèce de pâtis- 
serie Irès-recherchée des enfants el qui 
compte parmi leurs cadeaux d'étrennes. 
V., arr. de Chàtelleraud. — On appelle 
encore : « guilloneu, » dans le Chàtelle- 
raudais, la ration du meilleur foin que 
les cultivateurs donnent à leurs bœufs 
pendant la nuit de Noël, avant d'aller à 
la messe de minuit. Cette coutume est 



GUI 

fundée sur la légende que voici : Un 
fermier était allé à la messe de minuit, 
sans avoir préalablement donné le 
guilloneu à ses deux bœufs. A son re- 
tour il entre dans Tétable , au moment 
où l'un de res animaux disait à l'autre : 
Châtain, que feras-tu demain? — Je 
porterai mon maître en terre. En effet, le 
maître mourut dans la journée de Noël, 
et depuis cette époque jamais cultiva- 
teur n'a failli au devoir de donner le 
guilloneu à ses bœufs. 

Dans le canton de Civray, Ton ra- 
conte la même légende, miiis le mol 
employé est « réveillon. » Les bêtes ont 
aussi leur réveillon dans l'arrondisse- 
ment de Poitiers. 

GuiMBELET,s. m., foret, pelitoufil de 
fer pour percer les tonneaux. Vienne. — 
fl Pour deux guymbelelz et des pin- 
celtes. » (An. 1584, Saint-Georges. !Ma- 
nusc. du Poitou.) 

GulNDOLE,S.f ,GUINDOU,S.m.(b.I. 

gnindolum], cerise douce et d'une très- 
bonne et belle qualité. V. — D.-S. 
~ Vend. — « Anno MCCCXXX fuit 
lanta aeris serenitas et amœnitas quod 
in martio inveniebantur rosae et bolri 
in vineis, circa principium madii guin- 
dola et cerasa. » (Fragment inédit d une 



GUM 



161 



chronique de Maillezais. Bibliolh. de 
l'Ecole des Charles, t. ii,p. 1C4.) 

GuLNDOLiEB, S. m., cefisier. V. — 
D.-S. — Vend. 

GuiREUiL {gu mouillés), adj. , lou- 
che : « qu' fé lu d' tan paure guireuil , 
Mariette? — Pou grond chouso; o 
m'enneu béne qu'il se d' même. » — 
Que fais-tu de Ion pauvre louche, Ma- 
riette ? — Pas grand'chose; ça m'en- 
nuie bien qu'il soit comme cela. V., 
arr. de Civ. 

GuiCE, s. f., nourrice : « i seu tout' 
désairée, ma boune ; ma chère guice 
est corps; » je no sais pas oîi j'en suis , 
ma bonne ; ma chère nourrice est morte. 
V.,arr. de Poil. 

GuiSTRE, s. m., espèce de couteau à 
l'usage des sabotiers, — mauvais cou- 
teau. — V., arr. de Poit. et de Chat. 

Guiu, s. m., Dieu. D. S. 

« Où les Romains n'egeant In leut pre prier GuIu. » 

(Bab., p. 97.) 

GuMENTB [gu mouillés) [se], v. pr., 
s'informer : <i i m'gument'rai d' quielle 
affaire. » V., arr. de Chat. — Y. Agu- 
menté. — Rabelais : « guermenter ; et 
toujours se guermente a tous étrangers. » 
(L. l°^c. 49.) 



H 



HAN 



Habenage (hab'nage), s. m., arran- 
gement, combinaison : « l'hab'nage qu' 
ton frère a fait, queul hab'nage est-o? i 
D.vS., c. Mazières. (A. R.) 

Habenai (hab'nai), v. a., arranger : 
Pourra-(u hab'nai mon paquet dans la 
carriole? » D.-S., c. Maz. (A. R.) 

Habillé, v. a., peigner le chanvre 
littéralement lui faire sa toilette. V., 
arr. Chat. 

Habilleux, s. m., celui qui peigne 
le chanvre, qui l'habille. V., arr. Chat. 

Hachât, V, a., fatiguer beaucoup; 
meurlrir. Dans tout le Poitou. 

Hadoc, Hadot, s. m., sorte de pois- 
son de mer qui ressemble à la sèche : 
« De miiliari piscium siccorum qui vo- 
cantur hadoc. »> (1285, INiort.j « Compté 



avec la Cardine, femme de Hardouin 
Chauvyn, pour le merlu et hadotz, 
harant que autre marchandise de pa- 
rerie, etc. w ^An. 1534. Manusc. du 
Poitou.) 

Haé, ée, adj., laid. Vend (C. et P. 
D.) 

HANàC, S. m., vase, panier. Vend., 
Font. (C. et P. D.) — « Henna : deux 
hennas d'argent. > (An. 1329. Manusc. 
du Poitou.) — Basse latinité: hanapus, 
hanappus, Jianaphus, vas, paiera, 
craier, exsaxonico hnaep, hnaeppa, ca- 
lix, paiera. (Duc.) — « Il feit apporter 
un grand hanap de vin, » — Philippe 
Mouskes, « hanas : » 

«t Et apportèrent estrelins, 

» Hanas, coupe» et œaserins. » 



162 



HAR 



Hancheau ou Hanchaud {h non 
iispirée), s. m., hanche. V., arr, de 
Poit. — Basse latinité : hanclia^ nnca, 
ancha, ancus, ooxenili\, e\ ilalico, 
anca, et gallico anc/ie. — Provençal : 
« anco, mai de l'espalo et jusqu'à 
l'anco. » — Limousin : « anchas. » 

Hapan, s. m,, mauvais sujet, chena- 
pan. Vend. (C. el P. 0.) 

IIaquknassai (haqunassai), v. n., 
s'empresser beaucoup, et no venir à 
bout de rien Vend. (C. et P. D ) — 
1).-S., arr. de Bress. 

Haraldi {h aspirée), v. n., crier 
après quelqu'un. V., c. de Monte. V. 
Aheulai. — Saintonge : « haroder, » 
maltraiter. 

Uarboulai, Ukbboulai (I. herba), 
V. a., sarcler, arracher les mauvaises 
herbes. V. — D.-S., suivant les lieux. 
— (B.-K.) y. Cerclai. — Basse latinité : 
hevhidare, herbam seu gramen proferre. 
(Duc.) 

Uarkugne, s. f.. terme de mépris en 
parlant d'une femme de mauvaise vie. 
(B.-F.^ 

Hardi LLAi, v. n., se munir de tout 
ce qu'il faut, dont on a besoin. V. — 
D.-S. 

Uardillage, s. m., les choses né- 
cessaires à son état, à l'équipement d'un 
cheval. V. - D.-S. 

Hargne [li. aspirée), s. m., tempête, 
l)Ourrasque, se dit principalement des 
bourrasques accompagnées de grêle : 
« v'ia in' hargne qui é joliment fret. » 
\'., arr. de Cliàt. — Environs de Blois : 
(t hargne, » giboulée. — Patois du 
Berry : « harne, » giboulée, ondée. 

HÂhgnou, se, adj., c'est le même 
mot que l'adjectif fiançais hargneux ; 
dans tout le Poitou. 

HARLALD(/i aspirée), s. m., chenapan. 
V., arr. de Loudun. V. Hapan. 

UaE.NECHAGE et AB^ECHLME^'T, s. 

m., harnais. Par exten.-ion, toilette , 
vêtements : « quielle mariéie av't'alle 
ben de bias harnech'monts, gars? » 
cette mariée avait-elle bien de beaux 
vêtements gars? V., arr. Civ. — Bas^e 
latinité : liarnascha, armât ura, lorica, 
thorax; sed proprie apparatus omnis 
bellicus. (Duc.) 

Habnechai^ v. a. et pr., mettre des 
harnais. Par extension, mettre des vète- 



HAU 

ments : o quiou l'houm' harncche ben 
sa feille; » cet homme habille bien sa 
lille. V., arr. Civ. 

Harmas, s. m., harnais. V. — D.- 
S. : 

I aime mieux mes bus, mos socs et mes charrues, 
» Tous nies harnlas. » 

(Clians. poil ) 

Harode. s. m., c'est le substantif 
propre Hérode, le meurtrier de saint 
Jean-Baptiste, employé, par analogie, 
pour indiquer un homme dur, méchant, 
cruel : a gl'é dur comm' in Harole. » 
D.-S., c. Chàtillon. 

Harpai, s. f., enjambée : a i fasai 
ino lieue dons deux harpais tout qu'i 
marchai vite; » je faisais une lieue dans 
deux enjambées, tant j'allais vite. Hy- 
perbole. V., arr. Civ. 

Harpai, v. a., faire vivement un 
chemin indiqué, le parcourir rapide- 
ment : 4 i ai harpai cinq ou six fés le 
ch'min. » V., arr. de Civ. 

Harpe ou Herpé (». àpTrà^siv), v. a., 
voler, piller avec précipitation; prendre 
tout ce qui se trouve sous la main. V., 
arr. Chat. — D.-S., c. Bress., où l'on 
prononce « luirpi. » — Basse latinité : 
harpagare, rapere, diripere. (Duc.) — 
Marne : « harper. » 

Harussf, s. f., petit poisson d'eau 
douce : « et ne print aulcunes truicles, 
ains seullement une pougnée de vredons 
et harus^es. (An 1612. Pamprou. Ma- 
nusc du Poitou.) 

Hâtons, s. m. pi., menus grains 
mélangés de balles. V., suivant les 
lieux. 

Haubressa, Haubressac, s. m., 
havre-sac. V., arr. Poit. et de Civ. — 
Champagne : « habersac. » — Alle- 
mand : a haber, » avoine, «sak, » sac. 

Hauciiai, v. a., croiser. V. 

H\ULAi, Heulai (1. uiulare), v. n., 
crier; crier sur quelqu'un pour lui 
faite lionte ou l'insulter. V. — D.-S., 
suivant les lieux. — (Gust.) — (A. R. ) 

Haulaie (a la), loc, chanter a la 
haulaie, c'est chanter très-haut avec des 
cris perçants. V. —D.-S. — Clément 
Marot : « les infernaux feront sauts et 
huilées. » 

Haussemont-de-tomps, loc ; elle 
indique qu'il y a variation atmosphéri- 



I 



HEU 



HON 



163 



que, que le temps devient beau. V., arr. 
Civ. — D.-S., arr. de Parth. et de 
Bress. — (A. R.) 
llEARCES, S. f. pi., hardes. Vend. 

M Ah! que gl'ant avalé d'hearce et d'autres 

[affaires. 

(GllSt., p. 58.) 

HÉET, S. m., gré, souhait. Vend. (C. 
et P. D.) 

HÉLAI, V. n , pleurer, crier. D.-S., 
c. de Bress. /'. Chamculai. 

Hep, exclamation, cri pour appeler. 
— « lep, » ailleurs. V. 

Hera-E, V. a., négliger la culture de 
ses terres, ne leur donner aucun amen- 
dement. Vend. (C. et P. D.) V. Agaçai. 

Herbe-de-la-rëmisr, s. f., armoise 
vulgaire. Vend., Font. (C. et P. D.) 

Herbe-do-creux et do-pointes, s. 
f. pi., plante, ellébore. Vend. (C.etP. D.) 

Herginae, V. a., chagriner. Vend. 
(C. et P. D.]. — Marne : « hargner, » 
taquiner. 

Hérisson, s. m., pierres placées de 
champ sur un mur à pierres sèches et 
qui en forment le couronnement. V., 
ai T. Poit. — Hérissonner : « trois pipes 
de chau emploiées pour hérissoiiner la 
grosse tour de la fortilesse de St-Ro- 
main. » (An. 1482. St-Romain. Ma- 
nusc. du Poitou.) 

HÉRODE, s. f,^ plante. V. 

Herpe, Herse, s. f., grille en fil de 
fer, montée sur un châssis en bois, et 
surmontée d'une trémie. (B. -F.) C'est un 
instrument plus simple et moins perfec- 
tionné que le crible. V. — D.-S. — 
(B.-F.) pour « herse. » — Ardennes : 
« herpe. » — Noms de lieux : « Harpe 
(ial, « Chabournay, Vendeuvre (V.). 

Hetae, V. n., plaire, convenir. Vend, 
(C. et P. D.) — Ancien français : a het- 
ler, )> employé dans l'ancienne coutume 
de Bretagne. 

Heuble, Huble (bl mouillés) [l. 
ebulus], s. f., hièble, plante. V., arr. 
Civ. — D.-S., arr. de Bress. — Patois 
du Berry : « huble. » 

Heuchai. Huchai, V. a. et n., 
gronder, crier après quelqu'un, l'appe- 
ler, parler haut. Vend. (C. et P. D.) — 
V. — D.-S. 

« cr hiichiant tertous à pUenne tôle 
» Queme daux cbins qui se battiant. » 

(Cbans. poit.) 



« Arrérages de iiii s. de cens dont il 
hucha à garantie l'abbé. » — Basse la- 
tinité •.huesium, hutesium,mu\[[[uôuns 
clamor inconditus, huer eihuée. (Duc.) 
— Rabelais : a huschant en paulme » 
(L. l^^ c. C.) — Patois du Limousin : 
« huchas, » crier. — Français : « bû- 
cher, » terme de chasse. 

Heuchet (r. heuchai), s. m., coque- 
luche, onomatopée. Vend., Font. (C. et 
P. D.) 

Heule (l. oleum), s. f., huile : « i 
n'ons pu qu' fair' de vetre heule, la sa- 
lade air é mingée, » dans tout le Poi- 
tou. — Saintonge. — Ancien français : 
« uelie, ulie, » qui se prononçait eulée 
ou ulle (// mouillés). 

Heurée, s. f., bord, e.xtrémité, côté. 
V., arr. Poit. — D.-S. —(B.-F.) — 
« Champ tenant d'une heurée à... » 
(An. 1634. Ayron.) — Rabelais : « heu- 
rée; tu le trouveras à l'heurée dau 
champ de l'umia. » 

Heurtai, Hurtai [h aspirée), v. n., 
tousser avec effort ; faire des efforts pour 
vomir : « le cœur me heurte. » V. — 
D.-S. 

Hiii, Hiii. Hou, Hou, Hou {h légè- 
rement aspirée), cris d'allégresse qu'on 
répète fréquemment dans les réunions 
joyeuses, surtout aux noces, en condui- 
sant la mariée n l'église. M. Rondier 
pense que ces cris viennent de Jovis, 
Jupiter, dieu suprême que l'on invo- 
quait ainsi. C'est plutôt le mot latin, io, 
interj.; elle est souvent une marque de 
joie, comme dans Piaule et dans Horace, 
et quelquefois une marque de douleur, 
comme dans Tibulle. 

HiMOU (l. humor)y s. m., humeur. 
Vend. (C. et P. D.) — Languedocien : 
« humou. » 

Hingle, s. m., bâton pour sauter 
les fossés. Vend. Marais de Saint-Jean- 
de-Mont. ^C. et P. D.) 

HiRE (1. ira), s. m., horreur et com- 
passion : « thiau mau m' fé hire ; » ce 
mal me fait horreur. (B.-F.) — Roman : 
« orres, » horrible. 

HoBAE et Hobai, V. n., partir dès 
l'aube, de grand matin. Vend. Font. 
(C. et P. DO 

HoNGRELiNE [hangreline] , s. f., 
vêtement d'homme encore porté par les 
vieillards dans le canton de Celles (D.-S.), 



164 



HOU 



el que Ton peut comparer à un pardes- 
sus ou redingote. 

Ce mot se trouve dans les Mémoires 
de M. de Motteville : 

1 Son hubit, dil-elle (en parlant de la 
reine de Suède alors à la cour de 
l.ouisXIV), son habit était composé 
d'un petit corps (jui avoit à moitié la 
figure d'un pourpoint d'un homme, et 
l'autre moitié celle d'une hongreline de 
femme. » (T. iv, p. -WA.) 

flONGRELiNES [ançrelines], s. f. pi., 
vêtements en général. V., arr. de Poi- 
tiers. 

HoNTAOE. s. m., honte. Il signifiait 
autrefois affront. R -F.) - D.-S. — V., 
arr. de Civ. 

HoQiiA.1 et Hoquetai, v. n., rester 
court, s'arrêter. \. — D.-S. 

« L'autre dispt tout haut que gn'estot pns poly 
» D'autre que gl' hoquet et manquet d'iiiirdiesse. » 

vBab., p. 70.) 

I a Fontaine : « hoquet, s» choc, cahot. 

HoQUETON, s m , ancien vêtement, 
sorte de casaque qui n'est plus en u.-age. 
(Manusc du Poitou. Saint-Benoît. An. 
1515.) — .Ancien français. 

HoBDÉ, interj., ah 1 ah! marque l'é- 
lonnement. V., Chat. 

HoRÉ, HouREfl. hora),s. m « heure: 
« quau r heure ou? — guié horé ; » 
quelle heure est-il? — Dix heures. V., c. 
Isl.-Jour., Luchapt. — D.-S. — Gascon ; 
(I hoiiro. » 

Horé, adv., aujourd'hui. V., c. Isl.- 
Jourd., f-uchapt. 

Hosené ihos'né), s. m., lieu planté 
de buis. V., c. Isle-Jourd. Adriers. 

Hosenne,s. m., buis. V.,c. Isl.-Jourd. 
Adriers. 

Hoste.\u (1. hospitiunvy, s. m , logis, 
hôtel. 

« Et sa mère tote intère 
B L'infontit en in pOTre bostean. > 

(N. p.) 

Provençal : « ousieau. » 

HouLÈRE , s. f., truie nourrice. 
Vend. — Marne : « houlière, » femme 
galante. 

Houp, interj., cri de joie en dansani. 
V. — D.-S. —Vend. 

HouPAi, V. a. , crier ^ottp , endan- 
.sant, et même après quelqu'un. Vend. 
(C. el P. D.) 



HUM 

HousANNE et Osa N NE [Eosanna), s. 
f., branche do buis bénit que les catho- 
liques portent à la procession 1-3 diman- 
che des rameaux, vulgairement appelé 
le dimanche de Vhousanne. Dominica 
in palmisquœ osa;î/m dicitur. » (Capit., 
an. 812.) 

Dans plusieurs communes du Poitou, 
les cultivateurs plantent dans leurs 
champs des brins du buis bénit qu'ils ont 
porté pendant la lîrocession pour mettre 
leurs blés sous la protection de Dieu. 

Quand au printemps, dit M. Rondier, 
nos jeunes paysans frappent un brin dé 
frêne pour en faire un flageolet , ils 
chantent : 

<f Tanne, tanne 

«< Bois d'housanne 

« Pre monsieur et per noadame 

« Et per le p'tlt rigollet 

•< Qu'a fait... dans son bounet. > 

Hébreu : Hosanna, salva, obsecro. Ac- 
clamation ordinaire au.-î Hébreux , qui 
se trouve dans les évangélistes, tirée du 
ps. 117. comme l'on dit maintenant : 
f ive i Empereur ! vive le roi ! 

HOUSANMÈRE0UOSANNIÈRE(c/'O?a:), 

s. f., c'est une croix de buis bénit que 
l'on porte à la procession du dimanche 
des rameaux, et que l'on attache à la 
croix du cimetière. Les campagnards 
prétendent que, tel est le vent au mo- 
ment où l'on attache cette croix , tel il 
sera pendant les trois quarts de l'année. 
V. — D.-S. — Vend. — Rabelais : « si 
que la cervelle en tomba près la croix 
osannicre. » ([.. iv, c. 13 ) 

HousENiT (le l se fait sentir), s. m., 
buis, branche de buis bénit. D -S., en- 
virons de Bressuire. — Noms de lieux : 
« Hosannets (les), > Lhommaizé. (V.) 

HoubTEAU (à 1'), loc , au logis, à la 
maison. (D.-S), c. Mazières (A.R.) — 
Besançon : « ai l'houlo, » à la maison. 
— Aube : « houté (a 1'), » au logis. 

HuMEA.s. m., hameau. 

« Quand donc des autres humcas 
« Le pu rempli d'abllesse. » 

(N. p., p. 27.) 

Hlmeau, s. m., ormeau. (An. 1499 , 
Smarve. Manusc. du Poitou.) 

HuMELAYB, s. f . , lieu planté d'or- 
meaux : « item une humelaye tenant à 
la d.ouche.» (1466, manusc. du Poitou.) 



HUT 

HuTEAUDEAU, S. m. , chapon , cha- 
pon gras. Vienne : « ung huteaudeau 
ou grand poulet. » (An. 1560 ) • Ung 
huteaudeau ou chaponneau. »(An. 1560. 
Manusc. du Poitou ) — Rabelais : « et 
mille sept cents huteaudeaulx. » (L. 1", 
c. 37.) 



HYE 



165 



HuTiERS, S. m. pi., descendants des 
anciens coliberts du Marais du Poitou^ et 
ayant les mêmes mœurs qu'eux. (Chro- 
niques fontenaisiennes, p. 13.) 

Hyé, s. m., mare : « i vai bé quiau 
hyé, » je vois bien cette mare. D.-S., 
environs de Champdeniers. Gàtine. 



INE 



I lAi, iE,pr.pers. delà première pers. 
sing. et plur.: /, ?e,je, nous : « i fré 
quieu ; » — « i vindrant chin vous. » 
ïudesque : « ih. » — Roman : « io. » 

I, pr. pers. de la 3° pers. sing., il. 
V. —D.-S.- Vend. 

I, INE, lAiN, lUNB, adj. num., un , 
une. V., arr.de Chat., pour « iain,iune,» 
c. de iMirebeau, p. « i. ine. » V. Ain, 
ine. 

Ias.se, s. f., diminutif d'«^^rtS5e. V. 
ce mot : « iasse-ba tresse et batrelle. » 
pie-grièche. Vend. (C. et P. D.) — Pa- 
tois limousin : « iasso, » pie. 

Igarque?lli, V. a., ouvrir, étendre; 
« icarqueilli les eils, »> ouvrir les yeux; 
« icarqueilli les bras, >■ étendre les bras. 
D.-S., c. de Thénczai. 

« Oh ! mon Dieu le bea gars ! 
» Gl' icarqucille danx bras. » 

(Chans. poit,) 

Idè.nb (l. idoneus), adj. des deux 
genres, hébété. Vend. (C. et P. D.) 

Idéyou, se (g. i^ia), adj., dépourvu 
d'idées, innocent, quelque peu hébété, 
changeant d'idées, de projets à chaque 
instant. D.-S., arr. de Melle. -— (B.-F.) 
V. arr. deCiv. 

Ielle, ieux, pr. pers., Supers. sing. 
fém. et 3^ pers. masc. plur : « i nous ont 
pas fait ieux ; a n'a pas v'nue ielle. » V., 
arr. deCliât. 

I-EN-MET, loc-, littéralement j'en mets, 
je m'en doute, je le crois, je le suppose: 
« ou é don Jean ? — à la fouère, i en 
met. » D.-S. —(B.-F.) 

lEU.pr. pers. etadj.poss., leur :((ieu 
drôle é parti depis i n' se quand , n' se 
presse poingt de v'ni.» V., arr. de Chat. 



Ignea, Igneau, s. m., agneau. V., 
c. de IMirebeau, pour « ignea, » et arr. 
de Chat., pour « igneau. •> —Patois du 
Berry : << igneau, » agneau mâle. — 
Mayenne : « igneau. » 

Ignette, s. f., agneau femelle. V., 
arr. de Chat. F. Brietle. — Patois du 
Berry, Mayenne : « ignelle » 

Ilai, ilé (1. illic), adv., là , ici. 
Vend. — D.-S., V , suivant les localités. 

Imelé [bl mouillés), s. m., anneau 
de cuir ou d'osier, dont on se sert pour 
attacher le joug des bœufs à la perche 
d'une charrue, ou à l'aiguille d'une 
charrette. Vend., c. de Chalans. 

Imolé, ée, adj., imprimé. V., arr. 
de Civ. F. Emolé. 

In, prép., en, suivant les localités. 

M I mis le giiiell in terre. » 

(N. p.) 

In, Inné, adj. num. F. Ain, suivant 
les lieux. 

Incamant, e, adj. verb , celui ou 
celle qui ne peut s'aider d'un ou de plu- 
sieurs de ses membres, par suite d'une 
blessure, d'un accident ou d'une mala- 
die. V., arr. Chat. 

Inces, s. m pi , les articulations des 
doigts. D.-S., c. Bress. 

Inchères, s. f. pi., lieux maréca- 
geux dans lesquels croissent les joncs 
en abondance; jonchères. V. — D.-S. — 
Vend. 

Indiné (1. hhinire] , v. n., crier fai- 
blement en parlant d'un cheval. V., arr. 
Chat. 

Ine-sé-co-fois, loc, littéralement, 
et c'est le sens réel du mot, je ne sais 
combien de fois. D.-S., Menigoulte. 



166 



IQU 



In ET, adv., aujourd'hui. Vend. (G. et 
P. D.) r. Anet. 

INFECTIONNAT (p. infection],\ . n., 
répandre une mauvaise odeur , une 
odeur infecte, se dit principalement (le> 
choses corrompues. Dans tout le Poitou. 
— Français : « infecter, o 

Infont (1. infans) , s. m., enfant. 
Gàline. 

• El l'âne et lo bœuf qal l'infont lèche. » 

(N. p ) 

I ivoN, I NON-JA, loc, et non, et non 
pas. V.— D.-S. 

Installai, v. a., instruire, ensei- 
gner, corriger '. « installe don bai quiau 
gnrs. gl' au mérite. » V. — D.-S. 

Lnve.ntionnai, V. a et pr., inventer, 
supposer : a sinvenlionnai , y> se tour- 
menter l'esprit, la tète à répandre des 
nouveautés, des choses fausses. V. — 
D.-S.— Saintonge. 

lORS, pr. pers., Supers, pi., eux.V., 
arr. de Civ. 

lou, louR. adv. de lieu, où : « iour 
e.^t-il? iou va-tu? » V., arr. de Chat, 

lou, s. m., roc qui se lève par feuilles. 
et qui dans certains endroits est propre 
à faire de la chaux. V., arr. Chat. 

Ique (1. usque), prép., jusque. 

€ Iqii à tonsqu' osùge minet. » 

(N.p.,p.e7.) 

Iqdi et Iquit (qu mouillés), adv., 



TVR 

ici, là, se dit à peu prés dans tout le 
Poitou. 

€ Pu ra'outl d'iqiii Titemont. >> 

(Gcnt. poëtv., p, S9.) 

« Iqui-dau-long. » ici auprès. — Aube, 
Ardennes : « iqui. » — Provençal : 
« aqui, )> ici là ; « aqui l'a de tou, » ici 
il y a de tout : « a qui de long, » ici 
auprès. 

Iquiou, adj. démonstratif, celui-ci, 
celui-là : « iquielle, w celle-ci, celle-là. 
Vienne, 

Iragne et Irogne, s. f. , araignée. 
V.— Vend.— D.-S.— (B.-F.).— « I ton- 
dit m'n'iracrne. » A'. Eragne. — Piitois 
du Berry : « iragne. » 

Itao et Itau > adv. et adj., aussi, 
ainsi, tel. Vend. — V. —D.-S. —Cou- 
tume de Charroux : « itaus, » ainsi, 
tel. — Ardennes : « ital , itel, » autant, 
ainsi. 

Itaud, de, adj., stupéfait, déconte- 
nancé , idiot : « rester tout itaud ; pa- 
raître tout itaud. » V. — D.-S. 

Itchi, adv., c'est le même mol que 
Iqul , prononcé différemment. D.-S., 
Celles. — Vend , Sablais, Chaumois. 

Itout, Itou, conj. et adv., aussi, 
pareillement. V. — D.-S.—- Dans le Châ- 
telleraudais on fait sonner le t tinal. 
V. Etout. — Berry, Yonne, Mayenne. 

IvRÉ (s'I, V. pr , s'enivrer. V., arr. 
Chat, et Civ,— Berrv, — Am., Jamyn. 

« Et qui bouillant de jeunesse 

» S'jvrcnt au cours du l'crmessc. » 



JAB 



Ja (1. jam)^ jamais, point, non, dans 
tout le Poitou. 

« Ho! morguienne ne fréjà. » 

(Amours de Col., p. 6«.) 

Roman : « jh. d — Ardennes, Marne : 
tf déj.i. » — Provençal : « ges (dzes) ; 
qu'avié ges de ratello; » qui n'avait 
pas de rate. 

.Table, s. m., la partie des douelles 
d'une barrique qui se trouve en dehors 
de la rainure du fond. Vienne. 



Jablonnai {bl mouillés) , v. a., 
mettre les sarments de la vigne en pe- 
tites javelles après la taille. D.-S., c. 
Beauvoir. (B.-F.) 

Jabraillai, v. n., criailler. V,. arr. 
de Poil, et de Civ. — D -S., arr. de 
Melle. — (B.-F.)— Anglais : « to jabber,» 
V. n., parler vite, bredouiller. 

Jabraillard , E {t. jahraillai) y 
adj., celui ou celle qm jahraille .\i .-S.^ 
c. de Celles et arr. de Niort. 

Jabrou, se [j aspiré), adj., sale, 



JAL 

malpropre, se dit principalement du 
corps : « essuje te don 1' bec di, t'es 
tout jabrou ; » essuie-(oi donc la bouche, 
tu es tout sale. V., arr. Civ. 

Jacassai (r jacasse), v. n., parler à 
tort et à travers, bavarder comme une 
ageasse. V. — D.-S. — Ardeniies , 
Yonne, Mayenne. 

Jacasse, adj. f., bavarde. V., arr. 
Poit. — D.-S., arr. de Bress. et de Melle. 
— (B.-F.) — Marne, Yonne, Mayenne. 

Jacasseuse, adj. f., bavarde : « ol 
é qu'ine jacasseuse , a cause coum' in 
geai borgle. » V., arr. de Chat, et de 
Civ. 

Jade, s. f., panier long de paille 
ou d'osier, où le boulanger met lever le 
pain. — Vase de bois ou de terre. V. — 
D.-S.— Vend., suivant les lieux. 

Jade, s. f., alvéole creuse des petites 
coupes où le gland et la noisette sont 
enchâssés. D.-S., c. Mazières, (A. R.) 

Jadeau, s. m., il a le sens des deux 
précédenls.D.-S^,c deMazières (A. R.) 
—Arr. de Melle. —(B.-F.)— Rabelais : 
« car il ha les yeulx rouges comme un 
jadeau de vergue. j> (L. l^i-, c. 39.) 

Jadelle, s. f., diminutif des précé- 
dents. V. — D.-S., suivant les localités. 

Jadeaulée et Jed\ulée, s. f., plein 
un jadeau : " gl' a mingé tout' ine ja- 
daulée de migé. o V. — D -S., suivant 
les localilés — Contenance, quantité in- 
déterminée. D.-S.~(B.-F.) 

Jaffrée, s. f., plein un tablier; sy- 
nonyme de « Gironnée. » V. ce mot. 
V., arr. de Poit. 

Jaildrai (se), V. pr., se pousser, se 
tirer. Vienne. 

Jainçon (l junctura)^ s. m. : « les 
jainçonsdes doigts m' font grand mal.» 
V. — Chat. L'on dit aussi : « jaiçon. » 

Jaipe (1. vespa), s. f., guêpe, insecte. 
V.. arr. Chat., Leugny. 

Jaipàie, s. f., cri : « l'enfant dans sa 
maladie jetait de grandes jaipaies. » 
D.-S., c. Maz. (A.R.) 

Jappai, v. a. et n., hucher, appelerà 
haute voix. Onomatopée : « jaippe don 
les gens, Francille. » D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

Jalle, s. f., engelure. V.— D.-S. — 
Mayenne. 

Jalon, s. m., pot au lait. V., arr. 



JAR 



1G7 



de Civ. — a Jaloge, » mesure de grains, 
de liqueur et de terre, (xiii*^ siècle. 
Manusc.) — Basse latinité : « Ja/o, » 
mensura frumentarii. (Duc.) — Aube : 
« jahtis, î seau, vase de bois. 

Jaloux, s. m. V. le précédent. Vend. 
(C. et P. D.) 

Jamblottai, v. n., remuer conti- 
nuellement les jambes. V. — D.-S. 

Jan.nette, s. f.. bourriche. V., arr. 
de Civ. r. Boiroche. — Patois du Berry : 
« jeannette, » fleur de coucou. 

Janot, s. m., crapaud. V., arr. Civ. 

Japai (.;a très-long ) , v. a., raccom- 
moder et principalement les bas. V. — - 
D.-S. — Limousin : « jàpis, » saisir. 

Japillai et Jappaïllai, v. n., di- 
minutif de jaippai. f\ ce mot. Parler 
sans cesse, criailler, et quelquefois en 
mangeant, en se fâchant. V. — D.-S. 

Jara et Jarau, adj. f. et subst., 
fdie qui n'a pas Kair modeste. V., arr. 
Civ. — D -S., c. .Maz. (A. R.) 

Jaraudai, v. n., jouer. V., arr. de 
'^oit. 

Jaraude, adj. f., fdle qui aime à 
jouer; se prend en mauvaise part. V.,arr. 
de Poit. et de Civ. — Patois du Berry : 
a jaraude, » vesce a fleurs solitaires. 

Jareau, s. m., noyau de la noix. V. , 
c. Montm. et de l'Isl.-Jourd. — Patois 
limousin : • jaras, » quartiers. 

Jargotai, v. n., bouillir très-fort. 
D.-S.— (B.-F.) r.Gargotai. 

Jarguet, s m., robe d'enfant. Vend. 
Environs de Doix. C'était autrefois une 
sorte de jaquette que l'on donnait aux 
enfants entre la robe de l'enfance et le 
vêtements de l'homme : 

<t Et gl' at in grand jarguet. » 

(Gust., p. 17.) 

JARiGE(b. l.Jarigla)^ mauvaise terre, 
terre inculte. V., Àlonncs. Il y a près 
du bourg de cette commune un terrain 
de très-mauvaise qualité appelé le bois 
de la Jarige, — « Cum quadam simul 
jjarigia. » (An. \2\7.) Noms de lieux : 
« Jarige et la Jarige. » V. 

Jarni , exclamation , peste. Ah ! 
diable. V.— D -S. 

« Jarni, Perrot, querae te v'ia brave » 

(Chans. Poit.) 



168 



JAR 



Jarnicoton [r. jarni], iiiterj., cxcla- 
malion. V.— D.-S. 

«I J.irnicotoD, si je prends un bâton, 
» Je t'adcrscrai ton corsage. » 

(Cbans. pollv.) 

— Mayenne (Verger.) 

Jabmdieu , imprécation. Je renie 
Dieu : « jarnigieu » par euphémisme , 
(c jarnongieu, » et modification, a jar- 
nonguoi. » (Press.) 

« Sont pas, Jarnongoy, daux affaires hontouses.» 

(Gusl., p. lia.) 

Jarolai, V. n., remuer sans cesse, 
aller et venir : « Ihiés drôles i n' fanant 
qu' jarolai. - D.-S.— (B.-F ) Il est pris en 
mauvaise part dans plusieurs contrées 
— Provençal : c garro, » jambe ou 
jarret. 

Jaroloux, SB (r. jarolai), adj., 
celui ou celle qui jarole. D.-S., c. de 
Celles, Thorigné. 

Jarouillai, V. n., se frotter les jam- 
bes en marchant; se dit principalement 
des animaux : « queme gle jarouille; 
iiarge don les jymbes. » V. — D.-S. — 
(B.-F.) Par extension, se dit des plantes, 
des blés bouleversés par la pluie , par le 
vent ou par le passage de personnes, 
d'animaux, et d'un vase qui verse mal. 
y., arr. Civ. 

Jarolillou, se {t. jurousse), adj , 
bancal. On applique cette qualification, 
en particulier , à celui qui a contracté 
cette infirmité, parce que dans sa jeu- 
nesse il a été nourri de jarousse. On a 
dans le pays des faits de personnes qui, 
ayant fait abus de jarousse, pour nour- 
riture, ont été affligées de celle infir- 
mité. D.-S., Airv. — V., arr. Civ.— 
Palois du Berry : - jarraud, » qui a 
les genoux en dedans. 

jABBOLSSEfb. \.jarrocia]^?,. f.. gesse 
cultivée, lathirus saliva. Dans tout le 
Poitou. — « Décima et terragium ves- 
ciarium et jarrociarum. » (An. 1278. 
Ayron. JManuîC du Poitou ) 

Jarr4T, s m., co.sses sèches des 
poi.•^. Vend. (C. et P. D.) — D.-S. 
V. Charat, 

Jabbb , s. m. , cale en fer servant à 
presser la queue d'une faux dans la 
guialre. D.-S., c Parth. — Franryis : 
V. grand vase à mettre de l'eau douce, d 



J.\U 

Jarres, s. m. pi. On appelle ainsi 
des courants rapides dans les parties les 
moins profondes de la Vienne. 

Jarti, exclamation , pesle. Gust. et 
Noëls Poitevins. 

• Ah! jarti! t'ylcplu.s savant. » 

[Gust., p. 14.] 

Jase, s. f., plaisanterie : « entendre 
la jase, » ne pas se fâcher quand quel- 
qu'un nous plaisante; « donner daux 
jases, » faire des plaisanteries. V. — 
D.-S. — Français : « jaser. » 

Jaspillai et Jaspinai, v. a. et n., 
disputer , parler de toutes sortes do 
choses. V., arr. Civ. — D.-S., suivant 
les lieux. — Marne. 

Jau (1. galius), s. m., coq, dans 
tout le Poitou. — « Devoir de quatre 
jaux et douze deniers dii sur la maison 
d'Ecussé. » (An. 1574. Manusc. du 
Poitou.) — Provençal: «gau; unoplumo 
de gau, > une plume de coq —Langue- 
docien : « gai, gâou. » — Patois li- 
mousin : «"jaou. > — Berry, Sain- 
tonge : « jau. •> — Ardennes : « jau, » 
coq, petit garçon ~ Rabelais : « les 
aultres danser comme jau sur braise. * 
([-. U, c. )6.) — Noms de lieux : « Jau 
(le), » Oiré, Marigay-Brizai (V.) 

Jau, s. m., robinet. V. — D.-S., dans 
plusieurs localités. 

Jau, s. m., lanière decuir tortil!éeen 
rond et percée d'un trou dans lequel 
passe le virolet pour le réunir au loulot 
d'un fléau. (B.-F.) 

Jau-blanc, s. m., gelée blanche. 
Vend. (C. et P. D.) — Besançon : 
« jaula, 1 gelée. 

Jau-chiard, s. m., coq qui ne vaut 
rien pour la reproduction. (B.-F.) 

Jau-pèchai , s. m., héron, ainsi 
nommé, parce que c'est un oiseau pê- 
cheur. Onomatopée V., c. Isl -Jour. 

Jaucoue, s. f., plante. D.-S., Câ- 
line. F. Droye. 

Jauflée, Jaufrée, s. f., plein les 
deux mains : « jauflée de bla. » V., c. 
Isl. -Jour. Adriers, arr. de Civ. pour 
« jaufrée. » — Patois limousin : € jau- 
fado. » 

Jaunée , s. f. , feu de la veille de la 
St-Jean. V. Fougeau.— Dans un grand 
nombre de communes, et en particu- 



JAV 



m' 



169 



lier dans cellos c!ts canton:? ^\o la Villc- 
(iieii ot de Vivôiie, les assistants , a[)rès 
!a cérémonie rdij^ieiise, so chaiiiieiil le 
dos au feu de St-Jean, afin de n'avoir 
pas le renard (mal aux i-eins) pendant la 
moisson — Chacun passe dans la flamme 
ime branche O.e noyer ayant trois noix 
que l'on mol dans sa houclie, et que 
l'on fait pa-ser trois lois par-dessus sa 
tète afin d'être préservé du mal de dents 
pendant l'année. On l'emporte à la 
maison |>our la préserver de la foudre. 
Knfin, tous, en se retirant, jettent une 
pierre autour du feu pour y servir de 
siège à la sainte Vieri2,e. — Dans le can- 
ton de Civray, les bergers apportent au 
Jeu nouvia une verge de I herbe ile la 
St-Jean ou de nousillère qu'ils ont 
coupée le malin, avant le lever du soleil, 
ils eu font brûler les feuilles, et conser- 
vent ces verges pendant neuf jours. 
Chaque fois que le troupeau sort de 
rétable, pendant ces neuf jours, ils tou- 
chent cha(iue bête avec leur verge, afin 
de faire prospérer le troupeau. — Dans 
le canton de Neuville , les hommes 
marié-^ sans enfants jettent la pierre 
dans le foyer de la jaunée , afin iïe.n 
obtenir. — L'origine des feux de la Sl- 
.lean, d'après Guiart Desmoulins, re- 
monterait au règne de .Julien l'Apostat. 
Voici ce qu'il raconte : « Au tems le 
mauvais empereur Julien le ixînoié , 
prisrenl paien les os Jehan, si les espar- 
sirent par les chans , pour l'envie qu'il 
avoient des grans miracles qui ave- 
noient à son sépulchre. Mais tost après 
les recueilleront cis paien meisme et les 
arstrent en feu, et en gilèrent la poudre 
as vens; et les chans qui la recoillireni 
en furent tosl ensemenciés au cent dou- 
ble des années en avant. Et cist arsins 
de ses os est tenut por second martyre, 
et cist secont martyre représentent par- 
tout li crestien, car il recueillent au jour 
de sa Nativité partout les os et les ar- 
dent en grant feu... mais peu de gens 
sevent que cil feu senefie » (Bible de 
Guiart Desmoulins xiu*^ siècle. Toir les 
quatre livres des rois , introduction , 

p. XXVI.) 

Jaupla.1 {pi mouillés), v. a. et n., 
jouer à la pousse -pousse. V., arr. Poit. 
et Civ. — D.-S., arr. de Bress. 

Javailloxs, s. m. pi., les plus petits 

xxxii. 



éi>is , ceux qui ne montent pas aussi 
haut que les autres. (B.-F.) 

Javassai (r. jaimsse), v. n,, bavar- 
der. D-S., c. Airvault, arr, de Melle. 

Javasse, s. f., bavarde. D-S., c. 
Airvault. 

Javau, s. m , la poignée de blé 
étendue sur le terrain et qui vient d'être 
coupée par le moissoimeur. V., c. Isl.- 
Jour., Adriers. — Ardennes, iVlarne : 
« javau, » fagot, poignée d'épis, etc. 

J A VELAI [,aiflai), s, m., petit las de 
blé que l'on place de distance eu dis- 
tance sur le sillon. D.-S. , c. Parilu 
— Marne : « javeler, » lai-sser lesavoines 
coupées sur terre. 

Javelot jav'lon), s. m., petit fagot 
de sarmt-nts , javelle. D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

Jecolle, s. f., lisière avec laquelle 
on ^upporle un enfant, pour l'aider à 
marcher. V., arr. Civ. Ou appelait an- 
ciennement jecolle une sorte de ban- 
doulière, ou bande de cuir pour porter 
le mousqueton. — C'est aussi uneécharpe 
attachée auprès du cou et qui soutient 
un bras cassé ou blessé. V. — D.-S. 

Jedeau, s. m., écuelle. V. 

o Car gl'cn avct pre li inèin'^î 
B 5urri in grond plein JL-deau. » 

(N 1»., p. 31.) 

— « Jedos. » (Manusc. du Poitou.) — 
t Jedaulx de boys grans et petis. » An. 
IIH4 ) 

JÈPAI , v. a , appeler, onomatopée : 
< jeppe don pu fort, gle t'endra meux. » 
V., arr. Civ. 

JÈQUE (I. usque], prép., jusque. 

« Pr' aller Jèquc à l'église o me coustetsanspolne.» 

\Bab., p. \o.) 

Jerzais, s. m , vesce multiflore, 
vicia cracca. Vend. (C et P. D.) 

Jeton, oune, s. m, et f., poulain, 
mule jusqu'à l'âge d'un an. V. — D.-S. 
—Vend. 

Jette, s. f., rejets de bois taillis d'un 
ou de deux ans au plus. D.-S., arr. de 
Bress. V. Gite. 

Jeu, s. f., joie. Vend. (C. et P. D.) 

Jeudi , s. m., insecte, le grillon. V. 

— D.-S. 

Jevauchai, v. n., croiser. V., yrr. 
de Civray. V. Hauchai. 

14' 



170 



JOL 



Jevbt, ^:. m., hihoiirng»^ en travers, 
pour ne point ^âler le blé du voisin : 
«< a-l-on fé un j'vet .«-u nian rhoinp là on 
Tbliéé négu? » a-l-on fait un jcvet sur 
mon chann[>. là où le blé est né? V.,air. 
l'oit.— D -S ,arr. Mo). 

JrNooLLAi, V. n., vaciller, remuer. 
iB.-F.) 

Ji.\Giî\i , V. n., danser, folâtrer : 
w quiau drôle de Jconti é terjou bé dé- 
saimé, gne cinsse jamé do ginguai. » 
Ce drôle de Jean e»l loujour^T bien fou , 
il ne cesse jamais de folâtrer. V. — 
D-S. 

JOBE OU JoBKT. adj m , niais, qui se 
laisse tromper facilement. Dans tout le 
Poitou. 

JoBiTRE, s. m., se dit d'une personne 
volage. V., arr. Châl., Maire. 

JoBLE bl mouillés) , s. m. , coquil- 
lage qui s'attache aux rochers, et dont 
la coque est un cône aplati. Vend. 
(C. et P. D ) 

JoBLiNAi [bl mouillés), v. n., rire, 
plaisanter, passer son temps à rire. 
Vend., Font. (C. et P. D.) 

JoBBAi, V. n., salir : « g'ié jobré de 
gasse de la tête au.x pés. » D.-S., c. 
Bress.— Vend., Font. (C. et P. D ) 

• Et gle s'est tout jobré en mangeant 5 pougnée. » 

(Gust., p. 6S.) 

JoBROU, SE, adj., sale, malpropre. 
D.-S., c. de Bress. V. Jabrou. 

JOGUENET, JOGUBXETTE , bJJ. et 

sub?., qui fait rire par ses niaiseries. 
D.-S , c Maz. (A. R.) 

JoHANNÉE, s. f, feu de S!-.Iean. 
V. Jaunée, suivant les lieux. — V. Bau- 
douelle, Chalibaude. D.-S. , c. Maz. 
(A. R.) 

JOINCLB. JOUINCLR OU .TONCLE [cl 

mouillés) [\.juvencus]. s. m., \eau de 
deux ans que l'on commence à mettre 
au joug. V,— D -S. — Vend 

JoLivÉ, BE, adj , joli : « qu'é quoué 
qu'ési jolivé? » Qu'est-ce que cela qui 
e^l si joli? V.,c. Isl.-Jourd. 

JOLIOT, TE, adj., diminutif de ;o//, 
se dit des petits enfants. V. — D.-S. — 
Français : « joliet, lie, • diminutif de 
joli. 

JoLLET. s. m , jeune coq , diminutif 
de « jau. » Vend. (C. et H. D.)— Sain- 
longe : « jallel. • 



JOU 

JoiNQUE {{.Juguïn), s, m. , joug. D.- 
S. , c. Part h. 

JopiTRAF , V. n. , faire des jeux 
bruvants et de mauvaise grâce. Vend. 
(C. et P. D.) — V.. arr. Chat., où Ion 
prononce : « jopilré. » 

JosELLE, s. f., foulque, poule d'eau. 
Vend. C. et P. D.) 

JoTTE, s. f., joue. V., c. Isl.-Jour. — 
D.-S., arr. de M elle. 

JoïTB. v. n.. mêler, réunir : « nos 
.moulons sont jotlés. » D.-S., c. Maz. 
(A. R.) 

JoTTERiAiix , S. m. pi, maladie, 
gonflement des amygdales. V. — D.-S. — 
.Mayenne. 

Joue, s. m., JoDCHE, s. f. {\.juyum)y 
perchoir à volailles. L'on dit au figuré, 
d'une conversation dont les expressions 
sont mal choisies : « c'est à faire tomber 
les poules du joue. » V.— D.-S-, et Oiré 
en particulier , pour « jouche. » 
V. Guche. 

JouELLE, S. f., treille. V., arr. Chat., 
Maire, St-Sauveur. 

JouGARDE(l. joais), subst. et adj , 
fdle ou femme qui s'habille sans goût. 
V., arr. P. 

JouiLLAi, V. n., bafer. V., arr. de 
Civ. y. Geillai. 

JouQUAi, V. n. et pr., jucher. 

Journaux, s. m. pi., mesure agraire 
des vignes, dans cerlaines localités. 
Très-usité dans les anciens manuscrits. 
L'on dit aussi : a journal. » — Basse la- 
tinité: <ijurnalis,joniate^ Gallis/ow/'- 
nely quantum uno die par boum arare 
polest. •'(Duc) —Patois du Berry : 
• journau de terre. » — Marne : • jour, 
journal, journel, » mesure de terre con- 
tenant environ 50 ares. 

JousTK(l./wj:^a),adv., auprès. Vend. 
(Cet P, D.) — ilarne: «jouste, jouxio. > 
— Languedocien : a jout. » 

Joi.'STE, s. f., betterave, espèce de 
chenopodivm , appelé aussi chou do 
Paris. V. — D.-S. — t Tous les jours 
maigres , depuis Pasques jufîques à la 
mi-aousl , de bonnes herbes tant de 
jouîtes que autres. » (An. L'iuo. Manusc. 
du Poitou.) 

Joute, s. f., plante grasse dont la 
feuille ressemble à celle de la betterave. 
V., arr. Poit. 

Joute, s. f., mélange de choux, d'or- 



Jll 

lies ou d'autres plantes, et dd son, que 
l'on donne en nourriture aux dindons , 
aux oies. V., arr. Poit. et Civ, — D -S., 
environs de Melle. 

JouTTAE. V. n., réunir. D.-S., c. de 
Bress. F, Jottai. 

JouTTKRABR. S. f , betterave, V. 

Ju, s. m., juchoir. V., c. du 1 1.-l.- 
Jour. V. Guche. — Aube : « ju, jut, » 
couché. 

Juchera, s. m., le plancher d'une 
écurie, espèce de fenil composé de che- 
vrons ou desimpie-i perches cl de plan- 
ches non jointes qui ^ervent à supporter 
de la paille ou du foin : « o va pusd'foin 
presque su l' juch'ra, enfonts, i n' join- 
drant pou les fauches; » il n'y a presque 
plus de foin sur le juchera , etc. V. — 
1) .-S.— Vend. 

Jui, s. m., genêt épineux de la grande 
espèce. V., arr. de Chat. 

JuiLLAi, V. n , baver. D.-S.,arr.de 
Parth.-{A. R.) V. GeiHai. 



JLT 



171 



JuiSAK, V. n., souffrir intérieure- 
ment. Vend. (C. et P. D.) 

JULLES, JOUILLES (b. I. COHJUnclo) , 

S. f. pi . lanières de cuir dont on se sert 
pour attacher \e joug sur la tête des 
bœufs. Dans tout le Poitou. — (Manu^c, 
du Poitou.) — '( Jugiim cum amblacio et 
conjunclis quando nocesse fuerit. » 
(lapif. de Charlemagne.) — Provençal : 
« julhe, juillos. » 

JcNQUE, s m., veau de deux ans. 
V., c. do risle-Jourdain , Adriers. 
V. Joincle. 

Jl'ste, Justin, s. m., casaquin , la 
partie du vêtement qui couvre le haut du 
corps des femmes delà campagne. D.-S. 
-(B.-F.) 

Jutai, v. n., donner du jus; par ex- 
tension, couler; i< le sang jutait de son 
bras. . D.-S. -(A. R.;— V.— Vend. 

JuTTE, S. f. , poirée. Vend., Font. 
(C. et P. D ) 

Jutterabb, s. f., betterave. Vend. 
(C. et P. D.).—V. Joutterabe. 



LA(; 



Labachb, s. f., insecte de couleur 
brune. D.-S., c. de Mazières. (A. R.) 
V. Carcelle. 

Labiai (I. labi) , v. a., calomnier : 
« prêchai Irejou labiai les autes? » pour- 
quoi calomnier toujours lesautres? Ven- 
dée. 

Lac 1. laqueus), s. m., lacet, cor- 
don de fil avec lequel les femmes ser- 
rent leur corset. V. — D.-S. 

Lacae(1. /ac), V. a., se dit du chat, 
du chien , lorsqu'ils boivent du lait. 
Vend. (Cet P. D.) 

Laç\i (I. laceraré), v. a , battre 
quelqu'un à coups de corde, de fouet , 
ou de houssine : « si tu m'enneus pus 
lintemps i f lac'ré avec man fouet. » Par 
extension, et au figuré, tromper, attra- 
per : « i m' se laissé laçai on ach' tont 
quiés deux bus. » V.— ^ D.-S. — (B.-F.) 
— Roman : a lassar. » 

Lachet, s. m , ver de terre. V. — 
DS, 



Lacquakt,te (1. /r/c«s), adj. verb., 
mouille, trempé, couvert d'eau. (B.-F.) 

— Boiste : « Lagant, » tout ce que la mer 
rejellede son sein. (Cit. B.-F.) 

Lacquassb, s f. , diminutif de lac, 
petite mare, petite flaque d'eau. D -S., 
Breuil-Coéffault. (B.-F.l 

Laesse (g. X'j/-o;), s. f., lice, chienne 
qui a mis bas. Se prend en mauvaise 
part aujourd'hui dans nos campagnes , 
comme autrefois dans les sphères plus 
élevées, quand on l'adresse à une femme. 

- Latin : « lycisca^ n chienne qui 
vient d'un chien et d'une louve, ou 
d'une chienne et d'un loup. — Roman : 
« leissa, » chienne. (Cil. B.-F.) 

Lagnou, se (g. Ax^-rciv), adj., pares- 
seux, lâcho V — î) -S. — Plaintif, à 
plaindre. Vend. ;(,. et P. D.)— « Lagny, » 
c'est le surnom que les Parisiens don- 
nèrent à Jean-.-^ans Peur, duc de Bour- 
gogne, à l'occasion de la persistance de 
ce duc à rester à Lagny-sur->îarne 



172 



LAN 



114 îH) : e Jfi»M-(le-I.ni;i>y, « qui n';>liàto. 

— Italien : o liigjiosu. a pUiinlif. — 
Aniii.iis : « lagger, »> celui qui >'ijriête, 
qui sîmiuse. 

I.agouu, s. m,, ruisstMu. D.-S.. c 
dp Rress. — Environs de Melle. (Ron- 
dier.) 

La'chf, mlj., ver de terre. V. — 
D.-S. V. 1 iiehel. 

I.Ai, Lais, iulv., là; « délai, » au 
de Ij ; « Lai-has, » la-ba:?. V.— D. -S — 
Vend. 

— I ihcrche qulcu nrctout, pr'iquz prc laïs. pr" 

[\cy. .>] 
(Bab., p. 11.) 

— Coulume de Charroux : « lai, » (art. 
jtr| — Piitoi> liniousin et languedocien. 

l.Ki'S \. longé), s. m., loin. \'. — 
D.-S. — Vend. — Patois du Limousin : 
« lai. » — Gascon : <- lén. >• 

LAiBEsd. lar, lares), s. m. pi., feu 
pllieu. Vend. (C. et P. n.) — Latin : 
(« lar, » le feu. le foyer : « lares, » les 
dieux protecteurs dune famille. 

Laissus, adv. de lieu, au dessus. 
V. — D.-S. — Gascon : a lassus. » 

Laitexu, s. m _, jeune baliveau de 
ré--erve. V., arr. de Chat., Vaux. — 
Français : o lais. •» 

LArrEEO.NetLAiTO>(laiL'ron;,[r./ûri7], 
s m , veau, poulain ou cochon qui lèie. 
V._0.-S — Paîois du Berry : «lai 

ton « 

L\iz ou Laize, s. f., bordure, lisière: 
«la lai/e d'un jardin, la laize d'un bois.» 

— I aisse . « chaignes, ^ros bovs et au- 
tres boys eslans en la laiss<' de l'ouglé.» 
(An. |.îi:i, Vas'es,manusc.) 

Lamballe, Lampe, s. f., fanon du 
bœuf. V., arr. de Poit. et arr. de (hât. 
pjur lampe. — Lampe : nom dune au- 
mône consistant en la chair de trois 
bœufs qui se taisait une fois l'année en 
l'abbaye de Sainl-Maixent. (Mauus. du 
Poitou. ) 

Laxdaux. s. m. pi. . andains , rangs 
de foin di-posés en sillons. — Basse la- 
lifiilé : anc/cinvs, bande do pré d'une 
longueur indéterminée, et de la largeur 
(i'un coup de faux (Guérard. Cil. B -F.) 

Laxde et Landin, s. m., chenet 
V.— D.-S., suivant les localités. — 
Item II landers. (An. 1329 . manusc. 



LAP 

du Poitou.) — Patois du Berry : « lan- 
guel. » — Français : « landier. o 

Lam^ks, s. f pi,, œufs de poux. 
V. — l) S. — Mavcnne. 

Landon, s. m., lisière avec laquelle 
on supporte un enfaiit pour 1 aider a 
marcher. V., arr. de Poitiers. — D.-S. 

« I.'iin donne à Jé-usun l.indon 
» Et l'autre une cliimise. » 

(N. P., p. m ) 

— Défense par la coulume du Poitou 
de « tenyr des chièvres, sinon aux la- 
boureurs à ung areau une clMèvr(; et 
aux laboureurs a deux areaulx deux , 
lesquelles ilz seront tenuz mener pas- 
turer par les chamois herbuz et les tenyr 
par ung landon. « (1579.) 

Landou, se (r. landes), adj. , rem- 
pli de landes. Par extension, terme de 
mépris. V. — D.-S. 

Laxuou se, adj , paresseux, fai- 
néant D.-S., c. de Celles. 

La.nfet. s. m., lin. Vend , Font. 
(C. et W D.l — « Dixme de blez, ven- 
danges, potages , lanfels. » ^An. 1459. 
Vouvent, manusc.) 

LA^iGAGEAi, V. a., faire la langue à 
quelqu un, lui dire comment il faut par- 
ler, ou faire : « gl'a eu bia le langageai, 
gn'a pou mcux rnssi ; » il a eu beau lui 
faire la langue, il n'a pas mieux réussi. 
V. — D.-S. — Patois du Berrry : 
« languer, » slvler, faire la leçon. 

Langangeb, ère (I. linguax), adj., 
celui ou celle qui par'e insolemment. 
V. — Patois du I iniousin : o lingojfz.» 

— Patois du Berry : «- langard, Lui- 



guar 



La.\gf.ron [long' l'on), s. m., langrs. 
D -S. — y. Drapea — Basse latinité: 
a longeolinn, » vL'-,iisinlerior lanea mo- 
nachorum ad genua usque pertingens, 
sic dicta, quod lanea fit, unde laneos 
panrdculo-; quibus infantes tircumvol- 
vuntur, Uinge< eliamnum appellamus. 
(Duc.) 

I angue-df.-Bœuf, s. f., p'anle , la 
buglose, dont les feuilles ont < n effet la 
formi', et au toucher la rudesse de la 
langue de "Bœuf. Onomatopée. (B.-F.) — 
V., arr. de Civ. 

Lapace, s. f , planle, bardane gla- 
bre. D -S. — Vetui. 

I APAi [2^ y.ir.Ti'.-t], V. a , saisir, em- 



LAV 

poigiKT ; ( t par extension coller : « ou 
lape coumme gemme ; » ça colle comme 
poix. V. — Fninçais : « laper, » boireen 
tirant l'eau avec sa langue. 

I.APi^cou , SE r. lapai], arlj., qui 
prend qui ti( nt, se dit principalement 
des terres grasses , difficiles à labourer 
quand clTes sont détrempées par les 
})lnies. V., c. de la Villedieu. — Civ. — 
Aube : « lappeux, » gra*, gluant. 

Lappr (r. lapai), s. f.. plante, syno- 
nyme de lapace , ainsi appelée parce 
quelle prend et arrête ceux qui passent. 
Onom;itopée : a Lappa in tabernaculis 
eoruin. » (Osée, 10, H.) V.. arr. de Civ. 
cl de Chàl. — D.-S. — Roman : « lap- 
I a. « — l'ortugais et calelan , « lapa, » 

— Patois du Berry : a lappes, r» capi- 
tule de fleurs j tête de la platite appelée 
Bardcine. 

I.AQU.\i, V. a., se dit du cliien ou du 
chiitqni boit du lait. V., arr. de Poi- 
tiers et de Civ. — V. n , se dit des co- 
chons qui se vautrent dans leau. V., c. 
deSaint-Savin et do Monfm. 

Lardé, ee \. laridum), adj , pain 
qui n'est pas levé. V. , arr. de Cbâl. 
F. Ali. 

î.AP.GE (1. largus^]. s. m., place de 
chaque animal dans une étable. I) -S. 

Latiîveas, s. m., laîin (Gust.l 

« P.isse qu'oset on InUnoas 

)) Mais que gle nous laissant parler Poitou inra*. » 

Lah, lé, Ioc, chant des bergères : 
« la bergère chont' le lau lé pre fair' 
bMuviii sescheins. i» I).-S , c. do Bre.-s 
Y. L)au rai leau. 

I.AUTRU, adj , écervelé. Yen(J. (C. 
et P. D ) 

Lavart et T. A VERT, s. m., le lézard 
vert ù^is bois. V., c. de Civ., l.inazai , 
c. de Vouillé, Chalandray. — I) -S., 
c. de Thénezai, arr. de .Melle — (B.-!^\) 

— Roman : « lazert. » — Gascon et li- 
mousin : 4 luzèr. » 

Lavoue et Lavoure (1. lavare, , s. 
m., pierre, ou planche sur laquelle on bat 
le linge en le lavant. V., arr. de Poit. 
et de Civ. — C'est aussi le lieu où on 
lave. 

La-voure, adv., là où . et simpîc- 
mentoù. V. — D.-S. — Vend. — Cham- 
pagne : « Là vou. » là où. 



LEU 



4 -ro 
1 tCt 



I.É, pr. pers. '6^ i)crs., elle. V. — 
D.-S. Suivant les lieux. 

Lebrou, s. m.^ glouton, qui dévore. 
(B -F.) 

Lede, s. m , clou qui traverse le bout 
d'un es-ieu pour empêcher la vo\n\ de 
^o^tir : « quiello charte vé bay, a bal à 
lede, » c'est-:i-dire cette charrette roule 
bien. D -S., c de Bress. 

I EGNOU, LiG^on, s. m., fdet sous 
la langue qui empêche les enfants de 
s'allaiter. V. — Vend.— Patoisdu Berry : 
f( lègnotjx, B il n'a pas h lignoux, il 
parle facilement. 

LÉROT. R. adj., niais, imbécile. D.-S. 
_V. — Vend. 

Ï.EROr, s. m , loir, animal. V. — 
I) -S. — Vend. — Marne : « petit rat, 
loir. » 

f,És adj. démonst. plur., ceux : « lés 
de derrière. » crux de derrière. V., c. 
de risl -Jourd. 

f Essi, ^ m., eau de lessive. Pans 
tout le Poitou. — Roman : a lissiu ou 
leissiu. .) — Patois du Berry : « lessif , 
lessu, lissu » — Saintonge : « lessi, » — 
Yonne, Haute-Marne : «■ le.-su. » — Ra- 
belais : « puis en frotta une partie 
d'huyilef.'e noix pour voir si elle estoyt 
point esciipte de lexif de figuier. î 

LETRKAuet Letiueau. s m., pis- 
senlit frisé qui blanchit sous les mottes 
dv terre, pendant Thiver. V., arr. de 
Chàtelleratdt. 

I EU. pr. pers. et adj po s., leur : 
<« leu frère, leuz oncle, » leur oncle. 

— î.au. 

»< Ne crains point lau fumée. » 

(Gut., p. 8 ) 

— Roman : a lor. » — Ital.: « loro. » 

— Ancien français : a lo. i> 
Leuche, s. 'f,, ver de terre. V. — 

n.-S. — Vend. V. Lachet. 

Leurre d. iutva], s. f , loutre. V , 
arr. de Chat. — « Couhère : » pour les 
despens de Cvbarf le luieour et de ses 
gens qu'il a f;iil l'espace de Mil jours 
qu'il demeura au mois d'avril l'an mil 
CCCXXIV et XII à chacer et prendre 
louheres en l'estang despenfaigne. 
(An. 1391, Dienné et Verrières. Manusc. 
(Uj Poitou.) — Rabelais : u les jambes 
comme une leurre. » (L. iv, c. 31 .) 

Lelîze 'eu très-breP), s. f., clou qui 



174 



Lie 



traverse le bout d'un essieu de charrello 
pour empêcher h roue de sortir. V._, 
arr. deCiv. V. Lede. 

ÏEVARDE, s. f , lézard £:ris des mu- 
railles. V., arr. de C hàt. V. Grapielte. 

Levé (1. levare), v. a , donner la pre- 
mière fnçon, soit a un champ, soit à une 
pièce de terre précédemment en prés , 
en pâlis , etc. (B.-F.) — Dans tout le 
Poitou. 

Coutume de Poitou : <« et aussi (le 
Seigneur dominant) ne lèvera pas les 
prez ne les pasturages quand le 6ef 
tombe en rachat. » (Art. 1 36. Cit. B.-F.) 

Levbachk ;I. Icpor), s. f., la femelle 
du lièvre. V., arr. deCiv. 

Lezerou, SB (lez'rou^, adj., malpro- 
pre: « les drôles à Bern' gouraesse (la 
femme Bernegou) sant ails bé lez'roux ! » 
D.-S., c. de Celles. 

LÉzi, s. m., loisir. D -S., Châtiflon, 
— Patois du Limousin : « lézéi. » 

Lbzi (à-de) , loc , avoir du loisir, ne 
faire rien : t le bé a-de-lézi aneut, » tu 
es bien à ton loisir aujourd'hui. V., 
Monlm. — D.-S., Châiillon. — « Laési 
(a-de^. » Vend. (C. et P. Dj— Besançon : 
« ai lési. > f 

I.i, pr. pers. 3^ pers., lui. Dans tout 
le Poitou.— « T.i, » elle. D -S., c. d'Air- 
vaultet de Chàlillon. — Roman, Gas- 
con , Berry : « li , » lui. — Italien : 
e gli. » 

Lia, s. m., liard , ancienne monnaie. 
D.-.S. 

L\\y, adv., ici, lii-bas, au dedans; 
• lian d'dans, • lii-bas. Dans tout le Poi- 
tou. 



M Entre lian le cousin roy. 



(Gust.) 



— C'est l'ancien mot français : « leans, » 
(/ mouillé). € I éans » est le corrélatif 
de • céans. • (Press.) 

LIA^-DR-REVERs. S. m., jambe de 
force. D.-S., c. de Celles. 

LiAQUB, adj. des deux genr., qui 
tient aux pieds. V. , arr. de Chat 
V. Agiat. 

I.iAVART, s. m , lézard vert. D. S., 
c. de Bress. V Lavart. 

LiCHAi (r. liche), v. a., manger avec 
gourmandise. - V. — D.-S. — Patois 
de la Saintonge , du Berry et de la 
Marne : « licher. > 



LLM 

LiciiE. s. f. (g. Xsîxw), gourmandise: 
« aimer la liche, » c'est aimer la bonne 
chère. V. — D.-S. — Saintonge : « li- 
cherie. » — Mayenne : « liche. » — 
Patois du Berry : «lécherie.» — Marne: 
a liche, » miette, peu de chose. 

LiCHOU, SE (r. fic/ie), adj , gour- 
mand, ivrogne. V.— Saintonge et Berry : 
« lichour. t — Patois du Limousin; 
« Lechodiez. » — Mayenne et Marne : 
« lichard. licheur. » Pi imitivement « li- 
chèrres et licheor i> signifiaient gens 
méprisables. 

LiDOiBB, adj , chèvre en chaleur. 
V.. arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) — 
Vend. IC. et P. D ) 

I,iE (1. ligare], s. f., corde de char- 
rette. Dans tout le Poitou. 

Liée, s. {., le temps que Ton met à 
labourer avec des bœufs. V. — D.-S. 
— r. Bordée. 

LiEiNNE, s. f., glane. Dans tout le 
Poitou. 

LiENNÉ (r. lienne)^ v. a., glaner. 
Dans tout le Poitou. 

LiENNEUX, SE, adj., celui ou celle 
qui lienne. Dans tout le Poitou. 

Ljkr et DÉLIER (1. ligare) , v. a., 
lier, c'e?t attacher le joug sur la tête des 
bœufs, au moyen àG^jinlles, pour les 
atteler h la charrue, à la charrette. Dé- 
lier c'est leur ôter le joug. Il faut lier, il 
faut délier, se comprend parfaitement 
sans que l'on soit ot3ligé d"y ajouter le 
mot bœufs. (B.-F.) — Dans tout le Poi- 
tou. 

r.TEVRACHE, LiEVBESSE, S. f., fe- 
melle du lièvre. (B.-F.) — D.-S., arr. 
de Bress. et de Parlh., pour « lievresse. » 

LiGiNOU , s. m., fil ciré qu'emploient 
les cordonniers, ligneul. V. — D -S. — 
Crin dont on fait des collets pour pren- 
dre des petits oisaux. V. — D.-S. -— 
c< Une paire de lignoux à prendre des 
oiseaux. » (An. 1694. Manus. du Poi- 
tou.) 

LiLLR, s. m., lierre. V., arr. de Civ., 
c. de Montm. et de l'isl -Jourd. 

LiMAisTB, s. f., morceau de bois qui 
porte sur les quenouilles des lits, et sup- 
porte les rideaux. (B.-F) 

LiMoiREUx , SE (I. limosus), adj., 
gluant, visqueux. (B.-F.) 

LiMOiRiES, s. f. pi , trace , vestiges 
de limaçons. D.-S., c. de Celles. 



LOC 

liMOMA (I. temo^ temonis), s. m. 
pi., timons d'une charrc'Ue. Dans tout le 
Poitou. — Latin : « tcnWy » le limon 
ou la llèclie d'un charriot — Basse la- 
tinité : « limonerius, equus ad currus 
temonem. » (Duc.) 

Llncit, s. m., eau de les^ive D.-S., 
c. de Bress. V. Lessi. 

LiNGAGi, V, a.^ faire la langue à 
quelqu'un. 

« Vous avrz bea Irzllngnj»! 
« Et tôt vetre fat arrangy. » 

(Gent. Poet.) 

LiKE , S. m., lierre. D.-S. — (B -F) 
V. Lille. 

LiRKTTE, S. f., bande d'étoffe qu'on 
utilise en cousant les morceaux ensem- 
ble pour en faire des tapis de lirelles. 
(B.-F.) 

LiROU, s. m., loriot, oiseau. Vend., 
Font. (C et P. D.) 

Lisette , s. f., betterave. D.-S., 
Saint Aubin et Noirlieu. — Gesse sans 
feuilles. (B.-F.) A'. Geargia. 

Lit, s. m,, chartil. V., c. de l'Isle- 
Jour. V. Charliou. 

LiTREE, s f., bande, morceau d'é- 
toffe, de papier, etc., lon^iue et étroiie: 
« i m" seut emporté en passent lai tout 
ine Mirée de ma blouse. » D -S. — 
(B.-F.) — V. — Basse latinité-, litra , 
listra, limbus, ora. Hinc origo vocis, 
llstre vel iitre apud nos vulgo usur- 
patee pro Uturis nigris^ etc. (Duc.) 

LiZAHDE, s. f., lézard gris. D.-S., 
arr. de Bress. et deParth. f. Grapielte. 

LizE, s. f., argile, terre grasse. — 
V. — D-S. — a Droit du sieur Du- 
chilleau de prendre de la terre lizeel du 
sable dans les bois de la seigneurie de 
Vasies pour ses tuileries du Chilleau. » 
(An. 1764. Manus. du Poitou.) 

I LARDRE, Llerdrb (// mouillés) 
|1. ai^dere], v n., allumer le feu, le faire 
flamber : « thou fu n'ilerdre d'gir ; » ce 
feu ne flambe guère. Vend. Sabl. et 
Chaum. 

Loche, s f., genre de vers mollus- 
ques nus, semblables au limaçon terres- 
tre, sans coqui le • gras coum* in' 
loche,» se dit d'une personne très-grasse. 
Dans tout le Poitou. — Patois du Berry. 
— Français : « loche, » petit poisson de 
rivière. — Noms de lieux : « Loche, » 



LOR 



17i 



Asnois; « I ocheri(;(la!, » Héruges. (V.) 

LociiÉ, ÉE, adj , très-^ros, Vendée. 
(C. et P. D.) 

LociiÉ (r. loche), v. n.. se dit des 
récoltes mangées par les loches : « thiés 
blés sanl tout loches. • (B.-F.) — Fran- 
çais : « locher, » secouer. 

LoDE (g. >.oû.îc;) , adj. des 2 genres, 
lâche, lourd. fainéant, paresseux. (B.-F.) 
— Basse latinité : « lurdus, spurcus, 
impurus immundus vel polius stolidus 
quomodo nos l onrdaut àïâmus. it[Duc.) 

LoDKNAi (r. /o^é?), V. n., lambiner, 
faire le paresseuï : a ihio drôle y n' fô 
qu' lodenai. » (B.-F.) 

I.ODiER, s. m., couverture delilfailo 
de coton ou de laine piquée entre deux 
toiles. V. — (C I ict gariiy d'un matel- 
lalet lodier. n» (An. 1619. Wanuîc. du 
Poitou.) 

LoNDAE , LoNDAi, S. m., chcnêt. 
Vend. (C. et P. D ) — D.-S., c. de Bres- 
suire, pour « londai. » V. Lande. 

LoNDiN, s. m., lisière pour soutenir 
les enfants. D.-S., arr. de Bress. et de 
Parth. F. Jecolle, 

Long (i qui au, qui au),loc., ici, au- 
près, lieu non éloigne. V. — D.-S. 

Longe AU, de (1. longus), adj , long, 
allongé, fluet : < quielle feille s'ré poué 
mal , s'a n'avet la figure longeaude; » 
cette fille serait assez bien si elle n'avait 
pas la figure allongée. D.-S. 

LoNGiÈRE, 3. f., essuie mains. — 
« Deux bassins et deux longières pour 
laver les mains en chapitre. «(An. 1500. 
Manusc. du Poitou.) 

I OQUE, s. f., gras-double. V., arr. 
dePoit. et de Chat. 

LoQUB. adj., imbécile, et s^adresse 
plus particulièrement aux femmes. Vend 
Sablais. 

LoQUENCE (l. loquentia).s. f., voix, 
parole : « avoir une bonne loquence, » 
c'est avoir une vuix forte, claire et so- 
noie. V. — D.-S. — Champagne. 

Loquet [qu mouillés), s. m., trou- 
peau de moutons : « t'as acheté tout in 
loquet d'moutons, vesin.» D.-S.— ^B.-F.) 
Loquet, s. m., c'est le mot français: 
4 hoquet. » V. — D. S. 

Loquetai, v. n., s'arrêter, rester 
court. V. — D.-S-, arr. de Bress. et de 
Parth. V. Hoquai. 
Lorgne, adj. des deux genres, morne, 



17(3 



LOI 



LLZ 



tri>le,iibuUii, se dit des bèleset de?g«Mis. 
I).-S., Hrr. do Pni IIilmuiv. 

LoHi\. s m., criJcliiil dogoùiniil e( 
fréquoiu. V., arr. de Chût V. Cia- 
bant. 

I.or. pr pers S" per>.,Ieur: a luu 
pt^re. Ion mère. » V, — I).-S. — Vend , 
Miivant les lieux — Ardonnes , Marne. 

— Gascon : « loii, > lui, le , « lous. » 
les — Lan<:uedocien, limousin : t lou. i» 

I.OUALN il. levnre , s. m , c'est le 
substantif français : « levain. •• D.-S., 
arr. de Parlh 

L011B4TAI et LOUBATIA. S. m., lou- 

voleau. — Au fii^uro, un loub.ilia est 
uno personne qui ne pense qu'à elle. 
Patois limousin : •< loubolou. » — Pro- 
vençal : « loubaloun. « Noms de lieux : 
« LÔubautière (la). » Buxerolles : « Lou 
balière la). » Benassais. (V.) 

F^ouBE, s. f , morceau de bois fendu 
pour maintenir le linge au séchoir. V. 

— I).-S. 

l.oîiBERiE. S. f., avarice: « qu'où 
gars n'a qu' la loub'rie en tète. » V., 
arr. de Chat. 

I oi;be. s. m., écorcede mil. Vendée. 
(C. et P. D.) 

î.olc-a-Barrai;d . !oc , ivrogne , 
gourmand. (fl.-F ) 

Loue i|. hcatin) , s. f., louage : 
« aller a la loue, >» c'est se rendre dans 
le lieu où se fait le louage? des journa- 
liers et des domestiques. (V.) 

I ouÈBE, s. f.» loutre. V., arr. de Ci- 
vray. V. Leurre. 

l'ouBiEB, s. m., lucarne. Vienne. 

L0DGE4I r. loue), v. a. et pr., pren- 
dre quelqu'un à son service, et se met- 
tre au service de quelqu'un. V., arr. 



de C'iv. — Provençal : « louga (se); que 
vengué se louga, » (]u'il vint se louer. 
— l^alois limousin : w lugar(se). » 

LouB, pr. pers., leur. V — D.-S. — 
Vi>nd. 

LouvREs, S. m. pi., se dit du papier 
brûlé , et plus particulièrement des 
feuilles brûlées qui voltigent. D.-S., c. 
Celles. 

LiiBE, s. f , chandelier pour tenir la 
chandelle de résine. Vend. Font. (C. et 
P. D.) 

Lucane, s f., raisin blanc. V., arr. 
de Civ. — Français : a lucane, » genre 
d'in?ecte coléoplère. 

LuGRAi, V. n., être gluant, gras, 
commencer à se corrompre. Vend. 
(C. et P. D ) — D.-S. — (B.-F.) 

LuGBANT, TR, adj.vorb., LL'GBEUX. 
LuGBOU, SE, adj., gras, gluant. V. — 
D.-S. Suivant les localités. 

LuMAT (I. hmajr), s. m., limaçon. 
Dans tout le Poitou.- Patois du Berry. 

Luînotte-Jauinr, s. f., oiseau , le 
bruant (B -F.i — Patois du Berry : 
« linotte, p linotte. 

LuQUE en», loc , se dit des chèvres en 
chaleur. D.-S., c. de Bress. V. I-idoire. 

LuRAU, subst. m., luron. Vend. — 
Gusteau. — Patois limousin : « lura, •» 
imbécile. 

l-URE , s. f., manie. Vend. iC. et P. 
D.) 

Luzil. liu'iu.<;, s m., brochet : « pour 
deux gros luz qui furent présentés au 
receveur xxvi s. • ( An ia96. Manusc. 
du Poitou.) 

LuzET. s. m , va^'Ce sauvage. D.-S., 
arr. de Bress. — Berry : « luzet. » 



M 



Ma. pr. per. U«\>ers., moi. V. — 
D..S —Vend., suivant les localités. 

iMabi, e, adj., écrasé, affaibli : " Ma- 
teluche é bin mabi de pi quiequ' 
temps; - Mathurin est bien affaibli de- 
puis quelque temps. V., arr. Châl. 

M AELE ihl mouillés,, adj., faible, 
nul, sans valeur. 

« Voîux de pauvres g*'ns daux homme* le pu 

[mable p 
(Gust., p. 60.) 



MAC 

Mâche (a très-long), s. m., appétit; 
être ou n'être pas en « mâche, » c'est 
avoir ou n'avoir pas d'appétit. V. — 
D.-S. 

Mâche 'a frès-brefi, s. f. , bugrane 
des champs, plante. V. — Vend — D.-S. 
— Espèce de luzerne sauvage que l'on 
rencontre dans certaines terres. 

Machee (terrp), adj. f., se dit de la 
terre battue par l'eau V., c. Isl.-Jour., 
Adriers. — Noms de lieux: « Machère 



ni , grosse 



MAG 

(la),») Boiiri^-Archainbaud , Saulgé. (V.) 

jMachele (maclilé), s. 
dent. V., c. St-Sav.. Journé 

Mâcher (a très-bref) \\. madart\ , 
V. a. et pr., meurtrir. V. — D -S. — 
Vend. — Roman : « macar et machar, » 
battre, frapper. — Gascon: a machuca. » 
—Battre. 

Machouiînai (r. mâchoire), v. a et 
n., manger lentement avec dégoût V. — 
D -S. , suivant li'S lieux. — iMariie : 
• mâchonner, » manger sans appétit. 

M.4CHURR [a bref), s. f. , contusion , 
meurtrissure. Dans tout le Poitou. — 
Ancien français. 

Maço\, s. m., oiseau , ainsi appelé 
parce qu'il niche de préférence dans les 
vieux murs. Gournay. (B.-F.) Onoma- 
topée. 

iMacrka, s. m , petit polisson. Vend. 

Macreux, s. m., terrain. Vend. (C. 
et P. D.) 

îMadae, s. m., madrier. Vend. iC. et 
P. D.j— Espagnol : « madera, » bois. 

MADE,adj. des deux genr., s'applique 
à la chair meurtrie et à toute boisson un 
peu acide; < tan vaein s'ré bé bein , 
mai ol éd'muge qu' i'é in pouae made, 
qu' vau tu qu i l' dise? » Ton vin serait 
bien bon, mais c'est dommage qu'il 
soit un peu acide, que veux-tu que je 
te dise? I).-S., c. de Celles. 

Madeube , adj. des deux genres^ 
lourd, pesant. (B -F.) — Roman : « ma- 
deyra ou madeira, )> matière (Cit. B.-F.) 

Madré (I. madère), adj. des 2 genr.. 
pain qui n'est pas bien cuit. V., arr. 
Civ.— .Moite, humide. D.-S.— (B.-F.)— 
Vase, coupe, s. f. : « item deux madrés 
à pié d'argent. » (Manus.) — Ardennes, 
Aube, INlorne : « madré, » vase de bois 
veiné, ou d'agate, ou de marbre. 

Magad, s. m., petit lait. V., arr.de 
Chat. — Basse latinité : « mesga, j> sérum 
laclis. 

Magaudé, v. a , sucer du mauvais 
lait. Se dit des enfants qui sont allaités 
pendant une nouvelle grossesse. V.,arr. 
Chat. 

Maglot {gl mouillés), s. m., pain 
qui n'est pasbien cuit. D.-S. V. iMadre. 

MaglotOiNS, s. m. pi., petits gru- 
meaux qui se forment dans la farine 
quand on ne la délave pas avec soin. 
D.-S.^ (B.-F.) 



MAI 



1 // 



MaciNER, s. f., enfant nouveau-né : 
« paiiie pequite magnée. » pauvre petit 
enfant. V., arr. Civ'. — D.-8. —(B.-F.) 

— Basse latinité: « niniriada , mais- 
nada, etc., familia, quasi mansionata; 
Italis. masiiadju ; mesnée, mesnies, 
nu'igne, Gallicis. » (Duc.)— Patois limou- 
sin : (I mognia. » — Languedocien : 
« manil. » — Ardennes : « magnie, »» 
assemblée, foule, suite. 

Magotou, s. m., petits grumeaux 
qui se forment dans la farine quand, en 
l'employant avec du lait ou de l'eau, on 
ne la délaye pas avec soin. V., c. de 
risl-Jûur., Adriers. f^. Maglotons. 

Magrk, adj., c'est le mot français 
maigre. V., c. Isl.-.Iour., Luchapl. 

iMai (très-long) |1 magh] , conj. , 
plus , davantage : « tan mai, » beau- 
coup, plus ; « (an mai gl' o f ra, tan mai 
i m' fach'ré ; » plus il le fera, plus je me 
fâcherai. Dans tout le Poitou. — Gas- 
con : « may, » davantage. — Saintonge. 

— Provençal: a mai; n'acamparien bèn 
mai ; o ils en amasseraient bien davan- 
tage. — Patois limousin : « mai. » — 
Patois du Berry : « mais, » plus; d'a- 
bord, en premier lieu — Ancien fran- 
çais : « mais. • 

k Hat l'air qui n'en peut ra.iis. » 
(La Fontaine, f ible du lion et Ju mouclicron.^ 

M.4i(I. w?^)[lon2;]. pr. pers. 1" pers., 
moi. V. —D.-S.— Vend. V. Ma. 

Mai (brefi [1 wm/i/.s], s. m., aubé- 
pine. Dans tout le Poitou. Onomatopée. 
— Patois du Berrv. — Noms de lieux : 
(t .Mai les), » Bellefonds. (V.) 

Maie (1. me), pro. pers. i»"* pers , 
moi. V. — D.-S. — Vend. , suivant \qs> 
lieux. 

Maigristin (1. macer), adj., dimi- 
nutif de maigre; légèrement maigre: se 
prend aussi dans le sens de souffreteux. 
D.-S. — 'B.-F.) — Français: « maigrelet, » 
un peu maigre. 

Mail (1. milium\, s. m., mil Pour le 
manger , on le préparc ordinairement 
au lait. Vend. 

* or avoit in pot do mail qii' l'avant mangé les 

[chats. » 
(Gnst., p. 33.) 

Noms de lieux : « Mail (le), » Migna- 
loux-Beauvoir. (V.) 



i 



178 



MAI 



Maillée, s. f., meule de î^erbes 
faite dans la cour d'une ferme. D.-S. — 
V., arr. P., arr. Civ. — ^B -F.) 

RIaillochai (r. maiUoche), v. a. et 
pr,, donner des coups : « maillochai 
quelqu'un, » le battre, le frapper comme 
à coups (le mailloche ; « faire maillo 
chai, » faire donner des coups. V.. arr. 
de Poit. et de Civ.— D.-S , c. de Bress., 
arr. de Parth. 

Mailloche , s. f. , diminutif do 
maillée. Se dit des gerbes de blé ou de 
foin entassées pour les garantir de la 
pluie. V., arr. Civ. — D -S. — L'on dit à 
celui que l'on taxe d'exagération ou de 
mensonge : a ol é autant vré c' qu' lu 
dit, coume le diable chie dos maillo- 
ches. » (B.-F.) 

Mailloche, s. f , maillet. V. — D.-S. 
— Patois du Berry : « maloche, malotle, 
maluche, » gros maillet a fendre le 
bois. 

Mailloche, ée , adj. , meurtri, 
froissé; s'applique principalement aux 
fruits : « quiés poires sant toutes mail- 
locheies. » V. — D.-S. — Vend. 

MaINGAILLÈRE, MONGAILLÈBEjS f., 

petite ouverture en forme d'entrée de 
poche, qui est faite sur chaque côté des 
jupons des femmes de la campagne, et 
qui leur permet de pas-er la main pour 
prendre les objets placés dans leurs 
poches de dessous. V., arr. Civ. — D.-S. 

-:b.-f.) 

Mainzi, Minsi, s. f., feuilles d'orties 
hachées avec de la mie de pain ou du 
son pour nourrir les dindonneaux et les 
oisons. (B.-F.) 

M aisselle (1. maxilla)^ s. f., mâ- 
choire, dents. V. — D.-S. « Item une 
bouète d'argent... en laquelle est la 
raaisselle de Monsieur sainct Pierre. » — 
(An. 1469, arch. St Hil., n« 287 ) — 
Roman : • maissella. ï — Aube, Marne : 
€ maisselle, maixelle, » joue, visage. 

Maisselier (r. mahscUé), s. m,, 
grosse dent, dent molaire. V. — D.-S.— 
(B.-F.|— Basse latinité : « maxellarii, 
dentés. » (Duc.) — Provençal : « maisso, 
a fa cruci ma maisso, » a fait grincer ma 
mâchoire. — Ane. français : « maisse- 
1ers, » dents. 

Maithiaud, b (1. magistrr), adj., 
celui ou celle qui commande d'un air 
impérieux, qui veut faire le maître. V. 



MAX 

— D.-S. — Ancien français : « maislne, » 
morgue, fierté. 

Malageai (1. maie, ngere), v. n., 
èire malade : a ail' é déjà corps ! a n'a 
pou malageai lintemps. • Elle est déjà 
morte; e'ie n'a pa> été longtemps ma- 
lade. D.-S., c. de Bress. — Vend., Font. 
(C. et P. D.) 

M A l A I N A I , M A L A I ^ ss A T [ma le esse) , 
V. n., prendre de la peine, se fatiguer 
pour gagner, travailler fort et beau- 
coup : < y gagne ma vie, mais en malai- 
nant. » (B.-F.) V.— D.-S. — Roman : 
« malanan , » malade , malheureux , 
« malanensa , » maladie. — Patois du 
Berry : « malaiser (se), « se gêner. 

Malaiseté (malais'té) , s. f., priva- 
tion, soiiiïrance. V., arr. Chat. — Basse 
latinité : o malatalus, » qui maie habet. 
(Duc.) 

Malan (1. malum)^ s. m., toutes 
sortes de plaies en général et principa- 
lement ailles qui présentent de dange- 
reux svmplômes. o 01 v a v' nu in malan 
qui l' f ra bin souffrir.'» D.-S— (^ -F.) 

INI aleg AELE (maie habilis) , adj.^ 
malhabile. Vend. (C. et P. D.) 

« .Sévère ou malégable. » 

(Gust., p. 99.) 

Malegagne (mal'gagne), s. f., cor- 
vée, prestations en nature. V. — INoms de 
lieux : « Malligagnes, » Genouillé. (V.) 

Malessoine, s. f., malaise : 

« cr aga.s«it tant les hugueneau 
> Que gle les mit en lualessoine. » 

^B;ib.) 

Maungé, v. a., mélanger : « i-z-ont 
malingé tout, pouères et poumes; » ils 
ont tout mêlé, poires et pommes. V., 
arr. de Chat. 

Maltoutoub, s. m., maltotier. 

« Lez maltoutours sont dégradez. » 

(Cent. Poetv.) 

Mancrot , TE i}. mancus)^ adj., 
manchot. Il est aussi pris substantive- 
ment. V. — D.-S. — Patois limousin : 
« manco, » gauche. 

Mandeae, Mandrai, Mindbai (r. 
mandre), v. n., diminuer. Vend. (Cet 
P. D.j 

Mandre et Mendrb (1. minor), adj. 



MAQ 



MAR 



179 



des deux genr. , moindre. V., arr. Civ. 
— D.-S. 

« Au maadre mot qu'on dit gle se montrant re- 

fvesche. 
(Bab., p. 46.) 

f Et si y sera cette besoigno a aussi 
petitz ou mendres frais et despens , et 
plus senrement traitée. (An. I428,areli. 
St-Hil Bourg, p. 9.) — Maindre: « le 
maindre plus légier frais. » (14,'>0. Arch. 
St-Hil. Egl., suppl. n° 3i.)'— Gascon : 
« mendre. » — Patois du Limousin : 
u mindré. » — Languedocien : « men- 
dro, mendré. » 

Mandrigobgne , s. f., bête fantas- 
tique qui est supposée donner la pros- 
périté. Celui qui prospère, la maison 
qui s'enrichit a une mandrigorgne à sa 
disposition. V.» c. Wontm. 

Wanes, s. f. pi., insectes, les phry- 
ganes. V. 

Mangitions, s. f. plur., grattelleou 
petite gale, démangeaison. D.-S. — (B.- 
F.) y.'Gratelle. 

Manifait [maie factus\ adj., con- 
trefait. V.,arr. Poit. — D.-S. 

Manigant, Menigant, adj verb., 
faible d'esprit, bateleur, faiseur de far- 
ces. V., arr. Chat. — Basse latinité: 
M.maniculare,(\o\\iin vel strophas exco- 
gilare. Galli dicimus manigancer ,{d\ve 
des manigances, quasi manibus ludifi- 
care, uti agunt praestigiatores. » (Duc.) 

Manivaule,s. f., fleur de farine, qui, 
dans les moulins, vole autour de la 
meule. D.-S., c. de Celles, c. de Chef- 
Boutonne. (B.-F ) V. Auve. 

Manjouèrr , s. f. (I. mancîucaj^e). 
Crèche. V.— D.-S. 

«I Naquu de la Verge ncère 
>i Qui l'a mis dans une inanjouère. ■ 
(N. P., p. ai.) 

Mann, s. f , main. Vend. Sabl. et 
Chau. 

Manoiai, Manopai (1. mamiari) , 
V. a., manier grossièrement, tripoter : 
« tu n' finira pas de manoiai quieuqui. » 
V. — D.-S. —Basse latinité: amanopera^ 
mannoperay manuum opéra. (Duc.) — 
Marne : « manoier, » manier, frapper 
des mains. 

Maquerie (maq'rie) [1. macula], s. 
f., crachat sale et dégoûtant. Vend. 
V. Crabant. 



Maquillage, s. m., arrangements, 
projets ridicules ou impossibles; travail 
fait sans soin et sans attention : « qu'est- 
don que tliio maquillage? que fazé-v* 
don ? t) Qu'est-ce donc que cet arrange- 
ment? que faites-vous donc? D.-S. — 
(B.-F.) — c. Bress. 

Maran, adj. m., se dit des bêtes et 
des gens, qui , malgré la bonne nourri- 
ture, ne peuvent engraisser. V. 

MaraiNne (b. I. marani) y s. m, 
avare, grippe-sou, fesse-Mathieu. (B.-F.) 
—Basse latinité: ■ marani^ » apud His- 
panos Mauri appellari soient. (Duc.) 

M aras (g. L».epo;), s. m., morceau, dé- 
signe le plus ordinairement un petit es- 
pace pris dans un plus grand : « ton blé 
e-t-eil gelé, dis' Piarre? — 01 i en a 
queuques p'tits marâs. » (B -F.) 

Marau, s. m (b. 1. mara)y marais. 
Vend., c. de Chalans — Basse latinité : 
« mara, » palus, lacus, stagnum. (Duc.) 

Maraud (I. yiias , maris) \a bref], 
adj., terme de tendresse pour désigner 
les enfants ; il signifie aussi enfant en 
général. V. — D -S. 

« D;uix marauds tondus queme daux œufs 
» Chaatiant menus quem' daux cheveux. >» 

(Chans. poit.) 

Français: terme de mépris, coquin, 
fripon, gueux. 

Maraud, e, adj., s'applique aux ani- 
maux qui engraissent difficilement. 
D.-S —(B.-F.) y. Maran. 

Mar.^ye, Marée {^.marcor), s. f., 
gangrène, pourriture provenant d'égra- 
lignures qui s'enflamment et causent de 
vives douleurs. Pour guérir ces plaies, 
les paysans prennent une poignée de foin 
légèrement humectée, la saupoudrent 
de sel de cuisine, y mettent le feu et 
exposent la partie malade à la fumée, et 
c'est ce qu'ils appellent faire la maraye. 
Les superstitieux portent sur eux du sel 
de cuisine pour prévenir cette maladie. 
D.-S. — (B.-F.;— V,, arr. Civ. —Basse la- 
tinité : « marancia , « dolor qui concipi- 
tur ex aliquo damno. — Ancien fran- 
çais : « marance et maranche. » 

Marcblot (l. merx, mercis), s. m., 
diminutif de mercier ; petit marchand. 

« Robin le marcelot. » 

(N. P., p. 145.) 

Marcesche,s. f. ,1a fête de la N.-D, 



180 



MAR 



MAR 



de murs; de l'Aniionciation (25 nuirs). 
— « Troys mailles de cenz redevable au 
jour de la Marcesche. » (An. 1352 
IS'oyers, m an use ) 

Mabcii\is, s. m., lac. mare, étang. 
V. — D-S. D'après l'abbé Roii.-soau , 
c'est encore un terrain vague au finage 
de deux territoires, et où depuis se sont 
établies des habitations qui en ont pris le 
nom. Nous pensons au contraire que 
ces habitations ont été ainsi nommées 
parce qu'elles ont étéétabliesauprèsd'un 
T)m)r/iais. Nous en citerons pour exem* 
pie la maison de Marchais-!e Rond, au- 
trefois prieuré, aujourd hui maison de 
garde dans la forêt de la Guerche (com- 
mune de St-Remi-.^ur-Creuse), et bâtie 
auprès d'un marchais — iManusc. du 
Poitou — Roman : « marex. •> — Il y a 
plusieurs lieux appelés « Marchais » 
dans le département de la Vienne. 

M\RCHAfJCIE, I\UbCHAUSSÉE, S. f., 

cour, rez-iJc-chaussée. f 1339, I4.i0, Châ- 
lelleraud}. — |1-II0, 1439, Poitiers, ma- 
uusc ) 

M.\RE, s m , les plus grosses bran- 
ches des gros arbres : « et dons thio 
mare tout seul tu trouvVas c' qu'o f 
faut ; p et dans cet e grosse branche 
seule tu trouveras ce qu'il te faut. — 
Branches a.-sez grosses pour faire du 
« marriau, •> [merrain] (B-F ) — V.,arr. 
Civr. — D.-S.. arr. de Melle el de Bress. 
^a Patois du Berry : mare, » arbre. 

Mabe. s. f., houe. V., Chat. 

M ABÉ, V. a., se servirde la mûre. V., 
Chat. 

Marbau (b. 1. niarellus), s. m,, lot 
de bois, portion de bois ()rise dans uu 
plus grand, les coupes de bois sont di- 
visées, assez ordinairenieni , par ma- 
reaux, soit pour les vendre en détail , 
soit pour les exploiter. Vienne. — Ma 
rellus : morceau de terre. (An. l'-;79. 
St-Benoît. Savigné, manusc. du Poitou.) 

Maréchal, s. m., rossignol des mu- 
railles. (D -.S.) 

Marér,s. f.,bac. V., arr.de Montrn , 
dans plusieurs communes. 

Mabelé 'mar'léi [r. mareaii], v a., 
diviser une coupe de bois en plusieurs 
mare^ux. Vienne. 

Mareux (r. wd/T), adj., celui qui 
mare. V., arr. Chàl. 



ÎMarfin, s. m , tas. quantité. V , 
arr. Civ. I/on dit aussi « mallin. » 

« De (oui In mnrfin d'aiiiciit fou. » 

(Uast., p. 34 I.) 

Margagne , Mabgagnour , s. m. 

■V. mal , gngne\ mauvais ouvrier , do- 
mestique, journalier, qui ne sait pas 
travailler, faire ce qu'on lui commande; 
qui gâte l'ouvrage : « ol é in margagne.» 
(B.-F.)— D-S., àrr. de Melle.— V., arr. 
de Civ. pour « margagnotir. » 

Mabgagïné r. marfjngne)^ v. a., 
faire mal un ouvrage , im travail : 
'< qu'é-to qu' vous m'avez mar^^agné 
lai t (!i>('z m' don, vous autres; n'est-ou 
pas du bén fé? » — (B -F.) — Faire de 
mauvaise besogne parce que le terrain 
est himiide. D -S., c. de Celles. 

Makgouillai. v. a., faire un ou- 
vrage agricole par la pluie , dans une 
boue liquide et grasse. tB.-F.) — V., arr, 
Civ. — D.-S., arr. de Melle et de Bress. 
— Marne : « margouilier, » salir. 

Margouillage, s. m., ouvrage fait 
par un mauvais temps ou dans un ter- 
rain bourbeux. Se dit en général de 
toutes choses sales et dégoûtantes. — 
Français : « margouillis, » gâchis plein 
d'ordures. 

Margoulette fl. mafa gula)^ s f., 
mâchoire el principalement bouche mal 
faite. Vienne. — Marne : « margou- 
lelte. )) 

SMargoyiI. 7)wrs,Deus), mler'}.^ eu- 
phémisme de morguleu. 

« Mais q'iielay qui les fant ne sont margoy Jà 

[bêtes. K 

CGU'^t., p. S7.) 

îMariaud, k (1. maritxis), adj Jeune 
garçon ou jeune fille parvenus à làge de 
puberté , bons à marier : « v'Ia ton 
gars mariaud, Fanchette! » Voici ton 
fils bon à marier, Françoise! D.-S. — 
(B.-F.)— Vienne. 

Mariaudat (r. mariaud)^ v. a. et 
pp., marier, se marier. Vienne. 

« C'est donc aneut mon tour 
» D'y être inariaudale. n 

(Chans. poil.) 

Marjoa, s. m., marié : « que quoué 
qui pa-.«e? — qu'élou marida ? » — V., 
c. de l'l>l.-Jour. — I\Uois du Limou-in : 
« niorifla. » 



) 



MAR 

Mahida, V. î). ot 11., marier, se ma- 
l'ier : « vau tu te inarida? » veux-lii le 
marier? V^, c. Isi.-Jour., Ltichapt. — 
— Patois limousin' : a moridar. » 

Mabidade (r. marida), s. T., mariée. 
V., c. Ifel.-Jour., I.uchapt. 

Maridagé (r. niaridu), s m., ma- 
liai^e. V., c. Isl.-Jour. , [.ucliapt. — 
Patois limousin : « moridage. » — Cas 
cun : « maridatge. » 

Mahiennaë, Mariennai, Merien- 
NAI (r. mariennaie). v. n., prendre du 
lepos dans l'après-midi : « i se las, i vé 
mariennai in p'tit; » je suis las, je vais 
dormir un peu. V. — D.-S. — Ven(]. — 
Sa in longe : « meuriéncr. » 

M A R j E N N A I E ( 1 . m eridies) , s . f . ^ 
l'après-midi. Faire la « mariannaie, » 
c'est se reposer. L'on dit des brebis 
qu'elles fout une longue « maricnnaie, » 
quand l'iles restent longlemps à i'élable. 
\ .— D.-S — Vend., suivant 'es lieux. 

« I m' scut Irot amusaie 
» Avoc mon b-rgiT Colin 
» Tout' la mariennaie. » 

(Cbans. poilv.) 

Ro-man : « meriana , » l'après-midi : 
« quan le roi ac mangea, dort me- 
riana. » 

îMarienne, Mehienne. V. le pré 
céd. V. — D.-S., suivaiit les lieux — On 
appelle aussi « met iennes » les bluetles 
occasionnées par le soleil : « les mé- 
riennes m'éberlulant les ails. » V., arr. 
Poit , Civ. — Basse latinité : « meri- 
diana, somnus meridianus. — Meridiance 
incipiebant in dominica ramis palma- 
rum, ut est in consuetudinibus Floriac, 
[). 3'J6, a die iduum maiarum u-que in 
diera iduum seplembrium. (Duc.) — 
Ancien français: a. mérienne; et en esté, 
en temps de la mérienne, soient les hus 
de le parleur et de la gardein, et les 
fenestres devers la cuisine clos, et ne 
soient pas ouvert tans que houme soune 
a honre de Noune qui sera chantée 
après la mérienne. » (Cit. Duc.) — Sain- 
tonge : « meurienne. » — Ardennes : 
« mérienne, » sommeil de midi. — Pa- 
tois du Berry : « meyenne , d méri- 
dienne. — Français : « méridienne. » 

Mariounetat (marioun'tai). v. a. et 
Ti., manger entre les r?pas. V. , arr. 
Civ. 



MAU 



181 



Mauivaulai (r. niarioaule), v. a., 
faire de la martvaule. F.ca mot. D.-S., 
c. de Beauvoir et de Bress. 

Marivaule, s f., fleur de farine 
qui, dans les moulins, vole autour des 
meules. D.-S., arr. de Bress. et de 
Part h. 

iMAnivoLE,s. f., insecte, coccinelle, 
bètc-3-Dieu. D.-S., c. Bress — Patois du 
Berry : w mari vole, » bète-a-bon-Dieu. 

M ARME (I. mea anima), inlerj. affir- 
mative, explétive et approbalive : par 
mon âme ! sur mon àme I « i faut bé 
quiau fas<e, m'arme! pisque persoune 
vaut faire. » V. — D.-S. 

« Manne ! o n'en fui jamais un tau. » 

(N. P., p. 13.) 
« Marme ! igl estait si poly. » 

(Rob. Uiv., p. 89.; 

Don Font. : « por le salut de marme. » 
(An. 1208, t. XXV, p a05.)-Rabelais : 
« marmes!cesle-ci n'estmie lamienne. » 
(Prol. nouv., p. 2<)8.) 

Marmigeoune , s. f., râ'e perlé, 
oi.^eau Vend , Font. (C. et P. D.) 

IMaRMIiRaI et MARMUSÉfg. ac3a'j3î'.v), 

y. a., murmurer, se prend prèsque'tou- 
jours en mauvaise part : « on marmuse 
bai daux chouses su san cample. » Dans 
tout le Poitou. — Patois du Limousin : 
• marmuzar. » — Ardennes, Marne : 
i marmonner. » — I acombe : « mar- 
mul, murmure, bruit. 
Marmouette, s. f., marionnette : 

« Son feil vet aa moi.ton jouer do mannouette. » 

(Bab.) 

Marochon,s. m , diminutif de mare. 
Vend. (C. et P. D.) — Petite houe. (Ra- 
belais.) 

Marocho\-de-Chein,s m., plante, 
le lesticule du chien , plante de la fa- 
mille des orchis. (B -F.) 

Marote (banc à), s. m., espèce de 
banc muni d'un crochet formé d'un 
morceau de bois qui a l'apparence d'une 
grosse tète qui appuie sur une planche. 
Il sert à tenir ce que l'on veut travailler 
avec le couteau-parour ou la plaine. 
!B..F.) 

Maroton , s. m. , agglomération de 
farine dans la bouillie, de pain dans la 
soupe. V. — D.-S. 



i82 



MAT 



MIROTON, S. m., hiilbrnn, canard 
sauvage (B.-F.) 

Martagot, s. m., bando de nuages 
qui paraissent le soir à l'horizon du 
côté de l'Ouest. C'est ordinairement un 
signe précurseur de la pluie pour le len- 
demain. D. -S. -(B.-F.) 

Martouri, Martri, e, adj., meur- 
tri. Y., arr. Civ. — Vend. {C. et P. D.) 
— D.-S. — Roman : « marturiar. » 

Mas, conj., mais, suivant les loca- 
lités. V. Mai. Coutume de Charroux : 
« li quau ne valent mas x6G sols de la 
monnoye courable. » (Art. 28.) — Patois 
du Limousin : « ma. » 

Massugeon, adj. masc. et subst., 
épais, lourd. V., arr. Poit. Noms de 
lieux : « Massugeon, » St-Rémi-en- 
Montm. 

Mataie (1. matutinus),s.m., matin : 
« i é été à mataie, m' proum'ni ;» je suis 
allé ce matin me promener. V., arr. 
Poit., c. de Mirebeau. 

Matayon, s. m., petit grumeau qui 
se trouve dans la farine, quand, en l'em- 
plovant avec du lait ou de l'eau, on ne 
la délave pas avec soin. D.-S., arr. de 
Melle.— (B.-F.) 

Matb, s. m., ma, Irès-Iong , ag- 
glomération de farine dans la bouillie, 
de pain dans la soupe V. — D.-S. — 
Adj. des deux genr., mou, molasse, 
flétri : « quiés fruls sont mates. » Dans 
tout le Poitou. — Roman: « matar, » 
frapper. — Français: « mater, t morti- 
fier, dompter. 

Maton, s. m., agglomération de fa- 
rine dans le lait, de pain dans la soupe. 
Vend. (C. et P. D.) — Aube : a mallon. » 
Saintonge : « maton. » — Ancien fran- 
çais : lait caillé : a il n'est si bonne 
viande que matons. » (M Jus du pèle- 
rin, p. lOO.) 

Ma-tou, Ioc. , moi aussi. V.— D.-S., 
suivant les lieux. 

Matelot, s. m., bœuf qui a les cor- 
nes droites et inclinées sur le cou. V.— 
D.-S. — Vend. , suivant les lieux. 
f". Calau. 

Matrouille (r. mate), s. f., terme 
de mépris; fainéant. — Par extension , 
celui ou celle qui parle avec difficulté. 
V.— D.-S.— Vend. 

Mateoi iLLEAi, V. B et n., mâcher 



M.\U 

lenlemont et avec dégoût. V. — D.-S. — 
V. .Machouinai. 

Mau (1. juanus), s. f., main. V., c. 
Montm., St-Kemi, c. de l'Isl.-Jour. — 
Languedocien : « man. >> — Patois li- 
mousin : « ma. »> 

Mau |1. malum) , s. m., mal : « i' é 
d'au mauàla mau. » V. — D.-S.— Vend., 
suivant les lieux. — Roman et patois du 
Berry : « mau. » — Languedocien : 
« maou T) — Patois limousin : « mau. » 

Mau (à de-), Ioc, ressentir la priva- 
tion d une chose dont on a joui. L'on 
dit d'un enfant que l'on a sevré : « sa 
nourrice li s'ra bene à-de-mau. » V., c. 
de Monte, et de Mirebeau, arr. de Civ. — 
D.-S.. Chatillon. — Vend.— Aube : « il 
m'est en mau, » cela m'ennuie, je m'en- 
nuie. 

Maubian. s. m., mal blanc; le piétin, 
vice de la sécrétion cornée du pied des 
moutons; maladie contagieuse. D.-S. — 
(B.-F.) 

Mau-chaud (1. malum , calor) , s. 
m , toutes les maladies en général pen- 
dant lesquelles le malade se trouve 
comme dans un grand feu. D.-S. — 
(B.-F.)— V., arr. Civ. 

Mau-content (I. maie, contentns), 
s. m., mécontent :« m' n'houme é tout-à- 
fait mau-content. » V.— D.-S. — Proven- 
çal : " maucountént. 

Mau-fasant (1. maie factens) ^ adj. 
verb , malfaisant. V. — D.-S. — Basse 
latinité : < mis/acere, misfactum, mes- 
faire. » (Duc.) — Provençal : « maufa- 
fau, » artisan du mal. — Patois limou- 
sin ; « maufotour. o 

Mau-fat, e, adj., mal fait, contref<fit. 
V.--D -S. V. Manifait. 

« Totraaiifat qui avet la toux. » 

(Gcnt. Poetv.) 

Patois limousin : « maoufa. » 

Maufinai, v. n., languir, souffrir en 
languissant : a quiau pouvre Jouset i 
n'a pou maufinai: » ce pauvre Joseph 
n'a pas langui dans sa maladie; il est 
mort promplement. (B.-F.) 

Maugré, prép , malgré : « maugré 
nous. » V. — D.-S. — Provençal : « mau- 
grat ; li mort maugrat lou sourne barri; •> 
les morts malgré le sombre rempart. — 
Besançon : « maugra. » — Patois du 
Berry : « maugré, » — Languedocien : 



MAU 

« maoïjgré. » — 1 imousin : « moiigra. » 
— Clément Marol : 

a Et nous laissons noaulgré nous 
» Les doulx champs de nos pays, c 

Mauguière, s. f , partie basse d'un 
champ où Teau séjourne faule d'écoule- 
ment suffisant. V.^ c. Isl.-Jour. — Noms 
de lieux : « Mauger, i>St-Légerde Monl- 
brilluis : « ^langue, Mauguet. » Vivône, 
Marnay. (V.) 

Maunai , Mauni (1. molinarlus)^ s. 
m., meunier. V. — i).-S , suivant les 
lieux; St-Remi , près iMonlm., pour 
« mauni. » 

Malpatient i\. maie, pcifien.s), s. 
m., mal patient, impatient. V. — D.-S. 

iMaupitou, ouse, adj., colérique, 
turbulent. (B.-F.) 

Maurau et MouRAU, s. m , muse- 
lière de corde ou de viodies que l'on 
«lonne aux animaux lorsqu'on les mène 
au pacage, au labour, auprès d'un blé, 
d'un pré. V., arr. de Poit. et de Civ. — 
D.-S. — « Moreau, » espèce de cabas de 
corde ou de jonc, dans lequel on met du 
foin afin que les mulets puissent manger 
en marchant. (Trévoux.) — l,es char- 
bonniers se servent encore de nos jours 
d'un petit sac pour le même usage, 
mais ils n'y mettent que de l'avoine. 
— Ancien français : «moure, » museau, 
grouin. 

Mauraudai, Mouratjdai (r mau- 
rau), V. a., mettre le mar.rau. V.,arr. 
Civ. — D.-S. : « emmouraudai » est plus 
usité. 

Maussaie, s. m., fraisier. D -S. — 
(B.-F.) 

Mausse, s. f., fraise. D.-S.— (B.-F.) 

Mautemps [mainm, tempus) s. m., 
mauvais temps : « 1' maulemps dur' 
mai, quielte année, qu' le beau. » V. — 
D.-S. — Provençal : «mauléms; i téms 
que sian , mautèms ; » aux temps où 
nous sommes, temps mauvais. 

Madvelance (I. malevolentia], s. 
f , malveillance. D.-S. — V. Dans quel- 
ques endroits on dit : • malvoulance, » 
et « mauvenance » dans les arrond. de 
Melle et de Civ. — Roman : u malvo- 
lensa. » — Ancien catalan : « malvo- 
lença. » — Espagnol et port. : « malvo- 
lencia. • — Ital. : « malevolenza. — An- 
glais : a malévolence. » 



MEJ 



183 



Mazuraud, s. m., masure, vieille 
maison. D.-S — « iMaison avec appen- 
tif; mazuraultet houche. » (Manusc.) 

« Pre trcchai Jr» vremtne 

» Au long daux mazurraux. » 

(Guillery, p. 38.) 

MÉ, pr. pers., ff" pers., moi, suivant 
les lieux.— « Mé (dans), » adv,, milieu, 
parmi. Vend. (C. et P. D.) — Gascon, 
Languedocien, Limousin, Berry. 

MÉcÉLÉ, s. m., grosse dent. V. — 
D.-S.— Vend. — r. Machelé. 

MÈCHE, adj f., se dit d'une vache 
lorsqu'une de ses tétines ne donne pas 
de lait. Vend., Font. (C. et P. D.) 

Megau, Mégo, Mécu, Mégue, s. 
m., petit lait. V. — D.-S.— Vend., sui- 
vant les lieux. — Sanscrit : « mal » ou 
« mant'agfer, » battre à beurre. (Pictet.) 
— Erse : « meaget meng, » petit lait. — 
Irlandais : « meadhg. » — Marne : 
mégue, mégui, me.-gue. » — Lacombe : 
« mé«:ue » 

Meigné, s. m., meunier. D.-S., c. de 
Bress. V. Maunai. 

iMeil, s. m., mil. D. S., c. de Bress. 
V. Mail. — Gascon : « mel. » 

Mril, adj., mieux. Vend. — D.-S. — 
« Melz. » (Chanson de Roland.) — Pa- 
tois limousin : « miég. » 

Mkille, s. m., pis de vache. — Au 
figuré, grosse et vilaine femme. Vend. 
(C. et P. D.) 

Meillou , Meillour (1. melior), 
adj., meilleur. V., arr. Civ. — D.-S. — 
Vend. — Limousin : « meillou. — Lan- 
guedocien : « millou. » 

Meinage et MofNAGE (b. 1. malna- 
gium), s. m., enfant : « a tu daux mei- 
nages? — 1 en é bé deux ou tras. » As- 
tu des enfants? — J'en ai bien deux ou 
trois. V., arr. Civ. — D.-S., arr. Mel. — 
« Maignagium ;n tria sextaria siliginis 
percipienda super maygnagio ipsius 
Aymerici. (An. 1264. Charroux, ma- 
nusc. du Poitou.) — Gascon : <i may- 
natge. > 

Meinagé, s. m., V. le précéd. — 
« Mou meinagé s'en é ana; » mon fils 
est parti. V., c. de l'Isl.-Jour. — Patois 
du Limousin. 

Mejor, s. m , milieu du jour. Vend. 
(C. et P. D.) — Gascon : c metjour, » 



184 



MEL 



midi. — Pnlois du Limou-in : « nieijou 
l't miezjour. 

IMÈLE {)ne<p't/um), s. f., nèfle. V. — 
D -S. — Vend. — Mayenne, Berry Aube, 
Miirne , Saintonge. — Rabelais : « fut 
certaine année si (rès-ferlile en tous 
fruiets. .. et singulièrement en mesie 
qu'on rappela de toute mémoire l'amure 
des grosses mesles. • (Rab. , 1. 2*^, c. 1*='.) 

MÊLÉ et MÈLiF.u, s. m., néllier. V. 
D.-S. — Veni. — S.iintonge, Berry. — 
Noms de lieux : < Mellié (le), » iMon- 
treuil-Bonnin, Vouillé. (V ) 

Mêle, ée (m'ié), adj., séché au soleil 
ou au feu; « prunes, cerises mlées. > 
— Par extension , ridé, desséché. Dans 
tout le Poitou. — Saintonge. 

Mêle et faire Mêle, v. n., faire sé- 
cher , et par extension, se dessécher, 
maigrir. Dans tout le Poitou. — Sain- 
longe. 

iMeleisgeae((/ aspiré). s. m., ouvrier 
en moulins. D.-S., arr. de Melle et de 
Niort. 

Meleinge (^ aspiré), s, m, tout ce 
qui sert à moudre le blé : « Jacquet 
Tciiinquailel a fé r'fair' tout san me- 
leinge à nu. » D.-S., arr. de Melle et de 
Niort. 

MÈLi MÈLOT, loc, pêle-môle : « ol é 
tout mèli-mêlot. » V. — D. S. — Besan- 
çon : i molin-molot. » 

Mblinge, s. m., mélangi^ de paill(^ et 
de foin, de regain et de balles que Ton 
donne aux bestiaux. D.-S., c. deBress. 
et Gâtine. 

Melon (mVo/;), s. m., taon: toute 
e.spèce de mouches qui f.iit du bruit en 
volant. Vend Font. (C. et P. D.) 

Melons (faire dauxl, loc, s'appli^juo 
aux fruits, aux herbes, aux légumes 
qu'un vent brûlant (le ve:U du midi) a 
desséchés : « l' vent a fé daux m'Ioas 
dons man jardrin. » V. — D.-S. 

MÈLOT, (le t sonne dans quelques 
contrées), s m., mélange de paille et de 
foin, de regain et de balles que l'on 
donne nux bestiaux Par ex'ension tout 
ce qui est mélangé. V. — D.-S. — 
V. Mélinge. 

Melouai, s. m. et adj,, séché au so- 
leil ou au feu. V. - D.-S. V. Mêlé. 

.Melolr. Melouair, Meloué, Mel- 
loir {fTilouairj^s. m., claie pour faire 
cuire les fruits au four. D.-S. — V. — 



ME.N 

Vend. — Suivant les lieux. — (• Item 
trois melloirs. » (\n. 109 4. Manus. «lu 
Poiïou I 

Mk.lounai (M'lounai) |r. î)ie/on] , 
littéralement imiter avec sa voix le bruit 
du nif!on(i\u taon); onomaloi)ée. (.han- 
ter à demi-voix , parler sourlemenl. 
Vend.. Font. (C. et P. D )— Causer 
entre les dents , sans cesse, à propos de 
rien. D -S — (B.-F.j 

MiMBRur, s. m., madrier dont on 
se sert pour faire une cloison. V , arr. 
de fiv. — D -S , arr. de Melle.— (B -F.) 

Ménetrée.s. f , salaire du ménétrier. 
(Oust.) — Vend. — « Faire payer la 
ménéirée, » correspond à I expression, 
faire payer les violons — Basse latinité : 
<i menesfral/us, » ménestrel, autrefois 
joueur d'instruments. (Duc.) 

Mknettr, s. f. . petite main. V. — 
D.-S. — I anguedocien : a manéta. » 
— Provençal : « menoto; de si menoto 
misfoulino , » de ses petites mains 
Ûuetles. 

Menrtte, s. f. , fille ou femme dévole. 
V. — D.-S. 

Meniclk {cl mouillés^, s. f. , bou- 
tique, se dit en mauvaise purt. 

« Qui sert o d'y chercher \o trente-unième .irtirle 
« Qui fait le fondement de toute la incnicle. » 

(B-ih., p. 7.) 

Menillou (M'mllou) , alj. m., 
celui qui s'occupe à des bagatelles. — 
Par extension, soigneux ; et encore , un 
pauvre, un mendiant. V. 

Menesske, s. f, terme de mépris, 
femme ou (ille peu riche qui affecte des 
airs de 2randeur ridicules. V., arr. Chà- 
tellerault. 

Menoiue, s. f, petit joug, dont on se 
sert pour conduire, mener les bœufs à 
la foire, et qui ne pourrait servir au la- 
bourage. V., arr. de Chat. 

Menoire. s. f , réorte ou chaîne en 
fer. V.. arr. Chat. V. Couère. 

Memjzb,s. f., petit poisson. — « Droit 
de pescher a petis poissons appelés me- 
nuzes. j (An. 1485, 1526, Vouillé. Ma- 
nuscrit du Poitou.) 

MÉQUEGNON (meq'snon) , s. m , 
petit coffre a couvercle adapté à une 
table à manger, où l'on met le pain et 
les restes du repas V., arr. de Poit. 

Mensonge, s. m , morceau, de pa- 



MER 

pierou d'étoffe sur lequel on commence 
un pelolon de fil. V. — D.-S. 

!Mentrie(1. me7ifiri),s. f., mensonge. 
V. — D.-S. — Vend. — Patois du 
Bcrry , Haule-Marne : « mente. » 

iMÈRCÉet Mercelot, s. m., mar- 
chand col porteur, marchand mercier. 
V., arr. Chat., Poit., Civ. — D -S., c. 
de Rress. — Vend. (C. et P. D.) 

Mebcédé (la), loc, la morci-Dicu. 

« La mercéclé le puplc dit. » 

(Genl. Poetv.) 

Mbrdé, loc, par ma foi, mort Dieu : 

« Netre bon ré, mcrdé ! fat ra^e. » 
(Gent. Poeu.) 

— Rabelais : « par la merdé , c'est un 
luiin ou un diable, ainsi desguisé. » 
(L. le--, c. 55.) 

MÈRE, adv. , assurément , certaine- 
ment, oui. Vend. 

• Las tu vu de bay prez? More, ol o faut bay crère.» 

(Gust., p. ol.) 

Mère, s. f., arrière-faix, t. de méde- 
cine. Dans l'arrondissement de Civray 
et dans plusieurs autres communes de 
la Vienne, pour délivrer promptemenl 
de la mère les femmes ou les femelles 
d'animaux , on leur fait manger un 
morceau de la galet te-de'naii. F. ce 
mot. 

Merèle (m'rèle), s. f.,ncne. Sauzé- 
Vaussais; il y a la foire aux m'rèles qui 
se tient le 19 novembre. 

MÉRÈLiER (M'relier), S. m., néflier. 
V., arr. Civ. — Vi.-^.^ arr. de Melle. 
V. iMêlier. 

Mergis , s. m. pi., ruines, démoli- 
tions. V., arr. de Chat. — Besancon : 
« iMourgie. » — Haute-Marne : « mer- 
gey, » las de pierres. 

AlÉRissB, s. f , sorle de pâtisserie 
légère. Vend., c deChalans. F. Agiise 

Merl\idia, s. m., petit merle: 
< Pâques haut ou bas. i a trejou daux 
merlaudias. » D.-S., Chàlillon.— Noms 
de lieux : « Merlanderie (la), » Château- 
Garnier ; « Merlaudière (la), » Antigny. 

(V.) 

Merlet (poil), adj., châtain foncé; 
se dit des bœufs et des vaches. Dans 
tout le Poitou. — Manus. du Poitou. 

ÏXXll. 



MET 



185 



Merlicoton, s. m., brugnon^ petite 
pêche dont la chair est adhérente au 
noyau. — V. — D.-S. — (B.-F.) Y. 
Berlicoton. 

Mersaule, s. m., plante. V., c. de 
Monte, y . Amersaule. — « Ormes , 
fresnes , saulles, mersaulles, vergues et 
autres natures fie bois qui sont sur la 
solleetglacisdes prés Bazin.» (An. 1702. 
Ligugé. Manuscrit.) 

Meslts, s. m., bureau, grosse étoffe 
de laine rou.-;e ; « femme vêtue d'une 
colt(ule bureau autrement appelé mes- 
lis. » (An. 1515. Saint-Benoît. Manus. 
du Poitou.) 

Messi, Minssée, s. f., herbes et 
principalement orties mélangées avec du 
S'On que l'on donne en nourriture aux 
oisonselaux dindonneaux. V., arr. de 
Chat. y. .Mainzi. 

Met(1. mactra], s. f., huche où l'on 
pétrit le pain ; pétrin. Dans tout le Poi- 
tou : « INetre met n'a pas de farine. » — 
« -Maiet, « pétrin : « en la paneterie une 
maiet fermant couvercle.» (An 1473, 
Faye-Monjault. INlanus. du Poilou.) — 
Rabelais : « et croissait comme pâte 
dans la met. -» Patois du Berry : « met. » 
Ancien français : « mais, maye, maict, 
mect. » 

Métaie, s. f., moitié. (B.-F.) 

MÉTAS ou Méiay, s. m., métayer. 
Suivant les lieux. 

« Gle songeant à faire exécufay 
a Laux métas pre pouToy joiiay. » 

(Gust., p. 38.) 

MÉTiVAi ir.7nétive)^\. a., moisson' 
ner. V. —D.-S. —Vend. 

MÉTIVE (I. metere)^ s. f., moisson. 
V. - D.-S. - Vend. 

€ Je n'ay poingi de rcpoué du depuis les nnouë- 

[tlve*. »] 
[Am. de Col., p. f •] 

— Manusc. du Poitou : « mestiva, » 
redevance en blé (1181.) — Basse lati- 
nité : « mestùm , mestivag'ium, » — 
Bas-Breton : « medi , «moissonner: 
4 medel, d moissonneur. (Cit. B.-F.) 

IMÉTIVEUR, MeTIVEUX, EDSE, MÉTI- 

vier, ère, Metivour, ouse, adj., 
moissonneur. V. — D.-S, — Vend., sui- 



186 



M[D 



vant les localités. — Mayenne : a mesli- 
vier. » — Rom. de Huon de Merg : 

« Si ay trouvé nuciin e«Di 

• Apr^ la main as tuc^tlviers. » 

î^ïÉTOU, MÉTOUT, ioc, moi aussi. V. 
-D.-S. 

MÉTUBB (1. })ux(ui'a , s. f., moulure, 
mélange de grains pour faire du pain. 
— Seigle et orge. — Trois quarts de ^eigle 
cl un quart de baillarge. An. 1488. — 
P'roment et orge. (An. 1728, Vivône, 
manusc. du Poitou.) — « Modure. » 
(An. 1378.) — « Moduranqia. » An. 
1313 ) 

IMeu, adj. des deux genr., mieux. V. 
— D.-S. F. IMeil. — Sainlonge — Ancien 
français. 

îMeug n k, Mugne (g. u-'jî'.v), s. f. , moue. 
V. — D.-S. — Vend. Se dit aussi dans 
l'arrondissement de Melle des chevaux 
et des mules qui relèvent leur tête en 
faisant voir leurs dents. — Sanscrit : 
« mauna , » silence. fPictet ) — Cym- 
rique : « monyn, » un individu morose, 
sombre. (Piclet.) 

Meuil , s. m., mulet, poisson de 
mer. Vend. (C. et P. D.) — ISluglhe : 
« pour poisson qui fut présenté à noz 
seigneurs les présidents le viii^ jour 

d'oc'obre pour muglhes xxiii s 

1111 d. D (An. 1 396, manu?c. du Poitou.) 

!Mei:>e, s. m., meunier. V. — D.-S., 
suivant les lieux. V. Maunai. 

Mi (dans), loc, milieu, parmi. 
V. « mé (dans). » 

« Qu'ol est itau marqué dans my l'apornlice. » 

(B..b.} 

MiAU, s. m.^mil. Vend. (C. et P. D.) 
/'. Mail. 

MiAU, s. m., miel. D.-S., arr. de 
Melle. 

u Le saTont que le miau don les bournais se 

[sacque. » 
(Cil. B.-F,; 

— Provençal : a mfou. b 

MiDOLLE>T, TE [\. nv,dolens), adj., 
nonchalant, langoureux : € n'fé don 
poué lonl tan midoulont , on' te va 
poué; » ne fait donc pas tant ton lan- 
goureux , cà ne te va pas. V., arr. de 
Pûii. et de'Civ. 



MU 

MiEjEU, MiEJOUR, s. m., midi, le 
milieu du jour. D.-S., arr. de Bress. et 
de Parlh. — \'., arr. de Civ., pour 
« miejour. » — Provençal : « micjour, 
li niagnan à miejour. d 

Ml EUR, adj., mieux : « ta fennée é- 
f-alle mieur? » V., c. de llsl.-Jour. 
V. Mdl. 

MiGAiLLÈRE, s. f., petite ouverlurB 
en forme d'entrée de poche qui est faite 
sur chaqiie côté des jupons des femmes 
(le la cainpagnie, et qui leur permet de 
passer la main pour prendre les objets 
placés dans leurs poches de des-ous. 
D.-S., c. de Bre.«^s.— Vend. (C. et P. D.) 
MiGE (1. mica), s. f , miette. Vend. 
(C. et P. D.)— V. arr. Civ. : « ni frique, 
nimige,» rien du tout. — Basse latinité : 
viiga. » (Duc.) — Ancien français : 
« mie. » 

MiGÉ, MigIjMig'eot, Migni, s. m., 
pain émietlé dans du lait, du vin ou de 
la boi?son : » fé dau niigé, femme; i 
m' sont r cœur fade, o m' remettra ; » 
fais du migé, femme, je me sens le cœur 
mal à l'aise, çà me fera du bien. V. — 
D.-S. — Vend., suivant les lieux. — Pa- 
tois du Berry : « mijot. » 
M ION AI, V. a., manger. V. — D.-S. 
MlG^OTAI, V. a., manger du bout des 
dents, avec répugnance : « gne minge 
poué.ouelle,gne féqu' mignotai. » V. — 
D.-S. — Français : « mignoler, « dorlo- 
ter, caresser doucement. 

MiGODELLE , s. f. , cau emmiellée, 
riK^ultat du lavage des divers iu.^tru- 
ments qui ont servi h la manipulation 
du miel. D.-S., c de Thénezai et de 
Paith. V. Berdagon. 

MiGORÉE, s. f., grande troupe : « ail' 
a tout' ine migorée de drôles, » dit-on 
d'une femme qui a beaucoup d'enfants. 
(B.-F.) 

Migrai, v. n. et pr., pester, avoir du 
dépit. Dans le sens de pester, il ne 
s'emploie guère que précédé du verbe 
faire. V. — D.-S. (le mot est très-usité à 
Bordeaux, surtout parles revendeuses: 
« mes petites pratiqua (disent les mar- 
chandes d'œufs), voulez-vous de ma 
boutiqua; faites-vous de l'amolette 
au jamban, c'est bien ban, j' les vends 
qu' neuf sous, pour faire migrai les au- 
tres. » 
.MijouNÉ, s. m., repas que l'on fait à 



M 10 

midi, à la mi-journée. D.-S., arr. de 
iMelle. (Barot.) 

IMiJOUTAT , V. n., goûter, faire une 
collation au milieu du jour. U.-S., arr. 
de Melle. (Barot.) 

MiLAi, Mile (1. mille), s. m., millier. 
V.— D.-S. 

« Et Blake contre son attende 
» Les voit sur son fort à rall;iy. » 

(Gust., p. 41.) 

« A l'houre ol eust fellu dos milcz de miracles. » 

(Bab., p. 6.) 

—Gascon : « mile. » 

jMiLOCQUB ou MiLLOCRE , S. f . , 

bouillie de farine de maïs cuite; l'on dit 
proverbialement mettre en milocque, 
pour mettre en bouillie. (B.-F.) — Ro- 
man : « milhoca , » millet de Barbarie. 
— Provençal : i millias>e. — Rabelais : 
« millorque. » 

WiLLtux, adj., meilleur. V., arr. de 
Loudun. — « Messieurs les économes de 
la Tour-Volu, réputés, à ce qu'il paraît, 
pre les milieux diseux de tote la ville de 
Loudun. » 

Mi?iCÉ (1. minuere)^ v. a. et n., dé- 
truire, hacher ; «la grêle a mince toute 
ma récolte. » V., arr. Chat. — Patois 
du Berry : « mincer, » couper, réduire 
en petits morceaux. 

MiNCHAE, V. a. Surprendre, trom- 
per. Par extension, se préserver d'un 
coup, d'un accident. Vend. 

Mincir, s. f'., jeu du bouchon: 
« jouer à la minche. » Vend. 

Mine, s. {., mesure de capacité de la 
valeur d'un demi-setier. (Manusc. du 
Poit.) 

Minée (1. miîia).s. f., mesure agraire 
anciennement en usage, équivalant, à 
Chauvigny, à quarante pas au carré. 
(An. M09. Manusc. du Poit.) 

MiNFAiL, s. f., méprise, erreur : a si 
ai fait mal, ol est ben per minfail. » 
(B.-F.) 

MiNOTON, S. m., épi de maïs quand 
le grain est enlevé. V., arr. de Civ. — 
D.-S., arr. de Melle. — (B.-F.) V. Avo- 
cat. 

IMiocHE, s. f., tas de fagots. (B.-F.) 
— Lacombe : « moye, moyis, » amas, 
tas, monceau^ meuîe de foin, de paille. 

MiOLÈaE, s. f., mie de pain mêlée 



MOE 



187 



mions. w V., c. de Pleumar- 



avec la migodelle. (7. ce mot.) D.-S., 
Thénezay, Parlh. 

MiON. s. m., miette : « o faut ra- 
massé les 
tin. 

MiOT (le t sonne), s. m., pain émietté 
dans du vin ou de la boisson : « v'Ia de 
bon miot. » V., arr. Chat. — Mayenne: 
« miochée, » pain trempé dans le cidre, 
quelquefois avec addition d'un autre 
mets. 

MiRAE (1. mirarî], v. a., resarder 
du coin de l'œil. Vend. (G. et P. D.) 

MiRMONDAE, v. a., étonnor grande- 
ment. Vend. (C. et P. D.) 

MiSAiLLE (r. mhe], s. f., enjeu, 
pari. Dans tout le Poilou. 

AIrsÉE,s. f., herbes, et principalement 
orties mélangées avec du son, que l'on 
donne en nourriture nux oisons et aux 
dindonneaux. V., c. de Mirebeau et de 
Neuville, arr. de Loudun. F. Mainzi. 

Missou, s. m., âne. V., arr. Civ. — 
Mhîns. (B.-F.) 

Mitaine, s. f., espèce de gants, dont 
on se sert pour couper des épines. — \. 
D.-S. — Vend. — « Une mitaine à fer- 
mer les palisses. > (Vasles. Manusc.) 



MlTAN, S. 

Poitou. 



m., milieu. Dans tout le 



« I avait In grand lioume de pierre, 
» Drct au mitan d'in grand carria. » ' 

iChans. poit.) 

a Et garny d'une dentelle, d'un soleil 
par le mitant. » (An. 1612. Arch.) — 
Champagne, Berry, Limousin, Proven- 
çal, Gascon, Languedocien, «mitan : » 
(( proun courreire au mitan, » de nom- 
breux coureurs au milieu, — Besançon : 
« moitant. » — Ancien français. 

Mite, s. f. , mitaine : k quette mite é 
que mène ; » cette mitaine est la mienne. 
V., c. de l'Isl.-Jour. 

MiTTER (1. niîttere), v. n., faire mît- 
ter une chose, c'est la jeter en l'air. 
Vend. (C. et P. D.) 

Mnine, s. f., marraine. V., c. Isl - 
lourd. — Gascon : « menîno, » grand- 
mère. 

MOCHENAÉ et MOUCHENÉ, S. m., 

mouchoir. V'end. — D.-S. — Rabelais : 
« d'un mouschenez. » (L. 1^% c. 13.) 

MoÉLi-MoÉLO, loc, pêle-mêle. D.- 
S., c. de Bress. 



I 



188 



MOL 



MoESSA, MoESSiA, i^. m . monceau ; 
Tmoessia d'blé a hin moindri depis 
l'aule joii. • V. — D -S. — Vend., 
suivant les lieux. 

Moin (do), loc toujours précédée du 
verbe être, accompagné des pronoms 
ma, la, sa : « à ma, a ta de moin. » 
Au figuré, se dit d'un maladroit. V. — 
D.-S. 

ÎNIoiNDRATiON [r. moindri . s. f., 
diminution : t i a-l o moindralion o sur- 
ceiz. « Gent. Poëlv.) 

iMoiMiKi (I. iuinuere\ v. n., dimi- 
nuer. « La baillargea bé moindii depeu 
Iras mois qu'i mongeans dessus. » V. 

— D.-S. F. Amoindresi. 

« Pre qui est o dcpcu d x ons 
» Gl'ont fat pretout raoindry l'arecont. » 
(Gent. Poeiv.) 

MoiXE, S. m , gouet taché, plante. 
V., arr. Civ. — Berry. 

Moine, s. m , espèce de cheville en 
fer qui tient le nerf au bout du manche 
d'un Qéau. V. — D.-S. 

Mois, adv., plus, davantage. P'. Mai 

« Mois n'allons en arant^, mois l'on vet em- 

[pircr. » 
(Bab , p. iî.) 

MoJETTE et Monjette, s. f , haricot 
sec. V., arr. Civ. — Manusc. du Poitou 

— Sainlonge : « mougelte. > — Patois 
limousin : mojetla. 

Molange d. molliré), s. m., se dit 
de certaines terres qui sont assez bien 
trempées pour recevoir le blé dans de 
bonnes conditions d'ensemencement. \. 

— D -S. — Patois du Berry : « Mol- 
lange. D boue liquide qui ne peut se tenir 
en tas et qu'on pousse avec le balai dsns 
les égouts. 

Mole (l. wîo/a), s. f., meule. V., c. 
Isl.-Jour,, Adriers. — Mole de cercles. 
V. — Gascon : « moles. » 

MOLICHOU, MOLLIGEOL', SE (I. mol- 
lit), adj., mou. molle: a ie galelou é 
trot molichou. d V., c. de risl.-Jour. 

— D -S., p. « molligeou. » — Italien : 
« mollicio, n ce qui e-t mollet. 

Molle (1. mollis), s. f., remous. V., 
arr. Chat. 

.MoLLEB, adj. f , moulée, imprimée : 
« lire en mollée, >» lire des caractères 
imprimés, moulés. Vend. 



M OR 

Molli, s, m , roc pourri, argileux, 
qui forme le sous-sol dans certaines por- 
tions de Tarr. (!e Melle. 

MONJP.E,s. f., toupie. V., air. Civ. 

Mont (lii, loc. adv., en haut, sur la 
ha u leur : « ou ache a s'en ana. vèqiie 
la querre à moni, ma cliinne, oh ! vèque 
la querre; oh! vèque à la payade, oh! 
vèque; » la vache s'en va, va !a cherclier 
en haut, ma cliicnne, va la chercher; 
oh ! viens à la récompense, oh! viens. 
V.. c. Isl.-Jour., Luchapt. 

MoNTML, s. m., molle de terre éle- 
vée. D.-S — Bas^e kilinité : moiiticel- 
lus. (Duc.) 

MoNTHÉEd. moiuirare). s. f., coupe 
de bois en exploitation V., arr. Chat., 
Oiré. — Bas^e latirdté : monslrala, 
certamensura quae forte monslratur, id 
est designatur caedenda. (Duc.) 

MONTBUGE, s. f., i)eiite élévation. 
V..C. .Monlm., Mouli^mes. 

Moque, .Mogue, s. f., vase en terre 
dont on se sert pourboire. V. — D.-S. 
— Vend., Font. — Roman : • muei, 
murg, » muids. 

Moque, s. f., la mie de pain. V. — 
D-S 

MoRCHE, S. f. , morve. V., arr. de 
Civ. — D.-S., arr. de Bress. et de 
Melle. 

MoRCHOU, SE, adj., morveux, terme 
de mépris. V., arr. Civ. — D.-S., arr. 
de Bress. et de Melle. 

« Et qu'ln de quiés morchoux en ne're no.T). » 

(Bab , p. 72.) 

INÎORDEGNAi, v. a., mordiller. (B.-F.) 
Mobdingue, imprécation. 

< Dans quiu<« dl quo palrz prcnans 
» l'rc la mcrdingue à tous venans. » 

(Cent. Poetv.) 

MoBÉE,s. f., cambouis V.,c. Monte, 
Mazeuil. 

MoRÉES, s. f. pi., étincelles carboni- 
sées : 't ne fourgeate pas quiau feu, tu 
l'ras tombai daux morées dans quielle 
bouillie ^ V., arr. de Poit. V. Auvô- 
clies. — Français : « moiée, » plante, 
genre d'i ridées 

MoHET. s. m., paille brûlée, délayée 
dans l'eau el produisant une liqueur 
noire dont les scieurs de long se servent 



MOU 

pour marquer leurs lignes ci'équarris- 
sagp. (B.-F.) 

RIouGiEU, inlerj. impréc, morL- 
vDicu. V. — D.-S. — IMayenne : 
« morgue, morguenne. n (Verger.) 

MoBGUE, s. f., brebis qui a un 
agneau. D.-S., arr. de Meile; 

« Courre, ine moifîuc musse au mitant d'un 
» Les .lutres In spgant. » [vedet. 

(Mellois du 38 av. isei.) 

MORVA, MoRViA, S. m., morve. V., 
arr. Chat. — D.-.S. — Rabelais, « mor- 
venux : aflin que les hostes abhorrents 
leurs inFàmes crachats et morveaux. d 
(Ane. Prol. du liv. 4 ) 

MoRLiON, s. m., plante, mouron. D.- 
S. — (B.-F.) 

MoRPFN, S. m., arbuste, nerprum ; 
le rhamnus de Linné et de Jussieu. 
(B.-F) 

Mortifier, v. pr. (se), se faire du 
mal. V , arr. de Poit. 

« A m' fit assir dcssur in b;inc 

» Ali ! i chevi. i me mortifii le^ deux Jambes. >* 

(Chans. Poil.) 

MoTiNE, S. f., plante marécageuse, 
appelée ainsi parce que ses racines, en 
s'agg'omérant et en s'élevanl au-dessus 
du sol, forment comme des mottes. 
C'est \erarcx paludusa. (Press.) Vend. 
— D.-S., Marais. 

« Car tandis que nos prés sont remplis de llmotif 
» De peare, de pava-, de jonc et de niotines. * 

(GUst., p. 79.) 

MoTREAU, S. m., petite île au milieu 
d'une rivière ou d'un étang Vend, 

MoTURAGE (r. méture), s. m., droit 
que prélève le meunier sur la mouture 
D.-S., c. Bress — « Item trois septiers 
et six boiceaux et demy de seigle que 
doivent de moturage, chacun an, plu- 
sieurs personnes d Anligné. » (D. Font. 
An. 1:^6-5.) — Basse latinité : Moitstu- 
rangia^ mouturangia, mullurangia. 
(Duc.) 

Mou, s. m., mal. Vend., Sabl. et 
Chaum. 

MouA, Moue, pr. pers. de la P» 
pers., moi : « o n'é poué, mafoué, moue 
qui fr'ais quieuqui. » V. — D.-S. 

Mouchënai (mouch'nai),s. m., mou- 



MOU 



189 



choir. L'on dit indistinctement dans le 
canton de Civray « mouch'nai de po- 
che, » mouchoir pour se moucher, et 
« mouch'nai de cou, o mouchoir pour 
se couvrir le cou. V., arr. de Civ. /'. 
Mouchenûe. • 

Moucheron, !MoucHON''mouch'ron), 
s. m., bûche, tison; « aver trejour la 
pèle su les mouch'rons, » c'est faire 
sans cesse la cuisine. — « Mouch'ron- 
de-Nau, » bûche de Noël. V., arr. Civ. 

— D.-S., arr. de Melle, p. « mou- 
che n. » 

Mouchille (moukille), s. f., petite 
fille. V., c Monte, St-Jean-de-Sauves. 

— Espagnol : « muchaca. » 
iMoucHOU, SE, adj , celui ou celle 

qui a souvent la morve au nez. V., arr. 
Civ. V. aussi Moucheron. 

MoucLE [cl mouillés) [I. mufilus], s. 
f., pour moule, coquillage, dans tout 
le Poitou. — « ung boisseau de mou- 
cles, u s. VI, d. » (1469. Vasies. Ma- 
nusc.) 

iVlouDE ou MoDTE, S. f . , ce que l'on 
fait moudre de blé à chaque fois. V. — 
D.-S. 

MouDURAi, v. a , prendre son droit 
de moulure, de moudurange: « 1' mouné 
m'a volé à quielle foué, gl'a trot mou- 
durai. » V. —D.-S. 

Moudurange (b. 1. modurangia), 
s. m., droit que prélève le meunier sur 
la mouture Vienne. V. Moturage. — 
Patois du Berry : « modurenge. » 

MouÉE, MuEE d. movere), s. f., 
grand nombre, foule — « Mouée (cou- 
rir à la), » c'est se rendre en foule dans 
un lieu quelconque. V., arr. Civ. — 
D. S. 

« Cooriant k la mouée écouter queir docîoax. » 

(Bab., fi. 55.) 

— Rabelais : « depuis certaines éclipses, 
s'en est revolé une grande mouée » 

L. V, c. 4.) — Français : « mouée, » 
mélange de sang de cerf, de lait et de 
pain qu'où donne aux chiens à la curée. 

MouENKE, s. f, cavité pratiquée 
dans le bout du mancho d'un dail. V.—- 
D.-S. 

Mouffiasse, s. f., petite fille qui 
renifle sans se moucher, D.-S., c. de 
Celles. 



190 



MOU 



n., rire en sournois ; 



IMOUFLIAE, V 

a qu'a-tu (lin a moufliâe, méchant mor 
chou? » D-S., arr. Melle cl Niort. 

MOUGNE, adj , >ans cornes; <- unechè- 
Tre, une vaclie, un bélier mougne, c'e?t- 
à-dire n'ayant pas de cornes. » V., arr. 
Chat. — D.-S., c. Bress. — Manusc. 
du Poitou. 

MoriLLASSEBiE , S. f., petite pluie 
continuelle : c v'ia in' journaie de monil- 
lassVie. » V. — D.-S. 

iMouJASSE, S. f , petite fille. Vienne. 

MoujETTE, s. f., haricot sec. D.-S., 
arr. de Bress. et de Part h. — F. IMo- 
jette. — Gascon ; « moungetos. » 

Moulage, s. m., celuiqui répare les 
roues des moulins, et en général toc le 
la lioiserie de ces usines. Par extension, 
mécanicien en moulins. V., arr. deCliâ- 
tellerault. 

]MoL'LA>GE : « moulin à blé à deux 
moulanges ; à deux roues et à deux 
meules. » (An. 1447. Sniarves. Manus. 
du Poitou.) 

Moulant et Molant (1. inolert) , 
adj. verb., celui qui fait moudre ordi- 
nairement au même moulin ; la pra- 
tique d'un moulin. V., arr. de Châtelle- 
rault. — D.-S. — Patois du Berry : 
« meulant. » 

Moule pee moule, loc, c'est-à-dire 
imprimé pour imprimé. (Gust ) 

MouLiNOT, s. m., petit moulin, faire 
le « moulinot, » c'est imiter une roue 
qui tourne. Vend. 

« J'ay b.iy chez nous in'écharbot 
« Qdifait le moulinot. » 

(Gust., p. 10.) 

— Nomsde lieux : « Moulinet. » (Migné. 
Vienne.) 

Mousii , adj. m., enragé : « chien 
moumi ou chien gâté, • chien enragé. 

MoUNÉ(b. \. mou)ia7'iu.s)^s. m., meu- 
nier V. — D.-S. V. Maunay. — « Dicti 
Goupilion et Groleau... venerunt ., ad 
molendinum deLatnbro... et prohibe- 
runt mcunario dicti molendini. » Cit. 
B.-F.) — Patois du Limousin : « mou- 
niez. » 

Moue AELE (1. mori)^ adj., assom- 
mant, à faire mourir. Vend. 



« 01 est chousc uiourabic. » 



(Gust.) 



MOU 

MouREAu, S. m., bœuf dont le tour 
des yeux est noir. V. — D.-S. 

MouRE (1. moriim), s. f., mûre, fruit. 
V.-D.-S. 

MouREisNE, S. f., petites boulettes de 
boue qui pendent au bas des panta- 
lons déchirés et crottés. — Baies de cer- 
tains arbrisseaux, (B.-F.) 

MouRÈTEs, s. f. plur., étincelles car- 
bonisées. V., arr. de Civray. V. Au- 
vèches. 

MouRiNE (l. mori) , s. f., mortalité, 
épidémie ; se dit des bêles et des gens, 
mais plus généralement du bétail. — 

« Veut cure comment elle fust mise à morine. • 

— (C'est de Blanche de Bourbon dont 
il est question dans ce vers. Chron. de 
du Gueselin, v. 6(i3o.) — « Mouri- 
neux (mouton), » malade. (Lacombe.) 
— Anglais : « murrain » (pr. môrene), 
mortiilité parmi le bétail. 

MouRiNE, s. f , laine prise sur des 
brebis mortes. D.-S., arr. de Bress. — 
Vend. (C. et P. D.) 

Mouron, s. m., muselière. Vienne. 
V. Maurau. — Provençal : « Mour- 
raioun. » 

MoussAU {h.\.mii!ielhcs)y?>. m., ob- 
jet pointu, dont la pointe est émoussée. 
V.— D.-S. — (B.-F.) —Basse latinité : 
« musellus, museau. » (Duc.) 

MoussAUD, DE, adj , boudeur: « gar' 
lou tai fair' son moussaud, » regardez-le 
faire son boudeur. V. — D.-S. 

Mousquet, s. m., fagot. V., arr. de 
Poitiers. — « Fagots mousquets éva- 
lués 200 liv. le millier. » (An. 1790. 
Manusc. du Poitou.) 

Mousse, s. f., fraise. V., c. de Civ., 
c. Isl.-Jourd. /^. Mausse. 

MoussiER, s. m., fraisier. V., arr. 
de Civ. 

MoussiON (1. ?nusca),s. m., insecte, 
cousin. D.-S. — y.,c. de Civ. — Dans 
le canton de Civ., on ne manque jamais 
de dire aux enfants, le jour du carna- 
val : « faut pou mingé d' soup' d'ser; 
siv'en mingé, les moussions vous man- 
g'ranl quielte ennée; » il ne faut pas 
rfianger de- soupe ce soir; si vous en 
mangez, les moussions vous mangeront 
cette année. — Gascon : « mousquil. » 
— Provençal : « mouissau. » 



MUÉ 

MousTRiLLE, S. f., viande de porc 
hachée avec de l'oignon dans du sans; 
que l'on fait cuire dans la poèloune. 
D.-S., Parth. Ailleurs ce mets s'appelle 
«fressure. » 

i\l(>UTAKDE-DES- Champs , s. f., 
plante dont la feuille et la graine res- 
semblent à celles du radis, et qui, quel- 
quefois, couvre entièrement les champs 
ensemencés, et étouffe les céréales en 
herbe. D.-S. (Rond.) 

IMOUTEU. V. n , aui^menter, donner 
un rendement supérieur à celui que l'on 
espérait. V, — D.-S. — (B.-F.) 

iMouTOi>f-CouRANT , S. m., bélier 
pour la reproduction. V., arr. de Civ. 

— D.-S. — (B.-F.) 
MouTTONiNiER, S. m., le berger des 

moutons : « Payé au mnuttonier pour 
une payre de souliers XXV soulz ; pour 
une paire de bots II s. » (An. 1608. 
Rlanusc. du Poitou.) — Français : 
« moutonnier, moutonnière, » qui a la 
nature des moutons. 

MovAE (se). (1. movere), v. pr., se 
mouvoir. Vend. (G. et P. D.) — Âlarne: 
• mouver. » 

MoYÉE, s. f., sorte de bouillie que 
l'on fait pour les maçons le jour de T As- 
cension, et qui fait appeler cette fête le 
jour de la moyée. V.^ c. de Saint-Sa- 
vin. Journé. 

A Moulismes. ce même jour est aussi 
appelé « moyée, » a cause du festin que 
font entre eux les bergers et bergères. 
A ce festin, figurent pour principaux- 
mets, le lard, les œufs, le beurre qu'ils 
ont quêtes la veille, dans les fermes et 
métairies de la commune. 

Mreleet, adj., celui qui s'entremet 
dans un mariage. Vend. 

MuDAU, DE (l. îmitus), muel. 

« Gle les rendrai tretous mudaux queme do sot. • 

(Bab., p. C8.) 

— Provençal : « mudo; s'aplanto, es- 
pavourdido e mudo, » s'arrête , effarée, 
muette. — Gascon : « mut. » — Ar- 
dennes, Marne : «mueau, muiau. » 

Mue (I. mufare), v. a., changer : 
se dit de l'action d'éloigner ou d'appro- 
cher la cliarrue de son avant-train, au 
moyen de la chaîne et de la muetle. 
L'on dit encore donner de Ventrée ou 
de la sortie^ suivant que l'on mue en 



MUR 



191 



avant ou en arrière. — v, — D.-S. — 
Français : «muer,» se dit des animaux 
qui changent de poil , des oiseaux qui 
changent de plumes. 

iMuETTE, s. f., instrument en fer ou 
en bois de forme triangulaire qui a deux 
crampons, l'un placé au milieu de l'un 
des côtés du rectangle, l'autre au quart 
ou aux trois quarts. I.a muette 'è^ place 
dans une série de trous percés dans la 
perche delà charrue, plus haut ou plus 
bas, selon les besoins du labour , ce qui 
a pour effet de rapprocher ou d'éloigner 
la charrue de son avant-train. — Un 
champ est dit faire la muette, lorsqu'une 
portion des sillons est moins longue que 
l'autre, et fait équerre sur le champ 
voi^in. D.-S. — (B.-F.) — V., arr. de 
Poit. et de Giv. 

MULARD (1. mulus)^ adj., se dit d'une 
personne qui ne se presse point, qui se 
met en retard, qui perd son temps à de3 
bagatelles. V. — D.-S., c. de Bress. 
arr. de Parth. 

« Marche devant, pauvre mulard, 
a El t'appuie sur ton billard. » 

(N.P.,p. 19.) 

MuLASSE, S. f., la race mulassière. 
V. — D.-S. — Manusc. du Poitou. 

MuLASSiER (cheval), s. m.., étalon 
qui entretient la race des juments mulas- 
sières. V. — D.-S. — Vend. — Manus. 
du Poitou. 

Mulassière (jument), s. f., la jument 
qui produit le mulet. V. — D.-S. — 
Vend. 

MuLETON (mul'ton), s. m., jeune 
mulet. V. — D.-S. —Vend. 

MuLON , s. m., engelure. V., arr. de 
Civ. — D.-S., Parth. 

MuLON, MuLouNEA. S. m., barge de 
foin que l'on fait dans les prés. D.-S., 
Parth. — Petite meule, petit tas de foin. 
(B.-F.) — Patois du Berry, Marne: 
« mulon. « — Ancien français : « mule. î 

M ULOT, TE (le t sonne), celui ou celle 
qui perd son temps. V., arr. de Chat. 
y. Mulard. 

iMuRAiL, MuRAU, S. m., lieu où l'on 
conserve les fruits ; les fruits mêmes 
que Ton veut conserver. V., air. de Poit. 
— D.-S.— V., arr. de Chat. \iOMV Murau. 

Muraille, v. n., achever de mûrir. 
V. — D.-S. 



192 



MUS 



Ml'rgé, s. m., tas de pierre^, de dé- 
combres. V. — D.-S., c. de Bress. — 
Patois du Borry : < miirgée. » 

IMisEHAG.NR, MusEiuGNE, S. f., mu- 
saraigne. V., arr. Civ. — Vend. 

€ Met les ongles dedans, les tourne, les paugrigno 
• Pre en faire autant In Jour au sourit, au mu- 

[srigiic. » 
[Gust.J 

MusERiN, S. m., mujcau. (B.-F.) 
Muss\E (r. musse), v. n., sauler un 
échalior, passer dans une haie : « i 
mussi dons qiiiiiu cliomp. » D.-S., arr. 
Mellc. — Berry ; <( musser. » 

Musse il mus], s. f , trou à travers 
une haie où l'on peut passer, ou se ca- 
cher. V., arr. cliàt. — D.-S., arr. de 



MUS 

Melle et de Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

— Patois du Berrv. — Ancien fran- 
çais : cachette, passage à lapins dans une 
haie. 

iMussÉ, V. a., sentir, flairer: « et qui- 
é-t-o qu' gle mu.sse? » V. — D.-S. — 
Veud. 

• Qui veol que le souîall musse par la croUayc. » 
(Melluls, 28 avril isei.) 

€ En la rue R:ioul Menuiccl 

> Trouvait un hninmo qui nuicet. » 

(xm* siècle. Guillot de Paris.) 

— Ardennes, Marne : t musser, » ca- 
cher. 

Musset, s m , insecte, cousin, pe- 
tite mouche. Vend , Font. — D.-S. — 
(B.-F.) — Saintonge. 



N 



NAP 



Na. I. 7iux)y s. f , noix. V. — D.-S. 

— Patois limousin : « nou. « 

jN'a. (1. nasus), s. m., nez, V., c. Isl.- 
Jour., Luchapt. — Patois limousin. 

Ka, V. n., aller : « gl'é nà là, » il est 
allé la. V., c. Isl.-Jour., Adri , Liich. 

— Patois limousin : a nas. » 
ISabouit, e, adj., se dit des bètes el 

des gens qui dépérissent faute de nour- 
riture : « lai pour ququiau goret cheuje 
nabouit; o j'ai peur que ce goret dépé- 
risse. V., arr. de Civ., Linazay. V. 
Aboui. 

ÎS'ABUCEet >'avuce ;1. napus), s. f., 
semis de navets. Vend. (C. el P. D ) — 
Feuilles de navets. V., arr. Civ. — 
Ardennes : « nabine, n champ de na- 
vets. 

Nabussae (r. nabuce), v. a , cueil- 
lir des n;ibuce~. Vend. CCi. et P. D ) 

Nacre (b. I. norgaj, s. f. , morve du 
nez. Vend. (Cet P. D.) — Basse latinité: 
a norga, » sordes naris. fDuc.j — Es- 
pagnol : c nacar, » nacre, écaille de 
nacre. 

KaCbou, se (r. nao'e), adj., mor- 
veux, drôle : « ain nacrou. » Vend. (C et 
P. D.) 

>'adee (I. natrix), adj. des 2 genr., 



fin, adroit, rusé, acariâtre, V. — D.-S. 

Na!, s. m., noyau du fruit. D.-S., 
arr. de Melle et de Niort. 

Naide (g. uato), s. f., terre humide, 
noue. D.-S., arr. de Bress. et de Parth. 
r. Flaque d'eau. 

Naidlux, euse , Naidoux , OUSB, 
adj., terrain humide. D.-S., arr. de 
Bress. et de Parth. 

Nair, e (1. niger], adj., noir. V.— 
D.-S., suivant les lieux. 

Naise, s. f., lieux marécageux. D.- 
S.. c de Brc>s f". FfTe. 

Naudins, s m. pl., bande de pré de 
la largeur d'un coup de faux, et d'une 
longueur indéterminée. V., arr. de Poit. 
V. Landeaux. 

Nantes, s. m., jeu d'enfants, à peu 
près semblable a celui de la chatte- 
nègre, avec la différence que le premier 
pris aide ù [)rendre les autres, après ce 
court dialogue : • où sont tes frères? — 
A Nantes. — Aide-moi à les prendre. » 
V., arr. Civ. 

Napai, v. n., mouiller. Vend., Font. 
(C. et P. D ) 

Napant, te, adj. verb., trempé, 
mouillé. (B.-F.) 

Napillox, s. m., diminutif de nappe, 



NAV 



xNER 



193 



torchon. V., c. Montm., Saulgé. — Pa- 
tois du Berry : « napille, napillons, » 
guenilles. 

Napisson, s. f, femme sale. V., arr. 
Civ. 

Napbon,s. m., bar>lane cotonneuse, 
plante, lappa tomentosa. Vend., Font. 
(C. et P. D.) — V. 

Napperon (napp'ron), s. m., dimi- 
nutif de nappe, lin^^e pour essuyer la 
vaisselle, ordinairement de grosse toile. 
V. — D.-S. — Aube. — Patois du 
Berry : « nappin. » 

Natre (a bref;, adj. des 2 genr., 
méchant, mauvais caractère. V., sui- 
vant les lieux. 

Natreté, s. f , finesse, mauvais vou- 
loir. V. — D.-S. — Rabelais. 

Nau (I. natus), s. m., noël. V, — D- 
S. — Vend. 

Nau (1. nux), s. f., noix. Vend.^ c. 
Chaîans. — Ardennes : « Neuxe. » 

Naulet et Nauleet, s. m., petit 
gâteau que l'on fait pendant les fêtes de 
Noël et qui a la forme d'un enfant. V. 

— D.-S., c. de Bress. — Nom que l'on 
donne familièrement au pain. D.-S., Sl- 
Romans-les-Mel. (B.-F.) — Noslel ou 
naulet : « item à l'an neuf est deu à 
chascune dame ung noslet qui doit estre 
de demy boiceau de froument. » (An. 
1500.) — « Le naulet de Noël. » (1500. 
IManusc. du Poitou ) 

Naulet, s. m., petit enfant : 

« Adonc pris ma houlette 
» Pour aller Toir naulet . » 

(N. P., p. 18 ) 

— L'on dit par dérision d'un jeune 
homme qui s'amuse à des riens: « grand 
naulet, va ! » V. 

Nauzé, s. m., noyer. Vend., c. Cha- 
lans. 

Navarit (I. navis), s. m., cabane 
montée sur deux ou quatre roues dans 
laquelle couche le berger chargé de la 
garde des moutons que l'on fait parquer 
Vend. — L'on dit aussi « lavarit : » 



« Lola de mon lavarit. » 



[Gust.] 



Navea, Nayeau, Navia, Naviau 
(L napus),è. m., navet. V. — D -S. — 
« ^avellum^ ou navellus : ilem in na- 
vellis, un d. » (An. 1301.) -— « En 



naveaux et pourée, m s. vi d. » (An. 
154G. Manusc, du Poitou.) — Sain- 
tonge : « naveau. » — Kabelais : « un 
plat de venaison salle aux naveaulx. > 

NAVl^E,s. f. . semis de navels. D.-S., 
c. Bre>s. — Ncivut : « deme, en peniz, 
en nabinrs, en cherves. » (An. 1309. 
Chauvigny. Manusc.) 

NavinÉ, V. a., cueillir les navines. 
D.-.S., c. de Bre.-s V. Nabussâe. 

Nazii.li'S, s. f. pi., narines. V., arr. 
Civ. — D -S., arr. de Mclle. — (B.-F ) 
— Roman : « nas et naz. » 

NÉET (I. nox). s. f., nuit. D.-S. — 
\'end., suivant les lieux. — Gascon : 
« nèy. » — Patois limousin : « néi, 
néit. » 

Negeai. NEGÉ'se)(l. necare\ v. pr., 
se noyer : « gles'é negeai on s' boignant 
dons r Clan ; » il s'est noyé en se bai- 
gnant dans le Clain. V. — D.-S. — 
Roman : « ne2:er. >» — Catalan ancien : 



« negar. 



» Languedocien et limousin : 



neja. » — Provençal : a nega : per 
negasoun imménsodoulour. » — Cham- 
pagne et Berry : « nayer. d — Rabe- 
lais : a verfugoy ! je me naye, je me 
perds, je m'esgare. » 

NÈGUB (I. niqer), adj, des 2 genr., 
noir. V,, arr. Civ., c. Montm , St-Remi. 

— D.-S y. Nair. 

• Et que neutre grand poule nègre 
» Pondait de bias us. » 

[Chans. Poit.J 

« Mas btn que gle blâmant loux nègre action. » 

[Bab.,p. 2.] 

— Roman, catalan et provençal : « nè- 
gre; et sort di rasin nègre. » — Espa- 
gnol, italien, gascon et patois limou?in : 
« négro. » 

Négiesi (r. nègre), v. a. et n., noir- 
cir. V. — D. S.* — Vend. — Gascon : 
« négiit, » noirci. 

Négreté (r. nègre], s. f., nuage ou 
temp.s très-noir. B.-F I '— Italien, pro- 
vençal : « negretto, » noirâtre. — Ita- 
lien : Il ncgrezzn, d noirceur. 

Nembouril, s. m., nombril. /^. Em- 
bouril. 

Nequette et NiQUETTE, s. f., terme 
enfantin pour désigner les dents. Dans 
tout le Poitou. V. Caquette. 

Nerf (1. îiervus). s. m., morceau de 
nerf de bœufquisertà réunir la achappe 
au toulot. » f\ ces mots. V. — D.S. 



194 



NEU 



NIG 



Nerme (1. îie, a)uma), s. m., littéra- 
lemetit pas une âme, personne. 

« 01 e^t fnt, o n'y a pu norme 
» qui ousc veny iiou troiibly.» 

i^Gcnt.' rotilv.) 

€ Jou<ct jory prc son crme 
» Qu'il n'y avait point incorc connu norme. » 

[X. V.. p. ;5.] 

— « Nearnie » : 

« Nearme n'a les moins prou forte. » 
[Gust., p. 8.] 

— Romnn et auvergnat : « narma : 
que narma sache ré de ce que nous re- 
garda. » 

>^ETTi, K, adj., nettoyé, approprié. 
V. — D.-S. — Rabelais : « Lorsque les 
enfants bien nettis, bien repus et allaic- 
tés dorment profondément. « (L. 3, 
c 13.) — Italien : « netlo. » 

INetti, V. a., nettoyer, V. — D.-S. 

— Rcinian . « nelejar, eu neleyar. » — 
Limousin : « netteger. » — Mayenne : 
« netlir. » — Marne : « nétier. » 

Neugre. adj. des 2 genr., noir. D.- 
S.. suivant les lieu.x. 

^'EU1L. Ps'but, s. f., nuit. V., arr. de 
Poit. et de Civ. — D.-S. — V., c. de 
risl.-Jourd. pour \euil: 

B née pas encore neut, faut attendre in pelU. »» 
[Amours (le Colas, p. 9.] 

— Roman : « nucch, nueg. w — Besan- 
con. Ardennes : « neu. « — Saintonge : 
c neut. » 

Neu RE, Neusai (I. riocere), v. n , 
faire tort, nuire : « trejou. quiau mau- 
vais gas de Jousille (Joseph) me neut. » 
V. — D.-S. — Vend. — Ancien fran- 
çais. 

Keut.au ou NoTEAU (à\ loc, toute la 
nuit : (I il a tussi à noteau, » il a tous.-é 
toute la nuit. V. — D.-S. — Suivant les 
lieux. — (B-F.) 

Neutrolai (r. neuf), v. n., passer 
une partie de la nuit à travailler : 
aller au travail dès l'aube, et le conti- 
nuer longtemps après jour couché: « i 
n' restrail jàcheu nout' moitre, on neu- 
trole trot, » je ne resterai point chez 
noire maître, on neutrole trop. V ,arr. 
de Civ. 

>"EUTzi, V. n. et imp., commencer à 
faire nuit : « T jour baisse , o neutzi, i 



n'finirans pou noute tâche. » V., arr. 
de Civ. V. Aneussai. 

NÈVE (1. nix, ?iiois),s. f., neige. V., 
arr. de Civ. — D.-S. — (B -F.) — Vend. 

— Roman : a niex, neu,nieu. » — Cata- 
lan : a neu. » — Limousin : t névio. » 
— Fspagnol : « neive. » — Ital.: onève. » 

INÈVE, ÉE, adj., couvert de neige. 
Vend. (C. et P. D ) — Roman : « ne- 
veiic, » neigeux. 

Neys, adv. de temps, encore. — 
«... recogneurent queilont donéetquitté 
e neys douèrent et quittèrent davant 
nous. » (An. 12S2. Loudun. — Manus. 
du Poitou.) 

NiAF, s. m., mauvais cordonnier. 
V. — D.-S., c de Bress. — Marne : 
« niafre. » 

Nice, adj., simple, niais. Vend. 
(C. et P. D.) 

N1CLOUÈRE {cl mouillés), s. f., na- 
rine. D.-S., c. Châlillon. 

Nicole, s. f., coccinelle, insecte, bête- 
à-Difni.Vend. (Cet P. D.) 

NiFFETAi (niff'tai) , v. a., fureter, 
chercher partout. V.— D.-S. — Vend. 

« GL' at nifeté pretout. » 

[Gust., p. 49.1 

— Languedocien : « nifla , nifleja, » 
flairer, renifler. 

NiGE (l. nidus)^ s. f., chenil : « gPé 
hargnein quem ingne chindanssanige,» 
il est hargneux comme un chien dans 
son chenil. D.-S., c. de Bress. 

NiGÉ, ÉE, adj., noyé. D.-S., c. de 
Bress. — Vend. 

NiGEALÉ. V. a., enlever les noix de 
leurs coquilles. V.Lavoux près Poitiers. 
V. Chalupai. 

jN'igeassai (1. nugari), v. n., n'a- 
vancer à rien. — Par extension, tra- 
vailler avec soin, minutieusement. V., 
arr. de Poit. et Civ. — D -S., arr. de 
Bres-;. — Ardennes : « niger. » 

N1GEASSERIES, s f. pi., niaiseries, ba- 
gatelles. V.,arr. Poit. et Civ. 

NiGEASSEUX, NiGEASSIER, NiGEAS- 

SOU, adj., celui ou celle qui nigeasse. 
V. — D.-S. Suivant les lieux. 

NiGEOTÉ, v. n , n'avancer à rien, 
lambiner, niaiser. V.,arr. de Chat. 
/-'. Mgea-sai. 

Nirii-OTEUX, SE, adj., celui ou celle 
qui nigeotte^ qui lambine : « fin d'pus 



NOC 

nigeofeux que la femme à France » 
(François). V., arr. de Chat. 

NïGEOU,s.m., travail délicat à faire, 
minutieux : « o n'è pou qu'o sèche ma- 
laisé, mais ol é nigeou. » Vend. (C. et 
P. D.) 

NiGRtLLAi, V. a., remuer quelqu'un, 
quelque chose : « gl'a besoin qu'on 
r ni^relle. » D.-S.' c de Bress. V. 
E^renigeai. 

Ni LLE, s. f., bois recourbé, fixé au 
manche de la faux : « ton dail i n'a pas 
de nille ; » ton manche de faux, etc. 
V., arr. de Civ., c. de l'Isl.-Jourd. 
V. Cheveliau. 

INiLLE, s. f., ongle des animaux à 
pieds fourchus. (B.-F.) V. Galles. 

Ni>'CHOLOU , SE, adj. , négligent, 
nonchalant. D.-S. — (B.-F.) — Hatois 
du Berry : « nonchaleux. » 

NiNGLE, s, f , bâton pour sauter les 
fossés. Vend. (C. et P. D.) V. Hingle. 

NiOT, s. m., ce mot. qui est pris dans 
l'acception de très-petit, est toujours pré- 
cédé de l'adjectif petit : « in p'tit niot : 
vau-tu mingeai ? — Ouail; i ming'rai 
ben in p'tit niot. » Veux-tu manger ? — 
Oui, je mangerai bien un tout petit 
morceau. D,-S.— (B.-F.) —V., arr.de 
Civ. 

NiT, s. m., nuit. V. -— D.-S. Suivant 
les lieux. F. Nëet. 

NivBAi (se), V. pr., s'enivrer. V. — 
D.-S. 

No {\. vovem],a(\]. num., neuf. V., 
c. Isl.-Jourd. , Luchapt. — Gascon : 
« néou. j) 

NoBLET (poil), s. m., poil d'une belle 
couleur. Se dit des bêtes bovines. "V. -— 
D.-S. — Vend. — « Une vache de poil 
noblet. » (1094, Smarves. Manusc. du 
Poitou.) 

Noc, s. m , cuve en pierre où Ton 
presse l'huile. V.,arr. de Civ., c. Isle- 
Jourd., Adriers , Luchapt. — .Marne : 
« noc, » gouttière. 

Noce, s. f. , ce mot signifie à la fois 
modicité ou parcimonie, et abondance 
ou excès : « manger une noce, » c'est 
manger une bouchée, un morceau pour 
attendre le repas principal : « faire la 
noce, » c'est se gorger de nourriture et 
devin. V., arr. "de Chat. — Basse lati- 
nité : nociu7n,ei quolibet die unum pa- 
nem^ dimidiam lagenam cervisiae, ?w~ 



NOU 



195 



cium carnis, die carnium, et tria alle- 
cia,quolibetdiepiscium.(l)uc. Monastic. 
Angl. t. 11, p.ig. 380.) 

NoDAi, V. n , s'assoupir en remuant 
la tète. D.-S., Chà'illon. 

Nooe, s. m., jeune veau d'un à deux 
ans. D.-S.,c. de Bress. — Vend. (C. et 
P.D.) 

NoiRSAULE, S. f., plante, sa/isca- 
prœa, V., c. de Monte. V. Amersaule. 

NoLLiÈRE, adj.. vache qui passe une 
année sans faire de veau. D.-S., c. de 
Bress. — Vend. (C et P. D.) 

NoMBLE DE Porc (b I. mnnbles), s. 
m., ventre de porc. — « ilem die do- 
minica in {?Ao béate Radegundis in 1 
numblez XIIll d. ») (An. 130L Sainte- 
Croix. Manusc. du Poitou.) 

NoNAÈME [non, anima), s. m., sans 
esprit. Vend. (C. et P. D.) 

NoNDiLLES, S. f. p!., ongle des ani- 
maux à pieds fourchus. V., arr. de Ci- 
vray. V. Calles. 

NoNOT, TTE, adj., niais. Vend. (C. 
et P. D.) 

NOQUETAI 'noq'(ai),v. n., s'arrêter, 
rester court. V.,arr.deCiv. V. Hoquai. 

NoRE (l. nurus), s. f., bru, belle- 
fille. V., arr. de Civ., c. Montm.etde 
l'Isl.-Jourd.— D.-S.— Vend. — Roman, 
catalan, portugais : « nora. » — ■ Pro- 
vençal, gascon, limousin : o nôro. » — 
Espagnol : « nuera. » — Saintonge : 
« nore. • 

NoRRAiN et NouRRAiN, S. m., pa- 
cage : le norrain est bon ou mauvais 
suivant que le pacage est de bonne ou 
de mauvaise qualité. V. — D.-S. — 
Racine des plantes et principalement do 
la vigne. V. — D.-S. — Roman : « noi- 
rin,» rejeton. 

Norrain et Noubrâtn.s. m., se dit 
des cochons et des moulons qui sont 
sevrés, r. — D.-S.— «Bail à ferme 
pour le droit de nourrain. » (An. 1627.) 

— Patois du Berry : « nourrin, » petit 
cochon. — Français : « nourrain, » pe- 
tits poissons pour peupler les étangs. 

NouASSEUX et Nouassou (I. nodo- 
.<?z^s), adj., noueux. V. —D.-S. Suivant 
les lieux. — Berry , Ardennes : 
4 nouailleux. > 

« Un meslier nouailleux ombrage le portail. )> 

[Ronsard ] 

— Italien : « nodato. » 



196 



NOU 



NUP 



NouAY, Noué, s. m., noyer. Vend. 

— D.-S. Suivant les lieux. 

« Gle se Juchant trctous dans nos pus gr.in(ls 

[nouay.» 
(Gust., p. 69.) 

— Rabelais : a noirette, » jeune noyer : 
« a donc coururent vers les noireltes 
tout roidenienl qu ils purent pour les 
rencontrer. » (L. i^', c. 43.) 

ISouE (b. 1. 7iayda),s. f., cuve en 
pierre ou en bois placée le plus ordi- 
nairement auprès d'un puils, et qui , 
dans les lieux éloignés des ruisseaux, des 
rivières, des fontaines, sert aux femmes 
(le la campai;neà laver le linge. V., arr. 
de Civ. — c ISesde ou noue, o terrain 
aquatique. (An. 1333.) — « Nayda, » 
nesde (an. N6i. Manusc. du Poitou.) — 
.Marne : « noue, » b.is-fond, vallée. — 
Berry : « noud, » ange en pierre pour 
recevoir l'eau. — Français : tuile en 
canal pour égoutter l'eau. 

NouERAiB , s f., lieu planté de 
noyers. V. — D.-S — Vend. — « Sau- 
laye assise au dessoubz du moulin de 
quatre rouhes davant la nouheraye 
de mesd. dames (de Sainte-Croix) tenant 
? ladite rivière du Clain. o (An. 1528 
ManuîC. du Toit.) 

NoLETAi (r fiouefte), v. a., lacer les 
cordons des brodequins. V , arr. de Civ. 

NoL'ETTE, s. f. , cordon de souliers^ 
et surtout de brodequins. V., arr. de 
Civ. f^. Corgeing. 

NoLGB , NoL'GEAE , nover. V. — 
D.-S. Suivant les lieux, y. Nouay, — 
Provençal : « nouguié. » — Patois Li- 
mousin : « néjo. » — Berry : « nogier. 
nougier. » 

KoLGE, s. m., noix triée que l'on 
porte chez l'huilier ; a nongé (pain), » 
le résidu, k' marc des noix après l'ex 
pression de Ihui'p. D.-S. — K. I.us-ac. 

NouGEASSE r. nougé), s f., noyau 
deh noix. V., c. Montm. , Sain:-Remi. 

jSougeat, Nougelle,s. f., le résidu, 
le marc des noix. V., c de l'Isl.-Jour. 

— (B.-F.) — Pour : o nougelle. » V. 
Nongé pain). 

NOUGERATP, NonERAIE , NOUGE- 

RiE, 5. f , lieu planté de noyers. V. — 
D -S. Suivant les lieux. V. Noucraie. 

NoLGEBAS (noug'ras), s. m., noix 
sans coquille. V., arr. de Civ. — D.-S. 



NouGij Noui, s. m., noyer. V., c. 

IsI.-.Iour., Luchapt, p. a nougi. » V. 

— D.-S., suivant les lieux, p. « noui. » 
Nouis, s. f., étoffe faite avec de la 

laine qui a déjà servi et dont on a noué 
les bouts. D.-S. — (B.-F.) 

NouRASSE, s. f.. noyer dont le tronc 
est creux, qui a rejeté de jeunes bran- 
ches sur un vieux tronc. V., c. de Mire- 
beau. 

NouRRiGEON, s. m., nourrisson. V. 

— D.-S. — Roman : « noyriguier, • 
nourrisseur, « norriguiera, » nourris- 
seuse. fCit. B.-F.) 

NOUSILLATi: ou OUSILLATE, S. m., 

espèce de châtaigne très-estimée et qui 
tire son nom probablement de sa forme 
ronde, et assez semblable aux « nou- 
silles » (noisettes). D.-S. — (B,-F.) — 
V. — Vend. 

NousiLLADE, S. f , y. le précéd. V., 
c. Isl.-Jour., Luchapt. — Patois 4u 
Berry : i- nousillade, » petite châtaigne 
sans pellicule. 

NOUSILLE, NOUSETLLE, NaUSEILLB 

(l. Jiucula),s. f., noisette: « pour l'achat 
d'ung boisseau de nozilles. y> fAn. 1482. 
Sl-Roinain. !\]anusc. du Poitou.) — Pa- 
tois du Berry et Mayenne : « nousille. • 

— Patois liinou-ii\ : « nouzillias. » 
NousEiLLÉ fnous'llé), s. m , noise- 
tier. Dans tout le Poitou. 

NousEiLLÈKE (rious'llère), s. f., lieu 
planté de noisetiers. Dans tout le Poi- 
tou. 

NuBLe et Neuble {bl mouillés) [1. 
nehula], s. f., carie des céréales. Les 
paysans prétendent que la carie est cau- 
sée par la pluie ou les brumes qui se 
font pendant la floraison des blés, V. 

— D.-S. — Vend. 
NuBLÉetNEUBLÉ [bl mouillés], adj., 

attaqué par la carie. V. — D.-S. — Ra- 
belais ; (• niéb'e, » gâté, corrompu. 

Nuisance, Neusance (1. nocere]^ s. 
f., tort dommage. V. — D.-S. — Patois 
du Berry : « nuisance. » — Ancien 
français. 

NuLEfb. 1. nuits), s. f., sorte de pâ- 
tisserie : « I den. afl cenam pro nules 
et ob'lées. » (xiv« siècle. Manusc. du 
Poitou. I 

Nupo, s. m., oignon germé qui se 
plante en avril. D.-S., arr. de Bress. et 
de Parth. / . Cèbe. 







OPL 



O (I. hoc)^ pr. démonlr., ceci, cela, 
ce, cet, le, la : «• o m'enneu ben, » cela 
m'ennuie bien : ol , par euphonie, de- 
vant les voyelles : « cl é ben vrai. » — 
Il tient aussi lieu du pronom i7, surtout 
comme sujet des verbes i^mpersonnels : 
c( faudra qu' gle vennè, » il faudra 
qu'il vienne. — Provençal : « o faut, » 
il faut. — 11 est u>itédans la langue ro- 
mane comme pronom relatif masculin 
employé neutralement. 

O, prép., avec : 

« Piiy vinguirlant de Vonneull 
» Ue Lavauxel J.izcneuil 
» O in chjicun sa flagtolle. » 

[N.P.,p.o8.] 

— Ardennes, Marne : « o, od, » avec, 
à, vers. 

Oasi, Oasil ou OuASi, s m , osier. 
V. — D.-S. V. Eziou. — « Oizils. » 
manusc. du Poitou. — Patois du Berry : 
e oisis, ousier. » 

Obervak (obrevâe), v. a., ennuyer 
fortement. Vend. ((!. et P. D.) 

Ocres, s. f. pi., le dessus des doigts : 
« i t' baillerai su les ocres. » D.-S., c. 
Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

Oeil, parlicu'e affirmative, jou'i. D.- 
S. — Vend. — V. 

Ofer, s. m., enfer. Vend., Sabl. et 
Chaum. 

Oge, s. m., ange. Vend., Sabl. et 
Chaum. 

Ogo, s. m., fou, imbécile, celui qui 
n'a pas de lète. V., arr. Chat., AJairé 
f^. Astrogot. 

Ogkon-de serpent, s. m., hyacin- 
thus comosus, plante. Vend. (C. et P. 
D.) /'■. Ail-3-la-serpent. 

Ognons (peler les), loc, !e temps des 
fiançailles, surtout lorsque, par suite 
du refus de leurs parents, l'un ou l'autre 
des futurs est oblisé de faire des som- 
mations respectueuses, ce qui lui fait 
de la peine, le fait pleurer. (B.-F.) 

OïL. part, aflf., oui. D.-S. — Vend. 
y. Oeil. 

Oio, part, négat., non. V., c. Isl. 
Jour., Luchapt. 

Olée (1. olere)y s. m., le laurier- 



sauce (B -F.) — Vieux français: « oîer, » 
sentir bon. 

Omblet [bl mouillés), s. m., anneau 
de cuir ou de branches flexibles qui 
sert à attacher le joug à la perche d'une 
chiHTue. ou à l'aiguille d'une charrette. 
V. — n.-S. — Vend., suivant les lieux. 
V. Amblet. 

Ombliai, V. a. et n., oublier. V. — 
D -S., suivant les lieux. 

Ome et Omier \\. ulmus), s. m., 
ormeau. V., c Montm. — « Hosme. » 
(An. 1^78. Nieuil. Manusc. du Poitou.) 
— Provençal : « oume. » 

OMÉEet Oumée, s f., carie de l'os 
maxillaire des animaux, et principale- 
ment (lu bœuf. L'on croit que celte ca- 
rie provient , le plus ordinairement, 
d'une piqilre faite par l'aiguillon. V., 
arr. Poit. — D.-S. 

OlNce, s m., arliculalion des doigts; 
les phalanges : « in morcea d' bois m'a 
cheu su l'once daux dés, o m'a fé grond 
mau ; » un morceau de bois a tombé sur 
mes « onces, » çà m'a fait grand mal. 
V., arr. de Poit. — Saintonge. — Pro- 
vençal : « ounso; » mostro sis ounso, il 
montre ses phalanges. — Rabelais : 
f oincé: mais je dirai cela de luy qu'il 
ha bien les plus dures oinces.... »(L. 4., 
c. 16.) 

O.NDAiN, S. m., sillon de pré d'une 
étendue indéterminée et de la largeur 
d'un coup de faux. V. — ■ D.-S., sui- 
vant les lieux 

O.NDF.RCE, S. f., dartre vive. D.-S., 
0. de Bress. 

0.x DEUX, s., m , petite palette en fer, 
tranchante et à douille, que l'on adapte 
au pied de l'aiguillon, et dont le labou- 
reur se sert pour nettoyer sa charrue et 
couper les mauvaises herbes. V., arr. 
de Loudun. V. Ancias. 

Ondille, Ondrille. Ondlton, s. 
m., les ongles des animaux fourchus : 
« noutés bus i n'avons pus d'ondrilles 
aux pés. » V., arr. de Civ. et c de 
risl.-Jour., p. « ondrilles. » V. Andil- 
lon. 

Op, Op la, interj., cri d'appel, dans 



198 



ORN 



tout le Poitou. — Ani^lais : « up, » de- 
bout, sur pieu, sous ses pieds. 

Oplo, part. a(T., oui : « qu'é moussu 
r cura, que vingu t' confessa? — 
Oplo; I) c'est monsieur le curé qui est 
venu te confesser? — Oui. — Patois du 
Limousin : « aplo. » 

OguEetOiQUE, prép., avec. D.-S. 

« Et l'en vains oquc nous. » 

[Gust.] 

— Gascon : « aque. •• 

Obde. exclamation, terme de sur- 
prise. V., Leugny-sur-Creiise. V. Ago, 

Oreille, srf., les planches qui sont 
placées de chaque côté de l'arau, ou 
celle qui est dun côié seulement, et qui 
servent à verser la (erre. V. — D -S. 

OttETLLE-Dt-PRÈrRE, S. f . , cspèce de 
champignon. V., arr. Civ. — Quartier 
de pomme ou de poire séché au four. 
iB.-F.) 

Orendroit. !oc , à présent. (An. 
IS'iO. Manu.-c. du Poitou.) 

Oroia-de-temps, loc, un grand 
espace de temps : • thio drôle a été in 
orgnia de temps sans rein faire. j> 
D.-S. B.-F.) 

Orgne, s. m., lourdaud, pare>seux, 
fainéant : « vé don coum' i fé l'orgne. » 
(B.-F.) — Ardennes, vexation, outrage. 

Orgou, s. m., orge-froment ; g l 38 
boisseaux orgoux. » (An. 1688. Bonnes. 
AJanusc. du Poitou.) 

Oria>tier, Oriântin.s. m , églan- 
tier. D.-S., c. Bress. — V., arr. Chût, 
_ — Vend. F. Argaillou. 

Orillette. s', f. V. Girèle dans le 
sens de champignon. Y,, c. Montm. et 
de St Savin. 

Orine, s. f , origine. 

€ Coasidère, Sorin, qaciz gens de benne orine. » 

[Bab., p. 40.3 

— Basse latinité : orîginariî. — 
AJarne, Mayenne : « orine. » 

« Ll barons du pays quisunt de bonne orlae. » 
[Cbronlq. de du Guesc." 

— « Francorine, » français d'origine 
Oriou, s. m., loriot. D.-S. — (B.-F.) 

— Roman : « auriol. » — Catalan et 
espagnol : « oriol. » 

Orne, s. m. lot de bois, portion de 
bois prise dans un plus grand. V., arr. de 
Chat., Oiré. Y. Mareau. 



ouc 

Orpions.Outetllons, s, m. pi., les 
ongles, les bouts des doigts. V., arr. de 
PtMi. et de Loudun, et arr. de Civ.» p. 
orleillons. » — Bas^e latinité : ortiLii, 
pedis ungulae (Duc.) 

Orrusse. s. m., poisson, espèce de 
véron piquant D.-S (Rond.) 

Ortigi:, Ortuge (1. urtica), s. f , 
ortie. V. — D.-S., suivant les localités. 

« Mais qu'après o vcnguit ine certaine tige 
)' De gens qui jetUranl lour froc dans les or- 

tigc. » 
(Bab,, p. 34.) 

— « Toile d'orlige, » toile blanche. D - 
S., c. Cel. — Roman : « ortiiza, ur- 
liga. » — Provençal : « ourtigo. w 

Ortolin (1. lioriulnnus), s. m , jar- 
dinier : « quatre oliviers qu'ay faici ar- 
racher par l'orlolin de céans. » (V. 1548. 
Alanusc. du Poitou.) 

0^iVAN^E, s. m., plante qui croit 
dans les petits ruisseaux. V., arr. Cliâ". 

Osai. Osea, Osia (1. avis), s. m., 
oiseau. V. — D -S. — Vend., suivant 
les lieux. — Ancien français : « oisiax. » 

OsiLLOU. s. m., oisillon. V., c. Isl.- 
Jour. 

Ostade, Ost4DINe,s. f., suivanlHé- 
carl, l'osiade éiait une sorte de camelot 
dans lequel il y avait un fil de soie 
blanche mêlé à la laine brune qui for- 
mait le corps de l'étoffe et qui la ren- 
dait a.-sez brillante. L'inventeur de ce 
tissu habilait Anvers et se nommait 
Van-Ostade. Dictionnaire rouchi-fran- 
çais, p. 31'9.) — a: Item je donne à la 
femme de M<= Micheau Gillet ma robe 
de sort brune doublée d'ostadine. » (Ma- 
nusc. du Poitou. An. 1516.) 

Ot, s. m,, grand cierge. Vend. (C. et 
P. D.) 

Otout, conj., aussi. V. — D.-S. — 
Vend., suivant les lieux, y. Etout. — 
Mayenne : « otout, » avec. 

Ou, pr. démonst., ce, cet, le, la, il : 
« j'ou fr'é, » je le ferai : « faut-ou qu'i 
m'en ange? » faut-il que je m'en aille? 
V. — D.-S. —Vend. V. 0. 

OuAiL, OuEL, OuEiLLE, part, afî., 
oui. V. - D.S. — Vend. F. Oeil. 

OucHE (b. l. occha), s. f., champ 
près la maison. V. — D.-S. — Vend. 



OUI 



OYA 



199 



— Jardin potager placé dans des ter- 
^ai^^ clos de murs ou de haies. (B-F.) 

— «Hocha. » (An. 1333.)— « Osche, » 
terre en culture entourée d'une haie ou 
d'un fossé. (I4G4. Ayron.) — Jardin 
plus parliculièrement desliné aux ii;ros 
légumes comme aux choux. Vend. — 
Mayenne et patois du Berry : « ouche. » 
— Noms de lieux : « Ouches (les), » 

« Ormes (les); » Pouant (V.). 

OicHE-A-MUSARD, loc, mot h mot 
le champ où l'on reste, le cimetière. 
(B.-F ) 

OuEiLLE, s. f., brebis, dans tout le 
le i'oitou. — « Item xvii chez d'oeiiles. » 
(An. 1329.) — (c Oueille. » (An 1740. 
Manusc. du Poitou.)— Roman : « ovella, 
oveilla. » 

OuicHE, exclamalion pour faire re- 
culer les bœufs. Vend. (C. et P. D.) 

OuiLLAGE, s. m., le surplus que l'on 
donne bénévolement d'une marchandise 
vendue au poids ou à la mesure C'est 
encore le temps qu'un domestique donne 
à son maître après l'expiration de son 
service. D.-S. 

Ouille (1. olla), s. f., petit pot dans 
lequel on vend le caillé provenant du 
lait (les brebis, V.,arr. Poit.— Ecuelle 
en terre. D.-S — Vend. — « Houle de 
sel. » (An. 1387. ÎManusc. du Poitou.) 

« Ah! q'ie n'ai-je cassé men oulle ! » 
(Gust., p. 49.) 

— Ardennes : «ouïe, » marmite, huile, 
mets. — Ancien français 

Ouille, v. a., remplir un vase, une 
barrique avec « l'ouillette. » — Par 
extension être rassasié de nourriture 
D -S. — V. — « Russart employé à 
cuiller les vins à Maillé. » (An. Io04.) 

Ouillette m mouillés), s. f., petit 
entonnoir de bois ou en fer blanc. V. — 



D.-S. — Vend. — « Ouillette : une 
ouillette de fer blanc. » (An. 1773. 
Vasies Manusc. du Poitou.) — Ancien 
français 

Oulier '!. o//«\ s. m., marchand de 
pots. — « Item en la foyre de saint iNlar- 
sault (à Civray) la tierce partie de trois 
mailhes en toutes menues ventes, c'est 
assavoir en ouliers qui ont charrette qui 
paient quatre deniers. » (An. 1388. Gr. 
Gauth.) 

OuMB, s. m , ormeau. V., arr. de 
Montni. — « Jusquesau lieu de l'Oulme- 
Landain. > (St-Hil. Bourg. An. J579.) 
— Gascon : « ourme. » — Marne : 
4 ourmel. » — Noms de lieux : « Ormes 
(les) » [V.]. 

OuTiLLEMïïNT, S. m., ustcnsilc de 
ménage; tout ce qui sert à un ouvrier. 
V. — D -S. — Vend. — « Liz. touai- 
Ihes, drapilles et aultres houstillemenis 
nécessaires, pour servir au dit presbi- 
tère. » (An. 1419. Manusc du I^oitou.) 

OuMEROLLE, S. f., ccpéc de jeunes 
rejets d'ormeau. D.-S. — Vend. 

Ouvre, s f , fleur de farine très-fine 
qui vole autour de la meule dans les 
moulins. D.-S.,c de Brioux. V. Auve. 

OuYBAY et Ouvré (1. operari), s. 
m., jeune gars. V. — D.-S., suivant 
les lieux. — Languedocien : « ouvrié.» 

Ouvrère, s. f., jeune fille : « quielle 
ouvrère n'é ni habile ni fine. » V. — 
D.-S. 

OuYE ou Oye, s. f. et m., petite ou- 
verture pour aérer un lieu quelconque, 
et principalement les caves V. — D.- 
S. — « Fait bastir une ouyeen masson- 
nage. » (An. 1409 ) — « Un ouy de 
cave. I) (1741. Poitiers. Manusc.) 

Oyar, s. m , peuplier. D.-S., c. de 
Bress. 



PAG 



Pabou (1. pappus), s. m., pavot, 
dans tout le Poitou. 

Pagre, s. m., insecte suceur qui 
s'attache aux oreilles des chiens, à la 



panse des bestiaux. Vend. (C. et P. D.) 
Pagnotai, V. n., marcher difficile- 
ment, avec crainte : « qui qu'i f'ré tout' 
la neut à pagnotai dons quié» ch'mins? t 



200 



PAL 



qu'est-ce que je ferai toute la nuit à 
marcher avec crainte dans ces chemins? 
V., arr. Civ. 

Pagnoutou, sr, adj., celui ou celle 
qui pagnolte. V., arr. Civ. — Ar.len- 
nes. Haute-Marne : n paiznolle, » lâche, 
paresseux. — Palois du Cerry : « pa- 
gnot, » mou, pu>illanime, sans énergie 

Pai (I pellii;). s. f., peau. V., c. Isl.- 
Jour. 

Paui et Pau: (1. pa/ea), s. m., tas 
de jiaille, meule de paille. V. — D.-S. 

— Basse latinité : paiearii. — Pro 
vençal : - paie, paiéro; coucharen au 
paie, • nous coucherons à la meule de 
paille ^Mist.) 

Paie (I. pnnis), s. m., pain : o o n*a 
pu d' paie dons la met. » V. Ayron, la 
Grimaudière. — Gascon : « pâ. » — 
Languedocien : « pan. » 

Pailler, v. a., former avec de la 
paille, et avec foule autre maîière, le 
siège d'une chaise, d'un fauteuil. (B.-F) 

— V. — Roman : * palhar, » empail- 
ler. 

Paillt, s. m., (as de paille, meule 
de paille. V., c de Neuv., de Mirebeau 
et de Monte. — D.-S., c. de Thénezay et 
d'Airvault. 

« El caclii darrère In paiHy » 

(Cent Poct., p. 98.) 

Paillisse, s. f., sorte de paillon. V. 

Paillo.n, s. m., tas de padies réunis 
en monceaux, ce qui donne plus de faci- 
lité pour les enlever à la fourche dilo 
<• paillère.' o L'on dé.-igne encore ainsi 
des bottes de paille. V. — D.-S., Ga- 
tine. — Français : grosse paillette. 

Pain-au-lièvre,s. m., onomatopée. 
Plante ainsi appeh'e parce que les lièvres 
en sont très-friands. K. Allée. V., arr. 
(jv. -- D.-S-, arr. de Bress. et de 
Parih. 

Pain-chaud, s. m , primevère offici- 
nale, plante, prîmula olficinalis ; doit 
peut être son nom à I otieur qu'elle 
exhale. Vend. (C. et P. D.; — Chardon. 
V., arr. Civ. 

PAl^TAlLL\I (faire\ loc, littérale- 
ment, faire « paintailler, » avciir re- 
cours souvent au pain ; une nombreuse 
famille fait « paintailler. y^ Par exten- 
sion, faire tous ses efforts, tout ce que 
l'on peut. D.-S. 



PAI 

Palabres, s. f. pi., paroles. C'est le 
mot espa;.:nol. Vend., Sabl. , Chaum. 

Palabré, v. n., parler bien haut et 
longirmps. en se plaignant de choses 
qui n'en valent pas là peine. Vend., 
Sabl., Chaum. 

Palastbk (clou), s. m., clou pour les 
souliers. — « (doux palastre fort. » 
(An. 1537. Manusc. (lu Poitou.) — 
Français: partie extérieure de la ser- 
rure, sur laquelle sont montées les pièces 
intérieures, 

Palastrf.b, v. a., mettre des clous 
palastres aux souliers. — a Pour euer 
achalé à Mirbeau pour taconner et pa- 
laïlrer lessoulersdesd.charretcrs 15 s.» 
(An. 1537. Manusc.) 

Palaine ou Palème, s. f. , grande 
herbe, longue et dure, qui pousse dans 
les ])ois. V. — D.-S. 

Palauton, s. m ^ peloton. \'., c. 
Ll.-Jour. — « Palalon. » V., arr. Civ. 

Palerék (pal'rée) |l. pola\, plein une 
pelle. Dans tout le Poitou. — Uabelais: 
(I cependent quatre de ses gens lui jet- 

toient en la bouche moustardes à 

pleines palerées. » (L. i^r^ p. 21.) 

Palette, s. f ,1a pelle a feu. V , arr. 
Civ. — D.^., arr. do Melle — (B.-F.) — 
Italien : « palelta. » 

Palisse, Palisson, s. f., s. m., haie 
sèche, haie vive. 

€ Moty la mnin ?:u in pau 
» Qui esloit in la p.TJice. » 

(Gciit. Poety., p. 74.) 

— Basse latinité : palicivm, pâlit, et 
closture. (Duc.) — Roman : « paliza, » 
palissade. 

Palisse, Pailltsson , Paillis- 
soune, PAILLO^, Pailloune, espèce 
de corbeille en paille pour mettre le 
pain, D -S. — V., arr. Civ. — « Neuf 
paillisson et une petite pgiliissonne. » 
(An. 17G!» Va^Ies. IManu^c. du Poitou.) 

— Provençal : « paillasso, paillassou. » 

Palisse-venthesse, s. f., corbeille 
qui sert à Iran-^porter le grain, lorsqu'il 
est battu, de la cour dans le grenier : 
« vé querre la palisse-ventresse, qu'i 
sarint nouté bia. » V., c. de l'isl- 
Jour. 

PALLBBnESSAi (r. pallebrcsse), v. 
a., se servir de la pallebresse, remuer 



PAO 

la terre avec elle. V., arr. Civ. — D.- 
S.— (B.-F.) 

Pallebbesse, s. f., pelle-bêche. V., 
arr. Civ. — D.-S — (B.-F.) 

Pallefbàe, V. a., fouler aux pieds. 
Vend. (C. et P. D.) 

Paloune, s. f., plante, espèce de tu- 
lipe qui pousse et fleurit dans les prés. 
D.-S. — (B.-F.) — Vienne. 

Paloune (1. palumbus), s. f., pigeon 
ramier, la palombe des Pyrénées. — 
(B.-F.) . 

Pampaié,Pampaillou,Pampailly, 
s. m., la fin, le dernier jour des mois- 
sons, du battage des grains. V., arr. 
de Civ. — D.-S. — (B.-F.) V. Avelot. 

Pampalène, s. f.^ plante. — (B.-F.) 
V. Paloune. 

Pana, s. m., instrument en fer et à 
ressort, sorte de crochet, qui tient le 
seau quand on le coule dans le puits. 
V., arr, de Civ. V. Chabu. 

Pane, s. m., pain. Vend.^ c. Chalans. 
F. Faie. 

Pané, s. m., panier. V. — D.-S. — 
Vend., suivant les lieux. 

Pané-sand'dou, s. m., panier qui 
contient le blé de semence que porie le 
laboureur pour faire les semailles ": 
a vau-tu porta lou pané-sand'dou ? » 
V., c. Isl-Jour., Adriers. 

Paneté (1. panis), s. m., petit coffre, 
qui tient à la table à manger, où l'on 
sert le pain. /'. Mequegnun. 

Panètre, V. a., pénétrer. V., c. Isl.- 
Jour., Adriers. 

Panetbole, s. f., coléoptère de mau- 
vaise odeur qui se tient dans le foin, 
dans les granges. (B.-F.) 

Pangliai-: (1. peîidere), v. n., pen- 
dre, être suspendu. (C. et P. D.) 

Pangliâet, s. m.,suspensoir. Vend. 
(C. et P. D.) 

Pantbe, adj., avare. D.-S., c. d'Air- 
vault. 

Pantine, s. f., fond de coëffe à 
l'usage des femmes. V. — Coëffure qui 
a remplacé la cornette. V., c. Montm., 
Saulgé. — D.-S. — (B.-F.) — Fran- 
çais : « Pantine, » nombre d'écheveaux 
liés ensemble. 

Paou et Paour (1. pavor), s. f., 
peur. D.-S. — Vend., suivant les lieux. 
— Languedocien : « poou. » •— Limou- 

XXIll. 



PAR 



201 



sin : a pàu. » — Rabelais: r de paour 
que mort ne le surprenne. » (L. 3, 
c. 2.) 

Papachin, Papkchtn, s. m., van- 
neau, oiseau. D.-S. — (B.-F.) — V., 
c. Civ., p. n Papechin.» 

Papegay, s. m., oifeau, perroquet : 
« baillé cincq livres et demye de fil de 
fer et deux bottes de fil d'archar pour 
faire la caige du papegay. • (An. 1537. 
iVJanusc. du Poitou.) 

Paques-fleuries fr. pascha JIo' 
mm), s. m. pi., le dimanche des ra- 
meaux. V., arr. Chat. 

Parai, loc, par vrai, c'est vrai, 
n'est-ce pas, qu'en penses-tu? V.— D -S. 
—Provençal : « parai; semblo parai, » 
il semble, n'est-ce pas? — Besançon : 
« paire, » certes. 

Parai, v. a., peler un fruit. C'est 
aussi un terme de sabotier et de tanneur. 
V. — D.-S. — Roman : << parar, » pré- 
parer. 

Para je (1. parare), enlever la terre. 
Vend., c. Chalans. 

Parc, s. m., Coie-sauvage. On attri- 
bue à la racine de cette plante, infusée 
dans du vinaigre, la propriété de guérir 
les dartres. V., arr. Civ. 

Parceron, s. m., petit espace séparé 
que l'on réserve dans une écurie pour 
les oies, les brebis, etc. V., arr. de 
Civ. F. Crenea. 

Pabchas, s. m., parchemin, manus- 
crit. V. — D.-S. — Mayenne. 

Parcheminour, s. m., parchemi- 
nier. — « Item fu paie au parchemi- 
nour pour le messal, lx s. n (An. 1380. 
Manusc du Poitou.) 

Parculou, s. m., procureur. Vend. 
— D.-S. 

Pardi, Pardine, exclamation, par 
Dieu! V. — D.-S. 

Pardon, s. m., le son funèbre de 
l'agonie : « sonner le pardoii. » V. — 
D.-S., dans quelques localités. 

Paré, s. m., longueur de toile que 
tire le métier du tisserand : « 1' tiss'rond 
a fait trois parés anneut. » (B.-F.) 

Pare-bot, s. m., instrument de sa- 
botier qui sert à dégrossir et à terminer 
les sabots. V. — « Couteau parbot. » 
(Vasles. Manusc.) 

46* 



202 



PAR 



Pareil (1. parilis), s. m., paire : 
t un pareil de sabots. » V., c. Isl.- 
Jour., Luchapt. 

Parielle, Pabèle, s. f., plante, 
V/iippolapat/iion de Dioscoride. V. — 
D.-S. — Vend. — (B.-F ) 

Pahentage (l. parens), s. m , pa- 
renlé. V. — D.-S. 

Parglé (gu mouillés), excl., par 
Dieu : 



n Pargué I si faut ou 
» Avont quo se Jou » 



(N, r., p. 113.) 



Parlange, s. m., langage, manière 
de dire, discours préparé. V. — D -S 
— Vend. 

€ Nonlre parlange est bca, 
» Coumc l'èvc le coule. » 

(Cit. n.-F.) 

Parlaqui, loc. adv., par ici. V.,c. 
Montm., Saulgé. 

Pahle-d'isle, s. f., graine de lierre. 
V.. arr. Civ. 

Paroib (1. paî'ore),s. m. .instrument 
de sabotier. V., sui\ ant les lieux. V. Pa- 
rebot. 

Parontagr. s. m., parenté. \. — 
D.-S.j suivant les lieux. 

« Affermis n'arer en son parontage 
» Auquln d'in si bea cors.ige. » 

(N. p., p. 33.) 

Parour, s. m., espèce de peigne ou 
de brosse faite de jeunes liges de genêt 
ou de bruyère doiii se servent les tisse- 
rands pour démêler etencoller leurs (ils. 
(B.-F. 

Pabpaion, Parpion , Parpillou 
{1. papilio), s. m., papillon. V. — D.- 
S. — V., arr. de Chat., p. « par- 
pion,» etc., de risl -Jourd.,p. parpillou. 

— Provençal : a lou parpaioun i' eu 
me farai. * — Patois du l.imousin : 
«> parpoillou.» — Roman : t parpaillo.» 

— Gascon : « Parpaillol. » — Rabe- 
lais : « et couroit volunliers après les 
parpaillons. » (I,. 1", c. il.) 

Parsais et Persais [persicum, 
sous-entendu wm/ww), s. m., pèche qui 
qui ne laisse pas le noyau. V. 

Pabsb [\. passer), s. m , moineau. 
Vend. (C. et P. D.) — Roman : « pas- 
sera et passerat. » — Warue et patois 



PAS 

du Berry : « passe et epasse. » — 
Mayenne : a pesse. » — Ancien fran- 
çais : « passe, paisse. » 

Parson il. pars]^ s. m., petit espace 
que l'on réserve dans une écurie, pour 
les oies, les brebis. Il était autrefois du 
féminin et signifiait part, portion. V. — 
D.-S. 

« Qui avoicnt lor fort chacun en sa parçon. » 
(Chroniq. du Gués., v. 7987.) 

Parsonié, Parsouné, Parsounié, 

ÈBE (1. persona), adj., associé, copar- 
tageant. V., arr. Civ. — D.-S. — Vend. 
— Se dit en mauvaise part des femmes. 
V. — Objets dont la propriété est indi- 
vise. L'on dit proverbialement : • tout 
âne parsouné porte un mauvais bât. » 
C'est-à-dire que toute chose indivise est 
mal soignée. D.-S. — (B.-F.) — Basse 
latinité : parcennarii , percenaiii , 
ceux qui divisent entre eux l'héritage 
paternel. (Duc.) — « Partionarius'o {ku. 
128'J,) — « Personners. » (An. 1392. 
Manusc. du Poiiou.) — Roman : « par- 
sonicr. » — Catalan : « parçonner. »» — 
Espagnol : • pnrcionero. » — Sain- 
longe : « parçounier. » — Assises de 
Jérusalem : « les parties sont parson- 
niers en cel cas. » (C. 87.) — Prophé- 
ties de Merlin : « et parcunière sunt 
d'umanité. « — Chez les anciens au- 
teui's, passim, « parçonnier, parce- 
ner, parchonnier. » 

Partage-a-Pingaut, Partage-a- 

CouRLOURiT, loc, tout cl'un côté, rien 

de l'autre. (B.-F.) 
Part-a-Ragnia, loc. D -S., arr. de 

Bress. V. le précéd. 
Partement, s. m., départ. V. — 

«Depuis ton parlement. >(Rab.,l.4., 

c. 3.) 
Partur, s. m., petit passage dans 

une haie, dans un buisson. V., c. Isl.- 

Jour., Luchapt. 
Parl'elle, s. f., plante, Vhippola- 

paihum de Dioscoride. V.,arr. de Civ. 

r. Parielle. 
Parure, s. f., ce que l'on a enlevé 

de la peau des fruits. V. — Anglais : 

< paring » (pr. périn) l'action de cou- 
per, de rogner, rognure, pelure. 
Pas-d'ane, Pas-de-poulain, s. m., 

onomatopée, tussilage vulgaire, plante. 

Ainsi nommée parce que sa feuille est 



PAT 

assez semblable au pied d'un âne ou 
d'un poulain. — (B.-F.) — V., arr. de 
Chat., p. « pied-de-poulain. » 

Pasquanade, s. f., plante, la berce- 
branc-ursine. D.-S. — (B.-F.) — V. 

Passada, V. a., passer; part, passé, 
« passade : » a vau-tu passada par la 
fout? — Oplo; » veux-tu passer par la 
fontaine? — Oui. V,, c. de l'Isl.- 
Jour. 

Passe, s. f., insecte. V., arr. de 
Chat. V. Carcelle. 

Passée, s. f., petit chemin, sentier. 
Il est aussi synonyme de passage. V. — 
D.-S — (B.-F.) 

Passeria, s. m., passereau. D.-S., 
arr. de Bress. et de Parlh. V. Parse. 

Patache, Pataque, s. f , pomme 
de terre. D.-S., c. Bress., Nueil-les- Au- 
biers. — D. S., arr. de Melle, p. « pa- 
taque. » (Barot.) 

Pataql'in, Patatou, s. m., mot 
employé dans la sorcellerie. Courir le 
pataquin , c'est courir sans savoir où 
l'on va, par suite d'un sort. V., arr. de 
Chat., arr. de Civ. pour patatou. 

Pataee,s. f., pomme de terre. D.-S.. 
Parth. F. Patache. 

Patas , s. m. pi., nuages isolés, 
clairs, chargés de pluie ou de neige, 
presque toujours précurseurs d'une va- 
riation atmosphérique. V., arr. de Châ- 
tellerault. — Gascon : « patas, » coups. 

Patassé, V. a., appliquer des piè- 
ces, des morceaux à des vêtements. V., 
arr. de Chat. 

Pate-a-pate (a très-bref) [1. par, 
pari], loc, terme de jeu; égal à son 
adversaire soit en nombre de points, 
soit en nombre de parties. V. 

Patelou, se (pat'lou), adj., ombra- 
geux, chatouilleux, facile à émouvoir ; se 
dit des gens et des bêtes. D.-S., c. de 
Bress. 

Pater [a bref), v. n., égaler : « Tu 
pâte à mé , » tu es aussi grand, aussi 
fort que moi. D.-S. — (B.-F.) — V. n., 
être crotté , sali par la boue. V. — 
D.-S. — Patois du Berry : « pater, « se 
dit de la boue qui s'attache aux sou- 
liers et de la personne elle-même qui 
marche dans la boue. 

Patifagnai, V. n., marcher dans 



PAT 



203 



la « fagne, » dans la boue. V. — 
D.-S. 

Patiforma ou Patriformia (1. pa- 
tï'is forma) , s. m., ressemblance du 
père : « Quiau drôle es ben son patifor- 
mia. » V., arr. de Poit. — D.-S., arr. 
de Mel. 

Patin (g. -TràTsiv), s. m., gros sabot. — 
Par extension, homme qui fait du bruit 
en marchant. D.-S., c. de Bress. — Talon 
des cartes. D.-S., c. de Châlillon. 

Patine, s. f., extrémité de la guêtre, 
ou languette du chausson. V., c. de 
Montm. et de Sl-Sav. 

Patiha, Patiria (1. pati), s. m., ce- 
lui qui souffre au moral comme au phy- 
sique : c Paure patiria, » pauvre mal- 
heureux ! V. — Vend. — D.-S. 

Pâtisse, s. f., plante, espèce de ray- 
grass. V., arr. de Chat. 

Patogliae, v. n., barboter dans 
l'eau comme les enfants. Vend. (C. et 
P. D.) 

Patouillai, v. n., marcher dans la 
boue. V. — D.-S. — Aube, Warne. — 
Patois du Berry : « pat^uiller. » 

Patrafae, v. a , barbouiller. Vend. 
(C.etP. D.) 

Pateouil, s. f., patrouillage, bour- 
bier. V. — D.-S. y. Gassouil. — Pa- 
tois du Berry : <l patouillat, patouaille, » 
bourbe, gâchis, boue claire. — Aube, 
Marne : « patouillas. » — Français : 
(T patrouillis. » — Noms de lieux : a Pa- 
touilla (le), » Liglet. V. 

Patrouillaau Patrouillet , s. 

m., grande perche au bout de laquelle 
sont attachées des guenilles dont les 
boulangers se servent pour nettoyer 
leurs fours. D.-S. — Vend. — V., dans 
quelques localités. 

Patrouillou, se, adj., couvert de 
boue. V. —D.-S. 

Patte-de-nau, s. f . , graine de lierre. 
V., arr. de Civ. V. Parle-d'île. 

Pattefeae, v. a., barbouiller; il si- 
! gnifie aussi fouler aux pieds. Vend. 
V. Patrafae. 

Patureau (1. pascere , pastum)^ s, 
m., pâturage. Dans tout le Poitou. — 
Noms de lieux : a Pâturai (le Grand), » 
Pressac; « Patureau (le), » Oiré; « Pâ- 
turelle(la), » Coussay-les-Bois. 



204 PAV 

Pau(1. palus)f s. m., pieu. V. — 
D.-S. 

<■' Si la mort ne l'oguit tué d'in cot de pau. 

(Rob. div.) 
« To rède qncm'in pau. » 

(Aiu. de Col., p. 2.) 
a Ea une charrette qui en estoit pleine jusque sur 

[les panx. » 
(An. 1^63. D. Font., t. xii, p. 279.) 

Provençal, patois du Berry, Mayenne : 
pau.» — Patois du IJmousin: opaou. » 
— IN'oms de lieux : « Puu (le), » Ven- 
deuvre. (V.) 

Pai BOURDE, s. f. , bâton de deux 
mètres de long, en chu à l'une de ses 
extrémités, servant à porter des fagots 
sur l'épaule. V. f\ Faubourde. — a Au 
garçon qui a porté la paubourde pour 
soubstenir l'image de madame sainte 
Radégonde. » (An. 1003. Manusc.) 

Paucre, s. f., grosse main. V. — 
D.-S., c. de Bress. — Rennes : a po- 
cres. » 

Paucre-de-loup. s. f., la renoncule 
des prés, patte de luup, parce que cette 
plante représente assez bien l'empreinte 
du pied de cet animal. Onomatopée. 
D.-S., arr. de Bress. 

Paucber (r. pauvre)^ v. a., manier, 
pétrir, tourner en tous sens. Vend. (C. 
etP. D.) 

Paufoup.che (1. palus ^ pieu ; furca, 
fourche), s. f. V. Faubourde. V. — 
D.-S. — F.Allegrin. V.,c.Isle-iourd., 
Adriers. 

Paugregnai et Paugrignai. v. a., 
tourner en tous sens, manier comme 
avec des griffes ; « Et que paugrigne 
don quiou drôle de Charlu? » D.-S., c. 
de Bress. 

Palil, s. m., pou. Vend., Fonte- 
nay. (C. et P. D.) — Roman : t peoil 
et peoillet. » 

Pal'lu, b, adj., peureux. D.-S. (Ba 
rot.) — - Roman : « pauruc^ paoruc, » 
peureux, craintif, poltron. 

Palteignai et Poitrignai, v. a., 
pétrir, tourner en tous sens. V. Y. Pau- 
crer. 

Pavas, s. m., espèce de rouche com- 
mune, et dont on se sert, après l'avoir 
fait sécher, pour couvrir les toits ; le 
scirpus lacustris ou maritimus. On 
donne aussi le nom de o pavas » au du- 



PEI 

vet que fournit le typha et dont on fait 
des oreillers. Vend. 

« Car tandis que nos prés sont remplis de limons 
» De pearc, de pavas, dejoncet de motincs. » 

(Gust., p. 19.) 

Payade, s. f., payement : « Vèque 
il la payade, ma chienne, vèque à 
la payade; » viens au payement, ma 
chienne, etc. V., c. Isle. -.lourd. 

PÉ et Pi (I. pe.vj, s. m., pied. V. — 
D -S. — Vend., suivant les lieux. — 
Languedocien et limousin : « pé. >) — 
Ardeiines : « peis. » 

Pea et Pi A (1. pellis), s. f., peau : 

« Et la pea d'in craapau. » 

fGiiilIcri, p. 28.) 

« Iret teste levée et sans craindre sa pea, » 

^Bab., p. ea.) 

— Roman : « pé. » — Gascon : 
« pel. I) 

Peabb et PiARRE (1. petra), s. f._, 
pierre. V. — D.-S. -— \'end., suivant 
les lieux, 

Peautraille, s. f. , vile canaille, 
vile populace, gens méprisables. (B.-F.) 
— D -S — Vend. — Rabelais : « Comme 
bien proprement telle peautraille de bé- 
listiaudiers nommaient les anciens. » 
(L. 2, c. 25. j 

Pecaudai, v. a., remplacer des piè- 
ces, par d'au!res pièces, sur de vieux 
habits. D.-S., c. de Bress. — Basse la- 
tinité : peceium, pièce. (Du C.) 

PÈCHARD, DE, adj., poil blanc tacheté 
de rouge : « cheval pêchard, jument pê- 
charde. » Dans (oui le Poitou. 

Pedache {a long), s. f,, insecte qui 
s'attache aux oreilles des chiens, à la 
panse des bestiaux pour leur sucer le 
sang. Vienne. V. Pâcre. 

Pedoque, s f., petit trou que font 
les enfants pour jouer. Ce jeu consiste à 
poquer (à jeter), dans ce trou, des billes 
de marbre, des noyaux, même de lar- 
gent. V. 

PÉEs (1. pisum), s. m., pois. (B.-F.) 

Pj.ignassier (1. pecien), s. m., celui 
qui peigne, qui prépare le chanvre. V. 
— D.-S. V. Habilleux. 

Peigkeras , Peignerolle (pei- 
gn'ras) , s. m., espèce de chardon à 
haute tige dont les feuilles viennent 



PÈL 

deux à deux et forment comme un go- 
det autour de la tige où se conserve 
Teau pluviale. (B -F.j— V., arr. de Civ., 
pour « peignei'olle. » 

Peille(1. jDÎ/w5), s. f., pelouse, grosses 
touffes d'herbes qui poussent longues et 
épaisses dans les bois, dans les champs 
en jachère. D.-S. — (B.-F.) — Fran- 
çais : « peilles, » vieux chiffons em 
ployés à la fabrication du papier. 

Pkillé, v. a., piller. Vend. : 

« Faisant ou bain être pelllé. » 

(Gust ,p. 86.) 

Peillou , SE, adj., pillard. Vend. — 
Patois limousin : « Peillayre, » pauvre, 
dépouillé. 

Pelasse (p'Iasse), s. f., long morceau 
de peau arrachée, enlevée ; écorce qui 
y ressemble. (B.-F.) 

Pelât (p'iat), s. m., mouton qui n'es! 
que tondu. D.-S. — (B.-F.) — Proven- 
çal : « pela, » pelé, rasé. 

PÈLE, s. f., poêle à frire. V\ — D.-S. 
— Vend. 

Pelée (p"lée) [I. pilare], s. f., laine 
prise sur des brebis mortes. 

Pèler^ V. a., mesurer avec soin^ mi- 
nutieusement. Vienne. 

Pellebois, se, adj., habitants de la 
partie de l'arrondissement de Melle qui 
est la plus couverte de bois, et princi- 
palement dans toute la partie nord. Ce 
nom leur vient de la grande fabrication 
de cercles en châiaigner que l'on fciit 
dans cette contrée, et surtout de l'usage 
de peler le bois pour faire de Técorce 
ou des perches. D.-S,, arr. de Melle. — 
Patois limousin : « péchas- le-bôs, » bû- 
cheron. 

Pelleboiserie , s. f., la contrée ha- 
bitée par les Pellebois. — D.-S. , arr. 
de Melle. 

Pelle-chin , s. m. , vanneau : « 1' 
mouni a borsadé , oré , douée pelle- 
chins qu'éliant vingudés à soun étang ;> 
le meunier a tué , aujourd'hui , deux 
vanneaux qui étaient venus à son étang. 
V., c. de l'Isl.-Jourd. 

PELôi\(plon), s. m., enveloppe delà 
châtaigne. — D.-S. — Vienne. 

PÈLON , s. m., vase à trois pieds et à 
queue où l'on fait chauffer la rôtie. V., 
arr. de Poit. V. Godeneau. 



PEN 



205 



Pelour (p'iour), s. m., équarrisseur. 
ï/on donne aussi ce nom aux marchands 
qui vendent des marchandises de mau- 
vaise qualité et qui trompent ceux qui 
les achètent. — (B -F.) — D.-S. 

Pelousai , V. n., se couvrir de pe- 
louse. Vienne. — V. Appelousai. 

Pelu , e (1. pilus) , adj.^ couvert de 
poils JN'est plus guère usité dans le 
langage , mais il sert encore de sobri- 
quet. (B.-F.) — Patois du Berry. 

Penaguin, s. m., homme qui se 
mêle de l'ouvrage des fçmmes. Vienne. 

Penailles (Î. panmilits) , s. f. pi., 
habits déchirés. V., arr. de Civ. — 
D.-S., arr. de Bress. et de Parth. 

PE^xiiCE (\. pannucea ou pannutia)y 
s. m., drap. Vend. — (C. et P. D.)— 
S. f., guenille, haillon. V., arr. P. 

PÈNE , s. f. , fils qui restent au bout 
de la pièce de toile que le tisserand vient 
de terminer, qui servent a nouer les fils 
de celle qui va lui succéder, et que le 
tisserand enlève lorsque cette nouvelle 
pièce est commencée. V. — Marne : 
(L penne , » drap , serge. 

Pendour (1. pendere) , s. m. , mor- 
ceau de bois auquel on suspend, par 
les deux pieds de derrière , le porc que 
l'on vient de tuer, afin de le faire re- 
froidir avant de le saler. (B.-F.) — D.-S. 

— Vienne. On appelait «pendoir, » au- 
trefois , la corde à laquelle les charcu- ' 
tiers suspendaient le lard. 

Pendreillai, v. a., pendre. —Vend. 

Pené , s. m. , panier. — V. , D.-S. , 
Vend. Suivant les localités — Y. Pané. 

Penère (1. partis), s. f., panetière,— 
Vend. 

« Prends me ta penôre et me suit. » 
(6ast., p. t5.) 

— Rabelais : « panoire ; «• une panoire 
et une sarpe à la ceincture. (L. iv, 
c. 48.) 

PEiNET, TE , adj., apprivoisé. Vend., 
Saint Philbert de Pont-Charrault. (C. et 
P. D.) 

Penilles , s. f. pi. , mauvaises gue- 
nilles , linge sale et déchiré : « chin-z- 
allée les penilles traînant pretout dons 
la place ; » chez elles, etc. V., arr. de 
Civ. — D.'S. , arr. de Bress. — V, 
Fenaillons. 



206 



TER 



Penon, s. m., épis du maïs dépouillé 
de son grain. (B.-F.) Y. Avocat. 

Penouille , s. f. (1. peHicUlus]^ tige 
de maïs. Vend. 

Penouse (semaine) , adj. f., ainsi ap- 
pelée, lit-on, dans un sermon manu- 
scrit du xiiF siècle, « parce que nostre 
sire y fut penez et travaillez. » 

Pentecoteaux , s. m. pi., fleurs et 
pains à chanter qu'on faisait tomber sur 
les fidèles du haut des voûtes, le jour 
de la Pentecôte , pendant la grand' 
messe, à Saint-IIilairede F'oiliers, (Bul- 
letin de la Sociéîé des antiquaires de 
rOuPSt, 1841, 1843.) 

PentecoutEjS. {. , plante; tous les 
orchis sont désignés sous ce nom. Ono- 
matopée. V. — I).-S. 

Peqiiot, Pequit, te iqu mouillés;, 
adj., petit. Dans tout le Poitou.— Pro- 
vençal : « pichot (pitsot); à soun pichot 
cabas. » 

Per. prép., pour. V.— D.-S. — Vend. 

— Gascon , limousin. 

PÉBA (1. ph^um), s. m., poiré : « i a 
bégu cha li dau bon péra ,i> j'ai bu chez 
lui 'le bon poiré.» V.^c.de Tlsl.-Jourd. 
— Gascon : a pero^ »» poire. — Roman : 
« pera. » 

Perce-Jau, s. m. , instrument pour 
percer les futailles , pour y mettre un 
jau (robinet). V.— D-S. — (B.-F.) _ 

Prbcet . s. m., pêche qui ne laisse 
pas le noyau. V.^ arr. de Civ. — V. 
Parsais. — Dialectes du Midi. 

Percette. s. f. , vrille. (B.-F.) — V. 
Biroune. — Marne : « percette,» bluet. 

Perchai , perché, conj. Pourquoi? 

— D.-S., Vend. — Ha\. perché. 
Perchaude (l. perça], s. f., perche, 

poisson d'eau douce. V. — D -S.— « Item 
vendredi ini"de may à Touars en une 
perchaulde , ix den. » (An. 1520. Ma- 
nusc. du Poitou.) 

Perdasse, s. f., poêle percée dans 
laquelle on fait rôtir des marrons. V. , 
arr. de Civ. 

Pbrdria , Perdrigea, Perdru- 
GEAU, s. m., perdreau. V.— D.-S. etV., 
G. de risl.-Jourd. pour : « perdru- 
geau. » « n'é pou anéed perdrigeas 
quielte anée , gle sant râles. » Ce n'est 
pas année de perdreaux cette année, ils 
sont rares. L'on dit proverbialement do 
quelqu'un qui a acheté, à trop grand 



PER 

prix, un objet susceptible d'être revendu : 
il ara daux perdrigeas. > — Roman 
et provençal : a perdigal. » « n'aviéu 
courregu qu'après li perdigau. » —Noms 
de lieux : « Perdrigère (la), » Marçay , 
Vernon. (V.) 

PÈRE , s. f., poire. — D.-S. , Mel- 
leran. (B.-F.) 

Péré, V. a., garnir de pierres, se 
dit principalement des puits. V. , arr. 
de Chat. — Patois du Berry : « Per- 
raycr, » empierrer, paver en talus. 

Perère, s. f., carrière : a la chaume 
et pérère de IMarnay. » (An. 1387. Ma- 
nusc. du Poitou.) 

PÉRiA , s. m. , le sternum de l'hom- 
me. (B.-F.) 

Perle, s. f., plante, variété du fro- 
mental , ainsi nommée parce que sa 
racine se compose d'une série de tubé- 
rosités blanchâtres disposées a la suite 
les unes des autres, comme des grains 
de chapelets , et dont la forme et la 
couleur ont une certaine ressemblance 
avec les perles. Onomatopée. (B.-F.) — 
CVst Vavena elatior de l.inné. 

Perluchai ou Preluchai (se), v. 
pr., léclier autour : « l'fricot était si 
ban qu'gle s'on preluchiant les dés ; » le 
mets était si bon qu'ils s'en léchaient 
les doigts. V. du grec XstJtw, lécher , et 
per, fort , beaucoup. 

Permentage fpeurmontage) , Pre- 
montage.s. m., ce que l'on a pour man- 
ger avecson pain, viande, légumes, fro- 
mage , etc. Vienne. — V. Comentage. 

Pebmenté (peurmenté) , v. a., épar- 
gner, manger avec frugalité le « peur- 
mentage » Vienne — y . Cémentai. 

Perot fp'rot, faire sonner le t) y s. 
m., dindon , dans tout le Poitou. 

« Porte va , pulou'ï , grou» Buzlrot 
» Dau poulet dau perot. » 

(N. p., p. ua.) 

Peepaau (à), loc. ,à propos. V,— 
D.-S.— Vend.— Languedocien. — Patois 
limousin ; « perpaou. » 

Perpol'asse (peurpouasse), prepou- 
asse , s. f. , cour d'une maison , pour- 
pris. Vend. — (C. et P. D) 

Perraudae , V. a. et n. , chanter 
haut. Vend. — (C. et P. D.) 

Perroylur,s. m., carrier. (An. 1387. 
Manusc. du Poitou.) 



PET 



PÉ 



207 



Persac , Pressic, s. m. , espèce 
d'herbe qui pousse dans les prés artifi- 
ciels , et donl les épis sont ronds et 
très-pointus. V. — D.-S. 

Pesas (I. pisum) , s. m., pois , s'em- 
ploie le plus ordinairement au pluriel. 
V., arr. de Civ. - D.-S. — (B.-F.) — 
Roman : « peze. » — Provençiil : « pe- 
zols. » — Limousin : « pézéou. n — 
Languedocien : o pëzë. > — '■ Sainton- 
geois : « peza , pezia. » — Aube : « pe- 
zas, » cosses de pois. 

Pescre , s. m. , vaurien , méchant 
dangereux. V. — D.-S. — Vend. 

M Les pescres d'animaux que ne sont-ails crevés.» 

(Gust., p. G7.) 

— Provençal, languedocien: « peccaire.» 
Pessou (l. p/5ci.9), s. m., poisson: 
« avai vou bé pringu deu pessou ? » 
Avez-vous bien pris du poisson? V., c. 
de risl -lourd., T.uchapt. — Limousin : 
c péissou. » — Languedocien : « peys- 
soun. » 

Petas , s. m., pièce , morceau d'é- 
toffe ou de toile qui sert à petasser. V. , 
arr. de Civ. — O.-S.— - Languedocien , 
gascon. 

" Pétasse, s. f., femme de peu de 
sens qui veut se mêler de tout. V. — 
D.-S. — Vend. — Mayenne. 

Petassé, V. a., appliquer des pièces, 
des morceaux à des vêtements, rapiécer. 
V. — D.-S. — Roman : « pedassar, » 
boucher des trous avec des chevilles. — 
Provençal : « spetassa : 

« La cami«a stouca 

s N'a pas ben spetassa. » 

(Chaos, prcv.) 

Petau, s. m., pièce : « mettre petau 
su petau , » mettre pièce sur pièce. V. 

— r. Petas. 

Petée, s. f. , lignée, famille : « tout' 
la petée était iqui, » se prend en mau- 
vaise part. (B.-F.) 

Peton , s. m., cochon du Limousin , 
tacheté de noir. — D.-S. — Vienne. 

Peton (1. pes) , s. m., petit pied. V. 

— D.-S. — Provençal : « petoun. » 
Petouère (l. peditum), s m., hran- 

chedesureau dont on a enlevé la moelle et 
dont les enfants se font un jouetau moyen 
d'une baguette et de deux tampons de 



chanvre , de pomme ou de navet, dont 
l'un repousse l'autre , et produit une 
certaine explosion. — V. — D.-S., arr. 
de Melle. — (B.-F.) 

Petougnai , V. a. , remplacer des 
pièces par d'autres pièces , sur de vieux 
habits. Vienne. — V. Pecaudai. 

Petounai (r. peton), v. n., piétiner, 
maugréer en trépignant. V. — D.-S. — 
Vend. : 

« Mes enfans mo font petounay. » 

(Gust., p. 90.) 

— Mayenne : « petouner. » — Patois 
du Berry : « petonner, petounner, » 
aller furetant , s'occuper de petites cho- 
ses où l'on n'a que faire. 

PÉTRABE , s. f., betterave. V., c. de 
risl. -lourd; dans quelques communes. 
V. loutterabe. 

PÉTRAQUE , s. f. , pomme de terre. 
D.-S , c. de Villemain. (B.-F.) r. Pa- 
tache. 

Petras (1. 2'^^tro , nis) , s. m. , lour- 
daud , niais : 

« C'est un petras que je tiens , que Je mène , 
» C'est un petras que je tiens par le bras. » 

(Chans. poit.) 



— Marne : « petrat , 
paysan. — Mayenne 



» grossier , 



Petrasse (être en) , loc. , être de 
mauvaise humeur. V.— D.-S. — (B.-F.) 
— V. Perdasse. 

Pétrole, s. f. , la digitale, plante. 
V.,arr. de Civ.— D.-S., Melle. (Rond.) 
V. Panetrole. 

Peu, s. f., puits. — D.-S. , arr. de 
Melle. 

Peu, adv., pnis. « Peu s'en vint 
qui; » puis s'en vint ici. » D.-S. 

Peuchotte, s f. , diminutif de pi- 
chet, pot à eau, à vin. V. La Grimau- 
dière. 

Peuïlle , s. f., chaume. — D.-S. 
V. Peille. 

Peux que, conj., puisque : 

« Peux qu'ol est la coutume. » 

(N. P., p. «9.) 

— Besançon : « peu que. » 

Pé-bas,s. m.,pay3bas, la partie mé- 
ridionale de l'arrondissement de Melle. 



208 



PIB 



L'on divise aussi 1.^ Poiloii , en « haut- 
pé, » et « pé-bas, » haut et bas Poitou. 

PÉBAS , PÉBATELLE, adj. , Ceiui OU 

celle qui habite le pé-bas. — D.-S. , 
arr. de Melle. 

PiAiLLABD , E (1. pipHare) , adj., 
piailleur. V. — D.-S. — Mayenne. 

PiARDE , s. f., espèce de pioche. V. 

— D.-S. — « Iiem une piarde et une 
fourche de fer à trois doits » (An. 1694. 
Smarve. Manusc. du Poitou.) 

PiARDÉ, V. a., travailler la terre avec 
une piarde. Vienne. 

PiABDO\,s. m., diminutif de piarde. 
V. — D.-S. 

PiAU (1. pi/us), s. m., poil , cheveu : 
a à tir'piau , qu'aura quiau ? » h tire- 
poil f qui aura ceci , cela ? V. — D.-S. : 

« Ses plauc qui sont M dely. » 

(Cent, poët., p. 95.) 

— Provençal : «peu» (péou) : « lou sang il 
mounto au bout di peu. » — Patois li- 
mousin : « piaou , péous.'îe. » Gascon : 
a priel. » — Saintongeois. — Ancien 
français : « pau. » 

PiAUMAi , V. n., se dit des bestiaux 
qui perdent leur poil : a tan beu piau- 
me. » — D.-S. — (B.-F.) 

PiADNAi et PiONNAi , V. n., travail- 
ler rudement et surtout à la tâche , à la 
corvée. Vend. : 

« Le curé veut qu'i me confesse 
B Et le ras me fait piaunay. « 

(Gust., p. ao.) 

PiÀUTE (l. pes), S. f., patte. — V., 
Adriers. 

PiBALE, s. f , petite anguille à ventre 
jaune. — D.-S. — Vend., Marais. 

PiBAU , s. m., grosse anguille à ven- 
tre jaune. — D.-S. — Vend., Marais. 

PiBLE , s . m. , peuplier. V. , c. de 
Montm. et de l'IsL-Jourd.— Provençal : 
fl Pibo. •> 

PiBOLAi (r. pibole) , v. a. , jouer de 
lapibole. V. — D.-S. — Vend. : 

« Te pibole à ton gré daux airs rieux et nouveas. » 

(Gust., p. 9.) 

— V. n., Frissonner: « les pésme pibo- 
liant. » V., arr. de Civ. 
Pibole , s. f. , espèce de Qûte à bec , 



PIG 

et h trois trous. V. — D.-S. 



Vend. 



« Mon compagnon Huguet répondit d' sa pibole. > 

(N. P., p. ai.) 

« Dansant après la pibole. » 

(Gust., p. 9.) 

• An printemps la mère ajeasse 
» Fit san nid dans un boissan , 
» La pibole. » 

(Chansons polt.) 

— Rabelais : « au son des vezes et 
piboles. » — (L. IV , c. 35.) — V. Auve. 
V., arr. de Civ. 

Pibole, s. f . , coccinelle, insecte que 
l'on appelle aussi et plus généralement 
Bête-a-Dieu. V., arr. de Civ. 

« Vole , vole , ma pibole, 
» Queu conté tu vol'ras 
» Queu coûté in'n'iré nore.» 

(Dicton poitevin.) 

Pic (l. picus] , s. m. , oiseau , pivert. 
V. — D.-S. — Roman : « pic. » — 
Espagnol : « pino. « — Ane. catalan : 
« picot. » — Rabelais : « pic-mar ; de 
laquelleusentles pic-mars.» (L. iv,c. 62). 

PiCAïLLON , s. m., monnaie, argent. 
V. , arr. de Poitiers, — D.-S. — « Pi- 
caillou. » V., c. de risl.-Jourd. et de 
Luchapt. — Patois limousin : a pigoil- 
lou. » 

PiCHAE , PiCHAi , Pichet, Piche- 
VET, Pichotte (b. X.picherium), s. m., 
pot à bec , de grès ou de terre , dont 
on se sert pour tirer le vin et la bois- 
son. V. — D.-S. — Vend. — « Ilem in 
picheriis iiii d. » (An 1301.) — Seize 
pychers de vin decoventappelésjustes.» 
(An 1331. Manusc. du Poitou) : 

M Del'èvefrède en in pichai. » 

(Gust., p. 2.) 

— Roman : « pichin et pichier. > — 
Languedocien : « pichier et pechier. > 

— Mayenne, Marne et Berry : « pichet. » 

— Ecossais : « pig, » pot. — Noms de 
lieux : « Picherie (la). » 

Pichebanette , s. f., cuve , moitié 
de tonneau en forme de baquet : « de 
t'chai grondes pich'ranettesqu' l'app'lons 
baillié hydraulique ; » de ces grandes 
cuves que l'on appelle baille hydrauli- ' 
que. — D. S., arr. de Melle. 

PicoçAi, v, a., se dit de tous les gra- 
nivores principalement, parce qu'ils ra- 



PIG 

massent les céréales avec leur bec, grain 
à grain , et des oiseaux en général , 
parce qu'ils piquent avec leur bec. Dans 
tout le Poitou. 

« Une poule sur un mur 
« Picoçantdu pain dur. » 

— Saintongeois : « pigocer. ») — Bas- 
Breton : apigosa,» cogner, frapper fort. 

— Languedocien : « pictis^a. » 
Picot, s. m., tache. (B.-F.) 
PicoTTE , s. f. , variole. Dans tout le 

Poitou. 

PiDAE, PmÉ, PiDi (1. pletas), s. f., 
pitié. — Vend.— (C. et P. D.) - (Gust.) 

— V. , c. de Montm. et de Bress.,p. 
« pidi. )) 

« Egépidé, s'ou pley, do pauvre Sen Maixont. » 
(Requête à Moreau de Beaumont, lieutenant 
de Poitou.) 

PiDÉABLE , adj. des 2 genr. , piteu.-?, 
sensible. Vend. 

PiDOU, SE. adj., V. le précéd. V. , 
arr. de Chat. — Vend. : 

«Quièsgens qui jàpldouxant dans leurs écritaires.» 

(Gust., p. S8.) 

—Doucereux, câlin, pitoyable.— D. -S., 
c. de Bress.— Vend. — Gascon : « pié- 
tadous , » piteux , apitoyé. — Noms de 
lieux : « Pidoire (la) , Usseau. V. 

Pied-bouge, s. m.,coronille variée, 
plante. V,^ arr. de Civ. et de Chat. 
V. Chacoura. 

Pierreyeux, s. m , le charretier qui 
conduit des pierres. V., arr. de Châtel- 
lerault, Oiré. 

Piebrière, s. f., carrière. V. — Ma- 
nusc. du Poitou. 

PiFOLET, S. m., duvet. V., arrondis- 
sement de Chat. 

PiFFÉ (se) , se plumer avec son bec. 
V., arr. de Chat. V. Epivardai. — Noms 
de lieux : a Piferie (la), » Payré. V. 

PiFRB, s. m., ail d'une seule gousse. 
V., arr. de Civ. — D.-S. — (B.-F.) — 
En français, très-gros, goulu. 

PiGAiLLE, s. f., avoir la pigaîlle , 
c'est ressentir un picotement à la gorge. 

— Au figuré, c'est avoir SDif. V. — 
D.-S. — Noms de lieux : « Pigeaillière 
(la). » Lavoux. (V.) 

PiGARLi.E, adj., bariolé. D.-S., c. 
de Bress. F. Birgarlé. 
Pige, s. f,, outil servant à piquer, à 



PIG 



209 



réparer les meules de moulin. D.-S., 
arr. de Melle. — Noms de lieux : « Pi- 
gerie (la), • Château-Garnier; « Pigère 
(la), » Senillé. Vienne. 

Pigeai (r. pige), v. a., piquer la 
meule du moulin. D.-S., arr. de Melle. 
— Creuser. — Au figuré, attraper, trom- 
per quelqu'un. V. — D.-S — « Lésageas- 
ses pigeant V garouil. » V.,arr. de Civ. 

PiGEAssAi, V. a., couvrir de bigar- 
rures , tacheter : « gl'a pigeassai son 
bâton d'ine drôle de façon. » Dans tout 
le Poitou. — Roman : « pichatar. » 

PiGEAUD, E, adj., noir et blanc, ou 
rou2;e et blanc. Dans tout le Poitou. 

« Pre l'ozea l'était bea, son corps était pigeaud.» 

PiGEAUDAT, V. n., la terre pigeaude, 
lorsqu'elle n'est mouillée qu'à la sur- 
face : « n' fé pou ban a s'nai , o pi- 
geaude, D il ne fait point bon à semer , 
la terre pigeaude. D.-S. — (B.-F.) _ 

PiGNEUX (1. pecten), s. m., celui qui 
peigne le chanvre. V. — D.-S. — V. 
Habilleuxv 

PiGKOLAi, V. a., orner, enjoliver : 
« le logis de meingne mouaîlre est ingne 
logis bin pignolai, mafoué; » la maison 
de mon maître est une maison bien or- 
née, ma foi. D.-Ç., c. de Bress. V. Bi- 
garlai. 

PiGNOT, s. m., petit pied : « chauff 
tes pignots, ma megnounne, chauff tes 
pignots. » V., arr. de Civ. 

PiGOUANE, s. f. (a long), douleur 
qu'on ressent dans l'estomac pour une 
cause inconnue. Au figuré, donner la 
pigouâne à quelqu'un , c'est le serrer 
fortement derrière et devant avec les 
deux poings. V. 

PiGOUiLLE, S. f., perche ferrée qui 
sert à conduire les bateaux. Vend. 
Font. (C. et P. D.) — (B.-F.) 

PiGOUiLLAE, v. a., se servir de la 
pigouille. Vend. (C. et P. D.) — Par 
extension, gratter, piquer fréquemunent, 
à petits coups, avec unobj,et. 

PiGOL'îLLAi, V. a., tripoter avec ses 
doigts, avec une fourchette les mets qui 
sont dans les plats. V. —D.-S. 

PiGROLiER, s m., oiseau, pivert. — 
Vend.(C. et P. D.) F. Pic. 

PiGUERLi,E, adj., celui ou celle dont 
la figure est marquée de petite vérole. 
— Bariolé : «les us d'caille santpiguer- 



210 



PIP 



lis. » V., c. de Monte. — D.-S., c. de 
Thénezav. V. Brezolé. 

Pilet' s. m., tronc d'arbre. Tome la 
partie qui s'élève droite , dégarnie de 
grosses branches, et pouvant servir de 
bois d'ouvrage : ce ihiau chagne a un 
bea pilet. « (B.-F.) — On appelait an- 
ciennement « pilet p le trait des arbalé- 
triers. 

PiLOTig.TTiXc;),s.m.,monceau,amas. 
Dans tout'ie Poitou. — Français , tas 
de sel ramassé en roue dans un marais 
salant. 

PiMPAiLLÉ, s. m., le dernier jour des 
moissons : « o s'ra demoin lepimpaillé, 
i nous en doun'rant. y 1).-S.,c. de Bress. 
V. Avelot. 

PiNAU et PiNON, s. m., noyau. V., 
arr. de Chat., arr. de Poit., pour « pi- 
non, w ISoms de lieux : « Pineau^ » Beau- 
mont, Béthines. V. 

PiNATE. s. f., vase de grès dans le- 
quel on place le plus ordinairement de 
petiies provisions de viandes salées. Ce 
vase a deux anses et la forme de l'am- 
phore antique, moins le goulot. (B.-F.) 
— V., ;irr. de Civ. — D.-S. — a Item , 
in XXII jallis et XII pinates. » (An. 
1332,>"oaillé.) — (I Item, .ïehan Pour- 
chaire de la Pasgerie aedmena à Vasles à 
madame ung sallouer , deux grans pi- 
nates, » etc. (An. 1469. Manusc. du 
Poitou.) 

PiNÉ, PiNi, PiNiER (1. pinus], s. m., 
pin, arbre. V., arr. de Civ., arr. de 
Montm. — D.-S., arr. de Bress. et de 
Parlh. — ^oms de lieux : « Pinier (le), 
Piniers (les),» au nombre de onze. (V ) 
PiNGEONOu PiNGEOUjS. m.,sortede 
vanne ronde et trouée qui sert à retenir 
et a laisser passer l'eau à la chaussée 
d'un étang. Vend. 

PiNGUiÉ, s. m., pinçon, oiseau. V., 
c. de Mireb. et de Monte. 

PiNOTE, s. f., grand vase où l'on met 
des pruneaux secs. Vend. (C. et P. D.) 
PiOTB, s. m., pied. V., c. Isle-Jourd., 
Adriers. 

PlODSE, PlOZE, PlOUSÉE, S. f.,pUCe. 

Vend. — D.-S., arr. de Melle pour 
t piouse, » et c. de l'Isle-Jour. pour 
« piousée. )) — Roman : « piuze. d — 
Ital : « pulee. » 

Pipe, s. f., cercle qui sert à lier le 
•tierçon. Usité dans la contrée des Deux- 



PIR 

Sèvres dite Pelleboiserie. V. ce mot. 

PiPOU,s. m., pourpier. D-S., c. de 
Bressuire —Vend. (G. et P. D.) 

PigUE-GuEUx, s. m., tous les char- 
dons, et particulièrement le chardon 
étoile D.-S. — (B.-F.) 

Pique (faire), loe., ou simplement 
« piqué. I) c'est faire assigner devant un 
tribunal. D.-S., arr. de Melle. —(B.-F.) 

PiQUERON (piqu'ron),s. m , aiguillon, 
dard des insectes, dent de la vipère. 
V., arr. de Chat V. Fiehon. — Cel- 
tique : « picken. » 

PiQUETTE-DO-JOUR, loC., Is point 

du jour , la lueur qui précède l'aurore. 
(B.-F.)— Patois du Berry : « pique-du- 
jonr. D 

PiRK (1. hira, boyau), s. f., l'ensem- 
ble de l'appareil digestif. Dans tout le 
Poitou. 

« I peux môme vous dire 
» Que tant que dan» le rentre me battrat la 

[pire. » 
(Bab.,p, 8.) 

— Au figuré, Ton dit d'un ivrogne qu'il 
a la pire sèche.— Saintongeois. 

PiBOLAi, V. a., orner, enjoliver, ou 
piroler de dessins divers le dessus du 
beurre, celui d'un gâteau. V. — D.-S. 
F. Bigarlai. 

PiBON, s. m., oison. V. — D.-S. 

— Vend. — « Six oies et douze petits 
pirons vendus treize livres. » (An. 1772. 
Vasles. Manuse. du Poitou.) 

€ Pense trouy ine famé 
>> I ne Irciie qu'lnpiron. • 

(Rob. Dlv., p. 88.) 

PiRON, S. m., la brassée de blé que 
l'on dépose sur le sillon, et que l'on met 
ensuite en gerbes. D.-S., e de Châ- 
tillon. — Noms de lieux : « Pironnière 
(la), » Saint-Benoît. (V.) 

PiROT, s m., diminutif de pire. V. 

— D.-S. — Vend. 

m Herodea cas qu'en sonne mot 
* Sea tout fret son plrot. > 

(Gust.,p. ».) 

PiROTE , Pire , Pireau , Pirbttb , 

noms que l'on donne aux oies ; « virai 
quem' in piron fou. » Dans tout le Poi- 
tou. 
Pirouette, s. f., jeu d'enfants. Il 



PLA 

consiste à poser , sur deux pierres, un 
morceau de bois relativement court , 
appelé pirouette. On lance la pirouette à 
l'aide d'un bâton. Elle doit être ren- 
voyée par un autrejoueur à l'effet d'at- 
teindre le bâton que l'adversaire a posé 
sur les deux pierres à la place de la 
pirouette. V., arr. deCiv. 

PiROui, s. m., petit morceau de peau 
d'anguille que l'on met au bout de la 
broche d'un rouet pour filer la laine. 
V., arr. de Poit. 

PiRBE, s. f., pierre: € arroche don 
quou ché à cots de pirres. » V., c. de 
risl.-Jourd. 

Pjscane, s. f., petite seringue en bois 
tendre qui sert de jouet aux enfants. 
(B.-F.) 

PiscàNTiNE, s. f., mauvaise boisson, 
mauvais vin. V. — D.-S. — Rabelais. 

PiTAcrs, adj., pittoresque : « quiau 
l'adraité bène pitacus. » V., arr. deCi- 
vray. 

Pitou, SE, adj., sensible, piteux. V., 
arr. de Civ. r. Pidou. — Ancien fran- 
çais. 

PiTROUiLLE , s. f., bourbier, lieu 
fangeux. V., arr. de Chat. V. Patrouil. 

PiVELài (piv'lai), V. a. et n., orner, 
enjoliver. Ces enjolivements ou orne- 
ments consistent en losanges, carrés, 
cœurs et autres figures gravées avec un 
couteau sur les quenouilles et les bâ- 
tons. On enduit ces rayures de callard. 
(cambouis). V. — D.-S. — Vend. 

« I tenas dans ma moin un bâton pivelé. » 

(Gust.; 

— Roman : « pipar et pimpar. » — 
Ancien français : « pipoler, pipouler. » 

PiVEE, s. m., oiseau^ pivert. Vend. 
(C. et P. D.) F. Pic. 

PivRY, S. m., plante du genre des 
légumineuses. Vienne. F. Georgea. 

Place {pi mouillés), s. f., pelouse. 
V., arr. Civ. 

Placitbe (b. I. placitum), s. m., on 
appelle ainsi à Civray la place, située 
près l'église, où se tient le marché aux 
volailles, aux œufs, aux légumes. Ce 
mot rappelle les anciens plaits seigneu- 
riaux qui se tenaient dans un champ, 
sous un arbre, à la porte des églises. — 

Un petit placistre entre deux chemins 



PLE 



211 



qui se croisent. » (An. 1643. Veuille. ) 

— «Rue Ste-Pelage tendant du placis- 
tre St-Simplicien à la rue de St-Cy prien . » 
(Poitiers. Manusc.) 

Placrai [pi mouillés), v. a., jeter 
avec force quelque chose de mou contre 
un corps dur : « i va f placrai thielle 
fagne prè la goule, w (B.-F.) — V., Civ. 

— D.-S., arr. de Melle et de Bress. — 
Par extension, flatter. V. — D.-S. 

Placreur, Placreux {pi mouil- 
lés), adj., celui ou celle qui flatte. V. — 
D.-S. 

Plamor, conj., a cause de, parce 
que. Vend. (C. et P. D.) 

PLANCHON(p/ mouillés) [1. planca], 
s. m., le plancher d'une chambre, la 
chambre elle-même ou le grenier. V., 
arr. Poit. — D.-S. — Basse latinité : 
plancatum. 

PL4NCH0UNAI ipl mouillés), V. a., 
planchéier. Dans tout le Poitou. 

Plandrou, se (1. plangere), adj., 
plaintif, et, par extension, fainéant. V., 
c. Dangé, Buxeuil. 

Plange {pi mouillés) [l. planvs], s. 
f. et adj., plan, uni. — Au figuré, af- 
faire qui n'est pas claire, qui s'em- 
brouille : « n'é pou plange. » D.-S., 
arr. Melle. 

Planti {pi mouillés), s. m., tenue de 
vignes; fief. (B.-F.) — • Auprès du 
plantis de mons d. le prieur de s. The- 
baut. » (An. 1454. Manusc. du Poitou.) 

Platrelle {pi mouillés), s. f., ma- 
ladie, anémie. (B.-F.) — Noms de lieux : 
(( Planti (le}, » Montmorillon, Senillé; 
« Plantis (les), » Journet ; « Planlis-Bou- 
tins Ile), » Châtelleraud; « Planty (le), > 
Ingrande. V. 

PLASTRE(p/ mouillés), adj., flatteur. 
Vend. (C. et P. D.) 

Pleau (pi mouillés), s. m., poil. V. 

— D.-S. — Vend. F. Piau. 

f 

< Et si ve résonnez, gic tous prenrant aux 

[pleaux. » 
(Gust., p. 89.) 

Pleingne {pi mouillés), s. m., pe- 
louse : « teingne chomp vezin é rempli 
de ploingne. • D.-S., c. de Bress. V. 
Place. 

Plessis {pi mouillés), s. m., haie 
sèche. Plus tard ce mot a signifié, par 



212 



POE 



extension, non plus la clôture en elle- 
même', mais les terres renfermées dans 
son enceinte. — Basse latinité : p/eis- 
secium, plessis. D'après Joseph Scali- 
ger, c'est un lieu fermé par des haies ou 
des branchages, ou une maison cham- 
pêtre, ou une propriété où il y a des 
parcs. — Marne, IlauIeMarne : « ples- 
sis. plesseis, « parc, clos, habitation de 
plaisance. — Berry : h.iie entrelacée, 
clos, parc fermé de haies. — Noms de 
lieux : une douzaine portent ce nom. 
Vienne. 

Pli, s. m., parrain : « sou pli gn'o 
ré bailla, quond l' s'é marida ; * son 
parrain ne lui a rien donné quand il 
s'est marié. V., c. de l'Isl.-Jour. 

Pliacbé, V. a., enduire, appliquer. 
Vienne. 

Pliânge, adj. des 2 genr. . uni, plan. 
V. — D.-S., Gâtine. 

Plionnr , s. m. , pivoine. Vend. 
(C. et P. D.) 

Plogeai (pi mouillés) [1. plicare], 
V. a , ployer, courber. (B.-F.) 

Plon {pi mouillés), s. m., pelouse. 
V. - D.-S. r. Place. 

Plon, s. m., la coquille verte des 
noix, des châtaignes. Vienne. 

Pluma.il (1. pluma)j s. m., aile d'oie 
qui sert de piumasseau, dans tout le 
Poitou. — Ardcnnes : « plumart, w plu- 
meau, balai de plumes. 

Plume-grolle, s. f., petit morceau 
de pain. D.-S. 

Po,s. m., pain. V., Luchapt. — Pa- 
tois limousin. 

Po, adv. de négation, point. V., c. 
Isl.-Juur., I.uch. 

Poe, s. m., petit trou que font les 
enfants pour jouer. V. Pedoque. D.-S. 

Pochée, s. f. , sac rempli de grains. 
Dans plusieurs localités une pochée 
éq* ivaut à dix doubles décalitres de 
blé. Dans d'autres c'est un sac de cinq 
doubles décalitres, ou seulement le blé 
que l'on envoie au moulin, au marché 
Dans tout le Poitou. — Basse latinité : 
a poickia, pouchia, » mensura frumen- 
taria , in diœcesi Biturrensi. (Duc.) 
— Saxon : a pack, » sac. 

PoELOLUNNE, S. f., chaudron en cui- 
vre. D.-S. Parth. 



POI 

Poi (I. paucum), adv., peu. D.-S., 
c. Bress. — Vend. (C. et P. D.) 

« Prc avcr niy in poy de funiy. » 

(Gcnt. PottT., p. 18.) 
m Sans parler un poy. » 

(Bab., p. 2.) 

« Per ma qui sal trop pois hardi. > 

{Gust.,p. la.) 

— a Poy plus, poy meins, » un peu plus, 
un peu moins. (An. 1416. Ansigny, 
Civray. Manusc. du Poitou.) — Marne, 
Ardennes : « po, poc, poi. * 

Poigl [gl mouillés), s. m., pou. 
Vend (C. et P. D.) V. Pattil. 

PoiN, S. m., pain. V. — D.-S., sui- 
vant les lieux. 

« Et scait à mon aris mois que son polo 

[menger. • 
(Bab., p. 44.) 

PoiNTEAS,s. m., pointe, cime. Vend. 

« Roume, cher Mélibée, at aussi haut son cou 
> .Au-dessus le pointeas dau rillcs rononaées. > 
(Gust., p. 77.) 

PoiNTREAU, S. m., anneau fait d'une 
lanière de cuir tordue ou même d'une 
réorte, et qui sert à lier les bœufs à la 
charrue. V., c. de iVIontm, et de l'Isl.- 
Jour. V. Imblé. 

PoiRAON, s. m., petite bande le long 
d'un mur de jardin. — Pierre de che- 
minée en forme de plaque. Vend. (C. et 
P. D.) 

PoiRASSE,s. f., poirier sauvage, sau- 
vageon que l'on plante pour greffer. 
(B.-F.) . 

Poiré 1. plrua), s. m., plante dont 
le fruit ressemble assez bien à une 
poire, et laisse au toucher quelque chose 
de très-amer. Elle vient en abondance 
dans certains terrains de la commune de 
r.oubillé. (B.-F.) — Patois du Berry : 
« poiriers^ » aristoloche clématite. 

PoiRicHON, s. m., petites poires qui 
viennent dans les haies. D.-S. — (B.-F. ) 

PoiRiLLON et Perillon, s. m., se 
dit en général des poires sauvages. 
Vienne. 

Pois(l. pagus)^ s. m., pays. D.-S. 

— Patois limousin. 

« Vous qui fasez trombley dans qulo poy tout le 

[monde. 
(Requête à Moreau de Beaamont, etc.) 



POQ 

PoTS-DE-TiARRK, P. m., pomiiie de 
terre. V., Ayron. V. Palache. 

PoiSEA et PoisiA, s. m., haricot sec, 
D.-S., arr. de Bress. — Vend. (C. et 
P. D.) — Rabelais : « poisards, » liges 
de pois : «« s'éloieiU musse au jardin 
dessus les poisards. » (L. l*^'", c. 38.) 

POITRIGNAI ou POTRIGNAI, V. 3,, 

pétrir dans ses mains, manier sidemeni, 
d'une manière dégoùlanle. D.-S. — B.- 
F.) — V.j arr. de Poit. — Patois du 
Berry : « potigner, » tripoter. 

PoLACRE,s. m,, ladre, vilain. D.-S., 
c. Bress. — Vend. ^,C. et P. D.) - 
Marne, Haule-Marne : « polacre, » Po- 
lonais, sale, dégoûtant. 

Pomma, s. m., cidre. V.,c. Isl.Jour. 

POMPLLON {p/l mouillés) [I. popit- 
his], s. m., peuplier. V., arr. Civ. — 
D.-S., arr. de iMelle. — Saintonge : 
« popillon. » 

Ponant (1. ponens), s. m., derrière, 
cul. (Gust.) — « Ajançai ou jançai le 
ponant, » c'est donner le fouet. — Pa- 
tois limousin : a ponéou. » 

PONEAU, s. m., grande terrine munie 
d'anses. Dans tout le Poitou. — « En 
ballays et poneaux de terre pour les 
enfermeriesiiiis. » (An. 1546. \!anusc. 
du Poitou ) 

PoNNE, s. f., cuvier. Dans tout le 
Poitou. — <' Une ponne de terre et sa 
selle estimées deux livres. » (An. 1543, 
1764. Manusc.) 

PoiNET, s. m., dé à jouer que l'on 
fait tourner sur un pivot. Vend. (C. et 
P. D.) — D.-S.— (B.-F.) 

PoNTiF (le/ nul), adj., ombrageux, 
peureux, se dit des bêtes et des gens. 
D.-S., arr. de Melle et Niort. 

PO^T-LOUIS, PONT-LEVIS , S. m,, 

devant de culotte : « gle commence a 
être grand garçon, gle porte daux cu- 
lottes à pont-louis. » V., arr. de Civ. 
F. Brague. 

PopuLON, s. m., peuplier. D.-S. — 
Saintonge : o populot. » 

PooTE-POOTE, loc, manière d'appe- 
ler les canards. D.-S Dans une partie 
de l'arrondissement de Chat, on se sert 
du mot « goulu. » 

PoQUE, s. f., petit trou que font les 
enfants pour jouer. Vienne. V. Pedo- 
que. 

POQUETON (poq'ton), s. m., petite 



POT 



213 



portion, petite quantité que l'on peut 
mettre dans sa poche. D.-S. — • (B.-F.) 

— V., arr. Civ. 

PoRCHERiou, s. m., blongios, oiseau 
du ge'nre héron. Vend., Font. (C. et 
P. D.) 

PoRGNAi, PoRNiÉ, S. m., porte- 
diner; vase en ferblanc dont on se sert 
pour porter la soupe et le dîner h ceux 
qui travaillent dans les champs. D.-S., 
Parth. — Arr. de Melle. — (B.-F.) — 
<« Porle-diné ou petit chaudron de cui- 
vre. » (An. 1749. Vasles. Manusc. du 
Poitou.) 

Porta u ou Poubtau {]. poi'ta), s. 
m., portail, se dit aussi des grandes 
portes d'entrée d'une maison delferme : 
« va fremai les portaux; » va fermer 
les portes.— Basse latinité : « portafe. » 
(Duc.) — Patois limousin : « pour- 
taou » Noms de lieux : o Porteau (le), » 
au nombre de dix dans le département 
de la Vienne. 

Porte-botte, s. m., morceau de 
cuir qui attache la botte (ficelle, au fouet. 
V. —D.-S. 

Porte-faix, s. m., larves des insectes, 
vulgairement appelées « mânes, » L'on 
s'en sert avec avantage pour appât dans 
la pêche a la ligne. V. 

PoRTELLON, Portillon (1. porta), s. 
m., petite barrière qui précède la porte 
d'entrée d'une maison , établie pour 
empêcher les volailles d'y pénétrer. D.- 
S , c. Bress. 

Porte-manche, s. m., double cour- 
roie en cuir qui attache un fouet à son 
manche. V. — D.-S. 

Portement, s. m., état de la santé. 
S'informer du a portement > de quel- 
qu'un, c'est lui demander comment va 
sa santé. V. — D.-S. — Patois du Berry. 

— Ancien français. — Babelais : « à 
ce que par lui je sois acerlainé de ton 
portement. » (L. 4, c. 3.) 

PoBTOiRE (1. portare), s. f., hotte 
pour porter le raisin. V., arr. Chat. — 
Rabelais : « une portoire d'or faite à 
la mosaïque » (I.. 4, c. l''^.) 

PoRTOU et PoRTOUR, S. m., pièce de 
toile longue et étroite attachée au cou 
des moissonneurs et qui leur sert à por- 
ter le blé qu'ils coupent. V., arr. Civ, 

— D.-S., arr. Mel., Niort. 
Potages, s. m. pi., les légumes en 



214 



POT 



général, et particulièrement ceux qui 
servent à faire la soupe. V. — D.-S. — 
Yenil. — a Deux boisseaux de potages 
moitié pois et moitié fèves. » (An. 1648. 
St-Savin. Wanusc.) 

PoTAR, s. m., coq blanc: « nouté 
potar n'o po chanta, oré; » noire coq 
blanc n'a point chanté aujourd'hui. V., 
c. de risl.-Jour. 

Pote, s. f., cane. V. — D.-S. — 
Vend. 

Pote, s. f., trou que font les enfants 
pour s'amuser au jeu dit de « la pote. » 

— Trou en général. V. — D.-S. — 
Vend. V. Pedoque. 

POTÉET, s. m,, canard. Vend. (Cet 
P. D.) 

PoTELAGEAi (pot'lageai), v. a., re- 
muer, tourner une chose, la mettre à sa 
place. Au figuré, pot'lageai quelqu'un, 
c'est le réduire par la force, en faire ce 
que l'on veut. — D.-S., arr. Melle. 

POTELiNAi, v. a, manier avec pré- 
caution. Poteliner un enfant c'est lui 
donner les soins que comporte son jeune 
âge. (B.-F.l — V. —D.-S. 

POTELOUBE (r. patte-de-lovp)^ s. f., 
plante, renoncule des prés. V., arr. de 
Civ. — D.-S , arr. de Melle. — (B.-F.) 

PoTETile / se fait sentir), s. m., pot 
à eau ou à vin de grès ou de terre. V. 

— D.-S. 

« 01 é r potet qu'est cause 

I Qu' la daUe dou cou s'arrose. » 

— Deux petits potets de terre. » (Ma- 
nusc.) — Basse latinité : potus. (Duc.) 

— Saintonge. — Rabelais: « grandz 
polz, grandz bassins, grandes lasses, 
couppes, potetz. » 

Potin, s. m., vase en cuivre pour 
verser de l'eau dans le pétrin. V. — } 
Vase de cuivre pourvu d'une anse ou 
d'une douille auquel on adapte un man- 
che et qui sert entre autres usages à 
verser de l'eau lessivée sur le linge : 
€ porte icou potin. » (Am. de Col , p. 
36.) — Français : « potin, > cuivre 
jaune. 

POTIRELLE ou POTURELLE, S. f., es- 
pèce de champignon. V. 

Potiron, s. m., le champignon en 
général. V. — D.-S. — Vend. — Fran- 
çais : grosse citrouille. 



POU 

Pou, s. f., peur. D.-S. — Vend. Y. 
Paour. 

« Tu scarez que la poux qu'on te donne sur 

[quieu. a 
(Bab., p. M.) 

— Provençal : « ai bello pou, » j'ai 
grande peur. — Gascon ; « poou . » — 
Besançon : « poue. » — Saintonge : 
« poure. » 

PouA (1. puteus), s. m., puits. D.-S., 
Tillou. (B.-F.) — Gascon : « pou. i» 

Pou\ (I. pariim), adv., peu : « in 
poua alîèté. » D.-S., arr. de Mel. 

PouBLE [bl mouillés), s. m., peu- 
plier. V., arr. de Chat. Y. Oyar. — 
Ardennes : <■ puble. » Noms de lieux : 
a Poublais(la); » Prinçay : (« Poublaye 
(la Basse et Haute) ; » Leigné-sur-Us- 
seau : « Poubleaux (les), » le Bouchot. V. 

PoucHE, s. f., lie, partie la plus 
grossière d'une liqueur. D.-S., c. Bress. 
Vend.— (C. et P. D.) 

PoucHE, S. f., toux : « la pouche é- 
t-a passadée ? — Oio. » — Ta toux est- 
elle passée? — Non. V., c. Isl.-Jourd. 

Poudre, s. f., jeune cavale. D.-S., 
c. de Bress., arr, de Melle. — « Une 
jument rouge âgée de dix ans avec une 
poudre à sa suite. » (An. 1765. Vasies. 
iManusc. du Poitou.) — Basse latinité : 
« polfclrus^pulietrum, pultrinus^pul- 
lus equinus. » (Duc.) « Invenimus de pe- 

culio poledros bimos 10. » (Capitui. 

An. 812.) — Rabelais l'écrit : « poultre,» 
et il donne ainsi l'explication du mot: 
« les Poitevins nomment ainsi une ju- 
ment non encore saillie. 

€ Pourquoi comme une Jeune poutre 
€ De travers guignc£»iu vers moy ? » 

(Ronsard.) 

— Ardennes : Marne : « poutre, » pou- 
liche ,• poulret , » jeune cheval. 

Pour, s. m., puits. V. — D. S.— V. 
Poua. Patois limousin : « Pey. » 

PouÉ, adv. de négation, point. V., 
arr. de Civ. — D.-S., c. B., Airvault, 
Melle: « La branche n'était poué forte. » 

PouLiL, s. m , pou. Vienne. V. 
Paueil. 

Pouessant, te, adj. verb., qui a du 
poids : « les poulets sant-eils bans ? — 

— Eh ! oui gle coumençant à être pou 
trot mal pouessants; » tes poulets sont- 



POU 

ils bons ? — Eh ! oui, ils commencent à 
avoir assez de poids. V., arr. de Civ. 
Gâtine. 

PouGNAGE, s. m., ce que la main 
peut contenir de brins de blé en mois- 
sonnant avec la faucille. Une pièce de 
blé a du pougnage quand elle e-t bien 
fournie. L'on dit du blé qu'il a mangé 
son pougnage, quand il gaisse avant 
l'hiver. D.-S., c. de Celles. 

Pougnage, s. m. , garniture d'une 
ferme, et principalement les charrettes , 
charrues, harnais, etc. D.-S., Chérigné. 
(B.-F.) 

PouGNASSE, Pougnon, S. f., petite 
fille. V., arr. de Poilierà.— D.-S., arr. 
de Melle. 

PoDFFiASSE, s. f , fille malpropre OU 
de mauvaise conduite. V". — D.-S. 

PouFFiiV, s, m., bluel. D.-S., arr. de 
Melle. (Rondier.) V Bouffin. 

PouiLLASSE, s. f. , petite fille. V., 
arr. de Civ. V. Pougnasse. 

PouiLLOU (1. puUus), s. m., petit 
poulet : « voûtés pouillou.-; sont-i 
grous? » V., arr. de iMontm,— Marne: 
« pouilleux, » petit perdreau. 

Pouis , s. m., fontaine qui n'a pas 
de cours. V., c. de Montm. Mouli. 

PoiiLAiLLE, s. f., volaille. Dans tout 
le Poitou. — « A Perrot Boucher et 
Perrot Chesseporq pour poulhailles , 
poussins, oisons, » etc. (An. 1389. IWa. 
nusc. du Poitou.) 

PouLATBON (1. pullastra), s. m., 
poulet maigre et étique. D.-S., arr. de 
Bress., de Parlh. et de Melle. 

PouLE-AU-BON-DiEU, S. f., hirondelle. 
V., arr. de Civ. V. Arondelle. 

PouLiCHOU, SE, adj., peureux, cha- 
touilleux, facile à émouvoir, se dit des 
bêtes et des gens. (B.-F.) 

PouMERASSE, S. f., rejet de pommier, 
pommier sauvage. V. — D.-S., arr. de 
Melle et de Bress. 

PouNÉ (I. powere), y. a. et n., pon- 
dre : « la poule a-t-elle pounu? » — Ra- 
belais : « poner ; c'est pour faveur que 
les éléments portent aux alcyons, oiseaux 
sacrés à Thétis, qui pour lors ponent et 
esclouent leurs petits lès le rivage. » 
(L. V, c. 6.)— Patois du Berry : «pon- 
ner. » — Amyot : « estiment que c'est 
tout autant manger des œufs que des 
animaux qui les ponnent. > 



PRA 



215 



PouNETTE, s. f., vase en (erre où 
l'on met le lait pour le faire monter en 
crème. D.-S., Parth. 

PouNETTÉE, s. f., plein une pou- 
nette. D.-S., Parth. 

PouPETTES, s. f., plante. : n cotylé- 
don ombilicata. » Vend. (C. et P. D.) 

PouBiN (1. putrls), s. m., fumier. 
D.-S., arr. de Bress., Gâtine, arr. de 
Melle, (Rondier.) — Manusc. du Poi- 
tou. 

PouRi(*u, SE, adj. , peureux. V. — 
D.-S. 

PouRVOUEiLLE, S. m., morcoau do 
bois qui s'cmmortaise dans le forcar 
^V. ce mot) et sert d'aiguille à la char- 
rue. — Il sert encore à désigner la 
pièce de bois, la perche qui s'attache au 
timon de la charrette pour augmenter 
l'altelage. D.-S., arr. de Parlh. et de 
Bress. 
PoussiOT, s. m., asthme. (Gust.) 
PouvRAE (r. pouvrc), v. n., faire de 
la poussière : « o pouvre. » Vend. — 
D.-S. — Vienne, où l'on dit « pouvrai. » 
Pouvre (l. pulvis)^ s. f., poudre , 
poussière. V. arr, de Civ. — D.-S., arr. 
de Melle. — Vend. — Roman : « pol- 
vera. » 

Pouvre, s. m., personne dont la 
fréquentation est dangereuse. (Gust.) 

PouvHOU, SE, adj., peureux. (Barot.) 
— - D.-S., arr. de Melle. — Roman : 
<i pavoros, paoros. » 

PouzE, s. m., sarment que l'on a 
rogné en taillant la vigne. (B.-F.) 

Pra, s. m., morceau de bois qui 
s'cmmortaise dans le forcar et sert d'ai- 
guille à la charrue. D.-S. — Vend. — 
(B.-F.) V. Pourvoueille. 

Pra (I. pratum), s. m., pré. V., c. de 
Monlmorillon et de l'Isle-Jourd. — Pa- 
tois limousin : « pra. » — Langue- 
docien et gascon : « prat. » — Arden- 
nes, Marne : a prael, praiel. » Noms de 
lieux : « Pras (Grand et Petit), » Mous- 
sac. V. 

Pradr, s. f , prairie. V., c. Mont- 
morillon et de risl -lourd. — Langue- 
docien : « prâda. » — Gascon : « prâ- 
do. » Noms de lieux : « Prade (la), » 
Asnières, Saulgé. V. 

Pradèle, s. f., pâturage abandonné 
pourlabassecour,elqui tient à la maison 
d'exploitation : « les pirons sant-eils 



216 



PRÉ 



dons la pradelle? » V,, arr. de Civ.,c. 
de l'I^le-JourJ. 

Pbancae, V. a., pincer avec force. 
Vend. ,C. et P. D.) 

Pranture ou Pronture, par con- 
traction lies mots par et arentuj'e, ioc, 
peul-è:re, par hasard, par aventure. — 
D.-S.,arr. de Melle. — iB.-F.) 

Pbasse 1. passer), s. f., moineau. V. 
arr. de Poitiers et de Civ. — D.-S. — 
(B.-F.) — Palois du Berry : « Prasse. » 

Prasta.s. m., petite prasse. — Au 
figuré, terme injurieux. V., arr. de Gi- 
vra y. 

P'rb i. pcr], prép. , par, et pour. 
V. — D.-S. 

Pbebagxai, Pbebinae r. prebin), 
V. a., provigner, faire des provins. V., 
arr. de Civ. — D.-S. — Prébaigner : 
« à la charge par le preneur dedans 
deux ans prouchain. Venans améliorer 
les vignes, c'est assavoir escriper et arra- 
cher tous et chùns les seps lesquels ne 
sont de bon aire et les prébaigner. » 
(An. 1469.) 

Pbebin, s. m., provin. V., arr. de 
Civ. — D.-S., c. C. B. (B -F.) — Pré- 
bain : « Esquelles vignes lepreneur sera 
tenu faire tous les prébains qui seront 
à faire. » (An. I.ô84, Saint-Denoît. .Ma- 
nuscrit du Poitou. — Roman : « pro- 
bage. ù 

Precas, conj., pourquoi. Vend. — 
D.-S., c. de Montcoutant. 

Précarbai 'se), V. pr., se prélasser, 
nàner. B.-F.) ' 

Prêchai, s. m., se dit d'une per- 
soime qui est de bon appétit. Vend. 
(C. et P. D.) 

Prêchai, prêché, conj., pourquoi. 
D.-S — Vend. 

Prechanter (b. 1. prœcantare)^\, 
a., rendre un honneur public par le 
chant. (Bab.) 

■ On vet que dès qulo temps on priet pre les 

Imorts ; 
» Oa diset pr'eax la messe, on prechaniet loux 

[corps. » 

Pbec\s, Perchât, s. m., papier 
écrit, mémoires, suppliques. V. — D.-S. 

« Qaèllez vilain prêchas rompli de méchonceté. » 

Pbecioté, Précioti (I. preciosus), 
chose rare et curieuse : « quieuqui é 



PRE 

ine préciûté. » Il est employé aussi par 
ironie, comme dans celte phrase : « en 
v'Iat ine belle préciolé!» — Garder 
quelque chose en précioté], c'est garder 
avec soin. V.— D.-S. — (B.-F.) 

Precour(I. /jr^B fî/r.sw.s), s. m., dis- 
cours, et plus particulièrement prône , 
sermon, instruction : « quont iVIad'Iu 
Bouesselle (femme de Boissea) sil él'raie, 
r curé fit in procour qui fit bramâe tout 
r miiulo;» quand iMadeleine Bouesselle 
fut enterrée, le curé fit un sermon qui 
fit pleurer tout le monde. D.-S., arr. de 
Melle. 

Preculou (1. procurator) , s. m. , 
procureur : 

n In grond viellard de preculoux . » 

(Cent. PoJitv.) 

« Quichci les avocats, les preculoux, au greffe. » 

(Bab., p. -la.) 

— V. Parculou. 

Preuèque, conj,, mot-à-mot pour de 
quoi : « ol é predèque i ai v'Iu métou 
far'ine rigourdaine. » (Mel. 24 mars 
1861.)- Ù.-S., arr. dé iMelle. — (B.-F.) 

— V., arr. de Civ. 

Predingue, exclamation, par Dieu : 

« Predingue ! i 11 répondray bain. » 
(Gent. polilv.) 

— y. Pardi. 

Prrdoubae , V. n. , pardonner : 
« predouraé-me,» pardonnez-moi. Vend. 
Font. (C. et T. D.) 

Préfour (1. praf, furnium], s. m., 
tourteau , ainsi nommé parce qu'on le 
fait cuire à la gueule du four. — D.-S., 
arr. de Mel. et de Niort. — Vend., Font. 
(Cet P. D.) 

Preglae, V. n. , périr, se perdre 
sans laisser de traces de ce que Ton est 
devenu. Vend. (C. et P. D.) 

Preiller, V. a. 

« Ne verrons preiller Rome avec son antecrlt. ■ 

Bab.) 

Prelange, Prélongb, s. m., lan- 
gage : 

« si ton prelange est franc y t'honore et chérit. » 

(Bab., p. «7.; 

a Mourea d'in JoM prclonge 
■ Nous valnguit faire In sermon.» 
(N. P., p. sa.) 



PRÉ 

Prelinguant(1. prœloque)is)^s. m., 
qui parle le premier : 

« I quo prelinguant y le vis. » 

(oent. poëlv.) 

Premae (1. primus) , uclj., premier : 
<i prcmâe que, î premier que, avant 
que. Vend. — (C. et P. D ) 

Premeloge 'I. prunus, locus) , adj. 
des 2 genr., précoce, hàlif. — Au figuré, 
un enfijnt qui vient au monde avant les 
neuf mois révolus, est un premeloge. 
V. — D.-S. — Saintonge : « peurme- 
loge , promeloge. » — Patois du Berry : 
« promunge, » fruit, terrain de pri- 
meur. 

Premoi:*^s {\.pro, minns), loc, pour 
le moins. D.-S., arr. de Bress. et de 
Part h. 

Premy (1. peVf médium], prép., 
parmi. V., arr. de Civ. — D.-S. 

Présure, s. f., présure pour faire 
prendre le lait, D.-S. — (B.-F.) 

Prepousai (1. proponere) , v. a., 
proposer. V. — D.-S. : 

« Luter aux AUeraansla prepouset sans glose. » 

[Bab., p. 40.] 

Preque, Prequé, Préqueu, conj., 
pourquoi. V., arr. de Civ. — D.-S. 

Prequioulou, s. ni., procureur. 
Vend. (C. et P. D.) Y. Parculou. 

Pressais, s. m., pêche qui tient au 
noyau. D.-S. — (B.-F.) — Roman: 
• presega, >• pêcher. — Gascon : « pre- 
cet, » pèches; « presseguès, » pêchers. 

pREssAiTiER,s. m., l'arbre qui donne 
le pressais. V. — D.-S. 

Pressimi, adv. , très- prestement. 
Vend. (C. et P. D.) 

Pressonnae fl. persona), adj., as- 
socié dans une ferme. Vend. (C. et P. 
D.) — <L C'est assauoir les choses que je 
et mon personner auons Arsay ou en- 
viron. > (An. 1337. Arch. St-Hil., Ar- 
çay, nol4.) 

Prêtant, prép. et adv., pourtant. V. 
— D.-S. 

PretaUjS m., prétendant à la main 
d'une fille : a Quielle feille n'a guière 
depretaus. » D -S.", Chàiillon. 

Prèle, s. f , osier. V., Monts-sur- 
Guesnes. V. Eziou. — S. f., plante ma- 
récageuse. V. — Il y a à Alonne, près 
Poitiers, la vallée de la Prêle. 

XXXll. 



PRO 



217 



Prevatl, PflEvoiL,s. m., assemblée 
religieuse occasionnée par des voyages 
à quelque relique ou à quelque saint, 
et accompagnée d'une foire. Vend. , 
Font. (C. et P. D.) — Il y avait autre- 
fois à Châtellerauld la foire des provai- 
res. — Launay (paroisse de Ste-Cé- 
cile. en Bas-Poitou^, où se tient, le jour 
(Je la feste, une prevaille ou foire. » (An. 
17.50. .Manusc. du Puilou.) 

Priau, Prioule, s. m., morceau de 
bois qui s'emmortaise dans le forçar et 
sert d'aiguille à la charrue : «.Gne 
peudi po arrangea sou priau ; » il ne 
pouvait pas arranger son priau. V., 
c. de risle-Jourd. et arr. de Civray, 
p. « prioule. » V. Pourvoueille. 

Pr'igi, Pr'iqui, adv., par ici, par 
là. V. —D.-S. 

« Orbaiii quond lot fut ainassl 
» Ueçay de lay pr'ici pr'iqui, 
» Veci voent in presonnage 
> Bain abilly. o 
(Cent. Poëlv., p. 62, cit. B.-F.) 

Prime (l.pr/??iM.s), adj., primeur. Dans 
tout le Poitou. V. Primeloge. — Ro- 
man : a prim. » — Espagnol et portu- 
gais : « primo. ») 

PfliNGUAi, Prinquai, V. 3., pincer. 
Vend. (C. et P. D.)— V. n., éprouver une 
sensation vive, désagréable ou doulou- 
reuse: «f le fret pringue. » (B.-F.) 

Pringuette. s. f., pincette. D.-S., 
Melleran. (B.-F.) 

Priisque, s. f., pli formé dans le 
r'virau [voir ce mot), formant la corne 
et toujours au nombre de trois. V., arr. 
de Civray. — D.-S., arr. de iMelle. 

Procurassia, s. m., procureur. D.-S. 

w Daux procurassias, daux sergents. » 
(Chans poit.) 

Prodre, V. a. et n., prendre : « pro- 
dre la bousque, » c'est se fâcher. Vend. 
(Cet P. D.) 

Proférexce, s. f. , revenu, produit. 
(Manusc. du Poitou j — Basse latinité : 
profereniia, proferentium , proferta^ 
proventus, reditus. (Duc.) 

Prou , adv., où : « prou gl'é? » où 
est-il ? Vend. (P. et C. D.) 

Prou (1. parum], adv., assez : « En 
v'iez-ve d'aute? — I nan, i en ai prou.» 
V. — D.-S. — Vend. — Roman : « preu.» 

47* 



218 



PTA 



— Provençal : « proun. )^ — Berry, 
Champai^ne, Limousin : « prou. » — 
Ancien français. 

Prouae ^I. prohare), v. a., prouver. 
Vend. (C. et P. D.) 

Prouail, s. m., croc qui sert à atta- 
cher deux bœufs à une aiguille de char- 
rette ou à une perche de charrue. D.- 
S., Parlh. — Perche de cliarrue. D.-S., 
c. Bress. 

Proue (1. proba) , s. f., preuve: 
« Baillez-en la proue, > donnez-en la 
preuve. Vend. 

Prol'ILLèrb, s. f., croc qui sert à 
metire-deux bœufs à une ai;:;uille de 
charrette ou à une perche de charrue. 
V. - D.-S. 

PfiOUiN, S. ni., provin. V., arr. de 
Chat. y. Prebin. 

PROIJLEA, s. m., morceau de bois 
qui s'emmortai^e dans le forçar et sert 
d'aiguille à la charrue. V.*— D.-S. 
V. Pouvoueille. 

Pruna-blancs. m , prune de Sainte- 
Catherine non greffée: « pruna-Saint- 
Michea, » prune delaSt-Michel,de cou- 
leur violette foncée. — « Prune-date, ■ 
violet très-foncé, mariolé, goret. V , arr. 
deCiv. 

Prunollons (// mouillés), s. m. pi., 
jeunes rejets de pruniers. V., arr. de Civ. 
— B.-F.) 

Prlms et PRUNOU (gâteau de) 
[1. prunumYs. m., galette sur laquelle 
on a étendu, avant de la mettre au four, 
une marmelade faite avec des pruneaux. 
D.-S — B -F.i 

Ptas. s. m., fruit. Vend. (C. et P. D ) 

Ptassaé, Ptassiaé, e, adj., man- 



PYO 

geur et marchand de fruits. Vend. (C. 
et P. D.) 

Pue, s. f., dent de fourche, de râ- 
teau. Dans tout le Poitou. 

PuET, s. m., engin pour prendre des 
petits oiseaux, et principalement les mé- 
sanges. Il se compose de morceaux de 
sureau droits et d'un demi-cercle qui se 
détend au moyen d'une petite corde. 
D.-S.,c. Cel. 

PuDAi , V. n., répandre une-odeur 
puante, de punais. V., c. Isle-Jourd., 
Ad ri ers. 

Pi DÉ, PuTADE, adj., punais. V.,c. 
I.->lG-Jourd., Adriers. 

Pue, s. f., PuoN, s. m ,deiU de four- 
che de râteau, et en général tout ce qui 
a un bout pointu et piquant. Dans tout 
le Poitou. Provençal : a puo, » pointe. 

PupuT (1. npupa), s. f., huppe, oi- 
seau. V. — D.-S. — Patois du Berry : 
« puput. )) — Rabelais : « Où me mu- 
nir de langues de puputz et decueurs de 
ranes verdes? » 

Pute, ad v._, après tout, hé bien! V. 
- D.-S : 

o Peute ! nous s'ran hor.s de peine. » 

(Geiit. poetv.) 

Pute, Pelte, s. f., bergeronnette, 
oiseau. V., arr. de Civ. 
PuTOD, adv., plus tôt : 

« Quiélay sont sot qui mourant putous 
» Que l'heure n'est venue. » 

(Gust., p. 19.) 

Pyot^ TE, adj , habitants du pays 
haut. D.-S., c. de Celles. 



Q 



QUA 



Qu {qu mouillés) , pr. rel. _, que. 
C. Montm., Moulisme. 

QuA, inlerj., quoi? (Gust.) 

QuAiRAGE, s. m., entourage d'une 
métairie. Vend. (C. et P. D.j — Patois 
du Berry : « quarrage, » carrefour. 

QuAiREUX, Ql'ièbeux (I quxrcre). 
s. m., carrefour. V. — D.-S., c. de 
Bress. — « iMa mai.->on du dicl lieu de 



Vatan, assise aux querrouer des bancs 
du dict lieu. (An. IIGI. Arch. St Hil. 
Egl.) — Noms de lieux : o Quereuï et 
Querreux (lej, » St-îMerre-des- Eglises, 
Saulgé. Anché,Sillars (V ) 

QuALÉQUi, pr. démonst pi. , ceux 
qui. V. — D.-S. 

Quant (l. quantum), adv. , autant 
que , comme, aussi : « quant et lui , 



QUE 

quant et moi. » V. , arr. de Chat. — 
Champagne , Berry. — Ancien fran- 
çais : 

« Et les forêts a vu planter menues 
« Qui , quant et lui , sont vieilles devenues.» 
(Meilin deSt-Gelais.) 

QuARRE (1. quœrere), v. a., quérir, 
chercher : « va don quarre dau poin; » 
va donc chercher du pain. — D.-S., c. 
de Sauzé-Vaussais. — (B.-F.) 

Quarre, s. f . , querelle. V. — D.-S. 

— Roman : « carays, » dispute, que- 
relle. — Anglais : « quàrrel » (pr. 
quouârel.) 

Quarte (1. quart us) , s. f., les trois 
mois de la St-Jean à la St-Michel qui 
composent la quatrième partie de l'an- 
née : « i m'remembre, ine fet, ol'tait 
pre la quarte. » — D.-S. — (B.-F.) 

Quatre - PoTF.s (à) [1. quartus , 
pedes] , marcher en s'aidant de ses 
pieds et de ses mains. V. , arr. de Civ. 

QuAU , QuALLE , pron. dém., ce, 
cette. V. — D.-S. 

QuAUQUE f^?/«//5(?zfe), adj. , quel- 
que. V., Adriers, Luchapt. — D.-S. 

— Vend. : « pour quauque tort que il 
facet. » iCout. de Charr., art. 22.) — 
Provençal : a quauque esperitoun siblo 
miaulo. » — Gascon : « quaouque » 

QuAUQu'uN, adj., auplur. : <- quau- 
qués-uns; a quelqu'un , quelques-uns. 
V., c. de risl.-Jourd. , Adriers et Lu- 
chapt. 

QucHOTAi [qu mouillés) , v. n., par- 
ler bas. Par extension , boire à petits 
coups et souvent. V., arr. de Civ. 

Que, pr. rel , qui. V., c. de l'Isle- 
Jourdain , Adriers et Luchapt. 

Que, pr. rel., quoi : 

« A que sert'o tant d'acclamation .' » 

(Bab.) 

— Gascon : « que , qui. » 

QuECAS (q'cas), s. m., noix dépouillée 
deson brou. V., arr. de Chat. — Rabelais: 
« et leur donnarent ung cent de que 
cas. » (L. pr, c. 2.5.) 

QuÉDEiNCHE (faire le ou la), loc. , 
feindre une indisposition , être malade. 
- — D.-S. (Barot.) 

QuEDENANT , adv. , combicu , plu- 
sieurs, une grande quantité.  D.-S. 

— (B.-F.) 



QUE 



219 



QuEGLiAE, V. a. , cueillir. Vend. 
(Cet P. D.) 

QuELiON (q'Iion), petite barrière qui 
précède la porte d'entrée d'une maison. 
V. — D.-S. — V. Portellon. 

QuEMANT , adv., comment. — D.-S. 

— Vend. 

QuEME , adv. , comme. V. — D.-S. 

— Vend. Suivant les lieux. 

« Emplumassé quem'ln linot. n 

(Gust.) 

QuEMENTAGE ( q'mentage) , s. m. , 
ce que l'on a pour manger avec son 
pain : « t'a mingé tôt ton qu'mentage, 
le ming'ra ton poin sec. » — D.-S.' — 
Vend. 

QuEME>TAT (q'mentai), v. a., épar- 
gner. — D.-S. — Vend. 

QUEiMliNÇAI , QUEMOINÇAI, V. a., 

commencer! V.,c. de IMirel). — D.-S., 
c. de Bress. — pour « quemoinçai. » 

QUEMINCEMENT, Qu EMOirSCEMENT, 

S. m., commencement. V.. c. de Mireb. 

— D.-S., c. de Bress. — p. « quemoin- 
cement. » 

QuEMOTAE (q'mofâe), v. a., épar- 
gner ce que l'on a à manger avec son 
pain. Vend. (C. et P. D.) 

QuENAiLLE (q'naille), s. m. , enfant 
nouveau-né , petit enfant; ou grande 
personne agissant comme un enfant. V. 

— D.-S. — Ancien français. 
QuENNE , s. f jCane. V. — D.-S. 
QuENAi (r. <7«e?iee), v. n., faire un 

effort ; se dit aussi des cris des petits 
enfants quand ils souffrent ; se dit en 
mauvaise part de ceux qui ont trop 
mangé : « gle quenne coum'in goret. » 
V. — D.-S. — Saintonge : « quener, » 
vagir. 

QuENÉE^s. f . , gros soupir, effort. 
V. — D.-S. 

QuENEUiLLE , S. f. , qucnouilie. V. 

— D.-S. 

QuENEUSSONCE , S. f., connaissancG. 
V. — D.-S. — Gâtine. — (B.-F.) 

«Jamez de quiou bea jeut, n'en àrié queneussonce. » 
(Rob. Div., p. lit.) 

QuENEUTRE (l. cognosceré) , v. a. , 
connaître. V, — D.-S. — Gâtine. — 
Saintonge. 

QuEJNiAU, S. m., petit enfant. V., 



220 



QUE 



arr. de Chat. — Saintonge : « quonaye, 
quenayon. » 

QuÊque , QuiÈQUB (1. f/ualisque) , 
adj. , quelque. V. — D.-S. — Vend. 
Suivant les localilôs. — Ardonnos. 

QuERGLON (queurij;lon, gl mouillés), 
s. m. , petite barrière qui précède la 
porte d'entrée de la maison F. Portel- 
lon. — V. — D.-S. 

QuERiou , s. m., lieu de pacage ré- 
servé pour les volailles et qui entoure 
la maison de ferme. V. , c. de l'Isle- 
Jourdain. 

QutiiRE, V. a., chercher : <.( vèque 
querre mou seil. » Va chercher mon 
seau. V., c. de I Isle-Jourd. — Ga?con, 
Ardennes, ÎVJarnc. — Ane. français. 

QuEBBOiR , S. m., carrefour — D.-S. 
y. Quaireux. — INlanusc. du Poitou. — 
Noms de lieux : « Querroir (le),» Quin- 
çay (V.) 

QUFSSOTTE , S. f. , instrument qui 
sert à laver les mains. D.-S. — Vend. 

QUETÉ , QuETiE , pr. démonsf., ce. 
cette. V., c. de risl.-Jourd. — Patois 
limousin. 

Qu'houre (1. qua hora) , adv., 
quand : « qu'hour vendra t-eil? » Quand 
viendra-t-il? V. — D. S. — Roman : 
coure, r — Provençal : o quouro , » 
quelque temps. 

QuED , pr. rel., que. — pr. démonst.: 
ce. V. , c. de Yhi -Jourd., Adriers et 
Luchapf. 

Ql'euarsson {qu mouillés), s. m., 
aigreur; sensation aigre excitée dans 
l'estomac. D.-S. 

QuECGNAi (se) [r. queugne], v. pr. , 
se donner un coup, se faire une bosse à 
la tête. (B.-F.j 

Queugne , s. f., coup , et principale- 
ment coup à la tète. V. — D.-S. — V. 
Cabeugne. 

QuEUL, QuEDX, pr. rel., quel, 
quels : 

« Qneul houneur , queux bea* profits. » 

(Gust.) 

QuEUQUE, adj., quelque. V. —D.-S. 
Vend. 

" 01 é bin queuqiie cho^e de bla 
'^ Que dverre ddux maisans su l'alve. » 

[ChaHB. poit.] 



QUI 

QuEURASSON [qu mouilIés), s. m. , 
aij^reur à l'estomac. V. — D.-S. 

QuEURE, QuiEURE [qu moujllés [l. 
cnqucre] , v. a , cuire. V. — D.-S. — 
Vend. — Besançon : « queure. » 

QiJEDKEiix , s. m., petit e.^pace de 
terrain en forme de cour , devant une 
maison — D.-S., Parth. 

QuF.ussER , s. m., houx , plante : 
« in grous boursau de queusser à l'a- 
voure quo jouquant tous quiés p'tits 
aiseas; •) une grosse boussée de houx 
où se perchent tous ces petits oiseaux. 
D.-S., arr. de Bress. 

QuEUSOïTE, s. f. , instrument qui 
sert à laver les mains. — D.-S., c. de 
Ci'lles. 

Qui, adv. de lieu, ici, là. V. — D.-S. 
— V'end. — Limousin , Besançon. 

QuiAQUiA, s. m., espèce de grive : 
(• i voiron pas d'quiaquia qnetle annie, 
y a pas de c'nelles; » nous ne verrons 
pas de grives cette année , il n'y a pas 
decenefles. V., c. de Monte. — Aube : 
« quia-quias, » grive de grosse espèce. 

Qliaquiasse, Quiequasse , adj. , 
bavarde: « fezez don taise quielle quia- 
qiiiasse. » V., arr. de Poit. et de Civ. — 
D.-S. , c. de Bress., p. « quiequasse. » 

QuiARCHAi, v. a., chercher. V. — 
D -S. : 

I Perrot , qularche ton chalumoa. » 

[N. P., p. M4.] 

QuiARE, V. a., chercher, quérir. 
D.-S., arr. de Bress. 

QuiAU,QiJiALE, QuiÈLE (1. qualis)^ 
pr. démonst., ce, celui, celle ; au plu- 
riel , qitiea , qidèlai : « quiea que j'ai- 
merai de quiélai de ses frères. » V. — 
D.-S. 

« Et seriez inchonlé d'avéfail quielle grâce. » 
[Requête à Moreau de Beauinont.} 

— Roman : « quai , qal, cal. » — Pro- 
vençal : « quau i> 

QuiAUQUietQuiOQUi, pr. démonst., 
celui-ci. V. — D.-S. — Patois limou- 
sin : « quéouqui. • 

QuiBNGNF, s. m., le taon des bœufs. 
D.-S.. arr. de Bress. 

QuiEQu'uN, pr. ind., quelqu'un. V. 

— D-S. — Vend. 

QuiEBEUx, QuiÉBU, S. m., carre- 



QUI 

four: cf Ofatbeaanel, leu femmes éront 
ou quiéru; » il fait beau aujourd'hui, les 
femmes iront au carrefour. V., c. de 
Monlconiour, arr. de Poitiers et de Ci- 
vray , pour ; « quiéreux. » V. Quai- 
reux. 

QuiEU, pr. démonst., ceci, cela ; au 
pi. quiés, ceux-ci V. — D.-S. — Vend. 

a A.près qulcu, sache quleqiii* » 

(Gust.) 

— Provençal : « aquéu, aquéli. » 
QuiKUQUi, QuiELLEQUi, pr. démon- 
stratif, celui-ci^ celle-ci. Dans tout le 
Poitou. 

QuiEUSSON, s. m., cuisson. V., arr. 
de Civ. 

Quignon, Quignou, s. m., coiffe. 
V., c. de i\!ontc. La Grimaudière. — 
D.-S., pour « quignon » 

QuiLLET, s. m., fluet mince, menu. 

a G bon vieil tomps l'an s'habill'.-t 
« Drestement sans être qulllet. » 

(Geiit. Poët.) 

Quio, pr. démonst., celui , ce , ceci , 
cela. Dans tout le Poitou. 

« Destache te de quio qui t'a mis à la chaîne. » 

(Bab.) 

« Prendront ù quio cot pre quio moyen in bout. » 
[E\eqiiête à Moreau de Beauraont.J 

QïJiOD, Quou, QuALE, QuiALE. adj. 
V. le précédent. — Provençal ; « Quelo. » 

— Patois limousin : « Quou. » 

QUIOQUI, QUIOUQUI, QuiELLEQUi, 



QUS 



221 



p. démonstratif, celui-ci, celui-là, celle- 
ci, celle-là. Vienne. 

« Gl'as son dit et dédit, vcezvouben, quloqul. » 
[Requête il Moreau dé Beauniont.] 

QuiQUiou, s. m , femme sale. V., 
arr. de Civ. — V. Napisson. 

Quiu, pr. démons , ce, ceci, cela : 
« minge quiu ; mange ceci. V. , c. de Mi- 
rebeau et Neuville. 

QuoQUADÉE, pr. ind., quelque. V., 
c. Isle-Jourd., I.uchapt. 

QuoT, a.Jv._, quand. D.-S., arr. de 
Melle. 

Quouci, QuouQUi, pr. démonst., 
celui-ci, celui-là. V , Saulgé, Journé , 
arr. de Monlm. — Ce, cet, canton de 
Mi rebeau 

QuouÉ, pr. démonst., celui, celui-ci : 
« qu'é quoué qu'a fé quo ? » quel est 
celui ci qui a fait cela? V., c. de l'Isl.- 
four. 

QuQUi [qu mouillés), pr. démonst., 
celui-ci. V., c. de Montm. 

QuBAiL, QuROT (le t sonne) \qu 
mouillés], s. m., résidu d'un fruit. V. — 
D.-S. Suivant les lieux. 

QuROUR {qu mouillés) , s, m., petite 
palette de fer dont se servent les culti- 
vateurs pour nettoyer leur charrue. V., 
arr. de Civ. V. Ancias. 

QussE {qu mouillésl, s f. , le pain 
que l'on fait dans une fournée, ou la fa- 
rine qui sert pour faire une fournée. V., 
c. de Mirebeau, arr. de Loudun. V. 
« Ceusse, » 



R 



RAB 



Ra, Ré, s. m., roi. V. — D.-S. 

K Gle disiant qu'ol' tait nout' ra 
» Quiauqui qui fat si bin la guinrre. » 

[Chans. poit.] 

— Gusteau. ~ Babu. 

Rabâche, s. f, insecte brun foncé 
qui s'attache à la peau du bœuf. D.-S., 
c. de Bress. F. Carcelle. 

Rabale, Raballe, s. f., râteau com- 
posé d'une planche et d'un manche, qui 
sert à mettre en monceau le blé que l'on 



bat au fléau. V. — D.-S. — Vendée. 
y. Ane. 

Rabale, s. f., arau à deux oreilles 
avec barre en fer pour soc. V., c. Isle- 
Jourd. Luchapt. 

Rabale-Boissea,s. m., plante ainsi 
nommée parce qu'elle est très-nuisible 
aux céréales. V., arr. de Civ. 

Raballe, s. f., femme de mauvaise 
vie. D.-S., c. de Celles. 

Rab ALLÉE, is. f., grande quantité : 



999 



RAB 



t ine raballée d'enfants, ineraballée d' 
monde. » V. — D.-S. — Vend. 

Raballé, V. a., ramasser avec la 
raballe; s'entend aussi dans le sens de 
traîner dans la boue un objet quelcon- 
que , le salir. D.-S. — (B.-F.) — V. — 
Provençal : a Rabailla, » ramasser des 
objets de peu de valeur. 

Rabalou, s. m., râteau. V., arr. de 
Civ. 

Rabalous, s. m., étranger de mau- 
vaise mine qui parcourt les campa^^nes 
(B.-F.) 

Rabanais, R\bama,s. m., plante , 
moutarde-des-champs. V. — D.-S. 

Rabat, s. m., tour de lit dans les 
lits à quenouilles. D.-S., arr. de Melle 
et de Niort. — Ardennes : a Rabats, w lu- 
tin, esprit. — Marne : mur placé au bout 
du jeu de paume. 

Rabatee , s. f. , coups de bâton; 
donner, recevoir une rabâtée. V. 

Rabate, V. a. et n., frapper, secouer; 
battre quelqu'un avec un bâton. Par 
extension, faire du bruit. Dans tout le 
Poitou. — (• Le ditLorrain lui dist qu'il 
n'avoit rabasté à sa porte. « (An, 1527. 
Manusc. du Poitou.) — Ménage fait 
venir ce mot du grec saSaTTsiv, faire du 
bruit. Il ajoute qu'on appelle rabats, 
en Poitou, les esprits qui reviennent 
(B.-F.). C'est le mot consacré dans le 
département des Ardennes . ainsi que 
nous l'avons consigné au mot rabat. 

ÎS'ous ignorons si nos campagnards 
emploient encore ce substantif dans leur 
langage, mais le verbe rabâté , dans 
plusieurs contrées, est toujours usité pour 
signiûer laction du bruit que font les 
revenants : < i n' se poué c' qu' o veut 
à dire; ol a rabâté tout' la neut dons le 
ploncher; » je ne sais pas ce que cela 
veut dire, j'ai entendu du bruit toute la 
nuit dans la chambre haute. 

L'influence des esprits frappeurs, 
que l'on cherche à exploiter de nos jours, 
n'est donc qu'une surperstition très-an- 
cienne, que les villageois ont conservée 
en Poitou, et qu'ils appellent rabâté. — 
Patois du Berry : « rabâter, » fiiire 
du bruit. — ISoms de lieux : «Rabalé,- 
Saint-Léger de Montbrillais , Roiffé. 
(V.) 

Rabettb, s. f., petite rave, colza, 



RAG 

navette. V.— D.-S.— Roman : « rabetta,» 
petite rave. 

Rabiaule, s. f., mets préparé avec 
des raves. V.,c. Isl.-Jourd. Adri. 

Rabtlleai , v. a., raccommoder : 
t< rabiller les habits, les membres cas- 
sés. » V, —D.-S.— An. 1537. Manusc. 
du Poitou. 

Rabikéb, s. f. , tâche, corvée: «Don- 
ner ine rabinée à un champ. » c'est lui 
donner un labour. Par extension : 
« donner ine rabinéeà quelqu'un, » c'est 
passer quelques heures avec lui : «irai 
v' donnai ine rabinée, avont qu'o se 
linlomps. » j'irai vous voir avant qu'il 
soit longtemps. V. — D.-S. — Vend. — 
Rabinée, en quelques endroits, a le 
même sens que rabâtée. V. ce mot. 

Rabot, s. m , ravine. Vend. (C. et 
P. D.) — Le limon déposé par le débor- 
dement d'une rivière, d'un torrent, ou 
par tout ce qui sert à l'écoulement des 
eaux après de grandes pluies. Au figuré, 
une pluie abondante, et de peu de du- 
rée. V. — D.-S. — Manusc. du Poi- 
tou. — Roman : « rabeg, rabey, ra- 
betli,)) courant d'eau, torrent. - Noms de 
lieux : o Rabois, »> Saint-Romain près 
Civray : « Raboué, » Andillé. (V.) 

Raboui,Ioc., dépérissement du corps, 
de la santé ; par extension : <i jeter le 
raboui, » c'est revenir à la santé après 
une longue maladie. D.-S., c. B. 

Raboumnai, v. a., coudre sansgoût, 
raccommoder. Vend (C. et P. D.) 

RABOYA?iOuRABOYON,s. m., plante, 
moutarde sauvage. D.-S., arrondi.sse- 
ment de Melle. — (B.-F.) V. Rabanais. 

Rabresac, s. m., havresac. V.,arr. 
de Chat. V. Haubressa. 

Rac, adj., court : « rester rac,» rester 
court. Vend. (C. et P. D.j 

Racassae, Racassai, v. a., faire 
le bruit que font les grains dans la cap- 
sule lorsqu'on les secoue. V. — D.-S. 
— Vend. Suivant les lieux. 

Racasse, s. f., nom que les gens de 
la campagne donnent aux ouvriers des 
villes. V., arr. de Civ. — D.-S , arr.de 
Melle et de Bress. 

Racassehie (racass'rie), s f , ce qui 
ne vaut gères ; se dit des hommes et des 
animaux. V., arr. de Civ. — (B.-F.) — 
Roman : « Raca. » 

Racau.de, adj., chauve; celui qui 



RAC 

a les cheveux trop courts. D.-S., c. de 
Bress. — V., arr de Poit. — « Racaau. » 
Vend. (C. et P. D.) 

Racaustrai, V, a., raccommoder, 
recoudre. V. — D.-S. 

« llfaut racaustrcr mon sabot. » 

(N. P ,p.i8.j 

— «Racoiistrer, » réparer : « et faits 
racouslrer (es faucilles cheux le maré- 
chal. » (An. 1571. Arch., Saint-Hil. 
Egl., suppl., no40.) 

Raçai (se), V. pr., s'accroupir, dissi- 
muler la hauteur de sa taille, se faire le 
plus petit que l'on peut. V., arr. de Ci- 
vray. — D.-S., arr. de Bress. et de 
Melle. — (B.-F.) 

a Igllse racltdaasia cotn. ■ 

(Chans, PoU.) 

Rachée, s. f., giboulée : « les ra- 
chées de mars. » (B.-F.) 

Rachkport (vent de), loc, vent de 
l'Ouest. (B.-F.) 

Racle (c/ mouillés), RAQUE[g'W mouil- 
lés], s. f., morceau de bois, le plus sou- 
vent douelle de barrique que l'on passe 
sur un boisseau pour en ôter le grain 
qu'ilcontient en trop. V. — D.-S. — 
Ardennes, Marne : « racle. )> 

Raclet, te, adj., chauve : « i d'vint 
tout raclet, depis quieuque temps. » V., 
arr. de Civ. V. Racau. 

Racobnesi racurn'si), v. a., dimi- 
nuer , terminer : « racorn'si son ou- 
vrage, » c'est l'avoir presque terminé. 
V., arr. de Poit. 

Racque ou Raque, s. f., rosse, delà 
celte expression : « faignant comme ine 
racque ; puer queme la raque. » V. — 
D.-S. — Se dit en mauvaise part en 
parlant d'une femme. 

« Et qu'ol est peurc In plau 
« Qu'in sot pardit sa raque. » 

(Meliois, 24 mars tsei.j 



RAI 



223 



— Roman : « raca, » rosse, bête étique. 

— Provençal : «■ raquo, » mare, eau 
bourbeuse. 

Racremai, Recremai, v. n. et pr., 
rappeler, et se rappeler à la mémoire , 
recomxmander : « i t'racrème d' fair' 
toun ouvrage avont d'parti. i> (B.-F.) — 
D.-S., arr. de Bress. et de Melle. 



Radoudeux, se, adj., celui ou celle 
qui raccommode les membres cassés. 
V. — D.-S. Dans quelques localités. 

Raé, s. m., roi. Vend. (C. et P. D.) 
r. Ra. ' 

Rafistolai, v. a. et pr., réparer; 
mettre en meilleur état sa forlune, ses 
affaires. V.— D.-S. — Patois du Berry 
et de Champagne'. 

Ragage, s. m., homme ou femme de 
mauvaise vie : « tchieu l'houme é poué 
d' bon ragage. » Font., Vend. (C. et 
P. D.) 

Ragalae, v. a., fureter partout, dé- 
ranger les meubles. Vend. (C. et P. D.) 

Ragane, s. m., rigole que Ton creuse 
le long de la lisière d'un chanij) pour 
l'écoulement des eaux. V., arr. Civ. — 
D.-S., c. Bress. 

« Naqulu dès l'Ouzanne 
» Don ine ragane. ■ 



(N, P., p. H8.) 

Ragouillage (1. regustare), s. m., 
mauvaise cuisine; mets à longue sauce, 
et de mauvais goût. V. — D.-S. — 
Basse latinité : « regustas. » 

Ragote, s. f , brebis non encore 
mère, ou qui porte pour la première 
fois. V., arr. de Civ. 

Ragrouae, v. a., couvrir. Vend. 
(C. et P. D.) V. Agrouâe. 

Ragroui, e, adj , rabougri; se dit 
d'une personne petite, d'un enfant, d'un 
animal mauvais dans son espèce. V., 
arr. Chat. 

Ragué, v. a., rendre ce que l'on a 
pris soit légitimement, soit par fraude : 
« il a bien fallu qu'il rague les six francs 
qu'il m'avait pris en trop. » — Terme 
de jeu : « j'i ai fait ragué dan un seul 
coup tout ce qu'il avait gagné. » — 
Par extension, vomir. V., arr. de Chat. 

Rai, s. m., rayon de soleil. V., arr. 
Poit. -— D.-S., c. Bress. — Provençal : 
« li rai escounjura, » les rayons char- 
més. 

Raicièbb, s. f., raisin gris-blanc, 
à grosse graine, à queue longue. V., c. 
Isl.-Jour., Adriers. 

Rai DE (I. rigidus], s. m., endroit 
élevé, cime. V. 

Raille, s. f., diminutif de raillerie. 
V., arr. Chat. 
Raille-chein, loc, jeu de chiens; 



224 



RAM 



railleries qui finissent souvent par des 
coups de dent. Quai^d les enfants s'amu- 
sent « finit souvent en railie-chein. a 
(B.-F.) 

Raire (1. ra(liare)j v. n., luiro, 
rayonner. V., arr. Puit. — D.-S. — 
Ve'nd. — vB.-F.) — Roman : « raiar, 
rajar et rayar, » briller, rayonner. 

•1 Beu long-temps après qaleu, la lune qu'y vy 

[raire. » 
(Bab., p. 87.1 

RA1SI>"ETTE ou RaSINETTE (g. pas), 

s. f. , la vigne sauviige et les petites 
grappes qn'elle porte. D.-S. — (B.-F.) 
— Roman : « razain. » 

Raisu, e (1. radere, rasum)^ a'ij , 
court, V., c. Isl.-Jour., Adriers. 

Rait. e, adj., enroué. V., arr. Chût. 
Raiteur. s. f., enrouement. V., arr. 
Chat. 

Rajai, V. a , racler : c: vau-tu râjai 
r cul dau chaudran? » D.-S., Châtillon. 
Rajettes, s. f. pi., raclures. D.-S., 
Châtillon. 

Ralle, s. f., squelette : « ralle de 
cheval, « pour exprimer la maigreur de 
l'animal. (Rondier.) — Cuisse. Vend. 
(C. et P. D.) — S. m., mollet : « 1' ralle 
m' fé mau. w D.-S., c. Bress. — S. f., 
mauvaise jambe : « quiau gars a-t-ine 
vilaine décampe, le tir' la ralle qu' m'in 
galérian. » D -S-, c. de Celles. — Noms 
de lieui : c Rallerie (la), » Gouex (V.). 
Ralubox et Raliroîv, s. m , rat 
des champs. V., c. Montm., Moulis- 
mes. 

Ramaie, Ramée, s. f., averse, pluie 
d'orage. V. — D.-S. — Noms de lieux : 
« Ramée (la), » Cenon (V.) 

Ramale, s. des 2 gonr., animal qui 
par des vices cachés, ou par défaut de 
conformation, est impropre à la re- 
production de son espèce. (B.-F.) 

Ramia (l. ra}nu.<]t s. m., espace pris 
dans un plus grand ; se dit surtout des 
blés qui, semés inégalement, ont poussé 
avec plus de force et d'abondance dans 
certaines parties d'un champ. (B.-F ) 

Bamigkau (1. ramus). s. m., haie 
vive remplie de ronces ; o in grou rami- 
geau » est un endroit toufTu , plein 
d'épines, où l'on ne peut passer. V., 
arr Civ. — ^B. -F.)— Dans la commune 
de Jazeneuil, près Lusignan, il y a « la 



RAN 

fosse à ramigeau, » située au coin d'un 
bois. 

Ramigé, Ramissé, v. n., faire du 
bruit dans la feuillée, dans la a ra- 
missé » : « qu'é-t-o quieu qui ramisse 
dans la palisse? » D.-S. 

Ramisse, s. f., haie sèche pour clô- 
ture. V., arr. Montm. 

Rampeau, s. m., jeu de quilles ou 
des neufs trous. V. — D.-S. — « La 
comtesse do Poitiers avait seule le droit 
de faire jouer au rampeau au bourg de 
St-Léger-la-Pallu les jours de foire. >• 
(An. Î72I. Manusc. du Poitou.) 

Ranche, s. f., ridelle. V. — D.-S. 

— a Eflfraiiche. »» Lacombe. — « Char- 
rette avec des claies d'aisses, ses ran- 
chesetses fonsseures. »(An. 17.5.5. Vas- 
les. Manusc. du Poitou.)— Effranche. 
(Lacombe.) 

RA^DE, s. f., sillon, se dit surtout 
des vignes. D.-S. — V. — (B.-F.) — 
« Plus sept randes de vigne de grande 
versainne. » (An. 1594. Manusc. du Poi- 
tou.) 

Randia, Randieau, s. m., sillon 
en général. V., arr. Poit. 

Randon, s. m., impétuosité, rapi- 
dité. D.-S. 

« I couru d'in tau randon. 

» Que ma langue devint sèche. » 

(N. P., p. 9t.) 

— Marne : « randon. ^) — Livre du bon 
Jehan duc de Bourgogne : 

« Quant les choasit, de plain randon 
» Il va desploier son pennon. » 

vV. 2, i48.) 

— Chronique de du Guesclin : 

« A Poitiers sont venu en fuyant de randoo, 
» A Chando fut conté cette perdirion. » 

(V. 18, 951.) 

Randonée, Randon ie (r. randon), 

s. f., multitude du môme lieu : 

« Tretous d'ine randonie 
» En Beihléem llgs allirant. » 

(N. p , p. 14.) 

— Noms de lieux : « Randonnière (la), » 
Marnay (V.). — Français : « circuit 
que fait une bête lancée autour du 
même lieu avant de l'abandonner. 



RAS 

Ranguin, Ranqutn [gu et qu mouil-( 
lés), s. et adj. m., celui qui traîne la 
jambe en marchant : « avance don, pau- 
vre ranquin. » (B.-F.) — V., arr. Civ. 

— R.oman : « ranqueiar, » boiteux. — 
Par extension, homme dur intraitable. 
V., arr Poit. et de Civ. 

Rantai et Rantaie, adv., proba- 
blement : a i aron bein incore de l'aive 
rantaie. w D.-S., Sauz.-Vaus. —(B.-F.) 

Rapail (premier a long) , s. m., le 
brin le plus court du chanvre, que l'on 
ne peut cueillir à la poignée comme le 
chanvre plus élevé. V., arr. Poit. et de 
Civ.-^D -S., arr. de Bress. et de Parth. 

Rapaillai, v. a., ramasser le chan- 
vre le plus court. V., arr. Poit. et de 
Civ. — D.-S.. c Bress. — Par exten- 
sion, grapiller, ramasser ce qui reste 
dans une vigne après la vendange, ou 
dans les arbres fruitiers après la cueil- 
lette. (B.-F.) — Roman : « rapar , » 
prendre, enlever. — Provençal : « ra- 
baillar. » 

Rapailleur, se, adj., celui ou celle 
qui rapaille. V., arr. Poit. et de Civ. — 
D.-S., arr. de Bress. et de Melle. 

Rapeau, Rapia, Rampeau, s. m., 

jeu de quilles. Rabelais l'énumère parmi 
ceux auxquels s'amusait Gargantua. V. 

— D.-S., c. de Bress. 
Rapiette,s. f., lézard gris des mu- 
railles. V. — D.-S. y. Gbapiette. — 
Noms de lieux : ce Rapiette (la;, » 
Payroux, (V.), 

Raque, s. f., vieille brebis. Au figuré, 
coureuse, bohémienne. 1).-S..c. Celles. 

— Femme de mauvaise vie; animal de 
peu de valeur, V. — D.-S. 

Ras (tout», loc.^ auprès, sur le point 
de : « c'est tout ras, » pour dire ce lieu 
n'est pas éloigné; « il a été tout ras de 
perdre, »> c'est-à-dire sur le point de 
perdre. V. — D.-S. — Adj., plein, 
a ras-bord. » — Gascon : « ras. » — 
Marne, Haute-Marne. 

Ras, s. m , l'enfant né le dernier, 
après lequel une femme n'en a point 
d'autre. D.-S., c de Bress. V. Bouze. 

Rase, s. f., morceau de bois que 
Ton passe sur un boisseau de grains» 
puur en enlever le trop plein. V. — 
D.-S — Basse latirjité : raseria, rasel- 
lus, rasière. ^Duc.) F. Racle. 



RAU 



22b 



RASEetRÈSE, s. f., ruelle délit. V., 
arr. Civ., et de Poit. pour rèse. 

Rasis, s. m., portion des murs d'un 
bâtiment qui touche à la charpente, qui 
la rase. V. — D.-S. 

Rassarai, V. a. et pr., entasser, 
amasser. V.,c. Montm. V. Assarai. 

Rassouillai (se), v. pr., se mouiller 
jusqu'aux os. D.-S., c. R. — Vend. (C. 
et P. D.) 

Ratatouille, s. f., se dit, en mau- 
vaise part, de mets ou de restes de mets 
mélangés et à sauce très-abondante. V. 

— D.-S. — Berry, Marne et Haute- 
Marne. 

Ratrau (/. rasfellum), s. m., sorte 
d'échelle couchée, inclinée dans sa lar- 
geur, et suspendue dans les écuries au-' 
dessus de la mangeoire pour y mettre la 
nourriture des animaux. Dans tout le 
Poitou. — (Manusc.) — Noms de lieux : 
a Râteau {\p), » la Bussière , Journet, 
V.). 

Raté, adj., ce qui a été mordu par 
les rats ou les souris : « pain raté. » V. 

— D.-S. — Saintonge, « rati. » 
Ratelet, s. m., répine dorsale ; se 

dit des individus maigres et décharnés. 
V. —D.-S. 

Ratelet, s. m., plante. (B.-F.) 

Ratin, s. m., rat, souris, dans tout 
le Poitou. 

R\t-ltron, Rat-lueon, s. m., le 
lèrot de Buffon. (B.-F.) — V., arr. de 
Civ., p. « rat luron, p 

Ratouère, s. f., ratière. V., arr. 
Civ. — D.-S. — (B.-F.) — Libvre du 
bon Jehan duc de Bretagne : 

« Tous les traictres qui dedans sont 
» Attrappés en la ratouére. » 

(V. 716. Cit. B.-F.) 

— Noms de lieux : « Ratonière (la), > 
CouIombiers{V.). 

Ratouillat (se), v. pr , se mouiller, 
se couvrir de boue. V. — D.-S., V. 
Rassouillai. 

Rau, s. m., la partie du métier du 
tisserand qui frappe le long des lames 
pour sérier le lissage. V , c. Isi.-Jour., 
Adriers. 

Raudai, v. n , les premiers sons 
qu'un enfant fait entendre en essayant 
sa voix. — Les Gâtinaux « raudent • 
(espèce de chant) en conduisant leurs 



226 



HEB 



REG 



charrettes ou leurs charrues. D.-S., 
Gàtine. 

Rayageou, se, s. m., cekii qui fait 
tort à ses voisins en gâtant leurs ré- 
coltes, ou en anticipant sur leurs terres. 
(B.-F.l — D.-S., arr. de Bress. et de 
Melle. — Vend. 

Ravaillons, s. m. pi., se dit des 
tiges des plantes les plus basses et prin- 
cipalement de celles des céréales. V., 
arr. Chat. — Ardennes : « ravailier, » 
ravaler, abaisser. 

Ravalure. s. f., plant de vigne taillé 
pour la première fois. (B.-F ) — La 
Quintinie : « ravaler, •> diminuer par 
la taille la hauteur des arbres ou des 
arbustes. — En français : « ravale- 
ment, • action de receper le vieux bois 
d'un arbre, de donner sur place aux 
pierres d'un bâtiment leur dernière 
forme. 

Ravat, s. m., canal de l'écluse d'un 
moulin. Vend. (C. et P. D.) 

Ravau (en), loc, se dit des animaux 
et principalement des chats en chaleur. 
V. — D.-S. 

Ravaudât, v. a., piller, ravager. 
V., c. Isl.-Jour., Adriers. — Au figuré, 
chicaner. 

Ravenelle, s. f., espèce de navet 
sauva.^e. V., arr. de Chat. 

Rayage (1. radiare), s. m., assole- 
ment. — i -iviser ses terres en trois 
« ravages. » c'est établir ou suivre l'as- 
solement triennal. V., arr. Chat. 

Raye, s. f., labourage; aller à la 
« raye, » c'est aller labourer. Vend (G. 
et P. D. — Noms de lieux : « Rayé (la), » 
Le Bouchet, Maulay (V.). 

Rayé, v. n., luire, rayonner. V., 
arr. Chat. — D.-S , arr. Melle. 

KÉ, s, m , rien. V^, c. Is!.-Jour. 

RÉBE (I. râpa], s. f., turneps, gros 
navet. V., arr. Civ. — Vend. (C. et 
P. D.) 

R'bec, s. m., rot, vapeur de l'esto- 
mac qui sort avec bruit de la bouche. 
D.-S., arr. Melle. 

Rebecca (faire un), loc, fairemuette 
en parlant d'un champ. D.-S., Aubigné. 
(B.-F.) 

Reeinai (r'binai), v. n., c'est faire 
deux fois la même chose. V., arr. Poit. 
et Civ. — Ardennes, Marne, c'est don- 
ner un troisième labour. — Basse lati- 



nité : rehinare\ terram, altéra et re- 
petita aralione proscissam, tertia rur- 
sum proscindere. (Duc.) 

Rebinai (r'binai), v. a , regimber. 
Ne se dit guère que des enfants, des 
domestiques ou des ouvriers. L'on appe- 
lait autrefois « rebineurs » ceux qui se 
rétractaient de choses dites devant la 
justice. Il est aussi pronominal. (B.-F.) 

— Anghiis : a repine, » se plaindre, 
être facile ; « repiner, » celui qui mur- 
mure. 

Rebouffai (r'bouffai), v. a., repous- 
ser, renvoyer , détourner : « thielle 
étanche a fé r'bouffai l'aive qui v'nait à 
mon pré. » (B.-F.) — V., arr. Civ. — 
Par extension, une plante qui s'étiole. 
V., arr. Civ. — Roman : « rebotar, 
rebolfar, w repousser. — Aube : « re- 
boutïer, » réprimander. 

Reboutet (r'boutet). s. m., farine 
de troisième qualité. (B.-F.) — La- 
combe : « rebnlet, » farine dont on a 
ôté la fleur. (T. 2.) 

Reboutrai (r'boutrai) [I. mons- 
frare], v. a., montrer, instruire. V., 
arr. Civ. — D.-S. 

Reboutrou, s. m., maître d'école, 
instituteur. D.-S., arr. Melle. 

Recaillounai (se), v. pr., se coiffer 
de nouveau. V. 

Recalai (se) [I. recalescere], v. pr., 
se reposer, reprendre ses forces, soit en 
mangeant, soit en buvant. — Au figuré, 
se mettre à son aise, améliorer sa posi- 
tion. D.-S. —V. —(B.-F.) 

Recepai, v. a,, raccommoder des 
vêtements ; refaire le pied d'un bas. 
V , arr. Poit. et de Civ. — D.-S., arr. 
de Bress. et de Parth. 

Reghalai (se), v. pr., se refroidir, 
se rebuter dune chose, d'une entreprise. 
D.-S. — ,'B.-F.) 

Reghanai, Rechegnai, V. n., hen- 
nir : « les chevals r'chanant. > V., arr. 
Civ.— D.-S., arr. Melle. — Vendée, p. 
« rechegnai. » — Berry : « rechaner, » 
braire. — Roman de Doon : 

« Nul chevaux ne beonit, nul mul ne rechaigne. » 

Recheugnon, nne, adj., se dit des 
enfants qui ne font que criailler, qui 
sont de mauvaise humeur. V., arr. Civ. 

— D.-S., arr. Mel. — (B.-F.) 



RED 



REG 



227 



RecheugNounai , V. n., criailler, 
pleurnicher, se dit des enfants : « qu'a- 
vant don aneut quiés drôles? n' fasant 
que r'cheugnounai. » V., arr. Civ. — 
D.-S., arr. Melle. — (B.-F.; 

Rechèbai^ Rechivai, V. n., retom- 
ber, faire une rechute dans une mala- 
die : « gl'a rechèré, gle s'ra pis qu' dau 
premécot. » D.-S.. c. de Bress. — V., 
arr. de Civ. et D.-S., arr. de Melle. p. 
« rechivai. » — Basse latinité : recidi- 
vare. (Duc.) 

Rechiyure, s. f., rechute. V., arr. 
Civ. — D.S., arr. Melle. 

Rechognai, v. n., hennir. D.-S., 
arr. de Bress. F. Rechegnai. 

Reciai (de), loc. adv., sur le soir, 
après la collation. Gâtine. 

RÉGIE, s. f , méridienne; l'heure du 
repos dans l'après-midi. V., c. de TI^l - 
Jour. V. Mérienne. — La collation, 
l'heure même de cette collation. V., 
arr. de Poit. — D.-S., arr. de Melle et 
de Parth. 

Recoulai (1. recolere)^ v. a., briser 
le chanvre pour la seconde fois à l'aide 
de la brè2;e. V. — D.-S. — Français : 
« recouler, » couler de nouveau. 

Recoquet et Recoquïet, s. m., 
l'enfant qui vient le dernier, et long- 
temps après les autres. V., arr. de 
Poit. 

Récurai (l. recurare), v. a , donner 
à un champ un second labour, une se- 
conde façon. V. — D.-S., arr. de Melle 
et de Niort. F. Dérégeai. — Français : 
« recurer, » nettoyer de nouveau quel- 
que chose de creux. 

Recurure, s. f., action de recurai. 
V., arr. Civ. 

Redat (1, dicere), s. m., rêve. 

« Dans l'accord synodal, la présence réelle 
ï Ne fût plus in redat, non plus qu'erreur mor- 
celle.» 
(Bab., p. 86.) 

— Ardennes : « redder, w rêver. 

RÈDE, adv., beaucoup, fort, extrê- 
mement : (1 mes blés sant rède biaux. » 
V. 

Redguienchae, v. n., remuer la 
lêle avec mauvaise humeur : « quiau 
gars r'dguienche joliment de la taete. > 
D.-S , arr. de Melle. 

Redour, s. m., routoir, lieu où l'on 



fait rouir le chanvre. V., arr. Chat. — 
Noms de lieux : « Redoux (les), » Lé- 
signy. 

Refaire (en) [I. reficere]^ loc, c'est 
manger de nouveau. V. — D.-S. 

Refauché, v. a., croiser. V.,arr. 
Chat. F. Hauchai. 

Refendre, v. a., donnera un champ 
le second labour. V., arr. Civ. F. Dé- 
régeai. — Dans le canton de Bressuire 
c'est donner le troisième labour. — 
Français : fendre de nouveau. 

Refoux , s. m., vin d'apprêt. — 
« Ung bussart de reffoux ou vin d'ap- 
près, » (An. 1470. Vasles. Manusc. du 
Poitou.) 

Refredi (1. refrigerare), v. n., se 
dit des femelles des animaux en général 
quand elles cessent d'être en chaleur. 
V. — D.-S. — Roman : « refreydir, » 
éprouver du froid. 

Refredissure, s. f., maladie des 
poumons, de la poitrine, et en général 
toute maladie interne. V. — D.-S. 

Regane (r'gane), s. f , rigole pour 
l'écoulement des eaux. (B.-F.j V. Ra- 



gane. 



RÉGE (b. 1. rega), s. f., sillon, le 
creux du sillon. L'on dit aussi une 
« rége de vigne » pour un rang. — 
a Six reges de vigne contenant ung 
journau d'homme. » (An. 1545. 
Alonne. Manusc. du Poitou.) — Basse 
latinité : rega\ ut maiores nostri... regae 
faciant. (Càpitulaire devillis, art. 10.) 
— riga ou roga dans plusieurs manus- 
crits —Provençal, gascon : « rego, » sil- 
lon. — Berry : « réguit, ») sillon. — 
Sainfonge : « rége. » 

Rége-batarde, s. f., rigole. V., c. 
Isl.-.Iour., Adriers. 

Regnochai (r'gnochai), v. n., rire 
beaucoup, par moquerie, à la dérobée, 
pour des riens : i n' se c' qu'ol ant 
quiés quiaquiasses, a n' fant qu' r' gno- 
chai ; » je ne sais ce qu'ont ces bavar- 
des, elles ne font que rire. V. — D.-S. 

Regnocheu. se (r' gnochai)i adj., 
celui ou celle qui r'gnoche. V. 

Reguegnon, s. m., enfant qui crie, 
qui pleurniche. D.-S., arr. de Melle. 
V. Recheugnon. 

Reguegnouivai, v. n., rechigner, 
criailler. V. — D.-S. V. Rechegnou- 
nai. 



228 



REM 



Reguet, s. m., vigile, garde, guet : 
« pour 17 torches portées au reguel 
fait par monseigneur le maire la veille 
du pardon, lxx s. ii d. » (xv^ siècle, 
compte de dépenses de la ville de Poi- 
tiers.) On appelait aussi le « reguet » la 
veillée de la fêle de la Translation de 
St-Hilaire. — Basse latinité: reguayta, 
excubiae. vigiliae — « Lesdits bourgeois 
seront tenus de garder la porte de la 
dite ville, y faire le reguet par nuit. » 
(Duc.) 

Reible (6/ mouillés), s. f., râble: 
« la reible d' l'échiné m' fé grond 
mau. » V^, arr. Poit. 

Reille, s. f., rancher. Vend. (C. et 
P. D.) — F. Allegrin. 

Rejet (r' jet) [1. rejectus], s. m.^ terre 
d'un fossé jetée du côté d'un champ, et 
qui forme comme accotement pour en 
interdire l'entrée. V. — D.-S. — Fran- 
çais : € action d'exclure. » 

Relet (r' let), s. m., restes, choses 
délaissées. Vend. 

« L'in laa demande dau relet. » 

(Gust., p. 39.) 

Relichat (r'iichai [g. Xsi/.w], v. n , 
manger par gourmandise, avec avidité, 
et sans rien laisser des mets que l'on 
mange. V. —D.-S. — Marne: « lé- 
cher. t> 

Relicheu^ euse. Relichou, ousb, 
adj.j celui ou celle qui reliche. V. — D.- 
S. — Patois du Berry . « Licheur, li- 
chouis. i> — Lacombe : « lecheoxs, lé- 
cheur, lechière^ louceor, » parasite, 
lèche-plat. (Cit. B.-F.) 

Reloge, s. m., horloge : « le r'ioge 
ne va pou, » l'horloge ne va point. V. 
— D.-S. — Vend. — Manusc. du Poi- 
tou. 

o Quiou-qui qiiou reloge a fat foalre 

» 01 est in rn( aire nommé Bolléve 

>> A cau.se quK les pouvres geans 

>» G'ne scaviant à qu'ol heureglle diniant. « 

[inscription qui se lisait sur la cloche de l'hôtel 
de ville de Poitiers.] 

Aube, Yonne: a reloge. » — Langue- 
docien : a rélojé. » — Catalan et gas- 
con : i rellotge. — » Roman : a reloge. » 
Remberte, s. f., plante qui vient 
dans les jardins et les vergers. V. — 



REN 

D.-S. — (B.-F.) — Mercurialis an- 
nna. 

Remeil (remeuil), s. m., le pis des 
femelles des animaux et principalement 
de la vache et de la chèvre. V. — D.-S. 

— Vend., suivant les lieux. V. Meille. 

— Roman; « remuevll, remoil, » humi- 
dite. 

Remeillai , Remeuillai, V. n., 
faire du remeil en parlant des femelles 
des animaux qui sont pleines. V. — 
D.-S. — Vend. 

Remblai (r'm'lai), v. a , grogner 
entre les dents. D.-S., c. Bressuire. — 
Vend. (Cet P. D.) 

Remembrai (se) [1. rememorarî]^ v. 

pr., se souvenir, se rappeler (B.-F.) — 
Patois du Berry : a remembrance, » 
souvenir. — Catalan : « remembrar. > 

— Italien : a remembrare. » — Anglais: 
« remembrer. » — Ancien français : 
a ratmentevoir. » 

Remembrée, s. f., souvenir, mé- 
moire. Dans quelques lieux. — Recom- 
mandation des trépassés aux prières 
des fidèles, fàiteannuellement, ou chaque 
dimanche, au prône de la messe parois- 
siale : « Item je donne et lègue au curé 
ou vicaire de l'église de Vouilhéxii den. 
pou estre en la grande remambrée de la 
d. église. » (An. 1502. Manusc. du 
Poitou.) 

Remouflai (r'mouflai), v. n., reni- 
fler. D.-S. -V. 

Remouillée (r'mouillée) , s. f , par 
un temps de pluie, quand on voit poin- 
dre encore d'autres nuages à l'horizon, 
l'on dit : « Via encore ine remouillée, » 
un nuage qui va nous mouiller de nou- 
veau. — Roman: a remuevll ou re- 
moil. » (B.-F.) 

Remouillère, s. f , terrain argileux 
qui retient l'eau. ^B.-F.) — D.-S., arr. 
de Melle. — Berry: « mouillère, » ter- 
rain humide. 

Renalai (r'nalai), v. a , faire le re- 
naud, le sillon. V. 

Renaquai, v. n,, tapager. Vend. 

« Iles fasastremblay, tant fort y renacas. » 

(Gust., p. 60.) 

Ren-a-bacquë, loc, rien du tout, 
aucuns restes, rien de ce que l'on de- 
mande : « Di don , Margot, a-tu d' la 



REP 

mounai, té? — Ah! ma cher' âme, 
gn'en avant ren-à-racque. » Dis donc, 
Marguerite, as-tu de la monnaie, toi? 
— Ah ! ma chère âme, nous n'en avons 
pas du tout. V. — D.-S. — (B -F.) 

Renard, s. m , morceau de bois fixé 
au linteau d'une porte pour la tenir fer- 
mée. V., arr. Civ. — « Renards, » s. 
m. pi., chevilles de bois qui servent h 
attacher les coues (queues] à la sole de 
la charrue. V., arr. Civray. — D.-S. 
(B.-F.) 

Renard (écorcher le), loc, se dit 
des ivrognes qui vomissent le vin qu'ils 
ont pris en trop grande quunti;é « t'é- 
tais bé sou hier au ser, t'écourchais le 
r''nard. » D'après le dictionnaire de 
Trévoux, cette locution était autrefois 
usitée. (B.-F.) — Marne, Berry : « re- 
uarder, » vomir. On dit aussi, dans le 
Berry, que « le vin renarde, » quand 
il prend en vieillissant un goût amer. 

Renaré, ée, Renarde, ée, adj , 
fin, rusé, défiant : « o quiau gars d' 
Froncé est-eil renarde ! on n'peut pou 
l'arrapâe. » Oh 1 ce gars de François 
est-il rusé! on ne peut pas l'attraper. 
V. — D.-S. — (B.-F.) 

Remarquai (se), v. pr.,se pencher sur 
le dos, en arrière w Gl' était eteppé là- 
bas, gle s'é renarqué en arrère, et gl'a 
chu. » Il était appuyé là-bas, il s'est 
penché en arrière, et il est tombé. V. — 
Provençal : « Enarca (s') ; s'énarquo 
souto iéu, )) elle se cabre sous moi. 

Renaud (r'naud), s. m., sillon. V., 
suivant les lieux. F. Randia. — « Rei- 
neau ; les dites terres avoient esté cy- 
devant cultivées comme il paroissoit par 
les reineaux étant en icelles. » (An 
1704. Saulgé. Manusc. du Poitou.) - 

Renea, s m., le milieu de l'encrai. 
{V. ce mot.) D.-S. Par th. 

Renotai (I. re?iz7or), v. n., murmu- 
rer, faire des observations à voix basse, 
d'un ton fâché et de mauvaise humeur. 
(B.-F.) — Roman : <■ renos, » querel- 
leur. — Languedocien : « renous. » 

Renoteu, euse (r'noteu), adj., celui 
ou celle qui renote. (B -F.) 

Repanai (se) [r'panai], v. pr., se 
reposer, se refaire, respirer après une 
longue course, ou un travail excessif : 
«< r'pane te don, t'é ébaffai. » Par ex- 



RES 



229 



tension, refaire sa fortune. V. — D.-S. 

- (B.-F.) 

Reparon. Reparou, Reparoune, 

s. m. et f., étoupe de 2^ qualité, celle 
qui tient, le milieu entre le brin et la 
gro.-se étoupe. V. — D.-S. — « Item le 
jour sainct Georges baillé à Marie Ber- 
narde pour avoir filé xi livres de repa- 
rori, iiis.vni d. » (An 1534. Manusc. du 
Poitou ) 

Repoussour il. repidsare)^ s. m., 
morceau de bois qui tient à l'oreille du 
versoir, lequel entre dans un trou pra- 
tiqué dans la perche, et au moyen de 
plusieurs trous dont le r'poussour est 
percé fait ouvrir ou fermer l'oreille rie 
manière à faire plus ou moins verser la 
terre qu'on laboure. (B -F.) V. Muette. 

— Français: c repoussoir, j> instrument 
de fer qui sert à repousser. 

Rf.quermai (requeurmai), v. a., re- 
commander. F. Acremai. D.-S., c. 
Mauzé, près Niort. Arr. de Melle. — 
Patois du Berry : « requeumer, » rac- 
crocher , rattraper une personne qui 
tombe. 

Reqdêtai, v. n., manifester son mé- 
contentement. D.-S., arr. de Melle et 
Niort. 

Rësabai (r'sabai), v. a., raccommo- 
moder: « r'sab'z-ou don? » D -S , c. 
Celles. 

RÈSE ouRÈZE, s. f., sillon, creux du 
sillon. V. — D.-S. — « Metare arbores 
aut vineas est disponere, et certis men- 
suris atque etiam ordinibus serere : 
vulgus nostrum vocat réonner: nam 
ordines ipsos appellat rfe,9 rêons et in- 
ter ordinaria des reses, solum autem 
ipsum le guéret. » (Seminarium de 
Charles Estienne, p 34.) — Ruelle: « En 
laquelle vigne y a une petite rèze. i> 
(An. 1579." Arch. St-Hil. Bourg., n» 
1465.) — « Rèze délit, » dans tout le 
Poitou. 

Resoli (1. retiolum), s. m., haie 
sèche ; clôture en branchages entrela- 
cés, et soutenue par des pieux. D.-S. 
-(B.-F.) 

Ressf, Ressiée et Ression, s. m., 
la collation, l'heure de la faire. V. — 
D. S. — Vend. — Rabelais : ressiner 
et ressouner : « Vous dictes qu'il n'est 
desjeuner que d'escholiers, dîners que 



230 



REV 



d'avocats, ressiner que de vignerons. » 
(L. 4,c.46.) 

Ressie, s. f., repos, sommeil du mi- 
lieu liu jour, pour les moissonneurs et 
les faucheurs. V., c. de Mirebeau. 

Ressiolnae, Ressun\i (1. recœ- 
narei, v. n., faire la collation : « avé- 
ve réciounai, les gars? n V. — D.-S. — 
Vend. — Rabelais : reciner : a Puis en- 
trarent en propos de reciner en propre 
lieu. )) (L. 1", c. 5.) — « Ressiner, » 
Montaigne. 

Retaillon, s. m., morceau, petite 
portion que l'on retranche d'une chose 
quand on la façonne. V. — D.-S. 

Retapé ^êlre bien), loc, èlre bien 
habillé, être bien vêtu. V. — D.-S. 

Rrtelble, Retublie, s. m., chau- 
me. V.. environs de Sl-Savin. — D.-S. — 
Provençal : « restouble : lou mandé 
fouire si restouble, » l'envoya labourer 
ses chaumes. — Lacombe : « resteul^le. » 
(T. 2.) 

Retinton (r'tinlon) [I. retinere, vê- 
tent us\, s. m. , petit reste. Se dit surtout 
dans cette phrase: « J'ai un rtinlon de 
mal à la tète, n V. - D S.- (8. -F.) 

RETORNEet ToBNE, S m., revenant. 
V., c. Isl.-Jour., Adriers. 

Retohble (r touble), s. m., froment 
qui succède sur le même champ à un 
autre froment. V., suivant les lieux. — 
Rabelais, ornière, terre grasse: « lequel 
sa charrette versée par un retouble. » 
(L. 4, c. 21.) ' 

Retranchi, v. a., donner à un 
champ le second labour. V. Dérégeai. 
D.-S , arr. de Bress. et de Parth. 

Relble-dau-Chein, s. {., plante. 
V., arr. Civ. 

Relouai et Ringeai(I. ringi),\.n.^ 
ruminer. Dans tout le Poitou. — Sain- 
tonge. 

Reugnr et RiNGE, s. m., la nour- 
riture que les animaux ruminent Dans 
tout le Poitou. 

Reuil, s. m., instrument dont on se 
sert pour ramener la braise en dehors 
du four. V., arr. Montmorillon. 

Redillai, v. a., se servir du reuil. 
V.. arr. Montmorillon. 

Revent, s. m., grains défectueux 
mélangés de balles, de graines et de 
poussière, et que l'on peut jeter une 
seconde fois au vent, ou passer par le 



RI 

van. Vienne. — « Tous et checuns les ca- 
gougllons et revens de la dicte ayre. » 
(An. 1019, les Fosses. Manusc. du 
Poitou.) 

Reveus-iNOM, s. m., surnom, sobri- 
quet : 

« vis qu'on nous donnct pretout des revers- 

[nom. B 
[Bab.] 

Revilae, Rbvîlai (r'vilâe), v. n., 
revenir à la vie, à la santé. V.— D.«S. 

— Vend. 

« Ma, vel'o, œonscgnou, le faire revilcy ? » 
[Requête à Moreau de Beauroont.J 

— Patois du r.imousin : « revicoulu, » 
ravivé. — Patois du Berry : « revuil- 
ler. » — Se dit aussi du fœtus des 
femelles des animaux , quand elles 
sont pleines, et qu'on l'a senti remuer 
«i au-z c senti r'vilai ; » et encore, par 
métonymie : « thielle j'mont est r'vi 
laie, » Ce mot s'emploie aussi pour ex 
primer les crues des sources, quand, l'hi 
ver. ou à la suite des grandes pluies 
elles commencent à couler. (B.-F.) — 
V.— D.-S. 

R'viBAU, S. m , petit morceau de 
mousselineqiiisemel entre la cornette et 
le bonnet. D.-S., c, de ( elles. 

Revibau (faire), loc , c'est se retour- 
ner pour se défendre lorsqu'on est atta- 
qué : « ol' tait temps qu'i fi r'virau , 
tais, quiou gars me maneiait déjà fort le 
casaquin. • C'était temps que je me dé- 
fende, ce gars me pressait déjà trop for- 
tement le corps. — « Baillai in r'virau,» 
c'est frapper du revers de la main sur 
la figure. V. - D -S. 

Reviron (faire le), loc, faire la cul- 
bute. V. - D.-S. 

Revolînai (r'volinai) [1. revolvere] , 
V. n., tourbillonner : « ne restant pou 
qui, l'vont r'voline trot. » V. -— D.-S. — 
Roman : a revolinar. » — Provençal : 
« revoluna. » 

Reue, Revobte , s. f., sorte de lien 
fait avec des branches llexibles. V. — 
D.-S., c. de Bressuire V. Coire. 

Ri, PiiAU, s. m., ruisseau. V., arr. 
de Montmorillon. — Ris : <t chemin 
joignant le ris descendant au moulin du 
Choiseau. » (An. 1586. Saulgé. Menus. 



RIB 

du Poitou.) — Patois du Berry. — Pa- 
tois du Limousin, Gascon: « rioii. » — 
Noms de lieux : o Rie, Ry, Rye,» en 
grand nombre. 

RiBALE, s. f _, raclette pour ramasser 
le grain sur la cour à battre. V., c. de 
Montmorillon. V. Ane. — Ribat. V. — 
D.-S. 

RiBANDEA, S. m., ruban. V.— D.-S. 

« Daux cailles, daux bagues, datix ribandcas. » 

(Chans. Poit.) 

RiBE, S. f., plante à graine oléagi- 
neuse qui ■ [)ousse qucl(]tipfois. en si 
grande abondance, dans les blés de mars, 
qu'elle en étouffe une grande partie. 
D.-S., Sauzé-Vaussais. (B.-F.) — Fran- 
çais : machine à brover le lin. 

RiBE^iT, adj., enfant maladif, de 
mauvaise santé. D.-S. — (B.-F.) 

RiBET, s. m., morceau de pain enlevé 
d'un pain entier. V., arr. de Civ, 

RiBLEBiB, s. f., escroquerie, larcin : 
« Appoincté est que messieurs les doc- 
teurs et tenans pédagogues seront man- 
dez jeudi céans pour leur remwistrer les 
ribleries et autres forfaiz que font leurs 
escoliers pour y donner provision. » 
(An. 1459. iManus. du Poitou.) 

RiBOTAi et RiBOTi, V. n., rouler en 
tombant d'un escalier, d'un talus. V. 

RiBOTU, Ey adj., raboteux. V._, arr. 
de Chat. 

RiBOULi (se), V. pr., se retourner sur 
soi : « Eh ! fé don attentian, min fail, ta 
monche de ch'misole é tout' riboulie su 
lin bras.» Eh 1 fait donc attention, 
mon fils, la manche de ta veste est re- 
tournée sur ton bras. D.-S., arr. de 
Bress. 

RiBOL"LET(le^sonne), s. m., recoupe. 
Vienne. 

RiBOUSSE, RiBOCTTE. s. f., bâton dont 
l'un des bouts forme comme tête. V. — 
D.-S. — Lacombe : bâton phis gros à 
un bout qu'à l'autre, massue, (xii^ et 
xiii^ siècle.) — Riboutte (jeu de la;, 
pierre ou balle que l'on repousse avec 
cette sorte de bâton. — « Défense de 
jouer à la massue et riboutte sur le plan 
de Saint-Pierre (à Poitiers;. » (Ordon- 
nance du lieutenant général de police 
22 janvier 1751.) 



RIG 



231 



RicANDAi, V. n., braire, se dit des 
ânes et des mules. V. — D.-S. — Vend. 

« Gle se mpttit à ricandaie, 
« A saulaie cl à gambadale. » 

(Mellois.) 

RiCASSOU et RiCASSOUÈRE, s. m., 
s. f., rieur, rieuse à l'excès. V., arr. de 
Chat. 

RiCASSONNÉ, V. n., rire à l'excès. 
V.. arr. de Chat. 

RlCOUANFS et RiCOINES, s. f. pi., 
bavardages de peu de valeur, plaisante- 
ries et propos calomnieux : « Hum ! qui 
qu' tu nous conte qui ? rin qu'daux ri- 
couanes d'conlan. » Qu'est-ce que tu 
nous racontes la ? des piopos de canton 
(lieu où se font les bavardages). Vienne. 
— D.-S. 

RicouANNÉ et RicoiN'NÉ, V, H., ra- 
conter des ricouannes. V. — D.-S. 

RicouET. s. m., mèche de cheveux. 
V., arr. deCivray. V. Couet. 

RiFAGEOU, ou SE, adj., revèche, ma- 
lin. V., arr. de Montmorillon. 

RiFAUT, s. m., rave radis. V. — 
D -S.— Vend.— Basse latinité, rîjlare, 
écorcher : La saveur de ces racines est 
acre, dit le docteur Coraier, dans sa 
brochure sur le patois messin, et cause 
au palais une forte sensation. — « Pour 
ung chou cappuet des riffaulxet aultres 
herbes. (An. 1584. Manusc. du Poitou.) 

Rifles, s. f. pi., copeaux légers. 
V. — D. S. — Vend. F. Ferluches. 

RiGANE (1. rîgare)^ s. f., rigole : « i 
ai fé ine rigane dans mon prâ. pourfair' 
couri l'aiguë; quand o'' mouillero l'ai- 
guë pass'ra dedin. » V., c. de Montmo- 
rillon, Moulismes. V. Aquoia. — Basse 
latinité: « rigago, rigus, rigole. » (Duc.) 

RiGALÉE, s. f., flamme vive et passa- 
gère. V., c. de Dangé. Y. Bauduelle. — 
Provençal : « regalido ; la regalido pe- 
tejavo, T> le feu joyeux pétillant. 

RiGALER, V. n. et pr., réchauffer: 
« la flamme rigâle. » V., c. de Dangé. 

RiGEAi,v. n., enfoncer ses racines 
dans la terre, et les étendre en parlant 
des plantes. V. — D.-S. — Vend. 

RjGEAiLS. s. m. pi., ra'ines des 
mauvaises herbes qui se trouvent dans 
les champs, surtout celles qui tracent, 
(B.-F.) — D.-S., arr. de Meile. 



232 



RIO 



RiGKAiLLOU, FK. adj., champ, pièce 
de terre remplie de racines. D.-S. A 
Goiirnay, l'on dit : « rigioux. » (B -F.) 

RiGEB,s. f., plant de vigne. V. — 
D.-S. — Noms de lieux : «> Rigeon, » 
Archigny. (V.) 

RiGOLÉB,s. f., flamme viveet de peu 
de durée. D.-S., c. de Celles et Niort. V. 
Bauduelle. 

RiGOiRUAiNES , s. f. pi., bourdes, 
anecdotes plai^antt^. (B.-F.) — Noms 
de lieux : t Rigoudaine ;la) , » Sossav. 
Tliuré. V. 

RiGLEMT rigu'nit),adj., enfant ma- 
ladif. D.-S. y. Ribenit. 

RiLLÉ, V. n., couler goutte à goutte; 
faire du bruit en coulant; se dit d'un 
.filet d'eau qui tombe d'une élévation 
quelconque. V., arr. de Chàtelleraud. 

RiMAE, Rimai, V. n.. brûler légère- 
ment ; se dit des mets qui. pendant la 
cuisson, prennent a la poêle, à la casse- 
rolt\ V. — D.-S. — Vend. 

RiM.\LE, s. m., animal qui n'est pas 
apte à la reproduction de son espèce. 
V., arr. de Civray. V. Ramâle. 

Ri.NGEAi (se), V. pr.; se mettre en 
ordre, en état : a Allons, Piarre , vin 
don. — Tout a l'heure , i m'ringe. » 
D -S., arr. de Melle. — (B.-F.) 

RiNGiE, s. m., rouge-gorge. D.-S., 
environs de Saint-^iaixent. 

RiNGUET, s. m., petit. (B.-F.) 

RiocHE (1. ridere), v. n., rire. 

< 1 Ti queœe à riochet. » 

[GenU. Pofit.] 

— V. Regnochai. 

RiOBTE (b.l. retoria),s. f., hart, lien 
de vergea tordues. V. — D.-S — A'end. 

— Noms de lieux : < Riorleau (le) , » 
Romagne. (V.) 

RiORTE.AE, RiORTAi (r. riorte), v. a., 
attacher quelque chose avec la riorte et 
principalement du bois. Au figuré . 
cf riorlai quelqu'un, > le battre. V. — 
D.-S. — Vend. 

RiOBTON , S. m., petite branche que 
Ton tord pour faire des riorles. V. — 
D -S. 

RiOTTi, v. n,, entrelacer, entourer. 

■ Qui quez peon à ton d'étage 
K Rlotty de riboadea. » 

Cent. PoetT.] 



ROA 

RiPACERiES (I. rapax), s. f. pi., les 
bourgeois ou leurs dames. D.-S., arr. 
de Melle. 

RiPASSON, s. m., jeune homme de la 
ville. V., arr. de Civray. — Ripassou : 
soldat. Vend. (C. et P. D.) 

Pipai, v. n., gli.-iser. Dans tout le 
Poitou. — V. a., détacher les feuilles 
des branches avec la main. V. — D.-S. 

— Snintonge : « riper, » glisser. 
Ripe , s. f. , rou.'j;e-?orge, oiseau. 

Vend. (C. et P. D) 

RiPE-RAPE(ala), loc, jeter à la volée 
des pièces d'argent, des dragées , au 
miTuii d'une troupe d'enfants qui cher- 
chent \\ les ripai, à les rama:ser. D.-S., 
arr. de Melle. V. Grapette. 

Ripes, s. f. pi., copeaux légers. V. — 
D.-S. — Vend, f . Ferhiches. 

RippE, s. f., navette sauvage. V. — 
D.-S. 

RiQUETTE, s. f., le creux du sillon. 
V., arr. de Montm. 

RjTK, Rite, Rite, Rite (très-bref) , 
loc, cri pour appeler les cannes. D.-S., 
arr, de Melle. — L'on dit : « ritou, rilou, 
ritou, ritou, » pour appeler les canards. 

RitI'.e, s. m., pris adjectivement. 
Mauvais caractère, malin, 5e dit plus 
parliculièrement des enfant» : « Ah I 
p'tit ritre. » Ce mot est sans doute pour 
reitre, et rappelle, dans les lieux où il 
est employé, le triste souvenir des trou- 
pes allemandes qui ravagèrent le pays 
pendant les guerres religieuses. D.-S. — 
Vend. 

Rivageai (r. rivages), v. n., couper 
les rivages, c'est-à-dire les joncs et autres 
plantes aquatiques qui croissent sur le 
bord des rivières. V. — D.-S. 

Rivages, s. m. pi., les herbes aqua- 
tiques, les joncs qui croissent sur le 
bord des rivières, et que les meuniers 
fauchent pour les donner en nourriture à 
l^urs mulets. V. — D. S.— (Manuscrits 
du Poitou.) 

RivAU (I. rirus)^ s. m., ruisseau. V. 

— D -S. Noms de lieux : un grand 
nombre portent ce nom. (V.) 

RoA^^•E,s. f. , instrument dont se 
servent le.s sabotiers pour aplanir les 
sabots à leur extrémité V. 

PiOAETE, RoKRTE(l vetorta), s. f. , 
sorte de lien qui sert "a lier les fagots. 
V., arr. de Chat. — D.-S. — Vend. 



ROI. 

Robe- REVKLiNONTE , 5. f., habit 
lonj; , sans coilet , a coupe droite, ainsi 
nommée, ^ans doute , à cause des on- 
dulations que lui fait produire , en 
marchant, celui qui en cA revêtu. — 
D.-S., c. de Celles. 

RoBERDE , UOBERTE , s. f.,plante, 
mercurialis annua. Vend. Font, (C. 
et P. [).) — Noms de lif^ux : « Ro- 
bfrderie (la) , l.atillé , Roberilrie. » St- 
Georgts , Archigny : (« Roberlrie (la), » 
Voulème. (V) 

KoBiCE , S. m. , vol , larcin : « pour 
réparacion du robice faicl de nuict es 
vignes du doux de » 'An. I5I3. 
Sniarve. Manusc du Poitou.) — Basse 
latinité : « roboria et roôerla bonorum 
alicujus ab ipsius persona , vel ipso 
saltem pree-enîe et inviîo, sublatio. d 
— (Duc ) — Ancien français: «Hoberie.» 

Robin , ine, adj., poil tirant sur le 
rouge ; usité pour les mules et mulets 
seulement. — V, — l) -S. 

HoDE (1. l'ola) , s. f., roue. V., Lu- 
chapt. 

RoGANK, s. f., peut-être organe pour 
voix , ou orgues : 

« Daux chantours, daux belle roganc. » 

[Gent. PoRiv.] 

RoGLTAE (1. rogare) , v. n. , crier et 
pleurer comme les enfants. Vend. — 
(C. et P. D.) 

lioi BBErACT,s. m .roitelet, oiseau. 
V. — l).-S.— Patois du Rerry. — Patois 
du 1 imoiisin : « réy-béïnéï. » 

RoiLLE, s m., mouton mal ca-tré , 
mais qui , bien qu im})ropre à la repro 
duciiun, poursuit les brebis. I.a viande 
en est de qualité inférieure. — D.-S. — 
(B.-F.) — Ardennes : a roille , roillé , » 
vagabond. 

RoiLLÉ , V. a. , mâcher. V. , arr. de 
Chat. 

HoizoNS , s. m pi. , les processions 
des rogations. V. 

RoLAi , V. a. , retrousser en rollant : 
• rol'don la manche de ta veste ; roi 
bé quiau lit. » — Au figuré, se rassa- 
sier, manger beaucoup d une chose que 
l'on trouve de son uoùl : « le gourmet 
se rôle , le gourmand se guede. » 
(B.-F.) 

RoLON , S m.j morceau de bois qui 

ÏXXII. 



ROT 






relie deux chevrons pour faire une 
échelle , un râtelier. V. — D.-S. 

UoMEA (I. ramus], s. m. , rameau. 
Vend , c. de Chalans. 

RoMME. s. m., l'agonie, le râle de 
la mort : « mon frère é dans le rumme 
de la mort. » V., arr. de Chat. /'. Ger- 
mail. — Roman : « reuma et rouma. » 

RoMPiKS (1. rumpere) , s. m. pi., 
lambe.iux de laine qui se détachent lors 
de la tonte des moutons. C'est la laine 
de qualité inférieure, la moins longue. 
V. — I) -S. 

Rompre, v. a., battre avec le fléau 
le blé étend»! sur 1' ire V. — D.-S — 
Se dit aussi des champs , des jachères , 
ou prés a qui l'on donne un premier 
labour : « ai baaillé au prier de sainte 
Valère de Mauzé mes es?ars novens qui 
sont ou bocluiii saint Sernin , li devunt 
dit home rompre et gaagnier les terres 
aux us et aux couslumes dou pays. » 
(( harte de Maengo, seigneur de Sur- 
gères ;an i:'.')3 ) 

Ho\DE , s f , ronce. V. — D.-S. — 
Italien : « ronca. » — Noms de lieux : 
« Konde (la) , » dans plusieurs commu- 
nes. (V.) 

RoNDEA.s. m. , sillon. V., c. de 
Veuille. — V. Randia. 

HoNDELLE, S. f. , ail d'une seule 
gousse. V., arr. de Civ. V. Pifre. — 
Françcds : petit bouclier rond autrefois 



en usaf^e. 



RoiNDiN , s. m , grain rond , tel 



1 6' 



que 



V. — D.-S. 

mugir sou r- 



la vesce , la garcbe , elc 

Ro^GAGLlAE, V. a etn 
>!ement — Gàiine — .Murmure?, gron 
der. Vend. — (C. et P. D.) 

Roquai fg. fw-j-c-.v), v. a., mâcher. V. 
— p. -S — Français: «; roquer, » terme 
de jeu d'échecs. 

Roqué , s m. , mesure de capacité , 
le tiers d'une bouteille. V. , arr. de 
Montm. — Patois du Berry , septier 
mesure). 

Ros\DAi (se) [I. 7'O.s], 
mouiller à la rosée. V., 
.Jourdain. — Gascon : « 
ro^ée. 

RossELU , E, adj , raboteux, inégal : 
" la routé bin m;Mivai-e dépis quieqiie 
temps, ail' é rosselue d'in bout à l'au- 
tre. » V. — V. Ribotu. 

RoTUBAE (I. ructns)^ v, n. , faire 



V. pr. , se 
c. de risle- 
rouzâdo . » 



234 



ROI 



de Melle et de 



des rois.— D.-S., arr 
Niort. — /'. Rotâe. 

Rou.s. m., la parlie du métier du 
tisserand qui frappe le long des lames 
pour serrer le lissage. V., arr. de Civ. 

— /'. Rau. 
Rolable. s m., instrument qui sert 

à r.imener la braise du four. V. , arr. 
de Poitiers. — V. Reuil.— Provençal : 
rediable ; o émé soun redial>lo » 

Roi!AiBE,s. f. , raie entre deux sil- 
lons. V. , c. de Neuville. — Patois du 
Berry : « rouaie^ ^ sillon : petit sentier 
séparalifde deux morceaux de vigne, 
de pré ou de terre — Noms de lieux : 
a Rouère (hO, » BeaumonI , l.haîupa- 
gné-*^ainl-Hilaire. 

Rouan et Rouin, s. m., ornière. V 

— D.-S. — Patois du Berry : « louin. » 
RoL'A^BLB, s. m., rejeton prove- 
nant de la racine d un arbre. V. , arr. 
de Chat. 

RoLBRÈciiE (1. rî^ônca) , s. f. , ru- 
brique : 

« Poure vendre-I-eil donc? 
>. .\s-lu quoquc roulirêche ? » 
(Bab.) 

RoucHAGE, Bouche (b. I. roscha), 
s. m., s. f., rubanier, roseau flexible, 
spnnjanium. Vend. — V. — Iris des 
murids , iris-/)seu(/oncoriis de Linné. 
(B.-F.j — « De rusc/in vero supradicti 
siai^ni ita fuit termiiuilum. » (f^ moitié 
du xm' siècle. Alanusc. fiu Poitou. j — 
Noms de lieux : « Bouchère (la),» Châ- 
tain. fV.) 

RoucHARTS , s. m. pi. . liges de 
pommes de terre. Vend. Environs de 
Fontenay. 

ROIJCHB , ROUÈCHE , ROL'ENCHF. 

{\. laucu.s) , ad], des 2 genr., enroué. 
V. — D.-S. : 



« Gl'aTaU in air trcroblast, In prclnngr ronenche.» 

^U.ib.. r- 7 1.) 

— Roman : « rnncou raucli. » — Ca 
talan et e.--pagriol : « ron< o. » - l orlu- 
gais : « rouco. » — Palien : u rauco » 

RoUETTE, s. f., baguette, lien de bois 
V.. c. de iNeuvilie. — /'. Amblet. — 
Patois du Berry. — Marne : petite 
perche flexible. 

RoDGEAi (I. rumigare) , v. a., ron- 



ROU 

ger, mâcher, couper avec ses dents : 
« rongeai Tbillot , » enrager, ronger 
son frein. — Sainlonge. — Espagnol et 
Portugais : « rumiar. » — Provençal : 
« romiar. •> 

Bougé , s. m. , os. V. — D -S. — 
Vend. Par exten^ion , pomme ou poire 
dont il ne reste plus que le cœur, dont 
on a rongé la chair. (B.-F.) 

RouGÉ, s. m., insecte de couleur 
rouge qui s'attache à la peau et y cause 
des démangeaisons. V. — D.-S. — 
Français : « rouget, p( isson de mer. v 

RouGE-UAU-FouR, loc. adv., mot à 
mot. rouge du four, pain mal réussi. V. 

— D.-S. — Au figuré, individu timbré. 
D.-S , Prailles. 

RouGLiA, inlerj. : Quelque chose de 
beau pour s en glorifier! Vend. — (C. 
et P. D.) 

ROUHYER, RoYF.R, ROUBR, S. m., 

faiseur de roues, charron. « Mémoire 
de Gillei Chasteau, rouhyer, demeurant 
a St Sornin, près Poitiers. » (An. 1 530.) 

— Rouer. (An. Ml9. Manusc. du Poi- 
tou ) 

Rouillai, v. a., rouler les yeux de 
côléet u'aulre. V. — D.-S. 

« Et quant Rcrtran oj de ceci la tcnnre 
» A roillir ce print et a levé la hure. » 

(Chron. de Rert du Gués. V. i9, 69i .) 

Rouille, s. f., plante. V., arr. Ci- 
vray. 

RouiLLOU 'avoir le), loc, c'est avoir 
les yeux fixés sur un objet sans aucune 
inti^rruption. V. 

RouiLLOU (bouillon), s. m., eau dans 
laquelle on fait cuire lesboudin^, et qui 
est couleur de rouille. (B.-F.) — D.-S., 
arr. de .Melle. 

RouissouR. s. m., ruisseau où l'on 
fait rouir le chanvre, le lin. V. — V. 
Redour. 

RouJON, s. m., ppfit ver de couleur 



rouge qui se tient sur la remberte. (B.- 
Kl/, liougé. 

Roi MAIL et RouMEAU, S. m., op- 
prcs-ioii caii-ée par une refroidi-sure, 
un rhume. D-S., <'n\irons ae Melle. 
(B.-K.j V. au?si Romme. 

>i Ob ! qui dissli, mon p'tit, tu vaui don qui m'i- 

['ale, 
» Qu'l loubre cuon burin , qui prln-]e le rou- 

[maU. 
{MtUnit du 28 avril in«i.j 



RUG 



RUS 



235 



RouMiA,s. m., larvngitc, rhume. 
(B.-F.) V. le précéd. 

Roupilles, s. f., vieux morceaux 
de driip, ;;uetnlle5. V — D -S. 

RoL'ssKLOTi, E 'roussMoti), adj.. ce- 
lui ou celle dont la figure est marquée de 
rous>eurs. V., c. de Montconlour. V. 
Brezolai, 

Routae, V. II., faire des vents par la 
bouche : « L' méd'cin m'envaie chez 1' 
droi;uiste qu'ri deux drogues per m' 
fer' routae. » D.-S., arr. de Meiie et de 
Kiort. 

RouTiN, s. m., petit sentier. Ces pe- 
tits sentiers, tracés à travers chami)s, 
abrègent le parcours d'un lieu à Pauire, 
et sont encore appelés, dans quelques 
endroits, «chemins de la messe. » V. — 
D -S. — Patois du Berry. — Marne: 
« roulis, roupie, routée. » 

RoiJzo.NS et Rozo\s, 5. m. pi., les 
rotations. V — D.-S. — « Perles ru- 
zons, les cueilles o tond. » (Dicton poi- 
tevin.) — « En faisant les processions 
des roulons. » {An. Iiit2. Arch. St- 
Hilaire-Kgl., n' 3;'7.) V. Roizons.— Ro- 
man : « roazo. » 

RovRE, adj. des 2 genres, rude au 
physique et au moral. Vend. (C. et 
P. D.) 

RovRE, S. f., patience, plante. V'end. 
(C et P. D.) 

RucE, s. f., espèce de colza sauvage. 
V. — D.-S. 



RuDELLES, Ruelles (1. rota), s. f. 
pi., roues de l'avant-lrain de la charrue, 
diminutif de roue. 11 signifiait autrefois 
les roues d'une charrette. V. — D.-S. 

« Ine charrette à chivcau 
»» Qui 4\ ait tro quatre ruelle» 
)> Osl ronde que do écuellcs. » 

(Rob. Dlv.,p. II.) 

Ruette (b. 1. riiga), s. f.. ruelle. V. 

— D.-S. — RuGtte de Saragois à Mir- 
beau. » (An. 1780. Manusc. du Poi- 
tou.) — Patois du Berry. 

RuLOUR et RuELO'JR, S. m , verger. 

— « Ruelour ou vergier. » (An. 1444. 
Poitiers.) — « Tenant au vergier et ru- 
leur de la dite venderesse. » (An l'40G, 
Manusc. du Poitou.) 

RULLOT l// mouillés), s. m., plante, 
variété du fromental. D.-S. — (B.-F.) — 
V. Perle. 

Ruque, s. f., nuque : 

« Le sergent fut baUu, sa ruque fut peignée. >> 

(Gust., p. co.) 

Russe, s. f. , goutte d'eau qui pend 
au nez, qui en tombe, roupie : « mou- 
ches-ledon, gran(lt'3alope,t'asla russe. » 
Dans tout le Poitou. 

Russe, s. m , rouge-gorge, oiseau. 
V.— D-S. —Vend. 

Russu.NAi , V. n., faire collation. 
D.-S., arr. de Parthenay. V. Ressiou- 
nâe. 



SAB 



Saau (1. .9rt/),sel. Vend. (C. et P. D.) 

Sabaron, Sabarou , s. m. , chaus- 
sure en cuir qui ne couvre que le coude- 
pied V'. — D -S. — Roman : « Sabata 
ou Sabato, » soulier. — Provençal : 
Sabrenas, • savetier. 

Sabe (I. sapa;, s. f., sève du bois et 
des plantes. V.— D-S.— (B.-F.i — 
Gascon : « Sâbo. » — Anglais . «Sâp » 
(pr. sépe.i 

Sabe (r. sabe), v. n , se détacher fa- 
cilement en parlant de lecorce du bois, 
ce qui se produit quand l'arbre est en 



sabe. Pour faire un sifflet, les enfants 
couj)enl une pousse de l'année, d'une 
grosseur relative, y pratiquent une in- 
cision aux deux extrémités de la lon- 
gupurqu'ils veulent donner à l instru- 
ment, et 1 appuyaiit sur l'un de leurs 
genoux, ils la frappent avec un manche 
(lecou'eau, en chantant, ju-qu'à ce que 
récoice se soit détachée du bois : 



« Sabe, sabe, ma pibole, 

»< Tu boiras dau jos de grole, 

« Si tua' sab' pas 

« Tu n'en boiras pas, » 



'236 



SAC 



— La même incantation se fait pour la 
même cause par les enfants de la Sain- 
tonge , mais la récompense promise est 
ditférente. Au lif^u i!e ju> de giole, ce 
sont des œufs rôtis et mollets qui doi- 
vent être le prix du succès. — Langue- 
docien : « Sal)à. » 

Sabe (1. sa père), v. n., éprouver une 
sensation vivo et douloureuse , surtout 
par suite du froid : « la moin (main) 
sabe, I) quand on y éprouve du froid : 
« la goule en sabe, » lorsqu'on mani^^e 
des m^is fortement épicés, ou que I on 
boit des liqueurs trop fortes. — Au figuré 
dé.-irer vivement, être impiitienl de dire 
ou de faire quelque chose. — V. — D.-S. 
Vend. 

« Le bec me sébe fort, et la gou'e me j.nppe 
» I n'ou peu puz tenl, ol c>t fat, o in'érhappe.» 

(Rob I)iv.,p, 121.1 

Sabé, V. a, ttjer : « Sabe me don 
quiau poulet , ié pou l'cœur fie z'ou 
1ère. » V., arr. de Liv. — DéchinT, 
mettre en pièces : « ol est daux osais 
qu' glanl sabé avec leiis pliumes.i» D.-S., 
arr. de Melle. 

Sabia-Bielle , adj. , sot , niais. 
(B.-F.) 

Sa binai (1. sabina), v. n , éprouver 
des démangeai-ons à la peau. V. — Par 
extension, êire impatient de dire ou de 
faire quelque chose. Vienne. 

Sabibo\.s. m , escarpin, chau.^scnen 
cuir. D -S , c. de Bress. V- Snbaron. 

Sabotau.lm, v, n., faire (hj b:uit 
avec des snhots. V.. c. de \li rebeau. 

SABOLBtAU , s. m., os déclianié : 
l'on dit, ironiquement : i piête-moi don 
ton saboureau pour faie la soupe > 
V., arr. de Châtelleraud. — .'Manclie de 
gigot. D,-S., c. de Celles. — Patois 
limousin . « sabouràou, » morceau de 
lard dont on fait la soupe. — TV'oms de 
lieux : a Sabouraux (lesl , » Saint- 
Genest. (V ) 

Saboubin, s. m., mauvais savetier 
qui court les villai^es (R.-F.) — « Sa 
bourins (le.s) » Dangé, Ù^son. (V.) 

Sacae, Sacquai \\. sncrnr?), v a , 
serrer quelque cliose. D.-S. — Vend. 
|C. et P. I — E-pai2iiol : o Sacar » 

Sachot , s. m , petit sac, sachet. 
Vendée. 

« De l'or à plein sachot. » 

(Gust., p, 10.) 



SAN 

Sacquetai, v. a., évenlerdes grains, 
ou des pois, avec un sac, pour en chasser 
les balles. V.— D.-S. — Par exlen-ion, 
se dit (\u pouls dont les niou^ements 
sont précipités. (Mellois du y juin 1.^61.) 

Sae (1. aitis], s. f., soif. Vend. (C. et 
P. D.) 

Sagâu, s. m. , omelette au lard. 
D-S., Chiitillon. 

Saguenail, Saguenat, Saguema, 

s. m., objet qui donne une mauvai.-e 
odeur par suiie de maljiropieté : « 
--ont r ?ag' nad. » V , at r. de ("ivray, 
arr. de Poitiers. — D. S., c. do Bres- 
suire. 

Saguenitou, s. m., un somlard, un 
gueux errant, personne mal velue. V. 

— D.-S. 

Sai, pr. pers. de la Sl^ pers., soi. V. 

— D.-S. Vend. Suivant les lieux. 

Saigne nez, s. m., le mille-feuilles, 
pliinte ainsi nommée p;irce qu'elIt- pro- 
liuil un saignement lie iiez(jiiand on in- 
troduit une de ses feuilles dans les na- 
rines. Onomatopée. V.— D.-S — Vend. 

Sain , cloche : «Pour sonner les 
sains. » (An. I4.S0. Manu-^. du Poitou.) 

Saincanet, Saiisce>et, adj., cor- 
ruption des mots sain et net; qui se 
porte bien, qui n'a aucun mal, ni dé- 
faut V.— D.-S. 

Saintikr (1. sigmim\ s. m., fondeur 
de cloches, (xiv* siècle. Manusc. du 
Poitou.) 

Salau, s. m., sarrau, petit tablier 
d'enf.ml V — D S. 

Saligale, s. m., galeite de farine de 
maï,- que l'on fait cuire au four sur dt'S 
feuilles de chou. (B.-K.) — V., arr de 
Civ. — D.-S , arr, de Melle. 

Salou (I. .sa/;, s. m., vase dans le- 
quel on conserve la viande de porc, le 
salé : a a-tu fé tin salou? »> as tu tué un 
porc? D.-S , arr. de Parthenay. — Ar- 
dennes : o saloux, » salière, boîte à sel. 

Sanaillai, v. a., semer le grain. 
Vend. (C. et P. D.) — Sanai el Senai. 
V.— D.-S. 

SA^BLIÉ , s. m., sentier : « t'a qu'à 
prindre quiau sanblié^ t'arriv'ra tout 
dré. » V., arr. Civ. — o Seinblié. » 
(An. 1498. iManu>c. du Poitou.) 

Sané, v. a., castrer. D.-S. F. Coché. 

— Au figuré, raccommoder, saner un 



SAR 

trou, une déchirure. (B.-F.) — Proven- 
çal : « sana, » castrer. 

Sangl4 et Sanglaro (gl mouil- 
lés), s. m., serpent gros et lonj^/a feinte 
jaune mélangée de vert. V., suivant les 
lieux 

Sanglé t'gl mouillés) , s. m., sen- 
tier. V. — b.-S., suivant les localités. 
V. Sanhiié. 

Sanglé (gl mouillés), v. a.^ jeter, 
lancer. V.— D.-S. 

« Ole m'zorîant sanglé pnr le nez 
» SI na'véja pris garde à iné. » 

(Chan*. polt.) 

Sangsène, Sangsuge. Sangsijre 
{\ snfigi/isîiga,,s f., sangsue. V. — D. S 
— Ronuin : • sancsuga. » — Portugais 
et italien : « sanguisugj». » — Patois du 
Berry : « sani2:suie', sang>ure. d 

Sanguf.nite , Smmguknit , s. f, 
plante vermifuge, sanloline. V. — D. S. 

Sanguin, Songuin (I sanguineus), 
s. m , arbrisseau ; espèce de cornouiller, 
ainsi nommé de son écorce rouge. Il est 
défendu aux bergers, dans quelques lo- 
calités, de frapper leurs brebis avec fies 
vergettesde cet arbrisseau, parce qu'elles 
auraient la saignée ou coup de sang. 
V.— D.-S — « Sangui. » dans le midi. 

SaNOIR SeNGIR.S. m ,etSENOl)ÈRE, 

s. f , nappe consacrée h semer le blé. V. 
— D -S., suivant les lieux. 

SANTii\EA[i, s m., petit réservoir 
fixé à un ba'eau pour y mettre le pois- 
son. V roffineau. dans le 2^ sens. V., 
arr. de Châtelleraud. 

Sanzille, s. f., oiseau, mésange. V. 

— n.-s. 

Sapae , Sapai, v. a., baiser avec 
bruit des lèvres : a o n'a poué sapé, o 
n'a fé qu' coté. » C est la différence 
entre le baiser lourd ou affectueux, et le 
baiser léger ou indifférent. V. — D.-S. — 
Vend. 

Sarde, s. f., osier. V., c. de Pleu- 
mariin. 

Sargaillat (r. sargaille). v. n., 
s'amu-er. folâtrer, se prend en mauvaise 
part. V.— D.-S. 

Sargaille, s. f., fille ou femme lé- 
gère, volage V. — D.-S. 

SarpaUdae, v. n.. gâcher l'ouvrage 
avec une serpe. Se dit des bù hérons ; 
« quiau gas de I.ison m' fra pu jaméd' 



SGI 



237 



fagots; gl'a tout sarpaudae ma palisse; » 
ce gars de fouis, etc. D.-S., arr. de 
Vielle et de Niort. 

Sarraillai, v. a., coudre mal, bou- 
cher un trou sans y mettre une pièce, en 
rapprochant les bords. Par extension : 
« dents sarrdillées, » resserrement con- 
vulsifde la mâchoire. V. — D.-S. — 
Vend. 

Sarre, coin en fer pour serrer la 
guire. (f^. ce mot.) D.-S., arr. de Par- 
thenay. 

S A R n É (I . serere) , v . a . , serrer, met! ro 
à l'abri. V. - D.-S. — Basse latinité : 
c serare, serrare. » (Duc.) 

Sau (I. sal). s. f.,sel : « v'Iè ve d' la 
sau. les femmes? — Inon, 1 n'ani poué 
d'argeoni. » — « | es mesures qui vont 
à mesurer la sau. » (Manusc. du Poitou.) 

« PheUpon donnera la saii. » 

(N.PO 

— Sainlonge. — Provençal, Besançon, 
Ga>con : « sal. » 

Sauma (I. sal, mvrki), s. m., sau- 
mure, .sel fondu et liquéfié dans le char- 
nier. Pour être bon et ne point se gâter, 
le salé doit baigner dans la saumure. 
V.— D.-S. — Vend. — Provençal : « sau- 
mafe. » 

Sauterea, Sautereau . Sauter- 
glain [gl mouillés), Sauterlia, s. 
m., sauterelle. V. _ D -S. — Vend. — 
Patois du Berry : « sauîerieau. » 

Sauteru (SHUt'ria), adj , celui ou 
celle qui saute. V., c. de la Villedieu. 

Sauvagea, s. m., sauvageon, jeuno 
arbre venu sans culture. V. — D -S. 

Sauvation, s. f., salut : « en cheu- 
sanl d'au feni, i m' seu acrochai à la 
porte de l'élable, ol a été ma sauva- 
tion. » V.— D.-S — Saintonge. « ... Et 
par tei aurunt salvatium. » (Les quatre 
livres des rois, p. 263 ) 

SAUVEiMEwr, s! m , salut : 

M O faul bein qu'igl endure 
» l're nouire sauveitiont. » 

(Pi. P., p. »».) 

Sauze, s. f., arbrisseau, saule. D.-S. 
;^Roman : « Fauze, « saule. — Proven- 
çal : « sauze, entre li sauze. » 

Savonnette, s f, plante, sapO' 
naria de Linné. fB-F ) 

SciouNAi [scindere, sclssum),v. a., 



2:^s 



SEG 



SEJ 



fropper, battre avec un scion. Le mot 
sciou est français. Il signifie j)elit reje- 
ton flexible d'un arbie. V. — D.-S. 

Se, pr. pers. de la "2' piTS , soi. V. — 
D -S , siiivani les lieux. K, Sai — Patois 
du Linioii.-in. 

Se. Sed. Set (1. sitis\ s. f., soif. V. 
— D.-S. — Roman, gascon et proven- 
çal : « set. ») — Espagnol : « sed. » — 
Portugal; « sede. > — Italien : « sete. » 

Se-bo, exclamation des laboureurs, 
des charretiers pour ai rèler leurs bœufs. 
V., arr. de Chàtelleiaud. — Patois du 
Berry : « sta-bo, » sta, bos. 

Sebrade, s. f.. déchirure. (B -F.) 

Sebimi (I. separare], v a., déchirer. 
V. — n.-S. — Roman : « sebrar. » — Ha 
luis du I imousin : • eycébras. » 

ShCOTTE (^'cotfe), S. f . , instrument 
de bois ou de ferblanc qui sert à laver 
les mains. V.. arr. de Civray. V. Cas- 
sol te. 

Srg.ksce (\. sequentia), s. f., suite, 
cortège. Vend. 

« Ve pourrez cepcnriant, et ta* et ta sepance 
» Passay dans mon taudis la oit en a^^nnmce. » 

(Gust.) 

Ancien français : « sequance et sé- 
quence. » 

Segeai (1. segere], v. a., scier, cou- 
per, moi.-sonner : « ol é tomps desegeai 
les blés. I) V. — D.-S. — Sainlonge. — 
Coutume du Poitou : « celluy qui lient 
à lerrages doit requérir son seigneur. .. 
de venir terrager le blé quand il est 
séyé. — Roman : « segar. » — Basse 
latinité : segare. secare , proprie de 
me?se aut pratodicilur. (Duc )— Gascon 
et languedocien : « sega. » 

Skgklaton, Segrelat, te (1. se- 
cale , sub^t. et adj. , c'e>t le surnom 
que l'on donne aux paysans des cantons 
de Sauzé-Vaussais et de I.ezay (D.-S.) 
parce qu'on ne récoltait aulrefoir,. dans 
ces contrées que du seigle ; « faut qu'i 
angians à la fouère de l.'zny, i verranl 
les segrelais et segrelates. » — a Se^e- 
lier lierre), » terrea^elgie : o une pièce 
de terre fromental et. segelicr. o (An. 
1479. vianusc. du Poitou. j — B^sse lati- 
nité : sega/lum^ signlum.. jDuc ) 

Segke, Segue, Sékgue (1. 8equi),\. 
a., suivre. V.— D.-S — Vend., où l'on 
dit aussi : « segâe. » — Coutume de 



Charroux : û et ob ses homes qui le 
devent siègre ob armes par tota la mar- 
che. » (Art. lO.) — Roman : a ségre. » 
— Provençal : « segui, iéu la vole se- 
gui, » je veux la suivre. — Saintonge. — 
Ancien français : « sevré, sievre. » 

Segretain, s. m., sacristain. V. — 
D.-S.— Vend. 

« Que le prôtre et le ii'gretaln 
» Miriant loa bourse nette. 

(Gust.) 

Segueilli, v. a., déchirer avec les 
dents. D -S., Thénezai. 

« S'ol avait poinsélé 11 
> L'arlunt bé segueilli. » 

(Chans. polt.) 

Seie, Saie (1. seta), s. f , crin du 
cheval : ^( Ihielle j'ment à la seie longe ; » 
« ^iète, » a Brioux (B.-K.)— V. — D.-S. 
Vend., suivant les lieux. — Seie, lac pour 
prendre les oiseaux. V., arr. de Civ. — 
Saintonge : « saie. • — Languedocien : 
« sedou, » lac de crin ou nœud coulant 
pour prendre les oiseaux. 

SEiL(b. I. sellus), s. m., seau d'une 
seule pièce avec anse fixe en bois. V. — 
D.-S, — Vend. — Seil-goulard. seau eu 
forme de cuve. V., arr. de Civray. — 
Ardennes : « seiay » — Ba-se latinité : 
sellus , mensura liquidorum : nostri 
sfiillea majores cados vocant quibus 
aqiia ex puieis hauritur. 

Seilla , Seilleau fs'lla . s'ileau, 
// mouillés), s. m., seau cerclé en fer 
avec anse mobile également en fer : 
« rtoun' me don quiau s'ila, qu'i ange 
q'ri in' s'ilôe d'aive. • V. — D.-S. — 
Vend. 

« Pre bnfay son feu, pre tiray 
» De l'ève en ses tcillas. » 

(Gust.. p. 12.) 

— « 11 apporta un seilleau plein d'eau. » 
(An. l/igc». D. Font., t. Xll, p. 419.]— 
Roman : « seilla et snlha. » 

ShiLLÉE (s'IIée, // mouillés), s. f., 
plein un seau. V. — D.-S. 

Seimbai et Sei^gbrt, v. n , être 
pensif, songer, ne pas avancer à son ou- 
vrage. D.-S. 

Seite, s. f., suite. D.-S., arr. de 
Parthenay. 

SÉJOLÈBE , s. f., petite corde qui 



SEN 



SER 



239 



passe dans les deux bouts de l'atlelure 
pour tenir l'omblet au joug. V. — D.-S. 
A''. A>?éi<eoiière. 

Skllktte (l sella), s. f.. l'une des 
pièces de la oharnie. C'est un nia Iri r 
qui repose sur l'essieu et sert à porler la 
perche (B.-F )— V., arr. de Civray. — 
D.-S. c de Rress 

Semadi ^s'madi), s. m., samedi : 
« ol é demoin s'madi. » D.-S., arr. de 
Melle, Bress. et Purth. — Vend — V., 
arr, de Civ. — Ardennes, Sainfons-e. — 
Ancien français : a le semadi en la 
voilleseint André. » (An. 1292. Saint- 
Père de Chartres.) 

Srme (1 semen),s. f., époque desse- 
mailleà : « la semé est rendue. » (B.-F.) 
— Roman : « sem. » — Italien: <■ semé. » 
semence. — Basse latinité • « semh'e. » 

Semk (labourer), loc. , labotirer su- 
perficiellement , ne faire qu'effleurer la 
terre, D.-S., arr. de Bressuire. 

Skmk%ci'/VU (I semenlhius], s. m., 
pièce de toile qui sert à s^mer le'^ grains. 
— F>pace de terrain qui est couvert par 
la semence conienue dans le s'menceau. 
(B.-F.) — f.acombe : « sac semensie. » 

ScMENTiBE, Sementère is'nieiUire , 
s. m .cimetière. V. — D -S. — Provi nçal : 
« camen'éri : devers lou camentéri. )> 
— Patois du Limousin : « sémèiitêri. » 

Sendai, s m., sentier. D.-S., arr. 
de Parih. V Sanblié. 

Senai , V. a., châtrer : — semer. V. 
D.-S. //. Sané. — Patois du Berry : 
e semer. • 

Srnisse, s. f., graine de foin naturel. 
V. 

Senoiraon, Senoiron, s. m., linge 
sale,chéiif. Par e.\tension, vêtement. 
D.-S.— Vend. 

« N'ayer qu'io senolron pre tout accoutrement. » 

(Bab,, p, 67.) 

Sentiment favoir du), loc, avoir 
une odeur forte et pénétrante qui af- 
fecte vivement le goût et l'odorat. 
(B.-F.) 

« Mettez le neïdedon 
)> Peu te Terray après 
» S'oll at do seniimont. » 

(Rob. Di?., p. ICI.) 

— Vapeur qu'exhabnt les bêles fauves. 
(Terme de vénerie.) 



Seppe, Soupe (1. cippus), s. f., tête 
d'arbre étronçonnée. pour lui faire rap- 
porter plus de branches. Vend. — D.-S. 

c Et sortant si chargés que la snppe se panche. > 

(Giist., p. 6».) 

— Par extension, tronc d'arbre, ruche. 
V. — Noms de lieux : « Seppe (laj, » 
Savi;iné. (V.) 

Ser, Seras, s. m., Serée, s. f., 
(1. seruni]^ le soir, la soirée. Dans tout 
le Poitou, suivant les lieux. 

« Au ser y mé le vea au tet. » 

^Gent. poetT., p. ta.) 

— Roman : « ser^sera. » — Provençal et 
gascon : ce sero. » — Patois du Limou- 
sin : « séi. » — Ardennes : « sérée , 
série. <> 

Sérault, s. m., le couvre-feu, l'An- 
gelus du soir. — < .le me doubte que 
quand mon gendre alla au clocher son- < 
ner le sérault. » ^Arch. St-Hil. Egl., 
suppl. n» 40 ) 

Skrbe s. f., espèce de colza sauvage. 
(B.-F ) V. Ruce. 

Sergxillk, s. f., fille ou femme vo- 
lage V. V. Sargaille. 

Sergmllai, V. n., s'amuser, folâ- 
trer. V. V. Sargaillai. 

Sergent. s m, morceau de bois que 
l'on pique au coin d'un champ pour in- 
diquer qu il est interdit d'y Taire paca- 
ger, et même d'y passer. V., arr. de 
Châ'elleraud. V. Brandon. 

Sergbntoux, s. m., sergent, pour 
huissier. (Gust.) 

Sert, s. m., soir: « de seri, » ce 
soir. D S., c. de Thénezay. 

Serinette, s. f., plante, chardon 
roulant et chardon étoile. V. — D.-S. 

Skr PILLAS, s m., grosse toile d'em- 
ballage , sorte de tablier d homme. 
Vend. 

€ Et sa ceinture est faite d'un tIcui serpillas. » 

(Gust,, p, »5.) 

Sbrpillèrr, s. f , couverture de toile 
que 1 on met sur les bœufs pour les ga- 
rantir dn riniempérie des saisons. V., 
arr, de Cliâitlleraud. — Haute-Marne : 
a serpillèreet sarpillère, » grosse toile. 

SefvPOULat (se), v. pr., se déchirer, 



240 



SIB 



SIN 



s'enlever la peau. Vend. (C. et P. D.)— 
D -S., arr. de Melle. 

Sekre, s. f , cale en fer «ervant à 
pres>er la queue d'une faux i!aii.«^ la 
guioire. V., arr. de Civray. V. Jarre. 

Sertre, s. f., assurance : 

€ Tout le corpe m'allei iromblnnt 
» Mon cœur n'étoit point in •écrire. » 
(N. I'.,P. aa.) 

Servol\nt, s. m., enfant qui ne fait 
que réunit r, courir. Se dit aussi des 
grandes ()ersonnes : « tu n're-i'ras pas 
en paix, ^trand sprvolant. d (f^.-F ) 

Setra, s. m., bas sans pied, espèce 
de ganiaches (13.-F ) 

SFr.vSFiTiK s. m., sureau. V — D.-S, 
— a Et souhs un grand seu qui esloit 
en la diile place se reposa. » (Annales 
d'Aquitaine, p. 20 ) — Lacombé et dic- 
tionnaire de Tr'^voux : seu » — Rab;^'- 
lais : •' sulz etsuzeau. » — Ardenneset 
patois du Berry : « séu. » 

SEUG^AE et Sbi;g?jai, v. n., être 
sombre et pensif, bouder. — Par exten- 
sion, s'amuser h des vétilles au lieu de 
travailler. V. — D.-S.— Vend. F. Oheu- 
gnai — Roman : « sognar, » songer , 
rêver. — Italien : c sognare. « 

Seugnard, adj., mutin, de mauvaise 
humeur. V. — D.-S. K. ( heugnard. 

S^L'iL . s m., sureau. V., c. de 
Montmorillon. F. Seu. 

Shulecoche, s. f. , petit instrument 
en fer que l'on met au bout d'un fuseau. 
V., arr. de Civray 

Seizeb I. sudare), v. n , suer : 

« Et pre foire seuïer les pouvre rcraontran». » 

(Bab., p. 81 .) 

Sevrai, v a., déchirer. Vend. Font. 
(Cet I'. D.) F Sebrai. 

Sf, adv., encore. V. 

Si, s. m., suif. D.-S. 

SiAA, part, aff., oui Vend. (C. et 
P.D I 

SiBLAî 'bl mouillé.s) [1. s'ibilare] ^ 
V. n . sifïler. V. — Languedocien : 
f Sibla. » 

SiBLET (6'' mouillé-), s. m , sifïlet. 
V. — Languedocien. — Marne ; « Sihio 
sifïlf^t, cri. 

SiBOT, SiBOLT, s. m., la corde du 
licou que l'on passe dans la bouche ou 



sur le nez des chevaux, etc., pour s'en 
servir comme d'une bride. V. — D.-S. 

r. Cibui. 

SiBouLi-SiBOULA , loc. , pêle-mêle. 
V., arr. de Poitiers. A'. Bouli-boula. 

SicLOiiÈRE {cl mouillés), s. f., 
pi lile seringue en bois dont les enfants 
^e servent pour arro.-er les pa>sants par 
espièglerie, ou s'arroser entre eux et 
coniine par jeu. D.-S., arr. deBreSsuirc 
et de Parlh. 

SicoT.s. m., petit morceau de bois ; 
ce qui reste d'une branche d'arbre cou- 
pée presque rez-lerro. Dans tout le Poi- 
tou : l'on dit proverbialement : • faire 
sauter lesicot, » ce qui répond à faire 
sauter l'anse du panier. 

« On peut dire qu'aux barrières 
» L'on fait sauler lesirot. r 

(Chanson poit.; 

SrcOT, S. m., hoquet. D--S., arr. 
de Melle. 

« Courre y cheusit chcux nous, y fus pris d'au .si- 

[cot. » 
(B.-F.J 

SfcoTAT. V. a., cahoter : « en |>as- 
sant dans thiés chemins, on est bé si- 
coié. (i> -F.j — ^oms de lieux : « Sico- 
tière (la). )^ Journet, l'rincay. Vernon. 

(V) 

SiÉ (1 sfi.x), adj nimi., six. V., c. 
del'ble-Iourdain — Gascon : « Siès. » — 
Pa'ois limousin : o(,hiéy. » 

SiF et SE. s. m., suif. D -S., arr. de 
Parlhenay. — Marne : « sien. > 

Sigale, s. m., galette (Je farine de 
maïs. V., arr. de (ivray. F. Saligalé. 

SlGOUlLLAE. SlGOUlLLAl, V. a., Se- 

couer. xend., Maillezais. — Tripoter, 
hacher. V. — D.-S. — Garcon : '( sar- 
gouilla. » 

SiLAi, V. n., crier sur un ton aigu. 
V. — D.-S. — Couler un peu et par 
Glets : a la barrique sile. » 'V. — D.-S. 

— Vend. — Roman : « siular, » sifïler. 

— Languedocien : « sioùla, » pousser 
un cri aigu et perçant. 

SiLOi,SiLOi!R,adj., celui ou cellequi 
sile. V.— D.-S. 

SiMois, s. m., le haut d'un bas.V. — 
D.-S. 

Sl^CR ou SiNSE, p. m., vieux tor- 
chon déchiré, torchon de four. — D.-S. 



SON 



SOT 



241 



— Vend. (C. et P. D.) — Patois du 
Berrv. 

SiOL4i, S. f , petit sillon formé à deux 
fois par le \ersour. V., arr. de Civray 

SiROTTAi, V. a. , faire un ouvrage 
avec soin, le parfaire. V. — D.-S. 

SiT, s. m., fût, futaille. D.-S., arr. 
de Melle et de Niort. 

SiTOU, s. m., faisceau d'épines. Ven- 
dée. (C. et P. D.) 

SivRE, S. m , sève. V._, arr. de Châ- 
telleraud. f\ Sabo. 

So \\. sîib), prép., sous. — Abrévia- 
tion pour si vous : « ayez, so })lait. 
piliéd'niai » ayez, s'il vous plaît, pitié 
de moi Dansiout le Poitou. 

So, s. m., cour à battre le blé. V., 
c. Isle. -Jourdain. 

So, pr. possessif, sing. masc, au 
pluriel, sonés ou sonadés. V., c. Isle- 
Jourdain. 

SOFFRENDAE, SOFFRENDAT, V. H., 

peiner, avoir le cœur «ros. Vend. (Cet 
P. D ) — Patois du Limousin : «< sou- 
frounar. » 

SoFf. lE, et SoFiAT, des 2 gen., adj., 
sot. niais, imbécile : « que t'é sofi, don ! )> 
(B.-F.) 

SoGUAT (r. sogue), v. a. et n., rester 
en repos, attendre et faire attendre. V. 
— D -S. 

SoGUE, S f., repos, silence. V. — 
D.-S. L'on appelle « sogue , » dans 
quelques localités, le Mémento de la 
me.'Se : a damnez lou bin à la sogue, » 
disait un paysan à son curé, en le priant 
de dire une messe pour envoyer un de 
ses enneniisen enfer. 

SoiFFEUR, SE iv. 50?'/), adj., celui ou 
celle qui aime a boire. V. — D.-S. 

SoLAGE, Solange (I. solum),s. m., 
qualité d'un fonds de terre. Un champ 
est d'un bon ou d'un mauvais solage, 
suivant la qualitédu terrain. V. — D.-S. 
Suivant les localités. 

SoLÉE, s f , plein une cour à battre. 
V., c. Isle-.louidain — Patois du Berry : 
(( cépée, I) lowffede plusieurs tiges de bois. 

Sombré (labourerj. loc. labourer su- 
perficiellement. iB.-F.) V. Semé. 

SoNA (1 sonus) ^ V. a., appeler: 
« faut ana le sona, » il faut aller l'appe- 
ler. V., c. Isle-Jourdain. 



SoBCEiLLOU, ousE, adj., soucieux. 

« La plupart de vous gens sont dos gcnssorrptlloux.» 

vBub , p. ao. ] 

SoRET, TTE, adj.. celui ou celle à qui 
on a coupé les oreilles. V.. arr. de (.i- 
vray. — D.-S., arr. de Bressuire. — 
Vend.— Celui ou celle à qui on a coupé 
les chrveux trop ras. V., arr. de Châ- 
telleraud. — Patois du Berry : « sans 
oreille. » — « Sorets (les) , » nom de 
lieu. 

SoRÈTAi v. a , labourer légèrement 
pour marfpier les réges. V.. arr. de 
Montmorillon. — Noms de lieux : « So- 
reierie(la), •> Savigny. (V.) 

SORGE , adj. des 2 genr. , léger : 
« pain sorge. » V., arr. de Châtelle- 
raud. 

SORGLAU , SORGLON , SORGLOU 

'g/ mouillés), adj.. animal "^ qui on a 
coupé les oreilles. V. — D.-S. V. So- 
tet. 

SoRLLAE igl mouillés), v. n., faire 
le paresseux, travailler nonchalamment. 
D.-S., arr. de Melle. 

SoTEiLLF. ou SoTiLLF, S. f , la come 
des pieds des bêtes bovines, ovines et 
porcines, les ergots des oiseaux. V. — 
I). S. r. Galles. 

SoTEiLLONS, S. m. pi., diminutif du 
précédent. (B.-F.) 

SoTÈRE-A-CorsTN, loc. On appelle 
ainsi les trous que font les enfants pour 
jouera certains jfux. Vend. — Chausses- 
trappes creu->ées pour attraper les pas- 
sants et les faire tomber ou salir. (Pres- 
sac.) 

< Si je voulons courri,gl'anl, prcnousfaire cheurre, 

» Dau sotèrc-à-cousic " 

(Gust., p. G7.) 

SoTREA, S. m., diminutif de sot, petit 
sot. V. — D -S. 

SoTTiCHE , adj., sot, niais. Vend. 
(C. et P. D.) — Anglais : « sotish. » 

SoTTisiEUX, EUSE, adj , sottisier, 
diseur de sottises: « Ah', quielle drol- 
lère de Madeluche. é-t-alle soitisieuse! » 
Ah! cetîe diôlesse de Madelaine, est- 
elle sotlisière ! V.— D.-S. —Patois du 
Berry. 



9A9 



SOU 



SoTTRiE, S. f. , sottise , injure. D.-S , 
arr. de Bressuire. 

« Et tandis, rlei ve prie 

» Bain Joliment de roë <iOtirie. » 

(Gciit. poetv.) 

SoiBRAT, V. a.,mangpr avec avidité, 
se soùltT de viande, de mets. V., arr 
de Cjvray. 

SouBKAi, V. a , tracasser, ennuyer. 
D.-S., arr. de Melle. V., arr. deCivray. 

— Déchirer. V. Sebrai. 

« Oh ! qui disîlt , mon p'tlt, tu taux don qui m*é- 

[rale 

• Qui aombre mon bifrln. .....:•> 

[Melloit, 98 arrll isei.) 

SouBREJorÈRE, S f., petite cnrde 
qui pas,-edans les deux bonis de Tatte- 
lure, pour tenir l'omblet au joui;. V., c. 
de Montmorill .n. Y. Asseseouère. 

Souc sol US', adj., seul Vend. — 
D.-S. —Provençal : « soûl.» — Patois 
du Limousin : « sou. » — Ancien fran- 
çais. 

Sor'CAE. V. a., serrer fortement. Ven- 
dée. (C et P. D.) 

Souci, s. m , gouffres de la T)ive du 
midi au-dessons de Bunneuil-Hux Mon- 
ge^. dans lesquels se perdent . l'été , les 
eaux de celte petite rivière. 11 y a le 
a souci de la Juraenl-B'anche. > 
(B.-F.) 

SouDi. E. adj., ennuyant, contra- 
riant celui qui ennuie ou qui contrarie 
par ses manières ou p.ir ses actes. V. — 
Champagr.e : « soudis , soudivant, » 
séducteur, traître. 

SojJEiL 1. suile), s. m , mare, amas 
d'eau. l).-S.,Brioux. — Bourbier. (B.-F.; 

— Roman ; « suit et suilla. » — Ar- 
denne.s, Hnule-Marne : « sou soue. » 

Soi'FFRENAi.v. n., sangloter. (B -F) 
y. Soffrendâe. — Patois du Berry : 

• souffernes , > spasme qui suit les 
pleurs. 

Souille, s. f., taie d'oreiller. Dans 
tout le Poitou. — Maniisc. du Poitou. 

Soulae 1. solere), v. n., avoir cou- 
tume Vend. (C. et P. D.) — Rabelais . 
a souloir, soler. > 

SoLLAiLLÈRE, S. f.. licu que le soleil 
réchauffe, et où les femmes se réunissent 



SOU 
faire des cancans. 



pour travailler et 
Vend. 



« L'in dequio^ Joui mn tante GuUlcbotte 
< A la soulalllère conioit. » 

(Gust., p. JJ7.) 

— Espagnol : « solana. » On appelle 
encore «solana » une galerii^ ouverte au 
midi, située à l'un des étages supérieurs 
de la maison, et où les Espagnols vont , 
pendant l'hiver, jouir de la chaleur du 
soleil. (Pressae.) — ^oms de lieux : 
« Soleillcrie (lai, » Ingrandes. 'V.) 

SouLEiLL.Ai, V. n., mettre au soleil, 
expo-er à sa chaleur : « O faut faire 
souleillai ihiés gearbes, a sant toutes 
trompes. « (B.-F ) — V. — Vendée. — 
Roman : « solelhar, » se trouver au 
soleil. — Provençal : « souleilla; me 
soiileil'a irai de ta caro, » me soleiller 
aux ravons de ton visaue. — Gascon : 
u souzeilla » Dans du Bellay : 

« Les coteaux solcillez de pampres sont couverls. » 

SouLAiRE et Solaire, S, f., vent du 
midi ou du sud sud-est. V. — Vend. 
Patois du Berry : « soulaire, solar, sou- 
lar.)^ — Aube: « solerre,solers,soulers.)) 

SouLAHD, DE, adj,, Celui ou celle qui 
se ?oùle, ivrogne V. — U.-S. — Haute- 
Marne : « soulon. » 

SouLAS. s. m., multitude, troupe, 
grand nombre , réunion non)breu>e : 
gle saut vengus tout in soûlas chez 
Piarrot. » Ils ^onl venus toute une 
troupe chez Pierre. V. — D.-S. — Vend. 

« Oans inc ball.ide y l'avislt 
" Dans in ^oulas d'fumellrs. * 

(Chanson poitevine.) 

SouLAS (1. solatium),s. m., plaisir , 
joie, contentement. 

X Do pastoux qucme quhu tous n'avez grand soiv 

[las. » 
(Rab.) 

— Provençal. — Rabelais : « o lors , 
joyeuseté. alaigresse, liesse, soûlas, dé- 
duicts. » (L. IV, c. 5.) 

Sou LE 'jeu de) aussi appelé jeu des 
solles : « ( e jeu, dit le docteur Guépin, 
con.-istail à erdever au milieu d'une 
foule, souvent liès-considérable, une 
boule de cuir lancée par le seigneur ou 



sou 

son représentant, et a la logei' soit dans 
une ferme, soit dans une auberge. Celui 
qui logeait la soûle était bien vu aux 
assemblées de toutes les jeunes filles, et 
les autres ne pouvaient conlinuer l.Mir 
jeu qu'en la rachetant. cest-t-i!ire en 
piiyanl à boire a tous ceux qui pou- 
vaient entrer dans la ferme ou daus 
l'auberge. » (Hist. de Nantes, deuxième 
édition, p. 3'25.) l/échevinage de Poi- 
tiers défendit d'y jouer dans les rues le 
7 fév. 1464 L'évèque de Nantes le pros- 
crivit en 1669, sous peine d'excommu- 
nication. U est encore en usage dans 
l'arrondissement de Hontivy. 

SouMME (I. sitmmus), adj. des deux 
genres.; légi-r, meuble, en parlant des 
terres. Vienne. 

SouPALOiJÉ, s. f., repas pour la lou- 
ange : « cœna nd l aunes. » ou « repas 
alloué, » dû. La soupaloué consiste a 
tremper des tartines de pain blanc dans 
des œufs battus. On les fait cuire dans 
la poêle, au beurre, à la graisse ou a 
l'huile. On y ajoute aujourd'hui du 
sucre quand elles sont cuites Tou^ les 
cultivateurs du Châtelleraudais font re- 
ligieusement la soupaloué le jour et fête 
de la Purification pour imiter en cela , 
disent-iU, la sainte \ ierge^ qui, le jour 
de sa purification, servit un nif'ts sem- 
blable tiux femmes qui 1 avaient accom- 
pagnée au temple. 

Soupe- doueb , Soupe-rousse , 
SouPE-PATOUSE. V. — D.S. Suivant 
les lieux. V. Le précédent 

SouRDAE (o n va pou), loc malade 
qui ne va ni pis ni mieux. U.-S., c. de 
Celles. 

SouRDAi, V. n., s'amuser, passer son 
temps à des riens. L'on dit aussi au 
figuré : « n'être pas sourdai , » n'être 
pas dupe. D -S , arr. de Melle. 

SouRDAU, AUDR, adj., sourd. "V. — 
D.S. 

Sourde, ée, adj , le plus mauvais, 
le plus chélif : « o n'est puué 1' sourde 
dmes eignas. » D.-S. (Rondier). — Ro- 
man : «sordeier. o comparatif de «sor- 
dei, î mauvais, chétif pire. 

SouBDouB. s. m., terrain humide, 
où l'eau coule toujours, excepté pendant 
les grandes chaleurs de l'été. 'V., arr. de 
Chat. — Basse latinité : surgere, émer- 



ge re. 



SRA 243 



« sourdis, > 



(Duc.) — Marne 
fontaine, soiirce. 

SounGE (l. surgere) , adj. des 2 
genr., très léger, se dit des choses ani- 
mées et inanimées. jB.-F.) 

u I seux pu soorge qii'in mouton. > 
IRub, Dlv. p. 98.) 

— F. Sorge, 

Sourgi (r. sourge), v. a., soulever un 
poids : a sourgis thiau membrut. y> 
i,B.-F.) — "V., arr. de Civray. — An- 
glais : « to surge, « s'élever. » 

SOURIGETTE , SOU HISSOUÈRE, S, f., 

souricière. D.-S. — V. 

SouRiou, se, ad , terre qui retient 
l'eau. V., c. de Neuville. V. Sourdoué. 

Souris-chaude, s. f. , chauve-sou- 
ris. Dans tout le Poitou. — Aube , 
iNlarne, patois du Berry. 

SoussAJS , s. m., profit, augmenta- 
tion : u un ragoût fiiit plus de ^oussais 
qu'un rôti. » — Vend., Font. (C. et 
P.-D.j 

SoussEYAi , V. a., ménager , aug- 
menter en poids, en volume : « Enfants, 
fazé sous-eyai le peurmentage ; » en- 
fiints, ménagez ce que vous avez à 
manger. — « La pâle sousseye dans la 
met B : la pâte augmente dans le pétrin. 
V. — D.-S. 

SouTRAE, V. a., ajuster. Vend. (C. 
et P. D.j 

SoUTRE (I. subtus), S. m., ce qui 
forme la base d'un peloton de fil, par 
exemple une coquille de noix, un petit 
chiffon sur lesquels on pelotonne du 
fil. — C'est aussi une sorte de lit de 
paille, de fagois , de feuilles d'arbres 
sèches que l'on dispose, par couches, 
tur le sol, pour garantir de l'humidité 
la paille, le foin, les gerbes de blé V. 
_ D.-S. — Vend. - « Et estoit à la 
vérité soustre de foing. » (An. 1462, 
Arch. St-Hdaire, Arçay , n^ 38.) — 
Provençal : a soustre; dins soun sous- 
tre, » sûr sa litière. — Ardennes; patois 
du Berry. 

SouTROU, s. m., petit matelas rem- 
pli de balles que l'on place dans le ber- 
ceau des enfants. (B.F.) 

SouviGNOiN, s. m., raisin blanc Irès- 
parfumé V., arr. de Civ. 

Sraule, s. m., saule. V., Adriers. 



244 



SLG 



Srelot, s. m., petit siège. V., arr. 
deC.ivray. /. Assitail. — (Manusc. du 
Poitou.) 

SsoL\ ! Exclamation des laboureurs 
pour arrêter leurs bœufs. 'B.-F.) y. 
t se-I)0. ») 

Su, Slgb, Sugea . s. m., sureau, 
arbrisseau. V. — D.-S. /'. Seu. 

SrBL\i , SuBLiAE (1. sibi/are) \bl 
mouillés], V. n., silfler. V.— D.-S. — 
Vend. 

■ Injoijsle !y snblet Inc scrpont si gronde, 
» Que jauiei y cge vu sorti rie rruz ou fousse. » 
(Rob. Oiv., p. i»3.) 
« .Mais y n'pus ji sublai dedans- » 
(Clians. poli.) 

— Sainfonge. — Provençal : « sibla. » 

— Rai'elnis : « s'il subloit , c'estoient 
bottées de singes verds. •» (N. 4,c. 32 ) 

SuBLÉ, s m , liiléralement , blé sur 
blé, second blé. V , arr. de Chat. F. 
Couneu\re. 

Sl'BLKT , SlBL.\ET {sibUus\S. m., 

sifflet. V. — D.-S. - Vend. 

• J'avez bon à m;m cbapea 
■ lu bea sublet. » 

(Rob. Div. p. 92.) 

— Ardennes, Marne, Mayenne. 
Stcr, s. m. plante, langue de bœuf, 

espèce de bourrache , ainsi appelée 
parce qu'on en suce les fleurs. Ononia- 
lopée. V., arr. de (Jiv. — Noms de 
lieux : « Souzi (le', » îMartaizé (V.) 

SuGE, s. f,, suie. V., arr. de Mont- 
mordlun. 

Slgnae, V. n., être timide, ne pas 
oser parler par timidité: « thiau drôle 
le sugni' lerjou. » D.-S., c. de Celles. 

Sl"gn4Rd,e 'r sugnae],&(\'} .celui ou 
cellequisugne : ai n'é jamévu msugnard 
d'rnaeme, n i ouse parlae. »> Je n'aj ja- 
mais vu un drôle aussi timide , il n'ose 
pas parler. D -S ,c. de Celles. 

Sljf.tei>gne . s. m., petite corde 
qui pas-e dans les deux bouts de l'alte 
jure pour tenir Tombiet au joug. D.-S.. 
c. de Bress. V. As^ejouère. 

Slgile 'gll mouillési, s. f.. sorte 
de poisson : a item die >abbati in pisci- 
bus, videlicel in stty/iis et anguillis xii 

8. » (An. 1332. Noaillé ) « Pour 

seUjilhes et huisires. xxvi s. viii d. » 
(An. 1396. Manusc. du Poitou.) 



SIS 

SuMAT, v. n.. suinter. V., arr. do 
Civray. V. Si lai. 

SupET, s. m., huppe, plumet ; objet 
placé au sommot ; e i n'a lai>sé à ihi.îu 
[)ompillon, en rétauçant , qu'in su pet à 
la cime. » — L'on dil encore d'une per- 
sonne presque chauve qu elle n'a plus 
qu un su pet de cheveux. (B.-F.) — V., 
arr. de Civray. 

SuppAi, V. a., sucer. V. — D.«S. — 
Vend. 



« Au Upu de lau baillay 
» Prc le iLiOins son pouze à suppay. » 
(Gust-, p. 6S.J 



— Aube : a supor » sucer ; émonder, 
tailler. 

SuppoLENCE, s. f , , prorata. Dans 
un partage, chacun reçoit à la suppo- 
lence de sa mise , de ses droiis. 

(B -F.) 

Supputai, v. a., fréqueniatif de sup- 
pai, sucer le pain, la viamle, ce que l'on 
a duns la bouche, au lieu de lemâcher. 
(B.F.) 

SuQUE, s. m., sureau. D-S..C. de 
Bress. /'. Seu. — Paîois du Berry : « su^ 
.>ué. suveau » 

SuRCEiz, S. m., surcroît : 

« I a-to moinJration o surceiz. » 

(Cent, poetv.; 

SuRCOCHE, S. f., peiit instrument en 
fer que Ton met au bout d'un fuseau. 
V., arr. de Poitiers. V. Seulecoche. 

SuRRSTRAE, v. u., tarder. Vend. (C. 
et P. D.) 

Surge , arlj. des 2 genr., léger. 
Vend. (C. et P. D.j V. Sorge. 

SuRJOUÈRE, s f., petite corde qui 
passe dans les deux bouts de l'attelure 
pour tenir l'omblel au joug. V. — D.- 
S.. arr. rloParth. V. Assejouère. 

Sus, adv., ne s'emploie qu'avec le 
mot lez : « lez-sus, » là-haut. (B.-F.) — 
V. 

SusAiLS, S m. pi-, ciseaux. V., c. 
lsI-.Jourd. 

SussoTAi, V. a., sucer. V., arr.de 
Civray. V. Suppotai. 



TAL 



Ta. pr. po35. de la 2« pers., toi. V. — 
D.-S. — Suivant les lieux. 

Tabarée, s. f., marmelade de pru- 
nes, (le fruits Vend. — D.-S. 

Tabrnau (tab'nau) s. m. , homme 
rabougri, plus gros que haut: « quiu 
quioul é quiou tab''nau ? » qu'est-ce que 
c'est que cri homme rabougri? — V., 

C. de Montcontour. 

Taborisai et Tabournai , v. a., 
battre, frapper , « laiz'te. ou i te ta- 
bourne d'importance », tais-toi ou je te 
bats soiiinpusement. V. — l) -S. — Ro- 
man : « tabornar,' frapper, tourmenter. 

— Patoisdu Herry : atabouler.» — Aube, 
Ardennes , Haut-;-Marne : tabouler , la- 
bulpr, labourer, tabcurner. 

Taboiree, s. f.. molle de terre, tau- 
pinière. D.-S., c. de Bre?s. 

ïabut, s.m , bruit peine, embarras, 
travad, inquiétude : a ine chrétienne 
(femme) qui a beacot d'onfonts a bé dau 
tabut. > Dans tout le Poitou. 

« Ten sevrnt mon fcil quand on nous vit virer 
» Do tabus quen'curoDs durant qualre >cmoiaes.x 

(Bab., p. «.] 

— Rabelais : «de ces tabus je me passe- 
rois bien pour celle année. » (1. m, c. 9.j 
— Ardennes : noise. 

Tabutai 'r. tahvt), v. a., faire du 
bruit, du tapage. — (Se), v. pr., s'appli- 
quer à faire (.juelque chose, faire un tra- 
vail difficile : « quieuqui m'iabul'be la 
laete. » V. — D.-S — Vend, — « Je suis 
ici de ahan pour entendre la pro'édure 
de voire ditl'érent, et tu me viens encore 
tabuster. » (Rabelais^ 1. H, c. U.) 

Tache, s. f. , gros clou pour ferrer 
les souliers. V. — D.-S. — rsoms de 
lieux : « Tache (la) », Adriers. 

Tâcheron s. m , ouvrier à la tâche. 
V. — Paioisdu Berry. 

Tacot s. m , petii morceau de bois, 
petite souche de bois taillis : « i m'sé 
effamé la sole d au pé à n'in tacot, o 
Je me suis fait grand mal à la sole du 
pied en marchant sur un tacot. V. — 

D. S. — Vend. — Berry : souche d'ar- 
bre. 



Tai, pr. pers. de la 2« pers., toi. 
V. —- D.-S. — Vend. Suivant les lieux. 
P. Ta. 

Tai, Té, loc, voilà, tiens. V. — 
D.-S. 

Tai, Tat, Tai, Parisienne, tai vit' 
vit'vit' (très-brefj véquiou flrè«^-allongé), 
loc. dont on se sert poiir mettre les 
chiens après les animaux, et les déiour- 
nerdu dégât qu'ils font. D.-S., arr.de 
Melle. 

Tain, Tin (le), pr. poss., le tien : 
a Et non pas pre le tain. » V. — D.-S. 
— Vend. 

Taille-de-paîn, s. f., tranche de 
pain que l'on coupe pour la soupe. V. — 
D.-S. 

Talbot, s. m., morceau de bois que 
l'on suspend au cou des animaux pour 
les empêcher de courir. V. — D.-S. — 
Vend. 

« Et b.Tïllerat au diabîe in talbot, 
» Pour le leindre au cachot. » 

(Gust , p. t.) 

(Manusc. du Poitou.) — Saintonge. — 
Noms de lieux : « Taillebot , » La 
Trimouille. 

Talbotat [t. talbot), v. a. et n., 
mettre un talbot b un animal. — Par 
extension, faire du bruit en marchant, 
surtout avec des sabots. V. — D.-S. — 
Vend V, Entalbotai. — Noms de lieux: 
« Talboterie » (la), Oiré. (V.) 

Taldouère, s. f., cheville dont on 
se sert pour atteler les bœufs à la char- 
rue, ou à la charrette. V., c. de l'Isl.- 
Jourd. 

Talé, s. f., feuille de légumes. D.-S., 
c. de Bress. — Vend. (C. et P. D ) 

TalèrEjS. f.. tarière : <• la talère dau 
bote, dau charpenté. » V. — D.-S. — 
Vend. 

Talibier, Taligot, s. m., gros 
morceau de pain : « aque nian grond 
coutea, i é copé in laligot de qniau 
chantea^ » avec mon couteau j'ai coupé 
un gros morceau de pain de ce pain 



•246 



TAR 



entier. — V., arr. de Poit. et arr. de 
Civ., pour Taliiot. 

Talle (1. ta/ea), s. f., châtaignier 
qui porte du fruit. D.-S., arr. deMelle, 
— rejetons qui pou>senl. au pied du 
châiaiiiiier. — Melle.— Français : branche 
qui pousse au pied d'un arbre. 

Tambol R, s. m., e>pècedo verveux à 
deux gueules, et de forme cylindrique, 
soutenu par des traverses , et des cer- 
ceaux en bois qui en forment les gueu- 
les. — Vienne. 

Tamisaillb. Tamisouère (b. 1. ta- 
mtsium), s. f., morceau de bois placé 
tn travers de la m<-t qui sert à tamiser 
la farine. V., arr. de Civ. — 1).-S., arr. 
de .Melle. — (B.-F.) 

Tampoeinage , s. m., bruit, tapage. 
(B.-F.) 

Tanclai, V. a., mettre un petit cer- 
cle en fer autour d'un sabot. — Vienne. 
Tank. s. f., insecte qui s'attache n la 
peau des animaux. — V., arr. de Civ, 
/'. Carcelle. 

Tannedi, s. m , écorce d'aibre, et 
en général boisécorcé. V., c. de l'Isl.- 
Jourd. 

TA^SEREME^■T , Tantseulfment , 
ad., seulement. V. — I).-S.. suivant les 
lieux. — Coutume de Charroux : « tant 
solament. » (Art. 13, 17 et 27 ) — Pa- 
tois du Berry : t tantseulemenl. » — An- 
cien frai çais. 

TantikaiNTaine, s. f., bande allon- 
gée, troupe nombreuse et qui se déploie. 
<i 01 a parsé ine grande taniirantaine de 
grues. I) (C -F.) 

Tantouillade , s. f., marmelade : 

c la bonne lantouilla^ie qu' le bon Dieu 

nousenvoyade. »V.. c. del'Isl-Jourd. — 

D.-S , arr.' de Melle. 

Tape, s. f.,coutelasàdeux tranchants, 

Vend. (Cet P. D.) 

Tapée (poire), s. f., poire aplatie et 
cuife au four. V. 

Tapon, Tapoumas, ?. m . cheville 
de fer qui sert a retenir I anneau (Je la 
couère a I aiguille d une charrette. ^ ., 
arr. de Chat.— l) -S. — Français ; étoffe, 
soie, etc., mi^ en las. 

Tabi. s. m., l'endroit le plus élevé 
d'un champ. V., c. de Monte, f^. Chep- 
seau. 

Iabtaîllé, V. n., parler beaucoup, 
se disputer e