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GLOSSAIRE VAUDOIS
Lausanne. — Imp. Georges Bride!.
GLOSSAIRE VAUDOIS
PAR
P.-M. CALLET
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ANCIEN DIRECTEUR DU COLLEGE CANTONAL A LAUSANNE
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LAUSANNE
GEORGES BRIDEL ÉDITEUR
1861
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PREFACE
En composant le livre auquel je donne le titre de
Glossaire vaudois , mon but n'a point été de me poser
en réformateur de notre langage, encore moins d'en
faire la critique. J'ai tout simplement cherché , d'une
part, à dresser l'inventaire du matériel d'un idiome
qu'un grand nombre de personnes jugent peut-être
trop sévèrement; et, de l'autre, à faire connaître les
mots correspondants ou les expressions équivalentes
que donne le dictionnaire.
L'accomplissement de cette tâche présentait deux
difficultés. La première consistait à se procurer les
phrases et les mots suspects ; la seconde à les traduire.
Un semblable travail devait nécessairement être de
longue haleine , à cause des temps d'arrêt occasionnés
soit par la recherche des mots vulgaires, soit par celle
6 PRÉFACE.
de leurs équivalents. Pour ne citer qu'un exemple ou
deux , je prendrai les mots empare et chèvre. Comment
dit-on en français , Prendre de l 'empare et quel est le
nom de ce que nous appelons la chèvre d'une fontaine?
Quant à moi, je l'ignore. J'ai fait des recherches pen-
dant plusieurs années ; je me suis adressé en France
à des personnes fort compétentes ; mes efforts sont
restés sans succès. D'un autre côté, mon intention
ayant été de faire, autant que possible , un recueil qui
s'étendît à tout le canton , j'ai dû en visiter les diffé-
rentes parties pour glaner.
On le voit, quelque peu important que soit mon
livre, il a exigé une certaine somme de travail. S'il
est utile, je ne regretterai pas ma peine.
Peut-être trouvera-t-on que j'aurais dû donner pour
titre à ce volume : Recueil des locutions vicieuses , etc.
Voici la raison pour laquelle je ne l'ai pas fait. Je qua-
lifie de locution vicieuse tout mot ou toute expression
qui n'est pas dans le dictionnaire, qui n'a jamais été
employée par les auteurs soit anciens, soit modernes,
et qui n'a aucun acte d'origine à présenter pour légi-
timer sa présence dans le langage. Mais un mot qui,
parce qu'il a vieilli, n'est plus dans le dictionnaire;
un mot qu'on trouve dans les meilleurs auteurs des
siècles précédents ; ce mot n'est pas rigoureusement
une locution vicieuse. J'en dis autant de certains idio-
tismes dont il est possible de trouver le sens par l'éty-
mologie : tels sont les vocables Iraluire, à novion, etc.
PRÉFACE. 7
Ces distinctions admises, on serait étonné de voir à
quel petit nombre se réduisent les locutions réellement
vicieuses dans notre pays , et par conséquent combien
grand est le nombre des mots de notre idiome qui sont
hors de cours, sans doute, soit pour avoir vieilli, soit
pour toule autre raison , mais que le hasard seul n'a
pas mis dans la bouche du peuple. J'en ai indiqué quel-
ques-uns; j'aurais pu facilement grossir la liste; mais
ce travail n'entrait pas dans mon plan. Cependant
j'en ai dit assez pour prouver que le langage populaire
<lu canton de Vaud ne renferme pas, à beaucoup près,
autant iïheimalhloses qu'on se plaît à le dire.
Voici maintenant l'usage que l'on peut faire du
Glossaire. On demande si le mot détabler est français?
Ne trouvant pas ce verbe dans le Glossaire, on le
cherchera dans le Répertoire qui termine le volume ,
et là, on trouvera : Détabler, voyez Départager. Cher-
chant dans le Glossaire le mot départager, on verra
que détabler n'est pas français et qu'on doit dire dé-
partager.
Cependant il ne faut pas croire que le mot auquel
on renvoie soit toujours celui qui doit être substitué
au premier. Ainsi, s'il s'agissait du mot aigrefin, on
trouverait Aigrefin, voyez Aigrefin. Cela signifie que
le substantif dont il est question est détourné de sa
vraie acception. En effet, en consultant le Glossaire
on trouve que le mot aigrefin signifie chevalier d'in-
dustrie , tandis que nous l'employons dans le sens
8 PRÉFACE.
d'avare , ce qui n'est pas exact. On peut donc ad-
mettre cette règle : Avant que de se prononcer sur le
sens d'un mot, il faut recourir au Glossaire.
Aux personnes qui critiqueront la forme de l'ou-
vrage , je dirai que j'ai cherché celle qui m'a paru
réunir la rapidité et la clarté. L'auteur du Glossaire
neuchâtelois établit un dialogue dans lequel l'un des
interlocuteurs jette dans le discours les mots que l'au-
tre doit critiquer. Cette forme demande beaucoup d'es-
prit. Dans le Glossaire genevois, M. Humbert s'est con-
tenté de faire des phrases dans lesquelles il introduit
les termes du crû. Ces phrases sont souvent très bien
trouvées au point de vue drolatique ; c'est que M. Hum-
bert avait de l'esprit. Je n'ai suivi ni l'une ni l'autre
de ces deux marches; le lecteur, si lecteur il y a,
trouvera facilement le pourquoi.
Je n'ai indiqué les noms des auteurs que j'ai con-
sultés que dans les cas où il me paraissait nécessaire
d'offrir une certaine garantie; mais je dois dire que
toutes les définitions des mots français sont empruntées
aux meilleurs lexiques et surtout au Dictionnaire de
l'Académie, édition de 1835. Celui de Bescherelle m'a
été fort utile , à cause du grand nombre de mots po-
pulaires qu'il renferme et des nombreuses citations
qu'il fait venir des quatre points cardinaux de la lit-
térature.
Enfin , et tout en réclamant l'indulgence des lec-
teurs, je prie instamment les personnes qui auraient
PRÉFACE. 9
des observations à faire sur cet ouvrage de bien vouloir
nous les communiquer. Ces observations, qui peuvent
être nombreuses et variées sans nul doute , sont ce-
pendant susceptibles d'entrer dans l'un ou dans l'autre
des points de vue suivants : 1° Interprétation fausse
ou incomplète donnée par le Glossaire des mots ou des
locutions populaires. 2° Omissions de mots ou de lo-
cutions en usage dans certaines parties du canton. Je
sollicite donc, en terminant, la critique pour ce qui est
fait, et une bienveillante coopération pour ce qui reste
à faire, afin que le titre de l'ouvrage, un peu préten-
tieux aujourd'hui , devienne plus tard une vérité , le
concours précieux de mes concitoyens aidant.
M. Gallet.
Lausanne, 1 er septembre 1861.
ABRÉVIATIONS.
Aux abréviations dont tous les dictionnaires font usage,
il faut ajouter les suivantes :
Acad. pour Dictionnaire de l'Académie.
Sup.
»
Supplément.
Besch.
»
Dictionnaire de Bescherelle.
D.
»
Dites.
N.P.
»
Ne dites pas.
P. F.
»
N'est pas français ou française, ne
sont pas français ou françaises.
Pr.
»
Prononcez.
P. Nor.
»
Dictionnaire du patois normand, par
MM. Edélestand et Duméril.
P. Pic.
Glossaire étymologique et comparatif
du patois piccard , par l'abbé Jules
Corblet.
H. M.
»
Vocabulaire du Haut-Maine , par C. R.
de M.
R.W.
Dictionnaire roman, wallon, celtique
et tudesque, par un religieux béné-
dictin.
Outre les ouvrages cités dans le texte, j'ai consulté -les
Etudes de Philologie comparée sur l'argot (Mémoire cou-
ronné par l'Institut de France); le Dictionnaire rouchi-
français, par Hécart; le Vocabulaire du bas langage rémois;
le Glossaire du patois rochelais, etc., etc.
GLOSSAIRE VAUDOIS
A, prép. A est mal placé pour dans , quand on dit : met-
tez votre mouchoir à votre poche. — L'ellipse de la préposi-
tion à est une faute dans les expressions et phrases sui-
vantes: jusque midi, jusque hier; la bague que j'ai envoyé
raccommoder, j'ai acheté cela bon marché. D. jusqu'à midi,
jusqu'à hier; la bague que j'ai envoyé à raccommoder; j'ai
acheté cela à bon marché. N. P. il n'y en a point à mon
frère pour calculer ; il n'y en a point à N** pour vendre de
bon papier. La prép. à doit être remplacée par comme. —
N. P. la maison à mon oncle, le chapeau à mon frère: D.
la maison de...., le chapeau de....
ABANDONNER (S'), v. pr. Ce verbe ne peut s'employer
dans l'expression : cet enfant s'abandonne, c'est-à-dire qu'il
commence à marcher seul.
ABATIS -ou ABBATIS , s. m. (Pr. abati.) Les pieds , le
cou, la tête, etc. d'une volaille. N. P. Des oïenas, des oïonas
pour les abatis de l'oie.
ABATTUE, v. a. N. P. il a de l'ouvrage tant qu'il en peut
battre; D. tant qu'il en peut abattre.
ABAT-VOIX, s. m. Dessus d'une chaire à prêcher, d'une
tribune. N. P. le dais, le ciel.
ABBAYE, s. f. (Pr. a-bé-i.)
12 ABC
ABC, s. m. Livre pour apprendre à lire aux enfants. N.P.
une palette; D. un ABC, un abécé, un abécédaire.
AB HOC ET ABHAC, adv. (Pr. abokétabak.)
ABOMINABLE, adj. Se dit de tout ce qui est très mau-
vais en son genre. (Acad.) On ne peut donc pas dire: cet
homme est d'une force abominable; ce chemin est d'une lon-
gueur abominable.
ABONNIR, v. a. et v. n. Rendre meilleur. N. P. bonner
(Pr. bon-né.)
ABORD (D'), adv. N. P. j'écrirai d'abord; il est midi,
une heure d'abord; D. j'écrirai dans un instant, il est bientôt
midi, une heure, etc. — D'abord après P. F.
ABREUVOIR, s. m. N. P. un abrevoir.
ABRI, s. m. Se mettre à l'abri sous un parapluie, sous un
arbre. N. P. à la chotte.
ABSENTER (S'), v. pr. Ce verbe n'est jamais ni actif, ni
neutre; ainsi N. P. il absente la maison , il absente souvent
D. il s'absente de la maison, il s'absente souvent.
ABUS, s. m. (Pr. abu.)
ABUTER. v. n. Jeter des palets, des billes, etc., vers un
but, pour voir qui jouera le premier. N. P. pider. (En latin
pes, signifie pied.)
ACABIT, s. m. (Pr. akabi.)
ACACIA, s. m. N. P. agacia.
ACCOMPAGNATEUR, s. m. Terme de musique, 'N. P.
accompagneur.
ACCOTER, v. a. Appuyer décote. N. P. coter; D. acco-
ter un arbre.
ACCOUCHER, v. n. Se conjugue avec avoir et être. Elle
a accouché marque l'action : elle a accouché avec courage.
Elle est accouchée, marque l'état: elle est accouchée heureu-
sement.
ACCOURIR., v. n. Accourir, venir à la hâte, peut se dire.
ACC 13
mais s'accourir. P. F. On ne peut pas dire , j'ai acheté un
quarteron de blé pour m' accourir en attendant.
ACCOUTUMER, v. a. Accoutumer étant un verbe actif,
on ne peut pas dire j'ai accoutumé cette place: D. je suis
accoutumé à cette place.
ACCROC, s. m. (Fr.akrô.)
ACCROCHER, v. a. Nous faisons de l'impératif accroche !
une sorte d'exclamation qui signifie attrape ! dont on se sert
lorsqu'on a dit à quelqu'un un mot bien appliqué.
ACCROIRE, v. n. faire accroire signifie faire croire ce qui
n'est pas. N. P. faire encroire.
ACÉRER, v. a. Mettre de l'acier après le fer. N. P. aci-
rer, racirer. — Acier er signifie convertir le fer en acier.
ACHÉRON, s. m. (Pr. achéron ou akêron.)
ACHEVER, v. a. N. P. achever une affaire; D. terminer,
finir une affaire.
ACQUÉRIR, v. a. Ne peut se dire que des choses avan-
tageuses. N. P. acquérir une mauvaise réputation.
ADAPTER, v. n. Appliquer, ajuster. N. P. adopter, qui
a une tout autre signification,
ADIEU, s. m. Cette salutation ne s'adresse pas en abor-
dant une personne, mais en la quittant. En l'abordant , on
peut dire : bonjour , Monsieur , Madame. En la quittant il
faut dire, adieu Monsieur, Madame. Nous disons bien adieu !
au départ, mais seulement aux personnes que nous tutoyons;
aux autres nous disons bonjour; c'est à tort.
Ainsi donc tu vas me laisser
Sans me dire un seul mot. — Si fait, ma chère femme,
Je te dis bonjour. — Oui , pour t'en fuir de ces lieux,
Tous tes bonjours sont des adieux. (Besch.)
Adieu, je tai vu! Il était bien là pour boire, mais, quand
il a fallu payer, adieu Je tai vu! P. F.
ADJUDICATION, s. f. N. P. faire l'échute ; D. faire l'ad-
judication.
14 ' ADM
ADMONÉTER, v. a. N. P. admonester.
ADMONITION, s. f. Avertissement, réprimande. N. P.
admonestation.
AÉRER, v. a. N. P. érer, prononcez a-é-ré.
AFFAIRE, s. f. Il y a l'affaire de. . . . P. F. On dit il y a
environ
AFFANNER, v. a. Signifiait autrefois travailler avec ef-
fort, gagner avec peine. Ce mot, qui est fréquemment em-
ployé dans le canton de Vaud, pourrait être conservé. On
lit dans H. Estienne (Précellence du langage, etc.) :
Affaner ( en basse latinité affannere ) est encore employé pour se
donner du mal, peiner, dans le patois de Marseille; on appelle pareil-
lement affaneurs dans le Lyonnais ceux qui travaillent à la terre.
Entre ces mots et ceux de faneur, faner (fanum) on peut aussi aper-
cevoir quelque relation.
AFFLEURER , v. a. Toucher , être en contact. N. P.
abécher.
AFFOURAGER, v. a. et n. Distribuer des fourrages
aux bestiaux. N. P. gouverner les bêtes.
AFFRANCHISSEMENT, s. m. N. P. Vaffranchissage d'une
lettre, etc. D. l'affranchissement.
AGE, s. m. N. P. à nos âges; D. à notre âge.
AGENCER, ENGEANCER. Ne confondez pas ces deux
verbes. Agencer signifie disposer, ajuster. Engeancer veut
dire embarrasser quelqu'un: qui nous a engeances de cet
homme? — S'agencer, veut dire se parer.
AGENT, s. m. N. P. un gâpion; D. un agent de police. Je
n'ai trouvé l'expression garde-police dans aucun diction-
naire.
AGILITÉ, s. f. Ne dites pas agile té.
AGIR, v. n. En agir bien, en agir mal, P. F. — D. il en
a bien usé avec nous, ou il a bien, mal agi avec...
AGNEL ou AIGNEL, s. m. Espèce de monnaie d'or qui
AGO 15
a eu cours en France sous plusieurs rois. Nous disons avoir
des aguenettes, pour dire avoir de l'argent ; mais ce mot P. F.
AGONISER, v. n. Etre à l'agonie. Ce verbe étant neutre,
on ne peut pas dire: il m'a agonisé pour: il m'a dit des cho-
ses extrêmement pénibles.
AGRAFE, BOUCLETTE, s. f. N. P. des crochets et des
maillettes; D. des agrafes et des bouclettes.
AGRAFER, v. a. Le verbe crocher P. F.
AGRÉABLE, adj. N. P. agriable, désagriable.
AIDER, v. a. et n. Aider quelqu'un, c'est simplement l'as-
sister: aider quelqu' un de sa bourse. Aidera quelqu'un, c'est
l'assister en partageant ses efforts, sa fatigue, son embar-
ras: aider à quelqu'un à porter un fardeau. — Aider en par-
lant des choses est suivi de à : aider à une affaire.
AIGAYER, v. a. Baigner, laver. Aigayer un cheval, le
baigner dans l'eau jusqu'au ventre. On ne peut dire ni
aigayer, ni irriguer pour arroser g cependant le subs. irriga-
tion est français. — Guéer, v. a., signifie baigner, laver dans
l'eau. Guéer un cheval, le faire entrer dans la rivière et l'y
promener pour le laver et le rafraîchir. Guéer du linge, le
laver et le remuer quelque temps dans l'eau, avant de
le tordre. (Acad.) On dit aussi, aigayer du linge. Voy. rincer,
égayer..
AIGREFIN, s. m. Chevalier d'industrie. Aigrefin ne peut
se dire pour avare.
AIGUILLON, s. m. (Pr. égu-illon).
AIGUISER, v. a. (Pr. égu-iser).
AIMER, v. a. .Ce verbe prend à devant l'infinitif. Aimer
mieux rejette toute préposition: aimer à écrire, aimer mieux
écrire. — Aimer mieux, suivi d'un infinitif, est quelquefois
suivi de que, et quelquefois de que de. Le premier se dit
quand il s'agit d'une préférence dégoût: j'aime mieux chan-
ter que danser. Le second s'emploie quand il s'agit d'une
16 AIN
préférence de volonté: j'aime mieux lui pardonner que de
le réduire au désespoir.
AINSI, adv. N. P. ainsi donc, vous ne le voulez pas;
B. ainsi vous, etc. On ne trouve pas dans les dictionnaires la
locution ainsi ainsi, que nous employons dans différentes
acceptions. Ex.: J'ai été à Lutry, ainsi ainsi. Aimez-vous
les épinards? Ainsi ainsi. Comment va-t-il? Ainsi ainsi. Il est
venu ainsi ainsi me prier de lui prêter un écu.
AIR, s. m. On doit dire : cette femme a Yair bon, Yair spi-
rituel, et non pas l'air bonne, Voir spirituelle; mais on ne
dira pas : cette pomme a Vair cuit. Dans ce cas, il faut
prendre un autre tour et dire : cette pomme a l'air d'être
cuite. C'est ce qui doit arriver toutes les fois que l'adjectif
ne peut se dire raisonnablement du mot air.
AIRELLE ou MYRTILLE, s. f. N. P. des embroches.
AIS, s. m. (Pr. <?.) Planche de bois.
AISE, s. f. Moyenne ne peut se dire pour être à son aise,
être dans l'aisance, N. P. non plus: il est bien, il est très bien.
Est-il riche? Je ne sais pas, mais je crois qu'il est bien,
P. F.
AISNE, s. f. (Pr. ène.) Rivière et département de France.
AIX, AIX-LA-CHAPELLE. (Pr. èce, èce-la-Chapelle).
AJACCIO. (Pr. Ajakcio.) Ville de l'île de Corse.
AJOUTER, v. a. Les verbes appondre, rappondre, P. F.
On ne peut donc pas dire : qui répond, appond.
AJUTAGE, AJOUTAGE, AJOUTOIR, s. m. Petit tuyau
ajouté à l'extrémité de celui d'une fontaine ou d'un jet-d'eau,
pour donner au jet la grosseur qu'il doit avoir. N. P. Un
ajustage.
ALBERGKE, s. f. Petite pêche jaune. N. P. une oberge.
ALBINOS, s. m. (Pr. l's finale.)
ALCOVE, s. f. N. P. un alcôve, une alcovre ; D. une al-
côve.
ALE 17
ALENTOUR, adv. Ce mot ne prend jamais de régime.
N. P. alentour de la table ; D. autour de la table.
ALGER, s. pr. (Pr. Algé). Ville d'Afrique.
ALGUAZIL, s. m. (Pr. al-goua-zil).
ALLEMAGNE, s. pr. Ce mot ne se dit jamais au plur.;
les Allemagnes, P. F.
ALLER, v. n. On dit: Je suis allé et j'ai été. J'ai été suppose
le retour; je suis allé ne le suppose pas. — Je fus ne doit ja-
, mais s'employer pour j'allai. — Le verbe s'en aller exige que
le pronom en précède toujours l'auxiliaire; ainsi il faut dire:
Je m'en suis allé, tu t'en es allé, il s'en est allé, nous nous en
sommes allés, etc., et non je me suis en allé, tu t'es en allé,
etc. — On doit écrire va-t'en, et non pas va-t-en, V étant un
pronom et non une lettre euphonique. — L'usage permet
de dire : Il est allé se plaindre, et il s'est allé plaindre. —
N. P. j'ai plusieurs endroits à aller aujourd'hui; D. je dois
aller dans plusieurs.... — N. P. aller à âne ; T>. aller sur un
âne. — Allez ! mot souvent employé à la fin des phrases comme
pour affirmer : Il sera puni, allez ! allez seulement. Chacun
comprend l'expression, va te faire lanlaire ou lanlire, P. F.
N. P. Je m'en vais vous expliquer... D. Je vais vous expli-
quer.... — Faire une pistée, P. F.
ALLER (L') ET LE VENIR. N. P. Vallée et la venue,
l'allée et le retour; D. l'aller et le venir; mais on dit très bien
des allées et des venues, pour dire : les démarches qu'on fait
dans une affaire.
ALLONGE, s. f. N.P. Une apponse, une rapponse; D. une
allonge ou une rallonge.
ALLUMER, v. a. On ne peut allumer la lumière, ni al-
lumer le feu. Ne dites donc pas: Allumez la lumière, allu-
mez le feu; D. allumez la chandelle ; faites du feu.
ALMANACH, s. m. (Pr. almana). Un nouvel almanach.
Armana, P. F.
GLOSS. VAUD. 2
18 ALO
ALORS, adv. (Pr. alor).
ALOURDIR, v. a. Rendre lourd. N. P. Je suis tout abe-
laudi, j'ai la tête toute abelaudie; D. je suis tout alourdi, j'ai
la tête tout alourdie.
ALPHABET, s. m. (Pr. alfabè).
AMADOU, s. m. Amadou est du genre masculin.
AMADOUER, v. a. Flatter, caresser, allécher. N. P. api-
geonner.
AMANDE, s. f. N. P. des coques molles, des croques
molles. D. des amandes à la princesse. — 'N. P. des amandres.
AMASSER, v. a. Amasser ne peut se dire pour manger
ce qui reste. N. P. amassez votre assiette. — N. P. ce doigt
amasse, pour exprimer que tôt ou tard il entrera en supura-
tion.
AMATEUR, adj. Quelques auteurs ont fait usage de ama-
trice pour le féminin. L'usage n'a point consacré cet emploi.
On dit une femme amateur, comme on dit une femme auteur.
AMEN (Pr. amèn).
AMIDON, s. m. Amidon est du genre masculin.
AMIENS, s. pr. (Pr. a-mi-in). Ville de France, Somme.
AMOINDRIR , v. a. La faim a amoindri les forces de cet
homme. Le v. affautir et l'adjectif affauti, P. F.
AMOURACHER (S'), v. pr. Prendre une passion folle
(Acad.) N. P. s'enmouracher.
AMPUTER, v. a. Faire l'amputation. N. P. imputer, faire
Vimputation.
AN, s. m. ANNÉE, s. f. L'an présente l'idée d'un tout
déterminé, mais non divisible en parties; Vannée est une
durée déterminée et divisible en parties. N. P. Van se divise
en douze mois; D. Vannée se divise en douze mois. — An et
jour signifie un an révolu plus un jour. N. P. antet jour. —
Donner de bon an, pour donner des étrennes, P. F.
ANANAS, s. m. (Pr. ananâ.)
ANC - 19
ANCHOIS, s. m. N. P. des hanchois (h aspirée); D. des
anchois en liant (des zanchois).
AND AIN, s. m. Etendue qu'un faucheur peut abattre à
chaque pas qu'il fait; rangée de foin fauchée. N. P. un
andet.
ANECDOTE, s. f. N. P. une anédocte.
ANGERS, s. pr. (Pr. anjé). Ville de France, Maine-et-
Loire.
ANICROCHE, s. f. Ce mot n'est pas français dans le sens
d'ignorant, de stupide ; anicroche signifie difficulté, obstacle
qui accroche une affaire : Ce monde est rempli d'anicroches.
ANNONCER, v. a. Annoncer quelqu'un ne peut se dire
pour publier à l'église la promesse de mariage faite entre
deux personnes; D. le premier ban, le second ban, le troi-
sième ban. Publier les bans.
ANTAGONISTE, s. m. En parlant d'une femme on dit m»
et non pas une antagoniste, un charmant antagoniste.
ANTECHRIST, s. m. (Pr. antecri.)
ANTIENNE, s. f. (Pr. an-ti-ène.)
AOST, s. pr. (Pr. a-ost). Ville de Piémont.
AOUT, s. pr. Le mois d'août (Pr. le mois d'où).
A PEU PRÈS , adv. Le mot approchamment P. F.
APOSTER, POSTER, v.a. On poste pour observer, pour
défendre. On aposte pour faire un mauvais coup.
APOSTIS, s. m. (Pr. aposti.) Pièces de bois sur les côtés
d'une barque. N. P. les apoustis.
APPAREILLER, APPARIER, v. a. Appareiller, mettre
ensemble des choses pareilles; appareiller des vases, des
tableaux, des chevaux : Voilà un beau cheval de carosse, je
voudrais bien V appareiller . — Apparier, unir par paires :
Apparier des gants, des bas, des manchettes.
APPARITION, s. f. N. P. apparution.
APPENDICE, s. m. (Pr. apindice.) Un appendice.
20 ' APP
APPÉTIT, s. m. Un grand appétit.
APPRÉHENDER, v. a. N. P. groupper un homme pour
l'appréhender au corps, l'arrêter. On employait autrefois le
verbe grupper pour prendre. On lit dans Villon :
Les plus rouges y sont gruppez,
ce qui signifie les plus fins y sont pris.
APPRENDRE, v. a. Ne peut se dire pour enseigner : Le
maître enseigne 3 l'élève apprend.
APPRENTI, E. N. P. apprentif, apprentisse.
APPRÊTER, v. n. On dit apprêter à rire, c.-à-d., donner
à rire, donner occasion de rire à ses dépens. N. P. prêter à
rire.
APPUI-MAIN, s. m. Baguette dont se servent les pein-
tres. N. P, un appuie-main.
APRÈS, prép. N. P. Après qui demandez- vous? D. qui
demandez-vous ? demander après... P. F.
APRÈS-DINÉE, APRÈS-MIDI, APRÈS-SOUPÉE,
sont du genre féminin.
ARAIGNÉE, s. f. (Pr. arègnè.) N. P. une aragne, une ara-
gnée, une iragne. — N. P. aragner, araigner une chambre.
D. ôter les toiles d'araignées, ou simplement ôter les araignées.
On lit dans le livre du chevalier de La Tour Landry :
. . . ressambloyent à Yiraingne qui faict les raiz pour prendre les
mousches.
On trouve aussi dans le même auteur Yraingne.
ARASER, v. a. Mettre un mur, etc. de niveau avec un au-
tre. N. P. raser.
ARBALÈTE, s. f. N. P. arbelète.
ARBRE, s. m. N. P. un abre. Vaugelas (403 e obs.) dit
qu'autrefois à la Cour, on prononçait ainsi le mot arbre.
ARC-BOUTANT. s. m. (Pr. arboutan.)
ARC-BOUTER, v. a. (Pr. arbouté.)
ARCHIÉPISCOPAL, adj. (Pr. arkiépiscopal.)
ARD 21
ARDEUR, s. f. N. P. une raveur; D. une ardeur, une
touffeur.
ARDILLON, s. m. Pointe au milieu d'une boucle. N. P.
un arguillon.
ARÉNER, v. n. (Pr. arê-nê.) S'affaisser par le poids. Ce
mot ne s'emploie qu'en parlant des bâtiments. Ne dites donc
pas en parlant d'un homme qui succombait sous le poids
d'un fardeau : Il arenait. — Arrener ou arraner, briser les
reins; R. W.
ARGENT, s. m.N. P. se trouver à court d'argent; D. se
trouver court d'argent. — N. P. avoir de l'avance, des avan-
ces pour dire avoir de l'argent devant soi. — Argent de poche;
les dictionnaires disent argent de la poche.
ARGUS, s. m. (Pr. arguce.)
ARGUTIE, s. f. (Pr. arguci.) Raisonnement pointilleux.
ARIDURE, s. f. Maigreur, consomption du corps ou d'un
membre seul; synonyme ^atrophie. (Sup.) N. P. avoir le
décroît au bras; D. avoir une aridure au bras. (Voy. Dé-
croît.)
ARMISTICE , s. m. On dit un armistice:
ARMOIRE, s. f. BUFFET, s. m. Armoire, grand meuble
de bois pour serrer des hardes, etc. Buffet, espèce d'armoire
pour enfermer la vaisselle et le linge de table. Dans les bals,
table où sont des mets, du vin, etc. et dont s'approchent ceux
qui veulent boire ou manger : Il n'y avait pas de souper à
ce bal , mais il y avait un buffet très bien garni. Buffet se dit
aussi pour restaurant dans le Dictionnaire des chemins de
fer.
ARRAISONNER, v. a. Arraisonner quelqu'un, chercher à
lui faire entendre raison. N. P. raisonner quelqu'un. Je l'ai
arraisonné à ce sujet, et il s'est rendu. (Acad.)
ARRANGER, v. a. N. P. ranger une affaire. Moi et Mon-
sieur le juge rangerons ça; range ton fichu, ton bonnet, etc.
22 ARR
C'est le mot arranger qu'il faut employer dans tous ces cas.
ARR AS, s. pr. (Pr. Arrace.) Ville de France, Pas-de-Ca-
lais.
ARRÊT, s. m. Signifie saisie. Faire arrêt sur de l'argent.
N. P. barrer, ce mot n'est jamais employé dans cette accep-
tion.
ARRÊTER, v. a. N. P. crocher les contrevents; D. arrê-
ter les contrevents. Le verbe crocher P. F.
ARRHES, s. f. plur. Donner des arrhes. N. P. des errhes
ni des harrhes en aspirant.
ARRIÈRE (EN), adv. N. P. en errière. — N. P. Il le loue
en présence et le déchire par derrière; D. il le loue en pré-
sence et le déchire en arrière.
ARTICULATION, s. f. N. P. les nilles ; D. les articulations.
ARTIFICE, PIÈGE, s. m. N. P. une engaîne, un traque-
nard. — Donner dans le traquet, dans la bosse, signifie se lais-
ser tromper par quelque artifice. N. P. donner dans le tra-
quenard.
ARTISONNÉ, adj. Se dit de tout ce qui est troué par des
insectes : Ce bois est tout artisonnê. N. P. cironé.
ARTISTE, s. m. D. d'une femme qu'elle est un bon ar-
tiste, et non pas une bonne artiste.
AS, s. m. (Pr. ace au sing. et au plur.) N. P. une as.
ASPECT, s. m. (Pr. aspek.)
ASPÉRULE , s. f. Plante que l'on trouve dans les bois et
dont on fait des infusions. N. P. de V hépatique; l'hépatique
n'est pas l'aspérule.
ASSENER, v. a. N. P. asséner.
ASSEOIR, v. a. Asseyer pour asseoir P. F.
ASSIETTÉE, s. f. Plein une assiette. N. P., dans ce sens,
une assiette de soupe; D. une assiettée de
ASSIS ET LEVÉE, loc. adv. Aller aux opinions par
assis et levée. N. P. par assise et lever.
ASS 23
ASSOMMER, v. a. Le verbe étertir P. F.
ASSOURDIR, v. a. Rendre sourd, étourdir. N. P. essour-
deler.
ASSURER, v. a. et n. Assurer veut un régime direct de
personne, quand il signifie témoigner : Assurez-le de mon
estime; et un régime indirect de personne, lorsqu'il veut dire
donner pour sûr : Assurez-lui que nous sommes réconciliés.
— Assurer ne peut se dire pour arrêter, retenir. N. P. j'ai
assuré une domestique; D. j' 'ai arrêté, retenu une domesti-
que.
ASTHME, s. m. (Pr. azme.)
ATOUT , s. m. (Pr. atou). Carte de même couleur que
la retourne.
ATMOSPHÈRE, s. f. D. Une lourde atmosphère et non
pas un....
ATTARDER (S 1 ), v. pr. Se mettre tard en route, se reti-
rer tard. N. P. se retarder.
ATTITRÉ, adj. Ne peut se dire d'un homme qui a un ti-
tre; D. un homme titré; mais on dit Un témoin attitré, c'est-
à-dire suborné, un assassin attitré, c'est-à-dire payé.
ATTRAPER, v. a. N. P. accrocher un papillon, un
oiseau , etc. D. attraper ou prendre un
AUCH, s. pr. (Pr. ôche). Ville de France, Gers.
AUGET, s. m. Petit vaisseau où l'on met le manger des
oiseaux. N. P. une auge; ce mot se dit en parlant des che-
vaux.
AUGMENTER (S'). Ce verbe est mal employé dans la
phrase suivante : Demeurez-vous toujours chez M. N***?
— Non. — Pourquoi? — Parce qu'il m'a augmenté. D. aug-
menté le prix de mon loyer.
AUJOURD'HUI, adv. L'usage permet de dire également
jusqu'à aujourd'hui et jusqu'aujourd'hui. — N. P. aujord'hvi,
aujourd'hui.
U AUL
AULNE ou AUNE, s. m. (Pr. âne). Arbre à bois tendre.
N. P. de la verne. — On lit dans Raynouard :
No'ls tem ni no'ls blan una rusca devern. Je ne les crains ni ne les
caresse une écorce d'aune.
AUNES, s. pr. (Pr. ont). Ancienne province de France.
AUPARAVANT , adv. Ne veut aucun régime. N. P. aupa-
ravant de partir ; auparavant que vous partiez; D. avant de
partir; avant que vous partiez.
AURICULAIRE, adj. Doigt auriculaire, ou petit doigt.
N. P. le glingain. (En allemand Klein Klein, petit petit.) En
patois picard , dindin signifie petit doigt.
AURORE, s. f. La brillante aurore. N. P. le....
AUSSI, SI, TANT, AUTANT, adv. Si, aussi se joignent
aux adj. et aux adv. : Si sage, aussi savant, si sagement,
aussi savamment. Tant, autant aux autres mots : Tant de
sagesse, autant de préjugés; il étudie tant; autant aimé
qu'admiré. D'où il suit, que si ne peut modifier ni les lo-
cutions adverbiales ni les substantifs, et qu'on ne doit pas
dire : Il était si en peine, si en colère, si à l'aise; il est venu
si à propos, il eut si peur que.... Il faut dire : Il était si fort en
peine,, si fort en colère, si bien à l'aise; il est venu si bien à
propos; il eut une si grande peur que.... — Ilout , pour aussi,
de même P. F. On ne peut donc pas dire : Et moi ilout.
AUSSITOT, adv. Ce mot ne doit pas être suivi immédia-
tement d'un substantif. N. P. aussitôt mon arrivée, aussitôt
le dîner; D. aussitôt après mon arrivée , aussitôt après le dîner.
AUTOMNAL, adj. (Pr. la lettre m.)
AUTOMNE, s. m. et f. (Pr. ôtone.)
AUTOUR, prép. Autour de, dans le sens d'environ, P. F.;
ne dites pas il a autour de quarante mille francs.
AUTRE, adj. S'emploie quelquefois absolument pour dire
une autre personne en général , sans en désigner aucune
en particulier : Quelqu 'autre vous le dira mieux que moi.
AUX 25
(Acad.) N. P. quelqu'un d'autre, etc. P. F. — On ne dit pas
non plus : personne d'autre, rien d'autre; D. personne autre,
rien autre. — Les autres fois, P. F.; on dit autrefois.
AUXERRE, s. pr. (Pr. ôcère). Ville de France; Yonne.
AUXONNE, s. pr. (Pr. ôçone). Ville de France; Côte-
d'Or.
AVALANCHE, s. f. N. P. une évalanche.
AVALER, v. a. Je croyais qu'il voulait m'agafer, P. F. —
D. Je croyais qu'il voulait m 1 avaler. — Gaffer, manger en
glouton ; P. Nor.
AVALOIRE, s. f. Grand gosier; fam. N. P. un avaloir;
D. une avaloir e. Il a une belle avaloir e. (Acad.)
AVANCE , s. f . Le mot avance est français , mais il est
mal employé dans les phrases suivantes : Qu'est devenu
Louis? Il s'est enrôlé. Ah ! la belle avance. Tu as bien de
V avance de l'avoir battu. Il fait une fameuse avance en ne
battant pas le coup.
AVEC, prép. (Pr. avek). N. P. être ami avec....; D. être
l'ami de... — N. P. compter avec les doigts; D. compter sur
les doigts. — Avec çà que... P. F. avec çà que je n'ai point
d'argent.
AVEINDRE, v. a. Tirer une chose d'un endroit où elle
se trouve. N. P. aventer. (Aveindre se conjugue sur feindre.)
AVERSE, ONDÉE, LAVASSE, s. f. On dit averse lors-
qu'il est question d'une pluie subite et abondante; lavasse
pour une pluie subite et impétueuse; ondée pour une pluie
subite et passagère. N. P. une carre de pluie, une tapassée
de pluie, une roille, une rincée. Rincée peut se dire pour
une volée de coups de bâton, correction manuelle; mais il
est pop. — Pluie battante, P. F. — On ne peut pas dire il
pleut, il tombe des magnins.
AVESNE, s. pr. (Pr. arène). Ville de France; Nord.
AVEUGLE, s. m. N. P. Dans le royaume des aveugles,
26 AVI
les borgnes sont les rois; D. Au royaume des aveugles, les
borgnes sont rois.
AVIS, s. m. (Pr. avi et aviz devant une voyelle ou une h
muette).
AVRIL, s. m. (mouillez la lettre ï).
AZE, s. m. On entend dire : Uaze méprenne. Aze est un
vieux mot qui signifiait âne, ânesse. Il est encore en usage
dans les dialectes méridionaux : h' aze me quille si je ne le
fais pas ! Sorte de serment affirmatif. Ce mot est usité dans
la campagne.
B
BABEURRE, s. m. Liqueur séreuse séparée du lait après
la formation du beurre. N. P. de la battue, du lait battu.
BABOUCHE, s. f. N. P. des bamboches pour des souliers
de maison.
BACCHANALE, s. f. Se dit au sing. et fam. d'une dé-
bauche faite avec grand bruit. Ils ont fait une bacchanale
qui a duré toute la nuit (Acad.) Le subs. bacchanale n'est
jamais masculin ; quel bacchanal ! P. F.
BACHOT, s. m. Petit bateau. Les mots liquette, loquelte,
P. F. dans ce sens, hoquette signifie petite pièce, petit mor-
ceau. (Acad.)
BÂCLÉ, ÉE, adj. Affaire bâclée , affaire arrêtée, conclue.
(Acad.) Nous disons, affaire bouclée ; mais les mots boucler,
bouclé, dans ce sens, P. F.
BADAUD, NIGAUD, E, adj. N. P. belaud, belaude, bobet,
serin, gniôque; D. nigaud, nigaude, benêt, sot, sotte, bestiasse,
gniole. En rouchi, gnole signifie simple, niais.
BADINER, v. n., peut se dire pour s'amuser à des jeux
d'enfants : cet enfant badine; il y a des hommes qui badi-
nent comme des enfants.
BAFRE, s. f. Repas abondant (bas et pop.) (Acad.) N. P.
une bâfrée.
BAG 27
BAGARRE, s. f. Querelle tumultueuse. N. P. gabarre.
BAGOUT, s. m. Peut se dire ; mais bagouter P. F. On dit
débagouler dans le langage populaire ; mais ce mot est tri-
vial, de même que le subs. bagout.
BAIGNER, v. a. et pr. N. P. je vais baigner, lorsque vous
allez prendre un bain; D. je vais me baigner.
BAILLEMENT, s. m. Action de bâiller. Avoir de fréquents
bâillements. N. P. j'ai la bâille.
BAILLI, s. m. N. P. baillif.
BAISSIÊRE, s. f. Vin trouble au-dessus de la lie. N. P. des
bassières; D. de la baissière de vin.
BAISURE, s. f. On peut aussi dire biseau, s. m. Endroit
par lequel un pain en a touché un autre dans le four. Dans
ce sens, N. P. baiser.
BALANCE, s. f. Dites une balance et non des balances,
lorsqu'il n'est question que d'un seul instrument. — D. l'hô-
tel de la Balance et non l'hôtel des Balances. — Etre en ba-
lance, être en suspens, ne savoir quelle résolution, quel parti
prendre. Il est en balance, il ne sait à quoi se résoudre. (Acad.)
N. P. il est en balan, il était en balan de....
BALAYER, v. a. N. P. balier.
BALAYURES, s. f. plur. Ne dites ni baliures au plur., ni
balayure au sing. D. des balayures.
BALLE, s. f. N. P. paumer; D. jouer à la balle. — N. P.
une sache de riz, de café, etc.; D. une balle de riz, de café,
etc. Le mot sache P. F. dans ce sens.
BALSAMINE, s. f. (Pr. balzamine). Plante cultivée. N. P.
belsamine.
BALUSTRE, s. m. N. P. une balustre.
BANCELLE, s. f. Petit banc long et étroit. (Gattel.)
(Sup.) Ce mot pourrait se dire pour banchette, P. F.
BANLIEUE, s. f. Etendue de pays qui entoure une ville
28 BAN
et qui en dépend. N. P. rière Lausanne ; D. dans la banlieue
de Lausanne.
BANNETON, s. m. Coffre percé pour garder le poisson.
N. P. réservoir, ce mot ayant une autre signification.
BAQUET, s. m. N. P. bagnolel; D. baquet, et souillarde,
lorsqu'il est question du vase de bois où se lave la vais-
selle.
BARATTE, s. f. Vaisseau en bois où l'on bat la crème
pour en faire du beurre ; N. P. la beurrière.
BARBOUILLER (SE), v. pr. Se salir. N. P. il s'est bou-
chardé, embarbouillé, embardouflé la figure, les mains. D. il
s'est barbouillé, sali la figure, les mains. — L'adj . bouchard, e,
P. F. — N.P. le temps s' embarbouillé ;D.le temps se barbouille.
BARDEAU, s. m. N. P. ancelle, tavillon; D. bardeau, ta-
vaillon. On lit dans Besch. Tavaillon, morceau de sapin re-
fendu dont on se sert pour recouvrir les maisons.
BARDOT, s. m. Personne sur laquelle les autres se dé-
chargent de leur besogne, ou qu'ils prennent pour l'objet de
leurs plaisanteries. N. P. bardeau.
BARIL, s. m. Notre charmant diminutif tonnelet P. F.
BARRÉ, E, adj. N. P. des dents adhérentes; D. des dents
barrées. (Acad.).
BARRES, s. f. plur. N. P. jouer à barre; D. jouer aux
barres.
BARRIÈRE, s. f. Assemblage de pièces de bois servant à
fermer un passage. N. P. claida, claidal, claidar. (En latin
daudere signifie fermer.) — Cleda, s. f., a signifié claie, pa-
lissade:
Per desotz la tor fetz de cledas un gran pon.
Il fit par-dessus la tour un grand pont de claies.
(Raynouard.)
BASSIN, s. m. Cracher au bassin, donner de l'argent con-
tre son gré ; N. P. cracher au bassinet.
BAS 29
BASSINOIRE, s. f. MOINE, s. m. Chauffe-lit peut aussi se
dire.
BASTER, v. n. Badiner, niaiser, suffire. On ne peut pas
dire : il a basté, pour il s'est rendu. Je le ferai baster, pour
je le ferai céder, convenir, admettre, reconnaître, P. F.
BASTONNADE, s. f. (Pr. la lettre 5.)
BATARD, s. m. Enfant naturel. N. P. un basque, un bas-
quillon.
BATONNET, s. m. N. P. jouer à basculo; D. jouer au bâ-
tonnet. — Bâtonnet, petite règle carrée; N. P. un carré, un
lignai.
BATTE, s. f. Je crois que notre rebatte n'est qu'une forme
particulière de l'instrument qu'en France on appelle une
batte.
BATTRE, v. a. N. P. battre à la grange; D. battre en
grange. — N. P. battre briquet, battre feu, briqueter; D. bat-
tre le briquet. — N. P. pétrir le beurre ; D. battre le beurre
ou baratter. — Rolier, pour battre, frapper, P. F. — N. P.
débattre des œufs; D. battre des œufs. — Ne pas battre un
coup, P. F. — On ne dit pas absolument battre froid; D. bat-
ire froid à ; il m'a battu froid; il a battu froid à mon frère.
— Tortiller quelqu'un pour dire le battre, P. F. — On ne dit
pas brasser les cartes, remuer les cartes, il faut dire battre les
cartes, ou mieux encore, les mêler. (Acad.) N. P. battre atout;
D. jouer atout ou faire atout. — Se tauper, pour se battre,
P. F.
BAUDRIER, s. m. N. P. bodrier, boudrier.
BAUME, s. m. Médicament balsamique. Nous employons
ce mot baume dans un grand nombre de locutions, comme:
As-tu de l'argent? Pas plus que de baume. Le connais-tu?
Pas plus que de baume, etc.
BAVARD, s. m. Qui parle sans mesure. — Bavard ne peut
se dire pour moqueur. — N. P. c'est une tapette, une ta-
30 BAV
bousse, en parlant d'un homme ou d'une femme qui a une
intempérance de langue; D. c'est un bavard, une bavarde,
une caillette,, un caqueteur, une caqueteuse. — La pièce de
bois avec laquelle les lavandières battent le linge se nomme
une batte et non une tapette.
BAVARD, E, adj. Qui parle sans mesure et sans discré-
tion. N. P. alanguê, alanguée.
BAVARDER, v. n. Parler beaucoup. N. P. batoiller ;
D. bavarder, cailleter, caqueter, jabotter. — Se bavarder, P. F.;
D. se moquer.
BAVETTE, s. f. N. P. baveron. (Baveron se dit en rou-
chi.)
BAYER, v. d. N. P. bâiller aux corneilles; D. bayer aux
corneilles, ce qui signifie: regarder niaisement en l'air.
BÉAT, s. m. (Pr. béa.) Celui qui affecte de la dévotion.
BEAUCOUP, adv. Beaucoup, employé dans le sens de
grand nombre, veut un substantif après lui. N. P. beaucoup
pensent, ils sont beaucoup; D. beaucoup de gens pensent; ils
sont beaucoup de personnes. Cependant il est permis de dire
j'en connais beaucoup qui pensent ainsi, parce que le pronom
en remplace le subst. personnes. — // s'en faut beaucoup,
marque la différence de qualité ; il s'en faut de beaucoup, la
différence de quantité : 17 s'en faut beaucoup qu'il soit aussi
prudent que vous; il s'en faut de beaucoup qu'il ait autant
de connaissances. — Il en avait ni peu ni trop; il en a pris
ni peu ni trop, P. F.; D. beaucoup. En parlant de choses qui
peuvent se compter: j'en ai tout plein, P. F. Il faut dire
yen ai beaucoup.
BEAU-FILS, s. m. (Pr. bôfis.)
BEC, s. m. Il faut prononcer bek, dans bec-de-canne, bec-
croisé, bec-de-corbin, bec-de-grue, bec-de-lièvre, et bé dans
bec-d'âne, outil de menuisier, et bec-jaune, ignorant, inepte.
— Il n'a qu'à s'en torcher le bec, se dit pour exprimer qu'un
BEC 31
homme n'aura pas ce qu'il désire. N. P. il peut en torcher
son couteau.
BEC-FIGUE, s. m. Oiseau. N. P. bec fi.
BECQUÉE, s. f. N. P. bêchée.
Tout ainsi que les oyseaux en queste du grain le portent au bec
pour en faire bêchée à leurs petitz.
Montaigne, Essais, liv. I, chap. XXIV.
BÉGUEULE, s. f. Prude impertinente. — Bégueule ne
peut se dire pour bavarde , mauvaise langue.
BEIGNET, s. m. N. P. beugnet, bignet.
BENÊT, NIAIS, NIGAUD, s. m. Belaud, matafan, dade-
ridou sont en mauvais français les synonymes de benêt, niais,
nigaud.
BÉQUILLE, s. f. Crosse P. F. dans ce sens.
BÉRET, s. m. Sorte de coiffure. N. P. une barette, une
bérelte;~D. un béret.
BERNE, s. pr. Tout le monde comprend l'expression sui-
vante: je suis de Berne, nous sommes de Berne; il suffit donc
de dire que cette locution n'est pas française dans le sens où
nous l'employons.
BERNIQUE, adv. Sorte de négation ou d'interjection;
point du tout: vous comptez sur lui,.... bernique! N. P. ber-
nicle. — Bernicles, s. m. plur. Vieux mot qui signifiait sor-
nettes, rien : il voulait mon argent, mais il a eu des berni-
cles.
BESAIGRE, adj. Vin besaigre, se dit du vin dont la saveur
n'est pas précisément celle du vinaigre, mais qui en appro-
che. N. P. ce vin arzille, résille; D. ce vin est besaigre, ou ce
vin est poussé.
BESICLES, s. f. plur. N. P. des besicles; D. des besi-
cles.
BESOIN, s. m. N. P. ce pantalon a besoin de racommoder ;
32 BES
D. ce pantalon a besoin d'être raccommodé. — N. P. avez-
vous occasion de drap? D. avez-vous besoin de....
BESTIASSE, s. f. N. P. une gnôque; D. une bestiasse, une
cruche.
BESTORS, adj. S'est dit pour oblique, tortueux; on l'em-
ploie maintenant pour travesti, déguisé. Bétor P. F.
BÊTA, s. m. Homme extrêmement sot. N. P. bêtard.
BETTE, s. f. Plante potagère. N. P. des blettes.
BETTERAVE, s. f. N. P. de Y abondance.
BEUGLER, v. n. Jeter de hauts cris. N. P. roueler, bouè-
ler.
BEURRE, s. m. N. P. du beurre cuit; D. du beurre
fondu.
BEURRÉ, s. m. Sorte de poire fondante. N. P. une 'poire
beurrée; D. un beurré, un beurré blanc, un beurré gris.
BEURRÉE, s. f. N. P. une croûte au beurre; D. une beur-
rée.
BÉVUE, MÉPRISE, s. f. Caville, cassure, dans le sens de
l'un ou de l'autre de ces mots, P. F.
BIBLIOTHÈQUE, s. f. N. P. biblothèque.
BIBUS, s. m. (Pr. la lettre s.)
BIEN, TRÈS, adv. Très ne peut modifier que des adj. ou
des adv. N. P. fai très faim, très soif, très peur. Il faut dire
bien ou extrêmement. Mais comme froid et chaud sont adj.
aussi bien que subst., on peut dire j'ai très froid, il fait très
chaud.
BIGARREAU, s. m. Grosse cerise à chair ferme. N. P.
graffion, greffion.
BIGLE, s. et adj. Celui qui louche. N. P. bide, bornican;
ce dernier mot employé pour borgne, P. F. Le verbe bor-
noyer est français; il signifie regarder d'un œil, en fermant
l'autre, pour mieux connaître si un alignement est bien droit,
si une surface est bien plane.
BIG 33
BIGLER, v. n. Loucher. N. P. bicler, il bicle ; D. bigler, il
bigle.
Les mères ont raison de tanser leurs enfants quand ils contrefont
les borgnes, les boiteux et les bicles.
Montaigne, Essais, liv. II, chap. XXV.
BILIEUX, adj. N. P. Mieux.
BILLARD, s. m. N. P., en jouant au billard, j'ai pris la
bille trop haute, trop basse, trop fine, trop pleine; D. trop
haut, trop bas, trop fin, trop plein.
BILLE , s. f . Petites boules de pierre ou d'agathe avec
lesquelles les enfants jouent. N. P. des mabres, des marbres,
des mapis; D. des billes, des gobilles, des chiques.
BILLET , s. m. On ne peut pas dire écrire un mot de bil-
let, envoyer un mot de billet, recevoir un mot de billet; D.
écrire, envoyer, recevoir un billet.
BILLOT, s. m. Le mot plot P. F. dans le sens de billot,
gros tronçon de bois, cylindrique, ou taillé carrément, dont
la partie supérieure présente une surface plane. Billot de
cuisine; couper de la viande sur un billot. (Besch.) On peut
dire aussi tronchet. (Acad.)
BINET, s. m. Petit ustensile que l'on met dans le chande-
lier pour brûler la chandelle jusqu'au bout. N. P. une épar-
gne; D. un binet, ou un brûle-tout.
BINETTE, s. f. N. P. sarcloret, sercloret; D. une binette,
une serfouette.
BISAÏEUL, s. m. Père de l'aïeul ou de l'aïeule. (Acad.)
N. P. arrière -grand-père , rière- grand-père. Nos vocables
arrière et rière ont aussi un bisaïeul :
Non deu reyre maldire.
Ne doit pas arrière médire.
Noble Arnal Baras, senher de Beduer, filhs en reire, del noble, etc.
Noble Arnal Barras, seigneur de Beduer, arrière-ïùs du noble, etc.
(Baynouard.)
gloss. vaud. 3
34 BIS
BISBILLE , s. f. Petite dispute. N. P. bisebille.
BIS-BLANC , adj. N. P. du pain moyen; T>. du pain bis-
blanc.
BISQUER, v. n. Est français; mais le subst. bisque ne
l'est pas.
BLANCHISSERIE , s. f. N. P. blancherie.
BLET, BLETTE, adj. N. P. ce fruit est bliet, blossi;
D. ce fruit est blet.
BLOC (EN), adv. Acheter en bloc, vendre en bloc , sans
entrer dans l'examen du détail. N. P. acheter au tubôtu ,
vendre au tubôtu. Je rappelle ici le tohubohu des Français
et le toou-vaboou de la Genèse.
Tohu-bohu signifie confusion, et le toou-vaboou des Hé-
breux a été traduit par les mots sans forme et vide. (Ge-
nèse, chap. I, vers. 2.)
BLOCAGE, s. m. Terme de billard. N. P. un bloc.
BLOTTIR (SE), v. pr. N. P. il s'est loti dans un coin;
D. il s'est blotti dans un coin.
BLOUSE , s. f. On dit aussi blaude. N. P. une roulière.
BOBO, s. m. Mal léger dans le langage des enfants. N. P.
un babo. ■
BŒUF, s. m. Ly ne se prononce ni au plur., ni dans
bœuf-gras, nerf-de-bœuf; Pr. beu-gras, ner-de-beu.
BOIRE , v. a. N. P. ce papier perce; D. ce papier boit. —
Fifer pour boire, P. F.; on peut dire flûter, pop. — N. P.
boire sur des mauves , sur du tilleul , etc.; D. prendre une
infusion de mauves, de tilleul, etc. ■ — Boire comme un trou,
pop. signifie boire beaucoup ; mais se pombler, une pomblée,
P. F. — Bevez, vous ne bevez pas, P. F. Il faut dire buvez ,
vous ne buec* pas.
BOIS, s. m. Bois de délit, se dit des bois qui ont été en-
levés en contravention aux règlements. N. P. des bois de
lune; D. des bois de délit.
BOI 35
BOISSELIER, s. m. Artisan qui fait divers ustensiles de
bois servant au ménage. (Acad.) Le mot tapaseillon P. F.
BOISSON , s. f. Le mot potringue pour une méchante
boisson , P. F.
BOMBARDER, v. a. Le verbe bombarder n'est jamais
pronominal. Les expressions suivantes sont donc incorrec-
tes : Nous nous sommes bombardés à coups de boules de
neige; ils se sont bombardés de gros mots.
BON, NE, adj. Nous disons, il est bon, elle est bonne
comme le pain. Il faut dire , il est bon , elle est bonne comme
le bon pain.
BONHOMME , s. m. Les Français désignent sous le nom
de Petit bonhomme vit encore , le jeu que nous appelons Mar-
tin vit , etc.
BONNE, s. f. Fille ou femme chargée de surveiller un
enfant, de le promener. Bonne ne peut se dire pour amante :
C'est ma bonne, c'est sa bonne, P. F. dans ce sens.
BONNETERIE, s. f. Faire le commerce de bonneterie;
N. P. de bonnetterie , Ye de la syllabe ne, doit être muet.
BORBORYGME, s. m. Bruit que font entendre les gaz
contenus dans l'abdomen, quand ils se déplacent. N. P. avoir
des grenouilles, des gargouillements; D. avoir des borbo-
rygmes.
BORDER, v. a. Border un lit. Engager le bout des draps
et de la couverture entre le bois de lit et la paillasse ou le
matelas. (Acad.) N. P. coudre les draps.
BOSSE, s. f. Enflure qui provient d'un coup. N. P. il
s'est fait une bougne ; D. une bosse. On lit dans Villon :
Et une foys il se feit une biyne,
Bien m'en souvient à Testai d'ung boucher.
— S'en donner une bosse, pour manger beaucoup, P. F.
BOSSUER, v. a. N. P. cabosser; D. bossuer. Bosseler peut
aussi se dire, mais bossuer vaut mieux.
36 BOT
Diogènes le tournoit le cabossoil.
(Rabelais , liv. III , Prologue.)
BOTTE , s. f. N. P. un paquet d'asperges , de radis , etc.
D. une botte d'asperges , de radis , etc.
BOUCHE, s. f. On nomme bouche du pain , ce que nous
appelons croûte de dessous , et queue du pain , la croûte de
dessus. — Faire la petite bouche, faire le difficile, le dégoûté.
N. P. faire la fine bouche.
BOUCHÉE, s. f. Morceau d'un aliment qui peut être con-
tenu dans la bouche ; le mot noce P. F. dans ce sens.
BOUCHER, v. a. Après avoir offert du vin à une per-
sonne, nous lui disons : prenez une croustille pour boucher.
On lit dans Besch. à l'art. Boucher : On dit proverbialement,
boucher une bouteille pour dire, prendre un morceau de pain
après avoir bu, de peur de sentir le vin.
BOUCHETON (A), adv. Mettre un vase à boucheton , le
placer sur ses bords. N. P. à bochon, à bouchon.
BOUCHON, s. m. Poignée de paille tortillée pour bou-
chonner un clieval. N. P. un torchon de paille. — On donne
encore le nom de bouchon à une poignée de paille qu'on met
à la queue d'un cheval pour indiquer qu'il est à vendre.
BOUFFER, v. n. N. P. pouffer de colère, de dépit; D.
bouffer de colère, de dépit. (Voy. pouffer.) — Bouffer pour
manger peut se dire, mais il est pop. — Bouffer une bête,
la souffler quand elle est tuée pour en rendre la chair plus
belle.
BOUFFI, E, adj. Avoir le visage bouffi. N. P. bourenfle.
BOUGON, BOUGONNE, adj. Pop. N. P. une piorne.
BOUGONNER, ROGNONNER, MARRONNER, v. Mur-
murer entre ses dents. N. P. gongonner, ron-ner, piorner.
BOUILLI, s. m. Viande cuite dans une marmite et qui a
servi à faire du bouillon. N. P. du bouli; D. du bouilli en
mouillant VI.
BOU 37
BOUILLIR, v. n. Borboter, P. F.— N. P. l'eau cuit; D.
l'eau bout.
BOUILLON, s. m. N. P. il ne faut faire donner à ce
poisson que deux ou trois ondes pour qu'il soit cuit; D. il
ne faut que deux ou trois bouillons pour cuire ce poisson.
BOUILLON-BLANC, s. m. Ne peut se dire pour poison;
mais on peut dire bouillon d'onze heures. Le bouillon est
l'endroit de la rivière où l'eau forme un tournant. Boire un
bouillon signifiait courir le risque d'être englouti dans une
mauvaise affaire ; s'est dit aussi pour mourir. On lit dans
Villon :
Qui m'a mys hors de maint boillon.
BOULANGER, v. n. et a. N. P. faire au four; D. bou-
langer, cuire au four. — Nous employons la singulière ex-
pression suivante : Ah ! il a fait au four, il a assez fait au
four; va, seulement, tu as joliment fait au four, pour dire :
il est assez coupable pour être puni, il mérite une punition...
Cependant nous n'employons cette façon de parler que dans
le style badin.
BOULE, s. f. N. P. jouer aux boules, jouer aux bauches;
D. jouer à la boule. — Avoir la boule , signifie avoir l'avan-
tage de jouer le premier : on joue en trente et ils ont dix
et la boule. (Acad.)
BOULEAU, s. m. N. P. un balai de Mole; D. un balai de
bouleau.
BOULE-DOGUE, s. m. Sorte de chien. N. P. un boul-
dogue.
BOULET, s. m. On dit d'un cheval qu'il est sur ses bou-
lets; mais cette expression ne peut pas être employée pour
dire d'un homme qu'il est fatigué, usé. — Traîner le boulet
signifie mener une vie misérable.
BOULOIR, s. m. ou RABOT. Instrument qui sert à cor-
royer le mortier. Le mot brasse P. F. dans ce sens.
38 BOU
BOURDE, s. f. ou GAUSSE, mensonge, défaite; fam.
N. P. une gandoise, une flause.
BOURDON , s. m., espèce d'abeilles. N. P. un bordon. —
Bordon pour grognon P. F. Il en est de même du verbe
bordonner.
BOURRACHE , s. f. Plante. N. P. borache.
BOURRE, s. f. Amas de poils détachés de la peau de
certains animaux à poils ras , tels que les bœufs , les vaches,
les chevaux. (Acad.) Il résulte de cette définition que l'on
ne peut pas appeler paillasse de bourre, les paillasses faites
de balles d'avoine ou d'autres graminées sur lesquelles on
met coucher les petits enfants. Le mot français est balasse.
Bescherelle dit : Balasse, s. f. Matelas ou paillasse formée
de balles d'avoine. Dans le supplément au Dict. de l'Acad.
on lit : Balasse, couette de lit formée de balle d'avoine en-
veloppée dans de la toile.
BOURRE-DE-SOIE, s. f. N. P. de la galette dans ce sens.
BOURRELET , s. m. Espèce de bandeau rembourré dont
on entoure la tête des enfants pour amortir l'effet de leurs
chutes. N. P. un loquet. (Voy. chariot.)
BOURRER, v. a. Se dit pour faire manger de quelque
chose avec excès. L'adj. bourratifP. F. — On ne peut pas
dire non plus bourrer les portes , les fermer avec violence.
BOUSE, s. f. Fiente de bœuf ou de vache. N. P. beuse.
BOUTEILLE^ s. f. Le mot topette P. F. On ne peut pas
dire une topette d'encre ; il faut dire une bouteille d'encre.
BOUTEROUE, s. f. Se dit des bornes qui défendent de
l'atteinte des voitures. (Sup.) D. une bouteroue.
BOUTON, s. m. Dites, un bouton à la lèvre; bouchère
P. F. dans ce sens.
BOUTONNIÈRE, s. f. N. P. ganse pour boutonnière.
BRAIE, s. f. (Pr. brè.) Linge dont on enveloppe le der-
rière des petits enfants; on peut aussi dire couche , s. f.; cet
BRA 39
enfant a sali sa couche. Le mot patin P. F. dans ce sens.
BRAISE , s. £ N. P. de la braisette; D. de la menue
braise.
BRANDE, s. f. Mesure de capacité. L'ustensile que nous
appelons branle est-il connu en France ? Branle n'est pas
dans le dictionnaire ; mais voyez bachoue, banneau, hotte. —
On lit dans Besch : Bouille , hotte de sapin que les vigne-
rons du Jura emploient au transport de leur vendange.
BRANDEVIN, s. m. Sorte d'eau-de-vie; brantevin P. F.
BRANLE, s. m. Mouvement de ce qui branle. N. P. don-
ner le balan; D. donner le branle.
BRANLOIRE, s. f. Jeu, bascule. N. P. un branle; D. une
branloire. On dit escarpolette, quand il est question d'un
siège suspendu par des cordes , pour se balancer.
BRAQUER, v. a. N. P. branquer; T>. braquer; braquer
un canon.
BRASIER, s. m. Espèce de grand bassin où l'on met de
la braise pour chauffer une chambre. N. P. un mortier.
BRAS-LE-CORPS (A) , adv. N. P. à brasse-corps; D. à
bras-le-corps , ou à fois de corps.
BRASSER, v. a. Le verbe brasser est français; mais on
ne peut l'employer pour dire, marcher dans une grande
épaisseur de neige, de boue. Brasser la neige, la boue, P. F.
BRASSIÈRES, s. f. plur. Petite camisole pour maintenir
le corps des enfants. N. P. une brassière; D. des brassières.
BRAVE, adj. Est français dans le sens de vêtu, paré
avec soin , mais le diminutif bravette P. F.
BRAYER, s. m. (Pr. brè-ié.) Ceinture pour porter un
drapeau. N. P. un porte-drapeau ; D. un brayer,
BRÈCHE-DENTS, adj. N. P. Cette dame est berche;
D. cette dame est brèche-dents.
BREDI-BREDA, adv. Avec trop de précipitation; N. P.
bredin-breda.
40 BRE
BRELIC-BRELOQUE , adv. Sans ordre. N. P. il fait
tout en breloquant; D. il fait tout brelic-breloque. Le verbe
breloquer P. P.
BRETELLE, s.f. On se sert de bretelles pour porter une
hotte. (Acad.) N. P. les corgeons d'une hotte.
BRIGANDER, v. n. Ce mot est français ; mais il ne peut
se dire pour maltraiter.
BRIMBORION, s. m. Babiole. N. P. un bimborion.
BRIN, s. m. Le mot bruchon P. F. On ne peut donc pas
dire : j'ai trouvé un bruchon dans ma soupe.
BRIQUE, s. f. Le mot carron P. F. Voy. carreau. —
Brique ne peut pas se dire pour pièce. N. P. mettre une
chaise en briques; D. mettre une chaise en pièces, en brin-
gues; mais cette dernière expression est triviale. — Les
mots tessons, éclats peuvent aussi être employés.
BRISER, v. a. N. P. tant va la cruche à l'eau qu'à la fin
elle se casse ; D.... elle se brise.
BRISE-TOUT, s. m. Etourdi, maladroit, qui brise tout
ce qu'il touche. Ce mot pourrait peut-être remplacer notre
subst. brise-bataille, employé dans le même sens, mais qui
n'est pas français.
BRISOIR, s. m. ou BROIE, s. f. Instrument pour briser
le chanvre. N. P. un battioret.
BRISQUE, s.f. Les as et les dix de chaque couleur. N. P.
des brises. — Brise pour miette, P. F.
BROC, s. m. (Pr. bro.) — De bric et de broc, prononcez
de brik et de brok. — N. P. un brochet de vin; D. un broc de
vin.
BROCHETTE, s. f. Petit morceau de bois ou de plume
dont on se sert pour donner à manger aux très jeunes oi-
seaux. N. P. la bûchette. Nourrir un oiseau à la bûchette,
P. F.
BROUET, s. m. (Pr. brouè.) Pris dans le sens de méchant
BRO 41
ragoût. N. P. un potremets. — Ratatouille est français mais
trivial.
BROUETTE, s. f. N. P. une barouette.
BROUHAHA, s. m. (Pr. brou-a-a.) N. P. brouard, brouha,
tredon; D. brouhaha, tintamarre.
BROUILLAMINI, s. m. Désordre. N. P. embrouillamini.
BROUILLARD, adj. N. P. du papier cassé; D. du papier
brouillard.
BRUCELLES, s. f. plur. Pincettes dont les branches font
ressort. Ne prononcez pas brukselles.
BRUINER, v. n. N. P. il pleuvigne ; D. il bruine.
BRÛLÉ, s. m. N. P. ce mets sent le brûlon, on sent le
brûlon; D. le brûlé.
BRULER, v. a., etc. Le verbe canfarer P. F. Employez
les verbes brûler, se brûler, s'échauder. — N. P. la gelée a
grillé les plantes; D. la gelée a brûlé les plantes. — N. P.
la neige grille les souliers; D. la neige brûle les souliers. —
On ne peut pas dire: Va voir si le feu brûle; car il est évi-
dent que le feu brûle toujours. D. Va voir s'il y a encore du
feu, ou prenez un autre tour.
BRUT, adj. (Pr. le t.)
BRUXELLES, s. pr. (Pr. brucèle.) Ville de Belgique.
BU, E, part. L'expression: il est toujours à vin bu, P. F.
On peut employer les locutions suivantes: il est toujours en-
tre deux vins. Il est toujours gris. Il est toujours dans le vin.
Il est toujours ivre.
Par opposition à l'expression à vin bu, nous disons, il est,
il était de sang frais, ce qui n'est pas correct ; il vaudrait
mieux employer les mots être de sang froid.
BUANDERIE, s. f. N. P. chambre à lessive.
BUANDIÈRE, s. f. N. P. leciveuse, lissiveuse, lessiveuse.
BUCHE, s. f. N. P. un grougnon; D. une grosse bûche.
BUÉE, s. f. N. P. bouïe, bute; D.buée ou lessive. (Pr. lécive.)
42 BUF
BUFFLÉTERIE, s. f. Pièces de l'équipement d'un soldat
qui sont en buffle ou en cuir ; N. P. bufféterie.
BUT, s. m. (Pr. bu.) N. P. remplir un but; D. atteindre un
but
BUVABLE, adj. Qui peut être bu;N. P. bevable.
BUVEUR, s. m. Pompier ne peut se dire pour buveur de
vin : c'est un rude pompier P. F.
CABARET, s. m. ou TAVERNE, s. f. N. F. pinte, vendage.
CABARETIER, s. m. Celui qui tient un cabaret (ta-
verne). N. P. un cabartier, unpintier.
CABAS, s. m. Sorte de sac, de panier. N. P. une aumo-
nière.
CABOCHE, s. m. Homme plein de sens: bonne caboche.
Cabosse P. F.
CABRIOLER ,. v. n. Sauter, faire des cabrioles. N. P.
ginguer, zinguer.
CABUS, s. m. (Pr. kabu.) Chou cabus, chou pommé.
CACHE-CACHE, s. f. Sorte de jeu d'enfants. N. P. jouer
à la cache ; D. jouer à cache-cache.
CACHE-POT (A), adv. Vendre du vin à cache-pot; KP.
à pot renversé.
CACHER, v. a. Cacher ne peut se dire pour serrer. Ca-
che ton habit, cache cet argent, P. F.
CACOPHONIE, s. f. Rencontre de mots ou de syllabes
qui sonnent mal à l'oreille. Cacophonie se dit pour bévue dans
le langage familier. N. P. cacaphonie.
CADEAU, s. m. Traits de plume hardis qui entourent
l'écriture. N. P. un fi on, des fions. — Cadeau se dit encore
pour petit présent. — Lancer un fion pour, dire quelque
chose de pénible, de désagréable, P. F.
CAD 43
CADENASSER, v. a. N. P. Cadenater.
CADIX, s. pr. (Pr. cadice.) Ville d'Espagne.
CAEN, s. pr. (Pr. kan.) Yille de France, Calvados. (Pr.
calvadoce.)
CAHORS, s. pr. (Pr. kaor.) Ville de France, Lot.
CAHOTAGKE, s. m. N. P. cahotement, le cahotement de la
voiture, P. F.
CAILLEBOTTE, s. f. N. P. du sérê; D. de la caillebotte.
Brocottes, s. f. plur. Parties caséeuses et butyreuses qui
adhèrent au petit-lait après que le premier caillé en a été
retiré. (Besch.)
CAILLER (SE), v. pr. N. P. ce lait s'est tranché; D. ce lait
s'est caillé. — Le mot matton que l'on emploie pour désigner
le lait caillé que les petits enfants vomissent souvent, P. F.
— En médecine on désigne sous le nom de béton le lait épais
et trouble contenu dans les mamelles au moment de l'ac-
couchement. — Se cailler, pour s'endormir, P. F.
CAILLETTE, s. f. Homme ou femme qui aime à babiller
sur des sujets frivoles. N. P. batoille, tabousse, tapette, bar-
jaque.
CALANDRER, v. a. Faire passer une étoffe par la calan-
dre. N. P. calander.
CALCULER, v. a. N. P. carculer.
CALE, s. f. Morceau de bois ou d'autre matière qu'on
pose sous un objet pour le faire tenir d'aplomb. N. P. une
cotte.
CALER, v. a. N. P. coller une table ;D. caler une table.
Caler pour caponner, P. F. Montaigne a dit:
Cette superbe vertu eust-elle calé au plus fort de sa monstre.
(Essais, liv. III, chap. 12.)
CALEÇON, s. m. Voyez pantalon.
C ALEMBREDAINE , s. f. Bourde, vains propos, faux-
44 CAL
fuyants. On ne peut pas dire: battre la calembredaine pour
divaguer, battre la campagne.
CALENDES, s. f. plur. N. P. renvoyer aux calendres
grecques; D. renvoyer aux calendes grecques.
CALFEUTRER, v. a. N. P. calfeuter.
CALIFOURCHON (A), adv. N. P. en cambillon.
CALUS, s. m. (Pr. Vs.)
CALVILLE, s. m. (Pr. kalvile.)T$. P. une pomme calvine;
D. un calville.
CAMARADE, s. m. N. P. camerade.
CAMBUSE, s. f. Endroit fermé dans l'entrepont d'un
vaisseau, où est serrée une partie des vivres. Cambuse ne
peut se dire pour petite maison, maison de chétive apparence.
CAMÉE, s. m. N. P. une camée; D. un camée.
CAMION, s. m. Très petite épingle. N. P. une épingle
d'épouse.
CAMOMILLE, s. f. N. P. camamille.
CAMPAGNE , s. f. Campagne, pour maison de campagne,
P. F. — Tous ceux qui connaissent la charmante maison de
campagne appelée la Borde, située près de- Lausanne, liront
avec plaisir l'article suivant que je trouve dans le Dict. du
patois normand :
Borde, s. f. Petite maison, habitation isolée. Se la borde est toute
seule san zo cortil, la famé aura le tier en la borde.
[Etablissements de Normandie au XIII e siècle^ pag. 7).
Il en achète force métairies, force granges, force cens, force mas,
force bordes et bordieus.
(Rabelais, Pantagruel, prologue du liv. IV.)
CAMPOS, s. m. (Pr. Kampo.) Congé de classe, repos.
CAMUS, E, adj. (Pr. kamu.) Nez camus.
CANAILLE, s. f. Le mot cacibraille P. F.
CANCAN , s. m. Bavardage, commérage. N. P. des canca-
nages, ce ne sont que des cancanages.
CANDI, E, adj. Ne s'emploie que dans les expressions
CAN 45
sucre candi, fruit candi. N. P. candi pour étonné, surpris,
stupéfait : j'en suis tout candi, je suis resté candi, P. F.
CANETER, v. n. Marcher comme un canard en se balan-
çant d'un côté sur l'autre. N. P. cagnoter, cantser.
CANEVAS, s. m. (Pr. Jcaneva.)
CANIF, s. m. N. P. un ganif.
CANONNIER, s. m. N. P. calonnier.
CANONNIÈRE, s. f. Petit bâton de sureau creux où l'on
fait entrer avec force un petit tampon de papier qui en sort
par le moyen d'un piston. N. P. un pétard; D. une canon-
nière. (Acad.)
Ce jouet d'enfants est d'un usage ancien, car on lit dans
Rabelais {Pantagruel, liv. II, chap. XIX) :
Et le tirant, faisoit ung grand son, comme quand lespetitz garçons
tirent d'ung canon de sulz (sureau) auecques belles rabbes (navets),
etc., etc.
CANTONNIER, s. m. Nom qu'on donne en France à des
ouvriers stationnaires sur les routes qu'ils doivent réparer
et entretenir. Pionnier, terme d'art militaire ne peut se dire
pour cantonnier.
CAPENDU, s. m. N. P. une pomme carpendue, court
pendue; D. un capendu.
CAPONNER, v. n. Montrer de la lâcheté : vous le verrez
caponner, le lâche, à la moindre menace ; fam. N. P. vous le
verrez mouler, etc.
CAPRICE, s. m. N. P. un revolin (de volo, je veux), ce
mot ayant un autre sens. — N. P. non plus une brelaire.
CARAMEL, s. m. N. P. une caramelle ; D. un caramel.
CARDER, v. a. N. P. charpiner, charponner du crin; D.
carder du crin. Cependant le mot carder ne rend pas exac-
tement le sens du verbe charpiner, puisque carder veut dire
démêler avec des cardes et que charpiner signifie démêler avec
les mains. Je ne connais pas l'équivalent de charpiner ; ce
46 CAR
n'est ni carder ; ni éplucher, ni pluser, ni chiqneter, mots dont
le sens se rapproche de celui du verbe charpiner, mais ne le
rend que très imparfaitement.
CARESSER, v. a. L'expresssion faire gnâ, ou gnace,
P. F.
CARNASSIÈRE, s. f. Sorte de sac ordinairement en filet
et à plusieurs compartiments, où l'on met le gibier tué à la
chasse ; N. P. un carnier, un charnier.
CAROTTE, s. f. Racine potagère, N. P. des racines jau-
nes.
CARRÉ, s. m. N. P. un ratelet; D. un carré de mouton, un
haut côté de mouton.
CARRÉ, adj. Ce mot exprimant une qualité absolue, ne
peut être employé ni au comparatif, ni au superlatif. N. P.
plus carré, le plus carré.
CARREAU, s. m. N. P. un carron; D. un carreau de bri-
que. N. P. une catelle, une quetelle ; D. un carreau de faïence.
— Les mots planelle, tuilon, P. F.
CARTILAGE, s. m. Partie blanche, dure, élastique, qui
se trouve aux extrémités des os. N. P. de la coregnole. Dans
le Dict R. W. on trouve crignole pour viande.
CAS, s. m. (Pr. ka.) Cas fortuit, événement occasionné par
une force majeure qu'on ne peut ni prévoir ni empêcher.
Tels sont les débordements, la grêle, etc. N. P. un cas d'o-
vaille.
CASQUETTE, s. f. Coiffure d'homme, d'enfant. Carlette,
P. F. dans ce sens.
CASSÉ, adj. Peut se dire d'une personne, de la voix: cet
homme est cassé ; il a la voix cassée; mais on ne peut l'em-
ployer en parlant des fruits. N. P. des fruits cassés; D.
meurtris. — N. P. Avoir les yeux cassés; D. avoir les yeux
battus, cernés.
CASSER, v. a. N. P. ébriquer, éméluer.
CAS 47
CASSEROLE, s. f. N. P. un cassoton; D. une casserole,
un poêlon, une capucine.
CASSETTE, s. f. Ne peut se dire pour l'ustensile dans
lequel on fait bouillir le lait. D. une caquerolle.
CASSIS, s. m. (Pr. Ys.) Groseiller à fruit noir.
CASUEL, adj. Ne s'emploie jamais pour cassant, fra-
gile.
CATAPLASME, s. m. Faites entendre Ys.
CATARACTE, s. f. Maladie des yeux. N. P. catarate.
CATÉCHISME, s. m. (Pr. katéchiceme.)
CAUSE (A), conj. A cause que a vieilli et n'est plus usité;
on l'a remplacé par attendu que. N. P. à cause qu'il est votre
ami ; D. attendu qu'il ou parce qu'il est votre ami.
CAUSERIE, s. f. Babil, entretien familier. Le mot cau-
sette P. F.
CAUTÈRE, s. m. (Pr. kotère.) Ouverture faite à la chair
pour y établir une suppuration. N. P. un cote, un costi.
CÉLESTE, adj. N'admet ni comparatif, ni superlatif.
CENS, s. m. (Pr. cence.) Payer le cens.
CENTIME , s. m. Centime et décime sont du genre mas-
culin. N. P. une centime; D.un centime, un décime.
CEP, s. m. (Pr. ce.) Un cep de vigne.
CERCEAU, s. m. Cercle de bois léger que les enfants
font courir en le poussant avec un petit bâton. N. P. jouer
au cercle; D. jouer au cerceau, faire courir un cerceau.
CERF, s. m. (Pr. cèr.)
CERTAINEMENT, adv. On ne peut pas dire certaine-
ment qu'il viendra: D. certainement il viendra; certainement
que P. F. — N. P. pardi, pardine ; D. certainement, sûre-
ment, etc.
CÉRUSE, s. f. N. P. de la ceruse; D. de la cêruse.
CHAMBRE, s. f. Nous disons souvent une chambre à che-
minée ; c'est une chambre à feu qu'il faut dire. (Acad.)
I
48 CHA
CHANDELEUR, s. f. Fête. N. P. la Chandeleuse ; D.
la Chandeleur.
Chandeleuse s'est dit :
Aquelas que an estât presas puis la candelosa , avut dos ans.
Celles qui ont été prises depuis la Chandeleur, il y a eu deux ans.
(Raynouard.)
CHANDELLE, s. f. Chandelle des quatre, des six, des
huit à la livre. (Acad.) N. P. Chandelle de quatre , de six ,
de huit à la livre.
CHANFREINER , v. a. Tailler en chanfrein. N. P. chan-
frener, chanfriner.
CHANGER, v. n. N. P. Je vais me changer, allez vous
changer, vous rechanger; D. Je vais changer d'habit, de
linge ; allez changer de
CHANSON, s. f. C'est toujours la même chanson, se dit
d'un homme qui répète toujours la même chose. (Acad.)
Nous disons, c'est toujours la même ringue, la même ritoule.
Les mots ringue, ritoule, ritouler, P. F.
CHANTIER, s. m. Pièces de bois couchées en long, sur
lesquelles on pose les tonneaux dans les caves. N. P. des
mâts de cave.
CHANTONNER, v. a. Chanter à demi-voix. N. P. chan-
toler.
CHANVRE, s. m. N. P. du chambre; D. au chanvre.
CHAOS, s. m. (Pr. kao.)
CHAPELURE, s. f. Ce qu'on ôte du pain en le chape-
lant, c'est-à-dire, en ôtant la superficie de la croûte. N. P.
de la panure.
CHAPIFOU, s. m. Signifie jeu de cligne-musette, ou de
colin-maillard. Nous disons d'un homme qui s'amuse comme
un enfant, ou qui dit des enfantillages, c'est un cherpifou;
c'est chapifou qu'il faut dire.
CHAPLE, s. f. Combat entre deux ou plusieurs cheva-
CHA 49
liers. (Besch.) En parlant d'une grande batterie nous disons,
c'était, ou, il y avait un ckaple épouvantable, P. F. dans ce
sens. Dans la langue des troubadours, chaple , s. m. était
synonyme de carnage :
Recomensa lo chaples de la guerra mortal.
Le carnage de la guerre mortelle recommence.
(Raynouard.)
CHAPON , s. m. Peut se dire pour bouture de vigne 3 cros-
sette.
CHAPUISER, v. n. Travailler comme un charpentier.
Ce mot ne peut s'employer comme fréquentatif de couper.
On trouve chapuser dans la Petite Fadette de G. Sand :
« que Landry avait chapusés avec sa serpette. »
Les noms propres Chapuis , Chapuisat viennent -ils de
chapuiser?
CHAQUE, adj. (L'a est bref.) Chaque ne peut se dire pour
chacun. N. P. ces objets coûtent un franc chaque ; D. un
franc chacun.
CHARCUTIER, s. m. N. P. charcuitier.
CHARDONNERET, s. m. N. P. chardinolet , chardi-
noret.
CHARGE, s. f. N. P. à charge de.... pour à condition. D.
à la charge de.... — Voyage ne peut se dire pour charge.
Vous prenez de trop gros voyages à la fois , P. F.
CHARIOT, s. m. Machine de bois, garnie de roulettes,
au milieu de laquelle on place les enfants qui commencent
à marcher. N. P. un tinté bin.
Emile n'aura ni bourrelets , ni paniers roulants , ni chariots , ni
lisières. (J.-J. Rousseau, Emile, liv. II.)
CHARLATAN, s. m. N. P. un mège ; D. un charlatan, un
empirique. G. Sand a employé le mot remègeuse :
« Comme c'est la coutume des remègeuses d'agir en secret. »
Petite Fadette.
gloss. vaud. 4
50 CHA
On lit dans le Lexique roman de Raynouard :
Ipocras , so ai auzit dir,
Ditz que metges non deu falhir
De nulh cosselh qu'om li deman.
Hippocrate, cela j'ai ouï dire , dit que médecin ne doit faillir à nul
eonseil qu'on lui demande.
Bos metges es qui m pot guérir
Bon médecin est qui peut me guérir.
Metges si deu garir primeirament.
Médecin doit se guérir premièrement.
Que tu prengas una femna metga
Que tu prennes une femme médecin.
CHARMER, v. a. Jeter un charme, ensorceler. N. P.
tzermer.
CHARRÉE , s. f. Cendre qui a servi à faire la lessive.
N. P. des cendres cuites; D. de la charrée.
CHARRETÉE, s. f. Ce que contient une charrette. N. P.
une charrottée.
CHARRIER, s. m. (Pr. charié.) Pièce de toile dans la-
quelle on met la cendre au-dessus du cuvier, quand on fait
la lessive. N. P. un fleurier.
CHAS, s. m. (Pr. châ.) Trou d'une aiguille.
CHASSE-COUSIN, s. m. Piquette, méchant vin. N. P.
du penacet, du penatzet.
CHASSIE, s. f. Matière gluante qui coule des yeux.
N. P. de la piqueme.
CHASSIS, s. f. (Pr. châci.)
CHASUBLE, s. f. Ornement de prêtre. N. P. chassuble.
CHAT, s. m. N. P. chat brûlé craint Veau chaude; D. chat
échaudé craint Veau froide; ce qui signifie craindre même
l'apparence de ce qui nous a été nuisible.
CHATAIGNE , s. f. (Pr. châtègne.) Fruit du châtaignier.
N. P. chatagne, chatagnier.
CHA 51
CHAUCHE-VIEILLE, s. f. Ce mot est français et signifie
le cauchemar.
CHAUD, E, adj. Roviant, pour très chaud, P. F. — Chaud,
s. m., est mal employé dans les phrases suivantes : il fera
chaud quand j'irai en bateau; il fera chaud quand je lui prê-
terai de l'argent, etc.
CHAUDRON, s. m. N. P. chauderon.
CHAUFFERETTE, s. f. Chauffe-pied, s. m., peut aussi
se dire.
CHEMIN, s. m. Il ne faut pas aller par deux, par quatre
chemins, signifie il faut s'expliquer franchement, sans dé-
tour. Nous disons souvent, dans le même sens, il ne faut
pas aller par trois chemins.
CHEMINER, v. n. Le verbe caminer, P. F. — Caminar
s'est dit pour cheminer, marcher :.... Cel qu'ab leis camina;
celui qui chemine avec elle. (Raynouard.)
CHENAPAN , s. m. Vaurien. N. P. c'est un gougan.
CHÉNEAU , s. m. Conduit qui recueille les eaux du toit
et les porte dans le tuyau de descente. N. P. une cheneau;
D. un chêne au.
CHENEVIÈRE, s. f. Champ où croît le chanvre. N. P.
un chenevier.
CHÈNEYIS, s. m. (Pr. chènevi.) Graine de chanvre. N. P.
chenevis, chenevard.
CHENIL, s. m. (pr. cheni.) Logement des chiens de chasse;
logement sale et vilain.
CHENU, E. Qui a blanchi par les ans. Chenu ne peut se
dire pour beau, bien fait, cossu: voilà un habit chenu,
P. F.
CHEPTEL , s. m. (Pr. che-tel.) Bail de bestiaux ; donner
des bestiaux à cheptel. Quelques personnes croient que le
mot cheptel peut se dire pour chédal; c'est une erreur. Le
chédal comprend non-seulement les bestiaux, mais tout ce
52 CHE
qui est nécessaire à l'exploitation d'un domaine. Le mot
chédal P. F.
CHEVAL, s. m. N. P. jouer au cheval mal monté ; D.
jouer au cheval fondu.
CHEVEU , s. m. N. P. Les cheveux dressent sur la tête ;
D. dressent à la tête.
CHEVILIÈRE, s. f. Peut se dire.
CHEVILLE, s. f. N. P. la grille du pied; D. la cheville
du pied.
CHEVROTIN, s. m. Ce mot est français; mais il ne peut
se dire pour tomme. Voyez ce mot.
CHIASSE, s. f. Excrément de mouche, de ver. (Acad.)
N. P. des cailles de mouche; D. des chiasses.
CHICON, s. m. Laitue-romaine; cœur de la laitue. N. P.
chicot.
CHICORÉE, s. f. Plante. Les expressions c'est de la chi-
corée , c'est de la gnognotte , pour dire, c'est une opinion,
une chose de peu de valeur, P. F.
CHIEN, s. m. Cisson, petit cisson, pour chien, petit chien,
P. F.
CHIFFON, s. m. N. P. une patte; D. un chiffon.
CHIPOTER , v. n. La vie est trop courte pour chipoter.
N. P. se chipoter.
CHIROGRAPHAIRE, adj. (Pr. kirografère.)
CHIRURGIEN, s. m. N. P. chirugien.
CHOPINE, s. f. N. P. une quartette, une picholette de lait,
de vin, etc. D. une chopine de.... (Kopinein, chopiner. Jar-
din des racines grecques.)
CHOSE, s. f. Nous faisons parfois de singuliers emplois
de ce mot : c'est chose qui me l'a dit; mon père se porte
toujours la même chose ; on m'a défendu d'y aller, la même
chose j'y irai; mon habit a un trou, la même chose je veux
CHO 53
le mettre , etc. Inutile de dire que ces locutions sont vi-
cieuses.
CHOU , s. m. Légume. N. P. voulez-vous des choux ? D.
voulez- vous du chou ? — Mon chou, mon chou-chou , mon
poulet , mots de tendresse qu'on n'emploie guère qu'en par-
lant aux enfants. N. P. mon colin, ma colette, mon coco. —
Planter un chou à quelqu'un, pour dire faire un mauvais
compliment, P. F. — Nous disons faites-en des choux et des
pâtés; D. faites-en des choux, faites-en des raves.
CHOUCROUTE, s. f. Choux hachés et fermentes. N. P.
de la compote; ce mot s'emploie dans une autre acception.
CHOYER, v. a. Peut-on prendre l'un des mots choyer,,
caresser, dorloter pour l'équivalent de cocoler?
CHRESTOMATHIE, s. f. (Pr. krestomati.)
CHRIST , s. m. On prononce l's et le t de ce mot quand
il est seul; on ne les prononce pas dans Jésus-Christ.
CIBOULE , CIBOULETTE , s. f. Plante potagère. N. P.
des branlettes.
CIMIER , s. m. Morceau charnu à la croupe du bœuf.
N. P. du cuard.
CINQ, adj.Pr. cink devant une voyelle et une h muette, ou
quand il n'y a pas de subst. après : cinq enfants, cinq hommes,
ils sont cinq, et cin dans les autres cas ; cinq francs, cinq héros.
CINQUIÈME, SIXIÈME, etc., s. m. N. P. la cinquième
de.... la sixième de.... D. le cinquième, le sixième de....
CINQUANTAINE, s. f. N. P. il est dans la cinquantaine;
D. il a la cinquantaine. A plus forte raison ne peut-on pas
dire, il est dans les quarante, les cinquante, etc.
CIRCONSPECT, adj. (Pr. circonspek.)
CISEAUX, s. m. plur. D. de bons ciseaux.
CISOIR, s. m. Ciseau dont se servent les ferblantiers.
Ce mot est masculin.
CLAIR, E, adj. N. P. c'est dans les étroubles, cette af-
54 CLA
faire est dans les élroubles; D. ce n'est pas clair, c'est
louche.
CLAIRE-VOIE, s. f. N. P. clair-voie.
CLAMPIN, adj. boiteux. N. P. campin.
CLARINETTE, s. f. N. P. clairinette.
CLERC, s. m. (Pr. Mer.) Un clerc de notaire. N. P. un
pistaud.
CLIFOIRE , s. f. Espèce de petite seringue que font les
enfants avec un bâton de sureau. N. P. une jicle.
CLIGNE-MUSETTE, s. f. N. P. jouer à clicli-mouchettes ;
D. jouer à cligne-musette.
. CLINCHE, s. f. Partie extérieure du loquet sur laquelle
on appuie pour élever; c'est ce qu'on nomme le piclet, P. F.
La clinche élève le battant dont la tête était enfoncée dans
le mentonnet, la queue restant attachée à la porte au moyen
d'une vis.
CLIQUETTE, s. f. N. P. battre des traclettes, jouer des
traclettes; D. jouer des cliquettes.
CLOCHE, s. f. Ampoule qui se forme sous l'épiderme.
N. P. une bolle, une gonfle.
CLOCHE-PIED (A), adv. N. P. à pied-clochette.
CLOS, s. m. (Pr. Mo.) Le mot clôt P. F. — N. P. un mas
de dix, etc., poses; D. un clos de.... Mas, dans ce sens, P. F.
CLOSEAU, s. m. Petit clos où l'on cultive des légumes,
du chanvre, etc. Le mot plantage, dans ce sens, P. F.
CLOU , s. m. Le mot tache pour clou P. F. Les cordon-
niers emploient le subs. tache. N. P. planter un clou; D.
ficher, cogner, enfoncer, faire entrer un clou.
CLOU-DE-GIROFLE , s. m. N. P. clou-de-gérofle.
COBLENZ, s. pr. (Pr. coblance.) Ville de la Prusse Rhé-
nane.
COCHE, s. f. Encoche P. F.
COCHON D'INDE, s. m. N. P. un cochon de mer.
COC 55
COCHONNET, s. m. Se dit de ce que des gens qui jouent
à la boule ou au palet, jettent devant eux pour leur servir
de but. (Acad.) N. P. le but; D. le cochonnet; en effet, le
cochonnet n'est pas le but, il sert de but.
COGNER (SE), v. pr. Se cogner: se heurter la tête con-
tre un mur. N. P. s'embaumer.
COIN , s. m. L'expression mettre à coin , pour mettre de
côté , mettre en réserve, P. F.
COLÈRE, s. f. On ne peut pas dire se mettre en cannelle,
se mettre dans de ces fousquines, pour se mettre en colère.
COLIN-TAMPON, s. m. N. P. je m'en soucie comme de
Nicolas-tampon; D. comme de Colin-tampon.
COLIQUE, s. f. Maladie qui cause des tranchées dans le
bas-ventre. Colique ne peut se dire pour flux de ventre;
D. diarrhée.
COLLET, s. m. N. P. un col d'habit; D. le collet d'un
habit ; mais on dit un col de chemise.
COLOQUINTE , s. f. Espèce de concombre. (Acad.) Co-
loquinte ne peut se dire pour tête : ce vin tape sur la colo-
quinte; il lui a administré un coup de poing sur la colo-
quinte, P. F.
COMBLE, s. m. Réunion de pièces en bois ou en fer
destinées à supporter le poids de la couverture d'un édi-
fice : comble de charpente, monter sur le comble. On com-
prend, d'après cette définition, qu'il faut dire, loger sous le
comble, chambre prise sous le comble. Le mot ramure P. F.
dans le sens de comble.
COMBLE (DE FOND EN), adv. Tout à fait. N. P. à
fond de train.
COMBLER, v. a. Remplir par-dessus les bords. N. P.
enchateler. — Combler exprime par lui-même une idée de
grand nombre ; d'où il suit qu'on ne doit pas dire : combler
56 COM
quelqu'un de mille faveurs. C'est un pléonasme vicieux; D.
simplement combler quelqu'un de faveurs.
COMBUGER, v. a. Remplir d'eau des tonneaux pour faire
renfler le bois avant de s'en servir. N. P. goger un tonneau.
— N. P. goger un rhume ; D. prendre, gagner un rhume.
COMME, adv. L'expression, il est bon comme tout, il est
méchant comme tout, P. F.
COMMANDER, v. a. et n. N. P. commander en baguette ;
D. commander à la baguette.
COMMIS, s. m. (Pr. kom-mi.)
COMMUNAUX, s. m. plur. Pâturages communs à plu-
sieurs communes ; totalité des biens qui appartiennent à une
même commune. N. P. les communs.
COMMUNIER, s. m. Peut se dire pour habitant, copro-
priétaire de communes.
COMPLAISANT, adj. Malcomplaisant est l'inverse de
complaisant; mais ce mot P. F.
COMPRÉHENSION, s. f. N. P. il a la comprenette dure;
D. il est de dure compréhension.
COMPTANT, s. m. Signifie argent comptant. Acheter
au comptant, vendu au comptant. N. P. acheter comptant,
vendu comptant.
COMPTE , s. m. N. P. erreur ne fait pas compte; D. er-
reur n'est pas compte. (Acad.) — Au bout du compte signifie
après tout; mais à la fin du compte ne peut se dire: Tu
m'ennuies à la fin du compte, P. F. — Je vous paierai de-
main, vous pouvez compter dessus, P. F. Dites: vous pouvez
compter sur moi, sur ma parole.
COMPTOIR, s. m. Table en bois où un négociant expose
sa marchandise et serre son argent. N. P. une banque.
COMMETTRE , v. a. Ne peut se dire pour acheter : J'ai
commis deux quintaux de café, P. F.
COMMUNIQUER (SE), v. pr. N.P. cette maladie sera-
CON 57
masse aisément ; D. cette maladie se communique aisément.
N. P. j'ai ramassé la gale, etc. D. j'ai gagné la gale, etc.
CONCHE , s. f. (du latin concha.) S'est dit autrefois pour
coquille , conque. Nous employons souvent le mot conche
pour désigner le bassin d'une fontaine. L'expression est-elle
si vicieuse qu'il faille la rejeter?
CONCOMBRE, s. m. Plante potagère. N. P. cocombre ,
une concombre; D. un concombre.
Ha frug redon cum cogombre; il a le fruit rond comme concom-
bre. (Raynouard.)
CONCOURS, s. m. (Pr. koncour).
CONDOM, s. pr. (Pr. Jcondon.) Ville de France, Gers.
CONDUITE, s. f. N. P. c'est un jeune homme de con-
duite , une fille de conduite ; D. qui a de la conduite.
CONE ou STROBILE, s. m. Fruit du pin et du sapin.
N. P. pive.
CONFISEUR, s. m. N. P. confisseur.
CONNAISSANCE, s. f. N. P. avoir une connaissance,
elle a une connaissance; D. une inclination.
CONSENTANT, adj. N. P. j'en suis consentant, elle en
est consentante ; D.j'y consens, elle y consent.
CONSÉQUENT, adj. Ne signifie jamais considérable.
N. P. une somme conséquente , une place conséquente ; D.
une somme considérable, une place importante.
CONSERVATEUR, s. m. Nom d'un parti politique aux
hommes duquel on donnait le nom de ristous , par opposi-
tion à celui de gripious que l'on donnait aux hommes -du
parti opposé. — Après la domination bernoise on appelait
haricots ceux qui la regrettaient. Voici deux vers d'une
tihanson de l'époque :
Aportez-nous du bon fricot ,
PoinUd'/jarico/s , etc.
CONSERVATION , s. f. On entend souvent saluer de la
58 CON
manière suivante : conservation bonne conservation. Ce mot
P. F. dans ce sens.
CONSOLABLE, adj. Ne se dit que des personnes. Ne
dites donc pas d'une douleur qu'elle n'est pas consolable.
CONSULTATION , s. f. Terme de médecine. N. P. une
consulte.
CONTINUE (A LA), adv. Signifie à force de continuer,
à la longue. On ne peut donc pas dire : A la continue de la
saucisse fraîche, etc., chez N***.
CONTRE , prép. Ne peut s'emplover pour moyennant.
N. P. contre de justes indices; D. moyennant de justes indi-
ces. — Contre ne peut pas non plus se dire pour vers , du
côté de. N. P. contre les trois heures, contre Vevey; D.vers
les trois heures , du côté de Vevey , ou vers tel endroit.
CONTREFAIT, adj. Difforme. Cet homme est contrefait.
(Acad.) N. P. méfait , ce mot a un autre sens.
CONTUMACE, N. P. contumace.
CONVENIR, v. n. Prend avoir dans le sens d'être con-
venable, et être dans le sens de demeurer d'accord : cette maison
m'a convenu, et je suis convenu du prix.
CONVENTION, s. f. Accord, pacte que deux ou plusieurs
personnes font ensemble. N. P. un convenant, un accordai-
ron.
COPEAU, s. m. N. P. des rebibes; D. des copeaux. —
Les mots buchilles, buchillons, P. F.
COQ-D'INDE, s. m. (Pr. kodinde.)
COQUERICO, s. m. Onomatopée par laquelle on désigne
quelquefois le chant du coq. N. P. kikeriki.
COQUETIER, s. m. Petit vase en forme de verre à li-
queur dans lequel on met un œuf pour le manger à la co-
que. N. P. un cocotier.
CORBEILLE , s. f. Espèce de panier fait ordinairement
d'osier. Une corbeille à mettre des fleurs. Une corbeille de
COR 59
fleurs. Une corbeille couverte, découverte. (Acad.) La cor-
beille dont il est ici question n'est pas, je le suppose, notre
corbeille à deux anses. (Voy. manne.)
CORBEILLÉE, s. f. Plein une corbeille. N. P. dans ce
sens une corbeille de pommes; D. une corbeillée de....
CORDELETTE, s. f. Petite corde. N. P. une cordette.
CORDON, s. m. N. P. des attaches de souliers; D. des
cordons de souliers.
CORDONNIER, s. m. Gnaf ne peut se dire pour cor-
donnier. — Gniaf, savetier; P. Nor.
Vingt ânes attelés, trottant d'un pas égal ,
Traînent le fier Raulin, des gniafs le coriphée.
Lalleman, la Campênade.
CORNE, s. f. Faire une corne à un livre, à un feuillet, etc.
Plier le coin, l'angle d'un feuillet, dans un livre, pour mar-
quer l'endroit qu'on veut retrouver. N. P. faire un œillet,
une oreille à un livre.
CORNER, v. n. N. P. les oreilles me sonnent; D. les
oreilles me cornent. — N. P. cette vache corne; D. cette
vache donne de la corne.
CORPULENCE, s. f. Grosseur du corps humain, em-
bonpoint. N. P. corporence, ce mot P. F. Un homme d'une
grosse, d'une petite corpulence.
CORRECT, adj. Faites entendre le t.
CORRIDOR, s. m. N. P. colidor.
CORROYER, v. a. Corroyer du mortier. Mêler ensemble
de la chaux et du sable pour en faire du mortier. (Acad.)
Gâcher signifie détremper, délayer, en parlant du plâtre que
l'on prépare dans une auge, pour être employé sur le
champ. (Acad.) (Besch.)
COSSER, v. n. Se battre à coups de tête en parlant des
béliers et des moutons. Les béliers cossent. N. P. tuter, tur-
60 COT
ter, se turter. — En grec , tupto, frapper. En vieux proven-
çal, turtar, heurter, frapper, battre.
COTE, s. f. N. P. des côtes de blettes; D. des cardes de
bettes.
COTONNADE, s. f. N. P. de la cotonne ; D. de la coton-
nade.
COU, s. m. Tordre la senaille, pour tordre le cou, P. F.
COUCHAGE, s. m. COUCHÉE, s. f. Couchage. Ce qu'on
paie pour la couchée; j'ai payé mon couchage 50 cent. Cou-
chée. Lieu où on loge la nuit en voyageant : il y a encore
deux lieues jusqu'à la couchée. Couchée désigne encore le
prix du souper et du logement; il nous en coûta 2 fr. pour
notre couchée. N. P. la couche dans ce sens.
COUCHER (SE), v. pr. N. P. aller coucher, allons cou-
cher; D. aller se coucher, allons nous coucher. — N. P. en-
jouer pour coucher en joue.
COUCI-COUCI, adv. Comment va-t-il? Couci-couça, tout
à la douce, P. F. Dites couci-couci.
COU-DE-PIED, s. m. N. P. le cou-du-pied.
COUENNE, s. f. (Pr. kouène.) N. P. de la couanne.
COUENNEUX, adj. De la nature de la couenne; sang
couenneux. Couenneux ne peut se dire pour sale, gras.
COUETTE, s. f. Lit de plume. N. P. coitre.
COULEUR , s. f. En dire, en faire de toutes les couleurs,
P. F. On peut dire de toutes les façons, de toutes les sortes.
COULISSE, s. f. N. P. colisse.— Rempli d'un vêtement,
dans lequel on passe un ruban , un cordon. N. P. un cou-
rant; D. une coulisse.
COUP, s. m. N. P. donner un gnobet, un tapin, un pé-
tard, un atout , une assommée , un ognon; D. un coup, une
tape, un horion. Coup de froid, pour coup d'air, refroidisse-
ment, P. F. Voyez froid. — N. P. ce mur a en un assenti-
ment, pour dire qu'il n'est plus d'aplomb ; D. ce mur a pris
COU 61
un coup , ou ce mur a donné un coup , (Besch.) — Faire les
cent coups, les cent dix-neuf coups , pour dire faire du bruit,
du tapage , se démener, intriguer, P. F.
COUPER, v. a. N. P. couper l'herbe sous les pieds à
quelqu'un; D. couper l'herbe sous le pied à quelqu'un. —
N. P. couper la soupe ; D. tailler la soupe. (Voy. le mot soupe.)
— Couper bras et jambes à quelqu'un, ôter à quelqu'un le
moyen d'agir, de réussir. Il signifie encore, frapper d'éton-
nement, de stupeur : cette nouvelle me coupe bras et jambes.
N. P. casser les bras et les jambes, casser bras et jambes.
COUPE-TÊTE, s. m. Sorte de jeu que jouent les enfants
en sautant de distance en distance les uns par-dessus les
autres. (Acad.) N. P. jouer à la grenouille; D. jouer à coupe-
tête.
COUPLE, PAIRE , s. f. La couple ne marque que le
nombre deux; la paire y ajoute une idée d'association. Le
boucher achète une couple de bœufs; l'agriculteur achète
une paire de bœufs.
CO UR AILLER, v. n. Fréquentatif de courir, courir fré-
quemment. Le mot courater P. F.
COURIR, v. n. Ne se conjugue pas pronominalement.
N. P. se courir après. — Courir, dans le sens de poursuivre
avec le dessein d'attraper est neutre. — N. P. il m'a couru
après; D. il a couru après moi. — N. P. j'y suis couru; D.
j'y ai couru. — Courir comme un chat maigre, aller très
vite, P. F.
COURT, adv. N. P. rester en plan; D. rester court, ou-
blier ce qu'on voulait dire. — Court, adj. N. P. il est à court
d'argent; D. il est court d'argent.
COURTE-POINTIER, s. m. N. P. un contre-pointier ,
une contre-pointière ; D. un courte-pointier, une courte-poin-
tière.
62 COU
COURTILLÈRE, s. f. ou TAUPE-GRILLON, s. f. In-
secte qui ravage les jardins. N. P. une jardinière.
COURTINE , s. f. On lit dans le Dictionnaire de Bes-
cherelle : Courtine , nom qu'on donne dans quelques con-
trées au tas de fumier de la basse-cour.
COUSIN, s. m. Le Dict. de l'Acad. donne l'expression,
cousin remué de germain; mais il ajoute que cette façon de
parler est populaire. Regnard a dit dans le Légataire uni-
versel , Act. I , Se. I :
Des oncles, des neveux, des nièces, des cousins,
Des arrières-cousins remués des germains.
Il vaut mieux dire, cousin issu de germain, si l'on tient
au bon langage.
COUSSIN, s. m. N. P. un coissin.
Puis.... fendit la coitte et coissin en deux.
(Rabelais, Pantagruel, liv. V, chap. XV.)
COUTELAS , s. m. (Pr. koutelâ.)
COUTER, v. a. N. P. coûte qui coûte ; D. quoi qu'il coûte,
quoi qu'il en coûte.
COUTIL, s. m. (Pr. kouti.)
COUTRE , s. m. Remarquez le genre de ce subst. On dit
le contre de la charrue.
COUVER, v. n. Mettre sous soi un couvet pour se chauf-
fer, pop. N. P. faire le ca for-net. — N. P. le feu a bourronné
longtemps avant d'éclater ; D. le feu a couvé longtemps, etc.
COUVERCLE, s. m. N. P. le couvert d'un vase.
COUVERT, s. m. N. P. mettre la table, ôter, lever la ta-
ble; D. mettre le couvert, ôter le couvert. — Couvert se dit
aussi d'une cuiller et d'une fourchette réunis. N. P. un ser-
vice; D. un couvert.
COUVERTURE, s. f. N. P. une couverte de lit, de livre;
D. une couverture de lit, de livre. — Faire la couverture,
replier le drap de la couverture après que le lit est fait
COU 63
pour qu'on puisse y entrer plus facilement. (Acad.) Nous
disons découvrir le lit.
Un garderobe gras servoit de pavillon,
De couverte un rideau.
(Régnier, Satyre XI.)
COUVREUR, s. m. Artisan dont le métier est de couvrir
les maisons. N. P. un lateret.
COYER, s. m. (Pr. ko-aié.) Petit vaisseau de bois qui se
termine en pointe , dans lequel les faucheurs mettent leur
pierre à aiguiser appelée cous. (Pr. kouJ) N. P. un goy, un
goille; D. un coyer. Mettre le cous dans le coyer.
CRACHAT, s. m. Peut se dire, mais crache P. F. Dites la
salive. N. P. non plus une crachée : une crachée de neige
P. F.
CRAIE, s. f. N. P. de la graie.
CRAINTE, s. f. N. P. de crainte quW vienne, crainte qu'il
ne vienne. D. de crainte qu'il ne vienne.
CRAMPONNER (SE), v. pr. Signifie s'attacher fortement
avec la main; mais cramponner, v. a., ne peut pas se dire.
N. P. cramponner quelqu'un; D. appréhender quelqu'un.
CRAPAUD, s. m. N. P. un bot.
CRAQUER, v. n. Signifie mentir, hâbler, se vanter mal
à propos et faussement. C'est un homme qui ne fait que
craquer. (Acad.) En pousser d'une, il nous en a poussé d'une
P. F. On peut dire il craque, c'est un craqueur, une cra-
queuse, ou bien il nous donne des bourdes, il nous conte des
bourdes, pop. (Acad.)
CRASSxiNE, s. f. N. P. une poire crasane; D. une cras-
sane.
CRASSE, s. f. N. P. de la greube, de la raufe. — Les ver-
bes engreuber, enraufer, pour salir, P. F. — Les enfants
sont plus sujets que d'autres à avoir de la crasse sur la
tête. (Besch.) N. P. du cra.
64 CRA
CRAVATE, s. f. N. P. une gravate.
CRAYON, s. m. (Pr. kré-ion.) N. P. crèon, gréon, grayon.
CRÉDIT, s. m, On peut dire, faire crédit , donner à cré-
dit , prendre des marchandises à crédit, mais on ne peut pas
dire faire des crédits pour, acheter dans plusieurs endroits
sans payer : cette femme fait des crédits partout, P. F.
CRÉMAILLÈRE , s. t Les mots crémaillère , cramailler,
cramaïllère, P. F.
CRÊPE, s. f. Pâte un peu plus délayée que celle des bei-
gnets, et qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle. On
voit que cette définition convient à peu de chose près à no-
tre mot matafan.
CRÉPI, s. m. ou CRÉPISSURE, s. f. N. P. crépissage,
recrépissage.
CRÉPINETTE, s. f. N. P. atrio.
CRÉSUS, s. pr. (Pr. krésuce.) Homme extrêmement
riche.
CRÉTIN, s. m. N. P. crétin. — A Lausanne, tagué est
synonyme de crétin.
CREUX , EUSE, adj. Qui a une cavité intérieure; arbre
creux. N. P. bornu.
CRIC, s. m. (Pr. lai.) Instrument pour soulever les far-
deaux.
CRIER, v. n. N. P. cette porte piaule quand on l'ouvre.
D. cette porte crie quand, etc. — Sicler, faire des siclées ,
P. F. — Le verbe sisclar s'est dit pour siffler :
L'auzel son de sisclar mut, per freg, que cug qu'els destrengna.
Les oiseaux sont muets de siffler, par le froid , que je crois qui les
étreigne.
— Crier des noms, P. F.
CRIN-CRIN, s. m. Mauvais violon. N. P. un racle, une
segnaule.
CRIN-D'EMPILE, s. m. Le subst. mort-à-pêche , P. F.
CRI 65
On emploie en France les mots lisson, racine ', poil de Flo-
rence, crin marin, boyau de soie; mais ces mots ne se trou-
vent pas dans le dictionnaire.
CRITIQUE , s. f. N. P. critique, crétiquer.
CROC, s. m. (Pr. kro.) — Croc-en-jambes. (Pr. krokan-
jambe.)
CROCHET, s. m. Petites boucles de cheveux que les
femmes fixent sur leur front auprès des tempes avec de
l'eau gommée. N. P. des accroche-cœur ; D. des crochets.
CROCHU, E, adj. Avoir les mains crochues; être fort
enclin au vol. N. P. avoir les doigts à crochets.
CROIRE (FAIRE), ACCROIRE (FAIRE), v. a. On fait
croire des choses vraies ou vraisemblables ; on fait accroire
des sottises ou des mensonges. N. P. faire encroire.
CROIX, s. f. Faire une croix, faire sa croix, tracer une
croix au bas d'un acte , ce qui tient lieu de la signature des
personnes qui ne savent pas écrire. On ne peut pas dire
faire la croix, pour renoncer à une habitude : A présent, je
ne joue plus, c'est fini, j'ai fait la croix, P. F.
CROQUER, v. n. Ce mot est français, mais il ne peut
se dire pour frapper l'un contre l'autre des œufs cuits durs,
comme c'est l'usage le jour où l'on célèbre la fête de Pâque.
CROQUIGNOLE, s. f. Espèce de chiquenaude. N. P.
croquegnole.
CROTTER, v. a. Salir, se saiir de boue. N. P. gauler, se
gauler.
CROTTIN , s. m. Excréments de quelques animaux :
Crottin de mouton. N. P. petole. — Petelles dans le Dict.
R. W.
CROTU, adj. Peut se dire pour être marqué de la petite
vérole, avoir le visage gâté de la petite vérole.
CROUP, s. m. Sorte d'angine qui attaque les enfants.
N. P. le group.
GLOSS. VAUD. 5
66 CRO
CROUPTONS (A), adv. D'une manière accroupie. N.P.
à croupetons. On lit dans Villon :
Ainsi le bon temps regrettons
Entre nous pauvres vieilles sottes,
Assises bas à croppetons
Tout en un tas comme pelottes.
CROUSTILLEUX, adj. Peut se dire dans le sens de
leste; conte croustilleux, chanson croustilleuse ; mais crous-
tilleux ne peut pas s'employer pour difficile, délicat, épineux.
N. P. une affaire croustilleuse : D. une affaire délicate } épi-
neuse.
CROUTE, s. f. Casser la croûte, pour manger, P. F.
CRUCHÉE, s. f. Plein une cruche. N. P., dans ce sens,
une cruche d'eau; D. une cruchée d'eau.
CRUCIFIX, s. m. (Pr. krucifi.)
CRUE, s. f. N. P. il a, il n'a pas fait son crû; D. il a, il
n'a pas pris sa crue, toute sa crue.
CUILLER, s. f. ou CUILLÈRE. N. P. cueuiller, cueuil-
Vere.
CUILLERÉE, s. f. Plein une cuiller. N. P. une cueuil-
ler ée. *"•
CUIR , s. m. N. P. faire du bien d'autrui large courroie ;
D. faire du cuir d'autrui large courroie, ce qui signifie être
libéral du bien d'autrui.
CUISSE-DE-NOIX, s. f. N. P. un grumeau.
CUISSE-MADAME, s. f. N. P. une poire cuisse-dame;
D. une cuisse madame.
CUISSON, s. f. Les mots cuisage, cuison, P. F.
CUITE, s. f. En parlant des choses qui ne se mangent
pas : une cuite de chaux. N. P. une cuite de pain. Prendre
une cuite, pour dire s'enivrer, P. F.
CULBUTE, s. f. Jeu d'enfants. N. P. faire la cupesse;
CUL 67
D. faire la culbute. — Le mot cupesse ne peut pas non plus
se dire pour désordre. Mettre tout en cupesse, P. F.
CULBUTER, v. n. N. P. calbuter.
CUL-DE- JATTE, s. m. (Pr. ku-de-jatte.) Personne sans
cuisses ni jambes.
CUL-DE-SAC , s. m. (Pr. ku-de-sac.) Rue qui n'a qu'une
issue.
CULOT, s. m. Le dernier né ou éclos d'une portée, d'une
couvée, et fam. le dernier né d'une famille. N. P. le coître,
le coîtron.
CULOTTE, s. f. Voy. pantalon.
CULOTTE-DE-SUISSE, s. f. N. P. une poire culotte-
suisse; D. une culotte-de-suisse.
CURAÇAO , s. m. (Pr. kuraço.) Liqueur. N. P. du cui-
raço.
CUSCUTE, s. f. Petite plante parasite qui s'attache au
trèfle. N. P. de la râche.
CUVIER , s. m. Sorte de cuve ordinairement en bois dont
on fait usage pour la lessive. Dans ce sens le mot envier
doit être préféré à l'expression cuve pour la lessive. Un cu-
veau est une petite cuve; ce mot est à peu près synonyme
de baquet. (Voir ce mot.)
CYNORHODON , s. m. Fruit de l'églantier. N. P. kyna-
rhodon, kynorhodon. Le subs. gratte-cul est français; cueil-
lir des gratte-cul, de la gelée de gratte-cul.
D
DADA, s. m. Ce mot est français; mais il ne peut se
dire pour merci; en s'adressant à un petit enfant : dis dada,
pour remercier, P. F. On lit dans le Dict. de l'Acad. : Dada,
terme dont se servent les enfants et quelquefois ceux qui
leur parlent pour désigner un cheval. Il se dit également
68 DAD
d'un bâton sur lequel un enfant se met à cheval. Aller à
dada.
DADAIS , s. m. (Pr. dadè.) Niais , nigaud. N. P. daderi-
dou, dadou.
DAM, s. m. (Pr. dan.) Dommage.
DAME- JEANNE, s. f. Très grosse bouteille. — Bon-
bonne se trouve dans le supplément au Dict. de Besch.
DARIOLE , s. f. Sorte de pâtisserie. N. P. dariole pour
chiquenaude, petit coup. Dans le P. Nor., le mot dariole est
traduit par soufflet.
D'ARRACHE-PIED, adv. Sans interruption : Travailler
d' arrache-pied. N. P. de râche-pied. — Travailler sans dé-
branler P. F.
DARTRE, s. f. Maladie de la peau. N. P. une darte, une
dâtre.
DATE, s. f. N. P. sous date du;... D. en date du....
DAVANTAGE, adv. Ce mot comme adv. rejette tout
régime. N. P. davantage de , davantage que ; D. plus de, plus
que.
DÉBAGOULEUR, SE, s. Grand bavard; bas et pop. N. P.
alanguè, alanguée.
DÉBARBOUILLER, v. a. N. P. déboucharder, dégreuber.
DÉBINE , s. f. Etat d'une personne qui fait mal ses af-
faires ; pop. N. P. il est dans la déguille ; D. il est dans la
débine.
DÉBONDER, v. n. N. P. j'ai le cœur plein , il faut que
je me dégonfle ; D. j'ai le cœur plein , il faut que je dé-
bonde. — Débonder, v. a. Evacuer abondamment par le bas ;
mais le subs. débondonnée, P. F.
DE BONNE HEURE, adv. N. P. venez à bonne heure;
D. de bonne heure. ,
DEBOUT, DROIT, adv. N. P. tenez-vous droit, pour
tenez- vous debout. On est droit, lorsqu'on n'est ni couché
DEC 69
ni penché; on est debout, quoique penché, lorsqu'on est sur
ses pieds. La bonne grâce veut qu'on se tienne droit; le
respect fait quelquefois tenir debout.
DÉCAMPER, v. n. Déloger, déguerpir. N. P. débouler.
DÉCESSER, v. n. Se trouve dans quelques dictionnaires;
mais il vaut mieux ne pas l'employer. N. P. il ne décesse de
parler ; D. il ne cesse de parler.
DÉCHET, s. m. Il faut avoir soin de remplir les tonneaux
de temps en temps à cause du déchet. (Acad.) N. P. à cause
de la décale.
DÉCHIQUETER, v. a. N. P. déchicoter.
DÉCHIRER, v. a. N. P. échirer, dépondre.— Les verbes
déblotter, dépiller, P. F.
DÉCOMBRES, s. plur. Ce mot est du genre masculin.
DÉCROÎT , s. m. Ne se dit que de la lune : la lune est
sur son décroît, dans son décroît.
DÉCROTTOIR, s. m. Lame de fer, ou boîte garnie de
brosses qu'on met à la porte extérieure des maisons, pour
y décrotter sa chaussure avant d'entrer. (Voir le mot sui-
vant.)
DÉCROTTOIRE, s. f. Sorte de brosse pour décrotter.
(Voir le mot précédent.)
DE DE-LA, prép. De l'autre côté : Il est de de-la le mont.
Nous prononçons dédelà et nous faisons de cette locution
un adv. de lieu, ce qui est une faute: Est-il dans cette cham-
bre? Non, il est dédelà, P. F.
DÉDIT, s. m. Un dédit de mille francs. N. P. une dédite.
DÉFIER, v. a. N. P. je lui en défie; D. je l'en défie.
DÉFIGURER, v. a. Gâter la figure. N. P. dévisager.
DÉFINITION, s. f. Ce mot ne peut se dire pour fin, dé-
nouement. N. P. il faut absolument une définition; D. une
issue, une solution, un dénouement. Le mot finition P. F.
DÉGINGANDÉ, adj. Qui n'a pas une contenance assurée,
70 DÉG
qui se laisse aller, dont la charpente est disloquée. N.P. dé-
gigandé, dépondu, dépenaillé. (Voir ce dernier mot.)
DÉGOURDIR, v. a, TIÉDIR, v. n. Faire chauffer un peu.
N. P. démourtir, étiédir. — On dit dégourdir, déniaiser, dé-
rouiller, débourrer un jeune homme; on ne peut pas dire le
dégremiller.
DÉGOUTTANT, adj. N. P. tout dépurant; D. tout dé-
gouttant, tout mouillé.
DÉGRAFER, v. a. N. P. désagrafer.
DÉGRINGOLER, v. n.N. P. rebedouler, rebater. -
DÉGUENILLÉ, adj. N.P. dépatoillu.
DÉHARNACHER, v. a. Oter le harnais. N. P. désarna-
cher.
DEHORS, adv. N. P. dehors. — N. P. vous êtes hors de
la question; D. vous êtes en dehors de la question.
DÉJÀ, adv. Nous employons abusivement le mot déjà
dans les expressions suivantes: Comment s'appelle-t-il déjà?
Qu'en fait-il déjà? Que veut-il déjà? Que prenez-vous
déjà?
DÉ JETER (SE), v. pr. Se courber, se gauchir en parlant
du bois. N. P. cette table se jette ; D. se déjette.
DÉJEUNER, s. m. N. P. un déjeuner-dînatoire ; D. un
déjeuner-dîner. — 'On dit un déjeuner de soleil, en parlant
d'une étoffe dont la couleur est sujette à se passer aisément.
N. P. un déjeuner au soleil.
DÉJEUNER, v. n. Déjeuner veut avec devant un nom de
personne: déjeuner avec ses amis; et de devant un nom de
chose: déjeuner de café, de chocolat.
DELEATUR, s. m. (Pr. déléature.) Terme d'imprimerie;
signe correctif, indiquant qu'il faut supprimer. N. P. de-
liatur. «
DÉLICATER, v. a. Traiter avec mollesse : il ne faut pas
délicater les enfants. N. P. délicatiser. — Achintoner, pour dé-
DEM 71
licater, P. F., de même que le mot achinton en parlant d'un
enfant auquel on prodigue des soins exagérés.
DEMANDER A, DEMANDER DE. Demander à, exprime
l'action désirée du demandeur: il demande à manger. De-
mander de, exprime le désir de l'action d'autrui : il demande
d 1 être exempté. — N. P. demander après quelqu'un ; D. de-
mander quelqu'un; demander à voir quelqu'un, à parler h
quelqu'un. — N. P. demander sa démission; D. donner sa
démission.
DE MANIÈRE QUE, conj. N. P. de manière à ce que.
DÉMÉNAGER, v. a. et n. N. P. débagager, remuer. Cette
dernière expression est née à Genève.
DEMOISELLE , s. £ Pièce de bois ferrée pour enfoncer
les pavés, pour damer. On peut dire aussi une dame.
DENT, s. f. N. P. être à crac ; D. être sur les dents, être
rendu; être recru, n'en pouvoir plus. — N. P. les dents de l'œil,
D. les dents œillères. N. P. les marteaux ; D. les dents mo-
laires.
DÉPARIER, v. a. N. P. dépareiller des gants, etc. D. dé-
parier. (Voyez appareiller.)
DÉPARTAGER, v. a. Faire cesser le partage des voix,
des suffrages qui sont en nombre égal pour deux avis oppo-
sés. Le privilège de celui qui a voix prépondérante dans une
assemblée est de la départager, en faisant prévaloir l'avis
auquel il se range. N. P. détabler.
DÉPECER, v. a. N. P. dépecer.
DÉPENAILLÉ, adj. Peut se dire; mais signifie couvert
de haillons, dont la mise est en désordre.
DÉPRESSER, v. a. Ce mot est français; mais nous l'em-
ployons mal lorsque nous disons, par exemple: Attendez
que je sois dépressé, pour dire: Attendez que je sois moins
pressé. Dépresser signifie : ôter de la presse ; dépresser un li-
vre fraîchement relié.
72 DEP
DEPUIS, prép. N. P. dudepuis.
DÉRAISONNER, v. n. Tenir des discours dénués de rai-
raison. L'expression dire tare pour barre P. F.
DERNIER, s. m. N. P. le pétoillon pour le dernier; il est
toujours le pétoillon de sa classe. — E est à la dernière,
il en est à la dernière, pour dire, ou il va mourir, ou il va dé-
poser son bilan. — La dernière sonne, c'est-à-dire, le moment
est venu; il n'y a pas de temps à perdre, dépêchez-vous.
Toutes ces locutions, P. F. — L'expression la dernière sonne
ne serait-elle pas la conséquence de la manière dont nous
appelons les fidèles au temple? On sait que nous mettons
plusieurs fois les cloches en branle.
DERNIER, adj. N'admet ni comparatif, ni superlatif. —
Dernier ne peut se dire pour la prép. derrière. N. P. dernier
la maison; D. derrière la maison.
DÉROCHER, v. a. Décrasser les métaux et l'émail à
l'eau forte. On ne peut donc pas employer le verbe déro-
cher dans le sens de tomber, faire tomber, dégringoler.
DÉSAPPRENDRE, v. a. N. P. déperdre; il a déperdu son
allemand, sa grammaire; D. il a désappris son allemand,
etc.
DÉSASSORTI, E, adj. On peut dire choses désassorties,
étoffes désassorties; mais une personne, un marchand, ne peut
pas dire, je suis désassorti.
DESCENDRE , v. a. Descendre la garde pour mourir,
P. F.
DESSERRE, s. m. Etre dur à la desserre, avoir de la peine
à donner de l'argent. N. P. être dur à la détente.
DÉTEINDRE, v. n. N. P. déteindre pour éteindre ; détein-
dre le feu P. F. — Nous disons quelquefois: cet homme dé-
teint, pour dire qu'il ne fait que répéter ce qu'un autre a dit.
Ce n'est pas très exact. Un homme qui déteint, c'est un homme
dont les qualités ne sont pas solides. A propos du sens que
DET 73
nous donnons au mot déteindre, je citerai les deux vers sui-
vants de Villon; je les trouve excellents:
S'il parle, on lui dit qu'il se taise,
Et qu'en son prunier n'a pas creu.
DÉTENTE, s. f. La détente d'un fusil. N. P. le gatillon, le
gatoillon*
DÉTRAQUER, v. a. Déranger. SE DÉTRAQUER, se
dérégler en parlant des personnes. Ces deux verbes sont
français; mais le subs. détraque ne l'est pas. N. P. j'ai la
détraque, il a la détraque.
DÉTRUIRE, v. a. N. P. destruire.
DEUX, adj. (Pr. deu, et deuz devant une voyelle.)
DEVIS, s. m. (Pr. devl) N. P. un devis.
DEVISE, s. f. N. P. une dévise.
DIA, interj. Mot dont les charretiers se servent pour faire
aller leurs chevaux à gauche, comme ils se servent des mots
hue, huhau ou hurhau pour les faire aller à droite. (Acad.)
Les mots correspondants, dans le canton de Vaud, sont huïo
(à gauche), hott (à droite). Cette remarque n'a pas pour
objet d'engager les charretiers à modifier leur langage à cet
endroit; mais elle fournit l'occasion de dire que les mots
dia, huhau se trouvent dans le dictionnaire, tandis que les
mots huïo, hott ne s'y trouvent pas.
DIANTRE, s. m. Mot très familier dont on se sert au lieu
de diable. (Acad.) N. P. dianstre.
DIARRHÉE, s. f. Dévoiement. N. P. il a la rifle, il a la
raffe;D. il a la diarrhée.
DICASTÈRE, s. m. Ce mot est-il français?
DICTÉE, s. f. N. P. écrire sous dictée; D. écrire sous la dic-
tée, à la dictée.
DICTON, s. m.(Pr. diton.) Mot sententieux passé en pro-
verbe.
74 DIE
DIEU, s. pr. L'interj. mon Thé S P. F.; mais je la pré- '
fère à mon Dieu! employé à tout propos.
DIGESTION, s. f. (Pr. le t dur.) N. P. digection.
DIMANCHE, s. m. N. P. la dimanche; D. le dimanche. —
C'est aujourd'hui sa belle dimanche P. F.
DINDE, s. f. La dinde étant la femelle du dindon, c'est abu-
sivement que l'on dit du dinde, manger du dinde; D. un din-
don, ou une dinde.
DINER, s. m. Si quelqu'un se trouve chez moi à l'heure
du dîner, je le prie de dîner; si je l'engage à venir dîner chez
moi, je le prie à dîner.
DINER, v. n. Voyez déjeuner. — Le verbe dîner n'est ja-
mais pronominal. N. P. je peux me dîner, il peut se dîner
avec des pommes de terre.
DIRE, v. a. Nous employons le verbe dire dans plusieurs
acceptions que les dictionnaires n'admettent pas. Ainsi : dis
à Paul s'il veut me prêter une plume (demande à). Comment
dit-on à ce monsieur (appelle-t-on). Ce n'est pas pour dire,
{pour me vanter) mais je suis plus fort que lui.
DIRECT, adj. (Pr. le t.)
DISCRÉDITER, DÉCRÉDITER, v. a. On emploie sou-
vent à tort ces deux mots l'un pour l'autre. On décrédite
un marchand en attaquant sa probité ; on discrédite une mar-
chandise en attaquant sa qualité.
DISCUSSION, s. f. Discussion de biens signifie: recherche
des biens d'un débiteur pour les faire vendre en justice. Le
mot décret ne peut pas se dire pour discussion. Faire décret
P. F.; il faut dire: discuter un débiteur, discuter les biens
d'un débiteur.
DISPARATE, s. f. Remarquez que ce mot est du genre fé-
minin.
DISPARITION, s. f. N. P. disparution.
DIS 75
DISPUTER, v. n. Etre en débat, avoir contestation. Dis- "
puter contre quelqu'un. (Acad.) Il ne faut donc pas dire dis-
puter quelqu'un. Mon mari me dispute P. F. Cependant dis-
puter est aussi v. a. Ainsi on peut dire disputer un prix, une
chaire de professeur. (Acad.) — Avoir une débattue, une forte
débattue; un procès à quatre débattues; ces expressions
P. F.
DISSIPATEUR, s. m. Celui qui dissipe son bien mal à
propos. N. P. un avale-royaume ; D. un dissipateur, un mange-
tout. — Avale-royaume ne peut pas mieux se dire pour glou-
ton; D. un avale-dru.
DIT, s. m. Ne peut signifier la personne ou la chose dont il
est question. N. P. le dit m'a appris ; je le tiens du dit.
DIVORCER, v. n. N. P. ils se sont divorcés ;D. ils ont di-
vorcé, ou ils ont fait divorce.
DIX, adj. Pr. di devant une consonne ou une h aspirée, diz
devant une voyelle et dice à la fin d'une phrase : ils étaient
dix. — L'expression faire les dix heures P. F.
DOCILE, adj. L'adjectif docile ne peut avoir pour régime
un nom de personne; ainsi il ne faut pas dire enfant docile à
ses parents; mais on dirait très bien: enfant docile aux volon-
tés de ses parents.
DODO, s. m. Terme enfantin. Faire dodo, dormir. N. P.
faire nono.
DOIGT, s. m. Ils sont comme les deux doigts de la main, se
dit de deux personnes extrêmement unies d'amitié. N. P. ils
sont cul et chemise. — Se mettre le doigt dans l'œil, pour se
tromper, P. F.
DOMMAGE, s. m. A. donne une friandise, etc., à B. Plus
. tard A. rencontre B. et lui demande : l'avez-vous trouvée
bonne? Oui, répond B., dommage du peu. Cette locution
P. F.
DOMPTER, v. a. (Pr. donté.)
76 . DON
DONDON, s. f. Fille pleine d'embonpoint; fam. N. P. une
dondaine. On lit dans H. Estienne, à l'occasion de ce dernier
mot:
C'était la catapulte des anciens ; et comme la domdaine lançait de
grosses pierres rondes, on a donné son nom à toutes les choses qui
présentaient la même signification.
Les mots domdaine, dondaine ne se trouvent pas dans les
dictionnaires.
DONNER, v. n. N. P. le vin donne à la tète, 'par la tête; D. le
vin donne dans la tête ; c'est-à-dire, le vin entête, étourdit. —
N. P. cet homme se donne au vice, au jeu, etc. D. s'adonne.
DONT, pron. Dont marque simplement la relation: la
personne dont je parle. D'où, adv., exprime une idée d'ex-
traction, de sortie: la ville d'où je viens, le péril d'où il est
sorti.
DORÉNAVANT, adv. N. P. d'ors en avant, d'ors en là;
D. dorénavant, à l'avenir: dorénavant je serai plus exact.
DOS, s. m. L'expression populaire en avoir plein le dos
n'est pas admise; mais on peut dire: porter quelqu'un sur
son dos, ce qui signifie en être ennuyé.
DOUVE, s. f. L'expression sécher une douve, pour dire
boire du vin, P. F.
DRESSER (SE), v. pr. Ne peut pas se dire pour: prendre
le plus court chemin. N. P. j'ai pris la route de pour me
dresser.
DROGUER (SE), v. pr. N. P. se potringuer.
DROIT, s. m. Le mot droit ne peut se dire pour part, por-
tion. On a mal opéré le partage, je n'ai pas eu mon droit,
P. F.
DROLE, adj. Gai, plaisant, singulier. N. P. c'est cocasse.
DROVINEUR, s. m. Chaudronnier ambulant. N. P. un
magnin. On lit dans Villon :
A maignans leurs poiles mener.
DUT 77
Ce qui veut dire :
Porter les poêles des magnins.
DU TOUT (PAS, POINT), adv. N. P. du tout, avoué;
D. pas du tout, point du tout. On lit dans le petit conte d'Au-
cassin et Nicolette:
Avoi ! pères, fait Aucasins.
E, s. m. Cinquième lettre de l'alphabet. Voici quelques-
unes des difficultés que présente l'emploi de cette lettre.
Ecrivez et prononcez : bêcher, bêler, chènevière, chènevis,
chènevotte, chevrier, degré, dehors, désir, désirer, devancer,
devenir, fêlé, fêler, gêner, gênant, genevois, grêler, mêler,
mesure, mesurer, receler, receleur, récolte, récolter, réconci-
liation, réconcilier, récréer (se), recrépir, récrier (se), refroi-
dir, refuge, réfugier (se), réfuter, rehausser, relatif, relation,
relativement, religion, remesurer, repartir, répertoire, ré-
plique, répliquer, répugner, ressentiment (pr. recentiment),
ressentir (pr. recentir), rétracter, rétrécir, rétrograder, ré-
ver, réverbération, réverbère, réviser, révision, révolte, ré-
volter (se), second (pr. cegon), seconder (pr. cegonder),
secouer, secourir, secousse, secrétaire, semestre, serinette,
séquelle, séquestre, séquestrer, société, téter, tétine, téton.
EAU-DE-VIE, s. f. Les habitants des Alpes donnent le
nom ftaiguasin à la liqueur produite par la distillation
de la racine de la gentiane. Le Dict. roman , wallon , donne
aiguardin pour l'équivalent d' eau-de-vie.
ÉBOUILLIR, v. n. Diminuer à force de bouillir. N. P.
emboire, cambouillir.
ÉBOURIFFÉ, adj. Qui a les cheveux en désordre.
N. P. ébourifflé, écharpiné.
78 EBU
ÉBULLITION, s. f. Taches ou pustules qui viennent sur
la peau. N. P. ébollution, ébollition.
ÉCALER, v. a. E caler une noix, c'est lui enlever l'écale,
c'est-à-dire l'enveloppe extérieure; on dit, dans le même
sens, écaler une amande, un œuf. N. P. piller, plucher.
ECANGUER, v. a. Ecanguer le chanvre, le lin. N. P.
battiorer; ~D. ecanguer ou broyer.
ÉCARBOUILLER, v. a. Ecraser, écacher. N. P. écar-
cailler, écarabouiller ; D. écarbouiller la tête, la cervelle;
pop.
ÉCARQUILLER, v. a. Ecarter, ouvrir. Ecarquiller les
yeux. N. P. écarabiller.
ÉCHALAS, s. m. Bien que ce mot n'intéresse pas pré-
cisément le Glossaire, je ne puis résister au plaisir de citer
Raynouard (Lexique roman) à l'occasion du mot échalas :
Malvestatz trelha, e joys torn 'en paisselh.
Méchanceté s'étend en treille, et joie tourne en échalas.
En patois , passé, passe, passay, signifie un échalas.
ÉCHASSES, s. f. plur. N. P. des écafes.
ÉCHAUFFOURÉE, s. f. N. P. êchaffourée.
ÉCHEVEAU, s. m. Echevette ne peut se dire pour tche-
veau : les écheveaux sont composés de dix ou douze éche-
vettes. (Sup. Voyez aussi Besch.)
ÉCHIMOSE, s. f. (Pr. ékimose.) N. P. un cassin.
ÉCHOUER, v. n. Le v. échouer étant neutre, on ne peut
pas dire échouer un examen; D. échouer dans un examen.
Je n'ai pas trouvé le verbe échouer employé dans le sens
ci -dessus; mais la phrase suivante me paraît légitimer ma
construction : On n'échoue jamais si vite dans les affaires
que lorsqu'on n'y voit aucune difficulté. (Boiste.)
ÉCLAIRER, v. a. Eclairer quelqu'un, c'est l'instruire de
ce qu'il ignore. Eclairer à quelqu'un , v. n., c'est lui faire
voir clair sur son passage à l'aide d'une lumière : éclairez
ECL 79
à Monsieur. Le . verbe clairer P. F. On ne peut donc pas
dire la lune claire ; il faut dire la lune éclaire.
ÉCLATER, v. n. N. P. s'éclater, s'épouffer de rire; D.
éclater, pouffer de rire.
ÉCLOPPÉ , adj. (Pr. eklopé et non eklaupè.)
ÉCLUSE , s. f. Lâcher les écluses, pour uriner, P. F.
ÉCORCHÉ, adj. N. P. cet enfant est bécuit, écuit; D. cet
enfant est écorché. — Erafler, v. a., écorcher légèrement ,
effleurer la peau. (Acad.) N. P. se ribler. (Reiben, en alle-
mand , signifie frotter.)
ÉCORNIFLER, v. a. N. P. escornifler.
ÉCORNIFLEUR, N. P. escornifleur .
ÉCOSSER, v. a. Ecosser des pois, des fèves. N. P.
égousser.
ÉCOUVILLON, s. m. Signifie, entre autres, vieux linge
attaché à un long bâton pour nettoyer un four. N. P. un
écové. On trouve dans Villon :
« Non , et le deust-on vif brusler comme un chevaucheur d'esco-
vettes ! »
Ce qui signifie: sorcier qui chevauche un balai pour se ren-
dre au sabbat. (Voyez ce dernier mot.)
Escovette, escouvette, escouve, pour dire un balai ; en effet,
Y écové est une sorte de balai. Voir le Dict. R. W. au mot
Escouveltes.
ÉCRASER, v. a. Aplatir et briser par quelque poids,
par quelque effort. N. P. acraser, épécler, éclafer; D. écra-
ser, écacher, écarbouiller. — N. P. semotter, troiller le raisin,
la vendange; D. écraser. — En patois picard, éclifer a le
sens de notre mot éclafer.
ÉCRÉMER, v. a. N. P. écrémer.
ÉCREVISSE, s. f. N. P. écrivisse.
ÉCRITOIRE, s. f. Désigne soit un petit vase destiné à
recevoir de l'encre, soit un petit meuble qui contient les
80 ECU
choses nécessaires pour écrire. Dans la première acception
une écritoire prend aussi le nom d'encrier, s. m.
ÉCUELLE, s. f. Faire des écuelles , dans le langage des
enfants, c'est lancer des pierres sur la surface de l'eau sous
un angle tel qu'elles fassent une série de ricochets. D. faire
des ricochets.
Sur la rive du Nil un jour deux beaux enfants
S'amusaient à faire sur l'onde,
Avec des cailloux plats, ronds, légers et tranchants,
Les plus beaux ricochets du monde.
(Florian.)
— Mettre tout par écuelles 3 ne rien épargner pour faire
grand' chère à quelqu'un. (Acad.) N. P. mettre tout par les
écuelles.
ÉCUELLÉE, s. f. Plein une écuelle. N. P. dans ce sens
une écuelle de lait ; D. une écuellée.
ÉCULER, v. a. Eculer des souliers; N. P. aculer des
souliers.
ÉCUREUSE, s. f. N. P. une récureuse.
ÉCURIE , s. f, ÉTABLE , s. f. Les mots écurie, étable ne
sont pas synonymes , comme on peut s'en assurer en consul-
tant le dictionnaire. Ecurie , lieu destiné à loger des che-
vaux, des mulets. (Acad.J Etable, lieu où l'on met des bœufs,
des vaches, des brebis et autres bestiaux. Etable à bœufs, à
vaches, à cochons. (Acad.)
ÉCUSSON, s. m. N. P. écuisson.
ÉDUQUER , v. a. Ce mot n'est point employé par les
personnes qui se piquent .de parler purement. — Induquer
P. F.
EFFEUILLAGE , s. m. N. P. les effeuilles, c'est le temps
des effeuilles; D. V effeuillage, le temps de Y effeuillage.
EFFORT, s. m. N. P. une forte suée pour un grand
effort; suée P. F.
EFF 81
EFFRITER, v. a. User, épuiser une terre. (Acad.) Epui-
ser, rendre stérile, en parlant des terres. (Besch.) Le mot
ruiner ne peut pas s'employer dans ce sens.
ÉGAYER, ESSANGER, v. a. Egayer ou aigayer du
linge , c'est le passer dans l'eau claire pour ôter le savon.
N. P. essanger dans ce sens. — Essanger, c'est mettre du
linge sale dans l'eau avant de le lessiver. N. P. tremper,
échanger.
ÉGRATIGNER, v. a. K P. gr aligner, griffer; ce dernier
mot a un autre sens. Quant aux mots graffigner , égr ali-
gner, on lit dans H. Etienne :
« Et ceux qui ne sont accoustumez qu'au parler de ceste ville , où
on ne dit point autrement que graphigner ou égraphigner... »
Egrafjigner se trouve dans Trévoux pour égratigner. — Sur
le mot égraphigner, on lit dans le Jardin des Racines grec-
ques que ce verbe vient de agraphein.
ÉLAN, s. m. N. P. s'embrier; D. prendre son élan, se
donner un élan. On peut dire aussi prendre son escousse;
mais ce mot est fam. et peu usité. (Acad.)
Et terminis s'enbria ; le terme s'approche. (Raynouard.)
ÉLANCER, v. n. N. P. en parlant d'un doigt , etc., ma-
lade : ce doit me lance, ou me fait des lancées: D. ce doigt
m'élance ou me cause des élancements.
ÉLIMER (S') , v. pr. S'user à force d'être porté. Cette
étoffe s'est êlimée en moins de rien. (Acad.) N. P. s'est limée.
ÉLIXIR, s. m. N. P. élexir.
EMBARRAS, s. m. On peut dire faire de l'embarras,
un faiseur, une faiseuse d'embarras ; mais on ne dit pas faire
son ou ses embarras. — Ce n'est pas l'embarras c'est bien
cher; il fait bien froid, n'est-ce pas? — Oui, ce n'est pas
l'embarras, P. F. Dites, c'est vrai, ou prenez un autre tour.
Le mot débarras, opposé de embarras, P. F.
EMBERLUCOQUER (S'),v.pr. N.P. s'embrelicoquer.
GLOSS. VAUD. 6
82 EMB
EMBÊTER, v. a. est français, mais de la dernière tri-
vialité.
EMBLÉE (D') , adv. N. P. d'emblé.
EMBOIRE , v. n. N. P. s'imbiber. On ne peut donc pas
dire d'un ouvrier qui prend trop d'étoffe d'un côté en fai-
sant une couture, qu'il emboil.
EMBOUCHÉ (MAL), adj. Qui dit des injures, des pa-
roles indécentes. N. P. mal bouché, mal embauché.
EMBOUCHOIR, s. m. Instrument pour tenir les bottes
en forme. N. P. embauchoir, embochoir.
EMBOUER, v. a. Salir de boue; pop. N. P. bouer, ce
mot ayant une autre signification. On peut dire crotter, se
crotter.
EMBRASSER, v. a. Donner un baiser, des baisers. N. P.
remoler, chaffer.
EMBRONCHER, v. a. Ranger des tuiles, des ardoises,
de manière qu'elles s'emboîtent les unes avec les autres.
On rie peut pas dire s'embroncher pour s'irriter, se fâcher,
prendre la mouche. Comme il s'embronche facilement ! P. F.
EMBROUILLÉ, adj. N. P. des affaires embarbouillées ;
D. des affaires embrouillées.
ÉMIETTER, v. a. Emietter du pain. N. P. mietler. —
Ne confondez pas émier et emietter. Emier signifie froisser
un corps entre les doigts, de manière à le mettre en pe-
tites parties : émier du pain , de la cassonade , de l'alun.
(Acad.) Emietter, réduire du pain en petits morceaux, en
miettes. (Acad.)
ÉMOULEUR, s. m. «N. P. un molar, un molare; D. un
émouleur, un remouleur, un gagne-petit.
ÉMOULU, part. pass. Se dit d'un homme qui a appro-
fondi une matière depuis peu de temps. Il est frais émoulu
sur cette matière. N. P. il est frais moulu, il est frais et
moulu.
ÉMO 83
ÉMOUSSÉ, adj. Obtus. N. P. motu, motue.
ÉMOUSTILLER, v. a. Donner de la gaieté, de la viva- '
cité. N. P. démoustiller.
EMPAN, s. m. Longueur du bout du pouce au bout du
petit doigt, dans leur plus grand écart. N. P. long d'une
main, de deux mains , etc. D. long d'un empan, de deux
empans, etc.
EMP AUMER , v. a. Séduire quelqu'un , se rendre maître
de son esprit, l'enjôler. On ne peut donc pas dire empau-
mer quelqu'un dans le sens de lui donner sa confiance , de
le protéger , de le mettre en évidence d'une manière favo-
rable.
EMPÊCHER , v. a. On n'empêche pas à quelqu'un de faire
une chose; on empêche quelqu'un de....
EMPELOTER, v. a. N. P. emplotonner; D. empeloter ou
pelotonner.
EMPÊTRER (S') , v. pr. N. P. s'encoubler. Ce mot me
paraît cependant avoir des aïeux. On lit dans le conte inti-
tulé : La comtesse de Ponthieu ....
Seriez-vous plus emblées que de moi.
(Emblées pour embarrassées, empêchées).
Et dans celui du roi Constant :...
Et trouva II fenmes ki aukes estoient enblavées (embarrassées.)
Le lexique roman de Raynouard nous apprend que enco-
bolamen signifie empêchement. Enfin , dans le Dict. roman-
wallon, etc., on lit:
Accoubler, empiéger un cheval, lui attacher ensemble les deux
jambes, pour l'empêcher de s'éloigner.
EMPIFFRÉ, adj. Pop. N. P. engoumé , en avoir à re-
mouillemot.
EMPIFFRER (S'), v. pr. N. P. se piffrer. Cependant on
peut dire un piffre, c'est-à-dire , un goulu , un gourmand.
EMPILER, v. a. Empiler du bois. N. P. entécher.
84 EMP
EMPLETTE, s. f. On peut dire faire emplette; mais le
verbe empletter P. F.
EMPOIS , s. m. On dit de bon empois, et non de la bonne
empois.
EN , pr. Nous faisons un mauvais emploi du mot en dans
des phrases de la nature de celle-ci : Comment appelez-
vous ce fruit ? On en dit des nèfles.
ENCAN, s. f. N. P. un incan. Besch. dit que le mot encan
est une corruption de inquant, formé du latin in quantum,
pour combien.
ENCAVEMENT, s. m. Action d'encaver , effet de cette
action. Les mots encavage, décavage, P. F.
ENCAVER, v. a. Peut se dire; mais décaver P. F. dans
le sens de sortir le vin de la cave; c'est un terme de jeu.
ENCENS , v. a. (Pr. encan.)
ENCLAVE, s. f. N. P. une encasse; D. une enclave. Mon
pré fait une enclave dans celui de mon voisin.
ENCLIN, E, adj. N. P. enclinte au féminin; D. encline.
ENCOCHER, v. a. Mettre la corde d'un arc dans la co-
che d'une flèche. Signifie aussi : faire des coches sur un mor-
ceau de bois, soit pour des repères, soit pour marquer des
fournitures. — Entailler, v. a. Faire une entaille dans quel-
que chose, creuser une pièce de bois pour y emboîter une
autre pièce.
On voit par là que les verbes encocher et entailler ne
peuvent pas exactement s'employer l'un pour l'autre. (Voyez
taille.)
ENCOURAGER (S'). On peut dire s'encourager l'un Vau-
tre; mais on ne peut pas dire d'une seule personne qu'elle
s'encourage; D. elle travaille avec courage.
ENCRASSER, v. a. Rendre crasseux. N. P. crasser ses
habits; D. encrasser ses habits. — S'encrasser, v. pr. peut
signifier se rouiller l'esprit.
ENC 85
ENCULASSER, v. a. Enculasser un fusil, mettre la cu-
lasse au canon. H. P. culasser.
ENDÊVER, v. n. Faire endêver, faire enrager. N. P. faire
chevrer.
ENDOLORI, adj. N. P. endoloré.
ENDOS ou ENDOSSEMENT, s. m. Terme de commerce.
— Endosse, s. f. signifie faix, peine, embarras : avoir Y endosse
d'une affaire.
ENFAITEAU, s. m. Tuile courbe sur le faîte d'un toit.
N. P. des créneaux.
ENFANCE, s. f. N. P. tomber dans l'enfance ; D. tomber
en enfance.
ENFILER, v. a. Çnfiler se dit des choses, enfiler une route.
Enfiler ne se dit pas des personnes : si tu le vois venir, en-
file-toi dans une allée, P. F.
ENFIN, adv. Enfin voilà ne peut se dire pour eh bien,
soit! Ex.: Buvons encore une bouteille. — Non, j'ai assez
bu. — Plus qu'une? — Enfin voilà. — Enfin voilà, je suis
content, etc.
ENFLER, v. n. N. P. il est ennV; D. il est enfle.
ENFONCER (S'). Ne peut se dire pour se tromper, se
ruiner.
ENFONÇURE, s. f. Se dit de l'assemblage des ais, plan-
ches de bois que l'on met à un bois de lit pour soutenir la
paillasse, les matelas. (Acad.) N. P. un fond de lit, les plan-
ches du lit; D. Venfonçure du lit.
ENFOURNER (S'), v. pr. N. P. il s'est enfourché dans
une mauvaise affaire; D. il s'est enfourné, ou il s'est engagé
dans une mauvaise affaire.
ENGAGER, v. a. N. P. se r' engager; D. s'engager de nou-
veau.
ENGOUER (S'), v. pr. N. P. je me suis égosillé à force
de crier; D. je me suis engoué à force de crier. — N. P. cet
86 ENG
enfant s'anosse, s'étanche; D. s'engoue. — Enosser peut se
dire, mais signifie boucher le gosier avec un os: il s'enosse.
(Pr. é-no-cé, il cé-no-ce.)
ENHARNACHER, v. a. (Pr. an-arnaché.)
ENIVRER, v. a. (Pr. an-nivré.)
ENJAMBER, v. a. N. P. camber un fossé; D. enjamber un
fossé.
ENLEVER, v. a. Faire rapiamus, pour enlever tout, P. F.
En latin, rapere signifie enlever.
ENNUYER, v. a. Bassiner ne peut se dire pour ennuyer.
ENNUYER (S'), v. p. N. P. je m'ennuie à crever. L'Acad.
dit : cela m'ennuie à la mort.
ENORGUEILLIR (S'), v. pr. (Pr. an-norgheillir.) — N. P.
tu as bien de quoi t'encroire, pour tu n'as pas à l'enorgueil-
lir.
ENRAYER, v. a. N. P. serrer une roue; D. enrayer une
roue.
ENRAYURE, s. f. N. P. serroir, garde-roue; D. l'enrayure.
L'enrayure se cassa au milieu de la descente. On lisait il y
a quelques années sur des poteaux placés au bord des routes
dans quelques endroits :
La loi défend d'enrayer sans garde-roue et de mener des bois en
traîne.
On peut dire sabot : Enrayer avec le sabot. (Besch.)
ENROUEMENT, s. m. N. P. une enrouûre.
ENSACHER, v. a. Mettre dans un sac; ensacher des noix.
N. P. ensaquer ; mais on dit dessaquer, vider un sac, tirer
d'un sac: il a dessaqué ses écus.
ENSEIGNE, s. f. N. P. ne faire une chose qu'à bonne en-
seigne ;D. qu'à bonnes enseignes.
ENSEVELIR, v. a. Envelopper dans un drap un corps
ENS 87
avant de l'enfermer dans le cercueil. N, P. mettre un mort à
droit; D. ensevelir un mort.
ENSEVELISSEMENT, s. m. Action d'ensevelir. (Voyez
ce mot.) N. P. un ensevelissement pour un convoi, un enter-
rement. J'ai vu passer un ensevelissement P. F.
ENSUITE, adv. Ensuite joint à Padv.pms forme un pléo-
nasme vicieux, comme dans cette phrase : il s'habilla et puis
ensuite il sortit ; D. il s'habilla et puis il sortit, ou et ensuite
il sortit. — En après, pour ensuite. P. F. — Ensuite de ça,
qu'ont-ils fait? P. F. ; il faut dire après cela qu'ont-ils fait?
ENSUIVRE (S'). N. P. il s'ensuit de là ; D. il suit de là.
ENTAMURÉ, s. f. N. P. le crochon du pain; D. l'enta-
mure du pain. On peut dire un croûton de pain lorsqu'il y a
plus de croûte que de mie. — Le verbe crochonner, c'est-à-
dire enlever la croûte pour la manger en laissant la mie,
P. F.
ENTE, s. f. N. P. la hente; D. Vente, la greffe.
ENTER, v. a. Joindre et assembler deux pièces de bois.
N. P. renter. Canne entée, flèche entée.
ENTERRER, v. a. Inhumer, mettre un corps en terre.
Enterrer un vieillard, un enfant. En parlant d'un animal
N. P. encrotter, ce mot P. F.
ENTORSE, s. f. N. P. se faire une entorse; D. se donner
une entorse. *
ENTRE, prép. Lorsque la préposition entre figure dans la
composition d'un verbe pr., comme dans s'entre-tuer, s'entre-
choquer, etc., cette préposition exprimant alors une idée de
réciprocité, rend fautif l'emploi de certains mots qui expri-
ment aussi cette réciprocité; tels sont mutuellement, réci-
proquement, l'un l'autre. D'où il suit qu'on ne doit pas dire:
ils se sont entre-tuès réciproquement ; D. ils se sont entre-tués.
— N. P. entre deux pour entre les deux; exemple: Êtes-vous
88 ENT
satisfait, mécontent? Répondez entre les deux et non pas
entre deux.
ENTREPOSER, v. a. Déposer des marchandises dans un
entrepôt. On ne peut pas dire j'ai entreposé mon chapeau, etc.,
dans cette armoire.
ENTREPRENANT, ASSURÉ, HARDI, adj. N. P. allure;
employez l'un des adj. cités. Besch. donne déluré dans le sens
de dégourdi, déniaisé.
ENTRER, v. n. N. P. Se mettre dans les artilleurs, dans
les carabiniers, etc.; D. entrer dans l'artillerie, dans le corps
des carabiniers.
ENVERGURE, s. f. N. P. envergeure.
ENVERS (A L'), adv. N. P. marcher à V envers; D. mar-
cher à reculon. — Ce que nous appelons le revers, le mau-
vais côté d'une étoffe s'appelle Y envers, et ce que nous disons
être le bon, le beau côté, se nomme V endroit; Yenvers etYen-
droit. — N. P. cette nouvelle m'a mis l'âme à l'envers; D. cette
nouvelle m'a 'profondément affligé.
ENVIE, s. f. Nous disons : il s'en est passé l'envie; il faut
dire: il en a passé son envie. Il souhaitait passionnément d'a-
voir cette maison de campagne, enfin il en a passé son envie.
(Acad.) — Envie se dit aussi de certains petits filets qui se
détachent de la peau autour des ongles, quelquefois avec
douleur. Le mot populaire que Ton emploie est tout à fait
trivial.
ENVIRON, prép. Environ ne doit pas être suivi de la conj.
ou. N. P. une somme d'environ quatre ou cinq cents francs ;
D. une somme d'environ cinq cents francs, ou une somme de
quatre ou cinq cents francs. La raison en est qu'environ et
ou expriment chacun quelque chose de vague; leur réunion
forme donc un pléonasme vicieux.
ÉPAIS, adj. Ce n'est plus de la bouillie, c'est du diot.
Diot, diotu P. F.
ÉPA 89
ÉPANCHER, v. a. H. P. épancher d'eau pour uriner;
D. lâcher de Veau ; faire de Veau, pop.
ÉP ANDRE, v. a. Jeter çà et là en plusieurs endroits.
Epandre du fumier dans un champ pour l'engraisser. (Acad.)
N. P. étendre du fumier.
ÉPAULER, v. a. Appuyer une arme à feu contre l'épaule;
épauler un fusil. N. P. encrosser.
ÉPEAUTRE, s. m. Excellent épeautre.
ÉPERVIER, s. m. Oiseau de proie. N. P. le bon-oiseau, la
criblette.
ÉPINE-VINETTE, s. f. N. P. de la pilvinette.
ÉPINGLE, s. f. N. P. une épingue.
ÉPISODE, s. m. Un magnifique épisode.
ÉPLUCHER, v. a. N. P. plucher : D. éplucher des grains,
de la salade.
ÉPOUILLER, v. a. Oter les poux; pop.N. V.pouiller.
ÉPOUSE, s. f.
Il est du meilleur ton, dans h monde des marchands de la halle,
d'avoir des épouses, des demoiselles, de parler de sa dame, quand on
est marié, et de son époux, quand on en a. Mais les gens bien élevés
se contentent de dire : ma femme, — ma fille, — mon mari. Ces mots,
épouse, demoiselle, dame, époux, ne peuvent être précédés du pro-
nom possessif, sans trahir, chez les personnes qui les emploient
ainsi, une éducation peu relevée. Autrefois il n'en était pas de même;
cette loi d'usage était moins absolue : les poètes de l'empire ont fait
ample consommation d'épouses et d'époux; mais ces mots sont en
telle disgrâce, qu'on ne citerait guère qu'une circonstance où ils ne
rendent pas ridicule la phrase où on les introduit. C'est lorsqu'on les
emploie pour désigner collectivement deux nouveaux mariés. — Après
la messe, les jeunes époux sont partis pour la campagne. Encore ont-
ils, en cet endroit, une allure tant soit peu guillerette.
Les termes d'époux, d'épouses, ne se trouvent plus aujourd'hui que
dans les romans de pacotille, pêle-mêle avec les noms d'Amanda, de
90 ÊPO
Lodoïska, d'Angélina, de Malvina, de Nathalie, d'Hermance, d'Her-
minie, etc. C'est aux personnes dotées de noms aussi splendides
qu'appartient le privilège exclusif de se glorifier d'être les épouses de
leurs époux, et de se voir renaître dans leur demoiselle.
Quand on parle d'une dame à son mari, on dit simplement: — votre
femme, ou Madame "*, ou, plus convenablement encore, Madame,
tout court.
C'est ainsi que les honnêtes gens s'expriment.
Quelques personnes, cependant, faisant allusion à leurs jeunes an-
nées, disent : — Quand j'étais demoiselle. Il serait mieux de rempla-
cer demoiselle par le mot fille. Le mieux, dans ces phrases, est de
dire : — Avant mon mariage, ou d'employer quelque tour analogue à
celui-là.
(Francis Wey, Remarques sur la langue française, tom I, pag. 385.)
ÉPOUX, OUSE, s. Celui, celle que le mariage unit à une
personne d'un autre sexe. Epoux ne peut se dire pour fiancé:
ils ne sont pas mariés, ils ne sont qu'époux, P. F., il faut
dire, ils sont seulement fiancés.
ÉPOUSSETTE, s. f. Vergette pour épousseter. N. P. un
époussoir, une époussoire.
EQUATEUR, s. m. (Pr. ékouateur.)
ÉQUATORIAL, adj. (Pr. ékoualorial.)
ÉQUATION, s. f. (Pr. ékouacion.)
ÉQUESTRE, adj. (Pr. ékuestre.)
ÉQUINOXE, s. m. (Pr. ékinokce.)
ÉQUIPÉE, s. f. (Pr. ékipê.)
ÉQUIPOLLENCE, s. f. (Pr. ékipollance.)
ÉQUITATION, s. f. (Pr. éku-itation.)
ÉRAFLER, v.a. Ecorcher légèrement. N.P. râper, rafler,
ribler.
ÉREINTER (S'), v. pr. Se fatiguer excessivement. N. P.
s'escormancher. (Voyez s'excéder.)
ERGOT, s. m. N. P. les argots d'un coq; D. les ergots.
ERREMENTS, s. m. plur. Nous disons : suivre les erre-
ÉRY 91
ments, suivre les mêmes errements que quelqu'un, dans le
sens de faire les mêmes fautes que quelqu'un. Cette locution
est-elle bonne? Voici ce que dit l'Académie: «Errements,
erres, voies. Il n'est d'usage qu'au figuré et en parlant d'af-
faires. Reprendre, suivre les derniers, les anciens errements
d'une affaire. » Dans Bescherelle on lit à l'occasion du même
mot: « Signifie: traces, plans, documents. Je suivrai de point
en point les errements que vous m'avez tracés. » Enfin, dans
Gattel (4 e édit.) : « Il (le subs. errements) ne se dit qu'au
figuré et en parlant d'affaires. »
ÉRYSIPÈLE, s. m. N. P. une èrèsipèle ; D. un érysipèle.
ESCALIER, s. m. On monte les degrés ou les marches d'un
escalier; mais on ne monte pas les escaliers. N. P. les esca-
liers du marclié ; D. l'escalier du marché.
ESCIENT, s. m. Ne s'emploie qu'avec à dans ces deux lo-
cutions : à son escient, c'est-à-dire, à sa connaissance; à bon
escient, sciemment, tout de bon, sans feinte. On ne peut donc
pas dire: il a de V escient. Il faut prendre un autre tour et
dire, il a du bon sens, de l'expérience, il sait se conduire. —
N. P. les dents d'escient; D. les dents de sagesse.
ESCLANDRE, s. m. Remarquez que ce subs. est du
genre masculin.
ESCOMPTE , s. m. N. P. une forte escompte ; D. un fort
escompte.
ESCOURGÉE, s. f. Fouet qui est fait de plusieurs la-
nières de cuir. (Acad.) Cet article a pour objet de faire ob-
server qu'en patois écourgeat se dit pour fouet.
ESCROC , s. m. (Pr. escrô.)
ESPACE , s. m. Dites un espace.
ESPADON, s. m. Grande épée. N. P. espadron.
ESPÉRER, v. n. Espérer que, portant à l'esprit une idée
de futur, ne doit pas être suivi d'un verbe au présent ou an
passé. N. P. j'espère que vous vous portez bien; D. je me
92 ESQ
flatte, je pense, je crois que vous vous portez bien. (Besch.)
ESQUIjCHER, v. n. Terme de jeu, signifie que, quand
on a la carte supérieure et la carte inférieure, on préfère
pour ne pas prendre la main, donner la dernière. N. P.
chinder, chointer, faire l'impasse. D. esquicher. — Renon-
cer, c'est mettre une carte d'une autre couleur que celle qui
est jouée, soit qu'on ait de cette dernière, soit qu'on n'en
ait pas. — Défausser se dit du joueur qui, n'ayant pas de
la couleur dans laquelle on joue, jette celle de ses cartes
qu'il regarde comme la moins utile. (Acad.)
ESQUIVER (S'), v. pr. Se retirer sans rien dire et en
évitant d'être aperçu , d'une compagnie , d'un lieu où l'on
ne veut pas demeurer. On le voit, s'esquiver ne peut s'em-
ployer dans le sens de éviter, se passer de. Ce rayon serait
bien plus solide si l'on pouvait s'esquiver de mettre une ral-
longe à la planche; D. si Y on pouvait se passer de, etc.
ESSAIM , s. m. (Pr. écin.)
ESSENTIEL , adj. N'admet ni comparatif, ni superlatif.
Ainsi N. P. aussi essentiel, moins essentiel, le plus essentiel, etc.
Il faut faire usage d'un adj . qui exprime une qualité sus-
ceptible de plus et de moins, et dire, par exemple, aussi
utile, moins utile, etc.
ESTER, v. n. N. P. ester en droit; D. ester à droit. Ce-
pendant on dit : ester en jugement.
ESTOMAC , s. m. (Pr. estoma.) Dites un bon estomac.
ÉTABLISSEMENT, s. m. Ce qui sert de fondement à
l'exercice d'une profession, d'un métier quelconque. L'ate-
lier où travaille un menuisier constitue son établissement.
On entend souvent dire : Ton frère travaille-t-il toujours
chez M. N** ? — Non, il est à son compte, il travaille pour
son compte. Le dict. n'autorise pas cette façon de s'expri-
mer. Il faut dire : Non, il a son atelier, son établissement. —
Travailler aux pièces, à ses pièces, se dit des ouvriers qui
ÉTA 93
sont payés, non pas à la journée, mais à proportion de ce
qu'ils font.
ÉTAIE , s. f. Etançon , pièce de bois pour soutenir un
mur. N. P. une cotte.
ET AMER, v. a. Il y a quelques années, les rues de
Lausanne retentissaient du cri : à refondre les cuillers, ré-
tamer les fourchettes ! Rétamer P. F.
ÉTAT, s. m. N. P. être dans tons ses états ; D. être dans
une grande inquiétude , être hors de soi-même. — En par-
lant d'un homme qui se met en colère, qui s'enivre , nous
disons : il se met dans de ces états /... P. F.
ÉTAYER, v. a. Etançonner un mur, soutenir un mur
N. P. cotter un mur.
ET CETERA, s. m. (Pr. et-cétéra.)
ÉTERNEL , adj. Suit la règle de l'adj. essentiel.
ÉTÊTER, v. a. Couper, ôter la tête d'un arbre. N. P.
décapiter un arbre ; D. étêter ou écimer un arbre.
ÉTIOLER (S'), v. pr. (Pr.éti-olé.)
ÉTOILE, s. f. On peut dire : faire voir à quelqu'un les
étoiles en plein midi , pour en imposer, en faire aisément
accroire à quelqu'un ; mais faire voir les étoiles, pour faire
endiabler quelqu'un, le tourmenter à plaisir, P. F.
ÉTONNER (S'), v. pr. Trouver étrange, singulier, être
troublé, effrayé : je m'étonne qu'il ne voie pas le danger.
Mais on ne peut pas employer le verbe s'étonner dans l'ac-
ception suivante : je m'étonne où il a mis mon chapeau ; D.
j'aimerais savoir, j'aimerais à savoir où....
ÉTOU, s. m. Table sur laquelle on habille, c'est-à-dire
sur laquelle on écorche et vide une bête tuée. N. P. un tré-
buchet.
ÉTOURDIR, v. n. Il tomba tout étourdi du coup. (Acad.)
N. P. tout étoumi. On lit dans le conte intitulé le Roi Flore :
94 ÉTR
Fiert monsegneur Robiert si grant cop sour son heaume, que tout
Vestoune (l'étourdit) (l'étoumit).
ÉTRANGER, s. m. Le pays étranger, passer à V étran-
ger. (Acad.) N. P. aller dans l'étranger, être dans l'étran-
ger; D. passer à l'étranger, être en pays étranger.
ÉTRENNER, v. a. (Pr. étrèné.) Acheter le premier à
un marchand. N. P. étrener.
ÉTUVÉE , s. f. A l'ètuvèe, manière de faire cuire des lé-
gumes, etc., dans une casserole, en empêchant l'évapora-
tion; on dit aussi à Yestouffade. — A l'étouffé, carottes à
l'étouffé, P. F.
EUGÈNE , s. pr. (Pr. eu-jène et non u-jène.)
EUNUQUE , s. m. (Pr. eu-nuke et non u-nuke.)
EUROPE , s. pr. (Pr. eu-rope et non u-rope.)
ÉVANGILE, s. m. Lire un évangile.
ÉVAPORÉE, s. f. N. P. une galavarde; D. une évaporée.
— Galvadaire, vagabond ; P. Nor.
ÉVITER, v. a. Eviter ne signifie jamais épargner; il n'est
donc pas français de dire : je vous éviterai cette peine, évi-
tez-moi ce désagrément. Il faut dire : je vous épargnerai
cette peine, épargnez-moi ce désagrément.
EXAMEN, s. m. (Pr. egzamèn ou egzamein.)
EXCÉDER (S'), v. pr. N. P. s'écormancher, s'escorman-
cher; D. s'excéder de travail, se crever de travail , s'outrer
de travail.
EXCELLENT, adj. (Voyez essentiel.)
EXCITER, v. a. On dit souvent ponçonner pour exciter,
encourager : il ne veut pas partir, allez le ponçonner; il
s'endort, ponçonnez-\e pour l'éveiller. Ce mot ponçonner
P. F.
EXCUSE, s. f. Demander excuse signifie exiger des ex-
cuses. On ne peut donc pas dire à quelqu'un que l'on a of-
fensé : je vous demande excuse; il faut dire : je vous fais
EXE 95
excuse , ou excusez-moi. Cependant Chateaubriand a écrit
dans la préface de la tragédie de Moïse :
« Les trois unités sont observées ; toutes les entrées et les sorties
motivées ; enfin, c'est un ouvrage strictement classique. L'auteur en
demande de grandes excuses. »
Est-ce un exemple à suivre ? Je ne le pense pas.
EXEMPTER , v. a. (Pr. egzanté.)
EXERCICE, s. m. N. P. prendre de l'exercice; D. faire de
l'exercice.
EXERGUE, s. m. On dit l'exergue pour le exergue et
non pour la exergue.
EXORDE, s. m. Dites un exorde.
EXPIRER, v. n. Expirer se conjugue avec être et avoir.
H prend être quand il se dit des choses : la trêve est expi-
rée. Il prend avoir, lorsqu'il se dit des personnes : il a ex-
piré entre mes bras.
EXPRÈS, adv. N. P. j'ai fait cela, je n'ai pas fait cela
par exprès; D. j'ai fait cela exprès.
EXTRÊME, adj. (Voyez essentiel.)
FACILITER, v. a. Rendre facile, aisé. On ne peut pas
dire s'aiser.
FAGOTER (SE), v. pr. S'habiller sans goût. N. P. s'en-
fagoter.
FAGUENAS, s. m. (Pr. faguenâ.) Odeur repoussante
sortant d'un corps mal-propre. N. P. il sent le govion; D.
il sent le faguenas.
FAIM, s. f. Avoir faim. N. P. avoir les rates au ventre.
FAIM- V ALLE , s. f. Faim excessive. (Besch.) N. P. il a
la fringale; D. il a la faim-valle; le mot fringale P. F. en
aucun cas.
96 FAI
FAINE, s. f. Fruit du hêtre. N. P. de la fouine: D. de
la faîne.
FAIRE , v. a. et n. N. P. c'en est fait de moi; D. c'est fait
de moi. — N. P. ne faire ni un ni deux, pour ne pas hési-
ter; D. n'en faire ni un ni deux. — N. P. je vous le saurai
à dire; D. je vous le ferai savoir. — Faire une maladie, ne
se dit pas ; D. avoir une maladie, avoir eu une longue mala-
die. — N. P. faire chercher la police , le médecin , etc. D.
envoyer chercher la police, etc. — N. P. faire dans les vins,
dans les tissus; D. faire le commerce des vins, des tissus.
FAIT, s. m. (Pr. fè.) C'est un fait; cela est de mon fait.
FAITAGE, s. m. Pièce de bois à laquelle viennent abou-
tir tous les bouts supérieurs des chevrons. N. P. la frète,
la frette; D. le faîtage.
FALBALA, s. m. N. P. farbala.
FAMEUX, adj. Fameux en veut le subs. qui suit au
pluriel : époque fameuse en événements.
FAON, s. m. (Pr. fan.) Petit d'une biche.
FARCE , s. f. Viande hachée menu pour farcir une vo-
laille; mélange d'herbes bouillies. N. P. un f arçon; D. une
farce.
FARCEUR, s. m. N. P. cet homme est farce, cet homme
est farceur ; D. cet homme est un farceur ; farceur n'étant
jamais employé comme adjectif.
FARFADET, s. m. Esprit follet , lutin. N. P. fafardet.
FASCINE, s. f. Terme de fortification. Fascine ne doit
pas se dire pour fagot. — On lit dans Rousseau et les Ge-
nevois, par J. Gaberel :
« Qui contenait un bâtiment assez grand , rempli de fascines et de
bois sec. »
FATRAS , s. m. (Pr. fatrâ.) Amas de choses inutiles.
FAUFILER, v. a. (Pr. fôfilé.) Coudre à longs points.
N. P. fofiler (o bref), forfiler.
.
FAU 57
FAUSSET, s. m. Fausset ou fosset, petite cheville de
bois pour boucher le trou fait à un tonneau avec le foret.
N. P. un guillon. — Le verbe guillonner P. F.
FÉCOND, adj. (Pr. fékon.) Pour fécond en, voyez l'adj.
fameux.
FÊLER, v. a. Fendre un vase, un verre, sans que les
parties se séparent. Fendre , v. a., diviser, séparer en long.
Fendre ne peut donc pas se dire pour fêler. — Ce vase
sonne le carcan, pour dire ce vase est fêlé, P. F.
FEMME, s. f. Traînée, pour femme de mauvaise vie;
P. F.
FENAISON, s. f. FANAGE, s. m. FANAISON, s. f.
Fenaison a une acception plus étendue que fanage. Le pre-
mier s'applique surtout à l'ensemble des travaux pour la
récolte des foins; le second, à l'action de tourner et de
retourner l'herbe. Le mot fanaison désigne le temps, la
saison du fanage.
FENDANT, s. m. Faire le fendant, faire l'important.
(Besch.) N. P. faire" le frelu. Ce mot me paraît être une
apocope de freluquet, dont il n'a cependant pas exactement
le sens.
FENDEUR, s. m. Ouvrier qui fend le bois. N. P. un
coupeur de bois; D. un fendeur de bois.
FENIL , s. m. Lieu pour serrer les foins. N. P. le cholai,
le tôlier. On lit dans un conte intitulé : L'Empereur Cons-
tant :
« Li baron (mari) à celle femme fu en un haut solier, etc. »
Et dans Villon :
« Cy gist et dort en ce sollier, etc. »
M. Prompsault dit que c'était la partie supérieure de la
maison. On peut admettre cette explication , car Villon dit
en plaisantant : '
GLOSS. vaud. 7
r
98 FER
Item, j'ordonne à Sainte-Avoye,
Et non ailleurs ma sépulture,
De tumbel? Rien ; je n'en ay cure,
Car il grèverait le plancher.
Or la chapelle du couvent des filles de Sainte-Avoye était
la seule à Paris qui fût située au second étage, et qui, par
conséquent, ne renfermait aucune sépulture.
FER, s. m. On dit chez nous d'un enfant qui use en peu
de temps les habits qu'on lui donne : c'est un brise-fer. Il
faut dire, cet enfant userait du fer.
FERMER, v. a. Fermer ne peut se dire pour enfermer: je
ne pouvais pas sortir, parce qu'on m'avait fermé dans la
chambre ; D. on m'avait enfermé. — L'expression tourner la
clé, pour dire fermer à clé, P. F. — Il y a cependant une
nuance entre tourner la clé et fermer à clé. Dans le premier
cas, on laisse la clé dans la serrure ; dans le second, on ne
la laisse pas. — Fermer la porte sur quelqu'un, signifie la
fermer après qu'il est entré. Fermer la porte à quelqu'un,
c'est la fermer pour l'empêcher d'entrer. — Coter P. F.
FERRA, s. m. Poisson du Léman. (Acad.) Cuvier fait ce
mot féminin et l'écrit fera. (Le règne animal, vol. II, pag. 307.)
Bescherelle le fait masculin.
FERRONNIER, s. m. Celui qui vend des ouvrages en fer.
N. P. ferretier.
FERRURE, s. f. N. P. la fermente d'une porte, d'une
fenêtre; D. la ferrure. — On dit aussi la ferrure d'un che-
val.
FESTONNER, v. n. Aller en zigzag, étant ivre. N. P. cet
homme fait les s; D. cet homme festonne.
FEU, s. m. N. P. faire une voilée, une flambée; D. faire
un petit feu, un feu clair. — Le vieux français disait flambe.
FEU 99
Un dragon
De sa gheule flambe jeloit.
FEUILLE, FEUILLU, adj. Feuille, pourvu de feuilles;
feuillu, ayant beaucoup de feuilles.
FEUTRE, s. m. Etoffe de poil simplement foulée. N. P.
du fleutre.
FICHOIR, s. m. Morceau de bois fendu pour fixer une
estampe, un linge, etc., sur une corde tendue. (Besch.) N. P.
une pince, une pincette.
FIER, adj. On doit dire fier comme Artaban, et non fier
comme un Artaban. N. P. C'est un fier eau; D. il est fier, il
a de la morgue.
FIER- A-BRAS, s. m. Fanfaron, matamore, dont les dis-
cours, les gestes, appellent les disputes, les rixes. Fier-à-
bras ne peut signifier fort, courageux.
FIÈVRE, s. f. N. P. fièvre célébrale ; D. fièvre cérébrale.
FIGEAC, s. pr. (Pr. fijak.) Ville de France, Lot.
FIGNOLEUR, EUSE, adj. Fashionable de campagne.
Besch. Nous disons fignolet, qui n'est pas dans le dict. Besche-
relle donne aussi le verbe fignoler dans l'acception que nous
lui donnons.
FIL, s. m. N. P. Il ne pend qu'à un fil ; D. il ne tient qu'à
un fil.
FILASSE, s. f. N. P. de la ritejD. de la filasse de chanvre.
FIL-D'ARCHAL, s. m. N. P. du fil-d'archat.
FILLEUL, s. m. N. P. fillol, filiale; D. filleul, filleule. On
trouve dans les Remarques de Vaugelas, à l'occasion de ces
deux mots :
Toute la cour dit filleul et filleule, et toute la ville fillol et fillole.
FILOCHE, s. f. N. P. filocher; D. faire de la filoche, du
filet.
FILOUTER, v. a. Les verbes filouter, soustraire, escroquer,
100 FIL
tricher, é cor ni fier, doivent se dire au lieu dechemarotzer, qui
n'est pas français.
FILS, s. m. (Pr. fi, excepté devant une voyelle, où l'on
prononce fiz.) Fils de famille, sous l'autorité du père et de
la mère. Enfant de famille, de bonne maison.
FIN, s. f. On appelle fin, dans le canton, une étendue con-
sidérable et non interrompue de champs de blé. L'équiva-
lent français de ce mot fin existe-t-il? Peut-on dire les
grands blés ? — La locution adverbiale sans fin et sans cesse
P. F. Il faut dire sans repos ni cesse.
FINALEMENT, adv. En finale n'est pas dans le dict.
FINANCER, v. n. Fournir, débourser de l'argent : on l'a
fait financer; fam. N. P. on l'a fait abouler, pôner. — Abou-
ler, de boule, globe de plomb qu'on lançait avec une fronde.
P. Nor. Dans le Haut-Maine, pôner se dit pour pondre.
FINAUD, AUDE, adj. Se dit pour fin, rusé; mais on ne
peut pas dire fin finaud.
FIXER, v. a. Ne saurait s'employer pour regarder. N. P.
on ne peut fixer le soleil sans être ébloui; D. on ne ymt re-
garder, etc.
FLACHE, s. f. Mare d'eau dans un bois dont le sol est
argileux. Nous donnons le nom àeflachères aux marais que
l'on fauche pour litière. Le mot flache n'est pas l'équivalent
du mot flachère; je ne l'ai indiqué que pour faire ressortir
l'analogie.
FLAIRER, v. a., FLEURER, v. n. Flairer, sentir par l'o-
dorat: flairez cette rose. Fleurer, répandre une odeur: cela
fleure bon.
FLAMBER, v. n. Jeter de la flamme. N. P. faire flammer
le feu; D. faire flamber le feu.
FLAN, s. m. Sorte de pâtisserie. N. P. flon.
FLANER, v. n. Niaiser, musarder. Les mots bambaner,
bamban, P. F.
FLA 101
FLANQUER, v. a. N. P. flaquer un soufflet à quelqu'un;
D. flanquer un soufflet, etc., pop.
FLAQUE, s. f. Petite mare d'eau croupissante. N. P. une
gouille. On lit dans l'Introduction à l'histoire du comté de
Gruyère, par M. J.-J. Hisely:
Les flaques ou mares pleines d'eau dormante, sont désignées sous
le nom de gollies.
FLAQUER, v. a. N. P. flanquer un verre d'eau à quel-
qu'un ; D. flaquer un verre d'eau, etc.; fam.
FLÉAU, s. m. N. P. battre le blé avec le flot; D. avec le
fléau.
FLÈCHE DE LARD, s. f. Ce qu'on a levé d'un cochon,
depuis l'épaule jusqu'à la cuisse. — N. P. un lard; D. une
flèche de lard.
FLIC-FLAC, s. m. Onomatopée par laquelle on imite le
retentissement des coups de fouet, ou de plusieurs soufflets
donnés coup sur coup : et flic-flac, tiens, c'est pour toi ! N. P.
flin-flâ.
FLUTE, s. f. N. P. Ce qui vient par la flûte, s'en va par le
tambour; D. Ce qui vient de la flûte s'en retourne au tambour.
— N. P. un croquant; D. une flûte. Sorte de petit pain dont
la longueur excède de beaucoup la largeur.
FLUX, REFLUX, s. m. (Pr. flu, reflu.)
FOI, s. f. Mafistef terme adouci pour dire ma foi f
FOIN, s. m. On donne dans quelques contrées le nom de
fia au foin des marais.
FOIS, s. f. Des fois, pour quelquefois, ne peut se dire:
Allez- vous à Lausanne? Des fois. Il faut répondre quelquefois,
ou prendre un autre tour. — On ne peut pas dire la fois que...
La fois que tu es venu, la fois que nous avons été en bateau,
P. F. ; il faut employer le mot lorsque : lorsque tu es venu ;
lorsque nous avons été en bateau, etc. On ne peut pas dire
102 FON
non plus un habit, un chapeau des autres fois; D. un vieux
chapeau, un vieil habit.
FOND, s. m. Ce mot est français ; mais il ne peut s'em-
ployer dans l'expression suivante: aller dans l'eau jusqu'à
son fond, c'est-à-dire jusqu'au menton.
FONDRE, v. n. On dit d'un homme qui ne sait rien gar-
der, qui perd ou égare tout ce qu'il a: tout ce qu'il tient fond
entre ses mains, l'argent lui fond dans les mains; mais on ne
peut pas dire d'un ouvrier habile: l'ouvrage lui fond dans les
mains. — Il est fondu se dit d'un objet qui a disparu tout à
coup. N. P. il est fondu et moulu, il a passé au bleu.
FONDRILLES, s. f. pi. Sorte de lie qui se forme au fond
des vases. N. P. le fondraillon.
FONDUE, s. f. N. P. un fondu ;D. une fondue, une fondue
au fromage.
FONTAINE, s. f. Se dit aussi d'un vaisseau de cuivre, de
grès, de pierre, etc., dans lequel on garde de l'eau pour les
usages domestiques. Cette définition s'applique évidemment
à notre pierre à eau.
FONTAINIER, s. m. N. P. fontenier.
FORCE, s. f. N. P. Yaccouet; D. il n'a pas la force; accouet
P. F.
FORÊT, s. m. Le mot joux n'est plus usité. On lit dans
l'Introduction à l'histoire du comté de Gruyère, par M. J.- J.
Hisely :
Avant que d'intrépides défricheurs eussent éclairci les noires joux
ou les forêts obscures.
Dans les actes publics on indiquait, il n'y a pas si long-
temps, les limites comme suit: à bise (au nord), à vent (au
sud), à lac (à l'orient), à joux (à l'occident). Il est bien en-
tendu que les propriétés dont il est question sont situées
entre le Jura et le Léman.
Rapprochez les mots Joux, Jura, Jorat, Lac de Joux,
FOR 103
Vallée de Joux, Saint-Oyen-de-Joux (jurense monasterium,
St.-Claude), Juriens, la Joratta, le bois de Joratai, Joux-
Brûlée, dans les Alpes valaisannes, Mijoux, etc.
FORMALISER (SE), v. pr. S'offenser d'une action, d'un
propos mal interprété. Ce v. n'est jamais actif; ainsi on ne
peut pas dire: il est fâché parce que vous /'avez formalisé.
FORS, prép. (Pr. for.) Hors, excepté.
FORTUNÉ, adj. N'a jamais le sens de riche; ainsi, au lieu
de dire dans cette acception, un homme fortuné, il faut dire
un homme qui a de la fortune, ou simplement un homme ri-
che.
FOSSETTE, s. f. Petit creux pour jouer aux billes: jouer
à la fossette, aux trois fossettes. N. P. jouer aux creux, jouer
à trois creux.
FOSSOIR, s. m. N. V.foussoir.
FOSSOYER, v. a. N. P. foussoyer.
FOSSOYEUR, s. m. N. P. un enterreur, un marguiller ;
D. un fossoyeur.
FOUET, s. m. (Pr. foué, et non pas fouâ.)
FOULARD, s. m. N. P. foula.
FOUR A CHAUX, s. m. N. P. un chaufour ; D. plutôt un
four à chaux.
FOURCHER, v.' n. N. P. la langue lui a tourné; D. la lan-
gue lui a fourché; c'est-à-dire, il a dit un mot pour un autre
fam.
FOURGON, s. m. Ce que nous appelons le crouillon est une
sorte de fourgon.
FOURNEAU, s. m. N. P. la tête d'une pipe ; D. le four-
neau d'une pipe.
FRAICHEUR, s. f. Ce mot est français ; mais il est mal
employé quand on dit à la fraîcheur: faire une promenade
à la fraîcheur P. F. — Le mot défraîchir, pour ôter la fraî-
cheur, P. F.
104 FRA
FRAIS, s. m. plur. Le subs. évitation P. F.; par conséquent
il est impossible d'admettre l'expression: en évitation de frais.
— On entend dire aux chasseurs, mon chien a du frais, il y
a du frais ici, etc. On lit dans Bescherelle, au mot assente-
ment: « Vieux mot qui signifiait acquiescement à une chose,
et qui se prenait aussi quelquefois en termes de vénerie pour
l'impression que les animaux reçoivent par l'odorat. En ce
dernier sens, on dirait plutôt assentiment. L'usage a inter-
verti l'ordre; assentiment ne se dit plus que des choses mo-
rales, et assentement s'applique spécialement à l'odeur qui
frappe le nez du chien, et qui le porte à se rabattre sur les
voies de l'animal de qui elle procède. »
Dans le même dict. on lit au mot assenter, v. n. « Recon-
naître la voie des animaux à l'odeur qu'ils exhalent, en par-
lant des chiens de chasse. On dit aussi assentir.
FRAISE, s. f. N. P. un ventre de veau; D. une fraise de
veau.
FRAISER, v. a. Plisser en fraise. N. P. friser des man-
chettes, etc. D. fraiser des manchettes, etc.
FRANGIPANE, s. f. Pâtisserie de crème, d'amandes, etc.
N. P. franchipane.
FRANQUETTE, s. f. A la bonne franquette, ingénument,
franchement. (Acad.) Nous disons dans le même sens, à la
franche marguerite, ce qui n'est pas exact. (Voir Besch. au
mot marguerite.)
FRAPPER, v. a. Tapoter, pour frapper de petits coups,
P. F.
FRAUDER, v. a. Tromper. Frauder quelqu'un. L'adj.
fraudé n'est pas dans les dictionnaires ; on ne peut pas dire
du vin fraudé ; D. du vin frelaté.
FREDAINE, s. f. Trait de libertinage, folie de jeunesse.
(Acad.) Farce ne peut se dire pour fredaine.
FRE 105
FRELON, s. m. N. P. une talène. — Quelques dict. écri-
vent frelon et frelon; l'Âcad. écrit frelon.
FRESSURE, s. f. (Pr. fréçure.) Une fressure de mouton.
N. P. une froissure. On lit dans les Jongleurs et trouvères,
d'Achille Jubinal, pag. 57:
Et la boiel et la froissur.
Et le boyau et la fressure.
FRÉTILLER, v. n. N. P. frétiller; D. les pieds lui frétil-
lent, la langue lui frétille.
FRETIN, s. m. Menu poisson; on peut dire aussi me-
nuaille, poissonnaille, s. f. ; mais le mot millecanton P. F.
FRETTE, s. f. Lien de fer autour d'une roue ; anneau pour
embrasser. N. P. une' freppe.
FRIAND, adj. Qui aime les mets délicats et qui s'y con-
naît. N. P. une melefret. — Gourmand ne peut se dire pour
friand. (Voyez gourmand.)
FRICASSÉE, s. f. Viande coupée par morceaux, assai-
sonnée et cuite promptement dans une poêle. On dit dans ce
sens une fricassée de tripes, de gras-double; mais on ne peut
pas dire de la fricassée, pour dire des tripes, du gras-double
qui n'ont pas été préparés comme on l'a dit.
FRICASSER, v. a. Dissiper en débauche et en bonne
chère : il a fricassé tout son bien , pop. Fricasser ne peut
se dire pour brûler; elle a fricassé sa robe, elle s'est fricassé
le doigt, P. F.
FRICOT, s. m. Peut se dire pour régal , bon repas; mais
il est bas.
FRILEUX, adj. Frileux, frileuse. N. P. frilieux , fri-
lieuse.
FRIME, s. f. Semblant, mine; pop. Frime ne peut pas
se dire pour orgueil, vanité , etc. Quelle frime ! pour quel
orgueil, quelle impudence, quelle bourde! P. F.
FRIPIER, s. m. Fripier, fripière, celui, celle qui fait le
106 FRO
métier d'acheter, de raccommoder et de revendre de vieux
habits et de vieux meubles. (Àcad.) N. P. une gager e.
FROC , s. m. (Pr. frok.)
FROID, s. m. Cramine, pour froid excessif, P. F. — Nous
donnons le nom de rebuses aux retours de froid qui s'obser-
vent surtout au printemps. Ces retours de froid ont une
périodicité qui a frappé les agriculteurs et a fait donner
aux rebuses des noms particuliers. Ainsi on dit la rebuse de
l'épine blanche, la rebuse du coucou. Je ne connais ni l'équi-
valent du mot cr aminé, ni celui du mot rebuse. Tout ce que
j'ai pu découvrir quant au subs. cr aminé , c'est que le mot
grec kruos signifie glace ou grand froid; et que le verbe la-
tin rebito, as, are, peut se traduire par revenir, retourner,
ce qui pourrait faire allusion au retour périodique des re-
buses. — L'expression prendre froid P. F. Enfin, je trans-
cris littéralement l'article du P. Pic. à l'occasion du mot
Rimée : Rimée. Gelée blanche, frimas. — Congénères: Rou-
chi, rimée; anglo-saxon et islandais, hrim; danois, rûm;
vieil-haut-allemand, rim. — Du septentrional hrim, et non
pas du grec krumeo, être gelé, comme le pense M. de
Poilly.
FRONCER, v. a. et pr. N. P. cette robe fronce, pour dire
qu'elle fait de faux plis; D. cette robe gode; mais on peut
dire d'une étoffe qu'elle se fronce facilement.
FRONCIS, s. m. (Pr. fronci.) N. P. une fronçure ; D. un
froncis.
FRONT, s. m. Front d'airain, extrême impudence. N. P.
un front de pétard.
FROTTOIR, s. m. Linge pour essuyer le rasoir. N. P.
un linge à barbe; D. un frottoir.
FROU-FROU (FAIRE), adv. Etaler un grand luxe, tirer
vanité de son costume; on dit aussi faire pouf. N. P. faire
fia- fia.
FRU 107
FRUIT, s. m. N. P. des sécherons, des séchons; D. des
fruits secs. — Fruit, s. m. , retraite ou diminution d'épais-
seur qu'on donne à une muraille à mesure qu'on l'élève :
donner du fruit à une muraille. (Acad.) Le mot retranche
P. F. — C'est s'exprimer d'une façon très vulgaire que de
dire : j'ai mangé un fruit , un raisin. On doit dire : j'ai
mangé du fruit , du raisin. (Besch.)
FUMER , v. a. N. P. bumenter, embumenter un champ ;
D. fumer un champ, une vigne. (En latin bos, bovis, signifie
un bœuf.) — Tor ailler, pour dire jeter beaucoup de fumée
de tabac , P. F. — Piper, pipatser, ne peuvent se dire pour
fumer du tabac.
FUMERON, s. m. Il y a un fumeron dans cette chauffe-
rette. -N. P. un fumet.
FUMIER, s. m. N. P. du bument. (Voyez fumer.)
FUR, s. m. N. P. à fur et mesure; D. au fur et à me-
sure.
FURETER, s. m. Fouiller. N. P. rebouiller, founer, bour-
gater, rebener.
FURONCLE, s. m. N. P. un anver; D. un furoncle, un
clou.
FUSAIN, s. m. Arbrisseau des haies. N. P. du bois-carré.
FUSÉE , s. f. Les enfants donnent le nom de guillette à
une sorte de pâte préparée avec de la poudre à canon. Ce
mot P, F.
FUSER, v. n. S'étendre, se répandre en fondant au feu;
la cire fuse. Le verbe fuser ne peut se dire pour aller très
vite : voyez comme ce cheval fuse, P. F. — Fuser, faire les
fusées, pour dire vomir, P. F.
FUSIL, s. m. (Pr. fuzi.) Cylindroïde d'acier, dont les
bouchers, les cuisiniers, etc., font usage, pour donner le fil
à leurs couteaux. N. P. un fuset ; D. un fusil.
FUSTE , s. f. Ce mot est français , mais il n'est pas em-
108 FUT
ployé dans l'acception que nous lui donnons , qui est la sui-
vante: sorte de tonneau, de mesure, une fuste de vin. Ce
mot a-t-il son équivalent dans le dictionnaire? Serait-ce
le s. m. foudre , grande tonne , comme l'étymologie de ce
mot pourrait le faire supposer? (En allemand, dasFuder.)
FUT, s. m. (Pr. fû.) Le fût d'une colonne, la partie qui
est entre la base et le chapiteau. Doit-on employer le mot
fût pour désigner ce que nous appelons la chèvre d'une
fontaine? J'ai cherché inutilement l'équivalent de ce mot
chèvre. On lit dans les Mémoires et Documents publiés par
la Société d'histoire de la Suisse romande, tom. III, pag.
389:
« Il m'a paru évident que notre pierre tumulaire enlevée à sa
première destination à l'époque de la Réforme , avait été forée pour
servir de chèvre, à la fontaine, etc. »
Voyez le mot souche dans Besch. — Du vin qui sent le fût,
qui a un mauvais goût qu'il a contracté du tonneau. (Acad.)
N. P. un goût de tonneau.
GABEGIE , s. f. Mic-mac , intrigue , pratique secrète ;
pop. N. P. gabgie.
GAFFE , s. f. Perche armée d'un croc de fer à deux bran-
ches, l'une droite et l'autre recourbée. N. P. une étire.
GAGE, s. m. N. P. laisser, mettre son habit en plan;
D. mettre son habit en gage. — Gage doit s'employer au plu-
riel quand il se dit pour le salaire d'un domestique : les
gages d'un laquais, d'une cuisinière.
GAGER , v. a. Faire une gageure. On ne peut pas dire :
le messeiller l'a gagé ; D. le messier Va arrêté, l'a trouvé en
contravention. — Le Dict. R.-W. donne au mot gager le
même sens que nous.
GAG 109
GAGNER, v. n. N. P. ûm'a.féné, il m'a tout rupé; D. il
m'a gagné (au jeu).
GAGUI , s. f. Fille ou femme qui a beaucoup d'embon-
point et d'enjouement; grosse réjouie. Gagui ne peut se
dire pour fille ou femme de mauvaises mœurs.
GALA , s. m. Repas splendide où l'on étale un luxe inu-
sité. N. P. un tire-bas.
GALETAS, s. m. Petite chambre située sous les toits,
mal meublée et tout à fait en désordre. Galetas ne peut se
dire pour bûcher.
GALETTE, s. f. Ce mot pourrait peut-être remplacer le
subs. taillé (du taillé) , employé à Lausanne. On trouve dans
Villon un mot duquel le subs. taillé n'est pas très éloigné,
ni pour le sens , ni pour la forme :
« Item, à Jehan Raguyer je donne ,
Qui est sergent, voire des Douze,
Tant qu'il vivra ainsi l'ordonne,
Tous les jours une talemou%e,
Pour bouter et fourrer sa mouze. »
Or , talemouze signifie pâtisserie faite avec des œufs , du
beurre et du fromage. Quant au mot mouze, chacun com-
prend qu'il signifie museau, frimousse.
GALOCHE, s. f. Chaussure en cuir dont le dessous est en
bois, faite par un galochier. Le mot socque (on dit un soc-
que) est synonyme de claque. Le mot choque P. F. dans ce
sens.
GALOP, s. m. (Pr.galô.)
GANGRÈNE, s. f. (Pr. kangrène.)
GANGRENER (SE), v. pr. (Pr. kangrené.)
GARÇON, s. m. N. P. un bombe. (En allemand, der Bube
signifie le garçon.)
GARDE , s. f. La garde exprime une totalité : la garde
impériale, la garde nationale. Le garde, un des individus
110 GAR
qui composent la garde : un garde national. — A la garde,
expression elliptique comme notre idiome en présente un
si grand nombre de remarquables : Ex. Ne partez pas dans
ce moment , il pleut. — A la garde, j'ai un parapluie.
GARDÉ, E, adj. Roi gardé, dame gardée. Roi, dame
pour lesquels on a une ou plusieurs gardes. N. P. se souster.
Je n'ai pas trouvé le verbe garder employé dans le sens de
souster.
GARDE-MAIN, s. m. Papier q<on met sous la main,
en dessinant , pour ne pas gâter son ouvrage. N. P. un
sous-main.
GARDES , s. f. plur. Se dit en serrurerie de la garniture
qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes
sortes de clefs ne l'ouvrent. On a perdu la clef de cette ser-
rure , donc il faut en changer les gardes. N. P. les contrai-
res, ce mot P. F. dans ce sens.
GARDEUR, s. m. N. P. un moutonnier; D. un gardeur de
moutons.
GARGARISER (SE), v. pr. N. P. se gargoriser.
GARGOUILLER, v. n. Barbotter dans l'eau. N. P. ga-
drouiller.
GARNISAIRE, s. m. (Pr. garnizère.) N. P. garnissaire.
GATEAU , s. m. N. P. du coucon. (En allemand Kuchen,
le gâteau , la pâtisserie.) Dans les villages de la Côte on
donne le nom de figâce à une sorte de gâteau rustique. Ce
mot est probablement une # corruption du mot français
fouace, qui désigne une sorte de pâtisserie faite en forme
de galette.
Dans la plus grande partie du canton on appelle salée ou
sèche un gâteau sur la pâte duquel on répand des œufs
battus.
GATER , v. a. N. P. pourrir un enfant ; une mère qui
pourrit ses enfants; c'est son pourrion, son gâtion; D. gâter
GAU 111
un enfant ; une mère qui gâte ses enfants ; c'est son enfant
gâté, son Benjamin.
GAUCHE , adj. Qui est de travers ; cette table est gau-
che. N. P. voilée.
GAUCHERIE, s. f. Cassure ne peut se dire pour gau-
cherie.
GAUFRE, s. f. N. P. un gaufre, un brecé , un brisselet;
D. une gaufre. — Ce que les Allemands appellent Bretzel
ou Bràzel (craquelin) ne me paraît pas être notre brecé ,
notre brisselet. Mais on lit dans le Lexique roman de Ray-
nouard :
Detz als filhs d'Israël , lach et bresca, marina e mel.
Vous donnâtes aux fils d'Israël lait et gaufre, manne et miel.
GAUFRIER, s. m. Ustensile à l'aide duquel on fait des
gaufres. N. P. un fer à gaufres.
GAUPE,s. f. Femme malpropre et désagréable. Il n'est
donc pas exact de dire d'une belle femme : voilà une belle
gaupe, une superbe gaupe.
GAZOUILLER , v. n. Se dit en parlant des oiseaux :
l'hirondelle gazouille.
Ce mot est mal employé dans les acceptions suivantes :
cette petite fille aime à gazouiller; cet homme ne fait que
gazouiller. D. cette petite fille aime à jouer avec l'eau; cet
homme ne fait que buvotter.
GELÉE, s. f. N. P. une blanche gelée ; D. une gelée blan-
che. N. P. de la gelée aux,.... de la compote aux,.... de la
marmelade aux,.... de la purée aux,.... de la conserve aux,...
D. de la compote de poires, de pommes, de cerises, d'abri-
cots; de la conserve de violettes, de fleurs d'oranger, de
framboises, de citron; de la gelée de pomme, de groseille;
de la marmelade de prunes, de pêches, d'abricots; delà
purée de lentilles , de pois , de fèves , de haricots, etc.
GELER, v. n. N. P. geler de froid. Se geler, ne se dit
112 GEN
qu'en parlant des choses : l'eau se gèle. Je me gelais devant
la maison, P. F.
GENIÈVRE , s. m. Fruit du genévrier. N. P. du genèvre.
Dans quelques localités on dit du grasset, du grassis, P. F.
GÉNISSE, s. f. N. P. génisse ; D. génisse.
GENS , s. plur. Ils étaient tous gens d'esprit. (Acad.) N. P.
ils étaient tous des gens d'esprit, tous des gens qui n'ont rien
à perdre.
GENTIL, s. m. (Pr. janti.) Idolâtre. Au plur. gentils,
mouillé VI.
GENTIL, adj. (Pr. janti.) h'I, au masculin, ne se pro-
nonce que devant une voyelle : un gentil enfant.
GEOLE, s. f. Geôle, geôlier, se prononcent jôle, jôlier.
GÉRARDE, s. f. Plante cultivée. N. P. girade, girarde.
GERCE, s. f. Insecte qui ronge certaines étoffes; N. P.
une jarce.
GERME, s. m. Ne peut se dire pour voix. Quel germe
il a! Il a un fameux germe, P. F.
GERS, s. pr. (Pr. jer.) Rivière et département de France.
GESTION, s. f. (Pr. ges-tion , le t dur comme dans bas-
tion.) N. P. gession.
GIEN, s. pr. (Pr. jï-in.) Ville de France, Loiret.
GIFFLE , s. f. Peut se dire , mais il est pop. Dites plu-
tôt un soufflet, une momifie. Le mot éveillon P. F. et emplâ-
tre a une autre signification.
GIGUE,' s. f. S'emploie au pluriel pour jambes ; de lon-
gues gigues, pop. Nous le disons à tort des personnes : une
longue gigue, une grande gigue.
GIROFLÉE, s. f. Plante. N. P. carantin ; D. giroflée à
fleur rouge.
GLACIS , s. m. (Pr. glaci.) Terme de fortification et de
peinture.
GLANE, s. f. GLANEUSE, s. f. Glane, poignée d'épis
GLÉ 113
glanés; glanure, ce qu'on glane après la moisson. N. P.
glanée pour glanure. Avez-vous fait une bonne glanée, P. F.
— N. P. chaîne d'oignons; D. une glane d'oignons.
GLÉCHOME, s. m. (Pr. glékome.) N. P. de la serette;
D. du glé chôme, ou du lierre terrestre.
GLISSADE, s. f. Action de glisser involontairement.
N. P. faire une glissée; D. faire une glissade.
GLISSER, v. n. N. P. il s'amuse à se glisser; D. il s'a-
muse à glisser sur la glace.
GLISSOIRE , s. f. Chemin pratiqué par les enfants sur
la glace pour y glisser. N. P. une glisse.
GLU, s. f. On dit de la glu.
GNIOLE, s. f. Niais, gauche, embarrassé; pop. N. P.
c'est un gnagnou, une guegnule. Dans le Haut-Maine on dit
gnangnan.
GO (TOUT DE), adv. Librement, sans obstacle. N. P. tout
de liquette.
GOBERGER (SE), v. pr. Peut se dire pour se divertir,
mais non dans le sens de faire bonne chère.
GODER, v. n. Faire de faux-plis. N. P. cette manche, etc.,
broille; D. cette manche, etc., gode.
GOGUENARDERIE, s. f. Mauvaise plaisanterie. N. P.
une goguenardise.
GOGUETTES, s. f. plur. Propos joyeux. Goguenettes,
s. f., s'est dit aussi pour goguettes. N. P. des goguinettes.
GOITRE, s. m. Tumeur qui se forme au-devant de la tra-
chée-artère et du larynx. N. P. un petre. En latin petra signifie
pierre, et le goitre ne ressemble pas mal à un caillou
roulé.
GONFLÉ, adj. N. P. gonfle.
GORGÉE, s. f. N. P. ne boire qu'une golée.
GOSIER, s. m. La partie intérieure de la gorge par où les
GLOSS. vaud. 8
114 GOU
aliments passent de la bouche dans l'estomac. N. P. la guer-
guette. Dans le dialecte picard, gargathe se dit pour gorge.
(Voyez H. Estienne.)
GOUDRON, s. m. Substance résineuse. N. P. godron, go-
dronner ; D. goudron, goudronner.
GOULOT, s m. N. P. le golet; D. le goulot d'une bouteille,
d'une fontaine.
GOUPILLE, s. f. Terme d'horlogerie, etc. N. P. une cou-
pille.
GOURD, E, adj. (Pr. gour.) Perclus de froid: avoir les
mains gourdes, les doigts gourds ou engourdis. N. P. en-
mourtis.
GOURDIN, s. m. N. P. un chaton, un dordon; D. un
gourdin, un tricot.
GOURMAND, E, adj. Qui mange avidement et avec ex-
cès. — N. P. gourmand, pour friand. (Voyez ce mot.)
(ROUSSE, s. f. N. P. de beaux couteaux de haricots; D. de
belles gousses, ou de beaux légumes.
GOUSSET, s. m. Pièce de toile mise à la manche d'une
chemise à l'endroit de l'aisselle; N. P. un soucar, un sou-
carre; D. un gousset.
GOUTER, v. a. N. P. agoûter. — Goûter, s. m. Petit re-
pas qu'on fait entre le dîner et le souper. Dans plusieurs
villages du canton on donne le nom de marandon à ce repas
et l'on emploie le verbe marandonner, P. F. (En latin me-
renda a la même signification que marandon.) Le dict R. W.
donne marauder.
GOUTTE, s. f. N. P. je ne vois pas une goutte;!), je ne
vois goutte. On peut dire : je n'entends goutte ; fam. On ne voit
pas une estière, une esquière, P. F. — N. P. avoir la goutte au
nez ; D. avoir la roupie au nez. (Acad.)
GOUTTIÈRE, s. f. N. P. il y a une gouttière au plafond;
D. ce plafond fait gouttière.
GRA 115
GRACIEUSETÉ, s. f. Politesse, honnêteté, gratification.
N. P. graciosité.
GRAILLON, s. m. Excrétion épaisse de la poitrine dont
on se débarrasse par la toux. N. P. un moclâ, un clâmeau,
une flegme ; D. un graillon, un flegme.
GRAIN, s. m. Collection de fromentacées qui servent à la
nourriture des hommes et des animaux: la culture des grains,
le commerce des grains ou du grain. N. P. graine. — L'ex-
pression veiller au grain, pour dire prendre garde, faire atten-
tion, P. F. C'est dommage, car elle est bonne de tous points.
GRAISSE, s. f. N. P. de la graisse de char ; D. vieux-oing.
Le cambouis est tout simplement de vieux-oing, devenu noir
par le frottement des roues en se chargeant de particules
métalliques très nombreuses. — Graisse ne peut se dire pour
réprimande ; il a reçu une fi ère graisse P. F.
GRAISSER, v. a. Frotter, oindre de graisse: graisser les
roues d'une voiture, se graisser les doigts, les vêtements. Dans
ce sens l'emploi du mot graisser doit être préféré à celui du
mot engraisser.
GRAMEN, s. m. N. P. de la tisanne au gramont; D. de gra-
men.
GRAMMAIRE, s. f. (Pr. gra-maire.)
GRANDEUR, s. f. Lorsqu'on a l'habitude de dîner à une
certaine heure et que pour une raison quelconque on dîne
plus tard, nous disons en plaisantant: aujourd'hui nous dî-
nons à la grandeur. Cette locution P. F.
GRAS, adj. L'expression il y a gras, il n'y a pas gras, em-
ployée dans une grand nombre d'acceptions, est triviale et
n'appartient pas à la langue française. On chantait il y a
quelques années une chanson populaire dont le refrain est :
il n'y a pas gras. On disait autrefois à graisse d'argent pour à
force d'argent.
116 GRA
GRATELLE, s. f. Menue gale. Gratta en patois signifie
gale : L'a la gratta, il a la gale.
GRATIN, s. m. Partie dp la bouillie, etc., qui reste atta-
chée au fond du poêlon. N. P. Yaroupi, le graillon-, cette
soupe sent Varoupi, le graillon, P. F. — Gratin se dit aussi
de certains mets : gratin de riz, macaroni au gratin.
GRATTE-CUL, s. m. (Pr. grate-ku.) Fruit de l'églantier.
N. P. des gratta-cul.
GRATTER (SE). N. P. se ruper. Gratter, v. a. Heurter
doucement: gratter à la porte. N. P. taguenasser. (En alle-
mand, reiben signifie frotter, gratter.)
GRÈBE, s. m. Oiseau. D. un grèbe.
GREDIN, E, s. m. Celui qui n'a ni qualité, ni profession,
qui est sans probité, sans honneur. Ce mot, qui est trivial,
ne peut se dire pour avare, ladre. D. grigou, fam.
GRÊLE, s. f. Dans quelques localités on donne le nom de
brison au bruit lointain de la grêle.
GRÊLÉ, adj. Ne peut se dire pour pauvre, misérable, qui
n'a pas le sou.
GRÊLON, s. m. N. P. grêlon.
GRÉSIL, s. m. Mouillez VI. N. P. grésil.
GRIBOUILLER, v. a. Faire une écriture mal formée, un
mauvais dessin. N. P. grabouiller. — Brotter, qui est employé
pour écrire vite et mal, P. F.
GRIBOUILLETTE (A LA), adv. Jeu d'entants qui jet-
tent quelque chose de peu d'importance et l'abandonnent à
celui qui peut l'attraper. N. P. jouer à la rapille ; D. jouer à la
gribouillette.
GRIL, s. m. (Pr. gri.) Ustensile de cuisine.
GRILLE, s. f. Le mot criblet P. F.
GRILLON, s. m. Insecte. N. P. un grillet. — N. P. fin
comme un grillet ; D. c'est un fin renard; c'est une fine mouche ;
c'est un fin merle.
< .
GRI 117
1 GRIMPER, v. n. Nous disons grimper les murs, vous me
feriez grimper les murs en vous entendant raisonner. L'Acad.
dit sauter au plancher.
GRINGOTTER, v. n. Se dit d'une personne qui fredonne
mai. Gringuenotter, pour dire jouer mal du piano, P. F.
Clément Marot s'est servi du mot gringotter pour dire se
moquer, railler, fredonner.
GRIOTTE, s. f. Espèce de cerise à courte queue, grosse
et noirâtre, plus douce que les autres. (Acad.) Nous appelons
griotte la cerise acide.
GRIS, adj. Le subs. grise P. F. Donc on ne peut pas dire :
il lui en a fait voir des grises; je lui en ferai voir de grises.
GRIVE, s. f. Etre soûl comme une grive, être complète-
ment ivre. N. P. être soûl comme un pantin.
GROGNON, s. m. N. P. une grognone en parlant d'une
fille; D. un grognon. — Le mot raufin P. F.
GRONDERIE, s. f. Les mots grondée, raufêe P. F. Dites
grognerie, gronderie.
GROOM, s. m. (Pr. groum.) Valet d'écurie.
GROS, adj. Puissant ne peut se dire pour gros; N. P. un
puissant morceau de
GROSEILLE, s. f. N. P. des raisins de mars; D. des gro-
seilles rouges.
GROSSE, s. f. N. P. écrire en gros ; D. écrire la grosse.
GRUAU, s. m. N. P. des grus, des gruz; D. du gruau, des
gruaux. — Le verbe gruer P. F. ; D. monder.
GRUMEAU, s. m. N. P. de la bouillie, de la soupe pleine
de gremaillons, de pagnons; D. de grumeaux.
GUÊPIER, s. m.N. P. tomber, donner dans une guêpière;
D. dans un guêpier.
GUET, s. m. (Pr. ghè.) Mot du guet, avoir l'œil au guet.
GUÊTRE, s. f. (Pr. ghètre.) Les mots guette, guéton, P. F.
Le guètron est une guêtre courte, une petite guêtre. L'ex-
118 GUI
pression porter ses guêtres chez le juge de paix, chez le pré-
fet, P. F. Cependant on peut dire: tirer ses guêtres, pour s'en-
fuir : ce voleur tira ses guêtres.
GUIGNON, s. m. On peut dire avoir du guignon et être en
guignon.
GUILLERET, adj. Léger, gai; mais on ne peut pas rem-
ployer pour dire d'un homme qu'il est entre deux vins. N. P.
dans ce sens, */ est guilleret; D. il est gaillard. — Au fin guil-
leret d'un arbre P. F. ; D. au sommet.
GUILLOCHIS, s. m. N. P. faire un guilloché sur une boîte
de montre; D. faire un guillochis.
GUIMBARDE, s. f. Petit instrument d'acier composé de
deux branches recourbées et d'une languette au milieu.
N. P. une bombarde.
GUINGOIS (DE), adv. Cet homme marche de guingois,
s'habille de guingois, regarde de guingois, c'est-à-dire de tra-
vers. N. P. de gouingouè, de bisingle.
GUINÉE, s. f. (Pr. ghiné.) Contrée d'Afrique, monnaie.
GUINGAN, s. m. Sorte de toile de coton. N. P. du guin-
gam.
GYMNASE, s. m. Etablissement où l'on forme la jeunesse
aux exercices du corps. (Acad.) N. P. la gymnastique. (Voyez
le mot suivant.)
GYMNASTIQUE, s. f. Science qui a pour but de com-
muniquer aux membres du corps des qualités qu'ils n'ont
pas naturellement, ou de développer les facultés qu'ils ont,
par des exercices plus ou moins violents.
GYPSE, s. m. Plâtre. Les mots gypier, gypsier, gypseur,
P. F. On doit dire plâtrier.
HABIT, s. m. N. P. un habit d'uniforme ; D. un uniforme
ou un habit uniforme.
HAC 119
HACHE, s. f. (Vh est aspirée.)
HAIE, s. f. (L'A est aspirée.)
HALEINE, s. f. Nous disons d'une«personne qui a l'ha-
leine infecte, qu'elle lance des flârs; cette expression P. F.
HALLE, s. f. N. P. la grenette; D. la halle au blé.
HAMEÇON, s. m. (L'A est muette.)
HANNETON, s. m. N. P. des cancoires, une cancoire; D. un
hanneton, le hanneton.
HARICOT, s. m. (L'A est aspirée.) N. P. des favioles. —
Haricots bassets P. F.; D. des haricots nains — Le subs.
cocolette P . F \
HART, s. f. (Pr. har avec aspiration.) Lien d'osier dont on
lie les fagots. N. P. une rioute. Le mot rioute viendrait-il de
riorte, nom vulgaire de la viorne, dont les rameaux sont
extrêmement flexibles? Du reste retortus, a, um, signifie
tortu, retourné en arrière, renversé.
HASARD, s. m. (L'A aspirée.) L'expression à l'hasard du
pot est vicieuse et ne signifie rien en français. (Voyez pot.)
HASARDER, v. a. (L'A est aspirée.)
HATE (A LA), adv. N. P. à la précipitée ; D. à la hâte,
promptement.
HAUSSER, v. a. Hausser le coude, boire beaucoup, bien
souvent : il aime à hausser le coude. N. P. lever le coude.
HAUT, BAS, s. m. Les expressions suivantes ne sont pas
correctes : il demeure par en haut Bourg. J'ai été jusqu'en
haut Martherav . Le château est en haut la Cité. Je l'ai ren-
contré en bas la Mercerie; D. il demeure dans le haut de la
rue de Bourg. J'ai été jusque dans le haut de la rue de Mar-
theray. Le château est dans le haut de la Cité. Je l'ai rencon-
tré au bas de la rue de la Mercerie. — Les dames du haut,
les gens du haut, P. F. Employez l'adj. riche ou prenez un
autre tour.
HAVRESAC, s. m. N. P. un habresac.
120 HÉL
HÉLAS, interj. Prononcez Vs.
HÉMORRAGIE, s. f. N. P. une hémorragie de sang; D.
simplement une hémorragie.
HENNIR, v. n. (Pr. hanir.)
HENNISSEMENT, s. m. (Pr. ha-nissement.) Le hennisse-
ment du cheval, en aspirant.
HÉRAULT, s. pr. (Pr. èrô.) Rivière et département de
France : le département de YHérault.
HERBE, s. f. N. P. des herbettes; D. fines herbes, petites
herbes. On appelle fournitures,, s. f., les petites herbes qu'on
met dans la salade : mettre de la fourniture dans la salade.
HERBEUX, HERBU, adj. Herbeux, où il croît de l'herbe;
herbu, couvert d'herbes.
HÉRISSON, s. m. (L'ft est aspirée.) N. P. Vhiresson ; D.
le hérisson.
HÉRITER, v. n. N. P. hériter ses parents, une maison;
D. hériter d'une maison, hériter de ses parents.
HERNIE, s. f. On dit aussi une descente. N. P. il est
rompu; D. il a une hernie. Montaigne a dit hernieux pour
atteint d'une hernie.
HÉSITER, v. n. (L'ft est muette.)
HÊTRE, s. m. (L'/& est aspirée.) Les mots fayard, foyard,
P. F. — On trouve dans Raynouard :
Ni flor de faya; ni fleur de hêtre.
HEURE , s. f. On dit quelle heure est-ce ? et quelle heure
est-il ? L'emploi de ce indique qu'il est question d'une heure
qu'on entend sonner ; tandis que l'emploi de il exprime sim-
plement le doute et l'interrogation. — N. P. il est une heure
et quart, deux, trois.... heures'^ quart; D. il est une heure
et un quart, etc. — Quelle heure avons-nous? ne peut pas se
dire. — N. P. venir à bonne heure; D. de bonne heure. —
N. P. à ces heures; D. à cette heure. — Heure ne peut se
dire pour lieue.
HEU 121
HEUREUX, adj. N. P. je lui cors bien cet héritage; D.
je suis heureux , coulent, qu'il ait fait cet héritage, ou prenez
quelque tour analogue. Le verbe cordre P. F.
HIATUS, s. m. L'A n'est pas aspirée et on fait enten-
dre Vs.
HIC, s. m. Le nœud, la difficulté de l'affaire : voilà le
hic. N. P. voilà le hoc.
HIER, adv. L'usage veut qu'on dise hier matin, hier au
soir, et non pas hier au matin , hier soir.
HOCHER, v. a. Secouer, branler. Hocher un prunier
pour en faire tomber les prunes. N. P. gruler, trembler un
arbre, lui donner une secouée; D. hocher ou secouer. — • Dans
le Dict. R. W. on lit gruler, greloter, trembler de froid.
HOLLANDE, s. pr. (L'A est aspirée.)
HOMME, s. m. Un patapouf, pour dire un homme gros
et lourd, P. F. — Un foutriquet, pour dire un homme de
petite taille, ou un blanc-bec, P. F.
HOMOLOGUER, v. a. N. P. hémologuer. On trouve ce
mot dans le Dict. R. W.
HONNEUR , s. m. Je n'ai pas trouvé dans le diction-
naire l'expression avoir de l'honneur à cœur, n'avoir point
d'honneur à cœur.
HORION, s. m. (L'A est aspirée.) Coup. N. P. donner un
pétard, un atout ; D. un horion, un coup.
HORLOGE, s. f. N. P. un bel horloge; D. une belle hor-
loge.
HORMIS, prép. (Pr. ormi)
HORREUR, s. m. N. P. à l'horreur, cet habit va à Vhor-
reur, cette plume va à l'horreur; D. très mal, horriblement.
HORS , prép. (L'A est aspirée.)
HOTTE, s. f. Je crois que si l'ustensile que nous appe-
lons une boille était en usage en France, on lui donnerait
dans ce pays le nom de hotte à porter du lait.
122 HOT
HOTTÉE, s. t. Plein une hotte. N. P. dans ce sens, une
hotte de pommes de terre; D. une hottée de....
HOUBLON, s. m. (H aspirée.) KP.de l'hobelonjj). du
houblon.
HOUPE, s. f. (H aspirée.) N. P. un mouchet; D. une
houpe.
HOUSSE, s. f. (H aspirée.) N. P. la fourre d'un meuble;
D. la housse.
HUILE, s. f. Bonne huile et non bon huile. — Il faut de
V huile de coude, c'est-à-dire, il faut frotter pour obtenir le
brillant qu'on désire; cette locution P. F.
HUISSIER, s. m. N. P. un hussier.
HUIT, adj. Le t se prononce devant une vo3^elle ou quand
il n'est pas suivi immédiatement d'un subst.
HUMEUR, s. f. N. P. cette personne est mauragrai;
D. cette personne est d'une humeur aigre , d'une humeur
bourrue.
HURLEMENT, s. m. N. P. une bramée, des bramées; D.
des cris, des hurlements.
HYMEN , s. m. (Pr. imèn ou imein.)
HYPOTHÈQUE , s. f. N. P. impothèque, imputhèque.
I
ICI, adv. Ici se remplace par ci après le substantif. N. P.
cet homme ici, ce mois ici; D. cet homme-ci., ce mois-d.
IDÉE, s. f. N. P. l'idée lui a pris de....; D. l'idée lui est
venue de.... Voyez soupçon. — Que pensez-vous du vin de
cette année? Je n'en ai pas grande idée, P. F. — Qui heurte?
J'ai idée que c'est mon frère, P. F.
IDEM, adj. (Pr. idem.) Le même. Ne confondez pas idem
avec item. Voj^ez ce mot.
IL, pr. N. P. si vous plaît; D. s'il vous plaît.
IMB 123
IMBROGLIO, s. m. (Pr. inbrolio, en mouillant VI.)
IMITABLE, adj. Ce mot employé avec la négation dif-
fère d'inimitable , en cç que inimitable se dit du bien ou du
mal auquel on ne peut atteindre; tandis qu'imitable (avec la
négation) se dit des choses qu'il faut se garder d'imiter : ce
trait d'héroïsme est inimitable; cette vilaine action n'est
pas imitable.
IMMANQUABLEMENT, adv. (Pr. im-mankablement et
non pas ain-mankablement.)
IMMENSE, adj. (Pr. im-mense et non pas ain-mense.) Cet
adj. n'admet ni comparatif, ni superlatif.
IMMORTEL, adj. Voyez essentiel.
IMPARDONNABLE, adj. L'adj. impardonnable ne se dit
que des choses : faute, erreur impardonnable. En parlant des
personnes, on dit inexcusable , ou l'on change la tournure
de la phrase : homme auquel on ne saurait pardonner.
IMPATIENTER (S'), v. pr. L'usage refuse au verbe
s'impatienter un infinitif pour régime. N. P. il s'impatiente
d'attendre, il s'impatiente de manger.
IMPOSSIBLE, adj. Cet adjectif ne saurait être suivi du
verbe pouvoir. N. P. il lui est impossible de pouvoir venir, il
est impossible qu'il puisse venir; D. il lui est impossible de
venir, il est impossible qu'il vienne.
IMPROMPTU, s. m. et adj. (Pr. in-pronp-tu.) N. P. un
empruntu.
INANIMÉ, adj. N. P. un cadavre inanimé; c'est un pléo-
nasme tout à fait vicieux.
INCENDIE, s. m. N. P. une grande incendie.
INCOGNITO, adv. (Pr. in-co-gni-to)
INCOMMODE, adj. Qui n'est pas commode. N. P. mal-
commode.
INDICE, s. m. Ce mot est du genre masculin : un sûr
indice.
124 IND
INDIGESTION, s. f. (Pr. in-di-ges-tion , la syllabe tion ,
comme dans bastion.) N. P. indigécion, indigecsion.
INDIGNE, adj. L'adjectif indignç ne se prend qu'en
mauvaise part : il est indigne de vos bontés. Conséquemment
on ne dira pas : indigne de punition, il est indigne qu'on lui
fasse des reproches ; D. il ne mérite pas d'être puni ; il ne
mérite pas qu'on lui fasse des reproches.
INDISPOSITION, s. f. Incommodité, malaise, maladie
légère. N. P. il a une casse, une traîne, une mauvaise casse,
une mauvaise traîne. Les subs. casse et traîne, P. F. dans
ce sens. On ne peut pas dire non plus, il est tout crevotant;
depuis quelque temps, il ne fait que de crevoier.
INDIVIS, E, adj. (Pr. indivi.)
INDOMPTABLE, adj. (Pr. in- don-table.)
INÉDIT, adj. (Pr. inédi.)
INESTIMABLE, adj. Cet adj. ne se dit que des choses;
conséquemment on ne doit pas dire, c'est un homme ines-
timable; D. c'est un homme qu'on ne peut pas assez es-
timer.
INFECT , E, adj. Faites entendre le t.
INFLAMMATION, s. f. Terme de médecine : une in-
flammation de poitrine; N. P. une enflammation.
INFLUENCE , s. f. Ne peut se dire pour affluence. N. P.
une grande influence de monde; D. une grande affluence de....
INFUSION, s. f. N. P. du thé de violettes, de lierre ter-
restre, etc. D. une infusion de fleurs de violettes, de lierre
terrestre, etc.
INGRÉDIENT, s. m. (Pr. in-grè-dian.)
INJURE, s. f. Lancer des retaillons, engueuler, pour dire
des injures, proférer des jurements, P. F.
INQUIÉTUDE, s. f. Tintouin, pour inquiétude, embarras,
P. F., non plus que l'expression : être dans Veau bouillante,
pour être dans une grande inquiétude.
INS 125
INSTINCT, s. m. (Pr. instin.) Cette tille a de Yinstinct
pour dire qu'elle a de l'esprit, un certain développement,
P. F.
INSTITUTION, s. f. Maison d'éducation, pensionnat.
Institut, P. F. dans ce sens.
INSULTER, v. a. Inso tenter , pour insulter, dire des in-
jures, P. F. L'expression crier des noms P. F.
INTENTIONNÉ, adj. Ne s'emploie que dans les expres-
sions bien intentionné , mal, mieux intentionné. On ne peut
donc pas dire : intentionné de.... Etes-vous intentionné de
venir ? P. F.
INTERCEPTION, s. f. Ne se dit point dans le sens d'in-
tercepter une lettre. Puisque la lettre de M. X n'est pas ve-
nue , il faut qu'il y ait eu interception, la police est si sévère
en France, P. F.
INTRINSÈQUE, adj. N. P. intrinsecte.
INVECTIVER, v. n. Le verbe invectiver n'étant jamais
actif, on ne doit pas dire invectiver une personne; il nous a
invectives. Il faut dire invectiver contre quelqu'un : il a in-
vectivé contre nous.
INVENTORIER, v. a. N. P. inventoriser.
IPÉCACUANHA, s. m. N. P. épecacuanha.
IRIS, s. m. ouf. (Pr. l's.)
ISTHME, s. m. (Pr. isme.)
ITEM, adv. (Pr. item.) Signifie de plus : j'ai donné tant
pour cela, item pour cela.... Ne confondez pas ce mot avec
l'adj. idem. Voyez ce mot.
IVOIRE, s. m. Ce mot est du genre masculin : de bel
ivoire.
IVRE, adj. Qui a le cerveau troublé par les fumées du
vin, etc. N. P. il est pif, il est chique, il a sa chique , il est
pion. Quant à ce dernier mot , on trouve dans Villon :
126 IVR
Pour refreschir ma maschouëre
Pions y feront mate chère.
Et ailleurs :
Brief, on n'eust sçeu en ce monde chercher
Meilleur pion , pour boire tost et tard.
On lit dans Bescherelle : Plot, vin; du grec pio . inusité
pour pino , boire. Aimer le piot. Vieux et pop.
A tout ce qu'on disait, doucet je m'accordais,
Leur voyant de piot la cervelle échauffée.
(Regnard.)
Pif, pour gros nez , P. F.
IVROGNE, s. m. N. P. un arsouille.
JABOT, s. m. Faire jabot, faire le fier, se donner des airs
avantageux. (Acad.) Je n'ai pas trouvé l'expression se don-
ner du jabot, pour se vanter.
JADIS, adv. (Pr. l's.)
JAILLIR, v. n. N. P. ma plume jicle; D. ma plume jaillit,
ma plume crache. — Quand il a percé son abcès, le pus a
piclé,.... le pus a fait une piclée.... P. F.
JAMAIS, adv. On ne peut pas dire jamais, au grand ja-
mais: Non, jamais, au grand jamais, je n'irai jusque là. —
Jamais, an grand jamais, je ne consentirai à ce mariage,
P. F. Il en est de même de l'expression : jamais de la vie,
employée aussi dans le sens d'impossible.
JARRETIÈRE, s. f. N. P. une jar Hère ; D. jar-re-lière.
On lit dans Math. Régnier, satyre X :
Sa ceinture honorable ainsi que sesjarlières.
JARS, s. m. (Pr. jar.) Mâle de l'oie. N. P. bègue.
JATTÉE, s. f. Plein une jatte. N. P. dans ce sens une
jatte de D. unejattée de lait, etc.
JÉS 127
JÉSUS, s. pr. (Pr. jézu.)
JET, s. m. (Pr.jè.) Un jet de pierre, un jet d'eau.
JETER, v. n. N. P. se jeter bas du lit; D. se jeter à bas
du lit.
JEUNESSE, s. f. Nous disons, il faut que jeunesse se
fasse ; D. il faut que jeunesse se passe.
JOINDRE, v. a. On peut dire: avoir de la peine h joindre
les deux bouts; mais, avoir de la peine à nouer les deux
bouts, P. F. — Jointer, pour faire joindre ensemble deux
objets, P. F.
JOLIMENT, adv. Peut se dire pour beaucoup, mais dans
le langage très familier: vous vous êtes joliment trompé.
JONC, s. m. (Pr. jon.)
JONCHETS, s. m. plur. Petits bâtons menus que l'on jette
confusément les uns sur les autres, pour jouer à qui en re-
tirera le plus à l'aide d'un crochet sans en faire remuer
d'autres que celui qu'on cherche à dégager. N. P. jouer aux
bûchettes ; D. jouer aux jonchets.
JOUER, v. a. et n. N. P. jouer de gale; D. ne jouer que
pour l'honneur, ne jouer que l'honneur. (Acad.) Gala, signi-
fie fête, réjouissance à la cour. Montaigne a dit, galler le bon
temps, et jouer de gale, signifie proprement, jouer pour s'a-
muser, pour passer le temps. Villon a dit:
Je plaings le temps de ma jeunesse,
Auquel j'ay plus qu'autre galle.
N. P. jouer aux creux; D. jouer à la fossette. — Jouer quel-
qu'un sous jambe, le surpasser, le vaincre sans peine. (Besch.)
C'est dans un sens analogue qu'un enfant passant la jambe
au-dessus de la tête d'un autre plus petit lui dit : Je t'ai
caillé, tu resteras petit. Le verbe cailler P. F.
JOUEREAU, s. m. Celui qui ne joue pas bien à quelque
jeu, ou qui joue petit jeu. (Acad.) Le subs. jouaillon P. F.
JOUET, s. m. Badinage ne peut se dire pour jouet.
128 JOU
JOUG, s. m. (Pr. joughe.)
JOUIR, v. n. Le v. jouir se prend toujours en bonne part.
Ainsi, ne dites pas : jouir d'une mauvaise santé, d'une mau-
vaise réputation-, D. avoir une mauvaise santé, une mauvaise
réputation.
JOUR, s. m. Un jour sur semaine, ne peut se dire; D. un
jour ouvrable, c'est-à-dire, un jour consacré au travail. —
Au jour d'aujourd'hui, pour dire actuellement, au temps pré-
sent, P. F. — Du jour au lendemain, P. F. ; il faut dire d'un
jour à l'autre. — Nous disons, l'habit des jours, l'habit des
dimanches ; cette distinction n'est pas dans les dictionnaires.
JUC, s. m. (Pr. juk.) Bâton où perchent les poules, où
elles juchent la nuit. N. P. \ejot.
JULIENNE, s. f. Potage fait avec plusieurs sortes d'her-
bes et de légumes. N. P. soupe à la bataille; D. mie ju-
lienne.
JUPE, s. f. Vêtement de femme. N. P. un gredon.
JUREMENT, s. m. Le subs. sacrement ne peut se dire
pour jurement : il faisait des sacrements épouvantables, P. F.
A l'occasion de l'emploi vicieux du mot sacrement, je ferai
remarquer qu'un des jurons favoris des Allemands est sap-
perment !
JURIDICTION, s. f. N. P. jurisdiclion ; ce mot a vieilli.
JUS, s. m. SAUCE, s. f. Jus, suc tiré d'une chose par ex-
pression, coction, etc. Sauce, assaisonnement liquide où il
entre du sel, des épices, etc.
JUSTE, adv. N. P. comme de juste ; D. comme il est juste,
comme de raison.
L
LABOUR, s. m. Façon qu'on donne aux terres en les la-
bourant. N. P. un minage ; D. un labour profond, un labour
à double fer de bêche.
LAC 129
LACHER, v. a. Détendre, desserrer quelque chose. Cet
aliment lâche le ventre, ou simplement lâche; il rend le ven-
tre libre. Les pruneaux lâchent le ventre. (Acad.) N. P. relâ-
cher dans ce sens : les pruneaux relâchent, P. F. — Lâcher
quelqu'un, l'abandonner: où est ton cousin? Je ne sais pas,
il m'a lâché, P. F.
LACS, s. m. plur. (Pr. là.) Cordon délié, piège, charme.
LAID, E, adj . Le mot pouèt, pour dire laid, P. F.
LAIDERON, s. f. N. P. un petit laidron, une petite lai-
dronne; D. une petite laideron, le subs. laideron ne pouvant
se dire que d'une jeune fille ou d'une jeune femme.
LAIT DE POULE, s. m. N. P. un bouillon à la reine.
LAITERIE, s. f. N. P. une fruiterie, une fruitière.
LAITON, s. m. N. P. du Mon.
LAMBIN, adj. N. P. limace, patet.
LAMBINER, v. n. Agir lentement. N. P. pateter.
LAMPE, s. f. On lit dans le Tailleur de pierre de St. Point,
de Lamartine :
Voilà l'hiver, ils se chauffent à la lueur du creusieu en tillant le
chanvre.
Nous dirions, à la lueur du craisu. Les mots creusieu,
craisu, ne se trouvent pas dans les dictionnaires. •
LANGUE, s. f. N. P. il a une forte platine, une fameuse
jaravatte ; D. il a la langue bien pendue, bien affilée, il a bien
de la langue.
LANSQUENET, s. m. Sorte de cavaliers; jeu de cartes.
N. P. il a l'ansquenet, Vantsequenet de....; D. il a la passion
de....
LARGEUR, s. f. Ce mot ne peut se dire pour largeur
d'une étoffe entre ses deux lisières; c'est le substantif té qu'il
faut employer dans ce sens: Mettre, changer un lé à une
robe. Un demi-té. N. P. mettre, changer une largeur à une
robe; une demi-largeur. Le subs. largeur est mal employé
GLOSS. VAUD. 9
130 LAR
dans l'expression suivante : il a de la largeur dans les idées.
On ne dit pas non plus il a des idées larges.
On trouve dans le dict. une opinion large, c'est-à-dire qui
n'a rien de gênant en matière de morale.
LARRON, s. m. Au féminin on dit larronnesse et non pas
larronne.
LAS, adj. (Pr* la.) Fatigué.
LAS, interj. (Pr. Vs.) Se dit pour hélas!
LATTE, s. f. N. P. des liteaux pour des lattes ; un paquet
de liteaux, P. F. Il faut dire une botte de lattes. (Voyez li-
teaux.)
LATTER, v. a. Garnir de lattes. N. P. liteler.
LATTIS, s. m. Posage des lattes sur un toit. N. P. lattage,
litelage ; D. le lattis.
LAUDANUM, s. m. Préparation d'opium. N. P. de Veau
d'anum; D. du laudanum.
LAVANDE, s. f. N. P. eau de lavandre; D. eau de lavande.
LAVER, v. a. Ce verbe étant actif, on ne peut pas dire :
ce vêtement a besoin de laver; il faut dire: ce vêlement a be-
soin d'être lavé. — Relaver qui n'est qu'un réduplicatif de laver
ne peut s'employer d'une manière absolue. N. P. après le re-
pas il faut relaver; D. il faut laver la vaisselle. N. P. un gros
relavage; D. lavage. — Laver, ne peut se dire pour vendre,
dépenser : il a lavé tout son patrimoine, P. F.
LAVETTE, s. f. Morceau de linge dont on se sert pour
laver la vaisselle. N. P. la patte-d'aise ; D. la lavette.
LAVIS, s. m. (Pr. lavi.)
LAVURE, s. f. Bouillon fade et insipide où il y a trop
d'eau. N. P. c'est de la gadrouille ; D. c'est de la vraie la-
vure, de la lavasse. — N. P. \esrelavures;D. la lavure, c'est-
à-dire l'eau grasse qui provient du lavage de la vaisselle.
LAYETTE, s. f. (Pr.lè-iète.) Langes et vêtements d'un
LEC 131
enfant nouveau-né. N, P. le gadin de l'enfant; D. la layette de
l'enfant.
LE, pron. D'une mauvaise construction du pronom le, la,
les, résultent plusieurs locutions vicieuses. Ex. : ce n'est pas
pour le vous cacher, que je le vous dis. — Dorme-me-le.
— Est-ce bien vrai qu'il le t'a dit? — Le t'a-t-il dit? Veux-
tu le me prêter? (Voyez la grammaire.)
LÈCHE, s. i N. P. une léchée de pain, je n'ai eu qu'une
léchée de pain, etc. D. une lèche de
LÉCHER, v. a. Passer la langue sur quelque chose, lécher
un plat. De ce verbe nous avons formé: l°le subst .lèche-pot,
qui se dit d'un homme qui s'inquiète du contenu des usten-
siles de cuisine ; 2° le subst. lèche-cul, qui signifie flatteur. P. F.
LÉGER, adj. N. Y.lerger.
LEGS, s. m. (Pr. le.) Don laissé par testament.
LÉGUME, s. m.K P. an jardinage;!), du légume.
LE MIEN, pr. poss. Les pronoms possessifs, le mien, le
tien, le nôtre, le vôtre, etc., doivent toujours se rapporter à
un substantif énoncé précédemment. Ainsi, il est non-seu-
lement contre le bon goût, mais contre la grammaire, de
commencer ainsi une lettre : J'ai reçu la vôtre en date du.... ;
phrase dans laquelle la vôtre ne se rapporte à rien de ce qui
précède. Il faut dire, j'ai reçu votre lettre en date, etc.
LENTE, s. f. Oeuf de pou. N. P. des lendes, des lendines,
des œuves.
Àuci lendes, pezolhs, etc.
Tue lentes, poux, etc.
(Raynouard.)
(En latin lendem.)
LESSIVE, s. f. (Pr. lécive.) N. P. du lissu; D. de la les-
sive.
Ses neguna autra mescla de lissiu de sabon.
Sans aucun autre mélange de lessive de savon.
(Raynouard.)
132 LEV
LEVER, v. a. Ce verbe ne peut s'employer dans la phrase
lever la table pour dire: enlever les plats de dessus la table;
c'est le verbe desservir qu'il faut employer : le moment de
desservir est venu.
LEVER (SE), v. pr. N. P. se dématiner pour se lever plus
matin que l'on a coutume de le faire. — Les deux expres-
sions suivantes sont fautives: je suis toujours levé à cinq
heures du matin; je suis toujours de pointe à, etc. D. je suis
toujours debout dès cinq heures, ou je me lève à, etc.
LEVIER, s. m. N. P. un paufer; D. un levier de fer, ou
simplement un levier. (Paufer serait-il un contraction de pal
en fer ?) — Levier se dit pour palanche, qui n'est pas français.
LÉZARD, s. m. N. P. une gremillette.
LIAISON, s.f.
On compte en notre langue une foule de liaisons dangereuses qui
trahissent leur homme de bas lieu, et peu familier aux bons usages.
Demandez quelle heure il est à un homme qui vous réponde : — Il
est onze heures-%,-un quart, ou onze heures-z-et demie; vous en con-
cluez à l'instant que vous avez affaire à quelqu'un de petite éducation,
et ce qui est pire, à un sot. Lier les mots avec affectation dans le dis-
cours, fut de tout temps le propre de la pédanterie ; c'est un défaut
de maître d'écriture.
(Francis Wey, Remarques sur la langue française.)
La liaison de Yn est fautive dans les phrases suivantes: à
n'un clou ; à w'un bout ; à w'un tel.
LIBERTÉ, s. f. On peut dire, donner la liberté à un oi-
seau ; mais on ne peut pas lui donner la sauve.
LIEU, s. m. N. P. il y a lieu à le faire payer, il y a lieu à
délibérer, etc. D. il y a lieu de le faire payer, de délibé-
rer, etc. *
LIÈVRE, s. m. N. P. une lièvre, la lièvre.
LIGNEUL, s. m. Fil ciré qu'emploient les cordonniers.
N. P. du lignu.
LIM 133
LIMACE, s. f. N. P. un mitron.
LINGE, s. m. L'expression être pâle, blanc comme un
linge, P. F. — Le subs. nappage P. F.; D. du linge de table.
LINOTTE, s. f. Oiseau. N. P. une ninotte.
LIQ UEUR, s. f. Nous donnons, à tort en général aux li-
queurs, le nom de riquiqui.
LIRE, v. a. N. P. lire sur un journal, sur un livre ; D. lire
dans un journal, dans un livre. — Nous disons d'un cheval
qu'il lit la gazette, lorsqu'il est à la porte d'une auberge sans
avoir de quoi se repaître, tandis que son maître se divertit
à boire et à causer.
LIS, s. m. (Pr. l's.) Fleur de lis. j
LISÉRÉ, s. m. N. P. liseré, liseret.
LITEAUX, s. m. plur. Raies colorées qui traversent les
toiles d'une lisière à l'autre : des serviettes à liteaux. (Voyez
latte)
LIZÉE, s. f. N. P. du Usé, du lisié.
LOCATIS, s. m. (Pr. l's.) Cheval de louage, pop.
LOIN, adv. Loin signifie à une grande distance; on ne
peut donc pas dire loin pour absent : votre père est-il à la
maison ? — Non, il est loin, P. F.
LONGTEMPS, adv. N. P. il n'y a rien longtemps que.... ;
D. il y a fort peu de temps que.... — Beau temps, beau temps
et beau terme, pour longtemps, P. F.
LOQUACITÉ, s. f. (Pr. lo-kou-a-cité.)
LOQUE, s. f. Pièce, morceau, guenille, lambeau: il a mis
son habit en loques. N. P. en briques; il a tout dépondu son
habit.
LOQUET, s. m. N. P. piclet, péclet, péclette ;D. un loquet.
— Loquet, s. m., signifie encore brosse de chiendent. N. P. un
torchon de rizette.
LOQUETER, v. a. Remuer le loquet d'une porte pour in-
diquer qu'on a l'intention d'entrer. N. P. picleter, pécleter.
134 LOR
LORS, adv. (Pr. lor.) Signifie alors. N. P. lors de mon
passage à D. à mon passage à
LOT, s. pr. (Pr. le t.) Ville et département de France.
LOT, s. m. (Pr. lô.) Portion d'un tout partagé entre plu-
sieurs personnes.
LUCARNE, s. f. Ouverture pratiquée au toit d'une mai-
son. N. P. une luquerne.
LUCRATIF, adj. N. P. lucratif.
LUNDI, s. m. N. P. faire le bon lundi ; D. faire le lundi
(Acad.), ou la saint lundi. (Besch.)
L'UN ET L'AUTRE, L'UN L'AUTRE. L'exemple suivant
rendra sensible la diiférence qui existe entre ces deux lo-
cutions: l'un et l'autre étant dans l'erreur, ils se trompent
l'un l'autre\ pour, tous deux étant dans l'erreur, ils se trom-
pent mutuellement.
LUTH, s. m. (Pr. le t.) Instrument de musique.
LUTIN, s. m. Les gens superstitieux désignent sous le
nom de servant un lutin, ou esprit follet. Ce mot P. F.
LUTTE, s. f. Avoir une empoignée avec quelqu'un, P. F.
Faites usage des mots lutte, dispute, querelle, etc.
LUTTER, v. n. Se prendre corps à corps avec quelqu'un
pour le terrasser. N. P. se ringuer avec quelqu'un ; D. lutter
avec, contre quelqu'un. (En allemand ringen, signifie lutter.)
LUZERNE, s. f. Plante. N. P. luizerne.
M
MACARON, s. m. N. P. un biscotin ; D. un macaron, des
macarons.
MACHE, s.f. Plante. N. P. du rampon; D. de la mâche.
MACHER, N. P. il faut lui mâcher le papet ; D. il faut tout
lui mâcher, ce qui signifie: il a besoin qu'on lui explique les
choses les plus simples. Nous disons aussi d'un homme qui
MAC 135
articule mal pour avoir trop bu : il ne peut pas mâcher le
papet; il faut dire qu'il a les dents mêlées.
MACHINE, s. f. Ce mot est français ; mais nous l'employons
souvent d'une façon singulière: c'est machine qui me l'a dit.
On se sert à peu près de la même manière des mots machin,
machinante. Avec ce machin-lk je ne craindrais pas deux
hommes. As-tu trouvé la machinante en question ? Ce sont
autant d'expressions incorrectes.
MACHONNER, v. a. Manger avec difficulté ou négli-
gence. N. P. mâchïller, mâchouiller.
MACIS, s. m. (Pr. mâci.)
MAIGRE, MAIGRI, adj. Maigre désigne un état naturel;
il mange beaucoup et pourtant il est maigre. Maigri, qui
est devenu maigre : il paraît qu'il a été malade , car je le
trouve maigri.
MAIGRELET, adj. Un peu maigre. N. P. maigrolet.
MAILLE, s. f. N. P. laisser couler ou écouler une maille;
maille coulée ou écoulée; D. laisser tomber une maille,
maille tombée.
MAILLER, v. a. et n. Ce mot est français , mais il ne
doit être employé dans aucune des acceptions suivantes :
Cet enfant a maillé le bras à son camarade. La viorne ne
se casse pas facilement , elle maille plutôt. Quand une ser-
rure s'ouvre difficilement, on risque d'en mailler la clef.
Cette viande maille.
MAIN, s. f. Levée au jeu de cartes. N. P. une plie , des
plies; D. une main, une levée. Les mains m'en tombent,
les bras m'en tombent, signifie j'en éprouve une grande
surprise. N. P. les mains me tombent, les bras me tombent.
Toucher dans la main à quelqu'un, c'est mettre sa main
dans la sienne en signe d'amitié, de réconciliation, d'ac-
cord , d'acquiescement. Ils se sont touché dam la main.
(Acad.) N. P. ils se sont touché la main. — N. P. votre
136 MAI
affaire est entre bonnes mains ; D. votre affaire est en bonne
main. — N. P. une bonne main; D. un pourboire.
MAIS, s. m. On l'appelle aussi blé de Turquie. N. P. du
gros blé. — Ce que nous appelons de la non-nette ou du
gros blé est une sorte de froment.
MAISONNETTE, s. f. Nous donnons le nom de cdpites
aux maisonnettes que l'on construit dans les vignes , soit
pour y serrer les outils , soit pour s'y abriter, P. F.
MAJEUR, E, adj. L'adj. majeur signifiant très bien",
très important, forme par lui-même un superlatif et ne
saurait pour cette raison être précédé des mots très, fort,
bien, le plus, le moins.* Ainsi, on ne doit pas dire : une er-
reur très majeure.
MAL, adv. L'expression se faire mal, il s'est fait mal, ne
se trouve pas dans les dictionnaires et peut, je pense, être
remplacée par le verbe se blesser. — Sentir mal, pour sentir
mauvais, P. F. — Il n'est pas mal, pour il est assez joli, ne
peut pas se dire.
MALADE, adj. Il a la crevaison pour : il est dangereuse-
ment malade, P. F.
MALENTENDU , s. m. N. P. un mésentendu.
MALGRÉ , prép. N. P. quoique ça je ferai ce qui me
conviendra; D. malgré cela je ferai, etc.
MALIN, adj. Le féminin de cet adj. est maligne et non
maline. N. P. la fièvre maline.
MALINGRE, adj. D'une complexion faible; enfant ma-
lingre. N. P. d'un semblable enfant, c'est un écremin , un
fémelin, un écoué.
MAMAN, s. f. N. P. marna.
MANCHE, s. m. Nous disons branler au manche , pour
avoir sa fortune ébranlée ; il faut dire branler dans le man-
che. — Tenir le couteau par le manche, expression dont nous
nous servons pour dire : être le maître de la situation. Cette
M AN 137
manière de s'exprimer n'est pas dans les dictionnaires ;
c'est dommage. — Avoir les jambes en manche de veste, P. F.
MANCHERONS, s. m. plur. Partie de la charrue qu'on
tient avec les mains lorsqu'on laboure. N. P. les cornes de
la charrue; D. les mancherons.
MANIER, v. a. N. P. il a beaucoup d'argent en maniance ;
D. il manie beaucoup d'argent. Le subs. maniance P. F.;
on dit le maniement : le maniement des affaires, des finances.
MxlNIOC, s. m. (Pr. maniû ou maniok.)
MANIQUE, s. f. Espèce de gant ou demi-gant que cer-
tains ouvriers mettent à la main pour qu'elle puisse résister
au travail. N. P. la marnicle. Connaître la marnicle, pour
se connaître à quelque chose, P. F.
MANNE, s. f. (L'a est bref.) Panier d'osier plus long que
large, qui a une anse à chaque extrémité, et où l'on met
du linge, etc. D'après cette définition, il est évident que
l'ustensile dont il est question n'est autre chose que notre
corbeille. (Voyez le mot corbeille.)
MANQUE- A-TOUCHER, s. m. Se dit au jeu de billard
lorsque ie joueur n'atteint pas la bille sur laquelle il jeue.
N. P. faire un manque-à-touche. — Manque-à-toucher ne se
dit pas au figuré pour maladresse , manque de tact. — Le
subs. bourricade, employé dans le même sens, P. F.
MANQUER, v. a. N. P. bêder.— Béder est un vieux mot
qui signifiait réduit à recommencer. On trouve dans H.
Etienne :
Mais on les fist sur pié sur bille
Bientost béder et retourner.
MARAUDE, s. f. N. P. aller à la maraude; D. aller en
maraude.
MARC, s. m. (Pr. mar.) Poids de marc ; marc de raisin,
de café.
MARCHAND AILLER, v. a. Marchander longtemps pour
138 MAR
peu de chose. N. P. ravauder. Ravauder signifie raccommo-
der de méchantes hardes à l'aiguille : ravauder des bas ,
ravauder une veste, un caleçon.
MARCHÉ , s. m. N. P. faire une pache; D. faire un mar-
ché. Pache est un vieux mot qui signifiait pacte, convention.
— N. P. le marché du beurre, le marché du foin, des va-
ches , etc.: D. le marché au beurre, au foin, aux vaches,
etc.
MARCHÉ (A BON), adv. N. P. acheter bon marché,
vendre bon marché; D. acheter à bon marché , vendre à
bon marché.
MARCOTTE, s. f. Terme de jardinier. N. P. une mar-
cotte, margolter.
MARGE, s. f. Au figuré , latitude pour agir. Laisser assez
de marge à quelqu'un pour exécuter son projet. Prendre du
champ, se disait dans les combats en champ clos, pour
prendre de l'espace pour mieux fournir sa carrière. On
voit, par ces définitions, qui ni laisser de la marge, ni prendre
du champ, ne rendent l'expression prendre de l'emparé dont
le sens est d'une désespérante généralité , comme le prou-
vent les expressions suivantes : Un ouvrier taille un habit ;
le maître qui l'observe lui dit : prenez un peu d'emparé de
ce côté, M. N. a l'épaule droite plus grosse que l'épaule
gauche. — Cinquante francs suffisent; mais je préfère pren-
dre un peu d'emparé. — Un tireur dira : le vent n'est pas
encore assez fort pour guidonner, mais il faut prendre un
peu d'emparé (à droite, ou à gauche). — Je vous préviens
qu'il marche bien; donc, si vous voulez arriver avant lui,
prenez de l'emparé , joliment d'emparé , etc. Quel est l'équi-
valent français de prendre de l'emparé ? — Emparer quel-
qu'un, tenir, prendre son parti: pariez seulement, je vous
empare. Les mots empare, emparer, P. F. dans le sens que
nous leur donnons.
MAR 139
MARGOUILLIS , s. m. Lieu plein de boue, d'ordures.
N. P. patrigot, pacot.
MARIE-GRAILLON, s. f. Femme malpropre, en gue-
nilles; bas et pop. (Besch.) N. P. marion- graillon.
MARIER, v. a. Joindre par le mariage, donner la bé-
nédiction nuptiale. N. P. d'un homme, il a marié sa domes-
tique; D. il a épousé sa domestique. — N. P. ce pasteur nous
a épousés; D. ce pasteur nous a mariés.
MARMONNER, v. a. Murmurer entre ses dents. N. P.
mormonner.
MARQUEUR, s. m. N.P. un cibare.
MARRON, s. m. Fruit du marronnier. N. P. un amarron,
un amarronnier.
MARS , s. pr. (Pr. l's.) Le mois de mars.
MARTIN-SEC, s. m. N. P. une poire martin sèche; D.
un martin-sec.
MARTYRISER, v. a. N. P. martériser.
MASQUE, s. m. Faux visage de carton peint. N. P. une
visagère.
MASSE, s. f. Au jeu de billard; gros bout de la queue.
N. P. le talon.
MASTIQUER, v. a. Ne peut se dire pour manger ; mais
on peut dire la mastication pour l'action de mâcher, de di-
viser les aliments solides avec les dents.
MAT, adj. (Pr. le t.) Or mat.
MATOU, s. m. Chat entier. Matou ne peut se dire pour
nigaud, benêt.
MATRICULE, s. f. Dites la matricule d'une commune,
d'une école, etc.
MAUVAIS, adj. Crouïe pour méchant, mauvais, P. F. —
En parlant du temps, ne dites pas il fait laid; D. il fait
mauvais. Cet enfant a toujours de mauvaises raisons à la
140 MAZ
bouche; au lieu de me remercier, il m'a dit des mauvaises
raisons, P. F. ; il faut dire de ou des mauvais propos.
MAZUT, s. m. Nom donné au chalet dans quelques par-
ties de la France. Le mot mazol, qui n'est pas dans le dic-
tionnaire, vient-il de mazut? Nous donnons le nom dewa-
zots à de petites constructions qui servent de fenils sur les
Alpes. — On lit dans le Lexique roman de Raynouard : '
Bore ni sieutat ni mazatge
Bourg ni cité ni hameau.
MÈCHE, s. f. N. P. une chafere ; D. une mèche, un forcet.
— N. P. une quelle de cheveux; D. une mèche de cheveux.
(En allemand die Kette signifie la chaîne.)
MÉDIAT, adj. (Pr. média.)
MÊLER, v. a. N. P. un écheveau emmêlé ; D. un éche-
veau mêlé; des cheveux mêlés.
MEMBRU, adj. Qui a les membres gros et forts. N. P.
membre.
MENDIER, v. a. Le mot raucaner P. F.
MENEHOULD (S*). (Pr. S* menou.) Ville de France,
Marne.
MENER, v. a. Ce verbe ne peut s'employer dans les
phrases suivantes : Quand cette serrure aura été un peu
menée, elle s'ouvrira plus facilement ; quand ces souliers
auront été un peu menés, ils ne me blesseront plus.
MENTON, s. m. N. P. un menton à tapette; D. un menton
de galoche.
MENTOR, s. pr. (Pr. mintor.)
MENUISIER , s. m. N. P. menusier, menuserie ; D. me-
nuisier, menuiserie.
MERCI, s. m. A l'exception des expressions merci de
moi, merci de ma vie , peut-on dire merci de, merci du,
merci de la, comme dans ces locutions-ci : merci de vos
conseils; merci du compliment; merci de la préférence?
MER 141
Selon les dictionnaires la réponse me paraît devoir être
négative.
MERCREDI, s. m N. P. mécredi.
MÈRE, s. f. C'est tout un signifie,- il n'importe, cela est
égal. Nous disons c'est tout ma mère m'a fait : prenez celui-ci,
prenez celui-là, c'est tout ma mère m'a fait, P. F. — Mère,
masse séreuse qui sert à faire tourner le vin en vinaigre; ce
mot P. F. dans ce sens. Mais on lit dans Besch. à l'article
mère : Tonneau dans lequel on convertit le vin en vinaigre.
MÉRELLE ou MARELLE, s. f. Jeu d'enfants qui pous-
sent à cloche-pied un palet entre des lignes. N. P. jouer au
pater, à pasteur; D. jouer à la mérelle.
MERRAIN, s. m. Bois de chêne fendu en menues plan-
ches. N. P. du marrain.
MESSAGER, s. m. Je n'ai pas trouvé dans mes dict. l'ex-
cellente expression proverbiale: nul messager ne doit être
battu. Malgré cela, je crois qu'on peut l'employer.
MESSÉANCE, s. f. Manque de bienséance. Serait-ce l'o-
rigine de notre mot metzancel Ou bien, serait-ce le mot
meschance ? On trouve dans la Farce de l'avocat Pathelin :
Hélas ! le povre chrestien
A assez de maie meschance.
MESSIER, s. m. On dit aussi garde -champêtre. N. P. le
messeiller.
MÉTEIL, s. m. Froment et seigle semés, cultivés et mou-
lus ensemble. N. P. du messel, du moitié.
MÉTIS, SE,adj. (Pr. méti.)
METTRE, v. a. Enfater, pour mettre dans sa poche, ca-
cher, entrer dans un lieu, P. F.
MEUTE, s. f. N. P. une mute, la mute.
MICROSCOPE, s. m. N. P. miscrocope.
MIDI, MINUIT, s. m. Ces mots ne s'emploient jamais au
142 MIE
pluriel. N. P. midi précise, minuit précise; D. midi précis,
minuit précis. Dites aussi sur le midi, sur le minuit.
MliyjX, adv. Ce mot ne doit pas s'employer pour plus.
N. P. il a gagné mieux- de cent francs; B.plus de cent francs.
N. P. il danse des mieux, il chante des mieux; D. il danse
fort bien, il chante fort bien. Cette jeune fille est la mieux du
village, P. F. Dites la plus jolie ou prenez un autre tour. —
N. P. il était malade hier, aujourd'hui il est tout ringolet;
D. aujourd'hui il va mieux.
MIGNONNETTE, s. f. N. P. des œilletons; D. des mi-
gnonnettes ou des mignardises.
MIJAURÉE, s. f. N. P. faire la pouine; D. faire la mï-
jaurée. x
MIJOTER, v. a. Faire cuire lentement. N. P. faire bou-
tonner la soupe, etc.; D. mijoter de la soupe, de la viande.
MIL, s. m. (L'J est mouillée.) Grain de mil ou de millet.
N. P. du panais.
MINABLE, adj. L'adj. minable ne se trouve pas dans la
plupart des dictionnaires français; D. pauvre, misérable.
MINCE, adj. On dit, cet homme a la mine bien mince,
c'est un homme bien mince, c'est-à-dire, il a l'air de peu de
considération, de peu de mérite. (Acad.) Nous disons c'est
un mince, un tout mince, un fin mince ; quelquefois nous com-
plétons l'idée en disant c'est un mince gueux.
MIRE, s. f. Bouton placé au bout d'un fusil, etc. Dans le
canton de Vaud, on donne le nom de guidon à une mire mo-
bile; de là, guidonner, donner du guidon, pour dire placer le
guidon eu égard à la direction du vent. Les mots guidon,
guidonner ne sont pas français dans ce sens, mais je pense
qu'on peut les conserver comme termes techniques, qui
trouveront plus tard une place dans le dictionnaire. On en
peut dire autant des mots échantillonnage , échantillonner,
ègance, égancer, distac, etc. A l'occasion du mot échantillon-
MIR 143
ner, j'ai trouvé dans le dict. R. W.: échantiller, confronter
une mesure, ou un poids avec l'étalon ou l'original.
MIRIFIQUE, adj. Se dit quelquefois en plaisantant pour
admirable, merveilleux. N. P. mirlifique.
MIROIR, s. m. Faire la rate avec un miroir, P. F. — Le
v. n. miroiter signifie réfléchir la lumière.
MISE, s. f. Ce qu'on met au jeu. N. P. mon mis, ton mis;
D. ma mise, ta mise. — Les expressions: il y a une mise de
bois, je veux aller miser, P. F.
MITAINE, s. f. N. P. une paire de mites; D. une paire de
mitaines. — Miton, s. m., diminutif de mitaine, est un mot fran-
çais. — On dit aussi onguent miton mitaine pour remède sans
valeur.
MITE, s. f. Genre d'insecte de la tribu des acarides, qui
attaque la farine, etc. J'ai lieu de croire que c'est l'individu
appelé carquillon dans plusieurs villages de la partie sud-
ouest du canton. (Cuvier, tom. IV, pag. 283.)
MODE, s. f. N. P. chaque pays, chaque mode; D. chaque
pays a sa mode.
MOELLE, s. f. (Pr. mo-èle et non pas moi-le.)
MOELLON, s. m. (Pr. moallon.) Pierre à bâtir. N. P. un
melion. >
MŒURS, s. f. plur. (Pr. meur.)
MOIGNON, s. m. (Pr. mognon.) Extrémité supérieure
d'un membre dont le reste a été coupé.
MOINDRE, adj. Ne peut se dire pour indisposé, légère-
ment malade; il est moindre, toujours moindre, catole. A Orbe
on dit, je suis toute dé faufilée, P. F.
MOINEAU, s. m. N. P. en parlant d'un homme déplai-
sant, c'est un vilain moineau, un sot moineau. L'expression
beau merle se dit ironiquement d'un homme laid, mal fait,
sans esprit. — C'est un fin merle, c'est un homme fin et rusé.
(Acad.)
144 MOI
MOINS, s. m. On ne peut pas dire le moins des moins: ce
couteau vaut cinq francs pour le moins des moins, P. F. — Je
l'ai payé, sans le moins de dix francs, P. F. — Vous ne pou-
viez faire de moins que de l'inviter, P. F.; il faut dire: vous
ne pouviez faire moins que, etc.
MOITE, adj. Pour les deux genres: avoir le front moite,
les mains moites. N. P. mate.
MOITIÉ, s. f. (Pr. moa-tié et non moa-kié.) N. P. être par
ensemble; D. être de moitié, se mettre de moitié.
MOLÈNE BOUILLON-BLANC, s. f. C'est le nom que
les botanistes donnent à la plante appelée vulgairement bon-
homme.
MOLETTE, s. f. Cône de marbre qui sert aux peintres à
broyer les couleurs. N. P. le broyon.
MOLLASSE, adj. Se dit des personnes dont les organes
et toutes les parties du corps sont dans un état de relâche-
ment. N. P. chenoille.
MOLLETON, s. m. N. P. mouleton.
MOMENT, s. m. Un bon moment signifie un instant favo-
rable. Je l'ai attendu un bon moment pour dire longtemps,
P. F. ; il faut dire un long moment. — Avez-vous achevé votre
ouvrage? — Non, parce que je n'y travaille que des moments,
P. F.
MOMOT, s. m. (Pr. momo.) Genre d'oiseau, ne peut se
dire pour épouvantail : il a peur du momo, P. F. Le momo,
en grec mommo et mormo. Voyez Elie Bertrand, Recherches
sur les langues anciennes et modernes de la Suisse et princi-
palement du pays de Vaud. — Marmo, spectre, voyez Jardin
des racines grecques, le dict. R. W. au mot momeur, et Besch.
à l'article momon.
MONDE, s. m. Nous disons souvent à tort toute la mite-
nandre, pour dire tout le monde, tout le bataclan. (En allemand
mit einander signifie ensemble.) — Nous employons souvent
MON 145
la curieuse expression: je ne sais pas dans ce Dieu monde ce
qu'il fait, ce qu'il pense. On ne sait pas dans ce Dieu monde
où il prend tout l'argent qu'il dépense.
MONTÉE, s. f. Petit escalier dans une maison de pauvres
gens. (Acad.) Cette définition suffit pour faire comprendre
que nous donnons souvent au subs. montée un sens qu'il n'a
pas. — Faire sauter les montées à quelqu'un, le chasser hon-
teusement de chez soi. (Acad.) N. P. faire sauter les escaliers.
MONTER, v. n. On doit dire monter avec une échelle,
monter à une échelle, à l'échelle, sur une échelle; mais on ne
peut pas dire monter l'échelle. — N. P. le baromètre est
monté; D. a monté.
MONTFERRINE. s. f. Sorte de danse. N. P. mouferine ;
D. montferrine et pr. monférine.
MORCEAU, s. m. N. P. un bocon, une morse. — Les mots
carnpiau, trinquet, tinquet, P. F. Dites un gros morceau, un
quignon, une bribe; ces trois expressions sont synonymes.
— Le mot chiquet est français et signifie petite partie d'un
tout; il ne saurait se dire pour gros morceau. Chiquet-à-chi-
quet équivaut à peu à peu : payer chiquet-à- chiquet, payer
par petites sommes, peu-à-peu.
MORD AILLER, v. a. Fréquentatif de mordre: mordre
légèrement. N. P. mordiller.
MORIGÉNER, v. a. Corriger. N. P. moriginer.
MORSURE, s. f. (Pr. morçure.) N. P. mordure, morzure.
MORTEL, adj. N'a ni comparatif, ni superlatif.
MORTIER, s. m. Vase où l'on pile. N. P. un pilon. Le
pilon est l'instrument pour piler.
MORT-IVRE, adj. On dit mort-ivre en parlant d'un homme
et ivre-morte en parlant d'une femme.
MORVE, s. f. Humeur qui sort des narines. N. P. de la
mourve, de la moque. — Ce n'est pas de la moque de chat,
GLOSS. vaud. 10
146 MOR
pour dire ce n'est pas peu de chose, c'est une chose impor-
tante, P. F.
MORVEUX, EUSE, adj. Terme de mépris, fam. Petit
morveux, petite morveuse. N. P. petit mourveux, petite mour-
veuse.
MOUCHER, v. a. Ce verbe n'est jamais neutre; ainsi il
ne faut pas dire : je mouche beaucoup ; D. je me mouche beau-
coup, souvent.
MOUCHERON, s. m. Petite mouche. N. P. mousson; mous-
sillon, mouchillon, — Moucheron se dit aussi du bout de la
mèche d'une chandelle qui brûle et qu'il faut moucher.
N. P. un mouchon. ( Voy. ce mot.) — Le mousseron est une
espèce de champignon.
MOUCHETTES, s. f. plur. On doit dire les mouchettes et
non la mouchette.
MOUCHON, s. m. Filament enflammé de la mèche qui fait
couler le suif et qu'on appelle familièrement un voleur.
(Besch.)
MOUE, s. f. N. P. faire la pote; D. faire la moue ou bouder.
Se lécher les potes, P. F.; mais on peut dire s'en lécher les
doigts, cela est à s'en lécher les doigts, pour cela est excellent
à manger. — Il existe un adj . pote qui est le radical de po-
telé: mains potes. Nous employons l'adj. potu, e, pour qualifier
une personne qui fait constamment la moue ; ce mot P. F.
MOUILLE-BOUCHE, s. f. Sorte de poire. D. une mouille-
bouche, une excellente mouille-bouche. (Au pluriel, écrivez des
mouille- bouche.)
MOUILLÉ, adj. L'adj. dépurant P. F.
MOUILLURE, s. f. N. P. du mouillon, de la mouille.
MOULER, v. a. On dit qu'on en fera bien mouler à quel-
qu'un pour exprimer qu'on lui donnera bien de la peine;
mais l'expression: faire mouler quelqu'un, pour dire l'obliger
à céder, P. F. (Voy. caponner.)
MOU 147
MOULIN, s. m. Faire venir l'eau au moulin signifie se
procurer du profit par son industrie. N. P. faire ses ferrettes.
On peut employer aussi le verbe gagner.
MOURIR, v. n. N. P. défunter. Voltaire a dit trousser pour
mourir; mais trousser pour casser, P. F.
MOUSTACHE, s. I N. P. cet homme porte des mousta-
ches; le singulier est préférable.
MOUT, s. m. Nous disons d'un mets qu'il n'a ni goût ni
moût pour dire qu'il manque d'assaisonnement. Cette expres-
sion ne se trouve pas dans le dict.
MOYEN, s. m. N. P. écrire en médiocre; D. en moyen*,
MUGUET, s. m. Plante. N. P. le murguet.
MUID, s. m. (Pr. mui.) Mesure.
MUR, adj. En état d'être cueilli. N. P. meur. — N. P. maU
mûr; D. qui n'est pas mûr ou à demi mûr.
MURAILLE, s. f. Enfermer quelqu'un entre quatre mu- 1
railles, le mettre en prison. N. P. entre quatre murs.
MURE SAUVAGE, s. f. N. P. meure 3 meuron, mûr on.
MUSARAIGNE, s. f. Petit animal à museau long et'
pointu de la grosseur d'une petite souris. N. P. un muset, .
un mouset.
MUSCADE, s. f. N. P. muscate.
MUSCADELLE, s. f. Sorte de poire. N. P. une poire mus- f
cale; D. une muscadelle, une délicieuse muscadeïle. r
MUSEAU, s. m. N. P. le mor, le mourre ; D. le museau, lé
muffle. Boire à mourre de vache, se dit chez nous pour se met-
tre sur les genoux et sur les mains, pour boire dans un
ruisseau, ou lorsqu'un verre est plein jusqu'au bord, boire
une partie de ce qu'il contient sans le prendre dans la main.
On lit dans Rabelais :
Fayz lui en signe une gresle de coupz de poing sus le mourre.
(Pantagruel, liv. III, chap. XX.)
MUSELIÈRE, s. f. N. P. une musilière.
m mus
MUSER, v. n. Perdre son temps à des riens. N. P. fouti-
masser.
MUSSER, v. a. Cacher. (Vieux mot.) On dit en patois : Lo
sélausémussé,\e soleil se cache; aou sélau mussi, au soleil
couchant. Le chevalier de La Tour Landry emploie ce
verbe :
Et là où l'on muce son larrecin.
Clément Marot fait aussi usage de ce mot. (En latin mus
signifie rat.)
MYRTE, s. m. Plante. N. P. myrlre.
N
NABOT, E, s. m. Qui est de très petite taille, N. P. nain-
bot, nainbote, rabot, rabote, botolion.
NACRE, s. f. N. P. du nacre; D. de la nacre.
NAIN, adj . Fait naine au féminin et non pas nine.
NÈFLE, s. f. Fruit du néflier. N. P. une nèfe.
NENNI, adv. (Pr. nani.)
NERF, s. m. L'/"ne se prononce qu'au singulier; au plu-
riel pr. ner.
NET, TE, adj. (Pr. le t.) Net comme torchette, P. F. On
dit net comme une perle, net comme un denier.
NETTOYER, v. a. (Pr. néto-a-ié.) N. P. netteyer.
NEUF, adj. Vf ne se prononce pas devant une consonne
ou une h aspirée: neuf plumes, neuf héros. Devant une
voyelle ou une h muette, il prend le son du v.
NEUF (A), adv. Il ne faut pas confondre à neuf et de neuf.
On dit: refaire à neuf, tout à neuf; remettre à neuf, blanchir
à neuf ; mais il faut dire habiller un enfant de neuf; s'habil-
ler de neuf. On l'a habillé tout à neuf pour les promotions,
P. F.; il faut dire tout de neuf.
NEZ 149
NEZ, s. m. Il est si jeune que si on lui tordait le nez il en
sortirait encore du lait. Se dit d'un très jeune homme qui
veut se mêler de choses au-dessus de son âge. Nous disons:
il n'a pas encore les oreilles essuyées. Je n'ai pas trouvé cette
expression. En voici quelques-unes que donnent les diction-
naires : cela vous passera bien loin du nez ; c'est-à-dire cela
ne sera pas pour vous. — Votre nez branle, c'est-à dire, vous
ne dites pas la vérité. Je n'ai pas trouvé les suivantes: ce
n'est pas pour ton chien de nez. — Sens voir si le nez te branle.
— Se crouillonner le nez, P. F.
NIAIS, s. m. Nous disons, quelle gogne ! quelle gogne d'in-
dividu! C'est de la gogne. Le mot gogne, qui est un terme de
mépris employé pour désigner un niais, un homme, une
chose sans valeur, P. F.
NICHET, s. m. Oeuf qu'on met dans les nids préparés pour
la ponte des poules. N. P. le gniô, le niau.
NIQUED OUILLE, s. m. Sot, nigaud. N. P. niguedouille ,
niguedandouille.
NITÉE, s. f. Les enfants disent: je connais une nite de
fraises, de violettes, etc., pour dire un endroit où il y a beau-
coup de fraises, de violettes, etc. Il faut dire, je connais une
nitée de....
NITOUCHE (SAINTE), s. f. Hypocrite. N. P. sainte-mi-
touche.
NIVEAU, s. m. N. P. à niveau de.... ; D. au niveau de
NOËL, s. pr. N. P. depuis la Noël, jusqu'à la Noël; D. de-
puis Noël, jusqu'à Noël.
NOISE, s. f. Querelle, dispute. N. P. chercher niaise, cher-
cher rogne, rognasser; D. chercher noise. Le verbe noiser
s'est dit dans le sens de chercher noise.
NOIX, s. f. On dit souvent : il arrange ça comme des noix
sur un bâton, pour dire il arrange les choses à sa façon, il
propose une solution impossible. Cette expression P. F.
150 NOM
NOMBRIL, s. m. (Pr. nombri.) N. P. le bourillon. En la-
tin, bolulus, une saucisse.
NOMINATION, s. f. On lit tous les jours dans la Feuille
des avis officiels des phrases comme celle-ci: la place de ré-
gent de.... étant à repourvoir, etc. L'examen pour la repour-
vue de la place de régent à .... Or les mots repourvue, repour-
voir, P. F. Au lieu d'employer le mot repourvue, on pourrait
faire usage du subs. nomination, ou prendre un autre tour.
NON, adv. Il est détestable, cet enfant. Il est charmant
non pas, c'est-à-dire, au contraire, il est charmant. La locu-
tion non pas P. F. dans ce sens.
NONCHALANCE, s. f. N. P. nonchaliance.
NONCHALANT, s. m. N. P. nonchaliant.
NOTARIAT, s. m. Charge, fonction de notaire. Exercer
le notariat. N. P. le notarial.
NOUGAT, s. m. N. P. du noguat.
NOUILLES, s. f. plur. Espèce de pâte d'Allemagne, faite
avec de la farine et des œufs, et qui, par la manière dont
elle est coupée, ressemble au vermicelle. (Acad.) N. P. des
noudles. Nudel, nudeln (au plur.), est le nom allemand des
nouilles.
NOURRIR, v. a. N. P. nourrir un enfant à la bouteille;
D. allaiter un enfant au biberon.
NOUS, pr. per. N. P. nous y avons été nous deux mon
frère, nous deux ma sœur; D. mon frère et moi, ma sœur et
moi.
NOUVELLE, s. f. Nouveau ne peut se dire pour nouvelle.
N. P. y a-t-il de bons nouveaux ? D. y a-t-il de bonnes nou-
velles ? Mais on peut dire, voici du nouveau, aimer le nou-
veau, qu'y a-t-il de nouveau ?
NOYER, v. a. N. P. neyer. (Pr. noi-ier.) Autrefois on di-
sait nouer, comme le prouve le passage suivant du chevalier
de La Tour Landy :
NUA 151
.... Et lors tout le monde fust noyé et périllé.
Nous disons : il se noierait dans un verre d'eau , dans le
sens de trouver difficiles même les choses faciles. L'expres-
sion est interprétée différemment par Bescherelle : cet au-
teur lui donne le sens suivant : se dit d'un homme malheu-
reux et mal habile ; ce que l'Acad. rend par il se noierait
dans un crachat.
NUAGE, s. m. Niole pour nuage épais et orageux, P. F.
— Raynouard, dans son Lexique roman, au mot niola fait
les citations suivantes :
Niolas ses aigas.
Nues sans eaux.
Una niols clara del cel es deycendu da....
Une nuée brillante du ciel est descendue.
De la niol cazia neu per tôt environ.
De la nue tombait neige partout environ.
NUIT, s. f. Nous disons : de nuit tous les chats sont gris.
Il faut dire : la nuit tous chats sont gris. N. P. se mettre de
nuit; D. se mettre à la nuit.
NUMÉRO, s. m. Ne dites ni numéro 3 ni mimero; D. nu-
méro.
NUQUE, s. f. N. P. le cotzon; D. la nuque du cou ou sim-
plement la nuque.
OASIS, s. f. Dites une oasis et pr. Vs finale.
OBLIGER, v. a. Obliger, dans le sens d'imposer l'obligation
de, prend à ou de, au choix de l'oreille: la religion nous
oblige à secourir ou de secourir nos semblables. Dans le sens
de rendre service, il prend de et jamais à: vous m'obligerez
de m'accompagner. — Etre obligé ne se dit point des choses;
ainsi, au lieu de dire, le mérite oblige d'être modeste; D. le
mérite doit être modeste. — Je suis d'obligé de...., P. F.
152 OBS
OBSERVER, v. a. Observer, accompagné d'un régime in-
direct de personne, doit être précédé du verbe faire. Ainsi,
D. je vous ferai observer que...., il nous fit observer que. ..,.
et non pas, je vous observe que,... il nous observa que.... —
La même règle s'applique au verbe remarquer.
OBTUS, E, adj. (Pr. obtu.) Voyez émoussé.
OBUS, s. m. (Pr. Ys.) N. P. une obus, une obuse; D. un
obus.
OCCIPUT, s. m. (Pr. le*.)
OCCUPÉ, AGISSANT, adj. Qui fait le nécessaire, qui se
donne beaucoup de mouvement, qui prend du souci: tel est
le sens des mots couson; cousonner, qui ne sont pas fran-
çais.
OCCUPER (S'), v. pr. S'occuper à, se met avec les ver-
bes : il s'o,ccupe à me faire avoir une place. S'occuper de, se
met avec les substantifs: il s'occupe de mon affaire.
OEUF, s. m. (Pr. euf.) Cependant Vf ne se prononce pas
dans œuf frais, œuf dur, ni au pluriel ; on prononce un eu
frais, un eu dur, des eu. — En parlant d'un avare, N. P. il
tondrait un œuf; D. il tondrait sur un œuf.
OFFRE, s. f. D. une belle offre.
OFFRIR, S'OFFRIR, v. Offrir prend de; il offre de vous
accompagner. S'offrir prend à : il s'offre à nous accompa-
gner.
OH! interj. Oh! ouf! N. P. ouf le sot; ouf le méchant; le
mot ou n'étant jamais interjection.
OIGNON, s. m. Un oignon ne peut se dire pour une mon-
tre. — Etre propre comme un oignon, ne se trouve pas dans
le dict; mais on lit dans Besch.: Etre vêtu comme un oignon,
être très bien vêtu, être fort couvert de vêtements.
OING, s. m. (Pr. oin.) Vieille graisse dont on enduit les
roues d'une voiture.
OLIVE, s. f. Fruit de l'olivier. La plante que nous appe-
OMN 153
Ions olive, et que l'on trouve dans les prés au printemps, a
reçu des botanistes le nom de primevère. (Primula grandi-
flora.)
OMNIBUS, s. m. (Pr. Vs au sing. et au plur.)
ONGLE, s. m. Dites un ongle, des ongles trop longs.
ONZE, ONZIÈME, adj. ONZIÈMEMENT, adv. Dans ces
mots, la voyelle o se prononce avec une sorte d'aspiration.
OPIAT, s. m. (Pr. le t.) On peut dire aussi opiate, s. f.
ORAGEUX, adj. N. P. une tempête orageuse; c'est un pléo-
nasme ridicule ; D. simplement une tempête, ou une violente
tempête.
ORÉE, s. f. Bord d'un bois. N. P. la bordée, ce mot a un
autre sens.
OREILLONS, s. m. plur. Maladie des glandes voisines de
l'oreille. N. P. les ourles ; D. les oreillons.
ORGANE, s. m. Dites un bel organe.
ORGEAT, s. m. (Pr. orja.) Sorte de boisson. N. P. de l'or-
geade.
ORGELET, s. m. Bouton à l'œil. N. P. un orbet.
ORGUE, s. m. N. P. une quinquerne; D. un orgue de Bar-
barie.
ORTEIL, s. m. Doigt du pied, et particulièrement le gros
doigt du pied. N. P. Yorteuil.
ORTIE, s. f. Plante très commune. N. P. des ourties.
ORTJÉ, adj. N. P. la fièvre ourtillière ; D. la fièvre ortiée.
ORVET, s. m. Genre de serpent non venimeux. N. P. un
lanzer.
OS, s. m. (Pr. ô au singulier et au plur.)
OSCILLATION, s. f. (Pr. os-cil-lation.)
OSCILLER, v. n. (Pr. os-cil-lé.)
OSEILLE, s. f. Plante qui croît dans les prés et que les
enfants mangent avec avidité. N. P. de la salette, de la sa-
liette, de la sayette.
154 OSE
OSER, v. a. Avec oser, on supprime pas et point, lors-
qu'on veut exprimer faiblement la négation: je n'ose vous en
prier. Je n'ose pas, nie plus fortement; je n'ose point, plus
fortement encore.
OSIER, s. m. Nom vulgaire commun à plusieurs espèces
de saules dont on emploie les jeunes rameaux à faire des
liens, des paniers, etc. — Le pleyon est un petit lien d'osier,
avec lequel on attache les vignes, les branches d'arbre, les
cercles de tonneaux, etc. N. P. des avans.
OSSEUX, OSSU, adj. Osseux qui est delà nature des os;
ossu, qui a beaucoup d'os, de gros os.
OTER, v. a. N. P. tirer son chapeau ; D. ôter son chapeau,
ou se découvrir.
OUATE, s. f. (Pr. ouète avec aspiration.)
OUBLIEUX, adj. Qui oublie. N. P. oublieur.
OUI, adv. N. P. voui.
OURLET, s. m. N. P. faire une ourle.
OURS, s. m. (Pr. Ys.)
OUTRE, prép. N. P. en outre de cela; D. outre cela.
OUVERT, adj. N. P. les portes sont tout écalabrées; D.
sont tout ouvertes.
OVALE, adj. Le mot bélong P. F. Dîtes ovale, oblong. —
Beslone, oblong, dans le dict. R. W.
OXALYDE, s. f. Petite plante qui croît dans les bois et
dont les feuilles ont un goût agréable. N. P. du pain de cou-
cou; D. de Voxalyde. (Pr. okçalide.) En latin oxalys aceto-
sella.
PACHYDERMES, s. m. plur. (Pr. pa-chi-derme, et non
pa-ki- derme .)
PAILLASSE, s. f. N. P. garde-paille.
PAI 155
PAILLE, s. f. N. P. une bûche de paille; D. une paille, un
fétu. — N. P. tirer à la courte-bûche ; D. tirer à la courte-
paille. — Je n'ai pas trouvé dans le dict. l'expression cher-
cher les poux parmi la paille, que nous employons dans le
sens de: trouver à redire pour des causes insignifiantes.
PAIN, s. m. N. P. des oublis, des oublies ; D. des pains à
cacheter. — N. P. des navettes; D. des petits pains. — N. P.
une matole de beurre ; D. un pain de beurre. — N. P. du
nillon; D. du pain de noix. — Nous donnons le nom de bis-
caume à une sorte de pain d'épice qu'on ne fait qu'en Suisse.
C'est assez dire que les mots biscaume, biscaumier ne se trou-
vent pas dans les dictionnaires.
PAIR, s. m. Vivre avec quelqu'un de pair à compagnon; trai-
ter quelqu'un de pair à compagnon, le traiter comme si on
était son égal.
Ce chien, parce qu'il est mignon,
Vivra de pair à compagnon
Avec monsieur, avec madame.
(Lafontaine.)
Nous disons : ils sont pair et compagnon. — Pair ne peut
se dire pour couple (le mari et la femme). — N. P. voilà un
beau pair. — N. P. jouer à pair ou non pair; T>. jouer à pair
ou non.
PAIRE, s. f. Ne peut s'employer qu'avec un subs. plur.:
une paire de gants, de moucheties, de bottes, etc. N. P. une
paire de pantalons. (Voyez le mot pantalon.)
PALEFRENIER, s. m. N. Y.palfrenier.
PALONNIER, s. m. Pièce d'une voiture qui sert à atta-
cher les traits. N. P. le maillon; D. le palonnier.
PALOT, OTTE, adj. Un peu pâle. N. P. palet, palette : cet
enfant est toujours palet, P. F.
PAN, s. m. N. P. le pantet d'une chemise; D. le pan d'une
chemise.
156 PAN
PANACHE, s. m. D. unpanache. — Plumache, P. F.
PANADE, s. f. N. P. une soupe au pain cuit ; D. une pa-
nade.
PANERÉE, s. f. Plein un panier. N. P. dans ce sens un
panier de poires ; D. une panerée de....
PANNE, s. f. Graisse de porc. N. P. de la penne.
PANNEAU, s. m. N. P. un habit à panneau; D. un habit
à basques, le mot panneau ayant un autre sens.
PANNER , v. a. On lit dans le dictionnaire de Besche-
relle : « Panner se disait pour essuyer un meuble avec un
linge. Se panner, v. pr. Etre panne. » On sait qu'en patois
se pana signifie s'essuyer : va té pana, va t'essuyer.
PANNETON, s. m. Partie d'une clef qui entre dans la
serrure. N. P. la barbe d'une clef. Les trois parties d'une
clef sont Vanneau, la tige et le panneton.
PANSE , s. f. Se dit pour ventre. Quelle bouelle f P. F.
Dites quel ventre ! ou quelle bedaine f mais ce dernier mot
est fam. ; cependant Molière a employé ce mot dans le vers :
M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine.
On trouve dans Raynouard :
Tote l'entraille^ si corn li boel sont.
Revenant au mot bouelle , je ferai observer que les An-
glais disent bowel (pr. bauel) pour boyau, et que boyau s'é-
crivait boel en vieux français.
PANTALON, s. m. En parlant d'un seul vêtement de ce
nom, D. mon pantalon et non pas mes pantalons. Même re-
marque pour les subs. caleçon, culotte.
PANTOMIME , s. f. N. P. pantomine.
PAON, s. m. PAONNE, s. f. PAONNEAU, s. m. (Pr.
pan, pane, panô.)
PAPEGAI, s. m. Oiseau de bois, planté au haut d'une
perche. N. P. papagai.
PAPETERIE , s. f. (Pr. pap'trie.) N. P. papeterie.
PAP 157
PAPIER, s. m. N. P. du papier de poste ; D. du papier à
lettres. — Il n'est pas exact de dire : Avez-vous lu les pa-
piers? Il faut ajouter l'adj. publics et dire: avez-vous lu les
papiers publics ou les journaux ? N. P. du papier cassé ; D.
du papier brouillard.
.PAPIN, s. m. Farine bouillie dans de l'eau ou dans du
lait. Faire manger du papin à un enfant. (Besch.) Le même
auteur donne aussi le verbe paper en ajoutant : Se disait
pour manger à la manière des enfants. On voit par ces ci-
tations l'origine de notre mot papette, P. F.
PAR, prép. On verra par l'exemple suivant, le singulier
usage que nous faisons de la prép. par. — Où demeure
M. N**? — Je crois qu'il demeure par la rue du Pré, ou
par la Cheneau-de-Bourg , ou par St. Pierre. D. je crois
qu'il demeure dans la rue, etc.
PARADE, s. f. Ostentation; faire parade. Les verbes
parader, s'égalancher, P. F. — Défiler la parade signifie mou-
rir. Nous employons cette expression dans le sens de par-
tir, s'en aller, s'esquiver.
PARAPHE, s. m. D. un paraphe.
PARAPLUIE , s. m. N. V. par pluie, parepluie.
PARAVENT, s. m. N. P. un parevent.
PARCELLE , s. t. N. P. parchet ; D. parcelle , c'est une
bonne parcelle , ou suivant le cas un bon clos , un bon vi-
gnoble.
PAR-DESSUS, s. m. N. P. fa re la bonne grâce; D. don-
ner le par-dessus.
PARDONNABLE, adj. Ne se dit que des choses; on ne
doit donc pas dire qu'une personne est pardonnable ; il faut
dire qu'elle est excusable , ou prendre un autre tour.
PARDONNER, v. Veut un régime direct de chose, et
un régime indirect de personne ; d'où il suit qu'il ne faut
pas dire pardonner à son ingratitude, ni pardonner quelqu'un.
158 PAR
Il faut dire pardonner son ingratitude et pardonner à quel-
qu'un.
PAREILLE, s. fi L'expression populaire diable la pa-
reille ! pour marquer l'étonnement , P. F. On peut la rem-
placer en disant : c'est étonnant, ou par l'exclamation vrai-
ment!....
PARENT, s. m. Etre parent. N. P. je lui suis parent, je
lui suis de parent; D. je suis son parent, il est mon parent.
PARESSEUX, adj. Charoupe, charoupionge, charouperie,
P. F. Nous avons trois expressions extrêmement pittores-
ques pour dire d'un individu qu'il est un paresseux. Ce
sont : avoir les côtes en long ; avoir la peau des reins trop
courte ; trouver la terre trop basse. Ces expressions ne sont
pas dans le dictionnaire.
PARI, s. m. Gageure. N. P. une pariure.
PARIER, v. a. On entend souvent dire à la campagne :
veux-tu frémer que oui ? pour dire : veux-tu parier que....
Cette manière de s'exprimer a sa raison d'être. On lit dans
le conte intitulé le roi Flore :
Et je ferai la fremalle s'il vous plaict.
Et dans le chevalier de La Tour Landry :
Voire, dist le tiers, mectons une fermaille , laquelle obeyra mieulx.
PARLER, v. a. Parler allemand. N. P. talemacher. Ce
mot vient-il de l'allemand dolmetschen qui signifie inter-
préter ?
PART, s. f. On entend dire : Où vas-tu? A point d'en-
droit, P. F. Il faut répondre : nulle part.
PARTAGER AVEC, PARTAGER ENTRE. On dit par-
tager avec, quand on conserve une portion de ce qu'on par-
tage , et partager entre (et non partager à) , quand on ne se
réserve rien pour soi : j'ai tout partagé entre ces enfants et
non à ces enfants.
PARTENAIRE, s. m. Associé au jeu. N. P. partener.
PAR 159
PARTERRE, s. m. Faire des parterres se disait triviale-
ment pour tomber. Je préfère cependant cette expression à
celle-ci : faire des culs-plats, qui du reste n'est pas fran-
çaise.
PARTIE, s. f. N. P. faire une partie au billard, aux
quilles ; D. une partie de billard , de quilles , de loto, etc.
PARTIR, v. n. Lorsque partir signifie aller d'un lieu
dans un autre , il demande après lui la prép. pour, et non
la prép. à. N. P. il est parti à Vevey. Et sans attendre plus
longtemps, il partit à Genève; D. il partit pour....
PARURE , s. f. Ce qui a été retranché avec un outil.
(Acad.). On efface les traits du crayon de fusain avec des
parures. K P. avec du perrin, du perron f du parron.
PARVIS, s. m. (Pr. parvi.)
PAS , s. m. Les expressions suivantes P. F. : sans le pas
si c'est vrai; sans le pas si j'y irai ; diable le pas; D. ce n'est
pas vrai, je n'y irai pas.
PAS DU TOUT, adv. Vous le croyez? Avoué, c'est-à-
dire non pas du tout. Le mot avoue ne se dit plus. On lit
dans le conte d'Aucassin et Nicolette :
Avoi ! pères, fait Aucasin.
PASSAGER, adj. C'est abusivement que Ton emploie
l'adjectif passager, pour signifier où l'on passe fréquem-
ment. N. P. chemin passager, rue passagère ; D. chemin pas-
sant, rue passante.
PASSÉ, s. m. N. P. comme du passé; D. comme par le
passé.
PASSE-LACET, s. m. N. P. une aiguillette;!), un passe-
lacet.
PASSER, v. n. et pr. Cette fleur, cette couleur est passée,
signifie a perdu son éclat; cette fleur, cette couleur se passe,
c'est-à-dire perd son éclat. N. P. dans ce sens : cette fleur,
etc., passe.
160 PAS
PASTILLE, s. f. N. P. des tablettes à la bize ; D. des
pastilles de menthe.
PAT, s. m. (Pr. le t.) Terme d'échec.
PATATA. Onomatopée du galop du cheval : il courait
patata patata; N. P. palatin patata.
PATE , s. f. C'est une bonne pâte d'homme , une excellente
pâte d'homme, signifie un bon homme, un bon cœur d'homme.
N. P. c'est la pâte du bon Dieu.
PÂTÉ, s. m. Goutte d'encre tombée sur du papier. N. P.
cacabot.
PATÊRE, s. f. Ornement pour soutenir les rideaux. N. P.
un pater, un beau pater. D. une patère.
PATHOS, s. m. (Pr. l's.)
PATRAQUE, s. f. N. P. patracle.
PATROUILLER, v. a. Manier malproprement; trivial.
Patrigoter P. F.
PATTE, s. f. N. P. les piôtes, les crapies (pr. simultané-
ment l't et IV) d'une poule ; I). les pattes. N. P. un verre à
pied; D. un verre à patte. On dit aussi la patte d'une coupe.
(Acad.) N. P. c'est une patte mouillée; D. c'est une poule
mouillée.
PAYS , s. m. Nous disons , vous croyez ce qu'il dit ?....
— Vous êtes bien de votre pays, pour dire vous êtes bien
simple , bien crédule. Cette expression P. F.
PEAU , s. f. Ce mot est français , mais il ne peut se dire
pour fille perdue.
PÊCHER , s. m. Arbre fruitier. N. P. un pêchier.
PEIGNE, s. m. N. P. une peignette; D. un peigne fin.
PEIGNER (SE), v. pr. Je n'ai pas trouvé dans les Dict.
l'expression : voilà où les chats se peignent, c'est-à-dire la
difficulté est là.
PEINE , s. f. Nous disons : la peine passe le plaisir. On
trouve dans Besch. : peine passe plaisir.
PEI 161
PEINTURAGE, s. m. Action de peinturer, et effet qui
en résulte. N. P. peinturlurage.
PEINTURER, v. a. Enduire de couleur. N. P. peintur-
lurer.
PELOTER (SE) , v. pr. Se battre. N. P. se ploler.
PELOTON, s. m. N. P. ploton.
PELURE, s. f. N. P. la couenne du fromage, de la tomme;
D. la pelure du fromage, de la tomme; ôter la pelure, pelure
trop épaisse.
PENAUD, adj. N. P. peneux , peneuse; D. penaud, pe-
naude. '•
PENDILLER, v. n. N. P. ces linges bambillent; D. ces
linges pendillent.
PÉNIBLE, adj. Pénible ne peut se dire pour mauvais vin.
Que buvez-vous là ? C'est du pénible, P. F.
PENSER, v. n. N. P. je me pense, je me suis pensé; D.
je pense, j'ai pensé.
PENSION, s. f. Lieu où l'on est logé et nourri pour un
certain prix ; être en pension , chercher une pension. N. P.
prendre pension. On peut encore moins employer cette ex-
pression dans le sens de prendre ses repas seulement.
PENTAGONE , s. m. Pr. pan, ainsi que dans pmtandrie,
pmtapétale, pentaphylle , pentateuque.
PENTE, s. f. N. P. une râpille, une dérupe ; D. une pente
roide, rapide, abrupte, une côte escarpée. — Deruben s'est
dit pour ravin, précipice :
Ara s'en vay la ost per un grand deruben.
Maintenant l'armée s'en va par un grand ravin.
(Ràynouard.)
Pente ne peut signifier grande quantité : il s'en est donné
une pente , il en a pris une pente, P. F.
PENTURE, s. f. Bande de fer qui reçoit le mamelon
d'un gond. N. P. une épare, éparre.
gloss. vaud. il
162 PÉP
PÉPIE, s. f. N. P. pépie.
PÉPINIÈRE , s. f. N. P. pimpinière.
PERCER, v. n. N. P. cet enfant va bientôt percer ses
dents; D. les dents vont bientôt percer à cet enfant. On peut
dire aussi d'un enfant qu'il fait ses dents. — N. P. ce papier
perce; D. ce papier boit. — N. P. j'ai été transpercé jusqu'aux
os, pour dire j'ai été extrêmement mouillé de la pluie; D.
j'ai été percé jusqu'aux os. (Acad.)
PERCHE, s. f. Poisson. N. P. une perchette.
PERCHER (SE), v. pr. N. P. s'aguiller, se ganguiller ;
D. se percher.
PERCLUS , adj. Fait au féminin percluse.
PÈRE , s. m. Nous ajoutons souvent abusivement à l'af-
firmation les mots : mon père. Avez-vous osé lui dire tout
cela ? — Mon père oui. Tu n'es pas parti ? ■ — Mon père non.
PÉRIL, s. m. (Mouillez VI.) N. P. à ses périls et risques;
D. à ses risques et périls.
PERSIL, s. m. (Pr. perci.) Plante potagère.
PERSILLÉ, adj. N. P. du fromage persillet; D. du fro-
mage persillé.
PERTURBATEUR, s. m. N. P. pertubateur.
PÉTAUD, s. m. N. P. la cour du roi Petaud; D. du roi
Pétaud, lieu de confusion.
PÉTAUDIÈRE, s. f. Assemblée confuse. N. P. une pé-
taudière.
PETIT A PETIT, adv. N. P. petit zà petit.
PETON, s. m. Petit pied. N. P. des piotons ; D. des pe-
tons, fam.
PÉTRIN, s. m. N. P. une pétrissoire ; D. un pétrin, une
huche (h aspirée) , un pétrissoir.
PÉTRIR, v. a. Du pain pétri au lait, P. F. — Pétrir sur
l'eau, P. F.
PÉTULANT, adj. On dit d'un enfant vif, gai, pétulant,
PEU 163
mais point méchant , c'est un brelurin , un petit brelurin ;
ce mot P. F.
PEU, s. m. N. P. un petit peu; D. simplement un peu. —
Peu ne peut se dire pour un instant, un moment. N. P. prê-
tez-moi un peu votre livre; attendez-moi un peu. — Dans
peu, dans peu de temps ; sous peu, bientôt. N. P. avant qu'il
soit peu : j'irai vous voir avant qu'il soit peu, P. F. Il faut
dire dans peu, ou sous peu, selon le cas.
PEU A PEU, adv. N. P. peu zà peu.
PEUR, s. f. N. P. une belle peur; D. une grande peur.
— A moi la peur t si je l'ai dit , si je l'ai trouvé, si je l'ai
fait, pour exprimer que l'on n'a ni dit, ni trouvé , ni fait.
Cette locution P. F.
PEUT-ÊTRE, adv. L'adv. peut-être, employé avec le
verbe pouvoir, forme un pléonasme vicieux. N. P. peut-être
il pourra venir; D. peut-être il viendra.
PIALLERIE, s. f. N. P. des piaillèes ; on n'entend que
lui avec ses piaillèes, P. F.
PIAILLEUR, s. m. N. P. un piaillard.
PIANE-PIANE, adv. Lentement; marcher piane-piane.
(Besch.)
Le jardinier chargea son âne,
Qui, comme un vieux doyen de l'université,
Vers la cité
S'avança piane-piane.
N. P. aller, marcher pian-pian ; il allait pian-pian son pe-
tit bonhomme de chemin, P. F.
PIAPAN, s. m. Un des noms vulgaires de la renoncule
des prés. (Besch.) N. P. du piapau.
PIAULER, v. n. (Pr. piôler.) Se plaindre en pleurant.
N. P. piouler. Depuis le temps qu'elle pioule ! P. F.
PIC, PIVERT, s. m. Oiseau. N. F. un pique-bois.
164 PIC
PICOTER (SE), v. pr. S'agacer mutuellement. N. P. se
pichoter.
PIÈCE, s. 1*. Morceau d'étoffe pour raccommoder. N. P.
un tacon : ce mot, qui n'est plus usité, se disait autrefois des
pièces que l'on mettait aux souliers. — Faire l'arbre fourchu,
mettre la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de
l'autre. Nous disons faire la pièce droite, P. F.
PIED, s. m. N. P. il est, il a toujours le pied en l'air;
D. il a toujours un pied en l'air. — N. P. je voudrais qu'il
fût cent pieds sous terre; D. je voudrais qu'il fût à cent pieds
sous terre. — Dépêche-toi, ne mets pas deux pieds dans un
soulier. Je n'ai pas trouvé cette expression dans le diction-
naire; mais dans le même sens Besch. dit: aller de pied
comme un chat maigre. — Un revire-pied^ pour dire la lar-
geur du pied, P. F. — Tenir pied à boule, s'attacher à une
chose avec beaucoup d'application et de persévérance. N. P.
tenir pied en boule.
PIE-GRIÊCHE, s. f. Femme d'une humeur aigre et que-
relleuse. N. P. une pigrièche, une gribiche.
PIERRE, s. f. N. P. une pierre à feu; D. une pierre à bri-
quet, une pierre à fusil.
PIÉTONNER, v. n. Aller à pied. N. P. piotonner.
PIGNE, s. m. Fruit du pin, du sapin. N. P. unepive; D. un
pigne ou un cône.
PIGNOCHER, v. n. Manger négligemment et par petits
morceaux. N. P. pichougner, pichonner.
PILE, s. f. N. P. une têche de bois; D. une pile de bois.—
N. P. il a reçu une pile, une fameuse pile ; D. il a reçu une
volée. — Prendre une pile pour s'enivrer, P. F.
PIMBÊCHE, s. f. Femme qui lait la précieuse. N. P. une
primbèche.
PINACLE, s. m. N. P. être au pinacle, monter au pina-
cle; D. être sur le pinacle, monter sur le pinacle.
PIN 165
PINCETTES, s. f. plur. N. P. la pincette ; D. les pin-
cettes.
PINSON, s. m. Oiseau. N. P. un quinson.
PIPER, v. a. Le v. piper est français, mais il ne peut se
dire pour parler, répondre, répliquer. Que vous a-t-il ré-
pondu ? Rien, il n 1 a pas pipé le mot. Son réduplicatif repiper
n'est pas français non plus.
PIPETTE, s. f. Petite pipe. L'expression, ça ne vaut pas
pipette, n'est pas admise; D. ça ne vaut pas tripette.
PIQUET, s. m. Compter au piquet; il lui a donné un savon
qui compte au piquet; il fait un orage qui compte au piquet,,
P. F. — Il faut dire considérable, ou prendre un autre tour.
PIQUETTE, s. f. Se dit d'une boisson d'eau et de marc
de raisin, mais il ne peut s'employer pour désigner un sol-
dat chargé de porter des ordres. — D. un planton pour l'in-
fanterie et une ordonnance pour la cavalerie. Piquette à pied,
à cheval, P. F.
PIRE, adj. Ne s'emploie pas comme adv. Il est donc in-
correct de dire, il va pire; D. il va, pis.
PIS, adv. N. P. tant pire; D. tant pis. — N. P. de mal en
pire; D. de mal en pis. — N. P. Et pis, pour et puis....
PISSAT, s. m. Urine d'âne, de cheval, de chien, de chat.
N. P. le pisson.
PISSE-CHIEN, s. m. Non vulgaire d'un agaric. (Besch.)
Nous appelons de ce nom le troène commun {ligustrum vul~
gare.)
PITANCE, s. f. Ce que l'on mange avec le pain. N. P. la
pidance. — Le verbe s'apidancer, pour dire faire durer la pi-
tance autant que le pain, P. F.
PIVOINE, s. f. Pivoine est du genre féminin, soit qu'il
désigne un oiseau, soit qu'il désigne une plante.
PLAFOND, s. m. Plafond ne peut se dire pour plancher,
ni plancher pour plafond.
166 PLA
PLAINDRE (SE), v. pr. H. P. qu'avez-vous à vous plaindre ?
D. de quoi avez-vous à vous plaindre?
PL AIN-PIED, s. m., N. P. demeurer au plain-pied, à plain-
pied; D. demeurer dans un plain-pied, occuper un plain-
pied.
PLAISANTERIE, s. f. Faire une monture, un vinaigre,
pour dire faire une mauvaise plaisanterie, P. F.
PLAN, s. m. Ce mot est français; mais on ne peut pas
dire: il nous a laissés en plan; D. il nous a laissés, il nous a
quittés, etc.
PLANÇON, s. m., ou PLANTARD, s. m. Branche qu'on
sépare du tronc pour la planter en terre et en faire une
bouture. (Acad.) N. P. un planton.
PLANTAIN, s. m. Jouer du plantain, pour planter là quel-
qu'un, faire faux bond à quelqu'un, P. F.
PLATEAU, s. m. N. P. un foncet; D. un plateau, -pla-
teau se dit d'un terrain élevé, mais plat et uni, sur lequel oif
peut placer un corps de troupes ou une batterie de canons.
(Acad.) Nous dirions un replat, P. F.
PLATÉE, s. f. Servir des platées de viande; N. P. plate-
lée.
PLATINE, s. f. Ce mot est français, mais on ne peut pas
l'employer dans la locution: cet homme a une forte platine,
pour dire qu'il parle sans mesure, sans discrétion. D. C'est
un bavard.
PLATITUDE, s. f. Défaut de ce qui est plat dans les sen-
timents, dans les productions de l'esprit. N. P. une plataise.
PLATRAS, s. m. (Pr. plâtra.) Débris de vieux murs. N. P.
du regrès; D. du plâtras ou des gravois, s. m. plur.
PLATRER, v. a. Enduire de plâtre: plâtrer un mur, un
plafond. N. P. gisser, gypser.
PLEIN, E, adj. N. P. pleines ses poches; D. ses poches
pleines, plein ses poches.
PLE 167
PLÉONASME, s. m. Redondance de paroles. Le pléo-
nasme est autorisé toutes les fois qu'il ajoute à la phrase
plus de grâce, de netteté ou d'énergie; au contraire, il doit
être évité avec soin, comme un vice, ou du moins comme
une négligence, lorsqu'il n'est qu'une redondance stérile de
mots qui affaiblissent la pensée en la représentant sous les
mêmes couleurs, ou sous des couleurs encore plus faibles.
Quelques exemples de pléonasmes vicieux feront sentir les
défauts qu'on doit éviter dans l'emploi de cette figure. — Il
faut s'entr'aiàer mutuellement. — Il m'a comblé de mille élo-
ges. (Voy. le v. combler.). — Il n'a seulement qu'à se montrer.
— Il y eut une tempête orageuse. — Peut-être ils pourront
réussir. — Il est possible qu'il puisse venir. — Que vous êtes
bien bon! — Combien ce souvenir doit vous être bien doux!
— Je préfère plutôt rester. — Il me fit ses adieux et puis en-
suite il partit. — Il s'ensuit de là que vous avez tort. — Dépé-
chez-vous vite. — Une hémorragie de sang. — ïl fut forcé mal-
gré lui de.... — Reculer en arrière. — Une heure de temps. — ■
Une bûche de bois. — Tirer quelqu'un en portrait ; D. tirer
quelqu'un, se faire tirer par un bon peintre. — Mon père il l'a
dit ; ma mère elle veut, etc.
PLEURER, v. n. N. P. churler.
PLEUVOIR, v. n. L'Acad. dit: quand il pleuvrait des halle-
bardes, il faut que je sorte. Nous disons : quand il pleuvrait
des magnins, etc., P. F.
PLIER, v. a. Le verbe caler, qui n'est pas français, est
employé: 1° dans le sens de déchoir, baisser; exemple: je
crois que sa fortune a calé; 2° pour signifier soumettre , plier;
exemple: j'étais sûr qu'en le menaçant je le ferais caler.
PLOMB (A), adv. N. P. mettre d'à plomb, dresser d'à
plomb; cette muraille est d'à plomb; D. mettre à plomb, cette
muraille est à plomb.
168 PLU
PLUME, s. f. Les écoliers appellent rongeon de plume une
plume qui n'a presque plus de tuyau, P. F.
PLUMET, s. m. Ce mot est français, mais on ne peut pas
dire prendre un plumet, pour se griser, se rendre à demi ivre.
On ne peut pas dire non plus : prendre sa nina , avoir sa
nina.
PLUS, adv. Y a-t-il encore des pommes sur l'arbre? Ne
répondez pas: non, il n'y en aplus point; D. non, il n'y en a
plus.
POCHE, s. f. Est un mot français; mais on ne peut l'em-
ployer pour dire cuiller à potage, cuiller de bois, écumoire,
s. f. Ainsi les mots poche à soupe, poche de bois, poche à écu-
mer, P. F.; il en est de même du mot pochon. — N. P. de
l'argent de poche ; D. l'argent de la poche. Ne pas employer
l'argent de la poche aux dépenses qui regardent le ménage.
(Besch.)
POÊLE, s. m. N. P. un fourneau; D. un poêle. — Nous
appelons canette l'espace compris entre le poêle et la paroi:
on aime la cavette en hiver. Le subs. cavette P. F.
POÊLIER, s. m. Celui qui fait les poêles. Je crois que le
mot poêlier vaut mieux que le mot potier.
POIGNARD, s. m. (Pr. po-gnar.)
POIGNARDER, v. a. (Pr. po-gnarder.)
POIGNÉE, s. f. (Pr. po-gné.) A poignée, loc. adv., en
abondance, en grande quantité. Jeter de l'argent- à poignée.
(Acad.) N. P. à la poignée.
POIGNET, s. m. (Pr. po-gnè.)
POINT, s. m. N. P. un picolon. — Ma montre fend le pi-
colon, P. F.
POINTEMENT, s. m. Action de pointer le canon. N. P. le
pointage.
POIRE, s. f. N. P. un poire.- -N. P. une poire Goliath;
D. une poire d'angoisse, une poire d'étranguillon. — N. P. un
POI 169
blesson, un blessonnier ; D. une poire sauvage, un poirier sau-
vage.
POIRÉ, s. m. Cidre fait avec des poires; N. P. de la poi-
rée ; D. du poiré.
POIS, s. m. N. P. des pois mange-tout; D. des pois goulus.
POISON, s. m. N. P. de la poison ; D. du poison.
POISSER, v. a. Enduire, frotter de poix: poisser du fil,
un tonneau, un bateau. — Gâter, salir avec quelque chose
de gluant, bien que ce ne soit pas de la poix: ces confitures
lui ont poissé les mains. Poisser son habit. N. P. pèdzer, em-
pédzer.
POISSON D'AVRIL, s. m. N. P. donner un mois d'avril;
D. donner poisson d'avril.
POIVRIER, s. m. POIVRIÈRE, s. f. Poivrier, pièce de
vaisselle où l'on met le poivre sur la table: la salière et le
poivrier. — Poivrier se dit aussi d'une boîte pour le poivre.
Poivrière, boîte pour les épices.
POIX, s. f. N. P. de l&pèdze. On lit dans Raynouard:
Qui tocha la pez. Qui touche la poix. — Saumada de peys. Charge
de poix.
POLENTA, s. f.. Bouillie faite avec de la farine de maïs.
La polenta était un des mets favoris de Frédéric-le- Grand.
(Besch.) N. P. de la poulainte.
POLISSON, s. m. Petit garçon mal propre et vagabond.
(Acad.) Nous donnons un autre sens au mot polisson, que
nous remplaçons souvent par le subst. craset.
POLTRON, adj. N. P. caqueux. Il est trop cagneux pour
se battre, P. F.
POMME, s. f. Dites la pomme d'une canne. (Voy. pom-
meau.)
POMMEAU, s. m. Ne se dit qu'en parlant d'une épée ou
d'une selle.
170 POM
POMPE A INCENDIE, s. f. N. P. pompe à feu, ce mot
ayant une autre signification.
POMPON, s. m. Ornement militaire. L'expression à moi
le pompon, à toi, à lui le pompon, pour indiquer une certaine
supériorité, P. F.
POMPONNER (SE), v. pr. Se parer avec recherche.
N. P. se pouponner.
PONCIS, s. m. (Pr. pond.) Dessin piqué sur lequel on
passe de la poudre. N. P. un calque, ce mot ayant une autre
signification.
PONT, s. m. Quand on parcourt un point dans le sens de
sa longueur, on doit dire passer le pont et non pas traverser
le pont. — En terme de tailleur, pont-levis, ou simplement
pont, partie du devant de la culotte ou du pantalon que l'on
baisse et relève à volonté. Culotte à pont-levis, pantalon à
grand pont, h petit pont. N. P. pantalon à cavalière; la cava-
lière d'un pantalon, P. F.
PONTONAGE, s. m.N. V.ponlenage.
PORC, s. m. (Pr. por au sing. et au plur.)
PORREAU, s. m. N. P. poureau.
PORTANT (BIEN, MAL), adj. Peut se dire: être bien
portant, être en bonne santé; être mal portant, être dans un
état de souffrance.
PORTE, s. f. Le mot portette P. F.
PORTER, v. a. et n. N. P. l'un dans l'autre; D. l'un por-
tant l'autre, ou, le fort portant le faible. — N. P. porter à ca-
cou, à coucou; D. porter sur le dos. — N. P. donner sur les
nerfs; D. porter sur les nerfs: la contrariété lui & porté sur
les nerfs. — Porter beau jeu, porter vilain jeu, signifie avoir
beau jeu, vilain jeu aux premières cartes avant l'écart. —
Bien porter, mal porter, signifie garder, ou écarter les cartes
que la rentrée favorise. — Porter une couleur signifie garder
la couleur dont on a le plus de cartes, et dans laquelle on a
POS 171
son jeu fait ou à peu près fait: porter une seizième de cœur
(N. P. à cœur) toute faite, porter les trèfles. — Porter à une
couleur, signifie chercher à faire son jeu dans une couleur:
porter à carreau, porter à la quinte majeure en trèfle. — Tra-
quer ne peut se dire pour porter; c'est un germanisme (tra-
gen, porter). — N. P. ce vin supporte bien l'eau, cet homme
supporte bien le vin ; D. ce vin porte bien l'eau, cet homme
porte bien le vin. — N. P. c'est la femme qui porte les culottes;
D. la culotte. — Je n'ai pas trouvé les expressions porter
bonheur, porter malheur, porter perte.
PO SAGE, s. m. Travail et dépense pour poser certains
ouvrages : posage d'une sonnette. N. P. la pose.
POT, s. m. N. P. une toupine de beurre; D. un pot de
beurre. — Il fait des toupines, pour dire il est mort et enterré,
P. F. — La fortune du pot, l'ordinaire pour le dîner d'une
famille; on comprend ce que signifie l'expression dîner à la
fortune du pot. N. P. à l'hasard du pot. — N. P. sourd comme
un toupin ; D. sourd comme un pot. — N. P. le pot à eau,
le pot à lait ; D. le pot à l'eau, le pot au lait.
POTAMOT, s. m. Genre de plantes qui tapissent souvent
le fond du lac, des étangs, etc. Le mot favâ P. F.
POTÉE, s. f. Ce qui est contenu dans un pot; une potée
d'eau. Potelée P. F. — N. P. éveillé comme une corbeille de
souris; D. comme une potée de souris.
POTERIE, s. f. Vaisselle de> terre. N. P. de la tcrraille.
POTION, s. f. Remède liquide. N. P. une portion.
POTIRON, s. m. Légume. N. P. du courgeron.
POUDRE, s. f. Poudre de perlimpinpin, poudre sans effi-
cacité que les charlatans débitent. N. P. poudre de prelim-
pinpin.
POUFFER, v. n. Pouffer de rire, éclater de rire involon-
tairement. N. P. èpouffer; il épouffait de rire,P.F. (Voy. bouf-
172 POU
fer.) — Etouffer de rire, rire avec excès, jusqu'à perdre la
respiration. (Acad.)
POULE-MOUILLÉE, s. f. Se dit d'un homme qui man-
que de résolution et de courage. (Acad.) On peut dire aussi
mou comme chiffe. N. P. C'est une patte-mouillée.
POULICHE, s. f. N. P.poulaine.
POULS, s. m. (Pr. pou.) Battement des artères.
POUMON, s. m. N. P. poulmon, polmon.
POUPE, s. f. Avoir le vent en poupe, être en faveur, être
dans la prospérité. N. P. avoir le vent en pompe.
POURBOIRE, s. m. Petite libéralité en signe de satisfac-
tion. N. P. un tringuelte, une tringuelte, une bonne-main ;
D. un pourboire. (En allemand trinkgeld signifie un pour-
boire.
POUR PEU QUE, conj. N. P. par peu que.... Par peu que
tu étudies, tu sauras ta leçon ; D. pour peu que tu étudies, etc.
POUSSE, s. f. Jet qu'un végétal ligneux produit dans le
courant d'une année. N. P. la poussée.
POUSSIN, s. m. Petit poulet nouvellement éclos. Ce subs.
n'a pas de féminin ; ainsi poussine, pussine, P. F.
POUTRE, s. f. N. P. un poutre; D. une poutre.
POUVOIR, v. a. Qui ne peut ne peut, expression popu-
laire qui signifie que l'on ne saurait exiger de quelqu'un
ce qu'il n'est pas en son pouvoir de faire. Cette expression
P. F.
PRÊCHER, v. a. Il faut dire prêcher un converti et non
prêcher à un converti.
PRÉCIPITER, v. a. Les personnes qui n'emploient pas la
cafetière filtrante font bouillir un mélange de poudre de
café et d'eau, puis elles précipitent les parties ténues du
marc de café avec de l'eau froide; c'est ce qu'on appelle
afoncer ou rafoncer le café. Ces verbes P. F.
PRÉCIS, adj. (Pr. préci.)
PRÊ 173
PRÉFÉRER, v. a. modifié par l'adv. plutôt, forme un
pléonasme vicieux; aussi, au lieu de dire je préfère plutôt
mourir, dites simplement je préfère mourir.
PRÉJUDICE, s. m. Veut de et non pas à: sans préjudice
de mes droits.
PRENDRE, v. a. Prendre quelqu'un aux cheveux. N. P.
vougner. N. P. il a pris feu à telle maison; D. le feu a pris à
telle maison. — N. P. prendre mal; D. se trouver mal, s'é-
vanouir. — N. P. s' en prendre pour s'y prendre: il s'en prend
mal, P. F.; dites il s'y prend mal. L'expression: il ne faut pas
s'en prmdre après ce qu'il dit, P. F. ; on peut dire : il ne faut
pas faire attention, il ne faut pas se fâcher, etc.
PRÈS DE, loc. prép. N. P. il demeure par vers chez mon
oncle ; D. près de chez, etc.
PRÉSENCE, s. f. En présence de, loc. prép. N. P. présence
un tel; D. en présence d'un tel.
PRÉSENT (A), adv. Les deux mot ore et oreindrai se
trouvent dans l'ancien français. On lit dans le conte de l'em-
pereur Constant:
Ciertes ore est-il pire ke 1ères (larron).
Et dans le conte du roi Flore:
Si ne sai orendroit piersonne à cui je la dounase.
PRESSER, v. a. Approcher une personne contre une au-
tre. N. P. cougner. — Presser ne peut se dire pour pressu-
rer, étreindre au moyen du pressoir; D. pressurer des rai-
sins, de la vendange, ou fouler la vendange dans un pressoir.
N. P. cet habit me presse, ce chapeau me presse, etc. D. je
suis pressé d'avoir cet habit, ce chapeau, etc. — Nous disons
aussi qu'une chose presse ; ex. : vous saurez que cet habit
presse, que ce chapeau presse, il faut le faire tout de suite;
D. cet habit est pressé, ce chapeau est pressé, ou bien, je suis
pressé d'avoir cet habit, etc.
PRÊT, s. m. (Pr. prè.) Un prêt de mille francs.
174 PRE
PRÊT, E, adj. Je suis prêt, il est prêt, pour j'ai fini, il a
fini, P. F.
PRETANTAINE, s. f. Courir la prétantaine, courir çà et
là sans sujet. N. P. courir la prétentaine, la bretantaine.
PRIER, v. a. Inviter, convier. Prier à dîner, prier à une
noce, à une fête. Prier d'une noce, d'une fête. (Acad.) Il
paraît, d'après cet article, que l'on peut dire prier à et prier
de. — Prier que ne peut se dire pour demander que : je prie
que l'on soit tranquille, que l'on m'écoute; D. je demande
que l'on soit tranquille, je demande , je désire que l'on m'é-
coute.
PRIMEVÈRE, s. f. Plante à fleur jaune. N. P. des olives.
PRISER, v. n. Aspirer par le nez de la poudre de tabac.
N. P. nifier.
PRISON, s. f. N. P. un croton pour une prison basse et
humide.
PRIVÉ, s. m. Lieu d'une maison où Ton va faire ses né-
cessités. On dit aujourd'hui lieux ou cabinet d'aisance. Le but
de cet article est de faire remarquer que le subs. privé est
du genre masculin ; ainsi il faut dire un privé obscur et non
pas des privés obscures.
PROCHAIN, adj. N. P. la semaine qui vient, le mois qui
vient, etc.; D. la semaine prochaine, le mois prochain.
PROCHE, adj. On ne peut pas dire, c'est mon pins près
parent; M. N** est notre plus pr s voisin; il faut substituer
l'adjectif proche à l'adv. près et dire, c'est mon plus proche
parent ; M. N** est notre plus proche voisin.
PROCURATION, s. f. Pouvoir donné par quelqu'un à
un autre d'agir en son nom comme il pourrait faire lui-
même. Donner procuration. Le mot procure P. F. dans ce
sens.
PROCUREUR, s. m. Nous disons agir par procuré, c'est
son procuré, son procuré a plaidé pour lui ; c'est procureur
PRO 175
qu'il faut dire, le mot procuré P. F. dans ce sens, il n'existe
point de substantif procuré. (Consultez Besch. etl'Acad. au
mot procureur.)
PROFITER, v. n. N. P. cet enfant bâtasse, ces arbres
butassent; D. cet enfant ne profite pas, ces arbres ne profitent
pas. On peut aussi remplacer le verbe botasser par les v. n.
languir , rabougrir.
PROMENER, v. a. Le verbe promener n'est jamais neu-
tre; d'où il suit qu'on ne dit pas allons promener, il est allé
promener ; D. allons nous promener, il est allé se promener.
PROMETTRE QUE. Cette locution portant à l'esprit une
idée de futur ne doit pas être suivie d'un verbe au présent
ni au passé. N. P. je vous promets qu'il travaille; je vous
promets que j'ai dit la vérité; D. je vous assure, je vous
affirme qu'il travaille, que j'ai dit la vérité,
PRORATA (AU), adv. A proportion. Un rate ou une rate
d'intérêt signifie, dans notre canton, ce qui est dû d'un inté-
rêt au prorata d'un temps qui n'est pas une année entière.
Le mot rate P. F.
PROSPECTUS, s. m. (Pr. les s.)
PRO VIN, s. m. N. P. une provignure ; D. un provin.
PRUNEAU, s. m. Prune séchée au four ou au soleil : la
mirabelle est excellente en pruneaux. Le fruit que nous ap-
pelons pruneau doit porter le nom de prune tant qu'il n'a
pas été séché, et toute prune séchée est un pruneau.
PRUNELLE, s. f. Prune sauvage qui vient dans les haies.
N. P. des belosses.
PSAUMES, s. m. plur. Recueil des cent cinquante psau-
mes. N. P. mon psaume, un psaume neuf; D. des psaumes,
j'ai acheté des psaumes neufs. On peut dire aussi un psau-
tier.
PUERPÉRAL, ALE, adj. N. P. la fièvre purpurale ;
D. la fièvre puerpérale.
176 PUI
PUISOIR, s. m. N. P. un goume ; D. plutôt un puisoir, une
scillote, bien que ces mots n'offrent pas exactement le sens
que nous attachons au mot goume. L'ustensile auquel nous
donnons ce nom est-il connu en France?
PULPE, s. f. Les parties les plus charnues des animaux,
la chair la plus délicate à manger. N. P. la pourpe, la porpe;
c : est porpu, P. F.; employez l'adj. pulpeux.
PUL VÉRIN, s. m. Poudre très fine. N. P. pulverin.
PURGATION, s. f. N. P. une purge; D. une purgation.
PURGER (SE). N. P. j'ai besoin de purger, cet homme a
besoin de purger; D. j'ai besoin de me purger, cet homme a
besoin de se purger. — Purger les hypothèques, faire dispa-
raître les hypothèques qui grèvent un bien à l'aide des for-*
malités requises. On dit dans le même sens purger un immeu-
ble. Le mot débriguer P. F. — Dans le dict. R. W. on trouve
désimbringuer.
PUTOIS, s. m. Nous désignons sous le nom de petou, le
putois, la fouine. Le mot petou P. F.
QUANTIÈME, s. m. N. P. le combien avons-nous? le com-
bien sommes-nous? le quantième est-il? D. quel quantième du
mois avons-nous?
QUANTITÉ, s. f. N. P. une pétée de , une tapée de....;
une raflée de....; D. une quantité de.... — N. P. une ouaffèe
d'eau , etc. , pour une grande quantité d'eau , ou d'un autre
liquide.
QUART, s. m. Les expressions piquer un quart, taper de
l'œil, pour dire dormir, P. F.
QUASI, adv. (Pr. kazi.) Quasi marque la ressemblance
c'est un terme de similitude. Presque marque l'approxima-
tion; c'est un terme démesure. — Quasiment P. F.
QUE 177
QUE, conj. Tout le monde a dit oui que toi, nous sommes
tous contents que toi, P. F. Il faut dire excepté toi. — Nous
faisons encore un mauvais emploi du mot que lorsque nous
disons: mange que te mange, n'as-tu pas bientôt assez maijgé?
chante que te chante, pleure que te pleure, etc. Il est difficile
de trouver des expressions équivalentes. — Nous disons
encore: il était bien huit heures que nous n'étions pas encore
partis, pour: à huit heures nous n'étions, etc. Il dormait en-
core que j'étais déjà levé. (Yoy. lever.)
QUEL, adj. Quel ne peut pas se dire pour quelque dans
des expressions de la nature de celle-ci : je sortirai quel temps
qu'il fasse (ou qui fasse, comme on dit souvent). On le trouve
à quelle heure que ce soit. Il faut dire quelque temps, etc.,
quelque heure, etc.
QUELQUES, adj. On peut bien dire les quelques objets
que je vous ai donnés; mais je ne pense pas que Ton puisse
dire: il y en avait vingt et quelques.
QUENOTE, s. f. Dent de petit enfant; fam. Il a déjà deux
petites quenotes. N. P. deux petites rates.
QUEUE, s. f. La queue d'une poêle, signifie la longue
pièce de fer qui sert à tenir une poêle. On dit dans le même
sens la queue d'un gril, d'une casserole, d'une lèchefrite, etc.
N. P. le manche de la poêle, etc.
QUIDAM, s. m. QUIDANE, s. f. (Pr. kidan, kidane.) Per-
sonne dont on ignore ou dont on ne veut pas exprimer le
nom.
QUILLE, s. f. N. P. jouer aux guilles; D. aux quilles.
QUILLER, v. n. Replacer les quilles abattues. N. P. ra-
guiller.
QUILLIER, s. m. Se dit: l°de l'espace carré dans lequel
on range les quilles ; 2° de l'assemblage de toutes les quilles
prises ensemble: abattre tout le quillier, faire tout lequil-
lier.
GLOSS. VAUD. 12
178 QUI
QUINQUET, s. m. Quinquet ne saurait se dire pour ce*/:
il a manqué lui crever un quinquet, P. F.
QUINTETTE, s. m. (Pr. ku-eintette.)
QUITTE, adj. Etre quitte à quitte; nous voilà quitte à
quitte; quitte à quitte et bons amis. (Acad.) N. P. quitte et
quitte.
QUITTER, v. a. Il fait bien chaud, vous devriez poser vo-
tre manteau, P. F. Il faut dire vous devriez quitter votre
manteau.
QUOIQUE, conj. La conj. quoique ne doit pas s'unir à
des participes présents, ni à des participes passés. N. P.
quoique n'ayant pu le voir; quoiqiï accoutumé s à commettre
des excès ; D. quoiqu'il n'ait pu le voir; quoiqu'ils soient ac-
coutumés à , etc.
QUOTITÉ, s. f. (Pr. kotité.)
R
RABACHER, v. n. Revenir souvent et inutilement sur ce
qu'on a dit. N. P. triouler, c'est une trioule ; quinquerner,
c'est une quinquerne.
RABAT, s. m. Terme de jeu. Jouer le rabat, coup qui
vient du rabat. N. P. le revegnon.
RABATTRE, v. n. Un col de chemise qui se rabat sur les
épaules. N. P. qui se rêver che, le v. rêver cher P. F.
RABOBELINER, v. a. Raccommoder tant bien que mal.
N. P. rabobiner.
RABROUER, v. a. Rabrouer quelqu'un, le repousser avec
rudesse. N. P. rebrouer.
RACAHOUT, s. m. (Pr. raka-ou.)
RACLER, v. a. Ce mot est français, mais il ne peut s'em-
ployer dans les phrases suivantes : racler des carottes, des
radis, des scorzonères. Il faut dire ratisser des carottes, etc.
RAC 179
— Racler une truite, un brochet, une perche, etc. D. écail-
ler une truite un brochet, etc.
RACLOIR, s. m. Instrument avec lequel on racle. N. P. le
racle, la râcloire;T>. le râcloir. — N. P. le racle se moque de
Vécové ; D. la pelle se moque du fourgon.
RACLON, s. m. Boue ramassée dans les villes ou sur les
routes. N. P. du ruclon.
RACORNI, adj. Qui semble rapetissé, qui ne peut plus
s'étendre. Cet homme a un rhumatisme qui le tient tout ra-
corni, qui lui donne un air racorni. (Acad.) N. P. retraint.
Il a l'air tout retraint, P. F. — Retrait, te, peut se dire, mais
seulement en parlant des graines qui mûrissent sans se rem-
plir.
RADIS, s. m. N. P. des ravonnets; D. des radis ou des
raiforts.
RADOUCIR, v. pr. N. P. il fait du redoux; D. le temps
s'est radouci, bien radouci. Ce serait également une faute de
dire, le temps a bien radouci.
RAFAR, s. m. Espèce de mauvais raisin. (Besch.) Notre
mot rafu viendrait-il de rafar? Je crois que tout le monde
préfère le fendant au rafu, P. F. Gifleux dans le même
sens. P. F.
RAFLE, s. f. Grappe de raisin qui n'a plus de grains.
N. P. il a mangé les grains et laissé la grappe; D et laissé
la rafle.
RAINETTE, ou REINETTE, s. f. N. P. une pomme re-
nette; D. une rainette, une rainette verte, une rainette grise.
RAISIN, s. m. Nous donnons le nom d'agrès aux raisins
qui ne mûrissent pas. Je ne connais pas l'équivalent français
de ce mot, qui ne se trouve pas dans les dictionnaires. (Agrès-
tis, en latin, signifie entre autre rude, vert, désagréable au
goût. — Aggregi, vert, aigre; aigrat, raisin aigre; R. W. — •
180 RAI
Dans les vieux dictionnaires on trouve aigruns pour toutes
sortes de fruits aigres.
RAISINÉ, s. m. Sorte de confiture. N. P. de la raisinée,
de la cougnarde; D. du raisiné.
RAISON, s. f. Ne peut se dire pour différend, dispute,
querelle, contestation. N. P. avoir des raisons avec quel-
qu'un. Dire des mauvaises raisons, pour dire des injures,
P. F.
RAISONNER, v. n. Peut se dire dans le sens de mur-
murer, répliquer. N. P. cresener : si tu as le malheur de cre-
senerf.... P. F.
RALE, s. m. N. P. d'un moribond qu'il est au ranco ; D.
il a le râle, il a le râle de la mort. — Ranqueméler dans le
sens avoir le râle, P. F.
RALLONGE , s. f. Les mots apponse, rapponse, P. F.
RAMAGE , s. m. Chant des petits oiseaux. On ne peut
pas dire une étoffe à grands ramages.
RAMASSE, s. f. Espèce de traîneau guidé par un homme,
et dans lequel les voyageurs descendent des montagnes où
il y a de la neige. Descendre le mont Cenis en ramasse ,
dans une ramasse. (Acad.) Je n'ai pas trouvé le mot luge
dans le dictionnaire; il en est de même du mot ferreau em-
ployé par les enfants.
RAMBOUR, s. m. Sorte de pomme. D. un rambour.
RAME, s. f. Ce mot est français, mais il ne peut se dire
pour tige de pomme de terre.
RAMER , v. n. A Ouchy, les bateliers disent nager pour
ramer. On lit dans le conte intitulé la Comtesse de Ponthieu :
Fors que les maronniers qui les nagierent ( excepté les bateliers
qui les conduisaient à la rame.)
RAMPE, s. f. Balustrade à hauteur d'appui qui règne le
long de l'escalier. Le mot barrière ne peut être employé
dans cette acception et le mot baragne P. F.
RAN 181
RANCE, adj. N, P. ranci; D. rance, du lard rance.
RANCISSURE, s. f. N. P. le rance, ce lard sent le rance;
. la rancissure, ce lard sent la rancissure.
RANCUNIER, adj. N. P. rancuneux, rancuneuse; D. ran-
cunier, rancunière.
RANGER, v. a. Mettre dans un certain ordre. N. P. ré-
duisez cette chambre; D. rangez cette chambre. — Ranger,
pour raccommoder, P. F. — N. P. ma montre ne va pas , il
faut que je la donne à ranger. Elle ne va pas encore bien,
il faut que l'horloger me la rarrange.
RAPATRIER, v. a. Réconcilier. (Acad.) On les a rapa-
triés; vous aurez bien du mal à les rapatrier. (Besch.) N. P.
repatrier. Le mot rabon-ner que nous employons dans le
même sens , P. F.
RAPETASSER, RAVAUDER, RAPIÉCER, RAPIÉ-
CETER, v. a. N. P. repetasser, retaconner, rechâtrer en
parlant des bas.
RAPIDE, adj . Ne peut se dire pour roide, qui a une forte
pente. N, P. route rapide, chemin rapide.
RAPINER, v. n. Prendre injustement, et en abusant de
l'emploi dont on est chargé. Rapiner ne peut se dire pour
lésiner.
RAPPELER (SE) , v. pr. On entend les gens de la. cam-
pagne dire se recorder, pour se rappeler; c'est qu'en effet ce
verbe a droit de bourgeoisie. On trouve dans le conte du
Roi Flore :
Or, alons à monsegneur et li recordons nos couvenences.
En latin , recordor signifie se ressouvenir.
RAPPORT, s. m. Rapports (au plur.) signifie vapeurs de
l'estomac : cette viande me donne des rapports. Renvois (au
plur.) est admis par l'Académie dans un sens analogue :
« Des gorgées de substances gazeuses ou liquides , qui re-
montent de l'estomac ou de l'œsophage dans la bouche,
182 RAP
sans être accompagnées des efforts qui caractérisent le vo-
missement. »
RAPPORTER, v. n. Les écoliers disent redipéter et le
rapporteur prend le nom de redipet. P. F.
RAPT, s. m. (Pr. le p et le t.)
RASER, v. a. Effleurer, passer tout auprès avec rapi-
dité. N. P. une balle lui riffla le visage ; D. lui rasa le vi-
sage.
RASE TERRE (A), adv. A fleur de terre. N. P. à ras
terre ; D. à rase terre ou rez terre. — A ras fer, P. F.
RASIBUS, adv. Tout contre, tout près, pop. Le coup
lui passa rasibus du nez. On ne peut pas dire : il emplit les
verres rasibus, ce verre est plein rasibus, il boit rasibus.
RASSIS, E, part. Jeune homme rassis, jeune fille rassise,
pain rassis, miche rassise. N. P. rassie au féminin.
RATELER, RATISSER, v. a. Râteler, ramasser avec le
râteau : râteler des foins. Ratisser, racler la superficie d'une
chose : ratisser une allée. (Voyez racler.)
RATER, y. n. Se dit d'une arme à feu qui manque à
tirer. N. P. faire serr aille.
RAVAUDER, v. a. Raccommoder de méchantes hardes.
(Voyez marchandailler.)
RAVAUDERIE, s. f. Propos plein de niaiseries, de ba-
gatelles , fam. Ravauderie ne peut se dire pour choses de
petite, de nulle valeur.
RAVE , s. f. Légume. Nous faisons parfois un singulier
emploi du mot rave. Ex. Quelle montre de rave on t'a don-
née! quel beau chapeau de rave! Tu trouves ce morceau de
pain trop petit? Eh bien, rave ! Tu voudrais mon canif?...
Une belle rave ! — Rave pour toi! interj. de mépris. Ces
expressions P. F.
RAVIGOTER (SE), v. pr. Se remettre en force, repren-
dre quelque vigueur. N. P. se rapicoler, se repicoler.
RAV 183
RAVOIR (SE) , v. pr. Est français ; mais l'expression je
ne peux pas m'en ravoir, pour je suis étonné, stupéfait, ne
peut pas se dire.
REBUFFADE, s. f . Mauvais accueil. N. P. rebouffa de ,
remauffade, remauffce.
RÉBUS, s. m. (Pr. l's.)
RECELEUR, s. m. RECELEUSE, s. f. N. P. receleur,
receleuse, le second e doit être fermé (é).
RÉCÉPISSÉ , s. m. N. P. récipissé.
RECEVOIR, v. a. N. P. racroquer ; D. recevoir; recevoir
une balle dans la main , dans son chapeau.
RECHANGER (SE), v. pr. Il est prudent de se rechan-
ger quand on est trempé de sueur, quand on est mouillé.
(Besch.) N. P. se changer. En parlant des personnes, il faut
dire se relayer, se relever l'un l'autre. Dans ce sens, se re-
changer, faire à rechange, P. F.
RÉCIPIENT, s. m. (Pr. rêcipian.)
RÉCIPROQUEMENT, adv. N.P. réciproquement.
RECOUPE, s. f. Farine qu'on tire du son remis au mou-
lin. N. P. du remolon.
RECOUVRER, v. a. Nous disons souvent recouvert pour
recouvré: il a recouvert une partie de sa fortune, P. F.
RECRÉPIR, v. a. Crépir de nouveau. N. P. récrépir.
Repier P. F.
RECTA, adv. Ponctuellement. N. P. rectal. lia payé recta
à l'échéance.
RECULONS (A), adv. N. P. à la reculette. — Quand on
veut exprimer qu'un homme est plus fin , plus rusé qu'un
autre , on dit que le premier mettrait le second dans un sac
à reculons. Cette façon de parler P. F.
REDDITION, s. f. N. P. le rendement d'un compte; D.
la reddition d'un compte.
REDINGOTE, s. f. Vêtement d'homme. N. P. xmeroupe,
184 RED
une anglaise. Dans la basse latinité raupa s'est dit pour vê-
tement. Ce qui me paraît expliquer l'emploi du mot an-
glaise , c'est l'étymologie du mot redingote; en effet, en
anglais a riding coat (pr. é raiding côte) signifie un surtout.
— Anglaise pour redingote se dit à Reims.
REDRESSER (SE), v. pr. S'enorgueillir. Voyez comme
il se redresse. L'expression suivante est mauvaise de tous
points : II se redresse comme un pou sur un molan.
RÉDUIRE , v. a. Réduire, pour serrer , P. F. Ne dites pas
réduire des papiers; D. serrer des papiers.
RÉDUIT, s. m. Petit retranchement fait dans un appar-
tement. N. P. un cagnard, un carcagnou. — Cagnard est un
adj. qui signifie paresseux , lâche.
REFAIT, s. m. Coup d'une partie qu'il faut recommen-
cer , parce que les deux adversaires ayant exactement le
même point ou le même avantage, aucun des deux n'a
perdu ni gagné. N. P. nous sommes rapperis , il faut re-
commencer; D. c'est un refait , il faut recommencer.
REFAIT, part. Nous disons par dérision : je suis bien re~
fait, il est bien refait, pour je suis bien avancé , il est bien avancé.
On lit dans Besch. : il a été refait, il s'est laissé flouer,
tromper, pop. — Nous disons cela me refait bien la taille;
on trouve dans les dictionnaires, cela me fait une belle
jambe.
REFROG-NÉ, adj. N. P. refrougné. Quel air refrougné !
P. F.
REFROIDIR, v. a. N. P. refroidir.
REGAIN, s. m. N. P. du record. En latin chordum signifie
la seconde herbe d'un pré. On trouve encore chordus, a,
um, signifiant qui vient tard, qui vient après.
RÉGALADE , s. f. Action de régaler ; régale dans ce
sens , P. F.
REG 185
REGITRE ou REGISTRE, s. m. N. P. un registre; D.
un regître ou un registre.
RÉGLER, v. a. Tirer des lignes sur le papier. N. P.
ligner , rayer.
RÉGLISSE , s. f. N. P. du réglisse, de la réguelisse ; D.
de la réglisse.
REGOULER, v. a. Rassasier jusqu'au dégoût, pop. N. P.
ragouler, ragoulier ; D. j'en suis regoulé. Voltaire a dit :
Le public est tellement regoulé de vers, que plusieurs poëtes excel-
lents passent inaperçus.
REGRIGNER (SE), v. pr. Ce mot, qui sedisait pour se re-
tirer, se crisper, ne saurait s'employer dans les locutions sui-
vantes : il pleut, c'çst pourquoi il se regrigne de sortir; l'eau
est froide, je me regrigne d'y entrer.
REGRIGNES, s. m. plur. N.-P. des greubons; D. des
regrignes; manger des regr ignés.
RÉGULARITÉ, s. f. N. P. réguliarité.
REIMS ou RHEIMS, s. pr. (Pr. rince.) Ville de France,
Marne.
REINE, s. f. Reine du bal, celle pour qui on donne le
bal. (Acad.) Chez nous c'est la plus belle des danseuses.
REINE-CLAUDE, s. f. (Pr. rêne Mode.) Sorte de prune.
RÉJOUIR (SE), v. pr. N. P. je me réjouis de cette fête ,
de la foire, du nouvel an, etc. D. je me réjouis que cette
fête ait lieu, que le nouvel an arrive , etc.
RÉJOUISSANCE, s. f. Certaine portion de basse viande,
qu'il faut prendre avec la bonne et au même prix. (Acad.)
N. P. la garneçon, la garnison, la charge;!), le boucher m'a
donné beaucoup de réjouissance , trop de réjouissance , peu
de réjouissance, etc.
RELATION, s. f. N. P. soutenir des relations avec quel-
qu'un ; D. avoir des relations, être en relations, entretenir
des relations avec quelqu'un.
186 REL
RELENT, s. m. (Pr. relan.) N. P. cette viande sent le lent;
D. sent le relent.
RELEVER (EN) , v. n. On ne croit pas qu'il en relève,
se dit d'un homme bien malade. (Acad.) N. P. qu'il s'en
relève.
RELIQUAT, s. m. Fig. et fam., les restes d'un festin,
d'un repas; ce mot est vieux, mais je n'en connais pas
d'autre pour rendre notre mot brosses, manger les brosses,
demain nous mangerons les brosses. On peut dire encore les
reliefs, mais ce mot est vieux aussi.
REMARQUER, v. n. Voyez observer.
REMBARRER , v. a. N. P. remoucher; D. rembarrer,
rabattre le caquet : rembarrer quelqu'un qui parle mal d*un
ami. (Acad.)
REMBOURSEMENT , s. m. Action de rembourser. Le
mot rembours P. F.
REMÈDE, s. m. Le substantif lavement est souvent rem-
placé en France par le mot remède. Prendre un remède si-
gnifie prendre un lavement.
REMÉMORER (SE), v. pr. Se rappeler; il est vieux.
N. P. se remémorier. Le subst. mémorisation et le verbe
mémoriser P. F., du moins je ne les ai pas trouvés dans
mes dictionnaires.
REMERCIER, v. a. N. P. remercier quelqu'un pour ses
bienfaits ; D. de ses bienfaits.
REMMAILLER, v. a. (Pr. ran-maillé.) Relever les mailles.
RÉMOULEUR , s. m. Celui qui émoud les couteaux, etc.
On dit aussi un émouleur, un gagne-petit. N. P. un remou-
leur, un molare.
REMPAILLER, v. a. N. P. repailler des chaises; D. rem-
pailler des chaises.
REMUER, v. n. J'ai entendu dire quelquefois remuer
pour déménager, mais cette faute n'est pas générale. —
REN 187
N. P. manger l'or à la cuiller, pour être fort riche; D. re-
muer L'argent à la pelle.
RENARDER, v. n. Vomir après une orgie, pop. et bas.
N. P. renailler.
RENCONTRE, s. f. N. P. aller au rencontre de quel-
qu'un ; D. aller à la rencontre de.... N. P. acheter de rencon-
tre ; D. acheter de hasard. On dit aussi marchandise d'occa-
sion, meubles, livres, etc., d'occasion.
RENCONTRER, v. a. Trouver une personne ou une
chose, qu'on la cherche ou non. N. P. rencontrez-vous à
Vevey ; D. trouvez -vous, rendez-vous à
RENFERMÉ, s. m. N. P. cela sent lepunais, \enézé;D.
cela sent le renfermé, le moisi, le remugle; mais ce dernier
est vieux.
RENTRAIRE, v. a. Raccommoder des déchirures, en
sorte que la couture, le fil, ne paraissent pas. N. P. faire
une couture rentrée ; D. rentraire ou faire une rentraiture.
RENVERSER , v. a. Jeter par terre une chose. N. P.
déguiller. — Renverser ne peut se dire pour répandre : en
renversant une assiette on répand le bouillon qu'elle con-
tient ; mais on ne renverse pas le bouillon.
RÉPIT, s. m. N. P. répit.
RÉPRIMANDE, s. f. N. P. une ramonée; on lui a donné
une rude ramonée, P. F.
REPRISE, s. f. Faire des reprises à une dentelle, à un
bas. N. P. restauper. Quant au verbe restouper, Bescherelle
s'exprime ainsi : Restouper, raccommoder à l'aiguille les
trous d'une toile neuve.
REPROCHER , v. a. Ce verbe ne peut s'employer dans
l'expression suivante et les analogues : cette viande me re-
proche; D. cette viande me revient, ce pâté me revient. —
Nous disons renoter pour rappeler avec un ton de repro-
188 RES
che : il me renote sans cesse que je lui ai promis de.... M'a-
t-il assez renoté les cinq francs qu'il m'avait prêtés! P. F.
RÉSIDU, s. m. Nous donnons le nom de drâche au ré-
sidu que l'on obtient lorsqu'on fait fondre du beurre: ce
mot P. F. A-t-il un équivalent ?
RESPECT, s. m. (Pr. respè ou respek.)
RESSEMBLER, v. n. N. P. ce qui se semble se rassem-
ble; D. ce qui se ressemble s'assemble. — N. P. mon frère
ressemble à mon père comme deux gouttes d'eau ; D. mon
père et mon frère se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
— N. P. cet homme a six enfants, il n'y en a pas un qui se
ressemble ; D. il n'y en a pas deux qui se ressemblent.
RESSEMELAGE, s. m. N. P. un ressemelage.
RESSORTIR, v. n. Ce verbe veut à : ces causes ressor-
tissent au tribunal de police.
RESTAURANT , s. m. Etablissement de restaurateur.
N. P. une traiterie.
RESTER , v. ri. Rester ne peut s'employer dans le sens
de loger, demeurer, ni dans celui de tarder. N. P. il reste à
Lausanne , il reste bien à venir; D.il demeure à Lausanne,
il tarde bien à venir. — N. P. tout mon dîner m'est resté
sur l'estomac; D. m'est demeuré sur.... — N. P. ce pro-
cédé m'est resté sur le cœur; D. m'est demeuré sur le cœur,
pour dire, j'en ai conservé du ressentiment. — Rester est
mal employé dans les phrases suivantes : cet écolier reste
toujours deux heures à faire ses devoirs ; cet auteur est
resté deux ans à composer son livre ; D. cet écolier emploie
ou met toujours, etc.; cet auteur a employé ou a mis deux
ans , etc.
RESTORNER, v. a. Mettre un article au débet, lorsqu'il
était à l'avoir et réciproquement. N. P. conlre-passer un
article. — Contre-passer signifie repasser une lettre de
change à la personne de qui on la tient. — Contre-poser
RET 189
signifie porter inexactement un article sur un livre de com-
merce.
RETAPER, v. a. Ce mot est français; mais il ne peut se
dire pour se faire beau, faire toilette.
RETENIR , v. a. Ne peut s'employer dans le sens d'em-
pêcher. N. P. il m'a retenu de partir; D. il m'a empêché de
partir. — Ratenir P. F. — Retenir ne peut s'emploj r er dans
le sens de raccommoder, réparer. N. P. retenir une robe ,
retenir une montre , un mur, etc.
RETOURNE , s. f. La carte que l'on retourne à certains
jeux. N. P. la tourne.
RETOURNER, v. a. Retourner un habit, faire mettre
l'envers du drap dehors. N. P. tourner un habit. — N. P.
vous ne savez pas de quoi il tourne; D. vous ne savez pas
de quoi il retourne, pour dire vous ne savez pas ce qui se
passe. — N. P. il tourne cœur, pique, etc.; D. il retourne
cœur, pique, etc. — Retourner ne peut se dire pour ren-
voyer. N. P. je vous retourne ce livre; D. je vous renvoie
ce livre.
RETOURNER (S'EN), v. pr. N. P. se rentourner, je me
rentourne, rentourne-t'en, il est tard; D. s'en retourner, je
m'en retourne, ou je m'en vais, je rais partir.
RETRAITE, s. f. Diminution d'épaisseur qu'on donne à
un mur d'étage en étage. N. P. une retranche.
RETRANCHER, v. a. Retrancher veut de : retrancher de
ses plaisirs; mon propriétaire a retranché une pièce de mon
appartement. N. P. retrancher à : le maître a retranché
deux phrases au thème; P. F.
RÉUNIR, v. a. N. P. rapercher ; D. réunir, rassembler.
REVANCHE, s. f. Action de revancher ; N. P. revange ,
revanger. On disait autrefois revenge, revenger, comme on
le voit dans Mélusine :
Mais celluy-là faist (sous entendu la bataille) qui se revenge.
190 REV
Lamartine a employé ce mot dans son Tailleur de pierres
de St. Point:
Mais je me revengeais en faisant semblant de laisser tomber un
morceau de mon pain à terre.
RÉVEILLE-MATIN, s. m. N. P. un réveil-matin.
RÉVEILLON, s. m. Petit repas extraordinaire entre le
souper et le coucher. N. P. le repoussegnon.
REVENIR, v. n. Abandonner l'opinion dont on était
pour se ranger à l'avis d'un autre. (Acad.) C'est un homme
opiniâtre qui ne revient point, qui ne revient jamais. N. P.
qui n'en revient point. L'empereur ne revenait pas que dans
les lycées on n'enseignât pas de très bonne heure les ma-
thématiques. (Besch.) Ce serait une faute de dire l'empe-
reur n'en revenait pas, etc.
REVENIR (S'EN), v. pr. Retourner au lieu d'où on était
parti. N. P. se renvenir. Qui se renvient? P. F.; il faut dire
qui s'en revient ?
RÊVER, v. n. Rêver à, c'est réfléchir profondément:
rêver à une affaire. — Rêver de , c'est faire un songe : rêver
de chevaux, de quelqu'un. N. P. j'ai rêvé après votre père,
après des chevaux; D. j'ai rêvé de votre père; j'ai rêvé de
chevaux.
RÉVERBÈRE , s. m. N. P. réverbère.
REVERS , s. m. Coup d'arrière-main. N. P. donner un
revire-marion ; D. donner un revers , un revers de la main.
REVOIR , s. m. N. P. à revoir ! D. au revoir !
REVOIR (SE) , v. pr. Il y avait un bon dîner, aussi s'est-
on revu ! Le verbe se revoir P. F. dans ce sens.
RHUMATISME , s. m. Douleur. N. P. rhumatisse, rhu-
matique, rematique.
RHUME , s. m. N. P. je goge un rhume; D. je gagne un
rhume , ou je deviens enrhumé.
MB 191
RIBAMBELLE, s. i Kyrielle, longue suite, fam. et en
mauvaise part. N. P. ribandée, raclée ; ce dernier mot a une
autre signification.
RIBOTE, s. f. Débauche , excès de table ou de boisson.
Faire ribote , être en ribote , pop. (Acad.) Les mots tune ,
tampone, Houle, P. F.
RIC-A-RIC , adv. Avec exactitude : je lui ai compté rie-
à-ric lès deux cents francs en question. N. P. ric-rac, rie-
et-rac.
RICHE, adj. L'expression c'est un riche temps, ne se
trouve pas dans les dictionnaires ; c'est dommage. Les gros,
pour les riches, P. F.
RICIN, s. m. N. P. de l'huile à'érixin; D. de l'huile de
ricin.
RIDELLES, s. f. Chacun des deux côtés d'un char qui
sont faits en forme de râtelier. N. P. les redelles.
RIEN, s. m. N. P. cela ne me fait de rien; D. cela ne me
fait rien. — Cet homme ne m'est rien, signifie cet homme
n'est pas mon parent. — Cet homme ne m'est de rien, signi-
fie je ne prends nul intérêt à cet homme. — Rien, objet
sans valeur; N. P. de la bourtia; ce mot P. F. — ■ N. P. c'est
un rien du tout ; D. c'est un homme de rien. — Votre oncle
est-il encore membre du cercle littéraire ? Non , il n'est
plus de rien, P. F. — Ne serait-il rien venu hier? P. F.
RIEUR, EUSE, s. Celui , celle qui aime à rire. Un grand
rieur, une grande rieuse. Le mot risolet, risolette, P. F.
RIFLER, v. a. Peut se dire pour manger goulûment
(trivial); mais il ne peut être employé dans le sens de dé-
penser, perdre son argent. N. P., dans ce sens, il a tout
riflé; il a si bien tout riflé qu'il ne lui reste ni rifle ni rafle,
P. F.
RIGOLE, s.f. N. P. un médillon.
RINCER, v. a. Ne se dit que des verres, tasses, cruches,
192 RIN
et jamais du linge. N. P. rincer du linge; D. aigayer du linge,
guéer du linge. (Voyez aigayer.)
RINÇURE, s. f. L'eau avec laquelle on a rincé un verre,
une bouteille, etc. N. P. le rinçon. (Voyez rincer.)
RIPOSTER, v. n. N.P. rispoter.
RIRE, v. n. Rire aux éclats, à gorge déployée, peut se
dire ; mais les expressions recaffer, faire des recaffées, P. F.
RISSOLE, s. f. Viande hachée, mise dans de la pâte et
frite. N. P. une risseule, une rizeule.
ROBE , s. f. N. P. le manteau d'un chien , d'un cheval ;
D. la robe d'un chien, d'un cheval.
ROBINET, s. m. Mettre la boîte au tonneau , P. F. Rem-
placez le mot boîte par les mots robinet, cannelle, cannelle.
RODER, v. n. On doit dire rôder dans la ville; mais on
peut dire rôder par le monde. (Acad.)
ROGATON, s. m. Restes de viande, mets réchauffés.
Nous employons le mot rogation (t dur) qui n'est pas fran-
çais pour désigner des choses de nulle valeur; avec ton ro-
gation de plume !... Quelques-uns disent rougaton , P. F.
ROGER-BONTEMPS, s. m. (Pr. rojé-bontan.) Homme
sans-soucis.
ROGNE, s. f. N. P. un molan; D. une rogne.
ROLE, s. m. N. P. du tabac en rouleau; D. un rôle de
tabac , tabac en rôle, tabac en boudin.
RONDEMENT, adv. Sans façon. Il paye rondement ; il
dit rondement ce qu'il pense. N. P. rondo.
RONFLER, v. n. Se dit de certaines choses qui font un
bruit prolongé. On entend ronfler le tonnerre. Une toupie
qui ronfle bien. N. P. zonner (pr. zon-ner): ce verbe P. F.
Il en est de même des subs. zonnée, bordonnée.
ROSE, s. f. N. P. une rose mousse; D. une rose mous-
seuse, ou une rose moussue.
ROSSE , s. m. Cheval sans force, sans vigueur. Les mots
ROS 193
rosse, route ne peuvent se dire d'un homme et le mot route
P. F. Les expressions , tu n'es qu'une vieille rosse i une
vieille route, sont de la dernière trivialité.
ROSSIGNOL, s. m. Est français; mais il ne peut se dire
pour marchandises de rebut.
ROTIR, v. a. N. P. griller du café, br isoler des châtai-
gnes; D. rôtir du café , rôtir des châtaignes.
ROTULE, s. f. N. P. la copette du genou; D. la rotule.
ROUIR, v. a. N. P. faire néser le chanvre; D. rouir le
chanvre.
ROULER, v. n. N. P. pierre qui roule n'amasse pas
mousse ; D. pierre qui roule n'amasse point de mousse. —
N. P. il y a longtemps qu'il roule le monde , qu'i/ roule sa
bosse; D. qu'il roule par le monde. — Rouler, pour tromper,
duper, friponner, P. F.
ROUSSELET, s. m. N. P. une poire rousselette; D. un
rousselet.
ROUSSEUR, s. î. N. P. des rousses; D. des taches de
rousseur.
RUBAN DE FIL, s. m. Chevilière, s. f. peut aussi se
dire.
RUSE, s. f. On peut dire ws<?r de ruses, se servir de ruses;
mais l'expression agir de ruse P. F.
RUSER, v. n. Se servir, de ruses. Le verbe rubriquer
P. F.; mais le subs. rubrique peut se dire pour ruse, détour,
adresse.
SABBAT, s. m. Assemblée solennelle qui , selon une su-
perstition populaire fort ancienne, est tenue à minuit par
les sorciers et les sorcières, sous la présidence du diable
leur seigneur et maître. N. P. la chette.
GLOSS. VAUD. 13
194 SAB
SABOT, s. m. N. P. dormir comme un plot; D. dormir
comme un sabot.
SABOULER, v. a. Au propre, signifie tirailler ; tourmen-
ter, houspiller; aufig. réprimander, tancer avec véhémence;
pop. Sabouler ne peut se dire pour rosser, et le subs. sabou-
lée P. F.
SABRE , s. m. N. P. un sarbre.
SAC, s. m. Saquer ne peut pas se dire pour donner à
quelqu'un son sac, le congédier.
SAIGNÉE, s. f. N. P. une saigne; D. une saignée.
SAIGNER, v. n. N. P. saigner au nez; D. saigner dunez.
SAINDOUX , s. m. ou AXONGE, s. f. N. P. de la graisse
molle.
SAINT, adj. Cet adj. est souvent employé mal à propos
comme adverbe pour former une sorte de superlatif : c'est
un saint lâche, un saint poltron.
SALADE , s. f. D. retourner ou fatiguer la salade. — N. P.
une salade à la chicorée , aux pommes de terre, aux carot-
tes; D. une salade de chicorée, de pommes de terre, de ca-
rottes.
SALIGAUD, E, adj. Sale, malpropre, pop. N. P. saligot,
saligotle , caïon , caïonne , coffe; D. saligaud, saligaude, sa-
laud, salaude, pop.
SALIR, v. a. Les verbes saligotter et embrouler, P. F.
SALLE, s. f. N. P. chambre à manger; D. salle à manger.
SALSIFIX, s. m. (Pr. çalcifi.) Plante que l'on trouve
dans les prés et que les enfants mangent. N. P. du barbou-
chet.
SALUT, s. m. (Pr. çalu.)
SANDARAQUE, s. f. D. de la sandaraque.
SANG, s. m. (Pr. çan devant les consonnes et çank devant
les voyelles.) — Le sang m'a donné le tour, pour dire j'ai eu
une grande émotion, P. F. — Nous disons: il se fait du mau-
SAN 195
vais sang ; D. il fait du mauvais sang, ou de mauvais sang.
N. P. je ne sais plus .que faire de cet enfant il me boit le
sang, mon bon sang ; D. sa conduite me désole, m'attriste,
m'afflige, ou prenez quelque tour analogue.
SANG-FROID, s. m. N. P. à sang- frais, à sang- froid;
D. de sang- froid. — Ecrivez sens rassis, sens devant derrière,
sens dessus dessous.
SANGLADE, s. f. Grand coup de sangle, de fouet. N. P.
une sanglée.
SAPIN, s. m. Le mot sapelle, une sapelle, P. F. Il en est
de même du mot sapelot, petit sapin.
SARCLER, v. a. N. P. sercler.
SARMENT, s. m. Rameau de la vigne. N. P. serment. On
trouve dans Raynouard :
Hyeu soi la vera serment viva, et mon payra n'es coltivador.
Je suis le vrai sarment vivant, et mon père en est le cultivateur.
SARRiVU, s. m. N. P. un serrau.
SAS SE, s. f. Sorte de pelle creuse qui a une anse ou poi-
gnée; elle sert à jeter l'eau hors des petites embarcations.
(Acad.) Puisoir ne peut se dire dans ce sens.
SATISFAIRE, v. a. N. P. sastifaire, sastif action.
SAUCIÈRE, s. f. Petit vase creux dans lequel on met des
sauces. N. P. un saucier; D. une saucière.
SAULE, s. m. N. P. une saule ; D. un saule.
SAUPOUDRER, v. a. N. P. soupoudrer.
SAUT, s. m. N. P. prendre quelqu'un au chaud du lit;
D. au saut du lit, c'est-à-dire au sortir du lit.
SAUTÉE, s. f. Ce que l'on franchit d'espace en un saut:
fossé large d'une sautée. N. P. saut dans ce sens. — Sautée,
pour diminutif de bal, P. F.
SAUTE-RUISSEAU, s. m. Petit clerc chargé des courses
dans une étude d'avoué, de notaire. (Besch.) Nous employons
196 SAU
à tort ce mot pour désigner un homme léger, sur lequel on
ne peut pas compter.
SAUVAGIN, adj. Se dit du goût, de l'odeur de certains
oiseaux de mer, d'étang, de marais. Goût sauvagin, odeur
sauvagine. Substantivement. Sentir le sauvagin. (Acad.) N. P.
sentir le sauvage.
SAUVÉ, ÉE, adj. Qui est mis hors de danger. Est-il tou-
jours si malade? Oh! non, il est sauve, P. F.
SAUVER (SE), v. pr. S'échapper, fuir. Se sauver à la
nage. Se sauver de veut un régime indirect de chose: se sau-
ver de son appartement, se sauver de Lausanne ; mais on ne
peut pas dire se sauver de quelqu'un: il se sauve de moi, il se
sauve des gendarmes, P. F.
SAVATE, s. f. Soulier fort usé. N. P. une cliargue, une
grolle.
SAVETER, v. a. Faire mal, raccommoder malpropre-
ment un ouvrage. N. P. savater.
SAVOIR, v. a. N. P. je vous saurai à dire; D.je vous ferai
savoir, je vous informerai, je vous marquerai, etc. J'ai cher-
ché en vain les expressions suivantes: ce n'est pas malin pour
toi qui les sais toutes et une par-dessus. — Qui ne sait rien ne
sait guère. — Je ne sais pas dans ce Dieu monde où il peut
être.
SAVON, s. m. Donner un savon à quelqu'un, le réprimander,
le tancer fortement. (Acad.) N. P. donner un galop, une
graisse.
SCARLATINE, adj. Fièvre scarlatine ; nom que l'on donne
aussi à la scarlatine. (Besch.) N. P. lièvre rouge.
SCHABRAQUE ou CHABRAQUE, s. f. Terme militaire;
mais il ne peut se dire pour une personne sans tenue, sur la
parole de laquelle on ne peut pas compter; c'est une cha-
braque, une vieille chabraque, P. F.
SCHAKO, s. m. (Pr. chakô). N. P. un sako.
SCI 197
SCIERIE, s. f. Espèce d'usine où plusieurs scies, mises en
mouvement, scient le bois en long pour en faire des plan-
ches. (Acad.) Scie pour scierie P. F.
SCINTILLATION, s. f. (Pr. cintil-lation.) Mouvement de
la lumière des étoiles.
SCINTILLER, v. n. (Pr. cintil-ler.)
SCIURE, s. f. N. P. du raisson.
SCORSONÈRE ou SCORZONÈRE, s. f. N. P. des écor-
cenères, des écorcenoires ; D. des scorsonères, de bonnes scor-
sonères.
SEAU, s. m. N. P. un siau.
SÉBILE, s. f. Yase semi-sphérique; sébile de boulanger.
N. P. un copon. — Quand la sébile est de paille, nous l'appe-
lons un paillasson : c'est banneton qu'il faut dire dans ce cas.
(Dans la basse latinité, copanus se disait pour pétrin, et co-
partus pour boulanger.)
SEDAN, s. pr. (Pr. cedan et non cédan.) Ville de France,
Ardennes.
SEILLE, s. f. Peut se dire, de même que seilleau. (Pr.
seillô et non seillot.)
SELLE, s. f. N. P. aller à selle ; D. aller à la selle.
SEMBLANT, s. m. N. P. faire à semblant, faire en sem-
blant ; D. faire semblant de.... — Un semblant, pour dire une
petite quantité, P. F.
SEMENCE, s. f. N. P. blé de semens, les semens; D. blé
de semence.
SEMER, v. a. Ne confondez pas semer avec ensemencer;
semer a rapport au grain, ensemencer a rapport à la terre:
on sème le blé, on ensemence la terre. N. P. ce champ est
semé; D. ce champ est ensemencé.
SEMESTRE, s. m. N. P. semestre.
SEMOTTE, s. f. Nouvelle pousse des choux étêtés.N.P.
des rebrandons.
198 SEM
SEMOULE, s. f. N. P. du grietz, du simolat; D. de la se-
moule. L'Académie veut qu'on prononce semouille. Besch. et
Gattel ne disent rien.
SENS, s. m. (Pr. çan devant une consonne et çanz devant
une voyelle.
SENTIR, v. a. Fait senti, e, et non sentu, e, au participe
passé. — N. P. je ne peux pas me sentir à la campagne ;
D. je me déplais à la campagne. — Sentu se disait et même
s'écrivait:
Si j'ay mon temps mal despendu,
Fait l'ay, par conseil de folie ;
Je m'en sens, et m'en suis sentu
Es derreniers jours de ma vie.
(Poésies de Charles d'Orléans.)
SEPT, adj. Prononcez ce devant une consonne et cet :
1° devant une voyelle ou une h muette; 2° quand ce mot ter-
mine la phrase; 3° quand il signifie septième: Charles sept;
4° quand il est subs. masculin: un sept de cœur.
SÉQUELLE, s. f. N. P. séquelle.
SERANCER, v. a. Serancer le lin, le chanvre . N. P. sé-
rancer.
SERF, s. m. Prononcez l'/*au sing. et au plur.
SÉRIEUSEMENT, adv. Dites-vous cela de bon, tout de
bon ? — Voulez-vous jouer de bon ? P. F.
SERINGAT ou SYRINGA, s. m. Plante. N. P. de la ci-
tronelle.
SERIN GUER, v. a. Est français; mais il ne peut se dire
pour ennuyer, fatiguer. Vous me seringuez, P. F. dans ce
sens.
SERPENT, s. m. N. P. la serpent.
SERPILLÈRE, s. f. N. P. une charpillère.
SERRE-FILE , s. m. Terme de théorie militaire. N. P.
serfile.
SER 199
SERRER, v. a. N. P. réduire des papiers; D. serrer des
papiers.
SERVANTE, s. f. On lit dans Bescherelle: Etre comme la
servant? à Pilate, qui se plaît dans le désordre. Se dit des gen
qui cherchent à faire naître des querelles. On lit encore dans
le même auteur: Faire le valet du diable, faire plus qu'on
n'avait dit de faire. Il est aisé de se rendre compte de la
faute que nous faisons; elle consistée attribuer à l'expres-
sion être comme la servante à Pilate, le sens de celle-ci, faire
le valet du diaUe.
SERVIETTE, s. f. Recevoir une serviette, pour essuyer un
refus, P. F.
SERVIR (SE), v. pr. N. P. je sers ce couteau, ce livre, etc.
depuis un an; D. je me sers de.... La locution servir un cou-
teau, etc., est surtout en usage dans les endroits frontières
du canton de Neuchâtel, où tout le monde l'emploie.
SÉTON, s. m. (Pr. céton et non çaîton.)
SEUL, E, adj. N. P. j'étais toute mare seule: D. j'étais
toute seule.
SEULEMENT, adv. Seulement, employé avec ne.... que,
qui a aussi le sens de seulement, forme un pléonasme vicieux
N. P. il n'a seulement qu'à se montrer....-, D. il n'a qu'à se
montrer.
SEULET, TE, adj. Diminutif de seul. N. P. solet, so-
le tte.
SI, adv. Voyez aussi.
SIEN (LE), pr. pôs. Nous employons abusivement le pro-
nom fém. plur. les siennes lorsque nous disons : cet homme a
bien les siennes, pour dire cet homme est malheureux, il a
des chagrins.
SIFFLET, s. m. Couper le sifflet à quelqu'un, le rendre
comme muet. (Acad.) N. P. couper la musette ; il lui a coupé
la musette, P. F.
200 SIG
SIGNER, v. a. Se signer, c'est faire le signe de la crok.
N. P. je me suis signé pour j'ai mis ma signature; D.j'ai
signé, j'ai signé ce billet.
SIGNET, s. m. (Pr. cinè.) Petit ruban que les relieurs
attachent à la tranchefile d'un livre.
SIGNIFIER, v. a. N. P. tout ce que vous dites ne signifie
de rien ; D. ne signifie rien.
SIMAGRÉE, s. f. Faux semblant, façons affectées, mi-
nauderies. N. P. chimagrêes, chimagrie, simagrie. (En latin
simius, singe.)
SINGULARITÉ, s. f. N. P. singuliarité.
SIX, adj. Pr. ci devant une consonne, ciz devant une
voyelle, et cice à la fin d'une phrase.
SOCIÉTÉ, s. f. N. P. société.
SOI-DISANT, adj. Dont on conteste le titre : un soi-disant
docteur. On ne peut pas dire : il me l'a conseillé soi-disant
pour mon bien, un soi-disant remède, du soi-disant Dé-
zaley.
SOIGNER, v. a. Soigner ne peut se dire pour serrer. N. P.
soigne ton cahier, soigne tes souliers; D. serre ton ca-
hier, etc.
SOMME, s. m. N. P. faire un liopet, un bénon; D. faire
un somme, un léger somme.
SOMMEILLER, v. n. N. P. béner. On peut dire roupiller,
mais il est familier. — Faire un aplomb P. F. On peut dire,
cas échéant, faire une sieste.
SOMMELIER, s. m. N. P. un sommelier.
SON, adj. N. P. comme il fait son fendant! Comme il fait
sa blague ! D. comme il fait le fendant ! comme il blague !
SONNAILLE, s. f. Clochette attachée au cou des bêtes
lorsqu'elles paissent ou qu'elles voyagent, N. P. une se-
naille.
SON 201
SONNAILLER, s. m. Animal qui dans un troupeau va
le premier. N. P. senaillère, sonnaillère; D. le sonnailler.
SONNER, v. n. Dites sonner du cor, sonner de la trom-
pette, et non sonner le cor, sonner la trompette. — On doit
dire une heure est sonnée, huit heures sont sonnées, et non
pas une heure a sonné, huit heures ont sonné. Dites de même
midi est sonné, minuit est sonné; ont sonné serait une double
faute, midi et minuit étant du nombre singulier. (Voy. corner.)
— On ne saurait sonner les cloches et aller à la procession, si-
gnifie: On ne peut pas faire à la fois des choses différentes,
qui s'excluent l'une l'autre. Nous disons plus rapidement et
bien plus joliment: on ne peut pas être au four et moulin;
mais je n'ai pas trouvé cette expression dans les diction-
naires. Bescherelle dit dans un autre sens: au four et au
moulin on sait toutes les nouvelles.
SORT, s. m. Nous employons l'expression avoir du sort
dans deux sens opposés: voilà le troisième enfant qu'il perd,
il faut convenir qu'il a du sort. — Encore un héritage; a-t-il
du sort!
SORTE, s. f. Nous disons qu'un vêtement n'est pas de
sorte, pour dire qu'il n'est pas convenable. Ce chasseur n'a pas
un chien de sorte. Ce n'est pas un feu de sorte, etc., etc.
P. F.
SORTILÈGE, s. m. N. P. un sorcïlège; D. un sortilège.
SOUCIER (SE), v. pr. Voulez -vous celui-ci ou celui-là?
Il ne me soucie pas lequel, P. F. Dites: n'importe lequel.
L'expression suivante n'est pas correcte: Il ne lui soucie pas
que faire pour gagner sa vie.
SOUCOUPE, s. f. N. P. secoupe, sous-tasse; D. une sou-
coupe.
SOUFRER, v. a. N. P. branter un tonneau; D. soufrer
ou mêcher un tonneau.
202 SOU
SOUHAITER, v. a. On prononce souvent à tort soiter:
je vous soite une bonne nuit. (Pr. sou-è-té.)
SOULARD, E. adj. Ivrogne. N. P. soûliaud.
SOUPÇON, s. m. Très petite quantité. Un soupçon de
pain, de liqueur, de fièvre. N. P. une idée, un semblant, un
scrupule, une jiclée, un atome: D. un soupçon, un tantinet. Ce
dernier mot est très familier. — On emploie souvent le mot
rinçolette pour désigner une nouvelle portion, plus petite
que la première, surtout en parlant de café : encore une rin-
çolette? — Tout de même P. F. (Voy. tout.)
SOUPE, s. f. Tranche mince de pain. Mettre quelques sou-
pes dans le bouillon; tailler des soupes, tailler la soupe. N. P.
couper la soupe.
SOUPER, v. n. (Voy. déjeuner.)
SOUPIRAIL, s. m. Ouverture pratiquée à la partie infé-
rieure d'un édifice, pour donner de l'air à une cave. N. P.
un larmier; ce mot P. F. dans ce sens. Dans quelques en-
droits on dit une bornache, P. F.
SOURCIL, s. m. (Pr. çourci.) N. P. soucil.
SOURD, adj. N. P. sourd comme un toupin; D. sourd
comme un pot . On trouve ces vers dans les poésies de Char-
les d'Orléans (Bibliothèque d'élite, pag. 157):
Il est enroué devenu,
Car une pouldre de raisin
L'a tellement en l'ueil féru
Qu'endormy l'a comme un touppin.
SOURDAUD, AUDE, adj. et s. Celui, celle qui n'entend
qu'avec peine. N. P. sourdiaud, sordiaud.
SOURIS, s. f. N. P. un souris.
SOUS-LOUER , v. a. N. P. sur-louer.
SOUVENT, adv. Nous disons le plus souvent par dérision,
les enfants surtout. Te donner ma pomme? Le plus sou-
vent ! P. F.
SQU 203
SQUELETTE, s. m. N. P. une squelette , une esquelette ;
D. un squelette.
STAGNANT, adj. (Pr. stag-nant.)
STENTOR , s. pr. Grec célèbre par la puissance de sa
voix. N. P. une voix de Centaure; D. une voix de Stentor.
STIMULANT, s. m. N. P. un remontant ; D. un stimu-
lant; le médecin lui a ordonné un stimulant.
SUBIT, adj. (Pr. çubi.)
SUCRER, v. a. Mettre du sucre dans... ; sucrer de l'eau,
sucrer son café. N. P. votre café est servi, sucrez-vous ; D.
prenez du sucre, mettez-y du sucre, sucrez-le.
SUCRIER, s. m. Vase où l'on met du sucre en poudre
ou en morceaux. N. P. la sucrïere.
SUER,v. n. Le blé sue, les foins suent. (Acad.) Nous em-
ployons le verbe fermenter. En parlant des châtaignes, nous
disons goger, P. F. non plus que mettre les châtaignes au goge.
SUINTER, v. n. (Pr. çu-in-té.)
SUITE, s. f. Par la suite ne peut se dire pour plus tard,
dans quelque temps, dans quelques années. Ne vends pas ta
maison , si par la suite tu te mariais.... Si par la suite il s'é-
tablissait.... Par la suite, ils finiront par s'arranger, P. F.
SUPERFIN, INE, adj. Qui est de première qualité par
la finesse ; chocolat superflu, liqueur super fine. Le mot sur-
fin P. F.
SUPERSTITION, s. f. N. P. supertition.
SUPPLANTER, v. a. Faire perdre à un autre la place,
la faveur dont il jouit, et lui succéder. N. P. dëboquer quel-
qu'un; D. supplanter, débusquer.
SUPPLÉER, v. a. et n. Ne confondez pas suppléer quel-
que chose, avec suppléer à quelque chose. Suppléer quelque
chose , c'est remplacer ce qui manque en fournissant une
chose de la même nature : ce sac doit être de mille francs ,
s'il y a cent francs de moins, je les suppléerai. Suppléer à
204 SUR
quelque chose , c'est en tenir lieu en fournissant l'équiva-
lent : le courage supplée à la force.
SUR, prép. N. P. lire sur un journal; D. lire dans un
journal , dans un livre, dans une affiche.
SURDENT, s. f. Dent qui vient hors de rang sur une
autre. N. P. une suredent.
SURDITÉ, s. f. N. P. sourdité.
SURPLUS, s. m. (Pr. çurplu.)
SURTOUT , s. m. Vêtement large , ainsi nommé parce
qu'on le met par-dessus tous les autres habits. N. P. un
garde-habit, ce mot P. F. — Le mot rjquelaure que nous
emplo} 7 ons souvent est français, mais il se dit dans un sens
un peu différent de celui que nous lui donnons.
SUSDIT , adj. (Pr. çusdi.)
SUSPECT, adj. Faites entendre le t. ,
SUSPENDRE , v. a. Les verbes ganguïller, se ganguiller,
P. F.
SUSTANTER, v. a. Nourrir. N. P. substanter.
SYMPTOME, s. m. (Pr. cintôme.)
TABAC , s. m. (Pr. taba.)
TABLATURE, s. f. N. P. trablature ; D. il me donne de
la tablature , beaucoup de tablature.
TABLEAU, s. m. Le mot tabelle P. F. Il faut dire un
tableau.
TABLETTE, s. f. N. P. un tablar, un tabla, une éta-
gère; D. des tablettes, des rayons.
TACHER, v. Tu tâcheras que mon frère ne te voie pas,
P. F. ; il faut dire tâcher de : tu tâcheras de n'être pas vu, etc.
TACT, s. m. (Pr. takt.)
TAI 205
TAIE, s. f. N. P. une fourre d'oreiller; D. une taie d'o-
reiller. — Taie signifie encore tache blanche qui se forme
sur la cornée transparente de l'œil. N. P. avoir une tache
à l'œil; D. avoir une taie sur l'œil.
TAILLE , s. f. C'est le nom de la pièce de bois où l'on
marque par des hoches ou entailles ce qu'on donne ou reçoit.
Les tailles sont en usage dans les fromageries.
TAILLEUR, s. m. TAILLEUSE, s. f. N. P. tailleur en
hommes, tailleuse en hommes, en femmes, en dames ; D. tail-
leur pour hommes, tailleuse pour hommes, pour femmes, etc.
TAISSON, s. m. Blaireau : puer comme un taisson. N. P.
puer comme un tasson, gras comme un tasson; ce mot P.- F.
TALOCHE , s. f. Coup donné sur la tête avec la main ,
pop. — Taloche ne peut se dire pour coup donné dans la
main avec une palette de bois ; D. une férule.
TALON , s. m. N. P. retalonner des souliers ; D. remettre
des talons à des souliers. Talonner est français , mais dans
le sens de presser vivement : talonner un débiteur. Le verbe
retalonner P. F.
TALUS , s. m. (Pr. talu.)
TAMBOUR, s. m. Celui qui bat le tambour. N. P. tam-
bournier. Le subs. tapin est dans Bescherelle.
TANNÉE, s. f. Tan qui a déjà servi, avec lequel on fait
des mottes à brûler. N. P. du tan , de Vécorce , des écorces ;
D. de la tannée. — Tannée, pour volée de coups, rossée ,
P. F.
TANT, adv. N. P. Il m'a promis un tant pour cent, j'aurai
le tant pour cent. Tant étant adv. ne saurait être précédé
d'un déterminatif. — N. P. un tant soit peu ; D. tant soit
peu. — Sur et tant moins, locution dont on se sert en par-
lant de quelque chose payé à compte : il m'a donné mille
francs sur et tant moins de ce qu'il me doit. Cette manière
de parler a vieilli. (Acad.) Nous disons il m'a donné mille
206 TAN
francs à tant moins de ce qu'il me doit, ce qui est inexact.
— Tant ne peut s'employer pour si, aussi. N. P. j'ai tant
chaud, tant froid; je suis tant content, tant malade ; il reste
tant petit; D. j'ai si chaud, si froid, etc. N. P. Il est tant
content qu'on peut l'être; D. il est aussi content, etc.
TANTOT, adv. Dans peu de temps, bientôt. Ce tantôt,
le tantôt, un tantôt, pour cette après-midi , l'après-midi, une
après-midi, P. F. — Aller du côté du tantôt, pour aller à la
maison, P. F.
TAON, s. m. (Pr. tan d'après Besch.; ton d'après l'Acad.,
Gattel, Noël et Chapsal.) N. P. un tavan. (En latin taba-
nus signifie taon.)
Mosca ni tavan que vola ,
Escaravat ni bertal.
Mouche ni taon qui vole, scarabée ni hanneton.
(Rayhouard.)
TAPAGE, s. m. N. P. quelle chettef quel tredon! D. quel
tapage ! quel carillon !
TAPISSERIE, s. f. Faire tapisserie, en parlant d'une de-
moiselle qui ne danse pas dans un bal , P. F.
TARGETTE, s. f. N. P. tergelte.
TARIÈRE, s. f. N. P. un percet.
TARTRE, s. m. N. P. du tâtre.
TAS, s. m. (Pr. ta.) N. P. une lèche de bois; D. un tas
de bois.
TASSÉ, part. Se dit d'un bâtiment dont la charge a fait
tout son effet. Bâtiment tassé. N. P. ce bâtiment a pris son
assise.
TATE-POULE, s. m. Homme qui s'amuse aux petits
soins du ménage. On dit en patois tàta-dzeneille et ce mot a
passé dans le langage populaire. Du reste ce n'est que l'é-
quivalent de tâte-poule.
TATILLON, s. m. Homme qui entre inutilement dans
TAT 207
toute sorte de détails. N. P. un fénet, un niblet , un ta-
quenet. D. un tatillon.
TATOUER, v. a. Est français, mais ne peut se dire pour
perdre au jeu : j'ai été solidement tatoué hier au brelan,
P. F.
TAUPE, s. f. Le mot derbon P. F.
TEIGNE, s. f. Inflammation du cuir chevelu. Le mot
ruche P. F.
TÉMÉRAIRE, adj. Les adj. téméraire, hardi, coura-
geux, entreprenant, peuvent , cas échéant, remplacer le mot
détertin, qui n'est pas français.
TEMPE, s. f. Partie de la tête. N. P. la temple.
Am dos cauteris sobre doas templas.
Avec deux cautères sur les deux tempes.
(Raynouard.)
TEMPS , s. m. N. P. les temps sont durs; D. le temps est
dur. — Ne prenez pas un panier, prenez une hotte, vous
aurez meilleur temps, P. F. Dites, vous aurez plus de facilité,
ou prenez un autre tour. — N. P. le temps se passe vite lors-
qu'on s'amuse ; D. le temps passe vite, etc. — N. P. Il y a
temps pour rire et temps pour pleurer ; D. il y a temps de
rire et temps de pleurer. (Besch.)
TENAILLE , s. f. N. P. des tenailles, lorsqu'il n'est ques-
tion que d'un seul instrument; D. une tenaille; donnez-moi
la tenaille. Etenaille P. F.
TENDRE , v. a. et n. Ce verbe ne peut pas s'employer
dans le sens de donner, faire passer. N. P. tendez-moi ce
plat; tendez-moi mon chapeau; D. faites-moi passer ce plat,
donnez-moi mon chapeau. N. P. va étendre ce cordeau; D.
va tendre, etc.
TÉNÈBRES, s. f. plur. N. P. être à novion; D. être
dans Yobscurité, dans les ténèbres.
208 TEN
TENIR, v. a. Nous disons souvent: ce marchand tient-il
de la farine, du fromage? Il faut dire ce marchand vend-il,
etc. ■ — Besch. dit tenir école et non tenir une école.
TENIR (SE), v. pr. N. P. se tenir les côtes de rire; D. se
tenir les côtés de rire; je me tenais les côtés de rire.
TENTANT, adj. Tentatif peut aussi se dire; mais il est
fam.
TENUE, s. f. Durée d'une assemblée, temps pendant
lequel elle se tient; tenable, à la première tenable, P. F.
dans ce sens. — N. P. la tenue de livres; D. la tenue des
livres.
TÉRÉBENTHINE, s. f. N. P. de la turbenthine.
TERNISSURE, s. f. La ternissure de l'argenterie, d'une
glace , etc. N. P. le terni.
TERRE , s. f. Mettre plus bas que terre , pour insulter
grossièrement, mépriser, P. F. — N. P. il l'a mis plus bas
que terre.
TERRE GLAISE , s. f. On dit aussi argile, s. f. N. P. de
la terre grasse.
TÊTARD, s. m. Grenouille ou crapaud au sortir de
l'œuf. N. P. tête-de-maillet.
TÊTE , s. f. Tête carrée, homme qui a beaucoup de jus-
tesse, de solidité , de jugement. (Acad.) Nous disons une
tête carrée pour dire un Allemand.
TÉTON, s. m. N. P. Mon.
THÉIÈRE, s. f. (Pr. té-ière.) Vase pour faire infuser le
thé. N. P. une thétière, une théère.
THYM, s. m. (Pr. tin.) Plante. N. P. du pignolet , du
pioulet, du piolet ; D. du thym.
TIGE, s. f. N. P. la fonde, la fonte d'un arbre; D. le tronc,
la tige d'un arbre.
TILLEUL , s. m. Arbre. N. P. un tillol.
TIRAILLER, v. a. Tirer une personne à plusieurs re-
TIR 209
prises , avec violence et importunité. N. P. trivougner, se
trivougner.
TIRE, s. f. N. P. tout d'une tirée ; D. tout d'une tire.
TIRÉ, adj. Un visage tiré , c'est-à-dire abattu, maigri.
N. P. un visage étiré.
TIRE-LIRE , s. f. Les mots crusille, cronsille , crousillette ,
P. F.
TIRER, v. n. N. P. tirer à l'arc; D. tirer de l'arc. On
trouve dans Besch. tirer le pistolet, le canon et probablement,
par analogie, tirer le fusil, la carabine, puisqu'il faut dire
tirer son fusil en l'air. (Besch.) — Se tirer pour s'ôter, P. F.
On ne peut pas dire tirez-vous de là, pour ôtez-vous de là.
Tirer le poil à quelqu'un, fam. Lui soutirer de l'argent par
force ou par adresse. N. P. avoir le poil, il lui a eu le poil.
— Il tire du côté de son père , de sa mère , P. F. Dites il
ressemble à....
TISONNER, v. n. Remuer les tisons sans besoin, pour
s'amuser. N. P. tisonner le feu, tousonner; D. tisonner (sans
régime) ; il tisonne. On peut dire aussi fourgonner (sans ré-
gime); il fourgonne.
TOAST, s. m. (Pr. toste.) Porter un toast.
TOILE , s. f. Je ne connais pas en français l'équivalent
de la locution : Etoffe faite sur la toile. Nous ne portons
que des robes faites sur la toile.
TOISÉ, part. On peut dire c'est une affaire toisée , pour
c'est une affaire terminée ; mais le participe toisé est mal em-
ployé dans les phrases suivantes : le bien de son père ? il
est toisé (dépensé); son beau-frère? toisé (mort); si tu as le
malheur de tomber entre les mains des procureurs.... tu es
toisé (ruiné).
TOIT , s. m. N. P. le toil.
TOIT A COCHONS ou A PORCS, s. m. N. P. boiton,
GLOSS. VAUD. 14
210 TOM
buaton; D. un toit à porcs , ou un toit à cochons ; on peu
dire aussi une ■porcherie.
TOMBÉE, s. f. Ne s'emploie guère que dans ces locu-
tions , à la tombée de la nuit, au moment où le jour tombe,
où la nuit approche. (Acad.) — Ce qui fait tomber entière-
ment le bassin de la balance où se trouve la marchandise.
Il manque la tombée. (Besch.) — Nous employons le mot
tombée dans deux acceptions bien différentes. Ex. : Voulez-
vous du vin? Oui, j'en prendrai une tombée. — Le jour du tir
cantonal, nous avons eu une tombée d'amis.... que ça faisait
plaisir à voir. Dans ces deux acceptions le mot tombée P. F.
TOMBER, v. n. Ce chemin tombe dans tel autre, ce che-
min aboutit à tel autre. N. P. suivez ce sentier et vous tom-
berez sur la route de Morges ; D. suivez ce sentier, il tombe
dans la route de.... — Le verbe chuter P. F.
Duquel coup estant cheute de son long.
(Montaigne, Essais, liv. II, chap. LVI1.)
TOMME, s. f. Ce mot se trouve dans Besch., mais il lui
donne un sens un peu différent de celui que nous lui attri-
buons.
TON , s. m. C'est le ton qui fait la musique, c'est moins ce
qu'on dit qui blesse que la manière dont on le dit. C'est
dans ce sens que nous disons à tort : c'est le ton qui fait la
chanson. — Prendre un ton, prendre des airs , affecter une
sorte de supériorité. (Acad.) Prendre du ton, P. F.
TONNEAU , s. m. Tonneau ne peut être employé comme
interj. : tonneau ! le bon vin; tonneau f le beau cheval, P. F.
TORCHER, v. a. Il n'a qu'à s'en torcher le bec, se dit pour
exprimer qu'un homme n'aura pas ce qu'il désire. Nous di-
sons il peut en torcher son couteau , il peut torcher son cou-
teau, P. F.
TORCHON , s. m. Serviette de grosse toile pour essuyer
les meubles. N. P. une panosse.
TOR 211
TORCHON, s. f. Femme malpropre, pop. N. P. une char-
gue, une covagne, une trouïe; D. un torchon.
TORDRE, v. a. Le verbe mailler ne peut se dire pour
tordre. Il a maillé le cou à cet oiseau , P. F.
TORTILLER, v. a. Tordre à plusieurs tours du ruban,
du papier, etc. Tortiller ne peut se dire pour battre, rosser :
je l'ai joliment tortillé, P. F.
TORTILLON, s. m. N. P. mettez une torche sous votre
seille ; D. mettez un tortillon. Torche se dit à la Côte d'un
pain de forme circulaire, percé en son centre , P. F.
TOTON , s. m. Espèce de dé qui est traversé par une
petite cheville sur laquelle on le fait tourner et qui est mar-
qué des lettres P , T , M , R , sur ses quatre faces. Quand ,
après avoir tourné, le dé tombe en présentant la face P, le
joueur prend sa mise; il en met une si c'est la face M; il
n'a rien quand c'est la face R; il gagne tout si c'est la face
T. N. P. Jouer à prends-tout ; D. jouer au toton.
TOUCHE, s. f. N'est pas français dans le sens de crayon
d'ardoise. — Cet homme a une forte touche , une rude tou-
che, P. F.
TOUCHER , PINCER , v. a. Ces verbes étant actifs , il
faut dire : toucher V orgue, le forte -piano ; pincer la guitare ,
la harpe , et non toucher de l'orgue, du forte-piano ; pincer
de la guitare, de la harpe. — Toucher dans la main , voyez
main.
TOUR , s. m. N. P. donner le tour, nous ne pouvons pas
donner le tour; D. joindre les deux bouts. — S'en donner
deux tours, pour s'amuser beaucoup, P. F.
TOURMENTER, v. a. Les verbes bourreauder, bour-
riauder, P. F.
TOURMENTEUR, s. m. Vieux mot qui se disait pour
bourreau, personne qui tourmente. (Besch.) Nous disons
d'un enfant vif, qui nous harcèle sans cesse : c'est un tour-
212 TOU
mente chrétien. Si l'on voulait corriger cette locution, il fau-
drait dire : c'est un tourmenteur de chrétien. L'Acad. ne
donne pas le mot tourmenteur.
TOURNAILLER, v. n. Faire beaucoup de tours et dé-
tours sans s'éloigner du même lieu. Rôder autour; fam.
N. P. tourniquer.
TOURNANT, s. m. N. P. un viret, un virolet.
TOURNOIEMENT, s. m. Vertige. N. P. tournement de
tête; D. tournoiement de tête.
TOUSSER, v. n. U sent le sapin, se dit d'un homme qui
a mauvaise mine et qui paraît devoir mourir bientôt.
(Acad.) N. P. il tousse le sapin. — Dans les villages voisins
du canton de Genève, on dit toussi pour tousser : il a toussi
toute la nuit, P. F. (En latin tussire, tousser.)
Esternuer, sanglouter, toussir, cracher, etc.
(Rabelais, Pantagruel, liv. III, chap. II.)
TOUT , adj. Tout de même ne peut se dire pour volon-
tiers : prendriez-vous un verre de vin? Tout de même, P. F.
— Ce n'est pas le tout signifie ce n'est pas assez , il ne suffit
pas. Nous employons cette expression dans un sens un peu
différent. Ex. Ce n'est pas le tout, il est tard, partons. —
Ce n'est pas le tout, Messieurs, il iàutpaj'er. — Ce n'est pas
le tout, j'ai une lettre à copier.
Ce n'est pas le tout que des choux , il faut encore de la
graisse , se dit quand on n'a qu'une partie de ce qui est né-
cessaire. Nous disons dans le même sens : ce n'est pas le tout
que des choux, il faut du lard pour les cuire.
TOUT A FAIT, loc. adv. Tout à fait signifiant entière-
ment (Acad.), il est évident qu'on ne peut pas dire : revenir
pour tout à fait. On ne peut pas dire non plus : revenir à la
toute; D. revenir pour rester, ou prenez un autre tour.
TOUT BEAU, loc. adv. Cette locution adverbiale peut
TOU 213
remplacer ;> t'en nifle, je t'en moque, P. F. : tu crois que je
veux te la donner? tout beau !
TOUT EN UN TENANT, TOUT D'UN TENANT, loc.
adv. D'une même continuité, sans interruption. Se dit en
parlant de bien-fonds. Avoir tant d'arpents de pré, de vigne,
etc., tout en un tenant, tout d'un tenant. N. P. tout en un
mas.
TOUTOU, s. m. Nom que les enfants donnent aux chiens.
Toutou ne peut se dire en parlant d'une fille simple. N. P.
c'est une grosse toutou, une bonne toutou , une monon , une
grosse monon , une tantoume.
TRACER , v. a. Tracer ne peut se dire pour effacer. —
Tracer par ne peut se dire pour aller par....
TRAFIC, s. m. (Pr. tr a fik.) Commerce, négoce. Trafic
ne peut se dire pour bruit, désordre : pas plus tôt le maître
est parti que les élèves font un trafic... P. F.
TRAINANT, adj. Nous disons: avec un accent traînard;
c'est traînant qu'il faut dire.
TRAIT , s. m. Cette affaire n'a point de trait , n'a pas de
trait à l'autre. (Acad.) N. P. n'a pas trait à l'autre.
TRAITE, s. f. Tout d'une traite, sans s'arrêter. (Besch.)
N. P. tout d'un trait : aller tout d'un trait de Vevey à Lau-
sanne , P. F.
TRAITEUR , s. m. Est français ; mais traiterie ne l'est
pas. Voyez restaurant.
TRAITRE, adj. // ne m'en a pas dit le traître mot, signi-
fie il ne m'en a pas dit un seul mot. Nous nous exprimons
un peu différemment ; nous disons , il ne m'en a pas dit un
traître mot.
TRAMONTANE, s. f. N. P. perdre la tramontade ; D.
perdre la tramontane.
TRANCHÉES, s. f. plur. Douleurs très aiguës dans le
ventre. Les chevaux ont assez souvent des tranchées. Tran-
214 TRA
chées rouges , tranchées fort violentes des chevaux qui sont
souvent mortelles. N. P. ce cheval a une ventrée; D. ce
cheval a des tranchées.
TRANSPARENT, s. m. Pris dans le sens de papier où
sont tracées plusieurs lignes noires, et dont on se sert pour
écrire droit. N. P. un guide-âne. — Chacun sait que le fruit
de la vigne, d'abord opaque, finit par devenir plus ou moins
transparent. Nous exprimons ce changement d'état en di-
sant : le raisin commence à traluire , le raisin traluit. Le
verbe traluire n'est pas français. C'est , à mon avis , une
omission dans tous les dictionnaires. Peu de mots ont une
plus noble origine ; translucere en latin, signifiant être trans-
parent , et l'adj. translucide, venant de trans, à travers, et
de lux, lumière.
TRANSVASEMENT , s. m. N. P. transvasage.
TRANTRAN, s. m. Cours des affaires. N. P. le traintrain.
TRAPPE , s. f. Porte couchée horizontalement. N. P. un
trappon. — Ce que les enfants nomment un trappon pour
prendre les oiseaux est un trébuchet.
TRAVAILLER, v. n. Travailler de P. F. — Il ne faut pas
dire travailler de lithographe, de menuisier; D. travailler
en lithographie, en menuiserie. — N. P. travailler sur l'or,
sur l'argent; D. travailler en or, en argent. — N. P. tra-
vailler comme un sacre ; D. travailler comme un forçat.
TRAVÉE, s. f. Pièces de bois qui se posent en travers
sur la sablière. N. P. tralaison, poutraison. — Les travées
d'un pont de bois sont les poutres qui supportent le tablier
du pont.
TRAVERS, s. m. Ce mot ne peut être employé dans
l'acception suivante : voici un travers de temps que.... A la
mistanflute, pour dire tout de travers , P. F.
TRÉBUCHER, v. n. Perdre l'équilibre. N. P. brelancher ;
D. trébucher ou festonner, suivant le cas. Voyez festonner.
TRE 215
TREILLIS, s. m. N. P. du triége ; D. du treillis. On lit
dans Besch. au mot freillis : Espèce de grosse toile dont on
fait des sacs et dont s'habillent des paysans , des manœu-
vres, etc.
TREMBLER, v. n. N. P. «7 a la grulette ; D. il tremble,
il a peur. — Greboler pour trembler, P. F. On ne peut donc
pas dire il grebole de froid.
TREMPE, s. f. N. P. trempe en paquet ; D. trempe au
paquet.
TREMPÉ, adj. Très mouillé. N. P. trempe dans ce cas :
il est tout trempe, P. F.
TREMPÉE, s. f. Volée de coups. N. P. je lui ai donné
une fameuse détrempe , une forte secouée ; D. une fameuse
trempée, raclée , pop.
TREMPER , v. a. Faire la trempette , pour tremper son
pain dans le vin , P. F. v
TRENTE-SIX, adj. En avoir trente-six ne peut se dire
pour en avoir menti.
TRÉPOINTE, s. f. Terme de cordonnier. N. P. la tra-
pointe.
TRESSAILLIR , v. n. N. P. ressauler, faire un tressant ;
D. ce bruit m'a fait tressaillir.
TRÊVE, s. f. L'expression sans trêve ni repos ne se
trouve pas dans le dictionnaire. On lit dans Besch. au mot
trêve : son mal ne lui donne ni paix ni trêve.
TRIAGE, s. m. N. P. faire une triaille , D. faire un
triage.
TRICHER, v. a. N. P. frouiller.
TRICOISES , s. f. plur. Tenailles de maréchal. N. P. la
tricoise ; D. les tncoises.
TRICOTAGE, s. m. Ouvrage d'une personne qui tricote;
dans ce sens on ne peut pas dire un tricot , donnez-moi mon
216 TRI
tricot; D. donnez-moi mon tricotage. — Tricot ne peut se
dire pour trique, gros bâton, pop.
TRIMBALER, v. a. Traîner, mener, porter partout;
pop. N. P. trimbaner.
TRIMER, v. n. Aller vite et se fatiguer. Trimer, bûcher,
pour travailler beaucoup et longtemps ne peuvent pas se
dire ; piocher dans ce sens est français, mais il est familier.
TRINGLE, s. f. N. P. des verges de rideau, des baguettes
de rideau; D. une tringle, des tringles.
TRINQUETTE, s. f. Voile triangulaire. Trinquet, dans
ce sens , P. F.
TRIPETTE, s. f. N. P. cela ne vaut pas pipette ; D. cela
ne vaut pas tripette.
TRIPOTAGE, s. m. Intrigue, manigance, brouillerie
causée par des rapports. N. P. des tripots.
TRISTE, adj. N. P. cet enfant est grince ; D. cet enfant
est triste, chagrin. — L'expression être gringe comme un
chat borgne, P. F.
TROCHET , s. m. Se dit des fleurs et des fruits qui vien-
nent et qui croissent ensemble comme par bouquets : trochet
de poires, de cerises. N. P. un mouchet de poires, de cerises,
un pandeau de cerises.
TROGNON, s. m. Milieu d'un fruit , d'un légume dont
on a ôté tout ce qui était bon à manger : trognon de cbou,
de pomme. N. P. tronc de chou , coraillon, rongeon de pom-
me ; D. trognon de chou , trognon de pomme. A l'occasion
du mot coraillon, on peut remarquer que corata, en italien,
signifie intestins , cor en latin, cœur, et coraille cœur, R. W.
TROIS, adj. (Pr. troa.)
TROMPER , v. a. Le mot flouer P. F. — Est-ce une
contraction de filouter ?
TROMPERIE, s. f. Fraude. N. P. une gueuserie : il met
TRO 217
de l'eau dans son vin pour le vendre ensuite, c'est une
gueuserie, P. F.
TROMPETER, v. a. N. P. trompetter.
TROMPEUR, s. m. Qui trompe, imposteur, qui n'est pas
de parole. N. P. un barbouillon.
TROP, adv. Le p ne se prononce que devant les voyelles.
TROTTE, s. f. On peut dire : il y a une bonne trotte d'ici
à....; mais le mot trottée P. F.
TROTTER, v. n. Le verbe trotter est français, mais il ne
peut se dire pour bouillir. L'eau bout-elle? Oh ! il y a long-
temps qu'elle trotte, P. F.
TROUSSEAU, s. m. N. P. une liasse de clefs; D. un
trousseau de clefs.
TROUSSER, v. a. N. P. retrousser sa robe, ses jupes ;
D. trousser sa robe, ses jupes.
TROUSSIS, s. m. (Pr. trouci.) Pli fait à une robe, à une
jupe, pour la raccourcir. N. P. une pince, une bâte.
TROUVAILLE, s. f. Faire une bonne trouve, P. F.; il
faut dire une bonne trouvaille.
TROUVER, v. a. N. P. dégrailler. — Trouver mauvais est
français. N. P. mécaniser, se mécaniser. — On peut dire mé-
caniser pour ennuyer : il nous mécanise, c'est-à-dire il nous
ennuie.
TRUSQUIN, s. m. Outil de menuisier. N. P. un trous-
quin.
TUER, v. a. L'expression faire boucherie, pour dire tuer
un porc, P. F.
TUILERIE-, s. f. N. P. une tuilière.
TUMULTE , s. m. N. P. tulmute.
TURLUPINER, v. a. Se moquer de quelqu'un, le tour-
ner en ridicule. (Acad.) Nous employons à tort ce mot dans
le sens de jouer avec un enfant en l'excitant , l'agaçant, lui
faisant faire toutes sortes de mouvements. C'est dans un
218 TUS
sens analogue que nous faisons aussi usage du mot trelau-
der, P. F.
TUSSILAGE, s. m. Plante. N. P. du taconnet.
TUTEUR, s. m. On lit dans le dictionnaire de Bescherelle:
la tige faible des œillets ne peut supporter la fleur ; il lui
faut donc un tuteur. Les échalas sont les tuteurs de la vigne.
N. P. 'des berclures, des fourons ; D. des tuteurs. — Le
verbe bercler P. F. ; dites mettre des tuteurs.
TUTOYER . v. a. (Pr. tu-toa-ier.) N. P. tutayer.
u
UMBLE , s. m. (Pr. omble.) Poisson qui tient beaucoup
de la truite. N. P. un ombre-chevalier ; D. unumble-chevalier.
USAGE, s. m. On peut dire avoir beaucoup d'usage,, man-
quer d'usage.
USÉ, adj. N. P. cet habit est use; D. cet habit est usé,
cette robe est usée.
USER, s. nf. N. P. cette étoffe est d'un bon usage; D.
cette étoffe est d'un bon user.
USTENSILE, s. m. (Pr. us-tancile.)
VACHELIN , s. m. Sorte de fromage qui se fait en Fran-
che-Comté. (Besch.) La plupart des vacherins qui se con-
somment à Lausanne viennent du Mont-d'Or en Franche-
Comté. Tout le monde a entendu cet appel : Vacherins du
Mont-d'Or f.... La définition du mot vachelin donnée par
Besch. me fait supposer que ce mot doit remplacer notre
subst. vacherin.
VACILLATION , s. f. (Pr. va-cil-lacion.)
VACILLER, v. n. (Pr. va-cil-ler.)
VAL 219
VALET, s. m. Dans la partie sud-ouest du canton, le mot
valet est fréquemment employé pour le mot fils : as-tu vu
le valet ? où est le valet ? notre valet va déjà à l'école.
VALSER, v. n. Ce mot est français, mais il ne peut se
dire pour prendre la fuite, s'évader. Cette remarque s'ap-
plique également au mot vanner que nous employons à tort
dans le sens ci-dessus de valser. Du reste , vannare en ita-
lien signifie battre des ailes.
VALUE , s. f. N. P. la mieux value ; D. la plus value.
VANNER , v. a. Voyez valser.
VEILLER, v. n. Ne peut se dire pour passer la soirée
chez quelqu'un : je vais veiller chez mon frère, P. F.
VEILLER (SE), pour surveiller , prendre garde , P. F.;
N. P. veille-toi ce pinson s'il entre dans la chambre ; veille-
toi ce chien , il mord.
VEILLEUSE; s. f. Petite mèche enduite de cire qui
brûle dans l'huile de la veilleuse, sur laquelle elle est sou-
tenue par une rondelle de carte, doublée de liège : une
boîte de veilleuses. N. P. une boîte de lumignons. — On
donne le nom de lumignon à la partie en combustion de la
mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe.
VEILLOTTE, s. f. Petit tas de foin que l'on fait sur les
prés en fauchant. N. P. des chirons.
VÊLER, v. n. Mettre bas, en parlant d'une vache. N. P.
faire le veau. Cette dernière expression a un autre sens ,
comme on le voit par ce vers de La Fontaine :
Tandis que ce nigaud , comme un évêque assis,
Fait le veau sur son âne , et pense être bien sage
VÉLIN, adj. N. P. du papier velin; D. du papier vélin.
VENDRE, v. a. Nous disons vendre vin; JBesch. dit ven-
dre du vin. — N. P. vendre la mèche ; D. éventer la mèche.
VENETTE, s. f. Alarme, peur : avoir, donner la veaette,
220 VEN
avoir, inspirer de la peur. N. P. avoir, donner la fringale ,
P. F.
VENIR, v. n. Ne peut pas se dire pour devenir. N. P.
cet enfant est venu sage. — N. P. bigager ; D. ne faire qu'al-
ler et venir, être toujours en mouvement. — Se bien venir,
P. F.; il faut dire prospérer, grossir. N. P. cet enfant se
vient bien. Les expressions il a reçu beaucoup plus qnHl ne
lui vient , qu't/ ne lui revient , P. F. Dites beaucoup plus
qu'il ne lui était dû; beaucoup plus que sa part. — Il vous
revient cinq francs, P. F. Dites il vous est redû cinq francs.
N. P. je venais pour vous dire; D. je viens pour, etc.
VENTRE, s. m. Mettre, remettre le cœur au ventre à quel-
qu'un, lui donner, lui redonner du courage. (Besch.) Nous
disons donner du cœur , etc. — Se faire une carrelure de
ventre, manger beaucoup. Nous disons à un enfant qui mange
beaucoup et avec avidité : Tu vas te faire des boyaux comme
des manches de ministre, P. F.
VER , s. m. L'expression ce n'est pas piqué des vers, P. F.
VER-BLANC , s. m. Larve du hanneton. N. P. des voires,
des voirnes.
VERDICT, s. m. (Pr. verdïk.)
VERGETTE, s. f. Peut s'employer au singulier; mais il
vaut mieux l'employer au pluriel.
VERMICELLE, s. f. (Pr. vermicèle ou vermichèle.) N. P.
des fidés.
VERRE , s. m. N. P. un godeau pour un grand verre. Un
godet est un petit verre à boire. Godeau se dit en Rouchi.
VERSER, v. a. et n. On doit dire la voiture a versé, le
cocber nous a versés; mais non le cocher nous a renver-
sés. La voiture a renversé signifie la voiture a été renversée
sens-dessus-dessous.
VESCE, s. f. N. P. des pesettes , des poiseltes; D. des
vesces.
VER 221
VERT, s. m. N. P. faire le vert et le sec; D. employer le
vert et le sec, c'est-à-dire toutes sortes de moyens.
VÉSICATOIRE, s. m. (Pr. vé-zi-katoare.) N. P. vessica-
toire.
VESOUL, s. pr. (Pr. vezou.) Ville de France, Haute-
Saône.
VESSIE, s. f. Le mot pétuble P. F.
VEXER, v. a. Crocher, pour vexer, taquiner, P. F. Ainsi
on ne peut pas dire il ne fait que crocher cet enfant.
VICE- VERSA, adv. N. P. versi-versa.
VICTUAILLE, s. f. Se dit collectivement des provisions
servant à la nourriture des hommes. N. P. la vicaille. — Le
subs. vitailla a été employé :
D'una vert rana faitz vitailla.
D'une grenouille verte faites victuaille.
(Raynottard.)
VIDANGEUR, s. m. N. P. un cura- fi fi ; D. un vidan-
geur, un gadouard. Une ordonnance de Henri IV appelle les
gadouards ou vidangeurs, les maîtres fifi.
VIDER , v. a. Vider les lieux , sortir par force : la police
a fait une vidée dans la pinte à Boson , P. F. Il faut dire a
vidé la....
VIELLE , s. f. (Pr. vièle.) N. P. une vioule, une segnaule.
VIEUX , adj . Mettre au vieux fer ne peut se dire ni des
personnes, ni des choses. On dit mettre au rebut, dédai-
gner.
VILEBREQUIN , s. m. Outil de menuisier. N. P. un vire-
brequin.
VIN, s. m. Le mot vinoche , pour mauvais vin, piquette,
P. F. — i Etre à vin bu; il est toujours à vin bu, P. F.
VINAIGRE, s. m. Vinaigre des quatre voleurs, vinaigre
très fort, très aromatisé. N. P. vinaigre aux quatre voleurs.
222 VIN
— N. P. faire vinaigre, pour dire faire une mauvaise plai-
santerie.
VINGT, adj. Prononcez vin devant une consonne ou une
h aspirée, et vint devant une voyelle ou une h muette.
VIOLAT, adj. N. P. du sirop de violettes; D. du sirop
violât.
VIOLIER, s. m. Giroflée à fleur jaune. N. P. un vieulier.
VIOLON , s. m. Prison contiguë à un corps-de-garde.
N. P. la gloriette , ce mot a une autre signification.
VIRER, v. n. Ce verbe est français, mais ne peut s'em-
ployer dans l'expression virer l'œil pour mourir. — Le verbe
virotter pour tourner autour, P. F.
VIRGOULEUSE, s. f. Sorte de poire fondante. N. P.
une poire vigouleuse, vigoureuse; D. une vir goûteuse.
VIS , s. f. (Pr. l's.) N. P. un vis ; D. une vis.
VIS-A-VIS , prép. Ce mot, qui signifie en face , à Vop-
posite de, ne doit pas s'employer dans le sens de envers ,
à l'égard de. N. P. sa conduite vis-à-vis de ses bienfaiteurs;
il a des torts vis-à-vis de lui; D. envers ses bienfaiteurs,
ou à V égard de ses bienfaiteurs ; il a des torts envers lui ,
ou à son égard.
VISER, v. n. Viser à un but. N. P. tâcher, il me tâche, il
tâche à cette pomme.
VITE, VIVEMENT , adv. Il marchait, il allait d'une dare!
P. F.
VITRE , s. f. N. P. un carreau de fenêtre ; D. une vitre
ou un carreau de vitre.
VOCATION , s. f. Ne peut se dire pour profession. N. P.
la vocation de menuisier, de charpentier, etc.; D. la pro-
fession de....
VOIR , v. a. N. P. regarde voir, tiens voir, lis voir, etc. ;
ces locutions vicieuses dénotent un manque d'instruction ,
ou une négligence impardonnable. — Ni vu ni connu : il est
VOI 223
venu, s'est servi, etc...., ni vu ni connu, on ne l'a pas revu.
C'est une des nombreuses acceptions de cette locution , qui
n'est pas française.
VOITURE, s. f. N. P. un char de bois, de foin , de vin,
etc.; D. une voiture de bois , etc.
VOLANT, s. m. N. P. jouer à la raquette ; D. jouer au
volant. — Le verbe raqueter P. F.
VOLE, s. f. N. P. faire la capote ; D. faire la vole; mais
on peut dire faire capot , être capot. — Le verbe capotiser
P. F.
VOLE-AU-VENT , s. m. Sorte de pâtisserie. N. P. un
vol-au-vent, un voile-au-vent.
VOLET, CONTREVENT , s. m. Volet, fermeture de me-
nuiserie, placée en dedans des châssis des croisées. Contre-
vent , grand volet de bois qui s'ouvre et se ferme du côté
extérieur de la fenêtre.
VOLONTÉ, s. f. N. P. il est de bonne commande; D. il est
de bonne volonté.
VOLONTIERS, adv. De bon cœur. N. P. j'ai volontiers
mal à la tête après le dîner; D. j'ai ordinairement mal....
VOMIR, v. a. N. P. regouesser, mot pop. de la dernière
trivialité. — Dégobiller est français , mais il est bas. — Re-
lativement au mot regouesser, on peut faire observer que
gavion signifie gosier. (Acad.)
VOULOIR, v. a. Le verbe vouloir ne peut être employé
dans lés phrases suivantes : je veux tomber malade; il veut
pleuvoir; D. je vais tomber malade, il va pleuvoir.
VOUSAYER, v. a. (Pr. vou-zé-ier.) Employer le pro-
nom vous en parlant à quelqu'un.
VRILLE, s. f. Mouillez 17. Filaments à l'aide desquels
la vigne, etc., s'attache aux corps voisins. N. P. des four-
chettes (en parlant de la vigne); D. des vrilles ou des mains.
224 YEU
YEUX, s. m. plur. Ne prononcez pas entre quatre zieux;
pr. entre quatre ieux et écrivez entre quatre yeux. N. P.
des maux de zieux; D. des maux d'yeux. — N. P. avoir les
yeux cassés; D. avoir les yeux battus, cernés.
ZÉRO , s. m. N. P. zère.
ZINC, s. m. (Pr. zink.) Métal.
ZINGUER, v. a. Signifiant garnir, couvrir de zinc, ne
peut se dire pour sauter, faire des cabrioles, jouer en sau-
tant. Dans le dict. de Trévoux, on trouve jynguer dans le
sens de notre zinguer ou dzinguer.
g»03ÇSg | Çb > r o
RÉPERTOIRE
Pour : Voyez :
A A.
Abandonner (s') Abandonner (s').
Abécher Affleurer.
Abelaudir Alourdir.
Abominable Abominable.
Abondance Betterave.
A bonne heure Heure.
Abord (d') Abord (d').
Abouler Financer.
Abre Arbre.
Abrevoir Abreuvoir.
Absenter Absenter (s').
Accompagneur Accompagnateur.
Accordairon Convention.
Accoucher Accoucher.
Accouet Force.
Accourir (s') Accourir.
Accoutumer Accoutumer.
Accroche! Accrocher.
Accroche-cœur Crochet.
Accrocher Attraper.
Achever Achever.
Achinton, achintoner .... Délicater.
GLOSS. VAUD. 15
226 ACI
Pour : Voyez
Acirer Acérer.
Acquérir Acquérir.
Acraser Ecraser.
Aculer Eculer.
Adieu, adieu je t'ai vu . . . Adieu.
Admonestation Admonition.
Admonester Admonéter.
Adopter Adapter.
Affaire de Affaire.
Affanner Affanner.
Affauti, affautir Amoindrir.
Affranchissage Affranchissement.
Afoncer Précipiter.
A fur et mesure Fur.
Agacia Acacia.
Agafer Avaler.
Agencer Agencer.
Ages (à nos) Age.
Agileté Agilité.
Agir (en) Agir.
Agoniser Agoniser.
Agouter Goûter.
Agrès Raisin.
Agriable Agréable.
Aguenettes Agnel.
Aguiller (s') Percher (se).
Aider Aider.
Aigayer Aigayer.
Aigrefin Aigrefin.
Aiguasin Eeau-de-vie.
Aiguillette Passe-lacet.
Aimer Aimer.
Ainsi Ainsi.
Ainsi ainsi Ainsi.
Air • Air.
Aiser (s') Aise (à 1'), faciliter
Ajustage Ajutage.
ALA 227
Pour : Voyez :
Alangué Bavard, débagouleur.
Alcovre Alcôve.
Alentour Alentour.
Allée (1') Aller (1').
Allemagnes (les) Allemagne.
Aller Aller.
Allez! allez seulement!. . . Aller.
Allumer Allumer.
Allure Entreprenant.
Amadou Amadou.
Amandre Amande.
Amarron, amarronnier . . . Marron.
Amasser Amasser.
Amatrice Amateur.
Ambroche Airelle.
Amidon Amidon.
An, bon an An.
Ancelle Bardeau.
Anchois Anchois.
Andet Andain.
Anédocte Anecdote.
Anglaise Redingote.
Anicroche Anicroche.
Annoncer Annoncer.
Anosser (s') Engouer (s').
Antagoniste Antagoniste.
Antetjour An.
Anver Furoncle.
Aouèt Du tout (pas).
Apidancer Pitance.
Apigeonner Amadouer.
Aplomb (faire un) ..... Sommeiller.
Aposter ... Aposter.
Apoustis Apostis.
Appareiller . Appareiller.
Apparution Apparition.
Appendice Appendice.
228 APP
Pour : Voyez
Appétit Appétit.
Appondre Ajouter.
Apponse Allonge, rallonge.
Apprendre Apprendre.
Apprentif Apprenti.
Approchamment A peu près.
Appuie-main Appui-main.
Après-dînée Après-dînée.
Après (en) Après.
Après-midi Après-dînée.
Après qui Après.
Après-soupée Après-dînée.
Aragne Araignée.
Aragner Araignée.
Arbelète Arbalète
Arener Aréner.
Argent (à court d') . . . . Argent.
Argot i . . . . Ergot.
Arguillon Ardillon.
Armana Almanach.
Armistice Armistice.
Armoire Armoire.
Aroupi Gratin.
Arrière-grand-père .... Bisaïeul.
Arsouille Ivrogne.
Artiste Artiste.
Arziller Besaigre.
As As.
Asséner Assener.
Assentiment Coup.
Asseyer Asseoir.
Assiette Assiettée.
Assise (prendre son) .... Tassé.
Assise et lever Assis.
Assommée Coup.
Assurer Assurer.
Atmosphère Atmosphère.
ATO 229
Pour : Voyez :
Atome Soupçon.
Atout Horion, coup.
Atrio Crépinette.
Attache Cordon.
Attitré . . . ., Attitré.
Auberge Alberge.
Auge Auget.
Augmenter (s') Augmenter (s').
Aujord'hui Aujourd'hui.
Aumonière Cabas.
Auparavant Auparavant.
Aurore Aurore.
Aussi Aussi.
Aussitôt Aussitôt.
Autant Aussi.
Autour de Autour.
Autres fois (les) Autre.
Avale-royaume Dissipateur.
Avaloir Avaloire.
Avan Osier.
Avance . • Avance, argent.
Avec Avec.
Aventer Aveindre.
Aveugle Aveugle.
Avoué Pas du tout.
Aze Aze.
I]
Babo Bobo.
Bacchanal Bacchanale.
Badinage Jouet.
Badiner Badiner.
Bâfrée Bâfre.
Bagnolet Baquet.
230 BAG
Pour : Voyez
Bagouter Bagout.
Baguette de rideau .... Tringle.
Baigner Baigner.
Bâille Bâillement.
Bâiller Bayer.
Baillif Bailli.
Baiser Baisure.
Balan Balance, branle.
Balance Balance.
Baliure Balayures.
Balier Balayer.
Balustre Balustre.
Bamban, bambaner .... Flâner.
Bambiller Pendiller.
Bamboche Babouche.
Banchette Bancelle.
Banque Comptoir.
Baragne Rampe.
Barbe Panneton.
Barbouchet ' . Salsifix.
Barbouillon Trompeur.
Bardeau Bardot.
Barette Béret.
Barjaque Caillette.
Barouette Brouette.
Barre (jouer à) Barres.
Barrer Arrêt.
Barrière Rampe.
Basculo Bâtonnet.
Basque, basquillon Bâtard.
Bassières Baissière.
Bassiner Ennuyer.
Bassinet (cracher au) , . . Bassin.
Baster Baster.
Bâte Troussis.
Batoille Caillette.
Batoiller Bavarder.
BAT 231
Pour : Voyez :
Battante (pluie) Averse.
Battiorer Ecanguer.
Battioret Brisoir.
Battre Battre, abattre.
Battue Babeurre.
Bauche Boule.
Baume Baume.
Bavard Bavard.
Bavarder (se) Bavarder.
Baveron Bavette.
Beaucoup Beaucoup.
Beau temps Longtemps.
Bec Bec.
Becfis Becfigue.
Bêchée Becquée.
Bécuit Ecorché.
Béder Manquer.
Bègue Jars.
Bégueule Bégueule.
Belaud Benêt, badaud.
Bélong Ovale.
Belosse Prunelle. .
Belsamine Balsamine.
Béner Sommeiller.
Bénon Somme.
Berche Brèche-dents.
Bercler, berclure Tuteur.
Bérette Béret.
Berne (être de) Berne.
Bernicle Bernique.
Besicles Besicles.
Besoin Besoin.
Bêtard Bêta.
Béton Cailler.
Bétors Bestors.
Beùgnet, bignet Beignet.
Beurre cuit Beurre.
232 BEU
Pour : Voyez
Beurrière Baratte, beurrier.
Beuse Bouse.
Bevable Buvable.
Biblothèque Bibliothèque.
Bicle Bigle.
Bicler . . . • Bigler.
Bien Aise, bien.
Bien d'autrui (du) Cuir.
Bien (être) Aise, bien.
Bigager Venir.
Bileux . .' Bilieux.
Billard Billard.
Billet (un mot de) Billet.
Bimborion Brimborion.
Biole Bouleau.
Biscaume Pain.
Biscotin Macaron.
Bisebille Bisbille.
Bisingle (de) G-uingois (de).
Bisque Bisquer.
Blancherie ........ Blanchisserie.
Blé (gros) Maïs.
Blesson, blessonnier .... Poire.
Blette Bette.
Bleu (passer au) .-- Fondre.
Bliet Blet.
Bloc Blocage.
Bobet Badaud.
Bochon (à), bouchon (à) . . Bocheton (à).
Bocon Morceau.
Bodrier Baudrier.
Bœuf Bœuf.
Boille Hotte.
Boire Boire.
Bois-carré Fusain.
Bois de lune Bois.
Boîte Robinet. •
BOI 233
Pour : Voyez :
Boiton Toit à cochons.
Bolle Cloche.
Bombarde Guimbarde.
Bombarder (se) Bombarder.
Bon, bonne Bon.
Bon (de) Sérieusement.
Bonbonne Dame-jeanne.
Bonhomme Molène.
Bon marché Marché (à bon).
Bonne Bonne.
Bonne-grâce Par-dessus.
Bonne-main Pourboire.
Bcnner Abonnir.
Bonnetterie Bonneterie.
Bon-oiseau Epervier.
Borboter Bouillir.
Bordée Orée.
Bordon Bourdon.
Bordonnée Ronfler.
Bornache Soupirail.
Bornican Bigle.
Bornu Creux.
Borrache * . Bourrache.
Bosse (s'en donner une) . . Bosse.
Bosseler Bossuer.
Bot Crapaud.
Botasser Profiter.
Botoillon Nabot.
Bouchard Barbouiller (se).
Boucharder Id.
Bouche (la fine) Bouche.
Bouché (mal) Embouché.
Boucher Boucher.
Bouchère Bouton.
Boucherie (faire) Tuer.
Bouchon Bouchon.
Bouchon (à) Bocheton (à).
234 BOU
Pour : Voyez .
Bouclé Bâclé.
Boudrier Baudrier.
Bouèbe Garçon.
Bouèler Beugler.
Bouelle Panse.
Bouer Embouer.
Bouffer Pouffer.
Bougne Bosse.
Bouïe, buïe Buée.
Bouillon à la reine .... Lait de poule.
Bouillon-blanc Bouillon-blanc.
Boul-dogue Boule-dogue.
Boule (tenir pied en) ... . Pied.
Boules (jouer aux) Boule.
Boulets (sur ses) ..... Boulet.
Bouli . Bouilli.
Bourenfle Bouffi.
Bourgater Fureter.
Bourillon Nombril.
Bourratif Bourrer.
Bourreauder Tourmenter.
Bourrer les portes Bourrer.
Bourricade Manque-à-toucher.
Bourronner Couver.
Bourtia Rien.
Bouteroue Bouteroue.
Boutonner Mijoter.
Braisette Braise.
Bramée Hurlement.
Branle Branloire.
Branler au manche .... Manche.
Branlette Ciboulette.
Branquer Braquer.
Brante Brande.
Bran ter Soufrer.
Brantevin Brandevin.
Brasse <Bouloir.
BRA 235
Pour : Voyez :
Brasse-corps (à) Bras-le-corps (à).
Brasser Battre, brasser, corroyer.
Brassière Brassières.
Bravette Brave.
Brecé Gaufre.
Bredin-breda Bredi-breda.
Brelaire Caprice.
Brelancher Trébucher.
Breloquer Breli-breloque.
Brelurin Pétulant.
Bretantaine Prétantaine.
Brigander Brigander.
Brique . . Brique, loque.
Briqueter Battre.
Brise Brisque.
Brise-bataille Brise-tout.
Brise-fer Fer.
Brisoler Rôtir.
Brison Grêle.
Brisselet Gaufre.
Brochet Broc.
Broiller Goder.
Brosse Reliquat.
Brotter Gribouiller.
Brouard, brouha Brouhaha.
Broyon : Molette.
Bruchon Brin.
Brukcelles Brucelles.
Brûlon Brûlé.
Bu (à vin) Bu.
Buaton Toit à cochon.
Bûche de paille ...... Paille.
Bûcher Trimer.
Bûchette Brochette.
Bûchettes Jonchets.
Buchilles, buchillons. . . . Copeau.
Buffet Armoire.
236 BUF
Pour : Voyez
Bufféterie Buffléterie.
Buïe Buée.
Bument Fumier.
Bumenter Fumer.
But Cochonnet.
But. (remplir un) But.
c
t
Cabartier Cabarretier.
Cabosse Caboche.
Cabosser Bossuer.
Cacabot Pâté.
Cacaphonie Cacophonie.
Cache (à la) . . . . . . . Cache-cache.
Cacher Cacher.
Cacibraille Canaille.
Cacou (à) Porter.
Cadenater Cadenasser.
Cafornet Couver.
Cagnard Réduit.
Cagnoter Caneter.
Cahotement . Cahotage.
Caille de mouche .... Chiasse.
Cailler (se) . Cailler.
Cailler Jouer.
Caïon Saligaud.
Calander Calandrer.
Calbuter Culbuter.
Caleçon Pantalon.
Calembredaine (battre la) . Calembredaine.
Calendres Calendes.
Caler Caponner, plier.
Calfeuter Calfeutrer.
Calonnier Canonnier.
CAL 237
Pour : Voyez
Calque Poncis. %
Camamille Camomille.
Camber Enjamber.
Cambillon (en) Califourchon (à).
Cambouillir Ebouillir.
Cambuse Cambuse.
Camée Camée.
Camerade Camarade.
Caminer Cheminer.
Campagne Campagne.
Campiau Morceau.
Campin Clampin.
Cancanage Cancan.
Cancoire Hanneton.
Candi . Candi.
Canfarer , . Brûler.
Cannelle (se mettre en) . . Colère.
Cantser Caneter.
Capite Maisonnette.
Capote Vole.
Capotiser Id.
Caqueux Poltron.
Caramelle Caramel.
Carantin Giroflée.
Carcagnou Réduit.
Carcan (sonner le) Fêler.
Carculer Calculer.
Carlette Casquette.
Carnier Carnassière.
Carquillon Mite.
Carre Averse.
Carré Bâtonnet, carré.
Carreau de fenêtre .... Vitre.
Carron Carreau, brique.
Cas Cas.
Casse Indisposition.
Cassé Brouillard, cassé.
238 CAS
Pour : Voyez .
Casser . . . *. Briser, couper.
Cassette Cassette.
Cassin Echymose.
Cassoton Casserole.
Cassure Bévue , gaucherie.
Casuel Casuel.
Cataplâme Cataplasme.
Catarate Cataracte.
Catéchime Catéchisme.
Catelle Carreau.
Catolle Moindre.
Cause (à) Cause (à).
Causette Causerie.
Cavalière Pont. .
Cavette Poêle.
Caville Bévue.
Célébrale Fièvre.
Céleste Céleste.
Cendres cuites Charrée.
Centaure Stentor.
Centime Centime.
Cercle (jouer au) Cerceau.
Certainement Certainement ^
Ceruse Céruse.
Chaffer Embrasser.
Chafière Mèche.
Chaîne d'oignons Glane.
Chambre Chanvre.
Chambre à cheminée . . . Chambre.
Chambre à lessive Buanderie.
Chambre à manger Salle.
Chandeleuse (la) Chandeleur (la).
Chandelle (de quatre) . . . Chandelle.
Chanfrener Chanfreiner.
Changer Changer.
Chantoler . Chantonner.
Chaple Chaple.
CHA 239
Pour : Voyez :
Chapon Crossette.
Chapuiser . Chapuiser.
Chaque Chaque.
Char Voiture.
Charcuitier Charcutier.
Chardinolet Chardonneret.
Charge Réjouissance.
Charge de (à) Charge.
Chargue. Savate , torchon.
Charnier Carnassière.
Charoupe Paresseux.
Charpillère Serpillère.
Charpiner, chaponner ... Carder.
Charrottée Charretée.
Chassuble Chasuble.
Chat brûlé, etc Chat.
Chatagne Châtaigne. .
Chaton Gourdin.
Chauche-vieille Chauche-vieille.
Chaud (il fera) Chaud.
Chaud du lit (au) Saut.
Chauderon Chaudron.
Chauffe-lit Bassinoire.
Chauffe-pieds Chaufferette.
Chaufour Four à chaux.
Chédal Cheptel.
Chemarotzer . Filouter.
Chemins (trois) Chemin.
Cheneau Chéneau.
Chenevard Chènevis.
Chenevier Chènevière.
Chènevis Chènevis.
Chenoille Molasse.
Chenu Chenu.
Chercher les poux, etc. . . . Paillé.
Cherpifou Chapifou.
Chette Sabbat , tapage.
240 CHE
Pour : Voyez :
Cheval mal monté Cheval fondu.
Cheveu .... Cheveu.
Chevilière Chevilière.
Chevrer (faire) Endêver.
Chevrotin Chevrotin , tomme.
Chicorée Chicorée.
Chicot , . . . . Chicon.
Chimagrée, chimagrie . . . Simagrée.
Chinder Esquicher.
Chipoter (se) Chipoter.
Chique Ivre.
Chiquet Morceau.
Chiron Veillotte.
Chirugien Chirurgien.
Chointer Esquicher.
Cholai Fenil.
Choque Galoche.
Chose Chose.»
Chotte(àla) Abri.
Chou Chou.
Churler Pleurer.
Chuter Tomber.
Cibare Marqueur.
Ciel Abat-voix.
Cinquantaine (être dans la) . Cinquantaine.
Cinquième Cinquième.
Cironé Artisonné.
Ciseaux Ciseaux.
Cisoir Cisoir. •>
Cisson Chien.
Citronnelle Seringat.
Claida, claidar Barrière.
Clairer Eclairer.
Clairinette Clarinette.
Clair-voie Claire- voie.
Clâmeau Graillon.
Clédar Barrière.
CLI 241
Pour: Voyez:
Clicli-mouchette Cligne-musette.
Clôt Clos.
Clou (planter un) Clou.
Clou-de-gérofle Clou-de-girofle.
Cocasse Drôle.
Cochon de mer Cochon d'Inde.
Coco Chou.
Cocoler Choyer.
Cocolette Haricot.
Cocombre Concombre.
Cocotier Coquetier.
Coffe Saligaud.
Coin (mettre à) . . . , . . . Coin.
Coissin ........... Coussin.
Coître Couette, culot.
Coîtron Culot, limace.
Col Collet.
Colidor Corridor.
Colin , colette Chou.
Colique Colique.
Colisse Coulisse.
Coloquinte Coloquinte.
Commande (de bonne) . . . Volonté.
Commander en baguette . . Commander.
Comme tout Comme.
Commettre Commettre.
Communs Communaux.
Compote Choucroute.
Comprenette Compréhension.
Comptant Comptant.
Compte Compte.
Compte (être à son) .... Etablissement.
Compter (sur) Compte.
Conche Couche.
Conduite (de) Conduite.
Confisseur Confiseur.
Connaissance (avoirjune) . . Connaissance.
GLOSS. VAUD. 16
Wz CON
Pour : Voyez :
Consentant Consentant.
Conséquent Conséquent.
Conservation Conservation.
Consolable Consolable.
Consulte Consultation.
Continue (à la) Continue (à la).
Contraires d'une serrure . . Gardes.
Contre Contre.
Contre-passer Restorner.
Contre-pointier ...... Courte-pointier, e.
Convenant Convention.
Convenir Convenir.
Copette Rotule.
Copon Sébille.
Coque-molle Amande.
Coraillon Trognon.
Corbeille Corbeille, corbeillée, manne.
Corbeille de souris Potée.
Cordette Cordelette.
Cordre Heureux.
Coregnole Cartilage.
Corgeon Bretelle.
Corner Corner.
Cornes (les) Mancherons.
Corporence Corpulence.
Corroyer Corroyer.
Costi Cautère.
Côtes de blettes Côte.
Côtes en long (avoir les) . . Paresseux.
Cotonne Cotonnade.
Cotson Nuque.
Cotte Etaie , cale.
Cotter Accoter, étayer, caler, fermer.
Cotterd Cautère.
Couanne, couenne Couenne, pelure.
Couche Couchage.
Coucher Coucher (se).
COU 243
Pour : Voyez :
Couci-couça Couci-couci.
Coucon Gâteau.
Coucou (à) Porter.
Coudre les draps Border.
Cou-du-pied Coude-pied.
Couenneux Couenneux.
Cougnarde Raisiné.
Cougner Pousser.
Couleur (en faire de toutes les) Couleur.
Coup de froid Coup.
Couper l'herbe, la soupe » . Couper.
Coupeur de bois Fendeur.
Coupille Goupille.
Couple Couple.
Coups (l'aire les cent) . . . Coup.
Courant Coulisse
Courater Courailler.
Courgeron Potiron.
Courir après Courir.
Court (à) Court.
Courte- bûche Paille.
Courtine Courtine.
Couson Occupé.
Coûte qui coûte Coûter.
Couteau Gousse.
Couteau (torcher son) . . . Torcher, bec.
Coutre Coutre.
Coutumace Contumace.
Couture rentrée Rentraire.
Couvert Couvercle, couvert.
Couverte Couverture.
Covagne Torchon.
Cra Crasse.
Crac (être à) Dent.
Crache Crachat.
Crachée Crachat.
Crainte de Crainte.
244 CRA
Pour : Voyez :
Craisu Lampe.
Cramailler, cramaillère . . . Crémaillère.
Cramine Froid.
Cramponner Cramponner (se).
Crapie Patte.
Crasane Crassane.
Craset Polisson.
Crasser Encrasser.
Crédits (faire des) Crédit.
Cremailler Crémaillère.
Créneau Enfaîteau.
Créon Crayon.
Crépissage Crépi.
Cresener Raisonner.
Crétin Crétin.
Crétique Critique.
Creux Fossette.
Crevaison Malade.
Crevot'ant, crevoter .... Indisposition.
Criblet Grille.
Criblette Epervier.
Crier des noms Insulter.
Crocher Arrêter, agrafer, vexer.
Crochet Agrafe.
Crochet (avoir les doigts à) . Crochu.
Crochon, crochonner . . . Entamure.
Croix (faire la) Croix.
Croquant Flûte.
Croquegnole Croquignole.
Croque-molle . Amande.
Croquer . . - Croquer.
Crosse Béquille.
Croton Prison.
Crotu Crotu.
Crouie Mauvais.
Crouiilon Fourgon.
Crouillonner (se) Nez.
CRO 245
Pour : Voyez :
Croupeton (à) Croupton (à).
Crousille, crousillette . . . Tire-lire.
Croustilleuse (affaire) . . . Croustilleux.
Croûte (casser la) Croûte.
Croûte-au-beurre Beurrée.
Croûte de dessus, de dessous Bouche.
Crû (son) Crue.
Cruche Cruchée.
Crusille Tire-lire.
Cuard , . . . Cimier.
Cueuillée Cuillerée.
Cueuiller Cuiller.
Cuiraço Curaçao.
Cuire Bouillir.
Cuisage, cuison Cuisson.
Cuisse-dame (poire) .... Cuisse-madame.
Cuite Cuite.
Culasser Enculasser.
Cul et chemise Doigt.
Culotte Culotte.
Culotte-suisse Culotte-de-suisse.
Cul-plat Parterre.
Cupesse Culbute.
Curafiti Vidangeur.
Cuve pour la lessive .... Cuvier.
Cuveau Cuvier.
D
Dada Dada.
Daderidou, dadou Benêt, dadais.
Dais Abat-voix.
Dame Demoiselle.
Dare (d'une) Vite.
246 DAR
Pour : Voyez :
Dariole Dariole.
Date (sous) Date.
Darte, datre Dartre.
Davantage que Davantage.
Débagager Déménager.
Débarras Embarras. .
Débattre Battre.
Débattue Disputer.
Déblotter Déchirer.
De bon Sérieusement.
Débondonnée Débonder.
Déboquer Supplanter.
Déboncharder Débarbouiller.
Débouler Décamper.
Debout Debout.
Débranler (sans) D'arrache-pied.
Débriguer Purger.
Décale Déchet.
Décapiter . Etêter.
Décavage Encavement.
Décaver Encaver.
Décesser Décesser.
Déchicoter Déchiqueter.
Décime, centime Centime.
Décombres Décombres.
Découvrir le lit Couverture.
Décret Discussion.
Décroît Aridure, décroît.
Décrottoir Décrottoir, décrottoire.
Dédela De de-là.
Dédite Dédit.
Défaufiler Moindre.
Défausser Esquicher.
Défier (en) ........ Défier.
Définition Définition.
Défraîchir Fraîcheur.
Défunter Mourir.
DÉG 247
Pour : Voyez :
Dégigandé Dégingandé.
Dégonfler (se) Débonder.
Dégrailler Trouver.
Dégrerailler Dégourdir.
Dégreuber Débarbouiller.
Déguille Débine.
Déguiller Renverser.
Dehors Dehors.
Déjà Déjà.
Déjeuner Déjeuner.
Déjeuner au soleil Id.
Déjeuner-dînatoire .... Id.
Déliatur Deleatur.
Délicatiser Délicater.
Demander après Demander.
Demander sa démission . . Id.
De manière à ce que .... De manière que.
Dematiner (se) Lever (se).
Démourtir Dégourdir.
Démoustiller Emoustiller.
Dents adhérentes Barré.
Dents de l'œil Dent.
Dents d'escient i Escient.
Dépareiller Déparier.
Dépatoillu Déguenillé.
Dépecer Dépecer.
Dépenaillé, dépondu .... Dégingandé.
Déperdre Désapprendre.
Dépiller . Déchirer.
Dépondre Déchirer, loque.
Dépondu Dégingandé.
Dépresser Dépresser.
Dépurant Dégouttant, mouillé.
De râche-pied D'arrache-pied.
Derbon Taupe.
Dernier Dernier.
Dernière (en être à la) . . . Id.
248 DER
Pour : Voyez
Dérocher Dérocher.
Derrière (par) Arrière (en).
Dérupe Pente.
Désagrafer Dégrafer.
Désagriable Agréable.
Désassorti Désassorti.
Descendre la garde .... Descendre.
Désharnacher Déharuacher.
Destruire Détruire.
Détabler Départager.
Déteindre Déteindre.
Détente Desserre.
Détertin Téméraire.
Détraque Détraquer.
Détrempe Trempée.
Devis Devis.
Dévisager Défigurer.
Dévise Devise.
Dianstre Diantre.
Dicastère Dicastère.
Dictée (sous) Dictée.
Digection Digestion.
Dimanche Dimanche.
Dinde Dinde.
Dîner Dîner.
Dîner (se) . Dîner.
Diot Epais.
Dire Dire.
Discréditer Discréditer.
Disparate Disparate.
Disparution Disparition.
Disputer Disputer.
Dit (le) Dit.
Divorcer (se) Divorcer.
Dix heures (faire les) . . . Dix.
Docile Docile.
Doigt Doigt.
DOM 249
Pour : Voyez :
Dommage du peu Dommage.
Dondaine Dondon.
Donner à; se donner à. . . Donner.
Dont Dont.
Dordon Gourdin.
Dors en avant Dorénavant.
Dos (plein le) Dos.
Douce (tout à la) Couci-couci.
Douve (sécher une) .... Douve.
Drâche Résidu.
Dresser (se). . Dresser.
Droit (mon) Droit.
Dudepuis Depuis.
Du tout Du tout (pas).
Eau d'anum Laudanum.
Ebollition, ébollution. . . . Ebullition.
Ebourifflé Ebouriffé.
Ebriquer Casser.
Ecàfes Echasses.
Ecalabré Ouvert.
Ecarabiller Ecarquiller.
Ecarabouiller Ecarbouiller.
Ecarcailler Id.
Echaffourée Echauffourée.
Ecbalas Echalas.
Echanger Egayer.
Echantillonnage Mire.
Echantillonner Id.
Echarpiné Ebouriffé.
Echevette Echeveau.
Echirer Déchirer.
Echouer Echouer.
250 ECH
Pour : Voyez :
Echute (faire Y) Adjudication.
Eclafef Ecraser.
Eclairer quelqu'un Eclairer.
Eclater (s') Eclater.
Ecluse Ecluse.
Ecorce . • Tannée.
Ecorcenère Scorzonère.
Ecoué Malingre.
Ecourgeat Escourge.
Ecové Ecouvillon.
Ecrémer Ecrémer.
Ecremin Malingre.
Ecritoire Ecritoire.
Ecrivisse Ecrevisse.
Ecuelle Ecuelle, écuellée.
Ecuelles (faire des) .... Ecuelle.
Ecuisson Ecusson.
Ecuit Ecorché.
Ecurie Ecurie.
Eduquer Eduquer.
Effeuilles Effeuillage.
Egalancher (s') Parade.
Egosiller (s') . . Engouer (s').
Egousser Ecosser.
Egraffigner . . ...... Egratigner.
Elexir Elixir.
Embarbouillé Embrouillé.
Embarbouiller Barbouiller (se).
Embardoufler Barbouiller.
Embarras (faire son) , etc. . Embarras.
Embauché (mal) Embouché (mal).
Embauchoir, embochoir . . Embouchoir.
Embaumer (s') Cogner (se).
Emblé (d') Emblée (d').
Embochoir Embouchoir.
Emboire Emboire, ébouillir.
Embrelicoquer Emberlucoquer.
EMB 251
Pour : Voyez :
Embrier (s') Elan.
Embroche Airelle
Embroncher (s') Embroncher.
Embrouillamini Brouillamini.
Embrouler Salir.
Embumenter Fumer.
Emelluer Casser.
Empare (prendre de F). . . Marge.
Emparer Id.
Empaumer Empaumer.
Empêcher Empêcher.
Empédzer Poisser.
Emplâtre Gifle.
Empletter Emplette.
Emplotonner Empeloter.
Empoignée Lutte.
Empois Empois.
Empruntu Impromptu.
En En.
Encavage Encavement.
Encasse Enclave.
Enchâteler ' . . Combler.
Enclin Enclin.
Encoche Coche.
Encocher Encocher.
Encoubler (s') Empêtrer.
Encourager (s') Encourager (s').
Encroire (faire), s'encroire Accroire, croire, enorgueillir.
Encrosser Epauler.
Encrotter Enterrer.
Endoloré • . . Endolori.
Endosse Endos.
Endroit (à point d') . . . . Part.
Enfagoter (s') Fagoter (se).
Enfater Mettre.
Enfance (tomber dans 1'). . Enfance.
Enfiler Enfiler.
252 ENF
Pour : Voyez :
Enfin voilà! Enfin.
Enflammation Inflammation. ,
Enfle Enfler. .
Enfoncer (s') Enfoncer (s').
Enfourcher (s') Enfourner (s').
Engaîne Artifice. . ,
Engoumé Empiffré.
Engueuler Injure.
Enjouer Coucher. . .
Enmêlé Mêler. ■
Enmouracher (s') Amouracher (s').
Enmourti Gourd.
Ennuyer (s') Ennuyer (s').
Enraufer Crasse. .
Enrouure Enrouement.
Ensaquer Ensacher. .
Enseigne (à bonne) .... Enseigne.
Ensemble (par) Moitié.
Ensevelissement Ensevelissement.
Ensuite Ensuite.
Ensuivre (s') Ensuivre (s').
Entailler Encocher.
Entêcher Empiler.
Enterreur Fossoyeur.
Entorse (se faire une) . . . Entorse.
Entre, entre deux Entre.
Entreposer Entreposer.
Enver Furoncle.
Envergeure Envergure.
Envers (à 1') Envers (à F).
Envie Envie.
Envie (s'en passer F) . . . Envie.
Environ Environ.
Epancher d'eau Epancher.
Epare Penture.
Epargne Binet.
Epeautre Epeautre.
ÉPÉ 253
Pour : Voyez :
Epécacuanha Ipécacuanha.
Epécler Ecraser.
Epingle d'épouse Camion.
Epingue Epingle.
Episode . . Episode.
Epouffer Pouffer, éclater.
Epouse (mon) Epouse.
Epouser . Marier.
Epoussoir Epoussette. ....
Epoux Epoux.
Erer Aérer.
Erésypèle Erysipèle. . . .
Erixin (huile d') Ricin.
Errements Errements.
Errhes Arrhes.
Errière (en) Arrière (en).
Escaliers (monter les) . . . Escalier.
Escaliers (faire sauter les) . Montée.
Escient Escient.
Esclandre Esclandre.
Escompte Escompte.
Escormancher (s') Ereinter (§'), excéder (s').
Escornifler Ecornifler.
Escornifleur Ecornifleur.
Espace Espace.
Espadron Espadon. . . .
Espérer Espérer.
Espérer que Id.
Esquelette Squelette.
Esquiver (s') Esquiver (s').
Essanger Egayer.
Essentiel Essentiel.
Essourdeler Assourdir.
Ester en droit Ester.
Estière Goutte.
Estomac Estomac.
Etagère Tablette.
254 ETA
Pour : Voyez
Etancher (s') Engouer (s').
Etats (être dans tous ses) . Etat.
Etenaille Tenaille.
Etendre Tendre.
Etendre du fumier Epandre.
Eternel Eternel.
Etertie, étertir Assommer.
Etiédir Dégourdir.
Etire Gaffe.
Etiré Tiré.
Etoiles (faire voir les) . . . Etoile.
Etonner (s') Etonner (s').
Etouffé (à 1') Etuvée.
Etoumi Etourdir.
Etranger (dans V) Etranger.
Etrener Etrenné.
Etroubles Clair.
Evalanche . . Avalanche.
Evangile Evangile.
Eveillon Gifle.
Evitation (en) Frais.
Eviter Eviter.
Excellent Excellent.
Excuse (demander) .... Excuse.
Exercice (prendre de V) . . Exercice.
Exergue Exergue.
Exorde Exorde.
Expirer Expirer.
Exprès (par exprès). . . . Exprès.
Extrême Extrême.
Fafardet Farfadet.
Faire Faire.
FAI 255
Pour: Voyez:
Faire au four Boulanger.
Fait (c'est tout ma mère m'a) Un.
Fameux Fameux.
Farbala Falbala.
Faree Farceur, fredaine.
Farceur Farceur.
Farçon Farce.
Fascine Fascine.
Favâ Potamot.
Fa viole Haricot.
Fayard, foyard Hêtre.
Fécond Fécond.
Fémelin Malingre.
Fenaison Fenaison.
Fendre. . Fêler.
Féner Gagner.
Fénet Tatillon.
Fer (vieux) Vieux.
Fer à gaufres ........ Gaufrier.
Fermente Ferrure.
Fermenter, goger Suer.
Fermer Fermer.
Ferra Ferra.
Ferreau . . Ramasse.
Ferretier Ferronier.
Ferrettes (faire ses) .... Moulin.
Fidés Vermicelle.
Fier, n'ereau Fier.
Fier-à-bras Fier-à-bras.
Fifer Boire.
Figâce Gâteau.
Fignolet . Fignoleur.
Fil (aux doigts) Envie.
Fil-d'archat Fil d'archal.
Fillol Filleul.
Filocher Filocbe.
Fils Fils.
256 FIN
Pour : Voyez
Fin Fin.
Fin finaud Finaud.
Finale (en) Finalement.
Finition Définition.
Fion Cadeau.
Fiste (ma) Foi.
Fixer Fixer.
Fia Foin.
Flachère Flache.
Fla-fla (faire) Frou-frou (faire).
Flairer Flairer.
Flambée Feu.
Flammer Flamber.
Flâner Flâner.
Flaquer, flanquer Flaquer, flanquer.
Flâr Haleine.
Flause Bourde.
Flegme Graillon.
Fleurier Charrier.
Fleutre Feutre.
Flin-flâ Flic-flac.
Flon Flan.
Flot Fléau.
Fiouer Tromper.
Flûte * Flûte.
Fofiler Faufiler.
Fois (des) (la) (des autres) . Fois.
Foncet Plateau.
Fond (de lit) Enfonçure.
Fond (mon) Fond.
Fonde, fonte Tronc.
Fondraillon Fondrilles.
Fondre Fondre.
Fondu Fondue.
Fondu et moulu Fondre.
Fontenier Fontainier.
Forfiler , Faufiler.
FOR 257
Pour : Voyez :
Formaliser Formaliser (se).
Fortuné Fortuné.
Foua Fouet.
Fouine Faîne.
Foula Foulard.
Founer . . Fureter.
Four (faire au) Boulanger.
Fourchette Vrille.
Fourneau Poêle.
Fouron Tuteur.
Fourre Housse, taie.
Fousquine Colère.
Foussoir Fossoir.
Foussoyer Fossoyer.
Foutimasser Muser.
Foutriquet Homme.
Foyard, fayard ...... Hêtre.
Frai ou frais (terme de chasse) Frais.
Fraîcheur (à la) Fraîcheur.
Franchipane ....... Frangipane.
Frauder Frauder.
Frelon Frelon.
Frelu (faire le) Fendant.
Frémer Parier.
Freppe Frette.
Frète, frette Faîtage.
Frétiller Frétiller.
Fricassée Fricassée.
Fricasser Fricasser.
Fricot Fricot.
Frilieux Frileux.
Frime Frime.
Fringale Faim-valle, venette.
Friser Fraiser.
Froid (prendre) Froid.
Froissure Fressure^
Froncer Froncer.
GLOSS. VAUD. 17
258 FRO
Pour : Voyez
Fronçure Froncis.
Front de pétard Front.
Frouiller Tricher.
Fruit Fruit.
Fruiterie, Fruitière .... Laiterie.
Fumet Fumeron.
Fur (à) Fur.
Fusées (faire les) Fuser.
Fuser Fuser.
Fuset Fusil.
Fuste Fuste.
Gabarre Bagarre.
Gabgie Gabegie.
Gadin Layette.
Gadrouille Lavure.
Gadrouiller Gargouiller.
Gage Gage.
Gager Gager.
Gagère Fripier.
Gagui Gagui.
Galavarde Evaporée.
Gale (de) Jouer.
Galetas Galetas.
Galette Bourre de soie.
Galop Savon.
Gandoise Bourde.
Ganguiller (se) . ' Suspendre.
Ganif Canif.
Ganse Boutonnière.
Gâpion Agent.
Garde (à la) Garde.
Garde-habit Surtout.
GAR 259
Pour : Voyez :
Garde-paille Paillasse.
Garde-police Agent.
Garde-roue Enrayure.
Gargoriser Gargariser.
Gargouillement Borborygmes.
Garnesson, garnison .... Réjouissance.
Garnissaire Garnisaire.
Gatillon, gatoillon Détente.
Gâtion Gâter.
Gaufre Gaufre.
Gauler (se) Crotté.
Gaupe Gaupe.
Gazette (lire la) Lire.
Gazouiller Gazouiller.
Gelée Gelée.
Geler Geler.
Genèvre Genièvre.
Génisse Génisse.
Gens Gens.
Germain (remué de) ... . Cousin.
Germe s . . Germe.
Gession Gestion.
Gifleux . Rafar.
Gigue Gigue.
Ginguer Cabrioler.
Girade, Girarde Gérarde.
Gisser. gypser Plâtrer.
Glanée Glanure.
Glingain Auriculaire.
Glisse Glissoire.
Glissée Glissade.
Glisser (se) Glisser.
Gloriette Violon.
Glu Glu.
Gnâ ou gnace (faire). . . . Caresser.
Gnaf Cordonnier.
Gnagnou Gniole.
260 GNI
Pour : Voyez :
Gnio Nichet.
Gniôque Badaud, bestiasse.
Gnobet Coup.
Gnognote Chicorée.
Goberger (se) Goberger.
Godeau Yerre.
Godron, godronner .... Goudron.
Goger Combuger, fermenter, rhume.
Gogne Niais.
Goguenardise Goguenarderie.
Goguinettes Goguettes.
Goille Coyer.
Golée Gorgée.
Golet Goulot.
Gonfle Gonflé, cloche.
Gongonner Bougonner.
Gougan Chenapan.
Gouille Flaque.
Gouingoué (de) Guingois (de).
Goume Puisoir.
Gourmand Gourmand.
Goût de tonneau Fût.
Goutte Goutte.
Gouttière Gouttière.
Gouverner Affourrager.
Govion Faguenas.
Goy Coyer.
Grabouiller Gribouiller.
Graciosité Gracieuseté.
Graffigner Egratigner.
Graffion Bigarreau.
Graie Craie. .
Graillon Gratin.
Grain (veiller au) Grain.
Graine Grain.
Graisse (donner une) .... Graisse, savon.
Graisse de char Graisse.
GRA 261
Pour : Voyez :
Graisse molle Saindoux.
Graisser Graisser.
Gramont Gramen.
Grandeur (à la) Grandeur.
Grappe Rafle.
Gras Gras, couenneux .
Grasset, grassis Genièvre.
Gratelle Gratelle.
Gratigner Egratigner.
Gratta-cul Gratte-cul.
Gravate Cravate.
Grayon Crayon.
Grèbe Grèbe.
Greboler^ Trembler.
Gredin Gredin.
Gredon Jupe.
Greffion . Bigarreau.
Grêlé Grêlé.
Grêlon Grêlon.
Gremaillon Grumeau.
Gremillette Lézard.
Grenette Halle.
Grenouille (jouer à la) . . . Coupe-tête.
Grenouilles (avoir les) . . . Borborygmes.
Gréon Crayon.
Grésil ... Grésil.
Greube Crasse.
Greubons Regrignes.
Gribicbe Pie-grièche.
Grietz Semoule.
Griffer Egratigner.
Grille Cheville.
Griller Rôtir, brûler.
Grillet Grillon.
Grimper les murs Grimper.
Gringe Triste.
Gringuenotter Gringotter.
262 GRI
Pour : Voyez
Griotte Griotte.
Gripiou Conservateur.
Grises (des) Gris.
Grognone Grognon.
Grolle Savate.
Grondée Gronderie.
Gros (en) Grosse.
Gros (les) Riche.
Grougnon Bûche.
Group Croup.
Grouper . . Appréhender.
Gruer Gruau.
Gruler Hocher.
Grulette Trembler.
Grumeau Cuisse de noix.
Grus , gruz Gruau.
Guegnule Gniole.
Guêpière Guêpier.
Guerguette Gosier.
Guéton , guette Guêtre.
Gueuserie Tromperie.
Guide-âne Transparent.
Guidon, guidonner Mire.
Guille Quille.
Guilleret Guilleret.
Guillette Fusée.
Guilloché Guillochis.
Guillon, guillonner .... Fausset.
Guingam Guingan.
Gymnase Gymnase.
Gypier Gypse.
H
Habit d'uniforme Habit.
Habresac Havresac.
HAM 263
Pour : Voyez :
Hameçon Hameçon.
Haricot Haricot, conservateur.
Harrhes Arrhes.
Hasard Hasard, pot.
Haut (en) Haut.
Haut (gens du) Haut.
Hémologuer Homologuer.
Hémorragie Hémorragie.
Hente Ente.
Hépatique Aspérule.
Herbette Herbe.
Hériter « Hériter.
Heure Heure.
Hier Hier.
Hiresson Hérisson.
Hobelon Houblon.
Hoc Hic.
Honneur à cœur Honneur.
Horloge Horloge.
Horreur (à 1') Horreur.
Hors Dehors.
Hott Dia.
Hotte Hottée.
Huile Huile.
Huile bouillante (être dans 1') Inquiétude.
Huïo Dia.
Hussier Huissier.
Ici Ici.
Idée Idée, soupçon.
Idem Idem.
Imitable Imitable.
Immense Immense.
264 IMM
Pour : Voyez
Immortel Immortel.
Impardonnable Impardonnable.
Impasse (faire 1') Esquicher.
Impatienter (s') Impatienter (s').
Impossible Impossible.
Impothèque Hypothèque.
Imputation, imputer . . . . Amputer.
Inanimé Inanimé.
Incan Encan.
Incendie Incendie.
Indice Indice.
Indigécion Indigestion»
Indigne Indigne.
Induquer Eduquer.
Inestimable Inestimable.
Influence Influence.
Insolenter Insulter.
Instinct Instinct.
Institut Institution.
Intentionné Intentionné.
Interception Interception.
Intrinsecte Intrinsèque.
Invectiver Invectiver.
Inventoriser Inventorier.
Irriguer Aigayer.
Item Item.
Itout Aussi.
Ivoire Ivoire.
Jabot Jabot.
Jamais, au grand jamais . . Jamais.
Jaravatte Langue.
Jarce Gerce.
JAE 265
Pour : Voyez :
Jardinage Légume.
Jardinière Courtillère.
Jartière Jarretière.
Jatte Jattée.
Jeter, j eter bas Déjeter, jeter.
Jeunesse Jeunesse.
Jiclée Soupçon.
Jicler Jaillir.
Jointer Joindre.
Joliment Joliment.
Jot Juc.
Jouaillon Jouereau.
Jouer aux creux Jouer.
Jouir Jouir.
Jour Jour.
Joux Forêt.
Jurisdiction Juridiction.
Jus Jus.
Juste (comme de) Juste (comme de)
K
Kinarodon , Cynorhodon.
Kikeriki Coquerico.
Lâcher Lâcher.
Lâcher les écluses Ecluse.
Laid (il fait) ....... Mauvais.
Laidron Laideron.
Lait battu Babeurre.
Lancée , lancer Elancements.
Lanlaire (va te faire) . . . Aller.
266 LAN
Pour : Voyez
Lantzequenet Lansquenet.
Lanzer Orvet.
Lard Flèche.
Largeur Largeur.
Larmier Soupirail.
Larronne Larron.
Lattage Lattis.
Lavandre Lavande.
Lavement Remède.
Laver Laver.
Le Le.
Léche-cul, léche-pot. . . . Lécher.
Léchée Lèche.
Le mien Le mien.
Lende, lendine Lente.
Lent Relent.
Lerger Léger.
Lessiveuse Buandière.
Lever Lever.
Lever le coude Hausser.
Lever la table Lever.
Liaison Liaison.
Liasse Trousseau.
Lieu (à) Lieu.
Lièvre Lièvre.
Lignai Bâtonnet.
Ligner Régler.
Lignu Ligneul.
Limace Lambin.
Limer (se) Elimer (s').
Linge Linge.
Linge à barbe Frottoir.
Liopet Somme.
Liquette Bachot.
Liquette (tout de) Go (tout de).
Lire Lire.
Lise, lisié Lizée.
LIS 267
Pour : Voyez
Liseret Liséré.
Lissiveuse Buandière.
Lissu Lessive.
Liteau Liteaux, latte.
Litelage Lattis.
Liteler Latter.
Loger Rester.
Loin Loin.
Longtemps . Longtemps.
Loquette Bachot.
Lors Lors.
Lotir Blottir.
Loton Laiton.
Luge Ramasse.
Lugratif Lucratif.
Luizerne Luzerne.
Lumignon Veilleuse.
L'un dans l'autre Porter.
L'un et l'autre L'un et l'autre.
Lundi (le bon) Lundi.
Luquerne Lucarne.
M
Mabre Bille.
Mâcher papet Mâcher.
Mâchiller, mâchouiller . . . Mâchonner.
Machin, machine, machinante Machine.
Magnin Drouineur, averse.
Maigre Maigre.
Maigrolet Maigrelet.
Maille (couler une) .... Maille.
Mailler Mailler, tordre.
Maillettes Agrafe.
Maillon Palonnier.
268 MAI
Pour : Voyez :
Main . Main, empan.
Majeur Majeur.
Mal Mal.
Malcommode Incommode.
Malcomplaisant Complaisance.
Malin Malin.
Marna Maman.
Manche Manche, queue.
Maniance Manier.
Manque-à-touche Manque-à-toucher.
Manteau Robe.
Mâpi Bille.
Marandon, marandonner . . Goûter.
Maraude Maraude.
Marbre Bille.
Marché Marché.
Marché (bon) Marché (à bon.)
Mare seule Seul.
Margotte, margotter .... Marcotte.
Marguerite (à la franche) . Franquette.
Marguiller Fossoyeur.
Marier Marier.
Marion graillon Marie graillon.
Marnicle Manique.
Marrain Merrein.
Marteau Dent.
Martériser Martyriser.
Martin-sèche (poire) .... Martin-Sec.
Martin vit Bon homme.
Mas Clos.
Mas (en un) Tout en un tenant.
Mastiquer Mastiquer.
Mât de cave Chantier.
Matafan Benêt, crêpe.
Mate Moite.
Matole Pain.
Matou Matou.
MAT 269
Pour : Voyez :
Matricule Matricule.
Matton Cailler.
Mauragrai Humeur.
Mazot Mazut.
Mécaniser Trouver mauvais.
Mécredi Mercredi.
Médillon Rigole.
Médiocre (écrire en) ... . Moyen.
Méfait Contrefait.
Mège Charlatan.
Melefret Friand.
Melion Moellon.
Membre Membru.
Mémorisation, mémoriser . Remémorer (se).
Menei* , . Mener.
Menton à tapette Menton.
Menusier Menuisier.
Merci Merci.
Mère (c'est tout ma) .... Mère.
Mésentendu Malentendu.
Messager Messager.
Messeiller Messier.
Messel Méteil.
Mettre à droit Ensevelir.
Mettre (se) Entrer.
Mettre la table ..... Couvert.
Metzance Messéance.
Meur Mûr.
Meure, meuron, mûron . . Mûre.
Midi, minuit Midi.
Mietter Emietter.
Mieux Mieux.
Millecanton Fretin.
Mimero Numéro.
Minable Minable.
Minage Labour.
Mince (un) Mince.
270 MIR
Pour : Voyez
Mirlifique Mirifique.
Mis Mise.
Miscrocope Microscope.
Mise, miser Mise.
Mistanflute (à la) Travers.
Mite Mitaine.
Mitenandre Monde.
Mitouche (sainte) Nitouche (sainte.)
Moclâ Graillon.
Mode Mode.
Moindre Moindre.
Moineau Moineau.
Moins des moins (le) .... Moins.
Moins (sans le) Moins.
Mois d'avril Poisson d'avril.
Moitié Moitié, méteil.
Molan Rogne.
Molare Rémouleur.
Momo Momot.
Moment (bon) Moment.
Moment (des) Moment.
Monde (dans ce Dieu) . . . Monde.
Monon Toutou.
Monté ! Dieu.
Montée Montée.
Monter Monter.*
Monture Plaisanterie.
Moque Morve.
Moque (je t'en) ...... Tout beau.
Moqueur Bavard.
Mor, mourre Museau.
Mordiller Mordailler.
Mordure Morsure.
Moriginer Morigéner.
Mormonner Marmonner.
Morse Morceau.
Mort-à-pêcne Crin-d'empile.
MOR 271
Pour : Voyez :
Mortier Brasier.
Mort-ivre Mort-ivre.
Morzure Morsure.
Motu Emoussé.
Moucher Moucher.
Mouchet Houpe, trochet.
Mouchette Mouchettes.
Mouchillon Moucheron.
Mouchon Moucheron.
Mouferine Montferrine.
Mouille-bouche ...... Mouille-bouche.
Mouillon Mouillure.
Mouler Caponner, mouler.
Mouleton . Molleton.
Moulu (frais) Emoulu.
Mourve Morve.
Mourveux Morveux.
Mouset, muset Musaraigne.
Mousseron Moucheron.
Moussillon Moucheron.
Moustaches Moustache.
Moût ( n'avoir ni goût ni
moût) Moût.
Moutonnier Gardeur.
Moyen (pain) Bis-blanc.
Moyenne Aise.
Mûr (mal) Mûr.
Murguet Muguet.
Murs (entre quatre) .... Muraille.
Muscate Muscade.
Muscate (poire) Muscadelle.
Musette Sifflet.
Musilière Muselière.
Musser Musser.
Mute Meute.
Myrtre Myrte.
272 NAC
N
Pour : Voyez :
Nacre Nacre.
Nager Ramer.
Nain Nain.
Nainbot Nabot.
Napage Linge.
Navette Pain.
Nèfe Nèfle.
Nenni Nenni.
Nésé Renfermé.
Néser Rouïr.
Net comme torchette. . . . Net.
Nettayer Nettoyer.
Neuf (à) -Neuf.
Neyer ÏToy.er.
Nez Nez.
Niaise Noise.
Niau Mchet.
Niblet Tatillon.
Nicolas-tampon Colin-tampon.
Nifle (je t'en) Tout beau!
Nifler 'Priser.
Niguedouille , niguedan -
douille Niquedouille.
Nille Articulation.
Nillon Pain.
Nina Plumet.
Nine Nain.
Ninotte Linotte.
Niole Nue.
Ni peu, ni trop Beaucoup.
Nite Nitée.
Niveau (à) Niveau.
Noce Bouchée.
NOE 273
Pour : Voyez :
Noël Noël.
Nogat Nougat.
Noix (sur un bâton) .... Noix.
Nonchaliance . Nonchalance.
Nonchaliant Nonchalant.
Non-nette Maïs.
Nono Dodo.
Non pas Non.
Notarial Notariat.
Noudel Nouilles.
Nouer les deux bouts . . . Joindre.
Nourrir à la bouteille . . . Nourrir.
Nous deux Nous.
Nouveau Nouveau, nouvelle.
Novion (être à) Ténèbres.
Nuit Nuit.
Nuit (se mettre de) Nuit.
Numéro Numéro.
o
Oasis Oasis.
Oberge . - : Alberge.
Obliger Obliger.
Observer Observer.
Obuse Obus.
Occasion (avoir) Besoin.
Occuper Occuper.
Oeillet Corne.
Oeilleton Mignonnette.
Oeuf Oeuf.
Oeuve Lente.
Offre Offre.
Offrir Offrir.
Ognon . Coup, oignon.
GLOSS. vaud. 18
274 OIE
Pour : Voyez :
Oïenas, oïonas Abatis.
Oing (vieux) Oing.
Olive Olive, primevère.
Ombre-chevalier Umble.
Onde Bouillon.
Ongle Ongle.
Or (manger F) Remuer.
Orageux Orageux.
Orbet Orgelet.
Ore, orendroit A présent.
Oreille Corne.
Oreilles essuyées Nez.
Organe . Organe.
Orgeade Orgeat.
Orteuil Orteil.
Oser Oser.
Ou! Oh!
Ouaffée Quantité.
Oublie Pain.
Oublieur Oublieux.
Oujourd'hui Aujourd'hui.
Ourle Ourlet.
Ourles (les) Oreillons.
Ourtie Ortie.
Ourtillère Ortie.
Outre Outre.
Ovaille (d') Cas.
Pache March .
Pacot Margouillis.
Pagnon Grumeau.
Paillasse de bourre .... Bourre.
Paillasson Sébile.
PAI 275
Pour : Voyez
Pain de coucou Oxalide.
Pain moyen Bis-blanc.
Pair Pair.
Pair et compagnon .... Pair.
Pair ou non pair. ..... Pair.
Paire Paire.
Palanche Levier.
Palet Pâlot.
Palette ABC.
Palfrenier ........ Palefrenier.
Panache Panache.
Panais Mil.
Pandeau Trochet.
Panier Panerée.
Panneau Panneau.
Panner Panner.
Panosse Torchon.
Pantalon Pantalon.
Pantet Pan.
Pantin (saoul comme un). . Grive.
Pantomine Pantomine.
Panure Chapelure.
Paon Paon.
Papagai Papegai.
Papeterie Papeterie.
Papette. . Papin.
Papier cassé Brouillard.
Papier de poste Papier.
Paquet Botte, latte.
Par Par.
Parader Parade.
Paraphe Paraphe.
Parchet Parcelle.
Pardi, pardine Certainement.
Pardonnable Pardonnable.
Pardonner Pardonner.
Pareille Pareille.
276 PAR
Pour : Voyez
Parent Parent.
Parepluie, parpluie .... Parapluie. . .
Parevent Paravent.
Pariure Pari.
Par peu que Pour peu que.
Parron Parure.
Partager Partager.
Partener Partenaire.
Parterre (faire un) Parterre.
Partie au billard Partie.
Partir Partir.
Par vers Près de .
Pas (sans le) Pas.
Passager Passant.
Passé (comme du) Passé.
Passer Passer.
Passer au bleu Fondre. . ,
Pasteur (jouer à) Mérelle.
Patapouf Homme. . .
Patatin-patata Patata patata.
Pâte Pâte.
Pater Patère.
Patet Lambin.
Pateter Lambiner.
Patin Braie.
Patracle Patraque.
Patrigot Margouillis.
Patrigoter Patrouiller.
Patte Chiffon.
Patte d'aise Lavette.
Patte mouillée Poule mouillée.
Paufer Levier.
Paumer Balle.
Pays (être de son) Pays.
Peau Peau.
Pêchier Pêcher.
Péclet, péclette Loquet, clinche.
PÉC 277
Pour : Voyez :
Pécleter Loqueter.
Pédze Poix.
Pedzer Poisser.
Peigner Peigner.
Peignette Peigne.
Peine . Peine.
Peinturlurage Peinturage.
Peinturlurer Peinturer.
Penacet, penatzet . .... Chasse-cousin.
Pendre à un fil Fil.
Peneux Penaud.
Pénible (du) Pénible.
Penne Panne.
Penser Penser.
Pension (prendre) Pension.
Pente Penchant, pente.
Pépie Pépie.
Percer . . Percer, boire.
Percet Tarière.
Perchette ; . Perche.
Perclus Perclus.
Père (mon) Père.
Périls et risques Péril.
Perrin, perron . . Parure.
Persil let Persillé.
Personne d'autre Autre.
Pertubateur Perturbateur.
Pesette Vesce.
Pétard Coup, horion, canonnière.
Petaud Pétaud.
Pétaudière Pétaudière.
Pétée Quantité.
Petit-za-petit Petit à petit.
Pétoillon Dernier.
Petole . Crottin.
Petou . Putois.
Pétre Goêtre.
278 PÉT
Pour : Voyez :
Pétrir Battre, pétrir.
Pétrissoire Pétrin.
Pétuble Vessie.
Peu Peu.
Peu-za-peu Peu à peu.
Peur (une belle) Peur.
Peur (à moi la) Peur.
Peut-être Peut-être.
Piaillard Piailleur.
Piaillées Piaillerie.
Pian-pian Piane-piane.
Piapau Piapan.
Picholette Chopine.
Pichonner Pignocher.
Pichoter Picoter.
Pichougner Pignocher.
Piclée Jaillir.
Picler Jaillir.
Piclet Loquet, clinche.
Picleter, pécleter Loqueter.
Picolon Point.
Pidance Pitance.
Pider Abuter.
Pièce droite Pièce.
Pied Pied.
Pied-clochette (à) Cloche-pied (à).
Pied (verre à) Patte.
Pierre à eau Fontaine.
Pierre à feu Pierre.
Pif Ivre.
Piffrer Empiffrer (s 1 ).
Pignolet Thym.
Pigrièche Pie-grièche.
Pile Pile.
Piller Ecaler.
Pilon Mortier.
Pilvinette Epine-vinette.
PIM 279
Pour : Voyez :
Pimpinière Pépinière.
Pinacle Pinacle.
Pince Fichoir, troussis.
Pincer Toucher.
Pincette Pincettes, fichoir.
Pinte Cabaret.
Pintier ' . . Cabaretier.
Piolet Thym.
Pion Ivre.
Pionnier Cantonnier.
Piorne Bougon.
Piorner Bougonner.
Piôte Patte.
Pioton Peton.
Piotonner Piétonner.
Piouler Piauler, crier.
Pioulet Thym.
Pipatser, piper Fumer.
Piper Piper.
Pipette Pipette, tripette.
Pique-bois Pic.
Piquer un quart Quart.
Piquerne Chassie.
Piquet (compter au) ... . Piquet.
Piquette Piquette, chasse-cousin.
Pire, pis, et pis Pire, pis.
Pisse-chien Pisse-chien.
Pisson Pissat.
Pistaud Clerc.
Pistée Aller.
Pive Pigne, cône.
Pivoine Pivoine.
Plafond Plafond.
Plaindre Plaindre.
Plain-pied Plain-pied.
Plan Plan, gage, court.
Planches du lit Enfonçure.
280 PLA
Pour : Voyez :
Planelle Carreau.
Plantage Closeau.
Plantain (jouer du) .... Plantain.
Planton Plançon.
Plataise Platitude.
Platelée Platée.
Platine (forte) Platine.
Plein Plein.
Plein (tout) Beaucoup.
Pléonasme Pléonasme
Pleuvigner Bruiner.
Pleuvoir Pleuvoir.
Plie Main.
Plomb (d'à) Plomb (à)
Plot . Billot, sabot.
Ploter (se) Peloter (se).
Ploton Peloton.
Plucher Eplucher, écaler
Pluie battante Averse.
Plumache Panache.
Plumet Plumet.
Plus point . . Plus.
Poche, pûchon Poche.
Poche (argent de) Poche.
Poignée (à la) Poignée.
Poil (avoir le) Tirer.
Pointage . Pointement.
Pointe (être de) Lever (se).
Poire Poire.
Poire beurrée Beurré.
Poire Goliath Poire.
Poirée Poiré.
Poisette Vesce.
Pois mange-tout Pois.
Poison Poison.
Poivrier, poivrière Poivrier.
Polisson Polisson.
POL 281
Pour : Voyez
Polmon, pormon Poumon.
Pomblée Boire.
Combler (se) Boire.
Pomme Pomme.
Pomme calvine Calville.
Pomme carpendue Capendu.
Pommeau Pomme.
Pompe (avoir le vent en) . Poupe.
Pompe à feu Pompe.
Pompier Buveur.
Pompon (à moi le pompon). Pompon.
Ponçonner Exciter.
Pôner Financer.
Pont Pont.
Pontenage Pontonage.
Porpe, porpu Pulpe.
Portant (bien). ; Portant.
Porte-drapeau Brayer. . .
Porter Porter. . .
Portette Porte.
Portion Potion.
Pose Posage. . .
Poser Quitter.
Pot Pot.
Pot renversé (à) Cache-pot (à).
Pote c Moue.
Potelée Potée.
Potier Poêlier.
Potremets Brouet.
Potringue Boisson.
Potringuer Droguer.
Potu , . . Moue.
Pouet Laid.
Pouffer Bouffer.
Pouiller Epouiller.
Pouine Mijaurée.
Poulaine Pouliche.
282 POU
Pour: Voyez
Poulainte Polenta.
Poulmon Poumon.
Poupouner (se) Pouponner (se).
Pourpe Pulpe.
Pourreau Porreau.
Pourrion Gâter.
Pourrir Gâter.
Poussée Pousse.
Pousser (en) Craquer.
Poussine Poussin.
Poutraison Travée.
Poutre Poutre.
Pouvoir Pouvoir.
Prêcher Prêcher.
Précipitée (à la) Hâte.
Préférer Préférer.
Préjudice Préjudice.
Prelimpinpin Poudre.
Prendre Prendre.
Prendre (s'en) Prendre.
Prends-tout Toton.
Présence un tel Présence.
Présent (à) Présent.
Presser Presser.
Prêt (être) Prêt.
Prétentaine Prétentaine.
Prêter à rire Apprêter.
Prier Prier.
Primbèche Pimbêche.
Privé Privé.
Prochain Prochain, proche.
Proche Proche.
Procure Procuration.
Procuré Procureur.
Promener Promener.
Promettre Promettre.
Proviguure Provin.
PRU 283
Pour : Voyez :
Pruneau Pruneau.
Psaume Psaumes.
Puisoir Sasse.
Puissant Gros.
Pulverein Pulvérin.
Punais Renfermé.
Purge, purger Purgation.
Purpurale Puerpérale.
Pussine Poussine.
Q
Quantième Quantième.
Quart (piquer un) Quart.
Quartette Ch opine.
Quasiment Quasi.
Que Que.
Quel Quel.
Quelque Quelque.
Quelqu'un d'autre Autre.
Quetelle Carreau.
Quette Mèche.
Quillier Quiller.
Quinquerne, quinquerner. . Vielle, orgue, rabâcher.
Quinquet (crever le) ... . Quinquet.
Quinson Pinson.
Quitte et quitte Quitte.
Quoique Quoique.
Quoique ça Malgré.
R
Rabobiner Rabobeliner.
Rabon-ner Rapatrier.
284 RAB
Pour : Voyez :
Rabot Nabot.
Râche Cuscute, teigne.
Râche-pied (de) D'arrache-pied.
Racine jaune Carotte.
Racirer Acérer.
Racle, râcloire Racloir, crin-crin.
Raclée Ribambelle.
Racler Racler.
Racroquer Recevoir.
Raffe, rifle Diarrhée.
Raflée Quantité.
Rafler Erafler.
Rafoncer Précipiter.
Rafu Rafar.
Ragouler, ragoulier .... Regouler.
Raguiller Quiller.
Raisin de mars Groseille.
Raisinée Raisiné.
Raison Raison.
Raisonner Arraisonner.
Raisson Sciure.
Ramage Ramage.
Ramasser (se) Communiquer (se).
Rambour Rambour.
Rame Rame.
Ramonée Réprimande.
Rampon Mâche.
Ramure Comble.
Rance Rancissure.
Ranci Rance.
Ranco Râle.
Rancuneux Rancunier.
Ranger Arranger, ranger.
Ranqueméler Râle.
Râper Erafler.
Rapèr (être) Refait.
Rapercher Réunir.
RAP 285
Pour : Voyez :
Rapiamus (faire) Enlever.
Rapicoler Ravigoter.
Rapide Rapide.
Rapille . . . ."" Pente.
Rapille (à la) Gribouillette (à la)
Rapiner Rapiner.
Rapponce Allonge.
Rappondre Ajouter.
Rapports, renvois Rapport.
Raqueter, raquette Volant.
Rarranger Ranger.
Raser Araser.
Ras fer (à) Rase-terre.
Rasibus Rasibus.
Rassis Rassis.
Ras terre Rase-terre (à).
Rate Quenote.
Rate (faire la) Miroir.
Rates (avoir les) Faim.
Rate Prorata (au).
Râteler Râteler.
Ratelet Carré.
Ratenir Retenir.
Raucaner Mendier.
Raule Crasse.
Raufée Gronderie.
Raufin Grognon.
Ravauder Ravauder, marchandailler.
Ravauderie Ravauderie.
Rave Rave.
Raveur Ardeur.
Ravoir (s'en) Ravoir (se) .
Ravonnet Radis.
Rayer Régler.
Rebater Dégringoler.
Rebatte Batte.
Rebedouler Dégringoler.
286 REB
Pour : Voyez
Rebeller Fureter.
Rebibe Copeau.
Rebouffade Rebuffade.
Rebouiller Fureter.
Rebrandon Semotte.
Rebrouer Rabrouer.
Rebuse Froid.
Recalée, recafer Rire.
Receleur Receleur.
Rechanger (se) Rechanger (se).
Rechâtrer Rapetasser.
Récipissé Récépissé.
Réciproquement Réciproquement.
Record Regain.
Recorder (se) Rappeler (se).
Recouvrir Recouvrer.
Récrépir Recrépir.
Recrépissage Crépi.
Rectal Recta.
Reculette (à la) Reculons (à).
Récureuse Ecureuse.
Redelle Ridelle.
Redipet, redipéter Rapporter.
Redoux . Radoucir.
Redresser (se) Redresser (se).
Réduire Ranger, serrer..
Refait Refait.
Refroidir Refroidir.
Refrougné Refrogné.
Régale Régalade.
Registre Regître.
Regouesser Vomir.
Regrès Plâtras.
Regrigner (se) Regrigner (se).
Réguelisse Réglisse.
Réguliarité Régularité.
Reine du bal Reine.
RÉJ 287
Pour : Voyez :
Réjouir (se) Réjouir (se).
Relâcher Lâcher.
Relation Relation.
Relavage, relaver Laver.
Relavures Lavure.
Relever (s'en) Relever (en).
Remarquer Observer.
Remauffade, remauffée. . . Rebuffade.
Rembours Remboursement.
Remède Remède.
Remémorier (se) Remémorer (se).
Remercier pour Remercier.
Remoler Embrasser.
Remolon Recoupe.
Remontant Stimulant.
Remoucher Rembarrer.
Remouillemor (à) Empiffré.
Remouleur Emouleur, rémouleur.
Remuer Remuer, battre, déménager.
Renailler Renarder.
Rencontre Rencontre.
Rencontrer Rencontrer.
Rendement Reddition.
Renette (pomme) Rainette.
Rengager Engager.
Renoncer Esquicher.
Renoter Reprocher.
Renter Enter.
Rentourner (se) Retourner (s'en).
Renvenir (se) Revenir (s'en).
Renverser Renverser, verser.
Renvois Rapports.
Repailler Rempailler.
Repatrier Rapatrier.
Repetasser Rapetasser.
Repicoler (se) Ravigoter (se).
Repier Recrépir.
288 REP
Pour : Voyez
Repiper Piper.
Répit Répit.
Replat Plateau.
Repos (sans trêve ni) . . . Trêve.
Repourvoir, repourvue. . . Nomination.
Repoussegnon Réveillon.
Reprin Reprise.
Reprocher Reprocher.
Réservoir Banneton.
Résilier Besaigre.
Ressauter Tressaillir.
Ressembler Ressembler.
Ressemelage Ressemelage.
Ressortir Ressortir.
Restauper Reprise.
Rester . . Rester.
Retaconner Rapetasser.
Retaillon Injure.
Retalonner Talon.
Rétamer Etamer.
Retaper (se) Retaper.
Retarder (se) Attarder (s').
Retenir Retenir.
Retourner Retourner.
Retraint Racorni.
Retranche Fruit, retraite.
Retrancher Retrancher.
Retrousser Trousser.
Revange Revanche.
Revegnon Rabat.
Revenir Revenir (s'en).
Reveil-matin Réveille-matin.
Rêver Rêver.
Réverbère Réverbère.
Revercher Rabattre.
Revire-marion . Revers.
Revire-pied Pied.
REV 289
Pour : Voyez :
Revoir (à) Revoir (au).
Revoir (se) Revoir (se).
Revolin Caprice.
Rhumatisse Rhumatisme.
Rhume Rhume.
Ribaudée Ribambelle.
Ribler Ecorcher, érafler.
Ric-et-rac Ric-à-ric.
Riche Riche.
Rien Rien.
Rien d'autre Autre.
Rière Banlieue
Rière-grand-père Bisaïeul.
Riffle Diarrhée.
Riffler Raser, rifler.
Rincée Averse.
Rincer Aigayer, rincer.
Rinçolette Soupçon.
Rinçon Rinçure.
Ricgolet Mieux.
Ringue Chanson.
Ringuer (se) Lutter.
Rioule Ribote.
Rioute Hart.
Riquiqui Liqueur.
Risolet, te Rieur.
Rispoter Riposter.
Ristou Conservateur.
Rite Filasse.
Ritoule, Ritouler Chanson.
Rizeule, Risseule Rissole.
Robe Robe.
Rôder Rôder.
Rogation Rogaton.
Rognasser Noise.
Rogne (chercher) Noise.
Roille Averse.
GLOSS. VAUD. 19
290 ROI
Pour: Voyez
Roiller Battre.
Rompu Hernie.
Rondo Rondement.
Rongeon Plume, trognon.
Ron-ner Bougonner.
Roquelaure Surtout.
Rose-mousse Rose.
Rosse Rosse.
Rossignol Rossignol.
Rouèler Beugler.
Rouge (fièvre) Scarlatine.
Rouleau de tabac Rôle.
Rouler Rouler.
Roulière Blouse.
Roupe Redingote.
Rousse v Rousseur.
Rousselette (poire) Rousselet.
Route Rosse.
Roviant Chaud.
Rubriquer Ruser.
Ruclon Râclon.
Ruiner Effriter.
Ruper Gagner, gratter.
Ruse (agir de) Ruse.
S (faire les) Festonner.
Sabot Enrayure.
Saboulée, sabouler Sabouler.
Sache Balle.
Sacre (comme un) Travailler.
Sacrement Jurement.
Saigne Saignée.
Saigner Saigner.
SAI 291
Pour : Voyez
Saint Saint.
Sako Schako.
Salade Salade.
Salée Gâteau.
Salette, saliette Oseille.
Saligot Saligaud.
Saligoter Salir.
Sandaraque Sandaraque.
Sang Sang.
Sang-frais. . Sang-froid.
Sang-froid (à) Sang-froid.
Sanglée Sanglade.
Sans fin et sans cesse. . . . Fin.
Sapelle, sapelot Sapin.
Saquer Sac.
Sarbre * . . Sabre.
Sarcloret Binette.
Sastifaire, sastifaction . . . Satisfaire.
Saucier Saucière.
Saule Saule.
Saut Sautée.
Sautée Sautée.
Saute-ruisseau Saute-ruisseau.
Sauvage (sentir le) ... . Sauvagin.
Sauve Liberté.
Sauve Sauvé.
Sauver (se) Sauver.
Savater Saveter.
Savoir Savoir.
Sayette Oseille.
Schabraque Schabraque.
Scie Scierie.
Scrupule Soupçon.
Sèche Gâteau.
Sécher une douve Douve.
Sécheron, séchon Fruit.
Secouée Hocher, trempée.
292 SEC
Pour : Voyez :
Secoiipe Soucoupe.
Segnaule Crin-crin, vielle.
Segougner Tirailler.
Selle (aller à) Selle.
Semblant Semblant, soupçon.
Semens Semence.
Semer Semer.
Semestre Semestre.
Semotter Ecraser.
Senaille Sonnaille, cou.
Senaillère, sonnaillère. . . Sonnailler.
Sentir (se) Sentir.
Sentu Sentir.
Séquelle Séquelle.
Sérancer Serancer.
Sercler Sarcler.
Sercloret Binette.
Séré Caillebotte.
Serette Gléchome.
Serfile Serre-file.
Serin Badaud;
Seringuer Seringuer.
Serment Sarment.
Serpent Serpent.
Serraille (faire) Rater.
Serrau Sarrau.
Serrer Serrer, enrayer.
Serroir Enrayure.
Servant Lutin.
Servante Servante.
Service Couvert.
Serviette (recevoir une) . . Serviette.
Servir Servir.
Seule (mare) Seul.
Seulement Seulement.
Si Aussi.
Siau Seau.
SIC
Pour : Voyez
Sicler Crier.
Siennes (les) Sien (le).
Signer Signer.
Signifier Signifier.
Simagrie Simagrée.
Simolat Semoule.
Singuliarité Singularité.
Sirop de violettes Violât.
Si vous plaît ....... II.
Société Société.
Soi-disant Soi-disant.
Soigner Soigner.
Soiter Souhaiter.
Solet Seulet.
Solier Fenil.
Sommelier ........ Sommelier.
Son Son.
Sonner Corner, sonner.
Soque Galoche.
Sorcilége Sortilège.
Sort Sort.
Sorte Sorte.
Soucar Gousset.
Soucier (se) Soucier (se).
Soucil Sourcil.
Soûliaud Souliard.
Soupe Soupe.
Soupe à la bataille Julienne.
Soupe au pain cuit Panade.
Souper Souper, déjeuner.
Soupoudrer Saupoudrer.
Sourd Sourd.
Sourdiaud Sourdaud.
Sourdité . . . Surdité.
Souris Souris.
Sous-main Garde-main.
Sous-tasse Soucoupe.
294 SOU
Pour : Voyez
Sousté, se souster Gardé.
Souvent (le plus) Souvent.
Squelette Squelette.
Substanter Sustanter.
Sucrer Sucrer.
Sucrière Sucrier.
Suée Effort.
Suite (par la) Suite.
Supertition Superstition.
Suppléer Suppléer.
Supporter Porter.
Sur Sur.
Suredent Surdent.
Surfin Superfin.
Sur-louer Sous-louer.
Tabac en rouleau Rôle.
Tabelle Tableau.
Tabla, tablar Tablette.
Table (mettre la) Couvert.
Tablette Pastille.
Tabousse Bavard, caillette.
Tache Clou, taie.
Tâcher Tâcher, viser.
Tacon Pièce.
Taconnet Tussilage.
Tagué Crétin.
Taguenasser Gratter.
Taille Taille.
Taillé Galette.
Tailleur, tailleuse Tailleur.
Talemacher Parler.
Talène Frelon.
ÏAL 295
Pour : Voyez :
Taloche Taloche.
Talon Masse.
Talonner Talonner.
Tambournier Tambour.
Tamer, rétamer Etamer.
Tampone Ribote.
Tan Tannée.
Tannée Tannée.
Tant Aussi, tant.
Tantôt (ce) Tantôt.
Tantoume Toutou.
Tapassée Averse.
Tapaseillon Boisselier.
Tapée Quantité.
Taper de l'oeil Quart.
Tapette Bavard, caillette.
Tapin Coup.
Tapisserie (faire) Tapisserie.
Tapoter Frapper.
Taquenet Tatillon.
Tarder Rester.
Tare pour barre (dire) . . . Déraisonner.
Tasson Taisson.
Tatadzeneille Tâte-poule-
Tateret Couvreur.
Tatouer Tatouer.
Tâtre Tartre.
Tauper (se) Battre.
Tavan Taon.
Ta villon Bardeau.
Tèche Pile, tas.
Temple Tempe.
Temps Temps.
Temps (beau) Longtemps.
Tenable Tenue.
Tenailles Tenaille.
Tendre Tendre.
296 TEN
Pour : Voyez :
Tenir Tenir.
Tenir (se) Tenir.
Tentant. Tentant.
Tenue des livres '. Tenue.
Tergette _ . . . Targette.
Terni Ternissure.
Terraille Poterie.
Terre (plus bas que) .... Terre.
Terre-grasse Terre glaise.
Tête Fourneau, tête.
Tête de maillet Têtard.
Teton. • Téton.
Thé Infusion.
Théére, thétière Théière.
Tillol Tilleul.
Tinquet Morceau.
Tintébin Chariot.
Tintouin Inquiétude.
Tire-bas Gala.
Tirée (tout d'une) Tire.
Tirer Oter, tirer.
Titré Attitré.
Toil Toit.
Toile (sur la) Toile.
Toisé Toisé.
Tombée Tombée.
Tomber Dérocher, tomber, averse.
Tomme Tomme.
Ton Ton.
Tonneau Tonneau.
Tonneau (goût de) Fût.
Tonnelet Baril.
Topette Bouteille.
Toquet . Bourrelet.
Torailler Fumer.
Torche Tortillon.
Torcher Torcher.
TOR 297
Pour : Voyez :
Torcher son couteau .... Bec.
Torchon Bouchon, torchon.
Torchon de rizette Loquet.
Tortiller Tortiller, battre.
Touche Touche.
Toucher Toucher.
Toucher la main Main.
Toupin Pot, sourd.
Toupine Pot.
Tour Tour.
Tourmente- chrétien .... Tourmenteur.
Tourne (la) ; Retourne.
Tournement Tournoiement.
Tourner Fourcher, retourner.
Tourniquer Tournailler.
Tousonner Tisonner.
Tousser, toussi Tousser.
Tout à fait (pour) Tout à fait.
Tout de même Tout.
Toute (à la). . . . . . . . Tout à fait.
Tout plein Beaucoup.
Toutou Toutou.
Trablature Tablature.
Tracer Tracer.
Traclettes Cliquettes.
Trafic Trafic.
Traguer Porter.
Train (à fond de) Comble (de fond en).
Traînard . Traînant.
Traîne Indisposition.
Traînée Femme.
Traintrain Trantran.
Trait Trait.
Trait (tout d'un) Traite.
Traiterie Restaurant.
Traître Traître.
Tralaison Travée.
298 TRA
Pour : Voyez :
Traluire Transparent.
Tramontade Tramontane.
Trancher Cailler.
Transpercer Percer.
Transvasage Transvasement.
Trapointe Trépointe.
Trappon Trappe.
Traquenard Artifice.
Travailler Travailler.
Travers Travers.
Trébuchet Etou.
Tredon Brouhaha, tapage.
Trelauder Turlupiner.
Trembler Hocher.
Trempe Trempe, trempé.
Tremper Egayer.
Trempette (faire la) ... . Tremper.
Trente-six (en avoir) . . . Trente-six.
Tressaut . . . Tressaillir.
Trêve (sans) Trêve.
Triaille. . . . , Triage.
Tricoise . Tricoises.
Tricot . . Tricotage.
Triége Treillis.
Trimbaner Trimbaler.
Trimer Trimer.
Tringuette Pourboire.
Trinquet Morceau , trinquette.
Trioule, triouler Rabâcher.
Tripot Tripotage.
Trivougner Tirailler.
Troiller Écraser.
Trompetter ........ Trompeter.
Tronc de chou Trognon.
Trottée, Trotte.
Trotter Trotter.
Trouïe Torchon.
TRO 299
Pour : Voyez :
Trousquin Trusquin.
Troussé (être), trousser . . Mourir.
Trouve Trouvaille.
Tubotu (au) Bloc (en).
Tuilière Tuilerie.
Tuilon Carreau.
Tulmute Tumulte.
Tune Ribote.
Turbenthine Térébenthine.
Turlupiner Turlupiner.
Turter, tuter Cosser.
Tutayer Tutoyer.
Tzermer Charmer.
lï
Usage User.
Use . , Usé.
Vacherin Vachelin.
Valet Valet.
Valser Valser.
Value (mieux) Value.
Vanner Valser.
Veau (faire le) Vêler.
Veiller, se veiller Veiller.
Velin Vélin.
Vendage Cabaret.
Vendre Vendre.
Venir Proche , venir.
Venue Aller (!').
300 VEN
Pour : Voyez :
Ventre Ventre.
Ventre de veau Fraise.
Ventrée Tranchée.
Ver Ver.
Verge Tringle.
Vergette Vergette.
Verre à pied Patte.
Verne Aulne.
Vers (par) Près de.
Verser Verser.
Versi- versa Vice-versa.
Vert (le) et le sec Vert.
Vessicatoire Vésicatoire.
Vicaille Victuaille.
Vidée Vider.
Vieulier Violier.
Vigouleuse (poire) Virgouleuse.
Vinaigre Plaisanterie, vinaigre.
Vin bu (être à) Vin.
Vinoche Vin.
Violette (sirop de) Violât.
Vioule . Vielle.
Virebrequin Vilebrequin.
Virer Virer.
Viret, virolet Tournant.
Virotter Virer.
Vis Vis.
Visagère Masque.
Vis-à-vis Vis-à-vis.
Vocation Vocation.
Voile-au-vent . Vole-au-vent.
Voilé Gauche.
Voilée Feu.
Voir Voir.
Voire, voirne Ver blanc.
Volet Volet.
Voleur Mouchon.
\
VOL 301
Pour : Voyez :
Volontiers Volontiers.
Vôtre (le, la) Le mien.
Vougner Prendre.
Voui Oui.
Vouloir Vouloir.
Voyage . . * Charge.
Y
Yeux Yeux.
z
Zére Zéro.
Zinguer Zinguer,
Zonnée, zonner Ronfler.
%
ERRATA
Page 76, ligne 31, DROVINEUR, lisez: DROUINEUR.
» 81 • 10 égratigner, lisez: égrafigner.
» 81 » 20 Et terminis, lisez: Elterminis.
» 82 » 4 Supprimez H. P.
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Callet, Pierre Moïse
Glossaire vaudois
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