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■»■ 



» * 



GÉOGRAPHIE 



ILLUSTREE 



DES ARDENNES 



o 



ILLUSTRÉE 

DES ARDENNES 



PAR 



ALBERT MEYRAC 

Rédacte-ar en Cîief d-a FKXIX AI5.DBKKAIS 

Officier de l* Instruction puhliqui' 



PRÉFACE DE A. OMUQUET 

Professeur au Collège de France 

CHBVALIKK DK LA LEGION d'HONNKUK 



02?rLé cie 230 Qrx'a''V"Li.2?es, dozxt 6 li02?s teinte 

ET 

SQiYi d'an GUIDE DU TOURISTE & DU CYCLISTE dans les Antennes 




-••« O'fSSl^SV*} »••- 



CIIAULEVILLE 

ÉDOUAHD JOLLY A Q), LIBIIAIIIE-ÉDITKLR 

Place Ducale et Rue du Moulin 

leoo 



Î4. bôll.l;^'.^ 



MAY 28 1920 



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c^AAc^c%é^&é^c^^ 



50^ <ïf 5(? V *îï^^ *t?^*ï? *G^ ^ï? V *t? «t^^ 



^REMERCIEMENTS 



s*c~ 



Hu seuil de cette Géographie illustrée des Ardennes que veut 
bien présenter aux lecteurs notre éminent compatriote Arthur 
Chuquet, professeur au Collège de France, mon très agréable 
devoir est de remercier, d'abord les nombreux souscripteurs, 
dont l'adhésion me fut précieuse ; puis ceux qui, pour le Livre Premier : 
Géographie physique et descriptive^ furent en quelque sorte mes collabo- 
leurs, soit qu'ils aient bien voulu revoir les épreuves des chapitres 
composant ce Livre, soit que, pour les indications géologiques, hydro- 
graphiques, douanières, vicinales, scolaires, agricoles, industrielles et 
biographiques (i), ils m aient aidé, par leurs renseignements si précis, 
à faire de ces chapitres un ensemble aussi complet, aussi exact que 
possible. 

Mes remerciements vont, alors, tout droit, à MM. Bestel, professeur de 
sciences à l'école Normale de garçons; Rigaux, ingénieur en chef des 
ponts et chaussées, et Schmit, conducteur principal; Barbier, directeur 
des douanes, et Petit, premier commis à la direction; Charpentier, agent 
voyer en chef; Pérot, inspecteur principal des chemins de fer de l'Est; 
Hennocque, directeur de l'exploitation des chemins de fer départemen- 
taux; Martin, inspecteur d'Académie, et Arnoux, inspecteur de l'ensei- 
gnement primaire; Fiévet, professeur départemental d'agriculture des 
Ardennes; Watrin, contrôleur principal des mines; César, inspecteur du 
travail dans les manufactures; et Ernest Henry, de Sedan. 

Quelquefois aussi, dans la partie technique du Livre II : Les Origines 
administratives du Département y j'eus pour guide l'utile Annuaire que 
publie, et met au courant chaque année, M. Grégoire, sous-chef de divi- 
sion à la préfecture des Ardennes. De même on rencontrera quelques 

(Il Les chapitres X et XI relatifs aux Ardeunais c^-lèbres d'avant la Révolution et 
aux Contemporains sont continués et complétés par un Appendice (les lecteurs le trou- 
veront après le Livre 111) où nous avons précisé l'orthographe de quelques noms 
anciens, rectifié auelqucs dates, allongé certaines bio^aphies et ajoute un assez 
grand nombre de niographies nouvelles. 



— VI 



citations extraites de Jean Hubert dont la Géographie fut excellente, à 
son époque. 



* 



Je suis encore heureux de mentionner les photographes — profes- 
sionnels et amateurs — qui me permirent, grâce à leurs collections, de 
donner au Livre III : Géographie historique des Communes, un intérêt 
tout spécial par la gravure; faisant défiler sous les yeux du lecteur les 
sites principaux que j ai décrits, les anciens châteaux, les vieilles églises 
et les monastères disparus dont j*ai rappelé Thistoire ou la légende. 

Je citerai particulièrement pour les « professionnels » : MM. Wilmet, 
photographe à Rethel, qui donna, entr 'autres : ancienne vue de Rethel, 
la halle, deux vieilles maisons de Rethel, Técole d'Agriculture, la ferme 
de la Charité à Ambly, les églises d'Asfeld et de Vouziers; — Collinet, 
photographe à Charleville; nous lui devons un attelage aux environs de 
Charleville, la rue Tliiers et la Grande-Rue, une vue de Mézières, les 
casernes, types ardennais, un motocycliste sur route. 

Pour les amateurs : MM. Benoit, directeur du cours complémen- 
taire de Mouzon; — Chardaine, directeur de l'école communale de 
Haraucourt; — Cophignon, employé à la graineterie Denaiffe, à Cari- 
gnan; — Henri Descharmes, avocat, adjoint au maire de Charleville; — 
docteur Desplous, maire de Rimogne; — Henri et Alexandre Fournier, 
de Revin ; — Henri Goffaux, pharmacien à Charleville ; — Louis Hamaide, 
artiste-dessinateur à Bruxelles; — André Jolly, de Charleville; — Louis 
Lahoussay, de Mézières; — Leblond, professeur de philosophie au lycée 
Chanzy; — Georges Lefebvre, de Charleville; — Gustave Letellier, 
ancien libraire à Charleville: — Longuet, professeur à Charleville; — 
Emile Minet, répétiteur au lycée Chanzy; — docteur Moreaux, à Don- 
chery; — Emile Paruit, médecin-vétérinaire à Paris; — Peckels, avoué 
à Charleville; — docteur Richelet, à Charleville; — Tonnelier, vice- 
président du Conseil de préfecture des Ardennes ; — Wérion, à Charleville. 

M. Demaret, inspecteur des eaux et fcrêls, actuellement à Senonches 
(Eure-et-Loire), nous a fourni les intéressantes gravures de la planche 
hors texte en phototypie, indiquant les diverses phases de Técorçage dans 
les Ardennes, et réservée aux seuls souscripteurs. Nous devons encore 
à l'obligeance de M. Demaret la planche hors texte qui précède Tarron- 
dissement de Sedan; à la gracieuseté de MM. Pion, Nourrit et C'*, impri- 
meurs-éditeurs à Paris, trois magnifiques clichés, également hors texte : 
Gardes forestiers, — Au Bois, — En Forêt; — et à M. Petitfils, archi- 
tecte de la ville, le plan de Charleville qui précède l'arrondissement de 
Mézières. Enfin, la Direction des Tramways de Charleville-Mézières 
autorisait, avec bienveillance, la reproduction de la gravure qui repré- 
sente, à la fin de la liste des souscripteurs — d'après la photographie 
Dargent, — la première sortie d'essai du tramway à Charleville. 

Mais ma reconnaissance plus spéciale doit s'adresser à M. Grenier, 
dessinateur aux Chemins de fer de l'Est. Employant tous ses rares 
moments de loisirs à se trouver sur chaque point des Ardennes où le 
sollicite un monument à relever — qu'il soit ancien, qu'il soit moderne, — 



un paysage agresle h lixer par la photographie, M. Grenier a su réunir 
une des collections de vues ardennaises les plus complètes et les plus 
remarquables, principalement en ce qui concerne les châteaux d'autre- 
fois et les églises curieuses par leur archilecture ou leurs restes de for- 
tifications. Sur 230 gravures réparties dans nos 830 pages, 133 pro- 
viennent de cette collection unique où si gracieusement M. Grenier nous 
permit de puiser à mains ouvertes. 



Enlîn Je ne dois pas oublier l'imprimerie du Petit Ardennais dunt les 
soins vigilants ne se sont Jamais démentis pour que cet ouvrage eût son 
exécution matérielle la plus parfaite possible. On se convaincra que le 
but ardemmeut désiré fut atteint. Il me faut, alors, également remercier, 
et c'est pour moi réel plaisir, mon éditeur carolopolitain, Edouard Jolly. 
Epris d'éditions somptueuses et de hardies tentatives de « décentrali- 
sation éditoriale '>, Edouard Jolly a multiplié les illustrations, a fait 
Spécialement glacer le beau papier qui pouvait le plus magniliquement 
les mettre en relief. Car tous deux, lui éditeur, et moi auteur, nous 
eûmes cette ambition et cette pensée communes : faire que cette Géogra- 
phie — à la portée de tous par son prix singulièrement modique, étanl 
donné le luxe coiHeux du volume — fût un fdial Lémoigna^te d'ardenl 
amour élevé aux Ardennes! 



Albert MEYRAC. 



Charleville, 20 novembre 18 




c^c^Ac^c^^é^c^cy^^^^^ 



50^ <ïf 5(? V *i;^ V *U^*ï? *G^ V V *t? «0^^ 



FR-KFJLCE^ 



■yKi- 



LA mode a, ce semble, fini par sourire au pays d'Ardenne, et 
nombre de touristes ont cette année, nous dît -on, par- 
J couru la vallée de la Meuse. Aussi bien, cette même année, 
un des points les plus remarquables de la vallée, la montagne 
des Quatre Fils Aymon, qui se dresse au-dessus du village de 
Château-Regnault, a fait longuement parler de lui. 

Ces quatre rochers, juchés sur la crête de la montagne, ressem- 
blent de loin à quatre cavaliers qui se suivent à la file, également 
inclinés sur le col de leur bête, également emportés par une 
course rapide, et l'on comprend que Timagination populaire 
leur ait donné jadis le nom de ces quatre héros, Renaud, AUard, 
Guichard, Richard, fils d'Aymon, qui montaient à la queue leu 
leu sur le bon cheval Bayard. ' ' ' •. Cr/-, i^J\a\ ^u 

Cette montagne grandiose est entamée. Elle a déjà souffert 
il y a quelque quarante ans. Au sommet d'un des cavaliers, 
s'élevait alors la table de Maugis, du magicien Maugis, le méchant 
cousin des quatre fils Aymon. C'était une grosse pierre large de 
deux mètres et longue de six. Un carrier, croyant qu'elle cachait 
un trésor, la souleva à l'aide d'un cric et la précipita sur la pente. 
Brisée depuis en plusieurs morceaux, la pierre de Maugis servit 
à la construction d'une des culées du pont de Château-Regnault. 

Mais voici qu'après la cime, la croupe de la montagne est 
assaillie. La pioche attaque un des quatre rochers. De jour en 



\ 



'^\SL^ 



— X — 

jour, la blessure se fait profonde. Comme Ronsard, voyant abattre 
la forêt de Gastine, on se prend à dire que de pareilles choses 
ne doivent ni périr ni changer de forme, et Ton crie avec douleur : 

. . . Arrête un peu le bras, 
Meurtrier sacrilège . . . 

Heureusement, les journalistes de la région se sont émus. La 
Société du Givet-Pittoresque a protesté hautement par la voix 
de son président, l'alerte et disert docteur Beugnies, contre 
l'œuvre de destruction. Un jeune député, en un discours plein 
d'esprit et d'humour, a su persuader la Chambre que la quadruple 
roche de Chàteau-Regnault était un monument historique. Le 
Préfet, homme actif et éclairé, s'est hâté de nommer une com- 
mission chargée d'étudier sérieusement la question, et déjà des 
pourparlers, qui ne manqueront pas d'aboutir, s'engagent entre 
le département et la commune de Château-Regnault. 

Il serait, en effet, dommage que la superbe montagne des 
Quatre Fils Aymon fût livrée à l'exploitation des carriers, qu'elle 
fût si cruellement profanée et dévastée. La vallée de la Meuse 
y perdrait un de ses plus magnifiques joyaux et le fleuron le plus 
beau peut-être de sa couronne. 

En dehors des Ardennes, cette vallée n'est guère connue que 
des Champenois, des gens de Reims et d'Epernay. Elle offre 
pourtant aux regards du touriste des sites incomparables, tantôt 
verts et riants, tantôt sombres et sauvages : les gigantesques 
rochers qu'on nomme les Dames de Meuse ; la route qui longe 
le ruisseau de Faux et la vallée de Misère; Fumay, la ville 
d'ardoise, la ville la plus originale du département et qui, par 
ses rues tortueuses et ses maisons irrégulièrement plantées, rap- 
pelle les vieilles cités espagnoles ; l'imposant fort de Charlemont ; 
la curieuse grotte de Nichet ; le val de la Houille. Un dragon 
de 1792, dont les naïfs Mémoires viennent de paraître, décrit 
ainsi son impression lorsq.u'il arrive dans cette partie des Ardennes : 
(( La scène change : ce ne sont plus que précipices, rochers, monts 
escarpés. » (i) 

(i) G. Vallée et G. Pariset, Carnet d'étapes du dragon Marquant. Paris, 
Berger- Le vrault, 1898; p. 7. 



— XI — 

Seulement, les habitants n'entendent pas la réclame et n'ont 
pas le sens pratique de leurs voisins. Les Belges, qui possèdent 
la moitié du massif ardennais, savent bien mieux qu'eux attirer 
le monde et, comme on dit, faire mousser leur marchandise. Il 
faut donc applaudir à la propagande patriotique de la Société 
du Givet-Pittoresque et au zèle de ceux qui, sur les bords de la 
Meuse française, s'efforcent pieusement de conserver intacts les 
sites et les monuments du pays. Mais il faut aussi que les rive- 
rains se remuent, se trémoussent, qu'ils sortent de leur indiffé- 
rence, qu'ils éprouvent, et, au besoin, qu'ils affectent et affichent 
de l'enthousiasme pour leur région si attrayante, si poétique. 
Qu'ils animent par des fêtes cette Suisse ardennaise un peu morne 
et rendent ses charmes plus piquants: qu'ils aient des hôtels 
propres, confortables, pourvus de tout : le voyageur s'arrêtera 
quelques jours dans la vallée de la Meuse et ne passera plus 
devant ses paysages en se contentant de leur jeter par la fenêtre 
du wagon un fugitif coup d'œil d'admiration. 

Qu'on lise d'ailleurs le livre de M. Meyrac. Qu'on lise les pages 
si animées, si brillantes qui, dans sa Géographie illustrée, 
traitent de la vallée de la Meuse. Il regrette que l'industrie, qui 
ne compte pas avec la poésie, veuille morceler les roches des 
Quatre Fils Aymon et les transformer en pierres de grandes 
routes. Il déroule devant nos yeux les spectacles tour à tour gra- 
cieux ou terribles qu'offrent les rives du fleuve. Il nous mène, 
nous entraîne à travers ces « défilés de rocs et de montagnes. » 

La Géographie illustrée, œuvre d'un homme qui depuis 
longtemps s'est épris des Ardennes et fouille studieusement leur 
passé, contient sous une forme commode, à la fois rapide et 
dense, tout ou à peu près tout ce qu'il est possible de savoir sur 
le pays. M. Meyrac la divise en trois parties. 

Dans la première partie, il décrit le département, les provinces 
qui l'ont formé, son terrain, sa flore et son climat, ses rivières, 
ses montagnes et ses forêts, ses routes et ses voies ferrées, son 
organisation judiciaire et religieuse, ses établissements d'instruc- 
tion publique ; il donne une vue d'ensemble de son agriculture 
et de son industrie ; il énumère, en une suite de notices brèves 
mais suffisantes, les Ardennais qui se sont distingués dans tous 



— XII — 

les genres — et il n'a oublié personne, même parmi les contem- 
porains, parmi les simples dilettantes et amateurs de notre 
époque : « Tout travail, dit-il spirituellement, atteste un effort 
dont il est juste de tenir compte; à la postérité de choisir et 
de classer. » 

La deuxième partie de la Géographie retrace la formation du 
département, son mode actuel d'administration, sa gestion, ses 
ressources financières ; chemin faisant, l'auteur nous présente 
dans deux pages intéressantes les conventionnels ardennais. 

La troisième partie est la plus importante et la plus précieuse. 
M. Meyrac l'intitule Géographie historique des communes. 
C'est un dictionnaire des cinq cent trois communes du départe- 
ment, selon l'ordre des arrondissements et des cantons. Chaque 
commune a sa notice ou, comme on dit aujourd'hui, sa mono- 
graphie aussi détaillée, aussi fouillée, aussi fournie que possible. 
M. Meyrac 'n'omet rien : les origines de l'endroit et sa situation, 
les événements dont il fut le théâtre, les légendes où il figure, 
son église, son château, ses vieilles maisons, ses écarts, même 
ceux qui n'existent plus aujourd'hui, ses lieuxdits. De copieuses 
citations, faites avec goût et tirées des meilleures sources, égayent 
souvent ces notices et leur ôtent de leur aridité. M. Meyrçic s'est 
souvenu du mot de Voltaire qu'un dictionnaire sans citations 
est un squelette. 

C'est une encyclopédie ardennaise que nous apporte l'auteur. 
Pour connaître à fond leur pays, les Ardennais n'ont qu'à feuil- 
leter le volume; ils y trouveront ce qu'ils cherchent, et plus 
encore, et, comme cet ouvrage, intéressant et instructif tout 
ensemble, est autant un livre de lecture qu'un répertoire de faits, 
comme il pique la curiosité, ils ne se borneront pas à lire ce qui 
concerne leur lieu natal ou le village qu'ils habitent ; ils liront 
tout le reste, non d'une traite, mais de ci de là, comme ce diction- 
naire de physique que Gœthe lisait dans la retraite de TArgonne, 
en face de Grandpré. Un dictionnaire, dit à peu près le poète 
allemand, est un bon compagnon : il offre à tout moment une 
interruption et nous procure la meilleure distraction en nous 
menant d'un objet à un autre. 

Aussi ne puis-je terminer cette trop courte préface sans recom- 



— XIII — 

mander à tous mes compatriotes ce dernier ouvrage du cons- 
ciencieux et infatigable écrivain. Je dis dernier à bon escient et 
ne crois pas me tromper. Après avoir consacré trois volumes 
à TArdenne, à ses contes et traditions, à sa forêt, à ses villes et 
villages, M. Meyrac a voulu évidemment réunir, ramasser dans 
sa Géographie illustrée tout ce qu'il avait recueilli de longue 
date à force de labeur, à force de soins persévérants ; et il peut 
dire aujourd'hui, en terminant ce travail considérable qui cou- 
ronne vraiment l'édifice : exegi monumentum. Je ne pense pas 
qu'il y ait en France un département qui possède une Géographie 
plus complète, (i) 

Arthur CHUQUET. 



(i) Je n'ai loué que M. Meyrac. Mais il faudrait louer aussi M. Edouard 
Jolly. Le livre, par les soins que M. Edouard Jolly lui a donnés, par l'élégance 
de l'impression, par le choix et la beauté des illustrations, par le bon goût qui, 
d'un bout à l'autre, préside à l'exécution du volume, est un des plus remar- 
quables essais de décentralisation éditoriale qui aient été tentés de nos jours. 



LIVRE PREMIER 



GÉOGRAPHIE 



Pl)ysique, Administratii)e, DescriptiOe 




CHAPITRE PREMIER 



LE TERRITOIRE 

I. Les ori^nes dn territoire. — H. Provinces qui formèrent le département; ses 
bornes; superficie; points culminants. — m. Gâologie des Ardennes; terrains 
primaires; terrains secondaires; terrains tertiaires; terrains quaternaires. — 
IV. La flore des Ardennes. — V. La grotte de Nichet. — VL Les trois zones. — 
VII. Le caractère ardennais. 



I. LES ORIGINES DU TERRITOIRE. v 

LA partie de territoire français (jui forme aujourd'hui le département des 
Ardennes appartenait, lorsqu'au cin([U!ème siècle la Cîaule romaine fut 
divisf^e en dix-sept provinces, à la Belgique seconde dont Reims était la 
capitale. 

Le premier auteur (jui mentionne le « pfïvs d'Ardenne » est César, dans ses 
commentaires de Bello Gallico. Strabon et Tacite en parlent après César, alors 
qu'avait été latinisé en Ardaennetifis le nom primitif de cette région. En effet, 
le phonem ardiiem vient des Celles. Ils appelaient ainsi l'immense forêt cou- 
vrant, à ces époques reculées, tout le nord <le la Gaule, des bords du Rhin à 
rOcéan. César donne h ce pays une longueur de cinq cent milles et raconte 
qu'il fallait trente jours de marche pour traverser, d'une extrémité à l'autre, 
celte forêt mystérieuse et que les romans de chevalerie devaient rendre célèbre. 

A l'adjectif Ardtiennensh, les Romains ajoutèrent les motsp«(/MS, sylva; d*o(i 
nous avons tiré : pays ardennak, forêt urdennaise. 

y^id j)(itji, ou î»ays, se partageaient la « région ardeimaise » autrelois, quand 
nos provinces n'étaient encore ni désignées, ni formées. Adnen de Valois nous 
les dénombre dans sa Notitia (^alliarum. Ce sont, en totalité ou pour parties : 
l* le Rémois ; 2* le pagus Castricensis ; 3*> le Porcieri ; 4' le Dormois ; .H** le pays 
de Voncq ; 6*» le pîiysde M(»uzon ; 7'' le Rethélois ; S*» la Thiérache ; 9*» et l'Ardenne. 

I" Le pagiis RemensU appartint surtout au département actuel de la Marne. 
Cependant, il se serait prolongé (d'a[»rês le Polvptiquk dk saint Rémi, neuvième 
siècle) jusques à la rivière d'Aisne. Les villages de Cauroy, de Contreuve, de 
Lcffincourl, de Machault, de Mont-Saint-Martin, de Pauvres, de Seraide auraient 
appartenu, nous affirme un « Pouillv: » du quatorzième siècle, à ce « pagus 
Remensis ». 



— 4 — 

2° Le pagus Caslricensis (ainsi nommé du château = castrum, où résidait 
Tadministrateur de ce pagus) correspondait presque à l'arrondissement actuel 
de Mézières, avec, cependant, une portion du Rethélois et du pays de Rocroi. 
Mézières, Donchery, Uumigny furent les villes les plus importantes du « pagus 
Castricensis ». 

3° Le pagus Porcensis était fort étendu, jadis. Il comprenait une partie du 
diocèse de Laon. Saint Rémi mentioime le « Porcien » dans son testament, et 
c'est sans doute la première mention historique que l'on en connaisse. Ce 
Porcien, qui renfermait la Terre des Pothêes, « dotation rémigienne » de TEglise 
de Reims, est le seul pagus dont le nom soit, après l'an mille, parvenu jusqu'à 
nous avec sa dénomination de comté. Après des foitunes diverses, il passait 
de la maison de Croy dans les maisons de (ionzague et de Mazarin. Aujourd'hui, 
cette appellation de Porcien nous est rappelée par Novion, par Ghaumont et 
par Château. Pourquoi « Porcien »? Une étymologie fantaisiste veut que les 
nombreux troupeaux de porcs nourris autrefois dans nos forêts ardennaises 
aient donné, comme souvenir, leur nom à ce comté. 

4° Le pagus Dulcomensis = le Dormois. Ainsi appelé, nous dit dom Noél, d(* 
la rivière qui le traverse. Ce pagus ne nous appartint que dans sa paitie septen- 
trionale où fut incorporé l'arrondissc^nuînt vouzinois. N'exista que de 802 à 1020 
en tant que division territoriale. II eut pour capitale le village de Doulcon, dans 
la Meuse. D'où sa désignation : Dulcomensis, écrit M. A. de Barthélémy dans 
r« étude » qui devait précéder son Histoire dks Comtes dk Grandpré. Quatre- 
Champs, Senuc et Chevrières furent, après Doulcon, les trois centres les plus 
importants de ce pagus. 

5^ Le pagus Vongensts. sans doute le Vicus-Vongus, station de la voit- romaine 
de Reims à Trêves. Dans la Vik de saint Waast, écrite avant l'année 667, esl 
pour la première fois mentionné le « pagus Vongensis », lorsque Clovis, allant 
à Reims où l'attendait h* baptême, passa l'Aisne sur le pont de Rilly-aux-Oies 
in pago Vongensi, Ce pagus représtîiiterait rarrondissement actuel de Vouziers, 
sans, toutefois, que le mot Vongus puisse être assimilé à Vouziers, ville de 
formation relativement récente. 

6** Le j)agus Aiosomensis tirait son nom de Mouzon, sa capitale, où séjournait 
un corps de ces troupes romaines dites Musmageuses, L'étendue de ce pagus 
couvrait presque tout l'arrondissement de Sedan, moins le canton de Carignan ; 
mais, par compensation, il englobait en lui quelques villages des cantons de 
Flize, du Chesne, de Stenay et de Bouillon. 

7*» Le pagus Regilestensis = le Rethélois. D'origine moderne, il succédait, 
vers l'an mille? environ, aux deux pagi mérovingiens : le Porcien et le Castrice. 
Eut pour capitale Rethel, humble bourgade aux temps de saint Rémi. Fut l'un 
de sept importants comtés-pairies de Champagne, ayant pour armes : de 
gueules à deux làteaux démanchés d'or. Appartint successivement aux maisons 
de Bourgogne, de Clèves, de Ne vers. Ensuite acheté par Mazarin qui, le 
1,H décembre 1663, le fit convertir en duché par Louis XIV. 

8" Le pagus Teorasccnsis = la ïhiérache, qui fait maintenant partie inté- 
grante de l'Aisne, mais de laquelle, autrefois, relevaient l'abbaye de Sept- 
Fontaines, Rocroi, R(?nwez, Montcornet (indifféremment appelé, jadis, Mont- 
cornet en Ardenne ou en Rethélois), Signy-Ie-Petit ; puis, pour moitié, les 
cantons de Mézières et de Rumigny. 

9** Le pagus Arduenncnsis n'appartint à notre département que par sa lisière 
sud occidentale : la rive droite de la Meuse depuis Charleville jusques à Civet, 
et de Charleville, en droite ligne, jusques à Pussemange. Voilà seulement ce 
que nous empruntâmes à ce pagus arduennensis. (Voir dom Noël, dans la 
lievw ardennaise, année 1894, pages 1 à 23 : Originks du dkpartkmknt des 
Ardennks.) 



— 5 — 

II. PROVINCES QUI FORMÈRENT LE DÉPARTEMENT; SES BORNES; 

SUPERFICIE; POINTS CULMINANTS. 

Lorsqu'en 1790 l'Assemblée constituante divisa les provinces françaises en 
départements (voir dans la pn^sente Géographie, livre ii, chap. i : lks Dépar- 
TKMENTs français), Ics Ardcnncs furent formées : de la Champagne, pour 
426,691 hectares; de la Principauté de Sedan, pour 24,618 hect. ; de la Picardie, 
pour 35,945 hect.; du Hainaat, pour 19,581 hect. 

Depuis la fatale guerre de 1870-1871, qui fit perdre à la France l'Alsace et 
une partie de la Lorraine, le département des Ardennes est séparé de l'Alle- 
mafîne par la Meuse et par la Meurthe-et-Moselle. Deux départements, l'Aisne 
et la Somme, le séparent de la Manche; trois : Marne, Seine-et-Marne et 
Loiret, le séparent du Cher, département ([ui occupe assez exactement le centre 
de la France; sept le séparent de l'océan Atlantique : Marne, Seine-et-Marne, 
Seine-et-Oise, Eure-et-Loir, Sarthe, Maine-et-Loire et Loire-Inférieure; sept 
également le séparent de la Méditerranée : Marne, Aube, Côle-d'Or, Saône-et- 
Loire, Rhône, Ardèche et Gard. Son chef-lieu, Mézières, est à 248 kilomètres 
au nord-est de Paris par le chemin de fer, et à 196 en ligne droite, à travers 
trois départements, Marne, Seine-et-Marne et Seine-et-Oise. 

Le département des Ardennes est traversé, du nord au sud, un peu à l'ouest 
de Rethel, par le 2* degré est du méridien de Paris; dans le sens contraire, 
c'est-à-dire de l'ouest à l'est, il est coupé, dans sa partie septentrionale, près 
du chef-lieu de canton Fumay, par le 50" degré de latitude nord : il est donc 
un peu plus près du Pôle que de l'Equateur, que séparent 90 degrés ou un 
quart de cercle. 

Il est borné : au nord-ouest et au nord-est, par la Belgique ; à lest et au 
sud-est, par le département de la Meuse ; au sud, par celui de la Marne ; enfin, 
à l'ouest, par celui de l'Aisne. 

Sa superficie, de 523,289 hectares, est inférieure de 100,000 hectares environ 
à la moyenne des départements français: sous ce rapport, c'est le 68° dépar- 
tement de la France; en d'autres termes, 67 sont plus étendus. 

Sa forme est assez irrégulière. Cependant il présenterait presque celle d'un 
quadrilatère à peu près régulier, incliné du nord-ouest au sud-est, si l'on en 
retranchait les cantons de Givet, au nord, et de Carignan, à l'est. Sa plus grande 
longueur, du nord au sud, de l'extrémité septentrionale du canton de Givet, 
frontière de la Belgique, à l'extrémité sud de la commune de Maure, canton 
de Monthois, est de 105 kilomètres. Sa plus grande largeur, de l'est à l'ouest, 
pointe de Margny à celle de Sévigny-Waleppe, est de 97 kilomètres. Son pour- 
tour doit être évalué à 415 kilomètres. 

Le massif ardoisier forme le plateau le plus élevé des Ardennes. Les points 
culminants se rencontrent à l'est de la vallée de la Meuse et au nord de la 
vallée de la Semov. Ce sont : la Croix-Scaille, sur le territoire de Thilav, 504 mè- 
très au-dessus de la mer; la Grande-Croix, proche des Hauts-Buttés, 490 mè- 
tres ; la Haute- Butte, à Hargnies, 491 mètres; la //rtw/e-iWa/î /se, 469 mètres; 
le Mont-Tranet, dans les bois de Hevin, 454 mètres. Les montagnes encaissant 
la vallée s'élèvent sur la rive droite, à 370 et à 380 mètres, de Fépin à l'est de 
Furaay; à 400, 420 et 430 mètres, entre Fumay et Laifour; à 380 mètres, entre 
Laifour et Monthermé. Les niveaux décroissent quand on s'avance au sud vers 
Charleville. et alors les hauteurs par lesquelles Nouzon est dominé ne dépas- 
sent guère 332 mètres. Le point le plus élevé de la rive gauche, entre Fumay 
et Nouzon, atteint 404 mètres dans le bois de Fumay. On peut évaluer à 280 mè- 
tres le niveau moyen, bien (|ue la cote 387 S(; trouve au nord de Nouzon. Puis 
le sol s'incline vers les terrains secondaires. 



— 6 — 

Los hords do la Sonioy sont à peu prôs aussi liauts que ceux île la Meuse. 
Les inontagnes à l'est de iNavaiix atteignent 364 mètres; celles qui surplom- 
bent W village de Naux sont à 409 mètres. La Meuse coule, d'ailleurs, à 130 mè- 
tres au-dessus du niveau de l'Ocran. A partir des crêtes qui dominent la rive 
gauche de la Meuse, le sol s'abat en j^ente douce vers le département de l'Aisne. 
Au delà de Hocroi, il n'est que très faiblement accidenté et les ravins sont peu 
profonds. Au sud de cette ville, on rencontre le moulin fiallois à 389 mètres 
au-dessus du niveau de la mer; puis on ne trouve plus que les cotes 370, 360, 
340 et 307 mètres. 

Le point culminant de la partie orientale entre la vallée de la Meuse et 
Bouillon est à 403 mètres dans les Ms de SetUtn. 11 faut signaler pour cette 
région centrale, sud et sud-est : le sommet entre Ville rs-le-Tourneur et Monligny 
â la cote 278 mètres; la Cirle de Poix, 303 m.; la Crête Mouton, 290 m.; les 
moullnn de Bouvellemont, 263 m.; le $ignal de Fosse, 300 m.; ïarbre de liemon- 
ville, 291 m. (en quelques points de la ligne de partage, les eaux sourdent si 
proche de la limite des deux bassins, celui de la Meustî et celui de l'Aisne, 
qu'elles peuvent être dirigées à volonté sur l'un ou l'autre versant); le bois de 
Froidmont, commune de .Neuville-et-Tbis, 322 m.; la croûîd^Gn/yére.s, 315 m. ; 
le sommet d'Enelle, 332 m.; le s^manet entre Bulz et Singly, 311 m.; la t'roix 
Plot à Doncherv, 320 m.; le sommet entre Cheveuges et Noyers, 346 m.; le 
sommet entre Haucourt et PouiTon, 328 m.; le sommet près de Stonne, 328 m. 

Les cols qui, à l'ouest de Beaumont, séparent la Meuse du bassin de l'Aisne, 
ne s'élèvent qu'à 220 mètres environ au-dessus de la mer. Entre Beaumont et 
le Mont'Damion, le sol est encore moins élevé, et l'on entre immédiatement 
dans la vallée de Brieulles et d'Oches. A Brieulles, la Bar ne dépasse point la 
cote 1(38 et n est sé[)arée de la vallée de Noirval, conduisant à l'Aisne, près de 
Vouziers, (jue par un col peu étendu dont le sommet ne dépasse pas 174 mè- 
tres, et qui, par conséquent, n'est supérieur que de 16 mètres au plan du 
bassin de la Bar. 

IIL GÉOLOGIE DES ARDENNES. 

Le département des Antennes présente, au point de vue géologique, un réel 
intérêt, a cause du caractéristique développement que nous otlrent quelques-uns 
de ses terrains. Maintes de nos localités sont classiques, et les géologues vien- 
nent toujours visiter fructueusement les remarquables coupes de la vallée de 
la .Meuse : les exploitations de quartzites et «l'ardoises de Monthermé, de Fumay, 
de Bimogne; les carrières darkose de Képin, de poudingue de la Boche aux 
Corpias, de marbre de (livet; les carrières à pavés de Saint-Laurent et de 
Bom«'iy; les minières de Neuvizy; les gîtes de phosphates à Saulces et à 
(irandpré. 

Tous les terrains des Aniennes appartiennent aux formations sédimentaires. 
Ils rentrent dans les groupes primaires et secondaires. Quelques Qlons de 
roches cristallines, rencontrés en la vallée de la Meuse, peuvent à peine être 
mentionnés dans une étude générale; de même pour quelques lambeaux de 
sables tertiaires qui se laissent voir sur certains points a l'ouest et au nord de 
notre département. 

I. Terrains primaires. — Les terrains primaires sont les plus anciens. Jls 
se présentent en couches fortement disloquées, et leurs roches sont générale- 
ment siliceuses. Les unes sont des grès très durs; les autres forment une sorte 
d'argile feuilletée et durcie, pouvant |)arfois se diviser en minces lames : ce 
sont les ardoises. On trouve à la partie supérieure de puissants bancs de cal- 
cainî cristallisé en marbre. 

Les gi'ologues divisent h's terrains primaires en quatre groupes : cambiien. 



sUurienj lievonien, pe)Tno-carbomfère. Deux seulement de ces terrains sont repré- 
sentés dans notre département : le Gambrien et le Devonien. Ils occupent 
toute la partie nord de la ligne passant par Signy-le-Petit, Charle ville el 
Givonne. (Voir Sauvage, et aussi Gosselet : L'Arden.ne.) 

Cambrien. — C'est le terrain le plus ancien de la région. Il forme un massif 
s'étendant ti peu près d'Hirson à Hautes- Rivières et de Fépin à Braux. La 
partie à l'est de Rocroi atteint l'altitude moyenne de 400 à 500 mètres; celle 
à louest forme un plateau ne dépassant point 400 mètres. Toutes les couches 
cambriennes sont fortement redressées; elles plongent de 40 à 50 degrés au sud. 

\jà, zone des ardoises de Fumay est composée de quartzites verdàtres ou 
blancs, et de schistes violets ou verts. Les tranchées de la route de Fumay a 
liaybes et les exploitations d'ardoises montrent l'iilternance de ces couches, 
leur redressement, leui's replis. 

La zone schisteuse de Revin est formée de schistes noirs et de quartzites 
noirs ou gris souv(int pyTitifères. C'est dans cette zone que sont les filons de 
roches cristallines : porphyroïdes de Mairu; diorife de la Grande-Commune et 
de Laifour. On ny exploite pas d'ardoise, mais les carrières de quarlzite y 
sont nombreuses et fournissent d'excellente pierre pour les routes. Les roches 
s'y recouvrent fréquemment d'un enduit ocreux, les eaux y sont ferrugineuses ; 
notamment la source bien connue de Laifour. 

La zone des ardoises de Deville est formée de schistes verdiUres ou bleuâ- 
tres alternant avec des quartzites de couleur claire. Plusieurs bandes de schistes 
sont toutes remplies de petits cristaux d'oxyde de fer magnétique. Elles four- 
nissent de l'ardoise dure à Deville, à Monthermé et à Rimogne. 

L'érosion, aux temps d'autrefois, creusa dans le massif cambrien les ravins 
profonds et abrupts qui le sillonnent et aboutissent à notre célèbre vallée de 
la Meuse. La vallée elle-même s'est formée par suite d'une action analogue 
dans laquelle l'inégale résistance des roches aux causes (l'altération joua jadis 
UD rôle important. De nombreux rochers très pittoresques furent ainsi comme 
découpés dans le plateau, par exemple : les Quatre Fils Aymon, les rochers du 
bois des Manises, et ceux de la vallée de Misère. 

Silurien. — 11 se développe d'une façon remarquable dans la Normandie el 
la Bretagne, mais il manque dans nôtres région; ce qui nous indique une émer- 
sion du continent ardennais après le dépôt du cambrien. 

Devonien. — Le devonien renferme des fossiles. Sa faune est riche. Elle 
comprend des trilobites (crustacés), des spirifers (mollusques), des poissons, 
et de nombreuses espèces de polypiers coralliaires. 11 faut remarquer surtout 
que, dans les Ardennes, les étages inférieurs sont très pauvres en fossiles et 
que les schistes rouges n'en fournirent aucun. 

Les premiers sédiments de l'époque devonienne sont formés de cailloux 
roulés disposés en stratilication discordante sur la tranche des couches rele- 
vées du cambrien. Les bancs de poudingue de la Roche aux Corpias et de la 
Roche à Fépin sont n^marquables. 

Devonien. — On distingue dans le Devonien trois séries de couches : 

1« Devonien inférieur qui est surtout arénacé et schisteux; 

2® Devonien moyen, où le calcaire devient prédominant; 

3** Devonien supérieur formé de schisl<'s avec quelques bancs de grès. 

Le Devonien inférieur forme au nord et au sud du Gambrien deux affleure- 
ments disposés symétriquement, de Fépin à Vireux d'une part, et, d'autre part, 
de Braux à Charleville. 

Au premier étage de ce terrain appartiennent les poudingues, les schistes de 
Levrezy avec les bancs de quarlzophyllades de Braux; les schistes satinés de 
Joigoy et les schistes lie de vin du Mont-Olympe; les schistes de Saint-Hubert 
bien développés à Nouzon et à Laforesl-sur-Semoy. 



— 8 — 

Au second étage appartiennent les puissantes assises de grès dont quelques 
parties sont exploitées dans les carrières, sur la route d'Aiglemont à Nouzon. 

Au nord du massif de Fumay, les couches correspondantes sont : le pou- 
dingue et l'arkose de Fépin; les schistes de Mondrepuits; les schistes bigarrés 
d'Oignies; les grès de Montigny et de Vireux. 

Le Devonien moyen et le Devonien supérieur n'affleurent pas au sud du 
massif cambrien. Ils forment les schistes fossilifères de Vireux; les marbres 
de Givet sur lesquels reposent au delà de la frontière les schistes et les psam- 
mites de la région de Famenne. Le marbre noir de Sainte-Anne est exploité 
dans de nombreuses carrières aux environs do Givet. On extrait du marbre 
rouge à Fromelennes. 

Penno-Car boni f ère. — Ce terrain est caractérisé, au point de vue paléonto- 
logique, par les productus (mollusques) et par le développement considérable 
de la flore cryptogamique (fougères). Au point de vue minéralogique, le phéno- 
mène le plus caractéristique est la présence des bancs de houille intercalés 
dans les schistes et les grès. 

Pour rencontrer le terrain carbonifère, il faut aller : dans le département du 
Nord, à Valenciennes; et en Belgique, à Charleroi, à Namur et à Liège. 

IL Terrains secondaires. — Les terrains secondaires comprennent, sur- 
tout, des formations calcaires. En certains points, les dépôts argileux ont une 
grande importance; en d'autres, ce sont les dépôts sableux. Les ammonites en 
sont les fossiles caractéristiques. On trouve partout beaucoup de mollusques. 
Dans certaines couches, les polypiers dominent. 

Les terrains secondaires reposent dans les Ardennes en stratification dis- 
cordante sur les terrains primaires dont les couches ont été fortement re- 
dressées. 

Le contact est bien visible sur la route de Gharleville à Aiglemont (moulin 
(iodart). La ligne de contact des affleurements primaires et secondaires est 
orientée sensiblement de l'ouest à Test, suivant la direction générale de la 
vallée de la Sormonne et de celle de la Meuse, de Gharleville à Sedan. 

On établit dans les formations secondaires trois séries : 

1° Série inférieure, triasique; 

2® Série moyenne, jurassique; 

3° Série supérieure, crétacée. 

Les deux dernières seules se rencontrent dans notre région où elles sont 
d'ailleurs très bien développées. (Voir Gosselet : Esquisse géologique du Nord 
DE LA France). 

Triasique. — Ge terrain est bien développé dans la Lorraine, au pied des 
Vosges, où il se compose particulièrement de grès rouges et blancs, de calcaires 
coquilliers, de marnes multicolores qui renferment du gypse et du sel gemme. 
Les affleurements les plus rapprochés des Ardennes se trouvent dans la haute 
vallée de la Semoy. 

Juraaaiqui'. — Les roches de ce terrain sont surtout calcaires. Elles présen- 
tent toutes les variétés, depuis le calcaire compact marneux ou sableux jus- 
qu'au calcaire terreux et à l'oolithe friable. Les unes fournissent de bonne 
pierre de taille; avec certaines on fait de la chaux grasse; avec d'autres, 
d'excellente chaux hydraulique. 

Les sables et les grès se rencontrent dans les étages inférieurs. L'argile se 
montre à différents niveaux. Elle est parfois feuilletée. Le minerai de fer est 
abondant dans quelques couches, soit argileuses, soit marneuses : c'est de la 
limonite oolithique. 

Le terrain jurassique affleure dans les Ardennes sur toute la partie comprise 
entre doux lignes partant d'Hirson et passant : l'une par Gharleville et Givonne, 
et l'autre par Wasigny et Buzancy. 



— 9 — 

Les couches inférieures du jurassique forment l'ensemble appelé Liaa; les 
dépôts arénacés y dominent. Les autres, où domine le calcaire oolithique, for- 
ment le jurassique supérieur ou oolithe. Chacun de ces systèmes a été divisé 
en plusieurs étages, et chaque étage en zones caractérisées par leurs fossiles. 
Des travaux importants sur les terrains jurassiques ont été faits par MM. Sau- 
vage et Buvignier : Statistique minéralogiqur et géologiquk des Ardkn.nks ; 
MM. Piette et Terquem; M. Thiriet : Le Lias des Ardennfs. 

Lias. — Les dépôts liassiques sont arénacés, puis marneux; à la partie su- 
périeure, l'argile domine. Certaines assises sont très fossilifères. La gryphée 
arquée est caractéristique des couches à chaux hydraulique. Les ammonites 
et les bélemnites sont nombreuses. L'affleurement est limité : au nord par une 
ligne passant par Signy-Ie-Petit, Charleville, (iivonne; et au sud par une autre 
passant par Auvillers, Saint-Marcel, I)om-le-MesniI, Angecourt, Malandry. 

Les étages les mieux représentés sont : le fn'ni^murien qui fournit les marnes 
t'i chaux hydraulique de Charleville; le liasien composé surtout de calcaire 
sableux exploité pour pavés à Romery et Saint-Laurent; le (oarcien qui com- 
prend les marnes pyriteuses de Flize, avec une couche à limonite exploitée à 
Longwy. 

Toute la région du calcaire sableux est coupée par de nombreuses failles et 
le niveau des couches est relevé du côté du nord. 

Oolithe. — Ce terrain est formé surtout de calcaire oolithique; l'argile do- 
mine dans la partie moyenne. L'oolithe s'appuie au nord sur le lias; elle est 
recouverte au sud par l'infra-crétacé. La limite nord est assez régulière, 
d'Auvillers à Malandry. La limite sud est une ligne très sinueuse passant par 
Rumigny, Liart, Wasigny, Puiseux, Semuy, Briquenay, Landres. Les empiéte- 
ments de l'infra-crétacé sur l'oolithe à Marlemont, à Lametz, indiquent un 
retour de la mer sur le continent à la fin de l'époque secondaire. 

L'étage inférieur, bajov.ien, est composé en grande partie de calcaire ooli- 
thique jaune tendre dont le centre d'exploitation le plus important se trouvr 
à Dora-le-Mesnil. 

Le deuxième étage, bathonien, comprend, de bas en haut : un calcaire jaune 
un peu sableux, une marne, du calcaire blanc à oolithes de dimensions variables 
et plus ou moins intimement soudées, et, enfin, un calcaire en plaquettes ren- 
fermant de grandes huîtres. 

Beaucoup de carrières sont ouvertes dans les calcaires oolithiques. 11 faut 
citer celles de Chémery, de Vendresse, de Raucourt, de Bulson, qui fournissent 
d'excellente pierre de taille. 

Quelques collines du bathonien sont dénudées et stériles. D'autres sont cou- 
vertes de belles forêts; par exemple colles du Hailly et de Froidmont, à Thin-le- 
Moutier; et aussi les bois d'Elan, de Sapogne. 

Les couches bathoniennes sont toutes fissurées et présentent fréquemment, 
surtout aux environs de Poix et de Signy-l'Abbaye des entonnoirs, dans les- 
quels disparaissent les eaux superficielles. Ces eaux circulent sous terre, puis 
se réunissent pour former des sources très puissantes : telles que le Gibergeon 
à Signy, qui donne au moins 400 litres d'eau par seconde, la Fosse-aux-Prê- 
cheurs à Poix, la fontaine Saint-Roger h Elan. Certains de ces entonnoirs ont 
leurs parois revêtues dune couche d'argile qui les rend imperméables. Ils 
conservent l'eau, comme la Fosse-au-Mortier dont le niveau se maintient 
presque constant, à 8 mètres au-dessus du fond. 

Le troisième étag<', oxfordien, est surtout siliceux. Pour base une argile 
très fossilifère à minerai autrefois exploitée à Poix, à Singly et dans quelques 
autres communes ardennaises. Au-dessus, la puissante assise de gaize qui forme 
l'escarpement des Crêtes entre Poix et Neuvizy; et à la partie supérieure, uno 
marne calcaire à oolithes ferrugineuses très fossilifère. Cette marne forme un 



— 10 — 

horizon p^^ologique 1res net ;ï Draize, a Viel-Saint-Hemy, à ISeiivizy, à Cha^ny, 
à Tannay, à Verrières, à Nouart. Elle tournissailaiitrelois beaucoup de minerai 
de fer. Elle est encore exi>loitée à >iouvizy. Gest sur l'anieu renient de gaiie 
que reposent certaines de nos plus belles lorèts, nolamnient : Forôt de Signy, 
bois (^harlemagne, le Mont-Dieu, lorét de Bel val. 

Le terrain oolilhique se termine dans la réj^ion par les assises de calcaire 
caverneux h polypiers de l'étage ojraiiien, auxquelles sont associés îles cal- 
caires oolithiques exploités dans la vallée de Monlgon, et des calcaires bleus 
exploités à V'erpel. 

Crélnct*. — A la partie inférieure du système crétacé, dominent les formations 
argileuses; la partie supérieure est caractérisée par la craie. (Voir Barrois : 

Le GRhTACÉ DANS LES ArDENNES ET LBS RÉGIONS VOISINES.) 

Les couches infracrétacées se composent d'argile, de sable à glauconie et 
de gaize. Elles renferment, a différents niveaux, du phosphate de chaux. Le 
gisement le plus important de cette matière fort utile à l'agriculture se ren- 
contre dans l'étage alhien ou gauU. Les nodules, vulgairement coquins, résul- 
tent de la concentration de phosphate de chaux autour de corps organiques 
en décomposition : sponj^Mairos, bois fossile, lest calcaire d(î coquilles. La 
couche la plus riche dans les Ardennes est épaisse d'au moins vingt centimè- 
tres et se trouve à une profondeur variable. On l'exploite par tranchées à ciel 
ouvert ou par souten^ains. Les nodules extraits sont débarriissés de l'argile par 
lavage ou par fanage, puis moulus. I^es centres principaux d'exploitation sont 
Saulces-Monclin et Grandpré. La consommation croissante de ce produit a fait 
rechercher l'étendue des gisements. On a reconnu environ 200 hectares pou- 
vant fournir 150,000 tonnes dans les Ardennes, et 20,000 hectares pouvaDt 
donner plus de 24- millions de tonnes dans la Meuse. La quantité extraite chaque 
annéo dans les deux départements dépasse 75,000 tonnes de poudre contenaiiL 
de 30 à 50 pour cent de phosphate. 

La roche dominante du criHacè proprement dit est la craie tendre. A certains 
niveaux elle contient d«îs bancs d(; silex et des concrétions pyriteuses; à d'au- 
tres niveaux, les grains de phosphate sont abondants. 

Le premier étage du crétacé, cénomanien, est formé par les marnes de Givron 
et les sables de la Hardoye. Le second, turonien, se compose de ciaie mar- 
neuse dont les affleurements importants s'observent à Saint-Fergeux, Gbau- 
monl, Ghappes, Sery, Hethel, Vouziers. Le troisième étage, senonien, est formé 
par la craie blanche, tendre ou dure, appelée craie du camp de Ghàlons. Ses 
affleurements couvrent tout le sud-ouest du département. 

Toute la partie du crétacé qui est au nord de l'Aisne est recouverte de limon 
des plateaux; dans celle qui est au sud, c(»s limons se rencontrent rarement, 
et le sol, formé de débris de craie, présente les conditions défavorables à la 
végétation qui caiactérisent la Ghampagne pouilleuse, plateau stérde et dé- 
nudé, qu'on a essayé de transformer par des plantations de pins. 

III. Terrain tertiaire. — Le terrain tertiaire occupe le centre du bassin de 
Paris. Ses affleurements réguliers ne s'étendent guère vers l'est au delà de 
Heims et d'Epernay. Dans la Thiérache, il a été profondément raviné; quelques 
lamlMMux seulement restent sur les hauteurs. 

Dans les Ardennes, on peut rapporter à cette époque los sables du plateau de 
Boci*oi, les ar^^iles d(; Krognon, de Gué-dHossus, de Barbancroc, d'Eva, de 
Moi>(joie pi'ès de Haiicourt. La plupart de ces gisements fournissent d'excel- 
lente terre à poterie. 

IV. Terrain quaternaire* — G est pendant l'époque quaternaire que les 
continents ont pris leur relie! actu(d; effet des soulèvements et de l'érosion. La 
désagrégation des couches superficielles a fourni le limon des plateaux dans 
les faibles dépressions d'un sol de relief peu accusé. Les cours d'eau, creusant 



— n — 

leur lit, déposèrent sur les flancs et le fond de leurs vallées lWs nappes de 
limon dites alUivions anciennes. 

Les alluvions des plateaux consistent ordinairement en une argile brune ou 
jaunAtre, plus ou moins mélangée de sable lin. LorsquVdles retiennent une 
certaine proportion de calcaire, elles constituent une excellente terre vép'*tale 
propre à toutes les cultures. Les alluvions des vallées consislent en sable argi- 
leux ou argilo-calcaire qui repose fréquemment sur un lit de gravier. En général 
elles forment des terres d'une grande fertilité. 

Lorsque le sol retient un excès d'humidité, aussi bien sur les plateaux à 
sous-sol imperméable que dans les vallées où la pente est très faible, il se 
développe une abondante végétation de mousses, de sphaignes, de carex, qui, 
se décomposant lentement sur place à l'abri de l'air, produit la tourbe. Sur 
le plateau primaire, on en trouve à l'origine de tous les ruisseaux. Les gise- 
ments les plus importants sont : Regniowez, Ciué-d'Hossus, Sécheval, Hauts- 
Rut tés. 

Sur les terrains secondaires, les tourbières les plus comptètes sont celles de 
la vallée de la Bar occupant une vaste dépression entre Germont, Autruche, 
Huzancy, et quelques points isolés à Chàtillon, à Brieulles et aTannay. L'exploi- 
tation de la tourbe, dans les Ardennes, est sans importance, bien que certains 
gisements aient de deux à trois mètres d'épaisseur. 



IV. LA FLORE DES ARDENNES. 

Nous ne ferons allusion, ici, qu'à la flore de la zone septentrionale; la flore 
des zones sud et centi'ale ne se distinguant point — sauf quelques rares excep- 
tions — de la flore générale française. 

Le chemin de fer d'Hirson à AMézières et à Sedan divise le département des 
Ardennes en deux parties très inégales. Au sud de cette ligue sont les terrains 
jurassiques et crétacés. Au nord, sauf une bande étroite bordant parfois h; 
chemin de fer, sont hîs terrains de transition. 

La vallée de la Meuse, de Charleville à Ciivet, traverse ces derniers terrains, 
consistant surtout en quartzites et en schistes ardoisiers. Sur divers points se 
montrent des couches plus ou moins calcaires qui se trahissent pour les bota- 
nistes par (juelques plantes calcicoles. Ce massif ardoisier, coupé, raviné en 
tous sens, formerait un chaos boisé inextricable si le bassin de la Meuse n'en 
constituait le (il conducteur et limité. Les géologues paraissent s'accorder à 
reconnaître que la Meuse hî traverse par une suite de fractures antérieures 
au cours d'eau. Nulle part, en effet, on ne rencontre dans cette trouée les cou- 
ches puissantes d'alluvions et h»s élargissements de la vallée si prononcés en 
amont de Charleville et <le Sedan, tandis qu'il plusieui-s endroits, à ChAteau- 
Uegiiault, Monthermé, Laifour, Hevin, Haybes, on constate des ruptures 
nettes et abruptes des rochers, (|ue la Meuse n'a pu évidemment former 
par voie d'érosion, et où elle a passé sans la moindre trace d'hésitation ou 
d'arrêt. 

Le climat, dans cette région septentrionale, est excessif; les Jcuines chênes 
gèlent quelquefois à la fin de mai. Le pays est âpre, rebelle à l'exploitation. 
Certaines industries demandent généralemiîul un travail pénible : exploita- 
tion de carrières d'ardoise, de giès jiour pavés, de quarizites pour l'empier- 
rement des routes, l'une de nos grandes industries locales ; puis coupe de 
bois sur des pentes escarpées, j)resque inaboi dables ; écoiçage des chênes. 

Ces industries primitives et indigènes ne suffisaient f)as. 

La fonte et la transformation du fer, favorisées par la Meuse, h; voisinage des 
houilles de la Belgique et des minerais de la Moselle; l'industrie du cuivre, qui 



— 12 — 

demande ses minerais au Pérou ; des fabriques de brosses, de crayons, ont 
centupl*^ le travail produit. De ce pays pauvre, ne produisant qu'une minime 
partie des matières premières qui y sont exploitées, des initiatives intelli- 
gentes, le travail et la sagesse des populations, ont fait un des plus riches de 
la France, dont les produits s'exportent dans toutes les contrées de l'Europe, 
même dans les cinq parties du monde. 

Les belles sources profondes et abondantes qui s'observent souvent dans les 
terrains calcaires manquent à celte partie du déparlement des Ardennes. En 
revanche et comme conséquence, l'eau abonde à la surface du sol. Elle pro- 
vient de marais qui occupent souvent de jurandes surfaces sur les plateaux et 
qui existent généralement dans les dépressions de ces plat-iaux et à l'origine 
supérieuie des vallées. Celte eau commence par des égouttements. Ils finis- 
sent assez vite par former des ruisseaux et des rivières qui ont un débit néces- 
sairement inégal, et qui, par suite de la pente rapide des vallées, affectent 
souvent des allures de torrents : tels sont les cours d'eau qui descendent des 
Mazures, de Hocroi à Uevin; des Butteaux à Linchamps et à la Meuse. Cette 
diffusion de l'eau est éminemment favorable à une certaine végétation, et le 
pays olFre des stations botanicpies variées. 

Les plus intéressantes sont celles des hauts plateaux. Leur altitude n'est pas 
telle qu'elle puisse nous otfrir des plantes spéciales, mais cette altitude com- 
binée avec la latitude vaut à ces endroits quelques plantes du nord de l'Eu- 
rope. De plus, ils sont en large communication avec la Belgique, la Hollande, 
et il y a lieu de croire que quelques plantes occidentales de la France leur 
arrivent par cette voie détournée plus que par l'Ile de France et le départe- 
ment du Nord. 

Ces plateaux froids et humides sont souvent dégarnis de bois. On y trouve 
de fréquentes tourbières, dont la végétation étrange et primitive intéresse tou- 
jours, malgré sa monotonie, le botaniste, généralement plus habitué à la végé- 
tation des terrains secs et calcaires. 

Leur aspect et leur végétation sont sensiblement différentes sur les deux 
rives de la Meuse. Sur la rive droite, aux Butteaux, les marécages tourbeux, 
avec s^phagnum et oxycoccos, dominent. Sur la rive gauche, le plateau de Rocroi 
est, en plusieurs points, moins mouillé, plus argileux. La partie non encore 
transformée en prés (rièzes de Hocroi) est couverte d'Erica Tetralix dont, à la 
fin de juillet, les fleurs teignent d'un rose tendre la vaste plaine et lui don- 
nent un aspect caractéristique et inoubliable, rappelant celui des Hautes 
fanges de Spa. 

Si nous descendons de ces plateaux, nous marchons dans les bois de chênes 
exploités principalement pour leur écorce, et que par conséquent ou laisse peu 
vieillir. D'autres arbres, des bouleaux surtout, ça et là rompent la monotonie. 
Le tapis sous bois est souvent fermé, sur de grands espaces, par des myrtilles 
(Yaccinium Myriillm), dont les fruits se vendent au marché de Charleville sous 
le nom de Framboises, tandis que ceux du framboisier, dont le nom est ainsi 
usurpé, prennent celui (ÏÀmbres. 

Les bois ne s'interrompent que lorsque la déclivité du sol s'adoucit, pour 
donner place à quelques prés, humides et tourbeux souvent, irrigués par les 
ruisseaux que les sentiers côtoient. Aux plantes de ces prés se joignent des 
espec(îs communes descendues des tourbières supérieures et qui se trouvent 
encore abondamment au débouché des vallées et de leurs ruisseaux dans la 
vallée principale, sur de petits deltas, quelquefois fangeux, formés par leurs 
alluvions, et aussi aux bords d(.' petits étangs qui retiennent l'eau destinée à 
mettre en mouvement l'usine voisine. 

Au pied des rochers escarpés qui, presque toujours, commandent le confluent 
des vallons latéraux et de la vallée principale, le long des cours d'eau, sont des 



— 13 — 

réduits pleins d'ombre et de fraîcheur, stations privilégiées des fougères. Les 
éboulis, les débris mouvants, moins frais, parfois même brûlés par le soleil, 
ont aussi leur flore spéciale. 

Les cultures sont peu variées. A part les rares meilleures terres consacrées 
au froment, on ne rencontre surtout que des champs de seigle et d'avoine; 
on est surpris de voir le sarrasin si peu cultivé sur ce sol. Les plantes des 
champs sont celles des terrains siliceux. Ici le seigle n'est pas semé seulement 
en pleine campagne. Dans Tannée des coupes des bois ou dans Tannée qui suit, 
on le sème sur les endroits les plus riches et les mieux exposés. Ces champs 
improvisés sur des hauteurs escarpées font un magique effet, au milieu des 
bois d'un vert foncé qui les entourent, avec leur verdure pâle et glauque et 
les molles ondulations qu'y produisent les courants d'air presque incessants 
dans ces lieux, où la température du jour est si inégale entre les fonds des 
vallées et les sommets nus des hauteurs. 

Quant à la plate-forme de la vallée de la Meuse, aux bords de la rivière, des 
routes et du chemin de fer, outre les plantes les plus communes du massif, 
on y trouve la population végétale cosmopolite qui se rencontre sur toutes les 
grandes voies que suivent les eaux, les hommes, les produits de la culture et 
de l'industrie. 

Sur les terrains calcaires avoisinant au sud la ligne de Charleville à Sedan, 
la végétation contraste étrangement avec celle des terrains ardoisiers. Dans 
ces deux pays si voisins et si différents par leurs flores, la loi de l'influence de 
la composition chimique du sol sur la végétation est l'évidence même. Sur les 
terrains de transition, pour ne parler que des plantes les plus répandues, 
abondent le genêt à balai, les bruyères, les vaccinium, certains carex, des 
graminées, des fougères spéciales, les sphagnum avec leurs oxycoccos, leurs 
drosera: rien de tel sur les calcaires. En revanche, ils brillent par leurs lins, 
de nombreuses espèces de papilionacées, ombellifères, labiées, liliacées, or- 
chidées, que Ton chercherait en vain en dehors d'eux. 

La végétation des terrains de transition des Ardennes, en particulier de la 
presqu'île française de Charleville à Givet, établit-elle une transition entre la 
flore du nord-est de la France et celle de la Belgique? La réponse négative ne 
semble pas douteuse, en présence de cette simple observation. Cette pénin- 
sule et ces terrains sont presque exclusivement siliceux et ne se rattachent à 
la France que par de vastes étendues de terrains calcaires. Elle offre donc un 
obstacle aux plantes silicicoles particulières, et les plantes du nord-est de la 
France sont en communication largement ouverte avec la Belgique par le nord 
et le littoral de la France, et à Test par l'Allemagne. Une remarque à l'appui, 
c'est que les plantes de cette partie delà France qui sont dans le département 
des Ardennes ont une aire d'expansion empiétant beaucoup sur la Belgique a 
Test et au nord, même à l'ouest. Une seule plante des Ardennes fait excep- 
tion : c'est VHf/perkiim LinearifoUum ; probablement la seule plante des Ardennes 
septentrionales, dont Taire d'expansion ne dépasse pas la Belgique à Test. 

La flore des terrains de transition des Ardennes françaises est celle des ter- 
rains siliceux, et fait partie de la flore des Ardennes belges; ct*Ile-ci étant plus 
riche de quelques espèces septentrionales dues à la latitude plus élevée et à ce 
que, pour ces terrains de transition, la voie d'expansion des plantes est plutôt 
dirigée de Test à Touest et du nord au sud que du sud au nord. Les plantes 
calcicoles des deux pays ne peuvent être en communication par les terrains 
de transition ardennais. La connnunicaMon entn* les plantes de la France et 
de la Belgique s'est établie par le nord de la France et par l'Allemagne h Test. 
(D'après Bazot : Bullfhi.n dk l\ Socikvk botamquk de Franck, fasc. xxxii.j 



— 14 — 



V. LA OROTTE DE NICHET. 



La plus merveilleuse curiosité géologique des Ardennes est sans cooti'edit 
la Grotte ik Niehet, creusée dans le calcaire de Givet qui, larçe de 3 kilomè- 
tres environ, traverse le territoire français à la pointe nord du département 
se continue en Belfnque sur une longueur d au moins douze lieues. 

Ces bancs de calcaire, dont la direction est presque parallèle h la ligne du 
chemin de fer, sur une longueur de 300 mètres, font, avec l'aiguille de lu 
boussole, un angle de 110 degrés, tandis que, dans le tunnel de Cbarlemoiit, 
les bancs font avec cette aiguille un angle de 25 degrés et sont presque per- 
pendiculaires à la voie ferrée. Une disposition analogue des bancs calcaires, 
mais en sens contraire, se retrouve au sud du village de Fromelenues, et la 
rencontre dos bancs j)aralt se faire à la grotte de Nichet. Du sommet du coteau, 
où se trouve l'entrée de la grotte, on remarque, en effet, les bancs de cal- 
caire venant de la direction de Flohim<»nt et de Rancennes qui plongent vers 
le sud, tandis que ceux arrivant de Fromelennes et qui sont parfaitement 
visibles au lieu dit la Cote, en face de la scierie de marbre Donau, plongent 
vers l'est sous une inclinaison beaucoup moins forte. 

Il nous parait donc probable que la grotte de Nichet aurait pour origine un 
vide qui s'est formé par suite d'une différence d'inclinaison des bancs à leur 
point de rencontre après ruptui*e et soulèvement. Dans ce vide, il s'est produit des 
éboulenients de blocs qui, prenant des positions diflférentes, se sont enchevêtrés 
et ont ainsi subdivisé l'intervalle des bancs en chambres, galeries et couloirs, 
dont les parois furent recouvertes par les dépôts calcaires entraînés par les 
eaux de pluie qui, à ce moment, devaient tomber en abondance arec une tem- 
|)éralure assez élevée, propre à dissoudre facilement les calcaires situés près 
de la surface extérieure. La superficie occupée par les galeries actuellement 
conflues est de 100 mètres de longueur sur 70 mètres de largeur. La profon- 
deur ne dépasse guère 25 mètres; mais comme on ne trouve pas de dépôt 
d'eau dans les parties les plus basses de la grotte, on doit en conclure que 
l'eau provenant des infiltrations 5'é<;oiile })ar des galeries que Ton n'a pas encore 
reconnues et qui sont à une grande profondeur. Les eaux de pluie, en péné- 
trant à travers les interstices, se chargent de calcaire. Elles tombent ensuite, 
goutte à goutte, sur les blocs éboulés, y forment des stalagmites ou bien sou- 
dent ces blocs dont elles ont, pour un certain nombre, fait disparaître la forme 
primitive. (Voir Watrin dans le RuLLhm.v dk la SociÉré o'HisroiaE matobelle dbs 
Abdfjv'nks : La Grotte de Nichet,) 

La grotte, jusques en 1894, i-esta pour ainsi dire aban<loii:iée. Toutefois, ren- 
trée restant libre, quelques visiteurs, bougies ou flambeaux à la main, se hasar- 
daient dans les galeries les plus rappnichées et, afin de retrouver facilement 
leur chemin, ils liaient, près de l'entrée, l'extrémité d'une corde qu*ils dérou- 
laient à mesure qu'ils avançaient dans les galf*ries. La visite était assez pénible. 
Les chemins, presque impraticables, étaient rendus très glissants par les eaux 
cèiargées de matières calcaires, qui tombaient, goutte à goutte, du ciel des 
galeries, et formaient, en certains endroits, des stalactit^'s et des stalagmites, 
dont quelques-unes finissaient par se ivj oindre. On passait sur des blocs forte- 
ment inclinés où il n'y avait rien pour se retenir. Les renards se réfugiaient 
dans quelques galeries où, comme preuve de leur habituel séjour, ils ont laissé 
leurs ossements. Dans la première salle sétaient groupées les chauves-souris. 
Lorsque la grotte fut oflicieilement inaugurée, on les trouva collées au pla- 
fond. 

C(;st presquau sommet d'une colline abrupte que la giotte offre son ouver- 
ture entre deux montagnes de rochers formant un étroit couloir. Les guides 



— 15 — 

allument leurs flambeaux, précèdent les visiteurs qui s'enfoncent dans l'onibre, 
et la première pièce que l'on rencontre ouverte dans le roc est la salle des 
NiUons, petits sorciers, gnomes qui travaillaient la nuit : ciselant l'or et les 
diamants, forgeant l'airain, ou m(hne raccommodant les vêtements, rapiéçant 
les souliers qu'on leur mettait le soir à l'entrée de la grotte et que le lende- 
main on retrouvait remis à neuf. Du coucher au lever du soleil on entendait 
un infernal tapage souterrain ; c'était le l)ruit des enclumes sur lesquelles frap- 
paient les Nulons laborieux. Le cultivateur qui voulait une charrue, la jeune 
ûlle qui désirait une parure d'or ou d'argent, la ménagère qui convoiUiit une 
chemise ou un jupon, n'avait qu'à demander aux Nutons tous ces objets en 
leur promettant du pain de pur froment pour salaire, et, dès le lendemain 
matin, aussitôt Taurore parue, chacun voyait son souhait réalisé. 

Or, il advint qu'une femme, ayant vivement désiré une robe, alla poiler 
à l'entrée de la grotte la nourriture convenue. Mais la vieille avare, au lieu 
de pur froment, avait enfermé de la cendre dans la croule du pain. Les 
Nutons, froissés, s'en allèrent travailler dans d'autres contrées et disparurent 
du pays pour toujours, au grand détriment et à la grande désolation des habi- 
tants. 

« Telle est, dit M. Georges Chevillet dans l'intéressant récit qu'il nous fait 
de son excursion, la légende curieuse qui, depuis longtemps racontée dans 
le pays, fit donner k la pi-emière grande cavité de la grotte de Nichet le nom 
de salle des Nutons. On y voit plusieurs belles colonnes de stalactites qui sem- 
blent ciselées avec des larmes tombées goutte à goutte du roc depuis des 
siècles. Il faut, en effet, qu'elles aient été pleurées là depuis bien longtemps 
pour arriver à former ces énormes piliers qui semblent verser sans cesse 
encore des larmes de pierres, sous leurs efforts éternels, pour soutenir la for- 
midable masse des voiUes rocheuses. 

« Sur l'une de ces colonnes, au milieu de toutes les blanches coulures qui 
prennent les formes les plus fantaisistes, se remarque l'image d'une femme 
habillée dans toute la blancheur de ses draperies et taillée en bas-relief par la 
nature qui lui a donné la ressemblance des cariatides de la Renaissance. 

« De là, on passe dans la salte du Lion, ainsi nommée à cause d'un rocher 
rappelant la forme do l'animal à l'énorme crinière. 

« Vient ensuite la salle des B'^niliera où plusieurs rochers se creusent eii 
forme de coquilles; puis la Grande Cascade dont la masse s'étend en ondula- 
tions de rocs unis et lisses comme un éboulenient d'ondes pétrifiées tout à coup 
sous la baguette magique du (iénie de ces grottes. 

« Dans les profondeurs les plus secrètes de cet enchevêtrement de pièces et 
de corridoi^, se trouve la salle du S'iurlette. 

** Au dix-septième siècle, nous raconte l'Histoire autant que la Tradition, un 
criminel ayant été condamné à mort se réfugia dans la grotte de Nichet. Pen- 
dant plusieurs jours, son frère lui porta la nourriture. Mais souvent, le dévoue- 
ment, même fi*aternel, finit par se lasser. C'est ce qui arriva. Craignant enfin 
d'être découvert et, alors, puni de sa bonne action, le frère tua son frère; puis 
il cacha le corps au fond le plus retiré de ces abîmes. 

« En ce même temps, Louis XIV pissait pour visiter la forteresse de Charle- 
mont que Vaub m venait de rendre si formidable. Le roi, apprenant le meurtre 
fratricide, ordonna de murer la grotte fatale. 

« Cette aventure étiiit très bien connue dans le pays, mais passée à I état de 
légende. La découverte du squelette la lit rentrer dans la réalité. 

« La salle des Amoureux, à cause d'un curieux groupe qu'a dessiné l'eau 
sur le flanc d'un roc et qui, éclairé par les lampes et vu à distance, représente 
un homme au plastron blanc, en chapeau haut-de-forino, se promenant avec 
ane dame dont la robe est parfaitement drapée. 



— 16 — 

« La nature est parfois bizarre. Ce groupe, ainsi dessiné par l'onde depuis 
longtemps sur un pan de voûte hors de toute atteinte, montre de façon très 
originale que le hasard est artiste à ses heures et qu'en la circonstance il 
devina l'image de notre costume moderne. 

« De cette pièce, on monte par un escarpement de roc à la salle du Clair de 
lune, la plus belle de toute la grotte. Tandis que l'on s'arrête sur une pente 
élevée, un des guides descend cacher sa lampe derrière une pyramide de sta- 
lactites; alors les rayons se reflètent de l'autre côté, et la lumière répand une 
clarté toute mystérieuse sur les parois profondes de cette salle. L'on voit, 
comme en un songe des Mille et une Nuits, apparaître de vaporeux amoncel- 
lements de tours, de clochetons, de ponts, de dentelles ; un éléphant semble 
soutenir sur son dos puissant ce monde de rocs; tout cela vibre devant Tima- 
ginalion qui s'exalte, et l'ensemble se dessine au milieu de la câline et indé- 
cise lumière d'un superbe clair de lune. Vision radieuse, éblouissante, qui 
vous transporte dans le monde étrange de la féerie! » 

En relatant le récit de M. Chevillet, nous avions maintenu « sa légende 
du squelette »; mais à cette légende, il convient d'opposer l'Histoire. Un frère, 
dit la tradition, aurait tué son frère, et Louis XIV, saisi d'horreur en appre- 
nant ce crime, aurait fait murer « la grotte fatale ». Or, nous dit M. Paul 
Laurent, le savant archiviste des Ardennes, nous eûmes en mains tous les dos- 
siers de procédure criminelle antérieurs et postérieurs aux visites de Louis XIV 
à Givet, aucun ne relate ce fratricide. Le roi ne put alors ordonner la ferme- 
ture de la grotte par un mur dont les habitants de la région ne connurent 
jamais l'existence. D'ailleurs, ce procès-verbal otficiel que voici semble clore 
définitivement toute discussion : 

« 6 avril 1772. — Proces-verbal d'un cadavre trouvé au Trou-Nichet, au village 
de Fromelennes. — L'an mil sept cent soixante-douze, le sixième jour du mois 
d'avril, neuf heures du matin, nous Gérard Contamine, conseiller du Roy, 
prévôt, juge royal, civil et criminel des villes de Charlemont, les deux Givet, 
comté d'Agimont et dépendances; sur ce que nous aurions été informé qu'il 
avoit été trouvé, le jour précédent, un cadavre dans la caverne dite vulgaire- 
ment le Trou-Nichet, située dans le territoire du village de Fromelenne dépen- 
dant de notre jurisdiction, nous sommes transporté avec le procureur du Uoy 
et à sa requête, accompagné de Joseph Dominique Delattre, greffier substitut, 
et François Huet, chirurgien juré et commis aux raports de ce siège, audit 
village de Fromelenne; et de cet endroit, avec les nommés Toussaint Bribosia, 
mayeur; Joseph Dejembe, élu; et Jean Joseph Belot, habitans dudit lieu, à 
l'entrée de la dite caverne distante d'une demie lieue de Givet, où étant, et 
aiant reconnu que nous ne pouvions y descendre, non plus que le procu- 
reur du Roy, lesdits greffier et chirurgien, nous en aurions fait faire la visite 
par les dits Dejembe, Bellot et les nommés Lambert Etienne et Jacques Gonce, 
aussi habitans du dit Fromelenne, qui, depuis le jour précédent, gardoient la 
dite caverne, suivant l'ordre qui leur en avoit été donné, lesquels, après la 
visite en faite, seroient venus nous faire raport qu'ils avoient effectivement 
trouvé dans un recoin de la dite caverne, un corps mort, totalement corrompu, 
infecte et défiguré au point à ne pouvoir être reconnu, le dit cadavre couvert 
d'un habit d'étoffe de laine bleue dite Bergue-opsom, et d'une veste et culotte 
de toile de coton consommés, dont ils nous auroient apporté des lambeaux; 
«|u'à en juger par cet habillement, ils croioient , ce qui nous a aussi été 
déclaré par le dit Bribosia, que ce cadavre pouvoit être celui du nommé... 
— intentionnellement, nous ne mettons point le nom — habitant de Givet 
ISotre Dame, qui, selon iv. bruit qui s'en étoit répandu dans le tems à Frome- 
lenne, avoit esté veu rodant dans les environs de ladite caverne, dans laquelle 
on disoit vers la S* Martin de l'année dernière qu'il s'étoit retiré pour se sous- 



— 17 - 

traire aux poursuites qui dévoient être faites contre lui, et que vraisembLa- 
blement il y sc^roit mort de froid et de misère. 

tf De tout quoy nous, prévôt, juge royal susdit, avons dressé le présent 
procès verbal, et sur ce qu'il nous a été certifié pjir les personnes ci-dessus 
dénommées, qu'il étoit impossible de transporter ce cadavre hors de la caverne, 
nous nous sommes retiré, ce n'empêchant le procureur du Roy, auquel le 
présent sera communiqué pour être par lui requis et par nous ordonné ce 
qu'au cas appartiendra. Fait les dits jour, mois et an et ont signé avec nous : 
J. T. Bribosia; Ji>Dejembe; Lambert Etienne; }^ Bellot; J. Gonce ; Duchesne; 
J. Delattre; Contamine. » 

VI. LES TROIS ZONES. 

Certains géographes ont divisé le département des Ardennes en quatre zones : 
l*» zone champenoise ; 2° zone aœonienne ou de la rivière d'Aisne dont la section 
dite du pied des monts formerait la lisière de l'Axone du côté de la Champagne 
et serait caractérisée par un terrain tenant tout à la fois du terroir champenois 
et du terroir axonien ; 3** zone centrale ; 4° zone ardennaise ou partie septen- 
trionale qui s'étend de Mézières-Charleville à Givet. 

Il semble, toutefois, plus rationnel de ne diviser notre département qu'en trois 
régions nettement caractérisées par la constitution géologique du terrain : 

1** I^a zone ardennaise. Elle comprend la presque totalité de l'arrondissement 
de Rocroi, la plus grande partie des régions de Mézières et de Sedan. C'est, 
approxiiuativenient, la « zono ardonnaise » de J. Hubert; 

2® La zone centrale. Elle s'étend de la Sormonne, <ie la Meuse et de la Chiers 
aux rives de l'Aisne. C'est la « zone axonienne » de J. Hubert; 

3° La zone méridionale. Elle comprend la partie principale des arrondisse- 
ments de Vouziers et de Rethel. C'est la « zone champenoise » de J. Hubert. 

Dans sa Géographie des Aude^nes, éditée en 1856 par Eugène Jolly, J. Hubert 
nous a décrit ces diverses zones d une façon assez précise pour qu'après qua- 
rante années elle reste encore relativement exacte. 

« La zone champenoise, — Sous ce nom, écrit-il, nous devons comprendre la 
portion du département dont la roche fondamentale est de craie pure, sans 
association d'autre minéral, et dans laquelle le sol végétal est presque nul. 
Cette zone s'étend pour nous du canton de Monlhois à celui d'Asfeld inclusi- 
vement, et embrasse par conséquent, outre ces deux cantons, la totalité des 
cantons de Machault et de J uni ville, une grande partie de celui de Rethel et 
une portion de celui de Chàleuu-Porcien. 

« Celte partie de territoire peut se diviser ainsi quant à la nature des terres: 

« i^ Sur les rivières, terres excellentes et d'un bon rapport; 

« 2<* Près des villages et dans les vallées, terres assez bonnes ; 

M 3** Sur les monts, terres peu fertiles ; 

u 4** Trus ou triots; landes de terrains stériles, incnltivés, ou cultivés seule- 
ment tous les quatre ou cinq ans pour recevoir de l'avoine, ne donnant, dans 
les jachères, qu un gazon rabougri et sec dont cependant les moutons sont 
très friands, sans doute à cause du serpolet, l'hymuA Serpillum, qui s'y trouve 
répandu avec abondance. La Champagne dut être longtemps couverte de ces 
triots que les progrès de l'agriculture feront disparaître un jour entièrenienl. 

« Zone axonienne, — L'Axone n'est, à proprement parler, qu'une grande 
portion du bassin de l'Aisne. C'est (;ncore la Champagne, car le terrain cham- 
penois s'y retrouve en beaucoup d'endroits, comme a Rethel. La fusion des 
terrains ne s'opère qu'insensiblement. Celui de l'Axone est un terrain d allu- 
vion, de sédiment, de dépôt; il est dû aux débordements de l'Aisne et aux 
déplacements successifs de plusieurs points de cette rivière. L'Aisne franchit 

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volontiers ses bords, les ronj^e, et en reporte alternativement les débris tantôt 
sur une rive, tantôt sur l'autre, avec un caprice qui désole les propriétaires. 
C'est ce qui faisait dire par le général Veilande à des officiers russes pendant 
qu'ils levaient les plans des gués de l'Aisne : « Vous faites là un travail fort 
inutile; car, dans six ans, tous les gués que vous notez seront devenus des 
trous, et les trous seront devenus des gués. » L'Aisne a la réputation de fé- 
conder les terrains qu'elle favorise de ses débordements; aussi l'appelle-t-on 
\e petit Nil. Elle les couvre d'une terre végétale grasse, profonde, qui rend le 
fumier inutile, et les terres situées immédiatement sur ses rives sont parfois 
douze et quinze ans sans voir la voiture, c'est-à-dire sans être fumées. Sur ce 
sol favorisé, les arbres sont heureux, les froments admirables, les prairies 
artificielles à pleines faucilles, les plantes à grosses racines remarquables par 
leur vigueur. Mais ce sont surtout les prairies naturelles qui se distinguent 
par leur riche verdure, indice d'abondance et de saveur: aussi le beurre et les 
fromages de l'Axone sont-ils grandement et justement estimés. 

« Quel contraste pour celui qui arrive de la zone champenoise aux confins 
de la zone axonienne! Dans ces grandes plaines crayeuses et nues, il n'y a pas 
de sol; tout est factice, tout est fait de la main de l'homme. Relirez cette 
main, et la contrée rentrera dans la stérilité, dans la mort. Dans la vallée 
axonienne, au contraire, la terre produit sans l'homme, l'homme n'a qu'à lui 
demander; ses moindres elForts lui sont payés au centuple. Comme ces paysages 
sont frais, agréables, riches! Quelle puissante végétation! On dirait un immense 
jardin anglais. Et ce panorama est d'autant plus délicieux qu'il se produit 
inopinément. La transition est soudaine. 

« Zone centrale. — Nous ne formons de toute la partie centrale du départe- 
ment — continue Hubert — qu'une seule zone à cause : 1° de la ressemblance 
topographique et de la nature du sol; 2° de la similitude des coutumes agri- 
coles; 3° enfin des mœurs et des usages. Notre zone centrale comprend donc 
la partie orientale des cantons de Monthois et de Vouziers; les cantons de 
Buzancy, de Grandpré, de Mouzon, de Carignan, de Sedan, de Raucourt, de 
Flize, du Chesne, de Tourteron, d'Omont, de Mézières, de Novion, de Chau- 
mont, et partie du canton de Signy-l'Abbaye. On trouve dans cette zone l'ar- 
gile, le calcaire coquillier dit pierre de taille; mais le caractère spécial de cette 
région, c'est de fournir le minerai en abondance. Evidemment la nature, alors 
qu'elle dotait cette région d'une aussi grande quantité de fer, connaissait 
l'esprit guerrier et industriel de notre département d'Ardenne. Ne fallait-il pas 
donner la matière des armes et des machines à ceux qui savent en tirer un 
si bon parti ; un autre caractère distinctif de la zone centrale est la présence 
des forêts. Ces forêts sont belles, vigoureuses et vastes. On y trouve le chêne, 
le hêtre, le charme, le tremble, le bouleau. Quatre grands cours d'eau arro- 
sent cette zone : l'Aire, la Meuse, la Chiers et la Bar; puis des ruisseaux et 
des fontaines sans nombre caractérisent ce pays d'un dernier trait non moins 
particulier : je veux parler de l'inconstance atmosphérique. Les transitions 
du froid au chaud y sont tellement subites, qu'elles ont de quoi étonner ceux 
qui les ressentent pour la première fois. Les brouillards sont aussi très fré- 
quents en automne et au printemps; on les voit, le matin, s'élever au haut des 
monts en colonnes gigantesqiies plus larges au sommet qu'à la base. Le soleil, 
dont les rayons passent à travers les interstices de ces masses brumeuses, 
produit quelquefois des accidents de lumière vraiment admirables. Cette con- 
trée est la région des beaux sites; on en trouve sur tous les points. Il n'en 
saurait être autrement; les montagnes et les forêts offrent nécessairement des 
accidents pittoresques, des alternatives de beautés et d'horreurs dont le con- 
traste est loin de déplaire. 

« Zone ariiennaise. — Elle est formée dune faible partie de l'arrondissement 



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«le Mézières et de la plus grande partie de celui <le Hocroi. Sa limite, au nord, 
à Test et à l'ouest — ajoute ce géo^Taphe, — est la Belgique; sa limite, au sud, 
pourrait être déterminée par une ligne qui passerait à Pouru-aux-Bois, Saint- 
Menges, Bosséval, Gernelle, Aiglemont, Charleville, Montcornet, Uenwez, 
Uimogne, Maubert-Fontaine, Signy-le-Petit. L'Ardenne présente tous les carac- 
tères des contrées montueuses. Sa surface est inégale et irréguli^re. Au nord 
et à l'ouest, se trouvent les deux plateaux des Hauts-Bultés et de Rocroi, 
élevés de plus de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, et ne pré- 
sentant que de légères ondulations. Mais à Test et au sud, et entre ces deux 
plateaux, la contrée est déchirée par des enfoncements profonds. Les mon- 
tagnes y sont souvent taillées à pic, et alors elles montrent sur leurs lianes 
dégarnis leur tissu feuilleté, ou bien elles présentent en avant une de leurs 
lames, unie comme de la maçonnerie. De distances en distances, proéminent 
des crêtes décharnées, des pointes aiguës et saillantes, des blocs informes, 
qui, suspendus dans les airs, menacent à chaque instant de s'écrouler avec 
fracas. Une multitude de ravins profonds, de défilés étroits, de gorges resser- 
rées et tortueuses silloiment le sol dans tous les sens, se réunissent entre eux 
et aboutissent enfin à deux vallons principaux, d'autant plus importants qu'ils 
renferment la plus grande partie de la population ardennaise. Ces deux vallées 
qui s'évasent ça et là, mais de manière à ne donner aux villages qu'un empla- 
cement trop limité parfois, forment le canal tantôt élargi, tantôt étranglé de la 
Meuse et de la Semoy. 

«' L'atmosphère de la zone ardennaise est habituellement humide et bru- 
meuse. Les brouillards s'y remarquent dans toutes les saisons de l'année, 
mais ils sont plus persistants en automne. Les vents qui soufflent en tout 
temps sont toujours forts et impétueux. Les saisons ne sont, à proprement 
parler, qu'au nombre de deux, l'hiver et l'été. Le froid commence en septembre 
et se fait sentir, sans interruption, jusqu'au mois d'avril. (J. Hubert écrirait 
aujourd'hui jusques à juin, car vraiment les conditions climatériques semblent, 
depuis cinquante ans, avoir changé.) L'été n'est presque jamais accom- 
pagné de vraiment et persistantes grandes chaleurs; mais souvent, dans une 
même journée, la température change plusieurs fois et d'une manière brus({ue 
et instantanée. » 

Toutefois, malgré cette classification de Jean Hubert, dont nous venons de 
reproduire les intéressantes pages, malgré la grande autorité du géographe, 
nous n'en persistons pas moins à ne voir dans le département des Ardennes 
que, seulement, les trois zones formées de façon toute naturelle par la cons- 
titution géologique du terrain : 1° zone ardennaise; 2° zone centrale; 3° zonf 
méridionale. 

VII. LE CARACTÈRE ARDENNAIS. 

En ce pays d'Ardenne, les fameuses «< théories des milieux •> — dont on a 
beaucoup trop abusé, ce nous semble, et qui ne sont pas toujours fort exactes — 
se justifieraient et s'appliqueraient à souhait. La région, le climat expliquent 
les habitants, leur « état d'àme », comme l'on dit de nos jours, e4 leur corps. 
Dans la partie qui borde la Champagne, Thomme est solidement biUi, souvent 
de structure au-dessus de la moyenne, de sang généreux, de figure colorée; 
dans le centre, la taille s'est abaissée quelque peu, mais le sang est encore 
abondant, riche ; dans la vallée de la Meuse, l'homme, sous une trompeuse 
apparence de faiblesse, cache une énorme force de résistance au kavail; ce 
qui, d'ailleurs, semble être la caractéristique de l'Ardennais, quelle que soit la 
zone de résidence. Effet d'atavisme sans doute, les aïeux ayant lutté pour 
conquérir le sol, pour le fertiliser lambeaux à lambeaux, arrachant les terres 



— 2« — 

aux rudes forêts d'autrefois, ayant à lutter contre les invasions de hordes 
étrangères ou de tronpes régulièrement enrégimentées. La femme, elle, est, 
à part quelques exceptions heureuses, de celles dont on ne dit rien : elle n'a 
point la forme sculpturale des belles flUes d'Arles et de Provence; Tœil mali- 
cieux, le frais sourire des filles du Bordelais, des Landes et du Béam. Les 
plus parfaits modèles du type se rencontreraient dans la vallée de la Meuse : 
à Monlhernié, à Revin et à Fumay, surtout à Givet — suite de loccupation 
espagnole — et dans le Uethélois. 

L*Ardennais est réfléchi, méthodique, opiniâtre dans ses résolutions une fois 
décidées; souvent fermé, en ce sens qu'il ne s'éprend pas inconsciemment du 
premier venu, mais susceptible de s'attacher en de solides amitiés à celui qo'il 
aime ou qu'il estime; d'esprit ouvert, et suffisamment affiné par une solide 
instruction primaire excellente dans les Ardennes et qui suffit à des travaux 
d'industrie et de culture; épris de liberté, plein de probité. Encore au com- 
mencement du siècle. Ton disait en France, d'après une tradition commune : 
« Vous êtes Ardennais 1 Vous n'avez pas alors à me donner reçu de la sonune 
que je vous prête ; votre parole me suffit. » Cette ténacité, cette austérité d'es- 
prit s'harmonisent avec l'ensemble sévère du pays. Elles tiennent aussi du 
climat dur et inhospitalier en hiver — surtout h partir de Rethel par où Ton 
pénètre dans la véritable Ardenne, — capricieux en été avec ses sautes de vent 
et ses levées de brouillard qui font, en moins d'une minute, succéder le froid 
vif ou rhumidité pernicieuse à daccablanles chaleurs. Climat qui fortifie le 
robuste et brise le faible. 

Une sais4^>n vraiment merveilleuse : la fin d'automne sous bois, surtout 
quand les feuilles devenues rousses reflètent sur la terre, qui semble s'en 
imprégner, leurs teintes enivre pî\li. Les avant-tombées de nuit sont alors d'an 
charme inexprimable, avec leur ciel d'un bleu mou et comme s'enfonçant sons 
le regard; d'un bleu laiteux, car il semble qu'une immense gaze voile l'atmos- 
phère. Dans la Kevur D'ARnss^s et d'Argo.nnk, M. Henri Dacremont caractérise 
très poétiquement ces quasi-mystiquos soirées de l'Ardenne : 

Voici les Foirs^ «l'automne et les froids revenus, 
Les» feuilles qui s'en vont où la brise les m^ne. 
Le haut genêt qui meurt sur les gramis rochers nus. 
Novembre couvre tout «le son jaune 8uaire; 
C'est Taulomae mouraut, l'heure crépusculaire, 
La fîu des chauds ^-tès et la fin d'un neau jour: 
Le temps des souvenirs, des tristesses d'amour. 
Du jour qui va mourir, la douce lueur tremble. 
Tristes »ont les graud» bois, tristes l'ombre <lu soir 
El les pâleurs du ciel. La campagne nous semble 
Vouloir sourire encore et ne le plus pouvoir. 

L'austérité de l'Ardennais s'explique encore par le voisinage de la frontière. 
L'Aidennais sait qu'il est au p<»sl(» d'honneur, prêt à recevoir le premier — et 
d'autant plus terrible — assaut. Il met un patriotique orgueil à s'y |>réparer. 
Michelet a écrit : « Ils sont ainsi, ces enfants de l'Ardenne, à deux pas de la 
frontière et de l'ennemi. La race y fut continuellement guerrière. 1^ France 
n'a pas de meilleurs Français ». 



^ue 



CHAPITRE II 



'Z/HO- 



LA MEUSE ET LES RIVIÈRES 

I. Ligne de partage des eaux. — II. La Meuse. — El. AfQuents de la Meuse. — 

IV. La Meuse navigable; barrages; écluses; débits; crues; fortifications. — 

V. L'Aisne. — VI. AfQuents de l'Aisne. — VU. Canal des Ardennes. — VIII. Droits 
de pèche. — II. L'étang de Bairon. — X. Vallée de la Semoy. — XI. Vallée de 
la Meuse. 



I. LI6ME DE PARTAGE DES EAUX. 

LE département des Ardennes est incliné du N.-E. au S.-O., depuis les pla- 
teaux qui dominent la Meuse au delà de Mézières et qui s'élèvent à 
oOO mètres, jusqu'au cours inférieur de l'Aisne à sa sortie du départe- 
ment. Une singularité curieuse à noter, c'est que les eaux qui l'anosent ne 
coulent nullement dans le sens de cette pente générale. Ainsi le cours de la 
Meuse jusqu'à Mézières lui est perpendiculaire, et, au delà, de Méziènis, il lui 
est directement contraire. Semblablement pour quelques-uns de ses afUuents : 
parmi lesquels la Bar et la Vence. 

La zone ardennaise écoule toutes ses eaux dans la Meuse; la zone cham- 
penoise écoule toutes les siennes dans l'Aisne. Quant à la zone centrale, elle 
écoule toutes celles de son versant nord dans la Meuse, soit direct^Muent, soit 
par l'intermédiaire <le la Sormonne, et toutes celles de son versant sud dans 
TAisne. A part quelques cours d'eau peu importants de sa frontière la plus 
occidentale qui se déversent dans l'Oise, on p<3ut dire que toutes les eaux du 
département des Ardennes vont se jeter dans les deux rivières de la Meuse ou 
de l'Aisne. Le département tout entier se partage donc enti*e les deux bassins 
de la mer du Nord et de la Manche, ou, si l'on préfère, de la Meuse et de 
l'Aisne. 

Ces deux versants de la Meus<? et de l'Aisne sont séparés par une suite de 
crêtes ou chaînes d'élévations, qui coupent en deux, dans le sens de sa longueur, 
à peu près toute la zone centi^le, «t qu'on appelle la lUjnr de parta<je des 
eaux. Prenant son point de départ à la butter de Marleniont, d'où se détachent 
vers l'ouest les pentes qui aboutissent à l'Oise, cette li^ne passe entre ïhin-le- 
Moutier et Signy-l'Abbaye, à Donimerv, aux (>ét<?s de Liunois et de Poix; 
à Bouvellemont, entre Chagny et Jonval, entre Louvergny et Marquigny; enfin, 
au Chesac. A partir du Chesne, elle est plus difficile à suivre. Elle existe? pour- 
tant encore, mais assez irrégulière, aux AUeux, à Clu^tillon, à Belleville et à 
la Croix-aux-Bois, où elle tourne vers le nord-est, et va passer enti^ Bar et 



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Harricourt pour gagner les hauteurs de Somraaulhe. Là, tandis qu'elle se dirige 
à l'est sur Fossé, passant entre Bayonville, Rémonville et Andevanne, dun 
côté; Barricourt et Tailly, de l'autre, — elle projette un tronçon secondaire 
qui court vers le nord, par Stonne, Maisoncelle, Bulson et Cliauniont (Noyers- 
Thelonne), séparant les deux bassins de la Meuse et de la Bar, son afiluent. 
Vers 1 extrémité N.-O. du département, il y aurait lieu de mener une ligne presque 
perpendiculaire à la précédente qui, partant de Marlemont, passerait, en se 
dirigeant vers le nord, par Flaignes-les-Oliviers, Marby, Auvillers-les-Forges 
et Beaulieu, où elle tournerait presque à angle droit vers l'est pour aller se 
souder au plateau de Rocroi et rejoindre les monts d'Ardenne, tandis que 
vers le sud elle passerait entre Maranwez et Signy-l'Abbaye pour suivre ensuite 
jusqu'à la limite du département de l'Aisne, et même plus loin, la série des 
hauteurs qui limitent sur sa rive gauche le cours du Hurtaut ou Malacquise. 



II. LA MEUSE. 

La Meuse, qui prend sa source au village de Meuse (Haute-Marnej, à 27 kilo- 
mètres environ de Langres, entre en Ardenne par Létanne, à la cote 160 mètres. 
(?t la quitte à (iivet, cote 98, ayant arrosé dans le département, entre autres 
localités principales : Mouzon, Villers, Remilly, Wadelincourt, Sedan, (îlaire, 
Iges, Donchery, Vrigne-Meuse, Flize, Mézières, Prix, Warcq, Charleville, Montcy, 
>ouzon, Joigny, Braux, (ihiîteau-UegnauU, Monthermé, D.eville, Laifour, Revin, 
Fumay, Haybes, Fépin, Monligny, Vireux, Ham et Chooz. 
L De Stenay à Sedan, la Meuse coule sur des masses calcaires très épaisses et, 
souvent, sur des couches d'argile ferrugineuse. Les rochers de cette zone seda- 
naise sont des masses calcaires que colore l'oxyde de fer des couches coquil- 
lières alternant entre elles, par la plus ou moins grande quantité de coquilles 
quelles renferment, ou par leur teinte grise, jaime et rougeàtre. 

Depuis Sedan jusqu'auprès de Mézières, le lit de la Meuse s'étend dans une 
belle vallée dont les deux rives sont douces et fertiles. La surface du terrain 
est couverte de fragments de quartz blanc et d'ardoises, avec quelques coquilles 
pétrifiées et des morceaux de pierre calcaire. Le même terrain se montre 
au-dessus de Charleville; mais ici la Meuse quitte le terrain tertiaire et sa 
belle vallée si évasée, pour couler dans une gorge profonde jusqu'à (iivet, entre 
deux eûtes fort élevées de rochers schisteux et d'ardoises dont la couleur 
varie : elles sont rouges, vertes ou bleues, entremêlées de grès quartzeux très 
durs. Les deux côtés de cette gorge sont souvent à pic; ils otTrent un aspect 
nu, dépouillé de terre végétale, un site des plus sauvages. 

De Revin à Fumay, on trouve encore du quartz et des schistes alternant 
rntre eux, et, en quelques endroits, on observe des coupes de terrain dans 
lesquelles ces bancs sont devenus perpendiculaires. 

De Fumay à Givet, la Meuse coule toujours sur des schistes à ardoises, entre- 
mêlés de quartz parfois très abondant. Les couches des terrains voisins sont 
plus ou moins inclinées à l'horizon, et quelquefois elles lui sont perpendicu- 
laires. On trouve, au-dessus de (iivet, des schistes qui n'ont point de dispo- 
sition fissile, et qui n'affectent aucune règle déterminée dans leur cassure; 
plus loin, on voit des schistes tendres qui, ayant pris des retraits, ont reçu 
dans leurs fissures une eau surchargée dun suc la[)idifique quartzeux, qui s'y 
est consolidé. Le schiste s'est détruit, et ces infiltrations ((uartzeuses étant 
r.^.stées, elles offrent des assemblages de prismes creux ou cellules. 

Les géologues ont vérifié sur la Meuse ce fait vraiment remarquable, qui 
onsiste en ce qu'une rivière, tant qu'elle coule dans les ardoises et les schistes, 
ou en général dans les terrains secondaires, est bordée de côtes escarpées, 



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fort hautes et fort resserrées, tandis que dans les pays calcaires les bassins et 
les vallées sont au contraire très évasés, et ne présentent sur l'une et l'autre 
rive que des pentes douces ou peu escarpées. 

Au-dessous de Givet, les ardoises et les schistes disparaissent. La Meuse 
commence alors à couler sur les marbres, chanj^ement qui devient surtout 
très sensible au pied d'une petite colline d'ardoises et de schistes rougedtres 
située près de la frontière. A Dinant, le lit de la Meuse est creusé dans des 
marbres blancs et noirs, connus par l'intensité de leur couleur et la beauté de 
leur poli. 

III. AFFLUENTS DE LA MEUSE. 

La Meuse, qui se jette dans la mer du Nord par l'une des branches du lihin — 
d'où sa qualification géographie de rivière, bien que souvent elle soit appelée 
fleuve, — la Meuse a pour affluents principaux en Ardenne : 

La Wiseppe, la Wamme, la Ghiers, la Givonne, la Vrigne, la Bar, la Vence, 
la Sormonne, la Goutelle, la Semoy, le ruisseau de Faux, la Manise, l'Alise, le 
Viroin et la Houille. 

La Wiaeppe (rive gauche; ^6 kilomètres, dont 7 seulement dans le dépar- 
tement) naît dans le bois de Barricourt, à l'est de Buzancy, baigne Nouart, 
quitte les Ardennes aux forges de Meaucourt, arrose Wiseppe, et se jette dans 
la Meuse en face de Stenav. 

La Wamme (rive gauche; M kilomètres) prend sa source au sud de Vaux- 
en-Dieulet, limite le département, a>vec le ruisseau le Torlu, son affluent, sur 
un parcours de 7 kilomètres, et rejoint la Meuse au sud de Létanne. 

La Cbiers (rive droite; li2 kilomètres, dont 36 dans le département) prend 
sa source proche d'Arlon,en Belgique, arrose Longwy dans le département de 
Meurthe-et-Moselle, Montmédy dans la Meuse, entre en Ardenne à La Ferté 
(cote 473), traverse notamment : Blagny, Carignan, Brévilly, Douzy, et se jette 
dans la Meuse en face de Uemilly (cote i60). 

La Ghiers est classée comme navigable sur tout son parcours dans les 
Ardennes; mais seulement quelques légers bateaux peuvent la remonter ou la 
descendre. L'insuffisance du « tirant d'eau », les nombreux obstacles résul- 
tant des barrages usiniers et des ponts s'opposent à toute navigation effective 
sérieuse. Dans les derniers 40 kilomètres de son cours, on trouverait un tirant 
d'eau minimum de 0,40 à 0,50; la largeur de la rivière est de 25 à 30 mètres ; 
sa pente moyenne de 0,43 par kilomètre. Ses eaux, dans les grandes crues, 
s'élèvent jusques à 3 m. 10 au-dessus de l'étiage. 

Une loi du 26 juillet 4886 a déclaré d'utilité publique un canal latéral à la 
Cbiers pour desservir le bassin métallurgique de Longwy. Ge canal devait 
avoir une longueur de 85 kilomètres, entre Mont-Saint-Martin, près Longwy, et 
la branche nord du canal de l'Est. Mais cette loi jusqu'à ce jour est restée 
lettre morte, l'exécution de cet important et fort utile canal de la Ghiers ayant 
été ajournée. 

La Vrigne prend sa source dans les bois de Gespunsart, au nord de la réserve 
des Effonds, à quelques mètres d'une autre source qui verse ses eaux dans le 
ruisseau de Nouzon. Si peu de pente entre ces deux sources que, dans les sai- 
sons humides, leurs eaux se réunissent. La source de la Vrigne coule vers le 
raidi et l'autre vers le couchant. La Vrigne passe à Vrigne-aux-Bois et à Vrigne- 
Meuse, où elle se jette dans la Meuse, vis-à-vis du confluent de la Bar. 

La Bar. — Gette rivière arrose (iermont, Ghàtillon, Brieulles, les Petites- 
Armoises, Tannay, Sauville, Malmy, Gonnage, Omicourt, Gheveuges, Saint- 
Aîgnan, Villers, et se jette dans la Meuse, rive gauche, entre Donchery et 
Doni-le-Mesnil (cote 453), après un parcours de 59 kilomètres. Les sources de 



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la Bar sont voisines des villages de Bar et de Harricourt ; les premières furent 
détournées, jadis, au profit des établissements industriels qui peuplaient la 
vallée de l'Agron. Affiiienls principaux : le Baroiset, le Giageot, la Cuvette, la 
Faleuae, la àièvre ou ruisseau (fEsiconi&ies, les ruisseaux de la Pemlaine Samt- 
Remy, du Moulineau, de Pcmrciéres, de Tarmay, de la Fontame den PetUes- 
Armoises, du Ntuf-MouUr,, de Saint -Pierremcnt et de Bairon, Ce ruisseau de 
Bairon, le principal affluent de la Bar, prend sa source sur le territoire de 
Singly. n traverse Chagny, Loiivergny, alimente l'étang de Bairon et se jette 
dans le canal des Ardennes, rive gaucho, après un parcours de 22 kilomètres. 

La Vence (rive gauche; 32 kilomètres) naît à la ferme de Pérouzelle, au 
nord de Launois, à la cote 220: après avoir baigné ce village, elle prête, jusqu'à 
son embouchure, sa vallée au chemin de fer de Heims à Mézières, passe à Poix, 
à Boulzicourt, et rejoint la Meuse à Mohon, après avoir mis en mouvement les 
forges de Guignicourt, les filatures de Boulziconrt, et les forges de liohon. 
Affluenis : les iMissemtx de Villers et de la Crète, 

La Sormoniie (rive gauche; 40kilomètres) prend sa source dans la commune 
de Regiiiowez, au lieu dit les Censés iVic Meunier, à la cote 361 ; elle reçoit : le 
ruisseau de la Verge, en amont d'Etalle; la Sauldry, à Chilly; la Richolle, au 
Châtelet; VAudry, après avoir baigné Sorraonne ; ÏOrmeau, à Ham-ies-Moioes ; 
le Thin, à Haudrecy; et enfin le ruisseati de Neuville, à Warcq, oCi elle tombe 
dans la Meuse, à la cote 144. 

La Goutelle (rive droite; H kilomètres, dont 10 dans le département) uait 
entre Sugny et Bagimont (Belgique), sert de limite au département des Ardennes, 
baigne Gespunsart, Neufnianil, et rejoint la Meuse à Nouzon, ayant changé de 
nom dans diacun de ces villages. 

l^ Semoj (rive droite; 165 kilomètres, dont 23 dans le département), rivière 
aux eaux limpides et au cours extrêmement sinueux, naît au pied des monts 
d*Arlofi (Luxembourg belge). Elle arrose Chiny, Bouillon, serpente dans une 
vallt*e qui offre des rochers pittoresques, entre en France, dans le département 
des Ardennes, après l'avoir limité sur un parcours de 3 kilomètres, y baigne 
les Hautes-Bivières, Tliilay, Haiilmé et Toumavaux, coule ensuite dans la 
gorge la plus étrange des Ardennes, formée par des rochers à pic hauts de 
280 mètres au-dessus du lit de la rivière, et se jette dans la Meuse en amont 
de Monthermé, à la cote 138. La Semov est classée comme flottable delafron- 
tière aux Bautes-Rivières et navigable au delà ; toutefois elle n'est pas utilisée 
parla navigation qui serait souvent impossible et périlleuse. La largeur moyenne 
du lit est de 40 mètres; le débit à l'étiage de 3 m. c. ; les plus hautes eaux s'élè- 
vent à 4 mètres au-dessus de Tétiage, avec un débit de 400 à 500 mètres. Les 
crues et les débâcles de la Semov sont redoutables. 

Le rmasean de Faux (rive gauche ; iO kilomètres) descend des pentes sud- 
est de Bocpoi, par la pittoresque vallée de Misère, et se perd dans la Meuse à 
l'ouest de Revin. 

La Manise [rive droite; 9 kilomètres] descend du haut sommet de la ber- 
gerie des Haies-d'Hargnies, coupe le chemin de fer de Mézières à Givet et tombe 
immédiatement dans la Meuse, au-dessous de Revin. 

VAÏise (rive gauche) prend sa source en Belgique, qu'elle sépare des Ardennes 
snr un parcours de 8 kilomètres, et rejoint la Meuse à Pumay, 

Le Vîroin (rive gauche ; 48 kilomètres) prend sa source, sous le nom d'Eau 
noire, au Gué-d'Hossus, sert d'abord de limite au département, passe en Bel- 
gique, rentre dans les Ardennes où il se grossit de la Dltwe, et se jette dans la 
Meuse à Vireux. 

La Hocrille (rive droite ; 25 kilomètres) prend sa source aux Haies-d'Hargnies, 
à la cote 400, sert, sur presque toute la longueur de son cours, de limite entre 
les Ardennes et la Belgique, reçoit un ruisseau belge qui se nomme aussi la 



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HauiUe, arrose, entre autres points, ï^mlrichamps, Froinelennes, et se jette 
dans la Meuse à Givet. 

IV. LA MEUSE NAVIOABLE; BARRAGES; ÉCLUSES; DÉBIT; CRUES; 

FORTIFICATIONS. 

Le développement de la Meuse, dans le département, est de 106 kilomètres; 
sa cote à Létanne est à 160 ni. 43, et sa largeur est de 40 ni. ; de 55 m. à 
Sedan; de HO m. à Givet, à la cote 97 m. 54. Sa profondeur est très variable, 
très irrégulière. Des travaux de dragage et d'amélioration furent souvent, 
surtout de 1837 à 1845, exécutés entre (îivet et Sedan pour assurer un mouil- 
lage d'environ un mètre dans les basses eaux ordinaires; mouillage qui, à 
Tétiage, n'atteignit que m. 80, ou même m. 60 en certains points. 

En 1874, la Meuse fut englobée dans le canal de TEst, grande voie navi- 
gable destinée principalement à relier entre eux les bassins de la Meuse, de la 
Moselle et de la Saône. La branche nord du canal de TEst comprend la Meuse 
canalisée entre la frontière belge, près Givet, et le canal de la Marne au Rhin, 
àTroussey. Elle est reliée, d'autre part,aveclecanaldes Ardennes,àPont-à-Bar. 
Les travaux de canalisation, terminés en 1881, consistèrent surtout dans l'éta- 
biissemeiit de barrages mobiles, dits « à aiguilles >» (système Poirée), et de « déri- 
vations éclusées », pour tâcher d'obtenir sur toute la longueur un mouillage 
minimum de 2 m. 20. Cette profondeur, toutefois — obtenue par le relèvement 
du plan d'eau, grâce à des barrages et aussi par des dragages et des déroche- 
ments dans le fond du lit, — cette profondeur n'existe ordinairement que sur 
'30 h AO mètres de largeur, en longeant le chemin de halage ; elle n'est même 
parfois que de 15 mètres en certains passages difliciles. 

Les dérivations ont 11 m. 40 de largeur au plafond et sont presque toutes de 
faible longueur, n'offrant ensemble qu'un développement total de 30 kilomètres. 
Cinq d'entre elles, notamment, raccourcissent beaucoup le trajet en coupant 
des boucles allongées : à Claire-Villette (pi^esqulle (Vlges); à Mézières (boucle 
de Warcq) ; à Montcy (Belair) ; à Kevin (Saint- Nicoiafi) ; à Ham (presqu'île ite 
Chooz). Aussi la longueur totale de la voie navigable proprement dite n'est-elle 
réellement que de 135 kilomètres dans les Ardennes. Néanmoins, on a rendu 
possible la navigation sur une longueur d'environ 18 kilomètres, dans certaines 
parties de ces boucles laissées en dehois de la voie directe : embranchements 
de Chooz, de Montigny, de Saint -Nicolas, des Oames-de-Meuse, de Deville, de 
la Verrerie et de la Sucrerie de Cliarleville, de Mézières, de Saint-Menges et de 
Bazeilles. 

Deux de ces dérivations sont souterraines : 1*» celle de Ham, 565 mètres de 
longueur et 6 m. 40 de largeur; la traction s'y fait à l'aide d'un toueur à 
vapeur appartenant à l'Etat; — 2** celle de Hevin, 220 mètres de longueur et 
7 mètres de largeur; un chemin de haiage y est établi. 

L'altitude de la Meuse étant de 160 m. 43 à Létanne, et de 97 m. 54 à la fron- 
tière belge, cette différence de niveau est rachetée par 26* éc/use« dont la chute 
varie de 1 m. 07 à 4 m. 30. Ces écluses ont 5 ni. 70 de largeur et 45 m. 30 de 
longueur utile, ii'écluse la plus voisine de la frontière belge a seule les dimen- 
sion» exceptionnelles : 12 mètres de largeur sur 100 mètres de longueur ; dimen- 
sions qui permettent d'écluser, en une seule opération, un Irain de trois bateaux 
et son remorqueur. 

Les 6arraj;es mobiles sont au nombre de 21, la retenue; des autres biefs 
étant constituée par d'anciens barniges fixes. 

A chaque écluse, un agent spécial. Pour les écluses très rapprochées, sur le 
canal des Ardennes, dans la vallée de Montgon, où la circulation n'est pas 
active, il est possible de confier à deux éclusiers le service de trois écluses. 



- 26 — 

Le chemin de halage est empierré sur toute la longueur de la voie navigable. 
Les bateaux fréquentant le canal appartiennent principalement aux types meu- 
sien (en bois et en fer) et flamand (péniches); leur tonnage varie entre 400 et 
300 tonnes. La traction se fait à l'aide de chevaux et de remorqueurs. Le 
remorquage ne s'exerce guère qu'entre Givet et Sedan. Sur le parcours, une 
ligne télégraphique. 

Le d'^blt à l'étiage varie entre 5 m. c, à Létanne, et \o m.c. à la frontière 
belge. Le débit des cruefi peut atteindre 500 m. c, 600 m. c. en amont de 
la Seinoy, et souvent plus de 1,000 m. c. en aval. La plus grande hauteur de 
crue constatée fut, jusqu'à ce jour, 4 m. 60 au-dessus de l'étiage, en amont de 
Mézières, et, en aval, 6 mètres. 

La vitesse de pr(»rogation des crues n'est pas relativement très forte entre 
Létanne et Mézières grâce aux vastes « champs de débordement » qui s'éten- 
dent sur ce trajet le long des deux rives : environ 59 kilomètres. Les crues 
mettent alors, pour se propager, de trente à trente-six heures. En aval, au 
contraire, le lit de la rivière étant fort resserré, les crues franchissent en dix- 
sept ou dix-huit heures les 103 kilomètres qui séparent Mézières de Givet. En 
temps de calme, la vitesse des eaux est de m. 30 à m. 35 par seconde. 

Ford final ions de la Meuse. — Vers l'année 1650, d'après l'avis que donna 
Daniel de Sahuguet, qui, outre les troupes du roi, commanda le régiment levé 
par Fabert dans la principauté de Sedan, on construisit sur la rive gauche de 
la Meuse, de Saint-Mihiel à Revin, à tous les points, gués et passages, tantôt 
des tours en maçonnerie, tantôt des redoutes en terre avec corps de garde. 
Les villages voisins, dans un rayon déterminé, durent pourvoir à leur entre- 
tien, fournir les hommes d'armes chargés d'y faire le guet tour à tour. Un 
nombre plus considérable de villageois, lorsqu'ils entendaient l'appel du toscin, 
devaient venir prêter raain-forle aux premiers aussitôt la moindre alerte. Vers 
1725, les défenses de la frontière, entre la Meuse et l'Aisne, furent complétées, 
d'après le même système, par le marquis de l'Isle au moyen dune ligne d'ou- 
vrages allant de Mézières à Signy-le-Petit. (Voir dans la Rkvuk historiooe 
ARDKiNNAisE, auuée 1894, pages 257-258, une intéressante étude de M. Pélicier : 
Les lignes de défense de la Champagne sur la Meuse et la Chiers en 1744; et 
pour la ligne de défense de la Semoy : Hrvue historique ardkiNnaise, pages 170-174, 
année 1895.) 

V. L'AISNE. 

L'Aisne prend sa source dans le département de la Meuse, à Sommaine, 
250 mètres d'altitude. Son cours est de 278 kilomètres, dont environ 138 dans 
les Ardennes. Elle y pénètre par Condé-les Aulry, à la cote 120, baigne un 
certain nombre de communes, notamment : Vouziers, 30 mètres de largeur; 
(iivry, Attigny, Hethel, 35 mètres; ChAteau-Porcien , Asfeld, 40 mètres; et 
entre, à I kilomètre de Brienne, à la cote 59, dans le département qui porte 
son nom, pour aller se joindre à l'Oise. 

L'Aisne est classée comme flottable de Mouron h Chàteau-Porcien, sur un 
parcours d'environ 67 kilomètres; et. comme navigable, de Chàteau-Porcien 
jusques à son confluent avec l'Oise : soit sur un parcours de 146 kilomètres, 
dont 25 dans les Ardennes, toutefois sans véritable navigation effective. 

La profondeur de l'Aisne ne dépasse pas un maximum de 3 mètres. Dans 
les grandes crues, lorsqu'elle déborde sur les larges prairies de Rethel et de 
Vouziers, cette rivière peut monter à 1 m. 50 de hauteur : même à Asfeld, en 
1874 et en 1882, elle dépassa 2 m. 40 au-dessus de l'étiage. La vitesse de ses 
eaux est très variable : en temps ordinaire, m. 75 par seconde; en temps 
d'inondation, 4 mètres lorsque le débit varie de 250 à 300 mètres cubes. 



- 27 - 

VI. AFFLUENTS DE L'AISNE. 

Les principaux affluents de l'Aisne, dans le département des Ardenncs, sont : 
la Dormoise, l'Avègre, l'Indre, la Fournelle, la Loire, la Vaux, la Retourne, 
rOrne et l'Aire; les ruisseaux de Saint-Lambert, de Foivre, de Saulces, de 
Saulces-Champenoises, de Saint-Fergeux et des Barres. 

La Dormoise (17 kilomètres, dont environ arrosent les Ardennes) prend 
sa source à Tahure (Marne) et se jette dans l'Aisne, rive gauche, entre Gondé- 
les-Autrv et Autrv. 

L'AFègre (22 kilomètres, dont 9 environ arrosent les Ardennes) prend 
sa source dans le vallon d'Aure, près le signal de Sommepy (Marne), passe à 
Manre, à Aure, à Ardeuil, à Challerange, et se jette dans l'Aisne, rive gauche, 
à Brécy. Affluents : les ruisseaux des Rosiers, do Mainjaux, d'Yvrogne et de 
Vieux. 

L'Indre prend sa source à Contreuve, passe à Sugny, au-dessus de Sainte- 
Marie, à Bailla, et se jette dans l'Aisne, en face de Falaise, rive gauche. 
Parcours, 12 kilomètres. Affluents : les ruisseaux de Sainte-Marie, de Sugny et 
d'Aiiiin. 

La Fournelle prend sa source dans les bois de Belleville, passe h Noirval, 
à Quatre -Champs, à Ballay, et se jette dans l'Aisne au moulin Toupet, rive 
droite, en face de Condé-les-Vouziers, après un parcours de lo kilomètres. 
Affluents principaux : les ruisseaux du bois Naumaillard, de Toges, de la ^oue- 
Adam et de Landèves. 

La Loire prend sa source dans les monts de craie, au sud de Coulommes, 
passe à Chuffilly, à Mery et, après un parcours d'environ 9 kilomètres, se jette 
dans l'Aisne, en face de Voncq. 

Le ruisseau de Saint -Lambert prend sa source sur le territoire de 
Saint-Loup, passe à Guincourt, à Tourteron, à Suzanne, à Saint-Lambert, et 
se jette dans l'Aisne, à Attigny, rive droite, après un parcours d'environ 
21 kilomètres. Affluent : le iniisseau de Suzanne, qui prend sa source à Mazerny 
f't arrose Saint-Loup. 

Le ruisseau de Foivre prend sa source à Hagnicourt, arrondissement de 
Itethel, passe à Wignicourt, à Auboncourt, au Chesnois, à Ecordal, et se jette 
dans l'Aisne, rive dnùle, en amont de Givry, à la limite de l'arrondissement 
de Vouziers, après un parcours de 20 kilomètres. Affluents : la Ch'Uelaine, qui 
prend sa source à Puiseux, arrose Vaux-Montreuil et Auboncourt; les ruisseaux 
de Wignicourt, de Neuvizy et de Villers-le-Tourneur. 

Le ruisseau de Saulces prend sa source à Saulces-Monclin, arrose Aubon- 
court, Sausseuil, Amagne, Goucy, Doux, Uesson, Pargny, et se jette dans l'Aisne, 
rive droite, en face de Biermes, après un parcours de 20 kilomètres. Affluents : 
les ruisseaux de Vienne, de Cheresse, de Parfomkval. 

Le ruisseau de Saulces-Champenoises prend sa source dans la commune 
de ce nom, et se jette dans l'Aisne, à Ambly, après un parcours de 8 kilo- 
mètres. 

Le ruisseau de Saint-Ferg-eux, dont les souices se trouvent sur le terri- 
toire de Chaumont-Porcien, passe à Logny-les-Ghaumont, Seraincourt, Ghau- 
dion, Saint-Fergeux, et se jette dans l'Aisne, rive droite, à Gondé-les-Herpy. 

Le ruisseau des Barres, qui prend sa source à la partie supérieure de la 
craie marneuse, près de Waleppe, passe à Sévigny, Saint-Quentin, Le Thour, 
Saint-Germainmont, et se jette dans l'Aisne, rive droite, entre Balham et 
Asfeld, après un parcours de 18 kilomètres. Affluent : le ruisseau de Nizy, qui 
prend sa source à Nizy-le-Gomte, dans l'Aisne. 

La Faux. — Gelte rivière, l'un des affluents le plus considérable de l'Aisne 



— 28 - 

dans l'arrondissement de Retliel, prend sa source à la Kontaine-Bleue, à environ 
4 kilomètre de Librecy, écart de Signy-l 'Abbaye, passe notamment : à Lalobbe, 
au Laid-Trou, à Neuville-les-\Vasigny, à Wasigny, à Hauteville, à Ecly, et se 
jette dans l'Aisne, rive droite, entre Nanteuil et Taizy, à la cote 70 ; sa longueur 
développée est de 45 kilomètres. Affluents principaux : le Plumion, la Draize 
(dont l'affluent est le Maimby), les rux$$eaux de la Botirinerie, du PuUs, du 
Pond du Gouffre, de Mahêri, de la Rosière, de Lauzy^ de Givron, des Neuf- 
Fontaines, 

La Retourne prend sa source h Dricourt, paisse à Mont-Saint-Remy, cote ill, 
arrose Ville-sur-Retourne, Juniville, Bignicourt, Alincourt, Neuflize, le Chà- 
telet, Bergnicourt, Saint-Remy-le-Petit, TEcaille, Hoizy, Saait-Saint-Rezny, 
Houdiloouii, Poilcourt et Brienne, et, après un parcours d'environ 48 kilo- 
mètres dans le département, se jette dans l'Aisne, rive gauche, cote 59, à Neuf- 
châtel. 

L'Ame, qui naît au-dessus de Saint-Etienne-â-Arnes, n'est pas un tributaire 
direct de l'Aisne ; il s'y jette avec la Suippe qui le i-eçoit à Bétheniville (Marne), 
après un paicours de 14 kilomètres dont 9 environ dans le département. 

L'Aire prend sa source à Saint-Aubin (Meuse), pénètre dans le département 
auprès d'Apremont, à la cote 139, et se jette dans l'Aisne sur la rive droite 
au-dessous de Senuc, à la cote 4 42. Son cours total est d'environ 80 kilomètres. 
Les crues de cette rivière ont lieu habituellement avant cellas de l'Aisne. 
Affluents principaux : les ruis$eaux de la Bergerie, de Taiinats, de Belle-Joyeuse, 
de la Noue-Lecoq, de la Besogne, de la Louviére, de Louvet, de Saini-Juvin, de 
Sowmf'iance, iVHarson, de Monlhaillon, de Flimlk, de Bouiasson, d'Exermont, 
de ChateL de la CroiseUe, et enfin lÀgron. Otte très importante rivière prend 
sa source à la Fonimne qui bruU, sur le territoire de Bar et d'Harrîcourt, arrose 
Verpel, Champigneulle, et se jette dans l'Aire, rive droite, au-dessous de Saint- 
Juvin. 

11 faut mentionner ici la Jfalâcqaise, ou HuriavU, un afïïuent de la Serre qui 
ne traverse pas notre département, et se jette dans l'Oise, près de Montcornet 
(Aisne). La Malriequise prend sa source à Maranwez, arrose Roaiuigny, La Har- 
doye, Wadimont, Rubi^niy, Fraillicourt et Renneville. Affluents principaux': 
les ruisseaux de Vaux, da Wadimont, de Morny, du Radeau, de Chânlraine^ des 
Hauts-Prés, de Saint- Jean-aux-Bois, et le Hurtaut. 



VII. CANAL DES ARDENNES. 

Le canal des Ardennes réunit les vallées de l'Aisne et de la Meuse, en même 
temps qu'il ouvre coraraunicxition navigable entre Paris et le nord-est de la 
France. Il se compose de deux parties : l'une prend son origine à Dom-le- 
Mesnil, sur la Meuse, remonte la vallée de la Bar, franchit, au Cliesne, le faite 
qui sépare les deux bassins et aboutit, à Semuy, à la rivière d'Aisne; l'autre, 
partant de Semuy, se prolonge, d'un côté, dans la vallée de l'Aisne jusfiu'à 
Neufchàtel, et, d'un autre côté, remonte l'Aisne supérieure depuis Semuy jus- 
qu'à Vouziers. — Li longueur totale du canal est de 405,407 mètres, savoir : 
4® pour le canal de jonction de la Meuse à l'Aisne, 38,469 mètres ; 2** dans la 
vallée <le l'Aisne inférieure, o4,;iio mètres ; 3° pour le canal d'embranchement 
de Semuy à Vouziers, 42,413 mètres. 

Ce canal est à « point de partage )>; 44 écluses rachètent une pente de 47 m. 45 
sur le versant de la Meuse; de 406 m. 23 sur le versant de l'Aisne ; de 9 m. 70 
sur la branche de Vouziers-Semuy. 

Les dimensions des écluses sont : longueur utile, 38 m. .HO: largeur, 5 m. 20. 
Le mouillage normal du canal, qui était de 1 m. 80, vient d'élre porté récem- 



— 29 — 

ment à 2 m. 20, On rencontre dans le 4' bief du versant de la Mnise le sou- 
terrain de Saint-Aignan qui a 258 mètres de lonf^ueur et 6 mètres de largeur. 
Dans le coteau d'Amblv, une tranchée à ciel ouvert. 

Les bateaux qui fréquentent le canal sont les bateaux ardennais et les péni- 
ches du Nord. La canalisation de la Meuse et les travaux de surélévation du 
mouillage ont eu pour effet de procurer une très sensible augmentation de 
tonnage, aujourd'hui trois fois plus forte qu'il y a trente ans. 1^ nombre des 
bateaux n*a pas de beaucoup augmenté; mais leur chargement a doublé.» 

Les principales marchandises transportées sont : les houilles de Belgique 
(110,000); les houilles du Nord (7o,0(K)); les matériaux de construction et d'em- 
pierrement (150,000); les fers, fontes, minerais (90,000 tonnes). 

L'idée de faire communiquer la Meuse et l'Aisne par un canal date du dix- 
septième siècle (voir Paul Laurent dans RrvuivHistobiqukardk.xnaisk : Un projet 
de canal de la Meuse à l' Aisne). Le premier canal projeté fut celui de la Bar. 
Mais les études entreprises en 1634, en 1664, et de 1746 à 1767, no purent 
aboutir. Le projet fut abandonné. (Voir Lîicaille, Hevuk historiouk arden.naise : 
OrUjine historique du canal des Ardennea.) 

En 1786, un autre essai fut tenté. Un ingénieur en chef des ponts et chaus- 
sées de la province de Champagne, nommé (^ Jolivet, proposait à l'adminis- 
tration de l'intendance de réunir l'Aisne à la Meuse par les vallées de la Vaux, 
du Thin et de la Sormonne. 

Le plan dressé à cette occasion est conservé aux Archives dépar1ernent<des 
de la .Marne (C. 1742). 11 est intitulé : « Wunion de la ïivière d'Anne à la Meuse 
par les rwières de Vaux, de Thin et celle de la Sonnonne. A l'échelle de cinq mille 
taises. Première expédition. Figure o*. « Il mesure 1 m. 08 de longueur sur m. 24 
de largeur au milieu, et m. 37 et m. 42 à ses extrémités ; sous le n" a, il 
fait partie d'un ensemble de plans, tous de la même époque et de la même 
main, qui S(uil sortis des bureaux de l'ingénieur Le Jolivet. 

Au côté sud-ouest de ce plan, est figurée la rivière d'Aisne, avec les villes 
de Relhel et de Chàteau-Porcien. Sur la rive droite de l'Aisne, deux aflluents : le 
ruisseau du Moulinet et la Vaux. 

La Vaux y est représentée depuis l'endroit où elle se jette dans l'Aisne, jus- 
qu'à Signy-l'Abbaye. Onze affluents de la Vaux sont indiqués; mais trois 
seulement sont dénommés : le ruisseau des Neuf-Fontaines [t\s\* droite) el 
ceux du Plumion et delArquebuserie (rive gauche). 

Déjà, antérieurement, on avait essaye, pour des besoins temporaires, de 
rendre la Vaux navigable : en 1484, afm de transporter plus facilement à 
ChAteau-Porcien les bois et matériaux nécessaires à la réédificalion du château 
de Philippe de Croy, comte de Porcien; — sous Louis XIV, pour conduire de 
la forge du Hnrtault à Marly les tuyaux qui devaient amener les eaux de la 
Seine h Versailles; — enfin, en 1731, le sieur Gabriel, adjudicaUiire du quart 
(le réserve des forêts de Si;4iiy, fournisseur des hnis de construction pour les 
vaisseaux du Hoi et des bois de chautrii^e pour l'approvisionnement de la ville 
de Paris, avait « rendu la rivière d'Aveaux flottable en établissant à ses frais 
un canal de cinq lieues de lon^'ueur, sur lequel il a fait construire huit écluses 
qui luj ont coûté plus de 100,000 livres, pour la vuide et la facilité du floLige 
des bois qu'il étoit tenu, par srm traité, de rendre au port de Herpy ou de 
(^ndé. n 

Il faut encore signaler : 

!• De la Meuse à iOise : par la Sormonne et l'Aube ^projet de l'abbé La Caille) ; 
par l'Audry, l'Aube et le Thon (projet De Hangesl; ; par la Sormonne et r.\r- 
toise f projet Feuillet de Fontenelle . 

^ lie la Meuse à l'Aisne : par la Vence et le Foivre fprojel dr Villelonjiue); 
par la Bar (projet Deschanips;. 



— 30 — 

Dans sa Topographie du canton d'Auvillers, Feuillet de Fontenelle écrivait : 
« 11 existe aussi un projet de canal de la Meuse à l'Aisne par le Vallier, 
dont la source assez conséquente pour faire tourner deux moulins, prend à 
Signy le Grand; et par le ruisseau de Thin le Moustier qui tombe dans la Sor- 
munne, en le creusant depuis Warc jusqu'à l'Aisne; mais le defTautde pouvoir 
se procurer un réservoir d'eau suffisante auprès de Doumely (lire Dommery) 
pour alimenter ce canal, et les travaux immenses, souvent périlleux, de percer 
la montagne d'entre Signy le Grand et Thin le Moustier, sur laquelle est la 
fosse au Mortier de laquelle on a débité bien des fables, ont porté à ne point 
s'occuper de ce projet. »> 

Finalement, en 1823, le plus ancien projet par la vallée prévalut. La navi- 
gation fut établie en 1831 jusqu'à l'Aisne; en 1832, elle fut ouverte jusqu'à 
Rethel ; en 1833, elle était complète sur toute la ligne. Fut terminé seule- 
ment en 1836 l'embranchement sur Vouziers. 



VIII. DROITS DE PÊCHE. 

Toutes les eaux courantes (rivières, ruisseaux) sont soumises à la législation 
sur la pèche : lois des io avril 1829, 34 mai 1865; décrets des 7 novembre 1896 
et o septembre 1897. Pour les eaux privées (étangs, pièces d'eau), le principe 
est que « pécher dans ces eaux réservées, c'est commettre un vol et non un 
délit de pèche ». 

Tous les ans, est pris dans chaque département un arrêté préfectoral régle- 
mentaire qui fixe pour la pèche les époques d'ouverture et de fermeture, dé- 
signe les parties de rivière où il est permis d'utiliser certains engins,- édicté 
les diverses prescriptions d'intérêt local qui paraissent utiles au repeuplement 
et à la surveillance. 

Le droit de pèche est exercé au profit de l'Etat dans les fleuves, dans les 
rivières navigables et flottables, dans les canaux et leurs dépendances, dont 
l'entretien est exclusivement à sa charge. Néanmoins, permission est donnée 
de pêcher dans ces cours d'eau à la ligne flottante que tient la main, le temps 
du frai excepté. 

Dans les autres cours d'eau, les propriétaires riverains ont, chacun de son 
côté, le droit de pèche jusqu'au milieu de ce cours. La pèche dans les eaux 
appartenant à l'Etat est habituellement affermée, en même temps que la chasse, 
par baux d'une durée de neuf années. Un cahier des charges autorise les adju- 
dicataires à s'adjoindre des co-fermiers, et à délivrer des permissions en 
nombre déterminé par kilomètre de leur cantonnement. — Depuis quelques 
années, se présentent, aux adjudications, des sociétés de pêcheurs à la ligne, qui 
déclarent ne plus vouloir se servir de filets, à condition qu'il leur sera permis 
de pêcher avec trois lignes. 

IX. L'ÉTANG DE BAIRON. 

Cet étang se divise en Etang-Neuf et en Etang-Vieux, entourés par les com- 
munes de Louvergny, de Sauville, du Ghesne, et que sépare une ancienne 
chaussée romaine au bord de laquelle s'élevaient, il y aura bientôt cent ans. 
des usines célèbres. L'Etang- Vieux— que posséda jadis l'abbaye du Mont-Dieu — 
prend naissance un peu au-dessus du chilteau de Touly, où résidèrent autrefois 
les seigneurs de Louvergny. Il appartient aujourd'hui à la famille de Beaufort. 

Dans les Voyages en zigzags de l'Aisne a la Meuse, par M. Bruge-Lemaltre, 
d'Attigny, qui connaît de façon si complète et si pleine d'intérêt notre histoire 
locale, nous lisons : 



— 31 — 

« Les déinenibrements successifs, les démantèlonients forcés que dut suhir le 
château de Touly en ont diminué les proportions. Mais il est facile de se con- 
vaincre, par la position stratégique qu'il occupe au débouché du col de Sau- 
ville, qu'il avait sa raison d'être dans un temps où la défectuosité et l'insuffi- 
s:ince des armements en faisaient une place capable d'une résistance souvent 
suffisante. Sans compter aussi qu'il pouvait merveilleusement, en temps présumé 
de paix, faciliter à ses seigneurs l'exercice de leurs droits seigneuriaux, no- 
tamment : droit de passage sur le ruisseau et de circulation sur le chemin 
d'escorte, en prévision d'attaque dans le défilé... 

« ... A partir de Touly, le fil du ruisseau devient notre guide fidèle. Malgré 
l'accélération toujours plus intense que le désir de voir plus tôt imprime à 
notre allure, nous trouvons que le chemin ne se dérobe pas assez vite sous nos 
pas. Voici bien un ralentissement, même très sensible, du courant, un élar- 
gissement de plus en plus grand à sa surface; voici bien quelques (laques 
d'eau entrevues sous les hautes herbes, en dehors de l'endroit présumé 
du lit naturel ; voici bien les grands arbres d'essence aquatique qui l'om- 
bragent de leurs gigantesques branchages; voici bien, parmi les chants d'oi- 
seaux qui se font entendre, les cris mélancoliques, les clameurs nazillardes des 
oiseaux de marais; enfin, voici bien, comme nous l'apprend un garde en 
tournée de ronde, voici bien l'endroit où commence l'Etang-Vieux, c'est-à-dire 
un des vingt-quatre étangs que possédèrent les vingt-quatre moines du Mont- 
Dieu. 

« Mais quant à l'étang véritable, il ne se révèle encore à nos investigations 
que sous la forme de nombreux sillons creusés transversalement dans une 
sorte de terrain qu'a formé la décomposition de végétaux amassés en cet en- 
droit depuis une longue série de siècles. Ces sillons, tracés de main d'homme, 
furent imaginés pour faciliter le retrait des eaux au lendemain des crues du 
réservoir commun. Alors, rien que de bien ordinaire encore. Mais l'étang! le 
vrai! la nappe d'eau immense où pullulent les tanches, les carpes, les bro- 
chets et tant d'autres bêtes à écailles? 

« Il est plus loin, un peu plus loin encore. . . Non pas le lac minuscule aux eaux 
transparentes à travers lesquelles les regards plongent à loisir; non pas la vasque 
géante aux bas-fonds de roche pure où l'eau, sortie de ses réservoirs cora- 
liens, ne doit plus craindre pour sa limpidité native... L'échantillon que nous 
avons sous les yeux répond assez médiocrement à l'idée que je m'en étais faite 
d'avance. Le hasard, peut-être bien, entre-t-il pour beaucoup dans cette sorte 
de désenchantement, en ayant voulu que nous procédassions à rebours dans 
notre excursion paludéenne. Kn effet, malgré les prairies entières de roseaux 
à panaches, de roseaux ecce homo, de glaïeuls, de presles, d'oseille pourpre, 
et dune immense quantité d'autres herbes géantes qui en garnissent les ri- 
vages sur une grande largeur ou qui surgissent abondantes en beaucoup d'en- 
droits de sa surface, le Bairon prend bientôt des proportions qui font ouvrir 
les yeux. Et toujours ainsi, en augmentant sur la première digue : celle qui 
sert de ligne séparative entre le Vieux-Etang et l'Etang-Neuf; celle des Romains 
pour la chaussée qu'ils auraient établie en cet endroit où ils avaient à traverser 
la vallée; plutôt même celle des religieux du Mont-Dieu pour y cultiver davan- 
tage de poissons, ou plus tard, encore, pour ces importantes forges de Bairon, 
aussi difficiles d'accès que recherchées pour la quantité de leurs produits. 

« La construction du canal des Ardennes lui fit alors subir une autre desti- 
nation : celle d'être réservoir d'alimentation pour le biais de partage du Ghesne. 
C'est alors que les forges disparurent en même temps que trois ou quatre éta- 
blissements agricoles de première importance, pour faire place à un bassin 
autrement colossal que le premier; chose que l'avant-projet de 1767 n'avait 
aucunement prévue Comme je jetais un dernier coup d'œil sur le reste 



— 32 — 

des forges — partie orientale de la digue, — on garde du magasin aux appa- 
reils et aux engins de pèche s'approcha poliment de moi poar m'offrir an 
souvenir de ma visite à l'étang : une branche de faux ébénier garnie d*épioes 
longues d'au moins 25 centimètres, et m'en expliqua la provenance. G*est une 
bouture rapportée de Jérusalem par un religieux du Mont-Dieu, cueillie sur 
l'arbre même qui avait fourni les brins nécessaires pour entrelacer la couronne 
de Jésus-Christ. Plantée en cet endroit, depuis je ne sais combien d'années, 
elle y devint Tarbre d'où l'on avait cassé cette branche. Quelque embarrassant 
que fut ce cadeau inattendu, il m'était offert avec une telle candeur que je ne 
pus, de la meilleure grâce du monde, m'empécher de l'accepter. Il en fut 
ainsi de l'offre qu'il fit de me montrer la fontaine dite du Brochet : nom que 
rappelle l'extraordinaire capture, jadis, dans les profondeurs de cette belle 
source, d'un brochet de taille si colossale qu'on en parle encore... Puis un 
chemin de traverse coupant au court me donna le loisir, en nie retournant, 
d'embrasser d'un même regard les deux étangs que je venais de voir en détail. » 



X. VALLÉE DE LA SEMOY. 

Une excursion dans la vallée, — « [1 me souvient d'une excursion faite en 
1891 dans ce coin de l'Ardenne, par une belle journée d'automne, en cette 
saison propice qui donne à notre pays un charme spécial de mélancolie et de 
grâce sévère. 1^ ciel était d'un bleu tendre. Un doux soleil d'octobre tamisait 
ses rayons à travers des nuages aux légers flocons blancs... Nous prîmes la 
roule d'Haulmé qui monte aux flancs d'un ravin, puis, laissant la route et ses 
lacets, nous continuâmes à grimper par un sentier qui nous mena au sommet 
de l'étroit plateau ou plutùt de la simple crête qui sépare la Meuse de la Semoy. 
La boucle d'Haulmé se rapproche si fort de la Meuse que seul un isthme de 
2 kilomètres de large se projette entre les deux rivières. 

« Du li.uit de l'arèle, le mt'Mne regard voit miroiter l'imposante coulée de la 
Meuse et scintiller les flots clairs de la Semoy. Pendant toute la montée, d'ail- 
leurs, nous avions eu en arrière le magnifique panorama de la vallée meu- 
sienne. La montagne; des Quatre Kils Aymon, lambrequinant l'horizon, faisait 
dégringoItT son échine aux vertèbres saillantes jusqu'aux bords du fleuve, lui 
barrait le passage, le forçait à ruser avec elle. ChiUeau-Regnault, élreint entre 
le rocher et le fleuve, s'arrondissait dans sa boucle ; en face, Bo^^ny s'enfon- 
çait dans la gorge du ru de Howa, pleine d'ombres bleues. Plus en avant, 
Hraux s'étalait au bas de sa montagne boisée, mirant ses usines dans les eaux. 
Octobre prétait à ce tableau ses teintes discrètes : l'or pAle aux parties éclai- 
r/'cs, lor roux aux bois voisins, les tons éteints aux forêts lointaines, le gris 
perle de ses vapeurs aux plateaux horizonnants. Le sommet de la crête était 
l>ossué de sarts, tout vert de genêts. Et celte viridité intense contrastait avec 
la rouille des humbles chênes qui pointaient ça et là, avec le violet passé 
des bruyères sèches tapissant la brande. Des blocs de quartz perçaient le sol 
par places. 

« Quelques pas plus loin, nous arrivons au rebord des falaises abruptes qui 
plongent dans le val de Semoy, et qu'on appelle le Liry. Le tableau modifiait 
ses lignes, ses nuances, ses effets de lumière ; mais c'était bien le paysage 
automnal spécial à la Semoy. Le Liry forme une espèce de pointes escarpées 
qui vont du bois des HazeAles jusqu'au sommet arrondi du Pay ; ses flancs 
sont plaqut's de sarts, et ses parois sont parfois si verticales que seules des 
mousses grisiUres s'y accrochent. Le Lirv fournit au Folk-Lore de l'Ardenne 
son contingent de légendes diaboliques, et tout près d'Haulmé l'on remarque 
une caverne qui abrita des « Nutons >». Une forte brise îious fouettait au 



— 33 — 

visage, nous apportait de pénétrantes odeurs sylvestres, gonflait nos poumons 
de l'air vif des hauts plateaux; et cette indéfinissable sensation d'allégement, 
presque d'enivrance, que procurent les lieux élevés, nous faisait mieux goûter 
le spectacle singulièrement émouvant dont nous jouissions de la plate-forme 
naturelle du Liry. 

« Devant nous se creusait, tel un abime, un immen,se cirque profond de 
1,800 mètres, large de 1,000 mètres, long de 2,500 mètres, où la Semoy lan- 
guissamment serpentait entre les gorges de Navaux et les rapides de Phade. 
Après les âpres défilés, la rivière charmeresse prenait plaisir à s'attarder, à 
s'oublier au milieu des prés verts et des Ilots herbus ; elle s'y épandait à sa 
guise et jouait dans ce trou de verdure ensoleillée, s'élirant en un grand S 
avec un très léger murmure avant de se dérober dans les gorges de Phade. Ce 
cirque de Tournavaux semblait pour elle une halte dans son cours tourmenté, 
une halte qui lui permît de franchir plus sûn^meiit les nombreux obstacles 
qui Tempèchaient de rejoindre sa grande compagne, la Meuse. Les hommes 
ont, eux aussi, mis à profit cet élargissement de la vallée. Ce coin de terre 
privilégié se découpait sous nos yeux comme un damier noir et vert; rectan- 
gles de mottes grasses et brunes, rectangles vert tendre où pointaient des 
pousses nouvelles; près de la rivière, les prairies virides. Deux villages se sont 
établis au fond de cet amphithéâtre, vrais villaj^es de féerie, ainsi vus de haut. 
A notre droite, en amont, Haulmé garde l'issue des défilés de Navaux; la 
flèche de son église, piquant le ciel, nous menace d'en bas. A notre gauche, 
en aval, Tournavaux semble posté en sentinelle à l'entrée des gorges de Phade. 
Comme cadre à ce tableau, les sarts et les pàtisqui entourent la maison isolée 
du Pihjuis-Blossette ; plus loin l'inextricable emmêlement des presqu'îles boisées 
et des failles vaporeuses où se tortillent et se cachent la Semoy et ses affluents; 
l'arête de Linchamps se détachait netteuKînt avec ses roches déchiquetées 
qui dégringolent; aux derniers plans, le moutonnement de forêts qui mon- 
tent vers la Croix-Scaille jusqu'aux plateaux les plus élevés de la région, 
limitant l'horizon d'une ligne droile sévère, sans échancrure. Plus à notre 
gauche, au nord, le hameau des Voieries faisait une tache blanchâtre dans 
les vagues rousseurs lointaines; plus près, le Hoc de la Tour, bul principal 
de lexcursion, était également très visible, mais ne donnait aucune idée de 
ce qu'il devait être; plus bas, à l'entrée des gorges de Phade, la Hoche aux 
Corpius, Avant de descendre à Tournavaux, nous suivîmes le plateau jusfju'au 
gros chêne, au croisement des sentiers et dcîs chemins forestiers (|ui viennent 
de Levrezy, de Chàteau-Regnault et de Laval-Dieu pour aller à Tournavaux 
et à Haulmé. Un agréable sentier (|ui se faufile sous bois à travers les blocs 
éboulés sur les pentes, nous mena jusqu'aux maisons appelées la Malavisth', vn 
face du pont de fer de Tournavaux, près du promontoire que lèche la Semoy 
avant de s'engager dans les défilés de Phade. 

« Nous quitlAmes Tournavaux... De loin se montraient les déchirures gri- 
sâtres de la Hoche aux ^ory>«^s' (la Hoche aux Corbeaux) et, au milieu de la 
Semoy qui commence à écumer dans h?s rapides d«' Phade, la Pierre du Tom- 
beau ou Hficher du Diable. W. Meyrac, dans son volume : Traditions, Lkgknoks et 
CoNTKs DKs .Vrdk.n.nks, raconte la légende de deux anianls, le jeune garde André 
et la jeune Odette, (ille du seigneur de Tliilay, ensevelis sous la Hoeh' du Tom- 
beau ; le diable, dans tout cela, joua un fort vilain rôle. M. Piern' de Préniorel, 
dans son : Un i»f.u dk tout a pkopos dk la Skmoy, «H la baronne de Staffe (Soi. km. du 
DiMANCHK, numéro du l*»" septembre 1871 ), délayenl des histoires analogues agré- 
mentées de détails fastidieux. Le diabh» n'y montre pas son pied fourchu. Chez 
M. de Prémorel, c'est un comte qui fait le malheur de sa fille et du fils de son 
fermier. La baronne de StalTe attribue au léroce seigneur de Haulmé l'infor- 
tune des deux amants quelle appelle Marie d'Haulmé et Hobert de Linchamps. 

3 




— u — 

m Conlinuaiii notre roote, noos passâmes devanl le Ptlquis-BUf^seite, et noos 
suivîmes soas bois one saooessioo de senliers qui nous conduisirent en trente- 
cinq minutes ao Roc de la Tour, {jes feuilles bmissaienl sons nos pas dans les 
sentes; des blocs d*arkose et des poodingues jonchaient le sol; un doux soleil 
d'octobre avivait parfois les tons rouilles des feuilles mortes, allomait le vert 
en des boissons de houx. Bientôt les blocs se poussèrent plus nombreux et 
plus gros; nous arrÎTons par derrière au floe de ùt Tour. 

« Quelques mètres plus loin* ^^ gi^ntesque hémicycle se révélait à noos. 
Ce sont d'énormes ébouiis jetés sur les pentes, en amoncellenient de masses 
cvlûques, tubulaires, fendillées de haut en bas, des plate-formes borixon- 
laies fissurées, des murailles croulantes équilibrées par miracle» composées 
d*arkoses et de quartxites reTÎniens redressés verticalement dans quelque lita- 
nique effort. La forme semi- circulaire est nettement accusée par les parois 
rocheuses restées debout; ou dirait des ruines d*un coljsée naturel. Parmi ces 
roches cutadysmiqoes, la Hoche fendue est particulièrement curieuse ; elle est 
trancliée dans toute sa hauteur d*une lon|?ue ouverture en arc brisé, sorte de 
fenêtre naturelle à travers laquelle se dévoile un large coin de paysa^ Tous 
ces blocs, toutes ces murailles sont d*aspect blanchâtre avec des plaques de 
mousses ^sâtr<îs. Jusqu'à ces derniers temps, uiie folle véj^étation de brous- 
sailles et de nombreux arbres cachaient en partie les ruines; mais depun 
quelques mois on j a établi une coupe. Seuls quelques baliveaux çà et Là 
sortaient encore d*entre les rocs. Pendant notre visite, bdcherons et charbon- 
mers étaient en plein travail. 

• Après une aventureuse promenade à travers les blocs éboidés, noos re- 
vînmes sur une plate>forme naturelle admirer le panorama changeant qui se 
déroulait sous un ciel nuageux éclairé par un soleil iiitemiitteuL Au premier 
plan* rautom lie jetait toute la magie de ses teintes sur les bois d'alentour. On 
eàt dit une tapisserie polychrome aux tons fanés, légèrement agitée par rair, 
iMitèt doucement éclairée, tantôt s'enfonçant dans les ombres ghses. Le soleil, 
caché derrière les nuages, envc^vait par instant des rais lumineux qoi ver- 
saient one hne pluie d'or sur certains coins du pavsage. Â notre gauche^ le 
cirque d'Hauliué verdoyait et l>ruuissait dans une brume légère avec le ruban 
sinueux de la Semov. En face de nous, les gorges et les forges de Phade se 
dérobaient tout au bas des escarpements boisés qui, de Tautre côté, remon- 
taient jusqu au sommet arrondi du Fay (100 mètres au-dessus du niveau de la 
mer;. De notre pkate^forme (490 mètres au-dessus du niveau de la mer), nos 
regards plongeaient dans un ab)me profond. A notre droite, l'éperon vert de 
la presqu'île de Monthernié s'avançait, parfois doré d*an poudroieoient Inml- 
■eux ; un coin de Meuse miroitait là-bas dans les fonds. Aux derniers plans, 
les plateaux gris et bleus s'étalaient à l'est de la Semoy,à Touest de la Meuse; 
au nord, la vue était lualheureusement perdue par les taillis et l'altitode inseo- 
sable ment croissante des plateaux. Nous avions en rarement l'occasion de con- 
templer un i)avsage d'automne aussi étendu et de lignes aussi harmonieuses. 

«k ... Le Roc de la Tour n'était guère connu, jusque dans ces derniers temps^ 
que des habitants des villages d'alentour. Les paysans, frappés par ces éboolis 
extraordinaires et sans doute par ki disposition iïf^ blocs en un demi-cevde 
fégiilier, désignent l'ensemble sons le nom de CMtettu de la Jour ou de CA4- 
igmm du Diiéle . Ils racontent, na lu relie ment, des léfiendes pour en expliqi 
Torigine. M. A. Meyrac (volume cité) en a recueilli une qu il intitule le ^7k/Ui 
du DiMe. Les gens d'Haidnx'; et Je Tourna vaux la content d'une façon cm peu 
dÊSSèrente. 

» IVaprès une version, un seigneur avait une l^mme jeune et belle, fière et 
ambitleifse, mais sans casiel digne (te l'abriter. Il vit un jour venir à lai un 
personnage qui le fit rougir de sa bicoque et lui proposa, en échange de 



— 35 — 

àmty de bàtir un magnifiqoe château où sa femme aoratf enfin une demeare 
digne d'elle. Le seigneur reconnut le diable et conclut le marché. Selon son 
habitude, messire Satanas derait construire Tédiflce en une nuit, avant le pre- 
mier chant du coq. H se mit au travail avec son équipe de lutins et de dia- 
blotins. Le château était terminé : seule la dernière pierre allait être posée, 
quand un coq chanta au fond de la vallée. IjC diable était pris. Dans sa colère, 
il jeta sa toque contre les murailles, et tout s'écroula; ces débris forment, 
aujourd'hui, le Château de la Tour. 

a D'après une autre version, le diable dominait aux temps jadis snr toute la 
basse Semoj. 11 avait des forteresses sur le IJrj, le Fay, le Hoc de la Tour, et 
terrorisait le pays : ce diable désigne sans doute quelque méchant sire d'Uanlmé. 
Un jour, vint un pèlerin qui lui demanda le g!te et la nourriture : 

« — Audacieux f lui crie le diable, que viens-tu faire sur mes terres ? ïgnores-tn 
qui je suis? 

« — Ta colère est vaino, répondit le pèlerin, je ne te crains pas; et pour te 
prouver ma supériorité, faisons un pari. Tu vas dresser des quilles sur cette 
montagne — le pèlerin désignait le Roc de la Tour, — et nous verrons qui 
sera vainqueur de la partie. 

«4 Le diable consentit, de mauvaise grâce : les quilles furent placées sur le 
Roc de la Tour, et les deux joueurs se postèrent sur le Fay, juste en face. 
Beizébuth saisit sa boule, une énorme boule de quartz, ajusta et lanra; mais 
la boule alla piteusement rouler dans la Semov . Cest aujourd'hui la H'>ehe du 
Diable, appelée aussi la Roche du Tmnbeau. Le pèlerin abattit, Ini, iïitne main 
sâre tontt^ les quilles et mit en miettes le Château du Diable édi/ié sur le Roc 
de la Tour. Satanas n^con nui Jésus-Christ et détala piestement, en laissant une 
odenr de soufre. 

«c 1^ cours inférieur de la Seinoy est peuplé de légendes. f>a rivière enchan- 
teresse semble s'enliinrer davantage de fantastique, comme pour se mieux 
faire re^^retter au moment de se fondi*e d'ins la Meuse. 

« Après les paysans, les savants ont voulu donner leurs explications au sujet 
du Hoc de la Tour. Ils y ont vu, soit des nionumenls mégalithiqutf, soit plus 
modestement un observatoire préhistorique. Inutile d'insister sur ces hypo- 
thèses. Y eut-il jamais un château bâti de main d*honime sur ces rocs dont 
la situation est si dominante? La chose est peu probable. Les archéologues 
n'y trouveraient aucun vestige, et If'S gens dn pays n'ont conservé aucun sou- 
veoir d'un château-fort en cet endroit. Que viendraient faire, d'ailleurs, des 
mines humaines sur ces ruines natureUes? 

« î^ons nous décidâmes fort tard, non sans n^gret, à quitter le Château du 
Diable, lue dé*j:rin*zolade précipitée de quarante minutes nous conduisit, tantôt 
pcr des venelles caillouteuses, tantôt par des sentes herbo(»s et moelleuses, sur 
le ruisseau de la Ure et, de là, à Laval-Dieu où le tramway et le train nous 
ramenèrent h notre point de «îépart, » (Ch. Houin, dans Rkvue o'Audk.vwb et 
d'Argo^.xk, année 1893.) 

Cette vallée de la Semoy est, sans contredit, Tiin des joyaux précieux de 
TArdcnne. Nous arrivant (VArinn, la Semoy entre en terre dt^ France parles 
Hautes-Rivières aux sitt-s affiostes, r>û se trouve la ferme de la Roira, Ihé.Ure 
d'un crime fameux, et se jette dans la Meuse à Mmithertné, ce grand village — 
cette petite ville plutôt, si pleine d'originalité, qui repose toute contournée dans 
sa longue presqu'île — après avoir arrosé Toomnvaux, entouré de son oasis 
de prairies avec sa passerelle de claies, .^ohan, Nau^r, Thilav. Hawlmé, Phade 
et ses forcées, la Lon^MK^-llai»', Liival-Dieii, célèbre ]»ar s^n abbaye dont l'église, 
recoostruile il y aura bientôt deux cent cinquante années, nous resu» comme le 
seul souvenir risible. 

La Seraoy, sur laquelle no5 pères naviguaient encore nn siècle dernier «fans 



\ 



— aè- 
des pirofzues faites d'un tronc d'arbre creusé à la manière des peuplades pri- 
niilives et sauvages, témoin cette phrase d'une requête adressée par les habi- 
tants de Nohan à l'archevêque de Reims, 17 juin i7Ï6 : « A raison que sur cette 
rivière» on ne se serve que de barques composées d'un seul arbre creusé avec 
la hache », la Semoy exagère ses détours et ses contours, parcourant ainsi 
]200 kilomètres de sa source à son embouchure, alors qu'à vol d'oiseau elle 
n'en pourrait compter que 75 au plus. D'abord tout petit Olet à peine visible 
' et que d'une seule haleine boirait un géant altéré, elle court à travers champs 
dans une vallée découverte, fait à Bouillon un circuit juste assez étendu pour 
enserrer la montagne au sommet de huiuelle se dressent les ruines majes- 
tueuses du château célèbre — celui de Godefroy de Bouillon, chef de la pre- 
mière croisade et roi de Jérusalem, — si souvent visitées par les Ardennais 
et les nombreux touristes qui sillonnent nos régions, puis s'encaisse dans les 
défilés des Ardeniies françaises pour y couler libre, comme la nature l'a faite ; 
tantôt rapide el bruyante, tantôt étalée en nappes tranquilles, ou formant, 
aux pieds des rochers qu'elle contourne, des goulTres profonds à la surface 
écumante et tumultueuse. Elle est surtout terrible en temps de débâcle, alors 
que ses monstrueux blocs de glace pourraient broy(?r le village qu'arrosent 
ses eaux dune limpidité cristalline el d'une iVpreté singulière. Rappellerons- 
nous la débâcle de 1891 qui faillit enlever le village des Hautes-Rivières; celle 
de 1871 qui fondit sur Bohan de façon si soudaine que les glaçons avaient 
envahi le clocher, bien avant qu'arrivât le sonneur accouru pour donner 
l'alarme! Et la débâcle de 1770, la plus ancienne dont notre histoire locale 
ait gardé le souvenir précis! En cette année, le 6 février, tout à coup les glaces 
s'entassent et deviennent un monstrueux barrage. H est neuf heures du soir. 
Aussitôt la rivière de refluer. A dix heures, 2 mètres d'eau couvrent Sorendal, 
Failloué, les Hautes-Rivières. Meubles, literie, provisions, tout est perdu. Les 
maisons s'effondrent; le bétail (200 tètes) noyé; aucun asile, et par ce froid 
inttMise! D'ailleurs on n'échapperait à la mort que pour tomber à la misère. 
Les empouilles furent détruites, et les blocs glacés ra.«>èrent, jusques au gravier, 
la terre des prés et des champs. 

En ce temps d'autrefois, et môme encore il y a cinquante années, la batel- 
lerie fut très active sur la Semoy, davantage quelle ne l'est de nos jours. Puis 
c'étaient les boulées et les givres. Voici ce qu'était la boulée : on^ronduisait 
juscju'aux bords de la rivière tout le bois découpé d'une coupe, ^fforsqu'en 
hiver les pluies amenaient une crue convenable, on jetait tout ce bois à l'eau. 
Puis des hommes avec des baniues le repêchaient aux endroits convenus, tandis 
que d'autres suivaient le convoi pour remettre à flot ce qui s'arrêtait en 
chemin. Ces ouvriers s'appelaient vulgairement houleux. 

Pour le transport des bois en grume, on construisait, avec les gros arbres, 
des espèces de grands radeaux appelés givées : asstunblage de ces arbres rangés 
à côté l'un de l'autre en bout sur une largeur d'environ 10 mètres et une lon- 
gueur de .-)0 à 80 mètres. Ils étaient maintenus au moyen de harts. A l'arrière 
du radeau, un gouvernail; à l'avant, d»» gros pieux pour donner la direction 
nécessaii'e. Les mariniers se nommaitMit rorheleux. Ce moyen n'était utilisé 
(|ue pour hî bois seulement et à la descente. 

Les autres transpor.s se faisaient par bateaux lorsfjue le niveau des eaux 
était assez élevé. Ces bateaux approvisionnaient de houille les nombreux clou- 
tiers de ïhilay, des Hautes-Rivières et de Sorendal; déposaient à Hautes- 
Rivières pour les forges de Linchamps, construites vers 16o9, tout(îs les matières 
qu'exigeait la fabrication de la fonte et du fer. 

En raison des sinuosités que décrit la Semoy et de ses courants rapides, le 
batelage exigeait une grande expérience avec beaucoup d'adresse. Le passage 
de Pliade était particulièrement dangereux, car il suffisait de quelques minutes 



- 37 — 

à un bateau pour franchir ses 2 kilomètres, et cette vitesse n'<^tait point sans 
péril. C'est seulement en 1855, environ, que disparuient les boulées et les givées, 
dont les deux derniers bateliers furent les frères Jean-Baptiste et Jean-Laurent 
Dominé, de Naux. 

Faul-il dire maintenant quelles étaient, par sentiers ou chemins, les voies 
de communication dans cette vallée? Les clous, ces spécialités locales, étaient 
portés à dos d'Anes. De Thilay a Monthermé, il n'y avait qu'un petit sen- 
tier rocailleux pour les fîens de pied. 0'i*iii<l en 1835 fut construite l'usine 
de Phade, les femmes de Thilay et de Nohan s'tMi allaient, la hotte derrière 
les épaules, chercher un sac d'escarbilles. Elles mettaient une demi-journée 
pour accomplir ce fatif;ant voyaf^e. Enfin, vers 1850, le pic et la poudre du 
carrier firent une brèche dans le Corpia; ce qui permit d'établir la route de 
Thilay à Monthermé. Aussitôt, la vallée» débloquée put communiquer avec le 
port de Monthermé et, plus tard, vers 1862, avec le chemin de fer. Alors l'in- 
dustrie changea : la clouterie fit place à la boulonnerie et à la ferronnerie. 
Aujourd'hui de lourds chariots transportent des Hautes-Hivieres et de Thilay à 
la gare les produits industriels de ces communes. 

Elle a ses brouillards spéciaux, la Semoy. En automne, les méandres de la 
vallée s'emplissent de brumes épaisses d'où l'on voit s'émerger, à l'aube, les 
cimes dorées par la clarté première. Des hauteurs vous avez l'impression d'un 
monde inférieur dont les nuages vous sépareraient. Puis le soleil envoyant 
ses rayons dans cette mer de vapeurs opaques, les buées s'illuminent, se fon- 
dent peu à peu, s'échappent en longues traînées blanches. La vue perçoit et 
l'illusion s'évanouit! 

XI. VALLÉE DE LA MEUSE. 

Les bords de la Semoy sont fertiles en légendes — nous les avons racontées l 
dans notre volume déjà cité, — de même qu'on les rencontre aborulantes, origi- » 
nales, à chaque pas, à chaque détour, à chaque colline, à chaque bois de la 
vallée de la Meuse où les Ardennes se révèlent dans toute leur beauté mysté- 
rieuse, sauvage. Ce zigzag de pays sillonné par le lleuve, bossue par les éléva- 
tions et que l'on appelle la « Vallée de la Meuse >», long de 45 kilomètres à vol 
d'oiseau, est l'un des plus caractéristiques, des plus extraordinaires de France. 
Qu'en bateau l'on descende la Meuse, de Charleville à Civet (100 kilomètres, à 
cause des multiples sinuosités), ou (jue l'on suive la voie ferrée, le spectacle est 
inoubliable, tant il frappe l'œil, tant il éveille la pensée. Nous sommes en 
pleine « Suisse française »>. Dès que la Meuse, après Charleville, a franchi les 
« portes de l'Ardenne »> pour entrer «lans Montcy-Notre-Dame, h? pays des 
blanchisseuses, et longer Aiglemont où furent plantées les aigles romaines, 
assure la tradition, elle ne se déroule plus entre ses rives basses qui la conte- 
naient, majestueuse, depuis sa source; elle ne côtoie plus les plaines en prai- 
ries immenses, en champs fertiles. Elle s'encaisse dans les [)aFois abruptes de 
hauts monticules boisés au sommet, étalant à leurs bases éventrées des blocs 
gris et rougeàtres; elle mugit, impétueuse, profonde, rebondissant écumeuse de 
rocs en rocs, car il semble, à chaque détour, que tout passag»» lui soit fermé. 

-\près Nouzon qui s'allonge au pied de ses collines, Nouzon, jadis hameau 
perdu, devenu petite viljr en moins d'un siècle, et d'où partout l'on entend 
des bruits de forges dont les hautes cheminées enténèbrent l'air de leurs 
fumées, après Nouzon, voici Joigny s'enfouissant toute verdoyante dans sa 
roche schisteuse que les méandres d«* la Meuse divisant en deux îlots, dont 
l'un semble un gigantes([ue poisson; puis c'est Braux, où fut construite la 
première collégiale d'Aidenne; puis c'est Levrezy, ce modeste village que la 
tradition dit avoir été consacré ta Vénus. 






— 38 - 

A force de travaux d'art, le chemin de fer s'est frayé sa route dans l'enche- 
vêtrement de ces gorges étroites, tortueuses, en contre-bas ou élevées, laissant 
comme à regret la place nécessaire pour que les villages y puissent étendre 
leurs maisons à toits d'ardoises. La voie serpente entre les monts et le fleave 
que descendent et remontent les hateaux effilés, chargés de perches à houblon, 
de houilie, de gravier ou d'écorces pour rapprovisionnement des tanneries. 
1)68 courhes nombreuses inlei-disent les grandes vitesses. Les trains, alors, 
paraissent ralentir leur course pour mieux permettre aux voyageurs d'admirer 
les sites gracieux ou terribles qu'ils travei^sent. Puis çà et là, dans de petites 
niches grillées, une vierge, un sainl-Hubert, grossièrement enluminés et taillés; 
un saint-Roch, un saint-Nicolas, dont autrefois les enfants de chœur de Branx, 
de Montliermé, de Kevin, de Funiay, quêtant de porte en porte, psalmodiaient 
la complainte (celle que nous avons recueillie dans notre volume : TiunrnoNs, 
LicETfoes ET Go.vTEs OBs Abukn.nks). Blotties dans des anfractuosités de roches ou 
cachées dans les bois, c'est tantôt une forge, et tantôt une usine. De loin en 
loin, de floconneux brouillards ou de grisâtres fumées qui lèchent le flaric de 
la montagne, s'élevant des herbes et des bruyères que Ton brûle pour fertiliser 
la terre aux places où l'on a coupé le taillis : seule manière d'engraisser les 
pentes stériles qui pourront, alors, donner une maigre récolte jusqu*aa jour 
où les souches seront redevenues arbustes (voir chap. m : Lss Opéaatiojvs du 
Sartagbj. Et la vallée va toujours s'encaissant. Et Taustérité des sites va tou- 
jours croissant. Le mystère vous envahit. Voici, à Chàteau-Regnault, les Quatre 
Fils Aymoii, ces rocs surmontés de quatre gibbosités schisteuses semblant de 
loin, lors(]i]e la lune les éclaire et l'imagination aidant, quatre gigantesques 
cavaliers chevauchant un coursier monstrueux : pauvres roches qui hienttM peut- 
^tre ne siéront plus(|u'un souvenir, rindustrie,qui ne doit pas compter avec la 
poésie, visant à les morceler pour les transformer en pierres de grandes routes ! 
Voici, àl^iifour, les Dames de Meuse, témoignage grandiose de l'adultère puni, 
car les » anciens » vous raconteront encore comment les trois fils du seigneur 
de Hierges, après avoir épousé Berthe, Hodienie et Ige» les tix)is filles du sei- 
gneur de Uetbel, paiiirent pour la croisade, laissant leurs épouses qui furent 
infidèles, et cx^tmment Dieu, pour les punir de n'avoir pas su loyalement garder 
le pacte conjugal, les changeait en trois énormes rochers à l'heure même exac- 
tement précise où Jérusalem était prise d assaut : légende versifiée par M. Dacre- 
mont en ce gentil petit poème : 

Un beau matin d'amour. Je comte de Rethel 
En son mauoir reçut trois pn^ux. let^ flif^ de Hierges ; 
Les trois fillef du comte étaient troi^ blondes vierge», 
(Jui promirent aux pirux nu araonr immortel. 

Avant leur pauvre amour, le<< trob preux sur Vautel 
Avaient jun* d'aller combattre en Palestine. 
\[9 partirent un »oir la croix iuir la poitrine, 
A learf dames laissant la garde du casteL 

L'amour cha?5e l'amour, quand l'oubli se prolong*», 
L'amour, l'amour félon, chaiipa l'amour juré ; 
Mais voilà qu'une nuit, daus le cartel muré, 
tue terreur i^assa, comme uu horrible songe. 

Dan» le ciel noir immense, il planait des lueurs; 
De la terre profonde il montait de» clameurs. 
Dans reaf»'r où pleurait uue lugubre plainte. 
Les croist's avaient pris Jérusalem, la mainte. 

Tandis que dans les bras de leurs auiaut< peureux 
Les dames du caste! ont trahi les trois preux, 
Autour du Saint- Sépulcre, à la lueur de« ciergei». 
Sont ensemble iï genoux le» trois preux, fUs Je Hierges. 



— 39 — 

Mai» de dore façon le Seigneur \e» vengea: 

Sans pitié, pour toQJoar.«, la nuit même il changea 

Les daimes du castel eu ti-ois roche « énormes 

Qui drep?ent k jamais leurs trois spectrales formes. 

Sur la Mease, depuis, tristement nuit et jour, 
Que renaissent les fleurs, qu'elles s'ouvrent ou meureut, 
Les danie9 dn ca^eL les traîtresses d'amour, 
Immobiles rochersi, éternellement pleurent. 

Les bateliers ne passaient jadis qu'en tremblant sous les Dames de Meuse. 
L'endroit était désert alors, il était maudit, et la naïve croyance voulait que le 
diable y tint ses réunions, entouré, la nuit, de toutes les sorcières de la vallée; 
et comme ils étaient nombreux, en ces temps d autrefois, sorciers et sorcières! 

La vérité est qu'une bande de voleurs hardis avait trouvé un repaire fort 
confortable non loin des Dames de Meuse, dans une anfractuosité de la mon- 
tai^ne alors nommée la grotte; une grotte naturelle que l'incessant travail de 
la terre a lini par combler. Ces bandits, sûrs de l'impunité, écumaient la Meuse 
et rançonnaient cruellement les p luvres bateiiei-s, allant souvent jusqu'au 
crime pour cacher leurs méfaits. La Meuse, a l^aifour, a roulé plus d'un 
cadavre. 

Un jour, les bandits arrêtèrent un bateau belge, et, outre la cargaison, ils 
prirent la fille du batelier après avoir envoyé le père au fond du fleuve. La 
malheureuse fut entraînée dans la grotte, et, pour lui enlever tout désir de 
faite, on l'enchaîna au roc. Pendant quinze années, elle vécut dans ce repaire^ 
assistant à tous les drames de la Meuse, condamnée à servir les assassins de 
son père. 

La malheureuse devint folle. 

Les prises se faisant de plus en plus rares et de plus en plus difficiles, les 
écumeurs de la Meuse mirent le cap sur d'autres rives, abandonnant la pauvre 
folle toujours enchaînée. Longtemps après, un découvrit la grotte, et dans la 
grotte un squelette. 

C'est à Revin que le paysage semble atteindre sa plus puisssmte beauté. Ici 
la vallée s'arrondit en un cirque admirable. La Meuse, qui longe le Malgré- 
Tout — la montagne chère à (ieorge Sand, — coule dans sa limpidité fraîche 
avec une paresse lente qui berce le regard et endort la pensée. Continuant sa 
route après avoir presque battu de ses flots clairs les restes du fameux cou- 
vent de dominicains où Billuart écrivit ses rudes controverses, elle s'annexe, 
devant les forges Saint-Nicolas, le ruisseau de Faux et s'accroît, plus loin, du 
ru de Kalières où l'on aperçoit un pittoresque moulin en ruines. C'est le moulin 
Quewet, célèbre par les trois miracles qu'y fit « le grand saint Agrapaud » 
changeant un os de jambon en une grosse pierre noire : la Roche-au-Cé, autour 
de laquelle évitent de se baigner les gentes Revinoises, persuadées qu'une telle 
imprudence les laisserait toujours vieilles filles, alors qu'au contraire, pour 
peu qu'elles désirent un mari jeune, beau et même riche, elles se baignent 
dans le ru de Falières, devenu le confident discret de leurs joies ou de leurs 
chagrins d'amour. (Voir dans Meyrac, Traditions, Légendes bt Contes des 
Abdknnes : Les Trois Miracles de saint Agrapaud,) 

De Revin, où se sont le plus longuement, le plus fidèlement conservées les 
traditions locales : le tir au mousquet (les mousquets laissés sur le champ de 
bataille de Rocroi), le fouettage des jeunes filles, la promenade que faisait sur l'àne 
le mari cornu, le branle de Revin pcmdant lequel chacun des danseurs devait 
sauter sept fois aussi haut que possible en poussant chaque fois un cri reten- 
tissant; de Revin part cette fameuse « vallée de Misère » qui aboutit à Rocroi : 
vallée bien nommée, car sur la route, rien I rien ! si ce n'est quelques doua- 
niers et leurs chiens; quelques rocs, entre autres la Roche de la Dame blanche, 



— U) — 

au pied de laquelle, nous raconte la l«^gende, s'adossait un repaire de brigands. 
Le chrf (jui, chaque matin, les conduisait à la maraude et au meurtre, était 
un homme de stature gigantesque. 11 avait pour compagne une femme éner- 
gicpie, audacieuse et d'une remarquable beauté. Lorsqu'elle mourut, il l'enterra 
sous cette roche même et, avec ses compagnons de crime, abandonna le pays 
d'Ardenne. Mais, pendant maintes et maintes années, on raconta que c^lte 
roche, sous rinspiration dune sorcière qui l'habitait invisible, avciit le pouvoir 
de prédire l'avenu'. Il ne fallait, toutefois, l'interroger qu'en temps de pluie, les 
réponses étant données par le son que rendaient les gouttes d'eau quand elles 
tombaient dans les cavités de cette roche, ou qu'elles coulaient dans ses anfrac- 
tuosilés. Puis encore la Hoche Raulin, à pic, l'une des plus hautes de la 
région, avec, à l'intérieur, une cavité pouvant abriter, au moins, vingt per- 
sonnes. La tradition affirme que cette roche aurait été l'habitation d'un faux 
monnaveur, nommé Uaulin, qui, pour n'être point surpris dans son travail de 
faussaire, se laissait passer pour possédé du diable. La nuit, de sinistres lueurs 
éclairaient les bois. Uaulin faisait fondre ses métaux dans d'immenses brasiers 
où — continue toujours la tradition — il jetait, après les avoir égorgés, les 
fennnes, les enfants, même les hommes rencontrés dans ces parages, et dont 
il pouvait redouter les indiscrétions. Mais, une belle nuit, Haulin, ayant été 
capturé, fut pendu haut et court par ordre du seigneur de Montcornet. 

-Nul bruit dans cette vallée de Misère, si ce n'est le bruit du torrent qui sonne 
sous le feuillage des schistes. Aux deux côtés du ravin, le taillis sombre des 
chênes que le bouleau raye de ses lignes argentées, et, dans le fond, des chutes 
de croupes barrant l'horizon que bleuit Téloignement. 
\ Plus encore que Uevin, Fumay, (ju'enserre sa boucle, nous paraît être la 
ville originale — ville espagnole — des Ardennes, avec Mouzon, la ville romane, 
mais alors à l'autre extrémité de la Meuse, quand elle vient d'entrer dans le 
département. On s'attarde facilement à Fumay devant ces maisons taillées dans 
le roc et l'ardoise, plantées par ci, plantées par là, sans souci de l'alignement et 
tout au hasard de la rencontre, eu saillies de ce côté, eu renfoncement de cet 
autre, avec leurs portes au ras des ru(îs tortueuses, raontanles ou descendantes 
en escaliers. On se rappelle alors les vieilles cités espagnoles : Fontarabie, 
Oviedo, Tolosa, Saragosse, ou encore nos villes, aux temps jadis des Flandres 
françaises et belges — (îand par exemple, — frappées de cette empreinte inou- 
bliable que burina sur elles la pesante domination de Charles-Quint et de Phi- 
lippe IL Même de nos jours, Fumay semble une ville à part, ayant conservé son 
patois local, ayant gardé — comme Revin — ses mœurs singulières, dont elle 
respecte la tradition, et sa défiance de l'étranger. Fumay a su rester Fumay au 
dix-neuvième siècle, s'appartenant presque, en pleine France, comme autre- 
fois elle s'appartint alors qu'elle relevait — mais pour la forme seulement — 
de la célèbre abbaye de Prilm; puis de la principauté de Trêves; puis de la 
Belgique et aussi de l'Autriche; puis enfin de Louis XIV, juste quelques mois 
avant que mourût le roi Soleil. A Fumay, aussi, tout est légende, depuis Notre- 
Dame de Diversmonts, au bout de cette grandiose allée plantée par les Jérô- 
mistes, jusqu'au clou de la chapelle Saint-Roch, sur rincomparable place du 
Baty — l'une des merveilleuses choses de l'Ardeune, — que les jeunes filles 
doivent embrasser lorsqu'elles sont impatientes de se marier; obligées cepen- 
dant de faircî patienter leurs amours pendant sept aimées si le saint ne leur a 
pas été favorable en l'an même où leui* bouche, avide de baisers, embrasse 
le clou en murmurant bien bas le nom de l'heureux élu qu'a choisi leur cœur. 

Nous passons maintenant devant Haybes — non loin de Fépin, l'un des sites 
ardennais les plus originaux, — devant Vireux, pour arriver à Hierges, qui 
porte majestueusement, sur l'un de ses coteaux, les nîstes du fameux châ- 
teau — deux tours, quelques fenêtres avec meneaux et traverses — d'où partit 



— 47 — 

Lerreiy, MeUier-Fontaine, Montcy-Noire-Dame, Mon Icj- Saint-Pi erre, Noozod, 
Tbilaj, ToornaTaiix^ MootbeiTaé. 

Cent cinquaDie-neuf « forêts communales » , avec ti^eize forêts propriétés 
d'établissements publics, ont une contenance de 32,262 hectares; iiidÎTises, 
sonvent, elles s'appellent « triages ». Les établissements publics propriétaires 
sont : les fabriqaes d'Aiglemont^ de Cons-la-Grandrille, de Gesponsart, de 
BcaulieCy de Neofmanil; les hospices de Charleville, de Mézières, de Hethel et 
de Reims. Eii outre, douze communes de rarrondissemeni de Sedan jouis- 
sent par moitié^ arec cinq communes de la Meuse^ d'une forêt de 257 hectares 
7 ares y située en Belgique. Par contre^ l'hospice de ^amnr possède en toute 
pro|Miété une forêt de 683 hectares, qui se trouve dans le cîînton de Fumaj. 

Les forêts appartenant aux particuliers ont une contenance de 71,386 hect. 
^ Le imriOQe. — Le traitement des forêts domaniales consiste généralement 
dans l'exploitation des taillis sous futaies « à la réfolution i» d'environ ringt- 
cinq ou trente ans. Les forêts gruriales et quatorze forêts commuikales sont 
traitées en taillis simples, sartées à une révolution moyenne de ringt années. 

Le sartage est un mode d'exploitation absolument spécial à nos bois de 
rArdenne française et belge. Cest un procédé de culture agricole par le feu, 
usité dans les terrains dont on veut tirer une récolte — principalement de 
seigle — sans mettre d'engrais. Lne charte de Uaybes, datant de 1311, nous 
apprend qu'à cette époque on sartait eu Ardenne^ déjà depuis fort longtemps. 
U le fallait forcément dans cette région montagneuse pour lui faire produire 
— et avec quelles difficultés! — des bois de chauffage, des bois de construction, 
des pûturages .'i bestiaux, du seifjle et du sarrazin. 

Le sartage est dit « à feu courant >» ou « à feu courert ». 

A fen courant, on exploite une partie de forêt « à blanc-étoc », puisqu'on 
enlève tous les produits, sauf les menues brindilles dont la valeur est insi- 
gnifiante. Ces brinddlessont disséminées, aussi réffulièrement que possible, sur 
la surface à sarter; les mousses, les herbes^ les feuilles mortes sont détachées 
do sol et retournées pour qu'elles puissent sécher. Alors^ quand le temps est 
beau, propice, on y met le feu. La flamme, habilement dirigée pour qu'elle 
n'incendie pas l.i forêt, parcourt, lèche le sol qu'elle laisse courert d'une c<^^>uche 
de cendres. Ensuite, est fouillée cette terre, à la houe — â ou 3 centimètres 
de profondeur. — et dans ces sillons est semé le seigle, <« à la volée <>. 

A feu couvert, on remue la terre, encore à la houe, pour en détacher des 
moiles avant de 8 à iO centimètres d'épaisseur, qu'on laisse sécher au soletL 
On en forme, ensuite, des fourneaux coniques diins lesquels sont entassées les 
mousses, les herbes, les brindilles, ou semblables matières inilammabbs. Puis 
on y met le feu, qui doit pénétrer toute la niasse. Alors s'affaissent gniduelie- 
ment les fourneaux qui, peu à peu, se transforment en un amas de cendres 
pulv^itlentes. Ces cendres sont répandues sur le sol où l'on sème le seigle, de 
même façon qu'après le sartage à feu courant. 

|je sartage se complète par le cherin^iage qui consiste à ramasser les débris 
de végétaux non atteints |>ar la flamme ou trop complètement incinérés. Kéunis 
en bloc, ces débris sout brûlés. Disons, pour préciser, que le sartage à fen 
courant n'est possible que dans les terrains dépoun-os de végétition forestière. 
Le sartage à feu couvert était surtout pratiqué dans les u coupes où l'on gar- 
dait les réserves *». Mais parce que les cendres emportées par le vent, ou très 
imprudemment disséminées, allumaient de nombreux incendies, ce « mode 
de culture » fut interdit, il y aura de cela bienUU deux siècles. Les popula- 
tions ardennaises avant fort vivement protesté, l'Administration foi^estière dut 
fermer les yeux, comme d'ailleurs, en maintes circonstances, elle doit faire 
semblant de ne point voir. L'article 148 du Code forestier ne dît-il pas, en 
effet : » 11 est défendu de porter, d'allumer dn feu, daiks l'intérieur et à la dis- 



^^^^^ ^%*^?^^ V ^^ ^ v^^^^^^ ^^ ^ 



CHAPITRE m 



LES MONTAGNES ET LES FORÊTS 

I. ]IûBtagii66 Bi CttUiaes. — n. L'Argonne. — m. Bois et forêts de TArdame. 

IV. Adiimislratioii forestiért. 



I. MONTAGNES ET COLUNES. 



TAOïs chaînes de collines : les motUagnes da Ardenmet au nord de la 
Mease. — Elles forment an immense plateau courert de forêts, de 
marais et de bruyères. Ces collines sont séparées par de profondes 
vallées où coulent la Semoy, la Meuse et leurs affluents. 

Les ooUmes de Champagne au sud-ouest du département. — Elles forment 
une série de plateaux n*ayant que très peu d'élévation, leur hauteur moyenne 
se tenant entre 1^ et 1^ mètres. 

Les collines de rArgonne et l«nirs cinq défilés au sud-ouest qu'a rendu cé- 
lèbres la bataille de Valniy : ceux de la Chalade et des Islettes, dans la Marne; 
ceux du Chesne, de la Groix-aux-Bois et de Grandpré, dans les Ardennes, les 
seuls alors que nous ayons à délimiter géographiquement. 

Le df}filé de Grandprù est formé par l'Aire qui se jette dans l'Aisne, à une lieue 
au sud-ouest de Grandpré. La route suit la rivière de l'Aire, s'inclinant, comme 
elle, de lest à l'ouest, traverse successivement les villages de Baulray, de Fié- 
ville, <le Saint-Juvin, franchit l'Agron, un aflluent de l'Aire, décrit une grande 
courbe proche la ferme de Belle-Joyeuse où aboutissent, par le Morthomme, 
les chemins de Briquenay et de Buzancy, puis se dirige par Grandpré sur 
Vouziers. 

Le dt'filt^ de la Croix-aux-Boh, jadis simple chemin de charrettes qui com- 
mençait à Briquenay. Aujourd'hui forme une partie de la route nationale 
Stenay-Vouziers par Nouart et Buzancy. 11 monte du village de Boult-au.x-Bois, 
situé sifr le ruisseau du Barasset — aflluent de la B ir, — traverse la forêt de 
Boult, au milieu de laquelle il atteint 224 mètres d'altitude, les bois et le village 
de la Croix-aux-Bois, puis se? termine à 5 kilomètres de Vouziers, près du car- 
refour où se détache, en décade Longwé, la route de Grandpré. 

Le d>''1il6 du ChesneAe-Popnletix, tout à l'extrémité nord-ouest de l'Argonne, com- 
prend, en réalité, deux passages : l** route du Chesne à Quatre-Champs entre 
les bois de Voncq, le village des Alleux, et les bois de Vandy à droite; les bois 
du Chesne, de la Maison-Bouge, de Vaiimillard à gauche; 2° le chemin de 
Noirval dans lequel la route du Chesne vient tomber à angle droit du bourg 



— 43 — 

de Quatre-CJiamps, chemia loogeant sur toute son é(endae la Fournelle qai 
prend sa source ooo loin de Noirval et se jette dans l'Aisne, à Gondé. Ces deoz 
défilés se confondent sons ce même nom : Délilé du Chesne-le-Populeux, que 
Domouhez appelait plus stratégiquement : la trouée de Noértai, 

JJ. L'ARGONNE. 

Le bassin de la Meuse, séparé de la vallée de l'Aisne par TArgonne qui s'élèTe 
comme une barrière de forêts, s'étend entre les collines do Tairondissement de 
Bar, au sud, et la forêt des Ardennes, au nord ; des sources de l'Aisne et delà 
tête de Bréraont aux environs de Sedan, des bois d'Oniont et de Mazarin. Sa 
limite est marquée au sud-est par les villages de Villers, de Passavant et de Beau- 
lieu; au nord-ouest par le Chesne-le-Populeux. Deux rivières dans la vallée : 
à louest, l'Aisne; au sud-est, l'Aire. L'Aisne, qui prend sa source à l'extré- i/, 
mité méridionale de la forêt, traverse Sainte -Menehonld et se dirige Ters le II » P/yWX 
nord par la Neuville -au -Pont, flwiM^la -Ville, Serran, Antry, Grandham et 
Senuc où elle reçoit l'Aire. Elle borde ainsi la lisière occidentale de TArgoane 
et coule sur ses derrières. Si 1 ennemi venant de l'est franchit l'Argonue, l'Aisne 
oppose encore un dernier obstacle à sa marche. L*Aire côtoie la forêt sur une 
longueur de 38 kilomètres; elle arrose, d*al)ord, NeuTilly, Varenne. Apreraont 
et FléTiUe; puis elle fait un détour vers Touest, coule entre Saint -JuWn et 
Marcq, traverse Grand pré et se jette, près de Senuc, dans l'Aisne dont elle est 
Taffluent le plus considérable. 

L'Argonne est plutôt une suite de plateaux boisés qu'une véritable chaîne de 
montagnes; aussi dit-on, à la fois : ÏArgonne et la forêt d'Argonne. Les hau- 
teurs qui la composent, sur une longueur de quinze lieues, n'ont guèn' que 
100 mètres d'élévation au-dessus des thalwegs voisins. Mais en certains endroits 
la forêt a plus de trois lieues de largeur. Elle renferme des l>ois épais de hêtres, 
de bouleaux et de coudriers, de vastes claiiières, des gorges escarpées, des 
vallées étroites et profondes qui charment les yeux du voyageur et de l'artiste. 
Plus de routes, à l'exception de l'ancienne voie romaine qui porte le nom expres- 
sif de Haute Chevauchée, et mène de Bnzéaux à Vienne- le-^hàteau en suivant la 
vallée de Biefines; des chemins pittoresques qui s'enfoncent sous la feuilléeet 
parmi la fougère; des maisons forestières, ou de petits villages qui se cachent 
au milieu des taillis; des scieries établies au bord des ruisseaux. 

L*Argonnen'aplusaujouid*liui la même importance militairequ'en 1792. EUen'a 
plus arrêté l'invasion. Blûchcr l'a tournée en 1814; la troisième armée prus- 
sienne, ou armée de la Meuse, l'a traversée sans obstacle en 1870. Mais dans 
l'automne de 1792, à une époque où les routes nVlaient pas entretenues avec 
le même soin qu'aujourd'hui, où pœsque toutes les voies de communication 
qui figurent actuellement sur la carte n'étaient pas encore pratiquées, où le 
pays présentait mille obstacles que les défrichements et les déboisements ont 
lait depuis disparaître, i'Argonne offrait des ressources de défense très sérieuses 
par ses étangs, par ses pentes rapides et abruptes — surtout celles du versant 
oriental qui regardaient l'invasion, — par ses gorges ou èchavées, par ses che- 
mins encaissés qui formaient de véritables ravins. D'ailleurs, la pluie, qui ne 
cessa de tomber pendant le mois de septembre, détrempa le sol argileux et 
mêlé de calcaire; elle rendit les routes de la forêt presque impraticables pour 
les voitures; elle fit déborder les ruisseaux dont les eaux coulent, ordinaire- 
ment, à fleur de ten*e. Enfin ces coUines, qu on emporterait aujourd'hui en 
poussant un simple hourrah! selon le mot d'un historien allemand, inspiraient, 
alors, un grand respect aux hommes de guerre et passaient pour d'imprenables 
positions, il faut se souvenir que l'emploi des tirailleurs en grande bande, ce 



— 4i — 

• 

que l'on nomme l'ordre dispersé, était alors ineomiu. Ce ne fut que dans les 
campagnes suivantes, sous l'impulsion de Custine, de Dumouriez et de Du- 
gonunier, i}ue les ^t'*néraux éparpillant un bataillon, un réf^'iment, parfois une 
brij^ade entière, enlevèrent des hauteurs qu'on regardait comme inexpugnables. 
Brunswirk et ses lieutenants ne faisaient pas la guerre d'une façon aussi lâchée; 
ils ne comprenaient pas qu'une armée put s'avancer autrement qu'en niasses 
épaisses et dans le meilleur ord^^e. Charles-Ferdinand n'osa lancer ses colonnes 
d'attaque, ni sur les Islettes, ni sur le tertre de Valmy; comme tous les tacti- 
ciens du dix-huitiéme siècle, Frédéric II excepté, il ne pensait qu'à tourner 
l'adversaire et à le débusquer par de subtiles manœuvres. (Voir Chuquet : 
Valmy, p. 45-47.) 

III. BOIS ET FORÊTS. 

Crénéralités. — La forêt des Ardennes fut autrefois célèbre, surtout aux temps 
dv Chevalerie, aloi^ que les quatre fils Aymon y guerroyaient contre Charle- 
magne sur leur cheval Bayard. Elle trouvait, d'après le savant Alfred Maury, 
ses limites probables : à l'ouest, dans les forêts de Hehrtnrst-Tn'est au district 
de Loo en Belgique; de Skcldchot sur les bords de l'Escaut; de Wfisda ou Vaès, 
dans l'ancien comté de (iand ; de Llayanotr sur les bords de la Lys; de Thoraldi 
aux environs de Turnhout et de Tourhoute; de BeverhoU dans le canton de 
Bruges; de Saint- Amnnd ou de Vivogne (mtre l'Escaut et la Scarpe ; de Fagne 
et de iVorwa/dans le llainaut; de BoUint et de Briant dans le Limbourg; de 
Vilh'i'fi ou de Mnrhaye près de Namur; de Soignes, proche Bruxelles; de Tht}0' 
rascin et d' Avohia dont le défrichement donnait naissance à la Thiérache et à 
l'Arouaisc;, qui servaient de trait d'union entre la région sylvestre <ie l'Ardenne 
et le Sylvaaan ou district foi-estier du Luonnois et du Parisis, affirmant ses ves- 
tiges par les bois tle Sentis, de Laigues et de Compiègne. 

D'autre part, une ligne de forêts s'étendant entre Trêves et Besançon, cons- 
tituant une H seconde Ardenne ». Le Sonnernald nous représente les vestiges 
de cette ancienne zone boisée dont Ausone parle au début de son poème sur 
la Moselle : Ingrediens nemorosn per uvia. 

Puis après avoir ainsi reconstitué l'antique forêt « tl'Ardueima » autour de ce 
qui en était, autrefois, comme le cœur; après en avoir tracé le périmètre ou 
du moins les ramifications extrêmes, Maury nous rappelle qu'André Chevet, 
dans sa Cosmogr.mmuk î:mvkhskllk, lui donne encore plus de cent lieues <le lon- 
gueur et affirme qu'elle embrassait les pays de llainaut, de Luxembourg, de 
Houillon, de Bar, de Lerraux, de Limbourg, de Metz, de Namur, de Mayence, 
de Coblentz, de Cologne, et la plus grande partie du pays «le Liège; mais en 
lui assignant toutefois pour limites la Meuse et 1 Escaut. Notre Paris — LiUetia 
Parisiorinn — se trouvait alors entouré par les dernières limites de l'Ardenne 
au nord; à l'est par les bois des Meldi — Meaux — dont les forêts de Fontaine- 
bleau et de Sénart représentent les maigres débris; au sud et à l'ouest par 
ceux des Senones et des Carnutes. (Voir Desjardins : (iÉncRAPHiE dk la Caule, 
t.fi, p. 435-438. - - Hachette, édit.) 

César, le i)remier, nous signale cette fameuse « Arduenna sylva >» si pleine 
de terreur, d'immensité, et que l'on ne pouvait franchir qu'après dix jours 
fie marche; puis Tacite, h propos de la Germanie; et ensuite, parmi les an- 
ciens, le géographe Strabon. Nous en avons raconté l'histoire et la légende 
dans notre volume : La Fokèt oes Akden.nes. 

Nombreuses, d'ailleurs, sont les localités - communes ou écarts — qui 
la rappellent. Forest, près d'Altigny; Fon»sl, près de Seraincourt; la Forêt, 
Sévigny-la-Forct, près Rocroi; puis, dérivant du mot latin sylva = forêt : 
Sauville, Sévigny-Waleppe, Savigny; — peut-être encore du mot armoricain 



— 45 — 

« cail », signifiant bois : Caillauniont et Gaill y ; — la darenne, près Hethel ; la 
Garenne, près Sedan; et aussi Varenne (Meuse), qui trouvent leur étymologie 
dans le bas latin garenne = petite forêt. Faut-il insister sur les souvenirs 
qu'évoquent : Bois-de-Château, Bois-de-l'Or, Bois-en-Val, Bois-de-Seul, Bois- 
des-Anes, Bois-Diot, Bois-du-Fays, Bois-Fortant, Bois-Livoir, Bois-Martin, 
Boult-aux-Bois , Belval-Bois-des-Danies, Bosséval, Bossus-les-Rumigny, la 
Croix-aux-Bois, Saint-Jean-aux-Bois, Vrigne-aux-Bois? 

Quant à la dérivence « sart », elle s'applique aux villages où se pratiquait 
Tessartage, c'est-à-dire le défrichement des terrains boisés : le Sart, les Sarts, 
les Hauts-Sarts, Gespunsart, Rogissart. Puis voici des noms d'arbres ou d'ar- 
bustes donnés à quelques localités : le Chesne; Chesnois, près Novion; Ches- 
nois, près Escombres; l'Epinette, les Aulnes, Rozières, Ronces, Ronceaux. 

Ne pouvons-nous voir aussi des souvenirs de montagnes, de monts, de mon- 
ticules, dans : Aigleraont, Amblimont, Apremont, Beau mont, Bouvellemont, 
Chaumont-Porcien, Exermont, Germont, Goniont, Omont, Hocmont, Inaumont, 
Logny-les-Chaumont, Marlemont, Mesmont, Saint-Germainmont, Tourcelles- 
Chaumont, Wadimont, Yvernaumont; sans compter les communes que com- 
mence un « mont » ; par exemple, pour en mentionner seulement quelques- 
unes : Montcornet, Monllaurent, Monthermé, le Mont-Dieu, Mont-Saint-Martin, 
Montcy, Mont-Saint-Remy, Montmeillant. 

C'est enfin, dans toute la partie septentrionale du département, comme en- 
tourée d'une épaisse et ininterrompue ceinture d'arbres, débris de l'antique 
forêt des Ardennes : bois de Fromelennes, de Rancennes, du Chamois, du Roy, 
de Landrichamps, de Chooz, «le la Manise, de Revin, de Hargnies, des Haies, de 
Franc-Bois, de Hazelles, des Marquisades, de Fumay, de l'Hospice dans la vallée 
de la Meuse; se continuant de Mézières à Orval, toujours côtoyant la frontière 
belge : les bois de la Dame, de Fauzay, de Pussemange, du Grand-Canton, de 
Floing, de Daigny, de Sedan, du Dos-de-Loup, de Francheval, deMessincourt, de 
Pure, de Banel, de Pouilly, d'Auflance ; sur la lisière de l'Aisne, la grande forêt de 
Signy-le-Petit et les bois de la région rocroienne; sur les confins de la Marne, 
les monts d'Argonne. 

Et encore n'avons-nous voulu nommer ici que les bois les plus marquants, 
débris, nous le disions, de la mystérieuse forêt des Ardeimes où l'on adora la 
t< déesse Arduenna » dont saint Walfroy brisa la statue colossale, et qui servait 
aux chasses de saint Hubert. Les moines défricheurs, les industries forestières, 
les bûcherons, les écorceurs, le sartage et les guerres ont eu raison de ces 
bois épais, formidables, que l'imagination de nos trouvères peuplait de bêtes 
monstrueuses et où vivent aujourd'hui de paisibles chevreuils, des sangliers et 
quelques loups. Trouée, éclaircie en tous sens, la forêt a perdu son effrayante 
horreur et sa réputation d'asile inviolable alors que s'y réfugiaient Doon de 
Mayence, Parthénope de Blois, Ogier l'Ardennois, le sire d'Oridon, (iérard de 
Roussillon, dont nos arrière-aïeux se racontaient les aventures prodigieuses et 
féeriques. 

Arbres et ierrains. — Les démembrements, les sectionnements, les frac- 
lions plus ou moins étendues provenant de cette <( Arduenna sylva » couvrent 
131,879 hectares dans noire département des Ardennes qui, suivant la proportion 
des forêts par rapport a la superficie totale, occupe en France le seizième rang 
avec une quantité supérieure, en bois, de 8 pour cent et une augmentation rjui 
semble s'affirmer de jour en jour puisqu'on reboise beaucoup plus qu<' l'on ne 
défriche. Dans le sud île l'arrondissenn'nt de Rrlhrl, dans les bois du Sautou. 
notamment, ont été plantés depuis des pins en grand nombre : six millions. 
Ces nouvelles forêts, provenant de reboisements, sont dans la proportion de 
286 pour cent sur l'ensemble de la forêt, et de 531 pour cent par rapport aux 
forêts particulières. 



\ 



— 46 — 

Dans la partie siiaée au nord d'une ligne brisée, allant de Manbert k Aigle- 
mont, et d'Aigle mont à Sedan, région des terrains de transition, le sol est 
presqo>xclasiTeroent couvert d*arbres parmi lesquels dominent les chênes 
(ronvres et pédoncules) et le bouleau : Ûore pauTre, uniforme; Tégétation 
arbustife peu déreloppée, sauf en ce qui concerne les « espèces enrabissantes », 
la bruyère et les aiselles. Cest aussi la station privilégiée du « sorbier des 
oiseleurs )>, dont les baies attirent les grives en automne. Dans cette région, 
les forêts ont une superficie de 87,202 bectares, ce qui revient à 70 pour cent 
de leur ensemble dans le département, et forment un massif continu se pro- 
longeant jusques à l'Ardenne belge. 

Sur les sols calcaires, la flore est ricbe, variée, la végétation arbustive est 
robuste et non embarrassée « d'espèces envabissantes » : terrains générale- 
ment agricoles où les forêts occupent 44,667 bectares, soit 34 pour cent de leur 
superficie totale. En ce point des Ardennes, les bois sont assez uniformément 
répartis : entre la lieuse, de Beaumontà lÉézières; entre TAisne, de Comaj à 
Rethel, et le prolongement de ces deux lignes. Les forêts résineuses, d'exploi- 
tation récente, se rencontrent principalement dans la partie sud de Rethel et 
au sud-ouest de Tarrondissement de Vouziers. 

Suivant les « étages géologiques », les forêts sont ainsi réparties : 87,202 bec- 
tares sur les terrains de transition; 4,466 sur le lias; 9,826 sur Toolithe infé- 
rieure; 17,869 sur Toolitbe moyenne; 4,020 sur foolitbe supérieure; 8,040 sur 
le crétacé ; 446 sur les terrains modernes. Les arbres sont : le chêne (rouvre 
et pédoncule), dans la proportion de 43 pour cent; le charme, 17 pour cent; le 
hêtre, 4; le frêne, 3; le tremble, 6; l'orme, 2; Térable, 3; Faulne commun, 2; 
le bouleau, 15; le saule, 1 ; le coudrier, 1; les m morts-bois », {; enfin, les 
pins (sylvestre et larico), 2 pour cent. 

VElat, le département, les communes, les patikulkers. — Dans le département, 
TEtat possède 22,306 bectares répartis entre douze forêts, provenant : 1 1,966 hec- 
tares, des domaines de la couronne ; et 10,340 bectares, des bois appartenant 
aux établissements i-eligieux et confisqués à Tépoque Tt^volutionnaire. Sont 
oriminaires de l'ancien domaine royal : les forets de Chàteau-Regnanlt, dites 
« gruriales »; do Franc- Bois et de la Manise; une partie des forêts d'Har- 
gnies-Laurier et des Pothées; les « cantons » du Grand et du Petit-Dieulet 
dans les bois de Belval. En Tannée 1790 furent réunis au Domaine National : 
la forêt du Mont-Dieu, d<'>pendante de la célèbre abbaye; la forêt de Boult, 
que possédait Tordre de Malte; la t'orèt de Signy, appartenant à fabbaye cis- 
tercienne. 

Dans cette forêt, le couvent de Notre-Dame de Yilleroy possédait le « canton 
de Mortier »; Tabbaye de Belval, celui de « Belval-Bois-des-Dames 0. Elan 
dépendait de Tabbaye d'Elan ; une partie de la forêt des Pothées appartenait 
à Téglise Saint-Hemy, de Reims. Les forêts de Sedan, de Signy-T Abbaye et des 
Pothées furent, il y a trente ans, quelque peu réduites par le cantonnement 
des conininnes usa^^ères aux bois. 

En 1892, le « canton de Bois-Bricot » fut attribué à TEtatdans le partage de 
la forêt lui appartenant par indiris avec la commune de Hargnies. L'Etat pos- 
sède encore, avec Fi"onielemies, une forêt indivise et 126 bectares 18 ai^es de 
terrains vagues dits « les haies d'Hargnies ». D'après une charte consentie par 
Philippe IV d'Espagne, en 16^2, la commune a droit aux onze douzièmes des 
produits de la forêt; le dernier douzième appartient à TEtat, héritier do comte 
d'Agimont. 

t^uaLorze communes possèdent des forêts d'une étendue totale de 5,925 hec- 
tares, sur lesquelles TÊtat prélève le produit de la moitié des écorccs. Elles 
faisaient partie de l'ancienne principauté de Chtiteau-Regnault, soit : Aigle- 
mont, Braux, Chàteau-Regnaull-Bogny, Gespunsart, Hautes-Rivières, Joigny, 



- 48 — 

tance de 200 mètres des bois et forêts, sous peine d'une amende de 20 à 
100 francs, sans préjudice, en cas d'incendie, des peines édictées par le Code 
pénal et, s'il y a lieu, de tous dommages-intérêts. » Et l'on n'en continue pas 
moins à sarter. 

Médiocre, d'ailleurs, parait être le résultat du sartage que l'Administration 
forestière supporte assez impatiemment. Mais si les communes tiennent beau- 
coup au sartage, c'est que le sol sarté — tous les vingt ans environ — se couvre 
d'herbes que mangent les bestiaux. C'est donc un pacage trouvé fort à point. 
Et aussi parce qu'en ces endroits poussent les genêts, dont le fagot se vend 
10 francs sur pied. Toutefois, la culture du genêt, qui fournit une litière assez 
médiocre, fait tort aux semis par lesquels pourraient être reboisés les endroits 
laissés à découvert. La contenance moyenne des coupes sartées est de 500 hec- 
tares, produisant 7,800 hectolitres de seigle et 14,000 quintaux de paille. 29 com- 
munes de l'Ardenne, sur 503, profitent du sartage. 

Ecorces, coupes, produits accessoires. — Dans les forêts « gruriales », le pro- 
duit de l'écorce appartient moitié au Trésor, moitié à la Commune; celle-ci 
vendant par surcroit le bois qui reste après Técorcage, à moins qu'elle ne le 
délivre en nature aux habitants. Un lot d'écorces ne trouve-t-il pas acqué- 
reur? tout aussitôt est retiré de l'adjudication le lot de bois correspondant. 
Les écorces se sont-elles vendues et le bois n*a-t-il pas rencontré acheteur? 
l'adjudication des écorces est annulée. Par ce moyen sont conciliés les deux 
intérêts en présence. Dans les bois soumis au régime forestier, les ventes des 
produits ligneux se font par adjudication publique : soit sur pied, par unité 
de produits; soit par façonnage. 

Dans les forêts comnmnales, les coupes sont vendues, ou délivrées, en nature 
aux habitants. Les « coupes délivrées » sont exploitées par un entrepreneur 
responsable, et les produits partagés entre les cliefs de ménage domiciliés en la 
commune. L'écorce que l'on exploite au nord du département est fort abon- 
dante, fort estimée. Toutefois, à cause des procédés nouveaux pour l'extraction 
du tanin et de la cherté toujours croissante de la main-d'œuvre, cette exploi- 
tation va, de jour en jour, diminuant. 

En Ardenne, sauf dans les familles véritablement riches ou très aisées, on 
n'use que fort peu de bois de chauffage; soit rondins, soit «< pelereaux » ou bois 
de chêne écorcé. Aussi préfère-t-on convertir les bois taillis d'une belle venue 
en perches ou « étais de mines » pour le Nord et pour la Belgique. C'est cer- 
tainement la plus productive exploitation qui puisse être faite des taillis. Les 
gros bois, dits « bois d'œuvre », sont convertis en traverses pour les voies fer- 
rées et expédiés au dépôt d'A magne où la Compagnie de l'Est va les prendre 
suivant ses besoins. La marine «le l'Etat ne s'approvisionne plus, comme jadis, 
dans la forêt d 'Ardenne depuis que le teck a remplacé le chêne pour les 
constructions navales. L'artillerie lui prend toujours le « bois de façonnage » 
nécessaire à la défense des forts; mais le service des poudres dédaigne, depuis 
une quarantaine d'années, la bourdaine, si fort en vof<ue au temps de Louis- 
Philippe et qui fit merveille pendant le siège d Anvers. La « bourdaine » désigne 
tout bois de couleur noire, mais partiiuilièreinent une espèce d'aulne assez com- 
mune autrefois dans les forêts qui s'étendaient de Mézières a Sedan et surtout 
à l'endroit où se trouve la poudrerie de Saint-Ponce. Des équipes furent orga- 
nisées qui se livrèrent à labatage de ces aulnes. Les branches défeuillées, 
servant a la fabrication, ne devaient jamais dépasser la f?rosseur d'un pouce. 
Elles étaient mises au four où se faisait leur dissécation complète, après 
larjuelle, et seulement alors, la poudrerie en prenait livraison pour les con- 
vertir en charbon, réduit ensuite en poussière d'où provenait une poudre telle- 
ment meurtrière, afiirme la tradition, que « s'il en eût été besoin elle aurait 
détruit rUunianité tout entière »>. 



— 49 — 

Puis viennent les produits accessoires : locations de cliassos, qui produisent 
22,650 francs en moyenne, dans les forets domaniales, et 50,000 francs, tou- 
jours en moyenne, dans les forêts communales; carrières, ardoisières, conces- 
sions de prises d'eaux, délivrance de parts de mousses et d'herbes; produits 
qui, dans les forêts soumises au régime forestier, rapportent annuellement 
60,000 francs. Mais le principal do ces produits secondaires est, évidemment, 
le quartzite à macadam qui se trouve par veines disséminées dans les ter- 
rains schisteux : 65,000 à 75,000 m. cubes de pierres pour l'entretien des routes. 

Moyennant une légère redevance, on abandonne les herbes qui poussent dans 
les forêts domaniales et communales, mais à condition qu'elles soient arrachées 
à la main ou tranchées à la faucille : seul moyen de sauvegarder les jeunes 
semis. En outre, le bois mort, s'il n'a pas d'usage particulier, est abandonné 
aux indigents des communes riveraines, lesquels indigents sont inscrits, chaque 
année, sur une liste que dressent ensemble le maire et le percepteur, puis que 
vise, ensuite, l'Administration forestière. Dans les forêts communales, le bois 
mort est concédé gratuitement, sur la demande des conseillers municipaux; 
mais il n'est permis que de ramasser « le bois gisant »; défense formelle de 
prendre le »< bois mort sur pied », ou de casser aux arbres les branches mortes. 
Dans les vallées de la Meuse et de la Seniov, s'obtiennent des concessions de 
feuilles sèches, à condition qu'elles ne servent pas de litière ou de nourriture 
pour les bestiaux. En outre, tous les ans, les pauvres peuvent aller trois jours 
de suite ramasser les feuilles morlos nécessaires au renouvellement de leur 
couchage. 

PfHurages, df^gnis, dûlih. — Dans le nord du département, existe ce qui s'ap- 
pelle le « pâturage des forêts >», malgré les nombreuses doléances de l'Admi- 
nistration forestière; soit que ce droit résulte de titres anciens pour les forêts 
domaniales, ou d'une demande formulée par le Conseil municipal pour les 
forêts communales. Sur les douze forêts domaniales de l'Ardenne, huit (Belval, 
Boult, Ghàteau-Regiiault, Franc-Bois, Fronieleniies, Sedan, Mont-Dieu, Signv- 
TAbbaye) sont grevées d'un droit de pâturage au profit de quarante com- 
munes et d'un « particulier », le fermier de la ferme de Bar. 11 jouit seul, en 
eflVt, du pâturage dans la forêt du Mont-Dieu, i\\\ vertu d'un titre des plus 
authentiques antérieur à la Révolution. Les forêts d'Elan, de la Manise, de 
Landève, ne sont soumises à aucun autre droit d'usage. Soixante-treize com- 
munes envoient les bestiaux des habitants dans leurs forets où pâturent, alors, 
environ 10,000 bêtes à cornes et 2,800 chevaux. Les quatre-vingt-une' foiVMs 
abandonnées au pAturage ont, en leur ensemble, une contenance de 33,737 hec- 
tares. Deux forêts domaniales sont grevées « d'usages aux bois » : celle de 
Bel val et celle de Boult; pour Boult, le droit s'exerce sur le bois mort et le 
« chablis »; pour Belval, sur le bois mort seulement. (Voir Bourgueil : L'sagks 

LOCAUX ET RÈGLKMKiNTS, CtC. — Ed. JoHv, étlit.) 

Les dégâts en f(>rêts sont orcasionnés par « le gros gihior » : sangliers, re- 
nards, chevreuils, et aussi lièvres et lapins; parles chenilles et les hannetons; 
les inc«Midies, le vcînt, la gelée, la neige, le verglas. Les grandes variations de 
température engendrent ce que l'on nomme « gélivures des arbres >» — surtout 
dans le Nord; — puis « la roulure » ou défaut d'adhérence entre deux couches 
annuelles successives. La neige, la glace, sont red(Mitables, parce qu'elles cour- 
bent les arbres sous loui* poids on leur cassant les branches, a cm point qu'il 
est nécessaire de les abattre. L«'s incendies sont fréquents aux époques de 
printemps et d'automn<' et sont produits assez communément par les fumeurs 
ou les étincelles qui s'éch;ipi»fnl <les locomotives : environ une trentaine d'in- 
cendies par an. Quelquefois aussi, le croirait-on, ils sont allumés par les con- 
lrebandiei*s qui, de cette façon, attirant les douaniers sur les lieux du sinistre, 
peuvent alors passer leurs ballots en toute sécurité. 



— oO — 



Pou nombreux sont les délits dans les bois soumis au régime forestier : 
trois cents, tout au plus, annuellement; ce qui ne fait pas trois délits par 
1,000 hectares, alors qu'en France, pour la même superficie, la moyenne dé- 
passe neuf. L'Ardennais aime ses forêts. Environ 12 pour cent des délin- 
quants sont poursuivis et jugés par les tribunaux; les autres sont admis à 



transiger. 



IV. ADMINISTRATION FORESTIÈRE. 



Formant avec la Marne la « sixième Conservation » dont Charleville est le chef- 
lieu, le département des Ardennes est divisé en quatre inspections forestières : 

V Inspection de Charleville a pour circonscription les cantons de Charleville, 
de Monthermé, de Henwez; et dans le canton de Mézières, les communes de 
Cons-la-firandville, de Gernelle, d'Issancourt, de Lûmes, de Saint-Laurent, de 
Ville-sur-Lumes, de Vivier-au-Court et de Warcq. 

Vlnspeclion de Mézières comprend, dans l'arrondissement de Mézières, le 
reste du canton de Mézières, les cantons de Flize, d'Omont et de Signy- 
l'Abbaye; l'arrondissement de Kethel; l'arrondissement de Vouziers, sauf les 
communes do la Borlière, de Belval-Bois-des-Dames, de Saint-Pierremont, de 
Sommaulhe, de Vau\-en-Dieulet; dans l'arrondissement de Rocroi, la com- 
mune de Vaux-Vilaine; dans l'arrondissement de Sedan, les communes de 
Artaise-le-Vivier, du Mont-Dieu, de la Neuville-à-Maire, de Raucourt et d'Ha- 
rau court. 

\j Inspection de Rocroi est formée par l'arrondissement de Rocroi, moins la 
commune de Vaux- Vilaine. 

{/Inspection de Sedan comprend l'arrondissement de Sedan, moins les com- 
munes d'Artaise-lo -Vivier, du Mont-Diou, de la Neuville-à-Maire, de Raucourt et 
d'ilaraucourt ; et dans rarrondissoment de Vouziers, les communes de La Ber- 
lière, de Bolval-Bois-des-Dames, de Saint-Pierremont, de Sommauthe et de 
Vaux-en-Dieulet. 

Inspection de Charleville. - Un constîrvateur des forèls; un garde spécial 
stagiaire sédentaire; un brigadier des forêts; un inspecteur; un brigadier 
sédentaire. 

Cantonnement de Charleville. — lîn inspecteur adjoint; brigade n° 1 mixte de 
(iespnnsart; brigade n*» 2 mixte de Mellier-Fontaine; brigade n® 3 communale 
des Mazures. 

Cantonnement de MonthermfK — Un garde général à Monthermé ; brigade n® 4 
mixte de Tliilay, chef fi la Neuville-aux-llayes ; brigade n° 3 mixte de Mon- 
thermé, chef à la Chitte-Collot, territoire de Monthermé. 

Inspection de Mézières. — Vu inspecteur; un brigadier sédentaire. 

Cantonnement de Vouziers. — Un inspecteur adjoint; brigade n*» i domaniale 
ilu Mont-Dieu; brigade n" 2 mixte de Boult-aux-Bois; brigade n° 3 de Châtel- 
Chéhérv. 

Cantonnement de S igny-l* Abbaye. — Un garde général à Signy; brigade n° 4 
mixte de Signy-l'Abbaye, chef à Tivoly; brigade n** 5 mixte d'Elan. 

Inspection de Rocroi. — Un inspecteur; un garde sédentaire. 

Cantonnement do Rocroi. — Un inspecteur adjoint; brigade n° i mixte de 
Sévigny-la-Forét; brigade n** 2 communale de Revin; brigade n° 3 communale 
de Rocroi. 

Cantonnement de Fumay. — Un garde général, à Haybes; brigade n® 4 de 
llargnies; brigade n" 5 de Fromelennes ; brigade n** 6 mixte de Fumay; bri- 
gade n" 7 communale de Vireux-Wallerand. 

Inspection de Sedan. — Un inspecteur; un brigadier sédentaire. 

Cantonnement de Sodan. — Un garde général ; brigade n° i mixte de Flei- 
gnoux; brigade n® 2 mixte de la Chapelle. 



— 51 — 

Cantonnement de Mouzon. — Un garde général ; brigade n° 3 mixte de Beau- 
mont; brigade n° 4 mixte de Puilly. 

LouFeterîe. — Le but de la louveterie est de pourvoir à la destruction des 
loups ou de tous autres animaux dangereux. Les fonctions de lieutenants 
de louveterie sont déterminées par les ordonnances des 20 août 1814 et 
20 juin 1845. 

Les résidences des lieutenants de louveterie sont : , 

1° A Charleville, pour les cantons de Novion-Porcien, de Signy-l'Abbaye, de 
Flize, d'Omont, et pour celui de Mézières, moins les communes de Gons-la- 
Grandville, de Gernelle, d'Issancourt-Rumel, de Lûmes et de Saint-Laurent. 

2® A Monthermé, pour le canton de Monthermé, les communes de Deville et 
de Laifour exceptées; pour le canton de Charleville; et les communes de Gons- 
la-Grandville, de Gernelle, d'Issancourt-Rumel, de Lûmes et de Saint- Laurent, 
du canton de Mézières. 

3° A Sedan, pour les cantons de Sedan-Sud et de Carignan. 

4<* A Sedan, pour les cantons de Raucourt, de Mouzon et de Sedan-Nord. 

î»<* A Buzancy, pour le canton de Buzancy. 

%^ A Grandpré, pour les cantons de Grandpré, de Vouziers, du Chesne et de 
Monthois. 

7« A Rocroi, pour les cantons de Rocroi, de Fumay, à l'exception d(;s com- 
munes de Fépin et de Montigny-sur-Meuse, et du canton forestier d'Hargnies, 
dit Bois-dU'Roi; pour le canton de Renwez; et pour les communes de Deville 
et de Laifour du canton de Monthermé. 

8*» A Montigny-sw'-Meuse, pour le canton de Givet et pour les communes de 
Fépin et de Montigny-sur-Meuse, et le canton forestier d'Hargnies, dit Bois- 
du-Roi, dans le canton de Fumav. 

9* A Signy-le-Petit, pour le canton de Signy et celui de Rumigny. 

10* A Attigny, pour les cantons de Tourteron, d'Attigny et de Machault. 

Une loi du 3 août 1882 fixe, ainsi qu'il suit, le taux des primes accordées' 
aux destructeurs de fauves : 

100 francs par tête de loup ou de louve non pleine; 

150 francs par tète de louve pleine; 

40 francs par tête de louveteau ne pesant pas 8 kilogrammes. 

Lorsqu'il est prouvé qu'un loup s'est jeté sur des « êtres humains », celui qui 
le tue gagne une prime de 200 francs payée par l'Etat. 



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(^ ^:^-A>:^A>j^^:<^A>:^ ^.^ ^.t^ A>:^ ^-.t^ ^<^ <i>:<^ 4.. 



CHAPITRE IV 



ARMÉS ET DOUANE 

I. Organisation militaire. — II. Gendarmerie. — Œ. Armée territoriale; poudres 
et salpêtres. — IV. Sapeurs-Pompiers. — V. Douane. 



I. OROANISATION MILITAIRE. 



LA ré»;ion ijui comprend les départeiiit^nts des Ainiennes, de TAube, de la 
Marne, de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges, forme le 
0<^ corps d'armée dont Le quarliei* général est à Cbàlons, où réside le 
commandant du corps d'armé(?. 

A Heiiiis, la 12® division d'infanterie comprenant la 23* et la 24* brigade. 
A la 23<' brigade appartient le 94* rtyimeiU d' infanterie deUgtui^ qui tient gar- 
nison à Mézières-Cliarlevilliî et dont le 4" bataillon est à Verdun. Le général 
de brigad(; réside à Mézières, et Le général de division réside à Reims. 

Le iil* et le iiS'^ d'infaniet^ée ik ligtie forment la 24* brigade. La partie 
principale et centrale du 147®, dont le 4" bataillon est à Verdun, tient garnison 
à (iivet; la portion principale du itH'^ — <lont le 4* bataillon est à Verdun et la 
portion centrale à Hocroi — tient garnison à Se<lan. 

De la 4* division de cavalerie — général de division en résidence à Sedan — 
dépend la 4*" brigade de dragons, foiinant le /i" et le 2S^ dragons en garnison 
h Sedan, où réside aussi \r général de brigade. 

Le ,'jf® ràjimt'ut de cnirnsaicrs est à Vouziers. 

Voici, d'ailleurs, la rue d'ensemble des régiments ou détacbenients en gar- 
nison dans les Ardennes : 

A Mêzidres : 0I« régiment d'infanterie; détachements du l'iO" de ligne, de la 
6« section de commis et d'ouvriers militaires dadminislration, de la 0« section 
de secrétaires détat-major <'t de rccrulement; .-J" batterie du A^ bataillon d'ar- 
tillerie à pied, au fort d«^s Ayvclles, cl une compagnie? du 148* d'infanterie; 
détachement de la 3" compagnie d'ouvriers d'artillerie. 

A (Jharleville : deux compagnies du 1M« de ligne. 

A Villers-Semeuse : détaclu-menls des 14® et 23* régiments de dragons. 

A Sedmi : 148" régiment dinfanlerie; 14® et 23® régiments de dragons; déta- 
chement de la 6® section de commis et d'ouvriers militaires, de la 6*^ section 
de secrétaires d'état-majnr et d»' recrutement, de la 6® section d'infirmiers 
militaires. 



- 53 — 

A Donchery : un escadron du 23* ré'^imenl de drapons de Sedan. 

A Givet : 147» régiment d'infanterie; i'« batterie du 3« bataillon d'artillerie 
à pied; détachements de la 6® section de commis et ouvriers militaires d'ad- 
ministration, de la 6* section d'infirmiers militaires. 

A Rocroi : un détachement du i47* d'infanterie et un détachement du 148* d'in- 
fanterie. 

A Vouziers : 5« régiment de cuirassiers. 



II. GENDARMERIE. 

Vingt-six légions et quatre-vingl-huit compagnies forment en France la gen- 
darmerie départementale. Chaque légion est commandée par un colonel ou un 
lieutenant-colonel. Elle corapremi autant de compagnies qu'il y a de départe- 
ments dans sa circonscription. La Corse est divisée en deux compagnies. Donc, 
dans chaque département, une compagnie que commande un chef d'escadron. 

La compagnie des Ardennea dépend de la Vl« légion; son chef d'esca<lron 
réside à Mézières. Elle se divise en trois capitaineries, deux lieutenances et 
tpMrante-quatre biigades, dont vingt et une à pied : 

Capitainerie de M(^ziéres, comprenant onze brigades : deux h Mézières, deux à 
Charieville (à pied), une à Flize, une à Signy-l'Abbaye, une à Gespuusart (à pied), 
une à Renwez (à pied), une à Poix, une à Monthermé (à pied), une îi Nouzon 
(à pied). 

Capitainerie de Rethel, comprenant huit brigades : deux à Uethel (dont une à 
pied), une à Asfeld, une à Château, une à Chaumont, une à Juniville (à pied), 
une à Novion-Porcien, une à Amagne-Lucquy (à pied). 

Lieutenance de Rocroi, comprenant neuf brigades : uno à Hocroi, une k Fumay 
(à pied), une à Maubert-Fontaine, une à liumigny, une à Givet, une à Signy- 
le-Petit, une à Vireux-Molhain, une à Hirnogne, une à lievin (ces cinq dernières 
à pied). 

Capitainerie de Sedan, comprenant sept brigades : deux à Sedan dont une à 
pied), une à Carignan, une à Kaucourt, une à Moiizon, une à Margut, une à 
Vrigne-aux-Bois (ces deux dernières à pied). 

Lieutenance de Vouziers, comprenant neuf brigades : deux h Vouziers (dont 
une à pied), une à Buzancy, une à le (ihesne, une à (irandpré, une à Monthois, 
une à Machault, une à Attigny, une à Tourterou (ces deux dernières à pied). 

III. ARMÉE TERRITORIALE. 

Les arrondissements de Mézières, de Sedan, de Rocroi, de Montmédy, et 
trois cantons de l'arrondissement de Hriey — Longwy, Longuyon, Audun-le- 
Roman — font partie de la subdivision de ràjion de Mézières. 

Les arrondissements de Hethel, de Vouziers et de Reims appartiennent à la 
subdivision de Reims. 

Ces deux subdivisions sont placées sous le commandement d'un général de 
brigade, commandant supérieur de la défense des places du groupe de Reims 
et gouverneur de Reims. 

Le recrutement vl la mobilisation de l'armée territoriale - 45® régiment, 
lieutenant-colonel, commandant à Montmédy — sont assurés par les soins des 
bureaux de recrutement. 

Le monopole de l'Etat est exercé, en ce qui concerne la fabrication des pou- 
dres, par le Ministère de la guerre. Les opérations relatives (i la vente sont 
placées dans les attributions du Ministère des finances. 



— ;>i — 

Le service de la vente des poudres est réuni à celui des contributions indi- 
rectes. Les poudres sont expédiées à des entreposeurs qui les livrent aux débi- 
tants de leur arrondissement. 

Les débitants de poudre à feu sont nommés par le Préfet ^décret du 
25 mars 1852). Un tableau indiquant les prix de vente doit être affiché dans 
chatjue débit. La poudre de mine n'est délivrée aux mineurs, aux carriers, etc., 
que sur le vu d'un certificat du maire et de l'ingénieur des travaux en cours 
d'exécution. La poudrerie des Ardennes est établie sur le territoire de Lafran- 
cheville, à Saint-Ponce. 

IV. SAPEURS-POMPIERS. 

Le décret du 29 décembre 1875 refile l'organisation dt's corps de sapeurs- 
pompiers. Le Président delà République nomme les officiers; la ilurée de leur 
mandat est de cinq ans. Dans deux c(»nt quatre-vingt-seize communes des 
Ardennes, une compagnie de sapeurs-pompiers, formant, toutes ces compagnies 
ensemble, un effectif d'environ 8,00() hommes. 

In capitaine et un lieutenant de pompiers : à Charleville, à Mézières, à Nouzon, 
à Signy-l'Abbaye, à Vendresse, à Asfeld, à Rannogne, à Juniville, à Neuville- 
en-Tourne-à-Fuy, à Hethel, à Saint-Geimainmonl, à Saulces-Mondin, a (iivct, 
à Tagnon, à Signy-le-Petit, à Beauniont, à Hemilly-Aillicourt, à Sedan, à 
Vrigne-aux-Bois. à Alland'huy, à Attigny, à Voncq, à Vouziers, à Kcordal. 

In lieutenant seulement : à Launois, à Thin-le-Moutier, à Vivier-au-Court, à 
Aniagne, a Avaux, à ChiUeau-Porcien, a Chesnois-Auboncourt, à Doumely, à 
(iiviy, à .Neuflize, a Novion, à Novy-Chevriéres, à Perthes, à Sery, à Vi(d-Sainl- 
Hemy, à llimogne, à Donchery, à Floing, à Haucourt, à Buzancy, aCharbogne, 
à Le (îliesnr, a Nouait, à Saint-Ktienne-à-Arnes, à Tourteron, à Vrizy. 

Dans toutes les autres communes, seulement des anus-lieutenants. 



V. LA DOUANE. 

Généralité. — La Direction des douanes se divise en deux branches abso- 
lument distinctes, mais cependant s(ïlidaires l'une de l'autre : 

1" L«* seivice sMentuire, ou des bureaux; 

2^* Le service actif, ou des brigades. 

L«» service sédentaiie vérilio l»*s marchandises et contrôle la perception des 
dnuts; délivre toutes les expéditions, tous les « titres de mouvement » propres 
â gar;mtir le recouvrement des droits. 

Le service actif s*opp()se, par une surveillance permanente des côtes et des 
frontières, aux importations, aux exportations (jue Ion tenterait d'effectuer en 
l'rautle ou au mépris «les prohibitions. Il concourt aussi, dans une certaine 
niesiin*, à la police générale. En cas de guerre, les douaniers seraient enrégi- 
mentés dans l'armée active. 

Administration. — L'Administration douanière, sous l'autorité immédiate 
du Ministre des finances, est dirigée parmi Directeur général, assisté de deux 
administrateurs, résidant à Paris. 

La Direction de Charleville compiend, dans le département des Ardennes : 

y directeur, en résidence à Charleville; 

ô" Commis de direction ; 

2 in^pecienrs, dont l'un habite Givef, et le second Sedan. Un troisième ins- 
pecliMir réside à Hirson, dans l'Aisne. Sa sphère d'action s'étend jusqu'à Gros- 
Caillou en première ligne et juscju'à Maubert-Kontaine en deuxième ligne; 

2 rrrereurs principaux, résidant à (iivet et à Charleville — certains bureaux 



• ).> 



situés dans les Ardennes sont rattachés à la recette' principale dAnor {.Noril; — 
appartenant à la direction de Chaiieville ; 

7 vérificateurs ou vérificateurs -adjoint s , 4 4 commis principaux ou commis, 
36 receveurs subordonnés ou receveurs buralistes, 40 capitaines. 19 lieutenants 
ou SOUS' lieutenant s, 4 garde-magasin, 7 i brigadiers, 80 sous-brigadiers, 67 o pré- 
posés ou préposés visiteurs, 7 femmes visiteuses. Le personnel douanier atteint, 
aloi^, le chiffre de 930 dans le département des Ardennes. 

Bureaux et brigades. — Trente-sept bureaux : Auvillers, Bosséval, Braux, 
Carignan, La Chapelle, Gharleville, Flohimont, Funiay, (iespunsart, Givet-gare, 
(iivet (route de Beauraing), Givel (route de iNaniur), Givet (route de Philippe- 
ville), Gué-d'Hossus, Hargnies, Hauts-Buttés, Hautes-Hivières, Hierges, îlly, 
Margny, Matton, Messempré, Mogues, Monthernié, La Neuville-aux-Joûtes, 
Nouzon, Pouru-aux-Bois, Regniowez, llenwez, Hevin, Rocroi, Saint-Menges, 
Sedan, Signy-le-Petit, Le Theux, Vireux, Vrigne-aux-Bois. 

Soixante-quatorze brigades. — Arreux, Auge, Auvillers, Bazeilles, Beaulieu, 
Bosséval, Bourg-Fidèle, Braux, Carignan, Maubert-Fontaine (aux Censes-Gal- 
iois), La Chapelle, Charleniont-Ciivet, Charleville, Chilly, Cons-la-(irandville, 
Damouzy, Donchery, Douzy, Eteignières, Signy-le-Petit (aux Fosses-Rousseaux), 
Funiay, Fromelennes, Gernelle, Gespunsart, Givet-ambulante, Givet-gare, Givet- 
iigne, Regniowez (aux Gros-Cailloux), Gué-d'Hossus, Harcy, Hargnies, Rauts- 
Buttés, Hautes-Rivières, Haybes, Herbeuval, Hierges, Illy, Landrichamps, 
Linay, Linchamps, Lûmes, Rucroi (à la Maison-Brûlée), Margut, Matton-ambu- 
lante, Matton-ligne, Maubert-Fontaine, les Mazures, Messincourt, Auvillers (à 
Mon-Idée), Monthermé, Neuville-aux-Jofttes, Neuville-aux-Tourneurs, Nouvion, 
Nouzon, Pouru-aux-Bois, Puilly, Regniowez, Renwez, Revin, Signy-le-Petit- 
iigne, Signy-le- Petit-ambulante, La Taillette, Rocroi, Vireux -ligne, Vireux- 
station, Le Tremblois, Vrigne-aux-Bois, Saint-Menges, Villers-Cernay, Treni- 
blois, Sapogne, Le Theux, Sedan, Sachy. 

Mouvement des bateaux, marchandises, visites, droits. — Pendant l'année 4897 
(nous prenons cette année comme moyenne), 2,5o8 bateaux sont entrés dans 
les Ardennes par Givet. Il en est sorti, toujours par Givet, 2,446. Les produits- 
importés par la voie fluviale, à Givet, consistent surtout en houille et en blé. 
Le service des douanes s'assure, par des sondages nombreux et de fréquentes 
« tranchées >», que les cargaisons ne cachent point des marchandises dites 
de contrebande. Ce service procède, également, à des investigations dans 
les cabines et sous l'embarcation. Le poids de la cargaison — dont la mise à 
terre n'est réclamée que dans des circonstances tout exceptionnelles — est 
déterminé au moyen des procès-verbaux de jauge et d'une écjuerre spéciale, 
appliquée à des endroits différents de la bélandre, pour constater renfonce- 
ment exact de celle-ci. 

Le poids des marchandises entrées par la Meuse, pendant Tiinnée 1897, s'est 

élevé a 598,268 tonnes 

et celui des marchandises exportées par le même pohit fut de. . 330,642 tonnes 

Total 928,910 tonnes 



/ 



Le montant des droits de douane perçus pendant cette même année 189 
sur les produits acquittés au port de Givet, fut de fr. 654,400 

Les droits recouvrés dans les autres bureaux du département 
des Ardennes s'élevèrent, pour la même période, à 2,467,800 

Au total 3,122,200 

Et pour la France entière, à 477,216,000 francs. 

Les douaniei^s de service au port de Givet ont pour mission d'empêcher 
tout débarquement clandestin et de veiller à ce que les bateliers remplissent 



— 56 — 

exactement les diverses formalités de douane. Ils procèdent en outre, sous la 
direction du vérificateur, à la visite îles embarcations; ils font aussi, parfois, 
la « visite à corps « des mariniers. 

Service des fiouaniers dans les bureaux et dans les gares frontières. — Le ser- 
vice d'un assez f^rand nombre de bureaux exi^^e l'adjonction d'un employé de 
brigade, lequel est appelé : pr&posi^-planion. Il surveille surtout « les mouve 
raenis » qui ont lieu devant le bureau; exécute, sous les yeux du receveur, le 
travail manuel se rattachant aux opérations de la visite; s'oppose par la force, 
le cas échéant, au passage des véhicules qui refuseraient de s'arrêter devant 
le bureau. Aussi a-t-il fusil, baïonnette au fusil et cartouches. 

Dans les j^ares, les agents de brigades sont chargés de veiller à la garde des 
marchandises, d'assurer, par des escortes, l'arrivée de ceilains produits à leur 
destination, enfin de seconder les employés du service sédentaire dans toutes 
les opérations malérielles de la visite, telles que, par exemple : sondages des 
wagcms, « visite » des voyageurs et de leurs bagages. 

Douaniers en forêts. — Les postes des douanes échelonnés le long de la fron- 
tière doivent garder, chacun, une certaine étendue de terrain — en termes 
administratifs, nommée « penthière >» — contre les tentatives des fraudeurs 
qui, on le sait, recourent à toutes les ruses pour tromper la vigilance des 
douaniers. Sans relâche, de jour et de nuit, les agents exercent par escouades, 
généralement de deux hommes, au moyen de marches et de contre- marches, 
d'observations, de factions, d'embuscades, de patrouilles, une surveillance 
armée permanente qui s'effectue aussi bien sur les routes que dans les bois 
ou en rase campagne. 

Dans tous leurs services, les douaniers sont armés du fusil ou du revolver. 
Lorsqu'ils doivent tenir embusc<ide, la nuit, ils se munissent d'un sac à pieds, 
en peau de chèvre ou de mouton, qu'ils transportent sur le dos dans un cadre 
ou pliant. Parvenus à destination, ils développent le tout et s'introduisent dans 
le sac pour se préserver du froid et de Ihumidité. L'un veille pendant que sou 
camarade se livre au repos. La surveillance nocturne se répartit de deux heures 
en deux heures. En temps de service, il ne doit point manger. A hii de régler 
ses repas, sachant qu'il pourra rester absent de son domicile quelquefois dix 
ou douze longues heures. Service parfois dangereux, lorsque le douanier se 
trouve aux prises avec des contrebandiers, que n'effraie point le meurtre. 
Mais, homme de devoir, homme de dévouement, le douanier— nous en avons 
et nous en aurons encore sans doute d'éclatants exemples dans les Ardennes — 
se montre toujours digne, pîir son énergie, par son courage, de la déficate et 
périlleuse mission qui lui est confiée. 

Droits de prises. — Les douaniers ont droit à une part de saisie dans toutes 
les captures qu'ils opèrent. Cette part est prélevée sur le produit de la vente 
des marchandises et sur le montant des sommes réalisées à titre de transac- 
tion ; elle est égale aux quatre dixièmes du produit total. Il leur est aussi 
alloué une prime pour chaque arrestxition de délinquant ; celle-ci est fixée, 
suivant le cas, à 5, 10, 15 ou 30 fia nos. 

Chiens de douaniers cl chiens de contrebandiers. — Les douaniers trouvent, 
dans les chiens, d'utiles auxiliaires pour réprimer la fraude. Doués d'un flair 
subtil, ces animaux, lorsqu'ils sont bien dressés, éventent les contrebandiers 
h de grandes distances, et, par de sourds grognements ou d'autres démons- 
trations particulières, ils éveillent l'attention de leurs maîtres; puis ils les 
entraînent rapidement du côté où se trouvent les délinquants, qui n'ont plus 
alors que la ressource — lorsqu'elle leur reste — de s'(;nfuir en toute hâte, 
en abandonnant leur chargement. D'autres fois, ils découvrent, en pleine forêt, 
des caches habilement masquées par des feuilles ou de la terre, et i*enfermant 
des « charges » complètes de fraudeurs. 



— 57 — 

Dans les pays où les chiens de contrebandiers activent la fraude, on recourt 
aux chiens de service pour la combattre. Chaque chi(;n fraudeur abattu — 
plus de 1,200 en l'année 1897 — rapporte une prime de 3 francs. 

Procès de contrebande. — Le nombre des infractions constatées par procès- 
verbaux dans les Ardennes est do 500, en moyenne, chaque année. 

Ces infractions produisirent, pendant l'année 1897, environ 100,000 francs. 
Mais ce chiffre serait de beaucoup supérieur : 1** si l'on attribuait au tabac sa 
valeur réelle, 12 fr. 50 le kilog. au lieu de lui donner le prix que fixe la régie 
pour ses achats, soit 2 francs le kilog., tabac haché, et fr. 50, tabac en 
poudre ; 2° si l'on ne détruisait pas les allumettes et si l'on ne répandait point le 
pétrole, qui deviennent alors des marchandises perdues; 3° enfin, si l'on ne 
déduisait pas du produit à répartir les droits d'entrée des marchandises sai- 
sies, lesquels, pour le café, par exemple, sont de 156 francs par 100 kilo- 
grammes. 



^îJl»^ 



CHAPITRE V 



■3»C- 



LES ROUTES ET LES VOIES FERREES 

I. Routes nationales. — n. Chemins vicinaux. — m. Voiries rurales. — IV. Chemins de 
fer. — V. Lignes secondaires. — VI. Ensemble kilométrique ; stations ; voyageurs 
et marchandises. — Vn. Importance dans la ligne générale des principales gares 
des Ardennes. — Vm. Réseau départemental à voies étroites. — IX. Projets de 
voies départementales nouvelles. 



I. ROUTES NATIONALES. 

LES roules sont dites : 1** routes naiwnales construites, (Mitreteniies aux 
frais dtî l'Etat; 2" chemins vicinaux construits et entretenus aux frais 
des communes, avec ou sans subvention de l'Etat ou du département. 

Les routes ntttionales qui traversent le département des Ardennes sont : 

Route «o 39, de Monlreuil-sur-M(îr à Mézières. — Longueur dans le dépar- 
tement : 19 k. 9 h. — Auge, Auvillers-les-Forges, Maubert-Kontaine, et le 
Tremblois-les-Hocroi. 

Route n° 46, de Marie à Verdun. — Longueur : 9i k. 1 h. — Kraillicourt, 
Seraincourt, Hemaucourt, Ecly, Rethel, Sault-les-Hethel, Biermes, Ménil- 
Annelles, Pauvres, Bourcq, Biaise, Vouziers, Longwé, (îrandpré, Saint-Juvin, 
Fléville, Apremont. 

Roule n** 47. de Vouziers à Longuyon. — Longueur : 28 k. 8 h. — Longwé, 
La Croix-aux-Bois, Boull-aux-Bois, (iermonl, Harricourt, Bar, Buzancy, N(»uart. 

Route n" 49, de Valenciennes à Luxembourg. — Longueur : kilom. — Givet. 

Route /i" ô'/, de Givet à Orléans. — Longueur: 133 kilom. — Givet, Vireux- 
Molliain, Montigny-sur-Meuse, Képin, Haybes, Funiay, llyraumont (Hocroi), 
Le Tremblois, Uimogne, Harcy, Lonny, Cliron, Tournes, Charleville, Mézières, 
Mohon, Lafrancheville, Boulzicourt, Yvernaumont, Poix, Montigny-sur-Vence, 
Raillicourt, Launois, Faissault, Neuvizy, vSaulces-Monclin, Vauzelles (Aubon- 
court), Novy, Helliel, Sault et Tagnon. 

Route ?i" 6*4. de Mézières à Belfort. — Longueur : 41 k. 8 h. — Mohon, 
Villers-Semeuse, Les Ayvelles, Elaire ((ilhalandry), Flize, l)om-le-Mesnil, Don- 
chery, Stîdan, Balan, Bazeilles, Douzy, Mairy, Mouzon. 

Route yi" 77, de Nevers à Sedan et à Bouillon. — Longueur : 66 k. 3 h. — 
Vouziers, Cheslres, Ballay, Quatre-Champs, Les Alleux, Le (^hesne, Tannay, 
Chémery, (ihéhéry, Cheveuges, Fréiiois, Sedan, Givonne et La Chapelle. 

Longueur totale, dans le déparlement, de ces sept roules placées sous la 
surveillance des ponts et chaussées : 386 k. 9 h. 



— 59 ~ 



II. CHEMINS VICINAUX. 



Les chemins vicinaux du «léparteiiKMit sont divisés, suivant leur impor- 
ta nco, en trois catégories : 

1° Chemins de grande communication conipnMiant les anciennes routes dépar- 
tementales; 2*^ Chemins d'inUrèi commun; 3" Chemins vicinaux ordinaires. 

Le développement de ces différentes voies est : 



CATÉGORIES 


c " 

a 


conslruiU'ii 

ou en 
ronstruction 


LONGUEURS 
en lacune 


toUleii 


Chemin$> île grande couununicatiou. . . 
(Chemins d'intérêt coiuuiun 


55 
99 


k. m. 
1.299 300 
1.354 500 

1.953 100 


k. m. 

4 000 

21 800 

1.264 200 


k. m. 

1.303 300 
1.376 300 

3.217 300 


Chemin? vicinaux de petite commuui- 
CtitioQ ou commuuaux 


ToTAirx 


» 


4.606 900 


1.290 000 


0.896 900 







Un grand nombre de communes sont reliées entn* elles par des voies via- 
bles. En dehors des chemins frappés d'intenlit par l'autorité militaire, il n'y 
a d'exception que pour les communes dont les charges actuelles sont trop 
considérables ou dont les ressources ne suffisent pas pour entreprendre des 
travaux coûteux. 

Entretien des chemins vicinaux. — Les chemins de grande communication et 
d'intérêt commun sont entretenus par 44 agents du service vicinal, o40 canton- 
niers et chefs cantonniers, au moyen iU'> prestations et des centimes spéciaux 
fournis par les communes intéressées, qui sont subventionnées, au besoin, par 
le département. Leurs représentants au (Conseil général fixent les contingents 
des communes en prestations et centimes. 

L'entretien des chemins vicinaux ordinaires est entièrement à la charge des 
communes. 

Toutes les dépenses d'entretien sont faites sans la pîirticipation de l'Etat 
qui ne subventionne que les travaux neufs. 

Matériaux employés. — Les chaussées de presque tous les chemins de grande 
communication et d'intérêt commun, très fréquentés, sont entretenues au moyen 
de matériaux durs provenant, notamment, des carrières françaises situées le 
long de la frontière belge. 

Les chemins de petite communications S(uit, à de rares exceptions près, entre- 
tenus au moyen de matériaux du pays, bons ou médiocres, ne nécessitant (jue 
peu de frais d'acquisition ou de transport. 

III. VOIRIE RURALE. 



Le système des v(»ies de communication du département est complété par 
un réseau de chemins ruraux ou d'exploitation qui présentent, au point de 
vue agricole, une importance considérable. 



— 60 — 

Jnsqii'on 1881, It's comnninos ne pouvaii'iit lé^^alemont s'imposer des sacri- 
ficos oxlraoniinaircs vu faveur des chemins ruraux. 

lis jouissaient bien, depuis 1870, dans quelques rares eommunes, des pres- 
tations excédant les besoins des chemins vicinaux; mais leur viabilité ne put 
être améliorée sérieusement que sur une faible étendue. 



IV. CHEMINS DE FER. 

Les grandes lignes. — Quatre grandes lignes partent de Charleville, 
savoir : 

1" De Charleville à Paris. — (îares à Mohon, Lafranclieville (halte), Boulzi- 
coui't, (iuignicourt (halte), Poix, Launois, Saulcrs-Monclin, Amagne-Lucquy, 
Rethel. Tagnon, le Chàtelet. .. Reims... Paris. — 06 kilomètres dans les 
Ardennes. 

2° De Charleville à Givel et Bnucelka. — (iares à iNouzon, Joigny (halte), 
Braux-Levrezy, Montliermé-Château-Re^nault-Bogny, Devilh*, Laifour (halte;, 
Revin, Fumay, Haybes, Vireux (tète de ligne pour la Belgique par Charleroi), 
Aubrives (halte), Givel. . . et Brux<dles. — 66 k. 8 dans les Ardennes. 

3* De Charleville à Hirson, avec déviation entre Tournes et Auvillers-les- 
Forges. — Gares h Belval-Sury (halte), Tournes, Lonnv-Renwez, Rimogne, le 
Tremblois (halte), Mauh(»rt-Fontaine, Auvilh»rs, Signy-le-Pelit.. . Hirson et le 
Nord. — 41 kilomètres dans les Ardennes. 

Sur la déviation, outre les gares aux points d'al tache, gares à Laval-Morency, 
BIonibav-Etalle (halte\ 

4° De Charleville à Auilim-le-Homan, Thionville et Metz. — Gares à Mohon, 
Lûmes (halte), Nouvion, Vrigne-Meuse, Donchery, Sedan, Pont-Maugis, Ba- 
zeilles, Douzy, Pouru-Brévilly, Sachy (halte), Carignan, Blagny (halte), Margut... 
Montmédy, Audun-le-Roman et Thionville. — 51 k. 5 dans les Ardennes. 



V. LIGNES SECONDAIRES. 

1° De Sedan ^ Verdun et Lhouville. — Gares à Pont-Maugis, Rerailly-Ailli- 
court, Autrecourt, Villers, Mouzon, Létanne-Beaumont... Pouilly, Stenay, 
Verdun, Lérouville. — 23 k. 6 dans les Ardennes. 

2« D' Amagne-Lncqny à IV^igny. — Gares à Amagne (village), Alland'huy, 
Attigny, Rilly-Semuy, Voncq, Vrizy-Vandy, Vouziers, Savigny, Saint-Morel. 
Monlhois, Challerange, Aulry. .. Sainte-Menehould. .. Révigny. — 49 k. 2 dans 
les Ardennes. 

3" \y Amagne à Hirson. — Gares à Novy (halte), Novion-Porcien, Wasigny, 
Draize-la-Romagne , Montmeillant-Saint-Jean , Liart, Rumigny, Aubenton... 
Hirson. — 44 k. 7 dans les Ardennes. 

4° De Challerange a Apremont. - (ijirrs à Vaux-les-Mouron (halte), Senuc- 
Termes, Grandpré, Marcq-Saint-Juvin, Cornay-Fléville, ChiUel-Chéhéry, Apre- 
mont. — 25 kilomètres dans les Ardennes. 

0° D(î Laon à Liart. — 9 k. 2 d;ins les Ardennes. 

6** De BazancQurt à Challerange. — 13 k. 8 dans les Ardennes. 

7" Do Givet n Mariembourg, Chimag et Hirson. — 1 k. 9 dans les Ardennes. 

S° De VireH.v n Mariembourg et à Charleroi. -■■ 2 k. 4 dans les Ardennes. 

9° De Remilhj à liaueourt. - (lares à Angecourt, Ilaraucourt, Raucourt. — 
6 k. 3. 

40^ De Carignan à Messempré, — Gares à Osnes-Pure, Messerapré. — 
6 k. 4. 



- 6« — 

11° De Vrigne-Meuse à Vrigne-aux-Bols (tramway), avec gare intermédiaire 
à Vivier-au-Court. — 4 k. 7. 

120 [)e la gare de Monthermô à Monlhennt^ et Phade (tramway). — 4 kilom. 

Ces quatre dernières petites lignes, construites comme chemins do fer dépar- 
tementaux et exploitées par la Compagnie de TEst pour le compte du dépar- 
tement. 

VI. ENSEMBLE KILOMÉTRIQUE; STATIONS; NOMBRE DE TRAINS; 

VOYAGEURS * MARCHANDISES. 

Vensemble kilométrique du réseau de l'Est dans les Ardennes est do 411 kilo- 
mètres. 

Siaiums, 72; haiUB, 44; points d'arrêts en pleine voie, 4. Ensemble, 90. 

Passages a niveau gardés, 279; passages à niveau non gardés, 120; sans bar- 
rièreSp 54; pour piétons, 37. En total, 496 passages à niveau. 

Trains de voyageurs circulant, par vingt-quatre heures, sur les voies ferrées 
des Ardennes, 87; plus 18 trains de marchandises prenant des voyageurs. — 
Trains de marchandises, 92. — Tramways par traction de chevaux, 26. 

Nombre de voyageurs annuels expédiés par les différentes gares ou stations 
intermédiaires, 2,719,528. Nous avons pris comnKî exemple l'année 1897. 

Tonnage des marciiandises expédiées pendant cette même année 1897 : en 
grande vitesse, 20,188 tonnes; en petite vitesse, 1.600,348 tonnes. Total, 
4,620,536 tonnes. 

VIL IMPORTANCE DANS LA LIGNE GÉNÉRALE DES PRINCIPALES 

GARES ARDENNAISES. 



NOMS 
de:» 

• T A T I O n 9 



Charleville 

Sedan 

Rethel 

Vouziers» 

Givct 

Vireux-Molhain 
Amagne-Lucquy 



Z c 

W 5 
S - o 

< o'Z 

H » 2 
O m • 

o — 

û S 

? > 

Z 2 



28 
35 
95 
84 
14 
13 
130 



L 



NOMBRES 



des 
Toyagf!ors 

exp«'dié7' 



474.228 
296.357 
105.248 
68.974 
73.144 
43.328 
38.576 



des lonnf'9 expi-dièe:» 



grande 

VitOi'SO 



Tonnes 

3.869 
2.559 
1.031 
892 
867 
167 
401 



petite 

vitesse 



Tonnes 

61.677 
37.955 
24.055 
30.892 
272.079 
396.426 
27.507 



des 
vorageors 



fr. e. 

016. •;32 58 
424.743 26 
163.611 96 
H8.05:') 36 
149.610 55 
44.511 90 
46.765 20 



PRODUITS 



des hegnjres, 

messa^rie». 

ToitureB, 

etc., etc. 

srande vitesj'e 



fr. c. 

85.870 97 
82.-588 60 
20.740 55 
14.9:U 15 
.57.623 19 
2.946 94 
10.829 35 



de la 
petite TÏtesse 



fr. 

487.706 96 
386.029 74 
103.279 01 
192.034 20 
1.828.897 29 
1.990.517 73 
140.111 10 



Totaux 



fr, c. 

1.190.110 51 

893.361 60 
288.081 52 
325.023 71 
2.036.131 03 
2.037.976 57 
197.705 65 



Réseau de VEsU — Voici maintenant les chitTres pour le réseau tout entier 
de 1 Est, pendant cette même annéf 1897 prise comme moyenne : 

Gares, stations et haltes, 869; voyageurs, i>7, 105,733; tonnes par grandt.' vitesse, 
331,271 ; tonnes par petite vitrssc, l."),7.-)8,7l);) ; produits fournis par tes voya- 
geurs, 59,042,316 fr. .'>0 ; prc></w/7.s en grande vitesse (bagages, messageries, etr.J, 
15,3o3,079 fr. 88 ; produits du tonnage en petite vitesse, 02,570,977 fr. 05. lieeettcs 
générales, 167,560,973 fr. 49. 



— 62 — 

VIII. RÉSEAU DÉPARTEMENTAL A VOIE ÉTROITE. 

Concédé pour cinquante ans à la « Société anonyme des chemins de fer 
départementaux à voie étroite des Ardennes ». L'écartement entre les rails 
est de m. 80. 

\^ Ligne tle Le Tremblais à Rocroi, 12 kilomètres en exploitation. — Gares : 
Le Tremblois (ligne de Charleville à Hirson), gare commune à la Compagnie 
de l'Est et h la Compagnie départementale; Bourg-Fidèle, avec deux embran- 
chements reliant la voie aux usines Dévie et Péchenard ; Sainte-Philomène 
(halte); Hocroi. 

Différents projets sont à l'étude en vue de faire aboutir cette voie à Revin 
ou à Fumay. Il est ausi fortement question de la prolonger sur Couvin, en 
Belgique. 

2*> Ligne lie ?fouzon à Gespunsart, 8 kilomètres en exploitation. — Gares : 
Nouzon (ligne de Charleville à Givet), gare commune; La Forge (halte); La Ca- 
chette, avec raccordement à l'usine Soret; Froide-Fontaine (halte), avec rac- 
cordement à l'usine Jacquemart; Neufmanil; Gespunsart. 

Des études sont faites en vue de relier cette ligne aux chemins de fer vici- 
naux belges. 

3° Ligne de Vonzievs à Raticourt, 58 kilomètres, — Gares : Vouziers (ligne 
d'Amagne à Hevigny), gare commune; Landèves (halte); Ballay; Quatre- 
Champs; Noirval (halte); Chàtillon, gare de jonction d'où la voie se dirige 
sur Brieulles, Authe, Autruche, Harricourt (halle), jusqu'à Buzancy-Bar; puis 
de Chàtillon si l'on continue : Les Petites-Armoises (halte), Le Chesne, Sau- 
ville, La Cassine, Vendresse, Malmy (halte), Chémery, Maisoncelle (halte), 
llaucourt. 

Deux embranchements projetés : i° de Vendresse à Poix; 2° d'Attigny à 
Baàlons. 

4'* Ligne de Wasigng à Signy, 12 kilomètres en exploitation. — (îares : Wasi- 
gny (ligne d'Amagne à Hirson), gare commune; Wasigny (halte); La Neuville; 
Lalobbe, Signy-l'Abbaye. 

Des études sont faites pour prolonger la voie jusques à Mézières. 

Total, pour les quatre lignes du réseau départemental : 90 kilomètres. 

IX. PROJETS DE VOIES DÉPARTEMENTALES NOUVELLES. 

1° Ligne de la valUe de la Semoy (ligne de Monthermé-Laval-Dieu aux Hautes- 
Rivières), environ 16 kilomètres. Le Ministre de la guerre a décidé qu'aucun 
des ponts, se trouvant sur cette ligne, n'aurait des « dispositifs de mines », 
d'où, pour le département, économie fort notable. (Ligne en construction.) 

2" Ligne du CMtelet à Juniville, 9 kilomètres. (Ligne en construction.) 

3** Ligne de Rethel à Guignicouii-sur-Aisne, à voie d'un mètre, avec prolon- 
gement ultérieur jusqu'à Soissons. 

4° Lignes de Vendresse à Poix; li"^ dWttigny à Banians ; 6° de Sedan à Bouillon; 
7° de Juniville à Vouziers: 8° de Si gny-V Abbaye à Tournes ou à Mt^zieres; 9° de 
Beauraing à Givel; 10^ de Vendresse à ?^ouvion; 11 <» ligne reliant Hargnies à la 
voie de Paris-Givet; 12° ligne de Rocroi à Revin ou à Fumay; i'S° prolongement 
vers la Belgique de la ligne Le Tremblois-Rocroi; 14° d'Asfeld à Reims, 



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ô;<&:&<S>;c?>:c9):ô:c?i;(ai&:^:<S:t9)^:i&^:i&^ 



CHAPITRE VI 



-ok:- 



ORGANISATION JUDICIAIRE & RELIGIEUSE 

I. Organisation judiciaire. — II. Tribunaux de commerce. — m. Conseils des 
prud'hommes. — IV. La criminalité. — V. Assistance publique. — VI. Orga- 
nisation religieuse. — Vn. Le clergé paroissial. — Vm. Etablissements d'assis- 
tance ou de charité. — IX. Cultes protestant et israélite. 



I. ORGANISATION JUDICIAIRE. 



LE département des Ardennes forme, avec les départements de la Meurthe- 
et-Moselle, de la Meuse et des Vosges, la circonscription de la Cour 
d'appel dont le siège est à Nancy. Dans chaque chef-lieu d'arrondisse- 
ment, un tribunal de première instance — toutefois, pour l'arrondissement de 
Mézières, le tribunal réside à Charleville; — dans chaque chef-lieu de canton, 
une justice de paix. La Cour d'assises du département des Ardennes siège à 
Mézières tous les trois mois. Elle est présidée par un conseiller de la Cour 
d'appel de Nancy, qu'assistent le président et l'un des juges du Tribunal de 
Charleville. 

Le Tribunal civil de Mf^zières-Charleville comprend : un président, un juge 
d'instruction, deux juges, un juge suppléant, un procureur de la République, 
un substitut, un greffier en chef, un commis-greffier faisant fonctions de gref- 
fier d'assises, deux commis-greffiers, cinq avoués, sept huissiers, dont deux 
résidant à Mézières, et, en 1899, huit avocats : le nombre des avocats est illi- 
mité, tandis que le nombre des huissiers, des avoués et des notaires, est déter- 
miné par la loi, selon les nécessités du service judiciaire. 

Affaires civiles : les jeudi, vendredi et samedi de chaque semaine, à 
huit heures et demit^ du malin. — Affaires correctionnelles et forestières : le 
mercredi, à la même heure. — Affaires sur référés : le lundi, à onze heures. — 
Audience des criées : le jeudi, <\ huit heures et demie du matin. 

Le Tribunal civil de Rethel comprend : un président, deux juges, un juge 
suppléant, un procureur de la Hépublique sans substitut, un greffier en chef 
et deux commis-greffiers, cinq avoués ayant droit de plaidoirie (un barreau 
n'existant pas à Hethel), un avocat et quatre huissiers. 

AlTaires civiles : les mercredi et jeudi, de neuf heures du matin à midi. — 
.\ffaires commerciales : le mercredi, de neuf heures du matin à midi. — 
Criées : fin de l'audience du mercredi. — Affaires correctionnelles et fores- 
tières : le mardi, à neuf heures du matin. 



— 6i - 

Le Tribunal civil de Rocroi comprend un président, deux juges, un juge sap- 
pléaiit, un procureur de la République sans substitut, un greffier en chef, un 
commis-greffier, trois avoués ayant droit diî plaidoirie, deux huissiers. 

Affaires civiles et commerciales ; les jeudi et vendredi, à onze heures et demie 
en hiver, et à huit heures et demie en été. — Affaires correctionnelles et 
forestières : le mercredi de chaque semaine. 

Le Tribunal civil de Sedan comprend : un président, deux juges, deux juges 
suppléants, un procureur de la République, un substitut, un greffier, un 
commis-greffier, sept avocats, cinq avoués, cinq huissiers. 

Affaires civiles : le mardi et le jeudi, à neuf heures du matin. — Affaires 
correctionnelles et forestières : le mercredi, k neuf-lieures du matin. — Référés : 
le samedi, à onze heures. 

L(i Tribunal civil de Vouziers comprend : un président, deux juges, un juge 
suppléant, un procureur de la République sans substitut, un greffier, un commis- 
greffier, deux avocats, quatre avoués ayant droit de plaidoirie, trois huis- 
siers. 

Affaires civiles : le jeudi et le vendredi, à neuf heures du matin. — Com- 
merciales : le mercredi. — Affaires correctionnelles et forestières : le mardi, à 
neuf heures. 

JuUicca de paix. — Dans chaque chef-lieu de canton : un juge de paix, un 
suppléant et un greffier de paix, un ou plusieurs huissiers, un ou plusieurs 
notaires. 

11 y a, dans le département des Ardennes, (piatre-vingt-treize notaires, dont 
quatre à Charleville, trois à Mézières, trois à Rethel, deux h Rocroi, quatre à 
Sedan; cinquante-trois huissiers et cinq commissaires-priseurs. Les huissiers 
et les notaires ne sont pas obligés, d'ailleurs, de résider au chef-lieu même du 
canton dans lequel ils exercent. 

Ai^sistance judiciaire, — Le but de cette institution est de permettre à toute 
personne indigente de se faire rendre justice gratuitement. 11 n*est point néces- 
saire d'être complètement indigent pour obtenir l'assistance judiciaire. Il suffit 
que Ton prouve son impossibilité de supporter les frais d'un procès. Aussi la 
déclaration d'indigence délivrée par le maire et l'extrait du r61e des contri- 
butions sont-ils pièces indispensables à qui demande l'assistance judiciaire. 
Dans chaque tribunal d'arrondissement, un bureau d'assistance judiciaire. 

Servkn des prisona. — Dans le département : une maison de justice, à 
Mézières ; une maison d'arrêt dans chacune des villes de Charleville, de Rocroi, 
de Sedan et de Vouziers; et une maison d'emprisonnement à Rethel, dans la- 
quelle sont détenus les condamnés du département, dont la peine n'excède pas 
un an et un jour, et qui serts en même temps, de maison d'arrêt. 

Les Tribunaux de comtnerce jugent les contestations relatives aux engage- 
ments et transactions entre négociants, marchands et banquiers; les contesta- 
tions entre associés pour raison d'une Société de commerce; celles relatives 
aux actes de commerce entre toutes personnes. 



IL TRIBUNAUX DE COMMERCE. 

Les tribunaux de commerce ont comme ressort celui du tribunal de pre- 
mière instance de l'arrondissement où ils sont établis. Dans les arrondisse- 
ments où il n'y a pas de tribunal de commerce, les juges du tribunal civil 
exercent les fonctions attribuées aux juges de commerce. Chaque tribunal se 
cmnpose d'un président, déjuges et déjuges suppléants; tous électifs. 

1/élection des membres des tribunaux de commerce est régie par la loi du 
8 décembre 1883. La liste électorale est dressée, pour chaque commune, par 



— 65 — 

le maire, assisté de deux conseillers municipaux, désign<''s par le Conseil, dans 
la première quinzaine de septembre; elle comprend les électeurs qui rempli- 
ront, au !«' septembre, les conditions exigées. 

Sont électeurs, sauf les cas d'exclusion mentionnés en l'arlicle 2 de la loi : 
les citoyens français âgés de vingt-un ans, commerçants, patentés ou associés 
en nom collectif depuis cinq ans au moins, capitaines au long cours, et maîtres 
de cabotage ayant commandé des bâtiments pendant cinq ans, directeurs des 
Compagnies françaises anonymes de finances, de commerce et d'industrie, 
agents de change et courtiei's d'assurances maiitimes, courtiers de marchan- 
dises, courtiers interprètes et conducteurs de navires institués en vertu des 
articles 77, 79 et 80 du Code de commerce, les uns et les autres, après cinq 
années d'exercice, et tous, sans exception, devant être domiciUés depuis cinq ans 
au moins dans le ressort du tribunal. 

Une loi du 23 janvier 1898 a décidé que les femmes qui remplissent les con- 
ditions indiquées dans l'article l*"* de la loi du 8 décembre 1883, seront inscrites 
sur la liste électorale; toutefois elles ne seront pas éligibles. 

Le vote pour l'élection des juges de commerce a lieu, par cantons, à la mairie 
du chef-lieu; le bureau est désigné parle maire, l'adjoint ou un conseiller 
municipal délégué, assisté de quatre électeurs. La durée du scrutin est de 
six heures. 

Le procès-verbal des opérations est transmis au préfet, pour être soumis à 
une Commission siégeant à la préfecture et qui constate les résultats de 
Télection. 

Aucune élection n'est valable au premier tour de scrutin si les candidats 
n'ont pas obtenu la majorité des suffrages exprimés, et si cette majorité n'est 
pas égale au quart des électeurs inscrits. 

Le second tour, lorsqu'il est nécessaire, a lieu quinze jours après, et la 
majorité relative suffit, quel que soit le nombre des suffrages. 

On compte deux tribunaux de commerce dans les Ardennes : l'un à Gharle- 
vilie, l'autre à Sedan. 

Ils ont été institués par décret du 6 octobre 1809. 

Le Tribunal consulaire de Charleville comprend : un président, quatre juges 
titulaires, quatre juges suppléants, un greffier. Même nombre de président, 
de juges titulaires et suppléants, de greffier, pour le tribunal de Sedan. 

IN. CONSEILS DE PRUD'HOMMES. 

Les Conseils de prud'kommes sont principalement chargés de concilier les 
différends qui s'élèvent entre les fabricants et les chefs d'ateliers, contremaî- 
tres et apprentis, relativement à l'exercice de leur industrie, et de prononcer 
sur ces ditférends, en cas de non conciliation. 

Ils jugent en dernier ressort jusqu'à 200 francs, et en premier ressort 
au-dessus de cette somme. 

Les membres des Conseils de prud'hommes sont nommés pour six ans et 
renouvelables, par moitié, tous les trois ans. (Loi du 1*"" juin 18,*)3.j 

11 est dressé deux listes électorales, comprenjint : l'une les électeurs patrons, 
l'autre les électeurs ouvriers. Klles sont établies par le maire, assisté de dmix 
assesseurs qu'il choisit, l'un parmi les électeurs patrons, l'autre parmi les 
électeurs ouvriers. 

Sont électeurs : les patrons âgés de vingt-cinq ans accomplis, patentés de- 
puis cinq ans au moins et depuis trois ans dans la circonscription du Conseil; 
les associés en nom collectif, patentés ou non, âgés de vingt-cinq ans accom- 
plis, exerçant ilepuis cinq ans une profession assujettie à la contribution des 

5 



— «6 — 

patentes, et domiciliés depuis trois ans dans la circonscription du Conseil; les 
chefs d'ateliers, contremaîtres et ouvriers d^'és de vin;»t-cinq ans accomplis 
exerrant leur industrie depuis cinq ans au moins, domiciliés depuis trois ans, 
dans la circonscription du Conseil. .Ne doivent pas «Hre portés sur les listes, 
les étrangers et les personnes désignées dans les articles lo et 10 du décret 
or;zanique du 2 février 1852. 

Sont élij^ibles les électeurs àjzés de trente ans, sachant lire et écrire. Nul 
n'est élu au pr(;mier tour de scrulin s'il n'a pas réuni la majorité absolue, 
c'est-à-dire un nombre d<» voix supérieur à la moitié des suffrages exprimés. 

Le second tour de scrutin a lieu huit jours après. L'élection se fait alors à 
la majorité relative. 

Le procès-verbal des opérati^ms éleclorales est transmis au préfet. 11 est 
slalué sur les réclamations contre les <»péralions électorales dans les mêmes 
formes et délais ([n'en matière d'élections municipales. 

Les membres des Conseils de ]»rud'liommes élisent parmi eux un président 
et un vice-président, choisis l'un parmi les patrons, l'antre parmi les ouvriers. 
La durée de leurs fonctions est il'une année à partir du jour où ils sont 
nommés; ils sont indéfiniment rééli^nbles. 

Des (^.onseils d(i prud'hommes sièk'ent à Charleville, à Sedan et à llethel. 

Ils sont divisés i>ar caté«;ories : 

CAtnat'U de pnid* hommes de Sedan. — Décret du 2:^ août 1808, complété par 
le décret du 10 novembre, portant de huit ti seize les membres de cette 
assemblée dont la juridiction fut éteinlue à la métallur;|jfie et aux industries 
diverses. 

Prt'mu're catfUjorie, fabrication des tissus de laine : quatre membres patrons, 
quatre membres ouvriers. - Ih'tiwirme catt^f/orle, chaudronniers, ferblantiers, 
poèliers, fondeurs, lamineurs, forcerons, taillandiers, maréchaux -ferrants, 
ciiiistrucleur.s-mécaniciens, navetiers, serruriers : deux membres patrons, deux 
membres ouvriers. — Troiaifwe cntf^(jorle. carrossiers, charpentiers, charrons, 
maçons, marbriers-s«'ulpteurs, menuisiers, peintres en bâtiment, plafonneurs, 
pUltriers, tanneurs, mégis-iers, corroyeurs : deux membres patrons, deux 
membres ouvriers. 

Conseil de prud'hommes de Charleville. — Décret du 8 mai 1888. — Première 
e(itr(jorie, métallurgie : quatre membres patrons, quatre membres ouvriers. — 
Deuxième rMéyovie. industrie du bàtimi*nt : deux membres patrons, deux mem- 
bres ouvriers. — Tvomème aitrgork', industries diverses : deux membres pa- 
trons, deux membres ouvriers. 

Cnusfil de prud'honuut's de Rethel. — Décret du 3 novembre 1854. Cessa de 
fonctionner. Rétabli par décrets des 7 et 14 février 1892. — Première cuti^gorie^ 
rndustrie lainière : (juatre membres patrons, quatre membres ouvriers. — 
Deuxième catégorie, intlustrie des métaux : un membre patron, un membre 
ouvrier. — Troisième enlègorie, iiulustrie du bâtiment : un membre patron, un 
membre ouvrier. — Quatrième ratègorie, industries diverses : un membre pa- 
tron, un membre ouvrier. 

Plus, pour chaque tribunal de prud'hommes, un secrétaire du Conseil. 



IV. LA CRIMINALITÉ. 

Voici, relevé depuis 18.')0, c'est-à-dire pour la dernière moitié du siècle, 
sauf les années 1898 et 1899, le tableau de la criminalité dans le département 
des .Vrdennes : 



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3»' l ^ : " '■% '"^ i t § ° è a .2 \ a " 






- 68 - 

V. ASSISTANCE PUBLIQUE. 

Enfants assistés. — On nomme ainsi : 

i° Les enfants trouvés, abandonnés, et les orphelins pauvres dont le décret 
du 19 janvier 181i et la loi du 5 mai 1869 confient l'éducation à l'Assistance 
publique, qui les recueille et s*en occupe jusqu'à l'âge de vingt-un ans. 

2" Les enfants maltraités ou moralement abandonnés que la loi du 24 juil- 
let 1889 place également sous la surveillance de l'Assistance publique. 

3° Les enfants secourus temporairem(»nt (enfants naturels, orphelins de veufs 
et de veuves, de familles indigentes). 

Au service des Enfants assistés se rattache, en exécution de la loi du 23 dé- 
cembre 1874 et du décret du 17 février 1877, la protection des enfants du 
premit»!* âge. 

La surveillance des Enfants assistés est spécialement confiée à des inspec- 
teurs, nommés par le Ministre de l'intérieur et dont le traitement est à la 
charge de l'Etat. Les bureaux de l'Assistance se trouvent à la préfecture. 

En résidence : à CharleviUe, un inspecteur des établissements de bienfaisance 
et des Enfants assistés ; à Mèzières, un sous-inspecteur. 

Hôpitaux et Hospices, — Dans le département, onze communes qui possèdent 
un hôpital ou un hospice ; ce sont : Asfeld, Bazeilles, Charleville, Château- 
Porcien, Donchery, Fumay, Mézières, Mouzon, Rethel, Sedan et Vouziers. — 
En outre, à Saint-Ciermainmont, un hospice particulier fondé par M. Linard. 

L'hôpital de Mézières est, à la fois, civil et militaire; Givet et Sedan ont un 
hôpital militaire. 

Les Bareaux de bienfaisance ont pour mission de faire distribuer à domicile 
et en nature, autant que possible, des secours aux personnes nécessiteuses et 
de faire soigner au sein de leurs familles les indigents malades ou infirmes, 
qui, sans ce secours, seraient obligés d'entrer dans les hôpitaux. 

A défaut d'hospice ou de bureau do bienfaisance, fonctionne un bureau 
d'assistance, régi par la loi du 21 août 1873 (articles 1 à 5), modifiée par la 
loi du 5 août 1879, et possédant, outre les attributions qui lui sont dévolues 
par la loi du 15 juillet 1893, tous les droits et attributions qui appartiennent 
au bureau de bienfaisance. 

Cent quatre-vingt-six communes des Ardennes possèdent des bureaux de 
bienfaisance régulièrement organisés, dont la comptabilité est tenue par les 
receveurs municipaux. 

VL ORGANISATION RELIGIEUSE. 

Province de Reims, — La province de Heims comprend les diocèses de Reims, 
de Soissons, de ChAlons, de Beauvais et d'Amiens. L'arrondissement de Reims 
et le département des Ardennes forment la circonscription de ce «liocèse dont 
la population est de .*i2.*),983 habitants. 

A Reims, un cardinal-archet étjiie. — « Dès le milieu du troisième siècle, dit 
J. Hubert : (Ikocraphik dks Ardknnks, p. 17-19, Reims possédait un siège épis- 
copal. A ré])oque où fut rédigée la Sotirc des ])rovlnces de la Gaule (de 395 à 
423), les onze cités qui suivent dépendaient tie la métropole de Reims : Sois- 
sons, ChAIons, Vermand — ville détruite au cinquième siècle par les barbares, 
aujourd'hui tout petit village près de Saint-QucMitin, — Arras, Cambrai, Sentis, 
Tournai, Reauvais, Amiens, Térouanc l't Boulogne ; et il est vraisemblable 
que chacune de ces villes avait alors son évèque particulier. A la fin du cin- 
quième siècle, saint Rémi ajoutait une douzième cité aux on/e précédentes, 
en érigeant un siège épiscopal à Laon, dont il forma le diocèse au moyen d'un 



— 69 — 

démembrement de son diocèse métropolitain. Mais, dans le cours des deux 
siècles qui suivirent, le nombre des sufTragants de la métropole de Heims 
diminua, par la réunion successive de l'évèché d'Arras à celui de Cambrai, de 
l'évéché de Tournai à celui de Noyon, enfin de l'évèché de Boulogne à celui 
de Térouane. Les deux sièges d'Arras et de Tournai ayant été rétablis, le pre- 
mier en 1094, le second en H46, la province ecclésiastique de Reims se com- 
posa, pendant toute la seconde moitié du moyen âge, des évéchés de Soissons, 
Laon, (^hàlons-sur-Marne, Beauvais, Xoyon, Amiens, Senlis, Cambi-ai, Arras, 
Térouane et Tournai. 

« En 1559, l'érection de l'évèché de Cambrai en siège archiépiscopal détacha 
de la métropole de Reims les évèchés de Cambrai, d'Arras et de Tournai. En 
même temps, l'ancien siège épiscopal de Térouane fut supprimé, et de ses dé- 
bris furent formés trois nouveaux diocèses, dont l'un, celui de Boulogne, 
demeura soumis à la métropole primitive, tandis que les deux autres, ceux 
de Saint-Omer et d'Ypres, furent soumis, le premier à la métropole de Cam- 
brai, le second à la métropole de Malines. A partir de loo9, la province ecclé- 
siastique de Reims se composa des évéchés de Laon, Soissons, Beauvais, 
Chàlons-sur-Marne, Noyon, Amiens, Senlis et Boulogne. 

« La Constitution de 1790 donnait à l'église de Reims le titre de métropole 
de l'arrondissement du nord-est, et lui assignait pour suflVagants les sièges de 
Soissons, Verdun, Metz, Nancy et (iambrai, auxquels on ajouta l'évèché de 
Sedan, créé pour le nouveau département des Ardennes, et détaché du dio- 
cèse métropolitain. Au rétablissement du culte, en 1802, le siège de Sedan fut 
supprimé, et le département des Ardennes, qui formait sa circonscription, fut 
réuni au diocèse de Metz, auquel il appartint jusqu'en 1822, époque à laquelle 
il fut restitué au diocèse de Reims. Quant au siège archiépiscopal de Reims, 
le concordat de 1802 le supprima entièrement, et comme métropole, et même 
comme simple évéché, puis l'incorporait au diocèse de Meaux. Il a été rétabli dans 
son ancienne dignité par le concordat de 1821, et, depuis lors, il comprend, 
dans sa juridiction métropolitaine, les quatre évèchés de Soissons, Chdlons, 
Beauvais et Amiens. 

« Les archevêques de Reims furent revêlus, dès les lemps les plus reculés, 
du double titre de légats nés du Saint-Siège et de primats de la Gaule-Bel- 
gique, qu'ils portent encore aujourd'hui. Gratifiés, en 940, du comté de Reims 
par le roi Louis d'Outre-Mer, ils échangèrent, vers le milieu du dix-septième 
siècle, leur titre de comtes pour celui de ducs et de premiers pairs de France, 
qu'ils conservèrent jusqu'à la Révolution française. C'est en leur qualité de 
premiers pairs ecclésiastiques qu'ils jouissaient du privilège exclusif de sacrer 
les rois dans leur église métropolitaine. » 

Le cardinal -archevêque est assisté d'une officialiU) dlocrsaine et de trois 
vicaires généraux, chargés spécialement, (*n ce qui concerne les Ardennes : 
l'un, des archiprêtrés de Reims et de Hethel; l'autre, des archiprêtrés de Char- 
lerille, de Mézières et de Rocml: h» troisième, des archiprêtrés de Sedan et de 
Vouziers. • 

VII. CLERGÉ PAROISSIAL. 

ArchhUncon*^ de Notir-Daine, foi niant Varchipreln^ de hethel dont dépendent 
Saint-Nicolas de Rethel, Retliel-Saint-Reniy, Asl'eld, CliAteau-Porcien, Chau- 
mont-Porcien, Juniville, Novion. 

Ai'chûiuwonti de Saint-Remy, formant : V urchiprètré de Chnrtevitle dont dé- 
pendent Monthermé et Renwez; Vurchiprctrê de Mi'zièresi dont dépendent Roul- 
zicourl, Signy-l'Abbaye, Vendresse ; Varchiprêln^ de Rocroi dont dépendent 
Fumay, Givet, Rocroi, Rumigny, Signy-le-Pelit. 



— 70 — 

Arrh'nlincnnt^ de Saint-Sixte, formant : Ydrehiprêtré de Sedan dont dépendent 
(^ariffnan, Donchery, Mouzon, Haucourt, Torcv-Sedan; Varchiprétré de Vouziers 
dont «li^pondent Attigny, fiuzancy, Le Cliesne, Grandpré, Machault, Monthois, 
TourtHron. 

Tous les curés des cliefs-lieux de cantons sont doyens, sauf les curés de 
Flize et d'Omont. iVeM/" communes n'ont pas d'églises : Sault-lesHethel, Wadi- 
mont, Le Theux, Tournavaux, Yvernaumont, Hocmont, Terron-les-Vendresse, 
le Mont-Dieu, Puilly. 

VIN. ÉTABLISSEMENTS D'ASSISTANCE OU DE CHARITÉ. 

Hospices. — Chavievflle, congrégation de Saint- Vincent-de-PauL — Château- 
Porcien, crmj^régation di» Saint-(^liarles, de iNancy. — Ihmchery, congrégation 
de Suinte-Cihrétienne. — F// w^y, congrégation de Sainte-i^hrétienne. — Mf^zières, 
congrégation de Saint-(iliarles, de .Nancy. — Mouzon, congrégation de Saint- 
Vincent-de-PauL — Rethcl, congrégation <le Saint-Vincent-de-PauL — Saint- 
Germainmont, religi<Hises de Sainte -(chrétienne. — Sedan, congrégation de 
Saint-Vinc«Mi(-de-PaiiL — Vous/Vrs, congrégation de la Divine Providence. 

Crèches. — Relhel. crèche Ilippolyte Noiret. — Bogny, crèche Alexandi-e 
Joseph. 

Hôtellerie. — Les Hauts-Butlrs (Monthermé), religieuses franciscaines. 

Noviciat. — Torcy-Sedan. rrligionses de Sainte-C^.hrétienne. 

Orphelinats. — Pont-Maugis (Noyers), rdigieufies de Sain t-( '.ha ri es, de Nancy. 
— Signy-t' Ahbaye, religieus«»s de Sainte-r.hrétienne. 

IX. CULTE PROTESTANT; CULTE ISRAÉLITE. 

Culte protestant. — Les départenienls des Ardenn«'s ot <le la Marne for- 
ment la circonscription du Consistoire de Sedan, qui cf)niple quatre paroisses: 
Sedan, Charlevillr, Kciins «'t (iliAlons, administrées chacune par un Conseil 
preshytéral. 

Paroisse tie Sedan. — Un pasteur, président du Onsistoire; un pasteur 
auxiliaire; un pasteur suffragant; un Conseil preshytéral; un orphelinat pro- 
testant. 

Paroiase de CharleviUe. — Un pasteur. 

Culte israélite. — Le ressoit du Cnnsistnire de Lille comprend les départe- 
ments du Nord, du Pas-<le-(ialais, de la Somme, de l'Aisne, des Ardennes et 
de la Maine. D«' ce Consistoire de Lille, dépendent donc les rabbinats de Lille, 
de Valenciennes, de CihAlons, de Heims et de Sedan. Le rabbin de Sedan est 
assisté d'une « Commission administrative ». Le ministre officiant n'est pas 
fonctionnaire de TKtat. Il est nommé, salarié par la commune, et doit être 
reconnu par le (Consistoire. 



iil 



f 



CHAPITRE Vil 



-^♦c- 



INSTRUCTION PUBLIQUE 

I. Instruction secondaire; instruction primaire. — II. Cours spéciaux d'adultes, 
ni. Conseil départemental; délégués cantonaux; commissions scolaires. 



I. INSTRUCTION SECONDAIRE; INSTRUCTION PRIMAIRE. 

LE département des Ardennes forme, avec c(mix de l'Aisne, du Nord, du 
Pas-de-Calais et de la Somme, une circonscription appartenant à TAca- 
démie de Lille. 

Le siège de l'Académie fut transtéré de Douai à Lille, en vertu d'une loi du 
17 décembre i888. 

A Mézières, un inspecteur d'Académie. Dans chaque chef-lieu d'arrondisse- 
ment, y compris aussi le chef-lieu du département, un inspecteur de l'ensei- 
gnement primaire. 

L'instruction secondaire est donnée : à Charleville, au lycée Chanzy pour les 
garçons, et au ///c'e S''rt'(jni} pour les filles; à Sedan, au collège Turenne pour 
les garçons, et au colU:ge communal de jeunes (illes. 

L'instruction primaire comprend (année i8î*8 prise comme moyenne), pour 
les établissements laïques : 

5 écoles primaires supérieures de f^arçons, recevant 473 garçons. 

2 écoles supérieures de filles, recevant i49 (illes. 

.9 cours complémentaires de garçons annexés à des écoles primaires élémen- 
taires et recevant 262 garçons. 

2 cours complémentaires de filles annexés à des écoles primaires élémen- 
taires et recevant 50 filles. 

213 écoles spéciales laïques de garçons et classes enfantines, recevant 
13,986 garçons et 26 filles. 

475 écoles spéciales laïques de filles et classes enfantines annexes, recevant 
1,323 garçons et 10,903 filles. 

.*y47 écoles mixtes laïques, recevant 5,711 f^arçons et 5,266 filles. 

20 écoles maternelles laïqutîs, recevant 1,505 garçons et et 1,437 filles. 

Totaux pour les écoles laïques : 762 établissements, recevant 23,260 garçons 
et 17,831 filles. 

Ecoles spéciales congréganistes de ûUea : 

4/ classes enfantines annexes, recevant 337 garçons et 3,130 filles. 



— 72 — 

18 écoles maternelles congréganisles recevant 943 garçons et 1,036 filles. 

Totaux pour les écoles congréganistes : 59 établissements qui reçoivent 
1,280 garçons et 4,166 filles. 

Total ^néral ;821 établissements, recevant 24,540 garçons et 21,997 filles. 

Statistif/ue du personnel des écoles publiques. — 607 instituteurs (directeurs 
ou adjoints) titulaires laïques; 69 instituteurs adjoints stagiaires /«îgiie.^, =676. 

316 institutrices (directrices ou adjointes) titulaires laïques; 92 adjointes 
stagiaires laïques, =: 408. 

Statistique du personnel congre ganiste. — 65 institutrices (directrices ou 
adjointes) titulaires congréganistes; 44 institutrices adjointes stagiaires congré- 
ganistes. = 109. 

Total général : 1,193. 

A Charleville, une école Normale d'instituteurs et une école Normale d'ins- 
titutrices. Depuis l'arrêté du 22 mai 1890, l'école Primaire supérieure de gar- 
çons de Monlhermé est assimilée aux écoles manuelles d'apprentissage et placée 
sous b* régime établi par la loi du 11 décembre 1880 que complète le décret 
réglenuîntaire du 17 mars 1888. Les écoles primaires supérieures comprennent 
des « sections pour travaux manuels >>. 



II. COURS SPÉCIAUX D'ADULTES. 

Il a été créé, à Cbarleville et à Sedan, un cours municipal de dessin, spécia- 
lement subventionné par l'Ktat. 

Des récompenses sont accordées, à la fin de chaque année, aux élèves les 
plus méritants. 

A ChSLTleville, le cours fonctionne, à l'école Primaire supérieure des gar- 
çons, rue des Kcoles, du mois de novembre à PAijues, de huit heures à 
neuf heures et demie du soir, savoir : 

Dessin industriel, 1" section (débutants) : les mardis et vendredis; 2* sec- 
tion : les mercredis et samedis. 

Dessin d'imitation et modelage : les lundis et jeudis. 

Des leçons de technologie sont données aux élèves du cours de dessin indus- 
triel par plusieurs membres de la Société des Anciens Elèves des Arts et 
Métiers; elles se confondent avec celles de dessin. 

En outre, des conférences publiques sur le Droit usuel et l'économie poli- 
tique furent faites par M. Bourgueil , procureur de la République, le mardi, 
de huit heures à neuf heures du soir. 

Le lundi, de huit heures à neuf heures du soir, comptabilité ; le dimanche, 
de huit heures et demie à dix heures du matin, chimie industrielle; le vendredi, 
de huit heures à neuf heures du soir, cours <le français et lettres d'affaires. 

A part les conférences de droit, ces cours s'adressent spécialement aux 
jeunes gens de treize à dix-huit ans; ils conservent le caractère de classes. 

A Sedan, les cours ont lieu du mois d'octobre à Pâques : de huit heures à 
neuf heures et demie du soir, au collège Turenne, pour les élèves de première 
année; et de huit heures à dix heures du soir, pour ceux de seconde année. 

Le cours de dessin géométriciue a lieu les mardis et mercredis, en ce qui 
concerne le travail du fer; les lundis et samedis, pour le bois; les vendredis, 
pour la pi(»rre. 

Le dessin d'imitation est enseigné les mardis, jeudis et samedis. 

Ecole municipale de thsage de Sedan. — Cette école, fondée en 1881, et qui 
a obtenu une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889, est subven- 
tionnée par l'Etat et très fréquentée. 

Elle reçoit les jeunes gens de seize ans et au-dessus, qui peuvent y acquérir 



— Ta- 
ies connaissances théoriques et pratiques les plus variées et les plus complètes 
sur l'industrie du tissage. 

Les cours commencent à huit heures du soir. Ils ont lieu : pour les élèves 
de première année, les lundis et vendredis; pour les élèves de deuxième 
année, les mardis et jeudis; pour les élèves de troisième année, les mercredis 
et samedis. 

Les élèves peuvent, en outre, suivre des cours d'anglais et d'allemand. 

IN. CONSEIL DÉPARTEMENTAL; DÉLÉGUÉS CANTONAUX; 

COMMISSION SCOLAIRE. 

Un Conseil fl^)arlemental de l'Enseignement primaire est institué dans chaque 
département. Il est composé ainsi qu'il suit (loi du 3U octohre i886, art. 44) : 

Le Préfet, président; l'Inspecteur d'Académie, vice-président; quatre Con- 
seillers généraux élus par leurs collègues; le Directeur de l'école Normale 
d'instituteurs et la Directrice de l'école Normale d'institulric<^s; deux institu- 
teurs et deux institutrices élus respectivement par les instituteurs et institu- 
trices publics titulaires du département et éligibles, soit parmi les directeurs 
et directrices d'écoles à plusieurs classes ou d'écoles annexes à l'école Nor- 
male, soit parmi les instituteurs et institutrices en retraite; deux inspecteurs 
de l'enseignement primaire, désignés par le ministre. 

Pour les affaires contentieuses et disciplinaires, intéressant les membres de 
renseignement primaire, deux membres de l'enseignement privé, l'un laïque, 
Tautrecongréganiste, élus par leuis collègues respectifs, sont adjoints au Conseil 
départemental. 

Le Conseil départemental donne son avis : sur la dispense de l'âge pour la 
titularisation des instituteurs; sur les demandes d'autoiisation d'ensoigner 
faites par des étrangers; sur l'application de la censure et de la révocation 
des directeurs et professeurs d'écoles primaires supérieures, et des directeurs 
d'écoles manuelles d'apprentissage; sur le nombre des élèves à admettre dans 
les écoles normales; sur la part contributive des communes réunies pour la 
construction et l'entretien des maisons d'école. 

Il autorise : un instituteur à exercer les fonctions de secrétaire de mairie; 
un instituteur à diriger une école mixte; une personne, non parente en ligne 
directe d'un instituteur, à exercer la qualité d'adjointe; la réunion de plusieurs 
communes pour l'entretien d'une école; le remplacement d'une école de filles 
par une école mixte; l'ouverture ou la fermeture d'un internat primaire dans 
une école publique; 

Désigne les délégués cantonaux ; désigne les membres du Conseil départe- 
mental délégués à l'inspection; dresse la liste des stagiaires à proposer pour 
le titulariat; la liste des instituteurs et des institutrices à proposer pour une 
promotion au choix; les tableaux pour les indemnités de résidence des insti- 
tuteurs ; 

Arrête l'organisation pédagogique des écoles d'après un règlement modèle ; 

Détermine le nombre, la nature et le siège des écoles primaires publiques; 

Applique la censure aux instituteurs privés; prononce l'interdiction à temps 
ou absolue d'un instituteur public ou privé ; se prononce sur les motifs do la sus- 
pension d'un instituteur; juge l'appel des décisions des commissions scolaires; 

Donne son avis sur la répartition des bourses niitionales d'enseignemoni pri- 
maire supérieur; connaît des frau(l(»s commises dans les examens primaires 
et prononce des peines; juge les oppositions faites à l'ouverture des écoles 
privées ; 

Donne son avis sur les récompenses honorifiques à accorderaux instituteurs 



- l'S — 

et aux institutrices; peut déclarer démissionnaire un membre d'une commis- 
sion scolaire «jui aura manqué à trois séanci^s consécutives. 

Drli^guéii cantonaiLv, — Le Conseil départemental désigne un ou plusieurs 
délé^'ués pour surveiller les écoles publiques et privées des communes qui 
leur sont attribuées. Nommés pour trois ans, ils sont rééligibles et toujours 
révocables. Chaque déléfjué correspond tant avec le Conseil départemental 
auquel il doit adresser ses rapports qu'avec l«?s autorités locales pour tout ce qui 
re«iarde l'état et b's besoins d(î rensi'i{in»'nient primain» dans sa circonscrip- 
tion. Les délégués se réunissant une t'ois au nmins tous b'S tiois mois au chef- 
lieu iW amlon, sous la présidence de celui qu'ils désignent, pour convenir des 
avis (pril convient de transmettre au (Conseil départenuMilal. 

L<'s délégués cantonaux n'ont entrer (jui' dans les écoles souniisiîs spéciale- 
ment par le Conseil départemental à la surveillance de chacun deux. Ils com- 
muniquent aux inspecteurs de Tinslruction primaire tous les renseignements 
utiles (ju'ils ont pu recueillir. 

Ils sont consultés : sur la conv<'nance (b's locaux que les communes doivent 
fournir pour la tenue, des écoles publiqut's; >ur la tixation du nombre des 
écoles à établir dans les communes, et sur l opportunité dt? la création d'écoles 
de hameau; sur les demandes de création demploi d'instituteur adjoint et 
d'institutrice adjointe. 

L'inspection des délégués cantonaux et des membres du Conseil départe- 
mental (lési^M)és à cet effet, s'exerce dans les écoles publiques, sur l'état des 
locaux et du matériel, sur l'hygiène et la tenue des élevés. Elle ne peut 
jamais porter sur l'appréciation des méthodes employées dans l'école, mais le 
délé;:ué a le droit d'examinei' les cahiers, et d interroger les élèves. 

l ne Cntiunisalon scolairr, cjue c«unposent h» maire ou le second adjoint, des 
délégués du cantrni et, dans les communes comprenant plusieurs cantons — 
par exemple Sedan, — autant de délégués qu'il y a de cantons désignés parle 
Conseil municipal, veille a ce que les pan;nts envoient de façon régulière leurs 
enfants aux écoles. La Commission peut faire comparaître devant elle le père 
négligent, s'il persiste dans sa négligence, et faire afiicher son nom à la mairie. 
En cas de troisième récidive, le juge de paix peut condamner à la prison; 
peines d'ailleurs absfdumeni théoriques, car nous n'avons pas entendu dire 
qu'elles ai«^nt été appliquées dans les Ardennes. D'ailleurs les commissions 
scolaires semblent tomber — et c'est chose fâcheuse^ — en désuétude d'années 
en années. Alors qu'elles devraient se réunir une fois par trimestre, elles ne 
se réunissent presque jamais, en bien des endroits, ou, pour être plus précis, 
jamais. 

Enfin, v.n exécution d'une circulaire de M. \o Ministre de l'instruction pu- 
blique, des beaux-arts et i[e> cult<»s (23 juin 1896), l'examen fies projets de 
constructions scolaires est cc^nlîé à un Comité mixte, composé d'une délégation 
de membres pris dans la Commission d'architecture et dans le Conseil dépar- 
temental d'hygiène. 



■^*~r. 



CHAPITRE VIII 



-D«C- 



AGRICULTURE 

I. Les zones agricoles. — H. Les cultures. — IIL Les animaux. — IV. Industries 
annexes. — V. Organisation agricole. — VI. Statistique agricole des Ardennes. — 
VI[. Division de la propriété. 



J. LES ZONES AGRICOLES. 

TROIS zones agricoles, absolument les mêmes (jue les trois zones ^'éolo- 
giques (voir Chap. I : Cnnstlttition (jrolo(jit/i((' du fif^nrtemenf, ^ m, et les 
tr^ois zotim, ^ \) : l** zone arclennaise, qui comprend la presque totalité 
de l'arrondissemcMît de Hocroi, la plus grande partie des régions de Mézières 
et de Sedan ; 2" zone centrale, qui s'étend de la Sormonne, de la Meuse el de 
la Chiers aux rives de l'Aisne; 3° zone méridionale, ou partie principale des 
arrondissements de Vouziers et de Hethel. 

Lu première' zone est essentiellement forestière. Son climat froid, rigoureux, 
et surtout la natnre du sol, ne permettent point la culture du froment. Quel- 
ques landes défrichées sont devenues pâturages assez maigres. Lf terrain, 
schisteux, acide, souvent humide, est rebelle à toute culture vraiment pro- 
ductive. L'épaisseur de la couche arable est, en maints endroits, nulle; par 
exemple sur les pentes qui bordent la si pittoresque vallée de la Meuse, de 
Charleville à Givet. L'élevage d«^s chevaux, et plus particulièrement des bétes 
à cornes, caractérise l'industrie principale de celte zone où, souvent, la pénurie 
de litière est telle que le cultivateur doit recourir à la feuillée, aux mousses, aux 
fougères, aux tourbes de Hollande. Hécolte de pommes de terre, d'épeautre, 
de seigle. L'analyse du sol, faite dans la région de Maubert-Fontaine par 
M. Joulie, sous les auspices du syndicat, a donné : 

Eléments utiles Dans 1 ,000 kil. A lliectare 

dans 0"2U d*épaisB«ar 

Acide phosphorique 1,47 .S, 880 

Potasse 6,33 25,320 

Chaux 4,04 i6,160 

Magnésie 4,42 17,680 

Oxyde de fer 76,14 304,560 

Azote 2,24 8,960 



s 1,000 klL 


A llieotare 




ilans 0*20 d'èpaitMor 


2.17 


9,480 


1,80 


7,200 


40,01 


40,040 


3,12 


12,480 


83,37 


733,320 


1,43 


5,720 



— 76 — 

Deuxième zone, — Sol de nature très variable que découpent, en tous sens, 
de petites vallées tributaires : les unes, de la Meuse; les autres, de TAisne. 
Elle sépare nettement les plaines crayeuses de la Champagne des schistes de 
la région rocroienne. Ces terrains argilo-siliceux ou, suivant leur situation, 
argilo-calcaire, possèdent tous les éléments que réclame une bonne végétation ; 
cependant l'acide phosphorique, l'azote et la chaux ne sont pas toujours en 
quantité suffisante. Zone riche en cultures variées, parmi lesquelles les bette- 
raves à sucre, les arbres fruitiers, et de laquelle le mouton a complètement 
disparu, conséquence de l'extension prise par les herbages pour bétes à cornes 
et par la diminution de la jachère. L'analyse du sol a donné : 

Eléments utiles I 

Acide phosphorique 

Potasse 

Chaux 

Magnésie 

Oxvde de fer 

Azote 

Troisième zoiif. — Presque tout entière composée de terrains crétacés. Elle 
va rejoindre au sud les plaines champenoises souvent stériles. Sol sec, brûlant, 
ayant vile raison de la matière organique à lui fournie par les fumiers et les 
engrais verts de sidération; parfois d'une excessive pauvreté en humus. C'est 
la région du mouton mérinos, inférieur à celui du Soissonnais et du Chàtil- 
lonnais. L'analyse du sol faite à La Neuville-en-Tourne-à-Fuy donne : 

Eléments utiles Dans 1,000 kil. A l'hectare 

(laiu W'IO d'épaiuenr 

Acide phosphorique 

Potasse 

Chaux 

Magnésie 

Oxyde de fer 

Azole 1,10 4,'iOO 

On peut synthétiser, en ce tableau récapitulatif — ayant éliminé l'azote 
que maintes causes accidentelles peuvent faire varier, — les trois éléments 
minéraux qui sont d'un intérêt direct, indispensable, primordial pour la végé- 
tation : 

Première zone Deuxième zone Troisième zone 

(nord) (niédiane) (sud) 

Potasse 2;i,320 kiL 9,480 9,960 

Chaux 26,160 40,040 1,753,420 

Acide phosphorique .... 5,880 9,480 9,960 

Dans les trois zones, de nombreuses friches : tvha, ri^zes. Au nord, les landes 
schisteuses, où l'on récolte de médiocres litières : fougères, graminées gros- 
sières, genêts; — au centre, les « friches » sont de maigres piUurages à mou- 
tons sur le flanc et au sommet de coteaux pierreux, puis, en maints endroits, 
des marécages inaccessibles aux bestiaux; — dans la partie sud, les friches 
sont représentées par les mauvaises terres crayeuses de la Champagne. 



2,49 


9,960 


1,50 


6,000 


438,37 


i,7:)3,480 


0,88 


3,520 


21,60 


86,400 



— 77 — 



II. LES CULTURES. 



Distribution des cultures. — Les arrondissements de Mézières et de Rocroi 
n'ont point de culture industrielle; la culture de la chicorée à café ayant dis- 
paru presque entièrement parce que la main-d'œuvre était trop chère, et la 
sucrerie de Charleville ayant été transférée dans l'Aisne. On n'y rencontre 
alors, en dehors des forêts, que des prairies à faucher ou à pâturer, des céréales 
et des fourrages. Dans les trois autres arrondissements, se trouvent, outre les 
cultures que nous venons de dire : la betterave à sucre, l'osier — sauf en Cham- 
pagne — et quelques vignes. 

L'assolement triennal est le plus en usage dans la petite culture : c'est une 
conséquence du morcellement de la propriété et de l'insuffisance des chemins 
d'accès; 1" année, jachère; 2« année, blé; 3* année, avoine. La jachère est 
utilisée par des fourrages temporaires, des prairies artificielles, des plantes 
sarclées : betteraves, carottes, pommes de terre. Dans la grande culture, 
d'autres assolements plus intensifs sont en vigueur; par exemple, rayon des 
sucreries, assolement biennal : i" année, betterave à sucre; 2« année, blé. 
Puis, enfin, mais plus rare, un assolement quadriennal : 1" année, bette- 
raves ou plantes sarclées; 2* année, avoine et trèfle; 3® année, trèfle, dont 
partie pour sidération ; 4« année, blé. 

Naguère, nos cultivateurs voulurent semer des céréales améliorées et de 
grand rendement : blés Sherifî, Halett, Victoria, de Bordeaux; mais l'hiver 
1890-91 portait un coup terrible à ces essais. Tous les blés étrangers, sans 
exception, furent gelés, et l'on ne récolta en 1891 que des blés de pays. Quant 
aux « avoines de mars » — la rigueur du climat ne permettant point la culture 
des avoines d'hiver, — les bonnes variétés : noire de Brie, jaune de Flandre, 
prolifique de Californie, jaune géante à grappes, se répandent de plus en plus, 
grâce au Syndicat — dont nous parlerons bientôt — qui les propage. 

De même pour les betteraves à sucre et les betteraves fourragères, surtout 
pour les pommes de terre dont la variété « Richters-Imperator » est cultivée 
sur un grand nombre de points, à cause de son rendement fort appréciable en 
poids et en fécule. On peut lui reprocher cependant sa tardivité qui, dans les 
Ardennes, où le blé doit être semé d'assez bonne heure, s'oppose parfois à ce 
que ce blé donne tout son rendement désirable et normal. 

III. LES ANIMAUX. 

Espèce bovine. — Pas de race particulière. La population bovine est formée 
d'un tel amalgame hétérogène d'animaux qu'il n'est pas possible de la carac- 
tériser scientifiquement. La cause en est au voisinage de la frontière et aux 
importations si diverses dans notre département. C'est donc un bétail mal 
défini, nommé « Meusien » : Durham, Hollan<lais, Normand, Flamand, puis 
des croisements d'animaux de pays avec, de préférence, le Durham. Proche 
des villes où l'on vend le lait en nature, le Hollandais pur, et ses croisements, 
domine. 

Dans les bonnes vacheries, se trouve presque toujours un taureau Durham 
pour le croisement avec les vaches hollandaises; d'où des veaux plus aptes à 
l'engraissement et mieux conformés. Loin des villes, prévalent l'élevage, ou 
l'engraissement en pâture, ou la fabrication du beurre, ou la production du 
lait pour les beurreries et les fromageries qui s'^ multiplient de Jour en jour. 
Dans la région sud-champenoise, une s])éculation toute particulière : celle des 
veaux gras dits « veaux de lait >». Comme les éleveurs ne trouvent point tou- 
jours un débouché fructueux pour le lait, ils laissent téter le veau jusqu'à trois 



— 78 — 

mois et le vendent al(H\s, quand il atlein! le poids vif de 150 kil. environ. Les 
<( veaux {irîis de Cdianipa^Mie » sont très renoninit^s. 

Dans la réjL(ion nonl <'t dans la rt^^itm centrale, la slabulation commence en 
novembre et se termine aux premiers jours d'avril. Alors les animaux vivent 
en plein pAlura^^e sans discontinuer, jusqu'au retour du froid. Des piquets 
reliés entre «'ux par des lîls de fer, ou des « (ils ronces », clôturent ces pâtu- 
rages, dans lesquels un abreuvoir; mais point d'abri, sauf l'abri naturel que 
peuvent offrir quelqnes arbres. Dans la zone sud, absence absolue de pàtu- 
ra^«»s, le sol sec et crayeux ne les favorisant point; d'où strabulation perma- 
nente. Maints propriétaires ne sont que tout simplement berba^'ers, c'est-à- 
dire qu'ils ne possèdent ni ferme, ni culture. I.e domaine tout entier est un 
pàturajze clos. î/berbaj^er achète, soit dans bîs Ardennes, soit dans Id Meuse, 
soit dans la Hretai^ne, des animaux plus ou moins maigies qui deviennent 
animaux de boucherie lorsqu'ils sont en^raiss*^ a point. Selon la qualité de 
rberba^'»» et la répartition des pluies, on peut nourrir pendant l'été, et par 
hectare, de 300 à 1,100 kilo^i^rammes, poids vif d'animaux. Depuis une vingtaine 
d'années, l'étendue des pâturages augmente sensiblement. Le bœuf, en Ardenne, 
n'est utilisé comme bêle de trait que dans les sucreries : bœufs uivernais qui 
servent à transporter les betteraves, à faire les labours, et que l'on engraisse 
ensuite avec pulpes, et tourteaux. 

Esjfcrt' cht'ralbu'. — De mènn? (jue pour l'espèce bovine, pas de race cheva- 
line particulière. Toutefois, jadis, il en existait une spéciale dont l'arrondisse- 
ment de Hocroi et aussi le nord de l'arrondissement de Mézières étaient le 
berceau. Cette race ardennaise possédait toutes les qualités de la race bre- 
tonne dont elle était proche voisine ; petitesse de Uiille, endurance, sobriété, 
content(? de son pjUurage sous bois : il en reste encore ((uelques types aujour- 
d'hui, (le cheval, d'ailleurs, s'appelait le « cheval de bois ». C'est pour — autant 
que possible — reconstituer cette race, toutefois avec plus d'étoffe et meil- 
leure nourriture, qu'a été créé le Stiid-Book, C'est dans la partie nord des 
Ardennes que se fait plus particulièrement l'élevage du cheval; non celui des 
« ractîs fines », mais du cheval à deux fins : le cheval de trait moven et le 
« carrossier ». Quant aux étalons, ils sont ou boulonnais, ou percherons, ou 
d'origine belge. 

Espèce ovUie. — Oc4upait, autrefois, tout l'ensemble du département. Elle a 
disparu des zones nord et centre, et s'est localisée dans la zone sud. En outre, 
la <' population ovine >. fendrait à décrcTitre. Il en faut trouver les causes dans 
le prix moins rémunérateur des laines et dans la transformation des systèmes 
de culture; la réduction des jachères ayant diminué les parcours à moutons. 
Ce n'est plus guère que dans la zone champenoise, où le sol très sec est favorable 
aux animaux de l'espèce ovine, que l'on entretient des troupeaux, presque 
tous de race mérinos. Les agneaux naissent en novembre et en décembre. Les 
béliers loués appartiennent aux bons éleveurs de la Marne et de l'Aisne (Sois- 
sonnais) : location variant de 150 à 200 francs, selon les bergeries. Les ani- 
maux restent pendant tout l'hiver en stabulation permanente. Kn été, les trou- 
peaux sont gardés à vue, ou parqués. Un bon berger gagne de 600 à 700 francs 
pai' an. Mais les beigers deviennent de |>lus en plus rares; le métier étant dur, 
contemplatif, sans trêve de fêtes, de jeudis ou de dimanch«»s. 

Eapccr porciru*. — L'élevage et l'engraissage du porc tiennent une place 
énorme dans les Ardennes. Le porc, dans tout petit ménage, est l'animal indis- 
pensable. Comme ra<es, les Lorrains, les Craonnais, les Roulonnais, plus ou 
moins croisés avec les races anglaises. Ce que nos populations ardennaises 
recherchent dans le porc, c'est surtout le lard et la viande, et beaucoup moins 
la graisse; la cuisine, en nos régions, se faisant plutôt an beurre qu'au saindoux. 



— 79 



IV. INDUSTRIES ANNEXES. 



A si;j;naler, parmi les indiistrios annexes : une frnilprieh Olizy; qnelqiK's '/?*s- 
tiUen'f*fi, quelques houilleuni de cnl, plusieurs huUcrlfn dans le voisinak'e des 
fon'^ls où Ton técolle la faîne et dans cirlains villages où l'on cultive TceillcMe. 

Sucrenea. — Sept sucreries : a Acv-lîonianee, à Aniagne, à AMi^niy, à 
Douzy, à Ecly, à Sainl-Germainniont, à Vonzicrs. Pendant « la cani]>ajzne »> 
de i896-1807 — ])rise oonmie moyenne, — elles ont « mis en u*uvre >» 
^29,898,270 kilo'ïrammes de b«'tt«'raves ayant produit une (juantiié total»» de 
13, 141,754 kil. de n sucre en raffiné », ainsi réparti : 08;'), 38.") kil. sont « all<''S 
h la consommation >» ; 174,131 kil. servirent au sucrage des vendanges; 
10,687,206 kil. ont été dirigés sur les entrepôts; 800,S70 kil. ont été exportés; 
133,169 kil. ont été envoyés dans les laluiques; cnlin !♦' reste, soit ('>60,'.iS7 kil. 
contenus dans les mélasses, servit à riîjdu>trie. 

A Sery et à Villers-devant-le-Thour, deux rilpcrtr!; annexes à la fabrique de 
Saint-Germainmont. Le nombre de jours de nipages pour les sept fabiiipies 
du déparlement fut, pendant cette campagne de 181)6-1897, de oSO, pendant 
lesquels on employa 929 hommes, 72 femmes et 33 <Mifants, avec un salaire 
moyen de : 3 fr. 90 pour les hommes; / fr. 93 pour les femmes; et 1 fr. 83 
pour les enfants. 

Lailf'i'irs. fronifKjt'rii'n. hetirirrifu. — Vne fromagerie spéciale à Asfeld; et 
dans le département, de nombreuses hiiteries indus! ri(41es; les unes sont la 
propriété d'un seul cultivateur, les autres appartiennent à des associations. 
Ces laiteries, ces fromageri<'s sont parfaitement outillées : moteurs à vap«Mir ou 
hydrauliques, écrémeuses centrifuges, barattes montées sur pivot, malaxeurs, 
moules à beurre. 

ApiruKiirp, avlniUure, pisciailhm*. — Dans maints villages, des ruches 
d'abeilles. Toutefois, à part quelques rares exceptions, ne sont pas employés 
les moyens perfectionnés qui permettraient de faire* rendre à l'apiculture son 
entier produit normal et possible. Tons les cultivateurs ont dans leurs basses- 
cours des poules, des pigeons, des oies, des canards, des dindons, quelques 
pintades, qu'ils vendent aux marchés; mais ils ne cherchent point Tamélio- 
ralion des races; ils se contentent des races du pays. En ce qui concerne la 
pisciculture, elle est nulle en dehors de ce que fait lAdministration des Ponts 
et (Chaussées pour le repeujdenienl des cours d'eau. 

Plantation d'avhve!^. — Chaque année, ptirticulièrement dans la zone moyenne 
et centrale, sont plantés i\o nombreux arbres à fruits : cerisiers, poiriers, mais 
surtout pommiers, parce que le cidre est «l'un écoulement facile et rémunéra- 
teur. Plantations soit en bordure dans les champs, soit en lignes distantes de !,*> à 
20 mètres dans les herbages. Elles sont beaucouf» plus soignées qu'autrefois. 
Le long des chemins dits de « grande communication »>, les arbres fruitiers 
tendent a remplacer les arbres foiestif»rs. Dans la partie sud des Ardennes, 
quelques vignes — toutefois aucun effort pour reconstituer les vignobles — non 
encore atteintes par le phylloxéra, mais qui souffrent aimuellement du mildew; 
sur les terrains incultes, sur les landes, dans les terrains crayeux, (pielques 
essais de reboisements. Surd<* petites étendues où l'on essaie diverses essences 
résineuses, se rencontrent le pin noir <rAutiiclie, le pin sylvestre, le bouleau, 
l'aulne, (^est certainement le meilleur emploi que r<»n puisse faire des ter- 
rains incultes à couche arable ayant [)eu dépaisseur H s'étageant sui* des 
pentes assez rai des. 

Champs de dnnonMratinnii. — 11 y eut, autrefois, environ soixante-dix champs 
de démonstraticuis placés le long des routes, souvent même à l'intersection de 



— 80 — 

deux chemins. Un poteau indicateur, portant cet avis : « Champ de démons- 
trations », le signalait à l'attention publique. Une boîte vitrée et {grillagée con- 
tenait le plan du champ, un tableau indiquant la formule d'engrais employés, 
la dépense faite, en un mot toutes les indications nécessaires pour que la 
« démonstration » fut pratique et fructueuse. 

Ces champs étaient divisés en deux parcelles; Tune, exactement de iO ares, 
recevait la fumure complémentaire en engrais chimiques; l'autre, d'une con- 
tenance quelconque, mais toutefois non inférieure à 10 ares, ne recevait que 
la fumure usitée dans le pays et servait de témoin. Ces champs de démons- 
tration n'existent plus : on a jugé que l'impulsion, que l'élan vers l'emploi des 
engrais chimiques suffisaient. 

Exploitation. — Dans les Ardennes, le métayage est inconnu. En certaines 
localités, où l'on cultive surtout l'oignon et la carotte rouge (Ecordal, Allan- 
d'huy, Charbogne, Saint-Lambert), une coutume se rapproche assez du métayage. 
C'est, pour ainsi parler, une « culture à moitié produit ». Le propriétaire remet 
son sol fumé et préparé, le preneur sème, donne tous les soins nécessaires pour 
obtenir une bonne récolte, et le partage se fait. Mais en dehors de celte cou- 
tume, d'ailleurs limitée spécialement à cette région, deux modes seulement 
d'exploitation agricole : « le faire-valoir direct », pour la moyenne et la petite 
culture; le « fermage », pour la grande culture. A signaler encore un autre 
mode que l'on pourrait appeler un « mode mixte ». Le propriétaire loue 
quelques-unes de ses terres : il devient alors propriétaire pour partie de son 
exploitation, et fermier pour le surplus. 



V. ORGANISATION AGRICOLE. 

A Charte ville, un professeur d'^partementul iVagricuUure dont le décret du 
9 juin 4880 détermine les attributions : 1° enseignement agricole à l'école Normale 
primaire, et, si les nécessités l'exigent, dans les autres établissements d'instruc- 
tion publique; 2° conférences agricoles dans les campagnes; 3° travaux ou 
missions, à la demande du Préfet ou du Ministre de l'agriculture. 

A Vouziers, une chaire d* arrondisse ment instituée le 26 juin 4891, par arrêté 
ministériel. L'enseignement comprend : 1° un cours d'adultes à Vouziers et 
dans une commune rurale de l'arrondissement; 2° cours réguliers des travaux 
intérieurs de la ferme, de jardinage et d'arboriculture; ils se font à l'école 
primaire publique des lilles à Vouziers. 

V>\\ arrêté ministériel créait (h? 7 mars 4890) dans les Ardennes, à Rethel, une 
école pratique d'Agriculture pour former des « chefs de culture » et donner 
une bonne instruction professionnelle aux fils do cultivateurs, de propriétaires 
et de fermiers, comme aussi, d'ailleurs, à tous les jeunes gens que séduit la car- 
rière agricole. Des bourses d'examen ont été fondées par l'Etat, par le Dépar- 
tement, par le Cercle agricole, par la Ville de Hethel. C'est l'école que créait 
M. Litianl. 

Les boursesdéparlemeiital<*s sont exelusivemeiit réservées à des jeunes gens 
domiciliés dans le département des Ardennes. Les élèves sont reçus après un 
examen qui a lieu tous les ans au siège de l'école, U* deuxième lundi d'aotït. 
Les cours commencent le deuxième lundi d'octobre et se terminent le 6 sep- 
tembre. Les candidats doiv(;nt avoii' Ireizt; ans, au moins, et dix-huit ans, au 
plus, dans l'année de leur admission. 

En outre, un arrêté ministériel, en date du 27 novembre 4893, instituait, 
comme annexe à cette école prati(|ue d'Agriculture de Hethel, une station agro- 
nomiqiu*, ou lahoraloire de recherches et d'analyses, qui fonctionne depuis le 
l**" février 4894. Les agiiculleuis peuvent alors connaître la composition du 



— 81 — 

sol qu'ils cultivent, être fixés sur la valeur et la destination des engrais que 
leur offœ le commerce. 

SyndirMt ties agnciiUeiirs ardennnis. — Cette institution, fondée le 4 février 1884 
entre les agriculteurs des Ardennes, sur l'initiative du professeur départe- 
mental d'agriculture, a pour but l'achat en commun de toutes les matières, 
engrais, plâtre, sels, tourteaux, graines utiles à Tagriculture, et aussi l acqui- 
sition des machines agricoles nécessaires. Le Syndicat, servant d'intermédiaire 
entre les vendeurs et les acheteurs, défend ainsi les intérêts de ses associés, 
en même temps quil contrôle, à l'aide d'une rigoureuse analyse, l'authenlicité 
et l'excellence des matières achetées. C'est à Poix-Terron que sont centralisés 
tous les engrais achetés par le Syndicat, dont le tableau que voici nous montre 
la marche ascendante depuis ses origines jusqu'à l'année 4898 : 





Années 


Adhérents 


Tonnage 


Valeur 










des matii'resi achflées 


des matières arbetéei 


4« 


annétî 


• fl884)... 


730 


512.000 kil. 


52.000 fr. 


2= 




(4883;... 


1.144 


1.426.000 


448.000 


3«^ 




(1886)... 


1.845 


2 . 309 . 000 


205 . 700 


4« 




(4887;... 


2.250 


3.664.000 


295.670 


5« 




(4888)... 


3 . 000 


5.986.400 


430.900 


6« 




(4880)... 


3 . 600 


6.503.000 


445.400 


7« 




(1890)... 


3.800 


4.781.900 


452 . 390 


8* 




(4894)... 


4.066 


4.409.100 


458.490 


9-* 


— 


(4892)... 


4.502 


5 . 20C . 900 


545 . 430 


40* 




(4893)... 


4.724 


5 . 609 . 500 


584.140 


44* 




(4894)... 


4.734 


6 . 387 . 400 


747 . 580 


42* 




(489oj... 


4.747 


5.306.200 


524.260 


13'' 




(4896V.. 


4.682 


6.320.500 


545 . 570 


44* 




(4897J... 


4.785 


8 . 730 . 000 


673.540 


4:î« 




(4898)... 


5.029 
Totaux 


8.572.300 


706.620 




75.544.200 kU. 


6.782.390 fr. 



Concours régionaux agricoles. — Aux termes d'un arrêté de M. le Ministre de 
l'agriculture du 6 juillet 4892, le nombre des concours régionaux a été réduit 
de huit à cinq, par an, à partir de 4893. 

Le concours de la région dont fait partie le département des Ardennes eut 
lieu à Charleville-Mézières — dans la prairie qui sépare, le long de la Meuse, 
les deux cités — en juin 4898. Il fut très réussi, très animé, très brillant, lais- 
sant chez tous, exposants et visiteurs, le plus agréable souvenir. Pareil concours 
se fera en 1899 dans la Somme, et en 4900 dans les Vosges. 

Les Comices et les Cei'cles agricoles sont des associations libres, formées 
par des cultivateurs et des propriétaires qui se réunissent pour seconder le 
développement des progrès de l'agriculture dans la circonscription qu'elles 
embrassent. 

Un Comice existe dans chacun dos arrondissements du département des 
Ardennes. Un Cercle a, en outre, été créé dans les arrondissements de Rethel 
et de Vouziers. 

Les ressources de ces associations se composent des cotisations des socié- 
taires, des allocations de l'Etat et du Déparlement, et des subventions des 
communes. 

La subvention de l'Etat est de 6,000 francs, répartie à raison de 1,200 francs 
par arrondissement; le Département inscrit à son budget un crédit de 
44,500 francs, sur lequel 2,300 francs sont attribués à chaque arrondissement. 



- 82 — 

D.ins colui de Relhel, deux tiers des subventions sont alloués au Cercle et un 
tiers au Comice. Dans l'arrondissement de Vouziers, le Cercle reçoit la totalité 
des subventions. 

Comice agricole de Mt^zières fondé le 21 décembre 1872; membres : 201. — 
Cercle agricole de Relhel fondé le 2 juin 1888; membres : 580. — Comice agricole 
de liefhel fondé le 19 janvier 1835; membres : 201. — Ctmtice agricole de Rocroi 
fondé en 1834; membres : 117. — Comice agricole de Sedan fondé le 20 juin 1835 ; 
m*»nibres : 391. — Cercle agricole de Vouziers fondé le 1"' avril 1873 (il célé- 
brait en 1898 ses noces d'argent au concours de Monthois); membres : 235. — 
Comice agricole de Vouziers fondé en 1835; membres : 207; ayant comme annexe 
le Syndicat du Sud, 

Des Chambres consultatives d*agriculture, instituées par décret du 25 mars 1852, 
onl pour objet spécial la protection des intérêts ajj;ricoles. 

Klles donnent leur avis sur les demandes de concession d'eau pour les 
usines, moulins, irrigations; sur les créations de foires et marchés; sur les 
(juestions relatives aux douanes et aux contributions indirectes. 

11 y a, dans chaque arrondissement, une Chambre consultative d'agricul- 
ture, composée d'autant de membres que l'arrondissement renferme de can- 
tons; sans que toutefois le nombre de ses membres puisse être inférieur à six. 

Les membres en sont désignés par le Préfet, qui les choisit parmi les agri- 
culteurs et i)armi les propriétaires de chaque canton; ils sont nommés pour 
trois ans. 

Des Commissions cantonajes de statistique ont été créées par décret du 
1" juillet 1852. 

Ces Commissions sont chargées de remplir les divers tableaux que M. le 
Ministre de l'agriculture leur adresse, soit périodiquement, soit accidentelle- 
ment, en vue de recueillir les renseignements dont il a besoin pour apprécier 
notamment l'importance de la production agricole. 

Dans les chefs-lieux de département ou d'arrondissement, la Commission 
de statistique est présidée parle Préfet ou le Sous-Préfet, ou parles personnes 
que désignent ces fonctionnaires pour les représenter. Dans les chefs-lieux de 
cantons, c'est le Préfet qui nomme le président. Chaque Commission élit, à la 
simple majorité, un ou plusieurs secrétaires-archivistes. 

Dans les villes chefs-lieux comprenant plusieurs cantons, il ne doit y avoir 
qu'une seule Commission. 

Mentionnons enfin la Socif'tf} hippique des Ardennes, constituée en 1888 pour 
l'organisation de courses au trot, dans le but d'encourager l'amélioration cheva- 
line, et pour la création d'un livre généalogique, ou Stud-Book, dont l'objectif 
est de reconstituer la race ardennaise. 

Le seirice des Haras est réparti en six arrondissements d'inspection. 

Le département des Ardennes dépend du dépôt de Montier-en-Der (Haute- 
Marne), lequel fait partie du sixième arrondissement. Le dépôt de Montier- 
en-Der comprend dans sa circonscription les départements de la Haute-Marne, 
de la Marne, de l'Aube, des Ardennes et de l'Yonne. 

Des stations d'f^talons de l'Etat sont établies à Kenwez, à Mouzon, à Sedan, à 
Humigny, h Rethel, à Vouziers. 

Etalons approun^s. — Indépendamment des étalons de l'Etat affectés au 
service de la monte, l'Administration des Haras accorde des primes dites 
« d'approbation » à des étalons reconnus susceptibles de concourir à l'amé- 
lioration de l'espèce ch«»valine. Ces étalons sont choisis, chaque année, par le 
directeur du dépôt de Montier-en-Der, à l'issue des opérations de la Com- 
mission chargée, en exécution de la loi du 14 aoiH 1887 sur la surveillance 
des étalons, de constater l'état sanitaire au point de vue du cornage et de la 
fluxion périodique. 



— 83 — 

Etalons aiUorisf^s, — Lne autre catégorie d'étalons, dite « étalons autorisés », 
est également admise par l'Administration des Haras à faire la monte; mais 
les propriétaires de ces étalons ne reçoivent pas de primes de TKtat. Tel est, 
par exemple, le haras d'Ecordal. 

Subventions pour VamHlovation de Pespëir chn'aline. — Une somme de 
9,500 francs (dont 5,000 francs alloués par le Département et 4,500 francs par 
TEtat) permet, pour encourager l'amélioration de l'espèce chevaline, d'accorder 
des primes aux propriétaires de juments poulinières et de pouliches. 

L'attribution des primes est faite par une Commission que préside l'Inspec- 
teur général des Haras, ou son délégué. Elle est composée de quatre membres 
civils et d'un membre militaire, que désigne, chaque année, M. le Ministre de 
l'agriculture. 

VI. STATISTIQUE AGRICOLE DES ARDENNES. 

Nous baserons cette statistique agricole sur l'ensemble moyen des cinq der- 
nières années : 1894-1898. 

Céréales. — Proment. — 66,582 h. ensemencés ont produit 1,398,222 hectol., 
soit 1,048,666 quintaux. L'hectare a rapporté 21 hectolitres de blé en moyenne, 
vendu 13 fr. 85 l'hectolitre; le total s'élevant à 19,365,374 francs. 

Méteil. — Ensemencé sur 937 hectares, a rapporté 17,803 hectolitres (19 hec- 
tolitres par hectare) pesant 13,174 quintaux. La valeur totale de cette récolte 
donne le chiffre de 181,946 francs (10 fr. 22 l'hectolitre). 

Seigle, — 12,970 hectares ont produit une récolte de 246,430 hectolitres 
(177,430 quintaux). Vendue à raison de 7 fr. 94 l'hectolitre, la récolte de seigle 
a produit la somme totale de 1,956,654 francs. 

Orge. — 178,578 hectolitres (114,248 quintaux) produits par une surface de 
9,221 hectares. Le prix moyen de l'hectolitre a été de 10 fr. 47, ce qui donne 
un prix total de vente de 1,869,711 francs. 

Sarrusin, — Très peu cultivé dans les Ardennes, le sarrasin n'occupe qu'une 
surface de 109 hectares ayant donné 1,417 hectolitres (822 quintaux). La pro- 
duction moyenne par hectare est de 13 hectolitres. La valeur totale du rende- 
ment est de 14,269 francs, à raison de 10 fr. 07 l'hectolitre. 

Avoine, — Culture très développée; 61,835 hectares ensemencés. La récolte 
a été vendue au prix de 8 fr. 11 l'hectolitre, soit 11,032^600 francs pour la 
vente totale de 1,360,370 hectolitres (598,563 quintaux). 

Mais, néant. — Millet, néant. 

Pommes de terre et betteraves, — Pommes de terre, — 12,819 hectares 
plantés en pommes de terre ont donné un rapport de 1,435,728 quintaux 
(112 quintaux par hectare), qui ont été vendus à raison de 4 fr. 84 le quintal; 
ce qui forme un produit total de 6,948,923 francs. 

Betteraves fourragères. — Le rendement total fut de 1,244,650 quintaux pro- 
duits par 4,015 hectares; l'hectare produisant 310 quintaux en moyenne. 

Le prix du quintal était de 1 fr. 07. 

Betteraves à sucre. — Cette culture s'est accrue de plus d'un millier d'hec- 
tares; 4,781 hectares (au lieu de 3,429 en 1895) ont donné comme production 
totale 1,281,308 quintaux. La production moyenne de l'hectare a été de 
268 quintaux. La valeur totale de la récolte a atteint le chiffre de 2,856,316 fr. 
(2 fr. 23 le quintal). 

Fourrages. — Trèfle. — Le nombre d'hectares cultivés a été de 7,832; la 
production totale, de 250,456 quintaux (33 par hectare). La valeur totale s'est 
élevée à 1,305,202 francs. (5 fr. 05 le quintal). 

Luzerne, — La surface du teirain produisant la luzerne fut, en 1896, de 
14,800 hectares ayant produit 547,600 quintaux (67 par hectare). Cette luzerne, 



— 84 — 

vendue à raison de de 5 fr. 31 en moyenne le quintal, a produit une somme 
totale de 2,907,756 francs. 

Snhifo'ni. — La production du sainfoin fut de 195,660 quintaux produits par 
7,247 hootaros. La valeur de la vente a été de 1,084,000 francs (en moyenne 
5 fr. 54 le quintiil). 

Préa naturels. — Les prés natwebt, 56,939 h. ayant pi*oduit 1,423,475 quin- 
taux qui donnent 6,678,705 francs, soit 5 fr. 34 le quintal. 

Prairii's artificielies. — 33,762 hectares ayant produit 1,293,517 quintaux. 
Valeur du quintal, 3 fr. 59. 

Herbagt'8, — Superficie peu étendue, 7,225 hectares seulement qui ont pro- 
duit 142,975 quintaux à raison d'une valeur moyenne de 4 fr. 83 le quintal, 
soi! (HHJ09 francs pour le tout. 

Cultures industrielles. — Lin. — Seulement 6 hectares sont cultivés dans 
les Ar(i<Mincs. 1^ pnxluction du lin en filasse n'est que de 39 quintaux (6 quint. 50 
par hectare). Valeur totale de la récolte : graines, 1,025 fr.; filasse, 5,070 fr. 

Colza. — Très peu cultivé. On ne compte en effet que 2 hectares ayant rendu 
27 quintaux qui ont fourni 42 hectolitres dhuile vendus 882 francs. 

Navette, néant. — (EUlclte, néant. — Cameliw:, néant. 

Chanvre. — Le chanvre a été cultivé sur une surface de 7 hectares qui ont 
produit en filasse 39 quintaux (production moyenne par hectare, 5 quintaux 59.) 
Valeur totale de la filasse, 5,500 francs. 

Tabac, néant. — Houblon, néant. 

Viynes. — Les Ardennes occupent un rang inférieur pour la production do 
vin; 414 hectares seulement sont en vignes productives; on plante à raison de 
10,00<» pieds à l'hectare. La production totale est de 13,450 hectolitres de vin, 
l'hectare produisant une moyenne de 32 hectol. 49. La vente totale de la récolte 
à raison de 39 fr. 72 Thectolitre, valeur moyenne, a produit 536,340 francs. 

Noii'. — 747 quintaux ayant rapporté 23,157 francs. Valeur moyenne do 
quintal, 31 francs. 

Culture ÊruiUère* — Pofnmes à cidre. — 40,297 quintaux de pommes à cidre 
ont été récoltés. La valeur totale de ce produit fut de 370,732 francs, à raison 
de 9 fr. 20 en moyenne le quintal. 

Prunes. — Le nombre de quintaux de prunes cueilUes s^élève à 3,032, d'une 
valeur totale de 35,322 francs (11 fr. 65 le quintal). 

MûrUrs, néant. — Olives, néant. — CMtaignes, néant. — Production sérici- 
rôle, néant. 

Prniiw'tion du cidre, — lia été fabriqué 53,729 hectolitres de cidre. 

Animaux de ferme. — Espèce rheraline. — Environ 47,094 chevaux. 

Espèce bovine.— Taureaux, 1 ,541 ; bœufs de travail, 61 6 ; bœufs à l'engrais, 4,258. 

Vaches, 55,834. — Bouvillons, 7,851. — ih'misses, 16,111; élevées de six mois 
à un an, 12,4M1). — Vcaud' au-dessous de six mois, 7,362. 

Mulets, 21. — Anes, 882. 

li' tiers au-dessus de deux ans, 849. — Moutons au-dessus de deux ans, 
21>,1G(K — Brebis au-dessus de deux ans, 98,272. 

Aijneaiw et agnelles : de un an à deux ans, 49,675 ; de moins d'un an, 75.480. 

Porcs, adultes et jeunes, 54,486. — Espèce caprine, 9,699. 

Produits divers. — Lait. — 927,652 hectolitres, représentant une voleur 
totale de 13,636,484 francs (14 fr. 70 Ihectolitre), ont été utilisés. 

Laine. — La laine des 1*12,300 moutons tondus a donné 4,824 quintaux d'une 
valeur totale de 887,616 francs. (Valeur moj-enne du quintal, 184 francs.) 

Miel et cire, — Nombre de ruches d'abeilles en activité, 17,846. 

Production totale du nii<*l, 97,592 kilogrammes représentant la somme de 
158,099 francs. (1 fr. 62 le kil.) — Production totale de la cire : 16,297 kil. 
valant 47,587 francs. (2 fr. 92 le kil.) 



— 85 — 

Importation du bétail, — Il a été importé en 1896, par le bureau des douanes 
de Givet : 122 bœufs, 12 taureaux, 526 vaches, 728 génisses et bouvillons, 
51 veaux, 173 moutons, 7,905 porcs, 1,836 chevaux, 22 Anes. Le montîint du 
droit de visite s'est élevé à la somme de 3,546 fr. 55. Les bureaux de : Mes- 
sempré, 18 porcs, 3 chevaux; Mogues, 23 chevaux, 20 porcs; Margny, 4 porcs, 
13 chevaux; Signy-le-Petit, 9 chevaux; Gué-d'Hossus, 19 chevaux; Vireux- 
Molhain, 18 chevaux. 

L'importation des viandes fraîches en 1896, par bureaux dp douanes, se 
répartit de la manière suivante : bœufs, 8,664 kiL; voaux, 58,256 klL; mou- 
tons, 4,037 kil.; chèvres, 981 kil. ; porcs, 418,10t kiL 

Parmi les bureaux de douanes qui tiennent la t«He, nous citerons : Givet, 
27,450 kil. de veau, 114,662 kil. de porc; Hargnios, 105,231 kil. do porc; Ges- 
punsart, 61,095 kil. de porc; Saint-Menges, 18,632 kil. de porc; La Chapelle, 
80,112 kil. de porc. 

La viande de b(ruf et la viande de veau furent surtout importées par les 
bureaux de Messempré et de Margut : 4,048 kil. de bœuf et 2,796 kil. do veau 
pour le premier; 4,195 kil. de bœuf pour le second. 

Les éleveurs ardennais ont fourni directement à Paris, pour le marché de la 
Villette : 141 bœufs, 21 vaches, 14 taureaux, 1,840 moutons. Le poids de la 
viande donnée par ces animaux, et vendue aux Halles de Paris, s'est élevé à 
36,961 kil. pour les bceufs et les vaches, et à 48,183 kil. pour le^ moutons. 

Lepr/> moyen de la viande est de : bœuf, 1 fr. 60; vache, 1 fr. 40; veau, 2 fr. 10; 
mouton, 2 fr. 15; porc, 1 fr. 80 le kilogramme. 

Sur toute la ligne de frontière ardennaise belge, est organisé un service 
d'inspection VfHf^'inaire : à Fumay; à Vireux; à Givet. route de Philippeville, 
route de Namur, route de Beauraing; à Hargnies; à Gespunsart; à Saint- 
Menges; à la Chapelle; à Messempré: à Mogu(;s; à Margny. 

Aux termes des décrets des 14 mars et 9 avril 1896, les animaux de l'espèce 
bovine (autres que les veaux âgés de moins de six mois), qui ne sont pas des- 
tinés à être immédiatement sacrifiés pour la boucherie (animaux délevage, 
de reproduction de laiterie), ne sont admis à l'importation qu'après avoir été 
soumis à l'épreuve delà tuberculine au moment de leur passage à la frontière. 
Ils ne peuvent, d'ailleurs, pénétrer en France que par les bureaux de Givet et 
de Mogues. 

VIL DIVISION DE LA PROPRIÉTÉ. 

Voici les chiffres les plus récents qu'il nous est permis de relever d'après la 
cote foncière : 

155,100 propriétés imposables; 139,874 appartenant à la petite propriété 
au-dessous de 6 hectares; 14,095 à la moyenne propriété au-dessous de 
50 hectares; 1,131 à la grande propriété. — Les biens qui dominent dans la 
petite propriété sont de 1 hectare à 2 hectares : 22,796; puis viennent ceux de 
50 ares à 1 hectare : 21,044. — Dans la propriété moyenne, les biens de 10 à 
20 hectares sont, de beaucoup, plus nombreux : 5,157. — La grande propriété 
comprend : 495 domaines de 50 à 75 hectares; 225 domaines de 75 à HK) hec- 
tares; 250 domaines de 100 à 200 hectares; 165 domaines au-dessus de 
200 hectares. — En ce qui concerne la superficie, la petite propriété recouvre 
132,553 hectares; la moyenne propriété, 199,073 hectares: la grande propriété, 
155,218 hectares. — I^ grande propriété, au-dessus de 200 hectares, occupe 
une superficie de 71,860 hectares. 



%r^y^y^%,^'^^y^<^^<^^<^^'^^<^^<^ç^ 



CHAPITRE IX 



L'INDUSTRIE BANS LES ABDENNES 

I. Les origines historiques. — II. Industrie métallurgique. — m. Usines à cuivre de 
Flohimont. — IV. Appareils à vapeur. — V. Ardoisières ; carrières ; industries 
minérales. — VI. Draperies. — VU. Inspection du travail; Chambres de com- 
merce ; arts et manufactures. — Vin. Les industries par arrondissement. 



I. LES ORIGINES HISTORIQUES. 

LA fahric.ilinn do la fonte et du Ter dans noire département, dit J. Hubert: 
(iKor.RAPHiK uKs Ardfnnes, ost foit ancienue. Les hauts-fourneaux datent 
;i pou près de l'an 1,'iOO. Avant cette époque, on fabriquait de la foule et 
du fer dans certaines parties de la contrée, mais on n'a conservé aucune trace 
du mode pratique. On ne sait rien quant à l'époque de cette fabrication. Elle 
est seulenienl attesté*? par des scories que l'on rencontre dans les environs 
des minières et par des fouilles anciennes dans les gîtes de minerai. Il est 
probable que celui-ci était fondu sur place dans de petits fourneaux. On a 
retrouvé aussi, en quelques points des Ardonnes et près des cours d'eau, 
d'anciens fonds de creusets (fui ont appartenu, sans contredit, à des appareils 
anal(»«iues à ceux d'aujourd'hui. Les plus anciens hauts-fourneaux qui subsis- 
tent encore datent de 1.">40-I.*).*i0. Il y en a quatre de cette époque. Six ont été 
établis de Mm) à lOoO et 1680, et sept autres de 1700 à Mlii). La période de 
IT.'iO à 1821 s'est écoulée siins qu'aucun fourneau ait été élevé. De 1821 à 1830, 
huit fourneaux furent construits; enlin les années 183.*>, 1836 et suivantes ont 
vu naître plusieurs nouvelles usines. La plupart des anciens fourneaux avaient 
des dimensions plus petites que ceux d'aujourd'hui; quelques-uns n'ont point 
été agrandis, le f)lus grand nombre a été reb<\ti sur de nouveaux modèles. 

En considérant la fabrication du fer dans les feux d'affinerie au charbon de 
bois, on voit que les premières forges, au nombre de deux, ont été construites 
en i:>:iO; — dix ou douze l'ont été de 1640 à Ui.'iO; — deux en 1680 et UWO; 
puis un siècle sest écoulé pendant lequel cett»» fabrication n'a pris aucun déve- 
loppement; — en ITîM), douze nouveaux foyers sont mis à feu; — huit autres 
forges s'élèvent de 1811 à 1818: —onze de 1823 à 1828. Enfin, huit aflineries 
sont établies pendant les années 1834, 1836, 1837, 1838 et 1830. L'extension 
qu'a prise l'affinage de la lonte en 1814 et 1813 a pour cause le rapproche- 
ment de la frontière belge. Avant cette époque, ime grande partie du fer de 
platinerie provenait du Luxembourg. 

La fabrication du fer au moyen de la houille a été introduite dans notre 



— 87 — 

département, en 1824, par un Anglais qui venait de monter dos fours à puddior 
à Gouvin (Belgique). Cette fabrication n'a oommenc»^ réellement à se développer 
qu'en 1825, 1827 et 1828. Elle a pris un nouvel accroissement, bien faible, en 
1835; l'introduction de la méthode anglaise n'amena la suppression que d'un 
petit nombre de foyers d'aflinage au charbon de bois, et tandis que dans le 
département de la Meuse, par exemple, ce mode d'affinage s'éteint tous les 
jours, dans les Ardennes il est resté en pleine activité. 

La fabrication du petit fer au martinet ne s'est guère développée que vei^ 
1790. Cependant il parait que le martinet d'Haraucourt existait déjà en 1700. 
Ce n'est qu'en 1827 que des cylindres ont été substitués aux martinets. 

Avant 1812, il n'existait que deux fonderies dans les Ardennes : celle 
d'Haraucourt et celle de Linchamps, qui datent de 1700 et de 1750. Celh^ de 
Saint-Nicolas fut montée en 1812. La fabrication des clous ayant pris une 
grande extension dans les environs de Charleville, plusieurs fabriques nou- 
velles furent établies en 1821, 1824, 1825 et 1827. 

Le premier laminoir à tôles des Ardennes, et, dit-on, le premier de la France, 
fut construit à Givonne en 1790. Les trois suivants datent de 1795, un autre 
de 1812. — Il y eut dans la fabrication de la tôle une extension considérabbî 
vers l'année 1823; et, de 1823 h 1828, six nouveaux laminoirs furent éb^vé». 
Enfin dix autres marchent depuis 1834; puis, à partir de cette époque, la pro- 
duction de la tôle s'est beaucoup accrue. 

La fabrication du fer de platinerie. qui est une spécialité du département 
des Ardennes, fut importée vers 1790 du pays de Liège. 

M. E. Nivoit, aujourd'hui inspecteur général des mines, publiait en 1869, à la 
librairie Eugène Jolly, ses Notions ÊLÉMKNTAinEs sur l'Lndustrik dans lk dApar- 
UEST DKs Ardennes, un volume de 350 pages fort intéressant et très au point 
pour l'époque. Mais il aurait besoin, aujourd'hui, d'être remanié; comme 
d'ailleurs, après trente années, tous les ouvrages relatifs aux industries qui 
progressent, périclitent ou disparaissent avec le temps, selon les conquêtes de 
la science, selon aussi les besoins nouveaux de la civilisation ou les exig<;nce» 
nouvelles des problèmes sociaux. Nous n'avons pas toutefois la prétention de 
refondre Tœavre de M. Nivoit; nous ne pouvons ici que donner en quelques 
pages une vue d'ensemble sommaire de nos principales industries, parmi 
lesquelles, en première ligne, celle du fer. 

II. INDUSTRIE MÉTALLURGIQUE. 

L'importance de notre déparlement pour la mise en œuvre du fer et de la 
fonte est énorme en France. C'est notamment dans la vallée de la Meuse — partie 
comprise entre Sedan et Givet — et dans la vallée de la Chiers que cette 
indastrie s'est développée : surtout celle de la fonderie en deuxième fusion 
qui, actoellement, occupe 5,400 ouvriers et prfAuii 72,000 tonnex de fonte 
moulée rcprcsentant ane valexir de 18 millions environ. Dans le départe- 
ment, n'existent plus de haut^foumeaux en activité : c'est en 1894 que le 
dernier, celui de Vireox-Molhain, fut mis u hors de feu », 

La fomie dite de deuxième fusion est fondue dans un cubilot, «orte de four h 
réverbère intérieurement garni d'une chemise en briques réfraclaires et duquel 
le métal fondo est extrait au moy^n de " poches » en métal qui servent à le 
transporter, a le vider dans des moules ^n sable maintenus par des chAssis de 
fer. Le nombre des cobilots qu'emploient nos usines ard^nnais^s e^t de 130 : 
ce qui donne à notre département le premier rantf entre tous les autres dépar- 
tements de France. Depuis quelques années, sont employé^-s df^ machines k 
mouler dont Tasa^^e parait tendre à se généraliser. Pour qaelques-»ne^. la 
pression nécessaire' ao serraire du sable est obtenue jiar l'air comprimé ou par 
presse h jdnuiliqve. 



— 88 — 

Les principales fonderies des Ardennes qui occupent de 100 à \ ,000 ouvriers 
sont : Société métallurgique d'Aubrives et de Villerupt, à Aubrives ; — fonderies : 
Péchenart, à Bourg-Fidèle; — Deville, Pailliette, Forest, h Charleville; — 
Gustin fils aîné, à Deville; — Guillet et O^, à Haraucourt; — Boutmy et C^% 
à Margut; — Veuve Jacquemart, à Neufmanil; — Henrot-Toupet, à Nouzon; — 
Hardy-Capitaine et C'% à Nouzon; — Henri Faure, à Revin; — Arthur Martin, à 
Reviii; — Henri Morel, à Revin; — Moranvillé et Huet, à Vivier-au-Court; — 
Société des usines du Pied-Selle, à Fumay; — Société anonjrme des Fonderies 
de Monthermé et Laval-Dieu. 

Fo7i/(' malléable, fonte d*acier. — Depuis quelques années, s'est développée 
dans notre département la production de la fonte malléable. A cet effet, on 
emploie des fontes anglaises et suédoises cassées en petits morceaux, pour 
qu'il soit possible de les mettre dans des creusets en matière réfractaire. Ces 
creusets vont ensuite aux fours sans cesse maintenus à très haute tempé- 
rature. Même procédé d(î moulage et de coulée que pour les fontes ordinaires. 
Toutefois, les fontes moulées sont encore recuites avec addition de « minerai 
riche » dans des fours où souvent elles demeurent plusieurs jours. Le « recuit » 
donne à ces fontes une certaine malléabilité qui permet de les plier, de les 
tourner, de les polir plus facilement. On ajoute quelquefois au mélange dans 
les creusets uue certaine quantité d'acier. Le produit obtenu se nomme : 
fonte d'acier. 

Dans le département, i8 fonderies de fonte mallMble. — Production : environ 
3,i00 tonnes représentant une valeur de 25 millions. Nombre d'ouvriers 
employés : huit cents. 

Usines en fer et tôleries, — Le fer est fabriqué dans les Ardennes au moyen 
de fours à puddler dans lesquels on emploie la fonte provenant des hauts- 
fourneaux de la Meurthe-et-Moselle, de la Haute-Manie et du Luxembourg. La 
fonte, portée à haute température, est transformée en loupes soumises à Faction 
d'un mar; eau-pilon et ensuite d'un laminoir. On obtient alors des barres qui 
sont découpées en morceaux et réunies en paquets avec un mélange de fer- 
railles; puis le tout est chauffé dans un four k souder afin de pouvoir être 
passé ensuite au laminoir. On fabrique, notamment, des fils d'acier avec des 
lingots réchauffés une seule fois. 

Les usines de Blagny et d'Osnes ont, chacune, un four-Martin pour la fabri- 
cation des lingots d'acier que Ton transforme en tôles minces, dans des lami- 
noirs très résistants. La tôle ainsi obtenue est fort supérieure à celle que don- 
nent les lingots provenant des convertisseurs. 

Les principales usines métallurgiques sont : usines Saglioet C**, à Blagny; — 
Raty et C'«, h Flize ; — Boutmy et C*% à Messempré; — Lefort et C^«, à Mohon; 
— Société des Forges de Brévilly ; — les usines d'Osnes ; — Ollivet, à Mouzon; — 
Henri Morel, à Saint-Nicolas (Revin); — Société des Forges et Clouteries des 
Ardennes, k Mohon; — Société des Forges et Hauts- Fourneaux de Villerupt et 
Laval-Dieu, à Monthermé; — Société des Forges de Vireux-Molhain. 

La production de ces usines est de : 

o4,<)00 tonnes de fers puddlés, représentant une valeur de. . . fr. 8.200.000 

44,000 tonnes de tôle de ferpuddlé, représentant une valeur de. 2.200.000 

24,000 tonnes de fer provenant du réchauffage des vieux fers et 
représentant une valeur de 3 . 800.000 

4,000 tonnes de tôle provenant du réchauffage des vieux fers 
et représentant une valeur de 760.000 

24,000 tonnes d'acier en barres ou en fils, représentant une 
valeur de 3.900.000 

12,000 tonnes de tôle d'acier, représentant une valeur de 2.700.000 

Total fr. 21.560.000 



- 89 - 

Boulonneriez, — C'est surtout dans la vallée de la Meuse et de la Semoy que 
se trouvent les principales boulonneries, auxquelles s'adjoint souvent la fabri- 
cation des pièces filetées. Certaines machines — une centaine dans le dépar- 
tement — peuvent donner cinq mille boulons par jour. Au nombre des boulon- 
neries les plus importantes, nous citerons celles, à Chàteau-Regnault-Bogny, 
de MM. Mare, Gérard et Mialaret; à Braux, de MM. Memier frères; et aussi à 
Braux, la Manufacture ardennaise que dirige M. E. Despas. 

Ferronneries, bouderies, quincaillenes. — Dans les Ardennes, de nombreuses 
usines pour le forgeage des pièces destinées à la construction des locomotives 
et des wagons. Ces pièces sont ensuite travaillées à l'aide de machines-outils 
qui s'appellent raboteuses, fraiseuses, tours, poinçonneuses. La fabrication des 
boucles et des ferrures de harnais est très importante à Raucourt, notamment 
dans les ateliers de M. (iustave Thiriet qui vient d'ajouter à cette industrie la 
fabrique des chaînes par une soudure autogène au moyen de machines élec- 
triques. 

Les paumelles pour croisées et portes sont fabriquées à Nouzon, à (iuigni- 
court, à Charleville. Les communes de Vrigne-aux-Bois, de Vivier-au-Court, 
de Ville-sur-Lumes, ont la spécialité des crémones ou de toutes autres petites 
pièces dans lesquelles entre une certaine partie de fonte. 

La fabrication des clous forgés fut introduite dans les Ardennes en 1468 par 
les Liégeois qui, après le pillage de leur ville par Charles le Téméraire, vinrent 
s'établir aux environs de Mézières. Pendant de longues années, cette industrie 
ne cessa de grandir et de prospérer; mais en 1827, la clouterie mécanique 
importée d'Angleterre vint lui faire une redoutable et, même, mortelle concur- 
rence. Les clous à la main se fabriquent plus particulièrement à Gespunsart 
et à Cons-la-Grandville. Les principales clouteries mécaniques sont celles de 
MM. (iailly frères, Husson, à Charleville; de la Société Lefort et C'«, à la Forge, 
à Mohon et à Saint-Marceau. 

IIL USINES A CUIVRE DE FLOHIMONT. 

L'usine à cuivre assise sur la Houille, au lieudit la Batterie, comnuirie de 
Fromelennes, près de Givet, fut construite en 1806 pour la fabrication du 
laiton : alliage de cuivre et de zinc. Les usines de Flohimont, de Fliment, de 
Flohival, situées sur ce même territoire, sont d'installation plus récente. Ce ne 
fut qu'en 1842 que l'on commençait à traiter les minerais de cuivre dans 
l'usine de Flohimont. 

Les usines à cuivre dites de Givet sont exploitées parla Compagnie française 
des mét<Lux dont le siège social est h Paris, 10, rue Volney. Elles ont pris en 
1895-1896 un certain développement par suite du traitement des mattes de 
Boléa et du minerai de Coricoro que Ion transforme dans huit fours BichiToux 
en un produit assez pur nommé blistered. Ce produit mélangé à des barres de 
cuivre de diverses provenances, est épuré a l'usine au moyen de six fours 
d'atfinage. La quantité tle cuivn' ainsi affiné dépasse, par an, 6,000 tonnes, 
représentant une valeur de 7,600,000 francs. Les produits sont expédiés 
sous forme de plaques ou de tubes ayant des dimensions dilTérentes. 

Le laiton et le cuivre sont transformés <mi tubes sans soudure par un procédé 
de moulage et d'étirage qui consiste a couler dans un moule, muni au centre 
d'un noyau en sable, un cylindre de cuivre dont l'épaisseur varie avec la lon- 
gueur du tube à obtenir. Ce tube, placé sur un mandrin qui pénètre à l'inté- 
rieur, est ensuite soumis à un battage énergique sous une étampe de forme 
cylindrique. Le métal s'allonge ainsi aux dépens du diamètre extérieur. Le 
tube est ensuite soumis au « banc à tirer » qui le fait passer dans une sorte 
de filière; il y prend alors les dimensions déterminées. 



— 90 — 

On fabrique, par rélectrolyse, des plaques de cuivre presque pur, utilisées 
pour diverses fabrications. 

A la fabrique de tubes en laiton, s'est adjointe récemment une fabrique de 
tubes en acier sans soudure qui servent h la construction des chaudières 
tubulaires et des vélocipèdes. On emploie des disques en acier d'une quantité 
spéciale qui, après réchauffage dans un four spécial, sont emboutis à l'aide 
d'une forte presse. Les tubes ainsi emboutis sont martelés comme les tubes 
en cuivre, puis étirés h chaud au moyen de « bancs à tirer » qui leur donnent 
des dimensions voulues. Ces tubes sont beaucoup plus résistants que les tubes 
soudés longitudinalement à recouvrement. Ils conviennent surtout pour la 
construction des chaudières de torpilleurs; mais leur prix assez élevé n'a pas 
encore permis d'en généraliser l'emploi. 

Mentionnons encore que dans le déparlement existent quatre fonderies de 
ruivre, une fondera* d'aUnnlniiun, sept rmaUkrie^, une fabrique d'iHnaux. 



lY. APPAREILS A VAPEUR. 

L(» nombre d'appareils à vapeur employés sur terre en dehors de l'enceinte 
du chemin de fer, c'est-à-dire dans les établissements industriels et agricoles, 
est très élevé : il augmente en outre, constani nient avec la multiplication des 
besoins industriels. 

Au point de \ue de la distribution des appareils à vapeur et de la puissance 
motrice par département, celui des Ardennes occupe le vingt-unième rang 
par ordre d'importance, et le quatorzième rang comme puissance motrice. 
Voici d'ailleurs, résumé en huit branches d'industries, le tableau des appareils 
a vapeur par nature d'établissements : 



BKANCHES D'INDUSTRIE 


NOMBRE 
des 

■^.TABLIP^EMENTS 


NOMBRE 
de* 

CHADDliRK^ 


NOMBRE 

des 

rAcipirnts 


PUISSANCE 

de» 

MACHIHKI 

en chevaux 


Mines, carrières et annexes 

Usines métallurgiques 

Afirriculture 


42 
253 

50 
165 

32 

99 

40 
80 


53 
420 

51 
204 

41 
148 

43 
86 


7 

l> 

38 

6 

66 

6 
2 


978 
11.510 

260 
2.090 

245 
4.083 

216 
912 


Industries alimentaires 


ludustrieschimiques et tanneries. 

Tissus et vêtements 

Papeteries, imprimeries, ol»jots 
mobiliers et <rhabilatit>n, ins- 
truments 


Bâtiments, entreprises de tra- 
vaux et divers 


i 

TOTACX 


761 


1.046 


125 


20.294 



La Compafînie de l'Kst possède dans le département des Ardennes deux 
dépôts de locomotives : celui de .Mohon, ayant quatre-vingts locomotives; celui 



— 91 — 

d'Amagne, en ayant trente. En outre, une réserve de locomotives à Givet. Les 
usines de Bocnv et de Brévillv ont chacune deux locomotives d'une force de 
60 et de 20 chevaux, pour exploiter leurs embranchements particuliers. 

La Société Beldant frères et Baer, des chemins de fer départementaux à 
voie étroite, entretient huit locomotives du poids de 18 tonnes. 

Le chemin de fer à voie d'un mètre, des usines de Flohimont au port de 
Givet, est desservi par une locomotive de 20 tonnes. 

Y. ARDOISES; CARRIÈRES; INDUSTRIES MINÉRALES. 

Le se nice m Iw'ra logique des Ardennes comprend la surveillance des carrières 
souterraines, des carrières à ciel ouvert et des appareils à vapeur. Entre aussi 
dans ses attributions, la statistique de l'industrie minérale. Le département 
des Ardennes. larrondissement de Montmédy, une partie de la Meurthe-et- 
Moselle, forment le sous-arrondissement minéralogique de Nancy-Nord, lequel 
dépend de l'arrondissement minéralogique de Nancy. — Personnel : un ingé- 
nieur en chef et un ingénieur ordinaires Nancy; deux contrôleurs principaux, 
l'un à Charleville, l'autre à Mézières. 

Les caniéres souterraines, dans lesquelles se trouvent classées les ardoisières, 
ont une importance énorme dans les Ardennes où, pour quelques-unes, \a pro- 
fondeur di^)asse 300 mètres; et cette profondcMir va toujours croissant. Les tra- 
vaux que l'on fait dans ces ardoisières peuvent èlie égaux aux travaux entre- 
pris dans les mines les plus importantes de France. 

La production ardoisière fut en 1897, pour les Ardennes, de 145,000,000 
d*artUtises, pesant 54.000 tonnes et représentant une valeur sur place de 
4,100,000 francs. Le nombre des ouvriers employi's dans les ardoisières 
est de i,950, dont 940 pour les travaux souterrains. 

Nos ardoisières aciuellement en activité sont : 

1° Sur le territoire de Fiunay : ardoisières du Moulin -Sainte- Anne, de 
Saint-Gilbert, du Pied-Selle, de Bacara, de Sainte-Désirée, de Saint-Joseph. 
(Travaux de recherche de Sainl-Pierre des Lions et de Belle-Montagne.) 

2° Sur le territoire d*Hayhes : ardoisières de Saint-Lambert, de Bellerose, de 
l'Espérance, de la Providence, de Saint-Roch, de Sainte-Barbe. (Tnivaux de 
recherche de Saint-Antoine, Blanche de Landenelle et liellevue.) 

3° Sur le territoire de Rimotjnc : ardoisières de la («rande-Fosse, de Saint- 
Quentin et de Truffy. 

4° Sur le ten'itoire d'Harcy : ardoisière de la Hichole. 

5° Sur le territoire de Monthenjit^ : ardoisières de l'Echina et de Sainte-Barbe. 

6® Sur le territoire de Deville : ardoisière de Saint-Barnabe ou du Canal. 

Les ardoisières de Rimogne, d'Harcy et de Monthermé sont exploitées par la 
Compagnie anonyme des Ardoisières de Rimogne. (Voir le très intéressant et 
très complet ouvrage : Lks Ardoisièrks des Arwknnks, par N. Watrin, contrôleur 
principal des mines, édité en 1897 par Ed. Jolly.) 

A signaler deux carrières souterraines de pierre de taille : l'une à I)om-le- 
Mesnil et l'autre à Chénierv. 

On trouve quelques exploitations de phosphates par puits et galeries sur les 
territoires de Novion-Porcien, du Chesnois- Auboncourt et de Saint-Loup- 
Terrier; mais à cause de l'importation très active des phosphates d'Algérie, le 
nombre des exploitations dans les Ardennes va chaque année en diminuant. 

CBirières à ciel ouvert. — Le nombre des carrières exploitées à ciel 
ouvert est de 410, dont 90 exploitations continues occupant o80 ouvriers, et 
320 exploitations temporaires occupant ;)2o ouvriers. 

Les carrières du département, dont les plus importantes sont situées dans 



— 92 — 

la vallée de la Meuse, fournissent des matériaux très estimés. On exploite dans 
les carrUnrs de Givet, des T rois-Fontaines (commune de Ghooz) et &Aubriv€S, 
des bancs très inclinés d'un calcaire bleuâtre d'où l'on tire d'excellentes pierres 
de taille servant à la construction des ouvrages d'art, des soubassements et 
des « enln'^es de maisons d'habitation ». Elles servent aussi à fabriquer des 
bordures de trottoirs, des bornes, des éviers, des abreuvoirs. 

On rencontre, parmi les bancs inclinés, deux bancs de marbre noir, nommés 
Charlemagne et Sainte-Anne. Leur fond noir est parsemé de petites veines 
blanches. Les bancs de marbre, susceptibles" de prendre un poli très luisant, 
servent à la fabrication des monuments funèbres et des tablettes de che- 
minées. 

A Fromelennes, on exploitait jadis une carrière de marbre rouge tacheté 
de blanc et qui pouvait se u débiter à la scie », en lames assez minces pour 
devenir aussitôt des tablettes de cheminées, des appuis de croisées. Mais cette 
carrière est abandonnée depuis que les eaux l'ont envahie. 

Les ranithrs de Mont igny-sur- Meuse appartiennent à la « Société des Carrières 
du Nord des Ardennes françaises et de Vireux-Molhain ». Exploitées par la 
Société du Mont-Vireux, elles fournissent d'excellents pavés en grès bleu ou * 
gris d'un grain très fin, qui noircissent après fabrication. Ces pavés sont expé- 
diés dans les départements voisins, mais surtout à Paris. La carrière de 
Montigny est exploitée par gradins dans une montagne qui domine la route 
Nationale n° 51, la voie fériée et la Meuse. S'y trouvent installés des chemins 
de fer en palier, à voie de 50 centimètres de largeur, sur laquelle circulent 
des wagonnets en tôle mus par une chaîne sans lin qu'actionne un moteur à 
vapeur. Les gradins sont reliés entre eux par des plans inclinés, sur lesquels 
est également installée une voie ferrée pour la circulation des wagonnets; le 
wagonnet chargé remontant le wagonnet vide. Ln concasseur à vapeur broie 
les débris d<* pavés qui servent, alors, à l'empierrement des chaussées. 

Les quartzites de Monthirmi' et de Fumay sont très estimés pour l'entretien 
des routes, et, par suite, d'un excellent emploi, surtout après leur « agrégation » 
par un rouleau compresseur à traction mécanique. L'extraction s'obtient par 
chambres de mines chargées à la dynamite-gomme dont la consommation 
annuelle, pour ces exploitations, dépasse 10,000 kilogrammes. Depuis quelques 
années, sont installés des transporteurs par câble aérien qui, de la carrière, 
conduisent la pierre jusqu'au chemin de halage, où elle est reprise en brouettes, 
puis chargée sur bateau. 

Le nombre d»*s fonderies dans lequel on emploie le sable de moulage est très 
grand. On extrait ce sable des carrières d'Aiglemont, de Renwez et de l'Echelle. 
Cette dernière localité donne un sable plus fin et qui convient surtout à la 
fabrication des fontes mécaniques. 

La chauœ hydraulUpte que l'on fabrique avec la pierre calc^ùre extraite des 
carrières de Bertaucourt, commune de Mézières et d«^ Warcq, est fort estimée. 
Elle sert spécialement pour les ouvrages d'art et pour les fondations sous l'eau; 
elle s'emploie, en outre, à la fabrication des tuyaux en béton comprimé. 

Les carrières de Dom-le-Mt'snH, exploitées dans le calc<iire sableux, fournissent 
de la pierre de taille et des moellons dune couleur jaunâtre employés pour 
la construction des maisons d'habitation. 

[je département des Ardennes est certainement l'un de nos départements 
de Fran«e le plus riche en carrières souterraines ou à ciel ouvert. Ouant aux 
procédés d'extraction, ils se modifient avec les progrès de la science : aussi 
l'exploitation des carrières a-t-elle subi, et subira-t-elle toujours, le contre- 
coup des lois .économiques inhérentes à chaque époque. 



— 93 — 



Voici maintenant, dans ce tableau, le relevé de la production des principaux 
groupes de carrières : 



1 

DÉNOMINATION 

des 

OROOm M CARRlâRn 

• 


" 

SITUATION 


NATUKE 

des 

iiCBSTAncnni extraitc!! 


Prodarlien 
en 18î)7 


Trois-Fontaines 

Saiut-Laureut 


Givet-RancenueH, Chooz, 
Aubrives 


l Totmet 

Pierres de taille dure et! 
moellonp 14.200 

Pieires de taille ei moellons 1 1 . 000 
SaWe Dour fonderie?.... linoft 


Saiut-Laiirent. Romery, 
Le Theux 


Aiifleiiiont 


Aiglemont 


Rertaucourt 

Doui-le-Mesnil 


Mèzières -Warcq 

Dom-le-Mesuil, Sapogno, 
Saint-Martin 


Chaux hydraulique 

Pierres de taille el moellons 
Moellons 


12.000 
7.800 

ii.ir>o 

4.800 
15.000 

16.400 
5.600 

80.000 


Sedan, Iifcs, Floinij. 


Sedan, lises. Floiw*? 


Poum-Saint-Remv. . Pouru-Saint-Rfimv 


Sable 


Sault-les-Rethel 

Vireux 


Sault-les-Uethel . ." 


Terre à briaues 


Montigny-sur-Meuse et 
Vireux 


Pavés 




Iffe» 


Sedan, Iges, Douchery . . 

Monthermé, Chàteau- 
Reff^ Levrezy, Deville 
et Laifour 


Pavés et dalles 


•QWC-* 

Montherm/i 


Quartzites pour routes. . 







La plus grande partie de ces extractions est transportée par chemin de fer ou 
par bateau dans les départements voisins. On peut évaluer à 5,800, 000 francs 
la valeur des produits extraits. 

VI. DRAPERIES. 



C'est vers le milieu du seizième siècle que la draperie parait avoir réelle- 
ment pris naissance dans Tancienne principauté de Sedan. Cette industrie fut 
constamment encouragée et protégée « pur les princes », mais elle acquit sur- 
tout une énorme importance à dater de 1642, alors que Sedan fit définitive- 
ment partie de la France. L'irrévocable traité par lequel étaient, après la mort 
du duc de Bouillon, rattachées les Terres souveraines à la monarchie française, 
enlevait pour toujours aux Sedanais l'espoir de ressaisir cette antique indé- 
pendance dont ils étaient si fiers. Ils s'en consolèrent en appréciant bien vite 
les avantages de leur annexion. N'étaient-ils pas protégés contre les invasions 
de l'étranger, en même temps (|ue leur industrie, fortement encouragée, forte- 
ment soutenue parle Rémois Colbert, subissait les plus heureux changements? 

Les fabriques sedanaises devinrent alors tellement considérables — elles 
qui n'avaient connu jusqu'à ce jour que les serges et les draps communs — 
qu'elles excitèrent la jalousie de leurs rivales. Leyde, par exemple, essayait 
d'attirer plusieurs ouvriers sedanais par l'appAt des privilèges, et cet artifice 
lui réussissait. Il fallut, pour enip/^cher les émigrations, se servir des mêmes 
moyens qu'employaient les Hollandais pour les favoriser. Le Conseil municipal, 
autorisé par le Roi, céda contre une somme <le 1,800 livres à .Nicolas Cadeau, 
négociant des Pays-Bas, tout le terrain occupé aujourd'hui par le Dijonval, 
avec la Maladrerie et d'autres bâtiments. Cadeau et ses associés, Rinet et Jac- 
ques, de Marseille, furent les premiers qui satinèrent les draps. En 1056, ils 



— 94 — 

obtinrent pour cette innovation une prérogative exclusive. 1^ commune fournit 
à l'habile industriel les pierres et tous les matériaux nécessaires à la cons- 
truc! ion de ses ateliers et d'une foulerie qu'il établit sur la Meuse. 

Mais le véritable importateur de notre industrie drapière fut un Sedanais 
plein de dévouement et d'intelligence, préparé par des connaissances pratiques 
à la grande tâche qu'il allait entreprendre. Abraham (^hardron, envoyé dans 
les Pays-Bas, explora les manufactures, acheta les machines les plus perfec- 
tioni»ées, enrôla de bons ouvriers et ramena toute une colonie industrielle à 
Sedan. î.e succès fut complet; alors le Dijonval prospéra. Pour récompenser 
Nicolas Cadeau et ses associés, le gouverneur leur accorda le privilège de 
fabri(|uer des draps fins, à Timitation de la Hollande; cette maison y fit parti- 
ciper d'autres fabricants qui lui payaient une redevance annuelle, et l'on sait 
les résultats de ces faveurs et de cette protection de TEtat. 

Par la beauté, la finesse, la solidité de ses produits, la draperie sedanaise 
acquit une immense renommée en France et dans le monde entier. Les per- 
fectionnements apportés à la teinture contribuèrent aussi beaucoup à fonder 
cette réputation méritée. Toutefois, périclitèrent et disparurent complètement 
des manufactures d'étoffes de soie, de rubans^ de galons, de points coupés et 
de dentelles d'or et d'argent. En 1666, le roi, pour faciliter encore le dévelop- 
pement de l'industrie, rachetait le privilège exclusif délivré vingt ans aupara- 
vant et accordait à tous le droit de fabriquer des draps fai:on d'Espagne et de 
Hollande, 

A la suite de cette mesure libérale, la manufacture sedanaise se transforma 
complètement; la confection des draps communs fit place peu à peu à celle 
des draps fins, et en 1762 la sergerie avait disparu. 

Jusqu'en 1784, la production ne cessa de suivre à Sedan une progression 
croissante; les étoffes ne s'écoulaient pas seulement en France, elles étaient 
recherchées par l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, et même par des contrées plus 
lointaines : la Hussie et l'Amérique. La période qui s'écoula de 1770 à 1784 fut 
surtout la plus brillante pour l'industrie sedanaise, qui atteignit alors un degré 
de prospérité inouïe. Ainsi, tandis qu'au commencement du dix-huitième siècle 
6,000 ouvriers produisaient environ 5,400 pièces de 36 à 38 aunes de longueur, 
on peut évaluer à 17,200 le nombre de pièces fabriquées annuellement dans 
cette période, et à 15,000 le nombre d'ouvriers employés. Le prix des draps 
noirs variait de 15 livres 10 sous à 25 livres; celui des draps de couleur, de 
18 à 30 livres. 

Le traité de navigation et de commerce, conclu à Versailles le 26 septembre 1786 
entre la France et l'Angleterre, eut une influence funeste sur la manufacture 
de Sedan, coniim^ d'ailleurs sur l'industrie française; l'Angleterre nous inonda 
de ses produits à bon marché et il en résulta, à Sedan, une stagnation presque 
complète dans les afl^aires. En 1789, la manufacture se trouvait réduite presque 
subitement au tiers de ses métiers, lorsqu'arriva la Révolution, qui lui porta 
le dernier coup. 

Sous le Consulat et sous l'Empire, notre fabrique se ranima, sans toutefois 
reprendre son ancienne activité. Les désastres de 1814 vinrent de nouveau 
l'abattre; mais elle sortit encore victorieuse de cette épniuve et se releva pen- 
dant le règne de Louis XVIII. A partir de cette époque, elle prospéra constam- 
ment, et, jusqu'en 1870, son importance alla croissant. (Voir Henry Rouy : 
Abrégé dk l'Histoire de Seiian. — Imprimerie Jules Laroche, 1893.) 

Après un moment d'accalmie relative qu'avaient pour ainsi dire imposée les 
événements de l'année terrible et aussi l'orientation nouvelle de l'économie 
sociale, l'industrie drapière de Sedan semble vouloir reprendre sa prospérité 
d'autrefois. On compte actuellement (année 1898) cinquante fabricants de 
draps à Sedan. 



- 95 — 

Fabriques : Ch. Antoine, Auscher, Béchet, Bertèche et C'*, Blanchard et G'«, 
Bogny, Bouteille, Brégy frères, Bruno, Gordier, Créplet et Jaloux, Dekantei', 
Denis frères, Douret, G. Franck, Alph. Gibert, George Gibert, Gochart, J. Godet, 
Gœdert et Godet, Grenier et Chenelle, Gh. Giselle, Griselle, Grosieux frères, 
Hanrion, J. Hugo, L. Jœglé, A. Kablé, Klein fils aîné, Alf. Lecomte, Alf. Lepage, 
Loupot, Marciilet, E. Meyer, de Montagnac, Mousset et Pilart, Mousty frères, 
Oudart frères, Patez, Pilard frères, Prévost, Heitter, Renanlt-Many, Aug. Robert, 
Bonsin et Rousseaux, L. Rouv, J. llousseaux, Auguste Royer, J. Stackler, 
E. Vaillant, H. Villain. 

La population ouvrière employée dans les fabriques, y comprise celle occupée 
dans les filatures qui se trouvent, en partie, en dehors de la ville, est d'environ 
6,000 ourriera. 

La moyenne annuelle, et actuelle, des expkiUions — articles en noir et en 
couleur pour hommes et pour femmes, draps noirs fins renommés — est 
d'environ 2,500,000 kilogrammes. Prix moyen, 6 francs. En outre, les 
feutres, dont la fabrication, depuis quelques années, s'est considérablement 
augmentée. 

Le chiffre total de la production annuelle atteint de i5 à 16 millions. Sans 
doute, il n'y a pas bien longtemps encore, ce chiffre était supérieur; mais il 
importe de faire observer que d'années en années le prix moyen du mètre de 
drap diminue, si bien que, malgré le chiffre officiel et moindre d'affaires, la 
quantité de mètres produits n'en reste pas moins plus grande. 

L'industrie drapière de Rethel, lisons-nous dans l'ouvrage cité de Nivoit, 
« est loin d'avoir un aussi brillant passé que celle de Sedan. Déjà, paraît-il, 
on fabriquait dès le dix-septième siècle, à Rethel, une draperie grossière qui 
se vendait dans les environs et constituait, d'ailleurs, le seul commerce de la 
région rethéloise. Les sièges nombreux, les guerres civiles qui désolèrent 
Rethel, s'opposèrent à tout développement industriel et y maintinrent cons- 
tamment en grande infériorité la fabrication des lainages. Colbert, qu'atta- 
chaient à Rethel des liens de parenté, voulut tenter pour cette ville ce qu'il 
avait fait pour Sedan; mais il ne réussit à transformer Rethel, au point de vue 
industriel, qu'en une annexe de Reims. Telle est encore, aujourd'hui, la con- 
dition de Rethel : on peut dire alors que le but principal de son industrie est 
de fournir la matière première aux manufactures rémoises; subissant leurs 
crises et leurs prospérités. Dans le siècle dernier et au commencement du 
nôtre, on fabriquait à Rethel des bas au métier, des draperies, des flanelles. 
Les seuls tissus que l'on y confectionna depuis furent des riiérinos écrus 
obligés de passer à la teinture pour devenir produits commerciaux. » 

Voici, d'ailleurs, quelques dates marquant les étapes les plus intéressantes 
de rindustrie drapière rethéloise : 

1292. A cette époque, Reims tirait ses meilleurs ouvriers de Rethel, déjà 
fort célèbre pour ses « confections d'étoffe ». — 1495. Ln règlement défend 
« de vendre des draps de bourre ou aultres avant qu'ils ne soient escardés. .. 
Qui sera trouvé vendant à faulces aulnes ou faulces mesures, ou à faulx poids, 
paiera l'amende pour chacune fois, soixante sols. » — 1600. On commence la 
fabrication de la serge et de la tiretaine. — Vers 1669, condamnation de Nicolas 
Day, coupable d'avoir « vendu une chaîne pourétamine de onze aulnes trois quarts 
au lieu de douze aulnes fixées parle règlement «; diverses admissions dans les 
coii)orations; arrêt condamnant un « sieur Lescuyer à brûler publiquement 
les laines morilles qu'il a exposées en vente. » Plusieurs plaintes contre la 
trop grande quantité de laines grasses employées dans la fabrication. — 
1720. Installation des premiers métiers à faire des bas. — 1749. Ordonnance 
obligeant les drapiers Rethélois « à vouloir se conformer au règlement des ma- 
nufactures rémoises en ce qui concerne les comptes des fils et les qualités de 



— 96 — 

laine. » — 1756. Mesures prises en vue d'empêcher les ouvriers de traTailler pour 
leur compte personnel, et d<^fense faite à ceux qui ne sont pas encore en maî- 
trise (le prendre des apprentis; « le tout à peine de confiscation des marchan- 
dises fabriquées sans autorisation. » — 1770. lettre de Tlntendant prescrivant 
la réunion des maltres-jurês des diverses corporations « en présence de plu- 
sieurs notables » pour rendre compte de leur mission et aviser aux moyens 
de perf(;ctionner les manufactures. — 1781. Hèglenient pour les ouvriers « qui 
voudront travailler dans les endroits où se montent des fabriques. » — 1807. 
Jusqu'à cette époque, le prignag** et le tissage des laines pour la fabrication 
des étoffes se faisaient à la main; en 1807, M. Ponsardin introduisait à Reims 
la première machine à filer la laine. — 1811. M. I^ndragin-Taine, maire de 
Hethel, établit uih* filature, actionnée par un manèf^e à cheval, dans la Char- 
penterie proche du canal. — 1812. M. Bonnevie installe rue du Quai une fila- 
ture mue par lavapcîur; c'est aujourd'hui la filatun* Poulet qui, en 1828, substitue 
au « manège » dans sa filature, une machine à vapeur. — 1835. M. Desmont- 
Faille achète toutes dépendances des anciens moulins appartenant aux reli- 
gieux de Novy, et les convt^rtit en filatures niéoani(|u<*s. — 1842. Les premiers 
métiers à peigner la laine sont insUillés chez M. Fournival. — 1853. Les pre- 
miers métiers à tisser sont installés chez M. Jesson, rue du Quai, et à rétablis- 
sement Maquet. — 1855. M. Noiret, propriétaire des moulins exploités comme 
filatures par M. Billette, y établit Tindustrie du retordage, du grdiage et da 
mélange de la soie avec la laine, afin de créer des fils spéciaux recherchés par 
les fabricants de « tissus hautes nouveautés ». — 1863. M. Givelet achète 
l'établissement Maquet; il l'augmente d'une teinturerie, « de sorte qu'aujour- 
d'hui (écrit J.-R. Caruel : Kssai sur Rrthel) les produits des manufactures de 
Kelhel rivalisent avec ceux de Heims et sont exportés directement dans toutes 
les parties du globe. » Pour bien comprendre l'extension et les heureuses 
modific^ilions de l'industrie rethéloise, il importe de rapprocher cette phrase 
du passage, par nous cité plus haut, de M. Nivoit. Il écrivait en 1850, et 
l'ouvrage de M. Caruel date de 1891 : entre ces deux dates, il semble y avoir 
toute une révolution industrielle! 



Vil. INSPECTION DU TRAVAIL; CHAMBRES DE COMMERCE; 

ARTS * MANUFACTURES. 

Des inspecteurs du travail dans l'industrie sont chargés d'assurer l'exécution 
des lois du 9 septembre 1848, du 2 novembre 1892 et du 12 juin 1893, ainsi 
que des règlements d'administration publique qui les complètent. 

Toutefois, en ce qui conc<îrne les exploitations des mines, minières et car- 
rières, l'exécution de la loi est exclusivement confiée au service des Mines. 

Les inspecteurs du travail sont chargés, en outre, concurremment avec les 
commissaires de police, d<' faii-e exécuter la loi du 7 décembre 1874 relative 
à la protection des enfants employés dans les professions ambulantes. 

Au point de vue du service de l'Inspection du travail dans l'industrie, la 
France est divisée en onze circonscriptions, ayant à leur tète chacune un ins- 
pecteur divisionnaire, sous les ordres de qui sont placés les inspecteurs dépar- 
tementiiux. 

Le département des Ardeiuies. avec ceux de l'Aisne, de la Meuse, de la Marne, 
de Meurthe-et-Moselle et des Vosges, forme la 4« circonscription divisionnaire, 
dont le siège est h Nancy. 

La loi (lu 9 septembre 1848 ûxe à douze heures la durée journalière maxima 
du travail efl*ectif de l'ouvrier dans les manufactures et usines. Des règlements 



— 97 — 

d'administration publique des 17 mai 1851, 31 janvier 1866 et 3 avril 188U, ont 
apporté des exceptions à cette loi en faveur d'un certain nombre d'industries. 

La loi du 2 novembre 1892 ne permet d'employer les enfants, les filles 
mineures et les femmes, à un travail industriel dans les usines, manufactmes, 
mines, minières, carrières, chantiers, ateliers et leurs dépendances, de quelque 
nature que ce soit, publics ou privés, laïques ou religieux, même lorsque ces 
établissements ont un caractère d'enseignement professionnel ou de bienfai- 
sance, que sous certaines conditions d'âge, de durée de travail, d'hygiène et 
de sécurité. 

Enfin une loi du 12 juin 1893 et divers décrets ou règlements d'adminis- 
tration publique, notamment ceux des 3 et 13 mai 1893, lo juillet 1893, 
10 mars 1894 et 26 juillet 1895, complètent les dispositions de la loi du 
2 novembre 1892. 

Il y a, dans le département, deux Chambres de commerce .'Tune à Char- 
leville, l'autre à Sedan. 

Les membres des Chambres de commerce sont nommés pour six ans. Le 
renouvellement a lieu par tiers tous les deux ans. 

La Chamhre de Charleville a pour circonscriptions les arrondissements de 
Mézières et de Rocroi. La Chambre de Sedan, les arrondissements de Sedan, 
de Rethel et de Vouziers. 

Les Chambres de commerce ont pour mission de renseigner et d'appeler 
l'attention du Gouvernement sur tout ce qui intéresse la prospérité et l'accrois- 
sement de l'industrie et du commerce. Leurs attributions sont spécialement 
définies par l'ordonnance du 16 juin 1832 et le décret du 3 septembre 1851. 

Les membres des Chambres de commerce sont nommés dans une assemblée 
d'électeursàgésde vingt-un ans au moins, pris parmi les commerçants ureconi- 
mandables parleur probité, leur esprit d'ordre et d'économie. » Peuvent aussi 
être appelés à cette réunion les directeurs des Compagnies anonymes de com- 
merce, de finances et d'industrie; les agents de change; les capitaines au long 
cours et les maîtres au cabotage, ayant commandé des bâtiments pendant 
cinq ans et domiciliés depuis deux ans dans le ressort de la Chambre. Le 
nombre des électeurs doit être égal au dixième des commerçants inscrits à la 
patente; il ne peut dépasser mille, ni être inférieur à cinquante. (Loi du 21 dé- 
cembre 1871.) 

Mentionnons enfin les Chambres consultatives des Arts et des Manu- 
factures — l'une à Rethel, l'autre à Givet — dont la mission est de faire con- 
naître les besoins des manufactures, des fabriques industrielles, des arts et 
des métiers, de provoquer et d'étudier, en ce qui les concerne, toutes les 
améliorations possibles. 



VIN. LES INDUSTRIES PAR ARRONDISSEMENTS. 

Voici maintenant, pour nos cinq arrondissements, la nomenclature des prin- 
cipales industries — et seulement les principales — dans chaque commune : 

ARRONDISSEMENT DE MÉZIÈRES 

Canton de Charleville 

Aujlenuml : deux ferronneries ; brasserie ; exploitation de carrières. — 
Charleville : neuf fabriques de brosses; douze brasseries; douze imprimeries; 
trois fonderies de cuivre; trois ferronneries; ferronnerie -crics; ferronnerie- 



— 98 — 

hoiilonnerie ; deux ferronneries de paumelles ; atelier de ferronnerie ; trois clou- 
teries mécaniques; carrosserie; fabricjue de pipes; deux briqueteries; cinq 
fonderies de deuxième fusion, dont une articles de chauffage, ornements, 
nickelage, émaillerie et fabrique déniaux; trois fonderies de fonte malléable; 
fonderie de bronze; fonderie de fonte et de cuivre; tannerie; deux tanneries- 
corroieries : fumisterie ; atelier de serrurerie d'art ; deux ateliers de construction 
d'appareils électriques; atelier de nickelage; usine à ^az; fabrique d'émaux- 
émaillerie; fabrique de limes; fabri(}ue de machines af^ricoles; verrerie; scierie 
mécani(|ue; atelier de mécanicien; béton comprimé; carreaux en ciment; trois 
marbreries- sculpture; fabrique de chapeaux; deux fonderies de suif ; moulin à 
écorces; construction d'appareils de chauffage et de cuisine; corderies. — Etion: 
neuf ferronneries. — Gespunsart : trois ferronneries; cinq brasseries; ferron- 
nerie-boulonnerie; boulonnerie fine; tourneur sur bois; fonderie de fonte et de 
cuivre; clouterie à la main. — Joii/ny-sur-Meu^e : ferronnerie fers à friser; fer- 
ronnerie; cxi»loilation de dalles schisteuses. — Montcy-yntre-Damc : hrasserie; 
moulin à écorces ; tréfilerie. — MotUry-Saint-Pien'e : fabriijue de bois de brosses: 
trois ferronneries. — Menfînanil : brasserie; minoterie; fonderie de fonte ordi- 
naire et de fonte malléable; chmteries à la main; exploitation de carrières. — 
Noitzon : cinq brasseries; fabrique de casse-noisettes; fabrique de pièces de vélo- 
cipèdes; mécanique de précision ; sept ferronneries ; ferronnerie de ferrures de 
wagons; ferronnerie-articles de bAtiments, pelles et pioches; (Quatre ateliers de 
ferronnerie ; ferronnerie-carrosserie et scierie mécanique ; ferronnerie-enclumes; 
fabrique de pelles, pincettes et chenets; fonderie de cuivre; scierie méca- 
nique: usine à gaz; fonderie de fonte ordinaire et de fonte malléable; fon- 
derie de fonte malléable et d'acier coulé; fonderie de fonte malléable et fonderie 
de fonte de cuivre et d'acier: machines agricoles et fonderie; quatre cloute- 
ries mécaniques; atelier de galvanisation; briqueterie; atelier de mécanicien; 
fabrique de paumelles; deux ateliers de polissage et nickelage des métaux. 

Canton de Flize 

Les Ayvelles : brasserie. — Balnives-et-Butz : fabrique de tuiles, briques et 
tuyaux; exploitation de carrières. — Bnulziconrt : deux brasseries; deux fer- 
ronneries; tilature de laine cardée. — Routftncnurt : scierie mécanique, taillan- 
derie-aciérie; taillanderie-quincaillerie; ferronnerie; exploitation de carrières. 

— i>'jm-/«?-iVe.s?u7 : six brasseries ; tilalure de laine; exploitation de carrières. — 
Elan : trois tonnelleries; fabrique de couleurs. — Flizt* ; brasserie; ferron- 
nerie; usine à fer. — Giiif/nicourt : fabrique de manches tournés; scierie mé- 
canique; fabricjue de paumelles; ferronnerie-articles de voitures. — Htinnogne- 
Siiint-Marlfu : deux lilatures de laine; brosserie; moulin. — Mo)niif/)iy : 
fabrique de poterie, briques réfraclaires. — yonvum-aw-Meme : fonderie de 
fonte et de cuivre. — Saint- Marcrnu : clouterie. — Sapogne-Ffucheres : fabrique 
de bois d'' brosses; deux brasseries; deux fabricfues de chaises et bois de 
brosses; fabrique de manches tournés. — Vriyne-Meiifie : fabrique de manches 
d'outils tournés. 

Canton de Mézières 

('ons-la-Gntnflrille : brasserie: scierie mécanique: deux ferronneries. — 
Fayuon : <leux ferronneiies. — hsanroiirt : trois ateliers de ferronnerie. — 
Le Thuw : exploitation d(; carrières. — Mrzicrcs : deux imprimeries; cinq bras- 
serions; deux fours a chaux et moulins à chaux; scierie à brouettes: atelier 
de maréchaleiie-charronnage : fonderie; atelier de chîiudronnerie; ferron- 
nerie, fondeiie: carrosseri»»; fabrique di* vélocipfMles et articles de vélocipèdes. 

— Mohon : trois briqueteries; atelier de la Compagnie de l'Est pour répara- 



— 99 — 

lions de wagons ; atelier de la Compagnie de l'Est pour réparations de ma- 
chines; scierie mécanique; fabrication de bois tournés et cintrés; trois clouteries 
mécaniques; deux laminoirs à tôle; deux brasseries; chaudronnerie; mino- 
terie; exploitation de carrières. — NenvHle-les-This : scierie mécanique. — 
Prtlr : fabrique de couleurs; trois ferronneiies; brosserie; scierie mécanicfue. 

— Sdint-Lawent : exploitation de carrières. — Thia : papeterie. — VUlc-siir- 
Lumes : fonderie, quincaillerie; atelier de charronnage; fonderie de bronze. — 
Veillera ~ Semeuse : usine à gaz; scierie et bois cintrés; ferronnerie: fondeiie 

<le fonte de cuivre. — Vit ler-au- Court : quincaillerie: trois fonderies-quin- 
4!ailleries; ferronnerie-quincaillerie; atelier de ferronnerie-grosses vis; deux 
ferronneries-quincailleries-fonderies; deux fabriques de cuivre; trois ferron- 
neries; fonderie en deuxième fusion. — WV/rer/ : deux tourneurs en fer; scierie 
mécanique; grosse chaudronnerie; four à chaux; atelier de mécanicien; mino- 
terie; onze ateliers de ferronnerie; exploitation de carrières. — Wanu'court : 
atelier de ferronnerie; clouterie mécanique; brasserie. 

Canton de Monthermé 

BraiLv : quatorze ferronneries; fabrique de boulons; deux boulonneries et 
ferrures; cinq brasseries. — VhfUe(ni-]{efjnoult : cinq boulonneries; quatre fer- 
ronneries; scierie mécanique; fabrique d'acide pyroligneux; usine à gaz; 
carrières de pierres et de grauwachs à tache rouge. — Deville : trois ferron- 
neries; fonderie-émaillerie; fonderie-construction; fonderie; fabrique de ma- 
chines agricoles; brasserie: ardoisière de Saint-Barnabe ou du Canal; exploi- 
tation de carrières (roche de porphyre très rare, près de Mairupt, chemin de 
Deville à Laifour). — //(/M/w?^';fabri(]ue de boulons. — llfiutea-IUvières, Linchatnps 
et Sorendal : deux ferronneries-bouloiineries ; sept fabriques de boulons; fer- 
ronnerie; brasserie; tréfilerie. — Lalf'unr : fonderie. - Lecrezij : neuf fabriques 
de ferronnerie; deux scieries mécaniques; chaudronnerie-maréchalerie; atelier 
<le charronnage; boulonnerie. — Monthenru^ : (juatre brasseries: usine à fer, 
<les sociétés « hauts-fourneaux et forges de Villerupt-Laval-Dieu )>: fonderie en 
ileuxième fusion; fonderie de fonte-cuivre-émaillage-étamage : usine Saint- 
Joseph au Champ-du-Trou: fonderie et atelier de construction, à la I^ongue- 
ilaie; clouterie et tréfilerie; charronnerie: atelier de ferronnerie: atelier de 
mécanicien et ferronnerie; minoterie à Malhanté ; usine à gaz; deux ardoi- 
sières : l'Echina et Sainte-Barbe: exploitation de carrières. — Thilay : ferron- 
nerie -boulonnerie; qualre boulonneries; boulonnerie- tréfilerie, à Navaux ; 
trois brasseries à Nohau. 

Canton d'Omont 

La Hortjne : vannerie. — Monll(jn}/-!iiir-Vence : fabrique de couleurs, ocre. — 
Poil' : deux fabriques de couleurs: brasserie: fabri<iue de machines agricoles. 

— Vendresse : brasserie : fonderie et atelier de mécanicien ; fonderie en deuxième 
fusion. — ToiUifjny : exploitation de cariières. 

Canton de Rénovez 

An'eiLr : boulonneries; trois ferronneries. — Cliron : brasserie; trois ferron- 
neries; moulin, à Charroué. — Ham-les-Moines : trois ferronneries. — Havcy : 
fonderie en deuxième fusion -émaillerie: fabrique d'émaux: produits cliimi- 
<|ues: ardoisière de La Bichole. — Hitiulrevij : minoterie: fabrique de brosses; 
fabrique de couleurs. — Lonnij : fabrique de couleurs: fabrique de chico- 
rée; brosserie; minoterie. — L^'.s Mazitrcs : fonderie en deuxiènn^ fusion, aux 
Vieilles- Forges; fonderie de cuivre, aux Neuves-Forges : laminoir, à Saint- 



— 100 — 

Nicolas; brasserie. — Martin-Boî/nif : papeterie. — RemUly-leS'Poih'tea : mino- 
terie. — lieuwez : deux brassttries; fabrique cb» chicorée; quatre fabriques de 
brossfs; fonderie; fonderie -éniaiilerie; tissage mécanique: usine à gaz; bri- 
queterie; briqueterie, four à cbaux. — Saint-Marcel : brasserie; clouterie 
mécanicpie. — Sormonne : clouterie mécanique; quatre ferronneries. — Toui^nes : 
malterie; moulin; clouterie; deux l)rasseries. 

Canton de Signy-PAbbaye 

Barhaise : exploitation de carrières. — Clavff-Warhy : brasserie; filature de 
laine: minoterie. — Jawiun : deux brasseries; moulin; deux fabriques de 
poterie. — Launois : brasserie; moulin; scierie mécanique; fonderie de fonte 
malléable et d'acier. — Marauwcz : moulin. — Railhcourt : briqueterie; deux fabri- 
ques. — Si(jny-l\\bhaye : quatre filatures de laine; filature et tissage; deux 
minoteries: brasserie; briqueterie; deux scieries mécaniques: éclairage élec- 
trique. — Thin-le-Moulier : scierie mécanique; fabrique de bois de brosses; 
moulin et scierie mécanique. 

ARRONDISSEMENT DE HETHEL 

Canton d'Asfeld 

Aire : briqueterie. — Asfeld : fromagerie, beurrerie. — Balham .-minoterie; 
deux briqueteries. — Bertjnicourt : brasserie. — Houdilcourt : minoterie. — 
Poilcoiirt : filature de laine. — Roizy : minoterie. — Saint-Germainmont : su- 
crerie. — Vitters-devant-le-Thour : râpe rie. 

Canton de Ch&teau-Porcien 

CMleau-Porcien : brasserie; minoterie; deux briqueteries. — Edy : sucrerie. 

Canton de Chaumont-Porcien 

Chaumont-Porcien : bri(|ues, tuyaux; beurrerie. — Draize : minoterie. — 
FrailUcourt : scierie mécanuiuc ambulante. — Givron : scierie mécanique. — 
La Ilardoye : scierie mécanique. — Moutmeillant : scierie mécanique ambu- 
lante. — Rennevilte : minoterie. — Rocquiijny : minoterie; briqueterie. — 
Rubiyny : minoterie. — Vanx-les-Rubifjny : briqueterie. 

Canton de Juniville 

Alhtcourt : minoterie. — Jutu'ville : deux minoteries ; deux brasseries. — 
MiUifl-Ainu'Ucs : brasserie. — yenflizc : filature ; lissage; papeterie. — Tatjnon: 
brasserie. 

Canton de Novion-Porcien 

Auhonrourl-VaHzcllea : fabrique de limes. — Chesnols-Auhoncourt : moulin à 
pbospbati». — Ha(juiC'jW't : briqueterie. — Justine : deux minoteries; bras- 
serie. — Lalohht' : iïi'dlur*} de laines; cidrerie; fabrique de couleurs. — Lucquy r 
ateli(;rpourcréos()lage de traverses; briqueterie: scrierie mécanique. — MesmorU: 
minoterie. — yovion-Porch^n : minoterie; deux moulins à phosphate; brique- 
terie. — Saulccs-Monrlin : minoterie; brasserie. — Sery : minoterie: ràperie 
de l)etteraves. — W'ay non : minoterie. — Wasiyny : deux briqueteries; bras- 
serie; minoterie; cidrerie. 



— 101 — 



Canton de Rethel 



Aoy-Romance : sucrerie. — Àmai/negaïc : dépôt de machines appartenant à 
la Compagnie de l'Est. — Ambly-Fleunj : minoterie. — Biermea : atelier de mé- 
canicien. — Coiicy : distillerie de betteraves; sucrerie; éclairage électrique. — 
Pargny-Resson : distillerie de betteraves. — Rethel : deux scieries mécaniques; 
iieux fabriques de machines agricoles; atelier de mécanicien pour machines 
;igricoles; deux ateliers de mécanicien; carrosserie; fromagerie: atelier de me- 
nuiserie; ébénisterie; usine à gaz; imprimeries; atelier d'enveloppes de paille 
pour bouteilles; «itelier fibres de bois; briqueterie; quatre brasseries; fabrique 
de couleurs; trois tissages; trois filatures; filature retordage; minoteries. — 
SauU-les-Rethel : briqueterie; fonderie; atelier de machines agricoles; élec- 
tricité; enveloppes de paille pour bouteilles. — Seuil : cidrerie. 



AUaONDlSSEMENT DE UOCROI 

Canton de Fumay 

Fnmay : deux scieries mécaniques; quatre brasseries; deux fonderies en 
4leuxième fusion; deux imprimeries; fonderie -fabrique d'émaux- poterie de 
fer émaillé, à la société du Pied-Selle; usine à gaz; atelier de mécanicien; six 
ardoisières : Moulin Sainte-Anne, Saint-Gilbert, le Pied-Selle, Bacara, Sainte- 
Désirée, Saint-Joseph; carrières. — Hargnles : fabrique de torches en paille; 
brasserie; deux minoteries; clouteries; exploitation d'écorces. — Hnyhes : 
exploitation de carrières; fabrique de produits chimiques dérivés du bois; 
Irois brasseries; briqueterie; deux fabriques de pavés en ardoises; six ardoi- 
sières : Saint-Lambert-Bellerose, l'Espéiance, la Providence, Sainl-Roch, Sainte- 
Barbe; la sixième est récemment ouverte. — Monlitjny-aur-Meuse : minoterie; 
exploitation de cariières. — Revin : usine à gaz; briqueterie; atelier de 
cliarronnage; trois ateliers de modelages; deux ateliers de ferronnerie; six 
brasseries; huit fonderies en deuxième fusion; fonderie-construction; fon- 
derie-émailleric-nickelage et cuivrage: deux fonderies-émaillerie et fabrique 
«l'émaux ; fabrique d'objets en tôle-émaillerie; fabrique d'objets en tôle; fon- 
derie de cuivre; at/;lier de montage-ajustage et tôlerie; exploitation d'écorces. 

Canton de Givet 

Aitbn'vea : atelier de produits réfractaires: fonderie-construction, des Sociétés 
iFAubrives; brasserie; fahrirjue de tuyaux pour conduites d'eau; carrières. — 
Chooz : brasserie: briqueterie; four à chaux: exploitation de carrières. — 
Potiches : exploitation de carrières. — Fromelenne^ : fabrique de colle forte; 
moulin à tan; usine à cuivre -tubes d'acier. — Glvet : usine à gaz; trois bras- 
series: tannerie-corroierie ; fa!)rique de courroies; six tanneries: trois fabri- 
ques de colle forte: deux moulins à tan; tannerie et lissage; fabricjue de guê- 
tres; fabrique de pneumatiques: briqueterie; fabrique de pipes; fabriciue de 
produits céramiques; deux imprimeries; fabrique de crayons: minoterie; four 
à chaux; scierie de pierres: cairières de pierre calcaire d'un beau gris-bleuté, 
dit marbre de Givet, qui forment en couches épaisses et inclinées à peu près 
toute la masse des montagnes voisines de (iivet. — Landrlchtimpa : minoterie. 
— Vireiw-Molhain : trois brasseries: scierie mécanique et menuiserie; atelier 
de charronnage; usine à fer; fabrique de produits réfractaires; briqueterie. — 
Vireuj'-Wallerand : trois brasseries; minoterie; filature de laine. 



— 102 



Canton de Rocroi 

Bour(/-Fidèle : fonderie eu ileuxièine fusion; fonderie, émaillerie, tôlerie; 
scierie mécanique et charpente; niaréchîilerie. — ChrUeletsuv-Sormonne : 
exploitation de carrières. — ("hilly : minoterie, beurreric, fromagerie. — Etoile z 
atelier de mécanicien. — Giu^-d'Hossua : brasserie. — Laral-Morency : deux 
ateliers de ferronnerie. — Mfinbfrt- Fontaine : deux brasseries; fonderie eu 
deuxième fusion ; minoterie; fabrique de chicorée; scierie mécanique et char- 
pente; beurrerie; spécialité de pain d'épictîs. — llefjnioivez : beurrerie; moulhi 
à blé; laiterie. — linnut/nr : trois Inasseries; émaillerie; exploitation de car- 
rières; trois ardoisières : la Grande-Fosse, Saint-Quentin, TrufTy. — Rocroi r 
cinq brasseries, à la Maison-Houge, a Hyraumont,au (àrand-lion^réaux; niuuliii 
à tan; bri(|ueterie, à Ilyraumont; usine à gaz dans la vallée de Misère; fon- 
derie en deuxième fusion, à Ilyraumont; fonderie-émaillerie, à Saint-Nicolas; 
imprimerie. — La Toillelle : hv'iqueiev'ur, beurreries et fromageries. Le fromage 
de Hocroi est renommé dans les Ardennes. 

Canton de Rumigny 

Aomte : deux brasseries; minoterie. — Auhlgny : deux brasseries; minoterie. 

— Bay : minoterie. — Btanchefosse : briqueterie. — Bossus-h's-Iiumif/ny : pape- 
terie. — La Cerleatt : minoterie. — L'Échelle : fabrique de briques, tuyaux. — 
La Frrn' : scierii* à caisses d'emballages. — Girontielle : scierie mécanique. — 
Hannappes : minoterie. — Liart : brasserie; maréchalerie- carrosserie; brique- 
terie: scierie mécani(|ue. — Lofjuy-Boyny : minoterie. — M a rlemonl : hrùssmQ. 

— lioavroy : fabrique de briques, à la petilt* Patte-d'Oie; briqueterie, aux 
Pt\(juis; brasserie. — 7i«yw?V//i// ; trois brasseries; minoterie; scierie mécanique; 
bri((uelerie; deux beurreries, au bois de Soissons. — Vaiw-Villaine : deux 
minoteries; scierie de bois tournés vl bois de brosses. 

Canton de Signy-le-Petit 

AuviUen-les-Fnri/t'n : trois brasseries; beurrerii»; laiterie; atelier de cons- 
truction de modelîige; fonderie en deuxième fusion; briqueterie. — Broijnon r 
scierie mécanique, — Et'^i'i/nteres : scierie mécanique; briqueterie; fonderie eu 
deuxième fusion; fabrique de chicorée. — Fliyny : laiterie, beurrerie; brique- 
terie. — La Neuvilh'-au.r-JtaitrH : deux ateliers de retaillage de limes; mino- 
terie; bi'i(|ueterie; travaux de vannerie. — La yetivUle'au.i'-Tnurneurs : fon- 
derie en deuxième fusion. — Si{/ny-le-PelU : quatre brasseries; fabrique de 
chicorée; trois brifjueterit's, tuyaux; fabrique de tuyaux réfiactaires; laiterie; 
deux fonderies en deuxième fusion. — Tavzy : brasserie. 

AHIIONDISSEMENT DE SEDAN 

Canton de Carignan 

Auflance : minoterie; moulin et scierie. — Bla(/ny : usine à fer, tôle d'acier. 

— Cariynan : filature, tbulerie; (ilature ih; liine; trois laminoirs à tôle tiont 
l'un à la Fenderie et l'autre à Linchamps; atelier de ferronnerie; taunerie- 
corroierie; njoulin à tan; bri((u«Herie; atelier d'électricité ; ((uatre brasseiies; 
deux scieries mécaniques; minoteries; graineterie. — La FcW^' : filature de laine 
cardée. — Malamlry : moulin et scierie; bri<|ueterie. — ManjiU : brasserie; 
fonderie en deuxième fusion. — Matton : scierie mécanique; fabrique de pau- 



— 103 — 

nielles, à Bologne, aux Maltiiiets; fabrique de bois de brosses; filature de 
laine; atelier d'enclumes, taillanderie. — Messincourl : niinoteiie; scierie mé- 
canique. — Mob'y : deux filatures de laine. — Osnes : minoterie; usine à fer, 
laminoir à tôle. — Puilly et Charbeaux : minoterie. — Pure et Messnnpré : 
aciérie; usine à fer; laminoir à tôle; tréfilerie, pointerie; clouterie. — Suchy : 
briqueterie; minoterie. — Sailly : minoterie. — Sapo(jne-Tasslf/ny : moulin et 
scierie. 

Canton de Mouzon 

Autreconrl : fabrique de feutres et chapeaux; filature de laine; atelier de 
polissage d'éperons; fabrique d'éperons. — Beaumunt : deux brasseries; serru- 
rerie; briqueterie. — Br&viUy : usine à fer, de la Société des Forges de Brévilly; 
pointerie et tréfilerie. — Doiizy : sucrerie; deux fabriques de chicorée ; fabrique 
de socs et versoirs de charrues; trois brasseries; briqueterie; minoterie; 
deux ateliers de ferronnerie, pelles et pioches. — Euilly : filature de laine. — 
Mouzon : forges et laminoirs; trois brasseries; deux scieries mécaniques; 
fabrique de feutre; taillanderie; corroierie; tannerie-corroierie. — TfHdiyne : 
brasserie. — Viller.<'deiant- Mouzon : deux fabriques d'éperons; atelier de 
polissage d'éperons. — Yonerj ; deux minoteries; scierie mécanique; tourneur 
sur bois. 

Canton de Raucourt 

Angecout't : deux fonderies en deuxième fusion; quatre fabriques d'éperons; 
scierie mécanique; filature de laine; atelier de tissage mécanique. — Bubon : 
fabrique de molettes d'éperons; atelier de charronnage; exploitation de car- 
rières. — Connugc : exploitation de carrières. — Haraucourt : brasserie; filature 
de laine; deux ateliers de polissage d'éperons; fonderie -construction méca- 
nique; trois fonderies en deuxième fusion; fonderie-quincaillerie; deux fabri- 
ques de vélocipèdes et ferronnerie; scierie -menuiserie; scierie mécanique et 
menuiserie; atelier de mécanicien. — liaucourl : fabriques de boucles; fa- 
brique de boucles et éperons; fonderies en deuxième fusion; trois brasseries; 
atelier de construction; briqueterie. — RemUly-AiUkourt : trois brasseries; 
deux filatures de laine. 

Ville de Sedan 

Cinquante fabricants de draps; filature de laine; deux tissages mécani- 
ques; cinq ateliers de tissage mécanique; deux ateliers de tissage et apprêts; 
trois fabriques d'apprêts de draps; deux ateliers de décatissage de draps; 
atelier de teinture et d'épaillage de draps; quatre teintureries pour draps; 
atelier de dégraissage de laines; atelier de foulerie de draps; atelier de travail 
des déchets; atelier de pressage de draps; fabrique d'astrakan; fabrique de 
tapis; trois ateliers de construction mécanique; atelier de constructeur-méca- 
nicien et chaudronnerie; deux ateliers de mécaniciens; fonderie et chaudron- 
nerie en cuivre; atelier de carrosserie; deux ateliers encollage des chaînes 
pour tissage; deux ateliers de location de force motrice; deux scieries méca- 
niques; menuiserie et scierie mécanique; fabrique de maillons pour tissage; 
deux fabriques de lames pour tissage; usine à fer, Société des Korges de Sedan; 
cinq imprimeries; usine âgaz; cinq brasseries; tannerie-corroierie; minoterie; 
moulin à tan; fabrique de limes. 

Canton de Sedan-Nord 

B^jssêval : foulerie de draps. — Floiwj : quatre brasseries; minoterie; deux 
ateliers de sculpture et marbrerie; scierie mécanique; fabrique de grosse 



— 104 — 

chaudronnerie: fabrique de lissajîe de draps; teinturerie; teinture et apprêts 
de draps. — Gironne : deux filatures de laine; fonderie en deuxième fusion; 
deux brasseries: deux ferronneries- taillanderies; laminoir -ferronnerie; fer- 
ronnerie-pelles; ferronnerie - pioches : deux ferronneries -pelles et pioches; 
deux scieries mécaniques. — (Uaire-ef-Villeffe : trois brasseries; filature de 
laine; carrières. — lÛy : atelier deflîlochage de chiffons; deux filatures de 
laine, l'une à Olly, l'autre h. Varcamp: quatre platineries. — Saint-Menges : 
brasserie; deux filatures de laine. — Vriijne-aiLv-Boh : deux brasseries; usine 
à gaz; scierie mécanique-menuiserie; fonderie de fonte malléable et ordinaire, 
quincaillerie : fonderie de cuivre; deux fonderies de ferronnerie et quincaillerie; 
fonderie en deuxième fusion; fonderie et crémones: fonderie et nickelage; 
cinq ateliers de ferronnerie et charnières; huit ateliers de ferronnerie; fer- 
ronnerie et articles de billiment; ferronnerie et tôlerie; atelier de polissage 
des métaux; atelier de mécanicien; fabrique d'objets en tôle; tôlerie et fer- 
blanterie. 

Canton de Sedan-Sud 

Bnbin : imprimerie; briqueterie; fabrique de savon; deux ateliers de cons- 
truction de machines: fonderie en deuxième fusion; atelier d'épaillage de laine; 
fabrique de -cardes; fabrique de maillons et d'arlicles en tôle découpée; 
deux ateliers de carrosserie: cinq brasseries: filature de laine. — Bazeilles : 
quatre brasseries; atelier d'ébénisterie; ab'lier d'effilochage de chiffons; bri- 
queterie: deux filatures de laine. — Cherew/e$ : deux brasseries; trois mino- 
teries; scierie mécanique. — Ddiyny : trois filatures de laine; atelier d'épaillage 
de laine: moulin à écorces; scic?rie mécanique. — Donchery : tannerie; moulin 
à tan; deux brasseries; minoterie; fabrique d'enclumes: fonderie en deuxième 
fusion; deux ateliers de tissage mécanique; filature de laine; atelier de foulerie 
de draps; atelier d'apprêts de draps; atelier d'effilochage; fabrique de feutre. — 
Fidnrhrrnl : scierie mécanique; atelier de tissage mécanique; fabrique de 
feutre; ferronnerie -pelles et pioches: carrières. — Ldinoiirelh' ; filature de 
laine. — Noynvfi-Pont-Mainjh : filature de laine; atelier d'épaillage de laine 
et de chiffons; fabrique de feutre. — PoHnt'(iu,r-Bois : scierie mécanique; 
minoterie. — Pouni-Sfiint-Rcmy : brasserie: filature de laine: atelier de tissage 
d»' couverture: scierie mécanique. — Hubi^courl : deux filatures de laine. — 
Saint- Aujnan : scierie mécani(|ue et manches en bois tournés. 



ARRONDISSEMENT DE VOIZIERS 

Canton d'Attigny 

Alhuvl'huy : moulin à phosphate; exploitation de carrières. — Attitjny : 
deux briqueteries; tuileries; sucrerie: njinoterie : atelier d'éclairage électrique; 
alelit'r de mécaniciens: deux brasseries; atelier de carrosserie; atelier de 
tissa;îe mécanique; atelier de maréchalerie : fabrique d'instruments aratoires. 

— Chnrhofjne : ferronnerie, paumelles. — liitly-nux-Oioa : minoterie. — Saint- 
Lamhert : moulin à phosphate. — Sainte-Vfnihow'i/ : beurrerie, fromagerie. — 
Semny : moulin à phosphate. — Voncy : trois minoteries. 

Canton de Buzancy 

Brirjuenay : minoterie. — Buzancy : minoterie: brasserie; tannerie. — Imé^ 
court : moulin à phosphate; scieri(î mécanique. — Oches : scierie mécanique. 

— Snmtnanthc. : brasserie. — Lamlres-et-Salnt-Georfjes : minoterie. — Tailly : 



— 105 — 

carrières. — Thônorqxies : minoterie. — Vaux-en-Dieulet : minoterie. — Verpel : 
moulin et scierie. 

Canton du Chesne 

Authe : carrières. — BonU-aud-Bois : minoterie. — Brieulles-sw-Bar : deux 
brasseries. — Le Chesne : deux brasseries; deux briqueteries; minoterie; 
scierie mécanique. — Monlyon : papeterie; scierie mécanique. — Sauville : 
scierie mécanique. — Verrières : minoterie. 

Canton de Grandpré 

Apremont : fonderie, ferronnerie, essieux. — Chnmpujneulle : moulin à 
phosphate; minoterie. — Ch'Uel-Chéh'''ry : bri(jueterie; minoterie. — Crn'nay : 
fonderie en deuxième fusion; moulin à phosphate. — E^rermont : moulin à 
phosphate. — Grandpré : moulin à phosphate; atelier de mécanicien; ma- 
chines agricoles; brosserie; scierie mécanique; tuiles, tuyaux; briqueterie. — 
Lançon : tuiles, tuyaux; scierie mécanique. — OUzj/ : laiterie, beurrerie. — 
Senne : minoterie; moulin à phosphate. — Sommerancc : exploitation de car- 
rières. — Tei^mes : minoterie; tuilerie, briqueterie. 

Canton de Machault 

Haiivint : minoterie; tissage mécanique. — MaehauU : brasserie. -^ Saint- 
Clêment'à-Arnes : minoterie. — Saint-Elienne-à-Arnes : brasserie; minoterie. — 
Semide : minoterie. 

Canton de Monthois 

Anleuil et Montfawrelles : minoterie. — Chnlleranye : beurrerie. fromagerie. — 
Manre : minoterie. — Saint-Morel : fromagerie, beurrerie; briqueterie. -- 
Savigny : brasserie. 

Canton de Tourteron 

Ecordal : fabrique de couleurs; deux minoteries. — Jonval : cidrerie. — 
Neuville-et-Day : minoterie; exploitation de carrières. — Tourteron : deux 
minoteries; scierie mécanique; atelier de tourneur sur bois. — Suzanne : 
cidrerie. 

Canton de Vouziers 

Ballay : deux scieries mécaniques; minoterie. — Biaise : briqueterie. — Con- 
Ireuve : minoterie. — Falahe : bri((ueterie; minoterie. — Sainte-Marie .'bros- 
serie. — Vouziers : briqueterie ; construction de machines agricoles ; deux 
imprimeries; deux scieries mécanicjues; atelier de carrosserie; atelier de mé- 
canicien; atelier de vannerie: deux hrasseries; usine à gaz; deux minoteries; 
sucrerie; beurrerie; extractirm de nodules. 

A signaler, en outre, \ industrie vannière, notamment à : Condé-les-Vouziers, 
Les Alleux, Savigny, Vouziers, Olizy, Voncq, La Sahotterie, Le Chesne, Attigny. 



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CHAPITRE X 



■otcy- 



LES A RD EN NAIS CÉLÈBRES 



DES 0RI0INE8 A LA RÉVOLUTION 



LFs hommes ct^rbres ou marquants des Ardennes fnronl, aux temps jadis 
— il sera facile de s'<mi convaincre, — plus particulièrement des théolo- 
giens et des hommes de guerre : les théologiens, surtout depuis la 
Réforme, à cause de Sedan, « la i)etite (ienève du Nord » et de la région seda- 
naise, peuplés de calvinistes que le catholicisme s'efforçait de combattre : le» 
hommes de guerre, à cause du pays toujours ouvert, à cause des frontières 
toujours nienacées. Autrefois d'ailleurs, comme maintenant, FArdennais était 
et reste encore au poste d'honneur. Il attend, soit qu'il le donne, soit qu'il le 
reçoive, le premier et d'autant plus terrible assaut. Il met et mettra toujours 
un patriotique orgueil à s'y préparer. 

Kn dehors de la Théologie et de l'Histoire, peu d'écrivains. Poètes moins 
nombreux encore — nous ne parlons pas des poètes latins qui foisoiment; — 
quelques peintres, quelques musiciens. Nous sommes aux siècles d'autrefois, 
il importe de ne pas l'oublier; car, pour la période contemporaine, nos lettrés» 
nos savants, nos peintres, nos musiciens, nos artistes et nos critiques d'art 
abondent; et ce ne sont point, dans l'ensemble du mouvement intellectuel 
français, h's moins réputés et les moins en vue. (-oinme aussi, de mémo 
(ju 'autrefois, sont nombreux nos hoînnies de guerre (]ui tiennent le premier 
rang parmi les plus instruits et les plus braves. 

Ce changement si ladical « d'état d'àme » parce que l'électricité, la vapeur, 
les admirables et nombreuses découvertes de la science moderne — plus encore 
que la division d<?s provinces en déparlements — ont rapproché, ont mélangé 
les diverses races françaises. Les barrières sont tombées. Alors notre pays 
d'Ardenne ne conserve [dus cette caractéristique d'autan qui nous explique 
nos lourds penseurs, nos batailleurs controversistt^s d'autrefois. Cette vue des 
montagnes ou des collines, alors qu'elle ébranle si fortement parfois Timagi- 
lion de l'homme vivant dans les plaines, laisse l'esprit des montagnards pro- 
saïcjue et froid. Aux en«lroits où la vi<^ est diflicile, tout le travail de la tète et 
(b's bras ne semble avoir (ju'un objectif : les impérii'uses nécessités de l'exis- 
tenie. Nos déparlenjJMils granitiques, ipii sont les j)lus pauvres, restent, dans 
l'ensemble, les plus slériles en hommes vraiment célèbres : célèbres dans le 
sens éclalant du nioL In ciel souvent gris et lourd arréle l'imagination dans 
S!*s ('lans vers l'idéal. Al<n*s peu de poésie dans les arts ou les lettres, puisque 
la «< fulle du logis » calcuh; ou raisonne. Les imaginations ne naissent aux 



— 107 — 

frontières que par exception. Souvent Tinduslrie étoulTe sous le bruit des 
lourds marteaux le chant du poète, de même qu'elle encliaine la main de 
l'artiste. 

ADAM (Pierre), savant helléniste, né à Wasigny au seizième siècle; étudia 
surtout les œuvres du rhéteur grec Isocrate. 

ALYADON, né à Rethel le 19 avril 1671 ; inhumé dans l'église de Saint-Ger- 
raain-des-Prés, à Paris; théologien. 

AMRLY (Reg.nault d'), né dans le Helhélois vers l'an 1220; connétable do 
Bourgogne; s'illustra dans un combat naval contre les Sarrasins à la première 
des tieux croisades que commanda saint Louis. La famille d'Ambly fut Jadis 
célèbre en Ardenne. Elle tirait son nom du droit d'usage que Louis IX concé- 
dait à son premier ancêtre dans la forêt d'Omont, près d'Ambly. Fit des 
alliances avec les plus illustres maisons de France. Fut surtout une « famille 
d'épée ». 

ANCELIN (Miciikl), né à Hethel en 1356; théologien. 

ANCiECOl'RT (PiKRRE ou Pkrin d ), serait né, d'après une fausse tradition 
ardennaise, à Angecourt en l'année 1172. Un des « trouvères » les plus célèbres 
de notre ancienne ^littérature. Ses chansons d'amour n'ont pas trop perdu d»* 
leur gnlce un peu vieillotte. 

AMOT (PiKRRE-NicoLAs), né à Saint-Germainmont en 1762; théologien, litté- 
rateur, voyageur. Ses trois ouvrages principaux sont : LeUrea >u<r la Belrjiqup, 
la Hollande, C Aile mua ne, la Pologne, la Prusse, r Italie, la Sicile et Malte, selon 
l'ordre des temps; — Annales du Monde; — Tableau de l* Histoire universelle. 
Mourut en 1882, le 23 octobre. 

ANOT (Cyprie.n), né à Saint-Germainmont le 27 avril 1792; professa la rhéto- 
rique et l'histoire aux lycées de Reims et de Versailles. On a de lui, notamment : 
Elét/ies n^moises suivies de Fragments dramatiques et d'an Essai sur les thi'ories 
lilt&r aires, 

ARGENT (Abkl d'), poète français, naquit peut-être à La Cerleau, dans la 
première moitié du dix-septième siècle. Habita Sedan où il publia : la Semainr 
dWrqent contenant l'histoire de la seconde criatinn ou restauration du f/eure 
humain. Un d'Argent fut, en 1787, seigneur de La Orleau. 

ARGY (Jkan-Louis-Joseph), né au Chàtelet en 1703; théologien. Fit, « après 
de longues et fastidieuses recherches », écrit son biographe, une histoire restée 
inédite de Mézières. Le manuscrit s'égara, ou fut brûlé pendant la Révolution. 

ARNOUL (Saint), nacjuit à Rethel vers l'an 494; il épousa, <lit la tradition, 
Scariberge, nièce du roi Clovis : union qui, d'ailleurs, serait <« toujours restée 
spirituelle ». Fut assassfhé par ses domestiques, alors qu'il priait devant le 
tombeau de saint Remv. 

ASPREMO.NT (François d'), seigneur de Ruzancy; fut assiégé par François V^ 
et par Henri II dans son château de Lûmes, dont il avait fait un « repaire d ' 
bandits » ; petite place forte que rasa François de Clèves. 

BAILLOT (Pierre), né à Sedan en 1()23; théologien. A laissé quelques œuvres 
d'histoire locale : Chronique manuscrite du prieur'' tie Movi et Antiquatatcs 
Mnsomenses, cesl-à-dire les antiquités de Mouzoïi : trois volumes in-4\ Mort à 
Saint-Arnoult île Metz en 1752. 

RAILLY (Pikrre), naquit à Launois dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. A écrit : Questions naturelles et curieuses touchant le r-'ninv il' la 
sant*'; — les Sonqcs de Phestlon. Ces songes sont des « paradoxes physiolo- 
giques ». 

BAILLY (Nicolas), né à Launois en 1740; jurisconsulte distingué. 

B.\LLAY (Jean de). La maison de Hallay, lune des plus illustres de l'ancien 



— 108 — 

duclu'' (lo Bour^'ojjno, tiro son origine clos « hauts seigneurs » du village et du 
cluUj'au de Ballav, près Vouziors. Dans l'église do Ballay, quelques inscriptions 
lumulairos rappollont cetio famille. 

BAHDOl (Jkan), romancier, théologien ot historien; né à Torcy en 1729. 
Parmi s<*s œuvres : Laurent Manel on rOh^crvnîeur sana prt'jmjf^s; — Esprit des 
AfKilof/istes (le lu reUyion rhvi'th'nw: — Amuaemcnt d'un Philosophe solitaire ou 
rh'iix d'dnrrdotes. A laissé de nombreuses œuvres manuscrites. 

BATTHl \ (CiiAnLKs, dit //' Batteux), littérateur qui, de son temps, eut une 
roton lissante vogue. Ses ouvrages furent « classiques » dans tous les collèges; 
entre autres : les Beaux-Arts n'duits ù un ninne principe; — Cours de Belles 
Lettres; — d^' la Constitution oratoire; — les Pm-sies d'Horaep en français, — la 
Mnvale d'Epieure; — les Quatre Portiques; — Histoire des Causes premières; — 
Cours d'études à l'usat/e des Elcres de l'èrnle Militaire : quarante-sept volumes. 
Naquit à Allaiid huy le mai 1713 ot mourut le 17 juillet 1780, «< s'applaudis- 
sanl do n'avoir jamais écrit contre qui (juo ce fill. » Inhumé dans l'église 
lie Saint-André-des-Arts, où lo ministre Berlin lui fil ériger un buste sur un 
fiilier. 

BAI DIN (Louis), naquit à Sedan lo 18 septembre 1748; avocat au Parlement 
di} Paris; puis directeur dos ])ostes dans sa ville natale dont, on 1790, il fut 
nommé maire. Fit partie de la Législative, de la Convention où, lors du procès 
do Louis XVI, il vota pour l'appel au pi^uple, puis pour la réclusion jusqu'à la 
paix. Avait élé chargé de porter dans les Ardennos, pour ly notifier, le décret 
qui suspendait le roi. Appartint ensuite au Conseil des Cin((-Cents. H avait été, 
en 1791, désigné pour être lo préco[)tour du Dauphin — le Louis XVIL sur 
ItMjuoI, do nos jours encore, discutent les érudils, les uns disant qu'il mourut 
au Temple, les autres affirmant qu'il s'évada de sa prison. — l ne mort subite, 
l'f octobre 1799, eideva Baudin. Il laissait vacantes sa place a l'institut et sa 
cliaire de législation. Ses ouvrages sont assez nombreux, mais principalement 
s"s discours qui. înus, ont un caractère polititiuo plutôt modéré. 

BAI DOI.N, de Bourrq, pivs Vouziers; cousin-germain do (««Mlefroy do Bouillon. 
C'e>l dtins lo château ih^ Bourcq, dit la légende, que Codefroy aurait arrêté 
1 ilinéiairo do la première croisade. Kul, lo jour iU^ Pà(|uos, année 1118, cou- 
ivniné roi do Jérusalem. 

BAINV (EriK.wE), né à Mouzon on l.nG4; jésuite quonl flélii les Provinciales 
d.^ Pascal, lui donnant, do cotte manière, une odieuse inunortalité. 

BKAÏHIX, reine do Sicile, née a Bolhol au douzième siècle. 

BIÎAIJDUILLABT (J.-J.), né à Civron le 20 mai 1774. Appartenait à l'Adrai- 
nislration générale dos forêts. Ecrivit do volumineux ouvrages relatifs à sa 
profession. 

BKCllKT (Aliikrt, baron m: LK0C01TIT\ né à Sedan lo (> novembre 1771. 
Prit fiarl aux guerres do la Kévolution ot do l'Empire. Fait général de brigade 
le lî) février 1814. Fut nommé commandant dos Ardoimes h» 20 avril 1814. Le 
2:i juin suivant, prenait locommandoinont de la C(Me-d'Or et, lo .'i août, revenait 
dans h^s Ardennos. Napoléon, «i son retoin- de Tile d'Elbe, lui ordonna de prendre 
lo commandomont supérioiii- do la place de Sedan, en ménn; temps qu'il con- 
servait celui du département tout entier. Enfermé dans Mézières, il défendit 
opiniâtrement colto place (181.")) et put sortir avec les h«>nneurs do la guerre. 
Fut admis à la rolraih» en 182.'). Habita succossivomont Sedan et Hemillv; avant, 
comme Cincinnalus, retrouvé sa charrue. 

BÉNOMONT (Pikrhk: , né à Machaull lo 4 mars 1079; fut membre de 
l'Académie royale de chirurgie. A son époque, un des médecins les plus en 
renom. 

BEHNABDLX (TnKOPinLK), né à Sedan en l.-)r)9; jésuite. Ecrivit ; le Chemin de 
ht Vertu tract.^ aux divers Etats; — Ci/nosure, ou Eto'de des Chr^^tiens ]tour tirer 



— 109 — 

vers U port d'heureuse clernUr; — la Pvutiqw dfs bonnes Œuvres: — de lieUginsiv 
perseveranliœ prœsidiis. Mourut le 13 aoùl 102.'>, à Anus. 

BEHTALX (J.\coue?-Ei;gê.nf-j, né ù Hocroi le 17 janvier 1783; fils de Jacques 
Bertaux, chevalier de Saint-Louis, major de la place, f<énéral de brigade. 
Eujiène Bertaux fit les campagnes de Hollande, de Prusse, d'Allemagne et de 
Bavière. Mourut colonel à -Nantes, en février 1840. A ses obsèques, le général 
Bréa prononçait une vibrante allocution. 

BEHTKCIIÉ (Louis, dit la Bretèehe), naquit à Sedan le 14 octobre 1704. 
(iuerroya pour l'Indépendance américaine; se battait comme un lion à Jem- 
mapes, tuant, lui seul, douze dragons, sauvant d'une mort certaine le général 
de Beurnonville qui, tout aussitôt, le nommait capitaine; recevait un coup de 
feu et quarante-un coups de sabre. Devenu ministre de la guerre, Beurnonville 
présentait Bertèche à la Convention. Les Conventionnels ceignirent son front 
d'une couronne de chêne et lui donnèrent un sabre d'honneur oii, sur le [dal, 
cette devise était gravée : «< La H 'publique française à Bertéehe. » Colonel en 
1793. Napoléon, en 1815, lui donnait mission de défendre le chAteau de Sedan, 
mais sous les ordres du baron de Choisy. « S'il avait été le maître, dit un de 
*ie ses camarades, il se serait canonné avec les Prussiens, aurait brûlé la ville 
et fait tuer les défenseurs du chiUeau. » Le 29 décembre 1841, mourut à Jges, 
où ses concitoyens l'avaient élu maire. 

BERTON (J.-B. Brkton, dit), né à Euilly-Lombut le lii juin 1767. Lieutenant 
dans la légion des Ardennes, en 1792. 11 fait alors, sous les ordres de Moreau, 
les campagnes des armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Attaché comme 
capitaine à l'état-major de Bernadotte; conquiert l'amitié du futur roi de 
Suède. Se distingua en Espagne; y est nommé maréchal de camp. Se couvre 
de gloire aux batailles de Tcmlouse et de Waterloo. Gomme il appartenait à la 
« Société des Amis de la Liberté », la Hestauration — contre laquelle, d'ail- 
leurs, il publia des pamphlets violents — le tint pour suspect. Fut rayé <les 
cadres de l'armée, puis emprisonné. Hedevenu libre, s'afllliait aux « Carbonari » 
et se mettait à la tète de la « conspiration » dite de « Saunjur >». Le 24 février 1822, 
il proclamait, sur la place de Thouars, l'avènement du gouvernement provi- 
soire, marchait sur Saumur avec une petite troupe, échouait devant la ville et 
n'avait que juste le temps de s'enfuir. A la Rochelle, il faillit se compromettre 
dans Talfaire célèbre des quatre sergents. Le gouvernement royal le poursuivit, 
le traqua; peut-être eut-il échappé s'il n'avait été livré parle traître Woëlfeld. 
1^ Cour d'assises de Poitiers le condamnait à mort : il lit appel. La sentence 
des premiers juges ayant été confirmée, Berton monta courageusement à l'écha- 
faud. Ses dernières paroles furent : « Vive la Franct*! vive la Liberté! » Ses 
deux fils, officiers de cavalerie, démissionnèrent après celte mort tragique. 

BERTON (Pikrre), né à Maubert-Fontaine en 1727; acteur qu'aimait beau- 
coup Louis XV; chanteur, et même compositeur. Ajouta plusieurs airs au (Atstnr 
et Polluj', de Rameau, et int«'rcala dans le Dardanus, encore d»' Rameau, la 
Chaome de B'rton. Gliick lui laissa le soin de composer tous « les airs de diver- 
tissements » de sa Cijthère assi''(jrt', et enc(>re de refaire le dénouement de son 
IphUjrnie en AuUde; c est celui que l'on a souvent joué. Son lils, Hknih BERTON, 
est l'auteur de : Montana et Stt^phanU'; — les R'ujui'urs tin Cloître. Fut le père 
de Fka.nçois BERTON (dont on a h'S Caqwts, ■S'ineltH à la Cour) et l'aïeul de 
PiKRnK-FR.\>çois BERTON, né à Paris en 1842; l'excellent acteur du Vaudeville. 

BIDOIT (J.\couFs), né à Maub<;rl-Fonlaine le 2 décembre 1734; mort à Mau- 
bert en 1808. Commamla, comme li«'utenanl-colon«*l en second, le l'^'" bataillon 
des Ardennes. Fut général de brigade à l'armée de la Moselle en 1793. (Voir 
dans : Revuk historiquk Ardkn.naisk, année 1897, sa biographie faite par Arthur 
Chuquet.j 

B1ENA1SE (Jean), chirurgien célèbre, né en 1601 à Mazères, près Pamiers; à 



— liO — 

Méz'uTes, en Ardenne, aflirment d'autres biographes. Fut en son temps un 
rliirurpien dont on admira l'audace, ayant tenté certaines opérations devant 
lesquelles reculèrent souvent ses confrères en chirurgie. 

HILLATTK (Nicol\s), né à Hethel le 12 août 1695. Prit une part active au 
célèbre ouvrage GnUia-Christiiuni. 

BILIA AUT i^Ch.-Ukxé), né à Revin le 8 janvier 408.>; travailleur acharné, un 
rude jouteur; théologien subtil, érudit; un des plus habiles controversistes 
qu'ait eu l'Eglise. On montrait, jadis, à Hevin , la cellule où Billuart écrivit 
SOS nombreux volumes de polémique religieuse dont les manuscrits se trou- 
vent, pour la plupart, à la bibliothèque de Charleville. 

BLANC (Ktiknnk Lkj. Fut le « secrétaire de Louis \lï »; ensuite « secrétaire 
(les commandements de la duchesse de Savoie, mère de François !«' » ; puis 
lîouverneur du chiUeau de Saint-(iermain-en-Laye. Naquit, vers l'an i485, à 
Sedan. 

BL.\NCn.\Hn fJKVN), naquit à Tourteron le 12 octobre 1731 ; jésuite. Ecrivit ou 
compila pour la jeunesse des petits volumes qui, de son temps, furent assez 
goûtés: par exemple : h Temple dea Mn^es nn Choix des plus belles Fables <ie$ 
meilleurs fabulistes franruis: — le Poète des Mœurs ou les Maximes fie la Sagesse. 

BONNE (Bigobert), né à Baucourt le 6 octobre 4727; ingénieur-hydrographe 
de la marine. Publia de nombreuses cartes et de nombreux atlas assez recher- 
chés, aujourd'hui: non j)our leur exactitude mais mieux pour la façon très fine 
dcmt ils sont gravés. 

BONNEVIE (Pif.rrk), né à Bethel le 12 janvier 1761 ; prêtre, légitimiste ardent. 
Etait chanoine à Lyon quand Napoléon, recevant le clergé métropolitain, de- 
manda, en riant, si l'abbé Bonnevie prêchait toujours contre le tyran. Ses 
s./mon.s', pait(Ujyriijues et discours divers furent édités en 1823 chez le libraire 
Audun. 

BOQIILLET (Jea.\\ na(|uitvi Aubigny-les-Pothées; prêtre et poète. « Traduisit 
en vieux français, écrit son biographe La Croix du Maine, les hymnes sur le 
chant de l'église, avec un cantique sur le livre de la genèse, imprimé à Keims, 
en l'année l.')o8, par Nicole Baquenois. » 

BOQl'lLLON (Nicolas), né à Bethel en 179,*»; publiciste et savant. Laissa de 
nombreux traités sur diverses questions de physique. 

BOL'CHEB DK PEBTBES, né a Bethel le lo" septembre 1788. Son père eut 
pour arrière-aïenl Jean Bornée, frère d'Isabelle Bomée, mère de Jeanne Darc. 
Fut l'un des promoteurs les plus ardents et les plus éclairés des sciences 
anthropologiques, alors presque à leurs débuts. Son ouvrage capital — il laissa 
soixante-neuf volumes — est intitulé : Ant'npiit>''s celtiques et antédiluviennes ; 
puis d'autres volumes ayant un caractère social; par exemple : Discours aux 
(hirrif'rs: — l' Education sodfde: — la Femme dans Vital social. Consacrait 
21)0,001) francs pour fonder des prix de .'iOO francs en faveur des classes ouvrières. 
('/est lui qui trouva la fameuse mâchoire dite « du moulin Quignon», qui révé- 
ItUt l'existence de l'homme préhistori(jue. 

Bol ILLON, né â Bouilly, écart de la Taillette, le 2 lévrier 1764. «Passa son 
enfance, dit son biogiaphe, dans les occupations rurales, ne reçut d'autre 
instruction que celle alors donnée aux plus simples villageois, puis se révéla 
poète, ayant appris lui-même, à l'aide d'une gramm;iire de Bestaud, les 
règles i\v sa langue. » Mourut le 24 avril 1795. Laissa : Ode sur la Naissance 
du Dauphin: des odes et des rpîtres; un poème en douze chants : Saint Louis 
ou les Croisftdes. Mais est surtout connu par son chant sur la Bataille di 
Ilocro', plaquette plus que rarissime tl'iuie (euvre ultra-médiocre, dont la copie 
se trouve aux archives des Ardennes. 

BOL'Btil IN, né à Charleville le 8 mai ISOi). A composé pour les écoliers un 
gentil petit Recueil d'^ fables, puis : Entretiens d'un Instituteur avec ses Elèves 



— m — 

sur l'hygiène H les animaux, vingt-sept éditions. Son ouvrage le plus important 
est : les Grands Naturalistes français au commencement du dU-neuvk'me sîècU'. 

BRAZY (Jean), d'origine lorraine, mais vint, très jeune, se fixer à Sedan où 
il fit souche d'Ardennais. Fut une des gloires de l'église réformée sedanaise. 
Le « registre des ordonnateurs » nous apprend que le « Conseil ordonna de rem- 
bourser le sieur Hambour des frais qu'il avait exposés pour faire venir à Sedan 
le sieur Brazy. » Nommé régent etprofesseur de rhétorique au «collège acadé- 
mique », alors bien déchu de son ancienne splendeur (c'était en 1024) et qu'il 
contribuait à relever. Eut deux petits-fils, Alkx\.\dre et Hk.nry, nés à Sedan et 
obligés de s'exiler lorsque fut révoqué ledit de Nantes. Alexandre était mé- 
decin et Henry était pasteur. 

BREL'X, né h Mézières vers 1600. « Second général de la Congrégation des 
prêtres de la Doctrine chrétienne. » Publia des Instructions fumilU'res sur le 
catéchisme romain, La famille de Breux subsista longtemps à Foulzy. 

BHIQUEMAl LT (IIknri dk), seigneur de Saint-Loup-Terrier; calviniste. Fut 
« lieutenant-général de la Sérénité électorale de Brandebourg » et devint le 
bienfaiteur des protestants qui se fixèrent dans ce pays après ledit de Nantes 
révoqué. Cette famille de Briquemault était d'origine très ancienne. 

BHISBARD (Jkan dk), né à Sedan : les Trophées de la Mort, parus à Leyde 
en 1689. 

BRIZAHD (Nicolas), naquit à Attigny vers Tan 1520; poète célèbre, en son 
temps; mais écrivit ses poésies, quelquefois un peu galantes, en langue latine. 

BKOUET (Jean), né à Chàteau-Regnault vers l'an 1550. Encore un autre poète 
plutôt latin que français. 

CABRISSEAU (Nicolas), né à Rethel le 15 janvier 1680; prêtre. Laissa d'in- 
nombrables volumes; entre autres : Instruction chrétienne sur les Huit Fi'ati- 
Imies; — D'iscours sur la Vie des Saints, 

CADEAU (Nicolas), naquit à Leyde vers 1615. Se trouvait à Paris, quand les 
Sedanais, pour lutter avec la Hollande et l'Espagne, voulurent renouveler com- 
plètement leur industrie drapière. Arrivèrent alors de ]\'iris à Sedan, envoyés 
par Louis XIV, Nicolas Cadeau, Jean Binet, Jacques de Marseille, qui fondè- 
rent le Dijonval, Ces trois associés obtinrent le privilège de « fabriquer exclu- 
sivement » des draps fins de Hollande; privilège qu'un édit de ('olbert en 1668 
étendit à tous les autres drapiers. Après la révocation de l'édit de Nantes, 
•Cadeau revint à Leyde. 

CAILLE (Louis dk La), un de nos plus illustres astronomes français. Né à 
Rocroi le 17 mars 1713. Bien que, depuis sa mort (21 mai 1762), les sciences 
■astronomiques aient singulièrement progressé, les ouvrages de La Caille sont 
toujours consultés avec profit et, en bien des points, ne sont pas à modifier. 
Nous citerons, plus particulièrement : Levais iHrmentalrt's de Mathrmatitptes; — 
Leçons de Mecaniyu'': — Lerons dWslronomie : livre qui fut, en son temps, la loi 
■et les prophètes; — Epht'mrrvlf's des Mouvements célestes; — Journal d'un Voyarjc 
fait au cap de Bonne- Espérance, 

CAMART, né à Rethel en l'année 1500 environ. Ecrivit: Mémoires sur rAnti- 
^/uilé de la ville de liethcl. Trois autres CAMART, de la même famille, nés aussi 
à Rethel, se distinguèrent soit comme jurisconsulte, soit comme poète, soit 
H^omnie théologien. 

CAQCÉ (J.-B.), né à Machaulten 1720; médecin. Eut, de son temps, une répu- 
tation méritée. 

C.ARPENTIER, né à Cliarleville le 2 lévrier 1097; philologue. Donnait une 
•érudite édition du fameux dictionnaire de Ducange : Glossarium ad scrijUnres 
mediœ et infimœ lalinitatis, 

CARUEL (Nicolas dk), né à Maubert- Fontaine en 1612. Issu d'une très 



— 112 — 

ancienne famille («cossaise qui vint se fixer dans les Ardennes peut-être au 
temps de Louis XI. Partit comme servent dans l'armée que Louis XIÏl en- 
voyait au secours de Charles de (jonza^Mie, fondateur de Charleville, auquel 
les Espaj^nols avaient enlevé le duché de Mantoue. Prit part à toutes les j^uerres 
que Louis XIII soutint contre l'empereur d'Allemagne et contre l'Rspof^ne. Eu 
1712, Louis XIV, appréciant son couraj^e et sa haute vîileur, lui confiait le com- 
mandement des milices champenoises préposées à la garde des frontières. 
Louis XV le nommait chevalier de Saint-Louis. 11 mourut à Maubert-Fonlaine 
le février 1820, ûgé de cent (juinze ans. D'autres CARIJEL sont à signaler, 
qui se distinguertMit aux trois sièges de llirsun en l.-i93, en 1()3;> et en lOoO. Un 
HoLAND CAUUEL fut gouverneur du chàteîiu de Humigny pendant les guerres 
<le la Ligue; un Pikrrk CARI KL, né à Maubert-Konlaine le lii avril 1764, fit 
toutes les campagnes de la République, de l'Empire; se signala, notamment, à 
Wagram, à Lulzen. Mourut à Rocroi en 1831. Son petit-neveu, Auguste CAR U EL, 
né à Rocroi, suivit dignement la trace de ses aïeux. 

C A STRIES UK VAUX (Alexandhk-Lkopold dk), né à Vaux-les-Rubigny le 
10 avril 1771. Emigrait aussitôt sorti de l'école du Génie alors à Mézières 
(l.'i juillet 1793) et allait à Coblenlz. Fit la campagne d'émigration en Flandre 
avec Tarmée du duc de Bourbon. Rentrait en France en 1802. Fit, dès cette 
époque, un chemin rapide. Aide de camp de Davoust. Nommé maréchal de camp 
le 13 août 1823. Mort à Rennt»s le 12 octobre 1832. (Voir dans : Revur historique 
ARDENXAisE, sa biographie par Arthur Chuquet.) 

CAZIN (HoRTENSKj, née à Rocroi le 24 janvier 1787; femme de lettres et poète. 
A hiissé : Dom Fernand ou rE-rili- d'Esjmi/nt', roman en «luatre volumes; — Pen- 
Sfk's i'.l Miwime^ suivies d*" la Supplique d'une Souris prisonnière; — Coup d*œil 
sur le Mouvement europôrn tle 1790 à /^/4; titre assez prétentieux. Avait 
épousé, en 1806, Louis-Thierry-Auguste-Guillaume Dufay qui fut un modeste 
avocat-avoué. 

CHAMPAGNE (Noël de), né à Chàteau-Regnault vers 1600. L'un de nos Arden- 
nais d'autrefois les plus célèbres. « 11 appartient surtout, dit Lépine, son 
biographe, à Rocroi par le dévouement avec lequel pendant deux sièges il 
«léfendit cette place, et par sa famille qui, plus de cent cinquante années, 
habita cette ville. Anobli par lettres patentes de Louis XIV, ainsi que sa pos- 
térité mdle et femelle. » 

CllARDRON, né à Carignan le 22 septembn» 169.'i; bénédictin. Fut ce que Ton 
appelle <« un bourreau de travail » jusqu'à en oublier le « boire et le manger ». 
Cellérier de l'abbayt? de Mouzon. Laissa, notamment : Histoire des Sacrements, 
nu la nianirrr dont ils ont Hi'' cèléhri's et adntinistrrs dans l'Ef/Use, 

CHARLIER, né à Hannappes le 10 mars 176o; théologien. A laissé : Office et 
jn'oecssinn du Saint-Sarremrnt; — Of'fiee ri processiun du Sacré-Ctmr; — wie 
Jtiurnrr ehrrtimw (ces trois volumes imprimés à Givel); — un Catéchisme, en 
deux volumes. 

CHATILLON ((iAUCiiKn dk), comte de Porcien, né en I2i0. Fut fait connétable 
par Philippe le Hel à la bataille de Courtrai, 1302. Fondait en 1300 l'Hôlel-Dieu 
de Chàleau-Porcien et « aumônait » l'abbaye de Ronne-Fontaine, en lui don- 
nant « cinq muids <le blé, à prendre annuellement sur les assises de Chàleau- 
Porcien », usage (|ui durait encon? en l'an t.soo. 

CdIESNE iJ.-IL Pini.irroTKAU du), né à Sy «mi 1082; théologien : le Prfjdt'stina- 
lianisnif nu hs 7/.''/*/'S/V's sur la prMf'stinathni H la r'''prob((tinn; — Ahrèifê de 
l'HisInire aneifun»' drs rinq i/rands l'uipircs qui prrr'ulrycnl la naissance de J.-C, 
(mvrage des plus médiocres. 

CIIESNEAU (^iNicoLAs). né à Tourteron en l.")21; théologien, médiocre poète latin. 

CHEVALIER (JosKiMii, né à Givel en 17i0; violoniste d'assez grand talent; 
« musicien de la chapelle du roi ». 



— 113 — 

GLKVES (Hknriettk df), née à llethel le 31 octobie l.'i40. Femme d'un esprit 
supérieur et d'une rare instruction. Hérita, lorsque mourut son frère cadet, 
Jacques, d'immenses biens qu'elle porta dans la maison de Gonzaj^ue par son 
mariage, 4 mars loGo, avec Louis, duc de Manloue. Avant son niaria;Lie, enleva, 
pendant la nuit, la tète de son ami Coconas décapité sur la place de Grève, et, 
l'ayant embaumée, la conserva longtemps dans une armoire derrière son lit, 
en son hôtel de Nesle. Très charitable, elle fondait «< sui' le duché de Helliel »» 
une rente annuelle de «« trois mille six cents livres » pour marier soixante filles 
pauvres. Un mausolée magnifique, dans la cathédrale de Nevers, renferme les 
cendres de Louis de (lonzague et d'Henriette de (élèves. 

CLOIÎET, chimiste célèbre, né à Singly en i7oL Fut à Mézières un des meil- 
leurs élèves de Monge. Avait établi à Singly une faïencerie qui ne prospéra 
point. Professeur de chimie à l'école du (jénie de Mézières. Fondait à Daigny 
une fabrique de fer forgé qui, largement, approvisionna les arsenaux de Metz 
et de Douai. 

COCHfcLFT, né à Mézières en ilïSi, Eut unt» grande réputation de controver- 
siste, de théologien et «le prédicateur assez audacieux. Le duc de Mfiyenne, 
régent, lui lit du'e « de prêcher plus modérément, sinon qu'il l'enverrait, cousu 
dans son froc, prêcher dans la rivière. » 

COCHELET (Charles), né à Chaileville en 1780; explorateur. Eut de singu- 
lières aventures dans « les peuplades de sauvages mahométans ». On lui doit: 
le Nau/'raoe du brick français « la Sophie », perdu le 30 mai 48i9 sur la côte 
occidentale dWfrvfue, et captivité d'une partie des nauf'ratjés dans le disert du 
Sahara, avec de nouveaux renseujneinents sur la ville de Timectou; àeux volumes 
avec cartes et planches. Son père, Barthélkmv COCHELET, lieutenant-général 
civil et criminel du bailliage de la principauté d'Arches et de Charleville, fut 
député des Ardennes à la Constituante. 

COFFLN, né à Buzancy le 1*^ octobre 1676. Etait « régent de seconde » au 
collège de Dormans en 1701; recteur de l'Université en 1719. Illustra son rec- 
torat « par rétablissement de l'instruction gratuite ». Poète gracieux, Coffin 
chanta souvent le vin de Champagne, lui donnant la préférence sur le vin de 
Bourgogne célébré par un autre poète, (irenan, professeur au collège d'Harcourt. 
Ce tournoi fit quelque bruit en son temps. Toutes ces poésic^s en vers latins. 

COLLOT (Hrnri), né à Charleville en 1716. Laissa quelques comédies. Son 
frère, André COLLOT, né à Charleville, lui aussi, fut « garde-marteau des eaux 
et forêts». Ecrivit : Entretitm d'un Seigneur avec son fermier, traité d'économie 
rurale. 

COLOMBIER (Jean), né à Hethel en 1736. Fut médecin des académies 
d'Angers, de Montpellier et de (^hàlons-sur-Marne. S'était fait une spécialité 
des maladies nerveuses, parce que, dit l'indiscrète chronique;, « il eut toutes les 
qualités brillantes qui charment d'ordinaire les femmes. » 

COMTE, pri(;ur des Jérùmistes d«' Fumay ; àme mystique, exaltée. Arriva 
d'Avranches dans les Ardennes. Très énergiquement donnait une impulsion 
nouvelle au monastère de Diversmonts, à Fumay, •< parce qu'il regardait les 
Ardennes comnn^ sa terre natale. » Fut ensuite prieur du monastère (jue fit 
construire Charles P'*" de (ionzague, duc de Nevers : le Calvain', « paice qu'il 
était à même dislance de la ville (jue le calvaire l'est de Jérusalem. )> Laissa 
de nombreux ouvrages <lont les titres scmt assez singulierr^ : Apostrophe de 
l'Ame dévote sur le Miserere: — Apostrophe de IWme d'-rnle anr le d'' Profundis; 
— /^ Calvaire de la Vierge' contentint /<'s pHiij/ahles éléf/ies de sa douleur sur la 
mort de son fils: — les Trophées d" r Amour divhi: — les Portraits dr'S Ames 
chérutnnes où se voient leurs fores et leurs ail s dont elles sétéveid au.r rirhes 
couronnes et aux plus belles séances du Paradis. Ces deux derniers ouvrages 
imprimés à Charleville. 

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— 114 — 

CONTAMINE (r.ÉRARD dk), né à f.ivet en 4720; jujie royal et criminel en la 
province de Uainaut. Louis XVI, « connaissant son inléfçrilé, zèle et fidélité », 
le nomma son « commissaire pour le représenter dans l'exécution du traité 
des frontières, 24 mai 1772 et 9 octobre 1773, conclu avec le prince évéque de 
Liè^e, concernant les limites des deux Etats respectifs. » 

CONTAMINE (Cédéon, baron dk), né à Givet en 1764. Revenant d'Angleterre, 
fondait à (iivet la première fabrique de laiton qui ait existé en France, en môme 
temps qu'il faisait à Fromelennes, dans une autre usine encore fondée par lui, 
« les premiers essais en grand sur le zinc ». Son frère, Théodore CONTAMINE, 
né a (iivet en 1773, fut maréchal de camp. 

COPETTE, né à Rethel en 1711; théologien. Sa collection de tableaux, d'es- 
quisses, de gravures et de vases antiques, fut célèbre. Son Joiwnal de Voyage, 
en collaboration avec son ami Watelet, qui l'accompagnait en Italie, est fort 
curieux. 

CORDIER (François), né à Aiglemont en 1755; théologien; chanoine au cou- 
vent de Laval-Dieu; helléniste. Traduisit du grec les meilleures œuvres de 
saint Jean Chrysostome en même temps qu'il collaborait au Journal île Parl^, 
On montre encore à Neufmanil la maison qu'il habita longtemps. 

CORVISART, né à Dricourt en 1755. L'un des plus connus et des plus célè- 
bres médecins de Napoléon, qui disait de lui : «« Honn»>te et habile homme, 
mais un peu brusque », et l'appelait, dans ses moments de bonne humeur, 
« grand charlatan »; car Napoléon n'eut en la médecine qu'une médiocre 
conllance. Mourut le 18 septembre 1821 à Paris. Ses deux ouvrages principaux 
sont : Essai sur tes Maladies et tes tt^sions organiques du rœur et des gros vais- 
seauœ: — Nouvelle MHhode pour connaître tes Maladies internes de ta poitrine 
par ta percussion de cette caviti^, traduit du latin d'Avenbrugger et commenté 
par le traducteur. 

COSSON (Charles), né à Mézières en 1731 ; littérateur. Laissa quelques poé- 
sies, plusieurs discours, et d'assez nombreux éloges; notamment : Eloge de 
Pierre du Terrait, dit te chevalier hagard. Sa sieur, Catherine COSSON, née à 
Mézières en 1740, fut poète elle aussi; mais plutôt par besoin que par goût. 
Misén'use après la mort de son frère, elle rima médiocrement, pour battre 
monnaie, sur presque tous les événements publics. 

COURTOIS, né ii Charleville en 1712; jésuite. C'est souvent à cause de cet 
ecclésiastique qu'on répétait le célèbre : « Convenez que les jésuites ont toujours 
eu des dessous de cartos. » Mourut à Saint-Laurent en sortant de son cabinet 
qui fut « pour lui plus que le palais des rois, parce qu'il y était avec les muses, 
avec la liberté et la paix. » A laissé de nombreux Discours et un Poème sur l'Eau 
de t/oudron, six cent soixante vers latins! 

(ioiIRTOIS-DEVERTEMONT, né à Charleville en 1705; jésuite. Ecrivit un 
poème : de Urbanitate, dont le but est, parait-il, « de faire sentir la sympathie de 
la politesse avec la religion chrétienne. » 

COUVELET (J.-B.), né à Charleville eu 1772; peintre. Fit le portrait en pied 
de Hayard qui se trouve à la mairie de Mézières. 

CROI (Antoine de), [>rince de Porlien, né en 1541 ; épousa Catherine de 
Clèves, s(eur cadette de Henrielte, comtesse de Rethel. En 1561, Charles IX 
érigeait en principauté le comté de !*orcien. Calviniste, persécuta les catho- 
licpies. Fut enterré à Ch.lteau-Porcien, en 1587, dans un cercueil de plomb, 
(|ue l'on chang»*ait en balh's de mousquet pendant le siège de 1017. Fut tou- 
jours l'ennemi déclaré de la maison de Guise. On a publié : le Trophée d'An- 
thoine de Crog, prince de Porcéan, souverain des terres d*ontre et deçà la Meuse, 
ttamn de Montcninet-tes-Ardennes. Il disait à sa femme : <( Quand vous serez veuve, 
ne vous mariez jamais avec le duc de Cuise. » Il mourut, et c'est justement 
Henri le Balafré qui épousa Catherine de Clèves. 



— Ho — 

DANCEY, quinzième siècle, né ù (ierson; érudit, Ihéolomien et prédicateur. 

DAUSSOIGS'E (Joseph), né à Givet en 1700; neveu de Méhul. Lui était décerné 
par le Conservatoire, en 48i8, le « grand prix de composition en musique ». 
A composé : Pcriclès; — le Fawv Infiiiisitcur: — le Testament; — Aspasie; — les 
Detw Sdlem, Ecrivit une magnifique Cantate en l'honneur de (îrétry, exécutée aux 
fêtes de Liège, lorsque le cœur de l'illustre musicien revint dans sa ville natale. 
Termina la Stralonice et la Valentine de Milan quo Méhul laissait inachevées. 

DECK, né à Sedan en i74o; ingénieur, mathématicien : Catrchisme rlnnen- 
fnire dWrlthmêlique ; — Description gcof/raphûiuc et hydraulique de la France, 
sa division en déparlements, il9i, 

DEHAYE, né à Rethel en i740; prêtre et prédicateur. Maire de Hethel en 
i790, lorsqu'il se fut déclaré le chaud partisan de la Révolution. Mourut en 
i818. Laissait quelques drames, de nombreux Discours, puis : Odepour la Fête 
de la Fédération, imprimée à Charleville; — Discours sur le Serment des Prêtres, 
imprimé à Charleville; — Ode sur le Mariage des Prêtres; — Ode sur la Pair, 
imprimées à Hethel; et encore une importante Histoire des Trois Dynasties fran- 
çaises, en manuscrit. Son frère, Etiknne DEHAYE, procureur général syndic de 
l'administration départementale des Ardennes, faisait une protestation publique 
lorsque, le iO août 4792, la royauté fut suspendue; protestation que signèrent 
«louze de ses concitoyens. Ils furent tous les douze condamnés à mort le 
7 mai 4794 et exécutés. 

DELAHAUT (Joseph), né en 1702 àCarignan. Auteur de notre très important, 
et souvent cité, ouvrage local : Annales civiles et religieuses d'Yvois-Carignan et 
'te Mouzon, qu'il laissait en manuscrit et qu'en 1822 publia L'Ecuy, abbé général 
de Prémontré, « avec des augmentations et corrections. >» 

DELICMEH (Pierre), né à Mézières en 1773 ; poète, bien inconnu de nos 
jours. Rappelons son axiome assez juste : « Un Français qui n'est pas gai est 
un homme hors de son élément. » 

DELO (Henri), érudit, alchimiste, polyglotte; né à Sedan en 172.*). Toute sa 
vie, rechercha la pierrr philosophale. Mourut en 178,-), laissant : le Diadème 
des Songes ou démonstration de la nature inférieure; — Flamel vengé. On sait 
que Flamel fut le grand alchimiste du moyen âge. 

DELOCHE (André), né à Novion-Porcien en 1732; philosophe, poète, auteur 
dramatique. 

DELVINCOURT (H. -A. -Augustin), né à Mainbressy en 1707; chapelain des 
chanoinesses de Charleville où son père avait un pensionnat. Revenu d'exil où 
volontairement il était allé le lo septembre 1792, il fonda le petit séminaire 
de Charleville. Curé de Mézières en 1813; curé de Charleville en 1817. Une rue 
de la cité carolopolitaine porte son nom. Fonda des écoles primaires et un 
noviciat, attribuant à cette dernière œuvre, pour la mieux soutenir, une rente 
perpétuelle de 1,200 francs; et encore une autre rente pour l'hospice de Char- 
leville où furent, d'après ses volontés testamentaires, construites deux nouvelles 
salles. Mourut le 24 février 182(5. *< Le Conseil municipal, dit son biographe, 
élevait à sa mémoire, dans le cimetière de Charleville, un monument pour 
perpétuer le souvenir de ses bienfaits. » 

DEMAUGIiE (Jean), jésuite, poète, prédicateur. On conserve de lui : le Mili- 
taire chrétien ou entrait de sermons; ses sermons prêches à Givet où, d'ordinaire, 
il y avait une garnison fort importante. 

DESBANS, né à Mouzon en 1.S93; jésuite. Fut appelé à Madrid par Philippe IV 
pour être professeur de grec à l'institut Suint-Ignace qu'avait fondé ce roi. 

DESMONTS (Rémi), né à Novy en 1703; théologien. A laissé une énoriiKî 
compilation en quatre volumes : le Lihertinage combattu par le témoignage des 
auteurs profanes ; le libertinage est pris ici dans le sens qu'avait ce mot aux 
siècles derniers, c'est-à-dire « la libre-pensée. » 



— ll(î — 

1)ESP(M\TKS, un des [leinlres les plus renouiiiK^s de l'école franeaise. Naquit 
à Chiinipignoiille on IGOl. 

DESUOlSSKALX, né à Stîdan en I7.'i2; fabrirant de draps. Etait maire le 
10 aoiU 1792: protesta contri» le décret qui suspendait la royauté. Trente Seda- 
nais signèrent la [»roteslati<»n. Ils furent condamnés à mort [)ar le Tribunal 
révolutionnaire, puis exécutés. 

DUHl/Y (Jkv.n), né à Mouzon en I,i8,ï; jésuite, théologien, savant, laissait 
un ouvra«i(î remaniuable pour son temps : Curinsx qiavstionea de veniomut 
origine, dissertations curieust^s sur l'origine des vents. 

DUKLINC.Ol'HT, né a Sedan le 10 juillet \,\%'i\ célèbre ministre de l'église cal- 
vinistes de Paris. Laissa de nombreux ouvrages de controverse et de théologie. 

DROIAHT (J.-H.), né en 1738 à Liait. Fut, en son temps, un célèbre sculp- 
teur sur bois. Sculpta la chaire de la cathédrahî de Heims — précédemment 
dans « l'église Saint-Pierre-le-Vieil »> ; — restaura le tombeau de Jovin. Fit quan- 
tité de trophées de sculptures décoratives dans maints hôtels et dans nom- 
breuses maisons de Heims, où, le 30 décembre 181G, il niourul. 

l)l'IU)lS-(iHA.\CÉ, né à Charleville le 17 octobre 1747. Etait, dès quatorze an» 
et demi, mousquetaire; député en 1780 du Tiers-Etat p^mr le baUliage de VitiT- 
le-François; se déclara hautement pour la dévolution et s'occupa spécialement, 
dans les diverses Assemblées dont il lit partie, de (luestions militaires. Député 
des Ardennes, du Var, de l'Isèn; et des Houches-du-IUiône à la Convention 
nationale, 21 septembre 1792: il était alors ad judant-généralcolonel.Vota la mort 
lie Louis XVT sans sursis ni appel. En mission à l'armée du Midi; en mission 
a l'armée de Dumouriez. Président de la Convention nationale le 21 février 1793; 
général de brigade le 8 niars 1793; membre du Comité de Salut public. Député 
par la Convention près l'armée ties Alpes: décrété d'arrestation le l.'i octobre 1793, 
mais relaxé et fait|général de division. Ministre de la guerre du 14 septembre 1796 
au 10 novembie de la même année. Admis à la retraite en avril 1801, parce 
qu'il s'était énergiquement opposé au coup d'Etat de Bonaparte. Se retirait à 
Ualham, y vivait en «igriculteur et en sage. Mourut le 29 juin 1814 a Hethel, 
où il est enterré, et où les Ardennes veulent élever sa statue. 

DCCEH (Louisj, né à Mézières en 1797. Médecin qui, de son temps, eut la 
réputation d'être un professeur éminent, un ])raticien de premier ordre. Son 
ouvrage capital est : Tniilr df P/ii/sinlof/ir. comptirr de l'homme et des animaux. 
Ce livre abondt^ en aperçus ingénieux et nouveaux pour l'époque. 

DUMOULIN (Mahik;, née à Sedan en 1020; lille d'un célèbre pasteur proles- 
tant sedanais; phdosophe, hébraïsante, érudite. Laissa d'intéressants mé- 
moires. 

DLNESME (Mautin-Fhançuis), né le 17 mars 17G7 à Vieux-les-Asfeld. Entré 
au service comme sergent -major le 22 septenïbre 1791 dans le 12* bataillon 
des Ardennes avec lequel il lit la campagne du Nord. A l'alfaire d'Hesnin et 
aux environs de Tirlemont, se lit remanjuer [»ar son intrépidité contre les 
Autrichiens, fiuçant leurs [K)sles à bal In* en retraite. Prit part aux guerres de 
la Uépublique et du premier Empire. Se distinguait au combat de Montefaccio, 
près (iénes, avril 1880; à Voltri, où, sur le point d'être tué, il saisissait un 
oflicier ennemi pour s'en faire un bouclier. Assistait au siè^'e de Gènes. Obtint 
par décret du 17 mars 1808 le titre de baron d'Empire et une dotation de 
4,000 francs de rente. Après les campagnes de llussie et de Saxe, promu 
général de brigade le 13 juillet 1813. .Mourut tué d'un coup de feu à la bataille 
de Kulni. 

Dl'IlAND (Etiknnkj, né à Uelhel en 16G9: avocat au Parlement. Iléraldiste. 
Son ouvragiî principal est : In Coutume du Bofllifitje d,'. Vitry, en Perlfiois, avec 
un commndaive et lu desviiidion at)rèijèe de la nohlesse de Fianre. — In-folio de 
7.'i0 pages. 



— 117 — 

Dl'îlAND (Pif.urk), né à firaiulpiv en 1763; ériidit; bibliolliécaire à C.harlo- 
ville; professeur à Térole Onlrale «les Ardennes. Laissa : S7^/;«r s tiu.r O'/isr/'Z/s* 
/////' Ifi Patrir uppdl»' à sa tl'fi'tisr: — Pm'wc snr rAssaf^ahKtt (l"S pjinipoirntitih'fii 
français n Bfistad (ces deux opuscules imprimés à Mézières) ; — yniivcllr Tra'luc- 
i'um de la satire de Pidrone; — l'Enc'de dr Virr/Ur : en vinf^l mille phrases, de 
4!ouze syllabes chacune, coupées en deux liémisLiches éi^aux, comme d<'s vers, 
mais ne rimant pas, et se suivant comme de la prose. 

Dl' VIVIER (Claude-Raphakl), liomme de guerre. Kut ingénieur en ch«'f du 
<lépartement de la Vendée. 

ECUY (J.-B. I/), né à ('arignan en 1740; théologien, historien. Kst surtout 
oonnu pour avoir publié, en le revivant et en l'augmentant : /'\s Ait)vdes ciriles 
H relif/ieiises d'Yvois-i'/nit/nan, ([n'écrivit le P. Delahaut; mais a laissé, cepen- 
dant, de fort nombreux ouvrages. 

KSTREBAY (Loi'is n'^ né à Estrebav. Prit le nom de son village qu'il latini- 
sait en Strt'iKL'us. Pliilosophe, un dos hommes les plus renonnnés et les plus 
érudils de son éporjue. Laissi de nombreux ouvrages écrits en latin. Fut 
rhéleur au collège de Reims, c'est pour cela sans doute qu'il est appelé Hhetor 
4'ximius, par l'historien .Marlot. 

FABERT (Louis), né à Sedan vers l.'iOl. Eils du célèbre maréclial Abraliam 
fie Fabert, qui naquit à Metz et fut gouverneur de Sedan. Kut colonel du régi- 
ment de Lorraine et, comme son père, gouverneur, lui aussi, de Sedan. « Jeune 
seigneur aimable, d'une bravoure an-dessus de son âge, » disent de lui les 
M(''Woh'rs contemporains. Tué en avril H'yiV.) à Candie qu'assiégeaient les Turcs. 

FALBERT (Iran), né à Château -Porcien en lO.'iO; théologien. L'n des plus 
habiles controversist^s de snn temps. 

FERRY-PASTE, seigneur de (ihnllerange: naquit dans la première moitié 
♦lu treizième siècle. In des trois m.iréchaux de France (|u"il y eut à cette 
<ipoque. 

FETIZON (Paul), né à Sedan en Kj.SO; théologi^^n. 

FLEFRY (Jka.n), nt* à Snrlion en 1731, d'une famille qui se fixait au sei- 
zième siècle dans le Rethélois; théologien, curé d'Iges, de Claire-et-V'illette ; 
député à l'Assemblée nationale de 17S9. 

FOREST DU EllESNE (.Nicolas), jésuile. Enseigna « les humanités », la rhé- 
torique et la philosophie. Entre autres ouvragj'S qu'il l.iissa, c(;lui-ci dont le 
titre est singulier : les Fleurs des pratitpies du Conif^as de proportion où sont 
facUUres les plus helles dèmonstrrdions d^'s math'^ttiati'pirs. Puis de nombreux 
sermons, et encore de plus nombreuses « lettres à des tlu'ologiens ». 

FOCAN (Michel), né à Signy-lc-Petit vers 167o, de l'une d(»s plus anciennes 
familles ardennaises, A laissé qur'l(|ues traités d'histoire ecclésiastique et de 
théologie qui ne furent jamais publiés. Mourut à l'ahbaye Saint-Vanne, de 
Verdun, qu'il avait longtemps gouvernée. Enterré dans le choMir de l'église. 
Sur le marbr.î de sa tombe, une longue et belle épitaphe à sa louange. 

FRA.NQLET, né à Tarzy vers la tin du dix-septième siècle; ingénieur. Allait 
€^i\ Amérique, et s'illustrait en fortttiant Louisbourg, ville, aujourd'hui, de la 
Nouvelle-Ecosse, mais (jui, à cett»' épo(jue, était vilh» français»». En 17.'i8, elle 
fut prise par les Anglais, oi Franquet fut un de ceux qui, pendant le combat, 
montrèrent le plus d'héroïsme. 

FRIZO.N (PiF.iuu:), né à S.uilt-Saint-Remy en i53V; e«'clésiastique. Laissa : 
In Doctrine de hô'n mourir, contenue en trois chapitres. Son neveu, P.kuiik FRIZON, 
fut un érudit. 

FI EILLE (J.-B. -Louis de La), né à Ruzancyen 4691 ; receveur des finances et 
poète : Tenue des Etats du Parnasse; — Ode anacrfkmtitpie; — Dissert fd ion sur 



- 1Î8 — 

l'anth/uitr de Chnilhi, dont le but était do « ridiculiser la science des niinulics 
lnstoriqu»*s. » 

<ÎARREZ i)K MK/IKItE, né à Bourcq en 47o9. Eut une vie très mouvementée. 
En iT.'il), garde du corps du roi d'Espagne. Arrêté, emprisonné à la suite de 
missions qu'en 1702 lui confia « l'agence royale >> auprès des princes émigrés 
habitant alors Blankcnbourg et Edirabourg. Déporté à Batavia. Pensionné i>ar 
le gouvernement de la Heslauration. A laissé des Mémoires que l'on dit être 
fort curieux. 

(iELÊ (Jkan), né au Cbesne en 1045; théologien, érudit, historien. Ecrivit : 
Dk'linunaire kistorh/iie el (/éof/rnphlque, par Bmulvnnd; ayant fait à cette enclyclo- 
pédie de nombreuses corrections et de fort érudites annotations. 

(iELL (Jkan), né à Carignan en 1370; mailrc des recjuéles de Louis, duc 
d'Orléans, frère de Charles VI; président du Parlement de Dauphiné; évéque 
de Tours. Faillit être tué en 1418. à Paris, par les amis do Jean sans Peur; 
c'est dire qu'il jouait un rôle des plus actifs diins la politique de son temps. 
A laissé quelques ouvrages historiques et philosophiques. 

fiEBSON (jKAN-CiiAnLiKu DK), naquit à Gerson le 14 déconibre 1363. Un des 
hommes les plus Justement illustres de nos glorieuses annales françaises. 
I.aissa : Cmisnladotis de la Théitlmjle, écrites en Bavière où volontairement il 
s'était exilé, craignant d'être tué par les séides de Jean sans Peur, parce que 
courageusement il avait prolesté contre l'assassinat du duc dOrléans. Cet 
irudit chancelier de l'iniversité se lit maître d'école, n'ayant pas dédaigné de 
composer pour linstruclion du peuple de «< petits traittiez >», parmi lesquels 
un alphabet. Vlnntul'um de Ji'aua-Cfin'at lui est, non toutefois sans ({uclque 
vraisemblance, attribuée. Enterré à Lyon dans l'église de Saint-Laurent, con- 
vertie pendant la Révolution en magasin à fourrage, puis incendiée. Sur sa 
pierre tonibale avaient été gravés ces mots qu'il répétait souvent : « Levez-vous 
en haut, faites pénitence et croyez à l'Evangile. » Ce fut en outre un des 
écrivains féconds de son siècle. 

(iEBY (Saint), né à Carignan vers l'année .*)40. 

(illENART, né à (iivet en l.')22; lhéologi(?n, professeur de philosophie à 
l'Université de Louvain. ReprésiMitant au Concile de Trente avec (îuillaume de 
Poitiers, l'évéque (ieorges d'Autriche; « vice-doyen (ît inquisiteur de la foi. » Mort 
en lii9o. Enterré à Notre-I)ame-de-Liesse. 

(ilLMON (CuABLKs), recleur de l'Université de Paris. Naquit à Boulzicourl 
vers lu30; poète et philosophe; harangua la reine de France, femme de 
Charles IX, lors([ue, pour la première fois, elle lit son entrée dans Paris. 
« Homme signalé en science et en méiile, » disaient ses contemporains. 

(iIVRY (EiiKN.xK DK), né à (iivry en 1335; jurisconsulte et théologien. Fut 
évé(|ue de Troyes. 

(iOBERT (IIliikht), né à Mont hernie en 1420; général de l'Ordn^ de Prémonlré. 
Fut un des conseillers (|uécoul.'»it le plus favorablement Louis XL 

iîOFriN (Damkl). un de n«»s plus habiles anciens fondeurs ardennais. Naqu't 
à (iivonne en 1()14. (irava, notamment, soixante paires de coins pour les mon- 
naies sorties des ateliers monétaires de Sedan, de Raucouit, ile la Tour-a- 
(ilaire et ch' CliîUeau-Regnauit. 

(iRAM)Pni'] ((j'^Aii I)k). né à (irandpié au dix-septième siècle; généalogiste. 
Laissa : /'• ('rufir-.Xntion'til on lifeneil <//•>• tirmeti ri de^ hlnaonH de ioiUes lefi illns- 
trt's. }n'inripidi'f> ft jtnfdes maisima de Fnmre, l)iu\$ cet ouvrage, l'auteur s'arrête 
a l'article : « (irandpié >». 

CRIVE (Jkan de La), né à Diuichery en 1087; un de nos meilleurs anciens 
géographes. Déternn'nait, avec Cassini, la méridienne de l'Observatoire. 

GUY DK Cil ATEAl-POHCHCN, théologien; évéque de Soissons, en i233. 



— 119 — 

Accompaf<na saint Louis à la croisade. Mourut près de Mansoure en 1250. Ce 
fut, dit le chroniqueur Joinville, « un moult vaillant homme en l'ost. » 

HABENECK (J.-Fr.), né à Mézières le 22 janvier 1781 ; musicien et violoniste 
distingué. L'impératrice Joséphine, l'ayant entendu dans un concert, lui fit une 
pension de douze cents livres sur sa cassette privée. Directeur de l'Opéra, de 
1821 à 1824. Inspecteur général du Conservatoire; fut un chef d'orchestre de 
première valeur. A suitout laissé « des duos, des nocturnes, des caprices 
pour violon »; en un mot des morceaux détachés. 

HACHETTE. (Jkan-Pikhrk), né à Mézières, le 6 mai 1769, d'un père libraire. 
Attaché à l'école de Mézières comme dessinateur adjoint aux professeurs de 
physique et de chimie; mathématicien; professeur d'hydrographie. Monge lui 
confia la chaire de géométrie descriptive à l'école Polytechnique lorsque cette 
école fut ouverte, sur la proposition de Barrère : 10 frimaire an H. Kit partie 
des savants qui suivirent Bonaparte en Egypte. Professeur à l'école Normale supé- 
rieure et à la Faculté des Sciences. Membre de l'Académie. Louis XVllI n'avait 
pas voulu sanctionner cette élection, en 1823; mais en 1831, Hachette ayant été 
pour la deuxième fois réélu à l'unanimité, Louis-Philippe répara l'injustice 
«lu roi bourbonnien. 

HAGMCOL'liT (T.-J. Lkcuvkr d), né à Hagnicourt; général de brigade. Fut 
employé par Dumouriez comme major-général de cavalerie et, en 1792, com- 
mandait la gendarmerie nationale à Bruxelles. Dumouriez, après sa trahison, 
lui donnait l'ordre de marcher sur Valenciennes et de s'en assurer. Les repré- 
sentants en mission déjouèrent ce projet en arrêtant Lécuyer d'Hagnicourtqui 
fut, le 14 juin 1793, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire. 

HALMA, né à Sedan en 17o,*>; érudit, polyglotte, hébraïsant; professeur de 
mathématiques et de géographie au collège de Sedan. Laissa de nombreux et, 
en leur temps, fort appréciés traités de mathématiques. 

HAN (François du), naquit à Jandun vers 1630; « écuyer et secrétaire du 
maréchal de Turenne. » Homme, en sa jeunesse, de mœurs souvent trop faciles. 
Calviniste; puis ayant abjuré le calvinisme, il se Ut cordelier et prédicateur. 
Les principales villes de France furent le théâtre de ses prédications, de son 
zèle intransigeant. Il répétait partout «< qu'il se faisait fort de détruire, dans 
tout le royaume, en vingt-quatre heures, le protestantisme, » son ancienne 
croyance. Laissa de nombreux traités de théologie, entre autres : Trailc où il 
est pmuvr que les (unjes conntiissenl nos nrcessitês; — Trailê des Droits de la reine 
très chrétienne; ouvrages pleins de recherches sur « le droit public en Europe ». 

HAN (Egide du), naquit à Jandun en 1685. Fut le précepteur et le consedler 
privé de Frédéric H, roi de Prusse. 

HANNAPPES (Jean de), né à Hannappos en 122i; théologien. Fut évêque de 
Ptolémaïde et de Jérusalem. 

HAHDOUIN, né à Crandpré vers l'an 1700; prêtre, maître de musique à la 
cathédrale de Reims. Composa la messe solennelle qui fut jouée lorsque 
Louis XVI reçut le sacre en cette ville. Hevisa le plain-chant des livres litur- 
giques diocésains. 

HAHDY (Jean), né à Mouzon le 10 mai 1763. S'enrôla comme simple soldat 
et parvint au grade de général de division : 30 juillet 1799. Mourut à Saint- 
Domingue, où Bonaparte l'avait envoyé pour reconquérir celte lie. 

HAYON (Thomas de), né à Sedan; historien, poète, érudit. 

HÉNON (Jean), né à Blombay en 1636; jésuittî. Fiit professeur très distingué 
au collège de Charleville. Poussa l'amour de la vérité juscfuii la niaiserie. On 
lui disait, un jour qu'il était assis : « Hénon, votre bas est déchiré, ne le laissez 
point voir. » El lui de répondre : « Pounjuoi ne pas le laisser voir, ce serait 
cacher la vérité. » 



— 120 — 

HKHAl'Ll) (LoL'is), iiô on 1004 à Sedan où son père, dil la chronique, « pro- 
fessiiit avec ^ulat le ^rec à l'Acadéniiiî de celle ville. » Louis était pasteur à 
Alençon lorsque le roi Charles V'^ le lit mander en Angleterre «< pour l'église 
wallonne de Londres ». Trop royaliste au moment où Cliarles P' allait <Hre 
décapiti', il ju^ea prudent de rentrer en France et ne revint en Anj^leterre 
qu'après que les Stuart eurent été remis sur le trône, en la personne de 
Charles IL A laissé d'assez iiomhreux sermons et plusieurs discours dans les- 
quels il llétrit énerf^Mquement la décapitation de Charles I'^'". 

HKHRKLLN (Matiiikih, né à Reth«'l vers Wt'M): héraldiste, historien. Laissa 
notamment : Uiiit(tirr {Ira ro/«^'.s de Drcfcc et tir Bniinr, el celte même hisloire 
sous ce titre: « Les anciennes et modernes ^'énéalojries des comtes et conitesses 
de Dreux et de Hraine »; c'«'st un d<*s manuscrits du seizième siècle, le plus 
joli, le plus rempli de capitales peintes en camaïeu ou rehaussées en or. 

HKHBLN-DKSAL X. né à Jonval; commandant militaire à Sedan en 1814; 
lieuleuant-^'énéral pendant les Cent-Jours. 

IIEHBLX-DKLSAIX (J.-B.), né à Jonval le H décemhre 1803; maréchal de 
camp. En 181 4, était gouverneur de Sedan. Bonajuirte l'avait nommé lieutenant- 
fçénéral. 

m HKKT (Nicolas , fut en loT*» prieur de l'abhaye de Mouzon, où il naquit. 
Poète, historien, anti«|uaire. Appelé « le moine à la joue rouge », à cause d'une 
large tarfif^ de rln qui s'étendait disgracieusement sur sa ligure. 

HlJiiOT ;A.nt()I.\k;, né à Sedan en 17t»0. Flûtiste à rO[»éra-(^omique, et Tun 
des renommés musiciens de cette époque. 

HILOT, né à Mazernv le lo février 1774; oflicier d'ordonnance du général 
Soult. Fait prisonnier au comhat de Montecreto. ayant été pris avec une poignée 
de braves qui voulaient arraclnT aux ennemis le général Soult qu'un coup de 
feu avait reiivei-sé. Nommé capitaine: échangé après Marengo; chef de bataillon 
après l Im ; s<; distingue à la bîitaille d'Ausl.erlitz ; ccdonel en 1808; fait avec 
Soult 1rs guerres dKspagne; général de briga<ie en 1812. Se fit remarquer par 
son courage à [»res(|ue toutes les grandes batailles (|ue livrèrent les armées 
de Napoléon; commanda le défwirtement de la Meuse jusqu'au l*^"" avril 1821; 
inspecteur darnu'e en 1827. Habita Donchery lorsqu'il prit sa retraite. 

Hl LOT (J.-Loi:isi, na^iuit à Charleville en 1773. Campagne d'Austerlitz; siège 
de Sarragosse. Commandait, janvier ISIV, l'artillerie à Anvers, et, en 1815, 
l'artillerie ii Lilh*. Le duc de Berry, plus tard, lui donnait une épée d'honneur. 
Maréchal de camp en 1814. Avait, un p(îu partout, combattu en Kurope : Por- 
tugal, Espagne, l)aliualic% Hollande, les bords du Bhin. — HILOT (J.-Caspard), 
son frère, né à (Charleville en 1780; chef de bataillon d'artillerie. Combattit en 
1824 au passage du Trocadi'ro. Envoyé comme dii*ecteur de l'artillerie à la 
Martinique. 

HILOT (Matihkuj, né à Saint-Marcel: vicaire de Charleville, puis curé de 
Carignan. Laissait : InstrfO'dnn sur l«i Danse, r.rfniitr dm Sfilntcs-Ecriturcs et 
des S'ittifs-Pcrcs; imprimé à (iharhîville. — A signaler seulement — parce 
qu'il n'est i>as Ardennais, puisqu'il nacpiit en 17*i4 à Avenay, dans la Marne — 
l'abbé HILOT, auteur d'une assez estimée : llistnin' d\\ttiijn\i. 

HISSON (Nicolas), né à Sedan en 1714; botaniste, chimiste. Composait une 
eau inrdlciunlf qu'il prétendait être un remède infaillible pour toutes les mala- 
dies. Les médecins signalèrent cette eau comme un purgatif violent, dange- 
reux. Iluss(»n leur «qiposa son : HcrncH d'rxjy'rh'ntr aur le Sp'^cifiquc et les Effets 
de rean m'didnnle. Il mourut à Sedan en 1813, et de son remède, écrit Bouillot, 
on peut dire <« (pi'il occit plus «le monde que son épée. » Husson, en effet, 
s'était destiné tout d'abord à la carrière militaire el avait été officier. 

JACOLEMAHT (Nicolas), ne à Sedan en 1730. « N'étant propre qu'à figurer 



— 121 — 

sur des tréteaux, se casa fort indiscrèlt'meul «lans la clt'Tioafure «, nous dit 
son bioj^raphe. Laissa quelques poésies, dont certaines assez irraveleuses. Son 
frère, François, né à Sedan, fut libraire et mourut i>auvre à l'hospice. On a de 
lui quelques élucubrations sans valeur. 

JACQL'EMIN (Nicolas^ né à Osnes en 1736: théologien. Fut niissionnain» 
dans la Guyane et s'attacha si bien les Indiens que ceux-ci, lui dinMit en leur 
langage : « Mon ami, toi pas t'en aller. » Revenu en France, fut nomuié, par 
le « Concile des Constitutionnels >», cvèque de Ca venue. A laiss»*, notamment : 
Rapport concernant Vrtat de la Relit/ion (hrns le^ *v,//,/è »'<•.< du linur.'nn innudc, /7.9,S': 
— Mnnoirc sur la Guyane fian-ai^e, {798: - Mrianires aur la Lon-siatt*'. cnn- 
ienant la deacnption du aol et lea produrtfou^i de re(te île. 

JANDIN 'Jkan m:\ naquit à Jandun v<m> l'an 1290: érudit; professeur de 
théologie et de philosophie: docteur en dn/it; recteur de il iiiversité de Paris 
en t32l-. A laissé (pielques volumes de controverse: mais, surtout, des gros 
ouvrages sur Aristote. son philosophe préféré. 

JANNON (Jfa.n , u' à Sedan en lOOl: habile tvpo;;raphe. Fabriqua des poin- 
çons pour former des caractères hébreux, chahlaïques, syriaques, arabes, 
allemands et grecs, également pour b'S lettres fleuries, les notes de nmsique, 
ies vignettes et les fleurons. Composa les œu-vres de Virgile en « petite seda- 
naise », un caractère minuscule qu'il avait fondu; moins minuscule cependant 
que « la perle ». Les éditions, faites à Se«lan par Jean Jannon, sont fort recher- 
chées. 

JUILLET (François), chirurgien de quehjue renom autrefois. -\é à ImécourI, 
mort en 4708. 

Jl'lLLFT (NicoLAS-J.-H.\ w- à Hcmonville en 1771. Fit la campagne d'Ks- 
pagne en 1824; mourut maréchal de camp. 

LABHL'YKRE (Josei'h, baron di:\ n<'* à Donchery en 1078; gén«*Tal de brigade: 
mourut en 1808 au siège de Madrid, une balle lui ayant traversé la gorge. 

I^ABYE (Diki:don.\éi, né à Hevin en 1712: physicien, philosophe, théologien. 

LALLEMENT (Nicolas), né à Henwez en 17.'V.>: mathématicien. 

LAMBERT (Simon;, né à Sainte-Vaubourg: jurisconsulte. Fut administrateur 
du département des Ardennes. Laissa d'assez nombreux ouvrages de droit. 

LAMBINET (Pikrhf;, né à Tournes en 1742; jésuite, érudit, imprimeur, 
bibliographe distingué. 

LA.NNOY, né à Sedan vers 1700. Laissait : Mrinoires très curieiLr concernant la 
ville de Sedan avec tout ce qui s'ij es,t jm.'^sr d^'puiii son étafdissenientf ouvrage 
plein de recherches savantes. 

LAPIE (J.-Phil.), né à Charleville en i7.*>2; directeur d'un grenier à sel en 
Bourgogne : l'Apprf'cifdeur de la Terre: — Des Moi/ens de s'cnrklnr jun- IWi/ri- 
cullure. 

LAPIE (Pikrrk), né à Mézières en 1777; géographe éminent; nommé, le 
13 mars 1814, directeur du cabinet topographique du roi. Avait pris part aux 
campagnes de .Marengo, duTyrol, d'Austeriilz, Etait lieutenant-colonel, attaché 
au dépôt de la guerre, lorsqu'il mourut en IH.'iO. 

LAPLSSE (Nicolas DK), né à Rocroi en 177li; ingénieur militaire. 

LARDENOIS (Amoi.nk uk, né à (irandprv* en 17'fO: lieutenant-colonel au 
régiment de la reine que commandait le comte de Roucy, né à Manre. Tous 
4leux ils émigrèrent. Fut gouverneur de. la Cuadeloupe et, quebjues années 
après, gouverneur du château des Tuileries. 

LEFEBVRE(Loui-), né à Gineaii. près Aullie. en 17.ïl : il se fit toujours appeb'r 
Lefebvre-Cincau. Phvsicien tie haute valeur: menibn* de l'Académir des 
Sciences; député des Ardennes au Corps législatif en 1S04, 1811], ISLi, 1822 et 
1827. Mourut des suites d'une attaque d'apoplexie qui le frappa pendant «|u'ii 



122 

pivsidait couinie doyen d'<\ge. C'est Lefohvn*-(iineau qui détermina le kilo- 
{/ramme lorsque fut «Habli le système décimal. 

LKFKBVHK. né en 1500 à Sedan, fut brûlé sur l'écliafand parce qu'il avait 
lire sur un Christ. Presquà la même époque, était également brûlé à MeU, 
comme « blasphémateur », Noël Journel, (|ui naquit dans le Hethélois. 

I.KLAHGK «Nicolas), né» à (iluiflilly vers 1080; homme de {guerre. Prit 
part à presque toutes les j^uerres de Louis XIV qui Tanoblit, à cause de sa 
bravoure. In jour qu'il tremblait (h»vant le roi, celui-ci le lui fit remarquer : 
« Sans doute, reprit-il, mais vous ne m'avez jamais vu trembler devant l'en- 
nemi. » 

LKHOY, né à Caripian en 17'^0; théologien : la Tobidde, ouTohie secouru jtar 
l\\ti(/e, poème en dix chants. 

LKKOY (Nicolas I, né à Saulces-Champenoises en 1700; député de la Marne 
en 1799. Antiquaire; avait amassé de nombreuses médailles et d*imporlants 
matériaux pour une histoire de Heims. L'incendie dévora ses collections et ses 
documents. 

LKSCl YKll. fiénéral, né à llamiicourt, exécuté en 1893 pour avoir, sur 
l'ordre de Duniouriez. <« fait arrêter un représentant du peuple ». 

LKSKIH (Thomas), né à Hethel en l70iJ: théolo/ien, mathématicien. Laissa : 
Mrmoires sur le Vahul intrf/rul; — Pfnlnanphkv natnralis princifàn mathéma- 
lic(L finctore Isnarn ycirUni, en quatre volumes. 

LIKTAl (Jka.n), de l'Ordre des Prémonlrés, né vers 1000 à Sonne-Arne, village 
au N.-E. de Saint-Klienne-à-Arnes et détruit en 1050, lorsque fut livrée la 
bataille de Hethel. Théolof^ien distingué. I ut grand prieur de la maison de 
(Miaumont. 

LION (Jka.n), né à (iivet en 1771. Fit les campagnes de la République et de 
ILinpire. (Commandait en 1823 la 2*^ division militaire de (^hAlons. 

LOISON i^Etiknnk), né à Bourg-Fidèle le 21 janvier 1794; humaniste et poète. 
A laissé deux vastes poèmes assez médiocres : la Louisiade et la Franriade. 

LOISSON fllKNHi-MAUuicK), né à Vrizy en 1711 ; préire. Laissa: H'}futalion des 
Erreurs de Voltaire. Fut peiulant l renie-huit ans, de 174.*> à sa mort, curé de Vrizy. 

LONtilElL (JosKPii). né a Civet en 1730; graveur excellent. « Son mérite est 
d'avoir fini si précieusement la vignette, où l'on admire surtout le brillant du 
burin et la belle ordonnance des tailles. >» 

LONia KlUE (Louis DllFOUIl dk), né à Charleville en 16;»2; théologien, histo- 
rien, érudit. Il avait toutes les dates si précieusement gravées dans sa mémoire, 
(jue le cardinal d'Eslrées avait surnommé Longuerue : les dates fulminantes! » 
Louis XIV, passant à Charleville, voulut voir Longuerue alors tout enfant — à 
peiin» avait-il quatorze ans, — et ajoute la chronique, fut « émerveillé de ses 
réponses. » Nombreux sont les ouvrages qu'il a laissés et parmi lesquels : 
Ih'srriptioii hislori'pie et t/rfnjraphitfue de la Franre anclenue et moderne. Sous ce 
titre : Louf/tierana, fut publié un recueil d»* ses prétendues pensées et de ses 
soi-disant bons mots. 

MAHILLON (Jkv.n). l'ii des plus érudits bénédictins qu'ait connus le siècle 
de Louis XIV. Nacjuit à Saint-Pierremont le 23 novembre 1632. Fut envoyé 
par le roi en Allemagne, en Italie, pour rechercher dans les archives de ces 
nations l(^s documents |)ouvant intéresser la France. Ses moissons furent tou- 
jours aussi riches qu'abondantes. Sa renommée de savant fut européenne. 
Les Allemamls ne l'appelaient autremtmt que 3f</(/;iMS }tabillonnus. Les ouvrages 
(|u*il a laissés sont considérables. Citons, entre autres : Arta sanctorum oïdinU* 
satirli bcnedirti^ neuf volumes in-folio; — De re Diplomatica lihri VI, in-folio; — 
Trait»' di's Etudts wonastiijiirs. Sa correspondance est, de nos jours encore, des 
plus intéressantes. 



— 123 — 

MA(iDONALD, né à Sedan le 17 novembre 1705. L'un des maréchaux les 
plus connus de Napoléon I*"". A laissé des Mémoin^s qui furent publiés par la 
librairie Pion, loul aussitôt après ceux du général Marbot. 

MACQUAHT (Jkan-Nicolas), né aux Mazures en 1752, vécut surtout à Sainl- 
Pélersbourg où il fut « chef de l'Institut des jeunes nobles ». En 1814, le prince 
Volkonski, un de ses élèves, s'était emparé de Heims: en souvenir de so:i 
ancien, il traita la ville fort humainement. Il sauvait même la vie a certain 
inaire accusé d'avoir donné l'ordre de faire feu sur les Cosaques. Kut paimi 
les sept députés qui, au nom de Heims, allèrent complimenter Louis XVIIL 

MAGIN (A.ntoink), né à Wasign y en 1770; grammairien. Son volume: Histoin' 
lie la Langue française, fut imprimé à (Uiarle ville en 1803. 

MAIZIÉHKS (Félix), né à La Neuville en 1743; théologien; savant helléniste; 
poète, écrivit les paroles de la cantate : la lymphe de Vesle, chantée lorsque 
Marie-Antoinelte traversa Heims, se rendant à Paris pour épouser le Dauphin. 

MAHCK (La). (k4tc famille des La Marck joue dans Ihistoire des Ardennes, 
notamment celle de Sedan et de Bouillon, un rôle considérable. Lnïeul hil 
Adolphe IV, comte d'Altena, qui vécut au treizième siècle; et l'un des derniers 
descendants — le non moins illustre, certes! — le grand Turenne, né d'Hein-i 
de La Tour d'Auvergne et de Klisabeth de Nassau. M. Hannedouche, dans 
ses [lluslradons, a dressé l'arbre généalogique de cette famille; nous ne 
pouvons qu'y renvoyer le lecteur. Nous nous contenterons de rappeler ici 
Hobert 111 de La Marck, né à Sedan en 1492, ]j1us connu sous le nom de Fleii- 
ranges le jeune adventureux, qui nous a laissé : Iliaffare des Choses rnèmorables 
advenues du reigne de Louis XII et de François /•''... charmants mémoires pleins 
(rheureusc naïveté, abondanis en anecdoles curieuses. — La MAHCK (Glil- 
LAiJxiK de), né à Liège en 1440 et qui fut le Sanglier des Ardennes, — La MAHCK 
(Uenri-Hobkkt ;)k), qui le premier se fit appeler Prince de Sedan, Leur devise 
était : A'V/ gui veut La Marck. 

MAHÉ(]HAL (Rkrnard), né à Hethel en 1705; théologien. Œuvre principale : 
Concordance de.< SS. PP. de l'Eglise, grecs et latins, deux volumes in-folio. 

MAHÏIN (Daniel), né à Sedan. Nombreux sont dailleurs les « Martin >» plus 
ou moins célèbres qui naquirent à Sedan. 

MAHTIN (Jea.x), qui, au siège de Berg-op-Zoom, écrivait son : B'tume pour 
les .Malades, imprimé chez Pierre Jannon en U).)8. 

MAHTIN (Dksirk), financier et ilramaturge. Laissait : Discours et Matières sur 
les Spectacles; — Etreunes financières^ deux volumes contenant ensemble 
684 pages; — la Princesse df D'thylone, opéra en quatre actes; — les Deux Pri- 
sonniers, drame en trois actes; — Fabius, opéra en un acte, imprimé à Char- 
leville en 1803. 

m 

M.4SSLKT (Pierre), né à Mouzon en IfiDO; lillérateur, mathématicien, histo- 
rien, et même, car il avait débuté par la prêtrise, quelque peu théologien. 
Laissait un nombre considérable d'ouvrages, parmi lesquels nous rappelle- 
rons : Histoire des Hois de Pologne: — Histoire de la Guerre présente. Il Si: — 
Histoire de la Dernière Guerre, IlSo: — Continuation de l'Histoire universelle de 
B'}ssuet; — Annales d'Espagne et de Portugal; — Histoire de C Empereur Charles 17 
et des Révolutions sous la maison d'Aulrirhe; — Eléments de phy signe moderne : 
et encore maints et maints autres ouvrages de science et de littérature. 

MATHYS (Henri-Maximilik.n), né à Fumay le 7 novembre 1767. Fit toutes les 
campagnes de la Hévolution. s'eiirôlant dabord dans le 1*='' bataillon des volon- 
taires ardennais; élu capitaine; assiste au siège de Thionville; se distingue à 
l'affaire de Vigneau-Lagneau ; aide de camp du général Bidoil, de Mauberl- 
Fontaine; se signale à larmée do Sambre-et-Meuse; promu par lhc:!ic chet 
de bataillon le 11 aoiU 1797; combat avec les généraux Augereau, Jouberl, 
Lefebvre, Jourdan, Masséna qui, bur le champ de bataille de Zurich, le nomme 



— 124 — 

adjihlant ^tMiôral, ITDO ; se tmuvo au si^j^f i\o fiènos ; nomme'; chef do la 7« brigade 
de pMKiarinorie à K(»r(leaux. Soiilt !«• propose pour êlre général de brigade; la 
proposilion n'a vaut pas abouti, Mathys était colonel (juand il prit sa retraite. 

MAUCOMHLi: i.NicoLAS-JosKNi , né à Cliarleville le 2 juillet 1770. Au sortir de 
réc<de du (iénie, nonuïié lieutenant; puis capitaine a[>rès avoir séjourné à 
Vpres, et chef du génie à Méziéres le iî> juilli't 1791). Kn 17î>0, se rendit h 
larniée d'Italie aupivs du général (lhas>el<>u[). U<Mnar<|ué par le général Hiche- 
panse, il le suit à la iiuadeloupe et s'y distingue par son intelligence et sa 
hravoure. Uevi^Mit en France, non sans diniculfés, prrnd le commandement du 
12" régiment de rhass»*urs avec lecpiel il fait les campagnes <rAulriche et 
«ri'Nprigiie : 1H0S-I«()î>). Promu généial de brigade le 2S juin 1813; commanda 
(le isl.") à 18:J7 plusieurs subdivisions militîiires Mourut à Paris le 20 mai 1850. 
Son nom figure sur lare de triomphe de ri\l»iile. 

MKIH'L fKriKN.xK-NicoLxs , né à (iivel, où il a sa statue, le 22 juin 1763. Eut 
pour premitM" professeur «le musique le chanoine Hausser, organiste à l'abbaye 
«le Laval-Dieu. Méliul est pn-sque noire c<>nh»mporain : aussi sa biographie 
est Irop pn'senle dans loules les mémoires pour ipi'il soit ici besoin de longs 
détails. Disciple de (iluck, maître dllérohl, cest un de nos plus justement 
célèbres, «'t de nos {dus parfaits musiciiMis. .Nous rappellerons les partitions 
de : Phs!/cfi'\- — • Anfirrrnu : -■- Lninmv ri Ljfdic : - Ahinzn et Cora ; — Enithru- 
sinf et Conifl-'u: — /V/n/sT/ic et Mrliilrm : -- h' Jenur Henri; — Joaefih, son 
clief-d'ipuvre, joué pour la prenïière fois, en 1807, à l'Upéra-flomique; et enlin 
d'admirables hymnes patriotiques, par exemple le ("hnnt tin D'pdrt, sur les 
paroles de Jos«'ph C.hénier : •< La vict«)ire, en chantant, nous ouvre la barrière: — 
la liberté jzuide nos [):is. >» 

MK.\.NLSS(LN iJ.-H.!, nv à (iliAteau-Porcien en I7t')l : député des Ardennes à 
la Convention nationale, vola la nnu't du roi, tout en S(* prononçant pour l'appel 
au p»'upl«' et le sursis. Laissa «pielques opuscules politi(|ues. 

.MKSLÏKK (Jka.m, né à .Mazerny en Itiii*: cuié «l'KLrépigny. Libre-penseur 
ard«*nt. Oui ne (tonnait le fameux Testament lie Jfon MesUer? 

MltJKOT f.X.NToiNK , né au (lliesne en is30; philosophe: théologien; mathé- 
maticien et poète. Ses Ph'lnsnfih'tr elcnienta (/uin'/HC (Ustinrdi )ifirtifni!i, furent 
imprimées à (!liarle\ ille. (l'est une encyclopédit? dialoguée traitant de la logique, 
(l«' la métaphysi(iue, de la morab»: la deuxième partie de cet ouvrage, expli- 
(piaîït h's principes généraux de la géométrie el de l'algèbre, est en français. 

.MKiKOTTL Jkw;, né à Kumigny, serait mort en 1703; historien, s'occupa 
surtout d«» la Bnnmnie de Ilnmign;/. 

.M(Mll KS, né à Ville-sur-Lumes le !(> dérembre 1770. Se desthia tout d'abord 
à la [»rétri>e et fut même lonsuié. Déma^ioî^iH' et^ terroriste. Fut emprisonné 
dans la piison de S«'dan, puis dans celle de Méziéres. Condamné à mort, fut 
rxécuté sur la place, aujourdhui, de la Préfecture, et, en ce temps, de la 
Uévoluti«»n. Ses écrits sont conservés aux ar<*liives di'partementales. 

Mt)l (('.LAinr. DKi, na«juit ;i Thuguy en 17.')2. Célèbre par sa beauté, épousa 
(ieorges de Joyeus»*, âgé de dix-se|>t ans ri «jui mourut d'apoplexie quelques 
jours avant la « consommation »• (lu mariaue. Mariée en s(;coiides noces à Henri 
de Lorraine, dont elle eut quatre enfjints; puis, en troisième noces, au sei- 
>MH'ur de (ionceville. Veuve «' et désirant enlin, écrit son biographe, renoncer à 
toutes les vanités du siècle, «dli' résolut d'aller s'ensevelir dans un chdtre; et 
«omnie il uy avait point er) Fran<'e de numaslère appartenant à l'Ordre du 
Saint-Sé|)id«'hre, elle en fondait un à Cliaiieville où, sous le nom de sœur Marie 
d(î Saint-Franeois, elle prit le voile. » 

MONFKAHKIF L«M i< i>k), né à Thenorgues on 172k Assistait, en 4745, à la 
bataille de Fontt'noy. Puis, «< voulant devenir auteur, et tourmenté du désir 
d'ac«|uérir la célébrité, encore — dit son biographe — «lu'il n'eut ni génie, ni 



— 125 — 

instruction, il s'essaya dans tous les genres : porsie, Iiisloiie, pliilosopliie; et. 
dans tous les genres, fut médiocre. Il iHait en 1781) seigneur des Petites- 
Armoises. Puis, quand les titres et les privilèges seigneuriaux fuivnt abolis, il 
prit ce titre singulier de « représentant du roi des Juifs », ajoutant cjue, lorï>- 
qu'il parlait, c'était Dieu qui parlait par sa houclie. Laissa quelquc's ouvrag^'s. 
parmi lesquels : les Lois du Sage par celai qui n'ttdore t/ae Un' : — rUonnne réin- 
téijri' dans son bon esprit; — D'ifdogw entre Pierre Lewdr et Marie Lehlane ; — 
le Chemin du ciel par la fortune: — Coup dUril de mes oui rat/es bien clairs, les- 
quels dits ouvrages, d'ailleurs, sont insipides au possible. 

MOKKAUX (Jean-Hknk), né à llegniowez en l7o8. I*rit part, comme gienailier, 
à la guerre d'Amérique, llevenu à Uegniowez en 1782, il s'y maria et «« devint 
entrepreneur de travaux du génie militaiie. » l']n 17'Ji, la IVontière étant 
menacée, le soldat se réveillait en Moreaux. Kst nommé lieutcuiant-colonel du 
l*^"" bataillon des volontaires ardeimais avec, pour lieutenant-colonel en secontl, 
Jacques Bidoit, de Maubert-Kontaine. Est fait général de brigade après le sièg»^ 
de Thionville où sa bravoure fut remarquée; puis général de division après sa 
victoire à Leyman (1703) sur les armées considérables du duc de Brunswick. 
(Commandant en cbef de l'armée des Vosges; commandant en clief de l'armée 
de la Moselle; battait les Autricbiens et, avec ses troupes, faisait son entrée 
triomphale dans Trêves (171)4). La Convention envoyait alors an général un 
drapeau où se lisait cette inscription : « A l'amure de la Moselle, la patrie recon- 
naissante, » Il dirigeait le siège de Luxembourg, lorsqu'il mourut, Agé de 
trente-sept ans, dune fièvre maligne (ju'avaient occasionnée les fatigues, le 
surmenage de son service militaire, il fut enterré à Thionville. Les cendres de 
ce général sont dans cette terre lorraine foulée — en attendant l'heure ! — pun- 
ies descendants de ceux qu'il avait si souvent vaincus. 

MOHHL (Jkan), né à Aubigny vers 1300; théologien et Cirand pénitencier. 

MOUKL (Jean), naquit au hameau dAgrève — un petit lieudit maintenant, — 
commune de Sécliault; érudit; examinateur des maîtres ès-arls de l'Univer- 
sité; poète latin. Laissait un nombre considérable de volumineux ouvrages; et, 
en outre, non encore édités quand il mourut, dix-huit gros volumes in-folio. 

MOULLN (Marie Di), née à Sedan vers 1020; philosophe, hébraisante, physicienne. 

ML'MHIl (Jean), évè([ue et comte de Noyon; duc et pair dv Fiance; né a 
Hoisy, en 1552, de parents fort pauvres qui gagnaient à peine leur vie en tis- 
sant; théologien, savant. 

NAVIKBES (IIaoll de), né à Sedan en lo44; « capitaine de la Jeunesse ». 
En 1600, partait pour Paris où il otTrait à Henri IV son poème, en 30,000 vers, 
intitulé ; la llenriade. Lorsque mourut le roi, Navières se trouva dans la plus 
extrême misère. Eut recueilli au collège de Ueims par Jean Morel, dAgreve, 
qui lui donnait, en ce lieu, le vivre,lecoucher, et h; gratifiait, |)ar suicrolt, tlune 
petite pension. En attendant la mnrt, il lit les Caidifpo's saints en vers fran- 
çais. En outre, la lienomime : ponnc historial divisé en cinq chants sur les r>''cep- 
iions de Sedun, mariaije à Mèzicres, couronnement à Saint-Denis et entrée du roi 
Charles IX. Poète plein d'imagination; luais poésie rude, laborieuse, bizarre. 
" Il se tue à rimer, que nécrit-il en prose, » aurait dit Boileau. 

MNMN (Hk.nhi), né à Poix en 1722; médecin. Fit de 17.*»8 à 1700 les campa- 
gnes d'Allemagne, comme médecin ordinaire du fameux comte abbé de (lier- 
mont; puis aussi celles d'Espagne et de Portugal. Tniduisit bîs ouvrages de 
Oise : le seul traité sur l'art île gnérii" que nous léguèrent les llomains. 

NOI/ET (Pieure), na(iuit en Thiérache, disent (|uelques biographes; plus 
probablement, affirment cerlains autres, dans les Antennes, où ce nom est 
1res répandu. Théologien; recteur de ILiiiversilé de Ueims. 

NOLVION (Jacques de), né à Nouvion en 1375; théologien. 



— 126 — 

(U DIN ((AsiMin), ni^ à Mézières en 1038; historien; professeur de théologie. 
Kiivovf» on <lisp*i\ce au monastère de liessous, parce (ju'il s'était lié d'amitié 
avec le ministre calviniste Jurieu. Irrité, dé^oiUé de la vie monastique, Oudin 
jota le froc aux orties. Se fil proleslant et fut nommé sous-bibliothécaire de 
ri niversité de Levde. A laissé de savants ouvraj^'es écrits en latin. 

PAliAVEV ((Iii.-Hyi».), né à Kumay en 1787; savant, mathématicien. Nommé 
on 1810 sous-inspecteur de l'école Polytechnique, (chargé de missions diverses 
à Mons, à Hruxelles, à (iand. Son pelit-lils fut pendant quelques années, à 
notre époque contemporaine, directeur de l'Opéra-Gomique. 

PKHAIID fANNK , née à Charleville en 1743. Kcrivit sous le nom de « M»»»deChà- 
toaurejj;nault » un Elogt* hialnrh/ue f/'Aitu^ de Montmorency, « un des morceaux 
les plus intéressants et hîs mieux écrits de notre histoire, » dit son biographe, 
avec excessive exagération. 

PKHLN (Jacquks-I.ouis), né à Thugny en 1714; célèbre peintre de portraits. 
De son mariage avec Marguerite Devel, de (".liarleville, naquirent une fille et 
cinq fils dont le dernier, Lik-Louis PKUIN (17:»3-1817). l'ut a artiste et manu- 
fa^^turior de grand talent >•. Kut pour fils Alphonsk (1798-1874), peintre fort 
estimé, lequel eut un fils, Fklix, architecte, mort assez récemment à Paris, 
léguant au musée de Heims une série de portraits de famille parmi lesquels 
celui de l'ancêtre : Jacquks-I.uuis, dont le père était simple ouvrier en laine. 

PIC.AIIT (Jean;, théologien, un des religieux de l'abbaye d'Elan, naquit à 
Launois en 1380. Prononçait au (loncile de r.onslance une harangue qui fut 
très remarquée, et prit part ensuite avec les cardinaux à l'élection du pape 
Martin V, le 11 novembre 1417. Fit en 1433 le discours d'ouverture au (Concile 
de Bàle. 

PlEliQlIN (Jean), né à Charleville en 1672; théologien, savant. A laissé 
quelques rq^uscules scientifiijuos et une Vie de maint Juvin» ermite; biographie 
naïve, écrite par im crédule. En outre : Diasertatlons physim-th^olofjiques sur 
la conception de Jt^sns-Chrlst dans le sein de la Vienje Marie, sa mère, disserta- 
tions assez singulières. 

PITHOYS ^Claude), né à Sedan en 1587. D'abord prédicateur catholique assez 
renommé, puis, s'étant converti au protestantisme, se fit avocat et fut, en 
oulre, nommé professeur de philosophie au collège de Sedan. Au nombre de 
ses ouvragt'S principaux, nous citerons : la D'comerte des Faux Possédi^s, très 
utiles pour reconnaUre et discerner les dissimulations et fcintises et illusions d*avec 
les vraies et nUdles possessions diahoH<iues ; — Horoscope de lionne Aventure des 
pr 'destinés : — r Amorce des Ames dévotes et religieuses, 

PirriiE I Simon), né à Kumay vers 1020; poète, théologien. 

PLANCHETTE (UEhNAKDi, théf>logien, érudit, né en 1080 à Aubigny-les- 
Potliées. Ses sermons, à la lecture, sentent un peu leur vieil Age. 

POUILLY (Jean de), naquit à Lançon vers 1013. Prit part à toutes les guerres 
de Louis XIV, s'y fit remarquer par son courage; y conquit successivement, à 
la pointe de son épée, tous ses grades. Nommé gouverneur de Mézières en 1677 
où il mourut en 108*). Ses restes et ceux de sa femme furent déposés dans 
l'église, au piod du mailre-autel. 

PITSEIX (J.-B. de), né à Alland'liuy en 1079; « architecte expert et juré du 
roi .). Avait présenté le plan d'un «* temple que l'on avait projeté d'élever à la 
patronne de Paris ». Mais le plan de Souftlot, le Panthéon, lui fut préféré. Ce 
<|ui n'empéclui point Puiseux et Souffi(>t de toujours vivre en parfaite intimité. 

HAMBOLllG (Abraham 1, né à Sedan en 1500; théologien, hébrîusant; prédi- 
cateur célèbre, en son temps; érudit. A laissé notamment : Traité de l' Adora- 
tion des Mayes et soixante longues Dissertations thcologiques. 



— 127 — 

RAMÉE (François La), né h Vaiix-(llianipagne en 1572. Se prélendit fils do 
Charles IX et d'Klisabeth d'Autriche, puis se fit appeler Kraneois de Valois. II 
alla même h Reims réclamer l'onction royale, et se faire proclamer roi. Il fut 
arrêté, jugé et pendu sur la place de Grève, le 8 mai loOO. Il avait alors 
vingt-quatre ans. 

RAMÉE (La). Ce nom rappelle Tune des plus ancitinnes illustres familles 
de Rocroi. Vn La RAMÉE, Louis Xll régnant, fut gouverneur de Reims. — 
Pif:rrr La RAMEE (Pifrre-Ramus, né en Vermandois), fut, au seizième siècle, 
un savant illustre. Nous trouvons à Rocroi, vers 1690, Nicolas La RAMÉE, 
conseiller du roi et receveur de ses fermes en cette ville. In de ses fils en fut 
prévôt-royal devant lequel se devait faire l'élection du maire, des échevins et 
du syndic; un autre La RAMÉE fut « trésorier de l'extraordinaire des guerres » ; 
deux de leurs descendants furent notaires à Rocroi; un autre, ingénieur en 
chef des ponts et chaussées en Corse. 

RAMÉE (JosRPu), né à Charlemont en 1764; architecte qui eut, de son temps, 
certaine réputation. Obligé de se réfugier en Belgique parce qu'étant « capi- 
taine des grenadiers dans son quartier, il avait trop ouvert ement blîlmé la 
journée de juin 1792. » Traçait en Allemagne le plan de nombreux jardins. 
Allait en Amérique où, de façon très savante, il fortifia plusieurs villes; puis 
revint à Givet où, dans le repos, il écrivit son ouvrage : Jardins im^guliers. 
Maisons de campai/ne de tous t/enves et de toutes dimensions, e.réeutt'S dnjts diffé- 
rentes contn^es de l'Europe et de IWnv'rique septentrionale. Il avait, écrit son 
biographe, « embelli la place Verte de Givet. » 

RAl'LIN (Hippolyte), né à Rethel en 1560; théologien. Son ouvrage principal : 
Panégyre orthodoxe, mystérieux et profane, sur rantiquitr, dignité, noblesse et 
splendeur des Fleurs de lys, est, dit son biographe, <f d'une érudition indigeste, un 
tissu de merveilles aussi ridicules qu'absurdes, des provocations à une nou- 
velle croisade, de vives sorties contre les astrologues, les mahométans et les 
huguenots. » 

REN.VULDIN (Pierre), né à Attigny en 1480; chanoine. A laissé de nombreux 
ouvrages écrits en latin, froids, languissants, pleins de termes barbares, sans 
vie, sans enthousiasme, et « à juste raison recouverts dans les bibliothèques 
de cette poussière qui marque l'inutilité de leur existence pour l'instruction et 
Tamusement des hommes. » 

RIBERT (Jean-Isaïe), né à Sedan en 1735; homme de guerre : Nos Sottises 
et les moyens d'y remédier quoique un peu tard, mais il vaut mieiw tard que 
jamais, imprimé à Nancy en 1793; apologie de la Révolution. 

RICHER (J.), dit le P. Fulgence, naquit en 1712 à Mouzon, dont il écrivit 
rhistoire intéressante, souvent consultée, sous ce titre : Abréqé chronologique 
de l'Histoire de la ville de Mouzon avec ses dépendances et pays clrconvoisins, 

ROBERT (Paul-Antoine), né à Sery au dix-septième siècle; peintre d'histoire 
et graveur. 

ROLENDEAU (Louise), née à Charlemont-Givet en 1774; actrice distinguée. 
« Sa vie de comédienne fut une suite non interrompue de succès et d'agré- 
ments. » 

RONDEL (Jacques du), philosophe célèbre du dix-septième siècle, naquit 
sans doute à Sedan. Compte, d'ailleurs, au nombre des savants par lesquels 
fut illustrée l'école de cette ville. Au nombnî de ses ouvrages : la Vie d'Epicure ; 
— Histoire du Fœtus humain : « contenant, d'après les théories scientifiques de 
l'époque, l'histoire complète de la conception et de la naissance de l'homme. » 

ROSE (Nicolas), né à Neufmanil en 1771. Fut un de ces héroïques volon- 
taires ardennais que le décret de 1791 organisait en bataillons départemen- 
taux. Du 2« bataillon des Ardennes, il prit part au siège de Longwy; fut un de 
ceux qui refusèrent de marcher avec Dumouriez sur Paris, protestant contre 



— !28 — 

l.'i Iraliison do ce gt^néral. Abaiiduiiiiês près d'Avosiics, six conls volontaires 
ardcMinais durent soutenir la chargo d'une eavalerie ennemie : ce fut un massacre; 
vin^it seulement de ces lu.'roïques volontaires lun'enl échappera la mort, parmi 
le»squels Nii-olas Hose, (Municnt* captiT m Hongrie av«'C ses compagnons d'armes. 
Drvf'uu libre, il se lit in«'oiporcr au 48- d'infaiderie, où s»» trouvaient les débris 
du;2*' bataillon ardennais. (lanipa'.'ne de Hollande ilTîJS-lTUOi ; nommé comman- 
dant après la bataille cb; /.vppy. Tandis qu'il ramassait les blessés, un biscaïen 
lui fracassa le bras. Mourut en 18(.H> ii la suit»- do l'amputation qui lui fut faite. 

UOL'Y (imuLKsi, né à Kaurourl en ITTU; physicien, astronome, écrivit : 
Vtninvaiun r/'Irstr, on dcsn ipUnii et nsaiir du M^'cuhisim' urfntnyniphiiiitf, 

UOY (iHaKTiKN Lk), né à Wadelincourt en 1711; éru«lit, professeur de rhéto- 
ri(|uc, admirateur passionné iW'S anoi»Mis. l.'n <b> ceux qui, jadis, connurent le 
plus piol'oudément la hm^'ue f^rrcqu»*. Laissa de nombreux ouvra^'es fort oubliés 
aujourd'hui. 

IIOZIKUKS ;Louis-Kkan<;j^is ilAHLKT, marquis de L\ , né à Mézières en 1733; 
mathématicien, pn'S(|ue pulvfîlotte. Voya^'ea comme in;;éni(îur aux Indes- 
Orientales avec le savant abbé Lacaille, un Macérien, lui aussi. Prit part à la 
^'uerre de Sept ans comme maréchal de camp du comte de Uevcl; se signalait 
par son courajj;»' à la bataille d«* Hosbach. Fait prisonîiier de guerre, on le 
«onduisit au roi Frédéric II, le célèbn' roi d»* Prusse, qui lui dit : « Je désirerais 
vous renvoyer à Tarmée française; mais lorsqu'on a pris un officier aussi 
disliu'^ué (|uo vous, on le garde b» plus longtemps possible; j'ai des raisons 
pour (|ue vous ne soyez ])as échangé dans les circonstances présentes. » Et 
Ferdinand de Brunswick disait «Micore «le lui : «« Voilà le Français qui m'a fait 
le plus pcui' d«' ma vie, et ménn' je crois la lui devoir. » Fit la campagne de 
1792, dans le camp des émigrés, en «|ualilé de niaréchal-général des logis de 
lainiér royale. Mourut à Lisbonne en 1808. Dans l'église des tiapucins de celte 
ville, lui fut érigé un [>etit mausolée. K«*rivit notamment : Si ratafjemt's dt' Guerre : 
-- Cmupdtjin's (Ir Lmiis, j)rhirr de Cntid-\ m Flandre; — Cnmpai/iH's du Maréchal 
il.' Vilhtrs; ■- Hislnin' dfs (inrrrcs dr Fruncr s<ms 1rs n.'giirs de Lonhi XHI. 
hmis XIV i'I Louis XV. Cet ouvrage, que le roi lui donnait la mission d'écrii'e^ 
devait avoir douze volumes; la publication en fut enïpèchée par les événements 
révolutionnairt's. 

SACKKLAIIU'] iIsAACi, né à Sedan en 1080; médecin • //• Lhre de Joh; — le» 
Vi'uvtnhes de Stilninijn. Fcrivit pour b* Jminnd HHt'raue de La Haye de nombreux 
articb^s médicaux. 

SAINT-YVKS (CiiAKLKs;, né à Mauberl-Fontaine en 1067; médecin-chirurgien, 
mais surtout oculiste. Lut la répuliition, à son époque, d'élrtî «< le premier des 
oculistes français. »> Siui Xnuvenu TeaUi'- des Maladies des i/eux... fut long- 
temps classique. 

SALLLHLUUY dk BLNNKVILLL Vim.k.nt h'Iuhimhihrv dk:, né à Charleville 
en HîOiL Accomi)agnîi le chevali^'c de (lliaumont dans son ambassade à Siam. 
Mourut à Toulon en 17.')0, «lix mois api es avoir été nommé vice-amiral. 

SAVAUT. Les Savart furent une famille de savants. D'abord Nicolas S.VVAUT, 
|)hysicien, fort érudit. Son lils, (iKHAiu) SAVAUT. né à .Mézières; professeur à 
lécoie du génie de cette vilb^; directeur de l'artillerie à Metz. On lui doit» 
écrit S(Ui biographe, «< plusieurs inventions utiles, entre autres une machine 
très ingénieuses pour diviser les ci'icles. » Son freiv, .Nicolas-Pieurk-Antoine, 
né à Mézières en 170.*l; aide de camj^ <lu général La Fayette; professeur de for- 
tilieations a l'ecob' de Saint-l'yr. A la création <le r<'col(î Polytechnique, fut 
nommé <f conservateur adjoint des modèles, dessins, cartes et gravures >>. Sou 
Cnurs ('Iriuentaire de Fortifiratintts eut, en son temps, fort grande et fort légi- 
time ri'putation. — Fklix, le plus c<''lèbre, iils de (iérard, né à Mézières ea 



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i791. Se fit, d'abord, chirurgien (lu l''' bataillon des mineurs; donntî sa démis- 
sion en 1814, va à Strasbourg pour y suivre Técole de Médecine. Docteur en 
i8i6, puis abandonne la médecine et sadonne avec passion à l'étude de la 
physique. Ses leçons remarquables, ses recherches et ses découvertes précieuses 
le placèrent au premier rang du monde savant. Nommé professeur de physique 
expérimentale en remplacement d'Ampère. Mourut à Paris en 1841. Laissa de 
fort nombreux ouvrages, parmi lesquels : Mnnoircs sur les Actions declro- 
dynamiques, en collaboration avec Biot ; — liecherches sur les Vibrations de 
l'Air; — Sur la Communication des Mouvements vibratoires entre les coi^)s solides, 

SAVARY (Rkné), duc de Hovigo, né à Marcq le 26 avril 1774. A seize ans, 
s'engageait dans la cavalerie; servit sous Cusline, sous Pichegru, sous Moreau, 
Commandait l'arrière-garde lorsque s'opérait cette fameuse retraite de la 
Forèt-Noire (1771). A cause de sa belle conduite, nommé chef d'escadron; 
aide de camp de Desaix; colonel en 1800; général de brigade trois ans après. 
Avait été chargé, par Napoléon, d'exécuter l'inique sentence à mort contre le 
duc d'Enghien, et l'on ajoute qu'il aurait accompli cette lugubre mission avec 
une promptitude si grande qu'elle rendit impossible le recours en «rAce — ou 
même la grâce arrivée directement — du condamné. Général de brigade ea 
i805, assistait aux grandes batailles d'Austerlilz, diéna et d'Eylau; battait les 
Russes à Ostrolenka. Après Tilsitt, envoyé comme ambassadeur en Russie; 
puis, sa mission terminée, ambassadeur en Espagne et, alors, créé duc de 
Rovigo. En 1810, ministre de la police. Il avoue dans ses Mémoires que cette 
nomination fut mal accueillie, tant étaient redoutables ses aptitudes policières. 
Fut, pendant les Cent-Jours, nommé inspecteur de cavalerie. Après Waterloo, 
voulut accompagner Napoléon à Sainte-Hélène et même s'embarqua sur le 
Beilérophon, mais les Anglais l'envoyèrent à Malte où, pendant sept mois, ii 
resta prisonnier. En 1823, le général Hulin, président de la Commission qui 
avait condamné le duc d'Enghien, accusa Savary d'avoir, trop hâtivement, fait 
exécuter la sentence. Il jugeait alors prudent de se réfugier à Rome et ne ren- 
trait en France qu'en 1830, retournant à Marcq où vint le trouver l'ordre qui 
lui confiait le commandement en chef de l'armée d'Afrique. Sa santé délabrée 
l'obligea de revenir en France. Il mourut à Paris le 2 juin 1833. Savary fut 
l'admirateur à outrance et comme l'esclave de Napoléon 1"'. « Si l'empereur, 
disait-il un jour, m'avait ordonné de tuer ma femme, je l'aurais tuée. » Son 
père, Ponce SAVARY, né à Charleville, fut « major » du chiUeau de Sedan. 

SAVIGNY. Les de Savigny étaient une famille du Rethélois. Nous rappelle- 
rons seulement Christophk, né en 1530, et l'un des hommes les plus érudits de 
son époque. Laissa : Tableaiw acamiplis de tous les Arts libéraux contenant 
brièvement et clairement, par sintjuliere méthode de doctrine, une tjéuérale et 
sommaire portion des dicts arts, amassés et réduicts en ordre pour le soulagement 
et profil de la jeuîiesse, par M. Cristofle de Saviyny, seigneur dudict lieu et de 
Priment en Rethélois. Cet ouvrage, dont Louis de Gonzague accepta l'hommage, 
était le « tableau » de toutes les choses connues en lettres, en sciences et en 
arts, à son époque. 

SCHEVERMAN (Gf.orgksi, né à Montliermé, de pure origine suisse; employé 
à la verrerie; mort à Nantes en 1827. Reçut, comme Méhul, des leçons du cha- 
noine liaiiser; musicien distingué. A laissé entre autres compositions : le Cou- 
ronnement de Numa Pompilius, opéra en deux actes; et la Bataille dWuslerlilz, 
symphonie militaire. 

SCHMIDTT, né à Sedan. Lieutenant général du célèbre de Mansfeld. 

SCHULEMBERG (Jean dkj, né à (iuincourt en 1588; maréchal de France. 

SINSART (Bk.noit), né à Sedan en 1090. F)'abord ingénieur; puis se retirait à 
Tabbaye de Senones et devint théologien. Laissa notamment : les Vrais Prin- 
cipes de saint Augustin sur la grâce; — la Vérité de la Religion catholique 



- 130 — 

di'mofitii'C contre les protestanls ; — ('hifiiens tinrieiifi et modernes; ouvrages 
beaucoup plus convaincus qu'int^ressanls. 

SOHBON (RoBKRT i)K!, né à Sorbon on 1201. Ses parents, « vilain et vilaine «, 
furent de pauvres laboureurs qu'il ne connut point. Seul, abandonné de tous, 
il eut le rare courafçe d'aller à Paris <* se mêler aux escholiers >», pour s'ins- 
truire. A force de patience, de labeur, d'obstination, put conquérir son titre 
de docteur et fut pourvu dun canonicat à (Cambrai. C'était vers Tan 1250; 
mais Louis IX le rappelait vile à Paris, le nommait son chapelain-confesseur, 
le prenait pour ami et pour conlident. Uobei t, se rappelant toujours ses anciens 
condisciples « les escholiers », fondait un établissement qui s'appela d'abord 
la Pauvre Maison, tant était «irando l'indi^'ence des premiers élèves qu'on y 
reçut : seize pauvres clercs «mi tout; mais qui, pour professeurs, eurent les 
savants les plus renommés de celle époque : (iuillaume de Saint-Amour, Odon 
de Douai, Laurent Lanjudois. Cette l*aiivre Mafsoti fut le berceau de notre illustre 
Sfirbonne ; lune des fdoires les plus éclatantes de notre France intellectuelle. 
Robert de Sorbon laissa quelques ouvrafios de théologie qui, disons-le, ne sont 
pas de très larj^e envergure. Dans l'église d(» Sorbon, un buste d'Alphonse Colle, 
avec, sur le socle, une inscription commémorative qui rappelle la mémoire de 
cet Ardennais célèbre. 

SOl'LIKR (Jacquks), né à Ham-les-Moines en 1763; professeur au « petit 
collège de Regniowez »; ar(!hiviste du département des Ardennes en 1827; 
poète. Laissait des poési«»s, d'ailleurs assez médiocres. 

THIERRY, maréchal de camp, né à Ch;\teau-Regnault en 1765. 

TIIOLMÉ (J.-B.), né à Hocroi le 11 mars 1753; général de brigade, mort 
gouverneur de Bologne le 8 septembre 1805. 

THOMAS, né à Chardeny; général. Fut gouverneur de Malte, quelque temps 
avant la royauté de Murât. 

TISSIER (Bkrtra.nd), né à Rumigny en 1610; philologue, théologien, grand 
prieur de Bonne-Fonfaine. Marlot le qualifie de : vir enuiUissimus, vir doclrinsB 
non vulgaris. Son ouvrage ca|)ital : Assert ionnes theologicx, fut imprimé à Char^ 
leville en 1647, chez Cédéon Poncelet. 

TITOL'X (Louis), né à Relhel; théologien. 

TRIPLOT (Nicolas), théologien. Nous lisons dans dom Ganneron : « Non 
loing de Rethel, se trouve le gros village de Sery, le(|uel devroit estre assez 
fameux d'avoir porté et nourry ce docte archediacre; mais il est assez digne 
de mémoire d'autant qu'en ménip temps on a compté jusques au nombre de 
douze docteurs en théologie qui sont sortis dudit village entre les lesquels 
furent ^icolas Triplot larchediacre et N. TRIPLOT, son frère, de l'Ordre des 
Prescheurs à Reims, grand docteur et bon prédicateur, orné de plusieurs 
gnlces, duquel on peut dire proprement 7m>//er((^ ^//res et inclytns scd U*prasus, 
car il estoit réellement lépreux de corps. »• Triplot fut, pour ses adversaires, un 
controversiste redoutable. Son principal ouvrage a pour titre : A Messieurs les 
prétendus Rt} formes du d'iorèse de Laon, de prendre (jarde '/ue la sentence donnée 
par le Sauveur contre les Juifs ne soit vérifia' contre euj'. 

TROUILLART (Pikrre), né à Sedan en 1620; pasteur calviniste : Douze Argu^ 
ments contre la transsuhstantiation ; — Trait*' dt* l'Eglise; — De l'Etat des Ames 
ties fidèles après la mort. 

Tl'RENNE (Hk.nri dk La Tour d'Auvkhgnk, vicomte dk), naquit à Sedan, le 
11 septembre, de Henri de La Tour, né à Sedan lui aussi, et de Elisabeth de 
Nassau. L'un des hommes ih* guerre les plus illustres de la France et même 
du monde entier. Ce nom seul de Turenne nous <lispense de faire une biogra- 
phie, les victoires de ce grand capitaine appartenant plus encore à notre his- 
toire nationale qu'à notre histoire locale. 



— 131 — 

VASSELIER (JosKPHj, né à Kocroi en 173o, mort à Lyon en 1798. Fut un des 
grands amis de Voltaire et cultiva les leltres « on amateur », satisfait du seul 
suffrage de ses intimes. A laissé : EpUre sur la Pair ; — Poi^slcs, avec portrait 
de Tauleur; — MtHanfjcs : contes et chansons. 

VASSECU (JosL'K Le), né à Sedan en 1620; pasteur de l'église réfornié<' de 
Ciivonne; professeur d'hébreu. Son amitié avec Fabert. gouverneur de Sedan, 
fut légendaire. Laissait, notamment, une : Grammadca hebrœa. 

VIELA.NDE (.Michkl), né à Maure en 1707. Fit de 1792 à 1796 les campagnes 
à l'armée du Rhin. Se distingua dans la retraite du Palatinat, au siôge de la 
tète du pont de Manheim et de Khel où il fut un des premiers (jui s'élancè- 
rent dans les retranchements ennemis. Le 29 mars 1800, il commandait un 
bataillon lorsque furent prises les hauteurs de Saint-Jacques, en Ligurie. Alors 
blessé grièvement, il est fait colonel; prend part à la bataille d'iéna, aux 
campagnes d'Espagne et de Portugal. Promu, en 1810. général de brigade; 
souvent cité, pour ses actions d'éclat, dans les « ordres du jour ». Etait fait 
prisonnit-r, en 1812, au siège de Badajoz; et le 28 avril 1814, après deux ans 
de forteresse, rentrait en France où il prit sa retiaite en octobre 1815 « par 
ancienneté de service. » Mourut dans son chdteau de Brières le 31 mars 1845. 

VILLELONGUE (Tristan de), né aux Alleux en 1562; théologien. 

VOULTÉ (Jean), né à Vandy-sur-Aisne en 1500; élégant poète latin, de quehjue 
réputation en son temps. 

VriBEHT (Robert), né à Rethel en 1743. Publiait : Opinion sur Louis XVI; 
opinion qui le fit décapiter. 

WASSINGHAC. Les de Wassinghac. seigneurs d'Imécourt, se fixèrent à Sedan 
à la suite de Henri de IxiTour, vicomte deTurenne. Ils prirent leur nom actuel 
du village d'Imécourt, canton de Buzancy(voir plus loin la monographie de ce 
village). Ce fut une famille d'épée. Rappelons Jean, né à Sedan en 1655; gou- 
verneur de Montmédy et qui comman<lait en 1706 une division dans l'armée 
du maréchal de Villars. — César-Hector, lieutenant-général, mort en 1743. — 
Jean-Louis, maréchal de camp, tué d'un coup de canon, en 1704, au siège de 
Venue. — Un de leurs descendants, le colonel d'Imécourt, commande actuel- 
lement à Vouziers le 3« cuirassiers. (Consulter : la Chronoloi/ie nnlitairr, de 
Pinard ; le Dictionnaire des Gf'n&raïuc fraw^ais, et l'Histoire r/énMofjique des 
Pairs de France, par de Courcelles.) 

WILBAULT (Nicolas), né h ChcVteau-Porcien en 1686. — WILBAULT (Jacques), 
son neveu, né à Chdteau-Porcien en 1729; peintres, tous deux, encore fort 
estimés. — Voir dans le volume : Réunion de la Société des Beaux- Arts, année 1886, 
un article de M. Jadart : « Nicolas et Jacques Wilbault, peintres français du 
XVIII* siècle. » 

YVES, peintre obscur, né à Maubert-Fontaine en 1660; membre de l'Aca- 
démie de peinture, bien qu'aucune de s^s productions « puisse justifier le choix 
de cette compagnie, >» nous avoue son biographe. 



-^k*:^ 



— 134 - 

Art i( ('riti'itte, au yafioitfiL à 1.» Vv' th*iiiuU\ Fut, pendanl six années, cri- 
tiqut* musical du Jour; est actuciicnicnt 1<' rnti(|uc musical d#^ la H^vue hUtuche 
et «lu l'ri tif" hiria. AultMir d«' plusieurs |u**rrs : Hrllr-I^rfitt', comédie, et .4 iJififi/iE 
rttrnch. paiilominH'-pai'fxlie en lroi< UiMeaux. musique d'André Messager, 
repre^enlés avrc <urrès au Tln'àlp'-Lilue ; — Coup *U' S^juncitt; coniétiie jouée 
à la liodiniere : - ... ICt Cnntrtit. coiiiédi«'; Irs Y/filh's Uiufs, scène réaliste: 
(7/4t' '//' ///«s. revue imi iU'ii\ acles, «mi collahoratiriii av«'C Clairvilie : ces trois 
pièces repiés»Mih*es au c«'rcle Vr»lne\ ; — t'Uvuretu- Pt'rh*'ur, au cirque Molier. 
A un «Iranie Ivriquc en trois aed's el quatre laMeaux. en collaboration arec 
Louis <iallet, musique de (ieor;:e> Hue, leru a l'Opéra-Coniiffue: litre : Yamm 
l<: IViiifur. Possède v\\ fjorleleuille : Mt'inl'uint dWmotd-, Imllet: 1 hyun-Turtuffe, 
pantomime; //' ('itwiiihil llumnni, vaudeville; /#• Ft'/s Ksip'-on, drame; une Partie 
ik Hilhnfi, cnniédie; /♦■ l^nurhniii', paulonjinie; luronsitlahlef, pantomime; i*rt>- 
mrthi'r, tiaji<'*die lvri(|Ui* en tinis aele>, m collaboration avec Jules Mérv ; Wc. 

I)hO.\lAUT Ko., né à divel on ix3i>. Ingénieur civil. .\ut«'ur de. notamment : 
TraUr thrort'f/ur ti pmCu^tw sur l'iu/jlnihitton (U's Mufteivs n'-stnrusi'fi provenant 
du jyiii mnritinu': — Efiiiira sur h's Lun>i''s */•' /// (%iisn„jHt\ édité par le Petit 
Ardnntiih ; - - i'Ufilistttidn dfs lirufffrrs drs Ijnuirs ; — {Jai'tfpirs Vt'n'tf'S, « œuvre 
po)Mjlaire et pliilosiqdiitfue •>. — Sa s«j'ur. M"** veuve CAHl'EL, a écrit quel- 
ques a^'réaldes nouvelles et, entre autres : Seû/rs d'autan: — M'''inoires d'une 
Souris. 

KA(i()T Kc(;k\K , né à Mazernv. Ancien élevé de l'Institut national agrono- 
mique. Auleur d»* plusieurs oiivratres af^ricfdes, f»armi lesquels : la Penne *.U' la 
Hante-Maison: — liaidr rl'''ntrntain' fjonr Cemplui des Ennrais rhimlffue$; ce 
volume en collal>oralio:i aver .M. Kikvkt, professeur départemental d'agricullure 
des Ardennes. 

tîAILLY DK TAl'ltl.NKS ((jiahli>;, né a (iliarleville en \H"Ù. Divers articles 
dans la lO'vae d''s Dru-r-Moudi-s et dans la lirrue hcbdamadaim: — Voyage au 
Canada, couronné par IWcadémie française, l'réjiaro en ce moment une étude 
historique dont le litre serait : l'Ahifr tk ynt/nd, le Sirr d*i Comy et la C«îi- 
muiw fie Laon 'scènes de la vie religieuse, féodale et populaire au commence- 
ment du dr»uzième siècle). 

<i()KFAUT .Nicolas), né à IJulson en 184<». (Collaborateur à la lievne fie Cham^ 
patjnr rt df lirt'r et à la Krvue histarif/ar anlranaific. A éciit noUimment : Notice 
$nr h' Cantnn dv liaamnrt : — Histoire de la Ville et du Pays de Mouzon: — 
Glossaii'e du Mouzonuais. 

(iUKILLOT (OcTAVK', né à Vonziers le () mars ts:>4. Médecin et historien. 
Liuréat de l'Instilut. Comme lii>torien a publié : Corvisarl et yapolf}on: — 
Les Mazeu.r, vhirurijien n'unois ; — Mol ire sur le Prieur-' de (-nry: — Dictons île 
Varrondisscwenl de Vnuziers. 

m HKHT iLuciK.N . né au Chesue le 27 aoiH 18G8. Elu député le H juin i8l»7, 
avec près de tO.nnnvoix de majorilé; réélu le 8 mai 189S. Auteur de plusieurs 
ouvrages littéraires, notamment : Mes Heures folles: — En attendant mieux; — 
Hinu'S d'amour et d'rpf'e: -- Héhabilitation ; — Conte j)Our un Petit Roi; — la 
L^^ijendi' du t'hampui/ne: — Missel pour les jolies Païennes; — A se détordre. 
A écrit aussi divers intéressant** Mémoires : /// Question roloniale : — Tomlouctùu; 
— Au Pays noir; — la Trirolonisation snus la troisicnte W-publi({ue. 

IIULOT i)K COLLAHT (Baron Julks), né à Cliarleville, juin i83H. Membre de 
la Société archéologique de la Loire-Inférieure. A beaucoup voyagé dans les 
Antilles el prépare, en ce moment, un Dietiommive yt^nniloyique et nobiliaire 



— 135 — 

des Famiiles de la Martinique. Auteur de nombreux articles dans diverses revues. 
A édité les Souvenirs militaires du (jf^néral d'artillerie, baron Hulol, son oncle. 
HUPl.N (Ebnïîst), né et mort à Sedan. Publiciste. A laissé notamment deux 
volumes (Laroche, éditeur) : A Travers le Sedan d'hier. 

JADART (Henri), né à Rethel, novembre 1847. Conservateur du musée à 
Reims, bibliothécaire de cette ville. Ecrit surtout des études d'histoire locale : 
Jeanne Darc à Reims; — liobert de Sorbon; — Recherches sur le Village natal et 
la Fcunille du chancelier Gerson; — la Maison natale de Mabillon. De nombreux 
articles dans les Almanachs Matot-Braine; plusieurs mémoires, brochures ou 
volumes ayant trait à l'Histoire de l'arrondissement de Rethel, notamment 
dans la Revue historique ardennaise, 

JAILLOT (Louis), né à Mouzon en 1825 : Recherches sur l'Abbaye de Chèhèry. 

JENNEPLN (Alfred), né à Girondelle en 1838 : Histoire de Maubeuf/e. 

JOLY (J.-B.j, né à Vrigne-aux-Bois en 1827. Fut conservateur de la biblio- 
thèque d'Alençon. Nombreux articles dans la Revue de Benoit Malon; — la Revi- 
vision de la Constitution. 

» 

KERST (Léon), né à Rocroi en 1846. Avocat et journaliste, notamment à 
la Presse, au Voltaire; rédacteur en chef du Journal illustré. Critique drama- 
tique et musical au Petit Journal. 

LAiNCEREAU (Edouard), né à Sedan, 27 juin 1819. Orientaliste. Auteur de 
publications très appréciées dans le monde savant. Par exemple : Chrestomathie 
hindie et hindouie; — l'Hitopadesa, dont il donnait une nouvelle édition, devenue 
classique, sous ce titre : le Pantchatantra. 

L.ARTIGUE (Jules), né en 1836 d'une famille originaire de Givet. Inspecteur 
adjoint des forêts. Conseiller général et, pendant plus de vingt années, maire 
de Givet. Ecrivit, en collaboration avec M. Le Catt, une Histoire de Givet, inté- 
ressante mais trop sommaire en ce qui concerne la période révolutionnaire 
et contemporaine. Signalons alors la fort complète Histoire régionale de Givet, 
par le docteur Beugnies (Ed. JoUy, éditeur). 

LAU.NOIS, né à Rethel en 1840 : Monographie de l'Abbaye de Chaumont-Por- 
eien; — Thugny-Trugny et ses dépendances; — Etudes sur d'anciens lieux de 
Sépultures romaines et gallo-romaines. 

LAURENT (Paul), né à Dommery en 1866. Archiviste dans le département 
de l'Aude, puis, actuellement, dans les Ardennes. Fondateur et directeur de 
la savante Revue historique ardennaise, continuant, ainsi, la Revue commencée 
par son prédécesseur, M. Sénémaud. Nombreux travaux érudits d'histoire locale 
réunis dans ses Variétés ardennaises. A donné une excellente édition des Cen- 
turies du Pays des Essuens, de dom Gannkron. 

LECHAT (H.), né à Auvillers-les-Forges en 1862. Professeur d'archéologie 
à rUniversité de Montpellier. Fut élevé de l'école française d'Athènes : 
Sépultures en tuf de l'Acropole d'Athènes; — Terres cuites de Corcyre; — 
Epidaure, en collaboration avec M. Defrasse et couronné par l'Académie des 
Beaux-Arts. 

LEROY (Louis), né à Quatre-Champs en octobre 1847. Professeur d'histoire 
au lycée Janson de Sailly : la France africaine; — les Français à Madagascar; 

— Géographie générale de la France et des colonies. 

MARY (Jules), né à Launois en 1851; romancier et auteur dramatique. Fit 
jouer, entre autres pièces, le Régiment et Roger la Honte. Comme romancier, a 
donné, notamment : les yuits rouges; — les Pigeonnes; — la Course au Bonheur; 

— le Roman d'une Figurante; — les Faux Mariages; — la Belle Ténébreuse; — 



— 136 — 

Quawl mcme: — /{/ Martjnise Gahrielle. Do nombreux feuilletons dans, notam- 
ment, le Petit Jnnnial et le Petit Pnrisiiti. 

MAZK (Jules), né à Carignan en 1865; publiciste et revuiste. Chargé de la 
critique d'art tlans la (irande EncycliqMie, A écrit de nombreuses nouvelles 
consacrées surtout aux Ardeiines. A publié chez Ed. Jolly, éditeur, Douze 
Lrf/euft^s men'eillousea du pays d^Anleiine, fort coquet volume avec illustra- 
lions charmantes dues au crayon d'artistes ardennais, et imprimé au Petit 
Ardennais, 

MEHCIKU (Nicolas), né à Rethel en 1821. Auteur de divers ouvrages sur le 
Rethélois. En 1864, la ville de Rethel lui donnait une médaille d'honneur pour 
ses Rpcherchi'S archi''nlo(/ifjues locales, 

MONTAriNAC (Baron Eliskk dei, né à Sedan le 2i octobre 1834: docteur en 
philosophie de l'Université d léna. A publié notamment : Souvenirs d'un Voyage 
il Home; — /es Chevaliers de Malte: — les Arts d*U'nratifs; — Lettres d'un Soldat 
— Histoire des Templiers; — les Ardeunes illustrées, en collaboration avec Jules 
Janin, l'abbé Tourneur, Théophile (iautior, Charles Yriarte, etc., etc. 

NANQIETTE (Henri), né h Hevin en 18i->. Dirigea longtemps l'école Fores- 
tière. Auteur d'un Cours de Technolot/ie forestière, 

NICOLE (Henri), né à Attigny en 1850. Curé doyen de Juniville : Plan, relief 
de Jérusalem et des environs; — Jérusalem ii travers les âges ; — Atlas géographique 
de la liihle, 

NOËL (Doni Albert), né à Charleville en 1830; bénédictin. Chancelier à 
labbave Saint-Maur de (ilanfeuil, en Maine-et-Loire. Un de nos savants tncon- 
lestés en matière d'histoire locale sur laquelle il a écrit, et écrit encore, de fort 
érudites monographies, dans les journaux locaux ou régionaux. Quelques-unes 
de ces monographies ont été n''uni<*s en volumes; notamment celles relatives 
aux cantons de Charleville, de Méziéres, do Reuuez, de Signy-le-Pctit, 

PAQUET (Henrii, né à Charleville le 29 septembre 1845; avocat, mais surtout 
historien : Sin^ples Mutes prises pendant le siètje de Paris; — Dictionnaire des 
Grands et des l*etits Hommes de mon temps; — Histoire de Woippy, prés Metz; — 
Chauts populaires messins ; — Dictionnaire biotjraphiifue sur r Ancien département 
$k la Moselle; — Ornitholof/ie parisienne. Collabora longtemps à la Revue de 
Zwlogie. 

PAUEKIN (Chéri), né à Mézières en 1801 ; avocat. Poète souvent couronné 
par les académies provinciales. P'crivit : Rethel et Gerson. Connu surtout par 
les maimscrits si précieux qu'il léguait à la ville de Hethel. 

PÉCHENAHI) I Louis), né à Ces|>unsart en 1842; recteur de l'Université catho- 
lique. A écrit, notamment : Jean Juvénal des Vrsins; — De Reims it Jéru- 
salem; — Histoire de la yeurille-au.r-Tourneurs ; — Histoire de Gespunsart, 

PÉCIIENART (L.;, né à Monthermé vn 1854; curé de Maubert-Fontaine : 
te Domaine des Pothées; — Histoire de i'hflteau-Ref/nault-Bogny. — Rappelons 
ici V Histoire de Vireuj--Molhaiii, par l'abbé Antoine; V Histoire de Saint-Loup- 
Terrier, par labbé Alexandre; la Monographie de Tourteron, par l'abbé Haizeaux. 

PELLOT iV\LiL', né le 22 mai 1854 à Rertoncourt; héraldiste; s'occupe parti- 
culiéivnient d'histoire locab'. OEuvros principales : Madré Robert de Sorbon et 
te Village de Sorbon ; — les Droits seigneuriau.r des Seigneurs de Sorbon au 
seiziénte sirrlr ; — Jean Fleur y, curé d'iges; — Cartulaire du Prieuré de Lon- 
gueau : — Inventaire des Chartes de Vidtbaye de Chartreure. 

PIIILIPPOTEAUX (Augi'ste;, né à Sedan en 18^7; avocat. A publié : Co/Zccfio» 
de Doraments rares ou inédits eonrernant rHistoire de Sedan. 

PIEHQUIN (Louiss né à Séeheval, mort en 1840. Appartint à l'abbaye d'Hart- 
villers, près Reims. A éciil une Histoire de Givel en trois volumes. 



— 137 — 

PIERQUIN (Louis), né ù Charleville «n 1856. Auteur du recueil de poésies 
intilulé : Vieilles Lunes, A écrit, en collaboration avec M. Leblond, professeur 
de philosophie au lycée de Charleville, un volume sur la retraite, à Thin-le- 
Moulier, de Pache, ministre de la guerre en 1792 et maire de Paris sous la 
Terreur (Ed. Jolly, éditeur). 

POIRIER (Jules), né à Charleville : le Siéye de Méziéres en 1815; — Investis- 
sement et bombardement de Méziéres en 1870, 

PUISIEUX (Ernest), né à Vouziers en 1845 : Vie et Lettres de Mn7isci(/ncur de 
Prilly, ihéque tle ChdlonSy trois volumes. 

RICHEBÉ (Léon), né à Vouziers le G avril 1862; avocat, archiviste, paléo- 
l^raphe. Ouvrages pricipaux : Essdi sur le Régime financier de la Flandre; — 
l'Art héraldique à r Exposition de 1839 ; — Armoiries et Décorations, 

ROUY (Hknry), né à Sedan en IS.'iO; industriel. A écrit, entie autres volumes : 
Sedan pendant la f/ucrre et Vnrvupatinn; — Fabrrt, tjoaverneur de Sed<in; — 
Histoire de Sedan à l'usa f/c de la Jeunesse; — Histoire de la Dentelle à Sedan, 

SÉCHERET (Victor), né à HaraucourI ; directeur d'école primaire à Char- 
ville : Histoire ehronolof/ique de Balan; — Etudes historiques sur Raueourt, 
Haraucourt et la région avoisinante, 

TALNE (Hvp.j, né à Vouziers en 1820. Un de nos Ardeniiais les plus illustres. 
Historien, philosophe, littérateur; membre de l'Académie française. Ouvrages 
principaux : La Fontaine et ses Fables; — De r Intelligence; — Essai sur Tite- 
Live; — Voyage aux Pyrénées; — Notes sur Paris; — Voyage en Italie; — Nntes 
sur r Angleterre; — le Positivisme anglais; — De l'Idéal dans l'Art; — et sur- 
tout les Origines de la France contemporaine (cinq volumes), ouvrage qui, 
devant la Postérité, restera, avec sa remarquable Histoire de la Littérature 
anglaise, comme la manifestation la plus parfaite de cette belle intelligence. 

VLNCENT (Docteur Henri), né à Vouziers en 183t. Son principal ouvrage, 
très remarqué par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, a pour titre : 
Inscriptions anciennes de l'ArrondisseiNent de Vouziers. 

WARGMES-HULOT (Constant), né h Charleville en 1823; ancien président 
du Tribunal de commerce de Charleville. A publié à la librairie Ed. JoUy, 
en collaboration avec P. Paquier, professeur au lycée de Douai, un Cours de 
ComptaHlité très estimé. 

WATRIN (Alfred-Narcisse), né à Haulmé en 1848; contrôleur principal des 
mines. A publié, à la librairie Ed. Jolly, un ouvrage in-8° : les Ardoisières des 
Ardennes, et une brochure : la Grotte de Mirhet. 



II. HOMMES DE GUERRE. 

CH.\NZY (Alfred), né à Nouart le 18 mars 1S23. D'aboid mousso sur le 
Neptune que commandait le contre-amiral La Lande. Entiv à Saint-Cyr, en 
sort avec le n° 25 ; est alors, le l*"*octobr«* 18i3, envoyé comme sous-lieutenant 
de zouaves, en Afriqu(». Fait, en qualité de capitaine, la campagne d'Italie; en 
qualité de lieutenanl-crdonel, la campagne de Syrie, Revient en Algérie, comme 
colonel, on, de 180i à 1870, il guerroya, refoulant une formidable invasion 
des Oulad-Sidi-Cheikh. Est appelé en France par Cambetla pour créer une 
armée : l'armée de la Loire, dont il a raconté les héroïsmes dans son livre : 
la Deuxième Armée de la Loire, Nommé par les Ardennes, en 1871, membre de 



— 138 — 

l'AsseinbUMî nationale, n'avait échappé pendant la Commune, qu'avec peine, 
à la mort qui frappa los fiénéraux ClémtMit Thomas et Lecomte. Le !«' sep- 
tembre 1872, nommé commandant (\u 7* corps d'armée à Tours; le 4 juin 1873, 
nommé f^ouvorneur général de l'Algérie. Sénateur inamovible après la Consti- 
tution de 1875. Envoyé [)ar h* président Jules (irévv comme ambassadeur à 
Saint-Pétersbourg. Mourut le o jaiivi<'r 1883, à ChîUons, où il comaiandait le 
G* corps d'armée. 

COÛUET, né a Villers-devant-le-Thoui* en 1823. Mort en 1882 inspecteur 
général des troupes de la marine. 

DÉUUÉ, né à Marcq-sous-Bourpq ; lieulenant-colonel en retraite. Fut direc- 
teur de l'école de Joinville ; est l'inventeur du sabre droit dont se sert la cava- 
leiie — invention que lui cont<'stenl, à tort, les Allemands. A publié plusieurs 
volumes, notaninn^nt une étude très remarquée sur le Service mUUaire de 
deiLc a un. 

liAND, né il Charleville en 1820; général de division. 

(iOSSÉ DK SEKLAY (Eugène), né à Méziéres. .Nommé, en 1847, général de 
brigade. 

(iUISOT ^^Pai l)» "<^ ^ Auvillers-les-Forges en 1839. Commanda la 19» division 
d'iniaiiterie à Uome; général de division. 

kUANTZ (Emilk), né à Givet le 29 décembre 1821; amiral. Commanda l'es- 
cadre d'évolution. Pendant le siège de Paris, commandait le fort d'Ivry; gou- 
verneur intérimaire de la Cocbinchine. Fut trois fois ministre de la guerre. 
A écrit : Ei'^menls île la Théorie du navire. — Son cousin KRANTZ (J.-B.), né à 
Givtft en 1817; ingénieur des ponts et chaussées; commissaire de l'Exposition 
de Paris en 1878; mori en mars 1899. 

LALLEMAND, né à Eteignières. Fit la campagne de Kabylie. Sa belle con- 
duite a Malakotl' lui valut le grade de lieutenant -colonel. Commandait la 
division d'Aumale en Algérie, lorsqu'éclala la guerre contre la Prusse. 11 
demandait à rentrer en France, mais n'obtint pas cette autorisation. « Hélas, 
disait-il, je n'ai jamais ambitionné (|u'une chose, on me la refuse! » Pourtant, 
en octobre, on lui fit savoir (juil était nommé chef d'état-major du 16* corps 
en formation. II télégraphia : « J'accepte tout emploi que vous voudrez me don- 
ner à l'armée, vous comblez mes vœux. »» .Nommé général de division en 1871, 
après le combat de Marchenoir. La guerre terminée, il revint en AfriqMe et se 
distingua dans sa campagne de Kabylie. liappelé en France, commanda succes- 
sivement les 11«, 15« et l«' corps d'armée. .Nommé inspecteur de nos grandes 
écoles militaires. Admis à la letraite, revint à Eteignières, son pays natal, où, 
en 1893, il mourut. (Voir, dans Hn:ue hlsl(trii/ae ardeiinaise, une fort intéres- 
sante biographie du général Lallemand, par .Arthur Chuqukt.) 

LALLEM.\>'TS (Joski'h), né à Fleigneux le 1.^ juillet 1831. Appartint à l'artil- 
lerie de marine. S<» signalait à la laïadeloupe l(>rs(|ue fut incendiée la caserne 
d'infanterie. Perfectionna les appareils qui produisent les feux télégraphiques 
marins dits : « feux Coston ». 

LAMY, né à Eteignières en 1820; général. 

LEFOHT (Hk.nrij, né à Charleville; général. Commande actuellement le génie 
de la 20' région, à Nancy. 

LFCUA.ND, né à Vouziers en 183.'); général. 

MON. 11 y eut trois g^'néraux Lion : Uik .don.né LION, né à Morialmé (10 kilo- 
mètres de NValcourt), le 28 octobre 1771, et qui fut le père de Léopold et de 
EuGE.NE LIO.N, tous deux généraux, nés à (iivet : le premier en février 1804, 



— 139 — 

mort à !*ôU^ues-los-Kaiix le \'S soptenihre 1871; le second en avril 180<». mort 
le 24 iioiU 1880, h Paris, dans la maison de santé des Frères Saint-Jean-de- 
Dieii. La Revue historique ardennai^e, juillet-août 1878, a publié la vie de ces 
trois j^énéraux, écrite par M. Arthur Chuqukt. 

MATHIEU (Charles), né à Vouziers, octobre 1828. Accompagnait à Tours le 
gouvernement de la Défense nationale, et pendant la guerre assura tous les 
services de l'artillerie pour les armées de la Loire et du Nord. En 1882, com- 
mandant du 27* régiment d'artillerie. En 1883, nommé général de brigade. 
S'occupa tout particulièrement alors de renouveler le matériel nécessaire à 
l'artillerie, dont il fut nommé le directeur. Inspecteur des manufactures 
d'armes; vice-président de la Commission militaire des chemins de fer. En 
novembre 1893, admis dans le cadre de réserve, puis nommé administrateur 
des chemins de fer du Midi. 

MECQUENEM (de), né au Chesne en 1828; général. 

MONTAGNAC (Lucien dk), né à Pouru-aux-Bois en 1803. Mourut lieutenant 
en Algérie, non loin du marabout de Sidi-Brahim, au cours d'une expédition 
contre Abd-el-Kader. 

MLNJEBS, né à Charleville en 1826; général. 

NOIZET (François-Joseph), originaire dune famille ardennaise, né le 17 jan- 
vier 1792 et mort à Charleville le 27 avril 1885. Prit part aux deux dernières 
campagnes du premier Empire : celles de 1813 en Poméranie, en Lithuanie et 
en Saxe, et enfin la campagne de France (1814). Le 8 octobre 182,'), attaché à 
l'état-major de l'école d'Application de Metz, ayant été nommé « professeur de 
fortification permanente d'attaque et de défense de places >». Le 28 juillet 1840, 
promu colonel. Rappelé à Paris, fut alors directeur adjoint des fortifications 
de Paris sur la rive gauche. Cénéral de brigade le 28 décembre 1840; général 
de division le 22 décembre 1851, alors qu'il était « membre de la Commission 
mixte des travaux publics et du Conseil de perfectionnement de l'école Poly- 
technique ». A laissé, entre autres ouvrages : Mémoires sur le S(minamhulisme et 
le Mufjnètisme animal; — Etudes ^philosophiques (1804); — Principes de fortifica- 
tions (1859). 

PARLIER, né à Gué-d'Ilossus en 1827; général. 
PETIT, né à Poix-Terron en 1815; général. 

REGNERY, né à Dom-le-Mesnil en 1842; colonel. Auteur de : Travaux d'In- 
vestissement extkutés par les anw^es allemandes autour de Paris, sept volumes 
et sept volumes de planches. 

TITEL'X (Eugène), né à Aiglemont le 11 décembre 1838; professeur à l'école 
supérieure de Guerre; huit campagnes dont deux en Italieet quatre en Algérie. 
Colonel, peintre et historien. Au nombre de ses tableaux, nous citerons : 
Visite au Musée d'artillerie; — Trompette de Cuirassiers; — le (vénérai Marguc- 
rilte à Floinff; — Popote awr r/randes manœuvres; — Forf/e j'i l'(^cole Militaire, 
A écrit, notamment : Histoire de la Maison militaire du Roi, couronné par l'Aca- 
démie française; — Historique et Uniformes de t'armt^c française; — Histoire 
générale fie la Cavalerie ; — Histnire de / 'école de Saint-Cyr. 

WAUTHIER, né et mort à Eteignières; commandant de gendarmerie. A laissé 
divers opuscules concernant l'Histoire locale et une fort curieuse ccdiection de 
médailles. 



140 — 



III. JURISCONSULTES. 



HAII.LY i Ai'g.-Arth.s m* h Xovioii-Porcien le 26 avril 1847; juge de paix à 
Sceaux. Aul<'ur de : Ira Vanf/cs locfiiw dans le canton dv Reims, 

HRr.NKT E.-J.\ n«> à M^zières le 7 d«'*cenibro 1363. A écrit : Transmission 
du Vidrint'dne; — Diffrrvntvs formes de Vaidionnement en droit romain. 

COLLINET (J.-P.j, ni' à Sedan le 2 janvier 1869; professeur a^'régé à la 
Faeullé de droit de Lille : Etude sur la Saisie iirivée ; — Sedan il y a cent ans; 
— Molice sur le Cartulaire municipal de Mttuzun ; — d*ini[M>rtants articles d'His- 
toire locale à la ïlevue d\\nlenne et dWnjonne dont il est le secrétaire général. 
Pré'pare un travail sur les Anciennes Chartes des franchises ardennaises, 

KAYNOT ;Lkmn\ né à Hetliel le 20 décembre 1832; conseillera la Cour d*appel 
de Paris. Auteur de : r Appel, ses Oriyines et snn Histoire. 

(ilI.LKT Kmilk), né a Mézières le 11 septembre 18 W): docteur en droit. Suc- 
cessiv»'ment jiij^e au Tribuniil civil de Rocrni, de Sedan et de Charleville: 
cons«*iller a la (lour de Nancy; vice-président du Tribunal civil de la Seine; 
maintenant président de cbandue a la Cour tlappel de Paris. Un de nos plus 
distingués lé;îistes. A écrit, dans la lieriie pratupte de Droit français, de très 
remarquables éludes juridi(|iies. 

HICIIÊ iJtlks 1, né à Cbarleville en 181.'»; député à l'Assemblée générale en 
1S49, puis au Corps législatif en 1k:)2. Commissaire du gouvernement en 1866, 
piononçait un important discours sur l'extc^nsion de la propriété littéraire. 
Jurisconsulte, rut président de la section de b'gislation. A ï»nblié en 1867 un 
travail cousidi'rable sur la i'<'*roi*me du Code de procédure civile. Henlré dans 
la vie privée après le 4 septend>re, consacra ses loisirs à racbèvenient dimpor- 
tanls travaux de législation. 

TCLLIEU ((iK'»nr;Ks-Jo>KiMi , né à Sedan le 8 mars 18.*)0; conseiller à la Cour 
de Douai. Ecrivit de nombreux ouvrages relatifs au droit criminel, notamment : 
Menieidn ilc la t'tair d'assises. 

VlKLAHIl l'PiRiutK , né à Hetliel le 2l) (b'*cembre \H'M); avocat général à 
Nancv. A écrit : l)a Droit de jiUair et J':seph de Maistre; — /'( H''formti pt^nale 
au tptatorziéme sirrle. 

IV. HOMMES POLITIQUES. 

COUNEAC (Emu.k . né à Cbarleville en !82(). Eondaitavec son frère, COUNEAU 
(Au'HK.n , n»' à Cbarleville et mort en cette mémt? ville en avril 1886, l'un de 
nos élablissement^ nHMallnr^iques les plus considérables : actuellement usine 
hevilb', Paillielie, Eoresl. M. Emile Corn«'au fut maire de Cbarleville d'oc- 
tobre ls7*.> à février ISSj ; (l-piilt' des Artlennes de 1,SS0 falors (ju'il remplaçait 
M. (iustave Cailly, nomm.- sénateur; à 18î>3. (jvait en 18S() le Petd Ardennais, 
le journal le plus important de l.i ré^Mon. Deux tils . Andrt» Corneau (voir 
pLBL!ni<rK> i:t rKciiM<;n:Ns , «•' (Jeoi;jes Corneau qui s'occupe spécialement de 
quesliiUis «l'assistance mutu«'lle. 

Cl'M.N-CDIDALNE iLvriiK.M , né à Sedan le tOjuillet 1778. Fut, avec Ternaux, 
l'un (b* nos plus célèbres manufacluriei's ard«*nnais de draps. Député en 1827; 



— in — 

vice-président de la Chambre en 1839; niinisUv du commerce, de 1840 à 1848. 
Auteur d'une « loi sur le travail des enfants dans les manufactures ». Ilevenu 
de Belgique, où il était exilé, reprit, après 1848, la direction de sa manufac- 
ture, où lui succéda son fds, Charles CUM>-(iUIDAL\E, né à Sedan le 8 no- 
vembre 1804, qui fut représentant des Ardennes en 1849, et sénateur en 187G. 

DRI'MEL (Ernkst), né à Faissault le .'i janvier 1844; doyen de la Faculté de 
droit de Lille, où il fut professeur de droit romain. Fut conseiller j^énéral, 
député et sénateur des Ardennes. Mort à Neuvizy en 1897. 

GAÏLLY (Gustavk), ancien industriel. Fut président du Tribunal de commerce 
de Charleville où il naquit en janvier 1825. Fut questeur de la Chambre des 
députés etlun des 363. Sénateur des Ardennes, élu le 4 avril 1880, en rempla- 
cement de M. (kmin-(iridaine, décédé. 

(iOBliON (Clstave), né à Buzancy le 1.^ juin 1846; conseiller général îles 
Ardennes, ancien député. Quitta Paris en ballon, pendant le siège, chargé d'une 
mission par le gouvernement de la Défense nationale. Atterrissait en Hollande, 
d'où il rejoignit l'armée du général Chanzy. Directeur de l'importante maison 
industrielle Godillot. 

LLNAHD (DÉSIRÉ), né à Givet en octobre 1839, mort à Uethel en avril 1898; 
ancien élève de l'école de ('hAlons, agriculteur, sucrier. D'abord député, puis, 
ensuite, sénateur des Ardennes. Entre autres établissements utiles dus à sa 
générosité dans Tarrondissement de Uethel, rappelons l'école d'Agriculture et 
rhospice de Saint-Germainmont. Prit une part active à toute l'élaboration des 
lois concernant les agriculteurs. Remplacé comme sénateur, le 19 juillet 1898, 
par M. Ch. Goûtant. 

MONTAGNAC (J.-Elisée-Andrk dk), né à Pouru-aux-Bois en 1808; député au 
Corps législatif en 1860; réélu en 1863 et en 1869. Rentré dans la vie privée 
après le 4 septembre 1870. Fabricant de draps; inventa le velours de laine qui 
porte son nom. 

PHILIPPOTEAUX (Auguste), né à Sedan en 1839; avocat. Etait maire de 
Sedan en 1870. Fut arrêté par ordre de l'autorité prussienne, puis ne tardait 
pas à être relâché. Elu député par l'arrondissement de Sedan, le 8 février 1871. 
Fut l'un des 363. Battu aux élections du 4 octobre 188,') (scrutin de liste). 
Echouait encore aux élections de 1889 contre M. Varlet et était réélu le 
20 août 1893. Mourut à Sedan en 189.*). Fut l'un des vice-présidents de la 
Chambre et vota toujours avec le Centre giuche. 

ROBERT (Eko.n), né à Vonc(| en 1813. Son grand-père n^présentait les 
Ardennes à la Convention. D'aboid publiciste au Nalional qui combattait vive- 
ment Louis-Philippe. Fut élu représentant du peuple à l'Assemblée Constituante 
quand, en 1848, la République fut proclamée. Membre du Comité d'agriculture ; 
l'un des secrétaires de l'Assemblée; se rangea parmi les adversaires de la poli- 
tique bonapartiste. Ne fut point réélu. Maiie deVoncq après le 4 septembre 1S70. 
Aux élections de 1872, les électeurs, par 32,600 voix, lenvoyèient à la Chambre. 
H vota pour la présidence de M. Tliiers; se prononça contre le septennat. En 
188o, fut candidat du Centre gauche. La liste de ce parti — sur laquelle étaient 
portés : M.M. Drumel, ll,13o voix; Lacaille, 7,002; Léon Robert, 6,836; Liès- 
Bodart, .■),392; Philippoteaux , 11,387, — échouait contre la liste républicaine 
radicale, comprenant : MM, Neveux, 32,114 voix; Corneau, 31,239; Fagot, 30,1 12; 
Gobrou, 30,274; Jacquemart, 29,97.ï voix. 



- Ii2 - 

TEHNAL'X iLouisj, né îi Sodan lo 8 oclobre 1703, mort à Paris en 1833. Dès 
Ykiie (le soize ans, <liri;!«^ait liinportante inaïui facture drapièro de son père. 
Fut tour à tour, vi toujours à la haut»'ur de sa tâche : iiiaiiufacturier, inventeur, 
négociant, mécanicien, ma<(islrat. Napoléon [«"' rap|>elait « l'inventeur et le 
créateur des mérinos et des cachemires français >». Khi député de Paris en 1818 
et en 1K23. (jvé baron j^ar Louis XVIII. Son nom rsl ^ravé en lettres d'or sur 
le palais de l'Industrie. Son neveu. MOHTIMKU-TKUNAL'X, mort en 1871, oncle 
de M. TKHNAUX-C.OMPA.NS, député actuel pour l'arrondissement de Hethel, 
nous a laissé une excellente Wstnin' tin Gouvernemmt de Juillet. 

TIHMAN (Loris , né à Mézien*s en 1S37; secrétaire f^'énéral de la préfecture 
des Ardennes et conseiller de [iréfectun'. Prélel, successivement, des Ardennes, 
du Puv-d*'-I)(\me et des Bouches-du-llh(\ne. Puis nommé gouverneur général 
de l'Algérie. Président de la Ciompaguie divs Docks de Marseille. Président du 
conseil d'a<lminislintion de la t'.ompagnir de- (Chemins de fer Paris-Lyon-Médi- 
terran»^.'. Actuellement sénateur dos Ardennes. Fut, de 1803 à la session d'août 
de 1808, président du Consj'il général. 

V. POÈTES, ARTISTES ET MUSICIENS. 

AGAH 1 Marik-Lko.me Chahvin, dite), née à Sedan en septembre 1832. Certains 
dictionnaires biographicfues font naître faussement c»'tle célèbre tragédienne 
à Saint-Claude ou à Valence. Son acte de naissance porte : « L'an 1832 et le 
18 septembre, est née, à Sedan, Marie-Léonie Charvin, fdle de Pierre Charvin, 
maréchal des logis au 8« régiment de chasseurs à cheval en garnison à Sedan 
(âgé de trente-deux ans), et de Marie Précharet idix-sept ans^, son épouse. » 
Agar mourut à Mustapha (Algérie;, le i'.i aoiM 1801. 

ANTOINK (Kmilk), né à Charieville en 1803. A signaler, parmi ses recueils 
de poésies : Hnwfels pour sa Gloire; — r Archet aux Doigts; — Chujisons de 
Cœur, mises en musiijue par Legay. 

CAHHF (CnARLK<\ né à Sedan, célèbre violoniste. Mort à Saint-Raphaël. 
COMPAS (Victok), né à Montcy-Saint-Pierre. L'n recueil de poésies intitulé : 
Feuilles mortes. 

FCZKLLIKR Lkon), né à Nouzon en 1870; publiciste, poète, musicien. 
A composé i]uelqucs cantates et de nombreux airs de danse. Auteur de : Essais 
poHviues; — IWrt de corn poser les vers. 

liODAUl) (Amki)Kk\ né à Montcy-.Notre-Dame en 1840, mort en 1895 à Dieppe 
où il dirigeait les écoles municipales de chaut. A composé des Cnntates, des 
Chœurs, deux opéras comiques : IfS lUjou.r de Jeannette et IWmonr qui jHisse. 

(iUAMiE.NKli'VF (Kmilkj, né à Civ(»t en 1842. Pseudonyme : Emile Morand 
de Puech. Triolets il yini; — le Howieau de Jeanne: — Amrha, drame. 

m HKHT iLouisi, né à Cranilpré en 1830; sonnettiste de talent. Un de ses 
sonnets ligure sur l'album de rimf)ératrice de Russie, au nombre des douze 
sonnets choisis parmi les plus délicats de notre époque. 

LEXPKRT (Cn.), né à Sedan en 1820 : le Grillon; — Contes à Suzanne; — 
Nouvelles Gauloises; — Petites Chansons le lomj de la vie. 

MOTTIN (Paul), né à Mézières le 10 octobre 1860, mort à Mëzières en 1898. 
Plusieurs cantates, notamment : Gloire it M'hul; — Honneur à Bfiyard; — le 



— 143 — 

Drapeau de Binjni-d; — Pouir la Patrie, rli.uïléps clans «iiu'l«nies-uno5 de nos 
solennités locales. Laissait un recueil posthume de poésies : la Lf/re en mains. 

PI.ANÇON (Pol), né à Fumay. Appartint à l'Académie nalionale de musique. 
rOpéra, on il créait quelques rôles inipoiianls. 

PHIN(".IAL'X (J.). né à Auboncourt-Vau/.elles le j2 mais 1830. A composé de 
nombreux morceaux de musicjue militaire; surtout «les quadrilles et des valses. 

RIMBAIT) (Arthur), né à Charleville en IK.'ii. Un des poêles les plus cuiieux 
de notre époque. Voyagea dans presque toute l'Europe. Visita IK^çypte, Java, 
Chypre, et séjourna quelque temps en .\hyssinie où il liait connaissance avec 
le Négus <*t le ras Makonnen. Parmi ses poésies les plus célèbres, nous cite- 
rons : le Jialean irre: — Soleil et Chair: — (V qui retient Nina: — les Aeeron- 
pissemenfs: — les Effarés; — la Rat/e des Cf'sar: — le Sonnet des Vof/elles. 
Mourut à C.harleville, où il est enterré, en novembre I8*.)l. 

TKSSIEH fCH.\ néàUelhel le 27 février 18i9 : un Ret/ardau hiss»': — Chants 
du S^aivevir: — Satires et Epii/rammes; — Fleurs d'Automne; — Sonnets ii Flore. 

TUIDÉMY (Armand), né à Mézières le 14 septembre 18V3; musicien. Fut, au 
Conservatoire, élève de Massenet. Obtint de nombreux premiers prix dans 
divers concours de composition musicale. A écrit, notamment : Grand Offer- 
toire sur filil; — Cinq Minutes en Ballon, galop ; — Mes Anciens Rêves, romane»* ; 
— S^ilutaris; — le Drapeau de la France, chœur; — Marche pittoresque; — 
Honneur à Bayard, cantate; — nombreux morceaux de danse détachés; — la 
Saint- Patrick, opéra comique en un acte, Joué <à Mézières et à Charleville en 
avril 1898. En manuscrit, une Messe solennelle, avec orchestre. 

VESSERON ^Henry), né à Sedan en 1819. A publié : Odes d'Horace, traduites 
en vers; — Anacrf^on, traduit en vers; — Chefs-d'œurre de la Scène ijrecque, 
traduits en vers ; — Etudes et Souvenirs, poésies. 



VI. PEINTRES ET SCULPTEURS. 

BAUnOU (Jean), né à Attigny en 1838; sculpteur : l* Enfant au Hochet; — 
A bon Chat bon Rai, 

BLANGARLN (Er.), né à (iivet en 1843; élève de Cabanel. A exposé au Salon 
de i899 : Visite à l'atelier de M. M'auters; — Judith. 

BOMN (J.-B.), né à Charleville en 1837; sculpteur. A exposé au Salon de 
i866 : Bouquet de cire, 

BHI.NCOURT :He.\ri), né à Donchery en l8:io. A exposé au Salon de 1882 : 
Portrait de M. Brame, buste marbre. 

CATTIER (P.-A.), né à Charleville en 1830; sculpteur. A exposé au Salon de 
1863 : Après la Bataille, groupe en plâtre qui lui valut une mention honorable; 
au Salon de 1867 : Bogduonat, chef des Sereiens (projet de décoration pour l'une 
des portes des fortifications d'.Vnversi. 

CHAUCHET (Charlotte), née à Charleville en 1878. A exposé dans divers 
Salons de fort jolis tableaux ; Scènes iV intérieur; — Portraits; — Fleurs; — 
Natures mortes, 

COCHAUX (M™* Cl.), née à Vrigne-aux-Bois. Plus spécialement peintre de 
nature morte. Plusieurs fois reçue au Salon. 

COLI-E (ALiMioysE), né à Charlevilb; en I8:i7; sculpteur. .V plusieurs fois 
exposé au Salon. <JEuvres principales : le Temps et l* Amour; — l'Enfant pro- 



— lu - 

dUjue. : — Oi'pht'f mourant; — En Grève; — Cdrinm ; — Combat de Coq^ ; — Job; 

— liitsfe d*' Jean Mei/rac; — de nombreux bustes et de nombreux médaillons; — 
lu Statur tir Ciiarlra dt^ (jonzaffiir sur la fontaine de la place Ducale; les sou- 
bassements sont de M. KIvsée Petitfils, architecte vover, né à Fiarbv. 

('.Ol'RBOlN i François-, né à (ihaumont-Porcien en 18G5; graveur. A exposé 
au Salon de 1887. 

COIJVELKT (J.-B.i, né à Gliarleville en 1772, et mort à Mézières en 1830. 
De nombreux portraits. — Son lils, COl'VKLKT ( AnoLrnE), né à Charleville en 1802, 
mort au Havre en 1867: surtout, peintre de marine. (Hùivres principales : un 
Dimanrhe matin t»n liretayne ; — Vue da Tn'port ; — Saint-Jean d*Ulloa ; — 
llaltr prt-s Smi/rn»'; — le dur ; — hànte du S'''rail à Constant innple ; — Vne du 
port de Marseille; — Vue du Port tif liordeau.r; — Halte le lony du Mil; — une 
lianpte dans h' dHroit îles Dardanellrs, 

CUKPAl X (Kvi.), né à (Miarleville en 1828; graveur. A exposé au Salon «le 
1808 : Ascanio et la Heine Maujot ; au Salon de 180Î* et de 1870, de nonibi'euses 
gravures. 

C.UOISY (Ahistidk). né à Fagnon en 1840. Obtint en 1863 le second grand 
prix de; Home, b* sujet imposé était : yisus et Euryale, Œuvres principales : 
la Prière d'Abel; — Franroise de Rimini; — le Moissonneur ; — le yid, qui lui 
valut, au Salon de 1882, une seconde médaille, (»t se trouve au musée du Luxem- 
bourg: — b»s Statues de Chanzy à Buzancy et à Nouart; — de Mèhul a Givet ; — 
de liayard a Mézières ; — le Monumrnt au.r Morts île 4810-1 i à CbarleviLle ; 

— le Monument à l'Armée de Sedan ; — b» Monument à rArtnèe de la Loire. Obtint 
au Salon de 1884, une première médailb». M™" Croisy exposait au Salon de 1881J 
un buste en plAtre : Jeanne. 

DAMAS (KrGÈ.NE), né à Uimogne en 1848; professeur de dessin à Charleville 
et à Sedan; surtout paysagiste. Kxposa souvent au Salon des (ihamps-Elysées, 
notamment : la Veille du Marchr; — T'en auras pas; — Intérieur de Vanniers; — 
Coupruse de Genêts; — Retour des Champs; — l'Appel au Déjeuner : musée de 
Uouen; — Javanaise jouant du habab; — Midi : Caisse d'épargne de Charleville. 

— Ttndeurs aux Vanneau.v ; — Aux Pissenlits, Salon de 1898. Médaille aux 
expositions de Chaumont, (rK[)inal. 

DFLOYK iJ.-H.), né à Sedan en 18.18: sculpteur, deuxième grand prix de Rome 
en 1861. Oluivres principales : Chri/séis rendue à son 2)ere par Ulysse; — Aristùe 
prrdant ses Abeilh's ; — Hero et Léandre ; — Exilée; — Diane; — Agnès vierge 
et martyre; — buste en niarbn» de iU""' Vigée-Lebrun ; — Porte en pierre du chiUeau 
d'Aggnac; — le Génie des Arts; — la liera nrhe de Galath'e; — Liltré; — la 
Fnrtune; — Turenne enfant; — Cariatidrs et Bas-Reliefs au château de Chenon- 
reaiw. Très réputé en Autriche et en Italie où sont nombreuses ses œuvres de 
scul[)ture. Mort à Paris (mi février 18l>9. 

DKPAQL'IT Kdouauih, né à Sedan en 18:U); architecte : l* Ancien Sedan, avec 
plans et vues. 

DKPKUTIIES (KnoiJAHi)), né à Houdilcourt en \HX\; architecte. OKuvres prin- 
cipales : l'Eglise de Rennes; — reconstruction de la Basilique de Sainte-Anne 
d'Auray; — Eglise Saint-Martin à Hresl ; — reconslriiclion de r Hôte l-de- Ville 
fie Paris avec M. Th. Hallu ; — monniuenl <le l'Abbé de La Salle à Uouen avec 
Falgnières: — restauration de l'église du Prieuré de Saint-Urbain et recons- 
truction de ce prieuié; — Chapelle de Cllopital Auban-Moet. Cinq premiers 
prix; cinq seconds prix. .Numbreuses niéilailh^s aux expositions universelles^ 
notamment Paris : 1807 et 1881». Mort à Ueims en juillet 1888. Un de ses fils, 
Jl'lk-:, obtint le prix de Home. 

DKKVALX AnoLiMiK;, né à Charleville en 182.'» : Andromède, Salon de 1804; — 
le Christ au linceul, Salon de 1808 ; — Portrait de l'amiral Chanter, Salon de 1870, 



— 145 — 

DEVAUCHELLE (Jean), né àPuilly : Forêt de Fontainebleau; — Effet du matin; 

— Vue prise dans les Ardennes. Plusieurs fois reçu au Salon. 

DOYEN (Louis), né à Attigny; professeur diplômé de l'Etat et de la ville de 
Paris. De nombreux tableaux, notamment : le Mariaye chez les Assyriens, qui se 
trouve à l'Hùtel de ville d'Attigny. 

DUBIN DE GKAiNDMAlSON (Antoinette-Marik) , née à Mézières en 1846. De 
nombreux portraits. Plusieurs fois reçue au vSalon. 

DUPRAY (Louis), né à Sedan en 1841. Se destinait à la carrière militaire. 
Une chute de cheval le forçait à entrer dans l'atelier de Goignet qu'il quittait 
bientôt pour l'atelier de Pils. Est resté soldat dans ses tableaux; car il a surtout 
reproduit des scènes militaires. Sa première toile : Brigadier, vous avez raison, 
date de 1867. A citer parmi ses œuvres : les Dragons de l' IniptU'utrice ; — Bataille 
de Waterloo ; — une Grand'Garde, qui lui valut une médaille du Salon; — Visite 
au.F avant-postes ; — Grandes Manœuvres d\tutomne; — Hussards escortant un 
convoi; — le D'part du quartier (jfUu^rali — D'^part de V impératrice Eugénie. 

DUHA.ND-BHUNNEH (Charles), né à Neufmanil en 1817 : La Vierge. Salon de 
1844; — le Christ, Salon de 18o9; — le Christ portant la croix. Salon de 1861. 

FAUDACQ (Louis), né à Givet en 1840; graveur : Tourelle-balise ; — Marée 
basse, Salon de 1879; — Navire en perdition près les Roches; — Douvres, Salon 
de 1880. 

FÉAUT (Adrien), né à Sedan le 11 avril 1813; sculpteur. Œuvres principales : 
le Mariage de la Vierge, bas-relief en bronze; — l Eté ; — r Hiver; — le Prin- 
temps, bas-relief; — le Festin, la Danse et la Musique. 

FOHGET (Uené), né à Charleville; peintre de paysages et de natures mortes. 

GONDUEXON (Paul), né à Charleville en 1863 : le Père Maurice, qui lui valut 
une médaille; — la Matinée d'Avril, mention honorable à l'exposition de Ver- 
sailles. De fort nombreux tableaux qui représentent, principalement, des vues 
ardennaises. Mentions et médailles aux expositions, notamment : de Chaumont, 
de Rodez, de Lille. 

GUILLOTEAUX (Jules-Paul), né à La Neuville-aux-Joôtes le 27 mars 1860; 
pein tre-pay sagi ste . 

HAMAIDE (Louis), né à Haybes-sur-Meusc; dessinateur. 

HERST, né à Rocroi eli 1825 : le Pied de la Falaise, Salon de 1861; -- un 
Torrent, Salon de 1883. A mentionner aussi, parmi ses œuvres principales : 
Soleil couchant; — Dois en automne; — Entrée de la Grande Chartreuse à Four- 
vières; — la Première Hirondelle; — Sur la Cote d'Afriqwr, — Lisière de bois; — 
Environs de Dordrech; — Ferme en yormandie ; — Environs de Gabas; — Soleil 
couchant et Marée tnisse. Salon de 1888. 

HERTL (Antoine), né à Sedan en 1826 : un Coin de Jardin, Salon de 1861; — 
Bords de la Seine, Salon de 186'k — Environs d'Ems, Salon de 1S70. 

HERTL (Marguerite;!, née à Sedan en 1832; pastelliste. Exposa souvent au 
Salon. 

HLILLARD (M"*, née Girard), née à Sedan le 26 juin IHo.*); peintre. Exposa 
maintes fois au Salon des Champs-Elysées. Œuvres principales : Femme tenant 
une branche; — Portrait de M^^" Madeleine L...; — Portrait de Dolly; — Vaincue. 

JAMAIN (Emile), né à Fuinay en octobre 1849; graveur. Œuvres princi|)ak'S : 
Marie de Médicis; — Milon de Crotune; — V Accordée de Village ; — M"*' du Barrij ; 

— Jeune Femme; — Faune antique. 

LACATTE (J.-B.), né à Marcq-sous-Bourcq en 1818 : Environs de Rouen, Salon 

10 



— 14G — 

de 18().'); — Ir Mat ni au Ihis-Mewlon, Salon de i870: — Inténeur de Ferme, 
Salon <le 1879; — le Soir à Cwilly, Salon de 1880. 

LASSEAl'X iJ.-M.i, n«'* à Kcordal en 182ÎI: sculpteur. A rappeler de lui quel- 
ques nuMlailIons : Portrait 'lu M. IL Petit; — Portrait (le .W<^C..; — Washing- 
ton: — Portrait de L,-(m. Lrfèvre. 

LKHAHQl'K (Léon-Albkkt), né à Quatre-Chanips en 1853. A exposé des 
médaillons et des portraits aux Salons de i88(», de 188o, de 1888, not<iniment. 

LKMAIUK (Klgè.nK), né à Sedan le 8 mars 18U ; arcliéolofçue, s(uilpteur, 
arcliileote. Kut le premier prix d'architecture à la suite d'un concours public. 
Membre de divers Omj^rès internationaux. Sa s(rur, M"** Marie-Aline, exposait 
au Salr»n de 1888 une j^ravure sur bois : En Ardrunr. 

LI'/rOHSAY-TAlNK (M"*), née à Vouziers en 1830; peintre. <JEuvres princi- 
pales : FAwlea d'a^nra nature; — Pommes et IJvres ; — Portrait de M'»" .4. i).; 

— les Trois Mendiantes dUtrsatj. 

MANCKAU Clkm.-Mél.', né à Hocroi en 1833. A signaler le tableau ; Meltm 
ft Haisins, exposé au Salon de 1888. 

MATOl'T fLuLis), né à Charleville «mi 1810; mort à Paris en 1888. Panneaux 
déroiatit's dans la chapelle de l'hôpilal Lariboisière; — Ambroise iVnv? dans 
ramphithé.\tre de l'école de Médecine, ceuvre qui lui valut, au Salon de i8.ï3. une 
Iroisiéme médaille. (Jlùivies principales : le Printrnqjs, Salon de 1846; — la 
Vie au Ih^srrt , Salon de I8;»0; — Èacchus m font et Danse antique, Salon de 
^87'^; — Amour et Porsie : — Saint Louis enterrant les morts. Salon de 187,*>; — 
Jeanne ouvrière parisirnne , Sidon de 1882; — Mi/mphr end^irmie dans le hais. 

MINOT (F\\L'L- Loris), né à Méziéres en 1831»; sculphMir. Bustes reçus aux 
Salons. 

MOLLKT (Krnkst), né à Vouziers en 1831; peintre. Oh'uvres principales: 
lutrrif'ur d'une Cour; — Inff'rirur de Cuisinr; — Fjeole bretonne ; — InlMeur à 
la Campaijne : — le Médaillon: — llrflr.rion : — En Automne; — liaiyneurs. Fit 
aussi de nombreux portraits. 

MOUKAl {Kfn»i'\nn !, né à Sedan en 182*); peinln\ Oeuvres principales : Jrsus 
i'econnu par ses Disriples; — Cnrnemuse fWtssaisr; — ruiver ; — Hospitalité du 
Hoi de la Fève ; — Epluchvur dr lè(jumes; - - Lapin et Coq; — Passe d'armes au 
quatorzième sièrb'. 

MOHKAl'X Khançois), né à Hocroi en 1807. Kut professeur <le dessin au col- 
lè^^e de Charleville et quitta la Fran<'e vers 1837 pour aller en Amérique oii, 
très rapidement, il acquit une certaine? célébrit»'* comme portraitiste. Mourut 
en 1800 à Hio- Janeiro. — Son frère, MUHKAUX (Lko.n), né à Hocroi le 
7 mais 18i;>. Olùivres principales, oulre de nombreux portraits : Bataille de 
Pastrinqo: — le Hetour d'un l^risonnifr; — Moissonneurs dans les Pi/rinèeS' 
()rient(des; — Dansr ehrz Ips Crrdans ; — la Prise dr Trêves; — CamoéuH dans 
la pristoi de Goa, — L'n troisième frère, MOHI'LVl \ Louis, né à Hocroi en 1817, 
élait îillé rejoindre François à Hio-JaiMMro, où il mourut en 1877, laissant la 
réputation d'un excellent peintre. 

NOKL (Paitl), né à Charleville en 18:i0. <)p]uvres principales ; Portrait de 
M. IL IL. et Mosipièr de Sidi-Abderhauiam. Salon de 1878; — la Marehande 
d'Oranqes; — le Li'-jeuuer du Hamoneur, Salon de 1880; — une Forye de Clou- 
tiers, Salon de 1882; — E/l'eti^ de ueiqe dans les Ardennes, Salon de 188.H; — 
t'i)r}thelin; — Passaqe intéressant ; - une Partie de Chasse dans les Ardennes; 

- ■ la Sermonne au Clvitelet. 

PI'LKTTF Chmu.is , né à Sedan le 2:; avril 1823, mort à Charleville en 187,-); 
peintre : Soir d'Automne avant la Pluie; — Bords de la Marne il Joinville; — 



— 147 — 

Soirée dWulomne près dWmmerie; — le liiiissean de In (iivonne ù Dait/ny ; — 
Route lomjeant les rochers. 

PKYHE (Jules), né h Sedan en 1810; sculpteur. De nombnmx médaillons, 
parmi lesquels ceux du Prince-Président : — de l'Empereur; — de Vlmpérntrice i 

— du Gniéral Flenry. 

PLACE-CANTON (Pacl), né à Mézières en 1802. A signaler : Vue des Ardennes 
mw environs d'Haulmé, Salon de 1884; — le Villnije de Wéve, pays wallon. 

PRÉVOST (Eiiii.), né ti Charleville le 2:> aoiU IH.'io; peintre, oï^uvres princi- 
pales : un Conseil d*Amie ; — Première au Rendez-Vous ; — llomniaye à la Madone ; 

— Deiw Portraits ; — Bouquet de Pivoines : — Cest bon de se reposer ; — Leçon 
de Piano. — Plusieurs de ses toiles figurèrent au Salon des Champs-Elysées. 

PHEYAT (J.-B.), né à Aubrives en 1821; portraitiste. Exposa souvent au 
Salon des Champs-Elysées. A fait plus particuîièienient le portrait. 
PL'ECH (Carollnk), née à Mézières en 1842; portraitiste. 

SABATIEH (M™*), née à Mézières; miniaturiste^. Exposa plusieurs fois aux 
CJiamps-Elysées. 

SAIÏHAZIN (M\Hr,i:nHiTK), née à Charleville en 18r».'). Tableaux de Heurs, j)rin- 
cipalement. Exposition aux Salons de Versailles, de Lille, de Lyon, de Heims, de 
Nancy, de Saint-Etienne. Mention à Lille; diplôme tlMionneur à Saint-Etienne. 

SCHMITZ fRiCHARo), né à Sedan en 1819, mort à Heims en 1871. Eut autant 
poète que peintre. Ses tableaux et ses romances eurent, en leur temps, une 
assez grande vogue. 

TITEUX. (Voir Hommes de guerre.) 

VICNERON (A.), né à La Horgne le 23 mars 1846; publiciste; universitaire. 
Appartint a la direction des Beaux-Arts. Actuellement commissaire général 
de la Sorii'té des Artistes français. Fondateur, à Paris, du limer ardennais. 

VILLE :Uobeut). né à Mézières le 21 novembre 1819; peintre. (JEuvres prin- 
cipales : Jeune Fille yrecque ; — Muse d'André Chenier ; — le Sommeil et le RtUe ; 

— t^aint Fran'ois-d' Assises ; — Méditation chez les Trappistes: — Jésus sur la 
Croix: — la Vierye des Alpes: — la Mult'^pUcation des Pains: — Daniel dans la 
Fosse «lux Lions ; — Vieryt'S satjes et Vieryes folles ; — la Lutte pour la Vif\ 

VLNCENDON (Marie-Berthkî, néf à Charleville; peintre. 

WACCH'EZ (AnoLFiiE), né à Sedan le TJ décembre 1S14: peintre. Ol-'uvres prin- 
cipales : la Vierye et l'Enfunt Jésus ; — la Courtisone : — D'nichfur d'Aheillcs: — 
Chasse dans la Foret dt' Fontainehlenu : — Liseuse. A souvent exposé aux Salons 
des Champs-Elysées où il obtint une nuMition honorable. 

WILLIEME lArc-pR.), né au Fond-de-Civonne en 183.'». Nombreux bustes; 
nombreux tableaux. Inventeur de la photosrulpture. 



Vil. SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES. 

BERNl TZ (Louis), né à Sedan le 21 janvier 1S19. Fut membre de TAcadémie 
<ie médecine. Mort à Sedan en 1887. A écrit notamment : CUniyue médicale sur 
Ifs Maladi"s des Femmes, et de nombreux articles dans le Dictionnaire d»' Méde- 
cine et de Chiruryie. 

RESTEE Ferimnand^ né à Chagny en 18'».'», professeur à l'école Normale des 
Ardennes. A publié de nombreux mémoires dans le liullefin de la Sitr'o'fe d'His- 
toire naturelle des Ardennes, f|u'il fondait en 1803 avec le concours de : MM. Mau- 
rice Bourguignon, Cadix-Massiaux, négociants ; Dhaleine, instituteur a Sedan ; 



— 148 — 

Hcinotel, Harl.iv, Mailfail, pliarnmcioiis à Charleville ; Pigeot, professeur à 
l'nole dAgriruUuro do liothel ; Walrin, contrùleiir principal dcâ Mines, etc. 
C'i'st sous 1<'S auspices tie celto sociélé <|u"rst édité, à la librairie Ed. JoUy, 
\v. Çiitnluyw r(iiii(tnm' et de^n'iptif dea Plantes vasculaii'ea du d^^partement des 
Ardennes, par A. ('.vllay, ancien pharmacien au Cliesne ; cet ouvrage est accom- 
pagné d'une Description itrofjniphique et (fêolot/iqiie avec carte géologique coloriée, 
et d'une Etitdi' de G'''Ofjrapfnf ftotaniqne faisant ressortir lus rapports des espèces 
avec le sol, par F. Hkstkl. 

HOL'UCirKLOT KuK-bluiLK:, né à Jamlun en 18ol ; docteur ès-ciences natu- 
relles; professeur a l'école supérieure de Pharmacie; pharmacien en chef de 
l'hopilal La^'unec : memhre de l'Académie de Médecine; membre correspon- 
danl de nombreuses sociétés savantes étrangères et françaises. A publié, dans 
diverses revues médicales et scientifiques, ties mémoires sur : les travaux rela- 
tifs il ta diijestinn : — les ferments solubles hydratants ; — les ferments solubles 
o.njdants ; — la physitdogie et la chimie des sucres et des hi/drates de carbone; 
— les travaux relatifs ii VètwU des fermentations déterminées par les ferments 
figurés. — Ouvrages principaux : Des Ft'rmcntations et de leurs produits tUilisês 
en pharmacie (thèse de doctorat): — les Fermentations déterminées par les fer^ 
ments figurés; — Ferments snlnhlcs, diastasmes enzgmes. Mentionnons, enûn^ 
des articles dans le Diction)iaire de Physiologie, du professeur Uichet. 

I)0\K.\ ;Ei:{iK.NE-Louis), né h Heims, en 1859, d'une famille ardennaise origi- 
naire des environs d'Attigny <*t de Saint-Lambert. Le docteur Doyen est, en 
outre, par son mariagt? avec M"° Lu«'ie Firumel, allié aux Drumel deTagnon et 
de Neuvizy. Ancien interne des hôpitaux de Paris; président d'honneur de la 
seclion de gynécologie au C.ongiès inl«'rnational de Moscou 1897 ; nommé doc- 
teur de l'Université tl'Kdimbourg au Congrès de l'Association médifale britan- 
ni(iue IS98; vient de f<>n«ler à Paris une « clinique chirurgicale modèle, pour 
h^s opérations », avec laboratoire pour l'enseignement des docteurs étrangers- 
Ouvrages i»rincipaux : l'Hystérectomie ahdominale et vaginale; — Chirurgie du 
Foie et des Voies hiliaires; — Chirurgie de l'Estomac; — Chirurgie du Crdne ; — 
Traité de Technique chirurgicale ; — Atlas de Bactériologie; — Application du 
Cinématographe à renseignement de la Chirurgie: première démonstration faite 
en juillet 1898, à Kdimbourg. 

IIAC.IILTTF. (Loiis-Chhistoi'IIK-François;, né à Hethel le L'i mai 1800. Ache- 
vait sa tioisièini' année à l'école .Norniah? supérieure en 1822, lorsque fut 
acclamé, pendant la distribution des piix du concours général, le nom de Camille 
Jordan. L'éi!(»le fut licenciée. Quatre anné«»s plus tard. Hachette se rendait 
aciiuéreur cb* la librairie classicjue Hredif, groupant autour de lui ses anciens 

11' i 1 â \ * l il i' L^ â"'A' f* 



l'année IK.'iO, le grand éditeur était see()ndé dans la diiection de sa vaste entre- 
prise par ses deux gendres, MM. Rreton et Templier, ainsi <jue par ses deux 
iils : MM. Alfied et (ieorges. L;i famille Hachette est Tune de nos plus anciennes 
familles artieiniaises; les ancêtres de Louis-Christophe-Francois, fils d'un huis- 
sier, étant n<''s soit à Herloncourt, soit à Arnicourt, soit enfin à Hethel. 

JAMLN (J.-Cklestin), né à Tenues le '.W mai 18IS: professeur de physique à 
l'école Normale et à la Faculté des sciences en 1847. Organisa le laboratoire 
des Hautes-Études. M(Mnbre de l'Académie des sciences. Mort en 18G6. Ouvrages 
princi[)aux : Traité de physique, Cours de physique de l'école Polytechnique; — Sur 



— Iî9 — 

Ui Réflexion de In Ltimicre ù la siwface des M^Haiw. l/é;(liso do Termes possède 
une loile de Jaiiiiii (|ui ne se conlenla pas uniquement, d'être un savant. Son 
fils, peintre de grand talent, a remporté le premier prix de Home. 

LANCEREAL' (Etiknnk), né à Brécy-Brières le 27 novembre 1820; professeur 
agrégé à la Faculté de médecine de Paris. Membre de l'Académie de médecin»* ; 
professeur de presque tous nos médecins ardennais. Œuvres principales : 
AffectUma uervenses syphilUiques ; — Diatribulion grogniphiffttrdf la Phtisir pulmo- 
naire ; — TraiU) historique et pratique de la Sf/ph'Ua ; — Trfiit*^ d'Anatomie patho- 
logique ; — Lerons de VUniqne mMcale. Un de nos médecins les plus célèbi-es. 

LEDOL'BLE (Anatole), né à Hocroi en 1848; professeur d'anatomie à l'école 
de Médecine de Tours, lauréat de l'Institut. Nombreuses médailles pour ses 
ouvrages dont voici les principaux : Avantatjes de r Allaitement maternel pour 
l'Enfant; — Leeons cliniques sur les Fractures de Jambe; — la Mniecine et la 
Chirurgie dans les temps préhistoriques. 

LE(«t^\ND, né à Bouvellemont en 1796. Fut professeur d'astronomie à la 
Faculté de Montpellier. 

MATHIEU (Albkrt), né àThin-le-Moùlier le 17 août 1855; médecin des hôpi- 
taux de Paris. Principales publications : Purpuras h^norragiques (thèse 188:|) ; 

— art. Pui'pura (dans le Dictionnaire des sciences médicales); — art. FMomac 
(dans le même ouvrage); — Pathologie de VFjStomae (dans le Trait'' de Mriiccine 
Charcot-Bouchard) ; — Théi apeutupie des Maladies de VEstomac (3«édil. 1898); 

— Thérapeutique des Maladies de r Intestin (2® édil. 180G) ; — Neurasthénie 
(2« édit., collection Charcot-Debone). 

MICHAUX (Léon), né à Hethel en juin 18^3; professeur à la Société topogra- 
pbique de France, Collaborateur à « Inventaire des (Euvres d'Art de la ville de 
Paris » et « luxentuire des Richesses d'Art de la France ». Son père, Lucikn 
MICHAUX, né à Vaux-Montreuil, chef de division au Ministère des beaux-arts, 
avait écrit de fort intéressantes monographies sur plusieurs des plus remar- 
quables monuments civils et religieux de Paris. 

NEPVEU (Edolard), né à Sedan en 1841; médecin, chef de laboratoire à la 
clinique du docteur Verneuil. Auteur de traités fort estimés sur la Ractério- 
logie et rAnatomi^ pathologique. 

MVOIT et MEUGY. — Edmond MVOIT, né à Buzancr le 12 août 1839 ; 
actuellement inspecteur général des Mines. Ouvrages principaux : Cours de 
Géologie; — Notions sur l'Industrie dans les Ardennes (Eug. Jolly, libraire- 
édileur). A dressé avec M. MElHiY, né à Hethel, qui fut inspecteur des Mines, 
les Cartes géologiques et agronomiques des cinq arrondissements du départe- 
ment des Ardennes; puis a publié à la même librairie, en collaboration avec 
le même auteur, deux volumes agronomiques sur les arrondissements de Vou- 
ziers et de Hethel. 

PAYEH (J.-B.), né h Asfeld en 1818; mathématicien et botaniste. Obtint, 
tout jeune encore, après son doctorat ès-sciences, la chaire de minéralogie et 
de géologie à Hermès. Professeur de botanique à l'école Normale supérieure. 
Etait en 1848 secrétaire de Lamartine lorsque les Ardennes le choisirent pour 
représentant à l'Assemblée Constituante. Jusqu'en 18.->2, fut chef du cabinet du 
Ministère des affaires étrangères. Succédait à de Saint-llilaire dans la chaire 
d'organographie végétale. Membre de l'Académie des sciences. Mort en ISiiO, 
âgé seulement de quarante ans. Œuvres principales : Organogénie de la Fleur; 

— Botanique cryptogamique ; — Traité élémentaire de Rotanique, resté inachevé. 



— 150 — 

PKIiOCIlK (JuLKSj, né à Sornionno en 1S20, mort à IJlle en i888. Ayant fait 
sa caiTière dans les contributions indirectes» écrivit sur le droit administratif 
plusii'urs ouvrages fort estimés. Kludia les sciences. Est l'auteur d'une Tht^orie 
sur hi /iï'tct'saion <lé'$ Fjfiiiuoxrs flans ses rapports avec la tt'rnpr rat tire du globe. 
Membre de plusi«»urs sociétés savantes, a surtout étudié « les Glissements 
polaires >». 

PIKTTK lEnouARD), né à Aubi^ny en mars 1827, petit-fils de l'astronome 
Lacaille. Magistrat; s'occupa beau(!Oup de sciences. Fit dans TAriè^çe et dans 
les Landes de fori intéressantes d«''COuvertes j^éolo^iques. <lKuvres principales: 
le Lias infn'ieur de la Moselle, du lirand-Dueh'^ de Luxembourg, de la Meuse et 
des Ardennea; — Valèontobtgie frawaise : — l'Art pendant Vâge du Henné. En 
outre : VKdueation du Peuple, écrit en i8o8 et en faveur de la ^'ratuité et de la 
laïcisation scolaires. Frère de M. PIETTK, né à Charleville. qui fut président 
de la Cour d'appel de Paris. 

HKMKU (Léon), né à (Uiarleville le 2 mai 1809. Collaborait, jeune encore, nu 
Dictionnaire enejidop'^diiiue de Li'b.is. Membre de la Sociélé des Antiquaires de 
France. Fonda la lievue de Pfn'hdng/f, dr Liltrrature et n*HfStnire aneienne. Envoyé 
par le fjonvernemenl en Alfjérie pour étudier les monuments b;\tis par les 
Romains, alors qu'ils possédaient celte ré^^ion africaine. Ecrivait, sa mission 
terminée : /fv Inscriptions rowainea de f Algérie (i,4l7 inscriptions); ouvrage 
d'une rare éiudition qui le lit entrer à l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres. Fut en 1862 nommé directeur de l'école pratique des Hautes-Etudes. 
Sij;nalnns encore, parmi les ouvra;;es les plus marquants que nous devons à 
cet érudit épi^jrapliislc» : édilion de la (i 'ograjfhie tir IHolhw'e, en ce qui c<mcerne 
la Caule; — Mélan^M» iVEpIgraphle; — une tiaduclion de Thèorrite; — l'édition 
du Corpits inscriptio}ium latinarum (disolutissimum. De nombreux et savants 
articles dans la lievue arch'ologl'fue. l)irij[?ea la belle et si complète édition des 
Grands Ecr'-rains du dix-sept leme siècle, que continue à publier la librairie 
Hacbelle. 

SArVA(iE, né à Sedan. Fut iujijjéniour en cbef des Mines et directeur de la 
Compagnie de l'Est. Ecrivit, en collaboration avec M. Buvigmkr : Géologie lies 
Ardennes, ou Statistli/ue niinrrfdogii/ue et gcologif/ue du d<''partement des Ardennes, 
Sa tombo, au cirnelière de Cbarleville, est surmontée de son buste. 

WAILLY iJkan->'okl dk, dit Natiiai.is), né à Mézières en 181)4; érudit. Membre 
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Conservateur des manuscrits 
à la bibliotbèque Nationale Jusqu'en 1871. Mourut à Passy le 4 décembre 1886. 
Laissa, notannnent, outre divers mémoires d'érudition : Eléments de paléogra- 
phie: — la Conquête de Conslantinople ; — l\'''cHs d'un Ménestrel de lU'ims au 
douzième siècle: — Histoire de saint Louis. M. Luce, président de la Société 
des anciens textes français, disait de M. de Wailly : « Personne n'eut, à plus 
baut degré, les cpialités qui tlistinguent les grands liommes : clarté, exaclitude, 
précision, labeur infatigable pour recueillir les faits, une mélbode rigoureuse 
pour les grouper. » 



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LIVRE II 



««^^fc^>^«^>^^v^>^^^^^k^>« 



LES ORIGINES 

Historiques 



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CHAPITRE PREMIER 



•D4C- 



LE DÉPARTEMENT 
ORIGINES & DIVISIONS ADMINISTRATIVES 

I. Les discussions à TAssemblée. — II. La division en départements. — III. Mézières 
capitale des Ardennes. — IV. Le premier évêque constitutionnel des Ardennes. — 
V. Des origines aux traités de 1814. — VI. Sénateurs; députés; conseils géné- 
raux; conseils d'arrondissement; conseils municipaux. — VII. Nos préfets et 
nos représentants, de 1789 à 1900. — VIII. Les conventionnels ardennais. — 
IX. Division administrative; population. — X. Budgets départemental et com- 
munaux; part contributive dans le budget de la France. — XI. Arrondissements 
et cantons. 



I. LES DISCUSSIONS A L'ASSEMBLÉE. 



AVANT 1789, la France était divisée on quarante provinces ayant, chacune, 
leurs mœurs, leurs coutumes, leur législation particulière, bien que le 
pouvoir central eiU sur elles droit de contrôle et d'administration par 
ses gouverneurs et par ses intendants, par ses fermiers généraux et ses offi- 
ciers de police judiciaire ou civile. Cette division en provinces morcelait le 
royaume, lui enlevait toute unité. Aussi l'Assemblée constituante reconnut-elle 
l'impérieuse obligation de briser ce cadre administratif monarchique pour 
mieux assurer la survivance de l'œuvre révolutionnaire. Sieyès, le premier, 
réclama la formation d'un comité dont la mission serait d'étudier un rema- 
niement des provinces « tel que la France ne forniAt, enfin, qu'un seul tout 
ensemble, gouverné dans toutes ses parties par une législation et par une 
administration communes ». Depuis longtemps, d'ailleurs, les esprits pratiques 
demandaient une meilleure division territoriale du royaume; toutes celles exis- 
tantes alors n'offrant qu'inextricables et embarrassantes confusions. Le carto- 
graphe Robert de Hesseln avait même, en 1786, imaginé lout un plan auquel, 
par la suite, on se conformai! prescjue exactement. L'époque se montrait donc 
absolument favorable à cette répression des tendances séparatistes dans les 
provinces; elle désirait une puissante organisation centrale. 

L'Assemblée nationale institua son comité; puis lui confia la tâche délicate 
d'arrêter un plan de division générale. Le 4 novembre 1789, Thouret, au nom 
de ce comité, lisait son rapport, dont la conclusion était qu'il fallait parlager 
la France en quatre-vingt divisions nouvelles ayant une étendue, chacune, de 
trois cent vingt-quatre lieues carrées environ. Chaque département devait se 



— ir,$ — 

subdiviser en neuf districts de communes qui se fractionnaient encore en neuf 
cantons. Le rapporteur s*appli({uait, tout en innovani, à ne point froisser les 
aniours-pr()f»res nationaux; et c'est [xiurquoif rejetant lelle ou telle division 
i\o t«'rritoire existante (l«''jà, la coniniission avait cherché une division de super- 
ficie assf'Z réduite pour que l'Administration chargée d'en surveiller les intérêts 
pilt \o faire avec promptitude et facilité ; puis des divisions pas exagérément 
multiphées. afin que tiop de de<rrfs entre la communauté de Villages et TAssem- 
bl»*e i\o ])ussent embarrasser ou retarder les intérêts communs ou la marche 
des all'aires. Sur ces propositions du comité, les discussions furent très ardues, 
très approfondies; et .surfjinMit de nombreux amendements. Verdet voulait qu'on 
divisât la Krance, d'après la po[)ulalion, en sept cent vin;?t-cinq communes, 
chacjue commune eu dix-huit municipalilés ; les provinces, pour le surplus, 
gîirdaiit hîurs anciemies limites et réunissant, en une ou plusieurs assemblées 
administratives supérieures, toutes les communes de leur ressort. Mirabeau 
n'j<*tait celte division mathématique quasi-idéale, proposait cent vingt dépar- 
tements et supprimait toutes les autres divisions intermédiaires. On eiU com- 
muniqué directement des villes et des villîiî^es au chef-lieu du département 
et, de chaque département, au Pouvoir exécutif et à l'Assemblée nationale. 
Heu;;y de Prevalley ne voulait que soixante-dix départements inégaux en super- 
fuie mais égaux en population : cha(jue département devait être le siège d'une 
assemblée provinciales divisée en dix districts, et chaque district n'aurait d'autre 
division que celhî de ses villes et de s»'s paroisses. Barrère proposait d'établir 
deux sortes de municipalités : les unes ]>rincipales et h»s autres secondaires; 
celles-ci df'pendant «les principales pour certains cas stipulés de directions 
administratives. Kntln, et pour ne pas nous attarder à ces opinions successives, 
Aubrv du Bochet partagi'ait le territoire en cent dix départements, dont chacun 
foiinerait une assemblée provinciale, un siège épiscopal et une ou plusieurs 
c(Kns (h' justices équivalentes aux anciens présidiaux. 



II. LA DIVISION EN DÉPARTEMENTS. 

I/Assemblée conslituanle, ado]>tant en bloc le projet du comité, décréta, 
le il novembn* i789, (jue le nombre des <lépartemenls français, formés des 
provinces, serait de soixante-quinze à qualre-vingl-cin(j, laissant au comité le 
S(Hn de déterminer le chef-lieu i)our chaque département et la circonscription 
<les territoires. Toutefois elle l'engageait, instamment, à respecter autant que 
possible les localités, les frontières alors existantes, les habitudes morales et 
même les répugnances des habit.nits. Au bout de trois mois était terminé ce 
travail ardu, méticuleux, el, le 20 février 1790, un décret de r.Vssemblée divisait 
la Tiance en quatre-vinj<t-trois départements : « Peu ou point homogènes, 
écrit le géographe Ueclus, réunissant des pays dill'érents de mœurs et d'his- 
toire, des climats divers, des bassins divergents, des sols disparates. » Ils 
reçurent assez communément le nom du lleuve principal qui traversait le pays, 
de la monlagn»* la plu.s élevée ((ui dominait la région : la Meuse, le Puy-de- 
l)(>me; ou encore de leurs forêts : les Ardennes, — bien que notre départe- 
ment se soit, à l'origine de sa création, appelé : département septentrional de 
la (Champagne; — ou aussi de leur situation : le Nord, le Finistère. 

III. MÉZIÈRES CAPITALE DES ARDENNES. 

Le 12 mai 1790, la « proclamation du roi » déclara que le chef-lieu de notre 
département serait Mézières : 



- 155 — 

M Vu par le roi le décret de l'Assemblée nationale, du 8 niay 1770, dont la 
teneur suit : 

« I/Assemblée nationale, ouï le rapport du Comité de constitution, conlir- 
« mant le choix par les électeurs du département des Ardennes, en vertu du 
« décret du 26 février dernier, décrète que l'Assemblée du département des 
« Ardennes se tiendra dans la ville de Mézières, et que la ville de Charleville 
« demeurera définitivement le chef-lieu de son district. » 

« Le roi a accepté et accepte ledit décret pour être exécuté suivant sa forme 
et teneur; en conséquence. Sa Majesté mande et ordonne à l'Assemblée du 
district de (IharleviUe, et aux municipalités de cette ville et de Mézières, de 
tenir la main à son exécution. 

« Fait à Paris, le douze may 1790. Signé : Louis. — Parle roi : de S^-Prikst. >• 

Mézières chef-lieu du département, et Charleville chef-lieu de district. En 
effet, il avait été décidé que chaque département serait divisé en districts et 
chaque district en cant(»ns d'environ quatre lieues carrées. Au chef-lieu i\n 
département était établi 1' « assemblée administrative supérieure >• dite « admi- 
nistration du déparlement ». Au chef-lieu du district, une assemblée adminis- 
trative inférieure dite « administration de «listrict », De plus, dans chaque 
ville, dans chaque villaf»(?, dans chaque « communauté de campa;4ne », une 
municipalité. Quant à l'administration du département, elle se composait de 
trente-six membres élus par les électeurs législatifs du second degré; sur ces 
trente-six délégués, huit formaient « le directoire du ilépartement », les vingt- 
huit autres le « conseil général du département. » L'administration du district 
se composait, elle, de douze membres dont quatre formaient «« 1(î directoire 
du district » et huit le « conseil général de district. » Le prt'sident du directoire 
de département ou de district était, en même temps, le président du conseil 
général. Les directoires demeuraient en fonctions toute l'année; les conseils 
généraux se réunissaient une fois par an. Lii « procureur général syndic » et 
un «< procureur syndic » étaient attachés l'un au département, l'autre au dis- 
trict, avec charge de requérir l'application àv. la loi, de provoquer les « actes 
administratifs ou politiques des autorités ». Fonctionnaires nommés pour quatre 
ans, ils étaient rééligibU^s après un intervalle de quatre autres années. Les 
autres membres des administrations départementales étaient renouvelés par 
moitié tous les deux an^ : le gouvernement n'avait pas le droit de les révo- 
quer. Ces administrations étaient chargées de l'assiette, de la répartition, de 
la perception de l'impôt et du paiement des dépenses sous l'autorité du pou- 
voir législatif, de l'assistance publique, de l'encouragement à l'agriculture, au 
commerce, à l'industrie de la gestion des forêts, de la viabilité et des travaux 
publics, de l'organisation et <le l'emploi des milices locales. Knlin les munici- 
palités étaient administrées : par un maire — qu'élisaient les assemblées pri- 
maires; — un « corps municipal » (h* trois à vingt et un membres ; un « conseil 
général de la commune », composé du «< corps municipal » et des « notables » 
en nombre double; et, enlin, un « procureur de la commune » qu'assistaient, 
dans les grands centres, un «< substitut du procureur, un secrétaire-greffier et 
un trésorier ». Ainsi furent, à l'origine, organisées la vie et l'administration 
municipales. 

IV. LE PREMIER ÉVÊQUE CONSTITUTIONNEL DES ARDENNES. 

Puis, lorsque fut décrété — 12 juillet 1700 — la constitution civile du clergé, 
l'Assemblée nationale décida qu'il y aurait un diocèse par cha(|ue déparle- 
ment. 11 fallut donc nommer un évé(|ue pour les Ardein\es. Sedan, Mézién's 
et Mouzon ambitionnèrent de devenir cités épiscopales. Sedan fut préféré. 



- I5(i - 

Sans <l(nil(î voulail-oii la (h'*doimiiaîior de i'écht^c subi loi*squ*avait élé choisi le 
olief-lieii du d»''parteinpiit. ('/est le «limancho 21 novembre 1790 que furent 
convoqués les électeurs; la réunion se fit dans l'église de Mézières. 

Avant le vote, M. Deliaye, procureur fiénéral syndic, prononçait un de ces 
discours à |)brases redondantes, d'une solennité un peu vague, qui caractéri- 
s»*nt de si pittoresque façon l'éloijuence révolutionnais et dont voici, comine 
téruoi^map^, quelques extraits : 

«< \ai constitution civile du clergé est une de ces opérations sublimes qui 
doivent immortaliser le diplAme national et répandre le plus grand éclat sur 
les travaux de nos augustes législateurs. La muivelle organisation du clergé 
vient. Messieurs, de restituer à la nation un droit aussi antique que l'établisse- 
ment même de cette religion sainte dont vous allez nommer le premier ministre 
pour le diocèse des Ardt»nnes. Tant que les citoyens l'ont exercé, l'on a vu 
lépiscopat décoré des plus rares vertus; et si la puissance qui abuse et la 
richesse qui corrompt ôtèrent depuis aux Français cette prérogative précieuse, 
les évéques y trouvèrent aussi la (in de cette éminente considération que leurs 
prédécesseurs avaient obtenue des peuples, par la simplicité de leurs mœurs 
vraiment apostoliques. 

« La loi qui vous a, Messieurs, rappelés h r«»xercice de vos droits primitifs a 
aussi préparé à ces ministres la conquête de leur ancien domaine, la conquête 
de ces vertus sublimes qui hîs ont si souvent distingués, et de la vénération 
publique dont ils furent et dont ils vont redevenir l'objet. Ramenés à des 
fonctions qu'ils ne doivent jamais abandonner, ils vont rendre à cette religion 
auguste, dont ils seront les apôtres, son ancienne splendeur et sa première 
majesté; ils vont trouver, dans leur tendre et vive sollicitu<le pour leur trou- 
peau, celle paix de l'Ame, ce calme intérieur de la conscience, cette félicité 
douce et pure qu'on ne rencontre que dans la pratique des vertus et raccora- 
plissement de ses devoirs. 

'< Heureux cent fois. Messieurs, ceux que les suffrages du peuple vont investir 
d(? la dignité épiscopale! Que de bienfaits, que <le consolations ils pourront 
réi>andre dans le sein des familles indigentes et malheureuses! Que je porte 
envie non pas à leur opulence, mais aux délices que leur prépare la destina- 
tion précieuse du traitement qui leur est assigné par l'Etat; aux occasions 
heureuses qui naîtront pour eux de soulager l'humanité souffrante! 

(' . . . Nous n'oublions pas que ces vertus, quelqu'intéressantes qu'elles soient, 
ne sont pas les seules qui doivent distinguer votre prélat. Souvenons-nous 
qu'elles seraient insuffisant»*s si elle? ne concouraient avec l'amour le plus vrai 
pour la Constitution, le respect le plus profond pour la loi, le zèle le plus sin- 
cère, le courage le plus ardent pour la protéger, la maintenir et la défendre. 
Kcarlons av<»c le plus grand soin de nos suffrages ceux dont l'opinion pourrait 
contraster avec les principes que la Hévolution a gravés dans le cœur de tous 
les bons citoyens, ceux que des préjugés d'état continueraient à attacher aux 
anciens abus quelle a détruits; ceux qui îiu raient entretenu le désir et con- 
servé l'espérance de voir rétablir entre «nix et le reste des Français d'autres 
distinctions que celles qui sont fondées sur les talents et les vertus. Enfin, 
Messieurs, n'appelons au poste de premier pasteur «le ce département que celui 
qui, portant comme nous dans son cœur (^e saint amour, cet amour sacré de 
la liberté', de la patrie, de la (ionstitution, ne balance pas à mourir pour elles, 
et qui se souvienne toujours qu'il leur doit sa dignité, sa gloire et l'honneur de 
sa promotion à lépiscopat. >» 

Après trois tours de scrutin, Nicolas Philbert, curé de Sedan, fut proclamé 
évéque des Anlennes. 

De son long remerciement plein d'effusion et non moins pompeux que le 
^iiscours du procureur syndic, nous reproduisons ces passages : 



— 157 — 

M Messieurs les électeurs et Messieurs; dans le trouble qui agite mon i\me 
en ce moment, je ne sais si je dois vous remercier du témoignage solennel que 
vous venez de me donner de votre estime et de votre confiance. Je n'y suis pas 
insensible; mais, Messieurs, ce ne peut être que par une erreur qui m'humilie 
que vous avez jeté les yeux sur moi pour une place si éminente cl que tout 
autre était infiniment plus capable de remplir à votre satisfaction. 

« Non, Messieurs, je n'en ai ni les talents ni les vertus : j'aurais regardé 
comme un crime la seule pensée d'envisager l'épiscopat avec une sorte de 
complaisance. Eh! qu'avais-je à désirer? De quoi pouvais-je me glorifier avec 
plus de sensibilité que d'avoir pour mon successeur un pontife dont la dignité 
ne pouvait qu'ajouter à la considération d'une ville déjà aussi célebnî par le 
nombre, l'honnêteté, le patriotisme et le zèle religieux de ses habitants, que 
par sa richesse et l'étendue de son commerce. 

« Je ne soupirais. Messieurs, qu'après le repos pour travailler dans ma retraite 
à ma propre sanctification » 

Etait-il bien sincère, notre év«>que, et n'avait-il pas un brin intrigué pour 
arriver à l'épiscopat? Mais qu'importe, continuons : 

« 11 est vrai que saint Paul écrivait à Timothée que celui qui désire l'épis- 
copat désire une bonne chose ; mais il entendait une fonction sainte, une œuvre 
méritoire et des plus difficiles. 

« Quand, en effet, parlait-il ainsi? C'est, dit saint Grégoire le Grand, lorsque 
le monde et l'enfer étaient armés contre l'Eglise, au fort des persécutions, 
dans un temps où les évèques étaient recherchés, poursuivis et traînés au 
supplice pour donner plus de terreur aux simples fidèles : alors, sans doute, 
il n'y avait rien que de louable, de grand et même d'héroïque dans le désir 
de l'épiscopat, parce que c'était recherch<»r le martyre et s'y exposer; mais, 
continue ce saint Pape, quand aujourd'hui ceux qui d«'*sirerai<Mit l'épiscopat, 
uniquement pour se dévouer par charité au salut des auties, ne me paraîtraient 
pas absolument condanmables, je ne pourrais les approuver; je leur dirais 
toujours avec le Docteur des nations : Qui est donc capable d'un si auguste 
ministère? Qui peut s'assurer qu'il en a les vertus et les capacités nécessaires? 
Ce ministère qui effrayerait les anges doit donc me faire trembler 

«... Puisse, Messieurs, le nouvel ordre qui vous enchante, servir à dissiper 
les nuages (|ui obscurcissent le règne immortel de la foi, de la vérité et des 
vertus chrétiennes! Vous éti^z en droil de l'attendre d'un pasteur capable île 
se concilier l'estime et la vénératic)n de son troupeau et d'en faire la consola- 
tion, la ressource et la joie, |)ar la candeur de son àme et la solidité de sa 
doctrine, par la sag<^sse de son expérience et l'activité de son zèle, par sa 
modestie, son désintéressement et sa simplicité; en un mot par tout ce que la 
science, les vertus et la sollicitude pastorale impriment de respect et decontlance; 
mais malheureusement je n'ai rien de tout cela et je sens vivement que la bonne 
volonté ne suflit pas. 

« Je ne peux quétre elîrayé, M«'ssieurs, qujind je pense que je suis destiné 
à remplacer à votre éi<anl les prélats des deux métropoles dont ce nouveau 
diocèse seni un démembrement. 

« Vous le savez, Messieurs, formés dès lenfance, «'omme Samuel, à l'école 
du sanctuaire, ils n'ont dû leur élévation sur deux des i)lus illustres et des 
plus anciens sièges tles Gaules (ju'à l'éclat de leur mérite et aux qualités émi- 
nentes qui les rendent chers U leurs di«MM''sains dont ils font les délices. Je 
leur dois ici, Messieurs, cet homnia^ie de mon n'spect, et vous le [)artagez, sans 
doute, pour ces dignes su«'cesseurs des Uemi (*l des Maximin : pleins de lesprit 
de leur sublime vocation, ils en chériss(;nt les devoirs et ils en ont tous les 
talents et les vertus; modestes au milieu des grandeurs, affectueux sans fai- 
blesse, prudents sans inquiétude et sans pusillanimité, aii'ables, indulgents et 



~ 158 — 

(lu plus fiioile accès, ils ne respirent que bonbS ils ne se communiquent que 
j>oui' «'*lre utiles; jamais ils n'ont usé avec plus de plaisir de leur abondance 
que pour secourir les nécessiteux de toutes les classes, et de leur autorité que 
pour fair»' ré<^ner av(»c Jésus-(]lirist et par Jésus-C.hrist la paix, la concorde, 
la probité, les bonnes mœurs (»t la vraie justice qui sanctifie les élus. 

« Tel est, Messieurs, mon plus sincère désir, mon unique ambition : mais 
(le quelle abondance de grAces n'ai-je pas le plus ^rand besoin • je vous con- 
jure. Messieurs, de m'aider à les obtenir du ciel, et puisque je suis votre 
ouvrafie, j'ai la confiance (jue vous ne me refuserez pas le secours de vos 
prières; je vous le demande avec instance pour la fsdoire de Dieu et la satis- 
faction d'un diocèse à (|ui je me dois tout entier... » 

(Vest dans le cimetière de Villette que fut enterré rév(^(iue Phiibert. {Voir 

<iI.AniK-KT-Vn.LKTTK. 

V. DES ORIGINES AUX TRAITÉS DE 1814. 

Les Ardenn(^s furent partagées, primitivement, en six dlad'fct^ : Cliarleville, 
Scdau, (irandpre, Vouziers, Hetliel, Kocroi, «jui comprenait, alors, les deux 
places fortes de Pliilippeville et d(» Marienbour^ enclavées dans la principauté 
de |j(î«j[e. Mézières fut, nous l'avons dit, «lési;;née pour être la capitale du dépar- 
tement. L<* tiibunal du district de Vouziers fut à Attifçny; celui de Grandpré 
fut à lluzancy. Les six districts étaient divisés en 60 cantona subdivisés eux- 
mêmes en ô'i/ muincipalitrs. Dans le département : 2,')8,0(H) liabitants. 

En l'an vni, un remaniement consacrait la division actuelle en cinq arron- 
dissements avec b's mêmes chefs-lieux (jue de nos jours. Ces cinq arrondisse- 
ments comprenaient 77 cantons, et ces cantons ;>98 communes. Population : 
2:)3,9()8 habitants. 

1" Mi^zt'f'res. — Charb^ville, Ktion, Flize, <iespunsarl, Jandnn, Mézières, Mon- 
thcrmé, Omont, Remilly, Henwez, Sij^'nv-Librecy, Thilay, Vendresse. 

2" ïietlv'L -- Asfeld, (ihàtcau-Porcien, r.haumont-Porcien, Juniville, Novion- 
Porcien, Hethel, Hocqui^ny, Saint-tierniainmont, S luIces-aux-Bois, Sault-les- 
Urthel, Seuil, Sévigny, Tai^non, Wasifiny. 

3" lincroi. — AuvillfTs- les- Forces, (Ihooz, (iOuvin, Dailly, Fumay, (iivet, 
Léchellc, Liart, Mariembour^r, Maubert-Fontaine, Nismes, Philippeville, Kevin, 
Hoi'roi, lion\erée, Humifzny, Senzeilles, Signy-le-Petit, Treignes, Vill(»r.s-deux- 
Fglise.N, Villers-en-Fa^ne. 

4"^ St'dftn. - - Deaumont, Rouillon, Chémery, Donchery, Douzy, Givonne, Mar- 
}iul, Monzon, Sedan, Torcy, > voy. 

.S" Vnnzicr^. - - Atliizny, Autry, Hourcq, Drieulles-sur-Har, Driquenay, Buzancy, 
OliAtcl, Le Cln'snc, tiiandpré, Machault, Monlhois, Nouart, Saint-Juvin, Saint- 
Picrremont, Tourteron, Vandy, Vonc(|, Vouziers. 

Après les traités de 1814, le départenient des Ardennes fut af(randi, du côté 
de la Hel^iipn', de ce ([ui restait à la France des départements de Jemmapes 
et de Sambn*-el-M«'use. A cotte époque, il eut 700 commun(îs. En effet, ces 
traités laissaient à la Franci' : dans le département de Jemmapes, les cantons 
(le Dour. Merbes-|(»-(ih.lle;ni, Beaumont et Chimay; et dans celui de Sambre- 
et-Meuse, les cantons de Walcourl, Florennes, Heaurain*: et (iédinne. En 1813, 
non-seulement tous ees |>ays, mais encore Philippevilh» et Couvin, avec la for- 
teresse de Marienbour^', fiuent repris à la France et donnés au royaume des 
Pays-Bas. H en fut ainsi de Bouillon. »< De (Juiévrain. porte le traité, la ligne 
(le démarcation suivra les anciennes limites des provinces bel^iques, du ci-devant 
évéché de Li<^f{e et du duché de Bouillon, telles qu*(dles étaient en 1790. en 
laissant les territoires enclavés de Philippeville et de Marienbourj^ avec les 
places de ce nom, ainsi que tout le duché de Bouillon, hors des frontières de 



— 159 — 

France Les dislrirts ayant fait partie des provinces bel^'es, de lévèclic 

de Liège et du duché de Bouillon, ainsi que les places de Philippeville et 
Marjenbourg avec leurs territoires, seront remis à Sa Majesté le roi des Pays- 
Bas pour être réunis à ses Etats. » 

Il semblait que ce qu'on retranchait au territoire français fût peu de chose : 
en réalité, en nous enlevant les deux places fortes de Philippeville et de Marien- 
bourg avec les cantons adjacents, on formait sur notre frontière « un cnlniiit 
qui faisait aller tortueusement notre limite do Maubeuge aux sources de l'Oise 
à (iivet, c'est-à-dire qui laissait Maubeuge et Givet sans communications, qui 
isolait et rendait inutiles Avesnes et Hocroi; en un mot, ((ui permettait à l'in- 
vasion d'arriver sans obstacle dans la vallée de l'Oise, et de celte vallée sur 
Paris. 

Kn 1820, la population des Ardennes était de 20(>,08.*i habitants, ainsi ré- 
partis — après troisième remaniement — dans ses .V/ raillons divisés en 
5S8 communes : 

Arrondissement de Mézières, 08, 632 habitants. — Arrondissement de Hethel, 
6(K0i3 hab. — Arrondissement de Hocroi, 40,704 hab. — Arrondissement de 
Sedan, .i2,084 hab. — Arrondissement de Vouziers, .•)o,oo2 hab. 

Nous voyons qu'en 1820 il y avait, dans le département, 538 communes; 
nous n'en avons plus maintenant que o()3; mais los 35 communes n'ont point 
disparu ; elles sont, aujourd'hui, sections ou écarts. 

1** Aitbonrourt-en-Uicléres, canton de Novion-Porcien, avait, en 1820, lors- 
qu'elle était commune distincte, 154 habitants; aujourd'hui écart du Chesnois, 
69 hab. — 2° Grandes-Ayvelles, 90 hab., et Petites- Aijvrlles, 451 hab., forment, 
à présent, le village des Ayvelles, 451 hab. — 3*^ Baiithénwnt, canton de .Novion- 
Porcien, 216 hab.; aujourd'hui section de Sorcy, 122 hab. — 4** i^ègny, canton 
de firandpré, 137 hab.; aujourd'hui section de Doumely, 67 hab. — 5*> liof/ny- 
les-Murtin, canton de Henwez, 122 hab.; aujourd'hui écart d(î Murtin-Bogny, 
73 hab. — (y'* Biiéres, canton de Monthois, avec Brécy, pour écart, 130 hab.; 
aujourd'hui section de Brécy, 88 hab. — 1^ Butz^ canton de Klize, avec Klamain- 
Vîlle pour écart, 117 hab.; aujourd'hui section de Balaives, 66 hab. — 8*^ C/tar- 
beatu\ canton de Carignan, 136 hab.; aujourd'hui secli<ui de Puilly, 123 hab. 
— 90 Chfiumont, canton tle Sedan-Sud, avec Sainl-Quenlin pour écart, 85 hab.; 
aujourd'hui écart de Noyers-Ponl-Maugis, 54 hab. — 10" Chèhêry, canton de 
(irandpré, avec pour écarts : La Forge, Aiiétal, les Granges, le Mesnil, Sérieux, 
le Plain-Champ, 85 hab.; aujourd'hui écart de Chàtel, 24 hab. — 11° Chennery- 
et-Lawlreville, canton de Buzancy, 114 hab.; aujourd'hui Chennerie, section de 
Bayonville, 40 hab., et Landieville, écart de Bayon ville, 62 hab. — 12'^ Chc- 
vrieres, canton de Belliel, 124 hab.; aujourd'hui section de Novy, 154 hab. — 
13<» Le Daneomt, canton de Sedan-Noid, avec, pour écart, Mortimont, 82 hab.; 
aujourd'hui écart de Donchery, 56 hab. — 14** Feuchrres, canton de Flize, 
133 hab.; aujourd'hui section de Sapogne, 121 hab. — 15" Flahn, canton «le 
Haucourt, avec Haptout, pour écarl, 82 hab.; aujourd'hui écart de HaucourI, 
54 hab. — 16** Fleury-et-Moiitnmrin, canton de Uetliel, avec, pour écarts, le 
Moulin-à-Vent et la Charité, 86 hab.; aujourd'hui, Monlmarin est un lieudit 
de (iivry, célèbre par son église, et Fleury est une section d'Ambly, 76 hab. — 
17*' Saint-Georges, canton de lîuzancy, avec, pour écarts, le Moulin-à-Fau, le 
Moulin-d'Andelot, 07 hab.; aujourd'hui écarl de Landres, 114 hab. — 18" Monm- 
court, canton de Sedan-.Nord, avec, poui* écart, le Mcndin, 33 hab,; aujourd'hui 
Maraucrmrt-Lafenderie est un écîirt de Vrigne-aux-Bois, 8') hab. — 10" Mmelin, 
canton de Novion-Porcien, avec la Hauleite pour écart, 72 hab.; aujourdluii 
section de Saulces, 57 bah. — 20" Mont-df-Jnu-, canton d'Attigny, 120 iiab.; 
aujourd'hui écart de Saint-Lambert, 75 iiab. — 21" Mo}U-F(inxrUes. avec le 
Moulin-de-Moya pour écart, 115 hab.; aujourd'hui section de Ardeuil, 67 hab. 



— 160 — 

— 22** La Perdiint', raiiloii (l(; Novioii-Porc'uMi, avec le Mansiau pour écart, 
iofr hal).; aujourdliiii fcart dv, Launois, liO liab. — 23° Pievrepont, canton de 
Sigiiy-lAbbave, avec, pour écarts, la Oour, la Oissine, le Croissant, ii4hab.; 
aujounl'iiui écart de Launois. — 2^" Pourvu, canton de Mouzon, avec le Ponçay 
pour écart, 82 hab. ; aujourd'hui section d'Autrocourt. — 2o° Resson, canton 
de Utthei, 104 hab.; aujourd'hui seclion de Par^^ny» 101 hab. — 26° Roche et 
Mery, canton d'Atti^'ny, KKi hab.; aujourd'hui Uoche, section, 103 hab., et 
Merv, écart de (ihuffilly, 10 hab. — 27" Semeusi\ canton de Mézieres, 113 hab.; 
aujourd'hui section de Viliers, 2 VI hal). — 28* Terrier, canton de Tourtcron, 
avec, pour écaris, Barlilleux, le Canivet, la (iOur-des-Hois, le Préféré, les Nor- 
mands, 21.*» hab.; aujourd'hui section de Saint-Loup, 31 hab. — 29° Torcy, 
canh»n de Sedan-Sud, avec le Petit-Torcy pour ét:art. — 30° Truyny, canton de 
Helhel, avec le Moulin-à-ViMït f)our é*cart, 294 hab.; aujourd'hui section de 
Thu^iny, 103 hab. — 31" La Vif.'illr-Vttlc, canton de Novion-Porcien, avec 
Saulce<-aux-Toui-nelles pour écart, 89 hab.; aujourd'hui écart de Saulccs- 
Monclin. — 32" Vietu-hs-Manri\ canton de Montliois, 91 hab.; aujourd'hui 
section de Marvaux, 49 hab. — 33" Vilh'rs-driuuit-haaconrl, canton de Haucourt, 
48 hab. ; aujourd'hui écart. — 34" VUb'Ur, canton de Sedan-Nord, o6 hab.; 
aujourd'hui section de (ilaires, 48 hab. — 3.*)° VauzcUr.s, canton de Novion- 
Porcien, 111 hab.; aujourd'hui section d'Auboncourt, 90 hab. 

VI. SÉNATEURS; DÉPUTÉS; CONSEILS GÉNÉRAUX; CONSEILS 
D'ARRONDISSEMENT; CONSEILS MUNICIPAUX. 

Nous ne pourrions suivre, sans sortir de notre cadre, les divers changements 
administratifs qui» sul)irent les ArdtMUies depuis leur formation jusqu'à nos 
jours; il nous suflira d indiquer h'ur mode d'administration actuel, commun 
d'ailleiu's à tous les départemi'nts de France. 

Sénat. — L»'s sénateuis sont élus pour neuf ans, et renouvelables par tiers 
tous les trois ans. 

La loi du 9 décembre 188 i a fixé à trois le nombre des sénateurs du dépar- 
tement des Ardeniu^s. 

Nul ne peut être sénatt'ur s'il n'est Franrais, j\^é de quarante ans au moins, 
et s'il n«* jouit de ses droits civils et polili«|iies ilui du 9 décembre 188'»). 

Les sénate'urs sont élus par un colléj^Mî réuni au chef-lieu du département et 
conqiosé : 1" des députés; 2" des cons«Mllt'r.s «généraux? 3" des conseillers d'ar- 
r(»ndi>sfment; 4" de délé^^ués élus i)armi les électeurs de la commune, par 
cluKpie constMl municipal. 

L«' nomhn* des déléi^'ués varie d'après le nombre des conseillers municipaux : 
il est de 12 pour 27 conseilli'rs ; de 9 poui* 23; tle pour 21; de 3 pour 16; 
de 2 pour 12; de I poui- 10. Aux dernières éli'ctions sénatoriales, lorsque fut 
élu M. fioutant, h; 19 juillet 1898, h» nombre des déléf^'ués sénatoriaux était de 
8.*i8, dont 78 électeurs d«' droit : les députés, les sénateurs, les conseillers jiÇéné- 
raiix, b*s cmiseillers d'arrondissemtMit et 780 déléfjués des communes. Il est 
pourvu aux varanccs drs sénateurs déeédés ou démissionnaires, dans le délai 
de trois mois. (Cependant si la vacan«!(î survient dans les six mois qui précè- 
df*nt le renouvelh'iUHnt triennal, il n'y est pourvu qu'au moment de ce renou- 
velhMiient, Le (h'paitenïent (h'S Ardeimes appartient à la .s<^/*ie A qui fut renou- 
velée le 7 janvier 189k 

Députés. — Les déjantés sont élus actuellement au scrutin d^irrondissement 
par les électeurs inscrits sur les listes électorales (loi du "y avril 1884). 



— 161 — 

La dun'*e du mandat est de quatre ans. — lue loi du 22 juillet 1803 avait 
exceptionnellement fixé au 31 mai 1898 le terme des pouvoirs de la lé«^'islature 
élue les 20 août-3 septembre 1893. I^a Chambre fut alors dissoute le l*^*" juin, 
tandis que les élections pour son renouvellement se firent du 8 au 22 mai 
qui précédait. 

Tout électeur est éligible, sans condition de cens, à l'âge de vingt-cinq ans 
accomplis (loi du 30 novembre 187.')). 

Tout candidat au siège législatif doit, par une dé(;laration qu'il signe ou qu'il 
vise et dûment légalisée, faire connaître dans quelle circonscription il entend 
se présenter. Cette déclaration est déposée, contre reçu provisoire, à la Préfec- 
ture du département intéressé, le cinquième jour, au plus tard, avant le jour 
du scrutin. Il en est délivré un récépissé définitif dans les vingt-quatre heures 
(loi du 17 juillet 1889). 

En cas de vacance par décès, démission ou autrement, l'élection doit être 
faite dans le délai de trois mois, à partir du jour où la vacance se sera pro- 
duite. 

Le Conseil général, « corps exclusivement administratif »>, représente et 
gère les intérêts du Département. Au nombre de ses attributions — que déli- 
mitent nettement les lois des 10 et 29 aoiU 1871, — l'une des plus importantes 
est le vote du budget départemental établi par le préfet qui, dix jours avant la 
session, le remet, avec toutes pièces probantes, à la Commission départemen- 
tale, dont nous parlerons bientôt. 

Chaque canton élit un conseiller général. 

L'élection se fait au suffrage universel, dans chaque commune, sur les listes 
dressées pour les élections municipales. 

Sont éligibles tous les citoyens inscrits sur une liste d'électeurs ou justifiant 
qu'ils devaient y être inscrits avant le jour de l'élection, âgés de vingt-cinq ans 
accomplis, qui sont domiciliés dans le département, et ceux qui, sans y être 
domiciliés, y sont inscrits au rôle d'une des quatre contributions directes, 
au 1*' janvier de l'année dans laquelle se fait l'élection, ou justifient qu'ils 
devaient y être inscrits à ce jour, ou ont hérité, depuis la même époque, d'une 
propriété foncière dans le département (loi du 10 août 1871, art. 1, 4, 5. 6). 

I^es conseillers généraux sont nommés pour six ans; ils sont renouvelés par 
moitié, tous les trois ans, et indéfiniment rééligibles. 

Les 31 cantons du département des Ardennes sont divisés en deux séries de 
renouvellement (délibérations du Conseil général du 3 novembre 1871 et du 

15 avril 1874). 

La série A, renouvelée le 31 juillet 1892 et qui, par conséquent, fut encore 
renouvelée en 1898, comprend 1.*» cantons : 

Charleville, Flize, Mézières, Asfeld, Chûteau-Porcien, Chaumont-Porcien, 
Fumay, (iivet, Rocroi, Carignan, Mouzon, Attigny, Buzancy, Le Chesne , 
Grandpré. 

La aérie B, renouvelée le 28 juillet 189.'J — renouvelable en 1901, — comprend 

16 cantons : 

Monthermé, Omont, Henwez, Signy-l'Abbaye, Juniville, Novion-Porcien, 
Rethel, Rumigny, Signy-le-Petit, Haucourt, Sedan-Nord, Sedan-Sud, Machault, 
Monthois, Tourteron, Vouziers. 

En cas de vacance par suite de décès, d'option, de démission, ou pour toute 
autre cause, les électeurs sont réunis dans le délai de trois mois. Toutefois, 
si le renouvellement légal de la série à laquelle appartient le siège vacant doit 
avoir lieu avant la prochaine réunion ordinaire du Conseil, l'élection partielle 
se fait à la même époque. 

Ces assemblées se réunissent deux fois par an, en session ordinaire. La 

11 



— 162 — 

sossion dans laquelle sont disculés, arnHés le? bud^'et et les comptes départe- 
mentaux, commence de plein droit le premier lundi qui suit le 15 laoùt et ne 
peut élre retardée que par une loi. I/ouverture de l'autre session est fixée, 
pai- la loi du 12 août 187(i, au premier lundi qui suit le lundi de Pâques. 

Les C.onseils j^énéraux peuvent être réunis extraordinairement : i° par décret 
du chef du Pouvoir exécutif; 2° si les deux tiers des membres en adressent la 
demande écrite au président. La durée des sessions extraordinaires ne peut 
excéder huit jours. 

Voici quels soni, pour l'année 1899, les conseillers généraux en exercice: 

ARRONDISSEMENT DE MÉZIÈRES 

Canton de Chnrleville. — M. Soret, industriel à Nouzon; élu en 1886. Vice- 
présid«*nt du Conseil. 

Canton de Flizf, — M. de Wignacourt, propriétaire à (iuignicourt-sur-Vence, 
ancien député; élu en 1880. 

Canton f^? Mt^zûres. — M. J. (^.hevalier, négociant à Mézières; élu en 1898. 

Canton de MonthernuK — M. Mare, industriel, à (^hàteau-Regnault-Bogny ; 
élu en 1883. 

Canton d'Omont. — M. Fagot, agriculteur, à Mazerny; élu en 1895. Vice- 
secrétaire du Conseil. 

Canton de Hniwez, — D(K*teur Speckhahn, à Renwez; élu en 1871. 

Canton de Siyny-rAhhaye. — M. A. Bertheh^my, filateur, maire de Signy- 
TAhbave; élu en'l89i. 

ARRONDISSEMENT DE RETIIEL 

Canton d\\$fdd. — Docteur Mérieux, à Asfeld : élu en 1886. 

Canton de Cfuitt'an-Poreien. — M. A. Sandrique, agriculleur à Saint-Quentin- 
le-Prtit; élu en 1898. 

Canton de Chaumont-Porch'n. — M. E. Constant, cultivateur, maire de Remau- 
court: élu en 1898. 

Canton de Juniville. — M. K. Vaillant, notaire à Tagnon ; élu en 1896. 

Canton dv ^ovion-Poreien. — M. Ternaux-l^ompans, député, propriétaire à 
Mesniont; élu en 1898. 

Canton de HetfwL — M. Noiret, filateur à Rethel; réélu en 1898. 

ARRONDISSEMENT DE ROCROl 

Canton de Fnmay, — M. Dunaime, député, ancien avoué; élu en 1888. Vico- 
présidiMit du Conseil. 

Canton de Gtvet. — M. A. Fenaux, négociant, maire de Givet ; élu en 1898. 

Canton de Hoeroi. — Docteur Desplous, maire de Rimogne; élu en 1893. 

Canton de Humi{/ny. — M. A. Cuillot, piopriétaire, maire de Liart; élu 
en 1893. 

Canton dr Siyny-le-PftH. — M. Rarrachin, propriétaire à Signy-le-Petit; élu 
en 1SS9. 

ARRONDISSEMENT DE SEDAN 

Canton de Cari(/nan. — Docteur (iairal, maire de Carignan : élu en 1891. 

Canton de Monzon. — M. (Hlivet, industricîl, maire de Mouzon ; élu en 1892. 

Canton de Haiicourt. — M. G. Thiriet, industriel, maire de Haucourt; élu 
en 1889. 

Canton de Sedan-yord. — M. Pi*tit-Rarbette, industriel à Vrigne-aux-Bois; 
élu en 1889. 



— 163 — 

Canton de Sedan-Sud, — M. Charpentier, pharmacien à Torcv-Sedan ; élu 
en 189o. 

ARRONDISSEMENT DE VOLIZIERS 

Canton d'Attigny, — M. Goûtant, architecte à Mézières, sénateur; élu en 1898. 

Canton de Buzancy. — M. Gobron, ancien député, élu en 1874. Secrétaire du 
Conseil. 

Canton du Chesne. — Docteur Martin, maire du Chesne; élu en 1880. 

Canton de Grandpré, — M. de La Perrelle, industriel, maire d'Olizy ; élu 
en 1893. 

Canton de Machault. — Docteur Noël, à Machault; élu en 1871. 

Canton de Monthois. — M. Barbeaux, notaire à Monthois ; élu en 189o. Vice- 
secrétaire du Conseil. 

Canton de Tourteron. — M. Mabille, notaire à Tourteron; élu en 1896. 

Canton de Vouziers. — M. Couët, ancien notaire à Vouziers; élu en 1881. 
Président du Conseil. 

SecrtHariat du Conseil (jéwh'al. — M. Hechemann, chef; MM. Delaite, Lecomte 
et Monsch, employés. 

Le Conseil général se subdivise en quatre commissions : 

4° Commission des objets diveis (instruction publique, agriculture, conten- 
tieux), composée de : M.M. Barbeaux, Barrachin, Fagot, Guillot, Noiret, Ollivet, 
de La Perrelle, Sandrique, de Wignacourt. 

2° Commission des routes, composée de : MM. Berthelemy, Charpentier, Cons- 
tant, Fenaux, Mabille, Noël, Ternaux-Compans, Vaillant. 

3° Commission des chemins de fer, composée de : MM. Chevalier, Gobron, 
Goûtant, Mare, Mérieux, Petit-Barbette, Soret, Thiriet. 

4** Commission des finances (bâtiments départementaux, budgets, contribu- 
tions), composée de : MM. Couët, Desplous, Dunaime, Gairal, Martin, Speckhahn. 

Une Commission départementale est élue, chaque année, par le Conseil 
général, à la On de la session d'août. 

Elle se compose de quatre membres au moins et de sept au plus, et elle com- 
prend un membre choisi, autant que possible, parmi les conseillers élus ou 
domiciliés dans chaque arrondissement. 

La Commission départementale est présidée par le plus âgé de ses membres; 
elle élit elle-même son secrétaire. Elle siège à la Préfecture, où elle se réunit 
au moins une fois par mois, et prend, sous l'approbation du Conseil général 
et avec le concours du préfet, toutes les mesures nécessaires pour assurer son 
service. 

Elle se compose (année 1899) de : MM. Vaillant, président; Ollivet, secré- 
taire; Barbeaux, Desplous, Fagot, membres; Hechemann, secrétaire. 

Voici, délimitées par la loi du 10 août 1871, les attributions principales de 
cette Commission départementale : 

Elle donne son avis au préfet sur toutes les questions qu'il lui soumet, ou 
sur lesquelles, d'office, elle croit devoir appeler son attention dans l'intérêt du 
département ; — répartit les subventions diverses portées au budget départe- 
mental et dont le Conseil général ne s'est pas réservé la distribution : fonds 
provenant des amendes de police correctionnelle et ceux provenant du rachat 
des prestations en nature sur les lignes que ces prestations concernent; — 
détermine l'ordre de priorité des travaux à la charge du département lorsque 
le Conseil général n'a pas réglé cet ordre ; — fixe l'époque et le mode d'adjudi- 
cation ou de réalisation des emprunts départementaux lorsqu'ils n'ont pas été 



— 16i — 

fixés par le Conseil fîénéral ; — assigne h chaque membre du Conseil général 
et aux membres des autres conseils électifs le canton pour lequel ils devfx)nt 
sié^'er dans le conseil de révision ; — vérifie l'état des archives et du mobilier 
déparlementiil : — prononce, sur l'avis des conseils municipaux» la déclaration 
de vicinalilé, le classement, l'ouverture et le redressement des chemins vici- 
naux ordinaires, la fixation de la largeur et de la limite des dits chemins; — 
approuve les abonnements relatifs aux subventions spéciales pour la dégrada- 
tion (les chemins vicinaux; — approuve le tarif des évaluations cadastrales. 
Les décisions prises par la Commission départementale sont communiquées 
aux préfets en même temps qu'aux conseils municipaux et aux autres parties 
intéressé<»«. Elles peuvent être frappées d'appel devant le Conseil général pour 
caus*' d'inopportunité ou de fausse appréciation des faits, soit parle préfet, soit 
par les conseils municipaux, ou par toute autre partie intéressée. 

Conseils d'arrondissement. — Dans chaque arrondiss(;ment, un Conseil 
d'arrpndissenn'ut composé d'autant de membres que l'arrondissement a de 
cantons, sans que le nombre des conseillers puisse être au-dessous de neuf. 

Le nombre des conseillers d'arrondissement a élire dans chaque canton fut 
ré^'lementé par l'ordonnance royale du 20 aoi1t 1833, puis modifié par les 
décrets des 18 novembre 18G2 et 24 juin 1892. 

Les cantons des Ardennes qui ont droit à deux représentants sont ceux de 
Chnrleville, Mt^zières, Asfeld, Nox^hn-Porcien, hethel, Futnay, Givet, Rocroi, 
hinnigny, Cnr'ujnmi, Mouznti, Sedan-Swi, Sedun-yord et Vouziers. 

Les membres des Conseils d'arrondissement sont élus pour six ans. Ils sont 
renouvelés par moitié tous les trois ans. 

La loi du 23 juin 1892 a décidé que «< dans les cantons où le tirage au sort 
opéré en 1871 a amené la coïncidence de l'expiration du mandat du conseiller 
géiH'ral et du conseiller d'arrondissement, les conseillers d'arrondissement de 
ces cantons, lors des renouvellements partiels de 1892 et 186o, ne seront élus 
(jue pour trois ans. » 

Kn cnnséquence, les conseillers d'arrondissement des cantons de Charleville, 
Flize, Mézières, Asfeld, ChAteau-Porcien, Chaumont-Porcien, Fumay, Givet, 
Carifiuan, Mouzon, Atti<^ny, Buzancy, Le Chesne et Crandpré, n'avaient été, 
en 1892, élus <|U(; pour trois ans, et sortaient encore en 1893. La durée du 
manilat, dont les représentants de ces cantons et celui de Ilocroi ont été 
investis le 28 juillet 1895, est de six ans. 

De même, par application des dispositions <le la loi précitée, les conseillers 
d'arrondissement des cantons de Monthermé, Omont, Henwez, Signy-FAbbaye, 
Junivill(>, Novion-Porcien, Hethel, Humigny, Signy-le-Petit, Ilaucourt, Sedan- 
Nord, Sedan-Sud, Machanlt, Monthois, Tourteron et Vouziers, dont le mandat 
expiiait en 189.'», en même temps que ceux des conseillers généraux desdits 
cantons, n'ont été élus que pour trois ans le 28 juillet 1895. Ils sortirent donc 
de nouveau en 1898, et furent alors nommés pour six ans. 

Les fonctions des conseillers d'arrondissement ne sont pas très importantes. 
Ils délibèrent sur les réclamations auxquelles donne lieu la fixation du con- 
ting«*nt pour les contributions directes ainsi que sur les demandes en réduc- 
tion formées par b'S communes; — répartissent entre les communes les con- 
tributions directes mises par le Conseil g«'»néral à la charge de l'arrondissement; 
— donnent l(?ur avis sur la suppression des marchés et des foires, le classe- 
ment et la direction des chemins vicinaux de grande communication; — émet- 
tent des va'ux spécialement irinlérêts locaux. 

Municipalités. — Dans chaque commune, comme mandataire de ses inté- 
rêts, et pour administrer ses finances, un Conseil municipal dont les membres 



— 165 — 

sont élus pour quatre ans. C'est le premier dimanche de mai 1896 qu'il fut 
procédé au renouvellement de ces assemblées (loi du 5 avril 1884, art. 41 j. 

Le nombre des conseillers municipaux est déterminé, dans chaque commune, 
par l'importance de la population municipale totale qu'a constatée le dernier 
recensement officiel : il est de 10 jusqu'à 500 habitants; 12 de 501 à 1,500; 
16 de l,o0i à 2,500; 21 de 2,501 à 3,500; 23 de 3,501 à 10,000; 27 de 10,001 
à 30,000, etc. 

Le dernier recensement, effectué en 1891, servit de base pour la détermi- 
nation du nombre des conseillers à élire dans chaque commune en 1892; il 
n'y eut donc, aux élections de 1896, aucune modification à l'effectif légal des 
assemblées municipales. 

Dans les communes divisées en sections électorales, un arrêté préfectoral 
répartit, proportionnellement au chiffre des électeurs inscrits dans chaque section, 
le nombre des conseillers à élire par chacune d'elles. 

Les seuls électeurs admis à voter sont ceux qui se trouvent inscrits sur les 
listes électorales arrêtées le 31 mars de chaque année ; passé cette date, aucune 
inscription ne peut être faite, si ce n'est en vertu d'une décision du juge de 
paix ou de la Cour de cassation, statuant sur une réclamation formulée dans 
le délai légal, du 15 janvier au 4 février. 

Sont éligibles, sauf les restrictions portées au paragraphe final de l'article 31 
et aux articles 32 et 33 de la loi du 5 avril 1884, tous les électeurs de la com- 
mune elles citoyens inscrits au rôle des contributions directes ou justifiant 
qu'ils devaient y être inscrits au 1" janvier de l'année de l'élection, dgés de 
vingt-cinq ans accomplis. 

La constitution et le fonctionnement des bureaux de vote sont déterminés 
par les articles 17 et suivants de la loi municipale. La durée assignée au scrutin 
peut varier suivant l'importance des communes ; elle doit être de six heures 
au moins. En cas de second tour, l'assemblée électorale est, de droit, convo- 
quée pour le dimanche suivant ; le maire fait les publications nécessaires. 

Les conseillers municipaux sont réunis quinze jours après pour constituer la 
municipalité. La présidence de la séance est dévolue au plus âgé des con- 
seillers ; la majorité absolue est nécessaire aux deux premiers tours de scrutin ; 
au troisième tour, l'élection est faite à la majorité relative, et, en cas de par- 
tage des voix, la nomination est acquise au plus âgé. Si le maire élu refuse 
immédiatement le mandat, l'élection à laquelle il est procédé pour son rem- 
placement constitue une opération nouvelle comportant, si nécessaire, trois 
tours de scrutin. L'élection de l'adjoint doit se faire sous la présidence du 
maire nouvellement élu. Dans les communes de 2,500 habitants et au-dessous, 
un adjoint; deux dans celles de 2,500 à 35,000. Des adjoints spéciaux peuvent 
être institués pour remplir les fonctions d'officiers de l'état civil dans une 
fraction de commune. 

Conseil de préfecture. — Enfin, un Conseil de préfecture par département, 
et dont le préfet est président de droit. Trois conseiUers de préfecture le com- 
posent. Le secrétaire généial remplit les fonctions de ministère public. Ces 
conseils jugent, notamment, les contestations « entre particuliers et entrepre- 
neurs » ; les difficultés en matière de voirie, de contributions indirectes; véri- 
rifient les comptes des receveurs municipaux, des hospices, des bureaux de 
bienfaisance et des fabriques. Ils ont en outre, parfois, un rôle administratif, 
en ce sens qu'ils « donnent des avis » au préfet, dans certains cas prévus par 
la loi. 

Les appels des jugements que rendent les Conseils de préfecture sont jugés 
par le Conseil d'Etat. 11 est au pouvoir administratif ce que la Cour de cassa- 
tion est au pouvoir judiciaire. 



— 166 — 

VM. PRÉFETS; NOS REPRÉSENTANTS, DE 1789 A 1900. 

Préfets 

Baron Krein,nonnn('*lo \ I vontôsc an vni.— Marquis do Roussy, 10 juin 18i4. — 
Baron TnMuontfCiirod de Vionnol'i,22 mars 181.'). — Baron Rofznat, 1 4 juillet iSlo. 

— ('omtc de I.a Salle. 12 février 1816. — Vicomte nanîian<l d'Abancourt, 
10 février 1849.— Herman, 1 1 aoilt 1823.— Baron de Liscours, 13 <lécembre i828. 

— Henry, 1" juillet 183:i. — Choppin d'Arnouville, 22 août 1837. — Delon, 
1*"" août 1841. — Allin Jules, commissaire du Gouvernement provisoire; préfet 
provisoire, 28 février 1848. - - Matliey Alfred, 8 juin 1848. — Vicomte Foy 
Tiburce, 12 février 1840; décédé le 7 septembre 1870. — Tirman Louis, secré- 
taiie «général, cbarf;é de l'administration du département par le Gouvernement 
de la Défense ntilic>nale, le 10 septembre 1870. — Dauzon Eugène, 22 octobre 1870; 
conduit en Allemagne cnmnK» prisonnier de guerre après la capitulation de 
Mézières, 2 janvier 1871. — Tirman Louis, préfet intérimaire, 2 janvier 1871 : 
titulaire, 6 avril 1871. — Bucbol, 10 décembre 1873. — Jolivet de Riencourt, 
10 avril 187?». — Dumarest I>aul. 21 mars 1876. — Dupbénieux, 18 a^ril 1877. 

— Comte de Brosses, 3 juillet 1877. — Payelle Adrien, 18 décembre 1877. — 
Blondin, 3 seplembie 1870. — Joucla-Pelous, 28 novembre 1885. — Debax, 
22 mars 1889. — Delpech, 22 septembre 1800. — Lardin de Musset, 26 juin 1893. 

— Joly Paul, 21 octobre 180.*). Le préfet est assisté d'un secrétaire général : 
actuellement, M. Lambert-Hettier. \ 

Nos Représentants, de 1789 à 1900 

Assemblée nationale (1789). — Bailliage d'Avesnes. — Clerfjt^ : Besse, 
curé de Saint-Aubin. — yoblesae : le comte François de Sainte-Aldegonde, 
colonel. — Tiera-Eiat : Darches, maître de forges; Hennet, prévôt de Mau- 
beuge. 

Bailllvge de Reims. — Clergt^ : Lagoille de Lochefontaine, chanoine ; Talleyrand- 
Périgord, archevêque. — Noblei^se : le maniuis d'Ambly, maréchal de camp; 
Brulart de Genlis, marquis de Sillery. — Tiers-Etat : Baron, avocat; Labeste, 
propriétaire; Baux, maître de forges; Vieillard, docteur et professeur en 
droit. 

Bailliage dk Sedan. — Clerr/t^ : Fleury, curé d'iges. — Noblesne : le comte 
d'Estagnolle. — Tiers-Etat : Dourthe, procureur du roi; Millet de I^ Mambre, 
lieutenant-général. 

Bailllvge de Vitrv. — Clerr/ô : Brouillet, curé d'Avisé; Dumont, curé de 
Villers-devant-le-Thour. — Noblesse : de Ballidard; le comte de Failly. — Tiers- 
Etat : Barbier, lieutenant-général du bailliage; Dubois de Crancé, écuyer; 
Lesure, lieutenant-général au bailliage de Sainle-Menehould; Poulain, de Bou- 
tancourt, maître de forges. 

pRLNCii»AUTi«: DE Charleville. — Cochclet. admis le 19 janvier 1790. 

Assemblée législative (1791). — Baudin; Bournel; Damourette; Daver- 
houll; Desliard; Golzard; Hureaux; Pierrot, d'Auvillers. 

Convention (10 octobre 1792;. — Baudin; Blondel ; Chardron; Dubois- 
CraiH'é; Fery; Haguelle; Menesson ; Piette Jean-Baptiste; Robert; Thierret; 
Vermond. 

Conseil des Cinq-Cents (4 brumaire an iv, 27 octobre 1795). — Bara; 
Blondel; Caillou; Chauche! ; Clairon; Dubois-Crancé ; Golzard; Marchoux; 
Roux. 

Conseil des Anciens (même époque). — Baudin ; Noblet; Piette; Thierret. 



— 161 — 

Corps législatif (an viii à 1814). — Béguiiiot, général; Clairon; Desrous- 
seaux; Golzard; Lefèvre-Ciineau; Uoni^seau d'Etelonne. 

Chambre des Gent-Jours. — Clairon; Forest, maire de Charloville; llerbin 
d'Essault, gént'-ral; Lefebvre-Cineau ; Philippoteaux; Regnard; Wattellier. 

Législatures de 18i5 à 1830 (réunies). — De Caraman, prince de Cbiinay; 
Clausel; Cunin-Cridaine; Desrousseaux; Colzarti; de l.a (irand ville; Harnian<l 
d'Abancourt; divory; Latour du Pin; I.efebvre-Cineau; de Héniond; de Salis; 
Veilande. 

Législature de 1830. — Clausel; Cunin-Cridaine; Harmand d'Abanconrt. 

De 1831 à 1848. — Collt'i/c île Mézlèrea : !831, Barracbin ; 1834, Ogcr; 1S37, 
Oger; 1839, Oger; 1842, Oger; 1846, Oger. 

CoUéue ile Relhel : 1831, Clausel; 1834, Clausel; 1837, Clausel; 1839, Clausel; 
1842, Ternaux; 1846, Ternaux. 

Collèije de Sedan : 1831 à 1846, Cunin-Ciridaine. 

Collège de Vouziers : 1831, Robert (do Voncq); 1834 à 1846, Lavocat. 

Assemblée nationale de 1848 (23 avril). — Blanchard; Drappier; Payer; 
Léon Robert; Talon; Ternaux; Toupet des Vignes; Trancbart. 

Assemblée nationale législative fl3 mai 1840}. — (^unin-Cridaine, Evain 
Jules-Louis-Auguste; Payer J.-B.; Riché-Tirman; Talon Jules; Ternaux; Toupet 
des Vignes. 

Elections au Corps législatif. — 29 février 18ol . — Riché-Tirman ; de Ladou- 
cette. 

29 février 18o2. — Le nombre des députés est réduit à deux : Riché-Tirman, 
ex-représentant à l'Assemblée législative; baron de Ladoucette Eugène-Fran- 
çois-Dominique, ancien sous-préfet. 

21 juin 1857. — Même députation au Corps législatif. 

22 avril 1860. — Pour remplacer M. Riché-Tirman, nommé' conseiller d'Etat 
par décret du 14 mars 1860, est élu M. Elysée de Montagnac, fabricant de draps 
à Sedan. 

31 mai 1863. — Le nombre des députés est, alors, de trois : Elysée de Mon- 
tagnac; baron de Ladoucette; baron Sibuet Joseph-Prosper, de Vireux-Wal- 
lerand. 

23-24 mai 1869. — Même députation au Corps législatif. 

Elections à l'Assemblée nationale. — 9 février 1871. — Six représen- 
tants : Toupet des Vignes; général Chanzy; Gustave Gailly ; Philippoteaux, maire 
de Sedan; Mortimer-Ternaux; comte de Béthune. 

7 janvier 1872. — M. Léon Robert, de Voncq, élu en remplacement de 
M. Mortimer-Ternaux, décédé. 

20 février 1876. — .MM. Drumel; Gustave Gailly; Neveux; baron de Ladou- 
cette; Philippoteaux. 

22 août 1880. — M. (iailly, élu sénateur, est remplacé par M. Emile Corneau. 

24 août 1881. — MM. Corneau; Drumel; de Ladoucette; Neveux; Philippo- 
teaux. 

4 octobre 188o. — MM. Corneau; Fagot; Gobron; Jacquemart; Neveux. 

9 décembre 1888. — M. Linard est élu en remplacement de M. Neveux, 
nommé sénateur. 

22 septembre 1889. — MM. Corneau; Jacquemart; de Ladoucette; Linard; 
Varlet. 

20 août 1893. — MM. de Wignacourt; Linard; Dunaime; Philippoteaux; 
Bourgoin. 

41 avril 1893. — M. Isaac Villain est élu, en remplacement de M. Philippo- 
teaux, décédé. 

11 avril 1897. — M. Lucien Hubert est élu, en remplacement de M. Bourgoin, 
décédé. 



— 108 — 

H el 22 mai 1808. — MM. Pouhiin; Ternaiix-Compans; Dunaime; Lassalle; 
LucitMi Hubert. — M. TtTiiaux-Coinpaiis remplaçait M. Linard, olu sénateur, 
pour oiHup«'r le siège qu'avait laissé vacant la mort de M. Drumel. 

Sénateurs 

(l'Iut» on vi»rla do la loi «les 24 fovrirr ot 2 «oAt 1875) 

30 janviei- 1870. — MM. Cunin-Gridaine et Toupet des Vignes. 

4 avril 1880. — M. Tiustave (iailly, député, remplace M. Cunin-Gridaine, 
décédé. 

i;i août 1882. — M. Péronne, député, remplace M. Toupet des Vignes, 
décé'd»'. 

2") janvier 188.» irenouvellem«'nt). — MM. (iaillx ; Péronne. 

12 août 1888. — M. Neveux est désigné pour occuper le troisième siège 
allribué au département des Aidennes, lorsque mourut M. Kol h- Bernard, 
inamovible. 

18 décembre 1892. — M. Tirman remplace M. Péronne, décédé. 

13 aoiU 1893. — M. Drumel remplace M. Neveux, décédé. 

7 Janvier 1894 (renouvellement). — MM. Drumcd; Tirman; Gailly. 
février 1898. — M. Linard, député, est élu sénateur, en remplacement de 
M. Drumel, décédé. 

19 juillet 1898. — M. Charles (ioutant, élu sénateur, en remplacement de 
M. Linard, décédé en avril 1898. 



VMl. LES CONVENTIONNELS ARDENNAIS. 

La Convention ayant été l'un des points culminants de nos annales ou, pour 
mieux tlin*, et seU»n r^'xpiession à la mode, « l'un des tournants » les plus 
considérables de l'Histoire moderne, il ne sera pas sans intérêt de rappeler ce 
(jue furent nos conventionnels ardennais, et de quelle fa<;on ils votèrent quand 
il leur fjillut juger le roi Louis XVI : 

DUBOIS i)K CHANCE, né à Charleville le 21 octobre 1847. 

Elail-il noble ou non? La question a été fort disculée; le registre de l'état 
civil porte : « Fils de messiie Germain Dubois, se disant seigneur de Crancé, 
écuyer, conseiller du roi, commissaire administrateur de guerre, et de dame 
Hcniiette Fagnier de Mardeuil, ses père et mère. »> 0"oi qu'il en soit, il appar- 
tenait à une famille de soldats ayant tous loyalement et parfois brillamment 
Sf'rvi «lans les arm;''es françaises. 

A qualoize ans, il fut admis dans la première compagnie des mousquetaires 
du roi. 

L«' bailliage de Vilry-le-Fran<'ois l'élut député aux Etats-Généraux comme 
r«*pr<'sentant du Tiers-Klat. On leconnalt son portrait dans le fameux tableau 
de David : li' St'nwut 'lu Jfu ilr Pnumc; il est rtîprésenté assis sur une chaise 
et atteignant prcs(|ue la t«''Le de Bailly qui lit la formule du serment, debout 
sur une tabh*. 

Dubois de ij\incé lit partie du C<»niilé militaire et fut le premier à soutenir, 
en France, le servic(î obligatoire pour tous. 

Après la session di» l Asscnibléi* nationale, il fut nommé maréchal de camp, 
mais rc^fusa de servir sous La Fayette et commanda une partie de la garde 
nationale parisicMine; puis on l'envoya comme adjudant gi'uéral à l'armée du 
Midi. C'esl là (jue vinrenl le chercher les électeurs ardennais qui l'envoyèrent 
à la Convention par 101 voix sur 288 votants, le premier sur sept. 



— 169 — 

Le Var et l'Isère l'élirent le même jour; les Bouches-du-Rhône le choisiront 
comme premier suppléant : il opta pour son département. 

Votant la mort de Louis XVI, il appuya son vote des paroles que voici : 

« Si je croyais ne remplir en ce moment que les fonctions de législateur, je 
ne monterais pas à cette tribune; mais l'Assemblée a décidé quelle jugerait 
df^finitivement. D'après ce décret, auquel je dois obéissance, je ne puis me con- 
sidérer que comme juge dans cette affaire; je pense même que l'opinion de 
ceux qui, malgré ce décret, refusent de prononcer, ne doit pas être comptée. 
Je vole pour la mort. » 

En août 1793, il fut chargé de diriger le siège de Lyon et ne fut rappelé et 
remplacé par Couthon qu'au moment où la ville allait se rendre. 

Au 9 thermidor, il fut un des ennemis violents de Robespierre, qui l'avait 
fait « expulser des Jacobins ». 11 entra aux Cinq-Cents; prit parti pour le 
Directoire, qui le nomma ministre de la guerre. Protesta contre le 18 bru- 
maire. Comme il se présentait, le lendemain, pour prendre les ordres de 
Bonaparte : 

— Je croyais, lui dit celui-ci, que vous me rapportiez votre portefeuille. 

11 n'avait qu'à démissionner; c'est ce qu'il fit, se retirant à Balham, où de 
guerrier il devint agriculteur. Mourut àRethel le 18 juin 1811. (Voir sur Dubois- 
Crancé les définitifs ouvrages du général Yung.) 

FERRY. — Claude-Joseph Ferry était né à Raon-lEtape (Vosges) le 19 no- 
vembre 1757. Il était professeur à l'école du (iénie de Mézières quand il fut 
élu député à la Convention. 

Dans le procès de Louis XVI, il votd pour la mort. 

Après la session, il occupa l'emploi d'examinateur à l'école centrale des 
travaux publics (école Polytechnique). Au Consulat, il donna sa démission pour 
demeurer fidèle à ses opinions républicaines; il alla en Allemagne et reprit 
sa place en 1809. Il fut révoqué par la Restauration, qui, cependant, ne lui 
appliqua pas la loi d'exil comme à presque tous 1(îs régiciiles. 

Malgré son origine vosgiennc, Claude-Joseph Ferry n'avait aucun lien de 
parenté avec Jules Ferry, dont le rôle fut d'une si grande importance sous 
notre troisième République. 

H mourut à Liancourt (Oise) le l*"" mai 1845, touchant une pension qui lui 
était due comme ancien professeur. 

MENNESSON. — Ame patriote, mais esprit timide. 

Vota pour la mort, mais dans le cas où lennemi envahirait le territoire; 
sinon, le bannissement à la paix. 

Voici quelle fut sa déclaration : 

« Républicain sévère et mandataire fidèle, je veux concilier ce qu'exigent 
les principes et ce que m'ordonnent les intérêts de mes commettants; en con- 
séquence, je vote, comme mesure de sûreté générale, pour l'expulsion prompte 
de la race conspiratrice et machiavélique des Bourbons. Je déclare, dans ma 
conscience, que je redoute plus le membre de cette famille qui est le repré- 
sentant temporaire de la nation, que celui à qui il ne reste plus de l'hérédité 
que ses crimes; et que si vous continuez d'admettre un prince à voter dans le 
Sénat, c'en est fait de la Républiqpe. Je vote pour la mort de Louis; mais à la 
condition expresse de l'expulsion actuelle de toule la famille. Mon opinion est 
indivisible. » 

Son vote n'entra pas en ligne de compte pour la mort. 

Craignant d'être compris dans les mesures (|ui se préparaient contre la 
Gironde, il donna sa démission après le M mai et rentra dans la vie privée; 
on ignore la date de sa mort. 



— 170 — 

VKKMONT. — Il (Hait lamiour à M«''zièrvs et avait In.Mile-sept ans quand i! 
fut nniiitiir à la ('.oiivtMition. 

Il rnia pinir lu mort, main onr sursis H sHulenient an cas où le territoire serait 
envahi. Sa voix, |)as plus que oi'lh' de Mt'iinessoii, no fut donc pas de celles 
qui <M»voy<*n*iit Louis \VI à l'rrhafaud. 

Avant t'ait un nioih'str hérilajLîe, après la session, il revint vivre à Mézières 
où il mourut pelit rentier. 

IIOHKUT (MicHKr ;. - Il avait cinquanle-un ans quand on l'envoya à la Con- 
vention : il vola la mort sans sursis, ni restriction. 

Fut un polit icif'n ni«*di(M*re, d'expectative et de second plan. 

Sous IKuipin*, Sf» ralliait à >*ap<déon qui le nommait sous-préfet de Rocroi. 

Ayant <|uitlé l'administration, il mourut obscurément. 

ÏIIIKHHIKT. - Vie effacée, figure de deuxième plan. 
Fut nommé m<Mnl»re île la Convention à cinquante ans. Etait chirurgien. 
Dans h' procès de Louis XVI, vota pour la di^t nation perpétuelle. 
Apres la session, entre aux Cinq-(^ents, puis passe aux Anciens, et mourut 
presque iji^noré. 

HLONDKL. — Brave homme d'intidli^'ence moyenne : n'eut qu'un rôle effacé. 

Ktait rentier et célibatain; à Lalobbe quand il fut envoyé à la Convention. 

Dans le procès du roi, il se prononça ;>'>i/r la drlvnlion, « et m^antiioins, ajoula-t-il, 
la mort en cas d'invasion dt's ennemis. » 

RIondel siégea toujours dans la Plaine. 

Après la session, il fut (Mivoyé au Conseil des (Vmq-Cents pour le départe- 
ment des Ardennes; acconqdit honnéteuïeni, mais silencieusement, sa lâche. 

Rentré dans la vie privée, il mourut sans tapage, comme il avait vécu. 

RAIDIN. — Naquit à Sedan en I74S. 

D'abord professeur, puis maître des postes dans sa ville naUile en 1783; il 
fut nommé maire <Ie Sedan en 1700. Elu membre de T Assemblée législative, 
puis de la Convention. 

Il volait contre la peine de mort, en ces termes, pour Louis XVI : 

« Jt» n'ai jamais pu me persuader que mon mandat m'autorisât à exercer 
les fonctions de juj^'e. Mes commettants ont nommé des jurés pour la Haute- 
Cour nationale; ils n'ont donc pas cru m'investir du pouvoir de juge. Je ne 
vois p;is de tribunal dans une assemblée dont les membres ne sont astreints à 
aucune forme. Au reste, la mort de Louis me parait avoir deux grands incon- 
vénients; l'un, de rendre la guerre meurtrière et sanglante; l'autre, de donner 
ouverture à des dess(;ins ambitieux dont je n'ai nul indice, il est vrai, mais 
qui sont possibles. Je vote pour la réclusion pendant la guerre et pour le ban- 
nissement à la paix. » 

Esprit modéré, mais nature très humaine, il lit voter une amnistie générale 
pour les crimes et les délits révolutionnaires dès 1705; il proposa et fit voter 
aussi l'abolition dtï la peine de mort à dater du jour où fut conclue la paix. Et 
pourtant, malgré ce vote, la peine de mort n'a pas encore disparu de notre Gode. 

Haudin fut élu par les Ard(înnes membre ^u Conseil des Anciens. 11 mourut 
à Palis en 1791), très attaché à Bonaparte. 

IX. DIVISION ADMINISTRATIVE; POPULATION. 

Le département est, aujounlhui, divisé en : cimj arrondissements (Mézières, 
Rethel, Rocroi, Sedan, Vouziers); 31 cantons et oOS communes. Le recense- 



— ni — 

ment opéré le 29 mars 1896, et dont les résultats doivent, aux termes d'un 
décret du 31 décembre suivant, être considérés comme seuls authentiqu«^s à 
partir du 1*"" janvier 1897, accuse une population de 97,ilo ménages divisés 
en 318,865 habitants, sur lesquels 88,484 électeurs. 

Celte population était : en 1868, de 326,364 habitants; en 1871, de 320,717 hab.; 
en 1881, de 333,675 hab.; en 1886, de 332.759 hab.; en 1891, de 32^,923 hab. 
Donc, en 1881, augmentation de 12,958 hab. sur 1871; en 1897, diminution de 
44,810 hab., sur le recensement de 1881; et diminution de 6,058 habitants sur 
le recensement de 1891. 

Sur le chiffre officiel de 1897, le nombre des étrangers est actuellement de 
25,567, dont 22,573 Belges. 

En ce qui concerne Vctat des personnes, nous prendrons pour base le recense- 
ment de 1881, c'est-à-dire l'un des plus élevés de ces trente dernières années. 
Nous trouvons alors : 102,894 habitants employés aux professions agricoles, se 
partageant en 52,456 hommes et 50,618 f(;mmes; — 148,948 se consacrant à 
l'industrie, 76,306 hommes et 72,642 femmes; — commerçants, 27.861 se divi- 
sant en 12,662 hommes et 15,199 femmes; — personnel des chemins de fer et 
autres entreprises de transport par terre, fleuves et canaux, 4,161 hommes 
et 3,772 femmes; — force publique, 7.674 hommes; — professions libres, 
7,069 hommes et 7,420 femmes; — 17,467 rentiers, dont 7,246 hommes et 
10,221 femmes; — environ 7,000 habitants, dont 2,893 femmes, classés sous la 
rubrique « professions inconnues ou sans professions ». 

En ce qui concerne la nationalité étrangère, l'arrondissement de Mézières 
comptait, à celte époque, 11,291 étrangers non naturalisés; l'arrondissement de 
Relhel, 2,553; l'arrondissement de Hocroi, 8,460; l'arrondissement de Sedan, 
10,844; celui de Vouziers, 1,862 : — soit 35,010 étrangers; donc, 9,443 de plus 
qu'en 1897. 

Voici quel est, pour l'année 1897 prise comme moyenne, le mouvement de 
la population : 

Arrondissement de Mézières, — 2,037 naissances fdont 153 enfants natu- 
rels) se répartissant entre 982 garçons et 1,055 filles. Maximum de naissances 
en mars : 204; minimum en octobre : 137. 

Mariages : 764, dont 697 entre garçons et filles, veuves ou divorcées; 68 entre 

veufs, filles, veuves ou divorcées; 4 entre divorcés, filles ou veuves. Maximum 

de mariages en octobre : 94; maximum en mars : 40. 

Décès : 1,705; hommes, 915; femmes, 790. 

Mariages Naissances Décès 

Charleville 277 704 549 

Monthermé 138 398 263 

Mézières 147 474 361 

Signy-l'Abbaye 51 97 124 

Oniont " 33 85 108 

Fiize 61 145 142 

Renwez 57 134 158 

Totaux 764 2.037 1.705 



AzTondissement de Retbeh — 1,040 naissances (dont 83 enfants naturels) 
se répartissant ainsi : 543 garçons; 497 filles. Maximum de naissances en 
juin : 100. 

Maiiaf/es : 372, dont 314 entre garçons et filles; 1 entre garçon et divorcée; 
9 entre garçons et veuves; 30 entre veufs et filles; 13 entre veufs et veuves; 



— 172 — 



1 er^lre veuf et divorcée; 2 entre divorcés et filles; 2 entre divorcés et veuves. 
Maxinunn de mariages en décembre : 30; divorces : 15. 
Di'rvs : 1,115; liommes, 584; femmes, 531. Maximum des décès en août : 139. 



Hrthel.... 

Asfeld . . . . 
CluU<>au. . 
ChaunionI 
J II ni ville. . 
Novion . . . 



liages 


Naissances 


Déoèi 


85 


301 


297 


49 


140 


126 


00 


lOG 


105 


54 


139 


109 


45 


103 


140 


79 


191 


212 



Totaux 372 1 .040 1.1 15 



Arrondissement de RocroL — 1,145 miissancea (dont 82 enfants natureb) 
se répartissant ainsi : 580 garçons; 559 filles. Maximum de naissances en 
octobre : 117; maximum en septcîmbre : 79. 

Mdviaî/ea : 420, dont 399 entre garçons et filles, veuves et divorcées; 25 entre 
veufs et filles, veuves et divorcées; 2 entre divorcés. 

D^\'rs : 873; hommes, 491 ; femmes, 382. Maximum de décès en janvier : 86. 
C'est sur les enfants de un î\ quatre ans qu'est plus forte la mortalité. 



Fumav 

(iivet 

Hocnû 

Uumigny 

Signv-le-Petit 



triages 


Naissances 


Décès 


131 


404 


254 


105 


251 


2(M) 


82 


219 


159 


01 


143 


lao 


47 


128 


105 



Totaux 420 1.145 873 



Arrondissement de Sedan. — 1,375 naissimces (dont 98 enfants naturels) 
se répartissant ainsi : 730 garçons; 045 filles. Maximum de naissances en 
décembres : 131; minimum en septembre : 100. 

Man'ayes : 520, dont 451 entre garçons et filles; 21 entre garçons et veuves; 
2 entre garçons et divorcées; 19 entre veufs et filles; 18 entre veufs et veuves; 
7 entre divorcés et veuves; 2 entre divorcés. Maximum de mariages en mai : 63; 
minimum en mars : 24. 

Ih'crs : 1,271; hommes, (i50; femmes, 021. Maximum de décès en avril : 134. 
C'est sur les enfants de un à quatre ans qu'est plus forte la mortalité. 

Mariages Naissances Déoès 

Sedan-Sud 

Sedan-Nord 

Carignan 

Mouzon 

Uaucourt 

Population urbaine : 

Vrigne-aux-Bois 

Sedan 



99 


247 


217 




140 


134 


94 


297 


245 


50 


123 


157 


48 


150 


111 


31 


82 


52 


37 


330 


356 



Totaux 520 1 .375 1 .272 



Arrondissement de Vouziers. — 909 naissances (dont 74 enfants naturels) 



— 173 — 

se répartissant ainsi : 4o9 garçons; 450 filles. Maximum de naissances on mai 
et en novembre : 102; minimum en septembre : oi. 

Mariages : 329, dont 292 entre garçons et filles ou veuves et divorcées; 33 
entre veufs et filles ou veuves ou divorcées; 4 entre divorcés et filles, ou entre 
divorcés. Maximum de mariages en avril et en novembre : 37; minimum en 
septembre : 19. 

D-^cès : 998; hommes, I>4o; femmes, 453. Maximum de décès en janvier : 118. 

Mariages Naissances Décès 

Vouziers 63 181 224 

Attigny 45 125 120 

Buzancy 42 118 1 34 

Le Chesne 51 106 108 

Grandpré 47 150 137 

Machault 32 49 77 

Monthois 27 113 107 

Tourteron 22 61 85 

Totaux 329 909 998 

Pendant cette année 1897, 85 divorces ont été prononcés. 



RECAPITULATION GENERALE 





Mariages 


Divorcée 


Naissances 


Morts-nés 


Décès 


Excédant 

naissances 

r décès 


Excédant 

décès 

S' naissances 


Mézières . 


764 


29 


2.037 


87 


1.705 


332 


» 


Uethel... 


372 


15 


1.040 


38 


1.115 


» 




Rocroi . . 


426 


17 


1.145 


38 


873 


272 


)) 


Sedan . . . 


520 


10 


1.375 


65 


1.272 


103 


» 


Vouziers . 


329 


14 

85 


909 


47 
275 


998 


» 
707 


89 




2.411 


6.506 


5 . 963 


164 



X. BUDGETS DÉPARTEMENTAL A COMMUNAUX; PART CONTRIBUTIVE 

DANS LE BUDGET DE LA FRANCE. 

Nous donnerons, comme exemple, le budget annuel des sept villes arden- 
naises dans lesquelles se trouvent des octrois; exception faite pour Rocroi 
qui, n ayant pas d*oclroi, figure ici à titre de chef-lieu d'arrondissement. 

Budgets communaux — pour Tannée 1897 choisie comme moyenne, — y 

compris, dans le chiffre global, le produit des octrois : 

Montant Produit 

du budget des octrois 

Sedan 63H.027 378.719 

Charleville o42.792 363.779 

Mézières 164. 6oO 122.:iS8 

Vouziers 63.308 16.074 

Hethel 130.083 71 ..iiO 

Hocroi 24. 186 

(;ivet 1 18.514 81 .S.i.'i 

Nouzon i:i8.410 81 .596 

Montant, pour Tannée 1897, du budget départemental : 3,716,984 francs. 



— i74 — 

Produit des contributions indirectes : 

Vins :)88.929 

„ . ,_ ^ Cidres 24.781 I , ....^ .^o 

Boisson-; », , « /.o-» o^^ 4.o.>0.433 

I Alcools 2.682.329 i 

BiiMCS i .260.394 , 

Droit (h» 40 centimes par expédition 39.995 

Huiles 543 

Stéarines et bou^^ies { .249 

Vinaif^res et aeide acélique 23.622 

Chemins de fer dé])artenienlaux { .926 

Voitures puhli({ues 23.559 

Licences loO.TS? 

Produits divers 3:>2.o35 

Sucres 394.115 

Allumettes chimiques 231 .034 

Tabacs 2.828.80B 

Poudres à feu 46.895 



Total général 8.651 .501 

Produit des contributions directes : 

Uôles généraux : 6,068,04i francs qui se décomposent comme suil : 

A l'Etat 3.598.286 

Au Département 4 .621 . 1 17 

Aux Communes 1 .748.638 

Total é-al 6.968.041 



Enregistrement, domaines et timbre. — Produits : 4,200,000 francs. 

Postes et télégraphes : 

Produit des postes 3.336.000 

Télégraphes 285.600 

Téléphones 80.400 

- ^ 

Total 3.702.501 

Douanes ; 3,122,200 francs. 

RÉCAPITULATION 

Contributions indirectes 8.651 .501 

Contributions directes 3.598.286 

Enregistrement, domaines et timbre 4.200.000 

Postes et télégraphes 3.702.000 

Douanes 3.122.200 



Total (en 1897) pour la part contributive des Ardennes, dans le 
budget global de la France 23.273.987 

Après cette rapide vue d'ensemble sur les origines historiques du déparle- 
ment, ses remaniements administratifs depuis la division de la France en 
départements jusques a nos jours, sa gestion et ses ressources fînancières, 
nous terminerons ce chapitre par le tableau récapitulatif que voici : 



— 175 — 



XI. ARRONDISSEMENTS ET CANTONS. 



CANTONS 


u 
o g 


POPULATION 

• 


C 

•2 


l 1 


Arrondissement 

\ . Charleville 


de Méz 

H 
22 
21 
11 
14 
15 
12 


ièresy 7 cantons. 

31.493 h. 8.086 
8.178 2.377 
21.739 5.571 
15.931 4.294 
4 . 554 1 . 455 
7.099 2.201 
6.659 2.0'i8 


9.137 h. 
13.261 
12.397 
14.097 
15.044 
15.992 
18.877 


2. Flize 


3 . M ézièrep 


4 . Monthermé 


5. OiDont 


6 . Reiiwez 


7. SigUY-l'Abbaye 


Arrondissement 
1 . Apfeld 


106 

de Re 

19 
1(> 
20 
13 
25 
19 


95.653 h. 

thely 6 can 

7.195 h. 

6.994 

6.987 

5.687 
10.64i 
13.734 


26.032 

tons. 

2.238 
2.184 
2.129 
1.759 
3.362 
3.770 


98.735 h. 

19.558 h. 

22.597 

17.407 

21.077 

23.372 

18.229 


2 . Chàteau-PorciPii 


3. Chaumout-Porcieii 


4. Ju ni ville 


5. Novion-PorcltîD 


6. Rethel. 


Arrondissement 
1 . Fumay 


112 

de Ro 

7 

12 
14 
28 
10 


51.241 h. 

croi, 5 cani 

14.008 h. 

13.538 

10.261 

7.992 

5 . 958 


15.442 

tons. 

3.700 
2.684 
2.886 
2.485 
1.800 


122.240 h. 

16.210 h. 

11.040 

19.498 

24.693 

13.664 


2. Givet 


3 . Rocroi 


4. RQuaicriiy 


5. Siffiiv-le-Pelit 


Arrondissement 
1 . Carisnan 


71 

de Se 

26 
14 
13 
11 
19 


51.757 h. 

dan, 5 cant 

12.959 h. 

7.146 

6.787 
20.093 
23.779 


13.555 

ons. 

3.690 
2.184 
2.044 
4.521 
5.781 


85.105 

20.280 h. 

16.393 

14.879 

10.072 

17.866 


2 . MouzoD 


3 . Raucourt 


4. Sedau, canton Noni 


5 . — canton Sud 


Arrondissement 
1 . Atti&rnv 


83 

de Voi 

12 
22 

18 
19 
14 
18 
10 
18 

131 


70.764 h. 

iziers, 8 cax 

5.979 h. 
6.n4 
6.412 
7.208 
3.706 
5.491 
3.711 
10.469 


18.220 

Ltons. 

1.797 
2.116 
2.009 
2.255 
1.216 
1.787 
1.261 
2.794 


79.490 h. 

12.727 h. 
26.504 
17.688 
20.861 
19.439 
19.656 
7.873 
14.790 


2 . Buzancv 


3 . Chef*ne (Le) 


4 . Grandor»'* 


5 . Machaull 


6 Monthois 


7 . Tourteron 


8 . Vouziers 


Totaux généraux 


49. ■450 h. 


15.235 


139.538 h. 


503 


318.865 h. 


88. '.84 


525.108 h. 



LIVRE III 



GÉOGRAPHIE 

Historique 



3DBS oo:M:MTJisrBS 



12 




CHARLEVILLE 

AH_'iea ET ue7 Rgs 












* t1 



^ 



r 'mm^ 






ÏL '*■ 



î'i 



'^v 



'■'■* "■ * -^-^ 



<:o*îp:=S»3= =2'2= <^*3= <î*3= <:S*3= <^*3= «^«S^ <^*8= =S*^ 



CHAPITRE PREMIER 



-3k:- 



ARRONDISSEMENT DE MÉZIÈRES <♦) 

I. Canton de Héziéres. — n. Canton de Charleville. — Œ. Canton de Flize. 
IV. Canton de Monthermé. — V. Canton d'Omont. — VI. Canton de Renwez. 
Vn. Canton de Signy-VÂbbaye. 



L'arrondissement de Mézières occupe le centre du département. Ses limites 
sont : à l'est, la Belgique et l'arrondissement de Sedan ; à l'ouest, 
l'airondisseraent de Rocroi; au nord, l'arrondissement de Rocroi et la 
Belgique; et au sud, les arrondissements de Rethel et de Vouziers. 

Il se compose de sept cantons : Mézières, Charleville, Flize, Monthermé, 
Omont, Renwez, Si gn\ -l'Abbaye, ayant, dans leur ensemble, 106 communes. 
95,653 habitants, 26,032 électeurs, 98,735 hectares. Cet arrondissement est 
arrosé principalement par la Meuse, qui reçoit, à droite la Semoy, à gauche 
la Bar, la Vence et la Sormonne, — et par la Vaux, affluent droit de TAisne. 
Ses principales industries sont : la métallurgie, la clouterie, la ferronnerie, 
la tannerie, les brasseries, les briqueteries, les fabriques de poteries, de pipes, 



(1) Explication des abréviations. — H. signiûe : habitauts. — P. fl. : popula- 
tion flottante (ouvriers non à demeure, armée, voyageurfi, élèves dans les divers 
établissements d'instruction). — E. : électeurs. — D. C. : distance de la commune 
au canton; D. A. : au chef-lieu d'arrondissement; D. D. : au chef-iieu du départe- 
tement. — Hect. : hectares. — B. P. : bureau de poste. — F. : foires. — F. L. : fête 
locale. — T. : télégraphe. — G. : Gare. — C'e P. : compagnie pompiers. — B. B. 
bureau de bienfaisance. — S. M. : société de secours mutuels. — S. C. C. 
société coopérative de rousommation. — S. G. : société gymnique. — Phil. 
philharmonique. — Fanf. : fanfare. — S. T. : société de tir. — S. ch. : société 
chorale. — Harm. : Harmonie. — Synd. P. ou 0. : syndicats patronaux ou ou- 
vriers. — Ch. S. : chambre syndicale. — La lettre C. devant un nom de ville 
signifie : commune autrefois régie par la coutume de Vitry, la coutume de Liège, 
la coutume de Reims, etc., etc. — Quelques écarts sont suivis des lettres H. 
ou N. C; ces lettres signifient : écart indiqué par J. Hubert, écart indiqué par la 
Nomenclature des Communes publiée en 1823. Maints de ces écarts n'existent plus 
aujourd'hui ; toutefois nous avons pensé qu'il était curieux de les mentionner. Ne mar- 
quent-ils pas une époque dans la géographie de l'Ardeune? d'autant plus que cer- 
tains d'entre ces écarts ont leur histoire intéressante. — En ce qui concerne les 
lieuxdits principaux, nous n'avons pu que les signaler sommairement, quelquefois 
même par leur >imple appellation. Pour leurs origiues, leur histoire ou leurs légendes 
détaillées, se reporter à iMeyrac : Vilke.^ et Villages des AKDEiSiNKS, uu fort volume 
de 600 pages (Ed. Jolly, édit., Charleville, 1898). Les indications géologiques ont 
été données d'après MM. Nivoit et Meugy : Ouvrages agronomiques; et encore d'après 
MM. Sauvage et Buvignier : Géologie du département des Ardbnnes. 



— 182 — 

(lo Inyawx, do rhaiix, i\o chirorro, les filatures; l'exploitation des carrières de 
piorri* ot «los ardoisières. 

L'arrniuliss»Min'nt do Mézioros ost à pou près aujourd'hui, comme teiTitoire, 
ce (|u'èl.iit autrofois la anhd'l'-t/at'nm du mémo nom. Ainsi jadis s'appelaient les 
cin(»n*icriptioiis administrativos do \a province sous l'ancien régime. Primili- 
vonionl, la suhdèlè^'afion do Mèzièros èlai! comprise dans Vvl*fc(ion de RelheK 
TuiH' dos tlouzo qui formaiont la f/z^/r'/v^////' do (^IhAlons-sur-Marne créée par édit 
rnyal on l.'iTT : Cliàlons, Hothol, Sainte-Ménoliould, Vitrv-le-Krançois, Join- 
villo, C.haumont, Lanj^ros, Har-sur-Aubo, Troyos, Sézanne, Epernay, Reims, 
ayani une population i\o 812,800 habitants. Puis los divisions anciennes furent 
remanioos. l/èlooiion de Hethol fut alors divisée on plusieurs subdélégations : 
Mèzièros. Rorroi, ('Jiàtoau-Porcion. Los subdèlépués corrospondaiont avec Tln- 
tondant i\t' Chanipa^no cjui résidait à CliAIons. Ils faisaient exécuter les ordres 
du ministn' à oux tiansinis par col Inlondant; lours attributions étaient surtout 
finaiiciè os. I.a snbdélé«rali(m dv Mézièros fut, avec colles de Launois et de 
Hraux, l'un dos tiois importants doyennés do l'Ardonne sous l'ancien régime. 

I. CANTON DE MÉZIÈRES. 

Le canton do Mézièros ooniproiul vin«;t et une communes : Mézièros, Relval, 
Cons-la-(irandvillo, Evi«:iiy, Ta^'non, La Francheville, (iernelle, Issancourt- 
Rumol, Lûmes, M(dion, .Neuvillo-les-This, Prix, Saint-Laurent, Sury, Le Theux, 
This, Ville-sur-Lumos, Villors-Semeuse, Vivior-au-('ourt, Wai*cq et >Varné- 
court. 

Quoiqu'il touche presque parle N.-K. à la frontière belge, il occupe dans le 
département une position assez centrale. Il s'allonge de l'est à l'ouest, entre 
les cantons de ('harleville au nord et de Flize au sud, à l'est de ceux de 
Sedan. 

l ne vallée centrale - vallée do la Meuse — et deux vallées d'importance 
moindre — colle «le la Sormonne et celle do la Venco — forment le canton de 
Mézièros. La .W(V/>v y pénètie i>ar ce terriloire qu'elle sépare de celui des 
Ayvelh's. S'inclinant vers l'ouest, elle coulo dans un vallon assez encaissé, entre 
Lr Theux et M<»hon, touche an su<l Mézièros qu'elle détache, pour ainsi dire, 
de son faubourg do Pierre, semoule en un circuit d'environ 6 kilomètres pour 
onvelopper la presqu'île «le Saint-Julien, s'avance proche de Prix, baigne Warcq, 
revient à Mézièros une deuxièmo fois, passant entre la ville et son autre fau- 
bourg, ct'Iui «l'Arches, et descend vers Charle\ill«*, en longeant le Bois-en-Val. 
Son f»arcours dans le canton de Mézièros est d'environ 20 kilomètres. En face 
du Theux, «die reçoit la Veuri' qui, prt'oant sa source à Launois près la ferme 
de Peroiisollo, à la cote 220, coule «lu noni au sud, côtoyant la voie Paris-Givet 
et la r«)ute Nationale n" .'Il porpcndiculairenient à la Meuse, arrose La Fran- 
cheville. actionne le moulin Loblan«', ot hai«^ne Mohon. A Warcq, elle s'accroît 
de la Sormonne arrivant du plat«»au de Roeroi et «jui, à Relval, tait tourner le 
moulin do la Grange-aux-Bois, puis traverse l'usine Simonnet. 

Los autres affluents de la Meuse sont, «lans le canton : le ruinRean lie Marbay 
qui prend source à Evigny: le rnhscnn dm Hejeta - - ou de Fagnon — grossi 
du rntsst'du dv WurnrroKrf. Séparant le canton dos communes de Gespnnsart 
et de Doncherv, coule la Vnnut' «fui reçoit les ruisseaiu- de Gernelle, d'/ssati- 
court-et-HumeL et de Thijne, locpiol côtoie Vivier-au-Court. 

L'altitude la plus haut«» du «*ant«)n se trouve, région nord-est, au Rendit 
la .W</ssm'. toiritoin* «l«» Grandvillo, 'M)\ mètres; 311 mètres, cote opposée, à 
(iernolle:ot au nord-ou«*st dissancourt, 200 mètres. On relève encore d'autres 
cot«»s assez élevées, dans la partie sud-ouest : 321 mètres au yoir-Trou, signal 



li.ipo)^îiphiq«e, liuiis le bois des \yviers, terriloire de Neuville; 
au nord ili- Tlii», proche Siirj ; — 28* mètres au bois de Melliei 
Fiitinon ; — 2.s;j mëlies â l'entrée du bois Jacquemart, commun 
3t.739 liab. — 5,371 éiect. — (2,397 becL 



- H., 7,453. — P. fi-, 2,072. — E,, (,HIO. - lied., 577. — 
H- P., Méïiéres. — F., les deuxièmes mardis d'avril et de noTembre. — f. L., 
ra»ant-dernier dimancbe d'août pour Saint-Julien; les dimanches i[ui suivent 
le 28 noùt, Méïiéres; h la Sainte-Croix, faubourg d'Arches; la Saint- Lambert, 
hubourg de Pierre. — C" I'. — B. B. — S. M. — Sjtid. agriculteurs des 
Ardennes. — Associations : instituteurs et institutriiies du département ; eanton- 
nlers du département; médecins du département; anciens élèves de Blomba;. 
— S. ch. — Fanf. munie. — S. T. la Mai^i'rlenne, — Cercle horticole. — .Société 
létérinaire des Ardennes. — G. — T. — Assise dans une presqu'île que forme la 
Meuse en se repliant sur elle-même; puis un canal-écluse qui, s'engaseanL entre 
la citadelle el le chemin de halnge, supprime le long circuit d'une autre pres- 
qu'île ; car ici la Meuse forme trois boucles successives du plus pittoresque elTet. 
Monli7 se trouve dans la presqu'île d'avft.1, Charleviile dans la seconde, et 
Héiières occupe l'isllime de la troisième. Premier étage du lerrain liamiiue : 
terrains nr^'ileux dans lesquels de très riches carrières pour chaux hydrau- 
lique. Deuxième élat»' du lerniin limsi'jtte .- calcaires sableux pour moellons; 
sabip p.ji.r niorljer. " 



«««Ub 




Autrefois serrée fort è l'étroit dans ses remparts et ses ■• portes " que cons- 
truisit Vuuban. MéziècKs est maintenant dénianlelée; d'où : son extension fort 
grande vers Mohon, qu'elle rejoindra bîentftt; ses quartiers nouveaux qui. d'un 
jour A l'uuti-e, se couvrent de maisons; sa belle et récente place de la Répu- 
btiqu* h la. sortie du pont, venant de Charleviile. et naguère encore terrain 
ntgue. Qui aalt si, dans l'avenir — même paa trop éloigné, — Méziéres et Mohon, 
Charleviile et Montcy, qui tendent h se souder les unes aux antres, ne fusion- 
neiijiii point en une seule et grande cité? 

BlstOir». — C. de Vitry, Méïiéres et le- l'onl-.li'-Pierri-; — C. de Iteinis, 



— 181 — 

Sainl-Julien; — C. de Paris, Ii- Pont- d'Arches. — Ville d'originp fort ancienne. 
Heniunterait au neuvième sièclf et aurait éti^ cnnstruite, dit la tradition, sur 
remplacement d'une Torten-sse bdtie, vers l'an 813, par ordre de Charlema^e. 
Est-ce bien à cette époiiue. loulefois, (luEriebnde, comte de Castrice, construisit 
le eh'Iteau de Maeerix — il était en pierres, conlrairemenl aux usages du 
temps — dont nous avons Tait Méiières? Au même neuvième siècle, sans doute, 
appartiendrait aussi le chàteau-rort il'Arches qu'aurait fait élever Bernard, 
comte de Porcien.û l'endroit qu'occupe de nos jours le faubourg d'Arclies; une 
petite lie, en ce temps, car la Meuse se parljigeait, au-dessous de Tivoli, en deux 
bras : l'un passant sous les murs de la ville, l'autre arrosant la prairie. Ausu 
le pont qui relie les deux villes s'appelle- 1- il pvnt de la Meuse. Ce chàleau-fort 
fut détruit en 933 par révê<(ue du Liège. 

Le nom de Hézières apparaît en 92li, pour la première fois, dans l'Histoire. 

La légende veut 




qu( 



I 897 Mé- 



ziëres ait été in- 
cendié— le feu, 
mis par la fou- 
dre pendant un 
orage — et qu'a- 
lors la ville au- 
rait été recons- 
truite. — i* mot 
'I ville » est aùre- 
ment exagéré, 
car Méiiérea n'é- 
tait aliJi-3 qu'une 
très [letite bour- 
gadeen bois; éga- 
lement en bois 
so n (' hiteau-fort, 
comme c'était ja- 
dis la coutume. 
Vcrsl'anlOlO, Hézières reçut un notable accroissement de population lorsqu'arri- 
vërent les serfs du Dormois qui vinrenl s'y (lier en grand nombre, alors que 
ce comté fut absorbé par celui de Grandpré. ]^s habitants de Dorroois furent 
attirés A Mézières pur le comte de Rethel, Manassès, qui leur promît liberté 
tout entière. Encore augmentation nouvelle de population en lâH après la 
bataille de Bouvines. L'empereur Otlion IV avait menacé les Liégeois de l'uiner 
leur pajs s'il revenait vainqueur : bravades inutiles, car il fut vaiucu par Phi- 
lippe-Auguste. Toutefois, maints habitants de Couvin, de Fumay, de Givet, de 
Liège, vinrenl se réfugier à Mézières, où leur fil réception empressée et même 
intéressée Jean I'^', comte de Hethel. II leur accorda privilèges sur privilèges, 
et son tlls Hugues 111, beaucoup plus généreux, leur donna la fameuse charte de 
('233, le plus ancien titre connu de Mézièn^s, reproduite dans la ItuvuR uisTOBiQtiK 



{"endait l'égale des 



les plus iropor- 



DK* Ahdrnnes (t. [, p. IK), 
tantes de celte épiique. 

Mézières, à cause de ces libertés municipales, prit un 
gros village, devint une ville véritable. En I30K, un i 
dont on ne put jamais coniialti'e la cause, lu réduisit e 

le chilteau, sauf deux tourelles, et l'église. Mézières fut bientôt reconstruite. 
Les guerres, qui désolèrent les Ardennes pendant le quatorzième siècle, poas- 
sèrifnt nonilire de personnes a se réfugier dans cette ville, d'où sa croissance 
et son importance assez rapides; tellement qu'il lui fallut étendre, du c6té de 



e et, de 
LU table incendie, 
n cendres. Disparurent 



— 1S5 — 
Saint-Julien, ses forli H râlions. I.i prise de l.iêne el les ravn(;es que Clurlvs le 
Téméraire commit dans le pa>s devinivnL poiii- Méziècvs nue soun-e précieuse 
de prospérité. En effet, presque tous les liahilanls de ees malheureuses contrées 
s'enfuirent pour échapper ii lu Urutiilité des vainqueurs, el, attirés pur leurs 
anciens compatriotes, supplièreJil les Mncériens de les recevoir; ce qu'ils llrcnt 
à bras ouverts. Louis XI, revenant de Liège, passa par Mézières pour encourager 
et consoler ces pauvres exilés devenus tellement nombreux qu'ils pouvaient à 
peine trouver place dans l'enceinte de la vieille ville. C'est alors que fut bilU 
le faubourg de Berthaucourt dont les maisons s'étageaient sur le monticule, 
réunies, par le pont des fossés, où se trouve l'écluse; et, dans ce faubourg un 
couvent de Cordeliers. 

Lorsqu'en 1391 le comte de Saint-Paul s'empara de Mézières pour le compte 
de la Ligue, faubourg el couvent furent rasés et firent place à la citadelle 
actuelle que construisirent les ligueurs sur l'emplacement de la porte ù l'Image. 
Quelques années plus tard, Henri IV achetait la ville entière pour 80,000 écus 
à la veuve du maréchal de Saint-fau), qui, << friande des doublons d'Espagne, 
la voulait céder à Philippe 11 ». Aussi Henri IV, félicité de ce qu'on lui avait 
<■ rendu son royaume >•, eut-il le droit de répondre : « Dites qu'on me l'a tendu. « 
En 1521. le premier siège de Méziëres si célèbre dans nos annales militaires. 
François 1" protégeait ouvertement Robert de La Marck. duc de Bouillon. 
Celui-ci, se reposant sur cette protection si puissante, ravageait le Luxembourg. 
Charles -Qui ni, pourcbd- 
lier ce seigneur, l'écrasait 







:, la- 
après l'avoir bal- 
} tourna contre la 
France et prit Mouzon. 
Presque tous les Mou- 
zonnais de se réfugier 
alors k Héîières, que le 
comte de Nassau, lieute- 
nant de Charles-Quiiil, 
résolut d'attaquer. Mais 
François 1" avait eu le 
temps d'envoyer dans la 
place, pour la défendre, 
Pierre du Terrail, dil le 
chevalier Bayard. Nassau 
campa sur la rive droite 
de la Meuse, faubourg de 
Berlhaucourt, et son second, Sickingen, sur la rive gauche à Mohon ; les deux 
armées assiégeantes faisaient 3S,000 hommes {voir dans Meyrac : Villes et 
ViLUGES LES AKDK.NNES, p. 349-360, les endroits ej:aelemr.nt prfeis qu'occupèrent 
les troupes de Sickingen et de Nuasau). Méïières se défendit héroïquement, 
glorieusement; mais peut-èlre eilt-e!le suecombé. In famine aidant et surtout 
le nombre des assiégeants, si Bayurd, pour éloigner l'cnnen: 
ingénieux et hardi stratagème qui décidait les Impériaux < 
quilles ». Le 27 septembre L>21, après vingt-cinq jours de siège, ils battirent 
en retraite, passant la Meuse à Aiglemont, au ijw^ 'les Romainfi, et se i-epliant 
sur la Thiérache qu'ils mirent il sang cl à feu. L'historien Hezeray affirme 
qu'en ce siège la bombe fut employée pour la première fois. 

Mézières garde un fidèle et reconnaissant snuvenir de liayard dont la statue, 
— (fuvre du sculpteur ardennais Croizy ^ s'élève sur un des squares de la 
ville. Le Chevalier sans peur el sans reproche est représenté debout, couvert 



ClUd«ll« de 



ail usé d'un 



île sou ni-murp, la IMe rnip l'iK-.Klrrp dp l.,ii^, dn-vpiix. In llgurp snns Kirbe. 
I.JI main ^a\lcht• est nppimV sur ktip ^p.>e; lii ninii) droite, d^ganlét;, est <lnns 
ralLituilc ilucoiiiiiiniuli-niont. Le scuiptcuradi'iUi. poiiv rP présenter son héros, 
ort il n'pond, k reiivoyf des nssiégeants parces 
i Dères, gnit-i'es sur le sncle : « Mon ami, 
voiif en rel.Mirnrrez H dîn'z il MM. de 
l't Krnncis (l'rantz de Sickintieii} 
c)u<- piil!"|iie le n>i m'a fiiit l'Iion- 
iiiMir de me confier celle ville, je 
la roriservenii si lonfiuement qu'il 
entiuira plus à vos mnttres d'être 
assiéf.'einitsqii'ii moi d'flrc assié(ié, 
cl que je ne suis plus im enfant 
qu'on étonne Je parole*. " 

A la mairie, àûna le cabinet du 
iiiniri', est un porlrftil de Bavard 
Hravi- vers I6i8 par Léotinnl (iau- 
tipr, <rjiprès une pi-inluit" fi l'Iiuile 
de Laurent l.év^que, 16S8: — dans 
la salle Uuyard, un tableau <Ie Cou- 
vflel, 1BI9, ri'présenlant Karanl 
fc ^ ^tii. ■ — ■ ' r «"^^"^ fii pied ; peinture mm sans valeur 

' mais n'ayant aucun inlénH Iiistn- 

riipie; — aux archives, la coupe 
de Itayai'd, richement ciselée. Elle 
pèse " trente-six onces six crains ■> 
el porte l'inscription suivante : « Kn 
cvfiUt coiipjM est le plan du sîépe de 
Mniziéres par le comte de Na^isav, 
lifvtenant de l'empercvr Charles V, 
idu par h; capp"" Kainrd, estant M' de ville Nicolas (îeorpes, 
lyon, l>i^ ('hui^ lie Kciius, pi>tit-lilz dinlvct Oorfje, a ordonné 
l'an um m'pstn; donm- à lu Chambre de Mess' te.s t-s.:lipvins de Maiziers par 
les mains de M< I'. Serval et M'^ I'. Meslycrs aiis^y Pi^, chanoines dudict lldms 
et exécuteurs du testament dud. S' l'ayiin. " Sur b- poiirlour, au bas de l'ins- 
cription, sont repréM-nlés, in relief, la ville, nés envii-ons el l'armée assiégeanl«. 
Cette coupe est (sirnie d'un couvercle êj/alement ciselé et surmnnté d'une 
petite fifiure de la Vicrfie. l.ouKirrups, les Mai'ériens célébrèrent chaque année 
i'anniversilire de b-ur ville délivrée m'iniiantiii" '(jt(ii('"/t(e Uthurr, comme le dit 
l'inscriplion ctuuméninralive, en lettres dorées sur marbre noir, dans l'église. 
On viilait alors la coupe fi la ronde; puis celle f.'-te disparut. LorsquVn 1891 
fui inaugurée la statue du défi'iiseur héroïque He Mé^ieres, la coupe de Bavard 

Kn cm, Méïières fol forliliée par Krançois I % qui ajouta de nimihreuses Uiurs 
uses ii'uiparls. Kn L'iNi!. [irisr île Méii-'n-s par li>s lifjuenrs. desquels le duc de 
tlnise fiit, tout iiatiiirllcmi-nt. !<■ cliff. Les princes de cette c. maison i> déte- 
naienl depuis de liin|:ui's minées !•' ^»nveriiemi>nt de la Chnmpaj^ne. Quand 
éclata la l.i;me, ratviii'véqui' de lleinis élatl Louis, cardinal de linise, i-l l'abbaye 
d_i' Saiul-l'ieiM' avait pour tilulaiie Henée de Lorraine. De la ville que les 
lijîUi'urs jiardèrenl cinq itns et dont ils ilniinèi-eiit le commandement ù Anlnîne 
di'Joyeu>'', sei^ni-ur lie Sailli -Lambert, ils firent une de leursn places 'le sùrelé b. 
Nous avons dit plus haut que ]■' mi lleru'i IV fut obligé de l'acheter. 

AussitiMqu<' inciurul Henri IV, la iiobb'ssi- poussait un cri de délivrance. .\lor», 
érril Hiclie!i"ii, " li's prince- a-pirêrent à si urainli's choses, que l'aulorilé royale 




— 181 - 
ne pouvait souffrir qu'on leur donnât lo surcroll de pui^saiicp qu'ils ri'cla- 
maient. " Des Ardennes partil le signal de la guerre civile. Coudé Innrail un 
manifeste où la cour se trouvait accusée d'abaisser la noblesse rt d'éri'aser le 
peuple sous le poids des irapâla. Le duc de Bouillon el le duc de Nerers, s'étant 
ralliés au prince de Condé, décidèrent une expédition contre Mézières. Klle 
n'avait qu'insuffisante garnison qui, « lors qu'approchèrent les princes .>, dut 
se renfermer dans la citadelle. Bientôt elle capitulait. IG II, se rendant au prince 
de Condé. Lors du siège de 1321, In ville élait protéf^ée par de simples murailles 
flanquées de tours et avec fossés. François l''*' Ht construire la '"iir JâilaM, la 
tour du Roi et plusieurs autres tours depuis lonfileinps disparues. Henri II 
régnant, ces fortiflcalions furent complétées et réparées; puis nous voyons 
qu'en 1^90 fut construite la citadelle. En cet état resLn. la place jusqu'à la fin 
du réRoe de Louis Xllf. Alors elle s'accrut de quelques " ouvrngi's » dont 
Desnoyers avait donné le plan; puis en I6T4, pendant la guerre de Hollande, 
Lxiuis XIV, craifiuant que Mézières filt assiégée, envoya Vauban fortilier la ville. 
Ces travaux de fortillcnliou, qui commencèrent au faubourfi de Pierre et par " la 
corne île Champagne i>, ne furent terminés qu'en 1720 : on appelle ouvrages h 
r.iiraet une construction, sur l'enceinte d'une place, formée de deux bastions 
joints ensemble par une courtine et que terminent deux longs côlés appelés 
hranches ou aîlfi. C'est en souvenir des ingénieurs amenés par Vauban que fut, 
en I7S0, fondée à Mé;iièT'es la célèbre école du Génie. 

Lorsqu'arriva la Révolution, les <■ portes " dont étaient percées les remparts 
contournant la ville entière étaient dites : portes d'Arcbes, du Port, porte 
Neuve, du Port-Baudurt, du Pont-de-Pierre, de l'.Arquebuse — Méziêres eut 
une compagnie célèbre 
d'arquebusiers dont 
M. Paul l.aui'ent nous 
en donne l'histoire, — 
de Saint-Julien. Elles 
se transformèrent en : 
portes de la Héunion, 
du E'ort-d'Abondanre, 
de la Kévolulion, du 
Poil- de -Bienfaisance, 
de la Montagne, de la 
Liberté, des Sans-Cu- 
lottes. L'égUse <. Notre- 
Dame » devint l« « Tem- 
ple de la Raison et delà 
Vérité •■; la collégiale 
Saint-Pierre [mainte- 
nant le cIiAteau, école 
communale), dont l'é- 
glise est aujourd'hui la maison Crépaus, devint l'asile » de la Silreté générale » ; 
et le couvent des Annonciades (le biltiment des Assises) fut transformé en •• ma- 
gasins de subsistances ». Dappelons une It'proserie, dite la Tiilili' 'ks P'inri-e>, 
construite environ vers l'an lO(H) à l'endiiiil où se trouve acluellrment l'Hos- 
pice, place Saint-Pierre. Ci- teirain apparlcnail alors à la runiruune de Mi<hon. 
(Voir Meyrac : Villk-s kt Viu.,»cks dks AflnK>-.\Ks.) 

En ISI.'i, après le désastre de Walerlo'i, Méïières soutint liéroïiiucmcnt un 
siège de quarante-deux joui-s contre 2l»,m)ii soldais — Prussiens, Wurl>'uil>er- 
(.■eois et Hessoîs — de l'armée coalisée, ne consentant à capitnier qu'après la 
pacification générale. (Pour ce siège oii les Macériens se nionlren-nl ces Klorieux 
petits-lils de leurs ancêtres, aux temps de liayard, nous renvoyons à Tiikullé i 




ADCtïtins porU de Htittn» 



— 188 — 

LK SiÈtiK DK Mkzièrks k\ 18KS, récil tMiiouvanl, vivant; Hubert Colin : lk Siège 
DE Mk/.ièhks i»AR LKs Alliks ks 1815; Poirier : lk Siègk de Mi^zièhiss en 1815; voir 
aussi Rîiyeur : Trouiîk dks Ahuknnks.) Le roi Louis XVIII « récompensa » Mézières 
en donnant pour drapeau à sa garde nationale l'étendard de Bayafd conservé 
à la mairie. 

En 1870, Mézières fut, à trois reprises, investie par les Allemands : d'abord 
après le désastre de Sedan; puis vers la lin d'octf»bre; enfin les 20 et 21 dé- 
cembre. Les batteries allemandes étaient ainsi placées : 

Batterie I, auprès de Saint-Laurent, avec quatre canons de 12 centimètres. — 
Batterie IL au N.-O. de Homery, avec quatre canons de 15 court. — Batterie III, 
au N,-0. de Homery, avec qualnî canons de 15 court. — Batterie IV, au N.-O. 
du Moulin-Leblanc, avec quatre mortiers rayés de 21 centimètres. — Batterie V, 
à ro. du Moulin-Leblanc, avec quatre canons de 12 centimètres. — Batterie VI, 
à ro. du Moulin-Leblanc, avec deux canons de 15 court et deux canons de 
15 centimètres. — Batterie VII, à TO. du Moulin -Leblanc, avec six canons 
de 12 centimètres. — Batterie VIII, à l'O. du Moulin-Leblanc, avec six canons de 
15 centimètres. — Batterie IX, dans le bois de la Folie-Macé, avec quatre canons 
de 15 centimètres. — Batterie X, dans le bois de la Folie-Macé, avec quatre 
canons de 12 centimètres. — Batterie XI, auprès du bois de la Folie-Macé, avec 
six canons de 12 centimètres. — Batterie XII, auprès du bois de la Folie-Macé, 
avec six canons de 15 centimètres. — Batterie XllI, sur la face S.-O. du bois 
de Prix, à Praële — proche la Uobette et le PetU-Bonheur, écarts de Wamécmiri — 
avec six canons de 15 centimètres. — Batterie XIV, au S.-O. de Warcq, avec 
six canons de 12 centimètres. — Les emplacements pour les pièces de cam- 
pagne furent construits : I, auprès de Saint-Laurent, pour six canons de 8 cen- 
timètres. — IL au S.-O. de Vilîers-devanl-Mézières, pour six canons de 8 centi- 
mètres. — III, au S.-O. de Villers- devant- Mézières, pour six canons de 
8 centimètres. — IV, auprès de la ferme du Temple, pour six canons de 
8 centimètres. — V, auprès de la ferme du Temple, pour six canons de 8 cen- 
timètres. 

Le 19 décembre, était arrivé le général de Kameke, pour diriger le siège : la 
ligne d'investissement fut, alors, complète. Les « ouvrages » de Mézières, avec 
leur tracé compliqué, la mettaient à même de fournir autrefois une sérieuse 
résistance. Mais l'emploi des armes rayées avait singulièrement modifié cette 
situation. Il aurait fallu, en tout cas, fortifier les hauteurs voisines d'où l'assié- 
geant pouvait facilement canonner des remparts dont il voyait les escarpes à 
découvert. L'armement laissait tout autant à désirer. La place avait à sa dis- 
position vingt-cinq mortiers lisses, soixante-seize canons lisses, et seulement 
trente-quatre canons rayés, dont sept de 4 et vingt-sept de 24. Les magasins 
renfermaient bien quarante mille gargousses; mais beaucoup ne pouvaient 
entrer dans les canons auxquels on les avait destinées. 11 n'y avait pas moins 
de trois millions cinq cent mille cartouches; mais la garde nationale n'était 
armée que de fusils à piston. Les mobilisés ne reçurent même que des fusils 
à tabatière du poids de treize livres! L'approvisionnement était moins défec- 
tueux. Au 25 juillet, le sous-intendant télégraphiait encore au ministère qu'il 
n'y avait à Mézières ni biscuits, ni salaisons. Mais depuis, on avait fait dili- 
gence. Plus de deux mille sacs de blé avaient été déposés dans l'église; les 
salaisons étaient arrivées en abondance, et, vers la lin de novembre, il y avait 
encore tlans la [>lace plus de deux cents bêtes à cornes. 

Le 31 décembre commença le bombardement : 

« P(în«lant vingt-sept heures, raconte un témoin, M. Jules Mary, j'entendis 
passer les sinistres engins de mort parcourant, au-dessus de moi, leur para- 
bole, brutalement, avec un silllenient furieux. Peu à peu, un immense nuage, 
fait des llocons épars de funuMî, s'étendit, s'élevant des batteries prussiennes; 



puis, sur Méïières en feu, planail un nuage gris, noir d'ubord, ensuite bleu à 
reflets rouges, qui se tendait et s'élargissait semblable au fantdine île la des- 
trucUan. Les portes de la ville furent abandonnées, les ponts-levis baissés par 
les factionnaires éperdus, les remparts devenus déserts restaient tristes, désolés 
au milieu de cette averse de projectiles. On était aux casemates, cL personne 
pour donner un ordre, activer la défense, pointer les pièces, Taire preuve de 
sang-froid. Tout le jour, la ville brûla, et, quand vint la nuit, quand on crut 
pouvoir espérer du soulagement, les détonations devinrent plus vives, plus 
pressées. I>e temps à autre, une fusée, parlant des hauteui's de Rois-Kortaiit, 
répondait à une fusée lancée des hauteurs de Saint-Laurent. Une seule batterie 
française (it son devoir : la batterie du faubourg de Pierre, prenant Doinery en 
enfilade, tira trente ou quarante coups, mais fut démontée vers deux heures 

de l'après-midi. Dés cet instant, Méziéres se laissa brûler, inerte, pas:<ive 

« Au dedans, spectacle horrible du plus épouvantable ciilaclysme : les niai- 
sons s'effondraient sur elles-mêmes; les murs encore debout, éventrés par 
d'énormes projectiles, s'affaissaient comme des géants vaincus ; les rues encom- 
brées, les lils du 
télégraphe cou- 
pés et barrant les 
passages laissés 
encore libres, les 
becs de gaz bri- 
sésou tordus par 
refOeurement 
d'une bombe, le 
rebondissement 
et rvclatemfnl 
d'un obus sur !<■ 
pavé, tout cela 
était horrible et 
magnifique. Puis 
parfois, tout se 
taisait pendant 
quarante ù cin- 
quante secondes; 
alors on pouvait 




dg IWtrat 

iécoinbres fumants, se diriger 
;iir elle-même et frémissante, 

nilant de la place fit élever le 
I le vciyaiit pas, bombardaient 



mbre ciiern 

atTolée, surgis- 
sant d'une maison en flammes ou d'un tas d 
bien vite en longeant les murs, ployée en dei 
ver^ les casemates ou derrière les remparts ; 

i< Enfin, le 1" janvier, à huit heures, le comi 
drapeau blanc sur la ci(adelli>. Ij<s IViissiens, 

toujours. Alors, vers dix heures et demie, trois gardes mobiles, parmi lesi|ui 
un clairon et un sous-olTicier, furent rlélachés de In lunette de Derthaucourt 
et allèrent poser le drapeau de la reddition en avant iin'nie de lavancét* 
qu'occupaient les fia nés- tireurs de la première campa^nie. commandée par le 
capitaine Thierry. Aucun de ces fratie^-tireurs n'avait abandonné son poste 
glorieux mais périlleux. Les coups de canon cessèrent... comme il regret. 
.Wézièrcs brûla jus<iu'au soir. . . Sur cinq cents maisons, trois cent quarante-S'^pt 
furent détruites, dans lesquelles moururent plus de cent personnes éloulfées 
ou brûlées. 

ic Et le lendemain, h onze heures, les Prussiens, mu.iique et fifres en tiHe, 
entraient dans la ville détruite, trébuchant au milieu des décombres. La vieille 



— 190 — 

{'Ait' ih' Havard avait n'ou plus de six mille obus et n'avait tiré que c«nt cin- 
«juaiile roups de canon. >» 

La défiMise de Mézières a-t-elle élr complète, énerfçique? Le « Conseil d'enquête 
sur les capitulations >», présida par le maréchal Uaraguay-d'llilliers, fut d'avis 
que «« le commandant supérieur, général Hlondeau, raérilait le blâme pour 
avoir capitulé sans que les presciiplions de l'article lo,*) du décret du 13 oc- 
tobre 18t>3 eussent été remplies; pour n'avoir détruit qu'une partie de son 
malériid et de son armement, et avoir abandonné a l'ennemi une énorme quan- 
tité d'approvisionnements de vivres de toute espèce. »» Le même Conseil d'enquête 
ajoutait un blâme pour Cliarleville. «< La garde nationale, dit le rapport, ne fit 
preuve ni de dévouement ni de l'ermeté. >• Le Conseil municipal et les officiers 
de la garde nationale rédij^'èrent aussitôt um* énergique protestation, au sujet 
de laquelle le général Ambert écrivait le 14 mai 1872, dans le MouUeur uni- 
vt'vsf'l : u Ce document lespire une douleur profonde. En le lisant, on se sent 
ému. .. La sévérité du (Conseil denquéle a été d'autant plus sensible à la garde 
nationale, aux autorités civiles et aux habitants, que ce Conseil, présidé par 
un maréchal de Krance , est composé de généraux éminents entourés de 
l'estime universelh». » 

Une coûtait aux Ardennes celte guerre terrible, et Toccupalion qui s'en 
suivit? 

Contributions de guerre payées 1 .612. 141 32 

Impôts penus pai* Tau- \ Impôts directs 1 .633. 126 86 

torité allemamle t Impôts imlirects 800.513 80 

liéquisitions de toute nature 11.626.000 65 

Dégâts et pertes par suite de l'incendie ou autres causes... lî). 734. 283 69 
Valeur de titres, meubles ou autres objets mobiliers enlevés 
sans réquisition ÎL 193.91.-» 98 

Total 40.600.032 10 



Eglise. — Klle date «le 1499, mais ne fut terminée qu'en 1627. Uemplaçait 
l'église que brrtla l'incendie de 1308. L'église Saint-Julien de Brioude servit, 
entre temps, de paroisse. Le chœur et ses trois pans trop étroits remontent 
aux origines; car le style n'est plus le même pour le reste de l'édifice. Vers 1535, 
on recommençait les travaux ([n'avaient interrompu et les guerres avec les 
Impériaux et le siège, puis sans discontinuer jusque l'année 1586 : ces dates 
étaient inscrites, il y aura de cela ciiKjuante aimées, sur la voiUe. Le portail est 
de t.i8r>, « d'un beau et noble goùl, »' dit Victor Hugo. Par malheur, c'est une 
iU) ces façades tardives <ln seiziènie siècle, n'ayant achevé leur croissance que 
dans le dix-septièm»'. Le cl(»cher date de I62t>. Le plan général de l'église offre 
une nef coin[»osée «h» quatre travées. flan(|néede (juatre collatéraux, surmontée 
d'un transept dont la saillie suit la li^'ue des bas côtés extrém<'s, d'un chœur, 
de deux travées, et d'un«* abside torniée par- les trois côtés de l'hexagone. .\u 
pourtour du cliaMir et de l'abside, se développent ([uatre chapelles, puis deux 
travées reiiftM inaiit : l'une, la vis «jui monte au comble; l'autre, le passage 
poui- aller à la sacristie. L'architecte voulut construire une église assez vaste 
sur- un plateau i-estreiiil. Il y parvint en bâtissant une nef très étroite et sans 
poussée; en doublant la laj'^'.'ur »les liavécs pour supprimer les piliers et les 
contreforts et en appuyant sa construction, d'une part au pintail, de l'autre 
pari a l'absido. Les transepts et la nef, avec la façade des collatéraux, appar- 
tiennent à la «seconde é[>oqne : i:i;i2- t.'ir»»*). L'exécution matérielle de toute cette 
partie «'st parfaite ei. surtout le poiclie saillant qui précède le bras de la croix 
nuM'idionale. In p.*u recherchées s mis doute, les sculptures, mais délicates et 
puissaidesà la foi >. L'ensemble de 1 intérieur, trop étri([né pour la hauteur, n'esl 



point il'ui) elTet agréable, iii[ii$ ou 3 
sept Pl ses deux «grandes fenêtres ; 
garnii's de vitraux des quinzième rt 
ment. U'f légendes de suint Eloi, de : 
des litanies de la ViiTgc ; 
â droite de l'iiutel, cliapelle 
Saint-Henoit, dans une niche 
en stvli> nambiiyant, un christ 
iissis. fort curieux, datant du 
seizième siècle; les nt-rvurcs 
se réunissant dans la voilleeii 
pendentiTs niinutii 



iiiU Médiii''), (le s. 



i détails èlégiinls. I.e tr.ln- 
îepl hases llamhoyantes 



rouiii 



r les hus cùU 



les quatoiue grandes 
turcs ogivales â triple divi- 
sion et i-eniplies ou soninicl 
par une rosace; telles sont, 
avec ses inscriptions, les prin- 
cipales richesses intérieur 
de réglise ISolre-Kanie île 
Jléïiêres où se trouve la h- 
meuse vierge Noire dont lii 
fête se célèhre le l ~i aoùl. De: 
inscriptions commémorai ive^ 
assez nombreuses, nous nt 
relietidrons que : sur ]>ia(|ut 






r el I 



:i lett] 




dorées, la date de foudatii 
1499; lëpiUiphe, encore . 
lettres dorées et sur plaqi 
di- marbre noir fixée à 
muraille, croisillon sud 
transept — rappelant le 
riage de (Charles IX avec 
sabeth d'Autriche r — H'ic in ecelesia itu/Uiiti-iim soknmin inli-r Ciirolum IX 
Fi'ine. reijem et EUxtiliKlham Maximilinni Rom. Imp. lUiam celebrala fuei-e feli- 
eiter. Aiino IS70 tiie 27 y-ventbrU {voir Jadart : lks Lvscriptions de L'éoLiSK de 
MÉtiÈKKs, recueil île lexle historique du quinzième siècle, jusqu'à nos .jours}. 
lue cinvance absolument fausse, d'ailleurs, veut qu'au banquet nuptial, ait 
été mangé le premier diii<lon importé en France. Mentionnons qu'iin-di'ssus 
de lit porte d'ejitrée principale, faisant face à Saint-Julien, se voit peint en 
noir, d'après les ordres du Directoire, le mot Vi'n(j''<iitri\ Apri-s l'assassinat île 
nos plén i pote nliii ires au Ikmgrès de Ilusladt, 29 avril M'M, il fut décrété que 
cet '< appel au patriotisme » serait inscciL au fronton de tous les monuments 
s il est rare d'en retrouver une trace aussi pi'érise. 
siège de I8i:i, l'église, poicit lie mire |>our les assiégeants, fut Irès 
curé-iliiyen de Méziéres écrivait, le UU novembre de ucllc même 
ii-niil lien Ai'iUinies : « l.e 20 Juillet, jour de Sainte-Anne, pendant 
ment qui commeneait dès minuit el qui, de plusieurs batteries û 
uniquement dirigé sur l'église, au milieu d'une grêle de bombes, 
une enir'auli'e, api'ès avoir traversé le loti, est veuue percer la vortle à l'entrée 
de la chapelle de la vierge Noire et y ilessiua à |ii'u près sa circoiiférenci' |wir 
relie dune ouverture bien arrondie qui'lle y torni.i, mais y esl resiée Mis|ieiiilue 
de manière à laisser saillir son globe au-dessous île la voûte. i> S«\i juoius 



publics: 
l'enria 


>lle 


éprouvée. |.e 
année, au Jui 
le bomlKiidei 

la fois, était 



- 132 - 

t'fprouvép iTi 1870 : los boinbi-s trouèrent les murs, maltraité rent les voûtes, 
fiiisant voliT en ^cl:its ks pendentifs (|ui ilérnruii-nt leurs arêtes, fendirent 
tes pierres tombale» qui pavaient réf;lise, brisèrent de nombreux vitraux, 
notamment celui du lunilre-autel, celui igui rappelait la légende du Dragon. 
(Voir Meyrao : Vir.LEs kt Villaciw nus Ardkn.vks; voir aussi : .■ Rapport de 
M. J.-H. Couty. archilci-te, sur l't'tiit de l'i^jdise de Méiières après le sièiçe 
de IH'l », CouHRiKH Dvji Aroevnes, 3 muî IH7I.) 

1.» tierge Noire de Mézières attirait jadis un assez grand nombre de croyants. 
RrisiV pendant In p<^riode révolutionnaire, elle Tut remplacée par une vierge 
blani'lie à la<|uelle les pèlerins refusèrent tout homma^ie, toute confiance, si 
bien qu'il fallut au plus vite leur rendre une belle vierge noire. Hentionoona 
aussi deux chapelles, dont il ne reste plus vestiges, sous le vocable de Notre- 
Dame. I.a première, k la porte Sainl-iulien : « rinia<je miraculeuse (?) qu'elle 
renfermait était fort vénérée >■. I.a deuxième, à In porte du Ponl-d" Arches, ren- 
fcrmuit une imiige non moins miraculeuse, que les bateliers, au départ et au 
retour, ne nianiguaient poinl d'invoquer. 

Ch&teaux> — D'abord te eliilteau détruit en 1308 et dont, longtemps, il ne 
resta d'autres vestiges qu'une partie des deux tours. Puis le « palais des Tour- 
nelles » que firent élever, en i;i6G, Louis de <!onzague, gouverneur de Cham- 
pagne, et sa femme, Henriette de Glèves, ducliesse de Rethélois. On yarrivait 
par la rue des Tournelles 
— actuellement rue de la 
Préfecture ^ ou se trou- 
vaient ces deux curieuses 
enseignes r - Au IJon- 
d Or — Au Chef Saint- 
Jean " (voir Paul l.au- 
l'enl : les Anciennes rues 
r>K Mé/jèhes). Un incen- 
die, en 1097, détruisit ce 
« palais >i qui toutefois fut 
rei'onstruit; dans une de 
ses ailes, était, en 1750, 
établie l'école du Génie. 
r.'est maintenant l'hâtel 
de la Préfecture. 

Ecarts. — Le Theux, 

irio hnb.; un peu avant 

la commune qui porte ce 

tnéme nom. — l.e Camil, 

li liab.(voirBERTAUco[jiiT). 

I.e Porl-ltimxy, 12 hab. — La Warentui, 8 hab., 

• Prix; réuni depuis une centaine d'années à la 

n nom d'un terrain sur lequel était, autrefois, 

!■ l'hassi'. Sur la carte de Cassini. on lit : la 

ré de Saint-Sulpice que possédoicnt en ce lieu 

Les ('hanoinesses du Saint-Sépulcre 




Prélecture it Mttiins 



- Le PnnI 'k W'ii 
lép''ndait Jadis d 
:omniuii<- lU- Mri 



l s.'igni 



résiTvé le di-oil 

Cnriinf. Appar 

les Ifc-nédicliiisdeSaiiit-Huherl irArtl. 

de Cliarleville y eurent aussi quelques ternis. Aujourd'hui, ferrai 

Siiiiil-Jtili}-ii. Aulrefuiâ, bourg très importinil Où se ti-ouva jadis l'ancienne 
paroisse de Mi'zièies, sous ie vocable Saint-Julien de Rrioude. En Uo6, Samson 
de MauvijLsin, ai-rlievt'que di^ Iteinis, donnait Saint-Julien à Jorani, abbé de 
Mouzriri. Il y eonsirnisit un prieuré dont les revenus dépassaient, en 1780, plus 
de qu;ilre uiille livivs; mais il apparti'uail alors, et depuis ICSO, au collège 
de Cbarleville fondé par les Jésuites. On m; sair à quelle époque précise la 



pai-oisse niacéricnne fut, <le Satnt-Iutien, transportée ik Véf 
AssM maltraité en IStii pendant le 
Mêgi^ (le Mézières par les années 
alliées, Saint-Julien fut quasi tola- 
lement brûlé en 187t par une bal- 
lerie de mortiers pla- 
cée, sur la roule de 
Warcq à Fagnon. en 
avant du lois CIr-- 



BELVAL et 
SUEY. — Belval. 

- IL. nis. - I-:,, :r;. 
-n.i:.,7.— u.A.,H. 

— U. D.. 7.— Hecl., 
*90. — B. P., Cliar- 
leïiUe. — V. I.., le 
deuxième ilimancht' 

!eplr?nilire. ^ C' 



P. — G. 
Snry. — II., Ki6. 

— E., 40. — n. r.., 

H. — D. A., 12. — 
, D., H. — lleit., 



- B. P., Char 



!o 




-G. 



Teiritoire arrosé par le ruisseau île Sury. lu fontaine de Chnppes qtii se 
jette dans le ruistfau île This. les i-wissmFuar de Margnuvj et de Biiii, affluents 
de la Sonnonne. dont les deux bras forntërent, il 7 aura bientôt cinq siècles, 
une Ile appartenant h Gelval. Deuxième étage du leirtiin Itumii/ue : calcaire 
sableux cacfaé par les alluvions de la Sornionne. Troisième étage du lorrain 
liatiUiae : marnes moyennes, calcaires ferrugineux et argileux, marnes supé- 
rieures sulfureuses, et cendres végétales, pour BehaL Tmisiëme étage du 1er- 
nrin liassique : marnes sulfurtruses. Premier élaj^ du tennin jwatsique : 
calcaires oolithiques et argileux, et dans ce calcaire, mi>eUnns et pierres dn 
taille pour Siij-1/. 

Histoire. — C. de Vitry. Furent d'aboi^l distinctes l'une de l'autre; réunies 
en 1828; pois séparées en 1871. Le nom de Delval apparaît dans nos annales 
ardennoises, pour lu première fois, vers le dernier quart du onzième siècle, 
alors que la Chronique de Cabbnge Sainl-Uubtrt rapporte que Godefroy de Bouillon 
donnait au prieuré qu'il venait d'établir ilan s son cli&tean .1 la lerre de Givonne 
prés de Sedan, et la terre de Betval avec les manants et le four banal ", Quant 
À Sury. son nom se lit dans la charte de lUGS, relative A. la fondation du prieuré 
de Prix. L'Histoire ne nous apprend aucune autre chose sur le passé de ces 
deux communes d'origine fort loînlaine, et sur le territoire desquelles on aurait 
trouvé des tombeaux et des nrnies de provenance gallo-romaine. Rappelons 
seulement qu'en IS\5, alors qu'était assiégée Mfzir-res, les Prussiens avaient 
groupé toute leur artillerie sur les hauteurs de Sury, en arrière de Warcq. 

Ecarta. — Le Moulin, 6 hab. — Le itf«u/tn îles Pil'imt. M. -~ La Ccn*e- 
Laeour, ancien lieudit, appartenant autrefois (quindâme siècle) aux Chanoines 
de Slézièrea. — La Grituye-aux-lUiis, 73 hab., où se rencontrent, assez visibles 



— 194 — 

encore, les tracos d'un ancien château, détruit pendant la Révolution, alors 
qu'il appartenait au vicomte de llémont qui fut ofllcier à Tarmée de Gondé. 
Les Bénédictins de Prix possédèrent un magnifique parc à La Grange>aux- 
Bois. 

CONS-LA-aRANDVILLE. — IL, 710. — !•:., 20H. — 1). C, 7. — D. A., 8. 

— D. D., 7. — Hect., 1,002. — B. P., Neufmanil. — F. L„ la Trinité. — S. M. 

— Ch. S. métallurgiste mixte (patrons et ouvriers). Territoire arrosé par le ruis- 
seau du Moulin qui prend sa source au lieu dit les Trois-Fontaines, passe à 
Neufmanil, s*y accroît d'un petit cours d*eau arrivé de Pussemange et va se jeter 
dans la Meuse h Nouzon. Quelques autres ruisselets; notamment ceux de la 
Fayne et de la Fontaine (le Heu. Troisième étage du terrain ardoisier. Pre- 
mier étage du teirain liasnque : calcaires hydrauliques et marnes. Deuxième 
étage du terrain liassiquc : calcaires sableux, moellons; traces minerai de fer; 
territoire fort boisé. 

Histoire. — C. de Luxembourg. Semble dater du onzième siècle; n'appar- 
tient à la France que depuis 1769, alors que Marie-Thérèse le cédait parle 
traité de Bruxelles à Louis XV. L'année suivante, le Parlement de Metz l'incor- 
porait à la principauté de Chàteau-Begnault. La tradition veut que Gons-la- 
Grandville ait été construit sur l'emplacement qu'occupait une importante 
ferme romaine — Grandville — où fut défrichée une minime partie de la forêt 
d'Ardenne, à Tendroit dit : le Bois îles Ways, 

Eglise. — D'origine fort ancienne. Elle aurait été quasi -reconstruite en 
1780 et agrandie en 1830; d*ailleui*s sans aucun caractère. Lorsqu'en 1736 
François-Etienne, duc de Lorraine, épousa Marie-Thérèse d'Autriche, il faisait, 
affirme la légende, une donation très importante à l'église de Cons. Elle servit 
à l'érection d'une chapelle, sur le chemin de (iernello, à 600 mètres du village. 
Quelques années après, elle était en ruines. Celle que l'on voit aujourd'hui 
date de 1837; de très pauvre apparence, sans architecture, ne prenant jour 
que par la porte, elle est sous le vocable de sainte Apolline. Cons ne devint 
paroisse qu'en 1772 : relevait antérieurement de Wattrincourt, aujourd'hui Saint- 
Laurent. 

ChÀteau. — Au lieu dit le Rond-BoUi, la tradition place un château féodal 
qui aiiniit été rasé aux temps de la Jacquerie. On remarquait en cet endroit, jadis, 
d'assez nombreuses ruines calcinées parmi lesquelles un moellon offrant, non 
sans art, hî buste en relief d'un homme à la longue chevelure tressée. 

Sur les bords du large chemin qui traverse le bois, on voit toujours un arbre 
qui s'appelle la Potence, nom significatif : de même une partie du territoire, 
entre Cons et Saint-Laurent, se nomme ainsi. Dans le bas de Cons, s'élevait 
autrefois un chAteau seigneurial construit en 1650 probablement, et détruit en 
1770 : sur son emplacement, une maison de culture. Le château appartenait 
aux Chevardière de \aï (irandville dont le nom apparaît pour la première fois, 
le 2.') août 1698, sur le registre de l'état civil relatant le mariage de « messire 
de La Chevardière du Fret y » avec « noble dame Françoise de Castignaux ». C'est 
seulement en 1741 que la signature porte : •< de La Chevardière de La Grand- 
ville )'. Les Chevardière habitaient depuis fort longtemps le village : en 1320, 
un Thomas de La Chevardière était lieutenant-général du bailliage du Rethé- 
lois. Bien qu'inhumé dans l'église, aucune pierre tumulaire n'indique, jus- 
qu'en 1791, leur sépulture. Ils émigrèrent pendant la Révolution, puis rentrèrent 
en France avec les armées alliées. Toutefois, Marie-Thérèse-Ernestine de La 
Mock, veuve de Antoine-François, ne put passer à l'étranger : elle resta long- 
temps détenue à la prison de Mézières. Sous la seconde Restauration, un de 
La Chevardière fut nommé commandant de la place, à Rocroi; il y demeura 
jusqu'à la mort de Charles X. 



— 195 — 

Ecarts. — Le CMteau^Blanc, — Les Kroitmirs. — Le Congo. — Le Moulin 
qui devint scierie mécanique. — La Brasserie. — La Briqueterie, habitation d'un 
garde-chasse. 

Lieuxdits. — Le Buisson-Sainte-Genevieve où jadis les pèlerins suspendaient 
quelques lambeaux de leurs vêtements avant d'aller à l'église de Cous faire 
sonnerrAngre/itôpourcélébrerleurguérison soudaine ou prochaine. — LaCaure.— 
Moury, où furent trouvées de nombreuses armes, de nombreuses médailles 
d'origine romaine et gallo-romaine. — Le Champ de Bataille, Est-ce bataille 
entre les légions romaines de César et nos ancêtres ardennais? Est-ce combat 
aux temps du siège de Mézières (1521), que Bayard défendait contre les armées 
de Charles-Quint? (Voir Meyrac : Villes et Villages des Ardennks.) — La Houil- 
lère, rappelant quelques recherches infructueuses pour l'extraction de la houille. 
— La Massue, Yun des points les plus élevés du territoire (319 mètres); on y 
recueillit jadis du minerai de fer, mais pas en assez grande abondance pour 
que l'exploitation pût être fructueusement continuée. On y trouve un banc de 
grèves. 

EVIQNY. — H., 196. — E., 66. — I). C, 6. — I). A.. 8. — I). I).. 6. — 
Hect., 433. — B. P., Mézières. — F. L., le dimanche après \e 9 octobre. — Terri- 
toire assez accidenté qui s'étend sur deux collines du nord au sud, et dont les 
sommets se réunissent dans les forêts communales. Le point culminant atteint 
233 mètres à l'entrée du bois Jacquemart. Ces deux massifs forestiers s'appel- 
lent Raucomme et Louvant. Dans la vallée qui sépare les deux monticules, coule 
le Marbay prenant sa source au lieu dit : Fontaine du Ricossiau, et se jette, 
après un parcours de 4 kilomètres, dans la Meuse à Saint-Julien. Evigny s'étage 
sur le flanc de la colline qui se trouve à l'ouest du Marbay. Troisième étage du 
terrain liassique : marnes argileuses et pyriteuses. Premier étage du terrain 
jurassique : calcaire oolithique et terreux; carrières de moellons. 

Histoire. — C. de Vitry. Village très ancien et plus important autrefois qu'il 
ne l'est actuellement. Un lieudit : le Pré sous la Ville, justifierait cette hypo- 
thèse. Est cité dans la bulle de Grégoire Vil, donnée à Pise le 15 décembre 1 187, 
par laquelle ce pape énumère, pour les confirmer, les propriétés du chapitre 
de Mézières, lequel, dès sa création, posséda les dîmes d'Evigny qui donnaient 
en 1717 un revenu de 231 livres. Le nom du village figure aussi sur le Pouillé 
de 1306 — nous aurons souvent l'occasion de citer cet intéressant Pouillé — 
comme paroisse en titre avec Champigneulles et Mondigny. Puis encore il est 
cité dans le célèbre « compte de décimes », rédigé sur l'ordre de Philippe de 
Valois (1346); on y voit qu'Evigny était taxé « à vingt sols parisis pour sa part 
contributive d'impôts. » Mais que valaient exactement, à cette époque, vingt 
sols parisis : peut-être une somme très forte? Furent propriétaires à Evigny, 
outre le chapitre de Mézières, l'hospice de cette même ville et les Bénédictins 
de Prix. L'hospice possédait une ferme importante; laquelle, raconte la tradi- 
tion, aurait été donnée par deux célibataires sans postérité sous certaines con- 
ditions, notamment le droit pour Evigny d'avoir deux lits dans le dit hospice. 
Le titre original de la donation s'est perdu; on n'en possède qu'un duplicata 
basé sur la redevance annuelle de six double-décalitres un quart de blé que le 
fermier de l'hospice devait fournir à la fabrique d'Evigny. Cette redevance fut, 
en 1888, rachetée moyennant la somme de 400 francs. Evigny n'a pas laissé 
d'autres traces dans notre histoire locale. 

Ecarts. — Le Moulin, Un moulin d'origine très ancienne appartint aux Pré- 
montrés de l'abbaye de Sept-Fontaines. Dans le courant du siècle dernier, ils 
l'aliénèrent à cens avec retenue annuelle, non rachetable, de deux chapons et 
de dix sous en argent payables quand arrivait la Saint-Martin. Aliénation con- 
sentie par les religieux pour couvrir une imposition de 746 livres 10 sous 



— 196 — 

tournois à laquelle leur monastère se trouvait soumis. Ces moines possédaient 
éjzaloment à Kvigny d'assez nombreux prés et une belle ferme dont, en 1770, 
la propriété leur fut contestée par M. de Grandpré, seigneur de Warnécourt, 
et les habitants. En 1792, cette ferme fut vendue et achetée au district. Le der- 
nier fermier s'appelait Noiret; il habitait la demeure devenue la maison Mont- 
jean. La grange attenante, propriété Hénon, s'appelle encore la Grande rfii Ter- 
ra(/e. Ce droit de terrage était, au moment des moissons, prélevé par un piqueur 
que le seigneur désignait chaque année. La crainte de la prison ou peut-être 
même du gibet rendait très facile ce prélèvement (un lieudit ne s'appelle-t-il 
pas la Justice) : deux sols six deniers par chaque habitant en échange de 
54 hectares de bois. 

Rawome-LouvaiLc. — La commune d'Evigny paya pendant longtemps, à la 
Noël, une redevance de deux sols six deniers par chaque habitant, en échange 
de 54 hectares de bois qu'avaient, en 1258, concédé à Rducome et à Louvaux 
le seigneur de Helhel et son épouse « dame de Champigneul ». En io52, un 
jugement rendu par les « seigneurs de la cour du Trésor » au profit de mes- 
sine Jean d'Aspreniont, seigneur de Buzancy, Lûmes, Mohon et Evigny, imposait 
à la commune la continuation de cette redevance. A quelle époque précise 
cessa-t-elle de la payer? 

FAQNON.— H.,24(). — E.,76. — U.C.,8. — D.A.,9. — D.l).,8. — Hect.,1,027. 
— B. P., Mézières. — F. L., le dimanche qui suit le 18 octobre. — Territoire 
arrosé par le ruisseau des Rejets. Il prend sa source dans le bois de la Harmelle 
et ne s'appelle ruisseau de Fagnon que sur la commune de Warnécourt. Se 
jette dans la Meuse, à Prix, après un parcours d'environ 8 kilomètres. Eaux 
très légèrement pétrifiantes. Troisième étage du terrain Uassique : calcaires 
ferrugineux, marnes supérieures exploitées pour amendements. Premier étage 
du terrain liassv^ue : calcaires oolithiques et argileux; carrières de pierres de 
taille et de moellons dans ce calcaire, marnes argileuses avec boules de quartz 
dur, calcaires blancs oolithiques et terreux; calcaire schisteux. Terrain dilu- 
vien : minerai de fer; sable blanc pour briques réfractaires, argile excellente 
pour les poteries dans les cavités des calcaires jurassiques. Dans le fond 
iVErnyne, en amont des lavoirs à mines, une assez grande quantité de nodules. 
Territoire très boisé, surtout au couchant et au midi. Cotes 270 et 284 dans la 
forêt de Mellier. 

Histoire. — C de Vitry. Très ancien. Remonte au dixième siècle sans 
doute, mais n'était alors qu'un hameau de Prix, ou d'Evigny. L'histoire de ce 
village réside surtout dans l'histoire de son abbaye dont nous allons parler. 
En 1870, Fagnon fut occupé, du 25 octobre au 2 novembre, par les 64® et 8* régi- 
ments de la landhwer; du 13 au 29 novembre, par le !•*■ bataillon n® 41 de la 
Prusse-Orientale. Encore occupé lorsque, le siège de Mézières étant décidé, les 
troupes allemandes durent prendre leurs cantonnements. Ce séjour, à ces trois 
diverses reprises des troupes ennemies, coûta 65,870 francs. 

Ecarts. — Le Moulin, 5 hab. Ancien moulin banal sur les Rejets de Fabbaye 
au N.-E. Fut, de 1830 à 1832, atelier pour la fabrication et le forage des canons 
h fusil; vers 1853, clouterie mécanique; en 1860, redevenu moulin jusqu'en 
1884; puis, à partir de cette année, usine pour fabrication de charnières de 
j^onds, de paumelles, et pour polissage de fourches ardennaises surtout fabri- 
«[uées à Braux et à Monthermé. Au sud de Fagnon, un autre moulin qui, de 
1868 à 1880, fut fabrique de bois cintrés, industrie que Ton transportait à 
Villers-Semeuse; ensuite usine également pour gonds et paumelles, laquelle 
cessa d'exister en 1884. — Ecogne, 9 hab. Aujourd'hui ferme, autrefois un 
hameau qui parait avoir été de beaucoup antérieur à Fagnon. Aux environs 
d'Kcogne, un assez curieux phénomène géologique : de petits ruisseaux dispa* 



— 197 — 

raissent subitement sous terre; par exemple celui de la liass^.-Ecogne (territoire 
de Neuville-les-This), pendant la saison des basses eaux, puis il revoit le jour 
à 3 kilomètres du point où il s'engouffre. 

Sepi-Foniaines, 23 hab. Jadis abbaye célèbre, fondée par le comte Hélie qui 
tenait en flef, vers 1129, de Witer VIII, comte de Rethel, le château de Mézières 
avec ses dépendances. Et comme il possédait sur la paroisse de Warcq un 
domaine appelé Rune ou Runy, il eut, dit la chronique, « la dévotion de le 
consacrer à Dieu », et, pour cela, sa femme Odile consentante, il le cédait à 
Richard, premier abbé de Floresse — jadis ville, maintenant village de la pro- 
vince de Namur, — à condition d*y fonder un monastère de l'ordre des Pré- 
montrés. On voyait autrefois dans le chœur de Téglise abbatiale le tombeau 
du chevalier Hélie et de son épouse Odile : ils furent en 1698 transportés sur 
les côtés du sanctuaire par le P. Gérard, prieur, qui avait entrepris de recons- 
truire l'abbaye. Reconstruction nécessaire, car, écrivait dom Ganneronen 1640, 
'< ces bâtiments, qui vont en ruine, témoignent que le lieu est bien négligé et 
aurait bien besoin d'embrasser la réforme des autres pour se ressusciter. » 
A l'origine, des religieuses s'établirent autour du monastère : c'était assez la 
coutume, en ces temps, contre laquelle d'ailleurs protestèrent les Chapitres 
généraux de 1137 et de 1141, déclarant que les couvents de femmes seraient 
éloignés d'au moins une grande lieue des couvents d'hommes. Ces religieuses 
allèrent alors à Neuville. L'abbaye de Sept-Fontaines, qui avait à sa crosse 
sept cures — This, Neuville, Tournes, Sorcy, Le Chesnois, Auboncourt, Thilay 
et Fagnon, — fut mise en vente à l'époque révolutionnaire et achetée par Pres- 
solles, de Charleville, qui s'empressa de faire démolir l'église abbatiale, où fut, 
lorsque mourut ce PressoUes, établie, par sa veuve, une école de filles. En 1815, 
l'abbaye servit de caserne à 300 prussiens. Après la libération du territoire 
occupé par les armées alliées, on voulut y fonder une «< école secondaire ecclé- 
siastique )», mais ce projet resta sans suite. Aujourd'hui, Sept-Fontaines, trans- 
formé en château, appartient à M. Forest-Corneau. 

LAFRANCHEVILLE. — IL, 711— P. fl., 12.— E., 191.-0. G., 4. — 
D. A., 4. — D. D., 0. — llect., O.iG. — H. P., Mohon. F. L., le dimanche qui 
suit le 18 juillet. — B. B. — S. M. — G. — S. 0., ouvriers et ouvrières de la 
poudrerie Saint-Ponce. — Territoire traversé du sud au nord par la Vence, qui le 
divise en deux parties égales, recevant sur son parcours les ruisselets du Cor- 
beau, de la Suette, de Fontaine le Moine, de Fontaine- Mirée, Pente rapide qui 
lui permet d'actionner d'assez nombreuses usines. Troisième étage du terrain 
liassique : marnes et calcaires ferrugineux couverts par les alluvions, marnes 
sulfureuses, cendres pour l'agriculture. Premier étage du terrain jurassique : 
calcaire jaune oolithique et terreux. Terrain diluvien : terre argileuse jaune 
excellente pour la fabrication des briques. — C. de Vitry. 

Ecarts. — Le Moulin. Aujourd'hui maison d'habitation; était antérieure- 
ment un moulin à écorces qui relevait du Moulin-Leblanc. — Clôfay, 12 hab. 
Appartenait autrefois à la commune de Mohon; en 1272, Aubry, sire de Mohon 
et de Baâlons, cédait à l'abbaye de Laval-Dieu « ses droits et aisances » sur 
Cléfay et La Chattoire. — La Chattoire, 6 hab. Très ancien fief appartenant au 
chapitre de Mézières; formant alors « la limite du ban de Mohon », se compo- 
sait d'une « maison seigneuriale avec 10 arpents et 30 perches de prés, 11 ar- 
pents et 75 perches de terre; le reste en forêts. — Bois des Trois-Communes, 
La Francheville parait remonter au douzième siècle et, comme son nom l'in- 
dique, fut construit pour des colons — qu'affranchit de toutes redevances le 
chapitre de Mézières — au milieu des bois défrichés sur l'antique paroisse 
d'Evigny : le Bois de La Francheville, plus communément appelé Bois des Trois- 
Communes : La Francheville, les Ayvelles, Saint-Marceau. 



— 198 - 

Sa int -Ponce, — 1.'» hab. Où so trouvait, il y a plusieurs siècles, une chapelle à 
laquelle fait allusion uno bulle de (în'^^oire VU (15 décembre 1188), confirmaut 
au chiipitre de Mézières la possession de rentes et de dîmes à Aubigny, ChampL- 
gneulles et Saint-Ponce -- n'était-ce pas plutôt un prieuré? — En 1696, poudrerie 
qu'exploitelindustrieprivée; en 1777, poudrerie nationale, laquelle futsupprimée 
par arriHé du Directoire, 12 germinal an iv, à cause de ses explosions. N'était 
pourtant alors qu'un établissement d'assez minime importance : un seul moulin 
à pilon et un petit grenoir dans une étroite enceinte fortifiée. Redevint pou- 
drerie nationale lorsqu'il fallut, sous la Révolution, approvisionner les provinces 
belges rattachées à la France. Fut souvent éprouvée par les explosions : en 
1808, la plus ancienne dont on ait gardé le souvenir précis; en 1846; en 1848; 
en 1870; en 1873, l'une des plus terribles. Cette explosion fut si forte qu'elle s'en- 
tendit à l'extrémité du départemtMit ; cinq ouvriers mouraient affreusement : 
deux furent retrouvés carbonisés ; les restes des trois autres gisaient à 250 mètres 
de la poudrerie; en 1875; et la dernière en 1877 : un ouvrier fut dangereuse- 
ment blessé. 

aERNELLE. — H., 317. — E., HîK — I). C, 8. — 0. A., 10. — D. I)., 8. — 
Hect., 483. — R. P., Mézières. — F. L., le dimanche qui suit le 8 septembre. — 
Traversé par le ruisseau Infernal, affluent de la Vrigne, Troisième étage du 
terrain ardoisier où furent faites des fouilles promptement abandonnées : frag- 
ments de grès schisteux taché de rouge, ces tîiches s'étendent sur les faces de 
joint en formant un dessin foliacé. Premier étage du ietrain liassique : calcaire 
hydraulique et marne. Au lieu dit le Cul du Chaudron, altitude de 278 mètres. 

Histoire. — C. de Luxembourg. Cité en 1260, sans doute pour la première 
fois, comme faisant partie des terres d'Ardenne mouvantes du comte d'Orchi- 
mont. En 1360, (iernelle fut mairie, c'est-à-dire petit chef-lieu d'une circons- 
cription administrative dont relevaient, par exemple, Rumel et Issancourt. La 
seigneurie de Gernelle appartenait alors à la maison de Sprontin, une des plus 
anciennes familles naniuroises. Le château des Sprontin fut une forteresse 
redoutable souvent assiégée. Gernelle n'appartient à la France que depuis 1769, 
après qu'eut été signé le traité de Rruxelles dont nous avons parlé. 

Eglise. — Nous lisons dans notre intéressant, mais souvent trop crédule, 
annaliste dom Ganneron : Ckntuhies du Pays des Essuens : « Sainte Barbe, 

vierge, endura le martyre à Nicomédie je ne fais point icy mention d'icelle, 

à cause qu'il y a une partie de son chef à Nostre-Dame de Reims Mais à 

cause qu'il y a un os entier do son bras au village de Gernel près Mézières, 
tirant vers les Ardennes. » Dom Ganneron écrivait ses « Centuries » en 1640. 
Depuis cette époque, la relique du bras de sainte Barbe n'existe plus à Ger- 
nelle. mais l'église de cette paroisse conserve une statue de bois, du dix-sep- 
tième siècle, représentant sainte Barbe, avec la tour, son attribut additionneL 
Une petite chapelle située à côté du cimetière, à l'entrée du village, est aussi 
dédiée à cette sainte. (Voir abbé Frezel : Sacrarium ECCLEsiiK Remensis.) 

ISSANCOURT-RUMEL. — IL, 457. — E., 124. — D. C, 9. — D. A., 11. — 
D. D., 9. -- Hect., 548. — B. P., Vivier-au-Court. — F. L., le premier dimanche 
d'octobre pour Issancourt; le premier dimanche de mai pour Rumel. — Terri- 
toire arrosé par le l'uisseau d'Issancmirt, affluent, rive droite, de la Vrigne^ et 
(jui prend sa source an bois de Ville de Lûmes : il se nomme, alors, le mis-- 
seau du Robin des Loups. La vallée d'Issancourt est certainement l'une des plus 
belles du canton; les versants assez élevés donnent les altitudes 261 proche de 
Gernelle et 257 non loin de Chausson. Troisième étage du terrain ardoisier. Pre- 
mier étage du terrain Uussitfue : calcaire hydraulique. Deuxième étage du ter- 
rain liassique : calcaire sableux, moellons, sables, pierres à chaux. — C. de 
Luxembourg. 



de l'importante 
Ruines, Gernelte 
et Rumel, ainsi 
que presque tou- 
tes les localités 
voisines , appar- 
tinrent longtemps 
uu prieuréde Don- 
cherj-; et il est 
assez probable 
que ces hameaux 
furent construits 
parles moines de 
St-Médard pour 



— Rumd, 1 30 hab. — Rumes, 17hab. — Issancourt ût autrefois partie 
i de Rumes, aujourd'hui simple écart. Issancourt, 



lei 



métave 




Issancourt-Ituniel 
n'appartient à la 
France que de- 
puis le traité de 
Bruxelles, au dix- 
huitième siècle. 



LUMES. — H., 292. — E., 98. — D. C, 6. — D. A., ft. — D. D., (i. — 
Hect., (il4. — B. P., Médères. — F. I.., le liimanche qui suit le 18 octobre. — 
G. — Le niisseau tte la Truie au nord du territoire) puis quelques ruisselé ts : îles 
Fonteiteltes, de Vaier-à-Poni, des Gaillantises. Traversé sur une longueur de 
400 mètres par le canal de Ilomery. Le village est arrosé par le ruisseau que 
forment les eaux arrivant du Moulin-ii-Vent et de la Fontaine du Marlier : ils 
alimentaient, jadis, VEtanQ du Seigneur. Deuxième étage du terrain liassii/ue : 
calcaires sableux. Troisième étage du terrain liassique : marnes à ovoïdes fer- 
rugineux. — i'.. de Vitry. 

ChAteau. — Lûmes, d'origine fort ancienne, autrefois « terre d'empire », 
n'appartient à la France que depuis deux siècles. Ne possède de souvenirs 
historiques que par son château. Il était carré, composé d'une enceinte exté- 
rieure protégée par de larges fossés, et flanqué de tours aux quatre angles, 
reliées au centre par d'épaisses courtines; au centre le donjon. Restent in- 
tactes : une voûte longue d'environ 300 mètres et deux tours hautes de 
8 mètres et auxquelles sont rattachées deux fermes. Pendant la guerre de 
Cent ans, Eustache d'Auberchicourt, capitaine flamand au service de l'Angle- 
terre, après sa prise d'Attigny, s'y cantonna pour, de cette forteresse, ravager 
Le Chesnc, Donchery, Warcq, Méiières, Sedan et tout le Rethélois. Appartint 
en I.SHI au seigneur de Buzancy, de la maison d'Aspremonl. Il s'était déclaré 
le partisan de Charles-Quint. Il rançonnait les campagnes voisines et mettait 
au pillage les petites villes de la région. Il fallut que François 1" vint mettre 
le siège devant le château. La place ouvrit ses portes; mais un peu plus tard, 
d'Aspremonl ayant recommencé ses brigandages, on dut envoyer contre lui 
quelques troupes sous un chef habile, du nom de Maillard. L'expédition ne 
réussit pas. Le canon du roi fui impuissant contre les murailles du ch&leau, 
comme devait l'être sur le courage de sa garnison le supplice des dî-fenseurs 
de Linchamps. La mort de d'Aspremont put seule déteriniiicr la forteresse à 
se rendre. L'n jour qu'un soldat s'apprêtait devant lui à tirer sur les assii*'- 
geants et s'y prenait maladroitement, ce seigneur se saisit du canon et le pointa. 
Mais la pièce a}'ant éclaté, d'Aspremont tomba l'épaule broyée. Ou voit aloi'S 



— 200 — 

combien est fausse la légende reproduite par Lelong. Il n'est pas, en effet, 
exact que le capitaine Villefranche se soit, an moyen d'un stratagème, emparé 
de la forteresse en y pénétrant par un côté dégarni de défenseurs, tandis que 
les soldats s'obstinaient à fusiller ou arquebuser des mannequins déguisés en 
soldats. Quelques lieuxdits sembleraient rappeler certains épisodes du siège : 
le Vivier à part; le Blocus; la Terre de MaUieur. Peu à peu, avec les années, 
ce chàteau-fort tombait en ruines; il en restait, toutefois, d'assez importantes 
parties en 1777, puisque Louis-Joseph de Bourbon-Condé, prince d'Arches et de 
Charleville, louait alors, à cens perpétuel et annuel, aux Carmélites de Gharle- 
ville, « le vieux cbAteau de Lûmes avec les bâtiments servant autrefois de cha- 
pelle» circonstances et dépendances, remparts ou fossés, tant du dedans que 
du dehors, avec l'enceinte, jardins, fossés, clos et terres », moyennant trente 
livres de l'edevances annuelles. (Voir « le siège et la destruction du très fort 
chiUeau de Linchamps et du château de Lûmes, » par J.-L. Micqueau, de Reims, 
précédé d'une introduction par l'abbé Tourneur, t. xxi et t. liv : Travaux dr 
l'Académir de Ufjus.) 

Ecart. — l^e Moulin, Ancien moulin banal (sur la route de Mézières à Yrigne), 
dont la banalité exista dès 1671 pour Le Theux et Roniery. Fut pendant quel- 
ques années une filature et ensuite devint atelier pour modèles de fonderie. 

Lieuxdits. — Le Ch^s-Snint-Brice où s'élevait l'antique église fortifiée de 
Lûmes qu'un incendie consumait en 1607 et dont subsiste, actuellement, un 
pan de mur attenant à l'ancien cimetière. — La Croix-Saint-lirice, le Buisson- 
Su int-lir ire , le lian-SaitU-Brice, le Ptiquis-Saint-liriee, le Chemin du P^lquis- 
Saint-Hrice. entourent l'église actuelle. — Le Couvent, traces de vieilles cons- 
tructions, sans doute monacales. — Le Pih^uis des Croiœ rappelle une légende 
(voir Meyrac : Villks kt Villagks des Aiiden.xes). — liretonval évoque les inci- 
dents drain.'iliques dont fut suivie, en 1322, la rupture, par les glaces, du 
pont de Donrhery (voir le nu-me volume cité). — V Etanij, où furent trouvées 
d'assez nombreuses pièces à Teffif^'ie de Charles-Uuint. A l'endroit exact où se 
trouve le pont suspendu, il y avait, anciennement, un bac, pour passer la 
Meuse. 

MOHON. H., 4,260. — K., 1,330. — D. C, 2. — D. A., 4. — D. D., 2. — 
llect., 580. — IL P., Mohon. — F. L., le dimanche après le 22 septembre. — 
B. H. — S. M. rKf/alitê. — S. M. libre. — Fanf. munie. — Fanf. les Ateliers- 
Rthinis. — (i. — S. 0., employés et cmvriers des chemins de fer (section de 
Mohon-Mézières-Charleville). — Ch. S. des ouvriers en métallurgie de Mohon 
et des environs. — (',eirl«» d'études sociales le Combat. — Ateliers considérables 
de réparations établis par la Compagnie de l'Est pour tout le matériel des 
voi<»s ardennaises. — S. (]. (î., dite Consommation de VEst, — S. S. C. la Maison 
du Peuple. — Mohon est situé au con Huent de la Meuse et de la Vence et à la 
bifurcation des lifjnes de Thionville et de Heims. La route Nationale de Mézières 
à NeufcluUeau séj)are en deux parties ce bourg fort important. Deuxième étage 
du terrain liassitfur : calcaires sableux, calcaires de moellons. Troisième étage 
du terrain liassique : marnes. Terrain diluvien : terres à briques. 

Histoire. — C. de Vilry. L'une des plus vieilles paroisses de l'ancien doyenné 
<le Mézières; il est probable iju'elle fut, avec Lûmes, donnée par Samson de 
Mauvoisin, archevêque de Heims (1150), aux moines de Mouzon. De toute ancien- 
neté, la Maison de (iuignicourt y posséda deux fiefs; le chapitre de Mézières, 
éf(alement, y eut quelques biens, et aussi les Annonciades de Mézières, les 
Chanoin esses carolopolitaines du Saint-Sépulcre, les Prémontrés de Belair au 
lieu (lit, ceux-ci, de Cense-Canel. La paroisse de Mohon figure officiellement, 
pour la première fois, sur le pouillé de 1306; et faisait partie de son territoire^ 
la place Saint-Pierre à Mézières, où se trouvait la léproserie que nous avons 



signalée [voir : Hëzièbes). Hobon fui, en 1613, vemlu piir Mené d'Anglure, 
seigneur de Buzancy, h Louise île Lorraine qui ren^lobn liuiis sa principaulé 
de Chàteau-Regnault. Seize années plus lard, Louis Mil, ne vouliint pas laisser 
à la frontière une porte d'aussi facile acc^s, néEOciait l'i^chiinge de ces terres 
avec la vpuve de François de Bourbon-Conti, les oblennit par voie li'édianyes 
et le 10 mars 1629 les réunissait à la couronne, (voir doni Noél : SoTrcn histo- 
rique SUR LE CA>T0N DE HÊziÈREs). C'est vers cette époque, approximativement, 
qu'il fut question d'établir une manufacture d'armes fi Mohon : projet assez 
vite abandonné. En 1813, f'irent placées à Mohnn des batteries prussiennes 
pour bombarder Méiières {voir : lifvuB iiistobiquk des Abdonks, ti' vol).; et 
en 1870. lorsque cette ville eut à subir son troisième bombardement, les bat- 
teries — également prussiennes — furent placées dans le Bois- Portant. 

Egalisa. — L'une des plus curieuses du département. Pouiquoi faut-il que 
pour i< les besoins du service >' on ail ■> aveuglé » queU|itcs fem'lres? Ses belles 
voûtes à pendentifs, ses trois nefs, son 
portail orné de deux lours, lui donnent 
un pittoresque cacliet d'élégance et d'har- 
monie. L'ancienne église était sous le vo- 
cable de saint (!J1les; la nouvelle, terminée 
en 1611 — la date se lit sur le portail. — 
est celle que nous venons de décrire. Elle 
fut dédiée à saint Lié, un saint Berrichon 
du cinquième siècle, depuis longtemps vé- 
néré dans la paroisse, si nous en jugeons 
par tes « statuts d'une confrérie de Saint- 
Lîé » approuvée, le 29 décembre 1323, pur 
.1 l'ordinaire ». L'église de Mohon garde 
aujourd'hui les reliques qu'elle croit r-lie 
de ce saint, i.e •• chef » est " renfermé dans 
un reliquaire en bois doré ayant la forme 
d'une léte au sommet île laquelle un verre 
laisse voir la relique, tandis qu'un autrt' 
verre placé h la base laisse voir une ver- 
tèbre. Autour du support de ce reliquaire, 
on trouve sculptée, en lettres gothiques 
très anciennes, l'invocation : Snncle Lœle. 
ora pro nobis. Saint Lié. priez pour nous. 

Un autie reliquaire renferme une faraude Kguw i» Moimii 

partie des ossements du saint; en tout 

vingt-huit. C'est une ch&sse assez élégamment travaillée, en forme de coffre; 
elle est ornée de peintures d'un certain prix qui représentent les principaux 
traits de la vie du saint. Pèlerinage très court — fête plus encore que péleri- 
nafie — le lundi de Pdques et de la Pentecôte. (Voir Mevrac : Thadjtio.ns, 

LicE.\DKS ET CoUTUHh:» DES AHnE,\NE.1.) 

Chàtasu. — Nous lisons dans le CumE-JoA.-ssE : " Un voit dans l'église 
deuï tableaux donnés par .y°" de Sévigné — Flugdlation, et Desceule de CroU- — 
qui possédait dans les environs le château de JSodeijat ('!) dont restent encore 
des vestiges (??) » 

Ecarts. — Le Moulin - Lelilaac. 24 hab.. moulin ù farine mécanique. — 
La Fonje, 38 hab., quelquefois appelée <i la clouterie mécanique ». — Mamje- 
à-Pail. — Les lirannes- Moulues, 23 hab.; e» face Saint-Julien, an^le N.-O. 
du territoire, sur le Huifsekt des Gninnes qu'alimente lu FonUiino tles Deiiwi- 
lelles. I^s Graufies-Moulues et le Mou lin- Le blanc possédèrent, au seizième siècle, 
quelques importantes fermes. 




— 202 — 

NEUVILLÊ-LES-THIS et THIS. — NeuviUe-leB-Thîs. — H., 331. — 

E., iOt. — D. C, 10. - I). A., 12. — \). U., 10. — Hoct., 778. — B. P., Mézières. 

— F. L., le dimanche qui suit le 9 mai. 

This. — H., 109. — i:., 03. — I). C, 9. — D. A., iO. — D. D., 9. — 
Hecl., 444. — B. P., Mézières. — F. L., le dimanche qui suit le 9 octobre. 

— C'^ P. 

Lo petit ruisselH de Neuville arrose le territoire où l'on relève quelques cotes 
assez hautes ^249 et 256 mètres), mais principalement au bois des Ayviers, le 
signal topographique dit le Noir-Trou, le point culminant le plus élevé du 
canton. Premier étage du terrain jurassique : calcaires oolithiques et argileux, 
carrières de pi(»rres de taille et de moellons, marnes, calcaires oolithiques et 
terreux, calcaires schisteux et sableux. Terrain diluvien : minerai de fer, sables 
pour briques, et jadis exploités pour la verrerie de Monthermé, argiles pour 
poteries dans les calcaires jurassiques. Autrefois était cultivée la vigne dans 
cette paroisse où les Annonciades de Mézières possédèrent quelques vignobles. 

Histoire. — C. de Vitry pour les deux villages. Jusqu'en 1828, This formait 
une commune autonome, puis on le réunit à Neuville. Le 5 novembre 1871, on 
les re-séparait. Elles paraissent remonter, toutes les deux, au douzième siècle, 
et n'étaient, à Torigine qu'un simple « domaine dans la forêt de Thiérache », 
que Hugues de Bogny et Hermann de Warcq donnèrent à l'abbaye de Sept- 
Fontaines, lorsqu'elle fut fondée. C'est à Neuville, nous l'avons vu, que le 
premier abbé transféra les Chanoinesses venues se grouper autour de son 
abbaye. En 1500, Grauen de Maillard — famille originaire du comté de Huy, 
près Liège, — s'appelait seigneur de This, Tournemont, Neuville-sur-This, 
Guignicourt, Saint-Marcel-les-CJavy , Géromont (écart de Saint-Marcel) et la 
Forge-Maillart (écart de Thin-le-Moutier). En 1000, la Maison de Maillart ven- 
dait à la Maison de Mazarin, qui la possédait encore en 1790, la seigneurie de 
.Neuville. 

Sur la place du village, se voyait,- il n'y a pas longtemps, un énorme tilleul, 
18 m. de circonférence, dont le tronc creusé pouvait abriter douze hommes. 
S'y logeaient, d'ailleurs, les chaudronniers ambulants. Mais comme il était 
vieux, comme il menaçait de s'écrouler, la municipalité le fit abattre. Reste 
encore debout, sur le haut de la place, un autre tilleul planté en 1769, l'année 
même de la naissance en Corse de Napoléon P', et auquel dit tilleul — l'Histoire 
offre parfois de ces ironies cruelles — les Prussiens attachèrent leurs chevaux 
en 18L*), lorsque les Ardennes furent occupées parles armées alliées. En 1870, à 
Neuville-les-This, un épisode terribh». M. l'abbé Corps, Agé de soixante-quinze ans, 
et M. Guillaume, Agé ôv, soixante-seize ans, maire de la commune, furent liés, 
chacun à la sangle d'un cheval, puis traînés, cahotés dans la boue et sur les 
pierres du chemin. Les Allemands accusaient le curé d'avoir, en sonnant la 
cloche, signalé leur venue; quant à M. (iuillaume, arraché, mutilé, mourant, 
de la sangle où l'avaient lié ces brutes, on voulait savoir de lui qui, la veille, 
<c avait tiré sur la sentinelle ». M. Guillaume ne sut répondre. Il fut alors couché 
sur deux bottes de paille et cruellement bàloinié. L'adjoint, M. Bouxin, eut à 
subir ce supplice de la bastonnade; et ensuite on le somma d'indiquer les 
dix personnes les plus riches sur les(iuelles pourrait être prélevée une lourde 
contribution. Ils taxèrent à 1.000 francs M. Bouxin et le poussèrent à coups de 
crosse dans une voiture pour (ju'il lui fût possible d'aller quérir plus prompte- 
ment la somme; tandis (|ue le village était incendié, pillé, les femmes et les 
filles outragées, les hommes réfugiés dans l'église, sur le point d'y être rôtis! 

Ecarts. — Bnsse-Ecofjne, 9 hah., qui, avec Ecoijne, l'écart de Fagnon, formait 
autrefois l'ancienne « paroisse d'Ecogne » : VAscouia dont il est parlé dans la 
charte par laquelle fut fondée l'abbaye de Sept-Fontaines. — La Papeterie, 
5 hab. — Vieille-Ville, lieudit où furent trouvés de nombreux vestiges anciens : 



— 203 — 

tombeaux, médailles, poteries, restes de fondations plus ou moins éprouvées 
par le feu. Faut-il mettre Vieille- Ville — indiquant une antique commune dont 
l'Histoire a perdu la trace — en opposition avec Neuve- Ville? — Table des 
Fées, lieudit où l'on voyait une large pierre sous laquelle furent découverts 
de nombreux ossements, de nombreux débris d'armes. — Le Mont de Jules. La 
tradition affirme qu'au Mont de Jules le vainqueur des Gaules, César, eut un 
camp d'importance fort grande (Voir Masson : Annales Arden.naises.) 

PRIX-LES-MËZIÈRES. — H., :J80. — E., lUo. — D. C, 3. — I). A., 5. — 
D. D., 3. — Hecl., o08. — B. P., Mézières. — F. L., le dernier dimanche 
d'août. — S. l'Aurore de la Meuse, pêcheurs à la ligne. — S'étage, rive gauche de 
la Meuse, sur une collinette divisée en deux parties assez distinctes que réunis- 
sent l'école et l'église. Territoire arrosé, en outre, par les ruisseaux de Marhay, 
de Fagnon et de Vraéle. Deuxième étage du terrain liassique : calcaires sableux 
que recouvrent des alluvions. Troisième étage du terrain lias/^ifjue : marnes et 
calcaires ferrugineux que recouvre le terrain diluvien : terre argilo-sableuse 
jaunâtre, terres à briques. En 1825, des sondages se faisant pour rencontrer 
de la houille, jaillit une source d'eau salée que I'cmi voulut exploiter : exploi- 
tation interdite aussitôt par le ministère des finances. Aujourd'hui n'existent 
même plus les traces de ce forage, et qu'est devenue la source? 

Histoire. — C. de Vitry. Ce village, d'origine reculée, paraît remonter au 
dixième siècle, ou plus probablement au début du onzième : il tire son nom 
des poiriers qui, jadis, croissaient en abondance sur son territoire : villa de 
piris = village de Prix, à suite d'une syncope abusive de la voyelle médiane. 
En 1870, abrita l'une des batteries qui bombardèrent Mézières. 

Eglise. — Construite en 1806 sur l'emplacement qu'occupait l'église du 
prieuré Saint-Sulpice de Prix, l'un des plus riches de la région et relevant de 
l'abbaye de Saint-Hubert. Les Chartreux du Mont-Dieu possédèrent à Prix une 
censé de très minime importance. Egalement y furent propriétaires les Chanoi- 
nesses du Saint-Sépulcre, de Charleville. 

Ecarts. — La Poterie, 3 hab. ~ Mellier, 4 hab. — La CroLv-Husson, 4 hab. — 
Le Poirier, 7 hab. — Le Vigneau, — La Folic-Macè. — La Maison- M a haut, — 
La Plate-Forme. — Risquetout. 

SAINT-LAURENT. — IL, :îH. — K., 162. — I). C, 4. — T). A., 0. — 
D. D., 4. — Hect., 418. — B. P., Mézières. — F. L., le premier dimanche de 
septembre. — S. M. — Territoire arrosé par quelques ruisselets d'importance 
secondaire et traversé par la Meuse. Deuxième étage du terrain Hassû/ue : cal- 
caire argileux et calcaire sableux; carrières de pierres de taille bleues, notam- 
ment à Homery; carrières de pierres à chaux hydraulique, marnes argileuses. 

Histoire. — C. de Paris. Saint-Laurent, qui s'appelait, autrefois, VVatrin- 
court — ferme de Wauthier ou de Gauthier, — semble être d'origine assez 
ancienne. C'est dans le pouillé de 1300 qu'apparaît pour la première fois le 
nom de « Watrincourl », parmi les panûsses du doyenné de Mézières. Nous ne 
dirons rien de son histoire qui n'a pas laissé grandes traces dans le passé; il 
nous suffira de mentionner qu'en 1815 et en 1870, Saint-Laurent fut cruelle- 
ment éprouvée par les troupes prussiennes. 

Eglise. — L'église ancienne a disparu. La nouvelle, construite en simples 
moellons, n'est d'aucun caractère architectural. Elle n'est pas sous le vocable 
de saint l^urent, ainsi qu'on pourrait le croire, mais sous celui de saint Menges. 
En 1554, le village s'appelait « Watrincourt, dit saint Laurent ». C'est en 1740 
que disparut entièrement le nom de Watrincourt; on ne sait au juste quelles 
causes amenèrent cette disparition. — Pèlerinage à Saint-Laurent pourlagué- 
rison des maux de dents. 



— âOl — 

CbAUan d'urittine absolument niodei'iie. 

Ecarts. — Maka. 9 liiib. — Beilf-Bofse. — i£ Vivier -Guyon. 83 hab. 
Atirii'iine ferme ayant npparlenu depuis IH30 aux moines de Ijival-Dieu. — 
R'iinrry, 83 hab., sur le canal de dérivation ii quelques mètres, rive gauche, de 
la Meuse : possédait une très belle é|;IJse, paralt-il, dont on ne voit plus les 
ruines, même depuis plusieurs siècles. Kn ces temps d'autrefois, Watrincourt 
avait une étendue fort grande, au moins un millier d'Iieclares qui contenaient 
l.e Theux et Ville-sur- Lu mes, devenues, depuis, communes distinctes. 

SURT. — Avant 18T0, Belval et Sury ne formaient qu'une seule commune 
et ont l'ié disjoints depuis. (Voir, à Bklval, ce que nous disons de Sury : ce» 
(leuï communes ayant une histoire et un territoire communs.) 

LE THEUX. - H., im. - K.. 129. - D. C, 3. - D. .V., i.— D. D., 3.— 
Hect., 12:». — B. P., Méïièi-es. — f. I„, le jour tte l'Assomption. Us mai- 
sons s'alignent parallèlement k la Meuse, sur la route de Mé/iéres à Sedan. 




Laiotr du Tliinix 

DuuxiÎ!tne éta^i^ du terniin liasai-iue : moellons, wtlcaires bleus exploités pour 
dalles, marches d'escaliers, trolloirs, pavés plais, linteaux, éviers. 

Ecart». — l.a Xow^llf-Frimiv. 7 liali. — l.a CHlifunm. — L.4i'e ^iiria. 4 hab. 
— l.e Theux. distrait de Saint-Laurent en 1809 pour iHre rattaché k la paroisse 
de Méiières, n'est devenu que tout récemment commune autonome. 

THIS. - Voir Nkuvjllk-lks-Thi^. 

VILLE-SUB-LUMES. — IL. 201. ~ i:.. 77. — 11. i:.. G. — D. A., 8. — 
11. D., 6. — lied., Hlii. — I'. I'.. Vivier-auCnurl. — P. L-, le dernier dimanche 
de sepleuibrii. -— S. M. — Uu Unis de Ville, appelé quelquefois aussi Bois dt la 
liarenne, sorlejil [iln*ieiirs ruisselets ariosaiit le territiiire, parmi lesquels ceux 
lie Robin des Lou/is, <lu iloisntvd, du Piirii'lîs, tous ntllucnts, rive gauche, de 



— 205 — 

la Vrigne, Deuxième et troisième étages du terrain liassique : calcaires sableux 
et marnes. 

Histoire. — Erigé en commune le 20 avril 1872. Son histoire se confond 
avec celle de Saint-Laurent, dont Ville-sur-Lumes fut longtemps le hameau 
principal et qui, jusqu'à la Révolution, resta dans la Maison de Condé. Les Car- 
mélites de Charleville possédaient à Ville quelques fonds de terre; l'un de ces 
fonds loué à Mogue, le trop fameux révolutionnaire ardonnais. Le matin mC*me 
du jour où se livrait la bataille dite de Sedan, des francs-tireurs, auxquels 
s'étaient joints des pompiers de Saint-Laurent, embusqués dans les bois, har- 
celaient, tuaient les uhlans prussiens. Lûmes et Ville-sur-Lumes faillirent avoir 
le sort de Bazeilles. L'incendie allait être mis au village lorsqu'arriva cette 
sinistre nouvelle : Sedan a capitulé, l'empereur est prisonnier. Ivres de joie, 
les Prussiens ne songèrent plus h brûler Ville-sur-Lumes et Lûmes; toutefois, 
le soir venu, ils décidèrent de fusiller deux citoyens, des plus inofTensifs, pour 
l'exemple. L'un mourut foudroyé; l'autre, ayant entendu le coup de fusil, fit 
semblant de tomber mort. Les fusilleurs, le croyant passé de vie à trépas, 
l'abandonnèrent pour courir après un « mobile » fait prisonnier et qui s'en- 
fuyait vers Dommery. Le faux-mort alors de se relever bien vite, s'applaudis- 
sant de sa ruse ingénieusement hardie. 

Ch&teau. — Très autrefois une « maison forte » dont il ne reste plus ves- 
tige. Fut remplacée par un château que l'on voyait encore, au siècle dernier, 
et sur lequel se trouvent, aux archives départementales, quelques intéressantes 
pièces. 

Ecarts. — La Ferme île Boisenval, ancien écart de Saint-Laurent dont on 
gratifiait Ville-sur-Lumes quand il devint village autonome. 

Lieuxdits. — La Croix iie$ Hameaux où se trouve la cote 234 au-dessus du 
niveau de la mer. — Le Pré de la Cave où furent découvertes de fort nombreuses 
curiosités archéologiques d'origine romaine : tombes, pierres calcinées, armures, 
médailles. En ce lieu, la tradition placerait la cité àWngouri, l'une des plus 
importantes, l'une des plus riches de la Gaule-Belge aux temps de César. 
Masson, dans ses Annales Ardennaises, fait sur cette ville hypothétique, qu'il n'est 
nullement embarrassé pour décrire, une dissertation des plus longues, mais 
surtout, selon sa coutume, des plus complaisantes. Elle est reproduite, pages 552- 
55.1, dans Meyrac : Villes et Villages des Ardennes. 

VILLERS-SEMEUSE. — IL, 1,444. — P. 11., 92. - E., 338. — D. C, 4. — 
D. A., 6. — D. D., 4. — Hect., 703. — B. P., Mohon. — F. L., le dimanche qui 
suit le 8 septembre pour Villers; le dimanche qui précède le 22 juillet pour 
Semeuse. — C" P. — Villers est au centre. Semeuse se trouve plus au nord 
sur le ruisselet de Laveau et de la Merture, non loin de la Meuse qui traverse le 
territoire assez marécageux. Deuxième étage du terrain liassique : calcaire 
sableux recouvert par les alluvions de la Meuse. Troisième étage du terrain 
liassigue : marnes. C. de Vitry. 

ChAteau. — Existait jadis à Villers une maison-forte d'origine très ancienne, 
dans laquelle avait été prisonnier, en 1427, Jean Oudin, de Verpel, trente- 
neuvième abbé de Mouzon, l'un des amis les plus fidèles du roi Charles VIL 
Il s'était aliéné le duc de Bourgogne, quand celui-ci, profitant de la démence de 
Charles VI, détenait le pouvoir. Jean, pour recouvrer sa liberté, deux années 
après son emprisonnement, dut payer rançon très lourde. 

C'est sur l'emplacement de cette maison-forte que l'on croit avoir été cons- 
truit le château actuel, il y a trois siècles environ, par un général espagnol, 
affirme la légende. D'ailleurs il ne l'habita point, ses troupes ayant été refou- 
lées au delà des frontières, au moment même où les couvreurs s'apprêtaient 
à mettre la toiture. En 1753, les régiments de Champagne campaient entre 



— 206 — 

Mohon et Villers, sous les ordres du marquis de Brézé qui logeait avec son 
état-major en ce château, alors superbement aménagé pour le recevoir. Lors- 
qu'il fut, en 1790, confisqué comme « propriété d'émigré », il appartenait au 
comte Charles de Flavigny, maréchal de camp. Il faillit être détruit. Mais, diaprés 
l'avis d'H<irmois, chargé de faire un rapport sur Tétat des forteresses et des 
châteaux de l'arrondissement — la Convention ayant ordonné de détruire ceux 
qui pourraient être un danger pour la République, — les administrateurs du 
district de Libreville = Charleville, le conservèrent. Un dépôt pour la cavalerie 
y fut établi. Supprimé en 1870, ce dépôt fut rétabli en 1887. 

Ecarts. — Le Charme, 148 hab. — Les Roncea, 164 hab. — Route Nationale, 
102 hab. — La Croix, 20 hab. - - Rtjute du Fort, 12 hab. — Semeuse, 241 hab. — 
Un chemin qui conduit de cette section à la Meuse se termine par une vieille 
tour maintenant ruinée. Peut-être y avait-il en ce lieu, jadis, un bac pour 
communiquer avec Romery. L'origine de Semeuse est fort ancienne. Etait 
autrefois village très important; possédait, croit-on, son église, ayant ses sei- 
gneurs dont le plus ancien qui soit connu, l'écuyer Jean, fondait, dans la 
collégiale de Mézières, en 1283, la chapellerie de Saint-Jean, en l'honneur de 
son patron. Sur le ban de Semeuse, la fabrique de Mézières possédait deux 
censés; et les Annonciades de cette même ville, une propriété dite : Chalandry, 
Le territoire communal de Villers-Semeuse était beaucoup plus étendu jadis. 
On le diminua lorsque Saint-Marceau, ancien écart de Villers, devint commune 
distincte; en outre, on lui supprimait toute la rive droite de la Vence pour en 
former le ban de I^ Franche ville, notamment le Bjis-Madame ou, plutôt, le 
Bots de la Dame; enfin, nous apprend dom Noël, on lui prit encore, ça et là, 
quelques lambeaux de terrain pour arrondir les villages avoisinants. 

VIVIER-AU-COURT. — IL, 2,199. — E., 541. — D. C, 9. — I). A., 11.— 
D. D., 9. — Hect., 829. — H. P., Vivier-au-Court. — F. L., le 28 août ou le 
dimanche suivant. — C* P. — H. B. — S. M. — S. C. C. i*Union. — Harm. — 
T. — Le village s'étend au pied d'un coteau faisant face au midi. Son horizon 
est fermé de tous côtés, sauf à l'est, par des collines assez élevées : cote 203 
au sud de Moraimont; 225 au-dessus de Thumécourt; 255 au N.-E. en avant 
de la Vallée -Chausson. Arrosé par trois ruisseaux qui prennent naissance 
sur le territoire même : 1° ruisseau de la GoiUelle, ou de Moraimont, et 2« de 
WaUepré, qui se réunissent pour former le Thywée, affluent de la Vriyne, en 
face du château du Faucon, laquelle se jette dans la Meuse à Vrigne-Meuse; 
3° le ruisseau de Pourchuru ou de la Folirie dont les eaux proviennent de la 
Fontaine au,v Charmes^ de la Fontaiw* des Anyes, et qui est affluent du Thywée. 
Deuxième étage du terrain Uassique : calcaire sableux donnant des moellons, 
des pavés, de la chaux. Troisième étage du terrain liassique : marnes et frag- 
ments ferrugineux. 

Histoire. — C. de Vermandois. L'un des plus anciens villages du canton : 
daterait du dixième siècle. Son nom apparaît pour la première fois en 1040, 
quand Guy de Cliûtillon, quarante-troisième archevi^que de Reims, donnait â 
Richard, abbé de Saint-Vanne, la terre de Vivier pour clore une contestation 
ecclésiastique, qu'il serait oiseux de raconter. Vivier était alors la paroisse la 
plus importante de tout le doyenné. Sa superficie, d'au moins 2,500 hectares, 
englobait, notamment, Issancourt, Gernelle, presque tout Cons-la-Grandville. 
On ne sait au juste en quelle année Vivier fut réuni au comté de Rethel; mais 
lorsqu'arriva la Révolution, cette terre appartenait encore à la puissante Maison 
de Mazarin. Aucun fait saillant de notre histoire locale ne met cette commune 
en relief. 

Elle fut occupée — les armées alliées, en 1815, assiégeant Mézières — par les 
troupes du général prussien Zicktein qui commandait le camp de 3aint-Lau- 



— 207 — 

rent. Terrorisés, les habitants s'étaient enfuis; on dut les faire revenir à son 
de caisse, avec promesse de ne les point molester et de respecter leurs mai- 
sons. Durement réquisitionnée en 1870, après la capitulation de Sedan, mais 
pillée plus atrocement encore. Contributions, pillage et réquisitions représen- 
tèrent une somme d'environ 225,000 francs. 

Egalise. — Autrefois fortifiée. De style ogival. Plusieurs fois, reconstruite et 
remaniée. Semble remonter au seizième siècle. Le chœur est flanqué de deux 
tours circulaires fort anciennes, surmontées d'un toit conique en ardoises. 
Elles communiquent par une porte à l'intérieur de l'église; et sont mêmes d'em- 
brasures larges, basses et ovales, d'où pouvaient être, en temps de siège, bra- 
quées de petites « pièces de campagne ». Dans la massive épaisseur de la 
muraille, des escaliers en pierre conduisaient à des « fenêtres d'observation ». 
En cet endroit se faisait le guet. A 20 mètres en avant de l'église, deux autres 
tours semblables, autrefois; elles furent démolies pendant la Révolution. De 
hautes murailles, garnies de créneaux, reliant ces quatre tours, lesquels cré- 
neaux furent également abattus, à la même époque. On entrait par deux petites 
portes dans cette enceinte qui, jusqu'en 1865, servit de cimetière. 

Ecarts. — Au Court, 90 hab., non loin du ruisseau de Wastepré. Fut, à 
rorigine, une métairie dépendante de Vivier et construite par les moines ver- 
dunois, de Saint-Vanne. Au siècle dernier, les Annonciades de Mézières y pos- 
sédaient une petite censé. — Thumécouri, 560 hab. Encore, en partie du moins, 
propriété ayant appartenu aux Annonciades de Mézières. — Moraimont, 
160 hab. Il est parlé de Moraimont dans un cartulaire de 1220 quand Erman- 
sette, comtesse de Luxembourg et de la Rasche, mande à son cousin Hugues II, 
comte de Rethel, qu'elle reçut de son fils Hugues 111 « l'hommage pour le fief 
de Moraimont. » Il y eut en ce lieu, pendant longues années, un moulin à 
farine qui devint successivement forge et fonderie. — Berlichamp, où furent 
trouvées, de môme qu'au Pré des Pdquis et au-dessus des Quinze-Cents, de nom- 
breuses antiquités ayant une origine gallo-romaine ou, pour quelques-unes, 
plus moderne. 

WARCQ. — H., 881. — E., 230. — D. C, 3, — D. A., 4. — D. D., 3. — 
Hect., 919. — B. P., Charleville. — F. L., le premier dimanche de mai. — 
C*« P. — B. B. — S. M. — Harm. — Bâti dans une sorte de presqu'île que 
forment la Meuse, la Sormonne et le ruisseau de This^ et ne tenant à la terre 
ferme que par un isthme d'environ 100 mètres. Territoire marécageux que la 
Meuse sépare, le long de sa frontière orientale, d'avec Mézières. C'est à Warcq 
que la Sormonne se jette dans la Meuse, Quelques petits ruisselets : ceux de 
Fraéle, de Warcq, de làBoulisse notamment, sont à signaler. Premier étage du 
terrain tiassique : calcaire hydraulique, marne. Deuxième étage du terrain 
lia$sique : calcaire sableux, moellons. Troisième étage du terrain tiassique : 
marnes et calcaires ferrugineux au sud du village. Terrain moderne : sable, 
gravier et grève de la Meuse. Les très anciennes carrières de Warcq sont fort 
importantes. 

Histoire. — C. de Vitry. Nous lisons dans la Nomenclature des Communes 
(Charleville, 1823) que « l'origine de Warcq est fort ancienne. Cette commune 
qui, successivement fut ville, comté, chàtellenie, prévôté, existait aux temps 
de César. » Notre intéressant annaliste dom Ganneron nous dit : « La ville de 
Warcq-les-Mézières recognoist César pour fondateur et de vérité le reste qui 
se void de cete ancienne ville qui est une de prévostez du Rethélois, mais 
réduite à un piètre village, donne assez à cognoistre que c'estoit une place de 
conséquence avant que la proximité de Mézières l'eust despeuplée et que les 
guerres du pays l'eussent terrassée. » Les traces de cette chaussée romaine, 
qui formait l'embranchement de la grande voie reliant Trêves à Reims, sont 



encore visililt-s !!ur lu huiitciir qui domine l'raëlp : et l'importance de celle petite 
villp f^Liit telle autrefois qu'elle eut un « biireitu de talonnage i> où l'on venait 
de ti'<-s loin pour les vins et le blé. Quoi qu'il en soil, le nom de Warcq ne se 
lit onii-iellement. pour In première fois, que dans le pouillé de 1306 : c'était, 
à ri'ilt' époque, In piiroisse la plus imporlanle des vingl-trois paroisses compo- 
sant riincien iloyemié île Lauiiois. 

Wiiri'q assii^gé en 971 par Adalbéron. archevêque de Reims (voir, plus bas, 
(îriLLovj. D'après la f'Ai'oni'/fir' ik Mouzon, les fortidcalions de Warcq n'étaient 
que murailles en bois, revêtues de terre à l'intérieur: tours de bois fort élevées 
et placides sur les rives de la Sormonne et de la Meuse ; des fascines et des 
liaies d'épines iiarnies de redoutes en terre leur «ervaienl. à l'extérieur, de 
revêtement. Kn bois aussi les maisons et le chàleau de Warcq. Il est facile 
d'imaginer que les assié)(ennts n'eurent pas grand'pi^ïne à s'emparer de ces 
défenses, aidés qu'ils furent, en cela, par l'incendie. 

Wan-q fut uni, vers l'an 1091, au comté de Cbîiiy. En 1379 — date proba- 
blement inexacte, — Louis de MAIe, comte de Itelhel, achetait la châtellenie 
dt> Warrq au mcmienl où le comte de Chiny, diapamissant de la scène politique 

pour s'englober 
dans le Luxem- 
bourg, en faisait 
hommage au roi 
Charles V et ob- 
tenait de ce mo- 
narque, par let- 
tres-patentes do 
-23 avril 1380, que 
ladite chatellenie 
appartiendrait — 
et elle appartint 
jusqu'à la Révolu- 
tion — au comté 
de Rethel. Faut- 
il ajouter que la 
guerre de Cent 
ans, les comb^ 
entre Impériaux 
et Français, les 
guerres de Reli- 
gion et celles de la Fronde éprouvèrent Warcq maintes et maintes fois; sans 
compter " les armées du roi " qui vivaient sans ménagements sur le pays. D'où 
cette plainte en 107.'i contre les armées du maréchal do Créquy : « Les troupes 
ont campé trois jours sur le territoire de Warcq, ayant enlevé tout ce qu'elles 
ont trouvé; dévasté, détériorié en partie les trois quarts des maisons; brûlé 
les bois, coupé blés et prairies. » Rappelons encore, entre autres désastres dont 
s<m(Trit ce village, une terrible inondation en 1783 : la crue atteignit 2 mètres 
dans li^s rues de Warai et se maintint il ce niveau pendant quatre grands 
jours. Du haut de leurs greniers, les habitants multipliaient les signaux de 
détresse: mais comment les secourir"/ La Meuse charriait d't'mormes glaçons, 
les comnmnications entre Mézières et CharleviUe étaient impossibles, ou tout 
au moins fort dangereuses. L'n homme intrépide, Joseph Collin, au mépris de 
mille dangers, n''ussit k ravitailler Warcq, en allant de maison en maison 
porter des vivres, et sauva presque tout le bétail en si grand péril : son 
nom est de ceux qu'il ue faut pas oublier. 
Eglise. — Remonte au quinzième siècle; est d'architecture romane priml- 




Wftrcq 



— 209 - 

live, mais a subi de nombreux remaniements. Trois nefs se terminant par un 
mur droit, Tédifice n'ayant point d'abside. La date 1537 se Ut sur le vitrail de 
derrière le maitre-autel en marbre, de forme romaine, où se trouve repré- 
sentée l'histoire de saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse. A droittî et à 
gauche, deux vitraux, style ofçival, datant de 1540; on y voit saint Nicolas. Aux 
piliers, quelques assez jolis ornements sculptés, surtout des culs-de-lampe dans 
le style du quinzième siècle; quelques pierres tumulaires. A l'extérieur, un 
bas-relief long de 60 centimètres, encastré dans la muraille : la scène qu'il 
offrait est tellement mutilée qu'il est impossible de la reconstituer. Le porche 
est surmonté d'une tour massive, sans style architectural, et jadis crénelée. 
Toute cette façade est de construction relativement récente. L'église de Warcq 
possède quelques ossements « sans titre » renfermés dans une châsse en bois, 
et aussi un buste en bois qui représente un évèque mitre; sur le socle, rolte 
date : 1740. Le nom de saint llilaire, qui se lit dans « la table » dt? l'aulrl, 
contre le premier de la nef, côté de l'épitre, indi«{uerait-il la provenance de 
ces restes? D'autant plus que nous lisons dans dom (ianneron : « 11 y a, proche 
de Mézières, un village appelé Warc, qui a esté autrefois une ville comme les 
boulevers restez le donnent assez à cognoistre, où est une église de Saint- 
Hilaire, evesque de Poictiers, fréquentée grandement des pèlerins tant de France 
que des pays estrangers où se garde pareillement le chef de ce grand docteur 
saiâit Hilaire, evesque de Poictiers. » 

Ch&teau. — Nous ne parlons pas ici de la forteresse en bois qu'incendiait, 
et dont s'emparait Adalbéron, mais du chîlteau où furent réunies les milices 
de la région (1643), avant (ju'elles allassent secourir Rocroi assiégé. A cette 
époque, sept ou huit tours, que reliait une épaisse muraille, entouraient et pro- 
tégeaient \Varcq ; et, le long de ces murailles, des fossés que Ton pouvait, à 
volonté, remplir d'eau. Quelques-unes de ces tours se voient encore. 

Ecarts. — V Usine, 5 hab. — La Belle-Vue, 100 hab. — Les Granges- Ber- 
tholet, 139 hab. — Les Granges-Pavant, 71 hab., où les Hiéronymites de Belair, 
les Annonciades de Mézières, les Prémontrés de Sept-Fontaines, possédèrent 
autrefois quelques propriétés; par exemple les Fermes des Hermines et des 
Valentins. La censé des Grawjes-Beriholel, de l'autre côté de la Sormonne, 
appartint longtemps à la ville de Mézières et passait ensuite aux Chanoinesses 
du Saint-Sépulcre de Charleville. Les seigneurs de Pavant étaient d'origine 
champenoise. 

La Haute-Praele et la Basse-Praele, sur le chemin de Fagnon, ancienne ferme 
importante : fut en cet endroit la batterie XIV, lorsque les Prussiens bom- 
bardèrent Mézières. A Praële, se livrait, le 13 novembre, un combat petit, il 
est vrai, mais glorieux pour nous : l'ennemi, qui perdit cinquante-sept hommes 
en moins de quinze minutes, fut obligé de battre en retraite sur Sept-Fon- 
taines. (Voir tous les détails de ce combat dans Meyrac : Villes et Vill\gks des 
Arde.nnes.) 

Guilloy. — La Chapelle-Sfiint-Hilaire. — S'appelait Guilloy un village qui fut 
entièrement incendié et détruit, sans doute pendant la guerre terrible qu'en 
1033 Eudes, comte de Champagne, fit à Ebles de Roucy, archevêque de Heims, 
A Guilloy, s'élevait en 971, lorsque l'archevêque Adalbéron assiégea Warcq, la 
très vaste église Saint-Hilaire; et, dans une de ses chapelles, provisoirement 
gardées les reliques de saint Arnould, pendant que l'on construisait, dans l'en- 
ceinte du château de Warcq, la chapelle Saint-Jean où le comte Othon voulait 
les déposer. L'église fut incendiée, mais les flammes rtîspectèrent la chapelle 
où se trouvaient ces reliques. Adalbéron, qui s'en empara, voulut les envoyer à 
Braux, puis à Prix; or, un aigle, « qui va se nicher sur la pouppe et sons aide 
aucun, poussa le batteau contre mont au lieu de descendre à Braux. » Il 
remonta jusqu'à Nouzon (voir cette curieuse légende dans dom Gaiin «ron : 

14 



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OiNTURiEs DU Pays des Essuens). Il ne reste plus aujourd'hui de cet antique vil- 
lage et de son église que la petite chapelle Saint-Hilaire, construite eu 4804; 
proche la rive frauche de la Meuse à un kilomètre de Warcq, en allant vers Prix. 
C'est un lieu de petit pèlerinage. 

WARNÉCOURT. — H., 192. — K., .il. — I). C, 6. — D. A., 8. — D. D., 6. 
— Hect., a36. — B. P., Mézières. — F. 1-.., lavant-dernier dimanche de mai. — 
C'^ P. — Territoire arrosé par le ruisseau des Rejets, ainsi nommé de la 
fennp des Rejets — elle n'existe plus, — à l'entrée du hais de la Uamelle où se 
trouva la sourc(% et parle ruisseau de Warn^court, qui, réunissant leurs eaux, 
forment h» ruisseau de Fat/mm, affluent de la Meuse, en face de Prix. Troisième 
«'•tage du terrain liassii/ue : marnes sulfureuses et calcaires ferrugineux. Pre- 
mier étage du terrain jurassique : carrières oolithiques et terreuses; carrières 
ouvertes de pierres de taille et de moellons. — C. de Vitry. 

Eglise. — Dans la chapelle, de fort nombreuses inscriptions relatives à la 
famille de Wignacourt : -Anne de Bellestor vivante V<^ de messire Claude de 
Wignacourt, chevalier seigneur de Warnécourt, Guincourt, Artau, Mongon et 
To!iligny, capitaine dune compagnie de chevau-légers pour le service du roi, 
le susdit Claude décédé le lo août 1597 âgé de 5o ans et est inhumé dans 
l'église de Mareville-sur-Ouque auprès duquel lieu il a été tué par des voleurs, 
et la dite Anne décédée le 12 novembre 1612 Agée de 66 ans. — Messire Antoine 
de Wignancourt et Marguerite Daras sa femme, i630, 1653. — Messire Jean 
de Wignancourt « capitaine d'une C^" de cent hommes de pied pour le roj, 
15 octobre 1653 et dame Bonne de Tige son épouse, 1682. — Messire Daniel 
de Wignacourt, 1685 et dame Agnès Moet de Brouville son épouse, 1690. — Et 
enfin, pour ne seulement que les mentionner, les noms étant suivis de tous les 
qualificatifs seigneuriaux : Robert Antoine comte de Wignacourt, 1730 (ins- 
cription fort longue et ultra-élogieuse), fils de Antoine, marquis de Wigna- 
court seigneur de Warnécourt gouverneur de Donchery, 1736 et de dame Marie 
Hélène Madeleine de Villelongue de Brunehamel et Thierache, 1736. — Marie 
Louise Coujon de Condé épouse de Robert Antoine, 1729. — Charles Antoine 
François Marie, marquis de Wignacourt, 1759 (époque à laquelle appartenaient 
encore aux de Wignacourt la seigneurie et le château de Warnécourt). 

Ch&teau. — Ce chdteau, ou mieux cette maison-forte, fut, à son ori- 
ghie, 1322, possédé par le chevalier Bernier de Bernion qui, le 12 avril de cette 
même année, en rendit hommage à Jeanne de Rethel, fille du comte Hugues IV, 
laquelle venait de succéder à son mari, à suite de vente faite par Constauce- 
Antoinelte-Louiso de Wignacourt, seule héritière de la branche aînée. Sous 
l'époque révolutionnaire, lorsque des de Wignacourt il était passé dans la famille 
des do (irandpré, ce chàleau, nous apprend le rapport de l'officier Harmois, 
« ne pouvait opposer aucune défense, étant placé au pied d'une côte très 
escarpée. 11 ne pourrait que servir de tombeau à ceux qui auraient la témérité 
ou plutôt la sottise de vouloir s'en servir contre les intérêts de la République. 
Il existait, il y a une vingtaine d'années, des tourelles et un pont-levis; mais 
toutes ces choses ont été détruites, ce qui prouve leur inutilité. »> 

!)<' ventes on ventes, de transformations en transformations, ce château n'est 
plus aujourd'hui qu'une ferme plus ou moins somptueuse, n'ayant conservé du 
château que le nom. Tout proche, en faisant des fouilles, on trouvait deux 
carcans à clavettes enserrant encore des ossements. Il faut rappeler que les 
seigneurs de Warnécourt furent Hauts Justiciers. On y trouvait aussi, en 
mars 1899, de grands bronzes romains des empereurs Marc-Aurèle, Adrien, 
Antonin le Pieux, de Faustine mère et de Faustine jeune; puis, mais moins 
bi(!n conservés, des bronzes de Maximin 1*", de Cemnode, de Domitien, de Lucille, 
<le Julia-Domna. Les revers de ces médailles sont d'une fort intéressante variété. 



— 211 — 



Rcarts. — Le Moulin, 4 hab., sur le ruisseau des Rejets. — Le Petit-Bonheur, 
— La Hobette, 37 hab., où les Prussiens — dans ces deux écarts — eurent pendant 
le siège de Mézières, en 1870, un poste d'observation et des batteries. (Voir 
Meyrac, pages 582-586 : Villes et Villages des Arde.Nines.) 



IL CANTON DE CHARLEVILLE. 

Ce canton comprend onze communes : Charleville, Aiglemont, Damouzy, Etion, 
Gespunsart, Houldizy, Joigny, Montcy-Notre-Darae, Montcy-St-Pierre,Neufmanil, 
Nouzon. Il est borné : au nord, par le canton de Monthermé; à l'ouest, par 
celui de Renwez; au midi, par celui de Mézières; à l'est, par la Belgique. 

31,493 hab. — 8,086 élect. — 9,137 hect. 

On peut regarder les cantons de Mézières et de Charleville, avec celui de 
Monthermé, mais pour une partie seulement, comme équivalent à cette division 
du pays qui s'appelait, au temps de Clovis I"*', comté de Castrice = pagus 
Castrensis. Il tirait son nom, nous dit dom Noël, du château où résidait Toffl- 
cier royal chargé de son gouvernement; car il n'y avait pas, alors, de ville 
importante en cette région reculée. Ce pagus Castrensis fut partagé depuis, 
probablement dès le septième siècle, en deux doyennés : celui de Mézières et celui 
de Launois ; ce dernier ayant subsisté jusqu'à la fondation de Charleville. 
Lorsque, pendant l'époque révolutionnaire, la France fut divisée en cantons, 
l'ensemble des communes, composant aujourd'hui notre circonscription, se 
trouva réparti entre trois cantons : celui de Charleville, formé de celte seule 
commune; celui d'Etion, avec sept municipalités; et celui de Gespunsart, qui 
en avait dix. Sous le premier Empire, quand furent réduits à trente-quatre 
les soixante-dix-sept cantons ardennais, celui de Charleville s'accrut terri toria- 
lement; puis, en 1820, le traité des limites nous enleva Bagimont, Sugny et 
Pussemange. 

Le territoire est traversé par la Meuse, qui sépare les deux Montcy, baigne la 
montagne d'Aiglemont, arrose Nouzon et Joigny. La Sormonne ne fait que le 
côtoyer, à Damouzy. Quant à la Vrigne, elle prend sa source dans les marais 
de Gespunsart pour se diriger tout aussitôt vers Vrigne-Meuse et Vrigne-aux- 
Bois. Parmi les ruisseaux, nous signalerons principalement : le ruisseau de 
Neufmanil, ou de la Cachette, que forment la Goutelle, appelée parfois la 
Lutineric, et le ruisselet des Blancs-Caillnua; : il se jette dans la Meuse à 
Nouzon; — le ruisseau de Devant-Nouzon ; — le ruisseau de Damouzy qui longe 
Etion et se jette dans la Meuse au Moulinet, à (Charleville, lieu dit la Folie 
Roger : ainsi s'appelait une ancienne usine ; — le ruisseau du Temple, réunion 
de la Bassée et du rtî Bayard : il se jette dans la Sormonne. — Disons enfin 
qu'un canal d'environ 4oO mètres, taillé dans le schiste ardoisi<*r, le long de 
Montcy, évite aux bateaux le f^rand détour do la boucle, formée parla Meuse, 
qui contourne le Mont-Olympe, en passant devant Charleville. 

Deux parties distinctes dans ce canton. Lune boisée: Gespunsart, Neufnianil, 
Nouzon, Joigny, Montcy-Nolre-Dame, où se développe l'industrie du fer, avec 
une altitude moyenne de 200 mètres; — l'autre agricole: Aigleniont, Etion, 
Damouzy, Houldizy, Monlcy-Saint-Pierre. Les forrts, à l'état de taillis, abondent 
en chênes, dont les écorces sont précieuses pour les tanneries. Dans la zone 
agricole, on récolle, plus spécialement, le seigle, l'avoine et la pomme de 
terre; une assez grande quantité de légumes et du froment dans la partie 
limoneuse et sablonneuse du sol. 

CHARLEVILLE. - IL, 17,80o. — P. IL, 005. — E., 4,20:3. — D. D., 2. — 
Hect., 1,132. — B. P., Charleville. — F., le dernier lundi de janvier, le lundi 



aprè^ le 2i juillet, le [ircroier lunili d'octobre, le quatrièine|lundi de novembre. 
Har<')i<^s les lundis, jeudis et samedis; lous les jeudis, marché niiz bestiaux. 

— V. 1.., le premier dimanche d'octobre. — C. — T. — C" P. — C* Sauve- 
teurs. — It, R. — Société de Prévoyance, — S. M. des Employés. — La Pré- 
voyance curotopohtaine. — Les Ouvriers de la Ven-erie. — Chambre Con- 
sultative des -Sociétés dp Prévoyance, de Itetrailes et de Secours mutuels. 

— Chfiinhre de l^minerce- — Caisse il'lipurijne centrale. — Fnnf. munie. — 
Soc. Pliil, — KKludiiinlina. — S. cli. Irn Kiifauls lif. Chevf, — Chor, munie. — 




Bu» TU<ra »t Onuida Bu* it Cbuinilla 

Société de Tir. — S. G. l'Esi>''niitri: ^- Sociét»!* colonib. l'Ai'rienne, la Carolo- 
politiiine, le Rimiier. formant la Kédéraliim l'oloniliophile. — Lycée de garçons, 

— Lycée de filles. ^ Ecole Normale d'insliluteurs. — Ecole Normale d'insti- 
tutrices. — Petit Musée, à ses débuts. — Loge maçonnique construite, en 1881, 
rue di; Tivoli. — Temple protestant. - Bibliothèque [lyant environ 40,000 vo- 
lumes et 400 manuscrits. — L'nioii îles Commerçants. 

Sociétés diversi's parmi lesqnetles : Association des Percepteurs; — Associa- 
lion des Femmes de Charleville; — Comité démocratique d'Etudes sociales; 

— Siiciélé coo[>érative clés Travailleurs; — Cercle d'Escrime; — Société 
centrale d'Horticulture; — Mutualité scolaire; ^ Médaillés d'honneur; — 
Uriiiin artistique des Ardennes; — l'nion anticléricale; — Union déparle- 
iiiontale des Officiers et Sous-llfliciers de s<ipeurs-ponipiers; — Anciens Elèvfâ 
ilu collège et du lycée Chanzy: — Anciennes Elèves du lycée Sévigné ; — 
.anciens Kossat; — les Francs-(;jiloi> : — les Enfants de l'Arme blanche; — 

— Anciennes Elèves de l'école ^'onniL|p d'institutrices; — Caisse de retraites 
des Sapeurs - Pompiers : -- l'Eiuirgne : — Société d'Histoire natun^lle des 
Ardeniies; — Combattants de I870-18T1; — Lnion des Commerçants; — 
Association coloniale ; — l'éclieurs h la lijine (Lu Mulimik) : — Société Mater- 
nelle; — Union di" la Jeunesse arilennaisi- ; — (Euvn- de patronage des libérés; 

— Société de Médecine-VétérJuairi^ du dé parle ment des Ardennes; — Sjudicat 
professionnel de Pliarmaciens jIu département; — Syndicat des Brasseurs 
ardennais; ^Chambre syndicale des Industrii'ls métallurgistes ardeniiais ; — 
Association syndicale de iMédecine de la vallée de la Meuse ; — Chambre 



- 2ia - 

syndicale ardeiinaise de la Bouloiiticrie ; ~ Syiid. des A^iits généraux d'Assu- 
rances; — Chambre de Commei-ce ; -- Cli. S. des Ouvriers Brossiers, des Métal- 
lorgistes, des Typographes et Industries similaires; des Verriers, Tailleurs et 
similaires; — Association des Voyageurs de commei-ce; — Club des Cyclistes 
ardeiiiiais; — Union Vélocipédique ardennaise, avec section du Toui-iiig-Club 
de France; — S. C. C. la Maison (tu Peuple; — Fédération des Travailleurs 
socialistes des Ardennes, comprenant treize chambres syndicales; — lEtmcelk, 
cercle d'études sociales ; — Commission des Quatre Fils Aymon. 

Troisième étage du terrain ardoisier. Pi-eniier étage du terrain liiissùiue : 
calcaires hydrauliques et carrières dans ces calcaires. Terrain diluvien : terres 
à briques alimentant trois fours de briqueteries. Terrain reeeni : grèves et 
alluvions de la Meuse. Tout le terrain de Belair et les bois de la Havetière 
reposent sur le sol ardoisier. I,es escarpements de la Meuse, entre Charleville 
et Montcy, vis-à-vis le bois Lécuyer, sont formés par une série de schistes 
rouges et verts et de quartîistes verdàtres. Ces nuances se fondent quelque- 
fois dans le même échantillon. Au Warîdon, des masses calcaires assez con- 
sidérables afleclant la 
forme de grandes len- 
tilles et i-enfermant de 
nombreux fossiles. Ces 
roches, schistes impar- 
faits, tendraient à se 
diviser en feuillets; on 
voulut, autrefois, les 
exploiter comme mar- 
bre, mais il y fallut re- 
noncer. A Montcy, lé- 
paisseur de ces roches 
se tient entre huit et 
neuf mètres. Le lias 
se trouve du côté des 
allées et surtout sur le 
versant de la Terre <i 
'huile : le calcaire ar- 
gileux de ce groupe est Le twla Utuyer 

abondamment exploité. 

Quant au terrain diluvien, on le renrontre non loin de lu porte de Flandre; 
terre argilo-sableusc, pour la fabrication des briques, paraissant être le 
résultat de la trituration des argiles et des sables du lias. Ce dépât occupe- 
rait — du moins les géologues le supposent — le fond d'un lac qui, aux temps 
préhistoriques, aurait existé en amont de la gorge, h l'endroit où la Meuse 
pénètre dans le terrain de transition. I.e remous et le frottement des eaux. 
agissant à la surface des argiles du sous-sol, durent en détacher les parties 
nnes; et celles-ci. se mêlant aux débris du calcaire sableux en suspension 
dans le liquide qui circulait sur l'affleurement de cette formation, aidèrent 
à composer cette alluvion. 

Bûtoire. — Il est tout naturel, pour rappeler en quelques mots nos annales 
carolopolitaines, de passer la plume à Jean Hubert, l'intéressant historien de 
Charleville. Cité de création toute moderne, écrit-il dans sa Géooraphir des 
Abde.nnes, •• puisque sa fondation ne remonte pas au delà de 1606; mais ArcAe^, 
qui fut son berceau, appartient à une époque beaucoup plus reculée. Arches 
était une de ces maisons royales dans lesquelles les rois mérovingiens et 
carlovingiens recevaient et consommaient en nature le produit de leurs 
domaines ou certains impôts qu'on leur payait. Quoique situé dans le royaume 




— 214 - 

de Lothaire, il appartenait, en 859, au roi Charles le Chauve, qui se Tétait 
réservé soit à cause lie ses revenus, soit à raison des belles chasses qu'il lui 
procurait. 11 formait alors un domaine libre et indépendant. 

« En 894, le domaine d'Arches, dont le château avait été ruiné, passa, par 
la donation de Charles le Simple, entre les mains des évèques de Liège, qui le 
cédèrent très probablement aux comtes de Porcien. L'un de ces derniers, 
Jacques de Montchalons, le vendit en 1293 h Louis de Flandre, comte de 
Relhcl, qui le transmit à ses successeurs. Les comtes de Rethel ont toujours 
prétendu posséder la terre d'Arches en toute souveraineté. Cependant, 
Jean sans Terre est le premier qui ait pris le litre de seigneur souverain 
d'Arches, en 1415. La souveraineté d'Arches tomba, en 1566, avec les comtés 
de Nevers et de Rethel, dans la maison de (ionzague; et peu de temps après, 
en 1571, Louis de Gonzaf;ue obtint de Charles IX le litre de prince souverain 
d'Arches, au lieu de celui de seigneur souverain que portaient ses prédé- 
cesseurs. Il attachait une grande importance à sa terre d'Arches, et il lui 
accorda tous les avantages possibles. Il octroya aux habitants de grands privi- 
lèges, et il obtint pour eux, en 1581, du roi Henri 111, l'affranchissement des 
droits de sortie pour le blé et le vin qu'ils tireraient du royaume de France. 

« Charles de Conzague succéda, en 1601, à son père, Louis de Gonzague, aux 
duchés de Nevers et de Rethel, et à la principauté d'Arches; mais trouvant 
que sa principauté n'avait pas assez d'éclat, il conçut, pour lui en donner 
davantage, le projet de biUir une ville sur son territoire. C'est le 6 mai 1606 
qu(î Charles I*»" de Gonzague Jeta les fondements de la ville nouvelle à laquelle, 
par son décret souverain du 26 avril 1608, il donna le nom de Gharleville. 
Il l'entoura de fortifications, lui accorda des privilèges considérables et la 
dota d'institutions propres à assurer son ac<;roissenient et sa prospérité. 

« Mais bientôt il reconnut qu'il lui serait impossible de mener seul son 
œuvre complètement à fin. Il obligea donc les villes de ses duchés et celles de 
son gouvernement de Champagne à faire bâtir, chacune, une maison dans sa 
nouvelle ville. C'est ainsi que fut construite, entre autres, la rue du Moulin; 
et voilà pourquoi on lit encore sur la principale porte d'entrée de plusieurs 
pavillons les noms de Reim^, d'Epernay, d\Ay et de ChfllonSy à côté de ceux 
d'Atti{/ny, de M^ziéres, de Rethel et de Cfulteau-Purcien. Par ses privilèges et 
par la sécurité qu'il leur promettait, il attira un grand nombre d'habitants 
d<'s villes voisines. En 1609, il démembra du duché de Rethel la forêt de la 
Havetièrc et les villages de Lumt's et de Watrincmirt (Saint-Laurent) avec 
leurs dépendances, p«)ur les réunir à sa terre d'Arches et de Charleville. 
En 1612, il obtint de Louis XIII la sortie franche du rovaume des denrées de 
consommation et la libre entrée en France des objets fabriqués à Charleville. 
Charles de Gonzague fonda suc<*essivenient : en 1613, le collège des Jésuites; 
— en 1620, le couvent des Capucins; - en 1623, l'Hôpital ou Grand-Prieuré 
de la Milice rfirtHienne ; — en 1627, le couvent du Mont-Calvaire à Belair; puis 
il partit pour l'Italie où il mourut en 1<»37. — Charles 11 de Gonzague succéda 
à son aïeul Charles I«^; les dettes excessives que celui-ci avait laissées ne 
permirent à son successeur de contribuer que dans une proportion fort res- 
treinte à l'agrandissement et au développement de la ville de Charleville. 

<« H fut même obligé, en 1660 et 166*3, de vendre une partie de ses domaines. 
Après cette vente, il ne lui resta plus en France que la principauté souveraine 
d'Arches et Charleville, qu'il ne conserva pas longtemps, car il mourut en 
1665. — Ferdinand-Charles de Gonzague, successeur de Charles II aux duchés 
de Mantoue et de Montferrat et à la « principauté souvc^raine d'Arches et 
Charleville », Ht son séjour habituel en Italie. Il était représenté en France 
par le comte Balliani, italien adroit et rusé qui savait profiter de toutes les 
occasions pour rançonner les habitants de Charleville, ou en obtenir des 



— 215 — 

dons volontaires pour le prince. — En 1667, la population de Charleville était 
de 400 bourgeois. — 1668, établissement d'une maison de santé pour les 
maladies contagieuses. — 1680, les nommés Titon et Fournier s'associent pour 
acquérir la forge de Nouzon, puis y établissent des foreries et émouderies : telle 
fut Torigine de la manufacture d'armes qui subsista jusqu'en 1836. — En 1679, la 
dame Morel fonde la maison des religieuses de la Providence pour l'enseigne- 
ment des jeunes filles. — Ferdinand-Charles meurt à Padoue en 1708. — 
Àrrét du Parlement de Paris du 20 août 1708, qui supprime la Cour sou- 
veraine de Charleville et ordonne que les jugements qui émaneront désormais 
des officiers de Charleville ne pourront être rendus qu'à charge d'appel au 
Parlement. — Après la mort de Ferdinand-Charles, Henri-Jules de Bourbon 
se fait attribuer la propriété de la terre d'Arches et Charleville, à cause de sa 
femme, Anne-Palatine de Bavière, créancière de la succession du duc de 
Mantoue. Cette terre n'est plus dès lors qu'un simple fief, qui passe successive- 
ment dans les mains de M™* la princesse de Condé, de Louis -Henri de 
Bourbon, et de Louis-Joseph de Bourbon. — Création de l'Hôtel-Dieu, en 
1742; — des écoles des Frères, en 1765; — d'un bureau de charité, en 1778; 

— Charleville siège d'un district, en 1790; — le Pont-d'Arches réuni à 
Mézières, en 1791. . . » 

Nous ajouterons ces quelques détails circonstanciés : Charleville, depuis 
l'an 1708, date de son incorporation au royaume, formait avec Mézières un 
gouvernement particulier qui dépendait du gouvernement militaire de la 
Champagne. Fut aussi le centre de l'une des trois directions régionales pour 
les gabelles. En 1790, siège d'un district; alors la garde nationale remplace la 
milice bourgeoise, la compatjn'œ de la Jeunesse et la compagnie de V Arquebuse ; 
quarante de ces gardes nationaux furent envoyés à Paris pour assister aux 
fêtes de la Fédération, en même temps que ces fêles étaient solennellement 
célébrées sur la place Ducale. A suite de la loi du 2 novembre 1790, furent 
vendues les maisons monastiques des Récollets, des CanwH lies , des P rr mont rt's; 
les autres furent données par l'Etat pour être transformées en établissements 
d'utilité publique, par exemple : les Capucins, aujourd'hui le Tribunal ; le 
Sépulcre, aujourd'hui la Bibliothèque et l'école Normale de garçons. — 
Le 2 brumaire, an i de la Hépiiblique, le <( Conseil général de la commune » 
décide que Charleville s'appellera Libreville : le quartiei* Notre-Dame devint le 
quartier de la Montatjne; c«*ux de Saint-Ignace, de Saint-François et du Sépulcre 
furent les quartiers de YEunlité, de la Fraternité et de {'Union. — Après 
Waterloo, alors que les troupes alliées entraient en France, la ville fut violem- 
ment envahie et pillée par lavant-garde de l'armée du Nord, que commandait 
'le colonel Scheffer, puis frappée de lourdes réquisitions. — Encore plus cruel- 
lement rançonnée pendant le siège de Mézières, en 1815, période douloureuse 
qui recommençait pour Charleville en cette année 1871, si justement appelée 
par le poète : l'Année terrible I 

Egalises. — Charles I*"^ jeta les ron(l<*ments «le l'église Notre-Danio qui devait 
être l'église paroissiale. Une vaste place la séparait de la rue des Marbriers... 
sur le plan; car cette église, dont on a retrouvé la substruction, ne fut jamais 
terminée, l'argent ayant fait défaut. C'est donc la chapelle du Grand-Prieuré, 

— à laquelle on ajouta les bas-côtés et le chœur — qui fut érigée on paroisse. 
Elle occupait, vis-à-vis Vhôtel actuel du Commerce, l'emplacement où se trouve 
aujourd'hui le café du Petit-Iiois. L'église existante maintenant, de style roman, 
fut construite dans l'enclos appartenant à ce Grand-Prieuré de l'ordre et reli- 
gion du la Milice chrétienne; un titre sonore et sentant son époque! Architecte: 
M. Racine père. Les plans avaient été soumis en 1851. La première pierre fut 
posée le 7 juin 1860. Aux angles intérieurs du transept, près de la chapelle 
latérale, entre quelques peintures décoratives, trois toiles démontées de leurs 



— 2ir. — 

diA*sis, iTiievéfs Jr leurs coclres : Bnptrim- 'lu S'iiiil-Ri^!tparrioviii:Deici'nteiie 
(■(■">; Ri}iturrectf'jn ik Xnlir-Seigneiii; nltribiK*: à Nieoliis el Jacques Wilbiiult. 

i;n<' deuxième t^Klise, dilf de secimis, d'originp toule n'n'nte, se trouve bou- 
lev;ii-(l l>anitietu. 

bt Temple jirnlestanttist entre (li.'uxuiuisoiis,surralignettient, route Nationale. 

lie Mont-Olympe. — Kii dt'pit de ses rempnrls, dont il ne reste plus trace 
niiiiiilennnt, et de ses fossi'», Cliarleville ne fut jamais une place forte très 
redoutable : au^si, Charles de r.onza(tue voulut-il compléter sa défense en 
construisant un clidteau-forl sur la MontaunK du Chnttelet, oit se serait élevée 
- [liais â quelle (époque? — une forteresse immense; et nii'me se serait 



(■leudui; — ajout'- la tradition fort i 
>• (?) du cotulé de r.iistrice. Er 
eut sur c's luuil.'urs un cas 



impiaisante — une ville très peuplée, 
tout cas, il parait ù peu près certain 
i-um (lallo-romain. Cftte montagne du 
Ohastelet. que 

ron.luleur 




nivlholiifiiiiuenh'iit, M-Hf-Itlijmpe -- li'S armes de <Ihark-s de iionzaguc avaient 
jHjur i-imier cetti' nionln«ni' i-i''lèlirp aux temps antiques, — appartenait alors 
il la |iriurip(iHlé de OliiUeau-ltefçnaull, dont la juiuveruinn élail, en ce Icnips, 
la piincessc de Conti. Elle se trouvait donc « hors du royaume de France », 
Cinq liastiiius en terre et ileux (irosses toui*» cniuposérent d'abord cette fa- 
meuse redoute. Plus lard, elle s'adjoignit une enceinte formée de douze bas- 
tions, laquelle renfermait une deuxième enceinte, également bastionnée, qui 
proti^^eait la l'aserne, les magasins de munition, le logement des ofltcïers, 
et sans iloute aussi quelques babilatiiins <le marchands. On songea même à 
l'agrémenter d'une chapelle... qui ni- fui jamais achevée. L'accès du fort 
n'étiiit pus diflicile; saufau midi, toutefois, où la Meuse et un escarpement 
rapide lui servaient de di^fense aussi solide que naturelle. On y accédait par 
un sentier qui serpi-ntait sur le flanc de la colline. Or, comme celte forte- 
resse avait pour mission de prot<<ger Charleville et qu'il fallait pouvoir com- 
nniniquer aisément avin; la cité, Charles de Gonuigue (It jeter sur la Ueuse 
un pont de cinq arches. Il parlait de l'i'udroit ait la légende afllrme que les 
Druides firent souvent des sncrilices humains (?) — lieu dit le Do'jol. — pour 
aboutir à la place du Séjiulcre. 



— 217 — 

Naturelleraent, ce chàteau-fort, sur la frontière française, inquiéta Hichelieu. 
Aussi, lorsque la princesse de Conti eut échangé sa principauté de Chàteau- 
RegnauU contre «< les terres de Pont-sur-Seine », le cardinal engagea-t-il 
Louis XIII à se déclarer le suzerain du Mont-Olympe. C'était en 1629 : et, 
huit années plus tard, mettant à profit l'absence de Charles de Gonzague, que 
ses intérêts dans le duché de Mantoue attiraient en Italie, Louis XIll s'emparait 
de la forteresse, y plaçait ses troupes et nommait « gouverneur du Mont- 
Olympe, pour le roi », le sire de la Trémoille, duc de Noirmoutier, lequel, peu 
modeste, fit immédiatement à Thôtel des Monnaies de Charleville — il existait 
depuis 1625 — une médaille aux armes de sa famille, ayant au revers un 
Hercule portant le globe du monde, avec cette devise : Pour lui l'Olympe est 
un léfjer fardeau. Plus tard, le monarque, voulant accroître son chàteau-fort et 
le rendre plus majestueux, plus redoutable, y dépensa de telles sommes qu'à 
juste raison il put appeler ce Mont-Olympe son « Mont d'Or ». (Voir Revue 
HISTORIQUE ARDENNAisE. Voir aussi « l'affaire du comte de Soissons et la cam- 
pagne du maréchal de Chàtillon » dans la Revue d'Ardenne et d*Argon.\k. 

Lorsque Louis XIV — sur les conseils de Vauban — ordonna la démolition 
des petites places et des forts isolés de son royaume, le Mont-Olympe fut 
démantelé, et les matériaux fournis par ce démantèlement allèrent renforcer 
les travaux que l'on faisait en ce temps, 1686, pour la défense de Mézières. 
Deux pans de murs ! voilà tout ce qui reste actuellement de la forteresse. 
Quant à la colline, elle se transformait — année 1848 — en une charmante 
promenade que M. Lolot, son aimable propriétaire, mettait obligeamment à 
la disposition des promeneurs carolopolitains. Au sommet, un belvédère 
en forme de tour, assez délabré, bien que d'origine moderne, et qui, dans ce 
paysage qu'il domine, n'est pas sans un certain cachet. Furent démolis, à la 
même époque (1836) que la forteresse, les remparts (?) de Charleville : une 
enceinte conique, des fossés peu larges et peu profonds, quatre portes : portes 
de France, de Flandre, de Luxembourg, de Bourgogne ; — puis dix bastions : 
bastions du Maine, de Ltmgueville, de Gonzague, de Montferrat, de Bavière, de 
Lorraine, de Cléves, de Saxe, de Bourbon et d'Autriche, Disparut en même 
temps, aussi, le pont qui reliait le Mont-Olympe à la place du Sépulcre. 

Un ancien plan de Charleville nous a conservé la position exacte de ces 
fortifications. — A droite, porte de Flandre, le bastion de Longueville et 
celui du Maine, non loin de Mont-Joly. La porte de France, en face les Allées, 
est flanquée, à gauche, du bastion de Bourbon et, à droite, de celui d'Autriche. 
Le bastion de Saxe fait face à la Gare. La porte de Luxembourg, dite du 
Petit-Bois, est, à sa droite, défendue par le bastion des Clèves et, à sa gauche, 
par celui de Lorraine. A l'autre angle, tout à côté de la « maison Lolot », le 
bastion de Montferrat protégeait la ville, ainsi que, du côté de la Meuse, un 
rempart. 

Quelques anciennes maisons historiques. — Les casernes de Flandre et 
VHotel-Dieu de Saint-Louis, construits par ordre de Louis-Henri de Bourbon, 
prince de Condé, qui fut, de 1724 à 1740, gouverneur de Charleville. La ville, 
pour ces casernes, dut emprunter 40,000 livres, qu'amortit une taxe de six 
deniers par livre de sel vendue, mais dont furent exempts les Capucins et 
les Récollets. Les travaux durèrent deux années et dépassèrent 80,000 livres. 
Près de la porte du Petit-Bois, furent, en même temps, aménagées des écuries : 
il n'en reste plus vestiges aciuellement. Les casernes, ayant pavillons réservés 
pour officiers, devaient recevoir un bataillon d'infanterie et trois escadrons de 
cavalerie. — Quant à VHotel-Dieu de Saint-Louis, il remplaça le « grand Hos- 
pice » du Prieuré qui ne fut jamais terminé... toujours faute d'argent. — Le 
Tribunal, siège du district pendant l'époque révolutionnaire; ancien couvent 
des Capucins, fondé le 14 octobre 1628; donc l'un des plus anciens et, aussi, 



iti's plus impiiiliiiils (le la vill>> : 36 celiiilos, une. ruisinp. un n-fectoire, un 
rhniilTiHi'. urn; hi)ilîotlii>i]uc où se li-ouviiicnt, eu ITflU, lorsque fut fait l'inven- 
liiire ili!!i uiEkisous relijiiitises, t,l3fi voluuics. ilimt lui manusirits et 21* ouvra/ja 
itffeu'lii* ["!: ; un niaf{iiilii|ue jardin r>l une assez vaste i^<2lise. Le cimetière parait 
avoir oi't-u|ié reiiiplni-eiiitut où se trouve la inuiiton Uevillez. Des fouilles, en 
o't piKlroil, riivnt(li''<:i)uvnr le corps ilun capucin, avant onrore toute sa barbe, 
et [iarrail<':ni'i[l iiiii servi'. -- I,e liants impi^iial, Iniiisfunné, après l'incendie du 

Collèfie, en Lycée 
Ck'imij.— I^cou- 
ren( de» Ciirmfli- 
te», fondé le â oc- 
tobre 1632 par la 
ilucliefltte (le Mnn- 
loue. Couvent très 
licite, possnlant 
une mnison dans 
ta me Saint-Bo- 
imv>;iiture, une 
autre *ut le quai 
de la Madeleine 
et tin assez firand 
nombre de pro- 




\^IH 



■aies. 



Le domaine con- 
ventuel se trou- 
vait sur l'empla- 
cement qui s'é- 
leiid aujourd'hui 
de IVco'le Saint- 
Itemy il la maison 
liuilly. ^ l.e cou- 
ifnt 'ihi .S(-S-i>iJ- 
LycM Cbaoïy, à Cliarlsiilk ei'e. Sépiilcrines 

vcimes de Lieue, 
aviinl t-li- ili'[iiaiid''i's à r.''vi''i|ii(> id' cvHi- vill^ par le duc de Never». Ce cou- , 
VfLil [lussi'ila ili- iioiiil'R'Lisi'-i l't l[fs rii^lji's iiropriilltîs : iiotiimnienl ù Dooi' 
l'>-Mc#nil, à AiilMiiii-oiirr. à Cliroii, à Doni-liery, à Ktiiin, à Kresnois, h Ham- 
Irs-Moine-i. ix Molmn, à Monli^y-Saiiil-l'ii-ni', à Saint-Ai);[r)an, « Semeuse, & 
Tliiii. Il Vill.-rs-siir-ll:ii'. LorsiiiK' la lir-v»Julion eut aispt'rsi> ces relijjieuses, le 
i-iiiivi'iii H ses ili'[icnd;iiii'rs, ijm.-lann's ju-oiirit^ti- municipale, devinrent ]» 
roi)'';.'!' pour iiMiiptai-i-r l'amiiNi i.'idtètii- des Ji'-suiLes, rut! (lu Moulin. — 
le S'iiiinaire, l'i^cole Nurmale et la Itiblinlheque — reionstruite après son 

irii lii' - où se IruuvMiit •iivii-uii 40,[i(i(l volumes <!t WO manuscrits; la pins 

;;iMudi> partie de ces ouvrages pi-oveiianL îles alibayes de tiigny, d'Elun, da 
lii'Ival, du Monl-Dieu, d<'s Capucins et >lcs lliH^oUets de Charleville, des Mi- 
[linii's di' H-'l.li'-l, rli's IV^nrilielius île Moiizon et d'Klan, des collections prt- 
rir'iis.'s i|i' l'avoi'al l)an;.-er et du marquis de Sy. - Le romfiU de la l'n/videAee 
i'?t. sur la place des Ciipiuùus, aiijouni'liui le couv^-nt du Sacré-Cœur. 

l„i .U'f'ViV. Sa cousliurtiou dair de iXi:t : eu creusant les fondations, on 
tiiiiivail uni- plai[U'' ilr plmiili sur )ui[u.'lb' l'-lail éi'Hl (nous rajeunissons 
riiillKiyiii|ili--' : " Cliarli-s. duc di.' Mïf.Tuoi-! et de lli-liiellois, par la ^râce de 
Dieu, iiriun- souverain <rAr.'lie> rt r<>iidali-ui' iIp eelt>' ville de Ciiarleville, a 
mis la pivuii'-n; pierre de .-•■ palais, le IT> Joiti' de luars l'un I62r) et de la 
foiidatum i\r la ville le <'J°, ce qui soil, il la |:loire de Dieu tout puissant et de 



)a Vierge imniiiculép. •< A la Mairip, ui 
lie Nevers << jelant Ips fondements de 
l'Etat, en 1846. Le 
plan de Charleville 

— 1B06, mais les 
premières construc- 
tions datent de 1608 

— était des plus 
simples : au centre, 
une grande place 
iiuadranfjulaire à 
laquelle venaient 
aboutir les quatre 
principales rues, di- 
visant la vi Ile en q u a- 
tre quartiers é^mix ; 
trois autres places 
réparties dans ces 
divers quartiers; des 
rues tirées au cor- 
deau, (tes construit' 
lions régulières, le) 
était le dessin pii~ 
mitif auquel le com- 
merce, l'industrie. 



n excellent tableau qui représente le duc 
la Ville " i peint par l.eloir; doimé par 



wps 



et let 



d'une population i-^ 

toujours croissante 
ont fait subir, sans l'altérer toutefois, 
des églises, un moulin, un palais, det 




'IHMS^M^ 


^ 



TTPM il« vendMKt 
taie s'arrêtait h la place de Nevers, I 



place Ducale 

l'iniporlantcs modiBcations. Ln hdpital, 
aient compléter l'ensemble de la ville. 
Le palais était magni- 
fique, sur le plan; car 
si la première pierre en 
fut posée, nous l'avons 
vu, le 17 mars 1625, l'ar- 
gent manqua toujours 
pour l'achever. La fa- 
rade principale, se dé- 
ployant sur toute la lar- 
geur de la place Ducale 
(OU tous les lundis se 
lient, indépendammeiil 

iiLiiine, un mai'clié très 
suivi), à l'ouest, devait 
s'élendre à droite jus- 
qu'à la place St-Ignace 
et l'ancien collège, et fi 
}{aui:he jusqu'à la rue 
lies Itelhéliiis , aujour- 
d'hui rue des Marbriers. 
Son extrémité occiden- 
tracés à l'Italienne, occu- 



IW.I.-I 



lllill- 



l'TLlri- In 



s r('-lti>''I')is l'I. la riii' S.iiiil-I<i<'riv 
ihi |>al.-iis. la rniir ,h' Ux N<'iivilli> <-l la |<hi<-i: 
l'é(;lis>- <hl \\:xii!>; O'Iti- pl;u'-: tiniil son nom 
>'l. [irhri-, iiviint disp. 



lul-oni'st i!« la pinte Ducule, de 
A|ipiirl><iiaît?iit aux di'peuilaiiccs 
(II- rUriiii' où s't^levail, autrefois, 
■l'on ortiii> qui fut piaulé au lien 
u. fut ri'iiipUici' par un arbre en 



? (les maisons voisines, et <]iii, la plus rap- 
proriii^e di- l'iirliri: primitir, s'appelait lu MnWni 'Ir l'Onnf. 1^ cour d'iion- 
ni-ur ihi palais se di^veloppnit sur les ti'rrains où, depuis, fut construite la 
rui! du Palais. P^lle di'ïlioucliait sur la plaide entre deux bAtiments que reliait 
uni' ari-adi^. On voyait encore, en ITIM, une caiie de fer attarbée à la maison 
qui fiiisail, cùli^ droil, l'anfjle de la rue et de la place, d'où son nom : JVumon 
ilr lu m,/,' ili- frt. On y ex|)osait les individus condanini's au pilori. 

I.i' Ch<lt-'<iH ilf fVrnCu oeeupait sur le terrain où se trouve actuellement le 
quartier dit Saiiit-I)(nace, sur la place Ducale. Le mot << festu », s'applîquant 
il une luaison. siniiiliait i< abunilunné ». - HoM fie in d-oir-d' Artjent, rue 
Siiiiil-Jean [maintenant la rue Vietoire-C^ousin', et apiKLdenant h M. Vallée. De 
son hôtel il fit une snlte de thi'-àtie exipuf-, sans décors autres que des para- 
vents pi'inlurlurés, et ort, pourtjuil, sViilassaient les spectateurs. Puis afant, 
en iî'.MI, vendu sa l'r"i.r-ii'Aiyfnl. M. Vallée lit conslruii*, pour servir de 
lhëiUr>>, la maison qu'occupe maintenant, i-nlrée de la lïninde Hue, le Crfdit 
LydHHiiis. .1 où, pi-ndant assez lon|:leinps, fut rimprimerie l'ouillard. A cet 
euilri>it s(t trouvait la l'ameiise grille construite eu IHOC. vts-i'i-vis l'emplace- 




Lï Tiellle grille de ClurleiiUe 

ment qu'occupait la porte de France, <-t dont quelques (gravures de l'époque 
nous ont ronsi'rvc le tri-s pitloresque aspect. En 1B02 furent vendus les maté- 
riaux que domiait la <l(/niolition de o'ite f^rîlle. Notre thê&tre actuel date 
de 18311. 

1^ VKi-ri'rii; i]ui s't'-leml le long de la Meuse, au Moulinet, fut fondée en I6U 
par lin i^enlilliomnie nommi- Kerimnl DnKun, et eut, en son temps, la réputation 
d'être " l'un des plus Ixtaux urnumenls de la ville et de la souveraineté ». — La 
iliiHiif'ietuiv 'i'armi:!!, cmislruile sous Louis XIV, visitée par Pierre le Grand et 
par >'a|iol>'on l'^ l.ors de son iKis'^a^fe à Cliarleville. le ci'Itbre czar de Russie 
eoiicbail tluus l'iiôlifl pas encore trop déflj^uré cxlé rie uniment — qu'habitait 



— 221 - 

le lieutenant général du tutilliage; cVst la innisiin qui porti; Icîi n°* G el H. me 
(le Flandre, vis-à-vis la Manufarlun'. — La Miiison 'k In Syniig";,ue, où k'S Juifs 
venus d'Amsterdam eurent leur temple : de nos jours, ccinserve encon' ce 
nom. — Au bas de cette même rue des Juirs, la ilaison-Iilanehe, aujourd'hui 
délrtiile, oil résidaient « les sergents de la ville », — Mire/leur, maison de 
plaisance qu'eut au Petit-Bois Louis de Gonza(;ue : sur son eniplaci'ment Tut 
construite la sucrerie transportée depuis proche l'usine ii gai, et qui n'existe 
plus actuellement. — Le moulin d'Arches, ou moulin banal, au lieu dit aujour- 
d'hui le Moulinet. — Les Trois-Rois, hôtellerie mal Tamée de la nte Snintt!- 
Marie, qui Tut maintes et maintes Tois, jadis, le théâtre de scènes ultra-j^alan tes. 
— I.e palais il'.Arnhes : quel fut son emplacement? il est hypotliétique. IVut- 
ëtre occupait-il celte partir de Méziëres appelée fiuihour^ d'Arclit's. t'.f palais, 
que longeait une voie romaine — ou niérovin(j;ienne, — parait avoir iHé l'une 
des résidences préférées de nos piemieis rois francs. En IGOI. Charles de 
(ioniatiue était prince t't souverain d'Arches. Trouvant que sa principauté 
n'avait pas assez d'éclat, il résolut lii' fonder notre cité carolopolitaine, parce 
que n son vouloir et inlentiim était que le lii'ii auparavant appelé Arches, en 
sa souveraineté d'Arches, idl muinlpnant, et désormais, appelé Charleville. « 
l^s Chartreux du Mont-riieu, qui jiossêdaipnt une ferme assez considérable aux 
environs de Monl-Jolv, lu cédèrent à Charles di; lionzague en échange d'autres 
terres situées à Homerv et nu Tlieux. Les Moines de Mouzon el les Chanoinessi-s 
de Lavnl-ltieu en firent autant pour des propriétés qu'ils avaient aux environs 
de la gare actuelle. Le fondateur de Charleville se Irouvait donc eu posses- 
sion de terrains immenses. Au Diiyn, déjà, séli'vait un petit hameau ayant sa 
chapelle à l'endroit où se trouve la (ic^ '/'' l'arme, et sur l'espace corapiis 
aujourd'hui entre \apliice ite Xevers et le haut de la rue Boiirhun. — La Mniiufiicturc 
de tabaai, fin dix-septième siècle. A sifinaler aussi l'existence au l'on t-d Arches 
d'un fabricant de pipes, nommé .Nicolas M.irbev : c'est sans doute le premier 
imlustriel de cette spécialité dont fassent mention nos annales locales. 

Le Moulin, sur la Meuse. Sa construc- 
tion remonte à 1633 : <• Le plus beau 
moulin de toute l'Europe, voire de tout 
le monde, pour rexcellence de son bos- 
liment, » écrit, dans son enthousiasme 
exagéré, dom fianneron, qui ajoute : 
n n ne faut, aussy, oublier comment Ip 
prince s basty un pont sur la Meuse, 
qui est l'une des plus belles pièces de 
la ville, sur lequel il y a dis belles fjué- 
rites de pierre de taille couvertes d'ar- 
doises, cinq de chaque côté qui donnent 
un bel ornement au ponl. •• Le mou- 
lin est aujourd'hui édifice communal : 
diverses salles y sont nnién;if;ées pour 
réunions publiques, ou de st^ciétés scien- 
tifiques, répétitions music.iles, ou autres 
usages ayant un intérêt eonimun. Sa 
faeade se compose de quatre roliiinifs 
engagées, à bossage et chapiLt'iuix i<iiii- 
ques, s'élanrant de la liiisc au fallc <■! 
supportant deux à deux une coniiclx' 
coupée par le milieu et surmontée d'un 
fronton avec l'écusson de la ville dans 
le tympan; le tout « coiffé » d'un c 




e de bonnes proportions; construction 



en briques aveo pn-rri» 
lies Miimeiits. 

I.n pince Diicnle, — 
surQO mètres délurée; 
toitures pointues, et 
s^es qui ronnent un 
(telle est, à Paris, la 

A Cbarlevitle, ^crit 
y a la Krande plan' 
viii^l-quntri.' b(?3u\ 



'lits dt>s ren<ytres'et aiix angles 

126 iiièlres de long 
maison!) & hautes 
à arrades surhaiï' 
(immenoir couvert 
plai-e des Vosges], 
dom Ganiieron, h il 
Ducale enrichie de 
pavilliins.de quatre 
palais ducal; et an 
iiiilicu de ladite 
place, il y a un 
(crand bassin de 
marbre pourlafan- 
tiiisie. Tous les loits 
_v sont iviuvi-rls danioises, le tout basty avec 
tant d'arlifice que toute la ville semble estre 
le palais d'un i;rand roi. •' 

On voit encore, sur la iiliicp Ducale, les 
maisons aii-dr.'sus desquidles selevaii-nt les 
quatn- dAnii^s dont parle uoti-e annaliste : ce 
sont ces quatre maisons qui np si- Icrniineiit point eu toits ai^us. Ce dôme ét«H 
semhlalili^ à CJ'Iui qui surmonte enrore le couvent du Si^pulcre. Au-dessous de 
<;e-s divines r-tait un carillon <|ui, Iursque sonnaii>nl les lieures •'■ l'horloge, jouait 
les airs qu'aimait le prince de tionzague. Pour l.i Tontaine dt- la place Ducale, 
un proji.-t de statue -- celle du fondateur de Cliarleville — par Alphonse Colle, 
avec soubassi-inent par M. Petitllls, arcliitrcte-voycr. 

Le U"ii»menl. Sur le roml-pniul, au Ims des Allées, le fi[roupe de Croiiy, dit 
le 1. Monument ■■. Deux blessi'-s, à laliri du drapeau français : lun, debouL 
contn- une colonne, appuie sa main (tauclie sur le cûlé: de l'autre main, il 
tient un tronçon île sabre. I.e deuxième solilal, assis, de son doigt étendu, 
montre l'ennemi à son coni]ni)jnon. I.e piédestal, en pierre bleue, est une pyra- 
mide tronquiV; sur le socle est éiTit : 1H70-tS7 I, aux ArdfnnuU morts pour 




.li.nt les 



Ecarts. — Sous les H-n-h-s, 
Uunilhi:: il hab. — l.a VilH 
Mi<iillierm<).— La CiilliiiU: dans un fort 
llavetièi-e — jadis le bois d'AiiJii-s, — 
foii'-ls deTliiérache.— Le Moiilim'l ou, sel 

lin.'ls ". car il y l'ut jadis, et eiidi-oit, • 

ziènie siècle, un domaine rural uppailei 
Helhel, où se trouvait une maison for 
modeste. Ce lieu s'appelait alors E'I'iiiin: 
au .-fluvent de llerlliauiourt. l, Mézières. 
l'habit relitiicLix. Lorsipn- fut di*'truite la 
Rertlianrourt furent oIilif:<*s de quitter 



"/•Chiinlniil , — Chemin de la 
s*ali;j;neiit sur In route de 

deux vallon, à l'orée du bois de la 
le des rumirications des anciennes 
'orlbo{;rap)ie d'autrefois, h lesmou- 
X moulins. — Tiriili; était, au qnin- 
l à Jean de ItourftOfjne, comte de 
lodeste avec un jardin non moins 
n de Itour^iogne donnait ce domaine 
l'un de ses lils naturels avait pris 
Uiilelle de Méïières. les moines de 
faubour),'. Ils transportèrent alors 
Jarilin dont nous avons parlé et 
ni o.vorclé par surcroît une asseï 
' eurent de forts iniportants vigno- 
l n .■mcien plan muis ninnlre qii atlenait a ce couvent un chnelifre dit de 
■l.'iiiil-rrl. — La l'r-ii'i-i'-iil. oii les Cliarlrenx du Mont-Dieu avaient une 
I' ilépeniliuit il.- leur cio:iiaiiie qu'ils céilaienf p:ir échansie il Charles de 
lUiie. lnrs<liril fonda Charleville. Le* Piémouli-és de Laval-Uieu possé- 



:>mn]erenl ïi<-ihlh-in. Il leu 
,r jadis llézieies el Charlev 



- C-li - 
daieiit iiussi, chemin actuel île U Gravivre, quelques k'nviiii i|u'iN ct^dèreiil, 
pour le même but. au fondateur île noLiv cité. — Bi-lnir. 'iUO liah. envii-on; 
200 nx-lres au-dessus du niveau <Ip lu mer (Hubert dit 24i) urelresj. Kau- 
boui'}; qui réclame son autonomie communale. Tire son nom ik- s.i situai ion sur 
le penciiant d'une colline qui domine la Meuse. UoriKine moiliiiie, np iloilson 
exislenee qu'aux lliéronymites appelés eu ce lieu |)!ir <:ii<trl>'s ik- (ioiiin^ue. 
L'ne tradition veut que ce monastère, commencé en IG27 et acliev.; en Iiii9, 
et qui tout d'abord se nomma le Ctilvuire, ait été construit â la jn>-NiP dislance 
de Charleville que le Calvaire l'esl de Jérusalem. Le 36 août 1676, les Hiéro- 
Dvmites furent remplacés par des Chanoines de Prémontré. Le couvent fut vendu 
sous la Révolution, comme bien national. Autour du monastère s'éUiienl, ù 
l'origine, groupées d'assez nombreuses fermes; premier novau de ce faubours 
qui, jadis, eut une assez considérable fabrique de bouffies. Vn ruisselet, ù l'est, 
le sépare de Charleville et de Montcy. — Monljoli/. Entre lit loute de Flandre 
et la voie ferrée, sur le versant d'une colline; la plupart -les iirairii-s dnnl se 
compose cet écart appartinrent jadis aux religieux di' Iktlilécm ; les Chartreux du 
Hont-Dieu y po.isédaienl une ferme. — Lv Fnnd de S<mti. Lorqu'en l'année 1699 
Charleville fut ravagé par la rougeole infectiense, qu'alors on appela " fièvre 
populaire » parce qu'elle atteignait surtout les classes pauvres, c'est à la <• maison 
de santé », proche le ruisseau d'Etion. que furent transportés et soignés un 
fort grand nombre de malades; d'où le nom de cet écart. 

Le PetU-Jlois. On suppose parfois, mais faussement, que le Petit-Bois, jadis 
propriété des ducs de Nevei-s, aurnil été, surtout à l'endroit où se trouve la 
clouterie Gailly, un écart de Charleville, parce que la porte de LuxeinhouiQ 




.' 1.1 ruo Korest — 
arolupoli laine. Le 



PstlU clontlin dènitluit 



— elle s'élevait h. l'intersection de la me du Petit-Hoîs el i 
séparait ces terrains, encore vagues en 1840, de la cilé 
Petit-Bois Ht toujours piirtic intégrante de Churleville. 

AIGLEHONT. — H-, 154. — E., 206. — 11. C, .i. — I). A- S. - J». I>., 6. — 
Hect., 885. — B. P., Charleville.- V. L-, le deuxième dimanche de juillet. — 
B. B. — S. M, — Chambre syndicale des ouvriers métallurgi^les. — Société 



224 

coopi^rative de consommation ^Epargne. — Territoire arrosé par la Meuse qui 
sert (le collecteur à maints petits ruisselots parmi lesquels le Tanimont et la 
Jonfjuette, et le ruisseau de (iranilville. En partie couvert de bois, surtout au levant 
et au nord, et parmi lesquels : le hois R'njnolet, 291 — la cote du village est à 260, 
et celle de Varbre Lit/neul à 281 ; — les bois de Grucy, des Hazelles, de Gely, de 
Pri}-Uernard et surtout du Difft^vend qui borne la commune du côté de Saint- 
Laurent. Egalement est boisé le versant des collines qui longent la Meuse : cette 
partie s*appelle Walhes d* A fi/ le mont. Troisième étag(î du terrain ardftisier. Pre- 
mier étage du terrain liassitiue : calcaires hydrauliques. Deuxième étage du 
terrain liassûjue : calcaires sableux, moellons, sables jaunes. — C. de Vitrv. 

Eglise. — Il y eut dans l'ancien village de (ihampeaux, le vieil Aiglemont — ou, 
pour orthographier comme autrefois : Es-le-Mont = sur le mont — une église 
célèbre sous le vocabb' d<* saint Quentin. Mais après le siège de Mézières en 
iH2i, disparut ce bourg tani il fui atrocement incendié et pillé par les Impé- 
riaux. Ceux de ses habitants qui survécurent transportèrent alors leurs demeures 
sur le haut de la montagn** et fondèrent Aiglomonl, d'où le nom du village 
qu'une élymologie fantaisiste ferait dériver d'Aguilie-Mons := la montagne de 
l'aigle. . . romaine. Ne pas oublier tout<'fois qu'au lieu dit le Champ de Bataille 
furent trouvés des débris d'armures, des ossements humains et des tombes 
que l'on croit être d'origine gallo-romaine;. En outre, au pied de la colline, un 
gué dit 1«' Gué des Uomains où les soldats de SickingtMi et de Nassau passèrent 
la Meusp lorsqu'ils firent n*traite sur la Picardie, lo21 ; nous verrons souvent 
combien cette retraite fut cruelle pour maints de nos villages ardennais. Dans 
ce pillage i\\u' nous venons de relater, l'église d(; Champeaux n'avait pas été 
détruit!'; mais comme, par la suite, elle tombait en ruines, il fallut la rem- 
placer — vers l'an l.'iSO, — et l'édifice nouveau s'éleva sur la colline au milieu 
du village d'Aiglemont. Cinquante années plus tard, fut bâtie, sur remplace- 
ment qu'avait occupé la ])rimitive église de Cbampeaux, une petite chapelle 
sous le vocable de saint Quentin : devenu lieu, d'ailleurs peu fréquenté, de 
pèlerinage. L'église actuelle date de 1830, ayant remplacé celle que nous avons 
dit avoir été construite en 1580. Dans le cimetière, encore en souvenir sans 
doute, une autre chapelle dédiée à saint Quentin. 

Château. — Au lieu dit Bois du Jeune et du Vieux-GHy exista, jadis, un 
château depuis longtemps disparu et dont les origines ne sont pas très pré- 
cises. Il aurait été pris d'assaut et rasé, en 1521, avant ou après le siège de 
Mé/ières. 

DAMOUZT. — H., 347. - - E., 124. — D. C, W. — I). A., o. — D. D., 6. — 
Hect., 880.-- H. P., Charleville. — E. L., le premier ilimanche d'octobre. — L'n seul 
ruisselet important arrose le territoire qu'il délimite d'avec ceux de Tournes 
et de llouldizy : le ruisseau de la Bassre — du moulin de la Bassée qu'il active — 
également app(»lé ruisseau du Temple et, à sa partie supérieure, ruisseau de 
Honldizy. Un autre petit filet d'eau tellement maigrelet qu'il est souvent à 
sec, c'est celui qui, prenant sa source à Damouzy, traverse Elionetva se jeter 
dans la Meuse, rive gauche, au Moulinet. Troisième étage du terrain ardoîsier : 
schistes imparfaits. Premier étage du terrain liassiipie : calcaires sableux et 
inoe Ions. - - C. de Vitrv. 

Eglise. — L'îincienne église de Damouzy, détruite en 1637 et remplacée par 
l'église actuelle, était fortifiée. Au nord, lieu dit Ruelle de Nouzon, se trouvait 
une maison-forte, appartenant aux ('hanoines de Hraux, lesquels Chanoines 
j)ossédai»'nt iMicore le Jardin de la Salle, les courtils de Noyer-Gillet et de Male- 
camp. En outre, trois communautés anciennes eurent des propriétés à Damouzy: 
la Maladrerie de Monthermé, vulgairenurnt dite les TrrpassH; les Carmélites 
de Charleville; l'Ordre de .Malte qui possédait le Temple. 



— 225 — 

Ecarts. — Fontaine-d^Orlodot ; tire son nom d'une famille noble qui aurait 
eu sa demeure en ce lieu. — Le Bois de la FoHcawierief même origine de nom. 
— La Ferme des Rousseau d*Houldizy. Cette désignation caractéristique nous 
révèle l'origine de Damouzy qui s'appelait primitivement lesFeîTwes de Damouzy 
indiquant, non une agglomération de maisons formant un bourg, mais une 
réunion de fermes. — Simonelle, ancienne ferme qui appartint à la fnbrique 
de Mézières. L'usine Simonet, la maison du temple Simonet, la prairie Simo- 
nelle, la ferme Simonelle paraissent être les démembrements d'un ancien 
domaine auquel le propriétaire aurait donné son nom. — Sorel, où l'on a 
compté, nous dit une ancienne tradition, jusqu'à quarante-huit «jeunes hommes 
ayant barbe. » A l'entrée du bois de la Havotière, ancienne censé, faisant, au 
seizième siècle, partie de la Grange-aux-Bois et devint ensuite propriété des 
Jésuites qui firent à Damouzy une courte apparition que rappelle le Clos des 
Jésuites, non loin de leur chapelle dédiée à saint Etienne, et actuellement 
détruite. — Le Teniple, où l'Ordre de Malte possédait la maison du Temple de 
Simonet, qui fut membre de la Gommanderie de Boncourt (un village de 
TAisne, canton de Sissonne). — Le Moulin du Bourviquel, dont les habitants 
de Damouzy étaient banniers. 

ÉTION. — H., 368. — E., 106. — D. G., 4. — D. A., 4. — D. D., 4. — 
Hect., 392. — F. L., le dimanche qui suit le 11 novembre. — Une grande partie 
du territoire est couverte par le bois de la Havetière où l'on relève les cotes 
202 et 246. Est à la cote 164 la vallée où coule le ruisseau du Moulinet. — 
Troisième étage du terrain ardoisier. Premier étage du terrain liassique : cal- 
caire hydraulique et marnes argileuses. Deuxième étage du terrain liassique : 
calcaires sableux, moellons. Pèlerinage à Sainte-Philo mène. — G. de Vitry. 

Ecarts. — Le Premier et le Deuxième Chaineau. Au Premier Ghaineau, en 1898, 
était assassiné le propriétaire de l'établissement. Léonard, accusé d'avoir com- 
mis le crime, et qui le niait toujours, fut condamné, par la Cour d'assises, 
aux travaux forcés à perpétuité. Il n'avouait être l'assassin qu'après cette 
condamnation. — La Houilkrie, où l'on crut avoir trouvé de très riches et de 
très étendues mines de houille. Alors, c'était en 1770, on résolut d'exploiter 
M les mines de charbons découvertes dans les terres et pays situés entre Arreux, 
Vrigne-auT-Bois, Mondigny et Clavy, avec le village d'Etion au centre ». On ne 
trouva point de houille. En 1793, organisation do la Société Béchefer et C*«, pour 
cette même et tout également infructueuse exploitation. Depuis, la fosse a été 
comblée. — Quilloy, où furent mis à jour des vestiges assez considérables 
d'une antique chaussée... romaine ou mérovingienne. — La Ferme des Osiers, 
non loin de la Bosse-d'Etion, où fut, le 30 avril 1899, commis un assassinat 
rappelant celui du Premier Ghaineau. 

GESPUNSART. — IL, 1,750. — E., oaS. — D. G., 13. — D. A., 13. — 
D. D., 13. — Hect., 2,102. — F. L., le dimanche qui suit le 21 septembre. — 
F., les 13 février, 6 mai, lo juillet, 25 octobre. — G'« P. — B. B. — S. M. — 
G. — Harra. — S. G. G. l'Indépendante et l'Union. — Le village s'allonge; dans 
une élégante et vaste clairière que forment quatre vallons réunis sur la rive 
droite de la Goutelle. Gelle-ci prend sa source à Bagimont, en Belgique; passe 
à Pussemange — ces deux villages furent, jadis, ardennais, — entre en France 
par Gespunsart, s'appelle la Lutinière, dont elle accapare les eaux, en traver- 
sant Neufmanil; puis après avoir reçu sur sa rive droite W, Madimont, s'appelle 
le ruisseau de Nossay, ensuite de la Cachette, et se jette dans la Meuse après un 
développement d'environ 13 kilomètres. « Cette petite rivière, sans être bien 
importante par elle-même, écrit dom Noël, contribue cependant à la richesse 
du pays par le secours qu'elle apporte aux établissements métallurgistes 

15 



- 226 - 

coiislniits sur sfs bords. I.a valléo qn'<'llf traverse d'est à ouest, est, à la 
fois, riante, originale, (ifTre des sites ({ui rappellent parfois ceux de la Meuse, 
aux environs de Hevin. Ses collines sont f^én^ralement peu élevées, mais leurs 
sommets arrondis sont couronnés de forêts, tan<Iis que leurs pentes dénudées 
ont été converties en prairies. Le cours sinueux de la Goutelle ajoute encore 
au pittoresque de la vallée, qui chan^'e d'aspect à chaque détour de la rivière; 
toutefois il ne faut pas se dissimuler que ses bords sont marécageux : aussi 
les terrains sont-ils l'emplis d'eau croupissante (les choses ont-elles changé 
depuis cette description de dom Noël, faite il y aura bientôt quinze années), 
d'où s'échappaient des ^az dan^'ereux rt des vapeurs malsaines. Le cours 
de 11 fioulelle — comme celui de la Vrif^ne — est souvent couvert de brouil- 
lanls, semblant un épais linceul, ce qui, joint à la grande humidité du sol, 
donne naissance à de nombreux feux f<dlets : d'où l'origine de nombreux 
conles populaires... •» tel, [)ar exemple, VOuycit dfs Gros Bois (voir Meyrac : 
Traditions, Lkgk.ndks et Contks des Arden.nes). — Troisième étage du terrain 
ardoisier : schistes et j^rauwackes. Terrain tuoderue : minerai de fer. Sol asseï 
élevé : l'entrée du hois des Effonds, notamment, est k la cote 287, et la cote 340 
se relève du côlé de Pussemange à la limite de la commune. Lorsque la France 
fut divisée en cantons et en communes, tiespunsart appartint au district rural 
de Neufmanil; mais après le remaniement que nécessita la réunion de la Bel- 
gique Il la France, il devint le chef- lieu d'un « canton forain >» qui comprit 
dans son ressort les villa^n-s, aujourd'hui belges, de Sugny, de Bagimont, de 
Pussemange, autn;fois dits nipatia - - du vieux mot ardennais, signifiant repus, 
nourris — parce qu'ils avjnent droit, ««n vertu d'anciens traités, 1593, ^604, 
1647, de prendre en France ions l<*s vivn's h eux nécessaires, (^espunsart n'est 
réuni que depuis le pn-mier Kmpire au canton de Charleville. 

Histoire. — C. de Vitry. (îrspunsart semble être d'origine fort ancienne. 
Est nommé dans la charte dr Foulques, archevêque de Reims, parmi les vil- 
lages qui, vers le neuvième siècle, appartenaient à la Collégiale de Oraux. Fit 
partie, probablement, du comté <rOrchimont ai>rès le traité de Mersen, 870, 
dont l'importance hislori<iue. pour notre pays d'Ardenne, est des plus considé- 
rables. Charles le (Chauve ri\ elfet, par «•<• traité, dminait la Meuse pour limite 
orientale à la France et abandonnait à rKmi)ire tout le pays situé sur sa rive 
droite : d*où luttes et «uerres incessantes de nos rois (|ui voulurent réunir à la 
couic)iine toute celte région aussi coupablement cédé<'. Appartint au Rethélois, 
lorsque les seigneurs d'Orchimout tirent hommage de leur ftef aux princes de 
Hethel; puis vers la fin du onzième siècW», (iespunsart fut rendu par Manassès 
à la Collégiale de Braux. Kn L'iîKî, à la suite d'événements politiques et guerriers 
dont le récit nous entraînerait hors de notre cadre, (îespunsart dépendait de 
la principauté de CluUeau-Hegnault, qu'en 1029 Louis XIII achetait à la prin- 
cesse de Conti pour en faire une terre franraise. Alors seulement Gespunsart 
fut village du royaume de France. 

Une de nos communes les plus éprouvées d«' la zone septentrionale arden* 
naise; surtout à réj)0(|ue du siège de Mézières, 1;)21; principalement au sei- 
zième siècle lorsque les calvinistes de Sedan vinrent achever l'œuvre sanglante 
des Impériaux. Plus tard, quand survint la guerre dite de la succession d'Es- 
pagne, (jcspunsart, à cause de sa situation d'enclave française du Pays-Bas 
autrichien, fut maintes et maintes fois traversé par les belligérants qui ne 
reculèrent ni devant le pillage, ni devant le feu. Incendié en 1703 pendant la 
guerre de la succession d'Kspagne, et, tout aussitôt reconstruit en bois, le 
village eut un aspect des plus misérables: et même les habitants furent obligés 
de mettre en branle la libéralité du roi pour relever leur église dans le plus 
complet état de délabrement. ()<*cupé en 18L'I, pendant le deuxième siège de 
Mézières, par les soldats prussiens qui forçaient les habitants, sous la bouche 



— 227 — 

même des canons, à préparer les affûts d'artillerie, à ouvrir les tranchées qui 
devaient activer la ruine de la capitale ardennaise. 

Soixante-cinq années plus tard, en 1870, les petits-fils de ces mêmes Prus- 
siens se montraient non moins terribles, non moins cruels. Les souvenirs qu'ils 
laissèrent sont douloureux. Pendant quatre longs mois, la population dut 
s'imposer d'énormes et exagérés sacrifices : l'occupation en 1815 par les armées 
alliées, quoique plus longue, n'avait pas été plus pesante! Le lendemain du 
désastre de Sedan, dO,000 Français, rejetés sur le territoire belge, venaient se 
réfugiera Gespunsart; puis voilà que surviennent les uhlans, les cuirassiers 
blancs. Mézières est cerné. Gespunsart est transformé par l'armée assiégeante 
en centre d'approvisionnement. Et les dangers auxquels les francs-tireurs 
exposèrent le village! Combats dans les rues et dans les bois, contributions 
dépassant une centaine de mille francs, tels furent les résultats de leurs inter- 
ventions plus patriotiques que prudentes. 

Eglise. — Reconstruite, ainsi que nous l'avons dit, après le désastre survenu 
en 1705 et terminée en 1790; mais sans aucun souci des règles architectoniques; 
n'ayant donc ni style, ni caractère. Des murs en schiste noirci par le temps, 
point de saillies, point d'ornements, d'immenses fenêtres cintrées, un toit à 
vaste surface descendant du faite jusqu'aux murs latéraux. Le clocher seul 
rachète ce maussade ensemble par sa hauteur et sa grâce : se compose de 
trois étages — dont le premier est un massif de pilastres toscans — que cou- 
ronnent trois dômes superposés séparés entre eux par une galerie de piliers. 

Ecarts. — Le Moulin, 6 hab. — La Bellevue, 20 hab. — La Scierie, 26 hab. ; 
établie sur la Goutelle, au siècle dernier, pour que fût « débité » dans le village 
même le bois nécessaire à la construction de l'église. — Roffissart, 128 hab.; 
écart d'origine fort ancienne, s'appelant ainsi parce que son fondateur, Roger, 
l'avait édifié dans une partie défrichée, par essartage, de la forêt. 

liieuxdits. — A quelques lieuxdits se rattachent des souvenirs historiques ; 
nous les avons relatés dans notre volume : Villks rt Villages des Arden.nes; 
aussi ne rappellerons-nous que sommairement : le Bois du Saint-Lieu où furent 
retrouvées des hosties volées dans l'église de Lûmes; aussitôt s'élevait en ce 
même endroit une chapelle (détruite pendant la Révolution et remplacée par 
un calvaire) qui devint lieu de pèlerinage. — La CroLv-Reliée, la Loge, rap- 
lant les routiers du soudard Peringue qui, vers 1600, mit cette région de 
Gespunsart à feu et à sang; il mourut d'un coup d'arquebusade, proche une 
fontaine qui s'est, depuis, appelée : Fontaine- Peringue. Cette fontaine fut, pen- 
dant de nombreuses années, un rendez-vous de pèlerinage pour les « jeunes 
filles nubiles », qui jetaient une aiguille dans l'eau. Si l'aiguille surnageait, 
c'était signe qu'elles se marieraient avant la fin de l'année. — Le Chemin de 
V Artillerie, où ce Peringue eut un de ses camps. — La Lutinière, qui fut le 
théâtre d'un drame de sorcellerie et d'amour que, dans son Histoire de Gespun- 
sart, nous raconte M. l'abbé Péchenard. — Les Effonds, où les habitants catho- 
liques de Gespunsart, aux temps des guerres religieuses, firent subir une défaite 
sanglante aux troupes protestantes du seigneur de Neufmanil, dont ils incen- 
dièrent le château. Aux Kffonds, en 1870, des francs -tireurs mirent en fuite, 
mais non sans péril, les uhlans porteurs de dépèches échangées entre Sedan 
et Mézières. — Le Pilquis, célèbre par ses aventures de sorcellerie et ses scènes 
de sabbat (voir Meyrac : Traditions, Légendes et Coutumes des Ardennes). Jadis 
terrain vague par lequel M. Bourbon, qui fut maire dans la première moitié 
du siècle, commençait ses utiles et heureux travaux d'assainissement. 

HOULDIZT. — H., 259. — E., 80. — D. C, 7. — D. A., 7. — D. D., 7. — 
Hect.. 462. — B. P., Charleville. — F. L., le dimanche qui suit le 18 octobre. — 
Territoire arrosé par : la Fontaine Saint-Martin, la Bassée, qui prend sa source 



- Ï2S - 

dans la Fmiliiine <ies S-wliims, et après avoir séparé la commune de Tournes 
lie celle il'Hnuldizy, sn jclli- dans laSornmnnn, rive droite au-dessus du Temple. 
Troisième l'tafte du ferrai'fi 'infciîstt^t' : quelques schistes imparfaits, au nord de la 
commune, partie boisée, où l'on relève les cotes 224, 373, 280. Premier étage 
du terrain Ifassiiiiie : ruicaircs liydrauliques et marnes. Troisième étage du 
terrnin liiissi'iue : lambeaus de calcaires sableus. — C. de Vitry. 

EgliM. — Signalons une tour massive que l'on prétend avoir élé réunie, 
jadis, à règlisi> ; mais l'époque de cette adjonction n'est point précise. Cette tour 
appartenait-elle h l'ancien château, dont il ne reste plus vestige h Houldizy? 

Ecarts.— Mnulin 'te la Hiiffc. Ce moulin est détruit, à la suite d'incendie, 
depuis une soixantaine d'années. — Les Tri'passés. Ce lieu appartint à la Hola- 
dreriede Moiitliermé. — l-a lliiUiilk. où se serait livrée, dit la lé^^nde — aux 
temps de la ¥11-10111! de Kon-oJ, — une bataille entre Espagnols et (■'rançais. — 
1^ iiitlaiirerk, o(i ilt^s lépreux ne Furent pas séquestrés du monde, selon la 
coutume, mais où furent enterrés les liabilants de Houldizy emportés par la 
peste qui survint après ce i-ombat entre Espagnols et Français doni nous venons 
de parler. — I^ Vense-lii-iWi;. Le village était, autrefois, construit au norddes 
liabjlnlions aituelU^s. Kut incendié presque en totalité : l'cmlroit du désastre se 
nomme la Cense-itrùlée. Houldiiy fut un des villn(çcs ardennais que détruisi- 
rent les Impériaux après qu'ils eurent levé le siège de .Mézières. Proche de cette 
Censé aurait existé une chapelle où, « sans jamais diminuer », brûlait un cierge. 
— Pri'n Beraufotsp ; appartinrent à la Collégiale de Mézières. 

JOIGNY. — IL, Ui. — K-, 209. — II. C, 10. — 1). A., 10. — 0. \i.. 12. — 
Hecl., ;t8(i. — B. P., Juigny. — F. I,., le dimanclie qui suit le 26 juillet. — 
C I'. — S. M. — li. — Tn de nos sites les plus charmants de la vallée 
I demi-cirque rocheux, baigné par un méandre de la 
Meuse, Joigny forme deux tlots 
dnnt l'un, à écluse, semble 
être un gigantesque poisson. 
Pont niétallique récent, d'où 
le paysage s'étend splendide. 
— Deuxième étage du terrain 
iirdoisirr : schistes bleus, verts 
et rouges, grauwackes. — Ro- 
cbcrs 1res escarpés, notam- 
ment la Roehe aux Corberutr. 
La route qui conduit k Braux 
est taillée dans la montagne. 
La partit' nord du territoire 
est couverte parle itoi* Bellf- 
lliùr: la partie sud, par le 
lloû Chesnois. Joigny, que le 
J°'î'»' traité de Mersen avait bit 

terre d'Empire, n'appartint A 
la l''rance que lorsque la princesse de Conti échangeait en 1629 sa souverai- 
neté de lihilti^au-Hegnault, avec Louis Mil, contn» la » terre de Pont-sur- 
Seine n dans la Ilaute-Cliampagne. — C. de Vitry. 

Ecarts. — Cr'<u-I<\-M<iiirh''., 10 hali. — Devant-Joigny, iH hab. — I^ MmUîa 
di" J-ilijntj. i liah. — Si.lfrrinn, 1 hab.. d'origine récente; non loin d'une 
■nse appartenant, jadis, aux moines de Sepl-?'ontaines. 

-D. C.,a. — D. A.,». 
le dimanche qui suit 




l'Assomption. — C* P. — Le villoi^e s'étend sur le pl.ileau d'un monticule 
dont la Meuse, dans une boucle, baigne le pied : titie deuxième boucle du 
fleuve enserre l'autre Montcy — Monlcy-Saint-l'ierre; — les deux couimunes 
reliées par un chemin à travers l'isthme et par un pont. Troisième étage du 
terrain ardoisier : carrières de moellons et grauwackes schisteuses, calcaire 
dans lequel fut ouverte une carrière de marbre, maintenant abandonnée. Sol 
assez élevé : cotes de 212 et de 281 mètres. Est boisée la partie nord du terri- 
toire où viennent mourir les derniers restes de la forOt d'Arches qui couvrait 
jadis Cfaarleville, Etion et Damouiy. — C. de Vilry, 



Eglise. — Reconstruite 
qu'elle se voit de fort loin. 
Se dressant sur sa hau- 
teur, elle semble être U[ie 
forteresse, 

Ch&teau. — Montcy, 
dont les origines remon- 
tent au treizième siècle el 
qui fut, en 1629, réuni à la 
t'rance, eul-il un château, 
eut-il un palais : ce fameux 
palais dont s'est emparé la 
Légende? •• Oui •>, répon- 
dent quelques historieu.^; 
et nous en avons la preuve 
dans le l'rîvitifje de Pas- 
cal II à l'abbaye de Saint- 
Nicaise, où se trouve con- 
tirmée la possession du 
palatium lie Jf imceio. A cola, 
dom Noël répond que la loi 
grammaticale ne permet- 
tant pas de faire dériver 
Munceium de Mosa, ce pa- 
lais doit désigner celui de 
Hontceau dans l'Aisne, où 



1 1837 : lourde d'aspect; mais attire l'a 



parce 




Hralcy-Notrt-DMM 



s de Sainl-Nic 



Sans doute, ajoute le savaul Béuédictin, Montcy possédait une forteresse; mais 
elle se " trouvait sur les bords de la Meuse — on en voit encore les ruines, — 
près du lieu dit la Folk; ot il est assez probable qu'elle fut construite après le 
traité de Mersen pour assuri'r. de ce côté, la défense de notre frontière. La 
paroisse d'Arches était ainsi défendue par les fortins île Montcy, depuis nommé 
le Ch'lteau Défiiit, et celui du Vh'tletfl, que Charles de Gonzague appela le Mtinl- 
Olympr.. On ne saurait préciser l'époque de sa première destruction. Peut-être 
cet événement eut-il lieu pendant la guerre de Cent ans ou dans le siècle 
suivant, lorsque François I" Dt poursuivre François d'Aspremont, qui s'était 
cantonné sur notre frontière, d'où il rançonnait la contrée. •> 

?ious n'avons pas en mains les documents qui snflisent pour affirmer ou con- 
tester ce fameux palais : palatium lU Mitticeio. Nous pouvons rappeler toutefois 
qu'on lit dans la charte de Renaud, archevêque de Iteims, en 1 133 ; " Le palais 
de Honlcy, avec ses dépendances, que Godefroy, comte de Namur, nous a 
anmAné du consentement de Witer, comte de Itelhel, et de sa femme; i> puis 
dans le " compte communal » de Montcy, ITtiT : « Pour diverses réparations 
à la tour quarrée, 843 livres; et aussi à celle île dessus la place, à celle de 
dessus le terme, qui sert de prison. » Il faut dire ici qu'il y eut il Montcy 
haute, moyenne el basse Justice, et que le poteau indiquant le droit de juger 



- 230 — 

sôuvorainement se voyait encore, en d789, sur la place publique. Quant aux 
tours, elles furent déniolies en 1835, quelque temps avant la reconstruction de 
r«^glise actuelle. 

Ecarts. — Chauwont. — L*? Wniiiioiiy 80 hab. 

Lieuxdits. — Le Chtiienu 'ies Frf^a, C'est ce CMteau Défait dont nous 
venons de parler. Nous ne le rappelons ici que pour signaler quelques légendes 
auxquelles il servit il<* prétextes jusqu'à pr.Hendre que les débris de murs 
encore apparents étai<'nt les veslij^es d'un temple consacré à Julien l'Apostat 
ou même à Vénus : d'où l'étymolof^ie fantaisiste de Montcy, dérivant de Mons 
Cythereua 'voir, d'ailleurs, Meyrac : Traditions, Lkgkndes et Contes des Ardennrs; 
et aussi Meyrac : L\ rouèr des Arde.nne"^, au chapitre « la Chevalerie dans la 
VovH »;. — La (Uirt'th', où fut trouvé, découvtrrle précieuse, le cachet d'un 
oculiste romain. Il faut mentionner que des fouilles, sur le territoire de Montcy, 
mirent à jour de fort nombreuses, de fort intéressantes sépultures romaines; 
et dans ces sépultures : des monnaies, des poteries, (h»s armes, des vases funé- 
raires. l*rès de l'une d'elles gisait une colonne, haute d'un mètre cinquante, 
surmontée d'un cheval. Il est à peu près certain - - sans qu'il soit absolu- 
ment nécessaire d'accepter les conclusions trop exagérées de Masson, dans 
ses Annales Ardennaises — qu'il y eut, sinon une ville immense, du moins 
un important centre romain, ou gallo-romain, en cv.s mêmes endroits qui sont 
actuellement les (U'ux Montcy, h; Mont-Olympe, Hertaucourt et le Boisenval. 
Même, d'après une tradition absolument fausse d'ailleurs, Montcy-Saint-Pierre 
aurait été, dès les premiers siècles de l'Kglise, le siège d'un important évéché. 
Les habitants de <'e Montcy ne s'appelaient-ils pas, jadis, «< les clou tiers de 
r évéché »? 

MONTCT-SAINT-PIERRE. — IL, 813. — K., 220. — 0. C, 1. — 
D. A., l. — I). I)., 3. — IL, 3:m. — B. P., Charleville. — F. L., le premier 
dimanche d'août. — IL IL — Cercle d'études sociales la Viui»\ — Helié par un 
pont à Charleville, dont il >emble être un faubourg. Dans la boucle (jue forme la 
Meuse, à l'est, le canal qui évite aux bateaux le long détour de c(Mte boucle. Pre- 
mier étage du tnruin lifisaiifiir ; cah'aires hydrauliques et marne. Deuxième 
étage du trrruui liaasi'ifur : moellons, cah-aires sableux, exploités autrefois 
comme marbre, mais abandonnés dt»puis plus d'un demi-siècle. Montcy-Saint- 
Pierre n'appartint a la France qu'en î(>2y. — C. de Vilry. 

Ecarts. — Le Mnnt-iHympi: (voir (jiarleviixe pour ce que nous avons dit 
du Mont-Olympe). — La Mnimm Jnuriu.'t. N. C - La Çi'oix du Suisse. N. C. 
— Le Moidint't. N. C. — Les liurt^sai.'s. IL — Le Vivier-Ginjon, h la source d'un 
ruisselet, lequel active la ferronnerir Alc.nindn', ancien u moulin de Cierge >», 
et le mnidin G'idard. (iuyon dérive de Cuy, le propriétaire primitif. Appartint, 
ensuite, aux C.hanoines de Sept-Fontaines, puis au (Chapitre de Mézières, puis 
aux moines de Laval-Dieu. Le ruisselet que nous signalons sépare du terri- 
toire de Saint-Laurent le Vivier-tiuyon, qui se trouve, alors, à cheval sur les 
deux f'ommunes. 

NEUFMANIL. - IL. 1,483. — P. il., 14. — i:., 436. — D. C, 9. — 
D. A., 9. — I). D., 10. - Ilect., 1,012. — F. L., le premier dimanche de 
septembre. — H. IL - - S. M. — Société coopérative de consommation 
rEronoiuff Sôciiilr. — Fanf. des usines de Froide-Fontaine. — • Neufmanil est 
dans la valh'-e (pie forment les versants des colliiif^s de (it'hj et de Tiynolet : le 
vallon débouche ù l'orient sur (iespunsart et au couchant sur Nouzon. Au 
centre de la iMivette. eoule la Gnuh'lle — appelée, en langage populaire : 
rui^iseuH des l7c/u-/*/r.s — cpii fait tourner l'ancien moulin banal appelé, 
depuis. Moulin Qundin et, ensuite. Moulin Poncelet, à l'ouest du canal de 



ivalion. La Goutelle, se joignant i 
ulin Hénon et celui de la l'ilerie, a 
Moulin Carolin, et enlln Proiile-FonlainE 



i le! 






we'iu de iii Grandvillû, active le 
e l'usine Jacquemart, ditct aussi 
'Xi Moulin Biion. Sont à rappeler 




Dn aU«1aee d« bouli t Hsulmuiil 



Blancs -Cailloux et 

Morle-Fonlaine. Se relè- 
vent les cotes 321) et 291 
au quartier des Gro.s- 
itoj et a celui de Ti- 
ynolet. Troisième étage 
du teniUn ardoisier : 
schistes et grauwackes. 
Territoire très boisé. On 
rencontre, dans celte 
lone, quelques attela- 
ges de bœufs. 

Histoirs. — C. de 
Luiembourg. NcuTnia- 
nil par opposition à 
Vieux-Hanil dont on a 
retrouvé les ruines s'é- 
tendant sur une lon- 
gueur d'environ deux kilomètres, mais calcinées par le feu : caves écroulées, 
poteries brisées, armes. A suite du quel assaut, de quelle catastropliu du 
guerre, disparut le Vieux-Manil? Le village fut reconstruit sans doute par 
les seigneurs d'Orchiraont, dans une clairière de la forél d'Ardenne : cette 
reconstruction daterait du douzième siècle, et le nom de Neufmanil apparaît 
pour la première fois dans noire histoire locale lorsque Gilbert d'Orchimont, 
en il7i, cédait aux Chanoines de Liiv.il-Dieu sa quatrième part de dime sur 
ce territoire. Occupant l'extrOnie anyle sud-ouest do pagus Àrduenneanis qui, 
par le traité de Mersen, 870, devint terre d'Empire, Neufmanil n'appartint 
â la France qu'en 1769, en vertu du traité de Bruxelles entre Louis XV et 
Harie-Thérèse. 

Eglise. — Date de 1779. VasLc construction rcctanijulaire divisée en trois 
nefs que séparent deux rang/'es de colonnes d'ordre toscan, sans aucun 
caractère architectoniquc. 

Le Ch&teau. — Daterait de IT.'iO et, dit la légende, construil, ou plutôt 
reconstruit, avec " le gain que le seigneur aurait fait pendant une saison 
d'eau à Spa (?) •> Ce mol <■ château ■■ semble, aujourd'hui, bien exagéré. Ni 
tours, ni créneaux, ni donjon, ni fossés rappelant un ancien manoir féodal ; 
mais actuellement une vaste niiilson, qui fut brasserie, où l'on admire deux 
gigantesques cheminées, et dont les dépendances sont d'assez misérables 
demeures. 

Les principaux seigneurs de Neufmanil furent : les de 'Vellin, d'origine 
luxembourgeoise; les Fverard de Chalandry ; les de Sart ; les Despres de 
Barchoii, de souche liégeoise; les d'Hangest, une famille picarde que nous 
retrouverons à Humigny. Le seigneur de Neufmanil, quand le village fut réuni 
à la France — lorsque, suivant l'expression locale, " s'opéra le changement », — 
était Desprès de Barchon. De magnifiques l'éjouissances célébrèrent ce jour, et 
la tradition conserve toujoui'S le souvenir d'un banquet pantagruélique servi 
sur le lieu dit la Charmille, que traverse actuellement le chemin vicinal. On a 
replacé dans l'église deux pierres toinbalf^s, où l'on dislingue encore l'écusson 
de cette famille Després de Barchon. C'est l'ancienne chapelle castrale qui 
sert de sacristie. 



— 2J2 — 
Ecarts. — b' Pr-'-AWinl. H. — [,es Blancs-Caillntiit, II. — Froide-Fontaine, 
8C liab. — l.n MaUfii-Blnnche, 6 hnb. : en ce lieu auraient campé les armées 
du <Ilic lie Nivernais " penilanl une guerre de la France contre l'Empire » au 
seizième siècle. — lidis-ilKtant-lii-Ville. — Moiui/, OÙ furent trouvés des tom- 
beaux, des uities cinéraires, d'ori^jine gallo-romaine. — La Chappe. — Le 
rArtic. Au Cht'ne, lieu dit du Bois de la Chappe, en 1870, entre francs- 
tireurs et priissiens, à la suile dune sonnerie d'église mal interprétée, un 
combat dont nous avons racunté les détails dans nuire volume : Villes et 
Villages dp^ Aroksses. — Le (iros-lbis, théâtre, en 1767, d'une lutte sanglante 
entre >■ ccui de Ticspunsart et ceuï de Ncufmanit » qui furent, autrefois, en 
perpétuelle rivalité, !i propos de bestiaux volés. 

NOUZON. - H., 6,003. — R., i,rm. ~ D. C, 7. — D. A-, 7. — D. D., S. 
— Hect , 915. — B. 1'., Nouzon. — F., les deuxièmes mardis de janvier, de 
mars, de juin et de septembre; le troisième mardi de novembre. — F. L., le 
dimanche apn'-s le SO juillet et le deuxième dimanche d'octobre. — C P. — 
B. B. — S. M. — C — T. — Fanf. munie. — Hnrm, — S. ch. — S. T. — S. G. 
la Citoyenne.. — Soc. fii Ffitemelle, — Suc. des Libres- l'enseurt nouzonnaU. — 
Assoc. S. des ouvriers mi';lal[urgistes. — Ch. S. des ouvriers mouleurs. — 
S. C. C. (boulan^^erie) la y<iusonniiiii\ ~ Cercle d'études sociales la Reven- 
'iic'tlion. — Cercle du Commerce cl Cercle de I 'ln<(MS/rie. — Dépôt de la 
Verrerie ouvrière d'.*lbi. — Société libre de bienfaisance In Fraternelle. — 
Troisième éLi^'e du terniin ariloùier : carrières de moellons dans les grauwackes 
à tache rouge; roches. (|ui se voient surtout en face du pont. Massif fores- 
tier très important : bois des HitmltloM, du lioehet, de M'^iiére», du Chenoit, 
de Louviéri'i, de Virus, cle NMimuiil. — Nouzon, traversé par la Meuse, est 
notre ceritri' mi'-tallurgique ai^iennais le plus considérable. 
Sur un mamelon, le Itix-het. <ïot\ supi>rbe est le point de vue, les vestige* 
d'un ch&teau-fort; non loin, 
l - roulp de Braui k Charleville, 

la Roche d'Argent, élancée, pas 
plus épaisse qu'une muraille. 
Sur la route de Nouzon à Neuf- 
ninnil, faisant face à l'atelier 
de bicvclettes, un lavoir public 
qui fut, autrefois, la Fontaine 
Clerrnoni, qu'ombrageaient des 
bouleaux. La tradition raconte 
que souvent les quatre fils Ay- 
mon, alors qu'ils guerroyaient 

conire Charlemagne dans la 

forêt d'Ardenne, s'arrêtèrent & 
cette fontaine pour se rafraîchir et fairt! boire leur fameux cheval Bajard. 
Une autre fontaine-lavoir, celle d'Halys-Paru, nippelanl un dicton gaulois que 
l'on applique aux jeunes filles de mipurs légères. 

Histoire. — C. de Vitry. Nouzon fut, à l'origine, un modeste hameau 
de la richissime abbaye de Brnux. La Collégiale l'avait bàlie sur l'une des 
terres de son é^ise, ii la lisière méridionale de'< la forât d'Ardenne, ou du cAté 
de la France elle venait mourir aux bords de la Meuse. « Nouzon fut souvent 
pillé et incendié : pendant la guerre de Cent ans; après la levée du siège de 
Mézières, en 1521, lorsque les troupes de Charles-Quint ravageaient le pays 
u bien au delà de Braux »; plus tard, en 153S, quand Antoine de Louvain, 
seigneur de Bognac. ravagea toute la contrée mise à feu et à sang. « Le 
village, écrit dom Noël, se relevait péniblement de ses ruines, lorsqu'une 





nouvelle catastrophe vint l'assaillir. En iSii, les espagnols, arrivant du 
Namurois, reparurent sur nos frontières, (ju'ils saccadèrent atrocement. 
Nouzon fut alors de nouveau livré aux ftanmics, ainsi que Joigny, Braux, 
Uonlhermé.Cbâteau-Hcgnault. 

L'énergie des ^ouIOnnais ne .; 

faiblit point sur l'épreuve; ils '" 

rebâtirent leurs maisons sans •>- ' '' 

désemparer; aussi le nom de 
la paroisse put-il figurer encore 
dans la liste des villages repré- 
sentés à l'Assemblée général*; 
d'avril 1573, tenue à Chdteau- 
Regnault, chef-lieu de la prin- 
cipauté. » NouïOn appartint à 
la France lorsqu'en 1629 la 
princesse de Conti cédait à 
Louis XUI sa seigneurie de Vtlltt it la Haïue (Vm piiu d* Jeigny nr Hamui) 

Ch&teaU'Regnault. 

Ecarts. — Devant-Nouion, au bas de la cdte, en arrivant de Charleville, au 
confluent du Meilier et de la Meuse. — La Mousniére, parallèle h la route 
de NeufmaniL — L'Espérance. N. C, — RemeUlimont. sur la route de Neufmanil, 
à la cote 333, — la Cachette, 249 hab, — Le Pr'^-Allai-d. N. C. — La Por^e, 
rappelant une forge remontant au quinzième siècle. Lorsque fui révoqué l'édil 
de Nantes, cette forge èlait exploilée par le protestant Robillard. fermier du 
domaine de Cbâteau-Regnault. Il fut forcé do s'expalrier, et la forge fut 
confisquée. C'est alors qu'elle fut achetée par Fournier et Titon qui venaient 
de transformer en usine h fer le Moulin-Leblanc : ils y établirent des foreries 
et des émouderies. Les armes fabriquées à la Forge n'étaient reçues qu'après 
vérification faite par des officiers d'arlillene venus de Mézières. A cette 
époque, fut construite la Manufacture de Charleville. L'établisse ment de Nou- 
lon était protégé par une redoute entourée d'un mur crénelé — il n'en reste 
que de vagues traces, — flanquée de cinq tours, dont deux subsistent encore. 
En temps de guerre, le mur crénelé était garni de canons chargés, pour 
empêcher l'assaut de la Forge et l'enlèvement des «rmes. Cel établissement 
industriel disparut en 183ii, lorsque disparut, elle-même. In Manufacture de 
Charleville. 

III. CANTON DE FLIZE. 

Le canton de Plize se compose de vingt-deux communes : Flize, les Ayvelles, 
Elalaives-et-Butz, Bouizicourt, Boutancourt, Chalandry- Blaire, Cbanipigneul, 
Dom-le-Mesnil, Elan, Etrépigny, Guignicourt, llannogne-Saint-Martin, Mondigny, 
Nouvion -sur-Meuse, Omicourt, Saint-Marceau, Snint-l*ierre-sur-Vence, Sapogne- 
Feuchères, Villers-le-Tilleul, Viilers-sur-le-Mont, Vrigne-Monse, Yveniaumont. 
— Ses bornes sont : au sud, le canton d'Omont ; au nord, le canton de 
Mézières; à l'est, le canton de Sedan-Sud; à l'ouest, le canton de Signy- 
l'Abbaye. 

Plusieurs petites chaînes de collines, parfois assez élevées — 304 mètres à la 
cote de Dom-le-Mesnil et d'Hannogne, — traversent le canton de Flize, du 
nord-est au sud-est. Elles arrivent de la vallée de la .Meuse, pour aller se 
rattacher: aux monts d'Argonne, par Feucbères, Vitlers-le-Tilleul, mont et 
Chagny; aux Crêtes de Poix, par Rouizicourt et Villers-sur-le-Mont ; aux 
Crêtes de Launois, par Cbampigneul, Mondigny et Jandun. La Meuse arrose 
sa partie nord : Elaire, Flize, Dom-le-Mesnil, îN'ouvion, Vrigne-Mcuse, isolant 



- 234 — 

sur sa rive droite, pour ainsi parler, Vrigiie-Meuse et Nouvion, qui s*étagent 
sur le flanc d'une colline, dont l'altitude atteint 2o\\ mètres a Nouvion. Ses 
affluents de gauche sont, sur ce territoire de Flize : 1° la Bar, qui reçoit les 
ruisselets de Rouge-Cagneux et de Sapogne ; 2° le ruisseau d*Elan; 3° la Venee, 
qui reçoit les ruisselets de Pranlleu, du Rhône, de la Fontaine, du Bourdeau, de 
Grandchamp ; 4° le ruisseau ik Chalaudry, Son seul affluent de droite est la 
Vrigne, car à peine pouvons-nous mentionner quelques minces filets d*eau 
qu'alimentent la Fontaine d'Autremont et la Source des Trois-Fonlaines. En 
aval de Dom-le-Mesnil, le canal des Ardennes, qui passe à Hannogne, À 
Saint-Martin et à Omicourt. — Canton af;ricole ayant de très nombreuses 
terres f«*rtiles. Importantes carrières de pierrtts. 
8,178 hab. — 2,377 élect. — i3,i0l hect. 

FLIZE. — H., ùot. — i:., 147. — D. A., 11. — 1). D., 9. — Hect., 207. — 
B. P., Flize. — F. L., le dimanche qui suit le 8 septembre. — C'* P. — S. M. 
— S. T. la Flizifnuu'. — T. — S. C. C. lea Ouvriers des Forges de Flize. — 
Ch. S. Ouvriers mHaUurgisten. — Société libre de bienfaisance dite des Forges 
de Flize, — Au nord, le territoire s'étend sur deux collines séparées par le 
ruisseau d'Elan, dit aussi de la Forge, qui se jette dans la Meuse, au nord de 
Flize. Troisième étage du terrain //«ss/'/Me : marnes noires, schisteuses, sulfu- 
reust's; et dans ces marnes, des cendres qui furent longtemps exploitées pour 
l'amendement des terres. 

Histoire. — C. de Heinis. Dans un diplôme de Henri II d'Allemagne, 
1023, coiitirmant les biens de l'abbaye de Mouzon, apparaît pour la première 
fois la commune de Flize, sous le nom de Falisia. Encore mentionné en 1321, 
dans le traité intervenu entre le prieur de Donchery et le comte de liethel. 
Le village eut beaucoup a souffrir pendant la guerre de Cent ans; fut ravagé 
par les troupes du duc d*; Nassau et de Sickingen, avant qu'elles n'assiégeassent 
Mézières, lo21 ; fut, après la bataille de la Marfée, 1641, pillé par les 
calvinistes allemands ({ue commandait Lambois; ravagé aux époques de la 
Ligue, lorsque le sire d Yvernaumont en fut délogé, lo9y, par le maréchal de 
Saint-Paul, qui l'attaquait, ensuite, dans Nouvion, où il s'était réfugié. Flize 
n'appartint à la Franc*? qu'après le traité de Bruxelles, 17 novembre 1769, 
conclu entre Louis XV et Marie-Thérèse. A suite de ce traité, ainsi que nous 
l'avons déjà vu et que nous le verrons souvent, furent englobés dans le 
territoire français maints autres villages sur la rive droite de la Meuse, en 
pays d'Empire depuis le traité de Meisen, 870. et qui ne payaient point 
d'impôts en vertu de cet axiome : de linjwrio valor abeat. — Occupé par les 
troupes russes en 1814. Nous lisons dans un registre conservé à la Mairie : 
«c Du 2.'» avril 1814, arrivée de M. Frédéric de GroUmann, capitaine de la 
27° division russe, régiment de Tarnopolsky, en qualité de commandant de 
la place lie la ville de Flize, et en vertu d'ordre signé Barclay de Tolly, 
accompagné du prince de Maguron, sous-lieutenant du dit régiment, et trois 
domestiques. -- Du 16 juin 1814, départ des susdits et de six soldats russes... 
Depuis le 3 septembre 18 lo jusqu'en mai 1817, un poste prussien, d'une 
dizaine d'hommes, occupa Flize. » En 1870, la veille même du jour où se 
livrait la bataille de Sedan, Flize était incendié et pillé par quelques arrières- 
gantes allemandes. Les pertes éprouvées dépassèrent 94,000 francs. Ce ne 
fut pas tout : car, tant en réquisitions qu'en quote-part pour contribution 
d«* guern?, la commune eut h donner 12,-), 398 francs. Et pourtant les Fliziens 
implorèrent la clémence !?) du vainqueur. Ils avaient adressé au Préfet 
alltinand, à Hethel, un uh'ssage où très humblement ils exposaient leur 
lamentable situation. 

Eglise. — Une église aurait été construite, en l'an 1600, après qu'eut été 



— 235 — 

détruit le village de Riniont. Elle occupait remplacement où so trouve, 
aujourd'hui, la Mairie; un cimetière l'entourait. Plus tard une autre chapelle 
— au milieu d'un cimetière — que fit ériger Gollart, seigneur de Flize, qui eut 
sa tombe dans l'ancienne église. Deux chapelles pour un village n'ayant que 
58 habitants, tout juste! Rimont, quand il disparut, en comptait ioO au moins. 
L'église actuelle date de 1865 : elle a trois nefs avec transept; 40 mètres 
de longueur sur 20 mètres de largeur. Un assez joli Chemin de Croix, en 
relief sur le mur. Les orgues ont été données par M™" Jacob. Pour acheter les 
deux cloches nouvelles, on revendit l'ancienne cloche portant le millésime 
1777, dont le parrain était Antonio Raulin, seigneur du fief de Flize, lieutenant 
de la grande louveterie de France, manufacturier de la draperie royale de 
Sedan ; et la marraine, Marguerite Durand de Miremont. Il y eut en ell'et, à 
Flize, une « foulerie de draps de Sedan ». Elle se trouvait dans le vieux 
moulin — on en voit quelques vestiges près de la forge — qui, jusqu'en 1650, 
avait exclusivement été réservé pour la meunerie. Il avait eu pour premiers 
propriétaires les religieux d'Elan. La rue du Moulin constitue avec le Pdquls, 
proche de l'église, la partie la plus ancienne du village. 

Château. — Au lieu dit le CMleau, confluent de la Meuse et du ruisseau 
d'Elan, s'élevait jadis une tour ou guette, comme il s'en trouvait maintes et 
maintes, jadis, le long de la Meuse. Sur son emplacement fut construit le 
château qu'habita, vers 1815, la famille Clermont-Tonnerre, et dont les parcs 
auraient été dessinés par Le Nostre. Après le traité de Bruxelles fut démolie 
la tourelle de ce château qui, par suite, devint manufacture de draps, puis 
filature, puis ferronnerie et, enfin, maison bourgeoise. En draguant la Meuse, 
en cet endroit, on retira de l'eau d'assez nombreuses armes provenant sans 
doute des « soldats royaux » faits prisonniers à la bataille de Nouvion, 1592, 
et noyés ensuite par ordre du maréchal de Saint-Paul. En 1843, M. (iendarme, 
de Vrigne-aux-Bois, maître de forges à Boutancourt et à Flize, acquérait ce 
château — ou plutôt cette maison devenue bourgeoise — et le transformait 
complètement. Lorsque se fit, en 1868, « la liquidation des usines », ce château 
fut acheté par M™" Jacob-Jacquemin, aujourd'hui décédée, qui lui donna son 
allure seigneuriale. 

Rimont. — Ancien village assez important mentionné, le 15 septembre 1 176, 
dans la donation que fait Guillaume de Champagne, archevêque de Reims, 
au chapitre de Saint- Remy de Mézières. S'appelait aussi Hardimont, et se 
serait trouvé à la limite des territoires de Dom et de Flize, au lieu dit la 
Côte. Rimont, sa « maison-forte » et son église disparurent sans doute entre 
les années 1521 et 1592 ; les Impériaux ayant commencé la ruine de ce village 
qu'achevèrent les troupes de Saint-Paul. Sur son emplacement, on trouva des 
ornements d'église, des vases dils sacrés, et l'on vit longtemps des pierres 
calcinées. 

LES AYVELLES. — IL, 451. — P. 11., 121. — E., 95. — D. C, 3. — 
D. H., 8. — D. D., 6. — Hect., 545. — B. P., Flize. — F. L., le deuxième 
dimanche d'octobre et le dimanche qui précède l'Ascension. — La roiite 
Nationale, sur les deux côtés de laijuelhî s'alignent les maisons du village, 
partage le territoire en deux parties : à l'est, une plaine qui s'étend jusqu'à 
lai Meuse, comprenant les terres fertiles de la Warenne; à l'ouest, un vallon, 
souvent boisé, qu'arrose le ruisseau de Cludandry, et mamelonné de coteaux; 
les Riipailles, à la cote 218 mètres, sur lequel est construit le fort : déclassé, 
en même temps que le fort de Chailemont, a (iivet, depuis le mois de mars 1899. 
Troisième étage du terrain lîaasi'jue : marnes que recouvrent les alluvions de 
la vallée et les sables argileux diluviens. 

Jusqu'en 1827, les Ayvelles formèrent deux communes distinctes : les 



(jrandef et les Petites Ayvelles. loujours en procès l'une contre l'autre, à 
propos d'i m position de liions communaux, de droits Je pAturage, sans doale 
purée que la limite des deux communes était mal déllnie. L'n procès commencé 
en Ifift:), parce ijuc les liestiaux des Petites-Ayvelles étaient venus pâturer sor 
le territoire des (Îrandes-Ayvelles, était à peine terminé en 178t. Ces conflits 
ne se terminèrent que pur la réonicin des deux communes. — C. de Vitry. 

Ch&tean. — Aux Pi-lUes-Anvellcii, un chûteau démoli pendant la Révolution. 
Il avait sa chapelle caslrale, et l'emplacement qu'il occupait était fort étendu 
si l'on en Ju^e pur les restes des murs et des fossés que l'on voit encore 
aujounl'liui. Il appartint longtemps à la famille d'Ambly des Ayvelles. dont 
un des meuibres rmif^rail en IT02. Au seizième siècle, les Grandett-At/vetUi 
appartinrent aux de Villelongue. 

Ecarta. — Pont-l'ii/ity. H. ~ Le Fort, dont nous avons parlé plus haut, fut 
conslruil en 18*0. Le Fort proprement dit et la Redoute ou batterie proche du 
vtllaf;i', qui défendent les approches de Hézières, devaient garder, avant le 
déclassement, les vallées de la Meuse et de laVence, puis surveiller les routes 
de Méïières à Neufchilteau, de Givet à Orléans, les voies ferrées de Charleville 
il Reims et de Charleville ii Sedan. 



BALAIVE8-ET-BUTZ. 

— n. I»., 13. — Hect., i.iUii. 
i" aotlt. — C" l*. — Terrai 
de 300 nièln;s. piirce qu'ils s 
qui jiartage les liiissiiis de lu 



- H., 307. ~ E. 

- B. P., Fliîe. - 

ns boisés, IbrL .' 
' lroHvi!nt sur le 
Meuse et de l'A 



99. — D. C, 3. — D. A., iS. 
F. L., le dimanche après le 
ci dentés, avec des altitudes 
contins de la ligne des eaux 
ne. De nombreux ruisselets, 
dont l'un traverse 
le village, arro- 
sent le territoire. 
— Carrières de 
moellon s, de pier- 
res de taille, ar- 
tiile bitumineuse, 
sable pour bri- 
ques v^'fractaires, 
cendres sulfureu- 
ses- — C. de Vct- 
mandois. 

Eglise. — De 
style roman; date 
(le 1888. rempla- 
('ant l'ancienne 
église qui n'avait 
aucun caractère 
architec tonique, 
et où se trouvait 
une pierre tom- 
bale, aujourd'hui conservée dans le jardin du chdteau de Sault ; celle de 
Jean de La Fuie, seigneur de Ralaives. décédé en 1576, et de damoiselte 
Claude de Régnier, sa femme, décédée en 1604, tous deux représentés en 
pied ; Jean revêtu de son armure, sa femme de ses plus beaux atoun. 
A chacun son écusson personnel. 

Ch&teau. — De l'ancien eliillcau des Kaincourt, ne restent que deux petite! 
tours carrées: il est aujourd'hui remplacé par le château qu'a fait construire 
M. Korderel, d'après les plans de M. Tliion. De l'iinlique maison seigneuriale 
de Butz, ou plutôt de Flumainvillc, laquelle appartint àiacquesde Hontguyon, 
ne subsiste qu'un corps de bâtiment sans importance. 




Vn« géntnla de Bilaliu 



— 237 — 

Ecarts* — Le Moulin de la Foulerie, N. C. — Flamainville. H. — Fontaine- 
Marion. N. C. — Eva, 12 hab. — Les Cendrièvefi, 3 hab. — Butz, 66 hab.; était, 
avant 4828, commune distincte. 

BOUIiZICOURT. — H., 4,070. — E., 3io. — D. C, 7. — D. A., 40. — 
D. D., 9. — Hect., 640. — B. P., Boulzicourt. — F. L., le premier dimanche 
d'octobre. — C'« P. — Fanf. du Cercle. — Socit'té libre de Secours mutuels. 
— Cercle d'études sociales l'Avenir. — G. — T. — Territoire assez accidenté 
qu'arrose la Vence, affluent de la Meuse. De nombreuses collines boisées, avec 
sol pierreux. Des coteaux à pente douce limitent la vallée. Troisième étage du 
terrain liassique : marnes noires sulfureuses. Premier étage du terrain jurassique : 
carrières exploitées dans les calcaires de Toolitho inférieur, marnes pour 
l'amendement des terres, calcaires blancs de la grande oolithe. Terrain dilu- 
vien : minerai de fer, argile bitumineuse et sulfureuse pour l'agriculture. — 

C. de Reims. 

Château* — S'élevait jadis, sur le mont (]hàtiIlon, un château que la 
tradition dit avoir été construit, en Tannée 4268, par Thomas de Goucy, 
chevalier, seigneur de Vervins, fils de Thomas d«» Goucy et (h; Mahaud, fille 
du comte de Rethel. Ge chAteau qui, d'ailleurs, n'eut jamais grande importance, 
fut incendié et rasé pendant les guerres de la Ligue. Une légère excavation 
en marque aujourd'hui la place. 

Ecarts. — La Barrière, o hab. — Rlsque-Toul, 24 hab. ; tire son nom de 
son emplacement dans une « gorge ». — Ville-sur-Vence, 5 hab.; ancien village 
détruit sous la Ligue en même temps que le château de Ghàtillon. — Les 
Huttes, où Ton isolait les malades, dans de petites huttes, construites exprès, 
lorsque la peste, en 4636, décimait Boulzicourt. — Les Rouge-Biou, où l'on 
décapitait les serfs que condamnaient à mort les seigneurs Haut-Justiciers. — 
Furent seigneurs de Boulzicourt, au neuvième siècle, les abbés de Saint-Hemy 
et de Reims; au dixième siècle, les abbés de Sairit-Médard et de Soissons; puis 
le comte de Rethel; ensuite les « sires » de Goucy; et, enfin, aux dix-septième 
et dix-huitième siècles, les d'Ambly et les de Provisi. 

C'est Gilmer, de Boulzicourt, régent du collège de la Marche, qui haranguait 
Elisabeth d'Autriche, femme de Gharles IX, lorsque cette reine, venant de se 
marier à Mézières, fit son entrée officielle dans Paris. 

BOUTANCOURT. — H., 560. — E., 44o. — D. G., 4. — D. A., 42. — 

D. D., 44. — Hect., 299. — B. P., Flize. — F. L., le premier dimanche d'oc- 
tobre. — G'" P. — S. T., pour le canton de Flize. — S. (i. — Le territoire, 
assez élevé, se trouve en partie dans la vallée du ruisseau d'Elan; les points 
les plus élevés sont : au nord, la cote 269 mètres; au sud, la cote 30.J mètres; 
à l'est, la cote 267 mètres; à l'ouest, la cote 262 mètres. Traversé du sud- 
ouest au nord, sur une longueur de 2,400 mètres, par le ruisseau d'Elan. 
Premier étage du terrain jurassique : carrières pierres de taille et moellons, 
ouvertes dans le calcaire oolithique. 

Histoire. — G. de Vermandois. Le village, dans un entonnoir que for- 
ment deux petites collines, est d'origine ancienne. Son nom apparaît pour 
la première fois, en 997, dans le diplôm»* de l'empereur d'Allemagne, Othon III, 
confirmant la donation faite, in Botionicastr, au monastère de Mouzon, « pour 
le salut de son àme». D'où l'origine sécul.iiiv d«^s droits que conserva, jusqu'à la 
Révolution, l'abbaye de Mouzon sur Boulanrojirt. Ravagé et incendié : en 1360 
pendant la guerre de Gent ans, par les routiers que conduisait Eustache 
d'Amberchicourt ; en 4448, par les band<*s do Growestein; en l.')21, avant le 
siège de Mézières par les Impériaux; en L')61, par François d'Aspremont, 
seigneur de Lûmes; en 16 H, par les troupes allemandes de Lambois, après la 



— 238 - 

bataille de la Marf(>e; en 1043, par les troupes espagnoles, que Coudé devait 
battre à Hocroi. — Bernard Palissy, lorsqu'il visita les Ardennes, séjourna 
quelque temps h Boulancourt. 

Eglise. — Moderne, de style ogival. L'ancienne église, fort curieuse, de 
Boutancourt, remontant pour la première partie au treizième siècle, et pour 
les deux autres au quinzième et au dix-seplième siècles, notamment le portail, 
fut détruite par un incendie le 24 mars 1882. Au péril de sa vie, M. Ph. Gommas, 
maire, voulut enlever les objets les plus précieux que contenait Téglise; 
enfermé dans la voiHe embrasée, il allait certainement mourir étoufTé et 
brûlé, lorsqu'il fut béroïquenienl sauvé par M. Docquin, boucher. La cloche 
date de 1789. 

Ch&teaux. — Au Rntz dWrni, se s(Mait élevé, dit la tradition, un château- 
fort que les troupes espagnoles auraient pillé, puis brûlé et détruit quelques 
jours avant la bataille de Rocroi. Un gros bouquet d'arbres marqua longtemps 
la place hypothétique de ce chAleau. Lne deuxième tradition croit qu'il aurait 
été rasé en 1592 par le maréchal de Saint-Paul. — Un autre château, appelé 
de Soiru, transformé depuis 1792 en maison de ferme. Dans l'une des salles 
du rez-de-chaussée, qui conserve les traces manifestes «le la splendeur d'antan, 
se voit une plaque de cheminée qui remonte a l'origine même du manoir. — 
Enfin, un troisième château, fort grandiose, construit en l'an VI de la 
République, par Joseph Poulain, maître de forges. 

Ecarts. — Le Terne, 42 hab., appelé aussi lielicviie, sur le versant, à l'est, 
du ruisseau d'Elan. — Ali/ei\ 10 hab.. où se trouve une usine fondée aussitôt 
après la prise d'Alger. — Soiru, C'est la ferme dont nous venons de parler. — 
M(il-Campt% 8 hab., maison assez mal bâtie et d'aspect misérable. 

Lieuxdits. — SfH^if/neules, lieu jadis planté d»* vignes et appartenant aux 
moines d'Elan. — La Cote des Vignes, même origine. — Le Fond d'Elan, terres 
qui jadis furent propriété des moines d'Elan. — Les CoircUes ou les petites 
eaux. — Les Terres du Bois de Flize. — Le Calvaire, — Les Prôs-Ruart. — La 
Terre-Ruart, — Le Villaye, où se voyait jadis une agglomération de maisons. — 
Le Terme, — Le Sansonnet. — La Terre-Ronde. — La Terre-au-Vin, rappelant 
les vignes de l'abbaye d'Elan. — La Fo r g e-d' en-Haut. — Le Chemin de Rimont, 
conduisant à ce village que nous avons dit avoir disparu (voir Flizc). 

CHALANDRY-ËLAIRE. — H., 201. — E., 09. — D. C, 3. — D. A., «0. 

— D. D., 8. — Hect., ;»19. — B. P., Boulzicourt. — F. L., le deuxième 
dimanche de mai pour Chalandry; le premier dimanche de juin pour Elaire. 

— Au sud du village prend sa source h; ruisseau (le Chalandry. Troisième étage 
du terrain liassique : calcaire ferrugineux que recouvre le terrain moderne ; 
mamt-s exploitées pour cendres destinées à lagricnlture. — C. de Reims. 

Ch&teau. — Aurait l'aspect d'une grande maison de ferme, n'était la 
tourelle ancienne qui la surmonte. Daterait du dix-septième siècle. 

Eglise. — L'église de r.halandry avait un niagnillque autel en marbre noir, 
provenant de l'abbaye d'Elan. Ot autel, à droite et à gauche duquel se voient 
deux portraits peints à l'huile — celui d'un seigneur et celui d'une dame, — est 
odieusement badigeonné d'une affreuse couleur chocolat. A remarquer : 
quelques intéressantes pierres tombales et, aussi, le reliquaire très vieux qui 
contient les reliques de saint Gonthier, patron de la paroisse. Se lit le millésime 
1763 sur la cloche, dont le parrain fut (iaspard-Hardouin-François d'Ambly, 
et la marraine Jeanne-Charlotte de Viard. 

Ecarts. — Le Pri> Saint-Gonthier. Avant la Révolution, se trouvait dans ce 
pré une fontaine dont l(*s pèltTins qui se ren<laient à Saint-Roger, d'Elan, 
buvaient l'eau pour s'attirer les faveurs dt* saint Conthier. — Ferme de la Grande^ 
Cour, à Elaire; appartint aux d'Ambly, seigneurs des Ayvelles. — Elaire, 



— 239 — 

110 hab., autrefois village très important. Son église fut détruite au dix- 
septième siècle. Avait une maison-forte construite probablement dans les 
premières années du onzième siècle. — Le Pdquis de la Tour où s'élevait, sur 
les bords de la Meuse, la « Tour du Guet » dont, en 1825, se voyaient encore 
les ruines. 

Les de Roucy et les d'Ivory furent les principaux seigneurs de Ghalandry- 
Elaire. 

CHAMPIONEUL. — H., 135. — E., 50. — D. C, 10. — D. A., il. — 
D. D., 9. — Hect., 476. — B. P., Boulzicourt. — F. L., le dimanche après le 
H novembre. Premier étage du terrain jurassique : carrières, pierres de 
taille et moellons dans Toulithe inférieur, marnes, pierres et chaux. Terrain 
diluvien : minerai de fer, argile réfractaire pour la poterie. On dit Cham- 
pigneul-sur-Vence, bien que la Vence passe à plus d'un kilomètre au delà du 
territoire. — G. de Vitry. 

Eglise. — Fort ancienne; traces de style roman, de gothique et de Renais- 
sance. La tradition dit qu'elle aurait été construite par les religieux de 
Bethléem, de Gharleville. A signaler le maltre-autel et un tableau : V Adoration 
des Mages, La cloche, la plus ancienne de tout le canton, porte ce millésime : 
M. V XXXIL 

Ecarts. — La Basse-Clt^fay, 7 hab. Deux fermes que sépare un ruisseau, et 
dont Tune, ayant conservé ses portes cochères et sur laquelle se voient encore 
desjcréneaux, fut une maison seigneuriale. Gléfay est un domaine d'origine très 
ancienne : nous savons, en effet, que Gislebert III, seigneur d'Orchimont, donne 
àjl'abbaye de Laval-Dieu, vers l'an 4162, tout ce qu'il possédait sur le « ban >» 
de Mohon, et le droit d'établir un four à Gléfay. Aux moines de Laval-Dieu, 
succédèrent comme seigneurs : le Ghapitre de Saint-Pierre, de Mézières ; les 
abbés d'Elan; les de Gléfay; les d'Escanevelle ; les de Villelongue ; les de 
Pavant. En 1788, M. de Grandpré était seigneur de Gléfay. 

Antérieurement à 1823, Ghampigneul, Mondigny et Saint-Pierre-su r-Vonce 
ne formaient qu'un seul et même village. Ils ne sont communes distinctes que 
depuis 1869-1870. 

DOM-LE-MESNIL. — H., 813. — E., 229. — D. G., 3. — D. A., t3. — 
D. D., 12. — Hect., 729. — B. P., Dom. — F. L., le dimanche qui suit le 
29 août. — G'« P. — T. — Le village, sur la rive gauche de la Meuse, au pied 
des collines que forme une ramification des montagnes de l'Argonne, est 
dominé par la cote de Dom, 304 mètres d'altitude, où sont exploitées de fort 
belles pierres de taille. Outre la Meuse, le territoire est arrosé par la Bar; et 
à Pont-à-Bar, non loin de l'endroit où cette rivière se jette dans la Meuse, 
prend naissance le canal des Ardennes. Troisième étage du terrain liassique : 
marnes exploitées comme cendres pour l'agriculture. Premier étage du terrain 
jurassique : calcaires oolithiques dans lesquels de très nombreuses carrières, 
soit à ciel ouvert, soit en galeries souterraines ; fort anciennes, d'ailleurs, 
puisqu'elles furent exploitées par les Romains. Les carrières de Dom -le - 
Mesnil fournissent des pierres de taille de couleur jaunâtre; tandis que les 
carrières de Romery — écart de Saint-Laurent — donnent des moellons, des 
pierres bleuâtres utilisées pour bordures de trottoirs et pour dallages. Plu- 
sieurs rues de Reims sont pavées en pierres de Homery. — G. de Reims. 

Egalise. — Nouvelle et sans grand caractère architectonique; construite en 
1840 sur l'emplacement d'une ancienne église gothique fortifiée, ayant une 
tour carrée massive, aujourd'hui disparue. Un beau vitrail, dont gisaient naguère 
les débris dans le jardin presbytéral, éclairait le cœur voûté en ogive. 

Château. — L'histoire, pas plus que la tradition, ne nous a conservé les 




■ vliAleaii iliint, cepeiulant, l'exislftii-e ne saurait Être mise en 
nr.0TP., SUT If li^u dit R>-lii>uru. les ruines en 1830 et, 
curieux des choses 
son Cbenon, depuis 
ff^nne Pilard, qu'habi- 
tait Jacques de Roussj ; 
il V rt^di^eait, en (384, 
son fameux ■■ Démem- 
brement n. devenu bien- 
liU, i>nlre les mains de 
liotiereaux tracassiera, 
une source de procès 
que, seule, réussit à ta- 
rir la HiH'nlutîon ; l'au- 
tri>, où demeura le sieur 
de RL^lhune, tristement 
ei''lèbi-e par son orgueil 
et SCS brutalités. On con- 
serve, de celle maison, 
une plaque de cbeminée 
aux armes de France, 
avec le millésime 1374. 
Klle éclinppait alors, 
comme tant d'autres 
d'ailleurs, au règlement 
Carrttrei dg plNrn ''" ^ brumaire au II, 

ordonnant que fussent 
" retournées toutes les plaques portant les emblèmes de la royauté ou de la 
tyrannie seigneuriale. » 

Ecarts. — L'Orangerk. U liab. — PuiU-à-Biir, 43 hab.. où commence le 
canal des Ardennes. — Le Caïuil, 9 bab. — I/Bciiwc, .ï hab. — Le l'ont, i hab. — 
Sur lu Côle. 3 hab., du nom de sa situation sur la monliigne. — Chartemagne, 
4 bab.; ainsi s'appelait le premier propriétaire de l'auberf^e qui constitue cet 

Lifiuxdits. — R^uri-mj, un plateau très étendu sur lequel existait un petit 
dnmnine cultive par le« moiiies du prieuré de Donchery. Cet endroit s'appelle 
aussi, sans doute h cause de sii fertilité, le Jariiiii de l'Ourmir ou ik Boukivj/. 
— Une jirange. la iiraniie-fi'iiiriiiy, appartenant k M"* la duchesse de Mazarin, 
fui détruite pendant répoque révolutionnaire. — Le Chemin det Pilquig, ou de 
la Tour, laquelle défendait itii passage iiiiéuble de la Meuse. Il y a plus 
de cent ans qu'un orage violent emportait le toit, qui ne fut jamais replacé, de 
cette lour. Puis, petit :i pelil, elle s'écroula, et ses quelques tronçons de 
murailles, lransfori[ii'i-s en poste de douaniers, ont aujourd'hui complètement 
disparu. -^ Miiirir-Mir/utall, et, par dél'orniation des mots, Marie-Micliaut. A 
la ilate île UtO.ï, le cartulaire de Itelliel mentionne un contrat d'échange oti 
se triiuve la siunalui'e du maveur. Iloin-le-Mesnil était alors administré par 
tmis maires : l'un dépendant du prieiii<- île Ihnchery, qui relevait de l'abbaye 
lie Sainl-.Méilaril, fi Soissmis, "t pour les « bourgeois de Saint-Mard i> ; le 
deuxième nommé pour li's " bourgeois du V"«' " — l'avoué de Doncbery; — 
e1 !■■ troisième pour la .. Mnivii'-Mîclnmtt », fomprenant les serfs attachés 
au lier du Viiué. Un lieu dit M'iiif-ilifh'iiH. qui rappelle cette organisation 
admini-^lralive, exisie eiie<ii-e de nos Jours; et le clos du prieur se nommait le 
CI"" f^'i'iil-M'i'iril. i_ l'oiir les iiiiires lieuxiiils, voir Meyrac : VnxEs et Villages 



— ail — 

ÉLAN. — H., 182. — E., 46. — D. C, a. — D. A., i;>. — D. D., i:!. — 
Hect., 985. — B. P., Klize. — K. I,., le dimanche qui suit le 8 septembre. 
Premier élage du terraia jurassique : carrières de moellons dans les calcaires 
de cet ëtaite. Le village se divise en deux parties : Elan et les Censés, à environ 
un demi-kilomètre du centre communal. La Nohknclatiirk dks Coumunes (1823) 
signale aussi le moulin Favcnu. Pour la célèbre fofél d'Elan, d'une contenance 
d'environ 872 hectares, voir Meyrac : i.\ Fobét des Akden.nP!:, chap. xi, les 
M Industries de la Korèt ". — C. de Reims. 

Le ruisseau d'Elan prend sa source au pied même de la chapelle dite de 
Saint-Roger. Il traverse Elan, it Alger ; y actionne une scierie, anciennement 
fabrique de chaises et de galoches; passe à Routancourt où il fait marcher les 
usines Henny et Bridoux-Raulin; traverse le parc du château Dailly, entre à 
Fiize où il alimente les forges Raty, puis traverse le parc du château de Klize 
et va se jeter dans la Meuse. Le ruisseau d'Elan, dont l'affluent de droite est le 
ntâ'Aniy, prend sa source dans une sapinière assez proche du lieu où fut, dit 
la légende, le chùteau — on n'en voit plus trace actuellement — « desseitçneurs 
et chevaliers d'Arny ■■ ; rencontre à Routancourt VElang de la Forge-Basse, un 




nom qui rappelle ileux forges dîspiirues en 1865 et un ancien haut-fourneau, 
aujourd'hui taillanderie Bridoux-llaulin. Li Forge-Rasse fut transformée en 
citi': ouvrière. Quant à. la FhrijE-H'iute, elle est devenue, depuis 1878, l'aciérie 
Joseph Henny. Affluent de rive gauche : le ru d'Elr^pigny, que forme le trap- 
plein de lu Funlaine ISuu-'lu-I'ihjuis. Il traverse, notamment, le grand prè de 
Soiru cl se jette dans le ruisseau d'Ëlan, en face du crassier des forges. 

^lise-Abbaye. — L'abbaye d'Elan fut l'une des plus célèbres de l'Ar- 
denne. Elle fut fondée pur Witer, comte de Relliel. i< Douze religieux, nous 
raconU; la chronique — ou lu légende, — partirent de Loroy, au diocèse de 
Uoui^es, sous la conduite du bienheureux Ro^'er, Anglais de nation, à qui, 
raal);ré sa résistance, fut confiée la petite colonne. Iloger et ses compagnons 
s'arrêtèrent en un lieu désert et couvert de bois où ils s'établirent le 1" août 
1148. Là, pendant un as^^ez lon^ temps, ils servirent le Seigneur, i< dans la 
pauvreté, dans la faim, dans la soif, dans le froid, dans la nudité, dans les 



— 242 — 

veillas, dans les an^'oissos... » Mais, uno fois fondée, Tabbaye, grâce aux libé- 
ralités des rois et des seigneurs, devint bientôt puissamment riche. Elle eut 
des fermes un peu partout dans les Anlennes, notamment celle de Forest, 
actuellement écart d'Attigny. En 1399, ses biens s'accrurent de tous ceux que 
possédait l'abbaye de filltîs des Citeaux, aux Mazures : le Couvent fie la Con- 
solation Notre-Dame. Mais c'est surtout la magnifique forêt d*Elan qui fut 
pour elle une source de revenus considérables. Aussi, excitant les convoitises 
des soudards ou des troupes plus ou moins régulières qui désolaient si sou- 
vent notre région, fut-elle souvent incendiée et saccagée ; notamment par 
Lanibois, après la bataille de la Marfée; et, plus tard, par les calvinistes de 
Sedan. 

L'église abbatiale, de style flamboyant, sauf le portail, de style grec, abon- 
dante en tableaux, et des plus somptueuses, était remarquable par le gran- 
diose de son architecture, la beauté de ses sculptures et de ses fenêtres 
«ogivales que l'on voit encore, la magnilicence de ses arceaux dont restent 
quelques ruines, et la joliesse de ses stalles qui ornèrent Tancien temple 
protestant de Sedan. Furent inhumés dans cette église plusieurs comtes de 
Uethei : 

Hugues II, vers 1220 : 

Hugo cornes pri mu.* Jacet sub marmore limus. 

Quotl mine est erimusy licet id (/uod erat motio simus. 

Limus erat. fuimim omnes, aditiemt/ue redimus. 

Félicité de Broyés, son épouse, après 1231 : 

Hi'r coinitpm cotnitato ri non 
Couti tissa Ittcatur feliritas, 
Proffua tjonitas pietast/ue precanfur 

Hugut^s !V, vers 1278 : 

Iluf'sf (fui fut comte de Retest 
Sous ri'tte tomhe enf'ois est. 
Preiidotn fu et de bonne affaire^ 
Ji^sus lui veuille pardon faire. 
Fie,c fut au comte Menessier 
Ifont râf/ne Dieu soit parcenicr. 



Ma nasses, 1273 



llie Manasserus t^uondam cornes est tumulatus. 
Mille ad arma ferus^ morum virtute prohatus, 
Simpler af(/ue jiius, tormcntum wni patiatur. 
Sic sfX'ius sanctis œterna we fruatur. 

Puis aussi de nombreux autres comtes ou comtesses de Rethel, dont il 
serait trop long de rapporter ici les épitaphes; celles-ci données seulement 
pour exenii)le. llap[K'lons encore, cependant, celle assez naïve d'Isabelle de 
(^harbogne : 

Isahcau la comtesse f/ist sous cette lame 

Volontiers oijoit messe, pieuse de l'âme 

Des rieux de cri/ fust n(^e, moult est oit bonne dame: 

Jkesu drist rouronîiff la motte en son roh/aume. 

Et enfin cette dernière dont nous signalons l'intérêt historique, « laquelle 
se voit sur ung tombeau de marbre noir, sanz figure aucune, sinon les 
armoiries » : 

n (Uj fjil très hdiit, tràfi puissant prince, — De très noble m'^moire, Philippe Cùmte 



de Hevers, — Baron de Doazj/, princt et ymnii Cknmbi'ier — De Frnnee, /Us de 
trts Itault et très puissant — Prince Philippe. /Ils lia ruy île Frunce, — Qui 
trtspaêsa à la bataille d'Agincoiirl-keSlangy, au service du roy. — A l'encontre 
lies Anglais, le Jour — SaUict Crespin, XXV d'oelobre, — L'an de -jr/lre 1413. >i 

En iî'Jl, doni Movelet étant prieur, les iDoini-sabiinilonnaienl le monuslère 
pour n'y plus reparaître; Us n'étaient plus que qualru i eet époque. C'est 
entre le 29 janvier et le 16 avril qu'ils s'éloignèrent de leur ciiiivent, car le 
dernier acte qu'ib signèrent dute du 'i'i jiinvier, et on Iruuve le 16 avril un 
autre acte portant la signature do prêtre des lorâ charge de la paroisse d'Elan, 
que dessert aujourd'hui le curi> de Sapogne. 

L'église abbatiale devint paroissiale. .Mais elle fut livrée au pillage le plus 
éhonté. Chai^un y venait prendre ce qu'il y trouvait à sa conveniinue : statues 
qu'on jetait bas à l'aide de cordes, tableaux, marbres, plomb, bois; tout fut 
enlevé, cyniquement et sans crainte de poursuites, (Voir Meyriir : La Forêt 
DES Ardeknrs, chap. i, " les Abbayes ■>. 

En 1832, la Restauration remettait cette basilique au dfpnrtemenl. qui la 
vendit à condition qu'on la IransfornuU en une autre église, actuellement 
celle du rilla^e, où l'on conaei-ve un splendide bénitier en marbre noir. C'est 
sur l'emplacement de l'ancienne abbaye que se trouve la ferme, aveu quatre 
tourelles, de M. Ëdouoi'd Prévost, banquier t Charleville. Ilailleurs, avec les 
débris de l'abbaye sont construites, à Elan, d'assez nombre 

(Juant aux reliques du fondatei 
(îanneron nous a raconté les 
extra ordinaires miracles, elles 
avaient été dispersées pendant 
l'époque révolutionnaire, sauf le 
froKinent de soie violette dans 
letlticl i^lail enîdoppé le ciriir 
du saint. Ce morceau d'étotfe 
était, depuis le commencement 
du siècle, enfermé en un >• bras 
reliquaire " de bois qui n'avait 
évidemment pas été fuit pour 
cette destination. On l'a replacé, 
en ces dernières années, dans 
un petit reliquaire alTeclant la 
rornie d'un ostensoir qui z^esle 
exposé dans l'église. 

La Fonlaîne Hainl-Rofjer est 
toujoars un lieu de pèlerinage, 
fréquenté surtout par les jeunes 
Allés qui cherchent à calmer 
l«ur» ctiagrius d'amour. Après 
une prii^rr nu saint, elles n'ont 
qu'à niari'her sur les cailloux 
qui forment le lit du ruisseau 
d'Elan, pour voir apparaître en 
fonge. ou même en nsilité, l'élu 
de leur r.pur. L» Fontalna Silnt-Roger 

ÉTRÉPIONT. — H.. 228. — E., 75. - II. i:., J. — 11, A-, 13. — II. 11.. H. 
— Hect., 423. — B. P., Klize. — F. L., le dimanche qui suit le 28 aoiU. - Le 
viUaj^ s'étend au pied d'une colline. Troisième étage du terrtUn Hamique : 
calcaires oolilhiquee. — C. de Viiry. 




— Stl - 

ChAteau. — l/aucipii cliStcau, autmir duquel se groupèrent les premières 
maisDiis d'Etn'pifiny, remonte nuï origines mêmes Je la commune; quinzième 
sièdo. Il nurail ét<'', d'ahnrd, habite par iiicssire Antoine de TouH}', chevalier, 
si'ijfiii'iir d'Klri'pi^iny, Cliéiy, Saint- Martin -sur-Bar, Beaumont elPouilly, qui eut 

pour (épouse Jeanne- 
Claude de Pouilly. Ea 
ITOâ, il avait pour châ- 
telain r.abnel-Kenanl 
(le Fuchsamberg. capi- 
taine au régiment de 
^o^raandie, (Ils de Re- 
nard de Fuschamberg, 
seifineur de La Tour- 
nclle, « lieutenant pour 
le roi des villes de Chà- 
leau-Hej{niiult et Lin- 
l'Iiainps ■>. En 1789, le 
[uarquis de Moriol le 
vendait à M. Lefebrre, 
alors curé d'Ëtrépigny; 
mais quelques années 
plus tard, il fut si rom- 
pli^tement détruit et 
rasi^ qu'il n'en re^te plus veslige, aujourd'hui. Le» tiAtiments qui l'avoisinaieot 
et si'rvnienl, » cette l'poqiie, de in'i'sbytéri', fuiviif recoustruila, puis devinrent 
le i')iAl<-au actuel qu'habita, nolaninifnt. M™" veuvt- ]>;inckouke, la Temme du 
ci^lèbre êdrleur. C'est dans le ]i:iri' de l'uiicieu cliàleau que fut inhumé Jean 
Ueslîer, l'auteur si connu de Mh.n Tk^tauknt : l'un des iiuvnk^es de libre-pensée 
les plus Tameux du dix-huiliÈnj(! sièirle. 




BtréplEUT 



OUIONICOURT-SUH-VENCE. 

1». A., I i. ~ n. 1)., 13. — iicii., m. - 

dimanche de uKii. — C' \'. — il. 
c-oleiiux, comnii' dans un eutonmiir q 
du FfiHlii-ii, où mule le rui^selel i|ue 
ouest, I 



- H., 314. — I-:.. 112. — D. C, 11. — 
It. P.. Iluignicourl. — V. 1... le dentier 
T. — Le'villiifîe est, a» pied de ses 

li s'ouvre : à l'i'Sl, sur l'.'arnite valléiî 
iiuvent on appelle li' Rhône: et au sud- 
r l'-lap- ilii li-miinjuriissii/ue : carrihns 



dans k-s calcaires bliuics cl oolitliiques de la grande Dolillie. — ('.. de Heims. 

Ch&te&n. — ApiKirtenant à la famille de Wigiiacoui'l. Kst-ce le cbàtenu 
dont parle de Saiul-Paul d:ins ses MËuninKs. » Après avoir assiégé l'abbaye de 
Chauiuonl. ... le maréchal trouva bon (fc Taire acheminer ses troupes droict a 
lîuigiiicourt. fort cliilleau, h-quel incommoduit par sa garnison le Itethellois, 
eslatii assis eiilre Itetfael et Méiiêres. Mais ceux de Sedan, manquant de 
résolulion à l'efTecI, ayant veu le canon prél à jouer, se soumirent & rendre lu 
place es-mains duilicl seigneur, laquelle eslaut en mains fait investir Y vernau- 
m.inl... ■• Voir Vvkhnauui.st et Soirvuw-sua-MKrsK.) 

Ecarts. ^ Fnmlku, ferme construite avec des matériaux provenant d'une 
antique maison forte, à ftOO mètres du villa^'e, rians les caves de laquelle on 
Iniuvji di- Mouil'reusca mounaii'S d>' ciiivif et une 1res curieuse lampe fort 
audeiMie. l'ri.- Iiabitalimi de cet 0.-:„\. iiiirail. si l'on en croit la Wgende, servi 
de rel'uye à qui'lques •'■[ni>;rés, [x'iidaiit l,i période révolutionnaire, l^n cime- 
tière bordait autrefuis une |>arlie de la loule coniliiisant de Guignicourt & Pran- 
lieu. — La Foutn'ii: — (iilI''-Viipilaiii'i. S. C. — La youvetle-Forye. N, C, Par 
opposition sans doute à la Vieille- Ko r-;;e, ilonl, non loin, on a reconnu les 
traces : scories laissées par un tiaut-fourtu-au i-l non encore débarrassées du 



245 — 

fer qu'enfermait le minerai. — Som-la-Ville. Entre Yvernauniont elGiiigiiicoiirt, 
au lieu dit » Sous-la-Ville », évoquant, d'après la tradition, de nombreuses 
villas romaines, des fouilles mirent à jour une fort grande quantité de mon- 
naies antiques; une médaille sur laquelle étaient gravés Romulus et Hemus, 
allaités par leur louve; quelques substructions calcinées et des squcîlcttas. 

HANNOONE-SAINT-MARTIN. - H., 077. - l-., 201. — I). C, 0. — 
1). A., 16. — D. D., io. — Hect., 471. — B. P., T)om-le-Mesnil. — K. L., b; 
dimancbe qui suit le 1 1 juillet. — C*° P. — S'étage pittoresquement sur une 
colline dont l'altitude atteint 304 mètres. Territoire arrosé par la Bar, et, 
coulant de l'ouest vers l'est, par son affluent le ruisseau de Supvune. Troisième 
étage du terrain liassvjue : marnes noires, scbisteuses et sulfureuses, cen- 
drières. Premier étage du terrain jurassi<jue : carrières, pierres de taille, en 
exploitation, dans les calcaires oolithiques jaunâtres. — C. de Heims. 

Eglise. — Très ancienne, mais souvent reconstruite ou réparée. La tour et la 
voûte du clocher remonteraient au treizième ou, plutôt, au quatorzième siècle. 

La date de 1608 qui se lit à la clef de voiHe est celle d'une restauration. 
Puis se voient des retouches des quinzième et seizième siècles, en style ogival 
et flamboyant. A la fin du di.x-septième siècle, on exhaussa le clocher, et fut 
élevée la tour romane que l'on couronna d'un dôme gracieux, surmonté lui- 
même d'un campanile. Saint Martin, patron de l'église et de la commune, 
avait anciennement sa statue en bois au-dessus du porche; statue grotesque, 
maintenant reléguée dans un grenier et que remplace une rosace nous offrant 
le saint à cheval et, selon la lég(Mule, coupant en deux son manteau. 

Ecarts. — La Foulerie du Plat-Ruisseau. N. C. — La Grande- Foulerie, oO hab. 

— Le Moulin, 4 hab. 

liieuxdits. — Quelques lieuxdits évoquent des souvenirs historiques et 
nous laissent entrevoir que Hannogne-Saiiit-Martin fut jadis plus important 
qu'il ne l'est aujourd'hui. — Le Chemin du Pièfje, la Mtdadrerie, la Henferinerie, 
la Croix-blanche ; en ces licnix furent trouvés des médailles, des armures, des 
squelettes. — Le Champ de bataille; mais quelle bataille? Est-ce en 1478, 
lorsque Louis XI, Charles le Téméraire étant mort, voulut s'emparer du pays 
que la maison de Bourgogne possédait en Belgique? Est-ce aux temps de la 
Fronde, alors que la Champagne était le théiUre de luttes incess;nit(îs et 
meurtrières? Est-ce en 1650, quand Villequier mit en déroute deux régiments 
d'infanterie espagnole? — Popelaine, hameau qui disparut on ne sait à quelle 
époque; se trouve mentionné dans un démembrement de 1322 : Chambre des 
comptes de Nevers; et, à la date de 1326, dans un aveu par lequel « Jacommius 
dit Corporeis escuiers » reconnaît tenir en bref du comte de Kethel, « en la 
prévôté d'Omont, la moitié des moulins de Safville = Sauville... et item en la 
prévôté de Donchery, à cause tle l'avouerie dont était titulaire le dit comte 
de Hethel, les soignïes (?) d'Ilannogne et de Popelaiiie. » — Les Huttes. En 
l'année 1636, une peste teirible ravagea cette région et se lit cruellement 
sentir, notamment à Saint-Marceau, à Saint-Martin, à Boutancourt, à Flize, à 
Villers, à Sapogne. Intermittente, elle disparaissait, puis, provoquée par la 
famine et la puanteur d<*s cadavres, horrible suite de la guerre, elle 
réapparaissait. Les pestiférés, morts ou vivants, furent relégués ou enfermés 
en un lieu dont le nom rappelle ces tristes événements : les Huttes, ou cabanes 
construites hâtivement pour y parquer ceux (|ue la peste n'avait pas encore 
enlevés. 

MONDIGNY. — 11., 144. — E., 43. — I). C, 13. — D. A., 11. — 1). D., 9. 

— Hect., .'>81. — B. P. — Boulzicourl. — E. L., le premier dimanche de juin. 
Aucun cours d'eau ne traverse le territoire de Mondigny. Terrain jurassique : 



— 2i« — 

picrros de taille «•( moellons. Tvnain diluvien : argiles pour poteries que l'on 
fabnt|ue surtout k Barbencroc. — C. de Vennandois. 

Eglise. — Sur le portail se voit \v millésime 1782; date, évidemment, d*une 
restauration. 

Ch&teau. — Procln^ de l'église, les vestiges d'une très ancienne maison 
seigneuriale que possédaient, en 1347, Hélis de Mondignv, épouse de Henri de 
Monville; en \\S\V1. i){LH\v de Savigny. Reconstruite par M. de Robert, elle fut 
détruite en 171M ; ses « communs >» sont, actuellement, bergerie et grange : 
dite iirant/e de la Fenn*'. 

Ecarts. — Les Hcjets, en plein bois. — liarhencruc, 36 bab., dans la vallée 
de Hordenx. D'après une légende. Uordeux et Harbencroc tireraient leurs 
noms de deux brigands qui, v«'rs la lin du neuvième siècle, ravagèrent, pillèrent, 
ensanglantèrent cette zon»' ardennaise. Bordeux, toujours d'après la légende, 
était Flamand, et Barbencroc, aux longues moustacbes relevées en cri>c, était 
Liégeois. Après maints et maints crimes, entre autres l'assassinat de saint 
Arnould, (jue la trailition leur iuïpule plus ou moins véridiquement (voir 
(iKi'vÈHKs), ils furent pendus baut et court à Barba i se ; le lieu de pendaison 
s'appelle encore, tout naturellement, la Polt'iwe, 

NOUVION-SUR-MEUSE. — IL, 33H. — E., 03. — 1). C, 2. — D. A., 12. 
— 1). I)., 11. — Ib'cl., Olo. — B. P., Flize. — F. L., le dimancbe qui suit le 
l.'i août. — ('.'« P. — il. — T. — La Meuse coule à 2(K) mètres environ du 
villiigt*. Terrain liassiiine : marnes à fragments ferrugintuix et lambeau de 
calcairt' ferrujiineux. Nt>uvion, terre <rKmpire depuis le traité de Mersen, 870, 
ne revint à la France «luen 1701), après le traité de Bruxelles. 

Eglise. — Date «lu quinzième siècle. Une de nos anciennes églises ardennaises 
le plus solideuit'ut fortifiées. Dans le mur, face à la Meuse, des créneaux et des 
meurtrières: puis, un escalier très étroit, conduisant à la loge de guet, d'où 
Ion surveillait le fleuve, hevant le portail, une pierre très vieille, sur laquelle 
se voit, en raraclèn»s golbiqurs, un<* inscription à peu près illisible. Dans 
l'intérieur, les armes du Retbélois; sur l'un des piliers, un écusson qui doit 
être celui des Wallin; quelques statues reuiontant aux dix premières années 
du dix-se(»tième siècb»; sur le rétabl»», curieuse sculpture en bois, datant d'au 
moins quatre ct-nts années et représ<MUant un épisode; de la vie du Cbrist. Des 
trois cloches, n'en restait qu'une après la Révoluli(ui, elle portait le millésime 
1(>()0; les deux aulies avaient été fondues par ordre du District. 

Kn septembre l.'>î)-2, Sainl-Paul lencontrait et battait, à Nnuvion-sur-Meuse, 
le sieur d'Yvernaumont. qui avait obtenu •< (N)mmission du roy de Navarre 
poiir faire levée d'un n'-giment de gens de pied, lequel il leva en peu de jours, 
aver infinies insolences à lendrr>ict du pauvre peufïle, duquel on n'entendoit 
que les pl;iinct<'s au pais de Retliellois; ce qui occasionna le seigneur de 
Saincl-Paul de Ciire espier le tiMups et le lieu où assurément il le pourrait 

trouver Yvernauruont. marchant en cani()aigne, fut veu des ciitlioliques 

«|u'il recogneuf : la furie desquels voulant éviter, se renferma diligemment 
dans le vijlagi» de Nouvion, qu'il choisit pour retraitte, s'y jettant sauf, malgn^ 
les poursuiltes catholieqiies, dans lequel, toutlefois, il ne trouva salut, d'aul- 
tant quil fust aussy fnrt investy et sommé di» se rendre. Ce quil fut refTusant 
faire: ains faisant sentir assez lentement h? son de ses barquebuzardes aux 
plus téméraires, faisoil démonstration de voulloir ofnniastrer la detfence de 
sa vie, quil vouloit consrrver sous les murailles de l'église. Mais le seigneur 
(le Sainct-Paul, ayant diliî^emment faict amener un canon de Maizières, par 
dessus la Meuse, que (fuelques liabitans et soldats amenèrent, qui ny ses- 
pargnèrent au hasard el. travail, feit bien tost ouvrir à coups de canons léglise 
où le dict d'ivernaulniont sestoit retiré. Leciuel se présentant à Tassault, le 



— 247 — 

soustint, à cause que la bresche estoit favorisée d'une maison où aucuns 
soldatz sestoient logez; qui donna occasion au général catliolicque dy faire 
dresser quelques voilées de canon, lesquelles estourdissant aucuns des tenants 
rendirent le reste tellement estomnez quilz se rendirent à miséricorde... » 
(Mémoires du maréchal de Saint-Paul.) 

Ch&teau. — L'habitation dite aujourd'hui Cour-d* en-Haut fut la maison 
seigneuriale qu'habitèrent les Villelongue, les Wallin, les de Pouilly, les 
Zweiffel — ou Zuniffel — les Lardenois de Ville de Hagnon, les de Houcy. 
On y remarque une vaste cheminée, et un escalier en bois de chêne, datant 
du seizième siècle; et, au rez-de-chaussée, la chambre où coucha le duc d'En- 
ghien — le grand Condé — quand, avant la bataille de Nordiingen, il passait 
à Nouvion, avec ses six bataillons de huit cents hommes chacun. Dans cette 
chambre, une plaque aux armes parti de Bourbon, avec la date de 1066, et, 
pour ornement extérieur, un trophée de drapeaux. 

La Cour-iï en-Bas, également ancienne demeure seigneuriale — les premiers 
seigneurs de iNouvion furent les seigneurs de Neufmanil, — mais n'ayant 
laissé aucun souvenir historique précis. Elle nest, d'ailleurs, qu'une annexe 
de la Cour-d' en-Haut, A signaler une maison construite en 1560, où se trouve 
une plaque de cheminée aux armoiries pleines d'Espagne avec cette devise : 
DOMiNvs uiiii ADivTOR. 11 importe de mentionner également deux autres inté- 
ressantes plaques de cheminée dans le presbytère, dont l'une, portant le 
millésime 1570, nous offre la fameuse légende de saint Hubert, avec le cerf 
traditionel ; et l'autre, engagée dans lo mur, qui, laissant lire : s. c. frvlo... 
ERiCLO... c. DE wiTRi..., représente en son dessin une entrevue, un « accord » de 
deux seigneurs. 

Ecarts. — VEspérance, ferme dans les terrains vendus par la commune, en 
1848, pour l'établissement du pont-suspendu. — Les Deux Maisons, celles du 
garde-barrière. — Manicourt, à 800 mètres nord -nord -ouest du village. 
Hameau d'origine fort ancienne et jadis des plus importants. Appartint 
d'abord, comme Nouvion, à la prévôté d'Orchimont, et fut tardivement reven- 
diqué, en 1559, par le roi d'Espagne, souverain des seigneurs d'Orchimont. 
Fut aussi, vers l'an 1320, « du fonds terre et seigneurie de Saint-Mard — 
Saint-Médard de Soissons. » — Les bourgeois « de Saint-Mard » relevaient 
alors du prieuré de Donchery. 

OMICOURT. — H., 155. — E., 40. — 0. C, H. — D. A., 22. — I). 1)., 20. 
— Hect., 736. — B. P., Vendresse. — F. L., la Pentecôte. — Omicourt s'étage 
sur la pente d'une colline boisée : au pied coule le canal des Ànknnes. Le 
territoire, que traverse la Bar, se divise en deux partiels nettement distinctes : 
la partie forestière, occupant les hauteurs à l'ouest; et la partie agricole, 
s'étendant à l'est sur les pentes et sur la plaine. De l'ancienne église, assez 
curieuse, détruite pendant les guerres du dix -septième siècle, ne reste 
aujourd'hui que la tour. Pèlerinage d'importance médiocre k Saint-Memmie, 
évêque de Chàlons, pour la guérison de certaines maladies des enfants. Les 
principaux seigneurs d'Omicourt furent : en 1136, les Chartreux du Mont- 
Dieu; vers 1179, les seigneurs de Uaucourt; puis, successivement : le prieur 
de Donchery, les comtes de Uethel, les de Buzancy, les Colesson de Monthierme, 
Valérian de Bournonville, i428, qui gouverna Heaumont pour les Anglais; en 
1470, le monastère de Saint-Vincent de Laon; en 1512, le prieur d'Omicourt, 
les d'Ambly, les de Lutre, les de Vieu ville, les de Noailles; en 1676, les de 
Bournonville. — C. de Reims. 

SAINT-BiARCEAU. — H., 357. — E., 111. — D. C, 5. — D. A., 9. — 
D. D., 7. — Hect., 480. — B. P., Boulzicourl. — F. L., le dimanche qui suit 



— 248 - 

lo 18 octobre. Lp village f*st piltoresqiiement assis sur le haut d'une colline à 
la cote 326 mètres. TtMritoire jurosé notamment par la Verice, qui reçoit, sur 
sa rive droite, le ruisseau de Grarul-Champ. Troisième élaj^e du terrain Uasfitjue : 
marnes noires, pyriteuses. Premier eHa^'e du terrain jurassique : carrières 
€»xploitées pour pierres de taill«»: sable lîn, pour le moulafçe de la fonte. — 
C. de Vitrv. 

Ch&teau. — Construit au dix-septième siècle; fut presque totalement 
d<Hruit en 1870, par les Allemands. Kn face du chAteau, un terti^e assez élevé, 
dit Sainfoin, sous lequel, en 1830, on «lécouvrit une vaste cave dont les murs 
calcinés indiquaient un incendie. Non loin, en creusant la terre au pied d'un 
chêne, on trouvait un vase rempli de pièces romaines à Teffigie de Valérien 
et de Gallien. 

Ecarts. — Le Moulin sur la Vencr. N. C. Ce moulin est transformé, depuis 
1854, en une importante usine. — Le Moulin, 17 liab. — Constantine, 4 hab. — 
Montbcton, où le terrible mar»*clial Montbeton de Saint-Paul, affirme la tradition, 
aurait livré combat sanglant. — Sur les Morts, où furent enterrés ceux que 
frappa « la peste noire » pendant la guerre de Cent ans, et, sans doute dussi, 
ceuxquVnlevèrent les pesU'S de 1000, de 1625 ou de 1636, « alors que les rou- 
tiers laissèrent de si nombreux cadavres à travers le pays >». Dans le cimetière, 
une croix votive rappela longtemps « la disparition du fléau ». 

SAINT-PIERRE-SUR- VENGE. — 11. lil. — K., aO. — I). C, 8. — 

n. A., 12. — I). I)., 10. — Hect., 139. — U. P., Houizicourt. — F. L., le dimanche 
après le 18 octobre. — Le village se trouve à la naissance du Mont Toiim- 
meaux sur la rive gauche de la Vnict^ Même constitution géologique qu'à 
Chanifiigneul cl à Nfondigny. — C. de Vermandois. 

Eglise. — Date du quinzième siècle. Aurait remplacé une petite chapelle 
dite « de secours »• dont les traces restent encore visibles dans l'église. Le 
ch(eur actuel remonte à la première moitié du dix-septième siècle; le porche, 
le clocher et la sacristie datent de 1708. Le millésime 1771 se lit sur la 
cloche. 

Ch&teau. — Une maison seigneuriale — ressemblant à une grosse ferme — 
détruite en 1879. Les seigneurs de Saint-Pierre n'eurent que le droit de basse- 
justice; c'est-a-dire, une quasi-justice de paix. 

Ecarts. — Le Moulin. N'est plus exploita depuis 18o6, s'étant dépossédé de 
son cours d'eau pour la filature de Boulzicourt, moyennant 19,000 francs. — Se 
trouve le lieu dit, en 1791, la Coulure formant la «leuxième section de Saint- 
Pierre; la troisième s"ap[)elait Damourelle ; la première /ie//f*-Vo/«îf?, aujourd'hui 
écart de 23 habitants, où s'élevaient, jadis, un colombier seigneurial et une 
ferme assez grande qu'en 18U son propriétaire vendit en détail : vente qui 
lui rapporta 100,000 francs. 

SAPOGNE-FEUCHÈRES. - IL, 7:i0. -- K., iVf. - l>. C, 0. — D. A., 16. 
— D. 1)., 15. — Ibrt., I,n70. - IL P., l)om-le-Mesnil. — V\ L., l'avant-dernier 
dimanche de juillet. — C'*^ P. — Le village s'étend dans un vallon que surplom- 
bent de très hautes collines aux pentes fort raides. Il est traversé de l'est à l'ouest 
par le ruisseau de Sapôfpie (\m se déverse dans la B///'. Premier étage du terrain 
jurassit/ue : calcaires gris exî>loités pour pierres de taille; calcaires oolithiques 
schisteux et calcaires blancs; sable pour le moulage de la fonte. Territoire 
assez montueux (?t accidenté. L'industrie du bois est très florissante à Sapogne : 
chaises, fauteuils, bois de brosses, manches coudés pour pelles, manches 
tournés pour outils •*! ust«'nsili»s de ménage, échelles, nûeaux, merrains pour 
tonneaux, cercles. De nombreuses ouvrières paillent et rejmillent, rotinent et 
vernissent les chaises; c'est la spécialité de Sapogne. — C. de Reims. 



— 249 — 

— Pettch^res, 12! hab., sur le flanc d'un coteau vis-à-vis le suil- 
oaest. Fat commune séparée de 1794à 1827. — Le PowlnVElan, \ \ bah., à l'entrée 
presque de la célèbre forêt de Mazarin. — La Scierie, 4 hab.. récemment cons- 
truite sur le ruisseau de Sapogne. — Le Pn^-Ludet, ii bab., ancien moulin 
derenue scierie et fabrique de bois tournés; elle est activée par un mince cours 
d*eaa qui. Tenant d'Omicourt, se jette dans la Bar. — La Chatteb'e ou Chatterie, 
sur le bord du canal des Ardennes; tire son nom d'un certain curé Lechat, 
d*bumeur bizarre, qui déserta son presbytère pour habiter la Chatterie. — 
Beauregard^ 22 hab. La maison et Tancien ch.^teau seigneurial de Heauregard 
sont presque cachés par les rideaux d'arbres fruitiers, les haies de sureau, de 
cornouiller et de pruneliers, que dominent dénormes noyers plusieurs fois 
séculaires. D'un plateau, à l'altitude assez haute, on aperçoit les riches fron- 
daisons de Queue-Cheveuges, les bois d'Omicourt, les triages du haut Sapogne, 
Timmense forêt de Mazarin ; puis aussi le bois d'Ennelle, proche de Balaives. — Le 
Pavillon, 12 hab. ; jadis, sous l'appellation de Vandemaison. le séjour préféré des 
seigneurs d'Ar^y, dont les biens furent vendus en exécution de la loi, mars 4793, 
contre les émigrés. 

(Pour la légende du « pain de Sapogne », voir Meyrac : Villes kt Villac.es 

DES ArDKNNES.) 

VnXERS-LE-TILLEUL. — H., 2:>7. - K., 91. — D. C, 9. - I). A., 20. 

— D. D., 18. — Hect., 861. — B. B., Flize. — F. L., le dernier dimanche de 
mai. — O* P. — Le villaae, qui s'appelait autrefois Villiers-le-Tigneux ou 
Villers-le-Ligneux, occupe le sommet d'une colline, à la cote 270 mètres. Premier 
étage du terrain jurassvjue : carrières de moellons, abandonnées aujourd'hui 
dans les calcaires oolithiques. Troisième étage du terrain jurassifjue : marne, 
minerai de fer, engrais qui n'est 'plus exploité. — C. de Reims. 

Ecarts. — Les Pourceaades, 7 hab. — Les Quatre-Vents, o hab. — Le Moalin, 
8 hab., où se trouvaient le moulin banal et le four banal, appartenant, dès leur 
origine : au monastère de Saint-Vincent de Laon et aux comtes de Hethel; 
puis à Tabbaye de Saint-Nicaise; à la Sainte-Chapelle de Paris et au prieur 
d'Omont. Four et moulin disparurent, probablemenl, lorsque le village fut 
quasi complètement détruit par le feu, pendant le siège du chiUeau d'Omont 
que fît Henri IV. La famille de Mazarin et l'abbaye possédèrent Villers-le-Tilleul 
jusqu'à la Révolution. 

VILLERS-SUR-LE-MONT. - IL, 129. — K., 42. — D. C, 9. - I). A., 14. 

— D. I)., 13. — Hect., :J29. — B. P., Guignicourt. — F. L., le dimanche qui 
suit le 5 juin. — B. B. — Aucun cours d'eau n'arrose son territoire assez élevé. 
Premier étage du terrain jurassi(jue : calcaires blancs compacts et calcaires 
oolithiques; carrières. Deuxième étage du terrain jurassique : marnes avec 
boules de quartz, minerai de fer. — C. de Reims. 

Eglise. — De Téglise fort ancienne et toujours entourée de son cimetière, 
restent actuellement : un pan de mur encastré dans la muraille nouvelle, ce 
pan est surmonté d'une sépulture qui semble dater du quatorzième siècle; une 
croix fleurdelysée au clocher; à l'extérieur, une inscription rapp(?lant qu'en 
1790 Jeanne Gobert laissait à la Fabrique deux cents livres pour un obit per- 
pétuel. 

Ecarts. — La Louviêre, où se trouvaient cincj maisons qu'un incendie, en 
1861, détruisait complètement. Autrefois, à la Louviêre, un domaine très 
important, autour duquel s'étaient groupées les premières habitations qui for- 
mèrent le village; car Villers n'occupait point, alors, l'emplacement qu'il occupe 
aujourd'hui. Il s'étendait plus à l'est sur le lieu dit la Grande-Rue, pré com- 
munal où Ton a découvert quelques substructions. — Le Puits de la Censé, 



— 2.*Î0 — 

Lors(Hh' los IiiipiM-iaux, avant onvalii la Cliampajjjne, Fnmçois I**" rognant, eurent 
lui^lr Vil!<»rs-sur-le-Monl, une ferme fut construite juste à l'endroit où s'élève 
artuelloinent l'éoole communale; et assez proche de cette ferme, le Puits de la 
Ccftsc qui servit de point central au Villers nouveau. (Pour la Terre des Bois et 
l(» Tilleul (le Juslice, voir Meyrac : Villks et Villages des Ardexnes.) 

VRIGNE-MEUSE. — IL, i;>8. — K., 50. — I). C, 6. — D. A., 16. — 
n. I)., i,'). — lle«-t., 444. — R. P.. Donclierv. — F. L., le premier dimanche de 
mai — Ci. et tramway pour Vrigne-aux-IJois. — T. — Village construit non 
loin de l'rndroit où con Huent la Vn'fpie et la Meuse, et s'adossant à la colline 
du Ternie sur h? haut de laquelle, en 1870, les Prussiens eurent un poste 
d'observation pour surveiller le g»''néral Vinoy. Deuxième étage du terrain lias- 
sique : calcaire sableux. Troisimie étage du terrain liassique : marnes et cal- 
caires ferrugineux. — C. «le lleims. 

Eglise. — Assez ancienne, et toutefois, assure la tradition, construite sur 
les ruines d'une église plus ancienne encore. Intérieurement, un autel assez 
coquet, d'ortire composite, dans un clurur de style gothique décoré d'une 
croisée à meneaux. Avait un clocher exagérénient penché, sur lequel une irré- 
vérencieuse légende racontait qu'au temps jadis le bruit courut àVrigne qu'une 
jeune épousée, pouvîint porter tleur d'oranger, allait faire bénir son mariage. 
(irand émoi. Même la chose parut si rare au clocher qu'il se dit : « Regardons, 
nous aussi, cet extraordinaire spectacle. •> Donc il se pencha très fort pour voir 
cette charmante enfant (jui, le jour<le son mariage, méritait encore le célèbre 
surnom dr Jeanne Darc. Puis il pensa, l'ayant conttMuplée : « Pourquoi n'en 
verrais-je pas une autre? je ne me relèverai «jue lorsc^i'aura passé une deuxième 
épousée avec son bouquet virginal. >» Or. notre pauvre clocher attendit des 
années, et encore des années, sans trouver occasion de se relever. Et, termine 
la légende - irrévérencieuse, nous avons prévenu, — nous le verrions encore 
toujours penché si t(mt récemment les charpentiers ne l'avaient redressé, an 
grand dommage du paysîige local. 

Lieuxdits. — Les liutes, vaste plaine sur la rive droite de la Meuse où l'on 
trouvait, en retournant la terre, des urnes, des armes, des médailles, des fosses 
avec des s<|ueletles; le tout d'origine «;allo-romaine. La tradition affirme que 
les llomains eurent aux Uutes une vilU? imnu'use. L'aventureux Masson n'a pas 
manqué, dans ses Annales ahdkn.naises, de fiiire, sur cette cité problématique, 
une fort longue dissertation qu'il croit être absolument probante. (Voir, pour 
les autres lieuxdits, Meyrac : Vhj.ks et Vu.lages des Arden.nes.) — L'//*)i des 
Oyc.s. Les habitants de Vri^nie sont surnommés *< ceux des Oyettes >», h cause 
de leur grand commeire d'oies. 

YVERNAUMONT. — IL, loi. - K., 40. — 1). C, 10. — D. A., 14. — 
h. !>., \'2. - Hect., '2H2. - H. P.. Fliz»'. — F. L., h' premier dimanche de mai. 
— Le villa^'e est construit sur le flanc d'un coteau tjui domine la Vence. Pre- 
mier étage du frrmin jurnssiifur : carrières de moellons. — C. de Vitry. 

Château. - Après avoir assié^'»' le chiUeau de Guignicourt, le maréchal de 
Saint-Paul vint assiéger le ch;U»'au d'Yveinaumont <( que le seigneur du lieu 
avoit faict fortili»'r. Mais ceiilx du d<;dans voyant tout bransler après avoir veu 
le canon quiéterent la place avec permission d'emmener armes et bagaiges et 
fust ee «hast eau pour estre de consécjuence (ît sur passaige, desmoly et rendu 
inabitabh' ])ar le moyen du feu ({ui l'embrasa par accident. D'Ivernauniont, les 
troupes lirèrent devant Dom, lesquels estonnés du peu de résistance des 
aultres se rendirent ne v<»ulaiis avoir plus d'honneur que leurs confrères. » 

Ecart. — Maison (UUe-Caiiituini'. N. r4. 

Lieudit. - l.'n lieu dit Snus hi Ville, indi(iuerait-il qu'autrefois Yvernau- 



mont fut, non le modeste villa^çp qu'il est tie nos jours, ii' 
lance iplative? En tout cas, hi tradition aftlrme i|up ]<". 
camp à Yvernaumont. 

IV. CANTON DE MONTHERMÉ. 



Le canton de Montliermé comprend onze communes : Montliermé, Itraux, 
Chàt«;au-Regnault, Deville, Elaulmé, les Hautes-Rivières, Laifour, Levrezv, 
Meillier-Kontaine, ThilayetToumavauK.il est borné : au nord, parle canton île 
Kumay et la Belgique; à l'est, encore par la Belnique, province de Namur; 
au sud, par le canton de Charleviile; & l'ouest, par le ciinton de lien wez. Su plus 
^'rande largeur est de 1,1 kilomètres environ, mesurée des Vieux-Moulins, écart 
deilarfjmes,àMeillit'r-Konlaine,et 16 k. 1 h.,de nevilleàSorendal. Ce canton est 
l'un des plus pittoresques, l'un des plus inontajineux et des pUis boisés de 
noire département. Son plateau, qui s'élève vers le nord, atteint : à la Croit 
Seattle, commune de Thilay, 304 mètres — cette montagne tirerait son nom 
d'un certain Scaillette, seigneur d'Haulmé, qui mourut vers ia lin du dix-sep- 
tième siècle; — aux Hauts-nnll-% 490 mètres; a la Griiud-Croix, 500 mètres; 
au Roc la Tnur, 420 mètres; au Chnwlron, 400 mètres; à la Croix-Haux, 411 mè- 
tres ; à VEnveiofpe de Montheitnr, 387 mètres. Celte région esi froide mais dun 
climat sain, si rigoureux soit-il. Industrie du fer et des ardoises, extraction 
des pierres, exploitation des bois, surtout en ce qui concerne l'écorcement des 
chênes et pour les pei'ches â houillères. La culliiie locale donne, chaque année : 
10,000 hectolitres de seigle; 6,u00 hectolitres d'avoine; 20,000 bectolitrc-s de 
pommes de terre, l'alimentation principale des liabitaiits, assez sobres, et ne 
mangeant que fort peu de viande, à pari celle du cochon. 

15,931 hab.; 4,294 élecl.; I4.0»7 hect. 

La forme et le relief de ce sol houlevei-sé concordent avec sa constitution 
géologique. Lesvaltées de 
la Meuse et de la Seiiioy ne 
sont d'ailleurs que le ré- 
sultat de grandes fractu- 
res modifiées aux leinps 
préhistoriques par les 
masses d'eau qui s'y pré- 
cipitèrent : d'où la forme 
si canicléristiquc de ces 
rives abruptes. L'Eiirc- 
l(^e de Hi-vinesl un un: 
de cercle presque parfait ; 
celles Ve Monthermé et 
de l.iùfour nous offrant 
un arc d'ellipse régulier. 
Les surfaces ondulées des 
lianes lie montagnes trou- 
vent leur origine dans U-^ 
roches minéralogiqurs 
■lont elles sont compo- 
sées. Les quarlzites offri- 
rent plus de résistanee 

que les schistes aux é|r'>ments destructeuis; les premiers sont restés înlacts, 
tandis que les autres se sont débilités sous riniluence des agents almosphé- 
i-îques. La montagne de droite an pied de laquelle coule la Meuse, de Chàteuu- 
Regnault à Monthermé, en mojilre un exemple frappant; elle présente une 




w-rie «rarèti's sailliiiitfs t|iii l'on «s pondent ù îles couihcs Ue (|uurtziU;s. Sou- 
«eiil uiissi «les crMfs cl «les pics l'K-vt's qui se siiiceitenl An proche en proche 
aptmrtifnnunt aux mêmes cnuoliis qui- des plis iri'S prononcés font affleurer 
III [iliisiriirs jioinls : pai' ■■xpiii(jIi' à lUiiHeau -lle^nault. (Voir Saurage et 
Biivi-iiier : i;éoi.mgik nv.s Arubn.vks, ]i. 32.) 

La Même coule, dans vt: i'a[iti)n, ilii sud-esl «u iiurd-est, avec les dérivations 
êclu!U>es i|ue voici : n l^vn-zv, rive Kauulu', :UHI inètivs: ù Monthenné, rive 
droite, 3,(K)0 mètres; à Lairour, rive di-oite, iW mètres; aux Dames de Meuse, 
rive droite, ifiUO luèlros. — 1^ Sfuniy, venant d'Arloii (en Itdgiquej, et pas- 
sant par Boiiillnn. enli-e en Prani-e par .Soii-ndal (ciite lT;i), arrose Faitloué, 
les ilautes-ltivières, .Nnlian, Naux, Thilay, Navaux, Haulmé, Touriiavaui, 
l'Iuule, la l.onfjue-llmi', 't leiieoulre b MtuSf II l^ivaM)ieu-Montlierm«i après 
un piiri'oiii-s, en rr^^ioii iirdennaise, de 25 kilomètr<>s dans une pittoresque gOTgfi 
l'oniié'-, là et la, par ilt-s rochei-s surplomltant son lit d'au moins 280 mètres; 
partiii l>'Siiuels : !■'$ Il'i'lu-s '/e R'ibfifirl voir Thilay); la fameuse Rochi- aux 
C'irfi'is. l'risile des eorlieuux où la mine ouvrit la roule, au-dessus de la Semoy 
1 bHs-foitdfi J« ïon prûvi|»ice, envoie l'ëeho île ses bouillon- 
1 proche, le Hoc la Tour qui semble 
s f^i^antesques de remparts cj'clo- 
péfina. (Voir chap. n : la ValUe 
lie la ik'inoij.) 

Les artluents principaux de 
la Si'iiiny sont : 

Affluents de la rire gmn- 
cùe. — I.i: ruisseau de. VabriKiy; 
il prend «i snurc* à l'est de Thi- 
lav. dans la gorge de Pisscleux 
i|iji s'avance dans les bois des 
liiandes-llazelles. Il actionne 
l'usine mOlalInrgique Doudoux- 
U Bac la Tour Dallol, autrefois moulin, et se 

jette, en ce lien, dans la Se- 
iiiov. — Le rnissean île luyeiw : il arrive de Mirnionl et du pré des llazelles 
et rencontre la Seiuoy un peu au-dessous de Nuvaux. — Le ruisseau de Narma, 
sur le territoire d'ilaulnir : il ilescend, en cascades, du Chène-Chaudron, et 
se Jette dans la Senioy à â kilomètres environ d'Ilanlmt'. ^ Le ruisseau de 
Suiifenjoule : que les I loches- lïhnpl et séparent du Nariva. - Le ruisseau de 
la Retuixp : il prend sn source a la fontaine des Horis, sur le liaut de la cûte 
qui domine la Malavisée, et se jette dans la Senioy, un peu en amont de Tou^- 
navaiix. Autrefois, ce village, (|ui n'aviùt ni cimetière ni église, faisait enterrer 
ses niorijs a llaulmfi. Mais un désiiccord survint entre les deux conrtnunes. 
Alors Tournavaux décida de choisir Leviviy pour lieu de sépulture. Kt comme 
les «cercueils étalent jiorlês à bras, les jHirleurs falitjuês prirent l'habitude de 
fain: halle, pour s<* reposer, non loin dr la fontaine, d'itù son nom : Fonlaine 
•ks Nurlu. 

Affluents de la rive droite. — Sur le territoire des llaules-ltivlères : l" le 
ruisseau de (VnVits qui se ji-tle dans lu Si'uioy un [>eu en amont du village; 
actiojiiiiiit jiidis une usine acIuelliTnent démolie; — 2° le ruisseau de Saint- 
Jciiii : il pri'nd s;i soinve t'n Itcl^ique, prurlic la ferme Saint-Jean, au Trou- 
.Mailli-t el à Clniulrin-r: limfîc le bois i-t enlm en France à Liiichamps après 
avilir reru les eaux du r:il,.;i,i m Viriu--F"ii rnem et de VOurs, Il alimente 
i'éfaii« lies lioiil'iiineries Laur-'iil. Il actionnait auti-efiils le moulin Cuilletdont 
il ne re>te plus vrsiip* et le niuulin de la Itayére acinellement en ruines. Le 
Saint-Jean reçoit : sur >n rive yauclie au-ilessus de l.inclianips, les roiaselets 




de la Rieetle el de la CAeciiie.siirsa rive droiLp. le niisselet il>' Xoii-fjoulit; puis 
actionnant le moulin Hi^non, des Haules-nivii^res (le seul moulin à farine rjui 
se trouve sur la Semoy,) et l'usine Badré-Baré, il se jetle ituns la Semoy, en face 
la Rowa ; — 3° le ruisseau des Ourus : il preml sa source en Belgique, reçoit le 
Baimont, un infime ruisselet, et rencontre lu Semoy un Pré-la-J,nmpe, eu amont 
de Soreniial où se trouve la ligne de démarcation entre la Belgique et la 
France. — Sur le territoire de Thilay : 1° le ruisseau de l'Ecaillere ([ul ren- 
contre la Semoy k 600 mètres, environ, en uval de Nohan ; — 3" le ruisseau de 
JVonfciru ; il prend sa source dans les coupes de la Ilaupliini^e, reçoit le S'iiifou 
qui vient de Framont el se Jetle dans la Semo;, a bOO mètres au-dessus de 
Nauï; — 3" le ruisseau de Devml-Nau.T : il prend sasoui-ce aux Sts-lllialnons, 
reçoit le Chauffotir et se jette dans lu Semoy en face de Nunx. Ku temps de 
^Tosses pluies hivernales, il devient torrent tumultueux, roule ri'éiionues cail- 
loux. Actionnait jadis deux mouhns i^ui n'existent plus maiulenant; — 4° [es 
ruisseuus du Moulin et du llérol, qui prennent leur source dans les gor{<es de 
Champré et de la Moussière. coulent séparés par le mamelon de Tourbline, se 
réunissent à Tliilay el se jettent ens-mble dans la Semoy, en face de A'avuux. 
I.e ruisseau du moulin actiounn le moulin de Thilay que remplacent mainte- 
nant les boulonncries MajiifOn et Itousseau, dont il fait tourner la roue hydrau- 
lique; — 3° un cimiil de dMvaliun, qui traverse le Chauip du Roy, met en mou- 
vement la turbine Avril oii se trouvait jadis le moulin l^urent.^ Sur le territoire 
de Mouthermé : 1° le Parfoitrtt qui se jelte dans la Seiuoy, un peu au-dessus 
des usines de Pliade; — 2° le ruisseau des C<:rceaiu: ou de la Lgre [ainsi s'ap- 
pelait un ancien fourneau) : il prend sa source aux Woiries lécart de Mon- 
thermé), longe les ardoisières Muyour et renconli'e la Semoy a la Longue-Haie, 
autre écart de Monltiermé. 

Noua avons ilil, dans noire chapitre ii du I.ivhe ], combien jadis, en celte 
vallée de la Semoy, 



communications étaient 
primitives. fVétroils, et 
souvent InipraLicables, 
chemins traversaienl, 
pour aller d"un village a 
l'autre, la Semoy , guéable 
|H>ur les voitures un peu 
partout, pendant la sai- 
son d'été. De petits ponts 
rustiques servaient 



: des 



iétons 



ponts de claies qui, de- 
puis soixante années, s'en 
nllèreiit un à un. I.e pie- 
mlerqui disparut fut, en 
1842, celui de Thiluy. 
remplacé par un pnnt 
suspendu auquel, en 
180:>, succédait un pont 
de pierres. Puis, en I8:ia. 
était aux Hautes-Hivières 
construit un pont que les 
arabesques de ses arches 
métalliques firent sur* 
nommer : .' le pont de 
dentelles ». Dix ans plu:^ tard, i 




Btrraeea t poluom 



I I86G, était, à Montlie 



are; pont à péuffe, aux OébuU, 
a qu'il avilit coOlé. Prit ensuite 
i:<) fut, (lu nom de son proprié- 



di' lu Spiiiov ", i'i rpnihdui'huro de telti- rivii 
tant qu'il n'eut pm produit rt-i|uivalent île o 
Sii place, un puni eu hois i''^alcnieut ik péa^e : 
taire, - le pDUt tlendainie <i. 

Kii IIJKI, la i-nuimune de Thilay Taisatt construire le pont de .Nohan. Le pool 
de l'iajes de ci'L iiupurlanl ■• l'eart >■. qu'avait démonté l'hiver I880')J1 et dont 
les matériaux étaient <lé|M)sés en las sur les pn''S devant Nohan, fut enlevé par 
l'inouliliable inondulioii du 21 di'cembre IH81I. 

Ku 1K6T, c'est le tour de Soretidal et d'Haulmé; le pont de ce dernier village 
mérite une mention s|M^i'iale, vnr à pt-ine décintré il s'écroula dans la Semoy 
et dut être reeumiueiieé l'année suivante. Celui de Sorendal eut un meilleur 
sort: maison fut oMifiê, l'hiver élaiil rude, de Tain- une partie de la maçon- 
nerie des eulées avec du morlii-r que les ouvriers fiilcliaient à l'eau bouillante. 
Ou craij^niiit une déliilrli- île ^laees : il était alors indispensable d'enlever les 
cintres en bois obstruant la riviei-i-. Le pont de Phade. construit pour le passage 
des ouvriiTs. fut eni]ifirté par une crue de la Semoy, eu 189a, et ne fut jamais 
rei'oiislruit. Knfln. en IHH8. In petite commune de Tnuriiaviiux se décidait aussi 
ù dire adieu ii «on j>oiil de cliiie» et le i-emplui.-iiit pnr un poiit métallique. 

Seul le fîenlil village de Naux a coiiservé le sien; toutefois, les claies ont été 

niplaeées par de* plaiiclies. Mai? le peu qu'il perdait en rusticilé, il le ga^cnoit 



inmoditë. 



plus att 



,e p..; 



.nllée, li-i 



) des endroits les 
r les toiles d'un artiste de ((rand 



1844, le 



istaller o Naux, et \h, pendant 
deux ans, avec son che- 
valet et sa palette, en 
plein air ou dans Tate- 
lier qu'il avait fait cons- 
truire surla petite roche 
de Devont-.Naux, il pei- 
gnait des payiia^fes dont 
plusieui-s eurent les hon- 
neurs du Sdon et le con- 
.luisii-ent a la célébrité. 
On conserve encore dons 
le pays de Semoy quel- 
ques portraits dus &SOR 
crayon et portant sa si- 
fitnaturc. Ce qui surtout 
n'ndait cet endroit char- 
mant, c'était le petit pont 
qui traverse le ravin el 
li-s trois moulins di- Devanl-Noux, dont l'un était activé par la Semoy et les 
doux autres par l>' Itliu. l.fn moulins 'itit disjiikni; simts In maison du meunier 
l'i le petit pont siihsistijiil, el re |M-tit coin de vallé<! est délicieux. 

Alors i[ue refînent les beaux joui-s d'été, maints touristes viennent visiter ce 
TLivin. Ou marche pi-mlant iWi mètres, el ai-rivé il la ItiuAe nitr Ckevaux, la 
fralclieur du lieu invite au i^pos. On installe sur la mousse les provisions 
em]ii>i-tées pour le déjeuner. I.fs enfants, qui sont du voyage, mêlent les éclats 
de leur voix aux murmures du ruisseau, taudis que les grandes personnes 
ifoOtent le charme de la bienfaisante nature. 

Puis, lorsque les enfants ont terminé leurs yoffex (<ui étangs) et leurs royont 
(ou canaux], on se dispose au retour, sans se douter qu'i'k 1 kilomètre, tout proche, 
<-u suivant le même chemin rocailleux, on trouve d'admirables rochers. Ici 




Chiuenra d>Di li 



iftlli« ds Srawr 



des assises ressemblent .\ s'y méprendre ù l'œiivri' du maçon; là do beaux 
cintres qui, sans leurs dimensions coinssales, Inissernîent croire qu'ils purenl 
pour iirchilecles des géants et non la nature. Quelques « anciens >■ de celte 
région se sou viennent -il s encore du « père Hia » qui naquit vers lan 1793? 
Quand on lui demandait d'où provenaient, & son avis, ces cintres superbes, il 
ne manquait point de vous répondre : •< Ce sont les débris de l'arclie qui porta 
.No>^, sa famille et les bêles de la création ! " 

HONTHERMÉ. — H., t,(30. — E., 945. — D. C, 15. - D. I».. 17. — 
Hecl., 3,233. — B. P., Monthermé. — K. L-, le dernier dimanclie daoïit. — 
C" P. — B. B. — S. M. — T. — Gare entre deux tunnels au pied des Quatre 
Kils Aymon. — Fanf. — S. G. la Revanche. — Cnrcle de Monthermé, de l.nval- 
Dieu , la Lumière.— S. C. C. 
la Ménagère et la Ruche 
(boulangerie). — Centre 
industriel métallurgique 
des plus importants; ar- 
doisières. Traversé par la 
Meuse, large ici de 100 m., 
qui sépare Monthermé, 
proprement dit, de I.aval- 
Dieu et de la Haute-Rowa 
dont les maisons s' et agent 



r le 11 



: de la i 




tagne. C'est ù Laval-Dieu 
que la Semoy se jette dans 
la Meuse, à regret 
ble-t-il, après avoir 
maintes courbes par K rm 

oseraies et les pra 

Nous signalerons c m 

mune, dit parfois de P h 

nom, ouest des Wo H B F 

aniucnt; celui des Lo g 

s'appelle aussi de la 
au-dessus de la l.oi g 

les vestiges. Premier étage du terrain ardoisier : schistes grenus, quarlzili'S com- 
pacts gris et rosés, schistes bleus micacés, schistes bleus grossiers, quarlziles 
bleus grenus, roches porpliyroïdes ; carrières de niOi>llons et ardoisières. 

Monthermé, dans sa presqu'île qu'enserrent les montagnes et s'allonpcant 
au sud en forme de boucle, est d'une originalité singulière que ne se lasse 
point d'admirer le tourisle. .\ous sommes, ici, dans le cœur de la véritable 
Ardenne abrupte, quelque peu sanvagc, mais, par dessus tout, grandiose. 

Histoire, — C. de Vilry. Monthermé semble remonter à l'époque où s'étei- 
gnit la race de nos premiers rois francs. Put bàli sur la montagne consacrée à 
saint llermel : alors se peuplait la vallée de la Meuse. Son nom apparaît pour 
la première fois dans l'histoire eu 106R, quand Arnould II, cinquième comte de 
Chiny, fondant le prieuré de Prix-les-Mézières. lui donnait tout ce qu'il possé- 
dait en prés et en bois usqux ad montem Uehnrictiin. .\ppitrtint aux comtes de 
Itethel; aux seigneurs de Chdtcau-Porcien ; entra dans la Maison de tïuise, 
après que Catherine de Clùves, veuve d'Antoine de Croy, eut épousé Henri I" 
de liuise; puis fut à la princsse de Cojiti en 1629. Cette princesse ayant cédé 
a Louis Xlll sa principauté de Cli.^teau-Uegnault, en 1629, Monthermé, qu'avait 
détaché de la France le traité de Mersen, 870, redevint ville française. XvaH 



éli- en 144.;, pendant la Riierre de Cent ans, ravagé et incendié par ces sou- 
dards que l'on appelait les 
— - l'corcheurs. 

Eglise. — Une nef princi- 

^^d pale, sans bas-cfltés, à Todte 

I ^^^^^^^Ê o^çivale avec nervures angu- 

Ita^^^^A^ ^^^^^^^^Ê i<'iiïes. est précédée d'un 

^^^^^^HHl^^^Bpj^^^^^^^^^^H cticBur 

^^^^^^^^^^^^^^SMH^^^I^^^^H cinq 

^^^^^^^^^^^^^^^^H^^^^^^^^^l ft'iiétrfd ogivales tré- 

^^^^^^^^^^^H^^^^ sans meneaux 

^^^^H^HiPiV llainboyanls. Quelques restes 

^^J^^^^i^ dp vitraux peints ; les con- 

^r^ treforts sont simples et sdhé- 

^* jtoEUuisu renis. Fortifiée, crénelée. La 

porte ot<ivale de ^tauche est k 
ivniarquer. A droite, on voit In place de deux portes ogivales, depuis long- 
letiips boucliées, mais les sculptures ont éti' consiTv.'-es. Ces deux portes ser- 
vaient de communication avec une m.iison particulière, aloi-s que l'entrée 
publique se trouvait à la porte gaucbe en haut d'un raide escalier. Une grosse 
tour carrée surmontée d'un comble et d'une ilècbe en ardoise que l'élévation 
des montagnes, en face, semble rapetisser. X rinlêrieur. une cuve baptismale, 
datant du douiiëmc siècle, et que l'on croit provenir de l'abbaye célèbre de 
1^ val- Dieu. 

('.itlte é|;lise, en contre-haut, offre un réel intiîrét an b en logique. Au portail 
gothique latéral, à gauche c\ l'entrée, uni- inscription sur marbre noir, en let- 
tres niiyuscuks romainei^, suriniiulée d'un écusson lisse et de deux roses d'un 
dessin irréjmliiT sur le cAlé, posée sans doute nu renouvelée un siècle après; 
la dédicact! nous apprend qin' : L'im 'te i/i-'lee ISii, te 25' i''"' — D'aou$f, fiât 
cent ^'jUsr — nàiUéjMi- mriTitHil péiv — Eu Dkii Mvnseifiueur — L'iirthevetqz car- 
ilituil l'I — Dur ite HAeiiAK Ifiimtl — Ihami ilex grandi paiiiotis — El ûiduli/ew 
uus liiiuifnUntn — iFicrlU; Cet arelievèque, qui d'ailleurs ne fut Jamais cardinal, 
était II' r.inieux Jean Juvénal des llrsin.x. 

Tandis qite dans h pallie champenoise du département 1<' ciseau du mojen 
itgi' l.'iissci di'S d'uvre» remarquables — nous le.s signalons à leur rang, — le 
rude [ilnleau d'Ardenne en est enlièrouienl dépourvu. Les dëlii^atesses de l'art 
of^ival ti'ont-elli's |)îis usé s'aventurer dans cette contrée sauva){e? Ui proximité 
de la fi'ooliere, la série des invasions fnmques, normandes, hon(j;roises, ger- 
maniques, la l'aihli-sse de la résistance dans un pavs émietlé en une pous- 
sière de souverainetés, ont-elles roninbné à l'anéantissement des richesses 
arti«tii|iies'? L'uni- el taulre causes p-uvent sans diiule servir à expliquer la 
ran-lé des éiiili.t.s n-ii^iiiix dans lu région septentrionale uniennaîse. Les 
i|ue|i|iies églises île date ainlenne sont moins églises que forteresses; presque 
partout le |ii)rl,iil n;;ival el la feiièlre à lancettes sonl accompagnés de Créneaux 
el di' inAiliicniilis. Iteaui-oup étaient construites sur une motte, avaient des 
reuL]iMT[s en h-rie et des fossés. (j'Ile de Moiithernié, tout en étant moins com- 
plili' i'i eel T;;ard. iiidiqiMt les mêmes prénecuimliens de défense. 

Nmis ivi]ijielleroris i'i ijiie Monthermé eut une maladrerie dite des Trfpattit 
qui. snuniise aux niesiin-s prises par l^uis XIV fédit de mars 1693) pour 
Inules les léproseries de Krance, fut supprimée. .4lars ses biens, par arn>t du 
1(1 février IUliri, furent .illi-ibués, lumme ceux <le la nialadi-erie de Haubert, à 
l'Ilnlel-DieiL do Méïièri-s. 

Ecarts. — SaiHti-ISarhe. ardnisiére, — Sainle-Cnlheriiir, ardoisière. — 
Lrihiii'il. ardoisière. _- Siiiiilc-Aiiin; ardoisière. — Cuillaiimont, 9 hab. — IjB 



-m^' 



- Î57 - 

Champ 'lu Trou, à Tembouchure Ue la Sernov, 100 liab. — I* CMteau, 7 hab. — 
Thio, 31 hab. — C/iUle-CoUel-et-Pilielle, i9 liiib. — La Grande-Commune. I4hab. 

— La Croix Sainte-Anne. 10 hab. — MalhnnU, 17 liab, — La Maison Bliincke, 
où se trouvent d'eicellcnte^ carrières ainsi qu'à VEnveloppr. — Lôpinettt!, 
16 hnb. — Le Haillon. 101 hiib. — Mayour. *6 Imb. — l'ri'-Sninl-Remy. 81 hab. 

— Terre-Noblesse. 6 hab. — Les Longues-Haies, spction cIp Monthcrmé. — 
La Haitte-Rowa, section de Monthertné. — Les Woines. 67 hab., section de 
Honihermé, ù ta cote 444 mètres, dans une éciaircie de la forêt où se trouve la 
source d'un affluent du Orand Ruisseau : le Moulin de la Piltrlle. — Le Cal- 
vaire de Montkermé. — Phade. 94 hab., où la Semoy reroit le l'arfonru. Usines 
à fer importantes. Aux « Rapides de Phade ». est eiilaitlé dans la ntche un 
chemin qui surplombe les fonds boisiïs où pironde la Semoy et atteint le IMquis- 
Blosette à l'endroit nii se déta- 
chent les chemins de Tourna- i^-.. _■'- 

vaux et de Naux. — La Ver- ' -^ 

rerie. fondée en 174!) par Cillet 
.\maur)'. Longtemps prospèi^?. 
Comptait, dans la première moi- 
tié du siècle, alors que M. des 
Rousseaiix de Médrano la diri- 
)!eait, plus de 170 ouvriers. Ses 
produits exportés, en ce temps, 
dépassaient le demi-million. 
Puis alla décroissant et fut, en 
quelque sorte, tuée par les nou- 
veaux établissements métallur- 
giques. — Les Hauts -Buil's, 
1B4 h., aux cotes i90 et :iOO m. 
(ou plutôt, comme on l'écrivait jadis, le Hutd-liuUeau), si^paré des Ras-Bultés 
par un petit ruisseau alTluent de la Meuse. Ces deux hameaux ne sont pas anté- 
rieurs au dix-septiè>me siècle et furent fondés par tes bùclierans qui venaient, 
en cet endroit, exploiter les arbres des forAts. Possédèrent, dès leur origine 
presque, un petit oratoire dédié à saint .Antoine de Padoue. L'éjdise actuelle, 
sous le vocable du même saint, est d'ori^'ine relativement récente. Les écarts 
des Hauls-Butlés, sont : la Ilrasserie oii se trouve un » si^^nal >■ à la cote 303; 
la Cense-Parent, la Rue ait.r Juifs, \a Cense-d' Artois où s'étend une plaine maré- 
cageuse riche en tourbes; non loin, le Grand Ruisseau prend sa source. 

Laval-Dieu, section de Monthemié, ù la Basse-Rowa, où le coteau domi- 
nant entre Meuse et Semoy s'est couvert de villas et de chalets dont l'ensemble 
offre un paysage charmant. Usine à fer, fonderie. A Laval-Dieu, la collégiale de 
Braux posséda, de tout temps, un oratoire rustique, dédié à saint Rémi et 
servant d'église à tous les serfs d'alentour. Wither, comte de Relhel, s'étaut 
emparé de la collégiale et de ses biens, ayant pillé l'oratoire, résolut ensuite, 
pour faire oublier ses rapines, de fonder une abbaye à l'endroit m^nie où se 
trouvait cet oratoire. D'autant plus que l'archevêque Itenaud 11 avait excom- 
munié Wither et qu'à cette époque de superstition naïve l 'excommunication 
était chose terrible. Il donnait alors, vers l'année 1128, à Gauthier de Saint- 
Maurice, premier abbé de Saint-Murtin, de l.a.m, le lieu dit Ihiurhc de la Semog 
pour y construire, sous le vocable di- saint llemy. uni' maismi de chanoines 
réguliers de l'ordre de Pnîmoiilré, 

Dès son origine, les biens de cette abliaye qui s'appela de Laval-Dieu = Vallis 
Oei, furent considérables : bois, terres, qui s'étendaient jusqu'au Chasielier da 
Chàteau-Hegnault; pêcheries de saumon à l'embouchure de la Semoy : .c Les 
dits de MoDthermé — lisons-nous dans le cartulaire de Laval-Dieu — yrontet 

17 



Eipldei d 



— 258 — 

pouiniiil ulIiT pcschor et ulluiiier en temps dû, comme en leur aysemeot en 
Iji dite (iOr(ie dès leiitnV di- Semoy jusqu'il trenle-cinq pieds ou environ près 
de» <'S(iaux do la basse pesdierie après <■! dessouls les soiries de la dicte pes- 
cherle île l.aval-Dieu. >' ICn oiilri;, l'iij.'iigemeiit en 1238 par Hugues IV, pour 
luirt sesdesc-ondiints, de donner tous l<:s ans & l'abbaye, quand arriverait NoftI, 
un niuiil de seifilo pris sur " ses moulins de Mézières, allu de compenser le 
dommage qu'il a pu cjius<>i' fi riibhnye et au monastère en rebâtissant une 
porte (Je son chAteati sur le fonds même de leur propriété qui s'étendait, alors, 
jusqu'au Blatie-Ru, prés de la Griinde-Roche. » Elle possédait encore les cures 
d'Orchimont, d'Hajb''S, d'Hiirgnies, des l.oueltes et de Viilerzy; sans oublier 
le fameux moulin banal : •• Kt, — lisons-nous dans l'autorisation que donne 
aux moines en lîiâO Jean d'AIltn-t — ri, pour qu'ils soient plus enclins h faire 
prière jiour nous à iceulx avons permis et, par ces présentes, permettons... 
de faire et ciuistniin- à leurs dépens le dict moulin sur la dicte rivière de 
Meuse au dit ban de Montliermé à la choze de nous lendre et paier chacun 
un an ou a notre receveur de la dicte chAtellenie de Itegnault la somme de 
Irente-deux sols parisis. " 

L'abbaye fut incendiée dans la nuit du 10 au 17 iioiH 1696 par un parti 
ennemi de la garnison de Maestritlil qui dévastait noire frontière, ainsi que 
les ïillanes de Thiiav et de Naux le 27 septenibie suivant, qui appartenaient 
aux moines. .Vussi Louis XIV déchargea-t-il le monastère du paiement des 
décimes pendant trois ans. L'église, reconstruite en I64t, succomba dans ce 
désastre et fut remplacée, vers la lin du dix-septième siècle, par celle que 
nous vojons actuellement où se remarquent, ix l'intérieur, quelques pierres 
tumulaires et surtout de fort remarquables et célèbres boiseries qu'embellit la 
patène du temps. Elles n-gnent assez haut sur toute l'étendue des murailles. 
Leur ordonnance j(énérale se compose d'un soubassement, que supportent des 
panneaux rectangulaires jumeaux, cannelés, de style conique, surmontés d'un 
enlablemeul. La partie i-cctangulaire est de décoration plus sobre. On a, toute- 



fois, lîxé de place en place des cariatides eni;alni 
leurs mains, la corniche de l'entablement, et sont d'i 




Egllu de LiLTal-Dietj 

comlili' en ardi>ises. Les volutes il 
de (leurs. Des frontons si-mi-ciri 
au-dessus des deux porles latéra 
De chaque câté subsistent sept sli 



iblent retenir, de 
i! [acture habile. A droite, 
dans l'angle formé par 
la muraille et la saillie 
de la tour, une ancienne 
porte qui s'ouvrait sur les 
cloîtres de l'abbaye est 
transformée en un con- 
fessionnal surmonté d'un 
écusson épiscopal dont 
les armes sont eflkcées. 
Cet écusson est placé sur 
un manteau large nient 
drapé que couronne un 
paviUon orné de glands. 
L'oi'neinenlation appa- 
raît plus .soignée dans la 
partie qui surmonte, au- 
dessus du chœur, la tour 
massive de style roman, 
coiffée d'un assez lourd 

L-hapiteaux sont reliées p;ir des guirlandes 

lires renlemient des tètes rayonnantes; 

sont sculptés des attributs de ta Passion. 

s dont les joues sont couvertes de feuil- 



— 259 — 

lages, d'enroulements et de guirlandes finement ciselés, tandis que le revers 
des sièges est couvert d'ornements variés et que les miséricordes sont élégam- 
ment ornées de feuilles et de fleurs. D'autres stalles disposées en retour exis- 
taient autrefois à l'entrée de cette partie de l'église et isolaient la nef de 
l'enceinte destinée aux religieux; nous en avons pour témoins les joues qui 
sont restées appliquées de chaque côté contre la saillie formée par la base de 
la tour. 

On a rapporté à droite, au-dessus de l'entablement de la boiserie, une sculp- 
ture de forme semi-circulaire, complètement dorée : on y voit, au milieu des 
nuages, une colombe descendant du ciel et entourée de têtes d'angelots. 

C'est pour le sanctuaire que le huchier a réservé les ressources les plus déli- 
cates de son ciseau. L'ornementation générale diffère peu de celle du chœur 
des religieux. Mais, au-dessus de l'entablement, court une frise couverte de 
feuilles d'acanthe d'un excellent style. Plus haut encore, sont six panneaux 
ovales, entourés d'encadrements élégants. Sur les deux panneaux du fond sont 
peints en buste saint Pierre et saint Paul. Sur les quatre autres ont été clouées, 
à une époque postérieure, de mauvaises peintures sur toile, représentant des 
saints de l'ordre de Prémontré. 

Ce qui fait le grand intérêt de la très modeste église de Laval-Dieu, c'est 
l'ensemble de ses boiseries murales. Même après la déplorable suppression des 
stalles qui formaient, au moins en partie, le chœur des religieux, elles consti- 
tuent encore un ensemble des plus satisfaisants. Cette œuvre du dix-septième 
siècle est belle autant par la perfection de l'exécution que par l'heureux agen- 
cement des parties qui la composent. Les parties sculptées, ornements, dra- 
peries, chapiteaux, figures, feuillages et fleurs, ont été fouillées en plein bois 
par un ciseau d'une énergie sans préciosité, avec une vigueur sûre d'elle-même 
et maîtresse de ses effets. C'est de l'art, mais de l'art puissant et robuste, dont 
les détails, loin de conspirer à dissimuler les lignes principales, concourent à 
en compléter les arrangements et à en accentuer l'harmonieuse simplicité. 
(Voir A. Douillet : « l'église de Laval-Dieu », dans Revuk dks Sociétés des Beaux- 
Arts DES DÉPARTEMENTS, à Paris, année 1878.) 

Signalons la petite tourelle où serpente l'escalier conduisant à l'orgue. Dans 
le chœur, de naïves statues en bois peint et doré : saint Eloi, la Vierge, 
sainte Barbe, saint Remy, saint Nicolas et sainte Geneviève — la plus curieuse — 
tenant une houlette et coiffée d'un chapeau de paille. Faut-il ajouter que la 
façade briques et pierres de cette église, avec frontons à consoles renversées, 
est d'un mauvais goût parfait. 

C'est dans cette abbaye de Laval-Dieu que notre célèbre Méhul apprit du 
chanoine Hausser les premiers éléments de musique. 

BRAUX. — H. 2,778. — E., 756. — D. C, 7. — D. A., 12. — D. D.. 14. — 
Hect., 1,444. — B. P., Rraux. — F. L., Ascension et premier dimanche de sep- 
tembre. — C* P. — B. B. — S. M. — G. — T. — Harm. V Indépendante, — S. ch. 
— S. T. la Préparation, — Ch. S., ouvriers et ouvrières de l'industrie métal- 
lurgique. — S. C. C, la Prévoyante et la Bienfaisante (boulangerie). — Centre 
industrie] très riche, surtout en ce qui concerne les boulonneries et les clou- 
teries. Grande exploitation d'écorces de chênes pour tannerie, les deux tiers 
du territoire étant boisés. Troisième étage du terrain ar do isier : schistes divers, 
grauwackes à taches rouges — carrières exploitées dans ces grauwackes. — 
Braux, sur la rive gauche de la Meuse, s'étend au pied d'une haute colline qui 
s'élève à la rote 300. Au milieu du Bois la Dame, extrémité sud, se rencontre 
en face de Nouzon le Signal de Braux, l'un des points les plus importants de la 
topographie ardennaise, puisque son altitude atteint 387 mètres. En partant 
de la gare, s'admire, sur la rive gauche, un couloir grandiose de la vallée 



— 260 — 



nieusienne. Apparaissent pour la promière fois los Quatre Fils Aymon et, au 
loin <lans ie tournant, ChAtoau-UefznauIt souvent on grisaille, par la fumée de 
ses usines, dont la Mensc, lorsque le soleil arj^ente ses flots, réfléchit féeri- 
quemenl les maisons. 

Histoire. — C. de Heiins. L'un des plus anciens villages, et que les tradi- 
tions locales affirment n^monler au cinquième siècle. Rraux aurait été fondé 
par des prêtres arrivés de la Calabre pour combattns aux temps de la Diane 
ardennaise, les derniers vestiges de l'idolîïtrie qui s'abritait dans nos épaisses 
et immenses fnrèts. 

On ne sait au juste combien d'années dura cette prise de possession par les 
prêtres venus d'Italie. H est certain, toutefois, qu'en 820 Ebbon, trente-unième 
arcbevé(|ue «le Ueinis, les remplaçait par <{uatre cliapelains choisis parmi les 
clercs de son éjilise, et auxquels il confia en dépôt le corps de saint Vivent, 
l'un de ses prédécesseurs, pour le snustiaire aux profanations des Normands 
que Ton commençait à redont«*r; car ils avaient déjà paru sur nos frontières. 
La collégiale célèbre de Braux eut pour créateur llincmar, qui fut le trente- 
deuxième archevêque de lleims, 84o-882. Toute l'Iiistoire de Braux, sur laquelle 
nous insisler«>ns, paire qu'elle se trouve étn^ aussi l'histoire des villages envi- 
ronnants, gravite autour de cette collégiale fort riche à ses débuts. Elle possé- 
dait, au onzième siècle, la seigneurie de Gespunsart avec les villages de Fail- 
loué, (le Naux, à elle donnés par Manassès, comte de Hethel. Tournavaux, 
Meillier-Fontaine, Haulmé, une partie de Linchamps. furent construits sur ses 
doniîiines. 

Au seizième siècle, ce ne fut, pour Braux et la collégiale, «(u'une longue 
série de catastrophes. On s'expliiiue à peine (lue le village n'ait pas, en ces 
temps si horribles, entièrement disparu. Pemlant ces malheureuses années, 
la peste et la famine désolèrent la frontière, surtout en 1506. Le siège de 
Mézieres, en lo2i, devint pour la paroisse la source de nouveaux désastres, 
car les Impériaux, dans leurs courses à travers la contrée, vinrent piller le 
village. 

Pour comble d'infortune, un abaissement de la température, survenu en 
juin 1523, fit geler subitement les blés et les seigles. Beaucoup d'arbres succom- 
bèrent aux suites de celtt? perturbation de la saison, et Thiver rigoureux qui 
suivit ne fit (|u*aggraver le mal, à tel point que jusqu'en lo40 le prix des grains 
demeura fort élevé. La guerre durait toujours avec l'Empire, et, en 1328, l'en- 
nemi vint mettre le siège devant Braux : trente maisons furent brûlées sans 
compter celle des chanoines. Leur église, (ju'on avait transformée en forte- 
n*sse où chacun avait déposé ce qu'il avait «h; plus précieux, eut un jour à 
s<mtenir un assaut depuis trois heures du matin jusqu'à neuf heures du soir : 
les bandes espagnoles se retirèrent ensuite à Namur, mais laissèrent la conta- 
gion qui ravagea le vilhige et fit de nombreuses victimes. 

Les chanoines réparèrent peu après, L'i31, leur église, du moins la tour et 
le portail qui avaient beaucoup souffert pendant le siège; et comme s'ils s'étaient 
tous armés pour la défense et qu'ils continuaient ces habitudes, on dut leur 
enjoindre do n'y point persévérer. Le désordre était grand sur les frontières; 
tous les tyranneaux du pays cherchaient à s'arrondir à la faveur de ces 
troubles. C'est ce (jui explique comment les hérétiques de Sedan vinrent en 
1.137 piller et brûler Braux i»our la secomle fois. 

Ce fut aussi en cette même année L*)37 qu'Antoine Louvain, seigneur de 
Hognac, avec l'appui de Charles-Quint, incendiait Levrezy, Nouzon, .Monthermé, 
Braux : et c'est t:omme gage de paix «jue la collégiale lui cédait, moyennant 
cincj cents livres de rentes annuelles, le domaine de Linchamps alors hors de 
France; non volontairement toutefois (voir Thilay). Le sire de Rognac y cons- 
truisit — ou plutôt releva, puis agrandit — la forteresse dont nous parlerons 



— 261 - 
bienlôl (voir Thilayj, Eu 1S54, par les Espagnols, qui passèrent la froTilitre, 
nouveau pillage, incendie nouveau de Cliilleau-Hcgnault, di" Braux, de Levreiy, 
de Joigny, de ^^^u^on, de Monthermé. Ces inalheureux villages ne furent quaai 
que cendres; et pour mettre le comble au fléau, une effroj-able inondation de la 
Meuse emportait en ses flots ce que les flammes avaient épargné. 

La collégiale, ne pouvant demeurer ù lîraux qui se relevait péniblement de 
ses ruines, se transportait à Méiières en 1580, et y demeurait trois années 
pendant lesquelles la peste vint désoler celle malheureuse commune. A la 
peste succédèrent les pillerîes des huguenots sedanais; le feu. 1587; puis, en 
1592, le prince de Sedan. Henri de La Tour, résolut d'enlever aux chanoines 
leurs dinies dllly, de Balan, de Bazeilles, de Glaires, de Kresnois, de Mai^n- 
celles, pour les attribuer, en dotation, à l'Académie protestante qu'il venait 
de fonder : en vain ceux-ci en appelèrent à la justice royale, il leur fallut com- 
poser pour sauver les épaves qu'on leur reconnaissait encore. Une misérable 
renie annuelle de vingt-huit livres tournois, telle fut la compensation de ce 
qu'ils durent céder à la Chambre ecclésiastique de Sedan, et encon> ne leur 
élait-elle payée que par l'interposition d'un tiers, car les hérétiques se refu- 
saient à traiter directement avec leurs victimes ainsi dépouillées. 

Excités par un tel exemple, les officiers de la principauté de Châleau- 
Begnault envahirent les pmpriétiis du chapiln; qui étaient à leur convenaiiiM?. 
Aux réclamations des 
chanoines, Catherine 
de Clèves ne répondait 
que par la reconnais- 
sance platonique de 
leurs droits, mais sans 
empêcher, malgré tout, 
les incursions de ses 
agents. Il fallut attendre 
quelques années encore 
pour espérer un peu de 
justice, et ce n'est guère 
qu'en I60.'i, année où 
la Terre Souveraine de 
Chdteau-Ue^nault chan- 
gea de maître et entra 
danslamaisondeCondé, 
que le chapitre put espé- 
rer reconquérir une partie de ses droits. Le siècle de fer ayant pris fin, le 
village sembla renaître, surtout quand en 1620 la princesse de Conti cédait 
à Louis XllI sa principauté de Chàteau-ltcgnault de laquelle dépendait Braux 
qui, dés lors, s'associait aux revers et aux gloires de sa patrie nouvelle! 

A la veille de la Révolution, chaque religieux de la collégiale possédait, per- 
sonnellement, un revenu d'au moins douze cents livres, sans compter de nom- 
breux privilèges. Ils avaient chacun Leur maison dont quelques-unes, encore 
existantes, sont parmi les plus confortables de Braux. A ces demeures alié- 
nait un jardin, clos de murs, planté d'excellents arbres fruitiers, riche en 
plantes potagères; et dans presque tous un cadran solaire, " parce que, dit la 
chronique, ces moines étaient curieux d'astrologie. <• Même, tout en haut du 
clocher de la chapelle, ils avaient installé leur observatoire. Mentionnons enfin 
une bibliothèque fort curieuse, dont les livres, lorsque le gouvernement, en 
1790, eut supprimé la collégiale, furent brûlés à la Greviére sur les bords de 
la Meuse. Ces religieux se récréaient, aux heures de repos, plus volontiers que 
partout ailleurs sur le plateau de la censé appelée de nos jours le Chemin de 




— 262 — 

la Pt'otnemvie : c'éUiit, alors, une prairie lonj|<ue au moins de 1 kilomètre sur 
G mi'tres de large. Elle est, actuellement, traversée par la route de Charleville 
à Braux. 

Eglise. — Fort remarquable et classée comme monument historique. Style 
roman du neuvième siècle, pour ses parties principales, et, pour les autres, 
style ogival des treizième et quinzième siècles. Hubert la décrit ainsi dans le 
1. ivii des Travaux de l'Académif: de Reius : « Klle se compose d*une nef 
principale et des bas-côtés; le chœur est à cinq pans. Le transept est percé à 
chaque extrémité de deux fenêtres ogivales trilobées à un meneau, du treizième 
siècle. On y remarque une statue de saint Jean du quinzième siècle, couverte 
d'un badigeonnage rouge et vert. Un pupitre à gauche du chœur, en pierre, 
encastré dans la muraille, sur laquelle est sculptée la télé de saint Pierre 
entoim^e (Vune jolie guirlande. Le bas-relief du maltre-autel représente la 
dHivrance de saint IHerre-ès-liens; il est en pierre très dure et paraît être du 
seizième siècle. Au petit autel à la Vierge, un bas-relief représentant la Vision 
de saint Dominique, et un autre à celui de saint Nicolas, où Ton voit le saint 
avec les enfants dans la cux'e, le tout bien conservé. Les petits pilieis qui sou- 
tiennent le transept sont formés d'une simple colonnette avec chapiteau à 
crochets. Le chœur et le transept sont du treizième siècle, mais la nef est 
plus r«'*cente. Autrefois, le chcrur était percé de quatre grandes fenêtres à 
l'étage inférieur et toutes à plein cintre; à l'étage supérieur se trouvaient dix 
petites fenêtres surmontant les précédent(?s. Ces petites fenêtres étaient deux 
à deux, à plein cintre et séparées par un simple pilier avec un chapiteau dont 
il est impossible, aujourd'hui, de reconnaître la forme exacte, & cause de 
l'épais récriais dont on les a couvertes. Toutes c(»s petites fenêtres, et les 
quatre grandes, de style roman, ont été vandalcment bouchées. II serait pos- 
sible encore, moyennant quelques précautions, de les rouvrir, et de rendre 
ainsi à un édiÛce important le caractère qu'il a perdu. » 

Nous avons textuellement reproduit cette notice de Hubert, bien qu'elle soit 
fautive en quelques points, ceux-ci notamment : le chœur, orné d'une belle 
grille et pavé de marbre, est circulaire; les fenêtres du transept sont romanes. 
11 faut aussi la compléter en signalant les fonts baptismaux, très anciens, 
cuve de pierre noire fort dure, taillée en rond; il l'extérieur, et grossièrement 
sculptées, quatre figures humaines que séparent des oiseaux. Sous le chœur, 
une crypte, sans ornementation. En outre, la toiture a été renouvelée, puis les 
stalles des chanoines ont repris leurs places do jadis ; et, dans sa tour, une de 
nos plus anciennes cloches, sur laquelle se lit le millésime 1400. Cette église 
est sous l'invocation de saint Vivent, dont se voit, proche l'autel Saint-Nicolas, 
bras gauche du transept, la statue au-dessous de laquelle une châsse, m. 60 de 
longueur, sur m. 40 de largeur et de hauteur, renfermant quelques reliques 
de ce neuvième archevêque de Reims. Pèlerinage à saint Vivent et aussi à saint 
Sauve; les pèlerins, pour se guérir des maladies de peau, boivent l'eaa de la 
fontaine — quelquefois ils s'y lavent — cjui lui est dédiée, lieu dit la Rue-Basse, 

Dans la chapelle de la collégiale, il y avait quatre autels où se disaient 
quatre messes en même temps. Sept cloches, donnant la gamme, formaient le 
carillon; les trois plus grosses cloches dans le clocher; les quatre autres 
au-dessus du chœur. 

Rappelons une légende. On raconte qu'à l'époque des guerres religieuses un 
huguenot, arrivant bride abattue, s'arrêta brusque devant le portail de l'église, 
voulant entrer dans le sanctuaire pour faire manger, sur l'autel même, de 
l'avoine à son cheval. Mais le cheval, encore qu'il fut cravaché et éperonné 
jusqu'au sang, refusa d'avancer. Puis, encore frappé à coups redoublés, il se 
dressa de toute sa hauteur et, retombant, grava sur le seuil de l'église l'em- 
preinte, que l'on aperçoit, de ses deux sabots. 



— 263 — 

Le 25 septembre 1892, fut inauguré, au cimetière de Braux, un monument 
comme moratif. C'est une pyramide sur laquelle est sculpté un drapeau large- 
ment déployé, et sur le drapeau cette inscription : « Aux Soldais français 
morts pour la Patrie, 481 0- 481 4 , » Derrière, sur la même pyramide, celte 
autre inscription : « Monument élevé par souscription publique, et sur Vinitiatixe 
du Comité républicain progressiste, 22 septembre 4892. » 

Ecarts. — V Ecluse, 44 hab. — Maison-Forestière, 4 hab. — Le Grand-MouUn. 
N. C. — Le Petit-Moulin, N. C. — Devant-Joiyny, N. C. — Devant-Braux. — Dogny, 
qui se partage entre Braux et Château-Regnault. La section de Braux compte 
291 hab.; celle de Château-Regnault, 1,147. C'est toute une cité ouvrière com- 
posée d'usines et d'ateliers de ferronnerie, rivalisant avec son chef-lieu par 
l'importance des affaires qui s'y traitent. Sa cote est à 208, mais la vallée au 
milieu de laquelle coule le fleuve nest guère que de 140, et même à 114 vers 
Givet. On sait, d'ailleurs, que ces fractures sinueuses, œuvre des bouleverse- 
ments géologiques, qui donnent maintenant passage aux eaux de la Meuse, 
n'ont aucun rapport avec le relief du sol; ce qui explique pourquoi les escarpe- 
ments des bords sont si abrupts et si élevés. Il est à remarquer que la Meuse 
ne coule pas dans le sens général du terrain qui s'incline vers le S.-O. et 
s'élève à mesure qu'on avance vers le nord : ainsi, à partir de Charleville, elle 
s'est creusée une route opposée à celle qu'elle devrait suivre nalurellonient, 
et cette anomalie frappa toujours nos géologues. (Voir Chateau-Ukgnault.) 

CHATEAU-REGNAULT-BOGNT. — H., 2,519. — E., 650. — D. C, 4. 
— D. A., 15. — D. D., 17. — Hect., 502. — B. P., Château-Regnault. — F. L., 
le dimanche qui suit le 8 septembre. — C'*' P. — B. B. — S. M. — Fanf. — 
Société pécheurs à la ligne (le Soleil- Levant), — Ch. synd. des ouvriers 
en métallurgie. — S. C. C. Société de Bogny : les Quatre Fils Aymon; 
Boulangerie coopérative de la rive droite; r Union (boulangerie). — T. — 
Gare, entre deux tunnels, commune avec Monthernié. — Le bourg s'allonge 
dans une vallée étroite dominée par de hauts monticules dont laltitude 
moyenne atteint 300 mètres. Les maisons s'étagent, tant l'espace est resserré. 
Un pont construit en 1884, et sous lequel coule la Meuse, relie Ch.Ueau- 
Regnault à Bogny, section montueuse. Le territoire est encore arrosé nolam- 
luent par deux affluents rive gauche de la Meuse : le ru de la Censc-homa et 
le ruisselet de Grandpré, Grand centre industriel, surtout pour les boulonneries 
et pour l'extraction des pierres. Premier étage du terrain ardoisier : schiste 
grenu, quartzites. Deuxième et troisième étages du terrain ardoisier : schistes 
exploités comme pierres de constructions. 

C'est à Château-Regnault que se trouve, surplombant la gare, notre célèbre 
crête rocheuse dite des Quatre Fils Aymon, à cause des quatre mamelons qui, 
serrés l'un contre l'autre, semblent être des cavaliers enfourchant la même 
monture. Ce sont les quatre preux chevauchant à la file sur le bon coursier 
Bayard. Ici se retrouve la vieille légende (voir Meyrac : Fohèt des Ardennes, où 
nous l'avons racontée) qui, des poèmes du douzième siècle, a passé dans toutes 
les littératures européennes. Ces quatre dentelures de la crête sont dues h 
l'inégalité de la désagrégation des roches qui la constituent. Les quartzites, 
présentant plus de résistance, se sont maintenus sous forme saillantes, tandis 
que les parties intermédiaires, formées d'un schiste plus tendre, ont été pro- 
fondément entamées par les érosions. Assez proche, un bloc de pierre : la 
Roche-Aymon, masse qui, de loin, simule à travers les arbres une énorme 
statue humaine coiffée d'une toque. Les Quatre Fils Aymon furent exploités 
comme carrière. Puissent maintenant, car on arrêta le sacrilège, être respectés 
les pics célèbres, l'un des attraits caractéristiques de notre vallée meusienne. 

La Table de Maugis sur le flanc, autrefois, de cette même montagne. Pierre 



— itii - 

ili'ujiliijuc, iifllniiiiil enciirt- la lé^otide, rtviroi-cvi' île ceux i|ui croient toujours 
,-iux iliilmnii i*t itux menhir. Ce u'Otiiit lnut sinipkmeiit qu'une pierre liorizon- 
(alemi-iil i:nuo1ii<e sur trùi» appuis, ilispiisés eu tmu|2le. Des Torces humuiiies, 
ai colossales (lu'ou U's puisse inmgiui!)', n'nuraieut jaumi» pu lui donner l'asprot 
que iu nature, houleventée iluns su constitution géoloffique. lui laissa par 
raprice inainscient. Klle uviiit la forme d'un parallélipipède assez i-égulîer, 
mesuriuit 2 m. 7(1 sur I m. ;i6 de tarae et m. fliî d'i'jwisscur, cubant plus de 
4 lu.-tres et pesjtul 12,0')0 kilofrraiiiuies. 

Aujoiinl'liul, la pierre n'exiate plus. Vers 1842, des ouvHcrs de l'usine 
Gendartne-Marclial, à t.aval-Ilieu, la reiivei^i-i'enl au moyen d'énormes crics. 
crovatil qu'elle cacliait un tri^sor, <Jueli[ue temps, les débris restèrent sur 
place, puis euDu Turent transformée en macadam pour l'empierrement des 

Vers l'iinm'-e 184IK. Marie lieiiwê, de Cliilleau-lte^'nault, alors (illelte de treize 
Ires i\<- la TiiliU de Maugii, 
non loin d'un petit [>ot de 
, Kilos représentaient une 
ari-Iiiviste des Ardennes, 



aiis,al1anlcueillirileslMies[le n 
irouiiiit une cinciuantaiue de p 
ftr.'S roujîe, « ros s iè renient fann 
valeur d'eiivii-nn HUI) francs, ii 


ivrtillesài[uehiuesmi 

(inéel tout a fait vide 
■SI M. lluviïier, alor 


i|ui les acheta, 

Kn facedehir'rWs.ir.V"«(,.,i'.- 
encore appeléi; ilruidii|ue (J;. e 


!, niaisénier^'eautde 

t dite 1 l'krif i]ul loui 




-■ lerre d'ICinpire dep 
ri^lebii;. avant atelier n 
ci^dail àl,ôiiis XIII. sur 
ii^iiv, ^ouIr 



eoniju 



nanl : 



Les quatre Fila Afi 



I' Irailé de Mersen, tut autrefois une cbillelleaie 
lire, et n^guaut, lorii[ue la princesse de Conti la 
llierinr'-l.aval-hieiL, Itraux. liespuiisart, Rogissart, 
eilliei-t'onliiiiie, Tournavaux, les Hautes-Rivières 



, Soreudal et Kailloué; les I 



— 265 — 

Rivières comprenant : Naux, Nohan, Thilay, Navaiix, Ai^'leniont, Montcy- 
Sainl-Pierre, Haulmé, la Tour-à-Glaire, Maraucourt, la Neuville-à-Haye, Gelly- 
dessus-Nouzon, les Verreries, Bogny, Haut et Petit Buttay. Ces bourgs devinrent 
alors bourgs français. 

Voici, résumé, le contrat d'échange ratifié fin décembre 1029 : « A tous ceux 
qui ces présentes lettres verront, Louis Séguier, conseiller du Boi, salut. Fai- 
sons savoir que devant Pierre Blosse et Charles Bicher, notaire, garde-notes 
du roy notre sire... furent présents Michel de Marillac, garde des sceaux. 
Antoine Huze, lieutenant général de sa Majesté. Jehan Bocart, Jehan Jac(|ues, 
Samuel Spifame et Jehan Aubry, tous conseillers, ainsi que Pierre de Castille, 
ayant charge du Boy, notre sire, d'acquérir et d'acheter pour Sa Majesté et les 
Boys ses successeurs à titre d'échange, deniers comptnns, ou auUrement, les 
terres de Chàteau-Begnault, Linchanips, Mohon, la Tour-à-Glaire et aultres 
souveraines d'oultre et deçà la rivière de Meuse, appartenant à Madame la 
princesse de Conty, les(|uelles lettres sont insérées à la fin des présentes, (rune 
part. 

« Et très haulte et puissante princesse. Madame Louise-Marguerite de 
Lorraine, princesse de Coiity, dame desdictes terres, d'antre part. 

M Disant les dits seigneurs, conseillers, que Sa Majesté, désirant unir les- 
dictes terres à son royaume, ont été arrêtés lesdicls articles suivants après les 
precès verbaux dressés en l'an 1625. 

« Sa Majesté, ayant été bien informée qu'on peut évaluer le revenu des 
terres à 43,000 livres par année, a ordonné qu'on passât le contrat. 

« A savoir : Ladite Dame princesse cède, quitte, transporte, délaisse pour 
toujours, les conseillers présents acceptant pour Sa Majesté et ses successeurs, 
les terres souveraines de Chîtcnu-Rcgnault, Linchamps, Mohon et atdfrcs d'oultre 
et deçà la rivière de Meuse appartenant à ladicte Dame, par donation faite par 
Madame la duchesse de Guise, sa mère, par contrat de mariage avec M. le 
prince de Conty, et aussi les places forteresses, fiefs, arrière -fiefs, mouvances. 
censives, droicls, même ceux de patronage, nominations, domaines, bois, rivières, 
péages, mêmes celles qui ont été données par feu Mgr le prince de C'^>iity et 
ladicte Dame au duc de Nivernais, à présent duc de Mantoue, le 30* d'août 16 il, 
et aussi de tout ce dont jouit jusqu'à présent Madame la princesse de Conty. 

« L'entrée en possession ne doit se faire qu'en fin d'année, époijue où le 
fermier Nicolas Robillart doit clore le bail. — Le revenu était de 4,S,000 livres. 

« Le tout doit être cédé pour la somme de dix-sept cent vingt mille livres, 
1,720,000 livres à raison du denier quarante du revenu annuel desdites terres, 
« lesquelles se sont trouvées monter à 43,000 livres, toutes charges déduiles ». 

« Pour le 4/3 de laquelle somme, montant à 57,333 livres, 6 solz, 8 deniers, 
lesdits conseillers promettent de faire bailler à la dite Dame, dans les six mois 
qui vont suivre, des terres et seigneuries appartenant à ladicte Majeslr, à raison 
du denier trente, montant à 19,111 livres, 2 solz, 2 deniers de rev(MHi aimuel, 
lesquelles terres sont situées dans le parlement de Paris et ont le titre non 
moindre que celui de baronie. 

« Le reste de la somme, 1,146,666 livres, 13 solz et 4 deniers, sor;i couvert 
par des charges de grefi*es, offices, etc., jusqu'à concurrence de la somme et 
sur le pied du denier dur. 

« Le tout à titre d'échange sans que Madame puisse jamais revenir sur sa 
parole, ni elle, ni ses hoirs. 

« Il est aussi stipulé à propos des droits héréditaires, greffes, etc., (jue le 
Roy peut, toutes les fois qu'il lui plaira, les retirer des mains de la princesse 
ou de ses hoirs, en lui en remboursant la somme totale et cnm)itant, imn 
aultrement, de 1,446,666 livres, 13 solz et 4 deniers. 

« Quant aux dites terres, représentant le premier tiers de la somme, il est 



- 266 - 
dit <]iie le Roy m pourra plus les réunir ù son Jomaine et qu'elles demeurent 
pour loujours la propriété de Mailnme la princesse. 

" Une fuis ces chosi^s bien arr<îli'es, les conseillers s'engaRenl à les faire 
raLifiiir pur le Itny pendiiiit que la dite Daiue s'oblij|!e à les faire accepter par 
Madame la ducliesse douairière de Guise, sa mère, dans l'espace des trois mois 
qui vont suivre. Outre la somme iix'^e plus haut. Sa Majesté accorde encore à 
Madame la somme de 10,000 livres dont elle peut disposer à son gré, à la 
condition de faire un inventaire détaillé de toutes ses possessions, et qu'elle 
devni faire avant la ratification du traite. 

i< Bn témoi(tna^e de quoi, nous les susdits avons sif^né l'an mil six cent 
vinf;l-npuf, le dixième jour de Mars, » 

igiiBK. — Construite au siècle dernier, sur un plan plus vaste que l'ancienne 
chapelle, nu pied même àe la monta;!nu qui portait le vieux chflteau. Est en 
forme de croix lutine. Une seule et immense nef. 

Ses deux chapelles latérales forment les deux bras de la croix. Son grand 
autel, en pierres revt>lues de marbre, est surnionlt^ d'un ênoime baldaquin 
porté jmr quatre colonnes. D'ailleurs, aucun style archltectonique iiitéressaDt 

Hien qui puisse évoquer un souvenir d'autrefois. De larges fenêtres sans 
gnlce, une voitte en hois, uniforme, suns arêtes, ni urceuux, un pavé tout taé 
fit qui doit provenir de la vieille église, .\ l'extérieur, un toit sans fin que sur- 



monte un clocher flamand. 
Chftteau. — Dorifrine n 



■lativ 



lent moderne — dou 




CUtnD-Rsgiiaiilt-Botij 



iènie siècle, — Chdteau- 
Regnault joue dans noi 
annales ardennaises un 
rôle des plus impor- 
tants. A l'origine, l'ab- 
baye de Laval-Dieo 
donnait au chapitre de 
Braux, des territoire) 
assez étendus sur la 
Meuse et sur la Semojr- 
Parmi ces territoires,» 
trouvai t celui sur lequel 
fut édifié le « chàtean 
Itegnault », et que sa 
situation sur les con- 
fins d'Allemagne et de 
France exposait aux 
entreprises sans cesse 
renouvelées des sei- 



gneurs voisins. — Les 
comtes de Castrice n'étaient [ws sans doute les moins audacieux de ces voleurs 
titrés. Désirant se les rendre favorables, la collégiale de Braux les avait pris 
pour " avoués », c'est-ù-dire pour protecteurs. 

Mais la protection se tourna contre les chanoines. Sous prétexte de défendre 
le pays, ces singuliers " protecteurs n s'en firent les maîtres et les tyrans, et, 
pour assurer leur domination, construisirent des chilteaux et s'y fortiflërent. 
Ainsi naquit le ch.lleau-fort qui donnait son nom au village. De quelle époque 
sa construrliun? On l'ignore. Toutefois, il est certain qu'en l'année 1S2$ elle 
était remplacée par une autre forteresse que Hugues, comte de Rethel, fit 
élever sur la montagne dite le Chaslelier, et probablement sur les ruines de 
l'anrienne. Huijues semble n'avoir pus eu conAance excessive dans la légitimité 
de sn po:<session. Aussi aciieta-t-il l'emplacement de son chflteau à l'abbaye 
de Laval-Dieu, moyennant deux niuids de grains à prendre sur ses moulins da 



— 267 — 

Mézières. L'enceinte de la place avait été appuvée sur «ios escarpes solides. 
A rintérieur, dans la cour d'entrée, le Icj^enient du fj;ouverneur. Los dittVrentes 
pièces occupées par les officiers et par les soldats donnaient accès sur la cour 
où se trouvaient le fort et le puits; pierres de taille sculptées et oncasliées dans 
une maison, sur le bord de la route, dont on verrait encore «niol(|ues vestiges 
problématiques. Plus loin, le bastion détendu par des travaux avancés. Autour 
du château, des tours massives, très hautes, solidement bâties. Au-dessus de 
réglise, on montre encore un chemin qui conduisait à la lurLeresse. Assez 
proche, deux rochers qui se projettent dans le vide; on les appelle la Paieries 
ou, plus communément, la Gno/e des Voleurs, Le pauvre diable était attaché à 
Tun des rochers et, de la plate-forme du deuxième, lancé dans lespace... aftirme 
la tradition. 

En 1534, les Espagnols, ayant franchi la frontière, avaient incendié tous les 
pays riverains, de Nouzon à Monthermé. Cette année, particulièrement plu- 
vieuse, reste tristement célèbre dans notre pays, par un débonlement de la 
Meuse; il achevait de détruire ce que l'incendie avait éparfi^né. Chàteau- 
Regnault et son château furent alors cruellement éprouvés. .Mais, quelques 
ans plus lard, François H ordonnait qu'il fût relevé de ses ruines. En 4643, 
pendant que le duc d'Enghien, le grand Condé, luttait glorieusement à 
Rocroi, 7,000 Impériaux commandés par Beck, et accourus du Luxembourg 
pour porter secours aux Espagnols, étaient tenus en respect par la garnison 
de Château-Regnault. Giàce à cette résistance, l'ennemi ne put faire sa jonction 
avec les troupes espagnoles engagées dans Rocroi. Ce qui contribuait à l'im- 
mortelle victoire de notre armée française. 

Louis XIV fit démanteler le château dont il ne reste plus trace aujourd'hui. 
Peut-être que l'une de ses murailles fut la fameuse table de Ponl-Maugis. 
Aussi disparues, mais récemment, la vieille halle, d'une allure si frappante, 
et la grosse chaîne de fer qui servait à barrer la Meuse, loisq n'étaient pré- 
levés les droits de péage sur les bateaux montant et descendant le fleuve. 
Naguère on voyait encore, à 2,S0 mètres en avant du fleuve, l'anneau qui la 
retenait. De l'ancien Chàteau-Regnault, subsiste seulement, non loin de l'église, 
une pittoresque maison, ayant perron a double escalier, combles élevés, aux 
fenêtres à la lucarne en œil-de-bœuf et entourées de pierres en bossage. 

Ecarts. — Bogny (section de ChAteau-Hegnault), 1,147 hab. (voir Bracx). Ici 
la montagne a subi une forte dépression; l'industrie s'y est installée; mais la 
vallée, où court en zigzaguant le ru de la Cen>e Homa, n'en garde pas moins 
son aspect original. Sur ses côtés, elle a conservé sa mystérieuse forêt qui 
escalade les pentes et couronne les hauteurs avoisinantes. — La Grande-Maison ; 
ainsi s'appellent les corps de bâti ments appartenant à la Société des boulonneries 
de Bogny-Braux. — Roma, le seul véritable écart de Chàteau-Regnault. Une 
épaisse forêt, en ce lieu, couvre une partie de la vallée, au fond de laquelle 
serpente un petit ruisseau qui, grossi des ruisselets de la Soque cl du Hutin — 
dans le bois de Hutin, la cote 430, le point culminant de la commune, — formait 
autrefois le premier des quatre étangs de Bogny. Ces étangs, presque juxta- 
posés l'un à l'autre, servaient à alimenter les trois moulins, installés au centre 
du pays. L'industrie actuelle a fait «lisparaltre toutes ces retenues d'eau, pour 
y élever d'immenses ateliers de métallurgie. Aujourd'hui on ne voit même plus 
de traces de ces moulins, dont deux appartinrent aux chanoines de Braux. 

DEVILLE. — H., 1,325. — E.. 360. — D. C, 5. — D. A., 14. — D. D., 16. 
— Hect., 783. — B. P., Deville. — B. B. — S. M. — S. T. la Renaissance. — 
G. — T. — S. C. C. la Fraternelle (boulangerie). — S'étend sur la rive gauche 
de la Meuse entre des montagnes fort resserrées et assez hautes qui semblent 
annoncer les Dames de Meuse. Premier étage du terrain ardoisier : quartzites 



— 208 — 

conip^iol^. si-liJsU- bleu iti'ossior, ilaiiâ loquirl des carrières de moellons; schistes 

Krniiiis l't ■';iri'iéri>s d'ardoises dans ces schisles; ardoisières de Saint-Itamab^ 

<'t de In C'irh'iinii'iri: Industrie iiidlallurgique. — C. an Vermandois. 

Ecarts. — L<< C'ihuI. H Iiat>. — Im M'-itlmeau, qui tend b fusionner avec 

Deville. — Sainl- 
B'irnnhé, ardoi- 
sière, qui primi- 
tivement appar- 
tint aux moines 
du Hont-Dieu, 
puis successive- 
ment : à H. le 
duc d'Aiguillon; 
à MM. Riche, de 
Charleville; Cas- 
telin frères, de Rf 
niognc : Tulbou- 
rier, de Paris; 
et, aujourd'hui, 
à M. ïiuslin. — 
f.n Carbonnière, 
iirdoisière à la- 
quelle M.Carbon, 
de Charleville, 
qui l'exploitait 
iihit-Doiiiini'iiie, ancienne ardoisière, sur l'em- 
)stalléi>s les fonderies Gustin. — Saint -Jean- 
e Saint-Maurice. — Li Ten-e-Ruuf/d-SaiHf-Louii, 
I' Saîul-Liiiiis scriiil, pour la tctidition locale, la 
unes, ayani été ouveito aux lomps du Louis IX. 
>iiiiplc miiiiliii, <Ievenu laminoir, puis actuclle- 
'upL, une remarquable rucht' île porphyre. 




en 1800. donna son nom. — . 
jilai't'nn'nl de laquelle sont i 
l'Efif'rtiin-,: .lù se trouve l'util 
ardoisière abandonnée; i:>'1li' i 
pins antique de toutfs les Ard 
— Mairtiiil, ll> liab.: Jadis un 
luenL fonderie Codiaux. A Ma 

HAULHË et TOURNA VAUX. — Haulmé. - II.. 248. — E., 71. — 
n. C, T. - II. A-, Hi. — D. il., 18. — llwt., 386. — H. P.. Rraux. — F. L., le 

dimanrbe qui suit k- tK octobm. 

Tournayaux. — H., 219. — E.,r,7. — n.C.o. — !>. A., 17.— D. D., 19.— 
Ilecl.. IW. — B. I'., Mouthernié. — V. I,., le Iroisièim- dimanrhe de juin. 

T'-rriiiiis iiriiiiisieis : siliisti^s lileus et jrruuwackes. Le territoire de ce» deux 
c-omninni's rsl traversé par la S'^iwy, qui n-roil comme aflluenls : le Itariva, 
!!■ .\.ihffr;i..iil(, \n Rrloi-sr. I.e moulin d'Iliiu'lmé csl devenu lusine à boulon» 
Avril. 

De iH-îH a 1872, Tournavaus et llaulmé ne liront qu'une même commune; 
en l«T2. .'Iles furent séparées •■l devinrent communes ilislineles. Toumavaux 
leposi' dans une oasis de prairies. H;iulmé est enraissé entre deux collines 
parallèles sur la rivo «aiiche de la Semo.y, et comme dans un entonnoir que 
l'orme la brusque courhe d'une de les collines vers l'est, au midi du village. 
Le soleil ne doune qu'assez chichement ses rayons à Haulnié. Autrefois un 
mauvais puni de bois sur la ï^eiuoy, et pour les voitures un gué impraticable 
t'u saison d'hiver. Lu poul l'ut cojislruit en 18S7; à peine construit il s'écroulait. 
Un an après lUi le reconstruisait. Sur la rive droite, les ruines d'une forge qui 
dut êlri- i-o 11 sid érable. Un trouve encore dans le lit do la rivière des morceaux 
de fer, des scories de for^^e. des pièces de charpente et de pompes provenant 
d'usines ancicntit'S établies sur celle rive droite, alors que les ouvriers et lea 



— 269 — 

habitants d'Haulmé habitaient la rive gauche. Sur le haut dun monticule, au 
sud du village, une espèce de redoute, haute de 2 mètres, longue d'environ 
45 mètres, et qui se nomme la Poste. Autour de cette redoute, quelques fossés 
d*abri. Kn cet endroit, y eut-il quelque bataille ? Etait-ce un lieu d'observation 
d'où l'on pouvait surveiller le château de Linchamps? A 1,500 mètres plus loin, 
une autre redoute qui longe le Chemin des Allemands. Peut-être, plus simple- 
ment, ne furent-elles, jadis, que des haltes de gabelous. — C. de Vitry. 

Ecart. — La Malavis()e, 53 hab., sur la rive gauche, reliée par un pont 
métallique à Tournavaux. (Voir la légende de ce nom, dans Meyrac : Tra- 
ditions, Légendes et Contes des Ardennes.) 

HAUTES-RIVIÈRES. — H., 2,009. — E., 637. — D. C, 13. — D. A., 21. 
— D. D., 23. — Hect., 3,124. — B. P., Hautes-Rivières. — F. L., le dimanche 
qui suit le 29 août. — S. M. — T. — Harm. la Jeunesse Ardennaise. — Industrie 
métallurgique. — Exploitation d'écorces de chênes. — Se compose de cinq 
sections, autrefois villages distincts : les Hautes- Rivières, qui forment une 
longue rue le long de la Semoy, Sorendal, Failloué, Linchamps, La NeuvlUe-aux- 
Haies. Ce nom leur vient de la position qu'ils occupent au-dessus du chûteau 
de Linchamps, par opposition à Naux, à Thilay, à Navaux, au-dessous de ce 
château. Deuxième étage du terrain ardoisicr : schistes et grauwackes, schistes 
calcaires; lamelles de galène dans un filon de quartz. 

Les Hautes-Rivières apparaissent au tournant avec leur pont métallique. Le 
ruisseau de Saint-Jean arrive de Belgique et se jette dans la Semoy, en face 
de la Rowa. Vis-à-vis, la montagne, qui s'avance dans le coude, s'appelle la 
Cote-d'Enfer. La route qui gravit cette côte mène à iNouzon par le bois de 
Hazelles. Hautes-Rivières, sur la rive droite, touche presque à Sorendal, De 
l'autre côté de l'eau, Failloué : ce sont les deux dernières localités françaises. 
Ici la Semoy fait office de ligne frontière pendant deux kilomètres; au midi, 
cet office est continué par le ru du Bois-de-Jean ; au nord, par \e ru de Cul-la- 
Dame, autrement le Houru. Ici, on retrouve les anciennes bornes qui servaient 
aux délimitations territoriales avant 1830 : d'un côté un F, de l'autre un N,= 
France, Néerlande. A Sorendal, on peut couper la boucle en grimpant le ravin. 
De l'autre côté, avant l'embouchure du Houru, on arrive en face des rochers 
Haubourg et du trou Lahoude; un gouffre au pied des rochers. Plus loin, même 
rive, la roche et le goufl're Ranmle. A signaler, enfin, le ruisseau des Chéras. 

C'est sur le territoire belge — où les habitants des Hautes-Rivières, passant la 
Semoy en barque, vont cultiver le tabac — que s'élève, sur une crête pénétrant 
en forme d'enclave dans le territoire français, la Roche du Bois-la-Dame. Puis 
voici le Saut -Thibault, route de Linchamps, côté gauche, à 200 mètres environ 
des boulonneries Laurent. Cette roche, haute d'environ 25 mètres et qui sur- 
plombe la route, offre un aspect fort caractéristique. La légende raconte qu'un 
certain contrebandier, nommé Thibault, poursuivi, talonné par les douaniers, 
sauta du haut de ce formidable rocher qui, du côté de la montagne, est de plain- 
pied. Naturellement il ne se releva pas de cette chute terrible. Aussi dit-on 
encore dans le pays : « fou comme Thibault ». A 500 mètres plus loin, du côté 
ouest, la Creu-Roche, où se voit une cavité naturelle, assez grande pour servir 
d'habitation, et dans laquelle d'ailleurs maintes et maintes personnes parfois 
trouvèrent asile, notamment en 1814, lorsque les troupes cosaques dévastaient 
cette région. Touchant presque la Creu-Roche, un lieu dit le Vi Fournia (le 
vieux fourneau) ; en cet endroit, s'élevaient les hauts-fournaux de Linchamps, 
aujourd'hui boulonneries Laurent. Dans la vieille église de Thilay, démolie en 
1888, une dalle en marbre noire, aujourd'hui perdue, portait cette inscription : 
« Ici repose le corps de l'honorable Home Léon Nicolas Beaudet, maître de forges de 
Linchamp, décédé à l'dge de 4i ans, 1665, » — Enfin, rappelons brièvement le 



l'rf-Mufktte, territoire de Sorendal, 
marier, un hlncde grés. Jadis, quand 



1 loin duquel se rencontre la Pûrre à 
faisait un mariage à Sorendal, la n<K« 
se rendait toujours sur 
le Pn'-Marielte. On y 
dansait, on y foldtrait; 
puis, lorsqu'airivait la 
nuit, on traversait la 
Semoj et l'on condui- 
sait les deux époux à 
Il la pierre à marier » 
où ils s'asseyaient, dos 
tourné contre dos. Cette 
cérémonie paraissait 
avoir un sens asseï 
clair. Cette coutume a 
disparu. 

Ecarta. — Sorendal, 
440 hab. SurlaSemoy, 
à I kilom. en amont 
des Hautes-Hivièrei, 
qui, formées des vil- 
lages de TiciV/nes el de .Veslin, donne, nous venons de le dire, son nom à 
l'a^Klomération. — FaUlnuf, 170 bab. Tout proche, côté ftauche de la route 
qui conduit à Rraux, un lieu dit AHiiiiy. rappelant un ancien village détruit 
pendant li's pierres du seizième siéolf. I,cs luis ont recouvert son emplace- 
ment que sifinalt^nl nnron' qui'lqiies ruines. — Linckamps, 303 hab. Occupe 
l'escarpement d'un rocher igui s'nllnu(;e nu sud, entre Nohan et les Hautes- 
Itiviêrt'g, obligeant la Semoy il Taire, depuis le coude de Phade, un troisième 
drruit. Ces! sur le territoire de Thiliiy <|ue se trouvent les ruines du fameux 
chttteuu de l.inchanips (voir Thflav d l'opuscule cité de l'abbé Hicqueau). — 
.Ufxiimlrie, 10 hab. — l,a Ch'iiidk dfn Fori/es. — Les Eckampuiu, 14 hab. — 
U Itfigcrf. H hab. — Les F-ir-jes -te Linfhwips. N. C. — Les Huhittfi. N. G, 




La Cr«u-Et«cli« ipri~ Lmi'Iimii 



flutcu, 10 liub. put le ihéilti 
deux coutrchaniiii.TS ayiint 
assassiné, pmir Li vuIit. 
la fermiJ>ro d 
l'attaclit'rent, morte, fi la 
pompe de son puits. Les 
deux nicurtrit'rs, qui se 
rejetèrent le crime l'un 
' l'autre, furent ron- 



e célèbre dans les Ardennes. En 1883, 



dam m 



( Iravi 



ces il prrpiHuité. — l.i 
Rivenr, m'i coule, tniili^ 




lute actuelle de Koi: 



— 271 — 

Hautes-Rivières, et qui, s'il n'appartient pas géographiquementau sol de cette 
dernière commune, appartient du moins à son histoire. Les chanoines de Braux, 
dès leur origine, voulant créer un centre de population dans la vallée de la 
Semoy, édifièrent, en ce lieu dont nous parlons, une petite chapelle pour servir 
de paroisse centrale. La région ne s'étant pas peuplée suffisamment, l'oratoire 
changeait de destination et la paroisse était transférée à Failloué, où fut cons- 
truite une église qui subsista jusqu'au commencement de ce siècle. Alors elle 
fut détruite et remplacée par Téglise actuelle des Hautes-Uivières. A côté de 
cette chapelle, était un ermitage qu'habitaient deux moines. Chaque dimanche 
ils allaient à Braux pour y entendre la messe. Un jour qu'ils s'en retournaient. 
la barque dans laquelle ils passaient la Meuse chavira. Nos deux moines 
moururent noyés. Depuis ce temps, l'ermitage n'abrita plus d'autres solitaires; 
mais, en souvenir, le lieu reçut le nom de Pré-VRermite. 

LAIFOUll. — H., 421. — E., i02. — D. C, 9. — D. A., 18. — D. D., 20. — 
Hect., 325. — B. P., Deville. — F. L., le dimanche après le 29 septembre. — 
C^« P. — S. M. — G. — Sur la rive gauche de la Meuse. Sur la rive droite, au 
pied des montagnes, et faisant face au village, une rangée de maisonnettes où 
triompha la « mère Rousseau », la reine de la matelote et des fritures, qui 
laissa d'ailleurs, à qui lui succéda, ses succulentes traditions. Il faut ajouter 
que les matelotes — la renommée culinaire du pays — sont non moins par- 
faites sur la rive gauche, à l'auberge tout proche de l'église. Premier étage 
du terrain ardoisier : schistes et quartzites bleus, roches porphyroïdes à cris- 
taux de feldspath et de quartz; carrières de moellons dans ces roches. Terrain 
moderne : dépôt ferrugineux et source minérale ferrugineuse à la Grande- 
Commune, où se trouve, entre étangs poissonneux, pelouses et bosquets, le 
château de M. Edouard Jacob. 

Ces eaux ferrugineuses s'échappent d'une grotte que forme, à la base des 
rochers de Laifour — 405 mètres d'altitude, — un contournement de schistes. 
L'effort de cette poussée broyait, autrefois, une portion de la matière schisteuse 
dont les débris les plus ténus furent emportés par l'eau de la source, tandis 
que les autres s'aggloméraient et se ressoudaient, formant une brèche ferrugi- 
neuse. Maintes fois, certaines « Compagnies « voulurent exploiter les eaux 
qui donnent à l'analyse, d'après M. Cailletet, pour un litre d'eau : acide car- 
bonique, 01.005855; carbonate de magnésie, g. 003000; carbonate de chaux, 
0,003000; carbonate de fer, 0,014220; sulfate de chaux, 0,0025160; sulfate de 
magnésie, 0,022200; sulfate de fer, 0,022217; silice et arsenic, traces; un litre 
hydrotimétrique : 8 degrés; chlorure de sodium, 0,030000; matières organiques, 
0,013840. L'eau de Laifour abandonne, en Jaillissant de sa montagne, une partie 
du fer qu'elle contient; d'où cette teinte rougeàtre que lui laisse, en cel endroit, 
le sous-sulfate de fer. 

C'est, après la science, la légende qui donne son explication. Une jeune fille 
se cachait dans la montagne pour échapper aux poursuites d'un jeune seigneur 
épris de ses charmes et qui, l'ayant rencontrée, lui traversa le cœur « d'outre 
en outre » — c'est le mot ardennais — de son épée. Et cette épée, il la jeta, 
rouge de sang, dans la fontaine (jui, devenue ruisseau, conserva depuis la saveur 
du fer, et, à sa source, une teinte rougeàtre. 

A Laifour, les fameuses Daines de Meuse, l'un des sites les plus célèbres, avec 
les Quatre Fils Aymon, de la chaîne montagneuse qui forme la vallée meusienne. 
De maigres taillis revêtent les trois lianes mamelonnés de ces trois « dames » : 
masse sombre, apparaissant en une échappée sur la droite, après le pont de 
la voie ferrée qui coupe la Meuse obliquement. Alors qu'il vivait, en l'an 1080, 
le seigneur de Hierges eut trois fils : lléribrand, Geoff'roy et Waulhier, qui 
épousèrent les trois filles d'un seigneur de Rethel : Hodierne, Ige et Berlhe. 



Mais, tnnilis qui' li-urs maiis fiiurrojaienl en Terre siiinte contre les Snrraiins, 
les trois l'-pousi-s furent înliilèlt'S le jour mdnie oii tes croisés entraient dans 
Jérustiteni. Ktieim-me jour aussi, en punition ileleuradiilicre, elles étaient subite- 
ment (-hanpi'-es en trois grosses roclios noirittrex, broussailleuses, surplombant 




le fleuve dmit elles semblent l'-inerp-r. Sur la rarti^ du ilépôt de la guerre, ce 
KToupe est luanfué : yulrf-ltniiifl ili: Mritar. Kvideiiimeiit les mariniers, jadis, 
aux teni|is des superstitions naïves, se plarérent sous l'invocalion de la Vierge, 
la plus i^levi'e de eos mnnliitines. Kn ci-t eudmil, la navigation f tait dangereuse, 
nu loiil au moins fort diltirite; périls aujourd'hui conjurés par un canal dont 
les niides lifines syim^(ri<|ufs donnent un froid prosaïsme ù ce site d'une 
beiiuli- si puissante el si fti-aruliosi- eu sii tristesse. — C. de Vitrj-. 
Ecart. — Les Z"tihuf. H liab. 

LEVREZY. — H-, 0:!9. — E-, t«2. — D. C li. - D. A., 13. — D. D-, in. 
— Ili'cl., :i70. — H, I'., Iti'uux. — F. I.., lu dernier dimanche de septembre. — 
S. SI. — Ci. — Sur la rivr gauche de la Meuse. Enire Hraux et I.evreij- (ces 
deux villages n-lii'-s par un pont métallii[ue), commence ce que l'on peutappeler 
•c le pittoresque de la vallée ». Centre industriel : bouloimeries, ferronneries. 
Deuxième et troisième étages du terrain aribihifr : schistes exploitables pour 
moellons. Dominant l.evrezv. une hauteur boisée à la cote 331) mètres. 

Ecarts. — l.i's }hiulins. II. — l.a ChapirUir: oii jadis existait un assez impor- 
lanl hospic-i', dont il ne rcsie plus trace, qu'avait fait construire, vers l'an 
163H, M. de Sjiinl-Klicnni', gouverm-ur deChàteaii-Re^nauIt, ■■ parce que, lisons- 
nous dans l'acte d'autorisation donné \inr Louis XIII, les iiaroissiens de ce lieu 
ne pi'uvenl, pcnilant l'hiver, Iréquenli-r l'éfdise de Braux, à cause des débor- 
dements de l;i Mi'use et di-s filiicons dont elle est chargée... Aussi, autorisons- 
nous le dit sieur de Saint-Etienne à faire liAlir un hospice pour la demeure 
des hermites de Saiiit-llicrdme, auquel ils vivront selon les lois et statuts de 
leur ordre, i'i charge de prier Dieu pour la prospérité de nous et de notre 
royaume. „ » 



— 273 — 

UEILUER-FONTAINE. — H-, 6i. — E-, l.H. — I). C, 9. — D. A., 9. — 
D. D., H. — Hect., 173. — B. P., Nouzon. — F, L., le ilinianche qui suil le 
9 septembre. — Deuxième étage du terrain ardoisier : schistes et quartzites. 

Ecarts «t Ueuxdits. — Les Clieneviéres, ou auraient été trouvées d'impor- 
tantes su bstru étions. Ch&teau? Eglise? Forteresse? Un couvent, dit la légende, 
exista jadis aux Cheneviéres, où se trouve le lieu dit le Cloître. La chapelle de 
Meil lier- Fontaine eut autrerois une petite importance relative. — Le P'Iquis 
de la Croix; tire son appellation d'une croix dont l'origine est ignorée et non 
loin de laquelle, en labourant, on trouva quelques biscalens et des fragments 
d'armures. — La Pontaine-au-Melier ; dans les bois où se cachèrent, il y a cent 
ans, tes terribles chaulTeurs ardennais, une source qu'ombrageail un néflier. 
Autour de cette source se groupèrent tes maisons qui furent l'origine de Meillier- 
Fontaine. — La Cerferie ; d'un cbêne dont les cerfs, il y a de cela maintes années, 
venaient sucer la sève. 

THILAT. — H., 1.339. — E., 503. — D. C, 7. — D. A., 19. — 0. D., 21. 
— Hect., 3.fil4. — B. P., Tbilay. — F, L., le premier dimanche d'octobre. — 
B. B. — S. M. — S. T. — T. — S. C. C. l'HumanUaire. — Deusièrae étage du 
terrain ardotster quartzites et schistes bleus a\cc pyrites ; carrières dans ces 
schistes. Troisième éLige du terrain antoister schistes bleus exploités pour 
dalles et pierres de constructions calcaire de Naux exploitable comme pierre 
à chaux. Terrain moderne minerai de fer Dans son ensemble, le territoire de 
Thilay forme un plateau v iriant de 301) mitres a 9OO mètres d'altitude, découpé 
de fissures profondes et irrégulières en un eni,he*êtrement assez confus de 
vallées, de montagnes dont le> pentes escarpée' plates aux sommets, sont 
couvertes de bois et ne res>>emblent ii des montitines que vues du bas de 
leurs escarpements lorsqu elles bordi nt lu Senior ou resserrent les ruisseaux, 
notamment dans la gorge du yunlam en cet endioit, les pentes roclieiist's, 
tapissées de tiihen semblent être piiduites de soufre. Outre le Hanlaru, la 
Semoy, qui traverse le tetnloire re oit le "V iliiuay le Jni/i-uj; VEcuillére, le 
Devant-Natu: — qui 1 pour iflluent le thauffour — le /it'cof et le Moulin, 
petits roissetets d importante plus que seuindiire 

Les principales élévations sur le territoire de Thiluy 
sont : la Roche rï Pin, qui domine le village, 31iO mè- 
tres d'altitude; le Loup. 376 mètres; les Hauteurs de 
jVaitr, 409 mètres; te Plnlmiu des V»«((J--VuuW(is. en- 
viron .302 mètres; 
la Croix -SeaiUe, 
504 mètres; le floc 
'fct«(oiii',472niè- 

avons décrit tou- 
({ueraent, avec la 
Roche auxCorpias, 
dans la première 
partie de 



lui 



r ch. [ 



L Vallée de la 
Sevot). Comme la 
Meuse, la Semoy 
peut montrer ses 
dames : les Roches 
de Xtihiin, qui, du 
bord de la rivière, 




- 27i — 

Histoire. — C. de Vitrv. Dans l'histoire de Thilay, nous ne prendrons que 
cet «épisode extrait des actes de riHat-civil du villaf^e, année 1696: « Le murdy 
2o de septembre 16îMî, un parly Hollandais, enneniy de la France, au noinbi*e 
de trois cents hoes de la garnison de Mastrick souh la conduite et commande- 
ment d<» Philippe Jacob, natif et mayeur peu d'années auparavant du village de 
tiros-Fav, à trois lieues d'icv, arriva à six heures du matin à Thilav et à Naux, 
et V brusla cinquante deux maisons: les s»'uls habitants de Thilav se défendirent 
valeureusement dans le forl de Thilay qui n'a pu estre forcé sans qu'il y eust 
pas un habitant n'y tué ni blessé (fuoique les Hollandois tirèrent plus de mille 
coups de fusils mesme après des petits enfants et femmes se sauvant par la 
rivière. Ledit party, après avoir demeuré pendant deux heures faisant toujours 
feu sur le fort de Thilay, ils y laissèrent cinq des leurs morts, en emportèrent 
plusieurs autres et perdirent soixante et treize hoes et ne prirent pas un des 
paroissiens prisonniers. Plus de deux cents paysans circonvoisins qui estoient 
accourus au bruit se contentèrent de regarder les ennerays et l'incendie de 
dessus les hauteurs les plus proches sans oser venir secourir ceux de Thilay 
lesquj'ls poursuiviieni les ennemys en leur retraite toujours tiraillant sur 

eux jusques vers h's Six-('.h(;nons Moi prieur curé de la paroisse jes- 

crivis en mesme temps et le jour mesme le désastre et deuil a messire Charles 
Maurice Le Thellier pour lors n."^ archevesque qui me fist l'honneur de me 
rescrire qu'il emploierait son crédit pour faire descharger de la taille... Ce 
qu'il obtint en faveur de touts ceulx de la paroisse qui soufifrirent de cesle 
insendie ...» 

Château. — Hien que Linchamps soit un écart des liautes-Rivières, les 
ruines de son fameux chAteau se trouvent sur le territoire de Thilav. C*était un 
formidable chAteau que celui de Linchamps, sur une cime de l'Ardenne, au 
bord de la Semoy. Il avait été bâti vers 1530 par un certain Jean de Louvain, 
baron de Ilo^nac, sur les terres de la collégiale de Braux. Les chanoines n'étaient 
nullement disposés à laisser s'établir dans leur voisinage un seigneur connu 
pour sa turbulence. Ne pouvant obtenir de la communauté la cession de la 
montagne qu'il convoitait, Louvain eut recours à d'autres arguments. Il invite 
à diner hîs chanoines, mais chacun à des jours différents, le fait asseoir à sa 
table id obtient de lui ce qu'il désire, « après l'avoir fait relever sous la table 
sur les bras de ses valets, comme du milieu d'un champ de bataille, car on 
avait chez lui de forts j^rauds v«Mres, suivant la mode du pays. » 

Le marché ainsi conclu, Louvain fait niveler le sommet de la montagne, y 
creuse un souterrain profond de vingt-cinq coudées, et entoure cette cime 
escarpée dune triple enceinte. On ne montait au chdteau que par un chemin 
fort étroit taillé dans b^ rocher. Ainsi installé dans cet asile inaccessible, 
Louvain réunit autour de lui des gens sans feu ni lieu, et se met à piller les 
terres de l'Empire. La nouvelle en fut si agréable à François l*' qu'il tlt le 
seigneur de Linchamps Cidonel d'un régiment. 

Lorsque peu après, en t;)'f4, la paix de Crespy eut une fois de plus mis fin 
aux hostilités entre la France et l'Hinpire, Louvain, ruiné par cette trêve, con- 
tinua ses déprédations. C<'tte fois il ne ménagea pas plus les terres du roi que 
b»s terres de l'emperenr. 11 exigeait une redevance des bateaux qui trans- 
portaient le bois sur la Semoy, et il était en mesure de le faire, n'ayant qu'à 
laisser rouler des pierres du haut de la montagne pour submerger et tuer tout 
ce qui se hasardait sur la rivière. Cétait un vrai pirate et qui étendait ses 
brigandages jusqu'à la Meuse. A la cruauté, il joignait l'ironie. Comme il avait 
fait main basse sur un chargement de harengs, et que le maître du bateau — 
un marchand de Mézières — lui adressait des réclamations, le seigneur de 
Linchamps lui répondit (juil avait b«*soin de harengs pour observer les jours 
maigres, et faire taire ainsi ceux qui parlaient de son impiété. Les villes de la 



- .^75 - 

Meuse n'osaient plus commercer entre elles, et les relations des marchands 
français avec ceux de Flandre n'avaient plus de sécurité. 

A bout de patience, le comte de Hethel donna l'ordre à un biave capitaine 
du nom de Lalande de s'adjoindre le gouverneur de Mézières, pour marcher 
contre le seigneur de Linchamps. Lalande se présente devant le château, et 
par un trompette fait sommer Louvain d'avoir à se rendre. La réponse fut hau- 
taine : Linchamps n'étant pas terre du royaume, le comte de Hethel n'avait 
aucun droit sur la forteresse. D'ailleurs, la montagne était escarpée, et la place 
suffisamment pourvue pour soutenir un long siège. 

Trois mois se passent sans résultat. Les assiégeants manquaient du matériel 
nécessaire pour donner l'assaut, et les assiégés n'étaient pas assez nombreux 
pour risquer une bataille. Il ne fallut rien moins que l'intervenlion du roi de 
France pour avoir raison du seigneur de Linchamps. Bordillon, lieutenant- 
général du roi en Champagne, fut envoyé par Henri II contre ce repaire de 
pirates, avec une armée et du canon. A la nouvelle de son approche, Louvain 
réussit à sortir du château et s'en alla demander du secours aux princes 
d'Allemagne. Pendant son absence, Bordillon poussa activement les opérations 
du siège. II fit monter ses canons sur une cime voisine de Linchamps; mais 
s'étant aperçu de l'impuissance de son artillerie, il eut recours à un autre 
moven. 

L'unique sentier qui montait au château était si étroit qu'un petit nombre 
de soldats déterminés pouvait arrêter toute une armée. Bordillon fit cependant 
appel au courage de quelques vétérans et les lança à l'assaut du sentier. Les 
défenseurs du château les accablèrent sous une pluie de boulets et de rochers. 
Les assaillants reculaient lorsque le canon retentit tout à coup derrière le chd- 
teau avec violence; les assiégés prirent peur et rentrèrent dans la forteresse. 

Déconcerté par cette attaque imprévue, le lieutenant de Louvain entra en 
négociations avec le chef de l'armée royale. Pendant qu'il discute avec lui les 
conditions auxquelles il rendra Linchamps, les soldats de Bordillon franchissent 
les murs et pénètrent dans la place. 

Le maréchal fit prompte et bonne justice. Il ne se contenta pas d'abattre le 
château; il en fit briser les pierres pour empêcher les ruines de s'amonceler. 
Quant à la garnison, on en fit deux parts : les hommes de Louvain qui étaient 
originaires de l'Empire eurent la vie sauve, parce qu'on voulait éviter tout pré- 
texte de guerre avec Charles-Quint; mais les autnîs furent conduits devant le 
château de Lûmes, et pendus pour servir de leçon aux défenseurs de cette 
forteresse (voir L. Micqueau : Le Siège et la Description du très fort Château 
DE Linchamps et de Lûmes). Néanmoins, malgré l'assertion de l'abbé Micqueau, 
le château de Linchamps n'aurait été — nous dit Hubert — détruit qu'en 4673, 
sur l'ordre de Louis XIV. 

La légende nous affirme encore que la dernière châtelaine de Linchamps 
appaniissait, il n'y a pas plus de quarante années, toutes les nuits. Une 
anîractuosité dans les ruines s'appelait : Chaîne de la Fileme, Vêtue de blanc, 
elle y reposait de longues heures, faisant tourner son rouet dont on n'entendait 
pas le bruit. Quand elle se levait, elle poussait du pied quelques pierres qui 
tombaient dans la Semoy. On aurait dit qu'elle voulait faire disparaître tout 
vestige de son ancienne demeure. Les mères disaient souvent â leurs enfants: 
« Méfie-toi de la fileuse ! Si tu n'es pas sage, elle te jettera une grosse pierre 
pour t'écraser. » 

La tradition rapporte aussi que « la fée fileuse » gardait un immense trésor 
profondément enfoui sous les ruines. Quelques personnes des Hautes-Rivières, 
un jour — il y aura de cela bientôt cinquante années, — remarquèrent entre les 
fissures des roches une matière dure, jaunâtre, qu'ils crurent être de l'or. 
Evidemment ils avaient enfin découvert toutes les innombrables richesses sur 



~ 27li — 

lesqucHi-s vejlluit jaloiisrment la Uv,. I^s fouilks aloi-s de commencer aussi- 
tôt. Cette matière janiiàtre, fort abondiinle, n'était que du bi-sulfure de fer, 
vul(;ii ire ment appelé : ■■ lli^ d'artlnist^s >•, dont certaines ramilles des Hautes- 
Ririert's conservent encore quelijnes ■■ types >., leur supposant une grande 

Rappelons une Itigende que Ion lacouli- à Maubert-Fontaine el & Sévigny- 
la-For<-t : une jeune lllle trout l'e luorle diui!' nu coin de ce pays, jadis hérissé 
de rous nhrupts Iraiisrorniés en pierre lorsque Turent construits le pont Cham- 
pagne et la voie ferrée, l.onglenips on vit, à l;i lueur de la lune, l'ombre de 
celte jeune flile errant au milieu de ces niehers. l'urfois elle s'arrêtait, puis 
Niait, droite et rigide, sans jamais quitter sa quenouille des yeux. 

Ecarta. — iVnr'iiu', <i>H liali.. relié par un pont métallique à Thilay. Asseï 
proche de ce pont, la R-nhe Tilis-D-iwl-nj!, qui s'avance comme un promontoire 
dans la Semoy, ti-i;s profomle eu cet emlroil, où le remous est terrible pour 
les bai;[neurs. C'est la, niconte la tradition, que se noyait autrefois, bien qu'il 
tAt « nageur incomparable .., un rirtaiu Uoiidoux, dont la roche, en souvenir 




Tlill>! 

. L'nni'ii'n moulin de Navaux est aujourd'hui 
Man^on-ltiHisseau. -~ ,Vau.r. GO hab.; en amont, 
jiin. — l,e «tiH/iAiH.V, 23 hab. — La AcurtUe- 
ri.r-M'iuliii. 74 hab. — Wachetot, 30 hab. — 
La R'iiii) lit 1(1 Truie. .\'. C. — iVoAnn, 312 bab., 
n coutre-haul de la Semoy. — Robersart. N. C. 
r la rive ■■auilie de la Semoy, vis-à-vis les ruines 
fois incendié'' et reconstruite. Puis, vers l'année 
1H"3. elle cessa d'être haliilée, ljuelc|iies rares vi'stif{es indiquent aujourd'hui 
1 cm placement qu'occupait cette rerme. Sur la même rive gauche, en aval, les 
Rm-hes (te Rùbfrsiirt cl de Xv/i-in. bien qu'elles soieni à nn kilomètre de cet 
imporitint bauieau. Ces mclies, dont la liase lombe à pic dans la Semoy, res- 
sembleraient assez aux Uamei rte Même.. Vues de' la route allant des Hautes* 
l(ivièr>!s à Nohan, ou. l'neoi-e. vues di' la Vini.r-li'iiin. elles sont admirables et 
d'uni- impression saisissante. — Les Siv-Chnlnmia. 2."; hab. C'est dans la ■■ fon- 
taine-lavoir i> des Six-Chalnons que les ffardes-nationaui de Thilay. en 1870, 



de celte mort, a gardé le nm 
représenté par les bonlonnerii 
à la courbe, avec son vieux m 
mu-Uawt, ;i7 bab. — Le l\ 
ynbrninj. — La Cfiistf-JI'ir;/»;. - 
sur In chaussée, formant quiij 
La ferme de Etobersarl , bâtie s 
ichamps, fut plu: 



- 277 - 

cachèrent leurs armes, lorsqu'ils se furent bien convaincus — la conviction 
n'était pas diffîcile — qu'il ne pourraient espérer vaincre quelques détachements 
prussiens en éclaireurs dans cette région. — Le Chêne-à-C Image, Ce chêne, 
plusieurs fois séculaire, que mentionnent les anciennes cartes de l'Etat-Major, 
notamment celle de 1877, se trouvait à 2 kilomètres est de Thilay, à l'endroit 
où la route de Gespunsart s'embranche sur celle des Hautes-Rivières. Les excur- 
sionnistes le prenaient souvent pour point de repère. Un vandale Tincendia. Et 
avec le chêne fut brûlée une image pieuse — d'où ce nom de Chéne-à -limage 
— qu'une main crédule avait jadis clouée sur son tronc. 

TOURNAVAUX. — Voir Haulmé. 



V. CANTON D'OMONT. 

Ce canton comprend quatorze communes : Omont, Baûlons, Bouvellemont, 
La Cassine, Chagny, La Ilorgne, Mahny, Mazemy, Montigny-sur-Vence, Poix, 
Singly, Terron-les-Vendresse, Touligny et Vendresse. Il est borné : au nord, 
par le canton de Flize; à l'est, par celui de Uaucourt; au sud, par ceux du 
Chesne et de Tourteron; à l'ouest, par ceux de Novion et de Signy-l'Abbaye. 

4,554 hab.; 1,455 élect.; 15,044 hect. 

La ligne de partage des eaux traverse le canton d'Omont. Elle abandonne 
au devant de l'Aisne le territoire de Mazerny, une portion de ceux appartenant 
à Baâlons, à Bouvellemont, à Chagny, tandis que les autres sources, ruisselets 
ou ruisseaux, s'écoulent vers la Meuse. Signalons, à l'est : la Bar qui arrose 
les communes de Lu Cassine, de Vendresse, de Malmy, recevant, sur sa rive 
gauche, le Donjon grossi du Batardeau; à l'ouest : la Vence qui sillonne Mon- 
tigny, Poix, Touligny, et reçoit, sur sa rive droite, la Planchette. Puis le Bairon 
qui parcourt les territoires de Baûlons, d'Omont, de Chagny, et franchit les 
étangs de Bairon pour se jeter, enfin, dans la Bar. Un des écarts de Vendresse, 
Ambly-sur-Bar, petit port assez animé, se trouve sur le canal des Ardennes, 
lequel passe non loin de La Cassine et de Malmy. 

L'altitude générale du canton est assez élevée. Les points les plus bas se 
rencontrent : dans les prairies de la Bar, 160 mètres environ au-dessus du 
niyeau de la mer à La Cassine et à Malmy; dans les prairies de la Vence, 
proche de 180 mètres à Montigny et à Poix; 184 au bas de Chagny. Les points 
culminants se trouvent aux sommets des Crêtes de Poix qui traversent le 
canton depuis le territoire de Montigny jusqu'aux confins de Terron-les-Ven- 
dresse : la Crête de Poix, 307 mètres; les hauteurs de la Horgne, 299 mètres; 
celles d'Omont et du bois des Hautes-Crêtes, 300 mètres. 

Dans le bois d'Omont, le chêne appelé « les Quatre Fils Aymon », qui mesure 
7 mètres de circonférence au tronc ; un de nos plus anciens colosses forestiers 
— douze siècles d'existence, affirme la tradition — aussi remarquable par sa 
taille ultra-haute que par la symétrie de son branchage s'élevant au-dessus du 
tronc principal en quatre troncs distincts, dont l'un détruit par la foudre, for- 
mant, chacun, un arbre particulier ayant sa vie personnelle. 

« Les Crêtes de Poix donnent à tout le pays un aspect pittoresque. C'est une 
suite irrégulière de croupes saillantes et abruptes alternant avec des versants 
rapides et des défilés sauvages; elles sont surmontées de forêts dont les som- 
bres arêtes se profilent avec quelque mélancolie sur un ciel souvent tamisé 
par une brume légère. Les vapeurs et la buée de l'atmosphère donnent aux 
lignes ce je ne sais quoi de vague et d'indécis qui en estompe les contours. 
Nature un peu triste aux yeux de certains touristes, mais éveillant les plus 
douces sensations chez les âmes poétiques. Tout y est imprévu, inachevé; c'est 



— 278 — 

un (lt'»soniro qui tient de l'art, où la nature s'est livrée à tous les caprices de 
sa fantaisie. Point de grande plaine à l'extrémité de laquelle on voit au soir le 
disque du soleil descendre lentement au-dessous de la ligne précise et régulière 
de l'horizon. Notre soleil se couche toujours derrière quelque coteau aux som- 
mets crénelés dont les ombres capricieuses s'étendent sur de frais vallons. 
Mais la rudesse de cette nature est sinj^ulièrement tempérée par l'harmoDie 
des teintes qui la décorent : à l'inverse du sol, dont les reliefs sont souvent 
heurtés, les couleurs sont ici d'une douceur infinie; les tons, plus dégradés 
que vifs, plutôt éteints qu'éclatants, passent du clair au sombre selon une 
gamme aux notes discrètes et multiples. Ici un tapis de bruyères roses, agréa- 
blement jeté sur le liane d'un coteau, est encadré d'une végétation luxuriante, 
dont le vert le plus franc se détache lui-même sur hîs tonalités presque bleues 
des grands chén(*s qui surmontent les cim(?s. Là, des terres ocre-jaune aux 
refh'ts cuivrés dominent des prairies émaillées de petites fleurs de toutes cou- 
leurs; et toujours, au fond du paysage, derrière les premiers plans de coloris 
si varié, l'œil se repose sur des masses profondes enveloppées d'une brume 
dont le voile mystérieux harmonise toutes les parties du tableau. 

«< Kn s'éloignant des Crêtes, ce ne sont encore que mamelons, ou petits pla- 
teaux ondulés, entrecoupés par une foule de gorges sans aucune orientation; 
les principîdes d'<Mitre elles recèlent de jolis ruisseaux cachant leurs eaux 
rapides sous des fouiUis de saules et d'aulnes. C'est à se demander si les grandes 
vagues du déluge n'ont pas laissé, dans ce coin de terre, leur ineffaçable em- 
preinte, puisque tout le pays ressemble à une mer houleuse dont les lames 
gigantesques se seraient instantanément immobilisées et solidifiées. Toutefois 
la partie est du canton, qu()i(]u'aussi accidentée, est moins tourmentée que 
l'autre : les lignes s'y allongent en un cadre plus vaste. In magnifîque tableau 
se déroule aux yeux de l'excursionniste (|ui n'a pas craint d'escalader les hau- 
teurs d'Omont. A ses pieds, et de cha(iue côté, les deux parties du village 
cocpiettement assisj's sur les lianes abrupts de la colline; d'une part, les créles 
aux saillies accentuées (rouronnées par h^s hois de liihihma et de Beauvois; au 
pied de ces monts, d'immenses prairies gracieusement inclinées, peuplées d'un 
nombreux bétail; en face, I»'s villages de Terron et de Vendresse, au centre de 
la belle forêt Mazan'n qui forme autour d'eux, et en haut relief, comme un fer 
à clh'val; d'autre part et presqu'au premier plan, le curieux Dantion, pyramide 
régulière et absolument isolée ({ui se détache sur un sombre rideau aux replis 
profonds; ce sont les />ois îles liaud'u-Cirtes et de La Caséine. Cette vue ne peut 
entn^r en parallèle qu'avec celle dont on jouit en gravissant la longue côte de 
Poix. Le tableau est peut-être plus riant, mais la nature y est d'un caractère 
moins original. C'est une belle vallée dans laquelle se comptent de nombreux 
villages; les uns tranquillement assis sur h's bords des prairies qui en tapis- 
sent l(î fond; les autres bien encadrés par les bois accrochés aux versants... » 
(Jules Le Conte ; Monoguafuik aguicolk di: Canton d'Omont.) 

OMONT.— H., :j01. — K., Uî). — I). A., 2:5. — I). ])., 23. — Hect., 1,796.— 
B. P., Omont. — F. L., le premier dimanche de juin. — C'« P. — B. B. — T. 
— L»' village est bAti sur le sommet d'une montagne. Premier étage du 
terrain jarassitfitt; : carrièn^ de moellons. Deuxième étage du ten'ain juras- 
sique : marnes avec minerai de fer; marnes avec sulfate de chaux exploitées 
pour l'agriculture; argile exploitée pour tuiles et briques, calcaire argileux. 

Le canton est, en partie, couvert par la vaste et célèbre forêt de Mazarin que 
possédait la richissime duchess»? de Mazarin, tellement grosse qu'elle ne pouvait 
marcher sans que deux seiviteurs la soutinssent sous chaque bras. Tourmentée 
par le u démon des trente-deux cartes », elle tailla, dans sa forôt, des enjeux 
auxquels n'auraient pu faire tête les plus immenses fortunes de l'époque. Nul 



- 279 - 

ne vouluit crnirc à tunt Je Taslueuses et mineuses prodigalités; d'aotant plus 
que son ailversaire au jeu de " lu triomphe » n'était qu'un simple tout petit 
irolporteur de fcrraunerie, iiociimé Gendarme, qui s'approvisionnait hiibituelle- 
menl dans ses torons. La forêt de Maitariii tout entière aurait servi d'enjeu — 
nous assure la léj;ende ~ au dernier coup de cartes qui cldtura ces ruineuses 
parties. La duchesse perdit, comme d'ailleurs elle avait, précédemment, tou- 
jours penlu. Dès ce jour, la forêt ne lui appartenait plus! 

Histoire. — C. de Yermandois. Le dernier prince rethi>lois de la Maison de 
tloniaguc, Charles 111, vendit en 1039 au cardinal Mazarin toutes ses seigneu- 
ries de France, alin d'aller terminer ses jours dans ses duchés de Monfcrfat et 
de Manloue. Quati'e années plus tard, il faisait confirmer l'érection du comté 
de Kethel en duché-pairie et l'altribuait pour dot fi sa nièce lorsqu'elle épousa 
CharleS' Armand de La Porte de La Heilleraye. Ce duché, qui passait ensuite. 
par mariage, dans la Maison de Durfort-Diiras, laquelle le possédait jusqu'à 
la Révolution, fut l'un des sept coin tés -pal ries les plus importants de Cham- 
pagne, et même l'nn des plus beaux, des plus riches duchés de France. Il com- 
prenait cinq villes : llethel, Méziêres, Donchery, chefs-lieux de prévôté, Chdteau- 
Porcien et Bocroi, et cinq autres prévôtés : Chàtel. Bouri], lirjeulles, Warcq 
et Omont, celle-ci prévôté célèbre, d'oil fe dicton : « Vin de Houzon, pain de 
Sapogne, justice d'OmonL i> 

L'histoire d'Omont «ravite autour de son cliilteau. " Le bienheureux Foul- 
ques, archevêque 
de Reims, vou- 
lautavoirquelquc 
munition pour se 
delTendfedes.Nor- 
mons, lisons-nous 




dan 

réprimer pareil- 
lement les cour- 
ses de quelques 
malveillans qui omont 

endomma){eoient 

les terres de l'église de Heinis, fil liastir, vers 8ft3, le ch&teau-fort d'Omont... 
C'était une des places fortes du pays avant l'usiiKe des canons et avant sa 

Les historiens rémois du dixième siècle parlent souvent de it chiUoau. En 
l'année !I20, il tombe par snrprisi' au pouvoir du comte Erlehabl, le fondateur 
de Méïièi'os, qui doit bientôt s'enfuir devant les armes victorieuses de l'arche- 
vêque dérivée. En 941, ilst-rt d'asile îk Louis d'Outremer, vaincu dans le Porcien 
par Hugues le Grand et Herbert de Vemiaudois. Ileui ans plus tard, c'est 
Artaud, l'archevêque dépouillé, qui s'y élablil pendant son exil de Iteims. Son 
riva! heureux. Hugues de Vennandois, vient bientôt bloquer la forlei-esse; il 
ne lève le sièjïe que sur l'ordi-e du roi et après avoir obligé le gouverneur 
Dodon, frère d'Artaud, h lui livrer sun jeune fils pour otage. En !t4i>, Hugues 
profite de ce que les Normands retiennent Louis d'Outi-emer, captif à llouen, 
pour assiéger de nouveau le malheureux cbdteau d'Omont, et, après. un siège 
de sept semaines, Dodon doit le rendre sous cimditions. Toutefois cette occu- 
pation fut de courte durée ; car nous vojons qu'en 949 les partisans de Hugues 
surprennent encore le chiLleau, où ils font venir leur maître, alors excommunié 
et qui se comportait plutôt en gendarme — en homme d'arme — qu'en évoque, 
pour employer l'expression pittoresque de ilom Ganneron. Mais Uodon quitte 
la place et bientôt il y rentre victorieux â la suite d'une escalade nocturne. 



- 280 - 

Eu 000, Omonl s«MiibIo oiu-ore menacé par les partisans de l'ancien archevêque; 
celle fois, ils sont saisis irt pendus sur l'ordre de Manassès, neveu d'Artaud. 

Il est surtout eélt'bre par les sièges qui l'investirent de lîiSO à 1591 aux temps 
de la l.igue, alors que, selon l'expression de Jean ïaté, greflier de l'Hôtel de 
ville à CliAteau-Porcien. « il y eut grande division en France, les villes contre 
les villes, les villages contre les villages, » et que jamais ne se vit « de pareille 
guerre civile et plus cruelle. Les uns étoient pour le roi et les autres pour les 
princes (les princes de (îuise). Ceux du parti du Roi s'appeloient Réalistes et 
ceux du parti des princes se noinnuiient Ligneux. Ce fut pour loi*s que Tagri- 
culture fut abandonnée et le commerce anéanti. Car les villes et les villages se 
faisoient la gueire les uns aux autres, l'un tenant un parti, et l'autre Fautre. 
Kt on n'osoit sortir de son lieu qu'attroupés et en armes; car on prenoit les 
hommes ])risomiiers, on enlevoit les trou[)eaux du parti contraire. Les villages 
furent oblip'îs de se fermer de fossés, jusque même les censés. L'on faisoit 
des forts des églises et des cimetien*s , où il n'avoit pas de château et de 
maison-forte pour se léfugier. L'on faisoit garde nuit et jour et personne n*en 
éloit exempt, jeunes et vieux, et même les femmes. 

« Toute la Champagne étoit poui' la Ligue, excepté ChAlons. On cngageoit 
les p(?uples à prendre les partis, sous prétexte de la religion. Chauraont- 
Porcien fut surpris [)ar h^s Héalistrs, \r 28 mai lîiSy, qui pillèrent l'abbaye et 
y mirent le feu. Le juillet de la même année, .M. de Saint-Paul reprit Chau- 
mont sur les liéalistes qui s'étoient rendus moyennant la vie sauve. Mais les 
habitants de Chaumont, étant entrés en leur lieu et voyant leurs biens tout 
di>sipés et tout le lieu en ruine, entrèrent dans une telle furie qu'ils mirent à 
mort tous les Réalistes qu'ils rencontrèrent, malgré la capitulation et sans 
qu'on pAt les empêcher. » 

Omout et La Cassine jugèrent prudents de ne point se défendre. Seul le 
château de Sy résista si vigoureusement qu'il retint Saint-Paul douze grands 
jours devant ses murs. Au lendemain de cette belle expédition, le parti de la 
Ligue dominait en Champagne. Mézières, Rethel, (îhAteau- Porcien, Rocroi, 
Maubert-Fontaine, Chaumont, s'étaient déclarés contre le roi; beaucoup de 
ch.Ueaux avaient suivi ce mouvement : Wartigny, Saint-Marcel, I^ F^nche- 
ville, Warnécourt, Fagn<»n, Ilaudrecy. La cause du roi se trouvait ainsi très 
compromise dans la province, lors(iu'llenri 111 périt assassiné. 

Ce meurtre ne profita pas plus à la Ligue que celui du duc de Guise à la 
royauté. Elle ne tarda même pas à perdre du terrain. Le sieur de Grandpré 
s'empara de Mauberl-Foutaine à l'aide de cpielques capitaines brouillés avec 
Saint-Paul. Le gouverneur de Mauberl les ayant reçus sans détiancc, ils lui 
débauchèrent ses soldats et, en juin i.")89, lui prirent la place. 

Peu de temps aj^rès l'affaire du cimetière à Poix (voir Poix), Saint-Paul subis- 
sait un nouvel insuccès devant Omont. Il avait mis le siège devant celte forte- 
ressse où s'étaient léfugiés les paysans des environs. «Tant de bouches eurent 
bientôt mis à sec un des |)uits, » et on en fut réduit à pétrir le pain avec du 
cidre. Heureusement ])our les défenseurs d'Omontijuc le duc de Nevers eut le 
temps d'accourir et lit lever le siège. 

Le duc. (|ui avait reçu de Henri IV le gouvernement de la Champagne, adres- 
sait depuis longtemps au roi de juessantes invitations à paraître dans la pro- 
vince à la têl(? d'une armé»*; mais Henri IV, occupé ailleurs, promettait toujours 
et ne venait jamais. Le duc, de sa nature inconstant et très indécis, se lasse 
parfois d'attendre. On h; voit séjourner deux mois en Brie, pour « se purger et 
boire du lait d'Anesse. »» 11 n'en revient que piqué au vif, après que Samt-Paal 
s'est fait déclarer duc de Hethélois par donation du pape. Il renouvelle alors 
au roi ses appels dés(îspérés; il lui annonce que ses ennemis « sont renforcés 
autour d'Omont, où ils ont mené de grosses pièces d'artillerie, avec intention 



— 281 — 

de n'en partir qu'après sa prise, » et que de là « ils se promettent d'aller sans 
opposition à Donchery et à Mouzon. » Sedan ne tarderait pas en ce cas à 
tomber entre leurs mains « parce qu'il se trouverait assiégé de tous côtés, et, 
comme on dit, une gauffre entre deux fers. » 

Henri IV se décidait enOn à paraître en Champagne. En octobre 1591, il part 
d'Attigny pour se rendre devant Omont, retombé aux mains des ligueurs. 
Depuis le 6, la « batterie » avait commencé avec seize pièces de canon. Aussitôt 
arrivé dans la tranchée, « il manda à la batterie haulte de la teste du chasteau 
où estoient les Allemans, qu'ils eussent à tirer à un certain endroit du portail 
qu'il leur envoya montrer, et le coup fut si heureux qu'il emporta la jambe du 
capitaine Larcher qui commandait dans Omont, et aussi la cuisse de son lieu- 
tenant. . . et tua aussi l'enseigne. » La garnison en fut tellement décontenancée 
qu'elle capitula; et le soir même de la capitulation, l'armée royale, qui campait 
sur le Champ'Pavoi, illumina. 

Henri IV, qui était allé coucher à La Cassine, put le lendemain assister à la 
sortie de la garnison. Elle était forte de cent soixante hommes, et comprenait 
aussi cinquante femmes, « quarante goujats, et de vingt à vingt-cinq manœu- 
\Tes. » Gomme le pont avait été rompu, il fallut faire sortir par la brèche la 
charrette qui portait la femme do Larcher. L'équipage versa, et la femme de 
Larcher « fit le moulin à vent du haut en bas de la montagne sans se blesser, 
au rire de tous. » 

Les ligueurs rémois détruisirent complètement le château d'Oraont. La milice 
bourgeoise de Mézières, lors du siège, avait envoyé huit pièces d'artillerie, et, 
lisons-nous dans un ancien chroniqueur, « l'image de cette expédition est 
peinte sur le drapeau de la garde nationale macérienne (?) ». Puis, ensuite, 
fut fortifiée La Cassine « de façon qu'elle ne pût se prendre sans mitaine. » 

Ce château s'élevait sur la crête septentrionale du monticule qu'occupent 
actuellement l'église et l'école. La bêche heurte encore en cet endroit de 
grandes dalles qui servirent de parquet et sur lesquelles figurent des dessins. 
De grandes et épaisses murailles ont été récemment découvertes, ainsi qu'une 
cave restée, pour ainsi dire, intacte. Dans cette cave furent trouvés une ving- 
taine de boulets, les uns étaient en fer, les autres en pierre; quelques flèches 
et d'assez nombreuses pièces de monnaie. Sur la cime du monticule, existe 
encore une pierre tumulaire sous laquelle repose un seigneur d'Omont ; les années 
effacèrent presque complètement l'inscription qui la recouvre. La voici telle 
qu'elle est reconstituée par M. Collinet dans la Rkvue d'Ardk>ne et d'Argonne, 
avril 1899 : « Cy repose en mortelles bières — Messire Jacques de Villliers — 
seigneur dud (ict) lieu de Verrières — Et Dennevoulx en cent mihers — Lieu 
renome de chevaliers — conse (iller) et chambelle (ne) — Du noble Jehan, duc 
de Brabunt — Son gouverneur de Rethelois — Qui, le xiiii (e) du mois — De 
feurier prit fin l'an qu'on scet — Mil quatre cent septante sept. » 

BAALONS. — H. 415. — E., 143. — D. C, 8. — D. A., 25. — D. D., 23.— 
Hect., 1,472. — B. P., Poix-Terron. — F. L., le dimanche qui suit le 1"' octobre. 
— Le territoire est comme à cheval sur la ligne ardeimaise du partage des 
eaux; le village, bâti sur le versant nord-est d'une colline, est environné de 
gorges profondes et de sommets élevés. A signaler, seulement, le ruisseau de 
Battions. Prenant sa source au lieu dit Pré-Salnte-Croix, il passe entre Baàlons 
et Froidmonl et s'y divise en deux branches qui ne tardent pas à se réunir 
pour aller se jeter ensemble dans l'étang de Bairon. Deuxième étage du terrain 
jurassique : marnes et calcaires argilo-siliceux durs exploitables pour moel- 
lons. De Baàlons sortaient, autrefois, ces colporteurs si connus de harengs 
salés qu'ils vendaient pour de la ferraille et de vieux chapeaux. — G. de Reims, 
ou peut-être de Vermandois. 



Eglise. - 






soiiIpLuri' 



cl i-ffiM-^i-s lp U;ri 



- 2K2 — 

I l'ii iToyoïis la porlfl d'entrée principale, 
z frustes: on suppose reconnallrv 
JDP il ili'oile, el l'autre à ^'uuche, 
MIT Ici jilare piiMiqu<\ devant tettc^ i^glise, 
■■ i\»e tri tiailitiiiii dit atoir été plantés tout 
i ii'lli'riii;iiin au château Jo tiéraunioiit. L'ne 
' en IH^i), iivatt onlmini- que ues deux ormes 
seniienl aliatliis : In-un-itsi'itii'iil (|[li' l'Auturité [in'-fpclurale les sauvet;arda. 

Ecarts. — La V'-iio-iV. >. C. Il y i;iit, jadi::, dans li< hois d'Omoiit, uae 
iniporlaritc viTicrii'. b: :! jaiivit'r 11-77, iiuali-it i^etililsliumnifïs voiliers : Jacqaes 
Doi'lndiil, Iti.-^iiaulillii. Jfaii ol Kciii' Millnl fxpnsèii-iil au i-onile de Rethel que 
<t depuis loiiftlciups i-xislail eu TniiH d'Omoiit ini fnur à fain^ le verre, » com- 
plètcnienl dt'lniit par ks ;:u<'rre3, et qu'uloi's IIh demimdaleiit l'auturisation de 
le l'eifiiisiruire. Ce qui leur fut ai^rordé avee ivrlatns dmits d'usajw 'lans les 
fni-élti l't les pi'uiiies voisines. « uioyeiinaut un coiis annuel et perpétuel de 
soixante sols paiisis. •• — l.e Uoulin, H% liali. — I.c l'ftit el le Geand-Fi'fiS'hniKl; 
i-e noiTi pi-nvieiit île leur l'roi<li' tenipéralure. -- tleunvvis. IW hab. — 1-es Hauls- 
Cht-minn. iH liab. — l.e U'iut-lhiuruiii. Ap|i>'l<'is ainsi, ces tioia écarts, ii cause 
de leur pOMlion tMevée. — Les l'iiUi-li-t*. oii ■■iiiilent d'iiisi^nifinnls petits ruiï- 
seattx, ri SI' ïnil ceilain puits intiirissalile qinr la légende (ait remonter aux 
linips di's lianliiis. — Ui Hniniluellf. oii se trouvait un chiUeau-foi-t dont il ne 
n-ste plus trace depuis deux eenis ans. — l.a Folie, autre lieu où s'élevait 
i-ni-iue iiii autre rliSti-au nmstriiit avec les mines de celUr forteresse de 1& 
<;rand)(ei[e. (Voir dans Meyrac : Villkm bt Vjllauks des Abdkn.nks, la légende 
]i|lis que naïve du rhAteau do la Folir.] 

irit s'élaliliraui:l);l|.eaii detiéraumont 
.'iiy. un lie ces lléamais qui aidèrent 
pour le récompenser des 
serviecs n^eus, lui avait 
donné la terre de Gé- 
ranmoiit, » avec tons 
ses privilèges, droits et 
di^pendanees. " Aussi 
Henri IV, lorsqu'il assié- 
gea le chd teau d'Omnnt, 
foueha-t-il à Gérau- 
iiionl. Hernmnn de Mar- 
quigny était de la « re- 
liilloii réformée », éga- 
lement les serviteurs 
qu'il logeait au lieu dit 
aiMuelleinent la Vieitlt- 
Hrrifoltene (pour, sans 
doute, la Yieille-Hui/ue- 
ii'itterk-, d'autant plus 
que, niiii loin, se trouve 
ibjiira la religion prolei- 
l'-claré que « l'aris valait 
1 177f< 11- cliclteau de Géraumont qui 
■el. En 1832, M»" de Vaubert, née de 
^iidit à M. (■iiillaiiiue Rahier; puis, 
leveiiait le propriétaire. Il appartient 

est du chriteau, par des ancres en fer. 




CUtMn ds OènnnioDl 



le rWfs ■!.: 


/•,..».'«/.(„».<i. Iji raniille d 


tante des , 


lie IleiM'i IV se lit catliol 


bien une a 


.■>se, " Klle i-oiispiva jnsq 


lui. â relie 


■poqiie, ae s par M. de 


ijrallio!!, ili 


seendante des de Kéret, 1 


en 1813, M. 


l.alioussayi-, de Meîieres, e 



Marqi 



— 283 — 

témoigne que d'importants travaux de restauration furent faits en cette année. 
La cloche, dont les tintements appelaient les ouvriers de la ferme, appartint à 
l'église de Saint-Loup-Terrier. Haute de m. 27 c, large en bas de m. 31 c, 
en haut de m. 17 c, et pesant 36 kilogrammes, elle date de 1731 et porte 
cette inscription : 

« Cette cloche paroi'** de S* Loup aux Bois, bénie par N. Maucler, maître 
es arts, curé de S' Loup et nommée Marie Agnès par haut et puissant seigneur, 
messire Joseph de Romonce d'Attenoue, seigneur de Tairy, cap"« de Dragons 
la Reine, fils de Hugue de Romance et par Mad"" Agnès Moch de Récy — Ollm 
inclinata nunc resurgo — il3i . » 

BOUVELLEMONT. — H., 238. — E„ 94. — D. C, 7. — D. A., 2G. — 
D. D., 24. — Hect., 430. — B. P., Poix-Terron. — F. L., le dimanche qui suit 
le 19 juillet. — C'*' P. — Bouvellemont se trouve non loin de la ligne de par- 
tage des eaux sur un plateau, à la cote 2o0 mètres. Le territoire est arrosé 
par un ruisselet sans importance qui se jette dans ïêtanf/ de ïiairon après 
avoir traversé Ghagny et Louvergny. Deuxième étage du terrain jurassique : 
marnes et calcaires marneux ; oolithe ferrugineux; carrière de moellons. L'hiver 
est fort long dans cette région froide où souvent persiste la neige, alors qu'aux 
alentours le soleil l'a déjà fondue. — C. de Reims, d'après le coutumier général; 

C. de Vermandois, d'après les anciens jurisconsultes. 

LA CASSINE. — H., HO. — E., 44. — D. C, 8. — D. A., 27. — 

D. D., 25. — Hect., 1,008. — B. P., Vendresse. — F. L., le dimanche qui suit 
le 4 octobre. — Un bouquet d'arbres semble cacher le village reposant dans 
une prairie que domine la forêt Mazarin. Le territoire est traversé par le 
canal des Ardennes et par la Bar. Deuxième étage du terrain jurassique : 
marnes. — C. de Reims. 

ChAteau. — « Les anciens comtes de Rethel — lisons-nous dans doni (ian- 
neron : Centuries du Pays des Essue.ns — avoient bien rarement leur séjour 
dans la capitale de Rethel, mais demeuroient presque tousjours au chasteau 
d'Omont, à cause de la munition du lieu et spécialement pour la coinmoditié 
de la chasse dans les forests prochaines. Mais comme le lieu d'Omont estoit 
meilleur en guerre qu'en paix et manquoit de l'amœnité qui se retrouve dans 
la plate campagne, le sieur Ludovico de fionzague, prince de Mantoue, qui avoit 
espousé la duchesse de Nevers et de Rethel, délibéra, vers l'an 1571, de bastir 
un autre lieu de plaisance pour se retirer quand il seroit en son duché de 
Rethélois. Il y avoit un petit chasteau situé dans la forest d'Omont entre Ven- 
dresse et Sauville, qui estoit assez gay et agréable, mais trop petit pour loger 
un tel prince avec sa cour. 11 fit abaltre et édifier au lieu mesme le beau chas- 
teau de La Cassine qu'il acheva avant sa mort avec touts jardinages et boscages 
plantés à la ligne; bien il est vray que son fils et successeur le fortifia de 
beaucoup en plates-formes, ravelins et autres munitions. Et ledit Ludovico 
obtint du roy de France que tous les habitants dudit chasteau ne seroient 
point obligez à aucune taille, subsides et inipost, y comprises quelques maisons 
circon voisines, où on pourroit aussy tenir hostellerie, sans obligation de qua- 
triesme ou autre ferme de vinage. » 

Un incendie, en 1697, détruisait complètement ce château où, deux fois, 
coucha Louis XIV, où s'arrêta le marquis de Wittemberg lorsqu'il allait, avec 
ses troupes, rejoindre Turenne à Sedan, et dont le cardinal Mazarin, en 1653, 
avait fait abattre les fortifications. Le ch.Ueau moderne fut construit en 1850 
sur l'emplacement qu'occupait le couvent des Cordeliers dont l'antique chapelle 
fait office, aujourd'hui, de remise à bois. C'est dans cette chapelle « qu'abju- 
raient solennellement la religion réformée, le 22 octobre 1769, D^'° Claude de 



— 286 — 

ptiraclh've l'œuvre (Oiiimeiicéo par son père. 11 obtint au Concours régional 
de 18U8 — qui tint ses assises dans la prairit*, entre Charleville et Mézières, — 
\ii prime il'honucnr. Le mouton a dis[)arn pour faire place aux bovins de race 
normande; les principales sp«^cnlations de ce domaine agricole sont, aujour- 
<riiui : le beurre, la porcheri»*, Tenf^raissenient. — La Vréte-Mouton, 60 hab., 
dont une trentaine appartiennent administrativement à la commune de Poix; 
l'écart étant, à la cote 290. à cheval sur les deux villages. — Les Loches, hab. 

— Le Moulin, IL — I^e Cfuitenu : ainsi se nomme une portion de Mazerny. Le 
nom rappelle un château dont il ne reste plus trace. En cet endroit de Mazerny, 
bourg plus important autrefois qu'il ne l'est aujourd'hui, se remarquent cer- 
taines intéressantes maisons datant du dix-septième siècle. Ce chiUeau appar- 
tint aux Duhan de Crèvecœur et aux de Failly, dont une pierre tuniulaire, dans 
l'église, nous a conservé les noms. Au-dessus de celte église, se dressait une 
tour, cinq fois séculaire, qu'en 1866 remplaçait un clocher ayant une certaine 
élégance. 

MONTIGNT-SUR- VENGE. — H., 257. — E., 90. - D. C, i5. — 1). A., 20. 

— I). I)., 18. — Ilect., 82i. — B. P., Poix-Terron. — F. L., le deuxième 
<limanche de novembre. — C'« P. — La Vence, qui traverse le village, le divise 
en deux parties. Premier étage du terrain jurassifjue : carrières de moellons. 
Deuxième étage du terrain jnrnaaitine : marnes avec gypse, exploitation de 
minerai de fer, calcain? argileux. — C. de Vitry. 

Eglise. — Fut construite avec les matériaux provenant des ruines de Tabbaye 
ou du château, qui se trouv»Mit à Touligny, dans It? bois de Hure- Lanterne, 
En outre, quelques pierres tombales, recouvertes de lettres gothiques, servent, 
pour ainsi dire, de marches à l'entrée de plusieurs maisons. 

Château. — C'est dans l'aile gauche du ch.Ueau qu'étaient faites les classes 
avant la construction de la maison d'écoh^ et c'est dans la tour que logeait 
rinstiiuteur. Mais, tout à l'origine, c'est dans une grange disparue qu*était 
l'école, non loin d'une aulre grange encore existante et appelée, souvenir féodal, 
la Grani/e-ii-Dmiea. La tradition rapporte qu'après 1789, l'intendant de M. de 
Montigny se présenta pour réclamer les r»»devances au nom de son maître. 
Mais les habitants de Montigny. fourches en mains, le pourchassèrent si 
furieusement qu'il ikî dut son salut qu'à la vitesse de ses jambes. 

Ecarts. — La (y(Ue'\Varinet, 22 hab. — La Crrte-Chlneauj-, N. C. — Au 
Del'i lie VEna. N. C. — Le Camp, où campa le général Dumouriez. — La BascuU, 
sur le haut des crêtes; se voit (encore un grand bâtiment aux vastes écuries, 
où s'arrélaient, autrefois, les routiers et les diligences qui traversaient le pays 
d'Ardenne. 

POIX-TERRON. - IL, 770. — E., 219. — 1). C, 13. — D. A., 18. — 
I). 1)., 16. — Hect.. 1,420. — B. P., Poix. — F., les 20 janvier, 3 mars, 18 juin 
et :m octobre. - F. L., la Penlecote. — C'« P. — IL B. — C. — T. — Poix, à 
peu près point central du département, se ti'ouve sur la rive droite de la Vence, 
dans le fond <rune vail(?e, au pied nord d'un coude, entre deux contre-forts 
de lAr^'onne occidentale. Le territoire de Poix est, en outre, arrosé parla Pian- 
rfirtte et le raiasrau Gnrrln ou des Pris qui, descendant des Crêtes de Poix, 
creusent, dans le versant droit de la Venre, deux vastes échancrures. Par 
l'urK?, coule directement le ruisseau (îuérin jus(iu*â la Vence, tandis que la 
Planchelle, long»»ant les replis d'une colline qui surplombe Poix, à l'est, se 
dirige sur Terron pour y former un vaste étang dont les eaux jadis servirent, 
servent même encore, a laver* du minerai de fer, et se jette dans la Vence 
au M'iidin-Simonet, après avoir contourné un mamelon, au sommet duquel 
furent bàlies, si l'on en croit la tradition, les premières maisons du village. 



— 287 — 

Cet étaiif^ se nomme la Fosse-aux-Précheim, \r\rce qup, raconte la légondo, 
s'y noyait autrefois avec sa voiture un «« riche abbô » qui parcourait somptueuse- 
ment la région en évangélisateur. Premier élage du terrain jurassûjue : grande 
oolithe; carrières dans les calcaires oolithiques. Deuxième étage du terrain 
jurassique : marnes avec minerai de fer, marnes avec sulfate de chaux exploi- 
tables pour l'agriculture, minerai de fer en grains. A relever, sur ce sol mon- 
tueux et tourmenté, des altitudes assez hautes : le Moulin-Smonet, 223 mètres ; 
la Ferme des Cornes, 258 mètres; la Créte-Mouton, 292 mètres; la CnHe-Voirlnel, 
304 mètres. — C. de Vitry. 

Eglise. — Remonterait au treizième siècle. Ne reste, de cette époque, que le 
portail roman. Dans le mur du transept, côté droit, est encastrée une piern^ 
sur laquelle se déchiffre ce vestige d'inscription grossièrement taillée au burin, 
ou au ciseau : « an 1.S90 lk comtk — s paul a etk kt — gorge avec 100 — 
HOVME dans... » Le millésime pourrait se lire à la rigueur 1520, le chiffre 9 
ressemb'ant, tant il est informe, au chiffre 2. Toutefois, il est plus vrai- 
semblable que la date 1590 est la bonne, car elle rappelle l'engagement entre 
ligueurs et royalistes, dit du cimetière de Poix. Quant à la formule : « Saint- 
Paul a ete et — gorge (égorgé), » il ny faut voirsaiis doute qu'une expression 
signifiant : « Saint-Paul a été vamcu, a été battu de façon sanglante, lui et sa 
troupe. )» On sait, en efTet, que le célèbre maréchal ligueur fut assassiné eu 1594, 
à Reims, par le duc de (iuise, « lequel avait pris In résolution de le faire 
ploj'er ou mourir. >» 

C'est en l'année 1590 que les ducs de Lorraine et de Nevers fîi*ent leur 
apparition sur la scène, à la fois sollicités par le roi et par la Ligue. Le duc 
de Lorraine se décida pour celle-ci. Le duc de Nevers, catholique fervent, était 
un ancien ligueur converti au royalisme. Tandis que le duc de Lorraine entre 
en Champagne pour s'y joindre à Saint-Paul qui saccageait la Thiérache, 
Nevers rassemble la noblesse de la province, va chercher l'artillerie de Mau- 
ber:-Fontaine et s'attache à la poursuite de Saint-Paul. 11 le rencontre à Poix. 
Les ligueurs s'y étant barricadés, Nevers fait investir le village par sa cavalerie, 
pour donner à son infanterie le temps d'arriver. Klle ne se présente que vers 
le soir et, sur-le-champ, on la conduit à l'assaut. La première barricade est 
enlevée ; ce qui oblige l'ennemi à se retirer dans le cimetière. 

Le lendemain, un mercredi, l'infanterie força les autres barricades et attaqua 
le cimetière, défendu par 600 ligueurs. Un premier assaut échoua, et cette 
seconde journée fut employée par le duc à mettre des « canonnières » aux 
pignons des maisons du village. Le jeudi, au matin, les assiégés se voyant ainsi 
cernés demandèrent à capituler; mais le duc ayant exigé la reddition à discré- 
tion, ils continuèrent à se défendre. Ils finirent par évacuer le cimetière et se 
retirèrent dans le clooher où ils tinrent jusqu'au vendredi. Cette affaire coûtait 
aux ligueurs près de 600 hommes, « ce qui apporte un grand crève-cœur » à 
Saint-Paul, « car c'était la fleur de ses soldats. » Les Lorrains, jusque-là, s'étaient 
moqués des « royaux les invitans d'aller à Troyes quérir des arulouilles; » 
mais après cet échec, ce fut au tour des « royaux (voir Omont i d'offrir aux 
ligueurs des pois pour manger leurs andouilles. » 

ChAteau. — En 1251, Thomas de Coucy, seigneur de Vervins, abandonnait 
à ses oncles, Gaucher de Rethel et Manassès, son frère, les droits qu'il pouvait 
avoir sur l'héritage du comte Jean de Rethel, moyennant « un revenu de 
100 livres pris au han de Poyff, » et, en 1255, ce même Thomas de Coucy donnait 
en hommage «< au dit sieur Gaucher, la terre de; l'oix »; laquelle t(»rre, les 
descendants de Manassès cédaient à M. de Fléchelles, le premier sJMgneur de 
Poix, qui la transmit au comte Robert-Denis Laroque de Roberval. Kn 1550, 
M. de Roberval vendait sa seigneurie aux de Boutillard d'Arson. Ceux-ci habi- 
tèrent le chàteau-fort qui s'élevait au centre même de Poix, sur l'emplacement 



— 288 — 

actuel dos maisons Pètre et Templier. Briilé et détruit en i641 par les Espagnols 
que commandait Limbois, ce chAteau ne fut point relevé. Des de Boutillard 
« la terre de Poys » passait, en ii')68, à Jean de Cothonier; en 1688, à Jacques 
de Villelonj^ue et de Homilly, « capitaine aux carabiniers de la reine », enterré 
dans Tt^glise de Poix; puis, par mariage, aux de Pouilly et aux Lardenoys 
de Ville, dont l'un des descendants vivait encore en Autriche il y a dix ans, 
peut-être vit-il encore, et se faisait appeler : baron de Cornay. — Au Cheilois, 
sur un petit monticule d'où l'on domine le village, s'élève un château qui 
pourrait avoir été construit (juelque temps après la destruction, par les troupes 
de Lambois, du chAteau-fort dont nous venons de parler. 

Ecarts. — Terron, 60 hab., une lieue et demie du village, route de Poix à 
Vendresse, dans un repli de la colline qui domine Poix, côté ouest, avec Talti- 
tude 224 mètres. — La Créte-Mouton, à l'extrémité sud du territoire, au sommet 
de l'Argonne, cote 290 mètres; 60 hab., dont 27 environ dépendent de Poix, 
la plus grande partie de cet écart appartenant à Mazerny. — l.es Cornes, 10 hab.; 
ferme sur un plateau de la colline qui se trouve, côté est, à 3 kilomètres de 
Poix, sur le prolongement de la ligne qui réunit Terron à la Crête-Mouton : 
altitude 2.-Ja mètres. — Le MonUn-Simonet, 8 hab.; depuis longtemps n'existe 
plus le Moulin-Simonet. — La PiperU\ 5 hab., maison isolée, 700 mètres da 
village, côté droit du morceau «le chemin qui met Poix en communication 
avec la route de Charleville à Vouziers par Launois et le Chesne. — La Gare, 
quartier relié au village par un pont sur la Vence. — Le Moulin-Lù^geois ; à la 
suite d'un accord intervenu jadis entre les habitants de Poix et leurs seigneurs, 
ceux-ci concédaient, en l;>3o, une assez grande étendue de terres, moyennant 
certaincîs redevances et en échange : 1** de tous les bois qui constituent aujour- 
d'hui les forêts de Poix; 2" du moulin actuell(?ment appelé Moidin-Liôyeois ; 
3" du iirawl-Vrt^-Vatelnii, traversés par les routes de Launois et du Chesne. 
Vax 170.*i et en 1797, ces biens furent vendus par les trois filles de Charles- 
Ange de Lardenoys d«» Ville, en Uww qualité d'héritières. Le cluUeau avait été, 
depuis l'an II, ach(?té comme propriété nationale. 

Lieuxdits. — Durvovl, sur le chemin de Poix-Terron; singulière appellation 
(jui correspond exactement à un nom latin de Reims. — Le Pré-Wagnet, sur 
la rivr gauche de la Vence. où l'on retrouvait h's traces d'un ancien pont et 
d'assez nombreuses substruclions recouvertes maintenant parlesalluvionsque 
laisse chaque année la Vence. Le village, reconstruit sur la rive droite delà 
Vence, occupait les deux rives lorsqu'il fut, en 1641, incendié parles troupes 
(le Lambois, à suite d'un combat entre les ligueurs et les troupes royales. — 
Befuipuia. Le 30 août 1870, un bataillon du 42« de ligne, qu'envoyait en recon- 
naissance le général Vinoy, rencontrait àBeaupuis la cavalerie allemande. Trois 
jours après la capitulation de Sedan, les troupes prussiennes allant assiéger 
Paris traversaient Poix; le déhlé dura plus de quarante-huit grandes heures. 
Les maisons et surtout les caves furent pillées par l'arrière-garde. 

SINOLY. — IL, 2i:;. — K., 03. — l). C, 8. — l). A., 16. — D. I)., 14. — 
llecl., 992. — IL P., Poix-Terron. — F. L., la Saint-Martin. — O» P. — Surlc 
sol, très élevé (on y renrontnî la cote 311 mètres), s'étend une forêt communale 
ayant 139 hectares. Premier étag»* du It'irain juvassiuiiie : cavvwres de moelloiïi 
dans les ralcaires oolilhiciues. Deuxième étage du letrain jurassique : marne, 
minerai de l>r. — C de Vcrniandois. 

Ecart. — T/unw, H hab. 

Lieuxdits. — Courtn-Mollard. — BnUeric- Mol lard ; tire son nom d'une 
famille qui possédait son manoir en cet endroit et dont l'un des membres 
passa pour être sorcier, ce (]ui lui valut d'être brûlé vif; d'où cette appellation : 
« la Krùlerie-Mollard ». — I.e liomK — La Croiv-Snint-Nictnse. — Le PuUs de 



— 289 — 
M'hâte €9Jtëey. .Voir, pour l'origine de ces lieuxilils, Mevrac : Villks kt Villages 

DES ARDE.N.NCS.) 

TERRON-LES-VENDRESSE. — H., 238. — E.,82. — I). C 4. — l). A.. 2k 

— D. D., 22. — Hect., 600. — B. P., Vendresse. — F. L., le dernier dimanche de 
juiilet. — Le village est construit sur les flancs d'une étroite et peu profonde 
vallée, au fond de laquelle coule le Baiardenu. qui divise Terron-les- Vendresse 
en deux parties égales et va se jeter dans le Donjon, Une portion du territoire 
est couverte parla forêt Mazarin, Deuxième étage du terrain jurasaiijiue : marnes 
avec sulfate de chaux. — C. de Vitrv. 

Ecarts. — La Verrerie ^voir Omo.nt), 3 hab. — Le Trou. H. — Les Sarts, 
18 hab. — Les Minières; un lieudit au nord du village, où Ton extrayait le 
minerai de fer pour le haut-fourneau que la tradition dit sétre élevé sur le 
cours du Balardeau. La tradition ajoute même qu'en creusant le sol, pour 
asseoir les fondations de ce haut-fourneau, on aurait trouvé, fort bien conservé, 
le cadavre d'un officier ayant encore son épée à sa gauche, et que l'on suppose 
avoir été tué en 1591, lorsque fut assiégé le château d'Omonl. 

TOUUONY. — IL, 118. — E., 39. — D. C, 16. — D. A., 17. — D. D., 15. 

— Hect., 323. — B. P., Poix-Terron. — F. L., le dimanche après le 16 juillet. 

— Le village, assis sur une petite montagne, domine, rive gauche, la vallée 
de la Vence. Cette rivière traverse, à la Biiase-Touligny (écail de 3 hab.), la partie 
est du territoire. Premier étage du terrain jurasait^ue : carrière de pierres de 
taille et de moellons gélifs. Deuxième étage du terrain jurassitjue : marnes avec 
mine de fer. 

C. de Vitry. — Dans le bois de Hure-Lanterne, se trouvent des ruines que l'on 
croit provenir d'un monastère ou d'un château. L'église de Mondigny fut recons- 
truite à la fin du siècle dernier avec des pierres provenant de cet ancien édifice. 

VENDRESSE. — H., 784. — E., 228. — D. C, 5. — D. A., 23. — D. D., 21. 

— Hect., 2,715. — B. P., Vendresse. — F., le 10 février, la veille des Hameaux, 
les 11 juin, 19 octobre, 22 décembre. — F. L., le dernier dimanche de juillet. 

— C** P. — B. B. — S. T. — <j. — T. — Vendresse est construit moitié dans 
un bas-fond, moitié sur le versant d'une colline dont l'altitude est de 160 mètres. 
Au sud et à lest du village, plaine basse, marécageuse, souvent inondée, 
sans pente sensible et qui est barréo dans sa partie inférieure par les digues 
élevées du cnnat (les Antennes : d'où slagruition longue et malsaine ch's eaux. 
Cette plaine forme un fond de cuvette qu'entourent des collines boisées dont 
les hauteurs atteignent une moyenne de 260 mètres. Le canal drs Antennes, 
la Bar, le Donjon (qui longe également la ferme des Pourceaudes, écart de 
Villers-le-Tilleul), le Batanteau, son affiutMit venant de Terron-les-Vendresse, 
arrosent le territoire. Premier élag»* du terrain junissi^fut* : grande oolilhe, 
carrières de pierre de taille dans les calcaires ^^risAlres, durs, de boruie (|nalité, 
et dans les calcaires blancs, gélifs; pierie à chaux, jurasse. Deuxième étaj^'e du 
terrain jurassique : marnes avec gy|)se, exploitées pour 1 a^'riculture; terre à 
brique exploitable, minerai de U^v. 

Histoire. — C. de lleiins. D'origine fort anci»'nrie. Son nom «le Vendresse 
apparaît pour la première fois dans lllisloire, noyons-nous, quand, en 970, 
larchevéque Odalric de Ueinis donnait le viliaue au chapitre de cette ville, 
qui le cédait sept années a[)rès, en échange d'auli'es biens, à Manassès, comt(* 
de Hethel. Un peu plus tard que celle époqiie, Vendresse fut (Mitouré de fossés 
dont on peut voir, avec assez grande bonne volonté. (|uelques traces. On con- 
serve aux archives de la Mairitî un«» ancienne copie, sur p.-ir<'hemin, de la charte 
qu'en 1244 Jean, comte de Hethel, octroyait aux bourgeois de Vendresse. « Ge 

19 



— 290 — 

Ji'hans ciiens de Kethest, fac assavoir à tous ceux qui seul et qui avenir seront, 
qui ces présentes lettres verront, que j'ay juré la ville de Vendresse qui sièt 
dossoubs Oniont mon chaslel, as us et à la Iny et à la coustume de Vrevin 
pernienablenient, et à maintenir et à tenir »• 

KjU'alement a la Mairie, est conservé soigneusement un vieux registre où se 
trouvent consif,'nés quelques événements relatifs à l'histoire de Vendresse, par 
exemple : « 1045, les Rourj^uignons ont été prendre les châteaux de la Morteau 
**t d'Ambly; 1645, les Allemantls sont venus à Vendresse le 29 avril; i650, le 
'2'.\ octobre, les châteaux d'Amblv et de la Morleau furent pillés et réduits sans 
résistance de leurs seigneurs; le 2i et le 20 octobre, les Bourguignons et les 
Hiinemis ont été à Vendresse et ont pillé l'église; 1653, au mois de juin, le 
cardinal de Mazarin a fait démolir les fortilications du château de la Cassine; 
1658, de mémoire d'hommt^ de quatre-vingts ans on n'a vu si grand déluge 
deau et de neige depuis le 20 jusqu'au d«Tnier de février de cette année, qui 
ont causé de grands dangers et des fimtes de bAtiment. Plusieurs personnes et 
quantité de bestiaux furent submergés. » 

(y»'st à Vendresse que le roi (luillaume de Prusse apprit la capitulation de 
Sedan. Il avait installé son quartier général dans la maison de M. Hanonnet 
de l^i (irange. AussiUU arrivée cette ^extraordinaire nouvelle, la musique des 
gardes joua la Mttrsiiillaiae, les officiers de 1 Ktat-Major c lururent au jardin et 
revinrent les mains phûnes de lierre, «iont ils couronnèrent la tète du roi, le 
sacrant — avant la cérémonie dt» V«»rsa lies — empereur d'Allemagne. Lorsque 
sonna dix heures, <iuillaume alla se roii<*her. Cet homme, dont les armées 
venaient, par leur nombre, do vaincre la F'ranre oi d'assurer à leur mnitre un 
des plus puissants em])ir('s (rKnro|)i>, s'tMidormit en lisant un roman de l'en- 
fantine Bibliothè(jue rose : les E^rflt^s li*- Sihrrit!. Cv. volume restait ouvert dix 
années, en souv«Miir, a la pa;:»' même où l'avait laissé (lUillaume, lorsque, le 
sommeil le prenant, il soiiftla sur sa bougie. 

Ecarts. — Ambly-sur-Iiar, 23 hab., petit port sur le canal des Ardennes. — 
Les Ami^riéres, 6 hab., maison isolée, proche de la Cassine. — Terron, 4 hab. 

— Les Morteaux, 10 hab., on les anciens chàhsiux sont aujourd'hui devenus 
deux fermes. — La Lohhe, 6 hab.; une forme qui borde la route de Méziëres. 

— Le Champ-Chevalier, frrme au milieu d'une prairie. — Le Chemin fie la Reine 
de llnnyrie. (Voir, pour la curieuse légen<le do ce chemin, Mevrac : Villes et 

VlLLAliKS des ArDEN.NES.) 

VL CANTON DE RENWEZ. 

Ce canton comprend quinze communes : Henwez, Arreux, Cliron, Ham-Ics- 
Moines, Harcy, Haudrecy, Lonny, les Mazurcs, Montcornet, Murtin-Hogny, 
Remilly-les-Pothées, Saint-Marcel, Sécheval, Sermonne, Tournes. 11 est borné: 
au nord, par le canton di; Fumay; à l'est, par les cantons de Charleville, de 
•Mézières et de Monthermé; au sud, par le canton de Signy-l'Abbaye; h l'ouest, 
par les cantons de Uumigny et de Hocroi. Le nord du canton de Renwez est 
boisé, tandis que le sud est un pays d'excellente culture. Le principal cours 
d'eau qui l'arrose est la Sinwonnf, coulant de l'est à l'ouest, à laquelle se réunis- 
sent la Richolle, VAudry, VOnneau (ît le Thin. 

« On appelle, dans le jiatois du pays, écrit J. Uubert : Géograpuie des Abde.\.nes, 
les habitants des communes situées sur les côtes ou montagnes (telles que 
Remilly, Ciraumont, Harcy), les Armlnaux. Jamais ceux de la plaine ne reçoi- 
vent ce nom, qui nous semble être d'origino celtique : menez, montagne; ar 
menez, la montagne; Armimiu.r, les montagnards, ceux des lieux élevés, et 
aussi Tes malins, les sorciers. On dit d'un enfant (|u'on élève sur sa tête ou que 
l'on met surses épaules, qu'on le porte en arminetle. ;Pour cette étymologie plus 



— 294 — 

qu'aventurée — car Arminaux vient évidemment des Armagnacs qui, pendant 
la guerre de Cent ans, occupèrent cette région, — voir Rayeur : Troukk des 
Ardcnnes; Meyrac : La Forêt des Ardennes; et Martin : Essai sur Rozoy.) 
7,099. hab.; 2,201 élect.; 13,922 hect. 

RENWEZ.— H., 1,496.— E.,425.-- D. A., 13.— D. 13., 14.— Hect., 1,018. 

— B. P., Henwez. — F., les premiers jeudis de février, de mars, d'avril, d'oc- 
tobre et de décembre. — F. L., le dimanche qui suit le 9 septembre. — C'** P. 

— B. B. — S. M. — G. k Lonny. — T. — Premier étage du terrain ardoisier : 
quartzites et schistes grenus ; ancienne fouille pour la recherche, actuelle- 
ment abandonnée, des ardoises; cailloux de quartz excellents pour l'empier- 
rement des chemins. A signaler ïardoisiére du Trou-RigauU. Premier étage 
du terrain Uassique : calcaire argileux. Deuxième étage du terrain liassique : 
calcaire sableux exploité pour moellons et pour dalles; sables jaune et rouge 
pour la construction, pour le moulage de la fonte; sable fin qu'emploient les 
plafonneurs; minerai de fer. Terrain moiiernc : terre argilo-sableuse jaune, 
servant à faire des briques. Sol assez élevé : se relèvent la cote 284, à Onchamps; 
la cote 304, à la Boutlllette ; la cote 334, à la Pile; la cote 330 au Pont des Aulnes. 

Histoire. — C. de Vitry. La fondation du village remonterait au commen- 
cement du treizième siècle. 11 possédait alors une charte qui, sans être aussi 
célèbre que celle de Beaumont, n'en servit pas moins de modèle à d'assez 
nombreuses chartes. A cette époque. Renwez n'était point construit sur l'em- 
placement qu'il occupe aujourd'hui; il s'étendait sur les deux rives du ruis- 
seau de Pise et, par quelques maisons sur le chemin dit du Grand Butteau, 
rejoignait le CMteau de la Motte. Etait, en ce temps, le chef-lieu du marquisat 
de Montcornel. Incendié sous le règne de Louis XIV, « avec quarante autres 
villages des environs de Mézières », par l'archiduc Maxiniilien, en représailles 
des ravages commis en Hainault par les Français, l'église, où s'étaient réfugiés 
les habitants, s'écroulait embrasée. Fut, après ce désastre, reconstruit au sud 
du village actuel. Encore incendié en 1653 par un détachement de l'année 
espagnole assiégeant Rocroi et qui voulait se jîarantir des troupes de Turenne, 
alors devant Mouzon : de ce malheureux gros bourg, ne resta plus que trois mai- 
sons, au-dessus de la Pisselotte. Deuxième reconstruction de Renwez; demeures 
bâties hâtivement, dont quelques-unes portant les millésimes 1654, 1655, 1658, 
1678. 1689, que des réparations inintelligentes ont effacés. Subsiste encore, de 
cette époque, « l'hôtel du sieur de Saint-Léger, conseiller du roi et gouverneur 
de Montcornet. » Michelet eut vraiment raison d'écrire : «... Le village de 
Renwez lui-même était un lieu parlant. Placé au bord de la frontière, il a 
connu tous les lléaux : la guerre, le feu, la peste. Une prairie s'appelait encore, 
en 1832, la Rue des Malades. On y avait logé les pestiférés. Partout où vous 
creusiez, vous trouviez des débris d'incendies et des ossements. On comprend 
que chez l'habitant le sérieux aille parfois jusqu'à la dureté. On a souffert, et 
l'ennemi est toujours à deux pas. . . » 

Eglise. — Lépine, p. 2r)O-260 de son intéressant — mais trop souvent sujet 
a caution — petit volume sur le Manjuisal de Muntcornet, nous donne de cette 
♦»glise une longue et enthousiaste description. .Nous y renvoyons le lecteur, en 
leconnaissant, toutefois, (|ue cette église, surtout a l'intérieur, est l'une des 
plus remarquables de la région. 

Ecarts. — Les Collines de Parfilei uù picora la fameuse poule de la légende 
(voir Lépine : ouvrage cité). — Lainolle. Jadis une seigneurie ayant droit de 
haute, moyenne et basse Justice; relevait directement du roi comme phMn-fief 
de Montcornet et arrière-fief de <'hàteau-Porcien. Le château de Lumotte, 
d origine fort ancienne, s'élevait sur le penchant d'une colline, à un demi-kilo- 
mètre N.-O. de Renwez. 11 eut pour seigneurs, notamment, Antoine de Croy et 



— 292 — 

Pliilip|)(î <1«; Croy. iliic d'Arscliot, priiKMî d«* Chiinay; puis les do C^aii^nol, les 
d'Ksiiinois, les de Salse, les de (lanel. Ktait revendiqué par le duc d'Aiguillon, 
lorsqu»* la vente en tut ordonnée p«'nd;int l'époque révolutionnaire. Du château, 
ne resli' plus trace aujourd'hui. — L<*s Champa Gohert, où se voient quelques 
vestijies d«» chaussées roniain«*s. «m «lîiuloises. ou UKMue fran(]ue$. — La Bouti- 
h'tte, 1 1 hab. — Le Berceau. — Le Jardin Marhi/, 7 hab. — L(î Château Fétu. — La IHle, 
10 hab. — Chantereinc, 7 hab. — L«' Cavrau, — Le Monb'n (le la Vonlerie. — Le 
Moulin <VEn lias, ,'> hab. — Le Chantier yonnon, 10 hab. — La GratuVCroix, 
1;> hab. — La lir'uiueterie . — Onchampa, 35 hab., et mieux Hautchamp, à cause 
de son altitude, '2H'k mètres au-dessus du niveau delà mer. Petit hameau bien 
déchu de son importance d'antan. car autrefois il était « ville et seigneurie » 
tenues en plein fief par le seijzneur de Montcornet et par celui de Wartigny qui, 
selon l'usage, y eut haute, moyenne et basse Justice. Il fut incendié, en même 
temps que Uenwez, par Maximilien et par les troupes espagnoles. Un lieudit 
d'Onchamps, la Chèrre-d'Or — non loin d'un antique moulin dont le dernier 
possesseur fut le marquis de Lorignon, — rappelle la légende d'une chèvre 
aux cornes d'or, grande protectrice de toutes les chèvres de la contrée, mais 
qui, toutefois, n'en fut pas moins mangée par le loup (voir Meyrac : Traditions, 
Lkgkndes et Contes des Ardennes). Dans l'ancienne église d'Onchamps, se trou- 
vait, autrefois, une grossière statue d»» siiint Pierre; puis à dix mètres environ 
de l'église, une fontaine sous le vocable de ce même saint et dont les eaux 
avaient le pouvoir (?) de guérir infaillibbMuent les fièvres les plus malignes et 
les plus rebelles. 

ARREUX. — IL, :i:>0. — K., 91. — D. C, 4. — D. A., 9. — D. D., 10. — 
llect., 423. — H. P., Henwez. — F. L., le dimanche! qui suit le 17 septembre. — 
Un seul ruisseau, celui du Fond d'Arreu.r qui sépare Arreux de Montcornet et 
va s«» jeter dans le Charrouê, affinent de la Sornwnn\ Troisième étage du ter- 
rain (irdoiaier. Premi(?r étage du terrain //assi^/ut' : calcaires hydrauliques et 
marnes. Deuxième étage du terrain /rnss/'/we .* calcaires sableux pour moel- 
lons. Sol assez élevé, avec des cotes d'une moyenne de 2l)0 mètres; toute la 
partie nord est boisée. 

Histoire. — C. de Vitry. Arreux, qui date du dix-septième siècle, eut succes- 
sivitment pour seigneurs les chanoines de Sept-Fontaines; les de Villi(îrs, d'ori- 
gine rethéloise: les Hymbert, d'origine picarde. Ch.- François Hymbert de 
ChAtillon fut lieutenant du roi à Mézières f*t à Charleville. On lui doit un inté- 
ressant Mkmuire HisTOHigLE SUR LA Ville de Mézikres. 11 fit construire le chilleau 
actuel et nK^uiiit en 170.'», laissant le domaine d'Arreux à Jacques de Ville- 
longue (]ui le transmit à Louis de Jaubert. Les de Villelongue étaient d'origine 
champenoise. Un de Villelongue, qui commandait l'école du (îénie à Mézières, 
fui révoqué en 171)3 pai' le re[)résenlant Ibîntz, alors en mission dans les 
Ai'dennes. 

Ecarts. — Los Vintjt Arbres, inas>if de vingt tilleuls — on l'aperçoit de fort 
loin, — planté en 17î»0 par le seigneur de Uhàtillon. — Jiastyny; rappelle un 
[»etit villa<.;e incendié en 10.'»3 par les troupes espagnoles que commandait 
Uondé, lors du deuxième siège de U<u*roi. Avait son église et ressorlissait au 
marquisat de Wartignv, mouvance du marquisat de Montcornet. La légende 
rîiconte les aventures de la fameu>e hrte de linsitjmj ; animal fantastique ayant 
le pouvoir de jirendre foules formes pour elîrayer les voyageurs attardés. (Voir 
.Meyrac : Tr.\ihti(».\s, Lkc.k.ndes kt (!o.\tks des Audk.v.nes.; 

CLIRON. — IL, 220. — E., 7.;. — D. C 4. — D. A.. 10. — D. D., H. — 
Hect., 018. — R. P., Henwez. — F. L., la Pentecôte. — Territoire arrosé par 
le ruisiieau de Clirun nu de Baaifjn!/ qui rencontre la Sormonne h Tournes, et 



— 293 — 

celui d'Arveur qui, prenant naissance dans le hois crArrcux, se grossit «lu 
rtiùiseau de la Madeleine, s'appelle alors ruisseau de Charrouê, puis ruisseau de 
la Butte après avoir traversé Tournes, et se jette dans la Sonnotme au moulin 
de Belval. Deuxième étafçe du terrain liassique : calcaire sableux et sable argi- 
leux ; carrière de moellons dans le calcaire. Troisième étage du terrain lias- 
sique : marnes au sud de Cliron, terres à briques. — C. de Vitry. 

Eglise. — Reconstruite en i.'i47, mais assez remaniée pour avoir perdu son 
caractère architectonique primitif. A conservé toutefois ses curieuses fenêtres 
de style ogival. Fortifiée; les meurtrières se voient encore sur les bas-côtés. 
Dans la nef, un puits; dans la tour du clocher, un escalier. Fut assiégée en 
1643 et en 1653 par les troupes espagnoles aux temps des deux batailles de 
Rocroi. Sur la cloche se lit le millésime 1358=:lan. m : ccc : l : v : ni : mklf.va : 
MARIE : de: CLIRON : FEME .* GERART : covLON. Daiis lancieu cimetière, quelques 
tombes de soldats allemands. 

Château. — I.épine nous parle d'un « aveu » de 1509 — sans indication de 
source — d'après lequel il y aurait eu à Cliron un chàteau-fort dont il ne reste 
plus trace, au sud de l'église, avec « courtil » de trois arpents, et, plus loin, 
dans sa dépendance, une vaste prairie dite de la ïiouverie. A mentionner encore 
un autre château, également disparu, en plein bois de la hoije, et proche duquel 
un chêne énorme s'appelait, significativement, V Arbre de la Justice. 

Ecarts. — La Claironnette, où se passnit un drame d'amour, autrefois. Un 
soldat, à l'aide d'un talisman, se fit aimer par force et ensuite tuait sa maî- 
tresse d'une heure. Le lendemain, il était pendu à l'endroit même où la mal- 
heureuse avait été retrouvée. Longtemps, là me du soldat vint, chaque nuit, 
sonner du clairon à la Claironnelle. — Charrow\ 76 hab. Sur le penchant d'une 
colline, non loin du Rupt des Vaches. Fut ville et seigneurie mouvant de Mont- 
cornet, avec haute, moyenne et basse Justice. Eut pour principaux seigneurs 
les de Fougère, d'origine provençale. 

HAM-LES-MOINES. — IL, 192. — E., 57. — D. C, 5. — D. A., 10. — 
D. D., 11. — Uect., 311. — R. P., Renwez. — F. L., la Trinité. — Le village 
est assis au confluent de l'Ormeau et de la Sormonne dans une petite vallée. 
VOnneau, qui prend sa source près de Renwez, aux Fontaines du Grand- liuteau 
et de Lamotte, active les moulins de Renwez, d'Ilarcy et de Lonny. Est appelé 
parfois, en langage du pays, « le ruisseau du Rumeau ». Le Thin, au midi, tra- 
verse le territoire. Troisième étage du terrain liassique : marne. Terrain 
moderne : alluvions de la vallée de la Sormonne, sable argileux. 

Eglise. — L'église du prieuré de H?im, qui servit de paroisse, fut brûlée 
plusieurs fois, notamment par les Impériaux lorsqu'ils eurent levé le siège de 
Mézières. L'église actuelle date de 1724. Au-dessus de l'autel, d'ordre corin- 
thien, une assez jolie Descente de Croix. 

Châteaux. — Deux châteaux. Le plus ancien, qui fut fortifié, s'appelle le 
Chdleau du Seigneur — le seigneur d'Argy, — sur la rive gauche de l'Ormeau. 
Une inscription sur une clef de voiHe, dans la cuisine, porte le millésime 
1400, date de sa reconstruction ou plus simplement d'une réfection, en cette 
partie. Ses derniers restes disparurent en 1837 : alors furent comblés les fossés 
qui devinrent jardins. Le deuxième château, maison de culture actuellement, 
s'élevait au nord du village, sur la riv«» droite de l'Ormeau. Il eut pour seigneurs 
les de Rymbert et les du Chesne : des jardins, également, remplacent ses 
fossés. 

Ldeuxdits. — Le Bois-liavelin qu'autrefois hantaient des « fées bienfai- 
santes ». — Le Trou du Diable où les quatre fils Aymon, dit la légende, eurent 
un clhiteau. Non loin de ce « Trou du Diable », une étroite gorge; la .Meuse est 
tellement profonde en cet endroit, « que les bateliers n'en sauraient pas trouver 



— 2ÎU — 

le fond ». — La Prairie lie VOrmenu. Dans celle prairie se trouvait le prieuré 
de H.im, dont on voit, encore, quelques rares et peu signiûcatifs vestiges. Ses 
pierres servirent à construire quelques anciennes maisons de Ham (sur Tune 
d'elles la date 1000) el la plus grande partie de l'église. 

HARCT. — H., 7o:i. — E., 222. - D. C, 4. — D. A., «4. — D. D., l.ï. — 
llect., l,îM.'i. — \\, P., Hiniogne. — F. I.., le dimanche qui suit le i2 Juin. — 
l'n cours d'eau m(>rile d'iHre signalé : le Vêtit Ru. Prenant sa source proche 
l'Etant/ du Moulin, aujourd'hui dess(»ché, il traverse le bois d'Harcy, ceux de 
Henwez, devient alors ruiasrau ik Ftnu\ ai se jette aux forges des Mazures, 
dans h» Ptmt >lrs Aulms, lequel rejoint la Meuse, à Hevin. Au nord d'Harcy, 
jadis, quelques t'tatujs : ceux de Canel, de Frankin, du Chdteau, du Ruisseau 
de Dohv, où se faisait entendre un « oyeu •>, elle seul d'ailleurs qui ne soit pas 
étang desséché, puis devenu pAturage. Deuxième étage du terrain ardoi»ier : 
signalons alors les ardoisières de hi Hichnlle, de la Rocaille, de la Fosse-awc- 
liois. Deuxième étage du trrrain Unsnique : calcaires sableux exploités pour 
moellons; sable et minerai de fer. Sol assez élevé : Montlieu et llarcy sont âla 
cote 277: le Pavé à 200; une autre cote mesure 387 mètres, c'est la plus haute 
du canlon. — C de Vitrv. 

Château. --- liarcy, dont le nom [wirait pour la première fois en 1109 dans 
la bulle d'Alexandre 111, »l qui parai