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Full text of "Grammaire arabe; idiome d'Algérie, à l'usage de l'armée et des employés civils de l'Algérie. Ouvrage publié avec l'approbation de la ministre de la guerre, sur le rapport d'une commission spéciale"

HANDBOUND 
AT THE 



rw] 



UNIVERSITY OF 
TORONTO PRESS 



Pr 



GRAMMAIRE ARABE. 



IDIOKIE D'ALEÉRIE. 



— <>^o^À POISSY. — TYrOGRAl'HIE ARBIEU. À^-^-o— 



/ 



GRAMMAIRE ARARE 

(IDIOME ^D'ALGÉRIE) 

A L'USAGE 

DE L'ARMÉE ET DES EMPLOYÉS CIVILS DE L'ALGÉRIE ; 

OUVEAGE PDBLIÉ AVEC L'APPROBATION DE M. LE MINISTRE DE LA GlERDE, 

SUR LE RAPPORT D'UNE COMMISSION SPÉCIALE, 

PAS 

M. ALEXAITORE BELLEMARE, 

iflcieû Sccrélaire Inlerprcle détaché à la Direction des Affaires de l'Algérie. 



0->-^C^^"<€>- — 



PARIS. 

HACHETTE ET C»^ LIBRAIRES DE L'UNIVERSITÉ, 

RUE PIERRE-9ARRAZIN, 12; 

ALGER. 

DUBOS FRÈRES, LIBRAIRES, rue bab-azzoun. 

1850 



?J 










79^41fî 



;;/ 



EXTRAIT 



DE LA LETTRE PAR LAQUELLE M. LE MINISTRE DE LA GUERRE 

INFORME l'auteur DE l' APPROBATION Qu'iL A DONNÉE 

A SA GRAMMAIRE ARABE. 



Je VOUS informe avec satisfaction, Monsieur, que sur le 
compte avantageux qui m'a été rendu de votre travail par 
la Commission instituée pour le juger, je lui ai, par décision 
de ce jour, accordé mon approbation. 



Le titre que vous êtes autorisé à placer sur votre travail 
sera conçu dans les termes suivants ; 

« A l'usage de r armée et des employés civils de l Algérie^ 
» ouvrage publié avec Vapprohation de M. le Ministre de la 
» guerre, sur le rapport d'une commission spéciale. » 




INTRODUCTION 



\ rétutle de la laugue Aralie. 



L'autorité des grammairiens qui , les premiers , ont exposé les 
principes de la langue arabe, a fait consacrer par l'usage les expres- 
sions à^arabe vulgaire et à' arabe littéral , pour marquer la différence 
qui existe entre le langage et le style relevé des écrits. A nos yeux ces 
orientalistes ont eu le tort de ne point compléter par leurs explications 
le sens qui doit appartenir régulièrement à ces mots; ils auraient 
évité ainsi de donner lieu à une confusion regrettable qu'il importe de 
faire cesser. 

Nous admettrons volontiers , quant à nous , l'expression A' arabe 
vulgaire , parce qu'elle fait bien comprendre l'idée qu'elle a pour but 
de présenter à l'esprit ; mais il n'en saurait être de même de celle 
à' arabe littéral qui n'offre à l'intelligence aucune signification claire 
et précise. 

Il ne faudrait pas induire de ces deux mots à' arabe vulgaire et à'a- 
rabe littéral que la langue arabe se compose de deux langues séparées, 
dont les règles sont entièrement distinctes, dont l'une est à l'autre, 
comme une langue vivante est à une langue morte ; ce serait une er- 
reur aussi grave que malheureuse. 

Non ; les différences que Ton a remarquées entre l'arabe que quel- 
ques-uns nomment littéral, et l'arabe vulgaire, se résument dans des 
différences de style bien plutôt que dans des différences de règles. 

L'arabe , hâtons-nous de le dire pour redresser à cet égard bien des 
idées erronées, est une langue une ; ce qui ne signifie pas que par- 



IV 



tout elle se parle identiquement de la même manière, ou bien qu'au- 
cune disseml^lance n'existe entre le style écrit de Fliomme lettré et le 
langage du Bédouin, mais en ce sens, du moins, que ses principes 
réguliers sont partout les mêmes. 

D'où viennent donc alors les différences que Ton remarque entre 
le style relevé des écrits et le langage? 

D'où vient aussi que l'arabe ne se parle pas absolument de la même 
manière à Alger, qu'au Caire ou à Alep, par exemple ? 

C'est ce que nous avons à faire connaître. 

Nous aurons expliqué en même temps l'origine des mots d'arabe 
littéral et vulgaire et le sens véritable à donner à ces expressions. 

L'arabe, dans son état régulier, a pour tous les pays des règles 
invariables. Ces règles, présentant dans leur application des difficultés 
assez grandes , auraient naturellement astreint les indigènes à des 
études que leur manière de vivre et leur paresseuse indifférence ne 
comportent pas. Plutôt que de se soumettre à ces études , ils ont 
préféré en détruire le motif, et d'un commun accord, pour ainsi dire, 
ils sont convenus de négliger ceux des principes de leur grammaire 
dont l'observation aurait exigé de leur part un effort d'intelligence. 
Ils n'ont pas , par conséquent , donné des règles nouvelles à leur 
langue ; ils se sont bornés à ne plus tenir compte de plusieurs d'entre 
elles. 

L'arabe vulgaire, comme on le voit, nest donc que l'arabe appelé 
littéral dépouillé de ses principales difficultés. 

Si, dans tous les pays arabes, l'usage avait laissé tomber les mêmes 
règles en désuétude , cette langue se parlerait naturellement partout 
d'une façon uniforme. Mais il n'en a pas été ainsi. En Algérie, par 
exemple , telle règle est passée en oubli , qui , en Orient , continue à 
être observée, et vice versa. De là, un premier motif de dissemblance 
entre l'idiome barbaresque, et les idiomes de Syrie ou d'Égvpte. 

Les hommes lettrés eux-mêmes qui , dans toutes les contrées mu- 
sulmanes, sont en si effrayante minorité, ont été entraînés par la ma- 
jorité , et forcés, sous peine de ne pas être compris, de parler comme 
elle. C'est ainsi que s'est formé le langage appelé wlgaire. 






3fais il ne faudrait pas croire que ces inciiies hommes, contraints 
par la masse de négliger en parlant les règles de leur grammaire, ne s'y 
soumettent pas lorsqu'ils écrivent. Non; ils ont soin, au contraire, de 
s'y conformer strictement, de choisir leurs expressions, de polir leur 
style. On dirait même qu'ils cherchent alors à se venger de la loi qu'ils 
ont dû subir ; car souvent ils ont recours à des mots si peu usités, ils 
emploient des tournures de phrase si étranges , que le sens devient 
pour ainsi dire nuageux , et que Ton serait porté à croire que le style 
pour eux est d'autant plus beau qu'il n'est compréhensible que pour 
un pigs petit nombre. 

On voit, d'après ces explications , que, pour connaître les principes 
de la langue arabe parlée dans tel ou tel pays , il n'y a pas à étudier 
des règles étrangères à l'arabe appelé par quelques-uns littéral, mais 
seulement celles que l'usage n'a pas sacrifiées. 

Il convient de remarquer en même temps que les personnes qui , 
sans être parfaitement lettrées, ont néanmoins certaines notions de 
grammaire, cherchent autant que possible à écrire d'une manière un 
peu plus recherchée qu'elles ne s'expriment. Elles ont ainsi formé, 
à côté de celui du langage , un style intermédiaire qui tient , entre 
l'arabe régulier ou littéral et l'arabe parlé, une place analogue à celle 
de notre style épistolaire, entre notre conversation et notre style 
noble. 

Nous nous sommes efforcé, dans ce travail, tout en indiquant d'une 
manière toute spéciale les règles conservées dans le langage , de faire 
remarquer cependant ceux des principes de l'arabe régulier , qui, né- 
gligés en parlant, sont employés dans ce style intermédiaire que nous 
venons de signaler. S'il est en effet d'une nécessité majeure de com- 
muniquer sa pensée par la parole, il est d'une importance extrême de 
pouvoir la transmettre aussi par le moyen de l'écriture. 

Nous venons d'expliquer la première raison des différences qui 
existent entre le style que nous appellerons régulier ou grammatical et 
l'arabe j3flr/e ou vulgaire. 11 nous reste à faire connaître le second motif 
des dissemblances que l'on remarque entre la langue en usage en 
Barbarie, et celle qui est employée au Caire et en Syrie. 



— VI — 

L'arabe est une langue riche di pauvre tout à la fois. Paiwre , en ce 
que, née dans le désert , elle n'a pas de mots pour exprimer un grand 
nombre^, d'idées qui ne sont venues qu'à la suite de la civilisation ; 
nchef en ce qu'elle jwssède, au contraire, plusieurs expressions pour 
rendre une même pensée, quand cette pensée s'est trouvée dans le cer- 
cle restreint des besoins primitifs du peuple arabe. 

Lorsque cette langue se répandit par le monde, à la suite des inva- 
sions musulmanes; lorsque les Arabes, après avoir conquis la Syrie, 
rÉgypte, la Barbarie, l'Espagne, s'établirent dans ces divers pays, y 
fondèrent des empires séparés, elle perdit un peu de rhomofflpiéité 
qu'elle avait à son berceau. 

Chaque peuple, en effet, selon ses besoins, selon ses rapports plus 
ou moins fréquents avec les États civilisés, dut emprunter aux langues 
étrangères quelques mots nouveaux pour exprimer des idées nouvelles, 
ou détourner de leur sens primitif quelques expressions arabes pour 
rendre ces mêmes idées. Puis, chacun de ces peuples vivant désormais 
d'uHC vie isolée, et n'ajant plus de rapports entre eux qu'à des inter- 
valles assez éloignés, au heu de se servir indistinctement de tous les 
mots existants dans la langue arabe, pour rendre les idées premières 
qu'elle comportait, trouva plus simple et moins gênant d'en adopter 
seulement un ou deux. 

Or, les mêmes mots ne furent pas, et ne purent pas être choisis par 
des populations vivant éloignées les unes des autres. Le hasard guida 
souvent les choix, et dans le grand partage qui eut lieu des expressions 
de cette langue entre les peuples qui la parlent, telle expression fut 
préférée dans un pays, telle autre dans un autre. De cette manière, se 
constituèrent des idiomes présentant entre eux quelques différences^ 
mais composés tous de mots essentiellement arabes. 

L'observation plus ou moins complète des règles de la grammaire 
arabe ; l'emprunt fait aux langues étrangères de certaines expressions ; 
l'adoption plus spéciale par chaque pays de tel ou tel mot arabe 'pour 
rendre telle pensée ; nous ajouterons , et les idiotismes particuliei's à 
chaque contrée : voilà les causes des différences que l'on remarque , 
d'un côté, entre le style écrit et le style parlé; de l'autre, dans le lan- 
gage des populations qui habitent la Barbarie, l'Eg^-pte et la Syrie. 



— VII — 

Nous devons le dire , ces différences qui ne sont pas aussi sensibles 
qu'on le croit généralement , du moins dans ce dernier cas, seraient 
bien plus considérables si le Koran ne formait un lien qui rattache 
ensemble tous les peuples musulmans. Car une chose doit paraître 
extraordinaire, c'est qu'une langue qui a traversé tant de siècles, tant 
de pays, tant d'événements divers, n'ait point subi de variations plus 
grandes. 

Nous n'avons pas entendu dans cette grammaire signaler les dis- 
semblances qui existent entre ces divers idiomes ; c'eût été compli- 
quer encore une matière qui offre assez de difficulté par elle-même. 

Ayant eu l'Algérie pour unique pensée dans ce livre, nous avons 
pris l'idiome algérien tel qu'il est, sans nous occuper de ce qui pou- 
vait exister dans les autres pays. 

Peu de personnes ont le temps , encore moins ont la volonté de se 
livrer à une étude approfondie de l'arabe ; elles veulent apprendre 
cette langue, non dans un but scientifique, mais pour l'usage qu'elles 
sont appelées à en faire. 

C'est à ces personnes qu'est destinée cette grammaire, pour la rédac- 
tion de laquelle nous nous sommes servi plusieurs fois des judicieuses 
observations consignées par 3DI. Bresnier et Delaporte dans leurs précé- 
dents travaux. 

Mettre l'étranger à même de communiquer sa pensée par la parole ; 
lui enseigner les principales règles qui, négligées dans le langage, sont 
observées néanmoins dans ce style intermédiaire que nous avons com- 
paré à notre style épistolaire ; tel est le double résultat que nous nous 
sommes proposé. 

L'approbation officielle que M. le Ministre de la guerre a bien 
voulu accorder à ce livre , d'après l'avis d'une commission composée 
de trois des plus savants orientalistes de France, est un premier juge- 
ment qui justifie notre confiance en celui de nos lecteurs. 



■ ^ "i g— 



GRAMMAIRE ARARE. 



IDIOME D'ALGÉRIE. 



CHAPITRE PRELIMINAIRE. 

Des parties du discours. — De la lecture. — Des consonnes ; de leur forme ; de 
leur valeur; du mode adopté pour représenter les lettres arabes en carac- 
tères français ; rapport des consonnes arabes entre elles ; leur division en 
lettres solaires et en lettres hmaires. — Des voyelles. — Des signes or- 
thograpbiques employés dans l'écriture usuelle ; des signes orlhographi(|ues 
non employés dans l'écriture usuelle. — De la ponctuation. — - Des règles 
particulièies aux lettres i a ^, et à leur permutation. 



SECTIOIV PREl^IIilRE. 



DES PARTIES DU DISCOLBS. 



Les grammairiens arabes ne reconnaissent que trois parties du discours. 

Ils ont appelé >oms tous les mots déterminant une personne , une chose, 
ou une qualité. 

Tous les mots exprimant une idée d'existence, d'état, ils les ont nom- 
més VERBES. 

Ils ont enfin rangé sous le titre de particules tous les mots qui, n'étant 
ni noms, ni verbes, se joignent aux noms et aux verbes pour déterminer le 
rapport qui existe entre eux. 

Les Arabes comprennent donc sous la qualification de noîis, nos substan^ 
tifs, nos pronoms et nos adjectifs; sous celle de particules, nos adverbes f 
prépositions , conjonctions , interjections; sous celle enfin de verbes, nos 
verbes. 

i 



Les principes tic i'arabe étant ceux que nous avons à expliquer, il est 
naturel que nous suivions l'ordre et la classilication adoptés par les peuples 
qui parlent celte langue. 

Le VERBE, 

Le NOM, 

La PARTICULE , 

telles seront donc les trois grandes divisions de cette grammaire. 

Mais aussi, comme nous écrivons pour des Français, nous aurons soin de 
parler séparément, sous chacune de ces trois grandes divisions, des divi- 
sions secondaires admises par notre langue. Ainsi, sous le titre du nom , 
nous traiterons séparément du substantif, du pronom et de Vacljectif; sous 
le titre de la particule, nous parlerons des adverbesy prépositions, conjonc- 
tions, etc. 

Avant d'aborder toutefois ces diverses parties du discours elles règles 
qui les régissent, il est un premier point qu il s'agit d'étudier, ce sont les 
caractères arabes, leurs formes, leur agencement entre eux; il s'agit, en 
un mot, d'apprendre à lire. 



K5/C- 



— 3 — 
SECTIOIV II. 

DE LA LECTURE. 

Les Arabes lisent et écrivent de droite à gauche. Le premier mot d'une 
page est donc dans leur langue le mot qui commence à droite la ligne 
supérieure, et la première page de leurs ouvrages est la dernière des * 
nôtres. 

L'alphabet arabe n'est composé, à proprement parler, que de consonnes; 
les voyelles consistent dans de petits signes placés au-dessus ou au-dessous 
des lettres, et que l'on supprime môme en écrivant. De cette suppression 
naît, pour le commençant, une difficulté qui TelTraie d'une manière exagé- 
rée; nous chercherons à l'atténuer, autant que possible, par nos expli- 
cations. 

Les Arabes emploient, en outre, différents signes orthographiques que 
nous ferons connaître après avoir parlé des consonnes et des voyelles. 



§ 1*^^ — DES CONSONNES. 

Forme des cousonne^i* 

L'alphabet arabe comprend vingt-huit consonnes dont la forme, bien 
qu'il soit toujours facile d'y reconnaître le type primitif, varie cependant 
suivant qu'elles sont : 

-P Isolées ; 

2" Liées seulement à la lettre suivante ; 

5*^ Liées à la lettre précédente et à la lettre suivante ; 

4° Liées à la lettre précédente seulement. 

Le tableau suivant indique la conformation de ces lettres dans les quatre 
différentes positions que nous venons d'indiquer. 

On devra Taire une grande attention aux petits traits qui servent de liai- 
son entre les consonnes arabes, et qui sont souvent le seul caractère auquel 
se distinguent les lettres placées au commencement , au milieu^ ou à la fin 
des mots. 



— 4 — 



TAULCIU des consonnes arabes et €les signes adoptés pour les 

représenter (i)- 



NOMS 
DES LETTRES 



arabes. 



b 



t 



frano. 



Alif 
Ba 
Ta 
Tsa 
Djim 
Hha 
Kha 
Jij^lDal 
Ji3 Zal 






r- 



o 



^^5 



^».>4» 



b 

cli 

U 



Ra 

Zeïn 

Thâ 

Dhâ 

Kaf 

Lam 

Mim 

No un 

çdd 

Dhâd 
A 111 
Rhain 
Fa 

Qâf 

Sin 

Cil in 

lia 

Ouaou 

la 



Isolées. 



z 

z 

\ 

»^ 

) 
) 

i 

Ji 

J 

( 

t 
t 

o 



^ 



FIGURE DES LETTRES 



Lices 

A la 

prccédeute. 









J 



_L\ 



r 

t 



Liées à la 
précédente 

et à la 
suivante. 



» 



» 



i, 

S. 

i 



» 



Liées 

à la 

suivante. 



J 

; 

» 

» 
t 

< 

3 

: 



3 

5 



2> 
» 
i 



Signes 

adoptés pour 

représenter 

les consonnes 

en caractères 

français. 



a, e, I, a 



t 

t ou ts 

hh 
kh 



Okenations. 



Ne se lie ja- 
mais à lu sulv 



r 
z 

th 

dh 

k 

1 

m 
n 
ç 

dh 

a", eu", i" 

rh 

f 

q 

s 

ch 

h 

o,ou 

i, a 



Ne se lie ja- 
mais à la suiv 

id. 



id. 
id. 



S sifflante. 



Ne se lie ja- 
mais à la suiv 



(i) Voir ci-après, page 7 : Figuration en caractères français des consonnes 
arabes. 



Plusieurs grammairiens ajoutent ù la précédente nomenclature un der- 
nier signe qu'ils nomment lam-alif (^); mais, comme son nom Tindique, 
ce signe n'est qu'un composé des deux lettres J et \ [lam et alif) et, par 
conséquent, ce serait à tort que l'on voudrait le comprendre parmi les 
signes alphabétiques proprement dits. 

Nous ajouterons cependant que dans certains mots pris par les Arabes, 
soit au turc, soit au persan, ils ont conservé des lettres étrangères ù 
leur langue. Tels sont les caractères : b pa, ^ tchin, empruntés au turc, 

et qui se prononcent, le premier p, le second tek. 

En examinant avec attention le tableau précédent, on a dû remarquer 
les diverses formes qu'affectent les caractères arabes , suivant qu'ils se 
trouvent au commencement^ au milieu, ou à la [m d'un mot; mais ces va- 
riations n'ont pu apparaître encore que sur le caractère pris isolément. Il 
nous reste donc à faire connaître, d'une manière pratique, comment ces 
lettres s'agencent les unes avec les autres. A cet effet, nous avons réuni 
dans le tableau ci-après différents mots, pris au hasard, qui montreront les 
lettres arabes dans les trois positions qu'elles peuvent occuper. 

Comme nous n'avons point encore expliqué la valeur des caractères ara- 
bes, on ne devra pas chercher à prononcer les mots que l'on va rencontrer; 
on se bornera simplement, à bien distinguer les uns des autres les signes 
alphabétiques, et à se graver leur configuration dans la mémoire. 

(Voir le tableau à la page suivante.) 



— G — 

TABLEAl' iiiiliqnftnt los €lîfr»*rentes foriuos de» consonnes «raheS; 
suivant qu'elles se trouvent au COMMENCEMENT, au VU-I^U, 

ou à la FI.Y des mots (i). 



LETTRES 
arabes 
isolées. 



LETTRES ARABES 

au commencement 

d'un mot. 



z. 



; 






J 



t 
t 

ô 












^i 




>_Jii> 



-Ui 



^ 






> 



LETTRES ARABES 
au milieu 
d'un mot. 



■ss 






LETTRES ARABES 

à la tin 

d'un mot. 



f 



Xfi 












Jye. 



*-»*».ô.-fc*) 



k3 
uu 









.^i" 









J 



J 



Jaasw 






OBSERVATIONS. 



L'I ne se lie jamais h la sui- 
(vante 



Le ^ ne se lie jamais à la 
(suivante. 

Le J 



Le 



Le 



} 



id. 
id. 
id. 



Le • ne se lie jamais à la 
•^ (suivante. 



(i) La lettre qui est dans la première colonne se trouve reproduite dans les 



— 7 — 

Le tableau qui précède fait voir qu'il y a six leltres qui ne peuvent ja- 
mais se lier à la suivante; ce sont : ! :> 3 i j ^« Toutes les autres se 
lient à h précédente et à la suivante» 

Figuration en enrnctèi'Cîi françaij» des con.«(onncs nrabe.*^* 

Sur les vingt-huit caractères de l'alphabet arabe, 

1° Seize ont leurs correspondants dans notre langue; ce sont : 

2° Trois peuvent se rendre exactement par deux de nos lettres réunies; 
ce sont : 

30 Cinq ont leurs correspondants, mais avec une légère intonation gultu- 
rale qui caractérise leur prononciation ; ce sont : 

40 Quatre enfin n'ont aucun rapport avec les caractères français; ce 
sont : 

ztit 

• On comprendra, d'après ces observations, l'impossibilité oii nous nous 
trouvons de traduire exactement en caractères français tous les caractères 
arabes. 

Nulle difficulté pour les lettres comprises dans les deux premières caté^ 
gories ; quant à celles renfermées dans les deux dernières, nous n'avons pu 
en figurer qu'approximativement la prononciation. L'usage seul, et surtout 
l'usage avec les indigènes, pourra faire comprendre ce que la plum.e ne peut 
expliquer. 

Nous allons toutefois indiquer la valeur des leltres arabes, pour celles 
qui ont leur correspondante dans notre langue. Quant aux autres, nous fe- 
rons connaître les signes conventionnels que nous avons adoptés pour les 
représenter, et qui sont, du reste, ceux que l'usage a le plus communé- 
ment admis. 

Prononciation et valeur réelle ou approximative des consonnes arabes* 

1» (!) — La lettre \ est, sans contredit, de toutes les lettres de l'alpha- 

trois colonnes suivantes, sous toutes les formes qu'elle peut prendre. Nous n'a- 
vons pas indiqué, sur les mots qui les comportent, les signes orthographiques, 
parce que nous ne les avons pas encore expliqués. 



— 8 — 

bPt, celle dont la prononciation subit le plus de variations, puisque cette 
prononciation change, selon la voyelle dont I est affecté ou précédé (1). 

Tantôt, en effet, \ se prononce â long, comme dans J'^^j herhâl 
(mulets) ; 

Tantôt a ordinaire, comme dans Sjj^ seroual (pantalon) ; 

Tanlôl il a le son de notre e muet, comme dans ^^1 ektob (écris) ; ' 

Tantôt de notre i bref, comme dans J\ ila (vers); 

Tantôt, enfin, il se supprime complètement, comme dans le pluriel des 
verbes, où ri final ne se fait jamais entendre. Ex. : \yj^ dharbou (ils ont 
frappé) ; lo^^CJ nehtohou (nous écrivons ou nous écrirons). 

Dans le cours de cette grammaire, nous rendrons le son de li par la 
Yovelie française qui figurera le mieux la prononciation, dans le mot où il 
se trouvera placé. 

2" (v ') — Le «^^ correspond exactement à notre h français. 

Ex. : L'L' haha (père;) ^% hlad (ville, pays). 
5° ( w') — Le w' correspond à notre t. 

Ex. : C^"-^ ktaht (j'ai écrit) ; X tati (tu viendras) (2). 

40 (ô^) — Le ô^ équivaut régulièrement au th anglais, et il a cette va- 
leur en Orient. Mais, en Algérie, on assimile complètement sa pronon- 
ciation à celle du c^, excepté à la fin des mots, où le ô^ conserve le son 
du th anglais que l'on simplifie, le plus souvent, en lui donnant celui 
de l'.ç. 

Ex. : j — lS\ aktar (plus). 

^,^^^L^. hhadits OU hhadis (histoire). 



5" (^) — Le <• répond à notre dj. 

Ex. : L9. dja (il est venu) ; ^^.Lx^ dcdjadja (une poule). 
6" (^) — Le «. est l'une des lettres dont nous avons signalé la pro- 

noncialion comme intraduisible au moyen des caractères français; nous 
la rendrons donc par le signe de convention hh. 



(1) Voir, ci-après, à la fin du chapitre préliminail^e y les règles de permuta- 
tion des lettres ! » C. 

(5) Les habitants d'Alger prononcent cependant le O arabe /<?. Au lieu de 
*''i*P -s^-^'^ ktabt, ils prononcent ktsabts:. 



— 9 ~ 

Cette lettre s'obtient au moyen d'une aspiration très-forte qui doit sor- 
tir nette et pure du fond de la poitrine, sans éprouver aucun arrêt dan? le 
gosier. 

E\. : ^i X rihh (vent) ; ^^ dbahh (il a ésorséi. 

Il sera indispensable, dès le principe, de s'habituer à prononcer cette 
lettre avec des indigènes, ou des personnes parlant bien l'arabe, et surtout 
d'observer que le r- doit sortir, comme nous venons de l'indiquer, net et 
pur de la poitrine; car, si le son s'arrêtait dans la gorge, on pourrait facile- 
ment confondre cette lettre avec la suivante. 

7" (^) — Le ^ est une aspiration plus forte encore que le -►, et cepen- 

dant beaucoup plus facile à reproduire. Ce qui constitue, en efîet, la grande 
difficulté du ^, c'est la franchise de son émission ; dans le ^, au contraire, 

l'aspiration n'est pas franche, elle doit être accompagnée d'un raclement 
dans le gosier, d'un eflort que nous ne saurions mieux comparer qu'à ce- 
lui que Ton fait en crachant. 

Pour cette lettre, comme pour la précédente, nous n'avons pas de carac- 
tère qui puisse en rendre le son. Nous aurons donc encore recours à un 
siirne de convention qui seraA7i. 

Le ^ correspond au ch des Allemands et au/ des Espagnols. 
Ex. : v^ khabar (il a annoncé) ; Vow khobz (pain^. 
8" (^ j — Le .^ équivaut à notre (7. 

Ex. : l^J-i^ daqdaq (il a frappé à petits coups'; .vO âln (religion). 

9" (^) — Le ^, bien que la prononciation régulière soit celle de dz, est 
assimilé complètement en Algérie au ^. 

Ex. : !j^ hada (ce); ^3J! alledi (lequel") ; J^ khod (prends). 
lOo (j ) — Le , équivaut à notre r dur. 

Ex. : ,b rfar (maison); ^^ kâfer (inlidèle). 
1 h^ ( ;) — Le ; répond à notre :. 

Ex. : v.'^^=^ djezair (Alser); ,.\l^ \ zibân (nom de pavs). 

-loo ^ L^ — Le i est la lettre forte du w-. Il se prononce avec une sorte 
d'emphase, ce qui lui a fait donner, ainsi qu'au Ir, au ^■^, au ^^ et au ^, 
le nom de lettre emphatique. 

La prononciation du L s'obtient en faisant sortir le son du w- du fond 
du sosier. 



~ 10 — 

Pour indiquer cette emphase, et distinguer cette lettre du vO simple, 
nous rendrons le i par le signe de convention th. 

Ex. : ^|J? //zrarf (combat); v._^LL thâleb (savant). 

15" (^) — Le is est encore une lettre emphatique, à laquelle se rappor- 
tent, par conséquent, les précédentes observations. 

Quelques peuples de l'Orient font sonner le i? comme un z guttural ; le i> 
équivaut en Algérie à un d prononcé avec emphase, et par conséquent il est 
complètement assimilé au qs par les indigènes de ce pays. (Voir ci-après 
la lettre 19e). Pour distinguer le i du ^ simple, nous exprimerons le pre- 
mier par dh, . 

Ex.: *ii? dhalam{[\ii commis une injustice); lif^^ hhafadh (il a 
conservé). 

14* i^l^) — Le ^^^ équivaut à notre k. 

Ex. : sj^^b dâralc (ta maison) ; ^)i^ klâm (discours). 

IS" ( J) — Le J correspond à nôtres 

Ex. : JU qâl (il a dil) ; i)!^ lella (dame). 
16** {a) — Le ^ répond à notre m. 

Ex.: 'i^fi mekka (la Mekke) ; w^^C maktoub (lettre). 
17" (r)) — Le pj équivaut à notre». 

Ex.:jb nâr (feu) ; 'iLs^ nakhla (palmier). 

18" ( ^ ) — Le j^ est une des lettres que nous avons appelées empha- 
tiques. 11 a le son du ^ ou s, avec cette diiférence qu'il se prononce 
du gosier. 

Dans l'impossibilité où nous sommes de représenter exactement le ^ 
par une lettre française, nous l'exprimerons par un ç, afin de le faire dis- 
tinguer du /^ que nous traduisons par une s simple. 

Ex. : ,^U^ carra/" (changeur) ; jwV^ çodr (poitrine). 

19" ((j^) — Le ^ qui ne diffère de la lettre précédente que parle 
point placé au-dessus, est encore une des lettres emphatiques. Le ^ est la 
forte du ^; ce qui le caractérise, c'est le son guttural qui accompagne 
sa prononciation et que l'on obtient en dilatant le gosier. Nous rendrons 
le ja par dh^ réservant le d simple pour représenter le ^, 

Ex. : w^-^ dharab (il a frappé) ; ^^^^ dhîf (hôte). 



— Il — 

Du reste, comme nous l'avons déjà fait remarquer, la prononciation du 
^ se confond avec celle dui?, et ces deux lettres ne se distinguent guère 
que dans l'écriture. 

20*^ ( p ) — Le p n'a point d'analogie avec nos sons européens, et, par 
conséquent, il y a impossibilité de le traduire par l'un de nos signes alpha- 
bétiques. On ne pourra donc se faire une idée de cette lettre qu'en l'enten- 
dant prononcer. 

Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le son du p ne s'obtient qu'au 
moyen d'une contraction puissante du gosier. Selon la voyelle qui affecte le 
Ç', le son de cette lettre doit être celui de r«, de 1'/ ou de la diphthongue eu 
prononcé avec effort. 

En transcrivant les caractères français, nous emploierons, suivant les cas, 
pour représenter le p, les lettres a, i^ ou la diphthongue eu, surmontés du 
signe IL afin d'appeler sur ce caractère l'attention toute spéciale du 
lecteur. 

Ex. : ^iai qatha" (il a coupé) ; vU l'im (science) ; ^^U eu"loum 
(sciences). 

21" [ç-) — Le ô ne se distingue du p, que par le point placé au-des- 
sus. Cette lettre correspond à notre r grasseyé. Nous le rendrons par rh, 
pour marquer que sa prononciation diffère de celle duj. 

Ex. : w^^j^ rharib (étranger) ; ^jà rharbi (occidental). 

22° ( v^_«) L6 ^Q correspond exactement à notre f. Les orientaux l'écri- 
vent en plaçant le point au-dessus, de cette manière ^ ; les occidentaux, 
au contraire, mettent, comme on le voit, le point au-dessous. 

Ex. : jjls fthour (déjeuner); JfU felfel (poivre), 

25" ( ^^) — Le j^ diffère du ^^, par le point qu'il porte au-dessus. 
Les orientaux l'écrivent avec deux points, ainsi qu'il suit ^. 

On écrira donc en Algérie jLi qâl (il a dit), et en orient J'J. 

Le ^ peut se rendre par un q fortement accentué. Sa prononciation dif- 
fère de celle du ^jS", en ce qu'on articule le premier d'une manière gut- 
turale. 

Dans certaines parties de l'Algérie, et notamment dans l'intérieur et dans 
la province d'Oran, les Arabes prononcent le ^ comme un g dur. Ils diront 
donc : IJl^ gâlou (ils ont dit), au lieu de qâlon. 



— 12 — 

Cette prononciation étant exceptionnelle, nous traduirons le ^j, par la 
lettre française q, et le ^^par le k, 

Ex. : /ji^^ qaddach (combien) ; ^^Li qordn (koran) (i). 

240 ((r') — Le /w répond exactement à notre s sifflante. 

Ex.: /^J-w soucis (un sixième) ; ^^AA^ soidthdn (roi). 

25** {ir>) — Le /ji se distingue de la lettre précédente par les trois 
points qui le caractérisent. Il équivaut à notre ch. 

Ex. : yt>^J^ cheqâcher (des bas) ; .il ach (quoi?). 

26" (5 ) La prononciation du 2^, au commencement ou au milieu d'un mot, 
correspond ù notre h aspirée, dans les mots ïïcnriy héros. 

Ex. : ^^v^ harab (il a fui); Aï'-:=^ c/ja/ie? (ignorant). 

A la lin d'un mot, le ?, s'il est pronom affixe ( voir au chap. des pronoms 
ce que c'est qu'un pronom affixe), subit l'influence de la voyelle qai l'affec- 
te (2). Si cette voyelle est ^ dhomma, il prendra le son ho et hou; si cette 
voyelle est ^ kesra, il prendra le son de ih, 

Ex. : i^y^ dharah-ho (il a frappé lui) ; ^J ^iyio dharab-ho^bih (il a 
frappé lui avec....) 

Enfin :<, à la fin d'un mot, surmonté de deux points ( ? ), peut se pronon- 
cer de deux manières différentes : 

1" Il se prononce a, lorsque le mot qui le suit ne commence pas par l'ar- 
ticle J!; 

2^ Il se prononce at bref, dans le cas contraire, et toutes les fois que le 
mot qui suit est régi par celui qui se termine par la lettre ï. 

Ex.: 'àLJo 'êy\\ ^'^jbhadi-lmara thouila {celle femme est grande). 

,.^uaLJl Is..}^ khalifat es- soulthân (le lieutenant du sultan). 
<d)!j«-^ LJ^lxo chachiat a'bd'allah (la calotte d'Abdallah). 
27' (j)Le j répond à notre dipblhongue ou. 

Ex. : ^jj ouard (rose) ; , yo^U^ f/jdsows (espion). 



(i) Dans certains mots que les Arabes ont le plus souvent tirés du Berbère, 
on rencontre la lettre suivante ,^-, qui ne se distingue du ^^_j) et du a que 
par le nombre des points. Le ,^__J; se prononce comme notre y. 

(2) A^oir é£;alement ci-après, page i5, l'article voyelles. 



— 13 — 

28" ( >;) Le ^, au commencement et au milieu des mots, se prononce 
toujours i. 

Ex. : vw--^^ iktoh (il écrit) ; ^^^ A;?/ (comment?). 
A la lin des mots, il se prononce tantôt «', tantôt a. 

Ev.: Ji e/// (lequel); Jj î7a (vers). 

L'usage, et les développements qui seront donnés ci-après, apprendront 
dans quel cas on doit prononcer e, et dans quels autres on doit pronon- 
cer a (1). 

Rapport des consonncj^ arabes end'e elles* 

Les lettres arabes peuvent être considérées entre elles sous deux rapports 
dillerents : 

\^ Quant à leur forme ; 

2" Quant à leur valeur. 

d" Quant a leur forme. Il suffit de jeter les yeux sur le tableau des ca- 
ractères arabes, pour voir, qu'à l'exception des trois lettres ^jX, > et 5, 

qui n'ont aucune similitude avec les autres, les vingt-cinq lettres restant se 
répartissent en dix catégories, et que chacune des lettres de ces catégo- 
ries S3 distingue seulement par les points. 

Il est donc bon que Ton se grave, dès l'abord, dans la mémoire ces dix 
groupes principaux, et que l'on retienne le signe caractéristique de chacune 
des lettres qui les composent. 

En voici le tableau : 



10 


-^' 


o» 


, 


QO 


E 


t 


c 


5« 


:> 


i 




4» 


\ 

■^ 


• 

> 




5» 


i 


». 

-3 





- d 



G'' 



O'' 



lO'- 



t 



^ 



80 \ J 



LT U" 



U 



(i) Le motif de cette difTérence de prononciation vient de la voyelle qui af- 



fecte le ^ 



- u - 

En ajoutant aux vingt-cinq lettres, ci-dessus, les trois lettres ^jj', ^, 5 

qui n'ont de ressemblance, quant à la forme, avec aucune des autres, on 
obtient les vingt-huit lettres de Talphabet. 

2° Quant a leur valeur. Il est à remarquer que, parmi les lettres 
arabes, il en est plusieurs qui ont une lettre correspondante qui est leur 
fortCf et avec laquelle il serait très-facile de les confondre si Ton ne s'appli- 
quait, dès le commencement, à bien faire sentir la différence qui les ca- 
ractérise. Nous l'avons déjà dit, nous ne pouvons faire apprécier, avec nos 
signes alphabétiques, ces différences si importantes qui sont perceptibles 
seulement pour Toreille. 

Nous n'avons donc pas la prétention d'apprendre, par le tableau ci-après, 
à prononcer exactement les lettres fortes. Notre intention est seulement de 
les signaler à l'attention du commençant. 

Sit^ne conventionnel 
Valeur Lettre forte adopté pour représenter 

Lettre simple. en français. correspondante. la lettre forte. 

T 1 TH. 

2J H ....... HH. 



^ 



d" 



. I ...... D \ "^^ DH. 

^ S ( ^ 

^< K J) Q. 

(^ ^ \S Ç* 

Les lettres fortes ne sont donc autre chose que le son primitif de la lettre 
simple émis du gosier. 

Division des lettres arabes en solaires et lunaires* 

Les Arabes divisent leurs lettres en lunaires (^^j^ qamaria), et so- 
laires (L**vw chamsia). 

Les lettres solaires sont '.Ow?^ ^^J^U^ij^j^^-^J J* 

Les lettres lunaires sont : 1 ^^^ ^ ^ r- ^^ è* 9 ? ^5 < '^ ^ j sS- 

• ccc \cc — ■ ^ ^ "^ 

Cette division des lettres en solaires et lunaires n'influe sur la pronon- 
ciation que dans les mots qui sont précédés de l'article j\ al. 
Voici la règle qui, du reste, est purement une règle d'euphonie. 
Toutes les fois qu'un mot, commençant par une lettre solaire^ est pré- 



— 15 — 

cédé de l'arlicle Jl al, le J de cet article se change, dans la prononciation, 
en la lettre solaire qui le suit. 

Ainsi, dans le mot /^^m^^ (le miséricordieux), au lieu de prononcer al- 

rahhim, on devra dire ar-raliliim ; dans le mot ^«<>aJ! (le soleil), au lieu 
de prononcer el-chams, on dira ech-chams, 

§ 2. — DES VOYELLES. 

Les Arabes appellent les voyelles C^'J\^ hharakat^ ce qui signilie mo' 
tions^ motions des consonnes par conséquent. 

Les voyelles sont au nombre de trois; elles consistent en trois petits si- 
gnes qui se placent au-dessus ou au-dessous des consonnes, dont elles ser- 
vent à déterminer la prononciation. 

Le tableau suivant indique le nom, la forme et la valeur de ces signes. 



NOMS. 


FORME. 


VALEUR. 


(jw-sr? fathha, 
ïy^S kesra. 
i<s^ dhomma. 


/ 

/ 

9 


a, e brefs. 
i bref. 
bref. 



Lorsque ces signes s'appliquent à des inflexions linales, ils changent de 
nom. 

'Lsr^. fathha Jl_ prend le nom de 'U^i naçba, 

L:25cs. khafdha. 



ïj*S kesra 



'Lù,^ dhomma _£_ 'ôjôs rfa". 

On voit par ce qui précède que le signe _L. se place au-dessus de la 
consonne qu'il fait mouvoir ; le signe au-dessous, et le signe ji, au- 

dessus, de la manière suivante : s^ s > 



Dans l'arabe régulier, les voyelles tinales servent à indiquer les cas 
de la déclinaison. Nous verrons plus tard que l" usage n'admet pas ce 



— 10 — 

genre de tléclinaison, et 6up[)riiiie Tinllexion linale duns la prononciation. 
A la fin des mois, les trois signes _^ _z_ peuvent être redoublés; 

ils prennent alors le nom de ^j^^^ tanuuin et se prononcent : 
Ex. : JL an. 



'tn. 






A l'exception du signe JL. an, qui sert quelquefois à former certains 
adverbes, l'usage n'admet pas dans l'écriture ces différents signes voyelles 
que Ton rencontre seulement dans le Koran et dans certains manuscrits 
soignés d'ouvrages anciens; mais, bien qu'elles ne soient pas écrites, on 
n'en tient pas moins compte dans la prononciation, à V exception des voyelles 
finales. 

Toutefois lorsqu'un mot, formé des mêmes consonnes, peut avoir un 
sens différent, selon les voyelles dont il est affecté, on doit avoir soin, dans 
récriture, démarquer les signes voyelles. Ainsi le mot ^, composé des 
deux consonnes ^ et », peut signifier également de (préposition), et lequel 

(pronom), suivant qu'il est marqué d'un _L ou d'un . Il sera donc 

bien, dans ce cas, d'indiquer la voyelle et d'écrire ^ men (lequel) ; ^ 

min (de). 

Il résulte de ces observations que récriture arabe est réellement une 
écriture sténographique, puisque, par suite de la suppression des signes 
voyelles, on prononce plus de lettres que l'on n'en écrit. 

Prenons pour exemple le mot v /J^> . Ce mot ne se compose que des trois 

consonnes ^jy, wj, v j, et cependant l'on prononce réellement cinq let- 
tres : katab. C'est qu'en effet, d'après les règles de l'arabe grammatical, on 

devrait écrire vJ^i:S'et prononcer kataba; or, en supprimant la voyelle li- 
nale que l'arabe parlé n'admet pas, il reste katab. 

Ce que nous venons de dire, peut donc se résumer dans ces deux 
règles : 

lo En écrivant^ on sous-entend toutes les voyelles et la plupart des signes 
orthographiques qu'exigerait la grammaire; 

2° En parlanty on prononce toutes les voyelles à l'exception des voyelles 
finales. 

L'exemple suivant rendra ces observations plus palpables, en montrant 
d'une part l'orthographe et la prononciation de l'arabe régulier, et de 
l'autre l'orthographe et la prononciation usuelle. 



— 17 ~ 

f / / / / t , i ' ' ' ' \ ' t^ ' \\' 1 

minhou fa-charaba viain djobbi ila fa-nazcla athccha marratàn rhazaloun 

C'est ainsi que Ton écrirait et que l'on prononcerait, en observant toutes 
les règles de la grammaire. Voyons maintenant comment Ton écrira et 
comment l'on prononcera dans T usage : 

viinhou fu-charab ma djobb ila fa-nazel athech marra rhazal 

Dans cette seconde phrase, conformément à la règle posée ci-dessus, 
toutes les voyelles ont été supprimées en écrivant, et, dans la prononciation, 
il a été tenu compte de toutes les voyelles, à l'exception des voyelles finales. 

Nous devons ajouter que les Arabes, en parlant, ne font pas toujours en- 
tendre la voyelle régulière, mais un certain son qui n'est ni celui de Va, 
ni celui de Te, ni celui de To. et qui est une sorte d'intermédiaire entre le 
son del'e et celui de l'a. 

C'est ainsi également que, dans la rapidité de la prononciation, ils sup- 
priment, surtout dans les mots de quelque étendue, la voyelle de la première 
syllabe, ils diront donc, par exemple : tkattab, pour tekatlab. 

§ 3. — DES SIGNES ORÏUOGRAPIIIQUES. 

Les Arabes se servent de différents signes orthographiques, dont quel- 
ques-uns sont employés dans l'écriture usuelle elle-même, et qu'il est in- 
dispensable de connaître. 

1» Signes orthogvaithiques employés dans récriture usuelle* 

Sur les cinq signes orthographiques des Arabes, deux seulement, mais les 
deux plus importants, se rencontrent fréquemment dans le style ordinaire. 
Ce sont le Jo jJu5* techdid et le ïy^ hamza. 

1° Techdid. Le techdid (JoJ^''), on chedda (iXt,), signifie renforce- 
ment^ redoublement. Il a la forme suivante ( "" )• Placé au-dessus d'une 



- 18 - 

lettre, il indique que cette lellre doit être reduublée dans la prononcialioii. 

^ « * 

Ex. : s^ kattah (il a fait écrire) ; J^ çalla (il a été propice) ; jlCj 

ikcllem (il a parlé avec...). 

Nous dirons plus tard, en parlant des verbes dérivés, quelle influence ce 
signe peut avoir sur le sens d'un mot. 

2° Hàmza. Le ïwsî /ia?/2 3a, qui se figure ainsi ( ^ }, indique toujours la 
présence d'un i exprimé ou sous-entendu. 

Le ^ se place au-dessus, ou au-dessous deT', suivant la voyelle dont celte 
consonne est affectée ; quelquefois aussi il se met au-dessus ou au-dessous du 
«. ou du ^. mais alors il fait connaître que, par suite des règles de la permu- 

tation de ces trois lettres, que nous expliquerons tout à Theure^ ce j ou ce 
^ tiennent lieu d'un 1. 

Ex, : fy-'33\ l'ouous (têtes), pluriel de /w^i^ ; ^'j-* rnoumen (croyant), 
participe passif du verbe ^i aman (croire). 

Le ^ montre que V\ est radical et qu'il doit se prononcer comme une 
sorte d'hiatus, ou comme un ç- très-faible, dont il pourrait être considéré 

comme le diminutif, et avec lequel il a d'ailleurs quelque similitude de con- 
figuration. 

Ex. : '^■^Lj ia-khod (il prend) ; -j-*'^ na-men (je crois). 

Souvent même il arrive que Ton supprime complètement l'i qui supporte 
le * ; on écrira donc : 

jI**o isal pour jLo (il demande) ; J«* ma pour lU (eau). 

Il faut avoir soin, dans ce cas, de mettre le ^ au-dessus de l'endroit que 
devrait occuper l'i dont il tient lieu. 

8° i^îguc.s orthographiques non cuiploycs dans l^écriture usuctie. 

Outre les deux signes orthographiques dont il vient d'être question, les 
Arabes en possèdent trois autres qui ne sont pas employés dans l'écriture 
usuelle, et que nous n'indiquons ici que parce qu'on peut les rencontrer dans 
les manuscrits soignés et quelquefois aussi dans les actes des kadis. 



- 19 — 

l** Djezm ou skoux. Le ^j^ djezm ou (j*-^ skoun se ligure ainsi ( «^ ). Il 

se met au-dessus des lettres qui terminent les syllabes, pour marquer celle 
sur laquelle le lecteur doit s'arrêter en prononçant. 

Ex. : V yyS!^ d'q-rah (scorpion) ;j-5i ak-bar (plus grand). 

Ce signe qui sert à séparer les syllabes les unes des autres, n'étant pas ad- 
mis dans récriture ordinaire, on se demandera, sans doute, comment il se- 
ra possible de reconnaître la lettre qui les termine, et sur laquelle on devra 
se reposer. 

A cela nous pourrions répondre qu'il en est de même en français, car 
rien n'indique dans notre langue, si l'on doit prononcer scor-pion, ou scor- 
pi-on ; mais cette réponse peu satisfaisante ne résoudrait en rien la ditïiculté. 
Nous chercherons donc à l'aplanir en donnant au commençant, sinon des 
règles iixes, et qu'il pourrait considérer comme invariables, du moins des 
probabililés qui approcheront beaucoup de la certitude. 

On peut d'abord partir de ce principe que les mots arabes, dans la pro- 
nonciation, ne forment que très-rarement plus de trois syllabes. 

Pour former une syllabe, il faut deux consonnes et une voyelle sous-en- 
tendue. Cependant, comme nous le verrons, ! j ^, peuvent souvent te- 

«4 

nirlieude voyelle ; il faudra donc, dans ce cas, compter ces lettres comme 
des voyelles. 
Ces principes posés, nous dirons : 

1" Que les mots composés de deux ou trois lettres ne forment le plus sou- 
vent qu'une seule syllabe. 

Ex. : ^3 ft (dans) ; ^1/ kân (il a été) ; , w.^^ chams (soleil). 
'2^ Que les mots composés de quatre lettres forment deux syllabes. 
Ex. : ^X'wSw hhâkem (commandant); s )'jû' kitab (livre). 

o^ Que les mots composés de cinq lettres forment tantôt deux, tantôt trois 
syllabes, mais plus généralement deux, à cause de la rapidité avec laquelle 
on passe sur la première voyelle que l'on supprime parle fait. 

Ex. : Li J,/^ qçad-na{nous avons désiré) ; vJ!^U^ khou-â-net (boutique). 
4" Que les mots composés de plus de cmg lettres forment trois syllabes. 

Ex. : j^^s-^1 ist-cikh-bar (il s'est informé) ; JLx;Uo most-rhâ-nem (Mos^ 
taganem). 



— 20 — 

2° Oleçla. Le signe ortiiugraphique iLcj oiieçla, qui se figure ainsi (^ ) 
ne se plac? jamais que sur l1 initial. Il indique que cet \ doit s'élider com- 
plètement dans la prononciation, et que la lettre qui le suit s'unit avec la 
dernière lettre du mot précédent. 

E\. : -^ r-'j ^j**^i (^ch chams ouar-rihh pour oua er-rihh (le soleil Cf. 
le vent). 

3° Medda, Le signe medda ï^^ ( '"), de même que le signe précédent, se 
place uniquement sur ['\ ; dans ce cas, \ doit se prononcer â long. 

Ex. : l^s**. sema (ciel). 

De la Ponctuation. 

La ponctuation est inusitée chez les Arabes. On n'en trouve guères de 
trace que dans la versification , où Ton se sert de différents signes, à la vo- 
lonté de l'écrivain, pour marquer riiémisticlie, et dans les manuscrils soi- 
gnés du Koran. pour indiquer la fin des versets. Nous signalons les suivants 
comme les plus communs : -^ , ,', , ^. 

Les lettres capitales sont totalement inconnues aux Arabes; seulement, 
dans les manuscrits, le premier mot des chapitres est quelquefois écrit 
en caractères plus gros que les autres, et avec des encres de diverses cou- 
leurs. 

Aucun signe n'indique donc, à proprement parler, soit le commence- 
ment, soit la hn des phrases; nous ajouteions (jiril en est de même des 
alinéa. 

La seule manière qu'aient les Arabes de déterminer les temps de repos 
principaux, ce sont cerfaines particules que l'on pourrait comparer à nos 
mois ûî-, cependant. La plus en usage est la lettre ^^o que Ton place en 
tête des mots qui commencent les phrases. 

Ex. : J,6S-* J J J3 fe-qûl'lo Mohhammed (or a dit à lui iMohammed). 

On se sert aussi de la particule J' toum (ensuite), Jj^j ha'd (aprè?), 
et de '-/Ij oua-amma (quant à). Ce dernier mot, spécialement réser\é 
au sîyle écrit, indique en général un repos plus prolongé que celui du 

1^ ^ . 



— 21 — 

Les règles posées danî? ce chapitre, en faisant connaître, d'une part, la 
conformation et la valeur soit réelle, soit approximative des lettres arabes; 
de l'autre, les signes orthographiques on usage dans récriture, doivent met- 
à même, sinon de lire correctement, du moins de commencer à déchiffrer 
les mots. Afin de faciliter l'étude de la lecture, nous transcrivons ci-après 1g 
texte d'une lettre arabe, en indiquant, aussi approximativement que possi- 
ble, la prononciation au-dessous. Nous donnerons la traduction de cet(e 
lettre dans les exercices qui terminent cette grammaire (1). 



liETTJac du Kaïd de la tribu dCH jtribs au général d^Erlon, 

gouverneur général de l'Algérie. 

soua-ho md'houd la oua rheir-ho ila la oua oualihad-ho lilla al-hhamd 

«M ****** 

i"bâd-lii oumour mellek-ho oua ardhi-hi (i allah ouella-ho men ila 

c, ^_Jl^ ^y^Ju. . *.j v-S' àJL3u3 « ^J>-^ A-v-Ls ^3Jl 
oua a'dhhn chân-ho oua />rim fa"l-ho oua Jihalhu qalh-ho elledi 

Lji-J-A :>.-X-Jt\ :,^^-^^\ ,.^'Jslv.^'l ^.-**w^ ^-,^ta ?,J^ 

khulifat al-asa"d al-mfakham es-soulthân djessîm ouâdhehh qadr-ho 
o?/a a//a/i aa"n-ho al-djezâir hi-hlad lihâkem al-fransâouia 
owa ez-zemân mdîck ia a'ieïk es-selâm amin hhama-ho 
oua doulét-ak allah akhled el-aouân oua ■ el-açr soulfhân 



(i) Cette lettre est tirée de la chrestomathie de M. Bresnier, professeur d'a- 
rabe à la chaire d'Alger. Isl. Bresnier a réuni dans cet ouvrage un certain nom- 
bre de lettres et pièces arabes dont il a accompagné la traduction de notes pleines 
d'érudition. Ce recueil est éminemment utile à tous ceux qui veulent se consa- 
crer à l'étude de cette langue, et de l'idiome algérien notamment, parce qu'on 
Y trouve les différentes formules de lettres et d'actes usités dans ce pays. 



— 22 — 



fl//aA aha'd hliokm-al: cnfecl oua al-aa"inar hi-thoid anal-ak 



.UJ * ^ t.1 ■■«'.> ^ I f? Il » I. fr—^V 



.X-us 



L 



es-soulthâîi aiha ielih al-echrâr djemi" cî'n-ak oua a"n-na 

^GLkd. .^^M ^ ^GL-J' j.-cl^t 'u-JL-Jl à-;i--? 

khethab-ak al-ekrâm oua ktàh-ak al-aa'z ata^-na fa-en-ho 



oua qrana-lio oua d'iei-hi idjtema"'na oua - l-kzitha fi- 



j ï' j Iw— à 



r 



Î5L 



-J U^'J 



U! ^ 



-3 ïl 



Ijl 



'C-? 



h-il'foum oua ouedhd' na-ho er-ras fe~a"la md'na-ho fehemna 



îf'.-jJ- 



ktirân d'dhamna-ho oua bih frahhna oua qbalna-ho 



C^ 



\ 



! , ^^^W ^. 






el-hhaqq oua aî-d'del hi-hhokm blad-na ila bi-qoiidown-ak 

^^^'b)i vjjTJ ^,-^.5^ J'l^* <Jjt ,.,_> ,_jLk; 

al-abonâb lak ieftahh td'ala allah min nethlob 






ma a'7a chakarna oua dalik asrarna liqad fa-ou-alla 
bih na" lemou'k oua es-sd'ida el-oiieldïat hnalek aouella-koum 




U\ 






^O-^-î 



^-.-,-^._=^ ^y^^^ v^'^—^-' ^^^^ 

djemd'at khadhd'in ihaid'in li-amr-ak sâmd'in nahhn ha 



jj\: bJ 



^^±J L-i_^l 



^LUJI 



ba"<i zaVd la oua koul-hom bi-rasoutha al-qâthenîn d'rib 



C^ 



Ll 



JL5D1 J1^_J! ^ 



L 



a"n minna al-ktir 



es-soual oua hhobb-na soua 



hada 






I 



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min-na es-seldm id'oued oua al-mordhia ahhoual-ak koulUet 



23 — 



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Aaf/i /Z oua hhokkàm-ak oua âiouân-ak ahcl djemi a la 

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mohhab-koinn idn-hi a'n kotih mimen es-selâm oua kfaïa 

, ._j ù^-x^..^ ^l-sr-M J_..-«*_]! ^XJl ^..-:^-^i w^ — > V— * 5 

ben insa"oud cl-hhadj es-seïd Ueîkoum al-kheïr merid oua 



A 



Ju 



amm bil-djemi" alîali lalhaf 



a"?*i6 gaVfZ zekri 



9A 



J! Ljl^ à jUJ! . «::)l 



(^ 



>M 






(Lju 



e// 5ena^ et-tania djemâdi min al-arhd'a ioiim bi-iarikh 



khamsin oua mitein oua 



24 



SECXIOIV III. 

DES rvÈGLES PARTICULIÈRES AUX LÏTTRF.S K • , ^ . ET A LEUR 

PLRMUTATIOX. 

Toutes les irrégularités apparentes de l'arabe ont leur principe dans Vin- 
jluence qu'exercent les voyelles sur les trois lettres i « ^. Il est donc né- 
cessaire que nous appelions l'attention sur les observations suivantes qui 
contiennent la clef et l'exjilication de toutes les difficultés de cette langue. 

Nous avons dit plus haut que les vingt-huit lettres de Talphabet arabe 
étaient des consonnes. Nous ajouterons toutefois que trois de ces conson- 
nes peuvent, dans certains cas. servir au prolongement des voyelles avec les- 
quelles elles s'identifient, et perdre alors leur caractère de consonnes; ces 
trois lettres sont : \ j ^. 

N'oublions pas, tout d'abord, que les véritables voyelles _:_, ,_l, 

quoique supprimées dans l'écriture usuelle, n'en subsistent pas moins; et 
la preuve c'est qu'elles se prononcent. 

Remarquons ensuite que les trois voyelles _i, (a), (')?-!_ (o), ont une 

corrélation avec les trois lettres \ (a), j (o), ^ (i). 

Ainsi: 1 correspond à _l^ 'l^'^ fathfia. 

J — à _ji_ 'L^.^ dhomma. 
^ — à iy^ kesra. 

Ces premières observations faites, entrons dans l'application. 

Les trois lettres i j .^ peuvent être quiescentes ou mobiles. 

1° Elles sont dites quiescentes, lorsque, privées elles-mêmes de voyelle, 
elles sont précédées par leur voyelle analogue, c'est-à-dire, 1 par .ji>, j 
par _i_, ^ par Alors ij ^, se prononcent longs, ou plutôt servent 

de lettres de prolongation à la voyelle qui les précède et avec laquelle ils se 
confondent. * 

Ex. : w>'^ kitâb (livre) ; '^J^ qloùb (cœurs ; j-^, iesîr (il devient). 

2° Elles sont diiesmobiles, lorsque, privées de voyelle, elles sont précé- 
dées par une voyelle qui n'est pas leur analogue. Ainsi « précédé par.jL- ou 
par est mobile, car V analogue du j est la voyelle __L. 



— 25 - 

Celte qualilication indique par elle-même que la lettre mobile doit subir 
une variation. 

En effet, toutes les fois que \ <» ^, sont mobiles, c'est-à-dire, précédés 
d'une voyelle qui n^estpas leur analogue, ils se changent en la lettre qui est 
Vanalogue de la voyelle qui les précède, et subissent par conséquent son 
influence. Ainsi , 

. , , ( kesra, se change en la lettre ^, analogue de ; 

I pr(3cedé par f / ^ .. / 

( jL, dhomma, se change en la lettre j, analogue de .£_ ; 

/ JL fathha, se change en la lettre î, analogue de JL ; 
^ piecede pai ( lesra, se change en la lettre ^ analogue de ; 

, , ,, ( _j1 fathha, se change en la lettre t, analogue de J^; 
^précédé par/ ' ' ° ' o —.' 

- (__i_ dhomma, se change en la lettrej, analogue de >jL. 

Prenons un exemple pour faire mieux comprendre l'application de ces ob- 
servations. 

La racine (1) du verbe J'J que l'on écrit réellement ainsi, n'est cepen- 
dant pas J'J, mais bien Jji. On voit que dans ce dernier mot, lej, l'une 
des trois radicales, est précédé de _i> et Ton devrait par conséquent pro- 
noncer qaoul, 

iMais, dans cette situation, le j subit l'infliience de la voyelle _L , confor- 
mément à la règle de permutation des lettres, et comme il est précédé par 

_^, il se change en \ analogue de L- On aura donc ainsi JU qâly pour 

J^ qaoul. 

Les raisons de la permutation des lettres deviennent pour ainsi dire pal- 
pables, lorsque l'on écrit les voyelles. Dans l'écriture usuelle, où les voyelles 
sont supprimées, il n'est point aussi facile de reconnaître la cause des chan- 
gements de lettres que l'on rencontre. Mais, du moins, jusqu'à ce que Tha- 
bitude fasse naturellement appliquer la règle dont nous venons de parler, 
il sera bon de se rappeler que les motifs de la permutation entre elles des 
lettres \ j ^, résident dans la voyelle qui les précède. 

(i) Nous verrons tout à l'heure que la racine des verbes est la 3^ personne 
du masculin singulier du prétérit. 



LIVRE 



DU VERBE. 



Division des verbes arabes. — Verbes régub'ers ou irréguliers j 
primitifs ou dérivés, — Verbes trilitères ou qnadrilitères. 



-o^o- 



Le verbe est un mot qui exprime Vexistencc ou Vaction. 

Tout verbe, en arabe, peut se réduire à une racine composée presque 
toujours de trois lettres, et très-rarem.ent de quatre. Les lettres qui forment 
cette racine sont à'iles radicales. 

On appelle serviles celles qui viennent s'ajouter à la racine pour former 
les modes, les personnes, les genres, et les formes dérivées. 

Les lettres serviles sont :\ ^^ C^ (* o^ J ^' "^^^tes les autres ne ^:e 

rencontrent jamais dans le verbe que comme radicales. 

Les lettres serviles peuvent toutefois concourir à fermer la racine des ver- 
bes, et elles perdent alors ce caractère; mais aucune lettre, autre que les 
sept consonnes ci-dessus, ne peut être servile. 

Tous les verbes arabes devant être ramenés à une racine, il sera néces- 
saire que Ton apprenne à bien distinguer les lettres radicales, des lettres 
serviles ou formatives. 

Pour faire cette distinction, il faudra procéder par élimination, en atten- 
dant que l'habitude fasse reconnaître du premier coup d'oeil les lettres radi- 
cales. Nous donnerons à cet égard quelques exemples, après avoir parlé des 
verbes dérivés. 

Nous nous servons en français de ïinfinitif^ouv énoncer le verbe ; c'est 
ainsi que nous disons aimer, hair. En arabe, on emploie la troisième per- 
sonne masculin du prétérit que l'on nomme racine du verbe. Pour trouver 
un mot dans les dictionnaires, c'est donc cette racine qu'il faut chercher. 



— 28 



Divi(4ion des verbes arabes. 



Le verbe arabe est réqiilier ou irrérjub'er. 

II est irréyuUcr, lorsque, dans la racine, il entre Tune des lettres \ j 
^, ou que la seconde radicale est semblable à la troisième et redoublée 
par un JL , 

Dans les autres cas, il est régulier. 

Ainsi ^s^^y.<o dharah est un verbe régulier. 

I sont des verbes irréguliers* 
Jwi^ chedd ) 

Nous disons que ces derniers verbes sont irréguliers; cela est vrai dans 
ce sens qu'ils ne se conjuguent pas exactement comme le verbe v ^y^, vé- 
ritable paradigme du verbe régulier. Mais, dans leur irrégularité même, 
ils sont réguliers, puisque leurs temps se forment et se conjuguent d'après 
des règles invariables. 

Le verbe arabe est primitif ou dérivé. 

Il est py-m/^î/" lorsqu'il est racine, ou lorsque les lettres servîtes qui sont 
adjointes à la racine, désignent seulement les modes, les personnes et les 
genres de la forme primitive. 

Ex. : <~^j-^ dharah [W a frappé); C^j v^ dharabt (tu as frappé), 
^j^^ idhroh (il frappera). 

Il est dérivé lorsqu'à la racine on ajoute une ou plusieurs lettres ser- 
viles qui modifient le sens du verbe primitif, et reconstituent un nouveau 
verbe que l'on conjugue, du reste, d'après les mêmes règles que le pre- 
mier. 

Ex. : ^^^jL^' tdhârab (s'entre-frapper) ; \j}jL^ tdhdrabou (ils se 
sont entre-frappés). 

Le verbe arabe est trilitère ou quadrilitère. 

Trilitère, lorsque, ramené à son expression la plus simple, à sa racine 
par conséquent, il est composé de trois lettres : 

Ex. : V ^^ dharab (il a frappé) ; ^z^, redia" (il est revenu) ; 



— L>9 — 

Quadrilitcrey lorsque, ramené ù cette même racîtie, il ebt composé de 
quatre lettres. 

Ex. : j3^^^ daqdaq (il a frappé à petits coups). 
Le nombre des verbes quadrilitères est, du reste, extrêmement restreint. 

Le verbe arabe a deux voix : la voix active et la voix passive ; mais cette 
dernière n'est pas employée dans Tarabe usuel, excepté au participe. Nous 
verrons tout à l'heure que l'on supplée à celte voix au moyen de l'une des 
formes dérivées. 

Il n'y a en arabe qu'une seule conjugaison et trois temps : Le prétérit, 
Vaoriste, temps indélini qui s'applique au présent et au futur, et Vimpé- 
ratif (1). Quant au participe, il peut être considéré comme un adjectif 
verbal. 

Le verbe a deux genres : le masculin et le féminin, et trois nombres : le 
singulier, le pluriel et le duel. 

Le duel n'est pas usité dans la langue parlée, on en trouve à peine 
quelques traces dans les actes des kadis. 

(i) On pourrait même dire qu'il n'y a que deux temps en aral)e : le prétérit 
et V aoriste. 



— 30 — 



CHAPITRE PREMIER. 



VERBES RÉGULIERS. 

Division des verbes réguliers, — Verbes trilitères. — Verbe trilitère primitif; 
sa coïjjiigaison; tableau de sa formation ; observations sur les temps primi- 
lifs du verbe; manière de rendre les temps du verbe fiançais qui ne corres- 
pondent pas exactement aux temps primitifs du verbe arabe. — Verbes dé- 
rivés du verbe triiitère régulier; tableau des formes dérivées et des lettres 
qui constituent ces formes; observations sur les formes; règles pour recon- 
naître la racine des verbes. — Verbes quadrilitères primitifs ; verbes qua- 
drililères dérivés. 



DIVISION DES VERBES RÉGULIERS. 

Les verbes réguliers sont trilitères ou quadrilitères, primitifs ou dé- 
rivés. 



SECTÏOX PREIflIfBJË» 

VERBES TRILITÈRES. 

§ 1^''. — VERBES TRILITÈRES PRIMITIFS. 

Le verbe triiitère primitif régulier est, comme nous l'avons dit, celui qui, 
à la 3e personne masculin singulier du prétérit, est composé de trois let- 
tres essentiellement consonnes, autrement dit, dans la composition duquel 
il n'entre ni t, ni j, ni ^, et dont la deuxième radicale n'est pas la même 
que la troisième. 

Nous en donnons, ci-après, la'conjugaison, en plaçant, suivant l'usage 
des grammairiens arabes, d'abord la oe personne, puis la 2% puis la 1-. 
Cette construction a l'avantage de signaler principalement à l'attention la 
racine des verbes, et de se conformer à un usage indigène. 



- 31 - 



TABIiEAK de la conjugaison du verbe trîlitcre régulier. 



Masculin. 

^^^Ms thalab 
rJiî thalab t 



» 



» 



^lLt ethlob 



» 



PRÉTÉRIT. 

Commun (i). 
Singulier, 



» 



Féminin. 



" sJlis thalabet 



^j\y**^ 



xId thalab ti 



• • 


ithlob 


Ji'; 


tcthlob 


) 


) 



Pluriel. 

\oAh ihalabou 
]^::Ah thalabtou 
U-vlis thalabna 

AORISTE. 



Singulier. 



» 
» 

v._^vUaJ nethlob 

Pluriel. 

loJJa; ithlobou 

LJJsj tethloboii 
-• • 

laJjaJ ncthloboii 

IMPÉRATIF. 



» 
» 



3* 11 ou elle a demandé. 



2* Tu as demandé. 



l" J'ai demandé. 



3« Ils ou elles ont de- 
mandé. 

2» Vous avez demandé. 

l" Nous avons deman- 
dé. 



^ 



ii!)' tethlobi 



IW tethluh 3« Il ou elle demande 
ou demandera. 

2* Tu demandes ou de- 
manderas. 

l" Je demande ou de- 
manderai. 



3« Ils ou elles deman- 
dent ou demanderont. 



» 






» 



» 



Singulier. 



Pluriel. 

iswJJ») ethlobou 



^' 



\L\ ethlobi 



2* Vous demandez ou 
demanderez. 

1" Nous demandons ou 
demanderons. 



2c Demande. 



D 



?e Demandez. 



(i) C'est-à-dire, s'emplovant pour les deux genres indistinctement* 



-- 32 



Masculin. 
JLL thâleb 



PARTICIPE ACTIF. 

(Adjectif verbal). 

Commun. 

Singulier. 

» 

Pluriel. 

^^^LL> thâîebîn 



Féminin. 

àJ'Jî thâleba 



» 



Demandant. 



Demandant. 



Pour compléter l'émimératiou de tous les temps usités du verbe^ nous 
yjouterons ici le -participe passif, seul temps de cette voix qui, comme nous 
l'avons dit, soit en usage. 



Masculin. 



^cXk.imathloub 



» 



PARTICIPE PASSIF. 

Commun. 
Siniiulier, 



e;rr. 



Pluriel. 
dis/i mâthloubm 



Féminin. 



h JJs.* mâthloubâ 



D 



Demandé. 



Demandés 



Formation dn verbe trilitcrc régulier. 

Afin de graver mieux encore dans la mémoire le mode de formation des 
temps, des personnes et des genres du verbe trilitère régulier, nous avons 
composé le tableau suivant qui indique de quelle manière les lettres serviles 
viennent s'ajouter à la racine. 

On a représenté par trois signes (J les lettres radicales. En mettant à 
îa place du premier signe, en commençant parla droite, la première ra- 
dicale ; à la place du deuxième signe, la deuxième radicale ; à la place du 
troisième signe, la troisième radicale, on peut conjuguer tous les verbes tri- 
litères réguliers. 



- 33 — 



0« 

mm 



ire 



2« 

Ire 



irc 



Qe 



TABLEAU de formation du verbe trillfèro régulier. 



Masculin. 



« » • 






♦ » ♦ ,, 



)) 






9 



PRÉTÉRIT. 

Commun. 
Singulier. 



Pluriel. 



!j 



-• ♦ » • 



AORISTE. 



Singulier. 



» 

i 

Pluriel. 

-7 ♦ ♦ ♦ .. 
> • ♦ ♦ 

^ ♦ ♦ ♦ 
IMPÉRATIF. 

Singulier. 

i> 

Pluriel. 

L \ 

j? ♦ • » 



Féminin. 



4 



^ . . . > 





)) 



» 



v^ , , J 



- 34 



PARTICIPE ACTIF. 



Masculin. 



Commun. 



Féminin. 



* • * 



» J » » •# 



Singulier. 





Pluiiel. 


u'- 


. J. 


PARTICIPE PASSIF. 




Singulier. 




» 




Pluriel. 


;^>^ 





» » • 



. J * . 



» 



Un coup d'oeil sur le tableau précédent fera comprendre de quelle sim- 
plicité est le mécanisme de la conjugaison arabe, identique pour tous les ver- 
bes, en ce sens que les signes caractéristiques des temps, des personnes et 
des nombres sojit les mêmes pour tous. 

Ces signes caractéristiques sont faciles à reconnaître ; ils le deviendront 
encore plus après les observations suivantes. 

Observations sur les temps primitifs dn Y«rbe* 

10 PRÉTÉRIT. 

11 faut remarquer qu'au singulier le prétérit a trois personnes qui s'é- 
crivent absolument de la même manière ; ce sont : 

1» La l^e personne qui est commune au masculin et au féminin; 

2» La 2" personne du masculin ; 

5» La 3e personne du féminin. 

Ces trois personnes sont formées des mêmes lettres (C^JLL); mais, 
dans la prononciation, à la 5^ personne du féminin, on doit faire entendre 
le son bref et {thalabet ), tandis qu'à la l^e et à la 2^ personne du mas- 



- T 



- 35 - 

culin on prononce thalabt. Quant à ces doux dernières personnes, le sens 
peut seul les faire distinguer. 

Le pluriel du prétérit ne présente aucune difficulté. On le forme, pour 
la 2e et la 5^ personne, en ajoutant ij ou, à la 2*^ et àla5e personne du singu- 
lier, et pour lal^'e personne, en ajoutant 'lj à la racine. Ex. : 

Singulier. Pluriel. ^ 

5^ pers. v^^Lb thalab \cj^ thalab-ou 

2*-' pers. vj:^jJr thalabt i^Lb thalabt-ou 

1^^ pers. s ^.li thalab (racine). bJ.!? thalab-na. 

Il est bon d'observer que, dans le style écrit, les personnes lettrées em- 
ploient, à la place de la forme usuelle Lx^ii thalabtou, 2^ personne du 
pluriel du prétérit, la forme grammaticale V^J-!^ thalabtoum. 

2o AORISTE. 

On aura pu remarquer que les dilTérentes personnes du prétérit se dis- 
tinguent entre elles parles lettres qui les terminent; il en est tout autre- 
mont de Vaoriste, dont les personnes se différencient par les lettres ini- 
tiales. 

Ces lettres sont, au pluriel comme au singulier : 

^ pour la 5^ personne masculin ; 

C^ pour la 2^^ personne masculin »t féminin ; 

M pour la li"e personne masculin et féminin. 

Pour former le pluriel, on ajoute seulement au singulier la terminaison 
U, caractéristique de tous les pluriels des verbes (1). 

(i) Dans l'arabe de Syrie et d'Egypte, qui se rapproche beaucoup plus de 
l'arabe grammatical que celui usité en Algérie, les premières personnes du sin- 
gulier et du pluriel de Vaoriste se forment différemment. Ainsi, en Orient, au 
lieu de dire : 

Pour la I'"* personne du singulier v .vlk) nethlob, on dira v ^i^i athlob ; 

Pour la !■■' personne du pluriel IftJJaj nethlobou, — v^JJsJ nethlob. 

Il est très-essentiel de faire cette observation, car, sans elle, le commençant 
entre les mains duquel tomberait, soit une lettre, soit un manuscrit d'Orient, 
pourrait se trouver fort embarrassé. 

La terminaison algérienne a du reste l'avantage, si elle s'éloigne des règles 



— 30 — 

Vaoriste sert également pour exprimer le présent ei\e futur. Ainsi, 
l^lk) iethlobou peut signifier aussi bien ils demandent, que ils demande- 
ront. Le sens détermine donc seul, en général, si le verbe doit être tra- 
duit par le présent ou par le futur. 

Toutefois, lorsque Von veut préciser exactement le sens, soit présent, soit 
futur, on fait précéder Yaoriste de certains mots, dont nous expliquerons 
l'emploi, en parlant des temps composés du verbe, 

3° IMPÉRATIF. 

Vimpératifdn verbe primitif se forme, au singulier masculin, par l'addi- 
tion devant la racine, de la lettre 1 que Ton prononce e bref. Ex. : 
s^^iisl ethlob. Pour former le (éminin, on ajoute simplement au masculin 
un w. Ex. : ^Ji?! ethlobi. 

Le pluriel s'obtient par l'addition de la terminaison L. 

Ex. : Sina. ^^-.IL! ethlob, plur. \^Jjs\ ethlobou. 

L'impératif n'a^-Rut au singulier, comme au pluriel, qu'une seule per- 
sonne, emprunte les autres à l'aoriste. On dira donc: i<wwiu^s> UjI aïha 
nemchiou (allons, marchons). 

Remarque. Nous ferons observer que lorsqu'il s'agit de rendre en arabe 
le sens d'un impératif français négatif, on ne peut pas employer Yimpéra- 
tif arabe. Il faut alors traduire par l'aoriste en se servant de la particule 
négative U ma (pas) (1). 

Ex. : ^t — ;! 2 Jl-» Jj-^ 1—* nia tqoûl had ech-chi (ne dites 
pas celte chose). 

,^_^L\Ji 1^J6 J^ \^^y^ U ma tedhrob-chi had el-kelb 
(ne frappez pas ce chien). 

jIjJ! ^/» ^ -* r^'' ^ '"^^ tekhrodj-chi min ed-dâr (ne 
sortez pas de la maison). 

de l'arabe grammatical , d'empêcher toute confusion avec l'impératif, dont la 

forme v..„J_l>i est la même que celle de la i" personne du singulier de 
Taoriste usitée en Orient. 

(i) Voir ci-après, livre quatrième, de la Xégation, 



4° PARTICIPE ACTIF. 

Le participe actif oa présent se forme, dans le verbe trilitèrc primitif, par 
l'addition d'un 1 après la 1" radicale. 

Ex. : ^^vlL thalab (il a demandé); . J'Js thâleb (demandant). 

^^^■^ /.atab (il a écrit); s ^Vti' /id^e6 (écrivant). 

Pour former le féminin, on ajoute au masculin un ï, 

Ex. ; ^^JLi? thâleb, fait au féminin iJLi thâleba. 

5° PARTICIPE PASSIF. 

Bien que ce ne soit peut-être pas véritablement ici le lieu de parler du 
participe passifs cependant nous avons pensé cju'il serait bon d'en dire] un 
mot, afin que l'on puisse embrasser, d'un seul coup d'œil, tous les temps 
du verbe employés dans l'usage. Or, comme nous l'avons dit plus haut, le 
passif est complètement inusité excepté au participe. Il ne nous aurait 
donc pas été possible de rattacher à une autre partie les courtes observa- 
tions que nous avions à faire sur ce temps. 

La forme du participe passif est très-simple. On l'obtient en faisant pré- 
céder les lettres de la racine d'un ^, et en ajoutant un j après la 2^ ra- 
dicale, (o * * '') 

Ex. : .^^IL thalab (il a demandé) ; «^«JJs,* mathloub (demandé). 
w*4^ hhabas (il a enfermé); ^J-^csr* mahhbous (enfermé). 

Pour le participe passif, comme pour le participe présent, le féminin s'ob- 
tient par l'addition d'un ï au masculin. 

Ex. : V jJJa.^ mathloub fait au féminin hyli^ mathlouha, 

, woaxsr* mahhbous , , L-o-ssr* mahhbousa, 

Afanière de rendre les teiiip«4 du verbe françai.ci qni ne eorreflpondeni 
pas exactement aux temps primitifs du verbe arabe* 

Les temps qui viennent de faire l'objet des observations précédentes, 
forment ce que nous appelons les temps primitifs du verbe. A l'exception 
du prétérit et de l'aoriste, les autres n'offrent qu'une importance très-se- 



- 38 - 

condaire; d'où il suit, qu'en réalité, il n'y a que deux temps véritables en 
arabe, l'un, exprimant le passé, l'autre, le présent et le futur simulta- 
nément. 

Les Arabes cherchent, autant que possible, à n'employer que ces temps 
primitifs pour rendre leur pensée; mais cela n'est pas toujours facile. Il 
y a, en oiïet, plusieurs degrés dans le passé, dans le futur, dans le présent 
même. Ainsi, fai aimé n'exprime pas la même idée que f aimais, bien que 
tous deux aient pour objet une action passée. Le premier indique un passé 
absolu ; le second, un passé qui était présent au moment dont on parle, 
un passé relatif i^iiY conséquent. 

Ces diverses nuances que nous indiquons en français par nos temps d'm- 
parfait, de plus- que-par fait, ne sont pas toujours traduisibles en arabe par 
les temps généraux du verbe. Lorsqu'il est absolument nécessaire de les pré- 
ciser, il faut donc avoir recours à divers moyens accessoires qu'il nous reste 
à expliquer. Nous appelons ces temps, temps composés. 

lo PRÉSENT. 

Nous avons vu que Vaoriste avait simultanément la signification du pré- 
sent et du futur. Mais lorsqu'on ne veut pas exprimer seulement un temps 
présent, en général, mais un temps nctuellement présent, on conjugue 
Vaoriste du verbe en le faisant précéder de la particule i,, jointe au pronom 
affixe de la personne (1). 



Ex.: J'écris actuellement: 
Tu écris actuellement: 
Il écrit actuellement; 
Nous écrivons actuellement : 
Vous écrivez actuellement : 
Ils écrivent actuellement : 



,.^^::\J ^!, rani nektoh. 

^x>Jj* w^'j rak tektoh, 

s^..^c\i A^ rahou ie/dob. 
J 

laA::xJ Li, rana nektohou, 

i<v*xN-j' fS\\ rakoum ieklobou. 

1^.^::^^ J^]^ rahouni iektobou. 



(i) Voir ci-après, au chapitre àQ?,Pronoms, ce que c'est qu'un pronom affixe. 
Quant au mot K , il peut être considéré comme l'impératif du verbe ^l« (voir). 
C'est donc comme si l'on disait : Vois-moi écrivant ; vois-toi écrivant, etc. 



— 39 — 

Ex.: Je reviens de la campagne : j'j^^I ^.* çi^y nerdja" min ed- 
djenân. 

Je reviens actuellement de la campagne : ^jl^; ^ ;a^vj ^i\\ 
rani nerdja" min ed-djcndn. 

Au lieu d'employer Vaoviste, on peut également, pour rendre Vaclualité 
du présent, se servir du participe actifs précédé de la particule K et du 
pronom aflixe. 

Ex.: J'écris actuellement: v^^*'^ J!» rani Icâteh. 

Tu écris actuellement: v ^'Li' v^^!, rak kdteb. 

Vous écrivez actuellement : ^^'LS^ J\j rakoum îx-dtei/ui. 

Ils écrivent actuellement : ^^'LS" ^r^^ rahoum kâteUn. 

C'est comme si Ton disait : Je suis écrivant, tu es écrivant. 

2° FUTUR. 

Vaoriste, comme nous l'avons dit , sert à exprimer le présent et le 
futur. Nous venons de voir par quel moyen on peut préciser le sens général 
du présentf voyons maintenant comment on peut préciser le sens général 
du futur. 

Pour donner au futur un sens rapproché, semblable à celui que Ton ob- 
tient en français par ces mots : je vais...., on place dexRwtV aoriste du verbe 
le mot ^L* mâchif participe actif du verbe Jw» (aller). 

Ex.: Je vais sortir: ^ys^ ^i-U mâchi nekhrodj. 
Tu vas sortir: -^y^ q^^ mâchi tekhrodj. 
Il va sortir: tj^. «r^^ mâchi iekhrodj. 

On n'emploie pas le mot ^/-J^U mâchiîn, pluriel de ^U mâchi. Il 
faut donc, pour rendre prochain le sens du futur, lorsqu'il se rapporte à plu- 
sieurs individus, se servir d'une autre tournure de phrase, telle que 
celle-ci: Nous sortons à l'instant; ïsLJl -9 U^v^ nekhrodjou fî-s-sa". 



— 40 — 



5" IMPÀRF.UT. 



Vimparfait se rend en arabe par le prétérit du verbe irrégulier ^JS kdn 
(il a été) (l),que l'on conjugue, de la manière suivante, avec Vaoriste du 
verbe dont on e'xprime l'action . 



Masculin. 



S: JL^ koiint tektob 






Commun. 



Singulier. 



» 



Féminin. 



v_^;5o vJl^O kount nektob 

Pluriel. 

/ 

!axj;So lûjD kanou iktohou 
la.oio* iax;j kountou tektohou 
l»^"5o l;i^ kounna nektobou 



cSJ ^i^ kân et tektob 
./^'* ^ kount i tektobi 



D 



» 



C'est comme si Ton disait: J'ai été j'ai écrit; tu as été tu as écrite etc. 

Il sera bon de s'habituer à conjuguer de cette manière différents verbes, 
ce qui sera facile en mettant à la place de Yaoriste du verbe w^ katab^ 
celui, par exemple, des verbes : ^ thala" (il est monté) ; ,^j-^ Ç^raf (il a 
changé, en parlant des espèces d'or et d'argent) ; J^ fa'l (il a fait). 

On peut encore rendre Vimparfait par le prétérit du verbe ^>b kân (2), 
suivi {[\x participe présent du verbe. 

Ex. : J'J? ,.\S kân thala!' (il montait, ou il était montant). 



c 



J'Js j:^ kount thala" (tu montais, ou tu étais montant). 



C 



(i) Voir plus loin, au chapitre des Verbes concaves, la conjugaison de ce 
verbe. 

(t.) Le prétérit du verbe ^S a souvent le sens de l'imparfait; il peut donc 
signifier également il a été, ou il était. C'est donc comme si l'on disait en fran- 
çais : // était montant. 



— 41 — 

il est toutefois à observer que cette manière d'exprimer Vimparfait n'est 
guère employée que dans le style écrit. 

4" PLLS-QUE-I'ARFAIT. 

Le plus-que-parfait da verbe français se rend en arabe parle prétérit du 
verbe ^'S kân, conjugué avec le prétérit du verbe dont on exprime l'action. 

Ex. : ^j^ ^JS kân dharab (il avait frappé, mot à mot : il a été il a 
frappé). 

C^jj-o c:^ kount dharabt (tu avais frappé, mot à mot : tu as été 
tu as frappé). 

f)<^ LNFINITIF. 

Vinfnitifn'e\hie pas en arabe. 

Pour traduire Vinfinitif français, il faut distinguer : 

1" Si y infinitif exprime d'une manière abstraite l'idée du verbe, il peut 
se rendre par le substantif dont il tient la place. Ainsi, par exemple, cette 
pbrase : Craindre Dieu est le principe de la Sagesse, est la même chose que 
celle-ci : Le principe- de la Sagesse est la crainte de Dieu, Craindre est par 
conséquent pris ici d'une manière abstraite ; on traduira donc en arabe par 
le substantif abstrait, crainte, et l'on dira : 

àJJl iOwdr^ iiL(sNs^i ir>\i ^'^-5 el-hhokma mkhafat allah. 

2" Si Vinfinitif, au contraire, n'est point pris d'une manière abstraite, 
mais comme régime d'un verbe ou d'une préposition, on se sert, en gêné-- 
rai, pour le traduire, de X'aoriste. 

Je veux aller à Blidah, JJw-u J! -A.aJ w^^^s^, whhobh nemchi 
ila Blidah. 

Dis-lui de venir : ^sf. w ^ qol lo iedji. 

Tu lui diras de m'apporter une tasse de café : J 
'ijj^ ^Lsr^ tqoul lo iedjîb H fîndjdn qahoua. 






La traduction littérale des trois phrases précédentes est donc celle-ci: 
Je veux j'irai à Blidah; dis à lui il viendra; tu diras à lui il apportera à 
moi tasse café. 



42 - 



§ 2. — VERBES DÉRIVÉS DU VERBE RÉGULIER TRILITÈRK. 

Dans le paragraphe précédent, nous avons considéré le verbe régulier 
trilitùre dans sa forme primitive; il nous reste à parler de ses formes 
dérivées. 

Les formes dérivées des verbes trilitères ne constituent pas, comme on 
pourrait le croire, des conjugaisons nouvelles. Nous avons dit plus haut, et 
nous répétons ici, qu'il n'y a en arabe quune seule conjugaison, une seule 
manière, au moyen de lettres serviles ajoutées, soit au commencement, 
soit à la fin d'une racine, d'indiquer les personnes, les genres et les 
nombres des verbes. 

C'est dire que les verbes dérivés dont nous allons traiter, se conjuguent 
d'après les règles tracées, ci-dessus, pour le verbe primitif, du moins en ce 
qui concerne les véritables temps du verbe : le prétérit et Vaoriste. 

Par conséquent aucune difficulté sur ce point qui se résume dans cette 
règle: Pour conjuguer les verbes dérivés, il n'y a quà ajouter aux lettres 
qui les composent, les mêmes signes qui caractérisent les temps, les personnes 
et les genres du verbe primitif. 

Voyons maintenant quelle est l'utilité des verbes dérivés. 

En français, lorsque l'on veut ajouter au sens primitif du verbe, l'idée, 
par exemple, de faire faire V action quil exprime, ou bien une idée de ré- 
ciprocité, de désir, on est contraint de se servir d'auxiliaires qui viennent 
donner au verbe un sens qu'il n'a pas par lui-même. C'est ainsi que l'on 
dira : faire écrire, s'entr'écrire, etc. 

La langue arabe procède d'une manière différente. 

Au lieu d'avoir recours à des auxiliaires, on forme du verbe primitif un 
nouveau verbe, par l'addition de certaines lettres qui, s'incorporant avec le 
mot, donnent au verbe arabe ce même sens que nous obtenons en français 
par l'addition de mots étrangers. 

Ce verbe ainsi reconstitué est dit : dérivé du verbe primitif. 

Prenons pour expliquer notre pensée le verbe ^^^. 

Le verbe -w^y^ dharab, verbe primitif, s\^mÇie frapper. En ajoutant un 
simple techdid ( "^ ) sur la seconde radicale, c'est-à-dire en la redoublant, 
on obtiendra le verbe dérivé s j^^ dharrab qui signifiera /a n*e frapper. 

Nous avons dans la langue française un exemple imparfait, il est vrai, 
des modifications que peuvent apporter dans le sens d'un verbe primitif, 



— 43 - 

certaines lettres qui viennent s'identifier avec lui. Mais, quelqu'imparfait 
qu'il soit, il contribuera à faire comprendre l'influence que peuvent exercer 
ces augmentations, et la manière dont elles recomposent un verbe nouveau, 
en modifiant le sens du verbe primitif. 

Le verbe habiter, par exemple, exprime nne idée simple; c'est le verbe 
primitif. Cohabiter, au contraire, indique une idée complexe, celle d'une 
habitation en commun ; c'est le verbe dérivé. 

Cette modification dans le sens primitif que l'on obtient en français par 
V adjonction au verbe primitif de certaines prépositions, on l'obtient en 
arabe par V incorporation de certaines lettres dans la racine du verbe pri- 
mitif. 

Mais aussi, de même qu'en français le verbe dérivé cohabiter se conjugue 
comme le verbe primitif habiter, de même les verbes dérivés arabes se 
conjuguent comme les verbes primitifs. 

De la théorie, passons à l'application. 

Formes des vcrlic» dérivées dn verbe primitif. 

La forme primitive du verbe arabe peut se modifier de neuf manières 
différentes ^qui, en ajoutant la racine, constituent dix formes qu'il est 
utile de connaître, bien qu'elles soient loin d'être toutes usitées au même 
degré. Le langage n'en admet que quatre ou cinq ; les autres ne se ren- 
contrent guère que dans l'écriture. 

Nous ferons observer préalablement qu'il n'y a aucun verbe arabe qui 
comporte à lui seul toutes les formes. Chaque verbe en admet deux ou trois 
au plus. Si donc, dans le tableau suivant, où nous prenons pour exemple 

le verbe v ^:'^ katab (écrire), nous indiquons toutes les formes de ce verbe 

comme existantes, on voudra bien se rappeler que ce n'est là qu'une pure 
supposition, destinée à faire comprendre plus facilement comment les 
lettres servîtes s'agencent avec les lettres radicales pour composer les di- 
verses formes. 

{Voir ci-après le tableau des formes dérivées). 



- 44 — 

Tableau des» forme» dérivées du verbe primitif frilitère et application de ce» 

formes à des exemples. 



1 
2 

o 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
10 



Pretciit. 



X 









JLxJ 



■<\ 



:ij\ 



lùcu.' 



Aoriste. 



« «• 

• ** 

•^■11 ■■»^\/ 

«M ^^ 



Impératif. 



(>) 



.ft 









Partici[)C"i 



^ 






Sens général de 
la forme. 



R.n 



acine. 



Sens primitif. 



l'aire faire ra_c- 
lioii du verbe. 

Kmulation. Réci- 
procité, 

Même sens que 
la je. 

Sens pas.sif de la 
2'' fonne. 

Réciprocité. 



Sens passif. 

Sens passif. 

Ne .s'emploie que 
pour les couleurs. 

ludique le désir. 



-T'y 



,.^5 



L^r 









Sens 
primitif de 
la racine. 



» 

Frapper. 

Devancer. 

Lancer: 

Savoir. 

Frapper. 

Détruire. 

Publier. 

» 

.\nnoncer. 



Forme 
dérivée. 



fi 






f 



U* 



r^; 



Liî)' 



\ 



Sens de la 

forme 

dérivée. 



Faire frap 
per. 

Chercher à 
devancer. 

Faire lan- 
cer. 

Appren- 
dre. 

S'cntre- 
frapper. 

litre dé- 
truit. 

Etre pu- 
blié. 

Devenir 



S'infor- 
mer. 



Les quatre premières colonnes montrent de quelle façon les verbes dé- 
rivés se forment de la racine; la cinquième indique le sens général que 
telle ou telle forme donne au verbe; enfin, les quatre dernières colonnes 
contiennent des exemples destinés à servir d'application aux principes 
posés dans les premières. 

Nous allons entrer tout à l'heure dans quelques détails relativement aux 
formes dérivées; mais auparavant, et pour faire ressortir leurs caractères 
distinctifs, les lettres qui les constituent, nous présentons dans un nouveau 
tableau les seules lettres servîtes owfor^natives, en indiquant, comme nous 
l'avons déjà fait pour la conjugaison, les caractères radicaux au moyen du 
signe (J. 



(i) On remarquera dans cette colonne plusieurs impératifs dans lesquels l'i 
initial est supprimé. Il faut en chercher la raison dans la règle qui veut que lors- 



— 45 — 

Tableau indicatif de» lettre» qui constUacnt le» foriucs dértTce« du 

verbe trilitèrc* 



NUMÉRO 

DES 
FORMES. 


PRÉTÉRIT. 


AORISTE. 


IMPÉRATIF. 


PARTICIPE. 


1 

5 
4 

5 
6 
7 

8 
9 

10 


♦ ♦ « 

* * * 

* * * j ' 

* * - * ' 
« * * 

* * * '***'' 


* * * i 

* * * i 

* . . i 

* * * ^- 

. * . ^-î 

* * '-^ * i 

♦ * ♦ ,. 


* * * 

.. J 

1 

-«i -te ■)( 


* I * -* 

« * * '^ 
. I * ^ 

* . * ^ 
* . - . ^ 

«M 

« * * 
♦ * « **^ 



Ces diirérentes formes sont loin d'être usitées au même degré; celles que 
Ton retrouve le plus souvent sont les 2^, 4^, S*"-, 8^ et 10^. Mais nous répé- 
terons ici ce que nous avons déjà dit plus haut, c'est qu'aucun verbe arabe 
ne peut les comporter toutes. 

L'usage et les dictionnaires feront donc connaître celles qui sont em- 
ployées pour tel ou tel verbe. 

Ob.servatioas Hur les dilTcrcntes formes dérivées du vcrbo 

primitif* 

Il convient maintenant d'examiner, avec quelque détail, comment l'idée 
du verbe primii//" se modifie dans ses dérivés. 

que 1 caduc, c'est-à-dire sans voyelle, est suivi d'une consonne marquée elle- 
même d'une voyelle, il disparaisse. Les voyelles ne sont pas marquées, mais 
elles n'en ont pas moins leur influence. 



— 46 -- 

1" FORME. 

Le nom de l^» forme est une appellation impropre appliquée à la racine 
du verbe, au verbe primitif lui-même. En l'adoptant, nous nous confor- 
mons à un usage. 

La 1^^ forme çst l'expression la plus simple du verbe. 

Ex. : v-^o* kitab (écrire); -. — '^-^ dharab (frapper). 
Nous n'avons rien à ajouter à ce qui a été dit précédemment. 

2^ FORME. 

La 2« forme (^ * ») s'obtient par Faddition du (-) au-dessus de la 
2<= radicale. Elle donne au verbe dérivé le sens de faire faire l'action ex- 
primée par le verbe primitif, 

m 

Ex.: A:^a"lam (il a su); J^ a"llam(\\ a fait savoir). 

^jV^*- hhazan (il a été triste); ^ù^ hhazzan (il a rendu triste). 

Quelquefois, la 2*^ forme peut exprimer la même idée que la l^e, mais 
en lui donnant un sens plus énergique. 

Ex. : ;î!.1s3 qatha" (couper); plè qaththa" (couper en morceaux). 






s kasar (casser); jlo /jassar (briser). 



3" FORME. 

La o« forme (^ . ^ *) i^oni le signe distinctif est un \ placé après la 
1" radicale, a ordinairement le même sens que le verbe primitif. Mais elle 
en diffère en ce que Ton n'emploie pas de préposition pour exprimer le 
rapport du verbe avec son régime. 

Ex. : Ire forme 'i\<f> iJ U^ katabna lo bra. ) Nous lui avons 
oe forme iJL; i^\^'S hâtabna-ho bra. ) écrit une lettre. 

Cette forme peut encore servir à exprimer V émulation. C'est dans ce sens 
qu'elle est presqu'uniquement usitée. 

Ex. : ^L^ sbaq (il a devancé) ; ^3^^ sâbaq (il a cbercbé à de- 
vancer....;). 



— 47 — 

4" FORME. 

La 4*^ forme (, . , î) qui se caractérise par un \ placé avant la l'"*' ra- 
dicale, correspond à la 2*-' forme, et, comme elle, exprime l'idée de l'aire 
faire. 

Ex. : j^li ihalaq (lâcher, lancer) ; ^^U?! athlaq (faire lâcher, faire 
lancer). 

5^ FORME. 

La 5e forme (^ , ^ j ) se dislingue par l'addition d\m vO devant la 
1" radicale, et le redoublement de la 2^ radicale au moyen d'un ( -"). Elle 
a quelquefois un sens réiléchi. 

Ex. : ^jjj tzaouedj (se marier) ; ^ib tlaqqa (se rencontrer). 

ftj yhO] ^ LàlV J.Ks:a.i j ^ i^-^ji iousef oua-ahhmed tlaqqou 
fi-t-thariq (Jousef et Ahmed se sont rencontrés en chemin). 

Cette même forme est souvent prise également pour le passif de la se- 
conde. 

Ex. : 2" forme : ^L^ qaththa (couper en morceaux) ; 5^ forme : >!.]=£-!)' 

tqaththa" (être coupé en morceaux). 

2e forme : S:> a'Uam (enseigner) ; 5« forme ; J-ao td'llam (être 
enseigné, apprendre). 

e*" F0R3IE. 

La 6« forme {^ ^\ ^'î) s'obtient par l'addition d'un <0 devant la Ire ra- 
dicale, et l'intercalation d'un \ entre la seconde et la troisième. Elle ex- 
prime une idée de réciprocité, comme la troisième, mais avec cette diffé- 
rence que la troisième ne peut s'appliquer qu'à deux personnes, tandis que 
la sixième s'applique^soit à plusieurs, soit à un nombre indéterminé. 

Ex.: w^v'^ dharab (frapper), fait à la 6^ forme: «^iL^j' tdharab 
(s'entre-frapper). 

y^^ katab (écrire), fait à la 6^ forme: y^^lSjJ iMtab 
(s'entr'écrire). 



— 48 — 



T** FORME. 



La 7« forme (^ ^ ^ il), dont le signe distinclif est la syllabe ^\ placée 
devant la racine, équivaut à notre verbe passif, ce qui dispense les Arabes 
de recourir, comme dans notre langue, à une voix nouvelle pour exprimer 
celte idée. Ils y suppléent par Tune des formes dérivées de leur verbe. 

Ex. : ^JJ> hadam (détruire); /»^^-J^ inhadam (être détruit). 
^ fatahh (ouvrir); ^^^\ infatahh (èire ouvert), 

8^ FORME. 

La 8*^ forme {, , - ^ t), qui est caractérisée par un I placé devant la pre- 
mière radicale, et un w^ intercalé entre la seconde et la troisième, a éga- 
lement le sens passif. 

Ex. : Ju) nachar (publier) ,• J^\ intachar (être publié). 

j^^ naçar (aider); v/^;! intaçar (être aidé de Dieu, 
vaincre). 

U^.^.rx;l >^^;^^M ^) v >»x)i ItJ.^ Ji vjl^j ouaqt elli 

a'refou el-d'rah en el-françiç iniaçrou (lorsque les 
^ Arabes apprirent que les Français avaient vaincu). 

PxEMARQUE. Lorsquc la première radicale du verbe qu'il s'agit de mettre à 
la 8e forme, est l'une des lettres L Ib -js ^, que nous avons nommées 
emphatiques, le C^ qui caractérise la 8e forme, subit l'influence de la 
lettre emphatique qui le précède, et se change lui-même en la lettre h, qui 
est sa lettre forte correspondante (i). 

Ainsi, à la 8*= forme, le verbe v ^j^ dharab ne doit point s'écrire 

y^^y-^ f mais v,_^Ja^! idk-tharab. 

Si, au contraire, la première lettre de la racine est un o, on réunit le 
Zj radical au vO de la forme, au n^oyen d'un * . 

Ex.: Oi'^î' ^«^û^* (abandonner, laisser) fait à la 8e forme oXj! 
etiarak (être abandonné). 

Peu de personnes se conforment à cette règle, 
(i) Voir page 14. 



- 49 — 

9e FORME. 

La 9* forme (. ^ . ^) s'emploie pour les couleurs. 
Ex. : j^cfi-à.! akhdarr (devenir vert);^^^l ahhmarr (devenir rouge). 

10e FORME. 

La 10<^ forme enfin (^ ^ ^ :uv! ) qui se distingue par la syllabe '^\ ist 
placée devant la racine du verbe, indique le désir ou la demande de l'ac- 
tion exprimée par la 1^^ forme ou racine. 

Ex. : v^i r/ja/(/)- (pardonner) ; yAi-:Uot zs^/jar/j/ar (demander pardon). 

^à. khabar (annoncer); ^csr'^ istakhbar (demander des nou- 
velles). 

^j^-^X»ws ^s*«x^ j) ]j]js.^ , ,y9j\ al-a'rah dakhloa fi ma'skar mous- 

takhfiin ( les Arabes entrèrent à Mascara en cherchant à se cacher), c'est-à- 
dire, désirant se cacher. 

Règles pour reconnaître la racine des verbes* 

Après ce que nous avons dit des verbes, soit primitifs, soit dérivés, et 
de leur conjugaison, il sera facile de découvrir la racine, car c'est tou- 
jours à la racine qu'il faut remonter, soit pour énoncer le verbe, soit pour 
le chercher dans les dictionnaires, soit surtout pour avoir le sens bien pré- 
cis du mot. Cette recherche de la racine paraît présenter de grandes diffi- 
cultés au premier abord ; mais on verra qu'au bout de quelque temps 
ces difficultés se réduisent à une affaire de mécanisme. 

Nous avons dit plus haut, page 27, que les lettres 5eri;i7e5 étaient celles 
qui venaient s'adjoindre à la racine pour composer les temps, les forn}es, 
les ]jerso7i7ie5 et les ^''nres; que ces lettres étaient j w» (r' ^ r) 3 ^S'^ 

que ces lettres enfin, pouvaient, comme les autres, entrer dans la racine 
d'un verbe, mais que nulle autre ne saurait être seruile. 

Ce sont donc, en général, les sept lettres \ ^^ cr' f J ^-^' '^"^ 
doivent être écartées des verbes où elles se rencontrent, pour arriver à isoler 
la racine. Nous disons en général, car ces lettres peuvent quelquefois être 



— 50 — 

elles-mêmes radicales ; par conséquent, ce iiV^st encore là qu'une simple 
présomption,, une probabilité. 

Voyons maintenant comment on peut arriver à trouver la racine d'un 
verbe, 

Nulle difficulté pour les personnes, les nombres et les genres du verbe 
primitif, puisqu'au moyen de la conjugaison on voit immédiatement les 

lettres qui sont à supprimer. Ainsi, on reconnaît de suite que j^V. ^^^"" 

tabou est laô*-" personne, pluriel, du prétérit du verbe v ,o:i . 

La diflkulté n'existe donc réellement que pour les formes clêricées. 

Prenons pour premier exemple le mot ^y^..^:c::j ietedharhou et cherchons- 
en la racine. 

D'après le principe posé, retranchons toutes les lettres servîtes qui se 
trouvent dans ce mot; que reste-t-il? ^y^. 

Mais il ne suffit pas de connaître la racine, il faut savoir encore à quelle 
forme appartient le mot L,','>_.;c::j, à quel temps, à quelle personne, à quel 
nenre il se trouve. 

Pour avoir les lettres constitutives de la forme, il suffira de retrancher les 
lettres constitutives de la conjugaison, lesquelles ne peuvent se rencontrer 
qu'au commencement ou à la fin. 

Supprimons donc d'abord L, terminaison qui indique forcément un plu- 
riel, il reste <w-'jL:^ ietedharah. Mais le ^ initial indique à son tour la 5^ 

personne de Taoriste masculin; en le supprimant, on aura donc ^ 'ji^* 

qui est en effet la iV forme du verbe s jj.^. 

Par conséquent le mot t^■^)''-^T. ietedharhou est la 5"- personne, pluriel, 
aoriste de la 6^ forme du verbe trilitère 



Prenons pour second exemple le mot ^j-y^y terahh-hkabou. 
En supprimant les lettres servile et le ~ , on aura la racine v^>2m. 
Voyons maintenant à quelle forme, à quel temps, à quelle personne se 
trouve \^.'^^î. 
Pietranchons L, signe évident du pluriel, il reste ^^v'/. 
Le C^ initial, du moins engénèral, caractérise la :2' personne de l'aoriste. 

Si effectivement le mot |_*^v^' est une seconde personne, à quelle forme 
pourrait-il être ? 



- 51 — 

En consLiltanl le tableau dus verbes déiivés. on voit qu'il pourrait se 

trouver à la 2"= forme («^^) dont il constituerait la 2"= personne, pluriel, 
aoriste. 

Mais ne serait-il pas possible que le mot 'j^y se trouvât en même 
temps à une autre forme? 

En procédant par élimination, comme nous venons de le faire, on verra 
que ce mot peut former également la ô^ personne, pluriel, prétérit, de la je 

forme (- ■■^=^y) , du verbe - ,.=s.j rahhah. 

Ce sera donc à rinlelligence de l'auditeur ou du traducteur à distinguer 
dans ce cas quel est le véritable sens à donner au verbe. 

Nous pourrions pousser plus loin ces exemples, mais l'un des exercices 
qui se trouvent à la fin de cette grammaire, complétera Téliide si importante 
de l'analyse que nous ne faisons qu'ébaucher ici. 

Nous ne saurions ti'op engager les commençants à se familiariser avec ces 
décompositions de mots qui deviendront bientôt pour eux un travail pure- 
rement mécanique. Ils verront alors quelle facilité apporte dans l'étude 
de l'arabe le principe de cette langue qui fait tout dériver d'une racine. 



-OnÎ-©- 



YERBES QUADRILITÈRES. 

r 

§ 1", — VERBES QUADRILITÈRES PRIMITIFS. 

Les verbes quadrilitères sont ceux qui ont quatre lettres à leur racine, 
c'est-à-dire à la ô' personne masculin, singulier, du prétérit. 

Ces verbes sont en général très-rares et tous réguliers, car nous ne nous 
rappelons pas avoir vu employer un seul verbe quadrilitère dans la com- 
position duquel il entre une des trois lettres i ^ ^. 

Il ne faut pas croire que tout verbe qui a quatre lettres à la 3' personne 
du masculin du prétérit, soit pour cela un verbe quadriliière; il faut encore 



— 52 - 

que ce verbe soit primitif. Dans les verbes dérivés du verbe trilitère, on en 
trouve plusieurs qui ont quatre lettres et qui cependant ne sont point 
quadrilitères. Ainsi : ^^cci ! ektab, ^^*l^, kâtab, ne sont point des verbes 
qtcadrilitères, mais simplement les Oe et 4* formes du verbe trilitère primi- 
tif ^_^^ katah. 

Exemples de verbes quadrilitères : 

^ y=^^ dahhradj (rouler). 
^^^ daqdaq ((rapper à la porte). 
ç-Ji^J darhdarh (chatouiller). 

Les verbes quadrilitères se conjuguent d'après les mêmes règles que les 
verbes trilitères primitifs réguliers, avec ces seules différences qui sont du 
reste communes à la plupart des formes dérivées : 

1» Qu'à V impératif on ne place pas d'i avant la première radicale (1). 
V impératif et le prétérit sont donc composés des mêmes lettres; seulement 
la troisième radicale de Timpératif est marquée d'un , au lieu d'un ' 

qui affecte cette même radicale au prétérit. On prononce donc : 

Prétérit: i^-^^^ daqdaq. 
Impératif: âJjJ> daqdeq. 

2^ Que le participe présent se forme, comme dans les verbes dérivés, du 
verbe trilitère, par Tantéposition d'un ^ devant la radicale, et non parTin- 

terposition d'un 1 après la première radicale, comme dans le verbe trilitère 
primitif. On dira donc: ^J^J^ mdaqdeq. 

Ces deux exceptions posées, le verbe quadrilitère se conjugue identique- 
ment de la même manière que le verbe trilitère. 



Masculin. 



PRÉTÉRIT. 
Comiiiuu. 



Féniiuiij. 



^^-^^ daqdaq 
"ji^ daqdadt 



» 



Singulier. 



» 



» 



::^ji^ daqdaqt 



(i) Vuir la note, au bas de la page 44. 



j:^ji^ daqdaqet 
^ji^ daqdaq ti 



1» 



- 53 





PRÉTÉRIT. 


Masculin. 


Commun. 




Pluriel. 


» ' 


Ijji^ daqiJaqou 


)» 


l^ji.^ daqclaqtou 


» 


jj^^ (laqdaqna 




AORISTE. 




Singulier. 



âjijJ idaqdaq 
âjijj tdaqdaq 



» 



» 



» 



» 



k^jj ndaqdaq 

Pluriel. 

|^j.3jj idaqdaqou 

Uijijo tdaqdaqou 

lyjjjj ndaqdaqou 



Féminin. 



» 



i) 



» 



âj^3 Jo tdaqdaq 
JjJjj tdaqdaqi 



» 






§ 2. — VERBES QUADRILITÈRES DÉRIVÉS. 

Le verbe qnadrilitère n'a qu'une seule forme dérivée qui a le sens passif, 
et correspond à la 5*" forme du verbe trilitère. 



PRÉTÉRIT. 

âjijj tdaqqdaq. 



AORISTE. 

k^X^ ietdaqqdaq. 

Participe. 
^jij^ mtedaqqdeq. 



IMPÉRATIF. 

^Ji^* tedaqqdeq. 



>8 t8» 



54 



CHAPITRE n. 



VERBES IRF.EGULÏERS. 



Pivision des verbes irréguliers. — Verbe sourd; sa conjugaison. —^ Verbes 
imparfaits (assimilés, concaves, défectueux, hamzés) ; 
conjugaison de ces verbes. 



Le nom de verbes irréguliers pourrait effrayer les commençants qui ju- 
geraient les verbes irréguliers d'une autre langue d'après ceux de la nôtre. 
Nous devons, dès l'abord, les rassurer à cet égard. Ils vont, en effet, bientôt 
voir qu'à proprement parler il n'y a pas de verbes irréguliers en arabe, 
puisque les verbes que nous nommons ainsi, se conjuguent d'aj^rès des rè- 
gles fixes et invariables, suivant que telle lettre se trouve placée de telle 
ou telle manière dans la racine. 

DIVISION DES VERBES IRRÉGULIERS. 

Les verbes irréguliers sont ceux : 

i" Dont la deuxième radicale est la même que la troisième ; 

2° Da7is la racine desquels il entre Vune des trois lellres i « C. 

Les premiers sont dits verbes sourds^ parce que les deuxième et troi- 
sième radicales étant réunies en une seule lettre, au moyen d'un -^ , on 
h\[ entendre dans la prononciation un son sourd. 



Ex. : J^ medd (étendre), pour ^J^. 
J lamm (rassembler), pour *J. 
Les seconds sont appelés imparfaits. 



O.) 



Les verbes imparfaits se divisent en qnalro classes, selon que le j on 
le ^ forment la première, la seconde, ou la troisième radicale, ou que la 

racine contient un \ hamzè. 

Lorsque la première radicale est un j ou un ^, on les nomme assimilés. 

Lorsque la deuxième radicale est un j ou un ^, on les nomme concaves. 

Lorsque la troisième radicale est un j ou un ^, on les nomme défectueux. 

Les verbes, enfin, sont dits hamzés, lorsque Tune de leurs radicales est, 
un t surmonté d'un ^ (!). 



sECTioiv PRi::fiiE:Ri:. 



VERBES SOURDS. 



Les verbes sourds sont réellement des verbes trilitères. puisqu'ils ont 
trois lettres à la 5^ personne du masculin du prétérit. Ex. : ^s^. 

L'irrégularité du verbe sourd consiste dans la réunion en une seule, au 

moyen d'un " , de la seconde et de la troisième radicale, ex. : ôj>j et 
l'addition de certaines lettres euphoniques qu'entraîne cette réunion. 

On dira donc : 

ju» medd (étendre), au lieu de ^X> meded. 

JJi. chedd (serrer), . . . «iJJ^ cheded. 

P lamm (réunir), ... *J lamem. 

Celte consonnance de deux lettres identiques, à la fin d'un mot, blesse 
l'oreille lorsque l'on vient surtout à ajouter les lettres serviles qui caractéri- 
sent les personnes et les genres. En effet, si on le conjuguait régulièrement, 
le verbe ^^^ devrait faire à la 5^ personne du féminin, singulier, du pré- 
térit: c^^JJ^ chededat, et à la 2^ personne du féminin du même temps : 

'j'^j^ cheded ti. 

' L'irrégularité du verbe sourd a donc pour unique motif V euphonie. Or, 

l'euphonie ne pouvant être blessée qu'au temps où les personnes et les 

genres se distinguent par les lettres serviles dé la fin, il s'ensuit que le 

verbe sourd n'est irrégulier qu'au prétérit. Il est, au contraire, régulier à 



— 56 — 

Vaoristp, parce que les personnes de ce temps se caractérisent par les lettres 
initiales. 

L^rrégularité du verbe sourd consiste dans V intercalât ion d'un , C eu- 
phonique entre la dernière radicale et la lettre C^, caractéristique des 
ire et 2*? persojines du singulier et du pluriel du prétérit. 

Voici au surplus la conjugaison de ce verbe. 

Coiijiigai.sou du yerbc t^ourd- 



Masculin. 



J^^ medd 
J^ medde'it 



j) 

D 



J^ks> iemedd 
*XdJ temedd 



» 



» 



PRÉTÉRIT. 

Commun. 

Singulier. 

» 

«M 

Jl^Jv» meddéil 

I* 

Pluriel, 

ijjv* meddou 

ift^jjv» meddîtou 

\^Xfi meddina 

t« 

AORISTE. 



Singulier. 



» 

J,^ nemedd 
Pluriel. 
iûJ.o-> iemeddou 

à ^ 

l^»X<jJ' temeddou 
'«J-„>j nemeddou 



Féminin. 



O-X^ meddet 
^Jv» rneddcriti 



» 



» 
» 

2> 



J^' temedd 
(CJs^* tmeddi 



t 

» 
» 



o/ 







IMPÉRATIF. 








Afasculin. 




Commun. 

• Sinf^ulier. 






Féminin. 


j.^ medd 




» 

Pluriel. 






^3^ meddi 


» 




IjJ;» meddou 
PARTICIPE ACTIF 
Singulier. 






» 


5L» 7iiâdd 
^^U mdded 


\ 


» 




! 


»5L> màdda 
O^U madeda 



Pluriel, 



oU maddin 
» < ~ > » 



j^v^^U madedin ) 



Nous passons actuellement aux verbes imparfaits^ car les verbes sourds ne 
présentent, comme on le voit, aucune espèce de difficulté. 



SECTIO]^ II, 

VERBES IMPARFAITS. 

Les verbes imparfaits sont ou assimilés, ou concaves^ ou défectueux, ou 
haîuzés, 

§ i"'. — VERBES ASSIMILÉS. 

Les verbes assimilés sont, comme nous l'avons dit, ceux dont la première 
radicale est un g ou un ^ (2). 

(i) Inusité. 

(2) A l'exception de , j**^ dont le participe ,vmjLj m^M (desséché) est très- 
usité, on ne rencontre pas de verbes assimilés commençant par un ^ qui 
soient employés dans le style ordinaire. 



— 5S — 

A l'opposé des verbes sourds, dont le prélérit est irrégulier, et l'aoriste 
régulier, le? verbes assimilés ont le prétérit régulier, et l'aoriste irrégulier. 

L'irrégularité des verbes assimilés consiste dans la suppression à l'aoriste 
duj initial. 

Le prétérit des verbes assimilés élanU régulier, nous croyons inutile d'en 
donner ici la conjugaison. 

Quant à Y aoriste , celui du verbe J->^j ouçal (arriver), par exemple, 
devra se conjuguer de la manière suivante. 



IMasculin. 

A.^ icçal 
Jv^* tçal 






AORISTE. 
Commun. 



Singulier. 



^y^i nçal 
Pluriel. 

\Ày^ içalou 
IjLûj tçalou 
LLij nçalou 



Féminin. 



Jv>^' tçal 



^ 



Laj* tçali 






Vimpératifâu. verbe assimilé ne prend pas d'I initial (1); on dira donc : 
Js^n çel. 

Le participe acfz'/" est régulier: J-^'j ouaçel. 

Du reste, il arrive le plus souvent que les Arabes ne font pas attention à 
la règle de conjugaison de Vaorîste des verbes assimilés. Ils conjuguent donc 
ces verbes comme s'ils étaient réguliers et disent: J>^^. iouçal, ^^^Jtou- 
çal, etc. 

Cette dérogation aux règles de la grammaire se rencontre moins fréquem- 
ment dans l'écriture, et la raison en est toute simple : c'est que ceux qui sa- 
vent écrire, connaissent toujours, plus ou moins bien, les principes régu- 
liers de leur langue. 



(i) Voir la remarque placée au bas de la page 44. 



— 59 — 

§ 2. — VERBES CONCAVES. 

Le verbe concave est celui dont la deuxième radicale est un j ou un ^. 
Si la deuxième radicale est j, ils sont dits concaves par j ; si elle est ^, ils 
§ont dits concaves par ,^. 

Avant de passera la conjugaison du verbe concave , il sera bien de relire 
les principes posés plus haut (page 24), relativement à la permutation entre 
elles des trois lettres 1 j ^. Nous en trouverons ici la fréquente application. 

L'irrégularité du verbe concave consiste en ce qu'à la 5^ personne du 
singulier et du pluriel dn prétérit, Isj ou le ^ radical est remplacé par 
un 1, et qu'aux l^e et 2« personnes du même temps, ce j ou ce ^ est 
supprimé et se change en la voyelle correspondante à la lettre retran- 
chée, c'est-à-dire en _L pour les verbes concaves par j et en . . pour 

les verbes concaves par ^. 

Ex. : jjLT kân pour Mjj ; jLw sâr pour j^. 

A Vaoriste le j ou le ^ radical reparaît. 

L'irrégularité du verbe concave provient de ce que la radicale j ou ^ 
se trouve précédée d'un _L. Or, comme il a été expliqué ci-dessus 
(page 25) , lorsque j ou ^ est précédé d'une voyelle qui n'est pas son 
analogue, ce j ou ce ^ se change en la lettre analogue à la voyelle placée 

4* 

devant lui. 

Par conséquent, àu prétérit des verbes concaves, j ou ^, se trouvant 
après JL, doit donc se permuter en i, lettre analogue du Jl. 

A Vaoriste, au contraire, le j ou le ^ de la racine étant précédé de 
sa voyelle analogue _l«ou , le j ou le ^ reste et devient lettre de 

prolongation. 

/'jb kan, pouv ^j^, concave par j. 
On écrira donc et on prononcera :| 

( jLw sar, pour v-v— , concave par ^. 



A Vaoriste, 



jjD kan, fera (j^\> 
«Lw sâr. fera v..***^ 



Les tableaux suivants présentent la conjugaison du verbe concave parj, 
et celle du verbe concave par ^. 



— 60 



Conjugaison dn verbe concave par « 

PRÉTÉRIT. 



Masculin. 



Coït 



rmun. 



Féminin. 







Singulier. 




3<^ p. 


JS kàn{ï) 


» 


^i^S kdnet 


2^ p. 


C<^ koiint 


» 




i'"^ p. 


n 


Pluriel. 


» 


3e p. 


D 


\cj\S kânou 


2> 


2e p. 


)» 


ia;ij^ kountou 


» 


l^e p. 


» 


L'-ji" kounna 

AORISTE. 
iSingulier. 


» 


3* p. 


..yJsj ikoûn 


» 


..ySJJ tkoûn 


2e p. 




» 


-jA-j* tkoûm 


4re p. 


» 


^^oX-^ nekoun 
Pluriel. 


» 


3e p. 


D 


i<ja\) ikounou 





2e p. 


» 


\^^>JJ tkoûnou 


D 


d« p. 


]> 


]<jjs^ nkoûnou 

IMPÉRATIF. 

Singulier. 


» 


2e p. 




Pluriel. 




2e p. 


B 




» 



(i) Le verbe >o signifie ^/re. 



— 61 — 



5'' p. 
2e p. 

re p. 
5e p. 

2e p. 

lie p. 



5e p. 
2e p. 
1'^'' p. 



Masculin. 



j^Li kdin 



PARTICIPE. 
Commun. 
Singulier. 
» 

Pluriel. 

ir kâtnîn 



Féminin. 
iijL>li kaina 



€onjiigai»»on du verlic concave par ^^C 

PRÉTÉRIT. 
Commun. 



9 



ÎMasculin. 



jL- sâr (i) 



j ^.*«) 



6X'/'i 



» 



» 



)> 



» 



tsîr 



-T" 



» 



» 



ae p. 

2e p. 
l'e p. 
(i) Le verbe ,1*- signifie aller. 



» 



» 



Singulier. 
» 

Pluriel. 

<»»uw sdrou 



uj^w sertoa 

AORISTE. 



Singulier. 



)) 
» 

Pluriel. 
iat'-**o iesîrou 
L ^.v*«j tsirou 



\. 



v-"-*o nsirou 



Féminin. 



jy.^ sâr et 



^r 



serti 



» 



» 



y^M^ ts i r 
£y^ tsiri 
» 



» 



» 



» 



62 — 



<7e 



iie p. 



2^ p. 



■Masculin. 



jr 



» 



yjL*. 



» 





IMPERATIF. 




• 


Commun. 


Féminin. 




Singulier. 




sir 


» 

Pluriel. 


^t^^ siri 




L^.,.^ sîroii 


» 




PARTICIPE. 


- 




Singulier. 




sâir 


» 


jJjjLo 5dira 




Pluriel. 


- 




^^ ^Lw sâir in 


» 



Ot>^crvntiou« sur le verbe concave. 

L'examen des tableaux précédents fait voir: 

J" Que les verbes concavesy qu'ils le soient par j ou par ^, se conju- 
guent identiquement de la même manière, le ^ ou le ^ établissant la seule 
diiïérence ; 

2» Que ces verbes, irréguliers au/^réfer/^, sont réguliers à Y aoriste; 

5° Que rirrégularité Aw prétérit consiste : 1" dans le remplacement du j 
ou du ^ par l, aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel; 
2" dans la suppression du ^ ou du ^ aux premières et secondes person- 
nés du singulier et du pluriel (1); 

4° Que l'irrégularité de V impératif provient de la suppression du j ou 
du ^ radical à la 2^ personne, masculin. 



(i) Cette irrégularité provient de ce que, d'après les règles de l'arabe, \ j ^ 
se suppriment quand Ils sont placés devant deu\ consonnes privées de voyel- 
les. 

Ex. ^,j;Ji qoU (j'ai dit), racine : JLii 



6*1 
.) — 

En un mot, que louleslos irrégularilûs du veibe concave proviennent de 
la combinaison des lettres j et ^ avec les voyelles qui les précèdenl. 

§ 5. — VERBES LÉFECTLELX. 

Les \erhcs défectueux sont ceux dont la troisième radicale est un j ou 
un ^. Il V a donc ré£]çulièrcment deux sortes de verbes défectueux^ les uns 
en « comme jCi rhazou ; les autres en ^, comme ^^ mecha. Les pre- 
miers sont en nombre extrêmement limité. 

L'usage en Algérie n'admet pas la distinction qui devrait exister dans la 
conjugaison grammaticale des verbes qui se terminent en j ou en ^; il 
les confond les uns avec les autres. Examinons pourquoi. 

Les verbes dont la dernière radicale est «, ^v^, par exemple, doivent 
changer à la racine ce j en i, en raison de Tinfluence de la voyelle 1_ qui 

précède celte lettre, j^i devient donc ainsi v^ rheza (faire une incursion). 

Par suite de cette mutation duj en 1, les verbes défectueux, soit en j, 

soit en ^, se Irouvent avoir, à la racine, le même son a. Ex. : iji rheza, 

J:^ mecha. L'usage en profite pour le.- assimiler complètement entre eux 

au prétérit, 

A Y aoriste, la lettre \ ou ^ de la racine reparait, et ce temps se conju- 
gue absolument de la même manière que Yaoriste du verbe régulier .^^^. 

La conjugaison des verbes défectueux se trouve de cette manière réduite, 
dans l'usage, à une seule, comme on pourra s'en assurer par la comparai- 
son des deux tableaux ci-après, qui contiennent la conjugaison du verbe 
!ji et celle du verbe J:^=. 

Toutefois, comme dans les lettres écrites avec soin, ainsi que dans les 
livres, on rencontrera nécessairement la conjugaison grammaticale des 
verbes défectueux qw ^ et en ^, nous avons cru utile de la faire connaître 
dans les deux autres tableaux qui suivront. 



— 64 



Conjugaison lusuellc des verbes défectueux par 4 . 







PRÉTÉRIT. 






Masculin, 


Commun. 
Singulier. 


Féminin, 


o« p. 


Uft rheza 


» 


OVi rhezat 


2" p. 


<1^ j^ rhezît 


B 


^ 'ti rheziti 


1"^^ p. 


D 


Pluriel. 


» 


3e p. 


» 


l^jkc rhezaou 


D 


2* p. 


» 


i^ji rhezitou 


» 


1" p. 


D 


Uji j-i- rhezina 


» 






AORISTE. 
Singulier. 


> 


3" p. 


J^;5 eVr/i3a 


» 


kao ier/iza 


2'= p. 


lu!)' terhza 


i> 


^'yio terhzi 


1" p. 


)) 


iVx) nerhza 
Pluriel. 


» 


3^ p. 


D 


ijUJO ierhzaou 


» 


2^ p. 


» 


LiJo* terhzaoïi 


» 


V p. 


» 


i«.!jjo nerhzaou 

IMPÉRATIF. 
Singulier. 


» 


2. p. 


iji) er/i3a 


Pluriel. 




2. p. 


» 


Ujii crhzaou 


» 



— 65 — 



PARTICIPE. 



Masculin. 



CvJ' rhâzi 



» 



Commun. 
Singulier. 



» 



Pluriel. 



,.,^ ;Li rhaziîn 
\J""J 



Féminin. 



SjjU rhâzia 



Conjugaison usuelle des verbes défectueux par Ç 



PRÉTÉRIT. 



Masculin. 



Commun, 



Féminin. 



Singulier. 



5" p. 


Ju/3 mecha 


» 


C-J;-^ mechat 


2« p. 


O^J;^* mechit 

*• 


» 


^v-Avï mechit i 


V' p. 


D 


vJI.-wvû^-' mechit 

•• 


JO 






Pluriel. 




5^ p. 


» 


ijLiv» mechaou 


» 


2^ p. 


» 


)a:udv* mechitou 


» 


l'« p. 


» 


U^^ mccJiina 

AORISTE. 


}) 






Singulier. 


/ 


3^ p. 


cf^-à-i^ iemchi 


» 


^;:u,nV temcht 
•* 


2« p. 


-i.^' îemchi 


» 


^A^* îemchi 


1- p. 


» 


• 

çi-eJ nemchi 


» 



— 66 



ô" p. 



2" p. 
1" p. 



2* p. 



2^ p. 





AORISTE. 




Masculin. 


Commun. 
Pluriel. 


Fémii 


D 


U-i*^ iemclxiou 


s 


D 


icwJuoj' temchiou 


D 


» 


la-s^L^ nemchiùu 

IMPÉRATIF. 

Singulier. 


S 


^^1 emc/iî 


» 


^t e 



Pluriel. 



D 


u-Jw») emchiou 

PARTICIPE. 
Singulier. 


» 


J;-U mâchi 


» 


iLi-U mâchia 



Pluriel. 

^^wwwU mâchiin 



Telle est la manière dont l'on conjugue, dans l'usage, les verbes défec- 
tueux; voyons maintenant quelle est leur conjugaison grammaticale, celle 
dont se servent les hommes lettrés dans le stvle écrit. 



Conjagaison grammaticale du verbe défectueux, par^ . 

PRÉTÉRIT. 
Masculin. Commun. Féminin. 



» 




Singulier. 




3e p. 


\ji rhaza 


D 


0}i rhazat 


2« p. 


\^jj^ rhazout 


9 


^^1 rhazout i 


1" p. 


» 


0«*3 rhazout 


fi 



— 67 — 



3* p. 
2« p. 
l^e p. 



3e p. 

2e p. 

ire p. 

3e p. 

2e p. 

ire p. 



2e p. 



2« p. 





PRÉTÉRIT. 




Masculin. 


Commun. 
Pluriel. 


Féminin. 


» 


Lwi rhazaou 





» 


i^ojjji rhazoulou 


» 


» 


Uj^ rhazouna 

AORISTE. 

Singulier. 


i> 


j^b iarhzou 


» 


jjÀ-ji* tarhzou 


jjxj tarhzou 


» 


C'yxJJ tarhzi 


» 


^yb narhzou 
Pluriel. 


»• 


» 


ijjÂ) iarhzou 


» 


ID 


}jjxî tarhzou 


x> 


fi 


ijjjo narhzou 


» 




IMPÉRATIF. 


t 




Singulier. 




jil arhzou 


» 

Pluriel. 


^jil ar/izi 


» 


\j\i\ arhzou 

PARTICIPE. 


» 


- 


Singulier, 




^U r/i(i-i 


Pluriel. 


iLsjU rhâzia 


» 


^__j jlâ rkaznn 


1 



— 68 — 



Conjugaison grauiiuaticalo du verbe défcetuens, par ^ C* 

PRÉTÉRIT. 



5e p. 
2e p. 
ire p. 

5e p. 
2e p. 
1" p. 



2e p. 



Of 



Masculin. 

J^ mecha 
ll^vJ^ mec hit 



Co 



2e p. 



mmun. 



Singulier. 



» 



» 



mechit. 
Pluriel. 
j^iw» mechaou 
lywsiv^ mechîtou 
Luû** mechîna 

AORISTE. 



Singulier. 



j>iw*l emchi 



Pluriel. 
i<^^! emchoiÀ 



Féminin. 

iup viechat 
^~^iw9 mechiti 

9 



D 
D 



5e p. 


^iu<^J i emchi 


» 


Ju^ temchi 


2« p. 


,-iu6J temchi 


ï> 


çû%^* temchi 


l»e p. 


» 


^ÔhsJ nemchi 
Pluriel. 


D 


5e p. 


» 


)jA*^ iemchou^ 


» 


2e p. 


D 


]J:^ temohou 


]> 


Ire p. 


» 


laiuoJ nemchou 


D 






IMPÉRATIF. 
Singulier. 


' 






\ emchi 



^ 69 — 



Masculin. 



uT 



U mâchi 



» 



PARTICIPE. 



Commun. 



^ 



Singulier. 
D 

Pluriel. 

^«.si,^ machiin \ 



Féminin 



ï-wU mâchi a 



» 



On voit par la comparaison des deux tableaux précédents : 

i" Que la conjugaison usuelle des verbes défectueux est à peu de chose 
près la même que ceile du verbe trilitère «w-M-^ dharah ; 

2'^ Que la conjugaison grammaticale des mêmes verbes s'en écarte assez 
notablement, parce qu'elle tient compte de l'influence des voyelles sur les 
radicales j et ^, et qu'elle n'admet pas par conséquent l'assimilation 
entre ces deux sortes de verbes. 

Remarque. — Nous ferons observer que le son de la lettre finale ^ n'est 
pas le même au prétérit qu'aux autres temps. A la 5» personne du prétérit, 
elle se prononce a; ex.: ^Aw» mecha, et aux autres temps «; ex.: gù^j 
iemçhi, 

§ 4. — VERBES HAMZÉS. 

Les verbes hamzés sont ceux qui ont pour première^ seconde^ o» troi- 

sième radicale un I surmonté d'un ^ ( 1 ), signe qui indique que V\ est lui- 
même radical. 

* « • • 

Ex. : «i^! akhad (il a pris); jLo sal (il a demandé) ; L; hra (il a guéri). 

Voyons quelles sont les modifications qu*apporte, dans la conjugaison des 
verbes hamzés , la position de li. 

1® i INITIAL. Les verbes qui ont \ pour première radicale ?e conju- 
guent régulièrement. 



— 70 — 



Prétérit. 



Aoriste. 



Impératif. Participe. 



Jdwl akhad; Jsdwb iakhod; Jdw Ihijd; J^i âkhed (i). 

Toutefois, les Algériens font de certains verbes hamzés de cette forme des 
verbes défectueux. Ils conjugueront donc de la manière suivante : 



« 


PRÉTÉRIT. 




Masculin. 


Commun. 
Singulier. 


Féminin. 


!Jo^ khcda 


!> 


O-^ fc/ief?a« 


jjo. khedit 

1* 


» 


^Jo». khediti 


» 


CUJJ^ khedit 
Pluriel. 


D 


j> 


L^Âik khedaou 


B 


n 


IcJîjJ-aw khedit ou 


» 


D 


LJjJdi^ khedina 

•• 


» 



Cette forme de conjugaison, qui change le verbe hamzè en verbe défec- 
tueux, ne s'applique du reste qu'aux deux verbes Jd^i akhad dont on fait 
! j^ kheda, et J^ i aA-a? (manger), dont on fait ^ kela. 

Cette irrégularité, particulière à l'Algérie, est d'ailleurs limitée au prété- 
rit. Aux autres temps on rentre dans la règle. 

2° \ MÉDiAL. Les verbes qui ont pour deuxième radicale ! se conju- 
guent régulièrement, c'est-à-dire comme le verbe trilitère ^j-^t sauf 



(i) Le signe '^ indique, comme nous l'avons dit page 2o, la présence d'un 
second i. s^Xà.) équivaut donc à Jô^ll, forme régulière des participes. 



— 71 — 

au participe, où^ par suite de la rècjle de permiUDtion, V\ radical se change 
en ^. Ex. : 

Prétérit. Aoriste. Impératif. Participe. 

A c £ a 

J',-^ sal; J'-'--' isal; JL*oi esal (1); Jj'-w sâil. 

Souvent, dans l'écriture, mais seulement hVaoriste oi nu participe^ on 
supprime l'i, et l'on écrit au-dessus de la place que cette lettre devrait oc- 
cuper le * , de la manière suivante: J-^, is-al. 

Lorsqu'en raison de la règle de permutation des lettres Y\ radical est 
changé en ^, on peut s'abstenir de mettre les points caractéristiques au- 

dessous du ^. Ainsi, au lieu d'écrire Jj'— sail, on écrira Jj'ww. 

£ fi 

3* i FINAL. Enfin, les verbes qui ont pour troisième radicale ! se con- 
juguent, dans l'usage, comme les verbes purement défectueux terminés en t 
(voir ci-dessus, page 6i, la conjugaison usuelle du verbe kâ rheza). 

De la conjugaison des verbes f/t^/cc^ueucc comparée avec celle des verbes 

dont la dernière radicale est \ , on peut conclure que, dans l'usage, c'est-à- 
dire dans le langage et le style ordinaires, tous les verbes qui se terminent 
par le son et se conjuguent d'après les mêmes règles, et à peu de chose près 
comme le verbe régulier. 
Quant à la conjugaison grammaticale des verbes dont la racine se termine 

par !, elle est régulière, sauf l'observation des règles de la permutation des 
lettres. 

Prétérit. Aoriste. Impératif. Participe. 

1^ bra. jy:i ^"^'"ow. j^j» ebroii, v-^. 



)an. 



Les signes voyelles, que nous avons eu soin de marquer, indiqueront les 
motifs de la mutation de l'i en j ou en ^. 

Nous terminerons ce chapitre par deux remarques qui se rapportent 
également à tous les verbes irréguliers dans lesquels il entre, comme radicale, 
Tune des lettres 1 j ^ ; c'est pour ce motif que nous les plaçons ici. 

Remarques. — P Nous avons vu jusqu'à présent des verbes dans les- 
quels il n'entre qu'une seule des lettres t ^ ^; mais il s'en trouve quelques- 

(i) RégulièreraeDt J-vo sèl. 



— 72 — 

uns dans la racine desquels on rencontre deux de ces lettres : ainsi ^3j 
oua/a (accomplir une promesse) ; ^i ata (venir); ^y qaoua (fortiiier). 

Ces verbes n'offrent pas plus de difficulté que les précédents, car ils se 
conjuguent comme s'ils étaient purement défectueux. On dira donc: 

Prétérit: ^^ oua/a. aoriste : ^^^ ioufi \ 

Sr^","; ' Sr ;■;'•* Voir ci-dessus la conju- 

Prétérit: ^^'^ a?a, aoriste: Ju iati ] 

Sr^. V^ '• gaison du verbe ^iu*. 

Prétérit; ^cJ qaoua, diOrhle-Cuhieqaoui ) ^ 

1^ Les verbes irréguUers, comme les verbes réguliers, ont des formes 
dérivées qui se caractérisent de la même manière et par les mêmes lettres 
serviJes. Ces formes ne présentent par conséquent d'autre difficulté que 
celle que peut entraîner la permutation des lettres i j ^, par suite de 
leur combinaison, soit avec les voyelles, soit avec ri qui se rencontre dans 
plusieurs des formes dérivées. 



73 — 



APPENDICE 

AU LIVRE PREMIER. 



Manière d'exprimer le verbe avoir. — IManières de rendre le verbe être. 
De l'expression jl; L» employée pour rendre le mot encore 
(adverbe de temps). — De l'expression v)lj. 



»«««« 



lllanicrc d-cxpriiucr le verbe AFOIR. 

L'idée à'avoir est tellement naturelle, elle est tellement nécessaire aux 
besoins de la vie, que Ton doit s'étonner de ne pas rencontrer dans une 
langue d'expression pour la traduire, autrement que par une périphrase. 

C'est cependant ce qui a lieu en arabe. 

Pour rendre Tidée d'avoir, on a recours à la préposition ^^ a'nd (chez), 
jointe au 'pronom affixe personnel (1). On traduira donc l'expression j'a/, 
tu as, il a, etc., par ces mots : chez toi, chez moi, chez lui, etc. — ■ 
Exemple : 



Masculin. 



J'ai v^«^^ d'nd-i 

Tu as O-TjJi a"nd-ak 
II a 



1S.XX& a"nd-ho 



Nous avons » 



Vous avez » 

Ils ont » 



Commun. 



Singulier, 



» 

Pluriel. 
UjJ.i d'nd-na. 
S^XXz> a"nd-koum 



Féminin. 



^JJ^ a"nd-i 
jXjjs a"nd'ki 
bsJJA a"nd-ha 



I 



r 



Jj^ a"nd-hom 



» 





(i) Voir, ci-après, livre deuxième, chap. m, 



-74 — 



^ •*». 



fai une petite chienne dont le nom est Bida. Lu>-«! L-lK ^ 
Li~o a'nd-i kléiha ism-ha bidha, — Chez moi petite chienne nom son 
Bida. 

As'tu le livre des Mille et une Nuits? àlJ j iJU ^ ^! ^b^ -i. o/"-^ 

a'nd-ak chi ktâb clf leiîa oua leila. — Chez toi chose jivre Mille et [une) 
Nuit? 

// a un grand jardin à Baba Ali. le b'j ^ y^ J^ ^-^-^ a"nd-ho 
djenân khir fi baba a'ii. — Chez lui jardin grand dans Baba Ali. 

Il est, du reste, à observer que l'expression Jjl^, jointe au pronom affixe, 
ne peut être employée indistinctement pour exprimer noire auxiliaire fran- 
çais avoir, mais uniquement pour rendre ce verbe pris dans l'acception de 
posséder. En effet, en latin comme en arabe, l'auxiliaire est compris dans 
le verbe dont on exprime ridée; ainsi: ^j;^^ ktabt signifie: j'ai écrit. 

Vimparfdit du verbe avoir, j'avais, tu avais, etc., se traduit par Tex- 
pression ^-XJ^, s^O-:.:^, ^^^ que Ton fait précéder du verbe ,yS kân 
(être), qui reste invariable. C est comme si l'on disait : était chez moi, était 
chez toi, etc. 

Ex. : J'avais v^-^^^ r)'^ ^"«^ a'nd-i. 
Tu avais s.j/jJs^ ^jb kân a'nd-ak. 
Il avait 5JJ^ ^^^S kân and-ho. 

J'avais un cheval qui courait comme le vent. . c^sr^ ^^ ^ cx^ ,.\^S 
^^ ^S kân a"nd-i a'oud idjri ker'Vihh. — Était chez moi cheval il court 

comme le vent. 

Nous avions un domestique. VJ^ 'Jaj;^ ^'S kân u"nd-na khedîm. — 
Était chez nous domestique. 

Le futur du verbe avoir; J'aurai, tu auras, se rend par l'expression 
^-^-^, N-t-O,;^, ïJj^, précédée de Vaoriste du verbe ^j'-S', m^ ikoun, 
qui reste invariable. 

J'aurai ^-^^ ^i^ ikoun a"nd-i (sera chez moi). 
Tu auras <^Oj^ ..y=~\^ ikoun d'nd-ak (sera chez toi). 
11 aura ïJw'.& ,.>aSo ikoun a"n(?-/io (sera chez lui). 



— 75 — 

Quand son père mourra, ?7 aura beaucoup (Varient. O^^j ïb'o S 
v^^[r . JL> :JJJ^ \J^. ^^^ baba-h imout ikoun a"nd-ho mal hiz-zaf, — 
Quand père son mourra, sera chez lui argent, beaucoup. 

Lorsque vous reviendrez, /aifrai la réponse. ^^5o «ta^jj' ^\ c^j 
s-^UsH' ^X^ ouaqt elli terdja" iAoun a"nd-i al-djouab. — Temps le- 
quel tu reviendras, sera chez moi la réponse. 

Le participe actif du verbe avoir, se rend comme le présent du même 
verbe. 

C'est un homme ayant heau{iou\) d'intelligence, Ji^ hôjs, J^^-Ji lÀ» 
^^yL) had er-radjel a"nd-ho a'ql biz-zaf. — Ce le homme chez lui intel- 
ligence beaucoup. 



Différentes luanicres «rexprimer le verbe ÊTRE, 

Nous avons dit plus haut (page 58), en parlant de la manière dont on 
peut rendre en arabe V actualité de l'action exprimée par le verbe, que l'on 
se servait de la particule ij ra, jointe au pronom affixe de la personne et 
que l'on faisait suivre de Vaoriste ou du participe du verbe, 

Ex. : V ^-vj ^1. rani nektob ) 

*>\(' " •» ( j'écris actuellement. 

olS pij rani kâteb ) 



Cette même particule K, uiiie au même pronom personnel, s'emploie 
presque constamment dans l'arabe parlé pour rendre le présent du verbe 
être : je suis^ tu es, etc. 

Je suis dans la chambre. sJ^J- c? ç'I; ^^'^^ ^"^ ^^^• 

Tu es malade. d^^y ^-^l) ^"^* mridh. 

Il est sur la terrasse. ^LL^! ^^ 2I, rahou fouq eç-çthahh. 

Ils sont en bonne santé. y^-^ >5i, rahoum bi-kheïr. 

Vous êtes à vous promener. Lvo^cst-' S\j rakoum tehhaouessou. 

Ils sont au jardin. lO'"-^ c? **|; rahom fi-d djenân. 

Lorsque le verbe être, au présent, est accompagné de la négation pas, 



— 76 — 

qui se rend en arabe par U ma ou ^ l? ma chi (pas chose), on sup- 
prime la particule ij, et l'on intercale entre les mots U 711a et ^^ chi le 
pronom affixe de la personne. 

Je ne suis pas tranquille. ^^ ^ ^U mani chi mehni. 
Tu n'es pas tranquille. ^w-.« Ji. ,^^U mak chi mehni. 
Il n'est pas tranquille. ^^ Ju, 2jL* mahou chi mehni. 

Les Arabes, comme nous l'avons dit déjà, ne font usage des verbes que 
lorsqu'ils y sont, pour ainsi dire, forcés, et par conséquent, toutes les fois 
qu'ils peuvent s'en passer, ils s'en passent. 

Appliquant ce principe au verbe être, en particulier, nous ajouterons 
qu'ils se servent du pronom personnel non affixe Ul ana (moi), C^t ('nta 
(toi),^ houa[\m] (i), etc., dont nous parlerons tout à l'heure, pour expri- 
mer le verbe être au présent. 

C'est un homme excellent. ^^^U'^^ .^^ J^j j3> houa radjel mlihh 
biz-zjf. —-Lui homme bon beaucoup. 

Êtes-vous content? io^^ C-^Jt entamahsouth — Toz content? 

Je suis bien portant, w^r;' b! ana hi-kheir. Moi avec le bien. 

Les particules U et U, ainsi que le pronom personnel non affixe, ne 
s'emploient, du reste, que pour la traduction du présent du verbe être. 
Pour rendre le prétérit et le futur^ il faudra donc recourir au verbe ^S 
kân^ aoriste ^^^ ikoum. 

De rexpre«8ion J|- [^ ""^ '<'^> employée poïir rendre ENCORE 

(adverbe de temps). 

L'adverbe français encore ne se rendant, le plus souvent en arabe, que 
par le verbe jU zâl (cesser), précédé de la négation U ma (pas), il nous 
a paru plus naturel déparier de cette expression, en terminant ce que nous 
avons à dire des verbes, que de renvoyer aux adverbes les observations 
que nous avons à faire. 

(l) Voir livre deuxième, chap. m. 






— 77 — 

L'expression Jlj U ma zâl est composée de deux mots, du verbe con- 
cave Jh zâl^ aoriste ^jy)^ izoûl, et de la particule négative U ma. Jh L» 
ma zâl signifie donc à proprement parler, il na pas cessé. 

Le verbe Jh, pour pouvoir s'adapter aux différentes personnes aux- 
quelles se rapporte le mot encore, doit naturellement se conjuguer. 

Ainsi, dans cet exemple :/e suis encore au lit, l'idée du verbe être se 
rapportant à moi qui suis encore au litj à moi l^e personne. Le verbe JU 
devra se trouver à la l^e personne. 

Je suis encore au lit : li.wJl ^ cJj '^ ^|i '>'cini ma zelt fî- 
l-farcha, — Je suis pas j'ai cessé d'être dans le lit. 

Il est encore malade : ^y f> Ju U ma zâl mridh. — Pas il a cessé 
d'être malade. 

Ils sont encore bien portants. ^^-w^L UU U ma zâlou thatebîn. — 
Pas ils ont cessé d'être bien portants. 

Dans les exemples qui précèdent, l'adverbe encore a, en français, un sens 
positif et il se rend de la manière que nous venons d'indiquer. 

Lorsqu'il a, au contraire, le sens négatif de pas encore, en d'autres 
termes, lorsqu'une négation y est jointe, on ajoute en arabe, après le mot 
Jij zâl, la particule négative U ma. On dira donc : U Jlj U ma zâl ma. 

■ Il ne m'a pas encore écrit : J < ^x>' U Jl; U ma zâl ma ktab li. — 

Pas il a cessé pas il a écrit à moi. 

Nous n'avons pas encore été à la tribu: ^^^j^^^ J] '*~™* L* ^-j '-'' 
via zelna ma mchina ila el-al'rch. — Pas nous avons cessé pas nous sommes 
allés à la tribu. 

Sid Ahmed n'est pas encore venu : c.^ I9. U JiJ U J^^i ^^ sid 
ahhmed ma zâl ma dja-ch. — Sid Ahmed pas il a cessé pas il est venu 
chose. 

Remarque. Il est à observer que l'expression J^j U ma zâl ne peut être 
employée pour signifier encore que quand cet adverbe s'applique à la durée 
du temps. Lorsque encore veut dire : de nouveau, il faut se servir du verbe 
:>îj zâd, aoriste JoJj izid, concave par ^, et qui signifie : augmenter, 
ajouter. 

Ce verbe, ainsi que le précédent, doit se mettre à la personne, au genre 



— 78 — 

et au nombre où se trouve le verbe principal qui régit la phrase ; mais ce 
que Ton ne saurait faire pour le verbe Jîj, il peut se mettre à Vaoriste, 

J'irai encore chez lui. i.X^ ^_$^ "^-j^ "^"^'^ nemchi a'ndho. — 
J'augmenterai j'irai chez lui. 

Je relirai la lettre. ï\y)\ Uij ^-j^j nezîd neqra el-bara. — V augmenterai 
je lirai la lettre. 

Vois-le encore. àdcJ:*^ ^\ zid tchouf-ho. — Augmentes tu verras lui. 

Le verbe :>\\ s'emploie également pour traduire l'idée de répétition 
que certains verbes français expriment par la syllabe re placée devant le 
verbe simple, comme redire. 

Je vous répète. sjXJ J^ ^y nezid neqoul laïc. — J^augmente je 
dirai à vous. 



LIVRE 



DU NOM. 

Du substantif. — De l'adjectif. — Du pronom. 



Nous avons dit plus haut que les Arabes ne reconnaissent que trois 
parties du discours; que, sous le titre de nom, ils comprennent le 
substantif, V adjectif et le pronom; qu'enfin, ils considèrent les par- 
ticipes comme des adjectifs verbaux. 

La division adoptée par notre langue sera celle de ce livre. 



GHAPETRS PREiaiEB. 



DU SUBSTANTIF. 

Du substantif propre. — Du substantif commun (primitif ou dérivé) ; 
formes du substantif dérivé. — Genres des substantifs ; du masculin, 
du féminin. — Nombres des substantifs; du duel, du pluriel (plu- ^ 
riel régulier et irrégulier) ; principales formes des pluriels irréguliers. 



Le substantif peut se diviser en deux grandes classes; le substantif propr* 
et le substantif commM?i. 



— 80 — 

Le substantif propre sert à désigner les êtres ou les choses, de telle ma- 
nière que cette désignation ne peut s'appliquer qu'àuue seule personne ou 
à une seule chose. 

Ex.: yi^y^ djezair[A]^er); sX^^\ ahhmed (Ahmed). 

Le substantif commun exprime, soit l'idée d'une nature commune à tous 
les individus d'une même espèce, comme le mot J^j radjel (homme), soit 
une qualité quelconque considérée indépendamment des êtres qui en sont 
Tobjet, comme J^ i"lm (science). 



SECTIO:\^ PRi::?iIERE, 



DU SUBSTANTIF PROPRE. 



Les substantifs pro23?'es, en arabe comme en français, ne présentent d'au- 
tre difficulté que celle qui provient de l'orthographe. Il convient toutefois de 
remarquer qu'en arabe ceux de ces substantifs qui servent à désigner une 

personne, par ex. : J^ a'ii (Alij, J.^csr-* mohhammed (Mohammed), sont en 

très-petit nombre et s'appliquent, par conséquent, à une très-grande quan- 
tité d'individus. 

Pour empêcher la confusion qui naîtrait d'un même nom s'appliquant à 
plusieurs personnes, les Arabes ajoutent au nom spécial de l'individu, soit 
celui de son père, séparé par l'un des mots ^yj 6en, jJj oulid, jJj ouled 
(ûls), comme: 

Az ^ J-hs^s-* mohammed ben a'ii; 

J^wssr* jJ^ 9^ji^j iousef oulid mohhammed ; 
soit celui d'un métier ou d'une ville, comme : 
-srf^M ^^^2.^2^ mouçthafa el-thobdji (Moustafa le canonnier). 

^j-jJi ^.i>^] ahhmed al-hlidi (Ahmed de Blidah). 

Quant à l'orthographe des substantifs propres, elle ne présente pas, à 
beaucoup près, en arabe, la même difhculîé qu'en français. D'une part, en 
effet, ces substantifs se trouvent restreints à un très-petit nombre ; de l'autre, 



- 81 - 

ils dérivent pour la plupart de racines arabes ayant un sens par elles-mêmes. 
Ainsi : 

Xi^, participe passif de la 2« forme de J^ louer, signifie loué. 
çîlL^s^', participe passif del 8*= forme de ^f^ ^'^'*^ P"'*? signifie pu- 

ri fie. 
j^}y^, nom d'Alger, est le pluriel du substantif JV. V^» djezira (île). 

En se reportant ainsi aux racines, on n'écrira donc pas J,^^* mohammed 

-a:u*v* moustafay ce qui serait une faute. 

" Les noms de tribus, et surtout ceux de fractions de tribus, dérivent 
en général du nom de leur fondateur, que l'on fait précéder de l'un des 
mots : .'^ béni, jJj ouled, ou du pluriel v)^j oulad, qui tous signifient 

fils, ou enfin de l'article Jl al (les). Ex. : 

-*^^ Jij heni a'ïssa. 

jJusy* '^ béni medjâled. 

jjJJ^ J,)j ouled mandîl. 

^'.^Iw ^-5j oulâd solimân, 
J-^ouo j^ a. oulâd sa'id. 

^LhLo ^Jj oulâd sulthdn. 

-j.'w^wLsr'i el-hhadjadj. 

LXJj] el-mlekia. 

Dans ces deux derniers cas, c'est comme si nous disions en français : les 
hhadjadj, les mlekia. 



SECTION II. 

DU SUBSTANTIF COMMUN. 

Plusieurs choses sont à examiner dans le substantif commun * 

lo La forme', si elle est primitive ou dérivée; 

2* Le genre; s^'û est masculin ou féminin; 

5« Le nombre; s'il est singulier, pluriel ou duel. 

6 



§ l**". — FORME DT.S SUBSTANTIFS. 

Nous avons dit que les différentes parties du discours dérivaient, en 
arabe, d'une racine, et c^est pour ce motif que nous avons parlé tout d'a- 
bord du verbe, dont la 3^ personne singulier, masculin, du prétérit, constitue 
la racine. 

Les substantif dérivent, pour la plupart, nous devrions même dire pour 
Timmense majorité, d'une racine, de laquelle ils se forment par l'addition 
de différentes lettres servîtes, dont la combinaison avec les lettres radicales 
indique, comme nous le verrons tout àTheure, sinon le sens précis du mot, 
du moins la nature de Tidée représentée parie mot. 

glabstantifs primitifs* 

Quelques substantifs ne se forment cependant pas de celte manière. Ce 
sont, en général, des mots emjtrunlés à des langues étrangères, ou dont la 
racine a cessé d'être usitée, ou bien même n'a jamais été connue. Ils sont 
dits primitifs. Tels sont, par exemple, les mots : 

^JJ3 fondoq (marché); tiré du grec ravûc/cTov. 
jhb bazar (basar) ; mot d'origine turque. 

jli; zonnar (ceinture); mot d'origine grecque ^wvaptov. 
J'^sr^ fendjâl (tasse) ; 
^j.b bâroud (poudre) ; 
Z)S goura (boulet) ; 
,^lj bâb (porte). 



Ces mots, comme il est facile de s'en assurer, en les comparant les ung 
aux autres, n'ont aucune règle de formation, aucune racine; ils sont dits 
primitifs. L'usage et les dictionnaires les feront connaître. 



Substantifs dcrivesi* 



11 en est autrement des substantifs dérivés. Ces derniers ont des caractères 
généraux de formation qui varient suivant que les noms expriment: 



— 83 — 

1» V agent; 

2" V action elle-niùnie ; 

5" Le métier ; 

40 Le temps ou le lieu; 

50 Le nom à' unité; 

6^ Uinstrument ; 

T^ L'idée de grcke et de (Hminution, 

Il convient d'examiner ces cararlères généraux de formalioii des sidjslan- 
tifs dérivés dans les diverses posilions qui viennent d'être indiquées. 

1» Nom de l'agent. Le nom de Vagent n'est autre que le participe actif 
pris substantivement. 

s.^'S kâtebj au part, prés., écrivant, pris substantivement : écrivain. 

v^b naçer^ défendant, ' défenseur. 

J<^ a'alem, sachant, savant. 

*iu2w Jiliâkem gouvernant, gouverneur. 

Les participes passifs, et les participes actifs des formes dérivées ont 
aussi quelquefois le sens du substantif: 

N,^<^-C maictoub, participe passif de ^^^ (écrire), signilie lettre. 
^y-^ mouchteri, part, actif de la 8^ forme de ^y» (acheter), si- 
gnifie acheteur. 

2" Nom de l'action ou verbal. Le nom verbal est celui qui reproduit 
d'une manière abstraite Tidée exprimée par le verbe. 

Ex. : J^ i"hn science, de *.U a'iam savoir. 
\ ' \ 

Le nom verbal se forme de différentes manières, suivant qu'il provient 
d'un verbe primitif on d'un verbe dérive. Nous devons dire que dans ce der- 
nier cas la forme n'est jamais dénaturée par les lettres serviles, au point 
qu'elle ne puisse être facilement reconnue dans le substantifs 

Les substantifs qui proviennent du verbe primitif affectent différentes 
formes dont les principales sont résumées dans le tableau ci-après (1): 

(i) Les radicales sont indiquées dans la première colonne par ce signe (J ; les 
lettres formatives occupent la place qu'elles doivent avoir dans le mot; 



— 84 — 



Tableau des formes des substantifs provcnaut du verbe primitif. 



INDICATION 
DES LETTRES 
FOK.MATIVES. 


Exemples. 


SIGNIFICATION. 


RACINE, 


SIGNIFICATION 

DE LA 

RACINE. 


* « « 
» » * 




science, 
livre, 
écriture, 
invasion. 


• 


savoir, 
écrire, 
écrire, 
se précipiter. 



Les verbes primitifs n'ont, en général, qu'une ou deux de ces formes ; 
l'usage et les dictionnaires peuvent seuls faire connaître quelles sont celles 
adoptées spécialement pour tel ou tel verbe. C'est pour ce motif que les 
grammairiens arabes appellent ces noms: iL.il.o-*- ..i La* mçadir sma'ia 
(noms que Ton apprend par Taudilion;. 

Tout au contraire des noms verbaux formés du verbe primitif, ceux qui 
proviennent des formes dérivées sont soumis à des règles fixes. Aussi les 
Arabes les appellent-ils ^'^^ ^^'^■^^^cj> mçadir qïassia (noms réguliers). 

Chacune des dix formes du verbe dérivé a sa forme particulière de nom 
d'action ; mais elles sont loin d'être employées toutes au même degré, par 
la raison bien simple que les verbes dérivés eux-mêmes ne sont pas tous 
usités à un degré égal. 

Les formes des noms verbaux que Ton retrouve le plus co mmunément 
sont celles des verbes dérivés des 2^, 3^ et 8^ formes (1). 

[Voir le tableau ci-après.) 

(i) Dans le tableau suivant, nous appelons lettres formatives non pas celles 
qui viennent s'ajouter à la forme dérivée du verbe pour constituer le nom 
verbal , mais celles qui s'adaptent à la racine elle-même pour composer ce 
substantif. 



I 



— 85 - 



Tableaa des principales formes de.4 noms TerbauT proTcnant des 

verbes dérivés. 



NUMÉRO 

de la 
FORME. 


LETTRES 
FOKMATIVES. 


EXEMPLES 


SIGMFICATION. 


FORME 

(l'(jù le 

substantif 

(U-iive. 


SIGNIFICATION. 


RACINE 

<iu 

VERBE. 


2* forme. 


f 


1 1 




En.seigncmcnt. 
Action de livrer. 


& 

V"*^ 


Enseigner. 
Livrer. 












Combat. 


S^'J 


Combat lie. 


Jji 


3* forme. / 5 


..'.'• 


lLi^^ 


Dialogue. 


^oU 


S'entretenir; 


, .U 


I 

8* forme. < 


' . = J 


j\^:\ 


Victoire. 




Vaincre. 


^i 


) * 

1 






Gloirn. 




Être glorifié. 


1 



Les noms d'action des verbes irréguliers suivent les mêmes règles ; la 
seule différence qu ils présentent provient de l'observation des principes 
de mutation des lettres ^ j ^, lorsqu'elles se combinent avec les sons 
voyelles, ou avec les consonnes faibles. 

30 Noms de métier. Les noms qui indiquent une profession se for- 
ment en arabe de deux manières : 

lo De la racine, par l'addition d'un 1 après la 2^ radicale que l'on 
redouble elle-même au moyen d'un *^ . Ex. : 



'- thabakh (cuire) ; 



jj^ çaraf (changer des espèces) ; 
y^ khabaz (faire du pain); 
Ju^ saqa (abreuver); 



^LL thabbâkhs (cuisinier). 
_^ir^ çarrâf (changeur). 

j'Jk khobhaz (boulanger). 

Liw saqqâ (1) (porteur d'eau). 



(i) Par suite de la lettre formative î qui vient précéder le ^ final de la ra- 
cine, cette dernière lettre se change en ). Il y a donc deux 1 dans le mot ^iv- 
et c'est ce qu'indique le signe '^ ; ce mot se forme donc régulièrement. 



— 86 — 

â'^ Du nom de la chose qui fait l'objet du métieVy par Tadditiori à 
ce nom de la terminaison ^^ âji, forme dont les Turcs se servent pour 

indiquer les noms de métier et qui est empruntée à leur langue par les 
Arabes. 

^^^^ slahh-dji (armurier); de ^^.^^ slalih (armes). 
^;3r^'L,s:s. /i/iam7??d?7i-f/j/ (baigneur) ; de >lo^ hhammâm (bain). 

Il est à remarquer que les Arabes donnent souvent la forme d'un nom 
de mélier aux substantifs qui s'appliquent à un dr'faut passé en habi- 
tude. Mais, dans ce cas, ils emploient uniquement la première forme in- 
diquée ci-dessus [^\ "^ *)- ^^' • 

^L^ sarrâq (voleur); de ih^^ ^''"'jf (voler). 

v^ilS' keddâb (menteur); de v^Ji* kdeh (mentir). 

40 No3is d'unité. On peut réduire, en arabe, certains noms qui ex- 
priment un genre entier, com.me ^jj ouard (rose), à une idée d'unité, en 
ajoutant à la fin de ces noms un L Ex. : 

ùy^ ouard (rose); 0,j ouarda (une rose). 

J..^; baçal (oignon); il>^ baçla (un oignon), 

^fi teffakh (pon,me) ; ^I; Uffahka (une pomme). 

Les noms d'espèce entière qui se terminent déjà par un i, ne sont pas 
susceptibles d'exprimer l'unité par l'addition d'un nouveau i. Il faudra 
alors les faire précéder du mot J-:^L ouahhad (un), au féminin, iJJ^ij 
ouahhada» 

50 Noms diminutifs. En français, nous ajoutons au substantif une idée 
de petitesse et de grâce par l'addition de la terminaison e^^e. Ex.: fille, 
fillette. 

Les Arabes ont aussi, dans leur langue, un moyen de rendre cette idée de 
petitesse gracieuse; mais ils ne l'enjploient que dans le style familier, et à 
l'égard de certains mots qui sont d'un usage très-commun. 

Pour donner, en arabe, à un nom le sens diminutif dont nous parlons, 
on ajoute un ^ après la deuxième radicale. Ex. : 

M 

ïlfL thofla (une jeune (iHe) ; ^V:f^ thofila (une jeune lillclte). 
v^.^Ji' kelb (cliien) ; ^^J^ kle'ieb, (petit cbien). 



— 87 — 

Mais il convient d'observer que tous les noms arabes ne forment pas leur 
diminutif absolument de la même manière, à cause, soit des signes orlho- 
grapliiques qui les surmontent, soit des lettres /"aiô/es qui entrent dans le 
mot. Ainsi: 

!« Les noms de ^ro^s lettres essentiellement consonnes ^ qui onileuv seconde 
radicale surmontée d'un *^ , dédoublent la lettre qui reçoit le * et inter- 
calent entre les deux lettres ainsi sépai'ées le ^, signe du diminutif. 

2w:>. djarra (une jarre); s^ jçv djarira (une [letite jarre). 

2° Les mots de plus de trois lettres dont la 5^ est déjà un ^, redoublent 
ce ^ au moyen d'un ** . 

ii^^ dqiqa (une minute) ; '^^^^ dqeïqa (une petite minute). 

3" Les mots de trois lettres qui ont pour médiate un i, forment leur di- 
minutif en changeant cet I enj, et en ajoutant, après le j, le ^ indicatif de 
la forme. 

jb f?rtï* (maison) ; SvJj^) f/ou/m (maisonnette). 
V )L) bab (porte) ; s .o ^ bou'ïeb (petite porte). 

Le diminutif peut lui-môme quelquefois être ramené à un diminutif plus 

petit encore, et devenir ainsi un diminutif du diminutif. 

„ .• •• 

^jj ouard (rose); sJjjj ouarida (une petite rose); i^)yj ouaréida 

(une toute petite rose). 

G" Noms de lieu et de temps. Les noms qui indiquent le lieu ou le temps 
se forment, en général, de la racine, par l'addition d'un ^ avant la première 
lettre. 

^.^^ ouedha" (placer); ^L^y moudha" (place), lieu oiî l'on est. 

^f>. djera (couler); ^^' medjri (courant), lieu où Teau coule. 

Jjj nezel (descendre) ; Jv-* menzel (demeure), lieu où l'on habite. 

V }yà rharab (s'éloigner); ^S^ morhrah (occident), lieu où le soleil 

disparaît, ou temps où il se couche. 

70 Noms de l'instrument. Les noms d'instrument peuvent avoir deux 
formes. 

li'e forme. ï ^ ^ , ^ Ex.: i? Ja^ mathraqa (marteau); rac.^^^ //larflç (frapper). 
Î2« forme. J ^ , ^ Ex. : J^ meftahh (clef) ; rac. ^ ftahh (ouvrir). 



.•« 



— 88 - 

§ 2. — GENRES DES SUBSTANTIFS. 

Il y a deux genres en arabe : le masculin et le féminin, 

1"* DU FÉMININ. 

Il n'est pas plus possible en arabe qu'en français de donner des règles ab- 
solues pour indiquer quels noms sont masculins , quels autres sont fémi^ 
nins. Cependant l'on peut dire que le signe du féminin est la terminaison 
ï, car c'est par l'addition de cette lettre que l'on forme, le plus souvent, le 
féminin des adjectifs, et que Ton fait de certains substantifs masculins, des 
substantifs féminins. 

On reconnaît toutefois que les noms sont féminins : 

i° Lorsqu'ils ne peuvent se rapporter qu'à un être femelle; 

Ex. : ;js^ a'djouz (vieille femme); ^\ omm (mère) ; 

2" Lorsqu'ils sont terminés par un ij, un 1, ou un ^, en un mot lorsque 
leur son final est celui de Ta: 

Ex. : ^ij rahha (repos); 'SJ:» chta (pluie) ; ^^c^. hhamma (fièvre) ; 

M 

5° Lorsqu'ils indiquent des parties du cor^^s qui sont doubles; 
Ex, : Jj ied (main) ;^^^ a'in (œil) ; J^j ridjil (pied) ; ,^'«-^ ^àq (jambe) ; 
A'^ Lorsqu'ils désignent des 720ms de villes ^ de pays, de lieu ; 

^Lij ouahrân (Oran) ; ^r^y tonnes (Tunis); ^^.c^ maçar (Egypte). 

20 DU MASCULIN. 

Sont masculins, tous les noms qui ne sont pas compris dans les quatre 
séries ci-dessus, à l'exception toutefois de quelques mots que l'usage ap- 
prendra, et parmi lesquels nous citerons: 

jaA ardh (terre) ;j\:> dar (maison) ; ^y^^ chams (soleil); v jL hâh 

(porte), etc. 

Un certain nombre de substantifs masculins peuvent devenir féminins 
par l'addition de la lettre ï, lorsque le substantif se rapporte à un genre 
pourvu de sexe. 



— 89 - 

y.,,^ kelh (chien) ; 'i^à kelba (chienne). 
^oc a'oud (cheval); 5.5^ d'ouâa (jument). 

Mais cette règle est loin de s'appliquer à la totalité des substantifs. Il 
en est, au contraire, dont le masculin n'a aucune ressemblance avec le fé- 
minin. 

J^, radjel (homme); ïy mara (femme), 

La pratique seule pourra apprendre dans rpiels cas le féminin peut se 
former par l'addition du i ; dans quels autres, il ne le peut pas. 

§ O. — NOMBRES DES SUBSTANTIFS. 

La langue arabe comporte trois nombres : 

Le singulier qui exprime l'unité d'un objet ou d'une espèce; 

Le duel qui montre que le substantif est approprié à deux personnes ou 
à deux choses ; 

Le pluriel qui indique que l 'objet est en nombre supérieur à deux. 

Le singulier n'oiïre d'autre difficulté que celle de sa forme et de son 
genre ; nous venons d'en parler. 

1» DU DUEL. 

Le duel est très-peu usité dans l'arabe parlé; son application est res- 
treinte, le plus souvent, aux noms qui désignent les parties doubles du corps 
et à quelques autres mots d'un emploi très-fréquent. 

Le duel se forme par l'addition au singulier de la terminaison ^, 
que l'on prononce eïn, ce qui la distingue de la terminaison ^^^ des pluriels 
réguliers que l'on prononce în. 

Jj ied (main) ; (vT?.^. «'^^^^""i (deux mains). 
J.9.J radjel (homme) ; ^j^j radjeleïn (deux hommes). 

^U a'am (an); /v^rr*'-^ o"ame'm (deux ans). 

y^ chahar (mois) ; /.rf. K'^ chahareïn (deux mois). 

>y ioum [iouv]; tj^'^y 2owmeyn (deux jours). 

Si le mot que l'on veut mettre au duel finit par un ï, on change ce » en 
O, et l'on ajoute la terminaison ^^ e'in. 

ïL) leila [xixni] ; i^r::^ /e^7efe^■/^ (deux nuits). 

'iy> marra (une fois) ; ..y^f marrtem (deux fois). 



— • 90 — 

Si le mot nu duel est joint à Vun des pronoms af fixes de (a 2^ ou de la 5^ 
personne, on sujjprinie le m linal du duel. On dira donc: 

sjX'wO 'iedik (tes deux mains), pour v*.vj^-^ 'ïedèinak. 

à-Jw^ a'inih (ses deux veux), — a;^^ a'ineïnho. 

jGjo î'edikoum (vos deux mains), — .^J.> ledeïnîcoiim, 

w^jw^ d'inihoum (leurs deux mains), — mA-^-^ a'ineïnhoum, 

MaiSj comme nous l'avons dit, Tappiication du duel est d'un usage très- 
restreint dans le langage parlé, et limité à une vingtaine de mots qui re- 
viennent sans cesse dans hi conversation. 

Pour les substantifs qui ne se trouvent pas dans cette catégorie, on se 
sert, pour exprimer l'idée du duel, du mot ^j\ zoudj (deux), suivi du plu- 
riel du nom. 

Ex. : vJ!^;~> '*j\ ~oudj hiout (deux chambres). 
J'jb ^a", rouf/j 6er/îd/ (deux mulets). 

2° DU PLURIEL. 

Le pluriel des noms en arabe est régulier ou irrégulier. 

r PLURIEL RÉGULIER. 

Le pluriel régulier se forme du singulier par l'addition de la terminaison 
,.^ m, pour le masculin, et c^i ât, pour le féminin. 
. Ces pluriels sont, du reste, rares^ et l'immense majorité des substantifs les 
ont irréguliers. 

Le pluriel régulier n'est, en général, applicable: 

Le pluriel masculin par ^ qu'aux noms de métier de la forme ^ i ^ ^ . 

Ex.: Ju=s^ hhammâl (porteur), vJl!!i^ hhammâlîn (\)or[eiivs); 
j.s:-' neddjar (menuisier), y^ls:^ neddjârtn (menuisiers; 

Le pluriel féminin par O' «^ 

lo Qu'aux substantifs terminés par la lettre ê, qui se rapportent à un objet 
du sexe féminin : 

SJi' kelba (chienne); C^LlS' kelbat (chiennes); 



— 91 — 

2* Qu'à certains noms terminés également par 'i, el qui indi(iuent des 
objets non pourvus de vie : 

'Lt>y3 farcha (lit), cJ^\^ farduH [Vus) ; 
5<* Qu'aux diminutifs de noms, qu'ils soient masculins, ou féminins; 

i yi ^=^ Jja /• / ra ( p e l i te j a r r e ) , p lu r . vj^ ^J^.J^ ^^^ ^' '' "'" ' • 

i^-^i qbiba (petit dôme), vJl^L-^ qbihnt. 

v...^ a,j 6o?<ïr6 ( petite porte), o'-'-^.j^ bouibdt. 

5\j«>) (/uia'ra [petite maison), sO^tJ ««^ douîràt. 

2<J PLURIEL IRRÉGULIER. 

Excepté pour les substantifs dont nous venons de parler, et encore ces 
règles ne sont-elles pas sans exception, les pluriels sont irrrfinliiirs. 

Il faudra donc, dès le commencement, s'appliquera retenir les formes 
principales de ces pluriels, et Ton verra bientôt que la difficulté qui pro- 
vient en arabe de leur connaissance, n'est pas aussi grande qu'elle le paraît 
dès l'abord. Il y a en effet, pour la formation des pluriels, des points de re- 
père que nous allons signaler, et au moyen desquels, lorsque l'on aura 
gravé dans sa mémoire le pluriel d'une centaine de mots, on trouvera ins- 
tinctivement, pour ainsi dire, les pluriels inconnus. 

Les tableaux ci-après faciliteront cette étude en indiquant les principales 
formes des pluriels irréguliers. 

lo SUBSTANTIFS AYANT trois ktiveS AU SINGULIER, 

/ Les substantifs qui ont :i r ^j^ djebel (montagne), jLo^ 

I leur singulier trois lettres es- 1 .^ ..^ 

' ^^^^' jsentiellement conson7ï€s, for-/ ^"^'^ l /' V^"^ 

J^ \ment en général leur pluriel \ J^ .^jj,^ (homme), JU^ 

jpar l'intercalalion d'un ■ | 

Ventrela 2e et la 3e radicale (]).' [j)}j ^'^'^^ (bien), ^Mj 



(i) Souvent aussi par l'intercalation d'un j ; Ex. : «.^U qalb (cœur) ; pi. 

v_U5 qloub (cœurs); Jo^ cljnahh (aile); pi. r-j^ djnouhh (ailes); ^ ^i> 

choqf (navire), pi. ,^^ chqouf; .^-b a'qd (contrat); pi. Juis eu'qoud. 



— 92 -^ 



Les substantifs de trois 
iletlres au singulier, dont la 

2« forme, {seconde est un '.forment leur 

,. j 1 pluriel en remplaçant I'^ par 
' un ^^, et en ajoutant à la fin 

^du mot la terminaison M'^ 



.b bâh 



àLw sâq 
jU nâr 



ar 



(porte), 
(jambe), 
(feu), 
(rat), 






3e forme. 



Les subst. de trois lettres, 
dont la Ire ou la 2e est un 
j, et les autres desconsomies 
t^ pures, forment leur pluriel, 

jpar l'addition de deux '» l'un 
'au commencement, l'autre 
.avant la dernière lettre. 



XJ^ oueled (fils), 
ouaqt (temps), 

sour (rempart), 



X 



-y mouclj (vague), 






4e forme. 






Les substantifs de trois 
ilettres, dont la 2e est un ^, 

et les deux autres des con- 
\ sonnes pures, forment très- 
souvent leur pluriel par l'ad- 
dition d'un » après le ^- 



^r* cheikh (vieillard), 
^^^^ sif (sabre), 
^^ a." in (fontaine). 



yJs their (oiseau). 



t^ 



C ^-^nt 






9o 



SUBSTANTIFS AYANT quatre lettres au singulier, 



Les substantifs ayant au i 
Ire forme. ] pluriel quatre lettres essen- 
tiellement consonnes, forment^ 



lt 



\»w» 



leur pluriel par l'addition 
'd'un 1 après la 2e lettre. 



^\**4^ mesken (demeure), -^L 
^J^ ?n^<:/6a/i/i (abattoir), 



_^Sy» merheh (navire), 
^ JL* mathrahh (endroit), 






,J.3rNl2w kheikhel (anneaux), J.; 



V 



Lk. 



^=^^<dk. 



1* forme. 



Les substantifs de quatre 

lettres, dont la 2e e.«t 1, et les 
autres des consonnes pures , 
•1 \ forment le plus souvent leur' 
pluriel par l'intercalation 

d'un « avant 1''. 



\ /oL=k. cljâneb (côté), 

,_^9^Us^ hhâcJjeb (sourcil). 



ô'Ld^ khâtem (anneau), 



•>\. 



V..^ loTS. 



'J^ 



a^s'^a. djâma" (mosquée), ^^ 



ft^N. 



J\ 



V 1-^=!^ 



93 — 



Les siibstanlifà de quatre 

lettres, qui s'aijj)liquent à des 

3e forme. | noms de plantes, ou à une 

espèce, et qui se terminent 

^JJ jpar ï, forment leur pluriel 

'en supprimant celle dernière 

jeltre (I). 



hj^ ouer(fa{{e[ù\\e)y 

y3r=^ /i/jaf/j'ra (pierre), 

'i}jS foula (fève), 

llsr^ nakJila (palmier), 






Les subst. de quatre lot- 

itres, dont l'avanl-derniùre 

4e forme, j^^^ ^^^ \^ ^,^^^ aucune ri-gle 

de fornialion pour leur plur.; 

ce sont les plus irrég. de la 

'langue arabe. On peut en 

Juger par ces exemples. 






V >L:^ kitâb (livre), 

^j^ (Jjenân (jardin), 

^usw cljouâb (réponse), 

, ^U lebbâs (vêtement), 






30 — SUBSTANTIFS AYANT Cinq lettres AU SINGULIER. 



Lessubstantifn qui ont cinq /■ 'i^^^,J fâkeha (fruit), 
lettres au singulier, et dont ( 



^\^ 



•Lfj> 



la seconde est un ^ forment \ ^j^y^^ ?idmoU6^ (moustique), ^--^^^ 

1 _1..„;„1 „„.. l'.wlrliCrïr» I 

^w^Lj nâqous (sonnette), ^^)y 
j^J'^cs. hhânout (boutique), C^ [j 
V lJI^'^ qânoun (règle), ^ 



l'c forme. I leur pluriel par l'addition 
d'un a devant l'I ; mais si ^ 
ravant-dernière lettre est un 
-, ce « se change en ^, en 

vertu des règles de la per- 
\ mutation. 



bâ. 



■AJ 



2e forme. 



Les subslanlifs de cinq 
lettre», dont les deux pre- 
imières sont essentieUement 

'consonnes, et la dernière '^ ) 
forment leur pluriel par l'in- 

lercalation d'un ' après la 
I deuxième lettre,et en suppri- 

,mant le 2 final. 



iisA" mkahhla (ïviiW) , 
ij wi-i morharfa (cuiller), 
'iiJ^ daqiqa (minute), 
I^"i rhan ima (butin), 






Nous sommes loin de prétende avoir énuméré ici toutes les formes de 
, pluriel; mais nous croyons avoir indiqué celles qui sont le plus frequem- 

(i) Ou pourrait dire aussi que le pluriel, dans ces substantifs, n;est autre que 
le nom collectif auquel on a ajouté au singulier un 5 , pour designer l unité. 
Voir, ci-dessus, page 86. 



— 94 — 

ment employées. iXoiis n\ivuiis eu d'autre intention que de jeter quelques 
jalons destinés, comme nous le disions tout à l'heure, à servir de points de 
repère aux commençants; à ce titre, nous les engagerons vivement à se 
graver dans la mémoire les formes principales des pluriels arabes qui 
viennent d'être indiquées. 

II est quelques autres mots pour lesquels le nombre des lettres est indif- 
férent et qui ont leurs pluriels uniformes. Nous allons les énumérer. 



lo Le pluriel des siibslanlifs 
diininutifs se forme par l'addi- 

lion de la terminaison w'' au 
singulier. Ceux (jui finissent 
par ?, suppriment ce 5 et se 
forment de même. 



V ^y boineb (petite porte), 

^ ^^k* mthirahh (petit endroit), •> 
L^j zaJie'ïra (pelite fleur), 
i^o koleïha (petite chienne), 



"j'wJ aJ 



! I 



.. .< 






2o Lei substantifs qui se ter- 
minent en rs.^ et désignent 



-sf^ thobdji (artilleur), 
\ 



„ . , . , \ ,-:^' ûii* ?»a(y /"ou W/i (cordonnier), 
une prolession, forment leur \^' ^' 

pluriel par l'addition d'un îç. I ^^)i^slahhdji (armurier), 



i.yjST' cJa 






.3o Los noms dérivés du turc / 
forment leur pluriel par l'ad- 

dilion de la termmaison C!^'j 
ouât, lorsque la dernière lettre 

est 1 ; si , au contraire , cette 
dernière lettre est un ^, par 

l'addition de la terminaison 

s«^i at. 



L^-b hacha 
Ul (1 ) arha 

^b dei 
Cu (2) beï 



(pachaj, 
(agha), 

(dey), 
(bey), 



P • I 



LU! 



Les Ai^abes d'Algérie donnent cette même terminaison de <1j\^ au plu^ 
riel du mot «^^.^ khalifa, dignité de Tun des principaux fonctionnaires 



indigènes. 



(i) On écrit ordinairement en algérie àil. 
(2) On devrait écrire rég^ulièrement 0X0. 



-O'S'-e- 



95 — 



GHAPITAE II, 



«♦«e< 



DE L'ADJECTIF. 

Forme des adjectifs. — Genves des adjectifs. — Nombres des adjectifs. 
Des degrés de comparaison dans les adjectifs ; du comparatif; 
du superlatif absolu et du relatif. 



■^< ig 



L'adjectif est un mot qui se joint au substantif pour en exprimer la qua- 
lité, ou en déterminer le sens; il sert par conséquent à ajouter au nom une 
qualité qui peut appartenir à des êtres de différentes natures. 

Dans l'adjectif, comme dans le substantif, trois choses sont à con- 
sidérer: 

1" La forme; 
2^ Le genre; 
3*^ Le nombre; 

§ \^\ — FORME DES ADJECTIFS. 

Les adjectifs ont, ainsi que les substantifs, des formes différentes; mais 
ces formes ne présentent pas la même variabilité, la même difticullé, par 
conséquent, que dans les noms. 

On peut réduire à cinq les formes des adjectifs; nous ne comprenons pas 
toutefois dans ce nombre les adjectifs verbaux ou participes présents, ni 
les participes passifs, dont nous avons déjà parlé, en traitant des verbes. 

Nous nous bornerons à rappeler ici leur forme. 



— 96 ~ 

,_^[^ kâteb (écrivant), participe présent de 

^j^i^^ maktoub (écrit), participe passif de 
^jL^ dhareb (frappant), participe présent de 



"/ 



^Ca,a 



??iaJ,'iroit6 (frappé), participe passif de 



} y^ 



Les adjectifs verbaux et les participes passifs exceptés, les formes des 
adjectifs se réduisent à cinq. 

Afin de mieux faire comprendre comment ces adjectifs dérivent de la ra- 
cine, nous continuerons à indiquer par ces trois signes ( ^,^) les lettres ra- 
dicales et à ne représenter que les seules lettres serviles dans la position 
qu'elles doivent occuper par rapport aux lettres radicales. 

lr< forme. ( ^ - ^ , ) S::^ djemil (joli), racine J-ks^. 

2e forme. ( ji , . ^ ) jl^^^v? farhhân (joyeux), — ^^ 

5c forme. ( , ^ ^ M j-^^^^ akhdhar (vert), — yccà. 

4e forme. ( ^ * » , ) ^^ d'qli (spirituel), — Ji^ 

5e forme. ( ^ ^ . ^ ) J-;ï^ djemei'el (gentillet), — J. 



I^s^ 



1''^ FORME. Après celle des adjectifs verbaux, la forme d'adjectif la plus 
commune est celle qui s'obtient par Taddition d'un ^ entre la 2^ et 
la 5 ^radicale. 

yJco çerhir (petit), de jx^ 

, »^oug dha'if (ffiible), de a3Utf> 

*Jss a"c?/i2"m (excellent), de Ji^ 

Cette forme d'adjectif indique une qualité permanente. 

Dans les trois exemples que nous venons de donner, les adjectifs déri- 
vent de verbes réguliers. 11 convient d'examiner maintenant quels change- 
ments peut apporter la règle de mutation des lettres I j ^ dans ceux qui 
proviennent de verbes irréguliers. 

i*» Si le verbe duquel est formé l'adjectif est un verbe concave par j , 
comme JLL thaï, aoriste J^-Saj, le j radical reparaît dans radjectif. Il ne 
faut pas oublier, en elfel, que l'I qui se trouve à la racine des verbes con- 
caves n'est là que pour un j ou un ^. Ex. : 

Jjj.^ thouil (long), de JLL 



- 97 — 

2" Si le verbe duquel dérive l'adjectif est un verbe concave par ^, 
le ^ radical se joint à celui de la forme, au moyen d'un *'. Ex. : 

V ^Zh thai'eb (bon), de v jL», aoriste v^^^J^j 

5*^ Si l'adjectif provient enlin d'un verbe assimilé^ il se forme régu- 
lièrement. 

J.Jj oukil (mandataire), de Ji^ 
,^_^^^^ ouf// (esclave), de .^^^y^j 

2^ FORME. Les adjectifs de la deuxième forme se distinguent par l'ad- 
dition de la terminaison jl an, à la racine du verbe. 

^L^^ farhhân (joyeux), de ^vf 

^Lxai rhaclhbân (colère), de ^.^^.^-^^i 

>L5lu sekrân (ivre), de SL> 

Nous ferons observer que, différente en cela de la première, celle forme 
ne s'applique qu'à des adjectifs qualifiant un état mûmentané. 

5^ FORME. Les adjectifs de la 5*^ forme, sont d'un usage très-restreint, 
puisqu'ils sont, pour ainsi dire, exclusivement réservés aux adjectifs qui dé- 
signent une couleur ou une difformité. Ils correspondent à la 9" forme du 
verbe dérivé, avec cette différence qu'ils suppriment le *^ sur la dernière 
lettre. 

J.sr- 1 alihhal (noir), racine J^ 

wfol açfar (jaune), — vfo 

^yj\ azraq (bleu), — ^jj 

JjCi.1 ahhoual (louche), — j''-^ 

/jiji?! athroch (sourd), — uM' 

^\ a" ma (aveugle), — ^^ 

4« FORME. Les adjectifs qui s'obtiennent par l'addition de la finale ^, 
désignent, le plus souvent, une qualité considérée par rapport à un pays; 
par exemple, une qualité d'origine, de nationalité. Cette terminaison ^, 

7 



- 98 — 

correspond donc à noire terminaison ien, dans les mots : algérien^ pari- 
sien. Ex. : 



CyA'y^ djezairi (algérien), de j^.W 

JL5)_3 ouahrâni (originaire d'Oran), de jl/'j 
JLJCj' tlemsdm (originaire de Tlemsen), de j'-^' 

Si le nom de pays dont il s'agit de faire un atljeclif se termine par un ?, 
on supprime ce ï. Par conséquent; de 

ïjAuJ qosanthina (Constantine), on fera ^J^;)^^ qosanthini. 
h\L annaha (Bône), — ^^^ annahi. 

ï:.Ai blidah (Blida), — ^-VV ^^^^^** 

Les adjectifs de la 4*^ forme servent aussi à détenniner des qualités im- 
matérielles. 

^jU-v- smaoui (céleste), de Us— sema (ciel). 
lis a'qli (intellectuel), de Ji^ a'qol (esprit). 

M 

Le proverbe suivant, dans lequel la forme des adjectifs se terminant en 
c se trouve également appliquée à des qualités d'origine et à des qualités 
immatérielles, indiquera mieux encore le sens général de cet adjectif. Voici 
ce proverbe : 

c^V"^ ^J"^ ^^ ^^ ^^ (') ^. 

hhardmi maçri choumi châmi tchalabi hhalabi 

voleur égyptien rusé damasquin petit-maître alepin 

C'est-à-dire : L' Alepin est petit-maitre, le Damasquin rusé, TEgyptien 
voleur. 

5e FORME. Nous avous VU, Gh parlant des substantifs, que Ton pouvait don- 
ner à certains noms une forme diminutive par l'addition d'un ^ après la 
deuxième radicale. Cette forme diminutive peut également être adaptée 

(i) Mot persan usilé seulement en Orient. 



- 01) — 

aux adjectifs (mais seulement à ceu\ de la luime J^9^ djemil)^ en redou- 
blant le ^ au moyen d'un " . 

Jw^o^ âjemil {gentil) fera donc Sl^ djeineiel (gentillet). 



vJLo çerhir (petit) 



j-^wxo çerheïer (tout petit). 



Nous ajouterons qu'il y a une dizaine d'adjectifs dont le diminutif se 
forme, en Algérie, d'une manière tout à fait irrégulière. Tels sont, par 
exemple : 

j^'J qâder (puissant), qui faitjw^jji (J) qouider, 
^j^\ asouad (noir), qui fait ^yj.^ souioud. 

§ 2. — GENRE DES ADJECTIFS. 

Pour les adjectifs, comme pour les noms, il n'y a en arabe que deux 
genres : le masculin et le féminin. 

Le féminin de tous les adjectifs verbaux et autres, sauf toutefois ceux 
que nous avons compris dans la ô" forme, et qui qualifient les couleurs ou 
les difformités, forment leur féminin par l'addition d'un 'i. 



lï^e forme. 



IMasculin. 

y^ kbir (grand), 

^Jis adhîm (supérieur). 



L r)'-^^ f(i^^hhân (joyeux), 
2e forme. ) 

( r)'-:-^ rhadhbân (colère), 



4^ forme. 



^jAj^ djezairi (Algérien), 



v^' 



>J LamvS.' 



1j i/em5d/iî (de Tlemsen), 



5e fo 



l J-r,-*^ djemetel (gentillet), 
l wjt^ çerheïer (tout petit), 



reminin, 
ïy^ kbir a. 

'i-^Jhz. a"dhima> 

hlsi^jB farhhdna, 
iol.wv:^ rhndhbâna. 

è 

hji ^j^ djeza iria . 

jLîLvvsij* tlemsânia. 
ti 

ÏA^ms^s. djeme'îela. 

.• '" 

ïyJLo çerheiera. 



(i) Employé seulement coinmë nom propre» 



— 100 -- 

Les adjectifs de la 5' forme font, comme nous venons de le dire, exception 
à cette règle. 

Le féminin de ces adjectifs s'obtient parla translation de 1'! initial à la 
fin du mot. 

Masculin. Féminin. 

jia^l abiodh (blanc), 'ucao bidha (blanche). 

^^1 asouad (noir), t^^^ souda (noire). 

yc^\ akhdhar (vert), î^.;sâ. Â;/ioJ/ira (verte). 

j^^\ ahhmar (rouge), \^^^ hhomra (rouge). 

§ 3. — DU NOMBRE DANS LES ADJECTIFS. 

Dans l'usage oral, les adjectifs n'admettent que deux nombres: le sin- 
gulier et le pluriel. Quant au duel, il est complètement inusité; on ne le 
trouve employé que dans le style épistolaire et dans les actes des kadis (1). 

Nous n'avons donc à parler ici avec quelque développement que du 
pluriel. 



(i) Nous avons vu plus haut, en parlant du substantif, que le duel se for- 
mait, d'après les règles de l'arabe grammatical, par radclition au singulier de 
la terminaison »i pour le nominatif, et ,.^ pour les autres cas ; que cette 

dernière terminaison était généralement adoptée dans l'usage sans distinction 
de cas. 

Nous avons ajouté que lorsque le mot qu'il s'agit de mettre au duel est 
terminé par un ï, ce i^ se change en ^l^; qu'enfin, lorsqu'à un nom au duel 
s'adjoint un pronom affixe, le j final du duel disparaît. 

Ces règles sont applicables aux adjectifs. 

Eien que, dans l'usage oral, le duel soit inusité, cependant, comme dans le 
style épistolaire, dans les manuscrits et dans les actes des kadis, on peut être 
exposé à le rencontrer, il est nécessaire d'en connaître la forme et les règles. 
Les exemples suivants montreront l'un et l'autre. 

Eu ouvrant uc acte de kadi, nous trouvons d'abord l'exemple ci-après : 



chekidi-h bi-mohhdhar hhadhar 

de ses deux témoins ea présence a comparu 

Dans cet exemple, le mot ^,^;^ est pour ^iX^^, ^^ r) ^ ^'^ supprimé 



- 101 -- 



Pluriel dl«A Adjcctiffl* 



Pour les adjectifs, comme pour les noms, les pluriels sont réguliers ou 
irréguliers. 

Pour les adjectifs, comme pour les noms, les pluriels réguliers se forment 
par l'addition de la terminaison ^ în, pour le masculin, et w>l ât, pour 
le féminin. Ajoutons toutefois que daiis l'usage oral, on emploie la termi- 
naison ,.y pour les deux genres. 

Les pluriels réguliers s'appliquent à un très-grand nombre d'adjectifs, et 
entre autres à tous les adjectifs verbaux. 

ji^ Jcâteb (écrivant), r.^^ kâteb-în. 

'^ maktoub (écrit), rj^T^ maJdoub-în, 



j^\j nâçer (défenseur), ^j y^U nâçer-în. 

yj^x.i mançoitr (vainqueui'), ^jy^^ mançoitr-în. 

Quant aux adjectifs des cinq principales formes dont nous avons parlé 
ci-dessus, tantôt leur pluriel est régulier, tantôt il est irrégulier. 

r Le pluriel des adjectifs / ^^S kbir (grand), XS 

Iro forme. Lje la forme ,^ s'ob- ^"" , . ^ I . 

. ' , , , >• , { yS^ çerhir petil), ^L*-^ 

^^ 1 tient, le plus souvent, en j > " \i ' > 

changeant le ^ en i. ( ^^s qçir (court), jU^9 

•t ^ 

Les adjectifs de la,' ^[^^5 farhhân (joyeux), .^l^j3 
2e forme, (for^e ,.y^=^,^ ont leur 



< ^ >• ( ,.v-' v^ a" ricin (nu), .'H^r^ 

.Vs-cs. 3 1 pluriel formé régulière- i \J -J w •> 

^* (ment. \ rj'-T^ rhadhbân (colère), ^Liià 



parce qu'il est suivi du pronom affîxe i ; à^^^-^^-^ est au génitif, parce qu'il est 
»e. 

Autre exemple : 



régime. 



flâna al-oiilia U-dei chchîda-hou hhadhar 

une telle la daine devant ses deux témoins a comparu. 
Dans ce second exemple Ax^J:. est pour bJ^^^J:.; le j a été supprimé à 
cause de l'affixe ; mais le duel est au nominatif, parce qu'il est sujet. 



— 102 — 

3. forme. ( Les adjectifs de la^ J^^ '^^'^"'^^ ('^«ugn), ^^ 

» (forme v<s:^' rptranchenl) w^s^i akhdhar (verl), v^â. 

^ l au pluriel l'I initial, f t i . , 

\ ij^r^' a^iod (blanc), . ^ia.o 

-r Les adjectifs relatifs, ^U^^ a"qli (intellectuel), Lli:> 

4e forme, l qui ge terminent en c, \ ^. 

U forment lemM^luriel^^r S?>^.>> "^^'-^'^ (algérien), hjAy^ 

U'addition d'un 2. l ^j,lj ^^Z^;^- (citadin), h^h 

(Les adjectifs diminii- / -* , 

Ufs fomenlleur pluriel J^-^ t^rheïer (tout petit), ^^^ 

r^ j re'gulièrement. Ces plu- ] J-::^^ djoumetel {^eni'iWel), ^j^^'j^ 

riels sont peu usités. [ ^J fcomeis (même sens), ^j^/ 



Il faut observer qu'en Arabe , comme du reste en français, un grand 
nombre d'adjectifs, et surtout d'adjectifs verbaux, sont employés comme 
substantifs. C'est ainsi que nous disons: un pauvre, en sous-entendant 
le mot homme, et que nous formons de cette manière un nouveau sub- 
stantif. 

Lorsqu'en arabe un adjectif verbal est employé comme substantif, son 
pluriel n est pas le même dans les deux cas. Régulier comme adjectif, il de- 
vient irrégulier lorsqu'il est pris substantivement. Ex. : 

! écrivant (adj.), ij^^ katehîn (plur. rég.). 
écrivain (subst.J, 'w-'bS kettâb (plur. irrég.). 

( sachant (adj.), rj::^^^ a'âlemîn (plur. rég.). 
^ l savant (subst.j, IJ^ eu lama (plur. irrég.) 

/ cherchant (adj.), ^rrr:-'^ thalebtn (plur. rég.) 

^..^ Us ) 

I docteur (subst.), LJJs tholha (plur. irrég.) 



- 10:j 



«ES PEGRUS DE CO]fIPAT5AISO]V 



DANS LES ADJECTIFS. 



Les adjectifs sont destinés à exprimer des qualités qfli sont susceptibles 
de plus ou de moins. 

Ces qualités peuvent être considérées simplement, sans avoir égard à 
leur intensité; l'adjectif est nhrs nu positif; 

Ou en comparant le degré d'intensité qu'elles ont dans un sujet, avec ce- 
lui qu'elles ont dans un autre, l'adjectif est au comparatif; 

Ou comme atteignant un très-haut degré d'intensité, mais sans compa- 
raison; Tadjeclif est au superlatif. 

Nous avons vu Tadjcctif aupo527//'dans les différents exemples que nous 
avons donnés; nous passons donc immédiatement au comparatif. 

1» DU COMPARATIF. 

La forme des comparatifs est la même que celle des adjectifs de la 5^ 
forme, c'est-à-dire de ceux qui servent à désigner les couleurs. 

Les comparatifs s'obtiennent donc en ajoutant un \ devant la racine 
du verbe. 

jS\ akhar (plus grand), rac y^ 
JLo! açrhar (plus petit), rac. ji^ 

Il est, du reste, à remarquer que les seuls adjectifs susceptibles de prendre 
la forme comparative, sont ceux de la forme j.;^^, et certains adjectifs 
verbaux. 

Le que qui suit le comparatif se rend en arabe par la préposition ^ 

min. 



— 104 — 

" Cet homme est plus grand que moi. 

minn-i akbar cr-raâjel had] 



^ Cette femme est plus grande que toi. 
minn-ak akbar el-mra had 



Comme on le voit par le précédent exemple, le comparatif est invariable^ 
quel que soit le genre auquel il se rapporte ; nous ajouterons, et quel que 
soit le nombre. 

Le comparatif peut avoir, dans certains cas, le sens du superlatif. C'est 

ainsi que les exclamations suivantes : ^S\ i^\ allah akbar (Dieu plus 
grand), Jil àUS allah aa'lem (Dieu plus savant), signifient réellement: 
Dieu est le plus grand, Dieu est le plus savant. 

Nous avons dit, tout à Theure, que le comparatif des adjectifs de la 
forme y-^-sT, les seuls à peu près qui soient susceptibles de prendre 

la forme comparative, se formaient par l'antéposition d'un \ devant la ra- 
cine. Ex. : 

yS kabar (verbe), y^^'> kbir (positif), v^l akbar (comparatif). 

Cette règle s'applique aux adjectifs, qu ils dérivent de verbes réguliers^ 
ou de verbes irréguliers. 

Ainsi: '.-^''•;;^ hhabib (chéri), dérivant du verbe sourd ^^ hheubb 
(aimer), forme son comparatif comme il suit : ^^-^i ahheub (plus chéri). 

Ainsi : J^_J» thouil (long), dérivant du verbe J Js thaï, concave parj, 
a pour comparatif J^Jîl athoual (plus long). 

Ainsi, enfin : JU rhâli (cher de prix), dérivant du verbe défectueux 
Ji rhela (être cher), a pour comparatif : J^\ arhla (plus cher). 

Outre cette première manière de rendre le comparatif, on peut en- 
core l'exprimer par le positif, suivi de la préposition J^ a'ia (sur) ou 
^ Jbi aktar min (plus que). 



— 105 - 

Ces deux dernières manières de rendre le comparatif sont communes 
à tous les adjectifs, quelle que soit leur forme. On dira donc indis- 
tmctement pour rendre cette phrase : Kaddour est plus grand que Mo- 
hamed ; 

^^-.ssr'' ^.•> v^S 1 ,jj^ qaddour akhar min mohhammed. 

J^^s:-* As y^ s^^ qaddour kbir a'ia mohhammed, 

vXss-* f-r-* r^^^ v--^ )3^'^ qaddour kbir aktar min mohhammed. 

Les trois comparatifs meilleur, pis, moins, se traduisent : 

Meilleur, par ^*«=s^i ahhsan, ^^:L khcïr. 
Pis, par ^J1 aqbahh. 

[ Ji! aqal (s'il se rapporte à une quantité. 
Moins, par ' 

j jk^\ açrhar (s'il se rapporte à une étendue. 

Enfin, si moins se rapporte à un adjectif qualificatif, comme woms.^ayan^, 
on peut traduire la phrase de deux manières : 

1° En lui donnant le sens positif, au moyen d'une inversion. Ainsi, au 
lieu de dire: Moustafa est moins savant qu Ahmed, on traduirait : Ahmed 

est plus savant que Moustafa. 

• 

^fi2"«c* ^^ >Li ïlj .Xà^ ahhmed ra-hou aa'lem min moçthafa, 

2o En conservant à la phrase la tournure négative et en construisant au 
moyen du positif, précédé delà négation U ma (pas), et suivi de la con- 
jonction ^^^-^ ki f [comme) , exprimant la comparaison. C'est comme si 
• l'on disait en français : Moustafa n'est pas savant comme Ahmed. 

>Xs=îwl ^ <^.ù JU ^i>. ^tj U ^^lL^s^ moçthafa ma ra-hou chi a'alem 

kif ahhmed. 

2« DU SUPERLATIF, 

Le superlatif peut être absolu ou relatif. 

Il est absolu, lorsqu'il indique que la qualité exprimée par l'adjectif est 



— 100 — 

poussée à un Irès-haut degré , mais sans comparaison. Ex.: Ce tabac est 
très-bon. 

Il eiirphitif, lorsque dans la qualité exprimée par l'adjectif, et poussée 
à un très-liaul dojiré, il y a comparaison. Ex. : Ce tabao est le plus fort que 
j'aie chez moi. 

SiPERLATiF ABSOLU. Lo supcrlatif absolu se rend par le positif suWi de 
l'un des mots . a^Jb biz-zaf, ^ ktir, àjJuL) bil-rha'îa, w^U iâser, 
qui tous signifient beaucoup. Cette forme de superlatif est donc analogue 
à celle de notre langue : très-beau, très-grand^ avec cette différence que la 
particule très, au lieu d'être placée avant l'adjectif, est placée, en arabe, à 
la suite. 

Ce tabac est très-bon : ^^^ULj .^^ ^'ui.jJl !J-3> had ed-dokhân 
mlihh biz-zaf, — ce le tabac bon beaucoup. 

La langue arabe est très-difficile : ^'^^1-J ^ ^^r»-^ <=^r*'^ ^^^^^^ 

el-a"rbi ça'ib b-il-rhaïa, — langue la arabe difficile beaucoup. 

Superlatif relatif. Le superlatif re/a^// peut se traduire de deux ma- 
nières, dont la première est la plus usitée dans le langage ; la seconde, au 
contraire, est plus particulièrement réservée au style écrit. 

do Tous les adjectifs, à quelque forme qu'ils appartiennent, peuvent 
faire leur superlatif en plaçant Varticle Ji devant le positif, Ex. : .JJ' 

al~mlihh^j.SJ^\ al-khir, c'est-à-dire le hon^ le grand par excellence. Ex.: 

Ce tabac est le plus fort qui soit chez moi: ^JsLiJI «l. jj'wckjJi ij^ 
^Jj.; J^<w« Jl had ed-dokhân ra-hou al-qatha" elli ioudjed cî'nd-i, — 
ce le tabac est le fort qui se trouve chez moi. 

2" Les adjectifs de la forme y^ kbir^ qui, comme nous l'avons dit 

plus haut, sont à peu près les seuls susceptibles de former leur comparatif 
par l'addition d'un ! devant la racine, font leur superlatif en ajoutant l'ar- 
ticle J^, devant le comparatif. Ex. : 

Racine : jS ; adj. positif, k^; comp. jS\ ; superl. j^^^- 



— 107 — 

Cet homme est le plus savant : Az^\ ïK J.=Oi l-'^ had er-radjel 
va-hou al-aa'lem, — ce le homme est le plus savant. 

Il est à ohserver, que cette dernière manière de former le superlatif relatif 
est identiquement la même que dans notre langue. Nous disons, en eflet, au 
comparatif, plus savant , et au su[»erlatif le plus savant, c'est-à-dire que 
nous plaçons seulement, comme en arabC; l'article devant le comparatif. 



— 108 — 

APPENDICE 

AUX DEUX PREMIERS CHAPITRES DU LIVRE DEUXIÈME. 



Des noms de nombre. — Numération ; numératifs cardinaux (unités, dizaines, 
centaines, etc.). — Numératifs ordinaux. — Des fractions. — 

Des cas dans raral)e grammatical et l'arabe parlé. / 



-o-s-o- 



Avant de terminer lesdeuxpremiers chapitres du Livre II, où nous avons 
traité du nom, il nous reste à parler de deux points qui se rapportent à l'en- 
semble de ces chapitres, c'est-à-dire, aux substantifs et aux adjectifs. 

Ces deux points sont les noms de nombre et la déclinaison. 

Le motif qui nous porte à placer dans un appendice ce qu'il nous reste à 
dire sur les noms de nombre et sur la déclinaison, c'est que les noms de 
nombres ordinaux peuvent être considérés comme des substantifs, tandis 
que les noms de nombres cardinaux sont, au contraire, de véritables ad- 
jectifs. 

Quant à la déclinaison, elle concerne les substantifs et les adjectifs. 



SECTION' PRE]?IIERE. 

DES NOMS DE NOMBRE. 

Les noms de nombre servent à désigner une quantité ou un rang ; dans 
le premier cas, ils sont appelés cardinaux; dans le second, ordinaux. 

Nous parlerons séparément des uns et des autres après avoir dit un mot 
de la numération. Nous terminerons en ajoutant quelques observations sur 
les fractions. 



— 109 — 

§ l^*". — DE LA NUMÉRATION. 

Nous avons emprunté aux Arabes, qui eux-mêmes l'avaient puisé chez 
les Indiens, le système de notre numération, basé sur ce principe que tout 
chiffre placé à la gauche d'un autre chiffre est dix fois plus fort que ce 
dernier. 

Les chiffres arabes sont : 

i r r f û 1 V A ^ . 

1254567890 

Considérons un instant la forme même de ces chiffres. 

Le chiffre 1 est identique avec le nôtre. 

En renversant le \ arabe de cette manière (i— ), on voit qu'il présente 
une analogie avec noire 2 français. 

En renversant également le f (i^) et en supprimant la queue de ce der- 
nier chiffre, le même caractère d'analogie apparaît avec notre 3. 

En renversant le V comme il suit (> ), on remarquera encore une cer- 
taine similitude avec noire 7. 

Quant au ^, aiabe, il est, pour ainsi dire, le même que le nôtre. 

On voit, par ces observations, que nous ne nous sommes pas bornés seu- 
lement à emprunter aux Arabes leur système de numération, mais que nous 
avons même adopté la plupart de leurs chiffres. 

Les deux systèmes de numération, celui des Arabes comme le nôtre, 
reposent, ainsi que nous l'avons dit, sur le même principe. Par conséquent 
pas de difficulté. 

10 s'écrira \^ 

46 — f1 

107 — l»V 

18o0 — l^^» 

29,733 — ï^'/r^ 

« 

Il est donc inutile de nous étendre davantage sur la numération arabe; 
nous passons de suite aux règles relatives aux nombres eux-mêmes. 



^ 110 — 

§ 2. — NLMÉRATIFS CARDINAUX. 

lo Unités. Le tableau suivant indique les noms des neuf premières 
unités. 

l 1 Jjirs.!^ , ouahhad, un. 

C 2 ? ^ ;^ . ) deux. 



1 




^ (jr^'^ 


etnîn f 


) 


r 


5 


^î^ 


tlata, 


trois. 


f 


4 


àJ^^ji 


arba'a, 


quatre. 


Û 


5 




khamsay 


cinq. 



^ 6 h^ setta, six. 

V 7 Lu**. 56a"a, sept. 

A 8 iLoUj tmâ7iia, huit. 

^ 9 i!^3u*ô' fsa'a, neuf. 

Ces noms s'emploient indistinctement dans Tusage, pour le masculin et 
pour le féminin, excepté (1) : 

ô^\^ qui fait au féminin iJJ^!^. 

A partir de 5, les noms de nombres arabes se terminent par un i. Cette 
remarque nous conduit à une observation; c'est que toutes les fois qu'un 
nom d'unité, terminé par 'i , est placé avant le substantif, dont il a pour 
but d'exprimer la quantité, comme sept hommes, on doit supprimer dans la 

prononciation la lettre i. On écrira donc : Jl^^» l^^ et Ton prononcera 

seha!' ridjal (sept hommes); J'^fLl àj'& et Ton dira tlat ethfâl, et plus 
ordinairement : telt ethfâl (trois enfants). 

Toutes les fois, au contraire, que le nom de nombre est placé après le 
substantif dont il exprime la quantité, ou que ce substantif est sous-entendu, 
on doit faire sentir le son du ï. 

(i) C'est absolument comme en français où, dans les nombres cardinaux, il 
n'y a aucune distinction de genres, excepté pour un qui fait une au féminin. 



— 111 — 

Combien y avait- il criiommes cIkîz lui? cinq: ^Xs^ \y^ ^^!ji 
Wissw J1-9M qaddach kânou d'nd-ho ridjal khamsa, — combien élaienl 
chez lui hommes ? cinq. 

Remarques. 1" Une règle assez inexplicable de la langue arabe veut 
que Ton ne mette au pluriel le nom delà chose nonibrce, que lorsque le 
nombre ne dépasse pas dix. Au-dessus de dix, on met le substantif au 
singulier. 

On dira par conséquent : Jl^^j ii^^- sit ridjal (six hommes), au plu- 
riel; et J-çi.» i-}^ j^ a'chrin radjel (vingt hommes), au singulier (i). 

2° Les mots ^j\ zondj et ^--J ' etnîn, quoique signifiant également deux, 

ne s'emploient pas indistinctement. 

On se sert de <^^j, dont le sens propre est im couple, toutes les fois qu'il 

n'est pas joint à des dizaines ou à des centainesy etc. Ex. : 

wJ-^^i ^jj zoudj klab (deux chiens). 
L*o ^jj zoudj nissa (deux femmes). 

Dans le cas contraire, on emploie le mot ^.:^Ji elnîn. Ex.: 

Dans quarante-deux jours : ^^j i-ri:^) J c.^rr^^ '^'^^ ^^"^ clnin 
oua arba'in ioum, — après deux et quarante jours. 

2^ Dizaines. Dix se traduit en arabe par ï^uo a'chra. 

Quant aux autres dizaines, depuis viiigt jusqu'à quatre-vingt-dix inclu- 
sivement, elles se forment par l'addition de la terminaison ^^ in au nom 

des unités dont on a soin de retrancher toutefois le i final. 

Trente : ,.>-^"^o tlalîn, de 'i3)^ 

Quarante : iJ':^^J^ arba'în, de '^^j^ 

1 ■• ' 

Cinquante : ^^v**.^ds. khamsin , de à-**<sii. 

Soixante : i^rrr** settîn, de ^^^ 

(i) Voir cppeiulanl pi^ie 117 ci-après. 



— 112 — 



Soixante-dix : 
Quatre-vingt : 
Quatre-vingt-dix 



».otA^ shcî îHf de <>ju*c 
jLoJ tmânîn, de à^UsJ 



(jr; 



j^^ju*.y tsa"în, de ïxv«j* 



Les unités qui peuvent se trouver jointes aux dizaines, depuis t/n^i jus- 
qu'à ceiU se rendent, comme en français, en ajoutant au nom de la dizaine 
celui de Vunité^ mais avec celte différence que l'unité, au lieu d'être expri- 
mée après la dizaine, s'exprime avant elle en arabe. On ne dira donc pas 
vingt-un^ mais un et vingt. Ex. : 

Yingt-un : ^ijLs, j Jo^^ij ouahhad ou a'chrin» 
Trente-deux: ^;.^^*j ^•r,r^^ ^i^în ou tlâtin. 

Quarante-trois : {J^f^J^ J ^^^^* ^^^^^ ^^ arba'in. 

Cinquante-quatre: ^j-^:^^^ j ^Jjt arba"a ou khamsin. 
Soixante-cinq : ij^ j i^^ khamsa ou settîn. 

Les règles qui s'appliquent aux nombres depuis dix, jusqu'à vingt ne 
présentent pas la même régularité. Ces nombres étant, après les unités, 
ceux qui sont le plus communément employés, ont subi, précisément pour 
ce motif, une altération plus grande dans l'usage. Les Arabes, ne voulant 
pas s'assujettir à reconnaître la distinction consacrée par l'arabe régulier, 
entre le masculin et le féminin, ont fait pour chacun des nombres depuis 
Vd jusqu'à 20, un nom particulier qu'ils adaptent aux deux genres et qui 
est le résultat d'une contraction, comme il est facile de le voir. 

Le tableau suivant présente en regard les noms adoptés par l'usage pour 
ces nombres, et ceux qui sont consacrés par la grammaire. 



Langue parlée. 



Langue régulière* 







Masculin. 


Féminin. 


11 


^ij-cs-l ahhdâch. 


jL^ J.2».) 




12 


/ .i'jj'i etnâch. 


Jui Ijj'i 


?Ju2 L;:;j'! 


15 


«M 

/jijjj* tlettâch. 







113 — 



14 
15 
16 
17 

18 
19 



Langue parlée* 



^JjJOji arha'tâch. 



Langue régulière. 



kJiamsetâch. 

sittâch. 

sba"tâch. 



A 

^^j::^ tmentâch, 
/Ji'j:x»*j* tsa"tâch. 



\ 



Masculin. 
Jus Ixi ^ 

... •• 



•• " A" 






WMW 






Féminin. 
•• . I 



kAMS 



" . I ••• 

•• , ■• 



On a dii remarquer que ies mots placés dans la première colonne, ne 
sont réellement qu'une contraction de ceux placés dans les deux dernières. 
Cette contraction, d'abord limitée à la prononciation, s'est ensuite éten- 
due à récriture, au moins pour les hommes illettrés, et c'est ainsi que, 
l'exception se traduisant en caractères arabes, a formé les mots barbares 
que nous venons de reproduire. 

50 Centaines. Cent se rend en arabe par L^ ou àjL» m'ïa qui reste inva- 
riable. Deux cents se traduit par ^^^^^ miteïn, duel de i^. 



300 
400 
500 



à^ 



M; 



ou à.^ 



Jj' telt 



mia. 



à-v> >2jJ ou àjLKSxJ,! arba" mïa. 



V; 



h U-**ns^ khai 



è^ (T**^ ^u <)jUs*«ks^ khams mïa* 

600 à^ C^vw ou ijU::*- sett mïa, 

et ainsi de suite. 

Lorsque l'on a à exprimer un nombre composé de centaines et d'uni- 
tés, on prononce d'abord les centaines, puis les unités. Ex. : 

Cent trois francs : v^CJjJ àj'ji;' j 'Lj> mïa ou llata frank. 

Lorsque Ton a à exprimer un nombre composé de centaines, de dizaines 
et A' unités, on prononce d'abord les centaines, puis les unités, enfin les 
dizaines. 

8 



— 114 - 

Cent vingt-cinq chevaux : J^jc ^ij^ j ^u**^ j 'Lf nû'a ou khamsa 
ou a'chrin a'oud. 

40 Mille. Mille se rend par ^ ^M elf; deux mille, par ^^^\ elfetn, duel 

de ^^)l Le pluriel de ^^t est ^^'^\ elaf. 

A regard de ^ ^1, on rentre dans la règle qui exige que depuis deux 

jusqu'à dix inclusivement, le mot qui exprime la chose nombrée soit 

mis au pluriel. On mettra donc ,^ ^\ elf, au pluriel, lorsqu'il sera précédé 

de l'une des dii premières unités. 

On dira par conséquent : 

3,000 ,_^^t CuVi' telt elaf, \ 

<4,000 s^^^ ^j^ ^^^^" ^^^f' /^^' eW/" est le pluriel. 

b,000 ^i^t lT"*^ khams elaf y 

20,000 ^\ ,j^_y^ a'chrin elf, 

60,000 ^^'^ (vrr*'^ khamsin elf. \^^\ e^ est le singulier. 

80,000 ^\ !^r^*^' tmânin elf. ] 

Lorsqu'aux mille sont jointes seulement des unités, comme dans le nom- 
bre 1006, on exprime d'abord les mille, puis les unités. 

1006 'i:u^ j Jt elfousiita, 

1009 'isuJ a Jl elf ou tsa'a. 

Lorsqu'aux mille sont jointes des dizaines et des unités^ on, exprime d'a- 
bord les mille, puis les unités, puis les dizaines. 

1054. w-«*<s^j 'ifjy) j ^^^Jl elf ou arba" ou khamsin, 
1093. ^^ju*ô' j ïLv*»^j v^«^'' elfou khamsa ou tsa"în. 

Lorsqu'enfin on a à exprimer un nombre composé de mille, de centaines, 
de dizaines et d^unités, on prononce d'abord les mille, puis les centaines, 
les unités et les dizaines^ 



— 115 — 

1846. ^^ii j ixw 'Lj> mU3^ j «^^^^ elf ou tman m'ïa sitta ouarba'in» 

1847. ^woojij ix^ i.v^ lJ'-^^'j ^__^' ^V^^* ^^"^^ "^**^^^^"^ ^'^ ^**^^"*'* (^)* 

Cent mille se rend par s,^' ^ "^'^^ ^'/« 

Dewa; cent mille par ^ ^i i^r;^-:^^ mitein elf; 

Trois cent mille par ^_^' ^^ ^iJj ie/^ ?ïu't e//"; 

Cm^jf cent mille par y i ii^^ ir*^ khams mit elf; 

Million se tradmi par rl?r^ wer«oim, pluriel ^^-l» m/aVn,* 

Deux millions par ^j-l* -^jj zoudj mlaïn ; 

Quatre millions par m;'.-^'^ /^j' o^^a" mlaïn. 

Les numératifs cardinaux servent à indicfuer les quantièmes des mois ; 
dans ce cas, rarlicle français ne se rend pas en arabe. 



(i) En lisant un livre, on ne devra pas suivre cette méthode, du moins pour 
exprimer les chiffres indiquant des dates d'années. Il faut, dans ce cas, pro- 
noncer la valeur des chiffres dans l'ordre où on les rencontre. Or, comme ils 
sont écrits de gauche à droite, et qu'on lit de droite à gauche, le premier chiffre 
qui frappe la vue est celui des unités, puis celui des dizaines^ puis celui des 
centaines, etc. On prononcera en conséquence ; 

.^1^ ^1 j 'Ljt ^j'-ôJ* j L-rr^-^ J '^"^^ ^'^ sena seba'a ou tlatîn 
ou tman mia ou elf. — L'an sept et trente et huit cent et mille. 

Les kadis qui, au pied des actes, écrivent les dates en toutes lettres ne man- 
quent pas à cette règle. 

elf ou mitein ou a!' cher isa"t a"am al-vibarek ckouâl aoiiâkher bi'tariJch. 
mille et deux cents et dix neuf an le béni de cliouâl des derniers à la date 

C'est-à-dire : à la date des derniers jours du mois de choual le béni de 
Tan 1219. 

Les kadis se servent aussi pour les dates des nombres ordinaux; 



— 116 — 

Je suis arrivé à Alger le 9 de moharram : 'U^ ^ J^}}^ c^^ wJ-^s. 
j.vs-* ouçelt ila djezair fi tsa'a moharram, — je suis arrivé à Alger dans 
9 moharram. 

Nous sommes aujourd'hui le 29 du mois : ^ i^.r^ J ^*^* z^' 
woiJ! el-ioum tsa'a ou a'chrin fî-ch-chahar, — aujourd'hui neuf et vingt 
dans le mois. 

On emploie encore les numératifs pour désigner plusieurs des jours de 
la semaine. On dira donc le jour un, le jour deux, le jour trois^ pour ex- 
primer le dimanche, le lundi, le mardi, etc. 

Le vendredi est appelé le jour de la réunion lx.à^\ ^y ioum ed- 

djema"» 

Voici, au surplus, les noms de chacun des jours de la semaine : 

J^ji ^jj ioum el-hhad (dimanche). 

^^■j1 ^^ ioum el-elnin (lundi). 

• ïj'^jIm jy ioum el-tlata (mardi). 

cj,jîl jy ioum el-arba" (mercredi). 

jVM/;<scs-'l j>y ioum el-khamis (jeudi). 

ijussr^i ^j>^ ioum ed-djema" (vendredi). 

vJ!,--.^! ^^, ioum es-sebt (samedi). 

Lorsqu'en arabe un nom de nombre cardinal est précédé par l'article, 
on place l'article avant le numératif, comme dans notre langue : 

Les cinq hommes ; JW^j iuc*<scsr'l al-khams ridjal. 

Les quatre jours : XA ïxiy^\ al-arha' iâm. 

Les douze chevaux que vous avez achetés : ^py.^\ Ji ^jz ^bjj) 

al-etndcli a'oud elli ichterit-hom, — les douze chevaux que tu as acheté 
eux. 

Quand, dans un nombre oiî il entre des unités, il n'y a pas de dizaines ^ 
par exemple, 1706 et S04, le substantif de la chose nombrée se met au 
pluriel. 



Dix-sept cent six moulons : 



Cinq cent quatre chèvres : 



— 117 — 

kebach silta ou mia seba" ou elf 
maa'z arba" ou mia khams 



Si, au contraire, il y avait des dizaines exprimées, le substantif devrait 
être mis au singulier. 



Cent vingt-deux moutons 



kebch d'chrin ou etnin ou mia 



La raison de cette règle qui paraît contraire à celle qui, passé dix, exige 
le singulier après le numératif, provient de ce que dans les phrases: dix- 
sept cent six moutons; cinq cent quatre chèvres y on ?ous-entend les mots 
moutons et chèvres après les numératifs dix-sept cent et cinq cent. 

C'est comme si Ton disait : dix-sept cents moutons et six moutons; cinq 
cents chèvres et quatre chèvres. 

On conçoit alors que le substantif ne subissant l'influence que du chiffre 
des dizaines, ou de celui des unités , soit au singulier ou au pluriel, suivant 
que les derniers chiffres expriment, ou non, une quantité au-dessus de 
dix. 

§ 3. — nujIératifs ordinaux. 

Les numératifs ordinaux servent à désigner le rang. Depuis 2 jusqu'à iO, 
ils ont la même forme que les participes actifs, c'est-à-dire qu'ils s'obtien- 
nent en ajoutant un \ après la première radicale. 

Ce sont donc de véritables adjectifs qui prennent le masculin ou le fé- 
minin, suivant les genres auxquels ils se rapportent. 

Voici les noms des dix premiers numératifs ordinaux : 

Masculin. Féminin. 

t J^l aouely ^J aoula. 

\ ^)ij\ aoulâni, i^^jl aoulânia. 

Second : ^U t4ni, '^^ tania. 



Premier 







— 118 - 




Masculin. 




Troisième : 




tâlît, 


Quatrième : 




râbi", 


Cinquième : 


1 , 


khâmis, 


Sixième : 




sâdiSi 


Septième : 


1 


sâhi", 


Huitième : 


1* 


tâmîn, 


Neuvième : 


1 •*' 


tâsi", 


Dixième : 


7^ 


d'achery 



/ 
/ 



k^uS 



Féminin. 

t alita. 

rabi"a. 

khamisa. 

sâdisa. 

saot a. 



tâmina. 



tasi a. 



aâchera. 



Depuis 10 jusqu'à 19, les nombres ordinaux français se rendent en arabe 
par le numératif ordinal de l'unité, précédé de l'article Jl, et suivi par le 
numératif cardinal de la dizaine ( v^ a" cher, dix). Douzième se traduira 
donc littéralement en arabe par ces mots : le deuxième dix : jL^ ^'jji eU 
tâni a cher. 

Il est à remarquer également que, pour rendre les nombres ordinaux 
^e\sM\i onzième ]\xK\W-à dix-neuvième inclusivement, comme pour rendre 
les nombres cardinaux, depuis onze jusqu'à dix-neuf, l'usage a adopté une 
manière qui diffère beaucoup de celle de la langue régulière. 

Il se borne à faire précéder de l'article Ji le numératif cardinal adopté 



dans le langage. 



Onzième : 
Douzième ; 
Treizième ; 
Quatorzième : 
Quinzième : 
Seizième : 
Dix-septième ; 



Langue parlée* 



Langne rcgwlîèrc. 



« 



*i.^, vu 



. I 



j:j^\ 



!t 



. I 



'^ 



ta^aX/w^^'W 



al-ehhdâch ; 

el-etnâch; 

et-tlatâch; 

el-arbd' tâch ; 

el-khamsetâch; 

es-sittâch; 

es-sbd'tâch; 



WMW 



C^ 



lJi. 

JUJl. 



" /»■ y \ 






aJ\. 



•^ ^^» w 1 • 



^«»»»*^ 



^ 



Ul, 



— 119 - 




.anguc parlée. 


I 


/ji'jj^l et-tmantâch; 





Langue régn1i^re• 



Dix-huitième : /ji'jj^l et-tmantâch; jLz, ^^li)i. 

Dix-neuvième : /JI'l;:x**.Ji el-tsd'tâch; Ju^ a^LJl. 

Pour former le féminin des numératifs ordinaux réguliers, il n'y a 
qu'à ajouter, au nom de l'unité, la terminaison féminine ï. Ex.: ^,--^' 



•> ^- 



al-hhadiat a' cher. 



En parlant, on devra toujours se servir des mots placés dans la pre- 
mière colonne; en écrivant, il conviendra d'employer au contraire ceux 
de la deuxième colonne. 

Passé vingt , les nombres ordinaux s'obtiennent en plaçant l'article de- 
vant le nombre cardinal, et lorsquilij a des unités, en le redoublant de 
vant elles. 



Vingt- unième : 
Vingt-deuxième 
Vingt-troisième : 
Trentième : 
Quarantième : 
Cinquantième : 
Soixantième : 
Centième : 
Deux centième : 
Millième : 
Deux millième : 
Trois millième : 



!1 



al-ouahhed ou el-a"chrin. 



w)v,u^M « r.»^-'" al-etnin ou el-a'chrin. 
yjJux!! A io'iyt et'tlâta ou el-a"chrin. 



urH 



y^yt et-tlâtin. 



jwjOjJ) el-arbd'in. 






t 
I 

«• 



el-khamsin. 
es-sittin . 
al-m'ïa. 
al-mitein. 
al-elf. 



w^^ji al-elfeïn. 
^^b!t O^t et-teltelaf. 



Quant aux centaines, dizaines ou unités intermédiaires, elles se rendent 
d'après les règles que nous avons tracées ci-dessus. 



- 120 - 

Il nous reste à dire quelques mots sur la manière d'indiquer les dates et 
les quantités. 

En ce qui concerne les dates, nous ferons observer que si, dans l'u- 
sage, on se sert des numératifs cardinaux, dans récriture on emploie les 
numéralifs ordinaux, au moins pour les actes importants. On écrit alors la 
date en toutes lettres, et de cette manière il devient beaucoup plus difficile 
de l'altérer. Ex. : 

khatnsin ou arba"a a"arn mol/arram min et-tâsa" el-ioum bi-tarilh 
cinquante et quatre an raoharram de le neuvième du jour à la date 



^'1 


J iJT^y J 


elf 


ou mileîn 07i 


mille 


et deux cents et 



C'est-à-dire : à la date du 9<^ jour du mois de mobarram de l'an 12o4. 
Dans les actes qui présentent une moins grande importance, les dates 
se mettent en cbiffres que l'on dispose ainsi : 

Cette date est la même que la précédente. 

Du reste, lorsque l'on exprime une quantité, soit en nombres cardinaux, 
soit en nombres ordinaux, surtout lorsqu'il s'agit de monnaies, d'années, 
ou de choses entrant dans le commerce , on répète assez généralement 
en chiffres le nombre qui a déjà été écrit en lettres. 

f ^ .. .. .. ir^ 



OU tsa"at- ou dinar a"chrin ou Tchaynsat ou viiat lo clef a" 
et neuf et dinars vingt et cinq et cent à lui il a payé 

djedida dinar arba"in 

nouveaux dinars quarante 

C'est-à-dire ; il lui a payé 12o dinars et 49 dinars nouveaux. 

Les dix premiers nombres ordinaux peuvent se changer en adverbes 



— 121 - 

pour exprimer les mots: premièrement , secondement ,'e{c,f en ajoutant 
à l'unité ordinale un \ que Ton prononce an. 



Premièrement : 
Secondement : 
Troisièmement : 



jSjî aouelân. 

LjLj tan i an. 

«• 

Li) Ij tâlitân. 



et ainsi de suite. 



§4. — DES FRACTIONS. 



Les Arabes ont différents noms pour exprimer les fractions, mais ces 
noms qui dérivent des numératifs cardinaux, ne se rapportent qu'aux dix 
premières parties de l'unité. 

Les fractiona^se forment, à partir de iin tiersy des mêmes lettres que 
la racine d'où sont tirés les nombres cardinaux, seulement les voyelles 
sont changées. 

Dans les fractions, la première radicale est marquée d'un ^ , 



Une demie : 


,^^1 


en-noiiçf. et v 


ulg. ^) nouç 


Un tiers : 


' jjô\ 


et-toult. 




Un quart : 


C^> 


er-rouh". 




Un cinquième : 


^JJ\ 


el-khoums. 




Un sixième : 


1 M>^X.VvJ 1 


es-souds. 




Un septième : 


'W 


es-soub". 




Un huitième : 


^JiS 


et-toumn. 




Un neuvième : 


,.l-:\\ 


et-tous". 





Quant aux fractions moindres , il faut, pour les traduire, avoir recours 
aux numératifs cardinaux. 



— 122 — 

SECTION" ïï. 

DES CAS. 

Les cas servent à indiquer le rapport qui existe entre un nom et un verbe, 
une préposition ou un autre nom. 

Ces rapports, suivant le génie des langues, peuvent s'exprimer au moyen 
d'une terminaison qui varie pour chaque cas, comme en latin ; soit au 
moyen d'une préposition ou d'une particule dont on fait précéder le nom, 
comme en français. 

Le premier mode est celui qui est adopté dans l'arabe régulier; le 
second est celui qui est employé dans l'arabe parlé. 

1" Arabe régnlier. 

Il est à remarquer que l'arabe régulier n'admet que trois cas : 

Le nominatif, ou sujet; 

Le génitif, ou régime des prépositions; 

V accusatif, ou régime des verbes. 

Sans appeler d'une manière spéciale l'attention sur la déclinaison régu- 
lière, nous croyons cependant utile d'en dire quelques mots, parce que, 
dans les lettres ou pièces arabes écrites par des hommes instruits, et même 
dans la conversation, à la suite des prépositions, on est exposé à en trouver 
des traces. 

On observera, en examinant le tableau ci-après de la déclinaison : 

1° Qu'au singulier les cas se forment, sans augmentation de lettres, par 
l'addition d'inflexions finales obtenues au moyen des voyelles ; 

2^ Qu'au pluriel les cas se forment par ^addition des finales ^jj pour le 
nominatif, et ^ pour l'accusatif et le génitif. 

o** Qu'au duel les cas s'obtiennent par l'addition des finales ^\ pour le 
nominatif, et ^ pour le génitif et l'accusatif. 

Tableau de la déclinaLson arabe. 

Nominatif (£.) J-<s=^ hhammâl-ounj 

Singulier. /Génilif ( ) J'u=». hhammâl-in /c^ef 

Accusatif (^) J-o^ hhammâl-an 



— 123 — 



Nominatif {^j] ^J\Z^ hkammâl-oun . 
Pluriel. ^^ Génitif 
'Accui 



Duel. 



\l. 



> f,.yj) ..wJlXaw hhanimâl-'în ( 
xusatifi ^" '^ \ 



.Nominatif (^jl) ^Ï3'l^s^ hhammâl-dn 



Long. 



Génitif 



l 



Accusatif) 



^^ Uses, h ham maUein j 



Long. 



Lorsque le substantif est déterminé par Varticle ou par un pronom, ou 
lorsqu'il est immédiatement suivi de son régime, on supprime au singulier 
le tanouin et Ton n'écrit que la voyelle simple. 

Nominatif (^ JL^sr'l el-hhammâl-ou. 



Singulier. 



Génitif ( ) JUs^i el-hhammâl-i. 

Accusatif (jL) J'^<^^l el-hhammâl-a. 



Quant au pluriel, il se décline de la même manière, que le nom soit 
déterminé ou indéterminé, 

2° Arabe parlé. 

Ce que nous venons de dire des cas de l'arabe se rapporte uniquement à 
l'arabe grammatical. Il nous reste à expliquer les différences que l'usage a 
consacrées dans le langage. 

Nous venons de voir que les cas, au singulier ^ se formaient par l'addition 
de certaines voyelles finales. Or, ces inflexions se supprimant dans l'usage, 

il s'ensuit que les cas présentent tous le même caractère. Ainsi J^.*^ sera 
aussi bien au nominatif, qu'au génitif ou. à l'accusatif. 

Comment donc distinguer les cas lorsque les signes voyelles ne sont ni 
marqués, ni prononcés? 

On les reconnaîtra à la position que les substantifs occupent dans la 
phrase, au verbe par lequel ils sont régis, ou à la préposition dont ils sont 
précédés. 

Si le substantif est sujet, il sera au nominatif. 



— 124 — 

S'il est régime d'un verbe, il sera à Vaccusaiîf. 
S'il est régime d'une préposition ou d'un nom, il sera au génitif (1). 
La préposition qui régira le substantif, dans cette dernière hypothèse, in- 
diquera le cas français auquel correspondra le génitif arabe. 
Ainsi le substantif précédé de la préposition J se rendra par le datif fran- 

çais : 

ijjiJ w^.U qolt li-qaddour (j'ai dit à Qaddour). 

Le substantif régi par la préposition ^ min ou ^^ a"n se traduira par 

Y allât if français. 

>U.sr! y> '* y^ c'b ^"^"^^ nekhrodj min el-hhammâm, 
I ^^ •• 

Pour appeler, on se sert en arabe de la particule b ia^ dont on fait pré- 
céder le substantif. 

JL^ b ia hhammâl (ô porteur). 

L'article J! al, entre deux substantifs communs, se rendra par le géni- 
tif français. 

-^Ii3! ^^ dar el-qâdhi (la maison du kadi). 

Il convient de faire observer, avant de terminer ce chapitre, que si, 
dans la conversation, toute trace de désinence de cas disparaît, sauf lors- 
qu'à la préposition ^ est joint un pronom affixe, il n'en est pas toujours de 

même dans l'écriture' usuelle, où l'on rencontre quelquefois le signe de l'ac- 
cusatif. Ex. : 

chedidân farhhân bi-ha farahht JcUabet-koum a"ziz ouçal-ni Icmma 
forte joie sur elle je me suis réjoui votre lettre chérie est arrivée à moi quand 

C'est-à-dire : quand votre lettre chérie m'est parvenue, je me suis beau- 
coup réjoui. 



(i) îsous prenons ici le génitif dans son sens le plus étendu, c'est-à-dire 
comme l'entendent les Arabes, et renfermant par conséquent notre génitif, notre 
datif et notre ablatif. 



yQ^O- 



125 — 



CHAPITRE III. 



DU PI10]\03I. 

pronoms personnels isolés cl affixes ; observations sur les pronoms personnels 
isolés et affixes. — Pronom personnel affixe employé comme pronom pos- 
sessif; des expressions ol^ et JLj^ employées pour exprimer les pronoms 
{X)ssessifs. — Pronoms démonstratifs. — Pronoms relatifs. — Manière 
de rendre en arabe notre pronom réfléclri. — Pronoms indéterminés. 



Le pronom est un mot qui se met ordinairement à la place d'un sub- 
stantif qu'on a déjà nommé, ou qu'on veut éviter de nommer une seconde 
fois. 

Les pronoms en arabe sont ou personnels , ou démonstratifs, ou relatifs. 
Il n'y a pas de pronom possessif, le pronom personnel en lient lieu. 

§ jer. — PRONOMS PERSONNELS. 

Le pronom personnel peut être isolé, c'est-à-dire, constiluer à lui seul un 
mot distinct dans la proposition; ou affixe, c'est-à-dire se lier avec un autre 
mot, verbe, substantif, adverbe, ou préposition, de manière à ne plus en 
former qu'un seul avec ce mot. 

Les pronoms personnels isolés s'emploient lorsque le pronom tient lieu 
de sujet ; 

Les pronoms personnels affixes, quand le pronom doit être régime. 

Les tableaux suivants comprennent ces deux sortes de pronoms. 



126 — 



E*rouonis pcr.<ioniicls isolée*»* 



1*"^ pers. 



2e pers. 



Masculin. 



Sins. ( ( ( w'-Jl enta 

bU;! entaia 
3" pers. V oa houa 



i^^ pers. 



Plur. {2e pers. 



3e pers. 



» 



Commun. 
Ui ana 
ujui anaia 



» 



» 



[ (^v^ nahhn 
L.2S.1 akhna 
A,'^\ entûum 

Ls2) houma 



Féminin. 
» 

(^1 enti 
f L.^] enlina 



J' 



hia 



» 



» 



B 



Pronoms personnels nffiscst 



Masculin* 





/2e 

/ 

13= 


pers. 


» 


Sing. 


pers. 


^r ak 




pers. 


n ho 




. 4 re 


pers. \ 


1 


Plur. 


< 2e 


pers. 


> » 




^3e 


pers. ^ 


1 



Commun. 



5 «■ 0) 



» 



Féminin. 



r ek S /" (2) 



U ha 



u 



«a 



,*r A:ou 



m 



*2> /iou??i I 






(i) Le ^ pronom affixe se prononce Va, lorsqu'il est précédé d'un sub- 
stantif ou d'une préposition qui se termine par l'une des trois lettres : ! » C, 
Ex. : ^wJw) baba-i'a (mon père) ; Ç^i bou-ïa (mon père) ; tls a"le-ïa (sur 



moi), 



(2) Le plus souvent même on emploie le masculin pour les deux genres. 



— 127 — 

Ces pronoms sont, comme on le voit, d'une extrême facilité. Les observa- 
tions suivantes simplifieront encore leur emploi. 

1" observations sur le pronom personnel isolé* 

1° Il est à remarquer que les trois mots : ^i^^ , ^.'*-^''> ^-rr'' ns sont 
employés que dans l'usage oral; en écrivant, on devra toujours se servir 
des mots: Ut, wol, CUJt. 

2° Lorsque deux pronoms personnels se suivent , comme vous et moi , 
il faut , contrairement aux règles de notre langue et de noire politesse, 
exprimer d'abord le pronom de la première personne , puis celui de la 
seconde^ en dernier lieu , enlin, celui de la troisième. 

On ne dira donc pas comme en français : 

Toi et moi j mais, moi et toi ; C^' j Ui ajia oua enta. 
Vous etmoi, mais, moi et vous : ^t j Ut ana oua entoum. 

Mais on dira en arabe comme en français : 

Vous et lui aï û \JLyj\ enta oua houa. 



50 Nous rappellerons ici ce que nous avons dit plus haut, qu'il entre 
dans le génie de la langue arabe de supprimer les verbes toutes les fois 
que cela est possible. Les exemples ci-après, où le pronom joue le rôle du 
verbe, appuieront cette observation. 



vJt^t /ji! ach enta (comment toi?) c'est-à-dire, comment vous portez-vous? 

,A^ Ut anabi'kheir (moi avec le bien), c'est-à»dire, je me porte bien. 
^^ZL ^ houm thaïehîn (eux bien portant), c'est-à-dire, ils se portent bien. 

Dans ces trois exemples, il n'y a pas de verbe exprimé ; cependant la 
phrase est parfaitement claire. 

Dans les trois exemples ci-après, on verra le pronom joint au participe 
présent ou adjectif verbal, servant à indiquer le présent de l'indicatifi 



— 128 — 

v >ô'li Ui ana kâtch (moi écrivant) j'écris. 

^\j vjl^t ^yi\j oue'i'n enta rai'ehh (où toi allant), oii vas-tu? 

jljsU ^^^-^ j^ ^<>"« mâchi lid'dar (lui allant à la maison), il va à la 

maison. 

2° Observations sur le pronom personnel affixe* 

Les pronoms personnels af fixes, ainsi que leur nom l'indique, se lient 
avec les mots qui les régissent, de manière à ne plus former qu'un seul tout 
avec eux. Ex. : 

>^C!ji qoddâm-ak (devant-toi). 
w wo dharab-ho (il a frappé lui). 

On peut donc poser la règle générale suivante : 

Pour faire usage du pronom affixe, il suffit de joindre la lettre, ou les 
lettres qui constituent ce pronom, avec le mot qui le régit. 

Cette règle ne souffre d'exceptions que dans quatre cas, et encore, dans 
les trois derniers, le pronom ne subit-il aucune altération, mais il en fait 
éprouver une au mot qui le précède. 

1» Il est évident, tout d'abord, que si le mot qui précède Taffixe est 
terminé par l'une des lettres '^jj) ^ i , lettres qui ne s'unissent point 
à la suivante, l'affixe ne pourra s'identifier matériellement avec ce mot. 
Mais, bien que séparé dans ce cas, il se prononcera de la même manière 
que s'il y était joint. 

On écrira donc : 

Zj^ tu lui diras \ /tekhaher-ho. 

^j^ je te dirai ,^que l'on prononcera :<|ne/i/ia6er-aÂ:. 

^j^. il vous dira / [ikhaler-koum. 

2*^ Lorsque le mot auquel doit se joindre l'affixe est terminé par unï, 
l'adjonction du pronom indue sur cette lettre et la fait changer en o. 



— 129 — 

^'^îj ouâledét-'i (ma mère) de ï^tj 

O-GLi thâqét-ak (ta fenêtre) de hlL 

LJL^oj ressâlét-na (notre lettre) de ijLwj 

A^ji driét-houm (leur postérité) de Wj:> 

30 Quand à un verbe au singulier est joint le pronom personnel affixe 
de la première personne, comme dans cette phrase : il m'a frappé, on 
ajoute, par euphonie, un j avant le ^ pronominal. On dira donc : 

jj w^ dharab-ni (il m'a frappé). 
j^Jv^ çadaqt-ni (tu m'as cru). 

4° Lorsqu'à un verbe au pluriel est joint un pronom personnel affixe 
de n'importe quelle personne, quel genre, ou quel nombre, V\ final du 
pluriel disparaît complètement, et à la première personne. on meta sa place 
un ^ euphonique. 

c^jiy^ dharahou-ni (ils m'ont frappé), 
O/yj-o çadeqou'k (ils t'ont cru). 
Ua.d«^ hhakmou-ha (ils Tont saisie). 

Pronom personnel afûxe employé comme pronom possessif* 

Le pronom personnel affixe, comme "nous l'avons dit en commençant ce 
chapitre, est employé en arabe à la place du pronom possessif qui n'existe 
pas, et par conséquent il devient alors lui-même pronom possessif. 

Le pronom personnel affixe peut donc avoir deux sens bien distincts : 
celui de notre pronom personnel, et celui de notre pronom possessif. 

Il a le sens de notre pronom personnel, toutes les fois qu'il est joint à 
un verbe , à un adverbe , ou à une préposition. 

icJlà. khellit-ho (je l'ai laissé). 

L^I3i qodddm-na (devant nous). 
i^ bi'h (avec lui). 

Il a le sens de notre pronom possessif, toutes les fois qu'il est joint à un 
substantif. 

9 • 



-~ 130 — 

LjLû ktah-na (notre livre). 
^,*3 dar-koum (votre maison). 
^^^c:p^ sanâjaq-honi (leur drapeau). 

Dans Tun et l'autre cas, ils suivent du reste les mêmes règles. 

Observons toutefois que jamais l'article ne peut se joindre à un nom qui 
finit par un affixe, car, dans ce cas, le pronom étant lui-même déterminatif, 
il en résulterait que le substantif serait déterminé deux fois. 

Mais il faut, pour cela, que Taffixe soit joint immédiatement au nom, ce 
qui n'aurait pas lieu si l'on se servait des expressions pL* mta" ouJLj-^ 
(liai dont il nous reste à parler. 

Des expressions pL^ et 0„'^ employées pour exprimer les pronoms 

possessifs. 

Les Arabes se servent continuellement en Algérie, mais presqu' exclusi- 
vement en parlant, des expressions ^^j^vita et JbJi dial (cette dernière 
est un peu moins usitée) pour rendre, ou plutôt pour compléter l'idée ex- 
primée par nos pronoms possessifs. Ces mots, que l'on pourrait traduire 
]}^v propriété de [\) , sont invariables de leur nature; pour s'adapter aux 
différentes personnes, il est donc besoin d'une annexe, et, celte annexe, ils 
l'empruntent au pronom personnel qui vient se joindre aux mots ^^J^ mta" 
u.i dial, de la même manière qu'il s'unit aux substantifs. 

JIj3 ou c^b:^ ^:r^ tesbihh mta"i (chapelet propriété de moi). 
Ulj>5 ou Lc-'lX/s X^ dâr mta"na (maison propriété de nous). 
^^'Lj,^ ou aScU* ^ ^b kelb mta'koum (chien propriété de moi). 

L'expression pL^, dont l'orthographe régulière est celle que nous indi- 
quons, subit les diverses altérations suivantes : 52^:^ mta" pbi*! emta" et a::^! 
emta", 

(i) pL^ vient du mot pblJ propriété; jL)3 est la contraction des deux 
mois arabes J (CJJi alladi li (leriuel à moi). 



— 131 — 

On se sert encore du mot pLx* mia", aoec Vaffixe de layersonncy pour ren- 
dre l'adjectif possessif français mien^ tien^ sien^ etc. 



Ce bœuf est le mien 



l^ iwJi I3j!) had el-ferd mta"{. 



^^ "} 



Ce chameau est le tien : v^GL^ vJ-^'^^^ ^«^ had ed-djemel mta'ak. 

Les mots pL» et JL>>> ne doivent du reste s'appliquer régulièrement 
qu'aux choses. Il est donc mal de dire, comme on le fait quelquefois : 

Voici mon fils : ^-niU^ jJy i ^ \^ hada houaal-oulid mta"i ; 

On devrait s'exprimer ainsi : 

^jJj jS> ]Xs> hada houa oulid-i. 

> 
Remarque. — On emploie quelquefois le mot pLi« isolément, c'est-à- 
dire, sans être réuni au pronom personnel ou possessif qui est le même en 
arabe, pour traduire le de ou du français, signifiant la partie d'un 
objet. 

Apporte-moi un peu de pain : V^i pl-^ Wj-î^ J V^ ^-^^^ ^* 
chouia mta" el-khobz. 



§ 2. — PRONOMS DÉMONSTRATIFS. 

Le pronom démonstratif sert à indiquer les objets dont on parle. 
Ces objets peuvent être éloignés ou proches ; dans le premier cas, on 
ajoute un ^jX au pronom démonstratif. 

Tableau du pronoiu déiuoii^tratif se rapitortaiit à un objet raiiproché* 



Masculin. 



ijjfc hadttt 



j> 



Commun. 



Singulier. 



Pluriel. 

]j\s> hadou. 
^yXs> hadouma. 



Féminin, 

J$Jj» hadié 
^Jo> hadi. 

» 



V32 - 



Tableau da pronom dcmonstratif se rapportant à nn objet éloigné. 



Masculin. 

sjy\^^ hadak. 
1i dak. 



CoramuD. 
Singulier, 

Pluriel. 
Oj» hadouk. 



Féminin. 

^i\s> hadik. 
oXj»^ dik. 



tSj^ douk. 



» 



Le pronom démonstratif peut avoir deux sens distincts. 

1° Lorsqu'il tient lieu d'un article, ce qui arrive lorsque le substantif est 
exprimé, comme dans cette phrase : ce chien, ce cheval, le pronom doit 
être suivi de Tarticie. 

Ce chien que j'ai vu chez vous : sj/JJ^ ^i-çl.;;. Jt v.^0! Ijj» 
had el-kelb elli chouft-ho d'nd-ak, — ce le chien lequel j'ai vu lui chez 
toi. 

Ce cheval est excellent : v^^Ul-^ .^^ ^\ -jsJt y>>^ had el-a"oud 
rorho mlihh b-iz-zaf, — ce le cheval est lui bon beaucoup. 

2oIl peut avoir le sens d'un projiom, c'est-à-dire, suppléer un substantif 
sous-entendu, et alors il rejette l'article, parce que dans ce cas en effet il est 
déterminatif. 

Celui-ci ne me plaît pas : J^ <rfF^. ^ ^^ hada ma ia'djebni- 
chi, — celui-ci pas plaît à moi chose. 

Cela m'est arrivé dans le temps: Uj'lw ^ sij lia hada ouaqa' 
ol'lëi-i bâbeqdnj — cela est tombé sur moi autrefois. 

Lorsque le pronom démonstratifest pris comme article, et nous avons vu 
qu'alors son emploi ne dispense pas de rarlicle, il se prononce unifor- 
mément /lac?, pour tous les genres et pour tous ks nombres. 



- 133 - 

Cette femme que j'ai rencontrée : L^ ^J^)ij M ïyj] ^^j» had 

el-mra elli tlaqit ma'hay — cette la femme laquelle je me suis rencontré 
avec elle. 

(H 

Ces femmes qui se promènent : L.^^s^'. ^\j Jl LJt !j3j) had en- 
nissa elli ra-houm ihhaouessou, — ces les femmes qui se promènent. 

Cette première contraction en a amené une seconde. 

Quand le pronomdémonstratif est suivi de l'arlicle ( Jl Ijjs)), les Arabes 
suppriment souvent, en parlant, toutes les lettres autres que la première du 
pronom, et la dernière deTarticle, de sorte qu'il ne reste plus que le s et 
le J, dont on forme le mot Jj? hal, employé pour tous les nombres et pour 
tous les genres, et dont on se sert même quelquefois en écrivant. 

Ce mot étant lui-même une contraction de deux, autres mots, dont le 
dernier est l'article Ji , on ne doit pas exprimer Tarlicle après lui. 

Cette jeune lille : Asls J.^» hal, pour isiUI y^^ 
Ce livre : v iLiS* Is hal ktab^ — v )L::XJ! 1Jj> 

L'article, ainsi que nous venons de le dire, entrant dans la composition 
du mot Jj6 , subit Tinfluence de la lettre solaire qui le suit. 

On ne prononcera donc pas : J.^., Jjs hal radjel, mais : har-radjel. 

Lorsque nous voulons en français indiquer d'une manière plus précise 
un objet, nous ajoutons , après le substantif, les adverbes ci ou là et nous 
disons : ce lieu-ci^ cette personne-là. 

Cette idée se rend en arabe d'une manière analogue. 

Pour la traduire, on place le mot JJ^ devant le nom de l'objet que Ton 
désigne, et l'on fait suivre ce mot du pronom t Jj& en le faisant accorder 
avec le substantif. 

Apporte-moi cette lampe-ci : !3j? ^^^^^^ J^ ^ V^ djib-H hal 
meçbahh hada. 

Regarde cette femme-là : »w\3< 'iy? Jj> ,^^ chouf al-mra hadi. 



— 134 — 

§ 5. — PRONOMS RELATIFS. 

Le pronom relatif est un mot qui tient lieu d'un substantif ou d'un au- 
tre pronom. 

Ces pronoms dans notre langue se rendent par différents mots, tels que : 
qui\ que^ dont^ lequel^ laquelle. En arabe , ils se traduisent tous, au moins 

dans l'usage oral, parle mot Jl elli, pour tous les genres et pour tous 
les nombres. 

On reconnaît qu'un pronom est relatif lorsqu'il peut se tourner par lequel, 
laquelle, etc. Toutes les fois que cette construction est possible on se servira 

donc en arabe du mot J\ elli , pour rendre le pronom. 

Ainsi dans cette phrase : Vhomme qui est debout, le qui peut être rem- 
placé par lequel, Vhomme lequel est debout. On dira donc : 

9 3 1^ ï'i Jl J^yi er-radjel elli ra-ho ouâqef. 

Dans cet autre exemple : je viendrai à l'heure qw'il vous plaira, le que 
peut encore se changer en laquelle, Vheure laquelle il vous plaira. On se 

servira donc du mot Ji. 



rU?'^ >_^ow Jl w^j c? c^ nedji fi ouaqt elli hheub kha- 
ir-ak, — je viendrai dans temps lequel a voulu ta volonté. 

11 est à observer que, le plus souvent, le pronom re/a^^7 se construit avec 
le pronom affixe. 

Les exemples suivants feront mieux ressortir l'usage de ces deux pronoms 
simultanés : 

Cet homme que j'ai rencontré : à^ C^J^^j -)! J-^j^l 1^ ^a^ er- 

radjel elli tlaqit rna-ho, — celui-ci Thomme lequel je me suis rencontré 
avec lui. 

J'ai lu la lettre que vous m'avez écrite : J L-'^.^^ J\ UJl wOj^ 
qrit el-bra elli ktabt-ha l-i, — j'ai lu la lettre laquelle tn as écrit elle à moi. 

La femme dont on a tué le fds : L^\ \S^ Jl 2<,J1 el-mra elli qatlou 
ihn-ha, — la femme laquelle ils ont tué fils son. 



— 135 — 

Notre conjonction gwe se rend aussi quelquefois par le mot ^\ elli ou 
Jb belli. 

On m'a dit qu'il était mort : oU Xi J^ ^J^ qàlou li belli mat, 
— Ils ont dit à moi que il est mort. 

Nous venons de voir que dans l'usage oral on ne se sert que du mot 

J\ pour traduire nos pronoms relatifs ; mais, en écrivant, il est bien de 

rentrer dans les règles de l'arabe grammatical et de faire la distinction des 
genres et des nombres. 

On dira donc : 

Lequel v^^' elladi, laquelle ^Jt ellati. 

Lesquels, lesquelles iji.^^^ elladîn. 

Nous devons ajouter toutefois, ce qui est vrai surtout pour les Arabes, 
qu'il y a beaucoup de gens qui écrivent comme ils parlent. On ne devra 

donc, pas s'étonner de rencontrer, même dans les lettres, le mot J^ elli, 

employé pour ^D!, J)\, ^,^^, dont le pronom J! n'est d'ailleurs 
que la contraction. 

§ 4. — MANIÈRE DE RENDRE EN ARABE NOTRE PRONOM RÉFLÉCHI. 

Lorsque la personne qui agit est en même temps celle sur laquelle tombe 
l'action, le pronom qui sert à exprimer l'objet de l'action se nomme en 
français réfléchi : Ex. : se frapper. 

Plusieurs manières s'offrent d'exprimer ce pronom en arabe. 

On peut se servir des mots .y^sù nefs (ame) , pluriel ^j^ nefous, 
^j» rouhh (esprit), vO^^ <-làt (personne), auxquels on ajoute le pronom af- 
fixe de la personne sur laquelle se réfléchit l'action. 

Il s'est tué : i^jj J^ qatal rouhh-ho (il a tué son esprit). 

Ils se sont livrés : M^f* |^^ 5e//e?72ûw?i<?/'ows-.'ioww (ils ont livré leurs 
âmes). 



— 136 — 

On peut également employer la 5^ forme dérivée du verbe primitif : 

^^y tzaoueàj (il s'est marié). 
109. Jjj* tzaouedjou (ils se sont mariés). 

Si le pronom réfléchi indique en même temps une idée de réciprocité^ il 
doit se rendre de l'une des deux manières suivantes : 

d» Au moyen du mot ^jzxi hadh répété, en ayant soin d'ajouter après le 
premier ^po le pronom aflixe »^ houm (eux). 

Cette manière d'exprimer le pronom réfléchi a une certaine analogie avec 
notre expression les uns les autres. 

Ils se sont écrit : , <sxi w^^^^yJ \^ù hatahou li-badh-houm hadh. 
Ils se sont frappés : ^jcx} *-;-^^30 \yy^ dharabou badli-houm badh, 

2» En se servant de la G^ forme dérivée du verbe, qui indique la réci- 
procité. 

l*^*'Jl!)' tkâtebou (ils se sont écrit). 

LîjLaJ* tdhârebou (ils se sont frappés). 

Cette dernière manière est peu usitée dans le langage. 

% 5. — PRO>'OMS INDÉTERMINÉS. 

A côté des pronoms dont nous venons de parler, il en existe en français 
un certain nombre qui n'appartiennent à aucune des classes que nous avons 
énuméréesplus haut. 

Ils sont, pour la plupart, beaucoup plus du domaine du dictionnaire que 
d'une grammaire; néanmoins nous avons cru qu'il pourrait être utile d'in- 
diquer la manière dont les Aral.es d'Algérie les rendent. 

Dans le classement de ces pronoms nous nous bornons à suivre l'ordre 
alphabétique, car, encore une fois, nous empiétons ici sur le domaine du 
dictionnaire. 

Autre (un — ) j^! j=^]j ouhhad akhor, ou simplement : y^\ akhor. 

Aucun autre n'est venu : ^t J^L Jio 'l^ \j> ma dja-ch ouahhad 
akhor^ — pas est venu chose tin autre. 



— 137 — 

Ce qui, ce que^ quoi : /il ach, ou U ma. 

Je ne sais ce que vous écrivez : <^,^^^:SJi i^\ -i, ^^^y*^ ^ '"« na"ref 
chi ach tekteby — pas je sais chose quoi tu écris. 

Ceux de expression vulgaire pour dire : les gens du pays ^ se tra- 
duit par Jjïl ahcl. 

Ceux d'Oran : i-)\f>j J>*' (ihel ouahran. 

Chaque, chacun, se rendent par J^a^jy i al-ouuhhed, ou Jo^!^ Ji' kouî 
ouahhad. 

Chacun sait : .^^y^ J^ij ^^ koul ouahhed ia'ref. 

Lequel, laguelle, quel, qui? se rendent par ^ men, LjI aina, suivis 
du pronom personnel isolé. 

Qui est-ce? y> L)t aina hou. 

Qui est-ce? ^ L)t aina hia^ en parlant d'une femme. 

Vun , l'autre , s'expriment par les mots J^lj ouahhed (un) , placé 
à la tête du premier nombre de phrase, et^! Jo.!j ouahhed akhor 
(un autre), placé à la tête du second membre. 

L'un dit oui, l'autre dit non : !^J^, v=>-S ù^\^ ^ ^^ wX=v!j ouahhed 

iqoul na"m ouahhed akhor iqoul la, — un dit oui, un autre dit non. 

♦ 
L'un peut encore s'exprimer par vX^ij ouahhed^ et l'autre, par JUt 
et-tâni (le second), ou vd^l akhor (l'autre). 

L'un est bien portant, l'autre malade: n^y ^^^^ ^ j^ .Xa-îj 
ouahhed bi-kheir ou et-tâni mridh, — un avec le bien, le second malade. 

L'un et Vautre se rend par -^ «J^ ez-zoudj (le couple). 

L'un et l'autre s'en sont allés : l^K pj)^^ ez-zoudj rahhou, — le couple 
(s'en) sont allés. 

*ê* 

L'un ou Vautre s'exprim.e par t3j> ^Ij tjj» hada ou illahada, — 
(celui-ci ou sinon celui-ci). 



— 138 — 

Peu m'importe ; Tiin ou l'autre : \Xs> ^t j l3j) ii^a^U. ^JJ^ t» ma 
a'nd'i hhadja hada ou illa hada ^ — pas chez moi chose; celui'Ci ou sinon 
celui-ci. 

Même. Moi — , toi — , lui — , se traduisent par les mots o13j (en per- 
sonne), auxquels on ajoute le pronom aflixe de la personne. 

îl est allé lui-même : ijl3j ^u* mecha bi-zat-ho. 

On. Il y a trois manières d'exprimer on en arabe. 

l*^ La première, réservée au style écrit, consiste dans remploi de la 5^ per- 
sonne du prétérit du passif. Ex. : ^Xo^ hhouki (il a été dit). 

On ne se sert, du reste, du passif, même en écrivant, que pour certains 
mots bien connus , et le plus souvent au commencement d'une narra- 
tion. 

On dit qu'il y avait à Bagdad : ^\^JJ >>!3j ^9 j'J' Ji SL hhouki 
en-ho kân fi blâd barhddd, — il a été dit que était dans ville Bagdad. 

2° La seconde, qui rentre dans le domaine de l'arabe parlé et dont on 
fait également usage dans le style écrit, consiste à se servir de la 2^ per- 
sonne du pluriel du prétérit du verbe. 

On m'a dit : J U'J qâlou li (ils ont dit à moi). 

«* 

On dit : Lui) iqoulou (ils disent). 

Dans ce cas, on peut également placer devant le verbe le mot /woL)! en-nas 
(les gens). 

On dit ; yy-^, /«>LJi en-nas iqoulou. 

50 Enfin, on n'emploie pour exprimer on, quand il s'applique à une seule 
personne, le mot J^îj ouahhed (un). 

On est venu vous demander : ^iXlU ..kJ.k,^ J^Ij ''Uw dja ouahhed 
isaqsi d'iei-k, — est venu wn il demande sur toi. 

Vois, on frappe à la porte : ,^U! ^ ^^ji^^ Jowîj ^^_^ chouf 
ouahhed idaqdaq fi-l-hah, — vois un il frappe dans la porte. 



— 1:39 — 

Pas wn, personne, se traduisent par .X^^i U ma ahhad, J^ij ^'^ hatta 
ouahhady !j>^ J^ hhatta hhada, Ijo. L» ma hhada , mots qui sont la 
traduction littérale de ceux-ci : pas un. 

Personne n'est venu aujourd'hui? Personne. ^^Ji J^u ^ H=^ U 
jowL j:;s. ma dja~ch ouahhed el-ïoum hhatta ouahhed ^ — pas est venu 
chose un aujourd'hui? Pas même un. 

La plupart SQ rend par Svi-CJ! al-ketra, JbJi el-aktar 

La plupart ont pris la fuite devant nous : ll^ ^^ Ji'j! el-aktar harb 
min-na , — la plupart ont fui de nous. 

Qj<^f(/»-'w?i s'exprime par ^=^ij ouahhad. 

Je viens d'envoyer quelqu'un chez vous pour vous apporter le paquet : 
/Ls^'l 'w^^.^ws^. ^^^ sJSxs, ^-txi ^\x ra-ni ba'ats a"nd-ak ouahhed 
idjib aUhoqdja , — je suis j'ai en\oyé chez toi un il apportera le paquet. 

Quelques-uns , ^xJ) el-badh; j^:xi badh. 

Quelques-uns m'ont demandé si vous demeuriez à Alger : J'-w jiaxJl 

^lysrl -3 ,.v^**ô* <J!^ J ^si el-badh saal a' nni lou kount teskon fi' 

l-djezo/iTj — quelques-uns a demandé de moi si tu étais tu demeures dans 
Alger. 

Qu/?^u/ es^ce çî»'? s'expriment par^ ^ men hou ^^ men, ^y tj^^ 
ach koun (1). 

Qui m'a écrit? vous ou votre frère? jl w«ji J ^.^ J^ j^ ij^ 
sJuTbjaw men hou elli ktab li enta aou hhoui-ak , — qui lui lequel a écrit à 
moi, toi ou ton frère? 

Qui frappe à la porte ? -^Ul ^ ^^3^_ ^^ ^\ ach koun idaq- 

daq fi-l-bâb, — qui frappe dans la porte ? 

(i) Contraction pour ,,uX> /i»! ach ikoun (qui est)? 



— 140 — 

Que? quoi? qu'est-ce? /il ach^ LJ /J^l ach nou. 

Que dites-vous? Jjij' fp\ ach tqoul. 

Qu'est-ce que cela ? î J^ ui /jii ach nou hada. 

Quiconque: ^ J^ kol men ; mLT Jl elli hân. 
Saluez de ma part quiconque demandera de mes nouvelles : ^b^Jt 
J^ J-^. (V J^ J^ y^^"^ tj^ es-selam min a"nd-i a" la koul men 
isal a"nn-i, — le salut de chez moi sur quiconque interrogera de moi. 



Seul. Moi — , toi — , lui — , se rendent par le mot ^^^ ouahhad (un) 
suivi du pronom afiixe de la personne. C'est comme si Ton disait : seul moi, 
seul toi, seul lui. 

Je suis venu moi seul : , (CJ^!^ c^-=^ djit ouahhad-i. 

Tout, tous, pris dans le sens d'un pronom, lorsqu'il est suivi de qui, se 
rend par ^ Jj koul men. 

Tous ceux qui vous disent cela mentent : ^^^ oXJ Jjij ^ Ji* 

s j3a) jJi koul men iqoul l-ak had ech-vhi ikdeb, — tout qui dira à 

toi cette chose, ment. 

Tout, tous, signifiant la généralité , s'exprime par J-Ot el-koul, ^^ 
koul-hom. 

Ils sont tous partis : JiDt \j^^\ rahhou el koul, ou bien ^^ |^|» 
rahhou koul-hom. 



LIVRE TROISIEME. 



DES PARTICULES, 

De l'article, — De l'adverbe. — De la préposition. — De la conjonction. 

— De l'interjection. 



La particule est la troisième partie du discours que les Arabes re- 
connaissent dans la proposition. Nous avons dit qu ils comprennent sous ce 
titre : Varticle, Vadverbe, \di préposition, la conjonction et V interjection. 



CHAPITRE PREMIER. 



rai^f- T- 



DE L ARTICLE. 

Article unique. — Ses règles. 



Varticle sert à déterminer de quelle manière le substantif est employé 
dans le discours. 

Les noms propres désignant les êtres par eux-mêmes, de telle sorte qu'ils 
font connaître d'une manière précise l'individu auquel ils s'appliquent, 
n'ont pas besoin, par conséquent, de se faire précéder de l'article. 



— 142 — 

Il n'en est pas Je nièiiie des noms communs qui, se rapportant à tous les 
individus d'une espèce, doivent avoir des signes particuliers pour indiquer 
qu'ils ne concernent qu'un ou plusieurs individus. 

Ces mots qui servent à retirer aux noms communs le caractère de géné- 
ralité qu'ils ont lorsqu'ils sont isolés, s'appellent articles. 

En français nous considérons comme articles, non-seulement les parti- 
cules le, la^ les, mais encore les mots : rfe, du des, au, aux. Ces dernières 
ne sont cependant pas de véritables articles, mais des mots composés d'un 
article et d'une particule. Ainsi : du est pour de la; des , pour de les; au, 
pour à le ; aux, pour à les. 

Les articles réels se bornent donc en français aux trois particules le, la, 
les qui se traduisent en arabe, pour tous les genres et pour tous les nom- 
bres, par la particule Jl que l'on prononce tantôt al, tantôt e/, et qui se 
joint de la manière suivante au mot auquel elle se rapporte. 

^^b^l al-ktâb (le livre); j-ôi)i al-qamar (la lune) (1). 

Les particules de, du, de la, des, dans les mêmes cas où nous employons 
un génitif français, se rendent également par la particule Ji. Ex. : 

Le cachet de Taga : U^l ô'iâ. Jchâtem el-arha. 

Les moutons du kaïd : Joli)) rp^ kebâch el-kaid. 

Le haut c?e /a montagne ; SfF^ ir'^) ^^'^ ed-djehel. 

Quant aux particufes au, aux, elles se traduisent par la préposition J H, 
isolée, ou jointe à l'article, suivant les circonstances. 

Comme on le voit, l'Arabe sépare dans ce cas la préposition de l'article. 
On ne dira donc pas : je vais au port, mais je vais à le port ; ^^y^ ^J:^^ 

nemchi li-l-mersa. 

L'article sert, avons-nous dit, à déterminer le substantif et à lui enlever 
le caractère de généralité qu'il a, lorsqu'il n'est ni précédé de cette parti- 
cule, ni suivi d'un pronom. 

(i) Nous rappellerons ici que le J de l'article, suivi d'un mot commençant 
par une lettre solaire (voirpag. i4-i5),sechange dans la prononciation en la leltre 
qui le suit. Ex. : J>2s.Jl prononcez : er-radjel (l'homme); ^*v>^l pronon- 
cez : ech-chams (le soleil), au lieu de el^radjel, elrchams'. 



— 143 — 

jb dar (maison), «i-VJ! ed-dar (la maison). 

'êy ?7zm (femme), ij^\ el-mra (la femme). 

Deux substantifs dont l'un gouverne l'autre, ne peuvent se trouver affec- 
tés de l'article qui se place uniquement devant le second substantif. 

jWl '^'^ bâb ed-dar (la porte de la maison). 
iJJl ^LcT /ddb allah (1) (le livre de Dieu), le Koran. 
v^jUJi aj Les. hhâkem cl-blad (le gouverneur de la ville). 

La traduction littérale de ces trois phrases est donc : j-iorte de la maison, 
livre de Dieu, gouverneur de la ville. 

Cette manière de s'exprimer est, comme on le voit, contraire à celle de 
la langue française, qui veut que l'article soit répété. 

On va voir que l'arabe procède également d'une manière opposée à la 
nôtre, lorsqu'un substantif c/e7ermmé, autrement dit, précédé de l'article, est 
suivi d'un adjectif. 

En français, lorsqu'un substantif est qualifié par un adjectif, nous pla- 
çons l'adjectif, tantôt avant le substantif, tantôt après. 

Nous disons en conséquence : le bon pain, le ministre équitable; mais 
l'article n'est jamais employé qw'une seule fois, et se rapporte uniquement 
au substantif. 

Il n'en est pas de même en arabe. La règle exige que l'article placé avant 
le substantif, soit répété également avant l'adjectif. 

^^JLJÎ V^l al-khobz al-mlihh (le pain le bon). 

J^LaJ! wjj_J! al-ouzir al-d'adel (le ministre l'équitable). 

Observons toutefois : 

lo Que lorsque deux substantifs se suivent et qu'au second est joint un 
pronom personnel affîxe qui, on doit se le rappeler, tient lieu en arabe de 
pronom possessif, l'article se supprime; car, dans ce cas, le second substantif 
est déterminé par le pronom. 

v^C/JU. c^L) bdb hhanout-ak (la porte de la boutique), 
^j!^ ^l'^âfi meftahh dar-i (la clef de ma maison). 

(i) i.Dl est une contraction pour Jl al (la), et JUïa (divinité) ; la divinité 
et par conséquent Dieu. 



2o Que le rapport entre deux substantifs peut s'exprimer également par 
oL:^ mta"; dans ce cas, l'article suit la même règle qu'en français, et par 
conséquent se répète : 

fj>yi\ pLx-» ^liJî aî~qaïd mta" el-a"rch (le kaïd delà tribu), 
iijîl ob^ Ûsr^\ al-m/(ahhla mta" el-agha (le fusil de l'aga). 



- 145 — 



CHAPITRE II 



DE L'ADVERBE. 

Manière de former les adverbes. — Nomenclature des principales expressions 
employées en Algérie pour traduire nos adverbes. 



•^fsrm 



L'adverbe est un mot qui résume la valeur d'une préposition suivie de 
son complément. Courageusement ou avec courage , tranquillement ou avec 
tranquillité expriment en effet une seule et môme idée. 

Dans Tarabe parlé, on se sert rarement de ce mode abrégé et, par con- 
séquent, la langue usuelle admet très-peu d'adverbes proprement dits. Mais, 
en revanche, elle possède beaucoup d'expressions adverbiales dont nous 
parlerons tout à l'heure, et qui se composent, pour la plupart, d'un sub- 
stantif et d'une préposition. 

Vd^:a.he grammatical admet que tout substantifpeut devenir adverbe en 
plaçant ce substantif à l'accusatif, c'est-à-dire, en lui donnant la termi- 
naison an, 

v^^v^ rhaçb (contrainte), L^ r/iaç6a7i (par contrainte). 

p 33 fza'' (crainte), Uj3 fza'ân (par crainte)» 

y^j=^ khouf (peur), bj^ khoufân (par peur). 

Dans l'arabe parlé on n'emploie cette forme d'adverbes que pour une 
vingtaine de mots, tout au plus, que l'usage apprendra, mais parmi les- 

10 



- 146 — 

quels nous signalerons cependant les adverbes formés des numératifs ordi- 



naux. 



Premièrement : 


P 


aouelân. 


Secondement : 


L\j 


tâniân. 


Troisièmement : 


UJU- 


tâlitân. 


Quatrièmement : 


loi, 


râbi'ân. 


Cinquièmement : 




khâmisân. 


Sixièmement : 




sâdisân, etc., etc. 



Cette forme d'adverbes est donc à peu près inconnue, comme on le voit , 
dans le langage. Restent, par conséquent, les expressions adverbiales pour 
traduire nos adverbes français. 

Ces expressions sont en nombre considérable, et l'on comprendra facile- 
ment que c'est aux dictionnaires à les faire connaître dans leur ensemble. 
Malheureusement, comme il n'existe pas encore, à proprement parler, de 
dictionnaire approprié au langage algérien, nous croyons utile de réunir 
les plus usitées de ces locutions, en ayant soin de placer leur traduction en 
regard. 

On fera bien de se graver ces mots dans la mémoire, car ils reviennent 
sans cesse dans la conversation ; ces locutions adverbiales, véritables idio- 
tismes pour la plupart, constituent d'ailleurs l'un des caractères spéciaux de 
l'idiome algérien. 

Manière d'eicprimer en arabe nos principales loeutionii adverbiales. 

Actuellement : <JU3yb del-ouaqt, contraction, pour vJUs^i lÂa 

Ailleurs : j=s.] ^y> ^ p, maudha" akhor, J6^ v,_^w^^ -3 fi madhrob 

akhor. 
Ainsi : ! J^ hakda , o/^t»!^ hakdak. 
A l'avenir : Joo \j^ ^ fi ma ha'd, jj^J ^ ^^ min hena l-il-fauq. 

Alors : vJl-J>Ji ^jX\^ dak el-ouaqt, C^^Ji v..^) j^ hadak el-ouaqt» 

Assez : à5\j barka^ ^'Si ^^^fh ^. >;*. *-^<^ ('ior. du verbe ^h)i 



— 147 - 

Assurément : ^^-ojLj b-is-çahh, Jjij ou-allah, ^i^iar^b b-it-tahhqiq. 

Aujourd'hui : ^^t el-ïoum. 

Au milieu de : lawj ^ fl ouasth, ^-j hîn. 

A 

Aussi : ÏJIS gantty JL» tdnî. 

Aussitôt; i^'-*Jl j> fis'sa" (vulgairement ^a^), ij^^ ^ f-il-hkein. 

Aussitôt que : L* JJ! aouel ma, Ji vJl^j oiiaqUelli. 

Autant que : L» 3i qadd ma. 

Autrefois: jjWt ^f-iz-zemân, ^LiL^\ -9 /"-es-saôeg, J^bii ^fAl-aoueL 

Bien ; ^^J-* mlihh, ^^^Zjs thdieh. 

Bientôt : waJ ji ^r^ô, ^-^j-^ e^ ^"^ 9^''^* 

Ci-après : Jjij L» j; fi ma ba'd. 

Ci-dessus : ^iist a«'7a. 

Ci-inclus : J^!^ dakheî, JL thaï (avec le pronom affixe). 

Combien : /ji.i3i qaddach. 

Comme : ^jS ki, ^^j^ kif, ^\ zei. 

Coup (tout à — ) : ^^y^^ c? f-il-hheïn, ils^^ J^ a"la rhafla. 

Déjà : s^i qadd, ijou ba'da. 

Demain : \^ rhoda, ïj^ rhodoua. 

Après-demain : lj^ Jjo ba'd rhoda, 'ûj^ Jjo ba'd rhodoua. 

Dessein (à—) : J^^b b-il-qaçd, JbJb b-il-a"ani. 

Dès que : v..^ ki, ^_^-^ kif y U JJ^ al'nd ma. 

Dorénavant : ^j_^^* b» ^ min hena l-il-fouq. , 

Doucement : i^^j^^ ijy:^ chouia chouia. 

Egalement (indiquant simultanéité) : \y^ \j^ soua soua. 

— (indiquant comparaison) : ^^j^ ^^^-rr ^^^f ^^f' 
Encore : ^j zid, (impér. de ^\'X ^-^bj ziada, 'iy>S 'iy marrât okhra. 
-^ (pas — ) : LJ lessa, Jh L» ma zal (voir page 76)* 



— 148 - 

Enfin : ;^^t el-akhar, J^Lsr^! al-hhaçel. 
Ensemble : |^ ij— souasouay U/» ma a ^-^^^^ djemi'ân. 
Ensuite : 'J teumma, Jou ba"d^ iô^ bad-ho. 

Entièrement : Ji' kol (avec le pronom affixe), J^lf b-il-kol, J^li* /came/. 
En vain : J-LUb b-il-bathel. 
Environ : ^sf. idji (aor. du verbe '1^). 
Exemple (par — ) : JjtJL> b-il-metel. 
Exactement (indiquant comparaison) : \^ ij**» soua soua. 
— (indiquant ponctualité) : k^b b-il-dhabth. 
Exprès [vo'^ei à desseiîi). 

Forcément : ,^_^^^!-J b-is-sif, ^ L^-si rhaçbân a"n (moins usité). 
Gratis : /jibl) blach, JJsb bathel. 
Gré (de bon — ) : wLU. ^ min-khather (avec le pronom affixe de la 

personne), ^^_-Oij b-il-kif. 
Guère : h^ chouia, Jji qliL 
Heure (de bonne — ) : ^v-^ bekri. 
Hier : t-j'-^' el-barehh, Ls-jUl el-barhhaf ^y^i ems, 

— (avant-hier) : iovjLJi J^i aouel el-barhha. 
Ici : uîi hna, Jo» hauni. 
Jadis (voyez aufre/'o/s). 

Jamais: Ijo! abddn, j^ a'ïnr (avec l'affixe de la personne) (1). ' 
Jusques (adverbe de lieu) : J\ ila^ S.:^ J! ila hhedd, 3^ li-hhedd. 

Là (s'appliquant à un objet éloigné) : oi'l^ hnak, J teumma, y^tXe>> 

teummak. 
Long (au — ) : Jw^^^sjpL) b-it-tafçil. 

Longtemps ; mU; zmân, ^^^k3L) b-iz^zaf. 

(i) yi>s> signifie vie. Cette expression traduite mot à mot signifie donc : de 
ma vie, de ta vie, de sa vie, etc. 



— 149 — 

iMaintenant : CU^^b del-ouaqt. 

Malgré (voyez forcément). 

Mieux : j^ kheir. 

Moins (indiquant comparaison) : JjI aqel. 

Moment (au — ) : J\ C^j ouaqt elli. 

Ne, non, pas : ^ /a, U ma (moins impératif que ^), J lam. 

Nouveau (de — ) : ïy JU tâni marra, ^Ij zâd (voyez page 77). 

Où : ^'j ouein^ L-y^ ^*^^^» l^.^ ^^^' 

— (d'où) : ^1 ^ ?îim eVw. 

Oui : ^\ ehf ^ na'm, i^i e^'owa. 

Partout : L^ ^ ^ fi kol djiha, ^y^ J^ ,c? ^ ^^^ madhrob, J> 

Petit à petit : h y:^ hy^ chouia choiiia, »\>^ij i,^^2s.\j ouahhda ouahhda. 
Peu : ^,^ chouia. 

— (dans — ) : v ^jh ^ a"n qrib, 

— (à peu près) : çsr^, idji. 
Peut-être : ^^io iemken. 

Plaît-il? ^ na'm (prononcé d'une manière interrogative). 

Plaise à Dieu : JJi Li. ^jt in cha-llah. 
Plus : J^\ aktar. 

— (tout au — ) : SjLs-'L) b-il-khara. 
Pourquoi : fp^ a'iach. 

Promptement : hLJ\ j> fis-sa", vJl^^ti del-ouaqt. 

Quand? CU3j ^\ ei-ouaqt. 

Quand : J\ ^^^ ouaqt elli, ^^ kif, ^^^ hhéin, U J^ ba'dma. 
Quant à : 'L^ ^ min djiha, 1^1 j ou amma, Ul amma. 
Quelquefois : o|^ J^ hadh marrât, olij^ Olijl aouqat aouqat. 
Rien : J» ^:s^ hhatta chéi, l=sXs^ ^i». hhatta hhadja. 



— 150 — 

Sans doute, probablement : J^j ouaqUa^ s^tSd* jl ^ min rheïr 

chek. 
Secrètement ;J*JLi b-is-ser. 

Seulement : à$V barka, Ish faqath, St illa. 

Soit! ,^JU mlikh, v.^.-^^ thaïeb , àJ* U ma a"lei'i. 

Toujours : ^)^ daim. 

Tout à coup : îAp J^ a"/a rhafla. 

Très : «^'v^-^ h-iz-zaf, j^ ktir,JjLi^ iâsser (dans la prov. de Constan- 

tine). 
Trop : s^y'-^ b-iz-zaf, 'i^ijyls b-iz-ziada. 
Voici : b) ha (suivi du pronom affixe de la personne). 
Volontiers : i-is U Tna a 7eî-^, ^JS^ mlihh, ul! *^Lj h-ism aîlah. 

Telles sont les expressions adverbiales les plus usitées et la manière de 
les rendre en Algérie. Leur nombre s'élargit beaucoup dans le style soigné, 
oii, d'une part, on peut, comme nous l'avons dit, changer les substantifs 
en adverbes en les mettant à Taccusatif; où, de l'autre, on emploie sou- 
vent des mots que l'usage n'admet pas, et qui sont connus seulement des per- 
sonnes lettrées. 



— 151 - 



CHAPITRE III. 



DES PREPOSITÏOXS. 

Prépositions affixcs; observations sur les prépositions j principales 

prépositions arabes* 



►««*« 



Les prépositions se placent avant les substantifs et les pronoms, et servent 

à déterminer avec eux le sens de la phrase. Si je dis en effet : J:^ -X^ij' U 

-*oA1J! \z ma tqo"d chi d'ia-l-koursi (ne t'assieds pas sur le fauteuil), la 

préposition J:^ a'ia indique quel genre de rapport existe entre J^xÂj tqd'd 

et e;-^^ koursi. Que l'on supprime en effet cette préposition, et la phrase 

n'a plus de sens. 

Les prépositions exercent, comme on le voit, une très-grande influence 
dans le langage. 

Les Arabes ne reconnaissent pas, à proprement parler, de prépositions, 
puisqu'ils comprennent cette partie de notre discours sous la dénomination 
de particules avec les adverbes, conjonctions, etc. Cependant ils donnent à 
cette catégorie de particules un nom spécial qui justifie l'appellation de 
prépositions que nous leur conserverons pour faciliter nos explications. Ils 
les nomment agents des cas indirects, et expriment très-bien par là leur 
caractère et leur but. 

Il y a en arabe deux prépositions composées d'une seule lettre, qui vien- 
nent se placer devant le substantif ou le pronom, et s'identilier avec lui. 
Ce sont : 

V > bi (par, avec). 

« 

J li (à, vers). 



— 152 — 

Il faudra donc bien faire attention si ces lettres, qu'aucun signe particu- 
lier ne distingue, constituent Tune des radicales du mot, ou si, au contraire, 
elles lui sont adjointes comme prépositions. 

Prenons un exemple. Le mot .xsr', si l'on venait à considérer le J initial 
de ce mot comme radical, n'aurait aucune signification, tandis qu'en sépa- 
rant cette lettre par la pensée, on obtient deux mots J li et «.Xs. hhedd, le 
i^remleT préposition f le second substantif; >Xs:^ li-hhedd signifiera donc : 
jusquà la limite. 

Les autres principales prépositions, ou agents des cas indirects, sont : 

J\ ila (vers, avec mouvement), 
c^ ma" (avec). 
^ fi (dans). 
Jb a" ta (sur). 
j;^ a"nd (chez). 
^ a"n (de) , (a6, eu latin). 
^ min (de), [ex, en latin). 

Mais à côté de ces prépositions, qui sont les seules auxquelles ils donnent 
le nom d'agents des cas indirects , les Arabes emploient un certain nombre 
de mots diversement composés pour traduire nos prépositions françaises. Il 
convient d'en faire connaître les principaux. 

Auprès : » ^oJ qrib^ v.„^b h-il-qorb. 

Au delà : (pour les choses matérielles) : Kj oiiera. 

— (pour les choses morales) : ^j^ fouq. 
Autour: J^ y^\^ oi^ dair sair a'ia. 
Avant : J-i qbel. 

Bas (en) : w^^sr^ tahht^ J^^ ûts/e^ 

Cause (à— de) : J?'^ ^ fi khdther, jiUk Jb a'ia khâther. 

Dedans : J^'«^ dakhel. 

Dehors : tJ^ kharedj, |I> barra. 

Depuis : ^ min, 'iSj> y> min medda, J-* melli. 



I 



— 153 — 



Derrière : 
Dessous : 
Dessus : 
Devant : 
Excepté : 
Entre : 
Haut (en) : 
Hors : 
Jusqu'à : 
Jusqu'à ce que 
Loin : 

— de loin : 

— au loin : 

Parmi : 
Sans : 

Sous : 
Yis-à-vis : 



îjj ouera, ^^^^^^ khalf (avec le pron. aff.). 

• * 

J^csr* tahht. 
^j5 fouq. 



( 



Ijs3 qoddâm. 



f^ rhéir, 
j" 



J 



Lj harra, .^jLà. kharedj. 



ç^ hhatta. 
J-sjo hd'id. 



^^} .^ min ha'id, 
Jju)! J> fi'l-bo"d. 



^: 



} hîn. 



y^ ^.» min rheiVj JJ bla. 

C-ss'j tahht. 

J.jL£* mqâbel, >lji qoddâm^ JLi qbâla. 



Observations. Les prépositions, comme nous l'avons dit, viennent en 
aide aux verbes pour déterminer leur régime lorsqu'il est composé, c'est-à- 
dire, lorsque l'action du verbe ne s'exerce pas directement sur l'attribut. 

Ainsi, dans cette phrase : r^^i. ^c'-g.;;. chouft-ho ihhaoués ( j'ai vu lui 
il se promène, c'est-à-dire, je l'ai vu se promener), le pronom affixe » re- 
çoit directement l'action du verbe ; il est par conséquent ré5fzî7ie direct. 

Dans cette autre phrase au contraire : \jjysr^ ^1^ dja bi-khou-k (il 
est venu avec ton frère), le régime du verbe est indirect , puisque l'action 
ne s'exerce que par l'intermédiaire de la préposition s >. 

11 faut bien faire attention à deux choses, en ce qui concerne les préposi- 
tions arabes. 

lo Le rapport qui existe entre le verbe et son régime indirect ne s'ex- 
prime pas toujours en arabe par la préposition analogue à celle de notre 
langue. 



— 154 — 

2o Certains verbes qui ont en français un régime direct, ont en arabe un 
régime indirect et vice versa. 

On comprend facilement que c'est à l'usage à commenter ces deux obser- 
vations dont les exemples suivants feront connaître toute la portée. 

Je cherche un livre : wjLCI! ô.s^J J^ tr^ nfettech a" la ouahhed 
el-ktaby — je cherche sur un livre. 

Dieu vous bénisse : \jS^ ^^'^f-! ^^ ^^^^'^ ibarek f-ik, — Dieu bénisse 
dans toi. 

Saluez-le de ma part : ^^^^ ^ àJs, JL^ sellem d'iéi-é min a"nd-i, 
— Saluez sur lui de chez moi. 

Il te craint : ^iX^ ^^.e^^ ikhdf mtn-ak,~^ il craint de toi. 

Je vous baise les mains : -^Çj^ iri^ nbous hi-iedi-k, — je baise sur 
tes deux mains. 

La préposition arabe présente donc, pour nous français, d'autant plus de 
difficultés, qu'étant habitués à penser dans notre langue, nous sommes na- 
turellement portés à traduire la préposition française par la préposition 
arabe analogue, et à ne mettre en arabe une préposition, que là oh il y en a 
une française. 

C'est là, nous le répétons, une double difficulté que l'usage peut seul ha- 
bituer à vaincre. 



- 155 - 



CHAPITRE IV. 



DES CONJONCTIONS. 



Principales conjonctions arabes. 



La conjonctiorif que es Arabes appellent particule conjonctive, est un 
mot qui sert à lier ensemble les divers membres d'une pbrase. 

Les principales conjonctions françaises traduites en arabe sont : 



Afin que : rpij bach. 

Car : 

Cependant 



( ^XJ lakin, ^j^j oua lakin. 



» Il ' 

ta m. 



C'est-à-dire : ^^ 

Et : j oua. 

Mais : ^^ lakin. 

Ou : ^1 aou, )y)j ou illa. 

Ni : ^j oua la. 

Parce que : jiUà. Jls a" la khaihar. 

Que : "^ J^ ^^^*» (J^ ^^' ,_^. ^^^^** 

Quand même : ) . 

l J- oua lou. 

Quoique : ) ^ 

Si : it iZy lit ida, ^j^J lou kân. 

Soit (répété) : b ia. 



— 156 — 



CHAPITRE V. 



DE L'INTERJECTION. 



Principales interjections arabes. 



Vinterjection est un mot, ou plutôt un son qui exprime un sentiment su- 
bit éprouvé par l'ûme. C'est un cri qui lui échappe quand la pensée ne vient 
pas assez vite à son aide pour exprimer la sensation qui l'émeut. 

On comprendra facilement, dès lors, que le sens de la plupart de ces in- 
terjections ne peut bien se saisir que par la prononciation, et par le geste qui 
accompagne toujours l'émission de ces monosyllabes. 

Voici les principales interjections arabes. 



Ah! 


al ah. 


Aïe ! 


^\ akh. 


Allons ! courage ! 


-oî aïha. 


Fi! 


^\ akh. 


Hé? 


b i'a, a^swl esma". 


Hélas ! 


^\ akh. 


Ûh! 


ib iah (prononcé avec étonnement). 


Voyons ! 


\k\ ara, ^y tra. 



LIVRE aUATRIEME. 



OBSERVATIONS SUR LA SYNTAXE. 



De la concordance. — De l'interrogation ; ses règles. — De la négation ; 

ses règles. 



L'arabe parlé, ainsi que nous l'avons dit, ne diffère de la langue régu- 
lière que par rinobservation d'une partie des règles de la grammaire, et 
aussi-, par l'emploi de certaines expressions particulières à chacun des pays 
où cette langue est usitée. 

Nous avons fait connaître, en traitant chacune des parties du discours, 
les principes qui les régissent spécialement ; il ne nous reste plus que peu 
de mots à dire sur quelques règles dont nous n'avons point encore parlé. 
Nous plaçons en premier lieu celles de la concordance, 

§ 1er. — DE la CONCORDANCE. 

Les noms dont on se sert pour désigner les êtres et les choses sont sus- 
ceptibles de divers genres et de divers nombres. 

Or, les adjectifs, les pronoms et les verbes étant destinés soit à qualifier, 
soit à remplacer les substantifs, soit enfin à exprimer leur mode d'être ou 
d'action, il s'ensuit que les adjectifs, les pronoms et les verbes doivent 
suivre les différentes variations des noms, et par conséquent s'accorder avec 
eux en genre et en nombre, et pour les pronoms et les verbes en per- 
sonne. 



— 158 — 

Ces principes de concordance sont communs à notre langue et à la lan- 
gue arabe. 
D'où Ton peut poser cette règle ; 

Que l'adjectify le pronom et le verbe doivent prendre le même genre et le 
même nombre que les substantifs auxquels ils se rapportent. 

Comme explication de cette règle, prenons pour exemple la phrase sui- 
vante : 

el-ioum mridh chouft-ho el-harhha a''nd~ak dja elli er-radjel 

aujourd'hui malade j"ai vu lui hier chez toi est venu lequel l'homme 

En analysant un à un les mots de cette phrase, on verra qu'ils sont en 
concordance les uns avec les autres. 

J.2S. Jl (l'homme); sujet de la phrase, est au singulier masculin. 

^\ (lequel); pronom relatif se rapportant à Jçs.j, est invariable. 

*wç». (est venu) ; verbe se rapportant à J^j, est en conséquence au 
singulier masculin, 5^ personne. 

y^^z^ (chez toi); jj^ préposition, v^i/'pronom personnsl affixe mascu- 
lin, 2^ personne. 

ïoi.jJ( (hier) ; locution adverbiale. 

h:^ (j'ai vu lui) >Jl^^f^; 1" personne masculin prétérit du verbe ,^^L^. 
2$ pronom affixe, se rapportant à J^j, est par conséquent à la 
5e personne singulier masculin. 

^^y (malade); adjectif se rapportant à J^j, est au singulier mas- 
culin. 

^yS\ (aujourd'hui); locution adverbiale. 

Si au contraire, au lieu de parler d'un homme, on eiit parlé d'une femme, 
les adjectifs , pronoms, verbes, auraient dû être au féminin. Ex. : 

>J^\ 'i^y '-"rf^ 'i^j^\ x^JJi. vO^V ^' ^^' 

el-ioum mridka chouft-ha el-barîiha a"nd-ak djat elli el-nira 

aujourd'hui malade j'ai vu elle hier chez toi tsi venne laquelle la femme 

En analysant comme nous l'avons fait plus haut les termes de cette se- 
conde proposition, on verra qu ils sont en concordance avec le sujet. 



— 159 - 

Exceptions. Lorsque le sujet d'un verbe est un pluriel exprimant des 
êlres non raisonnables, ou un pluriel irréyulier, ou enfin un nom collectif, 
les mots qui se rapportent au sujet se mettent élégamment en écrivant au 
féminin singulier, au lieu de se mettre au pluriel. 

Mais il est à remarquer que lorsque Ton emploie ainsi le féminin singu- 
lier, le verbe se place avant le sujet. 

«M 

Lorsque ces nouvelles arrivèrent :j'.-^b5î ij^ wvL?j Ji ^.^^ ouaqt 
elli ouçlat had el-akhbar, — temps lequel arriva ces nouvelles. 

Les Musulmans se cachèrent dans leurs demeures : ^ ^bL,jl w^ax^^b 
w^jL^ fa-ekhtafat al-islâm fi mnâzel-hom ^ — or 5e cacha les musulmans 
dans demeures leurs. 

Les troupes sortirent de la ville : ^bU! ^ SL^\ vjl^wâ. khardjet 
el'd'sker min el-blady — est sorti les troupes de la ville. 

Cette forme de singulier s'emploie principalement pour donner de la ra- 
pidité à la narration, et équivaut au présent employé dans notre langue pour 
traduire un temps passé. 

On ne trouve guère d'exemple de cette exception aux règles de la con- 
cordance que dans le style écrit. 

§ 2. — DE L'mTERROGATION. 

Pour exprimer l'interrogation en arabe, il faut distinguer si la phrase 
contient déjà une particule interrogative ou non. 

40 Si laphrase Contient déjà une particule interrogative, comme /^iJi 
qaddach (combien?) , /il ach (quoi?), ^il^ fein (où?) y fj>^ d'iach 
(pourquoi?), on construit comme s'il n'y avait pas d'interrogation. L'inter- 
rogation est dans la voix, Ex. : 

Que dites-vous? ^Jo ^\ ach tcioul? 

Oii vas-tu? A^ ^V.»-? /c-m temchi? 

Pourquoi l'as-tu frappé ? à:^j.^ ^^ a'iach dhrabt-ho? 

Combien vends-tu cela? tjJ^ ii.^ ^îji qaddach tbi'hada? 

2° Si, au contraire, laphrase ne contient pas de particule interrogative 



— 160 — 

on place le mot ^i- chi (chose) après le verbe, sans tenir compte du pro- 
nom alfixe qui pourrait être joint à ce dernier. 

L'as-tu vu? ^ àX5Li» chouft-ho-ch? 

Sont-ils bien portants? j^^sf. ^ *5>!j ra-hoiim chi hi-kheir? 

Voulez- vous boire? >*^Juj A> ^.^^ tehheub chi techrob? 

On a vu plus haut que lorsqu'une phrase contenait déjà une particule in- 
terrogative, comme rj'^ a"lach, on construisait sans le mot ^^ c/i» 
(chose). 

Cela est vrai lorsque la proposition est posufue, comme dans les exem- 
ples ci-dessus. Si au contraire elle est négative, on doit se servir de la parti- 
cule L^ ma (pas) et du mot ^t, chi (chose) en intercalant le verbe entre 

ces deux mots et en exprimant d'ailleurs la particule interrogative. 

Pourquoi ne l'as-tu pas frappé? ^^ às.3ya U /p>^ a'iach ma dhrabt- 
ho-ch. 

§ 3. — DE LA NÉGATION. 

La négation s'exprime en arabe d'une façon extrêmement simple. Elle se 
rend de la même manière que les phrases interrogatives négatives, l'in- 
flexion de la voix indiquant seule qu'il y a ou non interrogation. 

La négation se traduit donc par les mots U ma (pas) et J» chi (chose), 
entre lesquels on intercale le verbe (1). 

Je ne l'ai pas vu : ^ <ic^ U ma chouft-ho-ch. 

Ils ne sont pas bien portants : j^ A' m^^ L* ma ra-hom-chi hi- 
kheir. 

Que cela ne vous fâche pas : jl^ i J^ «^iX-isJb U ma irhidh-ek-chi 

el-hhal. 
Souvent dans la rapidité de la prononciation, les Arabes ne font pas en- 
tendre Vi final du mot chi, lorsque ce mot se trouve à la fin d'une phrase. 

Ils prononceront donc : 

çir ^^^'^ U ma tehheub-ch (tu ne veux pas). 

-i. J cJi ^'* ma qolt lo-ch (je ne lui ai pas dit). 

M 

(i) Voir ci-dessus la page 76, 



EXERCICES. 



Nous avons cru qu'il était utile de placer la pratique à côté de la théorie; 
c'est dans ce but qu'ont été formulés les exercices qui terminent cette 
grammaire. 

Le premier est l'analyse des divers mots d'une lettre arabe. 

Nous ne saurions trop recommander au commençant de s'habituer dès le 
principe à décomposer chaque mot. Au bout de quelquesjours il pourra s'as- 
surer par lui-même de quelle utilité est le conseil que nous lui donnons ici. 
C'est, en effet, par l'analyse seule, c'est en remontant aux racines des mots, 
que l'on peut être certain de leur sens véritable, et par conséquent s'iden- 
tifier à la pensée de l'interlocuteur ou de l'écrivain. 

Nous avons eu soin de mettre la traduction sous chaque mot arabe, et de 
séparer par des virgules les mots français qui se rapportent au mot arabe 
correspondant. 

Nous avons à peine besoin d'ajouter que la traduction doit être lue, 
comme l'arabe, de droite à gauche, en liant toutefois ensemble les mots 
placés entre deux virgules. 

On prononcera donc: la louange ^ à dieu, lui unique, et, pas, dieu, 
autre que lui, etc. 

Le deuxième exercice se compose d'un dialogue sur des sujets de conver- 
sation usuelle. 

Le troisième exercice, enfin, est un dialogue sur des matières plus spéciales 
aux militaires et aux personnes chargées de l'administration du pays arabe. 

Dans ces deux derniers exercices, nous avons cherchée faire compren- 
dre, autant que possible, la construction de la phrase arabe, et à signaler les 
principaux idiotismes de cette langue. 



11 



— 162 — 



PREMIER EXERCICE 



Traduction et analyse d'nne lettre écrite par le kaVd de la' tribu des Arib 
à m* Drouct d'Erlon^ ancien Gonverncur général 

de l'Algérie (1). 



adoré, pas, et, autre que lui, dieu, pas, et, lui unique^ a dieu, la louange, 
a préposé lui, celui que, à, sinon lui, 

^— — ■ 1^ ■*■ ■ I ■■ — . , I I , ... 1 -I.] I 

A]¥AÎ.YiSE* Racine. 

^as^i : Composé de l'art. Jl, et du subst. sing. maso. 0>.^=s «Xs^w 

ai): Contractionpour Jprép.;J! art.; et i31 subst. sing. masc. <Jt 

ï,Xa.^ : J^j adj . sing. maso.; ^ pron. pars, affixe S^p. sing. masc. J^^ 

j : Conjonction. » 

iî : Particule négative. » 

àj\ : Subst. sing. masc. àJt 

HjJi : j^ adj. sing. masc; ^ (voir ci-dessus). M 

_5 : Conjonction. » 

-5 : Particule négative. » 

^j^ ' ^^^^^' P^ss. sing. masc. ^ 

»Lw : \j^ adverbe; ï (voir ci-dessus). \Sj^ 

Jl : Préposition. » 
^^ : Pron. rel. s'appliq. à tous les genres et à tous les nombres. » 

2^j ; bîj 3e pers. sing, masc. prêt., 2e forme du verbe déf, 

^j (5 voir ci-dessus). ^j 

(i) Cette lettre [est la même que celle dont la prononciation est figurée 
page 21. 



- 163 — 

c/, doux, son cœur, lequel, de ses serviteurs, affaires, a fait gouverner lui,el,sa terre, sur, dieu 
le glorieux yle sultan, grande, évidente, sapuissance,ct,subliinc,son rang, et, noble, son action 



AIVAIiYSE* Racine. 

iJJS : Contraction pour J! art. et iJI subst. sing. masc. à3l 

^ : Prép. » 

iw^ji : ^t Subst. sing. fém.; » (voir ci-dessus). Qoy 

j : Conjonction. » 
àSlL» : 5e pers. sing. masc. prêt., 2^ for. du verbe v^CL ; 

2J (voir ci-dessus). ^.iXX» 

jyl : Subst. plur. masc. (sing. w»l). y^ 
)s:>^^ : ^Lo Subst. plur. masc. (sing. J-o) ; 5 (voir ci-dessus). J^ 

^3J! : Pron. relat. masc. sing. » 

iJi : » Ji Subst. sing. masc; lè (voir ci-dessus). wJ^ 

*J^ : Adj. sing. masc. ^ 

j : Conj. » 

iJje : Jji3 Subst. sing. masc; i (voir ci-dessus). J-x3 

v> vS' : Adj. sing. masc, ^y 

j : Conj. » 

àjU» : ijU. Subst. sing. masc; 'i (voir ci-dessus). ^jLi» 

J^ : Adj. sing. masc. /^ 

j : Conj. • 

ij^ : j^j Subst. sing. masc; ^ (voir ci-dessus). j^ 

^^Ij : Part. prés. sing. masc. dér. du verbe prim. (adj. vcrb.) ,„^j 

*-A«9. : Adj. sing. masc. /****?- 

^jlJaLJS : ^}\ Art. jLLL» subst. sing. masc. ^=^ 

^^s:^\ ; JI Art.; ^..drf* part, actif sing. masc. de la 2« forme. ç^ 



— 164 — 

c?/eM, a/(/e /«/î, d'Alger, ville, gouverneur, des français, représentant, le plus heureux 
rfji siècle, sultan, et, du temps, roi, ô, sur toi, le salut, amen, protège lui, et 



AX\VYS^, Racine. 

Jou-bî! : Jl Art.; Jju-! compar. deTadj. ^Xjju»» (JjuvSt superl.) (1). Jjuc 
ÏJLslâ. : Subst. sing. masc. v^.^ 



t 






jj^LJjJbJ! : J! Art.-, àjjLJw9 subst. propre plur. masc. 

^L^ : Part. prés. (adj. verb.) sing. masc. du verbe primitif. 
ù)h : Subst. plur. masc. employé ici comme sing. 
o!j3H' : Jl Art.;^l^ nom propre (plur. de ^j^^y^ île). 

iiUt : ^U! 5e pers. sing. masc. prêt, de la 4^ forme du verbe 
conc. ^^; ï (voir ci-dessus). 
J3! : (Voir ci-dessus). 
j : Conj. 
ïUa» : Usi. 3^ pers. sing. masc. prêt, du verbe défect. U^ ; 

i (voir ci-dessus). 
^^! : Sorte d'interjection. 
!>bLJi : Jl Art.; j>)^ subst. sing. masc. 
oXJ^ : J^ Prép.; ^t^pron. pers. affixe 2^ pers. sing. masc. 

b : Interi. 
^iXJU : Participe prés. sing. masc. du verbe prira. ^iXi* 

(adj. verb.) 

jjUJ! ; J\ Art.; ^L»; subst. sing. masc. ^^j 

« : Conj. » 

jUJL, : Subst. sing. masc. Jslw 

j^\ : Jl Art.; w^c^- subst. sing. masc. ^^ 



c;' 



I 






ou 



(i) Voir page io6. 



— 165 — 

rfe /a vî'e, /oî<? lelo7ig(i), accorde a ioiy et, ton empire, dieu, perpétue, du temps, et 
de nous, dieii, éloigiie, les purs, des hommes, par jouissance, ton ordre, fasse exécuter, et 

AIVALYSE* Racine! 

j : Conj. ]» 

fi 

^jij-Jî : Ji Art.; jjl^t subst. sing. masc. ^W 

w\Lkt : oe pers. sing. masc. du prêt, de la 4^ forme du verbe jJU. wxick 

àU! : (Voir ci-dessus). Jt 
viXJj^ : àJj^ Subst. sing. fém.; s^pronom pers. alî. S*' pers. 

sing. masc. Jb 

j : Conj. » 
s^OUt : 3e pers. sing. masc. du prêt, de la4» forme du verbe 

conc. JU.; v.t5^ (voir ci-dessus). JU 

JJsi : w>Prép.; Jy? subst. sing. masc. JLL 

jUsbSt : Jî Art.; jUct subst. plur. masc. (sing. v^ss). y^ 

j : Conj. 9 

3jù\ : 3e pers. sing. masc. prêt, de la 4^ forme du verbe ôjÙ, Jjbj 

v^Ciow : Jcs. Subst. sing. masc; vj/* (voir ci-dessus). Jo». 

ïLsr;' : »^^Prép.; 2I9. mot tiré du persan. s> 

obLJ! : J! Art.; obLw subst. plur. mas. (sing. Jv^) .iL. 

jL>b!! : J! Art.; j\y\ adj. plur. masc. (sing. Jj) j} 

JjuI : 3^ pers. sing. masc. du prêt, de la 4^ forme du verbe Jaj Jju 

ASl : (Voir ci-dessus). à)i 

lie : ^ Prép.; U pron. pers. aff. plur. i^^ pers. » 

(i) J^ mot à mot par longueur, signifie tout le long y c'est-à-dire une 
longue vie. 



166 — 



ett venue a non», certes que, le sultan, ô, init cela, les maux, tous, de toi, et 



j v^Çbf }si)! 



r^, to gazette, dans, ton discours, le très honoré, et, ta lettre, la très chhe. 



nous avons lu lui, et, sur lui, nous nous sommes réunis 



AIVALYStE. 






Racine, 






j\/i\ : 



ijb : 






un 

«4 



^ 



•J\ 






Conj. 

^ Prép.; vj/^pron. pers. aff. 2^ pers. sing. 
Adj. sing. masc. 

Jl Art.; jU^( subst. plur. masc. (sing. J-) 
JL) 5e pers. sing. du prêt, du verbe défect. Jj ; 
5 (voir ci-dessus). 

^^ Particule; ^ji conj.; :^ (voir ci-dessus). 
\j\ 3e pers. sing. masc. du verbe défect. ^1 ; Lî pron. 
pers. aff. plur. 1^"^ pers. 
Jt Art.; ^1 compar. de l'adj.^j^ (^^1 est le superl.). y^ 

v^^L^ Subst. sing. masc. o/'pron. pers. aff. masc. 
2e pers. V^ 

Conj . » 

Jt Art.; aS\ comp. de l'adj. m} S (/>^^^' est le superl.) ^^ 
vw-jLkà. Subst. sing. masc; v^t5^(voir ci-dessus). 
Prép. 

A 

Jt Art. ; i^, V^ subst. français arabisé. 
Conj. 

l^e pers, plur. du prêt, de la 8^ forme du verbe ^i.^. 
Jb Prép.; ^ (voir ci-dessus). 
Conj. 
: Uti ire pers. plur. prêt, du verbe \^ ; ï (voir ci-dessus.) i^ 












» 



— 187 — 



flver /a bouche, et, nous avons placé lui, la tète, or sur, son sens, nous avons compris, et 



k_^ 



<>J⣠



iJ 



L^ 



^J^ 



t'jjLi 



noî(s avons honoré Itiî^ cf, sur lui, nous nous sommée réjouis, et, nous avons baisé lui 

vers , a cause de ta venue, beaucoup. 



AilMLTSC. 



Racic 



J ' 



1^ • 



Conj. 

l^e pers. plur. prêt, du verbe w,3. 
Lxx^ Subst. sing. maso, dérivant du verbe défect. 
5 (voir ci -dessus). 
.^^ Part.; Jx-prép. 

Ji Art.; ^.Ij subsL sing. maso, fait au plur. ty'j^y 
bju£?^ Ire pers. prêt, du verbe prim. «^ ; ï (v. c.-d.). 
Conj, 

s^> Prép.; J! art.; ^ subst. sing. maso, 
lie pers. plur. du prêt, du verbe prim. JJ; ï (v. c.-d.). 
Conj. 

l^'e pers. plur. du prêt, du verbe prim* ^ v9. 
v^Prép.; :^ (voir ci-dessus). 
Conj. 

Usiis 1^'^ Pers. plur. du prêt, du verbe prim. Jac; 
s (voir ci-dessus). 
Adv. f 

v^i^jAi) : v^ Prép.; ^Ji subst. sing.masc; ^^pron. pers. 
alî. 2e pers. 

J\ : Prép. 



» 









J' 

6J 






1^: 



f^ 



»^. 



'% 

» 

)) 
» 



$ 



f 



J-3 



» 



(i) Idiotisme pour signifier recevoir avec honneur. 



\l 



Jl'! 



— 168 — 

^^. „. ^ wJi:- J-'î , J^' (^^ Lii^i. 

il est très haut, dieu, de, nous demandons, d'équité, et de justice, avecgouvf., notre pays 

U/J. ^>jjJi 'Jj^^ ^^ J^^L^ ^Lïl^ ^. 

ié dieu, ci, cela, a réjoui nous, déjà, par dieu, les portes, a toi, qu'il ouvre 



nous avons remercie 






••Jt 






^!ij Subst. plur. fém. (sing. J.b ) (1) ; U pron. 
pers. aff. plur. 1^"^ pers. 






<^^ Prép.; f>=^ subst. sing. masc. 

J! Art.; J^ subst. sing. masc. 

Conj. 

Jt Art.; ^1^ subst. sing. masc. 

Ire pers. sing. de Taoriste du verbe prim. v«^!J?. 

Prép. 

(Voir plus haut.) 

3e pers. sing. masc. prêt, de la 6e forme dérivée du 

verbe bic. 

5e pers. sing. masc. aoriste du verbe ^. 



J Prép.; vj/ pron. pers. aff. sing. 2^ pers. masc. 

JS Art.; <^^|^( subst. plur. masc. (sing. v«^b), 

,^^ Part.; i^\j mot formé de la conj. ^ et du subst. 

il!l ; fait r office d'interj. 

Adv. 

jr^ pers. plur. prêt, de la A^ forme dérivée du verbe 

sourd ww 

Pron. démonst. sing. masc. 

Coni. 

4r« pers. plur. prêt, du verbe prim. S^. 



Racine, 



«M 



b5i 



J! 



» 






(i) En Algérie on emploie le pluriel de ce mot comme singulier. 



— 169 — 

'0* 

sur cela, nous t''appreno7iSy et, fortuné, a un gouvK (1), ici, il a préposé vous, ce que, sur 

des Arib, la réunion, soumis, obéissant, a ton ordre, écoutant, nous, voici 

AKALYISE. Racine. 

J^ : Prép. » 

U : Particule pronominale. » 
S^j\ : î^^jt 5e pers. sing. masc. 4« forme du verbe défect. ^^ ; 

S pron. pers. aff. plur. 2^ pers. Î5j 

^t^i^ : Adverbe. » 

^.-y • i3' -^r*' ^.-^J subst. sing. tem. ^j 

iJJu3uJt : J! Art.; iJJwouo adj. sing. fém. Jjuo 

j : Conj. » 
^t^^Jjo : tjjjo ire pers. plur. aor. de la 2^ forme de J^ ; v^pron. 

pers. afî. 2^ pers. Js 

à3 : ,^^ Prép.; ^ (voir ci-dessus.) » 

b» : Adv. » 

^jsr^ : Pron. pers. plur. ire pers. » 

j^/»L> : Participe prés. plur. masc. (adj. verb). ^t^^ 
sj/y^ : J Prép.; j-*! subst. sing. masc; v.^pron. pers. 

(voir ci-dessus). • y] 
^j^Lt : Participe prés. plur. masc. (adj. verb.) du verbe 

conc. pli? pli 
^.j^Lk : Participe prés. plur. masc. (adj. verb.) du verbe jz-^^aà.. ii.^c£^ 

'àoLi^ : Subst. sing. fém. si-s:^ 

v^j^ : Nom propre. » 



(i) âo^j pourrait encore être entendu dans le sens de province, pays à 
gouverner. 



- 170 — 

j Ur^. Lw Ijj» Jjo JjI; b) ^ ^ \isyJ\y} ^IsliJ! 

e/, notre amitié^ sinon, cela, après, excédant, pas, et, eux tous, a Jlassautay les habitants 

ei^ prospères, de tes affaires, totalité, de, de nous, la nombreuse, la demande 

ytiV.tLYlSE. Racine. 

^jJpliJt : J! Art.; ^J^^ participe prés. plur. raasc. (adj. verb.) 

du verbe, ^j^- ^^f^ 

LL^lyj : c^Prép.; \l>j^\j nom propre. » 

^}^ : Ji' Adj. sing. masc; *^ pron. pers. alî. 3^ pers. plur. Ji' 

j : Conj. » 

^ : Adv. » 
JjU : Participe prés. sing. masc. du verbe conc. ^u (aor. ^ V)- ^h 

Jjo : Adv. .Xx) 

I jjs : Pron. démonst. sing. masc. » 

ta-w : Adv. \Sj^ 
L!k : .JU^ Subst. sing. masc. dérivant du verbe sourd 

• * 

vJUsw ; U pron. pers. plur. 1^^ pers. v.^^'^ 

j : Conj. » 
JLJ! : ^\\ Art.; JLw subst. sing. masc. dérivant du verbe 

hamzé J'-w. Jl—» 

vJixJl : J^ Art.; K^ adj. sing. masc. >^ 

U* : ^ Prcp.; Li pron. pers. aff. l^'^ pers, plur. J> 

^ : Prép. » 

iS^Ji^ : Subst. sing. fém. J^ 
sjX^^j=^\ : J|^^ Subst. plur. masc. (sing. J^); N^^pron. pers. 

aff. 2e pers. masc. • JU- 

'i^j^] : Ji Art.; ï^k* adj. sing. fém. ^^^ 

j : Conj. » 



— 171 — 

rfrt?j«, et, tes chefs, et, de ton conseil, les gens, tous, sur, de nous, le salut, soit renouvelé 
6/, to/rc am», «a permission, par, a été écrit, de celui, le salut, et, tuffisance, ceh 

A^'ALYSE. Racine. 

ùjxi^ : 3e pers. sing. masc. aor. 4^ forme dér. du verbe conc. ^U 

^bLJi : Jl Art.; j>^ subst. sing. masc. A^ 

L^ : ^ Prép.; U pron. pers. o.ff. 1^^ pers. plur. » 

Js : Prép. !^5 

^s^ms2w : Adj. sing. masc. ît*=*. 

J^î : Subst. sing. masc. (nom collectif). J-2'i 
x^Ci \y ^ : ^Uj ^ Subst. sing. masc. tiré du turc ; ^jX(\o\v ci-dessus) . » 

j : Conj. » 
s^CLCx : JS^s. Subst. plur. masc. (sing. a^L^)j ^-^(voir ci-dessus). S^ 

j : Conj. » 

^ : Prép. * • » 

!3j!5 : Pron. dém. sing. masc. » 

hbù : Subst. sing. fém. provenant du verbe déf. c,^^ 

^ : Conj. » 

jbLJt : Jl Art.; j>)^ subst. sing. masc. a-^ 

^^ : Part. pron. » 

v^^ : 5e pers. sing. masc. prêt, du passif du verbe <,^^^. ^_^ 

pP : Prép. » 

iJi! : ji! Subst. sing. masc; ^ pron. pers. aff. 3^ pers. j^i! 
XJk^ : Participe sing. masc. dérivant du verbe sourd ^.^^^.^ ; 

S pron. pers. aff. 2^ pers. plur. w^=s. 

3 : Conj. * 



172 



(2) çatf?, de Zch-i, fils, Msaojid, le liderîn, le seigneur, avons, le bien, désirant 



l^j'Ù] 



fy ^Jjb^ * ^^-^î c-A^srs-'b JJt 



.U 



(3) quatre, [du) jour, a la date, amen, a. tous, dieu, soit propice, des Arib 



C 



Joli 






^.. 



b 



(' 



^p 



Participe sing. masc. (adj. verb.) dérivé de la 4^ forme 
du verbe conc. 

Jl Art.; v^ subst. sing. masc. 

(Composé de Jl et S) Jl prép.; S pron. pers. aff. 

2e pers. plur. 

Jl Art.; Jo-w subst. sing. masc. 

Jl Art.; -►U. participe prés, sing, masc. (adj. verb.) 
provenant du verbe sourd 
Nom propre. 
Subst. sing. masc. 
Nom propre. 

Part. prés. sing. masc. (adj. verbal) du verbe concave 
Nom propre. I 

5e pers. sing. masc. prêt. 

(Pour Jl et Jl) Jl art. Jl subst. sing. masc. 

Composé de v^ prép.; Jl art.; ^z^hs^. adj. sing. masc. 

Sorte d'interjection, répondant au mot amen. 

Composé de ^^ prép.; et ^j^* subst. sing. masc. 

Subst. primitif sing. masc. (plur. Jul ) 

Jl Art.; àxJjl nombre cardinal. 



Racine: 






J 






b 

D 



(i) -J.L2W peler in f qualification dont to'us ceux qui ont été en pèlerinage à 
laMekke font précéder leur nom. 

(t.) JjLs le kaïd est un fonctionnaire indigène. 

(3) i^j-^1 pJ le jour quatre, c'est-à-dire mercredi. 



— 173 — 

12cO. a7i, le second, djemada, de 



.%:V.%JLTSE. Racine. 

^ : Prép. B 

^^U=^ : Subst. sing. fém. •A^>9» 

iJliît : J! art.; àJ'J nom de nombre ordinal fera. sing. ^ 

'L^ : Subst. sing. fém. Lj^— 

IfC. : 12o0. » 



TRAlireTIO]V 

DE L4 LETTRE PRÉCÉDENTE (1). 



Louange au Dieu unique! Il n'est point d'autre Dieu que lui; nul autre 
n'est digne d'adoration. 

A celui que Dieu a revêtu dans son univers de la puissance suprême et 
auquel il a confié les affaires de ses serviteurs; à celui dont le cœur est doux, 
les actions nobles, le rang illustre, le pouvoir vaste et incontestable; au glo- 
rieux et fortuné sultan, représentant de la nation française, gouverneur de 
la ville d'Alger. Que Dieu l'assiste de son secours et de sa protection ! Amen. 

Que le salut soit sur vous, ô souverain du temps, sultan des siècles et des 
périodes! Que Dieu maintienne sans cesse votre gouvernement, vous fa- 
vorise d'une longue vie et fasse exécuter vos décrets par les mérites des 
hommes intègres ; qu'il éloigne de nous et de vous tous les maux ! 

(i) La traduction de cette lettre est tirée de la chrestomathie arabe de M. 
Bresnier. Après avoir emprunté à cet intéressant recueil la pièce qui a fait l ob- 
jet de l'un de nos exercices, nous n'avons pas cru qu'il convînt d'offrir une autre 
traduction que celle de M. Bresnier lui-même; car après M. Bresnier il n'y a 
plus à traduire. 



— 174 — 

sultan ! votre très-cher écrit, votre très-auguste discours nous est par- 
venu par la gazette; nous nous sommes rassemblés pour l'entendre; nous 
l'avons lu, nous en avons compris le sens , nous Tavons placé sur notre tête 
et baisé de notre bouche. Nous l'avons reçu avec le plus grand accueil, et nous 
nous sommes réjouis de votre arrivée dans notre pays pour y faire régner la 
justice et l'équité. Je demande au Dieu très-haut qu'il vous ouvre les portes 
(du paradis). Oi>i certes, votre avènement nous a réjouis, et nous nous som- 
mes félicités de ce que Dieu vous a revêtu ici du gouvernement fortuné ; nous 
nous empressons de vous déclarer que nous sommes prêts à recevoir vos or- 
dres, auxquels nous nous soumettons entièrement, nous et toute la tribu des 
Arib qui demeurent à la Rassauta. 

Il ne nous reste plus rien à ajouter, après ce qui précède, qu'à vous témoi- 
gner de notre amitié et à vous présenter les vœux nombreux que nous formons 
pour votre auguste personne. 

Que notre salut se reproduise sur toutes les personnes qui composent vo- 
tre conseil, ainsi que sur tous les membres de votre administration. Et cela 
est suffisant. 

Salut de la part de celui par l'ordre duquel la présente lettre a été écri- 
te (1), votre ami, qui vous souhaite le bonheur, El-4iadj Msaoud ben Zekri, 
Kaïd des Arib. Que Dieu soit favorable à tous. Amen. 

Mercredi djumada second de Tan 1230 (de THégire; 1834 de l'ère chré- 
tienne). 



(i) La plupart des chefs arabes n'écrivent pas eux-mêmes leurs lettres, par 
la raison bien simple que très-souvent ils ne le sauraient pas ; nous pourrions 
citer pour exemple Bou-Maza, qui ne sait pas même lire. Ils ont des secrétaires 
(irs^uck khodja) qui écrivent, soit sous leur dictée, soit d'après les instructions 
qui leur sont données. La lettre terminée, le chef l'approuve, non point en y 
apposant sa signature, mais en plaçant en tête l'empreinte d'un cachet qu'il porte 
toujours sur lui. 

Lorsque les lettres ne sont pas écrites par celui qui les adresse, on y trouve 
souvent cette formule : Le salut de la part de celui par l'ordre duquel cette 
lettre a été écrite. 



— 175 — 



DEUXIÈME EXERCICE. 



Dl.lLOGUC sur uu sujet ramilici* (l). 



1 Hassan ! on frappe à la porte ; vois 
qui c'est. 

O Hassan! ils sont ils frappent dans 
la porte vois qui lui. 

2 Je descends. 

Je suis je descends. 

3 Si Kaddour me demande, tu lui di- 
ras que je suis sorti. 

Si a été S7J Kaddour il demande 
sur moi tu diras h lui que je suis sorti. 

4 Qui est-ce? 

Quoi est? 



' • \ \\ 

ia hhassau ra-hom idaqdaqou fi 
1- bâb chouf men houa. 

H 

ra-ni nehboth. 

lou kân si qaddour isaqsi 

aleï-a tqoul l-o belli kharedjt. 

ach kouD . 



(i) Le mode adopté pour l'impression de ce dialogue et du suivant nous paraît de 
nature à faciliter l'intelligence de la construction arabe. La première colonne de gauche 
comprend la traduction régulière du texte arabe. Lnmédiatement au-dessous, nous avons 
reproduit la traduction mot pour mot de la même phrase. 

Au-dessous du texte arabe, la prononciation se trouve représentée en caractères 
français, d'après le système de transcription adopté par nous. 

Chaque ligne du mot à mot et de la transcription corvcspoivl exactement, ligne pour 
ligne, au texte arabe. Par conséquent, la première ligne arabe est reproduite, quant au 
mot à mot, dans la première ligne en italique, et, quant à la prononciation, dans la 
ligne au-dessous du texte. 

Nous ferons remarquer, en outre, que, lorsque dans la transcription de l'arabe en 
caractères français, on rencontrera des mots joints par des traits d'union, cela voudra 
dire que le mot arabe se compose de plusieurs mots incorporés dans un seul. Ex. : 

s.^l::5Dl al-ketab (le livre). 

(a) Contraction pour ^^^ rj^) ach ikoim (quoi est). 



5 Sid Ahmed ben Moustafa. 

Sid Ahmed ben Moustafa. 

6 Fais-le entrer. 

Dis a lui il entrera. 

7 Soyezlebien-venu, sid Ahmed; je suis 
heureux de vous voir. Comment vous 



— 176 — 

sid ahhmed bea mouçthafa. 



portez-vous? 

La bieti voiue sur vous ô sid Ahmed merhhaba b-ak 
a visité nous la bénédiction comment toi et 
comment ton état'î 

8 Très-bien, je vous remercie ; et 
vous? 

Avec le bien Dieu conserve toi et toi bi-kheïr allah isellem-ak oua enta 



qol 1-0 idkhol. 

ïa sid ahhmed 
zâret-na el-barka ach enta ou-ach 
hhal-ak? 



avec /e èien? 

9 II y a longtemps que je ne vous ai vu. 

Beaucoup depuis que j'ai vu toi. 

10 J'étais à la campagne. 

Tétais dans la campagne. 

11 Comment se porte-t-on chez vous? 

Quoi leur état dans la maisoni 

12 Mon tils est indisposé. 

31on fils un peu malade. 

13 Qu'a-t-il? 

Quoi sur luil 

14 II a mal à la tête. 

La tête fait souffrir lui. 

15 II n'a point de fièvre? 

Pas a pris lui chose la ficvre ? 



bi-kheïr ? 



* OAXâLw Jj» 



b-iz-zaf melli chouft-ak. 
kount fi d-djenân. 



ach hhâl-hom fi d-dâr. 






* o^./ ^^ 


^^J 


ir 


oulid-i chouïa mridh. 






* 


4J (_;.l 


ir 


ach b-ih? 


/ 






^y! 


if 



er-râs ioudja"-ho. 

ma akhdet-ho chi al-homraa? 



(i) jO maison est pris ici dans le sens de domus des latins. La maisorif c'est-à-dire, 
les personnes qui l'habitent, parents et serviteurs. 



16 Non ; il a seulement mal à la tête. 

Non la tèiefait souffrir lui seulement. 

17 Ce ne sera rien. 

Pus malheur Dieu guérira lui. 

18 Plaise à Dieu! 

S'il a plu a Dieu. 

19 Je vais à la Rassauta, voulez-vous ve- 
nir avec moi? 



— 177 — 

la er-râs ioudja"-ho barka. 
la bas allah iechfi-b. 
in clia llah. 

* ^^ V-5^ V^ 



Je sîtis je vais à Rassauta tu veux ra-ni nemchi ila rasoutha tebheub 



chose tu viendras avec moi. 

20 Volontiers. 

Combien cela sur moi. 



chi tedji ma-ïa ? 



ma da bi-a. 



21 Hassan, amenez - nous deux che- ^.\ 'jj 
vaux. 

Hassan amené à nous cotiple {de) ia hbassan 
chevaux. 

22 Je les ai amenés. 

J'ai amené eux. 

23 Pourquoi n'avez-vous pas conduit ùy}] 
changer les fers du cheval? Il faut 
leur peigner la queue. 



.(1) ^ v^ Lp r- 

djibb le-na zoudj 



kheil. 



djebt-bom. 



* 



j-t^ rr 



oj5. l» .>^rr 






* ^ 



Pourquoi pas tu as conduit chose le cheval a"Iach ma oueddit chi al-a"oud 



pour ils changeront le fer il faut 
lu peignes cï eux la queue. 

24 C'est bien, monsieur. 

Combien sur moi ô monsieur. 

25 Allons, montons à cheval. 

Allons montons a cheval. 



bach ibediou eç-çafihha lâzem 

temchoth le-hom ez-zaqa. 

ma a"leï-é ia sid-i. 
aiha nerkebou. 



(i) ^ 1^ L* ma da hia, idiotisme arabe, contractioa pour "^ I jj) U ma 

hada hïa (combien cela sur moi). 
(^) ^^ 1-/9 ma'alèiéj autre idiotisme ; mot à mot ; combien sur moi. 



12 



— 178 — 



2C De quel côté irons-nous ? 

De quel côté nous irons? 

27 Du côté de Bab-Azzoun. 

Du côté Bab-AzzouH, 

28 Allons, partons. 

Allons marchons. 

"29 Le temps est superbe aujourd'hui. 

Le temps est lui bon aujourd'hui. 

30 C'est vrai ; mais il fait très- 
chaud. 

Par le vrai mais étant la chaleur 
beaucoup. 

ûl Peut-être pleuvra-t-il. 

Peut-cire il pleuvra. 

52 C'est impossible, le vent est à l'est. 

Impossible le vent est lui oriental. 

35 J'ai peur qu'il ne passe à Touest. 

Je crains il reviendra occidental. 

54 Peu importe, nous serons arrivés 
avant qu'il ne pleuve. 

Pas a été chose avant que il plcnvc 
nous arricei'OM» 

35 Quelle heure estait? 

Combien est-elh t hourc'i 

56 II est midi. 

Est lui le midi. 

57 II est une heure. 

Est elle l'une. 

58 11 est deux heures. 

Est elle les deux heures. 



min aiua djiba nerouhlioa. 
miu djlbat bab azzouQ. 
ailia nemcbiou. 
al-bhal ra-bo mlibb el-ïoum. 

b-iç-cabh lakin kaïa es-skbana 
b-iz-zaf. 



* 



^' 



i^. ri 



iemken icbta. 



moubbal er-ribb ra-bo cbarqi. 
nekbaf irdja" rbarbi. 

^. u jj ivi-=^ ^\^ Un' 

ma kân hhadja qbel ma ichta 
necalou. 

qaddâch ra-bi es-saa". 
ra'bo ez-zouâl. 



ra-bi al-ouabhda. 



rahi eîs-saa"tein* 



* 'i^J\ ^\j pv 



* j^LmJI ^^ r^ 



09 II est six heures et demie. 

Est elle les six et demie. 

40 II est sept heures un quart. 

Est elle les sept et quart. 

41 II est huit heures moins un quart. 

Est elle les huit excepté quart. 

42 Combien nous faut-il pour arriver à 
votre campagne? 

Apres combien heures nous arriverons a hdJ'à 
le jardin propriété de toi. 

43 Une heure et demie. 

Apres heure et demie. 

44 Avez-vous des fruits dans votre cam- 
pagne ? 

Chez toi chose fruits beaucoup 
dans le jardin ? 

43 J'ai des abricots, des amandes et de 
la vigne en quantité. 

Chez moi les abricots et les amandes et 
la vigne beaucoup. 

46 Et avez-vous des fleurs? 

Et chez toi chose les flenrs ? 

47 J'ai du jasmin, des roses, de la giro- 
flée, des œillets, etc. 

Chez moi jasmin et la rose et 
la giroflée et l'œillet et le reste. 

48 C'est magnifique. 

Chose magnifique! 

49 La maison est-elle belle? 



— 179 — 

(1). ^^^^^^'^ j 'i:uJ\ 
ra-hi cs'Setta ou nousf. 



^ 



'j 'h 



^^'; '^ 



ra-hi es-sba"a ou loub". 
ra-hi et-tinânia rheir roub", 

kam saa" ucalou lia 
1-djenâa mta"-ak. 

ba"d saa" ou noucf. 



fâkeha 



b-iz-zaf 



a"nd-ak chi 

fi d-djenân. 

a"iid-i el-meuchmâch ou al-louz ou 
ed-dâlia b-iz-zaf. 

oua a'^nd-ak chi en-nouâr. 

a"nd-i iasmîn ou el-ouard ou 
el-kheili oua el-qroufol ou [el-bàqi. 

■• ♦ • 

hhâdja a"dhîma. 



* 



uT 



La maison [de campagne) est-elk bcilû chose2 el-bordj ra-hou mhhh chi. 
(i) On dit aussi, par corruption, q^ nouç (demi). 



^ »'j e^'n 



180 — 



50 La maison est bien, mais elle exige 
des réparations. 

ha maison bonne cependant elle veut 
la bitisse. 

51 Avez-Yous de l'eau? 

Chez toi chose l'eau? 

52 J'ai de l'eau courante. 

Ches moi l'eau courante. 

53 Avez-vous commencé à moissonner? 

Ttias commencé chose tu moissonnesl 

54 Non, pas encore. 

Non pas f ai cessé (I). 

55 Moissonnez-vous avec la faucille ? 

Tu moissonnes chose par la faucille? 

56 Certainement. 

Avec le vrai. 

57 Comment battez-vous le blé? 

Comment tu fais battre le blé? 

58 Je le fais battre par des bêtes de 
somme. 

Je fais battre lui par des bêtes de somme, 

59 Et que faites-vous ensuite du grain? 

Et quoi tu fais ensuite avec le blé? 

60 Je le vends. 

Je vends lui. 

Cl Vendez-vous la paille? 

Tu vends chose la paille ? 

62 La vendez-vous cher? 

Tu vends la paille cher? 



^ f^ t:^' «• 



el-bordj mlihh laken ihheub 

el-beniân. 



'1 

a"nd-ak chi el-ma. 
a"iid-i el-ma djâri. 



bdit chi teuhhcod. 



* cJj *-» ^ Of 



la ma zelt. 



^ J^.asr' 00 



teuhhcod chi b-il-mandjal. 



* ^r^'i-J C"i 



b-îc-cahh. 

* ^^ UV-^ LT'^ 

kifâch tederrès el-qamlih. 



i^.< CV 



* Jf.jj" «iwwjjj OA 



nedenès-ho b-iz-zouaïl. 



^ 






•^ ^V LT^ j ^"i 



ou ach touessi ba"da b-il-qamhh. 



^ àJU,0 [♦ 



nebi"-ho. 



^ ^ Cr^ 



* ,.y-^' ^ ;2--^' "il 



tebi" chi et-teben. 
tebi" et-teben rhâli. 



J^ c^^ <^' ir 



(i) Voir page 76 nos observations sur l'expression Jh U ma zal. 



ec-ceif kheir 1-i. 



ou a"lach. 



— 181 

63 Non, pas très-cher; elle vaut qua- t 
torze francs le quintal. 

Pas chose chère beaucoiip elle vaut 
quatorze francs le quintal. 

04 Qu'aimez-vous mieux de l'été ou de 
riiiver? 

Quel lui meilleur a toi de l'été 
ou de P hiver ? 

65 J'aime mieux l'été. 

L'été meilleur a moi. 

C6 Et pourquoi? 

Et pourquoi ? 

67 Parce que pendant Tété on peut se 
rafraîchir comme Ton veut, et pen- 
dant l'hiver on ne se couvre jamais 
assez pour avoir chaud. 

Parce que dans Vété tu peux 
tu rafraîchis ton Ame (1) comme tu veux et 
dans l'hiver pas tu suffis chose 
tu couvres ton âme jjour tu te réchauffes. 

08 Vous avez raison. 

Chez toi le vrai. 

09 Nous sommes arrivés, allons, des- 
cendons. 

Nous sommes nous arrivons a la maison allons ra-na 
descendons. nehbothou. 



isoua 



r 



ma rlii rhâli ])-i7,-zaf 

arba"tach frank. el-qonthar. 

anima liou kheir' 1-ak rain ec-ceïf 
aou min ech-chita. 






^^ 




a"la khâther fi eç-çeïf tendjem 
tebred rouhh-ak kema tehheub oua 
fi ch-chita ma tekfi chi 

terhathi rouhh-ak bach tedeffa. 






a"nd-ak el-hhaqq. 
oucelna 



l-il-bordj aiha 



(i) Voir page i35. 



*>■'. 



182 — 



TROISIËME EXERCICE. 



— Il - i g^ fixsss 



DlilLOCiUE sur tlQH objets se rattaeliant ii l^adininistration dn pays arabe* 

1 OÙ sommes-nous ? ^ Ulj ^t^ \ 

Oh nous sommes t oneïn ra-na. 

2 Sommes-nous près d'arriver chez les jj J^l jj^ y^ J^ V^./ f 
Béni Moussa? ^ i_c^->^ 

Près chose nous arrivons chez gens Béni qrib chi nçalou a"nd ahel béni 

Moussa'} '' moussa. 

3 Oui, nous arriverons bientôt; il nous J|j U ^îjJJx- !^Lsi w"^^^ >*^ P 
faut encore une heure. ^ i^Lo U 

Oî»* bientôt nous arriverons chez eux encore na"m qrib nçalou a''nd-hom ma zal 

à nous heure. le-na saa". 

4 Cette tribu est-elle considérable? * ^^ ^^^^ lA^' '^ f 

Cei/e ^a ^nè« cAe« elle foulel l»ad el-a"rch a"nd-lio rhâchi. 

b Oui, elle compte environ mille ha- ^' j<H'^'"? f^crr? d^^' ^. ^ 

bitants. ^ ^JJ 

Owê csf cÂez eux par le jugement mille eb tkoun fi-hom b-it-tedbir elf 



Ames. 



roubh. 



6 On m'a dit que les Béni Moussa ^y ^ J^' ^^ C:.^*^ ^ 
étaient cultivateurs. ^ à^ld! J^) 

rai entendu dire que gens [des) Bejii Moussa sma"t belli ahel béni moussa 

gens de culture. ahel el-flahha. 

7 Dis-moi combien, à ton avis, ils j^^5ij U ^j^' ^^ ^ ^r:' ^ 
emploient de paires de bœufs au ^ji^^i\ ^Ijj^l ^i«^i ^ ^.^aJ 
labourage. ^ jHc' 1^;"^ 



— i8;j — 



Pais voir a moi d'après possibilité ce que il 
paT(iît çt toi dans nombres des jougs leiquels 
ils labourent avec eux. 

8 Monsieur, je ne veux pas mentir; pour 
ce qui est de cette année, je l'ignore. 
Mais l'an dernier ils ont labouré avec 
cent vingt paires de bœufs, et c'est 
d'après ce nombre que les listes pour 
le paiement de Tacliour ont été éta- 
blies par le Bureau arabe. 

monsieur pas je mens sur toi dans 
cette année pas chez moi connaissance mais 
an le premier ils ont labouré avec cent et vingt 
jougs et d'après ce nombre est sortie 
les listes de la maison de Vaga sur paiement 
de Vachour. 

9 Combien y a-t-il chez eux d'hommes 
en état de porter les armes? 

Combien nombre de leurs hommes qui 
peuvent sur le lever des armesl 

10 II y a environ deux cents hommes 
qui possèdent des fusils et qui achè- 
tent de la poudre chez les Kabiles; 
leurs femmes confectionnent les car- 
touches. 

Dieu plus savant (2) chez eux environ 200 
hommes qui possèdent les fusils et 
achètent la poudre de chez les habiles 
et leurs femmes font les cartouches. 



beïen li a"Ia tcqdir ma idliajiar 
1-ak Û aa"tla(l ez-zouâilj elledin 
iehhretou bi-hom. 

o- ... ^ •• 

ij!.j^ j k^ ^j^ Jj-^ ç^ 

ia sid-i ma nekdeb a"leï-k fl 
had el-a"am ma a"nd-i i"lm oua laken 
a"am el-aouel liliaiatou bi-mïa ou a"chrin 
zouidja oua a"ia had el-a"dad kharadjet 
ed-djeraïd min dâr el-arlia a"la khelaç 
el-a"chour. 

qaddacli a"ded ridjâl-hom elli 

iaqderou a"la refoudh es-slabh. 

allah aa"lem a"nd-hom nahhou raiteïn 
terras elli iksebou el-mkâlihel oua 
ichterou el-baroud min a"nd el-qbail 
oua nisa-hom icna"ou el-fchâk. 



.U \jj^^ 



(i) Voir les observations sur la syntaxe, page iSg. 
(2) Idiotisme pour dire environ. 



— 184 — 



M Dites-moi ^donc, voilà plus d'une 
heure que nous marchons et nous ne 
sommes pas encore arrivés. 

O homvîe plus de heure et fious 
nous marchons ensemble et pas encore {i) pas 
nous sommes arrivés chose, 

12 Prenez patience; la route des mon- 
tagnes est difficile; elle n'est pas 
unie comme celle des plaines. 

Fais patienter ton esprit chemin de la mon- 
tagne difficile pas lui chose tini 
comme chemin de la plaine. 

13 Attendez que nous ayons passé ce 
monticule, et vous verrez leurs tentes. 

Attendez que nous passcro7is ce 
monticule paraîtra à nous leurs tetiies. 

44 Qui est kaïd des Béni Moussa? 

Qui lui préposé sur kaïdat 
{des) Béni Moussai 

\ 5 Un hrave homme qui vous sert avec 
fidélité et dévouement et qui est in- 
capable de vous trahir. Il administre 
avec justice. 

Homme bon et il sert vous 
par fidélité et dévouement (de) sa vie pas 
il trahira vous et il gouverne ses gens 
par la justice. 

16 Allons, assez; ne mentez pas, j'ai 
entendu dire que les Béni Moussa 



ia radjel aktar min saa" oua ahhna 
ntemechchou oua ma zelna ma ouçelna 
cil. 

Jc^^ iJ^.J^ ^^V ^ ^f 

meuhel roubli-ak thriq ed-djehel 

chi mouslaouïa 



oua"ra 



v-5' 



^\ ir 



yu-£i 



roubli-ak 
ma hi 
ke-thriq al-outha. 

oçbor hhatta nedjouzou hadik 

el-koudia tbân le-na kbiâm-hom. 



Ï^Li JU J^ jSi 



men boua 
benî moussa. 



mtouelli a"la qïadat 



r 



"» 



iJ\ 



i^s, 



j ^■■ 






l^ 



radjel thaïeb oua ikbdem-koum 

b-iç-çadq oua en-nïa a"mr-bo ma 

ikbda"-koum oua iabbkem fi ra"it-bo 
b-il-bbaqq. 



(i) Voir au sujet de l'expression jU L» nos observations, page 76. 



— 185 



étaient de mauvaises gens qui ai- 
maient le désordre. 

Assez V homme pas mens chose 
fai entendu dire que gens (des) Béni 
Moussa gens diables qui aiment le désordre. 

17 Non, non, Monsieur, permettez-moi, 
on vous a trompé. Les Béni Moussa 
sont des gens pauvres qui n'aiment 
que la paix. 

Non non ô monsieur permettez a moi 
ils ont menti sur toi ils sont gens 
pauvres x>as ils cherchent sino7i la paix. 

iS Nous voici près d'arriver; précède- 
nous et fais savoir au kaïd que le 
chef du Bureau arabe arrive avec son 
escorte. 

Nous près nous arrivons précède devant nous 
et informe le kaïd de Varrivéc de Vaga 
le préposé sur affaires des Arabes 
il est venant avec la colonne. 

19 Salut, Kaïd ; je viens vous visiter et 
vous demander Thospilalité. 

Le salut 6 kaïd je suis venu 
je visiterai toi et je vi^ hébergerai chez toi. 

20 Soyez le bien-venu ; vous nous ame- 
nez le bonheur. 

{La) bien-venue sur toi a visité nous la bé- 
nédiction. 

21 Montrez-nous oh. nous devons des- 
cendre, et faites donner prompte- 
ment à manger aux bêtes. 



barka la radjel ma tekdeb chi 
sma"t belli nâs béni 

moussa nâs chiathîn elii ihhcubbou l-fsâd. 

J ^-^! ^c^-^ L» !^ î^ IV 



la la ia sid-i esmabb l-i 

kedbou a"Ieï-k ra-bom nâs 

guelalîn raa ifetchon illa el-a"fla. 

Lslji .4^^ UL:; » aJj3 Ij!j \S 

ra-na qrib nçalou esboq qoddâm-na 
oua a"llein al-kaid bi-qdoum el-arba 
al-mtouelli a"la oumour el-a"rab djaï 
ma" el-mahhalla. 

es-slâma ia el-qaïd djît 

nezour-ak oua ntedhaief a"nd-ak. 



* à^j^\ Lj.^ 



Xi i-^=^. w* C • 



marhbaba bi-k zaret-na el-barka. 



* J^îy w^ j^' 



— 186 — 



Il f(if\it iu manircs « nous où nous descen- 
drons ei tu hâtes sur nourriture des bêtes de 
somme. 

22 Certainement; combien avez-vous de 
bêtes? 

Combien sur moi combien de bêtes de somme 
che9 vous'? 

23 J'ai avec moi cent chevaux, cinquante 
mulets et trois chameaux, ensemble 
cent cinquante-trois bêtes de somme. 

Che^ nous cent chevaux ci cinqiiante mulets 
et trois chameaux leur totalité cent 
et frois et cinquante bêtes de somme. 

24 Kaïd, je désire que vous fassiez at- 
tention à mes paroles. Le général 
qui commande la province d'Alger 
a reçu des plaintes nombreuses con- 
tre vous au sujet de votre manque 
de franchise à notre égard et de votre 
inexactitude à lui obéir. Il m'a en- 
voyé près de vous pour les vérifier, 
et savoir si elles sont vraies ou faus- 
ses. Le général se promet bien, s'il 
lui arrive de nouvelles plaintes con- 
tre vous, de vous destituer de vos 
fonctions. 

le kaid je veux {que) toi tu donnes 

ton attention a maparole certes que le général 

comniaîidantjirovinced' Alger estparveniçe{i) 
a lui plaintes nombreuses sur toi sur 



labed ta"ïen le-na ouein nenzelou ona 
ta"(ljel bi-a"lf ez-zouaïl. 

ma aleï-é qaddaeh 
an"d-koum. 



min 



zaila 



^^M*.^ j ^^ ^U 1JJ4^ fp* 



r< 






a"nd-na mît a"oud oua khamsîu barbla 
oua tlat djemâl djoixmlel-hom iifija 
oua tlata oua kbamsîn zaila* 

^:^ A^j^. ^y^J^ sjji}^i^\ 
lo ^ lit J^\ ! jj6 Vf^ J^i) 

^ wdw! 'i^Uo cXJ^ F-^^, 



ia el-kaïd nehheubb-ak ta"tbi 

bal-ak li-klâm-i oua eiin-o ed-djenéral 

hbâkem aqb*m ed-djezair balarbet 

1-0 ckçkâPuât ktira aleï-k fi 



(i) Voir les observations sur la syntaxe, page iSg. 



187 — 



manque pureté de ton intention avec nous et 
négligences a ses ordres il a envoyé moi chez 
toi pour que j'examine cette affaire si elle vé- 
rité ou mensonge et le général 'a juré si 
il entend stir toi plainte autre, 
il révoquera toi de ton emploi. 

25 Seigneur aga, Dieu m'est témoin 
que je sers les Français avec fran- 
chise et de tout mon pouvoir. Il n'y 
a que de méchantes gens capables 
d'avoir inventé ces mensonges. Je 
suis en butte à la haine à cause de 
vous, et vous ne l'ignorez point. 

O seigneur l'aga Dieu témoin sur moi 
que moi servant vous avec l'intention et des- 
sus mon effort ce discours tout entier histoire 
des démons et les hommes totalité({) haïssent 
moi de voire côté et pas est cachée de toi 
la chose. 

26 Kaïd, j'accepte vos explications et je 
m'en réjouis; que Dieu vous couvre 
de sa protection et qu'il fasse que 
tout ce qui a été dit contre vous soit 
faux. 

Je suis acceptant et réjoui a ton discours 
6 kaid {que) Dieu laisse sur toi 
le voile et place cette histoire 
i07if entière mensonge. 

27 Demain, s'il plaît à Dieu, Kaïd, je 
désire que vous nous prépariez le 



qollét çafou nit>ak ma"-na oua 
imtiscâl'ak li-aouâmei-ho fa.ârsal-ni a"nd-kom 
li-adjl nmeïe? had eUamr ida Loua çalih 
aou kedb oua ed-djeueral bhalaf ida 



israa 



// 



a"leïk chekouat pktr^ 



ia"zel-ak çaiu oudhifat-ak, 

S 






ia sid-i el-avha allali châlied a"leï-a 
en-ni khâdera-kom b-in-iiïa oua fouq 
djelied-i had el-klâm koul-o lihadits 
ech-chiâtliîn oua en-nas koul-ha tekrah-ni 
min djàneb-kom oua la iekhfa a"leÏ5'k 
el-amr. 






la-ni qâbel oua farebU li-klâin-ak 

ia el'kaïd allah ibqa a"le^k 

es-setr oua idja"l h^4 el-hhadits 
koul-o kedb. 

jj'Li)! b S}\ ^U ,.J U fv 



(i) ^woLll nom collectif; voir page iSg. 



— 188 — 



déjeuner de bonne heure, parce que 
nous monteronsà cheval avantle lever 
du soleil, afin d'arriver à Blidah avant 
la fermeture des portes de la ville. 

Demain si il a plu a Dieu ô le kaid nous dési- 
rons toi tuprépares à nous le déjeuner car nous 
nous monterons a cheval avec lever du soleil 
pour 710US arriverons a Blida avant 
soient fermées les portes de la ville. 

2S Le chemin n'est pas difficile? 

Le chemin j)as lui chose difficile ? 

29 Non, non; d'ici jusqu'à la ville vous 
n'avez que de la plaine. 

Non non de ici jusqu'à ce que tu arrives a 
la ville pas a été devant toi sinon 
la plaine. 

50 Que Dieu soit béni! mais il y a une 
autre route qui passe par les mon- 
tagnes. 

Dieii soit béni et inais étant 
route autre qui prend sur 

les montagnes. 

51 II y en a une, mais éloignée d'ici, et 
difficile. Quant au vrai chemin, au 
mieux connu, à celui que prennent 
les voyageurs, il passe sur les marais 
de Sidi Aïd et débouche sur la ferme 
de Roumili. De là vous apercevez 
les minarets de la ville. 



J! 



Ji 



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rhada in cb-allah ia el-kaïd nehhobbou-k 

toudjed le-aa el-fthour le-en-ua 

nerkebou ma" thoulou" ech-cbams 

li-adjl neçalou ila el-blidà qbel 

inrhalqou bibân el-mdina. 

* ïr-? uT ^ ^ ^•-^^' ^'^ 

et-thriq ma hi chî oua"ra. 

la Ja min liena (1) hliatta teçal ila 
1-blâd ma kân qoddâm-ak rbeïr 
al-outha. 





^1 . . iJJt r- 


allah ioubarek ona 


lakin kaïna 


tliriq okhra elli 


takhod a"la 


ed-djebâl. 





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(i) Vulgairement : min-na. 



— 189 



Etant ô seigneur mais éloignée 
et difficile et quant au chemin le vrai 
le connu lequel vont avec lui les gens 
lui celui qui fait passer vous sur marais 
{dé) Sidi Aid et fait sortir vous à 
(la) ferme la Roumilia de la 
paraîtront à vous minarets de la ville. 

o2 Merci, Kaïd, restez en paix. 

Merci ô le kaîd demeurez sur 
bien. 

33 Allez en paix, que Dieu vous fasse 
arriver en bonne santé ! 

Allez avec le salut Dieu fasse arriver vous 
avec bien et santé, 

34 Quel est votre genre de culture? 

Quelle elle votre culturel 

35 Seigneur , nous sommes pauvres, 
nous ne cultivons et semons que du 
blé et de l'orge. Nous avons aussi des 
prairies où se trouve de l'herbe tout 
le long de Tannée. 

O mon seigneur tious pauvres pas 
flous cultivons et semons sinon le blé et 
Vorge et chez nous les prairies qui 
se trouve dans elles l'herbe sur 
totalité de l'année, 

56 Avez-vous des chevaux? 

Chez vous chose les chevaux ? 

37 Nous en avonsj mais ce ne sont 
pas des chevaux de selle. 



kaïiia ia sid-i oua Iaken ba"ida 
oua oua"ra ou amma et-thriq el-bhaqqania 
el-ma"loutna elli iesîrou ma-ha en-nas 
hia elleti tedjaouz-koum a"la raerdjat 
sidi a"id oua tekharadj-koum ila 
hhaouch er-roumilia mia teumma 
tbân li-koum couâma" el-n\dina. 

isellem-ak ia el-kaïd Eibqa a"Ja 
khéir. 

rouhhou b-is-slania alla iççal-koum 
a"la kheir ou a''afia 

amma hïa flahhat-koura. 

^ >U)i Jy? 

ia sid-i ahhna guelâlin ma 

nahhratou oua nezra"ou illa el-qamhh oua 
ech-cha"ir oua a''ud-na el-mroudj elli 
ioudjed fi-hom el-hhachich a"la 

thoul el-a"âm. 

a"nd-koura chi el-kheïl. 

u ^^ ^\ Uj^ ^^.L^rv 



— 190 



Etant chez nous les ckevtiux mais pas 
etix chose cheiaux de selle. 

58 Dieu soit loué ! rien ne vous manque. 

La louange a Dieupas manque (à) vous bien. 

59 C'est vrai, Monsieur; mais nous nous 
fatiîïuons à travailler et notre travail 
ne nous rapporte rien. Tant que nous 
aurons notre kaïd, nous n'aurons que 
honte et mallieur; Dieu veuille que 
vos cœurs s'attendrissent et que vous 
nous en débarrassiez! 

Avec le vrai 6 mon. seigneur mais nous fati- 
guons nous travaillons et le travail pas nous 
sert de chose tant que ce le kaïd sur nous 
grand et nous dans vie de honte 
et de malheur Dieu attendrisse vos cœurs 
sur noîts et débarrasse nous de lui, 

40 Que voulez-vous dire ? 

Comment tu es tu disl 

41 C'est la vérité ; indépendamment de 
l'achour (1) que nous payons au 
gouvernement comme impôt, le kaïd 
prélève chaque année Je cinquième 
sur l'ensemble des biens de la tribu. 
C'est un prélèvement qu'il fait à 
rinsu de l'administration et qu'il 
opère à son bénéfice. 



kâinîn a"iid-na el-kheil oua lakiu ma 
houm chi klieil imta" es-sroudj. 

el-lihamd 1-illah ma ikboç-koum kheïr. 

JDl ^ ^ ^^^ j "jj 

b-iç-çahh ia sid-i oua lakin a"ïana 
neklidemou oua el»kbedma ma tenfa"-na 
bi-chei ma dâm bad el-kaid a"leï-na 
kbir oua nabbu fi a"ïchat ed-dell 
oua ech-cbarr allab ïbbaunan qloub-koum 
a"Ieï-na oua ibeiini-na min-bo. 

kifacb ra-k tqoul. 



\j^ a àJ^ 



-/ J 



^i 



(i) Achour signifie dixième^ dime. 



- 191 — 



Cela lui la iu'riié en outre de lachotir 
que nous payons pour impôt 

du beylik le kaid prend de ?iOîis dans 
chaque année le cinquième sur ensemble 
èiens(de) la tribu et cette {part) ilmangeelle 
dans son ventre et pas entend parler sUr elle 
l'administration. 

42 C'est une grande injustice, pourquoi 
ne vous plaignez-vous pas au Bureau 
arabe ? 

Cela injustice grande sur vous pourquoi 
pas vous êtes vous plaint a l'aga'i 

43 Monsieur, nous sommes fatigués de 
nous plaindre; personne ne nous 
écoute. Nous mettons notre confiance 
en Dieu et en votre gouvernement. 

mon seigneur nous nous sommes plaints 
tellement que nous sommes fatigués pas a été 
qui a prêté Toreillc à nos paroles nous 
sommes attendants en Dieu et en celui qui 
gouverne votre pays. 

44 Quel jour se tient votre marché? 

Quel le jour a lieu votre marchél 

45 Notre marché se tient le jeudi ; on y 
trouve de tout, il ne manque rien, 
Dieu merci! nous demandons au 
Ciel de perpétuer chez nous les bien- 
faits de la paix. 

Noire marché a lieu le jour U cinquième et 
se trouve dans lui tout bien pas il nous man- 
que chose la louange h Dieu nous demandons 



liada hou ec-cahli min kheiftf iil-a"tl»our 
alledi ned-fa"ou fi rheramat 

el-bejiik el-kaid iakiiod inin-na fi 
koll a"âm al-khoiiins a"la djoumiat 
mal etl-djema"a oua hadi iàkol-ha 
fi keurcli-o oua ma isma bi-ha 
el-makhzen, 

jiic XL j^ .U lift f\ 

^ .. 

hada dholm kbîr a"leï-koum a"iacl) 
ma ichtekitou l-il-arha. 

ia sid-i ichtekina hliatta inihalabna 

ma kân men noçot li-klâm-na 

ra-na çaberîu 1-illah oua li-iabhkea» 
doulét-koum. 



ach men en-nehâr ia"mer souq-koum. 
Y LJlk> ai) J-d^l J^ 

* LsUJ! Lxi^ />jOj J«*j «Ail 

souq-na ia"mei- bi-nehâr 'el-khamis oua 
ioudjed fi-li koll klieïr ma ikhoç-na 
chi el-hbamd I-illaU nethlobou mia 



~ 192 



deDieu tris-haut il perpétue sur nous la tran- 
quillité. 

46 Avez-vousde Teau? 

A été chose chez vous Veau ? 

47 Nous en avons suffisamment pour le 
ménage; mais nous ne buvons que de 
l'eau de puits, car la rivière est trop 
loin. 

L'eau se trouvant chez nous sur ce que 
il nous suffit au boire et au laver mais 
nous buvons sinon de les puits parce que 
la rivière éloignée de nous. 

48 Avez-vous des malades? 

A été chose chez vous des malades ? 

49 Grâce à Dieu, l'air de notre tribu est 
sain. Quand quelqu'un de nous est 
pris de la fièvre, nous écrivons au 
taleb qui le guérit. 

La louanje a Dieu noire pays son air bon 
quand tombe malade un chez 7ious 
par la fièvre nous écrivons au taleb et lui 
le guérit. 

50 Avez-vous des médecins pour soi- 
gner vos malades ou vos blessés? 

Chez vous chose les médecins ils soignent vous 
quand est malade ou est blessé un de 
vous! 

51 Je viens de vous le dire, Monsieur, 
nous n'en avons que faire. 

Je suis j'ai dit a toi à mon seigneur 
pas chez nous quoi nous ferions d^eux. 

52 Dis donc, vieillard, n'as-tu pas ren- 



allah taf'la idoum a"Jeï-ua el-a"afia. 



^ 'Uîi S^>^ ^ jt 



kân chi a"nd-koum el-ma. 

el-ma moudjoud a"nd-na a"la ma 

iekfi-ua I-il-chrâb oua er-rhassîl laken 

nsaqqou rheïr min el-abiâr le-en 
el-ouâd ba"id a"n-na. 

kân chi a"nd-koum moradha. 

U^X;:: J^!^ j^^^ ^ 

«• • •» 

el-hhamd I-illab blâd-na haoua-ha thaïeb 
kif imrohd ouabhad a"nd-na 

b-il-hamma nektobou 1-il-thâleb oua houa 
iecbfi-b. 



U ^_5^ Ll^l ^^ ^^ 



0» 



a"ud-koam chi el-athobba iedaou-koum lem 



'J ^/^. J^ O'J^. 



ma imrodh aou iendjrahhouahhadmin-koum. 

^x^ b vjXJ cJ^ J^j ^\ 

ra-ni * qolt 1-ak ia sid-i 

ma a"nd-Da ma nedirou bi-houm. 



— 193 



contré sur ton chemin des troupes 
en marche qui se dirigeaient vers 
l'est? 

Ovieillard lu as rencontre chose avecqucique 
de les troupes allant et gagnant 
le côté de test'î 

53 Oui, Monsieur, il n'y a qu'un mo- 
ment que je lésai rencontrées. Elles 

doivent être arrivées à la grotte du 
Lion. 

Oui ô mon seigneur rien (dejemps) comme 
j'ai rencontré avec elles sans doute elles sont 
arrivées (à la) caverne du lion. 

54 OÙ est cette caverne? Dans quelle 
direction se trouve-t-elle? 

Oie est venue cette la caverne duqicel de côté 
elle estt 

55 Allez tout droit, et quand vous aurez 
passé cette montagne qui est là- bas, 
là-bas, vous la verrez dans la plaine. 

Vas devant toi et quand tu passeras 
cette la montagne vois elle vois elle oii elle 
sera devant toi dans la plaine. 

56 Merci, et que Dieu soit miséricor- 
dieux pour tes aïeux ! 

Dieu conserve toi et fasse miséricorde h 
tes aïeux. 



ia ecli-cheikh tlâqlt chi bi-dadh 
min el-a"saker mâchiin oua qaçedîn 
nahbiat ech-charq. 



jU \J^^ )L3j ^j 






eh ia sid-i rheir kif 

tlâqit bi-hoom ouaqila ouçlon rhâr 
es-seba". 

oueïn dja had el-rbâr ach min 
djika ra-bou. 

* LLJt -3 oXJbLi» 

emchi qbâl-ak ona kif tfout 
hadak ed-djebel ra-bou ra-bou oueïn-bo 
iqabel-ak fi 1-outba. 



* 



allah isellem-ak oua ierbbam oualid-ak. 






\ 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

Extrait de la décision de M. le Ministre de la guerre, i 

Introduction à l'étude de la langue arabe. ui 

Chapitre préliminaire. j 

Section i'®. Des parties du discours. j 

, Section ii. De la lecture. 3 

§ ler. Des consonnes. 3 

§ 2. Des voyelles. j5 

§ 3. Des signes orthographiques. 17 

Section m. Des règles particulières aux lettres t ^ ^ et à 

leur permutation. " ^a 

LIVRE PREMIER. Du verbe. a 7 

Chapitre premier. Verbes réguliers, 3q 

Section 1^^. Verbes trilitères. 3o 

§ ler. Verbes trilitères primitifs. 3o 

§ 2. Verbes trilitères dérivés. ^2 

Section 11. Verbes quadrilitères. 5j 

§ l«r. Verbes quadrilitères primitifs. 5i 

§ 2, Verbes quadrilitères dérivés. 53 

CflAPiTRE II. Veii)es irréguliers. 54 

Section i^e. Verbes sourds. 55 

Section 11. Verbes imparfaits, S'j 

§ ler. Verbes assimilés. 5 7 

§ 2. Verbes concaves. 59 

§ 3. Verbes défectueux. 63 

§ 4* Verbes hamzés. 6g 

Appendice au livre prbmier. 73 

Manière d'exprimer le verbe avoir. 73 

Manière de rendre le verbe être, 7$ 

De l'expression JU L». 76 

LIVRE DEUXIÈME. Du nom. 79 

Chapitre premier. Du substantif, 79 

Section ir«. Du substantif propre. 80 

Section 11, Du substantif commun. 81 



Chapitre ii. 



— 196 — 

§ ler. Formes des substantifs. 
§ 2. Genres des substantifs. 
§ 3. Nombres des substantifs. 

De l'adjectif. 
S I"'. Formes des adjectifs. 
§ 2. Genres des adjectifs. 
§ 3. Nombres des adjectifs. 
Des degrés de comparaison dans les adjectifs. 
Appendice aux chapitres 1^^ et ii du livre deuxième. 
Section i"^^ . Des noms de nombre. 
§ jer. De la numération. 
s 1. Kumératifs cardinaux, 
§ 3. Numératifs ordinaux. 
8 [\. Des fractions. 
Section ii. Des cas. 
Chapitre m. Du pronom. 

§ icr. Pronoms personnels. 
§ 2. Pronoms démonstratifs. 
S 3. Pronoms relatifs. 

§ [^. Manière de rendre notre pronom réfléchi. 
5 5. Pronoms indéterminés. 
Des particules. 
De l'article. 
De l'adverbe. 
Des prépositions. 
Des conjonctions. 
De l'interjection. 
LIVRE QUATRIÈME. Observations sur la syntaxe. 

§ 1^^. De la concordance. 
§ 2. De l'interrogation. 
§ 3. De la négation. 



LIVRE TROISIE]\IE. 
Chapitre premier. 
Chapitre ii. 
Chapitre m. 
Chapitre iv. 
Chapitre v. 



EXERCICES. 



Analyse d'une lettre arabe. 

Dialogue sur un sujet de conversation usuelle. 

Dialogue sur des matières plus spéciales aux militaires. 

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 
82 

88 

89 

95 

95 

99 
100 

io3 

108 
108 
109 

IIO 

117 

121 
122 

125 
125 

i3i 

i34 

i35 

i36 

141 

141 

145 

i5i 

i55 

i56 

i57 

i57 

i59 

160 

161 

1G2 

175 

182 



POISSY. — Typographie ARBlEU. 



BINDING SECT. MAR4 



PJ Bellemare, Alexandre 

6763 Grammaire arabe 

BU 



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