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Full text of "Grammaire de la langue d'oïl; ou, Grammaire des dialectes français au XIIe et XIIIe siècles, suivie d'un glossaire contenant tous les mots de l'ancienne langue qui se trouvent dans l'ouvrage"

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^. f. ^^ 




r~~n 



GRAMMAIRE 



• • 



DE LA LANGUE DOIL 



OU 



GRAMMAIRE DES DIALECTES FRANÇAIS 



AUX XU' ET Xlir SIÈCLES. 



TOME IIL 



GLOSSAIRE 



ÉTYMOLOGIQUE 



PAR 



a. F. BUROinr. 



BERLIN, 1856. 

F. SOBMBIDBR ET OOMP. 

UNTER DEN LINDEN, 19. 



PARIS, eu. REINWALD, rub des sxma-rkBMB, 15. 




v^k^.- 



PREFACE. 



hiTi annonçant un Glossaire comme supplément de ma 
Grammaire, je m'étais uniquement proposé de donner la si- 
gnification des mots de l'ancienne langue qui se trouvent 
dans l'ouvrage. Des considérations toutes particulières qu'il 
serait inutile d'exposer ici, m'ont déterminé à modifier ce 
plan. J'oflfre aujourd'hui au public un Glossaire étymolo^ 
gique. Mes lecteurs apprécieront la valeur de ce changement, 
et ceux qui ont mesuré les difficultés d'un pareil travail 
useront volontiers d'indulgence envers moi pour le retard 
qu'a éprouvé sa publication. 

Le Glossaire donne les mots par ordre de famille. Cet 
arrangement déplaira sans doute à quelques-uns de mes lec- 
teurs, lis prétendront que chaque mot a droit à être traité 
à la place que lui assigne l'alphabet. D'accord ; mais je les 
prie de songer que ce Glossaire ne forme pas un tout in- 
dépendant: il fait partie intégrante de la Grammaire de la 
langue (Toïl, et, si je ne me trompe, la classification des 
mots par familles est du domaine de la grammaire. Au sur- 
plus, je n'ai pas adopté une systématisation rigoureuse; je 
me suis contenté de grouper les mots dont la vocalisation 
est semblable ou à peu près, et j'ai indiqué brièvement 
leurs affinités. Ajoutez à cette considération, que j'avais 
affaire à une langue mobile, dont les formes dialectales va- 
rient à l'infini, et que j'aurais toujours été obligé de recou- 
rir à des renvois pour éviter de reproduire souvent jusqu'à 



IV 



quinze fois la même explication, ou de tomber dans un dé- 
faut commun à presque tous nos glossaires du vieux lan- 
gage, qui attribuent des significations différentes aux formes 
dialectales d'un seul et même mot. 11 ne s'agissait donc que 
de quelques renvois de plus, dont les inconvénients sont 
contre-balancés pour le moins par les avantages qu'offre le 
groupement des mots par ordre de racine et de famille. 

Comparé à l'ensemble de la langue d'oïl, ce Glossaire 
paraîtra fort borné; néanmoins il contient un assez grand 
nombre de mots qui n'ont encore été. recueillis par personne; 
il en explique d'autres dont on avait ignoré jusqu'à pré- 
sent la vraie signification; il donne enfin l'étymologie ou la 
dérivation de beaucoup de formes qu'on avait tout à fait 
méconnues ou qui étaient restées un problème à mes de- 
vanciers. Les articles suivants confirmeront entre autres 
cette assertion: acater, assener^ ataïher, blet, brau, bref, cail- 
lou, chaceuoly coniretenail, enhermî, escalcifrer, falourde, fre- 
mïUon, gariUani, gourle, gragant marer, meslin, mien, parax\ 
pieu (pal), pnlleni, quoi, re, relayer (laier), respril, rigoler j 
scancelhier, sombre (ombre), spur, stanceneir, etc., etc. 

Le grand nombre de matériaux que j'avais à mettre en 
oeuvre me forçait d^être fort bref. Aussi, comme M. Diez, 
ai-je cru pouvoir me dispenser de rechercher en chaque oc- 
casion l'origine de l'étymologie proposée, et de réfuter tou- 
jours au long celles que je regarde comme fausses. Je me 
suis cependant tenu obligé à faire quelque chose pour la 
mémoire d'un homme qu'on décrie aujourd'hui à l'envi. C'est 
Ménage. J'accorde à ses détracteurs qu'il n'avait pas toutes 
les qualités qui font l'étymologiste; mais c'était un homme 
d'esprit et fort savant. Ses ouvrages sans être bons, rigou- 
reusement parlant, contiennent d'excellentes choses, et on lui 
doit l'étymologie d'un très-grand nombre de mots. Que 
d'autres après lui soient parvenus à des résultats identiques 
par des voies plus rationelles, cela ne saurait lui enlever la 
gloire de la découverte. J'ai donc cité le nom de Ménage 
au sujet de tous les points difficiles siu* lesquels il s'est pro- 



nonce, pour prouver à ceux de mes lecteurs qui n'ont pas 
connaissance de ses ouvrages, assez rares actuellement, que 
sa science n'est pas aussi méprisable que certaines personnes 
le publient par-dessus les toits. Il faut, du reste, rendre 
cette justice à TAllemagne qu'elle ne s'est pas associée à ces 
clameurs. Son plus grand linguiste dans le domaine roman, 
M. DiEz, s'appuie sur l'autorité de Ménage, il ajoute même 
son nom à des mots dont on ignore l'origine. C'est assez 
dire, ce me semble, quel cas il fait du Dictionnaire éiymolo' 
gique de la langue françoyse et des Origines de la langue 
italienne^ d'où il a extrait maint article et des notices fort 
importantes. 

Je dois réclamer encore en faveur d'un autre de mes 
compatriotes qu'on s' habitue aussi à traiter un peu de haut 
en bas, bien que tous ceux qui ont écrit sur les langues 
romanes aient puisé à pleines mains dans ses ouvrages. On 
voit que je veux parler de Raynouard. Nous avons beau 
jeu, nous autres, pour grouper les mots par ordre de fa- 
mille, de racine, d'analogie; nous ouvrons le riche Lexique 
de la langue des troubadours , et quatre-vingt-dix-neuf fois 
sur cent nous y trouvons tout ce qu il nous faut dans le 
plus bel arrangement du monde. Quelles que soient les er- 
reurs auxquelles son système l'a entraîné, l'oeuvre de Ray- 
nouard n'en est pas moins celle d'un homme d'un éminent 
talent, si l'on ne veut pas lui concéder le génie. 

J'ai rappelé ailleurs les droits que M. Diez avait à ma 
gratitude. Le profit que j'ai retiré des nouvelles recherches 
qu'il a consignées dans son Dictionnaire des langues romanes 
les a encore accrus. Je dois aussi des remercîments tout 
particuliers à MM. Pott, Diefenbach, Schwenck, dont les sa- 
vants et consciencieux travaux m'ont souvent guidé dans le 
labyrinthe des étymologies. Ils comprendront tout ce que 
mon coeur leur garde, s'ils veulent bien compter les diffi- 
cultés qu'ils m'ont aidé à vaincre. 

Les temps sont passés où l'on criait de toutes parts: 
Mort aux patois! On en recueille aujourd'hui les moindres 



TI 



débris. On a reconnu que l'étude des patois est une intro- 
duction nécessaire à la connaissnace des radicaux de la langue 
littéraire et que par eux seuls on parvient à s'expliquer dis- 
tinctement le plus grand nombre des étymologies. Toute- 
fois les savants de quelques-unes de nos provinces n'ont pas 
déployé assez d'activité pour rendre au jour ces inappré- 
ciables monuments de l'art d'exprimer la pensée. L'ancienne 
principauté de Montbéliard, p. ex., dont le patois présente 
tant de particularités remarquables , n'a pas encore son dic- 
tionnaire. Je serais heureux, si ces lignes et les citations 
que j'ai faites dans mon Glossaire décidaient un de mes 
compatriotes à entreprendre cette tâche méritoire. 

J'avais l'intention de joindre à ce Glossaire des remarques 
sur le prononciation de la langue d'oïl. Ce travail a pris 
une extension telle, que je suis forcé d'en faire l'objet d'une 
nouvelle publication. 

Je serais certainement coupable d'ingratitude, si je ter- 
minais cette préface sans offrir le tribut de ma reconnais- 
sance à la presse, dont les éloges m'ont encouragé des le 
principe à poursuivre avec zèle la pénible tâche que je m'é- 
tais imposée. Mes critiques reconnaîtront, je l'espëre, que je 
n'ai rien négligé pour me rendre digne de l'intérêt qu'ils 
ont bien voulu m'accorder. Je regrette seulement que les 
profondes et curieuses observations publiées par M. Littré 
dans le Journal des Savants me soient parvenues trop tard 
pour les utiliser dans ce troisième tome. 

Je ne veux pas oublier non plus mon bienveillant édi- 
teur, M. ScHNEmER, qui m'a donné toute latitude pour con- 
duire cette entreprise à bonne fin. Ma reconnaissance lui est 
à jamais acquise. 

3erUn, 4 juillet 1856, 



vu 



ADDITIONS 



A LA TABLE DES OUVRAGES SCIENTIFIQUES CITÉS DANS LA 

GRAMMAIRE DE LA LANGUE D'OÏL. 



Cbevallet. — Origine et formation de la langue française par A, de Clw- 

vallet Paris 1853 l^re partie. 
DiBPENBACH. — Celtica I. IL III. Sprachlicbe Documente zur Gescbichte 

der Kelten; ^ugleich als Beitrag zur Sprachforschung ûberhaupt, 

von Dr. Lorens Biefenbacli. Stuttgart, 1839. 
DiBpBNBACH. — Vergleichendes Wôrterbuch der gothiscben Sprache von ^ 

Dr. Lorens Diefenbach. Frankfurt am Main, 1851. II vol. 
DiEz. — Etymologisches Wôrterbuch der romanischen Sprachen von Frie- 

dricli Dies. Bonn, 1853. 
De Cangb. — Glossarium mediae et infimae latinitatis conditum a Carolo 

Dufresne Domino du Cange, cum supplementis integris mona* 

chomm ordinis S. Benedicti, D. P. Carpenterii, Adelungii, alio- 

rum , suisque digessit G. A. L. Henschel. Parisiis , Didot frères. 
Grandoagnage. — Dictionnaire étymologique de la langue Wallonne par ^ 

Ch. Grandgagnage. Liège ^ 1847. 1850. I, II vol. (inachevé). 
Honnorat. — Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue 

d'oc ancienne et moderne .... par S. J. Honnorat, docteur en mé- 
decine. Digne, 1847. III vol. 
HuMBOLDT. — Prûfung der Untersucbungen ûber die Urbewohner Hispa- 

niens vermittelst der Vaskischen Sprache von Wilhelm von Ham- 

boldt Berlin, 1821. 
ScBWENCK. — Wôrterbuch der deutschen Sprache in Beziehung auf Ab- 

stammuug und Begriffsbildung von Konrad Schwenok. Frankfurt 

am Main, 1838. 3© Auflage. 
Zeuss. — Grammàtica celtica. E monumentis vetustis tam hibemicae Un- 

guae quam britannicae, dialecti cambricae, cornicae, nec non e 

gallicae priscae reliquiis construxitj. C. Zeuss. Lipsiâe, 1853. 



vm 



TABLE 



DES ABRÉVIATIONS EMPLOYEES DANS CE GLOSSAIRE. 



absol. 


absolument. 




m. 


masculin. 


adj. 


adjectif ou adj< 


sctivement. 


Mén. 


Ménage. 


adv. 


adverbe ou adverbiale- 


n. 


neutre. 




ment. 




P' 


page 


ahal. 


ancien haut-allemand. 


part. 


participe. 


aUttiâ. 


haut-allemand 


moyen. 


pas. 


passé 


allmod. 


nouvel haut-allemand. 


pers. 


personne. 


anc. franc. 


ancien français 


1. 


pi. 


pluriel. 


anc nor. 


ancien norois. 




pi. r. 


plui-iel régime. 


c-à-d. 


c'est-à-dire. 




pi. s. 


pluriel sujet. 


cat. 


catalan. 




port. 


portugais. 


Cfr. 


confer, c.-à-d. 


comparez, 


prép. 


préposition. 


• 


consultez. 




prés. 


présent. 


comp. 


composé. 




pron. 


pronom. 


dér. 


dérivation ou 


dérivé. 


propr. 


proprement. 


Dief. 


Diefenbach. 




prov. 


provençal. 


dim. 


diminutif. 


' 


R. ou Rayn. 


LR. Raynouard Lexique 


écoss. 


écossais. 






roman. 


empl. 


employé. 




r ou rég. 


régime. 


esp. 


espagnol. 




r. dir. 


régime direct. 


f. 


féminin. 




rég. ind. 


régime indirect. 


fi«. 


figuré. 




rel. 


relatif. 


glosâ. 


glossaire. 




s. 


singulier. 


goth. 


gothique. 




s. e. V. 


8ub eodem verbo. 


holl. 


hollandais. 




s. r. 


singulier régime. 


imp. 


imparfait. 




s. s. 


singulier sujet. 


ind. 


indicatif. 




subj. 


subjonctif. 


inf. 


infinitif. 




subst. 


substantif ou sub- 


irl. 


irlandais. 






stantivement. 


isl. 


islandais. 




s. V. 


sub verbo. 


ital. 


italien. 




V. 


voyez. 


Imâ 


bas latin. 




vb. 


verbe. 



NB. Dans les renvois, le chiû're romain indique le tome, le chiffre arabe, 
la page de la Grammaire de la langue d'o'il. — Quand je n'avais rien à 
ajouter ou à corriger aux explications données dans les 1. 1 et II, je me suis 
contenté d*y renvoyer, afin de ne pas grossir inutilement le Glossaire. 



INTRODUCTION. 



J ai établi dans le premier tome de cet ouvrage que la plu- 
part des mots français qui n'appartiennent pas à la famille latine, 
sont d'origine allemande. Pour compléter mon travail sur la dé- 
rivation, j'aurais donc dû indiquer les lois qui ont présidé aux 
permutations que nos aïeux firent subir aux mots allemands en 
les naturalisant dans la lingua romana. Mais, pour marcher en 
toute sûreté, je voulais, avant de me prononcer, examiner en- 
core attentivement cette partie du matériel de notre langue, parce 
que dès lors j'avais le pressentiment que certains philologues fai- 
saient une trop grande part à l'allemand aux dépens du celtique, 
tandis que d'autres restreignaient beaucoup trop le domaine de 
l'allemand pour élargir celui du celtique. C'est aujourd'hui une 
certitude pour moi, et j'ose espérer que ceux qui voudront bien 
étudier le présent Glossaire se rangeront à mon opinion. Toute- 
fois, je dois avouer qu'en cherchant à établir ce qui revient de 
droit à l'un ou à l'autre de ces deux éléments constitutifs du 
français, j'ai toujours donné, à raisons égales, la préférence 
au celtique. Les germanomanes en prendront sans doute occasion 
de m' accuser de celtomanie. Peu m'importe, j'ai la conscience 
d'avoir travaillé sans prévention aucune, et je tiens fort- ridicules 
toutes les conclusions qu'on tire de ces emprunts faits par un 
peuple à la langue d'un autre. Voici du reste ce qui m'a décidé 
à suivre la voie que j'indique. 

Une langue répandue sur une vaste étendue de pays, quelle 
que soit la culture intellectuelle du peuple qui la parle, ne sau- 
rait disparaître sans laisser d'assez nombreuses traces, surtout 
à l'égard des choses de la vie commune, même lorsque toutes 
les circonstances militent contre elle. Vous prétendez que la con- 
quête romaine et l'invasion des .peuplades germaniques ont dé- 



truît complètement la langue celtique. Cela n'est pas, ne peut 
pas être. Allez dans nos campagnes, aujourd'hui encore où l'in- 
struction est si répandue et l'usage du français littéraire si étendu, 
où les moyens de communication sont si faciles, les rapports avec 
l'extérieur si fréquents, et vous entendrez des mots fort expres- 
sifs qui ne se retrouvent pas même dans lés plus vieux monu- 
ments de notre languej vous en entendrez d'autres qui ont dis- 
paru depuis des centaines d'années de l'usage des villes. Eh bien, 
si les hommes du XIX^ siècle montrent une religieuse fidélité à 
conserver ce que leur ont transmis leurs pères, vous m'accorderez 
que ceux des premiers siècles de notre ère ont dû en faire autant, 
pour le moins*, quelles qu'aient été l'habileté et la tyrannie de 
leurs oppresseurs; vous direz avec moi que le celtique s'est de 
toute nécessité conservé dans la lingua romana à un bien plus 
haut degré qu'on ne l'admet ordinairement, parce que l'on sup- 
pose toujours à tort que la disparition du celtique comme langue 
usuelle, au VII® siècle, implique sa disparition complète de la 
vie sociale. Si nous avions autant de monuments du vieux cel- 
tique que nous en avons de l'ancien allemand, p. ex., ils nous 
fourniraient sans aucun doute la preuve de ce que j'avance ici *. 
Nous y trouverions la vraie source de nombre de ces mots pa- 
tois dont on ignore complètement l'origine, et peut-être même 
celle de bien d'autres qu'on croit pouvoir rattacher en toute sû- 
reté à tel ou tel idiome, parce que la racine en question y est 
amplement représentée. Car, à tout prendre, cette dernière cir- 
constance n'est pas une preuve sans réplique. Il y a, p. ex., des 
mots celtiques qui ont fort peu ou point de représentants dans 
les langues néo-celtiques, et si les écrivains grecs et latins ne 
nous avaient pas fait connaître leur origine, nous serions induits, 
faute de documents celtiques anciens, à les rapporter à un autre 
idiome où nous trouverions une racine convenable. 

Un second moment en ma faveur, c'est que l'Allemagne elle- 
même a subi l'influence celtique. On ignore encore, il est vrai, 
la véritable portée de cette influence^; cependant plusieurs sa- 
vants allemands ont démontré que beaucoup de noms de lieux, 
de rivières, etc., qu'on croyait allemands, étaient celtiques; ils 
ont prouvé que certains mots et quelques formations grammati- 
cales de leur langue avaient la même origine. Etait-ce donc être 

(1) On connaît la ténacité des peuples celtiqnes pour tout ce qui concerne leur nationalité 

(2) Cfr. ce que j'ai dit 1. 1, p. 12 et 13 du celtique et de ses rapports avec les autres langues 
(8) La connaissance de monuments franciques poiurait seule fournir une certitude^ 

Oêt ^nrd. 



XI 

partial ou celtomane, si le celtique et Fallemand me fournissaient 
la racine d'un naot, que d'accorder la préférence à Taînée des 
deux langues dans notre Europe, quand des considérations toutes 
particulières ne parlaient pas pour le contraire? Je ne le pense pas. 

Cette confession faite, je vais donner des explications néces- 
saires à l'intelligence de quelques dénominations dont j'ai fait 
usage dans ce Glossaire, puis je traiterai de la dérivation des 
mots français d'origine allemande. 

La langue du peuple germanique a eu, comme celle de tous 
les peuples, un grand nombre de dialectes. Le plus ancien est 
le gothique (du IV® au VP siècle), ainsi nommé de la nation 
des Goths. Il nous reste de ce dialecte des fragments assez con- 
sidérables d'une traduction de la Bible faite par l'évêque Ulfilas. 
Nous y voyons la langue dans sa structure originelle, pour ainsi 
dire, et, grâce à ce précieux monument, il nous est donné d'ap- ' 
profondir chaque formation, chaque mot de la langue actuelle. 
Après le gothique, l'histoire nous prouve la coexistence des dia- 
lectes suivants: haut-allemand , anglo-saxon^ ancien norois, frison 
et saxon *, 

On distingue trois périodes dans le haut-allemand: la pre- 
mière, qui s'étend du VU® au XI® siècle*, a reçu le nom d'an- 
cien haut' allemand; la seconde, du XII® au XV® siècle, celui de 
haut-allemand moyen; la troisième, du XVI^ siècle jusqu'à nos 
jours, celui de nouvel haut-allemand. L'ancien haut-allemand était 
la langue des Francs, des Alamanni et des Bavarois. De là les 
noms des trois dialectes si souvent mentionnés dans l'histoire : 
le francique, Valamannique, le bavarois. Le francique était la langue 
littéraire du royaume carolingien-franc dans la Neustrie et l'Aus- 
trasie. Il est donc à regretter pour la linguistique française que, 
parmi les monuments de l'ancien haut-allemand, il ne nous en 
reste aucun en pur francique. Nous y trouverions la solution de 
bien des problèmes qui nous embarrassent fort. Le haut-allemand 
moyen, qui avait cours dans la Souabe, la Franconie, la Suisse, 
la Bavière et l'Autriche, fut la langue littéraire à dater de la 
fin du XII® siècle. Avec la réformation, commence la 3® pé- 
riode, et dès lors le haut-allemand, modifié dans nombre de ses 
rapports phoniques par l'influence du saxon (v. ci-»dessous ) , fut 
la langue de toute la partie éclairée de la population allemande. 

Les Anglo-Saxons, qui étaient établis à l'extrémité occiden- 
tale de la Germanie, nous ont laissé des monuments d'une haute 

(1) Je ne cite qae ceux dont il est fait mention dans le Glossaire. 

(3) Ces dates ne sont qu'approximatives et j'y comprends les époques de transition. 



XII 

antiquité^ en vers et en prose, fort importants pour Ja linguis- 
tique. Leur dialecte^ après s* être assimilé un élément roman^ 
a donné naissance à la langue anglaise. 

Jj ancien norois était la langue des peuples du Nord. U sub- 
siste modifié dans le suédois et le danois; mais il a conservé 
son ancienne forme et sa vigueur première dans l'islandais pour 
ainsi dire jusqu'à nos jours. 

Les habitants de la Frise se tinrent longtemps isolés de leurs 
voisins, aussi le dialecte frison conserva-t-il à peu près sa forme 
première jusqu'au XIV° siècle. Cette circonstance donne de la 
valeur aux monuments écrits dans cet idiome, bien qu'ils soient 
de date assez récente. La réunion de la Frise à la Hollande ré- 
duisit le dialecte frison à Tétat de patois. 

Au XIII® siècle , un autre .dialecte, le néerlandais, prend tout 
à coup rang parmi les langues littéraires. On ne lui trouve pas 
de passé, aucune charte ne prouve son existence antérieure comme 
idiome particulier. C'est un voile impossible à soulever aussi long- 
temps que l'on n'aura pas retrouvé quelques monuments du fran- 
cique. Le néerlandais continue de fleurir dans le hollandais. 

Abstraction faîte de Frisons et des Néerlandais, les peuplades 
qui habitaient entre le Rhin et le Weser, entre le Weser et l'Elbe, 
parlaient le dialecte saxon, dont il nous reste un monument con- 
sidérable et important pour la science grammaticale, bien qu'il 
ne date pas des plus anciens temps. La dialecte saxon fait le 
fond de ce qu'on appelle aujourd'hui bas-allemand, 

DÉRIVATION. 

Les anciennes langues germaniques étant généralement peu 
connues en France, je crois devoir donner avant tout quelques 
renseignements sur les alphabets du gothique et du haut-allemand. 
Je les réduis en tableaux pour simplifier le travail et pour faci- 
liter les comparaisons, 



TABLEAl] 

DES VOYEURS, DE LEURS PERMUTATIONS ET DE LEURS 
ALTERATIONS. 





Voyelles 


Fer mu talions 


i 

Ancien 
haut-alle- 
mand 


altérations | 


Gothique 


Ancien 

haat-Bire- 

mand 


Haut-al- 
Jenmod 
mo)-en 


Nouvel 

haut-alle- 

miuid 


Haut-al- 
lemand 
tûojen 


Nouvel 

I>ant-alle- 

maad 


S 

i 


- 


• 


- 


o, à 


« 


— - 


«...» 


iW 


1, i- 


i, i 


i. I; *. 1 






«fou'.iuj 


... 


U, 


», Ai », s 




«, j 


«,m;8,« 




1» â 


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au. 6 




i 


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», io, ia 


iu. te 


^.c->) 




. I 






i tt inr H. L-secfUt Indique Ici es 


dilKttnce». 


^i tt nii aoni toojonn pon 


and un A on du 1- nlt, «[ ai i^pond n 
qne di devient ei, ^, dai» l'ancien li 


uT-^Tanû 


npien hnut-allemincl, tandlaq 


(2) Le clrcentl«ie liidliiue U qugndu 






(« Cet * avec tiéina a .^iS adml. pa 


Ici gramms 




U|Hiai«BI de 1> qal repcâenle tantôt 


ne alMratIo 


de Tt. tantôt Te da ijrllabei 


•• non ndicalaa. ob II ■ pela DaliaaD 


a d-une des 




pronanctadon de 1> le rapprecliait à 


Cfi, d„Dl 


i-asl d^v.lop,iiii elle d. r. 



vm III; dtat, du I 






XIV 



TABLEAV 

DES CONSONNES ET DE LEURS PERMUTATIONS. 





Gothique 


Ancien haut- 
allemand 


Haut- 
allemand 
moyen 


Nouvel haut- 
allemand 


mrm 

a 
a* 

a 


l 

m 
n 
r 


/ 

1» 
n 

r 


/ 

m 
n 
r 


/ 

m 
n 
r 


00 


6 
P 

f 


6 ou p 

A pK pf 


6 (p, pp) 
f.Pf 

^(f) 


* (p, pp) 
f,Pf 

f(f> = f) 


tn 

kl 
s 

a 


9 
k 

h 
J 


g on h (c) 

k ou h, ch 

h 

3(9) 


9(c) 
ft, ch 

h, ch, g 
h 9 


9 
*, ch, 

h, ch, g 
3s 9 


Linguales 


d 
t 

!b)* 
th 


d on t 

3* ou * 

s, r 

r 

th ou d 


t 
3 ou » 
s, r, sch 

r 

d 


t(th) 

fi et 5 

s, r, sch 

r 

d 



(1) Dans les manuscrits de Tancien haut-allemand on trouve, au lien de w, tantôt uu 
tantôt u (quand la voyelle u suit ou précède, de même qu pour qw, kw). 

(3) Cette lettre répond & iss (zf), tandis que le z à la valeur de IP. Au commencement 
des mots on écrivait toujours z; au milieu et à la âa des mots on employait surtout z 
après les liquides /, n, r (rarement après les voyelles), et 3 Après les voyelles (après les con- 
sonnes quand il y a ou contraction). 

Voyelles. 

Les règles que j*aî données touchant les permutations des 
voyelles latines ne peuvent en général être appliquées aux voyelles 
allemandes. A quoi attribuer crette différence? Aux hadîtudes 
d'organes des conquérants de la Gaule romaine, à la position de 
l'accent dans leur langue et à sa modulation, enûn à la manière 
différente dont ils articulaient les voyelles et les diphthongues. 
Telles sont les causes principales qui influèrent sur la déforma- 
tion des mots allemands. Il y en a d'autres encore, peut-être ; mais 
celles-là sont décisives, et il serait inutile de recourir à des sup- 
positions* 



XV 

I. A long. C'est l'a du haut-allemand; on voit par le tableau 
des voyelles que le gothique ne le connaît pas et qu'il 
le remplace par e. Cet a long reste en français, s'affai- 
blit en e^ ou se diphthongue en ie, ai\ tcage^^ bar et 
bière, rasse et raisse (courant, ruisseau, de l'ancien no- 
rois râs, ib., anglo-saxon raes), 

A bref, gothique, se maintient, s'affaiblit en e, ou se diph- 
thongue en et, ai, comme Va bref latin, mais seulement 
avant m, n: gage, garir, halle ou haie, régime gram ou 
graim, sujet grains ou greins, 
n. E long. La langue d'oïl ne connaît ni Ve long gothique^ 
ni Ve long du haut-allemand: le premier se range sous 
l'a long du haut-allemand, l'autre répond à l'ai gothique 
V. plus bas. 

E bref. Cette lettre manque dans le gothique. D'après 
ce que j'ai dit ci-dessus (Tableau des voyelles, note 2), 
l'ancien haut-allemand a deux espèces d'e: l'un répon- 
dant à l'a bref gothique, dont je viens de parler, l'autre 
qui s'est développé de Vi. Je renvoie donc à cette lettre. 
m. I long du haut-allemand, répondant au gbthique ei, reste 
intact: riche, cnivet, rider, 

I bref du gothique et du haut-allemand, auquel on doit 
joindre l'ai gothique et Vè du haut-allemand (v. le Ta- 
bleau des voyelles), reste i, se permute en e et quelque- 
fois en ie, ei, a: esrhif, eschirer, fieu — feu — /?ii, fres 

— freis^ feltre — [autre, renc, sen — san, 

IV. long du gothique, de l'ancien norois et de l'anglo-saxon, 
n'éprouve aucun changement, tandis que son correspon- 
dant de l'ancien haut-allemand uo (plus anciennement 
ua) produit d'abord ue, oe, d'où se développe oi, uei, 
fit: croc, rostir, orguel — orgoil — orgueil — orguil, fal- 
desiuel — faudestueil — faldestoed, 
bref du haut-allemand, répondant au gothique w, au 
(v. Tableau des voyelles, note I) reste o ou se diph- 
thongue comme Vo bref latin: mordre (homicidium), hose 

— huese — hoese — house, Cfr. I, 25. 

V. U long du gothique et de l'ancien haut-allemand n'éprouve 

aucun changement: brun, brut (belle-fille), bue, escume, 

U bref et au du gothique, u bref de l'ancien haut-all^- 

. (1) L«8 mots cités sans explication se trouvent dans le Glossaire. Je renvoie au t, I, 
p. S8 et saiv . pour la distinction des formes dialectales. On fera sans peine les comparai- 
sons avec la langue fixée. 



XVI 

mand^ restent quelquefois^ mais ils passent le plus sou- 
vent à Vo: huche, forbir, horde ^ morne, 
VI. Ai, c'est-à-dire ai, du gothique, auquel répond Vei ou Vê 
de l'ancien haut-allemand, se présente sous les formes 
oi, ei, a: ham, •gale^ hairon, hait — eU, laid — leid, 

VII. Au, c'est-à-dire au gothique, ancien haut-allemand ou^ ô, 
«t, avant le VIII<^ siècle, au, ao, devient o (u)^ ou, oi: 
hoge^ rosel, sope — soupe, choisir, 

VIII. lu (iu), qui, dans l'ancien haut-allemand déjà, est repré- 
senté de diverses manières: iu, ia, io (plus anciennement 
ëo), n'a pas de forme constante dans la langue d'oïl. 
Il y a d'ailleurs peu de mots qui le contiennent. Nous 
avons d'abord iuv, iuw^ te: triute — iriuwe — trit^e; puis 
oi (i d'ttt syncopé): croissir, 

€4>n$«iines. 

I. P gothique répond à ph (f) de quelques-uns des plus an- 
ciens monuments du haut-allemand, et à pf du haut- 
allemand moyen et moderne. P gothique initial ne se 
montre guère que dans des mots d'origine étrangère. Il 
en est de même de pf initial, qui tient sa place quand 
l'admission des mots a eu lieu de bonne heure, tandis 
que p reste dans ceux d'adinission récente. 

P initial se maintient dans la langue d'oïl: poe, 
P médial et final, ancien haut-allemand /?/*, /", ff^ se 
présente sous les quatre formes p, b, d, f: agrapeir, eschif 
ou eskip, eschiper, eslouble, estofe, eschetin, 

II. B gothique disparaît dans l'ancien haut-allemand propre- 
ment dit, où p le remplace, tandis que certaines peu- 
plades, p. ex. les Francs, conservent le b. Au lieu de 
bb, le haut-allemand moyen et moderne emploient tou- 
jours pp. Il faut remarquer encore que l'anglo-saxon, 
l'ancien norois et le saxon ont souvent f pour b ou p. 
De là, pour le b gothique, les consonnes b, f, v (pour 
b médial), p (pour bb), dans la langue d'oïl: bande, 
brant, bric, bride, lobe, robe, escretisse, graver, nafrer 
— navrer, riper (de rippen, ribben, ahall. rîban). 

III. F gothique répondant à «? = f et /" du haut-allemand. L'al- 
lemand moyen fait toujours usage de /^ à la fin des mots, 
avant les consonnes s, ;&, t, dans le corps des mots, et 



xvn *- 

comme initiale des mots d'origine étrangère; partout ail- 
leurs il emploie ordinairement r. 

F est constant, excepté dans la combinaison If: fui- 
destuely fel^ garoU A mol (Arnulf). 
IV. V gothique , w du haut-allemand. Selon M. J. Grimm, le 
V gothique se prononçait comme le to de l'allemand mo- 
derne,, tandis que le w de l'ancien haut-allemand était 
réquivalent du ic anglais. Le v final gothique est voyelle 
(u) après une voyelle brève, il est consonne (t) après 
une voyelle longue et les consonnes. Médial, il est aussi 
consonne dans la diphthongue du avant t\ ê^ et, et dans 
la diphthongue iu, avant chaque voyelle. Le tr final de 
l'ancien haut-allemand se permute partout en u ou en o, 
et peu à peu même la voyelle disparaît. Dans le nou- "" 
vel haut-allemand, on emploie b au lieu de to après / et 
r quand il y a une voyelle de syncopée, et tr ne peut 
jamais figurer à la fin des mots ou des radicaux. Enfin 
le w tombe avant une consonne. 

Le t? gothique ne se trouve pas dans la langue d'oïl; 
c'est le w de l'ancien haut-allemand qui y figure sous 
les formes gua, gue, gui, avec rejet du son u dans 
quelques provinces, tandis que d'autres le maintiennent. 
Les provinces qui furent le plus longtemps soumises à 
l'influence allemande conservèrent le w (cfr. I, 33). On 
rencontre même «?, qui provient de la confusion du v 
roman et du v étranger. Ex. gaagnier — guaigner, gaar- 
nir — guamir — tcarnir, gueredon — geredon — werdon, 
guiscart^ triuwe — /rire, tcage (aujourd'hui vague au lieu 
de gagué), espervier. 

W se résout en outre en ou, o: ouest, ouaiter pour 
waiter, Gaudoin (Gotwin); ou se syncope: Régnait (Re* 
ginwald). 

Enfin, ce que je viens de dire du «? final de l'ancien 
haut-allemand explique le mot de bloi, qui s'est formé 
comme poi de pau. Quant à la forme blef^ que je me 
suis expliquée par un féminin bleve^ le f repose simple- 
ment sur le w allemand. Iwa (îwa) a également produit if, 
V. M. Le m final de l'ancien haut-allemand et de l'allemand 
moyen se permute quelquefois en n. La langue d'oïl 
connaît aussi cette permutation, mais le plus souvent elle 
{^cope le II; estorn puis estor^ Bertrch (Bertram). Les 
noms propres en an final prirent de bonne heure un d: and. 



xvin 

VI. N. Je ne trouve pas d'exemple de la permutation de cette 
liquide en / ou en r (cfr. I, 41); notre gorifalon, p. ex., 
s'écrivait régulièrement gonfanon.. 
VIL L se permute en r; ganfre. Il se transpose quelquefois: 
floc — foie. Avant une consonne, le / allemand suit la 
même loi d'aplatissement que le / latin: falde — faudc, 
Cfr. I, 42. 
VIII. R se permute en /; helberc et herbert. • Le r allemand se 
transpose comme le r latin: escremir, burnoier^ grenon — 
guemon, Cfr. I, 42. 
IX. K. Le k gothique, 'qui est remplacé par q avant un p, 
se permute dans l'ancien haut- allemand proprement dit 
en ch quand il est initial, en hh dans le corps des mots. 
Il se maintient seulement dans les combinaisons sk (= se), 
Iky rk, nk. Le gothique kk répond à l'ancien haut-alle- 
mand proprement dit ccA, haut-allemand ordinaire ck. 
Au XII® siècle, les combinaisons sk, skr se transfor- 
ment en sch, schr. 

Le son k reste avant les voyelles o, u, avant une con- 
sonne et à la fin des mots : escume, escurie, escot, ba- 
con^ blanc, foie. (Cfr.. I, 35 pour les différences dia- 
lectales du picard). Avant a, le k prend le son sifflé 
ch, comme avant Va latin, et nous avons ici les mêmes 
diff'érences dialectales (cfr. I, 34 et suiv.). Le son ch 
a Heu aussi avant e, i, au contraire des mots dérivant 
du latin (I, 37.38.), hormis le dialecte picard-flamand. 
Cette différence , dont je n'ai pas su fournir la raison 
à l'égard de l'exception picarde-flamande (I, 38.), pour- 
rait peut-être s'expliquer par une supposition de M. DiEz 
rapportée I, 35. Du reste, au lieu de cA, on a aussi 
les formes dialectales avec le son k, et ce, ci, comme 
pour les mots d'origine latine. Ex. Charles — Karles, 
eschac — eskiee, riche — rice — rike, eschancer — escan- 
car, escharnir — escarnir — esckernir — eskernir, eschi- 
ver — eskiter, eschiper — esguiper; de même les féminins 
blanche — blanque, franche — franque, fresche — freske. 

Le k passe au g, comme, le c latin: rogue (ancien 
norois hrôk^r), ganivet (et cninet), grape. 

Le k de la combinaison sk se syncope ou s' apocope 
quelquefois: fres, fresanche, seneschaL 
X. Q. Il n'y a^ que je sache, aucun mot de la langue d'oïl 
vriadént de l'allemand qui contienne cette lettre. 



XIX 

XI. gothique^ ^ ou ^ (c) dans Tancien haut-allemand^ reste 
guttural ou prend le son de j avant toutes les voyelles: 
gueude — gelde, tcage^ jardin -^ gardin^ gai (et notre 
geai)^ jarbe — garbe, gigue — gigc, large, (Cfr. I, 39 
g latin.) 

On a quelques exemples de la syncope du g, ce qui 
donne lieu à une diphthongaison avec •; esmaier — es- 
moier, haie. 

Au lieu de rg, la langue d'oïl a quelquefois rt: (hel- 
fcerc) Herbert. Ce t est probablement pour c de l'ancien 
haut-allemand, comme dans haubert (hauberc). 
XII. J initial sonne j dans la langue d'oïl : gehir — jehir. Lors- 
qu'an j .médial est précédé de b, p, rf, t, ces lettres se 
syncopent et alors y a sa prononciation ordinaire ou de- 
vient eh : logey crèche, gager. Quant au j des verbes go- 
thiques en jan, qui passent dans la langue d'oïl à la 2« 
conjugaison, il se permute en t. Si le j du gothique ou 
du haut-allemand est précédé de la nasale n, on écrit 
ordinairement gn, comme dans les mots dérivés du latin 
(II, 235): broigne, mais aussi brunie avec t, gaagnier — 
guaigner. Quelquefois le g adouci repose sur un t ûnal 
du nominatif ou sur le J qui se trouve au génitif, etc.: 
gage. 
XIII. H. Dans l'ancien haut-allemand, on employait toujours 
h où le gothique avait k final, quelquefois où il avait k 
médial. Dès le IX^ siècle, les combinaisons hl, hn^ hr^ 
hu> perdent l'aspirée. Le* haut-allemand moyen se sert 
de sch pour se; l'allemand moderne l'emploie aussi avant 
d'autres consonnes pour le simple s (schlagen, schmecken). 

H initial allemand reste ordinairement dans la langue 
d'oïl: healme (mais aussi eame), hauberge (aujourd'hui 
auberge), ham, hait, hanter , hanap, 

La combinaison hl perd l'aspirée: los (lot), Loeis 
(Hludowîc); dans toaille sa syncope produit un son 
mouillé. 

La lettre h de la combinaison hr ne se maintient que 
quand on intercale une voyelle: renc — par contre ha- 
rengue, renge, 
XrV. T. Le t gothique est représenté dans l'ancien haut-alle- 
mand par z au commencement des mots et dans les com- 
binaisons /«, ns, rz, et par 3 dans le corps des mots et 
comme consonne finale. 



■ XX 

La langue d^oïl conserve ordinairement t: tape, tom- 
ber, torbCy hatel, baste, bout. Quelquefois elle le syn- 
cope: haïr y esclier. Le a de l'ancien haut-allemand se 
trouve cependant représenté dans la langue d'oïl par ;5, 
c, cA, s, ss, avant toutes les voyelles: blecier — blesder^ 
boaon — bouson, escrevisse, grocer^ esclice (à côté de 
esclil), champer (mot patois, s. v. tape). 
XV. D. Le d gothique passa au t dans l'ancien haut-allemand. 
. Le d deTancien haut-allemand répond à l'aspirée th du 
gothique. On trouve cependant fh pour d dans 'quelques 
monuments de l'ancien haut-allemand, mais ce n'est qu'une 
variante • orthographique de c/. Quant au th du nouvel 
haut-allemand, il est indicatif de la quantité. 

La langue d'oïl rend le d gothique par d: borde, bande. 
Elle le syncope: loire^ fuerre^ gaagnier^ braon. Toutefois 
il y a des formes où l'influence du haut-allemand est vi- 
sible: fassel, mordre et murtre. La combinaison nd con- 
èerva d'abord la finale, puis elle la perdit : brant — branc 
— bran. 
XVI. S. Le son s reste: sope, danser (cfr. I, 34). S médial et 
s final qui, le plus souvent, deviennent r dans les autres 
dialectes, sont représentés par 5 ou par r dans la langue 
d'oïl: rosel, La combinaison si intercale un c: esclier, 
(Cfr. H.) 5î», sn, sp, st restent: esprohon, isnel^ estache, 
estai. 



A. 



JLf ab, ad prép. Il, 340 et saiv.; 
à ce que conj. II, 376. 

A interj. II, 402. 

Aage y. edage. 

Aaiatîe t. ate. 

Aaige v. edage. 

Aaise v. aise. 

Aaîser v. aise. 

Aaisie, aeisie v. aise. 

Aaisier y. aise. 

Aaitir y. ate. 

Aamer, aimer y. amer. 

Aamplir y. ademplir. 

Âancrer y. ancre. 

Âasmement y. aesmer. 

Aasmer y. aesmer. 

Aate y. ate. 

Aatie y. ate. 

Aatine y. ate. 

Aatir v. ate. 

Ab y. a. 

Abaier II, 362, aboyer; de ad-bau' 
bari. De là le snbst. abois, propre- 
ment extrémité où est réduit le cerf, 
le sanglier, sur ses fins, lorsque les 
chiens Tentourent en aboyant. 

Abailler y. bail. 

Abaisser y. bas. 

Abaissier y. bas. 

Abandon y. ban. 

Abandoneement y. ban. 

Abandoner y. ban. 

Abatre y. batre. 

Abatnt partie, emp. subst , abatre. 

Abanbir y. baube. 

Abbes y. abet. 

Abe y. albe. 

Abeit y. abet. 

Abelir y. bel. 
Borgay, langue d*oIl, Glossaire. 



Abesoigne y. soin. 

Abet, abeit 1, 116. II, 269, s. s. abbes I, 
345, abbé; de abbas, propr. père. 

Abet y. beter. 

Abeter y. beter. 

Abevrer, abevre y. boiyre. 

Abiter y. habiter. 

Aboenir y. bon. 

Aboivre y. boivre. 

Abonder y. onde. 

Abovrer y. boivre. 

Abrander y. brant. 

Abraser y. brase. 

Abrevier y. bref. 

Abri, abri; ital., esp. , port, abrigo, 
prov. abric; abrier, couvrir, mettre 
à Pabri. M. Diez I, 276 dér. abrier 
de Pahal. birxhan, couvrir, mais ce 
mot n'a pas encore été retrouvé; 
cependant on pourrait Je supposer, 
car on a antrthan, découvrir. L'a 
serait Y ad latin. Je crois qu'il y 
a une étymologie pins simple et plus 
rapprochée: c*est le latin aprictis, 
bien qu'au premier abord la signi- 
fication de ce mot paraisse tout à 
fait contraire à celle du roman; 
mais , en y regardant de plus près, 
on reconnaîtra qu'il n'en est rien. 
En effet, abri signifia dans le prin- 
cipe, et il signifie surtout encore, 
un lieu qui protège du froid , de la 
pluie, etc. Or apricus locus ou 
neutre apricum (fjliaCôfusPoy, dans 
les gloses sur Pomp. Fest.) signifie 
lieu exposé au soleil, et Ton a dit 
d'abord apricum, abri, par oppo- 
sition à un lieu ombragé; puis, ad- 
mettant une très -petite extension, 

1 



ABR 2 ACH 

on a pris abri comme contraire encore dans quelques patois, p. ex. 

de lieu froid, lieu humide, etc. dans celui de Montbéliard. Cfr. le 

Cfr. Ménage s. V. abri et Caseneuve proverbe: Pierre que rôle (roule) 

Orig. franc. De abrier, nous avons n^aicâte pe (pas) de môsse (mousse). 

fait ahrïler , en intercalant un t Âocide, négligence, indolence, ennui, 

euphonique. tristesse. DC. acedia, accedia, grec 

Abrivet, abrivé, rapide, vif, prompt, àxriâltt. 

pressé, empressé; part, passé d'un Aooorre v. corre. 

verbe que je ne connais pas dans AcoreiBsement v. croistre. 

la langue d'oïl , mais qui se trouve Aceindre v. ceindre. 

dans le prov. brivar, presser, s'em- Aceler v. celer. 

presser; abri var, ib. ; de briu, viva- Acemeement v. aesmer. 

cité, force, courage; esp., ital., port. Acener, achainer, faire signe de venir; 

brio; du celtique: ancien irlandais comp. de a et de cener; subst. ital. 

6rl^, valeur, gallois 6rl^A, force, vie. cennoy signe. On trouve, dans la 

Absolu V. soldre. basse latinité, cinnus, tortio oris. 

Abstinence I, 230, abstinence; absli^ cinnare, innuere, mots qui dérivent 

nentia, peut-être de cincinnus, boucle de 

AbniBsement v. buisser. cheveux; de sorte qu'on aurait donné 

Abnisser v. buisser. une acception générale à la pro- 

Abnsion II, 84, abus, erreur, trompe- priété qu'ont les boucles de flotter, 

rie, fraude; d'abuser, de abuU, pour ainsi dire de faire signe. 

propr. abusari. Cfr. locher. Ne confondez pas avec 

Aeaindre v.- ceindre. assener, 

Acarier v. char III. Acenser v. censé. 

Aoaser v. case. Aoer v. acier. 

Acat V. acater. Acerin v. acier. 

Acater, achater, acheter I, 178. II, 39, Acerter v. cert. 

procurer, acheter, faire un échange ; Acertes v. cert. 

ad-captare, Imâ. accaptare, accapi- Acesmeement v. aesmer. 

tare ; subst. acat, achat I, 57, acqui- Acesmement v. aesmer. 

sition, achat; comp. racater, racha- Acesmer v. aesmer. 

ter, rechater I, 177. 364, racheter, Acesser v. cesser. 

sauver; d'où rachateres, rachateor Achainer v. acener. 

I, 77, racheteur, sauveur; rachate- Achaison v. occasion. 

ment 1,159 rachètement, salut; cfr. Achaisonner v. occasion. 

BC. s. V. accaptai'e, Mén., acheter. Acharier, charier v. char I. 

£n partant d'un autre point de vue Acharier, confronter v. char III. 

et d'une autre signification de ca- Acharoier v. char I. 

père, captare, on employa ad-cap- Achat v. acater. 

tare, acater, achater dans le sens Achater v. acater. 

de assembler, amasser; comp. ra- Acheminer v. chemin. 

cater, rachater I, 192, rassembler, Acheeon v. occasion. 

réunir, ramasser. La signification Achever v. chef. 

de ce mot est restée inconnue jus- Achier, apier v. es, abeille. 

qu'ici (v. entre autres le glossaire Achier, acier v. acier. 

de la C. d. it); cependant il l'a Achierer v. char III. 



ACH 



ACO 



Âehio7er y. chef. 
Âchoiion V. occasion. 
ÂchoiMmxier v. occasion. 
Âder, aeer, aohier II, 242. 303. 357, 
acier; lance; Imâ. aciare, aciarium, 
de actes se. ferri, fer dur. 
ÂdasM, être aux abois (au propre), 
râler (?). J'ai rencontré ce mot une 
seule fois , il se trouve cité II, 213. 
Ignorant sa signification précise, car 
on ne peut la déterminer d'après un 
exemple, il est difficile d'indiquer 
son origine. Isidore donne cone/iu- 
sare pour conclamare; une forme 
semblable avec une antre préfixe 
conviendrait peut-être fort bien ici. 
On pourrait aussi songer à clas, 
qui, en provençal, signifie cri, cla- 
meur, glapissement; en irlandais, 
glas signifie plainte. 

Âdin V. cliner. 

Adiner v. cliner. 

Aelore v. clore. 

Âcoardi v. coe. 

Acoder v. code. 

Acointance v. cointe. 

Acointe v. cointe. 

Acointemant v. cointe. 

Aoointer, acointier v. cointe. 

Acoiser v. coit. 

Aooiflier v. coit. 

Acoloher v. colcher. 

Acoler v. col. 

Acomblement v. comble. 

Acompaigxder v. compain. 

Acomparer v. par, adj. 

Aoomplir, acnmplir I, 210. 267. II, 352, 
accomplir ; de ad~complere ; acomplir 
sa parole I, 334. Cfr. complie. 

Aconduire v. duire et II, 2ô3. 5. 

Aconfermer v. ferm. 

AconBeiller v. consoil. 

AoonBefore, aoonBevre v. sevré. 

Aoongienre, aooniievre v. sevré. 

Aooiudevir, aoOnsiTir v. sevré. 

Aooiudrre v. sevré. 

Aooniiyre, aooniiiire v. sevré. 



Aconaolvre, aoonsore v. sevré. 

Aoonaques I, 190. 

Aoonsnir, aoonsnire, aeoniore v. sevré. 

Aoonter v. conter. 

Aooragiement v. cuer. 

Acoragier v. cuer. 

Acorber v. corbe. 

Acorder, acordiier v. cort, adj. 

Acordance v. acorder. 

Acorde v. acorder. 

Acorder, acoorder, convenir, arrêter, 
accorder; s^ acorder à qqeh. I, 196. 
II, 313, a'acorder absoi. I, 237, faire 
sa paix ; acorder un desbat I, 380 ; 
acourder qqn, à qqn, II, Ô4, mettre 
la paix entre eux; comp. racorder 
I, 263, faire sa paix, se rapprocher; 
subst acort I, 402, accord , conven- 
tion, société, parti; acorde, accorde 
I, 400. II, 387, accord, conciliation, 
traité; acordance, accord, conven- 
tion. Du latin cor, comme discor- 
dare', concordare, recordari. 

Acorer v. cuer. 

Acorre v. corre. 

Acort V. acorder. 

Acost V. costeit. 

Aeoster v. costeit. 

Aoostimie v. costume. 

AooBtameement v. costume. 

Acottnmement v. costume. 

Acoton, ancoton, auqueton, aqueton, 
aucton, boqueton, sorte de casaque 
militaire , qui se mettait par dessus 
la chemise: Sor sa chemise vest 
Tauqueton de . ij . plois (Ch. d. S. 
I, 229). Ce mot est un dérivé mé- 
diat de Parabe al-qoton, d'où Ton 
a fait coton, en espagnol algodon, 
coton et ouate. C'est de algodon, 
dans le dernier sens, qu'on a dé- 
rivé aucoton. 
Acouardi v. coe. 
Aooucer v. colcher. 
Acouder v. code. 
Aoondre v. coudre. 
Acourder v. acorder. 

1* 



ACO 



AE8 



Aconter v. code. 

Âcqnill V. cueillir. 

Acravaater v. crever. 

Acraventer v. crever. 

Aereantement v. creanter. 

Acreanter v. creanter. 

Acreis v. croistre. 

Aorevaator v. crever. 

Acroire v. croire. 

Acrois V. croistre. 

Aoroissement v. croistre. 

Acroistre v. croistre. 

Aoneil v. cueillir. 

Aeaeillir v. cueillir. 

Aeael v. cueillir. 

Aenit v. coit 

Aeniter v. coit. 

Aonlehier v. colcher. 

Aenm^ir y. acomplir. 

Acim, aenne, acims v. alcuens et I, 169. 

Aennter v. conter. 

Aeaser II , 164, accuser ; de accusare. 
Cfr. cause, encuser. 

Ad prép. V. à. 

Adecertes v. cert. 

Ademetre v. mètre. 

Ademise v. mètre. 

Adenqilir, aamplir, aemplir II, 82. 14ô. 
I, 160. 1, emplir, remplir, accom- 
plir; adimplere; comp. paraemplir 
I, 180, accomplir, remplir, exécuter; 
raemplir I, 142. 196, remplir, ac- 
complir. 

Adenerer v. denier. 

Adens v. dent. 

Adenter y. dent. 

Adenz v. dent. 

Ades, adies II, 267 ; toi odes II, 268 ; 
ade$ . . . ades U, 268. 

Adeser v. aberdre. 

Adestrer v. destre. 

Adevanoer v. davant. 

Adevinaille, adevinal v. devin. 

Adevinement v. devin. 

Adeviner v. devin. 

Adies V. ades. 

Adob V. dober. 



Adobe, V. dober, 

Adobement v. dober. 

Adober y. dober. 

Adooier v. dois. 

Adol y. dober. 

Adolder v. dois. 

Adoldr y. dois. 

Adomagier v. damage. 

Adonc, adonqnes v. donc et II, 283. 

Adons, adont v. donc et II, 283. 

Ados, armure v. dober. 

AdOB, appui v. dos. 

Adoier v. dos. 

Adon V. dober. 

Adonbe y. dober. 

Adoubement y. dober. 

Adonber v. dober. 

Adonl V. dober. 

Adrecher, adreoier v. drescer. 

Adrescer, adresser v. drescer. 

Adube v. dober. 

Adubement v. dober. 

Aduber y. dober. 

Aduoier v. dois. 

Aduire v. duire. 

Adulcier v. dois. 

Adoldr V. dois. 

Adune, adunkes v. donc et II, 283. 

Adure v. durer. 

Adnreie v. durer. 

Adorer v. durer. 

Adversarie v. avers. 

Adversier v. avers. 

Advendteit v. avers. 

Adversitet v. avers. 

Aë, âge V. edage. 

Aë interj. II, 397. 

Aeister v. aise. 

Aëit y. edage. 

Aëiz y. edage. 

Aemplir v. ademplir. 

Aërdre v. aberdre. 

Aérien v. air. 

Aesier v. aise. 

Aesmer, aasmer, esmer II, 319, estimer, 

évaluer, croire, présumer, penser; 

de aestimare; subst. eime, estima- 



AEU 5 AFO 

tion, évaluation, opinion, intention, Aferir v. ferir. 

but, calcul, action de viser; à esme, Afermer v. ferm. 

d'avis, dans Tespérance, sur le point ; Afenrer v. fuer. 

d'où aasmement II, 141, pensée, Afeutrer v. feltre. 

attente; emance, opinion basée snr Affection I, 126. 227, affection, vo- 

des coocibinaisons , valeur, portée; lonté; de affectio. 

faire etmance, faire mine de qqcb., Afferir v. ferir. 

ajuster, menacer de frapper; — Affi Ire pers. s. prés. ind. d'affier. 

esmee, estimation. Les mêmes formes Affte v. foit. 

verbales signifiaient calculer, dresser, Affier v. foit. 

préparer, ajuster, présenter, faire Affinité v. fin. 

mine de qqch. ; on a fait passer la Affliction, afflietinn v. afflire. 

signification du verbe de la pensée Afflire H, 269, abattre , accabler , af- 

à Taction. L'orthographe atumer fliger; part, afflit, affile I, 50; 

semblerait remonter à rinfluence de de affiigere, affLictug; affliction, af- 

a<f-aesHfnare, asesmar en provençal, flictinn I, 371. II, 64, accablement, 

d'où la langue d'oïl avait fait aceemer mortification , affliction ; affliciio. 

1, 66. 304, disposer, arranger, ajuster, Afflit v. afflire. 

orner, parer; et d'ici aceimement, A£Eh>nter v. front. 

ajustement, parure, atours ; du part. A£Etibler v. afubler. 

pas. l'adv. aoesmeement, acemeemeiàt, Affùison II, 126, par attraction pour 

en grand appareil. à fuison. 

Aenre de aorer. Affumbler v. afubler. 

Aezo I, 149. 157. ASobUt v. fust. 

Afabloier II, 393 pour afoibloier, afe- Afi v. fit. 

bloier v. floible. Afiancer v. fiance. 

Afaire v. faire. Afiehe, afice v. ficher. 

Afaite v. afaiter. Aficheement v. ficher. 

Afaitement v. afaiter. Aficher, afichier, aficier v. ficher. 

Afaiter, afaitier, affaiter II, 254. 255. Afichiement v. ficher. 

398, orner, parer, préparer, ap- Afie v. fait. 

prêter, accommoder, raccommoder, Afier v. foit. 

panser, apaiser, apprivoiser; de Afller v. fil II. 

a/fecfare; part. pas. afaitiet, afaite^ Afiner v. fin. 

bien élevé; a'afailer, se mettre en Afoiblir v. floible. 

état, se disposer, se préparer; de Afolement v afoler. 

là afEdtement, ornement, parure, Afoler I, 60, maltraiter,* blesser, meur- 

maiiière, façon, instruction. trir, tuer; d'où afolement, déterio- 

Afaitier v. afaiter. ration , dommage , blessure ; defoler, 

Affdtiet s. V. afaiter. defoler II, 3. 275, comme afoler. 

Afamer v. faim. Composés du latin fullare, verbe 

Aiàutrer v. feltre. qu'on peut supposer d'après le sub- 

Afableier v. floible. stantif fullo, onis, d'où nos mots 

Afebloier v. floible. foule, fouler, foulon. 

Afeire v. faire. Afoler, devenir fou v. fol. 

Afeltrer v. feltre. Afonder v. fond. 

Alenir v. fin. Afondrer v fond 



AFR 6 AHA 

Afiranchir v. franc. Agwdr t. gésir. 

Afremer v. ferm. Agiei v. algeir. 

Afrener v. frein. Agraanter v. creanter. 

Afrouter v. front. Agrafe v. agrappeir. 

Afiniter v. fruit. Agra^dr I, 131 , prendre, saisir, ac- 

Afnmter v. front. crocher, prendre avec Tivacité et 

Aftiblail V. afubler. force ; de Pahal. krapfo, anjonrd'hni 

Afdbler, oSùbler, et avec m interca- hrapf, krappen, crampon, crochet. 

laire, afliimbler I, 105. 290. II, 61. A la même racine appartiennent les 

390, cacher sa tête sons un voile, mois grappin, grappe (Q. L. d. R. I, 

couvrir, vêtir, garnir de la fibula; 115), autrefois aussi crape, agra/fe, 

Imâ. affilbulare; aftiblail II, 131, en wallon a^rap. 'Pour grappe, cir. 

manteau (chlamys); proprement le néerlandais grappe, krappe, ib. 

manteau avec la fihula, fibla dans Agréer, agreeir v. gre. 

Apulée; comp. desafubler, ôter le Agregier v. grief. 

manteau, déshabiller. — On trouve Agrei v. roi II. 

desfabler dans le même sens , formé Agnier v. roi II. 

directement comme affubler G. d. Agi^et v. roi II. 

V. V. 1129. P. d B. V. 3995 des- Agrevanee v. grief. 

fublee est en un samit, c.-à-d. Agrever v. grief. 

sans manteau. Agn, agae I, 106, II, 42, aigu, pointu, 

Aftierer v. fuer. piquant; prov. agut; de ttcutus; 

Afolr V. fuir. agniser I, 397, aiguiser; proprem^ 

Agace, agacbe, agace, pie; de rahal; acutiare, 

agalstra, prov. gâcha, agassa; ital. Agnaiter v. gaitier. 

gazza, gazzera. Agne v. agu. 

Agacer, agacier, quereller, exciter à Agaeit v. gaitier. 

badiner ou à quereller, provoquer, Agaeiter v. gaitier. 

harceler, piquer, irriter, aiguillonner. Aguet v. gaitier. 

Ménage dér. agacer de agace, parce Agaeter v. gaitier. 

que les pies sont colères; mais il Aguile, aiguille, aiguille; Imâ. acucla 

n'y a aucune apparence que ce soit pour acucul a, acicu/a ; de làaguilon, 

juste, et, soit dit en passant, il agoilun, aigniUlon, awillon II, 241. 

donne une fausse origine au sub- 244. 37S, pointe, aiguillon. V.Ménage. 

stantif. Agacer dér. de Pahal. /eaz-jan, Aguilon, agoilun v. aguile. 

allmod. hetzen, irriter, poursuivre, Agniser v. agu. 

avec a préposé, ce qui permit au Ah interj. II, 402. 

h, devenu médial, de se condenser Ahaise, aheise v. aise. 

en g. Ahan (aan) II, 131, travail forcé, peine 

Agache v. agace. corporelle , peine, chagrin. Dans la 

Agacier v. agacer. basse latinité et dans la langue d'oïl, 

Agait V. gaitier. ce mot s'employait souvent en par- 

Agaiter, agaitîer v. gaitier lant du travail des champs: Ahaner, 

Agarder v. garder. enhaner (terram ahanare), labourer. 

Agencer v. gent. cultiver: Enhanerent il toz les es- 

Agenoiller, agenoillier v. genol. pazes de cel cortil ki ne furent pas 

Agenser v. gent. enhaneit (Dial. de S. Grég.); ahan. 



AHA 7 AIG 

terre labourable, champ; ahanàble, Ahonir v» honir. 

propre au labourage ; ahanieres (rég. Ahontor v. honir. 

ahaaor, plus tard aluuûer R. d'A. Aboutir v. honir. 

p. 469) laboureur , cultivateur ; aha- Ahucher v. hucher. 

nage II, 228, labourage, récolte, Ahnnter v. honir. 

fatigue, peine. Carpentier cite lo Ahuri v. hure. 

simple haner, labourer, que je n'ai Ahorter v. hurter. 

jamais rencontré. S'ahaner signifiait Ahyretement v. hoir. 

se fatiguer, prendre peine (P. d. B. Aidahie v. ajude. 

V. 32). Du Gange dérive ahan de Aide, aidere v. ajude. 

rinterjection Aâit, que laissent échap- Aider, aidier v. ajude. 

per avec une respiration pressée les Aidis v. ajude. 

personnes qui font un travail pé* Aïe v. ajude. 

nible; ce serait donc une onoma- Aiere v. rier. 

topée. D'autres veulent que la racine Aige v. edage. 

han soit celtique. Owen cite en Aighe v. aiguë. 

effet un a fan dont la forme est Aiglent, gratte -cul; dér. aiglentier R. 

parfaitement convenable pour racine d. 1. V. p. 212, églantier; de aigmlie, 

de ahan; cfr. le prov., le port, et avec la suffixe ent, proprem. ai- 

Tesp. afan; mais la signification guillonné. Cfr. prov. aguilen, ai' 

dispute, trouble, sédition ne con- glentina. Aiglent était un peu plus 

corde guère; puis a/'an ne se trouve honnête que sa traduction, et, si 

que dans un seul dialecte et peut- on Peut conservé, églantier, églan- 

être a-t-il été lui-même emprunté tine auraient au moins un primitif 

ou est-il tout à fait étranger à notre dans la langue moderne. 

ahan. M. Pougens parle d'un verbe Aiglentier v. aiglent. 

français affimer = ahaner , et Ray- Aignel, aignes, aignians, aigniaz I, 90. 

nouardLex.Rom. en cite un exemple 149, agneau; de agnellus; dimin. 

s. V. afaner. aigneles, aignelait I, 99* 

Aha^iable v. ahan. Aignelait v. aignel. 

Ahanage v. ahan. Aigneles v. aignel. 

Ahaner v. ahan. Aignes v. aignel. 

Ahanier, ahanieres v. ahan. Aigniaus v. aignel. 

Ahanor v. ahan. ^\ ^\n,T v. aignel. 

Aherdre, aërdre U, 120-22, prendre. Aigre, eigre, egre I, 134f aigre, âpre, 

saisir, empoigner, joindre, s'attacher, rude, avide; acer; adv. egrement 

se joindre à un parti ; de adhaerere, I, 82, aigrement, âprement, rude- 

c-à-d. adherere, avec d intercalaire; ment , vigoureusement ; aigrete, 

comp. entraherdre U, 121, s'entr'at- amertume, aigreur; acritas; comp. 

tacher, s'entresaisir, s'entrejoindre ; aigrevin, vinaigre. 

deiaherdre II, 121, détacher, dis- Aigrete v. aigre. 

joindre, débarrasser. Du fréquen- Aigrevin v. aigre. 

tatif (adhaesns), on forma adeser Aiguë, aighe, aiwe, aive, awe, eve, 

I, 297, s'attacher, toucher, attou- ieye, iave, eaye, eane I, 68. 135. 

cher, saisir. 377. II, 78. 79. 114. 125, etc., 

Ahi interj. II, 402. eau; de aqua, La forme moderne 

Ahnwwft v. asne. dérive immédiatement de et)6, diph- 



AIG 



8 



Aïs 



thongué ieve, iave, eaue puis eau. 
Les formes aiguë et eve nous sont 
restées dans aignade, aiguail, ai- 
guayer, aiguière etc., évier. 

Algue, cavale, jument; deequa; prov. 
egna. Pour la forme cfr. le mot 
précédent. 

Aig^ilhon v. aguile. 

Ail V. al I. 

AiUors, aillnrs, aillonn I, 375. 268. 148, 
ailleurs; de aliorsum; comp. d^ail^ 
leurs. 

Aillours V. aillors. 

Aillurs V. aillors. 

Aim V. haim. 

Ain V. haim. 

Aine V. anc. 

Ainoliois v. ans. 

Ainçois y. ans. 

Aincores II, 287 et Gloss. ore II. 

Aingle v. an^ele. 

Ainkes v. anc. 

Aimni interj. II, 402. 

Ainques v. anc. 

Ainrme v. anime. 

Ains, ainz v. ans. 

Ainsi, ainsinc, ainsint v. ensi et II, 273. 

Ainsneit, ainsnes, ainsnez v. naistre et 
II, 272. 

Ainsunkes v. ans et II, 273. 

Air I, 83. II, 44, air; aire, naturel, 
manière d'être d'une personne, dis- 
positions, humeur, origine; aérien 
11,387, aérien; propr. aeranus. Dans 
ces derniers temps, on a tenté de 
dériver aire de Tallemand art; c^est 
une de ces étymologies basée sur 
une simple analogie de significations 
et qui montre combien peu on a 
étudié les lois de la dérivation. 
Comment art aurait-il produit aire ? 
Air et aire sont identiques dans 
leur origine ; le premier dérive de 
aër , le second de Tadjectif aerea. 
Cfr. l'ital. aria, l'esp. aire. En op- 
posant à celles de notre mot les 
significations du latin spirilus, on 



a, ce me semble, la même marche; 
Air, souffle, ton, bruit, passions, 
d'où naturel, humeur, manière 
d'être d'être d'une personne, dis- 
positions. De là à origine, il n'y 
a pas loin. On disait de mal aire, 
de put aire, pour de mauvais na- 
turel; de bon aire, pour de bon 
naturel, d'où l'adjectif debonaire, 
debonere 11,231, doux, bon, affable; 
adv. debonairement , deboinairement 
I, 335, avec bonté, affabilité, gra- 
cieusement; subst. debonairete II. 
381, bonté, affabilité, gracieuseté 

Aïr V» irer. 

Aire v. air. 

Aïré V. irier. 

Aïreranent v. irer. 

Aïrement, acharnement v. irer. 

Airement, encre v. atrement. 

Aïrer v. irer. 

Aïrie v. irer. 

Aïrier v. irer. 

ASrison v. irer. 

Airme v. anime. 

Aïros v. irer. 

Ais, ais; de axis; dér. aisie R. d. 1. V. 
p. 34, porte; dimin. aiselle, aisiele, 
aisil, aisceau, petit ais à couvrir 
les toits, les livres , etc. (bardçau, 
dosse); de axicellus (axiculns). 

Aisceau v. ais. 

Aise, aisse, facilité, occasion, aise, 
plaisir; adj aise, aisse II, 170, con- 
tent, joyeux; adverbial, à aise II, 
364, à l'aise, commodément; d'où 
le snbt. aaise , ahaise Q. L. d. R. I, 
66, facilité, contentement, aisance, 
richesse, secours; vb. aaisier, aaiser, 
aeisier, aesier, aiser, aisier, donner 
le nécessaire, donner de l'aise, mettre 
à Taise, soulager, aider, secourir, 
servii', prêter, garnir; aaisie, aeiale, 
qui a son aise, riche; de là aisé- 
ment, usage, faculté d'user de qqch., 
gré, volonté, plaisir; comp. desaise, 
malaise; malaise, malaisse II, 170, 



Aïs 



AL 



malaise, mésaise; mesaifle, 
11,517. 364. 384, mésaise, malaise; 
mesaisé, mesaisie I, 250, =egeaus, 
malaisé, incommode, peu aisé, mal 
à Taise. On a proposé nombre 
d^étymologies pour ce mot: Pérlon 
le dér. du grec (tïatoç, heureux, 
de bon augure; convenable; d'où 
le subst. ce qui convient, ce qui est 
commode ; Ménage remonte à otium ; 
Frisch à Tallem. behagen ; Schilter, 
Junius, MM. Grimm et Dlez y voient 
la racine allemande contenue dans 
Tadj. goth. aiêts, facile, commode, 
subst. aiêti, agrément ; mais, en ce 
dernier cas, il faudrait, pour la 
forme, avoir un subst. a»%, qui n'a 
pas encore été trouvé, et je n'ose 
décider si on peut le supposer. Cfr. 
Rayn. II, 41, ais, aize, etc. 

Aiselle v. ais. 

Aisément v. aise. 

Aller V. aise. 

Aine v. ais. 

Ainelle v. ais. 

Ailier v. aise. 

AiiU V. ais. 

Aidi U, 407. 

Aia» V. aise. 

Ainelle I, 315, aisselle; de axilla 
pour ala. 

Aiitre, foyer v. astre. 

AiivOB II, 407. 

Ait, aïst V. ajude. 

Aitant v. tant et II, 32ô. 

Aitier v. hait. 

Aïne V. ajude. 

Ainer v. ajude. 

Aïuwe V. ajude. 

Aïnwer v. ajude. 

Aive v. aiguë. 

Aiye, avie, aïeul; de avus; comp. 
beiaiye II, 160, bisaïeul; tresaive, 
trisaïeul. La forme moderne est 
un diminutif de avus, aivel dans 
Tancienne langue, Ben. v. 11809. 

Aivel V. aive. 



Aiwe, aide v. ajude. 

Aiwe, eau v. aiguë. 

Aiwer v. ajude. 

Ajoindre v. joindre. 

ijoinst de ajoindre. 

Ajomant v. jor. 

Ajomee v. jor. 

Ajomer v. jor. 

Ajoitee V. joste. 

Ajostement v. joste. 

Ajoiter V. joste. 

Ajonstee v. joste. 

Ajouter v. joste. 

Ajude, ^'ue, aïne, aue, aide, secours; 
force armée, troupe ; aides , impôt ; 
vb. ^uer, aïner, aider, secourir; du 
. latin adjutare. Cfr. dans les Ser- 
ments , adjudha. Outre ces formes, 
on trouve aïuwe, aiwe; aïawer, aiwer, 
où le 10 semble indiquer une in- 
fluence du latin adjwoare; et aide, 
eide, aïe, eïe; aider, aidier, eiderll, 
231 ; comp. e»traidier II, 160, s'aider 
mutuellement. Remarquez les for- 
mules Deus ajude, ajue, aue, die. 
Dieu aide, si Dieus m* dit, m' aïst 
(subj.). Voy. Q. L. d. R. II, p. 163, 
atrai, diras; aiust R. d. S. G. 
V. 1097. De là aidis II, 295, aide, 
auxiliaire ; propr. p. prés, aidant II, 

361. 394, aide, auxiliaire; aidere, 
auxiliaire; — aidable, secourable; 
adjutabilis; adjutorie, ac^'utoire II, 

362, aide, secours; adjutorium, 
4jiie V. ajude. 

AjiaeT V. ajude. 

Ajumee v. jor. 

Ajnmer v. jor. 

Ajustée v. joste. 

^justement v. joste. 

Ajuster v. joste. 

Akuns V. alcuens et I, 169. 

I. Al, ail s. s et p. r. ais, aus, auj, 

R. d. S. S. 4175; Ch. d. S. II, 143; 

R. d. 1. V. 2142; Ben. 30800; G. d. 

V. 1223, ail; alium, Fallot confond 

al Qt alie, en faisant de alz un 



AL 



10 



ALE 



simple masc. plur. de alie, qui, 
selon lui, signifie ail; cela n^est 
pas. y. alie. 

II. Al, d'où au, rég. înd. sing. de Tart. 
I, 46. 49; de à et ille; plur. alf, 
d'où as, az, ans I, 46. 54. ôô. 

III. Al, el I, 167 pron. indét., d'où 
au, eu I, 168; parler d'un et d*el 
1, 168 ; el empl. subst. I, 168 ; ady. 
comp. aln, ausi, assi, au«d, omIII, 
269 ; d'où alsiment, aunment II, 269; 
conj. alsi, aussi, com et que II, 377. 

Alaigre, halai^re A. et A. v. 2847, 
alègre; alacer, 

Alainne v. anheler. 

Alaiter v. lait. 

Âlasse V. las. 

Alas, allas interj. v. las et II, 401. 

Âlasser v. las. 

Albain, aubain, étranger dans le lieu 
qu'il habite; Imâ. albanus (DG. al- 
bani); de Padverbe aiibi^ avec la 
suffixe anus; cfr. ancien de ante. 
De là aubainele, auhanie, aubaine, 

Albe, aube, abe, point du jour; de 
albus, albaj clair, serein; c£r. al- 
bente codo, César BC. 1, 168; lux 
albescit, Virgile. Du même adj., 
dans son sens primitif, dér. albe, 
aube, aube, vêtement pour les prêtres. 

Alohes V. alcuens et II, 268. 

Aloon, alcone, alooens v. alcuens et 1, 169. 

Alcuens, auouens, aucuns, alcons, al- 
quons, aucons, aucbuns, aouns, akons, 
alcun, aucun, alcon, alquon, aucon, 
acun, aucbun, alcune, aucune, acnne, 
aucbune I, 168etsuiv.; alkes, al- 
ques, auques pron. indét. I, 171; 
dim. anquetes I, 171; adv., encore 
avec les formes, alches, auehes II, 
268 ; alquant, alkant, auquant 1, 170 ; 
var. normande asquant I, 171. 

Alcun, alcune v. alcuens et I, 168. 

Aie pour ele I, 127. 

Alee V. aler. 

Alegier v. legier. 

Aleier v. loi. 



Aleigne v. alesne. 

Aleiion I, 324, dans Foriginal var. ale- 
rion, comme dans P. d. B. 10323 : 
Chiute de dum d'alerion ; signifiant 
aigle, aiglon. La forme en r mé- 
dial est sans aucun doute la primi- 
tive. Alerion ne peut se rapporter 
à aigle, aquila, car on ne saurait 
supposer que le g a été syncopé, 
et, cela même accordé, la forme 
alerion serait encore incorrecte par 
rapport à aigle. Alerion dér. de 
l'allem. adelar, adler, comp. de adel, 
noble, et ar, aigle, ahal. adalaro, 
ancien norois ari, aigle, goth. ara. 

pleine v. anheler. 

Aleir v. aler. 

Alemele v. lame. 

Alentir v. lent. 

Aleoir v. aler. 

Aleor V. aler. 

Aler, aleir, aller 1 , 280 et suiv. aller; 
d*où alee, galerie, corridor; aleor, 
aleoir, galerie, passage, allée ; altmro^ 
allure, train, pas, marche; granî 
aleure II, 271, grand train; comp. 
s'entraler I, 290, aller mutuelle- 
ment ; mesaler I, 289 : paraler 1, 290; 
poraler I, 290; râler I, 289; treialer 
I, 290, passer, s'en aller, se passer, 
s'évanouir. 

Alerion v. aleiion. 

Alesne, aleigne, poinçon, alêne; d*aiie 
forme dérivée de l'ahal. ala, alanêa, 
par transposition alasna, alêne. Le 
correspondant italien de ce mot 
est lésina, qui a pris la significa- 
tion de épargne sordide et raffi- 
née, d'où notre lésine. Voici com- 
ment Ménage explique ce singulier 
changement de signification. Lésine, 
Lat. Nimia parcimonia. Du livre 
italien, intitulé Délia famosissima 
Compagnia délia Lésina: lequel con- 
tient divers moyens de ménage. 
L'auteur de ce livre, qui est un 
nommé Vialardi, feint que cette 



ALE 



11 



ALO 



Compagnie fut ainsi appellée di certi 
Taccagnoni, i quali, per marcia, 
miseria, et avarizia, si mettevano 
insino a rattacconar le scarpette e 
le pianelle, con le loro proprie 
mani , per non ispendere. E perche 
tal mestier del rattacconare non si 
pno fare senza lésina, anzi è lo 
stromento principale, presono questo 
nome délia Lésina. Dict. Etymol. 
8. V. lésine et Origines Italiennes 
s. y. lésina. 

Aléa, aUeu, alo, alnf I, 166, aUuef 
(Dunod II, 605), r. pi. aluefe (J. v. 
H. p. 553), alues (Ch. d. S. II, 95, 
Phil. M. V. 17293), aUonx (Dunod II, 
106), alleu. Toutes ces formes dé- 
rivent du Imâ. alodis (Loi salique), 
alodium ; la lettre / que l'on voit 
à quelques-unes est sans doute due 
à l'influence du mot fief. Selon 
M. J. Grimm alodium est un com- 
posé ^allemand: al, tout, en entier, 
ôd, propre. Dans le latin du moyen- 
âge on scandait souvent allodium, 
d'où les dipbthongaisons des formes 
de la langue d'oïl. 

Alenxe v. aler. 

Alever v. lever. 

Alfin, aniin, ofin, enfin, pièce du jeu 
des échecs, que nous appelons le 
fou; du persan fil, éléphant, avec 
l'article arabe al. V. Ducange s. v. 
alphinus. 

Algeir, algier, agiez, dard. Cfr. l'ahal. 
azhêr^ jaculum; anglo-saxon àtgâr, 
genus teli; ancien norois atgeir, 
lancea. 

Algier v. algeir. 

Aliance v. lier. 

Aile, alise; allier, alisier. Fallet re- 
proche avec raison à Pabbé de la 
Rue d'être tombé dans une erreur 
grossière, en traduisant alie par 
olive; mais il en commet une tout 
anssi grossière en donnant exclu- 
sivement à alie la signification d'ail ; 



car, si jamais il Ta eue, ce n'est 
que par corruption ou confusion de 
forme. V. al. On trouve des exemples 
décisifs, pour fixer la signification 
de ce mot, dans le R. d. S. S. p. 75-7. 
R, d. S. S. d. R. p. 22. 3. Le vers 
suivant, où le nom du fruit est mis 
pour celui de l'arbre, mérite en- 
core d'être cité : Un baron prent un 
grantbaston d'a/tc (Ronéisv. p. 116). 
Alie est d'origine allemande: else^ 
beere = baie de l'else, un des noms 
de Verle, anglo-saxon air, aler, 
anglais aider ^ ahal. élira, erila, 

Alier v. lier. 

Alier, aller v. aler. 

Alieve de alever. 

Aligement v. legier. 

Aliier v. alie. 

Alkant v. alcuens et I, 170. * 

Alkes V. alcuens et I, 171, II, 268. 

Allaitant v. lait. 

Allon V. aleu. 

Allnef V. aleu. 

Almaille, anmaille, gros bétail , surtout 
boeufs et vaches; collectif et indi- 
vidu; de animalia, V. DC. s. v. 
et Ménage s. v. anmaille. 

Aime V. anime. 

Almosne, anmosne I, 147, II, 160, 
aumône, bonne oeuvre, action lou* 
able, pitié; de eleemosyna (^Ifri- 
fxodvvri)'^ de là almosnier, anmoflmier 
I, 210. II, 184, celui qui fait l'au- 
mône, et chargé de distribuer des 
aumônes; anmosnière, anmônière, 
bourse, gibecière. 

Almosnier v. almosne. 

Aine, aune, aune; du go th. aleina, 
ahal. elina ; mais, selon M. J. Grimm, 
aleina dérive du latin nlnus. 

Alo v. aleu. 

Aloc V. lieu et II, 300. 

Aloe, alone, aloette 1, 189. 310. II, 271, 
alouette; de alauda, mot celtique, 
d'après le témoignage de Pline (II, 
371) et de Suétone. On lit dans 



ALO 



12 



AMA 



Marcellus Empiricns, ch. 29: Avis 
galerita quae gallice alauda dicitur. 
M. J. Grimm dérive aloe da kymri 
uchedydd, alouette; d^autres, ,du 
breton al&houeder^ alonette, kymri 
alaw-adar. L'élision de Taspirée 
n'a rien d'extraordinaire ; toutes les 
langues , sans en excepter les sémi- 
tiques , offrent de pareils exemples. 

Aloette V. aloe. 

Alogier v. loge. 

Aloié Y. lier. 

Âloier V. loi. 

Âloir V. aler. 

Aloser, aloset, alosez v. los. 

Aloae V. aloe. 

Alqnant v. alcuens et I, 170. 

Alques v. alcuens et I, 171. II, 268. 

Alqnon, alqaone, alquons v. alcuens et 
I,«169. 

Alqnnt v. I, 171. 

AJBf alz V. al I 

Als art. V. al II. 

Alfl, elS| ois, d'où ans, eus, ons I, 121. 
131 , eux. Le pron. pers. de la 3e 
pers. de la langue d*oïl n'ayant pas, 
comme en prov. , de sing. el, d'où 
le plur. els, il faut dér. als, els, 
ois directement de ilhs, ollos, Cfr. 
do, dou« 

Ain V. al ni et II, 269. 

Âlsiment v. al III et H, 269. 

Ait V. hait. 

Altant V. tant et I, 192. II, 325. 

Alteir v. alter. 

Altel, autel v. alter. 

Altel, pareil v. tel et I, 194. 

Alter, alteir, altel, autel I, 50. 89. 185. 
M. d. F. Elid. 929, autel ; de altare, 
prov. altar. Cfr. hait. 

Alter, altère, autre v. altre. 

Alterqner v. altre. 

Altisme v. hait. 

Altre, autre, alter, altère, atre, otre, 
outre 1 , 171 et suiv. , autre ; altrui, 
autrui, altroi I, 172, autrui, d*au- 
trui; de alterktijus oaaltruic; cfr. 



lui; altri I, 172, ib., de tUierhic; 
enfin altrei I, 172, ib., n'est qu'une 
orthographe normande pour altroi ; 
ce ne peut être un féminin comme 
celei, lei, cestei, masc. celui, lui, 
cestui; altrui comme en ital. n'a 
pas de fém. , cela ressort de son 
emploi absolu et indéterminé ; autru 
pour autrui I, 173; V autrui, le bien 
d'autrui I, 172; adv. altremeut, 
autrement I, 105. 231. 234, autre- 
ment, d'autre manière; alterquer, 
disputer, contester, débattre; altère 
care; comp. altren, autreâ, autreni 
adv. II, 269. 

Altrei v. altre. 

Altremeut v. altre. 

Altrer v. hier et II, 269. 

Altren v. altre et II, 269. 

Altretant v. tant et I, 192. II, 326. 

Altretel v. tel et I, 194. 

Altri V. altre. 

Altrier v. hier et II, 269. 

Altroi v. altre. 

Altrui T. altre. 

Aluoher, attirer, inviter, allécher; la 
voyelle u ne permet pas de songer 
au latin lacère, allicere; la racine 
se retrouve dans le celtique : llochi; 
et l'allem. : en isl. lokka, ib., anglo- 
saxon, locce , appel, allèchement. 

Alucher, cultiver; nourrir; de louchet, 
selon DC. ; houe, bêche ; Imâ. lochea, 
espèce de cuiller; mais d'où ce 
dernier. 

Aluec V. lieu et II, 300. 

Alues V. aleu. 

Alumer v. lumière. 

Am pron. et prép. v. en et 1, 175. 11,349. 

Amaine v. mener. 

Amaint v. mener. 

Anifilft ilir v. malade. 

Amande v. amender. 

Amander v. amender. 

Amanevis I, 162. 229. amani, ameni 
Roq. Suppl., prêt, prompt, empressé, 
alerte, adroit; part, passé d'un comp. 



AMA 



13 



AME 



amanevir, de manevir; prov. ama- 
noir, amanavir, amarvir, de ma- 
noir, marvir ; v. Rayn. L. Rom. IV, 
144. 163, qui sépare à tort ces 
formes; selon M. Diez (v. Dief. G. 
W. II, 764, N. 26) du goth. manvjany 
préparer, apprêter. Cfr. prov. mar- 
Txery prêt, prompt, goth. manvus, 

Amaai t. amaoevis. 

Amanrir v. menre. 

Amassée y. masse. 

Amassais v. masse. 

Amasseor v. masse. 

Amasser v. masse. 

Amasseras v. masse. 

Amatir v. mat. 

Ambdni I, 112. 

Ambedoi, ambedni, ambedous, ambedens 
I, 112. 

Ambeleter v. bel. 

Ambes 1, 111) composé avecdui, deux, 
d'où ambedoi, ambedens, amedoi, etc. 
I, 112. 

Amble v. ambler. 

Ambler, anbler, enbler I, 315. II, 77, 
aller Tamble; du latin ambulare, 
qui prit la signification Indiquée ici 
vers la fin du 8e siècle ; subst. amble, 
amble ; de là amblenre II, 356, amble ; 
DC ambulatura. 

Ambler v. embler. 

Amblenre y. ambler. 

Ambore I, 112. 113. 

Ambs I, 112. 

Ambnr, ambnre I, 112. 113. 

Amdni, amdens I, 112. 

Âme V. anime. 

Amedoi, amedoi, amedons, amedens 1, 1 1 2 . 

Ameinnent v. mener. 

Aménage, espèce de droit v. mine II. 

Aménage, voiture v. mener. 

Amendanoe v. amender. 

Amendanche v. amender. 

Amende v. amender. 

Amendement v. amender. 

Ame n d er, «mander, réparer, faire satis- 



faction, réformer, rendre meilleur, 
perfectionner; s^amender vers Dieu 

I, 217. Amender est une altération 
fort ancienne de emender, prov. 
emendar, ital. emendare; du latin 
emendare, Subst. amende I, Ô9, 
amande, emende II, 10, réparation, 
satisfaction , correction , punition, 
amende (peine pécuniaire). De là 
amendanee, amendanehel, 387, amen- 
dement; amendise U, 50. 282, ré- 
paration, satisfaction, réforme, amé- 
lioration, profit, perfectionnement; 
amendement II, 311, comme amendise. 

Amendise v. amender. 

Amener v. mener. 

Ameni v. amanevis. 

Amenier y. mener. 

Amenrir v. menre. 

Amenteivre v. menter. 

Amenteyoir v. menter. 

Amentiyeir v. menter. 

Amentoivre v. menter. 

Amenuiser v. menut. 

Amennissement v. menut. 

Amennsier v. menut. 

Ameor v. amer. 

Amer, ameir I, 277 et suiv. , aimer; 
comp. enamer I, 280; desamer I, 
280; mesamer I, 280; entrameir, 
entreamer I, 280. 224. 268, s'aimer 
mutuellement, aimera Peu vi; ameres, 
amierres, ameor, amant, amoureux, 
ami; amator ; amor, amour; amor; 
amoros, amoureux, amical; vb. de 
amor, enamorer, aimer, chérir, amou- 
racher; — ami, amin I, 81, ami, 
parent, proche; amicus; amie, amie, 
amante; arnica; amiable, amianle 

II, 360. 361, amiable, capable d'at- 
tachement, aimable, doux, utile; 
amicabilis, avec mélange d'amabilis 
pour le sens; adv. amiablement, 
amiaylement, amianlement II, lô. 166, 
amiablement, amicalement, avec dou- 
ceur, à Tamiable; amistiet, amisted, 
amiste, amitié, attachement, témoi- 



ALO 



12 



Marcellus Empirions, ch. 29: Avis 
galerita quae gallice alauda dicitur. 
M. J. Grimm dérive aloe du kymri 
uchedydd, alouette; d'antres, du 
breton alc^houederj alouette, kymri 
alaw-adar. L'élision de Taspirée 
ifa rien d'extraordinaire; toutes les 
langues , sans en excepter les sémi- 
tiques, offrent de pareils exemples. 

Âloette V. aloe. 

Alogier v. loge. 

Akié y. lier. 

Aloiar v. loi. 

Âloir y. aler. 

AloMr, aloaet, aloseï y. los. 

Akme y. aloe. 

Alqnant y. alcuens et I, 170. 

Alqnes y. alcuens et I, 171. II, 268. 

Alqaon, alqnone, alquons y. alcuens et 
I,«169. 

Âlqnnt y. I^ 171. 

AIb, alz y. al L 

Als art. y. al II. 

AIb, elB, ois, d'où ans, eus, ou I, 121. 
131 , eux. Le pron. pers. de la 3e 
pers. de la langue d'oïl n'ayant pas, 
comme en prov. , de sing. el, d'où 
le plur. els, il faut dér. als, els, 
ois directement de illos, ollos, Cfr. 
do, dou« 

AM y. al m et II, 269. 

Alsîment y. al III et II, 269. 

Alt y. hait. 

Altant y. tant et I, 192. II, 325. 

Altdr y. alter. 

Altel, autel y. alter. 

Altel, pareil y. tel et I, 194. 

Alter, alteir, altel, antel I, ôO. 89. 185. 
M. d. F. Ëlid. 929, autel ; de altare, 
prov. altar. Cfr. hait. 

Alter, altère, autre y. altre. 

Alterqner y. altre. 

Altisme v. hait. 

Altre, autre, alter, altère, atre, otre, 
oatre 1 , 171 et suiv. , autre ; altrui, 
antnd, altroi I, 172, autrui, d'au- 
trui ; de alterht^us ou altruic ; cfr. 



lui; 

enfin 

ortho 

ce n< 

celei . 

cestu 

pas < 

empl< 

pour 

d'aut 

autre 

ment 

dispu 

carej 

adv. 

Altrei \ 

Altreme 

Altrer ' 

Altren 

Altretan 

Altretel 

Altri y. 

Altrier 

Altroi \ 

Altmi '^ 

Alucher 

voyel 

au la 

se rei 

et l'a 

saxoi 

Alucher, 

selon 

espèc 

demi 

Aluec v 

Alues y 

Alumer 

Amproi 

Amaine 

Amaint 

Amaladi 

Amande 

Amande 

Amanei; 

Roq. 

aie] 



lert 




ANA 15 ANG 

275; oaxii ouan, uan, owan, awan, Ancele 1,125. II, 165, servante, épouse; 

avàn II, 275; maifloan, mesoan II, ancilla, 

275. Anoesserie v. ancestre. 

AnaiMB, enaiaes II, 269, environ, à Ancenor v. ancestre. 

peu près, presque. Le latin n'offre Ancestre, anncestre I, 223. 232, an- 
* aucun primitif pour cet adverbe, qui cesser , anceisor , anoeissor , anceisor, 

ne se rencontre que dans quelques ancissor, ancessonr, andssonr I, 77. 

ouvrages picards - flamands et dans 106. 148, etc., homme du temps passé, 

saint Grégoire. Ce dernier ayant ancien, ancêtre, ^l||i1: de ante- 

puisé souvent dans les dialectes cesso^^^^^m^^^^Kfj 232, an- 
allemands pour créer de nouvelles c^j^^^^^^^^^^^PKn, héritage 

formes, on osera peut-être conclure 

de ces deux circonstances que le Ane 

mot anaises a une origine allemande. Anchois v.' ans. 

Mais quel est le primitif allemand? Andanor v. ans. 

Je ne connais pas de forme qui Ancien v. ans. 

corresponde complètement à notre Anciien v. ans. 

mot. Anaises serait-il de la famille Ancissor v. ancestre. 

du goth. ana = allmod. an, avec un Anoissonr v. ancestre. 

s suffixe du génitif, et le es final Ancoi v. hui et II, 297. 

serait-il additif? Si cette dernière Ançois v. ans. 

supposition est recevable, il serait Ancombrier v. comble. 

permis peut-être de songer au goth. Anoore II, 287 et gloss. ore II. 

anaks, que Ton connaît dans les Anclin v. cliner. 

significations de subitement, tout à Ancre, ancre; anchora, ital., prov., 

coup, à rinstant, aussitôt. Anaks esp., port, ancora; d*ou aanorer II, 

tient, selon les uns, à ana; selon 300, être à Tancre, ancrer. 

les autres , au goth. anan, exspirare, Ancue v. hui et II , 297. 

ancien norois andaz (passif); et, Ancui v. hui et II, 297. 

dans les deux cas, on obtiendrait Andementiers II, 283, 

sans peine la signification de anaises. Andex I, 112. 

Ou bien anaises est -il d'origine Andoi, andni, andons, andens I, 112. 

celtique? An privatif et un simple Andox I, 112. 

nas? Cfr. le gallois annas, rareté, Anee v. an. 

annasach, rare; ce qui est rare est Aneit v. naistre et II, 272. 

l'exception, rà peu près de la règle, Anel I, 128, anians, aniax, anneau, 

Venviron du tout. Je crois cepen- cachet ; annulus ; dim. anelet I, 99, 

dant qu'il vaut beaucoup mieux s'en petit anneau. 

tenir à l'allemand. Anelet v. anel. 

Anbnincliier v. embronc. Aneme v. anime. 

Ane, aine, einc, ainkes, ainqnes II, 273; Anemi, anemin v. amer. 

aine qn6 II, 377. Y. hui et nuit. Anemiable, anemiablement v. amer. 
V. ans. Anfont, anfanter v. enfant. 

V. ancestre. Anfès v. enfant. 

V. ancestre. Angarde v. ansgarde. 

Anwîisor y. ancestre. Angele, angeles, aingle, angle, et avec 

Anotisar v. ancestre. changement de la liquide, angre I, 



ANG 



IG 



ANS 




(nb. 223, ange; angélus; angelos, 
petit ange I, 99; angelial I, lOG, 
angelin, angelioal, angélique; adv. 
angelinement I, 221, à la manière 
des anges, d'une manière angélique. 

Angeleos v. jalous. 

Angelial v. angele. 

Angelical v. angele. 

Angfllin v. a] 

Angelinei 

Angeles v. 

Angigneor v. engiél 

Angigner v. engien. 

Angigneres v. engien. 

Angle V. angele. 

Angoiseusement y. angoisse. 

Angoisse, angoisse I, 209. II, 304, an- 
goisse; vb. angoisser, angnisser II, 326, 
affliger, rendre triste, causer de la 
douleur, presser fortement ; angoissos, 
angoissns, anguissos, angnissns 1, 165. 
172. 270, pénible, dans les angoisses; 
angmssable, ib.; adv. angoissonse- 
ment , angnissnsemwt , angoiseuse- 
ment, avec angoisse, amèrement, avec 
instance. Angoisse de angustia. 

Angoisser v. angoisse. 

Angoisses v. angoisse. 

Angoissns v. angoisse. 

Angre v- angele. 

Angreste v. engres. 

Angoissable t. angoisse. 

Angpuisse v. angoisse. 

Angnisser v. angoisse. 

Angxdssos v. angoisse. 

Angnissonsement v. angoisse. 

Angoissns v. angoisse. 

Angoissosement v. angoisse. 

Anheler, baleter, souffler, être hors 
d'haleine, harassé, de anhelare. De 
anhelare, par transposition, aleiner, 
alainer, aujourd'hui halener, d'où 
le subst. aleine, alainne, alaine, ha- 
leine. V. Kayn. L. R. II, 84. Enhel, 
enhelement II, 299. 

Aniable v. anoi. 

Aniaos v. anel. 



Aniaz v. anel. 

Aniens v. anoi. 

Anime, anme, avec /, aime, avec r, 
anrme, ainrme, arme, airme, et, 
comme aujourd'hui, ame II, 227, 
âme; de anima. * 

Anme v. anime. 

Anneit v. naistre et II, 272. 

Annoncier v. noncer. 

Annor y. honor. 

Annoncier v. noncer. 

Anoi, anoi, enoi II, 22S. 336. 364, 
ennui, souci, peine, chagrin; d'où 
anoier, anoier, enoier I, 210, II, 3. 
383 (ordinairement à qqn.), ennuyer, 
fâcher, fatiguer, attrister; anoios» 
anciens, enoios, anieos II, 163, en- 
nuyeux, fâcheux, fatigant; aniable 
II, 267, fâcheux, chagrin, ennuiable; 
anoiance, anoianche, ennui, chagrin, 
colère. Noxa, noxia, qu'on a pro- 
posés pour racines de anoi, sont 
inadmissibles; on aurait eu nosce 
ou noisce. Cabrera dérive l'espagnol 
enojo — anoi du latin odium , et il a 
trouvé juste. In odio esse^être en o%, 
d'où plus tard, en un seul mot, enoi, 

Anoiance v. anoi. 

Anoier v. anoi. 

Anoios V. anoi. 

Anoions v. anoi. 

Anombrer v. nombre. 

Anonceir v. noncer. 

Anontion v. noncer. 

Anprendre v. prendre. 

Anpres v. près et II, 362. 

Anqoenoit v. nuit et II, 297. 

Anqoi, aujourd'hui v. hui et II, 297. 

Anqoi, enqoi, enki — iqoi, iJd — qoi 
II, 271, adv. de lieu. 

Anrme v. anime. 

Ans, anz, ainz, ains, einz, eins, eni 
adv. II, 271 et suiv.; ki ains ains 
II, 272; com ains,,, ains II, 272; 
ains de II, 272 ; prép. H, 345 ; conj. 
II, 376; ains que, ains com II, 
376; al ains que II, 376; com ains 



ANS 17 AOV 

II, 376; dér. ancien, andien, an- Ântrues, antrueiqne v. entre et II, 

chien, aachiien I, 148. 358. II, 279, 289. 382. 

vieux, âgé, ancien; propr. antianus; AnubU v. nue. 

comparatif andanor I, 103; comp. Anni v. anoi. 

adv. aniois, aaçois, anchoifl, anoeis, Ânnianche t. anoi. ' 

ainfOÎB, ainchoia, ençois, enoeisll, 271 ; Annier t. anoi. 

ainçois . » , ainçois II, 272; conj. II, Annit, annoit v. nuit et II, 297. 

376; amois que II, 376; ainmnkea Annitant v. nuit et cfr. primsoir. 

II, 273, de ains et unkes. Cfr. Anoitement v. nuit. 

avant, davant, anc. Anniter, annitier v. nuit. 

Ans, dans v. ens et II, 351. 2. Annmbrer v. nombre. 

Aniaigne v. signe. Annntion v. noncer. 

Aimanglanter v. sanc. Anvoiser v. vice. 

Anadons I, 113. Ans, avant v. ans. 

Anaeîgne s. signe. Anz, dans v. ens. 

Anaement v. eis et II, 277. Anzois v. ans. 

Anagarde, antgarde, angarde, engarde, Aocher v. oscher. 

engnarde I, 116. II, 207, avant- Aoi interj. II, 397. 

garde; de ante et garde ^ comme Aoire v. awoit. 

notre forme moderne. Cfr. II, 271. Aoisement v. awoit. 
Anal V. ensi et II, 273. Aombrement v. ombre. 

Ansiment v. eis et n, 277. Aombrer v. ombre. 

Anainc v. ensi et II, 273. Aordene v. ordene. 

Anite V. hante. Aordre v. ordene. 

Antain v. ante. Aorement v. orer. 

Antaa v. an et II, 275. Aorer v. orer. 

Ante, r. antain I, 265, FI. et Bl. 365, Aome, lis. à orne, v. orne. 

tante; de amiia; prov. amda. Le Aomement v. aorner. 

t que nous avons mis devant ce Aorner I, 102, disposer, orner; de 

mot est euphonique, comme dans adornare; d'où aomement, ome- 

caffetier, etc.; on Pintroduisit lors- ment, parure. 

qu'il ne fut plus permis de dire Aourer v. orer. 

m'ante, t'ante, etc. Aoiiat I, 396, août; augustus. 

Antéchrist v. Christ. Aovert part, de aovrir. 

Anter v. ente Aovrir, auvrir, ovrir, ouvrir, olvrir I, 

Antcrement v. entier. 52. 67. 148. 182. 187. 231. 408, 

Antgarde v. ansgarde. ouvrir, desserrer, mettre à décou- 

Antie v. antif. vert; prov. obrir, ubrir; ancien ca- 

Antier v. entier. talau ubrir. Ces formes prouvent 

Antif (antis), antie I, 71. 112. 401. qu'on ne peut dériver ouvrir de 

II, 69. 254, âgé, ancien, antique, aperire, comme on le fait ordinaire- 
vieux ; de antiquus, Cfr. eve de ment ; aperire a donné aux Italiens 
aqua. aprire, aux Espagnols et aux Por- 

Antis V. antif. tngais ahrir, II faut absolument 

Antor, antonr v. tor I et II, 290. 353. un radical avec o initial. Kaynouard 
Antre v. entre et II, 352. L. R. II, 104, o. 1 cite un composé 

Antresqne v. entre et II, 372 et suiv. adubrir , oîi le a paraît n'avoir 
Burguy, langue d'oïl, Glossaire. 2 



APA 



18 



APE 



aucune signification, si on le corn- 
pare an prov. mod. durbir (v. Hon- 
norat), et cet adubrir est sans aacnn 
don te la même forme que aotrir, 
auvrir. Dans le dialecte de Cré- 
mone on a darver ^ ouvrir, davert, 
ouvert, de aperire et préfixe de; 
et l'on pourrait supposer que durbir 
est également dérivé de de et ope- 
rire, d'où itdubrir, aovrir, La 
seule difficulté qu*il y ait ici, c'est 
de prouver que, dans le fait, la 
lettre a n*a aucune valeur. Il serait 
peut-être possible do l'expliquer par 
un mélange de la forme adoperire, 
où les peuples romans auraient re- 
gardé le d comme une apocope 
ordinaire de leur particule de» Cela 
paraîtra en quelque façon ridicule, 
mais il y a dans la formation des 
langues tant de choses soumises au 
hasard, que souvent ce qui nous 
semble illogique, a néanmoins été 
la raison déterminante. De là, par 
le part, passé, Tadv. auyertement I, 
215. 834, overtement I, 124, ouver- 
tement, clairement, manifestement; 
— aovrement, auvrement I, 2ôO, 
explication, révélation; comp. e&tre- 
ovrir II, 73, entrouvrir, fendre. 

Apaer v. paier. 

Apaier v. paier. 

Apaisanteir v. pais. 

Apainer, apaissier v. pais. 

Apanage v. pain. 

Apandise v. pendre. 

Apaner v. pain. 

Aparail v. pareil. 

Aparailler v. pareil- 

Aparecer v. parece. 

Apardl v. pareil. 

Aporeîllemeiit y. pareil. 

Apareiller v. pareil. 

Apareit v. pareil. 

Aparel v. pareil. 

i^»arellement v. pareil. 

Aparellier v. pareil. 



Aparier v. par. 

Apariller v. pareil. 

Aparlement v. parole. 

Aparier v. parole. 

Aparmain II, 275. 

Aparmannes II, 27ô. 

Aparmonmes II, 275. 

Aparmennes II, 275. 

Aparoil v. pareil. 

Aparoiller, aparoillier v. pareil 

Aparoir v. paroir. 

Aparoler v. parole. 

Apartenance v. tenir 

Apartenir v. tenir. 

Apartignent de apartenir. 

Aparzoivre v. percevoir. 

Apeaui V. apeler. 

Apecier v. pièce. 

Apel V. apeler. 

i^telant v. apeler. 

Apeler, nommer, crier, faire approcher, 
invoquer, prier, accuser qqn., offrir 
le combat singulier, sommer, re- 
quérir, appeler en justice; de ap- 
pellare; cfr. reteir; delà apel, apiel, 
s. s. et p. r. apians, apeaui, apiaz, 
appel, invocation, prière, appel en 
justice (c'est une des formes de ce 
mot qui s'est conservée dans notre 
appeau); savoir d^apel, connaître 
les lois, les usances du combat 
singulier; sans apel, sans appel; 
apelenr, apelant, celui qui appelle 
en justice, demandeur, plaignant; 
comp. rapeler, rappeler I, 232, 
rappeler. 

Apelenr v. apeler. 

Apendre v. pendre. 

Apexueement v. pois. 

Apensement v. pois. 

Apexuier (s') v. pois. 

Apercevance v. percevoir. 

Apercevoir v. percevoir. 

Aperchevoir v. percevoir. 

Aperchoivre v. percevoir. 

Aperdre v. perdre. 

Aperecer v. parece. 



APE 



19 



ARA 



Apermemes, apermeeineB II, 275. 

Apermifliiies n, 275. 

Apert, aperte II, 133, évident, conna, 
ouvert, public, vrai, sans feinte; 
de apertus;'en aperi I, 71, à dé- 
couvert, publiquement ; avec change- 
ment d'initiale espert K. d. C. d. C. 
7013. 7100 même signification; adv. 
apertement n, 132, ouvertement, au 
su de tout le monde, hautement, 
vivement , sans relâche. 

Apertement v. apert. 

Apetiier v. petit 

Apiaoi V. apeler. 

Apiaz V. apeler. 

Apiecer v. pièce. 

Apiel y. apeler. 

Aplaier v. plaie. 

Aplanier v. plain. 

Aplovoir V. plovoir. 

Apoier v. pui. 

Apoigner v. poin. 

Apointer v. poindre. 

Aporter v. porter. 

ApoBtele V.' apostole. 

Apoitle V. apostole. 

Apostoile V. apostole. 

ApoBtoire . v. apostole. 

Apostole, apostele, apostle, et avec 
changement de la liquide, apostre 
I, 215. 216. 373. H, 42, puis avec 
les variantes: apoetoile, apoetoire, 
apostolie I, 189. 306. 384, apôtre, 
puis, dans un sens restreint, Papôtre 
de Rome, c-à-d. le pape, et même 
un évêque ; de apostolus ; apostolial, 
apostolique, papal. 

i^^tdlial V. apostole. 

Apwtdie V. apostole. 

Apottre V. apostole. 

Apovrir V. povre. 

Apparoir v. paroir. 

Appendice v. pendre. 

Aprecer v. proche. 

Apref V. prop et II, 361 

AfHreÎBdre v. preindre. 

Aprendre v. prendre. 



Apres V. près et II, 362. 

Apresser, appreeser v. presse. 

Aprester v. prest. 

Apriement de apreindre. 

Apriendre v. preindre. 

Aprienst, aprient de apreindre. 

Apries v. près et II, 362. 

Aprimer v. proïsme. 

Aprise V. prendre. 

Aprismer v. proïsme. 

Aprison V. prendre. 

Aprocheir v. proche. 

Aprochier v. proche. 

Aproder v. proche. 

Aprof V prop et II, 361. 

Aprcnsmer v. proïsme. 

Aprop V. prop et II, 361. 

Aproseier v. proche. 

Apronelier v. proche. 

Apmef V. prop et II, 361 

Apui V. pui. 

Apuier v. pui. 

Apuignier v. poin. 

Apurtenaunoe v. tenir. 

Aqnerre v. querre. 

Aqnest v. querre. 
Aqueton v. acoton. 
Aquis V. querre. 
Aquiser v. coit. 
Aquit V. coit. 
Aquiter v. coit. 
Aquitier v coit. 
Aqnoiser v. coit. 

Arabi II, 20, arabe; cheval arahi, 
que nous appelons barbe; DC. s. v. 
farius, Rayn. L. R. II, 108; puis 
on donna à ce mot la signification 
de rapide; arabiois, qui est d'Arabie.. 
Arabiois v. arabi. 
Aracer v. raïs. 
Arachier v. raïs. 

Arager, aragier, arracher v. raïs. 
Arager , enrager v. rage 
Aragnier v raison. 
Ataim, airain; de aeramen. 
Araire v. arcr. 
Araisnier v raison. 



ARA 20 ARD 

Araisoner, arraisonner v. raison. archoier, tirer de Tare, chasser à 
Aramie v. aramir. Tare; arohier I, 324, archer, et faî- 
Aramir, arramir I, 89, promettre en setir d'arcs; archiere, carquois, et 
donnant un gage, promettre, at- espèce de fenêtre, qui se trouvait 
tester, prendre à témoin, assigner, près des crénaux, pour tirer des 
défier: aramir bataille, assigner, flèches aux ennemis. R. d. Ren. 
c.-à-d. déterminer le lieu et le mo- II, 327. 
ment d'une bataille ; à champ arami Arcevesqne v. evesque. 
II, 17, etc.; de là aramie, combat Aroevesqnie v. evesque. 
assigné; v. DC. s. v. adramire. Arohal, arkal, laiton; de aifricAo/cum, 
Lmâ. adrbamire, adchramire, achra- du grec ù(ttixakxoç, 
mire, etc. M. Grimm dérive ce Arche I, 226. II, 319, coffre, caisse, 
mot du latin ad et du goth. hram- et spécialement l'arche deNoé; de 
jan, mettre à la croix, crucifier; d'où arca; dim. archet, archete Ben. I, 
attacher, déterminer, assurer. M- p. 513, étui. 
Diefenbach G. W. II, 589, paraît Archee v. arc. 
suspecter cette étymologie. Archeer t. arc. 
Aranier v. raison. Archeier v. arc. 
Arbaleste, arbalète; arcuballisia ; ar- Archer v. arc. 
balestierll, 226, arbalétrier; arcu- Archet, archete v. arche. 
ballistarius, Archeveske v. evesque. 
Arbalestier v. arbaleste. Archier v. arc. 
Arban, corvée, service corporel; lmâ- Archiere v. arc. 
herebannum; de Tahal heriban, Archeier v. arc. 
convocation de Tarmée. Cfr. ban. Arçon, arçnn v arc. 
Arbre, arbre; arbor; d'où arbrier, fdt Ard suffixe qui n'est pas exclusivement 
deTarc, manche de Tarbalète; arbrer d'origine allemande s. v. liart. 
(se dresser debout, comme un arbre), Ardanmant v. ardoir. 
se cabrer. On trouve souvent, dans Ardant v. ardoir. 
les Romans du moyen-âge, Arbre- Ardeir v. ardoir. 
Sec, Sec -Arbre, pour désigner un Ardeor v. ardoir. 
pays fabuleux, qui, selon Raynouard Arder, arderes v. ardoir. 
L. R. II, 112, est situé en Afrique, Ardis v. hardir. 
selon M. F. Michel R. d. C. d. P. p. ô4, Ardoir, arder, ardeir, ardre II, 115 et 
à l'extrémité orientale do l'Asie. suiv., brûler, mettre le feu, enflam- 
Arbrer v. arbre. mer, briller, étinceler; sbst. ardor, 
Arbrier v. arbre. ardeur, flamme; ardor; de là ar- 
Arc, s. s. et p. r. an II, 32. 223, are; deres, ardeor, incendiaire; (le part 
de arcus. Arc avait aussi le sens prés, ardant empl. sbst. dans le 
de notre arcade, arche, qui est le même sens G. IL. I, 170;) ardnre, 
même mot, avec la forme en ch arseure, arsore, brûlure, incendie; 
d'un autre dialecte, à laquelle on arson, arsion, arsun II, 69, incendie ; 
ajouta e, probablement à cause des arsin, arsis, ardeur, incendie. Les 
dérivés. Vb. archer, arquer, cour- formes en s médial s'expliquent par 
ber ; dér. arçon, arçun II, 357, arçon ; le part. pas. ars, arse. Comp. en- 
terminaison on; archee, archie, ar- ardoir I, 342, brûler, enflammer, 
chiee, portée d'arc; archeer, archeier, être ardent. Le part. prés, ari/anf 



ARD 



21 



ARS 



nous est resté comme adjectif; c'est 
de là que dér. Tadv. ardanment I, 
160. 188, avec ardeur, ardemment. 

Ardor v. ardoir. 

Ardure v. ardotr. 

Aree, labourage v. arer. 

Aree, disposition t. roi II. 

Aregarder v. garder. 

Axeimier v. raison. 

Areiaoner v. raison. 

Arengier v. renc. 

Arer I, 227, labourer, cultiver la terre ; 
arare; de là aree y labourage, terre 
labourée ; — araire , arere , charrue, 
araire; aratrum. 

Arere v. arer. 

Areioner v. raison. 

Arestement y. steir. 

Arester v. steir. 

Aresteul'v. steir. 

Arestier v. steir. 

Arestison y. steir. 

Areetael v. steir. 

Argant v. argent 

Argent, argant, aijant I, 82. 378, R. 
d. 1. V. 81 , argent; argenlum; sec 
argent P.d. B. 3 1 24, argent comptant ; 
argentier, argentier, orfèvre et cais- 
sier ; argentarius ; cfr. DC. argentarii. 

Argentier v. argent. 

Arguer I, 210, faire des reproches, 
blâmer, réprimander, dire des in- 
jures. Arguer I, 338, R. d. C. d. C. 
351, signifiait aussi piquer, pointiller, 
aiguillonner, exciter. De arguere. 

Arier, ariere v. rier. 

Arite v. hoir. 

Axjant V. argent. 

Arkal v. archal. 

Armaire v. arme. 

Armarie v. arme. 

Arme, arme, armoirie ; arma; à armes, 
muni d'armes, armé; à Varme, aux 
armes ; de là notre alarme, alarmer ; 
d* armes, armé; dér. armaire, ar- 
marie I, 263, armoire, latin arma- 
rium , proprement meuble pour les 



armes ; de là armoirie, armoirie; — 
armer (armare), armer; participe 
passé employé subst. pour gens 
armés, hommes d'armes; armure, 
armeure I, 380. 394, armure ; comp. 
désarmer I, 284, désarmer; — en- 
armer, armorier. Le subst. enarmee 
I, 226, comp. de arme, toujours au 
pluriel, signifiait anses du bouclier, 
par lesquelles on le tenait. Y. R. 
de Rou II, p. 275. De là le verbe 
renarmer, remettre des enarmes aux 
boucliers. Cfr. R. d. I. V. 87. 

Arme, âme v. anime. 

Armer v. arme. 

Armoirie v. arme. 

Armure v. arme. 

Arocher v. roche. 

Aroquer v. roche. 

Arpent, arpent; lat. arepetinis, art- 
pennis, eripennis. Ce mot est d'ori- 
gine gauloise: Galli candetum ap- 
pellant in areis urbanis spatium C 
pedum ; in agrestibus autem pedum 
CL quod aratores candetum nomi* 
nant, semijugerum quoque arepen- 
nem vocant (Columelle V, 1). Voy. 
Dief. Celt I, 11. 

Arrai, arraier v. roi II. 

Arramir v. aramir. 

Arraser v. raire. 

Arrastassent II, 271 de arrester. 

Arreer v. roi II. 

Arrei, arreier v. roi II. 

Arrement v. atrement. 

Arrière v. rier. 

Arriver, ariver v. rive. 

Arroi, arroier v. roi II. 

Arrosement v. rosée. 

Arroser v. rosée. 

Arrêter, aroter v. rote. 

Arronter, arouter v. rote. 

Ars, arse part. pas. de ardoir. 

An, art v. art. 

Ars, arc v. arc. 

Arsevesque v. evesque. 

Arsin, arsis v. ardoir. 



ARS 



22 



ASS 



Anion v. ardoir. 

AïiMm, arçon ?. arc. 

Anan, incendie v. ardoir. 

Amire v. ardoir. 

Art, 8. 8. et p. r. ars, an I, 241, art, 
adresse, artifice; de ars (art); de 
là artOB, habile, savant; artillos, 
artillens, fin^ rusé, adroit; comp. 
enartOBlI, 149, rusé, entendu; mal- 
artOB II, 33, rusé, perfide, fourbe, 
traître. 

Arteîl, orteil; de articulas, 

ArtUlenf y. art. 

Artillos V. art. 

ArtoB V. art. 

Arrol, aryolt v. volte. 

Ans V. art. 

As I, 325, as, c.-à-d. le nombre un 
sur les dés à jouer (et les cartes) ; 
du latin c», qui désigne une unité. 

As, as art. v. al II. 

Aiaier v. essai. 

AsaiUir v. saillir. 

Asalir, asalt v. saillir. 

Asaueier y. hait. 

Atavoir, assavoir v. savoir. 

Asavnrer y. savor. 

Asconter v. escoltcr. 

Ascater v. escolter. 

Asdens v. dent. 

Aseiz V. assez. 

Aserer, aserier v. Boir. 

Aserir v. soir. 

AseiUer v. seul. 

Aseur v. segur. 

Asenrement y. segur. 

Aseurer v. segur. 

Aset v. assez. 

Ases V. assez. 

Asmier v. signe et assener. 

Asne II, 130, âne; asinus; almesse 

I, 227, ânesse. 
Aseager y. soef. 
Asoldre v soidre. 
Asotement v. sot. 
Asoter v. sot. 
Asonrder v. sort II. 



Asperiteit v. aspre. 

Aspiration v. esperit. 

Aspîrement v. esperit. 

Aspirer v. esperit. 

Aspre , âpre , rude , vaillant ; de asper, 
avec renversement très-fréquent de 
er; adv. asprement I, 265. 384, rude- 
ment, vaillamment; aspexiteit, aspi- 
riteit I, 82 (où le premier i est sans 
doute une faute de lecture), aspre- 
teit II, 34, âpreté, rudesse, rigueur, 
sévérité, austérité, dureté ; asperiias 
(asperitat); dér. aspreco, apreté, ru- 
desse; comp. enasprioi propr. part, 
pas. d'un verbe enasprier, formé 
comme exasperare, et signifiant 
agiter, irriter, aigrir. 

Asprece v. aspre. 

Asprement v. aspre. 

Aspreteit v. aspre. 

Asqnant v. alcuens et I, 171. 

Assaeir v. n, 78. 

Assaillie v. saillir. 

Assaillir v. saillir. 

Assaisoner v. saison. 

Assalt v. saillir. 

Assambler v. sembler. 

Assanler y. sembler. 

Assasier y. assez. 

Assaure v. soidre. 

Assant v. saillir. 

Assavorer v. savor. 

Asseger, aseger, ascjer v. seoir. 

Assdr V. seoir et II, 78. 

Assois y. assez. 

Assemblaison v. sembler. 

Assemblée v. sembler. 

Assembleement v. sembler. 

Assemblement v. sembler. 

Assembler y. sembler. 

Assenonent v. signe. 

Assener, asener, diriger vers, adresser, 
tendre à, viser à, disposer, conduire, 
atteindre, frapper; comp. rassener 
Ruteb. II, 240, diriger vers, remettre. 
On rapporte assener à st^niff»i, 
seiguo, signe, senne. La forme senne 



ASS 23 ASS 

c>iiste, à la vérité, mais elle n'est satiare; ressaiier, rassasier I, 101, 
pas constante; on la voit figurer rassasier; read^saliare-, 
avec d'autres en i radical et n Assenr v. segur. 
moaîHé (gn), tandis que assener, Assi v. al III, et II, 269. 
avec les significations indiquées, ne Asiiantre v. scient, 
varie jamais dans sa forme. Cfr. Assidneiemeiit v. assidueiL 
signifier, signe. Cette circonstance Asndneil, assidnel I, 231. II, 196, as- 
permet déjà d'élever quelque doute sidu, attentif; de assiduus avec une 
sur la vérité de Tétymologie pro- terminaison romane; adv. asndnAie- 
posée. £t puis , sans être impos- ment 1, 302, assidûment ; assiduité ib. 
sible toutefois, le développement des Assiduité v. assidueil. 
significations diriger vers, adresser, Assiecte, assiette, impôt, taille; ressort, 
etc., de adstgnare, me paraît forcé. juridiction, district; assignation de 
Enfin, Texemple suivant prouve fonds, partage; situation, place de 
évidemment que assener et asigner ceux qui se doivent asseoir à table, 
étaient considérés comme deux mots comme le démontre Caseneuve dans 
différents: Asigne les si e assené^ ses origines françaises, d'où enfin 
Qu'en pais les afaite et ordene. la signification que nous donnons 
Ben. V. 133Ô1. 2. Cfr. DC. assen- à assiette (vase); de ad^sectare, 
natio. Je distinguerai donc deux adsecla, formé de secare, sectus, 
assener: l'un avec les variantes et non pas de asseoir, comme on 
assigner, usinier, asenier, asinner, l'admet ordinairement. L'ortho- 
venant de signum (assiguare), et graphe assiecte montre distincte- 
signifiant assigner, fixer, déterminer, ment l'origine, et puis, on ne sau- 
établir, placer, destiner, marier; rait de quelle façon assiette est dér. 
l'autre dér. de l'ahal. sinnan, ten- de asseoir. Voy. DC. assieta 3, 
dere, ce qui le rapproche de sen chambre de cabaret, où chacun est 
(v. s. e. v.)- Ne confondez pas assis à son écot; et cfr. ital. asset- 
avec acener. tare, couper et ordonner, parer. 

Assens v. sens. Assiéger v. seoir. 

Assentement v. sens. Assiette v. assiecte. 

Assenter, asseoir, placer. Ce mot est Assigne v. signe, 

un composé de senler^ que je n'ai Assignement v. signe, 

jamais rencontré dans la langue Assigner v.' signe et assener, 

d'oïl, mais qui se trouve dans le Assis, assise v. seoir, 

prov., Tital., l'esp. et lo port. : sen- Assoagement v. soef. 

,tare, sentar. Senlar^ senter, dé- Assoager v. soef. 

rivent de sedens (sedere). Assoldre v. soldre. 

Assentîr v. sens. Assommer, surcharger v. somme I. 

Asseoir v. seoir et U, 78. Assommer, dormir v. somme II. 

V. assez. Assommer, dominer v. som. 

I, asez, aset, asseiz, asses II, 194. Assommer, résumer v. somme s. v. som. 

275} assez; ad satis; assez plus, Assoper, assonper v. soper. 

plus asses II, 276, beaucoup plus; Assordre v. sordre. 

assei miels II, 276, beaucoup mieux ; Assorre v. soldre. 

d' asses, qu* asses II, 276; assasier, Assoter v. sot. 

satisfaire, fournir, rassasier; ad- Assonager, assonagier v. soef 



ASS- 



24 



AÏE 



ABsnageir v. soef. 

Âfteir V. steir. 

Astele, estele, éclat, morceau, copeau; 
de astula, qu'on trouve pour as- 
sula, copeau, éclat. Ce mot., qui 
ne s'emploie plus que comme terme 
de chirurgie, s'est conservé dans 
plusieurs patois avec sa signification 
primitive ; p. ex. éuUe, en Franche- 
Comté (Montbéliard). De astele, on 
a fait asieler, briser, voler en éclats. 

Asteler v. astele. 

Âstenir v. tenir. 

Aster V. haste. 

Aitine v. ate. 

Astraindre v. straindre. 

Astre, astre, destin, 'bonheur; astrum; 
de là astru (prov. astruc= heureux; 
au contraire esp. astroso = malheu- 
reux, équivalant à Tastrosus d'Isi- 
dore, né sous une mauvaise étoile), 
dans le composé malostru^ malheu- 
reux, malavisé, im,prudent, mal- 
otru, pour malastru, prov. mal- 
astrnc. C'est aussi à astre qu'il faut 
rapporter désastre, mauvaise étoile, 
malheur, désastre. Cfr. Rayn. L. 
R. II, 138. 9. 

Astre, aistre, foyer, cheminée; Imâ. 
astrum, astrus, astrea^ v. DC. Mot 
d'origine inconnue, car le s ne per- 
met pas de le dériver d^atralus, 
({''atrium, ou (.Vatrum, comme on 
l'a proposé. Cfr. l'ancien norois 
astrak, l'ahal. astrih, l'allemand 
moderne estrich^ le Imâ. astracum, 
astragus, astrocum^ astreca, le si- 
cilien astracu, et Dief. G. W. I, 50. 

Asnager v. soef. 

Asuaiger v. soef. 

Asvos II, 407. 

Atacher v. taiche. 

Ataindre v. ateindre. 

Ataïne v. ataïner. 

Atianer, chicaner, agacer, inquiéter, 
chagriner, différer, retarder, tarder; 
prov. alahinar, ataïnar^ simple 



tahinar, tatnar; subst. ataïne y re- 
tard, délai, attente, chicane, que- 
relle; prov. ataïna. Ce moi ne se 
montre que sur le sol français; le 
breton l'a conservé dans atabinein, 
chicaner. Tdiner dérive de l'hébreu 
taan, forme araméenne Idin^ qui 
de la signification imposer, charger, 
passa, dans l'hébreu rabbinique, à 
celles de appeler, citer, faire des 
objections, disputer, chicaner, etc. 
M. le Dr. M. Sachs, à qui je dois 
ces renseignements, me dit que les 
Juifs allemands emploient encore, 
dans leur patois, tânen (tahnen) avec 
le sens de notre ataïner. Les syna- 
gogues juives qui, aux Xle et Xlle 
siècles, florissaient surtout en Pro- 
vence , nous ont légué taïner. 

Atalenter v. talent. 

Atant V. tant et II, 325. 

Atapiner v. tapir. 

Atapir v. tapir. 

Atarder v. tart. 

Atarg^r v. tart. 

Atargier v. tart. 

Atarier I, 125, faute d'impr., v. tarier. 

Ataija&oe v. tart. 

Ataijer v. tart. 

Atarsier v. tart. 

Ate, aate, vif, bouillant, agile, prompt ; 
aatir, aaitir I, 263 (où il faudrait 
probablement lire ai-atir, comme 
au vers 1293 du même poème ai- 
atie ; ai bourguignon pour a), agacer, 
provoquer, quereller, ouvrir des 
hostilités, combattre, lutter; aatie, 
aiatie, aatine, et avec s intercalaire, 
par influence de astir, astine, ini- 
mitié, haine, querelle, provocation,^ 
lutte. De l'ancien norois al^ pro- 
vocation au combat, att^ provoqué, 
etia, provoquer. 

Ateindre, ataindre, atignre II, 23G, 
atteindre, toucher, approcher, con- 
tester, maltraiter ; part, ateinz dans le 
sens de abattu, abasourdi; atlingere. 



ATE 



25 



AUF 



Ateirement v. terre. 

Ateirier y. terre. 

Âtemprance v. temprer. 

Atemprement v. temprer. 

Âtemprer v. temprer. 

Âtenant v. tenir. 

Âtendanoe v. tendre. 

Âtendre v. tendre. 

Atendne v. tendre. 

Atenir v. tenir. 

Âtennaer IT, 53, atténuer; de atte- 
nuare, de tennis. 

AtentiJi V. tendre. 

Aterer, aterier, aterrer v. terre. 

Atenner v. termine. 

AterminGr v. termine 

Atignre v. ateindre. 

Âtirer v. tirer. 

Atifier v. tison. 

Atochflir, atochier v. toeher. 

Atoivre v. toivre. 

Ator V. tor I. 

Atomer v. tor I. 

Atot prép. Il, 344. 

Atoacer v. toeher. 

Atonr V tor I. 

Atoumer v. tor I. 

Atoat prép. II, 344. 

Atraire v. traire. 

Atrait v. traire. 

Atraper v. trape. 

Atraver v. tref. 

Atra, autre v. altre. 

Atreme&t, arrement, aîremfint II, 149. 
R. d. Ren. III, 118 v. 23000. R. d. 
C. d. P. 35, encre; de atramentum, 

Atret V. traire. 

Atribler v. tribler. 

Atriever v. trive. 

Atriver v. trive. 

Atriwer v. trive. 

Atroveir, atrover v. trover. 

Atteler, atteler; dételer, dételer. Mé- 
nage pense que atteler dér. de pro- 
iêîum, protelare^ d'où adprolelare^ 
avec contraction de pro. II eût mieux 
valu dire avec changement de la 



particule pro en ad. Cependant on 
n'aurait eu que la signification tirer, 
et non celle d'attacher, atteler. Le 
Duchat a eu recours à telum. Si 
Ton regarde, dit-il, le timon d'un 
chariot comme une espèce de flèche, 
on pourra croire qu'atteler a été 
fait de adtelare, de telum, Cfr. 
l'anglais shaft, flèche et limon. Cette 
dérivation est d'autant plus probable 
que, dans Pancienne langue, desteler, 
6. GuiartI, 287. II, 149 signifiait 
s'ébranler, partir, par comparaison 
au trait. 

Ator, atnm v. tor I. 

Atnmer v. tor I. 

Atat prép. II, 344. 

An, ans, art v. al II. 

An pron. v. al III. 

Anan v. an et II, 275. 

Anbain v. albain. 

Anbe v. albe. 

Anbert v. halberc. 

Anbespinll, 172, auj. fem. aubépine; 
prov. albespin; de alba spinus. 

Anbor, anbonr, aubier, obier, aubour; 
prov. alborn ; de alburnum, de albus, 
dont nous avons également fait 
notre forme moderne, qui équivaut 
à albarius, prov. albar. 

Anbonr v. aubor. 

AncheB v. alcuens et II, 268. 

Anchnn, anchnne, anchnns v. alcuens 
et I, 169. 

Ancident I, 323 pour accident, aci- 
dent; de accidens, id quod accidit. 

Ancon, ancone, ancons v. alcuens et 
I, 169. 

Ancoton v. acoton. 

Ancton v. acoton. 

Anctoriteit 1, 220. 302, autorité ; auclo- 
ritas (auctoritat). Cfr. otrier. 

Ancnens v. alcuens et I, 168. 

Anonn, ancnne, ancnns v. alcuens et 
I, 168. 

Ane v. ajudc. 

Anferrant v. ferrant. 



AUF 



26 



AUV 



Aufin V. alliu. 

Augae, colline, hogue, pays moutucux. 
Même forme que hogue sans aspi- 
ration? V. boge. 

Avis de aïs, ans I, 132. 

Anmaille v. almaille. 

Aiimbrer y. ombre. 

Aumosno v. almosne. 

Anmosoier y. almosne. 

Anmosniere y. almosne. 

Afin Y. aûner. 

Annoestre y. ancestrc. 

Anne y. aine. 

Aiinee y. aûner. 

Atiner I, 361. II, 51. 226, assembler, 
réunir, rassembler, combiner; de 
adunare; de là année, annie, as- 
semblée, réunion; afin, ensemble: 
Pensez de yos tenir aûn. (Ben. 
V. 30930.) Cfr. uns. 

Annie y. aûner. 

Anqnant y. alcuens et I, 170. 

Anqaes y. alcuens et I, 171. II, 268 

Anquetes y. alcuens et I, 171. 

Anqneton y. acoton. 

Anr, or v. or I. 

Aûr, eiir, heur, sort, chance, heur, 
bonheur, félicité; dur eûr II, 102; 
de augurium, et non de hora (y. ore), 
comme on Tadmet ordinairement; 
les dérivés de hora étaient mono- 
syllabes; proY. augnri, agur; ital. 
augurio; port, agouro; Yb. anrer, 
étirer, heûrer, rendre heureux, com- 
bler de bonheur; de augurare, (Vovl 
aussi notre augurer; proY. ahurar 
et augurar, agurar; bien e$let eiiree, 
Yous avez un sort heureux; bien 
aûreit iert, cil, celui-là sera comblé 
de bonheur, etc. ; le participe aiireit 
s'employait substantivement, et alors 
on le joignait souvent avec bon, 
déclinable, au lieu de bien: H bons 
aureii ; comp. bon-aûr, mal-aiir, bon- 
heur, malheur; bien-anroiiB, mal- 
aiiroaB, ^etireux, malheureux; bien- 
aiirteit, bonheur, béatitude; bien- 



afirouBement II, 233, Aetcreasement, 
bienAetireusement, mal-auronsenient, 
malheureusement Tous ces mots 
avec les variantes en e initial. Cfr. 
Wack. A. L. et ore. 

Aureille v. oreille. 

Anreit v. aûr. 

Aûrer, prier v. orer. 

Aûrer, rendre heureux v. aûr. 

Ans, eux v. als. 

Ans, auz, ail v. al I. 

Ausan 1 , 306. Je ne saurais indiquer 
en ce moment quelle est la véritable 
signification de ce mot. Si la chro- 
nique de Phil. M. était à ma dis- 
position, peut-être la suite du pas- 
sage me mettrait-elle sur la voie. 

Ansement v. II, 269. 

Aiud V. al III et II, 269. 

Ansiment v. al III et II, 269. 

Aussi Y. al III et II, 269. 

Autant Y. tant et I, 192. II, 315. 

Autel, autel v. alter. 

Autel, tel Y. tel et I, 194. 

Autre V. altre. 

Autrement v. altre. 

Autrer y. hier et II, 269. 

Autresi, autressi v. altre et II, 269. 

Autretant v. tant et I, 192. II, 326. 

Ai^tretel y. tel et I, 194- 

Autrier v. hier et II, 269. 

Autm, autrui v. altre. 

Auvant II, 366, auvent. On trouve osie- 
vent dans quelques auteurs, et l'on a 
pensé que auvent était une contrac- 
tion de ostevent; mais dans Com- 
mines p. ex. ostevent signifie on 
paravent et non un avant -toit. 
L*ancienne Bible de Genève connaît, 
il est vrai, ost-vent en ce dernier 
sens, mais c'est une création des 
traducteurs. D'autres étymologistes 
ont pensé que auvant était le même 
mot que le prov. amban, anvan, 
espèce d'avance ou de balcon re- 
tranché pour protéger l'entrée d'un 
fort, et qu'il y avait eu renversement 



AUV 27 AVI 

de an en au. Quant à Porigine de Avenant v. venir. 

anvan, ce serait un composé de Avenanment v. venir. 

ansy an = ante et de vannus, quod Avènement v. venir. 

vanni alti instar suspendatur, dit Avenger II, 55. Ce mot ne peut être 

Du Cange. Le ^ de la forme fran- ici uq composé de venger; M. Fr. 

çaise aurait donc été ajouté plus Michel le traduit par venir à bout. 

tard par confusion avec le mot vent. Supposé que cela soit juste, il reste- 
Anvee, anvooqnes, anveqnes II,- 344 rait à expliquer la forme. 

et gloss. o. Avengior v. vengier. 

Anvert part, de auvrir. Avenir v. venir. 

Anvrement v. aovrir. Aventure v. venir. 

Anvrir v. aovrir. Aventurer v. venir. 

Avaine v. avoine. Aventoros v. venir. 

Aval V. val. Aver, avare v. avar. 

Avaler, avaller v. val. Aver, avoir v. avoir. 

Avaltoe v. val. Aven prép. v. vers. 

Avancer v. avant. Avers I, 269, contraire, opposé; la 
Avant n, 346, cfr. ci-dessus ans ; avant gent averse, les païens, propr. la 

aler II, 108; de là avancer, avandr gent du diable, comme on disait 

I, 308. 333, avancer, faire faire du la gent à Paversier; de adversus; 

progrès, faire réussir, élever, ap- advender, avisrsier, averser et adver- 

procher, rapprocher; subst. avancer sarie I, 145 (lisez ainsi au lieu de 

I, 255, devancier, prédécesseur; adversaire), adversaire, ennemi, et 

avantage I, 279, avantage, profit; Tennemi par excellence, c.-à-d. le 

vb. comp. desavanoer, desavandr II, diable, démon ; païen G. d. Y. 3956; 

59, devancer, prévenir, retarder, de adversarius; adveniteit, adver- 

empêcber. Cfr. davant. sitet, avendteit, aversite I, 166. 215. 

Avantage v. avant. 178. 212, adversité; adversitas, 

Avantore v. venir. Cfr. vers, verser, vertir. 

Avar, av^, avare, chiche; avarus; Averser v. avers. 

avarisce I, 152, avarice; avaritia. Aversier v. avers. 

Avarisoe v. avar. Aversiteit, avendtet v. avers. 

Aveans v. avel. Avertir v. vertir. 

Avec, aveqnes II, 344 et gloss. o. Avesprant v. vespre. 

Aveier v. voie. Avesprer, avesprir v. vespre. 

Aveir v. avoir. Avestir v. vestir. 

Aveîrer, avérer v. voir. Avenc II, 344 et gloss. o. 

Avel, s. s. et p. r. avians, aveans, bi- Aveugler v. oil. 

jou; — tout ce que Ton veut, sou- Avenle v. oil. 

halte, désire, envie. La première Aveoler, avenleteit v. oil. 

signification met sur la voie pour Aviaus v. avel. 

retrouver l'origine d^avel; il dérive Avie v. aive. 

de lapillus, dont on retrancha le Avigorer, avignrer v. vigor. 

/, pensant que c'était Tarticle. Avilance, avillance v. vil. 

Avenamment v. venir. Avilement v. vil. 

Avenandise v. venir. Aviller, aviler, avillier v. vil. 

Avenanment v. venir Aviltance v. vil. 



AVI 



28 



AZU 



Aviron, avironner v. virer. 

Avinixier v. virer. 

Ayii V. veoir. 

Aviier v. veoir. 

Avidon v. veoir. 

Avifonkes, avininkefl v. onkes et 
II, 311. 

Aviver v. vivre. 

Avoe, avocqnes, avoqaes II, 344 et 
gloss. o. 

Avoe V. vois. 

Avoeo, avoech II, 344 et gloss. o. 

Avoement v. vois. 

Avoer v. vo. 

Avoerie v. vois. 

Avogle v. oii. 

Avogleement v. oil. 

Avoglement v. oil. 

Avogler v. oil. 

Avoi interj. II, 397. 

Avoiement v. voie. 

Avoier v. voie. 

Avoiltire v. avoitre. 

Avoine, avàine I, 119. 11,92, avoine; 
de avena; ces deux formes ex- 
pliquent la double orthographe et 
la double prononciation modernes. 

Avoir, aver, avoir I, 246, avoir, tenir, 
posséder; inf. empl. subst. II, 380. 
386, avoir, richesse, argent, biens 
en général; comp. ravoir I, 257; 
se ravoir I, 257. 

Avoier v. voler. 

Avoltere v. avoitre. 

Avoltierge v. avoitre. 

Avoitre, avmltro, avoitre, avontre, 
avoftre II, 338, illégitime, bâtard, 
adultérin; adultère, amant d'une 
femme mariée; avoltere, avoltierge, 
avnltere, avontere, avontire, avoiltire 
M. s. J. 449 , adultère ; de itdulter, 
adulterium, dont on a rejeté le d, 
puis remplacé cette lettre par v. 

Avoftre v. avoitre. 



Avoue v. vois. 

Avontere v. avoitre. 

Avoatire v. avoitre. 

Avontre v. avoitre. 

Avnec, avneqnet II, 344 et gloss. o. 

Avnert, e passim ; avnertement passim, 
que portent souvent les textes pu- 
bliés, sont des fautes; lisez anwrty 
anvertement V. aovrir. 

Avugler v. oil. 

Avnle V. oil. 

Avnltere v. avoitre. 

Avnltre, avniltre v. avoitre. 

Awan v. an et II, 275. 

Awe V. aiguë. 

Aweoh II, 344 et gloss. o. 

Awil V. oTl. 

Awillon V. aguile. 

Awoit II , 34. Cette forme est le par- 
ticipe passé du verbe aoire, aug- 
menter, accroître, de augere: Qui 
por seue biaute aoire, \ Se paint 
cum ymage marmoire (Reclus de 
Moliens). V. Ben. s. v. aoist. Mais 
auclus aurait dû produire ooit, et 
il faut admettre que le ir a été inter- 
calé, d'abord pour éviter le hiatus 
et puis par souvenir du g radical 
du verbe : gu — w par suite de la 
confusion avec gu venant de l'alle- 
mand tr. Cfr. prov. augut. Un 
autre exemple de awoit, dans les 
mêmes M. s. J. p. 484. On a ooite" 
ment dans les Dial. de S. Grég. : Li 
dolors. Pierres, cui je soffre cascun 
jor, et toztens par usage est à moi 
viez, et toztens par aoisement 
noveaz. 

Ax de als I, 132. 

Axordre v. sordre. 

Ayer v. rier. 

Aymi interj. II, 402. 

Asnr II, 243, azur; du persan laiùr. 
V. Ménage. 



BAA 



29 



BAE 



BaaiUer v. baer. 

'Babtiiier v. baptisme. 

Bae V. bacin. 

Baoele v. baiasse. 

Bacder v. bacbeler. 

Baehele v. baiasse. 

Baeheler, bachelier, bachiler, baceler II, 
285, Imâ. baccalarius, possesseur 
d'un bien raral nommé bachelerie, 
baccalaria; puis chevalier trop pau- 
vre ou trop jeune pour avoir une 
bannière à soi ; celui qui aspire au 
rang de chevalier, de prêtre; en 
général, aspirant à quelque chose; 
jeune homme qui n'est pas marié, 
jeune garçon, adolescent, béjanne. 
On admet d'ordinaire que les der- 
nières significations indiquées sont 
les primitives, et Ton s'est cru au- 
torisé à rapporter bachelier à la 
racine bach, petit (v. baiasse). Cela 
est faux; en poursuivant ce mot 
dans les chartes, on voit que ses 
significations se sont développées 
dans Tordre où je les range. Il 
ne peut donc être question d'une 
étymologie bach, Borel dérive 6a- 
chelier de baculus. Sans parler de 
l'incompatibilité de forme, je deman- 
derai quel rapport il y a entre 
baculus et bachelier^ D'autres ont 
proposé bas-chevalier, que la gram- 
maire et l'histoire du mot bachelier 
repoussent également. Barbazan en- 
fin est remonté à baccalia, arbris- 
seau qui porte fruit, racine aussi 
peu en accord que les autres avec 
la signification de notre mot. Quant 
à l'étymologie baccalaureus , c'est 
un remaniement moderne de bache- 
lier. Si l'on me demande mon 
opinion, je répondrai que je n'en 
ai aucune qui ait quelque apparence 
de vérité. Mieux vaut se taire que 
de proposer, comme on le fait trop 



souvent, des étjmologies qui pèchent 
ou contre l'histoire des mots ou 
contre leur forme. — Bachelerie 
prit des significations conformes à 
celles que développa bachelier. 

Bachelerie v. bacheler. 

Bachelier v. bacheler. 

Bachiler v. bacheler. 

Bachin v. bacin. 

Bachinet v. bacin. 

Baioin, bachin, bassin, Imâ. bacca, ba- 
cinus, bachinum: diminutif badnet, 
bsichinet. Bacin désignait aussi une 
armure de tête. On dérive ordi- 
nairement bassin de l'allemand 
becken, ahal. pecchi; cela est im- 
possible, parce que la forme picarde 
aurait été baquin et non bachin. 
Bacin dérive directement de la ra- 
cine bac, creux, cavité, qui se re- 
trouve dans l'allemand (bach, ruis- 
seau, proprement la cavité ou l'eau 
coule ; becken = back-en) et le cel- 
tique. En ce cas, je préfère l'ori- 
gine celtique, parce que Grégoire 
de Tours parle du mot bacin comme 
d'un mot indigène (v. DC. bacine- 
tum). A la même racine se rapportent 
bacy autrefois espèce de navire qui 
servait aux transports, aujourd'hui 
bateau plat pour passer les rivières; 
le diminutif bachot^ et baquet, 

Bacinet v. bacin. 

Bacon I, 143, flèche de lard, lard, 
jambon, porc tué et salé, chair de 
porc ; de l'ahal. bacho, pacho, allmâ. 
et allmod. bâche, jambon; dérivant 
de l'ahal. pah, dos, ancien norois 
bah, anglo-saxon bac, anglais bach, 
parce que le dos du cochon est 
l'endroit ou la graisse se jette ; puis 
par extension les significations in- 
diquées. Cfr. cependant Schwenk 
D. W. s. v. bâche. 

Baer, béer II, 291, ouvrir la bouche, 



BAE 



30 



BAI 



attendre, bayer aux corneilles, avoir 
dessein, volonté, se proposer, pré- 
tendre, désirer avidement, aspirer; 
rire, se moquer; Imâ. badare. La 
signification primitive de ce mot est 
celle que je donne la première. On 
a dérivé haer du celtique, en se 
fondant sur le breton bada, s'é- 
tonner, agir on parler comme un 
sot; mais bada est un mot qui ne 
peut renier son origine romane. 
Baer a pour racine T onomatopée 
&a, q«ii désigne Taction d'ouvrir la 
bouche, d'où l'on a formé baare. 
De là baaiUer II, 370, bâiller, et 
souvent avec le sens de baer; baerie, 
air niais, stupide. Dans la langue 
d'oc, on avait intercalé un <i à ces 
formes, d'où bader, badalhar, bada^ 
sentinelle, en bada^ en vain ; inter- 
calation qui se fît aussi sur les fron- 
tières méridionales de « la langue 
d^oïl. Quelques-unes de ces formes 
en d intercalaire pénétrèrent vers 
le nord et se fixèrent dans la langue. 
Je citerai ici, pour la langue d'oïl, 
la forme rare bade, badinerie, plai- 
santerie; en bades, en vain; badaud; 
badin, badiner, que les lexicographes 
du XVIe siècle traduisent encore 
par ineptus, ineptire. Cfr. baïf. 
Baerie v. baer. 
Bagasse v. baiasse. 

Bagne, anneau que Ton porte au doigt ; 
de bacca, perle, anneau de chaîne. 
Notre baie (fruit; a la même origine. 
Bagae , paquet , bagage , équipage (bar- 
des, meubles, marchandises, et en 
général tous les effets qu'on peut 
porter); Imâ. baga, sac, coffre. Le 
mot bagve se retrouve dans le gal- 
lois bag^ le kymri baich, charge, 
paquet; mais, à côté de bag, le gal- 
lois a le verbe bac, empêcher, ce 
qui nous fait penser à l'ancien 
norois baggi, charge, baga, em- 
pêcher (ahal. baga, interruption, hési- 



tation). Cependant les idiomes ger- 
maniques modernes ne connaissent 
que des formes en p initial, de sorte 
qu'il est difficile de décider si baggi, 
baga, ne sont pas des mots em- 
pruntés, et peut-être est -il mieux 
de s'en tenir ici au celtique. De 
bague, on a fait baguer^ plier ba- 
gage, au part, passé équipé, garni. 
Bagner v. bague. 

Bahaleivet I, 47, 3e pers. sing. imp. 
ind. de bahaleir, bêler, de balare^ 
avec la flexion eve I,' 218. D'où 
provient le ha, ou, ce qui revient 
au même, le redoublement de Va, 
car le h sert simplement à indiquer 
que les deux a doivent se prononcer ? 
L'auteur a-t*il eu une onomatopée 
en vue et doit-on admettre influence 
de baare, baailler? La forme ac- 
tuelle se rapporte au latin belare, 
ital. belare. 

Bai, de couleur brune, en parlant des 
chevaux ; du latin badius ; de là 
baille, baillet, rouge pâle (des che- 
vaux aussi). 

Baiasse, bajasse, bagasse, suivante, 
femme de chambre, et fille publique, 
femme débauchée ; du celtique bâches^ 
petite femme, de bach, petit Cette 
dérivation est d'autant plus pro- 
bable que la langue d'oïl avait en-' 
core les formes baissele, baiehele, 
bachele, bacele, qui signifiaient jeune 
fille, servante; dim. baissielete T. F. 
M. A. 120. Cfr. les significations 
de fille. 

Baïf Ben. Ô32ô, ébahi, étonné; comp. 
esbahir, esbaïr II, 281. 289, ébahir, 
étonner; d'où esbahiement, avec ad- 
miration La racine est l'onoma- 
topée interjective. ba (Q. L. d. R. I, 
36). Cfr. baer. 

Baigner v. bain. 

Bail, baile, tutelle, tuteur, curateur, 
administrateur; baillir II, 277. 379, 
administrer, gouverner, traiter; 



BAI 



31 



BAL 



baiUer, baller, bailier, ballier II, 378, 
donner, prêter; mais aassi, comme 
baillir, gouverner, avoir en sa puis- 
sance, d'où atteindre, joindre, tou- 
cher, manier, porter; de là baillie 
II, 379. 395, administration, garde, 
soin, protection, pouvoir, domina- 
tion; baillance, action de donner, 
de mettre qqn. en possession de 
qqch. ; bailliage, tutelle ; comp. abail- 
ler, atteindre, rejoindre, rattraper; 
malbaillir, manbaillir II, 37, mal- 
traiter, détruire, ruiner. — Du latin 
bij^iifl, bignlare. A la même racine 
se rapporte baile, baiUe, lieu fermé 
de palissades, première défense d^une 
ville, et, par extension, les pieux 
qui la forment. 

Baile, baille v. bail. 

Bailier v. bail. 

BaiUaaee v. bail. 

Baille, baiUet v. bai. 

Bailler v. bail. 

Bailliage v. bail. 

Baillie v. bail. 

Baillir v. bail. 

Bain II, 77, bain; baigner, baingner, 
avec et sans se, II, 326, baigner; 
de balneum, avec syncope du /. 
Se baigner s'employait quelquefois 
pour se délecter. 

Baingner v. bain. 

Bairon v. baron. 

9 

Baiaement v. baisier. 

Bailier, beiiier, baîasier (je bois, rime 
R. d. I. V. 57) I, 128. 232. II, 21. 
226, baiser; bcuiare, de basium 
qui n'a pas passé dans la langue 
d'oTl, prov. bais, ital. bacio, esp. 
beso; nos pères disaient baiaement, 
baiser, baisement ; comp. entrebâiller 
I, 134. II, 370 , se baiser mutuelle- 
ment. 

Bainele v. baiasse. 

BaiHer v. bas. 

BaiMier, baiser v. baisier. 

BaiMier, baisser v. bas. 



Baivre v. boivre. 

Balain I, 106, flagcUum, du breton 
balaen, balai, de 6a/an = genêt. 
Quant à balai, balayer, prov. balai, 
verge, qui paraît être la signification 
primitive de balai, il doit également 
avoir été introduit du celtique sous 
cette forme, parce que le roman n'a 
pas de suffixe substantive ai. Ou 
serait-ce une altération de balain? 
Cfr. encore balaon^ plur. de bala, 
en kymri, bourgeons des arbres, 
balant, pousses des arbres; et Dief. 
Celt. I, 190. 

Balance, balance, au figuré incerti- 
tude; de bilanx, 

Balbier v. baube. 

Bald, band, baut, s. s. et p. r. balz, 
bani, baus II, 285, hardi, audacieux, 
assuré, gaillard, dispos, joyeux; 
adv. baldement, bandement II, 187, 
avec audace et insolence, hardiment, 
joyeusement; bander, balderie, ban- 
derie, hardiesse, audace, joie, allé- 
gresse; baudir, se réjouir; vb. comp. 
esbaldir, eibandir, devenir audacieax, 
donner du courage, avoir du cou- 
rage, égayer, élever, résonner ; d'où 
resbaldir II, 97, ranimer, reprendre 
courage, devenir audacieux, inso- 
lent, réjouir. Racine: goth. ballka, 
audax (6a/<Àa6a,f ranchement, loyale- 
ment; balthei, franchise, confiance, 
assurance), ahal. bald, liber, fidens, 
audax (adverbe baldo; baldi, fidu- 
cia, constantia) ; goth. balthjan^ oser, 
ahal. balden, etc. 

Baldement v. bald 

Balderie v. bald. 

Baldre v. baldret. ^ 

Baldrei v. baldret 

Baldret, baldre, baldrei, baudre II, 69, 
baudrier, ceinturon ; de Tahal. bal- 
derich, balteus. Notre baudrier est 
un dérivé de baudre. Comp. es- 
baudré (subst), le milieu du corps, 
la partie que couvre la ceinture. 



BAL 



32 



BAP 



Baler, baller, sauter, danser, se ré- 
jouir. M. Wackemagel (A. L. p. 236, 
note 1) fait observer que, dans le 
moyen-âge, comme chez les Grecs, 
le jeu de paume était inséparable 
de la danse et du chant, et il dé- 
rive baler de balle. Cette dérivation 
me paraît fort juste ; j'ajouterai 
seulement que balle vient de Tahal 
balla, palla, balle. On a souvent 
pensé au grec nnXkn y ncUkiiy, 
^((XXfiy, ^ceDJ^éir, comme racines 
de balle et baler; c'est, je crois, 
aller trop loin. De baler dérive 
peut-être baloier, se remuer de côté 
et d'autre, flotter, voltiger (cfr. ban), 
et certainement le substantif baut, 
baus, saut, bond. 

Balle v. baler. 

Baller, donner v. bail. 

Baller, sauter v. baler. 

Ballier v. bail. 

Baloier v. baler et bande. 

Balois II, 104, ce qui reste après 
que le grain a été vanné ou criblé, 
criblure; blé tombé dans la grange. 
La balle formant la principale partie 
de la criblure, ce mot doit se rap- 
porter à la même racine, qui est 
probablement celtique; cfr. le kymri 
ballasg, peau, glume, gousse; gal- 
lois ballan, ib. 

Balz V. bald. 

Ban II, 265. 149, vb. banir, bannir 
II, 266; ost bannie II, 32; adv. 
baniement I, 81, par ban; de là 
banier, celui qui dénonce un ban, 
qui fait une semonce ; celui qui est 
obligé de moudre son blé au moulin 
et de cuire au four de son seigneur ; 
adj. banal II, 266 ; bandon II, 266 ; 
à bandon; d'où abandon II, 266; 
et d'ici abandonner II, 266; adv. 
abandoneement II, 267. Comp. es- 
banir, convoquer, rassembler; for- 
banir, bannir, reléguer, i. e. par 
ban; subst. forban, bannissement 



et banni, pirate (for = foras). Cfr. 
arban , bande. 

Bande, bende II, 181, bande, i. e. 
espèce de ruban, etc., et troupe; 
du goth. bandi (f.), lien; allm. 
band (n.). Ce mot est de la même 
famille que ban; cfr. II, 265 et 
Dief. G. W. I, 296 et suiv. A ce 
primitif se rapporte également ba- 
niere, prov. bandiera, bannière ; cfr. 
II, 265 le goth. bandva, bandvo, 
signe; vb. banoier, prov. bandeiar, 
baneiar, voltiger, flotter; significa- 
tions qu'a aussi le verbe bahier 
(s. V. baler) , et peut - être ces deux 
mots sont -ils identiques, par suite 
d'une permutation de la liquide. 
Cfr. l'ital. balicare = baloier = ba- 
noier, et le Imâ. banicare. Banoier 
signifiait encore, comme le composé 
esbanoier, esbanoiier, esbaneier, es- 
banier I, 264. II, 356, amuser, 
distraire, s'amuser, se réjouir; d'où 
esbanois, esbaneis, amusement, di- 
vertissement. Cfr. ban. 

Bandon v. ban. 

Baniement v. ban. 

Banier v. ban. 

Baniere v. bande. 

Banoier v. bande. 

Bapteiement v. baptisme. 

Bapteier v. baptisme. 

Baptestal I, 402, punition, jugement 
sévère, querelle. Ce mot se trouve 
encore dans le même roman v. 2258 ; 
dans le H. d. Ren. I, p. 2ôô il est 
écrit batestal, prov. batestau. Le p 
est-il intercalé? Alors on pourrait 
le rapporter à battre; sinon je ne 
saurais d'où le dériver, car il n'est 
pas possible de songer a la racine 
de baptesme. 

Baptestire v. baptisme. 

Baptiier v. baptisme. 

Baptisme, batesme I, 212. 216, baptême ; 
baptisma ; baptizier, baptiier, baptoier, 
babtizier, batiser I, 69. 305. II, 11, 



BAR 



33 



BAR 



baptiser; baptiiare; de là baptde- 
mexLt, baptême ; baptestire I, 78. II, 
15, vaisseau où Ton baptise, et, par 
extension, baptême; baptisterium. 
T. bière. 

BaraSgne, brahaigne DC, brehaigne, 
biéhaine, brehange M. s. J. 447, stérile 
(des femmes, des animaux et des 
choses). Brehaigne paraît être formé 
par un rapprochement du r à la 
consonne initiale et le h serait eu- 
phonique. Baraigne dérive de Talle- 
mand, selon M. Diez I, 81, mais il 
ne dit pas comment; selon d*autres, 
du breton hree'han, stérile (des 
femmes). Brec*han n'a pas de cor- 
respondant dans les autres langues 
celtiques et cela inspire des doutes 
sur son originalité. C£r. cependant 
Dief. Celt. I, 98. Baraigne peut 
avoir pour racine bar (barus, baro), 
homme, d'où barana, femme homme, 
femme stérile. Cfr. ravça de ravQO^, 
port, tourra de touro, prov. torig(a) 
de taur, esp. machorra de macho. 

Barat, barate, barète, fraude, trom- 
perie, ruse, fourberie; désordre, 
confusion, embarras; troc; barater, 
baréter, tromper, friponner, frauder ; 
faire un troc; d'où barateres, traître, 
trompeur; baretele, colifichet ; comp. 
desbarater, dMbareter, tromper, ré- 
duire à rien, défaire, vaincre; des- 
barateîMm, desbarateiz, défaite, dé- 
confiture. Le grec Tr^arrtcr, vendre, 
agir, tramer, intriguer, répond assez 
bien, pour le sens, à barat, bara- 
ter; mais il faut être très -circon- 
spect avec les étymologies grecques, 
et ne les admettre que quand il est 
prouvé que le mot nous vient du 
sud. Tel n^est pas le cas ici, je 
crois, car barat a développé plus 
de formes que dans toutes les autres 
langues romanes. La racine de barat 
se trouve, sans doute, dans le breton 
barad, barrad, trahison, astuce, 
Borguy, langae d*oll, Glossaire. 



ruse, bien que ce mot paraisse isolé 
dans les langues celtiques. Cepen- 
dant il peut être décomposé en 
bar-ad; or, bar signifiait mer et a 
eucore cette signification en irlan- 
dais. De ridée de mer, on aurait 
passé à celle de faire du commerce, 
et de celle-ci à tromper, il n'y a 
qu'un petit pas. Cfr. bargaigner, 
troc, troquer. 

Barate v. barat. 

Barater, barateres v. barat. 

Barbe I, 62, barbe; barba; barbet, 
barbé I, 196. II, 278, barbu, et, 
par extension, vieux; barbatus. 

Barbet, barbé v. barbe. 

Barbis v. berbis. 

Bare v. barre. 

Barète v. barat. 

Baretele v. barat. 

Baréter v. barat. 

Bargagne v. bargaine. 

Bargaigne v. bargaine. 

Bargaigner v. bargaine. 

Bargaine, bargagne, bargaigne II, 329, 
marché, accord, convention; action 
de marchander, hésitation, retard; 
affaire, mêlée; bargaigner, bar- 
geigner, barginer, plus tard bar- 
gniner, bargaigner, qui nous est reâté, 
marchander, hésiter; Imâ. barca^ 
niare, La forme latine nous montre 
" que le g dérive de c, ce qui permet 
de rechercher l'origine de ces mots 
dans barca, navire qui apporte et 
emporte des marchandises, d*où 
l^idée de faire du commerce en gé- 
néral. Cette dérivation est d'autant 
plus probable que barge II, 226, 
signifiait barque, chaloupe ; (propre- 
ment barge = barica = prov. baija). 
Cfr. barat. Quant à barca, il dé- 
rive sans doute du celtique barc, ib. 

Barge v. bargaine. 

Bargeigner v. bargaine. 

Barginer v. bargaine. 

Bargniner, barguigner v. bargaine. 

3 



BAR 



34 



BAR 



Barifiel v. barre, 

Bsiîiel V. barre. 

Bamage v. baron. 

Bamaige v. baron. 

Bane, bamet v. baron. 

Baniileinant v. baron. 

Banm, bairon, s. s. ben I, 71. II, 230, 
Imâ. baro, homme, comme le latin 
vir, mari; de là, par opposition à 
femme, viril, vigoureux, énergique, 
couragenx, brave (empereres ber, 
mult par es ber e sage, Ch. d. R ). 
A oes significations, on joignit, dès 
les plua anciens temps, celles de 
homma né libre, homme distingué 
par sa naissance, grand de Tempire» 
vassal, illustre guerrier. Outre le 
baro de la basse latinité et des 
langues romanes, il y en a un dans 
le latin classique; Cicéron p. ex. 
remploie souvent, il se trouve aussi 
dans Perse, TertuUien , et toujours 
avec le sens de sot, stupide, lour- 
daud, imbécile ; toutes significations 
fort éloignées da celles de notre 
baron. Le baro classique a sans 
doute une origine fort différente. 
Un commentateur de Perse, à pro- 
pos du passage où sa trouve le mot 
baro (satire Y.), fait observer que, 
dans le langage des Gaulois, baro 
09. varo signifie s^rvus militum, et 
Isidore (Origines IX, IV.) traduit à 
peu près de même baro par mer- 
cenarius, en le dérivant de fiuQvç, 
fort, grossier, fortis in laboribus. 
La notice du commentateur est-elle 
exacte? Nous trouvons dans Tan- 
cian gallois bar, héros, qui répond 
fort bien à la signification de Tan- 
cien français ber, vaillant, coura- 
geux ; mais cela n*est guère analogue 
au baro du commentateur. Du reste, 
le celtique bar n*aurait jamais pro- 
duit ber s, baron; ber serait resté 
partout. Les mots qui appartiennent 
à la même classa que bers dérivent 



tous du latin ou de Tallemand. 
Mais on sait que les Romains con- 
fondaient souvent gaulois et ger- 
main, et ceci nous ouvre une nou- 
velle voie. En partant de la signi- 
fication servut militum, valet de 
soldat, c'est-à-dire celui qui porte 
les paquets des soldats, on aurait 
la racine gothique bairan, (féody^ 
nçoçfiéçétv y (foçtîvy fiaaidCtiv; 
ahal. ber an, porter; ancien frison 
bera, porteur; ancien norois bôr, 
ib. ; d*oii ahal. bero, porteur. On 
aurait donc les significations porteur, 
homme fort, homme, vassal, etc.; 
cependant cette hypothèse est trop 
problématique. Il faut chercher une 
autre étymologie; ou, du moins, 
eu laissant de côté le commentateur, 
dériver de bairan d'autre façon. 
Barn , autrefois commun à tous les 
idiomes allemands (hearn en anglo- 
saxon, bern en frisou), signifiait 
infans, proies, un être humain quel- 
conque (Ottfried I, 11, 13); Tanglo- 
saxon beorn a le sens de homme, 
un grand; de bairan, ber an. Là 
est Torigine immédiate de notre mot 
baron; ce qui n'empêdie pas que 
le baro de la basse latinité, si vrai- 
ment il est d'origine étrangère, ap- 
partienne à la racine bairan; mais 
il faut séparer baro et baron, quant 
à la signification. Cfr. les expres- 
sions aujourd'hui perdues : ^otmann, 
homme obligé à payer un cens; 
6arschalk, espèce d'homme libre. 
Dér. hamaga, bamaiga II, 303. 317. 
341, corps on assemblée de la no- 
blesse, naissance illustre, grandeur 
d'âme, vaillance; barxiat, bame, 
baronnage, baron, corps de nobles ; 
barunie, bazonia II, 285. 345. 354, 
mêmes significations que bamage; 
baznîlamant, noblement; ambanùr, 
devenir fort, croître, devenir gros; 
bamage, suite, équipage d'un '.grand 



BAR 



35 



BAS 



seigneur, genre de vie d'un grand 
seigneur. 

Baronie v baron. 

Bazre, bare II, 356, (barre,) retranche- 
ment, clôture; en terme de droit, 
exception, défense, fin de non-rece- 
voir ; de là notre barreau, barrière ; 
barrer, (barrer,) enfermer, enclore; 
débattre, contester; du celtique: 
kymri bar, pi. barau, branche, etc. 
V. Dief. Celt I, 184 (279 A). C'est 
à la même racine qu'appartiennent 
nos mots embarras^ embarrasser, 
débarrasser, et peut-être barrique, 
barily dans l'ancienne langue bareil, 
baxiel, diminutif barisiel, barûel R. 
d. I. V. p. 82. Cfr. le breton barai 
= baquet. 

Barrer v. barre. 

Bainder v. berrier. 

Bander v. berrier. 

Banmie v. baron. 

Bas, basse, large, gros et court (trapu), 
bas; dérivé de bassus, mot de la 
langue populaire, sahs aucun doute ; 
car il se trouve souvent comme nom 
propre. Isidore, dans son glossaire, 
traduit bassus par crassus, pinguts ; 
et Papias, tout en lui 'donnant le 
même sens, est le premier qui lui 
attribue la signification de kumilis. 
Cfr. Fucbs p. 193. La signification 
primitive est donc crassus, pinguis, 
comme le prouvent encore l'italien 
bassotto, gros, gras, et les signi- 
fications que bas a dans la langue 
d'oïl. V. Jubinal N. R. II , p. 260 
un exemple de bas, où il ne peut 
être 'question de profondeur. On a 
essayé fort inutilement de dériver 
bas de ^«aàtov pour fied^viSQOç; 
ou du celtique, en se basant sur 
le breton bât, peu profond. On 
s'aperçoit au premier coup d'oeil 
que, pour le sens, cette dernière 
étymologie est tout à fait fausse. 
Bas, en opposition avec sovrain. 



signifiait les choses temporelles, 
d'ici-bas, sovrain, les choses célestes, 
éternelles; basse ore, soir; cfr. hait; 
empl. subst. II, 384; voler du bas, 
ruser, faire par astuce; adv. basse- 
ment, en bas, bas. De bas, on fit 
bassece, employé 1. 1 , p. 55 dans le 
sens que je viens d'expliquer pour 
bas; baisser, baissier, baisser, abais- 
ser, abattre ; comp. abaisser, abaissier 
I, 128. 337. II, 162, abaisser, ra- 
baisser, humilier, déprimer; abaisser 
honar, manquer au respect dû à 
qqn., ou à sa charge. 

Bas V. bac. 

Basme v. bansme. 

Bassece v. bas. 

Bassement v. bas. 

Bastard, bastart, s. s. et p. r. bastarz, 
bastars I, 344, bâtard ; Imâ. bastar^ 
dus; bastardon, petit bâtard. Bastart 
est un mot qui ne se montre pas 
avant la seconde moitié du Xle siècle, 
et le premier k qui on l'appliqua fut, 
selon l'histoire, Guillaume, duc de 
Normandie, conquérant de l'Angle- 
terre. On a décomposé bastart en 
bas-tart, parce qu'aux XlIIe et 
XI Ve siècles, on trouve fils, fille 
de bas, pour bastart (enfans de bas 
Phil. M. 11610), venir de bas = ex 
illegitimo concubitu; et l'on a cru 
retrouver son origine dans le cel- 
tique 6â2=bas et far</= extraction, 
ainsi bastart ~ de basse extraction : 
gallois basdan , breton bastard. 
Par malheur bas n'est qu'une ortho- 
graphe altérée de hast: fils, fille 
de bast, venir de bast^ comme le 
prouvent les chartes les plus an- 
ciennes et les plus correctes. Il 
faut donc lire bast-art. D'après cela, 
l'étymologie indiquée se réduit à 
rien, et les prétendues racines cel- 
tiques m'ont tout l'air d'être em- 
pruntées au roman. Bastart a une 
origine allenoande. En comparant 

3» 



BAS 



3G 



BAS 



la signification du verbe baslir (s. 
V. batte) à celle de quelques-unes 
de nos expressions populaires pour 
désigner une action dont je dois 
passer ici le nom sous silence, je 
serais tenté de dériver hasiart de 
ce mot et de la terminaison art, 
qui vient, en général, du gothique 
hardus, ahal. A/irl. Cfr. liart. [On 
sait que art, ard, se joint aux noms 
et aux verbes ; que les mots en ard 
désignent des personnes, quelque- 
fois des animaux (des choses plus 
rarement), et que leur signification 
a d'ordinaire quelque chose de ra- 
baissant, de dénigrant, en général 
de mauvais.] On s'expliquerait fa- 
cilement ce que c'est qu'un enfant 
basti, par abréviation un bastard. 
Cependant les expressions fils de 
bast, etc., ne permettent guère cette 
étymologie. — Le substantif alle- 
mand bast signifiait proprement cor- 
tew, cutis; mais il avait développé 
un grand nombre de significations, 
parmi lesquelles je citerai celles 
de liber, aubier, ligature des sou- 
liers, de bât, de chose de peu de 
valeur, chose vile. Ce bast est 
peut-être la racine de notre bât, 
anc. franc, bast, Imâ. basta, bastum ; 
le nom de la ligature a été trans- 
porté à celui de la chose même, ou 
bien il ne serait pas impossible que 
les premiers bâts eussent été faits 
d'aubier, de tresses d'aubier. En 
Suisse, bast signifie encore bât. Il 
y a cependant une raison pour ra- 
mener bât à la famille de baston 
= bâton, v. ci-dessous. Quoi qu'il 
en soit, bast — hki forme le radical 
du mot bastard, c-à-d. enfant du 
bât, expression populaire péjora- 
tive, qui a sans doute pris nais- 
sance dans le sud, où il y a beau- 
coup de mulets, d'ânes, et où leurs 
conducteurs avaient l'habitude d'éta- 



blir leur couche sur les bâts. On 
sait assez lu vie que ces conducteurs 
de mulets menaient avec les filles 
d'auberge , pour croire à un grand 
nombre d'enfants conçus sur les 
bâts, et à une généralisation de ce 
nom Cfr. du. reste coitrart s. v. 
cotre, et l'allemand bankart, ban- 
kert, filius naturalis, spurius, de 
bank, banc; et, dans la langue du 
peuple, von der bank fallen, en 
parlant d'un enfant , signifie avoir 
une naissance illégitime. Si l'on 
admet pour bast l'étymologie alle- 
mande, et non pas celle qui le rap- 
proche de baston, l'explication du 
mot bastart dont j'ai parlé eu pre- 
mier lieu, touche de très près, par 
son origine, à celle indiquée plus 
bas; car bastir de bestan, basten, 
et bast sont de la même famille. 

Balte, couture grossière, fanfilure; vb. 
baitir, aujourd'hui bâtir, attacher 
des pièces les unes aux antres en 
les cousant à grands points; de 
l'ahal. bestan^ raccommoder, ra- 
piécer, du subst. bast. 

Baitille v. baston. 

Bastiller v. baston. 

Baitir, bâtir v. baston. Ne confondez 
pas avec bastir s. v. baste. 

Baston, baitnn II, 345. 387, bâton, 
toute espèce d'arme o£fensive et 
défensive; dim.baitonoel, petit bâton, 
houssine. Le mot qui sert d'origine 
à baston (DC. basto) appartenait 
sans doute à la langue populaire 
et il est de la famille du grec 
finaiâCfty, porter un fardeau, por- 
ter, soutenir. En partant de ce 
point de vue, c-à-d de l'idée de 
support, base, couche, on peut rap- 
porter bât à la même racine (cfr. 
bastard), ainsi que les mots baftir 
II, 357. 369, bâtir, établir, com- 
poser, former; (cfr. plaid); baatille, 
tour, château, forteresse ; siège d'une 



BAT 



37 



BEA 



ville ou d'un château; bastiller, 
assiéger. 

Bataille, batailler v. batre. 

Batailleur v. batre. 

Bataillier y. batre. 

Bâtant ▼. batre. 

Bateaus v. bateL 

Batailler v. batre. 

BateiUoiui v. batre. 

Batti, s. s. et p. r. bateaus, batiaus, 
bateiiB, bateau; Imâ. batus, batelius; 
de Tanglo-saxon bât, petit vaisseau. 

Bateeme v. baptisme. 

Bateetal v. baptestal. 

Bateus v. batel. 

IktiauB V. batel. 

Batiser v. baptisme. 

Batre, battre, battre ; de batuere; venir 
bâtant II, 376 ; tôt bâtant, battant, 
tout courant, en toute hâte* De là 
bataille II, 390, bataille, corps de 
bataille, principal corps d'armée; 
bataiUe eampel, champel, champal, 
campel, campai, bataille rangée; 
bataille nomee, combat dont le sujet 
et le jour sont indiqués; faire ba" 
taille, faire du bruit, se plaindre 
de qqch.; vb. batailler, batailler, 
combattre ; d'où batailleur, bataillier, 
guerrier, soldat, querelleur; adj. 
bateillouB,' belliqueux, guerrier, vail- 
lant. Comp. abatre I, 82. 233, ren- 
verser, abattre, vaincre; abolir, sup- 
primer; abatre la vérité II, 64; 
part. empl. subst. abatut II , 78, le 
tombé, le mort; rabatre I, 337, 
abattre à son tour, rabattre; — 
deebatre, debatre, débattre, agiter, 
frapper; subst. deabat, débat, dé- 
bat; dér. debateifl, action d'agiter; — 
eibatre, amuser, divertir, se réjouir ; 
d'on esbataot propr. part, prés., gai, 
gaillard; esbatement, amusement; — 
combatre, conbatre I, 59. 193, com- 
battre, battre, débattre ; subst. eom- 
bat, combat, débat ; dér. cembateres, 
combateor, combatenr^ combattant, 



assaillant; combatant propr. part, 
prés., propre au combat; (tous ces 
composés avec les variantes de com ;) 
— embat]^, enbatre, aabatre I, 74. 
188. 286, pousser, lancer, enfoncer; 
abattre, renverser; s^embatrell, 140, 
s'élancer sur qqch., entrer. 

Banbe (balbe), bègue; de balbus; ital. 
baibo; de là balbier II, 386, bal- 
butier; abanbir, ebanbir H. d. V. 
p. 235, étonner, surprendre, efifrayer; 
ainsi notre ébanbir signifie propre- 
ment faire bégayer. 

Bançant, banian, banchant, taché de 
blanc, couleur de pie, en parlant 
des animaux, en général tacheté; 
de balteus, baltius, bord, bordure, 
ceinture. Le simple s'est conservé 
dans l'ital. baha, 

Bauchant v. bauçant. 

Baud, bandement v. bald. 

Baudequin, étoffe de soie et d'or, et, 
par extension, baldaquin, parce 
qu'on se servait de cette étoffe pour 
faire les dais. Le nom de baude- 
quin donné à l'étoffe lui vient de 
la ville d'où on la tira d'abord, 
Bagdad, en italien Baldacco, Baude- 
quin était aussi le nom d'une pe- 
tite monnaie. V. DC. baldakinns, 
moneta. 

Bauderie v. bald. 

Bandir v. bald. 

Bander v. bald. 

Bandre v. baldret. 

Bans, bant subst. v. baler. 

Bansme, basme 1, 327. II, 181. baume; 
balsamum; de là embasmer II, 181, 
oindre, embaumer. 

Bant V. bald. 

Bant subj. de bailler I, 245. 

Baux, bans v. bald. 

Banian v. bauçant. 

Be pour De, Dieu II, 403. 

Beals v. bel. 

Bealtet v. bel. 

Beans v. bel. 



BEC 



38 



BER 



Bec, 8. 8. et p. r. bel, bec; mot d'ori- 
gine celtique, comme le prouve le 
passage suivant, où il est question 
d' Antonius Primas , général de Yes- 
pasien : Oui Tolosae nato cognomen 
^ in pueritia Becco fuerat, id valet 
gallinacei rostrum (Suétone, Vie de 
Viteliius XVIII.). Breton 6e*, gal- 
lois beic. De là bechier, becqueter ; 
beohet, becqiiet, brochet (poisson); 
besche , basque R. d 1. V. 240 , avec 
s intercalaire, bêche; bannir sur 
la besche, sous peine d^être enfouie ; 
supplice pour les femmes qu*il n'é- 
tait pas d'usage alors de pendre; 
bescher, bêcher. Nos mots béquille, 
bécasse, abéquer, ont la même racine. 

Bechet v. bec. 

Bechier v. bec. 

Becquet v. bec. 

Béer v. baer. 

Beeste v. beste. 

Beffe, moquerie; beffer, se moquer 
de quelqu*un, le tromper; beffler, 
ibid. Notre baffouer n'est qu'une 
forme allongée de beffer. De l'alle- 
mand baffen, baeffen, résonner, 
aboyer ? 

Beffer v. beffe. 

Beffler v. beffe. 

Befreit v. berfroit. 

Behorder v. horde. 

Behort v. horde. 

Behonrder v. horde. 

Behonrt v. horde. 

Beisier v. baisier. 

Beiyre v. boivre. 

Bel, biel, bieu, beals, biaus, beaus, biau 
1, 96. 100. 1 05. 155. II, 254, agréable, 
gentil, joli, cher, (bel) beau; W- 
lus; estre bel à qqn, I, 273; adv. 
bellement, bielement, bêlement 1, 130. 
137.223. II, 75, bellement, agréable- 
ment, gentiment, doucement, chère- 
ment ; de là bealteit, biante I, 148, 
beauté; abelir I, 378. II, 313, plaire, 
être agréable, charmer; ambeicter 



I, 75 propr. d'un diminutif belet, 
embellir, enjoliver. — Beau, dans 
nos compositions beau-père, belle- 
mère, etc., voy. mère. 

Bêle, belette, peau de belette. Le 
terme moderne est un diminutif de 
bêle. Bêle dérive de bella, beau, 
belle. Cfr l'anc. anglais fairy, le 
bavarois schônthierlein , le danois 
kjônne, belette. On a souvent dé- 
rivé ce mot du kymri bêle, martre, 
ou de l'ahal. bilih, auj. bille, zizel ; 
mais il est, je crois, inutile d'aller 
si loin. 

Belefroi v. berfroit. 

Bêlement v. bel. 

BeUoi v. loi. 

Ben V. bien. 

Bénéfice v. faire. 

Bende v. bande. 

Be^eichon v. benelr. 

Beneiçim v. beueir. 

Beneir 1,320, beneistre, benistre 1, 321 ; 
beneiçun, beneichim I, 282. II, 293, 
bénédiction ; benedietio, Cfr. maleir. 

Beneistre v. beneir. 

Bénigne (m.) I, 78, bénin; benignus, 
prov. bénigne ; adv. benignement, ib. ; 
benigniteit, benigneteit I, 213. 322, 
bénignité, douceur; benignitas (be- 

nignitat). 

Benignement v. bénigne. 

Benigneteit v. bénigne. 

Benigniteit v. bénigne. 

Benistre v. beneir. 

Ber préfixe v. loi. 

Berbis, barbis II, 361. 387, brebis; 
de berbex pour vervex^ Imâ. 6er- 
bix; de là bergier, bregier II, 387, 
R. d. 1. V. p. 79 , par le rapproche- 
ment du r à la consonne initiale, 
comme dans brebis — berger; berdl, 
bergerie, étable à moutons, au- 
jourd'hui bercail. 

Bercer, berser, bierser I, 265. II, 312, 
tuer avec un trait ou une fièche, 
chasser à Tare; bercerie IL, 343, 



BER 



39 



BER 



armes de chasse, l^arc et les flèches ; 
benail, beneil, but, auquel on vise ; 
besBBÎller, beneiUer, atteindre. Ra- 
cine ? L'origine que lui donne D€., 
de bersti, haie, clôture, dans lequel 
Carpentier retrouve le breton ben, 
her&hy empêchement, défense, d*où 
6«rcer= chasser dans un parc, n'est 
pas du tout soutenable. Bercer n'a 
jamais eu la signification de clore 
d'une haie ou de protéger, et la 
signification de bercer ne se rap- 
porte pas seulement à la chasse 
dans les parcs. Ménage, au mot 
berser et dans ses Origines ital., 
donne à berser une fausse origine. 

Bercer v. bers. 

Bercerie v. bercer. 

Bercil v. berbis. 

Berefreit v. berfroit. 

Borele (altération de barele, prov. 
baralb, baralha), dispute, contesta- 
tion, querelle., désordre. Ce mot 
parait se rapporter à la même fa- 
mille que haral^ v. s. e. v. ? 

Berfreit v. berfroit. 

Berfroit, berfreit, berefreit, belefroi, 
bâfrât, beffroi, c.-à-d. dans le prin- 
cipe, espèce de tour roulante, en 
bois , que Ton faisait approcher des 
murs d'une ville assiégée, afiri que 
les soldats qui se trouvaient dans 
cette tour pussent, en toute sûreté, 
lancer des projectiles dans la ville. 
Plus tard on donna le nom de 
beffroi à une tour située dans Tin- 
térieur d'une ville, et dans laquelle 
se trouvait une cloche. La senti- 
nelle placée dans la tour devait 
sonner l'alarme en cas de danger. 
Enfin on nomma beffroi la cloche 
d'alarme elle-même. De l'almâ. 
bercvrit, bervrii, même signification 
que la primitive de notre beffroi; 
Imâ. berfredus, belfredus. 

Bergier v. berbis. 

Bemage v. baron. 



Berxier, berroier, beroier, barfuier, 
baruier II, 336, éclaireur, soldat 
d'avant-poste, dont la valeur était 
devenue proverbiale. D'après M. 
d. F. I, 54 on donnait aussi ce nom 
à des chasseurs. Primitivement ber-- 
rier a signifié un habitant du Berry, 
puis il est devenu appellatif. I^onr- 
quoi et comment? 

Bermier, bander v. berrier. 

Bers, baron v. baron. 

Ben, bien, bierc, biereh, berceau; 
dér. bercnel, bercol I, 71, ib.; Imâ. 
berciolum (v. DC s. v.) ; bener, beroer, 
bercer. Ces mots ont -ils quelque 
affinité avec bercer cité plus haut? 
Ménage dérive bers de versus, a 
vertendo, à cause qu'on le remue 
pour bercer l'enfant. 

Bersail v. bercer. 

Bersailler v. bercer. 

Berseil v. bercer. 

BerseiUer v. bercer. 

Berser, chasser v. bercer. 

Bener, bercer v. bers. 

Bertauder v. bertoder. 

Bertoder, bertauder, bartouder I, 266. 
bretauder (par transposition du r), 
tondre, couper, châtrer, puis, par 
extension , se moquer , tourmenter. 
Ce verbe, hormis la terminaison, 
nous vient tel quel du celtique. On 
voit par l'ancien irlandais que l'in- 
finitif était simplement le substantif 
du verbe et qu'on avait des infini- 
tifs dérivés avec ad^ ed, }d, ud, etc. 
Or, bertod représente la racine cel- 
tique berth, berl^ gallois berth (adj. 
et subst.), riche, beau, parfait, avec 
ud; de sorte que bertoder signifie 
propr. ôter ce qui rend beau, par- 
fait, décompléter une personne, si 
j'ose m'exprimer ainsi. On trouve 
berrthar =tondeatur dans un manu- 
scrit irlandais du dixième siècle. 
(Wûrzbourg). 

Bertonder v. bertoder. 



BES 



40 



BIE 



Bes préfixe y. loi. 

Beiaive v. aive. 

Beiclie V. bec. 

Beilei, bedoi v. loi. 

Befognier y. soin. 

BeMgnol V. soin. 

BflMÎg V. soin. 

Beioigiiable v. soin. 

Besoignal v. soin. 

Beioigne, besoigner v. soin 

Besoigneus v. soin. 

Besoignos, bM02gniii'-¥. soin. 

Besoin v. soin. 

Batoiag v. soin. 

Besdngiu» v. soin. 

Befoinos v. soin. 

Besongn», betcmgner v. soin. 

Beioxiiable v. soin. 

Besqne v. bec. 

Bestander v. tenser. 

Bestant v. tenser. 

Beste I, 394, bête; bestia; I, loi on 
lit beeste; d'où provient ce redouble- 
ment de Te? cfr. le bas - saxon 
beest , bête; bestiole II, 309, bes- 
tiole; bestiola; bestial, bestial; bes- 
tialU; bestialmeiLt II, 233, bestiale- 
ment. 

Bestenc v. tenser. 

Bestonoer v. tenser. 

Besteng v. tenser. 

Bestial, beetialment v. beste. 

Bestiole v. beste. 

Bestordre v. tordre. 

Bestors v. tordre. 

Besnigner y. soin. 

Beté V. beter. 

Beter II, 87, emmuseler, et poursuivre, 
donner la chasse; de Tanglo-saxon 
baetan, allmâ. beiien, faire mordre 
(dans le frein) et erbeiten, donner 
la chasse. Comp. abet, instigation ; 
finesse, ruse ; Imâ. abettum ; abeter, 
tromper, ruser, donner le change, 
se moquer; forbeter, ib. Le part, 
passé beté se trouve souvent em- 
ployé avec le substantif mer, pour 



désigner une mer éloignée (cfr. Bajn. 
L. R. II, 216, betat), et le texte 
latin de Brandaine traduit heté par 
coagulatum (cfr. sanc vermelh 6e- 
tati, sang vermeil coagulé). Ce 
beté dérive-t-il également de beiiem, 
et de quelle manière sa signification 
s'est-elle développée? 

Benbanœ v. bobance. 

Beubander v. bobance. 

Beubant v. bobance. 

Beveor, beveres v. boivre. 

Beverie v. boivre. 

Bevre v. boivre. 

Biaus v. bel. 

Biante v. bel. 

Bice V. biche. 

Biche, bice, biase II, 212, biche. Se- 
lon les uns, forme collatérale de 
bique ^ chèvre; mais bique n^aurait 
jamais produit bisse; selon d^autres, 
biche dérive de ibex^ langue d'otl 
ibiche, chamois. Pour la forme, il 
n'y aurait rien à dire ; mais le pas- 
sage de la signification de chamois 
à celle de biche n*est guère ad- 
missible. 

Bie v. bied. 

Bied, bie I, 189, lit (d'une rivière); 
de l'anglo-saxon bedd, bed, ancien 
norois bedr, ahal. belti, allmâ. beiie, 
lit; quoique ces mots n'aient pas 
■la signification particulière de bied, 
Cfr. Dief. G. W. s. v. Badi I, 254. 

Biel, bielement v. bel. 

Bien, ben I, 223, bien, beaucoup, fort; 
bene; être bien de qqn, II, 90, être 
en grâce auprès de qqn.; subst. 
bien, richesse, fortune, avantage; 
comp. manbien, malheur. Cfr. bon. 

Bienanrons, Menafiroiuement v. aûr. . 

Blenaiirteit v. aûr. 

Bienestance v. steir. 

Bienenrons, bieneiiros, bienenrosement 
V. aur. 

Bieneurteit v. aur. 

Bienfait v. faire. 



BIE 41 BLA 

Bienfet v. faire. que nous donnons à bigot date du 

Bienfetor t. faire. XVIe siècle. Estienne Guicbard 

BÎMLveiiillanti bienveaiUance v. voloir. dér. ridiculement bigot de l'hébreu 

BiexLvoillant , bienvoiUaaoe v. voloir. bagad, transgresser, prévariquer. 

BiarCy biereh v. bers. Bis préfixe v. loi . 

Bière, bierre I, 407, bière, coffre où Bii, gris cendré, noirâtre, noir; bise 

Ton enferme un corps mort, cer- II, 252, contrée du nord, nord, 

cneil , et sorte de brancard propre vent du nord. Ofr. le latin aquilus 

à porter un malade, litière. On et aquilo. Vossius dér. 6û d'un hypo- 

trouve quelquefois bar dans le même thétique bysseus, de couleur coton ; 

sens. De l'allemand: ahal. bâra, et , outre que les noms des couleurs 

civière, brancard ; anglo-saxon fraer, sont sujets à beaucoup de varia- 

bêre, ibid.; goth. bairan^ porter; tions, il a pour lui la signification 

anglo-saxon baeran, ibid. du grec fivaaoç, soie brune du co- 

Biers v. bers. quillage appelé pinna marina. On 

Bierser v. bercer. a aussi songé à Tallemand pour 

Bien pour Dieu II, 403. l'origine de ce mot: ahal. pl^a, bUa, 

Bien, beau v. bel. allmâ. bise, signifiaient vent ora- 

Bigot nom donné aux Normands, terme geux, vent furieux, nommé plus 

injurieux. On trouve dans DG. s. v. tard beistoind. Il s'agirait de savoir 

Bigothi : Y. Chron. 3. Hist. Franc, de si pisa. est primitif en allemand ; 

Rollone primo Normannorum Duce : alors bis pourrait dér. du mot qui 

,Hic non est dignatus pedem Caroli désigne la contrée des vents et des 

osculari, nisi ad os suum levaret. orages, la contrée noire, comme 

Cumque sui comités illum ammo- on nommait le nord, 

nerent, ut pedem Régis in accep- Bisdaveret II, 'Slô. Bisclaveret ad 

tione tanti muneris (Neustriae pro- nun enBretan, Garwal l'apelent li 

vinciae) oscularetur, lingua anglica Norman. M. d. F. I, 178. V. Garol. 

respondit. Ne se bigot, quod inter- Ritson pense que bisclaveret est une 

pretatur. Ne per Denm. Rex vero altération du breton bleiz - garv 

et sui illum deridentes, et sermo- (garo), bleiz = loup, et garol. Il y 

nem ejus corrupte referentes, illum a dans le breton le même pléo- 

vocaverunt Bigoth, unde Normanni nasme qu'en français, 

adhuc Bigothi vocantur. '^ Cette Bise v. bis. 

anecdote, bien que vraisemblable. Bisse v. biche, 

peut avoir été inventée; mais, en Biu pour Diu II, 403. 

tout cas, cette origine est meilleure Blahmer v. blasme. 

que celle donnée par M. Francisque Blâmer v. blasme. 

Michel, qui dérive très -artificielle- Blanc, blanqne, blanee, blanche II, 226. 

ment bigot de Visigothus, parce 373. 381, blanc; de Tahal. planh, 

que les Normands sont de race 6/ancA, blanc ; de là blancheor, hlan- 

allemande. En admettant l'origine çor, blanchor U, 348, blancheur, 

citée dans DC, comment expliquer Blancheor, blanchor v. blanc, 

le t? car les Normands doivent Blançor v. blanc, 

avoir prononcé god, anglo-saxon Blandir II, 224. 355, flatter, caresser, 

god, ancien-norois gudh, et le d ne gagner par de belles paroles; blan- 

remonte pas au t. La signification diri; de là blandissement II, 19, 



BLA 



42 



BLE 



cajolerie, flatterie, caresse; comp. 
reblandir, flatter, caresser, ménager, 
faire la cour. 

Blandissement v. blandir. 

Blanque v. blanc. 

Blasme, blâme, reproche; blasmer, 
blalmier, blâmer II, 249, blasphémer, 
blâmer, faire des reproches; — 
blastcnge, blâme, reproche, injure, 
outrage; blastenger, blâmer, faire 
des reproches, blasphémer, dire des 
injures, outrager; de pXtiaqrjtÀoy^ 
^kttatfrifjLtîv — ^kaatftjfxia. Il faut 
remarquer le remplacement curieux 
du f par I dans blastenge. A cause 
de la racine ^kani(o, (frifÀrj? 

Blasmer v. blasme. 

Blason, blazon II, 380, bouclier, écu, 
proprement écu à armoiries; de là 
blasomder, celui qui fait les écus. 
La signification que nous donnons 
à blason est bien postérieure au 
XlIIe siècle; mais il eut de bonne 
heure, en provençal (blezo, bleso), 
celle de gloire, éclat, comme au- 
jourd'hui en espagnol. On dérive 
blason de l'allemand blasen^ trom- 
petter, parce que le héraut du 
tournoi troiâpettait avant de dé- 
crire les armes d'un chevalier; et 
l'on se fonde sur ce que l'anglais 
blaie, de l'anglo-saxon blaese, signi- 
fie flamme, flambeau, étoile à la tête 
d'un cheval, appel. Mieux vaudrait 
dériver blason directement de blaese, 
de là éclat dans l'écu^ distinction, 
gloire. 

Blasonnier v. blason. 

Blastenge v. blasme. 

Blastenger v. blasme. 

Blaion V. blason. 

Ble V. bled. 

Bleeier, blesder I, 86. 369. II, 180, 
blesser, endommager, tailler en 
pièces. Selon M. Diez ce mot dé- 
rive du norois bletta, souiller; mais 
ni la forme ni le sens ne concordent. 



Je préférerais l'allmâ. blelien^ ra- 
piécer, bleti (pour blez), pièce, d'on 
blesser, mettre en pièces, allmâ. 
ze-bletzen; goth. plais, inffilfjfÂa; 
bavarois pletzen, mettre une pièce, 
rapiécer. 

Bled, bief, bleif, ble, s. s. et p. r. hlei, 
blés, bleis I, 86, blé» toute eqsèce 
de grain. On dérive ordinairement 
bled de l'anglo-saxon blaed, hhd^ 
plante, fruit, bénédiction. Les idiomes 
allemands nous ont fourni trop peu 
de termes agricoles, pour qu'on 
puisse admettre cette dérivation; 
peut-être même la prétendue racine 
dérive - 1 - elle du roman. L'origine 
de bled doit se trouver dans le latin 
ou le celtique. C'est ce qu'a senti 
M. J. Grimm, mais le kymri blawd, 
farine, qu'il propose comme racine 
de bled, ne va pas, quant à la forme. 

Bief, blé V. bled. 

Bief, bleu v. bloi. 

Bleif V. bled. 

Bleis V. bled. 

Blême v. blesmir. 

Blêmir v. blesmir. 

Blesder v. bleeier. 

Blesme v. blesmir. 

Blesmir, blêmir, frapper, battre, froisser, 
blesser, salir; adj. blefme, Ueme, 
blême; de l'anc. norois blâmi, cou- 
leur bleuâtre, de blâ, bleu. Dans 
ce mot le s est intercalaire et sa 
signification primitive a été celle 
de faire des taches bleues, se. en 
frappant. 

Blet, adjectif dont on n^emploie guère 
que le fém. blette; il se dit des 
fruits qui sont mous sans être gâtés. 
A Metz on dit poires blosses, en 
Franche - Comté blesses; dans les 
mêmes provinces on appelle belosse, 
blosse, une espèce de prune fort 
commune, dont l'arbre s'appelle 
belossier, le pelossier de nos dic- 
tionnaires. C'est le propre de toutes 



BLE 



43 



BOB 



les prunes et poires sauvages de 
n'être mangeables que lorsqu'elles 
sont blesses, blettes^ de là le nom 
du prunier sauvage. Dans le Hai- 
naot on dit 6/eltr, devenir mou, 
blet. Ce mot est peut-être d^origine 
allemande; cfr. suéd. blôd , blôt, 
tendre, mon, humide; blôta, hu- 
mecter; dan. blôd, tendre, doux, 
blôden, amollir, ramollir. Cependant 
le breton a aussi blud, mou, tendre, 
délicat, vb. blôda; kvmrl blydd, 
plein de sève , mou, tendre, et peut- 
être encore de la même famille 
blodwy, mou, blet, mûr, blodeus, 
mûrir. Je ne connais pas de formes 
en i final. Cfr. blos. 

Wêpbl V. bloi. 

Blei V. bled. 

BUad y. blialt. 

BUalt, bliaut, bHad, s. s. et pi. r. bliali, 
bliani, bilans, vêtement de dessus, 
en soie et d*ordinaire brodé d^or, 
pour hommes et pour femmes ; éto£fe 
propre à ce vêtement. Selon DC. 
de la racine celtique bliant^- fine 
toile de lin ? De l'ancien frison bli, 
couleur^ adjectif bit, beau, bon, 
avec la terminaison ait, ald? 

Blials V. blialt 

Bliau, bliani v. v. blialt. 

Bliant v. blialt. 

Bloeher, heurter, choper, trébucher; 
mot encore en usage dans le patois 
de Montbéliard, sous les formes 
bluicher, biulcher; de Pallemand 
biotien, blutien, cadere, allidere. 

Bkd, bloie I, 386, blond ardent, jaune. 
Bloi était synonyme de blond (v. c. 
mot), comme le prouve Tépithète 
de blonde et bloie donnée àYseuIt; 
mais, dans le principe, ce mot a 
signifié aussi bleu, ainsi qn^on le 
voit par le passage suivant : £ gnn- 
fanuns blancs e blois e vermeilz 
(Ch. d. R. p. 40, cfr. p. 70); car on 
ne saurait guère comment, dans la 



mêlée, un gonfanon blond se distin- 
guerait d*un blanc, Bloi dérive de 
Tahal. blao, blaw, flavus et caeru- 
leus ; ancien norois blar^ ib ; ancien 
saxon blâu, gén. blâwes, anglo- 
saxon bloev, bleo, C*est dans une 
forme semblable à ces dernières 
que bief II, 243, bleu, a son ori- 
gine; le /peut reposer sur un fém. 
blave, bleve, cfr. prov. blau, f. blava. 
Bleu n'est qu'une forme distinctive 
de bloi. Cfr. pau, poi, peu. 

Blond, blonde, blond; Imâ. blnndus, 
blondus; de Panglo-saxon blonden, 
mélangé, teint, puis gris, fauve; 
ancien norois blendinn; de sorte 
que blonden-feax (feax= chevelure) 
signifie à cheveux mélangés, c.-à-d. 
gris, de là blanc, de couleur claire, 
blond. Les changements do signi- 
fication que les noms des couleurs 
ont éprouvés sont si grands, que 
celui-ci n'a rien d'extraordinaire. 
De là blondir, user d'art pour pa- 
raître ou faire paraître blond. 

Blondir v. blond. 

Bloque v. bocle. 

Bloquer v. bocle. 

Bios, blons, dépouillé, privé; mot qui 
se rencontre surtout dans les au- 
teurs picards; de Tallmâ. blôi, nu- 
dus, mot dont les origines sont 
encore à éclaircir; car Pahal. plôi, 
qui se montre une seule fois, signifie 
superbus; par contre, on a beau- 
coup de formes en t: blott, nudus, 
en Snisse et en Bavière blutt, sur 
lesquelles se fonde Titalien biotto, 

Blostre, blonstre, petite motte de terre 
renversée par le soc en labourant; 
de l'allemand bolster; ancien norois 
bolslr, cumulus; hollandais bolster, 
coque, gousse ; allmod. pois ter, cul- 
cita. II y a en français rapproche- 
ment du / à la consonne initiale. 

BlOBB V. blos. 

Boban V. bobance. 



BOB 



U 



BOE 



Bobance, boabuioe, benbanœ, pompe, 
faste, grand appareil, luxe, pré- 
somption, ostentation, arrogance, 
vanité; bobander, bonbanoier, ben- 
bander, vain, qui fait étalage, fier, 
hautain, fanfaron, orgueilleux, pro- 
digue ; bobant, beubant, boban, comme 
bobance; de bombus, bourdonne- 
ment, bruit, bombicus, bruyant, 
fanfaron. 

Bobander v. bobance. 

Bobant ▼. bobance. 

Bobe V. bobance. 

Bobalin v. boef. 

Boee, milieu élevé du bouclier; bosse, 
charbon pestilentiel; boça, bossu; 
bodet, plein de bosses, infecté d'une 
maladie pestilentielle; boder, bos- 
seler; Imâ. bocia, bossia, bossa — 
bocius, etc.; de Pallemand buti, 
Pextrémité de qqch. , un petit bou- 
ton, en général quelque chose d^ob- 
tus, de mousse, de grumeleux, une 
masse, de bôiên, pousser (pousser 
en dehors, en avant). Cfr. boter. 
Notre but, composé début, et bute 
appartiennent à la même racine. 
Bot dans Texpression pied bot se 
rattache également à buti. 

Boch, bouc M. s. J. 450, bouc. Ce 
mot se retrouve dans le celtique et 
l'allemand ; mais comme M. Grimm 
pense que les Allemands ont em- 
prunté ce mot du français, il faut 
le dériver du celtique btoch. Notre 
mot boucher, comme Ta déjà dit 
Valois, dérive de bouc, ainsi tueur 
de boucs, dans le principe; de là 
boucherie. Notre bique n'a aucun 
rapport avec bouc; il doit avoir la 
même racine que Titalien becco = 
bouc. Quelle est -elle? 

Bêche, boiche, bonce, bouche, huche, 
bouque I, 66. 145. 194. 356. II, 386, 
bouche; de bucca^ creux, joue, plus 
tard bouche, gueule; boud, bouni, 
bouflsin, bouchée, morceau, lopin; 



d'après buccea» A bouche se rap- 
portent 6oucAon et 6ot«cAer,obturare. 
Le Duchat est tombé sur cette origine, 
mais il a mal conclu. Le bouchon 
est propr. ce qui remplit la bouche, 
spécialement l'ouverture de la bou- 
teille, ital. boccone, prov. boco, 
bocon; d'où, par analogie, on fit 
le vb. boucher. Honnorat s. v. boach 
a aussi pensé à bouche. 

Boder v. boce. 

Bodet V. boce. 

Bode, bude, boude, bloque II; 237, 
bosse, centre du bouclier; dér. bo- 
der, buder, bondier, bloquier, bou- 
clier. On a dit aussi escut bucler, 
c-à-dire écu à bosse. Cfr. l'ahal. 
buckeler, écu à bosse. De buccula, 
joue, à cause de la ressemblance 
de cette bosse avec la joue, comme 
l'indique DG. s. v. 

Boder v. bocle. 

Bogu v. boce. 

Bodne, bonne, bone, borne I, 390, M. 
s. J. 448, borne, limite; Imâ. bodina, 
bodena, bonna. La forme primitive 
est sans doute bodina, d'où bodne 
et de celui -ci borne. Ainsi ni le 
grec /iovt'ôç, colline, ni le breton 
born, qu'on a proposés comme pri- 
mitifs de borne, ne peuvent être 
admis. Racine: goth. bauths (baud), 
stumpf ? Cfr. Dief. G. W. I, 300. 

Bodon V. bozon. 

Boe I, 253, boue; peut-être du kymri 
6aw, boue; de là boier, bourbier; 
emboeir I, 134, embouer, embour- 
ber, souiller. Cfr. Dief. Celt. I, 278. 
G. W. I, 280. M. Chevalet place 
en face de boue, qu'il dérive cava- 
lièrement de l'allem. both, l'anglais 
bog, Bog et le lombard boga, ne 
peuvent avoir le même primitif 
que boe. 

Boef, buef, s. s. et p. r. boes, bues, 
bOB II, 51, boeuf; de bos (bov); de 
làbovier, bouvier II, 51. 331, bon- 



BOE 



45 



BOl 



vier; bobelinl, 253, bouvier, vacher; 
de bubulinus pour bubulcus, 

Boel, s. s. et p. r. boians, boyau; boete, 
boide, buele, bnille II, 391, boyaux 
(collectif); de botellus (Martial ô, 78), 
petite saucisse; de là eiboeler, es- 
bnjller H, 390, ouvrir le ventre, 
arracher les boyaux. 

Boele V. boel. 

Bofla y. bon. 

Boei V. boef. 

Boge, bouge, sac (de cuir); bogette, 
bongette, valise; d'où Tancien an- 
glais bogeit, aujourd'hui budget^ que 
nous avons emprunté. Latin bulga, 
que Festus désigne comme un mot 
gaulois: Bulgas Galli sacculos scor- 
teos appellant. La racine de ce 
mot se retrouve dans le celtique et 
Tallemand: ancien irlandais bolc; 
gallois bolg, buUg; ahal. bulga, de 
belgan, pelkan. Bouge (espèce de 
chambre) est le même mot. 

Bogette v. boge. 

Bohordeii v. horde. 

Bohorder v. horde. 

Bohort V. horde. 

Bohourdeii v. horde. 

Bohourder v. horde. 

Bohonrt v. horde. 

Boiani v. boel. 

Boiehe v. boche. 

Boiele v. boel. 

Boier v. boe. 

Bdllant v. bolir. 

BoîUir V. bolir. 

Boillon V. bolir. 

Boire v. boivre. 

Boif (je), baise v. baisier. 

Bois, boe II, 228. 301, bois; Imâ. 
boacus, buêcus; dim. boisette 1, 192, 
menu bois. M. J. Grimm propose 
de rapporter bois à bauen^. par le 
moyen d'un adjectif hypothétique 
bumse, buisc, matériaux de bâ- 
tisse , bois. Dér. boinere, bois, clai- 
rière; boecage, bowaige, boeohage 



II, 244, forêt; bofohet, boeqnet, 
petit bois, bosquet ; comp; debnieher, 
débusquer; embnscher, embninder I, 
embusquer, mettre en embuscade, 
d'où embuBchement II, 383, embus- 
cade. Notre bouquet appartient à 
la même racine et devrait s'écrire 
bouquet pour bousquet. Bnache, éclat ; 
bûche; d'oùbnflcher, abattre du bois; 
est de la même famille. 

BeÎBdear v. boisie. 

Boiadie v. boisie. 

Boiidif V. boisie. 

Boiadivement v. boisie. 

Boiiel V. boiste. 

Boiteor, boiseonr v. boisie. 

Boiser v. boisie. 

Boisette v. bois. 

Boisenr v. boisie. 

Boine, félonie, fraude, trahison, trom- 
perie; Imâ. bausia, prov. bauza, 
bauzia; boiser, boisier, boissier II, 
294, tromper, duper, donner le 
change, violer sa foi et son ser- 
ment, commettre le crime de félo- 
nie; Imâ. bausiare, prov. bauzar; 
boisieres, boiseor, boisenr, boiseonr, 
bozeonr, faux, trompeur, qui manque 
à son serment, qui viole sa foi. 
Au lieu de ces formes, on trouve 
boisdie = boisie ; boisdif ( adjectif) ; 
boisdivement, frauduleusement; bois- 
deor = boiseur. Le d n'est sans 
doute qu'une imitation de celui 
de voisdie (v. ce mot), parce qu'il 
n'existe pas un adjectif boise, qui 
aurait pu produire boisedie, boisdie, 
IjCS formes de la basse latinité et 
du provençal demandent un au dans 
la racine, d'où s'est développé oi; 
cfr. savoir p. déf., pau. Quelle est 
cette racine? L'ahal. bôsi, pôsi, 
sans force, sans prix ; dans les com- 
positions, mauvais, méchant, nui- 
sible; sot, imbéciUe; aujourd'hui 
boese, conviendrait pour le sens; 
mais la forme ne va pas, parce que 



BOI 



46 



BON 



jusqu'ici on n^a retrouvé aucun ra- 
dical en au (bausi). Il est vrai que 
Vô pourrait équivaloir àl'aii goth., 
mais c'est une question qui n'a pas 
encore été éclaircie, bôsi, manquant 
dans le goth. et l'ancien norois. 
Cfr. gallois bos, abject, vil. 

Boiner v. boisie. 

Boinere v. bois. 

BoisiereB v. boisie. 

Boinne v. buisine. 

Boiase, boissele v. buisson. 

Boxnel v. boiste. 

Boiflfier v. boisie. 

Boiste II, 118, boîte ; prov. bostia^ baissa. 
Ce dernier mot dérive de pyxis, 
par l'intermédiaire du Imâ. b%ix%s; 
de btueida pour pyœida dérivent 
boiste, bostia (celui-ci par trans- 
position de l't bnxdia). Cfr. DC. 
s. V. buxis , que Rayn. L. R. II, 233 
a eu tort de ne pas suivre dans 
sa dérivation de boissa, bostia. Le 
mot boiisel, boisel II, 182, notre 
boisseau (mesure) doit être un dé- 
rivé de boiste; Imâ. bustellus. 

Bdvre, beyre, beivre, baivre, boire, 
beire II, 122 et suiv., boire; prov. 
beure, ital. bevere, esp., port, beber ; 
inf. empl. subst. II, 12ô; beveres, 
beveor I, 77, buveur; bibitor; de 
là bovraige II, 125, boisson, breu- 
vage; beverie, action de boire, bu- 
verie; comp., d'après la Ire et la 
4me conjng., dès les plus anciens 
temps, aboivre, abevre, aborrer et 
abevrer II, 126. 189; emboivre II, 
126; fomboivre, d'après Monet, 
abreuver (un animal) ayant chaud; 
oltreboivre, s*enivrer, boire trop; 
sorboirre, boire outre sa soif, avec 
excès. 

Bejon V. bozon. 

Bolengier II, 139, boulanger; selon 
DC. s. V. boulengarius , de boule, 
parce que les pains avaient la forme 
d^une boule; mais il faudrait déjà 



avoir un dérivé boulange; et que 
signifierait -il? Cfr. Ménage. 

Bidir, boUîr, bdllir, bnlir, bnillir I, 323, 
bouillir, faire bouillir, bouillonner, 
se répandre en bouillonnant, 8*agiter 
fortement : boillant part prés. empl. 
subst. pour la saison chaude, les 
canicules , v. G. 1. L. 1 , 177 ; comp. 
esboilir, esbonlir, bouillir, être très 
chaud, animer ; subst. dérivé bonUoii 
I, 323, bouillon, c.-à-d. avec l'idée 
de bouillonement ; boulon, bourbier, 
parce qu'il s'échappe des bulles de 
la bourbe. Cfr. boule de la même 
racine. 

Bon, boen, boin, bnen bon; do bonus; 
bon feroit II, 53; empl. subst. par 
opposition à méchant II, 388 ; subst. 
bien, volonté, plaisir, gré, ce qu'on 
désire, ce qui plaît; bonum; avoir 
de set bons I, 146; consentir ses 
bons (en parlant d'une femme) B. 
d. 1. Y. 190; voloir le bon de qqn. 

I, 386 ; faire ses bons (d'une femme) 

II, 60. 68 ; face de mei iut sun bon 
II, 190, faciat quod bonum est co- 
ram se; adv. bonement, bnenement 
I, 81. 252. II, 166, convenablement, 
franchement, de son propre mouve- 
ment; dér. vb. comp. aboenir (s') XI, 
99, s'abonir, s'apaiser, se calmer, 
se contenter, s'assujettir; transitif 
améliorer; bonteit, bonté 1, 46, bont^ 
Cfr. bien. 

Bonaiir v. aûr. 

Bondie v. bondir. 

Bondir, bnndir, retentir, sonner, cor- 
ner; bondie, retentissement, rer^ail- 
lissement, bond; de bombitare, d'a- 
près la 2e conj. Cfr. tentir de tinni- 
tare, pour le ef, coude de cubitus, 
et DC. s. V. bunda, sonus tympani. 

Bone V. bodne. 

Bonement v. bon. 

Bonenr v. aûr. 

Bonne v. bodne. 

Bonte^ boutait v. bon. 



BOO 



47 



BOT 



Boort V. horde. 

Bor II, 276 et gloss. ore II. 

Borbe, bourbe; Imâ. borba, barba, 
borbor; qu'on compare à fioQfioQOÇ. 
Cfr. Dief. Celtl, 199. 

Borbetor, barboter, patauger. Borbeler 
a-t-il quelque liaison avec borbe? 
Je ne le pense pas ; c'est une simple 
onomatopée. Cfr. le grec fioç^OQvCfo, 

Bore, boure, bure, borg, s. s. et p. r. 
bors, ville défendue par une forte- 
resse, par une citadelle, par une 
enceinte de murailles, ville forte, 
puis ville en général , et enfin la 
signification que nous donnons à 
bourg; du goth. baurgs, ville; ahal. 
puruc, ail ma. bure, anglo «saxon 
burg; ancien norois borg^ etc., de 
bairgan. Ce mot passa dans pres- 
que toutes les langues européennes; 
les Romains eux-mêmes en firent 
usage de très-bonne heure sous la 
forme burgus, puis burgum. De là 
borgoÎB, bexjoii, bourgoiB, bnrgeû, 
boneis II, 310. 324, bourgeois; 
benrgeiie, borgoisie, boijoine, bour- 
geoisie, droit seigneurial sur les 
bourgeois d'une ville; faire bor^ 
goisie, se reconnaître bourgeois de 
quelqu'un; borgaignage , droit que 
les habitants d'un bourg payaient 
au seigneur du lieu. 

Bordans v. borde. 

Borde, petite maison, ferme, métairie ; 
d'où bordel, s. s. et pi. r. bordians, bor- 
dani, bordeans; d'ici bordelet, petite 
maison, chaumière, bicoque ; du goth. 
baùrd, planche , anglo-saxon bord, 
tabula, mensa; navis; ancien-saxon 
bord, ib. et domus. Le texte des 
S. d. S. B. à bordele, f. Dér. bor- 
dier, fermier. 

Bordeans v. borde. 

Bordel, bordelet v. borde. 

Border v. horde. 

Bordiani v. borde. 

Bordier v. borde. 



Borg v. bore. 

Borgaignage v bore. 

Borgois, borgoine v. bore. 

Boxjois, boijoiiie v. bore. 

Borne v. bodne. 

Bore v. bore. 

Borse, bourse, bourse; de byr$a{3v(}aa)j 
peau, cuir; dimin. bonelet, borset, 
petite bourse. 

Borselet v. borse. 

Borset v. borse. 

BorzeÎB v. bore. 

Bos, bois v. bois. 

Bo8, boeuf V. boef. 

BoBoage, boscaige v. bois. 

BoBchag^ V. bois. 

Boechet v. bois. 

Boiquet v. bois. 

Bot V. boter. 

Boteis V. boter. 

Boter, botter, bouter II, 121. 228. 241. 
355. 371 , pousser, heurter, repous- 
ser, frapper, enfoncer, mettre; de 
Tallma. bôien , pousser, heurter, 
frapper; en Suisse botien, en Ba- 
vière 6o5£en; d'où bêtement, boteis, 
choc, l'action de pousser; subst. 
botte, coup, heurt; bot, bout, bout; 
de bot^ tôt de bot, de suite, tout de 
suite; d'où notre debout, aboutir, 
Yb. comp. deboter, débouter, re- 
pousser; d'où debontement , action 
de repousser; rebonter II, 245, re- 
pousser, remettre. Dér. boton, bon- 
ton, bouton, bourgeon, c'est-à-dire 
quelque chose de saillant (cfr. boce) ; 
botone, garniture de boutons; d'où 
bétonner, garnir de boutons, former 
nombre de boutons ; boteron n, 356, 
petit bout, l'extrémité. M. Diefen- 
bach dérive boton du kymri bot^ 
any round body. Dans Tancienne 
langue, le crapaud portait le nom 
de bot, s. s. boi, botte, et cette dé- 
nomination se rattache également 
à la racine bôiên, c.-à-d. que le 
crapaud est un animal poussé, gonflé. 



BOT 48 BOZ 

boursouflé; mais, au Jieu de bot. Bouge, bongette v. boge. 

on trouve aussi boterel, bouterel, Bonle, boule, bulle; de bulla^ bulle, 

s. s. et p. r. botereans, boteriaus, ce globule qui s'élève sur Teau, boule, 

qui nous reporte à botter, c.-à-d. etc. Dans Tancienne langue , boule 

à la même racine 3ous un autre signifiait aussi astuce, tromperie, 

point de vue ; le boterel serait Tani- ce qui concorde très-bien avec Tidée 

mal qui pousse , qui heurte , qui du primitif latin. De là bouler, rouler 

marche par bonds. — Plusieurs pa- comme une boule; user de finesse, 

tois, entre autres celui de Montbc- tromper; enfin aujourd'hui gonfler 

liard, font usage de bouter, dans le gésier, en parlant des pigeons; 

le sens de mettre, placer, poser. d^où s'esbonler, s^ébouler, se préci- 

Botereaus v. boter. piter; dér. boulon, grosse flèche, 

Boterel v. boter. trait d^arbalète ; aujourd'hui espèce 

Boteriaus v. boter. de clou à grosse tête (bulla = tête 

BoteroB v. boter. de clou, bouton); et notre billet, 

BotOB, botone v. boter. itai. boUetta, bulletin. 

Bétonner v. boter. Bouler v. boule. 

Botte, boute, sorte de tonneau, hotte; Boullon v. bolir. 

bout, bouteille, pot; dér. boutille, Boulon v. boule et bolir. 

bouteille, ib., Imâ. buticula; bouteil- Bouque v. boche. 

lier, boutilHer, boutillier, échanson; Bouro v. bore. 

bouteillerie , boutillerie, boutillerie. Bourde v. horde. 

échansonnerie Notre botte^ chaus- Bourder v. horde. 

sure = tuyau , est le même mot. Bourgeâe v. bore. 

Presque toutes les langues ont ces Bourgois v. bore. 

formes, p. ex. en grec ^vnç^ plus Bonne v. borse. 

tard ^ovjiç, /SoCtt» ç = Iroâ. buttis, Bouson v. bozon. 

butta, buta, bottus, bota, buza, etc. ; Boussi v. boche. 

^uiivrj, bouteille (à Tarente); en Boussin v. boche. 

anglo-saxon butte, byt, bytte, ton- Bout, boute v. botte. 

neau, allm. butte, butte, botte, bot- Bouteille v. botte. 

tich, etc.; gallois bot, botte, etc. Bouteillerie v. botte. 

Botte, coup V. boter. Bouteillier v. botte. 

Botter V. boter. Boutement y. boter. 

Bou, bracelet: Ses armilles, qu'om Bouter v. boter. 

bous apele, Ben. v. 7418; Imâ. boga, Bouterel y. boter. 

bouga; de Pahal. boug, anneau, Boutille y. botte. 

chaîne, collier, de biugan, aujour- Boutillerie y. botte. 

d^hui biegen^ fléchir, courber. Boutillier y. botte. 

Boubanee v. bobance. Bouton y. boter. 

Boubauoier y. bobance. Bouvier y. boef. 

Bouc y. boch. Bouson v. bozon. 

Bouœ y. boche. Bovier y. boef. 

Bouche y. boche. Bovraige y. boivre. 

Boud y. boche. Boxeour y. boisie. 

Boude y. bocle. Boi v. boter. 

Bouelier y. bocle. Boion, bouicm, bouson, sorte de flèche. 



BRA 



49 



BRA 



gros trait d'arbalète, dont l'extré- 
mité se terminait par une tête; il 
ressemblait en cela au matras; de 
l'ahal. boliy poh^ allmâ. boh, une 
petite flèche ; anglo-saxoi) boit, gros 
trait de nfain; ancien norois bolti. 
An lieu de boion, on trouve bodon, 
Agolant 205, bojon, R. d. Ren. III, 35. 

Brao, bras v. bras. 

Brac, fange v. brai. 

Braee v, bras. 

Braoeier v. bras. 

Bracer v. bras. 

Braeerole y. bras. 

Braobe, bracon, chien de chasse qui 
a les pieds courts, braque; de là 
braconer, chasser avec le bracon; 
braoonier y veneur, notre braconier. 
On lit dans Grég. de Tours: Ado- 
lescens quidam nomine Brachio, quod 
eorum (scil. Arvernoruro) lingua 
interpretatur ursi catulus. (De vit. 
patr. c. 12) Brach, en irlandais, 
signifie ours , et to = ua , catulus. 
On trouve encore brag, Brequigny 
I, 350, Bragoglio = brag, ours, 
goglio, ruisseau, 6uér. 2, 262, Breuil, 
braogilo. Dans Gr. d. T. Hist. 5, 2 
on voit que le nom de Brachio se 
rapporte à un Thuringien, et on en 
a conclu que broche, bracon était 
d'origine allemande : ahal. braccho. 
Braccho, comme faon, a désigné 
les petits de tous les animaux, et 
on pourrait le faire dér. de bër, 
ours, comme le celtique brach. Je 
préfère cependant l'étymologie cel- 
tique, parce que Torigine de braccho, 
dér. de bër, n'est pas encore prouvée 
incontestablement; et si bracon parle 
pour Tahal. braccho, brache est de 
même en faveur du celtique brach. 

Braohe v. bras. 

Brachel, brachele v. bras. 

Braehens v. bras. 

Brachoier v. bras. 

Brader v. bras. 
Bnrguy, lanfirue d'oll, Glossaire. 



Bracon, braconer v. brache. 

Brae v. braic. 

Braech v. bras. 

Bragens v. brai. 

Brahaigne v. baraigne. 

Brai, bray, brac, fange^ limon, boue, 
terre grasse ; Imâ. braium , braio- 
tum; de là i'adj. braiens, brayens, 
boueux, fangeux ; plus tard brageoB, 
prov. bragos; de la racine alle- 
mande brach, rejiculum, rebut, qui 
peut se rapporter à breken, braken 
= ausbrechen ; ou prenant b = w, de 
wrahen, rejicere; cfr. Dief. G. W. 

I, 233; brackisch, corruptus; an- 
cien norois brâk, oleum rancidam, 
etc.; prov. brac, ital. brago. 

Braic v. bras. 

Braidif, braidi, braidis v. braire 
Braie , brae (brage, brague), ordinaire- 
ment au pluriel, vêtement en usage 
chez nos pères, espèce de haut- 
de-chausse. Nous avons conservé 
le diminutif brayelte. Braie, de 
braca, bracca, dont Ovide s'est 
déjà servi (Tr. 5, 7, 49). C'est un 
mot gaulois, dit-on. L'ahal. apruah, 
proh, l'anglo-saxon braec, le hol- 
landais broeck, l'irlandais broages; 
le breton bragei, et nos paysans 
disent brague pour braie. De braie 
vient braiel, braiol, braienl, braier 

II, 393, ceinture placée au — des- 
sus des braies. 

Braiel v. braie. 

Braier v. braie. 

Braienl v. braie. 

Braiens v. brai. 

Braiens s. s. et p. r. de braieul. 

Braiol v. braie. 

Braion v. braon. 

Braire II, 19. 229. 339, crier, brail- 
ler, se lamenter; résonner; aujour- 
d'hui dans un sens fort restreint; 
subst. brait II, 370, cri, clameur; 
de ce dernier braidif, braidi, braidis, 
hennissant, fougueux, furieux. Cfr. 

4 



BRA 



50 



BRA 



Rayn. Il, 248. Braire, Imà. braiare, 
bragire, de la racine brag; anglais 
brag, kymri hragal, faire du bruit. 
Cfr. Schwenk D. W. s. v. prahlen. 
De braire dérive sans doute brail' 
1er; cfr. criailler de crier. 

Braifl, braisse v. bras. 

Brait V. braire. 

Bran y brano v. bran t. 

Brance v. branche. 

Branche, branoe, Imâ. branca, branche : 
mot celtique : breton brank, branche ; 
ancien gallois brac, kyinri breich, 
bras, par suite de la syncope du 
n; de là blanchir, avoir des branches, 
partie, branchn. 

Branchir v. branche. 

Branchn v. branche. 

Brandeler v. brant. 

Brander v. brant. 

Brandir v. brant. 

Brandon v. brant. 

Brans V. brant. 

Brant, brano, bran, branz, brans I, 
96. 97, lame d'épée, de glaive, et 
par extension, Tépée, le glaive; de 
Tabal. prant, brant, incendium, 
titio; ancien norois brandr^ ib. et 
lame d'épée; de là brandir, brandir, 
branler, darder, lancer; d'où notre 
brandiller; dans Tancienne langue 
brandeler, remuer, s'agiter, forme 
complète de notre branler, pour 
brant/eler, brandoler ; comp. ébran^ 
1er. En partant de la signification 
incendium, on a formé brandon, mor- 
ceau de bois allumé, tison, torche; 
brander, être en flammes, brûler; 
d'où abrander, s'allumer, s'enflam- 
mer; esbrander; allumer, mettre le 
feu. (Cfr. esbraser.) 

Brans v. brant. 

Braon, braion, renflement de chair, 
morceau de chair, partie charnue 
du corps de l'homme et des ani- 
maux, en particulier mollet et fesse ; 
de l'ahal. brâto^ partie charnue. 



mollet; de là esbraoner, déchirer, 
dilacérer, mettre en pièces les chairs. 

Bras, bras, btais, bras; de brachium. 
Dans les dialectes de Normandie 
et de Bourgogne, ce mot a été fixé 
de fort bonne heure à 'la forme in- 
variable en 8 final; mais dans le 
langage picard il se déclinait: s. s. 
et p. r. bras; s. r. et p. s. brac, 
braerh, braic. Du pluriel brachia, 
la langue d'oïl avait dérivé braee, 
brache, brasse, braisse, brase, que 
nous rendrions souvent assez bien 
par brassée, c -à-d. que il le tient 
entre sa brace signifierait il le tient 
dans sa brassée, embrassé. De là 
nous vient l'expression à brace le 
corps, que nous écrivons aujourd'hui 
fautivement à bras-le-corps, Brace 
se trouve cependant quelquefois à. 
la rime pour bras, A brace levée, 
à bras ouverts. Notre brasse, me- 
sure, est le mot qui nons occupe; 
dans l'ancienne langue brace, brache, 
brasse, était une mesure de terre, 
autant qu'un homme peut en la- 
bourer à bras dans un jour; d'où 
bracier, brassier, laboureur à bras, 
manouvrier. De bra^, bracer, brader, 
brasser, embrasser ; comp. embraoer, 
embrader, embrasser I, 405, em- 
brasser, saisir; braceier, braohoier, 
marcher les bras ballants, agiter 
les bras; bracerole, manche, vête- 
ment du bras; brachele, brachel, 
(brachens,) brassard, armure du bras. 

Brase, braise; de l'ancien norois brasa, 
souder, braser, bras, soudure; fer- 
rumen = anglais brass ; suédois brasa^ 
flamber; de là embraser, embraser, 
enflammer; d'où embrasement 1, 191, 
embrasement; esbraser, mettre le 
feu, allumer, embraser; abraser, 
enflammer, allumer. 

Brase v. bras. 

Brasse, brasser v. bras. 

Brassier v. bras. 



BRA 



51 



BRI 



Bran I, 151. II, 402, gâchis, boue, 
fange, ordure. Quoique brau ait 
la même signification que brai, il 
en diffère par la vocalisation. Il a 
pour correspondants Tesp. brea^ le 
port, breo, breu, qui, soit dit en 
passant, ne dérivent pas du français 
brai, comme on le pense communé- 
ment. Brau n'est non plus T équi- 
valent du prov. bro = k notre dér. 
brouei, ital. brodo, broda, esp., 
port, brodio ; de Tahai. b^od^ anglo- 
saxon brodh, ib. Brau est de la 
famille de Tallem. brei et de son 
affilié et synonyme bràgel, puis, 

. alial. prt, prio,' pria, allmâ. brî, 
anglo-saxon brig et briv, néerlan- 
dais brij ; de brêgen^ frigere, cuire ; 
ou, si Ton considère prio comme 
monosyllabe, de Tabal. prio=priu~ 
toati= anglo-saxon breovan = allmod. 
brauen, coquere. 

Bray v. brai. 

Brai V. bras. 

Bre préfixe v. loi. 

BréUB V. berbis. 

Bref, brief , (briei) I, 101, bref, court, 
rapide, de peu de durée ; de brevis ; 
en brief, bientôt; à brief, bref, 
enfin ; adv. breûnent, brieûnent, brie- 
mMLt I, 74. II, 241. 26Ô, bientôt, 
brèvement, rapidement ; subst. 1, 142. 
345, bref, lettre; dim. brieyet, pe- 
tite lettre; brefte, brieteit, brièveté; 
brevitoi; abrevier I, 101, abréger, 
accourcir; s'abrevier I, 241, se faire 
petit, s'humilier; abbreviare. 

Breûnent v. bref. 

Bregier v. berbis. 

Brèhaigne y. baraigne. 

Br«faaine v. baraigne. 

Brehange v. baraigne. 

Bret, broi II, 39ô, lacet, piège, ap- 
peau; d'où brdon, ib. Notre mot 
bretelle appartient à la même racine ; 
prov. bret, esp. brete, ceps. V. Rayn. 
II, 256. C'est ce bret, broi qu'on 



trouve dans nos dictionnaires sous 
la forme brai^ bray, piège à prendre 
les oiseaux, et que tous donnent, 
bien à tort, sous brai, résine, avec 
lequel il n'a rien de conmiun. Voy. 
ci-dessus. Bret, broi dér. de l'alle- 
mand : anglo-saxon bredan, plectere, 
nectere; a\i&\. pridan, prettan^ atrin- 
gère, nectere; bas-allemand breijen, 
tricoter, tresser; d'où, la racine 
immédiate de notre mot, anglo- 
saxon brâd, ancien saxon brêd, 
ahal. preit, dans le principe plectns, 
textus, puis pansus, expansns, all.- 
mod. breit. Cfr. bride. 

Breteohe, bretesche, breteske, bretetce, 
bretecque, tour de bois garnie de 
créneaux, dont on construisait un 
grand nombre pour défendre les 
villes et châteaux ou pour les at- 
taquer. En italien bertesca, bal- 
tresca, en provençal bertresca. Ra- 
cine? M. Chevalet dérive breteche 
de l'allemand brett-tach; c'est par 
trop ridicule. 

Bretecque v. breteche. 

Bretesce v. breteche. 

Bretesche y. breteche. 

Breteske v. breteche. 

Brenil v. bruel. 

Briban v. bribe. 

Bribe (brife? comme dans le patois 
picard), morceau, reste de pain 
d'un repas; de là briber, brifer, 
manger gloutonnement; mendier; 
briberesse , mendiante , coureuse ; 
briban, mendiant, gueux; brifftud, 
homme vorace, gros mangeur. Le 
breton a brifa — bribe ; brifaod = 
brifaud et dibri (vieux), dibri/f= dé- 
truire ; consumer, manger. Ne pour- 
rait-on pas faire remonter ces mots 
au kymri éritr, ce qui donnerait l'idée 
de rompre, briser, broyer ? Les autres 
significations se lient facilement à 
celle-là. Cfr. encore le gallois brib, 
vétille, chose de peu de valeur. 

4» 



BRI 



52 



BRO 



Briber v. bribe. 

Bribereise v. bribe. 

Brie (brioi et brii), brieon, drôle, co- 
quin, scélérat, malotru, impudent, 
imposteur, vantard, malavisé, sot; 
du roman hriga, dispute, d'après 
DC. ; mais le g ne permet pas cette 
dérivation. L'ahal. brecho, viola- 
teur (hus~brecho, pillard), convient 
parfaitement et pour le sens et pour 
la forme, si Ton compare le par- 
ticipe gothique ufbrikands, scélérat, 
et l'anglo-saxon brica, ib. Cfr. Dief. 
G. W. I, 318. C'est à la même ra- 
cine que se rapporte briqnetoise II, 
20, faute, attentat, crime, inceste. 
Mais la terminaison oise, est- elle 
pour ise , itia ? Pour la forme, cfr. 
brique, autrefois aussi briche, de 
ranglO'Saxon brice, morceau, frag- 
ment. 

Brioon v. bric. 

Brioi V. bric. 

Bride, bride; bridel, bride; ce der- 
nier de Tahal. brîlil, le premier 
de la racine de brîtil, qu'on trouve 
s. V. bret. 

Bridel V. bride. 

Brief y. bref. 

Briefinent v. bref. 

Briement v. bref. 

Bries V. bref. 

Brieteit v. bref. 

Brieyet v. bref. 

Brifaud y. bribe. 

Brifer y. bribe. 

Brigand y. brigue. 

Bxigandine y. brigue. 

Brigant y. brigue. 

Brigae, dispute, querelle, bruit; bri- 
gand, brigant, infanterie légère, puis 
pillard, voleur, brigand; d'où bri- 
gandine, haubergeon, cotte de mailles. 
Brigue, Imâ. briga, est d'origine 
inconnue, car le briga des langues 
celtiques ne peut avoir aucun rap- 
port à notre mot. (V. Humboldt, 



Urbewohner Hispaniens, p. 142.) 
Quant k brigant (cfr. truand), la 
forme doit nous être venue telle 
quelle et elle se trouve pent-être 
dans le nom de peuple Brigantes; 
le kymri brigani signifie highlander 
et pillard, et cette dernière signi- 
fication reporte au kymri brig, 
broussailles, taillis. Cfr. Dief. Celt.1. 

Briqnetoise v. bric. 

Brie y. bric. 

Briser, brisier II, 225 -- brnkier, 
braiser, bmser, briser (propre et 
figuré), rompre; brisieres, ceini qui 
brise, rompt; briseii, bmiseii, bris, 
action de briser. Les formes en t 
pur dér. sans doute de Talmâ. brîie, 
fragment, éclat; celles en tit radical 
se rapportent peut-être à l'anglo- 
saxon brysan, d'où l'anglais brmse. 
Bruiter peut encore être dérivé de 
l'ahal. brochisôn, qui a la même 
signification, ou du celtique, où Ton 
trouve p. ex. en gallois le collectif 
bruis^ fragments, éclats, etc. Brui^ 
ter, briser avaient les composés 
combriser, oombrniser (Q. L. d. R. 
Introd. 118), traduit par défoler, 
briser, dans d'autres textes; d'où 
oombrisement, action de briser ; oom- 
brissable , facile à briser, à écraser 
et debmisier, debroser, debriier, briser, 
rompre; d'où debmseis, comme 6rt- 
teii. De briser vient brisée, route. 
Cfr. rote, et l'anc nor. braut, de 
briota, frangere, ainsi chemin brisé- 
Cfr. Dief. G. W. s. v. 

Brisier, brisieres y. briser. 

Broc, pointe, pique; broche, broee, 
broke, brocque, lance, pieu pointa, 
fourche; brocher, broieher, broeer, 
piquer, éperonner, presser des épe- 
rons (et puis aussi broder, d^où 
brocard); de brochus, dent sail- 
lante, d'où pointe, fourche. Broche, 
broke, brocque signifiaient aussi ca- 
nelle, tuyau, robinet, et c'est le même 



BRO 



53 



BRU 



mot que le précédent, dont nous 
avons étendu la signification dans 
notre broc. 

Broce v. broc. 

Brooe, bro€he, brosse, menu bois, brous- 
sailles (dérivé de brocé); esp. broza, 
broutilles, débris; brosse; prov. brus, 
bfuyère; bronst, pâturage, chute des 
feuilles; de là bronster, brouter, qui 
devrait s'écrire avec un circonflexe ; 
prov. brostar ; ainsi ss de brosse = 
st; de Fahal. brusta, burst, porst; 
aujourd'hui borsie, soie, c.-à-d. poil 
raide d'un animal. Quelques éty- 
mologistes pensent que borste dé- 
signa primitivement Pidée de sur- 
gir, signification qui se montre dans 
Tancien saxon brusiian, bourgeon- 
ner. Cela parle en faveur de la 
dérivation proposée. Notre brosse, 
ustensile propre à nettoyer, est le 
broçe ici en question. Cfr, verge. 
Rebours, (rebourser) rebrousser 
propr. aller à contre-poil, sont de 
la même famille; Imâ. rebursus, 
hérissé, hirsute. Cfr. brost. 

Brocer v. broc. 

Broche v. broc. 

Brocher v. broc. 

Brocqne v. broc 

Broee, bronee, pluie subite et de courte 
durée, brouillard épais; forme par- 
ticipiale d'origine allemande : anglor 
saxon hrodh, vapeur; allmod. brod- 
em ou brod-en, vapeur. C'est à la 
même famille qu'appartient brouil- 
lard; cfr. l'allemand brodel, brudel, 
vapeur qui s'élève. 

Broel V. bruel. 

Broi V. bret. 

Broicher v. broc. 

Broigne v. brun. 

Broil V. bruel. 

Broillet v. bruel 

ftroine v. brun. 

Broion v. bret. 

Broke v. broc. 



Bronche, buisson , broussailles ; de même 
que broche, avec intercalation de 
n, de brochus qui s'écrivait aussi 
broncus. De là notre broncher; 
cfr. le prov. abroncar; Tital cespo, 
buisson, et cespitare, broncher; 
Mén. s. v. broncher. 

Bronie v. brun. 

Brosse v. broce. 

Brest, bronst, pousse, jet d'arbre; de 
l'ahal. prôi, bouton, pousse, bour- 
geon ; allmâ. broi, broae. Le breton 
brous, brosiai signifie jet des vé- 
gétaux. Ces mots auraient -ils eu 
de l'influence sur notre forme brou- 
ter? V. broce. 

Bronee v. broee. 

Bronst, pâturage v. broce. 

Bronst, pousse v. brost. 

Bmeil v. bruel. 

Bmeille, bmeillet v. bruel. 

Bmel, bmeil, brenil, bmelle, bmeille, 
bmil, bmille, broel, broil, Imâ. bru- 
gilus, brogilus, brolium^ broilus, etc., 
taillis, fourré, bois, forêt ; (et, comme 
les mots latins, taillis enfermé d'une 
barrière , parc ?) — braellet, bmillet, 
broillet, bmeillet, taillis, buissons, 
bosquet, petit bois. Raynouard 
place avec raison sous bruelh^ le 
verbe brolhar, bourgeonner, surgir, 
pousser; notre verbe brouiller a 
sans aucun doute la même origine ; 
de là brouillon, dans ses diverses 
acceptions. Cfr. broilhi, anc. franc. 
= brueillet, et, patois de Montbé- 
Iiard = brouillami, mélange confus. 
Quant à l'origine de bruel, on la 
croit celtique. Le kymri brog signifie 
gonfler, ce qui se rapproche sans 
peine des idées de germer, surgir, 
etc.; mais cette même racine brog, 
brug se retrouve en allemand. Y 
est -elle primitive ou est -elle em- 
pruntée des idiomes celtiques ? Quoi 
qu'il en soit, les mots romans nous 
sont venus des idiomes allemands, 



BRU 



54 



BRU 



c'est ce que prouve la terminai- 
son il. 

BrueUe, brnellet v. bruel. 

Broeroi v. bruiere. 

Broi, bruit y. bruire. 

Bmi, bru v. brut. 

Bruiere II, 51, dérivé d'un simple 
brug ( occitanien ) , bruyère, prov. 
bru, du kymri brtog, forêt, brous- 
sailles, breton brùg, bruyère Cfr. 
Dief. Celt. I, 216. De même brue- 
roi, bruyère; broussailles. Lmâ. 
bruera, bruarium. 

Bmil V. bruel. 

Braille, braillet v. bruel. 

Bruine v. brun. 

Bruine, gelée blanche, pluie fine et 
froide , parce que cette pluie tombe 
comme le brouillard qui accompagne 
.la gelée blanche; prov. bruina; du 
latin pruina, quoique le passage 
du p au b soit un peu extraordi- 
naire en français; cependant il y 
en a d'autres exemples: brusler, 
perustulare, treble, triplex, desrube, 
etc. M. Grandgagnage, s v. brou- 
hène, rejette cette étymologie, la 
transition logique ne lui paraissant 
pas satisfaisante. Elle me semble 
très - satisfaisante , qnand on a ob- 
servé la manière dont marche le 
brouillard qui accompagne la gelée 
blanche. 

Brnir II, 257, brûler, rôtir. La forme 
allemande qui se rapproche le plus 
de la nôtre est Talmâ. bruejen, néer- 
landais broeijen, échauffer, brûler, 
anglo-saxon breovan^ allmod. bru- 
hen; cependant pour la forme oc- 
citanienne braouzi, il faudrait avoir 
une forme avec o long, comme je 
l'ai dit, et je n'en connais pas. 
Cfr. bruire. 

Bruire II, 257; subst. bruit, brui I, 
57. 267, bruit. Après mûre réflexion 
et m'appuyant sur la comparaison 
du prov. brugir, ancien catalan 



brogir, j'admets la dérivation donnée 
par Ménage. 

Bruiser, bruiner v. briser. 

Bruit V. bruire. 

Bnunan v. brut. 

Brume, le solstice d'hiver, le plus 
court jour de l'année; brouillard; 
de brutna. 

Brun II, 230, brun; de l'ahal. hrûn, 
aujourd'hui braun, même significa- 
tion. Brun vient de brinnan, bren- 
nen, brûler, et signifie la couleur 
brûlante, de feu, le rougeâtre. Le 
primitif brinnan signifiant aussi 
briller, on en a dérivé brunir, bnrnir, 
brunir, polir, briller; d'où bumoyer, 
briller. A la même racine brinnan, 
par le moyen du dérivé gothique 
brunjo, ahal. brunja, brunna, cui- 
rasse, appartient brunie, bronie, 
broine, broigne, bruine, cotte de 
mailles, cuirasse. De brunir, les 
Allemands ont fait bruniren; ils 
nous empruntent souvent des mots 
dont ils nous ont fourni la racine. 
M. Chevalet renverse le rapport; 
selon lui, brunir dér. de bruniren. 

Brunie v. brun. 

Brunir v. brun. 

Brus v. bruz. 

BruBC, brusque, sombre, noir; furieux; 
notre brusque ; contracté de Tabal. 
brutlisc, sombre, furibond. 

Brusc, espèce de houx : selon Ménage, 
de ruscum, avec b préposé, pour 
renforcer la consonne initiale. 

Bruser v. briser. 

Brusler, brûler; prov. bruslar, Ital. 
brustolare; d'un simple inconnu en 
franc., prov. bruzar; ital. brusciare. 
Comme l'a dit Le Duchat, de pe- 
rustus, d'où le fréq. perustare, en 
roman pruslare, et avec changement 
de p en b, brustare, d'où les sim- 
ples prov. et ital., et de même de 
perustulare, brusler, etc. Cfr. prov. 
usclar, anc. esp. uslar, de ustulare. 



BRU 



55 



BUF 



Brut, broi, belle-filIc, bru, selon DC, 
aussi jeune mariée (s. v. epithala- 
uium); Imâ bruta; de Tallemand : 
goth. bruths, belle-fille; ahal. brut, 
sponsa, couj ux ; nurus ; alitnod.braul ; 
anc. saxon, suéd., dan. brûd, etc.; 
cfr. Dief. G. W. I, 329. II, 765. 
Si la signification indiquée par DC. 
est fondée, brut dérive de la forme 
générale allemande, et non du go- 
thique bruths, qui, en un seul en- 
droit, a la signification de bru. Cfr. 
bruman, mot encore en usage dans 
la Normandie et la Champagne, 
pour dire nouveau marié, autrefois 
gendre, beau -fils, de Tanc. norois 
brûdh-mannr, convive des noces, 
bas -allemand brùtman, celui qui 
conduit la fiancée. 

Bnu, bnu (Ben. v. 27Ô3G où le sic 
est de trop), en prov. bruli<f au- 
jourd'hui brusc, poitrine; de Tahal. 
prust, brust, goth. brusts, ancien 
norois briost, ancien frison briast, 
brast; brust, poitrine. 

Bu V. bue. 

Bac, ba, s. s. et p. r. bues, bus II, 218, 
buste du corps humain, tronc; de 
Tahal. bûh, allmâ. buch, ancien no- 
rois bûkr, ventre et tronc. M. Che- 
valet dérive 6fic de brust, sans sMn- 
qutéter de ce que sont devenus le 
r, le s et le £ ; c'est fort commode. 
Cfr. bruz. Comp. de bue, trabucher, 
trabachier, trebuchier, tresbucher II, 
228, jeter à terre, renverser; s'a- 
battre, tomber à la renverse; dé- 
truire, ruiner; d'où trabuohet, tré- 
buchât , machine de guerre pour 
jeter de grosses pierres; trcbnohe- 
ment, trabuchement I, 82, action 
de trébucher (propre et figuré). 

Buce V. busse. 

Boche, bouche v. boche. 

Bnche, navire v. busse. 

Bnde v. bocle. 

Bâcler v. bocle. 



Bues V. bue. 

Buée, lessive; buer, laver, nettoyer, 
purifier; faire la lessive; buresse 
(femme), laveuse. Prov., esp. Au- 
gada, bugadar. On a voulu dé- 
river btier de Taliemand bauchen, 
6ât<cAen:= buer;. mais il y a impos- 
sibilité absolue, car le mot alle- 
mand no se montre, au plus tôt, 
que dans le XVe siècle, et il dérive 
sans doute du roman. Les Italiens 
font remonter leur bucalo = buee à 
buca, trou, parce qu'on passe la 
lessive par un linge percé de petits 
trous, et Ton prétend que buée, 
bugada, dérivent de l'italien. Com- 
ment donc ? Il faudrait prouver que 
les Espagnols, les Français et les 
Provençaux ont emprunté le procédé 
des Italiens, car s'ils ont connu la 
méthode de faire la lessive, ils ont 
eu un mot pour exprimer cette action. 
Buer doit se rapporter à une racine 
qui exprime l'idée de mouiller, trem- 
per, parce que l'opération principale 
en coulant la lessive est de tremper 
le linge, pour détremper la saleté; 
et nous retrouvons cette racine dans 
le gallois bog , tremper, secouer. 
L'o radical, qui, au premier abord, 
semble s'opposer à cette dérivation, 
ne fait aucune difficulté, o se trou- 
vant pour u , Qt u pour o, dans 
les idiomes celtiques. Le breton 
buga, fouler, presser avec les mains, 
surtout le linge, est-il emprunté du 
roman? Buresse demande un pri- 
mitif bure, qu'indique DC. s. v. 
bura. Est -il de la même branche 
que buée? Cfr. Dief. G. W. I, 278. 

Baef V. boef. 

Baele v. boel. 

Buen, buenement v. bon. 

Buer v. buec. 

Buer adv. II, 27G et ore II. 

Bues v. boef. 

Bufe, bouffe, soufflet; la partie du 



BUF 



56 



BUI 



casque qui couvre les joues; bufet, 
ib.; le devant de la tête; la seuil 
de la porte, table, chambre, cabinet, 
bureau (buffet); vb. bufer, buffer, 
enfler les joues, bouffer, bouffir^ 
donner des soufflets; et de la même 
famille, avec p, notre pouf, pouffer. 
Comme Ta dit Ménage, ces mots 
sont onomatopéiques. L'idée do coup 
réunie à celle de souffler, enfler, n'a 
rien que de naturel , notre soufflet 
et souffler en sont la preuve. On 
a voulu dér. nos mots de l'alle- 
mand puff, puffen: c'est peine per- 
due, puffen, etc., ne sont pas vieux 
dans la langue. — Reste à expli- 
quer comment bufet en est venu à 
signifier ce que nous nommons ainsi. 
Le bufet était, dans le principe, une 
sorte de table placée près de la 
porte, à laquelle on admettait les 
pèlerins, ménétriers, etc., qui ré- 
clamaient rhospitalité. Les gens de 
cette espèce étant doués d'un bon 
appétit, tout ce qui venait du dois 
ou grande table, passait et dispa- 
raissait à l'endroit qu'on nomma 
bufet par opposition au dois, c.-à-d. 
que bufet fut d'abord le lieu à se 
bouffir, le lieu bouffi, et de là peu 
à peu les significations actuelles. 

Bufer V. bufe. 

Bufet V. bufe. 

Bngle, boeuf, boeuf sauvage ; buculus ; 
de là bngler II, 277 notre beugler. 

Bngler v. bugle. 

Bngne, bune, buigne {beugne, dans 
Ménage), bouton, tumeur, contusion, 
enflure, bosse. Notre mot bigne, 
tumeur au front qui provient d'un 
coup ou d'une chute, est identique ; 
c'est une forme dialectique avec 
changement de u en i. Le patois 
do Montbéliard a gugnc. De là 
beignet, dans plusieurs contrées 
bignet, A Lyon, bugne est le nom 
d'une espèce de crêpes, roulées et 



frites à r huile. De l'ancien norois 
bunga, tumor, verbe protnberare? 
Les langues celtiques ont plusiears 
mots en p initial, dont la signifi- 
cation se rapproche de celle de 
bugne et du primitif norois proposé 
hypothétiquement. 

Baie , entrave, ceps, fers, chaîne ; Imâ. 
boia ; vb. comp. enbnier, mettre dans 
les ceps, dans les fers. Notre bouée, 
autrefois 6oi6, est le même mot; on 
a donné le nom de l'attache au 
bois qui nage sur l'eau. Boja se 
trouve déjà dans Plaute (As. 3. 2, ô) 
avec le sens de carcan, collier de 
fer; c'est la racine de bute, 

Bnigne v. bugne. 

Bnille v. boel. 

Buillir v. bolir. 

Bnire (bure), rouge brun, brun; de 
burrus, du grec nv^iôùç; de là 
bnrel, burians, grosse étoffe de laine ; 
notre bure, bureau, d'où meuble 
couvert de cette étoflfe. Cfr. le latin 
birrus aussi de Tiinjoûç, A la même 
racine appartiennent encore Un- 
tean, bintoir, blnter, Imâ. buleteilum, 
buletare : neuf cenz mnis de flur 
delieement buletee (Q. L. d. R. 239); 
où le / est pour r, comme le prouvent 
buretel dans la Bible Gniot 2322, 
le bourguignon burteau, l'ital. bu^ 
ratello et le breton burutel pour 
buratel ; de sorte que buretel signifie 
propr. un monceau d'étoffe (bureau) 
propre à tamiser. DC. s. v. burallos 
connaît buretele dans le sens de 
morceau de bureau, ou bourse. 

Bnisine, bnsine, boisine I, 370, espèce, 
de trompette; de buccina; vb bni- 
Eôner, sonner de la buisine. 

Buisixier v. buisine. 

Baisse v. buisson. 

Baisser, heurter; comp. abaisser, heur- 
ter, choppcr; d'où abaissement II, 
195, achoppement, occasion de faute, 
sujet de chute. Buisser est sans 



BUI 57 CAD 

doute de la même branche qae boter, Bnndir v. bondir. 

et les formes allemandes qui peuvent Bxme v. bugne. 

entrer ici de plus près en ligne sont: Bnro v. bore. 

allmâ bûtchen, frapper, battre ; haut- Bnrel v. buire. 

palatin buschen, frapper de manière Bnresse v. buée. 

à produire un son sourd; franco- Bnretel v. buire. 

nien bauschen^ frapper, heurter; Bnrgois v. bore. 

bas-allemand botsen, bossen, battre, Bnriaus v. buire. 

heurter; suisse buii, coup, heurt. Bnmir v. brun. 

La famille des mots allemands ici Bumoyer v. brun. 

en question a un grand nombre de Baron, petite maison, cabane; dérive 

rameaux assez difficiles à distinguer. de bur , qui est reste dans le nor- 

BvÛBon II, 219, propr. fourré de buis, mand avec le sens de habitation 

buisson; dérivé de buis, de buxus. (v. £. Duméril s. v.); de Tahal. 

La preuve que buisson ne dérive bûr, maison, demeure; anglo-saxon 

pas de bois, comme on l'admet bur, allmod. bauér, Cfr. le kymn 

souvent, se trouve dans la forme bwrr, inclosure, intrenchment. 

provençale boisson, de bois = huis, Bus v. bue. 

tandis que bosc =ho\3, aurait pro- Biuche v. bois. 

duit boscon. Cfr. DC. buissiere, Bnsoher v. bois. 

lieu planté de buis, s. v. buxera. Buse v. busse. 

A la même racine buis, qui s'ortho- Bndne v. buisine. 

graphiait aussi bois, se rapporte Busse, buse, bnce, bûche, sorte de vais- 

buisse, boisse, boîte, propr. de buis, seau ou navire; Imâ. bucia, buia; 

puis capsule, enveloppe; d'où bois- de butta, selon DC. Cfr. anglo- 

sele, petite boîte. Notre boussole saxon 6ti^5e - carias , marins, DC. 

est de la même famille. s. v. buscarla; holl. buis^ buise, 

Bnletel v. buire. angl. buss, dan. bojse, anc. norois 

Bnleter v. buire. bûssa; et Schwenk D. W. s. v. Bûse. 

Bnlir v. bolir. Busuin, busuing v. soin. 

c. 

C II, 299 pour qu', que. Cache, poursuite v. chacier. 

Ça, çai, cha, sa, zai II, 278 adv.; Cache, coffre v. catir. 

d, ehi II, 278 adv.; id, ichi, qui Cacheor v. chacier. 

s'expliquent par rapport à ci, chi, Cacher, cachier v. chacier. 

comme icil , etc., par rapport à cil, Cachierres v. chacier. 

etc.; adv. comp. caenz, caienz, cai- Cader v. chacier. 

ens, chaiens, oaians, oeanz, ceenz, Caderes v. chacier. 

odeni II, 280. Cadable, caable, chaable, machine de 

Caable v. cadable. guerre pour lancer des pierres; 

Caagnon v. chaaine. action d'abattre et de jeter par 

Caaignon v. chaaine. terre ; arbre ou branche abattue par 

Cace v. chacier. le vent ou d'autre manière; coup; 

Caceor v. chacier. Imâ. cabulus, chadabula- Le seul 

Cacerie v. chacier. mot à ma connaissance auquel ca- 



CAD 58 CAN 

dable pourrait se rapporter, est le galloiacal^ed ; breton cale* h, kalc*k: 

{;rec xaïa^oloçy rj , qai abat, tue gallois c/acA= pierre; testicule. C'est 

ou reuverse. De là notre accabler ; là que se trouve Torigine de nos 

chablis. Cfr. DC. s. v. cabulus. mots: le berrichon cat//e est le sin- 

Gadhim, chanm, cheun I, 174. ô, prov. gulier, atcaillçu exactement le pln- 
cada un, port, cada hum, ital. ca- riel celtique. Cfr. gallois cat//, testi- 
dauno, doivent être séparés de cule, plnr. ceilliau, breton calc*k, 
ehascun, comme je Tai dit; mais plur. calc^hiou. On pourrait aussi 
il resterait à expliquer le cada, songer au latin coagulare, mais il 
C*est, je crois, une forme eupho- il serait trop hardi et trop artifi- 
nique pour cad, qui s*est dégagé ciel d'expliquer Tidée de caillou par 
de quisque ad unum, comme semble celle de sable caillé ou pierre cail- 
le prouver l'ancien espagnol guis- lée, et puis la terminaison ott reste- 
cadauno. Si cette combinaison, de- rait encore à justifier, 
venue pronom, paraissait extraordi- Çaindre v. ceindre, 
naire, je ferais observer qu'Apulée Cainse v. chemise. 
se sert de ad unum omnes dans le Cainsil v. chemise, 
même sens. Caint v. ceindre. 

Gaeir v. chaor. Gaintore v. ceindre, 

Gaenz v. ça et II, 280. Cair v. chaor. 

Gaer v. chaor. Caistif v. chaitif. 

Gai v. ça. Caitif v. chaitifl 

Caians v. ça et II, 280. . Gaitiyete v. chaitif. 

Gaiens, caienz v. ça et II, 280. Caitivier v. chaitif. 

CaiUou, chaillo, kaillo I, 106, oaillau Caiye v. cave. 

R. d. R. IV, 201, caillou; prov. cal- Calamité v. chaume, 

hau; dans le Berry caille. On a Galenge v. chalonge. 

dérivé caillou de calculus, mais la Galengier v. chalonge. 

disparition du premier / est inex- Galice I, 329, calice; caHx. 

plicable et contre la règle. M. Grand- Galoir v. chaloir, 

gagnage, s v. caiewaî, caie, pense Galonge v. chalonge. 

au hollandais kai, hei, caillou. Il Gais I, lôô comme chiaus, cealz, 

faut remarquer avant tout que la ceolz, etc. 

suffixe ou = au prov. ne se ren- Camail, partie supérieure de la cotte 

contre que dans les dénominations de mailles, dont on se couvrait la 

géographiques, qui, presque toutes, tête; prov. capmalh; de cap, tête, 

sont d'origine celtique, et l'on doit et malha, maille, tissu, 

se demander d'où elle vient ici. Gamberier v. chambre. 

Cette finale ou est -elle primitive? Cambre, cambrete v. chambre. 

Alors on pourrait y reconnaître Gamise v. chemise, 

l'ancien pluriel gallois en ou, plus Camp v. champ, 

tard eu, aujourd'hui au, p. ex. caiou. Campagne v champaigne. 

munimenta, plur. de cae, dans les Campaigne v. champaigne. 

Gloses de Luxembourg. La racine Campel v. champ, 

celtique cal exprime l'idée de du- Gampeler v. champ, 

reté; p. ex. dans les mêmes gloses Gampion v. champ.. 

cal-ut, durili , breton kal-et^ dur, Canceler v. cheance. 



CAN 59 CAR 

Canoelier v. canciel. Gapele v. cape. 

Canehieler v. choance. Capeler v. chapler. 

Candèl» chaneel î, 235, clôture, ba- Gaple v. chapler. 

lustrade, liea fermé, chambre de Car, char v. char I. 

répouse; de cancellus^ canoelier, Car, chair v. char II. 

ehanoelier, clumoeler II, 172, chan- Car, kar, quar, quer conj. II, 377. Au 
celier ; cancellarius. lieu de car, on trouve char sur les 

Cançon v. chanter. frontières sud -ouest de la langue 

Cançonnete v. chanter. d^oïl. 

Candélabre v. chandele. Caraie v. charme. 

Candelle v. chandele. Carbunde II, 116. 252, escarboucle ; 

Cange v. changier. carbunculus, 

Canger v. changier. Carche v. char I. 

Caogier v. changier. Carchier v. char I. 

Caaivet v. cnivet. Cardenal v. cardinal. 

Canon, kanon I, 396, canon, partie Cardinal, chardenal, kardenal, oardenal, 
des prières de la messe; les lois cardonal, cardonnal^ s s. et p. r. en 
de réglise; de canon; canone, ka- aus, cardinal; cardinalis. 

none I, 387, chanoine; canonicus, Cardonal v. cardinal, 

prov. canonge. Care, caree v. char I. 

Canone v. canon. Carete v. char I. 

Cau, champ v. champ. Caretil v. char I. 

Cau, chant v. chanter. Careton v. char I. 

Oamil V. chemise. Carge v. char I. 

Cantel v. chantel. Cargier v. char I. 

Canteor v. chanter. Carier, oariere v. char I. 

Canteres v. chanter. Caiiteit, carite v. cher. 

Canns, canut v. chanut. Cam v. char IL 

Caoir v. chaoir. Camail v. char II. 

Cape, chape, manteau, cape; couver- Cameil v. char IL 

ture en général, et même au figuré ; Camel , camehnent v. char IL 

de capa qu'on dérive de capere^ Camer v. char IL 

parce que la cape enveloppait Camenment v. char IL 

rhomme. De là chapel, capol, gnir- Cameus v. char IL 

lande qu^on portait en guise de Camier v. char IL 

chapeau, mais aussi déjà bonnet, Camiere, charnière I, 404, charnière; 

chapeau (t. II, 135); dim. chapelet, ce mot est de la même famille que 

petit chapeau, petite guirlande; — cran, carnel, crenel (v. s. v.), car- 

chapele, capele II, 352, manteau neler , et signifie proprement join- 

court; chapelle; d'où chapelain, ca- ture, entaille. 

pelain, prêtre, curé; — chaperon, Caroier v. char I. 

espèce de capuchon que les hommes Caroigne v. char IL 

et femmes de tous les rangs por- Carole, karole, qnerole, danse, espèce 

tèrontjusqu'au XVe siècle (v. Roque- de branle; de là caroier, karoler 

fort s. V.). II, 354, danser. Pendant qu'on 

Capd V. chape. dansait ce branle on chantait des 

Capelain v. cape. chansonnettes, appelées caroles,. 



CAR 60 CAT 

chansons de carole, à carole. Voy. sure; caser, chaser, caser, pourvoir; 

Wolff, Ueber dieLais, p. 185 etsuiv. part. pas. empl. subst. caie, ehane, 

Ménage a dérivé ce mot de chorea; cliasey I, 263, fieffé, celai qui tient 

il eût mieux valu dire de chorus un fief à titre de casement; d*où 

par un diminutif chorulus, avec casement, chasement, 1,69. 11,349, 

changement de Vo en a dans la terre, château tenu en fief sons 

syllabe inaccentuée. Ménage cite le certaines conditions ; comp. aoaMr, 

prov. corola^ corolar^ et le breton établir. 

korolla, danser, prouve aussi une Casement v. case, 

forme en o radical. Quant à la dé- Caser v. case. 

rivation du prov. carrau, charau. Casse, poêlon à queue; de Tabal. cAest, 

carrière, voie, chemin, de là marche hessi^ ancien norois hait, catiniis, 

circulaire, proposée par Wolff (1. c), cymba , gotb. hatils, ^alx^oVy all.- 

eile n'est d'aucune valeur; de car- mod. ketsel, anglo-saxon ceiel, etc. 

rau = carrai, jamais on n'aurait pu Notre casserole est un dérivé de 

former carole, ni même carale, casse, avec r intercalaire ; ital. cax^ 

Caroler v- carole. zuola, et, du franc., casseroia, dans 

Carongne v. char II. la Champagne castrole. 

Carpent v. charpentier. Casse, chasse, boîte, coffre, tout objet 

Carpenter v. charpentier. qui sert à enfermer un autre ; châsse, 

Carpentier v. charpentier. reliquaire ; de capsa. Notre châsse 

Carme v. char I. est le même mot; de là enchâsser. 

Cârtre v. chartre. De l'ancienne forme cosse = caisse, 

Cartrier v. chartre. il nous est resté le dimin. cassette* 

I. Cas, qas, qnas, vain, vide, inutile; Casser, annuler v. cas I. 
de cassus; casser, qnasser, casser. Casser, casser v. cas II. 

dans le sens de annuler; àe cassare» Castaigne, castenge v. chastaigne. 

Cfr. cas II, et Ménage s. v. casser. Caste v. chaste. 

II. Cas, qas, qnas 1, 58, brisé, cassé, Casteal v. chastel. 
abattu, découragé; casser, qnasser, Casteaos v. chastel. 
casser, briser, rompre ; battre, frap- Castel v. chastel. 
per; de quassus^ quassare. Cfr. Castelet v. chastel. 
cas I , et Mén. s. v. casser. Gastement v. caste. 

Cas, chute, cas v. chaor. Castial v chastel. 

Cascun v. chascun. Castians v. chastel. 

Case, chase, demeure, maison; de casa; Castiaz v. chastel. 

de là la préposition chies, des, chiez, Castier, castoier v. chastier. 

ciez , chez , par abréviation de en Castoiement v. chastier. 

chies: Parmi les rues le va uns mes Casnle, chaisnble, chasuble; Imâ. ca- 

uuncierl Et as barons par trestout svla, diminutif de casa: Quasi 

acointier, | Qu'Amis est sains rêvé- minor casa eo quod totum hominem 

nuz et haitiez, | Or le puet on trouver tegat, dît Isidore. Mais d'où vient 

en chies Gautier. A. et A. 3373. le b de la seconde forme? Cfr. 

Cfr. Grimm III, 756 l'ancien norois l'italien casupola. 

hiâ, apud, juxta, de ht, mansio, Cat, chat, chat. Calns, en latin, se 

domus. Autres dériv. casai, ohasal, montre fort tard; mais cat est ré- 

kasel, hameau, forme, métairie, ma- pandu dans tous les idiomes cel- 



CAT 61 CAV 

tiques et allemands: irlandais cai, prov. descaussar, esp. descalzar, 

gallois cath, anglo-saxon caê, anc. port, descalçar, ital. discalzare. 

norois hôtr, suédois hatt^ etc. Il Canchie v. cauch. 

n'est guère possible d'indiquer Pori- Cauchier , paver v. cauch. 

gine de cal, parce qu'on ignore Cauchier, chausser v. canche. 

laquelle de ces langues Ta possédé Cander v. cauche. 

d'abord et s'il a passé de Tune à Caudel v. chald. 

l'autre. Candiel v. chald. 

Cataigne v. chevetaine. Gandiere v. chaudière. 

Cataine v. chevetaine. Cauf, kauf, oaus, cauz II, 22. R. d. R. 

Catel y chatel. 1759, chauve; de calvus. 

Cateiu V. chatel. Ganfer v. chaufer. 

Catez V. chatel. Caup v. colp. 

Catir, qnatîr, qnaitir, presser, serrer Cauper v. colp. 

fort, (se) blottir, (se) cacher; de Cans, chaud v. chald. 

coactus (cfr. cailler de coagulare). Gans, coup v. colp. 

A la même racine appartiennent Cans I, lôô comme chaus, ceals, 

caehe, coffre, cassette, lieu secret; ceolz, cens. 

caclier, cacher; coactare; cfr. fléchir Cans, cauz, chauve v. cauf. 

de flectere, delecher de delectare; Oause, oose, coze II, 382, cause; de 

comp. eflcachier, esquaohier Chast. causa, qui prit de bonne heure le 

XXin, 72, écacher. Dérivés de sens de notre chose. Les dialectes 

cache: cachet, cachette, cachot, bourguignon et normand distin- 

DC. dér. cacher de saccus: quasi guèreut dès les plus anciens temps 

in sacco sese abscondere; cela ne les deux significations par l'ortho- 

convient ni pour le sens , ni pour graphe, c.-à-d. que, pour la seconde, 

la forme. — Gnyet indentifie cha- ils écrivirent chose, comme nous, 

cier = chasser et cacher. tandis que, dans le dialecte picard, 

Cauo V. cauch. on trouve souvent cose, coze pour 

Canoh, cane, oliauo, cas II, 226, chaux; chose. De causari, on forma cho- 

de calx, ib.; de là canchie, chancie, ser, ooser II, 386, blâmer, désap- 

chaussée, propr. voie faite de chaux, prouver, faire des remontrances, 

calciata; cauchier, paver; caldare. faire des réprimandes, gronder, ac- 

Cauohe, chauee, oanoe, chausse; de cuser, quereller; d'où chosement, 

calceus (calx), prov. calsa, caussa, blâme, remontrance. Les mêmes 

ital. calzo, calza, port, calças, esp. formes choser, coser signifiaient en- 

calza; canoher, chaueer, caucer, core traiter de choses et d'autres^ 

ehauoher, oancier, etc., chausser; notre causer^ et, dans ce sens, elles 

calceare^ prov. caussar, ital. cal- remontent peut-être à l'allemand 

zare, esp. calzar, prov. calçar; hosen, ahal. chosôn, parler ami- 

ohauder, etc. , marchand ou faiseur calement. 

de chausses. Notre caleçon est un Caut v. chald. 

dérivé. Comp. desoans, deschaus, Cayage II, 07, capitation, tribut im- 

déchaux, déchaussé; Imâ. discalcius posé sur les personnes et sur les 

pour discalceatus ; deichancher, des- têtes, ou sur chaque maison; de 

oancher, detehaneer, deBcaloer, det- caput. 

caucer, deseanchier, etc., déchausser ; Cave, caiye I, 181, caverne, grotte, 



CAV 



G2 



CEL 



cage ; cavea; oayer, chaver, percer, 
creuser, fouiller; cavare; cayeme 
I, 298, caverne, grotte; creux et 
probablement cave, car on trouve 
le dérivé cayemier, Anbri p. 158, 
avec le sens de celui qui prend soin 
de la cave. Gaveme de caverna. 
Notre mot cage n'est qu'une forme 
distinctive de cave. Cfr. gaiole. 

Gavel V. chevel. 

Gaver v. cave. 

Gaveme v. cave. 

Cavemier v. cave. 

Gavens v. chevel. 

Gavez v. chevel. 

Gaviaus v. chevel. 

Gaviaz v. chevel. 

Gaz, chaux v. cauch. 

Gaz I, lô6, forme contracte de cals. 

Gealz I, 150, ceux, ceux-ci; ecceille; 
a pour i; v. als. 

Geanz v. ça et II, 280. 

Geas, ceas I, lôO, ceux, ceux-ci; 
V. cealz. 

Ceaus I, 156, comme cealz, ceolz, 
cens, etc. 

Geder, céder; cedere; cesnon, cession, 
délaissement; cessio; comp» procé- 
der, procéder, avancer, provenir; 
procedere; procès, avancement, pro- 
grès; procès; processus; procession, 
action de procéder ; procession ; ras- 
semblement; proceuio ; sncoeder, 
succéder, survenir, réussir; succe- 
dere; successor, successor II, 361, 
successeur ; successor ; succession, 

. suite, succès, héritage; successio. 

Gedre I, 6C, cèdre; cedrus. 

Ceeli I, 150, ceux, ceux-ci; ecce ille. 

Geenz v. ça et II, 280. 

Gegne v. ceindre. 

Geienz v. ça et II, 280. 

CeU V. ciel. 

Geile, celle I, 157. 

Ceindre, gaindre, chaindre (cignre, cingre) 
II, 237. 1, 388, cinyere; çaint, diaint, 
ceinture ; d'où gaintnre, cintnrel, 271. 



359, nouvelle dérivation de cingere; 
cegne, segne, saigne, ceinture, en- 
ceinte, lieu renfermé entre certaines 
bornes; prov. cenba, ital. cigna; 
vb comp. aceindre II, 237 ; deceinâre 
II, 237; porceindre Q. L. d. R. 
254, enceindre , entourer; receisâre, 
ceindre, enceindre, entourer; en- 
ceinte, ensainte I, 216. II, 30. 37, 
enceinte ; de indnctaf quod est sine 
cinctu, cfr. Diezl, 22. 32; oengle, 
notre sangle, de cingula, prov. 
singla, ital. cingia; vb. oengler, 
sangler, serrer la sangle; d'où re- 
cengler I, 314, ressangler. 

Gel I, 149, ce, cet, celui, celui-ci; 
ecce ille. 

Gel V. ciel. 

Gelé, selle v. selle. 

Gelé, celés I, 149, cette, celle, celle- 
ci; ces, celles; ecce illa. 

Célébrer II, 279, célébrer; celehrare. 

Celée v. celer. 

Celeement v. celer. 

Celei I, 150, celle, celle-ci; ecce il~ 
laec, d'après lei v..s. v. 

Celer, chéler I, 61. II, 386, celer, cacher; 
celare; part. pas. empl. subst. dans 
l'espression à celée I, 264, en secret, 
en cachette ; d'où celeement II, 229. 
249, secrètement, en cachette ; comp. 
aceler, cacher, celer; receler I, 89. 
159. II, 276, cacher, celer, receler; 
se receleir I, 215. 220, se cacher; 
à ou en recelée I, 1^2, en cachette, 
à couvert; prov. recelada, cachette, 
embûche. 

Céleste v. ciel. 

Celestial , celestiel v. ciel. 

Gelestien v. ciel. 

Celestre v. ciel. 

Geli pour celle I, 153 ; pour celui 1, 155. 

Celie I, 153 équivalent picard de celei. 

Gelier I, 147. 193, cellier; de cella- 
rius pour cella, 

Celoi pour celui I, 156. 

Gels, cela 1, 149, ces, ceux, ceux-ci ; v cel. 



CEL 



63 



CER 



Celn poar celui I, iô4. 

Celui I, lôO, celui, celui-ci, ecce illu' 
jus ou ecee illuic; cfr. lui. 

Oelz I, 157. 

Cembeaus v. cembel. 

Cembel, cenbel, s. s. et p. r. cembeaus, 
a) appeau, amorce, piège ; b) réunion 
oh Ton s^amusait, surtout à jouter, 
puis joute, combat; de là a) (cem- 
btier,) encembeler, allécher, amorcer ; 
h) cembeler, cenbeler, jouter, tour- 
noyer, combattre. Cymbalum (DC. 
8. V.) signifiait la clochette qui ap- 
pelait les moines à leur repas; de 
clochette d'appel à appeau il n'y a 
qu'un petit pas. Le passage aux 
autres significations n'offre pas plus 
de difficultés. 

Cembeler v. cembel. 

Cemin v. chamin. 

Ceminee v. cheminée. 

Cemiiier v. chamin. 

Cenbel v. cembel. 

Cenbeler v. cembel. 

Cendal, s. s. et p. r. cendaus, cendaz 
II, 385, espèce d'étoffe précieuse, 
demi-soie. On dérive ordinairement 
cendal de sindon, fine toile de lin. 
Cette origine me semble plus que 
problématique. 

Cendans, œndaz v. cendal. 

Cendre II, 257, cendre; ciner (cinis), 
avec d intercalaire; ital. cinere. 

Cenele Ruteb. I, 216, cénelle; con- 
traction de coccinella, de coccina 
pour coccum, selon Ménage. M. Che- 
valet avec sa virtuosité sans pareille 
dérive cenele de l'allemand sleba; 
mais, même avec les changements 
qu'il indique, on aurait eu sneëlle, 
et non pas cenele ou senele. 

Cengre v. ceindre. 

Cengler, sangler v. ceindre. 

Cengler, sanglier v. singler. 

Cens II, 365 pour sens, sans. 

Cens, eens v. cent. 

Censé f. I, 207, cens, redevance que 



le tenancier devait payer au seigneur 
du fief, ou le serf colon au pro- 
priétaire de la terre; de census; 
de là acenser I, 340, donner à cens ; 
Imâ. acensare. Pourquoi censé? 

. Cfr. prov. ces, ses, m. et sensa, f, 

Cent, cenz, cens I, 109. 111, cent; 
centum, empl. subst. I, 117; de là 
centime, centisme, centième; centaine, 
centeine I, 117, centaine; et juri- 
diction, domaine, lieu composé de 
cent feux; d'où centeinier, cente- 
nier, juge d'une centaine. 

Centaine v. cent. 

Centeine v. cent. 

Centenier v. cent. 

Centime, centisme v. cent. 

Ceo V. iceo. 

Ceolz I, 150, ceux, ceux-ci. Comme 
dans don (v. s. v.), Vo a sa source 
dans l'ancienne forme olle pour 
il le: ecce olle. 

Ceos I, 150 v. ceolz. 

Cercelé v. cercle. 

Cercher v. cercher. 

Cercher, cerchier, cherchier, cherqnier, 
cherquer, cerqner, ceiquielr, cerder 
II, 883, examiner avec soin, fouil- 
ler, chercher, parcourir, aller de tous 
côtés; Imâ* cercare, prov. cercar, 
ital. cercare. M. Diez I, 37. 214 
dérive cercher de quaericare pour 
quaerere , suivant en cela les traces 
de Ferrari. Mais a quoi bon sup- 
f)Oser un mot, quand la langue la- 
tine offre une racine toute faite et 
en outre beaucoup plus convenable 
pour le sens. DC. et Casenenve 
l'ont déjà indiquée, c'est circare, 
dont P/operce, Tibulle, etc., se sont 
servis. A l'appui de cette dériva- 
tion. Ménage cite en outre, dans 
les Gloses d'Isidore, circal=.c\r- 
cumvenit. Circare produisit Imâ. 
circa^ langue d'oïl cerche, cherche, 
cerqne, tournée, ronde, recherche; 
circator, visitator; etc.; v. Mén. s. v. 



CER 64 CHA 

chercher. Comp. eneercher, enoer- Gervoise, oerveise II, 113, espèce de 

ohier, etc. I, 220. II, 199. 21G 278, boisson différente de la bière et 

chercher avec attention , scrnter, dont on faisait plus de cas ; de là 

sonder, faire enquête, consulter, dé- cervoisier, brasseur de cervoise. Se- 

couvrir; enœrolieiir, espion, phis tard Ion Pline, le latin cervistay eere^ 

querelleur; encerchanle I, 66, qui visia, est d'origine gauloise. Cfr. 

peut être sondé, scnité; escercher, kymri cwrwf, cwryf, cwrw, bière, 

esohercherl, 285, enquérir, srcuter, et Dief. Celt. I, 123. 

sonder; rechercher II, 290, par- Ceryoisier v. cervoise. 

courir, examiner. Cerz v. cert. 

Cerchier v. cercher. Ces v. cez. 

Cerdele R. d. 1. Y. 197, sarcelle; de Ces pour ceus, cels I, 152. 

querquedula, ital. cerceta- Cescun v. chascun. 

Cerder v. cercher. Cesser, œsseir I, 62. 101, cesser; cf»- 

Cercle, cercle, de circulus (cerceau, sare; sans cesser II., 52; comp. 

de circellus); d'où oercelé, frisé, aeasser, cesser, R. d. 1. V. 66. 

bouclé; comp. recercelé, recoquillé, Cest r. sing. masc. , ceste s. et r. fém. 

bouclé, frisé. sing. I, 49, ce, cet, celui, celui-là; 

Cerf, chirf, s. s et p. r. cers, ciers I, ecce iste, ista. 

86. II, 181. 269, cerf; cervus; oerve, Cesteil, lôO, celle, celle-là; ecceisiaec^ 

biche ; cerva, d'après celei , v. s. v. 

Cerqnier, cerqner v. cercher. Cesti pour cestie, équivalent picard 

Cers V. cerf. de cestei, I, 154. 

Cert 1,223, certain, assuré, sûr, fidèle; Cestn pour cestui I, 154. 

certus; adv. certement II, 281, rap- Cestoi I, 150, celui, celui-là; ecce isi- 

porté faussement à certes à la page hujus ou ecce isluic, Cfr. celui, lui. 

citée; tertain II, 380, sûr, assuré, Cetoi, oettoi pour cestui I, 157. 

fixe, sincère, certain; propr. certa- Cen rég. sing. de cel I, 152. 

nus; faire certain I, 137; de cer- Ceu, ce v. iceo. 

tain, pour certain; — adv. certaine- Cenis I, 157. 

ment, certeinement, chertainement I, Cens t, 150, ceux, ceux-là. 

103. 398. II, 65. 175, certainement. Cens, ciel v. ciel. 

d'une manière ^certaine , sûrement; Cens pour cels I, 152. 

certes, chertés II, 280; propr. fém. Cens I, 150 pour ceelz, v. s. e. v. 

plur. de cert; comp. adecertes, acertes Ceval v. cheval. 

11,-281; — acerter, assurer, rendre Cevalcer v. cheval. 

sûr, indiquer (Marot emploie le verbe Cevalchier , cevalcher v. cheval. 

acertainer)f d'où acertance, certi- Cevancer v. cheval. 

tude; certefiier n, 106, certifier, Ceyaz v. cheval. 

assurer; certus facere, ' Ceveche v. chevece. 

Certain, certainement v. cert. Cevel v. cheveL 

Certefiier v. cert. Cez I, 157 forme contracte de cels; 

Certes v. cert. fém. 1. c. 

Cerye v. cerf. Ces, ces r. plur. masc. et fém., et s. 

Cerveise v. cervoise. plur. fém. I, 149, ces, ceux, ceuz- 

Ceryele II, 391, cervelle; de cere- là, celles, celles-là; ecce iste. 

hélium. Cha v. ça et II, 278. 



CHA 



65 



CHA 



GhaaUe V. cadable. 

Chaagnon v. chaaine. 

Chaaigne v. chaaine. 

Chaaignon v. chaaine. 

Chaaine, ohaaigne II, 161, chaëne, 
pais chaîne, chaîne, chaîne; de 
catena ; dim. chaanete, chaenete 1, 99. 
II, 353. De chaaine dér. chaaignon, 
chaagnon, caaignon, caagnon, puis 
chaignon, pour chaïgnon, notre chi- 
gnon, autrefois aussi chaînon; vb. 
comp. enchaïùer, eneauiner I, 400, 
' enchaîner. V. Ménage s. v. 

Ghaair v. chaor. 

Chaoe t. chacier. 

Chaceor v. chacier. 

Chaeerei v. chacier. 

CQuMerie v. chacier. 

Chacenol I, 220, chassieux, troublé; 
de casetu (ital. cacio, cascio) , avec 
la terminaison adject. ol. La con- 
servation de Vu est assez remar- 
quable. Cfr. Tallemand angenbutter, 
augenkase, propr. beurre, fromage 
exprimé par les yeux, i. e. chassie. 
Notre chassie a sans aucun doute 
la même origine. 

Chache v. chacier. 

Chacher v. chacier. 

Ghader, cacier, cachier, chacher, chas- 
ciw, cacher, Imâ. caciare, II, 241. 
276. 307. 313. 3ôl, chasser, aller 
à la chasse, poursuivre, expulser. 
Des nombreuses étymologies pro- 
posées pour ce mot, j'adopte celle 
de Ménage, qui le dérive de cap- 
tare, dont se servaient déjà les Ko- 
roaius dans le sens de chasser. Cfr. 
Tancien espagnol cabzar. Seulement, 
au lieu de captare, il vaudrait mieux, 
en présence des formes citées, et 
de Titalien cacciare, admettre cap- 
tiare, du participe captus, avec la 
terminaison iare. De là chace, cace, 
cache, chache II, 274, chasse, pour- 
suite ; chacerie, cacerie, chasse, droit 
de chasser; chaceres, chaiieres, ca- 

Borgny, langae d'oïl, Glossaire. 



cieres, cachierres, chaceor, cacheor, 
caoeor, cheval de chasse, de course 
Comp.: deschacier, dechacher, de- 
chacer, descader, decacher, chasser, 
faire la chasse, poursuivre vive- 
ment, expulser ; enchacier, enchâsser, 
etc. , chasser , courir après , pour- 
suivre; esohacer II, 31, chasser, 
éloigner, repousser, faire reculer; 
porchacer, porchacier, purchacier, pnr- 
cacer I, 112. 145 221. 314, pour- 
chasser, efforcer, donner de la peine, 
tracasser, chercher, procurer, amas- 
ser, combiner, intriguer, remuer; 
subst. porohas, purchaz, ponrohas 
II, 99, soin, travail, dessein, plan, 
poursuite, quête. Chassoire, chas- 
seore, fouet des autoursiers, appar- 
tient sans doute à la même racine. 
Je ferai observer que dans quel- 
ques provinces, en Franche-Comté 
p. ex , on appelle chassoire la mèche 
du fouet ou de la cravache. Cette 
dernière signification ne peut guère 
se rapporter à chasser, Cfr. l'es- 
pagnol chasco, mèche du fouet, 
mot qui dérive du basque che-asco, 
très mince, selon Larramendi. (?) 

Chadaine v. chevetaine. 

Ghadel v. chevetaine. 

Ghadeler v. chevetaine. 

Ghadet, e v. chald. 

Ghael v. chien. 

Ghaeler v. chevetaine. 

Ghaëne v. chaaine. 

Ghaënete v. chaaine. 

Ghaer v. chaor. 

Ghaere v. chaiere. 

Ghaidne v. chesne. 

Ghaiel v. chien. 

Ghaiement v. chaor. 

Ghaiens v. ça et II, 280. 

Ghaier v. chaor. 

Ghaiere, chaere (chaire) II, 75. I, 250. 
356, siège en général, chaise; de 
cathedra. 

Ghaigement v. changier. 



5 



CHA 



G6 



CHA 



Chaigne v. chesne. 

Chaïgnon v. chsaine. 

Chaillo V. caillou. 

Cliainân v. ceindre. 

Chaîne v. chaaine. 

Chaingier v. changer. 

Chainse v. chemise. 

Chainiil y. chemise. 

Chaint v. ceindre. 

Chaïr V. chaor. 

Chaiiable v. casule. 

Chaitif, caitif, caiitif, chetif, ketif, s. s. 
et p. r. ehaitii, etc. II, 296. 401, 
captif, malheureux, chétif; de cap- 
tivus; celui qui vit dans la capti- 
vité est malheureux, etc. Cfr. Talle- 
mand elend, malheureux, de eli- 
lende^ pays étranger; celui qui vit 
à rétranger, en exil, est malheu- 
reux. De là ohaitiver, Qhaitivier, 
caitmer, captivité, misère; chaiti- 
veiBon , captivité, l)assesse, faiblesse, 
chose sans valeur; chaitivel (adj.), 
misérable, de peu de valeur, mau- 
vais; chaitivete, caitivete, captivité, 
faiblesse, bassesse; de captivii(ts. 

Ghaitis v. chaitif. 

Ghaitiveison v. chaitif. 

Ghaitivel v. chaitif. 

Ghaitiver v. chaitif. 

Chaitiveteit v. chaitif. 

Chaitivier v. chaitif. 

Ghald, chalt, chaud, chaut, caut, s. s. 
et p. r. chalz, chauz, caus, chaud; 
employé aussi subst. dans \e sens 
de chaleur; de caldus; diminutif 
chadet, e, tiède; adv. comp. chalt 
ou chaut pas II, 298. I, 266. 307. 
370. II, 33, promptement, vite, sur- 
le-champ, à Tinstant même; de là 
chaudel, caudel, caudiel, chaudeau, 
sorte de bouillon, bouillie. Chaudel 
s'employait souvent au figuré ; p. ex. 
jo vous apreste tel caudiel que . . . 
(R. d. 1. V. p. 300), mau caudiel 
(Agol. 186, c. 1). Cfr. bouillon et 
Tesp. caldo, bouillon de viande. 



Vb. eschander Dol. 244, échauder; 
excaîdare. Cfr. chaufer. 

Chaleir, chaler v. chaloir. 

Chalenge v. chalonge. 

Chalenger, ehaleiigi«r v. chalonge. 

Chaloigne v. chalonge. 

Chaloir, <»loir, ehaler, chaloir il, 26 
et sniv. , importer, soucier; comp. 
nonohaloir I, 173 infin. pris subst, 
nonchaloir, nonchalance; reehaloir, 
chaloir à son tour. Notre non- 
chalant est également un comp. du 
partie, prés, de chaloir, d^où non- 
chalance, 

Chalonge, chaloigne, calongo, ehalMge, 
calenge II, 327, refus, réclamation, 
conteste, dispute; faire chaionge, 
provoquer, attaquer; mettre dkt- 
longe, contester, disputer; vb. duk 
longer, chalongier, chalenger, eha* 
lengier, calengier, chailaingier 1, 175. 
400. 302. II, 84. R. d. 1. V. 2T2, 
I, 282. etc., demander, contester, 
provoquer, attaquer, défendre, re- 
fuser, prohiber, blâmer ; de calumma, 
fausse accusation, chicane. 

Chalenger, chalongier v. chalonge. 

Chalt, chalt pas v. cbald. 

Chais y. cbald. 

ChambeUain v. chambrelenc. 

Chamberere, chamberiere v. chambre. 

Chamberlain v. chambrelenc. 

Chamberlin v. chambrelenc. 

Chambre, cambre I, 54. 73. U, 249, 
chambre; caméra; dim. cambrete; 
de là oamberier I, 162, valet de 
chambre; chamberere, chamberiere 
I, 285. II, 160, femme de chambre. 

Chambrelein v. chambrelenc 

Chambrelenc, chambrelein, Chamberlain, 
chamberlin, chambellain II, 295, 
chambellan; de Tahal. chamarlinc* 

Chamin, chemin, chimin, cemin, chemin ; 
Imâ. caminus; cheminer, chaminer, 
eeminer, cheminer; comp. acheminer 
I, 341, acheminer; d'où radheminer 
I, 347, racbeminer; de la racine 



GHA 



67 



CHA 



celtique ham, cam (v. cheminée): 
kymri cam, pas, caman, chemin. 
Cfr. Dief. Celt. I, 109, et Mone 
Gallische Sprache p. 180 s. v, cam. 

Champ, camp, s. s. et p. r. chans, cans I, 
79. II, 93. 357, champ; de campus. 
(Campus) champ prit les significa- 
tions de place (champ) de la bataille, 
bataille, journée, dnel qui se fait 
en champ clos. De là ohampal, 
champel, campel, champans, oham- 
pens II, 231, rangé; champeler, cam- 
peler I, 365, combattre, tenir en 
campagne; champestre, qni est de 
la campagne; de campester. De 
campus, on dériva encore de bonne 
heare campio, d'où champion, cham- 
piim, campion, champion, proprem. 
rhomme da champ de bataille. De 
ex et de campus (campare) on forma 
68camp«r, esohamper, fuir en toute 
hâte, s'échapper; escamp, escampee, 
fuite, échappatoire. De là notre 
décamper. 

Champaigne , campaigne , campagne , 
campagne, plaine; deCampania em- 
ployé comme nom appellatif, Cam- 
pangne II, 277. V. DC. Campania. 

Champal v. champ, 

Champans v. champ. 

Champel, champeler v. champ. 

Champeetre t. champ. 

Champmu v. champ. 

Champion v. champ. 

Chàncél V. canciel. 

Chanceler, chancelier, chancelier v. 
canciel. 

Chanceler, chanceler v. cheance. 

Chanche II, 173, lisière, extrasillon, 
espace de terre que la charrue ne 
saurait atteindre au bord des champs 
et qu'il faut travailler à la pioche 
ou à la bêche. Ce mot doit se rap- 
porter à la famille de cancer, can- 
cellus , borne, limite, barrière. 

Chanchon v. chanter. 

Chançon, chançonete v. chanter. 



Chandelahre v. ohandele. 

Chandde, chandelle, candelle, chandelle 

I, 342. II, 79. 201. 341, chandelle; 
candela; d'où chandelier II, 201, 
chandelier; chandelabre, candélabre 

II, 118, chandelier; candel^brum. 
Chandelier v. chandele. 

Chandelle v. chandele. 

Change v. changier. 

Changier, chaingier, canger, cangier 
II, 313, changer; de cambire, qui 
devint de bonne heure eambiare; 
change, cange, change, échange; 
chaigement I, 152, changement; le n 
a disparu ici par suite de la diph- 
thongaison bourguignonne ai. 

Chans v. champ. 

Chanson v. chanter. 

Chant, chanteis v. chanter. 

Ghantel, cantel II, 348, coin, quartier, 
morceau, chanteau ; tenir en chantel, 
tenir de côté, porter de côté, sur 
le côté; vb. comp. eschanteler, tail- 
ler, dépecer; enchanteler, mettre en 
chantel. Dans le R. d. 1. V. p. 78 
on lit jantel pour chantel. Notre 
canton, qui se trouve encore dans 
Marot avec le sens de coin, angle, 
est de la même famille. On n'a 
pu encore fixer d'où nous vient 
cette racine cant; Tallem. hante, 
coin, bord, ahal. cham^ anc. no- 
rois kantr, est, dit -on, emprunté 
au roman. Sur cant celtique voy. 
Dief. Celt. I, 112. Grec xavdoç, 

Chanteor v. chanter. 

Chanter, canter I, 51. II, 133, chan- 
ter; je chanterai à tun nwm II, 132, 
nomini tuo cantabo; chant, cant, 
s. s. et p. r. chans, canz II, 241. 300, 
chant; de cantare, cantus; <dian- 
teres, canteres, chanteor, canteor, 
chantur I, 366, chanteur ; fém. chan- 
teresse I, 366, chanteuse; cantator; 
changon, cançon, chanson, chanchon 
I, 162. 194. 343, R. d. 1. V. 114, 
chanson; cantio; dim. chan^ete, 



CHA 



68 



CHA 



cançonnete I, 99, chansonnette; dér. 
chanteis I, 241, chant, ramage, chant 
confus; comp. enchanter, enranter 
I, 272. II, 254, enchanter; incan- 
lare; enchantement , enoantement, 
enchantement; incantamentum ; en- 
chanteres, encanteres, enchanteor, 
enchanteenr, enchanter, enoanteor I, 
56. 77. 151, enchanteur, escamo- 
teur ; incantator ; rechanter^ chanter 
à son tour, répéter, faire écho. 

Ghanteres, chanteresae v. chanter. 

Chantnr v. chanter. 

Channt, canut, chann I, 265, qnena 
R. d. 1. V. 39, chenu, blanc; canu- 
tus\ prov. canut, ital. canuto. 

Chaoir v. chaor. 

Chaor, chaoir, cheoir, caoir, caer, caeir, 
chaer, chaeir, chaair, keir, keoir, 
cair, chair, cheir II, 18 et sniv., 
choir, tomber, abaisser, baisser; de 
là chaiement I, 220, chute; cas, 
qnas, qnai II, 384, et incorrecte- 
ment qoat II, 13, chute, culbute; 
cas; casus; tout à un cas, à une 
chute, en un cas, avec l'idée de 
pesanteur et d'affaissement; comp. 
decheoir II, 25, déchoir, rabaisser; 
dechoiement, chute, ruine, revers; 
encheoir II, 25, d'où rencheoir; dans 
Ruteb. I, 15 on trouve echena pour 
encheus; escheoir, échoir, tomber 
en partage, arriver, convenir II, 25 ; 
subst. eschet, redevance annuelle; 
butin II, 26 (ou on lit la variante 
eschac dans roriginal); escanoe, ce 
qui échoit, tombe en partage II, 
18; meieheoir II, 25; mesohaance, 
mescheance, meskeance 1, 241. 11,19, 
malheur , calamité , contre - temps ; 
recheoir II, 25. Cfr. cheance. 

Chape V. cape. 

Chapel V. cape. 

Chapelain v. cape. 

Chapele v. cape. 

Chapeler v. cbapler. 

Chapelet v. cape. 



Chaperon v. cap. 

Chaple V. chapicr. 

Chapleia, chapleison v. chapler. 

Chaplement v. chapler. 

Chapler, chapeler, capler, ehaploier I, 
337, frapper avec l'épée, combattre; 
subst. chaple, caple II, 70. 142. 286; 
dér. chapleis, prov..chapladis, action 
de frapper, massacre, carnage; 
chapleison, chapliion, prov. cbaplatio, 
massacre, carnage; chaplement, ib. 
De capulus, poignée (de Tépée). 
Cfr. DC. capnlare, couper et ci- 
dessous chapuser. 

Chaplison v. chapler. 

Chaploier v. chapler. 

Chapuiser v. chapuser. 

Chapuser, chapuiser, abattre, tailler, 
hacher; subst. chapuis, ohapulMiir, 
charpentier, ouvrier en bois (DC. 
s. V. chapuisare). De capus (capo), 
chapon, formé d'après menuiser (v. 
menut). La forme correspondante 
prov. est capuaary que Rayn. II, 392 
range dans la même famille que 
chapler. Cela est possible; alors 
chapler devrait être rapporté à capus. 
Ménage rapproche aussi chapuiser 
et chapeler. 

Char pour car, conj. 

I. Char, car, care II, 226. 319, char, 
chariot; de carrus; de là earee» 
charee II, 70, un char plein, une 
charrée, charretée; charete, canton 
caretil, charetil, charrette; earaton, 
chareton, charretier; carier, diaiitr, 
caroier, charoier, charrier, trans- 
porter eu voiture; d'on achazoier, 
acharier, charier, traîner, placer sur 
un char; eariere, èharire, chariere, 
charriere II, 252, chemin (par lequel 
peut passer un char), route, voie 
(aujourd'hui dans d'autres signifi- 
cations); charme, carrne II, 173, 
charrette, charrue; carruca, prov. 
carruga. De carrus^ on avait formé 
de bonne heure le verbe carrieare. 



CHA 



69 



CHA 



Y. DC., d'où cargier, ohargier, char- 
chier, charehear, charger, confier; 
Hubst. carge, charge, charohe, oarehe, 
charge ; imposition -, redevance ; 
domp. descargier/ deachalrcher, etc., 
décharger, délivrer (discarricare dans 
Yen. Fort., discargare d. la L. Sal.); 
desearge, descharge, etc., décharge, 
délivrance; enchargiér, enohairgier 
II, 320, engager, charger qqu. de 
qqch., recommander, ordonner, com- 
mander; rdekargier II, 197, re- 
charger. 

IL Char, ear, cham, carn II, 234. 261. 
269. 374, chair ; de caro (nominatif 
carnis, Liv. Andron. dans Priscien). 
On disait ma char, la char, etc., 
pour mon corps, ma personne, ton 
corpÏB, ta personne, etc. De là 
camel, charnel, camei], s. s. et p. r. 
cameni, chameua, charnel; d'où 
chamélmeiit, chamenment, camel- 
ment, ehanieilment, camenment I, 
348. II, 210, charnellement. Charnel 
ami (I, 335) signifiait parent, qui 
est de la même race, de la même 
famille ; ami intime. Homme char- 
nel, propr. homme de chair, nn 
mortel. Charnier, camier, saloir, 
vaisseau où Ton conservait les 
viandes salées. Camel, camer, char- 
nier, charnier, cimetière. Camail, 
le gras de la chair, chair. Directe- 
ment du nominatif caro, on avait 
formé charoigne, caroigne, carongne 
II, 181. 385, charogne, cadavre, le 
corps humain (Q. L. d. R. 379). 
Incaniation I, 57, incarnation; in- 
carnatio. Rangez ici incarner, dé'- 
chômer. 

III. Char, ehere, chiere, visage, tête, 
significations que ce mot conserva 
jusqu'au X Vie siècle ; mais alors il 
avait déjà celle de mine, accueil, 
d'où se développèrent les divers 
sens que nous donnons aujourd'hui 
exclusivement à chère. On dérive 



chei'e de X€torj; mais, sans pouvoir 
proposer une. autre étymologie, je 
doute que cela soit juste, parce que 
Titalien, celle de toutes les langues 
romanes qui a le plus de mots grecs, 
ne connaît pas cara. De char dér. 
aeharier, aoarier, aehierer, mettre 
tête à tête, confronter. . Notre aca- 
riâtre est de la même famille. 

Charbon II, 282, charbon; carbo. . 

Chatche, chatcher v. char I. 

Chardenal v. cardinal. 

Chardon, cardon, chardon; dér. de 
carduus; comp. eschatde, écharde; 
d'où escharder, carder; eschardeor, 
cardeur. 

Charee v. char I. 

Chatete v. char I. 

Charetil v. char I. 

Chareton v. char I. 

Charge, chargier v. char I. 

Gharier, chariere v. char I. 

Gharire v. char I. 

Charitet v. cher. 

Charme II, 64. 285, paroles ou chan- 
son magique, enchantement, sorti- 
lège ; charmer, charnier ; de là char- 
meresse, femme qui fait des charmes, 
sorcière. "Decarmen; Imâ. carmi- 
nare. Au lieu de charmeresse, on 
trouve charroierease (Roq. s. v.), qui 
répond aux formes caraie, eharraie, 
charroie R. d. 1. V. 204, sorcellerie, 
sortilège, billet écrit en caractères 
magiques (DC. s. v. caraula); d'où 
encharrander, ensorceier<, Ces formes 
sont pour charmeraie, etc., d'où 
charm'raie, puis eharraie, etc. 

Charmeresse v. charme. 

Cham V. char II. 

Chameil, chameilment v. char II. 

Charnel, chamelment v. char II. 

Chamenment v. char II. 

Chamens v. char II. 

Charnier v. char II. 

Charnière v. carnierc. 

Charoier v. char I. 



CHA 



70 



CHA 



Cbaroigne v. char II. 

CSiarpent, oharpenter y. charpentier. 

Charpentier, oarpentier, charpentier, 
oamer en bois; de carpentarius, 
carrossier; mais, dans le moyen- 
âge, carpentarius se disait de tout 
ouvrier en bois. Gfr. Tital. car- 
pentiere, charpentier et carrossier. 
De carpenium^ voiture à deux roues, 
on avait dérivé eharpent, carpent, 
charpente (propre et figuré), car- 
casse. Charpenter, carpenter, frapper 
comme le charpentier, frapper à 
tour de bras. 

Gharraie v. charme. 

Charriera v. char I. 

Charroie v. charme. 

Charroieresse v. charme. 

Charme v. char I. 

Chartre, cartre I, 401. II, 249, pri- 
son; lever de char Ire I, ôl; ehar- 
trier, cartrier, chartré I, 302, pri- 
sonnier; geôlier; de varcer^ caree- 
rarius; de là enchartrer, encartrer, 
incarcérer. 

Chartre, cartre I, 146. II, 274, chartre, 
charte; de charta. 

Chartrier v. chartre. 

Chaiohim v. chascun. 

Chasder v. chacier. 

Chascon v. chascun. 

ChascTUi, caseon, chescnn, chaschnn, 
eeseon, ehaneon, ohascon, eheseon I, 
173, de quisque unusy quisc'unus; 
ital. deucuno; prov. cascun. Quant 
à ehaaque, chesque, kaake I, 173, 
chaque, quisque'y la forme en a 
doit s'être produite sous l'influence 
de chascun, parce que Yi accentué 
ne devient pas a; chesque répond 
exactement au prov. quec ^qneac 
par euphonie. (Rayn. L. R. V, 16.) 

Chasement v. case. 

Chaser v. case. 

Chasey v. case. 

Chaakejomal I, 78, quotidien. Cette 
forme composée de deux éléments 



de la langue vulgaire, chashe et 
jornal , v. jor, est fort expressive, 
et ce n'est sans doute pas sans 
raison que l'auteur des S. d. S. B. 
l'a préférée au mot latin synonyme. 

Chailaingier v. chalonge. 

Chaïque v. chascun. 

Chane v. casse. 

Chowereg v. chacier. 

Chasseure v. chacier. 

Chasfloire v. chacier. 

Chastaigne, eastaigne, castenge, châ- 
taigne; castanea. 

Chaste, caste 1, 145, pur, chaste ; castus ; 
adv. chastement^ castement, chaste- 
ment; ohaiteiti, 156, chasteté; pour 
chasteteit, de castitas , comme s'il 
était formé sur chaste. Cfr. sainteit. 

Ghasteans, chasteians v. chaste). 

Ghasteaz v. chastel. 

Chasteit v. caste. 

Chastel, chastiéi, chastial, eastel, castial, 
casteal, ehasteans, chasteians, chas- 
tians, casteans, castians, chastiax, 
chasteax, castiax I, 83. 89. 92, châ- 
teau; de castellum; dim. chastelet, 
castelet I, 99, petit château, châ- 
telet; de là chastelain, castelain I, 
103. II, 271, châtelain. 

Chastelain v. chastel. 

Chastelet v. chastel. 

Chastement v. chaste. 

Chasti V. chastier. 

Chastial v. chastel. 

Chastians v. chastel. 

Chastiax v. chastel. 

Chastiel v. chastel. 

Chastiement v. chastier. 

Chastier, chastoier, castier, casteier I, 
210. 285. II, 292. 385, remontrer, 
reprendre, corriger, donner des avis, 
instruire, faire des reproches; de 
castigare ; subst. chasti, chastoi, cor- 
rection, leçon, avis; de là chastie- 
ment, chastoiement II, 16, avis, 
avertissement, enseignement, cor- 
rection. 



CHA 



71 



CHE 



Ghaitoiement v. ehastier. 

Chaitoier v. ehastier. 

Chat V. cat. 

Châtaigne v. chevetaine. 

Châtaine v. chevetaine. 

Chatal V. chatel. 

Ghatel, catel, chatal, chatiel, cateus, 
catez I, 88 note, biens, surtout 
biens mobiliers, revenus en denrées ; 
capitalis. Le provençal avait cabdal, 
cahai qui s^employait aussi adver- 
bialement dans le sens de princi- 
palement, d'une manière excellente. 
Rabelais (III, lô) s* est servi de 
cahal pour capital, bien, et Ton 
trouve aussi chapial dans le même 
sens, d'où notre cheptel, 

Chane v. cauch. 

Chance v. cauche. 

Chauchier, chancier, tasser, entasser; 
de ctdcare. 

Chauchier, chausser v. cauche. 

Chancie v. cauch. 

Chancier, chausser v. cauche. 

Chancier, tasser v. chauchier. 

Chancnn v. chascun. 

Chaud V. chald. 

Chandel v. chald. 

Chaudière, candiere, chaudière; Imâ. 
caldaria; de caldarium (Vitruve ô, 
10), chaudière remplie d'eau chaude. 
Notre chaudron est un diminutif 
de caldaria; Titalien calderone est 
un augmentatif. Chaudière appar- 
tient, par sa racine (calid), à la 
même famille que chaud. V. chald. 

Chanfer, canfer B. d. 1. V. 33, chauffer ; 
calefacere (calfacere); comp. es- 
chanfer, eschaofier, (eschausfer?) !> 
142. II, 121, échauffer; excalfacere; 
de là eschanfeté, colère, emporte- 
ment; adv. eschanfement, en colère, 
avec chaleur. Cfr. chald. 

Chanls I, lô7. 

Chaum v. cadhun. 

Chaume II, 34é, chaume; de calamus; 
d'où chawiMère. C'est aussi de ca- 



lamus que dér. calamité ^ boussole; 
prov. caramida; esp., port., ital. 
calamita; parce qu'on la mettait 
dans une paille ou un liége. Co- 
varruvias a déjà indiqué cette éty- 
mologie de calamité , tout en se 
trompant sur la raison qui lui a 
fait donner ce nom. Cfr. Mén. s. v.' 

Chaos I, lôO équivalent picard de 
ceas , cens. 

Chant v. chald. 

Chau V. chald. 

Ghaveir, chaver v. cave. 

Chav^n v. chevel. 

Chavol V. chevel. 

Chavoz V. chevel. 

Che V. iceo. 

Cheanee, chance; de cheoir, cadere 
par rapport au dé à jouer; dér. 
chanceler, canceler, canchieler 11, 
18. 25. 388, chanceler. V. chaor. 

Cheanls I, 157. 

Cheans I, lôO équivalent picard de 
ceals, ceas. 

Chef, chief, cief, che&, chies, des I, 
85. 86. lôô. etc., tête, chef, som- 
met, bout, extrémité (commencement 
et fin); de caput; venir, à chef II, 
358, venir à bout, venir à son but ; 
de chef en chef, d'un bout à l'autre; 
de chef en autre, de point en point; 
à chef, à l'extrémité, au bord, à 
la fin; cfr. l'esp. cabe (cabo) pour 
a cabe; comp. rechef, rechief, re- 
chef, 1. e. propr. re-commencement ; 
de rechef l, 348. II, 312. De chef 
dér. chevir. I, 321, venir à bout de 
qqch. , sortir d'une affaire, se tirer 
d'embarras , accomplir ; maîtriser, 
couduire, gouverner, dompter; se 
comporter; assurer à qqn. son bien; 
d'où chevanee, utilité, faculté,^ bien, 
héritage, possession, bonne fortune; 
ruse; achever, achiever I, 104. II, 
390, achever; chevage I, 229, tribut, 
imposé par tête, capitation; Imâ. 
cavagium. Cfr. chevetaine. 



CHE 



72 



CHE 



CShAi V. iceo. 

Gliflir V. chaor. 

Cbel^eheli, d^où chens, chele, cheles 
I, 150, équivalents picards de cel, 
cels, celz, cèle, ceies. 

Chéler v. celer. 

Cheli I, 150, comme celi, celie; pour 
chelui I, 155. 

Chelui I, 150 équivalent picard de celui. 

Chemin v. chamin. 

Cheminée, chimenee, ceminee II, 281, 
cheminée ; dérivé immédiatement du 
Imâ. caminata, chambre pourvue 
d'un poêle, caminus, du grec xa- 
(Àiyoç; de là caminata ^ salle, en 
italien. Quelques auteurs ont pensé 
que cheminée désignait le chemin 
de la fumée, et ils ont cru que 
chemin et cheminée étaient iden- 
tiques ; mais la signification de 
caminaia ne permet pas cette ex- 
plication. On admet avec plus de 
raison que Tidée de chambre a été 
la primitive, et M Diefenbach ra- 
mène caminata à la racine simple 
Itam, courbure, incurvation. 

Cheminer v. chamin. 

Chemise, camise II, 318, tunique, che- 
mise; Imâ. camisia, qui se montre 
pour la première fois dans saint 
Jérôme. V. Ducange. On dérive 
ordinairement chemise de Tahal. 
hemithi, hemidi, hamidi, indusium, 
aujourd'hui hemd. Il faut alors ad- 
mettre avant tout que le ch franc, 
= h, a passé au c dur, car, comme 
le fait fort judicieusement observer 
M. Diefenbach (II, 526), les formes 
latines n'ont jamais ou, du moins, 
fort rarement ch. Ensuite d'où vient 
la terminaison isia? On ne saurait 
admettre la permutation de th en 
s? On a en outre une forme plus 
simple, qui ne peut être un rac- 
courcissement de camisia: chainse, 
cainse, toile de lin ou de chanvre, 
puis vêtement de cette étoffe ; d'où 



chainsil, cainsil, oanBil, ib. Chainse 
se retrouve bien dans le gallois 
caimis, camisia, kymri (rare) camse, 
longue robe, breton kamps^ aube, 
ornement du prêtre, signification 
qu'avait déjà camisia; mais caimis 
n'a aucune racine dans le celtique, 
et il est sans doute emprunté au 
rôùian. Isidore dérive camisia de 
càma, petit lit à terre: camisias 
vocamus, quod in his dormimns in 
camis. D'abord comment expliquer 
isia avec cama ? Il faut absolument 
une racine camis. Isidore, pour se 
tirer d'affaire, a supposé une chose 
qui n'existait pas, car il est prouvé 
que la coutume de porter des che- 
mises ne remonte pas plus haut que 
les croisades, et, à l'époque où fut 
écrit le Roman de la Violette, on 
avait encore l'habitude d'ôter sa 
chemise avant de se coucher. Voy. 
p. 31. 2 de ce roman. L'usage des 
chemises et le nom de ce vêtement 
nous viennent de l'Orient, et plus 
spécialement de l'Inde par Tinter- 
médiaire des Arabes. Ces derniers 
appellent la chemise kamîs, qui dé- 
rive sans doute du sanscrit kschumâ 
(kschaumî) , lin, kschaumas, fait de 
Hd; et l'on a donné au vêtement 
le nom de la matière dont on le 
fabriquait. M. le Dr. M. Sachs prouve 
dans ses Beitrâge zur Sprach- und 
Alterthumsforschung , H. 2 , p. 38, 
que l'hébreu ktonet a également 
signifié lin, étoffe de lin, puis vête- 
ment fait de lin, chemise. C'est cette 
savante déduction, je dois le dire, 
qui m'a mis sur la voie que j'ai 
suivie. Camisole est encore un dé- 
rivé de camisia. 

Ghen v. chien. 

OiensL\i = chenal, fém. I, 49, canal, 
puis gouttière; aujourd'hui encore, 
dans quelques provinces, chemin 
étroit et resserré entre deux collines 



CHE 



73 



CHE 



(espèce de canal); de ctntalisy fim. 
dans Gat. et Varr., comme le chenau 
de notre exemple, genre qui lui est 
resté parmi le peuple, p. ex. dans 
les environs de Montbéiiard. 

Cheoir y. chaor. 

Cher, chiw, oi«r I, 48. 123. 404. n, 
80. 369, cher, chéri, de haut prix; 
avoir cher I, 278. II, 3. 109 ; tenir 
cher I, 278. II, 3 ; eheriime, super- 
latif, très-cher; carns, carissimus; 
adv* chèrement, chieremeiit, oierement 
I, 90. 234. II, 93, avec amitié, avec 
tendresse, avec instance, fortement ; 
ehertie 1, 103, cherté, rareté, disette ; 
ohariteit, cariteit I, 46. 84. II, 240, 
charité, une des vertus théologales ; 
ehertie et chariteit de caritas (ca- 
ritat)'; avoir qqn. en cherté, cierie 
1, 278, avoir cher; vb. chérir, ehierir 
I, 279. II, 316, chérir. 

Cherche v. cercher. 

Cherohier v. cercher. 

Chère v. char HI. 

Chèrement v. cher. 

Chérir v. cher. 

Cherqne'v. cercher. 

Cherqner, cherquier v. cercher. 

Chertainement v. cert. 

Chertés v. cert. 

Chertie v. cher. 

Chesl, lôO équivalent picard de cez, ces. 

Chesoon v. chascun. 

Chesne, qneme, chaidne (d pour $, cfr. 
adne pour asne), ohaigne I, 187. 
244. II, 188. 24, chêne; prov. cas- 
ser; Imâ. casnus; ital. qnercia de 
querceus, a. De querdnus (qucr- 
nus), avec syncope du r devant la 
sifflante , d'où queçnus , quesne, 
chesne. V. Diez I, 28. II, 275. 

Chesqne v. chascun. 

Chest, eheste, chestes 1, 150 équivalents 
picards de cest, ceste, cez. 

Chettil, 150, qui s'explique comme cesti. 

Chestui I, 150 équivalent picard de 
cestui. 



Chetif V. chaitif. 

Cheon v. cadhan. 

Cheu V. chel. 

Chevacher v. cheval. 

Chevage v. chef. 

Cheval, ceval, s. s. et p. r. dherau, 
oevans, cheTaz, oeyaz I, 92. 93, 
cheval; de caballus (xa^âllfiç); de 
là chevaleher, chevalohier, èhivan- 
eher, chevachier, oeyalcher, oeval- 
ohier, oeraleer, cevancer I, 79. 188. 
192. 194. 281. 363. II, 266. 279, 
R. d. 1. y. 216, aller à cheval, mar- 
cher; Imâ. cahalîicare; chevameher 
un chemin II, 356 ; d*oà èheyanohie, 
chevauchée, etc. I, ô4. 163, voyage, 
trajet, course faite à cheval; obli- 
gation de monter à cheval pour 
servir son seigneur; entreprise mi- 
litaire; — chevalier, cavalier, che- 
valier; cfr. Roquefort s. v.; cheva- 
lerie, profession de chevalier, faits 
ou sentiments chevaleresques. 

Chevaloher, chevalohier v. cheval. 

Chevalerie v. cheval. 

Chevalier v. cheval. 

Chevance v. chef. 

Chevauchée v. cheval. 

Chevanchie, chevanohier v. cheval. 

Chevaus v. cheval. 

Chevaz v. cheval. 

Chevece, ohevesoe, ohevesse, ceveehe 
II, 309, chaperon, collet, la partie 
de l'habit qui entoure le cou; ou- 
verture supérieure de la jupe d'une 
femme; de capitium. Chevesce était 
aussi le nom d'une partie du har- 
nachement du cheval. 

Cheveil v. chevel. 

Chevel, cheveil, chevol, chevoil, ehevoél, 
cevel, chavol, kavel, oavel, chevoni, 
cheveus, cavians, cavens, chavooc, 
.ohevez, caves, caviaz I, 90. 92, 
cheveu ; capillus ; chevelu, ohaveln II, 
22, chevelu ; propr. cofillutus ; ehe- 
veleurell, 2ô2, chevelure; vb. comp. 
eseheveler, eseaveler, etc., écheveler. 



CHE 



74 



CHI 



Cheveleure v. chevel. 

Chevelu v. chevel. 

Cheverol v. chèvre. 

Chevesce v. chevece. 

Chevesse v. chevece. 

Gheveftre II, 244, chevêtre; capistrum- 

CShevetaigne v. chevetaine. 

Chevetaine, ehevetaigne, châtaigne, ca- 
taigne, oataine, chadaine II, 397, 
chef, capitaine, celui qui est chargé 
en chef de qqch. ; de caput, dérivé 
capitanem, capitanus. De capi- 
talis (caput), on avait formé ohadel, 
chef, capitaine (cfr. le provençal 
capdal, capdel); d'où chadeler, et, 
par syncope du d, chaeler, con- 
duire, mener, guider, commander. 
Captai poar chadel, se trouve dans 
Monstrelet. C^est encore de caput, 
par l'intermédiaire d'un diminutif 
roman, capitetum, que dér. cadet, 
ainsi prôpr. petit chef, jeune chef. 
Voy. Mén. s. v. et DC. Cfr. chef. 

Cheveu v. chevel. 

Chevez v. chevel. 

Cheville II, 391, cheville; de clavi- 
cula, par dissimilation cavicla, pour 
éviter la réduplication de cl; ital. 
caviglia, caviglio, prov. cavilha. 
Cfr. clef. 

Chevir v. chef. 

Ghevoél v. chevel. 

Cheveil v. chevel. 

Chevrax v. chevrel. 

Chèvre, chievre, kievre II, 299. 344, 
chèvre; capra; dim. ohevral, che- 
vrel, chevrax II, 344, chevreau; 
propr. caprellus; cheverol, ehevroil 
n, 3ô4, chevreuil; capreolus, 

GlMvral V. chèvre. 

Ghevrcnl v. chèvre. 

Chi V. ça et II, 278. 

Chialfl, chiauB I, lôQ équivalents pi- 
cards de ceals, ceolz, etc. 

Chianls I, 157. 

Cbiaiui V. chials. 

Chiche II, 244, chiche. Le mot de chiche, 



dans poi$ chiche, venant de cicer, 
prov. cezer, sezer, esp. chicharo, 
ital. cece, Robert Estienne avait 
pensé que chiche, avare, avait la 
même origine; mais, comme le dit 
Ménage, cette étymologie ne vaut 
rien. Ce dernier admet la dér. de 
ciccum, membrane d'un grain de 
grenade, bagatelle, d'où les Es- 
pagnols ont fait aussi leur chico, 
petit , cat. chic ; v. Mén. s. v. C'est 
à la même racine que se rapporte 
chiquet^ chicot^ vb. chichoter, autre- 
fois aussi chicoter, et très-probable- 
ment chicane, qui, dit-on, a signifié 
dans le principe miette de pain, 
d'où les significations vaine subti- 
lité, querelle pour rien. Si le mot 
chic, petit morceau, parcelle ; finesse, 
subtilité, chicane, que donne Roque- 
fort sans preuve, est vraiment fondé, 
il ne resterait aucun doute sur cette 
origine de chicane. 

Chief V. chef. 

Chiel V. ciel. 

Chien, chen, den, kien I, 67. 74. II, 
117. 269, chien; canis ; dim. chaiel, 
chael II, 229, petit chien; catulus, 
prov. cadel, ital. catello; de là le 
collectif chienaille, kienaille I, 70. 
284, comme qui dirait bande de 
chiens, canaille, épithète souvent 
donnée aux païens. 

Chienaille v. chien. 

Chiar v. cher. 

Chiere v. char III. 

Chierement v. cher. 

Chierge v. cire. 

Chierir y. cher. 

Chiea, tête v. chef. 

Chies, chiei, chez v. case. 

Chiens v. chil. 

Chievre v. chèvre. 

Chil, chis, d'où chius, chiens I, 160, 
ce dernier peut-être par suite de 
l'influence de la forme r. plur. cheus; 
équivalents picards de cil, cis, ciz. 



CHI 



75 



CIE 



Cbile pour chele I, 1Ô6. 

Chimenee v. cheminée. 

Chimetiere v. cimetière. 

Chimin v. chamin. 

Chinq v. cinc. 

Chinquer v. eschancer. 

Chinquime v. cinc. 

CJhirf V. cerf. 

GhiB V. chil. 

CDiist 1 , 150 équivalent picard de cist. 

Chiteain v. citeit. 

dûtes V. citeit. 

Chitet V. citeit. 

Chiimok v. cinc. 

Chitu V. chil. 

Chivauoher v. cheval. 

Chlaz n, 375. Mr. F. Michel tradoit 
ce mot par ouragan, tempête. Je 
ne conçois pas comment cet éradit, 
d'ordinaire si pénétrant et si cir- 
conspect, a pu se tromper à ce point ; 
il «st formellement dit dans le 
passage que le temps se remet au 
beau après une tempête de cinq 
jours. Mais alors que signifie chlaz ? 
La nef de Tristan et d'Isolde est 
assez près de la terre (Devant eus 
près veient la terre) pour que l'on 
puisse supposer qu'ils entendent le 
son des cloches; et, un peu plus 
loin, il est dit que, croyant Isolde 
morte, on criait et sonnait les 
cloches dans la ville. Chlai serait 
donc pour glas v. s. v , prov. clas, 
cri, ital. chiasso. Toutefois cette 
explication n'est pas très - certaine, 
car dans les vers où se trouve 
chlaz il n'est question que de l'état 
de la mer et du temps. 

Cho, dhon v. iceo. 

Chois V. choisir. 

Choisir, coisir I, 105. 125. 22ô. II, 
317. 381 , apercevoir de loin, dé- 
couvrir, voir, discerner, choisir; 
prov. causir; subst. chois, eois I, 
214. 2d4. U, 49, choix; aler à 
chois, cois, avoir la faculté de 



choisir; du goth. kausjan^ exami- 
ner, scruter. 

Chol, col, s. s. et p. r. chous, chou; 
de caulis, colis. 

Chose V. cause. 

Choser v. cause. 

Chons V. chol. 

Chrestiexmer v. Christ. 

Chrestientet v. Christ. ^ 

Christ, crist, Christ; d6 Chrisiw, 
XçiOTÔÇy oint, traduction d'an mot 
hébreu signifiant messie ; de là 
ohnstien, eristiain, cristien, crestieii, 
erestiain, crestiien I, 100. 185. 217. 
380. II, 51, chrétien; cbristiamu; 
d'où chrestienBer , orestiienner, ere- 
stlener II, 140. 162, baptiser, faire 
chrétien, convertir au christianisme; 
cristientet, chrestientet, crestiante, 
crestiiente I, 84. 269. II, 60. 88, 
baptême, cérémonies du baptême; 
christianisme, religion chrétienne; 
chrétienté; comp. antecrist I, 251, 
antechrist. 

Christieii v. Christ. 

Chuino V. cinc. 

Ci V. ça. 

Cials forme picarde sans h pour chials. 

Cians, ciel v. ciel. 

Clans de cials. 

Ciax I, 156 forme contracte de chials, 
cials. 

Cief V. chef. 

Ciel, cbiel, cel, ceil, des, cens, dans, 
dons, dns, dex, dz I, 90. 92, ciel, 
firmament; coelwn; cdeste et, avec 
r intercalaire, celestre I, 230. 267, 
céleste; coelesiis; celestial, cdestiel 
II, 188, céleste; celestien II, 138, 
du ciel, de la vie à venir, par op- 
position à terrestre, dans l'anciemie 
langue terien, v. terre. 

Cien V. chien. 

Cier V. cher. 

Cierement v. cher. 

Cierge v. cire. . 

Ciers v. cerf. 



CIE 76 CIT 

Cierte v. cher. chierge II, 201. 241, bougie; cereus. 

Cies, tête v. chef. Cierge, dit Roquefort (M. d. F. I, 

Ciei, chez v. case. 63), était Texpression consacrée 

Ciens I, 155, comme chieus, cis, ciz. pour désigner des bougies. Ce der- 
Ciens, cii2S,eiiiz II, 392, aveugle; coectis. nier mot se trouve employé pour 
Ciez, ciel v. ciel. la première fois dans une ordon- 

Ciez I, 156 forme contracte de cils, nance de Philippe-le-Bel , en 1312, 

avec diphtliongaison picarde. concernant les épiciers; il leur dé- 

diez, ciel y. ciel. fend de mêler du suif dans les 

CSiei, chez v. case. bougies. 

Cigne, dme, s intercalaire, cygne; de Cirge v. cire. 

cygnus, cycnus. Si le s n'est pas Cis v. citeit. 

intercalaire, il vaut mieux dér. du Cist s. plur. m. I, 149, ce, cet, celui, 

imâ. cecinvs, ancien ital. ^cecino, celui-là; ces, ceux, ceux-là ;eece ts^e. 

dans les gloses cico, de cicer, à CSiste pour ceste I, 156. 

cause dn renflement du bec de Toi- Cistemè II , 355 , citerne ; cisierna, 

seau, ital. cece. Cfr. chiche. dit v. citeit. 

dl, cil; cilium; Borcil, sorcinz 1, 107. Citaain, citain v. citeit. 

n, 230, sourcil; svperdlium, Gitare, prov. cidra, ital. cetera, du 
Cil s. sing. et plur. masc. I, 149, ce, latin cithara, instrument semblable 

cet, celui, celui-ci; ces, ceux, ceux- à la harpe, avec 6, 9, 12 et même 

ci; ecce ilîe, 24 cordes. Il y avait des cithares 

Cileo II , 299. triangulaires, ce qui les a fait con- 

Cîmetîere, chimetiere , cimetière, l'en- fondre avec le psaltérion, v. s. e. v. 

ceinte devant une église; de coe^ Cfr. citote. 

meteHum, du grec xoifÀtjTi^Qioy, Cite v. citeit. 

lieu pour dormir (xtïfxai, jacere). Citeain v. citeit. 

Cinc, chinq, chuinc, cMimck, dnk, dnque Cited v. citeit. 

I, 108. 109, cinq; quinque; de là Citeein v. citeit. 

Ginqaime,chinqm2ne, cinquième; quint, Citeit, dtet, dted, ohitet, cite, s. s. et 

qnixuE, quinte I, 114, cinquième, p. r. eiteiz, citez, chites, cites, et 

quint; quintus ; qoixise, quinze, kninse une forme probablement abrégée de 

I, 108. 109, quinze; quindedm] de oitet, quand le t eut disparu, dt, 

là quinzime 1, 115, quinzième; quin- s. s. ds, cité, ville; de dvitas-, de 

saine, quinsaine, qiszaixie I, 117, là citeain, citaain, citeein, chiteain, 

quinzaine; dnqnante, ehuinquante, citain, citien adj. et subst. II, 227. 

dnqnaimte I, 109, cinquante; quin- 240, citoyen, bourgeois, citadin. 

quaginta; de là dnquantime I, 115, Citeiz v. citeit. 

cinquantième. Citer, citer; citare; comp. endter I, 
Gink V. cinc. 239, exciter, provoquer; incitare. 

Cinquante, dnquantime v, cinc. Cites v. citeit. 

Cinquaimte v. cinc. Citet v. citeit. 

Cinqtdme v. cinc. Citez v. qiteit. 

Cintnre v. ceindre. Citien v. citeit. 

Cions V. ciel. Citole, prov. dthola, dér. du latin 
Cire, cire, cachet II, ld7, bougie Ben. cithara; c'était un instrument plus 

I, p. 57 ; de cera; derge, cirge, nerge, allongé que la guitare , se rap- 



cm 77 CLI 

prochant dn cistre par les contours cri , plainte , réclamation ; de cla^ 

dn corps sonore qui ne sont pas mor; comp. reclamer, re<daliner, re- 

aussl accusés que dans la guitare deimer, appeler, implorer, déclarer, 

proprement dite. V. guitare et citare. réclamer, accuser; de là reelam, 

Gins I, lôô, comme cfaius, ciz, cis. reclaim, réclamation, accusation. — 

Citu, dus, aveugle v. cieus. Eidainaiiiie, cri, bruit; de.exclamare, 

doBf ciel V. ciel. Clamor, damur v. clamer. 

Ciz, ciel V. ciel. Glaret v. clair. 

dz de cil I, 156. Clarifier v. clair. 

Cladele y. clef. Clarté, dartet v. clair. 

Claim V. clamer. Clan v. clo. 

Claimer v. clamer. Claofichier v. clofichier. 

daimor v. clamer. Clavete v. clef. 

Clain V. clamer. Clavier v. clef. 

Clair, der, deir I, 88. 118. II, 373, Clef, des, deis I, 86, clef; clavis; dim. 

clair, pur, brillant, gai; elarus; dadele II, 57, petite clef; le c 

dim. daret, dairet I, 357, clair, transposé pour remplacer le «latin 

serein; snbst. m. I, 171. II, 124, de clavicula ? davete ds. Ben. 12492 ; 

sorte de boisson , composée de vin dér. davier, porte-clefs, portier, tré- 

et de miel, selon Le Grand d'Aus- sorier; claviger, 

say ; adv. clairement, derement, clair, Cleie v. cloie. 

clairement, distinctement; dartet, Cleimer v. clamer, 

darte I, 57, II, 355, clarté, lumière, Cleir v. clair, 

éclat; claritas (claritat); esdairier, Cleis v. clef. 

esdairer I, 49. II, 115. 230, rendre Genqae, clinche (loquet d'une porte, 

clair, briller, éclaircir, examiner, mot fort usité, quoique T Académie 

dévoiler, dissiper, soulager, réjouir, ne le mentionne pas); anc. norois, 

venger; exclarare; esdairier I, 347 suéd. klinka, loquet; boll. hlinh, 

iuf. pris subst., lueur, point du jour, loquet et soufflet; allmod. hlinke. 

matin; esdardr, esdarzir II, 116, Cler, clair v. clair, 

éclaircir, éclairer, faire jour; simple Cler, clerc v. clerc, 

prov. clarzir, clarescere; esdard s. Clerc, der, clerc, lettré, savant; de 

m., Paube du jour ; reclarzir II, 200, clercus pour clericus ; dim. deijoii, 

éclairer, blanchir ; I, 231 ou trouve derzun, derçon I, 99. II, 62 , petit 

le fatur esclarcistrat^ qui est irré- clerc, enfant de choeur; dergie, 

gulier. Clarifier I, 67, éclaircir, clergé, science, littérature ; et aussi 

manifester, glorifier, clarificare. clerc, lettré, ecclésiastique; propr. 

Clairement v. clair. dérida. 

Clairet v. clair. Clerçon v. clerc. 

Clam V. clamer. Clerement v. clair. 

Clamer, daimer, deimer II, 252, nom- Clergie v. clerc, 

mer, appeler, proclamer, crier, ré- Cleijon v. clerc, 

clamer, prétendre, accuser, se Cles v. clef, 

plaindre; de clatnare; de là clam, Clin v. cliner. 

daim, dain, demande juridique pour Cliner, dinner, incliner, courber, bais- 

réclamer qqch. , réclamation, cri, ser, saluer; aujourd'hui cligner; 

poursuite; damor, damnr, daimor, subst. din, dans Texpressiori faire 



CLI 



78 



.CLO 



clin, sMncIiner; de clinare; dingier, 
ib., de cîinicare; comp. adin II, 94^ 
soumis, attaché, partisan; acclinis; 
aolinér II, 366, incliner, rendre 
hommage , s' attacher ; acclinare ; 
dediner, raconter d'un bout à l'autre, 
achever, incliner, baisser, abaisser; 
declinare; cledin I, 88, déclin; en- 
clin, anclinll, 370, courbé, soumis, 
incliné, abattu, triste; inclinis; en- 
diner I, 298. II, 268, saluer respec- 
tueusement, courber, baisser; in- 
clinare; subst. endin, dans l'ex- 
pression faire enclin II, 287, saluer. 

CSlingier v. cliner. 

Cliquât, cliquette, assemblage de plu- 
sieurs petites plaques mobiles, tenant 
par leur extrémité inférieure à un 
manche, à l'aide duquel on leur 
imprimait une secousse, qui leur 
faisait produire, en s* entre-choquant, 
un certain cliquetis. Cliquet, cli- 
quer, onomatopées. 

do, don, dan, doz I, 94. 333. II, 403, 
dou; de clavus; vb. doer, doner, 
clouer; comp. endoer, attacher ou 
fermer avec des clous, se blesser 
avec des clous; d'où- endoeure II, 
130, chose louche, mauvaise diffî- 
culté, empêchement, obstacle, re- 
striction. Cfr. aujourd'hui anicroche. 

doce, cloeette y. cloche. 

Glocer v. cloche. 

Cloche, doce, doqne II, 277. 324, cloche ; 
prov. cloca, clocha; dim. clochette, 
docette, doqnette Aubry p. 183, clo- 
chette; docher, sonner la cloche. 
A cause de sa ressemblance avec 
une cloche, on avait donné le nom 
de cloche à un manteau; v. DC. 
s. V. Cloca, cololium ; et l'on trouve 
le dim. dans le même sens R. d. C. 
d. C. V. 690. Le Imâ. disait clocca, 
cloca; l'anglo-saxon a clucge, l'is- 
landais hhicka, hlukka, l'ahal. clocca^ 
glocca^ l'allmod. glocke, l'irlandais 
clog. Dans quelle langue ce mot 



est 1- il primitif? On a dérivé tour 
à tour cloche, de clocher, boiter, 
en Picardie cloquer^ prov. clopchar, 
de cloppicare, de cloppus, v. clop, 
ou de claudicare, par rapport à son 
mouvement; — de l'anglo-saxon 
cloccan, glocire, bas-saxon klukken, 
anglais cluck; mais de glousser au 
son de la cloche, il y a loin; — 
de l'ahal. klochôn, chlochôn^ battre, 
pour lequel on dit dans l'allem. mod. 
hlopfen, bas -saxon kloppen, d'où 
l'on aurait cloppicare. Cette der- 
nière étymologie s'appuie sur ce 
que le battant, que les Allemands 
nomment aujourd'hui kloeppel, s'ap- 
pelait autrefois clechel^ et que les 
Valaques disent clopot, cloche. 

dochor V. cloche. 

Cloer V. clo. 

CSofldder, danfiehier II, 214, clouer, 
attacher avec des clous, crucifier; 
de clo^ clou, et du fréquentatif 
hypothétique figicare pour figere. 
Cfr. ficher. 

Cloxe, dde U, 365, claie; Imâ. cleta, 
cleda, cleia; de l'ancien irlandais 
cliath, crates, gallois c/triyc? (gallois 
wy = irl. ta = ê), cornouaillais cluid, 
cluit, breton hloued. 

Cloison V. clore. 

doistre v. clore. 

Clop I, 112, boiteux; subst. dopin, 
dopind, ib.; Imâ. doppus, de fort 
bonne heure. Selon Ménage, de 
)rohoCnovç, On a proposé la com- 
position claudipes pour racine, mais 
la première étymologie me paraît 
préférable, parce que claudipes est 
un mot inconnu. Les verbes sont 
doper, clopiner, écloper. Cfr. cloche. 

dopin, dopind v. clop. 

doqne, do'qnette v. cloche. 

dore II, 126, fermer, enfermer, en- 
vironner, cacher; comp. adore II, 
127; d'oùradore; desdore II, 127: 
endore II, 127, enclore, enfermer, 



CLO 



79 



COF 



fermer; endns II, 129; et avec la 
même signification rediis I, 299; 
esclore II, 128; fondore II, 128; 
redore II, 127 ; redusll, 327, moine, 
hermite; et enclos, hermitage; re- 
clusus, reclusum; dér. (clos) doison 
II, 248, enceinte d'une ville ou d'un 
château ; cloison ; — ddstre I, 223, 
cloître; claustrum; endoistre, bar- 
rière, lien, frein, enclos ; inclaustrum. 

Clou V. clo. 

Clouer V. clo. 

Cloz V. clo. 

Cxiivet, caxiivet, kenivet, gaaivet, dim. 
de canif, couteau à lame droite; 
de Tanc. norois hnîfr, anglo-saxon 
enîf^ suédw hntf, dan. hniv, bas- 
saxon hnief, allem. mod. hneif, cou- 
teau court. 

Ço, cou V. iceo. 

Coard v. coe. 

Coarder v. coe. 

Coardie v. coe. 

Coardise v. coe. 

Coars, coarz v. coe. 

Coart V. coe. 

Cobrer v. recovrer. 

Coe, s. s. et p. r. cos Fh. M. 10746, 
M. d.F. fab. p. 241, dans le principe 
C0C8 Marb. 130, Ren. 20007, coq; 
onomatopée prise du chant de Toi- . 
seau. M. Chevalet a Thabileté de 
retrouver coe dans Tirl. coïleach, 
gall. ceiliawg, écoss. coileach; mots 
celtiques auxquels il adjoint en 
même ligne le breton kok! De là 
oocart, quoquart, vain, et nos mots 
coquet, cocarde. Cfr. gai. Je pro- 
fite de cette occasion pour réfuter 
ceux qui font de coquelicot un mot 
celtique Selon M. Grimm (Marcell. 
Burg. c. 20 et p. 436) , coquelicot se 
retrouve dans Tirland. codlainean, 
pavot, et celui-ci représente le calo- 
catanos de Marcellus , qu'il faut 
changer en catocalanos. Mais, comme 
l'a déjà fait observer M. Mone, G. 



S. p. 92, il est question d*nne antre 
plante dans le passage indiqué, et 
codlainean n'a rien de commun 
avec calocatanos. Coquelicot enfin 
ne se rapporte ni à l'un ni à l'antre 
de ces mots ; c'est également une ono' 
matopée du cri du coq. On entend 
souvent, dans nos provinces, donner 
au coq le nom de coquericoc, cO" 
quericot, coquelicot^ et la fleur ap- 
pelée coquelicot rappelant par sa 
forme et sa couleur la crête du 
coquelicot, on lui a donné le nom 
de Toiseau. Cfr. le prov. cacaraca, 
chant du coq et un des noms dn 
coquelicot ; Honnorat s. v. cacaraca. 

Codiier v. côlchier. 

Code, coadO) oonte II, 371, coude; de 
cubitus; ital. cubito, esp. cobdo, 
codo, port, covado, coto; aooder, 
aeouter II, 356, se mettre, se placer, 
accouder; accubitare dans Sedul. 

Coe, queue, qene I, 159. 327. II, 338. 
332. 356, queue; de cauda; de là 
escoer, esconer, écourter, en parlant 
d'un animal. Du même mot cauda 
pris au sens dérivé de partie de 
derrière d'une chose, d'où queue, 
arrière-garde, etc, on forma coart, 
coaid, cuard, conart, s. s. et p. r. 
coan, coars, fém. coarde, couarde 
n, 232, lâche, poltron, parce que 
le couart reste en arrière; d'où 
coardise, ouardise, coardie, oouardie, 
coardie II, 250. 382, couardise; 
coarder, cuarder, couarder, agir en 
lâche, en poltron ; se coarder, cuar- 
der, se conduire poltronnement, se 
cacher, trembler; acoardi, acouardi 
I, 266, lâche, timide, sans coeur, 
sans courage. Coart est le nom 
dn lièvre dans les anciennes fables. 

Coens V. cuens. 

Coer V. cirer. 

Coeu V. cuire. 

Cofe, çofre, coffre; cofln, panier, cor- 
beille; de cophinus (xôqii'oç). 



COF 



80 



COI 



(Jofin V. cofe. 

Cofre V. cofe. 

Cognitinn v. conostre. 

CrOgnoistre v. conostre. 

Coi, paisible v. coit. 

Coi pron. rel. v. qui. 

Coie V. coit. 

Coiement v. coit. 

Goignia v. coin. 

Çoillir y. cueillir. 

Coin, coin ; de cuneus ; wallon couniè ; 
de là ooignie, coignee, cognée II, 
228. 365, cognée. 

Cointe: a) instruit, cultivé, gracieux, 
agréable, aimable, affable ; h) ajusté, 
paré; de complus, comtus, selon 
DO. ; de cultus, selon Ménage. 
L'opinion de Ménage me semble 
tout à fait fausse; celle de DC. 
n'est vraie qu'en partie. Il faut 
distinguer deux cointe. Cointe dans 
la signification a) dérive de cogni^ 
tus; dans la signification 6) de 
comptus. Adv. cointement I, 405, 
agréablement, gracieusement, pru- 
demment; — proprement. De là 
a) cointiBe, discernement, politesse, 
courtoisie, ruse; b) oointise, immé- 
diatement du substantif comptus^ 
ajustement, parure — b) eointoier, 
orner, parer, ajuster; se eointoier, 
se complaire à ce qu'on fait, s'é- 
couter, être affecté; — a) aoointer, 
acointier, avertir, donner avis, faire 
connaissance, rencontrer, aborder, 
traiter; s'acointer à qqn. II, 288, 
se lier avec lui (Imâ. adcognitare); 
s'acointer de qqch. II, 316, s'ar- 
ranger de qqcb. , s'en contenter; 
acointance, familiarité, alliance, ar- 
rangement, promesse; aoointement, 
rencontre; acointe subst. , familier. 

Cointement v. cointe. 

Cointise v. cointe. 

Cointoier v. cointe. 

Coire v. cuire. 

Coirie V. cuir. 



Cois V. choisir. 

Coiser, coiiier v. coit. 

Coinr V. choisir. 

Coispel V. colp. 

Coit, coi, qnoit, qnei, f. coie, qneie II, 
233. 352. 386, paisible, tranquille; 
de quietus; adv. coiement, quoie- 
ment, qneiement I, 76. 328. II, 23. 
355, paisiblement, tranquillement; 
de là irecoi, repos, tranquillité, ca- 
chette; en, a recoi, en secret, en 
cachette, tranquillement; on trouve 
aussi à quoi dans le même sens; 
ooiser, coisier, qniser (se) II, 287, 
apaiser, se taire; cfr. hausser de 
altus; comp. acoiser, acoisier, aqui- 
ser, aqnoiser, apaiser, rendre coi. 
Coiser est encore en usage dans 
plusieurs patois. Du subst. quies, 
on avait formé quiote, repos, qui 
n'est pas fort commun. A la même 
racine quietus, dans la signification 
de libre, qu'il avait prise au moyen- 
âge, on doit rapporter cuite, quite, 
quitte, exempt, absous, absolu, en- 
tier; pour ainsi dire quitus; adv. 
quitement, cuitement I, 130. 295, 
entièrement, librement; qniter, qni- 
tier, cnitier, donner quittance, ren- 
voyer quitte, tenir quitte, exempter, 
céder, donner, abandonner, se dé- 
sister, délivrer, délaisser, rendre; 
qoitee , coitee , tranquillité , repos ; 
quitement, ib. ; quitance, abandon, 
don, cession, concession; en qui- 
tance, sans retour, sans condition, 
en pur don; comp. aquit, acuit I, 
358, acquit ; aqoiter, aquitier, acniter, 
acquitter, s'acquitter, remplir, don- 
ner, céder, abandonner, délivrer, 
purger; aquitance, comme quitance. 
Tous ces mots en qu s'écrivaient 
aussi sans u. Cfr. Rayn. L. R. 
V, 22 et suiv. 

Coite V. coiter. 

Coiter, coitier, cniter, presser, pousser, 
hâter, dépêcher, exciter, aiguillonner. 



COI 



81 



COL 



On a proposé de dériver coiter de 
percuter e , coexcîtare , coactare, 
mais on s'aperçoit de prime abord 
qu'aucun de ces verbes n^aurait pu 
produire la forme coiter. Le latin 
coquere avait entre autres sens celui 
d'inquiéter (brûler, pour ainsi dire), 
et, en partant de cette signification, 
ou a formé avec le participe un 
verbe coctare, d'où notre coiter; 
cfr. coisier de quietus. Adjectif 
coitns, agile, rapide, bouillant; — 
coite, cuite (cninte), dans l'expres- 
sion à coite d*esperons II, 324, ré- 
pondant à notre à toute bride. 
Coitier V. coiter. 
Coitrart v. cotre. 
CrOitre v. cotre. 
Coitns V. coiter. 

Col I, 86, cox I, 92, cou ; de collum ; 
vb. comp. acoler 1, 133. 288. II, 332, 
embrasser, enfermer ; contenir; prov. 
acolar , simple colar\ d'où s'entra- 
. colerl, 112, s'entre-embrasser ; dé- 
celer I, 195, décoller; dér. colee II, 
369, coup sur le cou, accolade qui 
se donnait au nouveau chevalier; 
coup, gourmade. 
Col, chou V. chol. 
Col, coup V. colp. 
Colche V. colcher. 

Colcher, oolchier, coachier, colcher, 
cnlchier, cachier, cochier, couoer, 
couker, indifféremment avec et sans 
$e II, 357, coucher, se coucher; 
colche, colche, couche, couche; de 
collocare, mettre, placer, poser, 
étendre; comp. acolcher, aculchier, 
acoucer (s') II, 289, se coucher, s'aliter. 
Colchier v. colcher. 
Colee V. col. 

Celer, couler II; 279. 369, couler, glisser, 

s'écouler; de co/are employé factitive- 

ment. De là nos mots coulis^ coulisse. 

Colire f I, 252, collyre; coUyrium; 

prov. colliri m. 
Collecte V. cueillir. 
Borguy, langue d'oll, Glossaire. 



Colombin v. colons. 

Colons I, 397, colombe, pigeon; co- 
lumbus; colombin, de pigeon, de 
colombe; columbinus. 

Color, Colur, colour II, 240, couleur; 
colorer, colorier I, 89, colorer; co- 
lor, colorare; part, passé qui a de 
belles couleurs, embelli. 

Colorer, colorier v. color. 

Colour V. color. 

Colp, colps I, 85, col, cols I, 86, cop, 
cops I, 86, ces I, 86, coup, cous, 
caup, caus I, 91, cox I, 93, coup; 
colper, coper, copeir, couper II, 397, 
couper, abattre; comp decoper I, 
380, blesser avec une arme tran- 
chante, couper, déchirer. De Tadj. 
beau et de coup, on forma Tadv. 
beaucoup, c.-à-d que beau a été 
pris dans le sens de grand; du 
resté, on trouve dans l'ancienne 
langue grant colp pour multnm. 
M. Chevalet dér. colp, colper, de 
l'allemand hlopfen; c'est un de ces 
tours d'adresse qui n'a d'autre fonde- 
ment qu'une ressemblance de signi- 
fication entre colper et klopfen. 
L'ancien allemand cholpo , holpo, 
kolbo^ aujourd'hui kolben^ ou le kymri 
colp^ désignant des instruments pro- 
pres à percer ou à frapper, pour- 
raient seuls servir de racine à notre 
mot; mais je préfère l'étymologie 
indiquée par DC, c-à-d. colaphus, 
coup de poing. On sait que le ph se 
change souvent en p , et de très- 
bonne heure on confondit en latin 
ph et p. De colper, couper dér. 
colpe, coupe, action de couper, d'où 
notre copeau^ qui, par son manque 
de s, s'il est fondé, se distingue de 
cospel, coispel, dans l'ancienne langue, 
épine, copeau, partie de la gaîne 
d'un couteau, dérivé du latin cuspis. 
Copeau, dans la langue d'oïl, avait 
le sens de rigole, coupure, portion 
d'eau tirée d'une rivière. 

6 



COL 



82 



COM 



Colpable v. colpe. 

Çolpe, colpe I, 125. 129, et avec chan- 
gement do la liquide, corpe R. d. 
Ren. I, 327. III, 39, faute, délit, 
coulpe; cuipa; colper, accuser, in- 
culper, blâmer; culpare; comp. en- 
colper, accuser, inculper, se plaindre ; 
descolper, disculper; colpable, cul- 
pable I, 296, coupable; culpabilis, 

Colpe V. colp. 

Colper, couper v. colp. 

Cfdper, accuser v. colpe. 

Cdps V. colp. 

CoIb, coup V. colp. 

Colfl s, s. et p. r. de col 

Coltel, coltel, coatel, cntel, avec s inter- 
calaire coiurtel II, 79, s. s. et p. r. 
cateaM, contiauB, cutiax II, 41. Charl. 
1 80. Ben.7846. 7838. R. d.Ren. 1, 149. 
R. d. R. 7Ô71, couteau; cultellus, 

Colni pour celui, so trouve dans des 
textes mélangés du sud -ouest; de 
eccu illuic, ital. colui. 

Colninpne I, 66, colonne; columna; 
prov. colompna, colonna; p inter- 
calaire, pour renforcer la combi- 
naison mn, comme en prov.; cfr. 
dampneir. 

Colnr v. coloré 

Com, cnxn, con, corne, comme, conme, 
conme, cun II, 281; d'où coment, 
cument, coximent, comment, coument 
II, 281; corn que^ coment que II, 
378 : comp. combien, i. e. com bien, 
combien quCy conj, II, 378. 

CemanaUement I, 147. Si Ton pen- 
sait que cette forme est pour co~ 
munalm^nt, on ne saurait absolu- 
ment pas comment expliquer les 
irrégularités qu'elle présente. La 
phrase complète est: (Deus) Ciel 
et terre, et ewe et vent, | Trestuz 
comanablement, | Sunt al ton co- 
mandement, | Et toutes choses ense- 
ment, | Fors sui en terre maie gent. 
Oserait -on songer à comandahle- 
ment, avec syncope du rf? 



Comandant v. mander. 

Comandement v. mander. 

Comander v. mander. 

Cimianderes v. mander. 

Combatement v. batre. 

Combateor v. batre. 

Combateres v. batre. 

Combatenr v. batre. 

Combatre v. batre. 

Combe, combe Ch. d. S. I, 193, vallée 
enfermée entre deux montagnes, 
dénomination encore fort usitée en 
France, quoique l'Académie n'en 
fasse pas mention dans son Diction- 
naire. Ce mot se retrouve dans le 
nom d'un grand nombre de villes, 
p. ex.: Coms, autrefois Comum, 
Combres , Combs'-la-ville (Guer. 2, 
131), Cumba locus (Bréq. I, 136). 
Combe est d'origine celtique : com, 
comb — vallée à penchants concaves ; 
gallois cirm = chaque chose arron- 
die ; vallée, etc. ; breton kombant = 
vallée. Comb manque à l'irlandais^ 
ce qui a fait douter de la justesse 
de l'interprétation proposée; et beau- 
coup de lexicographes ont préféré 
la dérivation de DC. : cymba(xi;|U/Si?), 
barque; mais le passage de l'idée 
de barque à celle de notre mot n'est 
pas admissible. 

Combien v. com. 

Comble, comble, tas, excédent, sur- 
croît; de cumulus; à comble I, 293, 
comble; combler I, 268, combler; 
cumulare; comp. acombler, combler, 
augmenter ; d'où acomblement I, 373, 
augmentation, surcroît. Dans la 
signification de faite, sommet, com6/e 
rappelle le latin culmen. De cu- 
mulus, par le changement de / en 
r, Imâ. combrus, on dér. combrer, 
empoigner, prendre avec force, c-à-d. 
mettre empêchement, arrêter; comp. 
encombrer, enoombrier, encombrer I, 
178. II, 280, embarrasser, mettre 
obstacle, empêcher, souiller; d'où 



COM 



83 



COM 



encombrement, enscombrement , em- 
barras, empêchement, encombre- 
ment ; — encombrier , encombrer, 
ancombrier , encombre II, 297, diffi- 
culté, embarras, empêchement, en- 
combrement; adj. encombroB, en- 
combreus , embarrassant , escarpé, 
impraticable. T. II, p. 402 on lit 
escunbrier avec la signification de 
encombrier^ quoique, d'après la pré- 
fixe, il dût signifier le contraire, 
et il faut sans doute orthographier 
enscunbrier. Notre décombres ap- 
partient à cette famille. 
Combler v. comble. 
Combrer v. comble. 
Gombriser y. briser. 
Gombroiser v. briser. 
Corne, chevelure, crinière; coma; comé 
R. d. 1. V. 279 , chevelu , à longue 
crinière; comatus; prov. comat, 
itai. comato. 
Come, comme, coment, conunentv.com 

et ir, 281. 
Comencer, comencier, cnmenoery cu- 
mencher, comenchler, conmencbiér, 
conmenchier, coumander, commencer, 
naître; de çom — initiare; comp. 
encomencer, encomender, etc., com- 
mencer; d'où encomencement , com- 
mencement ; reoomencer, recombnder 
II, 86,. recommencer. Toutes ces 
formes avec un double m. 
Comenchier v. comencer. 
Comender v. comencer. 
Comforter v. fort. 
Commanc, commanch 1. p. s. prés. ind. 

de commander I, 216, 
Commandeires v. mander. 
Commandeor v. mander. 
Commander v. mander. 
Commant v. mander. 
Ck)mmotion v. movoîr. 
Gommovoir v. movoir. 
Commun I, 19. II, 269, commun en 
général, de la communauté; com^ 
munis; empl. subst. I, 157, com- 



munauté, commune; commune; adv. 
communément I, 148. 196, égale- 
ment, en commun, ensemble; de là 
oomunal, comnnnal, communal, eu- 
munel I, 388. II, 198, commun, 
public, ouvert à tous, égal, ordi- 
naire, d'un même accord, en com- 
mun; empl. subst. I, 157, commu- 
nauté, commune ; adv. commnnalment, 
commnnanment I, 388. II, 86, com- 
munalment, également, en commun, 
ensemble; communitdt II, 81, com- 
munauté; cotnmunitas ; commonion» 
communion; communia; communier 
I, 322, communier; communicare'^ 
comp. escommunion, excommunica- 
tion; escommenier, escomenier, esca- 
menier, escominier I, 189. 227. |I, 
149. 204, excommunier, réprouver; 
excommuntcare ; part. pas. empl. 
subst. escommeniet II, 204, l'ex- 
communié; de là escommnniement, 
escommeniement, escnmengement, ex- 
communication. 

Communal, communalz v. commun. 

Communalment v. commun. 

Conmiunaument v. commun. 

Communément v. commun. 

Communier v. commun. 

C(Hnmunion v. commun. 

Compagner v. pain. 

Compaigne v. pain. 

Compaigner v. pain. 

CompaignoBse v. pain. 

Compaignie, ccnnpaignieie v. pain. 

Compaignon v. pain. 

Conipain, conqiaing v. pain. 

Compainnie v. pain. 

Compainon v. pain. 

Companage v. pain. 

Compangne v. pain. 

Companion v. pain. 

Comparer, comparer v. par, adj. 

Comparer, comperer, cumperer I, 173. 
194. 232. 362, acheter, payer, être 
puni de qqch. ; de comparare. 

Compas V. pas. 

6* 



COM 



84 



CON 



Compaaser v. pas. 

Cûmpaaseres v. pas. 

Compassion v. patience. 

Compeignie v. pain. 

Comperer v. comparer. 

Ccmiplsâgnemeiit v, plaindre. 

Com]^aiiidre v. plaindre. 

Complaint , complainte v. plaindre; 

Compile I, 232, compiles, soir; prov. 
compléta; du part, completus, a. 
Cfr. acomplir. 

Comprendable v. prendre. 

Comprendre v. prendre. 

Comprins, compris v. prendre. 

Compr<mietre v. mètre. 

Compromis v mètre. 

Comsachable v. savoir. 

Coiniinal v. commun. 

Con y. corn et II, 281. 

Conbatre v. batre. 

Conception v. concevoir. 

Concevable v. concevoir. 

Concevoir, concever v. concevoir. 

Concevement v. concevoir. 

Concevoir, concever, concevoir, conche- 
voir, conzoivre, conchoivre, concivoir 
II, 12 et suiv., concevoir; conci- 
père ; de là concevement , concive- 
ment, conception; concevable, con- 
cevable ; — conception , idée, projet ; 
de conceplio. 

Concbevoir v. concevoir. 

Conchoivre v. concevoir. 

Concile, concilie, et avec changement 
de la liquide concSre I, 49. 146, con- 
seil, assemblée; concile; de ton- 
cilium, 

Concire v. concile. 

Condvement v. concevoir. 

Concivoir v. concevoir. 

Concorde v. concorder. 

Concorder II, 52. 293, accorder, con- 
corder; concorde I, 279, concorde; 
concordare (concc^'s, cor). jCfr. 
acorder, discorder. 

Conoorre v. corre. 

Concroire v. croire. 



Concneillir v. cueillir. 

Condamner v. damage. 

Gondemner v. damage. 

Condtdre v. duire. 

Conduit V. doire. 

Conestable, cnnestable I, Ô4, 309, con- 
nétable; cornes stabuli. Cfr. Rayn. 
L. R. III, 212, DC, s. V. Cornes. 

Confanon v. gonfanon. 

Confàrmeir v. ferm. 

Confenoîer v. gonfanon. 

Confenon v. gonfanon. 

Conformer v. ferm. 

Confes I, 235, confès, avoué; confes- 
sus (confiteor); se faire ' confes ^ 
confesser; de là confesse, confiesse 

I, 387. 395, confesse; II, 100. 265, 
confession ; d'où confesser, confesser, 
avouer; confession I, 283, confes- 
sion; cohfessio; confesser, confes- 
seur; con f essor; comp. desconfes, 
non - confessé. 

Confesse v. confes. 

Confesser y. confes. 

Confession v. confes. 

Confesser v. confes. 

Confiesse v. confes. 

Confire I, 185, confire, apprêter, con- 
fectionner; de conficere; le part, 
pas. est souvent employé adj. et 
subst. pour mets, ragoût.; au fig. 
dans G. Guiart I, p. 162; comp. 
desconfire, descnnfire I, 125. 134. 

II, 31, déconfîre, détruire, ruiner; 
desconfiture I, 54, déconfiture. 

Confondre v. fondre. 
Confors v. fort. 
Confort V. fort. 
Confortement v. fort. 
Conforter v. fort. 
Confremer v. ferm. 
Confondre v. fondre. 
Confosion v. fondre. 
Congeer v. congiet. 
Congeler v. congiet. 
Congie v. congiet. 
Congier v. congiet. 



CON 



85 



CON 



Congiet, congie, congé I, 188, congé, 
permission; avoir congiet 1, 56. 142 ; 
prendre cengiet à qqn, II , 196 ; à 
Dieu congie II, 342; vb. congier, 
congeer, congeier, cungeer II, 326} 
congédier, renvoyer, chasser, ban- 
nir ; de commeatus. Notre congédier 
vient de Tital. eongedo, qui dérive 
lai-même de Tancien français con- 
giet, conget, 

Congnoistre v. conostre. 

Congou: t. joïr. 

Congrégation 1 , 302 , congrégation ; 
congregatio. 

Cronixancé v. conostre. 

Conjoindre n, 238. 

Cronjoïr V. joïr. 

Coiguraiflon v. jurer. 

Conjurer v. jurer. 

Conmandement v. mander. 

Conmendhier v. comencer. 

Gonment v. com et II, 281. 

Conmunal v. commun. 

Connoissance, oonouance v. conostre. 

Conoistre v. conostre. 

Conostre, ounnstre, conoistre, cunnistre, 
connistre, connstre, cognoistre, con- 
gnoistre, congnoistre, quenoistre II, 
129 et suiv., connaître, prendre con- 
naissance, reconnaître, avouer, com- 
muniquer, faire connaître; faire 
conàissant II j 134; de là conixance, 
connissanohe , connoissance, cnnnis- 
sance I, 46. II, 86. 35. 353, con- 
naissance, savoir, avis, personnes 
attachées (connues); connoissance, 
cunoisance I, 181, bannière, pen- 
non, armoiries, v. DC. cognitiones; 
cognitinn II, 130, connaissance; 
cogniUo; comp. reconoistre, recon- 
naître, payer de retour; reconoiBse- 
ment, reconnaissance; desconoistre 
II, 134; desconnene, mauvais traite- 
ment ; desconoissance , ingratitude, 
ignorance, et comme connois- 
sance ; mesconoistre , méconnaître 
II, 1^4. 



Conpassion I, 220 v. compassion s. v. 
patience. 

Cœiqaerement v. querre. 

Conqnerre v. querre. 

Conqaest, conqneste v. querre. 

Conqnester v. querre. 

Cox^qnister v. querre. 

Conraer v. roi II. 

Conrai v. roi II. 

Conrei v. roi II. 

Conreier v. roi II. 

Conroi v. roi II. 

Conroîer v. roi II. 

Cons V. cuens. 

Consaohanle y. savoir. 

Consail v. coneoil. 

Cbnsal v. consoil. 

Consans, consax v. consoil. 

Consaut subj. de conseiller I, 245. 

Conscience v. scient. 

Conseal v. consoil. 

Conseil v. consoil. 

ConseiUement v. consoil. 

Conseilleor v. consoil. ' 

Conseiller v. consoil. 

Conseillères v. consoil. 

Consel V. consoil. 

Conseller v. consoil. 

Consentement v. sens. 

Consentir v. sens. 

Consentu II, 149 part. pas. de consentir. 

Consens v. consoil. 

Consent subj. de conseiller I, 245. 

Conseyre v. sevré. 

Consillier v. consoil. 

Consiree v. consirer. 

Consirer I, 340. II, 46, considérer; 
se consirer, se consoler, se passer 
de qqch., être séparé de qqch., se 
consoler de l'absence, désirer; con" 
siderare; de là consiree, désir, souci, 
pensée. 

Consoil, conseil, consel, consol, conseal, 
consal, consail, consens, consens, con- 
sans, consox, consax I, 88. 92. II, 221, 
conseil, projet, dessein, permission, 
assemblée délibérante, secret; coït- 



CON 



86 



CON 



silium; à conseil, à part, en se- 
cret; consillier, conseller, conseiller 
I, 99. 162. 163. 305, conseiller, 
consulter, faire confidence; eonti- 
tiare; de là conieiUerei, conBeilIeor 
I, 77, conseiller; oonieillement, con- 
seil, avis; comp. aeoQfleiller, con- 
seiller , aviser ; desconseiller , mal 
conseiller, , décourager ; part. pas. 
empl. subst. II , 98 , qui ne sait à 
qui avoir recours, abandonné, qui 
ne sait à qui demander conseil, 
infortuné. 

Gonsol V. consoil. 

CkmBens v. consoil. 

ConBoat subj. de conseiller I, 245. 

CoiiBOZ V. consoil. 

Constaiice v. steir. 

Cronsinire v. enstruire. 

C<mtaiis part, de conter. 

Contans v. contendre. 

Conte, comte v. cuens 

Conte, conte et compte v. conter. 

C<mtee v. cuens. 

Conteie v. cuens. 

Conteit v. cuens. 

Contemplatif v. temple I. 

Ccmtemplation v. temple I. 

Contemple v. teiis. 

Contenance v. tenir. 

Conten^n v. contendre. 

Contendre I, 170, contester, disputer, 
quereller , combattre ; contendere ; 
subst. content, s. s. et p. r. oontans, 
contenz I, 400. II, 195. 350, con- 
testation, dispute, querelle, procès, 
guerre; oontençon I, 221. II, 31, 123, 
contestation, dispute, querelle; con- 
tentio. Cfr. tendre. 

Contenement v. tenir. 

Contenir v. tenir. 

Content v. contendre. 

Contons v. contendre. 

Conter, conter I, 65. 212. II, 405, 
compter et conter; estre contans I, 
96; de computarQ^ aujourd'hui for- 
mant deux mots pour l'orthographe ; 



de là eonteres, conteor I, 75. 77, 
conteur; comp. aoonter, acunter I, 
173. n,. 46. 55, compter et racon- 
ter, narrer ; d'où raconter, racnnter, 
recnnter, reoonter I, 49. 167. 251. 
II, 96. 252, recompter et raconter, 
dire une histoire, un fait, exposer 
les motifs; reconteres, reoonteor, 
conteur, raconteur, historien; mesr 
conter II, 52, méconter, tromper, 
diminuer par fraude; oublier de 
compter, ne pas compter; subst. 
comte, oiinte I, 69. n, 313, compte 
et conte; computus. Cfr. l'ahal. 
ieljan, compter et narrer. 

Contesse v. cuens. 

Contet V. cuens. 

Contiengne II, 5, contigu; de contiguus. 

Continent II, 60, continent; continens. 

Continue, suivant ; fièvre continue ; con- 
linuus; continneil, continuel, conti- 
nuel; propr. continualis; adv. con- 
tinnellement II, 104, d'une manière 
continue, sans cesse, continuelle- 
ment; vb. continaer, continuer; con- 
tinuare; au part, passé continu, 
continuel. 

Continnel, continuellement v. continue. 

Continuer v. continu. 

Contraire adj. et subst. v. contre. 

Contraire, contracter v. traire. 

Contrait v. traire. 

Contralîe v. contre. 

C<mtralier v. contre. 

ContralioB, contralîus v. contre. 

Contralifiion v. contre. 

Contre, contre II, 346; d'où avec la 
suffixe ata, contrôle, cnntree, con- 
trée; prov. contrada; cfr. l'allemand 
gegend, contrée, de gegen, contre; 
vb. comp. entrecontrer R. d. C. d. C. 
2562, rencontrer; comp. encontre, 
encontre n, 346, subst. I, 329; d'où 
encontrer I, 216. 222. II, 38. 93, 
rencontrer, attaquer; encontree, ren- 
contre, combat; encontrement , ren- 
contre, choc; — contraire II, 2, 



CON 



87 



COP 



contraire: avoir cuer contraire à 
1, 305, avoir des sentiments opposés, 
n'être pas disposé à ; de conlrarius ; 
empl. subst. I, 225. II, 342. 397, 
contrariété, ennui, adversité — et 
adversaire, ennemi; — également 
de contrarius, avec changement de 
la liquide, contralios, contralxns II, 
242, contraire, contrariant, adver- 
saire; vb. Gontralier I, 135. II, 293, 
contrarier, ne pas être du même 
avis; d'où o<»itralie, contrallsion, 
contradiction. 

Contredire v. dire. 

Contredisément v. dire. 

Contredit v. dire. 

Contrefaire v. faine. 

Contreie.v. contre. 

C<mtremont II, 270 et gtoss. mont. 

Contreparler v. parole. 

Contrester v. steir. 

Contret v. traire. 

Contretenail I, 298. Cette expression 
qu'il m'est impossible de rendre dans 
toute sa force, est composée de 
contre et tenait, Tenail est dérivé 
de fenacti/tim = forceps , dans Te- 
rentius Maurus, de tenax, et par 
conséquent le même mot que Qotre 
tenaille, du pi. tenacula. D'après 
cela, on pourra se faire une idée 
de la signification de contretenail. 

Contretenir v. tenir. 

Contreval v. val. 

Contrevaloir v. valoir. 

Contrevoloir v. voloir. 

Contrieblet de contribler s. v. tribler. 

Conuistre v. conostre. 

C<mii8tre v. conostre. 

Convei v. voie. 

Gonveier v. voie. 

Convenable v. venir. 

Convenance v. venir. 

C<mvenancier v. venir. 

Convenant v. venir. 

Convenante v. venir. 

Convenir v. venir. 



Convent v. venir. 

Conventer v. venir. 

Conven v. converser. 

Conversation v. converser. 

Converser I, 297. II, 13. 61, demeurer, 
habiter, séjourner, fréquenter, avoir 
commerce avec, se trouver ordi- 
nairement; conversari; subst. con- 
vois, lieu habité, partie habitée d*un 
pays; repaire, retraite des bêtes 
féroces; de là conversicn, fréquen- 
tation, habitude, liaison, familia- 
rité; — conversation I, 231. II, 2 
demeure, séjour, habitation, fré- 
quentation, vie, société; conpenatio. 

Conversion, liaison v. converser. 

Conver8i<mi conversion v. vertir. 

Convertir v. vertir. 

Convi V. convivie. 

Convier v. convivie. 

Copviertir v. vertir. 

Convif V. convivie. 

Convive v. convivie. 

Convivie, cunvivie, convive I, 189. II, 
15. 78, festin, repas, banquet, so- 
ciété de table ; de conrivium. Quant 
à la forme convi, repas, festin, in- 
vitation, prov. convity covit, c'est 
un dérivé du verbe convier II, 305, 
prov., esp., port, convidar, ital. con- 
vitarc , formé sur invilare avec 
changement de la préfixe et sous 
l'influence de convivinm. La forme 
convif, qu'on trouve dans Amyot, 
représente convi, rapproché de con^ 
vivium, d'où le f final. 

Convoi V. voie. 

Convoiant (en) v. voie. 

Convoiement v. voie. 

Convoier v. voie. 

Convoitise v. covoitous. 

Cop V. colp. 

Cope, coupe, cnpe, coupe; de cuppa, 
cûpa; de là coupier, grande coupe, 
coupe. De cupa dérivent aussi les 
formes où la voyelle latine est con- 
servée: cuve, ib. ; d'où envier, ib. ; 



COP 88 COR 

cuvaige, cellier; cuvel, cuveau; ca- Corbe v. corb. 

velUer, faiseur de caves, tonnelier; Corbe, courbe; curvus; corber, curver 

cuvelette, petite cuve; et notre go~ I, 239, courber, plier, prosterner; 

helety Imâ. gubellus. En se repré- curvare; comp. acorber, courber, 

sentant une coupe renversée, on a baisser, 

rapporté à la même racine: cope, Corbeal v. corb. 

. enpe, coupe, copel, signifiant la cime Corbeaz v. corb. 

d'une montagne I cime en général; Corbel, corbiel v. corb. 

d^où nos mots coupole, coupeau. Corber v. corbe. 

Copeaa v. colp. Corbians v. corb. 

Copeir v. colp. Corde II, 202, corde; chorda; d'où 

Copel V. cope. cordelle, cordon, cordelette ; cordeis, 

Coper V. colp. treillis de cordes, de sangles. 

Copie, couple; copula; vb. comp. de Cordeis v. corde, 
copulare, deseopler II, 329, décou- Cordelle v. corde, 
pler, désaccoupler. Notre couplet, Cordoan, corduan II, 107, espèce de 
propr. accouplement de vers, est cuir qui vient de Cordoue, cor- 
de la même source. douan; de là notre cordonnier, autre- 

Copn V. colp. fois cordoanier, celui qui prépare 

Coque, espèce de bateau ou vaisseau ; ou emploie ce cuir, 

notre coche (bateau); d'où coqjiet, Cordoanier v. cordoan. 

caque , petit baril , et petit bateau Corduan v. cordoan. 

en forme de coquille; de concha, Coreeier v. corros. 

ital. cocca, esp. coca. Notre mot Corée v. cuer. 

coque (d'oeuf, de noix) a la même Corine v. corros. 

origine. J'ai donné coche (bateau). Corn, corne, cor II, 277, corne; ex- 

parce que coche, espèce de carrosse, trémité de quelque cbose qui finit 

nous vient de l'ital. çocchio^ qui en pointe, angle; cor, espèce de 

peut avoir la même origine, c-à-d. trompette; de cornu; dim. cornet, 

de conchula^ quoique l'opinion gé- petite corne; espèce d'e cor; cornu 

nérale soit de le dériver du bon- I, 106, cornu, anguleux; cornutus, 

grois kotay^ valaque code. prov. cornut, ital. cornuto ; vb. corner, 

Coquemar, coquemar ; de cucumn, ital. sonner de la trompette; corner, en 

cogoma. V. Ménage. parlant des oreilles I, 267. 

Coquet v. coque. Corne, cornet v. corn. 

Cor, coeur v. cuer. Corner v. corn. 

Cor, cor v. corn. Cornu v. corn. 

Corage v. cuer. Coroçus v. corros. 

CoragOB V. cuer. Corone, couronne; tonsure, ornement 

Coraige v. cuer. de tête; corona; coroner I, 153. 

Coraille v. cuer. 212, couronner, tonsurer; coronare; 

Corant v. corre. part. pas. empl. subst. clerc, ton- 

Corb M. d. F.II, 105. R. d. S. 8. 4848, sure; d'où coronement, couronne- 

eorbean; fém. corbe, courbe R. d. ment. Cfr. DC coruna. 

S. S. 4835. 8, femelle du corbeau; de Coronement v. corone. 

corvus; de là corbel, corbiel, corbeal, Coroner v. corone. 

s. s et p. r.corbiaus, corbeax, corbeau. Corous v. corros. 



COR 



H9 



COR 



Ck)rpe V. colpe. 

Corporel, corporelement v. cors. 

Corporiien y. cors. 

Corps y. cors. 

Corre, eonrre, cnrre, enre 1, 824 et suiv., 
courir, se mouvoir, poursuivre ; cur- 
rere; cors, eurs, cours I, 387, cours, 
course; cursus; corant part. prés, 
empl. subst. n, 29, courant; dér. 
oorreres, correor I, 77, coureur, 
éclaireur; corse, course; corser adj. 
dans Texpression lat corsor, cou- 
lant; cursorius; condor, coureur, 
coursier; condere, galerie, chemin 
couvert, chemin de ronde; corsable, 
qui a cours; adv. corsablement, com- 
munément , ordinairement ; comp. 
aoorre, accorre, accourir, secourir; 
concorre, concourir: concurrere; de- 
corro I, 129. 327, couler, découler, 
passer, ruisseler; decurrere; deoors 
I, 141, décroissance, décours; dis- 
corre I, 327, discurrere; encorre, 
confisquer, encourir; incurrere; d'où 
encorrement, confiscation ; reoorre I, 
327, recurrere; reeors II, 141, re- 
cours, refuge; recursus; secorre, 
soscorre, sncnrre, soucourre, etc. I, 
153. 231. 242. 2ô6 et les exemples 
sur corre, secourir, porter secours ; 
succurrere; secors, sooors, snonrs, 
etc. I, 270. 331. II, 305, secours, 
aide; trescorre I, 153, parcourir, 
passer, passer rapidement; trans^ 
currere ; entrecorrei^s') II, 245, courir 
Tun surTautre, l'un contre Tautre. 

Correoer v. corros. 

Correohier, corroder v. corros. 

Correor v. corre. 

Correres v. corre. 

Corroie v. cuir. 

Corrompable v. rompre. 

Corrompement v. rompre. 

Corrompre v. rompre. 

Corrompu v. rompre. 

Corros, corroiiB, corons, coorous, cou- 
roue, Gurus I, 327. II, 209, chagrin, 



courroux ; de choiera, bile. Corros, 
courous sont pour coleros, colerous, 
d'où colros, colrous^ puis, dans le 
premier, par assimilation de /, cor- 
ros, dans le second, par affaiblisse- 
ment de cette même lettre, courous. 
De là oorogns, onraçns, courroucé; 
correoer, oorreoier, ooreoier, oonre- 
der, conronder, correchier, coureehier 

I, 80, attrister, courroucer, irriter, 
A la racine choiera se rapporte 
aussi corine, cnerine = propr. chole- 
rine, mauvaise humeur, dépit, co- 
lère, pique, ressentiment vif et 
tenace. Notre colère et ses dérivés 
sont de la même famille. 

Corroos v. corros. 

Cormptioxi v. rompre. 

Cors I, 95, invariable, dans Eul. seule- 
ment corps, corps, de corpus; mon 
cors, ton cors, etc , pour moi-même, 
toi-même, etc. I, 136; adj. corpo- 
riien I, 56, corporel, du corps, 
matériel , charnel ; formé comme 
terrien, celestien, etc. ; corporel, cor- 
porel ; corporalis ; adv. corporelement 

II, 70, corporellement; de là corsage, 
taille du corps d*un homme; adj. 
corsos, robuste; et le dim. oorselet, 
corset II, 243, petit corps, aujour- 
d'hui dans un tout autre sens. 

Cors, cours v, corre. 

Corsable v. corre. 

Corsablement v. corre. 

Corsage v. cors. 

Corse V. corre. 

Corset V. cors. 

Corsior, condere v. corre. 

Corser v. corre. 

Corsos V. cors. 

Cort, cort, cor, coor, cour, tribunal, 
juridiction ; de chors, chort'ts^ basse- 
cour. De cort, dans le sons de cour 
principière, on dériva: oortois, cor- 
teis, courtois II, 309, 332, courtois, 
galant, affable, gracieux, agréable, 
courtisan; d'où cortoisement , cor- 



COR 



90 



cos 



teiflement, coartoisement I, 383, gra- 
cieusement, honnêtement, d^nne ma- 
nière affable; oortoiaie, eurteine, 
courtene ( cnrteisBe ? ) , courtoisie , 
galanterie, affabilité, faveur, don; 
«t> notre courtisan, courtiser; — 
cortoier, corteier, oourtoier, tenir 
cour, courtiser, faire la cour, se 
montrer galant. — Rangez enfin 
ici notre cortège. 

Gort, court, cnrt, eorte, court, bref; 
curtus'y de là p. ainsi dire ad~, ex- 
curtiare, acoreier, aoorclder, accour- 
cir, abréger; esoorcier, esconrder, 
eBOOrehier, écourter, retrousser, re- 
lever; le subst. esoorz S. d. S. B. 
ôôO, etcors, giron, sein, est de la 
même racine; v. Roquefort; s'en- 
oorcer Ben. 36470, se raccourcir, 
devenir court. 

Gortina, cnrtine, oonrtine II, 369, Imâ. 
cortina = petite cour, mur entre, les 
bastions, rideau d'autel, 'etc., signi- 
fiait ordinairement rideau, tapisse- 
rie, draperie; du latin classique 
cortina, cercle, rondeur; de là cor- 
tiner, cnrtiner, conrtiner, dont la 
signification est la même que celle 
du comp. encortiner, encurtiner, en- 
conrtiner, tapisser, couvrir de tapis, 
tendre des draperies. 

Cortiner v. cortine. 

Cortoier v. cort. 

Ck>rtoi8, cortoisement v. cort. 

Cortoisie v. cort. 

Corvée, corvée, travail et service dû 
gratuitement au seigneur ; Imâ cor- 
vada, corrogata, prov. courvada, 
courroc. Selon Ménage de curva^ 
tus, parce que c'est avec le corps 
courbé qu'on travaille aux corvées, 
interprétation ridicule. Corvée dé- 
rive de corrogata, avec syncope de 
Vo radical, qui se maintint dans le 
prov. courroc. Corvée a donc signifié 
primitivement appel, ordre. Cfr. 
rover. 



Cos V. colp. 

Cose V. cause. 

Coser V. cause. 

Cosin, cousin, cosin, cousin, parent; 
contracté de consobrinus, Imâ. co- 
sinus; V. DC. s. V.; esp. sobrino; 
cosin fraireur, cousin germain ; mais 
aussi déjà cette dernière expression; 
cosin en autre ou secont, cousin 
issu de germain; cosin en tiers^ 
cousin au troisième degré; dériv. 
oosinage^ ciudiiage, acte de cousin, 
de parent. 

Connage v. cosin. 

Gospel V. colp. 

Cost V. coster. 

CoBt I, 150; de eccu isle. 

Costa, épice v. coster. 

Goste, côte v. costeit. 

Cotted V. costeit. 

Codteer v. costeit. 

Costeit, costet, costed, coste, s. s. et 
p. r. costeiz, costez, costes, côté, 
dérivé de coste, de costa, côte, p. 
ainsi dire costata. De la même 
racine: costeer, qui est du même 
sang, de la même famille ; côtoyer, 
être au long de qqch.; acoster, ar- 
ranger, placer côte à côte, tenir par 
le côté, approcher, accointer; cô- 
toyer; subst. acost I, 163, accoiute- 
ment, voisinage, hospitalité; enooste 
prép. II, 356; dencoste II, 357; 
costere, costiere, côté; côte. Notre 
mot coteau se range encore ici et 
proprement on devrait récrire co- 
teau; Tancienne langue se servait, 
entre autres, de costiz, dans ce sens. 

Costeiz v. costeit. 

Costenge v. coster. 

Coster, couster I, 303. II, 3*25, coûter; 
de conslare; de là coste, espèce 
d'épice, parce que les épiées étaient 
coûteuses, propr. dépense ; costenge, 
dépense, frais, coût, luxe. Pour la 
suffixe cfr. laidenge, losenge, etc. 
Estre à oost, cost Q. L. d. R. II, 195, 



cos 



91 



COU 



causer de la dépense, des frais; à 
grand cost R. d. R. 11249, à grand, 
frais, à grande dépense. 

CbBtere t. costeit. 

Costes, costez y. costeit. 

Oofltet T. costeit. 

CkMrtiere v. costeit. 

Coftiz V. costeit. 

Costame, coQftnxiio, CDitunie, omtome 
II, 246, contume, moeurs, usage, 
droit, redevance; mot dont le pri- 
mitif est consuetudo, inis, v. urne; 
c'est de costume, il est de coutume, 
telle est la coutume; de là oostu- 
mier II, 284, coutumier, qui a la 
coutume, l'habitude de, qui est sujet 
au droit de costume; cfr. encore 
DC. s. V. consuetndo; ooitnxnet, 
oostuné II, 338, qui est dans Tusage 
commun ; d^où oostnmeement , selon 
la coutume et l'usage; comp. ac<Nh 
tume (estre), avoir coutume, être 
dans les habitudes; acoftnmeement, 
de coutume, d'ordinaire; acostnme- 
ment, coutume, usage, façon d'agir. 

Gostumeement v. costume. 

CkMtomet, costumé v. costume. 

Costumier v. costume. 

Ck>te, cotte II, 225, long habit de 
dessus , tunique ; mot qui aujour- 
d'hui a une signification fort diffé- 
rente; cote à armer (II, 135); de 
là ootele, cotelet, petite côtte, et 
notre cotillon; soreot, joureot, snr- 
eot, sorquot, surcot. On a dérivé 
cote de l'ahal. chona, choio, au- 
jourd'hui hotiCj couverture, couver- 
ture velue; — ou de l'anglo-saxon 
cote, anglais cot, cabane, d'où en- 
veloppe. Les formes que nous avons 
ici se rencontrent encore dans d'au- 
tres langues, p. ex. en bohémien, 
koiig est un habit fourré, kuie, 
hoia, la peau (cutis). Prenant en- 
core pour terme de comparaison 
l'anglais coat, habit, poil, fourrure, 
peau; on serait tenté de dériver 



cote directement du latin cutis, 
parce que la cote, comme la peau, 
enveloppe le corps. De cutis on 
aurait fait cota. Il y a cependant 
une forte objection contre cette 
dérivation, c'est que cota aurait 
régulièrement fait coe. 

Cotre, coitre, matelas, lit de plume; 
- de culcitra. C'est à la même ra- 
cine que se rapporte notre coite 
qu'on orthographie ordinairemeut 
couette, dans l'ancienne langue 
coûte, kiente, kiate, keute, qineate, 
queute II, 367, matelas, lit de plume ; 
de culcita. Coûte, hieute, etc., se 
joignaient au mot pointe^ d'où 
oontepointe, kieutepointe, etc., grande 
couverture, espèce de tapisserie. 
Du diminutif culcitinum (culcita) 
dér. coussin. — De coitre on a 
formé, comme dénomination inju- 
rieuse, coitrart, bâtard. V. bastart. 
Il ne faut pas confondre coitrart et 
coestron, bâtard , DC. quaestuarius. 

Cotte V. cote. 

Çou V. iceo. 

Coùarder v. coe. 

Couardie v. coe. 

Conart v. coe. 

Couche V. colcher. 

Couohier v. colcher. 

Coudre, keudre II, 134. 5; de là cou- 
ture, couture ; d'où, soit dit en pas- 
sant, notre accoutrer ; comp. acoudre 
II, 135, descoudre II, 135. 

Cougnoistre v. conbstre. 

Couire, cuevre, cuivre, carquois; de 
l'ahal. kohhar, ib. 

Couker v. colcher. 

Couler V. coler. 

Coumancier v. comencer. 

Coume, coument v. com et II, 281. 

Coumenchier v. comencer. 

Counissanche v. conostre. 

Coup V. colp. 

Coupe, coupe v. cope. 

Coupe, action de couper v. colp. 



cou 



92 



CRA 



Ckmpe, faute y. colpe. 

Coapier y. cope. 

Cour V. cort. 

Courage v. cuer. 

Courbe v. corb. 

Coureehier, conreeier v. corros. 

Couroao v. corros. 

Conroûder v, corros. 

Conroni y. corros. 

Courre y. corre. 

Cours y. corre. 

Court, e y. cort adj. 

Gourteôe y. cort. 

Courtine v. cortine. 

Courtiner y. cortine. 

Courtoier y. cort. 

Courtois y. cort. 

Courtoisement y. cort. 

Cous, ceux I, 156. 

Cous, coup y. colp. 

Cous, cou y. col. 

Cousin y. cosiii. 

Coustel y. coltel. 

Couster y. coster. 

Coustume y. costume. 

Coûte, coude y. code. 

Coûte, matelas y. cotre. 

Coûte! Y. coltel. 

Coutiaus y. coltel. 

Couture y. coudre. 

Couvaine y. yeiiir. 

Convenir y. yenir. 

Couvent y. yenir. 

Couver y. coyer. 

Couvignable y. yenir. 

Covaine y. yenir. 

Coveiter y. coyoitous. 

Coveitise y. coyoitoiis. 

Coveitos y. coyoitous. 

Covenable y. yeuir. 

Covenir y. venir. 

Covent y. venir. 

Cbver, couver, cuver, couver; de cu- 

bare avec le sens de incubare, prov. 

coar; ital. covarë. 
Covert, ooverte v. covrir. 
Covertement y. covrir. 



Covertoir v. covrir. 

Cbverture v. covrir. 

Covine v. venir. 

Covoiter v. covoitous. 

Covoitise v. covoitous. 

Covoitous, coveitos, cuveitus II, 165, 
convoiteux, qui désire ardemment; 
covoitise , et déjà avec n irrégulier, 
convoitise, coveitise, cuveitise, con- 
voitise, désir ardent; covoiter, co- 
veiter, cuveiter I, 221, convoiter, 
désirer. Covoitous, de cupidus. De 
la même racine latine cupere, dé- 
rive le verbe cuvir, inconnu dans 
la langue d*oïl, mais conservé en 
provençal sous la forme cobir, au- 
quel se rapporte le subst. cuvise I, 
263, convoitise, désir; comp. en- 
covir, encuvir II, 161, convoiter, 
désirer. 

Covri v. covrir. 

Covrir, couvrir, ouvrir I, 407. 149, de 
cooperire, part. pas. covert, ouvert, 
à la rime I, 79 covri, couvrir, ca- 
cher, garantir; subst. I, 363 lieu 
couvert, secret, toit; en covert, en 
coverte, eu cachette, en secret; adv. 
covertement II, 282, en cachette, 
secrètement; de là coverte, couver- 
ture; oôvertnre, lieu secret, couver- 
ture; — covertoir, couverture, de 
coopertorium ; comp. descovrir, des- 
oouverir I, 361. II, 90, découvrir, 
faire connaître, déceler; d'oà des- 
covreor, déceleur; descoverture, dé- 
couverte; enoovrir I, 361, mettre à 
couvert, à Tabri; reoovrir, recou- 
vrir. Cfr. aovrir. 

Cox, coup y. colp. 

Çox, cou V. col. 

Coz, ceux I, 156. 

Coyser v. coi t. 

Cose V. cause. 

Craanter v. creanter. 

Gramme, cresme, creisme, chrême; juri- 
diction ecclésiastique, son district; 
de chrisma(/(>t0/Li((), unctio; de là 



CRA 93 CRE 

crenneler, oindre de chrême, con- acreantement, promesse, assurance. 

fîrmer; cresmal, espèce de bonnet Cfr. croire. 

qu'on mettait sur la tête des caté- Création v. créer. '. 

cbumènes après leur baptême; cres- Creator, creatonr y. créer. 

mier, vase où Ton conserve le Créature v. créer. 

chrême. Creaulê v. croire. 

Crampi, cranpî, recourbé, replié; part. Crebe, DC. graccia, greche, creehe, 

passé d'un verbe crampir, qui s'est crèche; étable; de Tahal. chrippa, 

conservé dans plusieurs provinces krippa, krippea, allmâ. et môd. 

j^our cramponner; de Vàhal.cramph, hrippe^ anglo-saxon crybb, ancien 

recourbé, d'où Tallmod. krampf. A saxon oribbia. 

la même racine appartiennent nos Croche v. crebe. 

mots crampe, ah al. crampfo, cbram- Créer v. croire. 

pfo: crampon, d'où cramponnet. Créer, créer: creare; oreeres, orierret, 

Cranequin, instrument dont on se ser- creator, criator, creatonr X, 75, créa- 

vait pour bander les arbalètes; du teur; creator; créature I, 169. 362, 

néerlandais kraeneke, grue, à cause créature; crea^ura; création II, 42, 

de la forme de l'instrument. Voy. création; creatio, 

DC. Crenkinarii. Creeres v. créer. 

Cranter v. creanter. Creindre, cremir, cremer, cremeir, crem- 

Crape v. agrappeir. moir, criembre, crimbre, èrindre, 

Cras, gras II, 354, gras; crassus; crendre, criendie II, 345 et suiv., 

empl. subst. II, 244; dim. craiet, de tremere, qui s'employait active- 

grasset, grasset, grassouillet; de là ment, à cause du cr, plutôt que de 

graisse, grosse, graisse, embonpoint ; Umere , qu'on a aussi proposé : 

vb. engraisser, engraissier, engrosser craindre, redouter, appréhender; 

II, 126. 236, engraisser, oindre part, cremn, crient (tremitus); d'où 

de graisse. oriente I, 74, crainte, appréhension, 
Craset v. cras. inquiétude; crimor, cremor I, 240. 
Crastre v. croistre. II, 381, crainte, appréhension, in- 
Cravantor v. crever. quiétude; tremor; la forme erieme 
Craventer v. crever. I, "S 5 est faile sur le radical 
Cravonre v. crever. crem; comp. soscreindre, soupçon- 
Créance V. croire. ner, craindre. 
Créant part. prés, de croire et subst. Croire v. croire. 
Créant v. creanter. Crois v. croistre. 
Creanter, croantoir I, 148, craanter, Creisme v. cramme. 

et monosyllabe cranter, cautionner; Croissant v. croistre. 

d'où le subst. créant, promesse, ga- Croistre v. croistrer*. 

rantie, cautionnement ; du part. prés. Cremer, cremeir v. creindre. 

créant, credens, p. ainsi dire cre- Cremir. v. creindre. 

dentare. Au lieu du c initial, 6n Cremmoir v. creindre. 

trouve g : graanter, graantior, gran- Cremor v. creindre. 

teir, granter, grannter I, 172. 221. Crendre v. creindre. 

171. 235. 358. 362. U, 349; comp. Cronel., kernel II, 392, r. p. komeals 

acroanter R. d. 1. Y. 292, agraanter Q. L. d. R. Il, 199, kemeans Ben. 

I, 88, promettre, assurer; d'où 18608, croniausl, 71, créneau; prov. 



CRE 



94 



CRI 



et aussi langue d'oïl eamel; dérivé 
de cran. D'où vient cran? On 
trouve dans Pline crcfMï=cran, qui 
a sans doute la même origine ; mais 
ce mot ne se rencontre que là. 
Cfr. Dief. Celt. I, 105. 

. Creniaiis v. crenel. 

Crenn v. crin. 

Crépon v. croupe. 

Crequet, criquet (insecte) ; onomatopée. 

Crere v. croire. 

Cresmal v. cramme. 

Cresme, chrême v. cramme. 

Cremie, crème; Imâ. crema, de cre^ 
mor, suc solide extrait de matières 
végétales. Ne confondez pas ce mot 
avec creêmCf creisme sous cramme ; 
dans cretme— cremor, le $ est inter- 
calaire. Cresme expliqué ici se 
trouve entre antres I, 327 dans un 
exemple extrait de FI. et BI. Quel- 
ques vers plus haut, il est question 
d'un arbre appelé oreimier; néan- 
moins je ne fais aucune difficulté 
d'admettre cresme — crème , parce 
que ce prétendu arbre dont la 
^créâmes caoit" n'est qu'une inven- 
tion du poète, pour avoir un pen- 
dant à balsamier, dont le „basmes 
decouroit*. 

Creimeler y. cramme. 

Creemier v. cfamme et cfr. cresme. 

Creitiain v. Christ. 

Crestiante v. Christ. 

Crestien v. Christ. 

Crestietter v. Christ. 

Crestientet v. Christ. 

Creitiien v. Christ. 

Creftiienner v. Christ. 

Creitiiente v. Christ. 

Crestre v. croistre. 

Crevanter v. crever. 

CreTer II, 369, crever, percer; de 
crepare. On disait : Vauhe est crevée, 
pour le jour point, le jour a com- 
mencé. De crever, on f^rma le 
eomp. eicrever, crever, se rompre; 



d'où reierever R. d. 1. V. 146, se 
recrever, se rouvrir. Le subst. cra- 
veure, répondant à i'ital. crepatura 
et au prov. crebadura, crevasse, 
ouverture, est employé au figuré 
II, 55, et on pourrait peut-être lui 
donner le sens de obscurité dou- 
teuse (=r latin crêper), si l'on ne 
préfère conserver le sens primitif 
pour faire image. De craveure, 
on avait le comp. escraveure. Le 
participe présent crepans servit à 
former: oravanter, craventer, cre- 
vanter, d'où acraventer, acravanter, 
acrevanter I, 344, briser, renverser, 
abattre, accabler, et escraventer, es- 
oreventer, abattre, renverser, briser. 

Criator v. créer. 

Criée v. crier. 

Criembre v. creindre. 

Crieme v. creindre. 

Criendre v. creindre. 

Criente v. creindre. 

Crier, crier, ital. gridare; esp., port, 
gritar; comp. escrier, écrier, crier, 
appeler, attaquer, poursuivre avec 
des cris; escrier à qqn. I, 299; 
vers qqn. I, 380; escrier à vois I, 
251; subst. crit, s. s. et p. r. eriz, 
cris, cri, exclamation; adj. crions, 
criard, bruyant; criée, criée, publi* 
cation; crieres, crieor, crieur public; 
crierie, criaillerie, tintamarre. Vos- 
sius, Haynouard, M. Diez, etc., re- 
vendiquent avec raison une origine 
latine pour cette famille de mots, 
et la racine quiritare qu'ils pro- 
posent, convient à tous égards. Rien 
de plus facile que les permutations 
suivantes : hritare (l'i de la syllabe 
qui étant bref), critare, puis pour 
les autres idiomes romans change- 
ment de c en ^, et pour l'italien 
adoucissement du t en d. Ni le 
gothique gretan, greitan, pleurer, 
ni le hollandais' krijten, plorare, 
ejulare, crepare, ni le bas-allemand 



CRI 



95 



CRO 



hrUen^ clamare (fixantes infantes), 
qu^on a eus en vue pour l'étymo- 
logie de notre mot, ne satisfont à 
toutes les formes des langues ro- 
manes. Le composé escrier a fait 
penser aussi à l'ahal. scrian, mais 
cette étymologie est encore plus 
fautive que les autres. 

Crieor v. crier. 

Crieras v. crier. 

CSrierie v. crier. 

Crierres v. créer. 

Criet 3. p. s. prés. subj. de crever, 

Crigne, crignel v. crin. 

Crignete v. crin. 

Crimbre v. creindrc. 

Crimor v. creindre. 

Crin I, 386, cheveu, chevelure, crin, 
crinière; crinis; de là crine, origne 
II, 22, crinière, chevelure; d'oîi 
crignete, crinière; — crignel, che- 
veux, crins ; — crenul, 72, à crinière, 
chevelu; crinitus; prov. crinut, ital., 
esp. crinito. 

Crindre v. creindre. 

Crine V. crin. 

Crions, e v. crier. 

Cris V. crier. 

Crist V. Christ. 

Cristal II, 116, cristal, verre; de 
crystallum, 

Cristiain v. Christ. 

Cristiante v. Christ. 

Cristien v. Christ. 

Gristientet v. Christ. 

Crit V. crier. 

Crii V. crier. 

Groo, croc, crochet; de là crochet, 
crochu, accrocher; dans l'ancienne 
langue encroer, encroner I, 212, 
pendre au croc, accrocher; Imâ. 
incrocare v. DC. ; mot qui se' re- 
trouve dans les langues allemandes 
et celtiques: ancien norois krôkr; 
hollandais hrohe, hroohe; suédois 
hroh; kymri crôg, etc. 

Croire, orere, creire, créer II, 135 et suiv. 



261, croire, II, 139 R. d. 1. V. 121 
vendre ou donner à crédit, prêter; 
part. prés, créant I, 268, empl.subst. 
II, 191, croyant; d'où creanterv.s v.; 
créance I, 331. II, 349, croyance, 
créance, crédit, emprunt, qu'on rap- 
porta plus tard au latin en lui don- 
nant la forme crédence; adj.' oreanle 
I, 386, croyable; comp. acroire II, 
139; concroire n, 139; descroire II, 
140; mescroire II, 139; part. prés, 
empl. subst. mescreant I, 253, mé- 
créant; d'où mescreance II, 364, 
mécréance, incrédulité; part passé 
empl. subst. mescretî I, 406. II, 140, 
mécréant; recroire II, 140, dont il 
est difûcile de s'expliquer le déve- 
loppement des significations : être 
rebuté, cesser, abandonner, se re- 
garder comme vaincu (v. DC. se 
recredere); d'où le part. prés, re- 
créant a reçu les significations de 
homme lâche, sans courage; d'ici 
reoreantise, recreandise, action de 
s'avouer vaincu dans un combat ; re- 
creantie, renonciation, cessation, etc. 
Crois, cmiz, cndz, cmz, croniz, croiz 
I, 52. 269. 305. R. d. Ren. IV, 183. 
Ben. m, 481. H. d. M. 197. Ruteb. 
I, 316, croix, signe de la croix, 
croisade; marque de monnaie; es- 
pèce de poignée en forme de croix ; 
crux; cmcier I, 152, tourmenter, 
torturer, mortifier; cruciare; d'où 
cmciement I, 129, tourment, morti- 
fication; de crois dér. croisUIe, pe- 
tite croix; d'où oroisiller, semer de 
croisettes, R. d. 1. V. 42 — croiser 
n, 279. I, 235, croiser, se croiser; 
d'où croisement, croisade, i. e. action 
de se croiser pour faire le voyage 
de la terre sainte et combattre les 
infidèles; croisée, croisade; prov. 
crozada, esp. cruzada, ital. crociata. 
Croisée — fenêtre, croisette, sont de 
la même racine. — Crucifier, cmoe- 
fiier I, 252. II, 52, crucifier; de 



CRO 



96 



CRO 



crucifigere; part, pa'ss. empl. snbst. 
cracified, le crucifié II, 58; de là 
cracifieiuent, crucifiement. 

Crois, crue v. croistre. 

Crois, craquement v. croissir. 

Croisée y. crois. 

Croisement v. crois. 

Croiser v. crois. 

Croisille v. crois. 

Croisiller v. crois. 

Croisir v. croissir. 

Croissance v. croistre. 

Croissant v. croistre. 

Croisseis v. croissir. 

Croissement y. croistre. 

Croissir, croisir, cmisir, craquer, faire 
du bruit, casser, rompre, briser. 
DC. s. V. cruscire, cite une forme 
qui rapporte ce Yerbe à la 4me 
conj.: croistre; en italien son cor- 
respondant est de la Ire : crosdare. 
Dérivé du gothique kriustan, roC- 
^iiv. De là crois, croisseis, craque- 
ment, bris; Yent qui sort du corps 
par derrière avec bruit; cfr. gothique 
hrusts, fiçvy/Lioç; comp. escrois, 
fracas, brait éclatant. 

Croist Y. croistre. 

Croistre, croistre, crestre, crastre II, 
141-3, croître, accroître, augmen- 
ter; ^art. prés. empl. subst. croissant, 
croissant, croissant ; du vb. le subst. 
crois, oroiit, creis, crue, croissance, 
augmentation .(de prix); et croisse- 
ment , accroissement , croissance, 
amélioration; croissance, croissance, 
augmentation; de crescentia; comp. 
acroistre II, 142; d'où acroissement, 
accroissement II, 111, accroissement, 
augmentation; acrois, acreis, ac- 
croissement, augmentation ; d* acrois, 
de plus, en outre; decroistre II, 142, 
décroître, diminuer, abaisser; dé- 
crois, donner au décrois^ donner 
au rabais ; encroistre, accroître, aug- 
menter; employé comme verbe im- 
personnel: Artur les voit, malt li 



encroist Brut. 13329, c-à-d. il lui 
fâche beaucoup, proprem. la chose 
dépasse les bornes pour . . . , devient 
désagréable, etc.; de là encroisse- 
ment, augmentation; escroîstre II, 
142; parcroistre II, 143; sorcroistre, 
augmenter sans mesure, accroître 
au-delà des bornes: Par grant estude 
doit Pom trenchier fors les sor- 
creissanz penses. M. s. J. 484 ; sor- 
crois, surcroît. 

Croiz v. crois. 

Croler v. roe. 

CroUe V. roe. 

CroUeis v. roe. 

Croller v. roe. 

Crosler v. roe. 

Croté, cmte, grotte, caverne, souter- 
rain, cave, primitif de notre grotte ; 
do crypta {xovnii]). Plusieurs pa- 
tois ont conservé un verbe composé, 
dérivé de ce mot: encrotUer , dans 
la Franche - Comté , encroter, en 
Bourgogne, etc., c.-à-d. mettre en 
terre, enfouir, enterrer. DC. s. y. 
crotum, cite croi = creux, fossé. 

Croniz v. crois. 

Crouler v. roe. 

Croupe, cmpe (crope) II, 366, croupe; 
croupir (cropir), être accroupi; au- 
jourd'hui dans un autre sens. De 
là croupion^ accroupir. Au lieu 
de la forme en o, on en trouve 
une dégénérée, crépon, crespon II, 
3ô6, croupion. La racine de ce mot 
a dû exprimer quelque chose d'ag- 
gloméré, de relevé; on la retrouve 
dans Tahal. kropf, bulle , l'islandais 
hryppa, bosse, le suédois hroppog, 
ib.; ahal. crupel, aujourd'hui hriip- 
peî, homme estropié, rabougri ; mais 
aifssi dans le celtique : crupl= allem, 
krûppel ; gallois crup^ rétrécir, con- 
tracter; kymri cropa= hUem, kropf, 
élévation arrondie, gésier, bosse. 
A quoi se décider ? D'après ce qu'on 
vient de lire, on supposera facilement 



CRO 



97 



CUE 



une identité d^origine entre croupe 
et notre mot groupe , supposition 
appuyée par les formes italiennes 
groppo = groupe , groppa = croupe. 

Croupir v. croupe. 

Gmoefiier v. crois. 

Cmciement v. crois. 

Gracier v. crois. 

Cmcifier v. crois. 

Cmd, cm, cmz II, 2ô6, cru; crndus. 

Cmel, cmenz I, 231. II, 161, cruel, 
féroce, dur; de crudelis; et avec 
diphthongaison après la syncope du 
d (v. la dérivation) et changement 
de la liquide omyer, erayere II, 160; 
employé subst. I, 216; craelte, 
cruauté; crudelitas. 

Cmelte v. cruel. 

Craenz v. cruel 

Cmisir v. croissir. 

IjTuix V. crois. 

Crois V. crois. 

Gmpe V. croupe. 

Cmte V. crote. 

Cmyer, cmyere v. cruel. 

GnuK, cru v. crud. 

Cru, croix v. crois. 

Cuard v. coe. 

Coarder v. coe. 

Coardie v. coe. 

Cnardiie v. coe. 

Caehier v. colchier. 

Cne I , ô 1 , espèce de tonneau ou de 
cuve à mettre du vin ; que Monnet 
écrit cueue, aujourd'hui queue; ce 
qui rend très probable son identité 
avec le mot coe, queue; prov. cpa, 
eatalan coa, cua. 

Cueillir, ouellir, queUir, cuillir, coillir 
I, 327, cueillir, recueillir, ramasser, 
récolter, rassembler, plier, enlever, 
prendre la résolution, entreprendre, 
toucher, recevoir, admettre ; cuefllir 
en haine y en Jte, en haiir I, 329, 
cueillir en ire, en amor I, 329, 
cueillir volonté 1 , 328 , entrer dans 
la disposition, cueillir corroi I, 329, 
Burguy, langue d'oïl, Glossaire. 



se mettre en colère^ etc. ; pArt pas. 
empl. 'subst. ciiiUie, cuellie, cniUeite, 
etc., récolte, moisson, collecte; col- 
lecte 1 , 119, collecte ; de collecta ; 
comp.aoueillir, accueillir, rassembler, 
amasser; accepter, acquiescer; en- 
gager des domestiques, des gens 
de métier; associer à qqch. ; se 
mettre à la poursuite, poursuivre; 
• entreprendre, exciter, susciter; ac- 
cueillir la voie, Verre, le sentier^ 
la jornee, la fuite, le vdage, etc., 
se mettre en chemin , prendre un 
chemin, prendre la fuite, etc. ; gagner 
nn endroit; suhst. aeuel, acueil, 
acquill, etc. II, 161, accueil, récep- 
tion; eonoueillir I, 328; eeoueillir I, 
328, cfr, II, 153. 164, recueillir; 
apercevoir, remarquer; prendre son 
élan, donner Télan, Tessor, bran- 
dir; subst. eseueil, eseuel, eiquel, 
etc., accueil, intention, manière; 
recueillir, recueillir, récolter, ac- 
cueillir, donner l'hospitalité, rece- 
voir; recueil, accueil, réception. 

Côellie v. cueillir. 

Cuellir y. cueillir. 

Gtiexis, quens, cens, quons, coens, eonte, 
cumte, ounte I, 68. 69, comte; de 
cornes, compagnon du prince, puis 
employé supérieur, magistrat, juge 
d'une province, etc. De là contesBe, 
cuntesse , comtesse ; contor , ountnr, 
comte; en ee sens, ce mot ne se 
trouve qu'à la rime, comme le fait 
ol)server Roquefort. Raynouard, Lez. 
Rom. Il, 453, qui compare contor 
avec le, provençal comtor, dit de ce 
dernier, qualité après celle dé vi- 
cotnte; ce qui correspond à Pex- 
plication de DO. s. v. contorneriae, 
conseiller, assemblée de conseillers 
ou juges. Conteit, contet, oonteie, 
cuntet, contée, comté, autrefois 
féminin. 

Cuor, coer, cor, quor; quer I, 66. 145. 
193. 352. II, 234. 368, coeur, volonté, 

7 



CUE 



98 



OUI 



courage ; cor de roi^ expression de 
j tendresse ; de cuer, volontairement ; 
sor cuer, en souci, inquiet; tenir 
cueTj soutenir; de cor, cordis, avec 
rejet du d; de là adj. ooral, cor- 
dial, sincère ; corage, eoraîge, <wrage, 
ooiiraîg« I, 188. 193. 223. II, 77. 
319, coeur^ sentiment, volonté, in- 
tention, dessein ; d'où acoragier, en- 
hardir, rendre favorable; et d'ici 
le comp. deiacoragier, rendre con- 
traire, faire perdre Tafifection, ainsi 
que du part pass. Tadv. aooragie- 
ment, hardiment; adj. ooragos, qui 
a du coeur, de la volonté; — eerée, 
enree, poitrine, intestins, entrailles, 
ventre; d'où coraille, onraiHe I, 95, 
intestins, entrailles, boyaux, ventre; 
'-^ vb. aeorair, ôter le coeur, percer 
le coeur, affliger, fâcher. Cfr. acor- 
. Uer , concorder , recorder. 

Cuerine v. corros. 

OiMTre^ carquois v. couire. 

Gnevre, enevxent, de covrir. 

Cneyreehief I, 327, tout ce qui sert à 
couvrir la tête, bonnet, voile, dia- 
peau, etc. ; de covrir I, 407 et chef. 

GumiTrefea II, 195, plus exactement 
oaerrefoa, couvre-feu, signal de la 
retraite.; cloche qui sonnait pour 
avertir les habitants de se retirer 
chez eux et de couvrir leurs feux ; 
de covrir I, 407 et feu. 

Gui y, cui. 

Cnie Ire pers. sing. prés. ind. de cuider. 

Guider, enidier, qûdffir, knidier II, 393, 
penser, croire, présumer; de cogi" 
tare; au mien cuidier, selon moi, 
selon mon avis; comp. oltreonider, 
ontreenidier, ontreqnidier, nltreqnider 
O. d. D. 1508, avoir de la pré- 
somption, de l'arrogance, faire l'a- 
vantageux, être téméraire, insolent, 
sortijr des bornes de la modération ; 
d'où oltieenidance, présomption, ar- 
rogance» témérité; — porenidier, 
songer, préparer, faire des prépa- 



ratifs; (sQrcuider, sorcuidant) , d'où 
torenidance II, 270, présomption, 
arrogance, témérité. 

Cuidier v. cuider. 

Goilleite v. cueillir. 

CnilHe v. cueillir. 

Cnillir v. cueillir. 

Gnilvert v. cul vert. 

Oointe v. coi ter. 

Gnir, qnir I, 177, cuir, peau; corium; 
de là cuirie, coirie, quiree I, 407, 
sorte d'habillement militaire fait 
du cuir d'un buffle ; collet de cuir, 
pourpoint sans manches ; — corroie, 
courroie, cordon, ceinture ; corrigia. 
GuirasBe est encore un dérivé de 
cuir, propr. coriacea. 

Cuire, qnire, coire II, 256, cuire, 
briller, causer une douleur piquante; 
prov. cozer, ital. cuocere; coen, 
queu, keu, qeu, s. s. et p. r. kez I,' 
93. 94, cuisinier; coqwus; cniaiiie, 
quedne II, 353, cuisine; de coquina 
pour culina; ital. cncina, esp. co- 
ciua: d'ici quiiinier II, 261, cui- 
sinier; du vb., par l'intermédiaire 
d'un hypothétique cusence, prov. 
cosenza, propr. coquentia; dér; cn- 
sensonl, 105. 238, cuisson, douleur, 
peine; — cuisfOft, cuisson ; decoctio; 
qnistron, coistron L. d'H. 332, mar- 
miton; prov. coguastrô, Imâ. co- 
<si6tro; propr coquastro, coqulstro, 
comme cuistre de coquaster pour 
ainsi dire; cfr. mitron. Outre le 
comp. recuire, recuire ; on a deenire, 
absorber par la cuisson, consumer, 
ronger, dévorer: Estre dequit de 
grief dolor del cuer (Dial. de S. 
Grég. I.); decuire de decoquere^ 
dont il ne faut pas confondre le 
part, passé avec defcuit, signifiant 
non cuit, cru. 

Coirie v. cnir. 

Cnitie, qniMe II, 350, cuisse; eoxa; 
prov. caeissa, port, coxa, ital. coscia ; 
la significations du mot latin a été 



CUI 99 CUN 

changée, comme on voit; de là à un serviteur qui se rapprochait 

cuifliot, cuissard, armure des cuisses ; plus de Tesclave que de Phonime 

aujourd'hui dans une autre signifi- libre, et qui pouvait être vendu oi^ 

cation; esp. quixote. donné par son maître. V. DC 8.v. 

Cnite , quitte v. coit. culverta. De là le verbe aenirertîr, 

Cidte v. coîter. asservir: Mors fait de franc home 

Cidtee V. coit. cuivert, Mors acuivertist roi et pape. 

Cnitement v. coit. V. s. 1. M. XXX. On voit ici etn- 

Coiteir, presser v. coiter. vert dans sa signification primitive. 

Cnitier, donner quittance v. coit. Culvertage v. cuivert. 

Cnivert v. cuivert. Cnhrertise v. cuivert. 

Cidvre v. couire. Cnm v. com et II, 381. 

Cuivre, coiTie R. d. 1. V. 25, cuivre; Ccanandement v. mander. 

prov. coire , esp. cobre ; de cu/frum, Cunander v. mander. 

Dans Panglo - normand on trouve Cnmhatre v. batre. 

quiver, avec transposition ordinaire Cnxnbe v. combe. 

du r; mais la forme quivee I, 337 Cnxnble v. comble. 

est certainement fautive, à moins Ciuneneer v. cpmencer. 

qu'elle ne signifie autre chose. Cvmeneher v. comencer. 

Calche v. colcher. Cnment v. com et II, 281. 

Guleher, cnlchier v. colcher. Cainforter v. fort. 

Cnlpable v. colpe. Cnmpagner v. pain. 

Cnlpe V. colpe. Cnmpaignie v. pain. 

Cnltel v. coltel. Cnmpain v. pain. 

Cnltivage v. cultiver. Cnmpainie v. pain. 

Cnltivemexit v. cultiver. Campaniim v. pain. 

Cultiver, onstiver, ou le / a été rem- Campenir v. comparer. 

placé par s, comme dans ascons Cuate v. cuens. 

pour alcons, I, 207. II, 97. 383, CnmiiBel v. commun. 

cultiver, vénérer, honorer, adorer; Cim v. com et II, 281. 

de cultus; de là enltivor, enltiviir, Onna II, 231, berceau, naissance, 

cultivateur; colon qui était serf de enfance; de cunae. L'art del de 

la glèbe — adorateur; enltivage, notre exemple est picard, et ne doit 

labourage, culture : enltivemeiit, culte pas induire à penser que ce mot 

rendu à Dieu, aux saints. Cidtim, soit masculin. 

culture; de cultura, Cimeitable v. conestable. 

Cultiver, cnltivnr v. cultiver. Canfanun v. gonfanon.. 

Culture v. cultiver. Cnnfort v. fort. 

Colvert, cnilvert, cuivert, ouvert 1, 128. Cnnforter v. fort. 

256. 326, serviteur (esclave); in- Cnafonim v. fondre. 

fâme, perfide, pervers, traître, vi- Cnn^ v. congiet. 

lain, lâche ; or cuvert par opposition Congeer v. congiet. 

à or masseii Q. L. d. R. 2ôOj de là Clugareisnn v. jurer. 

enlvertage II, 230, asservissement, CmioiMmoe v. conostre. 

esclavage; cnlvertise, servage, as- Cimreer v. roi IL 

servissement Selon Ménage, de Cunrei v. roi II. 

collibertuSf nom donné eu France Cuite v. cuens. 

7* 



CUN 



100 



CYR 



Contemple v. teiis. 

Conter v. conter. 

Contesse v. cuens. 

Contet V. cuens. 

Contrée v. contre. 

Contremont II, 270 et gloss. mont. 

Cnntieva] v. tsI. 

Contnr ▼. cuens. . 

Cnnniiianoe v. oonostre. 

Conoiitre v. conostre. 

Cnnoitre v. conostre.. 

Convivie v. convivie. 

Cope V. cope. 

Cor V. cort. 

Corage v. cuer. 

CoraiUe v. çuer. 

Core I, 163. 251. 300. 397. II, 3, 
soin , sollicitude , souci ; charge ; 
cure, médicament; cura; cnrer, sou- 
cier, soigner, avoir soin de qqch. ; 
guérir; prov. curar, aussi nettoyer; 
comp. escnrer = ed;çMrare^ assurer, 
ôter de défiance; — nettoyer, dé- 
graisser; et non pas de I^ allemand 
scheuem, comme le dit M., Diez I, 
298; — corioB, oorios Q. L. d. E. 
I, 29, soigneux, soucieux, inquiet, 
triste; curiosus; adv. cnriosemvLt, 
soigneusement, avec inquiétude; -— 
prooorer, prendre soin, recevoir qqn. 
chez soi et le traiter; procurare; 
procorerei, proooreor, proeoreor II, 
53, procureur, procurateur; procu^ 
rotor. Nos mots curé, ital. curato, 
i. e. chargé du soin des âmes, 
courtier, pour coratler = curatarius, 
de curatus, se rapportent encore à 
la racine ci^ra. 

Core, oorre v. corre. 

Corée v. cuer. 

Corer v. cure. 

CnrieB, oorios v. cure. 

Corioiement v. core. 

Carre I, 228. 390. II, 75, chariot; 
currus. V. corre. 



Cors v. corre. 

Cort, cour v. eort. 

Cort, e, v. cort adj. 

Corteier v. cort. 

Corteis v. cort. 

Corteisement v. cort. 

Corteisse? v. cort. 

Corteisie v. cort. 

Cortine v. cortine. 

Cortiner v. cortine. 

Coroços v. corros. 

CoroB v. corros. 

Conrer v. corbe. 

Cosenion v. cuire. 

Cosin V. cosin^ 

Coainage v. cosin. 

Costiver v. cultiver. 

Costome, costome v. costume. 

Coteaos v. coltel. 

Cotel V. coltel 

Cotiax V. coltel. 

Cnvaige v. cope. 

Cove V. cope. 

Coveiter v. covoitous. 

Coveitise v. covoitous. 

CoveitoB V. covoitous. 

Cnvel V. cope. 

Cnvelette v. cope. 

Coyellier v. cope. 

Covenîr v. venir. 

Cuver V. cover. 

Cnverez I, 149 fut. de covrir, cuvrir, 

V. I, 245. 
Coyert v. culyert. 
Coyertage v. colvert. 
Cnvertise v. cul vert. 
Covier v. cope. 
Covise V. covoitous. 
Covrir V. covrir. 
Coy V, qui. 
Cykevos II, 286. 
Cyrografe II, 172, signature, acte sous 

seing privé, obligation par écrit; 

chirographum, chirographus, x^iqÔ- 



DAA 101 DAN 

D. 

Daarain, daarainement v. rier. Damagos v damage. 

Daiere v. rier. Danu^os v. damage. 

Daigner v. digne. Dame v. daiiz. 

Dail, faux, fer de la faux; de là Domeiaeaiis v. danz. 

dailler, frapper, escrimer; — s'entre- Dameiaeilii v. danz. « 

dailler, s'entredaiier, débattre, se Dameiiele, dameiMler v. danz. 

disputer. Racine? Cfr. Dief. G. W. Dameteans t. danz. 

II, 610. 11. Damiseas, damiseans v. danz. 

DaOler v. dail. Damiael, damiaeto v. danz. 

Daim II, 39, daim; de damus^ formé Damle v. danz. 

sur dama. Damner v. damage. 

Dais V. dois. Damnes y. danz. 

Dairien v. rier. Damoiaeans ▼. danz. 

Dales V. lez et II, 356. Damoisel, damoisele, damoiaeler v. danz. 

Dam V. damage. DamoîiiaiiB v. danz. 

Damage, damaige, domage I, 146. 103, Damoiiiel v. danz 

tort, dommage, dégât, action de nuire, Dampnation v. damage, 

perte; de damnum; adj. diamagos, Dampne v. danz. 

damf^os, nuisible; damagier, doma- Dampner v« damage, 

gier II, 53. 91. 349, faire tort, Dance, dancer v. danser, 

causer du dommage, endommager; Dancde v. danz. 

adv. domagement II, 99, d'une ma- Danger v. dangier. 

nière dommageable, nuisible ; comp. Dangier, danger. Droit absolu et obli- 

adomagier I, 49, faire souffrir du gatoire du suzerain par rapport aux 

dommage, endommager. Le dér. possessions de ses vassaux; droit 

simple de damnum, dam, dommage, de confiscation sur les biens dont 

détriment, prov. dam, dan, a été les charges ne sont point acquittées; 

aussi en usage dans l'ancien fran- terre en défens, terre domaniale, 

çais. Damner, et, avec p intercalaire, P. ex. fief de danger, fief soumis à 

dampneir 1 , 207.- II , 204 , damner, de nombreuses conditions, qui pou- 

dondamner; damnare; prov. damp- vait être retiré ou confisqué facile- 

nar; cfr. columpne; dampnation I, ment; être en dangier de qqn., être 

. 49 , damnation , condamnation ; son redevable ou obligé. Dangier 

dampnatio; comp. condamner, oon- prit les significations de bon piai- 

dampner, oondenmer II, 365, con- sir, violence, puissance, possession, 

damner; comiemnare; et, avec une opposition, contestation, difficulté, 

signification déterminée par dam- retard, manque, défaut, absenee. 

num, endommager, gâter, blesser, .Se mettre en dangier de qqn,^ se 

qu'a le simple esp. danar, et qu'on soumettre au bon plaisir de qqn. ; 

trouve dans la Loi salique: Si quis faire dangier, retarder, refuser; 

terram alienam condemnaverlt. Ex sans dangier^ sans retard, immé- 

Super lis piez no poth ester. Qui diatement, volontiers. Dangier dé- 

toz los at il condemnets (Leod. 28, rive de damnum, par l'intermédiaire 

éd. Diez). — Cfr. danger. de damniarium^ d'où damnier, pro- 

Damagier v. damage. aoncé damer, danjer, enfin danyier. 



DAN 



102 



DAR 



y. DC. s. y. dangerium, domige- 
rium, damnum, et ci-dessus damage. 

SaimeB v. danz. 

Danre v. danz. 

Daaf, dans v. ens et II, 352. 

Bain y seigneur v; danz. 

Dame v. dan^r. 

DaniMT, daaoer II, 354, danser; subst. 
danee, danse II, 20, danse. L'alle- 
mand moderne laiM y danse, bas- 
saxon danif ainsi qae le gallois 
dann$, dakms, kymri dawns, breton 
dans, dér. des langues romanes, 
qui avaient emprunté leurs formes 
de Tabal. dansôn, dinsan, trabere, 
goth. ihinsan'j de sorte que danse 
Signifierait une chaîne, une file qui 
se tire, ou simplement mouvement ; 
cfr. allmâ. ge- dénie, mouvement. 
Pour les noms des différentes danses 
en usage autrefois, v. DC. s. v. chorea. 

Dant, seigneur v. danz. 

Dant, deut v. dent. 

Dam, dam, dant I, 79. 80, dom, 
seigneur, maître, chef, homme élevé 
au-dessus des autres par son mé- 
rite, ou paV son pouvoir et par ses 
richesses; — damOiOt, danms, dame, 
damle, dampne, danre, etc., altéra- 
tions de dame, pour dame le I, 80, 
en composition avec le mot Dieu, 
seigneur Dieu; dame, femme mariée, 
mais de distinction; la femme du 
chevalier portait encore ce titre; 
celle du bachelier, quoique noble, 
avait celui de damotselle — ; de 
dam^uê, domina, qui se trouvent 
déjà contractés en domnus, domna, 
sur les inscriptions, d*où, dès les 
premiers temps du moyen-âge, don- 
nus, donna. Mais à quelle influence 
est dû le a pour o, qui s*est main- 
tenu dans les autres langues ro- 
manes et dans plusieurs dérivés de 
la langue d'otl ? Cfr. danler de 
domitare. Diminutifs : s. s. et p. r. 
doueli» dameiwii, dameuwilf, damoi- 



seam, damiseam, damoisiam, damei- 
seam, dameseam, damiam, danseaus, 
danieas, daxmaeat, r. s. et s, p. da- 
moiiel, damdsiel, damiMl, damel, 
dannoe], etc. I, 90, jeune gentil- 
homme, jeune homme de noble ex- 
traction qui n^'était pas encore reçu 
chevalier; écuyer. Ce nom, dit 
Boquefort, à qui j'emprunte ces 
détails, ce nom se donnait même à 
rhéritier présomptif de la couronne ; 
— dameiiele, damoisele, damisele, 
damele, dancele, etc., fille de noble 
extraction, gentilfemme qui, n'ayant 
pas le titre de dame, était épouse 
d'un damoisel ou d'un écuyer; de 
là damoiieler, dameiseler, etc., faire 
la damoiselle, fréquenter les damoi- 
selles, traiter une personne de da- 
moiselle. A la même famille ap- 
partiennent encore t donoier, dosnoier, 
caresser une femme, courtiser, faire 
' l'amour, galantiser, s'ébattre ; subst. 
donoi, domoi, dannoi, amour, plaisir, 
flatterie, galanterie, faveur; d'où 
donoiement, doinoiement, courtoisie, 
manière de faire l'amour. Cfr. le 
provençal domneiar, domnei, dom- 
neyamen , Raynouard Lex. rom. 
III, 69. 

Dam, dans v. ens et II, 3ô2. 

Dameas, dameam v. danz. 

Damel, damele v. danz. 

Damiam v. danz. 

Dar, dart dans l'expression en dar, 
en dart, pour signifier en vain, 
d'une manière gratuite; répondant 
à l'italien indarno, que M. J. Grimm 
III, 107 à la note, dérive du slave 
«/antto, darom =dono, gratis. Comme 
nous n'avons rien emprunté au slave, 
nous devons avoir reçu en dar de 
l'italien, si toutefois il y a quelque 
liaison entre indarno et en dar. 

Dard v. dart. 

Dardeians v. dart. 

Darraién v. rier. 



DAR 103 DEC 

Darrain , darrainement v, rier. deçi que, deoi adont que, deei atant 

Baminetet , darraynete v. rier. que conj. II, 379. 

Darrein v. rier. Deable v. diable. 

Barrenier v. rier. Débat v. batre 

Darrien v. rier. DebateiB v. batre. 

Dart, dard, dar, dard, javelot; de Debatre v. batre. 

Tanglo- saxon darodh, ahal. tari, Debomairement v. air. 

ancien norois darradthr, même Debonaire, debonairem^iit v. air. 

signification; v. Dief. 6. W. II, 681. Debonairete v. air. 

De là dardeiau, dard. Debonere ▼. air. 

Dart (en) v. dar. Deboter y. boter. 

DaUj dans art, v. I, 49. Deboutement v. boter. 

Sanncel v. danz. Débouter v. boter. 

Daunoi v. danz. Debriier y. briser. 

Dayant, devant II, 346, cfr. ans, avant; Debmiter v. briser. 

comp. dedavant, dedeyant II, 346; Debmieii v. briser. 

devani que, devant ce que, par Debniaer v. briser. 

devant ce que conj. II, 380; — Débucher v. bois. 

de là devantir, deyaneer, précéder, Decaober v. chacier. 

devancer; vb. comp. adeyanoer II, De^aindre v. ceindre. 

396, devancer, prévenir ; deyantrain, Decemdre v. ceindre. 

devantrien, deventrien I, ôO. 116. Décembre v. dix. 

160= de ab an te anus, ancien, pré- Decei, dechies I, ô7. ^60, décès; dé- 
cèdent, passé, antérieur, supérieur; cessus, 

dans le style mystique ce mot est Deœu part, de décevoir. 

employé par rapport aux choses de Deceyable v. décevoir. 

la vie future, et Ton en forma, Deceyer, deceyeir v. décevoir. 

avec ce dernier sens, le subst. de- Deceyeree, deceyeor y. décevoir. 

yentraineteit, deyantraipetet Depan- Deceyoir, deceyer, deceyeir, deobeydr, 

train empL subst. signifiait devan- desoiyre, dechoivre, deeiyoir II, 12 

cier. Deyantrierl, 224=de ab ante et suiv., décevoir, tromper, séduire ; 

arius, devancier. liC r des formes dedpere; de là deoeyeres, deceyeor, 

devantrainy devantrien, etc., est trompeur; dedyementll, 163, trom- 

intercalaire ; il a peut-être sa cause perie, perfidie, séduction; adj. de- 
dans rimitatipn des dérivés de de oeyable I, 39ô, trompeur, perfide. 

rétro. Cfr. rier. Dechacer, dechaober v. chacier. 

De altération de la forme dex, voy. Decheoir v. chaor. 

Deus. Decheyoir v. décevoir. 

De prép. , du latin de, avait le sens Dechies v. deces. 

exact ou approximatif des préposi- Dedboiement v. chaor. 

tiens à, avec, à cause de, à Teffet Decboiyre v. décevoir. 

de, contre, depuis, durant, pendant, Deoi v. de. 

eu, dans, entre, parmi, par, pour, Dedeme v. dix. 

afin de, sur, touchant; — de pour Décile v. (ïisciple. 

que, après le comparatif. I, 107 — Decipline v. disciple. 

ded, deii à, en, que prép. II, 370; Dedyement v. décevoir. 

de ce, de ce cet que cooj. II, 379; Deeiyoir v. décevoir. 



DEC 



104 



DEG 



V. cliner. 

Bediner v. cliner. 

Decoler v. col. 

Deooper t. colp. 

Deeorre v. corre. 

Decon v. corre. 

Décret II, 203, décret, ordonnance, 
principe; decretum. 

Décrois v. crojstre. 

Decroistre v. croistre. 

Dedans, dedans v. ens et II, 353. 

Dedavant v. davant. 

Dedeles v. lez et II, 3&6. 

Dedens, dedens v. ens et II, 352. 

Dederain v. rier. 

Dedesos v. sus. 

Dedesus v. soz et cfr. II, 367. 

Dedevant v. davant. . ^ 

Dedeyers v. vers. 

Dédier I, 321. II, 33, dédier, consa- 
crer; dedicare. 

Dédire v. dire. 

Déduire v, duire. 

Déduit v. daire. 

Deerrain v. rier. 

Defaute v. faute. 

Défais v. défendre. 

Defendement v. défendre. 

DeUsndeor, defenderes v. défendre. 

Défendre, déffendre, desfendre I, 150. 
163. 170. 398. II, 51 ,- défendre, 
garantir, faire défense, interdire, 
se refuser; defendere; de là defen- 
deres, defendeor I, 77, défenseur, 
protecteur; de&ndement II, 51, dé' 
fense, secours, protection; 4efe!ii, 
desfens, deffense, desfnise 1, 185. 192. 
398, et defois, defeis, lieu en défens, 
d*oii défense, interdiction ; Imâ. de- 
fensa , defensum ; mettre en defoit, 
défendre, interdire, proscrire ; sans 
défais, sans retard, sans refus; —^ 
defension II, 95. 266, défense, ré- 
sistance, forteresse, protection, pro- 
hibition; de defensio. 

Defens v. défendre. 

Defension v. défendre. 



Defiàire v. faire. 

Deffaute v. faute. 

Déffendre v. défendre. 

Deffense v. défendre. 

Deffremer v. ferm. 

Défier, deffler v. foit. 

Défigurer, deffignrer v. ligure. 

Defin V. fin. 

Deflnmnent v. fin. 

Definer v. fin. 

Defois y. défendre. 

Defoler-^y. afoler. 

Delorain, deforaineteit v. fors . 

Defbrien v. fors. 

Defors v» fors. 

Defrûi V. froisser. 

Défroisser v. froisser. 

Defoir v. fuir. 

Defoler v. afoler. 

Degf^ster v. gaster. 

Degerpir v. guerpir. 

Degeter v. geter. 

Degenner v. geuner. 

Degieter v. geter. 

Degiter y. geter. 

Degner v. digne. 

Degoler v. gole. 

Degot V. gote. 

Degoter v. gote. 

Degras II, 87. Faire ses degras signi- 
fiait se décharger le ventre , et la 
basse latinité rendait cette expres- 
sion par degratxtre, Degras, de de- 
gravare, a donc propr. le sens de 
décharge, d'où fig. crapule, bom- 
bance, comme dans notre exemple. 
Dans le R. d. Ren. III, 30 on lit 
avoir ses desgrai avec la significa- 
tion primitive, c.-à-d. avoir sa dé- 
charge, sa charge, le ventre plein. 
Laissant degravare de côté, on 
pourrait dér. degras de crassus, 
gras, et Ton aurait Tidée primitive 
de dégrossir, dégraisser, enlever 
l'ordure. 

Degret, degré I, 177, degré; pour 
^rel = gradus , formé de degradare. 



DEG 



105 



DEL 



afin de le distinguer de grei — gra- 
tam, y. gre. 

Deguaiter v. gaster. 

Déguiser v. guise. 

Behaigner v, mahain. 

Dehait ▼. hait. 

Dehaiter, dehaitier v. hait. 

Deheit, deheiter v. hait. 

JkHaaa I, 76. L'éditeur des Y. s. 1. M. 
pense que ce mot est mis pour la 
rime au lieu de dehait. Je crois 
aussi la forme incorrecte; mais le 
passage de dehuns à dehait est trop 
fort, et dehuns s'explique très-bien 
comme dér. de honte, c-à-d. qu'il 
signifie humiliation. Y. honir. 

Dehurter v. hurter. 

Dei, deux v. doi. 

Daigner v. digne. 

Deis V. dois. 

Deit V. doit. 

Deite v. Deus. 

Deiz V. doit. 

Dejeter v. jeter. 

Dejoindre II, 238. 

Dejoste v. joste. 

Dejouste v. joste. 

Dejngier v. juger. 

Dejiu (au) V. jus et II, 302. 

Dejnste v. joste. 

Del rég. ind. de l'art. I, 46. 47 ; d'où 
den I, 48; de illo; plur. deli, des 
I, 54., 

Délai I, 289, délai, retard; de dila^ 
tum; de là delaier, différer, causer 
ou donner du délai, retarder; sans 
delaier I, 391, sans différer^ sans 
tarder; delaiement, délai, retarde- 
ment. 

Delaiement v. délai. 

Delaier v. délai. 

Delecher, delechier v. lécher. 

Daled v. lez et II, 3ô6. 

Deleit v. deleiter. 

Deleltance v. deleiter. 

Deleitanle v. deleiter. 

Deleitemeiit v. deleiter. 



Deleiter, deUter I, 214. 221. 240. 366. 
II, 193, charmer, avoir du plaisir, 
de la joie, se divertir, se délecter; 
delectare; part. prés. empl. adj. déli- 
tant II, 128, charmant, délicieux; 
subst. deleit, deleyt, délit I, 82. 126. 
169 > joie, délice, plaisir, volupté; 
deleitanle, delitable I, 69. II, 52, 
agréable, délicieux, charmant, plai- 
sant, joyeux; delectahilis ; deleitos 
délitas I, 268, délicieux, joyeux, 
agréable; formé d'après le subst.; 
adv. delitosement , delitousemeiit II, 
69, avec charmes, avec délices, agré- 
ablement ; du verbe dér. deleitemeiit, 
joie, plaisir, volupté; par le part, 
prés, deleitanœ, volupté, déliées, 
plaisir. Au lieu de deleiter ^ de-' 
liter, on trouve delecher (se), se 
délecter, se réjouir, qui est égale- 
ment dér. de delectare; mais ici on 
a syncopé le t et conservé le son 
guttural, tandis que dans deleiter, 
le c a été syncopé et il y • a eu 
diphthongaison de l'e: ei. 

Deleitos v. deleiter. 

Deleyt v. deleiter. 

Delez V. lez et II, 3'ô6. 

Delge V. délie. 

Delgie v. délié. 

Délié, delge, delgie, deugie I, 106, 
délié, fin, menu, délicat; de deli- 
catus, Cfr. deleiter. 

DeHre v. lire. 

Délit V. deleiter. 

Delitable v. deleiter. 

Déliter v. deleiter. 

Delitosement v. deleiter. 

Delitonsement v. deleiter. 

Delitns v. deleiter. 

Deliverer v. livrer. 

Délivrance v. livrer. 

DeUvre, delivrement v. livrer. 

Délivrer v. livrer. 

Delreier, delrier v. rier. 

Dels, deux v. doi. 

Dels, des v. del. 



DEM 



106 



DEN 



Demain, demsm v. main IL 

Dcmahid, ctomeniAf dsoMinOy dmudiiei 
domaine, domaine, propriété, état, 
pouvoir, possession; de dominium. 
Demàine, etc. II, 100 signifiait en 
outre seigneur de fief, grand vassal. 
Il se prenait adject. dans les deux 
acceptions, propre, appartenant en 
propre, sujet; souverain, principal, 
fils aîné; v. I, 357. 399. II, 343. 
En demtnne, même, en personne; 
adv. demeinament, draiainonant, dom- 
msinamient II, 114, même, en propre ; 
souverainement. 

Demainement v. domaine. 

Damanbrer v. membre. 

Demandement v. mander. 

Demander v. mander. 

Demaneii v. mânes et II, 304. 

Démanger v. manger. 

Demanois v. mânes et II, 304. 

Demeine, demeinement v. demaine. 

Démembrer v. membre. 

Démener v. mener. 

Demenie v. demaine. 

Dementer v. menter. 

Dementiers II, 283 et dementre. 

Dementre, dementres, demettres, ende- 

» 

mentre — dementiws, endementien 
n, 283, pendant ce temps-là, dans 
l'intervalle, sur ces entrefaites; 
dementrtsque , etc. II, 380. 

Demetre v. mètre. 

Demettres II, 283 et dementre. 

Demoine v. demaine.. 

Demor v. demorer. 

Demoranoe v. demorer. 

Demore, demoree v. demorer. 

Demorer, demnrer, domourer I, 53. 56. 
128. 180. 194. 207, verbe fort dans 
le principe, mais qui prit de bonne 
heure le renversement de ue en eu, 
d'où la forme moderne; demeurer, 
séjourner, rester, durer, tarder, re- 
tarder; demor art; demorer desotu 
qqn. 1, 236, être sous sa juridiction ; 
inf. empl. subst. dans le sens de 



repos; ne demorer rien I, 289, ne 
demeurer pas longtemps, ne tarder 
pas ; subst. demor, demore, demeure, 
séjour, délai, retard; sans demore 
I, 326, sans demeure, sans délai; 
faire demore II, 4, faire séjour, 
faire une pause ; de là demoree, de- 
moree II, 304, demeure, séjour, 
délai, retard; du part, prés.: de- 
moranoe, demooranolie I, 135. II, 
304. 365, séjour, délai, retard, re- 
tardement; résidence; bien vacant 
par mort. 

Demorge 1, 224 forme subj. de demorer. 

Demostranœ v. mostrer. 

Demoetrement v. mostrer. 

Demostrer v. mostrer. 

Demouranohe v. demorer. 

Demonrer v. demorer. 

Demonstranclie v. mostrer. 

Demner, demnerent, demnert, de de- 
morer. 

Demoree v. demorer. 

Demofbrement v. mostrer. 

Demutrer v. mostrer. 

Denooite v. costeit et II, 367. 

Deneier v. non. 

Dengner v. digne. 

Denier I, 119. II, 111, denier; argent 
monnayé, espèces; de denarium, 
monnaie romaine d'argent, dont la 
valeur varia beaucoup au moyen- 
âge, V. DC. moneta. Li deniers saint 
Piere II, 284. De là denrée, den- 
rée, dans le principe ce qu'on ache- 
tait pour un denier, somme ou 
valeur d'un denier; prov. denai- 
rada; cfr. Rayn. L. B. III, 24, DC 
denariata; adenerer, réaliser, con- 
vertir en espèces. 

Denoier v. non. 

Dons, dons v. ens et II, 352. 

Dent, dant I, 128. II, 30, dent; de 
dens (dent); d'où adeni, adens, 



deni I, 347, propr. à dents, sur les 
dents, la face contre terre, prosterné ; 
souvent réuni à envers II, 20; de là 



DEN 107 DES 

adenter I, 110, appayer le visage Deprier v. prier. 

contre qqcb. , renverser, coocber. Depriaier v. preis. 

On trouve «ndanter dans le même Deproier v. prier. 

sens, R. d. C. d. C. 8090. Deqnire v. cuire. 

Dairaar v. nud. I>eraixie v. raison. 

Deol v. doloir. Derainer v. raison. 

Sepaaer v. pan. Deraisnement v. raison. 

Départie v. part. Beraisnier v. raison. 

Departiment v. part. Deresae v. raison. 

]>epartir v. part. Deremier v. raison, 

v. pièce. Deriere v. rier. 

I, 2ÔÔ pour départi* Dériver v. riu. 

Depeechement v. depescher. Derompre v. rompre. 

Depeeeher, détacher, dégager; II, 9, Derrain, derrainement v. rier. 

avec la signification de briser, cas- Derreain v. rier. 

ser, confregit dans la version latine; Derreineteit v. rier. 

DC. connaît le dérivé depeechement Derreoier v. rier. 

dans le sens de division, partage. Demi v. roi II. 

fs» V. feudnm) ; empeeeher, empeeeè h er Derroier y. roi II. 

II, 30, embarrasser, mettre obstacle, Derabe v. desrobe. 

arrêter, déférer en justice, accuser; Derver v. desver. 

d^oîi empeschement, obstacle, accu- Derverie v. desver. 

sation; prov., esp., port, empacbar; Dee rég. ind. plur. de l'art, v. del. 

prov. encore empaytar, snbst. em- Des, dois prép. II, 348; deed, deeehi 

paig; ital. impacciare. On dérive à, en, que prép. II, 370; dee qne 

ordinairement empêcher de tmpe- conj. Il, 380; deeii qne, deed que 

</tc<ire; mais il n'existe pas de forme conj. II, 379. 

empequer, empeker, empesker , ce Deeaeher, dessécher v. sec. 

qui prouve contre cette étymologie. Desacher, tirer v. sac. 

En admettant un changement de Deiaooragier v. cuer. 

préfixe pour depescher, on trouve- Deeaerdre v. aherdre. 

rait rétymoiogie de empescker et DesaftiUer v. afubler. 

depescher dans le fréquentatif hypo- Deeafautrer v. feltre. 

tbétique impacUare, impactare, de Desagreer v. gre. 

impingere^ pousser, lancer vers, Deeaherdre v. aherdre. 

contre, heurter, — imputer qqcb. à Deeaiie v. aise. 

qqn., Timportuner, le gêner. Signi- Deiaiiir v. saisir. 

fications et fqrmes de tous les idio- Desamonester v. amonester. 

mes romans servent d*appui à cette Deiaprendre v. prendre. 

supposition. Deeariteir v. hoir. 

Dépendre v. espondre. Désarmer v. arme. 

Déport, déporter v. porter. Deeartir v. dessartir. 

Depoeer v. pause. DeeaTancer v. avant. 

Depreindre v. preindre. Deeavanoir v. avant. 

Depriement de depreindre. Deeayenant v. venir. 

Depriendre v. preindre. Desavenir v. venir. 

Deprienit, deprient de depreindre. Desbarateiaon v. barat. 



DES 



108 



DES 



Besbarateis v. barat. 

Desbarater, desbareter v. barat. 

Desbat v. batre. 

Desbatre v. batre. 

Defoacier v. chacier 

Desoalcer v. cauche. 

Descalcbier v. encbalcer. 

Besearge V. char I. 

DeBcargier y. char I. 

Defcauchier v. cauche. 

Defcaneier v. cauche. 

Desoans v. cauche. 

Deseendement v. descendre. 

DoBcendre I, 136. 316, descendre, 
abaisser; absol. pour descendre de 
cheval; inf. empl. subst. I, 326; 
descendere; de là deseendement, 
descente, succession, héritage en 
ligne directe ; descendue 1, 48 comme 
deseendement, et adversité, tra- 
verse; propr. part, passé. 

Deecendne v. descendre. 

Desehader v. chacier. 

Deeeluureher v. char I. 

Descharge v. char I. 

BeschaucMer, deschoueier v. cauche. 

Beschans v. cauche. 

Deschi v. des prép. 

Deschirer v. eschirer. 

Desci V. des prép- 

Desclore v. clore. 

Descolper v. colp. 

Desconfes v. confes. 

Desconfire v. confire. 

Desconfitue v. confire. 

Desconfort, desconforter v. fort. 

Desconneue v. conostre. 

Desconnoissance v. conostre. 

Desconnoistre v. conostre. 

Desconseille, desconseiller v. consoil. 

Desconvenable v. venir. 

Desconvenant v. venir. 

Desconvenue v. venir. 

Descopier v. copie. 

Descordable v. discorder. 

Descorde v. discorder. 

Descorder v. discorder. 



Descort v. discorder. 

Desooudre v. coudre. 

Desconverir, desooverir v. covrir. 

Descovertnre v. covrir. 

Descovreor v. covrir. 

Descrire v. escrire. 

Descrivre v. escrire. 

Descroire v. croire. 

Descoit v. cuire. 

Descunfire v. confire. 

Desdaigner v. digne. 

Desdaing v. digne. 

Desdegnance v. digne. 

Desdegner, desdeigner v. digne. 

Desdeig v. digne. 

Desde^pumce v. digne. 

Desdân v. digne. 

Desdire v. dire. 

Desdit V. dire. 

Desdnire v. duire. 

Desdnit v. duire. 

Desecher v. sec. 

Deseier v. desier. 

Desenenser v. encuser. 

Desenseigner v. signe. 

Deseritance v. hoir. 

Deseritement v. hoir. 

Deseriter v. hoir. 

Désert, dezert I, 48. 54, désert; de- 
sertum; désert, abandonné, dépour- 
vu, dépouillé, ruiné, frustré de ses 
biens; de desertits , d'où encore 
déserter = desertare II, 97, détruire, 
ruiner, gâter, ravager; de là deser- 
tation, abandonnement , délaisse- 
ment; desertine II, 143, désert, 
solitude. Massillon s'est encore servi 
de déserter dans l'acception active: 
La force de ses discours (de saint 
Bernard), qui pensa déserter la 
France et T Allemagne, en inspi- 
rant aux peuples le désir de se 
croiser, passa pour indiscrétion et 
faux zèle. 

Desertation v. désert. 

Déserte v. servir. 

Déserter v. désert. 



DES 



109 



DES 



Desertine v. désert. 

Deiervanoe v. serf. 

Deeervir v. serf. 

Deseq^rance v. espérer. 

DaMftriver v. estref. 

DeMiirae v. sevrer. 

Deaevrer, deteverer v. sevrer. 

Deffadim, deifaotiiui v. faire. 

I>etfBire v. faire. 

Deffendre v. défendre. 

DMfeni, desfense v. défendre. 

Besfermer v. ferm. 

Seafiancer v. fiance. 

Deifler v. foit. 

Desfremer y. ferm. 

Deiftibler v. afubier. 

Beigenner v. geuner. 

]>6sgmBer v. guise. 

Beihait, dealiaiter ▼. hait. 

Dethanbergier v. halberc. 

Dethait, deiheter y. hait. 

Deiheritement v. hoir. 

Beshireter v. hoir. 

Deshoneor v. honor. 

Dethoxmoarer v. honor. 

Deihonor v. honor. 

Deahonoranoe v. honor. 

Déshonorer v. honor. 

Dethoanourer v. honor. 

Deei v. de. 

Deder, deiir I, 148. 311, désir, vo- 
lonté ; de desiderivm, avec syncope 
de d dans la Ire forme, de de dans 
la 3e; prov. et ital. désire; prov. 
dezir; dénier, donner, deiirior I, 
188. 189. 238. 240. 316. II, 262. 
267, désirer; inf. empl. siibst. I, 
271. 333; doMier I, 53. II, 269, 
désir, amour; du part. prés. dér. 
donraneo II, 161, désir, amour; — ^ 
adj. deiiroi, désireux, ambitieux. 

Dedgal v. ewer. 

Dedganee v. ewer. 

Benr v. desier. 

I>eiiraiiM v. desier. 

Denrer, déchirer v. esehirer. 

Denrer, dedxier, désirer v. desier. 



Deeiros v. desier. 

Deqeuner v. geuner. 

De^oindre v. joindre et II, 238. 

Doqagier v. juger. 

Deilaoer, dedader vr lac. 

Dedai v. loi. 

Dedeal v. loial. 

Deslealted v. loial. 

Dedeaumont v. loial. 

Bedeaiu, dedoaate v. loial. 

Dedod v. loial. 

Bedd V. loi. 

Bedeial v. loial. 

Bedoiaate v. loial. 

Dedde, dedeier v. loi. 

Dédier v. lier. 

Dedoer v. loer. 

Dedoger v. loge. 

Dedoi V. loi. 

Dodoial, dedoiahnent v. loial. 

Dedoialtdt v. loial. 

Dedoiaiunent v. loial. 

Dedoiaus, dedoiauto v. loial. 

Dedoie v. loi. 

Dedoier, sortir de la loi v. loi. 

Dedoier, délier v. lier. 

Deslojer v. loge. 

Deeloner v. loer. 

Dedoi V. loer. 

Desmaelor, dennaolior v. maille I. 

Deonailer, deemailler, dennaillier voy. 

maille I. 
Dennexiibrer v. membre. 
Dennentoment ▼. mentir. 
Dennenter v. menter. 
Desmentir v. mentir. 
Desmesnre, desmesnrer v. mesure. 
Desmonder v. monde I. 
Desonor v. honor. 
Desonorance v. honor. 
Deeordineoment v. ordene. 
Desnner v. nud. 
DesoBcher v. oscher. 
Desoi V. soz. 
Despartir v. part. 
De^dtsnle v. despire. 
Despdter v. despire. 



DES 110 DES 

Deipeitiet v. despire. BespoiUer v. despoille. 

Deipender v. despendre. Bespondre I, 326, exposer, expliquer, 

Despendere, despendwes v. despendre. signaler; de disponere avec d mter- 

Despendre I, 172. II, 17. 83, dépenser, cataire, cfr. pondre; espondrel, 78, 

distribuer; despena II, 198, dépense, exposer, expliquer; exposer, laisser, 

coût; despense I, 332, dépense, ce abandonner, renoncer; exponers, 

qui est ^nécessaire pour la dépense, également avec d intercalaire. Cfr. 

pour Tentretien ; de dispendere, dii" rebondre. 

pensus; de là deipenderei II, 139, Deipondre, promettre v. espondre. 

dépensier, dissipateur; despemier, Desporvoir v. veoir. 

deipenoier I, 152. II, 56, dépensier, Desposseir v. posseir. 

maître d'hôtel; dépensier, dissipa- Desprendre v. prendre. 

teur; et le verbe dépenser; — dii» Desprisement v. preis. 

pensatiim II, 53, administration, Despriner v. preis. 

économie, conduite, permission, li- Despoille, despniller v. despoille. 

cence; diipensatio. Cfr. pois. Deiputeir II, 114, disputer, discuter; 

Despenge I, 243 forme subjonctive de disputare; deipoteison I, 368, dis- 

despendre. pute, discussion; dispuiaiio* 

Deipeni, deepense v. despendre. Deiputeison v. desputeir. 

Despender v despendre. Desqve v. dusque. 

Desperacion v. espérer. Desquirer v. escbirer. 

Doperanoe v. espérer. Deiraer v. roi II. 

Deq^er v. espérer. Deirai, desraier v. roi II. 

Despider v. pièce. Deiramement v., raison. 

Despire, mépriser, dédaigner; de des- Deandson v. raison. 

pieere; despit I, 215, dédain, mé- Deiramer v. raim. 

pris, mauvaise humeur, méchanceté ; Deirei, deiareier v. roi II. 

de despectus, mépris; avoir qqch, Desrenger, desrengier v. renc. 

en despU I, 178. 358; adj. deq^ Deiresmer v. raison. 

II, 76, dédaigneux, méprisable; Deforeson v. raison. 

du part, despectus, Despitor, dei- Desrocher v. roche. 

peiter, part, despeitiet, deipitiet I, Desroi, denroier v. roi II. 

152. 3. II, 360, mépriser, faire peu Deirompre v. rompre. 

de cas, honnir; de despeclare; Deirot, desront p. pas. de desrompre. 

despeitanle I, 213, méprisable, de Desmbaiit v. desrube. 

peu de valeur. Denrabe, dernbe, deonbant II, 285. 

Despit V. despire. 309. 339, ravin, précipice ; de rupes, 

Deqdter v. despire. Cfr. le verbe italien dirvpare, tom- 

Despitiet v. despire. ber d'un rocher. 

Desplaindre v. plaindre. Desnint 3e p. s. prés. ind. de des- 

Desplaisanoe v. plaisir. rompre, desrumpre. 

Desphûair v. plaisir. Dessaisir v. saisir. 

Detploier v. plier. Dessaisoner v. saison. 

Despoille, despnille, dépouille, butin; Deisartir, desartir I, 137. 11,18. 6. d. 



vêtements; simple Imâ. spt^ia, de V. IGlô. G. 1. L. 173, défaire, en- 
spolium; vb. deqpoillsr, deapniller, lever les morceaux, les ^pièces; 
dépouiller. comp. de sarcire, avec influence 



DES 



111 



DES 



(le sartum pour le I. Le simple 
se trouve dans le passage suivant 
du R. d. Ren. III, 109: Toz est 
ses visages sartit, £t la bouche 
ot lede et mau fête; c. -à-d. tout 
son visage est recousu, p. ainsi 
dire resarci. 

Deaseir v. seoir et II, 79. 

Deiseosr v. seoir et II, 79. 

DeMerrer v. serrer. 

Déserte v serf. 

Denervir v. serf. 

De«en v. savoir. 

DeMerranoe v. sevrer. 

Donevree v. sevrer. 

PoMevioinm v. sevrer. 

Denevrer v. sevrer. 

Déni v. des prép. 

Seoiiere de desserrer. 

Deitiet v. desseoir. 

Dewirer v. eschirer. 

Destamprer, destemprer v. temprer, 

Desteindre v. esteindre et II, 237. 

Besteler v. atteler. 

Bestendiller v. tendre. 

Beftendre v. tendre. 

Deftenîr v. tenir. 

Destin (je) de destiner. 

Deitinee v. destiner. 

Deiti&er I, 82 , destiner, prédire, con- 
seiller; desUnare; deitinee I, 264. 
II, 317, destinée, malheur, mau- 
vaise action ; forme participiaie 
de destiner, prov. destinada, itaf. 
destinata. 

DeitoUr v. toldre et II, 222. 

Deitoper v. estope. 

Deftorbement v. torbe. 

Dflftorber, destorbier v. torbe. 

Deitordre v. tordre. 

Dflftoner v. torser. 

Deftortre v. tordre. 

Deitoiirbier t. torbe. 

Deitraignement v. straindre. 

Deitraindr^ v. straindre. 

Daitramt v. straindre. 

Deitrayer, libérer, rendre librie, dé- 



livrer, s'éloigner; verbe composé 
d'un simple hypothétique iraicer, 
prov. travar, de trabs, poutre. De 
là aussi notre composé entraver et 
le substantif entraves, Cfr. tref. 
Destre, diettre I, 49, droite (main); 
à destre y à diestre, à droite; de 
dextera^ dextra, A la même racine 
appartient deitrer, destrier, cheval 

• 

de distinction, cheval de bataille, 
Imâ. dextrarius, parce que récuy^er 
menait ce cheval à la droite du 
sien avant que le chevalier le mon- 
tât. V. DC. dextrarii. De là aussi 
adestrer, être à la droite, accom- 
pagner, guider. 

Destreehe v. destroit. 

Destreit v. destroit. 

Destreitement v. destroit. 

Destreis v. destroit. 

Destreoieheme&t v. trencher. 

Destrenclier, destrenehier v. trencher. 

Destrent I, 101 sans diphthongaison, 
de destraindre. 

Destrenion v. straindre. 

Destrer v. destre. 

Destresse v. destroit. 

Destrier v. destre. 

Destroit, destreit, s s. et p. r. dsstnûi, 
destreii, formé directement du latin 
destrictus, tandis que la forme de 
la langue d'oïl est destraint, de 
destraindre, destringere (v. s. v.). 
Destroit signifiait resserré, oppressé, 
contraint, inquiet, chagrin, abattu, 
tourmenté, maltraité; à destroit^ 
étroitement; estre destroit I, 145; 
adv. destroitement, destreitement II, 
114, étroitement, exactement; d'une 
manière accablante, violente, em- 
barrassante , malheureuse. Subst. 
destroit II, 254 signifiait contrainte, 
violence, nécessité, force, embarras, 
trouble, malheur, angoisse, détresse; 
soffrir destroit I, 177. Dans le 
sens de défilé, détroit, c'est le même 
mot. Quant à destreee, destrsdie, 



DES 



112 



DEV 



deitrewe II, 377, contrainte, misère, 
tourment, angoisse, pour l'expli- 
quer, il faut supposer un verbe 
destrecier, d*oii sa forme. Cfr. 
estrecier, estrece sous esirolt. 

Destroiz v. destroit. 

Destroitement v. destroit. 

Destmctioii v. enstruire. 

Beitmiement v. enstruire. 

Destraire v. enstruire. 

Beetnrber, deitnrbier v. torbe. 

Deeni v. sus. 

Beeoz v. soz et II, 364; cfr. 367. 

Besveier v. voie. 

Deever, et avec changement de liquide, 
derver II, 137, 237, mettre en mouve- 
ment, en désordre, agiter, chagriner, 
fâcher, rendre fou ; deivet part. pas. 
empl. subst. II, 60, fou, chagrin; 
se desver^ perdre sa raison, extra- 
vaguer, s'égarer, se fâcher, se cha- 
griner; subst. desverie, derverie II, 
345, folie, extravagance, chagrin, 
jalousie. Desver de dissipare. Notre 
verbe endêver a pour simple desver, 
dont le 5 a été syncopé. 

Desvergoigner v. vergogne. 

Desvergonder v. vergogne. 

Desverie v. desver. 

Desvet part. pas. de desver empl. subst. 

DeBvider v. vuit. 

DesvoiemeBt v. voie. 

Desvoier v. voie. 

Desvoloir v. voloir. 

Defvmdier v. vuit. 

Det, dé (à jouer); prov. dat; comme 
le dit Ménage, de dare, dans le 
sens de jeter, pousser. V. DC. s. v. 
decius, d'autres étymologies qui 
n'ont rien de solide. 

Dete V. devoir. 

Détenir v. tenir. 

Déterminer v. terminer. 

Detenr v. devoir. 

Detraotion v. traire. 

Detraior v. traire. 

Detraire v. traire. 



Detraieree v. traire 

Detree, detriee v. très et II , 370. 

Detrier, detriier n, 166, différer, pro- 
longer, retarder, empêcher, refuser; 
prov. destrigar.^ comp. de îrigar; 
de tricari, faire des difficultés. Ici 
se range notre trigaud. 

Den de del , du 1 , 46 et suiv. 

Den V. Deus 

Dendroient II, 326 cond. de doloir. 

Dengie v. délie. 

Denx, deux v. doi. 

Deus, den, diens, dien, din, dtoc, àkBi, 
dix I, 94, deo I, 19, Dieu; I>etu; 
li de^ les dieux 1, 271; à Dieu sotfm 
n, 342; deite I, 351, déité, divi- 
nité; deitas; divin, devin, e I, 220. 
306, divin; subst. théologien; diot- 
nus; divinité R. d. 1. V. 296. Ratb. 
I, 174, divinité; théologie; t^mm^ 
tas. Cfr. DC. divinus. 

Dens, deux v. doi. 

Dévaler v. val. 

Devancer v. davant. 

Devant v. davant. 

Devantir v. davant. 

Devantrain, devantrainetet v. davant 

Devantrien, deventrien v. davant. 

Devantrier v. davant. 

Deveer v. veer. 

Deveir, dever v. devoir. 

Devenir v. venir. 

Devenres v. venredi et di. 

Devers v. vers. 

Devestir v. vestir. 

Dévier, deviier v. vivre. 

Deviers v. vers. 

Devin, e v. Deus. . • 

Devin, devin, conteur, historien; de 
divinus ; cfr. prov. devin, devin, .qui 
a développé la signification de ca^ 
lomniateur; deviner II, 74, deviner, 
faire connaître, dire, parler, racon- 
ter; divifiare; devineres, deivineor, 
devinur I, 56. 77, devineur, devin, 
sorcier; divinator; du verbe, it^ 
vinement I, 377, prophétie, divina- 



DEV 113 DIE 

tion, chose annoncée par un de?in; débita; prov. deute, depte; de là 
devinaille^ e:ii[pIication, action de de- s'endeter II, 20&, s'endetter ; detenr, 
viner, mot d*une énigme; comp. débiteur; plus tard, en remontant 
adeviner II, 324, deviner, conjec- an latin, debteur; debitor. 
turer, soupçonner; adevinement, chose Dévorer, dévorer I, 54. II, 299, dé- 
obscure, prophétie, chose annoncée vorer, ronger, manger;, au fig. in- 
parun devin, médisance; adevinaille, sulter, maudire, P. d. B. 9771. R. 
adevinal, comme adevinement. Cfr. d. 1. V. 64; devorare. 
DC. divinus. Dévot, dévotement v. vo. 

DevinaUle v. devin. Dévotion v. vo. 

Devinement v. devin. Devnrer v. dévorer. 

Devineor v. devin. Dewerpir v. guerpir. 

Deviner, devineres v. devin. Des, Dieu v. Deus, 

Devins (à) v. devis. Des, deux v. doi. 

Devinnr v. devin. Des, dix v. dix. 

Devis II, 253, marqué, divisé, stipulé. Désert v. désert, 
établi; subst. avis, volonté, gré, Desime v. dix. 
plaisir, souhait; à... devis. II, 89. Desoivre v. décevoir. 

I, 232, avec n, à.. .devina I, 94; Di v. dis. 

cfr. ami, amin; devise I, 260. 364. Diable, deable, diaole I, 55. 353. 366, 

II, 172, division, partage, excep- diable, démon ; diajbohu; de là dia- 
tion, borne, limite, projet, délibé- blie I, 409, diablerie, oeuvre dia- 
ration, décision, entretien; ordre, bolique; diabler, décrier qqn. , dire 
perfection, condition; volonté, gré, le diable de lui. 

plaisir, service; à devise, à ordre, Diabler v. diable. 

à gré, compte fait; par devise I, DiabUe v. diable. 

321, par décision; faire sa devise, Dial v. doloir. 

faire son testament, propr. la divi- Diapré v. diaspre. 

siou de ses biens; vb. deviser, devi* Diaspre, diapré I, 291 , jaspe; sorte 

sier I, 96. 181. 239. 263. II, 63, d'étoffe précieuse à couleurs variées ; 

partager, séparer, ranger, discerner, ùq jaspis (di=j); Imâ. diasprus et 

distinguer; stipuler, convenir par diaspra. De là notre adjectif c^iaprë. 

écrit, disposer par testament, pro- Diatde v. diable. 

poser, dicter; s'entretenir, conver- Dians, deuil v. doloir. 

ser, discourir, parler, causer; d'où Dians, deux v. doi. 

devisement, division, partage. Dér. Diax v. doloir. 

de dividere^ prov. devire, fréquen- Dibler v. doble. 

tatif devisar, ital. divisare. — De- Dictie, diotier v. ditier. 

vision, stipulation, traité; divisio. Die v. dis. 

Devise, devisement v. devis. Diegner v. digne. 

Deviser, dévider v. devis. Diel v. doloir. 

Devision v. devis. Diemence v. diemenche. 

Devoir, devoir, dever, devoir II, 1 et sui v., Diemenehe ( di-e-men-che ) , diemenoe, 

devoir; que ce doit, ce que cela diemenge II, 253, A. et A. 2797 

signifie; inf. empl. subst. devoir, (prov. dimenge), diemoine, dimoinge, 

obligation, justice, redevance ; comp. etc , dimanche ; de dies dominiçus. 

redevoir II, 1 1 ; dete, dette ; du plur. Le patois de Montbéliard a con- 

Burguy, Inngue dull, Glossaire. 8 



DIE 



114 



DIR 



serve la forme dietnoine, prononcée 
aussi duemoine, probablement par 
rapport au mot Dieu , qu'on pro- 
nonce Due. Cfr. dis. 

Biemenge v. diemencbe. 

Biemoine v. diemencbe. 

Bleime v. dix. 

Bieftre v. destre. 

"Diea, diens v. Deus. 

Diaz y. Deus. 

Dignation y. digne. 

Digne I, 52. II, 15, digne; dignus; 
adv. dignement I, 291 , dignement; 
degner, dengner, deigner, daigner, 
diegner, ddgner I, 153. 225. 226. 
229. 281. II, 259, daigner, approu- 
ver, accueillir; dignari; dignitdt, 
dignité I , ' 376. Il , 205 , dignité, 
mérite; dignitas; dignation I, 83. 
376, action de juger digne, estime, 
bonneur; dignatio; comp. desdegner, 
desdaigner, deBdiegner, desdeigner II, 
326. 388, dédaigner, mépriser, re- 
pousser, rejeter; se desdaigner II, 
60. 145, s'indigner, être irrité; rfc- 
dignari; subst. desdaing, deidein, 
desdeig I, 82. IL 239, dédain ; dér. 
desdeignance , desdegnance II, 9, dé- 
dain, mépris. 

Dignement y. digne. 

Digner, dimer, disgner II, 124. 362, 
avec et sans se, dîner, repaître; 
Imâ. disnare; prov. disnar, dirnar, 
dinar, ital. desinare, disinare On 
a dér. digner de ôkmvkîv^ -faire 
le repas principal; mais, pour que 
cette dérivation fût admissible, il 
faudrait reconnaître que les Pro- 
vençaux nous ont transmis le mot, 
et cela n'est guère probable. Se- 
lon d'autres, digner vient de àignare 
domine, qui est le commencement 
d'nne prière. M. Pott enfin pro- 
pose coenare comme racine de digner, 
c'est-à-dire decoenare avec recule- 
ment de l'accent sur la première 
syllabe; et cette dérivation paraît 



d'autant plus juste, qu*on a le vb. 
reeiner, goûter, faire collation. Cfr. 
DC. reticininm, et Mon s. v. diner. 
Ces étymologies restent cependant 
douteuses, à cause du s des formes 
disner, desinare, disnar: s'il est 
intercalaire, il n'y a aucune ob- 
jection à élever; mais s'il est pri- 
mitif, elles sont tout à fait fautives. 
Cette question est difficile à déci- 
der; les plus anciens monuments 
du Imâ. orthographient disnare, 
tandis que notre vieille traduction 
des livres des Kois donne digner, 
comme on le voit par les exemples 
cités. 
Dignete v. digne. 
Digniteit v. digne. 
Diliantrement v. diligent. 
Diligence v. diligent. 
Diligent, soigneux, diligent, prompt; 
diligens; adv. diligentement, et d'a- 
près diligenter^ diliantrement II, 279, 
avec soin, diligence, promptement; 
diligence I, 375, soin, diligence, 
promptitude ; diligentia. 
Diligentement v. diligent. 
Dimoinge v. diemencbe. 
DiMB V. joesdi. 
Diol Y. doloir. 
Diona v. doloir. 

Dire II, 143 et suiv. ; subst. dit I, 59. 
162, mot, parole, discours, le dire; 
dictum. Dire et dit, à Tégard de 
la poésie, s'employaient tantôt dans 
le sens simple de dire, c-à-d. ra- 
conter, réciter, tantôt dans celui 
de chanter et dire en même temps ; 
voy. Wolff, Ueber die Lais, 234. 
A dire, être, avoir à dire II, 147; 
dire Joint à que et à un nom II, 
168 ; ne dire ne ço ne quoi I, 159 ; 
dire devant Q. L. d. R. II, 144, 
prédire. De là dûderret, diseor, di- 
seur I, 77, diseur, raconteur, chan- 
tenr. Comp. bénir v. s. v ; contre- 
dire II, 149; part empl. adj. la 



DIS 



115 



Dlï 



cifHtredite gent II, 149; subst. 
eontroditi, 48, contradiction: con- 
tradictwn; de là contrediaement, 
contradiction; desdire II, 149, de- 
dire II, 84, dédire, contredire, con- 
tester; subst. deedit^ dédit, contra- 
diction, contestation; entredire II, 
149; entredit, interdit; inierdicerey 
interdicium; s'entredire II, 149; 
eidire II, 149; indire U, 149; mal- 
dire n, 149, malflir, maMr I, 322, 
323; nuUedicere; maledicenee , mé- 
disance; maledicentia ; mesdire II, 
149; part. prés. empl. snbst. I, 170; 
redire, redire; pardire II, loi; lor- 
dire II, 151. 

Bis, die, di II) 31. Ben. 19232, jour; 
dies; cfr. Rayn. L. B. III, 41, s. v^ 
dia, et ci-dessous jor. Tos dis II, 
328; cfr. tandis II, 328. Ce mot 
di nous est resté dans les noms 
des différents jours de la semaine. 
Ainsi qu^en provençal, le di se 
plaça d^abord, dans l'ancienne lan- 
gue, à la tête de la composition, 
ou il est resté dans dimanche; on 
disait donc: dilun, dimars, demars 
J. V. H. 537, dimercre^ dijous, di- 
venres, devenres ; mais de très-bonne 
heure on renversa la composition. 
V. Roq. Suppl. Kalendier. Di s^est 
encore conservé dans meidi, miedi 
I, 120, midi, médius dies, men- 
dies. Cfr. meie I. 

Bif, dix V. dix. 

BiMdn V. dix. 

Biic^e, deoiple I, 188, 220, disciple, 
qai est attaché à qqn. ; discipulus; 
de là disdpalage, école, noviciat; — 
difeipline, dedpline, enseigrnement, 
punition, peine; disciplina. 

Biieipline v. disciple. 

BiMipnlage v. disciple. 

Biicorde v. discorder. 

BiMorder, deioorder II, 305, n'être 
point d'accord, être d'un autre avis, 
disputer, quereller; discordare (àis- 



cors, cor); discort, deioort I, 169. 
224. U, 196, querelle, différend, 
démêlé, contrariété 4e sentiments: 
discors, discordis ; discorde, descorde 
II, 104, désunion, mésintelligence, 
querelle, dispute; discordia; dsicor- 
dable, en désaccord, discordant; dis- 
cordabilis. Cfr. acorder, concorder. 
Bîsoorre v. corre. 

Biscort V. discorder. 

Biseret, discret; discrettu; discrétion 
I, 53. 153, discernement, jugement, 
bon sens, équité; discreiio; comp. 
indiscrétion U, 346, indiscrétion, 
manque d'équité, de jugement. 

Discrétion v. discret. 

Biscussion II, 383, discussion; discussio. 

Biseor, diseur v. dire. 

Bisete, disette; de desecta, chose cou- 
pée, retranchée, état où tout est 
coupé; selon Ménage de desita, mais 
ce mot aurait produit desoite, de- 
site, ou deste; disetel, pauvre, in- 
digent, qui est dans la disette. 

Bisetel v. disete. 

Bisgner v. digner, 

Bisierres v. dire. 

Bisiemes v, dix. 

Bisme, dismer v. dix. 

Bisner v. digner. > 

Biifparoir v. paroir. 

Bispensation v. despendre. 

Disposer v. panse. 

Disposition v. pause. 

Dissemblant v. sembler. 

Dissolu V. soldre. 

Dit Y. dire. 

Dite, ditie v. ditier. 

Ditier (dictier) , composer un ouvrage, 
composer, dire, prononcer; de 
diciare\ ditie (dictie;, dite, compo- 
sition, écrit, oeuvre dimagination 
(en vers), espèce de poésie; 'de 
dictatum; d'où enditier II, 255, 
indiquer, informer, instruire; de là 
enditement, indication, conseil. Cfr. 
Rayn. L. R. III, 4ô s. v. dictar. 



DIU 



116 



DOE 



Diu V. Deiis. 

Diva interj. II, 400. 

DiverS) changeant, inconstant, bizarre, 
désagréable, contraire, fâcheux, dur, 
crnel , rude ; dtversus ; adv. divene- 
ment II, 87, d*ane manière diffé- 
rente, changeante, variable; verbe 
divexiwr, varier, changer; contrarier, 
maltraiter, injurier; propr. diver^ 
$are; diversité, intempérie de l'air, 
mauvais temps; divendfler, diviser, 
partager, séparer. Cfr. verser, vers, 
avers, vertir. 

Divenement v. divers. 

Divener v. divers. 

Diversifier v. divers. 

Diversité v. divers. 

Divin, e v. Deus. 

Divinité v. Deus. 

Diwes V. joesdi. 

Dix, dis, des, deiz, deis, dis» des I, 
108. 109, dix; decetn; disme, dizme, 
diesme, dizeime, disimes, desime^ de- 
cieme I, 115, dixième; decimus; 
empl. subst. m., et f. du lat. décima, 
dîme; d'où dismer, dîmer, décimer; 
decimare; comp. redisme, le dixième 
du dixième ; redismer, lever ce droit. 
V. I, 119; — disain 1, 116; — dé- 
cembre, décembre; december; — 
doyen, doyen, huissier, sergent; 
decanus; ital. decano, prov.-.dega. 

Dix, Dieu v. Deus. 

Dizme v. dix. 

Diseime v. dix. 

Do, dou rég. ind. de Tart. I, 46. J'^i 
dit I, 48 que. ces formes sont com- 
posées de de lo, de lou; c'est une 
erreur, car jamais de lo, de lou 
n'auraient produit do, dou. Dou 
est pour doî, et Vo a sa source dans 
Tancienne forme olle ou oHus du 
pron. dém. ille. C'est un des restes 
de l'ancien latin qui , avec tant 
d^aotres, s'était conservé dans les 
Gaules. Do n'est qu'une variante 
de dou. L'o s'expliquerait aussi 



sans ollus, on le trouve pour i, a, 
e; et de illo pourrait aussi bien 
fournir dol que del. Néanmoins je 
préfère la première explication. 
Doaire v. doer. 
Doairiere v. doer. 

Dober, douber, armer; comp. adober, 
adnber, adouber, et avec bb II, 324, 
armer chevalier, garnir, orner Q. L. 
d. K. 250; adobe, adube» chevalier 
adoubé; adob, adon, adol, adoul, ados 
(avec syncope de la consonne), armes, 
armure, harnois, équipage; adobe- 
ment, adnbement, armure, ornement. 
Dober, adober, dér. de l'anglo-saxon 
dubban, ancien norois et auéd. dubba, 
donner un coup. Il s'est d'abord 
dit du coup dont on frappait le 
nouveau chevalier, puis il a signifié 
la cérémonie qui accompagnait l'ar- 
mement, et enfin l'armement même. 
V. DC. adobare. 
Doble, double, dovnle I, 117, double; 
duplex ; de là doblier, donblier, dibler 
I, 329, serviette, petite nappe; as- 
siette; sorte de vêtement; besace, 
sac, bissac; adject. p. ex. haubert 
doublier, double, doublé; cfr. DC. 
duplarium, doublerium, dibler; — 
dobler, doubler I, 86, doubler, re- 
doubler; jeter par terre; DC. do* 
blare; duplicare. 
Dobler, doblier v. doble. 
Doce, docement v. dois. 
Doctrine I, 339, science, instruction, 
enseignement, châtiment, correction ; 
doctrina; vb. doctriner II, 135, in- 
struire, enseigner, châtier, corriger; 
comp. endoctriner II, 7, enseigner, 
endoctriner ; d'où endootrinement, 
enseignement, éducation, doctrine. 
Doetriner v. doctrine. 
Dodeliner v. dormir. 
Doel V. doloir. 

Doer, doner, douer, récompenser, doter ; 
de dotare; d'où doaire, douaire, 
douaire, récompense, dot, dotation, 



DOE 



117 



DOL 



don ; Imâ. dotarium ; doairiere, 
douairière. 

Do6f r. doi. 

Doi, doigt V. doit. 

Doi, dni, doQ) dons, does, dens, dns, 
dei| diaus, dénis, dues, doux, dels, 
des I, 108. 109 110, deux"; duo; 
doie, donse, dnze, dune I, 108. 109, 
douze; duodecim; doiuâme, dudzime, 
dnsune, doiudenie, douzième; duo- 
decimus; de là dosaine, douzaine. 

Doigner v. digne. 

DdgBon y. donjon. 

JkÛM, conduit V. duit. 

Soif, doigt V. doit. 

Boii prép. V. dès. 

Doîi, deÎB I, 300, daie Trist. II, 101, 
table à manger, de discus. La 
forme dais nous est restée dans 
dnisy espèce de baldaquin, etc. Nos 
pères avaient l'habitude de tendre 
an drap au-dessus de leurs tables 
à manger, afin que rien n'y tombât 
du plafond, de là la signification 
moderne. Il ne faut pas confondre 
dois, toujours invariable, avec le 
8. S. et p. r. dois de la forme pi- 
carde de doit, digitus, ni deis avec 
deiz = deils , s. s. et p. f. de deit, 
également de digitus. V. des exem- 
ples de dois P. d: B. 1602. G. d. V. 
977. Q. L. d R. III, 228. 315; de 
doit Ch. d. S. II, 86. R. d. 1. M. 
1615. Ch. d. S. II, 16. Q. L. d. R. 
II, 204. Ben. I, 2095. 

Boit, doit, doi, s. s. et p. r. dois, deii, 
dolB'I, 128. 283, doigt; digitus, 
Cfr. dois. 

Dois v. doit. 

Sol V. doloir. 

Solant v. doloir. 

Solee, doleement v. dois. 

Solçor v. dois. 

IMoir v. doloir. 

Solente, dolentet v. doloir. 

Soloroi, doloroMment v. doloir. 

Solenr v. doloir. 



Solenre II, 71, copeaux, propr faits 
avec une doloire, celui-ci, pour 
ainsi dire doloria^ de dolare. 

Soloir, doleir, donloir II, 112, souffrir, 
faire souâ'rir, éprouver de la dou- 
leur, plaindre, gémir, attrister, se 
lamenter; part. prés. empf. subst. 
dola&t, dolent II, 306, misérable, 
malheureux; d'où dde&tet, dolente, 
knisère, chose misérable, souffrance ; 
— dolor, dohir, dolenr I, 55. 106. 
162, douleur, peine, souffrance; 
dohr; doloroB, dolerds, dolonroi, dou- 
loureux, affligé, souffrant, infirme; 
dolor osus; adv. doloTOiemont, dole- 
rosement II, 59. 265, douloureuse- 
ment; — duel, doel, diol, diol, dial, 
doi, dnl, duil, deol, does, dions, dians, 
dons, diax I, 87. 90. 91. 144, deuil, 
douleur, peine, affliction, souffrance ; 
de dolium, qu'on a en composé dans 
cordoHum ; — vb. dér. dolooer, dohi- 
ser, dolouserl, 220. II, 265. 346, se 
plaindre, souffrir, s'affliger, lamen- 
ter; prov. doloirar, pour ainsi dire 
dolorare, avec permutation de la 
liquide ; d'où doloison, douleur, souf- 
france; doloniement, douleur, af- 
fliction, souffrance. 

Doloison V. doloir. 

Dolor V. doloir. 

Dolorosy dolorosement v. doloir. 

Doloser v. doloir. 

Dolonsement v. doloir. 

Dolonser v. doloir. 

Dois, dons, dons, doz, donc I, 162. II, 
241. 341, fém. dolw, dnlce, dnoe, 
donce II, 5?. I, 351, etc, doux; de 
dulcis; adv. doleement, dnlcement, 
doncement , donchement , docement, 
dttcement I, 52. 130. 174. 330. II, 
166, doucement; subst. doiçor, dnl- 
çor, dOQÇorl, 352, douceur; dulcor; 
de là adoleier, adnlder, adoeier, 
adnder, et d'après la 2e conj. adol- 
cir, adnleir, adondr I, 135, adoucir, 
soulager, tempérer, calmer. 



DOL 



118 



DOS 



Dolur V. doloir. 
Dolvser v. doloir. 
Domage v. damage. 
Domagtment y. damage. 
Domagier y. damage. 
Domaine y. demaioe. 
Dommeinemant y. demaine 



toutes suppositions plus absurdes 
Tune que l'autre. 

Donkes, donqnes v. donc et II, 283. 

Doxme y. don. 

Donoi, donoiement v. danz. 

Donoier y. danz. 

Bons ady. y. donc et II, 283. 
Don, dnnl, 48. 58. 378» don, présent; Dont, d'où, ady. et pron. rel. II, 285. 
sorte de tribat; donwn; du plur. I, 162, glos. ont. 
«lona, donne II, 271 ; yb. doner, dnnef , Dont, alors, donc, ady. II, 283 et 
dnnner, donier, donner 1, 290 et saiy., glos. donc, 
donner, accorder, liyrer, céder, Donzels y. danz. 
frapper ; donare ; comp. 8*entredoner Dore II, 123, 1. p s. prés. ind. de dormir. 
I, 295. Poit. 51; redoner, donner à 'Dormant y dormir, 
son tour; pardon I, 218, pardon, Dormeor y. dormir, 
rémission, indulgence, absolution; Dormidon y. dormir. 
en pardon, gratuitement; pardoner, Dormieres y. dormir. 
pardoneir, pardoner 1, 128 207, par- DormiUer y. dormir, 
donner, gracier, remettre, épargner ; Dormir I, 101. 215 avec ou «ans le 
de là pardonance, pardon, indul- pron.se, dormir; «/ormirc; part. prés. 



gence, absolution; pardonement, par- 
<iou ; pardonneres, qui pardonne, 
indulgent; pardonable, miséricor- 
dieux. Pardoner, propr. pertlonare^ 
formé comme condonare. 

Don ady. et pron. rel. II, 285. I, 162, 
glos. ont. 

Donc, d*oii, adv. et pron. rel. II, 285. 
I, 162, glos. ont. 

Donc, donkes, donques, dons, dont, dune, 
dunkes, dnnehes, dnn, dam ady. II, 
283; dès donc II, 284; donc — 
donc^ donc — ore II, 284; comp. 
adonc, a^nnc, adonqnes, adnnqnes, 
adont; idono, idonqnes II, 283. 

Doner y. don. 

Dongnn y. donjon. 

Donier y. don. 

Donjon, dongnn, doignon I, 67. II, 69. 
266, donjon, forteresse, tour, l*en- 
droit le plus éleyé d*une yille ou 
d^une maison. Dti celtique dûn, 
firmns, fortis; irlandais dûn, lieu 
fortifié. />Ofi;on = dun - ion. On a 
dériyé donjon de domnus, qui ne 
conyient pas au sens; de domtci- 
Hum, domus Caesaris, domus jugi; 



donnant empl. subst. pour sommeil 
II, 72; dormeur II, 218; de là dor- 
miller, sommeiller; dormoir, dortoir; 
— dormieres, dormeor I, 77, dor- 
meur; de dormitor; dormidon, envie 
de dormir, sommeil; de domUtio; 
comp. endormir I, 85. II, 42, en- 
dormir, engourdir. Le mot enfantin 
dodo est une réduplication de la 
Ire syllabe de dormir, et, comme 
rindique déjà Roquefort, c'est de 
ce dodo qu'on a fait dodeliner, 
bercer pour endormir, remuer douce- 
ment, branler, aujourd'hui dodintr. 

Dormoir v dormir. 

Donrai, dorroie fut. et cond. de doner 

I, 245. 

Dos I, 407. II, 279, dos; de dorsum; 
mètre arrière dos II , 248 , se dé^ 
faire, mettre de côté; de là dossal 

II, 369, dossier ; manteau très-riche 
d'ornements qui n'était porté que 
par les gens de haute condition; 
dorsalis pour dorsualis; adosser, 
adoser, mettre derrière le dos; mé- 
priser, laisser, abandonner; ados II, 
80, appui, soutien, protection. 



DOS 



119 



DRA 



Bomoi, doenoiement v. daiiz. 

IkMnoier v. danz. 

Dofter V. oster. 

Botance v. doter. 

Bote ▼. doter. 

Boter, dater, douter I, 66. 102. 160. 
356. II, 10. 139, douter, avoir peur, 
craindre, redouter ; daus le sens de 
avoir peur, souvent avec le pron. 
se; dubitare; subst. dote, date II, 
134, doute; crainte, peur; sem duU 
II, 212, absque dubio, dans le texte 
latin; de là par le part. prés, do- 
tanoe, datanœ 1, 53. 229. 265, doute, 
crainte, peur; adject. dotoi, dotas, 

. douteux, incertain, craintif, peureux ; 
adv.dotoeement, avec frayeur, crainte ; 

. adj. dotif II , 307 , daus le doute, 
dans la crainte; comp. redoter, re- 
douter I, 72. 137, redouter. Plus 
tard on introduisit b ou p dans 
tous ces mots. 

Botif, dotis V. doter. 

Botes, dotas v. doter. 

Botosement v. doter. 

Boa, du V. do. 

Boa, deux v. doi. 

Booaire v. doer. 

Boober v. dober. 

Boable, doubler v. doble. 

Boublier v. doble. 

Booo, douce v. dois. 

Bouçor V. dois. 

Bouelle v. dove. 

Bonhe v. dove. 

Bouloir V. doloir. 

Bouuer v. don. 

Bous, doux v. dois. 

Bous, deuil v. doluir. 

Boua.^_jieux v. doi. 

Bousieme v. doi. 

Bouter v. doter. 

Douve V. dove. 

Bons V. dois. 

Bouse, dousime v. doi. 

Bore, douve II, 239, réservoir, puis 
fossé , bord ou parement d'un fossé, 



bord d'un vaisseau quelconque ou 
douve; telles sont les significations 
successives de ue mot. Lmâ. doga^ 
doaj dota, douta. Le v de la forme 
dote est intercalaire: dœ après la 
syncope du 9, d*où dote. Ceux qui, 
comme M. Chevalet, ont dérivé dote 
de Tallemand </aw6e = douve, ahal. 
dubay hollandais duige, bas-saxon 
deue, ont méconnu la signification 
primitive de ce mot; sans compter 
que daube paraît dérivé du roman, 
car il n'a pas de racine dans les 
idiomes allemands. DC. a trouvé 
la véritable origine de dote dans 
le latin doga, vaisseau, vase, du 
grec âo/^ri , réservoir. La forme 
doue]le = douve, est un dérivé de 
dote; DC. s. v. doëla; s. v. doa, 
doha, il donne douhe = canal* 

Bovoir V. devoir. 

Bovule V. doble. 

Boyen v. dix. 

Bos V. dolz. 

Bosaine v. doi. 

Dose V. doi. 

Dragon, dragun I, 112, dragon, et 
espèce de bannière ; de draco, Voy. 
DC. s. V. draco. C'est également 
à draco ^ avec le sens de dracun- 
culus, que se rapporte targon, tar- 
chon, ancien nom de Veslragon. 

Brague, drasche, marc de Torge qui a 
été employée pour faire de la bière; 
de Tanc. norois dregg^ suéd. dràgg, 
anglais dreg , faex. Cfr. Dief. G. W. 
II, 645. Les habitants de llle-de- 
France appelaient, par dérision, 
draschiers, ceux du duché de Nor- 
mandie (R. d R. V. 9940). 

Bragun v. dragon. 

Brap, s. s. et p. r. dras II, 303, habit, 
linge, étoffe; être aux dras ou des 
dras de qqn,^ être à son service ; — do 
là drapel, drapeau, chiffon, morceau 
de linge ; d'où drapelet, haillon. Les 
Espagnols et les Portugais écrivent 



DRA 120 DRU 

ce mot avec un t initial: trapo, Drincant r. drinquer. 

Quelle est Torigine de drap ? M. Diez Drinker , drinkerie v. drinquer. 

pense à l'ancien norois drabba, lace- Drinquer, drinker, part. prés, drincant, 

rare , de sorte que la signification drinkant , etc. , boire ensemble ; de 

primitive serait morceau, lambeau, là notre trinquer; drinkerie, ba<s* 

etc.; mais il est plus probable que chanale, partie de débauche; de 

drap a désigné d'abord une étoffe. l'allemand trinken, goth. drighan, 

Partant de ce point de vue, Frisch ahal. , anglo-saxon drincan, etc., 

a dér. drap de l'allemand trappen, boire, 

marcher lourdement, c'est-à-dire Drois t. droit. 

que drap signifierait étoffe tissue Droit, dreit, s. s. et p. r. drois, drois, 

d'une manière très-serrée. Cette sup- âreiz, droit, direct, bon, juste, équi- 

position me paraît sans fondement. table, vrai, et adverbialement; sub- 

Drapel, drapelet v. drap. stantif droit, justice, équité; de 

Dras V. drap. directus ; directum pour jus* Avoir 

Drasche v. drague. droit opposé à avoir tort I, 70. 136; 

DraMhe, gousse, coque qui enveloppe mais aussi déjà avoir tort ou raison 

le grain ; de l'ahal. drescan, battre I, 277 ; sera (ert) le tort et le droit 

le grain; ainsi ce qu'on rejette en I, 176; adroit, justement, adroit; 

battant? faire droit et justice I, 182; faire 

Draschier v. drague. droit à qqn. I, 288; tenir droit à 

Dreceoir v. drcscer. Çî'*»* respecter ses droits, les main- 

Dreohier v. drescer tenir. Adv. droitement, dreitement 

Drede, drecier v. drescer. I, 322, droitement, justement, éqai- 

Dreit, dreitement v. droit. tablement. De là droiture, dreitnre, 

Dreiture, dreiturier v. droit. droit, justice; ce qui est dii à qqn., 

Dreiz v. droit. redevance ; dreiturier, dreiturier, dre- 

Dresoer, drescer, dresser, drecier, dre- turier II, 338. 350, équitable, juste, 

diier II, 348, dresser, élever, diri- droit, sincère; seigneur droiturier, 

ger, redresser, lever; de directus, vrai et légitime. Comp. endroit, 

d'où l'on ût directiare ; se drescier endreit prép. et adv. II, 350; de 

en piez; se mettre debout, se lever ; là le substantif endroit. Cfr. drescer. 

dressier en la crois^ en parlant de Droitement v. droit. 

J.-C. , pendre à la croix; de là Droiture, dreiturier v. droit. 

drecie, voie, chemin^ direction ; dre- Droiz v. droit. 

ceoir II, 261, dressoir; comp. adresoer, Dru, drud v. drut. 

adresser, adreeier, adrechier, faire Drue, druerie v. drut. 

droit, rendre justice, rendre droit, Drugun v. drut. 

remettre en son état, rétablir, faire Dridon, druiun v. drut. 

réussir, disposer, mettre en ordre, Drurie v. drut. 

diriger; esdresser, dresser, relever, Drut, drud, dru, s. s. et p. r. drus, dms, 

tirer; redresœr, redrecier, rederehier ami, homme de confiance, amant; 

I, 50. 304« n, 25. 160, redresser, subst. fém. drue II, 232, amie, 

relever, rendre droit. Cfr. droit. amante, maîtresse; de là dmion. 

Dresser v. drescer. druiun, drugun, confident; druerie, 

Dreturier v. droit. drurie, amitié, attachement, amoar, 

Drescer v. drescer. passion. De l'ahal. trût , drut. 



DUC 



121 



DUN 



aujourd'hui traut, dilectus: subst. 
amicus; servus. Cette racine se re- 
trouve aussi dans le celtique, p. ex. 
gallois druth, meretrix ; mais comme 
drut, etc. n'exprimait d'abord que 
ridée d'amitié pure et fidèle, qui 
était une des plus belles qualités 
de la nation germanique, je crois 
être tout à fait autorisé à m'en 
tenir à l'allemand. -Outre ce mot, 
on trouve Tadjectif homonyme dru, 
qui nous est resté, fort, robuste, 
vigoureux, serré, luxuriant, — et 
voluptueux; d'où endndr, devenir 
fort et robuste, serrer, rendre com- 
pacte, dense. Les significations de 
cet adjectif nous reportent au cel- 
tique: gallois druth, gaillard, frin- 
gant; kymri drud, robuste, brave, 
courageux. Cfr. Dief. Celt. 246, 
G..W. II, 679. 

Bue, dnch, duos, dus, dux I, 85. 86. 

' 95, duc; de dux; de là daoeiBe, 
dncoise, dnohoiae, dnoeiM, duohdae, 
duchesse; dnoheit, duchiet, dncee 
(fém.), duché; dnohete (fém.), duché; 
Imâ. ducatus, prov. ducat, ital. du- 
cato; dnoheaame II, 4, ducheama, 
duché, forme rare composée sur le 
modèle de roialme, roiaume = rega- 
litnen, de regalis, 

Bnce V. dois. 

Dncee v. duc. 

Dttoeise v. duc. 

Bucement v. dois. 

Bttcesse v. duc. 

Bttch V. duc. 

Ducheame, dnoheaame v. duc. 

BneheÎBe v. duc. 

Buoheit v. duc. 

Bnchete v. duc. 

Buehiet v. duc. 

Buehoiae v. duc. 

Bneoiie v. duc. 

Bnof V. duc. 

Dndiim« v. doi. 

Bnel V. doloir. 



Bues V. doloir. 

Bnei, deux v. doi. 

Bui V. doi. 

Bnire II, 252 ; part, dnit, habile, exercé, 
expérimenté; oomp. adnire II, 252, 
adducere ; conduire II, 252, cotidu- 
cere, d'où aoondoire II, 253; eon- 
dnit I, 308. II, 213, conduite, di- 
rection , sauf - condui t ; conductus ; 
déduire, desduire II, 253, deducere, 
qui, dans la basse latinité, prit le 
sens de s'amuser; déduit, desduit I, 
262. 366, plaisir, déduit ; deduciut ; 
enduire II, 253; entreduire, entro- 
dnire U, 253. R. d. S. G. 22. 36, 
introducere; eiduire II, 253; mm- 
duiro, souduire II, 253. I, 272; 
snrduire II, 253; réduire II, 2ô3. 

Buit, habile v. duire. 

Dnit subst. masc. , conduit, trad. i\ar 
aquaeductus Q. L. d. R. IV, 408 ; de 
ductus; dois subst. fém. , conduit, 
canal: Quant les poissons fait en 
la dois mucier (G. 1. L. I, 264) ; de 
ductio,^ Cfr. duire. 

Bnl V. doloir. 

Bnlce, duloement v. dois. 

Bulçor V. dois. 

Buluve II, 130, déluge ; diluvium, La 
forme déluge s'est formée comme 
sage, etc. 

Bnm, s. s. dnns, duvet; ;,cfr. aleiion;) 
dumet dans Rabelais 1 , 13, dans le 
patois normand deumet; Imâ. duma; 
de l'anc. norois dûn, duvet. Duvet 
est -il le même mot que dumet, et 
d'où vient le c? 

Bnm V. donc et II, 285. 

Bun 1. p. s. prés. ind. de duner. 

Bun, don v. don. 

Bun, dune, dund, d'où, adv. et pron. 
rel. II, 285. I, 162, glos. ont. 

Bun V. donc et II, 283. 

Bunchet v. donc et II, 283. 

Buner, dunner v. don. 

Bunkes v. donc et II, 283. 

Bunf V. dum. 



DUN 122 EFF 

Dons adv. v. donc et II, 283. rablement, éterneHement; dnraUflte, 

Bnnt adv. et pron. rel. II, 285. I, 162, durée ; durabilitat ; comp. perdn- 

glos. ont. rsble, pardnrable I, 232, éternel: 

Dur, dure II, 55. 259, dar; de dunn; perdurablement, pardnrableinent, éter- 

adv. durement I, 90. 173. 210. 215. nellement; perdnrablete, longue du- 

II. 71, fortement, extrêmement, rée, éternité. Cfr. dur. 

beaucoup, avec excès ; dnrtet, dnrte Dnresee v. dur. 

II, 202. 221, dureté, peine, afflic- Durfeni II, 142, malheureux, misé- 

tion } duritas ; duresce I, 220, dureté ; rable, pauvre, besogneux : mot d'ori- 

endnrement I, 1Ô2, endurcissement. gine allemande : ancien norois ^ànr/î, 

Verbe prov. endnrar, indnrare, en- besogneux; alimod. durftig; vb. 

durcir, devenir dur. Cfr. durer. goth. Ihaurhanf être nécessiteux, 

Durable , âarâblement v. durer. dans le besoin ; ahal. durfun, dur- 

Dnrablete v. durer. fen; alimod. dur f en. 

Durement v. dur. Dnrte, dnrtet v. dur. 

Durer II, 27. 53. 118, durer, s'étendre. Dus, duc v. duc. 

supporter, vivre; de durare; comp. Dus, deux v. doi. 

endurer, endnrer, souffrir, supporter; Dusc' pour dusque. 

adurer, ordinairement au part, passé Dusque, desque, juske, jusque, jeske, 

adnreie, adnre I, 373. 79. Il, 283, jesque, gesque, joique, jusohe prép. 

supporter, endurer, endurcir; de II, 371 ; comp. exgoskell, 372; conj. 

obdurare, avec changement d« la II, 380; eigosk'atant que II, 381. 

préfixe. Aduré est une épithète fré- Dntanoe v. doter. 

qaente des héros: Tendurci, Tin- Dute, duter v. doter. 

fatigable, le brave. Durable, du- Dux v. duc. 

rable, éternel; durabilis; adv. dn- Dusime v. doi; 



£ conj. II, 382. aetas (aetat). Dans la forme mo- 

Eage V. edage. derne, il n'est resté que la termi- 

Eame v. healme. naison: a -âge; le circonflexe tient 

Eas de als I, 132. ici lieu du radical. La forme aige 

Eaue V. aiguë. prouve que la contraction s'est faite 

Eanls, eaus, eaux de als I, 133. de bonne heure. 

Eave V. aiguë. Eded v. edage. 

Eax de als I, 132. Edeflement, edifiement v. édifier. 

Ebaubir v. baube. Edifier I, 225. 366, bâtir, construire, 

Ecdeiial v. église. édifier; aedificare; de là edifiement, 

Eche, esehe, mèche, amorce; deesca. edefiement, édifice, bâtisse. 

Edage, eage; aage, aaige, aige; eded, Eë, eët v edage. 

eët, eë, aëit (aëiz), aë II, 10. 1, 106. Efface II, 131. C'est le seul exemple 

407. 203. 263. 266. 240. 312, etc., que j'aie de ce mot inconnu à tous 

la durée de la vie, vie, âge; de les Glossaires. Il paraît signifier 

aetas, La suffixe âge s'explique vestiges indiqués par des dégâts, 

par une forme latine aetoiicfis; aëti^ des ravages, et alors il pourrait 

eded^ etc. dérivent directement de être rapporté à face, effacer, v. s. e. v. 



EFF 



123 



EMB 



Eifonche v. enfant. 

Eifont V. enfant. 

Sflbnder v. fond. 

Eflfondror, eflimârer v. fond. 

Eifiraer v. froior. 

Effiraier v. froior. 

Effiraindre v. fraindre. 

Effireer y. froior. 

Efbm V. froior. 

Ef&reÎBon v. froior. 

Effroi V. froior. 

Effironteiement v. front. 

Effironteit v. front. 

Egal V. ewer. 

Eglise, iglise, par aphérèse giiae, forme 
rhinitique englise, eyngliie l, 56. 
126. 166. 233. II, 172, église; ec 
clesia: prov. gleiza, glieyza, esp. 
iglesia, ital. chiesa; eoclesialll, 191, 
d'église, ecclésiastiqae. 

Egre, egrement y. aigre. 

Eide y. ajude. 

£ie y. ajiide. 

Eigre y. aigre. 

Eikevos II, 286. 

Eile, eille pour elle I, 128. 

Einc y. anc. 

Eincor II, 287 et Gloss. ore II. 

Eins, einz, ayant y. ans. 

Einsi, eixunno y. ensi et II, 273. 

Eir y. hoir. 
, Eis, es, mot qui entre dans la com- 
position de beaucoup d'autres, sur- 
tout des adyerbes; de ipse, ipsum, 
prov. eps, eis; esement, essiment, 
ensement, ansement, ansinient II, 277. 

Eissi y. ensi et II, 274. 

Eissil, essil, exil, exill I, 62. 126 183. 
286. 327. n, 307, exil; ruine, ra- 
vage, destruction, dévastation ; exi' 
lium; vb. eissillier, essiler, esdUier 
I, 88. 287. 303. 309. II, 338, exiler, 
bannir, détruire, ravager, extirper, 
maltraiter, tourmenter, accabler de 
maux; d'où eisiillor, dissipateur. 

Eissiller, eissillier v. eissil. 

Eissillor v. eissil. 



Eissir v. issir. 

Eiasis, ainsi les I, 13ô. 

Einros II, 286. 

Eit y. hait. 

Eii y. es, abeille. 

Ekevos II, 286. 

El pour al I, ÔO ; contraction de en le 

I, 50; ea pour el I, 51; plur. eis, 
elz, d'où es I, 54. ôô; ens pour 
en les I, 55. 

El pron. indét. v. ai III. 

El pour ele I, 127. 

Ele n, 178. 302, aile; ala. 

Ele, aies, el, eis pron. pers. fém. 3e 
pers. elle, elles; illa. 

Election v. lire. 

Eleecer v. liet. 

Elément I, 75. 82, élément ; elementum. 

Elin, de naissance distinguée, noble, 
gentilhomme; Imâ. adellngus, ede- 
lingus. Elin est une contraction 
de Tahal. adcUinc, ediling, même 
signification. 

EUe, elle I, 128. 

Ellever v. lever. 

EUoYOS U, 286. 

Ellient v. lire. 

EUieve de elliever v. lever. 

EUire v. lire. 

EUit V. lire. 

Elme V. healme. 

Eloquence, eloqnenche I, 367. II, 216, 
éloquence; eloquentia. 

Eis, eux V. als. 

Eis pour eles I, 127. 

Eis, els article v. el. 

Elnec V. lieu et II, 200. 

Em y. en pron. et prép. , et I, 175. 

II, 349. 
Embamir v. baron. 
Embatre v. batre. 
Embasmer v. bausme. 
Embedens, embedni I, 112. 

Embler, ambler, enbler I, 73. 172. II, 
51, ôter, enlever, prendre, voler, 
dérober; s'embler II, 187, s'échap- 
per, s'esquiver, se soustraire, fuir, 



EMB 



124 



EMP 



éviter; t*en embler, ib. Part. pas. 
empl. sobst. dans l'expression adv. 
en emblée, clandestinement. Embier 
vient, comme le dit Ménage, de 
invo/are = volatu rapere , Imâ. im^ 
bulare^imbolare. Cfr. voler. M. Che- 
valet dérive le part. pas. emblet L. 
d. G. 25 de ablatus , avec m inter- 
calaire. Tout cela est bel et bon, 
mais Pinfinitif embler, que M. Che- 
valet passe sagement sons silence, 
ne peat venir de ablatus ; et admet- 
tant même une nouvelle formation 
ablatare, toujours avec m interca- 
laire, on n*aurait jamais obtenu 
qu'ambleter, dont le part, serait 
ambleté et non emblé. 

SmboiTre v. boivre. 

Embraoer, embrader v. bras. 

^Bmbrafememt v. brase. 

Embraser v. brase. 

Embraner v. bras. 

EmbroQ v. embronc. 

Embronc, embron, embnmo, embnm, 
et avec n enbronc, etc., II, 2ô4, 
baissé, en bas, la tête basse; puis 
pensif, soucieux, chagrin, colère; 
vb. embronoher, embrancher, an- 
bnmchier, baisser, plier, s'affaisser, 
devenir sombre. Racine ? Ce qu'on 
a dit jusqu'ici de l'origine de ces 
mots ne vaut pas la peine qu'on 7 
songe ; v. Le Duchat et Noêls bour- 
guignons s. V. ambruncher. Embronc 
signifiait aussi couvert, affublé, en- 
veloppé, comme embroncher, couvrir, 
cacher, envelopper, affubler. Est- 
ce le même mot dans cette signi- 
fication ? 

Embroncher v. embronc. 

Embrun-, embronc v. embronc. 

Embrancher v. embronc. 

EmbaiMder v. bois. 

Embaichement v. bois. 

Embuicher v. bois. 

Emende v. amender. 

Eminage v. mine II. 



Emine v. mine II. 

Empalaer v. palu. 

Emparcher, emparchier v. parc. 

Emparement v. parer. 

Emparenter v. parent. 

Emparer v. parer. 

En^arler, emparlier v. parole 

Empeescher v. depescher. 

Empeirer v. pis. 

Empereis v empire. 

Empereor, empereoar v. empire. 

Empereres v. empire. 

Empereris v. empire. 

Emperial v. empire. 

Empetchement v. depescher. 

Empesoher v. depescher. 

Empestrer v. paistre. 

Empirance v. pis. 

Empire, empire, pouvoir, commande- 
ment, juridiction; imperium; empe- 
reres, empereor, empereoar I, 73. 
174. 5, chef, commandant, empe- 
reur; im|;erafor; empereris, empereis 
I, 394, impératrice; imperatrix; 
emperial, impérial ; imperialis ; drap 
emperial y drap qui servait de 
pavesade. 

Empirement v. pis. 

Empirer, empirier v. pis. 

Emplastre II, 118, emplâtre; emplat- 
trum (éfxnkaojov), Emplastre, em- 
plaistre signifiaient aussi emplace- 
ment, lieu vide; que l'on aphérésa 
en piastre, plaistre, emplacement, 
sol aplani, plancher, d'où plastron. 
Dans ces significations ces mots 
ont la même origine : écusson, d'où 
les significations plaque, plancher. 
Notre plâtre est égal à piastre. 
V. DC. amplastrnm, plastmm. 

Empleite v. plier. 

Emploier v. plier. 

Emploite, emploiter v. plier. 

Emplovoir v. plovoir. 

Emporter v. porter. 

Emprains v. prains. 

Empreingner v. prains. 



EMF 125 ENC 

Xmprenâre v. prendre. Enamorer v. amer. 

Xaprei, empries v. près et II, 362. Enardoir ▼. ardoir. 

Smprener v. presse. Enan&er v. arme. 

Emprinae v. prendre. Enarmea v. arme. 

Smpxiae v. prendre. Enartos v. art. 

Smpnmter, enpnmter I, 172. II, 139, Enaiprie v. aspre. 

emprunter; part, passé déjà aassi Enbatre v. batre. 

embarrassé; sbst emprunt, emprunt ; Enbler, aller Tamble v ambler. 

ital. improntare, qui, dit-on, a été EnUer, Oter v. embler. 

pris du français, valaque inpru- Enboeir v. boe. 

muta, prêter et emprunter. On dé- Enbronc v. embronc. 

rive ordinairement emprunter de Enbnier v. buie. 

promere ou plutôt de promplare, Encaïnner v. cbaaine. 

Y. Mén. s. V. ; mais cette étymologie Encalcer v. enchalcer. 

aura toujours quelque chose de forcé Encantement v. chanter. 

dans la signification de recevoir de Encanteor v. chanter. 

l'argent, et le valaque inprumuta Eneanter, mettre à Tencbère v. quant I. 

s'oppose pour la forme. Denina a Eneanter v. chanter. 

pensé à petere mututun; en effet Enoanteres v. chanter. 

mutuum est en jeu, dans la corn- Encartrer v. chartre. 

position promutuum. Quiconque a Encanoer v. enchalcer. 

voyagé dans nos provinces, a en- Encaacher v. enchalcer. 

tendu plus d'une fois prunter au Eneaos v. enchalcer. 

lieu de prêter, et, si toutefois ce Encayimer v. chaaine. 

n'est pas une formation postérieure Enceinte v. ceindre. 

sur emprunter, elle servira d'appui Enceia v. ans. 

à rétymologie de promutuKs, avancé, Eneembèler v. cembel. 

ou promutuum, prêt, d'où pro' Encens I, 56, encens; prov. encens, 

mutuare, inpr omutuare, étymologie ences; ital incenso; de ineensum 

pour laquelle la forme valaque est pour thus; d'où vb. encenser, en- 
une preuve irréfragable. Il y a censer; enoensier, encensoir. 

cependant une chose à remarquer Encenser v. encens. 

dans la forme française, c'est la Enceniier v. encens. 

voyelle u, tandis qu'on aurait dû Encerdianle v. cercher. 

avoir o, comme dans l'ancien béar- Enceroher v. cercher. 

nais empront. Dans Agolant, 6. Encerchenr v. cercher. 

d. V. p. 193, c. 2 et 172, c. 1, on lit Encerchier v. cercher. 

empmté pour emprunté; le trait Encerder, encerqnier v. cercher. 

ordinaire d'abréviation du n a-t-il Enchader v. chacier. 

échappé à l'éditeur? Enchaîner v. chaaine. 

En, on V. bons. Enchalceanment v. enchalcer. 

En, an, em, am prép. II, 349; comp. Enchalcer, enchancer, enchanchor, en- 

enmei, enmi II, 3ô9; en ce que eancher, encalcer, encancer, endian- 

conj. II, 375. dcr, etc. I, 135. 336. II, 212. 244, 

En, ent, end, int, an, em pron. I, 175. poursuivre, pourchasser^ propr. être 

176, en, de là, d'ici. aux talons de qqn.; de calx; sbst. 

Emûses v. anaises. enchalii enchani, encans I, 256, 



ENC 126 ENC 

poursuite, chasse; prov. encaassar, Enchâsser, v. chacier. 

encans; ital. incalzare, incalciare; Enchancer, enchander v. enchalcer. 

anc. esp. encalzo; adv. enofaaleean- Enchancher ▼. encbalcer. 

ment I, 342, avec poursuite, d*nne Enehani v. enchalcer. 

manière poursuivie, avec feu. Rayn. Enche, enqae, encre; abrégé de en- 

L. R. III, 3Ô1 confond encaussar et caustum, encre de couleur pourpre 

encassar = enchaucer et enchacier, à l'usage des empereurs d*Orient; 

et il rapporte à tort le premier à ital. inchiostro, anglais ink. 

cassa, chasse; Roquefort commet Encheoir v. chaor. 

la même faute, tout en dérivant, Encherchier v. cercher. 

je ne sais comment, de quassare. £ncherqner,-enchttqiiier v. cercher. 

Cfr. cauche. £t avec la préfixe es : Encxter v. citer. 

esehanoier, eseanchier I, 149, être Enélin, endiner v. cliner. 

hors d'haleine, s'amatir, être à bout, Endoer v. clo. 

n*en pouvoir plus; propr. être dé- Endoenre v. clo. 

talonné; avec des: desoalchier II, Endditre v. clore. 

362, chasser, poursuivre. De forts Endore v. dore. 

calcare , vient forsohancher, im» Endnme, enghune II , 385, enclume; 

chauoher I, 54, fouler aux piejds, prov. endoget, enclutge; ital. in- 
abaisser, opprimer, écraser, dés- cadine, incude; esp. yunqne, cat. 

honorer, outrager. Du simple Ofm- enclnsa; de tnciis, tncudis, comme 

dier, cancer, canqner, presser, de Ta dit Ménage. 

calcare, et de Taliemand mar, mahr, Endns v. clore. 

anglo-saxon, islandais vMtra, in- Enooi v. hui et II), 297. 

cube, cauchemar, bas-saxon maar, Ençds v. ans. 

moor , nous avons fait cauchemar. Enodper v. colpe. 

Un verbe qui tient à la même ra- Encombre, encombrement v. comble. 

cine est CBchaldrer II, 268, ruer, Encombrer v. comble. 

regimber, se montrer récalicitrant ; Encombrenf v. comble. 

propr. ex'calcitrare. Quelque lourde Encombrior v. comble. 

que paraisse cette forme infinitive, Encombros v. comble. 

elle est exacte; on ne saurait ob- Encomencemont v. comencer. 

tenir la forme e«cAa/cirrouenid* autre Encomencer, encomender v. comencer. 

façon. Les M. s. «T. ont, pour ce Encontre, encontree v. contre. 

verbe, scancelhier , v. s. v. Encontrement v. contre. 

Eïïchftls V. enchalcer. Encontrer v. contre. 

Enchanteenr v. chanter. Encontrcster v. steir. 

Enchantder v. chantel. Enconvent pour en convent v. venir. 

Enchantement v. chanter. Enconvertir v. vertir. 

finohanteor v. chanter. Encorcer v. cort. 

Enchanter, enchanteres v. chanter. Encorre, encorrement v. corre. 
Enchanter, mettre à Penchèrev. quanti. Encortiner v. cortine. 
Enchantor v. chanter. Enooste v. costeit et II, .356. 

Enchapt II, 254, v. eschaper ad fin. Enoonrtiner v. cortine. 
Sndiarger, enchairgier v. char I. Encovir v. covoitons. 

Endiarrander v. charme. Encovrir v. covrir. 

Enehartrer v. chartre. Eneroer v. croc. 



ENC 



127 



ENF 



Eneroiflaernent v. croistre. 

Bnennfltre v. croistre. 

Eneroaer v. croc. 

Enfironter v. engrot. 

Bnonmbrer v. comble. 

Enenntre v. contre. 

Sneurtiner v. cortine. 

Bnoniement v. encuser. 

Enonier II, 341, accuser; d'où enonie- 
ment II, 98, accasation; de incu~ 
^are (incausa); comp. deienoiiier, 
disculper; etcofer, etoliiuer I, 364. 
389. 402, excuser, dispenser, ab- 
soudre; de excusare; d'où efent, 
excuse. Cfr. cause, acuser. 

Snonvir v. covoitous. 

Sneavis II, 161. C'est ainsi que porte 
le texte édité par M. Le Roux de 
Lincy, mais il faut lire ou encuviez 
ou encuveiz, 2e p. pi. imp. ou prés, 
ind. de encuvir. 

Sud V. en et I, 175. 

gfidemaiTi v. main II. 

Endementien II, 283 et dementre. 

Xndementres II, 283 et dementre. 

Endemetre v, mètre. 

Endenter v. dent. 

Endeter (s') v. devoir. 

Enditement v. ditier. 

Enditier v. ditier. 

Endoetrinement v. doctrine. 

Endoctriner v. doctrine. 

Endonnir v. dormir. 

SÉidreit v droit. 

Endioit V. droit. 

Endroir v. drut. 

Endni I, 112. 

Enduire v. duire. 

Endnrement v. dur. 

Endurer ▼. durer. 

Enemi v. amer. 

Bnailepai, lis. en es le pas, v. II, 298. 

En&nee v. enfant. 

En&neegnon ▼. enfant 

En&nçon v. enfant. 

Enlnnçiinet v. enfant. 

Enfant, anfant, et par assimilation 



effant, s. s. enfes, anfea I, 71. 72. 
II, 30, enfant; noble; titre d'hon- 
neur qu'on a donné aux fils des 
rois, princes et grands seigneurs; 
esp. infante; de infans; dim. en- 
fànton, enfançon, enfànoegnon, en- 
fançimet I, 99. 11,184, petit enfant; 
vb. en&nter, anianter I, 106, en- 
fanter; d'où enfantement I, 190, 
enfantement; enfàntnre, naissance; 
— enfance, effianche I, 85. 251, 
enfance, enfantillage, folie; in- 
fantia; enfantil I, 230, enfantin; 
infanlilis. 

Enfantement v. enfant. 

Enfanter v. enfant. 

Enfantil ▼. enfant. 

Enfantosmer v. fantosme. 

Enfarmeteit v. infermete. 

Enfer, enfem, infier I, 230. II, 60. 
300. 312, enfer; infernum; infernal, 
enfemal I, 69. II, 23, infemans gen. 
com. I, 102, infernal; infernalis. 
Le prov. et l'esp. ont formé le vb. 
infernar, eafernar, damner. 

Enfermer v. ferm. 

Enfermete, enfarmetet v. infermete. 

Enfem v. enfer. 

Enfemal v. enfer. 

Enferte v. infermete. 

Enfes V. enfant. 

Enfiler v. fil II. 

Enfiamber v. fiame. 

Enfiamer, enfiammer v. fiame. 

Enfler I, 129. 361, enfler, grossir, 
enorgueillir; inflare. 

Enfoïr, enfouïr v. foïr. 

Enforcer, enforoier v. fort. 

Enfords v. fort. 

Enfonoi, enfonoit part, de enfoïr. 

Enfraindre v. fraindre. 

Enfrener v. frein. 

Enfrnm, enfinm V. s. 1. M. 38, gour- 
mand, insatiable, avare, dur, rude; 
de in et frumen, gorge, ainsi dans 
la gorge, propr. en frum, 

Enfhm v. enfrum. 



ENG 



128 



ENG 



Engager v. gage. 

Engaaer, engannerll, 202. L. d*I. p. 23. 
L. d. M. p. 54, tromper, abuser; 
ital. ingannare, prov. enganar, esp. 
enganar; langues qui ont en outre 
le snbst. qui semble manquer en 
français, prov. engan, ital. inganno, 
esp. engano ; Imâ. gannum, La lettre 
radicale a ne permet pas de dé- 
river ces formes de ingenium (cfr. 
engien), comme on le fait ordi- 
nairement; ni, avec M. Diez, de 
Pahal. geinôn, ouvrir la bouche, 
bâiller, sans compter qu'ici la signi- 
fication ne correspond pas. On a 
songé au celtique: le gallois et Tir- 
landais ^an^-aid signifie en effet 
tromperie, perfidie, mais ^an^ n'au- 
rait pas produit les formes citées. 
Il existe dans l'allemand un radical 
gam, gom, signifiant delectatio, lu^ 
dus, dont l'on a entre autres: an- 
cien norois ^t<ii»s=gam8, delusio, 
anglo-saxon gamen, badinage, dé- 
rision, moquerie, et d'ici par con- 
traction gamn, d'où gann, gan, 
radical de nos formes. Le nom du 
fameux traître Ganes, Ganeîon, 
appartient à cette famille. 

Engaxmer v. enganer. 

Engarde v. ansgarde. 

Engeignier v. engien. 

Engendreor v. genre. 

Engendrer, engendreres v. genre. 

Engendreure v. genre. 

Engenier v. engien. 

Engenoiller v. genol. 

Engenrer v. genre. 

Engenrenre v. genre. 

Engenni v. genre. 

Eng«r, emplanter, d*oii multiplier, 
pulluler, remplir, embarrasser. Les 
significations de ce verbe se sont 
développées dans Tordre que j'in- 
dique, et, an XVIe siècle, il n'ex- 
primait encore aucune idée péjora- 
tive. Nicot, parlant de la nicotiane, 



dit dans son Trésor : „espèce d'herbe, 
de vertu admirable^, qu'il (Nicot) 
^envoya en France en 1560, dont 
toutes les provinces ont été engées 
et peuplées". Il est probable que 
Therbe miraculeuse de Nicot a été 
pour qqch. dans la signification 
qu'on attribua plus tard exclusive- 
ment à enger. Ménage dér. enger, 
d'où engeance, d'ingignere^ et, quoi- 
que la contraction soit un peu forte, 
il ne se trouve aucune étymologie 
plus convenable. Le port, a engar, 
tourmenter, presser, qui, pour la 
forme, peut être comparé à notre 
enger, mais non pour le sens pri- 
mitif, à moins toutefois que engar 
n'ait suivi la même marche que 
enger pour en venir à sa signifi- 
cation actuelle. Si, dès le principe, 
engar a signifié tourmenter, on 
peut le dér. de enecare, martyriser, 
et il n'a rien de commun avec 
enger. Dans le pays de Bray, anger 
signifie encore procurer, fournir, et 
ange^ espèce, graine; p. ex. : donnez- 
moi de Tange de vos pois. 
Engien, engin, engieng, enging I, 84. 
162. 169. 279. Il, 99. 251. 361 
R. d. S. G. 2127, esprit, esprit in- 
ventif, invention, art, industrie; 
machine de guerre; ruse, finesse, 
subtilité , fourberie , machinerie, 
tromperie; de ingenium; d'où en^ 
gignier, engingner, engigner, engin- 
ner, engenier, engeignier I, 293. II, 
15.74.336. Brut. 9790. Ben. 1,1633, 
inventer, imaginer, trouver quelque 
moyen, machiner, tromper, duper, 
surprendre, séduire. La Fontaine 
(fab. IV, 11) s'est encore servi de 
ce verbe très-expressif et son exem- 
ple aurait dâ engager nos écrivains 
modernes à le faire revivre. Sn- 
gigneres, engigneor, angigneor, en- 
gignenr I, 77. 110, ingénieur; 
machiniste, amorceur, allécheur; 



ENG 12λ ENH 

•ngignos, engingnos II, 33, ingénieux, marqué , et^ret viendrait du breton 
industrieux, adroit, habile, rusé, enhrei, itikrei, chagrin, agitation: 
trompeur; ingeniotus; et paraphé- mais ' je préfère une autre éty- 
rèse, comme le provençal ginhos, mologie, sur la voie de laquelle 
gignos P. d. B. 5434, avec la même met M. Le Roux de Lincv en pro • 
signification. Notre verbe sHngé- posant, quoique bien à tort, de 
nier^ le subst. ingénieur, se rangent lire agreste pour angrette Brut, 
ici ; génie vient de genius. II, 198. D'après cela, engres dérive- 

Sogieng v. engien. rait de agreslisy grossier, sauvage, 

Xngigneor v. engien. féroce. Cfr. engrot, de aegrotos. 

Engigner v. engien. Engresse v. engres. 

Engigneres v. engien. Engresser, engraisser v. cras. 

Engîgnenr v. engien. Engresser, s'opiniàtrer v. engres. 

Engignier v. engien. Engresserie v. engres. 

Engignos v. engien. Engreste v. engres. 

Engin, enging v. engien. Engries v. engres. 

Engingner v. engien. Engrois v. engres 

Engîngnos v. engien. Engrot, malade; engrotier, engroter 

Enginner v. engien. II, 15, engroter R. d. R. I, 371, 

Engint 3e p. s. prés. subj. de enginner. encroûter P. d. B. 1087 , tomber 

Englige v. église. malade, être malade; part. pas. em- 

Englume v. enclume. ployé subst.; de aegrotus; aegro- 

Engoint I, 255 pour enjoint v. joindre. lare, avec n intercalaire. Cfr. 

Engoler v. gole. heingrc. 

Engraigner v. grant. Engroter v. engrot. 

Sngrainer v. grant. Engpmter v. engrot. 

Engrais v. engres. Enguardes v ansgarde. 

Engraisser v. cras. Enhalcer v. hait. 

Engrande v. engrant. Enlianer v. ahan. 

Engrant, engrande, désireux, acharné, Enhanter v. hante, 

avide. Racine? car ce mot n'a Enhardir v. hardir. 

aucune communauté avec grams, Enhancer v. hait. 

grains, comme l'admet Raynouard Enhel (curs) II, 299 et glos. anheler. 

L. R. III, 494, ni avec engres, ainsi Enhelder v. helt. 

que d'autres étymologistes l'ont Enheldir v. helt. 

avancé. Enhelement II, 299 et glos. anheler. 

Engregier v. grief. Enherber v herbe. 

Engres, engries II, 213. 347, engrois, Enherdir, hérisser, dresser: si enber- 
engrais, f. engresse II, 100. 293, dirent li poil de ma char, M. s. J. 
empl. aussi subst., violent, impé- 483; de hirlus. 

tueux, passionné, opiniâtre, entêté, Enhermi, ie, tranquille, solitaire; part, 
désireux, acharné ; adv. engressement pas.d'un verbe enhermir^ qui m'est in- 
M. s. J. 472; engreite, angreste, vio- connu; de Tahal. hirmjan^ quiescere. 

lence, impétuosité, courage, féro- Enhender v. helt. 

cité; engresser (s*), s^opiniâtrer, Enhendenre, enhendnre v. helt. 

s'acharner , se passionner ; engre»- Enhort v. enhorter. 

série M. s. J. 472. Selon M. Ville- Enhortement v. enhorter. 

BnrpTuy, langne d'oll, Glossaire. 9 



I3( 



ENH 

Eaborttt', exborter, engager, exciter; 
inhorlari; tl'ofi subst. MlliaTt, mort 
K. il. 1. V. 342, esboitation, coneeil, 
suggestion ; enkortMnent II , 13, 
exhort&tion , instance, instigation. 



T. helt. 

BnjolBdie II, 238 r. joindre. 
Eqjotkt T. duaqne. 
Snki T. anqni et n, 371. 
EhUmt t. lac. 

y. lac. 



Enlever v lever. 
Enlire v lire. 
Enlnmineiet à» enluminer. 



Bnmen part. pas. de 
EnmoTolT v, movoir. 
Emu II, 387. 

t ir, 288. 



'. oindre. 

Eaor r. honor. 
Enorar v. honor. 
EwwfpiBlliT V. orgoil. 
Enort T. enhorter. 
Bi^aiiisi V. pois I. 
EnSlaidu i. plait. 
Snportar v. porier. 
EnpTMiâie v. prendre. 
lapTM V. prcE et II, 363, 
Euprin t. près et II, 362. 
n^rnef v. prop et II, 361. 
'. emprunter. 



EnquBTsnwit ^ 






Bu, en les v. el et I, &5. 

Bni, eu, BM, âu adc. et prép. II, 
SS8. 351 ; comp. deu, deu, dui, 
dam II, 352; d'où dedeiu, dedau, 
etc. II, 352. 

'. signe. 



ï. signe. 

1 II, 352. 
Euanglanter v. sang 

Emonle II 3:i2. 
Inscombrement i- comble. 
Eueigne t. signe. 



EueignoTir v. sendra. 
Eueiner i. signe. 
' Enwir v. seoir et II, 80. 
Emeller v. selle. 
Auemble, enwmle, euenle, muanle, 

euanble II, 352, d'où e 

II, 352. 
EuemUement II, 3i 



SutmlB II, 353. 
Euenge, emeager t. sigue. 
Suengns, euengaer t. signe, 

Euenle II, 3ù2. 
Enieaii «. seoir et II, 80. 
Euaponturer t. serellr. 
EuBepultorer t. sevelir. 



30nr lequel on Iroave a 
eDsepelIr, i. seTelir 



at, «iniiit — «iaD, ÏMi, in, 
!••, ànno, i«mt II, 273. 274, 
que, eiMi qna, conj. Il, 377. 
II, 80, 

signe. 



EN s 



131 



ENT 



Eminc, eiuônques v. ensi et II, 273. 

Snioigxiier y. soin. 

EnBongement v. songe. 

Eniongier y. songe. 

Sofonier v. soin. 

Iiiforqnetot, ensorqnetont II, 228. 

SMOimier y. soin. 

Eniprendre y. prendre. 

Ennengnier y. signe. 

Enstraire, estmire II, 2ô3. 1, 169; de 
instruere; estroment I, 181. 401, 
instrument, outil; instrument de 
musique; de instrumenlum ; eftrnire 
II, 253, édifier; exstruere; oon- 
«truirell, 253; comlruere; destruire 
destruere; de là destmiemient II, 
14. 102, destruction, ruine; — dei- 
trnction II, 199, destruction, ruine, 
de destruclio ; — pardestmire II, 253. 

Easnrchetat II, 288. 

Enrarketut II ,«288. 

Eut V. en et I, 175. 

Entaille y. taille. 

Entailler y. taille. 

Entalmascher, entalemaichier v.ma8cher. 

Eatalenter y. talent. 

Entamer I, 69, entamer, trancher, 
blesser, léser, enlever Tintégrité; 
prov. entamenar. Selon 'M. Dief. 

• Gelt. I, 142 de in et du celtique: 
kymri tam, morceau, gall. taman, 
souche, etc. ; selon d'autres du grec 
iytéfivêiy] enfin selon M. Diez I, 
39 de attaminare, avec changement 
de préfixe, ce qni n'est pas sans 
exemple. Je préfère cette dernière 
étymologie, et pour la forme et 
pour le sens. 

Entan y. an et II, 275. 

Ente II, 142, greffe, plante, arbre à 
fruit; enter, anter, greffer, enter, 
réduire en état de culture; du grec 
llf4(f>vtoVf €fi(pvTév€ty, On trouve 
déjà dans la Iioi salique impôtus, 
greffe, composé selon quelques-uns 
de in et néerlandais pooi, patte, et 
sujet (à greffer), d'où Tahal. im- 



piton, etc., enter pour empUr, Ofr. 
Dief. G. W. I, 415. II, 472 (add.). 
Le déplacement de l'accent sur la 
particule rend cette dérivation très- 
peu probable. M. Pott (Hall. Ltz. 
N. 207. 1845.) rapporte enter à im- 
putare, inciser, entailler, qui con- 
viendrait parfaitement, si ces signi- 
fications pouvaient être prouvées 
d'une manière certaine. Cfr.Mén. s. v. 

Enteohier v. taiche. 

Enteohier, exciter v. enticher. 

Enteder v. taiche. 

Entendon v. entendre. 

Entendable v. entendre. 

Entondant v. entendre. 

Entendement v. entendre. 

Entendible v. entendre. 

Entendre I, 185. II, 170, entendre, 
écouter, comprendre; entendre en- 
vers qqn. 1 , 71 ; avoir à coeur, 
prétendre, s'appliquer, s'affectionner, 
donner son attention , s'occuper, 
viser (v. II, 170, s'entendre à faire 
qqcb., I, 281, entendre à qqch., I, 
66. 386. etc.); de intendere; faire 
entendant^ faire entendre, donner 
à entendre; être entendant, être 
attentif, regarder; de là entendable 
I, 207, qui mérite d'être entendu, 
digne de confiance, de foi; intelli- 
gent; facile à entendre, compré- 
hensible; entendible, facile à en- 
tendre, intelligible; entendement I, 
88. 117. 128, entendement, intelli- 
gence, explication, interprétation; 
intention; entente I, 388. II, 4. 143, 
attention, intention, attente, but, 
dessein; livrer entente, donner de 
la besogne; ententif, vt I, 160. 
ententins 1, 195, attentif, affectionné; 
être ententis à qqch. II, 53, y ap- 
pliquer son esprit, y mettre ses 
soins; adv. enténtivement, enten- 
tiement II, 174, attentivement, avec 
application d'esprit, soigneusement, 
instamment, avec instance; -^ en- 

9* 



ENT 132 ENT 

tencion, ententdon I, 83. 180. 240, Entièrement v. entier. 

intention, affection , attention, des- Entîerer v. terre. 

sein, application; intentio, Entir v. entier. 

Entente v. entendre. Entocher, entocMer v. tocher. 

Ententiement v. entendre. Entoier v. toie. 

Ententif , ve v. entendre. Entor, entonr v. tor I et II, 290. 353. 

Entention v. entendre. Entomèrent (s*) II, 38, lis. s*en tor- 
Ententhu ▼. entendre. nèrent v. tor I. 

Entontivement v. entendre. Entort v. tort II. 

Enter ▼. ente. Entosohe v. toxiche. 

Enteroier,enteroer II, 301, reconnaître; Entosoher v. toxiche. 

du lat. moy. -â. inter tiare ^ mettre Entracoler v. col. 

en main tierce, en séquestre. Voy. Xntrafler v. foit. 

dans DC. s. v. intertiare Torigine Entraherdre v. alierdre. 

de ce mot, par laquelle on verra Entraidier v. ajude. 

pourquoi mettre en séquestre devint Entraire v. traire. 

synonyme de reconnaître. Entrait v. traire. 

Enterin v. entier. Entraiter, entraitier v. traiter. 

Enterinanœ v. entier. Entraler v. aler. 

Enterment V. terre. Entramer v. amer. 

Enterrai, enterroie fut. et cond d'en- Entrant v. entrer. * 

trer I, 244. Entraprooier v. proche. 

Enterrement v. terre. Entrasalir v. saillir 

Enterrer v. terre. Entrasenrer v. segur. 

Enterver v. rover. Entratirer v. tirer. 

Enticer v. enticher. Entre, antre II, 352. 3, conjointement, 
Enticher, enticer, entider, enteohier ensemble, à la fois; inter; comp. 

R. d. 1. y. 25, exciter, susciter, sug- entremi, au milieu de; cfr. parmi; 

gérer, pousser à; de l'anglo-saxon entre ci qne, entre n qne, entreiqne, 

stician, slican, piquer, poindre, antresque II, 372 et suiv.; antre ci 

stimuler ; ahal. stehhan, siecchan, ib. à 1 , 23ô , dMci à ; entmes adv. II, 

C'est h la même racine qne se rap- 289; entmesqae, entremqne conj. 

porte notre enticher, en parlant d'un II , 382. 

fruit qui commence à se gâter, allm. Entreamer v. amer. 

anttechen, II ne faut pas confondre Entreasenbler v. sembler. 

enticher avec enlechier. s. v. taiche. Entrebainer v. baisier. 

Entider v. enticher. Entreconsentir v. sens. 

Entier, antier, entir, à la rime, intègre. Entrecontrer v. contre. 

irréprochable, sincère; de integer; Entrecorre v. corre. 

adv. entièrement, anterement I, 48. Entredailler, entredaiUier v. dail. 

345, intègrement, entièrement; de Entredire v. dire. 

là enterin, comme entier; adv. en- Entredit v. dire. 

terinement , entièrement, parfaite- Entredoner v. doner. 

ment; entériner, accomplir, exécuter, Entrednire v. duire. 

achever, cautionner; mot qui s'est Entrée v entrer. 

conservé au palais; d'où enterinance, Entrefullir v. faillir. 

caution, sûreté. Entreferir v. ferir. 



ENT 



133 



BNV 



Entrelachier v. lac. 

SiftrebttMier v. laissier. 

Sitrelvirei «itrèliusir v, luire. 

Istaraméller v. mesler. 

btnoMiit V. entrer. 

SUnoMiite II, 283. 

E&trementien II, 283. 

Entmnotre, ontr6nieftr6 v. mètre. 

Sntremi v. entre. 

Entreooire v. occire. 

Entroil v. oil. 

Bfttreorgiller v. orgoel. 

Sntreofcher v. oscher. 

Xatreorrir v. aovrir. 

btnpooir v. pooir. 

SBtnpre&dre v. prendre. 

litrq^riiifle V. prendre. 

E a twpriie V. prendre. 

Batrer I, 60. 179, entrer, commencer; 
inirare; inf. empl. subst. entrée, 
commencement; part. prés. empl. 
subst. entrant I, 342, entrée; in- 
grédient, ce qui entre dans la pré- 
paration d'une médecine; — de là 
entrée I, 48, entrée, action d*entrer, 
commencement; prov. intrada, ital. 
entrata; entrement II, 49, action 
d*entrer, entrée, aménage, arrivage ; 
comp. rentrer, rentrer, recommen- 
cer; rentrement I, 2ô7 même signi- 
fication que le simple. 

btrMait, entreuait II, 288. 289. 

Intreieit, entreiet II, 288. 289. 

latreique ▼. entre et II, 372. 

Sntaretaat v. tant et II, 32ô. 

Entretenir ▼. tenir. 

Entretolir v. tolir. 

Entretrover v. trover. 

Entrens que v. entre et II, 382. 

Bitrevenir v. venir. 

Entreveoir v. veoir. 

Entrnes, entmesqne v. entre et II, 
289. 382. 

Entor V. tor I, et II, 290. 353. 

Enni, ennier v. anoi. 

Bftningndre v. oindre. 

Ewiint V. oindre. 



Ennioi v. anoi. 

Ennr, ennrer v. honor. 

Envaer v. voie. 

Envaîe v. eovaïr. 

Snyaïr II, 281, assaillir, attaquer, 
charger, entamer; notre etwMr; 
subst. enyaïe, attaque, choc, assaut ; 
prov. envazir; envalda. Du latin 
invadere, avec syncope de d, et, 
dans la langue moderne , inter- 
calation de A. 

Envei v. voie. 

Enveier v. voie. 

Enveillir v. viel. 

Enveiie, enveisement v. vice. 

Enveiier v. vice. 

Enveûne, enveiiiet v. vice. 

Enveifnre v. vice. 

Envelimer v. venim. 

Envenimer v. venim. 

EnvenneiUir v. verm. 

Envermillir v. verm. 

Envers v. verser. 

Envers prép. v. vers. 

Enverser v. verser. 

Enviaille v. voie. 

Enviai v. voie. 

Envians v. voie. 

Envie I, 107. II, 387, envie, désir; 
de tnvidia; envies, envieux, dési- 
reux, jaloux; invidiosui; envier I, 
304, envier, désirer ; iiimJer«. Notre 
locution adverbiale à Venvi s'écri- 
vait autrefois à Venvie, k Teuvie 
de qqn. ; on en a retranché Ve final 
après le XVIe siècle. 

Enviellir v. viel. 

Envier v. envie. 

Enviers v. vers et verser. 

Enviesier v. vice. 

Envilanir v. vile. 

Envillenir v. vile. 

Envies V. envie. 

Environ v. II, 290 et virer. 

Environner v. virer. 

Environ v. XI, 290 et virer. 

Eavinmer v. virer. 



ENV 



134 



ES 



Envis, enviz, à envia II, 289. 
Envoi V. voie. 
Envoier v. voie. 
Envoiaement v. vice. 

Envoiser, envoiserie v. vice. 

EnvoiMnrei envoimnre v. vice. 

Enyvnne v. vice. 

Envoleper v. envoluper. 

Envoler v. voler. 

Envoluper II, 85. Ch. d. R. p. 17, en- 
voleper I, 407, envelopper, couvrir ; 
desvoleper, ôter Tenveloppe, décou- 
vrir, débarrasser ; comp de toluper, 
voleper; prov. envolopar, volopar, 
revolopir Rayn. L. R. On a dérivé 
voluper de vohere, volutare; mais 
ni Tan ni Pautre de ces verbes ne 
convient pour la forme. Je ne 
connais qu'un seul mot latin qui, 
pour la forme, puisse servir de ra- 
cine, c'est volup, volupe, et il s'agi- 
rait de prouver que Tidéô primitive 
de voluper a été celle de commodité, 
de confort, d'où se tenir chaudement. 

Enjrvrer v. ivre. 

Enz, avant v. ans. 

Enz, dans v. ens. 

Eo Serm. je, v. I, 123. 

Epars V. esparcir. 

Et v. hier et II, 269. 

Erbe v. herbe. 

Erboie v. herbe. 

Erbn v. herbe. 

Erelner, éreinter ; de ren Le l de la 
forme actuelle est intercalaire. 

Eriçon v. heriçon. 

Erier, eriere v. rier. 

Eriter v. hoir. 

Eritet v. hoir. " 

Erme v. herme. 

Ermenie v. ermine. 

Ermin v. ermine. 

Ermine, hermine. II, 25, hermine; de 
armeniw, parce que la peau de cet 
animal, qui habite le nord de l'Asie, 
était tirée de TArniénie, Erménie, 
en langue d'oïl. 



Ermite v. herme. 

Ermoise I, ôô, armoise, appelée vul- 
gairement herbe de la St. Jean; 
corruption de ar§emisia, prov. arte- 
mezia, arsemisa, ital. artemisia; 
de là ermoiné , Y. s. 1. M. , préparé 
avec de l'armoise. 

Erramment v. erre. 

Erranment v. erre. 

Errant v. erre. 

Erranment v. erre. 

Erre, oire I, 306. II, 212. 368, voyage, 
chemin, marche, tout ce qui est 
nécessaire pour un voyage ; dessein, 
projet, entreprise ; errer, oirerj oirrer 
I, 154. 172. 196. II, 93; ener I, 
303, marcher, voyager, agir, se 
conduire; d'où errement, voyage, 
conduite , ordre , manière ; comp. 
meserrer, mal agir, se conduire mal ; 
adv. errant, erranment, erramment, 
erranment, erroment I, 146. 226. II, 
211, incontinent, sur-le-champ. Dans 
la vie de St. Léger, on trouve e</rar 
(Strop. 12 edrat, que M. E. Du Méril 
prend pour erat, avec <f intercalaire!), 
qui nous reporte an latin tier, tle- 
rare, ainsi que l'avait déjà pensé 
Ménage, et non pas de errare. En 
suivant cette dérivation, on traduira 
chevalier, juif errant, par chevalier, 
juif marchant, voyageant, ce qui 
est plus plausible et plus en accord 
avec l'idée qu'on attribuait à ces 
expressions, que si l'on songeait à 
allant çà et là, à l'aventure. 

Errement v. erre. 

Errer v. erre. 

Errommt v. erre. 

Error, ermr I, 255. 265, erreur, faute, 
trouble, peine; error. 

Erseir v. hier et II, 269. 

Ersoir v. hier et II, 269. 

Es adv. II, 287. 

Eft de ipse, v. eis. 

Es, en les v. el. 

Es, eiz I, 191. M. d. F. fal. p. 243, 



ESB 



135 



ESC 



abeille ; pour eps^ de apis ou apes ; 
cfr. es de ipsnm; dim. ewette Ben. 
V. 335, où le p syncopé dans es, 
reparaît sous la forme v, w, nor- 
mand avetîe, La forme moderne 
abeille vient directement du latin 
apicula, Âchier, ruche, apier; de 
apiarium, 

Etbahiement v. baïf. 

Silialiir, esbaïr v. baïf. 

Etbaldlr y. bald. 

Etbaln II, 281, lis. esbahi. 

Éfbaneier v. bande. 

Isbaneis v. bande. 

Sibanier v. bande. 

Etbanir y. ban. 

Etbanoier, esbanoiier v. bande. 

Etbanois v. bande. 

Isbatant v. batre. 

Etbatement v. batre. 

Esbatre v. batre. 

Esbandir v. bald. 

^bandré v. baldret. 

Esbloir II, 338, éblouir ; selon M. Grand- 
gagnage, et avec raison, de Talle- 
mand: ahal. blôdi, plôdi, hebes, 
infirmus, timidus; ancien norois 
hlaudhr; vb. plôdan (transitif), de- 
bilitare, infirmare, goth. ^itfp/at*- 
thian, forme qui explique le prov. 
(es, em) blauzir. Cfr. Tallemand 
moderne blôdsichtig, oculis hebes. 

Esboeler v. boel. 

Esboilir v. bolir. 

Etbouler v. boule. 

Etboolir v. bolir. 

Eibrander v. brant. 

Esbraoner v. braon. 

Esbraser v. brase. 

Esbniller v. boel. 

EsoacMer v. catir. 

Eflcafant, eschafant II, 25, échafaud. 
La forme primitive de ce mot a été 
eteadafalt (DC. s. v. escadafault), 
italien catafalco, prov. cadafalc. 
Escafaut est une forme hybride, 
composée de cata^ cada et de falcoy 



falc. Le c final s*est permuté en 
t dans la langue d'oïl. Cata dérive 
de catar, voir, de captare, épier, 
(Rayn. Lex. R. III, 416), verbe que 
la langue d*oïl n^a pas admis, à 
ce qu^il semble ; falc est Tahal. 
palho, palho, poutre. Le p a plissé 
au ph, pais au f, Escafaut signifie 
donc proprement poutre d'où Ton 
voit. Nous n'aurions pas eu be- 
soin d'emprunter notre catafalque 
à l'italien catafalco, qui n'a pas 
d'autre signification que escafaut. 

Escaile v. escale. 

Efloailiere v. escale. 

Escale, escaile, écaille; dim. esealete. 
Nous avons conservé les deux formes 
écale et écaille, dans un sens diffé- 
rent. Escale dérive de l'allemand 
schale, tout ce qui est en lames; 
ahal. scaXa^ tegimen, gluma, testa, 
concha, etc. Le gothique skalja 
se trouve avec la signification tuile; 
mais M. Diefenbach, G. W. II, 233, 
prétend que ce n'était pas la seule. 
Escaile signifiait encore ardoise; 
escaiUiere, ardoisière. Cfr. le hol- 
landais schalie, ardoise. 

Esealete v. escale. 

Escalgnaite v. eschargaite. 

Escame, escamel, eschame, eschamel II, 
342, escabelle, petit banc de bois; 
de scamellum. Escabeau^ escabelle, 
vient de scabellum. Cfr. M. Grand- 
gagnage, Dict. wal. s. v. hamai. 

Escamel v. escame. 

Escamp, escampee v. champ. 

Escamper v. champ. 

Escance v. chaor. 

Escancer v. eschancer. 

Eseaaçon v. eschancer. 

Escandele v. scandele. 

Escandelisier v. scandele. 

Escandle v. scandele. 

Escandre v. scandele. 

Escanle v. scandele. 

Escap, escapement v. eschaper. 



ESC 136 ESC 

Efloaper V. eschaper. Esoerpe v. escharpe. 

Eieapùi V. escarpin. I. Eschao, esdiec, eskieo FI. et BI. 

Esear v. escbarnir. v. 131, s. s. et p. r. esohas, eschei, 

Escarir v. escbele. eskies, butin; de V&hal.schâh, butin. 

Escarlate. Dans Tancienne langue, ce II. Esoliao, eschec, eskiec, s. s. et p. r. 

mot désignait une étoffe et non eschas, escheB, eskies, jeu des échecs, 

une couleur. Il y avait des èscar- On dérive eschac du persan schach, 

lates blanches, sanguines, vermeilles, roi, parce que le roi est la pièce 

etc. Y. R. d. 1. y. p. 169, note 2 et principale. De eschac, on forma 

Ben. m, p. 801 s. v. escarlate. Es- eschakier, esoheqxuer, eskiekier R. d. 

cariste dérive, dit -on, du persan 1. Y. 77, etc., échiquier; nom par 

scarlat; turc iskerlet, lequel on désignait aussi une cour 

Esoam v. escbarnir. de justice de la Normandie et de 

Escamir y. escharnir. l'Angleterre , ainsi que le trésor 

Escamissement v. escbarnir. royal (Q. L. d. R. p. 23S) ; — escba- 

Esoarpin, escapin, esdiapin, espèce de qner, eschequer, escbekier, répartir 

soulier, escarpin, pantoufle. Dérivés également ; — eschaquete, eskiekete, 

dont le simple se trouve dans Tita- etc., notre échiqueté. Y. DC. scacci, 

lien scarpa, soulier (à talon pointu). scacarium; et cfr. M. Sachs, Bei- 

Nos mots escarpe, escarper pa* trâge zur Sprach- und Alterthums- 

raissent être de la même famille; forschung, Iste Liefer. , S. 98. 

italien scarpa. Quelle est Torigine Eschacer, eschacier v. chacer. 

de ces mots ? L'ancien norois 5 Aarpr, Eschafant v. escafaut. 

ahal. scarf y aujourd'hui scharf? Eschakier v. eschac II. 

Y. Schwenk D. W. s. v. scharf, Eschaloirer v. encbalcer, vers la fin. 

Eftoars v. eschars. Esohame, eschamel v. escame. 

Escarteler v. quart. Eschampe, eacbampee, même significa- 

Escarter, écarter; de carta (cbarta), tion que escamp, escampee. 

comme le dit Nicot , mot d'abord Esckamper, fuir en toute bâte v. champ, 

employé au jeu de cartes, puis par Esobancer, escancer, verser a boire; 

métaphore dans le sens général de esobaiiçon, esoaiigon, échanson; de 

mettre de côté. Les cartes remontent l'ahal. scenhan, scancjan, anglo- 

au moins au XIYe siècle. saxon scencan, aujourd'hui «cAen&en, 

Escanohler v. encbalcer. verser à boire, donner; substantif 

Esoaveler v. cbevel. scenho^scencho^scancjo^lmà,. scs^ncio. 

Escayi, escbevi I, 21 6, svelte (de cor{>s), Chinquer, boire beaucoup, boire à la 

élancé, dégagé: de l'ahal. scafjan, santé, dérive également de sc^n&en. 

former, ordonner. Il faut sous- Eschançon v. eschancer. 

entendre bien, comme on disait Eichandele v. scandele. 

formé pour bien formé v. former, Eschandre v. scandele. 

mole pour bien ^olé, p. ex. : Anbris Esckanteler v. chantel. 

fu biaus, eschevis e moles (G. i L. Eschap, eschapement v. eschaper. 

1,^5). £scAeii?irf, Ch. d. R. str. 279, Eschaper I, 175. 181. II, 151, etc., 

que M. F. Michel ne comprend pas, eacaper I, 83. 137. 171, ezaper I, 

est notre mot. Prov. escafit, mal 341, échapper, se sauver; ne pas 

traduit par RaynouardL.R. III, 143. eschaper pied 1, '300, phrase qui 

Escercher v. cercher. signifie ne pas échapper un seul- 



ESC 



137 



KSC 



On a souvent dérivé eschaper de 
eschamper (v. s. v. champ); mais, 
comme Ta déjà fait observer 
M. Grandgagnage (s. v. baper), ce 
sont deux mots d*origine différente, 
bien qu'il ne sache pas s'expliquer 
la racine de eschaper, La lettre 
m ne disparaît pas devant le p. 
Esckaiper dérive du roman cappoy 
manteau, ainsi excappare, sortir 
du manteau, parce qu'il gêne dans 
la fuite. L'étymologic hybride pro- 
posée par M. Diez I, 288. II, 349, 
ex et champf, ancien norois kapp, 
combat, n'a aucun fondement. M. 
Diez a en outre le tort, comme 
Caseneuve et Ménage, de confondre 
eschamper et eschaper. De eschaper 
vient eeeliap, escap, échappatoire; 
eaohapement , escapement, échappe- 
ment , fuite ; moyen d'échapper. 
X. Il, p. 254 on lit enchapt, qu'il 
ne faut pas confondre avec l'italien 
incappare, tomber dans, de in et 
cappa; c'est le même en que dans 
enfuir, et Tauteur à considéré cAaper, 
de eschaper, comme le radical d'un 
verbe composé. Il eût mieux valu 
écrire en chapt. 

Saehapin v. escarpin. 

Eichaqner v. eschac II. 

Eschaqnete v. eschac IL 

Esohar v. escbarnir. 

Eioharoer v. eschars. 

Eicharcete v. eschars. 

Eicharde, écharde v. chardon. 

Eioharde, brèche; échalas, pieu; vb. 
escharder, diminuer, fendre; dé- 
pouiller; de l'ahal. scarti, ancien 
norois shard, incisura; ahal. sker- 
tan, ancien norois skarda, faire des 
brèches, des coupures, diminuer. 

Eioharder, carder t. chardon. 

Eicharder, fendre v. escharde. 

Esehargaite, esoalgnaite, guet, senti- 
nelle; d'où esehargaiter , esohilgnai- 
tierll, 297, faire le guet, épier; de 



l'allemand schaanoacht^ guet qae 
chaque citoyen devait faire à son toar. 
Nous disons aujourd'hui ecAaif^tielle. 
Cfr gaiter pour les variantes de gaite. 

Escharie v. cschele. 

Escharir v. eschele. 

Escham v. escbarnir. 

Eschamir, esoamir, eaohernir, etkenir, 
blâmer, railler, se moquer, honnir, 
mépriser, outrager; esoharn, eikank, 
eschem, eskem, dérision, moquerie, 
mépris, outrage, honte; de l'ahal. 
skernôn, se moquer; skërn, mo- 
querie. Le n final de la forme 
substantive se perdit de fort bonne 
heure et l'on eut eschar, eioar, eikar 
II, 290, que Roquefort confond avec 
eschars; à eschar, eu dérision. De 
là eBohamisiement, esohemissement, 
eskemissement , escamissement, rail- 
lerie, moquerie, insulte, injure, ou- 
trage ; eschemiflseor , escheminear, 
(eschernisseres,) railleur, moqueur. 

Eschamissement v. escbarnir. 

Escharpe, escherpe, eschierpe, esoerpe, 
écharpe, et poche suspendue au cou, 
comme le prouve le vers suivant: 
Puis mist main à Tescbarpe, s'en 
traist le carrenon (Ch. d. S. U, p. 123). 
Pour retrouver l'origine de ce mot, 
il faudrait avant tout savoir la- 
quelle de ces deux significations a 
été la primitive; mais, en tout cas, 
escharpe dérive de l'allemand. Cfr. 
VsihaX., scherbe, poche; anglo-saxon 
scearfan, couper ; l'ail, mod. schar- 
ben ou schàrben, couper. — Voy. 
Roquefort, s. v. escherpe. 

Eschars, escars, ménager, économe, 
chiche, mesquin, avare; à eschars, 
en petite quantité; du Imâ. scarp^ 
sus, excarpus, part, de excarpere 
pour excerpere (DC. s. v.), réduire 
en petit. De là escharsement, avec 
ménage, en épargnant; etcharcete, 
économie, épargne, ménage; et- 
charcer, diminuer, affaiblir. 



ESC 



138 



ESC 



EfOharMiiieat y. eschars. 
Eieh^i T. eschac. 
Etehander t. enchalcei'. 
Sieliaiider v. cbalt. 
Eschaufement t. cbaofer. 
Eichaufer, esobaufior y. cbaufer. 
Eschaufeté v. cbaofer. 
EsèhanifeF v. chanfer. 
Stohe V. ecbe. 
Eichee v. esohao. 
Eidieitear v. gevre. 
Efoliekier v. eschac IL 

I. Eschele, eeehiele, escadron, batail- 
lon, rang, colonne, «orps de troupes. 
Au lieu de esehiele on trouve quelque- 
fois eMhiere) prov. esqueira; et il 
8*agirait de savoir si ces deux mots 
sont identiques dans leur origine, 
c'est-à-dire s'il j a en changement 
de r en / ou dç l en r. Dans le 
premier cas, esehiele i. e. esckiere 
dériverait de Tallemand scara, au- 
jourd'hui schar, division , corps, 
dans Tallmâ. aussi rang, ligne ; dans 
le second cas nous aurions la dé- 
rivation du latin scakt. Cependant 
le verbe qui répond à ce substantif 
a toujours un r radical et cela 
pourrait faire pencher la balance 
pour la racine allemande, si l'on 
n'était en droit d'admettre deux 
radicaux différents: esehiele =seala 
et eschiere=:scara, qui fut rem- 
placé par le premier, tandis qu'on 
conserva le verbe d'origine germa- 
nique: esoharir, wearir, eselierir, 
départir, diviser, partager, séparer, 
abandonner, ordonner, désigner, 
enseigner, suggérer; de là l'expres- 
sion fréquente od tnaisnie escharie 
I, 287, avec une troupe peu nom- 
breuse (choisie?); efoherie, eskerie, 
sort, destinée, condition; de l'abal. 
scarjan, scerjan, ordonner, partager. 

II. BtMliele» aiehiole I, 66, échelle; 
de setUa. 

Eschelle, eiehiUette v. esehiele. 



Efcheoir v. chaor. 

Eséhequer v. escbac II. 

Eicheqnier v. eschac II. 

Efchèrehar v. cercher. 

Eioherie v. eschele. 

Eieherir v. eschele. 

Eiçh«m, eschwnir v. escharnir. 

Etchenduement v. escharnir. 

EnBhamiwMHir, esehemifliear v. escharnir. 

Eieherpe v. escharpe. 

Esches V. eschac. 

Eschet V. chaor. 

EaeheTaler v. chevel. 

Esehevi v. escavi. 

Eieheyin, eskeyin» esquievin, éohevin; 
de l'abal. sceffino^ sceffen; ancien 
saxon scepeno; alL mod. schôffe, 
sckôppe, scheffen; de schaffen^ ré- 
gler, arranger, ordonner. Lmâ. 
scabinus, scabinius. 

Esehewid v. escavi. 

Eschi V. eschîver. 

Eediiele, escadron v. eschele I. 

Esehiele, échelle v. eschele II. 

Esohiéte, eschelle, eschille, sonnette, 
clochette; dimin. esohelette, eschi- 
lette , etc. ; de l'abal. scella, shella, 
skilla, aujourd'hui jcAe/Ze, clochette. 
Dans le latin du moyen -âge lin- 
tinnabulum signifiait souvent une 
espèce d'instrument composé de plu- 
sieurs clochettes de divers calibres 
suspendues en file à une barre de 
bois ou de fer et donnant des sons 
différents quand on les frappait 
l'une après l'autre en cadence. Ce 
tinHnnab^um paraît avoir été tra- 
duit par eschelettes. 

Eschiere v. eschele. 

Eschierpe v. escharpe. 

Esehif, eskip, esquif, embarcation; 
esehiper, esquiper, équiper et s'em- 
barquer; eschipre, eskipre, marinier, 
marin, et non pas esquif, comme 
le dit M. F. Michel dans ses Glos- 
saires de Trist. et de la Ch. d. R. 
Esehif du gotfa. skip, ahal. skif, 



•s 



ESC 139 ESC 

scef, ancien norois siktp, vaisseau; de banni, exilé, proscrit, cbassé, 

ainsi f et p final, comme dans la privé, séparé, étranger; et alors il 

langue d'oïl ; pour esckiper cfr. an- faut le dériver de excisns. Enfin, 

cien norois skipa^ ordinare, con- au lieu de cet eschis, on a, dans 

stitoere; eschipre de Panglo-saxon le même sens, eskni» escu I, 236, 

sdper, anc. norois skipari, schiffer, qui ne peuvent guère appartenir à 

dans Tallemand moderne. une des deux racines indiquées , si 

Siehilgiiaitier v. eschargaite. toutefois l'orthographe est exacte; 

EftehiUe, oacMlette v. eschiele. ou bien ni est -il un simple ren- 

EMhine, esohinee 1, 274, échine; prov. versement de in et u r^présente-t- 

esquina, esquena, esp. esquena, ital. il une forme normande non-diph- 

schiena. On dérive ordinairement thonguée? 

eêchine de spina^ mais le p fait EMbiwid v. escbiver. 

quelque difficulté pour le ch; je Eschuser y. encuser. 

préfère Tahal. skina, aiguille, pointe, Eiehut v. esoolter. 

^ine. Spind a également la signi- Escient v. scient. 

fication de épine et échine. Esoientre v. scient. 

Eiehinee v. eschine. Esoillier v. eissil. 

Esehiper v. eschif. Esdntele v. stencele. 

Eschipore v. eschif. Escirer v. eschirer. 

ENhirer, esqnirer, escirer, déchirer, Esdairer, esdairier v. clair. 

écorcher, égratigner; derahal.sAër- Etclamasse v. clamer. 

ran, scerran, gratter, etc. De là Esdardr v. clair. 

avec la prép. de, le composé des- Eidardstrat v. clair. 

chixer, desquirer, desoirer, desiirer, Esclanir v. clair. 

délirer I. 142. 407. II, S8, déchirer, Etolas v. esclier. 

écorcher, faire une plaie. Esdat v. esclier. 

Eiphis V. eschiver. Esdate R. d. C. d. F. 33, race, famille, 

Eiehiu V. eschiver. rejetons; de Tahal. slahta, ib. 

Eseliiver , eékiTer » eicheveir 1 , 225, Esdenche, esdenque, gauche ; de Tahal. 

éviter, fuir, esçtiiver ; de Tahal. 5ctt«- slinc, gauche; hoW. ilink; allem. 

han, 4k\'ukan, aujourd'hui, scheuen^ mod. lirik. 

fuir, éviter. Eschiu, eskiu, esqni, Esdenqite v. esclenche. 

esehi (altération de escAiv) , poltron, Esdice , esdicer v. esclier. 

sans coeur, farouche, dur; de Padj. Eiclier, eselieer II, 241, fendre, rom- 

scheuy fuyant par crainte, par ré- pre, briser, voler en éclats; de 

pugnance ou par peur. T. II, 321 l'ahal. sUian, s/eisctn ^sclîzan), au- 

on lit eschiwid, dans la signification jourd'hui schleissen , anglo - saxon 



primitive du mot eschiver, c'est-à- slitan, briser, déchirer. De là 
dire éviter par crainte, craindre, dit, etdice, éclat, et esdat (esdai» 
cavere dans le texte latin; mais esdas), ibid. ; vb. etelater, éclater, 
ici ce verbe se rapporte à la 2e voler en éclats, 
ou à la 4e conj. J'admets le der- Esdiite v. esclistre. 
nier cas: eschiwre = eschiure , en Esdiitre, esdiste II, 44, éclair. Ce 
Normandie, pour eschiver des antres mot est d'ori^ne allemande ; Tan- 
dialectes. On trouve en outre es- cien norois gliita, le suédois ^ftl- 
etais (en s final), dans la signification ira, l'anglais glister, glUter^ sigai- 



ESC 



140 



ESC 



ileût briller. Cfr. Dief. G. W. II, 413. 
L'ancienne langae se servait aussi 
de espart pour exprimer la même 
idée. Eclair vient de éclairer, ex- 
clarare. On trouve dans nos pa^ 
tois: champenois lumer^ faire des 
éclairs, de lumen; ancienne princi- 
pauté de Montbéliard éluzet, éclair, 
de eslnisir , ex lucere ; Lorraine, 
aUmde, éclair. 

Eielit V. esclier. 

Esdo, trace des pieds, vestige; prov. 
esclau^ bruit du pied du cheval, et 
trace; de Tahal. slag, slac, coup, 
transposé en scia, allmâ. slac, coup 
et trace. Cfr. R. d. 1. V. p. 208. 

Esolore v. clore. 

Eiooer v. coe. 

Eioole II, 393, école; schola ((T^o^tj , 
loisir). 

Esoidre v. escorre. 

Escolter, esonlter, asconter, aseater, 6i- 
cnter, escoter, eBOonter II, 268. 317. 
326, écouter, attendre; de auscul^ 
tare; cfr. Ben. s. v. esoutoent et 
M. d F. II, 360; de là eseot, eieat, 
eBchnt, escont, puis avec e, eseonte 
1,293. II, 138, espion, guet; faire 
escout, estre en escout, écouter 
attentivement, épier f donner escout^ 
donner audience. 

Esoomenier, escommenier v. commun. 

EBOommeniement v. commun. 

Escommimion v. commun. 

Eioommimiement v. commun. 

BBcondire, esoniidire I, 117. 237. 292, 
excuser, disculper, justifier, pré- 
texter des excuses, contester, contre- 
dire, refuser j repousser, empêcher, 
défendre; et avec le pronom se; 
subst. esoondit II, 29, excuse, justi- 
fication, échappatoire, refus, oppo- 
sition. Du lat. m. -a. excondicere, 
V. des détails Rayn. Lex. R. III, 
152 8. V. escondire. 

EMondit V. escondire. 

Eieondre v. esconser^ 



Esoons v. esconser. 

Esconier, eseonaer I, 88, cacher, se 
cacher ; soleil esconsant, soleil cou- 
chant; part. pas. esconsé, et escons, 
à la rime; de absconsus, avec syn- 
cope du b et puis permutation de 
Va en e; ital. ascondere. De même 
qu'en prov., on trouve à la fin du 
XlIIe siècle la forme eioondre, qui 
dérive de Tinfinitif latin; esp., port, 
esconder. T. I, 235 esconser dans 
le sens de aombrer, v. s. v. Comp. 
reseonser, reacajifer II, 297, cacher, 
se cacher, se ^étirer ; soleil resconsé, 
soleil couché. Quant à la forme 
sconser II, 44, ce n'est que esconser 
avec aphérèse de la voyelle e, 

Escopir, esoapir, cracher ; prov. escopir, 
escupir; port., esp. escupir. Ray- 
nouard dérive escopir de spnere, 
mais cette étymologie est absurde 
quant à la forme; il aurait fallu, 
au moins , admettre exspuere = ec- 
spuere, d'où, avec renversement, 
on aurait pu obtenir escupere; mais 
une pareille transformation est contre 
les usages de la langue d'oïl et du 
prov. , l'espagnol seul la connaît. 
Ce mot scuptr (Rayn. L. R. III, lôô) 
est très -répandu; il s'esc conservé 
dans le wallon scuipa^ dans le 
valaque scuipire; le patois de Mont- 
béliard a cuper (prononcez c pour 
ainsi dire liii, en tirant le f vers 
le q) , sbst. cupet, cvperet, crachat ; 
le gallois cop, ctttp signifie écume 
(de la bouche), etc., v. Dief. 6. W. 
II, 296; de sorte qu'on a le droit 
de chercher une origine particu- 
lière à scupir, cupir, qui se trouve 
sans doute dans le celtique. 

Eflcoroe, etoorchell, 241, écorce; prov. 
escorsa; de cortex , avec influence 
du verbe suivant pour le es; vb. 
6Moroer, esoorchier, eBOonrohier II, 
229, écorcer, et écorcher; de ex- 
corticare. Casenenve dér. escorce 



ESC 141 ESC 

de scorium, cuir, scorleus, scorêea^ être victime. De rallemand : ancien 

de cuir; en effet la peau et Técorce frison skot, suédois skoît, anglais 

sont regardées comme semblables, scot, ail. mod. sckoss, impôt. La 

ainsi que le prouve le verbe ; néan- racine de Tbomonyme écot sigoi- 

moins je préfère la dér. de cortex, fiant éclat de bois qui reste rar 

parce que les langues romanes of- une branche mal coupée, est aoaei 

frent encore d'autres formes de cette allemande : ahal. scui, 

famille : ital. corteccia, esp. corteza, Escote, éconte, corde attachée an coin 

port, cortiça, qui ne peuvent venir inférieur de la voile; du suédois 

que de Tadject. corticeus, corticea. skot, ib. , ail. mod. schote, anglais 

Y. Mén. s. V. écorcber. sheat, sheet. 

Eiooreer v. escorce. Esooter v. escot. 

SMorehe v. escorce. Esooner, secouer v. escorre. 

Eioorehier, écorcher v. escorce. Eseoner, écourter v. coe. 

EMiorcliier, écourter v. cort adj. Esconrchier v. escorce. 

Eieoroier, écourter v. cort adj. Esooureier v. cort adj. 

JBioornofle. On lit dans Ben. v. 15362 : Escoure v. escorre. 

Cuit m'a li reis del escornofle^ servi Esooiuse v. escorre 

m'a d'estrange gastel. Ce mot que Eioont, esconte v. escolter. 

M. Fr. Michel ne sait s'expliquer, Esoonter v. escolter. 

me semble fabriqué d'abord pour Escrafe v. escraper. 

rimer avec sofle, qui se trouTe au Escraa, écran; de l'abal. scranna, 

vers précédent, et ensuite pour main- banc , selon les uns ; de schragen, 

tenir la comparaison avec gastel. tréteau à pieds croisés, selon d'au- 

Escornofle a son radical dans es- très. M. Chevalet fait venir escran 

corner, humilier, outrager, honnir, de skirm, tout ce qui protège, ga- 

couvrir de honte, c'est-à-dire propre- rantit , mais il ne dit pas comment 

ment enlever les cornes à quel- cela est possible, 

qu'un ; de cornu. Cfr. de la même Eicraper, enlever en raclant ; du néer- 

source écornifler. landais schrapen, ib., allmâ. schra- 

Esoorre, escorre, eicoure, esoolra XI, fen. De la même racine vient es- 

151 et sniv. ; escorre la proie XI, orafe, eaorefe, nageoire, encore sans 

152, note; ecoosie, esoonsse, ébranle- e préposé dans les M. s. J., serafe 

ment, secousse (excussus), excussa; II, 114. 

comp. retcorre, reieorre, retoonre, Esoraser, écraser; de l'ancien norois 

resoenre, reioolre II, 151 et suiv.; krassa, briser, broyer, 

reiooise, reteuse, rescoiuie, action Eiorayenter v. crever. 

de délivrer, de secourir, secours. Eseraveure v. crever. 

Sur escouer et secouer (succotere) Esorefe v. escraper. 

V. II, 154. Eseregne v. escrin. 

Saoon, aneors v. cort adj. Eicremie v. escremir. 



v. escorre. Eseremir, eskermir I, 387, escrimer, 

Sieot, espion v. escolter. faire des armes, se battre, se dé- 

Etoot II, 196, écot; Imâ. scotum, a fendre; eioremie, eekermie, fait 

d'abord signifié taxe, cens, rede- d'armes, jeu de l'épée, joute: de 

vance; DC. s. v. scot, et cfr. Ruteb. l'abal. scirm, skirm, skerm, boa- 

I, 448; vb. esooter, payer l*écot, cHer, protection; skirman, allmâ. 



ESC 142 ESC 

schirmen, escrimer, combattre. Nos Etcnier v. escut. 

mots escrime, escrimer sont de Eaoolter v. escoiter. 

cette source. Esonme, écume: de Tahal. scûm, au- 

Ssoretiira v^ escrire. glais scum, suédois shumm, bas- 

EieréTenter v. crever. saxon schuum, etc.; de là escumer, 

Eforeriflae, écrevisse, et sorte d'ar- écumer. Voy. DC. les mots sous 

mure, cuirasse faite en façon d'é- Ëscumator. 

cailles ; de Tahal. ftre6iï, aujourd'hui Esoniiiengement v. commun. 

krebs, écrevisse. Esenmenier v. commun. 

Eseriegne v. escrin. Eseomer v. escume. 

Egerienne v. escrin. Esénminier v. commun. 

Escrier v. crier. Escnnbrier v. comble. 

Esorignet v. escrin. Esounâîre v. escondire. 

Eicrin Q. L d. R. 22, coffre, cassette, Eseomer v. esconser. 

écrin; dimin. eserinet, escrignet, de Esoapir v. éscopir. 

scrinium. Au même scriniom, par Esonrei, escnreil, esciiriel, escorol, es- 

le moyen de screuna, chambre du coroil, s. s. et p. r. eBenrens, eMmros, 

bas étage, qui se trouve dans la eBcarQQS, écureuil; mantel d^escurel, 

loi Salique , on rapporte eieregne, . manteau fourré ou garni de peaux 

eserienne, escriegne, petite maison, d'écureuil; — de sciurus, dimi- 

lieu où s'assemblent les femmes nutif sciwrulns. 

pour la veillée. Dans les derniers Esenreil v. escurel. 

temps, on a élevé des doutes sur Esonrer v. cure. 

cette étymologie, sans toutefois la Eseureiu v. escureL 

renverser par des raisons déter- Esenrie, écurie ; de Pahal. scûra, allmâ. 

minantes. schiure^ allmod. scheuer, Imâ. scuria. 

Eierinet v. escrin. Esooriel v. escurel. 

Eseriptore v. escrire. Eienroxl, etenrol v. escurel. 

Eierire, eieriYre II, 155, écrire, in- Ebohtm v. escurel. 

scrire, graver; ewsrit I, 196. 316, Esonrons y. escurel. 

écrit, ordonnance; scHpium; eseii- Esenrre t. escorre. 

tnre, eseretnre, escriptnre I, 187. Escos y. encuser. 

251, écriture, écrit; Ecriture sainte ; Eieuer v. encnser. 

comp. desorire, deierivre II, lôô, Siçiiiion v. escut. 

décrire, raconter, faire l'histoire de, Esout, espion v. escoiter. 

describere; lOferire, souscrire; sub^ Eient, s. s. et p. r. esenz, escos I, 83. 

scribere, 97, bouclier; au figuré combattant; 

Escritore v. escrire. de scuhim; escu de quartier 1, 182, 

Escrivre v. escrire. écu posé sur le côté; de là eseoier, 

Eserois v. croissir. esqoier I, 325. II, 328. 343, écuyer, 

Escroistre v. croistre. titre que les jeunes gens prenaient 

Eserotor v. roe. à l'âge de quatorze ans, et qui leur 

Eseo V. eschiver. accordait le port de l'épée (v. Roq. 

Escoeily eseofiillir v. cueillir. s. v.}; escosson, écusson pour les 

Escoel V. cueillir. armoiries. 

Eseoele II, 297, écuelle; de scutdla; Eseoter v. escoiter. 

prov. escttdèla, ital. scodella. Eseoc v. escut. 



ESD 



143 



ESL 



Sidemetre v. mètre. 

Sudevenir t. Tenir. 

Eidire v. dire. 

EMUt part, de esdire. 

EadreHor v. drescer. 

Eadure v. duire. 

Elément v. eis et II, 277. 

Eifloher v. ficher. 

Eifoldre v. foldre. 

Eiforbir v. forbir. 

Eiforoement v. fort. 

Eiforeer v. fort. 

EiforcMer v. fort. 

Eiforeier, eaforcû v. fort. 

Eifon, esfort t. fort. 

BÉfon y. fort. 

Sdhûndre v. fraindre. 
V. froior. 
.f esfreier v. froior. 

EifreiBsement y. froior. 

Sifrenr v. froior. 

Bifroi, esfroier v. froior. 

Srftandrer y. fond. 

Eigaiement y. gai. 

Sigaier y. gaii 

EBgard, esgarde, eagardemeat v. garder. 

Eigardeor v. garder. 

Esgarder, esgardeir y. garder. 

Esgarderes y. garder. 

Esgarer y. garer. 

Esgart Y. garder. 

Eflgoïr Y. joïr. 

Eflgouter y. gote 

Eigrafer y. grafe. 

Esgrafigner y. grafe. 

Bigrngnier v. esgrumer. 

Efgmmery eignmer, esgrognier, eigru- 
siet) réduire en fragments, rompre 
par petits morceaux, enleYcr un 
morceau, réduire en poudre; du 
holl. ftrtiime, allmod. krume, bas- 
saxon hrôme, anglo-saxon crume, 
petit morceau produit par broyement. 

Eagnmer, eagronier y. esgrumer. 

Eignard^r y. garder. 

Efgnarer y. garer. 

Sihalcer, Mhalcier y. hait. 



Eshaueer, thander y. hait. 

Eiineat (est) I, 48, est resté non rem- 
pli , non accompli , non acquitté, 
pendant. Esinent est un mot rare, 
qui tient à sinere, si toutefois j'en 
ai bien saisi la signification. 

Ei|jeïano6 y. joïr. 

Eijoie subj. de esjoïr. 

Eqoïr Y. joïr. 

Ssker V. escbamir. 

Eskerie y. eschele. 

Eikennie y. escremir. 

Eitonnir y. escremir. 

Eikern, eekernir v. escharnir. 

EÉkenuMement v. escharnir. 

Eskevin y. esche Yin. 

Eskiec y. eschac. 

Eflkiekete y. eschac II. 

Eskiekier Y. eschac II. 

Eskies y. eschac. 

Eskip Y. eschîf. 

EBkipre y. eschif. 

Eskin Y. eschiYer. 

Eskiyer y. eschiYer. 

Eskui Y. eschiYer. 

Ealaifl subst. y. laier. 

Eilaisser y. laier. 

Edeotion y. lire. 

EÉtoeoemmit y. liet. 

Ealeechier y. liet. 

Edeeeîer y. liet. 

Eileger, edegier y. esligier. 

Eileieier y. liet. 

Eflleire y. lire. 

Eileit Y. lire. 

Eilene part, de esléire. 

Elles subst. Y. laier. 

Edesser y. laier. 

Eilever y. lever. 

Edider, glisser, affleurer; de Tanglo- 

. saxon slîdan, ib. 

Ediecer y. liet. 

Edier y. lier. 

Ediger y. esligier. 

Edigier, edegier, edig«r, edeger il, 57. 
Ben. 1, 1462. FI. et Bl. 1294, com- 
penser, payer. La forme de ce mot 



ESL 144 ESP 

repousse toute liaison avec lier, et malclus, encaustum, liquati colo- 

le sens même ne permettrait pas ratique metalli pigmentum. La 

de Vy réunir; il faudrait admettre langue d'oïl a apocope le « final; 

ridée d'engagement, et de là on italien smalto, espagnol et portu- 

ne saurait passer à compenser. On gais esmalle, provençal esmau^ 

pourrait songer à legier, ligier, Esmance v. aesmer. 

mais ici encore le sens ne concorde Esmarir, esmarrir v. marir. 

pas avec notre verbe. Eslegier a Esmans v esmal. 

son origine dans la famille du goth. Egme, casque v. healmc. 

Hgan, ahal. liggan, leggen, etc.; je Esme, estimation v. aesmer. 

prends pour point de dépai>t la Esmee v. aesmer. 

signification fixer, établir, qui se Esmei v. esmaier. 

retrouve entre autres dans l'ancien Esmer v. aesmer. 

frison laga, et, à tous égards, on Esmeralde, esmerande, émeraude; de 

y peut rapporter Pidée exprimée smaragdus , avec changement de g 

par notre mot. Pour la forme, il en l^ comme le prouvent les formes 

n'y a aucune difficulté. ^ maragde, maracda^ du provençal, 

Eslire v. lire. esmeracda de l'ancien espagnol. 

Eslit V. lire. Ennerande v. esmeralde. 

Etlitnre v. lire. Etmerer v. mer I. 

Esloclier v. locher. Esmerillon, émérillon, oiseau de proie; 

Eslooier v. locher. dérivé par renforcement de meru- 

Eamaer v. esmaier. lus, meriila. L'ahal. smirl, Pallmod. 

Esmai v. esmaier. schmerl, schmirl, merl, mirle, émé- 

Esmaiable v. esmaier. rillon, ont la même origine; mais 

Eimaiance v. esmaier. esmerillon ne dérive pas de là, 

Enaaiement v. esmaier. comme on l'a avancé. 

Esmaier, esmoier, estnaerll, 248. 327. Emerveiller v. merveille. 

337, faire perdre courage, inquié- Esmervillement v. merveille. 

ter, émouvoir, troubler, épouvanter; Eimerviller v. merveille. 

se troubler, être en peine, en in- Esmier v. mie. 

quiétude; subst. esmai, esmei, eemoi Eemoi, esmoier v. esmaier. 

II, 312. 337, notre émoi, le seul mot Esmonder v. monde I. 

de cette famille qui nous est resté ; EsmoTement v. movoir. 

esmaiftnce, émoi, frayeur; esmaie- Esmovoir v. movoir. 

ment, émoi, frayeur; esmaiable, Esneke, esneqne, sorte de navire; de 

propre à faire perdre le courage, l'anc. norois sneehia, ahal. snaga; 

qui n'est pas de nature à s^es» allmâ. sneche, ib. ; selon M. Grimm 

mater. Mot hybride, de es privatif III, 437 affilié à schneùke, limax, 

latin et dn goth. mag an, âôyaaO cet, concha. Cfr. Schwenk D. W. s. v. 

iayvtiv — subst. mahU, ôvvctfJLig, schnake, DC. s. v. naca. 

fo/vç^ xqÛtoç. Esneqne v. esneke. 

Esmai) v. esmal. Esnner v. nud. 

Esmal, esmail, s. s. et p. r. esmans, Esoigne v. soin. 

émhil; de V ahal. smaltjan, smehan. Espace II, 205, espace, intervalle: 

anglo-saxon smeltan, allmod. schmel- spatium . 

^ên^^ fondre; Imâ. smalium, es- Espaenter, espoenter I, 373. II, 174. 



ESP 



145 



ESP 



Ch.d. R. str. 123, épouvanter, ef- 
frayer; de expavens^ de eofpavere. 
Notre forme actaelle a un o inter- 
calaire : espoventer , espouvanter. 
Quant à espœnter, il s'est formé 
par r affaiblissement du v primitif 
en ic: espauenter, espoenîer. De là 
eipoentement II, 37, espoenteiflon, 
crainte, épouvante; espoentaule I, 
126, qui cause de l'épouvante, ef- 
froyable; espoentuB, peureux, om- 
brageux. 

Sipairgne v. espargner. 

Etpainiable v. espargner. 

Eipaimanoe v. espargner. 

Sipaime v. espargne. 

Etpalde, espaule II, 363. 373, épaule; 
prov. espatia, espalla; de spathula 
(spatula), dimin. de spatka. Notre 
mot espalier a la même origine; 
c'est bien à tort et sans la moindre 
nécessité qu*on Ta dérivé de palus 
ou de l'italien spolia. 

Eipan , eqiaiie II, 255, empan, mesure 
de la main étendue; de l'ahal. 
spanna^ aujourd'hui spanne, même 
signification, de spannan, spannen, 
étendre. Pour la forme sans e final 
on peut cfr. l'allmâ. span, 

Sipandre II, 366, épandre, répandre, 
«'étendre, se répandre, se disper- 
ser; se lancer, se hasarder; de 
expandere; d'où respandre I, 285, 
répandre, disperser. Du même ra- 
dical et comme forme collatérale 
de espandre, on avait fait efpanir, 
pour espandir^ signifiant étendre, 
développer, épanouir. C'est de cet 
espanir que nous avons fait épa- 
nouir, par extension de forme. 

Eipane v. espan. 

EqMUieir v. pan. 

Espanir, étendre v. espandre. 

Espanir, expier v. pan. 

Espaaoir v. pan. 

Espardr II, 44, éclairer, faire des 
éclairs; de spargere; esp. esparcir, 
Burguy, langue d'oll, Glossaire. 



port, espargir, ital. spargere, prov. 
esparger, esparser, dans les S. d. 
S. B. esparjer avec le sens de ré- 
pandre, dissiper. Espan, epars II, 
220.253, épars, dispersé i^desparsvs. 

Espargner, espargnier, espamier II, 
304. 306, épargner; s* espargnier^ 
se modérer, se tenir sur la réserve, 
se ménager; espam, espairgne, es- 
peme, espaime, espaimance, action 
d'épargner, quartier ; espamable, ei- 
paimable, qui ménage, économe; 
miséricordieux. Quelle est la racine 
de ces mots? Il est ridicule de 
penser au latin parcere, quoiqu'il 
y ait sans doute affinité entre es- 
pargner et parcere. M. Scbwetik 
confronte espargner avec sparen, 
épargner, ahal. sparan^ islandais 
spara; mais il est difficile de s'ex- 
pliquer comment espargner s'est 
formé de sparan^ surtout quand on 
a égard à Tital. sparagnare, spar- 
miare, risparmiare, et an bour- 
guignon Ireparmer. 

Espargnier v. espargner. 

Espam V. espargner. 

Espamable v. espargner. 

Espamier v. espargnier. 

EsparpeiUer, éparpiller. Ce mot est 
un dérivé du latin papilio, qui de- 
vint papalio en catalan, parpaglione 
en italien, parpaillo en provençal; 
d'où le verbe sparpagliare, espar- 
palhar, en provençal moderne es- 
farfalhar de farfalla, papillon^ (v. 
Honorât s. v.). Je ne connais pas, 
il est vrai, parpaillo ou parpeille 
dans la langue d'oïl; mais il doit 
avoir existé, car plusieurs de nos 
patois en font usage, p. ex. en 
Franche - Comté , dans les environs 
de Montbéliard, les enfants font la 
chasse aux parpaillots, Cfr. Rabe- 
lais I, 11, Mén. s. V. parpaillaut 
et ci -dessous paveillon. 

Espars v. esparcir. 

10 



ESP 14G ESP 

Espartir v. part. ^293, espérance, crainte ; comp. des- 

Etpasmis v. pasmison. perer I, 122, désespérer; d'où des- 

Espeant v. espeler. peranoe, désespérance II, 19. 345, 

I. Espèce, espeie I, 185. 220, espèce; désespoir, chagrin violent; despera- 
species; ef^dal II, 93, particulier, don I, 220, désespoir. 

spécial; jpecia/it; ady.espeeialnient, Esperir, éveiller, exciter; s'esperir, 

especiaument, spedalemeat I, 252, s'éveiller; de cjrper^ere, peut-être 

spécialement ; par especial II, 375, avec influence de expergiscere. Le 

8pécialement,principalement, surtout. g a été syncopé. Besperir, ranimer, 

II. Espeoe, espeice, espiioe II, 118. réveiller. 

P. d. B. 4585, épice; prov. especia, Esperit, espirit, espir I. 47. 145. 228. 

ital. spezie; de species^ qui avait 251, esprit, âme; la troisième per- 

pris cette signification après Fâge sonne de la Trinité; esprits bons 

classique. Cfr. espèce I, et Mén. ou mauvais; de spiritus; espirital, 

8. V. épices. esperital (espiritaus) , esperitel, spiri- 

Eq^he, épeicbe: de Tahal. speh, pic. tnel I, 183. II, 133, spirituel, iœ- 

Eq^eeial, especialment v. espèce I. matériel; 5pirilual%s,$piriial%8;Adv. 

Espedanment v. espèce I. spiritaeilment, espiritelment, esperitel- 

Espee V. spede. menti, 122. II, 176. 211, spirituelle- 

Eq^e, eqpeier v spede. ment, en esprit; dér. esperite I, 117, 

Espoir Y. espérer. le Saint-Esprit; esperitable I, 145, 

Eq^, espeisse v. espois. spirituel, céleste; comp. espirer, 

Espeisser y. espois. inspirer, souffler, animer; eepire, 

Eq^er, Ire pers. s pr. ind. eq^l, souffle; aq^irer, inspirer, animer; 

espeant 3e p. s. ib., dire, signifier, asptrare; d'onaspirement, souffle; — 

• expliquer; aujourd'hui épeler; du aq^ration I, 215, aspiration, inspi- 

goth. spillôn, raconter, annoncer; ration; de aspiratio; — soqpirer, 

ahal. spellôn. La forme primitive, sopîrer, snspirer, sonspirer I, 134. 

sans e préppsé, se trouve encore 31ô. II, 10. 112, soupirer, pleurer, 

dans les Q. L. d. R. II, 162: Que regretter; suspirare; sospir, saqpir, 

spelt que tues si dehaitez e si en- souspxr I, 345. II, 249, soupir; 

megriz? Que signifie que, etc. suspirium; souspirement , ib.; sos- 

Eq^onir y. pan. pires, langoureux, gémissant. 

Eqperanee, esperanche y. espérer. Esperitable v. esperit. 

Esperdre y. perdre. Esperital, esperitans y. esperit. 

Eqperer I, 220, espérer, attendre, ap- Esperite y. esperit. 

préhender, craindre; de sperare; Eq^tel, esperitelement v. esperit. 

la Ire pers. sing. prés. ind. qui avait Eqpermenter I, 371 , reconnaître par 

la dipfatbongaison oi, ei: espoir, réprouve, 4)ar rexpérience; de eor- 

oq^oir, nous a fourni le subst. bomo- perimentum , propr. experimenêare. 

nyme II, 175 = espoir, attente, ap- Espome y. espargner. 

préhension, lequel paraît s'être em- Eq^oron y. esporon. 

ployé d^abord avec les pronoms mon, Esporonnor y. esporon. 

■ ton, son; cfr. voil; cette Ire pers. Esport v. apert. 

s'empl. aussi adv. II, 291; à^esperer Esporvior, esporver, eq^ovior II, 253. 

dér. par le part. prés, qporanoo, es- 337, épervier; Imâ. sparvarius; de 

peranoo, oq^oranoho I, 191. 374. II, rahal.f|iarirârf, aujourd'hui jperfter, 



ESP 147 ESP 

' même signification. Sparva , en Eipine II, 118.. 257, épine; aubépin; 

goth., signifie moineau; et spar- spina; Mpinoi, etpiims I, 106, épi- 

teari signifie, dit-on, sperlingfalke neux: spinoius. 

(sperling=mo\nesin;faihe=fancoït). Espinoclie, épinard; comme l'italien 

V. Schwenk D. W. s. v. tpinace, ce mot doit dériver d'une 

Sq^ V. espois. forme latine barbare spitutceus, 

Eq^ewse v. espèce II. tandis que 4p*nard vient de spina 

Eqpewement v. espois. (à cause des feuilles écbancrées). 

Xiçeyr I, 225 pour espeir. Divers patois ont conservé e$p%- 

Eq^ese v. espèce I. noche, entre autres celui de Mont- 

Eiq^ee v. espèce II. béliard : épinoiche, 

Bipie, eipiement v. espier. Espinot, espinni v. espine. 

iasiéi I, 182, espiol P. d. B. 2995. Eipiol v. espiel. 

3063. 2214, espiez R. d. M. 1768, Egpir v. esperit. 

épieu, sorte d'arme, lance; de spi^ Eipire, eipirer v. esperit. 

ctdum. On confond sans cesse ce Eipixit v. esperit. 

mot avec espiet (v. ci -dessons), et Espirital, eipiritaiii v. esperit. 

on regarde ce dernier comme le Eqdritelment v. esperit. 

primitif de espien II, 194, notre Espisoe v. espe^i^e II. 

épieu, tandis qu'il faut admettre Espleit v. plier. 

espieu = espiel, ussl; et de espiet Eipleiter v. plier. 

n*aurait jamais pu produire eu de Eiploier v. plier. 

espieu. Etploit v. plier. 

Eipier I, 72. 296. II, 72, épier, dé- Esploiter v. plier. 

couvrir ; de l'abal. spehôn, spiohon, Espoentanle v. espaenter. 

allmod. spàhen, épier. Eipie fém. Espoenteiflon v. espaenter. 

I, 212. 306. 394, espion; de l'abal. Espoentement v. espaent^. 

speha. Notre forme masculine est Espoenter v. espaente^^ 

de date bien postérieure; italien Espoentu v. espaenter. 

spione, d'où les Allemands ont tiré Espoigne II, 113 subj. prés, du verbe 

leur spion. De là eipiement R. d. espondre, s. v. despondre. 

1. V. G3, action d'épier, embuscade. Espoir v. espérer. 

Eipies V. espiet. Espois, espeis, espes II, 350 373, épai^; 

Espiet I, 291, H espiei Ch. d. S. I, de spisstis; de là espessemont I, 364, 

Sôô, de! espiet Ch. d. R. 52 ; od les d'une manière épaisse , en grande 

trencbanz espies Ben. II, 504; par foule; espoisser, eqpeisser II, 242, 

nos espias R. d. M. p. 66; espie I, devenir épais, grossir, s'épaissir; 

?4, épieu, lance II faut bien distin- espoisse, ospoise, espeisse, épaisseur, 

guer ce mot de espiel j[v. p. h.), dont fourré. 

il se sépare par la finale et l'éty- Espoise v. espois. 

mologie. De l'abal. spioi, spiet, Espoisse, espoisser v. espois. 

speoi, épieu; anglo-saxon spiiu; Eq^do, bois de lit, bord du lit, 

allmâ. spiei, aujourd'hui spiess, levée, chaussée, digne; sponda. 

pique, épieu. Espondre, exposer v. despondre. 

Eq^n V. espiel. Espondre, promettre; spandere; es- 

Espies V. espiel. ponse, caution; sponsus; eq^, es- 

Espiei V. espiet. pons II, 379, fiancé, époux; sponse, 

10* 



ESP 148 ESS 

espoiu» I, 126. 314, .fiancée, épouse; Espringerie v. espringer. 

sponsus, sponsa; esposer, etpiuer, Eiçringier v. espringer. 

espouser I, 73. 170. 296. II, 161, Eq^ringner v. espringer. 

épouser, marier; sponsare; de là Ei^roher, asperger; de rahal. sprue- 

esponserie, épousailles; espousaige, jen, spruhen, mouiller, asperger. 

épousailles, célébration de mariage; Esprohon, étourneau; de Tahal. spra, 

— despondre I dépendre, promettre, ib., oiseau qui, dans Tall. moderne, 

ratifier; (2espon(iere;refpondre 1,132, est connu sous les différents noms 

reeponre I, 207 avec d sjncopé, ré- sprehe, spreche, sprewe, sprew, 

pondre , cautionner ; respondere ; sprxnne. 

respons, reqinns I, 131, réponse; EtproTance v. prover. 

respoMum, Esprove, esproTer v. prover. 

Esponse v. espondre. EiprnTer v. prover. 

Egporon, esperon I, 55. 83, éperon; Eipncliier v. puiz. 

de Tahal. sporo, ib. , aujourd'hui Espuiaer v. puiz. 

sporn; — échapper par esperon II, Esporgement v. purger. 

215, échapper à force d'éperons, Espnrgier v. purger, 

en piquant des deux; à espérons^ Eipnser, épouser v. espondre. 

à toute bride, bride abattue; vb. Espniier, épuiser v. puiz. 

eeporonner, eipouronner, eiperonner I, Esqnachier v. quat. 

337. 11,43.358, éperonner, stimuler. Esqnarteler v. quart. 

Esporonner v. esporon. Esquarteier v. quart. 

Eiposer v. espondre. Esqnel v. cueillir. 

Eq^nroonner v. esporon. Esqnerre v. querre. 

EsponB V. espondre. Esqnier v. escut. 

Esponiaiges v. espondre. Esquevin v. escbevin. , 

Esponse v. e«pondre. Esqniper v. eschif. 

Espouser, rnpn>iinr1r v. espondre. Esqnirer v. eschirer. 

Espreker, espreqner, poindre, piquer; Esracer v. raïs, 

du néerlandais prihken^ ib. Esrachier v. raïs. 

Esprendre v. prendre. Esrager, esragier, enrager v. rage. 

Espreqner v. espreker. Esrager, esragier, arracher v. raïs. 

Esprevier v. espervier. Esragiement v. rage. 

Espringale v. espringer. Esrer v. erre. 

Espringer, esprîngier, espringner, dan- Essai II, 94. 313. R. d. Ren.IV, 249, 

- ser en sautant, en trépignant, sau- essai , petite portion de qqch. qui 

ter; d'où espringale, espringerie, sert à juger du reste; essaier, asaier 

cette espèce de danse; de l'ahal. I, 222. 336. II, 14. 51, examiner, 

springan, même signification, £s- JQger de quelque chose, essayer. 

pringale signifiait aussi machine La forme de ce mot ne permet pas 

propre à lancer de grosses pierres, qu'on le dérive de sapor ou sapere, 

pins tard un moyen canon, et il comme on l'a proposé. Il vient de 

est d'autant plus probable que ce exaginm, l'action de peser, d'où 

mot est identique avec l'autre, que examen, etc. (Muratori.) 

springan est affîlié par sa racine Essaier v. essai, 

à sprikan, rompre, briser. Y. R. Essalcer v. hait, 

d. 1. V. 306. Essalir v. saillir. 



ESS 



149 



EST 



Enample v. exemple. 

Evart , terre défrichée , essartement, 
destraction, carnage; essarter Cb. 
d. S. II, 114, détruire, ravager; de 
ex'sarriium^ exsarnlare. 

Essaueement v. hait. 

Essaneier t. hait. 

Evaut V. saillir. 

Esseketenr v. sevré. 

Eisemple v. exemple. 

Esseuler v. seul. 

Eiiientos v. scient. 

Xsnl V. eissil. 

Esiiller v. eissil. 

Esdment v. eis et II, 277. 

Eiiir V. issir. 

Essdgne, essoigner v. soin. 

Essoine, essoinement v. soin. 

Esaoiner v. soin. 

Esaoinieres v. soin. 

Esaombre v. ombre. 

Essone v. soin. 

Essonier v. soin. 

Eisorber v. orbe. 

EssoreiUer v. oreille. 

Essai, essnier v. suc. 

Essaion v. suc. 

Est II, 252, écrit quelquefois avec h 
dans les Q. L d. R., est; de l'anglo- 
saxon ۈst, oriens. Cfr. Dief. G. W. 
I, 108. 109. 

Estable, estanble I, 315, étable; sta- 
bulum; vb. establer, mettre à Tétable. 

Eftable adj. v. steir. 

Eftabler v. estable. 

Eitablie v. steir. 

EitaUir v. steir. 

Eftablissement v. steir. 

Ettache, estace, estàque II, 57, pieu, 
poteau, colonne ; Imâ. slaca, stacka, 
estecha, etc. ; de Tanglo-saxon staca, 
pieu, etc.; suédois slaka; ancien 
frison stake. De là estacbier, esta- 
qnier, attacher à un pieu ; estacheis, 
combat, surtout auprès des palis- 
sades d'une ville ou d'un château. 
Cfr. l'allemand moderne stacket, 



fermeture de palissades ou de 

lattes. 
Estacheis v. estache. 

Estacbier v. estache. 

Estage V. steir. 

Estagier v. steir. 

Estaige v. steir. 

Estaindre v. esteindre. 

Estai II, 99. 163, place, séjour, posi- 
tion , arrêt , action de s'arrêter. 
Rendre, livrer estai, s'arrêter pour 
combattre, pour se défendre ; prendre 
estai, prendre po.sltion, se placer, 
s'arrêter; à estai, en place, en 
repos, fixement. De l'ahal. stal, 
station, lieu, séjour, demeure, écurie. 
De là estaler, s'arrêter, résister, 
combattre. Plusieurs de nos pa- 
tois, p. ex. dans la principauté de 
Montbéliard, ont conservé le mot 
étale (estale), écurie; d'où estalon 
R. d. I. V. 28 (note), étalon (equus 
ad stallum). L'ancienne langue con- 
naissait déjà les significations dé- 
rivées que nous donnons à étal, 
étaler. 

Estale v. estai. 

Estaler v. estai. 

Estalon v. estai. 

Estaac v. estancher. 

Estanoe v. steir. 

Estancer v. estancher. 

Estancher, estanchier, estancer, estang- 
chier I, 354. II, 213, arrêter, étan- 
cher^ rassasier ; harasser, exténuer ; 
se dérober , faire retraite ; reftan- 
cher, restainchier II, 123, étancher; 
de stagnare, arrêter, empêcher; 
imà. stancare. Cfr. Dief. G. W. 
II, 311. 324, et pour estanc, p. 325. 
De là estanche, vivier. De stagnum, 
estang, estanc, lent, mat, adjectif 
formé de la même manière que le 
substantif homonyme. 

Estanchier v. estancher. 

Estang V. estancher. 

Estangchier v. estancher. 



EST 



150 



EST 



Eitaat V. 8teir. 

Eitaqnier y. estache. 

Estauble v. estable. 

Eftaublir v. steir. 

Eftanle, chaume v. estenble. 

Estaule, stable v. steir. 

Ettanlir v. steir. 

Estavoir v. estovoir. 

Eite I, 51. 220, été: aestas; estivAl 
d'été, de la saison d'été ; aesUvalis, 

Eitee V. steir. 

Biteile v. estoilo. 

Esteindre, estaindre, eitignre II, 236. 7 ; 
detteindre II, 237. 

Sit«ir V. steir. 

Eitole V. astele. 

Ettelé V. estoile. 

EiteleTOB II, 286. 

Eitendart v. tendre. 

Eit6Qdeiller, eitendiUer v. tendre. 

Eit6Qdfe V. tendre. 

Eft«r V. steir. 

Eitermaa v. estruman. 

Eitormiaal II, 116, pierre précieuse, 
mais laquelle? 

Eitennination v. termine. 

Esterminer v. termine. 

EiteiIéTOi II, 286. 

Eiteiyos II, 286- 

Efteule, estaule, chaume ; d'où esteuler, 
ramasser les esteules; de stipula, 
Cfr. estouble. 

Eftouler V. esteule. 

Etteroir v. estovoir. 

Efteyof II, 286. 

Eftien v. estre II. 

Estignre v. esteindre. 

Eftinoele v. stencele. 

EftÎTal V. este. 

EstivOB II, 286. 

Estoe, ettoeh, espèce d'épée qui ne 
serrait qu'à percer; pieu, poteau, 
tronc d'arbre ; de l'ahal. stock, stoc, 
aujourd'hui stock, ib., de stican, 
percer. De là estocer, estodiier, 
frapper de l'estoc , frapper de pointe. 
D'une forme augmentât! ve deilicatt. 



les Allemands ont fait stochen, s'ar- 
rêter, s'accrocher, se boucher, d'où 
estoqner, boucher, fermer, mot qui 
s'est conservé dans quelques patois 
avec le sens de étouffer. Notre 
mot étau est sans doute de la 
même famille : les Allemands disent 
schraubstock pour étau; dans la 
Picardie étau a la signification de 
arbre coupé à quelque distance de 
la terre, chaume qui rest^ quand 
les céréales sont sciées; eitauque, 
aitauque, en Lorraine, correspond 
à notre étau^ autre orthographe de 
éto après la disparition du c final. 

Estofe, ce qui est mis en oeuvre par 
les artisans, garniture, ornement — 
puis étoffe; estofer, artoffer I, 357, 
fournir ce qui est nécessaire, équi- 
per, approvisionner, garnir, orner; 
de l'ancien norois stofn, principinm, 
, fundamentum; stofna, apparare; 
goth. stabs, matière première, élé- 
ment; allmod. stoff, matière, étoffe, 
forme qui a éprouvé l'influence ro- 
mane; stafiren, équiper, etc. 

Estofer V. estofe. 

Efltoi, estoier v. estui. 

EitoUe, eitoille, erteile I, 56. 220. 253, 
étoile; Stella; cfr. jornal s. v. jor: 
dim. eitoilete I, 154, petite étoile; 
estoilé, esteilé, ettelé, étoile ; stellatus, 

Eitoilete v. estoile. 

Estoire, provisions de voyage: flotte 
armée navale; Imâ. storium, de 
ajokiov. Cfr. Imâ. stolus de arôAoç, 
armement , expédition militaire, 
flotte; provençal estol, flotte. Voy. 
DC. stolus. Dans le mot de la 
langue d'oïl il y a eu changement 
de / en r, cfr. navile et navirie. 

Estoire v. histoire. 

Eftoner R. d. 1. V. 302, étourdir, faire 
perdre connaissance, perdre con- 
naissance ; de attonare , changé ou 
plutôt renforcé en extonare, de 
tonus. 



EST 



151 



EST 



Estope, eitonp«, ettape I, 383, étoupe ; 
de stuppa; de là notre ë>loupin^ 
dans l'ancienne langue aussi 68to- 
piUon, bouchon; estoper, eitaper, 
eftonper I, 149. 256, étouper, rem- 
bourrer, boucher, fermer, bloquer; 
d'où deitoper, déboucher, ouvrir. 
On trouve aussi quelquefois eitoper 
avec Tacception de des toper; c'est 
une innovation de la fin du XlIIe 
siècle. 

Eftoper T. estope: 

Brtopîllon v. estope. 

Eftoquer v. estoc. 

Sitor, ettonr, eitor 1, 193. 263. II, 232, 
tumulte , choc , combat , mêlée ; 
ettonnir, eitiirmir, estonnnir I, 72, 
se mettre en mouvement, s'assem- 
bler, s'attrouper, donner Palarme, 
éveiller, escarmoucher, combattre; 
eftormie, eitoiiniiie, comme estor. 
Estom en provençal, que Raynouard 
ramène à tort à torner ; stormo, en 
italien, verbe stormire. Dérivés de 
Taliemand: ahal. shêrm, anglo- 
saxon storm; aujourd'hui sturm, 
agitation violente, etc. 

EsUnrdre v. tordre. 

Eitore V. histoire. 

Eitorer, créer, fonder, établir, meu- 
bler, garnir; de instaurare. 

Eftormie v. estor. 

Estormir v. estor. 

Eitoni, eitort de estordre. 

Eitorser v. torser. 

Bftortre v. tordre. 

Eitot V. estout 

Eitotoier, estoteier v. estout. 

Eitoublage v. estouble. 

Eitouble, chaume ; d'où estoublage, Imâ. 
estoblagium, droit que l'on paie au 
seigneur pour faire paître les chaumes 
aux moutons; de^ l'ahal. stup/ila. 
Les Italiens disent stoppia, Cfr. 
esteule. 

Eitoupe, estouper v. estope. 

Eitour V. estor. 



Estenrdir I, 185, étourdir, faire perdre 
connaissance ; estonrdinement, étour- 
dissement. Roquefort après avoir 
eu le courage de dériver e$tor de 
exturbalio, ajoute: „d'où vient, dit 
Borel, le mot estourdir,*^ Peu im- 
porte le comment. On a pensé, 
pour la racine de notre mot, à 
l'allemand $tunen; mais la forme 
espagnole aturdir (a = ad), prouve 
que le es est le ex latin et que t 
est la lettre initiale du radical, ce 
qui rend cette dérivation impossible, 
Wachter propose de dériver estour- 
dir^ italien stordire, du kymri 
twrdd, bruit, tonnerre. Cette éty- 
mologie acquiert un haut degré de 
vraisemblance si Ton compare es- 
iourdir et estonner de tonus. 

Ettourdiasement v. estourdir. 

Eftonrmie v. estor. 

Eitourmir v. estor. 

Estont, estot, fougueux, hardi, impru- 
dent, étourdi; puis furieux, in- 
sensé, stupide, méchant; prov. estot, 
estout. On a dérivé ces mots de 
stolidus, stuHus^ mais leur signi- 
fication primitive ne le permet pas; 
il faut les rapporter à l'allem. stoh^ 
bas -saxon stoU, hollandais stotU, 
ici avec la signification de hardi, 
imprudent, etc. De là estotie, 
Mtatie, estoutie, témérité, fureur, 
folie; qui se trouve écrit estnltie 
dans la Ch- d. R , peut-être à cause 
d'un . rapprochement à stultUia ; 
estoteier, estonteier, estnteier, estou- 
toier, estotoier, maltraiter. T. II, 
220, on trouve dans un exemple de 
Villeh. le subst. estot, qui se rap- 
porte à la même racine et signifie 
coup, affaire, entreprise audacieuse. 

Estent de ester. 

Estouteier, estoutoier v. estout. 

Estonvoir v. estovoir. 

Estoveir, estover v. estovoir. 

Estovoir, estevoir, estover, estoveir, 



EST 



152 



EST 



eitaver, estoayoir, estavoir II, 56. 
57; l'ipfinitif s'empl. subst I, 377. 
II, 148 et signifiait provisions, né- 
cessaire, nécessité, besoin, devoir. 

Eitrabot, estribot, sorte de poésie; 
esp. estribo, refrain. Le refrain est 
une espèce d^appui, une chose sur 
laquelle on revient, et cela paraît 
ramener estribot à la même famille 
que estref. Cfr. Bayn. L. H. III, 
231 ; F. Michel, Glos. de Ben. s. v. 

Eitrace y. traire. 

Estraeion v. traire. 

Estraïer, errer, aller çà et là, extra- 
vaguer; prov. estraguar; de extra- 
vagare. 

Eitraigne, étrenne v. estrene. 

Estraigne^ étranger v. estre II. 

Estraim, s. s eftrains, puis partout 
estrain II, 344, paille, chaume; de 
siramen. Ce mot est resté dans 
la plupart des patois: étrain. 

Iff train v. estraim. 

Eitraindre v. straindre. 

Estraine v. estrene. 

Estraint part, pas d'estraindre. 

Eitraire v. traire. 

Eitrait v. traire. 

Eftrange v. estre II. 

Efltranger, estrangier v. estre II. 

Estrangonent v. estre II. 

Ektraper v. estreper. 

I. Estre, lettre I, 2ô8 et suiv.; il ne 
m*est gaires, il ne me touche point, 
je m'en soucie peu, il m'est égal; 
jnf. empl. subst. I, 103. 107. 117. 
346, être, vie, constitution, con- 
duite, moeurs, manière de vivre, 
nature, caractère; état, condition, 
sort, arrangement; lieu où Ton se 
tient , place , demeure , maison, 
chambre. L'on voit que ester a eu 
de l'influence dans le développement 
de ces significations, comme il a 
servi à former divers temps de estre. 
Cfr. steir. 

II. Estre prép. II, 353. 4. I, 365 - ; 



estrange, estraîgne I, 326. 365. II 

. 100. L. d. T. T. 5, étranger, absent, 
éloigné, opposé, extraordinaire, con- 
traire, étrange ; et eitrangier, étran- 
ger ; de extraneus ; adv. estrange- 
ment I, 352, singulièrement, extra- 
ordinairement , considérablement ; 
de là estranger, estrangier, mettre 
dehors, aliéner, quitter, chasser, 
écarter, s'éloigner, se priver. — 
Estien II, 144 particule signifiant 
propr. hors, outre, puis excepté » à 
la réserve. Ainsi notre exemple 
signifie je ne serai hors de ce^ c- 
à-d. je ne me refuserai pas. Ëstiers 
mon gret, hors de ma volonté, sans 
ma volonté, etc. Estiers dér. de 
exterius, avec transposition de la 
voyelle t. 

Eitreoe v. estroit. 

Eitxeoer V. estroit. 

Estreohier, estrecier v. estroit. 

Estree, dans les Q. L. d. R. II, 209 si 
cnme la boe de la strae les defu- 
lerai: voie pavée, grand chemin, 
chemin public; de strata, chemin 
couvert de pierres. 

Estref II, 22, estrief, d'où estreu, estriu, 
estrier (d'où le r final?) I, 72, étrier 
^pour monter à cheval) ; en espagnol 
estribo ; de l'ahal. streban, soutenir. 
L'étrier est un soutien pour le ca- 
valier. De là desestriver II, 366, 
faire sortir des étriers, ce qui semble 
supposer un verbe estriver, dans 
le sens du provençal estribar ; mais 
je n'en ai trouvé aucune trace. Ne 
confondez pas avec estriter cité 
plus bas. 

Estroit V. estroit. 

Estrene, estraine, estraigne II, 177, 
étrenne, présent, don, gratification ; 
de strena; d'où estrainer, estrener^ 
étrenner, gratifier. 

Estrepement v. estreper. 

Estreper II, 309, arracher, détruire, 
ravager; de exstirpare ; d'où estre- 



EST 153 ESV 

pement, dégât, ravage, saccagement. d*oii estreoe I, 183, étroitesse. Cfr. 

A côté de cette forme, ou trouvée destroit, straindre. 

attraper, coaper le ohaome, d'où Estront, étron; bas-saxon sirunt, ib., 

ettrape, étrape (longue serpe qui hollandais stront, ordure, fumier; 

sert à couper le chaume), qui peut- ital. stronzOf allmod. strunten, mor- 

être a une autre origine. Cit. le ceau coupé, ainsi propr. copeau, 

suisse strapen, strafen, tailler un débris, rebut. Cfr. ital. stronzare, 

arbre; le bavarois slraffen^ tailler, couper, rogner. 

rogner, ébrancher. Estros, estnu, estrons (à) II, 291; de 

Estret V. traire. là estroseement, eitrousement II, 291 ; 

Estrea v. estref. à la parettroMe II, 291. Cfr. estre H. 

Estri V. estrif. Estroseement y. estros. 

Eitribot y. estrabot. Estrons v. estros. 

Sstrief v. estref. Estrousenient v. estros. 

Eitrier y. estref. Estmire v. enstruire. 

Eitrif, estri, s. s. et p. r. ettris 1, 193. Estmmant v. esturman. 

II, 60. 85. 350, querelle, dispute, Estmment t. enstruire. 

combat, bataille; peine, contrainte. Estms v. estros. 

La forme primitive de ce mot pa- Estnuser v. torser. 

raît avoir été estrit: Un compte i Estnde, estndie v. estudier. 

oth, près en Teslril (St. Léger. X.) ; Eitnâier I, 129. II, 155, étudier, 

le I a été remplacé par/*, par suite exercer, s^appliquer, mettre ses 

de Tinfluence du v intercalaire du soins; studere; estuide, estndie, 

verbe esirirer. Cfr. Diez I, 321, eitude I, 153. II, 177. 216, étude, 

note 2. A estrif^ à eitri, à Tenvi, application, soin; studium, 

avec vitesse, empressement. Dérivé Estai, estoi, étui ; diaprés Adelung, de 

de Tahal. strît, même signification. Tailmâ. slûche, étui pour le bras, 

Estriver I, 224. II, 97. 212, que- espèce de moufle, et aussi voile, 

relier, disputer, débattre, s*effor- De là estnier, estoier, mettre dans 

cer, soutenir, lutter, combattre; Tétui, serrer, garder, réserver, 

de Tahai. stritan, ancien norois Estnide v. estudier. 

strida; allmod. streiten, quereller, Estoier v. estui. 

etc. De là estrivement, querelle, Estnltie v. estout. 

dispute. Estnpe, estaper v. estope. 

Eftrique v. trique. Ettor v. estor. 

Eftriquet v tricoter. Esturman, esterman, estmmant (sUeres- 

Estris V. estrif. man dans G. Gaimar), pilote; du 

Estrin v. estref. holl. stuurman, anglo-saxon steàr- 

Estrivement v. estrif. man, anglais steersman, allmod. 

Eftriver v. estrif. steuermann, ib. , de steuer, steor, 

Estroer v. trau. etc., gouvernail, et man, homme. 

Estroit, estreit, étroit, serré ; de strictus, Esturmir v. estor. 

encore stroit dans les M. s. J. 494 ; Estuteier v. estout. 

de là, par T intermédiaire d*une Estuver v. estovoir. 

forme stricUare, estrecer, estreder, Esveiller v. veiller, 

estreohier Q. L. d. R. II, 209, étrécir, Esvertuer v. vertut. 

mettre à Tétroit, serrer, déprimer; Esyendier v. vuit. 



E8V 



154 



FAB 



Eivoilher v. veiller. 

EiTM II, 286. 

Eiwardeir v. garder. 

Eiwart y. garder. 

Et, e, cooj. n, 382. 

Etemans v. étemel. 

Etemel, etemani II, 184, éteruel; 
Mternalis; comp. ooetemanBlI, 184, 
coétemel; cooetemaliêf eomme le 
coaetemns de Tertollieii. 

EthyoMlogie I, 312, étymologie; ety- 
mologia; d'oh ethymologier, étymo- 
logiser. 

Ethymologier v. ethymologie. 

En de el, art. v. el. 

Ea pour el, pron. indét. y. al III. 

Enle, enlle pour elle I, 128. 

Enls, enli, enlx I, 131, de els. 

Enlf y. oes. 

Efir y. aur. 

Evre y. ore II. 

Enrer y. aûr. 

E&et y. aur. 

Edt, eux y. aïs. 

Eut y. oes. 

Ere, evet, términaisoii de Timparfait 
I, 218 et suiv. 

Ere y. aiguë. 

Eyeiehe y. evesque. 

Eveichie y. evesque. 

Ereske v. evesque. 

Evasqne, eyeike, evesohe, et, avec aphé- 
rèse, yesque, yeske, vetche I, 54. 
143. 271. II, 27, évêqae; de ept- 
scopus; eyesquiet, evesqiiie, eyesohie 
(cette forme en eh nous est restée 
à côté d^évêque), évêché; epitco- 
patus; comp. archeveske, arcevasque, 
aneyesk» 1, 156. 321. II, 50, arche- 
vêque; archiepiscopus ; archeveikiet, 
areeTesquie II, 336, archevêché. 



Eyasqnie, eyesquiet y. evesque. 

Ezempler y. exemple. 

Ewal, ewalement y. ewer. 

Ewerl, 56, égaler, comparer; de oe- 
quare; prov. equar, eguar; ewal, 
iwél, iy«l, égal, igal, igans I, 279. 
361. II, 96. etc., égal, pareil, sem- 
blable; de aequaiis; adv. ewale- 
ment, iganment, iyelment I, 188. 
260. 383, également; de là iganee, 
égalité; comp. deiigal, inégal; àm- 
gance, inégalité ; parigal, égal. Pour 
la forme cfr. aigne. 

Ewette y. es. 

Ez I, 131 de els. 

Ez y. oil. 

Ezamplaire y. exemple. 

Ezample v. exemple. 

Ezaper y. eschaper. 

EzeéUenœ I, 272, excellence, mérite; 
excelUniia, 

Ezeenter y. seyre. 

Ezeentor, ezeentonr y. sevré. 

Exemple, ezample, eisemple, eesample 
I, 105. 161. 307. II, 193, exemple, 
moralité; exemplum; de là s'ezem- 
pler, prendre exemple; essemplaire, 
ezaniplaire II, 364, exemple, mo- 
dèle; exemplarium , exemplare. 

Ezempler v. exemple. 

Ezil, ezill v. eissil. 

Eziller v. eissil. 

Ezpreiseir I, 95, exprimer, énoncer, 
représenter; de (exprimere) ex- 
pressus, 

Eztenmnation v. termine. 

Ezterminer y. termine. 

Eynglise v. église. 

Es, esle, ezles adv. II, 287. 

Esvos II, 286. 



P. 

Fable I, 7ô, fable, mensonge, inven- vb. fabler, fabloier II, 291, conter 

tion; de fabula; diminutif fablel, des fables, raconter, mentir, dire, 

fablians, petit récit, espèce de poésie ; parler; en espagnol hablar, d'où 



FAB 



155 



FAI 



notre habler, qui ne nons était pas 
nécessaire , puisque nous avions 
notre bon vieux mot; de foMari; 
fablerres, fableor I, 75, fabuliste, 
conteur, hâbleur; — de fahella 
dérive fitrele I, 301, discours, ba- 
vardage, flatterie, cajolerie; vb. fà- 
▼éler, favieler R. d. 1. V. 238, parler, 
s'entretenir, flatter, dire des dou- 
ceurs; également de fahularx, La 
lettre / de fahUy fahlel est quelque- 
fois transposée: flabe, flabel. 

Tllbkl V. fable. 

FMUeor v. fable. 

FftUer, fablerrw v. fable. 

TaUiftnB V. fable. 

FMUoier v. fable. 

Faoe I, 89, face, visage; de fades; 
vb. comp. effacer, propr. changer 
la face, rendre méconnaissable. 

EMeoa V. faire. 

Faohon v. faire. 

Fade II, 170, déplaisant, désagréable, 
dégoûtant; fatuus. 

FadMtnel v. faldestuel. 

Ffee, feie, fee II, 147. 16ô, espèce de 
démon ; femme à qui Ton attribuait 
un pouvoir surnaturel ; de fata, de 
fatum, Cfr. fatus dans Pétrone. 
De là faer, feer, enchanter, douer, 
part, faet, feeit, fae, fee, doué de 
vertus surnaturelles; de là faerie, 
enchantement. V. Schwenk. 

FSaar v. fae. 

Faerie v. fae. 

Faet V. fae. 

Fage V. feu II. 

Fagne v. feu II. 

Fidha v. fais. 

Faille Ben. I, 1181, torche, flambeau ; 
de factda, de fax; prov. falha, falia. 

Faillir, falir, fallir I, 331 et suiv., 
manquer, faire une faute, faire dé- 
faut , faire faute , perdre ou laisser 
échapper Toccasion, ne pas réussir ; 
de là faille II, 111, faute, erreur, 
fausseté, tromperie; sans faille I, 



170, sans faute, sûrement; à f tulle, 
en vain; faire faille vers qqn. II, 
23, lui fausser qqch. , lui manquer 
de parole; du part. prés, fidllance, 
fidlla&ohe, faute, manquement, er- 
reur; sans faillance II, 313, comme 
sans faille^ part. pat. empl. subst. 
failli, homme sans coeur ni hon- 
neur; comp. défaillir, défaillir, man- 
quer, commettre une faute, cesser, 
expirer; part. prés. I, 189 avec 
Tacceptlon de périssable ; estre de- 
failtans I, 190, manquer; d*ici de- 
faiUanef, défaillance, défaut; du vb. 
detàillement I, 332, défaillance, 
manque, défaut, cessation ; — entre- 
failUr Ben. 20705, entrefaillir. A 
la fin du Xnie siècle, on trouve 
rinfinitif faudre formé sur le futur 
avec d intercalaire. D*un réitératif 
roman de fàllere, failitare, que les 
Italiens ont dans faltare, les Es- 
pagnols et les Portugais dans fal- 
tar, on forma le subst. faite, faute, 
faute, manquement, lacune; d'où 
deffaute, defaate II, 243 fém., omis- 
sion, manquement, défaut (aujour- 
d'hui masc.) 

Faim, s. s. fains I, 79, féin I, 283, 
faim; prov. fam; de famés; de là 
famine II, 219, famine; afameir, 
aluner I, 265. II, 57, affamer; fa- 
meilloe, famiUens, affamé; de famé- 
licus ; d'où le verbe familier II, 174, 
avoir faim, être affamé. 

Fain v. foen. 

Faindre v. feindre. 

Faine, aujourd'hui, avec ou radical, 
fouine; du goth. faih, varius; anglo- 
saxon fàhy varius, pictus, discolor, 
rntilans, fâg, versicolor, variabilis, 
fâgian, variare, rutilare; ancien 
norois fâ, ornare, pingere, polire. 

Faîne, faîne v. feu II. 

Fains v. faim. 

Faiatise v. feindre. 

Faire, fare, fere, faire II, 156 et suiv. 



FAI 



156 



FAI 



Où s'est étonné qu'en parlant de 
ce verbe, je n'aie pas distingué 
faire signifiant dire^ de faire = 
facere. C'est que je n'admets pas, 
comme on le fait ordinairement, 
un verbe faire dérivé de fari. Faire 
= dire est pour facere verba; et, 
s'il restait quelque doute à ce sujet, 
voici un exemple qui prouvera l'i- 
dentité de faire dans toutes ses 
acceptations : Geste prendra la grue 
au ciel, | Pesaient il, par ataïne. 
Ruteb. II, 16Ô. Comme fesoîent est 
et ne peut être que l'imparfait de 
faire = facere, de même fait^ fit, 
en pareil cas, sont le présent et le 
parf. défini de ce verbe. — Faire à 
cum- infinit. II, 167; faire que suivi 
d'un nom II, 168 ; si fait, oom fait 
II, 292 ; eissî, isn, ensi, n faitei&eQt, 
oom faitement, faiterement II, 292. 
Subst. fût, s. s. et p. r. faii, falB 
si, 70. 220. II, 379, fait, action, 
acte;^ factum. Faeiende, affaires; 
plur. de faciendum. Faiteor I, 228, 
créateur; factor, Adj. dér. faitis, 
iàitiwe, faitice, beau, bien fait, 
agréable. Faceon, faion, faohon I, 
153. 340. II , 378. R. d. 1. V. 262, 
forme, figure, image, face, visage; 
façon; de factio, le faire, ce qui 
est fait, créé; cfr. Rayn. L. R. III, 
267, faisso. Faitnre, façon, tour- 
nure, ouvrage, création; factura, 
Comp. afaire, afeire I, 335. 345. 
358, affaire, état, condition; com- 
posé comme avenir, pourboire, etc. ; 
il resta masc. jusqu'au XVIIe siècle; 
^^ bienfait, bienfet, bienfait; bene- 
factum; bienfetor, bienfaiteur; bene- 
factor; bénéfice II, 360, bienfait, 
avantage, bénéfice; beneficium; — 
contrefaire II, 169; (estre) contre- 
fait, difforme, monstrueux; dont on 
trouve un curieux exemple dans un 
commentaire sur le Talmud (Cholin 
fol. 77), fait par le rabbin Salomon 



Ben Isaac, contemporain de Gode- 
froy de Bouillon, et qui vivait à 
Troyes; desfaire, deffaire, défaire 
II, 170 ; défaire pour deficere, man- 
quer, faire défaut, ne pas compa- 
raître; V. DC. defectus; deafaotinn, 
desfaciim, desfaçnn II, 35. 178. Q. L. 
d. R. 262 , destruction , mutilation ; 
mètre à des faction, . perdre, dé- 
truire ; — forsfaire, forfaire II, 169, 
foris facere; forfait, excès, délit 
punissable, amende, peine; foris- 
factum; forfait Ben. 7309, mal- 
faiteur, coupable; forisfactus; for- 
faiture, tort, faute, amende, saisie, 
confiscation; — malfaire, manfaire 
11,170, maie facere; malfait, malfet, 
manfet, méfait, méchanceté; male- 
factum; malfait, malfét, manfet, 
manfell, 366, diable, monstre, bête 
féroce: Maufet^ dit DC. , dicantur 
scriptoribus vernaculis medii aevi, 
quasi malefici, vel potius malefacti, 
quod turpi et putida ut plurimum 
figura donentur, unde efficta post- 
modum etiam hodie in usu vox 
Mauvais, qua res quaepiam mala 
denotatur; — meafaire, meffaire II, 
170, méfaire, offenser, devenir ou 
rendre criminel; mesfait, mesfet, 
meffait I, 377. 379. U, 130. 208. 
365, méfait, offense, crime; — par- 
faire II, 171; parfeit, parfit I, 58, 
parfait ; per/ec^tis ; adv. parfeitement, 
parfitement I, 208. 263, d'une ma- 
nière parfaite, accomplie, achevée, 
complètement; perfection I, 332, 
perfection; perfectio; imperfection 
II, 8, imperfection; — refaire II, 
171; — sorfait, hautain, arrogant, 
exagéré; sobst. excès, arrogance. 

Fais v. faire. 

Fais, faihs, fes I, 305. 313. II, 143, 
botte, faisceau, charge, fardeau, 
poids, force, embarras, travail; se 
mètre à fais, prendre à tâche, se 
charger de qqch. ; à fais II, 19. 23, 



FAI 



157 



FAM 



pesamment, lourdement ; à un fais^ 
en un monceau, en masse. Dérivé 
de fascis. De là les mots /Vns- 
ceau, fascine, affaisser, 

Faiaan I, 191, faisan; phasianus. 

Fainer v. faisser. 

Fainer, laissier, fainer, bander, panser 
une plaie; de fascio, de fascia; 
prov. faissa, ital. fascia. Ce mot 
s^employait aussi en terme de bla- 
son, fascé, R. d. C. d. C. p. 38. 

Fainier v. faisser. 

Faute, foûite, pois feiste, fcûste, feste, 
faîte; fastigium. 

Fait V. faire. 

Fait (siy com) v. faire et II, 292. 

Faîte T. faiste. 

Faitement (si^ com) y. faire et II, 292. 

Faiteor v. faire. 

Faiterement v. faire et II, 292. 

Faitice v. faire. 

Faitia, faitiise, v. faire. 

Faitnre v. faire. 

Fais V. faire. 

Faleheison v. faus. 

Faloon, faucon, falcnn I, 90. Il, 253, 
faucon; de falco (Serv. ad Virg. 
Ae. 10, 146), de faix, faux, à cause 
des pieds fortement recourbés de 
Toiseau; de là fàaoonier I, 396, 
fauconnier, etc. Aussi sous la forme 
làuc Ben. I, 2070. II, 9559. 21401, 
faux s. s. Agolant p. 61. 

Falcon v. falcon. 

Falde Q. L. d. R. I, 93, faude, parc ou 
lieu fermé de claies, principalement 
à Tusage des brebis, bergerie ; voy. 
DC..8. V. falda; de Tanglo- saxon 
fald, angl. fold, ib. 

Faldeetoed v. faldestuel. 

Faldeetnel, faudeitaeil, fadestael I, 321, 
faldeitoed, faudeetnef O. d. D. 4855, 
fauteuil; de Pahal. tallsiuoï, fait' 
stuoï, siège pliant, fauteuil ; de /a/- 
tan, plier, et stttol, siège. Le fau- 
teuil était un siège pliant, garni 
de sangles, et recouvert d*étoffe, 



ayant un dossier composé de même 
et des accotoirs ; ce siège était spé- 
cialement destiné aux cérémonies 
publiques. 

Falorde, fàlonrde R. d. Ren. III, 30, 
conte fait à plaisir; falorder, £a- 
lourder, tromper, duper ; se falorder, 
se moquer. Falourde signifie au- 
jourd'hui gros fagot de bois à brû- 
ler, et vient, selon Nicot, de faix 
lourd. Le falorde ici en ques- 
tion est identique pour la forme; 
mais, supposé la vérité de Topi- 
nion de Nicot, je doute qu'il soit 
identique dans son origine, parce 
que les anciennes orthographes de 
faix se montreraient quelque part. 
Le premier membre de la compo- 
sition dans balourd et dans son 
synonyme badaud est ba, du verbe 
baer, et Ton pourrait dériver fa- 
lorder de fare et lord, c'est-à-dire 
faire lourd, rendre sot, duper. Cfr. 
le breton lourder, de lourd, être idiot. 

Falorder v. falorde. 

Falourde v. falorde. 

Falourder v. falorde. 

Fais, fax, fans, false, fanse I; 62. 100. 
II, 376, faux, trompeur; falsus; 
adv. falsement, fansement, injuste- 
ment, avec fausseté; falseteit, fau- 
sete, fausseté I, 313. 314. II, 97. 
121, fausseté, perfidie; falsilas; 
falser, fanser I, 263. 385. II, 16, 52, 
tromper, manquer à sa parole, dé- 
clarer faux, appeler de qqch. ; plier, 
rompre; de falsare (falsus). 

False, falsement v. fais. 

Falser v. fais. 

Falseteit v. fais. 

Faite V. faillir. 

Falae I, 396, conte fait à plaisir, 
tromperie. Ce mot étant à la rime, 
il est difficile de dire si c'est là sa 
véritable forme; mais en tout cas 
il tient à fallere^ tromper. 

Famé, fàmme y. feme. 



FAM 



158 



FAU 



FamaUlos v. faim. 

Famete v. feme. 

Familier v. famille. 

Famille, famille; familia; familier I, 
147, qui est attaché au service de 
qqn.; ami, conseiller; familiaris. 

Familier v. faim. 

Famine v. faim. 

Fandre v. fendre. 

Fanon, ornement d'autel, tapis, rideau, 
bandelette au bras du prêtre; DC. 
fano; de Tahal. fano, linteum, ve- 
xillum, goth. fana, ^axoç, aov- 
Jcé()iov. 

Fantoime, chose extraordinaire, conte, 
fable, chimère; de fantasma; de 
là enfantomer, ensorceler, enchanter. 

FaJm, faSner v. feôn. 

Faenner y. fedn. 

Fard, fard ; farder, farder. Mot d*ori- 
gine allemande: il tient au verbe 
ahai. farwjan, teindre, colorer, par 
Pintermédiaire du participe (à cause 
du d final) gifarwit (gi^rge de 
rallmod.) 

Farder v. fard. 

Fare v. faire. 

Farine, ferine I, 403. Il; 54, farine; 
farina. 

Faubourg. Je place ce mot à part et 
sous sa forme actuelle, parce ^u'il 
a donné lieu à de nombreuses dis- 
cussions. M. Génin, qui décide tout 
d'un trait do plume, prétend que 
faubourg est faux, vu qu'il n'y a 
rien de faux dans un bourg. Et 
pourquoi faux^hourg ne pourrait-il 
pas s'expliquer par faltus-burgiu, 
c'est-à-dire le bourg impropre, ce 
qui n'est pas proprement la ville, 
comme on dit une fausse clef, du 
faux bois? On a dit autrefois, pré- 
tendez-vous, fors-bourg, horê-bourg^ 
c-à-d. foris^urgut, ce qui est situé 
hors du bourg, et vous en concluez 
de suite que notre fau est pour 
fors, et que „le8 gens qui écrivent, 



abusés par leur oreille „ et leur 
ignorance" (1) , ont commis la bévue 
de prendre Pun pour l'antre.'' Oui, 
on a écrit quelquefois fors -bore, 
et les Picards disent encore for- 
bourg; mais les Wallons leurs voi- 
sins disent fâbor^ fâbour (fâ=faux), 
et fors n'aurait jamais produit fâ 
dans leur dialecte; de plus, il n'y 
avait aucune raison euphonique pour 
changer fors en fâ ou en fau. Les 
deux explications étant fort logi- 
ques, quoi qu'en dise M. Génin, et 
la forme ne permettant pas d'ad- 
mettre faux = fors, au moins pour 
qui n'est pas habitué à faire des 
tours de passe-passe dans l'étymo- 
logie, il faut en conclure qne fau~ 
bourg équivaut à falsus burgus et 
qu'on a perdu fors bourg. 

Fane v. falcon. 

Fanchaiion v. faus. 

Fanchart v. faus. 

Faaeheor v. faus. 

Fanohier, fauchierres v. faus. 

Fanchon v. faus. 

Faneon, fanoonier v. falcon. 

Fande v. falde. 

Faudeatnef v. faldestuel. 

Fandeetueil v. faldestuel. 

Fankier v. faus. 

Fans, fou V. fol. 

Fans, fanie, faux v. fais. 

Faus, fauz II, 45, faux; faix; de là 
fanchier, faukier, fander I, 89. II, 
272, faucher; d'où fanohierrei, fan- 
oheor I, 77, faucheur; fàloheison, 
fanohaîion, récolte des foins. C'est 
également de faix que dérivent 
fanohon, fanohart ou fauMart, espèce 
d'épée en forme de faux; cfr. DC. 
falcastrum, fancho et Roq. s. v. 
Faucille de falcula (falcilla). 

Faniement v. fais. 

Fauier v. fak. 

Fanaete, faunete v. fais. 

Favmart v. faus. 



FAU 



159 



FEl 



Fante ▼. faillir. 

Fantre v. feltre. 

Fauve, de coulenr fauve ; fanvel I, 242, 
ibid.; surtout en parlant des ani- 
maux. V. Roquef. s. v. fanvel ; Bom. 
d. Ben. IV, p. 159, note. De Tabal. 
falo, gen. falewes, (Les adjectifs 
qui, sans la désinence, se terminent 
par une autre voyelle que i, prennent 
un 10 devant la désinence, dans 
Tahal. et rallmâ) 

Fanvel v. fauve. 

Faux V. falcon. 

Fani V. faus. 

Farele v. fable. 

FaT«l«r, itmekat v. fable. 

Favine v. feu II. 

Fax, fou V. fol. 

Fax, faux v. fais. 

Faion V. faire. 

Féal, fealment v. fedeil. 

Fealte v. fedeil. 

Feaal, feanles v. fedeil. 

Feanmeiit v. fedeil. 

Feans v. fedeil. 

Feante v. fedeil. 

Fedeil, féeil, Isel, feil, féal, feanl, M- 
aul, foial, s. s. et p. r. féeiu» féans, 
feians, feof , fidèle, lojal, vrai; de 
fidelis. T. I, p. 100, on trouve le 
s. s. masc. feaulei. Employé subst., 
il signifiait vassal, sujet» féal. De 
là feelment, feiaument , feemne&t, 
fealment, feamnent, feolmeiit I, 223. 
404. II, 15, fidèlement, loyalement. 
Feelteit, feelte, fealte, feante, fêlante 
II, 370, fidéUté, loyauté, devoir du 
vassal envers son suzerain; de 
/idelUat, Cfr. fiance, fit, fait, 

Fee V. fae. 

Feell V. fedeil. 

Feeit V. fae. 

Feel, fsélmeiit v. fedeil. 

FMte, fieltflit v. fedeil. 

Fe«r V. fae. 

Feenment v. fedeil. 

Feens v. fedeil. 



Fei, foi V. foit. 

Fei V. t. II, p. 293. 

Feiaul v. fedeil. 

Feiaument v. fedeil. 

Feians v. fedeil. 

Feiaate v. fedeil. 

Feid V. foit. 

Feie, fée v. fae. 

Feie v. t. H» p. 293 et Glos. s. v. voie. 

Feiee v. t. II, p. 293 et Glos. s. v. voie. 

Feignant v. feindre. 

Feil V. fedeil. 

Feimenti v. foit 

FelA, foin v. foeu. 

Fein, faim v. faim. 

Feindre, faindre II, 237, hésiter, dis- 
simuler, déguiser, feindre, tromper; 
avec le pron. se: se faire passer 
pour, se cacher, se ménager, tra- 
vailler nonchalamment; le part. pas. 
s'empl. dans Tacception de se feindre, 
pour négligent, paresseux: Son 
chaceor forment somont, | Et de 
verge et d^esporon, | Et nel trova 
faint ne félon (P. d. B. 686-8); et 
c*est de la même source que nous 
vient le mot populaire ftàgmant 
(part, prés.), homme paresseux, mais 
qui a encore la pudeur de ne vou- 
loir pas laisser apercevoir son vice 
et qui se feint de travailler; autre- 
fois faignant signifiait un homme 
timide, un homme qui hésite, sans 
toutefois être lâche. De là fainte, 
feintie, feinte, dissimulation » dé- 
guisement, faux-semblant > trompe- 
rie; feintiie, fàintiie, foiatiw 1, 101. 
160. 326, dissimulation, dégnise- 
ment, tromperie, ménagement, non- 
chalance. 

Feinte v. feindre. 

FdAtie v. feindre. 

Fflintise v. feindre. 

Feire, faire v. faire. 

Feire, foire v. foire. 

Fflirte V. faïste. 

Feil, foi V. foit. 



FEI 



160 



FEO 



Feii V. voie et II, 293. 

7él, s. s. fens, feiil I, 67. 74. 293. 
338. 352. II, 235. 273, cruel, im- 
pitoyable, pervers, perfide, furieux ; 
subst. scélérat, parjure, traître, re- 
belle. Ordinairement fel se décli- 
nait de la manière suivante: s. s. 
feli, s. r. et p. s. félon, p. r. félons; 
cependant on se servit, mais abu- 
sivement, de félon au s. s. ou de 
fel à tous les cas. De fel, fekm, 
on avait le féminin felonesse, et 
plus souvent feleneaie II, 19. Adv. 
felonenement, felenesiement I, 197. 
II, 3, méchamment, cruellement, 
avec trahison, avec outrance, avec 
fureur, injustement; avec vigueur, 
fortement. Félonie, félonnie, fellonie, 
lUenie, félonie, felonnie I, 46. 227. 
296. 355. II, 372, félonie, trahison ; 
colère, cruauté, vigueur. On a dé- 
rivé ce mot de Tanglo- saxon fell^ 
méchant, cruel; mais, à ma con- 
naissance, fell ne se trouve nulle 
part dans les anciens textes. L'ahal. 
a fUlan, écorcher, battre; il a pro- 
bablement eu un substantif corres- 
pondant fUlo, flagella^ur, etc., qui 
serait la racine de notre fel, Voy. 
d'autres mots de la même famille 
^ans Dief. G. W. 1 , 377. 

FelemoMe v. fel. 

FétenoMement v. fel. 

Félonie v. fel. 

Follon, fellonie v. fel. 

Félon, félonie v. fel. 

FdopMi emo nt v. fel. 

Féknmie, fdnnie v. fel. 

Féttre, feutre, fàutre, feutre, tapis, 
partie de la selle; Imâ. filtrum; 
de Tahal. fih, anglo-saxon felt, 
avec r additif; de là afiftltrer, afni- 
trer, alaatrer II, 324, équiper, har- 
nacher, s*appuyer, se joindre; d'où 
deialàatrer U, 388, déharnacher, 
mettre hors de selle, perdre la selle. 

Femlirier v. femier. 



Feme, femme, famé, famme I, 46. 101. 
124, femme; femina; dim. famete 
I, 99, petite femme. 

Fonder I, 250, fembrier, fumier; de 
fimus. Dans la forme moderne Vu 
a remplacé Te, qui était plus cor- 
rect. Cfr. fumelie pour femelle. 

Femme v. feme. 

Fendre, fandre II, 244. 266, fendre, 
crever ; findere ; comp. porfendro II, 
102, pourfendre. 

Fenestrage v. fenestre. 

Fonestre, feniestre 1, 160. 329. II, 127, 
ouverture, fenêtre; boutique, parce 
que, dit Roq., les boutiques n'étaient 
point ouvertes comme à présent, 
on vendait au travers des fenê- 
tres, et le chaland restait dans 
la rue ; armoire, tabernacle d*autel ; 
fenestra; dimin. fenestrele I, 99; 
fenestrer, pourvoir de fenêtres ; faire 
le galant sous les fenêtres de sa 
maîtresse; part. pas. souvent aussi 
taillé, découpé, en parlant des ha- 
bits; fenestrare; de là fenestrage, 
drçit d'étalage pour les marchan- 
dises; exposition des armes avant 
les tournois, afin de connaître les 
combattants et d'empêcher de tour- 
noier ceux qui se seraient rendus 
indignes de cet honneur. Cfr. DC. 
fenestrare, fenestragium. 

Fenestrele v. fenestre. 

Fenestrer v. fenestre. 

Feniestre v. fenestre. 

Fenir v. fin. 

Feohnent v. fedeil. 

Feon, par changement de l'e en a, 
faon, faon, mais, dans l'ancienne 
langue, on donnait ce nom à tons 
les petits des animaux ; faoner, 
faoner, faonner, mettre bas, faire 
des petits, produire, engendrer, 
croître. De fétus, avec la termi- 
naison dérivative on; dissyllabe à 
cause de la syncope du t. 

Feëner v. feon. 



FEO 



IGl 



FER 



Feor y. faer. 

I. Per, fier I, 106. II, 212. 308, fa- 
rouche , sauvage , vigoureux ,> fort, 
cruel, féroce; férus; âdv. fièrement 
I, 288. 327, d'une manière farouche, 
sauvage, cruelle, vigoureusement, 
fortement; de là ferain, farouche, 
dur, cruel; fere, bête sauvage, fé- 
roce; fera; fierté, férte I, 255, 369, 
naturel farouche, humeur sauvage, 
cruauté, barbarie, sévérité; fierté, 
faste, pompe ; feritas. Notre verbe 
effarer est dérivé d*une nouvelle 
formation dé férus , et non &effe- 
rare; cfr. farouche de ferox pour 
Va radical , et le prov. esferar. 

II. Fer, fier I, 52. 86. II, 249, fer, 
arme ; ferrum ; de là ferrer, ferrer ; 
frète, contraction de ferete, anneau, 
bande de fer; d'où frété, entouré 
de bandes, bardé, croisé, entrelacé, 
galonné. V. ferrant et vesfir. 

Ferain v. fer I. 

Fere, bête féroce v. fer I. 

Fere, foire v. foire. 

Fere, faire v. faire. 

Fereis v. ferir. 

Ferer v. foire. 

Ferine v. farine. 

Ferir, ferre I, 336 et suiv. , frapper, 
combattre; se ferir ^ s'élancer., se 
jeter avec impétuosité; de là fsr- 
reis, fereis, coup, l'action de frapper, 
choc, combat ; comp. referir I, 336, 
frapper à son tour, de nouveau; 
entreferir I, 336, entrefrapper, entre- 
choquer; aferir, afferiri, 336; d'où 
raférir. 

Ferm II, 160, ferme; de /irmtis; adv. 
fermement I, 177. 232, fermement; 
de là ferme, subst. ferme, fermage, 
demeure; fermail, fremail, boucle, 
agrafe, crochet qui reçoit le ver- 
rou; fermaiUe, fremaille II, 162, 
enjeu, promesse, traité, accordaille: 
femietet, fermeté, firmete I, 149. 
372. II, 195, assurance, forteresse; 

lUirgny, langue d^oïl, Glnssnirc. 



souvent contracté en ferte (cfr. in- 
fermete), Imâ. firmitas. De firmare, 
fermer, fremer II, 262. 343, pro- 
mettre, assurer avec serment, con- 
clure; affermir, fixer, attacher; fer- 
mer, fortifier une ville, un château ; 
d'où refermer, refremer 11^ 32. 381, 
refaire, rebâtir, reconstruire; re- 
fermer; comp. afermer, afremer I, 
66. 155. II, 204. 295, affermir, con- 
solider, rendre ferme et stable, af- 
firmer; lat. affirmare; confezmer, 
eonfrumeir I, 191. 128. 386, con- 
firmer, affermir, établir; lat. coft- 
firmare; d'où aoonfermer II, 52, 
confirmer; — desfermer, deaframer, 
deffiremer I, 403. R. d. 1. V. 93, 
ouvrir, ébranler; enfwmer I, 358, 
enfeimer. 

Fermail, fermaille v. ferm. 

Ferme, fermer v. ferm. 

Fermement v. ferm. 

Fermeté, fermetet v. ferm. 

Fermillon v. frémir. 

Ferrant, auferrant, gris (des hommes 
et des chevaux), gris de fer; cheval 
blanc ou gris; plus tard cheval de 
bataille. DC. dérive ferrant de 
l'arabe faras, eqnus generosus (s. v. 
farius, cfr. ferrandus), d'où (façt^sç, 
dans la basse grécité, et avec Par- 
ticle arabe al faras: ferrant, im* 
ferrant ; on dériva l'adjectif de la 
couleur de ces chevaux. La forme 
repousse cette dérivation, et le sens 
ne s'y prête guère. Raynonard, 
Lex. R. VI, 24 place avec raieon 
ferrenc — ferrant à l'article • fer, 
ferrum (cfr. Diez II, 306. 7); mais 
il a eu tort d'en séparer alfemnt 
II, b^ = auferrant, ou al est simple- 
ment une apocope de alb = albus, 
comme on trouve blanc ferrant. 

Ferre v. ferir.' 

Ferreis v. ferir. 

Ferrer v. fer. 

Feirte, cruauté; v. fer I 

11 



FER 



162 



FIA 



Ferte, assurance v. feriu. 

"FetUm II, 158, châsse, reliquaire; 
feretrum (fp^QSTQOv). 

Ferrastir v. vestir. 

FflrvorI, 151, ferveur, ardeur; fervor. 

Fet V. fais 

Feite, faîte v. faïste. 

FMto I, 69, cour, assemblée, festin, 
fêta; foire, marché privilégié : festum ; 
dim. tetalete II, 161, jeu; vb.feitor, 
f«ftiar I, 406, festoyer, régaler, faire 
fête, jouter; ne rien faire; ftsti- 
v«tet, festivete, solennité, fête, ré- 
puissance; festivitas; fwtif, fettive, 
qui a rapport aux solennités, aux 
grands jours; — festival, fettivans 
I, 103. II, 196 de fête, solennel; 
nouvelle formation adject. sur le 
radical fesliv. 

Fettelete v. feste. 

Feiter, fettier v. feste. 

Féttif V. feste. 

FMtival V. feste. 

Fwfeivftai V. feste. 

FMlim V. feste. 

"Fmtàfte V. feste. 

Fwttt II, 147. 249, fétu, paille; de 
feaêucu* Imâ. pour festuca, prov. 
feetuc; ital. festnco; — rompre le 
fesiu, quitter, abandonner qqch., 
se brouiller, rompre une alliance. 

I. Feu, fti, fou I, 25. 142. II, 34, 
fea, foyer; focus; de là fénage, 
Itiuiga, droit qne le seigneur levait 
sur chaque feu (maison); propr. 
f§ea(fHtm; fonier, foyer; prov. fo- 
..gnier, foguairo; propr. focarium; 
Hpae*, fDoace, fouace; propr. foca- 
eûi; iSmiee, chauffage, fagot, bour- 
rée ; propr. focata. Fusil, morceau 
d'âcier servant à faire du feu, quand 
on le bat avec un caillou, puis arme 
à feu, se rapporte également à fo- 
cus, ital. focile; foiiiiis s. s., où le 
second « = /, P. d. B. 5066. Voy. 
Dd. fugillus. 

n. Feu, fo R. d. l. V. 55. Bert 48, 



hêtre; de fagus; fage, fagne, lieu 
planté de hêtres; de fageus (adj.); 
favine, faîne, faine; de faginus 
(adj.). Outre faine, il nous est reste 
de cette famille le nom vulgaire 
du hêtre, dérivé foyard. 

III. Feu, feu, défunt. Ménage, dans 
ses Observations sur la Langue 
frfinçoise, 2 part. 67 chap., a traité 
longuement de Torigine de ce mot 
et combattu ceux qui le dér. de 
/iHf. Il prétend que feu v|ent de 
felix. Le Duchat a déjà prouvé 
que Ménage se trompait, en faisant 
la simple remarque que „le8 no- 
taires de quelques provinces disent 
encore au plurier furent, en par- 
lant de deux personnes conjointes 
et décédées*. Cet usage de fur6;nt 
est ordinaire dans Tancienne langue. 

Feu, fief v. fieu. 

FeuageV feu. 

Feuille v. fuell. 

Feul v. fel. 

Feur V. fuer. 

Feus, cruel v. fel. 

Feus, iidèle v. fedeil. 

Feutre v. feltre. 

Fevre, lièvre v. fièvre. 

Fevre, ouvrier, artisan, forgeron, tail- 
landier, maréchal, sermrier; de 
faher; fevres forjaiM Q. L. d. R. I, 
44, faber ferrarius. Ce mot 8*est 
conservé dans orfèvre = aurifaber. 
Forge, qui signifiait fabrique, con- 
struction, dérive de fabriea, o — 
av — au; foxgiar, ftixgier II, 75, 
fabriquer, forger; de fdhricart, 

Fevroe v. fièvre. 

Fi V. fit. 

Fianee II, 388, serment de fidélité 
que le vassal doit à son seigneur, 
promesse de mariage, foi, confiance, 
gage, promesse, engagement, certi- 
tude; de /ideniia; de là fiaaeoa, 
plein de confiance, certain; flanfler, 
fiaaehiar II, 338, promettre, ga- 



FIA 



163 



FIE 



rantir, engager sa foi, prendre des 
gages; d'où afiaaoor II, 228, con- 
firmer par sa foi, par nne pro- 
messe, rassurer; desflaneer (se) II, 
312, sortir de Tobéisçance, cesser 
d*être vassal. Cfr. foU, fit, fedeil. 
Fiance est le simple de notre mot 
confiance. 

Fianeer, fianchier v. fiance. 

Tianeot v. fiance. 

Relier, fichier, fider II, 278. 313, 
placer, fixer, arrêter, attacher, clouer, 
enfoncer, appliquer ; ficher en terre, 
enterrer; comp. aficher, aflcdder, 
aficier, publier, enseigner haute- 
ment, affirmer, certifier; fixer, ficher, 
arrêter, poser, affermir; s* aficher, 
s'appuyer, se fixer, s'obstiner, s'ef- 
forcer; de là aflche, afice, boucle, 
agrafe, ornement; aflcheement, afi- 
chiement, affirmativement, sans ré- 
serve ; fixement; esfielier 1, 52, fixer, 
poser, affermir ; Imâ. fixire, affixire. 
Nos mots sont des dérivés de fiffere^ 
affigere , par T intermédiaire d*un 
fréquentatif figicare^ qu'il faut sup- 
poser pour la forme. Cfr. vellicare 
de vellere, et crucifier s. v. crois. 

Fichier, fioier v. ficher. 

Fie, fief v. fieu. 

Fie v. t. II, p. 292. 3 et Glos. s. v. voie. 

Fied V. fieu. 

Fieda v. t. II, p. 293 et Glos. s. v. voie. 

Fiée v. t. II, p. 293 et Glos. s. v. voie. 

Fief, flefe v. fieu. 

Fiefer v. fieu. 

Fieie v. t. II, p. 293 et Glos. s. v. voie. 

FieuMAt V. fit. 

Fien v. foen. 

Fiens II, 219. 389, feins Q. L. d. R. 
379, fiente, fumier; prov. fem; de 
fimus. A côté de ce fiens, on 
trouve fiente I, 357. II, 358, fiente, 
excrément; prov. fenta, fenda; oatal. 
fempta ; anc. esp. hienda ; qui, comme 
cela devrait être pour la forme, ne 
peut guère venir de fimitua pour 



fimëtum, car régulièrement on au- 
rait en fimaie ou fetnaie. 

Fiente v. fiens. 

Fier, fier v. foit. 

Fier, farouche v. fer I. 

Fier, fer v. fer II. 

Fierce, fierge Ben. II, p. ôlô, à la note, 
dame, reine, la seconde pièee dee 
échecs; Imâ. fercia; du persan fènby 
général. De fierge on fit, pair cor- 
ruption, vierge, d'oà dame, puis reine. 

Fièrement v. fer I. 

Fierge v. lierce. 

Fierté v. fer I. 

Fies V. fieu. 

Fieu I, 172, feu II, 96, fin I, 221, 
formes dont Vu se permuta 4tk f, 
d'où fief (fies), fied (fiei) I, 97, par 
rinfiuence de feodum v. plus- bas, 
fie I, 124, fief, hommage; d*où 
fiever, fiefer P. d. B. 463, donner 
en fief, inféoder, recevoir comme 
vassal; fieve, fiefé, possesseur d'un 
fief, contrat, bail d'héritage en fief; 
fieTet Cfievei) I, 49, feudataire. Ces 
mots se retrouvent exactement à 
l'état de composé dans le lombard 
fader-fio, bien, héritage paternel; 
goth. faihu, biens, richesses, effets, 
etc.; ahal. fihu, ib. (rare), bétail; 
ancien saxon fehu, ib.; etc. Voj. 
Diefenbach G. W. 1 , 350. Ainii 
l'idée primitive de notre mot ett 
richesse. Quant à feodum, feudum 
de la basse latinité, dont oo a formé 
les mots féodal, féodalité, etc., 
M. Diefenbach trouve avec raison 
que la dérivation de fihu^ôd (ôd = 
propriété) est forcée. Feudum est 
simplement feu latinisé, feumm avec 
d intercalaire. Il est bon de re- 
marquer que, dans la racine, Vu 
était terminaison; mais les peuples 
romans ne le considéraient plus 
comme tel. 

Fieye, fiefer v. fieu. 

Fievet, fieves v. fieu. 

11* 



FIE 



164 



FLA 



Tievre, fevre II, 116, fièvre: febris; 

adj. febroB, fievros II, 15, fiévreux. 
Fievros v. fièvre. 
Fiez v fil I. 

lies v. voie et t. Il, p. 203. 
Fies V. fi en. 

Fige II, 345, figue; ficus. 
Figure I, 263, forme, aspect, visage; 

figure, symbole; figura; figurer I, 

66, figarer, représenter; figurare; 

comp. défigurer, deffignrer II, 195. 

198, défigurer, déformer, changer 

de figure. 
* Figurer v. figure. 

I. FH, s. s. et p. r. fils, fiue, fix, fiez 

I, 92, fils, enfant; fUxut; dim. fillol 

II, 140, filleul; filiolus; fiUe, fille; 
filia; dim. fillole, filleule; filiola; 
filketre P. d. B. 299, beau-fils, fils 
d'un antre Ht, gendre, bru; cfr. 
Roq. et Diez I, 13 filittster. . 

II. Fil II, 228, fil; filum; dim. filet 
I, 134, petit fil, filet; vb. filer II, 
135, filer; comp. afiler, se former 
en fil ou filet; affiler; enfiler II, 
135, enfiler; parfiler, porfller, par- 
filer. Le subst. file f. est de la même 

' racine; vb. filer, comp. défiler^ d'où 
le subst. défilé, chemin étroit. 

Filer v. fil II. 

Filet V. fil II. 

FiBastre y. fil I. 

Fille T. fil I. 

Flllol, fillole V. fil I. 

FQi y. fil I. 

Fin I, 60. 177, fin, borne, limite^ con- 
cinsion, paix, accord; finis; finer, 
fenir I, 339, le premier de finare, 
nonyelle dérivation romane dq finis, 
Tautre de finire, finir, terminer, 
achever, cesser, mourir; et, tou- 
jours ayec la forme de la Ire conj., 
financer, payer I, 340, c-à-d. finir, 
conclure une affaire; de làfinanoe, 
fin, convention, conclusion; — paî- 
ment, amende, argent; finement, 
fin; — fin, e I, 130. II, 243, pur. 



parfait, fidèle, sincère, sûr, fin; 
abrégé de finitus, accompli, parfait ; 
et non pas dé Tallem. fein, comme 
on Ta avancé, tandis qu'il aurait 
fallu dire le contraire ; cfr. Schwenk 
D. W. s. V. fein ; le latin et le grec 
perfectus, r^kéioç; — comp. aliner, 
afenir, approcher de la fin, achever, 
terminer, mourir — ; et, toujours 
avec la forme de la Ire conj.. ar- 
rêter, apurer un compte — épurer, 
affiner — tromper avec finesse (d'où 
notre raffiner) -— atfinite II, 352, 
affinité, et avec le sens de affinis, 
pays limitrophe; affinitas; — de- 
finer I, 340. II, 82, d'où definement 
I, 252, fin, terme, achèvement; — 
defin, fin; — parfin, fin, parfin; à 
la parfin I, 284. 300. II, 315, à 
la fin, pour la conclusion. 

Finance v. fin. 

Finement v. fin. 

Finer v. fin. 

Firmete v. ferm. 

Fis y. fit. 

Finoien v. fisique. 

Fisique II, 60, science et art de la 
médecine; physica; fiâeien, méde- 
cin; propr. physicianus; cfr. Roq. 
s. V. fisicien; prov. phizician, an- 
glais physician. 

Fit, fi (fiz, fis) I, 245, certain, as- 
suré, plein de confiance, convaincu ; 
fiement S. d. S. B. 548, Ruteb. II, 
257, avec confiance; de fidus; de 
fit, de p, certainement, en toute 
certitude, en toute sûreté; comp. 
afî II, 225, confiance, conviction. 
Cfr. foit, fedeil, fiance, 

Fiu y. fieu. 

Fin» V. fil I. 

Yîx y. fil I. 

Fis V. fit. 

Flael, flaial I, 268. 391, fouet, fléau, 
tourment; deflagellum; II, 293 on 
lit le r. p. fiaieai; flaeler, flageller, 
fouetter, tourmenter, faire souffrir; 



FLA 



165 



FLA 



flagellare; de là flaielement, fléaux, 
flagellation. 

FUleit II, 9 de flaelcr v. flael. 

Flaeler v. flael. 

Flaial v. flael. 

Flaieai v. flael. 

FUielement ▼. flael. 

Flair v. flairer. 

Flairer W. A. L. p. 22 , rendre une 
odeur, fleurer; flair, odeur; dér. 
ftairor, odeur, parfum ; de fragrare, 
r permuté en /, i. e. flagrare. Voy- 
DC. s. y. fragrare. 

Flaistre, fieitre, flétri, sans couleur; 
de fiaccastêr. De ^istre, vient 
flaiftrir I^ 302, fleitrir, flétrir (prop. 
et fig.). 

Flaiitrir v. flaistre. 

Flambe v. flame. 

Flamber v. flame. 

Fkunbier, flamboier v. flame. 

Flamble v. flame. 

Flame, flamme I, 143. U, 116. 387, 
flamme ; de fiamma ; flamble, flambe 
II, 116. Ben. 42064, flamme; de 
flammula, avec b intercalaire /7am6/e, 
flambe; vb. flamer, enflammer, brû- 
ler, lancer des flammes; enflamer, 
enflammer I, 145. II, 209, enflam- 
mer; flamber, flambier, flamboier II, 
220, brûler, jeter des flammes; 
flamboyer, étinceler, flotter; en- 
flamber, enflammer. Ces deux formes 
flame, flambe expliquent les dérivés 
flammèche, flameron, flamiche (es- 
pèce de galette cuite à la flamme), 
flambard, flambeau, etc. 

Flamer, fiammer v. flame. 

Flamme v. flame. 

Flanc, s. s. et p. r. flans II, 289, flanc ; 
d'où flanohiere, sorte d'armure qui 
couvrait tout le corps. On dérive 
ordinairement ce mot de Tahal. 
lancha, hlanca, flanc. Cette éty- 
mologie ne me paraît pas admis- 
sible. Sans me faire une raison 
de ce que la forme aspirée hlanca, 



qu'il faut par obtenir le f, est fort 
douteuse, car on ne la trouve qu'une 
on deox fois, je dirai que les com- 
binaisons hn, hr de l'ahal. restent 
dans la langue d'oïl (l'ancien no- 
rois hr est devenu plus tard /r), 
et il n'est pas probable que A/ait 
suivi une autre loi; puis que les 
fém. allem. en a conservent leur 
genre dans les langues romanes. 
Quelle est donc l'origine de flame, 
ital. flanco? Les Allemands ap- 
pellent cette partie du corps taeieke, 
prop^. partie molle; et ils nous ont 
emprunté flanc, qu'ils font féainim 
flanke. 

Flanohiere v. flanc. 

Flans V. flanc. 

Fiat, coup, tape; flatir, abattre, jet^er 
par terre, précipiter, enfoncer, 
plonger; de l'anc norois /7a<, àbgl. 
flai, plat, aplati. Ainsi flaUr::= 
aplati par terre. Ce mot nous est 
resté en termes de monnayeur, pour 
signifier aplatir une pièce de mon- 
naie avec le flatoir. 

Flater, flatter; flateres I, 104, s. r. et 
p. s flateor, flatteur; de l'anc. no- 
rois flal, plat, aplati. Cette déri- 
vation s'explique très - facilement 
dans les différentes significations 
du mot: caresser^ etc. Cfr. flat. 

Flateor v. flater. 

Flateres v. flater. 

Flatir v. flat. 

Flaiiste v. flaûte. 

Flaiîte, flauate, fieiiste K. d. 1. V. 101, 
flûte ; vb. fiaiiter, fleiister, jouer de 
la flûte; flauteur, joueur de flûte. 
Selon Barbazan, flauie dérive de 
flatus; il eût mieux valu prendre 
le verbe comme ayant précédé le 
subst. et le dériver de flatus, souffle, 
que les anciens employaient à l'égard 
du jeu de la flûte; d'où flatuer et 
avec transposition de I'm, flauter 
et de là flame. Dim. de flaUie, 



FLA 



166 



FLO 



propr. flauiiolus, fliyol, fiigel, flageol, 
flagiel, et toujours avec rejet da t^ 
mais conservation de Vu: fiayel, 
d'où un nouveau dim. flijolet. Sous 
la dénomination de fiajol, on com- 
prenait autrefois, non-seulement des 
espèces de flûtes différentes, mais 
des variations de la même famille, 
comme on le voit par ce passage 
de Guillaume de Maehaut: Et de 
flajos plus de x paires, c'est-à-dire 
de XX manières, tant de fortes 
comme des légères. 

lUnter v. flaûte. 

Fleohitt I, 82, forme gallo-latine, de 
fléchir. 

Fleehir II, 361, fléchir; de flectere. 

Fleitre v. flaistre. 

Ttoitrir V. flaistre. 

Fleur V flor. 

Fkfiste V. flaûUî. 

Flooj floche, flocon, houppe; floccus; 
dimin. flœel, flochel, flocon, petit 
flocon ; et d'ici flocekr I, 62, friser, 
être ou tomber en flocons. Le mot 
froc, froc, ne diffère de floc que 
par la liquide, et il a la nq^me ra- 
cine ; cfr. prov. /ïoc, flocon et froc ; 
et I)C. floquetus. 

Fk», troupe v. foie. 

Flooel V. floc. 

Floeeler v. floc 

Fliche, quartier de porc salé, morceau 
de lard; Imâ. fliches, flichia. Fliche 
nous est resté sous la forme /lèche, 
dans l'expression flèche de lard, et 
Hoquefort dit que ce morceau en- 
levé sur Tun des côtés d'un cochon, 
depuis répaule jusqu'à la cuisse, a 
été appelé ainsi à cause de sa lon- 
gueur qui le fait ressembler à uu 
trait, à une flèche. Cette étymo- 
logie ne serait pas tellement ridi- 
cule qu'on a bien voulu le dire; 
car nous voyons hasle signiflor aussi 
une pièce de chair (R. d. 1. V. p. 300. 
1). Toutefois Tongine du mot fliche 



est autre; il dérive de Tahai. /licct, 
perna (Haupt, Zeitsch. f. D. A. p. 197 , 
Ire col.); anglo-saxon flicce, an- 
glais flitch, islandais flyeke, flèche; 
suéd. flâsk, un demi-cochon. Tous 
ces mots affiliés à fleck, flich, mor- 
ceau, pièce. V. Schwenk D. W. 
fleisch. 

Floible M. s. J. 503, I. Il d'en bas, 
foible II, 22, débile, languissant, 
faible; de flebilit; de là floibtteit 
I, 82. 148. II, 240, foiblete, débi- 
lité, langueur, faiblesse; afoiblir, 
afébloier, afehlaier I, lôô. 297. 382, 
affaiblir, diminuer de force, décou- 
rager. On voit que, par euphonie, 
tantôt le premier, tantôt le second 
l a été retranché. 

Flor, flur, flour, fleur I, 255. 328. 
329, fleur; flos (flor); ?b. florir, 
flurir I, 52. 407. 408. II, 17. 191, 
fleurir, briller; en parlant des che- 
veux et de la barbe, il se traduit 
par blanc; (II, 240, viex floris;) 
florere; de là flore, fleuré, bordé 
de fleurs; floron, fleuron; florin, 
sorte de monnaie d'or, florin; voy. 
DC. Floreni et moneta. 

Flore. V. flor. 

Florir v. flor. 

Floron v. flor. 

Flot V. flote. 

Flote (f.), troupe, rassemblement, ré- 
union, foule, train, soit de per- 
sonnes, soit de choses; flot (m.), 
flux; de fluctus. D'ordinaire on 
dérive notre mot flotte de l'alle- 
mand: ancien norois floti, anglo- 
saxon flota, hollandais vloot, sué- 
dois flotta, tous = flotte, excepté 
l'anglo-saxon flota, qui a quelque- 
fois la signification particulière de 
navire. Cependant à considérer la 
signification du flote de la langue 
d'oïl, il me semble que, quant à 
la forme, il est inutile de quitter 
le domaine roman; pour le sens. 



FLO 



167 



FOI 



aa eontraire, il faut admettre i'iu- 
floence germanique, mais elle est 
postérieure à la première période 
de la langue et ne peut remonter 
qa*au suédois ou au hollandais. 
Partout, dans Tancienoe langue, la 
signification primitive de floie est 
la seule admissible; p. ex.: Od le 
montant en floie sont^ | £t od le 
retraiant s*en vont (P. d. B. v. 7585. 
6.); en fiote = en troupe, groupés, 
rassemblés. Flotter dérivé de fluc- 
tuare, MM. Diez I, 2$0 et IHefen- 
bach I, 387 ont une antre oj^nion. 

Flou ▼. foie. 

Flonr V. flor. 

Fluet II, 299 signifie petit fleuve, ri- 
vière, tandis qu'en d'autres passages 
des mêmes dialogues, II, 311, il 
est synonyme de fluctus et signifie 
flot, inondation, débordement. Il 
faut donc le rapporter à fluctus, 
V. flot. 

Finie v. flum. 

Fluive V. flum. 

Flnm, s. s. et p. r. flnns I, 78, fleuve, 
rivière; fiumen; I, 257 on voit la 
forme p. s. flnme, qui est anglo- 
normande; — finie, flniye I, 78, 
fleuve ; de fluctus, la première forme 
avec syncope du v. 

Flnme v. flum. 

Flnns v. flum. 

Flur V. flor. 

Flnrir v. flor. 

Fo V. feu II. 

Foaoe v. feu. 

Foee V. t. II, p. 293 et Glos. s. v. voie. 

Foen, fain, fein, flen I, 392. II, 311. 
S. d. S. B. 540, foin ; fenum (foenum). 

Foer, foers v. fors. 

Foi V. foit. 

Foial V. fedeii. 

Foible V. floible.' 

Foiblete v. floible. 

Foie V. t. II, p 292. 3 et Gios. s. v. 
voie. 



Foia I, 118, foie; italien fegato; du 
Imâ. fieaium se. jecur, foie d*oie 
engraissée de figues, puis foie en 
général. M. Dies I, 30. 37 oom- 
para le grec moderne aixéttf foie, 
de avxùtroy tjnaQ. 

FoOle V. foeil. 

Fofflar T. fueil. 

FoUliee v. fueil. 

Foillir V. fueil. 

Foillns V. fueil. 

Foime&ti t. foit. 

Fointiae v. feindre. 

FcAr, fuir v. fuir. 

Foïr, foQïr, verbe fort, qui conserva 
Vu de la diphtbongaison à cer- 
tains temps dans quelques contrées, 
pour le distinguer de Torthographe 
foir de fuir I, 342 et dont la con 
jugaison se troubla de bonne heure; 
il signifiait fouir, fouiller^ bêcher, 
creuser la terre*, de fodere; Isiie 
I, 347. II, 337, fosse, prison, ca- 
chot; fûsta; fessât, fossé; fossatum; 
fosnoni, 374, action de fouir, fouiUe; 
fottio; comp. enfoïr, enfonïr I, 342, 
enfouir, enterrer. 

Foire, foire, fere I, 234, foire; dé 
feriacy plus tard feria^ an singS" 
lier, selon Festns. Fotre signifie 
donc proprement jour de fête, parce 
que les foires se tenaient aux jours 
des fêtes de Péglise. De là foiriot, 
foirie, jour de fête, jour de la foire;* 
foirier, foirer, ferer, fêter, chômer. 
Ainsi le véritable terme français 
devrait être foirié au lieu do férié, 
puisque nous avons conservé foire. 

Foirer v. foiru. 

Foirio, foirier v. foire. 

Foiriot v. foire. 

Fois, foi V. foit. 

Fois V. t. II, p. 292. 3 et Glos. s. v. voie. 

Foison v. fondre. 

Foisonner v. fondre. 

Foit, feid, foi, foi, s. s. et p. r. foii, 
fois, foit II, 271. 388, foi, franchise, 



FOI 168 FON 

croyance religieuse ; de /(i</e< ; me<re sottise, radotage; folage, folaige, 

sur foi, mettre sur la foi, sur la folie, sottise; folor, folnr, sottise, 

parole ; par ma, ta, ete., foi > ib. ; folie, étourderie ; folestet, foletet II, 

nonfoi, nonfû II, 378, nonfoi, in- 313, folie, étourderie; fdet, fdleit, 

crédulité. De foi et du participe badinage, moquerie ; folieue, femme 

passé de mentir, on forma foi- débauchée. Tous ces mots appar- 

menti, feimenti, qui a trahi sa foi, tiennent à une même racine, /î>/- 

parjure, déloyal; car on disait i?i«ftltr /ère, se remuer çà et là, follis, 

sa foi II, 84 pour trahir sa foi, soufflet à souffler le feu, — soufflet 

manquer à sa parole , se parjurer. de forge, c'est-à-dire quelque chose 

De fides, on forma encore le verbe . qui se remue çà et là, signification 

lier, fier, confier, promettre, eu- fondamentale qui se retrouve dans 

gager sa foi, garantir ; esp. et port. tous les dérivés et qui s'est con- 

fiar, ital. fidare, prov. fizar, fiar; servée dans notre mot follet (feu). 

se fier en qqn. I, 162; se fier à Fol dérive directement de follis, 

qqn,l, 222; se fier en qqn, de qqch. Folage, folaige v. fol. 

I, 271; comp. afier, affîer II, 313. Folo, foie, fouo, fioo, flou Q. L. d. R. 

336, promettre, assurer, affirmer, I, 97, troupeau de bétail, troupe, 

garantir; le participe afid, aifie, multitude, assemblée; de Tahal. 

s'employait souvent substantivement vole, foie, populus, agmen, acies; 

pour qui a fait une promesse, juré, anc. norois fôlh; et pour floc, flou: 

allié; s'entrafîer i, 263, s'afiei* mu- anglo-saxon floc; anc. norois flochr^ 

tuellement ; desfier, défier, deffier agmen, cohors; anglais /Zocft, troupe, 

I, 255. 349. II, 32, proprem. renier troupeau. 

fia foi (O. d. D. v. 3059) , retirer sa Foldre , foudre II, 24, foudre ; de fui- 
confiance, puis défier. Cfr. fedeil, gur, avec d intercalaire: foire, 
fiance, fit. foldre; quelquefois renforcé en es- 
Foii, foi V. foit. foldre (Que li esfoldres du ciel le 
Fols V. t. II, p. 252. 3 et Glos s. v. voie. puist abatre. O. d. D. 3523); fou- 
Fol, fols, foQB, fos, fox, fans, fax I, ârder II, 44, faire des éclairs, fou- 
93. II, 218, subst. et adj. fou; adv. droyer, épouvanter, effrayer; fui- 
folement I, 179. 272, folement; vb. gurare. 
foler, errer çà et là, marcher de Foleier v. fol. 
• côté et d'autre (II, 62), s'écarter, Folement v. foi. 
flotter (P. d. B. 5764); au figuré, Foler v. fol. 
eous les formes, foler, folier, foloier, Folestet v. fol. 
fdder II, 270. 339, extravaguer, Folet, foleit v. foi. 
faire des folies, agir en fou, se Foletet v. fol. 
tromper, s'égarer, railler, moquer, Folie, foUer v. fol. 
dire des injures, errer, mener une Foliense v. fol. 
vie de débauche; comp. afoler (ne Foloier v. fol. 
confondez pas avec afoler = mal- Folor , folur v. fol. 
traiter), devenir fou, perdre l'esprit, Fols v. fol. 

faire enrager quelqu'un, tromper; Fond, font, fons, fond II, 109, fond, 

s'afoler, devenir fou d'amour, se base; prov. fons; de fundus; vb. 

passionner , vivre licencieusement fonder, avoir fond , fonder, établir ; 

avec des femmes; dér. folie, folie. de là fonde, fondement, fondation. 



FON 169 FOR 

établissement, assarance ; fondement, Font, fond v. fond. 

fondement; comp. afonder, couler à Fontaine v. font. 

fond, enfoncer, plonger, enfoncer Fontane, fontanelle v. font. 

dans Peau ; effonder, enfoncer, couler Fontenelle v. font. 

à fond, précipiter, renverser, é?en- Fontenil v. font. 

trer, rompre ; et à côté de ces formes, Foni v. font. 

une autre en r avec les mêmes For, forg, fonrg H, 165. 182, four; 

significations: afondrer, effondrer, prov. fom, ital. forno; de furnus; 

effondrer II, 122; s'eiftuiârer I, 381, fomier II, 387, boulanger; fuma" 

s'enfoncer. D'où provient ce r? rius. Le ^ de forg s*explique sans 

Profond, parfond, parfkmt I, 257. 299. doute par une forme /ont, forng, 

11,199, profond, vaste; profundus; d'où forg. Cfr. venir 1. 1, p. 385. 

prov. preon, ital. profondo; subst. Forain v. fors. 

proftmdeoe, parftindeee, parfondesoe Forban v. ban. 

I, 66. 86. 226, profondeur. Forbanir v. ban. 

Fonde, fronde (avec r intercalaire), Forbeter v. beter. 

corde qui chasse le trait; — et Forbir, ftirbir I, 380. II, 145. M. s. J. 

magasin public . bourse ; de funda, 449, fourbir, polir, nettoyer, orner ; 

Ménage dit: Il n'y a guère plus de comp. etforbir, fourbir; de Tahal. 

80 ans qu'on prononçait fonde. Le furban, furhjan, même signification. 

Duchat fait remarquer que le die- Notre substantif /btcrie dérive égale- 

tionnaire de Monet, imprimé en ment de là et non du latin fur, 

1636, ne connaît pas encore fronde. comme fripon de friper. 

Fonde, fondement v. fond. Force, fourche v. forche. 

Fondement v. fond. Force II, 272, oiseau(x); de forpex. 

Fondre, ftmdre ï, 193. 233. II, 97, Force, force v. fort. 

251, fondre, confondre, détruire, Forcele v. forche. 

ruiner ) crouler; fundere; ftuon, Forcenerie v. sen- 

foison , f^iîson I, 60. II, 126, foison. Forcer v. fort. 

abondance, force, résistance; fusio; Forcenre v. forche. 

d'où foisonner I, 101, foisonner; Forchaaoher v. encbalcer. 

comp. confondre, confondre I, 59. Forclie, fonrche, forque, ftirche, force 

268. 146. II, 361, confondre, dé- I, 162. 166. 365, fourche, fourches 

truire, ruiner; confundere; confù- patibulaires, colonne, poteau; de 

sion, cnnfiudnnl, 363. II, 208.326, furca; de là fonroel (m.), forcele, 

confusion, désordre, honte, embar- fonrcelle, Aircele (f.), fourcelle, le 

ras; confusio, haut fourché du sternum, poitrine; 

Fons, eau v. font. fbrcheore, forcenre, forcheore, en- 

Fons, fond v. fond. fourchure; ftirgier, fourgonner, re- 

Font, font, s. s. et p. r. fonz, fons, muer avec une fourche, une perche; 

fons, eau, source, fontaine; fonts port, forcar, ital. frugare. Ajoutez 

baptismaux ; de fons. Une dériva- ici fourchette, fourchon, enfourcher, 

tion fort ancienne de fons^ est /on- . bifurquer^ etc. 

tana, d'où: fontane, fontainne, fim- Forche, force v. fort. 

taine I, 68. 149. 188, fontaine, Forcher v. fort 

source, ruisselet; d'où le diminutif Forchenre v. forche. 

fontenil, fontanelle, fontenelle, etc. Forchier v. fort. 



FOR 



170 



FOR 



Forcier, forcer v. fort. 

Forder, violateur v. laron. 

Forelores v. frelore, 

Forer I, 54, forer, percer; forare; 
comp. trelforer I, 213, percer, faire 
nn trou, transpercer; transforare. 

ToTtltf foiiest, fonrett (fore^) I, 188. 
312. 369. 11,304, forêt, bois; Imâ. 
forestis^ foreste, forestus, forestum, 
forasHim, foresta, forasta, DC. s. v. 
foresta, mots qui ne désignaient 
pas seulement un bois, mais aussi 
un étang, un vivier où Ton entre- 
tenait du poisson. Forestas, dit 
DC. , vero piscium vivaria appel- 
iasse videntur nostri, quod majori- 
bus illis sylvis adjuncta essent et 
vivaria. On a dérivé fûrést de 
Pallemand for$t, mais aujourd'hui 
les philologues allemands dérivent 
au contraire fortt de forest, tout 
en donnant à ce dernier une ori- 
gine allemande: forehnhi, forêt 
de pins, c'est-à-dire fore et la suf- 
fixe est, ast. On pourrait accorder 
cela, bien que la disparition com- 
plète du h présente quelque diffi- 
culté; mais comment expliquer de 
cette manière le verbe fores tare 
dans le sens de bannir et Tadjectif 
/orasfictis = étranger (v. DC), qui 
sont certainement de la même fa- 
mille? Il faut chercher une autre 
origine, et elle se trouve dans le 
latin foris, foras, d'où les formes 
en est, ast. Cependant ce n'est 
pas, comme Tont dit quelques éty- 
mologistes, quod foris stent (DC. 
s. V. foresta), que nemus a été ap- 
pelé forst; la chose s'explique de 
la manière suivante. Dans le prin- 
cipe, forest signifiait bois soumis 
au droit de chasse, mais non enclos : 
Foresta est ubi sunt ferae non in- 
clusac ; parcus, locus ubi sunt ferae 
inclusae (DC.)- On vient de voir 
que forasticns, i. c foras et termi- 



naison ticus, signifiait de l'extérieur, 
étranger; de ce forasticus on dé- 
riva forastii, etc., e' est-à-dire ce 
qui est à l'extérieur, ce qui est 
hors de l'usage, ce qui est excepté, 
prohibé, ainsi lieu défendu. Cfr. 
Ménage s. v. forest et Rayn. L. R. 
m, 372. 3. De là forertier II, 368, 
forestier. Cfr. fors. 

Forfaire v. faire. 

Forfait I forfiUtnre v. faire. 

Forg V. for. 

Forge V. fevre. 

Forgier v. fevre. 

Forgogier pour forjugier v. juger. 

Forieit v. forest. 

Foijngier v. juger. 

Forlignier v. lin. 

Formage v. forme. 

Forme, fourme, ftirme I, 86. 147, 
forme , manière, façon ; forma ; 
former, fèurmer, former I, loi. 226, 
former, façonner, créer; part. pas. 
formé, pour bien formé, bien fait: 
Et avenant et des membres formé, 
Aub. p. 174; tresformer M. s. J. 493, 
transformer. Dér. de forma, propr. 
formaîicus, formage, ftarmaige, fro- 
maehe II, 268 M. d. P. II, 106, 
notre fromage, avec transposition 
postérieure du r; ainsi nommé 
parce qu'on place le lait caillé dans 
une forme pour s'égoutter et se 
consolider; prov. formatge, fro- 
matge ; ital. formaggio. V. Ménage 
s. V. fromage. 

Forment, beaucoup v. fort. 

Forment, froment v. froment. 

Former v. forme. 

Formi, fbrmis II, 390, fourmi; fer- 
mier, fourmiller; de formica, for- 
micare ; ( fourmiller = formiculare ). 
Nicot dans son Trésor, Ronsard, 
Belleau ont fait le mot fourmi 
masculin, et le peuple de quelques 
provinces lui donne encore ce genre. 

Fermier v. formi. 



FOR 



171 



FOR 



Fonder v. for. 

Foniir, ftarnir I, 104. 251. 264. 269, 
remplir, accomplir, satisfaire, exé* 
cuter, venir à boat, fournir; en prov. 
fomir, formir, fmmir, fromir; de 
Tahal. frumjan, frumman, agere, 
exercere, urgere, mittere, etc. ; ainsi 
permutation de la eonsonne m en 
n et éloignement de la lettre r de 
la consonne initiale. 

Forque v. forche. 

Forragier v. fuerre. 

Forre v. faerre. 

Forreau y. faerre. 

Forreial, forreiau v. fuer. 

Forrer v. fuerre. 

Forrier v. fuerre. 

Fon, foen, foer, ftur, hors prép. et 
ad V. II, 354. 3ôô; forain, étranger, 
qui est du dehors; possesseur d'hé- 
ritage qui ne réside pas dans son 
bien, mais qui y laisse un fondé 
de pouvoir ; foranut pour fbraneut ; 
comp. dofors II, 3ôô, de foras (In- 
script.); deforaxB, étranger qui pos- 
sède des terres ou des maisons dans 
une commune, et qui participe aux 
charges ; deforien M. s. J. 446 , ex- 
térieur, du dehors; chose def&riene, 
d'ici-bas, par opposition à céleste, 
éternelle; deforaineteit II, 376, ex- 
tériorité, mondanité ; forsmis II, 3ô5. 
Cfr. forest. 

Fora, fort v, fort. 

Fonboivre v. boivre. 

Fonehaucher v. enchalcer. 

Fondore v. clore. 

Forsenement, fonennoment v. sen. 

Foxiener, forBeaner v. sen. 

FoxwBeiie, fOrsennerie v. sen. 

Fonfàire v. faire. 

Forifàit, fortfiaiture v. faire. 

Forqugier v. juger. 

Fortligner v. lin. 

Forsloigaer v. long. 

Fomnit v. fors et II, 3ô5. 

Forapartir v. part. 



Fontraire v. traire. 

Fonveier v. voie. 

Fonroier v. voie. 

Fort (fon, fon), fort; de forU$; de 
là forment, fortmant, fortemMrt Ij 
112. 151. 264. 342, fort, beaaconp; 
fortement. De fortis, par le dé* 
rivé fort ancien forcia, forikei, 
force, forche I, 88. 193. II, 1^40, 
force, violence, vigueur ; vb. Inroer, 
forcier, forcher, forohîer, forcer, 
contraindre, prendre de force, fkire 
violence ; comp. comforter, eumfortor 
conforter, onnforter (confortare) I, 
126. 154. 263. 402. II, 254. 387, 
conforter, encourager, consoler, ras- 
surer, soulager, affermir; orafMrt 
(oonfors, oonfon) I, 360. 364, con- 
solation, soulagement, encouraige- 
ment, secours; de là GonforttrM, 
conforteor I, 77, consolateur, cen- 
fortateur ; confortement II, 95, sou- 
lagement, consolation, encourage- 
ment; d'où deiconforter, décourager, 
ôter l'espérance, craindre, désoioTj 
affliger; deaeonfort I, 151, décou- 
ragement, tristesse, douleur, accident 
fâcheux; réconforter I, 209, encou- 
rager, rassurer, redonner de Tes" 
pérance; — enforcer', enforo^ I, 
191. 238. II, 74, renforcer, rendre 
plus fort, fortifier ; devenir plus fort, 
augmenter; d'où renforder II, 25, 
renforcer, refortifiër; s'enftnroer I, 
153, s'efforcer, pour ensforeer^ 
esforcer; «nforeis I, 166, faisant 
effort, fort, en force; — eiferoor, 
esforchier I, 52. 168. 306. II, 109, 
fortifier, renforcer, valoir plus, ef- 
forcer, faire effort, exciter, exhor- 
ter ; eifort (esfmrs, eifors) I, 81. 3^6. 
Il, 62, force, effort, troupe, nombre, 
armée; esforoement, effort; esforeiB, 
avec effort, fort, en force. — En- 
fin, je rappellerai encore ici fort, 
château , fort ; fortdesœ , et avec 
r=/, forteresoe, fortreool, 60. 142. 



FOR 



172 



FRA 



183, fort, forteresse, château; du 
Imâ. f ortaUUum =: mumûo i arx, 
castrum; prov. fortalessa, forta- 
ressa; esp. fortaleza. 

TuMenoB V. fort. 

Forteaimit v. fort. 

Ferteresce v. fort. 

Fortment v. fort. 

Fwtrece v. fort. 

Fonreier v. voie. 

Forvoier v. voie. 

F4>n V. fort. 

Fos y. folsl 

Fosse V. foîr. 

Fosset V. foïr. 

Fessier v. laron. 

Foisioiii V. foïr. 

Fou V. feu. 

Foiaee v. feu. 

Foaage v. feu. 

Foue ▼. foie 

Foadre v. foldre. 

Fosdroier v. foldre. 

Foaee v. feu. 

Fouir, fair v. fair. 

FoDïr, fouir v. foïr. 

Fonrage v. fuerre. 

Fovrcel, fonreelle v. forche. 

Fourche v. forche. 

Fonre v. fuerre. 

Fonrest v. forest. 

Fonrg V. for. 

Foujugier v. juger. 

Fourme, fonrmer v. forme. 

Fommgier v. fuerre. 

Fourrer v. fuerre. 

Fourrier v. fuerre. 

Foursener v. sen. 

Fous y. fol. 

FoK y. fol. 

Fnidos, fradous, misérable, impie, scé- 
lérat; proy. fradel; de Tahal. /rei- 
dac, frédic , profngos, apostata. 
Cfr. Dief. G. W. I, 405. 7. A la 
même famille, de Tahal. freidari, 
appartient frarin, frairin II, 287, 
misérable, indigent, infortuné. 



Fradous V. frados. 

Fragiliteit y. fraindre. 

Frain y. frein. 

Fraindre, froindre II, 237 ; firaite, freite 

I, 285, ouverture, brèche, fente; 
fig. sortie, éclat, esclandre ; firaiture 

II, 357, brisure, rupture ; fractura ; 
comp. esfraindre, efEhûndre II> 237 ; 
enfiraindre II, 237; infringere; re- 
fraindre II, 237, d*ou refrain, re- 
frain, fanfare; prov. refranh, esp. 
refran. Cfr. Rayn. L. R. III, 388; 
— firagile, fragile; fragilis; fragi- 
liteit II, 386, fragilité; fragihtat. 

Frairin v. frados. 

Fraisne, firesne, frêne; de fraxinus. 
Le bois de frêne était, avec celui 
de pommier, celui qu'on préférait 
pour faire les lances ; de là la signi- 
fication de bois d'une lance qu'on 
donnait au mot friUsne. 

Fraissangue v. fresanche. 

Frait I, 154, dépens, aujourd'hui plur. 
frais; Imâ. fredum^ mot qui dé- 
signait primitivement l'amende à 
laquelle était condamné le coupable 
pour avoir troublé la paix publique ; 
v. DC. Fredum; Roquefort Frede. 
Fredum vient, dit -on, de Tahai. 
fridu , aujourd'hui friede , paix. 
Verbe défrayer, 

Fraite v. freindre. 

Fraiture v. fraindre. 

Franc, fém. franco, franche, s. s. et p. r. 
frans I, 262. II, 85. 87. 231. 337, 
libre, noble ; loyal, sincère, généreux. 
Franc dérive du nom de peuple 
Franctis, qui désignait en même 
temps l'homme libre, ahal. Franco. 
Mais d'où ce nom? quelle était sa 
signification? De quel appellatif 
dérive -t- il? Cet appellatif est -il 
d'origine celtique ou allemande? 
se demande M. Diefenbach (I, 403). 
Sans préciser quel peut avoir été 
cet appellatif, M. Diefenbach arrive 
au résultat qu'il est mieux repré- 



FRA 173 FRE 

sente dans les idiomes celtiques que Franeor v. franc, 

dans ceux de la Germanie, quoique là Frange II, 226, frange ; selon Ménage 

aussi il se trouve passablement isolé. de frimhia pour fimbria, d'où fringe^ 

La forme rappelle au profond et frenge, frange. Ce qui prouve que 

ingénieux philologue plutôt frech, la forme primitive a été fringe, 

ahal. freh, avarus, avidus, que fret, c'est que les Anglais disent fringe ; 

ancien norois frî, libre. D'autres et en Sicile on a aussi frinza, dans 

ont trouvé cet appellatif dans /rattca, la Valachie frimbie. 

diminutif de framea, sorte de jave- Frarin v. frados. 

line; et M. J. Grimm voit dans ce Fratre v. freire. 

mot un adjectif primitif de la ra- Freid v. froit. 

cine gothique freit, iltvd-€Qoç^ au- Freer v. froier 

jourd'hui fret, dont dériva d'abord Frei«r v. froier. 

le nom du peuple et de ce dernier Frein, frain, frdn I, 162. 388. II, 

celui de l'arme. — De franc ou 124. 309, frein, bride, mors; fre- 

plutôt du Imâ. Francia et de l'aile- num; vb. comp. afrener II, 237, 

mand Franco, dérivent: franfois, note; enfrener I, 394, mettre un 

franoeis, franehois, fcm. françoise, frein ou mors, brider, dompter; 

franchoise, franeeiehe, français; fran- infrenare; refréner II, 237, note, 

oor, ordinairement avec le mot geste. Je ne connais par le simple frener, 

histoire des Francs; franebir, franoir prov. frenar, ital. frenare. 

II, 230, affranchir, rendre libre, Freindre v. fraindre. 

anoblir; comp. afranddr I, 218, ib.-, Freir v. frire, 

franehiae, franoite I, 300. 305. 352. Freire, frère I, 49, frère; religieux, 

II, 231, loi des nobles, privilège, frère d'un couvent; f rater; I, 82 

noblesse; lieu privilégié; franchise, l'auteur a conservé à dessein la 

sincérité; francement, franchement forme latine fratre, parce qu'il est 

I, 358. n, 50, librement, franche- question de dignitaires de l'église, 

ment, sincèrement; — et plusieurs Freis v. fres. 

autres dérivés ou composés qui ne Freit v. froit. 

se trouvent pas dans mes citations, Freite v. fraindre. 

mais qu4l sera facile de classer si Frelore, perdu, gâté; de l'allem. «er- 

on les rencontre. Les seules diffé- loren^ perdu (verlieren, perdre); 

rences dialectales du nom de notre forelores, perdu, inutile, vain; de 

patrie étaient: France, Franehe. la même racine, avec la forme 

Nos plus anciens poètes aiment à anglo-saxonne forloren» 

lui donner l'épithète de dotice, Fremail, fremaille v. ferm. 

France, franoeis v. franc. Fremcr v. ferm. 

Francement v. franc. Fremillon v. frémir. 

FranccBche v. franc. Frémir, fremoier I, 68. 309. 323. II, 

Franche, franchement v. franc. 68, frémir, murmurer, bruire, re- 

Franchir v. franc. tentir, ondoyer (avec l'idée de bruisse- 

Franchi«e v. franc. ment), hennir; fremere; frener, 

Franehois, franobciie v. franc. fremnr, frémissement, bruit; /re- 

Franoîr v. franc. mor; friente, frintel, 371. II, 368. 

Frandw v. franc. Ben. 19666, bruit, tumulte, trooMe; 

Fraafoif, fran9oiM v. franc. hennissement; fremitut. T^II, 41 



FRE 



174 



FRl 



on lit hauberc franillon, dans un 
passage de G. d. Y.; la même ex- 
pression se retrouve an vers 1577, 
tandis que dans Aubri p. 161, c. 2 
il y a fermillon, ce qui, au premier 
abord, pourrait induire à rapporter 
ce mot à fer; mais la transposition 
du r est chose trop ordinaire pour 
qu'on y puisse attribuer quelque 
importance ; et puis que signifierait 
fer milUm? Fremillo» se rattache 
à frémir et signifie frémissant, bruis- 
sant, se. par suite du frottement, 
du mouvement. Bajn. L. R. III, 394, 
sans s'expliquer sur Porigine de 
fremillo, pour fremillon, dans Gér. 
de Roussillon, en fait un substantif, 
qu'il traduit par cotte de mailles. 
Son erreur vient d'une fausse ponc- 
tuation : Ac vestit un ausberc, gran 
fremilo; il faut lire: Ac vestit un 
ausberc, gran, fremilo. Du reiste, 
cette expression de hauherc fre- 
millon peut tenir à une construction 
particulière des hauberts, c'est-à- 
dire celle à petits anneaux enche- 
vauchés Tun dans l'antre ; lorsqu'on 
les remuait, ils produisaient un 
bruissement. 

Fremoier v. frémir. 

Tremor, fremnr v. frémir. 

FMor T. froior. 

Fvire V. freire. 

Tnêf freÎB, plus tard incorrectement 
frais, fém. freiehe, freik» II, 118, 
frais, jeune, nouveau, récent, lustré; 
de Pahal. frise, recens, crudns ; an- 
cien norois frishr, novus, recens etc. 

Fresanche, fresange, fraiisaiigiie, jeune 
porc , et droit qui était dû par les 
fermiers de la glandée; de l'ahal. 
frisking^, frusdnga, victima, por- 
cellus ; allmod. frischling, jeune 
animal, marcassin ; selon M. Grimm 
de friichf fraie, jeune. 

fVwwige T. fpesanche. 

Vrmék» v. fres. 



Fmke v. fres. 

Trame v. fraisne. 

Freite, sommet, faîte, extrémité su- 
périeure d'un bâtiment; de l'ahal. 
first, ib. 

Frestela , et plus ordinairement freitel, 
flûte de Pan, comme le prouve le 
passage suivant de Philippe de Vitry : 
La s'asaist Pan le dnx des bestes 
£t tint un frestel de rosiaux, Si 
chelemoit li danziaux. On a ce- 
pendant prétendu que par frestel, 
il fallait entendre le galoubet; cela 
peut être vrai aussi, car, comme 
flajol, pipe, etc., ce mot a sans 
doute servi à désigner différentes 
variétés du genre de la flûte. Dans 
les Q. L. d. B. U, 139 il est mis 
pour sistre; mais la manière dont 
les traducteurs de la Bible ont rendu 
les noms des instruments qui y sont 
cités, est si diverse, et je dirai 
même si peu en accord avec le texte 
primitif, qu'il n'y a pas le moindre 
fond à faire sur leurs données. 
Du reste I, 33 du même texte tibia 
est traduit par frestel. Frestel dé- 
rive de/istetta pour fistula, avec r X 
intercalaire; vb. frestoler, jouer de 
la frestele. 

Frefteter v. fresteler. 

Krete v. fer. 

Fxknte v. frémir. 

Frier v. froier. 

l>àagui&t, sautiller en dansant, danser. 
Selon la plupart des étymologistes 
du breton fringa^ sauter, gambader, 
fringuer; se divertir; sans affilié 
rapproché dans les autres langues 
celtiques. Le grand développement 
des significations de ce mot pour- 
rait faire croire à une origine an- 
tochthone; mais si l'on compare 
/Wn^o/ (breton), fredonnement, batte- 
ment de gosier, qui est de la même 
racine, k notre vieux dérivé firin- 
goter, chanter, gazouiller : le pinson 



FRI 



175 



FRO 



fringote au lever dn matiu (Beileau), 
ital. fringottare, on sera plutôt porté 
à dériver fringuer et le breton 
fringa d'une racine commune fring, 
qui se retrouve dans fringutire, 
fringilla: une personne gaie, qui 
fredonne, s'agite, sautille. €bm- 
paree encore kymri freg^ ramage, 
babillage, à la forme friguUre et 
à frigulare. Le dernier éditeur du 
Dict. de Ménage a déjà pensé à 
cette famille de mots. 

Mate V. fremer. 

Irix», dans Ben. v. 4398 freir, frémir, 
frissonner de peur; de frigêre. 
Notre frire ^ faire cuire quelque 
chose dans une poêle avec du beurre 
roux, etc., vient de frigére. Selon 
DC. notre frisson se rapporte à 
frigêre par Tintermédiaire de fri~ 
gitiOf contracté en frietio, friçon. 

Froe V. floc. 

l^ehkr v. fruit. 

Frogier v. fruit. 

Froier, freier, freer, frier Aubri 154. 
P. d. B. 2995. R. d. R. H, p. 341, 
frotter, frôler; notre frayer; prov. 
fregar, ital. fregare; de fHcare, 
De là notre frai^ autrefois fraye. 
Par rintermédiaire de frictum^ on 
doit également rapporter ici froter 
II, 291, frotter, frôler; ital. fret- 
tare, prov. fretar, que M. Diez I, 
323 dérive à tort de l'allemand : 
ancien frison froiha; Vo est pour 
ot. Frôler est une forme diminutive 
de froter et équivaut à frotler. 
Gfr. Rayn. L. R. UI , 393. 

Froin v. froin. 

Froior, freor I, 67, frayeur, crainte; 
esfroi, eitrei, efOroi, eArai I, 84. 161. 
n, 78. 387, effroi, frayeur, crainte ; 
eifreur, effroi, frayeur, et eiMaon 
avec la même signification ; esfrdMW- 
«Mnt, action d'e£frayer; eifretr, 
•ifrser, effiraer, effrwar, effirder, ef- 
fraier I, 118. 287, 8. II, 11. 248, 



«ffrayer; prov. esfreidar, esfreyar; 
de frigidus, à cause du frissonne- 
ment causé par la peur. Gfr. froit. 

Froisseiz v. froisser. 

Froisser, froisser 1, 58, écraser, froisser, 
briser; de fressus, de fretidere; dé 
là froiiseis, froissement, brisore; 
comp. detfroîfier, défroisser, rompre, 
briser, défaire, enlever en froissant. 
Gfr. ancien esp. fresar, murmurer, 
grogner, gronder. Dans Aubri p. 169, 
on trouve le subst. defroi, querelle, 
rupture, qui pourrait aussi se rap- 
porter à froter, frotter. Gfr. Tesp. 
refriega, dispute, de fricare. 

Froit, freid, freit I, 177. 363. 364, 
froid; frigidus; vb. froldir, freidir, 
froidier, froidir, refroidir; d*oii te» 
froidir, refroidier I, 46. 287, re- 
froidir. Gfr. froior. 

Froment, forment, froment I, 1 19. 166. 
251, froment; frumentum. 

Frone v. front. 

Fronce, froncer v. front. 

Froneete v. front. 

Fronehe v. front. 

Fronehier v. front. 

Front, frone, front I, 323. 407. II, 167, 
front, aussi en termes de guerre; 
de frons; de là frontière, façade, 
frontispice; premier rang — orne- 
ment du front; affronter, afrenter, 
afronter, aboutir par la partie su- 
périeure, confiner; confronter; at- 
taquer de front, affronter; assom- 
mer; d'où le subst. affront. Sf« 
fronteit, effronté; de effrons, qui 
se trouve dans Vopiscus; adv. ef- 
fronteiement I, 171, effrontément 
Egalement de frons , parce que 
l'action principale du front est de 
faire des plis: froneer, froneliier, 
froneher, se lider, faire ou avoir 
des plis; ffoncer, être mécontent; 
et I, 70 ronfler, parce qu'en ron- 
flant les muscles dn front se oon- 
tractent (?); d'où fronee, frOBehe, 



FRO 



176 



FUM 



franche, ride, pli; diminutif fron- 
oete. 

Frontière v. front. 

Fréter v. froier. 

Fraotifier v. fruit. 

Xtoi V. frui. 

Fmit, frai I, 67. 83. 271. 328, fruit, 
produit, rapport, jouissance; fruc- 
tus ; de là vb. froiter II, 304, pros- 
pérer, multiplier, croître, grandir, 
se . développer ; comp. afraiter, fruc- 
tifier, prospérer, profiter; propr. 
adfructare; frochier, frogier, pros- 
pérer, profiter; de fructus part, de 
frui, p. a. dire fructiare ^ prov. 
fruchar; fructifier II, 17, fructifier; 
fruetificare, 

Froiter v. fruit. 

Frainent v. froment. 

Franche v. front. 

Frnnchier v. front. 

Frant v. front. 

Fn, feu Y. feu. 

Fa, fut y. estre. 

Fœil, fbel, ftiil (m), feuillet, feuille; 
ftieille, fbelle, feuille, foille, foile, 
feuille; de folium et folia (cfr. 
arme); de là foiller, foillir II, 142, 
pousser des feuilles, se feuiller; 
foilliee, foiUie, ftiillee 1, 315. II, 380. 
Brut. V. 3371, cabane; cfr. loge; 
fdllas, fdUiNi II, 133, feuillu; 
foliosui. 

Fœille v. fueil. 

Fofii, facile y. fueil. 

Fner, ftaor, feor, fear II, 293. 4; de 
là aftierer, aléarer, etc., mettre le 
fuer à qqc, denrée, taxer. 

Fmere y. fnerre. 

Fnerre, fbere, ferre, foore, forrer II, 
fourreau, gaîne; du gothique fodr, 
fourreau, ahal. fôtar, foatavy allmâ. 
vuoter^ foUr, ancien norois fôdr, 
fourrure, doublure; imâ. fodorus^ 
futrus, feuimm, etc. De là for- 
reial, forrdaa, forreaa I, 407, four- 
reau; forrer, foorrer, doubler, 



fourrer (dans ses diverses signifi- 
cations). Les mêmes formes ftierre, 
fbrre, plus tard fbàrre, aujourd'hui 
feurre, signifiaient paille, fourrage ; 
mener en fuere 1, 136; cfr. plus bas 
forrer; Imâ. fodrum^ ahal. fuotar, 
allmâ. vuoter, nourriture, ce qui sert 
à la nourriture, ancien norois fôdr, 
ib., goth. fodjan, nourrir, élever, 
fodeins, nourriture. On voit que 
les formes germaniques se mélangent 
comme les nôtres; il en était de 
même de celles du imâ., et peut- 
être les a-t-on toutes confondues 
au point de les considérer comme 
identiques. Cependant, pour le sens, 
il faut absolument les distinguer. 
Du dernier fuerre dérivent: fbrrer, 
fioarrcr, fourrager, aller au four- 
rage; forrier, fourrier I, 136. 302, 
fourrageur, pillard; forragier, foar- 
ragier, fourrager, piller, et subst. 
comme forrier; fourage, fourrage, 
pillage. 

Foie y. fuir. 

Fnil, fiiile y. fueil. 

Faillie V. fueil. 

Fnir, foir, fdoir I, 340, fuir, éviter; 
$e fuir, se réfugier; subst. ftaie I, 
172, fuite; fuga; de là fuite I, 
329, fuite; propr. fugita, prov. fu- 
gida, ital. fuggita ; ftaitif U, 38. 369, 
fugitif, fuyard ; de fugitimu ; comp. 
aftafr I, 341; defdr I, 341; reftiir, 
réfugier, mettre en sûreté, donner 
asile, — fuir, éviter, abhorrer; 
refugere ; refai I, 268, refuge, asile, 
appui; détour, subterfuge, subtilité; 
refugium. 

Faifil, ftdiiaB v. feu. 

Faison v. fondre. 

Faite v. fuir. 

Foitif y. fuir. 

Falo y. foie. 

Fnm, s. s. ftmi, fumée ; fumus ; fomer 
1 , 32Ô , fumer ; au fig; en parlant 
de l'orgueil, de la colère; d*oii 



FUM 



177 



GAA 



se fumer, s^irriter, se mettre en 
colère; fumare; de là famée, fn- 
meie II, 388, famée, colère; ftuniere, 
fumée, vapeur; famos, fumeux ; sujet 
à la colère; fumotus. 

Fnmee, fomeie v. fum. 

Fumer v. fum. 

Fumiere v. fum. 

FnmoB V. fum. 

Fnxid V. fond. 

Fundre v. fondre. 

Fnni y. fum. 

Fnnt, eau v. font. 

Fnnt, fond v. fond. 

Fnntaiiie v. font. 

Fonz V. font 

Fuor V. fuer. 

Fur V. fors. 

Fnrbir v. forbir. 

Furcele v. forche. 

Furohe, furchenre v. forche. 

Fnrfaire, forfait, formes normandes 
pour forfaire, forfait. 

Furgier, fabriquer v. fevre. 



Fnrgier, fourgonner v. forche. 

Furmaige v. forme. 

Fnrme, former v. forme. 

Fomir v. fornir. 

Fnrrer v. fuerre. 

Fosil V. feu. 

Fnson, v, fondre. 

FoBt, foi I, 85. II, 32. 281, bois, 
arbre, bâton, fût, pallissade; de 
fustis , qui prit, dans la basse lati- 
nité, les significations arbre, bois; 
de là faite, poutre, soliveau; et 
espèce de bâtiment (v. les Diction- 
naires); ftuter I, 85, fustiger: pil- 
ler, voler. Fnitier, charpentier; 
ftaataillier, tonnelier, faiseur de fu- 
tailles, sont de la même famille. 
Affût y affûter sont des composés 
de fust. L'ancienne langue avait 
afftister dans le sens de prés^ter 
xxu. bâton ou une arme contre qqn. 

Faste V. fust. 

Foster v. fust. 

Fui v. fust. 



G. 



Gaagnable v. gaagnier. 

Oaagnage v. gaagnier. 

Gaagnier, gaaignier, gaainnier, gaegnier, 
goaigner, gaignier, gainner I, 88. 
172. 216. n, 186. 255. 316, cul- 
tiver, labourer, faire valoir, gagner, 
profiter ; de là gaagnage, gaaîgnage, 
gaaignage, goaaignerie, etc., terre 
labourée et ensemencée, produit de 
cette terre; gain, profit, utilité; 
gaîgneiie, goaigneiie, ferme, mé- 
tairie ; gaaignerres, gaaigneor, gaînor 
1, 173, cultivateur, laboureur, colon; 
qui cherche à gagner; gaagnahle, 
terre labourable; gaaigne, gaaing, 
gaain, gaaig (gaaix&i), goain, waing 
I, 188. 216. II, 255. 271. 344. 360, 
travail des champs, revenu, gain, 
profit; butin, ce qu^on a gagné ou 
pris sur Tennemi ; regaagnier I, 329, 
Burguy, langue d*oIl, Glossaire. 



regagner, reconquérir, réparer. Là 
signification primitive de ces mots 
est celle que j'indique en première 
ligne. Ital. guadagnare, guadagoo; 
prov. gazanhar, gazanh ; esp. (subst) 
guadana, etc. En comparant ces 
formed, on verra de suite que Téty- 
mologie allemande winnen, vaincre, 
proposée dans ces derniers temps, 
est toQt à fait fausse. Gaagnier 
dérive cependant de Pallemand : 
weidân, weidanjan, chasser ; ou de 
weida, toida, pâture, chasse avec 
la suffixe agn, an. De Pidée de 
chasse, pâture, on a passé à celle 
de labourage , d*oii celle de revenu, 
puis de gain en général. 

Oaaig V. gaagnier. 

Gaaignage v. gaagnier. 

Ckiaigne v. gaagnier. 

12 



GAA 



178 



GAI 



Gaaigneor v. gaagnier. 
Oaaignerres v. gaagnier. 
Oaaignier v. gaagnier. 
Oaain, gaaing v. gaagnier. 
Oaainnier v. gaagnier. 
Gaainz v. gaagnier. 
Oab, gas I, ô8. 293. 371, plaisanterie, 
raillerie, moquerie, dérision, dissi- 
mulation; vb. gaber I, 113. 366. 
376, railler, plaisanter, se moquer; 
de là gaboii, gabdB II, 73. I, 370, 
raillerie, plaisanterie, dérision, trom- 
perie, jactance; g&beres, gabieres, 
gabeor I, 77, railleur, moqueur, 
présomptueux ; gaberie , dérision, 
moquerie. L'ancien norois et le 
suédois gabb, signifie moquerie, 
gabba, se moquer; mais cette racine 
est assez isolée dans les idiomes 
germaniques, tandis qu*elle a un 
grand nombre de réprésentants en 
celtique; ce qui doit faire pencher 
la balance vers la dernière origine. 
V. Diefenbach I, 169, § 6. 
Oabeis v. gab. 
Oaber, gaberes v. gab 
Oabeor v. gab. 
Oaberie v. gab. 
Chibieret v. gab. 
Oabois V. gab. 
Gaagnier v. gaagnier. 
Gage, wage II, 16, 93, gage, caution, 
garantie, engagement, assurance; 
gager, gagier, wager II, 397, gager, 
prendre des gages, engager sa foi, 
promettre, aliéner; de là gagier, 
gagenr, garant, caution ; gagiere, 
gagarit I, 157, engagement, gage, 
'nantissement, promesse, aliénation, 
bien engagé; gageure II, 68, gage, 
enjeu; appeler qqn. de gageure; 
vb. comp. engager I, 243. II, 157, 
engager. Lmâ. tadia, vadium, gua~ 
dium, etc., invadiare, disvadiare^ 
dégager, désengager, etc. Dèr. du 
goth. vadi, gage ; ahal. tcetli, toeddi^ 
pignus, foenus, stipulatio, yadimo- 



nium; ancien frison %ted, caution, 
gage, promesse, amende en argent; 
gotb. gavadjon, n ou 6Çh v , etc. Vadi 
doit dériver de vidan, lier; Graff 
pense que ce mot est emprunté au 
latin vat. 

Gager, gagerie v. gage. 

Gageure v. gage. 

Gagier, gagiere v. gage. 

Gai I, 100, gai, vif, alerte, diversi- 
colore, bigarré; de Tahal. gàhi, 
prompt, vigoureux; de là gaieté, 
gaîté, contentement, allégresse; vb. 
comp. eigaier, égayer, plaisanter, 
réjouir; d'où eigaiement II, 251, 
action d'égayer, plaisanterie, ré- 
jouissance. Le nom d'oiseau ge<û, 
autrefois gai H. d. C. p. 234, est le 
même mot, c.-à-d. Toiseou bigarré. 

Gaiant I, 102. 401. II, 228, géant; 
prov. jayan; de gigas (gigant). Si 
réditenr des Remarques sur le Pa- 
tois, suivies du vocabulaire Latin- 
Français de Guillaume Briton, eût 
connu notre ancienne langue, il 
n'aurait pas dit que le Gayan de 
Douai est une locution espagnole. 

Gaide v. waide. 

Gaignerie v. gaagnier. 

Oaignier v. gaagnier. 

Gaignon, waîgnon II, 362. Roi Gnill. 
99, chien, dogne: l'orthographe en 
ir reporte à l'allemand et gaignon 
se rattache an verbe ahal. geinôn, 
ouvrir, ouvrir la bouche, anglo- 
saxon ganan. 

Gaillard, gaillart v. gale. 

Gaillardement v. gale. 

GaJiawitw v. guai. 

Gun, waïn, simple de notre regain, 
dont il a la signification, puis saison 
dn gain, c-à-d. automne; en ita- 
lien guairoe ; de l'ahal. weida^ nour- 
riture, herbe, avec la suffixe ime, 
dont le m s'est changé en n dans 
la langue d*oTl. Au lieu de wain on 
trouve TTiin, TOin; — décomposition 



GAI 



179 



GAL 



du w et retranchement euphonique 
de Ta? 

Oainner v, gaaignier. 

Oaiirnr t. gaagnier. 

Oaiole, jaîéle, gaole, j6oiUe I, 187. II, 
234, cage, prison (geôle); dimin 
caveola, Imâ. gabiola, gayola, de 
cavea, dans l'ancienne langue caive, 
cage V. s. V. C'est à la même ra- 
cine qu'appartiennent nos verbes 
cajoler y — enjôler, traiter comme 
un oiseau en cage, flatter par des 
paroles — attirer dans la cage. 

Oairai, waires, sfoaires, g^iaitrés, gnires, 
guierei, gères, goares II, 294. 5. I, 
225. II, 233; n'a gaires II, 295, 
naguères ; n'estre gaires de II, 296 ; 
n'estre à gaires II, 185 avec le 
même sens que n'estre gaires de, 
en latin curare ; dusqu'à ne gaires, 
tantôt, peu s'en faut, presque. 

Oftiret V. garait. 

Ckûsde V. waide. 

Gaite v. gutier. 

Omiter v. gaitier. 

Gaitier, gaiter, ganter II, 284. 325. 
362, guetter, veiller, prendre garde, 
faire attention; subst. gaite, gneite, 
goaite, guete, waite (f.) Il, 167. 195. 
279. 387, celui qui fait le guet, 
sentinelle, garde ; de l'abal. u>ahtên^ 
tcahtan, faire la garde, subst. wahta, 
allmod. vDOcki, goth. vakan, valUvô, 
De là agaitier, agaiter, agueiter II, 
51. 198, épier, tendre des pièges; 
li mguaitant f)i$ce lîj 194; agait, 
agueit I, 196. 328. II, 329. 344, 
surprise, artifice, aguet, embûche; 
agait porpense, appense, goet-apens ; 
contvegaitier Q. L. d. R. IV, 366. 

Gai, gans O. d. D. 7605, coq; galhis; 
gelixie I, 190, poule; gallina; geli- 
nier, poulailler; gaUinarium. La 
plupart des patois ont conservé 
geline, et la langue fixée a les dim. 
gelinelle, gelinotte; le masc. gai, 
se retrouve dans le champenois 



gau; le lorrain et le normand jau. 
Cfr. polie. 
GhUe, magnificence, faste, parure, 'grâce, 
réjouissance, fête, bonne chère, ban^ 
quet; vb. g^aler, faire de la dépense, 
être libéral, se réjouir, s'amuser, 
faire fête, sauter; de là galoii, 
aimable, gentil, galant, gaillard, 
joyeux , amoureux ; et notre galon 
(ornement), galant, qui avait autre- 
fois une signifixiation assez rap- 
prochée de celle que nous donnons 
à gaillard. Quant à gaillard, gail- 
lart Ch. d. R. str. 204. 223. 225. 
FI. et Bl. V. 1929, généreux, vi- 
goureux, hardi, gaillard; adv. gail- 
lardement Ch. d. R. str. 209, riche- 
ment, avec pompe; il. est de la 
même famille; mais il se sépare de 
gale par le l qui est mouillé: ital. 
gagliardo, port, galhardo, esp. gal- 
lardo, prov. gaillart, galhart. Gale 
de l'ahah geil, luxnrians, petulans, 
eifrenatus, etc.; subst. geilî^ super* 
bia, petulantia, fastus; pour gail- 
lard cir. anglo-saxon ^ro^o/, geagle, 
geaglisc, petulans, lascivus; ^al. 
gogeL V. Dief. G. W. II, 380 et suiv. 
Galer v. gale. 

Galerie, réjouissance, divertissement 
— et galerie c-à-d. soit un bâti- 
ment mignon, «soit un lieu fermé, 
une cour même. Frisch et bien 
d'autres après lui ont dérivé galerie 
de l'allem. wallen, mais ni la forme, 
ni la signification ne conviennent. 
Dans. ses deux premiers sens ga^ 
lerie vient sans le moindre doute 
de giUe (v. plus haut) et l'on pour- 
rait, je crois, admettre que, de cette 
signification abstraite, on est passé 
à la concrète, salle de plaisir, etc. 
Cfr. gloriete. 
Galeme I, 337, vent nord-ouest. Le 
breton gwalarn, nord-ouest, est-il 
la racine de ce mot? Je ne le 
pense pas; erna, erne est une suf- 

12* 



GAL 



180 



GAN 



fixe, fréquente dans le provençal 
surtout, et gai est le radical qui 
se retrouve dans l'irlandais gai, 
souffle (de vent). Ainsi mot d'ori- 
gine celtique, avec terminaison 
romane. 

6ali« II, 164, navire long à bords 
plats et à rames; pUiot, ib. ; bâti- 
ment de pirate, — pirate, corsaire ; 
Imâ. galea, galeida^ galedellus, etc. 
Galiàn, galeasse, sont de la même 
souche. Les formes romanes ont 
toutes été admises dans Tallemand, 
au lieu de dériver de ces dernières, 
comme on Ta dit. Dans Pancienne 
langue, jalle, jalaie, signifie une 
espèce de vaisseau, un sceau; le 
Imâ. galida a la même signification, 
(ra/ére répond, pour la forme, au 
latin gaUrum ou gâtera. Ces com- 
paraisons porteraient à croire que 
le primitif de galie, etc., se trouve 
dans le latin galea, caâque, dimin. 
galeola, espèce de vaisseau, i. e. 
casque renversé; mais il s'agirait 
d'expliquer les terminaisons. 

Oaliot V. galie. 

Oalois V. gale. 

Ckdop V. galoper. 

Galoper, galoper; galop, s. s. et p. r. 
galos II, 164, galop; les galos^ au 
galop; prov. galaupar, galopar; du 
gothique hlaupan, s'élancer, avec 
la préfixe ga—ge; ahal. Ma» fan, 
ancien saxon Môpan, anglo-saxon 
hleapan. M. Diefenbach G- W. I, 
181 rejette cette dérivation sans 
s'expliquer sur le pourquoi. De la 
même racine dérive galopin, nom 
donné, dans la fable, an lièvre em- 
ployé comme messager. Cfr. ahal. 
hlonfo. Ce mot signifia aussi mar- 
miton, domestique, bas valet. 

Galopin v. galoper. 

Galos V. galoper. 

Gamaehe v. jambe. 

Oambais, wambais, d'où gambeson, 



wanbison, espèce de vêtement contre - 
pointé, long et pendant sur les 
cuisses, sur lequel on endossait la 
cotte de mailles: de Vah&l.wambrt, 
ventre, goth. vamba^ allmod. toamms^ 
espèce de vêtement, en Suisse, pance. 
Cfr. cependant Sehmeller I, 885. 

Gambe v. jambe. 

Gambemn v. gambais. . 

Gambet v. jambe. 

Ganbe v. jambe 

Gauchir, gaenchir, gueneir I, 393. Il, 
122, se détourner, esquiver, éviter 
avec adresse, manquer, glisser; 
tourner, faire un tour pour revenir 
à la charge, retourner, se diriger 
d'un côté; le part. prés, gnenchis- 
tant, a souvent le sens de adroit, 
agile, souple; subst. guenche, dans 
la phrase faire gvenche ou la guenche, 
action de guenchir , abandonner. 
Ganchir de l'ahal. wank^an, wenk- 
jan, céder, se retirer; subst. toank. 
C'est de ce verbe ganchir qu'on 
fait ordinairement dériver notre mot 
gauche. Deux fortes raisons parlent 
contre cette étymologie: les adjec- 
tifs ne dérivent pas immédiatement 
des verbes, et puis l'euphonie ne 
i>éclamait pas du tout le change- 
ment de an en au. J'ajouterai à 
cela que l'ancien anglais avait gauk 
= gauche , et qu'aujourd'hui encore 
on trouve dans les patois anglais 
gaulic, ce qui permet sans doute 
de supposer un primjtif français 
gale. D'après une donnée de M. Dief. 
Celt. I, 139 qui rappelle Vesp.zurdo, 
gauche, lurda, la main gauche, 
propr. la sourde, et en comparant 
l'ital. stanca, propr. la fatiguée, 
on pourrait dériver gauche de l'ahal. 
welk, la faible, par rapport à la 
droite, la forte. Cfr. Dief. G. W. 
II , 325, § b. 

Gandiller v. gandir. 

Gandir, se sauver, échapper, se ré- 



GAN 



181 



GAR 



fugier, trouver refage; d'où gan- 
diller, se détourner, se sauver; du 
goth. vandjan^ tourner, faire tour- 
ner, détourner; ahal. wantjan, 
toentjan ; anglo-saxon vendan, ver- 
tere, ire; allmod. wenden. 

Gaagle, gaagler v. jangler. 

Oaaivot v. cnivet. 

Gant, want I, 222 242, gant, gage; 
Imâ. watUuê, guantus , etc.; mot 
d'origine allemande, mais qui manque 
au haut-allemand et à Panglo-saxon : 
ancien norois vô<(r (m.)=t^aiflr, da- 
nois vante. V. Grimm III, 451, 
haut de la page. 

Gante, gannte, oie sauvage ; mot alle- 
mand comme le prouve le passage 
suivant de Pline 10, 22, 27: (Au- 
seres) e Germania laudatissimi. 
Candidi ibi , verum minores9 gantae 
(al. ganzae) vocantur. Gante dérive 
directement de ganta,. Ahal. ga~ 
noiio, jars, allmod. gans, oie ; bas- 
saXon gante, jars,, gaut , oie. Ce 
rejet du » a lieu dans plusieurs 
dialectes. Cfr. Diefenbach Celt. 200, 
Schwenk s. v. Gans- 

Gante I, 186, jante. Ce mot appar- 
tient sans doute à la même racine 
que jambe (v. s. e. v.) , car la déri- 
vation de canthus, que Ton indique 
ordinairement, ne convient ni pour 
le sens, ni pour la forme. 

Gaole V. gaiole. 

Garait, garet, gairet, gnaret I, 134. 
II, 370, guéret, champ dépouillé de 
ses fruits; prov. garag, varah; de 
vervactum, avec changement du v 
initial en ^;. ital. barbecho. 

Garandir v^ garant. 

Garant, gnarant, warant, gvArent I, 60. 
236. II, 93. 329, garant, protecteur, 
chef, seigneur, maître; juge, ar- 
bitre; garantie, etc., garantie, pro- 
tection ; garantir, gaientir, garandir, 
goarantir, warantir I, 197. 336. Il, 
102, garantir, assurer, protéger; 



de là gaarantitnn II, 237, protec- 

. tion , garantie ; Imâ. guarandns, 
warens, etc., prov. gui ren= garant; 
de Tabal. werên, exécuter, garantii*. 
Cfr. I, 342, Diefenbach G. W. 1, 202, 
Grimm Rechtsalterth. 603. 

Garantie v. garant. 

Garantir t. garant. 

Garbe, jarbe, gerbe ; de TahaL garba, ib. 

Garw V. gars. 

Garçon, garçimner v. gars. 

Garçonniser v. gars. 

Gardàin, gardaine v. garder. 

Garde, gardeîn v. garder. 

Gardeor v. garder. 

Garder, gnarder, warder I, 57. 144. 
147. 162. 294. 309. II, 67. 347, 
.regarder, observer, faire le guet, 
garder, préserver, protéger ; de Tabal. 
wartén, ancien saxon wardôn, vigi- 
lare, curam haberc, anglo-saxon 
veardian, tueri. Guarde, warde 
garde I, 129. 292, garde, <- pro- 
tecteur, tuteur, — obligation qu*a 
un vassal de faire le guet, de gar- 
der le château de son seigneur, — 
crainte; 6at//er en garde I, 54 — 
prendre warde 1, 237 — ahal. vaarto 
(m.), custos, warta (f.), allmâ. warte, 
custos, goth. varda (f ), garde. Se 
prendre "^arde à qqn. I, 301, Tob- 
server, y faire attention. De là 
gardein, gardain, gardeor, garde, 
gardien ; gardaine, garde, gardienne. 
Comp. agarder II, 102, regarder, 
cherdier des yeux, choii>ir ; eegarder, 
efwardeir, esgardeir, eignarder I, 67. 
89. 163. 174. 182. 222. 232, con- 
sidérer, examiner, juger après exa- 
men, conseiller, être d'avis; d'où 
eigardement I, 50, manière de voir, 
opinion , examen , décision , égard ; 
subst. eigard, esgart, eagnard, eswart 
I, 75. 217. II, 214. 329, examen, 
conseil , réflexion , jugement , sen- 
tence, décision, convention, arbi- 
trage; oigarde, égard, attention; 



GAR 



182 



CrAU 



Migarderes, ei^ardedr, juge, arbitre; 
qui regarde, spectateur; regarder» 
regnardor, rewarder, resgarder I, 
129. 232. 309. II, 36. 68, regarder, 
considérer , examiner , reconnaître, 
choisir, 'fixer, juger, décider; se re- 
garder 11, 226, regarder autour de 
soi, se retourner ; 8bst.r«gart,-rewmrt, 
regard, attention, d^ance, crainte; 
volonté, jugement, avis^ accord, 
traité; ronde (de gens de guerre), 
inspecteur, administrateur^ maître 
juré d*un métier; de là regazdenre, 
aspect, regard; aregardtr, regarder. 

Oardin v. jardin. 

Garentir v. garant. 

Oarer, gnarer, observer, prendre garde. 
garantir, garder; comp. esgarer, 
eignarerl, 212. II, 62.401, perdre 
de vue, égarer; part, égaré, trou- 
blé; de Tahal. warôn, prendre soin, 
protéger. 

Oaretim v. garir. 

Oavet V. garait. 

Gazgate, gosier, gorge: La gargate 
li ont tranciee, Brut 2219; cfr. Roq. 
s. V. ; port, et esp. garganta, avec ti 
intercalaire; prov. mod. gargata et 
garganta; de gurges avec la suffixe 
att et sous rinfiuence de l'onoma- 
topée gargarizare, ynaynoiCM, Cfr. 
Honçrat s.v. garg. 'Sotte gargouille, 
esp. gargola, se rapporte à la même 
racine j cfr. prov. mod. gargalhol, 
gargolbol ; bourguignon garguillô, 
gorge, gosier. La forme ^rar^omeZ/e, 
gosier, prov. gargamela, en Lorraine 
gargamelle^ bouche, est un com- 
posé de la racine garg et, dit-on, 
du gascon ^oino, goitre ; cfr. Oberliu 
s. V. A cette racine garg, se rap- 
porte encore : jargon, gargou, jargon 
I, 223, jargon; ital. gergo, ger- 
gone; vb^ jargoner, gargoner, jar- 
gonner, parler du gosier, avoir Tac- 
cent étranger, parler d'une manière 
désagréable et incompréhensible. 



Gargon, gargoner v. gargate. 
GarUlaat II, 162, terrain marécageux, 

bourbeux ? cfr. prov. mod. garilhas, 

bourbier. 
Oariment v. garir. 
Oarîr, goarir, warir, gaurir, goanrir 

I, 342. II, 350, préserver, racheter, 
sauver, échapper, garantir, se ga- 
rantir, être ou mettre en sûreté, 
guérir. Quoique l'étymologie indi- 
quée I, 342 ne soit pas fausse, en 
tant qu'elle repose sur la racine 
primitive «ar, j*ai eu tort d'ad- 
mettre une double origine pour ce 
verbe. C'est du gothique va/rjan; 
ahal. %oerjan, warjan, anglo-saxon 
varjitn; allmod. wehren^ défendre; 
qu'il faut dériver garir. Garer dé- 
rive de warôn (v. ce mot). De là 
garifloa, guarison, garifui) gar«nm, 
variflon I, 225. 245. 350. II, 215, 
sûreté, sauveté, provision, tout ce 
qui eât nécessaire; guérison; gari- 
ment, saint, refuge, action de se 
garantir; garite, refuge, retraite; 
guérite^ i. e. lieu sûr pour veiller, 
défendre Pour la suffixe ite de 
ce dernier mot, cfr. réussite. 

Oarison, gnariran v. garir. 

Cterite V. garir. 

Oamaohe v. garnir. 

Oamement v. garnir. 

Oamiment v. garnir. 

Garnir, goamir, wamir I, J25. 169. 

II, 160, avertir, prémunir, instruire, 
murtir, garnir, fortifier; de l'ahal. 
wamôn, anglo-saxon vamian, avoir 
soin, garder, allmod. warnen. V. 1. 1, 
342 à la note. Se garnir, se mettre 
en sûreté. De là gamiaon, gnar- 
niaon II, 228, vivres, provision, tout 
ce qui est nécessaire (cfr. garison), 
renfort; doublure, fourrure; garne- 
ment, gamiment, gaamement I, 232. 
407. II, 265, habit long, habit en 
général, agrès, garniture, fourrure, 
harnais, armure; gamaohe, habit 



GAR 



183 



GAS 



long , manteau. Tous ces mots 
avec les formes en gu, ir. 

(humiion v. garnir. 

Garol, garni, garonl, garou, garwil 
dans M. d. F 1 , 178 (loup) garou, 
liomme qui a la faculté de se chan-. 
ger en loup. On lit dans DC. s. v. 
Geralpbus: Vidimus fréquenter in 
Anglia per Innationes homines in 
Inpos mutari, qnod hominum gedus 
Gernlphos Galli nominant, Angli 
vero Werewolf dicunt (Gervasius 
Tillib.)- Ce verewolf anglo-saxon, 
i. e. homo lupus, devenu dans le 
ladn gerulphut, produisit les formes 
citées. Lor8qu*on eut entièrement 
oublié Torigine de garou^ on y 
joignit loup, faisant ainsi un pléo- 
nasme. 

Oaron, garoul v. garol. 

Oarret II, 256, jarret; Imâ. garoctum; 
dér. du celtique : kymri gàr, cuisse, 
bret. gar, os de la jambe, jambe. 
Cfr. kymri câma gâvj pli du jarret, 
et Dief. Celt. I, 129. 130. Garrot 
appartient à la même racine. 

Oan, gnan, ganon, gar^n I, 71, 
garçon (puer) ; mais employé le plus 
souvent dans le sens de valet, ma- 
nouvrier, goujat, fripon, vaurien, 
homme débauché, homme de néant; 
— garée I, 325, jeune fille, ser- 
vante, mot qui ne se prenait jamais 
en mauvaise part. Gars (ital. gar- 
zone , esp. garzon , prov. gartz, 
guartz) ne peut pas dériver de 
Tallemand, comme on Ta ditj parce 
que ritalien ne manquerait pas 
d'écrire gu. Cette dernière ortho- 
graphe en ancien français et en 
provençal est exceptionnelle et ir- 
régulière. M. Pott II, 347 a cherché 
à rapporter gart au breton gieer*ch, 
virginal; mais la raison que je viens 
de donner repousse également cette 
étymologie. Cfr. Dief. Ceit. p. 130. 
193. Le gallois ganan dérive du 



français. Quelle est donc Porigine 
de ce mot? De gar$ dérive gar- 
çoBiier, garçonniser , appeler qqn. 
garçon,, c'est-à-dire fripon, dé- 
bauché, vaurien. 

Oanon v. gars. 

Oand y. garol. 

Oarwal v. garol. 

Oai V. gab. 

Oaiehie v. gasehier. 

Oaachiar, waaohier, tacher, souiller; 
subst. gaichie^ waaèhie, tache, souil- 
lure; gasoUa, waschis, endroit sale, 
cloaque ; de Tahal. waskjan, waskan, 
laver; aujourd'hui waschen; anglo- 
saxon véuean, anglais toash, ib. et 
teindre, peindre ; subst. gâchis. C'est 
notre gâcher, gâche. M. Grimm se 
demande si waschen suppose un 
verbe fort wischen, ce- qui e.\pli- 
qnerait mieux les significations mo- 
dernes de nos mots. Cfr. Dief. 
G. W. 1 , 249. Ne confondez pas 
avec gaucher^ fouler (les draps); de 
Tahal. walchan, allmod. walken, ib. 

Oaschia v. gasehier. 

Gaser, jaser, jaser, babiller, gazouiller; 
de l'anc. norois ^lassi, jars, propr. 
caqueteur: de là gadller, gaiillar, 
babiller, s'entretenir, discourir, ga- 
zouiller; probablement le primitif 
de cette dernière forme moderne. 
Le mot de jars a peut-être la même 
origine, mais sans doute avec in- 
fluence du latin garrire, car on le 
trouve écrit, sans s ; Ménage parle 
en outre d'un verbe champenois 
jargauder, crier comme le jars 
quand il coupe Toie. Les Picards 
disent gars, les Bretons gan. Cfr. 
le vb. anglais jar, qui permet de 
supposer un vb. français jarir, 

Oasiller v. gaser. 

OaspiUer v. guespiller. 

Oast, gaste v. gaster. 

Oaitel, gastiial (gaitiax) II, 256, gateai» ; 
de Pallmâ. wastel, genus panis, 



GAS 



184 



GEL 



affilié à mtt, dans Tahal. , sub- 
stantia , cibus. Cfr. Grimm II , 26. 

Oaptar, gnaiter II, 28^, 392, piller, 
ravager, dévaster, détruire, con- 
sommer; de vastare; comp. de- 
gaiter, deguaster II, 189. 304, gâter, 
dévaster, détruire, ravager; de- 
vastare; adj. gaste, gnaste, gait, 
inculte, solitaire, gâté, en mauvais 
état; vastuê; gast, gnast, dévasta- 
tion, ravage. Les formes en gu 
(ital. ^astare, anc. esp , port., prov. 
goastar) ont £ait penser que ces 
mots avaient une racine allemande ; 
mais Tadj. gaste et le composé cfe- 
gosier se retrouvant dans le latin, 
on ne peut faire remonter gaster 
à rallemand. Le gu pour v latin 
a été expliqué I, 33. Cependant 
on trouve dans Ben. v. 4987 la 
forme gastir, qui, pour sa conju- 
gaison , doit dériver de Tahal. toast- 
jany "dévaster (snbst. wastjo); d'où 
gaatine (II, 143) ,1 gnastine, désert, 
solitude, terre inculte; adj. gastin 
(Ch. d. S. I, 209), désert, solitaire, 
dévasté. 

Ckultin, gastine v. gaster. 

Oaatir v. gaster. 

OauehAr v. gaschier. 

QanfSre, goffire, gaufre; Imâ gafrttm; 
de rallemand waffel, ib. Cfr. Dief. 
G. W.I, 148. 

Gange, dans Texpression nois gauge, 
noix étrangère, exotique ; de i*ahal. 
walah (prononcé ensuite sans doute 
fDo/e), étranger, exotique; anglo- 
saxon vealh, ancien norois vaL 
X^es Allemands ont conservé wall^ 
nuss (nus8 = noix); ancien norois 
waUmot, islandais waihnit^ bas- 
saxon wailnut, 

Cktimte V. gante. 

Oavxir v. garir. 

Oavi V. gai. 

Gant, gnalt, bois, forêt, bocage, terre 
couverte de broussailles; de Talie- 



mand wald, bois, forêt; de la gau- 
dine, bois, etc. Cfr. Dief. G. W- 
I, 186. 

Oayelot, javelot; ce mot ne peut dé- 
river de jacidum, à cause de son 
g initial Selon M. Grimm III, 443 
il a son origine dans Tancien an- 
glais gaflôk^ anglo-saxon gaflâc, 
composé hypothétiquement de gaf 
et lâe, jeu. M. Pott le rapporte à 
Tirland. gabhla<, lancea, jaculnm. 
Cfr. Dief. Celt. 1, 137. G. W. II, 402. 
On lit dans Brut v. 6412 : Envoler 
gaverlos et dars ; où le r ne pa- 
raîtra pas peut-être d^une grande 
importance; cependant le Dict. de 
Lille portant la contraction garlot, 
je crois que ces formes ont droit à 
être prises en considération. 

Oe, je v. ju et I, 122. 

Oe terminaison du subjonctif 1 , 243. 

Gehir, jehiri, 34ô, avouer, confesser; 
de Tabal. iehan, gehan, dicere, af- 
fîrmare, fateri; gotb. aikan, Cfr. 
Dief. G. W. I, 18. Le prov. ge- 
quir, laisser, abandonner, que Rayn. 
L. R. III, 463 dérive de vacuare, 
est le même mot, car celui qui ac- 
corde , abandonne. La forme jeiehir 
rappelle Tital. aggeccbirsi, se sou^ 
mettre, composé de geccbire (in- 
connu), qui est de la même source. 
Comp. regehir, rejehir II, 345, avouer, 
reconnaître, cenfesser; d^où rege- 
liiMement, aveu, confession. 

Geindre v. gémir et II, 250. 

Gelde, géode, gueude II, 328, société; 
troupe, compagnie, particulièrement 
d'infanterie; Imât^ie/f/a, fileta; anglo- 
saxon gild, allmod. gilde, dérivé de 
gelden, payer. De là geldon, gea- 
don, compagnon, porte -lance. 

Geldon v. gelde. 

Gelée v. geler. 

Geler, geler ; gelare ; gelée 1, 62, gelée, 
froid; propr. gelata, prov.gelada, 
,itai, gelata; — le prov. gef, ital. 



GEL 185 GES 

gelo, esp., port, yelo, de gela; famille, homme, personne; gent 

comp. franc, dégel. clergi» et gent laie I, 244]degenM^ 

Geline v. gai. 9ent(i$); gmt, gente II, 328, poli, 

Oélini» V. gai. gracieax, beau; de façon gentille, 

Oemer y. gémir et II, 250. bien ; de genitus, i. e. hiomo genitns, 

0«mir, gemer, gdndre II, 250. 376, homme de naissance, un noble, d*oà 

gémir, plaindre, déplorer. les significations indiquées; adv. 

Oeneer y. gent. gentement 1, 153. 194. 321, joliment, 

Génération ▼. genre. agréablement, poliment, gracieuse- 

Oengleonr v. jangler. ment; de là le vh. gemer, geneor, 

Oenioel, 278, génisse; dejunix (junic). orner, parer, embellir; comp. agen- 

Vu inaccentué s'est affaibli en e. ser, agencer, embellir, plaire; — 

GeniUons (à) v. genol. gentil I, 101. (gentil, jaatis) 269, 

Oendl, genoiller y. genol. noble, poli, gracieux, qui a les ma- 

GeaoillonB (à) v. genol. nières nobles; de geniilis (gentem 

Genol, genoil, gennil, genonl, genou; habere); de là gentilleoe, gentiBie, 

de genuculum pour genieulum^ di- etr avec changement de l enr, gen- 

minutifs de genu. (DC. s. v. genu- terise II, 161. 204. 231, gentillesse, 

culum.) De- là la locution adver- noblesse, douceur, privilège, titre 

biale à genoillons , etc. , à genoux -des nobles, fol de gentilhomme. — ' 

II , p. 268 , cfr. p. 263 ; gen<dlier8, Gentilhomme , gentilfemme. Cfr. 

genouillère, armure des genoux; Rayn. L. R. III, 460. 

vb. genoiller, genoler, etc., se mettre Genteliie v. gent. 

à genoux; comp. agenoiller, âge- Genteriie v. gent. 

noiUier I, 146. 325, s'agenouiller; Gentil, gentiliie v. gent. 

engenoiller I, 400, s'agenouiller. Gentillece v. gent. 

Genoler v. genol. Gentis v. gent. 

GenoUiere v. genol. Gennil v. genol. 

Genonl v. genol. Geredon, geredonier v. guerredon; 

Genre, genre; genus; engendrer, en- Gerw v* gaires et II, 295. 

genrer I, 232. 264, engendrer, pro- Germain I, 144, germain; germanus. 

créer, produire ; ingenerare; simple Cfr. cosib. 

prov. generar, ital. generare; de là Gemier v. grain. 

engendreres, engendreor, créateur, Geron, geroner v. giron. 

procréateur, producteur, père: en- Gerpir y. guerpir. 

gendreore, engenrenre, progéniture, Gerre v. guerre. 

production, naissance; génération I, Gerredon, gerredoner v. guerredon. 

56. 167, génération, production, Gerrier verb. et subst. v. guerre. 

généalogie, extraction, race; rege- (derrière v. guerre. 

nerer I, 72. 212, régénérer; rege- GerriTe v. guerre. 

nerare. Cfr. gent. Je rappellerai Geiine v. gésir.' 

ici le latinisme engenui, engendra, Gésir, jeiir, gisir, giedr, gire I, 34ô 

entre autres dans les S. d. S.B. Ô28. et sniv. , être couché, reposer, être 

G«ni, gieni, point v. II, 334, 7mo. enterré; connaître charnellement; 

Genaer y. gent. être en couches, accoucher; prov. 

Gent, gente v. gent. jazer,jacer;ital. giacere;esp. yacer; 

Gent I, 105, gent, nation, peuple, port, jazer; de là geiine I, 349, 



19I^ 



GëG 




pouRBC hû de— rr leacasde 
fer; tnmiiiVy dnriataBy j 
T. je». 
T. «dde. 
▼. geldc- 

T. SCVMT. 

jner I, 70. lôdu 361. 
520. n, 235, jener, fiûie atei- 
Beace: port jej^^T ««**- gmawe; 
prov. jeomary j^aar^ U femmer I. 

fô. II, 271. 336, jeme, 

doat le s^ue fca. est 



dont il parie. 



luXlV). LagisM 
ÎBftrvMent à c 

des Tîeilcs (violesX 

Y 



l« le 
il avait 
par leI>aBKe 
cordes (Par. 
ea cCet ««ait 
deUfanîUe 
<^^fiK dêr. de 



GIM 



187 



GLA 



giffen, geigen; giguer, jouer de la 
gigne. A cause de la forme de 
cet instrument, on avait donné à 
la cuisse le nom de gigue, d'oà 
giguer, jouer des gigoes, sauter, 
courir; dim. ^i^o<, gigot. Cfr. rote, 
viele, rebec. 

Oimple, gimpler v. gnimple. 

Gippon V. jupe. 

Oire Y. gésir. 

Girer y. gires. 

Gires (plur.), douleurs de l'enfante- 
ment; cfr. Tallemand ftrei«seii; être 
en douleurs d^enfantement, et 
Schwenk D. W. s. e. v. ; (sing.) prov. 
gir, ital. giro, tournoiement, cercle ; 
de gyrus ; vb. girer, tourner, virer ; 
gyrare. CHrande, girandole, gù- 
roueite (pour giroette, girotette?) 
sont de cette famille. 

OirozL, geron, contracté en gron dans 
Tex. suiv. : Trancha . i . pan del 
gron devant R. d. C. d. P. 14, partie 
de rhabiilement qui est à la cein- 
ture, côté, sein, pan d'habit ou de 
robe, coin ou triangle, en termes 
de blason; de Tahal. gêro, allmâ. 
gêre^ ib. , selon M. Grimm de gér, 
épieu, lance, à cause de la forme 
du pan d'habit ou du chanteau qui 
était à la ceinture; ital. gherone; 
esp. giron; de là gironer, geronér 
II, 224 seulement au part, pae., à 
larges pans; gironné, en termes 
de blason. 

Gironer v. giron. 

Gisarme v. guisarme. 

Gifir V. gésir. 

Giter v. geter. 

CMn y. jeu. 

Giyre v, voivre. 

Glace II, 287, glace; glacies, glaeia 
dans les gloses anciennes; de là 
glacer, glacier, glaehièr, glaider 
S. d. S. B. 568. II, 363, glisser, faire 
un faux pas, détourner un coup; 
«e glacier, s'élancer; ainsi propr. 



courir comme la glace. On a pensé 
que de gkneier nous avions formé 
glisser, autrefois aussi glinser (DC. 
s. V. clidare), par changement de 
ai en i, comme de chaignon on a 
fait ohigncm, etc. ; mais on ne ren- 
contre guère ce changement de ai 
en i que devant gn et l, et l'on 
doit préférer pour glisser la dér. 
de l'allemand glitse», glitteke», 
déjà indiquée dans Ménage. 
Glacer v. glace. 
Glaohier v. glace. 
Glacier t. glace. 
Glai, glaie, glaïeul, plante; dQ gla- 

dius; cfr. glaive. 
Glaieier v. glace. 

Glaive, gUye, glelTe II, 16. 342, glaive; 
lance, demi-pique; et hommo d*ar- 
mes, cavalier armé de lance; de 
gladiusy avec transposition de l't, 
et V pour d syncopé; prov, glavi; 
dans St. Léger encore gladi (£t a 
gladj es percutan. Str. 23, éd. Diez). 
Ce mo> signifie en outre une grande 
frayeur, douleur, carqagei. On a 
regardé la frayeur comme un glaive 
perçant, et pris l'effet pour la cause 
dans les deux autres significations. 
Cfr. Je provençal glai, glay=: glaive, 
frayeur; Rayn. L. R. s. v. 
Glas, glas, sonnerie des cloches, volée 
de cloches; de classicum, signal 
de trompette, mais de fort bonne 
heure avec la signification romane. 
Aujourd'hui ce mot a une signifi- 
cation restreinte. 
Glat V. glatir. 

Glatir, aboyer, crier confusément, 
notre clatir; sbst. glat, aboiement, 
cris confus ; dér. glatiMemeat, aboie- 
ment, cri; onomatopée. Cfr. xXtt- 
i^tt^y yXâ^iiv; allemand: bavarois 
klattern, jaser, klittern, raconter; 
haut - allemand klatschen, produire 
un son bruyant, jaser. 
Giatiisement v. glatir. 



GLE 



188 



GON 



Oleive v. glaive. 

OleiM, g^6y glane; glener, glaner, 
glaner; selon Leibnitz du celtique: 
kymri glain, glân, propre; glan- 
han^ nettoyer. 

Oleton» gletteron, gloateron, bardane; 
de Tallemand hJette, ib., proprem. 
quelque chose qui s^accroche. 

Oletterott v. gleton. 

tuilier V. glace. 

OUm v. église. 

Oliner v. glace. 

Gloire, glorie, glore I, 75. 193. 3ôO, 
gloire, le ciel; gloria; glorios, glo- 
xiot» glorionsy glorieni, gloriez 1, 123. 
14Ô. 402, glorieux; glorioius; adv. 
glorioiement, glorieusement; gknier, 
glorifier; gloriari; glorifier I, 123, 
glorifier; glorificare. Un diminutif 
de gloire, est gloriete P. d. B. y. 6910, 
petite chambre fort ornée, qui prit 
peu à peu ,1a signification de bel- 
védère, petit bâtiment, loge de 
verdure. Cfr. DG. glorieta et Mé- 
nage s. V. 

01oro V. gloire. 

Olorie, glorier v. gloire. 

Oloiiete v. gloire. 

GHorieiii v. gloire. 

Glorifier v. gloire. 

Glorios, glorioMment v. gloire. 

Glorioni V. gloire. 

Gloton V. gloz, 

Glovs ^. gloz. 

GUmte, g^ontement v. gloz. 

Gionton v. gloz. 

GloB, gloni, glui, gloton, glouton, gin- 
tnn; adj. f. et subst. glonte I, 69. 
70, gionton, gourmand; vicieux, 
débauché; avide, pillard, brigand; 
de glûto ou plutôt glutto; de là 
glontement, goulûment. De la même 
source, c-à-d. de gluUire^ vient le 
verbe engloutir. 

Ghit, s. s. et p. r. gini S. d. S. B. 562, 
glu; provençal glut; comme le dit 
Ménage de glus y gluHs, qu'on 



. trouve dans Ausone, et non de 
gluten. 

Glntnn v. gloz. 

Glni, glu V. glut. 

Glni, glouton v. gloz. 

Gnnni v. I, 183. 

Gnni V. I, 183. 

GofE^ V. gaufre. 

Goit V. joir. 

Qoïe V. joïr. 

Goitron, gorge, gosier, (goitre); de 
gutter pour guttur, avec renverse- 
ment de er. 

Golt, gonle I, 286 notre gueule, gorge, 
gosier, bouche; gula; de là vb. 
comp. engeler, engloutir, avaler; 
degoler, couper la gorge, décoller. 

Gono V. jonc. 

CtonOf gnne, robe, robe de moine; 
dim. gonelle, gnnele, robe, casaque, 
tunique, cotillon; ital. gonna, robe 
de femme ou plutôt jupe, anc. esp. 
gona ; prov. gona. Le latin n'offre 
aucune étymologie pour ce mot, 
et le grec moyen-âge yovva, qu'on 
a proposé comme racine, est em- 
prunté au roman. Il n« reste donc 
que le kymri gwn, anglais ^otrn, à 
indiquer comme l'origine de ce mot ; 
mais il faudrait prouver que gwn 
est bien celtique. 

GoneUo v. gone. 

Gonfianon, gnnlànnn, gnnfanon, con- 
fanon, oonfenon, cnnfannn II, 344. 
351, étendard, bannière à trois ou 
quatre pendants ; banderolle ou 
flamme, qui se mettait au-dessous 
du fer de la lance, différente du 
pennon; de là gonfanoier, gnnfann- 
ner, gonfanonier, confenoier, celui 
qui porte le gonfanon. De Tabal. 
gund-y kund" ou chund'fano = 
gundy kundy combat, et fano, drap, 
drapeau. On voit que les deux ortho- 
graphes en ^r et en c initial ont 
leur source dans l'allemand. Ancien 
norois jftffifi/iiiiî, labarum, vexillum. 



GON 



189 



GBA 



Gonfanoier v. gonfanon. 

Oonfanonier v. gonfanon. 

OwCf gort, gour, gouffre; gorge II, 
243, gorge; canal, condait d*eaa; 
de ^«r^es ; dimin. gergete II, 373, 
petite ou belle gorge; vb. goxger, 
gorgoier, gorgeier, ruller, se mo- 
qaer, insulter. Le prov. gorgolb, 
dér. de gurgulio, d*oti plusieurs pa- 
tois ont aussi gorgoillot, gorge, 
entre autres celui de Montbéliard. 
Vb. ancien français gorgoler, mur- 
murer, parler entre ses dents; ital. 
gorgoliare, etc. Cfr. gargate. 

Gorge V. gorc. 

Gergeier v. gorc. 

Gorger v. gorc. 

Gorgete v. gorc. 

Gorgoier v. gorc. 

CK>rle, goorie II, 25, bourse ou sac 
de cuir, de culleus AVec permuta- 
tion de la liquide. H faut rapporter 
ici gorlet, cité par Roquefort, et 
r ancien français -wallon goneau, 
gorriau, collier de cheval, gorlier, 
gonrlier, bourrelier. 

Gorlet V. gorle. 

Gorlier v. gorle. 

Gorpi] V. goupil. 

Goupiller v. goupil. 

CK>rre, truie ; gorron, cochon ; gorreau, 
petit cochon, aujourd'hui goret; en 
Franche -Comté gouri, signifie en 
général cochon, et en qqes. endroits 
porc mâle, esp. gorrin. Aurait-on 
tiré le nom de cet animal de ses 
habitudes sales? la racine gar se 
retrouve dans l'ahal. et le celtique 
avec ridée de limon, boue, fumier, 
saleté, pus. Soit dit en passant, 
c'est sans doute à cette même ra- 
cine gor que se rapportent nos mots 
gourme et gourmand; cfr. ancien 
norois gormr, limon, de gor, kymri 
gorm, quantité, surplus. 

Gorreau, gorriau v. gorle. 

Gort V. gorc. 



Ooiter, gnitor II, 114. 124, goûter; 
gustare. 

Gote, gnte, gonte, goutte, goutte; 
gutta; empl. pour renforcer la né- 
gation n, 334. 338. 64. I, 233. etc. ; 
— la maladie appelée goûte I, 348, 
a la même origine, parce qu'on 
l'attribuait à certaines gouttes tom- 
bant du cerveau. V. DC. s. v. et 
R. d. 1. y. p. 3. De là goter, couler 
goutte à goutte, être dégouttant; 
comp. degoter, dégoutter, d'où digot 
I, 348, gouttière; eigoter, eigoater 

I, 278, s'égoutter, se dessécha. 
Goter V. gote. 

Gonle y. gole. 

Goupil, gorpîi, gourpil, et quelquefois 
fém. goupille, goorpille, renard; dim. 
gonrpillon I, 99; vb. dér. goupiller, 
gorpiller, se cacher comme le re- 
nard, se montrer lâche. Du latin 
vulpec%iila (vulpes). Pour le change- 
ment du V en ^ voy. I, 33. Notre 
mot goupillon est un dérivé de la 
même racine. Aussi goupille? qui 
ne peut dér., comme on l'admet 
ordinairement, de cnspicula, dim. 
de cnspis. 

Goupille, goupiller v. goupil. 

Gourle v. gorle. 

Gourpil, gourpille v. goupil. 

Gonrpillon v. goupil. 

GouBte V. gote. 

Gonte V. gote. 

GoTeme v. governeir. 

Govemexr, gn^emer I, 220. II, 55, 
gouverner, guider, diriger; guher- 
nare; de là goveme, gOTemement 

II, 42, gouvernement, administra- 
tion, direction; — gOTorneres, go- 
yemeor, gouverneur; degubemaior. 

Govemement v. govemer. 

GoTemeor v. govemer. 

Ctovemeres v. govemer. 

Graal, greal, grasal (graaz, gréas, 
greanz), vase, plat, bassin, large 
et un peu profond, de bois, de terre 



GRA 



190 



GRA 



ou de métal; Imâ. gradalis, gra- 
dale, grasala; prov. grazal; gaint 
Sfraal, vase fameux dans la cheva- 
lerie. (Pour la légende du St. Graal, 
voy; Roquefort Gloss. s. v. graal; 
Fr. Michel, Notice du Roman du 
Saint-Graal.) La légende du saint 
ffriMl a donné lieu à Pétymologie 
sang rvyàl, mais la forme prov. 
graitU prouve sa fausseté, en ce 
que le ft y est organique, puisque 
le bas latin le rend régulièrement 
pat d: gradalis. Borel dérive ^raa/ 
dt grais, parce que ^ces vaisseaux 
sont faits de grès cuit;'' mus la 
forme repousse cette interprétation, 
car le « radical n'aurait pas dis- 
paru. Prenant la forme mystique 
pour la primitive, ce qui n'est pas, 
quelques auteurs ont songé agra- 
Hali*, de gratia, sainte scène, dans 
le bas latin; ici encore la forme 
graal s'oppose à la dérivation. 
Roquefort me paraît avoir trouvé 
juste en dérivant gratU de craler, 
Imâ. cratus quelquefois, d'où cra^ 
fo/is, graiai, graeU.. 

Oraanter v. creauter. 

Oraaatier v. creanter. 

Oraax v. graal. 

Ontoe, graioe, graace I, 50. 120. 178, 
grâce, remercîment, faveur, indul- 
gence, pardon; gralia. 

Oraélier v. graîle. 

Gner v. gre. 

Orale» graffe, graife, grefe II, 96. 
155. 113, burin, stylet à écrire; 
de graphium (yça(fioy); grafier, 
grailler, écritoire, étui où l'on met- 
tait les stylets pour écrire; gra- 
pkimrium; esgrafer, esgrafiîNr, gratter, 
ratisser, égratigner; esgrafigner,. lire 
peu lisiblement, égratigner (égraf- 
figner). Aujourd'hui, nous avons 
deux mots greffe: l) lieu d'un tri- 
bunal où l'on conserve les minutes 
àes jugements, etc.; 2) petit bout 



de branche inséré dans une autre. 
Le premier est une extension de 
signification donnée à grafe, comme 
burean, p. ex., espèce d'étoffe, puis 
meuble couvert de cette étoffe. Le 
second peut être aussi le même 
mot, car le grafe est quelque chose 
de pointu et de l'idée de pointe à 
celle de scion, etc., il n'y a pas loin. 
Quant au genre différent, cela ne 
fait rien, les neutres produisent 
souvent des féminins, et, dans l'an- 
cienne langue, grafe était masculin 
et féminin. (D'une grafe FI. et Bl. 
V. 1050 ) Cfr. Dief. G. W. II, 422. 

Oraffe v. grafe. 

Graffier v. grafe. 

Gragan I, 361 paraît signifier restes 
mesquins, débris, bribes. 

Oraiee v. grâce. 

Oraidre v. grant. 

Graife v. grafe. 

Graigne v. gram. 

Graigaor, graignur v. grant. 

Graid v. graîle. 

Gnule, grail , grille, ^ril ; de cralicula ; 
vb. graaiUier, graelier I, 311, griller, 
propr. rôtir sur le gril. 

Graile, corneille noire; Imâ. gracula; 
de graculus; de là grailer, crier 
comme la corneille. 

Graile, graille, graisle, graille, grelle, 
gresle I, 400, mince, menu, svelte, 
délicat; de gracilis; de là subst., 
instrument de musique qui produi- 
sait un son aigu, comme de clair 
nous avons fait clairon. 

Graim v. gram. 

Grain, grain, aspérité de la peau, 
morceau, fragment; de granum; 
ital., esp. grano, prov. gran, port, 
grào; de là aussi graine I, 330, 
graine; et écarlate, garance; cfr. 
xôxxoç, grain, graine, kermès, écar- 
late; dér. grenier, gemier II, 182, 
granarium ; prov. granier, esp. gra- 
nero, ital. granaio ; grange, grange, 



GRA 



191 



GRA 



propr. lieu à serrer les graios; de 
Vaû], granea; rancien franc, disait 
aussi granoe, granche v. Roq. s. v. 
qui vient d^une antre forme Imâ. 
granica. Ajoutez ici grener, prov. 
granar, ital. granare, et composés. 
C^est encore de granum que dér. 
graigne, greigne, dont on fit plus 
tard^ri^e, d*oii graignon, grjetgnon, 
aujourd'hui grignon, yb. grignoter, 

Oraindes f. grant. 

Onindre, graindres v. grant. 

Graine v. grain. 

Graini v. gram. 

Graille v. graile. 

Graîiae v. cras. 

Gram, graim, s. s. et p. r. graini, grains 
II, 6ô, fâehé, triste, chagrin, morne, 
peiné; graigne, colère, souci, cha- 
grin, affliction; gramoier, gremoier, 
gremier, affliger, attrister, gémir; 
de Pahal. gram, fâché, mécontent; 
gramjam , irritare , exacerbare ; 
gremen. 

Oramaire, gramere, grammairien; de 
grammaticarius pour grammaticus. 
Le mot moderne est une dérivation 
postérieure de Tanc. franc. , 

Gramenter v. guai. 

Gramment v. grant. 

Gramoier v. gram. 

Granee v. grain. 

Granche v. grain. 

Grandeee v. grant. 

Grandeime v. grant. 

Grandefoe v. grant. 

Grandime v. grant. 

Grandir v. grant. 

Grandite v. grant 

Grandor, grandnr v. grant. 

Grandree v. grant. 

Grange v. grain. 

Granment v. grant. 

Grana, grans de grant. 

Orant I , lOl , grand , grande ; gran" 
dis; empLadv. II, 315; comparatif 
s. s. grandree, graindres, graindre, 



graidre,' graindes; r. graignor, gri- 
gnonr, greignor, gr6ingnenr,grigneiir, 
graignnr, greignnr, greinitr I, 102. 
103, plus grand, plus âgé; graindre 
1, 103 avec signification superlative ; 
superlatif grandimee, grandime, gran- 
deime I, 106. Q. L. d. R. 360, très 
grand, très gros; grant employé 
adverb. II, 315 pour beaucoup; 
grant empl. subst. pour grandeur; 
adv. grantment, granment, gram- 
ment, granment R. d. I. Y. 169, grande- 
ment, longtemps, beaucoup ; — gran- 
dite I,^ 187, grandeur; granditas; 
— de là grandor, grandnr II, 63, 
grandeur; grandesee, grandeee II, 
246, grandeur, étendue, énormité, 
puissance, arrogance; vb. grandir, 
augmenter, croître, grandir; gran- 
direz engraigner, engrainer I, 102, 
note, II, 207. croître, augmenter, 
grandir, agrandir. 

Grantment v. grant. 

Granteir, granter v. creanter. 

Grape v. agrapeir. 

Gras, grasset v. cras. 

Grasal v. graal. 

Grasce v. grâce. 

Grater, gratter, gratter, égratigner; 
de Tahal. chrazôuy suéd. hratta, 
holland. kratsen, krassen, etc. De 
là nos mots gratin, égratigner, et, 
dans l'ancienne langue, gratnser, 
râper, gratter. .Cfr. le subst. dau- 
phinois gratusi, râpe. 

Gratnser v. grater. 

Granment v. grant. 

Grannter v. creanter. 

Graveir, grever v. grief. 

Gravele v. grève. 

Graver, graver; de Pallemand ^m^en, 
goth., ahal. graban, axamuVy holl. 
grâven, anglo-saxon grafan; tandis 
que le bas latin grafare, scribere, 
pingere vient de ynaifnv* Si, 
comme on le dit d'ordinaire, ygâ- 
(ffty était la racine de notre 



GRA 



192 



GRE 



mot, on aurait eu graffer. Cfr. 
grafe. 

Oravereni v. grief 

Oravier v. grève. 

Oraviri monter, gravjr; ital. gradire; 
de gradus: gradire, graïr, puis avec 
V intercalaire, gravir, selon Ménage. 

Oravoi v. grève. 

Ore, greit, gret, gred I, 84, vouloir, 
volonté, grâce, récompense ; de gra- 
tum, chose dont on a de l'obliga- 
tion. A gre, à volonté, selon vo- 
lonté ; rendre gre, remercier, rendre 
grâces; savoir gre, Comp. maigre, 
mangre, blâme, reproche, mauvais 
gré; prép. II, 357; maigre mien, 
iien, sien, etc. II, 357; maigre en 
aie je y en aies iu, etc. II, 357. 
Verbe gréer, graer, agréer,, con- 
venir, plaire, avoir pour agréable, 
approuver, gratifier, remercier; 
ccMup. agréer, agreeir, agréer (de 
à gre), d*ou desagreer II, 167, être 
desagréable, déplaire, causw du 
désagrément, de la peine. 

Oreal v. graal. 

Oreas v. graal. 

Oreanz v. graal. 

Oreche v« crebe. 

Ored v. gre. 

Oreer v. gre. 

Oref v. grief. 

Orefé Y. grafe. 

Orefinent v. grief. 

Grege v. grief. 

Oreger, gregier v. grief. 

OregOB V. grief. 

Greignor, greignnr v. grant. 

Oreille v. graile. 

Oreingnenr v. grant. 

Oreiss v. gram. 

Greinnr v. grant. 

Oreit V. gre. 

Grqjance v. grief. 

Grcger v. grief. 

Orejos V. grief. 

Grelle v. graile. 



Oremier v. gram. 

Oremoier v. gram. 

Grenat II, 345, grenade; granatum. 

Grenier v. grain. 

Grenon, guemon, grignon II, 254. 
R. d. 1. V. p. 73, moustache et barbe 
au menton; Imâ. (granus) grani, 
granones, grenones, etc.; ahal. (pi.) 
grani, barbe; allmâ. gran, ancien 
norois grbn, allmod. granne, Yoy. 
Dief. G. W. I, 317. 18. II, 427. 
Par mes grenons II, 149, manière 
de jurer. 

Grée y pénible v. grief. 

Grei, grès v. gresle. 

Greiil v. gresle. 

Greile, mince v. graile. 

Greile II, 257, grêle; gresler, grêler; 
prov. greza; de grès, pierre dure 
et grise, qui se réduit aisément en 
poudre; et grès de Tabal. grioi, 
griei, anglo-saxon greot, allmod. 
gries, ce qui a la forme de dragées, ce 
qui est brisé, écrasé; gravier, gruau. 
Un diminutif de gresle, est greiil 
Ch. d. R. str. 109, verbe gredUer. 
Cfr. le suisse grusel, gravier et dé- 
bris de pierres. Grès ne peut venir 
du celtique crag, comme le prétend 
M. Chevalet, à cause de son s 
organique. Cfr. groe. 

Greder v. gresle. 

Gresse v. cras. 

Gret V. gre. 

Grevance v. grief. 

Grève R. d. 1. V. 138, gravier, sable; 
grève; prov. grava; gravier I, 328. 
II, 73, rivage, gravier, sable; gravoi 
II, 355, grève, gravier, sable; gra- 
▼ele R. d. 1. V. 15, gravier, sable. 
L*origine de ce mot n'a pas encore 
été découverte, car il ne peut guèro 
dériver du celtique craig, cran. 
Cfr. groe, dont les bretons ont 
peut-être emprunté leur krae, krôa. 

Grève, grever v. grief.^ 

Grèves, grevna, grevoiu v. grief. 



GRI 193 GRO 

Grief, gpref, s. s. et p. r. gries, grès, Griffaine v. grifon. 

féminin grieve, grève II, 295, pé- Grifon, griffon, grifiFon; de gryphus. 

nible, difficile, sérieux, dangerenx, A la même racine appartient grif- 

grave; de gravis. De là se sont faine, grifaigne I, 113, qui a un 

développés trois groupes de formes: aspect, un regard sauvage, méchant, 

a) graveir, grever (gravare) II, 268. un air naenaçant, rébarbatif; rude. 

385, grever, peiner, fatiguer, être escarpé, 

hostile, faire du tort; agrever, ac- Grignenr v. grant. 

câbler, abattre, faire tort ou de la Grignon v. grenon. 

peine; grevns, grèves, grevoTis, pé- Grincer, grincher, grincer; de Tahal. 

nible, désagréable, grief, grave; gremiiôn , grimiiôn, stridere den- 

grevance II, 353. 384, peine, cha- tibus. M. Chevalet s. v. grincer 

grin, difficulté, tort; graverens, range dans la même famille grimizôn 

charges ; agrevance , peine , chagrin et knirschen ! ! 

qui aggrave et accable; — b) gre- Grippe v. grife. 

ger, gregier, grcjer, faire tort, causer Gris II , 360 adj. , gris ; subst. , sorte 

du dommage ou de la peine, mal- de fourrure; Imâ. griseus. V. DC. 

traiter, devenir plus grave, plus Griseum. De l'ancien saxon grîs, 

meurtrier; agregier, s'appesantir sur gris; allmâ. ^s, aujourd'hui ^^ei$. 

qqch., accabler, attaquer vivement; Grocer P. d. B. 8418, groncer ib. 8251, 

engregier, faire tort, dommage, groncher, gronder, gronchier (grouz 

agraver, d'où notre rengréger; I, 278, Ire pers. s. prés, ind.), mur- 

gregoSj grejos, grege II, 328, diffi- murer, se plaindre, parler entre ses 

cile, pénible, qui fait du tort; gre- dents, gronder ; groncement, plainte ; 

jance, peine; — c) adv. griefinent, de Tahal. grunzen, avec syncope 

griement, grefinent I, 122, griève- du n. 

ment, difficilement, péniblement, Groe, groi, pierre dure, roc; du cel- 

dangereasement; grieste, griete, dif- tique cra^, rocher; irlandais et gal- 

ficulté, peine, chagrin, grief, dom- lois creig^ craig. Cfr. grève.- 

mage , ou en parlant d'une griève Grogner, groigner, murmurer, se plain- 

et dangereuse maladie. — Grief dre, gronder; de grunnire, prov. 

nous est resté dans le substantif gronhir, ital. grugnire et grugnare. 

homonyme. De là groing, groin, groin. De la 

Griefinent v. grief et II , 264. forme grundire pour grunnire (voy. 

Griement v. grief et II, 264. Freund L. W.), l'ancien français 

Gries V. grief. avait grondre, grondir, murmurer, 

Griève v. gref. grogner, résonner, d'où notre gron- 

Grifaigne v. grifon. der; dér. grondiller, gronder, mtir- 

Grife, griffe, griffe ; grifer, griffer ; de murer , criailler. 

l'ahal. ^rt/Vin, aIlmâ.^H/en, allmod. Groi v. groe. 

greifen^ saisir, prendre ; allmâ. grif, Groigner v. grogner, 

serre. Notre verbe gripper est de Groin, groing v. grogner, 

la même famille, il se rapporte au Gron v. giron, 

gothique greipan , ancien saxon Grondiller v. grogner, 

^pan = ahal. grif an. Cfr. Dief. Grondir v. grogner. 

G. W. n, 430. Langue d'oïl subst. Grondre v. grogner. 

grippe, rapine, injustice. Groucement v. grocer. 

Bnrgny, langue d'oll, Glossaire. 13 



GRO 



194 



GUE 



Oronoer v. grocer. 

Oroacher, gronehier v. grocer. 

Oroncier v. grocer. 

Ornel, gruau; Imâ. grutum, grutellum, 
gruellum; ainsi grwl pour grutel; 
de Tanglo- saxon grut, bas -saxon 
grutt^ ahal. gruit, allmod. griiUe, 
gruau. La forme moderne est con- 
tractée de grueal^ grueau. 

Ouaaîgxiexie y. gaagnier. 

Onai, Wfti interj. II, 401, malheur!; 
de guai et de menter, pris de la- 
menter, on forma guaimenter , gai- 
menter, waimenter (se) II, 227. 391, 
se plaindre, se lamenter, s'affliger, 
gémir,, se donner des soins. Outre 
ces formes, on trouve, absolument 
avec la même signification , gner- 
menter et gramenter, qui, dans leur 
première syllabe, rappellent le cel- 
tique : gallois gairm, breton garmi, 
pousser des cris; et l'allemand 
gram, chagrin. Du reste, vu la 
facile transposition du r, il est dif- 
ficile de décider si gttermenter et 
gramenter n'ont pas une origine 
commune. Cfr. gram. 

flnaignage v. gaagnier. 

Chuûgner, gnaignerie v. gaagnier. 

Onain v. gaagnier. 

Onaite, gnaitw v. gaiter. 

Guarant v. garant. 

Giiaraatir v. garant. 

Chuuraatiiim v. garant. 

Giuurde, gnarder v. garder. 

Chiarer v. garer. 

Ovaret v. garait* 

Guaxir v. garir. 

CHiarison v. garir. 

Guarnexnent v. garnir. 

Guaniir v. garnir. 

ChiarniMn v. garnir. 

Chian V. gars. 

Cfvast, guaite, gnaster v. gaster. 

Chiastine v. gaster. 

Ghunirea v. gaires et II, 295. 

Gnanrir v. garir. 



Oneer v. guet. 

Oneiseillier v. wessail. 

Oneite, gneiter v. gaitier. 

GKienehe v. ganchir. 

Qnoiohir v. ganchir. 

Ghienck v. ganchir. 

€Kieredon, gneredoner, gneredon voy. 
guerredon. 

Onerent v. garant. 

Gneres v. gaires et II, 295. 

Qnennenter v. guai. 

Onemon v. grenon. 

Gnerpir, gerpir, werpir I, 208. 89. 125. 
II, 377, céder, abandonner, quitter, 
laisser, délaisser; comp. degnezpir, 
dewerpir I, 228. II, 49, céder, 
abandonner, lâcher, quitter, délais- 
ser; du goth. vairpan, jeter; ahal. 

, werphan, werfan, ancien saxon 
werpan, Cfr. Grimm, Rechtsalt. 123. 

Guerre, werre, genre, gierre I, 48, 
guerre; de Tahal. iccrm, rixe, dis- 
sension, dispute; gnerrer, gnerreer, 
guerreier II, 90, gœrroier I, 131, 
gerrier, werreier» faire la guerre; 
ahal. werran, almâ. toerren, mêler, 
mettre en désordre, etc. Cfr. Schwenk 
D. W. s. V. wirren. Dér. guerrier, 
gerrier, gerriere, guerrière, a d'a- 
bord signifié ennemi (e), adversaire, 
puis guerrier, combattant. Cfr. 
Rayn. L. R. III, 517. On trouve 
encore gerrire, guerrière, et gaer- 
reinr, gnerrenr, homme de guerre. 

Guerredon, gneredon, gneredun, gerre- 
don, geredon, werdon, worredon II, 
282. 303. 376, récompense, salaire; 
vb. gnerredoner, gneredoner, gerre- 
doner, geredener, geredonier II, 313, 
récompenser, rémunérer; d'où re- 
gnerredoner, rewerdoner, récompen- 
ser, rémunérer ; et d'ici rewerdoneres 
II, 113, rémunérateur; prov. gua- 
zardon, guazardoner; ital. guida(e)r- 
done, gnida(e)rdonare ; esp. galardon, 
galardonar; port, galardâo, galar- 
doar ; Imâ. vnderdomÊM* Widerdonum 



GUE 



195 



GUI 



dérive de TahaK vjtdarlôn (= widar 
= wider^ prép. et lôn), récompense. 
La dernière partie de la composi- 
tion a sans donte été corrompue 
dans sa vocalisation par suite de 
l'influence du latin donum. 

Chierredoner v. guerredon. 

Onexreer, gnerreier v. guerre. 

Onexreinr v. guerre. 

Ghierrer v. guerre. 

Guerrenr v. guerre. 

Onerrier, guerrière v. guerre. 

Ghierroier v. guerre. 

Chiersai v. wessail. 

Chienoi v. wessail. 

Ones v. guet. 

Onesde v. waide. 

Ghieepe, weepell, 181, guêpe ; de vespa ; 
ahal. wesfa. Pour gu, it, v. I, 33. 

Ghiespiller, gaspiller, gaspiller ; de Tan- 
glo- saxon gespillan, ahal. gaspil- 
dan, consommer, dépenser. 

Onet, weit, gne, s. s. et p. r. gnes, 
weis, gnes, gué; de Tahal. wat, 
gué; ancien norois ooc/r, vad; gneer, 
weier, guéer, laver (d'un fleuve); 
de Tahal. waian, aujourd'hui waten, 

Ouete V. gaitier. 

Ouetier v. gaitier. 

Onende v. gelde. 

Ones V. guet. 

Ouiche, gnige, lien, courroie, anse de 
reçu, courroie par laquelle on sus- 
pendait récn autour du cou; de 
Tahal. wicha, allmâ. wicke, lien. 
Mais comment expliquer la forme 
guige? existe -t -il une forme alle- 
mande tpickjaf ou est-ce simple* 
ment une permutation dialectale du 
g en ch? 

Chiieor v. guier. 

Gvier, guider, conduire, mener, gou- 
verner ; sbst. s. s. guerres, r. gnieor, 
guide, conducteur, chef, général; 
du gothique viian, observer, gar- 
der, avec syncope du t. (Cfr. haïr.) 
Ital. guidare, prov. guidar, avec 



changement du t en d, que le fran- 
çais moderne a admis. C'est à la 
même racine qu*il faut rapporter 
guidon, guidonner, etc. 

Onieres v. gaires et II, 295. 

Chiierres v. guier. 

Gnige v. guiche. 

Onigner I, 90, faire signe, observer 
de côté, regarder, lorgner, épier; 
ital. ghignare, sourire; esp. guinar, 
prov. guinhar, comme en français; 
de l'ahal. kinan, adridere, peut- 
être avec mélange de l'ahal. ginôn, 
geinôny anglo-saxon ginan, béer, 
d'où observer. Cfr. encore ancien 
norois gôna, intentus spectare. On 
dérive ordinairement guigner de 
l'ahal. tptnkjan, mais la forme ita- 
lienne ne peut comporter gh pour 

. tr et de plus il faudrait admettre 
la syncope du h, Cfr. du reste dans 
M. Duméril le normand guincher, 
lancer des oeillades, <le winkjan, 
et non guigner; puis guenchir^ de 
wenhjan, qui prouvent que la forme 
française ne peut absolument pas 
se rapporter à winhjan. 

Onile, guille, supercherie, mensonge, 
mOquene, fourberie; gniler, gïuJIlm, 
tromper, attraper, fourber, se mo- 

- quer; prov. gnil, guila, guilar; de 
l'anglo-saxon vt/e, astutia. 

Ouxmple, gimple R. d. 1. V. 216, guimpe, 
morceau d'étoffe dont les femmes 
surtout se couvraient la tête, et 
dont elles se servaient quelquefois 
comme aujourd'hui des voiles (Roi 
Guillaume p. 140); on le trouve 
aussi employé pour les hommes et 
M. P. Paris le traduit par turban 
(Ch. d' Antioche 34), sans s'expliquer 
davantage; enfin cornette d'étoffe 
attachée à la lance ; gnimpler, gimpler, 
orner sa tête d'une goimple, orner 
sa tête; de l'ahal. toimpal, tberis- 
trum; allmâ. wimpel, ib.; pepinm; 
allmod. wimpel. 

13* 



GUI 



196 



HAC 



Guimpler v. guimple. 

OnireB v. gaires et II, 295. 

Oïdsarme, gisame, jnsarme, wisarme, 
visanne I, 193, espèce d*arme tran- 
chante, mais dont il est difficile de 
préciser la forme; selon les uns 
glaive, selon les autres hache, hache 
à deux tranchants (v. DC. gisarma). 
On a confondu ^ttisarme Avec gese 
(v. gieser); mais sans dire comment 
on s'y est pris. Pour rapprocher 
ces deux mots, il faudrait admettre 
une composition de gaesum et arma, 

' ce qui est bien lourd, et il n'y a 
aucun précédent d'un pareil emploi 
de arma. Quelle est donc l'origine 
de guisarme, prov. gasarma? car 
il n'est non plus possible de le rap- 
porter, avec DC, à guxsare, 

Ouiscart, gaÎBehàrt, sagace, fin, rusé, 
adroit, priident; de l'ancien norois 
visk-r, sagax. Cfr. Dief. 6. W. I, 
219. De là aussi, comme en prov., 
fgoàaiwè II, 312, avec la même signi- 
fication que guiscart. 

Onischart v guiscart. 

Guiiehet v. ^wiket. 

GniBOOt V. guiscart. 

CHilse II, 292. 350. 398, guise, ma- 
nière, façon, sorte ; de l'ahal. totsa, 
marche de qqch., mode, manière, 
etc., de wUan, montrer, etc.; cfr. 
Dief. G. W. ï , 220 ; à guise de , à 
(la) manière de. L'espagnol a le 



verbe guisar; nous n'avons que le 
composé deg^niser, desguiser; 5e des- 
guiser de armure Q. L. d. R. III, 
338, mutare habitum suum; se dé- 
guiser de sa vesture I, 127, com- 
mutare habitum; ainsi propr. chan- 
ger de manière, de façon, sortir de 
la guise, transformer. 

Guitare, dans les plus anciens textes 
gniterre ou gniteme, du grec xi- 
/>«o«. Le corps sonore de la gui- 
tare était plat et uni en dessus et 
en dessous , ce qui la différenciait 
du luth. La guitare avait en outre 
des échancrures, que n'a pas le 
luth, et son manche était presque 
toujours droit ou bien légèrement 
recourbé en dedans à l'endroit où 
sont fixées les chevilles. Les cordes 
de la guitare étaient d'abord ordi- 
nairement de quatre ou moins. Les 
rangs des cordes étaient presque 
toujours doubles à l'exception du 
premier, commençant par en haut. 
Cfr. liut. 

Chiivere v voivre. 

Oniyre v, voivre. 

Oune, gunele v. gone. 

Onnfanon v. gonfanon. 

Ounf anirn , gonfanimer v. gonfanon. 

OuBter V. goster. 

Onte V. gote. 

GuTemer v. governeir. 



H. 



Habert v. helberc. 

Habitacle v. habiter. 

Habiteor, habitenr v. habiter. 

Habiter, abiter I, 95. 223, habiter, 
demeurer; habitare; esp., port, 
prov. habitar, ital. abitare; habi- 
teor, habitenr, habitant; habiiator; 
habitade II, 379, maison, logement, 
habitation ; le corps comme demeure 
de l'âme; habitaculum. 



Hable v. hafhe. 

Habondance v. onde. 

Habondeir, habonder v. onde. 

Hache I, 193, hache; allmod. hacke, 
mot qui ne se trouve pas dans 
l'ancienne langue; mais on a le 
verbe anglo-saxon haccan et le 
subst. hacco (m.), crochet. Cfr. Tan- 
glais to hack et le suédois hacha, — 
Hache de Crequi, Danoise, Norroise, 



HAC 



197 



HAL 



sortes d'armes. DC. hacheta, hos- 
tis(?), secures danicae, norrissa. 

Hachie v. baschiere. 

Hade v. baschiere. 

Hafiie, hayene, havle, hable, bavre, 
port; de TaDglo-saxon hàfen, dan. 
havn, ancien norois hôfn, port. 

Hai Interj. II, 402. 

Haie, clôture en général, baie; Imâ. 
haga^ haia; liaier, enclore, cbasser 
dans un enclos; Imâ. haiare; du 
bas-allemand haeghe^ enclos; abal. 
hagy ville; abal. hagan^ allmod. 
hàgen ou hegen, enclore, bavarois 
haigen^ haien. 

Haier v. baie. 

Hailas interj. v. las et II, 401. 

Haim Dol. p. 182, aim, ain, hameçon; 
de hamus. 

fiaimi interj. II, 402. 

Haïne v. haïr. 

Haingre v. beingre. 

HaïnoB v. haïr. 

Haïor V. haïr. 

Haïr I, 349. Je me suis mal expliqué 
en donnant la dérivation de ce 
verbe; il faut faire remonter haïr 
directement à hatan^ htUjan, et non 
pas à la forme de l'abal. hatôn; 
anglo-saxon hatian, ancien saxon 
hetian ; comme le prouvent les formes 
hadii Ch. d. S. A., hedi Q. L. d. B. 
II, p. 191 (t. I, p. 278% Subst. hé, 
haine ; du gotb. hatis, ancien saxon 
^e<i, ancien norois hatr; d'où haïor, 
haor, haine, et haïne I, 156, ib^ 
haïnog 1 , 131 , odieux , fâcheux, 
haineux. 

Haire, baire, rendant saccus dans le 
manuscrit de Valencienues ; de l'ahal. 
hara^ tapis de crin, de poil. 

Hairon, héron; de Tahal. hexgro^ kei" 
gir; prov. aigron, ital. agbirone; 
— de là notre aigreUe, diminutif 
avec rejet de la lettre h. 

Haït, eit II, 398. I, 153; vb. haiter, 
haitier, aitier II, 398. 51 ; de là 



haitement II, 398 ; comp dehait, de- 
heit, deshait, deshet II, 398. 148. 
I, 70. 295. 304; dehaiter, dehaitier, 
deiidiaiter, desheiter II, 398. I, 167. 
271, affliger, chagriner, rendre 
triste, abattre ; part, passé : chagrin, 
triste, abattu, découragé, malade, 
défait, peiné; rehaiter» rehaitier, 
reheiter II, 398. 53, ranimer, ré- 
jouir, refaire; soihaitier, sohaidier, 
BonshaicUer II, 65. 73, désirer, sou- 
haiter. 

Haitemoit v. hait et II, 398. 

Haiter, haitier v. hait et II, 398. 

Halaigre v. alaigre, 

Halas interj. v. las et II, 401. 

Halberc, hanberc, hoberc, haubert, au- 
bert, hobert, et, par corruption, ha- 
bert — OBberc I, 85. 86. 97. 407, 
cotte de mailles. Lmâ> halsberga^ 
de l'abal. ^a/s6erc(=:Aa/<, cou, berc 
de bergen, couvrir, protéger, dé- 
fendre). Les formes les plus ordi- 
naires ne contiennent pas le s du 
radical allemand; il est devenu 
muet, puis on Ta retranché. On le 
voit dans osberc (cfr. ital. usbergo); 
mais alors le / manque. Dér han- 
bergei) mettre le haubert; comp. 
deshauberger, ôter le haubert; han- 
bergon, hanheijon, petit haubert; 
hanberg^er, celui qui fait les hauberts. 

Halberos s. s. et p. r. de halberc. 

Haie V. halle II. 

I. Halle, hâle, air chaud; du hollan- 
dais hael, sec. DC. donne aussi 
harle, dans le même sens, où le r 
est une permutation du /? 

II. Halle, haJe, hôtel de ville, grande 
salle où Ton met les marchandises; 
marché, balle; de Tabal. halla, 
temple; ancien saxon halla, anglo- 
saxon heall, heal; ancien norois 
hôll, etc. Cfr. Dief. G. W. II, 520. 

Halme v. healme. 

I. Hait, haut, sans Taspirée ait I, 62» 
66. 347, haut, élevé, solennel ; com- 



HAL 198 HAN 

paratif haltOTi haltor, hantor, haaçor, haims, village, hameau, abal. heim, 

plus haut, pris ordinairement comme demeure. Cfr. hanter, 

superlatif: très-haut; superlatif al- Hanap, henap, s. s. et p. r. haiias, 

tisme, hautisme I, 106, employé henas I, 82, coupe, vase avec anses 

substantivement, le Très-haut I, 79. et pied; de Tahal. hnapf^ anglo- 

II, 77; haut et bas, tout à fait, saxon hnap, hnàpp, ib., allmod. 

absolument, sans exception; haute napf, islandais, bas -saxon nap, 

ore, haute vespre, tard; cfr. bas; Cfr. Roq. s. v. 

empl. subst. II, 384; adv. haltement, Hanas v. hanap. 

haatèment I, 396. II, 65, en lieu Hanehe II, 351, hanche; port., ital., 

haut, hautement, grandement, noble- esp. anca; selon Ménage, deayxri; 

ment; — du latin altus; prov. ait, selon Wachter, de l'ahal. ancha, 

aut; -^ vb. hauoier, haaohier, hancer aujourd'hui anke, la nuque, dont 

I, 48. 1^7, hausser, exhausser; la signification primitive a été celle 

propr. altiare; subst. haltece, haa- de courbure. Cfr. Dief. G. W. I, 3. 

tece, hauteur, élévation, lieu haut Quant à notre anche, il dérive sans 

I, 65. ôô. II> 21; comp. enhalœr, aucun doute de l'ahal. anc^a, dans 

enhauder, élever, rehausser; es- sa signification de tibia, Cfr. DC. 

halcer, eihauoier, enaloer, essauder, ancus, et le port anco, coude, de 

asauder I, 128. 215. 367. II, 46. aynoç, l'esp. ancon, baie, rade, 

351, élever, exhausser, faire grandir, de ayxior. 

rendre plus fort; exalter, louer; Haner, labourer v. ahan. 

d'où eBsaacement, exhaussement, Hanir v. hennir, 

augmentation, prospérité. Les deux Hansaos, couteau, coutelas ; de Tanglo- 

formes eshaucier et essaucier sont saxon hand-seax, propr. couteau 

restées dans la langue moderne avec (seax) de main (haud) , ahal. sahs, 

des significations différentes: ex- couteau. 

hausser et exaucer; car exaucer Hanste v. hante. 

une prière, p. ex., ne signifie rien Hant, haute v. hanter 

antre chose qu'élever, exhausser une Hante, hanste, anste I, 212. II, 357, 

prière, la favoriser, la rendre pros- bois de lance ; de âmes, itis, selon 

père. Le prov. esalsar, eissausar Ménage, et non de hasta, qui a 

signifie également exhausser et produit haste (v. s. v.); vb. comp. 

exaucer. C'est donc à tort qu'on enhanter, pourvoir d'une hante; d'où 

a recherché l'origine de exaucer renhanter. 

dans le latin exaudire, qui, d'ail- Hanter, l'idée primitive de ce verbe 
leurs, ne conviendrait pas pour la a été celle d'avoir une grande in- 
forme; il faudrait admettre exau- clination, un penchant bien déter- 
sare, miné pour qqch. ; intransitif habiter, 
II.. Hait (m.), séjour, demeure; de demeurer, fréquenter; subst. hant, 
l'allemand Aa/f, fermeté, stabilité, hante, habitude, fréquentation, com- 
appiii assuré. Nous avons de la merce intime; de l'ancien norois 
même raeine (haldan) la halle. heimta, attrahere, recuperare; exi- 
Halteee v. hait I. gère; suéd. hàmta, dan. hente, ar- 
Haltement v. hait I. cessere, colligere, chercher; tous 
Balter, haltnr v, hait I. de heim, demeure. Cfr. ci-dessus 
Ham, d'où Aameau, hameau; du goth. ham et Dief. II, 500. La signifi- 



HAO 



199 



HAR 



cation primitiTe de ce mot n'ayant 
pas encore été bien fixée, voici des 
exemples qai prouveront la justesse 
de ce que j'avance : £ ti pères ad 
mult guerre hantée, e ne demurrad 
pas od ses cumpaignuns: sed et 
pater tuus vir bellator est, nec 
morabitur cum populo. Q. L. d. B. 
II, 182. E hantad les ordeez que 
sis pères out hantet: servivitque 
immunditiis, quibus servierat pater 
ejns. Ib. IV, 422. On voit ici s«r- 
vire renda par hanter, ce qui ne 
permet pas de prendre hanter dans 
sa signification moderne. Après 
avoir fait la description des sirènes, 
Wace ajoute: Vers ocident en la 
mer hantent R. d. Brut v. 739, c-à-d. 
demeurent, comme le prouve le vers 
733: Les seraines ont trespassees. 

Haor V. haïr. 

Hape, espèce de hache? DC. ; haper 
I, 187, saisir, attraper, rafler, 
happer; de Tahal. happa, faucille, 
allmod. happen^ happer. 

Haper v. hape. 

Hardel v. hart. 

Hardement v. hardir. 

Hardi v. hardir. 

Hardiement v. hardir. 

Hardier v. hardir. 

Hardir, verbe que je suppose d'après 
le composé enhardir, prov. ardir, 
enhardir, dont le part, passé s'est 
conservé dans hardi II, 64. 232, 
courageux, audacieux; adv. hardie- 
maat I, 148. II, 24. 53, courageuse- 
ment, avec andace ; de l'ahal. hart- 
jan, indnnare, firmare. Cfr. Dief. 
G. W. II , 541. Subst. hardsment 
I, 371, hardiesse, courage, audace; 
prov. ardimen. A la même racine 
se rapporte hardier, provoquer, har- 
celer, escarmoucher. Dans Ben. 
V. 28336 on trouve, à la rime, le 
subst. ardii, hardiesse, prov. ardit. 

Harele, haréler v. haro. 



Harer, harier v. haro. 

Harea v. haro. 

Harigoter v. harligoter. 

Harle v. balle I. 

Harligote, pièce, morceau; harligoter, 
harigoter, mettre en pièces, en 
morceaux, déchirer. Racine? 

Harligoter v. harligote. 

Hamas, hamoii, hornoia II, 73, armure, 
habillement d'un homme de guerre, 
équipage de guerre, de tournoi, de 
chasse, puis vêtement en général; 
pour une citation de la Ch. d. S., 
1, 391, où hemoU signifierait troupe, 
suite, gens de guerre, il y a les 
variantes : à lor . . . , à moU riches 
conrois; — vb. hamaacher, har- 
nacher, garnir, équiper; — prov. 
arnas, amassar, arnescar; ital. ar- 
nese; esp. âmes. Ce mot ne dé- 
rive pas de Tallemand harniseh, 
ainsi que le prétend M. Chevalet; 
c'est le contraire qu'il eût fallu ad- 
mettre. Comme le dit M. Diefen- 
bach Celt. I, 25, harnas dér. du 
celtique : kymri haiarn, anc. breton 
hoiarn, irlandais iaran^ fer. M. Diez 
admet la dérivation de l'ancien no- 
rois iârn, jârn, fer, mais ce mot 
aurait produit une autre forme dans 
la langue d'oïl. Peut-être notre 
mot est-il, du reste, un dérivé qui 
à son représentant complet dans le 
celtique ; cfr. kymri baiarnaez, usten- 
sile de fer, haiarnaidd, ferreus, jete. ; 
v. encore Dief. G. W. I, 15, B. h,c, 

Hamois v. harnas. 

Haro, haron, haren, hari interj. II, 400; 
haroder II, 400, crier haro; — 
harer, harier II, 400, agacer, har- 
celer, défier, provoquer au combat; 
encore de la même source, ou di- 
rectement de haro, harole, cri, pro- 
clamation, sédition; d'où harolor, 
tourmenter, tirailler. 

Haroder v. haro. 

Haron v. haro. 



HAR 200 HAU 

Harpe I, 401, harpe; vb. iLarper II, Harper, harperes v. harpe. 
301, joaer de la harpe; de là har- Hart f. et m., hart, lien; d'où hardel, 
pères, harpeor I, 77, joueur de hart, lien; botte, paquet. Racine? 
harpe ; — de Tahal. harpha, ancien M. Dief. G. W. II, 536 serait tenté 
norois harpa, allmod. harfe, islan- de le rapporter à la même racine 
dais haurpa; car cet instrument que horde (v. s. v.). 
était spécialement en usage chez Haschee y. haschiere. 
les peuples du Nord. Yenance For- Hasohie v. haschiere. 
tunat dit: Romanusque Ijra, plan- Haschiere, espèce de punition ou sup- 
dat tibi barbarus harpa (Carm.YII.). plice , toute espèce de peine ; de 
— Sola saepe bombicans barbaros là, selon DC, par abréviation, 
leudos harpa relidebat (Ëpist. I.). haschie, haschee, haskie, hachle, hade 
Le nombre des cordes de la harpe II, 259, peine, supplice, tourment, 
variait de six à vingt -cinq. Dans souffrance; v. DC. harmiscara, has- 
ies textes des Xlle et Xllle siècles, caria; de i'ahal. harmscara, même 
surtout dans les traductions de la signification. 
. Bible, harpe répond ordinairement Haskie v. haschiere. 
à cithara, et harper à psallere. !• Haste, lance, pique; broche, et, par 
Le cithara des versions latines est extension, pièce cuite à la broche ; 
le plus souvent mis pour psa/térion, de hasia. Cfr. fliche. 
kitmor ou cynira, exprimés en hé- II. Haste, hâte, promptitude ; en haste 
breu aux endroits correspondants. I, 372; haster, aster I, 124. 339. 
Ce mot interprété ainsi dans le sens 390, hâter, dépêcher, presser, avan- 
ie plus moderne de ciMara fit don- cer; adject. hastif, hastiu II, 194, 
ner à tous les instruments à cordes hâtif, prompt, vite; prov. astiu; 
auxquels OB rappliquait le caractère adv. de hasté : hasteement, avec 
de la cithare du Nord ou harpe. hâte, promptement, vivement, pré- 
Il en résulta peu à peu la convie- cipitamment; adv. de hastif: has- 
don que rinstrumeat favori de David tivement, hastiument I, 132. 241, 
n'était autre que celui-là, et on avec même signification; de hastif 
substitua, dans les mains du chantre vient hastivel, espèce de poire très- 
sacré, la harpe au psallérion, ou hâtive. De l'allemand: anc. frison 
hinnor. — C'est par suite de la hast, allmod. hast, anc. norois haslr, 
forme de la harpe, 'qu'on donna à festinatio ; anc. norois hasta, allmâ. 
harpon, harpin, harpeau, et à hasten^ incitare, festinare. 
harper, harpigner, harpiller, la Haateement v. haste II. 
signification qu'on leur connaît; Haster v. haste II. 
harpe est leur primitif. On a pro- Hasterel, haterel, hasterol, le derrière 
posé, k la vérité, de les dériver du cou, la nuque; de Vah&i. haîsa- 
4a grée açnrj, faucille, ou du latin dara, allmâ. halsader, 
harpago; mais la première étymo- Hasterol v. hasterel. 
iogie ne s'appuie sur rien, et la Hastif v. haste IL 
seconde ne serait admissible que Hastiu, hastiument v. haste IL 
si Ton pouvait prouver une forme Hastivel v. haste U. 
harpaon ou harpeon. Cfr. Schwenk Hastivement v. haste IL 
D. W. s. V. harfe , harpun. Haterel v. hasterel. 

Harpeor v. harpe. Haaberc v. halberc. 



HAU 



2or 



HER 



Hauberge v. helberc. 

Hauberger y. halberc. 

Haubergier, héberger v. helberc. 

Hanbergier v. halberc. 

Haubergon v. halberc. 

HaubeiJQn v. halberc. 

Hanbert v. halberc. 

Hancer v. hait I. 

Hanchier v. hait I. 

Haacier v. hait I. 

Hançor v. hait I. 

Hanme v^ healme. 

Hant V. hait I. 

Hautece y. hait I. 

Hautement t. hait I. 

Hautor v. hait I. 

Havene v. haine. 

Havet, croc, crochet; de Tallem. haftj 
crochet, agrafe; Ve est venu d'une 
imitation de la suffixe et, 

Havie V. hafne. 

Hé V. haïr. 

Healme, heaume, hiaume, halme, haume, 
eame, elme, esme II, 363. 373, 
heaume, casque; ahal. helm, goth. 
hilms, ancien norois hialmr, islan- 
dais hialmur, Helm vient de helen, 
protéger, couvrir. 

Heaume v. healme. 

Héberge, hébergement v. helberc. 

Hebexgerie v. helberc. 

Hebergier v. helberc. 

Hebregier v. helberc. 

Heingre, haingre, amaigri, décharné, 
exténué, grêle; de aeger, avec n 
intercalaire ; de là le composé met- 
lingre, Cfr. engrot. Quant à la 
dérivation de Tahal. hungar, famés, 
donnée par M. Chevalet, on voit 
au premier coup d'oeil ce qu'elle 
vaut: hiingar — heingre! 

Hoir v. hoir. 

Helbero, herbert (m.) et herberge, hé- 
berge, hauberge (f.) I, 383, tente, 
baraque, campement, demeure, logis, 
maison) (notre auberge); vb. her- 
bergier, hierbergier, hebregier, he- 



bergier, hanbergier I, 76. 154. 391. 
II, 99. 362. 387, héberger, loger, 
habiter; hebergerie, herbergerie II, 
195, campement, demeure; droit 
de gîte ; herbergement, hébergement, 
maison, logement, campement ; ital. 
albergo, albergare; prov. alberc(m.)) 
alberga (f.; , alberguar ; port, alber- 
gue(m.), albergar; esp. albergue(m.}, 
albergar; de l'ahal. herxberga (f.) 
et ancien norois herbergi (neutre), 
d'où le double genre dans le ro- 
man ; vb. heribergôn, comp. de 
Tahal. heri, anc. norois her, multi- 
tudo, agmen, et bergan, cavere, ser- 
vare. Le genre du mot heri est 
aussi variable dans les différents 
dialectes. 

Helt, hent, s. s. et p. r. henz, puis sans 
tj par corruption, heu, hem, henx 
II, 244, garde de l'épée, et non 
pas le haut, comme l'explique M. Le 
roux de Lincy (Brut 4219). DC. a 
eu tort aussi de dire que ce mot 
est pour hent. Helt dérive de l'ahal. 
heha^ poignée de l'épée. De^là ^ 
enheldir, enhelder, enhender, enhonder 
II, 240. R.d. S. S. 2417, munir d'une 
poignée, emmancher ; enhendnre, en- 
hendeure, poignée d'épée. 

Hemi interj. II, 402. 

Hènap, henas v. hanap. 

Hendé v. hendeure. 

Hendeure, hendure, poignée de l'épée; 
hendé, muni d'une poignée ; de l'an- 
cien norois henda^ prehendere, ap- 
prehendere. Cfr. Dief. G. W. II, 553. 

Henir v. hennir. 

Hennir, henir, hanir 1 , 328. 367. 369, 
hennir; hinnire. 

Henor, henorer v. honor. 

Her V. hier. 

Heralt, héraut, hirant II, 270, héraut ; 
Imâ. heraldus, haraldus ; ital. araido î 
mot d'origine allemande, mais qui 
n*a pas de correspondant dans l'an- 
cienne langue; selon M. Schweuk 



HER 



202 



HID 



D. W. s. V. Herold, il aurait pour 
origine hareny clamare (cfr. haro); 
mais je crois qa*il vaut mieax le 
rapporter à hari, héri, armée, de 
sorte que héraut signifierait em- 
ployé de Parmée, heriwalt. Car. 
les noms propres: ancien norois 
Haraldr, ancien saxon HarioU, 

Héraut v. heralt. 

Herbe, ierbe, erbe, herbe; de herba; 
d'où herbu, erbu, herbeux, garni 
d'herbes (herbosus) ; herboie, erboie, 
lieu herbeux, prairie. La signifi- 
cation du mot herbe était dégénérée 
au point qu'il avait pris la signifi- 
cation de poison^ et c'est dans ce 
sens qu'on trouve herbe, philtre fait 
avec du jus d'herbes, d'où herber, 
préparer avec du jus d'herbes; e&- 
lierber, empoisonner. Cfr. poison. 

Heibé V. herbe. 

Herber v. herbe. 

Herberge, herbergement v. helberc. 

Herbeigerie v. helberc. 

Herbergier v. helberc. 

Herbert v. helberc. 

Herboie v. herbe. 

Herbu y. herbe. 

Herde, herte II, 377, barde, troupe 
de bêtes fauves; troupeau, en gé- 
néral ; d'où herdier, berger ; herdeier, 
chasser aux bêtes fauves ; de l'ahal. 
heria, herda, troupeau, gotH. hairda, 
allmod. heerde. 

Herdeier v. herde. 

Héreditable v. hoir. 

Hereditanblement v. hoir. 

Herege v. yrezie. 

Herese v. yrezie. 

Heretier v. hoir. 

Heriçon, eriçon, ire^, hérisson; de 
ericius; prov. erisson, ital. riccio, 
esp. erizo; -^ par extension, ce 
mot avait pris, dans la langue mi- 
litaire, la signification de défense 
qu'on mettait aux passages pour 
servir de barrières, cheval de Frise ; 



cfr. César Bel. C. 3, 67. 5; — de 
là heriçoner II, 303, hérisser. 

Heriçoner v. heriçon. 

Heritable, heritablement v. hoir. 

Héritage, heritaige v. hoir. 

Heritaolement v. hoir. 

Hérite, hériter v. hoir. 

Héritier v. hoir. 

Herme, erme, (adj.) solitaire; (subst.) 
solitude, désert; de (çtijlioç, Imâ. 
hermus, ermus. A la même racine 
de èQr\fAliriç, ermite, iermite, her- 
mite, hermite. 

Hermine v. ermine. 

Hermite v. herme. 

Hemoifl v. harnas. 

Herseir v. hier et II, 269. 

Henoir v. hier et II, 269. 

Herte v. herde. 

Hempe v. hurepe. 

Heiser, agacer, exciter, stimuler, en- 
courager, surtout en parlant des 
chiens; correspondant à l'allemand 
heîien, hollandais hiUen^ ibid. Cfr. 
Schwenk D. W. hetzen, Dief. G. W. 
II, 511. 547. 

Hest v. est. 

Heu V. helt. 

Heu inteij. II, 402. 

Henneur v. honor. 

Heur, heiirer v. aûr. 

Heus V. helt. 

Heut V. helt. 

Henz, heui v. helt. 

Hiaume v. healme. 

ffîde, hiide II, 402, frayeur, épou- 
vante, effroi; hidor, hisdor, hiadur 
II, 374, ib. ; hidoi, hiados, bidui II, 
23, hideua I, 234, effrayant, épou- 
vantable, hideux. La lettre s de 
ces mots paraissant être une inter- 
calation postérieure, on ne peut les 
dériver, comme on Ta fait, de 
hupidus, hispidosus. D'ailleurs il 
est assez rare de voir un substantif 
(hide) se former par accourcisse- 
ment d'un adjectif. Racine? 



HID 203 HON 

Hidens v. hide. héritier, mettre en possession, faire 

Hidor Y. hide. jonir; prendre domicile, s'établir 

Hidoe, hidus v. hide. sur le radical hered; d'où héritier, 

Hie, force, énergie, vigueur; du hol- heretier, iretier I, 292. II, 161, héri 

landais hijgen, s'efforcer, être hors tier, successeur; héritage, heritaige, 

d'haleine; anglo-saxon hyge, ardeur. eritage, eritaige, iretaige I, 106. 293 

Hier, her, ier, er adv. II, 269; adv. 118. 147. 177. II, 219, succr^ssion 

comp. altrier, antrier, altrer, antrer héritage, patrimoine, fief; adj. h«ri 

II, 269; hersoir, enoir, herseir, ier- table, hereditable, héréditaire; non 

soir, erseir II, 269. velle formation pour hereditarins 

Hierre, ierre, yerre, lierre; de he~ adv. hereditanblement, heritaUement 

dera; dans la forme moderne. Par- heritaiilementl,2ô4, héréditairement 

ticle s'est agglutiné au mot; prov. par droit d'héritage et de succès 

edra,esp.yedra, portera, itaLedera. sion; comp. qui suppose un verbe 
Hiraut v. heralt. aheriier^ abyretement I, 1Ô4, héri- 
Hirete v. hoir. tance, héritage ; deseriter, desbireter, 
Hisde V. hide. deaariteir I, 190. 210. 352. II, 288, 
Hisdor v. hide. déshériter, déposséder, dépouiller 
Hisdos y. hide. d'un héritage ; d'où deseritanoe, ex- 
Hisdnr v. hide. hérédation; deseritemoit , déshérita- 
Histoire, hyitoire, estoire, estore I, 72. ment, dépouillement, exhérédation. 

104. 283. II, 211, histoire; histo- Hole, houle, maison de débauche; 

ria; de là biitorier, raconter, corn- holier, boulier, débauché, libertin; 

poser une histoire. holerie, libertinage; de l'ahal. hoH, 

Historier v. histoire. ancien norois hola^ anglo- saxon 

Hober v. obier. hole, haie, dan. hule^ allmod. hohle, 

Hebero v. halberc. caverne, etc. M. Chevalet, sans 

Hobert v. halberc s'inquiéter de hole, et prenant brave- 

Hocer v. oscher. ment un dérivé pour un primitif, 

Hoeber v. oscher. dérive holier de htiorari, libertin! 

Hoese, boeser v. hose. Holerie v. hole. 

Hoge, bogue, colline, tertre (sur une Holier v. hole. 

fosse); de l'ancien norois haugr, Hom v. bons. 

collis, acervus, tumulus mortuorum ; Homage, bomaige v. bons. 

ail ma. Aotic (génitif bouges); suédois Home v. bons. 

hçg , collis, acervus, hôga, mettre Homeoe v. bons. 

en monceau, amonceler. Homenage v. bons. 

Hogne V. hoge. Hommanage v. bons. 

Hoi V. hui et II, 296. Homme v. bons. 

Hoir, oir, heir, eir I, 48. 107. 131. Hon v. bons. 

335, hoir, héritier, successeur au Honeison v. honir. 

fief; heret; birete, hérite, eritet, Honeste, bonestement v. honor. 

arite I, 144. 333. II, 221. 232, héri- Honestre v. honor. 

tage, succession, bien propre, pos- Honeur v. honor. 

session; heredikts^ avec syncope de Honir, honnir, honnir, bnnir II, 244. 

d et de e ou i; hériter, eriter, 401, honnir, déshonorer, couvrir de 

ireter, recevoir un héritage, faire honte; du goth. ^fmjaii, ahal. Aon- 



HON 204 HOR 

jan, alimod. hôhnen, tourner en nestre, onniestre I, 394. II, 7, con- 
dérision, bafoaer ; comp. ahonir, dés- venable, respectable, vertueux, poli; 
honorer, faire honte, couvrir de honestus ; adv. honestemoit II, 188, 
honte ; dér.honeÎBon, hnneisim, honte, convenablement , respectablement , 
humiliation. Subst. honte, hnnte, vertueusement, poliment, 
honte; de Tahal. hônida, ancien Honorablement v. honor. 
saxon hônda, allmâ. hœnde, op- Honoreement v. bonor. 
probre ; d'où hontoier, hnnteier, dés- Honorement v. honor. 
honorer, couvrir de honte; prono- Honorer v. honor. 
minalement, avoir honte; ahonter, Hononrer v. honor. 
ahontir, ahnnter II, 402. FI. etBl. Honrage v. honor. 
299, déshonorer, couvrir de honte, Honranle v. honor. 
avilir; hontage, hontaige, hontage, Hons, honB, hnens s. s., home, homme, 
honte; — hontes, hnntOB, hontons, hnmel, 79, homme; du latin homo. 
hontené, honteux, déshonorant; ti- De la forme s. s. vient le pronom 
mide, modeste; souvent employé hom, hons, om, hon, on, en, an, 
substantivement; dehonte, dehxinte, ]iiim,hunB,hnem,hnen,um, un I, 176, 
honteux,confus, embarrassé, humilié. on. Dér. homage, homaige, homnage^ 
Honnieete v. honor. omage, homenage, hommanage, hom- 

Honnir v. honir. mage, engagement que Ton prend 

Honor, henor, honnor, honneur, honenr, envers son seigneur de le servir en 
hunir, honur, hennenr, onor, onnor, chaque occasion, de coipbattre pour 
onnor, ounonr, enor, annor, ennr lui, de le défendre de son propre 
I, 50. 80. 106. 117. 132. 143.155. corps, etc.; fief. La racine homo 
163. 174. 179. 196. 221. 307. 352- est prise ici dans son sens de la 
358, honneur, avantage, domaine, basse latinité, vassal, qui se rc- 
fief, dignité, bénéfice, droits hono- trouve souvent dans Tancien fran- 
rifiques; honor; honorer, honorer, çais. Un autre dérivé de Aome, est 
honnrer, honnrer, honnonrer, honon- homeoe, virilité, courage. — Hu- 
rer, onorer, enorer, ennrer, etc. I, main, nmaini, 210. II, 22, humain. 
135. 181. 227. 265. II, 10, honorer, humanus; humaniteiti, 213, huma- 
gratifier, payer; honorare; de là nité, charité, douceur; humanitas; 
par le part. pas. adv. honoreement, avoir humanité, être en vie. Hu- 
nnnreement l, 388. II, 35, d'une manité signifiait aussi le sexe, 
manière honorable, avec honneur, Hontage, hontaige v. honir. 
noblement; honorement I, 67, action Honte, honteus v. honir. 
d'honorer; honrage, seigneurie, grand Hontoier v. honir. 
fief; — honranle I, 67, honorable; Hontes, honteus v. honir. 
de honorabilis; adv. honorablement, Honur, honnrer v. honor. 
honnrablement I, 239, honorable- Hoper II, 22, sauter, action de sauter 
ment; — comp. deshonor, deshonenr, vite en haut; de ranglo-saxon hop- 
etc. I, 242. 352, déshonneur, op- pan, anglais Aop, bas-saxon Auppe», 
probre; deshonorer, deshonnonrer, alimod. hiipfen, ib. 
deshounonrer, etc. I, 265. II, 32, Horde, honrde, hordeis, honrdeis, hor- 
déshonorer, outrager ; d'où deshono- dois , palissade , barrière. Hordeis, 
rance, desonorance, déshonneur, op- comme le Imâ. hourdum^ qui se 
probre; — honeste, honnieste, ho- montre dans la langue d'oïl soui> 



HOR 205 HOS 

la forme honrt, signifiait en outre Horrible, horriblete v. horror. 

échafand, siège, signification qui Horror, horreur, horreur, effroi; hor- 

explique le nom donné au jeu dont ror; horrible, orible I, 252. 227. 

il va être question. (Voy. R. d. C. II, 102, horrible, affreux, qui fait 

d. C. V. 1288. 96. 1341.) De là horreur, qui répugne; horribilis; 

border, honrder, fortifier, garnir de de là adv. oriblement II, 21, hor- 

palissades, renforcer ; comp.ifehorder, riblement, affreusement; boniblète, 

rebonrder I, 160. II, 328, fortifier chose horrible, qui fait horreur, qui 

de nouveau, rétablir les fortifications répugne. Cfr. ord. 

d'un lieu. Racine ahal. hurt, hurd, Hon v. fors. 

ancien norois hwd, allmâ. kurde, Ho86, hnese, hoese, bouse, d'où boaiél, 
claie, toute espèce de clôture. Dér. bonsiauB I, 142. 325, guêtre, botte> 
bohordeii, bohovrdeis, bohort, bo- brodequin; de là boser, hneser, bœ- 
honrt, boort, bebort, bebourt U, 273, ser, botter; prov. osa, ital. nosa; 
joute, combat simulé, course de Imâ. hosa, osa; de Tahal. hosa^ 
lances, et Tarme propre à ce jeu; caliga, allmod. hose, 
d'où behorder, behonrder, boborder, Hoser v. hose. 
bobonrder, faire cet exercice, et, par Hospital v. hoste 
extension, s'amuser, folâtrer. Par Host v. ost. 
contraction , bohorder donna nais- Hostage , hospitalité v. hoste. 
sance aborder, bourder II, 41, plai- Hostage, caution v. ostage. 
santer, s'amuser, dire des sornettes, Hostager v« ostage. 
des contes, mentir; subst. bourde, Hoste, este, hôte (celui qui reçoit et 
plaisanterie, raillerie, moquerie, celui qui est reçu), hôtelier; de 
farce, sornette. C'est également ^5pe5[hos(pi)t];d'onbo8tage,oitage, 
de bohort que les Anglais ont fait écot, hospitalité, mot qu'il ne faut 
leur boord, gallois bûrd, breton pas confondre avec son homonyme 
bourd, Cfr. Rayn. Lex. r. II , 211, signifiant caution. De hoste dérive 
c. 2, DC. s. V. quintana. Resterait encore hostel, ostel, s. s. et p. r. 
à expliquer la préfixe bo, ce qui osteus, bostens, hôtel, logis, de* 
ne serait pas difficile si Ton savait meure, maison, famille; prendre 
quelle a été la signification primi- hostel, se loger, et, en parlant de 
tive de bohordeis: le jeu ou l'arme. J.-C, s'incarner dans le sein de la 
Dans le dernier cas , nous aurions Vierge ; avoir hostel, être logé ; 
bot, bo, de boter (v. ce mot), et d'où bostelain, ostelain, ostolain, hôte- 
6oAor(/ets aurait d'abord signifié arme lier, aubergiste (v. DC. hostolenses) 
à frapper. On a cherché à dériver et étranger, puis ennemi, peut-être 
bohorder, de l'allemand hurten, avec influence de ost, quoique l'on 
heurter, mais cela est impossible, s'explique fort bien ces dernières 
car hurten a produit Au Wer et non significations sans l'admettre; hoste- 
horder, malgré que la loi salique 1er, osteler, héberger, loger, de- 
porte hortare, ortare = hurfer, meurer; bostelage, ostelage, loyer 
Hordeis v. horde. de quelque logis, frais de logement 
Horder v. horde. pour chevaux. Directement de Aos- 
Hordois v. horde. pitalis^ vient hospital, ospital, hd- 
Hore V. ore II. pital, sans contraction du radical. 
Horloge v. ore II. Hostel v. hoste. 



HOS 



206 



HUM 



Hostelage v. boste. 

Hofteler v. hoste, 

Hottem y. hoste. 

Hoache v. housse. 

Honle V. hole. 

Honlier v. hole. 

Honmage t. hons. 

Hiranir v. honir. 

Honnor v. honor. 

HQfnnour, hoononrer v. honor. 

Hooide V. horde. 

Honrdeifl v. horde. 

Honrder v. horde. 

Hovre v. ore II. 

Henrt v. horde. 

Honse, honsel, honser v. hose. 

Honsiaiix v. hose. 

Housse, hoaehe, couverture dont on 
se servait en guise de manteau, 
sorte de casaque; Imâ. hulcia, hul" 
ciium ; de Tahal. hulst, hulft, housse. 

Hn inteij. II, 402. 8; hu, s. s. hnz 
II, 132, huée, cri pour se moquer 
ou épouvanter; huer I, 252. 11,77, 
huer, crier; d'où huée II, 280, huée, 
cri. Racine v. II, p. 403. M. Dief. 
G. W. II , 535 a tort de rapporter 
cette famille de mots à Tahal 
huah, etc., irrisio. 

Huche, huge, cofifre, armoire, caisse 
à différents usages; aujourd'hui 
restreint au sens de coffre à pétrir 
et à renfermer le pain ; Imâ. hutica, 
hucha. Racine dans T allemand Au^te, 
petite demeure, se rapportant à hut, 
ce qui couvre, protège. Cfr. Tanglo- 
saxon huàcca, coffre, anglais huich. 

Hueher, huehiar, huder I, 210. II, 27. 
308, appeler à haute voix, crier; 
prov. ucar; subst. uc; dérivé du 
latin hue; comp. ahucher, appeler. 
Cfr. DC. hucciare. 

Hue II, 297. 

Huée V. hu. 

Huem V. hons. 

Hofluiais II, 297. 

Huen V. hons. 



Hnens v. bons. 

Hues V. huis. 

Huese, hueser v. hose. 

Huge V. huche. 

Hui, hoi, hue, ui, oi II, 296 ; cest jor 
de hui, al jor de hui II, 296; en 
hui II, 296; hui matin II, 297; 
comp. huimais, maishui, uimes, mes- 
hui, hnemais II, 297; ancui, encui, 
ancoi, encoi, anqui, enquoi, ancue 
n, 297. 

Huimais, huimes II, 297. 

Huis, uis, ois, hues, huix, hus, us, wnis 
I, 72. 193. 223. 298. 396, porte, 
entrée; de ostium; dim. uisset I, 99, 
petite porte; — huissier, uissier, 
oissier, hussier, ussîer, gardien d'une 
porte, portier ; de ostiarius. Huis- 
sier, etc. signifiait en outre un na- 
vire propre à transporter les che- 
vaux, et alors il dérive directement 
de huis (v. DC. s. v. huissarius). 
Dans ce dernier sens, on lui trouve 
encore les formes vuissier, vissier 
n, 272. De huis vient encore 
huisserie, oisserie, uisserie, l'ouver- 
ture de la porte, entrée, la garni- 
ture de la porte. 

Huisserie v. huis. 

Huissier v. huis. 

Huit Y. oit. 

Huitante v. oit. 

Huitisme v. oit. 

Huler V. hurler. 

Hulotte V. hurler. 

Hum, huma v. bons. 

Humain v. hons. 

Humaniteit v. hons. 

Humele v. humle. 

Humelianoe y. humle. 

Humelier v. humle. 

Humer I, 162, humer. Racine? Ono- 
matopée? 

Humilemoit v. humle. 

Humilianoe v. humle. 

Humilier v. humle. 

Humiliment v. humle. 



HUM 



207 



ICE 



Hnmiliteit v. humie. 

Hunle, humele I, 143. 161. Cfa. d. R. 
str. 89, soumis, modeste, doux, af- 
fable, indulgent; plus tard avec b 
intercalaire ; de humilis ; adv. hnmle- 
ment, humiliment, Immilement 1, 161. 
220. Il, 142. 246, humblement, avec 
douceur, indulgence-, — hninilitnt 

I, 53. 129, soumission, modestie, 
indulgence, bonté, clémence, pitié; 
humilitas; humilier, humelier, ime- 
lier I, 107. 129, abaisser, être mo- 
deste, soumis, obéir; s* humilier 
signifie aussi incliner la tète et le 
corps en signe de respect; humi- 
liare; d'où hunilianoe, hnmelianee 

II, 358, humiliation. 
Hnmlement v. humle. 
HuneiBun y, honir. 
Huair v. honir. 

Huns V. hons. 

Huntage v. honir. 

Hunte V. honir. 

Hunteier v. honir. 

Huntos V. honir. 

Hunnr, hunurer v. honor. 

Hure, partie chevelue, chevelure, che- 
veux ou poils hérissés ; tête d'un loup, 
d'un lion, etc. ; de là ahuri, chevelu, 
au poil hérissé, effroyable. Racine ? 

Hurepe, hempe, qui a les cheveux 
hérissés; velu. Racine? M. Diez 
I, 314 dérive hurepe de rupfen, 
tirer, plumer, ahal. hroupôn^ ra- 
pere. La forme hroupôn n'aurait 
pas produit notre mot. On a dé~ 
rivé hurepe de horripilare (v. DC. 
s. V.), mais cela est tout aussi im- 
possible. Hurepe aurait-il quelque 



affinité avec hure, v. s. e. v. 

Hurleis v. hurler. 

Hurler, husier, hnler, nder, hurler; 
ital. urlare; de ululare; d'où hur- 
leis, hurlement, et de la forme sans 
r (huler), hulotte (oiseau). Huler 
pour hurler représente-t-il la forme 
husier avec syncope du s, ou bien 
y a-t-il eu influence de l'allemand 
heulen, crier, hurler? 

Hnrt, hurtee v. hurter. 

Hurteis, hurteiz v. hurter. 

Hurter II, 92, heurter, frapper, battre, 
renverser l'ennemi, le mettre en 
déroute; comp. ahurter II, ÔO, cho- 
quer, blesser; dehurter M. s. J. 487. 
I, 101, heurter, pousser rudement, 
renverser; subst. hurt, choc, coup; 
hurteis, hurteis, hurtee, action de 
heurter, coup, choc, batterie. Ces 
mots se retrouvent dans l'allmâ. 
hurten, horten, hurt, anglais hurt; 
mais comme ceux-ci sont inconnus 
à tous les anciens dialectes alle- 
mands, il faut admettre qu'ils sont 
empruntés au roman, comme termes 
des tournois. Hurt est celtique et 
se retrouve dans le kymri hurdh, 
coup, choc, bélier; hyrdhu^ frap- 
per, heurter. 

Hui V. huis. 

Huiler V. hurler. 

HuMder v. huis. 

Huvet, ornement de tête on coiffure 
de femme ; houppe ; de l'ahal. 
hûha , ib. , mitra , tiara ; ancien no- 
rois hûfa, ancien frison houwe, 

Hui V. hu. 

Hystoire v. histoire. 



I. 



lauls, ianz de aïs I, 132. 
lave V. aiguë. 
laz de als I, 132. 

leel, ieele, iceli, ieeles, comme cel, 
celé, cels, celés, ou le dit; de ecce 



ille, Vi est égal à e et le premier 
c a été syncopé. Le prov. a oteel^ 
c-à-d. que Ve a été changé en a 
et que, par suite de la syncope du 
c, on a diphthongué avec t; il 



ICE 208 INC 

paraît que fort aiicicnnement on a lermite v. hcrme. 

eu la même forme dans la langue lerre v. iiierre. 

d'oïl, c'est ce que semble prouver lenoir v. hier et II, 269. 

{tezo^ dans Eul. , pour xço. lestre v. estre I. 

loelei, ioelui, ieheli, iehdui comme levé v. aiguë. 

celei, celui, cheli, chelui ; v. icel, iceo. lex v. oil. 

leeo, iço, oeo, ceou, 90, çon, ohon, ce, Igal v. ewer. 

ohe, iche, icliou, icho, ioeou I, 149. Igance v. ewer. 

lôO. 157, ce; ecce hoc. Les formes Iganment v ewer. 

en ou s'expliquent par un assour- Iglise v. église. 

dissement de celles en o pur; mais Ignel, ignele v. isnel. 

il y en a encore une en Bourgogne: Ignelement v. isnel. 

cen I, 149. etc., qui est fort an- Sd adv. de lieu v. anqui et II, 271. 

cienne et ne peut par conséquent II (ils) pr. pers. I, 121. 127, il, ils; 

s'expliquer par le moyen de ce. il" le. 

Elle dér. cependant de la même II, île pour el, ele I, 128. 

source que les autres, mais d'autre Ha v. la II. et II, 279. 

façon, c.-à-d. que Vo de hoc a été Ilan II, 299. 

diphthongué en eu: ecc'hoc, ceu. Ilec, ileqnes II, 299. 

Cfr. I, 25. II, 319, note 1, et icel. Ule v. isle. 

Ioeou V. iceo. Dlier Ben. III, 515. R d. Ren. IV, 71, 

loest, iceste, icez, ioes comme cest, côté, flanc; dér. de ilia, ibid. 

ceste, cez, ces ; ecce iste; v. icel, iceo. Hoc, iloqnes II, 299. 

leeitei, icestni, lohesti, ichestni comme Hoec, iloeqaès II, 299. 

cestei, cestui, chesti, chestui; v. icel, Hue, iluques II, 299. 

iceo. Suec, Uueques II, 299. 

IceuB comme cens. Image, ymage et imagene, ymagene I,. 

lehe V. iceo. 152. 284. II, 158, image, tableau, 

Ichel, ichels, icheus, iohele, icheles figure, statue; de imago, et ima- 

comme chel, chels, cheus, chele, ^in(i8), d'après la première décli- 

cheles ; v. icel , iceo. naison ; prov. image et ymagena, 

lehest, ioheste, iches, iohestes comme emagena. 

chest, cbeste, ches; v. icel, iceo. Imagene v. image, 

lehi V. ça et II, 278. Ime, itme, notre terminaison ième 

lehil, iohis, iehius, ichieue comme chil, dans les noms de nombre. On ad- 

chis, chius, chieus; v. icel, iceo. met ordinairement que ce iéme vient 

IchîBt comme chist; v. icel, iceo. de esimus; mais, dans le principe, 

Icho, iohou y. iceo. la forme ième a eu une double 

Ici V. ça et II, 278. * origine: imus—ime et esimus jzisme; 

Icil, icis, ids comme cil, ciz, cis; plus tard on a, il est vrai, admis 

V. icel, iceo. partout iesme, d'où ième, par aua- 

leist comme cist; v. icel, iceo. logie. Voy. I, 114. 115 septime, 

I90 V. iceo. onzime, trezime. etc. 

Idone, idonques v. donc et II, 283. Impasdence v. patience. 

Idunc, idunkes y. donc et II, 283. Impatience v. patience. 

1er V. hier et II, 269. Imperfection v. faire, 

lerbe v. herbe. Incarnation v. char II. 



IND 



209 



ISS 



Inde adj. II, 243, bleu sombre, violet; 
pr5v. subst. indi, endi, indigo, adj. 
violet; de indicum, indigo; de là 
indoler, indeier, verbe intraduisible 
sans une périptirase qui en affai- 
blirait la signification; il attribue 
à la chose indoyante une inde gra- 
cieuse qui fait image, qui ondule, 
qui semble se balancer, se mouvoir 
de ci et de là pour le plaisir de 
la vue. 

Indeier v. inde. 

Indire v. dire. 

Indiscrétion v. discret. 

Indoier v. inde. 

« 

Inel, inele v. isnel. 

Infermete, enfermetet, enfermete, en- 
farmeteit, contracté enferte II, 142. 
227. 378. II, 22. 369, infirmité, 
maladie; de infirmitas. Cfr. ferm. 

Infernal v. «nfer. 

Infemans v. enfer. 

Infier v. enfer. 

Ingremance, magie, nigromancie; cor- 
ruption de nigremance, prov. nigro- 
mancia; niger , fÂavjt(tt, 

Iniqniteit, iniqnited I, 355, iniquité, 
injustice; iniquilas. Cfr. ewah 

Innocence v. nuire. 

Innocent v. nuire. 

Inobedient v obéir. 

Inqnant, inquanter v. quant I. 

Insi V. ensi et II, 273. 

Int V. en et I, 175. 

lo Serm. , je v. I. 123. 

Iqui V. anqui et II, 271. 

Iraistoe II, 184, prov. irascer, iraisser; 
subst. irance, colère, emportement, 
chagrin ; prov. iraissensa. Cfr. irer. 

Irance v. iraistre. 

Ire, iret v. irer. 

Ireçon v. heriçon. 

Ireement v. irer. 

Irer, irier II, 185. 1,40, irriter, fâcher; 
s'trer, s'en irer, sMrriter, se fâcher; 
iret, ire, iriet, irie, fâché, irrité, 
chagriné; adv. ireement, iriement 
Burgny, languo d'oïl, QloBaalre. 



II, 268, avec colère, furieusement, 
tristement ; ire I, 68, colère, fureur, 
tristesse, chagrin; de ira; dér. 
iror, iror I, 151, rancune, fureur, 
emportement , tristesse , chagrin ; 
iroB, irons, ireos, furieux, coi^rroucé, 
colère, fâché, triste ; H irons I, 104, 
rhomme colérique; adv. irosement, 
ironsement, irensement, avec colère, 
furieusement, tristement ; comp. aîrer, 
aïrîer, ord. pronom. II, 96, se cour- 
roucer, se fâcher ; prov. azirar, latin 
adirare; aïret, aïfe, auiet, aïrie, 
colère, emporté, ardent, acharné; 
subst. aïr I, 369, violence, impé- 
tuosité, force, haine; d*air, violem- 
ment, avec force; par air II, 215; 
prov. azirc, azir; dér. aïrison, co- 
lère; aïrement, acharnement, dépit, 
chagrin; aïros, colère, emporté, ar- 
dent, violent; prov. aziros; adv. 
aïreement, avec impétuosité, vigueur, 
courageusement. Cfr. iraistre. 

Iretage, iretaige v. hoir. 

Ireter v. hoir. 

Iretier v. hoir. 

Irensement v. irei". 

Irie, irier v. irer. 

Iriet V. irer. 

Iror V. irer. 

Iros, irosement v. irer. 

Irons, ironsement v. irer. 

Irur V. irer. 

Isi V. ensi et II, 274. 

Isle, iUe I, 255. II, 35, ile; insula; 
prov. isla, illa, port ilha, êsp. Isla, 
ital. isola. 

Isnel, isniel II, 298. I, 315 — adver- 
bial. I, 273; — isnelement, isniele- 
ment, ignelement II, 298; — %$nd, 
inel ou ignel le pas, isnele pas, 
inele pas, ignele pas^ isnel pas 
II, 298. 

Isnelement v. isnel. 

Isniel, isnielement v. isnel. 

Isser V. issir. . 

Issi, issinc, issint v. ensi et IT, 274. 

14 



ISS 



210 



JAM 



Iinqnes v. ensi et II , 274. 

Issir, essir, eîssir, isser, istre, ussix, 
oissir I, 353-9, sortir, se retirer, 
s'en aller, partir; comp. rissir, reissir, 
ressir, sortir a son tour, se retirer; 
sorissir, somssir, sortir, jaillir en 
abondance; subst. issue, oissne, is- 
sue, sortie qu!on fait d'une place 
assiégée. Issir dérive de exire, 
comme je Tai dit t. I, 353; mais 
les formes ussir, oissir ne peuvent 
avoir la même origine, elles in- 
diquent un mélange du subst. us, 
ois (v. huis), de même que Titalien 
uscire, à côté de escire, reporte 
au subst. uscio. Ce mélange s'ex- 
plique, du reste, facilement : la porte 
est avant tout considérée comme 
moyen de sortie. Notre verbe ré- 
ussir est un composé de ussir, il 
signifie sortir bien, heureusement, 
réussir. Eissir fors I, 302, issir 
contre II, 86, etc. 

Issue V. issir. 

Ist Serm. I, 19, ce, cet, celui-ci; de 
isle; pro\. est, ital. esto. Cfr. cist. 

Istre V. issir. 

Itant V. tant et I, 192. Il, 325. 

Itel V. tel et I,. 195. 



Ivel, ivelment v. ewer. 

Iver, yver I, 235, hiver; il est yvers 
entres, Thiver a commencé; et ainsi 
des autres saisons ; de hibernus : 
prov. ivern, ital., port, inverno, 
esp. invierno. 

Ivoire I, 72, ivoire; prov. evori, avori ; 
ital. avorio; de eboreus, à cause de 
la forme , et non , comme on Tad- 
met, de ebur ou d'un cas quelconque 
de ce substantif. 

Ivre, yvre II, 123. 126, rassasié, 
rempli, ivre; ebrius ; ivrer, jrvrer, 
enivrer, se prendre de liqueurs fer- 
mentées; ebriare; enivrer, enyvrer 
I, 69. II, 123. 126, enivrer; ine- 
briare. Le latin ebriàcus, qu'on 
trouve dans Nonnins, a donné au 
prov. ebriac, dans le Berry ebria, 
ebriat = ivre; c'est de là que vient 
aussi ivraie^ prov. abriaga, parce 
que cette plante a une vertu en- 
ivrante. Robert Estienne a déjà 
songé à ebrielaSy qui ne convient 
pas pour la forme. 

Ivrer v. ivre. 

Iwel V. ewer. 

Iz V. oil. 



J. 



Ja, jai II, 300; comp. jadis II, 300; 
jamais II, 300; ja soit ce que, ja 
soit que conj. Il, 383. 

Jade V. joe. 

Jadeau v. joe. 
^ Jadis V. ja. 

Jai V. ja et II, 300. 

Jaide v. gaiole. 

Jalaie v. galie. 

Jalle y. galie. 

Jalne, jaune, jaune; de galbinus. 

Jalous I, 107, jaloux; telosus, Cv^og; 
ital. geloso; prov. gelos, gilos; ja- 
lousie I, 348, jalousie ; propr. ielosia. 
Cfr. pour la forme C^yny et jun- 



gere. De là comp. engelos, angeleus 
II, 244, jaloux, soupçonneux. 

Jalousie v. jalous. 

Jamais v. ja et II , 300. 

Jambe, gambe, jame II, 270. 342. 371, 
jambe; ancien esp. cama, ca&iba, 
prov. camba. Selon M. Diez I, 31, 
ce mot dériverait de l'allemand 
hamma, jarret, cuisse; mais il se 
trompe. La forme primitive est 
celle en c initial, et la signification 
primitive a été courbure, (pli du) 
jarret. Camba, gambe est- il une 
forme où le 6 a été intercalé, ou 
bien le b est -il tombé dans canut. 



JAM 211 JE8 

jame? Je me décide pour la der- Jantis v. genr. 

nière alternative, parce que je rap- Jarbe v. garbe. 

porte gamoe à la racine celtique Jardin, gardin II, 279, jardin, verger; 
cam^camm^ curvus, quia un primi- Ima. gardinum, gardinus, etc., dé- 
titcamb. La racine cam se montre rivé de Tahal. gart (gard, kart), 
aussi en latin, p. ex. cam^r/i, voûte; cyclus, orbis, septum , etc.; goth. 
. camerare, voûter, cambrer; mais gards, demeure, maison. Cette ra- 
ies mots de ce genre sont en partie cine se retrouve aussi dans le 
rares, en partie non-classiques, tandis celtique: kymri ^rdd f., hortus; 
que la racine cam est très-étendue gallois garL 
dans le celtique. De jambe, dé- Jargon, jargnn v. gargate. 
rive jambet, gambet, croc en jambe; Jargoner v. gargate. 
jambeer, donner le jambet, donner Jarle v. geurle. 
le croc en jambe; tromper adroite- Jaser v. gaser. 
ment; jamboier, marcher, se de- Jaserant, jazerant, jazerenc, jaseroiB, 
mener; g^amache, sorte de «chaus- rime 1, 407, cotte de petites mailles, 
sure; et nos mots jambon, gam^ Ce mot fut d'abord adjectif, p. ex. 
hade, etc. Cfr. Dief. Celt. I, 108. un haubert jaserant I, 194, puis 
Jambeer v. jambe. on l'employa comme substantif. Le 
Jambet v. jambe. Duchat dérive jazerant de Tallem. 
Jamboier v. jambe. gam-rinc , sans s'inquiéter que ce 
Jame v. jambe. mot n'existe pas ; le baron deRei£fen- 
Jangle v. jangler. berg (Chev. au Cygne 71), de jaque 
Jangleor v. jangler acerin, qui ne convient pas pour 
Jangler, gangler I, 76, bavarder, ba- la forme, et puis jazerant est plus 
bilier, railler, moquer; jangle, gangle ancien que jaque. Jazarino, en 
I, 76; janglerres,ganglerres, jangleor, espagnol, signifie d'Alger, algérien, 
gengleour. T. I, 76 j'ai dérivé trop de l'arabe gazâir, Alger. Ce mot 
à la légère de cauculator : la forme serait-il contenu dans le nôtre , ou 
ne se prête pas à cette étymologie, bien Jazerant serait-il le nom d'une 
et, si Ton voulait admettre une ana- autre ville arabe , ce qui convien- 
logie, il vaudrait mieux remonter drait parfaitement à sa signification? 
à ganniculare, de gannire; cepen- Jaserois v. jaserant. 
dant ganniculare aurait régulière- Jate.V. joe. 
ment produit janiller, ganiller. Il Jaune v. jalne. 
faut donc chercher une autre ori- Jazerant v. jaserant. 
gine à jangler, et elle se trouve Jazerenc v. jaserant. 
sans doute dans le hollandais jan- Je v. ju. 
gelen, janken, criailler, piailler, Jehir v. gehir. 
glapir, crier comme un chien que Jeiôhir v. gehir. 
l'on bat. Cette dernière significa- Jel, je le I, 134. 
tion se retrouve dans le prov. mo- Jenz II, 331 pour genz v. gent. 
derne janglar, et l'on 'dit aussi Jeo v. ju. 
janglar de fred, grelotter, à cause JeolUe v. gaiole. 
du bruit que l'on fait avec la bouche Jes, je les I, 134. 
quand on a froid. Jesir v. gésir. 
Janglerres v. jangler. Jeske v. dusque. 

14* 



JES 



-212 



JOl 



Jesque v. clusque. 

Jeter v. geter. 

Jeu, je V. ju I, 122. 

Jeu, je le I, 135. 

Jeu, geu, gieu, giu, ju I, 298. II, 2S1. 
315. N. R. F. etc. II, 286. Ch. d. 
S. I[,20. P. d. B. 87. Brut 4444. 
53. 10804. R. d. C. 64, jeu; jocus; 
prov. joc, juèc; esp. juego; ital. 
gioco; jeu parti, alternative; v. DC. 
jocus partitus; aller à jeu, errer 
çà et là, être en liberté; — joer, 
juer, jeuer I, 181. II, 281 , jouer, 
folâtrer, s'amuser; jocare; jogleres, 
jugleres, jongleres, jogleor, jngleor, 
jongleor, jongleor I, 75, jongleur; 
joculalor; jogler, jngler, jongler, 
tromper adroitement; joculari; de 
là joglerie, troupe de jongleurs; 
tromperie; jogleis, jugleis, forfan- 
terie, vanité. 

.Jeudi V. joesdi. 

Jeuer v. jeu. 

Jeune, jeûner v. geuner. 

Je V. ju. 

Joe, joue; prov. gauta, ital. gota; d^ou 
joee, soufflet; prov. gautada. La 
forme provençale en au radical, qui 
est sans aucun doute la primitive, 
rend très probable la dér. du latin 
gabalà, écuelle, proposée par M. Diez 
I, 148, note; on a d'autres exem- 
ples d'une conception semblable des 
parties du corps. Le breton gaved, 
javed, maxiila, mala, vient aussi à 
Tappui de cette étymologie, si toute- 
fois il a la même origine que joe^ 
ce qui semble assez certain, les 
autres langues celtiques ne possé- 
dant pas de forme analogue. Cfr. 
encore anglais jaw, walloA jaiwe, 
bouche , face. Ainsi joe dérive de 
la même source que jatte, autre- 
fois jade, jate, d'où jadeau, plat, 
jatte, écuelle, sébille de bois; cfr. 
Roquef jadau ; normand gade, esp. 
gabata, ital. gavetta. Pour joe, on 



a les transformations: gabata, ga- 
vata, gauta, gaue, goe, joe; pour 
jade, syncope de la. 

Joël V. joïr 

Joer V. jeu. 

Joesdi, juesdi, jeudi IF, 312 358, jeudi ; 
Jovis dies ; cfr. dis. On trouve dans 
J. V. H. p. 476 diwes, dioes, que 
M. Willems traduit faussement par 
mercredi. 

Jofiie V. j nef ne. 

Jogleis V. jeu. 

Jogleor V. jeu. 

Jogler, jogleres v. jeu. 

Joians, joiant v. joïr. 

Joiaus*v. joïr. 

Joiax V. joïr. 

Joie, joiel v. joïr. 

Joieus vrjoïr. 

Joindre, juindre II, 237 ; corn p. igoindre 
II, 238. I, 145. 153 (lisez ainsi au 
lieu de adjoindre), joindre, unir, 
réunir, adjoindre ; aj ointes ensemble 
I, 152; cox^joindre, deqoindre, en- 
joindre II, 238. 52; — jog, jug I, 
159, joug, esclavage, asservissement; 
jugum iCvyôy); prov. jo, esp. yugo, 
port, jugo, ital. giogo. Le même 
mot est juf II, 163, où f remplace 
g final. 

Joios, joiosement v. joïr. 

Joious V. joïr. 

Joïr, goïr, jouïr, jouir, se réjouir, 
s'amuser, faire fête; de gaudere; 
prov. gauzir, jauzir, ital. gaudire, 
godere, gioire; comp. eq'oïr, esgoïr 

I, 147. 192. 366, réjouir, amuser, 
féliciter, applaudir; d'où eqoiance, 
joie; et reqoîr, réjouir, amuser; 
cox^'oïr, congoïr I, 279, fêter, affec- 
tionner; subst. joie, goie, joie; de 
gaudium ; dér. joiel, joel, jouel, s. s. 
et p. r. joieus, joiaus, jouians, joiax 

II, 264, bijou, joyau; adj. joios, 
joious, joins, gai, enjoué, joyeux, 
amusant, content; joiant (gaudens) 
II, 311. 317, joyeux, plein de joie; 



/ 



JOI 



213 



JOS 



adv. joiosement I, 331, joyeuse- 
.ment. 

Joins V. joïr. 

Jol pour je le I, 134. 

Joli, jouli, pour jolif, par suite de la 
disparition de la finale f, fém. jo- 
live, jonlive, joyeux, content, satis- 
fait; galant; dér. joliver (jolier), 
s'amuser, aimer le plaisir, s'aban- 
donner à la joie, à la débauche; 
jolivete, joie, plaisir, agrément; 
amour des plaisirs. De Fancien 
norois jol (ou jôl?), convivium so- 
lenne; suédois jul, juldag , danois 
juledag,tioU'j suéd, jula, fêter Noël. 

Jolier V. joli. 

Jolive, joliver v. joli. 

Jolivete v. joli. 

Jonc, gonc, jnnc, jonc; juncus; de là 
jonchier, jonder, jonqnier, juncher, 
joncher, répandre des joncs ou des 
herbes, des fleurs, etc.; jonchiere 
II, 278, lieu marécageu:^ ou il croit 
du jonc; puis lieu couvert de brous- 
sailles. Le mot de jonc, dit Mé- 
nage, s'appliquant à une grande 
famille de plantes, fut employé pour 
désigner les fleurs et les feuilles 
qu'on semait sur le passage des 
personnes qu'on voulait honorer; 
et jonchier signifia d'abord jeter 
du jonc, des herbes ; puis , par ex- 
tension, joncher de fleurs, et figuré- 
ment joncher de morts. 

Jonchier v. jonc. 

JonchieriB v. jonc. 

Jonder v. jonc. 

Jone V. juefn'e. 

Jonet, jonete v. juefne. 

Jongleor v. jeu. 

Jongleres v. jeu. 

Jonqnier v. jonc. 

Jor, jnr, jonr, jour, clarté, lumière; de 
diurnus; plus jor I, 352, plus 
longuement , plus longtemps ; en si 
peu de jour II, 314 ; par jor, tout 
le jour; jomal I, 2ô3, journal., du 



jour, du matiu, absol. dans W. Â. 
L. p. 70 étoile du jour; dturnalis; 
jomal, jomans, jour, journée, ba- 
taille, combat, travail, peine; de 
là jomee, jnmee, journée, l'espace 
du matin au soir, espace de chemin 
parcouru dans un jour; prov. Jor- 
nada; de jomee dér. jomeer, jor- 
noier, voyager, faire de grandes 
journées; travailler à la journée; 
comp. fgomer, ajnmer 1 , 100, com- 
mencer à faire jour; infinitif empl/ 
subst. pour la pointe du jour; par- 
ticipe prés. empl. subst. ^jomant 

I, 315, point du jour; fgomee, 
fgnmee I, 120, commencement de la 
journée, point du jour; scjor, sejnr, 
séjour, retard, délai, repos, délasse- 
ment; avoir sejor, avoir du repos; 

' à sejor, en repos, en sûreté; sans 
sejor I, 377, aussitôt, incontinent, 
sans cesse; s^omer, sejnmer, sn- 
jomer, sqjomer, sonjonmer, snijnnier, 
sejonmer I, 60. 154. 270. 293. 355. 

II, 33. 100. 381, séjourner, reposer, 
' délasser; faire reposer, soulager; 

cheval sejorné, cheval reposé, frais. 

Jomal V. jor. 

Jomans v. jor. 

Jomee v. jor. 

Jos, je les I, 134. 

Josne V. juefne. 

Josqne v. dusque. 

Joste, jonste, jnste, proche de, près 
de, le long de; comp. dejoste, de- 
jnste, dejonste II, 355. 6. — De là: 
verbe joster, jnster, jouster I, 66. 
II, 267. 284, ajuster, assembler, 
rassembler, réunir, s'assembler, 
jouter, combattre, livrer combat; 
se joster à qqn. I, 270; subst. joste, 
jnste, jonste, joute, assaut; d'où 
-josteor, jostenr, jonsteof, jnstenr 
(josteres, jnsteres), jouteur, com- 
battant, adversaire; comp. ^joeter, 
lynster , f^onster 1 , 306 , assembler, 
unir, ranger, joindre, ajouter, se 



JOS 



214 



JUI 



rejoindre, rejoindre pour combattre 
(notre ajouter et ajuster); sabst. 
ajostee, ajoustee, lyiuitee, assemblée, 
rencontre; ^jostement, ^instement, 
ajustement, union; assemblage, 
compagnie. 

Josteor y. joste. 

Joiter, josteres v. joste. 

Jorteur v. joste. 

Jou V. ju. 

Jonel V. joïr. 

Joùene v. juefne. 

Jongleor v. jeu. 

Jongleret v. jeu. 

Joniau v. joïr. 

Joiiïr Y. joïr. 

Jonli y. joli. 

Jonlire y. joli. 

Jour V. jor. 

Joua, je y. I, 122. 

Jonste y. joste, prép. et subst. 

Jonsteor y. joste. . 

Jonster y. joste. 

Jovaat, jovent y. juefne. 

Jorante, jovente y. juefne. 

Jovencel, jovencelle y. juefne. 

Jovene y. juefne. 

Ju, jeu V. jeu. 

Ju, je, jou, jeu, jeo, je, ge, gie I, 121 
et "suiy., pron. pers. 1. p. s. m. et f 
je, moi; ego; proy. eu, ieu, port, 
eu, esp. yo, ital. io. 

Judnez y. yoisin. 

Juefiie, juene, juesne, jofne, jovene, 
jouene, jone, josne I, 52. GO. 196. 
226. 265. II, 100. 279. etc., jeune; 
aimable, gracieux; juvenis; ital. 
gioyine, gioyane, proy. joye, esp. 
joven ; comparatif juvenor , juvenur 
I, 103, plus jeune; puîné, cadet; 
dimin. jonet II, 280, jeunet; d'où 
juvenerie, juveignerie, partage du 
puîné ; — joveneel, jovencelle II, 61, 
jouvenceau, jouvencelle ; jvvenculus^ 
juvencula, dimin. de jutencus; — 
jovent, jovant m. II, 95, jeunesse; 
amabilité, grâce; jutentus; jovente, 



jovante I, 331 , jeunesse ; jeunes gens ; 
juventa; vb. comp. riyovenir, ra- 
joenir, rajouenir, rajeunir. La forme 
jonete II, 219, jeunesse, est une 
création nouyelle de la langue d*oïl 
d'après T adjectif jone, 

Juene y. juefne. 

Juer y. jeu. 

Jueedi y. joesdi. 

Juesne y. juefne. 

Juf y. joindre. 

Jug y. joindre. 

Juge y. juger. 

Jugement y. juger. 

Jugeor y. jugen 

Juger, jugier, juger, condamner; ju- 
dicare; dér. jngierres, jugerres, ju- 
geor, jugeur I, 75, juge; jugement 
I» 82, jugement, le jugement der- 
nier; comp. desjugier, d^ugier I, 
173. II, 144, juger, terminer un 
différend; mal juger; forejugier, 
foxjugier, fouijugier, forgugier I, 268. 
351. II, 168, dénier justice à qqn., 
mal juger, juger à tort, renvoyer 
sans jugement. Juise II, 209, juge- 
ment, épreuve par le feu; proy. 
judizi, juzizi, juzi; dér. de judi- 
cium. Quant à juge I, 358, juge, 
il dérive immédiatement de juger, 
car judex aurait produit juis , ital. 
giudice, forme qu'on a sans doute 
youlu éviter à cause de juis, juif. 

Jugerres y. juger. 

Jugeur y. juger. 

Jugier y. juger. 

Jugierres v. juger. 

Jugleis y. jeu. 

Jugleor y. jeu. 

Jugier, jugleres v. jeu. 

Jugnet y. juinet. 

Juignet v. jugnet. 

Juindre v. joindre. 

Juinet, juignet, jugnet, juingnet Ru te b. 
I, 30, le 7e mois de Tannée, juillet. 
Ce mois portait aussi le nom de 
julle, julius, et c'est pourquoi l'on 



JUI 215 JUV 

changea plus tard juinel en juillet, origine que le français jii/>e^ etc. 

pour le rapprocher du nom latin* Cfr. Schwenk D. W. s. v. schaube; 

Juinet est un dérivé de juin, avec Schmeller II [, 307. 

terminaison diminutive et. Mais Jupel v. jupe, 

d'où vient cette forme diminutive? Jnr v. jor. 

Serait-ce une imitation de Talle- Jnré v. jurer. 

raand? M. Grimm II, 360 fait re- Jurer, jurer, promettre, fiancer, prêter 

marquer que les Allemands don- serment; part, passé empl. subst. 

uaient le même nom à deux mois juré, lié par serment, feudataire, 

qui se suivaient, et les distinguaient vassal; confédéré, allié; écbevin et 

par un adjectif préposé, p. ex. en bourgeois d'une ville; de jurare; 

anglo-saxon aerralîdha=juin,âftera jurer sor saint I, 148, sur un escrit 

' lîdha= juillet (le 1er et le 2e mois I, 196, sur Vame II, 65, jurer qqn, 

' doux). D'après cela , juinef serait J, 357. etc.; comp. ooigorer II, 85. 

le petit, le jeune, le second juin, 144, conjurer, supplier; omynreimm 

et il faudrait admettre que cette H, 44. 285, conjuration; formule 

forme nous est ¥enue des Anglo- cabalistique; pexjnrer, paijnrer I, 

Normands. Je me souviens d'avoir 272. II, 35. 106, parjurer; per- 

entendu quelques villageois pro- jurare; paqur, parjure; perjurus, 

noncer encore juignet. Jumee v. jor. 

Joint, jointe part. pas. de joindre. Jus II, 347, jus, suc: jus^ juris (Cfjoç), 

Jtmc V. jonc. Jus adv. II, 301; comp. là jus, ça jns 

Jimoher v. jûnc. II, 302; au dejiis II, 302. 

Jnner v. geuner. Jusarme v. guisarme. 

Jupe, casaque, pourpoint, souquenille ; Jugohe v. dusque. 

d'où jnpel, ib.; jupon, gippon, ib. Jnske v. dusque. 

Cette dernière forme en i pur ra- Jusque v. dusque. 

dical, qui s'est conservée dans cer- juat, s. s. et p. r. jusz I, 100, juste, 

tains patois, p. ex. dans celui de équitable; empl. subst. juste II, 9; 

Montbéliard, se retrouve dans le justus; justice, jostiohe, justise II, 

milanais gippa, et le dialecte de 197, justice; juge, chef de la justice, 

Crémone ^Ài66a Les correspondants justicier; juslitia ; d'où justieÎMr, 

des autres langues romanes sont: justisier, justiser I, $0. 82 II, 78, 

ital. giubb'a^ giuppa, prov. jupa, rendre la justice, punir, gouverner, 

esp. al-juha, prov. jupello, ital. administrer, conduire; égaliser, ac- 

giubbone^ prov. jupon, jupio, esp. corder; rendre justice, traiter une 

jubon, port, jubao, gibao» L'esp. chose comme elle doit l'être; et 

al-juba montre que l'origine de d'ici jnsticieres , justicier, juge, 

ce mot est arabe, et elle se re- Jvste v'. joste prép. et subst. 

trouve dans al-gubbah^ habit de Juster, jnsteres v. joste. 

dessous d'étoffe de coton. On a Justenr v. joste. 

souvent dérivé jupe de l'allemand Justice, justiche v. just. 

jope (Juppé, gippe, gibe), mais Justicier, jnsticieres v. just. 

c'est le contraire qu'il fallait dire; Jnstise, justiser, jnstisier v. just. 

schaube, espèce de manteau, autre- Jnsz v. just. 

fois schuba, est le mot allemand Juvenerie v. juefne. 

qui a, en ligne directe, la même Javenor, juvenur v. juefne. 



KAI 



216 



LAI 



Kai V. qui. 

Xaillo y. caillou. 

Kanke v. quant T. 

Eanon v. canon. 

Éanone v. canon. 

Kanques v. quant I. 

Kar Y. car, conj. 

Kardenal v. cardinal. 

EaiiAe, karoler v. carole. 

Kaake v, chascun. 

Xatorse v. quatre. 

Xatre y. quatre. 

Sauf V. canf. 

Xavel V. chevel. 

Ke V. qui. 

Kei y. qui. 

Keir y. chaor. 

Kel y. quel et I, 165 et suiv 

Kenivet y. cnivet. 

Keoir y. chaor. 



K. 

Kernealf y. crenel. 
Kemeaus y. crenel. 
Kernel y. crenel. 
Ketif y. chaitif. 
Ken V. cuire. 

Kendre y. coudre. 

• 

Keute y. cotre. 

Eez y. cuire. 

Ki y. qui. 

Xien y. chien. 

Kienaille y. chien. 

Kiente y. cotre. 

Seatepointe y. cotre. 

Kievre y. cheyre. 

Kil, qui le I, 135. 

Ki onkes, ki nnkes, kiki onkes I, 190. 

Kiute y. cotre. 

Koi y. qui. 

Knidier y. cuider. 

Kuinse y. ci ne. 



1m, 



I. La, lai art. I, 53; pron. pers. I, 
128; pron. dém. I, 58; il 'la. 

II. La, lai ady. II, 278; ila II, 279; 
ady. comp. lau II, 279 ; laiexu, laens, 
laianB, leans, leeni, leienz, leinz 
n, 280. 

Labor, labonr, labur I, 184. II, 155. 
195, labeur, trayail, peine, fatigue ; 
lahor; laborer, laburer, labourer I, 
152. Il, 113, trayailler, se peiner, 
faire; cultiver; se dit en outre de 
tout ce qui peut chagriner et faire 
de la peine; laborare; de là labo- 
reret, laboreor, trayailleur, labou- 
reur; laborage, toute espèce de 
trayail, labourage. 

Laborage y..labor. 

Laboreor y. labor. 

Laborer, laboreres y. labor. 

Labour, labourer v. labor. 

Labur, laburer y. labor. 

I. Lac, las, lais, laz I, 55. II, 346, 



lacet, cordon, lien ; de laqneus ; vb. 
lacer, laeier, laohier I, 407. II, 227, 
lacer, lier, serrer; se lacer, se lier 
par serment; comp. deslacer, des- 
lacier II, 240, délacer, délier, dé- 
tacher; enlacer, enlaoier I, 152. II, 
87. 336, enlacer, entrelacer, lier, 
embrasser; d'où enlaceure, enlace- 
ment, entrelacement, treillis; entre- 
lacbier I, 401, entrelacer. 

II. Lac, s. s. lais II, 24, lac; lac%is, 

Laeer y. lac I. 

Lacbier y. lac I. 

Lader y. lac I. 

Ladre, ladre; ital. lazzaro, mendiant; 
dont la forme primitive a sans doute 
été later ,. Imre ; du nom Latare, 
dans la parabole du mauvais riche 
et de l.azare, Evang s. S. Luc 16, 
19. V. Roquef. s. e. v. et s. y. ladrerie. 

Laenz y. la II. et II, 280. 

Lai art., pron., adv. v. la I. II. 



LAI 



217 



LAI 



Lai V, loi. 

Lai, laie I, 244, lai, laïque; aa figuré 
ignorant ; prov. laie , ital. laico ; 
laicus (katxoç). 

Laians v. la II. et II, 280. 

Laid, leid, led, lait, s. s. et p. r. laii, 
lais, leiz, fém. laide, leide, lede II, 
247. 384, préjudiciable, nuisible, 
désastreux, funeste, fatal, outra- 
geant, injurieux; maltraité, outragé, 
injurié, conspué; de Tabal. leid, 
baï, ancien norois letdhr, anglo- 
saxon ladh, etc. Cfr. Dief. G. W. 
II, 132. Laid, lait était aussi sub- 
stantif et signifiait mal, tort, pré- 
judice, offense, outrage, injure, af- 
front; faire laid II, 7; cfr. Pahal. 
leit tuon; faire' par lail, malgré 
soi, à contre-coeur. Adv. laidement 
II, 10. 22. 70. 371, d'une manière 
funeste , outrageante , fatalement, 
d'une manière préjudiciable, nui- 
sible; laidement. Vb. laider, d'où 
laidoier, laideier, blesser, injurier, 
honnir, humilier, faire tort, faire 
dommage, outrager, maltraiter; de 
Pahal. leidôn; laidir II, 37, leidir 
II, 92, outrager, injurier, faire tort, 
faire dommage, maltraiter, blâmer ; 
de Tahal. leidjan. Dér. laidange, 
laidenge, injure, outrage, mépris, 
opprobre, affront; cfr. ahal. lei- 
dunga, accusation; vb. laidanger I, 
71. 112, laidengier I, 306, comme 
laider et laidir; — laidure I, 216, 
injure, outrage, mauvais traitement, 
blessure; — laidesce II, 70, chose 
honteuse, avilissante, déshonorante. 

Laidange, laidanger v. laid. 

Laide, laideier v. laid. 

Laidement v. laid. 

Laidenge, laidengier v. laid. 

Laider v. laid. 

Laidesce v. laid. 

Laidir v. laid. 

Laidoier v. laid. 

Laidnre v. laid. 



Laie, laïque v. lai. 

Laie, large chemin au milieu d'un 
bois; Imâ. lada^ leda; de l'anglo- 
saxon lâd, iter, ancien norois Uid, 
suéd. lêd, iter, via. Cfr. Dief. 6. W. 
II, 132. (St. Germain en), laye. 

Laieni, laiens v. la II. et II, 280. 

Laier , leier , lanier , ' lainier , laider, 
lesser, lessier, leifseir 1, 303 et suiv., 
laisser, délaisser, quitter, trans- 
mettre, léguer, permettre, consentir, 
cesser, s'abstenir. Les explications 
que j'ai données 1. c. ne sont pas 
exemptes de reproche, car les formes 
en ts, ne peuvent être identiques, 
dans leur origine, avec laier, IHer. 
Laier peut dériver de l'allemand: 
ancien saxon lâtan, goth. leian, 
leitan, àqiévcti, etc., ancien norois 
lâta, sinere, relinquere, permittere, 
etc., par la syncope du I; ou bien 
du latin legare. J'admets la pre- 
mière dérivation, parce que la signi- 
fication de legare est exclusive eu 
égard à celle du primitif germa- 
nique et du mot de la langue d*oïl, 
et que le radical a passé de l'a* à 
Ve, non pas de Ve à l'a. Cfr. M. 
Grandgagnage s. v. leii. De laisser 
dér. lais, laisse I, 360, legs, testa- 
ment; faire lais, accorder, aban- 
donner; — laisser II, 328, faculté, 
moyen, liberté, loisir; que je range 
ici à cause de sa vocalisation, malgré 
le prov. lewr, Comp. entrelaiisier 

I, 401, interrompre, mettre de côté, 
oublier; eslaisser (se), eslesser, etc. 

II, 238. 356, se précipiter, s'élan- 
cer , se laisser aller, lâcher la bride, 
s'étendre; eslais, eslet, élan, saut, 
action de se précipiter, choc; à 
eslais, de toutes ses forces, avec 
précipitation, rapidement; relaliaer, 
remettre, faire grâce; relais, rélet 
II, 332, relâche, discontinuation, 
relâchement; faire à qqn, reles de 
qqch. P. d. B. 8217, faire abandonner, 



LAI 218 LAN 

faire perdre; — rémission, iadul- Laine II, 61, laiae*; lana. 
gence dont on use envers une per- Laingne v. leigne. 
sonne en se relâchant da droit que Laireohin v. laron. 
Ton a sur quelque chose qu^elle doit. Lairme v. larme. 
A la même racine, de laams (i. e. Lairon v. laron. * 

lasou8):.lasehe, lasqne, lâche, large. Lais, préjudiciable v. laid, 
mou, négligent; d'où lascheement, Lais, legs y. laier. 
laachetementylascheitemexLt, d'une ma- Laii, lac v. lac II. 
nière lâche, négligemment; laseher, Lais, lacet v, lac I. 
lasquer II, 237, lâcher, relâcher. — Laiûer v. laier. 
On rangera facilement autour de Laisse subst. v. laier. 
ces mots les composés et dérivés Laissier v. laier. 
qui ne se trouvent pas dans mes Laisser v. laier. 
citations. On a déjà beaucoup dis- Lait v. laid. 

cuté Porigine de notre relayer, re- Lait II, 226, lait; de lac (lact); lai- 
lais. DC. le dérive de /aie (v. plus tant I, 227, enfant à la mamelle, 
haut), les, releer, canes venaticos nourrisson; lactans; verbe comp. 
in. planiciem reducere, e alios su- alaiter I, 114. H, 354, téter, sa- 
mere. Cette dérivation est tout à vourer; alaiter; allaitant, comme 
fait arbitraire. Frisch pense, sans laitant. 
plus de raison, à Panglais lay, Laitant v. lait, 
mettre, poser. D'autres ont songé Laiz v. laid. 

à religare^ attacher et détacher; Lame, tombe; de lamina; de là aie- 
mais il faudrait alors admettre mêle, de Valemele, pour la lemele, 
changement de i en «t, et prouver mot dont nous avons fait, par cor- 
les termes intermédiaires /oier, /eier ruption, alumelle; mais la forme 
(v. lier), puis que le s de relais primitive a/eme/e s'est conservée dans 
est paragogique. Relayer est simple- les patois. Alemele signifiait tout 
ment la forme laier avec la parti- instrument de fer qui est tranchant, 
cnle re, et il signifie relâcher, faire Lance, lanche I, 182. II, 313, lance; 
relâche, tandis que le subst. relais combattant avec la lance; du latin 
est absolument celui que Ton a vu lancea, mot espagnol selon les uns, 
plus haut. On a cherché bien loiu germain ou gaulois selon les autres, 
ce qu'on avait sous la main. V. DC. s. v. lancea, Dief. Celt. I, 

Laigne, lange v. lange. 62. Verbe lancer, lanchier II, 62. 

Laigne, bois v. leigne. 248, jouter, frapper avec une lance, 

Laigner, se plaindre, murmurer, gron- darder, lancer; laneeis, action de 
der; prov. lanhar, ital. lagnarsi; lancer. De là viennent nos com- 
subst. prov. lanha, ital. lagna; de posés élancer^ élan pour eslans; 
laniare se prae dolore, selon Mura- prov. lans, jet, élan, 
tori. De laniarius (a laniandis Lancer v. lance, 
avibus), on a fait lanier, lenier I, Lanche v. lance. 
195, dans le principe, espèce de Lanchier v. lance, 
faucon, faucon-ianier, et par allu- Lande, s. f. , qui aujourd'hui ne sert 
sion, lâche, poltron, couard, pares- qu'à désigner une terre inculte, une 
seux, lent. Cfr. R. d. C. d. P. p. 15, plaine, s'employait aussi autrefois 
note. pour le latin sallus^ p. ex. Q. L. d. R. 



LAN 



219 



LAS 



I, 48. 86; de là Texpression ordi- 
naire lande fueillie. On a Tbabi- 
tude de dériver lande du gothique 
land (n.)) X^Q^^ natçlç^ ayçoç; 
mais la signification de notre mot 
le rapproche davantage du breton 
lann, arbre épineux, au plur. lan- 
nou, landes; lann reposant sur une 
ancienne forme land. Il faut prendre 
en outre en considération le genre 
neutre du gothique land. 

Langage v. langue. 

Langager, langagier v. langue* 

Lange, laigne, notre lange, autrefois 
étoffe, habit de laine; chemise (?) 
Rutb. I, 7; de laneus. 

Lange, langue v. langue. 

Langer v. languir. 

Langne, lange I, 48. 309, langue, 
parole, langage, idiome, peuple, 
nation; banderole en forme de 
langue; lingua; de là langage II, 
66, langage, langue; peuple, na- 
tion; propr. langagium, ital. lin- 
guaggio, esp. lenguaje ; et d^ici 
langager, parler, haranguer; d*oîi 
langagier, babillard, grand parleur. 

Languir 1, 345, languir, gémir, souffrir ; 
languere; langer, langui I, 265. 
345, peine, souffrance: languor. 

Langnr v. languir. 

Lanier v. laigner. 

Lant V. lent. 

Lanterne I, loi, lanterne, lampe; 
lat. lanterna ou laterna; ital., esp., 
prov., port, lanterna. 

Lapider II, 229, lapider; lapidare. 

Larcin v. laron. 

Larendn v. laron. 

Large I, lOô. 305, large; généreux, 
libéral ; largus ; adv. largement, 
larghement I, 291. 294. 323. II, 21, 
241, largement, généreusement, libé- 
ralement; largir I, 308, donner, 
accorder; faire des largesses; élar- 
gir, étendre; largire; de là lar- 
gesse, largueace I, 360, largeur; 



libéralité, abondance; propr. kw- 
gitia; largor, largeur; propr. lar- 
gor; esp., prov. largor. 

Largement v. large. 

Largesse v. large. 

Larghement v. large. 

Largir v. large. 

Largor v. large. 

Largnasce v. large. 

Larme, lairme, lerme II, 326, larme; 
de lacrima; larmier, verser des 
larmes; lacrimare. 

Larmier v. larme. 

Laron, lanm, lairon, larron, s. s. lerei, 
lerres, lieres I, 73. 4, larron; de 
latro; à larron ^ clandestinement, 
à la dérobée; larron fossier, for~ 
cier, violateur de tombeaux, vio- 
lateur; cfr. larron qui enble par 
fosse II, 11 et Rayn. L. R III, 375 
forsaire; larcin, larencin, laireehin 
1 , 169. 240. 262. II , 202 , larcin ; 
de latrocinium; en larcin, comme 
à larron; adv. larrecenousement M. 
s. J. 469, larrocineusement , en lar- 
ron, en voleur. 

Larrecenonsement v. laron. 

Larris II, 370, Imâ. larrtcium, lar- 
riscum, etc , terre qui n^est pas 
cultivée, terrain inégal. Eiliaen rap- 
porte larris au hollandais laer, ib. ; 
M. Dief. G. W. II, 129 dit laridus 
=:aridus? en rappelant aridium, 
terra arida, sabuluoi. 

Larrocineusement v. laron. 

Larron v. laron. 

Las V. lac I. 

Las, là les I, 136. 

Las, lasse 11,401. I, 177. II, 80. 203; 
empl. subst. II, 282; d'où lasser, 
lasser, fatiguer; comp. hailas, halas, 
alas, hélas ; alasser, tomber de lassi- 
tude, 'tomber en défaillance : E cest 
vin, que ces en beivent, ki se alas- 
serunl (traduisant deficere), par 
aventure, al désert (Q. L. d. R II, 
178). T. II, 213 on lit alasse, que 



LAS 



220 



LEG 



M. F. Michel traduit par malheu- 
reux ; il faudrait alors -admettre que 
ee mot est fait féminin à cause de 
la rime. Je préfère y voir le par- 
ticipe d^alasser, comme plus ex- 
pressif et plus convenable à la signi- 
fication du vers suivant; mais en 
ce cas aussi il faut reconnaître une 
licence poétique pour la rime avec 
aclasse. De las dérive encore le 
subst. laste, lassitude, chagrin. 

Lasdie v. laier. 

Laaeheement v. laier. 

Laidieitement v. laier. 

LaidMr v. laier. 

iMqiie, lasqner v. laier. 

LaiM, lasser v. las. 

Laste y. las. 

Latm I, 225, latin, langage, langue 
étrangère; latinus. Jusqu'à la Re- 
naissance le latin demeura la langue 
par excellence. De là latinier, sa- 
vant; interprète. 

Latinier v. latin. 

Lau V. la II. et II, 279. 

Laur V. let adj. 

Lavar I, 85. 153. 226. II, 10, laver; 
lavare» 

Las V. lac I. 

Laiiier v. laier. 

Le V. 1o. 

Le picard pour la I, 56. 

Lé y joyeux v. liet. 

Lé, large v. let adj. 

Leal, lealment v. loial. 

Lealted v. loial. 

Leans v. la II. et II, 280. 

Leanment v. loial. 

Leans v. loial. 

Leante v. loial. 

Lecheor v. lécher. 

Leoher, lechier, lichier, lécher, faire 
lippée; de Tabal. lecchôn, lechôn, 

. ancien. saxon leccôn, liccôn, anglo- 
saxon licciaUf allmod. lecken, bas- 
saxon lichen; de là leçherie, licherie 
I, 173. gourmandise, friandise, dé- 



bauche, libertinage, licence, luxure, 
tromperie, bouffonnerie; leohierres, 
liehierres., lederes, lecheor, licheor, 
leceor I, 73, gourmand, glouton, 
qui aime la bonne chère, celui qui 
s'adonne aux plaisirs de la table 
ou de Tamour, galant, galant d'une 
femme mariée , libertin , débauché, 
parasite ; comp. delechier R. d. Ren. 
I, 37, lécher. Le peuple de cer- 
taines provinces emploie encore 
lécheur dans le sens de friand. 

Leoherifi v. lécher. 

Leohierres v. lécher. 

Led v. lez. 

Led, lede v. laid. 

Lee, large v. let adj. 

Leece v. liet. 

Leel V. loial. 

Leelted v. loial. 

Leenz v la II. et II, 280. 

Leens v. loial. 

Léger v. legier. 

Légèrement v. legier. 

Legerie v. legier. 

Legier, ligier, léger II, 230, léger, 
prompt, alerte, facile, aisé; dérivé 
de levis par l'intermédiaire d'une 
forme leviarius; cfr. italien lieve, 
de levis, et leggiero: prov leu et 
leugier; adv. legierement, ligierement ' 
1, 217. II, 14. 49, aisément, fa; 
cilement, sans peine; de legier I, 
333, légèrement, facilement; sans 
peine, à la légère. C'est sous l'in- 
fluence de legier, qu'on a formé 
lege^ terme de marine, à vide, sans 
charge , au lieu du simple lief qui 
aurait été le dérivé direct de levis. 
Dérivé legerie, légèreté, frivolité, 
folie; de legerie, comme de legier. 
Vb. comp. alegier I, 127. II, 151, 
alléger, soulager, décharger d'accu- 
sation; simple prov. lenjar=:leviare 
pour levare ; aligement 1 , 297 , al- 
légement, soulagement ; — sonlegier, 
Buzlegier Ben. 1873, soulager, al- 



LEG 



•221 



LES 



léger; propr. subleviare ; soidége, 
allège ; ainsi dans la forme moderne 
Ve est passé à Va, ce qai est rare. 

Legierement v. legier. 

Legmi, par syncope leiim, leun II, 189, 
graine, légume; ïegumen. 

Lei V. loi. 

Lei I, 121. 128, elle; de il-lae ou 
il - laec pour illi. 

Leial, leialment v. loial. 

Leialted ▼. loial. 

Leias v. loial. 

Leianment v. loial. 

Leiaos v. loial. 

Leiante v. loial. 

Leid, leide v. laid. ^ 

Leidir v. laid. 

Leienz v. la II. et II, 280. 

Leier, laisser v. laier. 

Lder, lier v. lier. 

Leigne, leingne, leine, laigpie, laingne 
I, 289, bois; prov. legna, leigna, 
lenha, esp. lena, lenha, ital. legna; 
ligna; à côté de lin, espèce de 
navire; prov. ling, lenh, bois, es- 
pèce de navire; esp. leno, port, 
lenho, ital. legno, de lignum. 

Leine v. leigne. 

Leingne v. leigne 

Leinz v. la II. et II, 280. 

Leire, être permis v. loire II. 

Leïre, lire v. lire. 

Leis V. lez. 

Leisir v. loire II. 

Leiase, lice, chienne; de lycisce (ly- 
cisca). 

Leissier v. laier. 

Leitre v. letre. 

Leiz ,. nuisible v. laid. 

Leiz, côté, et prép. v. lez. 

Lend , lent R. d. R. IV, 72, lente : prov. 
lende, port. lendea; lens, lendis. 
On se sert encore de cette forme 
lent (m.) dans plusieurs provinces. 

Lendemain pour Tendemain v. main II. 

Lenier v. laigner. 

Lent, lant, lent, paresseux; lentus; 



de là adv. lentement I, 384, lente- 
ment; alentir II, 250. 300, ralentir, 
retarder. Molière s^est encore servi 
d'aleniir dans PËtourdi III, 4. 

Lentement v. lent. 

Lentille, lentille; lenticvla; lentHlos, 
marqué de taches, couvert de 
rousseurs. 

Lentillos v. lentille. 

Léon,. lion, linn I, 49. 50. 118, lion; 
leo (leon) ; dim. leuncel I, 99, lion- 
ceau ; leonculus. . 

Leopart, leupart, liupairt, lupart II, 328. 
300, léopard; leopardus, 

Lepe, lippe, lippe; grosse lèvre, lèvre 
avancée ; du bas allemand lippe,^ lèvre. 

Lèpre, liepre I, 228,' lèpre ; lepra (ké- 
nça) ; lepros, lepnu, lepreus II, 392, 
lépreux; leprosus, 

Leprens v. lepre. 

Lepros, lepnu v. lepre. 

Lere v. loire II. 

Leres v. laron. 

Lerme v. larme. 

Lerres v. laron. 

Les, large v. let adj. 

Les, côté, et prép. v. lez. 

Les art. rég. dir. pi. m. et f., suj. pi. f. 
I, 46. 53, les. Le prov. et l'esp. ont 
pour le plur. m. los^ de il-los, et 
pour le plur. f. las, de il-las; et 
ce los prov. s'affaiblit en les, comme 
lo du prov. et de la langue d'oîl 
s'affaiblirent en le; ce qui pourrait 
donner lieu à supposer que notre 
les r. pi m., vient de il^los, tandis 
que le fém. a son origine dans i/- 
las ; cependant cette distinction est 
tout à fait inutile; — les pron. 
pers. rég. dir. I, 121. 131. 

Lesir v. loire II. 

Lesser, lessier v. laier. 

Leste, habile; ital. lesto, habile, adroit, 
prudent, rusé ; port, lesto, esp. listo ; 
du goth. listeigs, ahal. listtc, ingé- 
nieux, avec rejet de la suffixe, 
comme le dit M. Diez I, 276, et 



LET 



'22è 



LIA 



non pas, ainsi que le prétend M. Che- 
valet, de Uht, d'où n'auraient ja- 
mais pu se développer les formes 
indiquées. 
Let, le, fém. lee, s. s. et pi. r. lez, les 
I, 146. 191 324. 391, large, plat, 
qui n'est pas pointu, étendu; latus. 
C'est ici que je rapporte le subst. 
- latir II, 63, largeur, formé de latus, 
propr. lator, avec syncope, du /, 
comme largor de.largus. On pour- 
rait le faire dériv'er de largor avec 
syncope de rg; mais je crois que 
cette transformation est contre les 
usages de la langue d'oïl. 
Let v. lez. 

Leteril, literil, letri, letrin II, 135, 
tribune où on lisait les psaumes, 
jubé où l'on faisait les harangues, 
lutrin, pupitre à l'usage des églises 
pour poser les livres qui servent à 
chanter les offices; pour ainsi dire 
lectorile, Cfr. DC. lectorinum. 
Letre, leitrQ, lettre, caractère de l'alpha- 
bet ; littérature ; épître , missive, 
ordre; littera; letré, écrit, couvert 
de lettres; — lettré; Htteratus; 
letreiire, littérature, connaissance des 
belles - lettres ; lilteratura. 
Letreiire v. letre. 
Letri, letrin v. leteril. 
LeUf'loup V. lou. 
Len, lieu v. lieu. 

Leode, droit sur les marchandises, 
droit de péage, et toute espèce de 
droits; selon DC. de l'allem. leudis, 
amende payée pour un homme tué ; 
mais le sens et la forme repoussent 
cette étymologie. Il vient de (le- 
vitus) levita, participe des bas temps, 
de levare, comme on a vocitus pour 
vocatus , et autres. Leude, prov. 
leuda, ledda, leida, lesda, ancien 
esp. lezda, signifie donc simplement 
levée. Cfr. lever. 
Leom, leun v. legun. 
Leuncel v. leon. 



Leur v. lor. 

Lever, liever, lever, relever, faire 
lever, se lever, se relever ; paraître, 
apparaître, en parlant des astres, 
d'une maladie cutanée II, 131;. sou- 
lever, enlever, emporter, emmener; 
s'élever; lever bruit, faire parler 
de soi , pousser des cris ; lever un 
tesmoin, le récuser; liever fors I, 
151, tirer, retirer; faire hait lever 
I, 153, faire mettre debout; lever 
sus. If 240, se lever, se mettre en 
marche; comp. alever I, 272, élever, 
placer dans un haut rang; com- 
mencer, établir; eslever, ellever I, 

• 

62. 65. 82^ élever, exalter, lever; 
part. empl. subst. I, 54, les grands ; 
enlever, enlever, emporter; relever, 
rétablir; exempter, délivrer; se re- 
lever, ib., se soulager, se consoler; 
subst. relief I, 362, relief, reste*, 
propr. relevium, prov. releu. 

Lèvre II, 30, lèvre; du plur. labra 
(labrum). Cfr. arme. 

Levrer v. lévrier. 

Lévrier, levrer I, 400, s. m. lévrier; 
levriere II, 188, s. f. levrette; de 
leporarius. 

Levriere v. lévrier. 

Ley V. lez. 

Les, large v. let adj. 

Lez Get, led), ley, les, leiz, leis I, 216. 
365, côté, flanc, le plat d'une arme 
blanche; latus; prép. lez, les, leis, 
leiz II, 356; — adv. lez à la oa 
lei et lei II, 356; — prép. comp. 
deled, delez, dales, dedelez, par 4.0- 
lez I, 288. II, 356. 

Li, pron. pers. rég. iud. I, 121. 12S, 
lui , à lui; de il-li. 

Li, Us, r art. I, 46. 53. 54, le, la, 
les; il'lic pour ille, et non de illi, 
à cause du singulier. 

Liarde v. liart. 

Liart, liarde, gris, gris-pommelé ; ital. 
leardo, prov. lear, liar ; du celtique : 
kymri liât, gris foncé, avec la suf- 



LIB 



223 



LIE 



fixe ard. Cette étymologie paraîtra 
fausse à ceux qui font de ard une 
suffixe exclusivement allemande, 
dér. de Padjectif AaH, goth. hardus, 
dur. Mais ard appartient au cel- 
tique aussi bien qu^aux idiomes 
germaniques, et M. Mone a prouvé 
que, pour Tallemand même, la rai- 
son de l'emploi do la suffixe ard 
doit souvent être recherchée dans 
le celtique. La signification de ard 
celtique se fixe d'après le gallois 
hardd, aimable; irlandais arf, noble, 
grand, ard, puissant, auguste. Cfr. 
Mone, Die Gallischc Sprache, § 99 
et p. 176 s. V. ard. 

Librairie v. livre I. . 

Lioe, liohe s. f. , barrière, retranche- 
ment, clôture, palissade, palissade 
extérieure ; lieu où Ton combattait ; 
joute, course, combat simulé, qui 
se fait dans un champ clos de pieux; 
du latin licium, dont on fit un 
féminin, bien que la signification 
ceinture dans une acception toute 
particulière (per lancem et licium 
fnrta concipere) s'accorde assez 
difficilement avec celle de lice, ital. 
liccia, esp. liza, prov. lissa 

Liche V. lice. 

Lioheor v. lécher. 

Lioherie v. lécher. 

Lioherres v. lécher. 

I^chier v. lécher. 

Lie I, 121. 128, elle; comme lei, 
mais avec diphthongaisou picarde, 
de il-lae ou il^laec pour illi. 

Lie, liement' v. liet. 

Lie subst. f., Imâ. y^liam i. e. faeces 
vini^ Jo. de Garl. ap. DC; de 
levare. Cfr. Dief. Celt. I, 63; et 
levain, Imâ. levanum également de 
levare; l'allemand hefe de hehen, 
lever. 

Liëmier, loiemier II, 78, limier; de 
ligamen^ corde avec laquelle on 
attachait les chiens, en les condui- 



sant après les chasseurs. La forme 
repousse les étjmologies limarius^ 
pour rimarius, de limari = rimari, 
scrutari, investigare; et liminarius^ 
parce que le limier ouvre la chasse. 
Cfr. prov. liamar, lier, attacher. 

Lief 1. pers. s. prés. ind. de lever. 

Liepre v. lèpre. 

Lier, leier, loier I, 155. 297. II, 53. 
lier, attacher; refuser de remettre 
les péchés; de ligare; liien, loien 
II, 177, Ken; de ligamen; lias Q.L. 
d. R. I, 115, botte, ligature; de 
ligatus? — comp. alier, allier; 
alligare; part. empl. subst. alie, 
.aloiell, 394, allié; d'où alianee, 
alliance, union, société; alianee Deu 

I, 81; raUer II, 240, rallier; — 
obliger, obliger, engager, lier; obli^ 
gare; d'où obligance, obligation, en- 
gagement; — edier, délier, dé- 
tacher; d'où deslier I, 46. II, 161, 
délier, délacer, détacher; remettre 
les péchés. Cfr. liëmier. 

Lieres v. laron. 

Liesse v. liet. 

Liet, lie, le, s. s. liez I, GQ, 186. 313. 

II, 285, gai; joyeux, content; de 
laetus; liement I, 315. II, 312, 
gaîment, joyeusement. Lie s'est 
conservé dans faire chère lie. LieMe, 
leece II, 38. 381, joie, gaîté, plaisir, 
allégresse; laetitia; vb. comp. en- 
leecer M. s. J. 493, se réjouir; es- 
leecier, esleeehier, esliecer, esleicier, 
eleecier I, 98. II, 350. 387, réjouir, 
rendre content; se réjouir, être bien- 
aise; de laetiscere, ou plutôt d'une 
nouvelle formation laetiîiare; <i'où 
esleeoement, joie, contentement; le 
resleeder, R d. C. d. C. 251, se 
réjouir. 

Lien, leu, lin, lou I, 151. 153. 179. 
187. 268, lieu, place, endroit, oc- 
casion, moment opportun-, situation ; 
locut; nul lieu, nulle part; luec, aloe, 
alnec, eluec II, 300 ; — lues II, 302 ; — 



LIE 



224 



LIR 



Inès que II, 384; — do tneic, mi 
et de lieu, on forma le subst. mi- 
lieu; efr. meie. 

Lieue, liue, lieue; dim. lieuete, liuete 
II, 53; deleuca, mille, chez les 
Gaulois, renversé en légua avec 
dipbtbongaison de Ve. Mensuras 
viaram nos millaria dicimus, Graeci 
stadia, GaHi leucas ( Isidore XVI). 
Aivyri fiéiQOv 11 FaXaiaiç (Hesy- 
chius). Cfr. Dief. Celt. I, 65; Am- 
mien Marcellin X V, etc. Xiciie signi- 
fiait aussi l'espace d'une lieue, sur- 
tout par rapport au temps que l'on 
employait à le parcourir ; mais 
d'ordinaire, dans cette acception, 
il paraît sous les formes liuee 1, 163, 
loee P. d. B. 10089 , louée 1 , 242. 

Lieuete v. lieue. 

liever v. lever. 

Liez V. liet. 

Ligance v. lige. 

Ligel, 124. 147. L'homme lige était 
celui qui s'était obligé, par serment, 
d'aider et de servir son seigneur 
envers et contre tous. Le seigneur 
jurait, de sou- côté, de protéger et 
de défendre sou vassal contre qui- 
conque l'attaquerait, et il était ap- 
pelé seigneur lige. Lige signifiait 
encore ce qui est à qqn. sans ré- 
serve; continu, sans interruption. 
Adv. ligement 1 , 142 , sans réserve, 
sans exception; subst. ligee II, 3, 
serment de fidélité qui lie le vassal 
à son seigneur; ligance II, 232, 

. hommage lige, engagement. On 
dérive ordinairement lige de liga- 

. tus, mais on voit de prime abord 
que cette étymologie ne convient 
ni pour la forme ital. ligio, Imà. 
Hgius^ ni pour le sens ; car, comme 
le fait foirt bien observer M. Grand- 
gagnage (s. v. lige), l'hommage lige 
signifiait • un hommage dégagé de 
toute restriction au profit d'un tiers 
et par là absolu. Lige, de l'alle- 



mand ledig, libre, dégagé (Grand- 
gagnage)? 

Ligee v. lige. 

Ligement v. lige. 

Ligier v. legier. 

Ligierement v. legier. 

Lign, lignage v. lin. 

Lignée v. lin. 

Lignie v. lin. 

Liien v. lier. 

Lin, lign I, 79, lignée, race, descen- 
dance; de linutn, fil, tresse; lignée 

I, 225, lignie I, 143. 184, lignée, 
race, descendance; de linea; vb. 
comp. forsligner, forlignier I, 183, 
dégénérer de la valeur de ses an- 
cêtres, démentir sa race, son ori- 
gine; sortir de la droite ligne; 
propr. foris lineare; dér. linage I, 
265, lignage I, 77, famille, parents, 
lignée, race. De la signification 
propre suite, dérive facilement la 
figurée. 

Linage v. lin. 

Linge adj., de lin, Q. L. d. R. II, 141, 
aujourd'hui subst.; de lineus. 

Lion V. leon. 

Lippe V. lepe. 

LiqeUr II, 14, liquide; liquor. 

Lire, leire II, 171 et suiv., lire, étu- 
dier ; comp. délire, dealire G. Gniart 

II, 115, compter, faire l'appel; ea- 
lire, esleire, ellire, enlire II, 171. 2, 
élire, choisir, distinguer; entendre, 
concevoir; de eligere; edeit, ellit, 
esUt, ellieut I, 212. II, 213. 360, 
élu; qui mérite d'être distingué; 
electus ; de là esliture II, 104, élec- 
tion; ~ ealection, élection I, 52. 
II, 104. 132, élection, choix; de 
eleclio. 

Lire, Isrre, du latin lyra, instrument 
qui ne rappelait nullement la lyre 
antique: il avait, dans le principe, 
une forme conique à peu près sem- 
blable' à celle de la mandoline , et 
était monté d'une seule corde que 



LIS 



225 



LIV 



Ton faisait vibrer avec un archet; 
plus tard on lui donna plusieurs 
cordes. Il paraît cependant que, 
dans une certaine période du moyen- 
âge, le mot de lyre désigna tantôt 
des instruments à cordes pinces 
avec les doigts ou mis en jeu avec 
le plectre, tantôt des instruments à 
cordes dont on tirait le son avec 
un archet ; et, dans ce dernier cas, 
il devenait synonyme d'un autre 
terme collectif: vielle, v. s. e. v. 
Vb. lirer, jouer de la lyre. 

Lis, lit V. lit. 

lis V. Tart. li. 

lis II, 118. 348, lis; d'une forme 
hypothétique It/ttts pour lilium; prov. 
lili de lilium, et avec changement 
de la seconde liquide liri, enfin, 
comme en franc, lis; en ital. giglio, 
avec changement du premier / en 
g; esp. , port, lirio. 

Liste, bande, bord, bordure; de là 
listeit, listet, listed, liste (listeii, 
lisUi, listes) I, 212. II, 63, bordé, 
qui a une lisière, veiné; de Tahal. 
lista, bande,, allmod. leisle, bordure. 
Le subst. lisière est de la même 
famille, il est pour listiere, 

Listed V. liste. 

Listeit, lifteii v. liste. 

Listes, liftet y. liste. 

Listez V. liste. 

Lit, s. s. et p. r. lis, lis I, 84, lit; 
lectum; prov. leit, leich, ital. letto, 
esp. lecho, port. leito. 

Literil v. leterîl. 

Lin V. lieu. 

Line, linee v. lieue. 

Linete v. lieue. 

Linn v. leon. 

Liùt, lent, Int, Ino, luth; ital. linto, 
leuto, esp. land, port alaude, prov. 
laut, allemand laute, turc el-e'oud 
ou e'oud. Cet instrument tire son 
origine et son nom de TOrient, 
arabe 'i^d, ustensile de terre, et 
Burgay, langae d*oïl , Glossaire. 



avec Tarticle al' ôd. Une des formes 
turques et le port, ont conservé 
l'article complet. Le luth était con- 
vexe du côté du dos, où il était 
façonné à pans ou à «ôtes. Au 
milieu de la table de résonnance 
il y avait une ouïe qui s'appelait 
rose ou rosette. Les cordes étaient 
de boyau et distribuées sur plusieurs 
rangs, les unes simples, c-à-d. com- 
posées d'une seule corde, les autres 
doubles, c.-à-d. comprenant deux 
cordes accordées à l'unisson. Le 
nombre des cordes a varié suivant 
les dimensions des luths et les per- 
fectionnements que ces instruments 
subirent. On ne jouait pas toujours 
du luth en pinçant les cordes; on 
se servait quelquefois du plectre. 

Livraison v. livre II. 

I. Livre I, 182, livre; liber; prov. 
libre, ital., esp. libro, port, livro; 
librairie , bibliothèque ; libraria ; 
ital. libreria, port, livraria, prov. 
libraria. 

IL Livre II, 220, livre, poids et sorte 
de monnaie de compte ; lihra; prov. 
libra, liura, esp., port, libra, ital. 
libbra, lira; de là livrée I, 111, 
terre qui rapporte une livre de rente, 
espèce de mesure d'étendue ; — li- 
vraison, livreison, livreisnn, livroiion, 
livrison, paiement en nature que 
recevaient les officiers des grandes 
maisons, fourniture, don en argent, 
habits ou autres choses, ration; 
lihratio» 

Livrée» don d'habits v. livrer. 

Livrée, espèce de mesure v. livre II. 

Livraison, Uvroisnn v. livre IL 

Livrer, livrer, délivrer, accorder; de 
liherare, délivrer, d'où mettre en 
main de qqn. C'est de là que vient 
livrée, Imâ. liberata, liberatio, don 
d'habits que le maître fait à ses 
domestiques, propr. chose livrée; 
autrefois ce mot s'appliquait aussi 

15 



LIV 



226 



LOG 



à la nourriture. Comp. de liber^ 
libre, prov. , port, livre, délivre, 
délivré, libre, privé; prompt, dili- 
gent, alerte; à délivre, librement, 
prompte» ent; adv. delivrement I, 
375. II, 279, librement, sans em- 
pêchement, promptement. Comp. de 
livrer, délivrer, delivererll, 98. 126. 
délivrer, rendre, remettre; se dé- 
livrer d*un enfant II, 157, ac- 
coucher; de là délivrance, relève- 
ment, délivrance; delivrement II, 
227, délivrance, libération. 

Uvriion v. livre II. 

Livrolion v. livre II. 

Ui V. lit. 

Lo 1. p. s. prés. ind. do loer. 

Lo, Ion, In, le art. m. s., r. dir. I, 46. 
52, le. La forme lo qui, dans la 
langue d'oïl, ne sert que pour le 
rég. dir., se trouve employée comme 
sujet dans Tital., le prov. ; elle dér. 
de U'io ou illwn, de là, avec as- 
sourdissement de Vo, lou; lu en 
Normandie; enfin, par affaiblisse- 
ment de Vo en é, on eut le; — 
pron. pers. rég. dir. m. 1, 121. 128; 
— le pron. dém. I, 57. 58. 

Lohe, discours flatteur, artificieux; 
séduction , tromperie , supercherie, 
perfidie, mensonge; lober, séduire 
par des paroles flatteuses et arti- 
ficieuses, tromper, duper; loberres, 
lobeor, trompeur, séducteur; de 
Pahal. lob, faveur, éloge; allmod. 
M, ib., verbe loben* 

Lobeor v. lobe. 

Lober, loberres v. lobe. 

Loo, d*oà notre mot loquet^ loquet, 
fermoir, serrure; de Tanglo- saxon 
lac, verrou; goth. ga^lukari, u$- 
lukan, fermer, ouvrir (à clef). 

Loeher, loder, branler, ébranler, se- 
couer; eslocher, edoder, ébranler, 
déplacer, arracher en secouant; 
réfléchi: s'ébranler, se mettre en 
monvement, se déplacer; de Pahal. 



loc, boucle (des cheveux), islandais 
lockr^ allmod. loche, par analogie 
au mouvement que font les boucles. 
Cfr. Grandgagnage s. v. 

Loeier v. loeher. 

Loee V. lieue. 

Loemant v. loer. 

Lœmement v. loer. 

Loement v. loer. 

Loenge v. loer. 

Loer, loner (prés. ind. 1. p. je lo, je 
lou) II, 371. 382, conseiller, ap- 
prouver, persuader, vanter ; de lau- 
dare. De cette même racine, avec 
la signification indiquée, on forma 
laudimia, laudemia. Tachât du los 
(v. ce mot), d'où loenge, lonenge II, 
364, consentement, permission, ap- 
probation , d'abord terme de juris- 
prudence, puis employé générale- 
ment. Louange a formé des dé- 
rivés: lonanger, louangeur, etc., et 
il faut bien se garder de confondre 
ces mots avec losange, losangier, 
etc., ce qui pourrait arriver, si 
Ton supposait une syncope du s, 
A la même branche appartient en- 
core loement (laudamentum) I, 144, 
loemant II, 138, conseil, avis, insi- 
nuation, suggestion, prière, louange. 
T. II, p. 162 on lit loemement pour 
loement, Comp. desloer, desloaor, 
dissuader, déconseiller, blâmer, dé- 
précier; dedoz, blâme, désappro- 
bation. 

Loer, prendre en location v. loler. 

Lof, côté que le navire présente au 
vent; de l'ancien anglais /oo/' (plar. 
looves), vola manus, metacarpus 
interior; ancien norois lôfi, dan. 
lue, goth. /o/a, la main étendue. 

Loge I, 266, loige II, 162. 368. 380, 
tente, cabane, loge; Imâ. laubia, 
de Tahal. laube, laubja, allmod. 
laube, delaub, feuillage. Cfr. foillle. 
Dér. loger, logier I, 51. 2, loger, 
demeurer, établir; logis, demeure ; 



LOG 



227 



LOM 



logement, ib. ; comp. alogier (s*) II, 
362. 392, 8*étab]ir, se loger; dei- 
logier, dealqjer II, 117, déloger, 
changer de place. 

Logement v. loge. 

Loger, logier v. loge. 

Logis V. loge. 

Logne, longe (p. ex. de veau); de 
lumbea, de iumbus^ 

Loi, lei, lai, loi, justice, droit; loi 
sainte; de lex; à loi, comme à 
gaise de; de là aloier, aleier, gou- 
verner selon la loi et la justice; 
dedoi, deslei, deilai (= dis -lex) n, 
287. 378, tort, injustice, excès, crime ; 
d*oii dedoier, desleier, Xet quelquefois 
incorrectement deslier), sortir de la 
loi, c.-à'd. ne pas tenir sa foi, 
sortir de la loyauté; d'où dedeie, 
dedoie, homme hors loi, c-à-d. sans 
foi, déloyal. Au lieu de la préfixe 
des, on trouve bes: besloi, beelei, 
et, par assimilation, belloi II, 110, 
proprement loi injuste, fausse, per- 
verse; tort, injustice; mètre à besloi, 
écarter de la loi, de ce qui est juste. 
La préfixe bes, qui paraît encore 
sous les formes ber, bre, bar, bis, 
bi (bi-ais, bi-seau), donne au mot 
la signification de quelque chose 
d'inconvenant, de défectueux, de 
faux, d'interverti, de pervers, de 
déraisonnable, d'injuste. Quelle est 
l'origine de bes? Le latin bis? 
Cfr. loial. 

Loial, leal, leial, leel, s. s. et p. r. 
bians, leans, leiai, leians, leens, 
loyal, qui agit conformément à la 
loi, à sa parole, à ses engagements ; 
de legalis; de là loiàlment, loian- 
ment, lealment, leanment, leialment, 
leiaument I, 154. 270. 272. 279. 
327. 11,93, loyalement, avec vérité; 
loialteit, loiante, lealted, leialted, 
leelted, leiante, leante, loyauté; 
comp. desloial, desleal, dedeial, dMh 
leel {desloiflus, desleaus,- etc.), dé- 



loyal, qui agit contre la loi, contre 
sa parole; d'où dedpialment , dei- 
loîaiim6nt,des]eamiient|etc , déloyale- 
ment; dedoialteit, desloiante, dMh 
lealted, desleaate II, 233. 348, dé- 
loyauté. Cfr. loi. 

Loiàlment v. loial. 

Loialteit v. loial. 

Loiamneat v. loial. 

Loians v. loial. 

Loiante v. loia|. 

Loier, salaire v. loier. 

Loier, lier v. lier. 

Loidr, loer, loer, loner, lonier I, 148, 
louer, donner ou prendre en loca- 
tion, à gages; locare; prov. logar, 
anc. ital. locare; loier, Iner, loner 

I, 49. 103. 291. II, 365, prix, sa- 
laire, payement, récompense, pré- 
sent ; hcarium dans Varron LL. ô, 
^> §10; prov. logpier; vb. comp. 
aloier, aloer, ahier, prendre à gages, 
allouer, assigner, placer; prov. alogar. 

Loig V. long. 
Loige V. loge. 
Loignier v. long. 
Loin, loing v. long. 
Loingtain v. long. 
Loinz V. los. 
Loini V. long. 

I. Loire, loirre, leurre, appât, terme 
de fauconnerie (morceau de cuir ou 
de viande pour faire retourner le 
faucon); prov. loire, anglais lure; 
vb. loirer, loirier, leurrer, dresser 
ou attirer au leurre: Li aucuns 
faucons vont loirier , B. d. C. d. C. 
481 ; de l'allmâ. luoder^ ludir, même 
signification. 

II. Loire, 1ère, leire, loisir, lesir, leisir 

II, 173-4, être permis, être licite; 
inf. empl. subst. loisir, leisir 1, 132. 
II, 53. 233, permission, loisir; loist 
à savoir II, 174. 

Loirier v. loire I. 
Loisir v. loire II. 
Lombart adj., usuraire; du nom de 

15* 



LON 228 LOS 

peuple Loinbart , nom sous lequel éloigner ; esloigner qqn. I, 405, s'^é- 

on comprenait en général les Italiens loigner de qqn., le fuir; fondoigner, 

commerçant en France. éloigner; porloignier, pnrloignier II, 

lone V. long et II, 364. 253, retarder, apporter da délai; 

Long, loiiig, lung, longe, Ivnge, longae d'où porloignement II, 346, retard, 

I, 281. II, 4. 101, long, pour Té- délai. 

tendue et la durée; différé; longus; Longe, longes v. long. 

longei, longnei, longhes II, 55. 57. Longement y. long. 

62. 64, longtemps, de longtemps; Longhement v. long, 

prov. longas ; adv. long, lone, loing, Longhes v. long. 

loig, Ions, Ions, loixu; Ining, Inini, Longier v. long. 

Ivign, loin, loin; longum; en loin% Longor ▼. long. 

II, 74, au \o\n] de lone en lone I, Longue, longues v. long. 
254, d*un bout à l'autre, en entier ; Longuement v. long, 
pour ces différentes formes voy. I, Lons, loni v. long. 

152. 298. 387. 327. 328. II, 51. Lor, lur, lour, leur I, 121. 131. 142, 

74.275. etc.; le « (z) est le s para- leur; de t/-/oif«m; lor rég. des 

gogique si commun dans les ad- prépos. I, 133 pour eux. 

verbes; adv. longement, longhement, Lores, lors II, 312 et Gloss. ore II. 

tongoement I, 88. 142. 220. 316. Lorier II, 313, laurier; propr. laura- 

348, longuement, longtemps; prép. rius; de laurus, 

long, lone, hue II, 364, d'où le I. Los II, 296 indéclinable, loz (Cb. 

eomp. selono, seluno , solone, solunc, d. S. II, 8), loux an nord de la Bour- 

snlnnc, solum, solom', sulon, sulun, gogne et en Franche-Comté, qnelque- 

selnm, selnme, som, son, snn II, 364 ; fois même louj et encore incorrecte- 

loc. conj. selon que I, 130 ; — dér. ment loinz, du latin laus, signifiait 

loignier, longier I, 333, éloigner, consentement, approbation, louange, 

renvoyer, écarter, s'éloigner, sépa- mérite, renommée, gloire, conseil, 

rer; longor I, 102, longueur; longe- avis. Los s'employait dans le style 

ment, longuement, longueur, délai, judiciaire pour signifier le droit du 

retardement; lointain II, 191, loin- seigneur dans les mutations des 

tain; propr. ifon^ttanuâ; empl. subst. biens, et il nous est resté dans la 

n, 249 par opposition à voisin; formule los (lods) et ventes (DC. 

comp. aloignier II , 78 , éloigner, s. v. laudes, sous laudare). De los, 

allonger, retarder ; alonger, alongier en partant de l'idée absolue que 

I, 187. 341, allonger, prolonger, laudes (hymne) avait dans l'église, 

retarder, différer, éloigner; d'oà on forma aloser doser dans le pa- 

ralonger II, 48, rallonger, prolonger, tois breton, v. Duméril), louer, 

retarder; alonge, alongement, al- vanter; être loué. Le participe aloté 

longement, délai, retardement ; /atre II, 285 se trouve souvent comme 

alonge, chercher des délais (notre épithète des héros, loué, vanté, fa- 

longe (corde) est le subst. alonge, meux. Cfr. loer, losenge. 

VàUnge, puis l'a a passé à l'article II. Los M. d. F. I, 418, part, lot, sort ; 

la longe) \ edongier I, 127. II, 10. jeUr los, tirer au sort; de Palle- 

99, éloigner, écarter, prolonger, al- mand: goth. hlauts, xl^ifoç, ancien 

longer, étendre; sans eslongier, norois kluir, lutr, sors, ahal. Mut, 

eshnge, sans aucun délai ; esloignier, hlui. Mot, allmod. loos, ancien saxon 



LOS 



22^ 



LUN 



klôl, ancien norois hlut, hluii, pars, 
portio. Cfr. Dief. G. W. II , 563 
et DC. sors. 

Losange y loienge, louange, flatterie, 
perfidie, intrigue, tromperie, rail- 
lerie ; losengerie II, 137, même signi- 
fication ; losanger, losangier, losengier, 
flatter, louer, enjôler, tromper, 
railler; losangier, loiangieref , lo- 
sangeor, losengeor, flatteur, enjôleur, 
qui abuse par des paroles. Losange 
appartient à la famille latine laus 
(laudare), qui avait pris dans la 
langue d^oïl la forme invariable los, 
auquel on ajouta la suffixe ange, 
enge; cfr. laid-ange. Y. Los et loenge. 

Losangeor v. losange. 

Losanger v. losange. 

Losangier, losangieres v. losange. 

Losenge, losengeor v. losange. 

Losengerie v. losange. 

Losengier v losange. 

Lon, louange v. los. 

Lon, len, s. s. et p. r. , contr. loz I, 
49. 270, loup; lupus; prov. lup, lop, 
ital. lupo, esp. , port lobo. 

Lon, lieu v. lieu. 

Lon V. lo. 

Lon 1. p. s. prés. ind. de louer. 

Lonee v. lieue. 

Louengo v. loer. 

Loner, louer v. loer. 

Loner, prendre à gages et salaire 
V. loier. 

Lonier v. loier. 

Lonr V. lor. 

Lonseignol v. rosegniol. 

Lonsignol v. rosegniol. 

Lonx v. los. 

Lox, loup V. lou. 

Lox, approbation v. los. 

Ln V. lo. 

Lnec V. lieu et II, 300. 

Lner, prendre à gages et salaire 
V. loier. 

Lnes V. lieu et II, 302, Inesqne II, 384. 

Lueus pour lues II, 303. 



Lni I, 121. 128, lui; de illujus ou 
de illuic. 

Lnign v. long. 

Lning v. long. 

Lnins v. long. 

Lnire, loisir II, 252; subst. Inor II, 
240, clarté, lumière, éclat; prov. 
lugor; comp. entrelnire II, 252, 
treslnire II, 252, relnire II, 252. 
Cfr. eselistre. 

Lnisir v. luire. 

Lnite, Inte, loite I, 295. II, 381, lutte, 
effort; lucia; luiter, Initier, loitier, 
lutter, résister, s'efforcer; luciari; 
luiteres, Initeor I, 77, adversaire, 
lutteur; luctaior; prov. lucba, loita, 
luchar, loitar, luchador, loitador; 
ital. lutta, lotta, lottare, lottatore; 
esp. lucha, luchar, luchador; port, 
luta, lutar, lutador. 

Lnm , s s. et p. r. Inns II, 278, booe, 
fange, limon ; de limus ? mais alors 
pourquoi u pour i ? Il faut sans 
doute se reporter à Tinfluence du 
grec ^vfifiy IvfAtt. 

Lumière I, 50, lumière; prov. Uua- 
neira, lumeira; dér. de /umeit, prov. 
lum; luminaire, lumière; luminaire; 
luminos, lumineux; luminosus\ alu- 
mer II, 365. 386, allumer, enflam- 
mer, passionner; éclairer; recouvrer 
la lumière; s'allumer; propr. alu- 
menare, prov. alumenar, alumnar; 
enluminer I, 66. 220. 227, éclairer, 
illuminer , enluminer ; prov. en- 
lumenar. 

Luminaire v. lumière. 

Luminos v. lumière. 

Lunaison v. lune. 

Lune V. long. 

Lundi V. lune. 

Lune I, 86, lune; luna; lunaison, lu- 
noison I, 118, lunaison; propr. /«- 
naiio; lundi I, 179, lundi; lunae 
dies; cfr. dis I. 

Lung, Innge v. long. 

Lunoison v. lune. 



LUN 



230 



MAG 



Lims V. lum. 
Luor V. luire. 
Lupart T. leopart. 
Lvr y. lor. 



locellus, cassette, boite. DC. lu- 

cellus. 
Lnte V. luite. 
LntM I, 226 part. pas. de lire. 



Lmélt laMan, cercueil, tombeau; de Lurare I, 152. 226, luxure; luœuria. 



KaàaiB V. maille II. 

Kaee, maehell, 40, masse, sorte d'arme 
dont le bout était fort gros; de 
matea, simple inconnu de tnaieola 
Plin. 17, 18, 19, qui se retrouve 
dons le provençal massola; de là 
ttayao, machne, rnasme I, 242. 337. 
II, 45, massue. 

Xàaih 1. pers. s. prés. ind. de mètre, 
matre I, 216. 

Màeho V. mace. 

Xacliae v. mace. 

ICa^oii, maçan, maçon; Imâ. macio, 
M#llio, tnachio. Selon M. Dicz I, 
318 de Tabal. mëno, meinQ, de 
fiietsan, meinan, scindere, gotb. 
maitan, xoniéiy^ ce qui permet de 
supposer un subst. maiia, tailleur 
(de pierres, etc.). Ni nuiita^ ni 
itèeUo, n^auraient produit le bas latin 
mttchio. La dérivation de marcus, 
indiquée dans DC, me paraît la 
meilleure : de marcus est venu 
mareio, celui qui gouverne le mar- 
teau, un ouvrier en pierres, puis 
par syncope du r : macio, ffioçon, etc. 

Xaçae v. mace. 

Ifoçnn V. maçon. 

KadftliTi V. madré. 

tfaderin v. madré. 

Kadre n, 100, masre Trist. H, 24, 
espèce de bois, qu'on n'a pu spé- 
cifier jusqu'ici ; adj. maiélin ( Trist. 
Glos. mazre); madelin, maderin, 
Taisseau à boire; de Tabal. manar, 
noeud (dans le bois), allmod. maser, 
bois veiné, suéd. matur. Notre madré 
est de la même source. 

Kaement v. magne et II, 305. 



Kagnani maignen, malgnier, etc, chau- 
dronnier; aujourd'hui, en Franche- 
Comté, magnin, chaudronnier am- 
bulant, en Normandie, magnan, dans 
le Berry, mtgnan; ital. magnane, 
Serrurier; de machina (mach*nà)? 
Mais certainement pas du breton 
manouner, comme le dit M. Che- 
valet , car ce mot est emprunté- au 
français, et encore moins de Téecs- 
sais umhadan qui ne va guère de 
pair avec maiîouner. Ménage et 
Ferrari dér. de aeramen, aerami* 
nianus, minianus. 

Magne, magnes, maine, maiiiBt I, 179. 
n, 158, grand; magwus; maire, 
maires, migor, migonr, migenr, maior, 
maionr, maienr, maiir I, 103, plus 
grand, plus considérable, principal; 
major; sbst. encore avec les formes 
meour, maonr, mahoar I, 71. 133, 
chef, chef d'un corps d'artisans ou 
do confrérie, administrateur, régis- 
seur ; aujourd'hui premier fonction- 
naire municipal d'une ville. Selon 
M. J. Grimm II, 463 magne, dans 
le nom propre Charlemagnê, ne 
dérive pas de nuignus, mais de 
l'allem. man, et ce n'est qne tard 
qu'on rapporta magne à magnos; 
Charlemagne^ dans la langue franqoe, 
Karolo-man, Kaismement H, 305» 
dont la diphthongue ai s'affaiblit 
aussi en ei, meismement I, 161. H, 
21, ce que j'ai omis de rappeler en 
disant qu'il ne fallait pas confondre 
ce maismement avec meiêmement 
de meisme, signifiant pareillement, 
également. Les Mor. s. J. font- 



MAG 



231 



MAI 



nissent la forme contracte màement 
n, 305. 

Magnifier I, 144. IGO, glorifier, ho- 
norer, exalter, loaer, vanter ; magni- 
ficare, 

Magre, maigre 1, 177. II, 243, maigre; 
macer; de là maigreflse, megrooe, 
maigreur; prov. , esp., port, ma- 
greza, ital. magrezza. 

Kaliaigner ▼. mahain. 

Mahain, méhain» melLaSng, imperfection, 
défaut corporel, blessure, tourment ; 
ital. mageigna; vb. malLaigner, me- 
haigner, mehaingner, blesser, mutiler, 
estropier, tourmenter, détruire, per- 
dre; ital. magagnare, prov. ma- 
ganhar. Muratori dér. magagna de 
manganum, mangonneau, ce qui 
est contre le sens, et l'opinion de 
DC, que notre mot est cmphinté 
à l'italien n'a aucune valeur Les 
autres étymologies indiquées par ce 
dernier s. v. mabanium sont aussi 
peu soutenablës. Il faut en outre 
remarquer dehaigner II , 386, mal- 
traiter, ravaler, qui, s'il est primi- 
tif, et non une création nouvelle 
faite sur mehaigner^ donnerait une 
tout autre direction à l'étymologie 
de mahain. Je ne saurais rien 
proposer. 

Mahonr v. magne. 

Mai, moi v. me. 

Mai, pétrin v. maie. 

Mai I, 48, mai ; de majus ; prov. mai, 
may, esp. mayo, itaL maggio. 

Maidnee v. mausion. 

Maie, mai, mait, met, pétrin; ital. 
madia; aujourd'hui daqs le Jura 
maid^ en Picardie maie, en Nor- 
mandie met, en Franche -Comté 
tneû; de magis, magidis, 

Maiear v. magne. 

Maignee v. manohr. 

Maigre v. magre. 

Maigretse v. magre. 

Mail, mail ; dim. maillet v. Roq. s. e. v. ; 



de maliens; mailler, frapper d'un 
maillet ou d'une massue, marteler, 
battre ; de maXleare ( part, seul 
connu) ; de là maille, massue, masse 
d'armes, signification qu'a aussi 
mail; maillais, action de frapper 
avec des maiU oa maille$, 

I. Maille, maille, tissu; de mac9^; 
de là mailler, maillitr, mailler, ou- 
vrer, garnir de mailles: comp. des- 
maiUer, deimailer, datmailliar, des- 
maeler, detmaelier, démailler, rompre 
les mailles. 

II. Maille, maaille, maille, sorte de 
petite monnaie qui valait la moitié 
d'un denier, et qui équivalait à 
l'obole; Imâ. maillia, contracté de 
medallia, DC. .s. v. Cfr. Roquef. 
s. v. maille. 

Maille, massue v. mail. 

Maillege v. malade. 

Mailleis v. mail. 

Mailler, marteler v. mail. 

Mailler, mailler V: maille I. 

MaiUet v. mail. 

Maillier v. maille I. 

I. Main, main; de manu$; prendre 
en main U, 193, prendre en main, 
se faire fort de qqch., se charger 
de qqch.; main à main, aussitôt, 
à l'instant; do là manier I, 93, 
manier , préparer , arranger ; ma- 
niable, exercé; — manier, manoier, 
ce qu'on porte à la main, ce qui 
se manie, habituel, habitué à, prompt; 
de maharius pour manuarius, et 
de ce même adject. latin le subst. 
manière, meniere II, 132. 204. 208, 
manière, façon, guise, coutume, 
sorte, espèce. 

IL Main II, 296, matin; prov. man, 
ital. mane ; de mathe ; de là demain, 
demein subst. et ^dv. II, 7. 296, 
demain; comp. lendemain, lende- 
main, pour le en demain^ aujour- 
d'hui l'article est redoublé ; — matin, 
matin; prov. mati, ital. mattino, 



MAI 232 MAI 

dér. de maliiltfiififi^ par ma/t» 1,403, Le kymri maini, maltitude, quan- 
toat aa matin ; de là matinée I, 300, tité, extensioD, ne laisse rien à dé- 
matinée; matineiy matixmes I, 281, sirer pour la forme, et l'on a des 
dimin. matinet, matinnet I, 401. II, exemples d'un snbst. employé ad- 
106, petit matin, point da jour, jectivement, p. ex. troppo, en ita- 
aorore. lien, de troppus. Comp. tamaîat 

Xainboniie v. mainbour. I, 179. 

Xainbornir v. mainbour. Kaint y. mener. 

Kainbonr, mainbonrg, mambourg, pro- Maintenance v. tenir, 

lecteur, administratenr, tuteur ; main- Maintenant II, 304, de maintenani^ 
bornir, mainbnmir, maînbonmir, pro- ioi maintenant II, 305. I, 338. 355. 
t^oi*» gouverner, administrer; d'où cTai dit et je maintiens que main- 
mainbornie, mainboumie, mainbumié, tenant était une composition à part 
protection, garde, tutelle; Imâ. de in manu tenens, et non pas le 
mnndiburdus , munburdus , etc. , de participe présent de maintenir, dont 
Vnh&Lmuntboro, anglo-saxon mitiicf- Pidée ne concorde pas avec celle de 
&ora^ allmod. (vieilli) mont&ar, tutor, Padverbe; itai. immantinenta. 

patronns ; selon M. Grimm de munt, Maintenement v. tenir, 

main, et beran^ porter. Cfr. ahal. Maintenir v. tenir. 

f}ti(fif,mtin(/<i, palma, cubitus; anglo- Maior, maiour v. magne, 

saxon mund, mun, manus, palma, Maire, navre v: marer. 

etc., et Dief. G. W. II, 87. 766, Maire,maire8,plusgr^nd, chef v. magne. 

No. 64. Main est une interpréta- Mairien v. matière, 

tion romane de tnunt. Maia, mea adv. II, 303; ne mais — 

Mainbonrg v. mainbour. que II, 303; n'en poor mais II, 

Mainbonmie v. mainbour, 304; mais^ mets, mes, mex conj. 

Mainbonmir v. mainbour. II, 384; mats que II, 384. 

Mainbnrnie v. mainbour. Maisgnee v. manoir. 

Mainbnmir v. mainbour. Maiflhui II, 297. 

Maândre v. manoir. Maiaiele v. maissele. 

Maine, mainne v. magne. Maismement v. magne et II, 305. 

Maingier v. mangier. Maimee v. manoir. 

Mains v. menre. Maisnie, maisniee v. manoir. 

Mainsneit v. naistre. Maisoan, maisonan v. an et II, 275. 

Maint 1, 178. J'ai admis avec M. Diez Maison, maisonete v. manoir, 

et la plupart des étymoiogistes la Maissaige v. manoir, 

dérivation du goth. manags; mais Maissele, massele, maisiele I, 227. 315. 
la forme ne se prête pas , il fau- R. d. I. V. 98 , joue , mâchoire ; de 
drait avoir un neutre ahal. managat. maxilla^ 

L*ahal. a le substantif managotif Maïsteit v. majesteit. 

ment^olt^ multitude, qu'on pourrait Maïstre II, 269 qui, par suite du fré- 
rappeler ici , cependant ces mots quent emploi, devint de bonne heure 
auraient difficilement produit la maistre, d'où les orthographes maïstre, 
forme maint , et je crois devoir mestre, maître, savant, expert dans 
adopter l'opinion de M. Diefenbacb, un art, docteur, chef, seigneur, titre 
G. W. II, 34. 5, qui recherche l'ori- attaché à certaines dignités, à cer- 
gine de maint dans le celtique. tains emplois; du latin magister. 



MAI 



233 



MAL 



Kaistreou maistrene signifiait aussi Kal» man, maie adj., empl. sabst. II, 



388, mal, méchant, pernicieux, mau- 
vais, malin ; malus ; advr mal I, 122, 
mai; maie; mal soii de Veure I, 
394; malement I, 74. 251. 263. II, 
74, mal, malicieusement, à mauvais 
dessein, méchamment; de là mante 
II, 237. 378, méchanceté; — mal, 
mau I, 227. II, 60. 72. 360, mal, 
douleur^ souffrance; malum. 
ladies; habileté, artifice ; arrogance, Halade, ma l a id e , malade, infirme; 



gouvernante, nourrice, femme âgée 
chargée de la surveillance des jeunes 
filles ; V. P. d, B. v. 334., R. 1. d. V. 
p. 21. Maistre s'employait comme 
adjectif au sens de principal, pre- 
mier, grand, supérieur, suprême. 
De là maistrie, meistrie, mestrie, maî- 
trise, supràa||ie, doctrine, science; 
Tart de g^^B^^ plaies, les ma- 



rjMÉie 
Abnete, 



hauteur, fierté; maîitriement, tutelle, 
autorité d'un maître; maîstrise, 
meitrise, arrogance, hauteur, supé- 
riorité qu'on a ou qu'on s'arroge; 
art, industrie; maistriiié, expert, 
habile; vb. maistrer (magistrare), 
maistrier, maistroiery maistreier, 
meetroier, mestreier, mastrier I, 241. 
II, 354, dominer, gouverner, con- 
duire, maîtriser, travailler en maî- 
tre, exceller; être maître de qqn. 
— Notre nom de* vent, mistral, 



maladie, malaidie, maladie, infirmité ; 
de maie aptus; en prov. malaptia, 
malautia Rayn. (L. R. II, 107) ; dans 
la passion de J.-C, sobre malabdes 
(str. 116), avec adoncissement des 
deux consonnes, dont une seule 
nous est restée. De là malad«r, 
maladier, être malade; comp. aaup 
ladir, devenir malade, souffrir; en- 
maladir II, 270, devenir malade, 
rendre malade; malage R. d. 1. Y. 
p. 166, maiUege, mauvaise santé, 
langueur, souffrance, maladie. 



est aussi un dérivé de cette ra- 
cine. Rabelais (IV, 18) écrit encore Kalader v. malade. 
maistral^ en italien maestrale, prov. Kaladie, maladier v. malade. 



maestre. 
Kaistre, maistreier v. maïstre. 
Kaistrer v^ maïstre. 
Maistrie, maistriement v. maïstre. 
Maistrier v. maïstre. 
Maistriae v. maïstre. 
Maistrisié v. maïstre. 
Maistreier v. maïstre. 
Maisun v. manoir. 
Malt V. maie. 
Maitie v. meie. 
Maître v. mètre. 



Malage v. malade. 

Malaide, malaidie v. malade. 

MaiJaisse, malaisse v. aise. 

Malartoa, malartons v. art. 

Malaur v.- aur. 

Malatirons, malaurousement v. aûr. 

Malbaillir v. bail. 

Maldire v. dire. 

Maie fém. de mal. 

Maie A. et A. 2655, malle, caisse; 
ital., esp., prov., port, ma/a; gallois 
mâla, bag, purse; ahal. malaha, 
malha; cfr. Dief. G. W.I, 271, §. 



Migeste V. mi^esteit. 

JiaieêUit, majeetet, majeete, contracté MalediceEce v. dire. 

maïsteit, s. s. et p. r. majeiteii, Maleir v. dire. 

majestés I, 68. 83. 394, majesté, Malement v. mal. 

puissance, autorité; majestas. Cfr. Maletolte v. tollir. 

maïstre, magne. Maleiir v. aûr. 

Majestés, migesteis v. majesteit. MaleiiroB, maleârous I, 381 v. aûr. 

Mineur v. magne. Maleiirosement v. aûr. 

Mi^or, miû<>i^ ^* magne. • Maleyoillance v. voloir. 



MAL 



234 



MAN 



Hàlthire v. faire. 

HaUftit V. faire. 

iralfet y. faire. 

Xalgn V. gre et II, 357 

HaliM, maliBce m. et f. I, 86. 220. 
227. II, 51. 157, méchanceté, ma- 
fignité, tromperie, fraude; de ma- 
litia; malioios, méchant^ malin, 
trompeur; malUiosus; adv. malido- 
semexit II, 224, méchamment, ma- 
lignement, frauduleusement. Cfr.mal. 

Kaliey» v. malice. 

Iffalieiofement v. malice. 

Halidoitteme&t v. malice. 

Xalîgne m. et î. I, 47. 228, malicieux, 
pervers, perfide, malfaisant; ma- 
Ugnus, Cfr. mal. 

HàUr Y, dire. 

KalifGe v. malice. 

Halle V. mascle. 

Xabstner y. mener. 

Kabnetre v. mètre. 

Kaloftra y. astre. 

Kaltalent, maltalenti v. talent. 

Xàltoln y. toldre. 

Xàltraire y. traire. 

Maltraiter y. traiter. 

Kalvais, manyais, malveis, manyes II, 
296. 388, mauvais, méchant, dan- 
gereux, enclin à faire le mal; au 
figuré, le diable ; malyaiseteit I, 373, 
malvaistiet, malyaistie I, 144. 207. 
368, malyestiet I, 358, malice, mé- 
chanceté. MM. Grimm et Diez font 
de malvais un mot hybride, en le 
rapportant à un adjectif gothique 
baivavesis^ supposé diaprés le sub- 
stantif fra/i7€ive5et,méchanceté,xax/'rr, 
d*oci balvais, qui aurait été inter- 
prété en mai[(= maie) vais, ou simple- 
ment traduit. Cfr. Dief. G. W. 1,272. 

Halyaiseteit v. m al vais. 

Kalvaistie, malyaisetiet v. mal vais. 

KalyeiB v. malvais. 

Kalvastiet v. malvais. 

Malyoillant v. voloir. 

Malyoisdie v. vice. 




Malvoiiiii v. voisin. 

Kambonxg v. mainbour. 

Mamele, mamiele II, 371, mamelle; 
mamiUa; prov. mamilla, mamella, 
esp. mamila, ital. mammilla» mam- 
mella, port, mama, mamma. 

Xamiele v. mamele. 

Kaaaoer y. menace. 

Kanaoher v. menacf 

Kanage v. manoir. I 

Manaide v. manaiderT 

Manaider, manaier, manoier, manier, 
protéger, ménager, épargner; avoir 
en son pouvoir ; subst. manaide, 
menaide, manaie II, I7ô, menaie, 
maaoie , protection , ménagement, 
merci, miséricorde, grâce, pouvoir, 
discrétion ;^ de manu adjtUare, 

Hanaie v. manaider. 

Manaier v. manaider. 

Manaige v. manoir. 

Manais v. mânes et II, 304. 

Manandie v. manoir. 

Manant y. manoir. 

Manantie v. manoir. 

Manbré, manbrer v. membrer. 

Mance, mancele v. manche. 

Mancdon v. manche. 

Manche, mance f. II, 135, manche (f.) ; 
de ffiamcct; de là maneele, man- 
chele, manchon; mancelon, numdie- 
lon, manchette. Le mot m an ri h e m. 
II, 371 est de la même racine. 

Manchele v- manche. 

Manchelon v. manche. 

Mandement v. mander. 

Mander I, 65. II, 54, mander,. <;om- 
mander, recommander, faire savoir, 
instruire par message; mamdare; 
subst. mant, ordre, message, com- 
mandement; de là mandemmit, 
mandement, ordre, commandement ; 
district, ressort, territoire, domaine ; 
appartement principal du château; 
R. d. 1. V. p. 151 et DC. manda- 
mentum; comp. remander II, 164, 
remauder , mander à son tour; 



MAN 



235 



MAN 



commander I, 162, commander, 
ordonner; confier, recommander, 
mettre sous la garde et protection 
d^an autre; commendare; part. prés, 
empl. sabst. comanâant I, 122, com- 
manditaire; d'où oommandeires, eo- 
manderes, commandeor I, 49. 77, 
commandant, qui commande, com- 
mandeur; ocmmandement, enmaade- 
ment, eomandement I, ô9. II, 82. 137, 
commandement, ordre, recomman- 
dation; -— commant I, 69, com- 
mandement, ordre; — demander, 
demander, réclamer, blâmer, ac- 
cuser, reprocher; d'où demandement, 
demande, réclamation; redemander 
II, 106, redemander. 

Maneir, maner v. manoir. 

tfaneis v. mânes et II, 304. 

Mânes, mançis, maneis, manais, me- 
nois, demanois, demaneis II, 304; 
conj. mânes que II, 384. Cfr. main II. 

Kanger, maingier, mangier, mengier, 
meigier, meingier I, 187. II, 236, 
manger, dévprer; de mandvcare, 
qui s'employa de bonne heure dans 
le sens roman; et, avec rejet du c, 
manner, répondant à i'ital. mano- 
care, manicare; puis avec renverse- 
ment de manducare -en mandcuare, 
mangner, prov. manjuiar. Inf. em- 
ployé subst I, 96, etc. Démanger 
est an composé de manger. 

Kangon, mangon II, 9. 144. Sorte 
de monnaie; il faillait deiix be- 
sants pour faire un mangon. Yoy. 
DC. mancusa. 

Mangoneal v. mangonne. 

KangoneauB v. mangonne. 

tfangonians v. mangonne. 

Mangonne II, 107, sans doute pour 
mangonnel, comme le demande la 
rime, et c'est aussi la forme ordi- 
naire , mangoneal, mangoneans, man- 
gonians, machine à lancer des pierres ; 
dér. de fjttyyayut*, ib. ; ital. man- 
gano, fronde, d'où mangauello, 



arbalète; prov. manganel. Cfr. DC. 
manganum. L'allemand a aussi 
adopté ce mot: mange, mangel, 
calandre ; abal. mango, allmâ. mang, 
machine. 

Mangonne] y. mangonne. 

Manie v. manoir. 

Manier, protéger v. manaider. 

Manier, manier v. main I. 

Manière v. main I. « 

Manifeste, manifeste, évident; mani^ 
festus; manifester, découvrir, mon- 
trer, publier; manifestare. 

Manifeeter v. manifeste. 

Manir v. manoir. 

Maïq'ner v. manger. 

Manne I, 156, manne; manna. 

Mannier v. molin. 

Manoie v. manaider. 

Manoier, protéger v. manaider. 

Manoier, ce qui se manie, v. main I. 

Manoir, maner, maneir, mennoir, manir, 
maindre, moindre II, 34 et sniv., 
demeurer, rester; comp. remanoir 
II, 34, demeurer, rester, cesser, 
laisser, en rester là, n'en pouvoir 
plus; remanere; — permanoir, par- 
maindre II, 40 ; peitnanerc ; en per^ 
manant I, 234, sans discontinuité, 
à jamais, éternellement, sans varia- 
tion ; permanable , parmanable II, 
243, étemel, durable, permanent; 
adv. permanablement, permananlement 
I, 95. 256, à perpétuité ,' à jamais, 
éternellement, sans variation; per- 
manaUeteit, pennananleteit II, 284, 
éternité, demeure continuelle. — 
Egalement de manere, dérivent ma- 
noir, maneir, maner II, 339, maison, 
habitation, village, hameau; manage, 
manaige, maison, habitation, de- 
meure; manant (habitant, vilain), 
adj., riche, qui est à son aise, puis- 
sant, et pris subst., propr. part. prés. 
Imâ. manens, colonus, prov. manent, 
manen ; et d'ici manantie, menantie 
manandie, menandie, richesse, bien 



MAN 



236 



MAR 



revenu, meubles précieux ; cfr. DC. 
managium; d'où enmanantir I, 268, 
enrichir; — de même propr. part, 
prés, du comp. remanoir, remaaant, 
remainant I, 343, restant, reste, sur- 
plus; à remanant, de remanani, 
de remennani I, 309, de reste, dont 
il reste quelque chose, qui dure; 
et d'ici remanance, remanence, de- 
meure, «ésidence. — De mansio, 
dér. maïudoii, maudim, maation I, 
218. II, 351. 363, demeure, habi- 
tation, séjour; maison, maison, mai- 
son II, 232. 395, maison, habita- 
tion; maison Dieu, hôpital; dimin. 
maisonete, mesonete, maisonnette; 
dér. maisnee, maisnie, meisnie, meisnee, 
maisniee, maisgnee, mesgnee, maignee, 
meignee, mesne, dans les Q. L. d. R. 
avec d normand pour s, maidnee, 
dans G. d. Y. manie I, 196. 214. 
299. 372. II, 21, etc., famille, mai- 
son, tous ceux qui la composent, 
suite, troupe; propr. mansionata, 
d*où Ton dériva à son tour mastin 
I, 348, dogue, gros et grand chien, 
dans le principe, membre de la 
maison ou domestique, cfr. 6. 1. L. 

I, 154, mastin de la cuisine, — 
De mansus ou mansum, formes 
subst. du Imâ. dérivées de manere, 
on forma mas, mes, mes, mes, meiz, 
pièce de terre, métairie, héritage 
des personnes de basse condition, 
des paysans, hutte, habitation ; cfr. 
manoir part. pas. II, 40, Roq. s. v. 
mas, et le latin de la Loi salique 
in cujus pago manet (parce que les 
colons habitaient la propriété); mase, 
métairie; Imâ. mansa; dér. mais- 
saige, masage, massaige, hameau. 

Kanois v. mânes et II, 304. 
Kanre v. menre 
Xansion, mansion v. manoir. 
Xansoetadine II, 240, douceur, mansué- 
tude; mansueludo, inis; mansnetimie 

II, 241, ib. Cfr. ume, terminaison. 



Xansnetome v. mansuetudine. 

Kant V. mander. 

Kantel II, 299. 360, manteau; de 
manteilum. Mante est une apocope 
du même mot. 

Kantien v. manoir. 

Xanuer v. manger. 

Kaonr v. magne. 

ICaquerian, maquereau, homme qui 
fait le métier de débaucher les fiUes ; 
du bas -saxon maker^ négociateur, 
de mahen, négocier, allmod. màkein ; 
cfr. ahal. mahhari de mahhàn, ma- 
chinari, huor-mahhari^ huormackari^ 
maquereau; suéd. moka, concerter 
une chose. Selon R. Estienne, le 
mot maquereau dérive du latin 
macula, tache, parce que les ma- 
quereaux des comédies romaines 
avaient un manteau tacheté, ba- 
'riolé. Pour soutenir cette étjmo- 
logie, il faudrait avant tout prouver 
que les peuples de la Gaule avaient 
conservé le souvenir de ces maque- 
reaux romains, ce^ qui n'est pas 
trop probable. L'opinion de R. 
Estienne ramènerait à la même 
source le maquereau dont il vient 
d'être question, et son homonyme 
désignant ua poisson, car on dérive 
ce dernier de macula, d'où macle^ 
reau, puis maquereau, à cause des 
taches qu'il a sur le dos. Les 
Allemands ont fait de maquereau, 
Imâ. maquerellus, leur makrele, nor- 
végien, hollandais makreel, anglais 
mackerel, dan. makrel, M. Che- 
valet se trompe en prétendant le 
contraire. 

tfar, mare II, 276 et Gloss. ore II. 

Karastre v. mère- 
Marbre I, 313. II, 288, marbre; mar^ 
mor; prov. marme, ital. marmo, 
esp. marmol, port, marmore; mar- 
brin, marbrine 1, 69. 177, de marbre; 
propr. marmorinus. 

Karbrin 1^ marbrine v. marbre. 



MAR 



237 



MAR 



Kare, nuuroe y. marche. 

Marce v. marche. 

Harceant v. marchet. 

Mareh v. mars. 

Harehaandie v. marchet. 

ICarchander v. marchet. 

Harohandise v. marchet. 

Ifarohant v. marchet. 

Karohe, maroe I, 369, limite, fron- 
tière, confins; province frontière; 
pays, contrée entre deux états on 
deux provinces; lisière d*nn bois; 
Imâ. marca, marcha, marchia; mare, 
merc, mereh (mers) m., signe, trace ; 
maro (man) II, 353, marc, poids; 
Imâ. marca , marcas ; marchir, mar- 
dr, confiner, être sur les frontières 
d*un pays, limitrophe; marchi», marois, 
markis I, 232. II, 242, marquis, 
primitivement gouvernear d'un pays 
frontière ; voisin ; proche ; Imâ. mar- 
cbio, marcheus, etc.; fém. marehiw 
II, 202; marcher (DC), marker, 
merker, merchier, merquier, mar- 
quer, désigner. Tous ces mots dé- 
rivent du goih. marha, ahal. marcha^ 
anglo-saxon mearc, marc, frontière, 
allmâ. mark (neutre), signe, ahal. 
tnarchon, tnarhon, limiter, désigner, 
etc. Cfr. Dief. G. W. II, 52 et suiv. 
A la même famille appartient notre 
verbe marcher, d'où Ton fit plus 
tard le subst. marche. On a cherché 
à dériver marcher de Tallem. ma- 
rah, cheval, ou du celtique march, 
ib.; mais marcher n'est pas un de 
nos plus vieux mots, et il ne peut 
par conséquent être rapporté ni à 
l'allemand ni au celtique. H y a 
deux manières de s'expliquer mar- 
cher: 1) il a signifié, dans le prin- 
cipe, aller de marche en marche 
(Ruteb. I, 433), c.-à-d. voyager d'un 
pays à l'autre, on aller dans la 
marche (v. plus haut marche), on 
quelque chose de semblable; 2) il 
peut se rapporter à marc, signe. 



trace, d'où l'on aurait la significa- 
tion faire des pas. Cette supposi- 
tion est soutenue par l'imp. marcait 
(P. d. B. V. 10833), qui suppose un 
verbe marcer, si, comme il le pa- 
rait, marcoit signifie fouler. Marcer 
est une forme de Tlle - de - France 
pour marcher. M. Chevalet dérive 
marcher de l'ancien allemand mar- 
chieren. Les savants philologues 
de l'Allemagne lui seront sans doute 
très-reconnaissants de la découverte 
de ce primitif allemand, car il avait 
jusqu'ici échappé à toutes leurs 
recherches. 

Karcheander v. marchet. 

Ifareheant v. marchet. 

Karoher v. marche. 

tfarehet, markiet, marchie, marde I, 
124. 235. 294. II, 57, marché, con- 
vention de prix d'une chose, com- 
mence, marchandises, vivres; faire 
grant marche de qqc, la donner 
en abondance; de mercaius; mar- 
cheant, marceant I, 84 et contracté 
marchant, markant, marchand ; part, 
prés, de mercatare; marcheandiie, 
•marchaandie , marchandise I, 148. 
II, 88, marchandise; marcheander, 
marchander II, 299, commercer, 
faire marché, conclure un marché. 

Karchie v. marchet. 

Karohir v. marche. 

Karohis, marohise v. marche. 

Marde v. marchet. 

Mardr v. marche. 

Mards v. marche. 

Kardi v. mars. 

Ifare, amas d'eau, étang; en concor- 
dance avec le néerlandais maar, 
dont la signification est la même. 
Dér. de maar, marasch, maersche, 
mersche, anglo-saxon mersc, danois 
marsh, d'où notre ancien français 
maresqs, marais, dimin. maresqnély 
petit marais. Quant à marols I, 
290, mareis II, 127, marais, il peut 



MAR 238 MAR 

également être formé de marasch, mais n'ayant qu'une seule signifi- 
quoique la dérivation du latin mare, cation étymologique , celle de ser- 
dans sa signification du moyen-âge viteur des chevaux. En effet, le 
(v. DC. s. v.), soit aussi possible. mareschal ne fut d'abord qa*an 
Cfir. Dief. G. W. II, 44. 45. Mares- simple domestique de la maison de 
cage» marécage ; marescliat, marescat nos premiers rois, auquel était confié 
marais, lieu marécageux, appar- le soin d'un certain nombre de che- 
tiennent à la même racine. vaux; plus tard il fut chargé de 

ICariis v. mare. ranger la cavalerie en bataillé sons 

Xarelle v. matras. les ordres du conesêable. Depuis, 

Xarement v. marrir. l'office de maréchal a toujours été 

Ifarenne v. mer II. en augmentant d'importance (v. DC. 

Xarer. Je statue cet infinitif sur les Marescalcus). Mareschal dérive de 
3. pers. s. prés. ind. maire (avec l'abal marah, clieval, $calc (goth. 
diphthongaison), merre R. d. C. d. C. skalks), serviteur. De là mares- 
2544. Ben. v. 30186 , les seules à chaaohie, maretcanchie, écurie, forge 
ma connaissance. La racine de ce à ferrer les chevaux, 
verbe se trouve dans le latin mas, Karescliaiichie v. mareschal. 
mâle. Selon Isidore (12, 1, 11), Karesqs v. mare. 
mas se disait , en Espagne , du bé- Karesqnel v. mare, 
lier ou du bouc; de là les mots, ICari, marid v. marit. 
esp. marron, cblï, marra, occitanien Hariage, mariaige v. marit. 
marra ou marmouton, bélier; d'où Xarien v. matière. 
port.marrar,frapper avec les cornes Karier v. marit. 
(en parlant des boucs). Marra, en tfariment v. marrir. 
esp. et en port, signifie également Marin, marine v. mer II. 
marteau, et, dans ce sens, il a la Marineana v. mer II. 
même origine. Cfr. esp. macho, Marinai v. mer II. 
homme et marteau. En partant de Marir v. marrir. 
ces points de vue, on s'expliquera Marit, marid, mari I, 46. II, 198. 319, 
facilement les significations qu'a dé- mari, homme marié; mariius; ma- 
veloppées notre marer: navrer, at- rier I, 107, marier; maritare; de 
trister, égarer, troubler, tourmenter là mariage, mariaige I, 152. 153, 
— maîtriser, dominer, réprimer. mariage ; rompre mariof^e, manqaer 
Ainsi dans l'exemple: Qant plus à la foi conjugale, 
me maire s'amours et point (Romv. Markant v. marchet. 
299), on voit deux manières dont Marker v. marche, 
l'amour fait sentir sa peine : il Markiet v. marchet. 
maire, c.-à-d. frappe comme avec Markis v. marche, 
un marteau, fait une large et forte Marois v. mare, 
(mâle) blessure, et il point, c-à-d. Maronier, maronnier v. mer II. 
il pique, il enfonce profondément Marrement v. marrir. 
son aiguillon. Marriment v. marrir. 

Mareical v. mareschal. Marrir, marir II, 347, s'égarer, 8*abn- 

Marescanchie v. mareschal. ser, se méprendre; attrister, faire 

Mareschal, marescal, maréchal, mot de la peine, maltraiter, se chagriner, 
avec deux significations usuelles, s'affliger, se fâcher, se brouiller, 



MAR 



239 



MAS 



être abattQ ; du goth. martjan, 
fâcher, se tromper, tromper; ahal. 
marrjan , impedire , scandalizare, 
irritam facere. Dér. marimeiit 1, 381, 
marriment, marement II, 209. 343, 
tristesse, affliction, douleur, chagrin. 
Quoique le passage de Vi à l'e n^ait 
rien que de fort naturel, je deman- 
derai 8*il ne serait pas plus con- 
venable de rapporter marement à 
marer. Comp. emiaxnt, eonaiir, 
affliger, attrister, troubler, gémir; 
pronom, s* étonner, être surpris, 
appréhender, s'égarer. 

Man s. 8. et p. r. de marc, poids, 
▼. marche. 

Van, mareh I, 111, mars (mois); 
Mars^ Us; mardi I, 119, mardi; 
Martis dies. Cfr. dis. 

Martel II, 385, marteau; de maritdus, 

tfartir, martire v. martyr. 

Ifortirie, martixier y. martyr. 

Martre I, 83, marte, martre ; de martes 
Martial 10, 37, 18; esp., port, marta, 
prov. mart, ital.» se réunissant 'à la 
forme française avec r, martora, 
allemand marder. 

Martre, martyr v. martyr. 

Maîtresse v. martyr. 

Martre, martir, martre I, 190. 212. 
265, martyr; martyr (fÀtt{)iv(j); fém. 
martreiBe Enf. Haymon 808; mar- 
tyre, martire, martixie I, 169. 216. 
409, martyre, tourment, supplice, 
carnage; martyrium {uttQJvoiov); 
de là martyrer, martixier, faire 
mourir, - condamner au supplice, 
martyriser. 

Martyre v. martyr. 

Mas V. manoir. 

Masage v. manoir. 

Mascher, masquer II, 123, mâcher; 
de masticare, La forme masquer 
rappelle celle de notre substantif 
masque, Imâ. masca, sorcière et 
masque; que M. J. Grimm, Mytho- 
logie p. 1036, rapporte également 



à masticare, parce que les sorcières 
mangent les enfants. Cfr. manducus, 
grand mangeur, dans Plaute, masque 
hideux. On a dérivé aussi masque 
de Tahal. mascâ, réseau, allmod. 
masche, maille, et ce masca vient, 
dit -on, de mâsa, tache, marque. 
Quoiqu'on ait pour soutenir cette 
dérivation le passage de Pline XII, 
24 : persona adjicitur capiti desusve 
reticulus; elle me paraît bien moins 
significative que la première. Un 
composé de masca, est talamasea: 
delusio imaginaria talemasca Vêtus 
Gloss, MS. ; nec larvas daemonum, 
quas vulgo talamascas dicunt ; tala- 
mascae litterae, pro occultis ; v. DC. 
s. V. On regarde ce composé comme 
étant d'origine allemande; alors le 
premier membre de la composition 
doit' être daly tal, enfoncement, 
creux; mais le celtique a aussi un 
tal, qui signifie front, et je ne sais 
si Ton ne doit pas donner la pré- 
férence à ce dernier. La preuve 
qu^on fournit de Porigine allemande 
de talamasea, c.-à-d. qu'il se montre 
d'abord eu Allemagne, n'est pas 
une raison péremptoire, puisque, 
même dans les mots allemands, tal 
n'est, pas toujours allemand. Cfr. 
Mone, gallische Sprache p. 104, s. v. 
N'importe, de talamasea dér. l'an- 
cien français talemasehe, talmasoha, 
masque, déguisement; vb. entais 
maschier, entalmaacher , défigurer, 
altérer. — A considérer les formes 
ital. maschera, esp., port, mascara, 
piemontais mascra, masque (de 
masca ^ avec r intercalaire pour 
renforcer la forme, mascra, puis, 
par extension, intercalation de a 
ou e; cfr. ital. tartaruga de tar- 
tuga) , et port, mascara, tache noire, 
vb. mascarar, noircir, tacher, souiller, 
prov. mascarar; on devra, avec 
Raynouard, rapporter à la même 



MAS 



240 



MAT 



racine ces dernières formes et notre 
mâehurer, autrefois maiohnrer, ma»- 
ewrer, tacher, souiller: Car il estoit 
(l'nne herbe noircis et mascures 
(Ch. d'Antiochel, 42, v. 570). — 
Taiam€uca a donné lieu à M. Sachs 
(Beitrâge znr Sprach- und Alter- 
thumsforschung I, 64) de dériver, 
en rejetant le radical, masca de 
telesma, par rintermédiaire d'une 
nouvelle formation talasmica ou 
itléOfjitxd; puis pour les formes 
ital. f esp. , port. , piem. , il admet 
une extension des masca, fjiaaxn- 
{iiftttiK, Quel que soit mon respect 
pour les profondes recherches de 
ce savant, je ne saurais admettre 
deux procédés si différents, je dirai 
même si violents, que ceux indi- 
qués , pour la formation d'un seul 
et même mot. Mais M. Sâchs a 
raison de rejeter Torigine que donne 
Sanmaise à masca, c.-à-d. ^daxa, 

Xaiohnrer v. mascher. 

Miatdej masle, et, par assimilation, 
malle I, 354, mâle ; masculin ; mas- 
culus; meslin II, 27, mâle, viril, 
courageux, brave, vaillant, intré- 
pide; masculinus. Pour la forme 
cfr. mesler. De mâle, dér. malart, 
mâle des canes sauvages. . 

Xàienrer v. mascher. 

Xaae v. manoir. 

Halle V. mascle. 

Xaïqne v. mascher. 

Kaaqiier v. mascher. 

KaiMige v. manoir. 

XtMte I, 290. II, 228, masse, quan- 
tité; de massa; de là amasier I, 
327, amasser, ramasser, rassembler, 
réunir; amassée I, 240, rassemble- 
ment; amasseiz, amas; amasseras, 
amaaseor, celui qui amasse des ri- 
chesses, avare; comp. ramasser. 

XàMéle V maissele. 

Hast, mai, mât; de Pahal. mast, an- 
cien norois mastr , anglo - saxon 



mâsi^ anglais, snédois, danois, 
mast. 

Mastin v. manoir. 

Kastrier v. maïstre. 

Hat, triste, abattu, faible ; abréviation 
de la formule du jeu des échecs: 
échec et-mat^ du persBn schack mai, 
le roi est mort. De là mater, matir, 
affaiblir, fatiguer, abattre, vaincre, 
dompter, réduire à Textrémité, taer, 
humilier, causer du chagrin; être 
mat, aux échecs; prov., port., esp. 
matar, ital. mattare; amatir, mêmes 
significations que mater; mais je ne 
connais pas d*exemples où amatir se 
rapporte à la première conjugaison. 

Kater v. mat. 

Materas v. matras. 

Hatere v. matière. 

Katiere, matere; matire I, 250. II, 173. 
390, matière, sujet; matériaux pour 
bâtir; maleria; mairien, marien Q. 
L. d. R. IV, 36iS, merrain, bois de 
charpente ; materiameH, lat. materia, 
V. DC. s. V., prov. mairam. 

Katin, matinée v. main II. 

Katines, matinnes v. main II. 

Hatinet, matinnet v. main II. 

Matir v. mat. 

Matire v. matière. 

Matras, materas, trait, javelot; ma- 
trasser, écraser, meurtrir, assommer ; 
du latin des Gaules matara, ma- 
taris ou materis, qui, diaprés tons 
les Rapports, sont d'origine celtique, 
mais dont on n'a pu jusqa*ici re- 
trouver la racine. Cette racine ex- 
primait l'idée de lancer (cfr. l'an- 
cien gallois methred, jaculator), et 
c'est avec raison qu'oft lui rapporte 
le jeu de marelle, merelle Ch. d. S. 
II, 141, dans la basse latinité ma» 
drellum, madrelia, pour materulum, 

. materula, materella; quoique Ton 
n'ait pas appuyé cette liaison sur 
ridée de lancer, mais sur des hypo- 
thèses sans fond. Y. Ménage s. v. 



MAT 



241 



MEI 



merelle. Une noavelle preuve de 
la justesse de cette dérivation, c*est 
que merelle, aussi meresle, signifiait 
en même temps coup de poing. Le 
merely d'où merians, mereans II, 230, 
est l'espèce de pion ou jeton dont 
on se sert au. jeu de la marelle. 
La marelle des enfants , où ils 
marchent à cloche-pied, et poussent, 
lancent une espèce de palet avec 
le pied, donne encore de la con- 
sistance à ce que je viens de dire 
et prouve l'ancienneté de la ma- 
relle ; car Torigine de presque tons 
les jeux de Tenfance se perd dans 
la nuit des temps. M. Dief. Celt. 
I, 76 admet Tidée primitive de 
tranchant, blessure. 

Matràsser v. matras. 

Mattre v. mètre. 

Hau V. mal. 

Manbaillir v. bail. 

Manbien v. bien. 

Handire v. dire. 

Maudre v. moldre. 

Kaufaire v. faire. 

Maufe, manfet v. faire. 

Maug^ V. gre et II, 357. 

Maumener v. mener. 

Maumetre v. mètre. 

Maôr, plus grand y. magne. 

Kaiir, metir, mûr; sage, prudent, con- 
sommé ; maturus ; maiirteit, maiîrted, 
meSrtet I, 392, maturité; réflexion, 
sagesse ; matur%la$, 

Maure, manrre v. moldre. 

tfaurted, maiirteit v. maiir. 

Hantaient, xnautalenti v. talent. 

Kanté v. mal. 

Mantelant v. talent. 

Hantoln v. toldre. 

Hantraiter v. traiter. 

Manyais, manyes y. mal vais. 

tfaayeinn y. voisin. 

Kanyoillant y. voloir. 

Vaz v. mast. 

Mazelin v. madré. 
Burguy, langue d'oïl, Glossaire. 



Mazre y. madré. 

Ke pron. poss. fém. picard pour ma, 
v. mes III. 

Me pron. pers. rég. I, 121. 123, me, 
moi; de me; d'où encore, avec 
diphthongaison, moi, mei, mai I, 
121. 123-5, moi. 

Méandres v. mialdres. 

MeanB v. mialdres. 

Meaz v. mialdres. 

Mec 1. p. s. prés. ind. de mètre I, 216. 

Mechind v. meie II. 

Medeciner v. meie IL 

Medicine, mediciner v. meie II. 

Méditation I, 142, méditation; me- 
dxtatio, 

Medlee y. mesler. 

Medler v. mesler. 

Medniee v. manoir. 

Meesme v. meisme. 

Hegrece v. magre. 

Mehaigner y. mahain. 

Mehain, mehaing v. mahain. 

Mehaingner v. mahain. 

Mei, moi v. me. 

Mei pron. pos. pi. s. m., y. mes III. 

Meidi v. dis et cfr. meie I. 

Meidnee v. manoir. 

Meidre v. mialdres. 

I. Meie, mie, mi (v. I, 118. II, 3ô9 en 
composition avec par et en, où il 
faut lire F adjectif mei, mi, au lieu 
de : le substantif mei, mi), mi, demi, 
au milieu, mitoyen; de médius, 
Dér. moien, moyen, meien, moyen, 
mitoyen, médiateur, entremetteur; 
de medianus ; d'où moienneses, 
moienneor , moyennenr , médiateur ; 
moitiet, meited, moitié, maitie, moitié ; 
de medielas; vb. moitier, partager 
par" moitié; d*où moitoier, meiteier, 

. moitaier, notre métayer, c.-à-d. qui 
partage les fruits à moitié avec le 
possesseur; associé; de là notre 
métairie, Seloj^ M.^énin, mi „est 
par abréviation, ou, cVmme parlent 
les gens doctes , par apocope pour 

16 



MËI 



242 



MËI 



milieu^. Je puis donner à M. Génin 
la pleine certitude quMi se trompe ; 
les gens doctes disent: milieu est 
nn composé de mi = médius et de 
Heu = locus. 

II. Heie, mie I, 49. 269, médecin; 
de medicus, A côté de ces formes, 
on trouve mire 1, 345. II, 312 dans 
le même sens, d^oii le verbe mirer, 
traiter, donner des remèdes, guérir. 
Mire dérive de medicariuM, exten- 
sion de medicus : meire, puis mire, 
comme le prouve la forme suivante : 
Mais neis en la grant enfermeted 
ne volt nostre Seignur reqaerre, 
mais as miries se tint e en els out 
fiance (Q. L. d. R. III, 304). tfedi- 
dne, même, mechine, mieeine I, 
163. 167. 378. II, 383, médecine, 
remède ; art de la médecine ; mecft- 
cina; d'où mediciner, medeeiner I, 
234. II, 378, médeciner, médica- 
menter, panser, traiter, guérir. 

III. tfeie, mole, moe, mieue, mine I, 
139. 140, mienne. La forme mieue 
s'explique très - facilement comme 
formée du masc. latin meus, avec 
diphthongaison régulière de Ve [prov . 
mieus (mO, mieua (f.)], et miue 
n'en est qu'une variante. La diffé- 
rence qu'il y a entre (mieus) mieue 
et mes, ma (prov. mieus, mia, et 
mos, ma), repose sur la place de 
l'accent: dans le premier cas meus, 
méa; dans le second meus, med. 
Mais il n'est pas aussi aisé de se 
•rendre compte de meie, moie. En 

admettant moie=mia-=méa^ il s'ex- 
pliquerait. Cependant meie, qu'on 
ne peut séparer de moie, ne sau- 
rait avoir la même origine, à moins 
d'admettre une incorrection. Il y 
a une dérivation pins sûre de meie, 
moie, c'est de les rapporter aux 
masc. mei, mi plur. suj. Dans les 
snbst. et les adj., le sujet plur. re- 
présente toujours le radical pur; 



le s de mes, mis faisant obstacle 
pour former nn fém., on regarda 
en ce cas le plur. sujet comme re- 
présentant aussi le radical. Meie 
bourguignon est exactement le fém. 
de mei; quant au picard moie, Vi 
picard passant facilement à Vai, et 
l'analogie de mi, moi pron. pers. 
aidant, on forma le fém. moie d'an 
masc. hypothétique moi, 

Meie, meule v. moie. 

Ifeien v. meie I. 

Keiennit v. nuit et cfr. meie I. 

Keignee v. manoir. 

HeiUior v. mialdres. 

Veillée v. mesler. 

Veiller v. mesler. 

Ifeillear v. mialdres. 

Veiller, meiUnr v. mialdres. 

Veillorer v. mialdres. 

Veils V. mialdres. 

Veime v. meïsme. 

Veindre, demeurer v. manoir. 

Veindre, moindre v. menre. 

Meingier v. manger. 

Veina y. menre. 

Veininet v. naistre. 

Veint I, 178 et s. v. maint. 

Veintenir v. tenir. 

Veûr V. mer II. 

Vêire v. mère. 

VeÎB V. mois. 

Veâs conj. y. mais. 

Veîme, misme, mime, moittiio, flninie, 
meeame, memme I, 179 et soiv., 
même. Suivant M. Génin (Var.p.103), 
'meisme vient de l'ital. med esim o. 
C'est une maj^ière fort commode 
de se tirer d'affaire, parce qu'an 
philologue français n'est pas obligé 
à rechercher les origines des moto 
d'une autre langue. Par malheur 
meisme ne vient pas plus de 
simo, que medesimo de 
mais tous deux ont une origine 
commune indiquée I, 179. 

Veismement v. magne. 



M£I 



243 



MEN 



Veinée v. manoir. 

Keiflnie v. manoir. 

Heison v. manoir. 

Ifeiitre v. malstre. 

Heîstrie v. maïstre. 

Heited v. mcie. 

Heiteier v. meie. 

Meiz V. manoir. 

Ifel. y. miel. 

Heliorer v. mialdres. 

Hellee v. meslee. 

Heller y. mesler. 

HeUesme y. mialdres. 

Kellonr y. mialdres. 

Helz, melz y. mialdres. 

Membre 1, 190, membre ; tnembrum ; yb. 
comp. deme&brer, démembrer, dei- 
me&brer, desmembrer I, 107. 180, 
démembrer, écarteler, mettre en 
pièces, démolir; d'où par le part 
prés, dennembranee, démembrement, 
action de démembrer, écarteler, 
couper. 

Membre y. membrer. 

Membreit y. membrer. 

Membrer, menbrer, manbrer, rappeler 
à sa mémoire, se ressouyenir; de 
memorare; de là aussi Tadjectif 
membreit, membre, menbré, maabré 
I, 166. 3ft, prudent, bien ayisé, 
renommé; subst.' membranee, sou- 
yenir, sonyenance; remembrer, re- 
menbrer, ramembrer I, 124. 181, 
remémorer, se rappeler, se souyenir, 
se ressouyenir; remembranee II, 2, 
ramembranee I, 75, mémoire, sou- 
yenance , commémoration , ressou- 
yenir; remembrament, remembrement, 
ressouyenir. Memorie, mémoire, me- 
more, mimoire I, 104. II, lôô. 178, 
mémoire (propr. et fig.); sentiment, 
sens, esprit; de tnemoria, 

Memme y. meisme. 

Mémoire y. membrer. 

Memere y. membrer. 

Memoiie y. membrer. 

Men r. s. du pron. pos. mis, y. mes III. 



Men (le), mien; forme men, mon, 
employée ayec rarticlë. V. mes III. 
et mien. 

Menaee, menache, manaohe, menace^ 
de minaciae (dans Plante) pour 
minae; de là menacer, menader I, 
232, menaehier, manacer I, 344, 
manacber II, 262, menacer, gour- 
mander. 

Menacer y. menace. 

Menacbe y. menace. 

MenacMer y. menace. 

Menaide y. manaider. 

Menaie y. manaider. 

Menandie y. manoir. 

Menantie y. manoir. 

Menasîer y. menace. 

Menbré, menbrer y. membrer. 

Mené 1. p. s. prés. ind. de mentir, 1, 216. 

Mençonge y. mentir. 

Mendie, d'abord s. s. et p. r. mendie, 
puis forme constante: mendiant, 
pauvre, misérable, vil, trompeur, 
fourbe; prov. mendie, ital. men- 
dico, esp., port, meudigo; de men- 
dicus; mendistiet, mendiBted I, 191, 
mendicité; mendicitas. 

Mendis v. mendie. 

Mendisted v. mendie. 

Mendifltiet v. mendie. 

Mendre y. menre. 

Meneor v. mener. 

Mener I, 70, 3. pers. s. prés. ind. maint 
135, moinet I, 183, puis maine H, 
371, 3. pers. pi. mainent, moinent 
I, 366, prés. subj. moigne I, 284, 
maine n, 339, conduire, mener, 
emmener; régir, gouverner; de mt- 
nare, stimuler par des menaces on 
d'autres moyens, puis avec le sens 
de ducere, deducere, au lieu du latin 
classique minari (DC. s. y. minare). 
N^estre pas mené à qqc, II, 93, 
n'être pas réduit au point de ... ; 
mener à pii, mener son engin, mener 
joie», dolor, etc. Subst. meneree, 
meneor, meneur, conducteur. Cfr. 

16» 



M£N 



244 



MEN 



Rayn. L. R. menaire. Comp. amener, 
amenierl, 176. 135, amener, guider, 
conduire (formes amaint, amatne, 
amoine, ameinnent I, 175. 177. II, 
54. 106; amoneie part. pas. II, 71); 
subst. amenée, action de conduire, 
entrée solennelle; de là aménage, 
voiture, action d'amener, sorte de 
service dû au seigneur par le vassal ; 
ramener, remener I, 160. II, 84. 
304, ramener, remener, reconduire ; 
— enmener II, 288 ; mais il se trouve 
le plus souvent séparé : en,, .mener 
I, 268, en, conservant sa signifi- 
cation adverbiale primitive; — dé- 
mener I, 309. II, 316, mener, con- 
duire, guider, agiter, secouer, pro- 
duire, manifester, faire éclater, tenir, 
traiter, en user, tourmenter ; se dé- 
mener II, 22; ~ malmener, man- 
mener, maltraiter, tourmenter, con- 
duire mal, insulter, injurier; per- 
mener I, 332, mener, conduire. 
Notre substantif mine, air, manière, 
est de la même racine, et il s^est 
sans doute dit d'abord de la tenue 
extérieure. Cfr. prov. mena, ma- 
nière, façon, qualité; vb. menar. 

Heneres v. mener. 

Iffenestier v. mestier. 

ITeneetrales v. mestier. 

Kenestrel v. mestier. 

Iffenestrens v. mestier. 

Iffenestrier v. mestier. 

Henenr v. menre. 

IffMigier V. manger. 

Heigier v. manger. 

Henjiist de menjaer, manger. 

Xenniere v. main. 

Xennoir v. manoir. 

Xenoie v. mon oie. 

Xenois v. mânes et II, 304. 

Xenor, meneur v. menre. 

Xenre, manre, mendre, meindre, mener, 
menonr, meneur, mennr 1, 104 et sui v., 
moindre, plus petit, inférieus; mi- 
nar; meindre d*aage, mineur: de 



là amanrir, amenrir I, 53, amoin- 
drir, diminuer; cfr. dans le Dig. 
minoro; moens, meins,- mains, moins 
II, 306; à tôt le mains II, 306, 
tout au moins ; merme I, 106, petit, 
moindre; pour la forme cfr. arme 
de anima; de là memier I, 106, 
diminuer, décroître, amoindrir ; comp. 
amermer, diminuer, affaiblir. Cfr. 
Rayn. L. R. IV, 198. 9 et ajoutez 
aux formes citées Tesp. merma, 
diminution, ital. marmaglia, gens 
de rien , français marmaille ; • dans 
le patois de Cûme marmêl, petit 
doigt. 

Xensonge v. mentir. 

Xenteiree v. mentir. 

Xentelvre v. menter. 

Xentoor v. mentir. 

Xenter, faire ressouvenir; de mens. 
On trouve t. II, p. 15, 1.5 nn exemple 
de ce verbe. C'est par erreur qu'il 
a été placé là; je prie le lecteur 
de vouloir bien le retrancher. Comp. 
dementer, deimenter, plaindre, la- 
menter, gémir, se démener comme 
un insensé, tourmenter; il s'em- 
ployait ordinairement comme verbe 
réfléchi. De mente hakere, ad 
meniem hahère^ on foAia mentefoir, 
mentolTre*, menteiTre, «mentefoir, 
amentiveir, amenteiTre, «mentoiyre, 
d'on ramenteiroir, etc., t. II, p, 12 
et suiv., rappeler à la mémoire, 
faire ressouvenir ; de là ranMnterref , 
ramenteor, celui qui donne un avis, 
qui fait ressouvenir. Cfr. Bayn. 
L. R. IV, 203 mentaare. 

Xenteroir v. menter. 

Xentierres v. mentir. 

Xéntion I, 48, mention; mentio. Cfr. 
menter. 

Xentir, mentir, faillir, manquer ; subst. 
mentierres, menteires, menteer I, 77, 
menteur; de menttri. Ne memiir 
de mot II, 146. Xensonge I, 390, 

' mensonge, menonnge, mençonge, mm* 



MëN 



245 



MER 



çongnell, 269. 286. 382, mensonge; 
de mentitio (en prov. mentizo Rayn. 
L. R. IV, 205), avec nne terminaison 
formée d'après le synonyme cha- 
longe, comme le dit M. Diez 2, 245. 
Ce mot était autrefois fém., v. Dol. 
p. 273. 274, Chast III , 145, M. d. 
F. fabl. p. 262 , etc. Comp. des- 
mentir, démentir, donner un dé- 
menti, contredire, fausser; desmen- 
tement, démenti. 

Uentoivre v. meuter. 

Menton, mentui I, 128. 194. II, 121, 
menton ; prov. menton, mento, ital. 
mento; de mentum. 

Menu V. menut. 

Menuement v. menut. 

Menniflier v. menut. 

Mennit v. menut. 

Mennr v. menre. 

Memuder v. menut. 

Menut, mennit, menu II, 230. 366, 
menu, petit, mince, fin; souvent 
employé dans la locution menue et 
souvent I, 387 pour ajouter à Tidée 
de quantité, rapidité, fréquence; du 
reste, menut à lui seul a quelque- 
fois cette signification; mennement, 
en menu, souvent. Menut de mi~ 
nutus, d'on menjuder, menniflier 
(= minutiare) , amoindrir, diminuer, 
subdiviser, couper; comp. amenniser, 
amenniner II, 361, amoindrir, di- 
minuer, morceler, réduire; $' ame- 
nuiser, se faire petit, s'amoindrir, 
se rabaisser; d'où amenaisseiment II, 
360, diminution, réduction, amoin- 
drissement. Notre subst. menuisier 
vient de menuisier, amoindrir. 

Mensonge v. mentir. 

Meour v. magne. 

I. Mer, mier U, 240, pur, vrai, fin; 
ordinairement en composition avec 
or: ormier, ormer I, 291, i. e. or 
pur. Dér. de merus. De là et- 
merer (— exmerare), affiner, épurer, 
polir. 



II. M«r, meir, mier I, 263. II, 142. 
382, mer; mare; marine, mer, bord 
de la mer, plage; v. DC marina; 
marin, de mer, marin; marinus; 
d'on marinel, s. s. et p. r. marineaus, 
marin, marinier; — maronier, ma- 
ronnier II, 387. A. et A. 2625. 7, 
marinier, matelot, batelier; pirate, 
corsaire; pour marinier avec le 
changement fréquent de Vi en o? 
prov. marinier, ital. mariniero; ou 
bien dér. directement de mare par 
l'intermédiaire du subst. tnaron? 
qui doit avoir eu une signification 
autre que celle indiquée par Roque- 
fort sans preuve aucune. Marenne, 
terre sur le bord de la mer;- de 
maritima. Comp. oltrem#r I, 153, 
outre-mer ; oltremarin, outre-marin, 
d'outre-mer. Variantes d'oltre v. s. v. 

Merc V. marche. 

Mereh v. marche. 

MercM v. mercit. 

Merchiable, merchiablement v. mercit. 

Merchier, marquer v. marche. 

MercMer, crier merci v. mercit. 

Merci v. mercit. 

Mecciable, merciablement v. mercit. 

Mereiaule v. mercit. 

Mercier v. mercit. 

Mercit, merci, merchi II, 234. 345. 355, 
merci, grâce, miséricorde, pardon, 
pitié, compassion; de merces, qui 
dès les premiers temps du moyen- 
âge avait pris la signification in- 
diquée ; rendre merci , remercier, 
rendre grâces; crier, prier merci, 
demander grâce, pardon, implorer 
miséricorde, s'avouer vaincu, cou- 
pable; trouver merci, trouver grâce; 
la vostre merci, sauf votre grâce 
ou votre respect, révérence parler. 
De là mercier, merchier, crier merci, 
supplier, rendre grâces, remercier, 
recevoir à merci, faire grâce; de 
là remercier; amercier, remercier, 
rendre grâces. Merciable, merchiable, 



MËR 



246 



MfiiR 



mèroiaule, bon, miséricordieux, com- 
patissant ; merdablement, merchiable- 
ment I, 292, avec pitié, compas- 
sion, sensibilité, en suppliant. 

]f«re, meire, miere II, 167, mère; 
prov. maire, ital., esp., port, madré; 
mater; marastre II, 239, marâtre, 
belle -mère; matraster. Les mots 
avec cette terminaison aster: pa^ 
rastre, filiastre, frerastre, sorastre^ 
qui, dans le principe, ne désignaient 
que la parenté, Talliance, prirent 
peu à peu une signification péjora- 
tive, et par opposition à la méchante 
marâtre, on donna hypocoristique- 
ment à la bonne marâtre le nom 
de belle mère^ c.-à-d. dans le sens 
primiti&de bellus, cher, chère mère, 
et ainsi des autres. 

Ifereau, mereans v. matras. 

Iferel, merelle v. matras. 

Keresle v. matras. 

Kerians v. matras. 

Iferir I, 74, reconnaître, payer, ré- 
compenser de, rendre la pareille; 
. de mereri , merere (v. DC. s. v.). 
Dieus le vos mire, Dieu vous le 
rende, vous en récompense. Propre- 
ment il faudrait miere, dans cette 
formule (cfr. subj. fiere I, 337), mais 
Tusage fréquent qu^on en faisait 
aura occasionné la suppression de la 
diphthongue. Merir, comme de très- 
bonne heure dans le latin, gou- 
verne le datif de la personne et 
Paccnsatif de la chose: Si lor mi- 
rerai cest travail, Ben. v. 9713. 
Gentilz Dame, Dieux le vos mire, 
R. d. a d. C. V 6749. Hérite 1, 103. 
124. n, 131. 205. 365, mérite, ré- 
compense, bienfait, bontés grâce; 
meritum. Mérite, prov. merit, mé- 
rite, esp., ital., port, merito, était 
plas souvent du genre féminin que 
masculin. De meritare, vient mé- 
riter, mériter, récompenser, rendre 
un bienfait. 



Hérite, mériter v< merir. 

Herker v. marche. 

tferme, mermer v. menre. 

tferquier v. marche. 

Verre v. marer. 

Hen s. s. et p. r. de mère, v. marche. 

Hervaument v. merveille. 

Merveillable v. merveille. 

Heryeillanee v. merveille. 

Henreille, menroiUe, merville, merveille ; 
du pluriel mirabilia^ choses mer- 
veilleuses. MerveiUe s'employait ab- 
solument dans le sens de à merveille, 
d'une manière merveilleuse I, 331. 
59. 83, quoiqu'on trouve aussi à 
merveille I, 265. II, 71; et, dans 
les deux cas, merveille est, pour 
l'ordinaire, au pluriel. Se tUnmer 
ou avoir merveilles, s'étonner, être 
surpris; estre merveille l, 155. 215, 
ib.; faire merveilles I, 59, ib. De 
là merveiller, metvoiller, merveilher, 
merviller II, 337. 388, surprendre, 
étonner, être surpris ; admirer, émer- 
veiller, éblouir; comp. esmerviiller, 
esmerviller I, 193. 196. 366, émer-' 
veiller, être surpris, admirer; d'où 
esmervillement 1 , 213. M. s. J. 478, 
action de s'émerveiller, admiration; 
menreillos, merrilhos, mervilIoM, mer- 
yeUlus, merveillolu, merroiUM» iiin> 
▼eillens II, 319, étonné, surpris, 
merveilleux; hautain, fier, insolent; 
estre mervillous de qqch. I, 267; 
adv. menrillosement, merveiUesemeiit, 
mervàument, merveilleusement, d'une 
manière merveilleuse; — merveil- 
lable, merveillable, étonnant, sur- 
prenant, admirable. Cfr. mirer. 

HenreOler, menreiUier v. merveille. 

Herveillens v. merveille. 

tferveilloB, merveUlosement v. merveille. 

HerveiUous v. merveille. 

Herveillus v. merveille. 

Mervilhos v. merveille. 

Verviller v. merveille. 

Mervillous v. merveille. 



MËR 



247 



MES 



KervoilUble v. merveille. 

Hervoilto, mervoiUer v. merveille. 

Kervoillos v. merveille. 

I. Mes I, 96. II, 303, forme invariable, 
mets, plat; ital messo; de missum; 
comp. entremei I, 163, entremets. 
Uorthographe constante mes, très- 
rarement mas à la rime, et plus 
encore Titalien messo, prouvent qne 
M. Diez et ceux qui Tont imité, ont 
eu tort de rapporter mes au gotb. 
mais^ abal. ma», aliment Le t de 
la forme moderne a été introduit 
plus tard, sans doute^^our rap- 
procher mes du verbe mettre, lors- 
que Ton ne comprit plus Tancienne 
orthographe fert correcte. Cfr. 
«netre part, passé. 

IL Kes, messager; de missus (mit- 
tere) ; d'où mesage, meisage, meaaige, 
message et messager 6. d. V. 76. 
1283. llôô. 3411. O. d. D. 3548; 
et d'ici messagitr, mAsaigier, mesa- 
gier, messager, qui, dès le milieu 
du XlIIe siècle, avait fini par rem- 
placer presque exclusivement mesage 
dans sa 2e signification ; messagerie, 
message, mission, commission. Cfr. 
mètre part, passé. 

III. Ket I, 139 pron. pos. 1. pers. suj. 
s., rég. pi. m., s. et r. f. pi. mon, 
mes; ainsi de meus et pour meos, 
meas; mon r. s. m.» mon; meum; 
ma, mai s. et r. f. s., ma; mea; 
mei s. pi. m. , mes ; met ; quant à 
mni, c'est sans doute une forme 
faite d'après le- latin tui , sui : mei 
ne permettant aucune autre forme 
que met en Bourgogne, et sui, tui 
y étant en usage. L'c muet picard 
valant l'a primitif bourguignon et 
non pas notre e muet, partout où 
e est primitif en Bourgogne, il est 
remplacé , dans le picard , par i (I, 
123); de là les formes picardes 
mit, me, équivalentes de mes, ma; 
et mi pour mei, avec une forte 



contraction, men de meum avec 
rejet de Vu -y u pour o en Nor- 
mandie, d'où mun pour mon, anglo- 
normand monn. 

Kes adv. et conj., v. venir. 

Kes v. manoir. 

Kes, me les I, 134. 

Kesage, mesagier v. mes IL 

Kesaige, mesaîgier v. mes IL 

Kesaise v. aise. 

Kesaine v. aise. 

Kesaler v. aler. 

Kesayenir v. venir. 

Kesaventure v. venir. 

Kescayer v. mescbief. 

Keschaance v. chaor. 

Keacheance v. chaor. 

Kescheoir v. chaor. 

Keseheyer v. meschief. 

Keschief, mescief, s. s. et p. r. mesehiss, 
mescies, de la particule mes et de 
chief=caput, ainsi proprement issue 
malheureuse : malheur , mésaven- 
ture; vb. mesoheyer, mescayer, es- 
suyer un malheur, échouer dans un 
projet, perdre, avoir de la mauvaise 
fortune: Mais no crestientes dure- 
ment mescava (Ch. d'Ant. I, p. 40). 
Dans une note sur ce vers, M. 
P. Paris confond, comme cela est 
arrivé le plus souvent, mescheoir 
et meschaver, qu'il rapporte bien 
fautivement avec DC. à la 3e conj. 
mesckavoir, meschevoir. DC. s. v. 
mescadere. 

Keschies v. meschief. 

Kesohin, meskin, mesein (mesquin), 
pauvre, misérable, chétif; faible, 
délicat; de l'arabe meskin, pauvre, 
misérable, comme l'indique Ray- 
nouard, qui écrit meiquin, au lieu 
de meskin. De la signification faible, 
délicat, on dériva le substantif 
mescliin,me8cin, meskin, jeune homme; 
meschine, mescine, meskine II, 101, 
352. 369, jeune fille, demoiselle. 
Meschin et meschine développèrent 



MES 



248 



M£S 



aussi les significations valet, ser- 
vante, domestique, maîtresse, con- 
cubine ; meschine de mestier, comme 
femme de mestier, fille publique. 
Enfin meschine se prit pour enfant 
du sexe féminin. De là mescinage, 
mesohinage) service, condition de 
celui qui sert. 

VeMbinage v. meschin. 

Mefddne v. meschin. 

Mesdef, mesdei v. meschief. 

Mesdn, mescinage v. meschin. 

Meidne v. meschin. 

Mesconoifltre v. conostre. 

Meseonter v. conter. 

ifescreanoe v. croire. 

Mesoreant part. prés, de mescroire. 

Meflcrea, mescreu v. croire. 

Meicroire v. croire. 

Meidire v. dire. 

Vesdisant v. dire. 

Meseaiu v. mesel. 

Mesel (meseaiu, mesiaus) II, 170, fém. 
meselei lépreux, ladre; mesellerie, 
léproserie et lèpre (v. Roq. s. v.); 
de misellus. DC. miselli. 

Mesele v. mesel. 

Mesellerie v. mesel. 

Meserrer v. erre. 

Mesestance v. steir. 

Meifoit, mesfet v. faire. 

Meignee v. manoir. 

Meihni II, 297. 

Medans v. mesel. 

Menre v. sendra. 

Meskeance v. chaor. 

Mealdn, mesklne v. meschin. 

Metlee v. mesler. 

Ifetleri medler, métier, meiller, meller 
I, 264. 286. II, 61. 319, mêler, 
brouiller, mettre en confusion, mettre 
mal ensemble, se disputer, en venir 
aux mains; Imâ. misculare, de mis- 
cere;'tof mesle mesle II, 257, tout 
pêle-mêle; dans Ben. II, 4433 on 
on lit mesle pesle; subst. meslee, 
medlee, meillee, mellçe I, 79. 13(>. 



II, 242, foule, troupe, moUitade, 
querelle, dispute, combat ; dér. umh 
lieu, querelleur, brouillon; et entre 
autres encore notre mélange, qui 
resta longtemps féminin, avec la 
même suffixe que louange, etc.; 
comp. entremeller II, 384, entre- 
mêler. 

MesUeuB v. mesler. 

Meslin v. mascle. 

Mesne v. manoir. 

Mesoan, mewmaa v. an et II, 275. 

Mesonete ^manoir. 

Mesparler v. parole. 

Metprendre v. prendre. 

Metprisement v. preis. 

Metprisier v. preis. * 

Mesprison v. prendre. * 

Metprisnre v. prendre. 

Mesproison v. prendre. 

Message v, mes II. 

Messagerie v. mes II. 

Messagier v. mes II. 

Messe, messe; démina est se. condo. 
V. DC. s. V. missa. 

Messeryir v. serf. 

Messire v. sendra. 

Mestier, menestier, mestir II, 59. 335, 
métier, office, emploi, ministère, 
besoin, service, usage, utilité; prov. 
menestier, mestier; de ministeriumy 
V. DC. s. V. ; estre et avoir mestier 
I, 258, 6. et d'autres exemples I, 
112. 195. 215. 232. 238. 242. 250. 
253. 258. 263. 271. 286. 327. 380. 
397, etc.; n*i a mestier, il est in- 
utile, il ne sert de rien ; le mestier 
Dieu ou le saint mestier I, 375, 
service de Dieu, saint ministère, 
messe, cérémonie ; — de là ménestrel, 
menestreos II, 108, plus tard me- 
nestrier, Imâ. ministerialis, homme 
attaché au service de qqn., servi- 
teur de la maison, puis ouvrier, 
artisan, chanteur, joueur d'instru- 
ments : Dous demeiseles meneitralee 
vindrent devant le rei Salomun, 



MES 



249. 



MIA 



Q. L. d. R. III, 235 (tune yene- 
rant daae molieres merttrieet ad 

regem . . . )• 

Mestir y. méstier. 

Meitraire y. traire. 

ITeitre, mettre y. mètre. 

ITeitre, maître y. maïstre. 

Mestreier y. maïstre. 

Meitrie y. maïstre. 

Mestrise y. maïstre. 

Mestroier y. maïstre. 

Mesure I, 73. 194. 293, mesure, mo- 
dération, raison, sagesse, règle ; de 
tnensura; mesurer, mesurier I, 293, 
II, 42, mesurer, régler ; comp. ame- 
surer II, 268, régler ayec mesure, 
proportionner, être plein de mesure, 
être prudent, adoucir; du part, passé 
Tady. amerareement, raisonnable- 
ment, modérément, conyenablement ; 
— desmesure, excès, d43ordre, ou- 
trance, injustice; desmefurer II, 117, 
désordonner, excéder, dérégler, dé- 
baucher; part, passé peu sage, in- 
considéré, excessif, outré, prodigue, 
libertin; — moison, mesure, forme; 
de mensio. 

Mesurer, mesnrier y. mesure. 

Mesvdr y. yeoir. 

Met y. maie. 

Mètre, mattre, maitre, mettre II, 174 
et suiy., mettre, poser, placer, dé- 
poser, établir, employer; traduire; 
mettre jus II, 178. R. d. l. V. 78, 
mettre bas de cheyal; mettre jus. 
VoreUle II, 178 ; mettre sus au sur 
II, 178. 175. 130. I, 109; mètre 
en ne II, 179 ; mètre à un II, 179 ; 
comp. demetre II, 179. I, 117, d'où 
ademetre II, 179; subst. ademiae 
R. d. 1. y. 139, exception, délai, 
retard; esdemetre II, 180; enmetre 
II, 180; entremetre II, 180; mal- 
metre, maumetrell, 180; prometre, 
prametre II, 181; subst. promené, 
pramesse II, 132, promesse; pro- 
mit ter e, protnissus; promiiiion (terre 



de) II, 380, terre promise; pro- 
missio; eomprometre, compromettre, 
engager; eompromis I, 241, com- 
promis ; compromitiere^ compromis^ 
sum; trametrel, 289. II, 129. 140, 
transmettre, enyoyer; ménager; au 
part, passé souyent affaiblissement 
de Va en e> d'où la forme tremîa; 
transmittere ; reminion I, 125, ré- 
mission; remissio. 

Mendre y. mialdres. 

Menr y. mafir. 

Meure y. more. 

Menrier y. more. 

Meurtet y. maûr. 

Meus, mens y. mialdres. 

Meute y. movoir. 

Meuture y. moldre. 

Mes, mieux y. mialdres. 

Mez, métairie y. manoir. 

Mez conj. y. mais et II, 384. 

Mes y. manoir. 

Mesine y. meie II. 

Mi, demi y. meie I. 

Mi pron. pers. rég. ind. et des prép. 
I, 121. 123, moi; de m% pour mtAi; 
rég. dir. en Picardie I, 123. 124, 
me, moi. 

Mi s. pi. m. du pron. pos. mis, v. mes III. 

Miadres y. mialdres. 

Mialdres, mioldres, mieldres, mildre, 
miaudres, faiiadres, miondres, mieu- 
dres, meidre, meaudres, meudre, 
meillor, meilhor, meilleur, millor, 
milleur, meillur, mellour I, 103. 104. 
107 adj. comparatif, meilleur; me- 
l%or\ avoir du meilleur, ayoir le- 

• 

dessus, être le plus fort; de là yb. 
comp. amieldrir I, 104, rendre meil- 
leur, améliorer; — de meliorare 
dér. meliorer, meillorer, améliorer, 
rendre meilleur; comp. améliorer; 
— ady. miels, miels, mies, miens, 
miens, miez (mielx); mels, mens, 
meus, mez (melaQ; meils; mils, mius, 
mis, miz (milx); miols, mious, mios, 
mioz; mials, mias, miaus, miaus, 



MIA 2Ô0 MIL 

miax; mnalii bumi; mêvu, meaz n*aurftient jamaisi pu produire !• 

II, 305. 6, rnianx; flut/fiu; — saper^ normand men, correspondaiU da 

latif malienne I, 106. mien picard -bourguignon; 3) fiMfi, 

Ifiala ▼. mialdres. suen^ dériTent sans aucun donte et 

Mianâres y. mialdrei. fort régulièrement de tuum, $mim^ 

Hiau, BÛani v. miatdres. et cette analogie parle ea fayeur 

KiaZy miai v. miaidres. de mien = men diphthoDgné. CSfr. 

mèhe V. mie. en outre meie PII., seie, taie, o« 

lÊJtb, mi y. meie L Ton voit des procédés semblable» 

me, médecin y. meie II. à celui que je viens d'expliqver. 

Kie I, 286, mie, miette; miea; ital., Miennit y. nuit et cfr. meie I. 

proy. mica, miga; seryant à ren- XUr, pur y. mer I. 

forcer la négation II, 333, 3^; yb. Ifier, mer y. mer II. 

dér. comp. esmier Q. L. d. R. 369. MiMre y. mère. 

406, mettre en miettes, briser, IfbodzM y. miaidres. 

écraser. De mica dér. aussi ndehe, Ifisne y. meie III. 

miche, y. DC. s. y. Mienne y. moldre. 

Mieoine y. nfeie II. Kieiis, miens y. miaidres. 

Kiedi y. dis et ofr. meie I. mas y. miaidres. 

Miel, mel I, 149, miel; mêl; esp. Miei, mies, hydromel; Imà. meaium, 

miel, proy., port, mel, ital. mêle. traduit par DC. hypocras et sorte 

Cfr. miez. de bière; àbal. medo, meto, metu; 

ideldres y. miaidres. holl. mede, mêe; anglo-saxon mêdo. 

Miels y. miaidres. meodo, Y. Dief. 6. W. II» 72, § 6. 

MSeh:, miéli y. miaidres. Cfiu miel. 

Mien I, 139. 140. Ce pronom dér. Miei y. miaidres. 

de meum avec une diphthongaison Vignot R. d. 1. V. I, 130, mignon, joli, 

fort régulière, ou mieux Ton a délicat, agréable; ady. mignotemamt 

d^abord eu men dont Ton a diph- II, 201, mignonnement , joliment, 

thongué l'e avec t, ce qui permet- agréablement ; de là mignoter ; même 

trait de supposer que mien a été famille que mi^on, mignard, etc. ; 

créé en Picarde. La fbrme picarde du gallois mîn, petit, joli, ou de 

men (v. mes), et Pemploi de men, l'ahal. mttinûi, amour ; suéd. mmna, 

mun ayec l'article, pour le mien, aimer? Gn semble parler en fa- 

donnent la plus grande yraisem- yeur de la seconde étymologie. 

blance à cette opinion. On pour- Mil, mile, mille I, 111, mille , mil; 

rait aussi dér. mien de mi ayec la mille; millesme, millième; snbst. 

suffixe en == anus, et comparer an- millésime; miUesimus; miUiaire I, 

cien , deyantrain , etc. Cependant 120 , millésime ; mtlliàme année ; 

je rejette cette dernière étymologie, mUliaritu. 

parce que: 1) ayec un atfjeciif en MUdre y. miaidres. 

anus, on aurait eu, comme par- Mile y. mil. 

tout, une forme féminine, et le Mille y. mil. 

manque de féminin est bien con- MiUeone y. mil. 

stant dans le principe.: le souyenir MiUenr y. miaidres. 

de Forigine de mien fit sans doute MiUiaire v. mil. 

rejeter ce féminin; 2) mi et anus MiUor y. miaidres. 



MIL 



251 



MIS 



Mils V. mialdres. 

Milsodor, milBondor, minonckir, miiodor, 
coursier de prix, cheval de ba- 
taille; prov. miUoldor; de mt/le 
solidarum^ se. caballas. 

Milsondor v. milsodor. 

Kilz V. mialdres. 

Xime V. meisme. 

ICimoire v. membrer. 

I. Mine, mine, minière; en prov. mina 
et mena; en ital., esp. «t port, 
mina; miner, miner, creaser; de là 
mineur II, 177, mineur; minière^ 
minéral, minerai. On a fait re- 
monter cette famille de mots au 
latin minore (DC), en roman me- 
nare; mais pour établir cette déri- 
vation, il faut partir du sens figuré. 
Ainsi minare consUium^ dans la 
basse latinité, signifiait préparer un 
coup, d'où l'on aurait mine = des- 
sein secret, complot, conduit secret 
p(Tttr miner les murailles d'un lieu 
fort, mine (excavation souterraine 
pour tirer le minéral). Gela serait 
très-artificiel et la conservation de 
ri radical, au lieu de Te roman, 
ne s'explique guère plus plausible- 
ment, c'est-à-dire que l't aurait été 
maintenu pour différencier minen de 
mener, M. Dief. Gelt. I, 71, c, 
après avoir fait observer que les 
Celtes ont connu de bonne henre 
l'exploitation des mines, dérive Mina 
du celtique. De toutes les formes 
celtiques qu'on peut citer pour ap- 
puyer cette dérivation, il n*y a que 
le gallois méin qui soit admissible ; 
mais, afin d'arriver à une certitude, 
il faudrait fixer en quel rapport 
méin se trouve avec l'anglais et le 
roman mine, mina, 

II. Mine, mine, mesure de c^adté; 
mina; emine, hémine, mesure de 
capacité et de superficie; cfr. DC. 
hemina ; hemina ( iifiCwa ) ; d*oii 
eminage, aminage, aménage I, 222, 



droit sur les grains mesurés à Thé- 
mine, et par extension lieu où l'on 
mesurait les grains, halle aux grains, 
signification qui s'est conservée dans 
quelques provinces. 

Miner v. mine. 

Mineur v. mine. 

Mlniitre v. ministrer 

Miniatrer, administrer, servir, aeoou- 
rir; ministre II, 93, ministre, ser- 
viteur; de miniUtrare, minisfsr; 
comp. aministrer II, 69, administrer, 
aider, fournir; aministration I, 180, 
administration, gestion. Cfr. mestier. 

Mioldres v. mialdres. 

Miels v. mialdres. 

Mios V. mialdres. 

Miondres v. mialdres. 

Miens v. mialdres. 

Mioz v. mialdres. 

Mirabilons v. mirer. 

MiraUe v. mirer. 

Mirade v. mirer. 

Mire v. merir. 

Mire, médecin V meie II. 

Mireor y. mirer. 

Mirer, guérir v. meie II. 

Mirer II, 390," prov. mirar, contem- 
pler, admirer, voir, mirer; mirari; 
comp. remirer II,' 381, regarder, 
admirer, contempler; subst. remire 
II, 145, relâche, répit; mirable 
Ben. 14958, admirable, merveilleux ; 
mirabilis; comp. remirable, admi- 
rable; mirabilons II, 356, merveil- 
leux ; cfr. merveille ; mireor, miroir, 
propr. miratorium, a verbo mirari, 
quia in eo miramur nostram effi- 
giem; — miraels U, 42, miracle, 
merveille; miracnlum, 

Mirie v. meie II. 

Mis pron. pos. picard v. mes IIL 

Mis V. mialdres. 

Mise I, 104. II, 147, arbitrage, sen- 
tence d'arbitres; enjeu, gageure; 
Imâ. mi»a v. DC. s. v.; misitrw, 
misères, miseor I, 77, œlui qn'on a 



MIS 



252 



MOI 



chargé de suivre et exécuter une 

• affaire, arbitre , juge, expert. Cfr. 
mètre, mes. 

Xiseor v. mise. 

Kiseration v. misère. 

Xiiere I, 106, misère, malheur; mt- 
séria; miserin I, 177, malheureux, 
misérable; propr. miserinus; mise- 
ration 1 , 83. 278 , commisération ; 
miseratio ; misericors , miséricor- 

. dieux; misericors (misereo-cor); 
miiericorde I, 125, miséricorde, pi- 
tié, compassion ; sorte de poignard ; 
misericordia , v. DC. s. ▼. et Roq. 

Misères v. mise. 

Miséricorde v. misère. 

Miflericors v. misère. 

Miserin v. misère. 

Miiieres v. mise. 

Mifme v. meisme. 

Miflodor, missondor v. milsodor. 

Mitan, moitié, milieu; mot qui existe 
encore dans presque tous les pa- 
tois, en Franche -Comté moitan, 
wallon mitan, etc. Af . Grandgagnage 
s. V. dérive mitan de Tahal. mit- 
tamo (médius). De là mitanier, mé- 
tayer, fermier. Cfr. moitoier s. v. 
meie. Notre mitaine appartiendrait- 
il à cette fam'ille? Mitaine est un 
gant où il n'y a qu'une séparation, 
pour ainsi dire gant séparé en 
deux moitiés. 

Mitanier v. mitan. 

Mite, chat; onomatopée; d'où les dér. 
mitou, matou; et le comp. chatte- 
nUte; cfr. ital. micio, micia, esp. 
micho, miza, allem. miez, mutz. 
Remarquez l'ancien proverbe: Se 
l'une est chate, l'autre est mite, 
R. d. Ren. I, 6 v. 144, pour expri- 
mer une égalité de sentiments, de 
caracl^ère. 

Mine v. meie III. 

Mina v. mialdres. 

Mis y. mialdres. 

Modre v. moldre. 



Moe V. meie III. 

Moeni T. menre. 

Moeninet v. naistre. 

Moi, muid v. mui. 

Moi pron. v. me. 

Mole, mienne v. meie III. 

Moie, meie, meule, monceau; de meia^ 
moilon, mnillon Ben. 22064, meule 
(de foin); dér. de metula,. Mais 
outre ce moilon, encore ei\ usage 
dans plusieurs provinces, on trouve 
mu/on II, 311, lat. moyen-âge mti/fo 
(Ordéric Vital), et quelques patois 
ont conservé mule et mulon. Ce 
muleta notre meule, d'où mulon, 
n'est qu'une autre dérivation de 
metula: meule, comme seule, reuU 
et ruU, neule, de saeculum, régula, 
nebula ; et les dialectes qui aimaient 
les formes grêles, comme le nor- 
mand, ont employé mule pour meule» 
C'est précisément en Normandie et 
sur les confins de cette province 
qu'on rencontre mullo, mule, mu- 
lon, mulot. Meule ne saurait dé- 
river, pour l'idée, ni de moles ni 
de mola, comme on Ta proposé. 

Moieme v. meisme. 

Moien v. meie I. 

MMonneor v. meie I. 

Moienneres v. meie I. 

Moien, moyeu; de moéielus, dim. de 
modius, prov. muioi. 

Moigne, moine v. monstier. 

Moigne v. mener. 

Moignon I, 183, main ou bras mutilé, 
ce qui reste d'un membre caapé. 
Ce mot est probablement celtique, 
on le trouve sous la forme simple 
mon, mouh, dans le breton; toute- 
fois les autres langues celtiques ne 
le connaissent pas. 

Moilier, moillier, mnillier, mniler, moui- 
ller I, 130. 214. 254. 264. 369, 
femme, épouse; mulier, 

Moillier, mouiller v. mol. 

Moillier, femme v. moilier. 



MOI 



253 



MOL 



Moilon, meule v. moie. 

Moilon II , 226 , moellon ; dér. de 
mutilus; répondant à Tesp. mojoo, 
sard. mullone, borne, amas, prov. 
molon, amas, tas. On trouve mu- 
tuli dans la Loi des Bip. ponr signi- 
fier les monceaux de terre serrant 
de bornes. Saumaise dér. moi/on 
de moelle, medulla, parce que, dit- 
il,, le moellon sert de remplissage 
dans un mur, comme la moelle au 
milieu des os. Tout cela est bel 
et bon, mais autrefois moellon ré- 
pondait à peu près à ce que nous 
appelons pierre de taille (brute), et 
aujourd'hui encore il a ce sens en 
certains endroits. Ainsi moellon a 
d'abord signifié pierre coupée, sans 
façon, mutilée, tronquée, d'où l'idée 
de borne en espagnol. Cfr. l'allem. 
bruchstein. 

Moinani y. moisson I. 

Moine, moine v. monstier. 

Moinent v. mener. 

Xoinet v. mener. 

Moins V. menre. 

Mois, meis I, 48, mois; mensis; des 
mois^ de longtemps. 

Voisnel v. moisson I. 

Voison Y. mesure. 

I. Moisson I, 306, moissim, moisnel, 
moinans, moineau; dérivé, selon les 
uns, de moine, c-à-d. petit moine, 
parce qu'il est appelé solUarius dans 
la Bible ; selon les autres, de l'ahal. 
mes, moineau ; mais ces étymologies 
ne satisfont pas à la forme. Cfr. 
le vallon mohon. Moisson, d'où 
moissonel et contracté moisnel, dé- 
rive du latin musca. Cfr. l'allem. 
musch, mnsche, muschel, noms de 
plusieurs petits oiseaux, afaiiés à 
moucheron. Cfr. encore dans Roq. les 
formes mousson, muskeron, Grand- 
gagnage mohon, et Grimm III, 362. 

II. Moinon, moisson; moissoner 1, 389, 
. moissonner; de messio. 



Moissoner v. moisson II. 

Moissim V. moisson I. 

Moitaier v. meie I. 

Moitié, moitiet v. meie I. 

Moitoier v. meie I. 

Mol, mon I, 129, f. mole II, 44, mou, 
tendre, souple ; subst. le gras de la 
jambe, d'où notre mollet; de mollis; 
d'ici moilHer, moUer, mollier, mniller, 
mouiller I, 397, mouiller; proprem. 
molliare; comp. amolier, amoloiér, 
amoleier II, 268, adoucir, amollir; 
ital. mollare, céder; amollare, mouil- 
ler; moliere, terrain marécageux; — 
molece I, 82, mollesse, souplesse; 
de molliîia. 

Moldre, moire, qiorre, more, manrre, 
maure, modre, mandre, monrre, mienrre 
II , 181 et suiv., moudre, émoudre, 
aiguiser, broyer, briser; molere; 
prov. moire, esp. moler; comp. es- 
moldre II, 182, émoudre, affiler, 
aiguiser; moltnre, mouture I, 253, 
propr. moliîura; molin I, 51, mou- 

• lin; de molina pour mola, v. DC. 
s. V. et les Dict. lat. ; de là molnier, 
molimer, mannier I, 298. II, 272, 
meunier; vb. moliner, tournoyer; 
comp. remoliner, se tourner en 
cercle, tournoyer. 

Mole V. mol. 

Mole, moule; prov. molle, ital. mo- 
dano, esp., port., avec renversement 
du l, molde; de modulus; vb. moler, 
moUer Ft. et Bl. v. 574, mouler, 
former, cfr. escavi ; esire mole à . . ., 
être fait pour ... 

Moleoe v. mol. 

Moler V. mole. 

Moleste I, 409. II, 162, embarras, 
empêchement, opposition, tourment, 
inquiétude; mohstia, 

Moliere v. mol. 

Molin V. moldre. 

Moliner v. moldre. 

Molinier v. moldre. 

MoUer, mouler v. mole. 



MOL 254 MON 

MoUat, mouiller v. mol. Moltare v. moldre. 

Molaier v. moldre. Mon pron. pos. rég. b. v. mes III. 

Moire V. moldre. Mon «dv. II, 306 et suIf. 

Molt V. mult. MonceaiiB v. mont. 

Molteploîer v. malt. Moncol y. mont. 

MoltOB, mvltua, monton, mutoa, miitui, Méneiani v. mont. 
■DtM I, 174. II, 299, mon ton; en I. Monde, mnnde I, 264, par, net, 
picard monton, ital. montone, à propre; mundus; monder, niiiiider 
Venise moltone, cat. molto, prov. 11,33, purifier, nettoyer; mundmre; 
molto, mouto, moto. Tontes les mondifier, purifier, nettoyer; dee- 
* langues romanes donnent à ces monder, salir, souiller, contaminer; 
mots la signification que nous don- emonder, purifier, purger^ «aMin- 
nons à mwUon, et les gloses de dare; remonder, repurifier. 
Schelestadt disent déjà muitones et II. Monde, monde, ment, mnnd, uimt, 
«etTece5. H^ûftfri (moutons) p.3ô8, 34. s. s. et p. r. mont, mena, mm I, 
Cependant les Q. L. d. R. traduisent 72. 73,. monde, nnivers, terre, na- 
toayent aries par multun; p. ex. ture; le siècle; m/undus; BMHMUdn, 
dans Texemple cité I, 174, le texte mnndain 1, 291, mondain, da monde; 
latin porte bovem sunm etarietem; mvndantu; justice mondtUme, jori- 
an livre III, p. 141 Tum sacrifiout un diction laïque ; œvre mo nd mme, 
baef e un muUun, immolabat bovem oeuvre mercenaire , traviUl d'arti- 
et mrietem. Les langues celtiques ont san. Cfr. DC s. v. aundalla. 
tnols dans un dictionnaire comou- Monder v. monde I. ^ 
aillais du Xlle siècle conservé au Mondîfier v. monde I. 
Musée britannique; anc. irlandais Moneer v. monoie. 
moff, gallois mtUt, breton maout; Moneie v. monoie. 
mais on ne trouve dans le celtique Moniage v. monstier. 
aacoBe racine probable à ces mots. Monial v. monstier. 
Le latin du moyen-âge multo date Monians v. monstier. 
du Ville ou IXe siècle. De toutes Mo^joie, moxgoi, petite montagne, col- 
les étymologies proposées jusquMci, line; — sommet, perfeetion; — 
et malgré la traduction des Q. L. cri de guerre des rois de France, 
d. R., celle que Caseneuve indique V. DO. Mons gaudii, 2e diss. eur 
d'one manière douteuse me paraît Joinville;Rayn.Gram.comp.p.Xni; 
la plus juste: il dérive molton de Ch. d. R. s. v. 
muHlus. Il faut alors admettre Monneete v. amonester. 
transposition du l et permutation Monoie, moneie, menoie II, 318, mon- 
de cette lettre en n dans le picard naie; de monefet; ital. moneta, prov., 
et Pitalien; cfr. le nouveau pro- esp. moneda; d*où moneer II, 177, 
▼ençal moût, mutilé. Ainsi molt monnayer, fabriquer, frapper mon- 
anrait été, dans le principe, un naie; propr. monetmre, 
adjectif dont on aurait dérivé le Mons, monde v. monde II. " 
substantif molton. Cfr. Tallemand Mena, mont v. mont 
bammel, mouton, de hammeln, mu- Monaîgnear v. sendra. 
tller. — Molton était une machine Monstier, mostier, mnstier, iMniator, 
de guerre qui a été appelée de- nnster I, 50. 196. 221. 290. SOé. 
puis bélier. II, église, cloître; de monatterimm ; 



MON 255 MOR 

môUe encore aujourd'hui fort en Monter v. mont. 

usage dans le patois de Montbélîard, Monument I, 226. II, 380, monument, 

tnôté en Lorraine ; prov. monestier ; témoignage, tombeau ; tnonumenium. 

moine, moigne I, 51. 292. II, 102, Moni, monde v. monde II. 

moine; prov., esp., port, monge, Moni, mont v. mont. 

fxovtoçj ital. monacho, lat mona* Moquer II, 259, se moquer de qqn., 

chus; monial, monians adj. c. g. I, railler; prov. mochar; du grec ^oi- 

101, monastique; moniage II, 57, x^v, ib. Selon M. Dief. Celt. I, 

221, -vie monastique, profession 81 du celtique: kymri mociaw, 

monastique. Mor, noir, noir -brun; de mSrus; de 

Xonitre II, 66, monstre; monstrum, là morel, moriau, noir; et notre 

Monstrer y. mostrer. morelle, espèce de plante. 

Mont, monde y. monde II. Mor y. mur. 

Mont, mnnt, s. s. et p. r. mou, moni, Morant y. mort, 

mnns I, 82, cfr. I, 73, mont, mon- Morcel y. mors I. 

tagne ; amas, monceau ;moits (mont); Mor<diol y. mors I. 

monter, mnnter I, 82. 180. 190. Mordre, mordre; de mordere; part. 

282. II, 110. 262. 398, monter, passé mon; coAp. amordre, mordre, 

8'élever; saillir, sauter; absolument goûter; amorcer, attacher; part 

monter à cheval ; se porter, s^avan- passé amors , adonné , acharné ; xo- 

cer; concerner, toucher, appartenir, mordre I, 355. Il, 166, martyriser, 

avoir de Timportance, importer; déchirer, bonrreler ;' part, remors, 

propr. montare; dér. montaigne, aujourd'hui substantif, 

montagne, mnntaine I,^ô. Il, 70. Mordre, mnrdre, murtre, meurtre; 

73, montagne; propr. montanea; mordrir, mnrdrir I, 60. H, 100. 371, 

montance, valeur, prix, estimation; commettre un meurtre j assassiner; 

BMite, mmte I, 210, montant, nrardrîMor I, 264, meurtrier; de 

somme, valeur, prix, importance, Tanglo-saxon tnor<fAor, homicidium, 

estimation, augmentation, accrois- goth. maurthr^ allmod. mord; vb. 

sèment, quantité; intérêt, usure; goth. maurthrjan, 'q>ovévsiVy ahal. 

montée, mnntee, ascendance; aug- murdrjan. Notre verbe meurtrir 

mentation de prix ; cfr. DC. mon- appartient à cette famille, 

tare; monteor, montoir, escalier, Mordrir v. mordre, 

embarcadère; vb. comp. amonter, Moral v. mors H. 

rehausser, accroître; remonter I, 84, Moralité v. mors IL 

remonter { loxmonter, lonnimter I, More, moudre v. moldre. 

53. 187, surmonter, surpasser, do- More, monre, menre, mûre; morum, 

miner, vaincre; substiormonte, dans mutra; sorte de boisson composée 

Pezpression fmr sormonie II, 384, de raisins et de mûres fermentées, 

par surcroît; — dimin. monotl, mon- Imâ. moratum, v. R. d. 1. Y. 168; 

dam, monotam, amas, tas, mon- morier, morer, monrier, menrier, 

cean, assemblage, troupe ; de moMli- mûrier ; morus, 

eellus; — adv. amont, amut II, Morel v. mor. 

270; oontremont II, 270. Morer v. more. 

Montanoo v. mont. Moriaus v. mor. 

Monte, montée v. mont. Morier v. more. 

Monteor v. mont. Morir v. mort. 



MOR 



256 



MOT 



Morne II, 284, morne; prov. morn; 
d*aQ adj. gothique ou ahal. inconnu, 
de la famille du vb. goth. maur- 
nan, être soucieux, ahal. mornên^ 
moerere , anglo - saxon murnan, 
anglais morn, lugere. 

Morre v. moldre. 

I. Hors, morsure; de morsus; de là 
monel, morcel, morchel, morsiauB 
I, 286. II, 112, morceau. Le « a 
été tout à fait remplacé par c. 
Comp. amorce, d'où amorcer, 

II. Mors, murs, meurs II, 204. 268. 
362, pi. moeurs, naturel, humeur; 
mores; moral, moral; moralis; mo- 
ralité II, 155, moralité; moralitas. 

Mors, mort v. mort. 

Mors, part, de moiUre, v. mordre. 

Morsel v. mors I. 

MortiaTis v. mort* I. 

Mort, mors, morz, mort, trépas; mors 
(mort); morir, mnrir, murrir I, 359 
et suiv., mourir, tuer, faire mourir, 
détruire; inf. empl. subst. II, 248; 
part passé empl. subst. I, 181 le 
mort; part. prés. empl. subst. I, 
209. 348 al mnriant, al morant, à 
la mort; comp. remorir R. d. S. S. 
502, mourir à son tour; — mortal, 
mortel, morteû, s. s. et p. r. morteis, 
mortes, mortaos I, 92. 101. 235, 
adj. gen. com. mortel, qui a mérité 
la mort, condamné à mort; mor-- 
talis; mortalment, mortelment, mor- 
tenment II, 370, mortellement; mor- 
talité, mortalité, massacre; morta- 
lUas ; mortifier, mortifier, faire 
mourir; morîificare; mortification I, 
374, mortification, mort; mortifi- 
catio; vb. dér. comp. amortir, et 
diaprés la 1. conj. amorter, amortir, 
éteindre , étouffer , abattre. 

Mortal y. mort. 

Mortalité v. mort. 

Mœrtalment v. mort.- 

Mortans v. mort. 

Morteil v. mort. 



Morteis v. mort. 

Mortel, mortelment v. mort. 

Mortes v. mort. 

Mortenment v. mort. 

Mortification v. mort. 

Mortifier v. mort. 

Morz V. mort. 

Mos v< mot. 

Moselle, monsche, monske, -monsque, 
mouche; de là moschet, mouaket, 
monské, émouchet {à cause des points 
qui couvrent la poitrine de cet oi- 
seau) ; moBchete, moiisolLete,mon8kete, 
Imâ. muscheta, espèce de trait lancé 
par les machines de guerre ; espèce 
d'arbalète ; notre mousquet, G. Gniart 
II, 333 emploie monehe dans le 
même sens que moschete, A mosche 
se rapporte encore notre mouckeier, 
Guyet avait déjà pensé à la déri- 
vation indiquée ici, Ménage Ta- 
dopta, puis la rejeta à tort. 

Moschet, moschete v. mosche. 

Mostier v. *monstier. 

Mostrance v. mostrer. 

Mostrement v. mostrer. 

Mpstrer, mostrer, monstrer, monatrer 
I, 105. 125. 143. 177, montrer, in- 
diquer, faire voir, enseigner, ap- 
prendre; de monstrare, avec syn- 
cope du n, rétabli plus tardj subst. 
mostre, plus tard monstre, appa- 
rence, exposition ; de là mostrement, 
montre, remontrance, preuve; du 
part, présent mostrance I, 288, dé- 
monstration, action de montrer, re- 
montrance ; comp. demostrer, de- 
mnstrer I, 53. II, 123. 147, montrer, 
démontrer, désigner, représenter, 
enseigner; demostrement I, 191, 
preuve, démonstration, présentation, 
manifestation; demoetrance, demos- 
trance, demonstranche I, 237.~ II, 
137. 319, représentation, démon- 
stration, indication, exhibition. 
Mot (mos, moz I, 82), mot; de mutire, 
muttire^ d'où le Imâ. muttum; mtût 



MOT 257 MOV 

(te prise II, 78, son, accord; ne Pour les autres significations, Tori^ 
parler mot II, 217; ne saner mot gine allemande satisfait mieux à 
I, 118; ne tinter mot II, 860; mot Tidée primitive. 
à ou et mot, avec tous les détails, Motir v. mot. 
sans omettre une seule circonstance; IToton v. moltou. 
de là motir, déclarer, avertir, in- Mou v. mol. 
diquer, spécifier. MonUier, mouiller v. mol. 

Mote II, 251. 385, tertre, colline, Monllier, femme v. moilier. 
château bâti sur une éminence — Moult v. mult. 
levée, digue, — motte» Avant de Moure v. more, 
rechercher Torigine de ce mot, il Mouxier v. more, 
est bon d'indiquer les significations Mourre, moudre v. moldre. 
qu'il a aujourd'hui dans les diverses Mourre, museau, grouin; prov. mor, ' 
langues: ital. motta, terre éboulée morr, morre; esp. morro, tout corps 
par suite des pluies, etc. ; esp., port. rond, rocher, caillou arrondi; bouche 
mota., levée de terre; esp. mota, proéminente,significationquefi«ourre 
petit noeud qui reste au drap ; franc. a conservée en Franche - Comté. 
. moderne motte, petit morceau de Ces mots sont sans doute d'origine 
terre, bute, petite masse faite avec basque: murua, colline, tas, mtir- 
le tan. Larramendi dér. Tesp. mota^ rutu^ accumuler, entasser, d'où l'esp. 
noeud, du basque mofea, petit bou- moron, colline. Cfr. Moron, nom 
ton ; mais on trouve aussi moet= propre de ville , qui vient de la 
mot, dans le hollandais, signifiant même source, W. v. Humboldt, uber 
petite élévation, tache, faute, qui, die Urb. H. p. 49. 
avec le bavarois mott, terre mare- Moun v. mors IL 
cageuse amoncelée, hollandais mot, Mousche v. mosche. 
débris de tourbe, et le néerlandais Monske, mousket, monskete v. mosche. 
mîte, miijt, tas, amas, digue, sem- Mouster y. monstier. 
blent nous reporter à une origine Mouitrer y. mostrer. 
allemande. L'écossais et l'irlandais Moût v. mult. 
mota, mont, montagne, sont des Mouteplier v. mult. 
mots empruntés; les formes menit. Mouton v. molton. 
miytttc{(f, menés sont les autochthones Mouver v. movoir. 
pour mont. On trouve dans le Imâ. MovaUe v. movoir. 
meta, mita^ mota, et, en présence Movoir, moyer v. movoir. 
des significations indiquées, l'on Moyement v. movoir. 
est en droit de se poser la question : Movir v. movoir. 
Nefant-il pas reconnaître une double Moyoir, mouvoir, mover) moyeir, mou- 
origine à mote dans ses différentes ver, moyir, mueyre II, 30 et suiv., 
acceptions?- Mote, tertre, château mouvoir, agiter, remuer, ébranler, 
fort bâti sur une éminence, se rap- lever, commencer, se mettre eu 
porte toujours, comme on peut s'en mouvement, en marche (pour com- 
convaincre en voyageant dans* nos battre); venir, prendre naissance, 
provinces, à une hauteur en cône causer, exciter; être mouvant; re- 
isoléo. Ne pourrait-on pas admettre, lever ; de là movement 1, 101, mouve- 
en ce cas, mota-=zmeta, avec apla- ment, impulsion; adj. moyable, mo- 
tissement fort commun de l'ê en o? bile, mouvable; du part. Imâ. m^ivUa 
Burgtty, langue d'oïl , Glosialre. 1 7 



MOX 258 MUL 

. (movitas) dér. mnete, meute, sou- mnes I, 90, qui a passé la mae; 
lèvetnent, levée pour la guerre, muement et mnanœ I, 170. II, 47, 
entreprise militaire, sédition, mente changement, mutation; rnnaMe II, 
(cfr. émeute d'esmovoir) là' oh muHn, 274, changeant; muiabilis; comp. 
mutiner, dans lesquels Vu repré- mmuer I, 56. 169. 287, remoer, 
sente une contraction de ue, eu; — changer, bouger, éloigner, tour- 
comp. removoir II, 33; commoroir menter; se remuer II, 32, 6*élo%ner, 
II, 33, commotion II, 127, commo- changer de sentiment, ranonodr à 
tion, agitation; commoHo; enmoTOir qqch., reculer; à romniera I, 292, 
II, 33 aussi simplement avec le sens de rechange (mutatorius); fMN* ro- 
de emovoir II, 165; emovoir II, mniers, tour à tour, réciproquement 
33, d'où eimovoment, agitation, re- Mnote v. movoir. 
muement; promovoir, promouvoir; Mneyre v. movoir. 
fromotere. Comme Ta fort bien Mnoi, qui a passé la mue, v. inoer. 
dit Ménage, notre trémousser est ICnti, mieux y. mialdres. 
un verbe formé du participe trans^ Mni pron. pos. pi. s. m , v. mes -in. 
motus de transmwere, propr. trans- Uni r. I, 235, mnis s. I, 51, moi, muid ; 
motiare; la particule indique la de modius, 
grandeur, Texcès, comme dans Hnier v. muer, 
tressaillir. Mnies v. muer. 

MokII, 268 contraction de mois, v. mol. Koile v. mule. 

Moyen v. meie I. MniUer v. moi. 

IToyennenr v. meie L Mnillier v. moilier. 

Mos V. mot. Mnillon v. mule. 

ITnable v. muer. Mnia v. mui. 

Mnanoe v. muer. MniMurt t. musel. 

Ifnoe T. mucer. Mnl I, 71. 177, et, avec changement 

Xnoeement v. mucer. de la liquide, mnr, mnlet; mmhm; 

Kaoer, muder, muéhior, moseor, mmoier mule I, 315, mule; mula. 

Q. L. d. R. 338, mniser, mnanor I, Mnk y. mul. 

167. II, 27. 177. 365, cacher; mnoe, ]fnlgerQ.L.d.R. 1,66, traire ;Mi^yere. 

mnche, cache, cachette, lieu secret; MnUor v. moilier. 

mnceement, en cachette, seorète- Mnlon v. moie. 

ment; vallon muchi. Racine Tahal. Mvlt, mdt, mont, mnt, moult pron. I, 

muijan, doloseagere? Cfr. Grand- 181, adv. H, 308. 9; mnlt^plier, 

gagnage s. v. muchî. mnlteplior, moatoplior, SAlteptaier, 

Mnche v. mucer. mnltopleior I, 293, aagmenter, pro- 

Mnehior v. mucer. pager, multiplier; di, pHer; d*où 

Mnder v. mucer. mnltq^liementll, 111, augmentation, 

Mnoli V. mialdres. multiplication; — mnltitodÙM H, 60, 

Mnement v. muer. multitude; multitudo (mnhitttdin). 

MttorI, 66. 220. II, 33. 48, changer, Mnlte, amende; muUa; mnHor, eon- 

transformer, transporter, déplacer; damner à Tamende, la faire payer, 

muer; de mutare; ne pooir muer MultepHer v. mult 

fte, ne pouvoir ne pas; ne pooir Multor v. multe. 

muer que ne, ib.; mue, lieu de re- Mtiltipliement v. mult. 

traite, prison, cage ; muier et muiez, Multiplier v. mult. 



MUL 



259 



MUZ 



Multitndine v. mult. 

Mnltnii y. molton. 

Mois 8. s. et p. r. de mult I, 181. 

Hun pron. pos. rég. s., v. mes III. 

XiiB (le) mien, identique avec mon, 
mon, V. mes III. et mien. 

Mnnd v. monde II. 

Mimdaixi v. monde II. 

ttmàBf par v. monde I. 

Mond*, monde V. monde II. 

Mimd«r v. monde I. 

Mnnt, monde v. monde II. 

Mnnt) mont v. mont. 

Mnnte, mnntee v. mont. 

Viinter y. mont. 

Mims, monde v. monde II. 

Muni, mont y. mont. 

Mur, mor I, 66. FI. et BL 454, mur, 
muraille; munis; mnrail, mnranz, 
muraille, murs. 

Mvr, mulet y. mul. 

Xvrail y. mur. 

Mnrani y. mur. 

lEitrdre y. mordre. 

Xnrdxir v. mordre. 

KnrâriBfar v. mordre. 

Knre, mnire, saumure; demuria; qui 
s^est conservé comme terme tech- 
nique, puis dans le comp. saumure^ 
de soi et mtirûi, cfr. aXfivçtç^ et 
dans plusieurs patois, où il désigne 
cette eaue épaissie qui se trouve 
dans les ruisseaux ou le découle* 
ment des ftimiers. 

Muriaat y. mort. 

Mûrir, mixrir y. mort. 

Mvrmimmflat y. murmurer. 

Mumnuwr I, 82. II, 199, murmurer, 
marmotter, gronder, se plaindre; 
murmuriwe ; d*on mumuremait, mur- 
mure, plainte, bruit qui court et 
qui se dit à Poreille; mormuoi, 
grondeur, querelleur. 

Mnrmurot v. murmurer. 

ITiini Y. mors II. 

Murtr» Y. mordre. 

Kniagt Y. musel. 



Musarder, musarderie v. musel. 

Musardie y. musel. 

Muiart Y. musel. 

Muscer v. mucer. 

Muse Y. musel. 

Maseans v. musel. 

Musel, muieausi musiaus, face, figure, 
.museau. Les provençaux disaient 
mus et mursel, mursol, Rayn. L. R. 
IV, 294. Ces dernières formes 
prouvent que dans nos mots il y 
a eu syncope du r; ainsi le simple 
prov. et franc, serait murs, qui 
peut se rapporter à morsus, ce avec 
quoi on mord, ce qui mord. V^rbe 
mnaer II, 284. 379, regarder fixe- 
ment comme un sot, attendre vaine- 
ment, s'amuser à des bagatelles; 
comp. amuser, retarder, amuser. 
De là muse, vaine attente, niaiserie, 
retard; d'où musage, Yaine attente, 
retard, lenteur, inaction, oisiveté, 
sottise; — nmsart, muisart II, 247. 
385, fainéant, paresseux, lâche, sot, 
nigaud ; d'où musardie, paresse, fai- 
néantise, sottise, imbécillité; mu- 
sarder, s'amuser à des bagatelles, 
fainéantiser, dont l'on fit musarderie 

I, 178. II, 350, paresse, fainéan- 
tise, sottise, libertinage. 

Muser y, museL 

Mtisgiiet, muguet; prov. mugue; de 
muscus, musc, parfum; nois mus^ 
guette, muscade ; de là notre muguet^ 
homme parfumé. 

Munani y. musel. 

Musser, musiier v. mucer. 

Muster v. monstier. 

Mnstier v. monstier. 

Mnstrer v. mostrer. 

Mut, mu, s. s. et p. r. mtii, mua I, 297. 

II, 17. 76. 160, muet; mulus; la 
forme actuelle est proprem. un 
diminutif mutelus. 

Mut pron., adv. v. mult. 
Muton, mutun v. molton. 
Mnz s. s. et p. r. de mult I, 181. 

17* 



NAC 



2G0 



NAR 



Kacaire, naquaire, naquere, instrument KaiManœ v. naistre. 
(Je percussion scmisphérlque , que HaiMemfint y. naistre. 
nous appelons timbales; prov. ne- Haistrey neiatn, naître (naître, naeere. 



cari. Notre nacre , ital. nàcchera, 
esp. nacara, nacar, est le même 
mot; il a une origine orientale, 
nakàra, chez les Kourdes, naearieh 
dans d'autres provinces. Cfr. DC 
Diss. sur JoinvilJe. M Chevalet 
dérive nacre de l'allemand snecco, 
anj. schnecke, dont le correspon- 
dant anglais est sttai/, tnag, et 
non pas naker, soit dit en passant; 
•puis il ajoute: ^II n*est pas éton- 
nant que la langue germanique nous 
ait fourni le mot nacre ^ puisque 
nous lui devons également celui de 
perle,'^ V. ci-dessous perle. C'est 
là un des plus beaux tours de force 
de M. Chevalet: s disparaît au lieu 
de se renforcer par e préposé, o 
final devient a on e, on ajoute r, 
puis enfin la terminaison a, e en 
italien, en espagnol et en français. 
La permutation n'est pas pins dif- 
ficile que cela. 

HMhe V. nage. 

Hafrer, nafflrer, navrer I, 197. 313. 



nazre) II, 183 et suiv., naître; d*où 
nainement , neiMemeot , naissance ; 
venir à naissement I, 394, Battre; 

— naisoanee, nalmaee, naiiwmei I, 
83. 355, naissance; noêcentia; — 
comp. du part, passé de nmUêrt: 
anneit, ainsneit, einmed, a. a. et p. r. 
ainmea, ainanei, aîné II, 273. 3; 
mainineit, moeninet, miénanrt n, 
273; — naSf, f. nuTe, natif, na- 
turel, brut; sot, simple ; nnfimu; — 
naîtet I, 271, lieu de naissance, 
pays natal; natlTiteit I, 101, nati- 
vité; naiitilas; — naseien, nation, 
naissance, origine, nation; nmtio; 
natal, jour solennel; prov. nadal, 
Noël, de natalis^ d*on également 
la forme Hoël, ainsi ponr iVoel, par 
euphonie ; cfr. Ménage s. v. Nonël ; 

— nature II, 165, nature, penchant, 
habitude, caractère, espèce, aorte; 
natura; natnral, natuel I, 394, 
naturel, conforme à Tordre, qni est 
dans la nature, propre, légitime, 
direct, vrai, véritable; nmturmhs; 
natnrelmeat, naturellement. 



n, 244. 353, percer, blesser, navrer ; 

de Tahal. nabager, nabiger, anglo- Haïtet v. naistre. 

saxon nefegar (gar=:ger, speer), HaSve v. naistre. 

allmod. nàber, perçoir; part. empl. Ham, naa, gage, meuble; Imâ. 



subst. nafret, navrait II, 142, na- 
vrât I, 181, blessé; de là navrenre, 
blessure. 

Kafret v. nafrer. 

Hage, naehe, fesse ; Imâ. natica, de natis. 

Hage, nager v. neif. 

Hagier v. neif. 

Vaie V. non. 

Kaieni v. néant. 

Haïf V. naistre. 



tnitim, nammium; de là aaaiir; de 
l'ancien norois nâm, oocopatio, ap- 
prehensio ; danois imun^ eomitfoâani, 
possessio; allmâ. nâm, praeda; de 
nimoft, prendre, recevoir. Cfr esp. 
prenda, gage, deprender, prendre. 

Namporoc II, 386 et glos. o. 

Hamporqnant v. qnant I. et II, 385. 

Kan V. nam. 

Nanal v. non. 



Haia I, 135, nain; nanu$; prov. uan, Kape 1,329. 11,339, nappe; de mappm, 

ital. nano. avec changement de m en ». 

Haiaeanee v. naistre. Kargner, moquer, mépriser; Imâ. nari- 



NAR 



261 



NEI 



care, de tiares; subst. nargue, dé- 
rision, moquerie, mépris; dér. nar- 
quois, fourbe, trompeur; et argot, 
langage des gueux. Cfr. clerquois, 
langage des savants, le latin. 

Karquoif t. narguer. 

Haseion v. naistre. 

Hascre v. naistre. 

Hastre v. naistre. 

Hat y. net. 

Hatal V. naistre. 

Hâte, natte; de maita, arec change- 
ment de m en n. 

Hateët ▼. net. 

Hateït y. net. ' 

Nation v. naistre. 

Hatiriteit y. naistre. 

Hatnral v. naistre. 

Nature, naturel v. naistre. 

Kaveiz v. neif. 

Havie v. neif. 

Kavile v. neif. 

Havilie v. neif. 

Haville v. neif. 

Havirie v. neif. 

Havreit v. nafrer. 

Navrer v. nafrer. 

Navret v. nafrer. 

Kavreure y. nafrer. 

Naxre v. naistre. 

Ke V. non. 

Néant, neiant, neent, nent, niant, nient, 
noiant, noians, naienz II, 334; de 
là vb. comp. anaientar, anientor, 
anoianter, etc., anéantir, rendre nul, 
réduire au néant, à rien. 

Neeesiaire, neoMsere', nécessaire, in- 
dispensable; necessarius; neeeiiitèit, 
neeenitedl, 2 15, nécessité ; necestikiâ. 

Neoessere v. nécessaire. 

Neeetiited, naeeiiiteit v. nécessaire. 

Neel y. niel. 

Neéler v. niel. 

Neelure v. niel. 

Neent v. néant. 

Nef y. neif. 

Neger y. neif. 



Négligence v. négligent. 

Négligent, négligent, indifférent; ne* 
gligenoe II, 176, négligence, indiffé- 
rence; negligens, negligentia. 

Négoce, negosce I, 183, affaire j né- 
goce; prov. negoci, negossi, esp., 
port, negocio, ital. uegozio; de 
negotium, 

Negun y. uns et I, 182. 

Neiant v. néant. 

Neier, noyer v. noier. 

Neier, nier y. non. 

Neif, nef, s. s. et p. r. neis, net I, S5. 
89. 134, nef, navire, vaisseau ; qu'on 
trouve ensuite, au XVIe siècle sur- 
tout, sous la forme nauf, nam, 
comme en prov.; de navis; navie, 
naveiz I, 336. Il, 283, flotte; navia; 
aider qqn. par terre et par navie 
I, 399; navile, nayille, navilie, nar 
yirie I, 254. II, 53, navire, flotte 
de guerre ou marchande, équipe- 
ment d'une flotte ; de natilis, formé 
de navis; nagier, nager, neger, 
naviguer , conduire un vaisseau, 
ramer, passer dans un bateau ; ««- 
vigare; subst nage, navigation; à 
nage, en naviguant, en navire, en 
bateau; cfr. noer, qu'on employait 
pour notre nager; noton I, 367, 
nocher, marin ; dér. de nauia. Quant 
à notre mot nocher, prov. naucler, 
nauchier, esp. nauclero, autrefois 
naochero, ital. nocchiere, que Mé- 
nage dér. faussement de nattcù' 
rius, il vient, comme l'indique 
Raynouard, de nauclerus {yaùxlti" 
Qoç)i qui se trouve dans Flaute 
Mgl. 4, 3. 16. 

Neif, neige v. noif. ' 

Neige v. noif. 

Neir, neirement v. noir. 

Neifl, navire y. neif. 

Neia, nés, nis adv. II, 309; — nés 
que conj. II, 385; — nesun, nisui 
pron. I, 181. 2. 

Neissance v. naistre. 



NEI 



262 



NOB 



NeiMement y. naistre. 

Veiftre t. naistre. 

Hekedent conj. II, 385. 

Vél, ne le I, 134. 

Vdni Y. nnl. 

Kmk y. non. 

Henal y. non. 

Nenil y. non. 

Hent y. néant. 

Heporhaee II, 386 et glos. o. 

Neporoo II, 386 et glos. o. 

Heporqnant y. quant I., et II, 385. 

Vepnroc n, 386 et glos. o. 

He^edent conj. II, 385. 

Ner y. noir. 

Herdr y. noir. 

Horf, s. s. et p. r. nersll, 342, nerf; 
nerttu. 

Hen y. nerf. 

Hm, ne les I, 134. 

Hm ady. y. neis. 

Hm, nei I, 86. 194, nez; nasus; de 
là yb. comp. esnaser, couper le nez. 

Vm, nayire y. neif. 

Haitre y. naistre. 

Heran y. neis' et I, 181. 

Het, nat, f. nete, nette, i^et, propre, 
pnr ; de nitidus ; nattôt, nateët, net- 
teît n, 387, pureté, propreté, net- 
teté; de niliditOM. 

ITete, nette y. net. 

Heu, ne le I, 184. 

Ifeu, noeud y. nod. 

Hend y. nief. 

Heide , nienle II, 394, brouillard épais, 
yapeur, brume, nuée; nebula. 

HenTiime y. nnef II. 

Heren y. nief. 

Hevod, nevo v. nief. 

Newyme v. uuef II. 

KgenoiUer aphérèse pour engenoiiler 
ou angenoiller s. y. genol. 

Hi ïrist. II, 105 1. pers. s. prés. ind. 
de nier. 

M y. non. 

Kiant y. néant. 

Hioe y. scient. 



Hieeté y. scient. 

Hiehe y. scient. 

Hichier y. nigier. 

Hief , neige y. noif. 

Hief, nies, nies I, 86, neyeu; proy. 
neps, nebs; de nepos; neivod, aero, 
neTeo, nend I, 136. II, 108, neyeu; 
du rad. nepot, proy. nebot, ital. 
nepote; cfr. Mén. s. y. neyea. 

Hiel, neel, noel, nielle, émulle, Imâ. 
nigeUum; ci neel, niellé; nîelMr, 
neelar, notieir, noéler I, 212, nieller, 
peindre en noir sur For et sur Tar- 
gent, émailler, ciseler, Imâ. nigel- 
lare; du latin nigellus (niger); de 
là nielnre, neelure II, 230, nieUore, 
émaillure. Nielle, plante et mala- 
die des grains, a la même origine- 
y. Ménage. 

Kieler v. niel. 

Kielore y. niel. 

Nient y. néant. 

Kier y. noier. 

Nies, niei y. nief. 

Kieule y. neule. 

Niger y. nigier. 

Nigier, niger, nichier, nicher; de 
nidificare. 

Nia y. neis. 

Nisun V. neis et I, 181. 

No y. non. 

No, ne le I, 135. 

No, noeud y. nod. 

No, nous, notre y. nos. 

Noals, noaus, noani, nnali II , 370, 
pire, moins; nueillos, manyais, mi- 
sérable, nuisible; de nugatis, 

Noaiu, noani y. noals. 

Nobile, noble II, 106, noble, illostre, 
distingué, renommé; f»o6t/ts,* nobila- 
ment, noblement I, 406, noblement, 
ayec distinction; nobilitet, nobiUte, 
noblete II, 230, noblesse, grandeur : 
nobilitas; noblece, noUeche II, 161. 
306, chose qui conyient à un homme 
noble, distinction, grandeur, magni- 
ficence; nobiliter, anoblir; nM- 



NOB 



263 



NOI 



litare; nobUer, nobloier, briller, 
éclater. 

Nobilement v. nobile. 

Nobilite, nobilitet v. uobile. 

Kobiliter t. nobile. 

Noble V. nobile. 

Noblece» noUecbe t. nobile. 

Noblement v. nobile. 

NoUete v. nobile. 

Noblier v. nobile. 

NoUoier v. nobile. 

Noçaillee y. noces. 

Noodement v. noces. 

Nooeier y. noces. 

Noees, noohes» nueches II, 312. R. d. 
1. V. 306, noces; nupiiae; vb. no- 
ceier, noder, nojoier, nochoier II, 
162, épouser, se marier, célébrer 
des noces; propr. nupliare, dans 
TertuU. nuptare; noçailles, noces; 
propr. nuptialia : noceiement, noces. 

Nocher v. neif. 

Noches V. noces. 

Nochoier v. noces. 

Nocier v. noces. 

Noçoier v. noces. 

Noctnmal y. nuit. 

Nootnrneil, noctnmeis v. nuit. 

Nod, no, nii| nen P. d. B. v. 2260, 
noeud; nodus; noer, nner, nouer, 
attacher par des noeuds; nodare. 

Noe V. nuit. 

Noef V. nuef II. 

Nœl (fête de) v. naistre. 

Noël V. niel. 

Noeler, nodeir y. niel. 

Noëlle y. nois. 

Noer, nouer v. nod. 

Noer II, 2ÔÔ, nager; de nature, avec 
affaiblissement de Va en o ; y. nager, 
qui 8^ employait dans un autre sens; 
cpmp. treinoer O. d. D. 8091 tra- 
verser à la nage; transnatare. 

Noevime v. nuef II. 

Nof V. nuef II. 

Noflme y. nuef II. 

Nofine V. nuef II. 



Noi V. nus. 

Noial V. nois. 

Noians, noiant v. néant. 

Noid, noielé v. nois. 

NoÎAnt V. néant. 

Ndor, nier ▼. non. 

Nder, nder, nior I, 308. 388. II, 276, 
noyer, se noyer; prov. negar; de 
necare; cfr. Mén. noier et noyer. 

Ndf, neif, nief I, 62. II, 226. 348, 
neige; de nix (nivis); prov. neu, 
nieu; neige, de uiveas,, nivea. 

Noir, noire, neir, nor II, 121. 213, 
noir, sombre, obscur; niger; adv. 
noirement, ndroment II, 147, noire- 
ment, méchamment; noiroir, nerdr 
II, 121. 362, noircir, devenir noir; 
nigrescere; prov. negrezir, esp. 
negrecer. 

Noircir v. noir. 

Noire y. nuire. 

Noirement y. noir. 

Neif, noix; nux; noial, noiel, naeil, 
nnal 1, 62, bouton, noeud, ce qui 
sert à attacher; notre noyau; de 
nucalis ; prov. nogalh , cerneau ; 
nddé, noellé, nueillos, noueux, plein 
de noeuds. 

Noisable v. nuire. 

Noisance v. nuire. 

Noise, nose I, 75. 193, noise, querelle, 
dispute, bruit; prov. nausa, anc. 
esp. nosa, noxa; selon Scaliger, 
Ménage, lUyn. L. R. IV, 329 de 
noxa, noxia, mais la forme pro- 
vençale demande au, et cela nous 
reporte à nausea, dégoût, malaise, 
d'où mauvaise humeur ; de là noiier, 
noter, noider, noder II, 2ôO, avoir 
noise, contester, quereller, faire du 
bruit; inf. empl. subst. I, 396; adj. 
noifos, nolMU, querelleur; prov. 
nauzos. 

Noîaonent v. nuire. 

Noiser, noider y. noise. 

Noisenz, noiaos v. noise. 

Noidr v. nuire. 



NOI 264 NOR 

Noit V. nuit. rendit I, 307, perfide, traître, re- 

Nolni V. nul. négat; propr. ad), empl. souvent sbst. 

Nom, nmn, noini, nonne, nna, s. s. et Non, noni, nom v. nom. 

p. r. nom, nnma I, 78. 50, nom; Nonante t. nuef II. 

Homen; avoir nom, avoir à nom, Nonbre, nonbrer ▼. nombre, 

avoir nom; nomer, nommer » nnmer, Nonœr, noncier, nonchier, noneer, »ui- 

nonmer I, 57, nommer, appeler, dé- der, nnmer I, 71. 134. 190. 283, 

signer; nominare;'de là nommée- annoncer, faire savoir, apprendre, 

ment, nnmmeement II, 338, nommé- indiquer, marquer; de nuneiare; 

ment, en particulier; nommée, dé- nontiation I, 106, annonciation, non- 

nombrement, déclaration faite au veile; comp. annonder, annnneier, 

seigneur dominant de tons les fiefs, anonoeir I, 196. Il, 58, annoncer^ 

droits et héritages, qu*on reconnaît rapporter; annuniiare; de là naeiH 

tenir de lui; comp. renom, renom, tion, annntion II, 184. 196, annon- 

réputation; renommée, rennmee I, ciation, pour le latin annunciatio; 

166. 368, renommée, récit; prov. renoncer, rapporter, annoncer; re- 

renomada, ital. rinomata ; renomer, noneer ; renunciare ; prononeeir, pio- 

rennmer I, 386, renommer, célé- nonoier, pronontierl, 239, annoncer 

brer, réputer; somom, senmom, inr- d'avance, prédire, prononcer, dé- 

nnm, surnom cider, blâmer. 

Nombre, nonbre, nnmbre 1,73, nombre; Nonchaloîr v. chaloir, 

dénombrement ; tas, amas de choses Nonchier v. noneer. 

de même espèce; nwnerus; nombrer, Nonder v. noneer. 

nonbrer, nnmbrer I, 72. 178, compter, None, la 9e heure du jour, v. nnef II. 

énumérer; numerare; comp. anom- None, nonne v. nonne. 

brer, annmbrer I, 81, énumérer, faire Nonfd v. foit. 

le dénombrement, passer en revue. Nonnain v. nonne. 

Nombrer v. nombre. Nonne, la 9e heure du jour, v. nuef II. 

Nomer, nommer v. nom. Nonne, none, nonne, religieuse, et 

Hommee, nommeement v. nom. nonnain, d'abord forme de régime, 

Nomporoc II, 386 et glos. o. mais qui s'employa de très -bonne 

Non, nnn, nu, no — nen — naie II, heure comme sujet; de nonna (non- 

123 — nenil, nenal, nanal — ne — nus), expression de respect. V. DC. 

ni n, 332 et suiv. ; ne qne conj. II, s. v. nonnus et Mén. s. v. nonnain. 

385 — noier, nder, nier I, 210. 400. Nonporhnec II , 386 et glos. o. 

II, 3, naier Romv. 570, 30, nier, Nonporquant v. quant et II, 385. 

contester, refuser; fif^iare; Informe Nonportant v. tant et II, 385. 

naier est sans doute due à Tm- Nonpmec II, 386 et glos. o. 

fluence de naie; comp. denoier, de- Nonqnes v. onkes et II, 311. 

neier II, 51, dénier, refuser, assurer Nonsachance v. savoir, 

le contraire, renier; denegare; re- Nontachant v. savoir. 

noier, render I, 226, nier, renier, Nonsavoir v. savoir, 

désavouer, renoncer ; part. pas. empl. Nontiation v. noneer. 

subst. renoié, rende I, lôô, renégat. Nord, nort, north I, 252. II, 365, nord ; 

perfide, sans foi; de là renoiement, de l'anglo-saxon nordh, anglais 

rendement, action de renier, per- nor/A, island. norcf, ib. ; cfr. Schwenk 

fidie, trahison; renoit, renois 1,161, D.W. Nord;iior</-i?s/lI.252. Cfr. est. 



NOR 



265 



NOZ 



Nore, bru; de ntira, féminin formé 
de nurus. 

Noretare v. norir. 

Noriçon V. norir. 

Norir, norrir, nvrir I, 226, etc., noarrir, 
alimenter, entretenir da nécessaire, 
élever ; nuf rire; norrit, nnrrit, nourri, 
s. s. et p. r. norris, norrii, nnrris 
Jli 371, familier, courtisan, do- 
mestique; nutritus; nori^, nor- 
riçon, nourriture, éducation, in- 
struction; nutritio pour ittffricaf io; 
norrissement, nourriture, aliment; 
noriture, norriture, norretnro II, 228, 
nourriture, bétail qu*on nourrit et 
élève; maison, famille, éducation. 
Notre mot nourrain est pour noiir- 
rin ,^ prov. noirim , de nutrimen. 

Iforitore v. norir. 

Norois, norvégien; fier, hautain, or- 
gueilleux, par extension, idée prise 
du caractère des peuples du Nord ; 
de Norvegr, Norvège. 

Norretnre v. norir. 

Norriçon v. norir. 

Norrir v. norir. 

Norris, norrit, norris v. norir. 

NorrisMment v. norir. 

Norriture v. norir. 

Nort, north v. nord. 

Nos I, 136, ne vous. 

Nos, nus, nous s et r. , en Picardie 
s. no noi, non, r. nos, nous, pron. 
pers. 1. pers. plur. m. et f. I, 121. 
125, nous; nos; ital. noi; nostre 
I, 141 pron. pos. 1. pers. m. et f , 
notre, nos; avec l'article le nôtre, 
les nôtres; noster, nostra; on apo- 
copa d*abord ce pronom en nott 
(cfr. II, 405 Yostre), puis en nos^ 
et dans les dialectes bourguignon 
et normand où Is était représenté 
par », on en fit autant pour le st, 
afin d'indiquer la suppression du /, 
et non pas seulement, comme je 
le dis I, 125, afin d'avoir un moyen 
de distinction entre nos, nous et 



noi, notre. La Picardie ne con- 
naissant pas cet usage du s, écri- 
vit avec S'y mais, par contre, elle 
distingua le s. s. et p. r. m. qui 
faisaient nos, d^où nous^ du s. r. 
et p. s. m. qui faisaient no, d'où 
nou. Le sing. s. f. avait nos et no. 
Noi, nos, etc., avaient le même 
sens que nostre, et ils prenaient 
l'article, v. I, 141. La forme pi- 
carde nos est celle que nous avons 
admise dans la langue fixée. 

Noiohe, nuGhe, nodhe, nonohe, boucle, 
fermoir, bracelet; Imâ. nusca; de 
l'ahal. nusca ^ boucle, d'où nuskil^ 
ib., allmâ. nuschel, allmod. nusch. 

Noie V. noise. 

Noier, noner v. noise. 

Noitre y. nos. 

Note II, 280, note, marque ; air, chant ; 
nota; noteir, noter I, 160, noter, 
dénoter, indiquer, remarquer, re- 
garder, faire des observations; 
chanter, fredonner; notare. 

Noteir, noter v. note. 

Noton V. neif. 

Non I, 135, ne le. 

Non V. nos. 

Nonmer v. nom. 

Nonn, noune v. nom. 

Nonrrain v. norir. 

Nourri V. norir. 

Nous V. nos. 

Novain v. nuef II. 

Noveal v. nuef I. 

Noyel, novele v. nuef I. 

Novéler v. nuef I. 

Novélerie v. nuef I. 

Novelier v. nuef I. 

Noveliteit v. nuef I. 

Noveme v. nùef II. 

Novice V. nuef I. 

Noriél V. nuef I. 

Noviex V. nuef I. 

NoTime v. nuef IL 

NoTÎae V. nuef I. 

Nos T. nos. 



NU 



266 



NUI 



Un, dépouillé v. niid. 

"Su, noeud t. nod. 

Kn y. non. 

Nu I, 135, ne le. 

Nnal ▼. nois. 

Hiudi y. noals. 

Nnd, nu I, 346. II, 256. 371, nu, 

dépouillé; simple, sans expérience; 

de nudus; denner, demner II, 139. 

371, dénuder, dépouiller, dépour- 

voir, mettre à nu, dénuer; emner 

II, 228, dépouiller. 
Kne I, 50, nue; nubes; airabli I, 354, 

couvert de nuages, sombre; dér. 

de nubilus; de nue vient tiiier, 

d*oii nuance. 
Mueches v. noces. 

I. Nnef, s. s. et p. r. unes, neuf, nou- 
veau, qui n*a point encore servi; 
nmous; noyjse, noviee II, 319, no- 
vice; novicius; novel, noviel, noveal, 
novÎMc, nnrel I, 62. 100. 184, neuf, 
nouveau ; novellus ; de novel I, 233, 
de nouveau; novele, nuvele I, 48. 
50. 184, nouvelle, bruit, rumeur; 
novella; novelerie, guerre, querelle; 
noveliteit I, 272, nouveauté; inno- 
vation; troable dans la possession 
de qqch. ; norellUas; noveler, no- 
velier, nuveler, entendre ou ap- 
prendre des nouvelles, raconter; 
changer, aimer le changement ; no- 
vellare; comp. renoveler, rennveler 
I, 350. 289, renouveler, recommen- 
cer, rajeunir; avertir, faire part de 
qqch.; novélier, noveler, nouveau, 
qui respire la nouveauté; inexpéri- 
menté, timide; propr. novellarius, 

II. Knef, nof, noef I, 108. 109, neuf; 
novem; noveme, nnevime, nœyime, 
nnevisme, nenvitme, xtnefnie, nofine, 
nofime, newyme, novime, ntieme I, 
115, neuvième; avec la terminaison 
ime, calquée sur septime, etc.; 
novain I, 116, neuvième. — Noue, 
nonne I, 119, la 9e heure du jour 
dans les cloîtres, ainsi trois heures 



après-midi, à prendre le lever du 
soleil à six heures de matin; de 
nona. None signifiait aussi région, 
peut-être servait -il à désigner le 
couchant. Ce mot s'est conservé 
dans plusieurs patois, p. ex. en 
Franche-Comté noûne^ avec le sens 
de rheure du goûter, le goûter 
même, d'où le verbe noùner, — 
Nonaate 1, 109, nouante; nonagimia. 

Mnefine v. nuef II. 

Kneil v. nois. 

HveilkM, mauvais v» noals. 

Nneillos, nonenx v. nois. 

Nnemo v. nuef II. 

Nner, nouer v. nod. 

Kner v. nue. 

Knes s. s. et p r. de nuef I. 

Nnevime, nneviime v. nnef II. 

Nuire, mat, nniiir, nokir, noîve II, 
251-2, nuire, dommager, préjudi- 
cier; prov. nozer, ital. nnocere, anc. 
esp. nocir; de là noiatmant, mdM- 
ment II, 86, tort, préjudice , dom- 
mage, perte ; amende pour ie dom- 
mage qu'on a fait; nviieor, nniitiir, 
qui nuit, ennemi, adversaire; md- 
sable, noisable, nuisible ; — attMWine, 
nnisance II, 239, disposition à noire, 
action de nuire, préjudice; de «•- 
centia; — innoeent I, 262, inno- 
cent; innocens; innooAnee I, 89, 
innocence; innocentia, 

NnÎB v. nuit. 

Nniflable v. nuire. 

Nuisance v. nuire. 

Nnisement v. nuire. 

Nniseor, nnisenr v. noire. 

Nnisir v. nuire. 

Nnit, noit, s. s. et p. r. nnii, nnt I, 
83. 290, forme des bas temps noe, 
nuit; veille, le jour qui précède une 
fête : le couchant ; prov. noit, noich, 
esp. noche, ital. notte, port, noite; 
nox, noctis; meie nuit, mie nuit I, 
118. 120, minuit; adv. comp. amût, 
aannit, ennnit II, 297; anqnoiiiit, 



NUI 



267 



OBL 



enqnennit n, 297 ; vb. nnitor, nuitier, 
presque toujours sous la forme de 
composé anuiter, anuitier II, 27B, 
anuiter, faire nuit; ital. nottare, 
annottare, prov. anuchir; inf., et 
part. prés, annitant I, 119, empl. 
subst. ; anuitement R. d. 1. V. 283, 
tombée de la nuit; noetamal, noe- 
tumeil, s. s. et p. r. noetuiMii II, 
113. 370, nocturne, de nuit; nùC" 
turnalis (Sid.) ; nvitaminent, de nuit, 
nuitamment; de noctante mente; 
nuitantre, de nuit, par nuit, nui- 
tamment; Ima. noctauier, qn*on 
forma sur le modèle de cnnctanter, 
sans aucun doute diaprés la forme 
française; car noctanter n*est pas 
nécessaire pour Pétymologie de nut* 
tantre; celui-ci peut fort bien dé- 
river de Pablatif noctante, comme 
soventre, soentre dér. de sequehte. 

Nuitamment v. nuit. 

Nuitantre v. nuit. 

Nniter, nnitier v. nuit. 

Nnii V. nuit. 

Nnl, nnle, s. s. et p. r. nuls, nui, 



nus, gnu I, 182. 3, nul; nullus 
(ne--ul, Mt-ni V. I, 183 à la note, 
et Fr. d. Valenciennes ôô un autre 
exemple); nnlni, nnllni, nnlli, nolni 
— nélni I, 183. 4. 

Nolli V. nul. 

Nnlni, nnllni ▼. nul. 

Nnm, nnms ▼• nom. 

Nnmbre, nnmlirar t. nomlnre. 

Nnmer t. nom. 

Nnmmeemflnt y. nom. 

Nnn V. non. 

Non, nom y. nom. 

Nnneer, nnndar y. noncer. 

Nnnli y. I, 182. 

Nnnf V. uns et I, 182. 

Nnmer v. noncer. 

Nnre v. nuire. 

Nnrir y. norir. 

Nnrrit, nnrrii y. norir. 

Nni y. nos. 

Nof , nul y. nul. 

Nnvel, nuTéle y. nuef I. 

Nnvèler y. nuef I. 

Nni, nul y. nul. 



o. 



interj. II, 402. 

pour au, y. I, 51. 

0, oe pron. Serm. et II, 318, ce, ce- 
la ; comp. prép. et adv. avec, ayoee, 
ovoc, etc. II, 344 ; ady. poroe, pom^e, 
pmec, etc. II, 318; conj. neporoe, 
nepnroc, namporoo, etc. II, 386; 
senoe, sennee, senoec, etc. II, 324. 

prép. y. od. 

ady. on, y. II, 285. 

Oal y. oTl. 

Oan y. an et II, 275. 

Obédience y. obéir. 

Obedient v. obéir. 

Obéir I, 67. 222, obéir, se soumettre, 
À*engager; obedire; proy. obedir, 
obezir, ital. obedire, esp., port, 
obedecer; obedient I, 82. 163, obéis- 



sant, soumis; obediens; obédience 
1, 889, obéissance, soumission ; o6e-> 
dientia ; comp. inobedient 1 , 74, 
désobéissant, insoumis. 

Ober v. obier. 

Obier, hober, ober, se mettre en mouve- 
ment, quitter sa place, s'en aller, 
sortir; mot celtique: kymri ob, le 
sortir, la sortie. 

Oblation, oblatinn 1, 52, oblation \obhUio, 

ObU y. oblier. 

ObUement y. oblier. 

Oblier, oublier II, 330, oublier, ne 
plus penser, ne pas se rappeler; 
s*oblier II, 46, s'oublier; fréquen- 
tatif de oblivisci, oblitus; de là 
obliement II, 280, action d'onblier, 
oubli. Quant à la forme olblie (Et 



OBL 268 OEV 

il enpreot moult graDt folie, | Qui OdM, oehcr v. osctier. 

por les chiens le roi olblîe. P. d. B. Oehire, oohirre v. occire. 

V. €19. 20), elle rappelle Tespagnol OoUinoii v. occire. 

et le portugais olmdar, ou le / est OelioiMii v. occasion. 

transposé; mais il est double dans Ooierre v. occire. 

le français, et peut-être olblier est- Oeire v. occire. 

il retravaillé sur une forme où le OeJainn v. occire. 

o s'était déjà affaibli en ou, Subst. Ookeaon v. occasion. 

obU, onUi, (dbli I, 392, oubli ; obliot, Oooiaonnw v. occasion. 

obHoiiB, oublieux. Oetante ▼. oit. 

Oblios, oblions v. oblier. Ootobra v. oit. 

Obsonr, osenr I, 89. 220. II, 2ô2, Od, ot, o prép. II, 343, 

obscur; obscurus; obscurer, obs- Odil v. oïl. 

curcir, devenir obscur; obsourare; Qfdor, odonr I, 185.. 217, odeur, sen- 

obaonrteit, osenrted I, 75. 212. II, teur; oéor; odotoêf odorant i odanu. 

394, obscurité; obscuritas. Odoroa v. odor. 

Obsenrer v. obscur. Odonr v. odor. 

Obaeorteit v. obscur. Oe, one, oie; prov. auca; selon Mé- 

Obatination I, 220, obstination; obsti- nage de auea^ contracté de aoica, 

fuf/to. dér. de avis.. C*edt dans le sens 

Oe T. o pron. de cette étymologie que les gloa. 

Oeoadon, ockeson, okison, oehoiMn, de Philoxène portent auca, » riii'o*'. 

aèhoison, aobaison, aeheson I, 49. L'oie étant l'oiseau domestique 1» 

124. 163. 216. 240. 314 II, 31. 35, plus utile de cette classe, a reçu 

occasion , cause , prétexte , motif, ce nom générique, comme on a va 

faute, manquement, difficulté, ac- plus haut les boeufs et les vadies 

cusation, querelle ; de occasio, prov. porter surtout le nom d'animal 

occasio, ocaizo, ochaizo; vb. ocoi- (v. almaille). Dim. owoii. Cfr. oisel. 

sonner, aèhoisonner, aehaisonner, ac- Oef, onef , nef, s. s. et p. r. ces, nés, 

caser, reprocher, vexer, tourmenter. ones 1 , 96 , oeuf; de oetMi. 

Oeddent I, 189, occident; occidens. Oeil v. oil. 

Oeeir ▼. occire. Oel v. oil. 

Oedre, odre, oehire, oehirre, oderre, Oels, besoin v. oes. 

oodr, osdre II, 186 et suiv. 293, Oens, eux I, 132. 

tuer, faire mourir; comp. roeire II, Oeor v. oïr. 

188 ; entreodre II, 188 ; parooire II, Qerres v. oïr. 

188; ocdse II, 390, tuerie, mas- Oes t. oef. 

sacre; — oocinon, oddnn, oehisdon Oes, nos, eus, wes, ones, ns, os^ enls, 

I, 59. II, 279, tuerie, massacre, oels I, 95. 96, besoin, usage, eer- 

meurtre; occisio; oceiseres, oceiseor, vice, profit; itai. uopo, anc. eep. 

et avec cA, meurtrier, homicide; huevos; de opus, 

ocetMor, Molière a encore fait usage Oes, eux I, 133. 

de oeciseur dans L'Etourdi III, 5. Oevre, oyvre, nevre, oyre I, 48. 170. 

Oedn V. occire. 175, oeuvre, ouvrage, chose, action, 

Oedieor, oeeiseres v. occire. affaire; opéra; laisMer oevre, cesser; 

Oeddon v. occire. ovrer, nvrer, overer, nverer I, 79. 

Oeéaa II, 76, océan; oceanui. 210. II, 346. 364, faire, oovrager. 



OFF 



269 



OIN 



agir, travailler; operari; ovraigM) 
overaigne, uveraine I, 330. 352. II, 
62, oeavre, ouvrage ; OTirier, omrier 
II, 3Ô4, oavrier, artisan, manoeuyre ; 
operarius; ovree, oeuvre, ouvrsge, 
autant de vigne que peut en la- 
bonrer un homme dans un jour; 
Imâ. operata. Cfr. oes. 

Oifendu v. offendre. 

Oifendre, offenser, outrager, blesser; 
contrevenir, pécher contre les lois 
et les coutumes; ofendere; part, 
passé offendn empl. subst., coupable, 
coupable d'offense ; offeniioii, offense, 
outrage; offensio. 

Ùttmimi V. offendre. 

MEmude v. offirir. 

(MEérre v. offrir. 

Oflloe II, 34. 234, office, état, pro- 
fession, emploi; cérémonie religi- 
euse ; officialité, cour ecclésiastique ; 
officium. 

Olfraade v. offrir. 

QArer v. offrir. 

OfEHr, offirer, offem I, 408. 9, offrir, 
présenter ; aller à l'offrande ; offerre; 
ofEurende, offrande I, 387. 400, of- 
frande; du bas-latin o/fereiuto; vb. 
comp. poroffirir Ch. d. S. II, 145. 
R. d. 1. V. 292, offrir, présenter. 

OAraia v. orfrois. 

Ofln V. alfin. 

Oh, ohi interj. II, 402. 

Ci V. hui et H, 296. 

Oidme v. oit. 

(He V. oTl. 

OignemsiLt v. oindre. 

(Ngiire V. oindre. 

(Kd) cal, onail, cl, odil, awil» oto H, 
309. 10. 407 et suiv., oui. Qn'on 
se range à mon opinion sur Pori- 
gine de cet adverbe, ou qn*on la 
rejette, il n'en est pas moins vrai 
que celle de Le Duchat, admise 
par Raynouard et M. Diez, est tout 
à iait fausse. Le manque complet 
d'une forme diphthongnée est une 



raison sans réplique contre la dé- 
rivation de hoc. Si Ton m'objectait 
quC) par suite de sa fréquence, cet 
adverbe a pris de très-bonne heure 
une forme invariable en o pur, je 
répondrais en montrant d'autres 
dérivés de hœ qui étaient d'un usage 
tout aussi fréquent et qui néan- 
moins ont été diphthongnés. En- 
suite, je le répète, comment expli- 
quer awil par hoc illud ? Raynouard 
et M. Diez ont tout à fait négligé 
cette forme, bien qu'elle ne puisse 
guère leur avoir échUppé. M. Grand- 
gagnage décompose le wallon oirot, 
oui, en ioot=oni et a préposé pour 
donner de l'appui à la voix. En 
comparant awil et airot, le savant 
et consciencieux auteur du diction- 
naire de la^ langue wallone se con- 
vaincra sans doute que ce n'est pas 
là une explication admissible. 

011, oyl, oel, nel, oeil, neil I, 89. 90, 
iex, ix, ex I, 92 (pour les autres 
variantes voyez les pages indiquées), 
oeil ; oculuM ; comp. entroil, entr'oeil, 
espace qui sépare les yeux; avogle, 
aïeule, avule 1, 126. II, 190, aveugle; 
vb. avogler, aveuler, aveogler, avngitr 
I, 68. 178. II, 13. 69. 277, aveugler; 
d'où adv. aTQgleement, aveuglément; 
subst. avoglement I, 82, aveugle- 
ment; .avenletdt II, 277, aveugle- 
ment; de ab-oculus, ital. avoeolo, 
quoique cette dérivation soit un peu 
douteuse quant au sens, puisque 
abocuins signifie sans yeux. 

Oile, oille, (de I, 251. 327. II, 207, 
huile; oleum; olive I, 174. 11^ 366, 
olivier et olive; ohva; diver II, 
221, dans le texte latin oliveium 
(olivaie), ainsi, supposé la tra- 
duction littérale, lieu planté d'oli- 
viers, olivarium ; sinon olivier, 
oUvarius. 

Oindra, oignre, uingdre II, 236; au 
commencement du XlVe siècle anssi 



OIM 270 OLT 

d'après la Ire coDj. ongier; de là Qiiikm v. oisel. 

oignflBimty uîimeiiMiLt, ongliement II, Okme v. oit. 

118.241, action d*oindre, onguent, OiiM, oiMiii, ojwni I, 83. II, 352, 

Uniment, parfum; comp. enoiiidre, oiseaz, inutile; oHosus; oiiOMaMnt, 

enningdro II, 236, part pas. enoînt, ojMuienieiit I, 46, oiseasement, 

enuint II, 145, empl. subst. avec le inutilement, sans but; oise'vie, pa- 

sens que nous donnons à oint; resse, lâcheté; dérivé de oittiiii, 

puroindre, oindre, imbiber; — eue- comme notre oisi^ 

tien, nnetion I, 21ô. 234, onction; (Hsosement y. oisos. 

unetio, (Nsoiis, oisoniement t. oisos. 

y. oit. Oîiierie ▼. huis. 

(Nr V. hoir. <Hiiier y. huis. 

(Hx, ovSx I, 366-72, ouïr, entendre, (Madr y. issir, 

écouter; audire; proy. auzir, ital. Oîmie v. issir, 

ttdire; oerres, oeori, 77, oïant, écou- Oist y. ost 

tant; audUar; comp. treioïr, en- Oit, wiet, wicht, wit, fît, hnit I, 108. 

tendre distinctement. Notre mot 109, huit; octo; oytiime, hnitimn, 

audience, audientia, s'employait witiime, uitiime, ultime, nitme, oitee, 

souvent autrefois dans le sens de ddme, oiime, oime, vime, HtÎBA, 

assemblée qui écoute pour auditoire, ntîime I, 114, huitième; oitaiii, ni- 

et de action d'écouter. Y. Molière, tain I, 116, huitième; eitan^e, bul- 

D. €r. d. N. n, 1. tième; oclaouf ; prov.octau; oetobr», 

(Nre y. erre. octobre; october; oitante, oetaali^ 

Olrer, oirrer y. erre. yitante, huitante I, 109, qoatm- 

Oii y. huis. vingts; œtoginta. 

Qiieals v. oisel. Oitain y. oit 

Oiseans v. oisel. Oitante v. oit 

Oisel, oiiiel, oyid, oûdani, oiieali, oi- Oitanve v. oit 

seans, dieu I, 90, oiseau; ital. uc- Oitme v. oit. 

celle, augello, prov. auzel; de au^ Okison v. occasion. 

ceUtty ancilla contracté deatticdla; 01 v. oïl. 

Imâ. avec changement de genre OlbU, olblier v. oblier. 

a9icellus^auceUui^g\o9eBaTçov&ioyy Ole v. oile. 

y. Ménage s. v. oiseau; vb. oiieler Olifant, oliphant II, 378, éléphant; 

II, 312, chasser aux oiseaux, fau- ivoire; trompette, clairon; de de- 

conner ; — sauter comme un oiseau, phantus ; mais d'où le grand dum- 

tressaillir de joie; plus tard siffler gement de forme? Cfr. Diefl 6. 

qqn., se moquer de lui; dim. oiselet, W. 1, 110, Grimm, Bolandslied 838. 

dselon, oidlon I, 99, oiselet, otsil- Oliphant v. olifant 

Ion; prov. anselet, anzelo. Cfr. oe. OHyo, oliyer v. oile. 

Oiieler v. oisel. Olohr II, 118, sentir, exhaler de 

Oiselet v. oisel. Podeur, odorer; olere; olor, olnr, 

Oiièlon y. oisel. odeur; olor, 

Oiseos y. oisel. (Hor, olnr v. oloir. 

Oiievie v. oisos. Ois, eux v. als. 

OiiiMS y. oisel. Oltrage y. oltre. 

Oidel y. oisel. Oltre, nltro, outre, ntit, otre, onltrt 



OLT 



271 



OND 



II, 357. 8. 48. I, 363. 387, outre, 
au delà, à travers; ultra; oltre plus, 
en ontre, de plos; ontreement I, 
340. II, 145, sans garder de mesure, 
absolnment, toat à fait ; de là oltrer, 
nltrer, ontrer, passer le but, les 
limites, mettre à boat, hors de 
combat, excéder de fatigue, ache- 
ver, finir, ruiner, tailler en pièces; 
passer, mourir; part, passé empl. 
subst. mort, trépassé; pour ainsi 
dire ultmre; oltraga, outrage H, 
41. 163, outrage, excès, violence, 
action outre mesure, prodigalité; 
uUragium; oatragvns I, 400, outra- 
geux , violent , qui passe les bornes. 

Oltrebdvre v. boivre. 

Oltreenidanoe v. cuider. 

Oltrecnider v. cuider. 

Oltrenuurin'v. mer II. 

Oltremer v. mer II. 

Oltrer v. oltre. 

Olvert part, de olvrir pour ouvrir. 

Om V. bons. 

Omage v. bons. 

Ombrage v. ombre. 

Ombre, umbre II, 225. 269, ombre, 
ombrage; umbra; vb. ombrer, nm- 
brer, umbrier, ombreier, ombroier, 
donner de Tombre, ombrager, cou- 
vrir; pronom, se mettre à Pombre, 
se reposer, se cacher ; de là ombrei, 
nmbrei, obscurité, ténèbres; — om- 
brage, umbraige, ombragé, sombre, 
obscur, couvert ; de umbraticus ; — ^^ 
comp. aombrer, aûmbrer I, 226, om- 
brager, couvrir de son ombre, cou- 
vrir; et pronom., en parlant de 
J.-C, devenir homme, se. dans le 
sein de la Vierge; adumbrare; de 
là aombroment Rutb. II, 142 dans 
le dernier sens du verbe ; emumbrier, 
OBombror, obscurcir, cacher; et avec 
le sens mystique de aombrer S. d. 
S. B. 530; «fttimftriire. G*eit au 
mot ombre que se rapporte notre 
adj. sombre, comme le dit déjà 



Ménage, mais le s n*est pas simple- 
ment préposé, ainsi qu'il Tadmet 
A considérer le prov. sotiombrar, 
Tesp. sombra, ombre, d*un verbe 
hypothétique sombrar pour soom-- 
brar = subumbrare, on pourrait sup- 
poser que le s de sombre est un 
reste de sous, orthographié souvent 
sou, so ; ainsi sombre = soombre. 
Cependant ce soombre manque. Je 
crois que notre sombre est égal à 
eeiombre, avec aphérèse de es. Je 
ne connais pas d'exemple d'un verbe 
essombrer, qui devrait signifier pro- 
jeter de Tombre, mais il existe un 
subst. qui le suppose: esiombre Bom. 
d, Ren. H, p. 100, signifiant ce 
qu'on appelle en terme de peinture, 
ombre portée; dans Ruteb. II, 40 
le même mot a un sens concret, il 
veut dire lieu sombre, recoin téné- 
breux. Ainsi sombre signifierait qui 
projette de Tombre. C£r., pour la 
forme, dans Tancienne langue ^ es- 
pecial, esperitel, aujourd'hui spé- 
cial, spirituel, etc., à côté de es- 
pèce, esprit. 

Ombrei, ombreier v. ombre. 

Ombrer v. ombre. 

Ombroier v. ombre. 

On V. bons. 

Ose V. onkea. 

Oneor, oneore II, 287 et glos. ore II. 

Onotion v. oindre. 

Onde, unde I, 55. II, 54, onde, flot, 
vague, eau; «itda; de là ondoier, 
ondeier, undeier II, 68, ondoyer; 
Boronder I, 278, suronder, regorger, 
déborder; — habondoir, habonder, 
abonder I, 46. 220. 359, augmenter, 
enfler, exagérer, regorger, avoir en 
quantité, profiter; habondeir en son 
sen I, 50, s'opiniâtrer à sa manière 
de voir; àtab-undare; habonianoe, 
abondinoe II, 388» abondance, pro- 
fit, avantage; abundaniia; lorha- 
bondoir I, 220, surabonder. 



OND 



272 



ORD 



OttdeîAr T. onde. 

Ondfriffr y. onde. 

Onfln V. alfin. 

On^ement y. oindre. 

Qngier t. oindre. 

Onkef, imkei, onqnei, onquet, unehes, 

ono, une adv. II, 311; nonqnet II, 

311; avisottkei II, 311. 
Omiiattre v. honor. 
Onnor t. honor. 
Onor V. honor. 
Onorer y. honor. 

Onqor, onqnor II, 287 et glos. ore II. 
Onquas v. onkes. 
Ont, nnt adv. II, 286; comp. dont, 

don, donc, dnnd, dnnt, dnn, dune 

adv. II, 285; pron. relatif I, 162.3. 
Orne, unie I, 108, onze; undedm; 

oniimiO, imtime I, llô, onzième; 

Oniime y. onze. 

Or ady. II, 311 et glos. ore II. 

I. Or, quelquefois aur I, 82, or; ati- 
rum; orer, dorer, part, passé oret, 
ored, oré, oriot, orié I, 208, doré, 
d'or; aurore, auratus; aurin, qui 
est d'or, doré. D'où nous yient le 
d dans dorer? On yoit que l'an- 
cienne langue disait orer, et cette 
circonstance a fait penser à quel- 
ques étymologistes que d*or, aureus 
ayait seryi à former dorer. Cepen- 
dant le proy. ayant daurar, Tesp. 
dorar, Tital. dorare, le port, dou- 
rar, de deaurare Sen. £. 76, et 
bien que je ne puisse fixer Tépoque 
où dorer remplaça tout à fait orer, 
je pense q^e notre dorer dér. aussi 
de deaurare. Quant à „]a con- 
sonne euphonique (d) qu'on aura 
plus tard oublié de reprendre*^, dont 
parleM. Génin (Var. 341); cela est 
an-dessous de la critique. 

II. Or, nr, bord; de ora, qu'on fit 
probablement masc. dans la langue 
d'oïl pour le distinguer de ore, 
ure=hora; dim. orle, orUe S. d. S. 



B. 562, bord, ourle; esp. cria, 
orilla; yb. Orler, ourler, border; 
orée, lisière, bord; propr. orata; 
oriere II, 3ô6, lisière , bord. 

Orage y. ore I. 

Orains, oraini II, 313 et glos. ore II. 

Orani, orani II, 313 et glos. ore H. 

Orbe, ayeagle, sombre, obscur FI. et 
BI. 493, qu'on ne peut distinguer; 
de orhus, qui ne prit que tard la 
signification romane, proy. orb, ital. 
orbo; yb. comp. enorber, ayen^^er, 
ôter la lumière, perdre la yue ; proy. 
eissorbar, simple proy. orbar, ital. 
orbare, du latin orhare, 

Ord, ort, f. orde, s. s. et p. r. ot%, on 
I, 70. 284. II, 87, impur, immonde, 
sale, malpropre, plein d'ordures, 
déshonnête, yilain, puant | de hor^ 
ridus; de là ordoier, ordeier, pro- 
faner, salir, couyrir ou remplir 
d'ordure, souiller; ordoiet I, 314, 
subst., sale, impur, infecté d'or- 
dure ; ordure I, 253, saleté, imnum- 
dice, souillure, impureté, amM 
femme débauchée. Au lieu do ord, 
l'ancien français et le proyençal 
ayaient encore la forme jurre Ben. 
y. 26027, fém. proy. orreza=orreda, 
qui pronye indubitablement que orif 
dériye de horridns. Cfr. Eayn. L. 
R. m, 543, et horror. 

Orde y. ord. 

Ordeier y. ord. 

Ordenanee y. ordene. 

Ordene, ordine II, 34. 60, ordre, ar- 
rangement, commandement; rang; 
grades de la hiérarchie ecclésiastique ; 
choeurs de la hiérarchie des anges ; 
congrégation religieuse, et sa règle; 
de ordo (ordin); du nom. ordo ayec 
r intercalaire ordre, avec les mêmes 
significations, proy.orde; par ordre 
I, 70, ib., par rang; ordener, or* 
doner H, 85. 159, mettre en ordre, 
ordonner, régler, établir, institaer, 
conférer les ordres religieux; ad- 



ORD 



273 



GRE 



uiinistrer les derniers sacrements; 
ordinare; ordenance I, 193, ordon- 
nance, ordre, disposition, arrêté, 
décret; volonté, fantaisie; ordene- 
ment, ordre, disposition, ordonnance, 
règlement ; ordoneres, ordeneres, ordo- 
nator I, 75, ordonnateur, adminis- 
trateur; adv.ordeneement, par ordre, 
régulièrement ; mourir ordineement, 
mourir muni des sacrements et après 
avoir fait son testament ; comp. dei- 
ordineement II, 34, irrégulièrement, 
hors de Tordre; aordene, ordre, 
ordonnance, disposition ; aordre (s'), 
se régler, se conformer, prendre 
pour modèle. 

Ordeneement v. ordene. 

Ordenement y. ordene. 

Ordener v. ordene. 

Ordeneres V. ordene. 

Ordière, ornière; pour ainsi dire orbi- 
taria de orhita- C'est notre mot 
ornière^ avec changement fort rare 
du <i en n. Ménage, qui rapporte 
aussi ornière à orbita, suppose 
orbitanaria, orbilnaria, puis orna- 
ria, mais la forme ordiere repousse 
cette contraction. Les Wallons disent 
ourbî, ourbîre, orbîre. 

Ordine v. ordene. 

Ordoier v. ord. 

Ordoiet t. ord. 

Ordonator v. ordene. 

Ordoner v. ordene. 

Ordoneres y. ordene. 

Ordre y. ordene. 

Ordure v. ord. 

I. Ore f., vent doux, vent, souffle; 
de aura; ital. aura, ora, esp., prov., 
port, aura; dér. ored, oret, oré I, 
100. 256. II, 297, vent, souffle; 
prov. aurat ; orage, vent, air, soufQe : 
bel orage, bon vent, vent favo- 
rable; grant orage, vent fort, tem- 
pête, etc., signification qn*a prise 
notre orage moderne. Notre ou^ 
ragan, esp. buracan, ital. uracano, 
Burguy, langue d*oIl, Glossaire. 



est d'origine assez moderne et ne 
tient en rien aux mots cités ici; 
il vient, dit -on, de la langue ca- 
raïbe. V. Ménage s. v. 
II. Ore, eure, ure, hore, heure I, 106. 
119. 129. 187. 216. 244, heure; 
hora; en peiit.oti en po et à po 
d*ore llf 313; d*ores en ou à altres 
II, 312; en eis V ore 11, 299; de 
ou en bons ore^ de ou en maie ore 

I, 254. II, ôô, à la bonne ou à la 
mauvaise heure, pour le ou par 
bonheur et pour le ou par malheur 
(cfr. aûr), d*oti bor, bner, mar» mare 

II, 276; — ore, orée, or adv. II, 311; 
comp. à ore, maintenant, actuelle- 
ment, présentement, tantôt ^ ad 
horam; prov. aora, aoras ,^ adorae, 
esp. ahora; lores. Ion II, 312, d'où 
alors, ad illam horam; dès ore II, 
312, dès ore mais II, 312, ore mais 
II, 312, d'ore en avant II, 312, 
dès ore en avant II, 312; orains, 
orans, orans, orainz II, 313; oren- 
droit, orendroites, c'est-à-dire or en 
droit, maintenant en droit (directe- 
ment) II, 313; — ancore, aînoores, 
eincor, uncore, uncor, unquore, on- 
oore, oneor, onquor, onqor II, 287. — 
Horloge I, 332, horloge ; liarologinm 
(jÙQolôytov). 

Oré, v.ent V. ore I. 

Oré, doré v. or I. 

Ored, vent v. ore I. 

Ored, doré v. or I. 

Orée v. or II. 

Orée fém. de oret, oré v. or I. . . 

Oreille, oreille, orille, anreiUe I, 267, 
oreille; de auricula; doner oreille, 
prêter Toreille, écouter; oreiller, 
oreiller, oriDer, oreller, couper les 
oreilles, sorte de supplice ; être at- 
tentif, s'appliquer, être aux écoutes ; 
comp. essoreiller, essoriller, etc. La 
dernière forme citée nous est restée, 
tandis que le mot oreille nous est 
venu d'un autre dialecte, ce qui 

18 



ORE 



•274 



ORI 



fait anomalie dans la langue mo- 
derne. 

Oreiller v. oreille. 

Oreîion v. orer. 

Oréller v. oreille. 

Ore mais II, 312 et glos. ore II. 

Orendroit, orendroiteB II, 313 et glos. 
ore II. 

Orer, dorer v. or I. 

Orer I, 221, prier, intercéder, sup- 
plier; orare; oreison, oreson, oriflon, 
areifon I, 214. 339. 365. 374, orai- 
son, discours, prière; oratio; vh, 
comp. aorer, aonrer, anrer I, 222. 
232. 280. II, 338, prier, invoquer, 
adorer; d'où aorement, adoration, 
culte. 

Orei ▼. ore II. 

Oréi y. ore I. 

Oceion V. orer. 

Oret, vent v. ore I. 

Oret, doré v. or I. 

Orié n, 38, orphelin; ÔQtfoç, prov. 
et cat. orfe, lat. orbus; forme re- 
marquable à côté de orfene, or- 
phelin, de orphanus, esp. huerfano, 
ital. orfano ; orfenin, orphenin, orfelin 
I, 181, adj. et subst., privé, dé- 
pourvu, orphelin ; propr. arphaninus 
de orphantu , et non pas , comme 
on le dit d'ordinaire, directement 
de orphanus qui a produit orfene, 

Orfelin v. orfe. 

Orftme v. orfe. 

Orfenin v. orfe. 

Ormer v. mer I. 

Omder v. mer I. 

Orfraii, orfrois, orfreis, oifrois II, 78, 
étoffe brochée d*or, broderie en or, 
frange d'or; orfraser, garnir d'or- 
froi; dimin. orfroisel, orfrisel, d'où 
orfroiseler; Imâ. auriphrigium, cor- 
rompu de aurifretium , c'est-à-dire 
frisé d'or; de frisa, fre$a, Frison, 
de friile, bonde, et de or. 

Orfreis v. orfrais. 

Orfrois V. orfrais. 



Orgailhons, orgailhonsement v. orguel. 

Organ, orgene, orgues, et même ogre, 
orgue; vb. orgnener, orgener, jouer 
de l'orgue; du grec OQynyoVy l'in- 
strument par excellence. Cfr. l'alle- 
mand instrument pour forte-piano. 

Orge 1, 251, orge ; de hordeum (hordjum), 
prov. ordi, ital. orzo. 

OrgeOox v. orgael. 

Orgîllir V. orguel. 

Orgoil V. orguel. 

Orgoillir v. orguel. 

Orgueil, orgueillir v. orguel. 

Orgoeis v. orguel. 

Orguel (orgues), orgoil, or^oeil (or- 
gneis), orgoil (orguiz), orgueil, faste, 
vanité, insolence, arrogance; orgnel- 
lens, orguilloB, orgniUous, orgmlknix, 
orgailhons I, 173, orgellox II, 291, 
orgueilleux, fastueux, vain, insolent, 
arrogant; et les adverbes en ment 
avec les mêmes formes, 1, 197, etc. ; 
orgnellir, orgoillir, orgneîllir, orgniUir, 
orgillir I, 229. S. d. S. B. 523, être 
vain, fier, présomptueux, insolent, 
enorgueillir, et pronom.; comp. 
s'enorguellir I, 329, s'enorgueillir; 
s'entrorgiller II, 326, s'enorgueillir 
mutuellement, s'inspirer de l'orgueil 
l'un à l'autre. Orguel dérive de 
l'ahal. urguol, insignis, ou plutôt 
d'un subst. inconnu urguolî, qu'on 
peut supposer. Y. Dief. 6.W. II, 383. 

Orgnellens, oi^eUeuflement v. orgnel. 

Oi^ellir V. orguel. 

Orgues V. orguel. 

Orgnil V. orguel. 

Orgoillir v. orguel. 

Orgoilloos, orgoilloosement v. orgnel. 

Orgoillos, orgoillosement v. orgnel. 

Orgois V. orguel. 

Orible, oriblement v. horror. 

Oné V. or I. 

Orient, oriant I, 189, orient; oriens. 

Oriet V. or I. 

Oriere v. or n. 

Orieos v. oriol. 



OUI 



'275 



08Ï 



Oriflambe II, 63, orieflambe, oriflan, 
oriflamme, et Tétendart principal 
de Tarmée; de aurum et flamma. 
Qae signifie la forme oriflor, ori- 
flonr, qu'on trouve dans le même 
sens, prov. auriflor? 

Oriflan v. oriflambe. 

Oriflor, oriflour v. oriflambe. 

Orille, oriDer v. oreille. 

Oriol, s. s. orions, oriens O. d. D. 12496, 
loriot; de aureolus. Le mot mo- 
derne loriot s'est adjoint Particle 
comme lettre radicale. 

Orious y. oriol. 

Orison v. orer. 

Orle, orlle, orler v. or II. 

Onner, ormier v. mer I. 

Orne, onme, dans l'expression adver- 
biale à orne, sans exception, propr. 
tous et chacun en particulier; de 
ad ordinem = eK ordine, v. Ben. 
s. V. aorne. Cfr. ordene, 

Oroille, oroiller v. oreille. 

Orphenin v. orfe. 

Orrible v. horror. 

Ors, impur v. ord. 

Ors, nrs, ours; ursus; dim. ursetel I, 
99, petit ours. 

Ort V. ord. 

Orz V. ord. 

Os, armée v. ost. 

Os, besoin v, oes. 

Os I, 263, os; prov. os, ital. osso, 
esp. hueso; os (ossum); ossement I, 
59, ossement. 

Osberc, osbercs v. balberc. 

Osche v. oscher. 

Oscher, ocher, ébrécher, entailler, bri- 
ser; prov. oscar; comp. entreosoher; 
aoeher, pour traduire apprimere Q. 
L. -d. R. 236; desoscher, dégager, 
détacher. Le substantif osohe, oehe, 
signifie coche, entaille; le picard 
ocher^ secouer ; les Provençaux disent 
avec h, housca, houesca; DC. v. oc- 
care, connaît aussi une forme lioscher ; 
circonstances qui semblent pronver 



que oche et notre hoche, ocher et 
notre hocher sont identiques. L'ar- 
bitraire qui régnait dans l'emploi 
du h explique cette diflférence, et 
l'aspiration moderne ne fournit au- 
cune raison. Oche, hoche, seraient 
peut-être l'allemand hôch, pfi du 
jarret, jarret, d'où ocher, etc. 
Il faudrait alors séparer les com- 
posés réunis ici et rapporter p. ex. 
desoscher à hoclier, hocer R. d. 1. V. 
36, remuer, secouer. Cependant la 
fréquence de l'orthographe sans h 
dans les plus anciens monuments 
me porte à croire que notre hoche 
et hocher ont pris plus tard l'aspi- 
ration (cfr. haut de altus) et qu'il 
faut chercher d'autres étymologies 
que celles indiquées ici pour hoche 
et hocher. Quelles sont-elles? On 
ne saurait admettre avec M. Grand- 
gagnage le hollandais hutsen (hot- 
sen), hocher, secouer (D. W. s. v. 
hosî). Cfr. Ménage. 

Osdre v. occire. 

Oscur, oscurted v. obscur. 

Oser, osser, onser I, 134. 151. II, 288, 
oser, s'enhardir ; ausare pour audere 
(audere, ausus, ausare); uns cheva- 
liers osezi I, 79, chevalier hardi, 
courageux, entreprenant, audacieux. 

Osme P. d. B. 915, odeur, objet qui 
exhale de l'odeur; osmer, sentir, 
flairer; du grec oa/Liiq. 

Osmer v. osme. 

Ospital V. hoste. 

Ossement v. os. 

Osser V. oser. 

Ossi V. al m. et II, 269. 

Ossire, ossis pour occire, occis. 

Ost, quelquefois host, s. s. et p. r. 
osz, os, os, oist I, 81. 84. 154. 354, 
armée, expédition militaire, camp; 
du latin hostis^ qui dès les pre- 
miers temps du moyen-âge prit la 
signification d'armée, service mili- 
taire (v. DC. s. V.). Ost était ordî- 

18* 



OST 27G eus 

iiairement du genre féminin, cepen- Otrei v. otrier. 

dant on a des exemples dn masculin. Otreiance v. otrier. 

De là ottoier, oiteier, oiteer I, 191. Otreiement ▼. otrier. 

254. II, 377, faire la guerre, guer- Otreier y. otrier. 

royer, mener ost, attaquer son Otret v. otrier. 

ennemi; ottoierres, ottoior, guerrier, Otrianoe v. otrier. 

soldat. Otrier, otroier, otreer, otreier, ottrder 

Ost T. oster. (1. pers sing. prés. ind. otroi, otrd) 

Oitage, hostage» otage, caution, ga- II, 301. 30ô. 326. 329 ,. octroyer, 
rantie; Imâ. hoitagium, hoitaticum accorder, donner, permettre, assn- 
(aussi sans A), italien statico (voy. rer; de auctoricare pour auctorare; 
Dp. s. ▼); mètre oitage, donner esp. otorgar, prov. autorgar et an- 
caution. Comme Tout expliqué Vos- treiar; de là otroi, otrei, otret, per- 
sius et M. Grimm, ce mot est con- mission , consentement , concession, 
tracté de obsidaticum, de obsidatus, accord, congé, chose octroyée ; otroie- 
cautionnement par otage, de la ra- ment, otreiement, concession, per- 
due obsei. Verbe Oitager, ostagier, mission, accord; otroiance, otrianee, 
hottager^ donner gage et caution, otreianee, concession, accord, 

donner en otage à la place de Otroi v. otrier. 

qqn., délivrer. Otroiance ▼. otrier. 

Oitager ▼. ostage. Otroiement t. otrier. 

Oftagier v. ostage. Otroier v. otrier. 

Oite ▼. hoste. Ottreier v. otrier. 

Ofteer v. ost. Où, ù, ô adv. II, 285 ; où que II, 286. 

Osteier v. ost. Ou pour au, v. I, 51. 

Oftel V. hoste. On prép. II, 343. 

Oitelage v. hoste. Onail v. oïl. 

Osteier v. hoste. Onaille v. oue. 

Otter I, 46. 125. 305, ôter; desservir Onan v. an et II, 275. 

une table; de hauttare, fréquent. OnbU, oublier v. oblier. 

de haurirBf selon Ménage; comp. One, oie v. oe. 

dofter, ôter, enlever; dans le li- One pour ove. 

mousin doustar (Honnorat). One, brebis; deovis; dimin., du reste 

Oitenf V. hoste. sans signification diminutive, onaiUe, 

Oftoier, ottoierrei v. ost. cueille, onvaille, ouaille, brebis; 

Ottoicr V. ost. ovicula. 

Ostdr V. ostor. Onef v. oef. 

Oitolain v. hoste. Oneille v. oue. 

Ottor, cstoir, ostonr II, 253, autour Ones, oeuf v. oef. 

(oiseau); de accepter pour accipi- Ones, besoin v. oes. 

ter (Lucil.). Ouïr v. oïr. 

Ou V. ost. Onls de ois I, 131. 

Ot prép. V. od. Onltre v. oltre. 

Otd, ottd y. tel et I, 194. Onncr, onnonr v. honor. 

Otit, outre y. oltre. Onme v. orne. 

Otre, autre v. altre. Ont, eux y. als. 

Otreer y. otrier* Onier y. oser. 



OUT 



277 



PAl 



Outrage, outragens v. oltre. 
Outre, outre v. oltre. 
Outre, autre v. altre. 
Outrecuidier v. cuider. 
Outreement v. oltre. 
Outrequidier v. cuider. 
Outrer v. oltre. 
Ouvaille v. x>ue. 
Ouveraigne v. oevre. 
Ouvert part, de ouvrir. 
Ouvrir v. aovrir. 
Ouz de ois I, 131. 
Ove, 0V60C U, 344 et glos. o. 
Oveque II, 344 et glos. o. 
Overaigne v. oevre. 
Overer v. oevre. 
Overt, overtemAUt v. aovrir. 



Overier v. oevre. 

Ovoc II, 344 et glos. o. 

Ovoec II, 344 et glos. o. 

Ovoques II, 344 et glos. o. 

Ovraigne v. oevre. 

Ovre, ovree v. oevre. 

Ovrier v. oevre. 

Ovrir v. aovrir. 

Owan V. an et II, 275. 

Qz de ois I, 131. 

Oyl V. oil. 

Oyiel V. oisel. 

OyiouB, oyionaement v. oîbos. 

Oytisme v. oit. 

Oyvre v. oevre. 

Oi V. ost. 



P. 



Faële, paëale I, 287. Dol. 243, poêle; 
de paiella, 

Faën, paënie v. païen. 

Faënor v. païen. 

Faer v. paier. 

Faësie v. paêle. 

Fuan V. païen. 

Paie, paiement v. paier. 

Païen, païan, paën II, 232, païen; de 
ptiganus, Cfr. païs. Depuis le règne 
de Constantin le Grand, on nomma 
ainsi les adhérents de Tancien culte, 
parce qu'ils furent forcés de se 
retirer dans les campagnes. Cfr. 
Rayn. L. R. IV, 469. Dér. païenor, 
païenur, paënor I, 47. loi, païen, 
des païens; prov. payanor; paënie, 
païenie, pays habité par des païens, 
paganisme. 

Païenie v. païen. 

Païenor, païenur v. païen. 

Paier, payer, paer, apaiser, calmer; 
payer, satisfaire, acquitter; de pa- 
care, mettre en paix; subst. paie 
I, 396, paie, paiement; d'où paie- 
ment I, 163, paiement, rétribution. 
Paier, dans sa signification primi- 



tive, fut remplacé de bonne heure 
par le composé apaier, apaer 1, 14ô. 
265. II, 349. 384, apaiser, calmer, 
accorder, pacifier, puis engager. 
Cfr. pais. 

PaUe, paille II, 344. 354, paille; de 
palea; paiUart, paillard, c.-à-d. qui 
aime la couche. Cfr. prov. pail- 
lola, couche. 

Paile, tenture v. palle. 

PaiUart v. paile. 

Paille, paille v. paile. 

Paille, tenture v. palle. 

Pain, pein I, 60. 210. II, 85, pain; 
panis ; pour les noms des différentes 
espèces de pain v. DC. panis, labo' 
rare, etc.; esÈre au pain et au vin 
ou au sel de qqn,, être à son ser- 
vice; estre en pain, se dit d'un fils 
qui est en puissance paternelle; 
esire mis hors de pain, être éman- 
cipé; vb. comp. apaner, nourrir, 
entretenir ; prov. apanar, simple 
panar; d'où apanage, portion d'hé- 
ritage donnée aux puînés ou aux 
filles; V. DC. apanare, Ménage, ap- 
panage; dér. panetier I, 67, pane- 



FAI 



278 



PAI 



tier, boulanger ; comp. compain, com- 
pain, compaing, compagnon, associé, 
mari ; et compainoiiy companion, com- 
paninxiy oompaignon II, 312, ib. ; d'où 
compaigne, cnmpaigne et oompaignie, 
oompaignieie, compeignie, cnmpaime, 
oompainnie, compagnie, association; 
compangne, cnmpaigne I, 161. 254, 
compaignesse I, 142, compagne, qai 
accompagne ; compaigner, oompagner, 
cnmpagner, être en commerce on 
familiarité avec qqn. , soutenir le 
parti de qqn., accompagner, faire 
cortège; aconq^cùgnier, associer à 
qqcb., faire pariage avec qqn., être 
en compagnie de, s'accompagner. 
Les variantes de com et l'emploi 
du n, ng, ngn étant connus, il serait 
inutile de répéter ici les nombreuses 
formes de ces mots. Cum et panis, 
étymologie donnée par DC. , Case- 
neave. Ménage, etc., à compain, 
compainon, Imâ. cumpanium, so- 
ciété, est la seule vraie entre toutes 
celles qu'on a proposées; le mot 
companage, c-à-d. ce qu'on donne 
dans un repas au delà du pain et 
du vin, prov. companatge (compa- 
naticum), ne laisse aucun doute 
sur Pexactitude de cette dérivation. 
Je ferai remarquer en passant que 
panier se rattache aussi à pat»; 
il dér. de panarium, comme ^re- 
nier de granarium. Ce mot ne 
s'entendait dans le principe que 
des corbeilles qui servaient à porter 
le pain. Cfr. Mén. s. v. panier. 

Paine y painne, painnes v. poene. 

Painer v. poeae. 

Pair, paire v. par. 

Pairler v. parole. 

Pais passage et négation , v. pas . et 
II, 333. 

Pais, paix, pais, pes, paz I, bt, 94. 96. 
122. 232, paix, tranquillité, sûreté; 
de paa:;pais à sainte iglise, sûreté 
qu'offrait l'Ëglise aux coupables 



qui venaient chercher un refuge aux 
pieds des autels; puis immunité ac- 
cordée par les rois à Téglise de 
donner asile aux criminels pour' 
suivis par la justice; pais le roi, 
sûreté, tranquillité résultant de la 
protection exercée par l'autorité 
royale, puis protection du roi, lois, 
ordonnances qui maintenaientl'ordre,' 
la tranquillité ; pais signifiait enfia 
baiser, Aubri 159, c 2. V. DC. 
pax, pax ecclesiae, pax régis, os- 
culum pacis. De là paisible, pai- 
nnle I, 293. 50. 67, paisible, tran- 
quille, calme; adv. paisiblement, 
paidnlement I, 76. II, 233. 367, 
tranquillement, en paix, avec calme, 
modérément ; v. comp. apaisier, 
apaissier I, 173. II, 195, apaiser, 
calmer, pacifier, réconcilier; d'où 
par le part. prés, apaisanteir II, 60, 
calmer, satisfaire; d'ici rapaisanter 
II, 320, calmer. Cfr. paier. 

PaïB, pays; de pagus; proprem. équi- 
valent à pagense ; ital. paese ; prov. 
pays, paes; saint pats, Palestine; 
de là païsant II, 62, paissant, ha- 
bitant du pays; vilain, villageois. 

Païsant, paissant v. païs. 

Paisible, paisiblement v. pais. 

Paisinle, paisinlement v, pais. 

Paistre, pastre, peistrO) pestre II, 188 
et suiv.; la force paist le pré II, 
5- 289, proverbe exprimant la folie 
qu'il y aurait à ne pas se soumettre 
à la nécessité; comp. repaiatie I, 
329, repaître, donner à manger; 
past, paist, pâture, nourriture; 
pastus; pastres, paistres, pastor I, 
245. n, 184, pasteur, berger, guide; 
conducteur ; pastor ; pastore, pastoure, 
bergère ; dim. pastorele I, 315, ber- 
gère , pastourelle ; sorte de poésie ; 
pasture II, 344, pâture, nourriture, 
éducation; pastura; vb. pastorer I, 
221, pâturer. Dans l'ancienne langue, 
pasture signifiait encore la corde 



PAl 279 PAL 

avec laquelle ou attache le cheval seule, un bâtiment; du palatium. 

par le paturon ; pasturcy de pasto- C'est parce que ces salles étaient 

Hus, Imâ. pastorium; d'où notre voûtées qu'on a donné le nom de 

paturon. De ce pasture, on forma de palais à la partie supérieure du 

aussi le vb. comp. empastnrer, c.-à-d. dedans de la bouche, car la forme 

attacher avec la posture^ ûg. s'em- palais , en ce sens, ne peut dériver 

barrasser dans un obstacle, piège, de palatum; ainsi palais signifie 

gêner, se laisser prendre, qui se proprement la voûte de la bouche, 

trouve encore dans le patois nor- De là palann, palaïn I, 400, officier 

mand empaturer, dont M. £. Du- du palais, paladin, grand seigneur, 

méril a fort bien saisi l'origine. Falasin v. palais. 

Empasturer prit les orthographes Pale, palle, plus tard pasle II, 348, 

empaÎBtnrer, empeittiirer, empestarer, pâle, blême; paUidus; palor, poUor, 

d'où, par rejet de l'ti, empeitrer, pâleur; paUor. 

notre empêtrer» De même dépêtrer, Palees v. palais. 

Cfr. ital. impastojare= empêtrer de Palefreid v. palefroi, 

pastoja = anc. franc, pasture. En Patofiroi, palefreid II, 4, cheval de pa- 

dérivant empêtrer de impetrare, rade, de cérémonie, cheval à l'usage 

c-à-d. de in et petra, on n'a pas des dames; Imâ.. palafredus, para- 

eu égard à la forme, qui demande fredus ; de paraveredus, cheval pour 

un s médial dans la racine. courses extraordinaires avec les 

Paix V. pais. postes, composé de 7i«(>â et. vere- 

Paiz V. pais. dos = veho-rheda. L'allemand p/er</ 

Pal, pel, peal, peel, piel I, 397. II, a la même racine. C'est de notre 

78. 68. Charl. 328, s. s. et p. r. peu mot que vient palefrenier , Imâ. 

Phii. M. 7273, Ben. 18551, pans parafrenarius. 

ib. 32585, pez I, 106, piez B. d. R. Paleis v. palais. 

4956, pis e. d. V. 1736, bâton, pi- Paled v. palais, 

quet, pieu. Pal est la forme pri- Palet v. pal. 

mitive, dérivant de palus; de là, Palvteis v. pal. 

avec afi^aiblissement de l'a en e, Paletor v. pal. 

pel, d*où avec dîphthongaison pi- Paletis v. pal. 

carde piel, et enfin, avec aplatisse- Pâlie v. palle. 

ment du ^^ notre pieu. Pour les Palis, palii v. pal. 

autres formes voy. les subst. en el^ PaUe, pâle v. pale. 

a/, etc. De là palis, palis, pieu, PaUe, pailel, 264, paille I, 196, pâlie 

palissade; palet, pieu, levier, gros II, 76. 85, étoffe de soie ou de 

bâton; escarmouche, surtout celle coton, proprem. manteau, tenture, 

qui se fait aux palissades d'une dais; de pallium. Ainsi le nom 

ville ou d'un château; paleter I, d'un habillement est devenu celui 

265, escarmoucber, combattre; pale- de l'étoffe dont on se servait pour 

tels, paletis, escarmouche. le faire. 

Palaïn v. palais. Palier v. parole. 

Palais, paleis, pales Trist. U, 29, Charl. I. Palme, paume I, 107, paume, plat 

355, palois P. d. B. 1848. 4143, de la main, main; palma; cheoir 

palees B. d. B. 8242, grande salle à paume, tomber sur les mains, 

voûtée, qui souvent formait à elle en pâmoison, en défaillance; de là 



PAL 



280 



PAR 



panmer I, 347, ordinairement au 
part, passé, avec la même signifi- 
cation. Quoique le développement 
des significations de paumer soit 
fort naturel , ce mot n*est peut-être 
dans le fond qu'une orthographe 
fautive de ptumer (v. plus bas), que 
le peuple rapporta à Tidée plus 
matérielle de paume, 

IL Palme, paume, palme, branche ou 
feuille de palmier, et, par exten- 
sion , d'après le dérivé suivant, pè- 
lerinage; dér. 'palmier, panmier I, 
395 , pèlerin , qui a fait le voyage 
de la terre sainte, et qui pour 
preuve en rapporte des palmes ; de 
palma. Cfr. DC. s. v. palma , pal- 
marii, et Mén. s. v. paumier. 

Palmier v. palme II. 

Palois v. palais. 

Palor, pallor v. pale. 

Paltonier, pautonier I, 71, homme sans 
profession ni demeure fixe; homme 
de mauvaise vie, méchant, hautain, 
misérable, gueux, coquin ; fém. pal- 
toniere, pautoniere, femme mépri- 
sable , livrée à la débauche ; cfr. 
Roq. s. V. pautonier. Paltonier est 
un dérivé, dont le simple se trouve 
dans Pital. paltone, prov. paltom, 
pautom, qui, à ma connaissance, ne 
se rencontre dans aucun monument 
de la langue d'oïl. Paltone^ pai- 
tom peuvent dériver de palitari, 
errer souvent çà et là, dont se sert 
Plaute. M. Schwenk, D. W. s. v. 
Lump, fait remonter paltane, pal- 
tonier au bas-allemand po/f, lam- 
beau. Le Duchat, je ne sais comment, 
identifie paltonier et pontonnier. 

Paltoniere v. paltonier. 

Pain R. d. 1. V. 51 , marais , mare : 
palus; de là 5'empalner I, 373, se 
salir, s'embourber. 

Pan ï, 189. R. d. 1. V. 292, étoffe, 
linge, lambeau, pièce, morceau, 
partie; partie de Tarmure qui cou- 



vrait le côté ; pan ; paroi ; gage, 
nantissement; panniff; de là paner, 
panehr, saisir, prendre des gages; 
V. Rayn. L. R. IV, 409 panar; comp. 
eipanir, etpenir, efpan«ir, eipanoir 
II, 49. 93, expier, payer, punir; 
depaner M. s. J. 446, déchirer, mettre 
en pièces , disjoindre , détruire. 

Panée, panehe, ventre, gros ventre; 
de pantex; paneeil, en rime, avec 
le même sens, Ben. 37322. De 
pance, dérive pandre, panéUre, k 
partie de l'armure qui couvre la 
panse ou le ventre. Cfr. Mén. s. v. 

Paneeil v. pance. 

Panehe v. pance. 

Panchire v. pance. 

Paneire v. pance. 

Pandre v. pendre. 

Paneir, paner v. pau. 

Panier v. pain. 

Panre v. prendre. 

Panier v. pois I. 

Paniif V. pois I. 

Panteiser, pantniser, s'agiter, panteler, 
haleter; prov. pantaysar, pantayar, 
panteyar; subst. pantaia, essouffle- 
ment, souci, tourment; du kymri 
pantu^ presser, fouler, pani, pres- 
sion; anglais pant, haleter. Nos 
mots pantois, pantoiement, pante- 
ler, sont de la même fSamille. 

Pantniier v. panteiser. 

Paon, poon I, 191, paon; de pawf. 

Paor, pafir, paonr, peor, poor, poonr, 
pour I, 65. 79. 101. 254. II, 142. 
309, peur; de paeor, 

Paonr v. paor. 

Par, pair, per II, 157, peer, pair, pa- 
reil, égal,, semblable, du latin par. 
L'orthographe la plus fréquente de 
ce mot est per. Per s'employait 
en parlant des seigneurs d'une no- 
blesse égale, sorte de dignité; 
quelquefois il était synonyme de 
baron ou grand seigneur. Le nom 
de per se donnait plus particulière- 



PAR 



281 



PAR 



ment aux membres de la prétendae 
cour instituée par Cbarlemagne. 
Le mot de per avait encore les 
significations de compagnon, époux 
(I, 292), compagne, épouse (I, 254), 
camarade, toujours avec l'idée d'é- 
galité, de condition semblable. Cfr. 
Mén. s. V. pairs. Enfin, il signifiait 
écbevin, conseiller de ville. Vimre 
per I, 263; bon per, bon com- 
pagnon ; per à per, homme à homme, 
en nombre égal. Faire, père, paire ; 
propi*. paria; cfr. arme. — De là 
parrie, égalité; pairie, dignité de 
pair; échevinage, conseil de ville; 
— parier, associer, joindre, unir; 
d'où le comp. aparier, apparier, 
unir, joindre, accoupler; — com- 
parer, comparer, égaler ; comparare; 
d'où acomparer, mettre en paral- 
lèle. Voy. pareil, parage. Notre 
parier = gager , de pariare (par), 
rendre égal, ainsi propr. mettre une 
chose contre une autre semblable. 

Far, per prép. II, 358; par moi, toi, 
soi, etc. Il, 358; par de II, 358; 
de par II, 359; par adv. II, 314; 
comp. parmei, parmi II, 359; par 
ce que conj. II, 388; par ce, par 
quoi II, 388. 

Paradis, parais, pareïs I, 126. 189, 
paradis; de paraditus. C'est de 
la forme parais, qu'on fit ensuite, 
avec l'intercalation ordinaire de v, 
le mot (paravis, parevis) parvis; 
cfr. Mén. s. e. v. 

Faraemplir v. ademplir. 

Farage, paraige I, 252. 65. 362. II, 
319, rang, extraction, noblesse, 
naissance illustre, respect dû au 
rang ; de par , ainsi proprement 
égalité. Cfr. par, adj. 

Paraige v. parage. 

Farail, paraiUer v. pareil. 

Parais v. paradis. 

Faraler v. aler. 

Paranteit v. parent. 



Parastre v. père. 

Paras (lo) v. pares. 

Parc, parc; bergerie; espace clos dans 
lequel avait lieu le tournois; Imâ. 
parcus, parricus, prov. parc, pargue, 
ital. parco, bargo; esp. , port, par- 
que; vb. comp. emparoher, empar- 
chier, enfermer dans un parc. De 
parc, vient notre parquet, vb. par- 
quer, V. Ménage. Dans les an- 

. ciennes lois bavaroises, parc signifie 
magasin à grains. Parc, en ahal. 
pfarrich^ pferrich^ allm. pferch, 
anglo-saxon pearruc, pearroc, en 
gallois paire, breton park, kymri 
parc, parwg. On a dériva parc 
de l'allemand, où la forme se rat- 
tache, dit -on, à bergen, prétérit 
barg, v. Schmitthenner et Schwenk 
D. W.; mais la consonne initiale 
pf fait empêchement. D'autres ont 
regardé les formes celtiques comme 
les primitives, et M. Diefenbach 
remonte au kymri parâu; v. 6. W. 
I, 265, Celtica I, 167. 

Paroamin, parcemin, parkemin, parche- 
min, parquemin I, 92. 99, parche- 
min, rôle; de pergamenum, perga- 
mena charta, à cause de la ville 
de Pergame, où il a été inventé, 
y. Ménage Dict. s. v. et Origines 
de la langue ital. s. v. pergamena. 
Le passage du g au c qu'on re- 
marque ici est fort rare. 

ParcoDÎn v. parcamin. 

Parchemin v. parcamin. 

Parchier v. percer. 

Pardon v. part. 

Parçoivre v. percevoir. 

Parçonnier v. part. 

Parcroistre v. croistre. 

Pargonere v. part. 

Pardestmire v. enstruire et II, 203. 

Pardire v. dire. 

Pardon v. don. 

Pardonable v. don. 

Pardonance v. don. 



PAR 



282 



PAR 



Fardoneir, pardoner v. dou. 

Fardonement v. don. 

Fardoneres v. don. 

Fardnner v. don. 

Fardnrable, pardnrablement v. durer. 

Parece I, 229, pereoe II, 50, pereche, 
paresse; de pigritia; de là parecos, 
pereeiu, pereeheus,. paresseux, né- 
gligent; adv. pereceiuement I, 384, 
paresseusement, négligemment; pa- 
reeer, pereeer, perecher, paresser, 
être paresseux; comp. apareoer, 
aperecer II, 150, devenir paresseux, 
lent, s'affaiblir. 

Pareoer t. parece. 

FarecoB v. parece. 

Pareil, parel, pareil, parail, fém. pareille 
II, 72, etc., pareil, semblable, com- 
parable; Imâ. pariculus, dimmutif 
de par, Subst. pareil, prov. parelb, 
signifie propr. paire, comme on le 
voit encore dans notre composé 
appareiller. De pareil dér. pareiller,, 
parolier, paroiller, parailler, apparier, 
assortir, appareiller, construire ; d'où 
le comp. apareiller (apareit, sub- 
jonctif), apariller I, 143, aparailler 
I, 174, aparoiUer I, 182, aparoillier 
1, 284, aparellier, appareiller, choisir, 
préparer, faire des préparatifs, dis- 
poser, arranger, orner, vêtir d'ha- 
bits de cérémonie; — subst. apa- 
reil, aparoil, aparel, aparail, appa- 
reil, apprêt, préparatif ; de là apa- 
reillement, aparellement, appareil, 
apprêt, ajustement; rapareiller, ra- 
parilher II, 382, rappareiller. Cfr. 
par, adj. 

Pareille, pareiller v. pareil. 

Pareir v. paroir. 

Pareit v. paroit. 

Pareil v. paradis. 

Parel, pareller v. pareil. 

Parement v. parer. 

Parent I, 263, parent, égal, pareil: 
parens (parent); parenteit, paran- 
teit, parente I, 84. 263. 278, liaison 



par le sang, parenté, parent, allié; 
DC. et après lui Roquefort diaent 
que ce mot était autrefois maec., 
c'est une erreur, il avait les deux 
genres, comme le prouvent nos 
exemples; parentele, parenté; pa- 
rentela; vb. comp. emparenter, ap- 
parenter. V. Mén. s. V. parent. 

Parente, parenteit v. parent. 

Parentele v. parent. 

Parer, paraître v. paroir. 

Parer, préparer, disposer, orner; pare- 
ment, habit armorié; — parer, dé- 
fendre, garantir, qui est resté dans 
les composés parapet, parasol, etc. ; 
parement, mur, rempart, fortifica- 
tion; comp. du dernier verbe em- 
parer, remparer, fortifier; d'où em- 
parement, rempart, fortification; et 
d'ici remparer, rempar, aujoard'bni 
avec t final. Notre s'emparer est 
de la même famille, prov. emparar, 
amparar, saisir, prendre. Parer^ 
dans ses diverses significations, dé- 
rive de parare ; Ménage l'avait déjà 
supposé. Pour ce qui est des pre- 
mières, il n'y a aucune difficulté; 
quant aux autres, en partant de 
l'idée préparer, on a eu 1) tenir 
prêt, prov. parar présenter, tendre ; 
2) retenir, garder, protéger. Ray- 
nouard a aussi reconnu en partie 
cette étymologie. 

Pares (h) M. s. J. 452, avec une forme 
moins congruente dans les S. d. 
S. B. lo paraz I, 324, mot qui ne 
se trouve guère que dans ces an- 
teurs, et dont la signification était 
incontinent, snr-le-cbamp ; de per 
ipsum se. tempus. Cfr. ades, par. 

Parester v. steir. 

Parestmsse (à la) v. cstros. 

Parfaire v. faire. 

Parfeit, parfeitement v. faire. 

Parfiler v. fil. 

Parfin v. fin. 

Parfit, parfis v. faire. 



PAR 



283 



PAR 



Farfitement v. faire. 

Farfond v. fond. 

Farfondesce v. fond. 

Farfondeee v. fond. 

Farftmt v. fond. 

Farier v. par, adj. 

Farigal v. ewer. 

Farir v. paroir. 

Faqur v. jurer. 

Faijnrer v. jurer. 

Farlage v. parole. 

Farlement v. parole. 

Farleor v. parole. 

Farier v. parole. 

Farlenre v. parole. 

Farlier v. parole. 

Farlieres v. parole. 

Farmaindre v. manoir. 

Farmanable, parmanablement v. manoir. 

Farmei v. par prép. 

Farmi v. par prép. 

Farooire v. occire. 

Faroil, paroiller v. pareil. 

Faroir, paiir, parer, pardr II, 40-43, 
paraître, apparaître, être visible, 
se montrer, sembler ; comp. aparoir, 
apparoir, apparaître, paraître, se 
montrer; dûqparoir, disparaître; re- 
paroir, paraître à son tour, aussi, 
de même. 

Faroit, pareit, paret, s. s. et p. r. 
pareil, pareil, paroÎB I, 145, paroi, 
mur, muraille; prov. paret, ital. 
parete, esp. pared, port parede; de 
paries, part«l(i8); la langue mo- 
derne a retranché à tort le f. 

Faroii v. paroit^ 

Farole I, 49. 220, parole, discours; 
loi, ordre; prov. paraula; depara- 
hola; cfr. Bayn. L. R. IV, 418; 
verbe paroler, parler, pairler, palier 
I, 309-10. 184, parler, dire, dis- 
courir; parler d'un et d'el I, 168; 
de là parlieres, parleor I, 77, par- 
leur, avocat, bavard; adj. parUer, 
parliere I, 78, parleur, parleuse; 
employé subst. , comme parlieres; 



parleure, langage, manière ou fa- 
culté de parler; parlage, parlage, 
bavardage; parlement I, 82, entre- 
tien, conférence, pourparler, entre- 
vue, assemblée solennelle pour dé- 
libérer sur qqch. ; comp. aparler, 
aparoler I, 310. II, 398, ajoutez la 
signification traiter d'une affaire; 
aparlement II, 11, parole, conver- 
sation; emparler I, 310; emparlier, 
avocat, R. d. 1. V. 38; meiparler I, 

310. II, 164; porparlerl, 310, com- 
ploter; porparlement , abouchement, 
pourparler, complot; oontreparler 
I, 310, contredire. 

Far<der v. parole. 

Faroet II, 377 subj. de paroler. 

Farout I, 309. 

Farpenser v. pois I. 

Farqnemin v. parcamin. 

Farrie v. par, adj. 

Fameure, panevre v. sevré. 

FaiBomme v. som. 

Fanonnitr v. part. 

Fart, part, portion, certaine quantité 
d*un tout, les premiers principes 
d^me science, côté, direction; de 
pars (part); de part II, 359; de la 
meie part I, 401, de ma part; 
avoir part d'une femme 1 , 252 , la 
connaître charnellement; partir I, 
92. 172. 254. 256. 268. 271. 286. 

311. 339. II, 9. 33. 56. 360. 384, 
etc., partager, départir, répartir, 
prendre part, séparer, diviser, éloi- 
gner, ôter, quitter, partir, s'en 
aller; de partiri. Dans le sens de 
partir, s'en aller, ce verbe se con- 
jugua toujours, dans le principe, 
avec le pronom se, et cela était 
bien fondé: se partiri, se partager, 
se séparer, s'en aller; mais, au 
XlIIe siècle déjà, on le trouve in- 
différemment avec et sans ce pro- 
nom, comme le prouvent les exem- 
ples cités. S'en partir et se partir 
avaient la môme signification. Rc- 



PAR 



284 



PAS 



m&rquez partistent tLU prés, de l'iad. 
dans la Ch. d. R. str. 257. Partie 
I, 55. II, 305, part, partie, por- 
tion, séparation, partage, côté; 
partiium^ partila. De là parcioii, 
parson, par^ II, 189, part, por- 
tion, séparation; d*oîi pargoimier, 
parçnnere, parsoimier n, 201, co- 
partageant, copropriétaire, partici- 
pant, qui prend part à qqcb.; par- 
tisBement, partage; partisseres, par- 
tisseor , partageur , copartageant ; 
partiion, division, partage, sépara- 
tion; de partitio; — comp. par- 
tener I, 268, participant, sociétaire, 
partenaire; prov. partender; — 
départir, despartir I, 48. 123. 152. 
172. 304. 305. 343. 396, etc., se- 
parer, diviser, partager, fendre, 
distribuer, finir, quitter, abandon- 
ner, partir ; avec se comme le simple 
dans le sens de partir; inf. empl. 
subst. I, 210, départ, action de 
quitter un lieu; de là departiment, 
séparation; — départie, séparation, 
empêchement; — espartir, disperser, 
éparpiller; part, esparti, isolé; fors- 
partir II, 213, séparer, excepter. 

Partant v. tant et II, 325. 

Partener v. part. 

Partenir v. tenir. 

Partir v. part. 

Partiflon v. part. 

Partiflsement v. part. 

Partisseor, partisseres v. part. 

Parvenir v. venir. 

Parvertir v. vertir. 

Parvoir v. veoir. 

Panoivre v. percevoir. 

Parson v. part. 

Pas, pais II, 92, pas, passage dan- 
gereux et étroit, gorge de mon- 
tagne, détroit, marche; de passus; 
passer, passeir, paser, parcourir à 
pas , passer , traverser, faire le 
voyage de la terre sainte, dépasser, 
outrepasser, surpasser, se comporter. 



AUer le pas, marcher, avancer au 
pas; aller plus que le pas, aller 
très-vite, s'enfuir; enmi le pas, en 
avançant, en route, avant d^arriver ; 
passer le tens II, 19, se sustenter, 
vivre. De là passage, passaige, pas- 
sage, détroit, traversée d*un fleuve, 
et, dans un sens restreint, voyage 
d'outremer, voyage de la terre 
sainte; passagier, passager. Pas 
servant à renforcer la négation II, 
333 et suiv. ; adv. comp. chaii pas 
II, 298 ; en es le pas H, 298 ; isnel 
le pas II, 298. Comp. compas 
(cum- passus), pas égal, marche, 
ordre, mesure ; à compas, avec ordre, 
mesure; par compas, par mesure, 
dans les règles, comme il faut: Et 
li Sarrasin tout le pas, | Les en- 
cauçoient par compas, Phil. M. 6108 ; 
d'où compasser, aller le même pas, 
tenir le pas, ordonner, disposer, 
mesurer; et d'ici compasseres, com- 
passeor, ordonnateur, qui dispose. 
Ce n'est que plus tard que le mot 
de compas a pris la signification 
actuelle. Bespas, guérison; respas- 
seir, respasser, respaser, guérir, re- 
venir en santé, se remettre, re- 
donner la santé; — trespas II, 384, 
crime, délit, violation ; passage dan- 
gereux et étroit, gorge de mon- 
tagne; droit de passage, tribut; 
trépas ; trespasser, trespesser II, 345. 
356. 360. 388, passer outre, à côté, 
dépasser, passer, surpasser, contre- 
venir, violer, traverser, parcourir, 
mourir; au part. pas. pour ce qui 
est passé (depuis longtemps), ce qui 
est terminé ; de là trespassant, pas- 
sant, voyageur; trespaisement , ce 
qui passe les bornes, félonie. 

Pasche v. pasque. 

Pascor v. pasque. 

Paser v. pas. 

Paskerez v. pasque. 

Pasle V. pfile. 



PAS 



285 



PAV 



Fasmeisim v. pasmison. 

Fasmer v. pasmison. 

FasmeBon v. pasmison. 

Pasmison, pasmeson, pasmeison I, 72. 
104. II, 391, pâmoison ; vb. pasmer, 
avec et sans se, I, 361. II, 357. 
388, pâmer; de spasmus {anaOfÂÔç); 
prov. espasme, esp. cspasmo, pasmo, 
ital. spasimo; vb. prov. plasmar, 
esplasmar, espalmar, esp. espasmar, 
pasmar, ital. spasimare. D*oà vient 
que le s est tombé devant le p^ ce 
qui n'est pas ordinaire? Aurait-on 
regardé la forme primitive en es 
initial comme un composé de ex 
et pasmus^ et alors pasmus comme 
le simple? Y. espasmiz Ben. 2228. 
18865. 

Fasqne, Fasche II, 347, Pâques; de 
rhébreu pesach, passage; dér. pas- 
oor, paskerez, temps de Pâques, 
printemps ; cfr. prov. nadalor, temps 
de Noël, de nadal. Rayn. L. R 
IV, 301. 

Fassage» passaige v. pas. 

Passeir, passer v. pas. 

Fassion v. patience. 

Past subj. de passer. 

Patenostre v. père. 

Paterne v. père. 

Patemeil, patemeis v. père. 

Paternité v. père. 

Patemostre v. père. 

Patibler II, 250, propr. se démener 
comme quelqa^un qu'on met à la 
potence, gesticuler avec violence; 
de patihviltLs. 

Patience, padenee I, 126, patience, 
tranquillité d'âme; patientia; im- 
patience, impasdence I, loi. II, 241, 
impatience; impaiientxa; passion I, 
162, passion, souffrance, plus par- 
ticulièrement en parlant de J.-C; 
mouvement charnel; paitta de pa- 
tior; compassion, compassion, dou- 
leur, souffrance, affliction; com- 
passio, % 



Patriarche I, lOô, patriarche; dignité 
ecclésiastique; patriarcha (narQt- 

Pau V. poc. 

Fauc, pouce v. polce. 

Paume, palme v. palme II. 

Panme, paume v. palme I. 

Paumes v. palme I. 

Paumier v. palme II. 

Paur V. paôr. 

Pans V. pal. 

Panse, pose, pause, repos; de pausa; 
adv. II, 317 ; posât II, 317 ; pansée 
pose, repos; panser, poser, placer, 
mettre, poser, reposer, prendre du 
repos, fixer, convenir; de pausare. 

• Les deux orthographes différentes 
de ce verbe ont été admises plus 
tard avec un sens différent. Comp. 
reposer II, 312, prendre du repos, 
se délasser; reposer, arrêter; subst. 
repos, repans I, 221. 298. II, 376, 
repos, calme ; repansee, reposée, lieu 
ou temps de repos; à reposées, à 
différentes reprises; à loisir; dé- 
poser, déposer; au chief déposé R. 
d. 1. V. 60, la tête baissée; dis- 
poser, disposer, projeter, arrêter; 
disposition 1, 218, disposition, projet, 
décision, ordre; dispositio; proposer, 
purposer I, 380. 267. II, 278, ré- 
soudre, prendre la résolution, pro- 
poser, se proposer; propos I, 390, 
projet, dessein, ce qu'on se pro- 
pose de faire; et dér. du vb. avec 
la même signification proposement. 

Pansée v. pause. 

Panser v. pause. 

Pantonier, pantoniere v. paltonier. 

Pauvre v. povre. 

Pauvreté v. povre. 

Paveillon, paveillun v. pavillon. 

Pavement, pavementer v. paver. 

Paver I, 344, paver, daller; de pa- 
tire, avec changement de conju- 
gaison ; pavement n, 44. 278, pavé, 
dallage; pavimentum; d'où pave- 



PAV 



286 



PEL 



menter, paver, daller. Ct'r. Ménage 
s. V. pavé. 

Pavillon I, 58. II, ;JOr), paveillon I, 
185. II, 295, pavillon, tento; de 
papilio; v. DC et Mén. s. v. Pa^ 
veiUon se trouve encore dans la 
langue d'oïl avec le sens de pa- 
pillon: Des flors sali un paveillon, 
I Des des feri mon menton. | Del 
paveilloti tel paor oi, | Que m*es- 
criai plus tost que poi (FI. et Bl. 
V. 2351-4). 

Paz Y. pais. 

Payer v. paier. 

Peal V. pal. 

PeanB v. pel. 

Pec, fém. peoqne, sot, stupide, niais, 
borné; de pecus^ que le latin clas- 
sique employait déjà en ce sens. 
Molière emploie encore le fém. 
pecque, et Le Duchat, à cette oc- 
casion, donne la dérivation indi- 
quée, en faisant observer que pecque 
a la même signification que pécore. 

Pecchier, peohier, peeier, pekier I, 125. 
194, pécber, faillir, désobéir; pec^ 
care; pechieres, pechierres, pecheor, 
pecheenr I, 74. II, 107, pécheur, 
délinquant, coupable; peccator; 
peehiet, peciet I, 84. 226. II, 36, 
péché, faute, désobéissance; pec- 
catum. 

Peeheenr v. pecchier. 

Peeheor v. pecchier. 

Peehier, pécher t. pecchier. 

Peehier, espèce de vase v. pichier. 

Pechieres, pechierres v. pecchier. 

Peehiet v. pecchier, 

Pechoier v. pièce. 

Peeier, pécher v. pecchier. 

Peeier, briser v. pièce. 

Peeierrei v. poisson. 

Peciet v. pecchier. 

Pe^oier t. pièce. 

Peool V. piot. 

Peoqne v. pec. 

Peoime I, lô9, argent, pécune ; pecunia. 



Ped v. piet. 

Pedaille v. piet. 

Feel V. pal. 

Peer v. par, adj. 

Peil V. poil. 

Peiler v. poil. 

Pein V. pain. 

Peine, peiner v. poene. 

Peire v. père. 

Peie, poids v. pois I. 

Peis, légume v. pois II. 

Peiser v. pois I. 

Peieson, peisnn v. poisson. 

Peit v. pois I. 

Peitie v. pi us. 

Peitrine v. piz. 

Peivre v. poivre. 

Peiz V. pis. 

Peiz v. poix. 

Pejor, pejonr v. pis. 

Pejnr v. pis. 

Pekier v. pecchier. 

Pel, pieu V. pal. 

Pel, piel, pian], peans I, 290. II, 118. 
255, peau, cuir; pellis; peliee, pel- 
liée, vêtement garni de peaux ou 
de fourrures; de pellici%u, a; d'où 
peliçon, pelliçon, pelisse, robe four- 
rée, vêtement de dessus; dimin. 
peliçonet ; à la même racine (pellis) 
se rattache le vb. pelioer, tirailler, 
tirer de l'argent , dépouiller, pla- 
mer; proprem. arracher la pean. 

Pel, poil V. poil. 

Pelé, et avec s intercalaire, pede, 
pelle; pala; prov., ital., esp. pala. 

Peler v. poil. 

Pèlerin II, 299, voyagenr, étranger, 
pèlerin; de peregrinus; prov. pele- 
grin, ital. pellegrino, esp. peregrino ; 
de là pèlerinage II, 345, pèlerinage. 
Pour le verbe pelegriner, la langue 
moderne a repris la forme latine 
en r; pérégriner. 

Pèlerinage v. pèlerin. 

Pelfre, butin; pelfrer, piller, sacca- 
ger; anglais pelf, Tavoir. Racine? 



PEL 



287 



PEN 



M. Daméril I). N. au mot peuffe, 
dit qu'il dérive de l'islandais pelf, 
dépouilles; mais ce mot islandais 
n*est autre que l'anglais pelf, dont 
on ignore Torigine. 

Felfrer v. pelfre. 

Felice, pelicer v. pel. 

Feliçon, peli^onet v. pel. 

Fellice, pelIi9on v. pel. 

Fenance, penanohe v. poene. 

Fenant v. poene. 

Fencher, penchier, pencher ; de p'endi- 
care, de pendere; cfr. pendre. 

Feinohier v. pencher. 

Fendant v. pendre. 

Fendre, pandre I, 112. 154, pendre, 
suspendre, pencher, incliner; ap- 
pendre; de pendere; subst. pente, 
pente; ainsi pour pende; cfr. tente, 
vente, tonte; pendu II, 19 part, passé 
empl. subst. le pendu; de là pen» 
dant, hauteur, colline-, penchant; 
comp. apendre I, 302. Il, 337, dé- 
pendre, être soumis, obéir, se rap- 
porter, être du ressort de, de la 
charge de, etc.; pendre, attacher, 
appendre; appendice, apandise 1, 166, 
dépendance; despendre, despendere 
I, 237. II, 19, dépendre, ôter ce 
qui est pendu; nupendre I, 170, 
suspendre. Cfr. pencher. 

Fendu v. pendre. 

Feneanoe v. poene. 

Feneant v. poene. 

Fene, plume, panne v. penne I. 

Fene, crête v. penne II. 

Fene, peine, pener v. poene. 

Feneor v. poene. 

FeneoM v. poene. 

Fenible v. poene. 

Fenitanohe v. poene. 

Fenitence v. poene. 

I. Fenne, pêne, plume; de penna; de 
là penium, penon, étendard, enseigne, 
espèce de bannière à longue queue 
que le chevalier attachait à sa lance 
ou à son enseigne, banderole ; dim. 



penoncel, penonchel; cfr. Koq. s. v. 
pennon, penen ; DC. s. v. pennones. 
Je dérive pennon de pemie (penna), 
et non de pannus, comme on le 
fait ordinairement, parce que toutes 
les langues romanes ont un e ra- 
dical, ital. pennone, esp. pendon {d 
intercalaire), prov. peno, penon, et 
qu'elles n'avaient aucune raison 
d'affaiblir Va en e, si pennone, 
pendon, etc., dérivaient de pannus. 
On a comparé la banderole à l'on- 
dulation d'une plume agitée par le 
vent. Penne, pêne signifie encore 
panne, espèce de fourrure, et, dans 
ce sens, il dérive également depenna^ 
prov. penna, pena, et non de pan- 
nus, ainsi qu'on l'admet; pannus 
a produit pan en franc, et en prov. 
Rayn. L. R. IV, 408. Mais d'où 
vient ce nom de penne pour une 
fourrure ? La disposition des pièces 
de la fourrure rappelait-elle, dans 
le principe, les barbes de la penne ? 
Cfr. pêne à eschiechiers P. d. B. 
V. 4896. Ou bien était -elle flocu- 
leuse? Mais alors il faudrait ad- 
mettre influence ^e l'allemand, où 
fédère (allmâ.) signifiait plume et 
penne. Pour pennon, on disait aussi 
pignon^ de pinna^ v. penne II. 

II. Fenne, pêne I, 382, éminence, 
hauteur; bord supérieur, crête; de 
pinna, le haut de la muraille, cré- 
neau. De là encore pignon, partie 
la plus élevée d'un bâtiment; pen- 
non (v. penne I.), parce que la 
bannière était en haut de la lance : 
Escu ot et lanche et pignon (R. d. 
1. y. p. 130); dimin. pignoncel, pin- 
gnoncMél. — Pinacle de pinnaculum. 

Fennon, penon v. penne I. 

Fenoncel, penonchel v. penne I. 

Fenre v. prendre. 

Fens V. pois I. 

Fensaige y. pois I. 

Fenee v. pois I. 



PEN 



28« 



PER 



Fenseir v. pois I. 

Fensement v. pois I. 

Fenser v. pois I. 

Pensif, pensis v. pois I. 

Penidn v. pois I. 

Fente v. pendre. 

Pentecoste II, 349, Pentecôte; pente- 
coste, TiiyirjxoaT^j sous - entendu 
rifiéçccy le cinquantième jour après 
la Pâque. 

Fentir v. poene. 

Peon, peonier v. piet. 

Peor V. paôr. 

Pépie, pépie; selon Mén. de piluita., 
qui se transforma en pivita, d'où 
pipita; ital. pipita, esp. pepita, port, 
pevide, prov. pepida. 

Fepin v. pepon. 

Pepion V. pepon. 

Pepon, melon, de pepo. On a dit 
aussi pepion, qu'on trouve avec 
la signification de pépin, et, se- 
lon Le Duchat, ce dernier mot 
n'est qu'une corruption de pepion, 
qu'il dérive de pappinui. Frisch 
admet identité entre pepon et pé- 
pin, et dér. pepon de pepo, parce 
que, selon lui, pepon n'a d'abord 
signifié que grain du melon, de la 
concombre. Cfr. encore Mén. s. v. 
pépin. Pépin, dans l'ancienne langue, 
signifiait jardinier qui cultive des 
pépinières. 

Fer, pair v. par, adj. 

Fer, par v. par, prép. 

Percer I, 95, perser I, 226, perchier 
R. d. 1. V. p. 34, parchier I, 354, 
percer, déchirer; subst. perçoir, 
perchoir R. d. 1. V. p. 34, perçoir; 
comp. tresperder I, 152. Dol. 173, 
percer, transpercer. De pertuiser, 
V. ce mot, pertuis (Ménage). 

Percevoir, percever v. percevoir. 

Percevoir, percever, perceveir, perche- 
voir, perzoivre, perchoivre, percivoir, 
et par au lieu deper: parsoivre, etc. 
II, 12 et suiv., apercevoir, distin- 



guer, remarquer, comprendre, rece- 
voir; percipere; comp. aperoeroir, 
aparzoivre, etc., apercevoir, aviser, 
distinguer , reconnaître ; prendre, 
recevoir; d'où, par le part, prés., 
apercevance, action, air de s'aper- 
cevoir. 

Perche, perche; de pertica; d'où 
perchot, perche longue et ferrée, croc. 

Perchevoir v. percevoir. 

Perchier v. percer. 

Perchoir v. percer. 

Perchoivre v. percevoir. 

Perchot v. perche. 

Percivoir v. percevoir. 

Perçoir v. percer. 

Perde v. perdre. 

Ferdicion v. perdre. 

Perdre, pierdre I, 51. II, 93, perdre; 
perdere; subst. perde, pierde et avec 
t pour d, perte I, 252. 329. II, 16, 
perte, dommage; proprem. perdita; 
perdicion I, 49. II, 3, perdition; 
perditio; comp. aperdre I, 306, 
perdre; esperdre II, 241, égarer, 
étonner, décourager, troubler; re- 
perdre I, 217, reperdre. 

Perdnrahle, perdnraUement v. darer. 

Perdnrabletet v. durer. 

Père, pierre v. piere. 

Père, paire v. par. 

Père, peire, piere, père; pater; paraître 
II, 59, beau-père, mari d'une femme 
qui a des enfants d'un autre lit; 
pair aster ; cfr. marastre s. v. mère; 
paterne I, 344, Père, le Créateur, 
Dieu le père; paUmus, a, v. DC 
s. e. V.; paternité I, 375, paternité; 
paternitas; patemeil I, 391, pater- 
nel ; paternalis pour paternus. Notre 
parrain, du Imâ. patrinus; esp. pa- 
drino, prov. pairi, pairi, pairîn, 
ital. patrino, s'écrirait plus correcte- 
ment parrin, Patemoftre, pate- 
noBtre II, 288, patenôtre; pater 
nosler. 

Perece, perecer v. parece. 



PER 289 PES 

Fttreoeni, perecensement v. parece. Pennanoir v. manoir. 

Perechet pereeher v. pareoe. Pennener v. mener. 

PereoheoB v. parece. Perpétuai v. perpétuel. 

Perelloa v. péril. Perpetoanment v. perpetnel. 

Parier v. piere. Perpetnel, perpetnal, perpétuel; per- 

Peril I, 149, péril, danger; periculum; petualis; adv. perpetoanment I, 222, 

periler, periller I, 171, mettre en perpétuellement, 

péril, exposer à périr, être en dan- Perquerre v. querre. 

ger, être perdu, périr, péricliter, se Perrette v. piere. 

gâter, se corrompre ; periculari (Gat. Perrin v. piere. 

d. Fest.); perilloi, perillone, perelles Perron v. piere. 

I, 281. n, 312, périlleux, dange- Pen, perse I, 407, bleu foncé, bleu 

reux; periculosus, sombre; v, DC. s. v. Imâ. persns, 

Periler, periller v. péril. Golor, ad caeruleum, vel ad per- 

Perilles, perillons v. péril. sicae mali colorem accedens. 

Perin V. piere. Peneention v. sevré. 

Périr I, 227. II, 147, tuer, détruire, Pener v. percer. 

mourir, périr; périr e. Penevereir I, 207, persévérer; perte^ 

Peristemnt fut. de périr. verare; peneveranoe, persévérance; 

Peijnrer v. jurer. perseterantia. 

Perle, perle; ital. , esp., prov. perla; Penoldre v. soldre. 

port, perola, perla; Imâ. perula, Penonè, personne I, 174, personne; 

perla, L'abal. a perala, herala, cta^x persona; personnement II, 74 

et Ton a dérivé perle de là. Be^ adv., peut-être mal lu pour per- 

rala^ supposé quMl soit allemand, wmnéhnent, personnellement, en 

serait pour heer, bacca; mais il y personne, de personnel, persùnaiis^ 

a plutôt lieu de croire que ce mot quoique la formation ne soit pas 

est emprunté, car le gothique ne impossible, 

connaît pas de forme basla, de Personnel v. persone. 

basi, bacca, et Ulpbilas traduit Personnement v. persone. 

^ttQynQCiaiç par markr^tum. Cfr. Perte v. perdre. 

Dief. 6. W. n, ^. 54. Quant à Pertris I, 191. R. d. 1. V. p. 82, per- 

une origine latine, on a songé à: drix; de perdix, en prov. perdiz. 

1) pirula, de pira, et comparé Pertmhs, pertois v. pertuiser. 

bacca, baie et perle, gemma, bouton Pertuiser, pertnser, pertnsier, percer, 

et pierre préciense; 2) pUula, avec forer; subst. portais, portos, pertoihs 

permutation de / en r; 3) pema, I, 227, trou, ouverture, porte; de 

espèce de coquillage, dérivation qui pertusiare, pertusium de (pertnn- 

a pour elle le napolitain pema= dere) pertuius, V. percer, 

perla; cfr. DC. s. V.; 4) enfin pe- Perturber t, 332, troubler, agiter, 

m/a pour sphertUa, émouvoir; periurbare, 

Permaîndre v. manoir. Portos, pertoser, portosier v. pertuiser. 

PormanaUo, pormaaaUoment v. manoir. Perron v. vertir. 

Ponnanabloteit v. manoir. P ora o ivr e v. percevoir. 

Permanant (en) v. manoir. Pes, poids v. pois I. 

Pormananloment v. manoir. Pes, paix v. pais. 

Pormananloteit v. manoir. Pesanoe v. pois I. 

Borgny, langoe d*o11 , Qlonaire. 19 



PE8 



290 



PIE 



Fesanços v. pois I. 

Pesant v. pois I. 

Pescer v. poisson. 

Pescheor, pesehenr v. poisson. 

PfMher, p«eefaier v. poisson. 

Pefclieret) peaèhieres v. poisson. 

Petohur v. poisson. 

Peteion v. poisson. 

Peser y. pois I. 

Pesle V. pelé. 

Penne v. pis et I, 106. 

Pesoier v. pièce. 

PestUenee I, 268. II, 254, peste, ma- 
ladie épidémique et contagieuse; 
pestilentia. 

Pestril V. pestrir. 

Pestrin, peetrine v. pestrir. 

Piftrir, pétrir; ÛQjnstura (pinso), d'où 
Ton iorm&pisiurire; pestril, pestrin, 
pestrine , liea où Ton pétrit le pain ; 
pistrilla, pistrina. 

Petit I, 100. 263. 389. II, 108. 315 
et sniv., adj. petit, faible; empl. 
subst. I, 127; adv. peu; par un 
petit II, 314, peu s'en faut, à peu 
de choee près, presque; à petit, 
peu S'en faut; estre petit de qqck., 
s'inquiéter peu de qqch. ; dimin. 
petitetll, 315, adj. petit, tout petit, 
jeune; adv. un peu, fort peu, très- 
peu, légèrement; cfr. poc; de là 
apetiser, diminuer, rapetisser. 

Petitet V. petit et II, 316. 

Penle v. pople. 

Pens V. pal. 

P« ▼. pal. 

Pes y. piet. 

Philosophe I, 220, philosophe; phUo- 
sophus, 

Pianl V. pel. 

Pic, pic (oiseau); pic, pioche, lieu 
élevé, coup de tranchant d'un in- 
strument; prov. pic, esp. pico, ital. 
picco, pointe, pic<^io, pic (oiseau), 
piccone, pioche; piqie, pique, sorte 
d'arme; prov. piqua, esp., ital., port, 
pica; vb. piquer, piquer, frapper; 



pieot, picois, piqnois, pikoîa, pic; 
vb. picoter. On dérive ordinaire- 
ment ptc, pioche, ses affiliée et 
correspondants, de l'iUlena. ptdkew, 
piké; mais l'identité de forme entre 
ce mot et pic^ oiseau, en eq>. 
également pico, en prov. pic, dans 
les deux cas, prouve que pic, pioche, 
comme ptc, oiseau, dér. du latin 
picus: le pic est un instrument 
avec lequel on piqne, comme l'oi- 
seau appelé pic fait avec son bec 

Pi)|a v. II, 316 note 1. 

Pieher v. pichier. 

Pichier, pechier, pieher Q. L.d. R. p. 256, 
picier II, 124, vase à mettre des 
liqueurs, vase à différents usages; 
certaine mesure ; ital. bicchiere, 
vase à boire et pecchero , oonpe. 
On a proposé différentes étymologies 
pour ce mot, la plus plausible est 
celle qui dérive pichier de fiùeoç, 
.vase en terre. V. DC. Bicarium. 

Pieier v. pichier. 

Piooîs, picot V. pic. 

Pie n, 67, pie, agace; pica; ital. 
pica, prov. piga. 

Pie, pied v. piet. 

Pie y. pins. 

Piega y. pièce. 

Pieee II, 316, pièce, morceau, lam- 
beau; prov. pessa, itaL pezsa, esp. 
piesa; port, peça; piega, pieeha II, 
316; à pièce, en pièce; ée pièce, 
de piça; à chef de pieee II, 317; 
verbe peder, pegoier, peehoiar, pe- 
soier II, 44. 82. 342, brieer, mettre 
en pièces, rompre, mutiler, détruire, 
ruiner, saccager; comp. âepeeier, 
despieier I, lOô. 134. 325. II, 261, 
déchirer, dépecer, rompre, mettre 
en pièces, briser, détruire, sacca- 
ger; apteier» afieeer, réonir en- 
semble plusieurs pièces, d'où ra- 
piécer. 

Piocha V. pièce. 

Piel, pieu v. pal. 



FIE 291 PIS 

Fiel, peau v. pel. (de pedites), sur laquelle on peut 

Piement v. plus. consulter Mén. s. v. pion; que pettge^ 

Fierde v. perdre. c.-à-d. ce que paient les passants, et 

Pierdre v. perdre. piètre, comme Ta dit Ménage, dér. 

Fiere, pierre, père I, 81. 101. II, 80, également de pes, de façon qu^on 

pierre; pierrerie; sorte de poids et devrait écrire piètre, pe(de)stris; 

de mesure (le poids variait de S à enfin, que pi^^e vient de per/tect (pes). 

lô livres); petra; dim. perrette IT, Fietaille v. piet. 

227, Pierrette; dér. pienier, joaii- Fieteit v. pins, 

lier, bijoutier; — pierriere, pierrier, Fienr v. pis. 

perier, sorte de machine servant à Fies v. pal. 

jeter des pierres à Tennemi; per- Fies v. piet. 

reiz, action de lancer des pierres; Figment I, 78, pibient, pinment I, 214, 

pierriere, carrière; pierrin, perrin, liqueur faite de vin, de miel et de 

perin II, 227. 270. 356, de pierre; différentes épices; de pigmentum 

subst. le gravier; perron I,. 947, (v. DC. s. v. pigmentum). Do là 

petits escaliers en pierre , placés anssi notre piment» 

aux portes des villes, des châteaux Fignon , pignoneel v. penne II. 

et sur les routes, de distance en FikOia v. pic. 

distance, pour que les voyageurs Fiment v. pigment, 

pussent monter à cheval; espèce Fin I, 71, pin; piiHis; dim. pi^u, 

de balcon; vb. comp. empierrer, pinean I, 99. 394, petit pin. 

durcir, pétrifier. FineaQ v. pin. 

Fiere, père v. père. Fiagnonchiel v. penne II. 

Fierre v. piere. Finiaa v. pin. 

Fierrier, pierriere v. piere. Fier v, pis. 

Fierrin v. piere. • Flos v. pius. 

Fiesa v. pièce et II, 316. Fionr v. pis. 

Fiet, ped, pie, s. s. et p* r. pies, piei, Fique, piquer v. pic. 

pes I, 83. 49, de pet, pied; fig. FiqHûia v. pic. 

homme, dans les expressions n'en Fire v. pis. 

aller, n'en e$chapper pas un piet, Fil, poitrine v. piz. 

etc. II, 320; lever le piet, se ré- Fis, peiz I, 167, pis; pejus; adv. II, 

volter; dér. piétaille, pedaJUeH, 214, 317; le pit I, 233; p^r, piijttr, pe- 

infanterie; populace; peon, piéton, jour, pior, pionr, pienr, pnire, peor, 

fantassin; pion, au jeu des échecs; phir, poior, pire I, 104, pire, plus 

propr. pedo (pes), prov. pezo, ital. mauvais, détestable; pejor; atoir 

pedone; à peon, à la façon des du pire, du pejor, avoir du dessous, 

piétons, à pied; c*est de ce peon, empl. dubst. I, 195; empirer , m* 

notre pion^ que dérive paonier, pilier, empeirer II, 15. 24. 301, 

piéton, notre pionnier, ainsi dans empirer, devenir plus mauvais, se 

le principe homme de pied; dim. détériorer, endommager, nuire, dé- 

peool II, 101, de pedieuhts, pied crier, décréditer; in^peforare; d*ou 

de fauteuil, quenouille, colonne de empirance et empirement, corruption, 

lit, queue de fruit Je ferai re- détérioration, perte, dommage, mal 

marquer ici que n'otre mot piéton qui va croissant; — pesme 1,106, teès- 

suppose une forme latine pedito mauvais; cruel, fâcheux; pessimus, 

19» 



FIT 



292 



PLA 



Fited V. pius. 

Fiteit V. pins. 

PitÎ6| pitiet V. pius. 

FitM V. pins. 

Fituiement t. pius. 

Fin y. pius. 

Ptnineat v. pigment. 

Pivr Y. pis. 

Piu, pios, piu I, 130. 195. 321, f. pie 
I, 333, pieux, miséricordieux, bien- 
veillant, clément; pim; d*où (pie) 
Padv. piement II, 166, misérioor- 
diensement, avec bienveillance, avec 
clémence; — pieteit I, 53, piété; 
piteit, peitie, pitiet, pited, pitié I, 
132. Il, 198. 199. 202, pitié, com- 
passion, miséricorde, commisération ; 
tous deux de pietoê; — pito«, mi- 
séricordieux , compatissant ; adv. 
pitotement, pitniement II, 241, d'une 
manière à faire pitié, pitoyablement. 

Fis V. pal. 

Fil, pîS) poitrine, mot invariable, 
aujourd'hui dans le sens restreint 
de mamelle des vaches, etc.; de 
pectus. Un dérivé de la même ra- 
cine est poitrine II, 25, poitrine, 
poitrine, proprem. pectorina. 

Fin V. II, 816 note 1. 

FlaeOf plaohe I, 283, place; lieu où 
s'assemblent ceux d'une même pro- 
fession pour parler de leurs affaires ; 
iemr place, maintenir la place, tenir 
pied; vb. placer, placher, placer: de 
julaton (nXttJéïa). Lampridius est 
le premier qui ait donné à platea 
la signification de large place dans 
la maison , cour. V. les Dict. latins. 

Flaeer v. place. 

Fladie, plaoher v. place. 

Flasne v. plain. 

FlagBîor V. plein. 

Flaid, plaider v. plait. 

Flaidier v. plait. 

Fkldoier v. plait. 

FlaidoiJBor v. plait. 

Flaie I, 82. 220, plaie, blessure; de 



plaga ; plaier , blesser , meurtrir ; 
aplaier II, 28, blesser, meurtrir; 
calomnier, injurier. 

Flaier v. plaie. 

Flain, plein v. plein. 

Flain, plein II, 342. 355, uni, aplani; 
de planus; empl. subst. le plain^ 
plein II, 355, plaine, rase cam- 
pagne; fém. plaine, plagne I, 303, 
plaine, pays plat; plana; planece, 
surface plane; planitia; vb. pla- 
nier II, 113, aplanir, unir, polir, 
effacer; comp. aplanior II, 113, 
aplagnier, aplanir, unir, niveler, 
combler; caresser du plat de la 
main. 

Plaindre II, 238; plaint m., plainte, 
gémissement ; planctus; de là plainte 

I, 265, plainte, lamentation, gé- 
missement; comp. complaindre I, 
131. 364. II, 238; complainte II, 
163, complainte, plainte; oomplai- 
gnement, ib.; complaint, ib.; des- 
plaindre II, 238. M. s. J. 452. 

Plaine v. plain. 

Plainement v. plein. 

Flaingnier-v. plein. 

Plainier v plein. 

Plaint, plainte v. plaindre. 

Flaire v. plaisir. 

Plaiaance v. plaisir. 

Plaûner v. plaissier II. 

Flainr, planr, pleiiir, plenr, plaire, 
pleire, plere II, 191 et suiv., plaire, 
s'accorder; infin. employé subst. et 
qui nous est resté ; venir à plaisir 

II, 102; comp. dasplainr II, 192, 
déplaire, ennuyer; replaiiir II, 253, 
plaire à son tour; dér. du p. prés, 
plaisance, plaisir, agrément, volupté ; 
desplaiiance, déplaisance, ennui. 

Flaisieii v. plaissier I. 

Plaiine v. plaissier I. 

I. Plainier, plaiiier, plenier, entourer 
de haies, palissader; partie, empl. 
subst. plainie, plenie II, 52, clos, 
parc fermé de haies ; plaineii, pies- 



PLA 



293 



PLE 



sds, ib^.; de plexus, entrelacé; cfr. 
prov. plais, haie, taillis. 

II. Plainier, plessier, plaasier, plaisier 
I, 254. 337, plier, courber; domp- 
ter, maltraiter ; de plexus, plectere. 
Plaistre, piastre v. emplastre. 
Fiait, plaid, plet, ploit (plaii, pies) 
I, 59 82. 274. II, 162, procès, 
différend, querelle, dispute; assem- 
blée où l'on juge les procès et où 
Ton exige les droits seigneuriaux; 
traité, convention; demande, solli- 
citation; dessein, projet, résolution; 
affaire; tenir plait, parler, discou- 
rir, badiner; trover plait, être ac- 
cueilli; bastir un plait, faire un 
plait, se proposer qqch., prendre 
une résolution, conclure une con- 
vention; plaider, plaidier, plaidoier, 
tenir les plaids; plaider, disputer, 
quereller, contester, tourmenter, 
poursuivre; s'accorder, traiter, ba- 
diner, plaisanter, s'amuser, se di- 
vertir, railler, se moquer, vouloir 
en faire accroire; de là plaîdoienr, 
querelleur, chicaneur. Plaidier s'em- 
ployait subst. dans le sens de dis- 
pute, querelle, chicane. Comp. em- 
plaider, enplaider I, 125, mettre en 
cause, traduire en justice, pour- 
suivre devant les tribunaux, ac- 
cuser. Plait dérive de pladtum 
(piactum). V. DC. s. v. 

Plaiz V. plait. 

Flanche, planke II, 329, planche, soli- 
veau; de planca; d'où plancher, 
planchier, planker I, 297. II, 267, 
saillie, avance faite de planches 
(tabulatum), plancher; chambre 
haute; planchier, faire toute espèce 
de plancher. 

Flancher, planchier v. planche. 

Flanchon v. plante. 

Flançon v. plante 

Planece v. plain. 

Flanier v. plain. 

Planke, planker v planche. 



Plante II, 256, plante; plante des 
pieds; planta; planter, planter, ar- 
rêter, fixer, garnir, remplir; plan- 
tare; planteson I, 153, plantation; 
plan9on, planchon, dim. plançonnet, 
branche, tige, rejeton, arbrisseau; 
— sorte de pique ou bâton de dé- 
fense; sorplanter I, 152, arrêter, 
remplir, dominer. — La plante nom- 
mée plantain dér. de planta, pour 
donner à entendre que c'était la 
plante par excellence, à cause de 
sa grande vertu. 

Planteis v. plein. 

Planteit v. plein. 

Planter v. plante. 

Planteecm v. plante. 

Plantenouse v. plein. 

Plantivement v. plein. 

Plasir V. plaisir. 

Plaasier v. plaissier II. 

Plat, plat; subst. plat, plat; dimiu. 
platel, plat, assiette; d'où platelet, 
petit plat, etc. Plate, lame d'or,- 
d'argent, de fer, etc.; d'où gant 
fait de lames de fer, cuirasse de 
fer; dér. plataine, plateine, platine 
I, 348. 404, gant ou cuirasse de 
fer; plaque de métal; pierre de 
tombeau. Ce mot se retrouve dans 
plusieurs langues: snéd. platt, flat, 
dan. flad^ ahal. /lai, grec nlarvçy 
ancien latin plautus, pied plat, etc. 

Plataine v. plat. 

Plate v. plat. 

Plateine v. plat. 

Platel, platelet v. plat. 

natine v. plat. 

Plege v. plevir. 

Fleier v. plier. 

Pleige v. plevir. 

Plein, uni v. plain. 

Plein, plain II, 247. 270, plein, rem- 
pli; plain pie ou pas I, 106, l'é- 
tendue d'un pied, d'un pas; avoir 
son plein I, 233, être satisfait, avoir 
ce qui revient pour égaler deux 



PLE 



294 



PLI 



choses ; adv. plainement, plainnement 
I, 109. 373. II, 388, pleÎDement, 
sans réserfe; de phnm; plenier, 
pleinier, pUinieri plagaier, plungnier 
I, 101. 269. U, 113. 301, plénier, 
^atiw, «ccompli, grand; pienarivs; 
«dv. pImflreinAnt U, 82, entière- 
ment, çomplétemev^t, d'une manière 
accomplie, grande^ de là planteit, 
plentet I, 50. II, 208. 390, quan- 
tité, abondance, plénitude ; à grand 
planteit I, 193; pleintei^ pleiatttve, 
plentif, plentnis, plantcii II, 228. 
388, plantureux, gras, fertile, abon- 
dant, regorgeant, riche; ad?, plan- 
tivementi, 314, abondamment, riche- 
ment; plantenoiue I, 231, ^«utiyeie, 
plantureuse, fertile; vb. comp, dér. 
replenir l, 268. 368, remplir, être 
dans r abondance. 

Pleinier v. plein. 

Pleinteif, pleintaive v. plein. 

TkMt V. plaisir. 

•Beift v.> plier. 

n«iiier, plenierement v. plein. 

Plentet v. plein. 

FkutiyeuMnt v. plein. 

Flentivote v. plein. 

Pientnifl v. plein. 

Plere v. plaisir. 

PlM V. plait. 

Flenr v. plaisir. 

PleMMÎt V. plaissier I. 

Pleiiie T. plaissier I. 

Plenier v. plaissier I. et II. 

Plet, procès v. plait. 

Plet, pli Y. plier. 

Plenr, pleurer v. plorer. 

Plevine y. plcYir. 

Plevir I, 306. 379. II, 336, promettre 
aYOc serment ou en justice, ga- 
rantir, assurer; proY. plevir, plivir; 
plege, pleige, répondant, caution; 
Tobligation de celui qui porte cau- 
tion; responsabilité du répondant; 
cfr. DC. plegius; prov. plevi, pliu; 
plevine, promesse faite en justice, 



garantie, serment. Ménage, et après 
lui M. Diez, dér. ces mots de praes, 
praedis, praediwn ; mais, d'un côté, 
le présent provençal pliu repousse 
cette étymologie, il demande nn v 
ou b radical; de Tautre, comment 
accorder le sens de praedium avec 
celui deplege7 Inutile de s^arrèter 
à rétymologie pktcUum, plactre, 
forme et sigilification s*y opposent 
(v. plmt). On a pensé enfin à Tahal. 
pfiegan, gérer, administrer, mais 
non cautionner, comme on l'a dit, 
et cette signification ne permet pas 
de dériver plevir de là. Qaelle 
est donc Torigine de plevir, plege'i 
Pliiff, ploier, pleier I, ôâ. II, 298, plier, 
ployer, recourber, passer, mettre; 
p. ex. ploier le bras au coi, passer 
le bras aotour du cou; pHer le 
gant au poing, mettre le gant; se 
plier, s'appliquer ;. subst. ploit, plût, 
plet, pli, espèce d'ornement; de 
plicare, plicatum. Les formes dia- 
lectales plier, ploier^ qu'on retrouve 
dans tous les verbes de cette es- 
pèce, ont été admises dans la langue 
fixée avec une signification diffé- 
rente. Comp. àùÊiglûiet I, 226. II, 
172. 284, déplier, déployer, montrer, 
étaler, délier; composé de de et 
explicare, esploier, éployer, étendre ; 
de expluntum dér. esploit, espleit 
I, 238. II, €9, revenu ,. profit, pro- 
duit, jouissance; force, vigueur, 
rapidité, hâte, presse; à e$ploit, 
rapidement, avec ardeur, largement; 
vb. esploiter, espleiter I, 280. II, 
378, se servir, user, posséder, pro- 
fiter, marcher, se hâtw, travailler, 
réussir; d'où resploiter, terminer 
par jugement, décider une affaire; 
— emploier, amploier II, 95, em- 
ployer, proprem. mettre eu qqeh., 
implicare, subst. emploi. C'est à 
implicare, avec le sens qu'on lui 
donnait dans la langue d'oïl, que 



PLO 



295 



PLU 



se rapporte encore, par le part. 
implicitus, le mot emploite, empleite, 
que nous -écrivons aajourd'hui em- 
plette; vb. emploiter, acheter des 
marchandises, ses provisions, de 
imphcitare. Soplier» Bopleier, so- 
ploier, louploier I, 362, supplier; 
plier, céder à la volonté de qqu., 
a^appliquer; supplioare. Notre vb. 
pliiger est une formée dér. du part. 
plicitus, plie* tus (pliotiare); Tadj. 
souple vient de supplex. 

Ploier v. plier. 

Ploit, procès v. plaît. 

Ploity pli V. plier. 

I. Plom, plnm, plambus; plommer, 
plomber, garnir de plomb; plom- 
mée, petite boucle de fer ou de 
plomb; espèce de massue; plum- 
bata. Outre plommer, on trouve 
dans le dialecte picard plonkier, plon- 
ehier, p; ex. R. d. C. d. C. v. 1181 
danâ le sens de plomber, souder; 
qui est formé au moyen de la suf- 
fixe ic, plumbicare. C'est cette 
forme pUmchier^ phncher^ qui nous 
est restée , avec le g bourguignon, 
dans pUmger (c£r. venger, vindi- 
care), à cause du plomb avec le- 
quel on sonde la profondeur de Teau. 
Pictet rapporte plonger à son sy- 
nonyme breton plvnia, kymri plwng^ 
mais il est inutile d'aller si loin; 
la forme p/oncAaf = plongea I, 226, 
l'ancien picard p/on&ter = plonger, 
picard moderne plonquer, plonger, 
marcher avec bruit, en appuyant 
fort du talon, prouvent suffisam- 
ment l'identité de plonj/er et pion-" 
cher. Ménage qui dér. venger de 
vindicare, adopte à tort, je ne sais 
pourquoi , plonger de plumbiare, 
g-i-%. 

II. Plom, plome v. L. d'H. p. 15, vase 
de cuisine, espèce de grand bassin 
ou chauderon. Selon M. Diez 1, 158 
plom serait pour pilon, de pi/tfiii= 



esp. piiou, auge à broyer. La signi- 
fication qu'a ce mot dans les pas- 
sages cités ne concorde pas avec 
cette dérivation; car il est visible 
qu'on se servait aussi des ploms 
pour faire bouillir de l'eau. Fhm 
n'est peut être dans le principe que 
le nom du métal (v. plus haut) donné 
à un vase destiné à mettre de l'eau, 
puis on eu étendit l'emploi à tout 
vase étamé. 

Plommee v. plom 1. 

Plommer v. plom I. 

Pkmeher, ploaeliier v. plom 1. 

Plonger v. plom I. 

Plonkier v. plom I. 

Plor V. plorer. 

Ploremeat v. plorer. 

Plorer, ploreir, plorer, pleurer, pliuret 
I, 89. 125. 170. 182. 210, pleurer, 
gémir, lamenter ; pjorare; plnr,plor, 
ploar m. I, 363. H, 221, pleur, 
gémissement, larme; fornié du ra 
dical du verbe avec la fprme du 
présent et la signification d« l'iafi- 
nitif; cfr. espoir; dér. pleorement 1» 
53. 282, affliction, désolatiQu; plo- 
roB, pluroB, pleureur. 

Ploros V. plorer. 

PloBor, ploflour v. plus. 

Plonrer v. plorer. 

Pleuvoir V. plo voir. 

Plovoir, pluver, plaveir, ploy«ir, pleu- 
voir II, 43 et suiv., pleuvoir; comp. 
aplovoir 11, 44; emplovoir II, 45; 
replovoir II, 44, pleuvoir à son tour, 
repleuvoir; — pluies II, 44^ plu- 
vieux; pluvius; plmOi plaie; pkma. 

Plnie V. plovoir. 

Pluios v. plovoir. 

Plnis V. plus. 

Pluisenr v. plus. 

Plniflor, ploiaonr v. plus. 

Plum V. plom. 

Plume, plomme 1, 348. II, 302, plume ; 
pluma, 

Plnrer v. plorer. 



PLU 



296 



POI 



Flnros v. plorer. 

nu, plnii II, 318, plus, davantage; 
phu; servaot à former le comp. 
et le sap. I, 102 ; comp. au lieu du 
sap. II, 264; plus sup. Il, 265; le 
plus pour la plupart, la majeure 
partie I, 186; plus adv. de quant, 
suivi de de I, 107 ; plus pour le plus 
U, 318; sans plus II, 318; n*% a 
plus ne mains II, 32, il n'y a ni 
plus ni moins. Au lieu de dériver, 
comme je i*ai fait diaprés Ménage, 
le pron. ind. plii8or=plures, du Imâ. 
pluriores, je crois qu'il vaut mieux 
en faire, avec Raynouard, une dé- 
rivation nouvelle de plus, et le 
ranger ici. Les principales variantes 
de plusor étaient plnisor, plozonr, 
ploior, plvinr, phdMmr, pluiieiir, pln- 
teur, plniioar, ploutonr 1, 184 et suiv., 
plusieurs, avec Tarticle, la plupart. 
Comp. lorplns, seurepliui I, 334. II, 
29, surplus, reste. 

Fhisfnr y. plus. 

Fluiour V. plus. 

Flmor, phumr v. plus. 

Flnveir, plurer v. plovoir. 

Flnxonr v. plus. 

Po V. poc. 

Poaace v. pooir. 

Foant V. pooir. 

Foc, poie adj. II, 314; poc, pan, poi, 
po, pon, pono, pen adv. II, 314: à 
poi, par poi., etc. II, 314; en si 
peu de jour II, 314; com peu que 
soit n, 315. 

Foder, tailler, couper; putare; prov. 
podar; à la même racine podet, 
faucille, serpe; poiin, ponn, ib.; 
esp. podon. V. DC. podadoira, et 
Rayn. L. R. ÏV, 582. 

Podet V. poder. 

Podnee, podnei v. posnee. 

Poe, patte; de Taliemand: bas-saxon 
poie, patte ; hoW. poote, allmod. pfote, 

Poeir, poer v. pooir. 

Poene, poine, peine, paine, painne, pêne 



I, 127. 241. II, 165. 312, peine, 
tourment, chagrin, châtiment, a- 
mende; poena; adv. comp. à paine, 
painnes, etc., I, 84. 315, à peine, 
propr. avec peine; poener, peinûr, 
palner, pener I, 168. 265. II, 281, 
peiner, tourmenter, chagriner , af- 
fliger, punir; se donner de la peine, 
s'efforcer, s'appliquer, se fatiguer 
à; d'où peneor, souffrant, malheu- 
reux; peneuoil, 281, pénible, dou- 
loureux; esp , ital., port, penoso, 
prov. penos; pénible, dur à la peine, 
infatigable; — pentir, repentir; 
poenitere; ital. pentire, pentere, 
prov. pentir; pénitence, penitaache 

I, 82. 216. II, 365, pénitence, re- 
pentir, mortification, punition, af- 
fliction; de poeniientia; peneant, 
penant I, 374, pénitent; poeniiétu; 
peneance, penanœ, penanche I, 227. 

II, 131 même signification que péni- 
tence; comp. repentir I, 66. 132. 
135. II, 76, repentir, se repentir, 
expier, faire pénitence; sans re- 
pentir, sans changement, sans ré- 
serve; repentance I, 327. II, 138, 
repen tance; repentement, repentir, 
regret; repentaille, repentaillety dé- 
dit, peine stipulée dans un marché 
ou un contrat, contre celui des 
contractants qui voudrait le rompre; 
sans repentaille, sans vouloir s'en 
dédire, sans changer d'avis ; od re- 
pentaille^ avec regret, malgré soi. 

Poent V. puir. 

Poeste, poested v. pooir. 

Poesteis, poesteit v. pooir. 

Poestif , poeotis v. pooir. 

Poi, poie V. poc. 

Poi, colline v. pui. 

Pder V. pui. 

Poig V. poin. 

Poign, poignée v. poiii. 

Poigneor v. poin. 

Poigneres v. poin. 

Poil, peil, pel, poil, cheveux; pilus 



POl 



297 



POl 



poiler, peiler, peler, ôter les poils 
ou les plumes, peler; pilare, A la 
même racine pilus se rattachent, 
par rintermédiaire de Pital. peluc- 
cio, notre peluche, et directement, 
comme Ta fort bien dit Ménage, 
pelouse. 

Foiler v. poil. 

Poin, pnin, puign, poing, pdgn I, 80. 
Ô2. 143. 208. 288, poing; de pu- 
gnu8 ; de là poignée, prov. ponhada, 
poignée; vb. comp. apoigner, apni- 
gnier R. d. 1. V. 192,^ empoigner; 
— poigxieret, poigiiieres, pninneres, 
poigneor, poineor I, 77, combat- 
tant, guerrier, cavalier, chevalier; 
pugnator» 

Poindre II, 238, infin. pris subst. choc, 
attaque, galop; point, pnint I, 235. 
II, 206. 313, point, instant, mo- 
ment, limite, borne, état, position, 
situation; punctum; estre point, 
être temps, à propos, être à point, 
être en mesure; garder ion poini, 
saisir le moment; mener à point, 
achever, exécuter; mettre à point 
ou à son point, mettre à son aise ; 
point adv. II, 333 et suiv.; comp. 
apoindre II, 238; apointer II, 371, 
préparer, arranger, appuyer, poser ; 
propr. appunctare; eepoindre G. 1. 
L. II, I6ô subst., carrière; repoindre, 
repoindre; — eonponetion, compon- 
cion 1 , 66. II , 30 , componction ; 
compunetio; — porpoint, pourpoint; 
ImL perpunctum, parce que le pour- 
point était arrière -pointé; prov. 
perponh, esp. perpunte. Touchant 
por pour per^ v. les prépositions. 

Poine V. poene. 

Point V. poindre. 

Poior V. pis. 

Poir y. pooir. 

Poire II, 345, poire; pirum. 

l. a) Pois, peis, pei, poids (la forme 
moderne implique confusion avec 
pondus); peine, chagrin, répugnance; 



b) pens, pensée, réflexion, tristesse; 
de pensum, prov. pens, pes; sor 
mon pois, à mon déplaisir; sor mon 
gret et sor mon pois, que cela me 
soit agréable ou non. Verbes a) peser, 
peiaer (poise, peise 3. p. s. pr. ind., 
poist, peist et irrégulièrement peit, 
poit 3. p. 8. pr. subj.) II, 272, peser, 
accabler, être pénible, fâcher, cha- 
griner, déplaire, souffrir; b) penser, 
panser (pens 1. p. s. pr. ind.) II, 297, 
penser, réfléchir, songer, croire ; de 
pensare; se penser de qqch., en 
avoir du souci, du chagrin; ou 
simplement penser ; penser de c. inf. 
II, 262, être sur le point de; se 
Dieus n*en pense^ si Dieu n'y pour- 
voit, ne s*en souvient. De là pe- 
sance n, 319, souci, peine, cha- 
grin ; d^oà pesangos, triste, malheu- 
reux, chagrin ; — pense, prov. pensa, 
pensée, idée; pensement, pensée, 
peine, tourment; — pensaige, pen- 
sée, manière de penser ; adj. pensif, 
pansif (pensis, pensiu), pensif, ré- 
fléchi, triste, rêveur, inquiet. — 
Le participe de peser, pesant s'em- 
ployait en parlant des rênes, du 
mors d'un cheval, pour dire flot- 
tant, tombant, sans être retenu 
par le cavalier; au figuré, en par- 
lant des biens, etc., d^une grande 
importance, de grande valeur. L'in- 
finitif penser, penseir I, 129 s'em- 
ployait substantivement , comme 
aujourd'hui, le penser. — Comp. 
apenser (s'), penser, réfléchir, ima- 
giner, rêver, préméditer; apense- 
ment, réflexion, méditation ; II, 2.77 
adv. apenseement, avec réflexion ; — 
enpenser, penser, penser mûrement, 
réfléchir; porpenser, pnrpenser, par- 
penser I, 210. II, 18, ponrpenser, 
méditer, réfléchir, penser, imaginer; 
porpens, méditation, pensée, volonté 
réfléchie; — repenser II, 339, re- 
penser, réfléchir; snspeis (estro) II, 



POl 



298 



PON 



134, être en suspens, doute, peine ; 
trespenser II, 279, s'inquiéter, être 
triste. — J'ajouterai ici que notre 
verbe panser n'est probablement 
qu'une des dififérences orthogra- 
phiques de penser; car quand on 
panse qqn., on pense, réfléchit, 
satisfait; cfr. dans Calp. pensare 
sitim. V. Rayn. L. R. IV, 404. 

II. PoiSypeisII, 218. 400, pois; pUum, 

Poif, poix V. poix. 

FdB, pois adv. et conj t. pues. 

Poiiant V. pooir. 

Poiae V. pois I. 

PoisoB, poisson v. poisson. 

Poiwm, poison I, lôô, puiiion II, 124, 
potion, poison; de poHo, Cfr. Ben. 
gloss. s. V. puison. Ce mot resta 
longtemps féminin, et aujourd'hui 
encore le peuple lui donne ce genre. 
De là poiioimer, pniaonner, donner 
une potion, empoisonner. 

PoÎKmiier v. poison. 

MMon, poison, pesoion, peiaion, peimn 
I, 60. 343. II, 114. 124. Fragm. 
de Yalenciennes, poisson ; dérivé de 
piscis; dimin. poiiioiiet, petit pois- 
son ; pescher, peidiior, poseor II, 297, 
pêcher; piscari; peselieros, pefchier- 
r«, pecierres, peeeheor, petohenr, 
pesehnr I, 76, pêcheur; piscator. 

Poiit V. pois I. 

Poit V. pois I. 

Poitrine v. piz. 

Poivre, peivre R. d. 1. V. 106, poivre; 
piper. 

Poix, pois, peisll, 181. 240, poix; pix. 

Poizsnce v. pooir. 

Polain V. polie. 

POloe, ponz I, 102, ponce; polkx; 
itaL pollice, cat. polse, prov. polce, 
poze, pous. La forme pane II, 241 
est picarde - flamande. 

Poldro, poldre, pondre I, 46, poudre, 
poussière; de pulvis (pulver), ainsi 
poire, puis d intercalé; de là pddrer, 
pondrer, couvrir, joncher de qqch. ; 



poldrior, puldrier, poldrer, porriere, 
porriero I, 53. 126. 250, poussière; 
tourbillon , nuage de poussière. 
Notre poussière est-il le même mot 
que ce porriere, par changement 
de la liquide r en i ? Je le crois. 

Poldrer v. poldre. 

Poldriere v. poldre. 

P(dl6 II, 335, jenne fille; de puUus, 
jeune, et terme de flatterie à regard 
des hommes (Suét.). Ce mot ne 
nous a été conservé que dans le 
Lai de Ste. Eulalie; il a été rem- 
placé par le diminutif pnlcoUe, pu- 
oele, pnoiele, pnooUe^puehellt, pn- 
ohiolo II, 353, pucelle, jeune fille, 
jenne femme, femme de chambre; 
Imâ. pulicella, pulceUa; d'où le 
nouveau diminutif pneelete I, 99, 
pnohilete. Dans plusieurs patois, on 
a conservé le masculin po%tlot pour 
désigner un petit garçon ou un 
jenne garçon, p. ex. dans l'ancienne 
principauté de Montbéliard. Poulot 
y signifie aussi coq. Egalement de 
puilus dérive polain R. d. |. V. 28, 
poulain; pullanus» Remarques en- 
core peussin de pullicenuê. 

Pointent II, 256, purée, bouillie; 
pu/itieftftifft. 

Pobnon, poumon I, 118.' 197, poumon; 
pubiM. 

PoBL, puxia r. pi. II, 345, pooime; 
prov. pom; de pomum; de pâma, 
porno, pume I, 252, pommé; cfr. 
arme; pomier, pumier II, 322. R. 
d. 1. V. 132, ponmiier, bois de pom- 
mier; pomariuM; (^r.fraisne; fomel, 
pomme, boule, pommean. 

Pome V. pom. 

Fomel V. pom. 

Pomier v. pom. 

Poneel v. pont. 

Ponee v. posnee. 

Pont, punt I, 69. 316, pont; plan 
incliné composé de planches pour 
monter à la salle ; planche du navire 



PON 299 POR 

pour rembarquement ; depon8;pont Pople, pueple, penle, pale I, 53. 119. 

de Vespee I, 208, poignée de Tépée; 152. 172. 306, peuple, foule, multi- 

dimin. pontel, petit pont; pontage, tude; populus; vb. popler, papleer 

droit qu'on paye sur et sous les I, 177. 273, peupler, s*établir. 

ponts; Imâ. paniaticutH, Popler v. pople. 

Pontage v. pont. Por, ponr, pur prép. II, 360; par ce 

Pontel V. pont. que conj. II, 388 ; par ce, per quoi 

Peoir, poor, poer, puer, pocir, poir, II, 388. 

poueir, poroir II, 45 et suiv., pou- Por, puer particule qni 8*employ«t 

voir, avoir la puissance, la force; avec certains verbes, tels que geter, 

inf. empl. subst. I, 142. 156. 217. traire, et signifiait hors, dehors, 

345. II, 350, pouvoir, puissance, de côté, loin; de porro; prov. por, 

autorité, juridiction; Tidée adver- porre, Rayn. L. R. IV, 600. 

biale que nous exprimons par peut^ Poraler v. aler. 

être est une phrase raccourcie, com- Pore, s. s. et p. r. pors I, 331, porc; 

posée, dans le principe, de la 3me porcus ; dim. poreel, porehel, porohiel 

pers. sing. prés. ind. de pouvoir, II, 83. 84, petit porc, cochon de lait, 

dn pronom démonstratif cel, ce et Notre por crépie est une corruption 

de estre, d'où les formes, dans de porc^espi, provençal moderne 

Pancienne langue, puet cel e$tre^ porc ou pouerc espin; ital. porco 

pot cel estre, puet &estre II , 178. spino , porco spinoso ; esp. pnerco 

217. Ben. 35439, etc.; au lien de espino ; allemand stacbelschwein. 

puet on trouve quelquefois fautive- V. Mén. s. v. 

ment ptui I, 152; part. prés, poant Poreeindre v. ceindre. 

II, 254, puissant; fol poant, tout- Poreel v. porc, 

puissant; non poant, infirme, per- Porchaoer, porckacier v. chacier. 

dus; d*ici poanoe I, 282, puissance, Porchas v. chacier. 

pouvoir ; — poeoteit, poested, poeetet, Porche v. porte. 

poeste, pooiteiti, 56. 83. 134. 170. Porehel, porohiel v. porc 

II, 20. 387, pouvoir, puissance; Porcoidier v. cuider. 

autorité, juridiction, domination, PcHreao II, 318 et glos. o. 

seigneurie; potestas; poestil^ pooitiB, Porfendre v. fendre, 

poofteis II, 60. 362, puissant, maître ; Porfiler v. fil. 

— poisant I, 117, poissant; pos- Porfit v. profit. 

sent; d'où poizance, pnissanoe, po- Porgenr v. gésir. 

zanoel, 66. 382. II, 42, puissance, Porir, porrir, pnrir I, 189. II, 163. 

pouvoir; — vb. comp. entrepooirll, 181, pourrir; putrere; porretore, 

56, toujours suivi d'un autre verbe, purretùe II, 306. 336, pourriture; 

auquel proprement appartient enfre; prov. poirir, poiridura. 

repooir II, 56, pouvoir à son tour, Porloignement v. long, 

repouvoir. PorkHgnier v. long. 

Poon, serpe v. poder. Poroc II, 318 et glos. o. 

Poon, paon v. paon. Porof&ir v. offrir. 

Poor, pouvoir v. pooir. Porparlement v. parole. 

Poor, peur v. paôr. Porparler v. parole. 

PooBteit, poosteiz v. pooir. PorpenB, porpenser v. pois. 

Poonr V. paôr. Porprendre v. prendre. 



POR 



300 



POS 



Porpris, porprise v. prendre. 

For^piaxLt v. quant I., et II, 385. 

Forquerre v. querre. 

Porreture v. porir. 

Porriere v. poldre. 

Porrir V. porir. 

Port, port V. port. 

Pon, porc V. porc. 

Pondr y. seoir et II, 80. 

Poneoir v. seoir et II, 80. 

Poneor v. sevré. 

Poiwneres v. sevré. 

Ponenor v. sevré. 

Ponenre, porsevre v. sevré. 

Port 1 , 88 , s. s. et p. r. porz , pors, 
port; portus. On donnait aussi le 
nom de port II, 348 aux gorges 
de montagnes, aux défilés, princi- 
palement des Pyrénées, esp. puerto. 

Portai, portail v. porte. 

Portant v. tant et II, 385. 

Portaiter v. taster. 

Portani v. porte. 

Porte I, 228, porte; parla; portai, 
portail, s. s. et p. r. portaus I, 106, 
portail; — porche I, 266, porche; 
de porHcus» 

Portement v. porter. 

Portendre v. tendre. 

Porteor v. porter. 

Porter I, 46. 60. 137. 255. II, 19. 186, 
porter, transporter, supporter; em- 
porter, remporter; apporter; pro- 
duire, engendrer; de portare; se 
porter f se comporter; de là porteres, 
porteor I, 77, porteur; portement, 
coutume, habitude, façon; portenre 
II, 64, enfant qu'une femme porte 
dans son sein (grossesse); progéni- 
ture; faculté de concevoir et de 
porter un enfant; vb. comp. aporter 
II, 55, apporter, porter, induire, 
exciter à; d'où raporter I, 230, rap- 
porter; raport II, 216, rapport; 
cession, transport, abandon; — 
déporter, dissuader, empêcher, don- 
ner du délai, divertir, amuser; se 



déporter, se divertir, se réjouir; se 
séparer, renoncer à qqch., I, 298. 
II, 10. 31. 57. 97; subst. déport I, 
217. 340, amusement, passe-temps, 
divertissement, badinage; — em- 
porter, enporter I, 50. 226, em- 
porter, enlever, vaincre, surpasser; 
— Borporter I, 239, supporter, et 
emporter, entraîner P. d. B. 4833. 

Porteres v. porter. 

Portenre v. porter. 

Portraire v. traire. 

Portrait v. traire. 

Portraiture v. traire. 

Portret v. traire. 

Pomee II, 318 et glos. o. 

Porvec II, 318 et glos. o. 

Porvoir v. veoir. 

Porz V. port. 

Posât II, 317. 

Pose V. pause. 

Poser V. pause. 

Posnee, ponee, podnee, podnei («f pour 
pour s, V. ramposner), pothnei, ar- 
rogance, insolence, pompe. Racine ? 

Posseir M. s. J. 495. 6, 3. p. s. pr. ind. 
poMsiet (possi(d)et), posséder, jouir ; 
posMtdere; prov. possedir, possezir, 
esp. posseer, port, possuir; plus 
tard on trouve un verbe formé 
d'après le subst. possession, poseos- 
sier 1269. Th. N. An. 1, 1125; pos- 
session, possession, propriété; pos- 
sestio ; estre en possession de I, 224, 
avoir le pouvoir, la faculté de; vb. 
comp. desposseir, déposséder, dé- 
pouiller. 

Possession v. posseir. 

Possiet V. posseir. 

Postel V. postit. 

Posterle, posteme I, 354. II, 355, po- 
terne, fausse porte, porte de der- 
rière, petite porte; de poslerula, 
sentier de traverse. 

Postis V. postits. 

Postits, postis I, 337, jambage de porte, 
porte; de postis. De la même ra- 



POT 



301 



PRE 



cine, postel, poteau, pieu, jambage 
de porte. 

Pot ed estre v. pooir. 

Pothnei y. posnee. 

Poa, pouc V. poc. 

Pouch déf. de pooir. 

Poudre, poudrer y. poldre. 

Poueir y. pooir. 

Poumon ▼. polmon. 

Poûn Y. poder. 

Pour Y. por prép. 

Pour, peur y. paôr. 

Pourchas y. cbacier. 

Poure, pourement y. pnvre. 

Pourete y. povre. 

Pourfit, pourfitaUe v. profit. 

Pouroe n, 318 et glos. o. 

Pourpenser y. pois. 

Pourprifl y. prendre. 

Pourtaiter y. taster. 

Pourtendre y. tendre. 

Pouz Y. polce. 

Povere y. povre. 

Poverte, poverteit y. povre. 

Povoir Y. pooir. 

Povre, poure, povere I, 61. 162. II, 
203, très-rarement pauvre, paavre, 
indigent, nécessiteux; de paîiper 
avec transposition du r ; prov. pau- 
bre, panre, ital. povero, esp., port, 
pobre; poure homme, homme du 
peuple, du commun; adv. povre- 
ment, pourement, pauvrement, misé- 
rablement; povrete, pourete, pover- 
teit, poverte, rarement pauvreté I, 
213. 2Ô7. Berte 53, pauvreté, in- 
digence ; paupertas ( paupertat ) ; 
vb. dér. comp. apovrir I, 379, ap- 
pauvrir, ruiner, réduire à la misère. 

Povrement v. povre. 

Povrete v. povre. 

Poaunee v. pooir. 

Praaige v. prat. 

Prael v. prat. 

Praer, preer, preier, proier, voler, 
piller, enlever, faire du butin; de 
praedari; de là praie, proie, preie 



II, 344. 353, butin, proie; bétail, 
troupeau de bêtes; de praeda; 
predeur, ravisseur, pillard. 

Praerie v. prat. 

Praie v praer. 

Praiel v. prat. 

Praierie v. prat. 

Prains, grosse, enceinte, pleine; de 
prœgnas (praegnans) ; prov. prenh, 
preing, ital. pregno, esp. prenhe; 
vb. comp. empreingner, part, em- 
prains FI. et Bl. 159 , engrosser, 
devenir enceinte, concevoir; sans 
vb. latin correspondant, simple port, 
prenhar. Vbj. encore Rayn. L. R. 
IV, 636. 

Prameflse v. mètre. 

Prametre v. mètre. 

Prandre v. prendre. 

Pranre v. prendre. 

Prat, preit, pré, s. s. et p. r. preii I, 
52. 89. 233, s. m. pré; pratum; et 
à côté une forme fém. pree I, 86. 
362, pré, prairie; dér. du plur. 
prata; prov. prat et prada; dim. 
prael, praiel, petit pré, pelouse; 
préau; pratellum; ital. pratello; 
dér. praerie, praierie II, 195. 353. 
R. d. 1. V. 219, prairie; propr. pra^ 
iaria; prov. pradaria , ital. prate- 
ria; praaige I, 362, prairie. 

Pré V. prat. 

Preeeps r. pi. II, 169, ordonnance, 
règle ; de praeeepium, dont le i est 
tombé devant le s de flexion; pré- 
ceptorat, commanderie, bénéfice des 
ordres de chevalerie; v. DC. s. v. 
praeceptor. 

Prêcher, prechier, preeeer I, 220. 287, 
prêcher, réprimander, publier, an- 
noncer; praedicare; precheres, 
preeschierrei, preehor I, 76, prédi- 
cateur, prêcheur; praedicator; pré- 
dication U, 234, prédication; prae" 
dicaiio, 

Precherei, prêcher v. prêcher. 

Precieus v. preis. 



PRE 



302 



PRE 



FrecioB, preoiodte v. preis. 

Freoku v. preis. 

Predenr v. praer. 

Prédication v. prêcher. 

Pree v. prat. 

Freecer v. prêcher. 

Preer, voler v. praer. 

Preer, prier v. prier. 

Preere v. prier. 

Preer, voler v. praer. 

Preer, prier v.* prier. 

Pz»ere v. prier. 

Preeschierres v. prêcher. 

Pxef V. prop et II, 361. 

Preie v. praer. 

PreioTi voler v. praer. 

Preier, prier v. prier. 

Preindre, priendre (cfr. craindre II, 
245), comprimer, serrer, oppri- 
mer, accabler; de premere; comp. 
apreindre, apriendre I, 331, oppri- 
mer, comprimer, rabaisser; de- 
preindre, depriendre II, 3, abaisser, 
humilier , écraser , détruire ; de~ 
primere. 

Preis, preix, pris I, 159. 188. II, 104, 
prix, valeur, récompense; mérite, 
qualité, vertu, valeur; pretium; 
priser, preisier, preifer, proiner I, 
72. 257. 365. II, 49 (l. pers. s. prés, 
ind. prtj), priser, apprécier, estimer, 
évaluer, avoir du prix, considérer; 
équivalant à pretiare ; du part. prés, 
on forma priiantier II, 270, qui se 
prise, présomptueux; — predM, 
prediu, pradeiu I, 101. 268. 402. 
II, 80, précieux, excellent; pretio- 
sut; préciosité, valeur, grand prix, 
excellence; pretiositas; — comp. 
deprisier, desprisier I, 61. 293, dé- 
précier, mépriser, bafouer; depre^ 
Uare; d'où despzisemeut, dépréda- 
tion, mépris; mesprisier, mépriser, 
dédaigner; d'où mesprisement , mé- 
pris, dédain. 

Preiser v. preis. 

Preisier v. preis. 



Preit V. prat. 

Preiz V. preis. 

Preiz V. prat. 

Prélat, prelait, ». s. et p. r. prelas, 

prelaiz I, 82, prélat, supérieur; 

prae - latus. 
Premer, premer^nent v. prim. 
Premerain v. prim. 
Premièrement v. prim. 
Prendre, prandre, penre, panre, prenre, 

pranre II, 192 et suiv. ; se prendre 

I, 377, prendre une tournure ; part. 
passé employé subst. pris et prisa, 
prise de ville; prise de vivres sur 
les sujets pour Tusage du roi ou 
d'un seigneur dans leurs vojages; 
droit d'arrêter qqn.; prise du gi- 
bier; prisie I, 49 avec le second 
sens de prise. — Prison, pritim, 
prisnne 1 , 227 , prison ; de preu» 
hensio, prcnsio. Prison, prisun I, 
54. 324. 295 signifiaient aussi pri- 
sonnier, comme l'esp. prision et 
Tital. prigione. L'on trouve le part, 
pas. de prendre, pris, dans le ooiême 
sens: Je me rant pris clameiz, 6. 
d. Y. V. 776. — Comp. aprendre 

II, 61, apprendre, connaître, s'in- 
struire, éclairer; part. pas. empl. 
«ubst. apprise, apprentissage; et, 
dans le sens du primitif latin, entre- 
prise, aventure; d'où désapprendre, 
désapprendre, oublier; — aptison, 
apprentissage, habitude; apprehen- 
sio; — comprendre, comprendre, 
concevoir — admettre, se soumet- 
tre; part. pas. empl. subst. oom- 
piiss, compris, enceinte; oompren- 
daUe I, 408, compréhensible; — 
desprendre II, 200; — ensproBdrs 
(en8 = intus), esprendre (es ces), 
emprendre (en=in), «nprendrt, an- 
prandre II, 200. 1. I, 173. 238; 
part. pas. empl. subst. emprinse, am- 
prise I, 179. 272. U, 24, entreprise, 
projet; — entreprwidre II, 202; 
part. pas. empl. subst. entreprime, 



PRE 303 PRE 

entreprise, entreprise; — mesprendre sentaule, présent; propr. praesenta- 

II, 202 ; subst. meeprison, meiproiion bilis , dans le Cod. Just. praesen- 

I, 284.351. II, 4, faate, délit, mé- talis; adv. presentaolement I, 160 

prise, erreur; mesprifnre , mépriâe, dans le temps présent, i. e. d'alors; 

erreur; — porprendre, parprendre, — présence, présence; praesentia. 

pnrprendre II, 203. I, 182. 387, Presentanle, presentanlement v. présent, 

prov. perprendre; part. pas. empl. Presenteda p. pas. f. de présenter, 

subst. porpris, ponrpris, pnrpris ou Présentement v. présent, 

porprise, proprise I, 393, enceinte, Présenter v. présent, 

enclos, lieu; mot que nos poètes Preiignier v. signe, 

modernes ont tort d'abandonner; — Presse I, 48. 193, presse, foule, op- 

reprendre II, 23, reprendre, res- pression, tourment; de prestus; 

saisir; relever un fief en en ren- presser, presser; pressare; presseor, 

dant rbommage, ou en en payant pressoi I, 81, pressoir; pressorius; 

le droit de relief, pour en être mis vb. comp. adresser I, 83. 207. II, 

en possession par le seigneur doml- 3ôô, presser, comprimer, accabler, 

nant; blâmer; part. pas. empl. subst. tourmenter, serrer de près, pour- 

reprinse, reprise, droit de relief; — suivre; d^oii rapresseîr I, 215, ré- 

sorprendre, sosprendre, soprendre, primer, refouler, poursuivre, re- 

sonprendre, sanprendre, sosprendre prendre; — empresser, presser, 

I, 135. 146. 153. n, 203; surpris serrer de près. Cfr. preindre. 

de maladie I, 225 ; part. pas. empl. Presseor v. presse, 

subst. sorprinse, sorprise, soprise, Presser v. presse, 

surprise, soumission; et du part Pressoi v. presse, 

pas. Tadv. soprisement II, 164, par Prest, prêt subst. v. prester. 

surprise ; — tresprendre Gh. d. R. Prest I, 292, s. s. et p. r. près I, 266, 

91, s'emparer de. près I, 232, fém. preste II, 107, 

Prenre v. prendre. prêt, disposé ; de praest%u, DC. s. v. ; 



adv. prestement II, 390, preste- 
ment ; vb. comp. aprester I, 94, 181, 
apprêter, préparer, disposer. 



Près, pries adv. et prép. II, 361 
près que II, 362; près </e U, 362 
comp. après, apries adv. et prép 

II, 362; en après II, 362; enprei, Preste v. prest. 

empres, auprès adv. et prép. II, 362. Prestement v. prest 

Près, prêt v. prest Presteor v. prester. 

Présence v. présent Prester I, 62. II, 384, prêter; prest 

Présent, présent; praesens (praesent); subst. I, 358, prêt; faire prest, 

estre en présent I, 294, être pré- prêter; presterres, presteor, prêteur, 

sent; adv. présentement I, 386, pré- De praestare. Y. DG. s. v. 

sentement; présent, presant I, 221, Presterres y. prester. 

présent, cadeau, don; la significa- Prestre I, 283, prêtre; de presbyter. 

tion de ce mot est très -ancienne Au lieu de prestre, on trouve pro- 

(v. dans Bayn. L. B. YI, 17 on voire, pronvoire, pravcire I, 228, 

exemple de Rambaud d'Orange; le prov. preveire, preire, à côté de 

synonyme Imâ. praesentia remonte prestre, comme dans la langue d'oïl, 

on 9me siècle), et se rattache à Ces formes dérivent immédiatement 

celle du vb. présenter I, 60. 369, du grec nçtafivtiçoç, 

présenter, offrir; praesentare; pre- Preu v. prod I. et II. 



PRE 304 PRI 

Pren, proche v. prop et II, 361. seur; adv. primerains, d'abord, pre- 

Frendoni, prendoume v. prod II. mièrement; — prior, prieur; prior ; 

Frenf v. prop et II, 361. prioraige I, 329, prieuré. 

Prévarication II, 277, prévarication; Prime v. prim. 

praevaricatio. Primer v. prim. 

PrevoB V. prevost. Primerain, primerains v. prim. 

Prévost , provost (provos, prevos, pro" Primerement v. prim. 

voi) I, 84, préposé, prévôt; de Primée v. prim. 

praepositus. Primevère v. ver. 

Près V. prest. Primier v. prim. 

Priement 3. p. pi. prés. ind. de preindre. Primieremes v. prim. 

Prieadre v. preindre. Primeeigfner v. signe. 

Prienet, prient de preindre. Primsoir v. soir et cfr. prim. 

Prier, proier, preer, preier priier I, 70. Primeon v. somme II. et cfr. prîm. 

78. 99. 177. II, 36. 303, prier, Prin v. prim. 

supplier, adresser des prières ; pre^ Prince, prinche, seigneur de la cour, 

çari; prier à qqn, I, 174. II, 27; premier, principal; par aphérèse 

prière, proiere, preere I, 130. 186. de princeps, prov. princep;. de là 

II, 254, prière, supplication; propr. princee, prinoie, principauté, dignité 

precaria, prov. pregaira, preguiera, de prince. 

itai. pregaria, pregueria; comp. Princee v. prince. 

deprier, deproier I, 74. 173, prier Prinche v. prince. 

avec instance, supplier. Cfr. plier. Prindhier v. princier. 

Pries V. près. Prinde v. prince. 

Prieu V. prod II. Princier, prindhier, homme de la cour, 
Priier v. prier. grand seigneur; de prtffttcerttif. 

Prim, prin m., prime m. et f. I, 113, Prinsaittier v. saillir. 

cfr. 11,405, premier; priftius; subst. Prinsault, prinsanltier ▼. saillir et 

I, 119 le temps où l'on chante cfr. prim. 

l'office d'église nommé prime, prtma, Prinsant, prinsantier v. saillir et cfr. 

c'est-à-dire six heures du matin; prim* 

vb. primer, primer, dominer; adv. Prinseigner v. signe. 

prime, primes, d'abord, première- Prinsoir v. soir et cfr. prim. 

ment; dont à primes, alors seule- Prinsome v. somme II. et cfr. prim. 

ment; dès primes que, du premier Prior, prioraige v. prim. 

moment que; conj. prime 9116, avant Pris v. prendre. 

que; primier, primer, premerl, 113, Pris, prix v. preis. 

premier; primarius; de là prime- Prisantier v. preis. 

rement, premièrement, premerement Priaie v. prendre. 

I, 70. II, 62. 255, premièrement, Prisier v. preis. 

en premier lieu, pour la première Prison v. prendre. 

fois; primerain, premerain, premie- Prison, prisone v. prendre. 

rain I, 113, premier; cfr. derrain. Privé v. priver. 

davant; et primieremes I, 113 dans Priveement v. priver. 

le même sens, forme qui semble Priver I, 222, priver; privare; privé 

attester l'influence de l'adv.enmeftf; 1,144. 130, adj. secret, particulier, 

subst. ancien , devancier , prédéces- intime ; sbst. familier, ami ; prvMtus ; 



PRI 305 PRO 

estre à son privé, à son particu- pron, pren, prieu, f. prodo, prade 

lier, avec ses amis intimes; parler II, 320 et suiv., prudent, sensé, 

à privé, parler en particulier; adv. capable, brave, généreux, vaillant; 

priveement I, 99. 101, particulière- f. sage, vertueuse, pudique; dér. 

ment, secrètement, sans être aperçu ; proeœ, proeehe, proaiee, proeiste, 

privée f. R. d. Ren. II, 279, privé, proesce I, 72. 162. 181. II, 14. 80. 

latrine; prov. privada, ital. privata: 234, prouesse, valeur; cfr. largesse; 

privetet, priyeté II, 17, habitude, comp. prodons, prodome, proidnem, 

familiarité. prozdiun, preudons, prondoume, preu- 

Privât, privetet, priveté v. priver. doune I, 79, prad*homme, homme 

Privilège 1, 330, privilège ; privUegium . de bien. 

Pro V. prod I. Prode v. prod II. 

Proaiee v. prod II. Prodome v. prod II. 

Proçaixi v. proche. Prodons v. prod II. 

Proce V. proche. Proec II, 318 et glos. o. 

Prochain, prochainement v. proche. Proece, proeche v. prod IL 

Proehainete v. proche. Proef v. prop et II, 361. 

Proehe, proce, proche; de propius; Profecie v. prophète. 

de là prochain, proçain I, 263. 271, Profeitier v. prophète. 

proche, prochain, allié; d* où pro- Profetè v. prophète. 

chainete, proximité, voisinage, al- Profit, porflt, ponrflt I, 381, profit; 

liance, parenté; adv. proehainement, profecius^ us; prov. profieg, îtal. 

procheinement I, 133. 3ô7, ib.; vb. profitto; profitable, ponrfitable 1, 375, 

comp. aproohier, aprooheir, aproiohier, profitable. 

aproncher, aproder, aprosder, apreœr Profondece v. fond. 

I, 58. 135. 184. 227. 391. II, 127. Proie v. praer. 

365, approcher, donner une marque Proier, voler v. praer. 

d'amitié, attoucher; accitser; parti- Proier, prier v. prier. 

cipe, qui approche de sa conclu- Proiere v. prier. 

sion; lat. apprapiare de propiare; Proisier v. preis. 

entraprooier II, 59, eutrapprocher; Proïsme I, 227, prochain, proche pa- 

reprocher, reproacher, reproehier, ré- rent, allié ; de proximus ; en prcUsme, 

pliquer, s'opposer, contredire, re- prochainement; vb. comp. i^iroïsmer, 

procher; subst. reproche, reprouohe aproiimier, apriamer I, 60, aprimer, 

I, 356, reproche; de repropiare, approcher, accuser; propr. appro^ 
i. e. approcher à différentes reprises, ximare, 

mettre près, mettre devant. Cfr. Promesse v. mètre. 

reprovier s. v. prover. Prometre v. mètre. 

Procheinement v. proche. Promission v. mètre. 

Procurer v. curer. Promovoir v. movoir. 

Procorenr v. curer. Prononceir, prononcier v. noncer. 

I. Prod, pront, pro, pm, prot, pren Pronontier v. noncer. 

II, 320 et suiv., profit, bénéfice, Prop, prof, proef, pmef, pronf, preof, 
avantage, gain; prod, pro, pm, pron pref, preu adv. et prép. II, 361; 
II, 320 et suiv., assez, suffisamment, comp. aprop, apmef, apref, etc. 
beaucoup, abondamment. II, 361; enpmef II, 361. 

II. Prod, prot, pmd, proi, pmz, proi, Propheder v. prophète. 
Borguy, langue d'oïl, Glossaire. 20 



PRO 



30(> 



PSA 



Prophète, prelète I, 65. 7, m. et f., pro- 
phète; propheta (Trpoyijf^ç); pro- 
féitier, prophetiier, prof^eeier I, 213. 
348. 350, prophétiser, prédire; 
prophetiiare ; profeeie I, 160, pro- 
phétie; prophetia. 

Prophétiser v. prophète. 

Propieel, 399. II, 124, propice; pro- 
pUiut, 

Propoi V. pause. 

Propo iem ent v. pause. 

Proposer y. pause. 

Propre I, 166. 250, propre ; proprius ; 
propre pour même 1 , 180. 1 ; adv. 
proprement, propprement I, 174. II, 
96. 272, proprement, en propre. 

Proprement, propprement v. propre. 

Prqnriie v. prendre. 

Proe, près v. prod II. 

Proeperiteit, prosprete 1, 55. 196, pros- 
périté, bonheur; prosperilas; proe- 
premeat Q. L. d. B. 336, adv. d'une 
manière prospère, heureusement, 
pour prospère. 

Proiprement v. prospcriteit^ 

Proiprete v. prosperiteit. 

Prot V. prod II. 

Prou V. prod I. et II. 

Prondonme v. prod II. 

Pronf V. prop et II, 361. 

Prout V. prod I. et IL 

Prouver y. prover. 

ProuToire ▼. prestre. 

ProTaaoe, provanehe ▼. prover. 

Prore y. proyer. 

Proyer, pmver, pronyer I, 77. 215. 
253. n, 102, prouver, démontrer; 
éprouver, constater, convaincre; te 
proter^ se montrer, être éprouvé; 
probare; de là provanee, proyanche, 
preuve ; proye, preuve; proba; comp. 
esproyer, eipniyer, espronyerl, 288. 
406. II, 39. 87, éprouver, vérifier, 
connaître, reconnaître, affliger, avoir 
des épreuves; eeproyanoe I, 126, 
épreuve ; dans Tancienne langue, un 
esprovenr de triade était un opé- 



rateur , uu marchand d'orviétan ; 
eq^roye II, 148, épreuve; — re- 
proyer I, 262. II, 20, reprocher, 
blâmer; inf. empl. subst. reprover, 
roproyier, reproche, blâme, puis pro- 
verbe, parce que le proverbe est 
proprement un reproche. Cfr. res- 
prit. Le prov. dit repropter et re- 
prochier, proverbe, ce qui pourrait 
faire penser que notre repraver, 
reprofDÏer doit être rangé soosprocAe, 
repropiare, car les deux formes 
provençales peuvent s'expliquer par 
là, et elles en dérivent en effet; 
mais la langue d'oïl n'offrant pas 
reprocÀier=: proverbe, à ma con- 
naissance du moins, et la famille 
de reprocher ne montrant nulle 
part un V, je range r(Bprot>er, re- 
provier ici, ce qui, du reste, 
revient au même eu égard à la 
signification. 

Proyoire v. prestre. 

ProyoB, proyoBt v. prevost. 

Proyoz V. prevost. 

Prosdnem v. prod IL 

Pm y. prod. 

Pmd, pmde v. prod IL 

Praec, pmech II, 318 et glos. o. 

Pnief V. prop et II, 361. 

Pnme, prune; prunum; pnmier, pru- 
nier; propr. prunariut; pnmelle, 
pnmelle, prunelle, fruit du prunel- 
lier; et I, 90, prunelle des yeux, 
à cause de sa ressemblance à une 
prune sauvage; prunella, 

Pmyeire v. prestre. 

Pmyer v. prover. 

Prui V. prod IL 

Pmsdnm v. prod IL 

Pialterie v. psalterion. 

Pialterion, salterion, psalterie I, 401, 
pealtere, saltere, santier, de psalte- 
rium, instrument qui, selon Isidore, 
diffère de la cithare, en ce que la 
cavité qui forme le corps sonore 
était à la partie supérieure, tandis 



PUC 



307 



PUI 



que c'était tout le contraire dans 
la cithare. Il y avait des psalté* 
rions carrés et des psaltérions trian- 
gulaires. Les premiers se compo- 
saient d'un cadre on châssis, dans 
Tintérienr duquel étaient disposées 
un certain nombre de cordes ten- 
dues verticalement du sommet à la 
base ; ces cordes se touchaient avec 
les doigts ou avec un plectre. Les 
psaltérions triangulaires étaient en 
forme de /\, comme une des es- 
pèces de cithare, cithara anglica, 
mais avec la différence que dans 
celle-ci le delta était renversé V- 
Cfr. salme. 

Pue V. puiz. 

Paeéle, pnoalete v. polie. 

Pach V. puiz. 

Pachelete v. polie. 

Pnelielle v. polie. 

Pnchiele v. polie. 

Pacielo v. polie. 

Paeple v. pople. 

Puer particule v. por. 

Paer v. pooir. 

Paei, pois, pois, pois adv. II, 319; 
pues qne, conj. II, 387. 

Pnet eel ettre v. pooir. 

Pid, poi (ftuy) II, 78, colline, mon- 
tagne, lieu élevé, hauteur, somibet; 
puiot, appui, bâton, béquilles (cfr. 
esp. poyo, banc); de podium; vb. 
puier, pn^er, poier I, 71, monter, 
élever; comp. apui I, 163, appui, 
soutien; apuier, apoier I, 66, ap- 
puyer, soutenir ; $* apuier à un con- 
seil I, 178 ; n'apuier ne cor ne cuer 
à la luxure II, 121. 

Poier V. pui. 

Puign V. poin. 

Pnignant de puindre, poindre. 

Puijer V. pui. 

Pain, pning v. poin. 

Pninneres v. poin. 

Puint V. poindre. 

Pniot V. pui. 



Pair I, 341. II, 389, pner, avoir mau- 
vaise odeur; puiere; prov. pudir, 
ital. pntire; poent I, 335, puanteur, 
ordure; que je range ici, quoique 
Vo soit assez extraordinaire; pat, 
pute I, 104. II, 216. 403, vil, bas, 
dégoûtant, repoussant, détestable; 
depuiidus; les païens sont souvent 
appelés pute $ent; put, s'est con- 
servé dans plusieurs patois, pour 
dire laid, p. ex. dans celui de Mets ; 
dans celui de Montbéliard on pro- 
nonce peut, peute. De put dérive 
panais, pnnais, puant; prov. pnt- 
nais; d'où punaise, cimex. Mén., 
qui indique cette dérivation, dit que 
Vergy, s'appuyant sur la significa- 
tion que Ton donne aujourd'hui à 
puntns, le décomposait en puer et 
net ; si cela est faux dans le fond, 
il ne serait pas impossible que Ton 
eût fait cette fausse décomposition, 
en attribuant à punais la signifi- 
cation qu'il a actuellement; toute- 
fois il ne faut pas négliger d'ob- 
server que le son de ai est diffé- 
rent de celui de e. Ajoutons ici 
que le putois a aussi son nom de 
sa puanteur, et que, dans la fable, 
on l'appelait Patnali, Pasnais. 

Poire V. pis. 

Pois adv. et conj. v. pues. 

Pois, puits V. puiz. 

Puiser v. puiz. 

Poision V. poison. 

Poison V. poison. 

Poisonner v. poison. 

Poissance v. pooir. 

Pois, pois I, 193. 383. II, 23, puits; 
de puteus; de là poiier I, 68, pui- 
ser ; comp. espoîser, esposier, espochier 
II, 46. 385, épniser, puiser. Au 
lieu de puii, on trouve pac, pneh 
II, 182. P. d. B. 9882, forme sur- 
tout en usage dans l'expression puck 
d'infer ; ce pUc, puch vient du Imâ. 
puthcus pour puteus; v. DC 

20* 



PUL 



308 



QUA 



Polce II, 212, puce ; pulex; itat. pulcc. 
Nous avons rejeté le }. 

Pnldre, puldrer v. poidre. 

Pnleele v. polie. 

Fuie V. pople. 

PoUent, pnlentl, 61, dégoûtant, puant, 
infâme, abject, méprisable; de pu- 
rulentus, avec assimilation de la 
liquide r, pur'lentus, pullentus. 

Pnme v. pom. 

Pumier y. pom. 

Pnnais v. puir. 

Pnng V. pom. 

Pont V. pont. 

Papleer v. pople. 

Par, pnre I, 151. 355, pur, simple, 
unique; purus; pvrteit, pttrte I, 75, 
pureté, vérité ; plus tard on remonta 
au latin et écrivit purité; puritas. 

Pur V. por. 

Pnroaeer v. cbacier. 

Pnrchader v. cbacier. 

Pnrehac v. cbacier. 

Purge V. purger. 

Purger, pnrgier, purger, purifier, net- 
toyer ; justifier ; purum (purum ago) ; 
subst. pnrge , justification ; comp. 
espurgier I, 207, purger, purifier; 
expurgare; d'où espurgement, action 
de se purger d'une accusation. 

Purir V. porir. 

Porloignier v. long. 

Pnmelle v. prune. 

Puroe II, 318 et glos. o. 

Pnroindre v. oindre. 

Purpexiser v. pois. 



PnrpoBer v. pause. 

Parprendre v. prendre. 

Porpris v. prendre. 

Pnrretore v. porir. 

Pnrriere v. poldre. 

Pnnoldre v. soldre. 

Pnrteit v. pur. 

Pnrtendre v. tendre. 

PuBnais v. puir. 

Put, pute V. puir. 

Potage V. pute. 

Putain V. pute. 

Pute, vil V. puir. 

Pute I, 60, fille ou femme débauchée. 
DC. donne à ce mot la signification 
de jeune fille, comme putia, en ital., 
qui signifie jeune fille et prostituée; 
masculin putto, jeune garçon. Pute, 
de puta, féminin de putus, jeune 
garçon, di m. putillus (Plante). Dér. 
putain I, 60, putain, prostituée. 
Mais pourquoi putaine, comme le 
dit le peuple dans plusieurs pro- 
vinces, et comme en ital. puttana, 
anc. cat. putana, prov. putana? 
Putain aurait -il signifié, dans le 
principe, bomme livré à la débauche 
des femmes (v. DC. puta 2), et 
aurait -on donné ensuite ce nom à 
la femme prostituée? Putage, po- 
terie, débauche avec les femmes; 
vie déréglée, prostitution. Cfr. 
Ménage s. v. putain. 

Puterie V. pute. 

Pnjrxerez pour puiserez, de puiser. 



Qarre v. quarre. 
Qas, vain v. cas I. 
Qas, brisé v. cas II. 
Qant V. quant II. 
Qe V. qui. 
Qei V. qui. 
Qen V. cuire. 
Qi V. qui. 



Qlnsaine v. cinc. 
Q<m, qui le I, 136. 
Quai V. qui. 
Qnaîrtaige v. quart. 
Quaitir v. catir. 
Quanconques v. quant I. 
Quand v. quant II. 
Quanke v. quant I. 



QUA 



309 



QUA 



Qnanque, qoanqaes v. quant I. 

I. (Quant) qaans, quantes I, 186, com- 
bien, en quel nombre; quanius; 
dér. quantqne, quanqne, qnanqnes, 
quanke, kanke, kanqnes I, 186, tout 
ce que, tout, autant que, tant que ; 

— quanoonquoB I, 187 comp. de 
quanque et de oncques, qtumtus' 
cumque; — porquant co^j. II, 385; 
neporquant, nonporqnant , nampor- 
qoant conj. II, 385; — comp., de 
in quantum, inqnaat, enquaat, en- 
can; vb. inqnanter, enqnanter, en- 
caater, mettre à Tenchère; prov. 
enquant, encant, inqaantar, en- 
quantar; ital. incanto, incantare; 
anc. esp. encante, encantar; cfr. 
Ménage s. v. et Rayn. L. R. Y, 4. 
On trouve quelquefois enchanter, 
encliantement, au lieu de enquanter, 
enquant ement, c'est une simple va- 
riante orthographique du c, qui 
s'écrivait pour q , qu, 

II. Quant, qant, quand adv. II, 323, 
quand; quant pour quoniam, quia 
II, 323. 

Quantes v. quant I. 

Quantque v. quant I. 

Quanz v. quant I. 

Quar conj. v. car. 

Quaranmie v. quarante. 

Quarante, quaraunte I, 109, quarante; 
quadraginta; dér. quarantimel, 115, 
quarantième; qnarentaine I, 117, 
quarantaine, nombre de quarante; 

— quarreime, quaramme 1, 118. 217, 
carême; ital. quaresima; de qua- 
dragesima, à cause des 40 jours 
de jeûne qui précèdent la fête de 
Pâques. Cfr. Ménage s. v. caresme. 

Quarantime v. quarante. 

Quaraunte v. quarante. 

Quareaus v. quarre. 

Quarefor, quarefort, carrefour; com- 
posé de quadrifurcum, propr. qua- 
druple fourche. 

QuareiauB v. quarre. 



Quarel v. quarre. 

Qnarentaine v. quarante. 

Quareour v. quarre. 

Qnareus v. quarre. 

Quariere v. quarre. 

Quarre, qarre, coin, carré; de quadrum. 
A la même racine appartiennent: 
quarel, quarrel, quareaus, qnariaua, 
quareus II, 10. 31. 367, grosse pierre 
carrée, pierre de taille; carreau; 
carrean, trait d'arbalète; coussin, 
matelas ; quariere, quareour, carrière 
(où Ton extrait des pierres) ; et nos 
mots carrer (quadrare), composés 
(exquadrare) équerre, escadron, es- 
cadre^ escouade, espagnol esquadra, 
squadrone. 

Quarrel v. quarre. 

Quarresme v. quarante. 

Quarriaufl v. quarre. 

Quart, quarte, quani, 114, quatrième, 
quart; sorte de mesure; quttrtus; 
dér. quartier l, 118, quart, quar- 
tier; terme de blason (escu de 
quartier II, 237^; propr. quarta- 
rius; quartal, quartauzl, 119, quar- 
taut, sorte de mesure; quartage, 
quairtaige I, 119, mesurage des 
grains en général; mais plus sou- 
vent droit en vertu duquel les sei- 
gueurs féodaux prenaient sur leurs 
empbytéotes la quatrième partie de 
leurs blés , raisins on autres fruits ; 
Imâ. quartagium ; quartranche 1, 119, 
le quart du quartaut; comp. de 
quart et de tranche; vb. comp. 
dér. esquarteler, esquartieler, eiiquar- 
terer R. d. 1. Y. 96, écarteler, briser, 
faire voler en éclats. 

Quartaige v. quart. 

Quartal v. quart. 

Quartauz v. quart. 

Quarte v. quart. 

Quartier v. quart. 

Quartranche v. quart. 

Quan v. quart. 

Quas, vain v. c^s I. 



QUA 



310 



QUE 



Quas, brise v. cas II. 

Qoas, chute v. chaor. 

QnasMr, casser v. cas I. 

Quaner, briser v. cas IL 

Qnat V. chaor. 

Qnatdr y. quatre. 

Qnatir v. catir. 

QMteno y. quatre. 

Qiiatonime y. quatre. 

QuatriB, qnater, katre I, 108. 109, 
quatre; quaiuor; qnatone, katorse 
I» 109, quatorze; gnatuordecim ; 
qnatoxiime , quatorzième; quatuor- 
deeimMS. 

Quai^quauB, quel, quelle, quels, quelles 
I, 165. 

Qnai y. chaor. 

Que y. qui. 

Que que, pendant que II, 391. 

Que — que conj. II, 390. 

Qae«mket, qneenaquei I, 190. 

Qoei, tranquille v. eoit. 

Quei, quoi v. que. 

Queie, qneiemant v. coit. 

Qneil, queile I, 165 et glos. quel. 

Quels y. quel et I, 165. 

Quel, que le I, 135. 

Qoel, kel, queil, quil, quéle, queile, 
qnito, s. s. et p. r. quels, queils, qnils, 
qnens, quels, ques, quieus I, 165 et 
suiy. pron. relatif; I, 167 pron. 
interrogatif ; oomp. qnel onques que, 
quel que onques, qneleonque, quel- 
conque pron. I, 187; quel que, 
qudque. . . que I, 188. 

Qndeonque, qnèlennque y. quel et 1, 187. 

Qnelllr y. cueillir. 

QncBOille, quenouille; ital. conocchia; 
du Imâ. conucuîa pour colucula, 
de colus^ comme Pont dit Vossios 
et Ménage. 

Qiuens y. cuens. 

Qnenu y. chanut. 

Quer y. cuer. 

Quer conj. v. car. 

Qnerele II, 32, plainte, lamentation, 
grief, sujet de plainte, procès; 



quercla; vb. qnerder, chagriner, 
plaindre, porter plainte; d'où que- 
releres, plaideur, chicaneur. 

Qoflfer y. qnerre. 

Qiuerir y. querre. 

Qnerole y. carole. 

Querre, quierre, quire, quirre, qnerer 
I, 372 et suiy,, quérir, chercher, 
rechercher; faire une enquête, de- 
mander, requérir; subst. q imte I, 
321, quête, recherche, demande; — 
question I, 363, question, procès, 
différend ; quttesUo; •— comp. aitnene 
I, 381, acquérir, préparer, entre- 
prendre ; part aquîs, conquis, yainco, 
rendu, réduit à Pextrémité; aqiiest 
I, 386, acquit, acquisition, acquêt; 
acquitUum; conquerre I, 380; d*où 
oonquerement, conquête; — eonfoest 
m. I, 329, conquête, acquisition; 
profit, avantage; conquisitum; fém. 
eonqueste 1, 52, ib. ; de là conquester, 
conquister I, 380, conquérir, ac- 
quérir, gagner; — enquerre, enqué- 
rir, solliciter, demander; inqwrere; 
d'où enquerement, recherche; es- 
querre 1,381; exquirere; perqnent, 
perqnerre I, 381. 6. 1. L. II, 3; 
requerre, requérir, réclamer, atta- 
quer; requirere; requerre gq^. 
vers qqn, II, 54; d'où reqvfloWBMHt 
I, 252. n, 157, requête, action de 
requérir; requeste I, 155. II, 163, 
requête, demande; sorqnerre I, 381- 

Qm, quel, quels y. quel et I, 165. 

Ques, qui les I, 135. 

Queiine y. cuire. 

Qoesne y. chesne. 

Qneste y. querre. 

Question y. querre. 

Quen y. cuire. 

Queue y. coe. 

Queue ou mieux qneuz, pierre à ai- 
guiser; de cos, cotis (Ménage); 
proy. cot 

Qneus, queue y. quel et I, 165. 

Queute y. cotre. 



QUE 



311 



QUI 



Queutepointe v. cotre. 

Qui adv. de lieu v. anqui et H, 271. 

Qui, kiy ke, que, qi, qe T, 159 ôt saiv.^ 
chi pour qui, dans le picard-flaïuaiid, 
et sur les frontières ouest de la 
langue d'oc, qui, que; prov. ^ui, 
que, ital. chi, che; cm, ouy I, lô9, 
que, qui (avec une prép.) ; coi, quoi, 
kai II, 277. 363, koi, kû, qnet, qei, 
qnai I, 159. 163, quoi. Pour les 
différents emplois de ces mots v. la 
Qram. 1. c. Qui dér. de quis ; que, 
comme je Pai dit II, 389, dér. pro- 
bablement de quid^ et, je crois de- 
voir ajouter ici que la conj. que = 
gtMtn, est identique avec que de 
qtdd; une double origine est d'au- 
tant plus invraisemblable,, que le 
que, dans ses diverses acceptions, 
est soumis aux mêmes règles et a 
les mêmes fonctions. Quant à ctit, 
je ne vois aucune raison pour le 
dér. avec M. Diez de cujus; c'est 
la forme latine cui transportée 
simplement dans le franc., le prov. 
et Tital. Reste à expliquer quoi. 
Eu comparant moi^ met, mai do me, 
comme me, on pourrait penser que 
quoi est une extension de forme 
de que, et, de cette manière. Ton 
ïie rendrait fort bien compte . des 
formes picarde, normande et touran- 
gelle ; mais le kai bourguignon des 
S. d. S. 6. reste inexplicable. £n 
effet, admettant que Ve de &e a été 
traité comme e long, on aurait eu 
hoe. Supposer que Ve de he a été 
dipbthongué avec i, comme moyen 
de distinction, puis que Ve a été 
permuté en a pour donner plus de 
valeur intrinsèque à la forme ; cela 
serait trop artificiel. L'esp. et le 
port, ont admis Taccusatif quem 
daus leur quieti, qt^m; pourquoi 
le franc, u'aurait-il pas eu recours 
à un autre cas du relatif latin pour 
se créer une forme distinctive ? £)t 



ici su présente le latin qua (peut- 
être, dans le principe, se. ratione), 
qui répond parfaitement à toutes 
les exigences. De qua découle na^ 
tureilcmcnt le hai bourguignon, en 
Picardie hi, he ou koi, ou mieux 
ki, ke, d'où koi (cfr. I, 123), en 
Normandie d'abord ke et par l'in- 
fluence des dialectes mixtes fiiet. 
Kai bourguignon fut remplacé de 
bonne heure par le coi picard. Cfr. 
le valaque ca^rut. — Qui — qui 
I, 164. — Qui, si l'on I, 164. — 
Qui retranché I, 165. — Qui, ce qui 

I, 164. — Que, quoi, ce que, à ce 
que I, 164. — Qne conj. II, 389. 
390. — Qui, que, quoi pron. inter- 
rogatifs I, 167. — Qni qui; qui que; 
qne que; quoique; qui qui onoques; 
qni oncques qui, qnioonques, que- 
conques, acoBsques I, 188-89. — 
Que que conj. II, 391. -^ Coi qne 
conj. II, 391. — Be coi conj. 

II, 379. 

Quic 1. p. s. prés. ind. de quider. 

Quiconques, quicnuquee I, 189. 

Quider v. cuider. 

Quierre v. querre. 

Quies, qui les I, 136. 

Quiète v. coi t. 

QuieuB V. quel et I^ 16ô. 

Quieute v. cotre. 

Quiez de quiels I, 165. 

Qui], qui le I, 136. 

Quil, quile I, 165 et glos. quel. 

Qui'n II, 254, qui eu. 

Quinsaine v. ci ne. 

Quinse v. cinc. 

Quinsime v. ciuc. 

Quint, quinte v. ciuc. 

Quintaiue, quitaine I, 228, sorte de 
mannequin figurant un hommo armé, 
le bouclier d'une main, Tépée de 
l'autre ; jeu militaire consistant à 
frapper ce mannequin; prov., ital. 
quintaua. L'origine de ce mot est 
encore inconnue; ce qu'en ont dit 



QUI 



312 



RAI 



Ménage, Du Gange, Ferrari, etc., 

n^est pas admissible. 
QoiBi, qninsaine, quinze v. cinc. 
Qnir y. cuir. 
Qnire, cuire v. cuire. 
Qoirey quérir v. querre. 
Qniree v. cuir. 
Wm, qui les I, 136. 
Qoifer v. coit. 
Qaifltron y. cuire, 
t^taine y. quintaine. 
Qoitance y. coit. 



Qnite, quitee v. coit. 

Qnitement y*, coit. 

Quiter, qnitier v. coit. 

Quiyee y. cuiyre. 

Qnivrer, éyeiller; de Tanglais quiver, 

alerte, actif; quiver, trembler. 
Quoi, tranquille y. coit. 
Quoi, quoi y. qui. 
Qaeiement y. coit. 
QnonB y. cuens. 
Quor y. cuer. 
Quoi, que yous I, 136. 



R. 



Baançoiiy raiaimon, raenchon I, 253. 
373, rançon; de redemptio, 

Kabait 3. p. s. prés. ind. de rabatre. 

BaMne y. rayir. 

Babines y. rayir. 

Babinoiement y. rayir. 

Babis, rabit y. rage. 

Bacater, rassembler y. acater. 

Bacater, racheter y. acater. 

Bachatement y. acater. 

Bachateor y. acater. 

Bachater, racheter y. acater. 

Bachater, rassembler y. acater. 

Bacbateres y. acater. 

Baoheminer y. chamin. 

Bâcher, cracher ayec bruit et avec 
effort; de l'ancien norois hraekia, 
cracher ; hrâhi^ salive. Notre yerbe 
cracher est-il le mêine mot avec c 
préposé pour renforcer la syllabe 
initiale? 

Baohine y. raïs. 

Bacine v. raïs. 

Bacdore y. clore. 

Baconter y. conter. 

Bacorder y. acorder. 

Baconter y. conter. 

Baemplir v. ademplir. 

Baenchon v. raançon. 

Bade II, 323 note, 271, impétueux, 
fougueux, ardent, vif, alerte; rabi- 
dus; avec une antre vocalisation 



que dans rabit; cfr. rage; de là 
adv. radement I, 338, impétuense- 
ment, avec violence, avec raideiir; 
et radeî, courant, fougue, impétuo- 
sité, rapidité. 

Badei v. rade. 

Badement v. rade. 

Baer v. rait. 

Baferir y. ferir. 

Bage, raige I, 133. Il, 37, rage; 
rabies; rager, ragier, être de mau- 
vaise humeur, se fâcher, être fu- 
rieux, faire rage; propr. ràbiare 
de rabies et non de raberç; rabit, 
rabi II, 109, furieux, enragé: ra~ 
bidus; comp. arager, enragier I, 
174. 11,403, enrager, être furieux; 
esrager, esragier II, 26ô, enrager, 
être furieux; du part. pas. eiragie- 
ment II, 393, comme un enragé, 
comme un fou furieux. Cfr. rade. 

Bager, ragier, faire rage v. rage. 

Bagier v. raïs. 

Bai, rayon v. rait. 

Bai, ordre v. roi IL 

Bai, roi v. roi I. 

Baianson v. raançon. 

Baie v. rait. 

Baier v. rait. 

Baige v. rage. 

Baignauble v. raison. 

Baihnable v. raison. 



RAI 



313 



RAI 



Baiier v. rait 

Baim (rains) I, 78, rameau; de ra- 
mus; de là ramee II, 187, ramée, 
assemblage de rameaux; rameit, 
ramé I, 58. II, 133, qui a beau- 
coup de branches; ramu I, 162, 
touffu; desramer, mettre en pièces, 
déchirer; de dis et ratnus, C*est 
également de ramus, que vient m- 
mon, d'où ramoner, comme Ta fœrt 
bien dit Ménage. Le patois de 
Montbéliard a ramasse, raimaisse, 
ital. ramazza, balai, c-à-d. faisceau 
de petits rameaux, qui se rapporte 
à la même racine. Cfr. Ben. 
V. 28744 ramejawam, petit, rameaux, 
petites branches. 

Bain, bord, lisière; de Tahal. rain, 
bord; allmod. rain, rein, lisière 
d'un champ , etc. 

Bain, rein v. rein. 

Baïne v. roi I. 

Baine, rainer v. règne. 

Bains v. raim. 

Baire, rere II, 224, retrancher, ôter, 
couper, raser, racler, effacer, tour- 
menter; radere; part. pas. res I, 
296; prép. res, ras II, 363, rez, à 
fleur de terre; res à res, joignant, 
tout près, entièrement, tout à fait; 
fréquentatif de radere, rasare, d^oh 
raser II, 304, raser ; comp. arraser, 
raser, combler, niveler ; rasor, rasoir 
II, 224, rasoir; rasorium; rasnre, 
action de raser, rature; rasura, — 
Le subst. rasclie, raisohe, gale, teigne, 
mot qui s'est conservé dans plu- 
sieurs patois, a pour vb. correspon- 
dant esp., prov. rascar, pour rasi^ 
care, de rasus, radere. Bascler, 
racler, propr. rasicuktre^ reêdicU' 
lare, également de radere, ainsi 
que le dit Ménage. Je ferai en- 
core observer avec ce dernier que 
le ras, espèce d'étoffe, dér . de rasus^ 
rasé. Le patois de Montbéliard a 
reusure pour gratin, ou bouillie 



attachée autour et au fond de la 
marmite; à Metz on dit resin; ces 
deux mots représentent l'un propr. 
rasinus, l'autre reuure, parce que, 
pour avoir le gratin, il faut le 
raser, racler. 

Bais V. rait. 

Bais, raïs II, racine, de radix; dér. 
racine, raohine I, 391. II, 54. 363, 
racine, propr. radicina; vb. enra- 
ciner I, 56, enraciner; — esrager, 
esragier, esraoer, esrachier, arracher, 
emporter avec effort; exradicare; 
arragier, arager, aracer, arachier, 
arracher, déraciner; formé sur le 
modèle de exradicare avec change- 
ment de préfixe, abradicare, selon 
Ménage ; mais peut-être tout simple- 
ment de eradicare, Cfr. DC s. v. 
racha, ragier, p. ex. celui qui ar- 
rache les souches des arbres abattus. 

Baisdon v. randir. 

Baise, reise, rese, expédition militaire, 
incursion sur une terre ennemie; 
de l'ahal. reisa, ib. 

Baise v. rase. 

Baisnable, raisnablemènt v. raison. 

Baisner v. raison. 

Baison , reson II, 49. 134, raison, sens, 
avis , opportunité , raisonnement, 
propos, parole, compte; de ratio; 
adj. raisonable, raisnable, raihnable, 
raignanble I, 266. II, 388, raison- 
nable, équitable, juste; rationabilis ; 
adv. raisnablemènt, raisonnablement, 
d'une manière équitable ; vb. raûtner, 
raisonner, expliquer, parler, plaider, 
défendre en justice; comp. araisoner, 
araisnier, areisoner, aresoner, areîs- 
nier, aranier, aragnier I, 71. 281. 
II, 167. 305, parler à qqn. , inter- 
peller ; raisonner, discourir, deman- 
der, faire rendre compte, citer en 
justice; s* araisoner, s'exprimer; 
desraison, desreson I, 314. 368, tort, 
injustiae, insulte, mauvaise action, 
malice, folie; derainer, deraisnier, 



RAI 



314 



RAN 



deresnier, desresnier I, 207. II, 130. 
348, établir une accusation contre 
qqn. par des raisons et des preuves, 
justifier du droit que l'on a sur 
une chose contestée, prouver un fait ; 
subst. deraine, deresne I, 401, action, 
discussion, plaidoyer, défense, preuve 
d'innocence; du vb. deraimement, 
detrainement , défense ^ preuve de 
vérité, d'innocence, combat judi- 
ciaire. Notre r<i<ton= portion, prov. 
ratio, raxio, est le même mot que 
raison. 

BaifOiiable v. raison. 

Bait, rail s. s. et p. r. rais, rais I, 50. 
357. 186, rayon, trait de lumière; 
rayon, bâton d'une roue; jet, fil, 
filet; courant des ruisseaux et des 
rivières ; de radius, ainsi que notre 
rayim; et le féminin raie, roie I, 
48, rayon, éclat, raie. Il ne faut 
pas confondre ce roie avec rote, 
sillon, prov. rega; celui-ci vient de 
rigare. Baier, raiier, raer, reer, 
roiier II, 252. 355, rayonner, pro- 
jeter des rayons, briller; couler; 
de mdkare; tnié^ rayé, qui a des 
bandes de différentes couleurs; 
radiaiui. 

Bail ▼. rait. 

Ba£i Y. raïs. 

Bi^oenir v. juefne. 

'BMiomaàï v. juefne. 

Bijnaûr v. juefne. 

Baler v. aler. 

Balier v. lier. 

Balonger v. long. 

Bamé, ramee v. raim. 

BamaJMiaaB v. raim. 

Bameit v. raim. 

Bamembrance v. membrer. 

Bamembrer v. membrer. 

Bame&er v. mener. 

BamenteÎTre v. menter. 

Bamentevoir v. menter. 

BaaMBtoivre v. menter. 

BaBMiaet de ramener. 



Bampodne, rampodner v. ramposner. 

Bampone, ramponer v. ramposner. 

Bamposne v. ramposner. 

Bamposner, ramponer, rampodner (dans 
les textes normands, où d est pour 
ity p. ex. adne pour asne), et, avec 
r, ramprosner, rempromer, tirailler, 
blâmer, faire des reproches, railler, 
se moquer de quelqu'un; subst 
ramposn^ rampono, rampodna II, 385, 
raillerie, mot piquant, moqoerie, 
dérision. Les Italiens disent rom- 
po^tturc, que Muratori dérive de 
rampone^ croc, de rampoy^ croc. 
Ces mots doivent dériver de l'alle- 
mand: bas -saxon rapen^ rappen, 
suéd. rappa, bavarois rimip/efi, hant- 
allem. raffen, ahal. reffan, arracher, 
enlever, saisir ; et notre ramposner, 
dont la signification primitive est 
tirailler (v. le 2me exemple dans 
Roq. s. V.), a la même origine. Il 
est donc de la famille de rafer^ 
et, si l'on considère que ramper a 
d'abord signifié grimper, on sera 
tenté de le rapporter également à 
rappen; car la dérivation de repère 
est impossible. 

Bamprosner v. ramposner. 

Bamn v. raim. 

Bancor, raueaer, raacor II, 241, haine 
cachée et invétérée qu'on garde 
dans le coeur; de rancor, ranci- 
dité, rancune; de là rancnros, ran- 
coms, rancurus II, 200, qui sent la 
haine et la colère, en colère; ran- 
enre, raaooro, haine, mauvais vou- 
loir, rancune; rancnna I, 300, ran- 
cune; et d'ici ranenner I, 217, ran- 
cnner, garder de la rancune. 

Bancere v. raucor. 

Baneonu v. ranoor. 

Bancner v. rancor. 

Bancone, ranouner v. rancor. 

Baueoie v. rancor. 

Bancuros, rancurus v. rancor. 

Bandir II, 324, s'approcher, s'avancer 



RAN 



315 



RE 



avec impétuosité, presser vivement : 
racine v. II, 323; randon II, 323, 
raisdon R. d. 1. V. 142, force, vio- 
lence, impétuosité ; de et à randon 
II, 324, avec force et violence, im- 
pétneosement, n^dement, soudaine- 
ment ; de et à grand randon II, 324 ; 
de tH randon II, 324; de merveil- 
tous randon II, 30; randoner II, 
323, courir, s^empresser, aller avec 
impétuosité, prendre un violent élan 
sur qqch., pousser vivement; raa- 
donee II, 70. 324, impétuosité; toi 
d'une randonée, d*une volée, sans 
cesser. 

Bandon, randoaee v. raadir. 

Bandoner v. ràndir. 

Bangittr v. reno. 

Bapaisanter v. pais. 

SapareiUer, raparilher v. pareil. 

Sapelar y. apeler. 

Baport, xaport«r y. porter. 

Baprener v. presse. 

Basohe, raiiehe v. raire. 

Baieler y. raire. 

Baie, raise, fossé, canal; de l'ancien 
norois râs, ib. 

Baieger v. seoir. 

Baser v. raire. 

Basoager v. soef. 

Baioir, rasor v. raire. 

Basper, râper; de Tahal. raspôn^ ra- 
masser, ratisser; subst. raspe, râpe 
(instrument et partie de la tige des 
épis, des grappes). 

Banener v. assener. 

Basseoir v. seoir. 

Bastel, râteau; de rasieUuê, dim. de 
rastrum, ital. rastro. Cfr. Mén. 
s. V. râteau. 

Bastraindre v. straindre. 

Baitrendement v. straindre.' 

Basuagement v. soef. 

Basure v. raire. 

Bâte, rate; selon Friscb du néerlan- 
dais rate^ rayon de miel, à cause 
de la construction cellulaire de ce 



viscère; autrefois on disait aussi 
ratele, rfttelle, d'où dire sa râtelée 
de qqeh,, dire ce qu'on en pense, 
décharger aa ratele; comp. dératé. 
A la même racine se rapporte le 
mot vieilli raton, pièce de pâtis- 
serie faite avec du fromage mou 
en forme de tarte. 

Batomer v. tor I. 

Bavoir, raver v. avoir. 

Bavestir v. vestir. 

Bavine v. ravir. 

Bavir 1, 167. 9. II, 59, ravir, prendre, 
saisir, enlever; rapere; ravîna, ar- 
deur, rapidité, impétuosité. Nos 
mots ramn, ravage se rangent en- 

^ core ici. Outre cette forme en v 
médial, on en trouve une en b, 
p. ex. dans Ben. 390. 5271 rabine, 
course, impétuosité, rapidité; adj. 
rabinoi, rapide, ardent, impétueux; 
adv. rabinfMement Doit-on admettre 
ici changement simple du p en 6 
(cfr. rebondre) ou bien influence 
du latin rabidus? Je penche pour 
la première supposition. C£r. prov. 
rabina, rabinaire, etc., que Bayn. 
L. R. V, 43 range aussi sous ra- 
par, ravir. 

Baviser v. veoir. 

Baviver v. vivre. 

Bavoir v. avoir. 

Be, ree, bûcher; on trouve souvent 
les expressions ardoir dedans ou 
en re Trist. I, 44, P. d. B. 3ô7; 
esprendre un re FI. et Bl. 2924, 
allumer un bûcher. Ardoir dedans 
ou en re semblerait prouver que 
le re était une construction vide à 
l'intérieur, et peut-être pburrait-on 
rapporter ce mot à ret (v. plus bas), 
en supposant que, dans le principe, 
le re était fait de claies. Cette 
supposition se trouve confirmée par 
l'exemple suivant, ou ret désigne 
un four à chaux, non pas sans 
doute construit à la manière de nos 



R£A 



316 



R£B 



grandes tuileries, mais tel qu'on en 
voit encore dans les tampagnes, 
c-à-d. une espèce de grand ton- 
neau fait de claies, garni de terre 
intérieurement: Pren donc ovrlers 
e fai ovrer, | £ les fundemenz dé- 
livrer, I E la perre taillier e traire, 
I E les granz re« à la cbauz faire 
(Ben. V. 26064-7). Quant à Tanglo- 
saxon hreac, bûcher, qu*on a pro- 
posé pour racine de re, sa forme 
s'oppose à la dérivation. 

Beal, reaime v. roi. 

Beanme v. roi. 

Béante v. roi. 

Bébec, dans £. Deschamps et le R. 
de la Rose rebebe, dans G. de Ma- 
chaut (Li tems pastour) mbebe, dans 
Jean Molinet rebelle ; espèce de vielle, 
selon les uns, rendant un son plus 
grave que la vielle; selon les autres, 
ayant des sons aigus qui imitaient 
la voix de femme; ce qui a fait 
supposer que la rubebe et le rebec 
n'étaient pas, dans le principe, des 
instruments tout à fait identiques, 
mais deux variétés de Tespèce. Il 
est certain que le rebec était plus 
petit que la vielle ; au XlIIe siècle 
il avait une forme trapézoïde, plus 
tard elle est oblongue et rectangu- 
laire. Le nombre des cordes du 
rebec a varié de deux à quatre. 
Cet instrument paraît avoir joué 
son rôle dans les fêtes bourgeoises, 
populaires et champêtres ; mais 
- Roquefort a eu tort d'en faire un 
violon bâtard ou champêtre, puis- 
qu'on l'employait ailleurs que dans 
les campagnes. Son erreur vient 
de ce que le rebec fut, à une époque 
récente, exclusivement attribué aux 
apprentis ménétriers, aux musiciens 
de foire, de village, de guinguette, 
à qui des ordonnances de police, 
rendues au XVIIe siècle, avaient 
interdit l'usage des basses, etc. dont 



les maîtres de corporation avaient 
seuls le droit de se servir. Reèebe 
dérive, dit- on, de l'arabe rabàb, 
espèce d'ustensile de terre de la 
même forme que l'instrument, et 
rebec serait une corruption de re- 
bebe. L'expression visiige de rebec 
fait allusion aux têtes sculptées à 
l'extrémité du manche du rebec, 
quoique ces figures ne fussent pas 
toujours ridicules et grotesques. 
Etre bon joueur de rebec ^ être un 
homme habile, entendu. 

Beblandir v. blandir. 

Beboet v. rebondre. 

Bebois, reboihs adj., lourd, empêché, 
obtus, émoussé: A la fois ^uant li 
corages ki haltes choses entent, soi 
ellievet en orguilh, si devient pe- 
sanz et reboihs, ■ es basses et es vis 
choses, M. s. J. 503; reboiiMnMiit 

I, 128, lourdeur, empêchement, état 
de ce qui est émoussé, obtus, stu- 
pidité, énervement. La racine du 
simple de ces mots se trouve en- 
core dans la grande famille alle- 
mande à laquelle se rapporte boiter, 
buisier; cfr. l'ancien norois busa- 
legr^ lourd, pesant, obtus, grossier; 
bust, couteau émoussé; branche 
secondaire des formes en t: bas- 
allemand butt, dan. but, lourd, pe- 
sant, obtus ; hollandais bot, ib. et sot. 

BeboÎBsement v. rebois. 

Bebondre, rebonre, répondre, reponre, 
repnnre I, 75. 231. II, 3ôl, e^her, 
mettre qqc. en lieu secret, enterrer ; 
de reponere, le d est intercalaire; 
part, rebost, reboi, repost I, 266, 
repnns, r^us I, 101. II, 14. 302, 
caché; à reboct, à rebost, à et en 
repost^ en cachette, en secret; dér. 
rebostail, repostail, repottaille 1, 381. 

II, 344, retraite, cachette. Cfr. 
despondre. 

Bebonre v. rebondre. 
Bebost, rebostail v. rebondre. 



REB 



317 



REC 



Bebouter v. boter. 

Beboi V. rebond re. 

Becaigner v. recaner. 

Beçaindre v. ceindre. 

Becaner, recaigner, crier comme Tâne, 
braire, crier, clabauder, grincer des 
dents; notre ricaner, avec une 
signification restreinte; cfr. Nicot. 
Vergy dér. ricaner de ridere et 
cachinnare; coc^innare aurait suffi, 
re - c<ichinnare ; mais il est pos- 
sible que le changement de re en 
ri se soit fait sous Pinfluence du 
verbe rire. 

Becélee v. celer. 

Beceler v. celer. 

Becengler v. ceindre. 

Beoepteir v. recevoir. 

Beoeption v. recevoir. 

Becereele v. cercle. 

Beoeroer v. cercher. 

Beoerclier v. cercher. 

Becet, receter v. recevoir. 

Becereir, recever v. recevoir. 

Becerement v. recevoir. 

Becevoir, recever, receToir, rechevoir, 
rechoivre, redToir, rezoivre II, 12 
et suiv., recevoir, accepter, ad- 
mettre qqn. chez soi, en sa so- 
ciété, souffrir, endurer; concevoir, 
devenir enceinte; recipere; de là 
receTemexLt, réception; — réception, 
communion, action de recevoir la 
sainte Eucharistie; de receptio; re- 
cepteir, reoeter II, 65, recevoir qqn. 
chez soi pour le cacher, donner 
refuge, cacher, receler; reeeptare; 
subst. recet II, 289, lieu de défense 
et de retraite, château, place forte, 
tour, refuge, asile. 

Bedialoir v. chaloir. 

Bechanter v. chanter. 

Bechargier v. char. 

Beohater v. acater. 

Bêche v. resche. 

Bechef v. chef. 

Becheoir v. chaor. 



Bechevoir v. recevoir. 

Bechief v. chef. 

Bechigner v. resche. 

Bechin, rechiner v. resche. 

Beohoiyre v. recevoir. 

Becivoir v. recevoir. 

Beclaim, redaimer v. clamer. 

Bedam, reclamer v. clamer. 

Becbunir v. clair. 

Bedeimer v. clamer. 

Beclore v. clore. 

Bedus v.- clore. 

Beeoi v. coit. 

Becomencer v. comencer. 

Beoonforter v. fort. 

Becimoissement v. conostre. 

Beconoistre v. conostre. 

Beconst II, 297, lis. resconst^ subj., 
de resconser. 

Beconteor v. conter. 

Beconter, reconteres v. conter. 

Becordanoe v. recorder. 

Becorder I, 82. II, 239, rappeler, se 
souvenir, répéter, conter, enregis- 
trer; recordari; subst. reoort 1,571, 
mémoire, renommée ; jugement sans 
appel; de là recordance, commé- 
moration. Cfr. DC. recordum, re- 
cordari. 

Becorre v. corre. 

Becors v. corre. 

Becort v. recorder. 

Beconmander v. comencer. 

Beconvrement v. recovrer. 

Becouyrer v. recovrer. 

Becovré, reoovrement v. recovrer. 

Becovrer, recnvrer, recouvrer I, 232. 
II, 55, recouvrer, trouver; revenir 
à soi, se relever, revenir à la charge, 
reprendre sa position; subst. re^ 
covrier, recovrer, reoovré 1, 191. 209, 
ressource, secours, action de re- 
prendre; de recuperare; de là re- 
oovrement, recouvrement I, 52, res- 
source , recouvrement. L'ancienne 
langue avait aussi le simple cobrer 
ou plutôt un dérivé de recuperare, 



REC 



318 



REI 



dont on avait retranché la préfixe, 
peut-être pour éviter l'idée de ré- 
itération; cobrer signifiait prendre, 
iiaisir, s^emparer, récapérer P. d. B. 
8672. 7612, et Rayn. L. R. «. v. 
cobrar II, 422. 

Secovrier v. recovrer. 

Becovrir v. covrir. 

Beereandise v. croire. 

Beereant part. prés, de recroire. 

Beereantie v. croire. 

Beereantise v. croire. 

Beeroire v. croire. 

Beeaeil, reeaeillir v. cueillir. 

Beennter v. conter. 

Beeayrer v recovrer. 

Bedemaader v. mander. 

Bederehitr v. drescer. 

BedeTOir v. devoir. 

Bedire v. dire. 

Bedisme, rodismer v. dix. 

Bedois I, 149, fatigué, outré. Ce mot 
a été changé dans sa forme pour 
la rime ; peut- être de redditus, Cfr. 
notre rendu, 

Bedoner v. doner. 

Bedoter, radoter; du néerlandais do- 
ten, dutten, radoter. 

Bedoter, redouter v. doter. 

Bedonter v. doter. 

Bedxecier v. drescer. 

Bedreicier v. drescer. 

Bednire v. duire. 

Bee V. re. 

Béer v. rait 

Belàire v. faire. 

Belermer v. ferm. 

Befraîn v. fraindre. 

B«fraindre y. fraindre. 

Befremer v. ferm. 

Befrener v. frein. 

Befroidier v. ïroit. 

Beftai, refnir v. fuir. 

BeAiser, et avec n intercalaire ren- 
ftiier I, 49. 101. 122. 177. II, 341, 
repousser, réprimer, refuser, dé- 
daigner; derecusare, avec mélange 



de refutare; cfr. plus bas refiser; 
renfoseit I, 66. II, lôô, refusé, par 
opposition à Télu; recusatns, 

Begaagnier v. gaagnier. 

Begarder v. garder. 

Begardenre v. garder. 

Begart v. garder. 

Begehir v. gehir. 

Begehiwoment v. gebir. 

Begenerer v. genre. 

Begedr v. gésir. 

Begion, royaume v. règne. 

Begne, reigne, raine I, 52. 114. 179. 
II, 39. 140, règne, royaume, pays, 
contrée; regnwn; régner, reagiur, 
remier, rener^ rainer I, 50. 315. 
II, 234. 279, régner, dominer; 
regnare; régnerai, regneor, celui 
qui règne; regnator; regned, regntt, 
règne 1,113, royaume, pays; propr. 
regnatum, prov. régnât, esp. rei- 
nado ; région, rdon I, 399. II, 370. 
373, royaume, pays, état, région, 
contrée; regio, 

Begne, rêne v. retenir s. v. tenir. 

Begné, regned v. règne. 

Begneor v. règne. 

Begner, regneres v. règne. 

Begnet v. règne 

Begret v. regreter. 

Begreter II, 181, invoquer, réclamer, 
plaindre amèrement, regretter; re- 
gret 1,371, chagrin, plainte, regret ; 
de queritariy requiritari. Cfr. DC. 
regreta. 

Begoarder v. garder. 

Begnart v. garder. 

Begnerredoner v. guerredon. 

Behaiter, rehaitier v. hait. 

Beheiter v. hait. 

Behorder v. horde. 

Behonrder v. horde. 

Bei, ordre v. roi II. 

Bei, roi v. roi I. 

Beial, reialte v. roi I. 

Beianme v. roi I. 

BeiauB v. roi I. 



R£I 



319 



REN 



Beiante v. roi I. 

Beigne v. règne. 

Beûiy rain I, 388, rein ; ren, renis ; de 
la même racine rognon, propr. reno, 

Boine v. roi I. 

Beinser, rincer; de l'ancien norois 
hreinsa, snéd. rensa, anglais rinse, 
mundare, expiare, etc. ; goth. hrain$, 
xa&ciQoç, hrainjan, xaHttQ^C^iv. 

Beise v. raise. 

Beisnr y. issir. 

Beit V. ret. 

Bejehir v. gehir. 

Bêlais, relaisser v. laier. 

Belenqnir v. relinqnir. 

BeleTer v. lever. 

Belief v. lever. 

Beligion I, 240, religion; maison re- 
ligieuse; religio. 

Belinquir, relenquir I, 353. II, 362, 
délaisser, quitter, abandonner; re» 
linquere; relique I, 148, relique, 
leste; reliquiae. 

Beliqne v. relinquir. 

Beluir, relnisi^ v. luire. 

Bemainant v. manoir. 

Bemaindre v. manoir. 

Bemaint de ramener, v. mener. 

Bemanance, remanence v. manoir. 

Bemanant v. manoir. 

BemaiLder v. mander. 

Bemaaoir v. manoir. 

Bemembrament v. membrer. 

Bemembraacd v. membrer. 

Bemembrement v. membrer. 

Bemembrer, rwnenbrer v. membrer. 

Bemennant v. manoir. 

Bemirable v. mirer. 

Bemire, remirer v. mirer. 

Beminioii v. mètre. 

Bemoliner v. moldre. 

Bemonder v. monde I. 

Bemonter v. mont. 

Bemordre v. mordre. 

Bemon v. mordre. 

Bemort v. mordre. 

BemoTOir v. movoir. 



Bempar, remparer v. parer. 

Bemprooitr v. ramposner. 

Bemner v. muer. 

Bemnien y. muer. 

Ben v. rien. 

Benard, renard; renardie, finesse, 
astuce, fausseté; de Tabal. Regin- 
kari, Reinhart^ nom du renard dans 
la fable, qui devint appellatif et 
remplaça de bonne heure le mot 
roman goupil, y. s. e v. 

Benardie v. renard. 

Benarmer y. arme. 

Benc, s. s. et p. r. rem, reni II, 179, 
rang, file; de Pabal. hring^ cercle, 
cercle de personnes dans un bat 
déterminé, signification qui paraît 
clairement dans Texpression faire 
renc auiour soi, faire ranger au- 
tour de soi; mais plus tard Tidée 
de cercle devint secondaire; ran- 
gier, renger I, 402. II, 162, ranger, 
aligner, mettre en ordre de bataille; 
ahal. hringôn. Le mot rang a re- 
passé dans Tallem., le suédois; Il 
a pénétré en Angleterre rank, il 
se retrouve dans le kymri rhengc, 
le breton renk, Pécossais rane. 
Comp. arengier, mettre en rang, 
ranger, aligner; deirengier I, 288, 
déranger, troubler, sortir du rang, 
s'ébranler, se mettre en mouvement, 
avancer, renverser, licencier. Notre 
mot harangue^ autrefois aussi ha- 
rengue, dérive de la même racine, 
prov. arengua, vb. arenguar, ranger 
et haranguer; hring signifiant cercle, 
assemblée , théâtre d'une action, 
champ de bataille, etc., on en a 
étendu la signification à ce qu'on 
dit devant une assemblée. Gfr. DG. 
arenga : Arenga est apta et concors 
verborum sententia, quae ponitur 
post salutationem in privilegiis ar- 
duprum negotiorum (Brevlloquus) ; 
arengerie, Imâ. arengaria, lieu d'as- 
semblée tumultueuse. 



REN 320 RES 

Bencheoir v. chaor. subst. repairier, repaire, repère I, 

Benelus v. clore 257. II , 103. 353, retour, retraite, 

Bmdre, rendre, proçluire, rapporter, asyle, séjour, demeure ; aujourd'hui 

exécuter, suppléer, accomplir, dé- dans un sens très - restreint ; se 

elarer, prononcer; le part, ren^u, mettre au repaire, 

rendue, s'empl. subst. au sens de Bepaistre v. paistre. 

convers, converse (frère, moine, Beparoir v. paroir. 

none); reddere^ Imâ rendere; rente BepauB, repausee v. pause. 

1,57, rente, revenu; propr. rencfifa Bepeirier v. repairier. 

pour reddita; dér. rendement, ar- Bepenser v. pois. 

rentement. Bepentaille, repentailles v. poeue. 

Beneiement v. non. Bepentance v. pœne. 

Beneier v. non. Bepentement v. poenc 

Beneit v. non. Bepentir v. poene. 

Bener v. règne. Beperdre v. perdre. 

Benforcier v. fort. Bepere, reperier v. repairier. 

Benfueit v. refuser. Beplaire v. plaisir. 

Benfiuer v. refuser. Beplaisir v. plaisir. 

Benge forme subjonctive de rendre, Beplenir v. plein. 

I, 243. Beplovoir v. plovoir: 

Benge, ceinture dans Tanneau de la- Bepondre v. rebondre. 

quelle était passée Tépée ; de Tahal. Beponre v. rebondre. 

hringa^ boucle, crochet, ainsi que Bepooir y. pooir. 

Va. dit M. Paris (G. 1. L. II , 94). Beporyoir v. veoir. 

Benlianter v. hante. Bepos, reposée v. pause. 

Beneiement v. non. Beposer v. pause. 

Benoier v, non. Bepost v. rebondre. 

Benois, rendt v. non. Bepostail, repostaille v. rebondre. 

Benom, renommée v. nom. Beprendie v. prendre. 

Benomer v. nom. Beprinse v. prendre. 

Bénonoer v. noncer. Beprise y. prendre. 

BenoTeler y. nuef. Beproche, reprocher v. proche. 

BeoB y. renc. Beprochier v. proche. 

Bente v. rendre. Beprouche, reproneher v. proche. 

Bentrement y. entrer. Beprovier, proverbe v. prover. 

Bennmee, renumer v. nom. Beproyer,reproyier, reprocher y. prover. 

Benuveler v. nuef. Bepnnre v. rebondre. 

Beni y. renc. Bepnns v. rebondre. 

Beond, reonde v. roônd. Bepus v. rebondre. 

Beorte v. riorte. Bequerement, reqnerrement y. querre. 

Bepaire, repairer v. repairier Bequerre v. querre. 

Bepaixier, r^airer, repeirier, reperier Beqneste v. querre. 

I, 65. 124. 148. II, 204, retourner, Bere v. raire. 

revenir, se retirer, rentrer, demeu- Bes v. raire et II, 363. 

rer ; comme le soupçonne le Duchat, Besaillir v. saillir. 

de repatriare; prov. repairar , ital. Besavoir v. savoir. 

ripatriare; rapairer artère Uy 156; Besbaldir v. bald. 



RES 



321 



RES 



Bescenre v. escorre. 

fiesche, reche, rude, âpre, dur; mot 
qui existe encore dans plusieurs 
patois, p. ex. à Montbéliard rieche, 
à Metz rache; d*oii resehin, reehin, 
ib., rébarbatif; vb. resohigner, re- 
chigner, rechiner n, 154. 362, rendre 
un son rude et désagréable, gro- 
gner, grincer, gronder;' de Palle- 
mand reschcy dur, rugueux, rude, 
cassant. 

Beschigner v. resche. 

Beschin v. resche. 

Bescohre v. escorre. 

BesconseTy rescanser v. esconser. 

Bescorre v. escorre. 

BescoBse, rescousse v. escorre. 

Besconre v. escorre. 

Bescrever v. crever. 

Bescure v. escorre. 

BescQSse v. escorre. 

Bese V. raise. 

Beseant, reseantise v. seoir. 

Beserver II, 217, réserver, garder, 
conserver; reservare, 

Besgarder y. garder. 

Besgne v. retenir s. v. tenir. 

Besgner v. règne. 

Besgoïr v. joïr. 

Beqoïr v. joïr. 

Besleeder v. liet. 

Besne v. retenir s. v. tenir. 

Besnier v. règne. 

Besoigner, resoignîer v. soin. 

Beson v. raison. 

Besongner v. soin. 

Besorce v. sordre. 

Besordre v. sordre. 

Besort, resertir v. sortir. 

Bespandre v. espandre. 

Bespas, respaser v. pas. 

Bespasseir, respasser y. pas. 

Besperir y. esperir. 

Bespit, proverbe v. resprit. 

Bespit, terme y. respiter. 

Bespiter, respitier I, 62. 288. Il, 381, 
différer, donner du répit, du dé- 
Burguy, langue d*oll, Glossaire. 



lai; sauver; respit, terme, délai; 
sans respil II, 117; de respectare, 
respecius , considération, d'où in- 
dulgence, rémission; v. DC. s. v. 
et Ménage respi. 

Bespitier v. respiter. 

Besplendir v. splendor. 

Besplendissance v. splendor 

Besploitier y. plier. 

Bespondre v. espondre. 

Besponent, responez de responre pour 
respondre. 

Besponre v. espondre. 

Bespons v. espondre. 

Besprit I, 178, proverbe, sentence. 
Le s de ce mot est-il intercalaire? 
Si oui, on devrait le rattacher à 
reprendre; cfr. reprovier, en prov. 
aussi reprochier. Mais, outre que 
la forme serait inexplicable de cette 
façon, on a respit Q. L. d. R. I, 95, 
. Agol. p. 170 , qui est sans aucun 
doute la forme primitive; c'est le 
r qui est intercalaire dans resprit, 
Respit vient de respectum, dans Pex- 
pression respectum habere; Ton a 
dit d'abord avoir respit à qqch,, 
avoir égard à qqch. par lu pensée 
et les sentiments, en le jugeant 
digne de son attention; puis on fit 
de respit un substantif. Cfr. respiter. 

Bepuns v. espondre. 

Bessasier v. assez. 

Bessir v. issir. 

Bessnier v. suc. 

Bestainchier v. éstancher.. 

Besteir v. steir. 

Bester v. reter. 

Bestor, restorement v. restofer. 

Bestorerl, 233 11, 24. 326, restaurer, 
rétablir , réparer , dédommager ; 
restaware; sans restorer I, 267, 
irréparable; sb. rester, dédommage- 
ment, récompense; de là restore- 
ment, restauration, réparation. 

Bestraindre v. straindre. 

Bestrendement v. straindre 

21 



RES 



322 



REV 



Bestrois, restroiz v. etraindre. 

Sesuer v. suc. 

Betasciter v. sus. 

Besve, délire, rêve; resrer, délirer, 
rêver; prendre ses ébats, s* ébattre. 
Cette forme, quoique ordinaire, ne 
peut être la primitive ; on doit avoir 
dit rave^ raive^ comme le prouvent 
le dér. bourguigpion ramasser = notre 
rêvasser, Panglais rave, délirer, 
rêver; le hollandais ravelen, reve- 
len, reven, ib. , et Tallmâ. reben, 
ib.; car ces formes dérivent du 
français et non pas an contraire, 
comme le prétend M. Chevalet. En 
partant de là, on ne pourrait. que 
remonter au latin rabies, et raive 
serait une forme dialectale et col- 
latérale de raige, rage; cfr. cave 
et cage, de cavea. La signification 
primitive de rêver se rapprochant 
de celle de dester, on aura ortho- 
graphié en es par analogie. Périon 
a dérivé rêver de QéfipitVy Ménage 
de repuerare. 

Beiver v. resve. 

BMvertaer v. vertut. 

Bet, reit, rets; de rete; dira, resenl, 
réseau; proprem. reticellum, Cfr 
re, ree. 

Betaooimer v. taiche. 

Betailler v. taille. 

Betenir v. tenir. 

Betentir v. tentir. 

Beter 1,401. II, 51, imputer, accuser, 
blâmer, reprocher, appeler en justice ; 
prov. et ancien esp. reptar; de re- 
putare^f comme Tindique Raynouard 
(L.H. 8. V. V, 87), et non, ainsi 
qu'on Tadrnet le plus souvent, de 
reciare, traduire eu justice, qui 
n'aurait jamais produit reptar. On 
trouve quelquefois l'orthographe 
rester, qui est des bas temps. Cfr. 
apeler. 

Betîrer v. tirer. 

Betolir v. toidre et II, 222. 



Betor v. ter I. 

Betomer v. tor I. 

Betour v. tor I. 

Betoumer v. tor I. 

Betraire v. traire. 

Betrait v. traire. 

Betrencher v. trenclier. 

Betret v. traire. 

Betnr v. tor I. 

Betomer v. tor I. 

Benber v. robe. 

Beubeur v. robe. 

Benle, riole, riegle I, 194. 351, règle, 
précepte, principe, statut d'an ordre 
religieux; régula; rueleit, rinlet 1. 
212, propr. part, du verbe rueleir, 
riuler, régler, régulariser, regulare, 
s'employait le plus ordinairement 
en parlant des ordres religieux avec 
le sens de régulier. 

Benser, reculer, céder, se retirer, être 
repoussé. Ce mot est sans aucun 
doute le même que refuser, dont 
le / a été syncopé, ainsi que le 
prouvent les formes esp. refusar, 
rehusar, prov. rehusar, reûsar; et 
ce refusar dérive de recusare, avec 
mélange de refutare, comme l'in- 
diquent les formes collatérales ital. 
rifutare, prov. refudar. Y. les dict. 
pour les points de contact entre 
recusare et refutare. Reiiser se 
contracta de bonne heure en nier 
II, 293, qui prit aussi la significa- 
tion de faire des détours pour faire 
perdre fa trace ; d'où le subst. ruse, 
finesse, etc. V. refuser. 

Beveans v. révéler. 

Beveit I, 256. Comme dans le texte 
publié par M. F. Michel, j'ai placé 
après ce mot un point d'interro- 
gation. L'éditeur pense qa'il faut 
lire reneit. Reveii est exact, et la 
forme normande mélangée de reroit, 
qu'on trouve comme adjectif dans 
le B. d. Ren. II , 273 : il signifie 
convaincu, avéré; subst. criminel 



REV 



323 



RIC 



avéré. Revoit dérive de revocatus 
(revoc'tas). DC. donne atre revois^ 
être convaincu, après un mûr exa- 
men, du crime dont on est accasé ; 
cette forme sans t est picarde, la 
finale est tombé devant le 5 de 
flexion. U existe un autre revois 
répondant à notre revêche, et comme 
ce dernier, ainsi que revers, il vient 
alors de reversus, port., esp. rêves, 
ital. rivescio, adj. port, revesso. 

Bevel V. révéler. 

Bevelation v. voile. 

Seveler v. voile. 

Seveler (se) I, 125. 11, 390, (se) ré- 
volter, (se) rebeller, (se) soulever; 
de rebellare; de là revel, reviel, 
rivel, rereauB, reviaus I, 279, agi- 
tation, désordre, querelle; joie, 
amour du plaisir, badinage, plai- 
santerie, réjouissance. 

Sevengier v. vengier. 

Sevenir v. venir. 

Sevenne v. venir. 

Beverence, reverenche v. révérer. 

Beverer, révérer, honorer, respecter; 
révérer e; révérence, reverenche I, 
196. Il, 9. 94, révérence, honneur, 
respect; reverentia, 

Severtir v. vertir. 

Beviaos v. révéler. 

Beviel v. révéler. 

Bevivre v. vivre. 

Bevoir v. veoir. 

Bevois V. reveit. 

Bevoloir v. voloir. 

Bewarder v. garder. 

Bewart v. garder. 

Bewerdoner, rewerdoneres v. guerredon. 

Besoivre v. recevoir. 

Bibald, riband, ribant II, 387, soldat 
d'avant-garde, enfant perdu de Tar- 
mée, bandit, pillard, débauché, 
libertin, homme qui soutient les 
femmes de mauvaise vie. En sui- 
vant les traces de ce mot dans les 
textes du moyen -âge (v. DC. Bi- 



baldus), on remarque que sa signi- 
fication a changé, et il paraît qu'elle 
a été en empirant. Cette circon- 
stance rend assez difficile le dé- 
brouillement de son étymologie. 
A-t-on d'abord donné le nom de 
ribauds à des soldats d'avant-garde, 
hommes intrépides, mais peut-être 
indisciplinés, qui se livrèrent à de 
tels excès que leur nom devint une 
injure? Ou bien l'idée de dé- 
bauche, etc., est -elle la primitive? 
Dans le premier cas^ il faudrait^ 
suivre la voie de M. J. Grimm, qui 
rapporte ribaud à re^tm6aM, homme 
coorageuic , intrépide ; seulement 
regimbald n'aurait jamais pu pro- 
duire ribald, et on aurait à trouver 
une autre racine représentant la 
même notion. Dans le second cas, 
on est en droit de recourir avec 
M. Diez (2, 309) à l'ahal. hrîba, 
hripa, almâ.rt6e^ prostituta, d'eu, 
avec la terminaison ald, ribald, 
Cfr. Dief. G. W. II, 588. 

Biband, ribant v. ribald. 

Bice, rioece v. riche. 

Biche, rice II, 393, noble, puissant, 
fort, illustre ; riche ; de grand prix, 
magnifique ; de l'ahal. rihhi, rîchi, 
goth. reiks, ancien norois rikr, 
allmod. reich, Cfr. Rayn. L. R. I, 
XXXII et suiv. V, 93. De là rioor, 
riconr, puissance, noblesse, richesse ; 
richeteit I, 84, richete, puissance, 
noblesse, richesse; ricoiie, rioece 
II, 32, riehescq II, 63, puissance, 
richesse, biens; rides, riches II, 8, 
bien, état, empire, dignité; cfr. goth. 
reiki, nç^ij. De là encore le verbe 
simple prov. riquir, et notre com- 
posé enrichir II, 142, enrichir, 
grandir, devenir puissant, enor- 
gueillir. 

Bidàee, riohesce v. riche. 

Bichete v. riche. 

Bicheteit v. riche. 

21* 



RIO 



324 



RIM 



Rides V. riche. 

Ricoise v. riche. 

Bieor, rioour v. riche. 

Bider, froncer, plisser à petits plis; 
cfr. R. d. I. V. 170; signification 
primitive de notre rider, ride; de 
Tanglo- saxon vrîdhan, torquere, 
ligare; anglais wriîhe (ahal. ga- 
ridan, allmâ. rîden, torquere). 

Biegle v. renie. 

Bien, ren II, 318, f. et m., chose, 
qnelque chose, rien; de Taccusatif 
rem; avec la négation II, 334 et 
suiv., nulle chose, un peu, tant 
soit peu. 

Rier, riere II, 363; comp. arier, ariere, 
ayer, aiere, erier, eriere, ad rétro, 
adv. et prép. II, 277. 363; deriere, 
daiere, de rétro ^ adv. et prép. Il, 
277. 363; de là derrain=(^e-re«ro- 
anus, dernier, derrière; au figuré 
les dernières années; avec les nom- 
breuses formes, d*après daiere, 
darrain, darrein, damen, dairien 
S. d. S. B. ÔÔ6, J. V. H. 408. 441. 
530, darraien Villeh. 490 ; et d*après 
derrière, derreain Ch. d. S. II, 144 ; 
puis des formes on les voyelles a, 
e sont redoublées, daarain, deerrain 
I, 116, qui s'expliquent peut être 
par la syncope du d dans les com- 
posés de la manière suivante: de- 
derain Ben. 29240; cfr. dedavant, 
dedevers, etc.; an darrien, an daar- 
rain II, 99. 102, à la fin, en der- 
nier lieu. De derrain, etc. dér. 
derrenier = propr. derrainier = de- 
retrO'-an(ui)'ariu$ , darrenierR. d. 
1. Rose 1434, dernier ; avec les va- 
riantes derrer Ben. 26221 , et par 
permutation de la liquide delxier, 
débeier. Derrer, delrier, sont formés 
directement de rier, c.-à-d. qu'ils 
équivalent à de- rétro- arius» De 
derrain, on a T adverbe derraine- 
ment 1, 70, darraineme&t J. v. H. 537, 
daarainement Bmt 5896. 7; et le 



subst. dérivé darrainete, darraynete, 
derreinetet I, 255, extrémité, fio, 
bout, limite, derniers moments, 
rang de dernier. 

Riere v. rier. 

Riffer, arracher; du bas -allemand 

' riffen = raufen^ arrach er ; riffler, rifler 
Q. L. d. R. III, 317, égratigner, écor- 
cher; rifle, baguette; escarre; de 
Tahal. ri f fil, ri f fila, scie; vb. rif- 
fihn, riffeln. Cfr. Schwenk D.W 
s. V. riflfe, riffel. 

Rifle, rifler v. rififer. 

Rigole, canal, conduit pour Péconle- 
ment des eaux ; aujourd'hui encore 
dans plusieurs provinces lit d'une 
petite rivière et la rivière elle-même; 
du celtique: kymri rhig, entaille, 
coupure; rhigol, sillon, fossé. 

Rigoler, danser, propr. danser en rond, 
voltiger; de Tahal. riga, ligne, 
ligne circulaire, allmâ. rthe, allmod. 
reihe; reihen, reigen, chanson, es- 
pèce de danse; de là aussi Tital. 
rigoletto= reigen. Rigoler développa 
les significations plaisanter, railler, 
se moquer, d'où rigolenr, plaisant, 
moqueur. Rigolet, repas da jonr 
ou du lendemain de noces, se range 
également ici. 

Rigolet V. rigoler. 

Rigoleur v. rigoler. 

Rihote, riote II, 267, débat, contesta- 
tion, dispute, querelle; de là xiho- 
ter, rioter, contester, disputer. Mé- 
nage dér. ce mot de rixoia, de 
ria:a^ mais rixota n'aurait pas pro- 
duit riote. Je n'ai aucune suppo- 
sition à proposer touchant l'origine 
de rihote; seulement je ferai ob- 
server que cette forme en h médial 
prouve qu'on prononçait rt-ofe, et 
qu'il y a une consonne de syn- 
copée. Le hollandais a un mot qni 
se rapproche du nôtre, c'est ravot, 
revot, débat. 

Rime, vers, poésie rimée; puis rime; 



RIM 



325 



RIV 



esp., ital., port, rima ; prov. rim et 
rima; vb. rimer, rimeier II, lôô. 
233. 379, faire des vers, rimer. 
Il serait hors de propos de faire 
ici ane histoire de la rime, mais 
il sera bon de faire observer que 
nous ne devons la rime ni aux 
Arabes, ni aux Allemands, etc.; 
rinvention de la rime appartient à 
tous les peuples. Y. surtout Fuchs, 
Die Rom. Sprach., ete., p. 238-295; 
Wolff, Ueber die Lais, p. 14. 15 et 
note 9, p. 161. Quant à Torigine 
du mot ritne^ on Ta tour à tour 
dérivé de rhfihmut^ de rima, de 
Tallem. rîm, Rhy^hmus n'a jamais 
eu la signification de consonnance 
et, en italien surtout, rhythmus 
n'aurait pu produire rima. Le latin 
rima, fente, ne saurait être posé 
comme racine de rime^ qu*en ayant 
recours à des subtilités, et puis 
rima s^est conservé avec sa signi- 
fication propre dans quelques lan- 
gues romanes. Reste donc Tallem. 
rîm^ nombre, mais la même forme 
se retrouve dans le celtique : ancien 
irlandais rim, nombre; kymri rhif 
= rUn, d'où cyfrif, numeratio, riuaw, 
numerare, rtuecfi, numerus, etc. Il 
reste donc à se décider entre ces 
deux origines, car les Celtes ont 
connu la rime d'aussi bonne heure 
que les Allemands. — De là notre 
arrimer, 

Bimeier v. rime. 

Bimer v. rime. 

Bin, source; du celtique: kymri rhin, 
canal; cornouaillais riit, ib. Cfr. 
goth rinno, /*^^«(5(i«ç. Dief. G. W. 
II, 174. 

Biole I, 301. J'ai admis là avec l'é- 
diteur du R. d. 1. V., M. F. Michel, 
que riole était pour rioie et avait 
été altéré pour la rime. C'est une 
erreur, riole et riote doivent être 
différents. D'abord riole ne signifie 



pas bavardage, sa signification est 
plus forte; et riole a bien en notre 
ejcemple le sens de bavardage, rail- 
lerie, mauvaise plaisanterie. Ce 
riole s'est conservé, comme je le 
dis, dans les patois, et outre le 
sens que j'indique, il a encore celui 
du terme populaire rengaine. Riole, 
ainsi que notre rioler, rayer de di- 
verses couleurs, a la même origine 
que rigoler cité plus haut, c.-à-d. 
l'allemand rthe. Ni re$diolatus, ni 
regtdatus, que Ménage et d'autres 
ont proposé pour la racine de riolé, 
n'auraient produit une pareille forme. 

Biorte, reorto, lien de saules, de me- 
nues branches, pour attacher des 
gerbes, un fagot, etc., c.-à-d. quelque 
chose de tourné; de reUtrqwre. 
Notre mot retorU a la même origine. 

Bire II, 41. 6, rire sourire, badiner; 
ridere; inf. empl. subst. II, 84; 
ris I, 129, ris, rire, sourire; risus; 
dim. riaet, petit ou léger sourire; 
lorire, sorrirel, 130. II, 113, sou- 
rire; surridere. 

Bis V. rire. 

Biset V. rire. 

BiMdr V. issir. 

Bin, rui, m I, 387, ruisseau, petit 
bras d'une rivière; rieus; la 2e forme 
vient d'un renversement de lettres, 
prov. riu, esp. rio, ital. rivo, rio; 
dim. missel, misel, misseans I, 326. 
II, 124. 182, ruisseau; propr. rt«t- 
cellus pour rivWits; d'où ruisseler 
I, 273, ruisseler; — deriTer II, 355, 
dériver, couler, déborder; derivare, 

Binle, rinlet v. reule. 

Bivaohe v. rive. 

Bivage v. rive. 

Biye II, 365, rive, bord, berge; de 
ripa; d'où rivage, rivaehe 1, 51. 301, 
rivage. — Biviere II, 106, d'abord 
rivage , bord , ou plutôt contrée 
(plaine) sur les bords d'une rivière ; 
de riparia. Par extension, ce mot 



RIV 



326 



ROE 



prit la signification qu*il a encore. 
On trouve sonyent les expressions 
aller en bois et en ritiere, savoir 
de ritiere, etc., ponr signifier aller 
chasser en bois et en plaine, à 
Toisean, sur les bords d'une rivière ; 
connaître la chasse à Toiseau sur 
les bords des rivières, dans la plaine, 
etc. On forma le verbe riroier, ri- 
▼eier, chasser en rivière. De ripa, 
Imâ. adripare, arriver, ariver, ar- 
river; propr. ad ripam appellere. 

Biveier v. rive. 

Bivel V. révéler. 

Biviere v. rive. 

Bivoier v. rive. 

Bobe II, 38. 65. 78. 391, butin, prise, 
proie, dépouille; vêtement, tunique; 
de là roberres, robeor, robeour, ren- 
beiir I, 74, voleur, ravisseur, lar* 
ron, pillard; roberie I, 169, vol, 
larcin, pillage; robement, pillage, 
volerie; vb. rober, ronber, renber 
II, 231. 309, voler, dérober, piller, 
dépouiller; d*oti dérober. De Tahal. 
raub^ roub, spolium, rapina; verbe 
abal. roubôn, allmod. rauben, goth. 
biraubon, 

Bobement v. robe. 

Bobeor, robeour v. robe. 

Bober, roberie v. robe. 

Boberres v. robe. 

Bobilen II, 376. (?) 

Bec, pièce des échecs, la tour; dé- 
rivé, dit-on, du persan rokh, cha- 
meau monté d'arbalétriers. 

Boceire v. occire. 

Boee V. roche. 

Boche, roce II, 121. 36ô, rocher, 
écueil ; aussi tour, fortification ; pierre 
à lancer; de là rochier I, 135. II, 
309,^ rocher; verbe rooher, roeier, 
lancer, jeter des pierres ; comp. 
arocher, aroquer, briser; desroeher, 
renverser, démolir, abattre, détruire. 
Ce mot a sans doute une origine 
celtique. Craig^ rocher, en gall. 



et irland. , a une forme secondaire 
grock, rock, à en juger d'après les 
mots celtiques qui nous sont par- 
venus, et ce serait là l'origine de 
notre roc, roche. Le kjmri rhwg, 
signifie quelque chose de préémi- 
nent, et on pourrait anssi le prendre 
en considération. 

Boeher, rochier v. roche. 

Boder v. roche. 

Boeire v. occire. 

Bœ, mee I, 186. 337, roue; de roia; 
à roe^ en cercle, tout aatour; de 
là le vb. comp. aiiroer I, 213, mettre 
à la roue, rouer; roole, ronde, xoeUe 
I, 111, roue, petite roue, rond, 
cercle; de rotvla. De rotuhu dé- 
rive rôle, pour lequel on se servait 
aussi autrefois du mot de roue; 
vb. roeier, roler I, 107, tourner, 
précipiter du haut en bas; prov. 
rotlar, rolar; ital. rotolare; subst 
roeleis, roelii, roulis, action de 
rouler. Notre mot contrôle est un 
composé de rôle, pour contrerôle. 
DC. s. V. rotulare, rappelle un verbe 
roer, aller autour, rôder, tournoyer, 
de rotare; qui est sans aucun doate 
notre verbe rôder avec réintercala- 
tion du </, peut'être sous l'influence 
du prov. rodar, tourner et rôder. 
Rayn. L. R. V, 60. En tout cas 
le circonflexe n'est pas justifié. Boé 
signifiait orné de petits ronds, de 
paillettes. Comp. de co et rofu- 
lare, oroler, croller, eronler, oradsr, 
remuer, branler, trembler, s'ébran- 
ler; d'où erolle, erollds, secousse, 
tremblement; et le comp. atorolor, 
écrouler. M. Diez dérive eroUr, 
prov. crotlar, croUar, de l'ancien 
norois hrulla, mêler, brouiller; mats 
la forme provençale crotlar, qui 
rappelle rotlar, comme croler rap- 
pelle roler, prouve de prime abord la 
ffiusseté de cette étymologie. Henri 
Eâtienne dérivait crouler de «(lovctr. 



ROE 327 ROM 

Boé V. roe. mettre en désordre, dérouter, dé- 

Boele, roelle v. rue. ranger, sortir dd bon chemin, du 

Boeleis v. roe. bon gens, exciter, irriter; te des- 

Boeler v. roe. roter, sortir des rangs, se dérégler. 

Boelii y. roe. Tous ces termes Sont dérivés du 

Boér V. roe. gothique raidjan, garaidjan, fixer, 

Boge, ronge, rouge; de rubeus; ital. ordonner, préparer, anglo-saxon 

roggio, robbio, prov. rog; vb. rogir, ge^raedian, allmâ. ge^reiten, pré- 

rougir II, 251, rougir; prov. rogir. parer, apprêter; anglo-saxon ge^ 

Bogir V. roge. rœd, instrument, harnais, équipage. 

I. Bd, rei, rai I, 66. 7, roi; derex; Du même radical, et immédiatement 
roïne, reine, raïne, reine; regina; des formes en ga^ ge initial, on a 
roial, reial, real I, 50. 101 (reiaus^ formé agreier, préparer, munir, ap- 
fém. I, 102), royal; de regalis, pareiller; agret, agrei, préparatifs, 
d'où encore regalimen, roialmei munitions, apprêts, appareil, atti- 
roiame, reaime, reanme, reùuime, rail. Nous avons conservé ce der- 
royaume (cfr. ducheaume). De roial nier verbe sous la forme gréer ; le 
vient roialte, roiante, reialte, reiante, substantif, sous la forme agrès; 
reante I, 395, royauté, proprem. tous deux dans une signification 
regalilas, restreinte. Les syllabes initiales de 

II. Boi, rei, rai, ordre, arrangement; tous ces composés sont les prépo- 
comp. arroi, arrei, arrai, ordre, dis- sitions latines ad, cum, de. 
position, arrangement, propreté, Boial, roialme v. roi I. 

parure, train, bagage ; plus tard on Boialte v. roi I. 

trouve aree dans le sens de dispo- Boiame v. roi I. 

sition, emplacement d'un camp, Boiante v. roi I. 

formé sans doute sur le verbe ar- Boide, roidemont v. roit. 

reer; arroier, arreier, arreer, ar- Beidor, roidnr v. roit. 

raier, préparer, mettre en ordre, Boie, raie; de rigare; prov. rega. ' 

ranger, équiper, munir, apprêter, Boie, roier v. rait. 

appareiller, orner, parer; — eon- Boife, roiffe A. et A. 3075, escarre, 

roi, conrei, cnnrei, oonrai I, 137. croûte; de Tabal. hruf^ allmâ. ruf, 

266. 324. 341, équipage, prépara- néerlandais rof, lèpre, escarre. 

tifs, appareil , cortège, ordre, rang, Boïne v. roi I. 

troupe rangée, suite, repas; oon- Boion v. règne. 

roier, conreier, eonreer, conraer I, Boit m., roide m. et f. II, 194. 350. 

126. 153. 303. II, 248, équiper, I, 58, roide, dur; derigidus; adv. 

fournir , appareiller, préparer , ran- roidement II, 363, roidement, forte- 

ger, mettre en rang, arranger, pa- ment, durement; roidor, reidvr I, 

rer, bien recevoir quelqu'un et le 2ôô, roideur. 

traiter, servir; — desroi, desrei, Boler v. roe. 

desrai, derroi I, 59. 375. etc , désar- Bomans, romans (romsat, roman), lan- 

rot, désordre, défaut, faute, dom- gage roman, langue vulgaire — 

mage, crime, choc, attaque; à desroi ouvrage littéraire, histoire fabuleuse ; 

I, 272. 338, en désordre, avec pré- de là romancier, traduire eu roman, 

cipitation , démesurément ; detroier, en langue vulgaire, écrire en roman, 

desreier, deiraier, deiraer, derrder, célébrer en roman. Ital. romanzo, 



ROM 



328 



RON 



esp. romance, romanzar, prov. ro- 
mans, romansar. Romans dérive 
de romanice : loqui romanice = parler 
romans. L*ortbographe en s et en 
» a été la primitive, mais ce mot 
a éprouvé deux transformations: 

a) on Ta confondu avec ceux en 
ani, eni, ou le m, t, remplaçait un 
t au s. 8. et au p. r., et on lui donna 
un I au s. r. çt au p. s. : romant, 
d'où notre adjectif romantique; 

b) dans le dialecte picard, le < se 
perdit de nouveau et le s ne re- 
parut qu'au 8. s. et au p. r. , d'où 
notre rom^n. 

Bompre, rompre I, 228. II, 22, rompre, 
déchirer, séparer, détruire, labourer 
une terre en friche ; rumpere ; part, 
pas. rot, rote, rout, route, mt, rute, 
s. s. roi, rons, rui II, 18. Ph. M. 
7. 443. ô. 6922. etc.; de ruptut, 
cfr. rote; de là roture, ropture, 
fracture, rupture, ouverture, mor- 
ceau, terre nouvellement défrichée, 
et rompnre, ib. ; comp. corrompre I, 
188. II, 254. 357, corrompre, souil- 
ler, violer; corrumpere; le part, 
pas. est corrumpu; de là oorrompe- 
ment, corruption, altération; adj. 
oorrompable, corruptible, sujet à 
corruption; corruption I, 50. 190. 
298, corruption, altération ; de cor^ 
rup{%o; desrompre, derompre I, 164, 
rompre, déchirer; disrumpere; part, 
pas. desront R. d. 1. V. 26. 

Bompnre v. rompre. 

Bonce, ronce, d*où ronceroi, lieu rempli 
.de ronces. Ménage et d'autres ont 
rapporté ce mot à runcare; mais, 
comme on l'a prouvé depuis long- 
temps, il dér. de rumex, comme 
pouce de pollex, ponse de pumex, 
prov. ronser, polzer, pomser; les 
formes prov. rome, romet, bas- 
limousin roumenc, prov. mod. rou- 
mec, roumi (v. Honorât s. v.), ne 
laissent aucun doute sur cette origine. 



Rumex était chez les Romains une 
espèce de dard, dont on ne con- 
naît pas bien la forme, peut-être 
à pointe recourbée. Si cette dér. 
paraissait extraordinaire, on pour- 
rait comparer les significations qu'a 
développées , en sens contraire