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Full text of "Grammaire du vieil-irlandais : (phonétique - morphologie - syntaxe)"

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GRAMMAIRE 



DU 



VIEIL-IRLANDAIS 



// a été tiré deux cents exemplaires de cet ouvrage. 



^uL^bcuiiuiN LINGUISTIQUE PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE A. iVlEILLEJ 



GRAMMAIRE 



DU 



VIEIL-IRLANDAIS 



(PHONÉTIQUE — iMORPHOLOGIE — SYNTAXE) 



J. VENDRYES 

Chargé ilu cours du Grammaire Comparée à la Sorlronne. 







dS 



LIBRAIRIE ORIENTALE & AMÉRICAINE 
E. GUILMOTO, Éditeur 

6, Rue de Mézières, PARIS 
1908 



A MONSIEIR I.E PROFESSEUR 

R. THURNEYSEN 

Dont rensoignement à rUiiiversité do Friboni-g-on-Brisgan (1898-1899) 
a servi do point de départ à cet ouvrage 



HOMMAGE DE RESPECTUEUSE RECONNAISSANCE 



AVANT-PROPOS 



Le but de cet ouvrage est de faciliter Tétude du vieil-irlandais. Seul 
ou à peu près de toutes les langues indo-européennes, l'irlandais, faute 
d'un manuel, reste encore pratiquement inabordable aux débutants ; et 
cela est d'autant plus regrettable que cette langue, sinon l'une des plus 
anciennement connues, est en tout cas Tune des plus curieuses, et 
qu'elle offre sur bien des points des affinités frappantes avec les deux 
groupes voisins, le germanique et surtout l'italique. 

Ce n'est pas, à dire vrai, que les moyens d'information fassent posi- 
tivement défaut. La deuxième édition de la Grammatica Celtica, vieille 
de 87 ans déjà, reste toujours la base de toute étude du vieil-irlandais; 
mais outre qu'il est en partie arriéré, ce livre compact et lourd ne fait 
guère l'affaire d'un profane ; il demande pour être utilisé avec fruit une 
initiation assez longue et une pratique déjà sérieuse de la langue. Ce 
serait assurément de l'ingratitude que de méconnaître les mérites de la 
Kurzgefasste Irische Grammatik de M. Windisch ; c« petit ouvrage 
rend encore de grands services aux celtisants ; mais il date de 187g, 
c'est-à-dire qu'il est antérieur au mouvement philologique qui a re- 
nouvelé l'étude du vieil-irlandais et qu'il ne représente guère un état 
plus avancé que la Grammatica Celtica revue par Ebel. On peut en 
outre lui adresser le reproche de ne pas distinguer suffisamment le 
moyen du vieil-irlandais. Tout le travail dont ce dernier a été l'objet 
pendant ces vingt dernières années est éparpillé dans une foule d'où- 



vin AVANT- PROPOS 



vrages ou d'articles, la plupart de très haute valeur, dus à MM. AN h. 
Stokes ou Zimmer, Thurneysen ou Strachan, Pedersen ou Sarauw, 
mais écrits dans des langues variées et toujours restreints à une question 
spéciale. Sur bien des points d'ailleurs ils offrent des solutions contra- 
dictoires ; et là même où ils sont d'accord, il est parfois malaisé de dé- 
couvrir le lien qui les réunit. On a cru le moment favorable pour es- 
sayer de résumer l'état actuel de la connaissance du vieil-irlandais dans 
im travail d'ensemble, que l'abondance des travaux de détail facilitait 
d'ailleurs singulièrement. 

Comme son titre l'indique, c'est au vieil-irlandais seul que ce livre 
est consacré, c'est-à-dire qu'il embrasse une période de la langue relati- 
vement fort courte et dont les documents sont en nombre assez res- 
treint. Si l'on a ainsi borné l'objet de ce livre, ce n'est pas seulement 
parce qu'une large et brutale coupure sépare historiquement, comme on 
le verra plus loin, le vieil-irlandais du moyen, et que par conséquent le 
second représente un état de la langue assez différent du premier. Ce n'est 
même pas seulement parce que la littérature du moyen-irlandais, pour 
une bonne partie inédite, n'est encore qu'un immense chaos oii le 
travail philologique reste peu avancé. Il y avait aussi à ce choix une 
raison de principe. Les différents recueils de textes vieil-irlandais, étant 
à peu de chose près de la même époque, comportent assez peu de dif- 
férences chronologiques, presque pas de particularités dialectales ; 
c'est-à-dire qu'ils représentent l'état de la langue à un moment précis 
de son évolution. Or, il serait superflu de montrer combien il est utile 
de saisir ainsi un moment de l'évolution d'une langue et quels ensei- 
gnements précieux on en peut tirer, quand il s'agit surtout de la pé- 
riode la plus ancienne de cette langue. 

Mais pour qu'une. étude de ce genre ait un effet vraiment utile, il 
faut qu'elle soit purement descriptive, et que la description soit stric- 
tement limitée à son objet. C'est ce que l'on a essayé de faire ici ; on 
a pris les formes grammaticales du vieil-irlandais telles que les textes 
les fournissent, mais on s'est absolument interdit toute recherche sur 
leur origine ou sur leur développement ultérieur ; en un mot, on s'est 



AVANT-rnOPOS TX 

borné uniquement à décrire les organes de la langue et les moyens 
d'expression dont elle disposait à un moment donné. 

Si limité toutefois que soit ce livre dans son principe et dans son 
objet, il ne s'en réclame pas moins de la linguistique historique, car 
c'est d'elle qu'il emprunte toute sa méthode. En effet, toute conception 
a priori s'en trouve systématiquement exclue, et les règles qu'il for- 
mule ne découlent jamais d'une logique abstraite extérieure à la langue. 
C'est la langue elle-même qui a fourni le cadre des chapitres et les 
divisions que ceux-ci présentent ; phonétique, morphologie, syntaxe, 
tout a été ramené à l'exposé du système linguistique, tel qu'il existait 
pour le sujet parlant. La structure du vioil-irlanrlaig — pst des p ing «-.i-;, 

gjnajpt^ r^g^npirv cad ''P'^ rlp la graninif^irp jndn-pnrnpppnnp^ si remar- 
quablement conservés en sanskrit ou en grec ancien, sontlcTcompIete- 
ment bouleversés. Les changements phonétiques sont dominés par 
l'accentuation, la morphologie par la distinction de la flexion absolue 
et de la flexion conjointe, la syntaxe par la théorie de la phrase rela- 
tive ; et dans le détail se présentent sans cesse des innovations auxquel- 
les on ne trouverait aucun équivalent dans aucune autre langue. On ne 
s'étonnera donc pas de rencontrer ici des divisions qui ne correspondent 
pas à celles des grammaires classiques ni de constater des omissions 
qui ailleurs pourraient passer pour des lacunes. Le livre n'est composé 
qu'au point de vue de la grammaire du vieil-irlandais, dont il tire 
toute sa méthode ; c'est au point de vue de cette langue aussi qu'il, 
faut le juger. 

Il est permis d'espérer que sous cette forme il rendra le plus de 
services. A la suite des découvertes sans cesse grandissantes sur le ter- 
rain delà grammaire comparée, les linguistes ont coup sur coup public 
un certain nombre de grammaires, qui, bien que limitées en principe 
à une langue spéciale, n'étaient cependant composées qu'en vue de la 
comparaison avec les autres ; on y mettait au premier plan tout ce qui 
prêtait à la reconstitution, souvent chimérique et téméraire, de l'indo- 
européen, et les formes des langues voisines, voire même les moins at- 
testées, y tenaient une aussi large place que celles de la langue consi- 



X WANT-ruoros 

dérée. Ce procédé, qui offrait des avantages, entraînait aussi de graves 
inconvénients. Il conduisait à ne retenir dans l'exposition que le fonds 
ancien conservé par la langue, lequel se réduisait parfois à très peu de 
chose, et à négliger les traits nouveaux qui constituaient souvent 
Tessentiel. 

Un mouvement de réaction s'est produit depuis quelques années; 
on a compris que, si intéressante que puisse être l'étude de formes 
anciennes héritées d'un passé lointain, celle des modifications produites 
par l'évolution historique ne l'était pas moins ; et par un heureux ac- 
cord de la philologie et delà linguistique, on a entrepris d'étudier isolé- 
ment et pour elles mêmes les diverses langues en y appliquant la 
méthode issue de la grammaire comparée. 

Cet ouvrage inaugure une collection linguistique qui se réclame de 
ces principes. De la façon dont il décrit le vieil-irlandais, il est à la fois 
destiné aux linguistes, latinistes ou germanistes, curieux d'établir des 
rapprochements avec les langues qu'ils étudient, et aux philologues cel- 
lisants qui voudront entreprendre à des périodes plus récentes l'étude 
de la langue irlandaise. 

Caen, avril 1907. 



Après avoir contribué par d'utiles conseils à la préparation de cet ouvrage, M. A. 
Maillet a bien vovdu encore se charger d'une révision minutieuse du manuscrit, et 
])rendre une part active à la correction des épreuves. Qu'il reçoive ici l'iiommagc 
d'une bien sincère gratitude pour cette triple et précieuse collaboration. 



GRAMMAIRE DU VIEIL-IRLANDAIS 



INTRODUCTION 



§ I. On donne le nom de vieil-irlandais à la langue parlée en Irlande 
antérieurement au x*^ siècle de notre ère. Cette langue est connue à la 
fois par des inscriptions et par des manuscrits. 

§ 2. Documents épigraphiques du vieil-irlandais. — Les plus anciens 
documents du vieil-irlandais sont des inscriptions funéraires qui semblent 
remonter au v'' ou xi" siècle de notre ère. Elles sont gravées en un 
alphabet spécial dit oghamiquc, du mot ogiiin, auj. ogljam, qui le désigne 
en irlandais (cf. "{^([jxoç, nom de THercule gaulois chez Lucien). L'al- 
phabet oghamique est d'une extrême simplicité ; il se compose de 
points et de traits horizontaux ou obliques gravés le long d'une ligne 
verticale. Ces signes répétés de une à cincjfois représentent les dilTérents 
sons. 

Il n'y a qu'un seul signe pour représenter/ et v',\(ip n'apparaît que 
sur des inscriptions qui semblent plus récentes que les autres (cf. !:; 31}. 
Le nombre total des signes, y compris le p, est de vingt et un ; tou- 
tefois, certaines inscriptions en présentent un vingt deuxième, dont la 
valeur est obscure. 

La teneur des inscriptions oghamiques est fort concise ; elles ne 

I 



2 INTRODUCTION 

comprennent guère en général que le nom du défunt au génitif suivi 
du nom de son père ; par exemple : 

Corbagni maqi Biviti 
de Corbagnos fils de Bivitos 
Dîigeimgi maqi Reddos 
de Dugenngos fils de Reddis, etc. 

Le nombre des inscriptions oghamiques est d'environ 3oo, dont 5/i 
ont été trouvées en Grande-Bretagne, surtout dans le Pays de Galles, 
et le reste en Irlande. M. J. Rliys a publié sur la plupart d'entre elles 
un bon travail dans ses Lectures of IVclsh pbiloJogy (2'' éd., London, 
1879), p. 2G0 et ss. Depuis, M. Macalister a entrepris un Corpus de 
ces inscriptions sous le titre de Stiidies in Irisb epigraphy, 1 vol., 
London, 1897-1902. 

§ 3. Outre les inscriptions ogbamiques, le vieil-irlandais possède 
aussi un certain nombre d'inscriptions, généralement funéraires, écrites 
en caractères latins; elles ont été publiées par Miss M. Stokes, Chris- 
tian inscriplious in the Irisb laiignage, 2 vol. Dublin, 1872-1878, et on 
les trouvera dans le Thésaurus Palaeohibernicus, tome II, p. 286 et ss. 
Elles ne sont guère plus développées que les inscriptions ogbamiques, 
auxquelles elles sont environ d'un siècle ou deux postérieures. 

Les documents épigrapbiques du vieil-irlandais ne fournissent guère 
que des noms pro])rcs et ne suiïiraient en aucune façon à donner une 
idée, môme aj)proximali\e, de cette langue. Les seuls documents utili- 
sables pour la conslitulion d'une grammaire sont les manuscrits qui 
contiennent la littérature du vieil irlandais. 

§ 4- La littérature du vieil-irlandais. 

Cf. Zimmer, Ueber die Bedeutung des irischcn Eléments fiir die luittelalterliche 
Kidtnr, Preiiss. Jahrb., LIX, 27 et ss. ; le même, Keltische Kirche, dans la 
Realencyclop. f. protest. Tiieologie u. Kirclie, vol. X, 3° éd. (1901), 204 et ss. 

La littérature du vieil-irlandais, sortie tout entière des monastères, 
est en majeure partie une littérature religieuse. Ce caractère spécial tient 
aux circonstances historiques dans lesquelles elle s'est développée. 

Le christianisme, introduit en Irlande dès le iv" siècle, s'y répandit 
surtout à partir de 432, date de la mission dont fut chargé par le pape 
Céleslin le Breton Sucat (né vers 386), plus connu dans l'histoire sous 



INTRODUCTION 



lo nom (le saint Patiiro. Le pays Ail évangélisc avec une exlremc rapi- 
dité et compta dès la lin du a'' siècle (Timportants monastères, tels que 
ceux d'Emly en Munster et d'Armagh en Ulster. Mais c'est au vi* siècle, 
grâce surtout à Pactivité de saint Finnian (m. en 5/i8), que les fonda- 
lions de monastères se multiplient; c'est vers 620 celui de Clonard 
fondé par saint Finnian lui-même, vers 5/io celui de Glendalougli 
fondé par saint Kevin, en 5^1 celui de Clonmacnois fondé par saint 
Giaran (m. en 548) sur les limites du Leinster et du Connaught, vers 
5/18 celui de Clonenagli fondé par saint Fintan (m. en 595), en 552 
celui de Clonfert fondé par saint Brendan, vers 555 celui de Bangor (en 
Ulster) et un peu plus tard celui de Lismore, au Sud de l'Irlande. Ce 
ne sont là que les plus célèbres. 

La fonction de ces monastères fut sans doute à l'origine exclusive- 
ment religieuse, mais le christianisme y introduisit naturellement avec 
lui l'étude des lettres, et celles-ci trouvèrent en Irlande un excellent 
terrain pour se développer librement, à l'abri des luttes violentes qui 
ensanglantaient l'Europe continentale et y ramenaient jjeu à peu la bar- 
barie. L'Irlande devint ainsi la dépositaire de la civilisation ; et par un 
curieux retour des choses, celte terre qui avait été une des dernières à 
recevoir avec la religion chrétienne la culture intellectuelle, fut bientôt 
une pépinière de missionnaires qui parcoururent la France, la Belgique, 
l'Italie, propageant à la fois l'une et l'autre. 

§ 5. L'instinct migrateur et la vocation apostolique des Irlandais se 
manifestent de très bonne lieure. On peut dire que le mouvement com- 
mença lorsqu'en 563 saint Colomba (520-597) ^^^^ fonder Je célèbre 
monastère d'Hl ou lona dans une île voisine de la côte d'Écossè pour 
évangéliser plus aisément les Pietés. Mais c'est à son quasi-homonyme 
saint Colomban que revient l'iionncur d'avoir été le promoteur des 
missions sur le continent. Né en Irlande vers 543, il débarqua en France 
vers 590, fonda successivement dans les Vosges les monastères d'Ane- 
gray, Luxeull cl Fontaine, puis passa en Italie où il fonda celui de 
Bobbio au début du vii'' siècle. A la même époque, son disciple saint 
Gall (fil. en 6^7) fondait le fameux monastère de Saint-Gall et dans le 
cours du siècle les principaux fondateurs de monastères furent des 
Irlandais : saint Fursy (m. v. 6/42) à Lagny, saint LItan et saint 
Foilan, ses frères, à Péronne et à Fosse-la-Ville, près Liège, saint 



INTRODUCTION 



Desle (m. en 625) à Lure, saint Roding (m. en 680) à Beaulieu en 
Argonne, puis saint Liévin, saint Mauguille, saint Gobain et tant d'autres. 
En Allemagne, saint Killian subit le martyre près de A^ ûrzburg à la fin 
du vil" siècle et avant lui peut-être saint Fridolin, dont la vie est mal 
connue, avait fondé le monastère de Siickingen ; au viii'' siècle, c'est un 
Irlandais, Virgile (m. en 78/i), qui occupe le siège épiscopal de Salz- 
burg. Dès le vn'' siècle, on rencontre des Irlandais en Italie et le patron 
de la ville de Tarante est un pèlerin irlandais de celte époque, saint 
Katald. En somme, il n'y a presque pas de monastère impoiiant sur 
le continent entre le vu'' et le ix'" siècles où on ne trouve trace de la 
présence de moines irlandais. 

§ 6. Les moines ne restaient pas confinés dans les œuvres pieuses; 
leur activité se déployait aussi dans les travaux intellectuels. JIs 
copiaient, annotaient, commentaient les œuvres de Tancien et du nou- 
veau testament, ils composaient des œuvres d'édification comme le 
sermon de Cambrai, ou rédigeaient des vies de saints comme celle que 
contient le Livre d'Armagb. 11 est douteux qu'à l'origine les lettres 
profanes aient tenu une place dans leurs préoccupations, mais dès le 
viii"^' siècle on les voit consacrer une partie de leur temps à l'élude des 
arts libéraux, surtout de la grammaire et devenir ainsi peu à peu les 
éducateurs de l'Europe. S'il serait exagéré d'attribuer aux moines irlan- 
dais l'origine du mouvement qui aboutit à la Renaissance de Charle- 
magne, il n'est que juste de reconnaître que du moins ils le favorisèrent 
dans une très large mesure. Autour de l'Anglais yVlcuin se trouvaient les 
Irlandais Joseph (m. en 8o/i), Clément (m. vers 82G à A^'iUzljurg), 
Dungal, Dicuil, etc., ce dernier à la fois grammairien, astronome et 
géographe. « Quid Iliberniam memorem, dit en 876 Heiric d'Auxerie 
dans la préface à la Vie de saint Germain, pêne totam cum grege philo- 
sophorum ad lilora nostra migrantem ? » En fait, les deux plus illustres 
représentants de la philosophie et de la science au ix'' siècle, Johannes 
Erigena, qui vécut à la cour de Charles le Chauve, et Sedulius Scotlus, 
qui tint une école célèbre à Liège vers 85o, étaient tous deux des Irlan- 
dais, et tous deux étaient également versés dans la connaissance du latin 
et du grec. D'ailleurs, si le latin élait l'objet principal de l'étude des 
Irlandais, le grec n'était pas négligé par eux, et bien avant l'époque où 
Johannes Erigena composa des vers en grec on possède plusieurs 



IMUOnCCTIO.N 



preuves qui allcslcnt la connaissance de celle langue en Irlande. C'est 
à l'activité de moines recru lés en Irlande ou formés dans les monastères 
irlandais du continent que l'on doit pour une bonne part la conserva- 
lion des lettres latines et grecques. Le travail de ces moines devait en 
général rester anonyme ; toutefois, le nom d'un commentateur, Mail- 
gaiinrid, est cité dans le manuscrit de Milan, 56 b 33. 

^ 7. Mais l'Irlande fut à son tour atleinle parles invasions des bar- 
bares. Après avoir ravagé une partie de la Gîrande-Brctagne, les \ ikings, 
venus des pays Scandinaves, abordèrent en Irlande, dès 790 à ce qu'il 
semble. Ils écrasèrent la civilisation qui y florissait, détruisirent les mo- 
nastères, brûlèrent les villes, et anéantirent ce qu'avaient réalisé les 
efforts de plusieurs siècles successifs. Le monastère d'Iona fut pillé plu- 
sieurs fois, notamment en 80G, et vers 83o Armagh tomba entre les^ 
mains des païens. En 862, les \ ikings fondèrent à Dublin un royaume, 
où le cbrislianisme ne parvint à triompber qu'en g^'i. L'Irlande, 
retombée dans la barbarie, fut plus d'un siècle à se relever de ses l 

ruines; mais pendant ce sièclc-là, la langue poursuivit son évolution, / 

de sorte qu'à l'époque où la paix rendit possible la rénovation des lettres, 
c'est une nouvelle période de la langue irlandaise qui commence, la 
période du moyen-irlandais. Il y a ainsi entre les deux premières 
périodes de cette langue une coupure très nelte qui oblige à limiter exac- 
tement au x" siècle la fin du vieil-irlandais. 

§ 8. Les manuscrits du vieil-irlandais. 

V. en général ïhurneysen RC VI 018, Zinimcr KZ XXXVI /j-o, Thur 
neysen, KZ WWU 54 et surtout les introductions des deux tomes du 
Thésaurus. 

Par suite des circonstances bisloriques qui viennent d'être résumées, 
les manuscrits qui contiennent les textes vieil-irlandais ont été trouvés 
presque uniquement sur le continent ; l'Irlande même n'a fourni que le 
précieux Livre d'Armagh et quelques fragments sans importance. Le 
nombre total de ces manuscrits est d'une quarantaine, mais les docu- 
ments qui s'y trouvent disséminés sont d'étendue et d'importance fort 
inégales. Ils consistent surtout en gloses, introduites par des scribes 
irlandais dans la marge ou l'interligne de textes latins ; mais, tandis 
que certains des manuscrits glosés ne contiennent que quelques mots 
d'irlandais, tels autres fournissent au contraire un contingent linguis- 



6 I>"TR0DUCT10>' 

tique d'une importance exceptionnelle. Onze manuscrits seulement 

méritent d'être mentionnés ici; ce sont, par ordre alphabétique : 
a. manuscrits contenant des gloses. 

ACr., manuscrit du texte latin des Soliloquia de saint Augustin, copié 
au ix'' siècle et conservé à Carlsruhe. 

BCr., manuscrit d'un résumé latin d'oeuvres de Bède, copié vers 85o et 
conserve à Carlsruhe. 

ML, le plus coasidérable de tous par l'étendue, manuscrit d'un com- 
mentaire latin sur les psaumee de David, copié dans la première 
moitié du ix" siècle et conservé à la Bibliothèque ambroisienne de 
Milan. 

PCr., manuscrit du texte latin de Priscien, copié au ix" siècle et con- 
servé à Carlsruhe. 

Phil., collection de trois manuscrits des ix'-x'' siècles conservés à Paris 
et à Florence et contenant des gloses aux scholies de Junius Philar- 
gvrius sur les Bucoliques. 

Sg., manuscrit des six premiers livres de Priscien, copié dans l'en- 
semble vers 8Go, mais présentant des difTérences d'écriture qui peu- 
vent foire supposer des différences d'époque; conservé à Saint-Gall. 

Tiir., manuscrit d'un commentaire latin sur l'évangile de saint Marc, 
copié au IX'' siècle et conservé à Turin. 

Wb., le plus important de tous par sa valeur linguistique, manuscrit du 
texte latin des épîtres de saint Paul, conservé à Wurzburg. La date 
en est discutée ; on admet le plus souvent qu'il a été copié à la fm 
du ix'" siècle, mais il pourrait être du x"' siècle. 
h. Manuscrits contenant des textes suivis. 

Ami., Liber Ardmachannus, Livre d'Armagh, copié en 807 par un 
scribe nommé Ferdomnach (m. en S'iS) et conservé à la biblio- 
thèque de Trinity Collège à Dublin ; il contient parmi des traités 
historiques et hagiographiques variés écrits en latin quelques gloses 
irlandaises et surtout, f"* 17 et 18, une vie de saint Patrice en irlan- 
dais. 
Cam., manuscrit copié à Cambrai sous l'épiscopat d'Albéric (763-790) 
et conservé à la bibliothèque de cette ville; il contient un recueil de 
canons en lalin, parmi lesquels a été introduit, aux f"' 87 et ùd>^ nn 
résumé de sermon en irlandais, 



INTRODI CTION 



SP., manuscrit conserve au nionaslèrc de Saint Paul en Carintliie, où 
il a été copié, probablement au ix* siècle. JMilre autres cboses, il con- 
tient cinq petites pièces en vers irlandais. 

55 9. Presque aucun de ces onze manuscrits ne présente exactement 
la langue de l'époque où il a été copié. Ils ont tous en elTèl, sauf peut- 
être le Livre d'Armagli, été recopiés d'un manuscrit antérieur. Le fait 
est attesté pour la plupart d'entre eux par des preuves matérielles. Ainsi 
les gloses du Bède de Carlsridie se retrouvent en partie sur un manuscrit 
de Bède, de la même époque, conservé à Vienne ; les deux manuscrits 
semblent dériver d'un original commun. D'autre part, certains manu- 
scrits présentent des fautes d'orthograpbe ou des bévues d'écriture qui 
ne peuvent provenir de l'auteur lui-même, mais d'un scribe qui a 
recopié le texte ; c'est le cas pour les gloses de Milan et surtout pour le 
sermon de Cambrai, recopié par un scribe qui ignorait certainement 
l'irlandais. Le manuscrit de Wiirzburg renferme un autre indice, non 
moins probant, de transcription : alors qu'on y distingue linguistique- 
ment deux séries de gloses, nommées respectivement prima et secunda 
manus, de date certainement différente, on ne constate dans l'écriture 
du manuscrit aucune différence paléographique entre les deux. 

§ 10. 11 se pose donc, en ce qui concerne l'établissement d'une 
chronologie des textes vieil-irlandais, un problème des plus délicats 
qui, sur certains points, reste encore insoluble. Il s'agit en effet 
d'établir une chronologie des textes indépendante de la chronologie des 
manuscrits. 

Le plus ancien de tous les textes conservés dans les manuscrits paraît 
être le recueil des gloses de la prima manus du manuscrit de A^ iirzburg 
(cf. Thurneysen, ZCP 1 345 et 111 ^7); ces gloses, éparses dans le 
manuscrit, ne se rapportent en général qu'à des mots isolés et sont par 
conséquent fort brèves ; elles se trouvent indiquées dans l'introduction 
du Thésaurus 1 p. xxiv. Le texte qui se rapproche le plus de la prima 
manus de Wurzburg, c'est le sermon de Cambrai ; si même il lui est 
postérieur, c'est en tout cas de fort peu. D'après la comparaison des 
noms propres conservés dans la vie de saint Colomban écrite par 
Adamnan vers 697, M. Zimmer {KZ XWYl /i76) a montré que les 
gloses de la première main de AA'iirzburg et le sermon de Cambrai 
pourraient avoir été rédigés à la fm du vu'- siècle. C'est à cette époque 



8 INTRODUCTION 

aussi que remonteraient les gloses à Philargyrius (Thurneysen ZCP 
III 52). 

Ensuite viendraient la vie de saint Patrice du Livre d'Armagh et la 
secunda manus du manuscrit de A\ iïrzburg. Ces deux textes, de toute 
première importance, seraient du vin*' siècle ; toutefois il faudrait en 
avancer un peu la date si le Livre d'Armagli, tel que nous l'avons, est 
un texte original. 

i:; 1 1. On devrait tirer de précieux renseignements de la comparaison 
du fameux Félirc Oeuguso, calendrier composé par Oengus vers 800, 
sous le règne du roi de Lcinster Finsnechta (m. en 808); mais il nous 
est malheureusement parvenu dans des manuscrits bien postérieurs. En 
tous cas, certains critères spéciaux, notamment le traitement des voyelles 
finales, très important et relativement facile à reconstituer dans un 
texte en vers (cf. Straclian RC XX 191 et 295) permettent de croire que 
le texte primitif du Félire n'était guère postérieur aux gloses de Milan. 
Ces dernières seraient donc du début du ix*" siècle, c'est-à-dire que leur 
rédaction première serait de peu antérieure à la copie que nous en pos- 
sédons. Toutefois si Arm. et VA b. (secund. man.) devaient être reportés 
au début du ix'' siècle, il conviendrait d'avancer d'autant la date du 
texte de Ml. 

Les gloses de Turin et les trois recueils de gloses de Carlsruhe sem- 
blent à peu près contemporains des gloses de iMilan. 

Les cinq poèmes du manuscrit de saint Paul remontent certainement 
plus haut que le ix'' siècle; Tun d'eux, attribué à saint Moling (m. en 
697), remonterait même au vu'' siècle. Mais en tout cas, ils présentent 
une langue rajeunie que le copiste a accommodée au goût de son 
temps. 

Quant aux gloses de Saint-Gall, il est malaisé de les dater d'une façon 
certaine; M. Thurneysen avait admis jadis (^RC M 3i8) qu'elles étaient 
antérieures à celles de Milan et contemporaines de celles de Wûrzburg ; 
mais depuis, M. Pedersen ÇKZ XXXV 3 16) a soutenu qu'elles étaient 
postérieures à celles de Milan, et c'est l'opinion à laquelle semble s'être 
rallié M. Strachan (RC XX 3o3 et surtout Thésaurus I xviij). Le ma- 
nuscrit de Sainl-Cilall contient d'ailleurs des gloses de dilTérentcs mains, 
et dans ce recueil composite, où figurent même quelques pièces de vers 
et deux lignes d'écriture oghamique, ont bien pu se glisser des gloses 



INTRODl CTION 9 

d'époques cliiïérentcs. Cela expliquerait les incohérences de la langue et 
les hésitations des savants. 

§ 12. Les onze textes qui viennent dY-tre mentionnés sont les seuls, 
avec quelques autres d'inlérèt moindre, qui soient antérieurs au \"sièclc. 
Mais il faut encore rattacher à la [)ériode du vieil-irlandais quelques 
ouvrages importants, dont la rédaction conservée est seulement posté- 
rieure au xi'' siècle et par conséquent déjà contemporaine du premier 
grand recueil de textes moyen irlandais, le Lehor na hUidre, dont le 
copiste mourut en i loG. On a déjà signalé plus haut le Félire Ocugiiso, 
écrit vers 800, mais dont le manuscrit le plus ancien est du xiv*^ siècle ; 
le texte en a été tellement altéré qu'il n'a, en ce qui concerne le vieil- 
irlandais, qu'une très faihle autorité. 11 en est de même du Psautier des 
Strophes {Saltair na Raiiii), dont la tradition attribue la composition 
au même Oengus, mais qui est sûrement d'une époque postérieure et 
qui nous a été conservé dans un ms. du xu'' siècle sous une forme déjà 
moyen-irlandaise (v. Strachan TPbS 189.")). Il sullit de mentionner 
aussi, pour l'écarter, le glossaire composé à la fin du ix" siècle par 
l'évêque Cormac(m. en 907) ; nous ne le connaissons que par une compi- 
lation dont le plus ancien manuscrit est le Leabhar Brcac, copié en i^oo. 
Au contraire, les deux texles suivants méritent de figurer dans une 
grammaire du vieil-irlandais : 

Hy., Liber hymnorum, collection de huit hymnes irlandais dont 
il y a deux manuscrits, conservés à Dublin, l'un à h\ bibliothèque de 
ïrinity Collège, l'autre au couvent des Franciscains. Ces deux manu- 
scrits, qui présentent chacun une recension dilTérente, ne sont pas 
antérieurs à la fin du xi'' siècle. Le texte des hymnes, de composition 
beaucoup plus ancienne, y a été malheureusement rajeuni, et on ne 
doit utiliser leur témoignage qu'avec certaines réserves. 

Miss., fragment d'un traité sur la messe, dit Stowe Missal, retrouvé 
dans un manuscrit du x'' ou xi'' siècle conservé à Dublin. A côté d'ar- 
chaïsmes qui rappellent les plus anciens documents, ce texte présente de 
nombreux rajeunissements qui rendent impossible la fixation d'une 
date quelconque de composition. 

§ i3. L'addition du Liber Hymnorum et du Stowe Missal porte à 
treize le chilï're des textes vieil-irlandais qui seront utilisés dans cette 
grammaire. Mais il s'en faut de beaucoup que tous ces textes aient la 



lO INTRODUCTION 

même valeur linguistique. Outre que plusieurs sont trop courts pour 
fournir des données d'appréciation suffisantes, certains, et en particulier 
Ml., ont été copiés avec une telle négligence que les fautes matérielles y 
sont fréquentes. Dans quelques autres, rimilalion directe du latin glosé 
devient parfois une servitude, et, sans tenir compte du génie propre de 
sa langue, le glossateur s'y est borné à fabriquer un mot irlandais sur 
le modèle du mot latin (cl'. TJh's. I \x, Il xxiu). Mais ce procédé puéril, 
fréquent dans les manuscrits de Milan et de Saint-Gall, entraîne parfois 
de grosses bévues. C'est par lui qu'il faut expliquer la glose de 8g. i46 
b 7 « obsero » .i. fescrigini, comme si le verbe latin était formé de sera 
« soir » (en irl. fcscor); ou celle de Ml. 20 a 25 « obesi » .\. impessi, où 
b glossateur a confondu obcsi et ohscssi; cf. Ml. 36 c 18, etc. Bien 
qu'il présente aussi à ce point de vue quelques fautes singulières (p. ex. 
coscboDiétiae gl. pedagogorum, 9 a 11 ; cf. ZimmerJÏ'^'^ II 83), Wb. est 
sans contredit le plus important des textes du vieil-irlandais. Le scribe 
qui l'a copié a mis dans son travail une rare conscience et un soin 
scrupuleux ; les fautes y sont relativement fort rares et résultent, en 
général, d'un simple lapsus. En outre, ce texte présente l'avantage de 
fournir presque partout, à l'exception des gloses peu nombreuses de la 
prima manus, un véritable commentaire où le scribe ne s'est pas borné 
à une interprétation servile du texte, mais a donné à ses explications 
toute l'ampleur désirable. Malgré son caractère nécessairement frag- 
mentaire, il a, par suite, à peu près la même valeur linguistique 
qu'un texte suivi. C'est Wb. qui a déjà servi de base à la plupart des 
travaux sur le vieil-irlandais, et c'est lui qui a fourni aussi les prin- 
cipaux éléments de cette grammaire. On n'a, en principe, tenu 
compte de Ml. et de Sg. que pour compléter le témoignage de Wb., 
et on a négligé de mentionner les nombreux cas où l'interprétation 
d'un mot isolé des deux premiers soulève des difficultés. La simple 
mention de ces cas douteux ou obscurs aurait surchargé le volume 
sans profit appréciable pour le lecteur, puisqu'il s'agit ici de faire 
connaître l'état général du vieil-irlandais et non d'en discuter les points 
controversés. 

i; 1/4. Le simple exposé de la grammaire paraîtra d'ailleurs suffi- 
samment obscur pour qu'on ne soit pas tenté de l'embrouiller à plaisir. 
Quelque soin qu'on apporte, en effet, à l'éclaircir et à le simplifier, le 



I\ I UODl CTION II 

vieil-irlandais réservera lotijoius au liiiguisle même exercé plus de 
diiïicullés qu'aucune aulrc langue indo-européenne. 

Cela tient à des conditions historiques spéciales. 

Le vieil-irlandais n'est pas une langue fixée consciemment à un mo- 
ment donné par une personne déterminée, comme l'ont été le gotique, 
le vieux-slave et le vieil-arménien. Ce quil présente la plupart du temps, 
ce sont de simples notes, ajoutées par les moines aux textes latins qu'ils 
copiaient, en guise d'explication accessoire. Ces glossateurs n'ont pas 
créé pour cela un alphabet spécial, notant systématiquement les pho- 
nèmes de leur langue, comme on l'a fait pour les langues précitées. 
Ils n'ont pas, comme Wulfda, comme Cyrille et Méthode, comme Mes- 
rob, fixé leur langue une fois pour toutes ; ils ont noté au jour le jour, 
suivant les besoins du moment, une langue de demi-sauvages, à l'image 
de la langue latine et avec les ressources insuffisantes de l'alphabet latin, 
mais sans système défini et en recourant sans cesse à des demi- 
mesures. 

Il faut reconnaître, d'ailleurs, qu'ils rencontraient à chaque pas des 
difficultés inextricables. Jamais langue ne fut saisie à un moment plus 
défavorable. A partir du yii° siècle, firlandais est en pleine évolution, 
et il reste pendant deux ou trois siècles dans le plus grand état de 
trouble. La phonétique y subit des altérations violentes, comme l'aiTai- 
blissement des syllabes non intenses (î^i:; i3o et ss.) et surtout la chute 
des finales (encore conservées sur les inscriptions oghamiques). Les 
rapports morphologiques sont complètement bouleversés par l'accent 
d'intensité dont l'énergie brutale produit dans le même paradigme les 
désaccords les plus étranges. En l'espace de plusieurs générations, les 
scribes ont été incapables d'établir une tradition grammaticale qui fût 
d'accord avec les faits. Tantôt ils innovent sur un point et affectent une 
forme déjà existante à l'expression d'un usage nouveau, sans s'aper- 
cevoir qu'ils créent ainsi une ambiguïté regrettable ; tantôt, en dépit des 
modifications subies par le langage, ils maintiennent indûment une 
graphie traditionnelle qui n'est déjà plus sous leur plume qu'une graphie 
« historique ». Dans bien des cas, ils n'aboutissent ainsi qu'à l'incohé- 
rence et à la contradiction. 

V. en particulier au point de vue phonétique ce qui est dit aux §55 82-60 
de la graphie des consonnes, et cf. Zimmcr KZ XXIV 628 n., XX\II 44<J, 



12 INTRODUCTION 

XXXll 198, XXXIII t53, KSt I 5i ; ïhurncysen KZ XXXII 5G8, ZCP III 
4- ; Pedersen Asp. 170 ; Sarauw KZ XXXVIII 186. 

§ i5. Bibliographie. — Tous les textes du vieil-irlandais, sauf ceux 
que fournissent les inscriptions oghamiques et à part quelques mots, 
sans importance ici, découverts dans les toutes dernières années (v. no- 
tamment RC XXV 377), ont été réunis par MM. AVh. Slokes et J. Stra- 
cliandans le Thcsaiinis Palacohihoiiicus, 1 vol., Cambridge, igoi-igoo. 
Cet ouvrage capital rend maintenant inutiles toutes les éditions anté- 
rieures. 

Les fondements de cette grammaire ont été empruntés à la Gramnia- 
iica celtica, de J.-G. Zeuss, publiée en 2'^ édition par Ebel (Berlin, 
1871). On a tiré aussi parti de la Kur^gefasste Irischc- Gramiiiatik de 
M. \Mndisch (Leipzig, 1879) et de deux petits livres publiés récemment 
par M. Slrachan : Sélections fnvii the old Irisb glosses {DuhVm, igo4) et 
Old Irish paradigiiis (DuhVm, 1900). Ilsullit de signaler ici ces ouvra- 
ges une fois pour toutes; on n'y renverra plus dans la suite. Les nom- 
breux livres, articles, mémoires et travaux spéciaux utilisés ont été men- 
tionnés au cours de 1 ouvrage dans les chapitres qu'ils concernent spé- 
cialement. 

On s'est abstenu d'uliliserle livre du P. Ilogan, Oiitlines of ihc Grani- 
niiir of old Irisb, Dublin, 1900, qui contient un grand nombre de faits 
erronés et ne mérite, en général, aucune confiance. 

§ 1 6. Voici la liste des recueils généraux cités au cours de cet ouvrage : 
BB. Beitrage zur Kunde der indogermanischen Sprachen, hsggb. von 

A. Bezzenberger, Goltingen, 1876-1906. 
AGI. Archivio glottologico Italiano, dir. da G. Ascoli, Roma-Torino- 

Firenze, 1878 et ss. 
Erin. The Journal of the scliool of Irish learning, éd. by K. Meyer and 

J. Strachan, Dublin, 190^ et ss. 
KZ. Zeilschrift fur verglcichende Sprachforschung, hsggb. von Th. 

Aufrecht, A. Ivuhii, E. Ivuhii, J. SchmidtundW. Schulze. (iiitcrs- 

loh, i852 et ss. 
IF. Indogermanische Forschungen, hsggb. von K. Brugmann und W. 

Slreitberg, Leipzig, 1892 et ss. 
KSB. Beitragezurvergleichendcn Sprachforschung, hsggb. von A. Kuhn 

und X. Schlcicher, Berlin, 1858-1876. 



INTRODUCTION l3 

MSL. Mémoires de la Société de Lin^^uislique de Paris, 1868 et ss. 
RC. Revue celtique, fondée par II. Gaidoz, continuée par II. d'Arbois 

de Jubainville, Paris, 1870 et ss. 
TPhS. Transactions of the philological Society, London, i855 

et ss. 
ZCP. Zeitschril't fiir celtische Philologie, hsggb. von Iv. Meyer und 

L.-Clir. Stern, Halle, 1896 et ss. 

§ 17. On doit joindre à celte liste les ouvrages qui suivent : 
Ascoli. Giossarinni Palaco-IIibernicum (inachevé), AGI VI. 
Pedersen. Asp. Aspirationen i Irsk, en sprogliistorik Undersœgelse, af 

H. Pedersen, Leipzig, 1897. 
Sarauw. ISt., Irske Studier af Chr. SarauAV, Kœhenliavn, igoo. 
Strachan. Act. and Tiin., Action and Time in ihe Irish ^ erb, TPhS 
I 899-1 902, p. 4o8. 

— Dep. Contributions to thehistory of the déponent Verb in Irish_, 
TPhS 1891-189/i, p. 444. 

— Middh'-Irisb Dccl. Contributions to the history of Middle-Irish 
Declension, TPhS igoD. 

— Partich ro. On the use of the particle Ro~ with Preterital Tenses 
in Old Irish, TPhS 1 895-1 898, p. 77. 

— Sii^ni. Fut. TheSigmatic Future and Subjunclive in Irish, TPhS 
1899-1902, p. 291 . 

— Subj. The Subjunctive Mood in Irish, TPhS 1895-1898, 
p. 225. 

— Subst. The Substantivo Verb in Old Irish glosses, TPhS 1899- 
1902, p. I . 

Zimmer. KSt., Ivehisciic Sludien von H. Zimmer, 2 Ilefle, Berlin, 

1881-1S84. 

Les ouvrages où l'irlandais a été étudié dans ses origines préceltiques 
et indo-européennes (au point de vue de la grammaire et du vocabu- 
laire) sont les suivants : 
D'Arbois de Jubainville. Eléments de la Grammaire celtique, Paris, 

Fonlemoing, igoS. 
Brugmann (K.). Grundriss der vei'gleichenden Grammatik der indo- 

germanischen Sprachen, Strassburg, Triibner, 1886-igoG (la partie 

celtique de ce magistral ouvrage est due à M. Thurneysen). 



l/i INTRODUCTION 

Stokes (VMiilley). Urkeltischer Sprachschalz (/i° éd. da lomc second 

du Yergleichendes \A orterbuch der iiidogermanischen Sprachen de 

A. Fick). Gottingen, 1894. 

§ 18 . Explication des signes. — Les abréviations employées dans 
celte grammaire se comprennent d'elles-mêmes. 

Lorsque, après une citation, le renvoi est fait entre parenthèses, c'est 
que la citation n'est pas exactement conforme au texte du manuscrit. 
Toutefois, en ce qui concerne l'orthographe des exemples, les règles 
suivantes ont été appliquées : 

1" Toutes les abréviations du texte ont été résolues : ainsi j est tou- 
jours écrit cou, i écrit 110, m écrit niDi, etc. Exception est faite pour le 
signe 7, qui est employé partout pour représenter la conjonction copu- 
lative ocus(acus) « et », et pour le signe .i. {= idoii) « c'est-à-dire ». 

2" On a employé les tirets pour séparer les éléments que la graphie 
des manuscrits réunit en un seul mot; ainsi a-hclrii (ms. abdni). 



PREMIERE PARTIE 
PHONÉTIQUE 



CHAPITRE PREMIER 



DES SONS ET DES LETTRES 



I. — Voyelles et diphtongues. 

§ ig. Il y a cinq lettres notant des voyelles a e i o et u (ou fran- 
çais) ; ces voyelles peuvent être brèves ou longues. 

Remarque I. — h'y est parfois employé, mais avec la valeur de /, et uni- 
quement dans des mots em[)runt('s dont l'orthographe est plus ou moins cal- 
quée sur le latin. Ainsi ymimiin Ily. II 25, n. pi. du mot iinmun (( hvmnus »; 
pyrr « Pyrrhus » Sg. 21 1 a 10. 

Remarque 11. — LV long est parfois écrit x. Il ne faut pas confondre ce 
signe avec la vraie diphtongue ae (î; 2G), qui est aussi parfois écrite a, ni 
avec la fausse diphtongue aeÇ^ 88), dans laquelle Va est une voyelle d'infec- 
tion. Ainsi: césad « passion » Sg. 1-2 a 2 (sur l'accent, v. § 21) écrit cxsad 
Ml. 8G d i5 ; esconn « commun » Wb. c 4. xsicon Wb. b c 5 ; de éscaide 
« lunaire », dat. dscdidiu Ml. 3o a i ; arégi « il se plaint » Ml. 3i a 20, araxget 
« qui se plaignent » Ml. 29 h 3 ; ém « certes » Sg. 201 a 8, <£m Ml. 36 a A, 
uni Wb. 22 a 21 ; bcras « qui portera » écrit bdras Ml. ()4 b 7 ; etc. 

§ 20. Au point de vue de la position de la langue dans Tarticula- 
tion qui les produit, les voyelles peuvent se diviser en trois catégories: 
pour Vi et pour Ve le point d'articulation est dans la partie antérieure 
de la cavité buccale ; pour \a et pour Vo dans la parlie moyenne; pour Vu 
dans la partie postérieure. C'est ce que l'on exprime en disant que 1'/ et 
Ve sont des voyelles antérieures, Va et Vo des voyelles moyennes et Vu 
une voyelle postérieure. Des groupements analogues, sinon exactement 
semblables, pourraient être faits dans toutes les langues; mais ce qui 
est particulier à l'irlandais, c'est que ces différences d'articulation, à 

2 



l8 PHOÎNÉTIQUE 

p'eine perceptibles en général pour le sujet parlant, ont déterminé dans 
la prononciation des différences assez notables pour être notées dans 
récriture. C'est ce que l'on verra ci-dessous dans les paragraphes con- 
sacrés à l'infection (§ 78 et ss.). 

Remarque. — Les trois catégories de voyelles que suppose la graphie du 
vieil-irlandais se sont réduites de bonne heure (i^ 76) à deux seulement appe- 
lées respectivement par les grammairiens modernes, voyelles larges Qeaîban), 
a savoir a, 0, u, et voyelles minces (caol), à savoir c, i. 

^ 21. La longueur d'une voyelle est souvent indiquée dans les ma- 
nuscrits par un accent placé au-dessus et légèrement à droite de la 
lettre. Cet accent est toujours reproduit dans les éditions modernes 
et sera soigneusement indiqué dans les exemples que contient cet 
ouvrage. 

Exemples: bn'ilbir « frère », cèle c compagnon », dinu « agneau », 
côre « paix », ci'ilnis « conscience ». 

Cet accent a parfois la forme d'un crochet recourbé; cf. RC XX\ 879, et 
la note du Thésaurus à Wb. 3 b 24- 

Toutefois, l'emploi de l'accent pour marquer la longue n'est pas 
d'un usage régulier, et l'absence d'accent ne prouve jamais que la 
voyelle soit brève. 

Ainsi: lasin bratbir « chez le frère » Wb. 10 c i3; ^Y « jalousie » 
Wb. 17 b 26, et het ib. 17 b 25; idol « idole », idlaib (dat. pi.) Wb. 
II b 9, 19 d II, et idail (n. pi.), idlu (ace. pi.). Ml. 36 d 16 ; corc 
« paix » V\ b. 3 d 32 ; ciibus « conscience » (Wb. 20 c 8). Dans la 
même glose on a a-belru im-bélre « de langue en langue » Wb. i3 a 2. 
S 22. Inversement, on rencontre parfois l'accent sur des voyelles 
brèves soit par simple erreur (ainsi niàg « champ » au lieu de iiiaf; 
WTj. 12 a 26, dliged « devoir » au lieu de dliged Wb. 10 d iG, ni nie 
« du ciel » au lieu de nime Ml. 106 a 3), soit avec une signification 
spéciale pour indiquer la séparation des mots ou même des syllabes. 
Cf. Strachan ZCP IV 62, 478; Thurncyscn ZCP III 53. 
Ainsi indà érrend « les stigmates » Wb. 20 d 5 (a prima manu), au lieu 
de indaerrend; remcerbart « qu'il a dit auparavant » Ml. i5 b 3 au lieu 
de renie-erbart ; biu « je suis », fin « dignité », où l'accent à la valeur 
exacte d'un tréma (Thurneysen KZ XXVIIJ 1^9) ; rànc « il l'appli- 
qua » Ml. 45 a 1 (de *ro-a-uc § 5o8). 



DES SONS ET DES I.ETTUES 



10 



Les pronoms possessifs, suilout celui de la troisième personne 
(§ 5ig), sont ainsi distingués le plus souvent par un accent du mot 
qui suit : tô crcdig g\. poculuni tuum Ml. /|5 d 3 ; d-abslanit « son abs- 
tinence » \\ I). ('» c i5; â-cenele « leur race » Wb. 5 c iG; hi îosuch 
à-aisndlscn « au début de son exposition » Ml. f\o d i8. Parfois, Tac- 
cent est placé sur la voyelle suivante : à aiglhiu « sa crainte » Wb. 
6 a 12, mais a-âigthui ib. G a i3. 

Ueniar([uc. — Sur une inscription og;Iiamique, on trouve employée l'in- 
tcrcalalion d'un h pour indiquer la longueur dune voyelle: TERNOHC 
= Ternôc Tlics. II 289, 1 8. 

§ ^3. Enfin, on rencontre parfois un accent sur des voyelles brèves 
suivies de deux consonnes ; M. Windisch K\^gf. Ir. Gr. 112 § 25 e et 
M. Pedersen Asp. 80 conclurent de ce fait que devant les groupes de 
consonnes il y avait une tendance à rallongement vocalique. Mais cette 
conclusion, qui se trouve pleinement vérifiée dans les dialectes modernes 
par les résultats des enquêtes de MM. DoLtin, Finck et llenebry, est 
très malaisée à justifier en ce qui concerne le vieil-irlandais; ce qui la 
rend particulièrement douteuse, c'est que l'accent fra[)[)e parfois en pa- 
reil cas des voyelles situées en position non intense (§ i3o), comme 
dans ubûll (ci-dessous). 

On trouvera la liste des exemples de Wb. cliez Pedersen Asp. 83, et 
de ceux de Ml. chez Strachan ZCP IV 53 ; il suffira de citer ici : bdll 
« membre» Wb. 12 a 18, côrp « corps » (Wb. 12 a 12), milsi « doux » 
(ace. pi. n. de DiiJis) Wb. G 07, ôrd « ordre » W b. 9 c 17; ànd 
(c ici » Ml. 2G c 2, cînn « à la tête » (Ml. d>k c 2/i), fondas « irritation » 
Ml. 18 a 10, lôsc « aveugle » Ml. 45 c 9, ubi'ill « des pommes » (gén. 
pi. de ubalï) Ml. 100 c 21 ; etc. 

§ 24. Pour indiquer la longueur d'une voyelle, il arrive aussi qu'on 
la redouble. Ainsi, riiun « secret » au lieu de rnn,ceele « compagnon » 
au lieu de cc'le. En pareil cas, au redoublement s'ajoute souvent l'accent, 
qui frappe indifle rem ment la première ou la seconde voyelle du groupe: 
rûiin ou rui'in, ccele ou cc'eJe. 

Ce redoublement est fréquent dans les monosyllabes. Ainsi : bàas 
« mort » Wb. 3 b 8, laa « jour » Wb. 5 b 4, maaiii « joug» Ml. io3 
d 20, slaâii « sain et sauf » Wb. 12 b 1 1 ; becs « coutume » Gam. 37 d, 
dreecht « portion » Wh. 5 c 2, héet « jalousie » WId. 5 a i3, ket V\h. 



20 PHONETIQUE 

23 b i8, gléc « clair » Wb. 12 aa, glke Wb. 12 c 12 ; r'ii « roi » Wb. 
28 a i5, tiir « terre » Wb. 29 cl 28 ; côor « place » Wb. 12 d i5 ; 
chlu « gloire » Wb. 708, c/hJ « dos » ÇWh. 2/i a 16). 

§ 25. En dehors des monosyllabes, le redoublement s'emploie sur- 
tout pour certaines voyelles longues, que la grammaire comparée re- 
connaît issues d'allongement compensatoire, et qui, d'après certains 
indices (§§ 63 et 86), devaient avoir deux sommets d'intensité : bélre 
« langage » écrit béelre Wb. 12 d 6 ; céJe « compagnon » écrit céele Wb. 
6d4 ;cenél « race » écrit cenéelWh. 5 a i4 ; gabâl « prise » écrit gabaaJ 
Wb. 26 b 18 (cf. le composé indocbàal « gloire » Wb. A b 6); 
dorigéensat « ils ont fait » Wb. 5 a 2/i ; ni épéer « je ne dirai pas », 
asbéer «je dirai» Wb. 82 a 20, 22 (Thurneysen RC VI 325 n. 3), 
cf. § 334 ; éliid, nom verbal de élaim « j'échappe », gén. celnîhaV\h. 

II c II. 

Exceptionnellement, on rencontre le redoublement en dehors des cas pré- 
cédents comme ààn^ciiûrsagad « reproche » Arm. 18 b i ; bcesadK manière » 
Wb. 9 a 3 (d'après bées) ; biuii « je suis » Wb. 16 d 8, où le redoublement 
n'a peut-être pour objet que de marquer la séparation dos syllabes (biiiii 
= bi-ii). 

§ 26. Diphtongues. — 11 importe de distinguer les vraies des fausses 
diphtongues. Les secondes sont celles qui résultent de l'infection 

(§74). 

Les vraies diphtongues sont : ai(ae), oi(oc), au(ao), cu(eo), ou. 

Elles sont généralement surmontées d'un accent qui frappe la pre- 
mière voyelle : ài(àe), ôi(ôe), àu(ào), ch(co), on. 

Les graphies ai ou ac, oi ou oc, an ou ao, cii ou eo, sont employées 
indifféremment. Exemples: gàith on gâeth « vent », sàithar ou sàelhar 
« peine», etc. ; dôinacht ou ^(i^wac/;^ «humanité », nôib ou nôcb « saint», 
sôire ou sôere « liberté » ; gàu ou gâo « faux », au « oreille », nue « petit- 
fils » ; éulach ou éolach « instruit » ; Jour « suffisant », etc. 

A ces diphtongues, il faut joindre ia et ua, qui sont sorties des voyel- 
les longues é et ô au cours du vieil-irlandais (§ 62 et ss.). 

Remarque. — Il n'y a que peu d'exemples des diphtongues du (do) , eu 
(éo) et ou. En ce qui concerne la première, on notera que due « nepos » 
(Sg. 29 a 10, 3o 1) 12) conserve toujours son u intact, sans doute parce que 
la diphtongue était immédiatement suivie d'une voyelle. 



DES SONS ET DES LETTIIES 2 I 



II. — Consonnes. 



§ 27. Le vieil-irlandais possède les signes suivants : b cdfg h l m n 
p r s t. 

Remarque I. — Les signes k, qu et z sont aussi employés, mais uniquement 
dans des mots empruntés du latin ; k et qu n'ont aucune valeur spéciale et 
tiennent la place d'un c : prid-kalde « pridie kalendas » Sg. 220 a i ; aqiiil 
« Aquila )) Ml. 27 b 9, quart « quartus » Sg. i58 a 2, 187 b i, aeqiiinocht 
« acquinoctium » BCr. 25 c i , etc. ; z ne se rencontre qu'après / dans baitzim 
«je baptise », plus souvent écrit /7iî/7s//n (^iarna-baitzed a après son baptême » 
Arm. 18 a i) et dans gratzacham « gratias agamus », écrit aussi grazachatn 
Arm. 7 a I. 

Remarque II. — Le signe x (=cs) n'apparaît que rarement, dans des 
mots empruntés du latin (bissexî « bissextile » BCr. 82 c 10, lax « laxus » 
Ml. 28 b I etc., oxalaih « axillis » Tur. 35, etc.) et aussi dans quelques mots 
indigènes {cUxa « noble », dixnigur « je parais », foxiil <( suppression » Ml. 
l'ilx a 3, taxai gl. uerriculum Sg. 53 b 4 ; etc.). 

Remarque III. — En dcliors des cas étudiés plus loin (§ 3G) où il a la 
valeur d'un b, le p ne figure guère que dans des mots empruntés du latin. 
Ainsi parche « parocliia », pardus « paradisus», peccad « peccatum », persan 
« persona », popul « populus », prccept « praeceptum », propir « proprius », 
pupall « papilio », apstal « apostolus », escop w episcopus », baptaist « Bap- 
tista » etc. On rencontre aussi le p dans de rares mots indigènes d'origine 
inconnue, tel pata « lièvre ». Cf. Windisch KSB VIII i. 

§ 28. Il convient de mettre à part le signe h ; en dehors des cas oîi il 
forme groupe avec d'autres signes ( comme dans ch ph tb, § 82) pour 
désigner un son spécial, h n'a jamais qu'une valeur graphique et ne 
représente aucun son réellement prononcé. 

M. Pedersen Asp. 12/1 a essayé de prouver quel'/; avait eu une prononcia- 
tion réelle en vieil-irlandais et qu'il représentait un phonème disparu 
(p ou y) ; mais son hypothèse a étéréhitée par M. Thurneysen IF Anz. IX 43. 

Le signe h sert : 

a. A indiquer la séparation des syllabes devant voyelle, à l'initiale 
entre deux mots, parfois même à l'intérieur. Ainsi : 

in-hellug « en communion » Wb. 2908 à coté de in-ellug 19 c 20 ; 
ishecen « il est nécessaire » WIj. 5 a 5 à côté de ni écen « il n'est pas 



2 2 PHO>iETÏQUE 

nécessaire » Wb. /| d 26 ; ronn-hîcc « il nous a sauvés » Wb. 3i d 6 à 
côté deroii-h'c V\h. 28 b i ; ro-hucad « fut porté » Sg. 174 a i ; rehe 
V(h. 4 c 1 1 au lieu de ree (diss.) Tur. 71, gén. du mot ré fém. « espace 
de temps » (§ i8/iRem. II). 

b. A faire ressortir un mot monosyllabique formé d'une seule voyelle. 
Ainsi : 

préposition / n- : hi-talam « dans la terre » Vsh. 708; hi-harpcccad 
« dans votre péché » A^ b. 20 b i3 ; 

particule interrogative i(n) : hi-pridchahat « est-ce qu'elles prêche- 
ront? » V\h. i3 a i3 ; 

particule démonstrative / : iii-bairgen hi sin « ce pain-ci » AA b. 11 
b 8, diinaib-hi « à ceux-ci » Wb. 2 c 10; 

préposition ô(ita) : hô-thoil « par volonté » Wb. 19 a 17, 22 d 5, 
hua dia « par Dieu » Ml. 1 34 d 3 ; etc. 

§ 29. c. A rappeler Torigine de mots empruntés du latin. Ainsi : 
humai « humilis » Wb. 33 a 5, humaldôit « humilitas » W b. 6 d 5, 
etc. ; heritic « haereticus » Wb. 3o b 24 ; huar « hôra » Ml. carm. 
I 5, hôre (gén. sg.) AVb. 16 b 5, hoir (ace. sg.) W"b. 18 d 10; etc. 
L7; initial manque d'ailleurs souvent en pareil cas ; ainsi on trouve : 
umal Wb. 5 d 27, uinaldôit Wb. i3 a i'],eriteccaibWh. 25 b i4, ind~ 
or-sa Wb. 12 c 35, uâirÇ ace. sg.) Wb. 16 b 5, etc. 

Inversement, 17; s'est introduite indûment devant des mots d'origine 
latine, tel que hiroiii «ironia » Ml. 44 c 9, et même devant un cer- 
tain nombre de mots indigènes dont on trouvera la liste chez Pedersen 
Asp. 127 ; les plus inq^ortants sont esseirge (bcsseirge) « résurrection », 
icc (hicc) « salut», ircss (hiress) « foi » et uisse (huisse) «juste ». 

d. Tout à fait exceptionnellement, à représenter la même gutturale que c/; 

(§ 33). 

meninnihi « inimitiés » Wb. 18 a 21 (a prima manu) au lieu de menmnichi. 

Inversement, on rencontre ch avec la valeur dune h latine dans hachai 
« Bahal, Baal » Wb. 5 a 29, Sg. poem. 229. 

§ 3o. Les consonnes participent à la triple valeur mentionnée pour les 
voyelles au § 20 ; c'est-à-dire qu'elles peuvent avoir un point d'articu- 
lation antérieur, moyen ou postérieur, et être elles-mêmes, selon l'ex- 
pression consacrée, antérieures, moyennes ou postérieures. 

Pour les consonnes initiales, c'est le point d'articulation delà voyelle 



DES SONS ET DES LETTRES 23 

suivante qui détermine celui de la consonne ; ainsi le b de bir « bro- 
che » est antérieur, celui de bail « membre » est moyen et celui de 
hiiUii (ace. pi.) « membres » est postérieur. 

Sur quelques dérogations à ce principe, v. Pcdersen A$p. 3. 

Pour les consonnes intérieures, il en est généralement de même. 
Ainsi, r est respectivement antérieur, moyen ou postérieur dans tiuiire 
(n. pi.) « les mers », Z?t''m« je porterai »,Jîni (ace. pi.) « les hommes »; 
de même g est antérieur dans tige (gén. sg.) « de la maison » et 
/ dans aile « autre ». Mais il peut arriver aussi que la consonne inté- 
rieure ait un point d'articulation différent de la voyelle Cjui la suit ; 
ainsi dans le génitif digle « de la vengeance » ou dans le nominatif 
amre « merveilleux », les consonnes / et r sont malgré Ve qui suit, de 
position moyenne (de là, les graphies diglae, amrae, § 77). Ce fait est 
d'une grande importance dans le phénomène de l'infection (§ 78). 

Quant aux consonnes finales, elles possèdent par elles-mêmes un 
certain point d'articulation qui leur est propre et peut être dilTérent de 
celui de la voyelle précédente. Ce fait est dans le phénomène de l'in- 
fection d'une importance capitale, et on en verra notamment des ap- 
plications constantes dans la déclinaison et dans la conjugaison. Il 
sufTit pour le moment d'indiquer par exemple que le t est antérieur, 
moyen ou postérieur suivant qu'il ligure dans le génitif singulier neirt 
le nominatif singulier nert ou le datif singulier neurt, du mot nert 
« force » (§ 69). De même pour les autres consonnes. 

§ 3i. Outre la triple valeur, relative au point d'articulation, qui vient 
d'être indiquée au § 3o, les consonnes c t p g d b s f l r m n sont 
toutes susceptibles d'une double valeur au point de vue du souffle (ou- 
verture). 

Zeuss désignait ces deux valeurs du nom de status duras et status mollis, 
ce qui ne signifie rien. Pour caractériser le status mollis, M. Thurneysen /F 
Anz. IX /ja a proposé le mot adoucissement (Lenierung), ce qui n'est guère 
plus satisfaisant. Depuis, on a employé le mot Aspiration ; c'est celui qu'a 
adopté M. Pedersen comme titre du livre où il a si complètement étudié le 
phénomène; mais lui-même estime plus exactle terme d'ouverture (aabning ; 
Asp. 75) et propose de distinguer les consonnes en ouvertes et fermées. On 
reviendra ici au terme vague d'aspiration, considéré comme synonyme d'aug- 
mentation de souffle, et on distinguera les consonnes en aspirées ou non-aspirées. 



2^ PHONÉTIQUE 

§ 32. On étudiera successivement la double valeur en question dans 
les diverses catégories de consonnes. 

A. Consonnes occlusives. 

La ditTérence du souffle consiste ici en l'opposition d'occlusive à 
spirante. C'est-à-dire qu'à côté des « non-aspirées y) c t p g d b, le 
vieil-irlandais possédait les « aspirées » "/^/y ât). 

c i p. En ce qui concerne les occlusives sourdes, la double valeur est 

marquée par l'opposition de c î p et de cb ib pb {f, § 34 Rem. et 5i). 

Ainsi cecbain « il chanta «prétérit de canim « je chante » commence 

par l'occlusive sourde c, et présente en son milieu la spirante sourde 

ch (§ 94). 

§ 33. Le vieil-irlandais note très régulièrement par r/;^ ib les spiran- 
tes correspondant à r et à /. 

Toutefois dans le groupe cbt, il arrive parfois que l'aspiration du 
c ne soit pas marquée ; ainsi on lit act pour acbt « pourvu que » 
Wb. 7 a I ; fect pour fecht « fois » ^\b. i3 d 7 ; ciimacîe pour cuma- 
cbte « puissance » V^h. 6 a g ; tecttaire « envoyé » A\ b. 8 d 20 ; etc. 

En dehors de ce cas, l'absence de /; est exceptionnelle ; v. Pedersen 

iTZ XXXV 444. 

Sur la confusion de ch et de g, de th et de ^, de ph (f) et de ^, v. § 4i- 
§ 34- La spirante pb appelle une observation spéciale (cf. Pedersen 
Asp. 70). On a vu au i; 27 Rem. III que le ^ est en vieil-irlandais un 
phonème d'origine récente, emprunté le plus souvent au latin. A l'époque 
où se sont établies les lois de l'aspiration, les Irlandais ne possédaient 
pas encore de p, à tel point qu'ils ont d'abord remplacé par c \e p 
qu'ils rencontraient dans les premiers mots latins empruntés par eux 
(cf. Vendryes de Hibernicis tiocabuHs 61). C'est donc seulement après 
coup qu'ils ont appliqué à ce phonème nouveau l'usage qui réglait l'as- 
piration des occlusives de même ordre. Aussi l'aspiration du^ est-elle 
beaucoup moins régulière que celle du c ou du t. On trouve par exem- 
ple à AVb. : di-peccad 24 c 18, cen-pecad 3 c 16, in-pectbo 22 b 21, à 
côté de do-pbeccad ^ h i5, di-pbectbib 29 c 10, in-phecîbo i4 d 27; in 
pbreceptori 5 a 2, etc. ; roji-d-prom-som 4 b 20, no-d-pridcba i3 a 6 au 
lieu de rondpbromson, nodphridcha (§ 5o5) ; etc. 

Remarque. — La prononciation de l'aspirée ph est indiquée avec préci- 
sion par cette remarque du copiste de Saint-Gall à propos du texte de 



DES SONS ET DES LETTUES 2.5 

Priscien : is cnmrnac Umm elir pli 7 /"« pour moi pli et f c'est la ni6me chose» 
10 a 4; p!i note donc une spiranic. 11 est permis d étendre celte conclusion 
au ch et au lh. 

Dans quelques exemples pb sert à noter la spirante /", § 5i. 

^3ù. g d b. C'est ici que se manifeste de la façon la plus sensible 
rinsufBsance de la graphie du vieil-irlandais. 

La notation des spirantes correspondant à ces trois sonores au moyen 
des ressources de Talphabet latin a été le souci constant des scribes, 
qui ne sont même pas arrivés à établir un usage régulier (cf. Zimmer 
KZ XXYII 449). 

A l'initiale, la distinction des occlusives sonores aspirées ou non- 
aspirées n'est jamais marquée dans récriture d'aucun texte vieil-irlan- 
dais ; dans les deux cas on écrit simplement g d b. Ce fait complique 
singulièrement l'étude de Taspiration syntactique (§ 16G). Ainsi is do 
diuchtrad 7 do chotJud « c'est au réveil et au sommeil » Wb. 20 c 12, où 
rien dans la graphie ne révèle que le d initial de diuchtrad est aspiré. 

§ 36. A l'intérieur et à la finale, il n'en va pas de même. 

En principe, entre voyelles, les sonores g, d et b sont aspirées, c'est- 
à-dire représentent les spirantes correspondantes aux occlusives g^ d, b. 

Ainsi tige « de la maison » doit se prononcer //v(^. 
medôn «milieu » — medôn. 

lobur « faible » — Idbiir. 

En irlandais moderne, ces mots s'écrivent tighe, meadhou, Jobbar. 

Pour indiquer que ces mêmes sonores ne sont pas aspirées, l'usage 
ordinaire des mss. est de les noter parla sourde correspondante. 

Ainsi acaldam « discours » Ml. i35 a 11 (Sg. i53 b 7), doit être 
prononcé agaJdani ; le mot dérive de ad-glddiir « je parle » (§ io3). 

ataimet « ils déclarent » Sg. 33 a 25 doit être prononcé adai- (le 
verbe est ad-daimini)', cretem « croyance » \\b. frequ. doit être pro- 
noncé credeni. 

epert « parole » Wb. frequ. à prononcer ebert ; anapaig « prématuré » 
Wb. II d 12, à prononcer anab- (irl. mod. anabiiidh). De là Temploi 
fréquent du p dans la graphie du verbe biu « je suis » : na-pa (pro- 
noncer naba) Wb. 3i c 22, etc. 

Parfois, la sourde est redoublée (§ 56) ; ainsi les graphies accaJdam 
\Ab. 3 c 4, creîtem (Wb. i b 5) ne sont pas rares. 



26 PHONÉTIQUE 

§ 87. Dans les groupes de consonnes intérieurs, il en est fréquem- 
ment de même ; ainsi pour indiquer que le d de acaldarn n'est pas as- 
piré, le mot est écrit acaltatii Wb. /i d 4 ; de même du verbe for-din- 
giui, (( j'opprime » le participe passé est écrit for-tecbtai M\. 81 c i5 
(\)i'on. for-dechtai) ; dixmol imgabâl « fait d'éviter» l'accusatif est f/^cfl/'rt// 
Sg. 2o3 a8 ; à côté de coinarhns « héritage » Wb. 9 a i4 on trouve 
la graphie comarpi « héritiers » AVb. 19 c 20; de orhem « héritier » 
le nom. pi. est orpamin (Wb. 2 c i/i). 

Comme on le voit, la graphie c t p pour les sonores g d b non aspi- 
rées n'est pas constante ; et c'est une source de gros embarras. On 
n'est sûr que comarbus a bien un h occlusif et non un b spirant, que 
que parce qu'on a la graphie comarpi ; autrement on pourrait être 
tenté de prononcer ronmrbiis. De même entre voyelles, à côté de iidte 
« non » Wb. /i b 16, on trouve jiâde Wb. 4 b i4, qui ne doit pas être 
prononcé nâde, mais bien nâde ; slogait Ml. 128 d 3 ou roslogeth Wb. 
i3 d 2/i sont à prononcer avec une occlusive, puisque la graphie 
ordinaire du verbe est sluciin « j'avale » {silices Ml. 22 b i). 

§ 38. Il en est de même à la fmale; la prononciation d'un g, d'un d 
ou d'un /; fmal n'est jamais sûre, tant qu'on n'a pas une graphie du 
même mot par c, t, p, qui prouve que la sonore ne doit pas être pro- 
noncée spirante. 

Ainsi coiidclg « comparaison » Sg. /i2 a 6 doit être prononcé coii- 
delg puisqu'on a la graphie condelc (Sg. 3 b 1); ard « haut » Ml. i4 
c 10 doit être prononcé ard, puisqu'on a aussi la graphie art Wb. 2 4 
c 10. Et inversement, on peut être sûr que bcirp « biche » Sg. 48 a 
10, 61 a i3 se termine par la sonore b puisque la graphie du mo 
en moyen-irlandais cstf;-/;(Corm. transi. 68). Au contraire ///fl^r^ « mort» 
derb « sûr » qui ne sont jamais écrits *inarp ou *derp se terminent 
sûrement par la spirante b (irl. mod. marbh, dearbh)- 

§ 39. Mais le procédé qui consistait à recourir à la sourde pour no- 
ter la sonore ne faisait qu'accumuler les équivoques. Il aboutissait en 
elTet à confondre les sonores et les sourdes ; si une graphie telle que ard 
ne permet pas de distinguer entre ard et ard, d'autre part une graphie 
telle que art laisse indécis le choix entre les prononciations art et ard. 
Et dans tous les cas, on reste sans aucun moyen d'indiquer dans l'écri- 
ture la prononciation des spirantes y db- 



DES SONS ET DES LETTHES 



27 



Les scribes de \\ b. cl de Ml. ne Iroiivèrcnl aucune échappatoire 
pour sortir de la difficulté. 

Il faut toutefois signaler une tentative du scribe de Milan pour noter la 
sonore d à l'intérieur ; le nom verbal /ort/é'c/;/ (de fordingim, ^ 87) dont le d 
n'est pas une spirante est écrit forndcchî Ml. 96 c 7 ; la nasale n'a d'autre 
objet que d'éviter la prononciation ^f (cf. ^ l\t\ et 171). 

§ [\o. Mais dans Sg. et dans vVrm., on trouve un procédé spécial, 
qui consiste à noter gg dd hb l'occlusive sonore et g d h la spirante cor- 
respondante. Ainsi, les mots condelg et ard sont souvent écrits dans 
ces manuscrits condelgg Sg. 45 a 9 et ardd Sg.53 a 7, parce qu'ils doi- 
vent être prononcés condelg, ard ; en revanche les mots marb et derb qui 
doivent être prononcés marb et derb y sont notés jnarb et derb sans re- 
doublement (v. toutefois la Rem. III). 

Le mot abgitcr (pi. apgiiri Wb. 19 d 12, apgiirib Wb. 19 d 5) em- 
prunté du latin abcccdâriuni, est écrit abbgitir (gén. sg.) Sg. 28 b 5 ; le 
mot toimtiu « signification » dont on a le dérivé cain-toimtcnacb Ml. 
3i b 10 est écrit au gén'dU foinidden Sg. 26 b 7 ; le mot uiertrech « cour- 
tisane » Wb. 9 d 5 (gén. lucrtrige, dat. mertrich W b. 9 d 4, 5) est écrit 
meirddrech Sg. ii3 a 2 ; le mot argai « argentum » est écrit arggit (au 
gén. sg.) Arm. 17 b. 

Cet usage s'est étendu à la position intervocalique : robbu « il a été » 
Sg. 17 a 5 est ropo, ropii W b. i4 b 26, etc., Ml. 67 c 9 ; bindigcddar 
« qui harmonisent » Sg. 10 a 9 avec la désinence qui est dans \A b. -elar ; 
addomsuiter-sa gl. suspendor AGr. 7 d i serait écrit dans \\ b. atonisiiiter 
(la graphie est ici étymologique, cf. § 5oi). 

Remarque I. — Wb. présente deux exemples de la graphie usuelle dans 
Sg. : claindde pour clainde 28 b 17, dcnciddu pour derscidu 28 b 3. Et on en 
rencontre quelques-uns dans Ml. : ardd i4oa 2 ; etc. 

Remarque II. — Inversement, Sg. applique parfois la graphie usuelle 
dans Wb. ; ainsi on y lit mertrech G8 b 9, ciimtubart 99 a 2, à côté d'ailleurs 
des graphies merddrcch (ci-dessus) et ciinuidiibartaig io4a 2. 

Remarque III. — Chose plus grave, la graphie de Sg. n'est pas absolu- 
ment constante; ainsi les exemples de deirhbae Ç)Ç) b i5, 16, 18 doivent, 
malgré le double b, être lus avec la spirante b (^ 38). Et inversement, 
le mot cumdach « ornement » i48 a 3 doit être lu avec l'occlusiNe sonore, 
comme le prouvent les graphies ciiintach Wb. 28 b 9 et camddach sur une 
inscription oghamique Thés. 11 289, 12. 



28 PHONÉTIQUE 

§ /(i- Ce qui achève de compliquer la graphie du vieil-irlandais, 
c'est qu'au cours de son développement les spirantes sonores (d y f;) 
se sont dans chaque ordre confondues avec les sourdes (^ y /). 
Cette confusion, constante dans les manuscrits, est toutefois exclue 
du cas où la spirante, placée immédiatement après voyelle accentuée, 
commence une syllabe. Ainsi atbir « père » el fiadu « seigneur », 
cruche « de la croix » et iige « de la maison » n'échangent jamais leur 
spirante. 

On a ainsi un critérium sur pour la séparation des syllabes. Mais cette 
question n'a pas encore été étudiée d'ensemble. En général (cf. § 94) les 
groupes oui. -^liqu. ne sont pas disjoints : -cechlaid « il a creusé », comme 
ce-chain « il a cbanlé », de *ceclade ; mais il n'en est pas de même des groupes 
spir. --h liqa.: ainsi mdthramall « maternel », de *màthr-samil, est écrit mâ- 
dramil Wb. i3 d 10. 

En outre, la confusion des deux séries, fréquente dans tous les autres 
cas, a tendu à être réglementée dans l'usage de la façon suivante : 

A la finale, les spirantes sourdes <f> et /sont généralement notées d et 
b, et inversement à l'intérieur, les spirantes sonores d ei h notées //; 
et ph (f). Au contraire, la spirante sourde y est notée ^ à l'intérieur (sauf 
devant /) et inversement la spirante sonore y notée ch à la finale. De 
telle sorte que, la diflérence de sourde et sonore mise à part, dans la 
graphie^ th et ph (f) intérieurs correspondent a d el b finals, tandis que 
g intérieur correspond à ch final. Toutefois, après i, g se conserve géné- 
ralement à la finale. 

§ /i2. Cette règle est inconnue de Cam. et de Wb. prim. man. ; on 
la trouve appliquée, mais non d'une façon absolue, dans Ml. et dans 
Sg., qui conservent souvent, le dernier surtout, les graphies th, ph, g k 
la finale, d, b, ch à l'intérieur. La seconde main de Wb. l'applique au 
contraire assez souvent. 

Son application semble en partie soumise à l'action des voyelles voisines. 
On vient de voir le cas de / ; il n'est pas isolé. Mais la question est encore à 
l'étude. 

Exemples: ci'irsagad « réprobation » Wb. i/i d i, gén. ci'irsagthn ik 
à 6; didnad « consolation » Wb. i b i, gén. dithnatha V^h. i4 b 11 ; 
descad « levain » Wb. 9 b i3, ace. pi. descthu Ml. 189 b 4 ; le sulTixe 
-thid est -thith dans epevthith « parleur » PCr. 5i a 4, etc. (cf. § 290) ; dil- 
tiiâ « négation » Ml. 55 c 8 est écrit dillulb Cam. 87 c et A\b. 6 c 2 (a 



DES SONS ET DES LETTRES 29 

prim. man.); de cruth « forme » sont issus sochrud « beau » Sg. 60 b i, 
dochrud « laid » Sg. 65 a 12. Dans le verbe, la 3" pcrs. sg. est généra- 
lement en -d, mais l'on rencontre aussi : subj. 3" sg. de Mu, beth Cam. 
37 d, heith Sg. 18 b 5, Wb. i3 a 4, à côté de bed VVb. 12 b 10, heid 
Wb. i3ai2, I/4C23; cl", nnmsechcth « qu'il me suive » Cam. 37 c, 
gorith « il brûle » 37 d ; les 3'' pers. en -ilhcr, -cthar sont notées aussi 
-ider, -cdar. 

cammaib « cependant » \\h. 3 d iG, caiimiph Sg. 9 a 22, 21 a i, 
ig8 a 2, 209 b 3 {caiiiniaif \\h. 10 b i); bel:^cfnth « Belzébuth » AN b. 
4 d i5; dans les futurs en f, l'opposition ordinaire est do-Iugnh « je 
pardonnerai » (Wb. \!\ d 2 4, 32 a 21, Ml. 3i c i5) et do-liigja « il 
pardonnera » (Ml. 58 c 18), etc. (§ 333). 

toisccb « premier » compar. tôisegii Wb. 18 d l'i, iôisccbii Sg. /i2 a 2, 
superl. toisigem Sg. [xi a 3, dérivé ioissigecht Ml. 137 c 6 ; teck « maison » 
en face de gén. tige (§ 4i) ; aux mots dérivés en -ach et -ech corres- 
pondent les verbes en -aigim, -igiiii : fijidbadach « bienlieureux » (Ml. 
56 b [\f\), findhadaigiin (Ml. 39 d lo, i4) ; le nom propre Achitophcl est 
écrit agitofcl Ml. 2/j c i3 (mais aussi acbitofel 23 c 7). 

Mais devant i, le ch est de règle ; defosligiin « j'enduis » Sg. i83 a i, 
le participe passif est fuillecbtae (Ml. 127 c 17, Sg. 24 a 12, Tur. 
128), etc. 

§ 43. L'application de cette règle est surtout nette dans certaines 
catégories morphologiques, comme en présentent les exemples précé- 
dents. Dans des mots isolés, elle est soumise à nombre d'actions analo- 
giques qui l'ont entravée. Ainsi : cuimrecb « lien » Wb. i d 5 est écrit 
au pi. cuiinrega 27 c 36 mais cuimrecba 23 a 5 ; pcccad fait au gén. sg. 
pectbo Wb. 3 d 20, mais au pi. à côté de pcctbi Ml. 46 d 6, pectbu Ml. 
47 b 7, Wb. a pLxdx 33 b 8. L'adjectif niaiib « bon » conserve sou- 
vent son //; final dans Wb. ; toutefois on lit waîW plusieurs fois (3 d 
10, i3, 4 a 4, 8 d 26, 6 a 18, 25 c 22, etc.), mais au pluriel seule- 
ment maiihi, matbi (16 c 11, 23 b i4, 3i b 25 ; 6 a 9, 1 1 c 5, 16 
a i3), d'après le § [\i. 

§ 44- Après certaines consonnes continues, les signes b d g ne repré- 
sentent jamais des aspirées. Les règles suivantes permettent de déter- 
miner ainsi d'avance la prononciation dans certains cas. 

Ne sont jamais aspirées : 



3o PHONÉTIQUE 

a) Après nasale de même ordre, les consonnes h d g : cimbid « captif » 
V^h. oo a 6, îiiibed (.< abondance » W\). 2/1 b 18; alind « beau » V^h. 
7 c I, claud « enfant » A\ b. 2 c 12 ; hiigas « voyage » (W b. 3i d 19) 
sont donc à prononcer respectivement avec b^ d, g français. Cf. § 97. 

Keniarquc. — Il est nécessaire que la nasale soit de même ordre que la 
consonne suivante ; ainsi il y a deux mots ingen, l'un signifiant « ongle » 
(Sg. 46 b i3, 217 37) et l'autre « fdlc » (Sg. 100 a G); le premier doit se 
prononcer avec l'occlusive g, car la nasale précédente est une gutturale (irlan- 
dais moderne ionga) ; mais le second avec la spiranle y parce qu'il contient 
une nasale dentale (irl. mod. inghcan); ingen « fille » remonte en effet à 
inigcna (^ i32). 

§ /|5. b^ Après J, la dentale d : le mot accaJdaiii discours est donc à 
prononcer avec un d français comme le prouve d^ailleurs la graphie 
accaltam (§ 87). 

Mais un b ou un g après / peuvent représenter la spiranle : delb 
« forme » se prononce delb (irl. mod. dealbb) et diJgiid « oubli » dilyud 
(moy. irl. dUgbiid^ Et après r^ les trois signes représentent rocclusive 
ou la spirantc : -ordigcstar « il a ordonné » \\b. 6 a 3 contient l'occlusive d 
(cf. la graphie -orligestar 6 a /i), mais comarde « signe » Wb. 10 c 19 
la spirante ^(irl. mod. coiidjardba) ;frisorgat « ils offensent » Ml. Sg d 3o 
contient l'occlusive g (cf. la graphie ordinaire frisorcat Ml. i5 a 8, 
86 c 6, io4 b 2) mais esc'irge « résurrection » Vs h. 18 b 5 la spirante y 
(irl. mod. eiséirghe) ; comarbus (avec b, § 38), mais niarb (avec b, 

§38)- 

§ [\Ç). Les §i^ 35-/i5 peuvent être résumés dans le tal)leau qui suit : 

A V initiale, les signes b d g représentent régulièrement des occlusives 

(des spirantes, seulement en cas d'aspiration syntaxique, 

§ 167). 

A Viiifèricur et à la finale, les signes b d g représentent : 

des occlusives, toujours après nasale de même ordre (d 

en outre après /), en cas d'alternance graphique avec 

p t c et quand ils sont redoublés. 

des spirantes, toujours en cas d'alternance graphique 

avec pb (f), ib, cb; le plus souvent entre voyelles. 

§ /i7. B. Liquides et nasales. 

Pour les liquides et les nasales, l'aspiration n'est marquée par aucun 



DES SONS ET DES LETTUKS 3l 

signe extérieur. Mais comme les dialccles irlandais modernes mainlien- 
nent dans la prononciation ime diiïércnce entre m n r 1 aspirées ou non 
aspirées, il y a tout lieu de croire à une dilTérence analogue en vieil- 
irlandais (cf. Pcdersen Asp. 14-67). 

Quelques indices graphiques viennent appuyer cette conclusion, no- 
tamment pour 1)1. ; cf. 1^ 1 16, pour / et pour r. 

L'aspiration de /;/ en irlandais moderne fait de cette nasale une spi- 
rante bilabiale très voisine de v. Or, en vieil-irlandais, on relève des 
confusions graphiques de /;/ et de h, cpii ne semblent s'expliquer que 
par une parenté très proche entre b aspiré (= p, j; 06) et ni aspirée 
(cf. Zimmer KZ XWIl /|64 n., XXVIII 33i, XXXII 201). Ce sont 
les graphies : saibibcni gl. peruersissimi Ml. 3 a 5, au lieu de saibiiiiciii, 
-imem étant le suflixe ordinaire du superlatif (§ 23o) ; mebûid lly . Y 78, 
au lieu de memaid Ml. 127 d 6, prétérit redoublé de inaidiin « je m'é- 
lance » ; mebuir^^h. 20 a 5, aiuprom Ml. 28 a 18, 3i c 6 des mots 
empruntés du latin niciiioria et iniprobus, et les nombreuses formes du 
verbe emprunté au latin probâre : rond-proni-soni Wb. 4 1) 20, proiiitbc 
Wb. 7 b 17, promfidir \Ab. 17 b7, prouiad Wb. 16 c 10, Ml. 54 a 
16, etc. 

Toutefois, M. Tluirnoysen IF Anz. IX 43 a cherché à expHqucr par des 
influences analogiques la confusion de b et de m dans les mots précités. 

§ 48. Mais on a un autre indice plus probant du fait que l'aspira- 
tion de la nasale m existait déjà en vieil-irlandais. Si Wb. et Ml. por- 
tent toujours indistinctement m simple, Sg. a l'égulièrement une m 
redoublée (ou une m surmontée d'un trait, ce qui est tout un), dans 
les cas où l'irlandais moderne prononce une m non-aspirée, et m sim- 
ple dans les cas où 1' m est aspirée en irlandais moderne. Toutefois ce 
procédé ne s'emploie qu'à l'intérieur et à la finale, jamais à l'initiale. 

Ainsi Sg. distingue aiimiiser ^< temps », coiiiiindiu « seigneur», colin- 
niéne « nerf », a'uimm « nom », bcriiiiiii « je porte » de coniairk « con- 
seil», toniad « menace », crétein «croyance», iiiôideni « gloire », etc.; 
en irlandais moderne, les derniers mots sont écrits comhairle, tomhadh, 
crcîdeanih, niaoidhcaiiib (cf. Pedersen Asp. 100). Mais V\h. et Ml. ont 
m simple dans les deux cas : cf cuimse « but » Wb. i4 a 3, irl. mod. 
ciiimse, mais trimse « trimestre » (Wb. 19 d i5) irl. mod. îréimhse 
etc, etc. 



32 PHONÉTIQUE 

% lig. — C. Spirantes s et/. 

L'aspiration des spirantes s el f a eu pour résultat de les transformer 
en un simple souffle, sans doute à peu près comparable à V h aspirée 
de l'anglais moderne, mais qui en somme aboutit rapidement à zéro. 
C'est par la chute pure et simple que se manifeste parfois dans la 
graphie l'aspiration de ces deux spirantes. 

Ex. : De ar-sissiar « je m'appuie sur », prétérit ar-ro-issiur « je me 
suis appuyé » Ml. 88 a 9, ar-ro-iscstar « il s'est appuyé » Ml. 18 d 
16 avec chute de s après ro (§ ^28) ; de même, àc fo-sissiur « je con- 
fesse » (fosissetar « il confesse » Ml. 182 ai, fosisefar « je confesserai » 
Ml. 58 c \",fosisider « que tu confesses » Ml. 66 c 1), prétérit /n-ro- 
issesîar <( il a confessé » Ml. 46 d i5. 

De ad-fédim « je prononce » an aâ-iadar « ce qui est prononcé » 
Wb. 27 a 10 (ad-fiadar « il est prononcé », 18 c 8 etc., § Sgo). Des 
verbes do-fcdim « j'élève », do-fichiiii « je venge », do-foidim «j'envoie » 
lesprétérits sont du-da-ni-id « qui les a élevés » Ml. 63 b \-i, do-ro-acbt 
« il a été vengé » Ml. 9S d 9 (43 d 1 1), do-ro-id « il a envoyé » (Ml. 
53 d 9). De do fins « à savoir » s'est formée la conjonction dûs, fréquente 
pour introduire une interrogation indirecte (§ 688). 

§ 5o. Autres exemples : 

as ccch-uidiii « de chaque étape » Ml. 8:^ d i (substantif suide, n. 
« station, étape ») ; dcarc bratbûrdf « amour fraternel » AVb. 33 
d 6, composé du mot jt'/r « amour » ; ind-cct-sa A\b. 3 a 7, 3 c 22 
(4 a 8), ind-ect-so V\h. l\ d 3 « celte fois » du molfirbt « fois » 
(§ 33) ; ar-a-laiîh « sur son empire » AVb. 3o d 4 du mol fiai th (cf. 
inn-a-laith Wb. 3i a 3, ard-Iathi « grands seigneurs » AM). i a 3) ; a 
orcital « son enseignement » Wb. 8 b i3 du mot forcilal. 

Remarque. — L's ne subit jamais l'aspiration dans les groupes initiaux 
se, sî el (dans des mots empruntés du latin) sp. 

§ 5i. En général dans la graphie de AAb. et Ml., surtout à l'initiale, 
rien n'indique l'aspiration de s et de f. 

Ainsi : hanfiaiti] « seigneur femme » (Ml. i/| a 2.) ; à côté de tero- 
chraic « récompense » Ml. 36 a 32, 36 b i, on trouve terfochraic Ml. 
\\ a i/j, gén. ierfochracce Ml. 36 b i, où l'aspiration de/n'est pas no- 
tée ; à côté de do-ro-llitind « il a nié » (Tur. 1 18), do-ro-sluind (Ml. 58 
a II, 93 c 8) avec s maintenue dans la graphie. 



DES SONS ET DES LETTRES 33 

Dans Sg. au contraire est généralement appliqué l'nsage du punctuni 
delens au-dessus de la lettre pour marquer Taspi ration. 

Ainsi oljoirbtbe « plus que paiiait » (i5i b i), immefohîgai (( qu'il pro- 
cure » 127 b 3 (àcôtéde immtfûrlairig « qu'il a procuré » Ml. 38 c lo) ; 
doforsat « qui a créé » 3i b 5 (à côté de doforsat « qu'il a créé » Ml. 

17 b 6) ; désillabche « dissyllabisme (44 b 2) ; inisamil « comparaison » 
04 a 8 (à coté de inisamil A\ b. 19 d iS, inlaiiiil Wb. 5 a i3, iiilatnail 
Ml. 61 c 8). 

A rinitiale isind-fcmun « dans le féminin » 76 b 2 ; hi-toganiiiiii 
frccùdairc « dans le présent vocatif » 207 b 5 ; di-kirc « d'amour » i 
a 2 ; ind-srolbo « du courant » 35 b 7. 

Le punctum delens se rencontre accidentellement dans AVb. : ind fir « les 
hommes » o3 c 9 (v. loulcfois la note du Thésaurus). 

Le même Sg. présente quelques exemples de la graphie pi) pour/non- 
aspirée : tinphed (^ aspiration » G a 12, etc. (à côté de tinfedWh. 32 c 3). 

i^ 02. Dans quelques mots, l'aspiration de s est notée par f^ notam- 
ment j//^r « sœur », se « six » et seiiniin « je poursuis ». Ainsi iiiojiur 
« ma sœur » ; mor-fesser « grande sixaine » (sept hommes) Arm. 

18 a 2 ; à côté de an-dum~sennat « quand ils me poursuivent » Ml. 39 
c 28 prétérit redoublé do-scfnatar Hy. V 62. 

Cette / n'est pas a.'splrée et par suite doit se prononcer f, puisqu'elle est 
parfois notée /?// (§ 5i): dosephainn « il a poursuivi » Hy. V 67. La graphie 
isolée -s^/'/tî/Vîn Ml. 36d 17 n'a pour ohjet que d'indiquer la non-aspiration 
de/. 

§ 53. L'explication de ce fait, déjà indiquée dans^^" 58, a été déve- 
loppée et précisée par M. Thurneysen RC VI 3i4 n. 5 et KZ XXYIII 
1 48 : c'est que les mots en question commençaient primitivement par 
le groupe sv-. 

Remarque. — A deux reprises, le scribe du manuscrit de Milan semble 
avoir écrit / pour su- dans des mots latins : felis (= suilUs) 4o a 12, fa (^= sua) 
43 c 24- 

§ 54- Dans certains mots, y non-aspirée est notée par b. Ainsi le 
pronom possessif de la seconde personne du pluriel far, for « votre » 
est souvent écrit bar, /'o;(§ 5 18); et M. Thurneysen KZ XXXI 85 a 
signalé l'opposition de J et de b dans co-farfia gl. impleat Ml. 55 c i G, 
forfenar « il est consommé » Tur. 45, et /;/' forbaiiar Sg. i48 a 11 

6 



34 PHOISÉTIQUE 

con-jorhanarVsh. lA d 27. Il est possible que Femplol de ^ (c'est-à- 
dire h spiranl) en pareil cas soit un procédé détourné pour conserver 
la prononciation de la spirante/ et éviter qu'on ne la supprime en 
l'aspirant. 

On a vu plus haut des cas où inversement/ était employé au lieu 

de ^(§41). 

S5 55. Remarque I. — La chute de s et de / en cas d'aspiration a donné 
lieu parfois à des confusions analogiques. Du latin inicllcctns l'irlandais a 
tiré un mol inîlhichî attesté fréquemment (Wb. 5 b 3, 5 c 21, 26 d 28, 33 c 
18 ; Ml. 18 c II, 24 d 22, 26 c 3, 27 b 9, etc. ; Sg. 42 b 5, 53 a lo, indUucht 
Sg. 3 a 3, 197 a i4i 198 b 4)- Par analogie des cas où après l'article un s 
subit l'aspiration, le mot intlkicht a été coupé int-liucht « rintelligence » et 
écrit int-sliiicht ou ind-sliucht Sg. 2G a 9, 89 a i, 5o a 2, 76 b 5, i48 b 7, 
201 a 2, 209 b 3o, 2iob 2 ; 209 b 32, 178 b 4 ; et finalement on a tiré de 
là un mot sliuchî « intelligence » Sg. 200 a 7 (cf. Ziinmer KZ XXX 95). 

Sur le cas analogue de tongim « je jure», traité comme s'il était (io-/ort^//», 
v. § 436 A. 

Remarque II. — Dans Ml., la préposition /r/7/z perd quelquefois sa con- 
sonne initiale par analogie des cas où la spirante f disparaissait par suite 
d'aspiration : ainsi rinn pour frinn 54 a 3, re pour/;/ l\l\ b 4. H faut peut- 
être expliquer ce fait par l'affaiblissement de la consonne initiale qui se 
manifeste dans certains proclitiques (ii i6/i), du type samail : ainal. 

§ 56. Des consonnes géminées. — La gémination des consonnes se 
ramène physiologiquement à une question de quantité et d'intensité de 
l'articulation, non de qualité; en ce sens que les consonnes dites gé- 
minées (ou redoublées) sont en réalité des consonnes longues et fortes, 
et les consonnes simples des consonnes brèves. 

La graphie du vieil-irlandais présente un nombre considérable de 
consonnes géminées ; mais, malgré les travaux de M. Pedersen, qui a 
dressé la liste complète des consonnes géminées dans A\b. (Asp. 84- 
124), les problèmes que cette question soulève attendent encore une 
étude d'ensemble. 

Cf. pour Ml. Strachan ZCP IV 5G ; pour Sg. id. ibiii. 479- 

On peut poser les règles suivantes : 

§ 67. A. Les consonnes aspirées n'admettent pas la gémination. 

A\b. ne présente à cette règle que les exceptions suivantes : iudiih- 
tbritb I T a 19, adîhranili 9 a l'i, 28 c 2'], fogchriccc 10 c 21 ; cf. ailh- 



DES SONS ET DES LETTRES 35 

thisc Ml. 35 c ^3 ; il est clilïicile de délcnniner jusqu'à quel [)oint la 
graphie représente ici la prononciation. 

Il résulte de là : 

i" que/ représentant par rapport à p un son aspiré, on ne doit jamais 
rencontrer la graphie^. Gela se vérifie dans \\h. ; mais dans Ml. et Sg. 
on rencontre iffern « enfer » (Ml. a3 a 5, Sg. 39 a 2/1, /ii b 12, 53 h i) 
à côté de ifeni (Wb. i3 c 26, 32 c i3, Ml. i3o b 6). La grapliie^a 
pour objet d'empêcher une prononciation ifcni. 

2° quemw^ ss représentent naturellement des sons non-aspirés (cf § ^8). 

3" que les graphies dd, gg, hb ne se rencontrent pas dans Wb. , puisque 
d, g el b y sont normalement à fintérieur ou à la finale des consonnes 
aspirées (§ 3G), sauf dans le cas fort rare (§ /jo Pi. i) où dd n'est que 
la notation de l'occlusive d. 

Cela aide à comprendre pourquoi certains manuscrits, comme Sg., 
ont pu utiliser d'une façon régulière la gémination de d, g, b pour re- 
présenter les consonnes non aspirées. 

Il faut mettre à part les graphies étymologiques comme mamiddlcgar Wb. 
32 a 18 ou maimbhaiisim Wh. 8 a i, où le premier d et le premier b repré- 
sentent chacun un élément morphologique (pronom inllxe). Toutefois, 
même dans ce cas la règle générale peut s'appliqvier (!:; roo) ; ainsi à côté de 
rohbia (j'o-b-bia) « il sera à vous » Wb. i3 d 82, Wb. écrit aussi robia 21017 
et ropia 16 a 1 3, 27 c 13 (pron. robia). 

§ 58. B. La gémination des consonnes non-aspirées, fréquente dans 
la graphie des manuscrits, est le plus souvent arbitraire. 

Wb. fournit pèle-méle : accus « près » 23 b 4i et acus 9 c 32, ecohci 
« de l'église » 11 d G etc. et œccalsa 907, coscc « punition » 5 a 16 et 
cosc 9 a 19 ; caie « qu'est-ce » 25 c 23 etc. elcatie 19 d 22, et a jalousie » 
17 b 26 et ^'// ( 5 a i3) ; corp (96 fois) et corpp 3 d 1 1 ; iiesa « proche » 
2 b 17 et ncssa ^h 17 ; asindbiur « que je le dis » i3 a 2 5 et assidbeir 
« qui le dit » 20 a 10; héimuioi « du coup » 17 d 2 et béineii 17 d 2 ; 
forcenn « fin » i/| c \f\ el forcen 18 c 11 ; albdil « il meurt » /j d i5 
et adbaill id b 11, iiitcllfca « il n'y aura pas place » 26 a 23 et nitcJjca 
20 b 18 ; ciarricc « quoi donc? » 9 b 2^ el ciaricc 2 a 5 ; etc. Et il en 
est de môme dans Ml. et Sg. : -aci « tu vois » Sg. i5 b 6 et -accai Ml. 
17 b 6,freccor « culte » AVb. 1 1 b 5 ci freciw Ml. 137 c i,fissiib « sa- 
vant » Sg. 90 a 8 cl Jïsid Sg. i5 b 8; etc. 



36 PHONÉTIQUE 

Une consonne issue d'un groupe de consonnes est même indifférem- 
ment écrite simple ou géminée : accohor « désir » (26 fois dans AMj.) 
et acohor (de *ad-cohor, § io3) ; apprise « fragile » Wb. 9 c 10 et n. pi. 
aprisci Ml. 69 b i (de*ad-prisc) ; roitte g\. aclus Ml. 36 d 21 et dat. 
roitiuMl. 36 b 4 (de roithim « je pousse », soil *rûiib-ie); is-samUd 
« c'est de même » AVb, 6 a 12, 12 c 32, isamlid h a 27, 5 b 36, 12 
G ^6 ; hituilsiu « dans ta volonté » Ml. 69 a 21 (= hi-t-inil-sin) ; ocomct 
« à garder » Ml 100 c 21 (= oc-coméi). 

§ 59. Malgré ces irrégularités, M. Pedersen a reconnu dans ^^b. en 
ce qui concerne l'occlusive c, une tendance à la gémlnation après syllabe 
longue, dans les groupes de consonnes et à la fin des mots (^Asp. 87) ; 
mais cette conclusion ne se vérifie ni pour m ni pour s- Et l'usage de 
Ml. semble sur ce point différent de celui de AA b. 

§ 60. On serait donc tenté de croire qu'en général la gémination en 
vieil-irlandais est purement graphique. Il est cependant un cas où elle 
devait correspondre à un fait réel de prononciation : c'est à la pre- 
mière syllabe d'un groupe proclitique dissyllabique, où la gémination 
semble liée à l'existence d'un contre-accent (§ 096). Mais ce simple 
fait, malgré son intérêt, ne permet pas d'établir une théorie complète 
de la gémination. 

Remarque. — Pour nn, mm issus de nd, mb, v. §§ 106 et 107. 



CHAPITRE SECOND 



DES MOTS 



§ 6 1 . Les phonèmes que l'on a étudiés isolément dans le chapitre 
qui précède n'ont d'intérêt que dans la mesure où ils servent en se com- 
binant à former les mots de la langue. Mais dans cette fonction, ils sont 
exposés à certaines altérations, indépendantes de l'accent ou causées par 
lui. C'est à l'étude de ces phénomènes qu'est consacré le présent cha- 
pitre. Il ne s'agit pas de définir ici le mot en tant que formé d'éléments 
qui lui donnent un sens ni en tant que jouant un rôle dans la forma- 
tion de la phr'\se ; la première étude rentre dans la morphologie, la 
seconde dans la syntaxe. L'objet de ce chapitre est d'examiner le sort 
des différents phonèmes dans les combinaisons auxquelles ils se prêtent 
pour former les mots. 



I. — Phénomènes indépendants de l'accent. 

A. — Vocalisme. 

§ 62. Fracture des voyelles longues é et ô. 

Les voyelles longues é et à, sauf quand elles étaient issues d'allonge- 
ment compensatoire (§ 63), ont subi, au cours de la période du vieil- 
irlandais, la fracture en \a et ua. Les diphtongues nouvelles ainsi pro- 
duites sont le plus souvent notées la et ûa. 

Il s'agit ici d'une évolution qu'on peut suivre pas à pas, puisque les 



38 PHOÉTIQLE 

documents les plus anciens, comme Wb. prim. man. et Cam. (§ lo), 
ne présentent encore aucune trace de fracture (cf. Thurneysen ZCP III 
li8), tandis que dans les textes plus récents la fracture est un fait géné- 
ralement accompli. 

Exemples : ce « qui ? » conservé en composition (§ 56o) et dans cer- 
taines locutions, mais devenu généralement cia ; -tégot « ils vont » (Cam. 
38 b) devenu -tiagat Wb. 5 a 5 ; fédot (gén. sg.) « du seigneur » Cam. 
37 c devenu fîad aï Hy. \ ^k\jial Wb. i5 a 29, riagol Sg. 32 a 2, 
/il a /j, empruntés des mots latins uèlwn, régula] le nom du fleuve 
Rhènus est rian Sg. 217 b 1 1. 

ôod « de lui » Cam. 37 b devenu iiad {^ Su); soos « en haut » 
Wb. 20 a 8 (prim. man.) devenu suas \ hoid « victoire » Wb. i!\ a 
16 (pr. m.) devenu hnaid ; gluass W b. 8 c [\ emprunté du latin glôssa. 

§ 63. Mais les voyelles longues issues d'allongement compensatoire, 
telles que celles de et « jalousie », cèle « compagnon », bélre « lan- 
gage » ou srôn « nez », côre « paix », etc., ne subissent jamais la frac- 
ture. C'est un critérium à ajouter à celui qui a été signalé au § 26 rela- 
tivement à ces sortes de longues ; cf. encore § 86. 

Remarque I. — Il est possible que la fracture ait commencé par les mono- 
syllabes, et aussi qu'elle ait été plus rapide pour é que pour d. Du moins 
cette conclusion paraît autorisée par l'examen de Philarg. (ïhes. II /jG ; cf. 
Thurneysen ZCP III 52). On y trouve l'd long généralement conservé (con- 
bôchail 12 b gl. hj\oi\ ^^ conbuachaill yVnc. Laws I 126; finbondid ili a gl. 
uinitor, déi'lvé de finbuain « vendange », etc.), sauf dans le seul cas de la 
préposition ddéjà écrite lia 22 a. En revanclic Yé long y est déjà altéré en ea 
dans fe ad in ne 8 b gl. labruscas, qui contient le mot noté plus tard fiad 
« sauvage ». 

Remarque II. — Certains mots ne présentent pas la fracture de ô, par 
exemple lôg « prix » gén. loge, fréquent à Wb. (1 c 3, 5 d 35, 6 a 5, G a 11, 
10 d 23, 29, 1/4 c 8, 9, 10, II, i5 b II, iG, 17, ;>.3 c 25, 2Zi d i , 27 c 10, 
12, 29 a ili — 3 c i , 10 d 22, 3i , 16 d 4) ; on ne trouve qu'un seul exemple 
de luag en vieil-irlandais (Sg. 4i b 6 luach). 

Remarque III. — La fracture a atteint, comme on l'a vu, nombre de 
mots empruntés du latin ; certains ë du latin se trouvent même changés en 
ia en syllabe non-intense (î^ i3o), sans qu'on puisse déterminer s'il s'agit 
d'une évolution phonétique ou d'une simple notation graphique. Ainsi dans 
le nom propre Abêl écrit abial (Wb. 2 b 17) gén. Abéil Hy. I 5 et dans le 



DES ■MOTS 3C) 

nom de l'air aiar (de aïr) Wb. 25 b 2/4, dont le génilif est aiéir Wb. 12 d 3 
(§ 86 Rem.). 

§ 6/|. La fracture de é ne se produit pas quand la consonne suivante 
est de position antérieure (§ So) ; ce qui peut s'exprimer encore en disant 
que l'infection de / (§ 76) entrave la fracture de é. 

Ainsi de dian « rapide » (issu de *déri) dérive dcne « rapidité » ; à 
côté de -liûgût Çissu de-îégot, § i53), -tégid « il va » ; de sliab « mon- 
tagne » dat. et ace. sg. sléib (Ml. 29 d 3), dat. pi. slebib (ib-)' ^^^- P^- 
slebe (Ml. 90 b /i) ; iasc « poisson », gén. éisc (§ 83 ; toutefois iani 
« fer » fait au gén. îaini Sg. inc. Tbes. II 249, 6 et ieni Reg. io5 a 
10, Thés. I 2, mais par suite d'un nivellement analogique, car inverse- 
ment du génitif régulier eirn on a tiré un nominatif ^/w Hy. VI i/i). 

Il en est de même dans les mots empruntés du latin ; pia)! emprunté 
de poena (prononcé *pènd) fait au génitif pém Wb. 4 a 1 1 . 

Il a pu résulter de là certaines confusions ; ainsi le nom. sg. de pian appa- 
raît sous la forme pcn Wb. i5 a 16, pen Ml. lO a G (peut-être dû à pœna 
comme hôre, ci-dessous, à bord). 

§ 65. On attendrait comme contre-partie de l'exception qui précède 
que la fracture de ô en lïa ne se produise pas quand la consonne sui- 
vante est de position postérieure. Mais le fait n'est pas établi avec certi- 
tude. On a bien du mot hi'iaîhad « singulier » W b. 4 d 4 et 5 le datif 
ôthiid Sg. [\i a 8, du mot sluag « troupe » Sg. 20 b i le dat. sg. slog Ml. 
.55 c I, l'ace, pi. slogH Tur. iio a, ou du latin iiôciila le mot emprunté 
focul (aussi focal^, mais on trouve d'autre part les ace. pi. tniûgii de 
truag Hy. V 9, sluagii de sluag Hy. V 10, le dat. sg. sh'iag Ml. 95 a 
12 et inversement le gén. sg. sloig Ml. 62 b 20. 

Cette anomalie peut s'expliquer par le fait que l'infection de // est 
beaucoup moins perceptible (parce que beaucoup moins forte) que celle 
de i, et qu'elle a duré moins longtemps (§ 76). 

La fracture de 6 a été parfois entravée par des actions analogiques; ainsi 
à côté de hiiar, hiiarc, Iniair, l'influence du latin hôra a souvent maintenu 
hôr, hôre, hoir etc. : ôre Wb. i a i, hôre WI3. i a 2, hùare Wb. i a 3. 

Remarque. — Les diphtongues ia et ûa résultant de la fracture de e et de 
d se sont parfois réduites à / et u dans les textes récents, notamment dans 
Ml. (cf. Strachan RC XVllI 218); ainsi: pina (^^ piano) M\. i5 c 9, brithar , 
brithra (= briathar, briathra) Ml. 39 a 12, 44 b io,yîci (=fiad) Ml. 92 d 3; 



/JO PHONÉTIQUE 

hure (= huare) Ml. 35 b 19, 54 c 18, ii5 b 4, dulchi (= dualchï) Ml. 56 b 
i5, culatar (= cualatar) Ml. 102 d 7 ; etc. 

§ 66. Altération des diphtongues. 

Les diphtongues indiquées au § 26 ont subi quelques modifications 
au cours du vieil-irlandais. 

a. Dès les plus anciens textes, on constate une tendance à confondre 
les diphtongues ai (^ae) et oi {pe). 

Ainsi àis (aes) « âge » V^h. 12 d 3i, Ml. 45 c 9 (BCr. 82 a 9) est 
écrit ôis \\b. 12 d 26, 3i d i, etc. ; sâib (sâch) « faux » Wb. 3o c 19 
(BCr. 34 b 9) est écrit sôib (soeb) Wb. 8019 (18 d i) et on a le 
dérivé consoibat « ils trompent » Wh. 3o c i3 ; cair emprunté du latin 
quaere est devenu ro/r W b. 19 d 10; etc. Inversement, de môin f. « don » 
le pluriel est môini Wb. 28 a 17, mais luâini Wb. 23 d 4, maini Ml. 
27 a 6. 

h. Au et ou tendent à se simplifier en ô. Ainsi gàu « faux » W b. i4 c 
24 est devenu o^d Ml. 21 c 11, gôo W b. 5 a 8 ; et loun « lard » W b. 29 b 
i4, écrit lôon Sg. 70 a 7, a donné le dérivé Unaickthi « adipati » Ml. 20 a 
24- Au se réduit à u simple dans ugairc « berger » Ml. 96 d i, à côté 
de augaire (ib. 100 b 16); cf. § i46. 

c. Dans Ml., on trouve même quelques exemples de la simplification 
de oi Çoe) en 6 (cf. Strachan ZCP IV 47)- Ainsi : ôntn au lieu de oentu 
« unité )) Ml. 187 c i3, donib au lieu de dôinib « aux hommes » Ml. 
56 a i3, etc. 

§ 67. Métaphonie des voyelles brèves e^ i ; 0, u. 

La métaphonie a été souvent confondue avec Tinfection (§ 78), dont 
elle est essentiellement distincte. Elle consiste en un système d'alter- 
nances dont la formule peut être donnée comme suit : devant une 
consonne (intérieure ou finale) de position moyenne, un e et un 
correspondent respectivement à un / et un u devant une consonne 
(intérieure ou finale) de position extrême (antérieure ou postérieure). 
Il importe peu de définir ici le timbre exact de la voyelle primitive ; 
le seul fait intéressant est celui de l'alternance qui oppose dans un 
même paradigme selon la position de la consonne suivante un g à un 
i^ un à un M et réciproquement. La métaphonie apparaît surtout 
claire dans la déclinaison 011 elle a déterminé au cours de la flexion 
nombre d'alternances dans le radical des substantifs. Ce qui compli- 



DF.S MOTS ^I 

que le cas de la mctaphonie, c'est que souvent l'infection s'y est 
ajoutée, au point qu'on a pu croire longtemps que les deux phénomènes 
étaient connexes ; mais il y a entre eux cette difTérence essentielle que 
l'infection s'exerce quels que soient le nombre et la nature des consonnes 
qui suivent la voyelle, tandis que certaines consonnes et surtout certains 
groupes de consonnes ont entrave Faction de la mélaphonie. 

Sur le rapport chronologique de la métaphonie et de l'infection, voir 
MSL XIV 39.3. 

§ 68. Exemples de métaphonie. 

consonne ^^ nommaûn rop « tropus », gén. trnip Ml. 4o c 19 (comme 
dans les exemples suivants, Vi est ici un / d'infection, § y/j). 
consonne t^ nominatif r//// « part », gén. cota. 
consonne c, nomin. loc « lieu », gén. luic. 

consonne b, nominatif /f/'or « livre », ântif libur Ml. io4 a 7 ; nomi- 
natif /r^^ « tribu » ou friub, gén. irebo, dat. triub (avec ii d'infection), 
consonne d, nominatif ^J « fois », gén. feda; nominatif mid « hy- 
dromel », gén. medo; fled « banquet », dat. sg. flid Wb. 9 b il\. 

consonne 0^, nomin. tcg « maison », gén. tige ; nomin. miig « esclave », 
gén. iiioga; nomin. og « œuf », gén. uige, nom. pi. nige (avec / d'in- 
fection) ; deiig « boisson » (cf. MSL XIV /io8), gén. dige. 

consonne I, nomin. del « mamelle », dat. diul; nomin. gel « bril- 
lant », dat. ginl Ml. /jo d 4 (avec ;/ d'infection) ; nomin. toi « volonté », 
gén. tuik^ dat. tuil (avec / d'infection) ; nomin. ;;/// « miel », gén. tncla. 
consonne r, nomin. fer « homme », gén. fir^ ace. pi. Jiru; nomin. 
bir « broche », nom. pi. bera, dérivé berach ; nomin. smir « lard », gén. 
smera; nomin. midr « mer » (avec / d'infection), gén. mora. 

consonne ni, nomin. tram « lourd », gén. truim (avec /d'infection), 
consonne n, nomin. guin (avec / d'infection) « blessure », gén. gona ; 
sen « vieux », comparatif ^/?m Wb. 34 a 5; nomin. gin « bouche », 
gén. gena^ Ion « merle », gén. luin. 

consonne th, nomin. criith « forme », gruth « lait caillé » gén. 
crotha, grotha ; nomin. ///; « blé » gén. etho (Sg. 60 a 4)- 

consonne cl}, nomin. ïuch « souris», gén. lochaf, nomin. croch 
« croix », gén. cruche. 

Dans quelques cas devant //;, et surtout devant ch, la métaphonie ne 
se produit pas. Ainsi, le mot féminin loth gl. cœnum Sg. 34 a 6 fait 



/ja PHONÉTIQUE 

au génitif loithe Sg. 127 a t, à l'accusatif loith Ml. 60 a G (avec / d'in- 
fection dans les deux cas) ; le neutre letb « côté » fait au génitif leith, 
au datif Icuth BCr. 3 c (avec u d'infection). Pour ch on a l'exemple 
très clair fourni par la flexion de l'adjectif indéfini nech, qui apparat 
fréquemment dans les gloses et fait toujours au génitif neich, au datif 
neucl) (avec « et /' d'infection). 

§ 69. Groupes de consonnes. En général, les groupes de consonnes 
entravent la métaphonie, notamment ceux formés de r, l o\x s -\- occlu- 
sive. Exemples : 

noniin. iievt « force », gén. neivt, dat. iieitrl (avec /et //d'infection; 
ce mot très employé ne porte jamais trace de métaphonie) ; serc «amour» 
ace. seirc Wh. i!\ d i5. Ml. 103 b 2 ; corp «corps »gén. aw'pMl. 121 
c 7, ace. pi. corpii; cerp « morceau », '^én. ceirp; nom. hcirp « biche» 
(avec /■ d'infection); serg «■ maladie », dat. senrc Ml. 1/12 c3; merg 
« ride », ace. tneirc Ml. 182 c 8; clerb « sur », dat. masc. deurb Ml. 
io3 b II, ace. fém. deirb Sg. 66 b 9. 

nom. (h'ib « forme », gén. dclbe Wb. 1 b 19, dat. deilb Sg. 5 a 5, 
ace. deilb Ml. i32 02; nom. delg « épine », gén. delge. 

nom. lesc « paresseux », pi. kiscc Wb. 01 b 28 ; îJiesc « ivre », 
dérivé iiiescc (j; ooo) ; cosc « ch;ilimciit », gén. coisc ; ceist (avec / d'in- 
fection) « question », gén. cesto. 

De même devant cbt : bocht « pauvre », gén. sg. boicht Ml. 3i c 1. 

§ 70. Les exceptions à la règle qui précède sont peu importantes. Le mot 
firt « miracle » fait au gén. sg. ferto Wb. 12 a 9, gén. pi. ferte AVb. 12 b i5, 
ace. pi. firtii Wb. 82 c 19, mais par analogie des mots de la même déclinai- 
son (§ 191). — L'adjectif o/c « mauvais » présente la métaphonie dans 
toute sa flexion : gén. uilc, dat. ulc; peut-être sous l'influence de la liquide 
l, car on constate ailleurs une influence analogue ayant pour résultat de 
changer une voyelle en a ; ainsi de dil « cher » le comparatif est diliii Ml. 
58 d 16 et daliii Ml. 45 a A, 106 b 6, le superlatif dilein Wb. 22 d 26 et 
dulem Ml. i/i d 7, io3 a 9. — Devant se, il y a eu métaphonie dans flesc 
« baguette » duel //se Sg. 3 b 19 et dans losc « infirme » ace. pi. luscii Hy. 
II 34 ; cf. MSL XIV A08. 

^ 71. En revanche, on observe la métaphonie devant nd dans liiid 
« liqueur », gén. leiida Ml. 129 d if\ ; rind « astre », gén. renda Sg. 
73 a 12, dat. pi. rendaib BCr. iS c 4 ; lond « indigné » pi. liiiiid Wb. 
3o c 8, etc. Toutefois mimi « diadème » fait au dat. pi. mindaib Ml. 



ni:s MOTS 43 

35 cl iC), et radjccliry/'//(/ « hl.inc », ainsi que rarlicle imi, ont con- 
servé leur / au nom. si;., l)i('n (|ue le i^i()U|)e ud y soil de position 
moyenne (sur ces faits, cl. AÎSL \1V /|<»7}. 

Il y a également mélaphonie dewanl occlus. -\- liquide : hodar « sourd », 
biiidre « surdité » Ml. Bg a \:>.. 

§ 72. C'est sans doute à une ancienne alternance métaphoniquc 
qu'il faut attribuer la confusion de o et de // dans la graphie dos quatre 
préverbes do, fo, no, ro et d'éléments proclitiques tels que nio « mon », 
(/t7 « ton», so- « Ijien », etc., très .souvent écrits du, fit, nu, ru, uni, 
du, su-. En tout cas, les scribes ont méconnu de bonne lieure la 
raison d'être de l'alternance, et ils emploient indiiïéremment les 
voyelles o ou u dans la graphie de ces mots, sans qu'il soit possible 
d'établir une règle (v. louteÉois Pedersen Asp. 120). 

Exemples : aiiial do-n-uic « comme il a apporté » \\b. 10 d 37 (Ml. 
16 b 12), Jjuarc dit-u-uic « parce qu'il a apporté » Ml. 118 b 6. 

foJoiiig « il soutient » W b. 29 d 17, m Jiilaing « il ne soutient pas » 
(Ml. 77 d 3); foioiigat « ils soutiennent » Ml. 35 a 3, nifiilngat « ils ne 
soutiennent pas » (Ml. 122 a 8); joUôs, fullos « que je supporte )> Ml. 
62 b 12, 58 c 12. 

no-b-carad « il vous aimait » V\h. 23 d 10, tiii-ni-nicrai « ils me 
trahissent » Ml. il[0 c 1. 

arrohert « il a effectué » Wb. 29 d 23, asrubart « il a dit » Wb. 
Irequ . 

ino-soirad Ml. /17 d 5, mu-soirad Ml. lo/i d 2 « ma délivrance ». 

do-forailbiiiil « ton souvenir » Ml. i3o d 1, du frccur ceill « ton 
culte » Ml. i32 b 3. 

§ 73. Infection. 

L'infection a pour cause première la triple valeur des consonnes indi- 
quée au § 3o. C'est avant tout un procédé servant à indiquer dans l'écri- 
tiuT la position des consonnes toutes les fois que cette position ne ressort 
pas sullisamment de rorthographe. On a vu au § 3o qu'une consonne 
n'a pas toujours la même position que les voyelles qui Tenvironnent. 
Dans ce cas, les Irlandais ont imaginé un système de notation graphique 
consistant dans l'emploi des voyelles i, a et u, comme signes diacri- 
tiques, pour indiquer respectivement la position antérieure, moyenne 
ou postérieure d'une consonne. 



44 PHO>iÉTIQUE 

Ainsi, le //; final du nominatif ///a//; est de position moyenne, et Tor- 
thographe seule du mot suffit à l'indiquer, puisqu'il est précédé d'un 
a ; mais le //; final de l'accusatif correspondant est de position antérieure, 
et, pour indiquer cette position, on intercale d'ordinaire un / dit d'infec- 
tion entre l'a et le th. L'accusatif de tûath s'écrit généralement tûaith. 

Le génitif singulier de digal « vengeance » devient par syncope (§ iSy) 
digl-e ; mais, la liquide / étant de position moyenne, on écrit généra- 
lement diglae. 

Le datif singulier de fer a un r de position postérieure ; aussi est-il 
généralement écrit fiur. 

Comme on le voit par ce dernier exemple, l'infection peut s'ajouter 
à la métaphonie (§ 67), dont elle est d'ailleurs fondamentalement et 
chronologiquement différente. 

§ 7^- Il y a ainsi deux sortes de voyelles à distinguer: celles qui ont 
une valeur syllabique dans la prononciation et celles qui servent à noter 
dans l'écriture, comme pourrait le faire un accent ou un signe quel- 
conque, la position exacte des consonnes. Ut de tûaith. Va de diglae, 
Vu de Jiur indiquent simplement la position antérieure, moyenne ou 
postérieure des consonnes //;_, l, r. Il est, par suite, très important de 
distinguer les vraies diphtongues (§ 26) des fausses diphtongues pro- 
duites par l'infection. Dans les fausses diphtongues, la voyelle réelle 
conserve sa quantité propre. Ainsi, dans la flexion du mot dam « bœuf », 
les trois cas, nom. sg. dam, gén. sg. daim, dat. sg. daum, ne com- 
portent tous qu'une voyelle, qui est un a bref; mais ils doivent respec- 
tivement être prononcés avec un vi moyen, un m antérieur et un m 
postérieur. La graphie ne veut pas dire autre chose. 

On a tenté d adopter un système spécial pour transcrire les voyelles d in- 
fection. M. Thurneysen, dans le Grundriss de M. Brugmann, préconise par 
exemple l'emploi de petits caractères au-dessus de la ligne : tùa'th, diglae, 
fi^r, da'm, da"in, etc. Mais ce système, outre l'inconvénient de ne pas respecter 
l'orthographe traditionnelle des Irlandais, a celui de contraindre souvent à 
préjuger de la valeur de certaines voyelles, pour lesquelles la question reste 
indécise. 

§ 75. Il est malaisé de déterminer exactement à quoi répondait dans 
la prononciation la voyelle d'infection. C'était apparemment un pho- 
nème de liaison ou de passage, assez court pour n'affecter en rien la 



DES MOTS /|D 

nature quanlltalivc du mot, assez fuyant pour être supprimé sans incon- 
vénient dans récriture (§ 7(1), assez net cependant pour être perceptible 
au sujet parlant. 

Les faits signalés au § 84 prouvent que la voyelle d'infection avait 
une certaine valeur phonétique, et on peut voir une preuve du même 
genre dans l'entrave qu'oppose l'infection de / à la fracture de é long 
(§ 6/i). Mais la preuve la plus nette de la réalité phonétique du phéno- 
mène réside dans les dilférences qu'en présente la notation suivant que 
la voyelle qui le détermine est un ij un a ou un 11. 

§ 76. L'application du principe de l'infection, tel qu'il vient d'être 
indiqué, soulève en effet, dans la pratique, un certain nombre de difTi- 
cultés qui tiennent d'abord à la nature des différentes voyelles d'infec- 
tion. 

En général, l'infection de / est seule notée d'une façon systématique, 
même dans des cas où l'orthographe du mot ne rendait pas cette nota- 
tion nécessaire. C'est sans doute que, physiologiquement, l'intervention 
de / comme phonème de liaison était la plus nette et la plus perceptible à 
l'oreille. 

L'infection de a n'est notée dans \\b. que dans les cas de nécessité, 
et ces cas sont peu nombreux si l'on admet que l'absence de toute nota- 
tion exclut la possibilité de l'infection de / (puisque celle-ci est régu- 
lièrement notée) et ne peut faire hésiter qu'entre l'infection de a et celle 
de u. Or, l'infection de u ne peut se produire a priori que dans des cas 
très limités, faciles à prévoir, et où elle est généralement notée dans \\b., 
parce qu'elle y a une valeur morphologique significative. La métaphonie 
permet d'ailleurs de déterminer le plus souvent s'il s'agit d'une con- 
sonne moyenne ou postérieure. 

Ainsi Wb. écrit maith « bon » parce que le th est de position anté- 
rieure; mais teg « maison » n'y est pas noté teag, puisque Ve suffit à 
exclure la possibilité d'un g postérieur. A côté de sechra pridchaisem 
« outre que nous l'avons prêché » Wb. 5 a 7, on a marud-prcâchiscm 
« si nous l'avons prêché » Wb. 10 d g, où l'infection de a n'avait pas 
besoin d'être notée, puisque la métaphonie a été appliquée et que Ve 
suffit à attester un groupe dch de position moyenne. U ne peut y avoir 
ambiguïté que dans un cas comme le nom. bith « monde », où rien 
n'indique que le //; est postérieur et non antérieur ; la graphie bith, 



46 PHONÉTIQUE 

usuelle en pareil cas au lieu de /;/////;_, est franchement insuffisante 
(§ Hj3). 

Dans les textes plus récents, Tinfection de u est moins souvent notée 
que dans Wb. ; Ml. même manifeste une tendance à ne pas la noter du 
tout (cf. ZCP IV /jg); mais c'est que, dans la prononciation, cette 
infection tendait à disparaître (v. § 20). D'autre part, l'inl^ction de a 
se développe beaucoup dans Ml. et Sg., ce qui n'a pas lieu d'étonner, 
puisque l'infection de a remplace en partie l'infection de u, mais ce qui 
a pour cause également une évolution dans le sens de l'infection. 

§ 77. Sens de l'infection. En principe, c'est avec la voyelle suivante 
que s'accorde la consonne au point de vue de la position articulatoire. 
Dans ce cas, l'infection est régressive et agit de la consonne sur la 
voyelle précédcnle ; ainsi, dans cruche, le ch est antérieur comme l'é qui 
le suit et, dans ti'ialbe, le th également. Par suite, il n'y a lieu d'in- 
diquer l'infection que lorsqu'il y a un désaccord au point de vue de la 
position entre la consonne et la voyelle qui la suit, c'est-à-dire lorsque 
rinfection est progressive ; ainsi dans digle, qu'on notera diglae parce 
que la liquide / est de position moyenne (nomin. digal^, tandis que 
cruche, îilalhe n'ont nul besoin d'être notés cruiche, ti'iaifhe. 

§ 78. Mais les deux sortes d'infection se sont confondues de boime 
heure, par suite de déplacements en partie analogiques, et le plus sou- 
vent arbitraires, dans la position des consonnes. 

L'évolution se manifeste déjà dans Wb. au profit de l'infection de /. 
Ainsi de toras « tristesse » le génitif torse est écrit non pas torsae, mais 
loir se \A b. \!\à i/i, attestant la position antérieure du grou[)e rs ; par 
suite, malgré les graphies auirac Ml. (u a 16 et diglae Ml. 86 c 10, 
io3 d 19, ii4 d 8 (génitif de digal « vengeance »), il n'est pas sûr 
que les formes anire \\b. 7 d 3, etc., digle Wb. 17 d s», aient r ou / 
de position moyenne. De même, le verbe caraini « j'aime » delà 1''" con- 
jugaison SP II 2 écrit carini Wb. 607, graphie ambiguë, est noté r^fz- 
rini Wb. 2 3 c la, avec une action régressive de Vi sur la liquide et sur 
Va précédents. L'adjectif ccfidirc « absent » de *é-con-darc- (cf. écndar- 
eus « absence » Ml. 29 d i5), écrit écndai?'c dans Sg. (i38 a 2, i/jS a G, 
161 b 3), est cicndirc dans Wb. 26 d 2/1, d'où eicndarcus « absence » 
(W I). 19 (1 •).[))•, cL freciuiirc (\Nh. 12 c \i')),frec}idaircM\. 2/1 b i3,etc. 
Pour Vil, V. i; 1 10. 



DES MOTS 4 7 

§ 7(). Dans Ml. et Sg., au coiilrauc, il y a tendance à subslituer 
rinfection progressive à rinfcction régressive au profit de l'infection 
de a. Cette substitution se dénonce comme de date récente par le fait 
que rinfection de u s'y confond avec l'infection de a et est notée de la 
même façon que cette dernière. C'est peut-être là la plus grosse dill'é- 
rence, au point de vue phonétique, entre AVb. et Ml. — Sg. 

Ainsi le verbe gaibini « je prends » de la 3" conjugaison écrit o-^Z'//;/;» 
AN b. i6 d /|, graphie ambiguë, est noio, gahaiDi Sg. 5o b (S avec une 
action progressive de Va sur le /; et sm- 1'/ suivants. De même, le verbe 
iiiinirihliiii «je médite » (Sg. i55 b o) de la 2" conjugaison est noté /;;;- 
râdaim PCr. 65 a 1. Le mot hiige « serment » A\ b. 1 '1 c Sg (S/| a 1) 
est àoycnn lugae Ml. 118 c 5, 126 c 5 (36 a 20, 23). Le mot tuile n. 
« llux, irruption » BCr. 26 c i (gén. iuili Fél. Prol. 260, ///// Ml. 
12g d 10; dat. //////// Fél. Prol. 12/1) est noté au nominatif iolac Ml. 
g3 b 12, où Va représentant l'infection de n a, par un choc en retour, 
transformé en Vu radical. 

Autres exemples d'infection progressive de u notée par a : sulhiii 
« éternel » AAb. i3 b 20 etc., Ml. 89 c 10 écrit sulhain Ml. (jo b 10, 
Sg. hhh; foUus « clair )),dat. fém. sg. fol lais M\. 12/4 d i3 ; sube «joie» 
(gén. suibi Ml. ,4- d 2, dat. sitbn Ml. 67 c 10) écrit subœ Ml. i/jG d 2 ; 
uugae Sg. /i5 b 17 emprunté du latin uncia; domun « monde » gén. 
domain Ml. i25 b 7; cétbuid « sensation » Wb. 18 d g, cctbaid Ml. 
61 a 7. 

Remarque. — Dans quelques mots, sous 1 influence de certaines con- 
sonnes, AVb. substitue l'infection progressive de u à celle de a ; ainsi inîa- 
inuil, cosmidl de samedi (§ i4i), toujours intamail, cosmail dans Mi. et Sg. Le 
mot sochide u multitude » est noté soclniide dans plusieurs passages de Wb., 
mais sochaide dans MI. ; Sg. a également sochuideïSo a r i, rod h i3, et Wb. 
sochude 9 a Z( (i I c G). 

§ 80. Le développement de rinfection progressive de rt dans Ml. et 
Sg. a exercé une grande influence sur la déclinaison, où il a contribué 
à brouiller le rapport des différents thèmes. A l'intérieur d'une môme 
flexion, il s'est produit des diflérences notables que l'action ultérieure 
des lois phonétiques a souvent encore aggravées ; on aboutit même par- 
fois à deux paradigmes différents, suivant que l'infection est progres- 
sive ou régressive. 



48 PHONÉTIQUE 

Dans la troisième déclinaison, fàiih « prophète » fait au n. pi. fdthi 
W'b. 5 a I (écrit fàilhi Wb. 21 c 5) et au dat. pi. fâthib AVb. 3o d i 
(écrit fàithib AVb. i3 a c>(!>,fai;bib Ml. gS a 5) ; mais cnâiui « os » fait 
aux mêmes cas cnamai jMI. 22 d 7, cnauiaib Ml. 22 d 7, cniiiii « ver » 
fait au n. pi. criimai Ml. 44 c i. 

Dans la catégorie des adjectifs en ~c (§ 2i4) s'opposent amre « mer- 
veilleux )) AYb. 7 d 3, i4 a 34, 17 b 29, écrit amrae (Ml. 61 a 16, 
ii5 b II), }}mde « vain » AAb. i3 a 34, Ml. 54 d 16 écrit madaeM\. 
19 c 5, 40 b 12, etc., et asse « facile », anse « difficile », qui ne sont 
jamais écrits assae, ansae, etc. 

Cf. §§ 184, 190 Rem. I, 193, 2i4, 3o4- 

§ 81. L'opposition se rencontre même dans la flexion d'un seul et 
même mot. Ainsi luib « herbe » (§ 193 Rem. III) fait au gén. luibe 
(conservé dans le gloss. de Cormac) et lubae Sg. 61 b i5 (la graphie 
lube Sg. 100 b 2 est ambiguë); croch « croix » fait cruche Wb. 8 a 5, 
cruiche Fél. 12 avril et cruchae; làm « main » fait Jàime (conservé dans 
le gloss. de Cormac) et hiDiae Sg. 68 b i3 (la graphie lâme Sg. 68 a i, 
lame Wb. 29 b 18 est ambiguë), etc. 

§ 82. Il n'est pas douteux que les modifications dans le sens de l'in- 
fection ne soient dues à l'influence de certaines consonnes qui avaient 
une tendance naturelle à prendre une position plutôt qu'une autre. Dans 
la plupart des exemples précédents où l'infection progressive de a s'est 
substituée à l'infection régressive de i, celte substitution s'est opérée 
par l'intermédiaire d'une consonne telle que b, m ou /. On a déjà 
signalé au § 70 l'influence de consonnes de ce genre ; on la rencon- 
trera encore dans la suite (§ 87, i4o, i4i, etc.). 
§ 83. Exemples d'infection. 
I. Position antérieure (notée par z). 

C'est en cas de position antérieure que l'infection est le plus réguliè- 
rement notée (§ 76). 

ail « rocher », rann « part », gén. aille, rainne. 
magen « lieu », dat. sg. maigin Sg. inc. Thés. II 248, 12 (et ma- 
gin Sg. 3o b 12). 

berim «je porte », dohcir « lu donnes ». 

forcenuaini « j'achève », ni-foircuea « il n'achève pas » Ml. 102 a i5, 
ni foiroiithivr « il n'est pas lerminé » Sg. 6 b 29. 



DES MOTS f\(j 

loi « volonté », gén. tuile (cf. § ON). 

slân « sain et sauf », nom. pi. slâiii. 

iasc « poisson », gcn. éisc (c'est-à-dire îa-sc, é-'sc ; la fracture ne se 
produit pas devant une consonne de position antérieure, § G/i). 

môr « grand », gén. m. niôir. 

ci'il « dos », gén. cilil. 

Bien entendu, l'infection ne se note pas après / bref ou long: 

fer « homme », gén. sg.fir (avec r antérieur). 

///■ « vrai », gén. sg.y/r(avec r antérieur). 

§ Hfi. Cette infection appelle plusieurs observations importantes. 

a. La voyelle brève a devant uni d'infection se change parfois en o; 
cela revient à dire que la fausse diphtongue ai subit parfois le même 
sort que la vraie (§ 66). 

Ainsi de hall « membre », niarb « mort », les nominatifs pluriels 
sont baill, mairh, mais aussi boill, moirh, notamment dans : it-moirb 
in-boill « les membres sont morts » AVb. 1 1 d 1 1 (pour l'accent 
sur moirb, v. § 26). Le substantif prainn (praind) emprunté du latin 
prandium est écrit proinn Wb. 28 c 20. Le datif de bass f. « main » 
est boiss Hy. V 78 (bois Sg.-ïnc, Thés. II 2^9, 10). 

Parfois même, au lieu de oi, on trouve ni. Ainsi le génitif de crann 
« arbre» est écv'û cniinn Ml. i5 b i3. 

Dans les textes les plus récents a-\-i d'infection est devenu ei ; ainsi 
meicc gén. de îhûcc « fds » Hy. II 87, 66, 68, meic Hy. 15. 

§ 85. /;. En syllabe finale devant a, l'infection déposition antérieure 
est généralement notée par e au lieu de /. Ainsi : 

Quelques substantifs de quatrième déclinaison, tels que cara, uama, 
mala (§ 196 Rem. II) sont caractérisés par la position antérieure de la 
consonne thématique ; de là les ace. pi. cairtea, nainitea, mailgea ; de 
même àe fichet « vingtaine » p\. Jicbtéa, de athir « père », ace. pi. 
aitbrea. 

Du \erhe léciin « je laisse », le subjonctif est léicea (§ 33 1), deforcen- 
naim, la 3^ pers. sg. est ni-foircnea (§ 83) ; au futur en f, la 3" 
pars. sg. conj. est en -fea dans la 2" conjugaison: ni ersoilcfea « il 
n'ouvrira pas » Ml. 107 d 11 (cf. § 357). 

§ 86. c. La voyelle longue é, résultant d'allongement compensatoire, 
a un traitement à part en cas d'infection de position antérieure. Les 

4 



5o PHO^'ETIQUE 

longues de cette espèce étaient différentes des autres et devaient être 
prononcées avec deux sommets d'intensité (v. § 25). 

La longue é d'allongement compensatoire équivalant en fait à un 
double e (soit eè)^ il y avait succession de trois phonèmes antérieurs 
lorsque la consonne suivante était de position antérieure. Une différen- 
ciation intervint alors pour donner une position postérieure au second 
élément e de la longue et : cet ee. devint eu écrit parfois eiu ou même 
iu, et, la voyelle d'infection s'ajoutant au groupe, on eut finalement 
eid, eiiii ou ////. 

Ainsi : de cenél « race » le génitif est cciieiiilM\. 66 d i , ceiieôilWh. 
I b 12 ; de et «jalousie », euit Ml. 32 d lo; àe fer « herbe n^féiuir 
Sg. 68 b lo ; de set « objet précieux », seiïit Wb. 23 a 9 ; de cél « mu- 
sique », ciuil Ml. 2 b i4, i5, 17 ; de trén « fort », triui?i Sg. 96 a A, 
le nom. pi. Irei'iin AAb. 27 a 6. 

Dans le groupe eni, eiui, iui, le signe de l'accent est placé sur l'une 
quelconque des voyelles, à l'exception de Yi final qui est d'infection. 

Remarque. — Exceptionnellement, le même système de notation s'est 
étendu au cas de la voyelle longue a, d'allongement compensatoire. Ainsi 
l'adjectif /l'rw/z « juste » fait non seulement yir/a7/2 (n. pi.) Wb. 22 a 24 ou 
firiôin (gén. sg.) Ml. 112 b 20, mais aussi /în'éiVz (gén. sg.) Ml. 90 a 11, 116 
b 9. De là par analogie, firion et firien au nom. sg. (Ascoli cccxxv). Le 
mot aiar « air » emprunté du latin acr (ail au gén. aiéir Wb. 12 d 3, comme 
si le nominatif était aiér ; et le substantif //^ gén. liac <' pierre » a un pluriel 
lieic au lieu de léic (§ 83) dans Sg. 18 b 7. 

§ 87. II. Position moyenne (notée par a). 

L'infection n'est jamais notée après une voyelle longue ou une diph- 
tongue. Ainsi les nominatifs fir « vrai », cûl « dos » ne sont jamais 
écrits *fiûr ou *cûa]. 

Toutefois Vé d'allongement compensatoire (§ 26) s'écrit parfois en 
devant une consonne de position moyenne, c'est-à-dire que l'infection, 
bien qu'elle ne soit pas notée, détermine la différenciation qui a déjà 
été signalée au § 86. Ainsi, du substantif scél « récit » est dérivé do- 
scéulaini gl. experior, Sg. i/15 b 2 (cf. dusceulub, § 89); ici encore 
l'influence de / n'est pas niable (§ 82). 

Après e, l'infection de a est notée clans conrusleachta « de sorte qu'ils 
furent frappés » Ml. 53 d 11. 



DES MOTS 5l 

§ 88. C'est devant une voyelle de position antérieure que l'infection 
de a est le plus souvent notée ; mais, comme on l'a dit § 79, cette no- 
tation n'est fréquente que dans les textes récents, comme Ml. et Sg. 
On a signalé plus haut (§§ 78 et 80) les graphies amre, digle dans\^ h. 
au lieu de aiiirae, diglac. De même, le génitif du mot neutre cinnachte 
« puissance », écrit cumachù Wh. 17 a 7, csl noie cumachtai Sg. 3 b 17 ; 
les noms du père et du frère, alhir, bràthir dans \^b. sont alhair Sg. 
3i a 10, bràthair 61 a 21. Mais dans Sg. même on lit ashnaimm «je 
salis » 5/i a 8 et aslennim 173 a ^. 

§ 89. 111. Position postérieure (notée par //). 

L'infection de u n'est jamais notée après une voyelle longue ou 
une diphtongue. 

Ainsi les mots y/r « vrai », bas « mort », môr « grand », nôibi^ saint » 
ont dans la graphie le datif semblable au nominatif, bien que la con- 
sonne finale y soit de position postérieure. 

U faut toutefois faire une exception pour 1'^;' long d'allongement com- 
pensatoire qui parfois devant une consonne de position postérieure est 
écrit éit, lu ; la voyelle d'infection se confond ici avec le résultat de la 
difTércnciation déjà indiquée (§ 86). Ainsi le datif de et est eut (\Vb. 
6 b 2), Ml. 56 b 33; celui de cené! est ceneul, ceniul Sg. 4o a 17, 
3i b i3 ; l'accusatif pluriel de bel « lèvre » est beulu Ml. 35 d 22, beolu 
Wb. 3 b II ; celui de trén « fort » trîunu Ml. 37 b 21 ; et on lit le 
futur diisceulub gl. experiar Ml. 69 a 2. 

§ 90. Après les voyelles brèves, l'infection est variable. 

On la rencontre après un a loref devant r, l, m, n dans un bon 
nombre de mots, par exemple dans les datifs dauui du mot dam 
« bœuf » \\b. 10 d8, dans le nominatif t/^ïz/r « chêne » Sg. 38 a 9, 
dans la i''" pers. rolaiimur «j'ose » Wb. 17 a 8, ou dans l'ace, pi. 
banUu « les membres » Wb. 3 b 11, 26. Mais devant les consonnes 
occlusives ou spirantes l'infection ne semble jamais marquée ; 
de là les datifs uuicc, }'atb, etc. des mots mncc « fils » et rath 
« grâce ». 

En revanche, la fausse diphtongue au issue d'infection a souvent 
abouti à u dans les cas précités, comme cela s'est produit en position 
non-intense (§ i5i). Ainsi, le datif de bail « membre » et de cranii 
« arbre » est bull Wb. 12 b 10, crunn Wb. 8 a 5, Sg. 61 b 8 ; l'accu- 



52 PHONÉTIQUE 

salif pluriel de hall est hidln V\h. 9 d 4- Parfois 1'/^ est changé en : 
rolaumur Çc'i-dessus) esl écv'd roloniiirMl. 21 b 5. 

§ 91. L'infection apparaît après e dans leiith BCr. 3 c, datif de leth 
« moitié » et dans ar-ncuth « j'attends » (\Mj. i4 a 18). 

Après i, on la rencontre dans ciunn ^^ b. 1 1 c 9, datif de cenn « tête » ; 
mais elle n'est pas exprimée dans le même datif c//»/ A\b. 2 a 9, Ml. 
96 a II, et on lit de même f'/;z Ml. 68 c 12, rit]) Ml. 81 b 11 au lieu 
de giun, riuth. L'infection de position postérieure après i ne s'exprime 
guère que lorsqu'elle a une valeur morphologique significative ; ainsi 
les substantifs de la 3'^ déclinaison dont la consonne finale est au nomi- 
natif de position postérieure (Jj'ith, fui, niid, etc.) ne subissent presque 
jamais l'infection à ce cas (toutefois nom. riuth BCr. 18 b 12, 
Ml. 89 c 10, Sg. 106 b 8), mais ils la présentent souvent au datif 
(Jnuth V\h. 12 c iQjgiun AVb. 5 d i4, rititb \\h. 20 b 1, etc.), et au 
datif de la 2" déclinaison l'infection est de môme généralement notée. 

§ 92. Elision et contraction. 

Deux voyelles en contact ne subsistent pas à l'intérieur d'un même 
mot ou groupe de mots (mais cf. §§ 428 et 598). 

Le plus souvent il y a élision de la première : 

Ainsi taidbdid « montrez » ^^b. i/; d 22 de *to-aith- 
îessim gl. refunde Ml. i3A a 6 de *to-ess- 
rafctar « je le sais » Wb. 3 c 22 de *ro-a- 
mort « mon rang » AAb. 29 d 25 de ?no ort 
nireilced « il n'a pas été laissé » (Ml. ^9 a 10) de *ni-ro-eIced . 

Parfois, c'est le timbre de la seconde qui prévaut. Ainsi après les 
prépositions 6 ou fo le possessif a disparaît dans Ml. (Strachan ZCP 
IV 52) : o-a- devient 0- (17 b 7, 20 b 3, 33 c 17, etc.) fo-a- devient 
fo- (35 b 18, 89 c 8, 89 d i5, etc.). Dans le cas de la préposition 6, 
il s'agit plutôt d'une contraction, dont le procédé a été étendu au cas 
de la préposition fo ; cf. horaili de ho-araili Ml. 2 a 6, hoJaiJin de ho- 
alailiu Ml. 80 a 2, fulailiu àe fii-alailiu Ml. 102 d 2. 

1^ 93. Lorsque les deux voyelles sont semblables, c'est également 
une contraction qui se produit, car le résultat est une voyelle longue : 
to-fo- devient tô-, to-for- devient tôr- etc. (§ 435). Le cas de nisin 
chomairbirt « ce n'est pas dans l'usage » \Ab. 3 c 17 (de *nï-isin) est 
sans doute le même. 



PF.S MOTS 53 

Le préverbe dl- élide sa finale dans ni déccu « je ne vois pas », déic- 
siu « vision » (de dî-aith- cf. § io3) ; ni-dérsid « n'abandonnez pas » 
Wb. 20 b 10, con-déirsid « que vous abandonniez » Wb. 20 d 27 (de 
*dt-es-reg-). Mais il se conserve sans changement dans diupart « diminu- 
tion » (BGr. 33 c 5) et dans -diubrad « qu'il diminue » (AYb. 9 d 20), 
dioiprid (f. volez » Wb. 9 c 23 de *di-od-berim. 



B. — Consonantisme. 

% ^^^ Il y a lieu d'abord de signaler certains phénomènes phonéti- 
ques dont l'application est antérieure à l'époque des plus anciens textes 
et qui n'ont d'intérêt en vieil-irlandais que parce qu'ils y ont donné 
naissance à des alternances morphologiques. 

a. A date préhistorique, toute occlusive initiale de syllabe est deve- 
nue aspirée après voyelle. 

Cette règle, appuyée par un grand nombre d'exemples, explique des 
alternances comme : 

canim « je chante » cechain « il a chanté » 

tongim (?) « je touche (?) » -iethaig « il a touché » Tur. 17 

cladiin « je creuse » cechlaid « il a creusé ». 

Certains suffixes et certaines désinences, tels que -tid (§ 290) ou -te 
(§ 362), étant primitivement le plus souvent précédés d'une voyelle 
apparaissent régulièrement sous la forme -ihid, -the. 

On doit d'autre part conclure de cette règle que les occlusives inter- 
vocaliques qui subsistent en vieil irlandais étaient originellement pré- 
cédées d'une autre consonne et résultent de la simplification d'un groupe 
primitif. 

Cette conclusion se vérifie au cours même de l'histoire de l'irlandais 
(§ 100 et ss.). 

§ 90. b. A date préhistorique, les groupes s-\- t ei occlus, dent. -\- 
occliis. dent, ont abouti à ss (s). Par suite tous les groupes de ce genre 
que présente le vieil-irlandais sont hystérogènes. 

Ainsi : la racine du verbe ad-ciu « je vois » se terminant primitive- 
ment par un s, le prétérit passif est ad-cess « il a été vu » (Wb. 23 c 
II, Ml. 96 d i), où 5 4- / est devenu ss (s). 



5/i PHONÉTIQUE 

De *to-ad-baâim « je montre » le prétérit passif est âoàrbas AVb. i5 
a i8, ni làrhas Ml. 65 d i6 (§ 435) ; et de -fclhini « je souffle » âorin- 
fess ^Yb. 3o d i , où respectivement d -\- t e[ t ~h t ont abouti à ss (5). 

§ 96. Mais en dehors de ces phénomènes, dont il ne reste dans les 
textes que des survivances, on observe une série d'altérations dans les 
groupes de consonnes, soit qu'il s'agisse d'anciens groupes dont l'alté- 
ration ne s'est produite qu'au cours de l'histoire du vieil-irlandais, soit 
qu'il s'agisse de groupes nouveaux, résultant de l'application des lois 
de syncopes. 

Toutefois les règles indiquées ci-dessous ont souvent été entravées 
par des actions analogiques, parmi lesquelles figurent au premier rang 
la tendance au nivellement et l'influence de l'étymologle. 

Remarque. — Quelques-uns des phénomènes mentionnés dans les para- 
graphes qui suivent ne sont attestés que sous l'accent ou dans la syllabe qui 
le suit immédiatement. 

§ 97. 1° Déaspivation . — Certaines consonnes n'admettent pas au- 
près d'elles de consonnes aspirées ; par suite, en contact avec ces conson- 
nes les aspirées perdent leur aspiration : 

Perdent ainsi leur aspiration : 

d) Après n ou l, les dentales. 

De chiiniur, l'impératif 2'" pers. sg. est cluintc^W. i36 a 10 en face 
de cuirthe Ml. 56 c 5 de cuiriur ; la désinence est -ihe (§ 862). 

Le suiïix -ihid de nom d'agent (!^ 290) se maintient dans éperthid 
« parleur » (PCr. 5i a ^), fognamthid « serviteur » (\Ab. 8 c i5), 
mais devient -tid dans ingraintid « persécuteur » Ml. i3o c /i, linîid 
(( emplisseur » (Sg. 186 b 2), mi'inùd « professeur » (\\ b. 1 d 1 1), ir- 
choiltid « maledicus » Ç\\h. 9 b 21). 

molad « louange » Wb. 8 d 22 Ml. 82 d 1 1, molnth Ml. 126 c 2, Sg. 
59 b f\, fait au gén. dwUo Ml. 5i d 10, 126 b 18, etc. 

amal tuihlc « comme un abcès » V\h. 3o b i3 et non amal tbutbJe 
bien que la préposition amal produise l'aspiration (§ 168). 

Il n'y a que de très rares exceptions : génihir « il sera fait » BCr. /i4 b 3, 
molthu « louanges » (ace. pi.) Hy. VI 17. — L'opposition de breth « Infinitif 
de bcvim) et epert (infinitif de *es-berini, § 122) ne fournit pas un exemple de 
déaspiration de th après r ; les deux infinitifs sont de formation différente, 
et on trouve en moven-irlandais le correspondant régulier de brcth sous la 
forme ahraid (à côté de abairt, issu de epert). 



DES MOTS 55 

§ 98. b). Devant ou après s, les dentales ; devant s, seulement les gut- 
turales ; et après s, les labiales. 

Debaithis « baptême » Wb. 12 a i5 est dérivé le verbe baitsim «je 
baptise » Wb. 8 ai ; de fâith « prophète » le suhstainti( fâitsine WTd. 
3o d 23 (la graphie faiihsine MI. 25 b 8, 89 b 11 etc. est étymolo- 
gique ; l'irlandais moderne oppose régulièrement fàidh et fàisdine, ce 
dernier avec métathèse); etc. 

A côté de adsiidi « tu tardes » Ml. ii4 c 6 adsuidet « ils résistent » 
Sg. A b i5, asîad Wh. 10 a 7, ni astae « que tu ne retardes pas » Ml. 
55 a 19. 

loisthiu Ml. 39 a 7 n'est pas une exception, parce qu'il remonte à 
loiscthiu; cf. Joiscthe Wb. 28ci7;cf. §122. 

Par là s'expliquent les cas comme : roninoit-seni V\h. 17 a i3 de 
môidim ; aniciit-sa « j'attends » Wh. i^ a 18 deneifhiui; inchrut-sin « de 
cette façon » Sg. 63 a i4, 93 b 5, \!\o b i ; etc. Et de là vient que 
dans les verbes dont le radical se termine par une dentale, lorsque 
cette dentale est finale, elle n'est généralement pas aspirée : dodiiit 
« sisto » Sg. 77 a 4, 102 b i, doadbat « il montre » (\A b. 10 b 21), 
doinfet « il souffle » (Wb. 4 b 3, Ml. 4i d 17), etc. (toutefois arriuth 
« adorior » Pcr. 60 a 6, inreith « il envahit » Ml. 48 d 3 etc.). Cf. 
Strachan Eriii I 10. 

Et inversement an-as-iech tire « ce qui est le meilleur de la terre » 
Ml. 37 d 3, du vnoi dech « meilleur ». L'adjectif Jo/c/; « vraisembla- 
ble » fréquent dans la locution isdoich est souvent écrit toich', cf. Wb. 
29 d i3 et 5 b 43 (v. toutefois Zimmer KZ XXIV 202). 

§ 99. A côté de l'infinitif togu « choix » W'b. 4 c i3 (cf. dorôigu 
« il a choisi » 4 b 3i), participe tuicse « choisi » (Wb. 4 b i5, 4 c 
4o etc. ; tuichsi}nem « le plus choisi » Ml. 71 b 21 est une graphie 
étymologique ; de même focbsiil Ml. 93 d 5 à côté de foxal, § 27 
Rem. II). 

Mais après s, les gutturales conservent l'aspiration (Pedersen Asp. 
i63): toschid « entretien, nourriture » Wh. 10 d 18, etc., tasgid ^^b. 
29 a i3 ; roschaill gl. rosetum Sg. 5o a 16. 

Du verbe asfenim gl. « testificor » Wb. 22 a 20 (accent sur /e), on a 
-aspena Ml. 39 b 6 (ace. sur as), et l'infinitif aspenud (Ml. 54 d 2, 102 
d 2, 3). 



56 PHONÉTIQUE 

Mais devant s, un b aspiré se maintient dans taidhsiu « fait de mon- 
trer » "NVb. lo d 37, etc., irl. mod. taidhhhse. 

Remarque. — D'après honaisleidmenaib « des souillures » Tur. 91 au lieu 
de honaib sleidmenaib, on pourrait croire que b aspiré tombait parfois devant 
s ; mais cet exemple isolé n'est peut-être qu'un lapsus ; cf. toutefois § 2o3 
Rem. II. 

§ 100. IP. Simplification des groupes de consonnes. 

1° Labiales, Dentales, Gutturales. 

Lorsque deux consonnes de même ordre (labiales, dentales, guttu- 
rales), aspirées ou non, sont en présence, le résultat est toujours une 
consonne non-aspirée. 

Pour la graphie, cf. ce qui est dit au chapitre I''^ 

Remarque. — Les aspirées sourdes ne se distinguent pas des aspirées 
sonores, dans les conditions du § /ji- 

Exemples : 

h + ph : nepproinde "NAId. 19 a 10. 

f H- /' : ropia « sera à vous » Wb. i6ai3,22b23, 2-C12 Çrobbia 
i3 d 32, robia 21 c 17); adiboill « vous êtes membres » AAb. 22 
b 10 (de adib-boilf). 

b-i-b: nebiid « non-être » Wb. "2^ d 11, nepuid Ml. 122 a 1 1 (la 
graphie nepbuiih AAb. i4 a 16 est en partie étymologique). 

§ ICI. d -\-f'- hiîiiilsiu « dans ta volonté » Ml. 69 a 21. 

d -\- d '. addrogduinesiu « tu es un méchant homme » Wb. i c 10 ; 
mad difiisc « s'il y a deux traits » Sg. 3 b 1 9 (de at-drogduinc , mat-di- 
flisc). ' 

^-\-d: frilammiorsa « qu'il m'accablera » Ml. 32 d27 (de*frithdaniin-). 

d -j-~ t : matreie « s'il y a rapidité » Wb. ^ a 27 (mais mad-irerccht 

2C 17). 

d -\- d : aicnete « naturel » V\h. i5 b 16 (de *aicned-de^ ; môiti « il 
se vante » Wb. 23 d 29 ( de *moid(i)d-i, § 009); imratib Cam. 37 c 
et imratiu Ml. i5 a 2, dat. et ace. pi. de imrâdiid ; bediachti « qui soit 
à venger» Ml. 23 d 18 (bcd-diachti, rétabli à tort dans le Thés.); mani- 
ientis « s'ils ne Tavaicnt pas fait » Ml. 35 c 18 (de manid-dcntis^ \fotdàli 
« il distribue cela » AVb. 12 a 8 (de fo-d-dâli^ graphie étymologique). 

â-^d: nofeidlis « ils portaient » Ml. b^ d 12 (graphie étymologi- 
cjue) ; atabgabed « qu'il vous saisisse » Ml. 20 d 11 (dc*ad-dab-). 



DES MOTS 



5? 



â -\-j>: ceiorbe « quel profit » \'\'b. 12 d 5 (de ced-torbc); fleteg « salle 
du banquet » \\b. 11 d iG (mais Jîedtigib, dat. pi., M\. 86 b 5, gra- 
phie étymologique) ; trciiiiîiûgat « qui le transgressent (cela) » W\). 
25 d ifi (de *tremid-tbiagat). 

§ 102. 2 -h c : secach/'igiiidi «au delà de cbaque prière » W b. 26 
a 28 (de sech-cacb). 

yH-yj rubricu (dind)nihrîci, ace. m. pi. et substantif dérivé de r//- 
bn'gacb « éminent » Ml. 87 b 11, 19. 

Y + Y • tecnate « domestique » Wb. 7 b 8 (cf. Ml. 21 a 9), de*teg- 
gnàth-de. 

En ce qui concerne les gutturales, les graphies étymologiques 
sont particulièrement fréquentes : dag-comairli « bon-conseil » Wb. 
29 a 21 (Ml. 5/i d 17), drog-gnhn « mauvaise action » Wb. 6 a 8, etc. 
(Pedersen Asp. 1^7)- 

§ io3. Lorsqu'il y a simplification de consonnes qui ne sont pas de 
même ordre, le résultat est également toujours une consonne non-as- 
pirée, et c'est l'ordre de la seconde qui prévaut. 

Exemples : accobor « désir » de *ûd-cobor (cf. adcobraUn « je désire » 
Sg. i46 b 12, § 429), accaJdam « discours » de *ad-ghidaiii (§ t43) ; 
frecre « réponse » (Sg. 26 a 12) do *frilh-gaire (§ io3) ; écosc «main- 
tien » Wb. 10 d 3/i de *aiib-cosc (anc. *ati-cosc-, § 429). 

-apail « il périt » Ml. 91 d 2, de *ad-bal- ; a prise « fragile » (Ml. 
69 b i), apprise Wb. 9010, de*ûd-brise ; taipc « epitome » Ml. i/i d /i 
de *to-aiîb-be ; etc. 

§ lo/j. Les graphies étymologiques sont dans ce cas également fré- 
quentes : le préverbe aith à valeur itérative a maintenu le plus souvent sa 
consonne ; ainsi du même verbe adgninini « je reconnais « sont tirés les 
deux substantifs écne (Wb. i b 6) et aitbgne i b i3, le premier seul ré- 
gulier. A côté defreere on a frithgnani « officium » ; à côté de aceomol 
« conjonction » Sg. frequ., aitbcbumbe gl. cauteria Wb. i b 21, aid- 
ebuimtbe « brûlé » 28 c 17 ; le mot cpcrt de ad-biiir est écrit elbert Ml. 
83 a 5 ; etc. V. Thurneysen RC VI 319 qui compare en allemand cnt- 
fallen et empfinden. 

Le verbe ^r/V/f/;///; emprunté du latin pracdieare s'est généralement 
maintenu tel quel (Wb. frequ.). Là où la simplication s'est faite elle 
n'est pas toujours régulière: precbite Wb. 5 a 5, roprichcd Wb. 23 a 3; 



58 PHONÉTIQUE 

mais Wb. présente aussi ropricad « il a été prêché » 7 b 12, qui est 
conforme à la règle. 

De même les dérivés de mindech « mendiant w (emprunté de mcn~ 
dicus) conservent généralement intact le groupe dch : mindchecht « men- 
dicité » Ml. 22 d 1, 129 c 2, mais dans le même Ml. se lit iiiiucccbt 
28 d i5 qui est correct. 

L'infinitif de *to~ad-badiin est taidbsin (\\b. frequ.)qui est exception- 
nellement écrit taibsin ^A b. 6 d 6, Sg. 209 b 28. 

Même en dehors de ce cas, il reste dans l'usage, même de Wb., nombre 
d'irrégularités dont la graphie du mot suivant jDeut donner idée : tnachîhad 
« étrange » Wb. 18 c 6, Ml. 68 h 9, 47a i5, machdad Sg. 6 a 4, 62 b 2, 68 
a 3, i58 a 2, 161 b 12, 167 a 4, BCr. 4i d 3, Ml. 25 a 9, 46 a 17, 19, 
machdath Sg. 6 a 9, 65 a t, 222 a 5, magthad^h. 5 a i, macîad Ml. 44 c 12, 
macdaîh Wb. 17 c 9 (cf. Zimmer A.'Z XXVII 463 n.). 

§ io5. 2° nasale-}- occlusive. 

Une nasale suivie d'une occlusive sourde tombe et l'occlusive devient 
sonore ; la voyelle précédente, si elle est brève, s'allonge. Lorsque cette 
voyelle est a, elle devient é. 

Exemples. De emim « je prends », -seinim « je crée », le prétérit en 
-/- est do-r-ét (Ml. 16 c 8), -set dans doforsat Ml. 17 b 6, BCr. 4odi, 
etc. De canim le prétérit passif est ro-cét (Ml. 64 a i3). Pour le pré- 
fixe négatif an-, cf. § 3i4- 

De *ol-n-tâu « que je suis » est sortie la conjonction oldàii, oldô « que 
moi » (§§ 234 et 4o5). 

Cette règle vaut également, moins l'allongement compensatoire, en 
cas de phonétique syntactique (§ 172), où elle a une grande impor- 
tance. Mais elle est souvent violée pour des raisons sémantiques; ainsi 
dans con-comtiir « jusqu'à ce qu'il atteigne » Wb. 24 a 17, la nasale a 
été restituée devant l'occlusive parce qu'elle avait une valeur significa- 
tive. 

§ 106. Une nasale suivie d'une occlusive sonore de même ordre 
s'assimile l'occlusive. 

Dans la flexion de l'article (§ 2o3), le passage de nd à nn est de date 
fort ancienne. La première main de \\ b. et Phil. ont encore inda (Wb. 
20 d 5, Phil. in Thés. II 47, 24), mais déjà on lit inna dans Cam. 
(inna ire-cheuél « les trois races » 38 a s. f.). 



DKS MOTS 



•^9 



En dehors de l'article, mot accessoire où la tendance à l'assimilation 
pouvait agir avec plus de vigueur (cf. § 107), le groupe nd se maintient 
généralement dans la graphie des mss. (cf. pour \\b., Pedersen Asp. 
iio): alind « beau » Wb. 7 c i, etc., cland « progéniture » \Vb. 
2 c 12 etc., clandaim^<- je plante » (^^b. 21 d 6), finda ace. pi. de 
find « blanc » Ml. 99 a [\, mind « insigne » Ml. 129 c 5, torand 
« signe » Ml. 65 c iG ; Vuid « liqueur » Sg. 78 a 8. Mais dans la pro- 
nonciation, l'assimilation dut se faire de bonne heure, comme le prou- 
vent certaines dérogations, autrement inexplicables : proinn et pronn 
« prandium w Wb. 28 c 20, 3i b 22 (à coté de proind 9 b 2.3 etc.), 
clainn Wb. 5 b ^3,finnœ gén. pi. âejind « poil » Ml. 72 b lO, fon~ 
naib dat. pi. àe fond « plante des pieds » Ml. 78 b 9, rinn « étoile » 
Ml. i/io d 3 (à côté de rind\ linn « liqueur » Tur. 109 a, Jinnatar « ils 
savent » Wb. 29 a 28, Ml. 99 b 10. Le verbe grendini « je marche » 
(avec ses nombreux composés) présente généralement l'assimilation : 
ingrennal « ils poursuivent » Ml. 26 d 12, etc. 

§ 107. Le groupe inh se conserve généralement intact dans Wb. 
(Pedersen Asp. io3) : ûitbcbiimbe gl. cauteria i b 21, cinibid « captif « 
/i b 3o etc., imbed « abondance » 12 d 17, etc. Exception faite pour 
certains mots accessoires, dans lesquels des altérations de ce genre sont 
toujours plus rapides (cf. § 106). Ainsi clans les passages suivants le 
verbe substantif a son b changé en 111 après une m précédente : nànuuin 
(de nà-m-biii) « que je ne fusse pas » 17 d 23, conimad (de co-ni-bad), 
comminwiis (de coin-bimmis) « que ce soit, que nous soyons » 26 b 3i, 
18, armad (de ar-m-bad) « afin qu'il soit » 20 d 26 ; mais le b se main- 
tient dans nombre d'exemples (armbad, imba, imbo imbem, etc. 1 1 a 19, 
28 b 32, 27 c 1 1, 20 c 12). Le préverbe imb- (§§ 3io et /433) est ré- 
gulièrement déjà noté imui- dans Wb. ; par suite il est possible qu'il 
faille voir un b épenthétique dans imbràdud « méditation » qui se lit 
6 b 6, 12 d 39, 16 b 16, 3i b 26, à côté du plus fréquent ùnmràdud 
i/j c 22 etc. Cette conclusion paraît confirmée dans une certaine mesure 
par la graphie timpne Wb. /i d 2^ du mot écrit ailleurs timne « testa- 
ment » Wb. i5 a 9 et qui sort lui-même de *îo-imm- ; le/) de timpne 
ne peut guère être qu'épenthétique. H y a également épenthèse de p 
entre m et //; dans ni-iiip-lba « je ne suis pas )> (§ àg^Y 

§ 108. Dans Ml., où nib se conserve encore dans des mots isolés 



6o PHONÉTIQUE 

(jinhcd par exemple, Asc. xcij), l'assimilation est régulière dans les 
mots accessoires : anumman (de an-nu-m-bari) « quand nous sommes » 
27 b 10, arrorusa (de an-ro-m-b-sd) <( quand je fus » 46 b g (cf. ^gb i3, 
i3od 4, 62 c 9), roindis (de ro-m-btis) « ils seraient » 48 di2, aintar 
(de ain-btar) « quand ils furent » 84 d 5, 124 c 9, roniatar (de ro-iii- 
batar) « qu'ils ont été » i25 b 9. Et en cas de nasalisation syntaxique : 
debe mec(àe debe ni-bec) « petite différence » 4o a 20. 

De même dans Sg., armad « pour qu'il soit » 167 a 4- 

L'assimilation est faite dans cimmeda, gén. de cimbid, Hy. V 2, et 
dans immi » autour de lui» Hy. II 3i (rimeaA^ec timmi « chaleur m). 

î; iO(). Remarque. — Le groupe mm semble inversement être devenu mb 
dans le cas du mot ammus « essai » Wb. 2 c 27, Ml. gi c 6 (ace. pi. amsiu 
MI. 16 a 2), écrit ambiis Ml. 76 d 8. Mais ce n'est là qu'une apparence. Le 
fait que mb s'est régulièrement assimilé en mm rend peu vraisemblable l'hy- 
pothèse d'une dillércncration (v. Meillet MSLXlLaC) en sens inverse. Il vaut 
mieux voir dans ambiis une graphie analogique, comme le moyen-irlandais en 
présente tant pour le groupe nn, écrit nd par exemple dans ccnd « tète » 
au lieu de cenn ; cf. laîrand (du lat. latrônem), pendait (du lat. panitcntia, v. 
irl. pennit Wb. 26 b 20), persand (du lat. persona, v. irl. persan et persann), 
muilend (du. lat. mollna, v. irl. miilenn Sg. 49 b i5), cucend (du lat. cocjnlna, 
V. irl. cucann Sg. 49 b i5, 5i b 4, 5), etc., où le d n'est qu'une lettre 
adventice. 

Sur le cas d'un t épenthétique entre m et r, v. § 107. 

§ iio. Dans le cas oi^i les groupes nd, mb sont suivis d'une autre 
consonne, l'occlusive finale est généralement traitée suivant la nature 
de cette consonne, et par suite l'assimilation n'a pas lieu. 

Pour marquer dans l'écriture la dissociation du groupe etTindépen- 
dance respective de la nasale et de l'occlusive, l'usage des mss. semble 
avoir été de surmonter la nasale d'un punctum delens. 

Ainsi de *ess-iiid-fédii)i, dont on a le présent asindiut gl. obsero PCr. 
60 b 3, l'infinitif esiaisndls (de *eS'ind-féd-, § 127 Rem.) qui s'écrit fré- 
quemment aisndis \\h. oc 16, 12 d 20, 27 a 8, Ml. 4ob 8, i45c9, 
Sg. og b 7, 161 b 3 ; 1er/ est maintenu devant /aspirée (§ 116); la 3" 
pers. pi. ind. prés, aisndedat Ml. 3i a ig est écrite aisnddhat Sg. 
70 b i3. 

Toutefois, ce procédé paraît avoir été usité de bonne heure avec une 
valeur sémantique pour indiquer l'indépendance étymologique des 



DES MOTS Gl 

deux consonnes, abslrnction Aiile de Taclion [>honétlquc de l'une sur 
l'autre ; dans, fr cci'i dire « présent », ccndirc « absent », tainigire « pro- 
messe )) (de *frith'Con~dirc, *an-con-dirc, *to-air-con-gain'), la nasale 
s'est certainement assimilé rocclusivc. 

De là l'usage du punctum delcns pour marquer l'éclipsé en phoné- 
tique synlactiquc (§s^ 170-171). 

§ III. 3" Groupes dont la seconde consonne est s f r l n m. 

11 l'aut distinguer deux cas suivant que la seconde consonne est ou 
non aspirée (cf. Pedersen Asp. 70). 

Devant s et/ non aspirées, les occlusives d et g tombent généralement. 

in-soscéle « l'évangile » A\ b. 7 b 10, iii-sciiduine (^ le vieibbomnie » 
\\b. 27 b 8, de *iiid-s-; nicssiiiiuiir VVb. 9 c 10, l'^pcrs. pi. fut. sigm. 
de midiiir « je juge », de nied-s- ; dofôrmastar Ml. 100 a 8, 3'' pers. 
pi. fut. sigm. dedofoniiagim «j'accrois », de niag-s-. 

doshiinfider « il sera refusé » \\b. 28 c i4, ruiisliiinfaïuii « nous 
pourrons nous désigner » \\b. i5 a 4, de sluindim ; duroscaifea gl. 
antecedet Ml. 139 b 3 Ç-scaiùca Ml. 89 c 12, -scaifet Ml. 84 b 4) de 
scaigim ; 

L'occlusive c tombe également devante, mais se maintient devant /'non 
aspirée: dofutbris Mh. 32 a 9 1'" sg. subj. sigm. de dofuibraccar «je 
désire » ; mais doicfa (Wb. 5 c 5, 29 c 4) fut. de ^doiccini «je vais ». 

Remarque. — L's issue de es devait être différente de Vs issue de gs, cf. 
§ 120. 

§ 112. Devant r et / non aspirées, d tombe de même: duàrhaid « il 
a montré » Ml. 129 c i5, doârbitb Wb. 19 c 11, de *to-ad-ro-bid (verbe 
doadbadini) ; -àirilli « il mérite » Ml. 84 c i3, airillind « mérite» 
Ml. 3o d 2 (cf. "NVb. 3i c 23) de *ad-ro-sillim ; immanârladmar « nous 
causons ensemble » V\h. 29 d 10 de *im))innadroglàd}nar, ; etc. 

/;/ linn Wb. 4 d 7, 29 a 17, 18 « le nombre » (de *ind-linii), d'où 
« ceux qui ». 

Devant 711, b s'est assimilé dans adim maie « vous êtes fds » \A b. 
9 a i3 (de adib-). 

§ ii3. Devant/ non aspirée, n tombe en cbangeanty en /; (c'est-à- 
dire en substituant la sonore à la sourde). 

Cf. Zimmer KZ XXVII 46o. 

Ex. : De fine « famille » avec le préfixe cou- : coibnÏHS « affinitas » 



62 PHONÉTIQUE 

Sg. (g b g, 28 a ig), i5i b 7 elc, coibiiesta « parent » (Sg. i ib 2, Ml. 
36 a 2). 

De fodail » part » avec le même : cohodlits « communion » W b. 
9bi7. 

De.fiss « science » avec le même : ct'ibus « conscience » \\b. i d 6, 
II b 2 I , cuihsech « consciencieux » AA b. 10 c 8 , etc. 

La graphie bf se rencontre également dans les textes récents : cobfod- 
Jus Ml. 22 b I cobfodlaid Ml. 86 d 5 ; etc. 

Enfin, la graphie étymologique nf n'est pas rare: co}ifodli(d^\\\). 
2^ b ig. Ni même la graphie ub: de fossad « fixe » (Sg. i3 a 5), avec 
le préfixe cou-, cobsud « fixe » Ml. i33 b 7 et, avec le préfixe, an-, anb- 
sud « mobile » Ml. i3od 3. 

§ 1 14- Devant rlel s non aspirées, ji tombe purement et simplement. 
Souvent la consonne est géminée. 

Le groupe nr fréquent dans les formes verbales, où n est ou bien fin- 
dice relatif (§ 63 1) ou bien un pronom personnel infixe (§ 5o5), est de- 
venu rr de bonne heure : darrat « il s'est donné » "S^b. 28 b 4 (de 
*do-an-ral) ; Jjôre dorrigciii « puisqu'il a fait » ^^b. i5 d i3 (de do-ii- 
rigeni § 12g Rem.); doradchinir « qui a racheté » \\b. 2 b 9, dorraid- 
cbii'iir « qu'il a rachetés » Wh. 32 d lo. 

Devant;'^ la conjonction ro/z- assimile généralement sa finale: corro- 
chraiîea « afin qu'il puisse croire » ^^b. 12 c 33. 

Mais on a vu que dans la graphie /vse substituait souvent à r simple 
(§ 58) ; aussi rencontre-t-on des graphies comme dorrigeiii a il a fait » 
"VSTd. 3o d 22, corroaitreba « afin qu'il possède » V^h. 6 b 3 où le pre- 
mier r ne représente aucune nasale ancienne (corroaitreba de co-ro-ai- 
treba, comme la place de l'accent, sur ai, l'indique, § 6g8). 

Inversement, la graphie étymologique nrse maintient souvent : a)irO' 
chluuietar « ce qu'ils entendent » Wb. 1 1 b 6, conrochra « afin qu'il 
puisse aimer » Wb. 6 d i. 

Le groupe ni est devenu // dans ralleic « il le laissa » MI. 53 b 6 
(àe,*ro-an-leic). 

Le groupe ns a abouti à s dans ses, subjonctif sigmatiquede senniin 
« je poursuis » (§ 332). 

§ II 5. Devant r et / non aspirées, s tombe avec allongement com- 
pensatoire. 



DES MOTS 63 

*es-lened est devenu él lied , élled « souillure » Ç\n^\mi\{àe a slenim) %k^^- 

*es-regim est dexenu -éirgim «je me lève », dont rinfinitif estéirge 
Wb. 5 b lo, œrge (Ml. 21 c 3, 83 a 5). 

§ 116. Devant f, m, r et l aspirées, l'occlusive d se maintient sans 
changement. 

De là l'opposition de înfer « l'homme » Wb. 11 c 17 et de indjîr 
« les hommes » Wb. 5 c 6, in-fect-sa (ace.) « cette fois » et ind-ect-sa 
(dat.) « id. » ; inrect « le droit « Wb. i d ^ et indrecto « du droit » 
Wb. 3 c 4 ; inlic « la pierre » Wb. 4 d 16 et indliacc « delà pierre » 
\\h. k d i5. Ce fait est la meilleure preuve de l'aspiration de / et de r 
(Pedersen /. r.) ; cf. § ^7 et 111-112. 

Remarque. — Toutefois le cas de / présente un bon nombre d'excep- 
tions. 

§ 117. Devant n aspirée, le ^f se maintient généralement aussi dans 
\\h. : indnôib « les saints » 21 c 5, * doindnachim «je communique » 
(\\ b. 28 a 17, 16 d i4 etc.), tindnacol « communication » (Wb. i a 9, 
g b 7, 33 a 8 etc.) ; ces deux mots ont toujours ndn dans Wb. Dans 
Ml., le d est également le plus souvent conservé ; toutefois à cùté de 
indnaide « attente » 42 c 22 (indnide Wb. 23 b 27) on a iiuuiide 42 c 23 ; 
dn Nevhe* doindnachim , tinnagat « qui communiquent » 93 a 20, doinna- 
satar « ils communiqueront » 3o c 17, tinnacol (93 d 6, 96 d 6, 97 a 7, 
9, io5 d 10). 

§ 118. Devant s aspirée, les occlusives sonores b et d se changent en 
sourdes. 

Ex. : Le verbe sôim « je tourne » combiné avec le préverbe iinb donne 
le substantif verbal iuipi'id « tourbillon » Sg. 106 b 10 (Oo b 10, 
202 b 8), Ml. 61 a 28, 93 a 18 (120 c 8). De suide « place » on a le 
composé impiiide « siège (d'une ville) » (\\b. 9 c 10, Ml. 106 b 2), 
écrit impsuide Ml. 43 b 10, et inisiiide (Ml. i23 b 9). 

Le préfixe ind- devient inî- dans *ind-samail écrit intsamil \Ab. 
1 1 c 7, 16 a 20, 27, intamil Wb. 5 a i3, 5 b 20, etc. et dans le verbe 
ind-samhir {% 433; cf. intamlitis Wb. 5 b 20, intamlid Wb. 9 a i4, 
intsamlanunar Wb. 11 b 16). Toutefois, il y a çà et là des divergences 
dans la graphie : indsamuil Wb. i3 a 27, insamil 3o a 26 (cf. Peder- 
sen Asp. 78). 

L'article a conservé son occlusive sous la forme / dans isint-salm-so 



6^ PHONETIQUE 

« dans ce psaume » Ml. lA b 4? dint-snilb « du courant » Ml. 2 b 3. 
Par analogie, rocclusive t a été transportée à d'autres cas : isint-epistil 
» dans la lettre » Ml. 26 a 3, etc. (cf. Slraclian i?C XYIII 2i3). Mais 
la graphie conserve souvent d en pareil cas (^ 2o3). 

Sur inle « en elle », inliu « en eux», cf. ^ 010 Rem. i. 

S 119. Devant s aspirée, la spirante ch devient occlusive. Ainsi 
*secb-su « par dessus eux » (§ 5 12) est devenu seccn ^\h. 20 b i3, à 
côté de sechœ « outre cela » Wb. 2.4 a 17. 

§ 120. Devant s aspirée, r se redouble dans crni, forrii de *air-sn 
* for-su (§ 5i3). 

La liiiulde s s'est également assimilé Vs non aspirée issue de 0^5 ou de 
ds dans le subjonctif sigmatique des verbes comme 
orgim « je tue » subj. orr- 
ccrdiui « je vais » subj. cerr-. 

Mais lorscpie Vs résulte de es, elle subsiste après r. 

Ainsi dediriin «je demande » subj. ars- 

-traccar « je désire » subj. dofotharset (MX. 54 a 28, accen- 
tué sur/o; pour l'absorption, cf. § i43). 

La raison de ce fait est peut-être que les deux s n'étaient pas les 
mêmes, s issue de gs conservant quelque trace de la sonorité du g dis- 
paru, et au contraire s issue de es étant franchement sourde. Ainsi dans 
le premier cas, il faudrait supposer les intermédiaires *orgs-, *org^-, 
*orz-, orr- et dans le second seulement *ares' ars-. 

§ 121. Le groupe In aboutit à //. 

L'assimilation n'est pas faite dans la graphie de Wb. ; au contraire, 
elle est régulière dans Ml. : élned « souillure » (\^ b. 8 d 6, 11 b 9, 
Sg. 55 b 1 1), cUed (Ml. 22 b i, 92 d 12, 137 c 5) ; eomalnur « j'em- 
plis » (Wb. 2 c 10, i4, 7 b i5, 10 b i4, i5 d 27, 20 c 22, 20 d i, 2, 
21 b g, 2'\ a 37, 27 c i4, 28 c 7, 29 a 16, 3o a i, 3i b 11, 3i, 3i 
c II, i4), comaIlur(M\. 46 c 20, 74 d 5, 94 b 4, 10, io5 a 6, 106 a 2, 
ii4 b 7, 121 b 8, 122 d 7, 129 b 2, i46 a i) ; etc. 

§ 122. 4" (jroupes divers. 

Devant b, une s est tombée dans -epitr de ""es-hiur « je dis », et la 
labiale est restée occlusive, comme l'indique la graphie (§ 37) ; pour 
l'opposition asbiur : -epur, v. § 43 1. 

Les formes -aspena, nspeniud (§ 99) ne prouvent rien pour la conser- 



DES AIOTS 65 

valion du groupe sp '■, la iovmc as- du [)iévcil)c (i; /|3i) montre assez 
qu'elles sont des reconslruclions analogiques refaites sur le verbe asfe- 
nifii. 

Entre ;■ et /, une gutturale est tombée dans les prétérits du type 
orl de ovïi^iin « je tue » (§ ooq) ; entre s et //; dans loisthe (§ 98) à coté 
de loisclhe « brûlé ». 

§ 123. Mais ce sont là des faits isolés dont cliacun demanderait une 
règle spéciale. 

Un fait plus important et plus général est la chute de n entre deux 
consonnes à l'intérieur des mots (cf. Thurneysen ZCP V i). Cette chute 
se produit régulièrement entre / et d, entre m et g dans àildiu \\ b. 
12 a 25 comparatif de àlind « beau » ; ciunce « étroitesse » de cumang 
« étroit », dont le gén. pi. Q^ti ciiuigae^W. 68 c 19, cuincae^W. 20 a 5, 
3i c 12. 

Remarque. — La chute do n dans //; ciimcain « nous no pouvons pas » 
(Wb. 4 a 27) à coté. do ni-ciiming ACr. i3 a 1, ni-cnwaing Wb. ii b 9 « il 
ne peut pas » a amené la confusio-n des doux racines cZ/?g et ic dans la flexion 
de ce verbe ; de là coniciin « je puis » Wb. 20 d G, ni cumcii (MI. 18 b 5) et 
conic <■(■ il peut » Wb. a 17, etc. Cf. cumang « pouvoir » Ml. 60 d 3, 
deaning « impossible » ^\ b. \[\h [\, 17 c 7, etc. 

Sporadiquement, la nasale n est tombée entre consonnes dans : do- 
foirde « que désigne » à côté de dofoinide Sg. 2o3 b /i, aisdiscn Sg. 
198 a 10 gén. deaisndis « explication v^frecdairc {PCr. (\à a i)à coté de 
frecndairc « présent » (§ 110), scribdid « écrivain » Ml. i^ a 6 à côté 
de scribndid, tairgiriu Wb. 19 c 3, Ml. 33 d 22, datif de tairngire 
« promesse » etc. (Thurneysen /. c.) ; etc. 

Ce fait est très important dans la conjugaison, où l'insertion d'une 
nà l'intérieur d'une forme verbale a ime valeur significative (i^ 63 1). 
Souvent Vn se maintient contrairement à la rè"le, mais souvent aussi 
elle disparait sous l'action des lois phonétiques ; cf. Pedersen KZ 
XXXV /j02. 



II. — Phénomènes déterminés par l'accent. 

§ I2/|. Les mots accentués ont un seul accent, fortoncnt expiratoire, 
qui frappe l'initiale. 

5 



06 PHONÉTIQUE 

Mais il existe un certain nombre de mots inaccentués qui se groupent 
autour des mots accentués, avant cl après. Les premiers sont dits ^ro- 
clitiques, les seconds enclitiques ; les uns et les autres seront indicpiés 
dans la morphologie. Le rapport qui unit les mots inaccentués aux mots 
accentués ressortit à la syntaxe (§ 58/1). 11 s'agit ici d'examiner les effets 
que l'accent a produits sur les syllabes accentuées et inaccentuées. 

Pour l'accent du verbe, v. § /i2i. 

Sur l'existence d'accents secondaires, v. § 5(j6 et s. 

Remarque. — Certains mots accessoires, adverbes, conjonctions, parti- 
cules font exception à la loi d'accent initial, exception purement apparente 
d'ailleurs, ces mots étant composés de pkisleurs éléments juxtaposés dont le 
premier est proclitique ; ce sont: didiu « donc », dochiim « vers » (§ y.6o), 
resiii « avant que » accentués sur la finale; immallc « ensemble ». immanaîar 
u réciproqucoient » accentués sur la seconde syllabe (cf. i; 5i() Rem. 1). L'in- 
défini alaile (|< 22C)), juxtaposé de ala-aile, porte également l'accent sur la 
seconde syllabe. 

§ 125. i" Syllabes accentuées. 

En général, l'accent exerce sur les syllabes accentuées une influence 
conservatrice. Certains éléments, tels que les préverbes, soumis. à des 
balancements d'accent, ne se maintiennent que sous l'accent avec leur 
forme propre et présentent partout ailleurs une forme modifiée. C'est 
le cas notamment des préverbes di et to qui en position non accentuée 
se présentent indifféremment sous la forme do ; et aussi du préverbe es- 
qui partout ailleurs que sous l'accent a la forme as- (§ 161). 

§ 126. Toutefois l'accent a causé un certain nombre d'altérations dans 
les syllabes qui le portent. 

a) i devient e sous l'accent devant certains groupes de consonnes et 
devant r. 

Notamment devant gn ', ainsi à dogniu « je fais » accentué sur la 
seconde syllabe s'oppose ni-dénim «je ne fais pas » (de *-dignim), et le 
prétérit parfait du môme verbe est ni-deriuis « je n'ai pas fait » (de 
*-dî-ro-gn-) Ml. 89 a 11, etc. 

L'infmitif de *iiid-gni)iini « je reconnais » est eiigH': Wb. 2 a 18, Ml. 
i/i c ig, i/i d 7 ; mais d'ailleurs 1'/ a été rétabli par analogie dans des 
cas comme ;// iii-géuiii « il ne reconnut pas » Ml. G9 a i5 (accentué 
sur in). 



DLS MOTS 67 

Rcmar([ue. — Ml. présente qiu'l([nes changements de / en e qui ne sont 
sans (loule que tics l'autos d'oiLlioqraplio (Slrachan RC XVllI ai.'i): teget 
« épaisseur » /|S d \!\ au lion de \lgct , àleged « loi » 5o d a pour dliged, frc 
90 c 27, frenn i if) d 5 pour///, frinn, etc. 

§ 127. b) Sous raccciit, le yrinipc ai comprenant la voyelle a el un / 
d'infection passe souvent à e et à /*. Ainsi les préverbes air et ailh lors- 
qu'ils sont accentués deviennent souvent er, ir, eth, ilb. 

Y. s^ /129 et ajouter les exemples suivants : 

arbâgini « je prétends » (W !>. 16 d 9 ; accentué sur lui), mais /// irbâ- 
gain « nous ne prétendons pas » W b. 17 b (i (accentué surzV ; cf. irbâg 
« prétention » W b. iG d 8, ji); aniegiin « je prie » (Ml. 61 b i; 
accentué sur iic), mais cniaigdc, cmigdc, irnaigde, iniigdc « prière » 
Ml. 38 c II, 5o d 7, 5A c 87, 7.") a G ; Ml. ô/j d 7 ; W b. k A 20 ; \Yb. 
/i a 27, /( d 18, 5 c 20 ; arosailciiii « j'ouvre » dans arosaikiher « il est 
ouvert » Ml. i4 c 10 (accentué sur 0), mais ar-n-da-ersoilccl « aiin qu'il 
les ouvre» Ml. ''l'i a 12, ersailclhe « ouvert » Ml. 22 a 11, cisolciid 
« ouverture » Ml. 120 d f), irsolrolb A\ b. 22 d 27 (accent, sur rr, ir). 

*aith-balii}i « je meurs», d'où epclin « mort» A\ b. i3 b 20 
(accentué sur l'initiale) ; de même edpart, idpart « olYrande » à côté de 
ad-biur (^ailbbitir) « j'offre » ; etc. 

Remarque. — C'est sans doute par analogie de ce cas que le mot qui 
devrait être '''esndis de * ess-ind-fed- s'écrit toujours aisndis Qi; 1 10) ; de môme 
es-ro- est devenu air- dans -airfeniis « j'ai raconté » V\h. 18 d 7 (§ 338), au 
lieu de er-. 

§ 128. Dans quelques mots sous l'influence de la consonne qui suit, 
Vu d'infection se substitue à Vi d'infection dans les préverbes air et 
aith ; de là aiir, aiilh, qui sous Tacccnt deviennent souvent ur, iitb. 
Ainsi le mot erhun «prêt» Wb. 29 d 1 1, Ml. io3 c 6 s'écrit aussi irlaiii 
Wb. I b 9, i3 c 8, 5 c 18, 12 c 39, i4 d 29 et aurlain Wb. 8 a -^1 ; de 
même erlatii « obéissance » Ml. 60 b 16 s'écrit aussi irlatii Wb. 7 c 2, 
aurlatu Wh. 3 b i/|, G c 27, 7 c i5, id a 3i, 27 c 3, 33 c 7 et itrJatii 
(Hy. YII 8). De la racine du \erhe *ailb-ba « mourir» (parfait atba- 
tba[tar] Ml. 98 b 8, as-in~d-batbatar Ml. 3G d 10) dont Tinfinitif est 
aplbiu (de *aitb-ba-tbiir, \Vb. 23 c 5, 32 c iG), sont dérivés epaid 
« ueneficium » Inc. Sg-. Tbcs. Il 2^8, jib aiptbi AA b. 20 b 20 et iiptba 
(RC U 1 13, V. G et 8), et ipibarh Wb. 9 b 2 i (cf. Zimmer KSt. I 1 22). 



68 PHONÉTIQUE 

§ 129. c) Lorsqu'une syllabe de redoublement se trouve placée im- 
médiatement après Taccent, elle perd sa voyelle par syncope (§ i36), 
et il se forme compensatoirement une diphtongue dans la syllabe accen- 
tuée. 

Exemples: -follsitii Wb. i5 a 20 de *-fo-lilsitis (ace. sur/o; d.Ju- 
Ulsaingl. subportassem Ml. 78 d i). 
forroichan^W. 17 d i de *for-ro-cechan (ace. suv ro). 
doroigaid Wb. 20 a l\ de *do-rogegoid (id.). 
dofoînnsed Ml. 35 a 17 de*do-for-nie))iased (ace. sur for). 
Remarque. — Sous l'influence analoglqvie du préverbe di, le préverbe ro 
sous l'accent prend la forme ri au prétérit parfait du verbe dogniii «je fais » : 
dorigniiis « j'ai fait » Wb. 24 b 12, Ml. ^7 a 20, dorigeni Wb. 1 1 a 28, etc. ; 
cf. §§ i38et 338. 

§ i3o. 2" Syllabes postaccentuées. 

L'accent a exercé sur les syllabes postaccentuées une action destruc- 
tive, dont ont pâti surtout les voyelles. 

Le premier résultat de cette action, c'est que dans les syllabes post- 
accentuées il n'existe plus de voyelles longues, exception faite pour les 
longues hystérogènes, issues d'allongement compensatoire. 

En outre, ultérieurement à cet abrègement des longues, les voyelles 
en position non-intense subissent trois sortes d'affaiblissements : tantôt 
elles disparaissent par syncope ou par absorption, tantôt elles se trans- 
forment par apopbonie en une nouvelle voyelle, moins définie au point 
de vue de Tarticulation, ou de timbre imposé par la position articu- 
latoire des pbonèmes voisins. 

Ces trois phénomènes s'appliquent aux anciennes voyelles longues 
abrégées aussi bien qu'aux anciennes brèves. Ainsi */// ardihen (accen- 
tué sur ar) est devenu ni airdben « il ne détruit pas » Sg. 3o a /i (syn- 
cope) ; *ad-gJâd-am (accentué sur ad) est devenu acaldani (§ io3 ; 
absorption) ; *ad-rim (ace. sur ad^ est devenu àrani « nombre » (apo- 
pbonie). 

Remarque. — La voyelle syncopée peut laisser une trace dans l'infection 
de la voyelle précédente : caindlôir Wb. 24 b 32, 3i d 20 de lat. candelârius, 
et cf. ^ 292. 

§ i3i. La syncope et l'absorption sont de tlate fort ancienne, anté- 
rieures toutes deux à l'époque des plus anciens textes, de sorte que le 



DES MOTS 69 

vicil-iflandais lui-même ne Ibunill jLrénéralcincnt pas la raison d'être ni 
le point de départ des phénomènes. 

L'apo[)honie semble postérieure à la syncope et à l'absorption ; elle 
a atteint toutes les voyelles qui ont subsisté en position non-intense 
après raclion de ces deux dernières. 

Sans remonter à la préhistoire, on peut fixer les règles suivantes. 

§ 182. fl. La syncope et l'absorption se produisent après Taccent de 
deux en deux syllabes, en parlant de la syllabe qui suit immédiatement 
l'accent. 

Ainsi un pr'im'ih^ en igeiia conservé sur les inscriptions oghamiques 
(§ 3) est devenu iiige}i « fille » (i; f^^ Rem.). Les mots latins aposloJus, 
philosophus ont été empruntés sous la l'orme apstal \\ b. 18 c i (2^ 
a 2 5), feisub ^^b. 26 d 26, 27 a 10; et le verbe praedicâre a donné 
pridchim (pridchaiin). Dans la ÛQxionàe doinoi ni in- « je pense », tom- 
nihther (§ 187) remonte à -io-m(o)nib(i)ther. 

De même pour l'absorption : le latin abstincutia est devenu abstanit 
V\h. 6 b 17, 6 c i5 (par l'intermédiaire dc*abst)jit, § i^4)- 

^ i33. Cette règle aide à comprendre un certain nombre de contra- 
dictions apparentes dans l'application de la syncope et de l'absor- 
ption. 

En face de -derlaigthe « serait pardonné » Ml. 32 c 17 (de *di'r(o) 
-laigthe), on adoroJgida Ml. 32 c i5 (de *do-ro-l(ii)gida, accentué surro). 

En face de adroiUiset « ils ont mérité » AYb. !\ c 35 (4 c i5. Ml. 
61 b 17) de *ad-ro-silHset accentué sur ro, on a -âirillset « id. » Ml. 
ii4 c 9 (\Vb. 4 c 39, 4 d 10, Ml. 54 d 9) de *ûd-ro-silliset accentué 
sur ûd. 

Certains préverbes étaient primitivement dissyllabiques ; de là l'op- 
position de esgre « expression » Cam. 38 a, frecre « réponse » A^ b. 3 c 
3i de *es-gaire, *fretb-gaire, et de airgaire (\^b. 3 c 3o), ergaire «pré- 
servation » (Ml. 35 c 11) de *are-gaire plus tard àir-gaire; le même 
mot a donné tairngire. v. promesse » Wb. 4 c 6, de *tair (to-air § 92) 
-con-gaire, à une époque où le préfixe air était devenu monosyllabique. 

§ i34- Il en est de même en cas d'absorption: en face de accaldam 
issu de *ad-g!Adain (§ io3), on a iinmràdud « méditation » (y\h. i4 c 
22, 16 b 16), issu de *imine-ràdiid, ancien *embi-râdiid. 

L'analogie a souvent troublé le rapport régulier des faits : à coté de 



yO PHONETIQUE 

airâbe « meurtre » (Ml. i/i a 2) de *air-di-be, on a créé un mot imdibe 
«circoncision » Mb. i d i5 etc., qui doit sans doute la conservation 
de son / à la date récente de son entrée dans la langue; cf. iiiidibciiar 
Sg. i43b 4, § i38. 

§ i35. b. En syllabe finale, la syncope et l'absorption ont été sou- 
mises de bonne heure à certaines restrictions dont Tétude sort du cadre 
de ce livre ; mais on peut dire tout au moins que les syllabes deve- 
nues finales à l'époque des plus anciens textes ne subissent jamais au 
cours du vieil-irlandais la syncope ni l'absorption. 

Il n'y a peut-être d'exception que pour la finale du passif -bcrar dans 
les composés dobernr « il est porté » Ml. /jô b i, 60 b ig, Sg. /io b 9, 
asbzrar « il est dit » A\ b. 10 b 21 , i/i c 21, 28 c 1 1, Sg. 29 a 3, 
187 b 5, qui apparaissent aussi sous la forme doberr AA b. 28 c /|, Ml. 
5i b 23, 56 b II, Sg. 21 b 5, /i2 b 7, i4o a 4, i56 b 6, i63 b 10, 
i83 b 3, 189 b 2, asbcrrWh. 33 a 18, Sg. 21 a i, 210 a 3 (-epcrr), etc. 

§ i36. Syncope. 

La syncope est la chute pure et simple d'une voyelle en position 
non intense sous l'influence de l'accent. Elle se distingue de l'absorp- 
tion en ce que dans l'absorption la voyelle laisse une partie de sa valeur 
vocalique dans une liquide ou nasale voisine. 

La syncope est particulièrement nette dans les cas suivants : 

a. Formation des mots. 

Après un préverbe ou un élément de composition monosyllabique 
accentué. 

anse « difficile » \\b. 5 c 16 de *an-asse. 

cosniil » semblal)le « (§ i/ii de *cO'Saniaiï). 

diltiid « fait de nier» Wh. i3 b 18, substantif verbal de ^tv////u- 
dini «je nie» (\A'b. 28 c i/i), à&*di-slondud (^% /i3o, ^9, i23, 37). 

esgre « expression » Cani. 38 a, de *es~gai?'e, § i33. 

foigde « mendicité » \N b. 20 b 8, 20 c 19, 3i b 28 de *fo-g!iidc. 

foxal « fait de chasser » (Ml. \)'^ d 5, i34 a 3) de *fo-coii-sal ; 
cf.foro.xlad « il a été chassé » Ml. 3i a 5. 

sidbir « éloquent » \Ab. 17 b [\ (sulbciir Sg. 91 b 3, § 79) de ^sn- 
laibir. 

§ 187. b. Flexion des mots. 

Substantifs : âram « nombre» gén. âiniic, Sg. 71 b \^, d'igal « ven- 



DI.S MOIS -yi 

gcaiice » gcn. digle W b. 17 cl 12, iiiôidciii « louange wg'én. uiôidiiic \\b. 
17 a i.'î, o/T//// « destruction » géii. oirnic (^ (S3) Ml. :4:^ '' i ; coliiui 
« chair » gén.colhio W b. 3 d 1, 23, niûlad « louange », gén. mollo] 
iadad i<. conclusion » gén. iad(a)da, *iadda, iata (§ 101) Ml. /16 a8; etc. 

Mais iiioiiie gén. de iiîgen « fille » (de *'iii(i)gena, § iSa). 

Verbes : de doinoiniitr « je pense », -tomiiathar « qu'il pcMise » Wb. 
17 a i3(cr. diiiiinieiiathar, accentué sur e, Ml. 49 a 10), /// lonniibther 
« il ne sera pas pensé » (Wb. 26 b 28) ; de doluigini « je pardonne » 
iiidilgiblbc'r \\h. 33 b 8 (§ /i3(>) ; de gabiiii « je cliante » ro-gabath 
(accentué sur ga) Ml. 2/1 d i3, mais bi-ro-gbalb (ace. sur ro) Ml. 2^ 
d 10; de *////w-fl'/r-/r////,3''pcrs. sg. -n/r/c Ml. 35 a 7, 73 a 11, 3" pers. 
pi. -aircet Ml. 2 b 5,2 d 4, 17 b 20 ; etc. 

§ i38. C'est dans la flexion que se rencontrent le plus grand nombre 
d'exceptions, consistant en restitutions ou conservations analogiques de 
"voyelles régulièrement soumises à la syncope. Ainsi dans la déclinaison: 
bairgeii « pain » gén. bairgiiie Sg. i8/i b3, iress « foi » gén. irsc Tur. 
45 et iris se \N b. 1 a 9. 

Dans la conjugaison : inidibciiar « il est circoncis » Sg. i43 b 4 au 
lieu de iiiidibiiar. De dogiiiiiau prétérit, iiadii-digiiiMl. 23 b 10 et na- 
dndergini Ml. 23 c 10 ; selon Zimmer KSl II io5, Wb. présente dix do- 
rigeni contre deux dorigni, iMl. cinq dorigcni contre dix-neuf dorigni. 

Les finales eu -tar et -atar sont également fréquentes à la troisième 
pers. pi. du passif de la [)remièrc conjugaison (§ 35o, 365), etc. 

Souvent une voyelle soumise à la syncope est maintenue parce qu'elle 
appartient à un élément morphologique significatif. Ainsi de *to-aith- 
lutihiin « j'accorde » le prétérit est do-é-coni-iuicbt (accentué sur é ; Wb. 
26 d 23, Ml. 54 c 23, 26, 55 CI, 96 b 5), où le préverbe com em- 
ployé avec une valeur grammaticale (§ 453) a conservé sa voyelle 
malgré la règle. 

si; 139. r. Suffixation ou addition d'un enclitique. 

11 y a syncope dans la formation des participes (§ 484), notamment 
des deux premières conjugaisons : ro chiiidcid « il a été planté», clante 
« planté » (de*cland(ii)d-c', AVb. 21 d (î) ; ro dli'itbjd « il a été soli- 
difié», dli'ite « solidifié» (de *dliitb(a)d-e, Sg. (3 a 18); roléccd « il a été 
laissé», lciclbi<.<i devant être laissé », Wb. i c 12 (de *léc(é)d-i)\ rogabad 
« il a été pris », gablbe « pris » ; etc. 



iy2 PHONETIQUE 

Un pronom sufTixe ( § 609) provoque d'ordinaire la syncope : hcrthi 
« il porte cela » AVb. 28 a 19 de *bcr(i)d-i, cf. § /ii ; itins « il la 
mange » Ml. 102 a i5 de *il])(i)d-us, avec / d'infection (§ 10 1). ■ 

^ i^o. Les groupes de consonnes résultant de l'application des lois 
de syncope ont évolué d'après les règles données aux §§ 100 et ss. ; 
seul, le désir de conserver un élément morphologique significatif a fait 
maintenir parfois une consonne qui aurait dû disparaître (cf. § io4). 

Une question très délicate se pose au sujet de l'action réciproque de 
deux consonnes de position dilTérenle, pour définir dans quelle mesure 
la syncope laisse subsister le caractère antérieur, moyen ou postérieur 
de chacune d'elle. En règle générale, lorsque deux consonnes mises 
en présence par une syncope sont de position différente, il y a toujours 
assimilation de la seconde à la première, si la première est antérieure; 
le groupe est alors lui-même antérieur (cf. Brugmann Grdr. I, 1" éd., 

2/i5). 

Lorsque la première consonne est postérieure, il n'y a pas d'exemple 
d'assimilation de la seconde à la première. Et lorsqu'elle est moyenne, 
le traitement varie : *stiAaibir est devenu sulhair Sg. 91 b ,H, mais *er- 
baid-i (cf. erbaid « crédit » Ml. i[\ d i5) cirbthi « il se confie » Ml. 
5i b 12 ; n. pi. carait « amis » ace. pi. cairtea, dat. pi. cairtib (§ 196 
Rem. II). Le choix entre les deux traitements dépend sans aucun doute 
des phonèmes voisins (§ 82), et c'est pourquoi il est impossible de 
fournir une règle qui s'applique à tous les cas. 

!^ i/u- Les diverses combinaisons auxquelles donnent lieu les com- 
posés et dérivés de samail « semblable » résument assez bien les faits 
de syncope. 

Avec le préfixe ind (ancien dissyllabe) : *iiid-saiiiil devenu int-sainil 
(§118) écr'û misaiJiil Wb. i6a25 et avec notation de l'infection f/z/fitwa// 
Wb. 5 b 20, Ml. 22 c I, fil c 8, 690 7, i38 c 10, intsaïuaiJ Sg. fia 11. 
Dans Wb. la nasale m a développé un //, indice d'une position posté- 
rieure (§79 Rem.) : ind sa mu il Wh. 10 a 27. 

Avec le préfixe fo»- : *con- s( a) mil àc\c,nn cosmil Wb. 8 b i[\, i3 d 
i3, 32 c 5, 7 etc. écnl cosmail dans Ml. 87 b 2^, 82 du, 91 b 7 etc. 
et dans Sg. 10 a fi, 11 a i, 12 b 5, 28 a i5 etc. et cosinuil dans Wb. 
12 d I, 26 d i3. Dans la flexion: cosmaili Wb. 33 b 20, Ml. lafi b 
i5, Sg. 59 a 17, cosiniliWb. 32 d l^ et cosmuli Wb. 9 b 17, 17 c 5. 



DlîS MOTS 173 

Le Jcrlvé cosniaili » ressemblance » s'écrit de inèmc cosmile el le dérivé 
cosmailius « id. » cosmilius el losmuilius ; le gén. sg. cosmailseo Ml. 
107 c iG ou cosmailsca Ml. 89 c 22 et le dat. [)1. cosiiiailsib Ml 5i d /^ 
présentent une double syncope : *cos(a)i}fil(i)so, *cos(û)iiiHl(i)sib. 
Précédé dej-^ co-s(a)iiuiil dcxicnl ce sa mil avec syncope de o(de *é c(o)n- 
saniif) ; et l'opposition se maintient dans les dérivés c'csaiiile, écsaiiiliis 
en face de cosmilc, ces mil us. 

§ i42. Absorpîkvi. 

L'absorption se produit lorsque, dans le voisinage d'une voyelle sou- 
mise à la chute en position non intense, se trouve une liquide ou une na- 
sale. Alors la liquide ou la nasale, absorbant la voyelle, peut jouer elle- 
même si les circonstances le permettent le rôle vocalique et se résoudre 
ensuite en un groupe voy. -\- liquide ou nasale. 

L'absorption n'est claire que lorsque dans la syllabe, antérieurement 
à toute action de l'accent, la voyelle occupait le second rang et était 
précédée de la consonne. Dans les autres cas, elle se confond avec la 
syncope. Le timbre de la nouvelle voyelle résultant de l'absorption est 
généralement a, parfois c dans le voisinage de consonnes antérieures, 
accidentellement devant / de position moyenne (ci-dessous). 

§ i43. Exemples d'absorption. 

Liquide /. De adglàdur «je m'entretiens » Sg. 1/46 b 9 (accentué 
sur ff/rt), l'infinitif est accaldam « entretien » (§ io3) et le participe 
accalsc (n. pi. acailsi Ml. /i8 a 10), tous deux accentués sur l'ini- 
tiale ; du composé *iiiim-adglâdur, ind. prés. pi. 3 imniusacaldat Ml. 
i3i c 19. A côté de ni ecJastai gl. non excutienda Sg. 27 a i5 et re- 
fait par analogie sur le présent -cladini, on a ecailsi « discutiendi » 
Ml. 10 d 7 (cf. § 485 Rem. II). De l'adjectif conilàn « plein » est dé- 
rivé le verbe rt)///rt/;///r «je remplis » (§ 325). De lécini «je laisse» 
Jjiiare nacJjrcilced « parce qu'il ne fut pas laissé » Ml. ^9 a 10, oh-rcilced 
sort de *ro-elced, avec élision de devant e (^ 92). Ce môme verbe a 
fourni les composés arlécini et dolécini, dont on lit ara reilced Ml. 36 a 
3o et nachatelcid Wb. i5 d [\. — La voyelle d'absorption est 
dans -focijoniolsam Wb. i/| b i5, i'*' pers. pi. du subj. sigm. de *fo- 
com-longim «je supporte ». 

Liquide r. Du wioi octrach « fumier, lie » Ml. 129 c 2, le pluriel est 
octarche Wb. 9 a 7. Aux formes verbales imme-niimdctar Ml. 46 b 28, 



"k PHONÉTIQUE 

iinmeroiiiastar M\. 5i a i<S, iniroiinsitis M\. 5i a 19, etc. correspond 
rinfiiiilif immariniis « péché » A\ b. 3 c 36. En position non intense le 
prétérit en -/ du verbe or^iiii « je frappe » se j)résente généralement par 
suite d'absorption sous la forme -art {as-coin-art Ml. 36 b 11, fris-com- 
art, Ml. 63 b 11, do-com-art Ml. 45 a 11, etc.) et le participe passé 
de *ess-orgiin est esarte Ml. 38 c 17. En face de britbe ^^b. 25 d 3, et 
dcdibrilbi « importabilia » MI. 58 a 16 (refait analogiquement), on a 
reuieperthae " antedictus » Sg. 4 a 7, eperthi « dicendum » Sg. 25 b 9, 
iedbarihc « adbibita » Ml. ^7 a 5, tedbarthi « oilerenda » Ml. 126 d 3, 
tedparibi « adhibcndum » Sg. 6 b 23. Du verbe lâthraiin « j'expose » 
le passif est lalbartbir « il est exposé » Ml. 44b 16. A côté de indrisse 
« envahi » (§ 484), refait sur le verbe ind-relbim, on a la forme indirse 
(Ml. 35 a 21, 67 a i3), oi^i Vi s'est conservé indûment comme voyelle 
d'absorption. 

§ i44- Nasale 77Z. Il n'y a pas d'exemple clair; peut-être orpamin 
\A b. 2 c i4, n. pi. de orbe ni « héritier ». Il faudrait y joindre, avec e 
au lieu de a Qi, ib'j i\. 1) les formes casuelles de fecljem « débiteur » 
gén. \)\. fecljoiian Ml. 127 b 1, n. [i\. fccbeinaiu Ml. 45 b 10. 

Nasale;/. De ini-iiasciiii «j'attache » le participe est im-anse (im- 
viainse Ml. 62 c 9 ; n. pi. n. iiiiniainsi gl. connexa Ml. 36 du); de 
nigiiâlb «étrange», composé de ^t//^///; « habituel », ingaiilacb « étrange», 
ingaiil us (Corm.) « étrangeté ». Parfois le groupe an se réduit à a 
simpl(\ Ainsi, à côté de -gniutar (ace. sur iii) dans ûsagnintar « ils 
sont compris », on a -gnatar (non ace.) dans coni enggnatar Sg. 
209 1) i3, dont le |)remier a sort de /;/, avec chute de /z devant /. 

§ i45. Dans tous les exemples qui viennent d'être cités, il faut ad- 
mettre entre le point de départ (Jiqii. ou nas. + voy.') et le point d'arrivée 
(l'oy. -\- liqii. ou uas.) un intermédiaire constitué par une liquide ou 
nasale voyelle. L'existence de ce phonème, qui se rencontre en fait dans 
un certain nombre de langues, ressort du passage suivant, où à 
ocii-lh'iidar (ace. sur beii) s'oppose -ociiianatar (ace. sur or) : indi nad 
ocinanatar hotbrogaib. . . indi ocnbendar botbrogaib « ceux qui ne sont pas 
touchés par les misères... ceux qui sont touchés parles misères ». 
Ml. 54 a 12. La forme ociuanatarievaonit à '^-ocbnatar, avec une nasale 
voyelle dont le contact immédiat a changé le b Qn ni. 

5; 146. Remarque. — On pourrait être tenté d'expliquer par une absorp- 



nr:s >iots 



lion le passage de la diplilonguc au à u simple en syllabe post-accentuée 
dans augaire « berger » deg-ugaire « bon berger » (§ 809), aue « petit-fils » 
iarm-ue « descendant » (Mi. iig b 12). Mais Ml. présente aussi ugaire yG d 
I ; et la grapbie des diphtongues est trop fuyante (,^ G6) pour qu'on attache 
quelque importance à ces faits isolés. 

§ i^V- Apophonie. 

L'apophonie est Taltération de timbre que subissent les voyelles en 
position non intense sous l'influence de l'accent. 

Pour les voyelles longues, elle s'est ajoutée à une altération de quan- 
tité, celles-ci étant devenues brèves après l'accent (§ iSo), à l'exception 
des longues d'allongement compensatoire. 

§ i48. L'apophonie résulte de ce principe qu'en position non in- 
tense l'articulation d'une voyelle est assez affaiblie pour pouvoir dépen- 
dre du point d'articulation des phonèmes voisins ; si ces phonèmes 
sont neutres ou inexistants, la voyelle tend naturellement à la position 
a, pour laquelle l'articulation est réduite k son minimum. 

On en revient ainsi en principe aux trois positions vocaliques que 
suppose le phénomène de l'infection. Suivant la position des phonèmes 
voisins, le timbre de la voyelle apophonique sera /_, a on 11 ] enfin, si 
les phonèmes voisins ne peuvent exercer qu'une action très faible ou 
même nulle, par exemple à la finale, la voyelle apophonique sera a. 

Il suit de là qu'il est généralement très malaisé de distinguer l'apo- 
phonie de l'infection, puisque le résultat des deux phénomènes est le 
même et que la voyelle d'infection en syllabe non intense devient le 
plus souvent la voyelle apophonique. 

§ i49- Exemples d'apophonie. 

a. La voyelle apophonique est /. 

Toute voyelle suivie d'un phonème antérieur peut devenir / en po- 
sition non intense. 

Ainsi le génitif de ecJas « estomac » est edis Vsh. 29 a 26 ; celui de 
etach « vêtement » est eiaig Ml. i/t4 c 7, mais etich {\\h. 12 b 3, 2g 
b i?>y,dàil «part» (cf. \e\evhe dâlim «je partage ») fait en composition 
fodil « division » Sg. 188 a 11 ; samail (avec i d'infection) donne le 
composé cosniil « semblable ». On trouve aussi écnlfodail (Sg. 33 a 5) 
ou cosmail (ci-dessus), mais Va est en pareil cas une Aoyelle d'infection 
et c'est 1'/ qui est la vraie voyelle de la syllabe. 



■76 PHOÉTIQUE 

Le datif de écen « nécessité » est écin Tur. i31. 

La 3" pers. asbeir « il dit » (de as-bhir; avec / d'infection) devient 
quand racceni frappe le préverbe niepir « il ne dit pas » A\b. 10 d 5. 

De do-tongim « je jure » on a au prétérit duciiilig AA I). 33 d 10, ^11. 
-8 a 6 (= * do-con-teihaig accentué sur coii). 

Du verbe Juid « il vint » (avec i d'infection) on a en composition 
foindar-Jid « subintravit » \\h. 3 a G, inoJaid « il pénétra » Ml. 25 a 
21, inrualaid « id. » Ml. 71 c 7, c'est-à-dire 4id (plus un ^ d'infection 
dans les deux derniers cas). 

Le gén. sg. de coinncssani « voisin » esl com)iissiiii \Ab. i c 6. 

h'inCm'iûï de ar-moiniiir esl ainnitiu <.i honneur, respect » Wb. 7 
•d 1^ etc., et celui de ar-ciiiiiii, airitiu « réception » "Wb. 29 a 6 etc. 

Exceptionnellement, un c a subi le changement apophonique en / 
devant phonème moyen dans forcital « enseignement »_, tairchiiaJ «pro- 
phétie » AN b. 5 a 8, de cétal; on lit encore for cetal Cam. 38 a. 

lleinarque l. — Comme on le volt par plusieurs des exemples qui précè- 
dent, rinlection se superpose souvent à Tapophonie. Dans -laid, Va d'in- 
fection remplace un u ancien, cf. ï; 7g. 

Remarque IL — Dans Wb. i5 a 3ole gén. sg. de lebor, qui est libiiir PCr. 
2 a 3, est écrit libiir : la voyelle apophonique / a disparu après lu d'infection. 

»5 i5o. b. La voyelle apophonique est //. 

Toute voyelle suivie d'un phonème postérieur peut devenir u en po- 
sition non intense. 

Ainsi Vi degunn « action » étant suivi d'un /«postérieur, dont l'in- 
fection n'est pas marquée suivant le § 91, on a en composition déniim 
« action » (de*dégnîm, *di-giihii, § 126), parfois écril dénoin. 

Toutefois, en face de déniim, fognain Wb. 10 b 9 (gén. fognamo \\h. 3 d 
i4) et inchongnam Wb. 5 d 5 ont a au lieu de h comme voyelle apophonique. 

L'/ de fiss « science », 1'^ de mess « jugement » étant suivis d'un 
groupe ss de position postérieure, on a en composition cubus « con- 
science » AVb. Il b2i (§ ii3), iomus «jjoids» Ml. 33 c 17; mais les 
consonnes b ou m restent de position antérieure ; aussi de cubiis, tire 
t-on le dérivé cuibsecb « consciencieux » AA b. 10 c 8, et le génitif de io- 
mus est-il écrit toimseo Ml. 35 c 23, où 1"/ et 1'^ sont des voyelles d'in- 
fection (cf. le cas de dorus « porte », gén. doirsea). Les mots cubus, 
iomus pourraient donc être écrits cub'us. toui'us. En fait c'est une gra- 



HF.S MOTS 



77 



pliie semblable que l'on rencontre le plus souvent en cas de cbange- 
ment apophonique de e en u. Ainsi le datif singulier des mots diles 
« propre », crcliiicch « croyant», imbcd « abondance», imned « Iribula- 
tion », indeb « gain » est écrit dîlius Sg. 27 a i, crehniuch y\h. 10 a 5, 
imbiud Ml. 56 a i3, 94 b 11, imniudV\h. 7 b i(), indiub \\\i. 10 d 
33, Ml. ko a 4, où r/ n'a que la valeur d'une voyelle d'infection, comme le 
prouve la graphie imbiid Ml. 45 c i, 56 b 23, et le datif dligiid de dli- 
ged, Ml. 19 d 10, Sg. 181 a 8. 

Dans MI. où l'infection de u n'est parfois pas notée (§ 76), la voyelle 
apophonique H disparaît après 1'/ d'infection dans/'H;?/i/53 h 8. Inversement 
MI. présente certains exemples de iu au lieu de i (Strachan ZCP I\ 5()), ce 
qui confirme lidée que I infection de u n'avait plus qu'une valeur graphique 
à l'époque de Ml. 

§ i5i. Un a s'est changé en 11 devant phonème postérieur dans les 
mote suivants : 

adgaiir « j'appelle » (accent sur gaur, avec u d'infection) : forcoii- 
gur « j'ordonne »; 

andach « iniquité » dat. andiicb Ml. i34 d 3 ; atrab « demeure » 
dat. atnib (NN b. 21 c 7) ; biiiiad « origine » dat. bunitd Sg. 33 b 2 ; ciini- 
tach « construction » dat. ciinituch Tur. Su ; ellach « union » dat. cUiich 
A\b. 29 d 22 ; eolas « science » dat. eiilus Sg. 209 a 6 ; étnid v forni- 
cation )) dat. étri{d(Sig. 68 b 9) ; fiigall «jugement » dal.fugiill AM). 
9 c 16 ; ilar « foule » dat. iliir A^b. 22 a 11 ; lestar « vase » dat. les- 
turVsh. 22 b 4; torad « profit » dat. tonid \\\). i«» d i4 ; taraud « fi- 
gure » dat, tôrunt Sg. 3 b 19 ; tossach « commencement » dat. tossuch 
Wb. 7 b II. 

Remarque. — Toutefois les adjectifs en -ach ne présentent jamais 1 apo- 
phonie de u au datif sg. : iressach « croyant » reste sans changement au 
datif (§ 2x3 Rem. II). 

§ i52. c. La voyelle apophonique est a. 

Ce cas est le plus important ; mais, comme on l'a déjà dit (§ i48), 
il est double. Il comprend d'abord des exemples parallèles à ceux des 
catégories précédentes, dans lesquels la voyelle a a été imposée comme 
voyelle apophonique par les phonèmes voisins ; il comprend ensuite 
tous les exemples dans lesquels une voyelle quelconque a naturellement 
abouti à a, sans influence extérieure. 



'jS PHONETIQUE 

On distinguera les uns elles autres. 

adcin « je vois » lait adcéthar « il est vu », mais ;// accaihar (accentué 
sur ac) « il n'est pas vu » (Ml. 08 1) (j). 

romidar « j'ai jugé » (de w/J///7') AMj. 9 b 5, 3* pers. sg. niiiiidair 

Ml. 72 h -21 (accentué sur ;;//), mais imriimadir « il a péché » A\b. 

i3 b 3i (accentué sur r//), dorumadir « il a calculé » Ml. tG c 11 

(id.) ; dans tous ces exemples, le d est de position moyenne et le r de 

position antérieure. 

ro gnïtha « ils ont été laits », mais -rcgnatha ( ace. sur rd) Ml. 
1 1 5 b 4 . 

*dî-fo-od-rethini « je résulte », mais 3" sg. dofnarat Sg. 12 a 3. 

De -semiiu le prétérit est -sél (§ io5), mais *to~fo-ro-sét devient doforsat 
Sg. 3i b 5 et *-to-fo-ro-séta -torsûta « ils ont été créés » Ml. 42 b i3. 

rh)i « nombre » en composition avec ad, donne*ad-riiii, d"où ârûiii 
a nombre » (cf. § i3o). 

slog « troupe » en composition avec tcg « maison » donne teg-Jach 
« valetaille » {yï. § 3o8). 

Dans la dérivation en -/// qui s'applique surtout à des adjectifs en ~e 
(§ 21 4), 1'^ s'est fréquemment changé en -a, parce que le t est de po- 
sition moyenne à la plupart des cas (autres que le nominatif) ; de là 
bestatii « moralité » de hcsîc, dânatn « audace » de dàiic, etc. (§ 3o2). 

Pieinarqne I. — L'a apoplionique est souvent noté e après un phonème de 
position anlérieure. En l'ace de beram « nous portons » de herim, gaidcin 
« nous prions » de guidim (§ 385) ; en lace do corpach « corporel » de corp, 
cretmech « croyant » de cretem ; etc. Du mot rim qui a donné drain (ci-dessus) 
le compose avec /o (*to-riin) est tuirem «compte ». De même le gén. de 
ciinhid « captif » est cimnwda Hy. V 2 ; l'inlluence analogique des alternances 
métaphoniques (cf. i; G7) n'est ici pas douteuse. 

Remarque II. — L'absorption peut contribuer aussi à développer un a 
apophoniquc. Ainsi le subjonctif de asbiur « je dis » est asber « que je dise » 
(accentue sur bef), mais quand l'accent passe sur le préverbe, on a coni-eper 
« que je ne dise pas » Wb. 82 a 20 et aussi conârbara « jusqu'à ce que tu 
dises » Sg. 209 b 3o (de *con-as-ro-berd) ; cf. le cas de doberr ^ i35. 

§ i53. Le développement de la voyelle apoplionique a est relative- 
ment récent en vieil-irlandais. Les plus anciens textes (§ 10) n'en portent 
pas encore la trace. 

Ainsi \\h. présente parmi les gloses de la première main : esbelii 



DES MOTS 79 

« inuliliU; » 9 1) i5 (plus lard cahalaid Ml. i3() c -j/S); JiigcU « juge- 
ment » 9 c /| (plus lard fugall W I). 9 c 5) ; fresdel « service » 9\ c 1 1 
(plus [(ivd /restai); folog « fail de snpjuMlcr » 17 b 23 (plus lard falachy 

Cam. a tu-ihé^ol « ils vont » 38 b (plus tard do-lingat \Nb. 5 a 5) ; 
fédûl « du seigneur » 87 c (gén. Aq fiadu, plus tard fi ad a t). 

Et dans Philarg. : lorclh gl. fors (plus lard lorad); ôrargel gl. eleclra 
(plus lard argal « argent ») ; gigreii gl. anser (plus lard gigrann), etc. 

En rcvancbe, le développement s'étend de plus en plus à mesure 
que Ton arrive aux textes plus récents. Ml. porte forcaii « bout » au 
lieu de forccnn 91 a î» i , arase « proverbe » 55 a i3 au lieu de aresc, elc. 

i:; 15/4. Remarque. — Ln changement apoplionique de/ en <» se rencontre 
sporadiquement dans cpiclques exemples, trop nombreuv cependant pour 
qu'on puisse les inlerpréler comme de sinq)les fautes d'orthographe: niprid- 
clu'd « vous ne prêchez pas » Wb. 33 d i, do-epert « à dire » Wh. 22 a Zj, 
egept « Egvpte » Ml. !i(') h 26, 29 etc., oc diten « à protéger » Ml. 85 a 4- 
Cette apophonie est inexpliquée (cf. Slrachau ZCP l\ Aq)- 

§ i55. Le cas des voyelles finales demande à être examiné à part. 

Cf. Strachan RC XX 3o3. ZCP IV 5i, 477. 

C'est une règle générale, dont on voit rnpplication au fur et à mesvu'c 
que s'avance la période du vieil-irlandais, que les voyelles finales tendent 
vers a. 

Déjà dans ANb., on rencontre les génitifs éiareerta 12 d 22 et hésa 
28 d 2/i au lieu de étareerlo et béso des substantifs étarcerl « interpréta- 
tion » et bés « mœurs ». 

L'adjectif coibneste « aflmis » est écrit eoibiiesfa Sg. 159 a 3 ; il en est 
ainsi de quelques adjectifs en -e, et ceci se retrouve dans la dérivation 
en -lu (§ 3o2). 

Rcmarcjue. — Le passage de -u à -a semble attesté par na-bcula Ml. 19 c 
9, ace. pi. de bel « lèvre ». Mais il peut s'agir d'une confusion purement 
morphologique ; cf. noita au lieu de noibii Qi, 210) ou d'une simple laute de 
graphie, les lettres a et u étant très peu dilférentes dans les mss. 

La dipbtongue ei de do-téi « il va » Ç\\b. 10 a 12) apparaît sous 
la forme di en position non intense dans -îâi Sg. 2() b 7. 

§ i5(). En particulier, lorsque devant un / ou un e final, se trouvait 
un a d'infection, cet a a pris de bonne beure la place de 1'/ ou de Ye. 
Ainsi les finales -ai -ae ont abouti à -a dès Wb. et la confusion est com- 



8o PIIOîJÉTTQUE 

plète dans Sg. De sorte que la même finale peut être écrite e, ae, a et 
même par analogie ai, i ; enfin la graphie x est également de mise. 

Ainsi/^r/g Wb. 12 b i5 gén. pi. àQJirt « miracle » esifertae Ml. 1 7 c 9; 
rétae Ml. i5 a 2 gén. pi. de rét « objet » est rela ACr. 8 b i. 

Le génitif de ainni « nom » est anme Sg. 211 b 6, Ml. 3G b i, 
anmac Ml. 3o a 10, 49 d 4, 91 a 6? io4c i, anmx Ml. 22 d 9, anmma 
Sg. 26 b II . 

C'est au nom. pi. de la 3*' déclinaison que la confusion est particu- 
lièrement étendue (cf. Straclian Erin I i) : àc pcccad « péché )), pcctbe 
\Yb. 9 d i3, pecthû AN b. 2 a C, pccthi ^^h. 4 a 8, pecthaiMl. 98 c 5 ; 
de guî))i « action )>, guime V\h. 26 c 8, gnima Wb. 4 d 12, gnimae 
Ml. 65 c 16, o^;;//;// Wb. 25 c 23, gnîmiii V^h. 8 c 4, guifux \N b. 
i3 d 29, etc. 

Ces différentes graphies représentent les trois stades -e, -ae, -a (et 
respectivement -i, -ai, a) de révolution de ces finales. C'est le stade 
intermédiaire que représente également la graphie x : on la rencontre 
dans Sg. dans des cas comme huihx 25 b 7 dcirhbx 66 b i5 oià il est 
manifeste qu'il s'agit d'un c tendant vers a. 

S 157. La finale -ea comprenant un c d'infection et la voyelle a s'est 
parfois simpUfiée en -e\ ainsi àcôté de deirchôintea (gén. de derchôiniiid 
« désespoir ») ^^ b. 21 b i, où Ve marque simplement la position anté- 
rieure du t, le génitif de ariJliiid « mérite » est ar/teWb. 5 c i3. 

§ i58. La finale -/// est devenue -/ déjà dans AAb. 3 b 25, 4 b 3, 
8 d 20, i3 a 26 ; cf. dans Ml. : /.'//// 53 a 2, dniii 49 b 8. 

§ 159. 3" Syllabes préaccentuées. 

Cf. Zimmer Sitzher. d. pmiss. Akad.d. Wiss. (pliil.-hist. Kl.) XIX (hjoS) 

434. 

C'est sur les syllabes postaccentuées que les effets de l'accent sont le 
plus clairs. Toutefois les syllabes préaccentuées présentent aussi dans 
leur vocalisme et dans leur consonantisme les traces manifestes d'actions 
exercées par l'accent. En- vertu de la loi d'accent initial (§ 124), ces 
syllabes ne peuvent appartenir qu'à des éléments proclitiques (§ 584)- 

§ 160. a. Vocalisme. 

La syllabe préaccentuée présente sporadiquement quelques affaiblis- 
sements vocaliques, tels que : assimilation aux phonèmes voisins, 
transformation apophonique (§ i47), chute pure et simple. 



DES MOTS 



Ainsi, la conjonclion resiu « jusqu'à ce que » accentuée sur la finale 
(5:; I yJi Rem.) csldevcnuc risiu Ml. HSc t), etc. (cf. toutefois i:; i -jA) Hem.) ; 
après la préposition oc (s; ayC»), la voyelle a de Tarticle ou du pronom 
possessif se change parfois en o : oc-ond-ochàil « au lever » BCr. i(S d ^>, 
oc-o-5cribunl « à son écrire (!::> '^179) » '^r,- ^i3 b 4, occ-o csorcuin (t:^ 5()G) 
« à son trancher » Sg. 67 a k» ; oco îuistiii « à sa création » Ml. 19 d 5. 

La conjonction copulative ociis « et » Cam. 38 a est écrite acus dans 
le seul exemple de V\b. où elle figure en toutes lettres (§ 606), H a 10. 
La préposition fo est devenue fa dans la locution fadess no-fathuaith 
« à droite ou à gauche » Wb. aç) a :^i, et de même la préposition oc 
devenue ac dans quelques passages de Ml. 55 c 19, 82 d 11. 

Totitcfois, l'on rencontre également ixc pour oc dans un passage où la 
préposition étant suivie d'un autre proclitique devait d'après le !^ 696 rece- 
voir un contre-accent : ac du -guidi-siii « à ta prière » Ml. :>.3 a 5. Ce fait 
rend malaisée l'interprétalion du phénomène. 

i; idi. L'alternance des formes d'adjectifs pronominaux inrh el nach, 
ceci) et cacl) (§ 2a 1 et ss.) est due en principe à un balancement d'ac- 
cent, nech ceci) étant originellement des formes accentuées, nacJj cach 
des formes pré-accentuées. 

Enfin, il faut rappeler ici le changement des préverbes : di en do 
(^ 43o), qui a pour résultat de confondre en position préaccentuée les 
deux préverbes dî et to, devenus tous deux do (§ 270) ; es en as (§ 43 1) ; 
céta en cela ou cita (§ /i3o, et v. Zimmer KSt I 112). 

Dans les textes plus récents, di préaccenlué est parfois écrit de- (cf. les 
exemples de Sg. cités |^ /iSo el ajouter : dcn chamull " du chameau » Tur. Go). 

En revanche, le changement de ro en ;// semble indépendant de l'ac- 
cent (i; 72); s'il est fréquent en syllabe préaccentuée (Strachan ZCP 
IV 5o), on le rencontre aussi sous l'accent. La même observation s'ap- 
plique au changement de do en du, fo enfu, no en nu, etc. 

§ 162. L'affaiblissement de la voyelle préaccentuée peut aller jusqu'à 
la chute par absorption : traceiuisoin (de lar-a-cenn-soni) « par leur 
tète )) Ml. 27 c /i, trachénn (de iar-a-chénn) « par sa tète » Ml. 101 a 3. 
Ou même à l'apocope pure et simple : ainsi les adverbes iuinialle « en- 
semble », innnanetar « réciprorpiement » sont devenus de bonne heure 
malle Hy. II 66, vianetnrWh. 3i d 1 ; l'adjectif pronominal ala (^ 221) 
se réduit à /a dans les locutions rrtr/;-/r/-5(7... //wt'/^/Vt' A\b, \hàç),cach- 





02 PHONETIQUE 

la-céin... in-ccin naili Ml. 19 L i, 19 c i, /jo b 8 « tantôt..., tantôt... » 
(§ 224) et dans cach-Ja fociill... an-aill « chaque mot... ]'auti-e... » 
Ml. 24 d 3o. 

§ i63. /;. Consonanlismc. 

Le principal fait à signaler est le changement de / en â en position 
préaccentuée à l'initiale des prépositions (préverljes) to et tar et de 
l'adjectif possessif io. 

On trouvera des exemples de ces faits aux §§ 281, 435 et 5i8. Ce 
changement s'est produit au cours de la période du vieil- irlandais. Dans 
les plus vieux textes, comme \\h. prim. man., Gam. et Phil. (§ 10), 
on trouve encore le / conservé en position préaccentuée (cf. Thurneysen 
ZCP III /19). Ainsi : iic-ihegot (ultérieurement do-tiagat) Cam. 38 b, 
toncomra gl. ut tacderet nos AVb. i.^ b 23, tucrecha gl. mentiri Phil. 
8 a i3, etc. Exceptionnellement, le t se rencontre au lieu de d dans 
des textes récents : Io iicitch MI. 4<> c 2/1 au lieu de do-ncuch « à qui- 
conque )) ; lo-fortacbt « Ion aide » Ml. /|5 c 7. 

i:; i64. Certaines chutes de s et de/ à l'initiale sont dues également 
à la nature proclitique des mois où elles se produisent. Par exemple 
aniûl {ai)iail Cam. 38 a) à côté de sa mail j rith à côté de frilb (§ 55), 
s'expliquent par l'opposition de la forme préaccenluée ou proclitique et 
de la forme accentuée. Mais la question est encore mal éclaircie. A ces 
exemples, il faut joindre le cas de l'article ind qui remonte à sind (cf. s 
conservée après certaines prépositions, 5:5 2o5) et des formes démons- 
tratives and « là » à côté de sund; ade, ede, ide à côté de side (§ 5/ii) 
« celui-ci ». 

Remarque. — La préposition ainal « comme » proclitique conserve sa 
silTlante initiale lorsqu'elle est suivie d'un pronom suiïixe enclitique : 
samliim « connue moi >■> (§ 5 12); cf. § 691. 



CHAPITRE III 



DE LA PHRASE 



§ i65. L'étude des rapports phonéliques des mots dans la phrase 
constitue ce qu'on appelle la phonétique syntactique. 

11 ne faut pas confondre la phonétique syntactique ainsi définie avec 
la phonétique syntaxique qui étudie les rapports de s\ntaxe dans la 
mesure où ils sont exprimés phonétiquement et qui l'ora l'objet de déve- 
loppements spéciaux dans la troisième partie (î:;;:^ Q2S et ss.). Il s'agit 
uniquement d'examiner ici les accidents phonétiques que les mots peu- 
vent subir dans la phrase du fait des mots qui les entourent. 

La phonétique syntactique n'agit jamais qu'à l'intérieur de certains 
groupes de mots, de cohésion plus ou moins grande, dont la composi- 
tion sera indiquée dans la troisième partie (sji; 682 et ss.). 

Dans ces groupes peuvent se produire accidentellement d'un mot à 
l'autre, certains des phénomènes phonétiques indiqués dans le chapitre 
précédent. 

On notera que dans les groupes verbaux, aucune action phonétique ne 
s'exerce naturellement entre la syllabe qui précède iminédiatemont la syllabe 
accentuée et cette dernière (^^ /jaS et Sq.S). 

Toutefois, deux phénomènes généraux méritent d'être retenus et exa- 
minés ici, parce qu'ils appartiennent à des catégories de mots définies : 
l'aspiration et la nasalisation. 



84 PHONÉTIQUE 



I. — De l'aspiration. 

S i66. Un certain nombre de mots et formes flexionnelles (nomi- 
nales et verbales) provoquent l'aspiration du pbonème initial du mot 
suivant. 

Cette action est naturellement sans effet sur une vovelle initiale ; et 
sur les consonnes elle ne se manifeste dans l'écriture que dans la mesure 
oi"i la langue est capable de noter l'aspiration (îji^ 32 et ss.). C'est-à dire 
que c el t deviennent régulièrement f/;_, //; ; p quelquefois seulement /i/;^ 
et généralement dans les textes les plus récents ; s et f ne sont notés i 
et/ que dans les textes qui emploient le punctum delens (§ 5i). Enfin, 
l'aspiration n'est pas marquée après les pbonèmes qui déaspirent 
(î^ 97)? pour le cas des groupes de consonnes, v. sji; 100 et ss. 

Pour la valeur phonélique et la notation graphique de l'aspiration, v. 
Pedersen^s/). passini ; pour le rôle syntaxique du phénomène, v. Pedersen 
/CZXXXV 3i5 et ss. 

§ 167. L'aspiration se produit dans les cas suivants : 

1° dans la déclinaison (Pedersen /iSg) : 

a. Après le datif singulier de chaque déclinaison. 

h. Après le nom. sg. de la première. 

c. Après le gén. sg. de la deuxième. 

d. Après le voc. sg. et le nom. pi. masc. de la deuxième. 

e. Après le nom. -ace. pi. n. de la deuxième. 

/, Après le nom. -ace. duel de tous les noms masc. et fém. 

g. Après les nomsde nombre ^/a (nom. -ace. -gén. masc, gén. fém.), 
di, tri et cctbir (ces deux derniers au neutre seulement) ; Pedersen /I2S. 

/;. A|)rès le n. aill « autre » (§ 221). 

2" Après les substantifs et adjectifs, premiers éléments de composi- 
tion (Pedersen /j4i '■< § 3o8). 

3" Après les pronoms suivants (Pedersen /127): 

sî « elle M ; -m- -t- -a- pronoms infixes des i''*', 2" pers. sg. et 3*^ 
pcrs. sg. n. ; mo do a « mon, ton, son » (ce dernier se rapportant à un 
mot masc. ou neutre) ; iussn '< toi ». 



ni-: i.A l'iiuAsi: 85 

§ iGN. V Après les |)i('[)i»sili()ns suivanlcs (Pederson '\:>2) : 

ûiiial ar ccii di do funl jo iiii à ol Iri(lir). 

o" Après les préverbes siiivanls (i^ 4-^8), égalenieiU lorscpTils jouent, 
s'il y a lieu, le rôle créléineiils de composition (§ 3io ; Pedersen 3/|0 et 

aith air ccl di fo ianii iiiib iiid rein ro lainn lo. 
6° Après les particules suivantes, en composition (î^ ^lo) : 

do III i Ih'b so. 

7" Après les formes suivantes du verbe copule (Pedersen 019) : 

a. r^'eta'^* personnes de l'ind. prés, conjoint (à la 3'' pi. seulement 
dans Ml. et Sg.). 

b. A rimpératif. 

c. Aux formes conjointes du subj. présent, sauf à la 3'' pers. quand 
elle est terminée en -b (~p)- 

d. A la 3" pers. sg. de Timp. du subj. et du futur bcd (bad). 

e. A la 1" pers. sg. du prétérit conjoint -bo (ba). 

8° Après les conjonctions suivantes (Pedersen ^ai et 4 20) : 

ce (fin) CD ma 6 

acus no. 

f)" Après rinterjeclion à. 

Remarque I. - — L'article aspire aux cas correspondants à ceux de la 
flexion des substantifs indiqués ci-dessus (§ 2o4) ; cf. Pedersen 43o. 

Remarque II. — A la liste des pronoms il faut peut-être joindre hed 
« cela » (Pedersen 327); pour inti « celui-ci », v. § S/iQ- 

Remarque III. — Dans Ml. les prépositions /or et /n produisent excep- 
tionnellement l'aspiration (for-chcnn li\ d :i[), fri-chcUl 50 b 33); de môme 
dans Ml. et Sg. etar,for et frith en composition (etarthoîhaim Ml. ko d 0, 
ctarsuidigtlie Sg. 68 b 4, forthaclit Ml. 93 c ib, frithcheist Sg. i63 b 10). 

Remarque IV. — Dans AU. et Sg. la conjonction ar « car » produit l'aspi- 
ration (Ml. 42 c8, 109 c 9 ; Sg. 18 a 3, 206 a 3) ; mais Wb. ignore cet 
usage (5 b 4o, 22 d 9, 33 a i5). 

Remarque V. — Après no, l'aspiration ne se produit dans Wb. que sur 
un nom, et pas sur un verbe; mais Ml. ne connaît pas cette dislmction 
(§ 588 d). 



86 PHONÉTIQUE 

Remarque VI. — Les négations n'aspirent jamais naturellement. Quand 
11 >• a aspiration après une négation, c'est que la négation implique un pro- 
nom infixé (Thurneysen ZCP II 76, Pcdersen KZ XXXV 358). 

^ lOq. Certains mois sont rcLelies à l'aspira tion et conservent leur 
initiale non aspirée après des finales qui aspirent (cf. Pedersen Asp. 
166). 

Ainsi les pronoms possessifs uio et far (§§ 617 et 5 18) ne subissent 
jamais l'aspiration de leur initiale ; aussi les Irouve-t-on notés fréquem- 
ment dans les groupes iiinio et bar (prononcé tmr). Cette exception se 
justifie par des raisons sémantiques. L'aspiration aurait eu pour résul- 
tat de modifier trop gravement le possessif de la première pers. sg. (sur- 
tout dans les cas où il perd sa finale : dini àes) et de faire confondre far 
« votre » avec ar « notre », en un mot d'ôter à l'un et à l'autre toute 
valeur significative (cf \Vh. Stokes KZ XXXVIII 468). 

L'adjectif pronominal cacl) est également rebelle à l'aspiration (cf 
Zimmer GoU. Gclebrt. An~. i8ç)6, 38()): do càch Wb. 1 a 1, o-cach 
V\h. I c /4, o-ccch \\h. '.i a l'i, a- cacha m ni VVI). 1 c 8. Toutefois l'usage 
n'est pas ferme: aniakhacb Wb. 33 c 2, fiad chàch Wb. 2 a 1, 3 a 7, 
18 d 8 (grapbies étYmr)l()giques). L'exception est peut-être due ici à 
une tendance dissimilatrice. 

Pour certains autres mots, il arrive qu'accidentellement l'aspiration 
ne soit pas notée ; mais ce ne sont que des imperfections de grapbie. 



II. — De la nasalisation. 

Cf. Thurneysen ZCP V i. 

§ 170. Un certain nombre de mots et formes flexionnelles provo- 
quent la nasalisation du pbonème initial du mot suivant. 

Cette action se manifeste dans l'écriture de la façon suivante : 

a. Devant voyelle par la préfixation d'une n. 

a n-alhir « leur père ». 

L'// est j)arfois surmontée d'un punctum delens. 

§171. /'. Devant occlusive sonore par la préfixation delà nasale cor- 
respondante : 

ar n-doriis « notre porte » ; a lu-has « leur mort ». 



Di: LA riiiiAsr. 



Celle graphie représenlr en (ailiiiK^ piduoncialirm : itrnorus, amas 
(cf. § lof) cl s.). 

Très lircjnciuiiiciil, la nasale csl stiiiiiiHiléc, du [)iin(liiiii dclcns : 

taibriih a-léicblc ùdoih « accordez-leur leurs droils » VVb. G a 20 ; 
for ùdcscrc « voire amour » Wh. m5 a :-!i ; céin liibiis « lant que sera » 
Wl). (S I) I ; for dib figablaib « surdcu\ fourclies » Ml. [\') c 9. 

I']\c(>pli()iinelleuienl, dans les le\les récenls, la nasale est subsliluéc 
à rocclusive : alâ debe mec ii-aiid « il y ici a une pelile diiïérence » 
Ml. 4<> a yo (de debe m-bec). 

S5 17^!. c. Devant occlusive sourde, le plus souveni, par rien du 
loul. 

/(//• loimliii « voire o|)inioM » ; ar pecllki. « nos péchés » ; a césad 
« leur passion » . 

Mais dans la prononcialion, Tocclusive sourde devenait sonore 
(ihv'mliii, bectba, gésad). 

Dans quelques exenqiles, la sonore est niènie notée dans l'écriture ; 

'nila'ni diagmaiii fobailbis « (jnand nous allons au haptènie » Wh. -^ a if) 
(de *inUiiii n-tiagmani; cï. *u-lathar écrit dathar Wh. yi c 9, aS d f\ ; 
*n~téte écrit déte Wh. 11 d 7) ; iiacbgéin « quelque temps » \M). 7 a 1 1, 
2 /i d 1 1 (de *nacb-ncéin) . 

Exceptionnellement la sonore est précédée de n : co ii-dodsitis « afin 
qu'ils tomhassent » \\ h. 5 h 1 1 représente *ùi n-todsilis (de doiiiit « il 
tomhe ») qu'il suffisait d'écrire co dodsitis (cf. ZCP IV 55, /i7<,|)- 

Remarque. — L'action de la nasalisation sur les occlusives est quelque- 
fois désignée sous le nom cVéclipse ; ZE distingue Veclipsis nasalis (sur les 
occlusives sonores) et Veclipsis dcstitiicns (sur les sourdes). Sur tous ces faits 
cf. Zimmer KZ XXVII, 4^0- 

§ 173. d. Devant /par rien du tout : 

a-fundatferai « quand tu te montres » Ml. 38 c 26. 

Dans la prononciation, comme l'indique le traitement du groupe in- 
térieur nf (s> 1 13), la spiranlc souixle / devait être prononcée sonore. 

Î5 x'j'x. e. Devant les autres consonnes, quelquefois par la gémination 
(!:; 56), le plus souvent par rien du tout : 

a lin « leur nomhre » ou a Jlîn ; a rîg « leur roi » ou a rrig ; a mag 
« leur champ » ou a iiimag ; / soscélit « dans l'évangile » on / ssoscélii. 

Remarque. — Il n'y a sans doute pas lieu d'attacher ici une grande 



ÔO PHONETIQUE 

importance à la géminalion en tant que phénomène synlactique ; puisqu'on 
la rencontre également dans le cas de l'occlusive sourde : i-ccach lucc » en 
tout lieu » AVb. "j à i, a- ccùrs.igad « leur blâme » Wb. 39 a 17. Tous ces 
faits rentrent dans la question générale delà gémination, indicjuéc, mais 
non résolue, aux tji; 56 et ss. 

§ 175. La nasalisation se produit dans les cas suivants: 

1" Dans la déclinaison. 

a. Après l'accusatif singulier et le génitif pluriel de toutes les décli- 
naisons. 

h. Après le nom.-voc. singulier de tous les mots neutres, à l'excep- 
tion de nûj, n. de nacb (§ 222), ni « quelque chose » (§ 55()) et aill 
« autre », n., qui aspire (§ 221). 

c. Après les noms de nombre dd (nom. -ace. neutre), dib (dat. pi.), 
sccht, ocht, nôi, dctch. 

2° Après les pronoms suivants : 

-a- infixe de Z^ pers. sg. m. ; ar « notre w/âfr « votre » a « leur ». 

3" Après les prépositions suivantes : 

co « avec » / iar re(ria). 

Mais \A b. se distingue des autres mss en ce que la nasalisation n'y 
est jamais marquée que devant une syllabe accentuée; Ml. et Sg. au 
contraire présentent quelques exemples de nasalisation devant syllabe 
inaccentuée (Thurneysen ZCP^ 3). En outre, la nasale tombe parfois 
devant consonne lorsque le mot qui nasalise se termine lui même par 
une consonne. Il se produit en effet en pareil cas un groupe de trois 
consonnes, exposé à .se simplifier, d'après le § i23. Enfin, il faut ajou- 
ter que la graphie néglige parfois indûment de noter la nasalisation 
(Peder.sen KZ W\^' 334). 

i; 176. L'aspiration et la nasalisation, phénomènes essentiellement 
phonétiques, ont pris de bonne heure une valeur morphologique, qui 
se manifeste clairement dans l'expression de la relation (§§ 62S et ss.). 

Cette valeur morphologique se trouve même exprimée dans des cas 
oii les conditions phonétiques ne justifient pas l'aspiration ou la nasa- 
lisation. Ainsi il arrive parfois qu'un mot s'intercale entre celui qui 
produit le phénomène et celui qui le subit : 

issi chiall « c'est le sens » est correct; mais w/ insochiûJl'Ml. 88 b 11, 
90 c 24 « ceci est le sens » montre l'aspiration sautant un mot pour 



l)i: l,\ l'IlHASK 89 

atteindre le suivant; le ch de cbiûll n'a qu'une valeur niprpholof^iquc 
puisque iuso ne produit pas Taspiralion. De même, d'après nirbii chal- 
léic, Sg. 3i b 2:^ l'ournil nirhii cognomen challcic « ce n'était |)as du tout 
un cognonen ». 

Sur le cas où lasplralion désigne le sujet en cas de phrase nominale, v. 
§ 602. 

Il en est de même de la nasalisation. Le mot déde « dualité » nasa- 
lise en qualité de nom neutre : de là déde n-and « dualité ici » ; mais 
\A"b. I a 5 porte déde didiu n-and, où l'adverbe didiu « donc » interposé 
n'a pas entravé l'action de la nasalisation. 



DEUXIEME PARTIE 



MORPHOLOGIE 



PREMIERE SECTION 



DES XOMS 



GÉNÉRALITÉS 

Cf. Wh. Stokes BB XI G5, KZ XXVIII 289, XXIX 879 ; Thurneyscn KZ 

XXVIII 145. 

§ 177. La déclinaison comporte trois lïenres, trois nombres et cinq 
cas. 

Les Ivo'is genres sont le masculin, le féminin et le neutre. 

La répartition des genres dans le vocabulaire ne se laisse ramener à 
aucune règle précise, si ce n'est pour certaines catégories de dérivation 
qui seront étudiées au chapitre iv (§5; 288 et ss.). 

Quand une même déclinaison comporte des noms masculins et neu- 
tres, le neutre n'a de forme propre qu'aux nominatifs, vocatifs et accu- 
satifs, et jamais qu'une sevde forme pour les trois cas. 

1:5 178. Les trois nombres sont le singulier, le pluriel et le duel. 

Ce dernier est déjà en voie de disparition. Son datif est toujours iden- 
tique au datif pluriel, et son génitif au génitif pluriel (moins la nasa- 
lisation); les autres cas sont en général identiques tantôt au nominatif 
singulier, tantôt au nominatif pluriel. En outre, les substantifs au duel 
sont toujours accompagnés des formes correspondantes du nom de nom- 
bre deux (§ 243). 

Sur le duel. cf. Ebel KSB H 70. 



9 4 MORPHOLOGIE 

§ 179. Les cinq aw sont le nominatif, le génitif, le datif, le vocatif 
et l'accusatif. 

Il n'y a pas un seul paradigme où les cinq cas aient tous une forme 
difîérente. Le vocatif notamment ne se distingue du nominatif que dans 
quelques déclinaisons ; et les trois cas nominatif, vocatif et accusatif 
n'ont souvent qu'une même forme, par exemple au neutre. 

Sur l'emploi des cas, voir ^S 206 et ss. 



CHAPITRE PREMIER 

DES SUBSTANTIFS 



§ i8o. Les diverses formes flexionnelles, dont bon nomljre sont 
d'ailleurs iirégulières (cf. § :<oi), peuvent être ramenées à cinq types de 
déclinaisons définies. 

Ce qui constitue la principale difficulté de la déclinaison du vieil- 
irlandais, c'est que les formes casuelles n'y sont pas toujours caracté- 
risées par une certaine désinence s'ajoulant au thème, mais souvent, 
en l'absence de toute désinence, par la position phonétique de la consonne 
qui lermine le thème (cf. § 3()). 

i; 18 1. Première déclinaison. 

La preinière déclinaison, qui ne comprend que des noms féminins, se 
divise en deux types. 

Dans le premier type, la flexion est caractérisée de la façon suivante: 

Sing. Nom.-Yoc. consonne de position quelconque. 

Génitif. désinence -e. 

Dat.-Acc. consonne de position antérieure. 

Plur. Nom. -\ oc. désinence -a. 

Génitif. consonne de position mov^Tine. 

Datif. désinence -aib. 

Accusatif. désinence -a. 

Duel. ?Som.-Voc.-Acc, consonne de position antérieure. 
Génitif. consonne de position moyenne. 

Datif. désinence -aib. 

L'accusatif singulier et le génitif pluriel produisent la nasalisation 
(§ i7<^)- 



g G MORPHOLOGIE 

Remarque. — Au nominatif singulier, la consonne finale est le plus sou- 
vent de position moyenne. Elle est de position antérieure dans certains mots 
comme méit et notamment dans des noms verbaux Çgabdil, tabairt, § 475) où 
elle alterne avec la position moyenne (t:; 182 Rem. III). La position posté- 
rieure n'apparaît que dans de rares mots isolés, tels que deug « boisson ». 

§ 182. Paradigme. 

Sing. Nom.-Voc. tiialh « peuple » 

Accus. tûaith 11- 

Génitif. tûailhc 

Datif. tûaith 

V\\\r. Nom.-Voc. -Ace. tûatha 
Génitif. tùath n- 

Datif. tûathaih 

Duel. Nom.-Voc. -Ace. tûaith 
( iénitif. tûath 

Datif. tûathaib 



Se fléchissent de même les substantifs: adarc « corne)) gén. aâarcae 
(§ 79)? cilmsan « aumône » ^èn. almsine, âram « nombre » gén. 
àirnieÇ^ 1^7), bairgen « pain gén. hairgine (§ i38), hriathar «parole)) 
gén. hrethre (§ G/j), cland « progéniture )) gén. clainâe (§ 83), class 
« classis )) QQw. claissc, croch « croix; » gén. cr niche on crticbae (§81), 
clall « intelligence » gén. râ7/^(§ 04), ciimal « esclave » ^èn. cumaile, 
dias « épi » \i,è\\. dessc ( (U), digal « vengeance )) gén. digle (§ 137), 
delb « forme » gén. delbe, deug « boisson » gén. dige (§ 08), ferc « co- 
lère )) gén. ferce, fled « festin )> ^m. flede, fochricc « récompense » gén. 
foçhricce, gabàl <»u gabàil « prise )) gén. gabàle, grîan « soleil » gén. 
gréne (§ 04), icc « salut » gén. îcce, ingen « fille » gén. ingine (§ 137), 
iress « foi » gén. irisse et irse (§ i38), Idm « main » gén. lame (§ 81), 
/o/io- « vaisseau » gén. htngae, met (et méit) « quantité » gén. méite, 
miicc (( porc » gén. inuiccc, orciui « destruction » gén. oircne (^ 137), 
/)/«?; « peine » gén. pêne (§ 04), rann « part )> gén. ranne, rigan 
« reine )> gén. rignae, saiget « flèche » gén. saigle, tabart ou tabairt 
« apport )) gén. iabarte, tesbnitlj « manque » gén. tcsbnithe (BCr. 3d), 
/()/ « volonté » gén. tuile (^ 08), /h?// « orgueil )) gén. naille (Ml. 33 b 
17), mais aussi nàilbe \A b. i4 c 21, 3() b 21, peut-être d'un mot dilTé- 



l)i:S SIJIISTANTII'S 



97 



icnl (vï. Thunioysoii KZ \\\ III 1^17 cl \M.. Slokcs KZ XXWIII 
472) ; Ole. 

Remarque 1. — J..C3 mois aimser « temps » et persan (emprunté du latin 
persôna) font exceptionnellement au nom.-\oc. phu-iel aimsir, pcrsin et au 
nom. -voc. -duel persin (Sg. 2 i 2 b 5). 

Remarque H. — Les suljslantil's en -acht de la première déclinaison pré- 
sentent quelques irrégularités. D'abord ils n'ont jamais trace de posilion 
antérieure au datiC et à l'accusalir singuliers : dôinacht « bumanité » fait au 
dat. dôinacht, à l'àcc. dôinacht n-. En outre certains d'entre eux ont au sin- 
gulier des formes à nasale empruntées à la cinquième déclinaison: ainsi à 
côté de bcndachtae gén. de bendacht « bénédiction » on a aussi bendachtan ; de 
même, de fortacht « secours » l'ace, sg. ai f or t acht ai n Ml. 27 a G ; de diUhracht 
« désir » le gén. sg. dnthrachtan, Ml. 55 a 17, etc. 

Remarque lll. — L'alternance de la posilion anléricure cl de la position 
luovennc au nom. sg. est limitée au cas des subslantifs verbaux (comme 
gabdl, tabari etc.). Gomme la position moyenne est plus anciejineque l'autre, 
on peut attribuer celle alternance à une confusion du dalif et du nominatif 
singulier (cf. Zimmer G. G. A. iSijG, p. 379). La quatrième déclinaison pré- 
sente une confusion semblable, aussi dans des substantifs verbaux (55 19G 
Rem. IV). 

§ i83. La flexion du second lype est ainsi caractérisée: 



Sin». Nom.-\oc. 



désinence -e. 



(Jénitif. désinence -e. 

Dal. -Accus. désinence -/. 

Plnr. et Duel. Nonl.-^'oc-Acc. désinence -/. 

(■('nitif. désinence -c. 

Datir. désinence -ib. 

L'accusatif singulier et le gcnilif pluriel produiseiil la nasalisation 
(§17'0- 



§ 18/4. 


Paradigme. 










Sing. 


Nom.-V 
Ace. 
Génif. 
Dat. 


oc. 


Cure « paix » 
céri n- 
core 
ccrl 



Plur. Nom.-^ oc.-Vcc. côri 

(îénitif. côre n- 

Dalif. côrib 



9 8 MORPHOLOGIE 

Duel. Nom.-Yoc.-Acc. côii 

Génitif. côre 

Datif. côrib 

Se fléchi.sscnl de nicnic les subslanlifs: ailhc « ixTiiunéfalion », 
ence (encae) « innocence », faille « joie », foigdc « mendicité, gorte (gor- 
tae) « faim », guide « prière », iinie « sens », insce « discours », soilse 
(( lumière », torbe (torbae) « profil », ii'iare (tnarae) nourriture », unge 
(ungae) « once », etc. 

Remarque I. — Sur les mots dont le radical se termine par une consonne 
de position moyenne {lype cncae^, v. ji^ 80. Comme on l'a dit au !^ i56, le 
groupe final -«f se réduit parfois à -a ; ainsi nom. sg. unga BCr. 3 c. 

Rcmaïque H. — Le mot ré « espace (de temps) » se fléchit comme suit: 
Sg. nom. ré Ml. f^\ a Z|, i33 b 7, géu. ree Tur. 71 et rehcWh. [\ c \\ (^ 28), 
dat. râ (Wb. 23 d 3o), PI. nom. rei AGr. 2 d i et ree (BCr. i8 c 3), dat. 
réib AVb. 23 a 8. 

§ i85. Les mots adaig « nuit », bliadain « année », iuis « île » et 
sétig « épouse » se fléchissent à tous les autres cas qu'au nominatif-vo- 
catif du singulier suivant le modèle de côre. Ainsi le génitif singulier de 
ces mots est aidche (§§ 187 et /ji), bJiadne, inse, sétche, le nom. pluriel 
aidcln, bJiadni, insi, sétcbi, etc. Toutefois, par analogie de la troisième 
déclinaison (§ 191), le mot bliadûiii l'ait au datif sg. bliadin BCr. 3^ a 9, 
39 d là coté de l'accus. sg. bliadni il). 3:^ h 7. 

Cf. Thurneysen KZ XXVIII i/,5, Wb. Stokes KZ XXVUI 289. 

Remarque. — 11 iaut sans doute joindre à cette liste le mot adim « instru- 
ment » Ml. /|9 b 7, géu. sg. aidmc Ml. 5i c 5, nom. pi. aidmi'Wh. 3 c i/|, 
Arm. 189 a i, ace. pi. aidmi Ml. 75 c 4 ; mais il est accompagné de l'article 
masculin dans Ml. 89 a 8 (n. pi. ind-aidmi). 

§ 186. Seco;\de déclinaison. 

La seconde déclinaison, qui comprend des noms masculins et neutres, 
se divise également en deux types. 

Dans le premier type la flexion est caractérisée delà façon suivante: 

Sing. Nominatif. consonne de position moyenne. 

(îénitif. consonne de position antérieure. 

Datif. consonne de position postérieure. 

,- ..„ S masc. consonne de position antérieure. 

Vocalil. i ... 

' neutre, consonne de position moyenne. 

Accusatif. consonne de position moyenne. 



DKS SUIJSTAJiTTrS QQ 

... ^T . . . i masc. consoiiiK' (l(^ iiosilùjii aiili'rifurc. 

Pliir. Nomiiialii. ] , • • 

/ noutrc. cuiisoiiiic (le jKisilioii inoM'iiiKMjink'siiU'ncc -a. 

(jciiitu. consonne ch; position niovcniie. 

'^''''''- dôsincncc -aib. 

Voc. ^ masc. di'sincncc -u. 

Accus. ( nealrc. consonne de position moyenne ou désincnccr?. 

Duol. Nom. -Voc. -Ace. consonne de position moyenne. 

Génitif. consonne de position movcnnc. 

Datif. désinence -aib. 

L'accusatif singulier et le génilil' pluriel produisenl la- nasalisation 

(§i7<0- 

Au neutre, la nasalisation est en oulie produite également par les 
nominatifs-accusatifs-vocatifs du singulier et du duel. 

§ 187. Paradigmes. 



Sintr. 



Plur. 





Mascu 


in. 




Neutre. 


Nom. 


fer a 1 


lomme » 


Nom .-Voc. -Ace . 


nert u- « force » 


Voc. 


f'- 










Ace. 


fer 11- 










Gén. 


fir 






Gén. 


neirt 


Dat. 


fur 






Dat. 


neiirt 


Nom . 


fir 






Nom.-^ oc. -Ace. 


iierl ou nerta 


Voc. Ace. 


fni 










Gén. 


Jer 11- 






Gén. 


nert n- 


Dat. 


feraib 






Dat. 


nerlaib 


Nom. -Voc. -Ace. 


fer 






Nom. -Voc. -Ace. 


nert n- 


Gén. 


fer 






(jén. 


nert 


Dat. 


feraib 






Dat. 


nertaib 



Sur/tv, cf. §§ OS, 73, (S3 ; sur iierl, ii, Gç). 

§ 188. Se iléchissent de même les substantifs: masculins, apstal 
« apôtre », gén. apstail, hall « membre » gén. haill ou Imll (§ 84) 
ace. pi. /;////// (i> i)<>), hél « lèvre » gén. hcoil, beîiiil (^ 80), ceiui « tête » 
gén. ciiui dat. ciiDin (s; (J8), craiin « arbre » ^^cn. cniinii dat. cntiin 
(^ 90), demnn « démon » gén. demuin, doiiiun « monde » gén. domiiui, 
ech « cbeval » gén. cich (^ 08), éii « oiseau » gén. éoin ciiiin (^ 80), 
fér « herbe » gén. féiuir (§ 80), Jiach « dette » géa. féicb (^ 04), folt 



100 MORPHOLOGIE 

« chevelure » gén. fuilt (î; 79), iasc « poisson « gén. cisc (§ 6/4), lebnr 
« livre » gén. Jilndr {% 1/19 el Rem. Il), uiacc « llls » gcn. tiiaicc meicc 
(§ 84), nél « nuage » gén. ;////// (i; Sli), popiiJ « peuple « gén. popiiil, 
rose « œil » gén. mise roisc (^ i'){)), salin u psaume » gén. sailiii, son 
« son )) gén. suin (§ 68), tob « Irompelte » gén. tuib (^ 68), Uvp 
« trope » gén. truip (§ 68), elc. 

neutres, accobor « désir », àes « âge » gén. àis Sg. 63 b 5, aicned 
« nature » gén. aicnîd, bas « mort » gén. bais, biad (( nourriture » 
gén. biid, cciicl « race » gén. ccneôil cenii'iil {^ 86), decbor « tlilïerence » 
gén. dcchiiir, dligcd « loi » gén. dJigid, éiach « vêtement » gén. claich 
étich, galar « maladie » gén. galir, folad « signification » gén. foJaid, 
forcell « enseignement » gén. forciU, forcilal « id. » gén. forcit il, g nid 
« degré, grade » gén. grâid, iiiiucd « trihulation » gén. imnid, inralb 
« trahison » gén. nirailb, rdlh « grâce « gén. n//"//;, sdilbar « travail » 
gén. sàithir, scél « récit » gén. jt^V//// (§ 86), etc. 

Remarque I. — Dans quelques mots, la consonne finale reste de position 
moyenne au datif singulier, ce qui revient à dire que rinfection de n ne se 
produit pas (cf. «:< i5o). Ainsi les mots galar, forciîal, oscar, corp, macc, raîh, 
salm font au A&\\{ galar (Wb. 12 b 1 1, 28 d 1 1, Ml. 61 a 37), forcital (Mb 
^\) a 0), oscar (Wb. 12 d lO), corp (Wb. 11 d 7, 12 a 12), macc (Wb. 7 c 
i3), rath (Wb. 5 d C), 18 a 8), salin (Ml. 27 d 2, i3() a (i) ; toutefois forcitul 
est la forme ordinaire de Wb. (5 d 10, i5 a i^, lO a iZ|, 18 a 8 etc.). Cf. 
ce qui est dit au !:< 218 des adjectifs en -ach ; mais des substantifs aslach 
« séduction », crislach « giron », cllach «union», f'/ar/i « vêtement », miillach 
« sommet » on a les datifs ^75///^ Wb. 3o c i3. Ml 2G c 9 (^aslach), elliig AVb. 
23 a 12, 29 d i).-?. (e II Lie h), ctiich Ml. 90 d 3, crislach Ml. 983 22, miilliich Mb 
58c/|, Tur. i/io(cf. !:; i5i). 

Remarque 11. — Le mot dennin « démon » fait au génitif pluriel dcinna 
Hy. I /j5, 111 9, IV 3, VII 3G (lire sans doute ^/(7»/h7<', cf. Fél. Oeng. 2Z1 févr., 
17 oct., Ep. 198, 21 1). 

Remarque 111. — Le mot dia m. et Dieu » se ilécliit comme suit: Sg. 
nom. dia, gén. dé (dée) , dat. dia, voc. dé, ace. dia n- ; PL nom. dé, gén. dia 
/;-, dat. délb, ace. dén (déo) ; pour comprendre cette llexion, il faut combiner 
les j^vi^ 04 et 18G. 

Remarque IV. — Au nom. -ace. phuiel des mois ueuires, la forme courte 
(nert) est spéciab^ucnt employée lorsque le substantif est accompagné de 
l'article : le substantif seul a au contraire généralement la forme longue 



DKS SUHSTANTIl'S lOI 

(ihrtii). Du moins le l'ail a rlc v(''iiliL' [)oiir Si^-. ÇZCP IV V^f)) où on lit : 
inna nert lof) a i, inna grân « les m-ains » iS'i I) .'), etc. 

Hemar([Me V. — L'mlliieiice anal<)ni([ue de la ciiKiiiiènie déclinaison se 
lail senlir rà el là sur la llt^xion des mois nenlres en -cch ou -dch , du moins 
au pluriel ; ainsi d'après tcdi pi. u. tige, dal. tigih ^ on a tlu mot cunirech 
<( lien » le dal. ])l. ciiiinrigih \\'\>. ■>,!> h i r , 3o a 0,3 à cùlc de cuimregaib a6 d 
2J et de tosiach <c comineneemcnt » 1(> nom. |)1. tosge Ml. qG b 5 ; cf. Stra- 
clian, m.-Ir. Dccl, 'lo n. 1. 

i; iISi). La iloxion du second Ivpc est ainsi caraclérisce : 

Siiiir. 



l'Ii 



Dm 



!Suin.-Ai'c. 








désinence 


-e. 


(nMlil.-\'i)C. 








désinence 


-i. 


Dal if. 








désinenc(! 


-iii. 






i» 


nuise . 


désinence 


-i. 


ÎNonii nalif. 




/ 


llrillrc 


désinence 


-e. 


(irllllil. 








désinence 


-e. 


Datif. 








désinence 


-ib. 


"\'oc. -Accus. 






masc. 
neutre. 


désinence 
désinence 


-tu . 
-e. 


^lom.-^ oc- 


Ace. 






désinence 


-e. 


Génitif. 








désinence 


-e. 


Datif. 








désinence 


-ib. 



La nasalisation est produite exactement comme dans le type précédent. 
§ 190. Paradigmes. 



Duel. 









Masculin. 






Neutre. 


Nomin. 






cèle « compagnon » 


Nom. -Voc. 


-Ace. 


criile u- k cœur » 


Vocat. 






cèli 








Accus. 






cèle n- 








Génit. 






dU 


(iénitif. 




cridi 


Datif. 






cèliu 


Datif. 




ciiiliu 


Nomin. 






cch 


Nom. -Voc. 


-Ace. 


criile 


Voc. cl Accus. 


ccliu 








Génit. 






cèle 11- 


Génitif. 




cride 11- 


Datif. 






cèlib 


Datif. 




cridib 


Nom. -Y 


oc. 


-Ace 


. cèle 


No m.- Voc- 


-Ace. 


cride n- 


Génit. 






cèle 


Génitif. 




cride 


Datif. 






cèlib 


Datif. 




cridih 



Se fléchissent de même: masculins, ane « pclit-fils », dalle (daltae) 
« pupille », echaire « écuyer », saitbe « essaim », tccbtaire « inten- 



102 MORPHOLOGIE 

dant », tigerne « maître », uisce « eau », etc. — neutres, ciiiiiacbtc 
(cumachtac) « puissance », déde « dualité », êsce (éscae) « lune », csscirge 
« résurrection », fir litige « serment », frccre (frecrae) « réponse », 
indarbe Qndarbae) « fait de repousser », orhac « héritage », rîge 
« royaume », soscéh « évangile », subc (subae) « joie », tinme « pré- 
cepte », fn'de « trinité », tuile (tolae, § 79) « flot », unie (miiae) 
« bronze », etc. 

Remarque I. — Sur les mots dont le radical se termine par une consonne 
de position moyenne (type daltae, éscae), v. § 80. Comme on l'a dit au !^ i56, 
le groupe final -ac se réduit parfois à -a dans les mots de ce type ; ainsi nom. 
sg. ésca « lune » BGr. 3 d, nom. pi. frecra « réponses » Sg. 26 a 12. 

Remarque II. — La finale -iii se réduit parfois à -u ; régulièrement dans 
les substantifs du type daltae éscae (de là les datifs singuliers daltii Wb. 27 d 
18, escu BCr. 82 a 6, forbii Ml. i5a 5, 5o c i\ de forbe « perfection », etc.) ; 
et accidentellement dans les autres (timnii Wb. 6 d 2, fîrlugii Sg. 217 b 
I, etc.). Exceptionnellement, la finale -iii est devenue -/ (j^ i58) dans les 
datifs didni Wb. 4 b 3, tigcrni V\h. 8 d 20, ccneoU 3 b aS (de ccncle <.< race »). 

Remarque III. — Le substantif masculin daine « homme » a un pluriel 
irrégulier tiré d'un autre radical (cf. Brugmann ZCP III SQr)) et cjui se flé- 
chit ainsi : nom. voc. ace. dôini, gén. dôine n-, dat. dôinlh. Par ex. le voc. 
sg. est diiinï Wb. i c 8, mais le voc. pi. -dôini W^b. 27 d 11. 

§ 191. Troisième déclexaison. 

La troisième déclinaison comprend des noms masculins, féminins et 
neutres. Il y a deux types de flexion, caractérisés respectivement par la 
position antérieure ou postérieure de la consonne finale du radical. 

1''' type. 2*^ type. 

consonne de position 

postérieure, 
ilésinencc -0, -a. 

[ m. f. désinence -e, -a. 

s neutre, consonne de position 

( postérieure. 



Sing. 


Nom. -A oc- 












Dat.-Acc. 




consonne 


de 


position 








antérieure. 






Génitif. 




désinence 


-0, 


-a. 


l'iur. 


Nom. -Voc. 
nénitif. 


/ m. f. 
j neutre. 


désinence 
désinence 

désinence 


-i. 
-c. 

-e. 






Dalir. 




désinence 


-ih. 






Accusatif. 


( m. 1. 
f neutre. 


désinence 
, désinence 


-i. 
-c. 


1 



r m. f 

\ ne ut 



désinence -ae. 
dérsinence aih. 
désinence -//. 
rc. consonne de position 
postérieure. 



DES SUBSTANTIFS lo3 

Duol. Nom.-Yoc.-Acc. ronsonno do position consonne de position 

;u 1 1 ( 'l'i (■ Il n • . poslériourc . 

(irnilif. di'sinrnci^ -i)^ -^/. désinence -0, -fl. 

Diilif. (lésiiiciice -/'/'. désinence -aib. 

L'accusatif singulier et le génilil" pluriel produisent la nasalisation 
(§ 170); au neutre, la nasalisation est en outre produite également par 
les nominatifs, vocatifs et accusatifs du singulier et du duel. 

§ i()2. Paradigmes. 

1 II 

(position antérifure) (position posti'rioure) 

musc. IV'in. neutre. masc. f'éin. nentre. 

Sing. Nom. -\ oc. 5«;7 1. u cinl » i giitbm. ^<\o\\i> ^ 

. ,., ;//»/;■ «-« mer» ,, 1 (/(V'h-<( larmo) 

Ace. sud II- ) guth n- ) 

Gén. sûlo (sala) iiioio (moiii) golho (gotha) dcro (dcra) 

Dat. sûil iiiiiir guth dcr 

Pinr. Nom.-Yoc. ) , ) gothae (gotha) ) 

Ace. ) ) guthu ) 

Gén. sâile n- iiiiu're n- gothae -n d'-rac 11- 

Dat. sùilib iiuiiiib gûlhaib dciaib 

Duel. Nom.-Yoc.-Acc. sûil imtir n- guth dcr n- 

Gén. sûlo (sala) nioro (iiiora) gotho (gotha) dcro (dcra) 

Dat. siiilib inuirib gothaib dcraib 

Le premier paradigme de chacun des deux types est comnuin au 
masculin et au féminin ; mais si'iil est féminin, guth masculin. 

§ 198. Se fléchissent de même les substantifs : 

masculins : L cuàiiii « os » gén. ctiàrna, ciiiibid « captif » gén. ciiii- 
bcda (§ \b2),fâith « prophète » gén. fâtbo, uiid « pointe » ^é.n. renda, 
diialig « vice » el sualig « vertu » (gén. pi. duakhe Hy. Yll 87, nom. 
pi. sualchiWh. 2^ a 29, !^ 3i3). It. hith « monde » gén. belho, crut h 
« forme » gén. crot]nt,fid « bois » gôn. fcdo, fcd a, Jirt « miracle » gén. 
ferlo, gin « bouche » gén. geno, gui m « action » s^(i\\. giiîmo, tiiess 
« jugement » gén. incssa, riiithcirith « course » gén. rctha, snith « cou- 
rant » gén. srotba, suth « rejeton » gén. sotha. 

C'est à cette flexion qu'appartiennent les nombreux substantifs ver- 
baux (infinitifs) en -ad et -ud (§ 29/1) ainsi que les abstraits en -as et 



104 MORPHOLOGIE 

'US du § 299. Ainsi : cJnd « fait crécbappcr » géii. celulbriV\]K 11 c 11, 
molad « louange » ^én. molîo, nwJla(^ i3-), Joilsigud « manifestation » 
gén.foilsicblJjoM b. 12 d 10, rclad « révélation » gén. réilo ; iadûci « con- 
clusion » gén. iain (^ 101) Ml. '|6 a 8, etc.; lonâas « indignation » gén. 
londassa ^\\. 59 a 17, inruccits « dignité » gén. iiiuriccso Sg. 69 b 3, 
testas « témoignage » gén. testassa \^b. i (> a 26, etc. 

féminins: \. flàiih « puissance » gén. flâtho, cniim « ver » nom. pi. 
criimai ^11. ''i-i c i, coliun « cbair » gén. ro///c'^ J///7 « élément » gén. 
dûlo Sg. 76 b S, focbaid « triindation » gén. focbcda el focbedo (focbodd). 

neutres : I. buâid « victoire » gén. huàda, driiimm « dos » gén. 
dronuuo, guin « blessure » gén. goiia, liiid « masse liquide » gén. leiida; 
II. Z?//- « broclie » gén. /v/VT^ donis « porte » gén. doirsea (§§ i5o, 1.37 
et 85), ///; « h\é » gén. elljo, niid « hydromel » gén. meda, mind « dia- 
dème » gén. miuda, rind « étoile » gén. renda, recbt c droit » gén. 
recbto. 

Remarque 1. — Dans quelques mots du premier tvpe dont la voyelle 
radicale est de position moyenne, 11 se produit une infection progressive 
(§ 80), qui atteint la voyelle déslncntielle partout où elle se présente avec la 
position antérieure. Ainsi le mot cnâim « os » fait au pluriel cnâmai, cndmae 
n-, cnâmaib, tandis (\\\cfdith «prophète » fait fàhhi, fàiîhe n-, fâithih. La dis- 
tinction de ces deux cas est alTairc de vocabulaire. 

Rernarque II. — Dans les listes qui précèdent on peut relever, sous le 
n" II, de nombreux mots comme bith ou hir, où la position postérieure n'est 
pas notée dans l'écriture (^5 76) ; mais au cours de la llexion. la différence 
des deux tvpes apparaît : ainsi bith fait au nom. pi. bctha et non *bilhi, bir 
fait au datif singulier biur et non bir, etc. Toutefois, dès le vieil-irlandais, il 
s'est produit entre les deuv séries quelques confusions analogiques, généra- 
lement au profit de la première. Ainsi le nom. pi. des mots du 2" tvpe qui 
est régulièrement en -e (-ac, d'après la remarque précédente, d où-t7^ >? iô()) 
se présente parfois sous la forme -; (ai) ; de là pour des mots tels c[ue iniig 
« esclave », peccad « péché », trois formes de nom. pi. : inoge \\h. 27 c S, 
inoga (\\h. 27 c 17) et mogi AVh. 7 d 10; pccthe Wb. 11 d 9. pectha 
AVb. 3 a 6 cl pccthi \\h. 25 b 9 ; cf. Slraclian F^riii I i. C'est par une 
confusion du même genre qu'il faut expliquer que le mot rét m. « objet » 
gén. réio, qui appartient originellement au second type (ace. pi. relu) se 
présente parfois aux nominatif-accusatif et datif singuliers sous la forme 
réit \Yb. 5 c 28. 2'i b lO, 27 d 25, etc. 

Remarque III. — Quelques mots féminins du premier tvpe ont subi 



DES SUBSTANTIFS I OO 

l'influence analogi(|n(' de la |)r{'inl('MC déclinaison (l\pc tî^/cî/g, § i85); ainsi 
luih « herbe » fait au ^viùlW liiibc (lorni., liibe St,^ loo b ■>, ou lubac Sg. 6r 
b i5 (s! cSi), mais au dalif-accusalif /(///^ Sg. o") b :i ; rt/a/s « cgllsf? » elfuil 
« sang » ont une doul)lc llcxion : gén. iCColsd W h. 12 h 18 (cf. 7 c 8, 9 c 7) 
et ecailsc Ml. 05 cl i (cf. Wb. 22 c 20) ; gén. folo Arm. iSy b Çfola Ml. 87 
c 6) et/u//e Ml. 22 b I (Wb. 2b!, [nie Ml. 3- c /,), ace. fuil Wb. 2 b 1 1, 
20 d i3 et fiiiU Wb. 3i bai. 

Ueniaïque IV. — Dans les textes récents du vieil-irlandais, on constate 
une confusion au pluriel entre l'accusatif et le nominatif des mots du 
2'' type. La désinence -a y est parfois remplacée à l'ace, pi. par la désinence 
-a (subsidiairement -/ d'après la remarcpie II, p. lo'i). Ainsi on rencontre 
les ace. pi. gotha Sg. [1)7 a i i (da giith), gnima Ml. Si il i , 99 d i (de gnim), 
iinliida Ml. 107 a 3 (de î'nitiith), pcctlii JMI. /|(') d 6 (de pccauf) ; etc. 

Remarque V. — Dans les textes récents du vieil-irlandais, le nom. -ace. 
pi. des mots neutres du -j^ type prend parfois la désinence -a; de là doirsea 
« portes » Ml. 46 a 19 à côté de doras (^i\. Zi(' a 12) ; sur beiira (nom. pi. de 
hir) Sg. G7 bu, cf. MSL \IV ^lo n. 

Remarque Al. — Certains substantifs de la troisiènicdéclinaisonenqDruntés 
du latin ne présentent pas de désinence au génitif singulier, ce qui revient à 
dire qu'ils sont indéclinables à ce nombre. Tels sont : abgitir « alphabet », 
arguminj « argument », digaim « diganmia », grammaîic « grammaire », 
stoir « histoire », tabcrnacuil « tabernacle », icstimin « témoignage » (cf. 
Strachan, middlc -Irish Dcclcnsion 25). D'autres ont le génitif en -e comme s'ils 
étaient de la première: canôin gén. canônc (dat. canoin Ml. 46 c iZi), infinit 
gén. infinité Sg. i54 b i (dat. -ace. infinit Sg. 190 a 3, Ml. l\2 c 33). Excep- 
tionnellement, l'analogie de la première déclinaison s est étendue au datif 
(cf. ci-dessus, Rem. III): trindoti Ml. i5 b 4- datif de trindéit. 

^ 194. QuATKlÈME DÉCLINAISON. 

La quatricDic déclinaison comprend des noms masculins et féminins 
essentiellement caractérisés par la présence cVune consonne qui figure à 
tous les cas de la llcxion autres c|uc le noin.-voc. du singulier (et géné- 
ralement aussi du duel). Celle consonne, c|ue Ton appellera thématique, 
peut être une gutturale (c, g ou cb^ cf. i^ 4i), une dentale- (/_, d ou //;) 
ou la nasale n. Sous celle réserve, la flexion se présente de la façon 
suivante : 

Sing. Xoiniiiatif et A ocalif. voyelle ou consonne de position quelconque. 

Génitif. consonne thématique de position moyenne. 

Datif et Accusatif. consonne thématique de position antérieure. 



io6 



MORPHOLOGIE 



Plur. Nominatif. 
Génitif. 
Datif. 
^ ocatif et Accvisalif. 

Duel. Nominatif, 

Vocatif et Accusatif. 

(lénilif. 

Datif. 

§ 195. Paradigmes. 



Sinr 



Plur 



Nom.-Voc. 
Ace. 
Gén. 
Dat. 

Nom. 
Voc.-Acc. 
Gcn. 
Dat. 



consonne thématique de position antérieure, 
consonne thématique de position moyenne, 
consonne thémaliipie -f- désinence -aib. 
consoiuie thématique -|- désinence -a. 

semblahles au nominatif singulier ou pluriel 
consonne tliémalique de position moyenne, 
consonne thématique + désinence -aib. 



ctUhir f. (( ville » betbii m. « vie » o-oJfl m. (( forgeron» 



calhraig 11- 

calhrash 

cathiaior 

calhraig 
cathracha 
cathrach n- 
catbrachaib 



bcihaid II- 

beOiad 

bt'tliaid 

bclliaid 
bcthada 
bclhad II- 
bctbadatd 



Duel. Nom.-Voc. 
Gén. 
Dat. 



Ace. cûlhraig ou catbir bcihaid 
catlirach bctliad 

cathracha ib hetl.kida ib 



gobainii 11- 
gobaiiii 
goba in II 

gobaiiiii 
gobanna 
gobann 11- 
gobaiinaib 

gobainn 
gobann 
eobannaib 



§ 196. Se fléchissent de même les sulistantifs : 

à gutturale : aire « maître » gén. airech, are « tempe » gén. arach, 
éo (( saumon » gén. iach, ceo « nuage » gén. ciach, mire « maître » gén. 
r/z/rcr/; (masculins) ; daur « chêne » gén. daracJ), cacra « hrehis » gén. 
caerach, làir « jument » gén. làrach, nafhir « serpent » gén. nalhrach, 
sail « saule » gén. salacb (féminins), etc. 

à dentale : ab « ahhé » gén. abad, asca » rival » gén. ascad, bibdn 
« coupahle » gén. bihdad, cin « trihut » gén. cinad, cing « guerrier « 
gén. cinged, dînii « agneau » gén. dinct, driii « druide » gén. druad, 
coimdiu « seigneur » gén. coimded, eirr « guerrier sur char » gén. erred, 
fiadu « seigneur « gén. fiadat (anc. fcdof, § i53),/// « poète » gén. 
filed, lue]} « souris » gén. lochad, mil « soldat » gén. niiled, nia « neveu » 
cl (( champion » gén. niad, agi « hôte » gén. ôged, traig « pied « gén. 
traiged et tous les noms abstraits en -tu gén. -tad indiqués au i^ 3o2 
(masculins); cré « argile » gén. criad, léiiie « chemise » gén. Icined, tcnc 



F)IvS SUBSTANTIIS I O7 

« feu » gén. loicd (('('miniiis) ; dé « fumée » gén. diad, brdge « cou » 
gén. bràgal, tcuge « langue » gén. leiigad (de genre indécis), etc. 

à nasale : hrilhciii «juge » gén. /;/77/;('///rt/Hîl touslcsmolsen -(-///(i:; :'!9i), 
escung « anguille »'gén. cscougan, jiadii « témoin » gvn. Jiadaii, iwidiii 
« enfant » gén. nôidcn, nieiinie « esprit » gén. mcninan (masculins) ; 
coibse « confession » gén. coibsen, d'île « déluge » gén. dilenn, Eriii 
« Irlande » gén. Erenn, oblu « hostie consacrée » gén. oblauu, talam 
« terre » gén. lalman (féminins), etc. 

Remarque I. — Un certain nombre de substantifs subissent la syncope de 
la voyelle intérieure aux dat. et ace. pluriels; ainsi ab « abbé », cin « tri- 
but » font à l'ace, pi. cinta Wb. :i,7 c (i, au dat. pi. aptliib Wb. k) d 2, 
cintaib \\h. 33 bai. 

Remarque II. — Quelques autres ([ui subissent également la syncope aux 
deux mêmes cas y sont caractérisés par la position antérieure delà consonne 
tbématique : ainsi cara « ami » gén. carat, nama « ennemi » gén. namat, 
mala « sourcil » gén. malacli font ace. ])1. cairtca Wb. 22 a (j, naimtca Ml. 
i33 b g, maiigea Ml. 3o c 11, dat. pi. cairtib \\\). i4 a 82, naimtib Ml. 23 a 
3 1(^85). 

Remarque III. — Dans bon nombre de mots, le dat. -ace. sing. a la forme 
du nominatif: datifs cathir (à côté de catliraig). Ml. 7.4 a i3, Sg. 28 a 8, 
caitbir AVb. i3 b i ; bcthn (à côté de bcthaui) Wb. 25 c 13 ; talam (à côté de 
talina'ui) Wb. 7 c 8. C'est particvdièrement le cas des mots en -tu (gén. 
-tad), comme aiiiiatii (dat. >Vb. 6 c 27, ace. AVb. 7 c i5), foirbthetu (dat. 
^^'b. I a 9), cochrkiitatii (dat. Ml. 36 a 3), ôcntii (dat. Wb. g c 28), ûrdatii 
(dat. Ml. i5 b ij), etc. Pour les mots en -tin, gén. -tin v. ci-dessous. Les 
féminins accuiss « cause » (dat. pi. aicscnaib Ml. 62 a 22) etaisndis «exposé » 
(gén. aisndlscn Ml. 8g d 6, Sg. 2o3 a /|, ace. pi. alsndisnca Ml. 35 b 20, 
5i d 2) font à l'ace, sg. accuiss Sg. /lô b 3 (et aicsin Ml. 38 c Zi), aisndis Ml. 
126 b i,et au dat. sg. tucw/s Ml. go a 7, aisndis Wb. 12 d 30, Ml. 1/40 c g. 

Remarque IV. — Les substantifs verbaux (infinitifs) en -tiu (-siii) gén. 
-tin (sin) ont sur certains points une lle.vion irrégulière. Beaucoup pré- 
sentent au datif singulier la forme du nominatif: do-foditiu Wb. 3o c 23, 
i-toimtin Wb. lO d 4 à cùlcde fodit in Wb. i4 b i3, 17 c 17, toimtin Wb. 20 
a i4, etc. Et inversement, dans les textes récents, le nominatif sing. prend 
parfois la forme du datif: aicsin Ml. 44 c G, 116 a i, taidbsin Ml. 4o a i5. 
Enfin, certains ont au datif sg. une finale -e (empruntée peut-être au nom. 
sg. des mots du type dite gén. dilenn) ; de sorte que le dat. sg. peut présenter 
trois formes diflérentes : 



I o8 MORPHOLOGIE 

airitiu k réception », gén. airiteu, dat. airilin Vth. lO a i5, airitiii ^\h. 

19 c i3 et airile Wb. 28 1) 21. 
loimliii « opinion », gén. toimtm, dat. toiintin ^^ h. 20 a i4, et toimlin 

Wb. 16 d 4. 

ttiistiii « création », gén. tiiisten, dat. ttiistiii Ml. 7'4 a 11 et ////5/(' 

Wb. 33 b 6. 
rfchtii (f arrivée » dal. richtin AU. io5 a 8 et richle W h. 17 b tj. 
tichtii « id. », dat. tichtiii Ml. 60 a 12 et /à7;/t' WJ). /j d 3o. 

Kcmarquc V. — Au pluriel dans les textes récents, le nominatif a parfois 
la forme da l'accusatif: cinnta (à ccMc de cina'ui) Mi. 62 d 5. 

Remarque VI. — Quelques substantifs de la /(" décl. se fléchissent à cer- 
tains cas suivant la i'''' ou la a*". Ainsi le fém. anim « âme » fait au gén. 
anme W b. 10 c i . 2 i a 8, 25 c 26, Ml. 22 dg. Du masc. bihdii le gén. sg. 
est bibdid Ml. iZ|3 b i et de ascae gén. ascad, le voc. pi. ascadii Ml. i34 c 5. 

§ 197. A la quatrième déclinaison se rattachent encore deux caté- 
gories de substantifs irréguliers. 

a) Les noms de parenté en -/;_, dont la flexion est la suivante : 



j\oni.-Voc. 
Ace. 


Sing. at]}ir k père >: 
athir li- 


. l'iur. 


athir 
ai threa 


Dnef 


■ ^ atliir 


Gén. 


ai] jar 




atbre li- 




. athar 


Dat. 


aihir 




ai thrib 




ai thrib 



Sur atJ)ir se fléchissent brâtbir (hrâlbair) « frère », niàthir (mâthair) 
« mère », ainnir Çaiiinair) « oncle maternel » et sinr « sœur » gén. 
sethar (dont le nom sg. seul est irrégulier). 

§ 198. /;) Les noms neutres en -iii^ du type suivant : 

Nom. A oc. -Ace. Sing. ZvVw ?/-« coup » l'Iur. hciiiimcn Duel, /v/w «- 

Gén. hciiiiiiie bcininien n- béimmcn 

Dat. bcimniiiii, hciui baiinncimib béiiimienaib 

Se fléchissent de même céiiii « pas » , dréim « ascension » , -Jéiin « saut » , 
gréini « marche », n'im « course n,fc'idiii « effort », iiiaidiii « irruption », 
foglaiinni « instruction )),fordiiiclaim « absorption », naidni « liaison », 
sleidni « souillure », tcidm « peste », cindniim « lit (d'un fleuve) »; 
aimn, gén. anmae, n. pi. anman et senim « son » (dat. senmim, senmuim, 
pi. senniaii). 

§ 199. Cinquième déglixaisox. 



DES SUBSTANTIFS 



109 



La cinquième déclinaison ne comprend que des noms nciilies. La 
flexion y est caraclériséc de la faron snivanlc : 

Sing. Nom. A oc. -Ace. consoniu? de position movonnc 

(îc'nitif. dcsincncc -c. 

Datif. consonno de jxjsition arilc'rifMirc. 

Plur. Xom.-Voc.-Acc. et Géii. désinenc»^ -e. 
Datif. désinence -//;. 

Duel, ^om.-^oc. et Ace. consonne de position niovenno. 

(iénitif. désinence -c. 

Datif. désinence -ib. 

Le génitif pluriel et les nominatif, vocatif et accusatif du duel pro- 
duisent la nasalisation (§ 1 70) ; il en est de même quelquefois des nom.- 
voc.-acc. du singulier, sans doute par analogie des mots neutres de la 
deuxième déclinaison (cf. A^ indisch PBB IV 2^i3). 

§ 200. Paradigmes. 

Sing. Nom.-Voc.-Acc. nem « ciel » Plur. Nom.-Yoc.-Acc. nime Duel. Noin.-Voc.-Acc. nem n- 
Gén. nime Gén. nime n- Gén. nime 

Dat. nim Dat. nimib Dat. nimib 

Se fléchissent de même les substantifs : ail « rocher », gén. aille, 
clelg « épine » gén. delge, di'in « forteresse » gén. dune, glenn « vallée » 
gén. glinne (§ 68 ), glûn « genou » gén. glûne, gri'iad « joue » gén. 
grûade, Iclh « moitié » gén. Icihc (î; 68 ), lôg « prix » gén. loge, niag 
(( champ » gén. niaige, og « œuf » gén. uige {^ 68)^ ond « pierre » 
gén. îiinde (§ 68), sliab « montagne » gén. slébe (§ 6^), sàl « mer » 
gén. sale, sid « paix » gén. side, teg « maison » gén. fige, 1îr « terre » 
gén. tire, etc. 

Cf. Wh. Slokcs/v'ZXXYIIl 291, XXL\ 879. 

Remarque \. — Au datif singulier, le mot tech « maison » présente la 
forme inattendue îaig \\ b. 9 b 28, 28 b 9, 33 a G (cf. Tburnevsen BB VIII 
269); au même cas, le mot ten « feu » n'a pas trace de position antérieure : 
lio-ien « par le feu » Ml. 3r d 4 (cf. i; 2o5). 

Uemarque IL — A la cinquième déclinaison se rattache le mot au 
« oreille » dont la flexion est la suivante : sg. gén. aite, dat. aiii, pi. nom. 
aue, dat. auib. 

55 201. SiBSTANTiFS IRRÉGULIERS. — Les suhstantifs qui suivent ont 



1 I O MORrnOLOGIE 

paru trop irréguliers pour être rattachés à Tune des déclinaisons pré- 
cédentes : 

ben i. « femme », gén. ninâ, dat. mnâi, ace. mnâi n-\ pi. nom.-voc- 
acc. Diuà, gén. bail n-, dat. muàib. 

bô m. f. « bœuf, vache », gén. hou, hô, dat. hoin, ace. hoin n- ; pi. n. 
hài, ace. hû, gén. ho n-, dat. buaib. 

dét n. « dent », n. v. ace. dét n-, gén. dét, dat. dcit ; pi. n. v. ace. ^t;7, 
gén. dét 11-, dat. détaib. De même se fléchit lesubst. n. lôchet « éclair ». 

7;;/ m. « mois », ace. mis n-, gén. et dat. )iiîs\ pi. n. ////j^ ace. 
misa, gén. 7///j «-^ dat. misaih ; duel n. ace. gén. mi. 

iiau f. « navire », gén. 7we ; pi. n. 110a, dat. no/^. 

Remarque sur les mots à double flexion. — L'examen des paradigmes 
révèle aisément l'état précaire de la déclinaison du vieil-irlandais. Il n'y a 
en général dans chacun d'eux que trois à quatre formes distinctes au plus, 
si l'on ne lient pas compte de la nasalisation, toujours exposée à manquer 
(§ 175) ; et même les désinences caractéristiques sont parfois tellement défor- 
mées par l'usure phonétique qu'elles perdent toute valeur significative. 
Aussi est-il quelquefois malaisé de déterminer à l'aide des seules gloses la 
déclinaison à laquelle appartiennent certains mots, rarement attestés. Les 
Irlandais eux-mêmes ont éprouvé celle incertitude, comme en témoignent 
les nombreuses conbisions analogiques signalées plus haut, et notamment les 
irrégularités de la llexion des mots empruntés du latin, qui restent souvent 
à cheval sur deux déclinaisons ou même ont été simplement traités comme 
des indéclinables (§ igS Rem. IV). II y a aussi bon nombre de substantifs 
indigènes dont la flexion hésite entre deux déclinaisons. A ceux qui ont été 
relevés ci-dessus (!<>5 182 Rem. II, i85, 188 Rem. V, ig3 Rem. III), on peut 
joindre : 

ail f. « rocher », gén. alo Arm. et ailech Ily. YlIaS, dat. ail Ml. 98 b 9 
et ailig Corm. (3* et li" déclin.). 

Jiss (fiuss) n. « science », gén. fesso Wb. i4 d 3o et fis s Sg. 33 a 2G, n. 
ace. pi. fess Ml. 128 d 10, 78 b 7 (2= et 3* décl.). 

oegi m. « hôte », n. pi. ôegid V\b. 21 b i!\, gén. pi. oiged ^^ b. l\ a 7, 
mais ace. pi. oigctha ^^ b. 28 d 28 cl ôigthiu Hy. V 9 (2*^ et 3- décl.). 

raih n. « grâce », gén. raith Wb. 'iC) a "] cl ratha Sait. 6061, dat. raih Ml. 
io3 a 10 et raith (di rdith) Wb. G a i4, dat. pi. raîhib Ml. gS c 7. i iG c i 
(2'= et 3- décl.). 

tomus m. « mesure » gén. ioimseo Ml. 35 c 28 (/o//«ît' Sg. 65 b l\) ci toinais 
Ml. 20a 21, dat. iomui (2'' et 3" décl.). 



DES SUBSTANTIFS 111 

§ 202. De r.'AUTICI.E. 

Cf. Wlndisch RCY 40 1. 

A la flexion des subslaulifs se rallache celle de rarliclo, qui suit au 
masculin et au neutre la seconde déclinaison et au féminin la première. 
§ 2o3. I. Formes de l'article. 

Masc. Nonlro. Fi'm. 

Sing. Nom. in, int a ii- iinl 

Ace. (s)in n- (s)a ii- 'ni n- 

Gén. ///(/ (iii)na 

Dat. (si)nd 



Plur. 



Nom. iml (iii)iia 



Ace. 


([s]în)ua 


Gén. 


(in)iia 11- 


Dat. 


-(s)naib 



Au duel, l'article n'est pas fléchi et présente invariablement la 
forme in- devant le nom de nombre : in-dà, in-di, -(s)in-dih n- 
§ 2/13). 

Remarque I. — Le datif n'est employé qu'après préposition (v^ 2o5) 
toutefois le datif singulier neutre existe isolément dans [emploi adverbial, 
où il a la forme 'uni: ind-iindii « abondamment » Ml. 35 b 5 ; in hiiicc « un 
peu » Sg. 12 b I ; etc. Cf. v^ 2l\o. 

Remarque II. — Au datif pluriel, on rencontre parfois dans les textes 
récents la désinence de l'accusatif: confoircrntis iniana fochaidib liisin « qu'ils 
soient exterminés par ces Iribubitions » Ml. 5/^ a i8 ; oc-na-fothaircîhib « près 
des bains » Sg. 217 a 4- Cet usage pourrait sortir des cas où le h final tom- 
bait phonétiquement devant l'initiale du mot suivant (s; 99 Rem. ; et cf. 
honai doinmecJifaih) Ml. 3/| c xJionai-gahalaih^W. 54 b 2 5); mais la confusion 
des datif et accus, pluriels se manifeste ailleurs (j:;!::; 1^83, 5 10 Rem. II cl 538). 

Remarque III. — La forme ancienne de l'article était * sind ; mais la 
sifflante initiale, régulièrement tombée dans un mot proclitique (v^ iG4), ne 
se maintient qu'après un certain nombre de prépositions (i; 2o5). Le groupe 
nd est de bonne heure devenu nn h l'intérieur (i; io6). 

Remarque IV. — Au nominatif masculin singulier, la forme /«i devenait 
in devant toutes les consonnes (i;!:; 1 1 1 et ss.) ; devant voyelle, elle a été 
remplacée par int : int-athir « le père » Wb. i4b 9, int-idol « l'idole » Wb. 



112 MORPHOLOGIE 

II b 9. Dans Ml., la forme in se rencontre même devant voyelle: in- 
erigem-sa « cette plainte » 90 c 1 1 (cf. 108 b 2. i38 c 3. etc.). et s'étend 
au nom pi. : in-euin « les oiseaux » 127 c 12. 

§ 20:^. L'article produit Taspiration (i; iO()) au datif singulier de 
tous les genres, aux génitifs singuliers masculin et neutre, aux no- 
minatifs féminin singulier et masculin pluri<3l. 

Remarque I. — Dans les textes récents, on trouve parfois l'aspiration 
après le nom. -ace. pluriel neutre, et même exceptionnellement après le 
datif pluriel : inna-chcnel « les races » Ml. G7 b 2/+ (cC. 3" b 21, io3 d i^); 
donaih chenelaib « aux races » Ml. 119 d 3 (cf. 3- a 16, (ii d 5). 

Remarque II. — Pour les effets de l'aspiration sur l'initiale du mot sui- 
vant et conséquemment sur la finale même de larticle, v. J;!^ iio, iii, iiO 
et 1 17.^ 

§ 2o5. L'article conserve son s initiale après les prépositions ^j^, co, 
cou-, for, fri, in-, iar, la, tri. 

as in-chohàs « de la jonction » Ml. ^'\ d 2 (cL 07 c 7). 

cossa-laa-sa « jusqu'à ce jour » \\b. 28 a 17. 

Cûsinâ-ii)ihiud « avec l'abondance » ^11. 28 a i3. 

forsan-iijichoinarc, forsiii liiasiilciid « sur la question, sur la réponse » 
Ml. 40 a 21. Toutefois, dans Ml. la sifflante manque parfois après /o/- 
(cf. ZCP IV 63), et dans Wb. mémo on \\{ fornaih î^n'nnaib 5 a 5 au 
lieu de forsnaih. 

frisin-fer « vers l'homme » \N b. 10 a 3 ; frisa-rind « vers l'étoile » 
BGr. 18 d 2 ; frisùrig ihhnaâach « vers le roi victorieux » Ml. 1 16 b 5 
(avec syncope de la voyelle). 

isind-aimsir « dans le temps » Ml. 101 b 3; isiut-sahn-so « dans 
ce psaume-ci » Ml. i/i b 4- 

iarsnaih fothih « après les fondations » Ml. 44 c i3. 

lasna fini « chez les hommes » Sg. 28 a G ; lasin-fer «chez l'homme» 
Wb. 9 d 16. 

trissin-prcccpt « par le précepte » \\ b. 12 d 3() : frisaihiiii/baiiad-sa 
« jjar ce roulement-ci » ^l^h. i3 a 10. 

Mais Vs disparaît après les autres : 

dint-sens « du sens » Ml. \\ d 10. 

dond-fiur « à l'homme » Ml. i4 b 4- 

etir na-trogai « parmi les misères » Ml. 38 d i3. 

fonna inni « sous les qualités » Ml. 87 a i4- 



DKS SUBSTANTIFS il3 

hnuiîn-calhraic]} « autour de la ville » Ml. /|8 d i ''i. 

hu-ant seirc « par l'amour » Ml. g8 c 3 ; huanaib « par les » Ml. 
iooc5; ho-ten « parle feu » Ml. 3i d f\ (àQ*'Jjo-nd-len: rabscncc 
d'aspiration seule indique la présence de l'arlicle ; cf. bô-lhoil \A b. kj 
a 17, 22 d 5). 

§ 206. II. Emplois de l'article. 

L'article se place toujours devant le nom qu'il détermine et s'accorde 
avec lui en genre, en nombre et en cas. 

Exemples: niaàm ind-soscéli « le joug de l'évangile » ^^b. 18 c 6 ; 
iiid-fir « les hommes » ^^b. 22 c 10; isin-hiuih « dans le monde » 
Wh. 12 c i() ; corici dcad iiii sailm « jusqu'à la fin du psaume » Ml. 
24 d 3o; inna n- atlaicbthe ni-bitide (gén. plur.) « des actions de grâ- 
ces » Ml. 49 a g (§ 282); inn-atliigud m-hiide (ace.) « l'action de 
grâces » Ml. 45 a i5 (cf. 54 c 5); iniia forbn'i, iiniaii gruade « des 
sourcils, des joues » Ml. 39 c i3-i4- 

Quand le substantif est précédé d'un adjectif, c'est devant cet adjectif 
que se place l'article : isinchétne iuisîe « dans la première création » 
\^ b. I a I. 

§ 207. L'emploi de l'article est en somme assez arbitraire et se laisse 
dillicilement ramener à des règles précises. 

On peut établir les suivantes : 

a. L'article manque souvent devant certains régimes directs qui sem- 
blent former locution avec le verbe précédent (cf. en français courir ris- 
que, donner créance, faire grâce, porter secours etc.) ; ainsi pridch'uii 
soscele « je prêche évangile » W b. 5 c 6 (cf. i4 c 8, i b 10, 10 d 20); 
etc. 

/'. L'arlicle manque d'ordinaire devant des mots abstraits dans des 
phrases qui ont une portée générale ; condib didnad doinsa foirbîhetii 
hirissc di'iibsi « afin que perfection de foi pour vous soit consolation pour 
moi » \A b. I b I. 

§ 208. c. Lorsqu'un sujjslanlif est accompagné d'un régime au gé- 
nitif, il n'est pas précédé de l'article. 

is-sciih len dcicsin (§ 19G, Rem. I\) inna-firiân « la vue des justes les 
dégoûte» M1.5()d i5; iinin-oshiciid iiina-catbracb « au sujet de l'ouver- 
ture de la ville » Ml. 46 b 5 ; rocuahi-su giilh m-cniaigde-se « tu as 
entendu la voix de mes prières » Ml. 5o d 7 ; /// ihorad iiio précepte « par 

8 



iiA 



MORPHOLOGIE 



le friiil de mon cnseigncnienl » \A h. 7 a if); iar-forhii iii-giiiiiio « après 
l'accomplissement de l'acle » Ml. 10 a 5. 

Cette règle n'est pas absolue, comme le montrent les deux phrases 
suivantes : Ml. 77 d 6 et 7, a mal nad fuJa'niff ncch mcscai indfino sic ni 
j'iiIgLUii 7// Irumniai innafocliodo... i. anial iiûd fiils^aiii in-mescai ind- 
lïno ni fiilgmn inplaig indancomairJcccni « de même que quelqu'un ne 
supporte pas l'ivresse du vin, ainsi nous ne supportons pas le poids 
de la tribulation... de même que nous ne supportons pas l'ivresse du 
vin, nous ne supportons pas l'affliction dans laquelle tu nous a 
laissés ». 

§ 2C)Ç). L'article au neutre est employé pour désigner un mot ou 
une forme grammalicale et lui permettre de jouer un rôle dans la 
phrase: à uidcri « le mot uideri » Ml. 3 a 4; an iacob... an israbcl 
« le nom de Jacob... le nom d'Israël » Ml. 34 d G ; a-confessio « le 
mot confessio » Tur. 58 a ; is hi'd a-pie iiincrc iitso « c'est là le pie 
uiuere » Wb. 00 c 2/1. 

Pour l'emploi de l'article comme démonstralif et comme relatif v., 
§§ 548 et ss. 



CHAPITRE SECOND 



DES ADJECTIFS 



^ 2i(). Flexion des adjectifs. 

La ilexion des adjectifs comprend deux déclinaisons. 

Dans la première figurent ceux qui se déclinent au masculin et au 
neutre selon la deuxième déclinaison des substantifs (§§ i8G et ss.), 
au féminin selon la première (§ i8i etss.); cette déclinaison se divise 
naturellement en deux types. 

La seconde déclinaison correspond à la troisième des substantifs. 

Toutefois, la flexion des adjectifs présente respectivement certaines 
particularités : 

I™ déclinaison (i''' type). La désinence -a de vocatif-accusatif pluriel 
féminin et neutre est parfois employée aussi au masculin ; de là isna 
lucH arda « dans les lieux élevés » Ml. 2.3 d 23, à côté de inna-nimessii 
firianu « les jugements justes » Ml. 38 c -i?*] alreha rétii nôiha « il 
possède des objets sacrés » Sg. 33 a 6, noiba gl. sanctos Ml. 3^ b 4 ; 
cf. Stracban Eriu I ^. 

(2" type). Au vocatif et à l'accusatif pluriels, la désinence est -/ 
pour les trois genres comme au noniinalif. 

2" déclinaison. La distinction cpii vaut pour les svdjstanlifs entre les 
radicaux dont la consonne finale est de position antérieure et ceux dont 
cette consonne est de position postérieure ne subsiste pas en ce qui 
concerne les adjectifs. Gomme le montre le paradigme, c'est la pre- 
mière catégorie qui a absorbé l'autre. 



I I 6 MOnPIIOLOGlÈ 

Au nom.-voc.-acc. pluriel nculrc, la désinence est -/ au lieu 
de ~e. 

Au génitif singulier, la 2*^ déclinaison des adjectifs est semblable au 
premier type de la première. 

Au génitif pluriel à côté de la forme à désinence -e n- existe une 
forme plus courte, caractérisée seulement par la position antérieure de 
la consonne. Ainsi : iiina daman n-allaid « des araignées » Ml. Bg d i 
à côté de inna n-dam n-allae « des bœufs sauvages » 121c 19 (cf. 
Strachan ZCP IV 64). 

^211. Telles sont les particularités de la flexion des adjectifs ; mais 
il importe de noter que, lorsque Tadjeclif est employé substantive- 
ment (§ 216), il se flécbit uniquement d'après la déclinaison des 
substantifs. Ainsi: 

i"' déclinaison (i'''' type). L'adjectif employé substantivement est tou- 
jours en -u à l'accusatif pluriel masculin: pecthachu « les pécheurs » ; il 
n'a pas de désinence au nom. -ace. pi. neutre : inna olc-sa « ces maux » 
Sg. 217 a 8. 

(2*^ lypc)- L'adjectif employé substantivement est toujours en -iu au 
vocatif et à l'accusatif pluriels : gniinn rechîidi « des actes justes » Wb. 
2 b 2^, mais tnicsiu « les élus » AM). /i b i5, frisna-renieperthiii « aux 
sus-nommés » Ml. 69 a /i. 

Toutefois, au nom.-voc.-acc. pluriel neutre, la désinence reste 
généralement -/ ; mie exception unique paraît être inini dorche « les 
ténèbres » Ml. 5/i b 20, i/lo c i5, Sg. i83 b 3 (cf. Stracban Eriii 

1'' déclinaison. L'adjectif employé sidjstantivement est en -^ au nom.- 
voc.-acc. pluriel neutre : fiiduninx « les choses profondes » Wb. 8 b 6. 
Toutefois dans Ml. la désinence -/ se maintient parfois dans l'emploi 
de substantif: inna fuduninai in nioro « profunda maris » 81 a 4, cf. 
i38 d 9, 48 b 7, 81 c i5. 

L'adjectif employé substantivement a toujours la forme à désinence 
-e au génitif pluriel : inna coniailte gl. quietorum Ml. 27 c 2. 

Toutefois, au génitif singulier, la forme reste sans changement, 
même quand l'adjectif est employé substantivement : in-diuit « du 
simple » Sg. 221 b i. 

§ 212. L'adjeclif n'a pas de formes spéciales pour le duel. 



DES AT),I1'CTIFS I 17 

Lorsqu'il est employé substanlivcmcnl (§ ^i*"0' •' peut se mettre au 
duel comme un substantif: 

da n-ôg « deux entiers » Sg. lôy h (> ; coinsniiligl/jL' dib ii-ôgctih 
« compose de deux enlicrs « Sg. 9S a i (cf. 70 a 5, 7.") b 2, 167 b 4). 

§ 21 3. Paradigmes. 

i'^'^ Déclinaison, i*'' type : 

masc. nciitro. IVm. 



iiiall 



Nom. mail « Icnl » \ 

Voc. iiiaiU ( '"«// n- 

Acc. 7//a// «- ) maill n- 



Gén. H/a/// maille 

Dat. w/azj/ ?«(//// 



malla 



Plur Nom. »/tf/// jl' 

V'oc.-Acc. maiillu ou ;//rt//rf S 

Gén. w/fl// n- 

Dat. mallaib 

' Se fléchissent de même les adjectifs : bccc « petit » (i^én. sg. m. /'t'/rr_, 
fém. bicce, § 6S), /vr/;/ « pauvre » gén. boicht, coitcbciin « commun », 
cretmech « croyant », «'//t'j « propre », crUiDi « prêt » (nom. pi. erlaim, 
§ 149), fercach « irrité », //rm» «juste » (gén. m. sg.firiéin, § 86), goacb 
« menteur », iressach « fidèle », Use « paresseux » (n. pi. m. leisc), 
lobitr « faible » (gén. sg. m. lobiiir^, Joiid « Apre » (n. pi. m. liniid, 
§ 71), luatb « rapide » (gén. sg. m. hiailh), màr « grand » (gén. sg. 
m. tnàir), marb « mort » (n. pi. m. ;/;o/r/:', ^ 84), »/('//; « gras » (n. pi. 
m. iiiéilb), olc « mauvais » (gén. sg. m. uilc, % 70), slàii « sain » (ace. 
f. sg. slâin), sôer « lilire » (n. pi. m. sôir^, sleiniiu « léger » (n.-pi. n. 
slcjjina), tn'ji « fort » (gén. sg. Irciuin, t; 80), etc. 

Remarque I. — Exceptionnellement la désinence -a du nom. pi. fém. et 
neut. a été étendue au masculin : ainsi maicc côinui « jolis enfants » ^\b. 27 
b if) (peut-être une simple erreur de graphie), ni bat f ira (sujet a'/tU') « ils 
ne sont pas vrais » Ml. 5i b 8 (Strachan Ériti I 4)- 

Remarque H. — Les adjectifs en -ach au datif singulier masc. et n. ne 
présentent pas trace d'infection : do-dis hlrcssach « au peuple croyant » Wb. 
12 d 3i (cf. § i5i Rem.). 

§ 214. 2" type. 



ii8 



MOIUMIOLOGIE 













Masc. 


Nculre. 


Fcm 


Sing. 


Nom. 
Voc. 








uissc (( juste » \ 

jiissi l "'^^e 11- 


1 uisse 




Ace. 








iiisse n- 


) 


uissi 11- 




Gén. 










iiissi 


lusse 




Dat. 










nissiu 


uissi 


Plur. 


Nom. 
r.én. 
Dat. 


-V 


oc. 


-Ace 




uissi 
uisse -Il 
iiissib 





Remarque. — uissc (Wh. i8 c 5, Ml. (jS c G) est le plus souvent écrit 
hiilsse (!5 29). 

Se fléchissent de même les adjectifs : aiiirac (§ 80) « merveilleux », 
anse « diiïicile », assc « facile », biiide « jaune », cocue « concave », 
cétne « premier », cotarsne « contraire », dorche « obscur », ccnc « sa- 
vant », foirblbe « parfeit », irlilhe « obéissant », niadae « vain », inuc- 
ncie « rude », niiae « nouveau », uile « tout », et tous les adjectifs en 
-de(-dac'),i;?yn\. 

Rcmar([uc. — Comme dans les substantifs (^ 190 Rem. Il), la finale -/;/ 
du dalif singulier se réduit souventà -/ ; ainsi tr/7/ AVb. i3 a 2G, datif de aile 
« autre ». 



§ yi5. 'j'' déclinaison. 

Sing. Nom.-Yoc. 
Ace. 
r.én. 
Dat. 



M. F. 



INl. N. 



viailh « l:)on » 
uiaili) II- 
mailb 



^ N. niait!} II- 
F. iiiailbc 



]\I.F.N. iiiailb 



Plur. (Pour les trois genres). 

Nom.-"\'oc.-Acc. luaitiii 

Gén. maillic n- ou iiiailh 11- 

Dat. inaitbil' 

Se fléchissent de même les adjectifs : aliiid « beau », allaid <( sau- 
vage » (pi. ûJlûi^, côir (( juste », cosiiiail » send)lal)le », d/himin « lé- 
gitime », diiiil « simple », ccndairc « absent », cnirl « faible », cr- 
dirc « clair, illustre », essaïuin » intrépide », ctig « laid )), feiichuir 
« sévère » ([)\. feuchrai, i^ 79), fiidiimain « profond )), freci'idirc « pré- 
sent », gair u long », (rjjcc « sage », // « nombreux », iiiricc « digne », 



DKS Ai),ii:cru\s 119 

léir « zélé », iiicirb « flasque », iiiilhig « convenable », lucnicc « fré- 
quent », sa'ni « dinércnl », sc'uii « mince », sulbir Çudbair, § SiO) 
« éloquent », siilhiii (sNlhiiin^ ^ 79) « éternel », soiiirt « fort », tua- 
laing « capable », etc. 

Remarque I. — L'adjeclif folliis « clair » dont la consonne Iiiialc est de 
position postérieure fait au datif singulier /o//cn's Ml. la/j d i3 (i; 79) et au 
nom. pi. foihi Ml. aS b (1, i la b 10 ; le gén. fém. sg. est foihe Ml. 3o d 
1/4. De môme ocas « voisin » Qi comocns « id. » font au nom. pi. oicsi Ml. 
78 c 2, comaicsi {^ 8Zi) Ml. :'.G b 1 1. Enbn, des adjectifs anbsud « mobile » 
(Ml. i3o d 3 gl. mcndax) et cobsiid « fixe » (Ml. i33 b 7, i; Ii3) on a au 
nom. -ace. pi. anbsidi Ml. 100 d 10 et cobsaLii Ml. 81 c i4. 

Remarque II. — De l'adjectif irrégulier té « cbaud » le nom. pi. fém. est 
téitWh. 29 a I. 

§ 216. Emploi des adjectifs. 

L'adjectif peut s'employer substantivement; on a vu aux s^ï; 211 
et ss. qu'il présente alors parfois des formes spéciales empruntées à la 
déclinaison des substantifs. Mais cet emploi n'appelle pas d'observa- 
tion particulière. 

///(/ iioih « les saints » \A b. 21 a i5 ; doiiaih iiôibaib « aux saints » AN b. 
7bi. 

L'adjectif au neutre est souvent pris substantivement pour repré- 
senter un objet vague et indéterminé. 

cid bccn di-iiJc « même un peu de mal ^) Ml. /(O a 1 ; iuna cociii 
(ace. pi.) « les choses concaves », inua iiwblidi (ace. pi.) « les choses 
secrètes » Ml. gG c 8, i^o c 10. 

§ 217. Quand il se rapporte à un substantif, l'adjectif peut cire pré- 
dicat ou épithète. 

S'il est prédicat, l'adjectif s'accorde toujours en nombre, genre et cas 
avec le substantif auquel il se rapporte. 

Ex. : is-fiiid aiu-bctlnt « leur vie est heureuse » A\ b. 202; /'/ bâ' fo- 
raitbiiiilig « ils sont attentifs » Ml. /|4 c 5 ; ciaptar inora a~pcrlbai » bien 
que leurs péchés aient été grands « Ml. 98 c 5 (cf. i^ 2i3, Rcm.I); /'//- 
iiainniaigc roblar laiia diassaraib « des plaines qui étaient remplies 
d'Assyriens » Ml. /jS d 12. 

Ml. 90 c 25, il faut corriger bec en beca, Straclian RC XN'III aag (cf. Ml. 
18 b 6). 

De même, quand il n'y a pas de sujet exprimé : 



1 20 !MORPIIOI,OC.IE , 

aiiuiiî irlaîiii « nous sommes prêts » Wb. /| bai; aâih-crclinlg-sl 
« vous êtes croyants » A\b. i5 a 8. 
. Avec un autre verbe que le verbe copule : 

âoaâhat arauccalar inraicci « il montre qu'ils sont trouvés dignes » 
Ml. 19 d 21; darogûrtsoiii iioih « il s'est appelé saint » Ml. 20 b2. 

§ 218. S'il est cpithcte, il y a deux cas à considérer, suivant qu'il 
est placé avant ou après le substantif. 

En règle générale, l'adjectif épithète se place après le substantif et 
s'accorde en nombre, genre et cas avec lui ; 

in-hetho frcci'iâirc (gén. m. sg.) « du monde présent » Wb. i^i b 10 ; 
air iiid loiîb domii'ni (ace. f. sg.) gl. pro imo cœno Ml. 60 a C ; airdc 
scirc iiiôrc (gén. f. sg.) « preuve de grand amour » Wh. 2/1 c 2 ; for- 
lâiiii dcis (dat. f. sg.) « à main droite » lîCr. 19 c 2 ; gui mai nui (n. 
pi. m.) (( des actions nouvelles » Ml. 1 15 b /^ ; dûli hcodai (n. pi. fém.) 
« les éléments vivants » Sg. 117a 1 ; iuim-gelJ rhoiuia (pi. n.) « les 
chers gages » Ml. 12809; hua-thuisJib ildaib (dat. pi.) « de plusieurs 
cas » Sg. 198 b 3; na-hrithemnachta hccca (ace. pi.) « les petits juge- 
ments ». A^ b. 9 c 8. 

§ 219. Lorsque l'adjectif épithète se trouve placé avant le substantif, 
il n'est généralement pas fléchi et forme avec ce dernier un véritable 
composé (cf. § 309). Ainsi : 

it il-sûilui « il y a des psaumes nombreux » Ml. 32 b 18 ; il-chcuclc 
hérll « plusieurs espèces de langage » Vsh. 12 d .^ ; ar-is lâu-cbiâl iuol- 
foirhlhiu « car il y a un sens plein dans le plus-que-parfait » Sg. i5i b i; 
iscd aS'Uumui-scrc iu-iuistidi « c'est le plus grand amour pour les pa- 
rents » Ml. 99 b 5 ; horaiJi (§ 92) uu'a-sligi « par un autre nouveau 
défrichement » Ml. 2 a 6. 

§ 220. Observations sur les adjectifs pronominaux. 

Sous le nom d'adjectifs pronominaux, on comprend : 

aile « autre » et aile « tout ». 

reine «■ le même » (après le substantif, § 25o Rem. I). 

ceeh (cach) « chaque », càch « chacun ». 

nech (nach) « quelqu'un, quiconque, aucun ». 

Cf. kscoXi AGI S upp. YII, 77. 

§ 221. Les trois premiers se fléchissent d'après le deuxième type de 
la première déclinaison des adjectifs (cf. § 21 4)- 



DES ADJECTIFS 121 

Toutefois, au neutre, la forme du nom.-voc.-acc. sg. de aile est rr/// 
\Yb. 9 c 3, etc.; et Ton rencontre à cote de aile une forme non accen- 
tuée ala (cf. aîaile § 226), notamment après l'article et devant un sub- 
stantif: iiid-ala-fer « Tautrc iiomme » Wb. 4 c 16. 

Remarque. — La forme neutre aill produit l'aspiration (5< 167) : alaill sain 
Sg. 6 b 24 ; cf. Thurncyseo ZCP V 2. 

Les trois autres (cech, càch, ncd)) se fléchissent d'après le premier 
type de la première déclinaison des adjectifs (cf. § 2i3 ; pour na, v. 
§ 222). 

Les formes cech el cach (§ 161) sont indilTéremment employées; la 
première est plus fréquente dans Ml., la seconde dans Wb. et Sg. 

câch « chacun » se fait parfois précéder de l'article : gén. iii-rhâicb 
Wb. 2 b II. 

§ 222. Il y a cette ditTérence entre inrb et iiach que le premier est 
pronom (« quelqu'un ») et le second adjectif (u quelconque »). 

rolaimethar-side cpiri neich « celui-ci ose dire quelque chose » Wb. 
5 a i5 ; nifel riech lûsaiiibcd dliged reindeicsen « il n'y a personne auprès 
de qui soit une loi de providence » Ml. 19 d 2 ; is Jour do ûi^/ith uaniniâ 
doergairi neich dianniiilair « sa voix seulement lui est suffisante pour 
écarter quelque chose de son peuple » Ml. /|8 c 5. 

naicb InïiU « de quelque membre » Sg. 5 a 5 ; ^iictch iioih « quelque 
saint » Ml. 01 a iS; cen-nacJ) frithorniiii « sans aucune offense » Ml. 
33 a /i ; bo-nach caivdiii gl. nuUo fœdere Ml. 18 d 8. 

La forme neutre de l'adjecl'f ]iach est na : iià iiiailb « quelque bien » 
Wb. 5 d 3o ; na-iii « quelque chose » MI. 62 b 20, etc. (cf. § 55o). 
Toutefois^ les textes récents présentent aussi nacb au neutre ; p. ex. 
Ml. ICI a 5. 

Remarque. — na, quoique neutre, ne produit jamais la nasalisation 
(§ 175) ; cf. ïhurnevsen ZCP V 2. 

§ 2 23. cacb (cccb) et nacb se combinent parfois avec le numéral âiii 
« un » tout en conservant leur indépendance. 

doaidlibcm cecbuoiii dliged « nous aborderons chaque loi » Ml. î\ 
d 5 ; (is) mailliu a-tuile ar-cacb ôen-laithiii « le flux est plus lent chaque 
jour » BGr. 20 c i; nacb-ôin « quiconque » Ml. 107 a i5. 

nach se combine de même avec aile « autre »; entre les deux s'in- 
troduit parfois le substantif auquel ils se rapportent : 



122 AIORPIIOLOGIE 

ho-pccl])ib iiiiflnnli « par les péchés de quelque autre » Ml. i5 b lo; 
ai iijiiii )iad tccJjlai fciii j bis lûiiiiticb n-ciile « jalousie pour une chose que 
tu ne possèdes pas toi-mcme et qui est entre les mains d'un autre » 
Ml. 56 b 33 ; dochitin nacha rabinc aile « vers cjuelquc autre partie » 
Sg. i88 a 12; une]) cnii/j ail in « à quelque autre forme » Sg. 7 
b 3. 

§ 224. Avec Tadjectif ^///f Cala), l'adjectif cacb se condnne d'une fa- 
çon intime et forme le composé cachla « chacun des deux » particuliè- 
rement fréquent dans les oppositions (cf. § 162) : 

cacljJafocull « l'un des deux mots » (aii-aill « l'autre ») Ml. 2/id3o; 
cacblaréin... in cciii naili... « tantôt..., tantôt... » Ml. /|0 b 8, etc. (cf. 
Zimmer KSt I i30, KZ XX\ 70), de rciji « temps » ; cachJascI... 
iuselailc « tantôt..., tantôt... » \Vb. i5 d 9, de sd « espace de 
temps ». 

§ 225. De ceci) et nccl) sont tirés cccblar « l'un et l'autre », iiccbtar 
« l'un ou l'autre », qui s'emploient en parlant de deux. 11 n'y a pas de 
flexion attestée pour ces deux mots. 

§ 226. De aile «autre » on a le composé par redoul)lemcnt ai -aile, 
qui est accentué sur la seconde syllabe (cf. Pedcrsen Asp. 118) et se 
présente parfois sous la forme dissimiléc araile. Le neutre est alaiU ou 
araill {ahul \Vb. 12 a 10). 

Le mot alaile, araile signifie à la fois « un autre » et « un certain » 
(Slrachan y?C XYIII 212): 

fognad cacb di-alaUin « que chacun serve l'autre » Wb. 20 b 11; 
bcrid càch briih forarck « chacun porte jugement sur l'autre » AA'b. 29 
b 9; bolailin Ion gl. quodam adipe Ml. 80 a 2 (cf. 2 a 6 ; bolailin = 
bo-alailui, § 92); ataat nlaaili interiecla « ce sont quelques interjections » 
Sg. 10 a I. 

Parfois, le premier élément reste distinct et se fléchit : 

issi c(b)étbaid alan^ile « c'est l'opinion de quelques-uns », Ml. 36 
a I . 

§ 227. La construction des adjectifs pronominaux (ij 220) est beau- 
coup plus libre que celle des adjectifs ordinaires. La ])lu[)art d'entre eux 
(notamment cacJ), cecb, nacb) se placent devant le substantif et peuvent 
alors rester non fléchis, suivant la règle générale : 

secb cccb^riga « par-dessus tous les rois » Ml. 8/j b i; cf. Sg. /|3 



DES ADJECTIFS 



123 



a 5 ; diiJin Ii'iuii cccb iiuliith « plus rlicr pour moi que loule espèce de 
gain » Ml. /|5 a /i ; liilgiid cecJj ancrldi « roiibli de loul(3 injure » \Ah. 
9 c 20 ; al-aniiiûii « d'aulrcs noms » INII. f\S c 3\. 

Mais généralcniciil ils se fléchisscnl, qiioi(jiie [)lacés avant le snh- 
stanlif : 

roft'sfar cacbiiibt'lrc « il saura toute langue » \\h. 12 d 27 ; docbiiui 
nacha rainiie aile « vers quelque autre partie )> Sg. 188 a 12; hi- 
arboina-lailhe « dans chaque jour » Ml. 58 d 3; aile iiidtbair « une 
autre mère » Sg. 102 a 2; far n-iiili hauUii (ace. pi.) « tous vos 
membres » Wb. 3 b 26 ; arnaib hiiiJib geintib c'ciiib « sur toutes les 
nations sages » A^ b. i b 6. 

Enfin, on rencontre aussi aile et iiile placés après le substantif; ils 
sont alors toujours fléchis : 

dona (§ 2o3 R. II) ballaib ailib « aux autres membres » ANb. 12 
b 2 ; lasna-fini aili « chez les autres hommes » Sg. 28 a ; dot-initin- 
iir uili « à toiile ta famille » AVb. 32 a i. 

Sur cétne « le même », v. §§ 220 et 25o Rem. I. 

Sur les numéraux ordinaux, v. §§ 25o et ss. 

§ 228. Degrés de comparaison dans les adjectifs. 

Il y a trois degrés de comparaison dans les adjectifs : le comparatif, 
le superlatif et Féquatif. 

§ 229. Du comparai if. 

Cf. Sommer IF XI 217. 

Le comparatif se forme par l'addition du suffixe -// au positil; ainsi 
ard « haut » ardu « plus haut », brônacb « triste » brôiicbu « plus triste » 
(cf. § 139), adblani « facile » adblaiirii « plus facile », étroinin « aisé » 
étrummu « plus aisé r>, firian « juste » firianu « plus juste », irlam 
« prêt » irlainu « plus prêt », lobor « faible » lobru « plus faible » 
(§ 139), serb « amer » scrbii « plus amer », troniiii « lourd » triuniiiu 
« plus lourd », etc. 

Lorsque le positif se termine par une voyelle, cette voyelle ne se re- 
trouve pas devant le suffixe du comparatif : anse « difficile » ansii « plus 
difficile », asse « facile » assii « plus facile », tana « mince » tann « plus 
mince », etc. 

Lorsque la consonne finale du positif est de position antérieure (5^ 20), 
le suffixe a d'ordinaire la forme -iii : àliiid « beau » àildiii « plus beau » 



12^ ^lOnPIIOLOGIE 

(§ 123), biiid « sonore » hiinVni « plus sonore », cosiitail « semblable » 
cosmailiii « plus semblable », âeinin « certain » doiiniu « plus certain », 
failid « joyeux » failliii « plus joyeux », issel « bas » isliu « plus bas », 
Icir « empressé » h'riii « plus empressé », ménic « fréquent » mcnciu 
nicinciii « plus fréquent », soir « libre » so'iriu sairiu « plus libre » (§ G6), 
tûisséch « antérieur » toisigiu toisegiu « plus antérieur », etc. La voyelle 
finale du positif est tombée dans : âigtblde « redoutable » âigihidiu 
« plus redoutable », glantaide « purifié » glantaidiii « plus purifié », 
tarisse « sûr » tarissiii « plus sur », iiissc « convenable » uissiu « plus 
convenable », etc. 

Remarque. — Le suffixe a parfois la forme -;/ après consonne de position 
antérieure : côir « convenable » côra « plus convenable », dolch « vraisem- 
blable » dochii « plus vraisemblable », cnirt « faible » cnartu « plus faible », 
toissech « antérieur » toissechii « plus antérieur », etc. 

Liversement, on rencontre la forme -iii après consonne de position 
moyenne dans; gndth « connu » gnàthiii gnâithiu « plus connu », gor 
« pieux » goiriii « plus pieux », lond « agité » hiindin « plus agité », trebar 
« intelligent » trcbairiii « plus intelligent 5), uasal « haut » iiaisliu « plus 
haut », etc. 

§ 23o. Du superlatif. 

Cf. Sommer ÎF XI 228. 

Le superlatif se forme par Taddition du suffixe-^;/; au positif; lorsque 
la consonne finale du positif est de position antérieure, le suffixe a la 
forme -eui ; Ciim^'i airrhciid « antérieur » airehcudaiu « le plus antérieur », 
dil « cher » dilem « très cher », doirh « difficile » doirbcni « très diffi- 
cile », reil « clair » reJem « très clair », soirb « facile » soirhem « très 
facile », etc. Lorsque le positif se termine par une voyelle, cette voyelle 
ne se retrouve pas devant le suffixe du superlatif : anse « difficile » 
ansam « très difficile ». 

Le suffixe a parfois la forme -ein après consonne de position moyenne 
ou postérieure : dilgedach « indulgent » dilgedcbein « très indulgent », 
follus « évident » faillseiii « très évident » (!:; 8'i), nasal « haut » 
iiàislem « très haut », etc. 

Au lieu de -aiii (-eiii) on rencontre aussi dans JNII. comme suffixe du 
superlatif -aiiiani (-iniei)i), qui n'est que le redoublement du précédent; 
ainsi direch « droit » dirgiiiieiii « très droit », firian « juste » firiana- 
mam « très juste », somme « riche » sommaimem « très riche », 



r)ÈS ADJECTtFS 



120 



sonîrt « fort » sonairliinciii « très fort », nasal « haut » naisliiuciii 
« 1res haut », etc., et exccpllonnellement -ibein (§ f\']). 

Remarque. — Exceplionncllcincnt, le superlatif absolu est rendu par 
l'adverbe ro « très » qui se place devant l'adjectif au positif. Ainsi ro-olach 
« très buveur » South. 67 a (Thés. 1 5) ; ru-clé « très illustre » (de glé 
« illustre »)MI. 36 a 10. Parfois ro implique l'idée de « trop» : ro-art » trop 
haut » Vih. 2/1 c 10. 

§ 281. Comparatifs el supcrlalifs irréguliers. Les adjectifs suivants 
forment irrégulièrement leurs comparatif et superlatif : 



Positif. 


Comparatif. 


Siiporhilif. 


becc « petit ». 


hugiii, higii. 




Itigem (liigiiiiciii) 


// « nombreux ». 


lia. 




mq. 


iiiaith « bon ». 


ferr. 




dech. 


mdr (iiiôr) « grand ». 


ind (nida), m 6 
iiido, iiiôa. 


(niùo), 


VI dm (m cm). 


ociis (accus) « proche » . 


Ih'SSil, llfSSO. 




ii'ssam (uesam). 


Ôac « jeune ». 


ôa. 




âam. 


ok « méchant ». 


vu'ssa (nicsa). 




mq. 


sir ce long ». 


s l'a. 




siam. 


trèn « fort ». 


1res s a (tresa). 




tressant. 



§ 232. Emploi des comparatifs et superlatifs. 

Les comparatifs et superlatifs sont indéclinables; non seulement ils 
ont la même forme pour les trois genres et les deux nombres (singulier 
et pluriel), mais encore ils ne sont jamais fléchis (toutefois, § 2^0) ; on 
les emploie presque exclusivement en qualité de prédicats. Lorsque 
le comparatif ou le superlatif doit être à un cas indirect, on tourne la 
phrase en une construction relative ; ainsi, au lieu de dire « au meilleur 
homme », on dit « à riiomnic qui est le meilleur ». 

Exemples : hadiliu les guide ar-a eitsidib « fut plus chère à lui la prière 
pour ses auditeurs » Ml. 58 d lO (guide est féminin); is diliu lemm ani 
as-torbœ oldaas ani as dilmain « est plus cher à moi ce qui est profitable 
que ce qui est légitime » AVb. 11 b 17 ; w im-medon lathi is relem ccch 
vêt « c'est au milieu du jour qu'est le plus clair chaque objet » Ml. 56 c 1 1 
(;r7 est masculin) ; is-hed as-dilem Hum rath précepte « voici ce qui m'est 
le plus cher, la giàce de l'enseignement » AA b. 22 d 26 (rath est neutre) ; 
innahi ata chosmailiu « les choses qui sont plus vraisemblables » Ml. 
16 b 1 ; /7 hé ata huâislem « ce sont eux qui sont les plus élevés » Ml, 



126 MonniOLOciË 

ii6 a II ; hiiaiilorachl as ccgiiisliii « succcssu optaliorc » Ml. 90 c 7; 
hnaneuch as ainendani gl. prioribus Ml. 56 b 22. 

§ 233. Dans quelques rares exemples, le comparallf ou le superlalif 
sont employés comme épllhètes : même dans ce cas, ils restent inva- 
riables ; ex. : iiiua-mindechii gl. tenuiores (ace. pi.) Ml. 26 b 18 ; hrilhem 
firianamam gl. arbilcr aequissimus Ml. q^ b 6 ; il âoini saibihcni (§ h"]) 
do'yniat iiiso « ce sont les bommes les plus mécbants qui font cela » Ml. 
3 a 5. 

Remarque. — Quelques superlatifs sont flcclus, lorsqu'ils sont employés 
substantivement; ainsi : desscirc dé 7 comnessiin « amour de Dieu et du pro- 
chain » f^ncssam « proximus ») Wb. 23 b i. Il faut sans doute expliquer de 
même le pluriel isolé du supcr\a[ii^ forci lucm : ind-forcimi(m) gl. oplimi MI. 
61 b 17 (loulcfoisv. J. Strachan RC XVIII 22O). 

§ 234. Couslniclioii du comparatif. Le régime du comparatif se met 
parfois au datif. 

Ex. : ni-diliu nech limm alaiJiu « l'un ne m'est pas plus cber que 
l'autre » Wb. 23 a i/j (dat. de alaile); as didiu liiim ccch indiuh « qui 
m'est plus cher que tout profit » Ml. 45 a /i (dat. de indeb) ; iiiessa 
ancreitniech « pire qu'un infidèle » A\b. 28 d 23. 

A cette construction se raltacbe la locution fréquente is erdarcu (ir- 
dorcu, airdircu, § 127) epirt « il est plus clair que le dire » pour « il va 
sans dire » AN b. 9 b 17, 28 b 32, 3 1 b l\ ; jMI. 122 d 7 ; Sg. 23 b 3. 

Mais en général on traduit le « que » par la conjonction ol n-. après 
laquelle le verbe substantif est toujours exprimé : ol n- ta, d'oii oldô 
« que je suis », etc. (§ io5). Dans Ml. ol n- est souvent remplacé 
par in. 

Ex. : îs-sochntdiii lâani oldôsa oJ-coss « est plus belle la main que moi 
(que je suis), dit le pied » A\ b. 12 a 21 ; bid fcrr oldâi « il sera meilleur 
que toi (que lu es) » Wb. i d 21 ; is dciiiiiiu liiiiin an adchiani hiia- 
snlib oldaas an-rochJuinemwar hua-chlnasaib <( est i)lus certain pour nous 
ce que nous voyons des yeux que (n'est) ce que nous entendons des 
oreilles » Ml. 112 b i3 ; an-i^^râd as-islin oldaic angil « le degré plus bas 
que (ne sont) les anges » AA b. 4 b 20 ; asberal-soni as-laigiti dcachl maicc 
indaas deacht alhar « ils disent qu'est moindre la divinité du fils que 
(n'est) la divinité du père « Ml. 24 d 23 ; is-soirin indatc idail « il est 
plus noble (pie (ne soûl) les idoles » Ml. i38 c 4- 



DES AnJF.CTIFS 



127 



Uoniarqnc. — Dans quolqnos cxcin'plos, on rcncoiilro après 0/ n- nnaulrc 
Iciiips du vcibc subslanliC ((iic le [)i(''soiit ; ainsi le fului- dans ar-ni-pa-glicca 
jchuh olamhicid-si « car un pliilosoplio ne sora pas plus fui que vous (ne 
serez) » Wl). 96 d a(J, el le prélérit dans ah'-rohtar lia sidi olihbatar maicc 
Israhel « car ils l'urenl plus noiubretix que (no furent) les en l'a nls d'Israël » 
Ml. 123 a 8. Mais celle conslruclion libre disparut de bonne beure; oUiaas, 
indaas furent bientôt considérés comme une simple conjonction signifiant 
« que ». De là des tours conmic : is miscsigiu... ani asrubbart... oldaas bid 
iniquas asberat « est plus odieux ce qu'il a dit que si c'était « inicjuus » 
qu'il avait dit » Ml. 69 a 7 (cf. Wb. /( b 17, Ml. 12.'^ c 10, i35 a i3) ; ou : 
ni con riiaccobrus ni bcd uilliii indaas ro-nd-bôi m-ingnae « je n'ai rien désire 
qui fût plus grand que ne fut mon intelligence » Ml. i3G b 7, tours dans 
lesquels le verbe substantif est répété à l'inqîariait ou au prétérit. De là 
aussi des pbrases comme : huilliu adcumnet indaîe chlaidib « ils blessent plus 
fortement que (ne sont) les glaives » Ml. 77 a i, où le verbe substantif n'a 
pas de place logiquement. 

Remarque II. — Quelquefois, on trouve simplement après le comparatif 
la conjonction latine quant. Ainsi robîar lugu na-dicr quain adfiadatar « l'urent 
moindres les larmes qu'elles ne sont mentionnées » Ml. 23 a i3. 

Remarque III. — Une fois aussi, on rencontre après le comparatif le datit 
précédé de la préposition d, ûa: asgen-su innahi ata fiidumnu hiia-ni-ingnu-sa' 
« tu as reconnu les clioses qui sont plus profondes que mon entendement » 
Ml. i4ob3. 

Remarque lY. — Au lieu de oldàsa (indaas) , on lit adoasa « qu-e je suis » 
gl. prior me, Tur. 25 a. 

§ ^35. Le français « en » auprès d'un comparatif se traduit par de, 
qui a la mcmc valeur que le latin co, rallemand desto et se place toujours 
immédiatement après le comparatif : ni-pat ferr de « ils n'en sont pas 
meilleurs » \\ b. i'2 à 2<S ; cialbcs bi loc hcs ardu ni ardu de « bien qu'il 
aille à une place plus élevée, il n'en est pas plus élevé » Ml. 'j,Z cl 28 ; 
aniibad irlainii de doii-biiâitb « pour qu'il en soit plus prêt h la 
victoire » AN b. 1 1 a 7 ; ii-essamnii de « ils en sont plus liardis » AN b, 
28 h 12 ; coiidib i nid 11 de lorciud iinm-fori^iuiso « de sorte qu'en soit plus 
abondant le signe de la figure » Sg. ir)S a /j ; cf. AN b. 2 a 7, 3 a 12, 
/i a i(», 12 d 2(), Ml. 3/i a 27, ^17 a 18, 83 b 11, 84 c i3, 90 a i i, 
H)-] c iG, loi 1) /|. 

Cf. Zimmer KZ XXVIII 373. 

§ 23G. L'idée de « de plus en plus » peut se traduire de diverses 



128 MORPHOLOGIE 

façons suivanl les phrases ; on la trouve parfois exprimée par les locu- 
tions distributives ar cbâch « pour chacun » ou la cach « à chacun » ; 
ainsi combat foirhîhiu ar-chàch for-n-gninice « de sorte que vos actions 
soient de plus en plus parfaites » Wb. i3d 29 ; ou is mode <C fl! > accohras 
si la càch « est de plus en plus grand le désir d'elle » (grian f. le soleil) 
Ml. 42 c 28. Mais le plus souvent on répète le comparatif en intercalant 
assa. Ainsi : ferr assa ferr « de meilleur en meilleur » ; hit mcssa assam 
uicssa « ils seront de plus en plus mauvais » \^ b. 3o c 25. 

§ 287. Construction du superlatif. Le régime du superlatif est au gé- 
nitif dans : aircendam 7 errindem cecha soinmigc « le plus haut et le plus 
noble de toute prospérité » Ml. 53 b 22 (en parlant d'une personne). 
Cet exemple unique peut prêter à discussion (cf. § 261 Rem.). 

§ 238. De l'équatif. 

Cf. Ascoli AGI Suppl. I Go. 

On appelle cqualij le degré de comparaison qui indique Tégalilé : 
français « je suis aussi grand (que lui) ». 

L'équatif se forme par l'addition du suffixe -ithir (-idir, § ^l) au 
positif; ainsi demin « certain » demnithir « aussi certain «, dian « ra- 
pide » dcnithir « aussi rapide » (S; f)/!), Icir « emjDressé » Urithir 
« aussi empressé », soirJ? « aisé » soirbilhir soirbidir « aussi aisé », etc. 

Remarque. — Il y a quelques équalifs irréguliers ; ainsi de indr (inôr) 
« grand », l'équatif est môir (Zimnier KZ WYIII 870 n.) : moir slcb « aussi 
grand qu'une montagne » Ml. 55 d 11. 

§ 239. Construction de l'équatif. Le régime de l'équatif se met à l'ac- 
cusatif. 

Ex. : sonartaidir slche « aussi fort que les montagnes » Ml. 90 b l\ 
(de sonairt « fort »). 

On trouve aussi employée après l'équatif la conjonction anial « comme, 
de même que » ; mais alors le positif est exprimé après la conjonction 
dans une proposition subordonnée qui est placée en tête : amalas suthain 
riiith gréne sic bith suthainidir sin ainni solmon « le nom de Salomon 
sera aussi éternel que la course du soleil » (proprement « qu'est éter- 
nelle la course du soleil ») Ml. 90 b 10. 

Souvent le régime de l'équatif est une proposition tout entière ; cette 
proposition est alors précédée de la conjonction anuil. 

Ex. : is~lerithir inso no-n-î'uidim-sc dia n-cr ut-su aimtl ro-t-îjâd-sa 



fins AnJECTlIS 12^ 

iinanad iii-cphis scch-ro-po Jcir-sôii, in. à ni. « est aussi empresse ce que 
je demande à Dieu pour loi, comme je l'ai demande (=: autanl que le 
lait de l'avoir demandé) de restera Ephèse, bien que cela soit em[)ressé » 
Wb. 27 d i(j ; amal hid hilâim nohcd is erlamaidir s'ui in siaiis reini- 
arbartmar « le sens que nous avons exprimé plus haut est aussi prêt 
que si c'était dans la main qu'il était » Ml. 36 c 21 (gl. sensum tan- 
quam ad manum posilum). 

Remarque. — L'équalil' employé sans régime prend parfois une signifi- 
cation absolue très voisine du supcrlalif: cia-so deinnithir so forcomnucuir 
bieid aimser naâ creitfuier 7 dosliiinfidcr « bien que soit aussi certain (que 
possible, d'où très certain) ce qui est arrivé, sera un temps où Ion ne croira 
pas et où Ion niera » Wb. 28 c il\. 

^ 2/10. VDVKRBES DE MANIERE TIRÉS d'adJECTIFS. 

Cf. J. LothRCXV lof). 

La manière s'exprime adverbialement par le datif de Tadjeclif pré- 
cédé de Farlicie. 

Ainsi : becc « petit «, bi-hiucc « petitement » Sg. 89 a 25. 

derb « sûr », in-deiirh « siiremcnt » M\. 18 d 26, i38 c 11. 
nephdîles i( impropre », in-nephdilius « improprement » Ml. 28 d 4. 
adbul « fort », ind-adbol « fortement » Sg. 217 b 5. 
utmall « instable », ind-utiiiall « instablcment » Wb. 26 b 10. 
fortchide « obscur », in-Jortgldiu a obscurément » Ml. 3o a 3. 
vidr « grand », in-mar « grandement » Sg. 3g a 25. 

Au comparatif et au svqocrlalif, c'est l'article qui indique le sens ad- 
verbial, puisque les degrés de comparaison sont indéclinables (§ 282): 

jial « modeste », ind félin, gl. ucrccondlus Ml. 58 b t. 
loiid c< agité », ind-luindiu gl. commotius Ml. 32 d i. 
scrb « amer », int-serbu gl. amariiis Ml. 24 c 10. 

cf. in-màani gl. maxime ^^ b. i c 20, ind higii gl. minus Ml. 128 
c 12. 

Quelquefois, l'article n'est pas exprimé: inâchlidhi « secrèlcment » Ml. 
5o c i3 (de inchlide), dciirb « sûrement » Ml. io3 b 11, diriug « directe- 
ment » Ml. 76 b 3, 87 c 3, 89 b 5 (de direciï) ; inôo assa inôo « de plus en 
plus » Wb. 23 b I ; talmaidhi « subitement » Ml. 35 d i (de talmaide). 

§ 2/4 1. C'est là le procédé ordinaire de formation des adverbes de 
manière; mais on en rencontre cà et là quelques autres. 

a. Il existe une terminaison -/{/ qui s'ajoute à certains adjectifs pour 

9 



1 3o MOUniOLOGIË 

leur donner In valeur adverbiale (Cf. T\iy\vnc\scr\, MisfcUûiicû Liiigids- 
tica in onorc di G. Ascoli, iQoi). 

Ainsi in-chorpdid « corporellement » \Vb 27 a 12 ; indôendaid « iso- 
lément » Sg. 71b i3; in-haslaid « mortellement » IVU. i35 b 8. 

b. Quelquefois, l'adjectif est procédé d'une préposition, notamment 
i 7î-, di ou surtout co n- (cf. Strachan ZCP IV 71). 

Ainsi defollus « clair », bi-follits « clairement » Ml. 2,4 c 19 ; de léir 
« empressé », co-Icir « avec zèle » Ml. i/j d 3, 21 a8, gudid dia di-Icir 
« priez Dieu avec ardeur » Ml. 68 a i5; de iiiaiilj ce bon » co-niiiiailb 
« bien » Wb. 7 b i5; etc. 

c. L'adverbe de manière du superlatif est parfois rendu parle super- 
latif de radjoclif précédé de ^75 « ce cpii est »; ex.: Ijircs... innaiii as 
dcg rochcitset hi-crist « la foi de ceux qui ont le mieux cru en Christ » 
A\b. 3i a 6 (as ^co- doit être compris comme un incise indépendante 
du contexte; cf. as maaiii « le plus » Sg. 208 b i5 ; etc.). 

§ 2/(2. Des aoms de nombue. 

A. Noms de nombre cardinaux. 

Les quatre premiers noms de nombre cardinaux sont fléchis. 

ôin (ôen) « un » suit la première déclinaison des adjectifs. 

Employé avec l'article, il a le sens de « le même » et dans ce sens 
est parfois répété : iniia oena-niéile i<- de la même quantité » Sg. 2o3 a 
26; ind-oen-ôin » les mêmes (n. pi. m.) » Ml. 7G a i ; i)ina ôina oiiia 
sa gl. hos eosdem Ml. 70 a /i. 

ôin forme souvent un composé avec le substantif qui suit, et dans ce 
cas il produit l'aspiration : ôoi-choinidiu « un seul maître » Mb. 22 d 7; 
cf. Ascoli cxj et V. § 309. 

§ 2 4 3. dâ « deux » a la flexion suivante : 

Masc. F('m. Neutre, 

N. A. dâ (Il } j . 

^ lUi n-. 

G en. dX 

Dal. àih (deih) n- 

Ces formes ne s'emploient que devant un substantif (§ 178); mais 
il y a une forme emphatique et indéclinable, dâii^ qui ne s'emploie 
cju'absolument. 



bl'S AnJKCTIFS ]'M 

Les formes de ilà qui ne nasalisent pas prodniscnl l'aspiration 
(^ I <•)(•)). 

En composition, on rencontre nne l'orme i^c'- rpii aspire: dêchorpdae 
gl. bicorpor Sg. (iô a i.') (cl', i; •')<»<)). 

i:; 2/i4. //■/ « trois » a la llexion snivante : 

M. N. V. 

N. ] . tcoir (teora) 

A. ) leora 

I G en. Iri 11- tconi u- 

Dat. trib teora ib 

Il existe aussi une forme emphatique à voyelle longue Iri. 

tri ne produit l'aspiration qu'au nom. -ace. neutre. 

Pour « quatre » on a rclbir au masculin et neutre, cctheora au fémi- 
nin. Il n'y a [)as de flexion allcslée ; toutefois on rencontre un génitif 
féminin cclhcont Tur. (S(). 

cethir ne pioduit l'aspiration qu'au nom. -ace. neutre. 

§2/40. De cinq à dix les noms de nombre sont : côic « cinq », se 
« six )), sechi n- « sept », ocbt n- « huit », mn n- « neuf», deich n- 
(( dix ». Us ne sont pas fléchis ; toutefois la langue tendait à employer 
uniformément la nasalisation après ces six noms lorsqu'ils se lappor- 
taient à un génitif et à la supprimer partout lorsqu'il s'agissait d'un 
nominatif. De là: dcicl] ardib cctaib « 1^10 » BCr. 33 a /i (cf. Pcdcrscn 
KZ XXXV /iag). 

A côté de deicb n- existe une l'orme déac {cb'c) qui s'emploie uni- 
quement dans la formation des luiités de la seconde dizaine (i i à 19, 
ci-dessous § ^fq). V. W h. Stokes, IF XII 188. 

§ 2/Î6. Les dizaines de vingt à quatre-vingt-dix (inclusivement) 
s'expriment par des substantifs fléchis suivant la cjuatrième déclinaison: 

fiche « vingt » g('m.ficbet, i>\. ficbit. 

Iricha « trente » pi. tricbit. 

celhorcha « quarante » gén. cclborcbat, pi. cclborcbiiil. 

côica « cinquante » gén. côicat. 

sesca « soixante » gén. sescal (sescot Miss. 65 b 17). 

sechtmo(^a « soixante-dix » gén. sechtiiic\^al:. 

ocbtiuoga « quatre-vingts « gén. ochtiiiogat (ocbtiiiugal). 

nôcJjii « quatre-vingt-dix ». 



l32 MOnnlOLOGIE 

Ces sul)stanlifs signifient proprement « vingtaine », « trentaine », 
(( quarantaine «, etc. : cf. sccIjI Irichit « sept trentaines » BCr. 33 a 3, 
coic-cethorchiiit « cinq quarantaines « \^ b. 17 d 2; is fiche « c'est 
vingt » BCr. 3i c 7; tri fichtea « trois vingtaines, soixante » Arm. 
17 a 2. 

§ 2/I7. Dans chaque dizaine, les unités s'expriment analytiquemenl, 
le chiffre de la dizaine s'ajoutant à celui de l'unité, tantôt sous la forme 
du génitif, tantôt sous la forme du datif précédée de ar. 

oen ar fichet Qireficbit) « vingt-et-un » Ml. 2 d 2 ; dâu coicat « cin- 
quante-deux » BCr. /i2 b I ; a-cnic-sescot « soixante-cinq » Miss. 65 
b 17 (§2/16). 

Lorsqu'il y a un sul)stantlf, il s'intercale entre l'unité et la dizaine : 

trl-mis deacc V. ive\zQ, mois » BVn. 21 (Thcs. II 33); coic-sailni scch- 
tmogat « soixante-quinze psaumes » Ml. 202; di Jitir fichet « vingt- 
deux lettres » Ml. 2 d 2 ; in dib fniarib dcac « en douze heures » BCr. 
3 c] cosiiacoic aiiiiiaiiib sccbliiiugût «avec soixante-quinze âmes», Ml. 
38 b 2. 

Remarque. — L emploi du datif précédé de ar semble réservé à la pre- 
mière unité de chaque dizaine (cf. § 253 Rem.). 

§ 2/I8. Les noms de nombre rt'7 « cent » et mile « mille » sont des 
substantifs, l'un neutre et l'autre féminin, qui se fléchissent ainsi : 

N.-acc. Sg. cet n-n. Plur. cet 

Gén. câ't (non altostc). 

Dat. cet cétaih 

N. Sg. mile f. Plur. viûi 

Âcc. mili 

Les autres cas de mile ne sont pas attestés. 

Accompagnés d" un nombre qui les multiplie, cet et //z//r se comportent 
exactement comme un substantif quelconque: 

di-mili déec « douze mille « AVb. i5b i ; coic-mili ocbtmugat ar-chét 
« cent quatre-vingt cinq mille » Ml. 3/i b 17; cethir chét, secht cet, 
« /|0(),7oo » BCr. 42 c 1-2. 

Le substantif qui suit cet ou mile se met naturellement au génitif 
pluriel : cet rdmae « cent rames » Sg. 36 a 7 ; la cet martir n-anira 
avec cent martyrs merveilleux » Fél. f\ juill. ; ;;///(' rheiiieiin « mille 



DES ADJECTll'S l33 

pas » Soulli. ()•>. I) (Tbes. I (>) ; licirh iiiili hrinlbar « dix mille pa- 
roles )) \\ h. \:>.d •->.'<); for-dih milib cch « ptnir deux: mille clicvaiix » 
Ml. /|3 d 1 \ côic-cct fer « cin(| cents hommes » \\b. i3 b 2. 

5; i^i(). Au dessus de cent (ou de mille), les fragments de centaines 
(ou de milliers) s'expriment comme il a été dit plus haut en se Taisant 
suivie du nom de nombre cet (ou mile) au dalif précédé de ar. Ainsi: 

dàu coicût archet « cent-cinquantecleux » BCr. 42 b 1 ; inna deich ar 
dib célaib « deux cent dix » BGr. 33 a f\ ; a-ocht deac ar-cbâ « cent-dix 
huit » BCr. 3^ d 2. 

§ 25o. B. Noms de nombre ordinaux. 

Les ordinaux « premier» et « second » s'expriment tie deux façons: 
employés isolément, ils se disent cé!)ie et làuaise ; combinés avec un 
autre nombre dans la numération, oeuDiad cl aile (^ 220). 

céetne fer « le premier homme » \\b. 7 b 11; persan tanaise « une 
seconde personne » Sg. 198 b 11. 

Mais : oenmad ar déc ou fcbit « onzième, vingt et unième » aile déac 
on ficbet « douzième, vingt-deuxième » (cf. BCr. 18 d); aile esl sou- 
vent remplacé par ala, notamment après l'article (/n^-^'/rt), § 221. 

Remarque I. — cétnc se place toujours devant le substantif quand il a le 
sens de « premier » ; placé après, il a le sens de « le même » (lat. idem) : 
in-fogur cétna « le incme son » Sg. 2o3 bQ, fonna-sunu dînai « sur les mêmes 
mots » Ml. i33 d 2 (i; 220). Au contraire tanaise <f. second » se place toujours 
après le substantif, suivant la règle générale des adjectifs (§ 218). 

Uemarcpie H. — L ordinal pour « premier » se combine souvent avec le 
mot qu'il dctcrnilne sous la forme cet- ou parfois priin-: fo-cbct-ôir « aussi- 
tôt, à la première heure » Wb. 1107, etc. céltgrinnc fino « les prémices du 
vin» Sg. 122 a 3 ; don-priingâi.i « au premier vent» BGr. 19 c 2 ; priinsacairt 
« les premiers prêtres » Wb. 10 d i5. 

pritn se rencontre aussi parfois isolément (BGr. 18 d i, 33 c 3). 

!^ 25i. Les autres ordinaux sont : 

pour les unités tris {très) « troisième », cetbraniad « quatrième », 
côiced « cinquième », sessed « sixième », secbtinad « septième » ocbt- 
mad a huitième », nômcid « neuvième». 

pour les dizaines dechinad « dixième », ficbatinad^^ vingtième », coi- 
catmad « cinquantième s et ainsi de suite en ajoutant -//;.'/:/ à la forme 
du génitif, jusques et y compris cétmad « centième . 

L'ordinal pour « millième » n'est pas attesté. 



MOBPIIOLOGIE 



§ 262. Lesnoms de nombre ordinaux se fléchissent comme les adjectifs : 

cétne et taiiaise d'après le deuxième type de la première déclinaison 
(§ 2i/i; pour aile^ v. § 221) ; ceux en -ed et en -iiiad d'après le premier. 
De tris (très) « troisième » on a un gén. m. trcs et un dat. m. trius. 

Ils se placent toujours devant le substantif qu'ils déterminent (pour 
ccfne et taimise, v. § 260 Rem. 1) : fcbaliiiail-chi « vingtième cahier » 
(cf. R. Celt. XXV 377). 

§ 253. L'expression des unités au-dessus de dix et des dizaines au- 
dessus de cent s'exprime exactement d'après le procédé des cardinaux, 
le nom placé en tête (et devant le substantif, s'il y en a un) prenant 
seul la forme ordinale : 

sechtmad rann cctborchat « la quarante-septième partie » BGr. 18 
d 6 ; in-choiccd fichcl « la vingt-cinquième » BGr. 33 b 5. 

Remarque. — La remarque du ^ 2/17 vaut également pour les ordinaux. 
L'emploi de ar était à loriginc si bien réservé à la première unité de chaque 
dizaine qu'on pouvait même se dispenser d'exprimer l'ordinal : cin-ar-fuhit 
au Heu de oenmad cin-ar-fichh « vingt et unième cahier » (cf.F.-X. Roblnson, 
R. Celt. XXVI 378). 

§ 2o/|. C. Noms de nomlue distribulifs. 

La distribution s'exprime par l'emploi des cardinaux précédés de la 
préposition fo : 

fo-thr'i « trois fois » Wb. 17 d \\ fo-deic]j « dix fois » BGr. 3i c 5 ; 
/() oc]}t fîcbct « vingt-huit fois » BGr. /jô c 6 ; focboic sccbtniogat 
a soixante-quin/e fois » Ml. 2 c 2. 

Exception faite pour « une fois » qui se traduit mot à mot ôiii fu'bt 
Ml. i38 b 8, généralement écrit oiiitrbt ( le /disparaissant par aspira- 
tion, § /ig) Ml. 34 a 9, 98 c 0, Wb. 3 b 3. « Deux fois » se dit fodî 
Wb. 2/1 b 22, Ml. /i6 a 21, au féminin; ce qui suppose le mot fecht 
f. « fois » sous-entendu. On trouve aussi pour « une fois » et « deux fois » 
l'ordinal employé adverbialement: iudoindid (de oinde « unique ») Ml. 
34 a 9, in~tanisiii Sg. 2 13 a 6 ; cf. § 2/40. 

§ 255. D. Substantifs numéraux. 

Ce sont des substantifs dérivés des cardinaux et désignant un groupe 
de personnes ou de choses. 

I. ôiniir : meisse rnôinur, tiissii tbôeniir « moi seul, toi seul » cf. § 591 
Rem. 



DFS ADJKCTIFS 1.).) 

9. dias (pour les personnes), dcile (pour les choses) : coiiihcd aii-ih'ile 
sin iiulabnidsa « pour (pTil \ ail ces deux choses dans mon langage » 
\V"h. \[\ c a3 ; issî dias ùisin « ce sont ces deux personnes-ci » Tur. 4- 
Dias est féminin et appartient à la première déclinaison : gén. nechtar 
inna dcse-se « Tune ou Taulrc de ces deux personnes-ci » Ml. l\:>. a 7 ; 
dat.-acc. diis (dans Ml. 35 d -jJi, diis est également employé pour le 
nominalif). Dêde est neutre et se lléchit d'après le deuxième type de la 
seconde déclinaison {p:cn. dcdi, dat. dcdiii). 

3. îriar (pour les personnes), tréde (pour les choses) : triar ôciijer « .un 
seul homme en trois personnes » Hy. V 18. Triar est masculin : gén. 
triir, dat. iriur. Trcde, n., se fléchit comme déde. 

k. n'//.;/77r (pour les personnes), cclbarde(Y>om' les choses) \\h. 32 c 20. 

5. côicer (pour les pers.). 

6. sesser (pour les pers.), scde (pour les choses) BVn. S (TIjcs. II 3i). 

7. scchle (pour les choses) \\ 1). 2() d 9. 
9. nônbur (pour les pers.) Hy. V 65. 

Les formes en -ar (-cr_, z/r) se fléchissent comme triar ; celles en -de 

comme dcde. 

Au-dessus de « neuf », ne sont attestés que les substantifs : 
nôidccde « groupe de dix-neuf [jours] » (BGr. 32 a 8, b 9, 45 c 2, 6), 

et *iiôijichte, *tricbte « groupes de vingt-neuf, de trente [jours] » dans 

leurs dérivés iwichtcch (de iiôijicbtecb) et iricbtecb (BGr. 18 d 1, 32 h i3 

et 18 df)). 



CHAPITRE TROISIÈME 

EMPLOI DES CAS 



§ 256. Remarque. — Dans l'apposilion, il y a accord en cas : dinn 
preceptorib « de nous, précepteurs » \\b. lo d 8; dànni apstalaib « à nous, 
apôtres » Wb. 25 d 12. Les exemples sliab nossa gl. mons Ossa Sg. 63 a iG 
et hi-sleb sina « dans le mont Sina » Ml. 96 b 18 sont ambigus. 

§ 25-. Nominatif. — Le nominatif est le cas sujet et s'emploie exac- 
tement comme dans les langues classiques. 

Exemples : relhait uisci « les eaux courent » ^11. i38 d 0; iiiiiicJja- 
ratsa ind-fir « les hommes ne m'aiment pas » V\h. 5 c (3 ; docer in-hiail... 
issammiiir « la hache tomha dans la mer » Tur. i3i. 

§ 258. Vocatif. — Le vocatif, dont le nom indique suffisamment 
remploi, est toujours précédé de l'interjection à « o », qui produit 
l'aspiration (§ 16G). 

Exemples : à-fir « ô homme ! » Wb. lo a 10 ; a-cJjossa « ô pieds ! » 
Wb. 12 a 33; a-phopitl « ô peuple » Wb. 33 a i5 (cf. 10 a 20). 

§ 25(). Génitif. — Le génitif marque essentiellement le régime du 
substantif. Le rapport qu'il exprime est généralement un rapport de 
possession, mais ce peut être aussi l'un de ceux qu'exprimerait un 
adjectif qualificatif, ou même un rapport beaucoup plus vague. 

Exemples : corp duini a le corps de l'homme » Wb. 12 a 29 ; acs 
n-esci « l'âge de la lune » BGr. 32 a 9 \ fochosmailius innan-ech « à la façon 
des chevaux » Ml. iG b 11 ; fir-niac aicnid « un vrai fds de nature » 
(c'est-à-dire « naturel », paroppos. à un fds d'adoption) Wb. 32 b G ; 
tir tainigcri « terre de promesse » (terre promise) Wb. 33 b 2, Tur. 



E>IPIX)I DES CAS l37 

i3o, etc. ', fer dcniiKi bairgine « un homme à faire du pain « (m. à m. 
« de faire ») f,d. plslor Sg. i8'i b 3 ; cf. en moyen irlandais /r/' kgind 
ou fer scribind « lecteur, écrivain » . 

Sur le rapport syntactique du génitif et du sidjslanlif rpii le précède, v. 
§585. 

Le partitif ne s'exprime pas au moyen du génitif (cf. § 272) ; de là vient 
qu'il n'y a pas de génitif complément de verbe. 

§ 960. Le génitif sert de régime à de nombreuses prépositions ou 
locutions prépositionnelles d'origine nominale. Ainsi : 

iii-arrad {fvrad) « en compagnie, à coté de » : iiiarrad innafersae 
« à coté des vers » Ml. /io c 17. 

ar-beïaih « devant (les lèvres) » : arbclaib tempui<^V^ « devant le 
temple » Ml. 48 d 8. 

ar ou tar ccnn « sur la tête » d'où « pour, devant » : lar-ar-ccn-ni ^\. 
« pro nobis » Ml. 26 d i5; ar-ar-ciun-ni « pour nous » \^b. 26 a 33 
(cf. ar-chiunn gl. ante BCr. 3i b /|). 

nr cuit « pour (la part) » : ar chiiit siiiii « pour le son, à cause du 
son » Sg. 59 b 8 ; ar-chiiit cmnacljti « en ce qui concerne le pouvoir « 
Sg. 7 a 5 ; cf. AVb. 11 c 17, 12 a 26 ; Sg. 6 a 19, i84 b i, igB b [\. 

for cil lu « sur (le dos), à la suite de » : forciilu ind ideo « à la suite 
du [mot] ideo >^ Ml. 5o d i\ (cf. for-a-cidu « derrière eux » ML /13 d 27) ; 
iar d'il « après (le dos) » : iar-ci'iid catch « après chacun » \^ b. 3i c 10. 

/;/ degaid « à la suite, après » : in-degaid n-isn « à la suite de Jésus » 
Tur. 74 ; indegaid ùguttae « après les voyelles » Sg. 5 a 2. 

in dead « à la fin, après )> : iiiacc in-dead aaihar « le fils après son 
père » Sg. 77 a 9 (cf. inn-a-diad « à leur suite » Ml. 53 c \[\). 

dochiuii « vers » : docoid onessiniits dochiim poil « Onessimus vint 
vers Paul » Wb. 3i d 19 (cf. Ml. 5A d 3). 

do éis « à la trace, après » : di-a œs « après lui » Ml. 07 d 3, di-an- 
œs « après eux » Ml. 53 d i5; do-iii héis-se « après moi » \M). 29 d 9 
(cf. di-éis gl. rétro BCr. 3i b 5). 

tar éssi « par la trace, à la place » : olcc tar-ési n-uilcc « le mal pour 
le mal » Wb. 5 d 28 ; dar-a-hêsi (c à sa place » Wb. 9 b 8; cf. tar-ivsi 
gl. pro Ml. 5o c 2, 10 (64 d 8, 36 c 23). 

/;-/ lorg « sur les traces, à la suite de, derrière » : frim lorg « derrière 
moi » II v. VI 2. 



1 38 MORPHOLOGIE 

c// ;-/////.; (( de grâce, par la grâce, i^our » : aris-Jirâith âcc dohcir digail 
fort « car c'est pour Dieu qu'il t'inflige une punition » \\ h. 6 a i/j. 

/ tianiiomcht « à la suite » : air-is gnàth lassar In-tianiioracht diad 
« car la llanune est lial^iluelle après la fumée » Ml. /|0 c i . 

§ aOr. Ln certain nombre d'adjectifs se font suivre d'un régime au 
génitif. Ce sont par exemple : 

cumachtach « puissant » : nidaii-cbiiniaduig fonii risse « nous n'avons 
pas pouvoir sur voire foi » W h. i4 c 4i. 

erlani « prêt » : ani-irlam hrble iiicirlrc « je suis prêt à aller au mar- 
tyre » \Vb. i3 c 8 (cf. § 128). 

gréssaclj « constant » : grcssich foigde iinproiiii « constants à mendier 
le diner » AVb. 3i b 23. 

soir « libre » : hc-sôir iiio brclbrc « que je soie libre de ma parole » 
Wb. /i c 18. 

hialang « capable » : Uialâiig a-ncria « capable de les exborter » 
\A b. 3i b 11. Le mot innJaiig se construit aussi avec l'accusatif de 
relation (5^ 268). 

Remarque. — Après certains adjectifs, le génitif n'a guère cjue la valeur 
d'un cas de relation : 

rcd £rsoilcîhe beoil « manifeste en ce qui concerne (par rapport à) l'ouver- 
ture de la bouche » Sg. i/j a iG. 

hore dtn-c'ssamin-se précepte « parce que je suis sans crainte en ce qui con- 
cerne renseignement (parce que je n'ai pas crainte d'enseigner) » Wb. 20 b 7. 

§ 262. Le génitif s'emploie pour marquer la possession en qualité de 
prédicat. 

Exemples : is in-choiinded iiit huile talani « la terre entière appartient 
au seigneur » (m. à m. « est du seigneur ») Ml. 45 d 8. 

it dm lanaisi « ils sont de la seconde déclinaison » '^^. 107 a 2. 

Par un usage dérivé de cet emploi, on trouve certains substantifs au 
génitif ayant exactement après le verbe substantif la valeur d'un adjectif 
prédicat : 

itJ}é sidi et-inhéso « ce sont ces cboses cpii sont babituelles » (m. à 
m. (( de la coutume ») Ml. 27 a q (cf. Stracban RC XVUI 21 G) ; nitat 
-torhi « ils ne sont pas profitables » (m. à m. « de profit ») W b. 1 1 b 17^ 
(nom. torbe « profit »), cf. Stracban Eriii \ii,is méile Jiiiiiii « il est 
d'importance pour moi » (\\ b. 29 d 8) ; ni-rii-batt réc « qu'elles ne 



EMITOI DES CAS l''>9 

soient pas (en parlant de maladies) longues » (m. à m. « de temps » 
rce gcn. de rê « espace de temps », § i84 Ixem. 11) Inc. Sg. 7J}es. 
11249. 

Le mot éola « savant, instruit », fréquent dans Wb. (i a /i, 3 c /|, [\ h i, 
6 b 25, etc.) et qui se construit même avec le génitif (Wb. 3o c 17), parait 
ne pas être un adjectif, mais simplement le génitif d'un mot col « science » 
attesté en moyen-irlandais (Straclian Êriii I 1 1) ; le collectif 0/5 éiila « savants » 
Wb. 3 c 4 ne signifierait donc pas « peuple instruit », mais « peuple de 
science » (après 0/5^ dans des locutions de ce genre, le génilif est Iréquent : 
ais scchmaill « peuple de passer, passants » Ml. 102 a i5, etc. ; toutefois /«/2- 
àis décd « les paresseux, le peuple paresseux » Wb. 25 c 19 et cf. 10 c 1 1 , 
12 d 26, 12 d 3i , etc.). 

§ 203. Enfin, il faut noter Fexistence du génilif de prix dans la locu- 
tion is heicc liin « est de peu de valeur pour moi » (\N b. 8 d 2 1 , 2 1 c 1 2) 
où le mot bcicc génitif de Fadjectil bccc « petit » a exactement la valeur 
du latin paruî. 

§ 264- Accusalif. — L'accusatif est proprement le cas régime di- 
rect. 

conboing a-cbnâiiii «■ il brise ses os » AVb. 4 d i5 ; loddiusgal giilh n- 
intiii « ils éveillent la voix en eux » Sg. 7 a 10 ; adciaiiini na-n'iiui 
diadi « nous voyons les divins mystères » y\h. 12 c 11. 

Certains verbes de mouvement, notamment tiagu « je vais », do- 
iccim « je viens » et ro-icci)ii « j'atteins » ont- leur régime à Taccusatif 
sans préposition. 

Ainsi: tiagmi-iii bas « nous allons à la mort » A^ b. i5 b 28 (cl. 1 1 d 
12, 23 c 3i); diintcdmnini dudaânaic iunariga « à la maladie qui vint 
sur eux, les rois» ^11. i23 c 3 (cf. pour ro-iccini, go d 20). 

Toutefois la construction ordinaire des verbes de mouvement est avec 
une préposition (co, in-, for, etc.). 

55 2 05. On rencontre même un régime direct à l'accusatif après des 
locutions verbales qui renferment déjà un accusatif; ainsi après arbmr 
biuih « je consomme, je fais usage «, armuiniur féid «je révère, je rends 
hommage » friscnirini ccill « j'honore, je rends un culte ». 

Ex.: ni arbarat biulh inna-tâari « ils ne consomment pas les aliments 
(ace. pi.) » V\h. 10 c I ; cf. 10 c ; aralmninfersa féid « je te révére- 
rai » Ml. 03 a 3 (mais dobiiir airniitin feid «je donne révérence » se 
construit avec le datif précédé de Jc^ Wb. 11 c i'a); frilcitrclhar cIkiII 



1 4o MORPHOLOGIE 

« qui l'honore » Ml. 4i (1 i6 ; cf. à l'infinitif //rr//;' ccil dœ « le fait 
d'honorer Dieu » Ml. 22 a ^ (§ 4 78). 

Toutefois, ricchn less « j'ai besoin » se fait suivre du génitif (cf. 
§647). 

Remarque. — Le verbe impersonnel tclla « il y a place pour, il est 
possible » veut à l'accusatif le mot qui est logiquement le sujet : nitcljea 
coîliid doclidch and « personne ne pourra dormir là », m. à m. « il n'y aura 
pas place de sommeil pour chacun là » (cotliid à l'accusatif) AVb. 26 b 18 ; 
nithelfea doib « ils ne pourront pas cela » m. à m. « il n'y aura pas place de 
cela pour eux » (le pronom régime est infixé) Wb. 26 c 2 (cf. Wb. 5 c i3, 
26 a 2.3, Ml. 3o c 17). I^ostérieurement, le verbe^^sous la forme /cî/Zd/m admet 
la construction personnelle et transitive (cf Stracban R. Celt. XXI 176). 

§ 266. Il faut mentionner ici l'emploi assez fréquent àe\di figure éty- 
mologique, qui consiste à donner au verbe comme complément direct à 
l'accusatif un mot tiré de la même racine ; cf. en grec ;xx/'/;v [xr/ô-jOa-., 
7i:iXs[;.ov -cAsy.îTv, 7:o;ji'Kr(V7:f;j.7ieiv, etc., en latin pugnam pugnare, uicto- 
riam uincere. 

Cf. Zimmer KZ XXX 5o. 

Ex. : imràdat imràti « ils réfléchissent des réflexions » Wb. i d 7 
(cf 3 b 23, 4 a 9, 7 a 7, 8 c 3, 12 b 10, \f\ c /i3, 19 a 4, 19 a (i, 20 
d 20, 3i a i); diindcrdjoiliiid asrocboilsciii « à la détermination que nous 
avons déterminée » Ml. 22 c 3 (cf 29 b S, 00 a 4, 42 b 27, 44 b i, 
62, 64 c 22, 63 b 9, 88 a 17, 89 a 6, 102 a i5, 129 d 6, i3o a 
i3 etc.); cf Sg. 27 a 2, i84b 3;Hy. V 2, VI 3; Miss. (ïhes. II 262 
65 a 8, 9, i3, i4, etc. 

L'emploi de la figure étymologique n'empêche pas le verbe d'avoir 
un autre régime direct : iarsint soirnd sin rondsôcr m. à m. « après cette 
délivrance qu'il le délivra » Ml. 52; ingrn'nn atarograinn saul m. à m. 
« la persécution que Saul les persécutait » Mf 3o b 2 ; //; inesad niesas 
insacart incailech « l'examen que le prêtre examine le calice » Miss. 65 
a 10 (Thés. II 253). 

§ 267. C'est par une extension de la figure étymologique que M Pe- 
dersen explique avec raison la présence du pronom infixe de la 3'' per- 
sonne neutre dans certains verbes, alors que ce pronom ne représente 
aucun substantif exprimé (KZ XXXV 4i5). 

Ainsi : imia pcrsinc dodiccfa « de la personne qui viendra cela» (c'est- 



EMPLOI DES CAS I /| I 

à (lire « relie venue ») A\l). 29 c .^ (cf. 5 c 5 ; Ml. U) h 1 1); niùa 
l'iaitJjcd doiulriga « ce ne sera pas seul (m. à m. unité) qu'il arrivera 
cela » (celle arrivée) Wh. ^5 a 3S ; dachoiar coirp « les corps sont venus 
cela » (cette venue) Ml. 38 b -à (cf. Sg. i'6-j b 5, dividccmaii'ig). 

Dans de nombreux cas, la présence du pronom infixé de la 3" per- 
sonne neutre est à peu près impossible à justifier. On la notera dans 
les verbes aridchrin et aibail « il meurt » m. à m. « il le meurt » 
(Pedersen KZ XXXV /|o6 et 407 ; toutefois intan aracrinat Ml. 78 c 
a, dineuch adbaill \Vb. 16b 11 n'ont pas de pronom infixe). C'est en 
français l'emporter sur, la bailler belle, la donner bonne. 

§ 2G8. L'accusatif sert aussi à marquer la relation, notamment après 
les adjectifs : 

énirt hiress « faible de foi » ^^ b. b 9 ; cnirt nienine « faible d'es- 
prit » ^^ b. 10 c I ; siiiu dis « plus vieux d'âge » Wb. 34 a 5. 

On peut ratlaclier à cet usage l'emploi de l'accusatif après tualang 
« capable » dans : bd tualang cdcli forcital alaili « que chacun soit capable 
d'instruire l'autre » A^ b. 6 d i3 (cf. i3 c i5); cf. § 3G1. 

Il marque aussi le temps (cf. § 65o) : in-fecht-so « cette fois » Wb. 
21 b i4 etc. (§iiO et cf. Pedersen Asp. 7G); in-iainsinv. ce temps-ci» 
Ml. 49 a 16. 

§ 269. Enfin, l'accusatif sert de régime à un certain nombre de 
prépositions qui sont : ainal, cen, co, ecbtar, eter, fri, iinm, la, sech, tar, 
tri, ar, jo, for, i ;/-. Les quatre dernières se construisent aussi avec le 
datif (§283). 

§ 270. Datif. — En principe le datif n'est jamais employé qu'après 
préposition. 

Toutefois on rencontre exceptionnellement certains datifs isolés dans 
des locutions adverbiales à valeur instrumentale, telles que in-chruth- 
sin « de cette façon » , cia-chruth « de quelle façon » , ind-inni-seo « de 
celte nature », cîa inni « de quelle nature », ind-echt-sa « cette fois » 
(§ 116), etc., des substantifs cruth « forme ». inné « nature », fecht 
(( fois » (cf. Sarauw J^"/. i38, Strachan Eriu.l 12); de même aithir- 
riueb « de nouveau » Ml. 46 b i, 60 a 9, i34 c 6, Tur. 80, etc. du 
substantif rt///;6'rrtr/; « répétition » iNIl. i33 d 2. 

En dehors de ces cas fort rares, le datif ne se présente isolément que 
dans la formation des adverbes tirés d'adjectifs (§ 24o). 



I 4 y MORPIIOLOGIi: 

Les prépositions qui se construisent avec le datif sont : a, co n-, âî, 
do, fiad, iar n-, is, ô, oc, os, re n-, ar,fo, for, in-. Les quatre der- 
nières se construisent aussi avec l'accusatif (§ 288). 

§ 271. Liste des prépositions avec F indication de leurs principaux em- 
plois. 

A. Prépositions se construisant avec le datif seul. 

a « de » : mbertatar... a-tir taimijeri « qu'ils emportèrent delà terre 
de promesse » Tur. i3o ; arhcrr cialJ... a-infinit « le sens est tiré de 
l'infinitif » Sg. 190 a 3 ;bosnnt dndecbuirrniar a agipt « depuis que nous 
vînmes de l'Egypte » Ml. m b k; firmac aicnid ni a-uccu « un vrai fils 
de nature, non d'adoption (de choix) » V\h. 32 b 6; indniat acJjos 
a-findchoria «le fait de laver ses pictls d'un baquet» Ml. 12G c iG 
(= avec Fcau d'un baquet). 

La préposition a a la forme as (ass) lorsque l'élément qui la suit 
dans le groupe verbal est inaccentué (§ 096) : nidechuid ambiad as-ani- 
helaib « leur nourriture ne sortit pas de leurs lèvres » Ml. 98 b 8; arna 
dich càch ass-a-dligud « pour que personne n'aille hors de son devoir » 
AVb. 9 d 2^ ;bore nopridcbiin se as-nio-cbninirigib « parce que je prêche 
hors de mes liens » \\b. 23 b 11. 

co (fii) n- « avec » : dofd crist con-a-soscelu « Christ est là avec 
son évangile » \^b. 4 d 29; massa eut séitcbi rocretis... manid co-scitcbi 

rocretis « c'est avec ton épouse que tu as cru..., si ce n'est pas avec 

une épouse que tu as cru » A\b. 10 a 29-80. 

§ 272. di « de )) : di-ninlluch int slebe « du sommet de la montagne » 
Ml. 58 c 4 ;/('/■ dinaib- jcraib bi sin « un homme de ces hommes ci » 
Wb. 12 d /io ; tob di-bnnui «une trompette de bronze » Ml. 2 b lO; 
di-cacb-leitb « de chaque coté » AYb. 17 b 19; làn di uisciu « plein 
d'eau » (Lie. Sg., ïhcs. II 2/19); is diin asrobrad andedeso « c'est de 
nous qu'ont été dites ces deux choses» YNb. 10 d 8. 

C'est la préposition dî qui sert à exprimer le partitif : fii di-niaitb 
« quelque chose de bon » M h. 28 d 3i ; dorât inôr di-maid duûn « il 
a fait grandement de bien à nous » A\b. 4 b 10; cid beci'i di-iilc 
« même un peu de mal » Ml. 46 a i ; tinnagat ni assanucbt di inainib 
« qui donnent quelques trésors de leur sein » Ml. 98 a 20 (m. à m. 
quelque chose de trésors). 

Le verbe argarini « je défends » se construit avec di suivi du nom 



lEMin.OI DKS CAS T 4'^ 

tic la personne : ar-ni-argart recht iliiiin « car la loi ne nous défendit 
pas » W 1). Bi c 25 (cf. 2/1 d 2/1 et Ml. 53 d 9). 

Sur la confusion de lU cl de Jo, v. i^ 27 V 

§ 273. Jo (ilu) « à » sert d'abord à rendre la valeur du dalif latin : 
ni-taibrem seirc donaib rétaih frccudaircib « nous ne donnons pas d'amour 
aux objets présents » Wb. i5 c 9 ; iniiahî noguidim daitsiu « les cbo- 
ses que je te demande » Ml. 21 b S (mais le \erhe guidini se construit 
aussi avec Faccus. de la personne : rohvnur nundatges « j'ose te prier » 
Ml. 21 b 5, cf. §655); is dncbrist as-imniaircide insalmso « c'est au 
Cbrist que ce psaume est approprié » ^11. 16 a 7; ni-coir do-ncuch ro- 
sacht « l'hésitaiion n'est convenable à personne (il n'y a lieu pour per- 
sonne d'hésiter)» Ml. 18 d 20; ianaic doib « qui vint à eux » Ml. 35 
d I (pour d'autres constructions des verbes de mouvement, v. § 26/i 
et cf. ni-n-ianic « il n'est pas venu à nous » ^11. 37 a i5) ; do~hic infi- 
nité « au lieu des infinitifs » Sg. i5^i b i ; cid do uâir « même à 
l'heure » V\h. 16 b 5 ; cosmuil di'iib-si andedeso « ces deux choses sont 
semblables à vous » Wb. 12 d i (cosuutil se construit plutôt avec /r/ 
§ 279); comaciis du bas « près de la mort » Ml. /îo b 9 (cf. 21 d i) ; 
iarnatahairt hofilisnib do-inrusalcni « après qu'elle (l'arche) eut été 
portée par les Philistins à Jérusalem » (m. à m. après son apport) Ml. 
2 b 10 ; ni do'Iegiind and docoadsa « ce n'est pas pour lire ici que je 
suis venu » AA b. icS d (3. 

La préposition Jo est souvent employée après un nom verbal (infui il if) 
devant le mot qui serait le sujet si la phrase était à un mode person- 
nel : iarna epert do dia « après que Dieu eut dit » (m. à m. après son 
dire à Dieu) Ml. 5i d i3 (ici il y a en outre anticipation du possessif, 
§ 617); cf. § 479- Le même idiotisme se rencontre avec le verbe co- 
pule, quand le sujet est un pronom et l'attribut un mot précédé d'une 
préposition : is-ônd-atJjir dô « il est du père » (m. à m. « est du père à 
lui )))AAb. 21 d /i ; cf. 18 d 6, où il s'agit d'une phrase nominale. 

Remarque. — Après le verbe d'existence, la préposition do forme un 
idiotisme, signiliant « en vouloir à » (Pedersen KZ XXX\ Sgi) : is-hed ro- 
m-hod doib « c'est pour cela qu'on leur en voulait » (propr. « qu'on était à 
eux »), Wb. 5 b 3i (cf. \\h. 19 a 9) ; is-hed dathar doin « c'est pour cela 
qu'on ni'en veut » ^^h. 21 c 9 (cf. \\h. 28 a 2/4, 28 d fi ; dathar ])Our 
n-îathar) ; ni nach-cin aile no-taid doin « il n'est aucune autre faute pour 



i i4^ MORPIIOLOGiÈ 

laquelle vous m'en voulez », c.-à-d. « ce n'est pas pour d'autres fautes que 
vous m'en voulez » AVb. 19 d 26 ; cf. ij G42 Rem. 

§ 274. La préposition do se présente sous la Ibrme di devant un élé- 
ment inaccentué (§ ByO) commençant par une voyelle : di-a-firianugud 
«à leur justification » Wb. 4 d 12 ; di-an-acconiolinr « auquel il est 
joint » Sg. 188 a i5. 

Dans ce cas, le préposition do se confondait avec la préposition di. 
Il est résulté de là qu'inversement la préposition di a été dès les plus 
anciens textes confondue avec la préposition do. Ainsi : foselgatar abra- 
thir aluni g soin do-fuil « ses frères enduisirent sa tunique de sang » 
Tur. 128 à côté de lase foruiUecla heôil inchalich di-mil « quand les 
lèvres de la coupe ont été enduites de miel » Wb. 7 d g (du \cvhc fosli- 
gini)\ immefolngar diind sil ferdu « qui est produit de la semence hu- 
maine » Ml. 44 a lo; ni do n-danin... arlis dinni « ce n'est pas du 
bœuf... mais c'est de nous » Wb. 10 d 8 ; et dans l'expression du 
partitif; ;// dû nie « quelque chose de mal » Ml. 24 a 19 ; ;// donaib 
adamraih sin « quelque chose de ces merveilles » Ml. 60 b (cf. 55 
d II). 

§ 275. fiiid « devant, en présence » (gl. « pro » Ml. 26 c iG et 
« ante » Ml. 92 d 3) : fiad rigaib Fél. Oeng. 27 janv. « devant des 
rois » ; fiad-ci}àch « devant chacun » Ml. 2/1 c 19 (cf. Wb. 2 a i, 3 a 7, 
18 d 8). 

iar n- « après, d'après » : iar-n-écaib sani « après la mort de Saul » 
Ml. 42 a 6 ; iar-forbu in-gninio « après la perfection de l'acte « Ml. i5 a 5 ; 
iar-sind-indnidiu araneutsa « d'après l'attente que j'attends )> Wb. 
23 b 27. 

is « au-dessous de » : Ijis bronnaii gl. infra uentriculum Sg. 46 a 8. 

ô (hô, hua, § 62) « par, de » : rorccht ho-nicthi 7 inmairi «■ il a été 
distendu par graisse et obésité » Ml. 20 a 23 ; aimi œrbarad son ho- 
briaihraib « car il n'aurait pas dit cela en paroles (par paroles) » Ml. 
3i b 20 ; darucellsat hua-setaib on « il ont acheté cela avec (par) des 
trésors » Ml. 126 d 7; anasberaid hô bcJib « ce que vous dites par les 
lèvres » Wb. 7 d 10 ; cotnessiusa huanichosaib « je le foule par mes pieds 
(aux pieds) » Ml. 126 c 17. 

§ 276. oc « à » s'emploie devant un substantif verbal (infinitif) au 
sens du gérondif latin : oc-coniahiad sosa'li «■ à accomplir (en accomplis- 



EMPLOI DF.S CAS |'|.) 

sanl) Tcvang-ile » ^M). 7 I) kj ; is bc in J'crso rof^ah ch(i)riiic oc-iecJ)l 'unhc- 
ihil « c'est ce vei-s que chanta Jérôme en allant à Bethléem » Ml. 187 h 7 ; 
ak/; rotcechladar oc-prcccpi « quiconque t'aura entendu prêcher » (m. à 
m. à prêcher) \\b. :>!8 d iC); (i/V foirblbc bile oc-bûithiiis « le peuple 
parfait qui est à baptiser » \\b. 9 a 11 ; alâ oc-o-scrîbunt beos « il est ù 
l'écrire encore « Sg. 2i3 b 4 (cf. § iGo) ; aril-niaibi siiJe oc-asiug « car 
ceux-ci sont bons à séduire » \\b. 3o c i3. 

Sur l'emploi de / n- dans le même sens, v. § 1^87. 

as (^l'ias) « au-dessus de » : isiiaib rcndaib Jivil bi'tas <^rciu « dans les 
astres qui sont au-dessus du soleil » BCr. 18 c /(. 

rc {ri) n- « avant, devant » : rc-forciniin « avant la fin » Sg. 1G9 a i ; 
rc-ni-cbiiiiiiriiig « avant ma captivité » ^\ b. 00 a 5; n'-IccbJncbaib «. dexanl 
les liquides » Sg. G a 8. 

§ ^77- B. Prépositions se construisant avec l'accusatif seul. 

aiiial « comme » : aiiiiil in-n-aliain n-âiib « comme le rasoir aiguisé » 
Ml. 72 b 8 (glose sicut rasorium acutum) ; cf. Ml. i44 c 5. 

cen « sans » : ccn-fodrûbii gl. sine deflexionum moris Ml. 22 a 6. 
Sur ccn-siiidib « sans ceux-ci » Ml. 20 d 3, v. îi; 538. 

La préposition cen s'emploie idiomatiquement pour introduire l'idée 
négative dans un fait exprimé par un infinitif: ba-troin foraib ccn-ticbtain 
à-tire fadesin « il fut pénible pour eux de ne pas aller dans leur propre 
pays » (m. à m lourd sur eux sans aller) Ml. 3/i d 12. 

§ 278. co « vers, jusqu'à, chez » : Juid cû port imbôi inri i( il vint à 
l'endroit où était le roi » Ml. 55 c i ; nâ-iéit (ms. ;?/-) co-fer n-aile 
« qu'elle n'aille pas vers un autre mari » \\b. g d 3i ; de même après 
les verbes docoid « il vint » (\N b. i4 c /40, i4 d 3o) ou tânic « id. » 
(\\b. 7 c 7), bien que le dernier se fasse suivre généralement de l'ac- 
cusatif sans préposition (§ 26/»); co-desctbug\. usque ad fèces Ml. 189 b 4; 
cf. ciicci « jusque-là, à un tel point » § 5i2 ; co-licblin n-aiicrist « jusqu'à 
la venue d'Antéchrist » \\h. 25 d i. 

Après le verbe substantif, la préposition rt) s'emploie idiomatiquement 
de la façon suivante : niad-L'o-lcebl di cofer l>ad bé afcr incclue « s'il faut 
qu'elle aille vers un mari, que ce soit son premier mari » (m. à m 
s'il est à aller pour elle à un mari...) \Vb. 9 d 32 ; isdeidbir mâidein 
disuidib niad cc-moidim etir « il est juste de se vanter d'eux, s'il faut 
absolument se vanter » (m. à m. s'il est jusqu'à se vanter) \\ b. 17 d 19. 

10 



l^Ù MORPHOLOGIE 

ccbiar « en dehors de » : crblar amiairhirt ni-hiiith pcclJjx a en dehors 
de la pratique des péchés » Tiir. io8. 

eter {etir) « entre » : eler corpii 7 aniuana « entre les corps et les 
âmes » Wb. j.i b i5. 

§ 279. /;-/ « envers, contre, en vue de, à Pégard de » : rohôi dchuid 
âo-philoniôin fri-suide « Philémon eut une dispute contre celui-ci » 
"V\b. 3i d 19; ol-inspiuil noih... fri-pont phelait « l'esprit saint dit à 
Ponce Pila te » Ml. 7/i d i3; hcÎDi acinn fri cloicl) « un coup de leur tête 
contre une pierre » Ml. 189 c 3; fri dibirciiid n as « en vue de jeter 
loin de lui » Ml. 99 d i ; iiisse fri hiriss « convenable à l'égard de la foi » 
Wb. 28 b 9. 

Cf. notamment la locution aJlcd fri ou allclbc fri « par rapport à, en 
ce qui concerne » (Wb. 2 c 3, 6 c 18, 8 b lO, Ml. 3o b 2, etc.). 

C'est la préposition fri que l'on emploie après les adjectifs qui expri- 
ment la ressemblance : nita-churnme-se friusom « je ne suis pas le même 
qu'eux » \\ b. 20 c 25 (toutefois après cumnic on emploie plus souvent, 
à l'imitation du tour latin idem al que, la conjonction ociis « et » suivie 
du nominatif, ex. Wb. 6 b 26, i4 a 3o, 18 a i3, 20 c (3); ammicosmili 
frisincethir « nous sommes semblables au bétail » Wb. i3 c 12; airis 
inunn folud techtas frisinhocht « car il possède la même substance que 
le pauvre » Ml. 61 a 8. 

Inversement, on emploie aussi la préposition fri après les mots qui 
expriment la différence :saiii fri .c. « dillérent de c « Sg. 6 b 7 ; dcchor 
fri praeiw)ii(i)iui aili « dilTérence des autres pronoms » Sg. 28 a i3. 

Par extension, se construisent avec la préposition fri les verbes qui 
signifient « s'accorder » et « se séparer » ; ainsi : adconilûfar sidi fri 
cach-iuisel « ils s'accordent avec chaque cas » Sg. 5i b i3(cf. 212 a (>); 
marudscarsid fri-tola « si vous vous êtes séparés des passions » Wb. 27 
a 3o (cf. 9 d 3i, i3 b 19, i3 c G, 3o a 18, etc.). 

^nv fri-stiidib « vers ceux-ci » Ml. 3i a 18, cf. § 538. 

§ 280. imm « autour de, au sujet de » : iii!iii-chre<^cb^lii « autour 
des plaies » Ml. i/j4 c 5; îniiiiiiibidbclbid « au sujet de la vie éter- 
nelle » Wb. i5 c i/|. Sur iiiisiiidib « autour de ceux-ci » BCr. 18 b 3, 
cf. i^ 538. 

la « chez, auprès de, aux yeux de, pour » : la-iudeii « chez les Juifs » 
(sans mouvement) V\b. 5 b 12; la-iiiiiiarbii « chez les morts » (avec 



fl.MPI.OT I>ES CAS l/Cy 

niouvcmcnl) Wb. 25 b •).•). ; uiauiplol lasinfcr « si le mari ne le veut pas » 
(m. à m. s'il n'y a pas volonlé cliez lo mari) Wb. 9 d lO; anas olcc 
la s in brathir « ce qui est mal aux yeux du frère » Wb. lo c iH. 

La préposition la est très fréquemment employée avec le verbe sub- 
stantif à la 3"' pers. pour indiquer le point de vue, l'opinion, la pensée 
de quelqu'un : is fer liumm « il est meilleur pour moi » (^je crois 
meilleur, je préfère) W b. 29 a 6, etc. ; is-beic Uni « est de peu de valeur 
pour moi » (= j'eslime peu) Wb. 8 d 21 ; dikin liiiini iiiso « ceci [est] le 
plus précieux pour moi » W b. 28 a 2cS, etc. Même avec le verbe d'exis- 
tence seul : iuda-liin ha brathir dam « je crois qu'il était mon frère » Ml. 
Carm. I, /| (cf. Ml. 96 a 6). 

Sur lasuidib, cf. § 538 ; Jase, lasse « alors », v. § 54 /i. 

La préposition la se présente sous la forme // lorsque l'élément qui 
la suit dans le groupe est inaccentué (cf. i^i; 59G et ss.) et commence 
par une voyelle : li-a-cljéle <.' chez son compagnon » \\ b. 7 a i3 ; li-alaile 
« chez un autre » Wb. 20 c i5 (cf. § 22G). 

ol (v. § 539) ne s'emploie que devant un démonstratif. 

§ 281. sech « au delà de, en dehors de, excepté, malgré » : scch 
innaimsir cricbnigtbi « au delà du temps fixé » Sg. 217 b i3; sech co- 
mairli dé « malgré la permission de Dieu » Wb. 29 d i . 

tar {dar) « au delà de, par, sur » : iar rccht n-aiciiid « au delà de la 
loi naturelle » Sg. 217 b i(); dar-liiiiue recto « parle commandement 
de la loi » A^ b. 3 c 3(3 ; tar-bruinnin ôgae « sur les seins d'une vierge » 
ML 144 c 7 ; dodechuid temcl tarsingréin « les ténèbres vinrent sur le 
soleil » Ml. iG c 5. 

triQre) « au moyen de, par » : is marh incorp trisnasenpectii « le corps 
est mort par l'efTet des vieux péchés » Wb. /i a 6 ; duucthar tri-a-rosc 
ani nolabraifitis « est fait comprendre au moyen de leur œil ce qu'ils 
pourraient dire » Ml. 55 a 10; tre-ailH gaiblljcr rcproinn « par la prière 
qui est chantée avant le repas » Wb. 28 c 21 ; trê-choiiiaisndis gl. per 
appositionern Sg. 159 a 1 (cf. Zimmer GGA 189G, p. 080). 

§ 282. Aux prépositions gouvernant l'accusatif, il faut joindre les 
locutions suivantes : 

corrici « jusqu'à ce que », proprement « jusqu'à ce qu'il atteigne » 
(du verbe roiccini « j'atteins ») : rosiacht corrici nem atrocairc «■ leur pitié 
a atteint jusqu'au ciel » Ml. 55 d 2 ; corrici-siii « jusqu'ici » Ml. 107 c 8 ; 



lliS MORPHOLOGIE 

conricî anchchur fcil ctfarni « jusqu'à la difTérence qu'il y a entre eux » 
Mh. 33 b 1 8. 

cenmitbâ (ccnniathâ) « hormis, excepté », proprement « sans que est » 
(de la locution ceniiia suivie du verbe -fâii, § 4o5) : ccumillm iudcu ÎNll. 
(iy b 12 « hormis les Juifs » ; cciuuitlià ctrad « hormis la fornication » 
A^b. 9 d 7 ; cenmalhà inicgdais « outre la maison » \\h. 33 a 4, etc. 

iarmithà « après », proprement « après que est » : iannitha deuâ 
« après la fm » gl. in posterum Ml. 58 c i6. 

C'est le nominatif qu'on attendrait après ces deux dernières locutions ; 
l'accusatif y est sans doute analogique des autres prépositions. 

Il y a aussi quelques exemples de hô-îbâ « à partir de » : praedicta ôtba 
stus « praedicta à partir de slii? » Sg. Go b 7 ; cf. Strachan Siibst. 5. 

î; 283. C. Prépositions se construisant avec le datif et l'accusatif. 

En principe, le datif exprime l'absence de mouvement, et l'accusatif 
s'emploie quand il y a mouvement. Mais dans l'usage cette distinction 
n'est pas toujours observée (cf. §§ 2o3 Rem. Il, 5 10 Rem. II et 538). 

ar « au-dessus de, sur, pour ». 

datif : aniaib grâdib neindib « au-dessus des ordres célestes » Wb 
21 a i3; ar-aiiiinnaimiii dilitis « au lieu de nom propre » Sg. 27 a i ; 
airnaib iiiigiiiiiiaib « pour les mauvaises actions » Ml. 27 c 16. 

accus. : is-ar-chcnn fochcda dodcchonimar « nous sommes venus par- 
dessus la tète de la tribulation (cf. § 260) » Wb. 25 a 12 ; ar-in inraih 
« pour la trahison » Ml. 72 b 1. 

Les deux emplois se confondent souvent : dorîgcni dia ar-maccaib israhcl 
et dorigeiii dia ar-maccu israhel « Dieu a fait [les miracles] pour les enfants 
d'Israël » W b. 11 a 2S-3o. 

La préposition ar sert à former un certain nombre de locutions dont 
le cas est le plus souvent impossible à déterminer : ar-lhaus « au com- 
mencement » Ml. i4 b 12 ; ar ôiiiini « par crainte » B Cr. 33 b i/j, etc. 

§ 28^. C'est la préposition ar que l'on emploie après les verbes qui 
signifient « compter pour » Çni airmiihi ami « il n'est pas à compter 
pour quelque chose » W b. 8 c i3, cf. \\ d 2, i5 d 12, etc. du verbe 
adriiiiiui « je compte »), « prier pour » (\\ b. fx d 20, 17 a 5, 27 c ig, 
27 d 7, etc.) ; au sens de « en faveur de », elle s'emploie après doluigiin 
« je pardonne » (doluigiin airibsi « je vous pardonne (quelque chose) » 
\\h. \^ d 25) et au sens de « en vue de, contre » devant des noms de 



EMl'LOl l)i;S CAS I ^19 

malheurs (inaladics) qu'il s'agit de prévenir : ainsiiiiii crisl ar cech n-ern- 
bàs « que Christ me protège contre toute mort par le 1er » Ily. YI i/j, 
ar-galar fiiail, ar-cbciingalar « contre le mal (la rétention) d'urine, le 
mal de tète » Inc. Sg. (Thés. II 2/i8). 

Enfin, au sens de « sur », elle s'emploie pour marquer la [)rivation, 
la séparation dans des exemples comme : teshimal hoill aîriii « des membres 
manquent sur eux (leur manquent) » Wh. 11 d 11; anrlilh arcbâch 
« vous dérobez sur chacun » (à chacun) A\ b. 9 c yo ; iiige't abullu circrist 
« enlèverai-je ses membres sur Christ » (à Christ) \M3. 9 d /i, etc. 

§ 285. /t; (///) « sous ». 

datif : fo uni m iitiia ciilcch « sous le joug des profanes » Ml. io4 d 2 ; 
fo-dciid « sub fine » \N b. 3 b 28, Sg. 9 b 21 ; foe:i (= fo-oeiï) aiccinnd 
(( sous le même accent » Sg. 7/1 b 8 ; fo-a-chossaib « sous ses pieds » \\ b. 
82 c i3 ; dcscad fo-hairgi)i « du levain sous (dans) le pain » AA b. 9 b i3. 

accusatif : tccb! fu-iiiâin n-asar « aller... sous le joug des Assyriens » 
Ml. 72 b 3; intain diagmnni fo-hailhis « quand nous allons sous le (au) 
baptême » Wb. 3 a iG; fret fo-sinacbln ircblo « aller sous les préceptes 
de la loi » \\h. 19 d 11 ; duciiaid induchal cruche crist fim doniun « la 
gloire de la croix du Christ est allée sous le (à travers le) monde » 
Ml. 65 c 9. 

§ 286. for (far) « sur, d'après ». 

datif: cen-cbaille far-a ciunii « sans voile sur sa tête » AMi. 11 cg ; 
dilus bis forsnciib caircib « d'une plante qui est sur les rochers » ïur. 
ii5 ; ni-bia uicsritgud forsiiidigail « il n'y aura pas modération dans la 
vengeance » Wb. i d 2 ; a-cunnublc for-a-inogaib « leur pouvoir sur leurs 
esclaves » Wb. 27 c lO ; far-ccliin diiill « d'après la première déclinai- 
son » Sg. 90 b 1. 

accusatif : nipsd Iroiii far-nccb « je n'ai été à charge à personne » (je 
n'ai été lourd sur personne) \\ b. 17 c 2 ; beini faris insofarsiia-dligclba 
renieperibi « c'est une ex[)licalion sur les lois indiquées avant » Wb. 
i3 a 29; isgnalJ) bisalniaib aitljcrrccJj farsnasiinii cclnai « est habituelle 
dans les psaumes répétition sur les mêmes mots » Ml. i33d 2. 

Après les verbes de mouvement, la préposition far se place devant 
les mots qui marquent l'objet, la cause ou la nature du mouvement : 
dncJjoid... far longais « qui alla en exil » Ml. 7/1312 (cf. 55 c i avec 
laid « il vint ») ; tiagat for-lcicbcd « ils vont en fuite » M\. 54 b 12 



l50 MORPHOLOGIE 

(cf. 63 c ifi et 19); nl-far-ciiûirt parchc docoid « ce n'est pas en tournée 
paroissiale qu'il vint » \Vb. 21 a 12 ; magcn hitait for aisndis « endroit 
où il vient en explication » Ml. 2-'i cl 00 (cf. doléit for \sh. 2 a 3), etc. 

Les verbes qui signilient « je me venge » se construisent avec le nom 
de la personne à l'accusatif précédé àc for : intain donibéra digail for- 
pecthacha « quand il tirera vengeance des pécheurs » AAb. 25 d 19 (cf. 
h c 21, 28 a 3, 32 c 4, 33 b 8, Ml. i33 b 9, i38 a 6) ; nomdichimse 
for-m-naimtca « je me venge de mes ennemis » Ml. 38 c 21. Au lieu 
de forrii (Wb. 28 a 3), on a aussi la forme foraih (Ml. /i2a/4, 72011; 
72 d 18 et 7/i c 20, \\ b. 4 c 35) et for siidib (Ml. ici d 6) après 
dobiur digail ; il faut sans doute rapprocher ces formes de ccu-siiidib 
(§ 538), etc. On trouve d'ailleurs dans Ml. 74 c 20 le datif forsiiaib 
cotarsnaib alors qu'on attendrait l'accusatif; cf. § 283. 

Enfin, on notera l'idiotisme suivant, où la préposition for joue un 
rôle important : ho-ruiimith for-a nainilca rcinib « quand leurs ennemis 
eurent été mis en déroute devant eux » Ml. 5i c 9 (le verbe inaidiiii « je 
brise » est impersonnel dans cette locution). 

§ 287. / //- (/;/_, § 28) « dans, en ». 

datif: i-cacb-lucc « en tout lieu » Vs\). 2^0 i5; iin-biutb ailiii (.^ dans 
l'autre monde» Ml. i35 d i ; cretcm bcs In-far cridiii « la foi qui est 
dans votre cœur » Wh. 7 d 10; In-bar cuuiung « en votre pouvoir » 
AA b. 5 d 32 ; ni-bi-soin ilJcsliir fcrce « il n'est pas dans le vase de co- 
lère » Wb. 22 b 4- 

accusait : iseuscpl) ditcboid in cgipt « c'est Joseph qui vint en Egypte » 
Ml. 84 c 9 (cf. ()6 c i(), 124 c 26); condechuidsom isna adradii bisin 
« de sorte qu'il vint à ces adorations» Ml. 65 d 12 ; tintiiiitb iin-bélre 
n-aill « traduction dans une autre langue » A^ b. i3 a 1 ; dorôigu dia 
iin-niaccii do « que Dieu a choisis en hls (comme fds) pour lui » Wb. 
4 b 3i. 

La distinction n'est pas observée dans: in-niiilu gl. in nubibus AAb. 
25 b 23. 

La préposition i n- s'emploie parfois dans le sens de la préposition 
oc (§ 276) devant un infinitif : i-tarcud indoc balx « à procurer (en 
procurant) la gloire » AA b. 2 3c 29 (cf. oc-iàirciid raitb « en procurant 
la grâce » AAb. i4 c'42). 



CHAPITUE QUATRIEME 
FORMATION DES NOMS 

I. — De la dérivation. 



§ 288. Les suftixcs qui étaient capables de produire des mots nou- 
veaux et qui conservaient pour le sujet parlant une valeur significative 
sont les suivants. 

A. Suffixes servant à for hier des no)iis d'agent. 

Ces suffixes sont au nombre de quatre ; deux sont proprement ir- 
landais -id et -cm ; les deux autres sont d'origine latine -oir Ç-air) et 
-aire. 

§ 289. Le suffixe -id forme des noms masculins généralement tirés 
d'infinitifs ou de substantifs. Ils se fléchissent suivant la troisième 
déclinaison (type silil^ § 192). 



cctaî « chant ». 
citnb « tribut », 
coitJtthecht « société », 
côis K cause », 
di^al « vengeance «, 
ech « cheval «, 
fortaclit « secours », 
lilir « lettre », 
legend « fait de lire », 
orgtin ce meurtre », 
peccad « péché », 
serc « amour », 
scribend « fait d'écrire », 
tûruiachl « accroissement », 



-cétl-aid « chanteur » Sg. 12 b 4- 
cimb-id « tributaire, captif » \\h. 27 c 22. 
coimthecht-id « compagnon » Sg. 66 a i3. 
côis-id « causatif » Sg. 77 a 3. 
digl-aid « vengeur » Ml. 27 a 12. 
ôinecli-aid gl. copies ([jlov; 7:7:0;) Sg. 5o b 2. 
fortacht-id « auxiliaire » Sg. 8 b 3. 
litr-id « lettré » (Sg. 28 a 18). 
leign-id « lecteur » Sait. 43go. 
oircn-id « meurtrier » Sg. 12 b 6. 
peclh-aid « pécheur » Wb. 39 a 23. 
serc-id « amant » Sg. 188 b l\. 
scribn-id «écrivain» Fél. Oeng. 8 juillet. 
tônitachtaid « auctor » Sg. 65 a 17. 



102 



MORPHOLOGIE 



Parfois, le nom d'agent est tiré du thème verbal lui-même : 

doâircim «je prépare, produis », Crcr/j/j-/i//T-/(f «législateur» (Sg. 4d a 3). 

èiisim «j'écoute », éits-id « auditeur » (AA b. 3o d g). 

doiccim « je vais », (unie)- thic-id « néophyte » Wb. 28 b 29. 



OU du thème du prétérit passif (§ 3'|3) 



gess- de giiidiin « je prie », 
fess- de rojctar « je sais », 



gess-id « precalor » Ml. -/i d i. 
fiss-id « savant » Wb. 26 d aS. 



§ 290. Le sufTixe apparaît aussi sous la forme -thid ; après un thème 
nominal : 



airec « trouvauh^ », 
allrain « nourriture », 
attrch « habitation », 
fognam « service », 
finbiiain « vendange », 
raiingabdl « participation », 

sechem « fait de suivrt; », 
tudrach « séduction », 

et après un thème verbal : 

arUciin « je jirète », 
herraiiii « je tonds », 
crènim « j'achète », 
doJegini «je détruis », 
ash'nhn « je viole », 
ashiiir « je dis », 
fledaigim « ji' banrpiette », 
forcongur « j'ordonne », 
Jrithsenim « je résiste », 
gnîu « je fais », 
iiigrennim « je poursuis », 
linaiin « j'eni[)lis », 
viûnini « j'enseigne », 
sulhairigim « je suis élo([uent », 
dogarlm « j'appelle », 
dofnisiiiiin « je crée », 



airc-lbid « inventeiu' » l'él. p. 2. 
aiUrim-lhid gl. ferax Ml. 84 b 2. 
aillreh-lliid « habitant » (Sg. 20/I a i). 
fognam-thid « serviteur » (Wb. 8 c i5). 
finhon-did « vendangeur» Philarg. i ^ a 90. 
ranngahâl-tailh (§97) «participe» Sg. 

09 a 3. 
scchlm-thid «sectateur » (Ml. 3i a 10). 
tiidrach-taid « séducteur » Sç. 68 b n. 



aiilic-thid gl. fenerator Ml. 127 a 16, 
berr-thaid « tondeur » Sg. 5^ b 11. 
cri-thid « acheteur » Sg. 60 b g. 
dikg-thith « destructeur » BGr. 43 b 2. 
élni-tbid « violateur » Sg. 69 a 12. 
ejvr-lhitb » parleur » PCr. 5i a 4- 
Jicdaich-ihith « banqueteur » Sg. aa a 6. 
forngar-thaid « impératif » Sg. i47 b 6. 
fresn-did « adversaire » Wh. 9 b 8. 
giic-thid « opérateur » Wb. 3o b 9. 
i]igrcn-tid {^f]"]) «persécuteur»\A b. i8ti 4- 
îi'n-tid « cmplisseur » (Sg. 186 b 2). 
mûn-tith « professeur » Wb. i d 11. 
sulbairig-thid « orateur » Ml. 73 d 9, 
togar-tliaith « vocatif » Sg. 7G a 2. 
tuis-lidi^ 98) « créateur » (Wb. 28 d 2 i). 



§ 291. Le suffixe -cm (thème en -;/, § 196) apparaît dans un certain 
nombre de noms d'agent dérivés de substantifs: 



FOintATION DF.S NOMS I ;)3 

hrith-em « jugo « Wb. G 1) 25 (ihi hrclh « jugement «, J; (57). 
cair-cm « cordoiuiicr » Sg. ifiO I) f) (di? *arn-É; « chaussure »). 
dal-eiii « caharolicr « Sg. 03 a 2 (de ddl « réunion »). 
dùl-ctn « cn'aU'ur » \A'b. i h 22 (de i«/ « clément »). 
féch-ein « débiteur » \A'I). 82 a 21 (Ac fiach « dette » § (S!\). 
flaiih-etii « maîtnî » Ml. 90 a 9 (Ao fiaith « id. )>). 
mraith-vin u traître » Wb. 82 d i5 (de iiiratb « Irabison »). 
orb-em « héritier » (^^'b. 2 c l'i, !^ i!\h, de o/fe « héritage »). 

Ce suffixe est rcslc peu productif. 

§ 292. Le sufllxo -ôir, qui présente aussi la l'orme -(//>, se rencontre 
surtout clans des mots empruntés de noms latins en -âris on -ârius ; mais 
de là il a passé à quelques mots indip:ènes. La flexion se fait suivant la 
troisième déclinaison (type si'iil, ^ iQ'-O- 

caindlôir « candclârius » V\h. 2^1 h 82. 
laitnôir « latinârius » (Sg. !\ a 2). 
hinâir « luncâris » BCr. 87 ci. 
riaglôir « rC'gidâris » (BCr. 82 a 8). 

foichlôir c( curateur » (Wb. 19 d i, defoœliin « je prend soin »). 
luhgartôir » jardinier » Sg. 92 b i (de lubgorl « jardin potager »). 

Des mots euqiruntés de noms latins en -lor ont la (orme -lôir. 

dictalôir « dictator » Sg. 5/1 b 10. 
preceptoir « pra3ceptor » (Ml. 38 c 9 a). 
senatôir « senâtor » Sg. 5,'| b 9. 

§ 2g3. Le suffixe -^///ï' n'est qu'un dérivé du précédent (au mo>en du 
suffixe -g, § 190) et se présente surtout, comme lui, dans des mots em- 
pruntés du latin; mais il a passé aussi à nombre de mots indigènes 

b. lat. notarius, notaire V\\). 27 d i(i (iiotire). 
h. lat. scrinarius, scriiiire \S\>. 7 c 9. 
lat. tahellâriTis. lablaire Sg. 85 a 8. 

mais aussi : 

ech « clieval », ech-airc « écuyer » Sg. 38 b 3. 

recht « droit », rccht-aire « régissein- » Sg. i56 b i. 

rîiii K compte » riin-aii'c « compteur » BCr. 3 d. 

techt (( voyage )>, techt-airc « envoyé » Wb. 8 d 20 (tectliurt'). 

tôisccl) (( comnifuicemeiit », loiscrh-iiire « guide » Sg. 5o a 2G. 

§ 29/4. B. Suffixes servant à former des noms d'action. 
Ces suffixes sont au nombre de trois: -d, -endel -tiu. 



i54 



MORPHOLOGIE 



Le suffixe -d, de beaucoup le plus important des trois, sert à former 
des noms masculins tirés de verbes et joue par suite un grand rôle dans 
la formation des infinitifs (§ ^yB). Il est caractérisé au nominatif par la 
dentale -d (ou //;, î^ /|i), précédée d'une voyelle qui est a pour les 
verbes de la pfcmièrc conjugaison, // pour les autres. Le génitif est en 
-to {-ta), et la flexion se fait d'après la troisième déclinaison (^ iQ"^)* 

Exemples : 

Infinitifs de la première conjugaison : 

adraim « j'adore », 
césaim « je soufTre », 
coinalnaUn « j'accomplis », 
dodonaim « je console "», 
crochaiiii « j<' crucifie », 
emnaitn « je redouble » , 
fîraim « je confirme », 
labriir « je parle », 
marbaim « je tue », 
vioJaiii! « je loue », 
nertaim «j'affirme », 
rèlaim « je révèle », 
scaraini (t je sépare », 
soiraiiii « je délivn; », 
iiéihaiin « je saiiclifie », 



adrad « adoration » Wb. 6 d 8. 
césad (c passion » Wb. 19 b s. 
comalnad « accomplissement» Wb. 3 d 1 1 . 
didiiad « consolation » Wb. i b i. 
crochad « crucifixion » Wb. 8 a 6. 
cinnad v redoublement » Ml. 76 d 2. 
ft'rad i< confirmation » Wh. 3o b 2. 
lahrad « langage » Wb. 12 c 29. 
iiiarhad « meurtre » Ail. 52. 
molad c( louange » Sg. Bg b li (iiiolalh). 
lier lad « affirmation » Wb. 7 b 12. 
rî'lad « révélation » Sg. 4 b 7. 
scarad « séparation » Wb. 3o a 18. 
soirad « délivrance » ]\11. 81 a 7. 



nôibad « sanctification » \\h. 25 b 2. 
§ 295. Infinitifs des autres conjugaisons: 



as-losiiiii « j(^ briMe », 
atluchnr « je remercie », 
demnigîm «j'affirme », 
dosïniiidini « je nie », 
fîrianaigim «j(^ justifie », 
fcdligilll « je ri'sle », 
Joihii^im « j'illuslr(^ », 
od-sallcim « j'ouvr(^ », 
imradhn « je médite », 
erladigur « j'o])éis », 
losciiii « je Ijrùlc », 
sôiiii « j(^ délourne », 
siiidigiiii « je pose », 

» 
dodiiisgim « j'éveilh; », 
*lo-od- scaigiin « je m'avance », 



elscud « ardeur » (Ml. 56 b 26). 
athigiid « remerciement » \\ b. 27 c 2. 
deimnigud « affirmation » Wb. 3o a 11. 
dilliul « négation » Wb. i3 b 18. 
fîriamigiid « justification » Wb. 3 d 25. 
feidligiid « fait de rester » Ail. i5 a 6. 
foilsigulh « illustration » Sg. 28 b 18. 
oshiciid « ouverture » Ml. /16 b 5. 
iinradud « méditation » Wb. 3 d i3. 
irladiigiul « obéissance » Wb. 3 b i5. 
Josciid « brûlure » Wb. 10 d 18. 
soiid « fait de détourner » Ml. li'j d 8. 
siiidigud « placement » Wb. i^ b 2. 
comsiiidigiid « composition» Sg. 201 b /(. 
todiiisgud « éveil » Wb. 2 5 b 17. 
lùsciigiid « succcssioii » Ml. 72 b 27. 



l'oltMATlO^ nFS ^OMS 100 

Los vorhescn -igiiii (-ii^Kr, ^ 878)0111 ainsi gcnéralcmcnt leur infini- 
tif en -igiid. E\co|ilionn('llcment, ils l'ont en -agad: cilrsaigini « je 
blâme », ci'irsagad W 1). 00 h :^(). 

Pour les infiiiilifs (L'ininins en -/(/, v. j; fx"]^)- 

§ a()6. Le suilixe -ciid csl un des moins produclifs ; il est sans doute 
d'origine latine et représente le suilixe de gérondif -end-; en tout cas, 
on le rencontre surtout dans des mots empruntés du latin, d'où il sem- 
ble avoir passé à quelques mots indigènes. 

lat. legô « je lis », legmd « action de lire » ^\b. 12 c 3. 

lat. scrlbô « j'écris », scribend « action d'écrire » Sg. 178 h 3. 

âo-lcglm « je détruis », dilgend «action de détruire » (Mi. 33 c 

i5, 53 d I, i3o d 11). 

§ 297. Le suilixe -tin sert à former des noms d'action féminins en 
-tin (gén. -//;/_, v. § 196 Rem. IV). Ainsi: 

de ar-foiiJiiii! (*ar-fo-eiiiiiii), airitiu « réception » Wb. 6 d 5 (aritiii). 

de ar-iiioini/ir, airmitm k aclion d'honorer » Ml. 22 a 4 

(eDiiiihi). 

de do-iiioiin'ur, toimtiti « opinion » ^^b. 33 a 22. 

defo-iiioiiiiiir, folmtiii « soupçon » Wb. 3i 1) nj. 

de fo-daiiniiii, foditiu « tolérance » Wb. i4 b 17. 

de do-esmim (*lo-ess-semîm), teistiu « fait de répandre » \A b. 2 b i. 

de do-fiiismim (*to-fo-ess-semini), tiiistiu a création » Wb. 28 b 17. 

Le suffixe se présente paifois sous la forme -tu: 

de do-iccùn « je viens », tich-ta « venue » ^^ b. 25 I) 28. 

de (lith-baliiii « je meurs », cpcl-tu « mort » Wb. i3 b 20. 

Du verbe adciu « je vois », dont la racine se terminait primitivement 
par une s (§ 95), l'infinitif est aicsiii; les autres composés de la même 
racine font à l'infinitif dcîcsin Wb. 26 a 29, d'où remdeicsiii Ml. 09 
a 18, frescsiu^Nh. k a 25, iiiiincaisiu Sg. 54 a 6, remcaisiu (Ml. 5o c 22), 
et on a peut-être le simple caisiu ACa\ 28 a i. 

§ 298. G. Suffixes servant à former des noms abstraits. 

Les suffixes qui servent à former des noms abstraits sont au nombre 
de quatre: -acht (-ccbt), -s (-as, -us), -e et -///. Les deux premiers 
s'ajoutent indifféremment à des substantifs ou à des adjectifs ; les deux 
derniers à des adjectifs seulement. 



i56 



MORPHOLOGIE 



Le sulTîxo -acht(-echt), forme des mots abstraits féminins. Il présente 
généralement la forme -ecbt lorsque le phonème précédent est de posi- 
tion antérieure. 



apstal (c apôlro », 

hrecctire « Irompeur », 

hrilhem « juge », 

dia « Dieu » (§ i88 Rem. III), 

dôinc « homme », 

file « poète », 

grccâe « grec », 

flaithem « maître », 

noiditi « enfant », 

oige « hôte », 

tectaire « amhassachuir », 

téisscch « cuiidiicteiir », 



apstal-achl « apostolat » ^^ 1). i3 h 5. 
brecair-echt « tromperie » ^^ 1». iT) h lo. 
hrithemn-act « justice » ^^ 1). ("i h 3o. 
dc-acht « divinité » Wh. i.'i c 'j. 
dôiit-ecbt, dôin-acht « humanité » \\h. 

i3 c lo et 2. 
filed-acht « poésie » Sg. 2i3 a lo. 
grecd-acht « hellénisme » PCr. 5/| a i. 
fhilhentn-acht «domination» Wb. 36 c 10. 
iiôidt'ii-acht « enfance » Wh. a'i du. 
ôiged-aclit « hospitalité » Wh. 2(3 h a^. 
tectair-echt « ambassade » Wh. 10 a 28. 
toissig-echt « conduite » INIl. 107 c 6. 



Des mots tels que hrilljciun-acht, jlathcinn-aclji, la langue a tiré un 
suffixe -('/////^/f/'/, {-aiiiiKh'ht^, qui apparaît dans: 



Inbdu « coupable », 
cuiiihliu « maître », 



hihd-aiiuiacht « culpabilité » (Wh. i d i5). 
coiiiid-eiiinacbt « puissance » (Ml. 17 b G). 



§ a()(). Le suffixe -s, dont la flexion se fait suivant la 3'' déclinaison 
(gén. so, ^sa), s'ajoute à des adjectifs ou à des sul)stantifs pour former 
des abstraits masculins. La sifflante linale est précédée d\m a ou d'un u. 



aire fgén. airech) « prince », 
coUchen « commun », 

cola « iiistiiiit )i, 
Jlailhcin (c maître », 
gilth « voyelh; », 
Idtiainain « couple », 
lond « irrité », 
muntar « famille », 
U'chL « aller », 



lat. adiiUer, 



airech-as « domination » Wb. i h 12. 
coitchoi-as « communauté » (Sg. 2o3 a 

i5, 1\I1. 37 a 19). 
eol-as « instruction » -MI. 97 d G (cidas). 
Jlailhciiin-as « domination » ^\ b. 20 c i3. 
g ut-as « uocalitas » Sg. /|o b 3 (giitass). 
Idtuinui-as « mariage » Wb. 10 a 18. 
loiid-as « irritation » Ml. 29 a i. 
niiintar-as « parenté » W b. iG a 3o. 
rein-lhecht-as « praecessio » Sg. 2i5 a i. 
taUiii-thcchl-as « transgression » Sg. 220 

a 9. 
adaltr-as « adidtèrc » Wb 3 c 12. 



FOliMATION DES NOMS 



i;)7 



1.1t. etyiiiologiii, 

la t. Icstis, 

aneola « ignorant )), 

hitid « sonore «, 

cotiiarhc n ln'riticr », 

cosuiail « S('nil)!al)!(! », 

Ciitnitiiiiia « C([ui valent », 
ècsauiail « iliUrrcnt », 
ècndairc « absent ». 
imlcrh " incertain », 
il! ri ce « digne », 
lai. iiidrâlis, 

§ 3oo. Le siifTixe -e s'ajoulc à de 
fournit des noms abstiails féminins 
sufiixes de ce genre. Ainsi: 

- acarh « acerhe », 
ainprom « méchant », 
âilgcu « doux », 
àlind « beau », 
hochl « pauvre », 
horh « sot », 
hodar « sourd », 
ch'in K initpic », 
cohsud « ferme », 
coiiiocus « voisin », 
ciinihir « bref », 
dian « rapide », 
dilis « propre » , 
diiiit « simple », 
dôir « esclave », 
doiscuir « vulgaire », 
ciiii't « faible », 
eninic « innocent », 
Jâilid « joyeux », 
feiichuir « rude », 
firian « juste », 
fudiuiiaiii <( jirofond », 
o/aH « pur », 
glicc « habile », 
«or « pieux », 



ctbeinlag-as « c'tymologie » Sg. 27 b i5. 
icsl-as « témoignage » Wb. i5 d 8. 
ancol-iis « ignorance » BCr. 87 d i. 
hiiid-ius « sonorité m Sg. 5 a 2. 
couiarh-us « héritage » Wb. 4 c <S, 9a i4. 
cosniil-ius « ressemblance » A\ b. 3 a \f\ 

(cosvmlius 3 a i5, § i/|i). 
ni/r«;/7W-î/^ (c équivalence » Wb. 17 b i^. 
ccsanil-tus « difl'érenco » W b. i3 b 20. 
cicudivc-iis « absence » \A b. K) d 29. 
iiidcib-iis « incertitude » Sg. GO b i[\. 
iitrncc-iis « dignité » A\ h. 29 a 22. 
iiioral-iis <( moralité » Ml. l'i d 9. 

S adjectifs de formations variées et 
(i; i84). C'est le plus employé des 



acarh-c « acerbité » Ml. 09 a ig. 
aiiiproin-c « méchanceté » Sg. !^2 b 4- 
dilgin-e « douceur » Ml. 89 c 10. 
âihl-c « beauté » Ml. Sa a 22 (!^ 128). 
hocht-e « jiauvreté » Ml. 6i a 9. 
hurh-e « sottise » Wb. 8 a 6. 
hiiidr-i' « surdité » Ml. 59 a 12. 
cloin-c « iniquité » (\\ 1). 26 a 21). 
cohsaid-c « fermeté » (_!< 79) Ml. 85 a f\. 
comoics-e « voisinage » (Wb. i4 b 25). 
ctimhr-e « brièveté » (BCr. 81 c 9). 
dcii-e (f rapidité » \^ b. 20 li 27. 
dils-e « propriété » S g. 28 a 3. 
diiiil-e « simplicité » ^^b. 17 a 2. 
dôir-e « esclavage » Wb. 12 d 27. 
doiscair-e « vulgarité » (Ml. 2 5 c 7). 
cnii't-e « faiblesse » (Wb. 4 a 27). 
enca-e « innocence » Ml. 24 a 19. 
fdilt-e « joie » \\ b. 5 d 24- 
faichra-e « rudesse » Mi. /12 b 2, 47 d i3. 
firinn-e « justice » Ml. 109 cl G. 
fiidumn-e « profondeur » Wb. 5 c 16. 
glain-e « pureté » Wb. 9 c 80. 
glicc-e « habileté » (Wb. 8 d i3). 
goir-e « piété » \\ b. 28 d 2/i. 



1 58 



MORPHOLOGIE 



/(//';;;/ « àprc «, 
Un « plein », 
Jcir « zélé », 
h'iimar « abondant », 
lond « violent », 
lohar « faible », 

lotir « suffisant », 
mass « beau », 
jiienic « abondant », 
viesc « ivre », 
nocht « nu », 
iiôib « saint », 
ôg « vierge », 
sc'iiii « mince », 
serb « amer », 
sôiiiiiii'ch « prospère », 
sùir a libre », 
soiih « abondant », 
to//«^ « clair », 
sotaî « violent », 
suthin « éternel », 
té « ardent », 
tiri)ii « sec », 
trehar « j>rudent », 
Irôcar « pitoyable », 
Uiachil « astucieux », 
(b)intial (t biuîdjle », 



laiiiu-c « à])reté » Ml. 82 c 7. 
/ii«-t' « plc'niliidf^ » ^^ 1). 2'y a 12. 
Jcr-e. (f zèle » A\]) 2/1 c 17. 
liinnair-e « abondance » Ml. 28 d 5. 
liiind-e « violence » (Wb. 29 b C). 
lohr-e « faiblesse » Wb. 18 a i (Jobrae 

Ml. 61 a !i). 
Jour-e « suffisanc(^ » Wb. i5 a i4. 
viass-e (f beauté » Wb. 28 c 25. 
vu'iiic-e « abondance » Wb. 17 c 2^. 
iiu'sc-e « ivresse » Wb. 3i c 3. 
vocht-e « nudité » (Wb. 16 a 8). 
iiâib-e « sainteté » INIl. 87 a 10. 
ôs^'-C « virginité » Wb. 10 a 18. 
snii-e « minceur » (Ml. 53 b 28). 
serb-e « amertume » Wb. 2 a 22. 
sôinmig-e « prospérité » (Ml. /^g a i). 
sôir-e « liberté » Wb. ït\ b 11. 
soirh-c « abondance » BYn. 7. 
soills-c « éclat » BCr. 33 d lo. 
sotl-e « violence » (Wb. 18 a 20). 
siilhin-f « éternité » Wb. i b i5. 
h't-c (C ardeur (amoureuse)» Wh. 20 b 17. 
tinii-c « sécberessc » Ml. i5 b i5. 
trebair-e « prudence » Wb. 3 d 3o. 
trocair-e « pitié » Wb. /î c i5. 
tuaiclû-c « astuce » (Wb. 8 d i3). 
(h)ii'n)il-e « Ali. 5/| a i. 



Remarque. — Pour la graphie -ae du suflixe -e, v. i; 80 cl i84- 
§ 3oi . Parfois, le suffixe -e se combine avec un autre suffixe ; ainsi on 
rencontre -ise dans séiuise « minceur » Ml. 22 d i (de séuii) ; -j/;/^ dans 
cocéilsim « société » Wb. 19 a 2 (de rt;7t' « compagnon »), failhsine 
« prophétie » Ml. 33 c 17 (defâilb « prophète »), mugsim « servitude » 
Ml. 123 b 2 (de îiiug) ; -ine dans caiiiiiic « amitié » (Sg. 28 a 9, de cara 
gén. mra/ « ami »), nàiini'nic « inimitié » Ml. 7g b 8 (de nama, gén. 
iiamal « ennemi », i^ ig^j); fie. 

i^ 3o2. Le suffixe -/// (gén. -lad, §195) sert à former des noms abs- 
traits masculins en s'ajoulant à divers adjectifs, mais surtout à des ad- 
jectifs en -^ (ou -de)^ pour lesquels la formation précédente n'était pas 
démise. Ainsi : 



tOUMATION DES NOMS 



T"'9. 



iiiarh « mort », 

(i(7i « Il M », 

bi'stc « moral », 
cotarsiie « opposé », 
ciiiiiise « cconorno », 
rfa/;e « aadaci(nix », 
domine « pauvre », 
eshe « iimtilo », 
flitichaide « Immidc », 
foirbthe « parfait », 
/W(? « pluriel », 
viâcne « brutal », 
raniide « partial » , 
torbe « profitable » 
treode « triple », 
uilide « universel », 
«rJ(î « vert », 



nehniarb-ln <t imiuorlalilé » ^^ ii. :'.()() ^</i. 
oen-lii « unité » (W b. 7 d -yj. 
hcsta-tu « moralité » (W'b. id d 7). 
cokirsiia-lu «opposition » (Si,', '^ij b 17). 
cobimc-lu « écon(jrni(! » \A b. :j() b i,'i. 
dâiia-in « audace » Sg. yo a 5. 
domme-tu « pauvreté » Cam. 38 a. 
esba-tu « inutilité» (Ml. i3o c 28). 
puchaida-tu « humidité » BCr. 18 c 2. 
foirbthc-tu « perfection» (\N'b. i/j c i/j). 
ilda-la « jJÎnralité » (Sg. ig8 b 3). 
viûcna-tu « brutalité » (Ml. 33 d i5). 
raiida-tii « partialité » Sg. 188 a 7. 
torba-tii « profit » (Sg. kjS a 3). 
trcoda-lii (t trinité » (\\h. 2G a 39). 
iiilide-lii « universalité » ^^ b. 27 b 8. 
ûrda-tu « verdeur » Ml. ifi b 17. 



Le suflixe est parfois employé comme s'il était -(7/// on -ctii, ainsi 



crùaid « dur », 
i/û5flZ « haut », 



crùd-ahi « dureté » (^^ b. 3[ b 21). 
vasl-ehi « hauteur» Sg. iG a 11. 



§ 3o3. D. Suffixes servant à former des ad jecl ifs. 

Deux suffixes sont très employés pour former des adjectifs : -ach 
et -de. Tous deux s'ajoutent à des thèmes variés. 

Le suffixe -ach (écrit souvent -ecb quand le phonème précédent est de 
position antérieure) ne s'ajoute qu'à des suhstantifs : 

airchinncch « chef » Wi). f\ c 3. 
hciiuacJ} « cornu » Sg. Go a .5. 



airchinn « principal » , 
beim « corne », 
bir « broche », 
brou « chagrin », 
bûaid « victoire », 
biiide « reconnaissance », 
cnocc « bosse », 
corp « corps », 
crcic'iii « croyance », 
ciiibse « c'onscience », 
ciiinacht « puissance », 
dcrinal « oubli », 
dilgiid « pardon », 
dûthracht « désir », 
eriuitiit « honneur », 



bcracJ) « uerutus » Sg. Go a G (§ 68). 
biôn-ach « alîligé » Ily. V 28. 
bûad-ach « victorieux » Ml. 21 d 8. 
biiid-ech «reconnaissant» (Wb. 29b 17). 
ciioc-ihh « bossu » Sg. 22 a 8. 
corp-acl) « corpulent » Sg. i25 a 5. 
crchii'Cch « croyant » A\ Ij. freq. 
ciiibs-cch « consciencieux » ^^ b. 10 c 8. 
ctimachl-ach « puissant » (Sg. 3() b 2). 
dcrmat-ach « oublieux » Ml. 20 a [\. 
di!([ad-ûch « indulgent » Sg. 3(j b G. 
di'ilbrucbf-ach « désireux» (Ml. 19 c 12). 
cniiilii-ccb « honorable » Ml. 33 b 3. 



lOO 



MORPIIOLOCli: 



espe « dcsœuvromont », 

Jeir « coKto », 

loiigas « exil », 

Dierg « ride », 

lient « ix)ison », 

f'il « boisson », 

peccad « péclR' », 

rè « espace », 

saut « désir », " 

tuisliu « crcalion », 

torad « fruit », 

toras (gén. toirse) « tristesse », 



esp-ach « désœuvré » Ml. 35 c aS. 
ferc-ach « irrité » Ml. 33 d 13. 
loiiiij^s-cch « exilé » Ml. i33 a 11. 
iiierg-ach « ridé » Ml i32 c 8. 
neiiin-cch « vénéneux » A\b. 7 c i. 
ôl-ach « buveur » South. 67 a. 
peclh ach « pécheur » VVb. frequ. 
rc-ach « spacieux » ]\I1. 5o a i5. 
sai/l-ach « cupide » Wb. 28 b aG. 
hiish'ii-iU'h « génilif » Sg. 77 a 1. 
loirth-ech « fructueux » Ml. i5 b i3. 
tors-ech « triste » (\\ b. 2G d 21 , 27 c 3/î). 



!5 80/4. Le sulllxe -^c (^-dae, § 80) sert à former un nombre consi- 
dérable d'adjectifs dérivés soit de substantifs, soit d'adjectifs. 
De substantifs : 



aniiii (gén. aiiiinni') « âme », 

/)/';■ « broclie », 

hralhar « frère », 

casai « manteau », 

dam « cerf » , 

dia « dieu », 

CÛ (gén. ai//) « chien », 

daine « homme », 

doiiiun « monde », 

griaii « soleil » , 

l'doî « idole », 

iiein « ciel », 

riagol « règle », 

tahiian « terre », 

ifl?"/; « taureau », 

toJT « sanglier » , 

6r « or », 



auiinvt-de « animé » Wb. i3 d 5. 
l'ir-de « ucrûlus » Sg. Go a G (lurdae). 
halhar-de « fraternel » Wb. 33 d 6. 
casal-de- « mantelé » Sg. 1 Sg a 5 (casaldae). 
dam-de « ceruïnus » Sg. 37 b 4- 
dia-de « divin » Wb. 28 c 2. 
coii-dc (( canïnus » (Sg. (j5 b 2). 
di'i'in-de <■<■ Inmiain » ^^ b. 8 d 32. 
doiiiun-de « du monde )> \\h. 38 c 2. 
grieii-de « solaire » (BCr. 33 c 7). 
l'dol-de « ïdolicus » Wb. 10 c i^. 
nem-de « céleste » Wb . /) b 1 3 . 
riagol-de « régulier » Sg. 3 1 b 2 1 . 
tahnan-de «terrestre » Wb. 11 a 10. 
tarh-de « taurînus » Sg. 37 b 5. 
lorc-de « aprïnus » Sg. 37 b 2. 
ôr-de » doré » Sg. ^7 b 5 (ôrdae). 



D'adjectifs : 

aiisid « vieux », 
heo « vivant », 

« nombreux », 
viarb « mort », 
lat. spFrit(ii)dlis, 



arsate (dc*arsat-de') « id. » Sg. 318 b 3. 
hcû-de « id. » (Sg. 39 a 11); 
il-de K id. » (Sg. 198 b 3). 
viarh-de « id. » (Sg. 3() a 12). 
spii Lil-de W b. i5 b 2. 



FouM.VTioN ni:s noms i6i 

§ 3o5. Le sufllxc -cje est parfois renforcé en -ide. 

bhadalu « annûo », hUadii-ide v annuel » BCr. /i3 d i. 

colin « chair », coln-ide « charnel » Wb. 3 c 38. 

fuil « sang », fitl-ide « sanglant » Mi. 70 a 8. 

patu « lièvre », paln-ide « Icporinus » Sg. 87 h 7. 

stôir « histoire », slor-idc « liisloricjuo » Wh. 2 b 19. 

5p/V/ « esprit », spirt-ide « spirituel » \\"b. 20 c 2. 

«fl;//rt ce ennemi » (J; njO). iiaimt-idc « hostile » "S^ b. 26 b 28. 

cêtne i< premier », ccln-ide '.<. primitif » Sg. /18 b 5. 

fliuch tf. humide », jliiich-aide « id. » Sg. 73 a i. 

nue « nouveau », nû-ide « id. » ^^b. 3 c iG. 

§ 3o6. E. Suffixes de diminutifs. 

Le principal sullixe de diminutifs est -àii pour le masculin et le neu- 
tre, -nal pour le féminin. Il s'ajoute à . des substantifs ou adjectifs de 
thèmes variés. 

Ainsi : 

Substantifs, hcch « apes », hech-ân « apicula » Sg. 47 a 12. 

câ « chien », cn-dn « petit chien » Sg. /jg b 11. 

diiine « homme », duin-ân duin-èn Sg. 47 b 8, 45 b 12. 

gin « IioucIk^ », gin-dn « osculum » Sg. 4*3 a 2. 

lehor « livre », Icbr-dn « petit livre » Sg. 2o3 (Thés. II 

2(jo). 

h'c f pierre », lec-an « petite pierre » Sg. 4 G 1) 11. 

nwd « modus », inod-dn a modulus » Ml. i3G b G. 

riùhis « carljo », richis-dn « carljunculus » Sg. 47 b 4- 

altôir f. « aulcl », allôir-nat « petit autel » Sg. 48 a i3. 

cli'tii f. « tignum », ch'lh-nat « ligillum » Sg. 48 b i. 

sinr f. « sœur », siur-nat «petite sœur » Sg. 4'"> b 2. 

taliiin f. « terre », lalcini-nat « petite terre » Sg. 48 a i4. 

Adjectifs. h'C « paruus », hec-dn « paruulus » Sg. 48 a 3. 

hocht « pauper », hoct-dn- « pauperulus » Sg. 4G a G. 

Irog « miser », trog-dn « misellus » Sg. 48 a 11. 

ôen « unus », ôen-dn « uUus » Sg. 37 I) 10. 



ôc)i-itat « ulla » Si 



b I [. 



Ce sufïi.xe est souvent employé dans les noms propres ; le glossateur 
de Saint-Gall rend le nom d'homme Sergiolus par série-an^ 45 b 11, 
et le nom de femme Glyceriuin psiv gliger-nat, Oi b i/j. Bon nombre de 
noms propres indigènes se terminent par -//// : AeJaii, BùTitii, Foclau, 
Ultan, etc., etc. 



102 MORPHOLOGIE 

I^Soy. k colé du suffixe -an on trouve aussi, pour former des diml- 
nulifs, un sufTixe -eue commun aux Irois genres : 

adarc f. « corne », aâcrc-ène « corniculum » Sg. /(7 a 2. 

hrat m. « manteau», hroit-e'ne <c palllolum » Sg. ^9 a i3. 

daiihh m. « épée », claidb-ene « ensiculus » Sg. /ig b rQ. 

glaine f. « mala », glaiii-inc « maxllla » Sg. 45 b 18. 

Idir f. (t jumont », lar-ciie « equnla » Sg. /19 b /|. 

sinnach m.ct renard », sinuch-euae « luilpccula » Sg. /17 a 6. 

Enfin, quelques autres formations en -ai ou -//.w/ peuvent encore 
être mentionnées : 

diiin-en-et « homunculus » Sg. i^o b i3(Joul)le diminutif). 
glaine-that « maxilla » Sg. i^ a l'i. 
tir-ihat « agcllus » Sg. /17 b 11. 



II. — De la Composition. 

§ 3o8. A. Les deux éléments sont des noms. 

Le premier apparaît sous la forme thématique, qui ne diffère du no- 
minatif singulier que dans la /i"" déclinaison (§ lo'i); il y a aspira- 
tion. 

crann-chiir « sort » m. à m. « jet de bois » Ml. 2g c t, Sy d i5 ; 
sâr-îbol « désir de violence » (sartol g\. libido Ml. 34 a t3), d'où sar- 
tholach Wb. 3i b 5 ; cenn-galar « mal de tête » Wb. 17 d 25 ; fid-bocc 
« arc de bois » Sg. 107 b 2 ; mucc-foil « toit à porc » Sg. 26 a i ; 
carat-nama « ami ennemi, faux ami » (eter-caratnàimta Wb. 23 c 28), 
han-ogi femina bospes, Sg. 66 a i5 (han est la forme que prend le mot 
hen « femme » en composition) ; Icd-marh « à demi-mort » A\b. 2 c 
26 (cf. Sg. 49 b 10) ; etc. 

§ 309. La composition est particulièrement fréquente lorsque le pre- 
mier élément est un adjectif (s; 219): cam-thuisel « cas oblique » (Sg. 
197 a 2, 209 1) 28), dag-tbeist « bon témoignage » Wb. 20 a 18, deg- 
ugaire « pastor egregius » Ml. l\ô h 23, nuae-thintud « traduction 
nouvelle » ^11. 2 a 6; art-pbcrsan « haute personne » (Wb. 24 d 9); 
sain-chôim « bien aimés « Wb. 28 d 5 (m. à m. vraiment aimés); 



FORMATION DF-S NOMS lG3 

cà'ui'toimliii « bonne pensée » (sans aspiralion, d'après le § 97), et 
caintoiintcnacb, \V'Ij. 23 a 22, Ml. 3i b 10; cain-tinscantai gl. bene 
cœpta Ml. i3i c 18; gair-bccc ni. à m. « court-pelit » dans l'adverbe 
gairbiitc Sg. 1/17 a 7. 

Et elle se prodnit même lorsque l'adjcclif est une épilbèlc de cir- 
constance : hiiarc ataat il-chialla isint sun ehraidiii « parce qu'il y a 
plusieurs sens dans le mot hébreu » Ml. 37 a 10. 

Remarque. Les adjectifs rfflf^i^ (Jco--) « bon », droch « mauvais », sen 
« vieux » ne sont employés qu'en composition : degnim, drochgnim 
« bonne, mauvaise action » (Ml. 128 d 9); seiiiiiafbir « grand mère » 
(\Vb. 29 d i3). 

§ 3 10, B. Le premier éléniciit est une pari ici/Je. 

La plupart des préverbes peuvent servir de préfixes nominaux. 

Les suivants produisent l'aspiration (§ 1G6) : 

aith- : aidchuintach « réédification » AVI). 26 a 8 (adchuniiach Tur 
80); athscrihend « rescrit » BGr. 4o a 2 ; to-aith- dans taidchricc « ré- 
demption »Wb. frequ. 

air-'- airchiiui « principe » Wb. 21 c 6; erchre « disparition »(Sg. 
169 b2, 192 b 3, Ml. 3i a 4), irchreVs'h. 26 a 5 ; imin-air- dans iin- 
marslaide « fureur mutuelle » Ml. lO b 7 ; /o- rt/r- dans iairissei]H<^ cons- 
tance » (d'où iairisinech Wb.5 b 32), ierissein Ml. 34 c 17 ; cf. § 127. 

di-: digbail «diminution » Sg. /j.') b i ; dithruh «désert» Tur. 19. 

/c- : locbrechad « construction » ^11. 19 a 9 (20 d /|) 

fo- : focboiiii « occasion » Wb. 3 c 23 ; fochêîbuid « opinion » Sg. 
201 b i5. 

iin- (iinh-): iiiilhrcnugiid « conlirmatiou » A\ b. 18 c 10, iiirrhesti g\. 
contentioncs, iincbâinti g\. conflictioncs, AN b. 29 b 8, 10. 

i)id- : iiitaniil «semblable » (§ 118 et l'ii)- 

ro-: lôiiiàr « trop grand » Wb. 11 c 7 ; roart « trop haut » Wb. 24 
c 10 (§ 23() Rem.); es-ro- dans crcbosiiiil « tout à fait semblable » BGr. 
35 d 2, rjr-imtU « li'ès lent » Sg. 19.") b marg. (Tlies. Il xxj) ; di-ro- 
di\ns dermâr « immense » Wb. 17 b i \ ,dercbôiiii!id « grande tristesse» 
Wb. i4 d 20, cf. § 126. 

tainn-: hiiriiicbriilbad «transfiguration » (gén. iainin-brutlo, § 107, 
\\h. i5 b G) ; tariiichosal « prévarication » Hy. II 38. 

§ 3ii. Les suivants ne produisent aucun effet: 



iG^ MORPHOLOGIE 

ad- : âram « noml)re » (§ iSa); adhiiath « terreur » Ml. 4o c 1 1 ; 
adhûl « fort » (Sg. 217 b 5). 

eiar-: etarcne « intelligence » ÇWh. 29 a 22, MI. i4 c 9), dargnae 
Sg. 188 a 12 (28 b 3); clarccri « interprétation » AA b. 27 a 10. 

es- : esbae « inutile » Ml. 182 b o, cspacb « oisif » Ml. 35 c 25 ; 
escarit « ennemi » AN b. 3o b 27. 

for- : forcit al « enseignement » AAb. frequ. ; fortniiiunac « opportu- 
nitas » Ml. 27 d 18; forloisclhc « igné exanimalus » Ml. 3i c 28 ; 
Jorccnn « bout, fm » Sg. 28 b Ky.forceU « témoignage » Ml. 22 d 19. 

/;-///;-: frituidechl « objection » (§ loi) Sg. 21 b 11 ; frithorcun 
« offense » (Ml. 22 d 21). 

Toutefois, dans les textes récents il y a aspiration après cîar-, for- et 
//'///;- : etartholhaim « mort » Ml. /io d 6 ; forchenn « bout, fin » Ml. 
1 18 à (j •,forihachli( secours» Ml. 98 c lô ; frithcheist « objection » 
BCr. 32 b I, Sg. iG3 b 10 (cf. Ml. 72 d i^). 

§ 3i2. Quant au préverbe co 11-, il nasalise, sauf quand il présente la 
forme com-, où il produit l'aspiration : cnbus « conscience » (de *con- 
fiss, § Ti3) NVb. 11 b 21 ; coiliid « sommeil » Ml. i35 a i3 ; cosnam 
« effort » AVb. 11 c 21, Ml. 78 a 12 ; coibge(.<~ contexte « Ml. 72 a 9 
(de *con-fige ; fige « texte » Ml. 1 1 1 b 17) ; comsiiidigihe a composé », 
comsuidigud « composition » (Sg. 201 b 10, 2 b 2) ; comchéthuid « ac- 
cord » V\h. 10 a 21 ; comthinôl « congrégation » AVb. 2107. 

iar n- suit la même règle que co 11- : iarfigid « inquisition » \A b. 
26 b 2^ (jarfaigid Ml. 20 c 9, 3i a iG) ; iarmuidigthe « postposé » Sg. 
3 b 3i (cf. § 49); ianniia « abnepos » (Ml. 119 b 12). 

§ 3i3. Aux préverbes, il faut joindre les particules suivantes : 

do, so, mi et neh qui produisent l'aspiration ; a 11-, la nasalisation ; 
rit<y- qui ne produit aucune action plionétique. 

do- (du-), particule pcjorative: do-cbnilb « laid » (Sg. 65 a 12), \\b. 
10 b 16, i3 a G ; de tocad « bonheur » Ml. 35 d 22, dodcad « mal- 
heur » V^h. 2 b 3 ; labar « parole » ; dulhir « maleloquax » (Wb. 
28 c i); duaibse « nefastus » (Sg. loG b iG), etc. ; cf. Windisch P55 
IV 221. 

so- (su-), particule exprimant le bonheur: accobor « désir », inna 
su-accubri « les choses bien-désirables » Ml. 59 c 7 ; Jabar <( parole », 
sidhir « éloquent » («5 3if)); etc. 



FOHMATION DES NOMS 



i6; 



Les deux particules do- et so- s'opposent souvent : sulbir, dnJbir ; 
sochiDuacht, dochumacht (W b. lo a aO) ; sualig « vertu », dualig « vice » 
(pi. SHalchiV(h. a(j a :>!(), Cam. 3 7 c, diialaig Ml. 129 b /|, dualchi, 
Cani. 37 b) ; somme « riche » Sg. 119 a i (sommae Ml. 3() a 32), 
domme « pauvre » (dommae Ml. 30 a 3^); sube « bonheur » (Ml. G7 c 
10), subach <i heureux » et diibach « malheureux » Ml. 19 a 7; etc. 
C'est sans doute par analogie qu'aux mots soir « libre » W b. 10 c lO, 
etc. et soirb « facile » Ml. 5i c 1 1 on a donné les contraires Jô/V « es- 
clave » Wb. 4 a 3 etc. et doirb « difficile » Ml. /|2 c i3 ; mais la for- 
mation même des couples précédents n'est pas toutjours claire. 

mi- est un préfixe péjoratif et neb- un préfixe négatif : 

mi-thoimtiu « mauvaise pensée » AVb. 2^^i d 22 ; migiiim « mauvaise 
action » (Ml. 27 c iG); mi-dnthracht « mauvais désir » Ml. ''19 a i8\ 

neph-chuindchid « non recherché » Ml. io4 c i; iicpb-lboimlbiii « non- 
opinion » Mi. 43 ai5; nepuid « non-ètre » Ml. 122 a 11 (§ 100); 
nebïciscc pi. non pigri Wh. 5 d 17 ; mph-thabart « non-donation » Ml. 
5i d 2 ; nebmcs, ncbmôidcm Wb. 8 d 26; neph-ni « nihilum » Ml. 3(5 
a 6. 

§ 3i4. Le préfixe négatif rt «- nasalise. 

Il devient c- devant occlusive sourde (§ io5); devant / r et labiale 
il se présente sous la former///-, et devant occlusive sonore d ou g sous 
la forme in- : 

aneola « ignorant » Wb. 33 c 16; mieolas « inscientia » (BGr. 
37 d i) ; an-irlithe « inobediens » AAb. 27 c i4. 

amlabar « muet » Ml. ''19 b i, 69 a 12 ; amreid « inirpic » Ail. 1 'io 
a 2 (de rcid « plat, uni ») ; ampro))i « improbus » Ml. 3i c G. 

écinacbl « impotent n Sg. 5o a i4 (de '^'an-cumacbt) ; elromm « lé- 
ger » (Sg. 10 a 8); clig « laid » Sg. 28 b G ; écoir « incongru » (Sg. 
3o a 19 : erôir). 

imierb « incertain » Sg. Gi a 9, 209 b 3o ; inginid « non usuel, 
étrange » Ml. 16 c 5 ; imiirge « iniquité » \\ h. \ c iG. 

Cf. Zimmer KZ XXIV oaS. 

§ 3i5. Enfin le préverbe intensif r//^^- ne semble exercer aucune ac- 
tion : 

rugsolus gl. praeclara Ml. 37 d 18 ; ruclé(de *rug-clé, § 102) gl. cons- 
picui Ml. 3G a 10, ruclôin (^rug-clôin) gl. periniquum Ml. io3 c 17. 



1 66 MOUPHOLOGIE 

§ 3i6. Les adjectifs formés d\in subslanlif précédé d'une particule 
ont généralement leur consonne finale de position antérieure et se flé- 
chissent suivant la 2® déclinaison des adjectifs. 

Cf. R. Schmidt IF I 69 n., Mcillet MSL XI 89 1. 

cosc « punllion », sochoisc « docile » \^b. 3o b 28. 

Cl oh « main », fochrôib « rapproclié » (m. à m. « qui 

est sous la main ») Sg. i5i b 2. 
cein'l (c race », dochciiciiiil gl. degencr Sg. G/| 1) 6. 

lahar « parole », sulbir k éloquent » ^^ b. 17 b l\, 27 a 8 

{suJhair Wb. 8 a 5, § 79). 
mrt « force », ènirl « sans force » V\h. 6 b ç), 10 c 3 

(êiiairt Sg. 221 b 2). 
soiiirt « fort » Wb. 8 c 5, loc 3 (soiiairt 

Ml. 5i b 3, Wb. 33 c 17). 
6}i!iin « crainte » essamin « intrcjiicle » V\h. i(") a 2(1, 23 

adbur « matière » saidbir « riclie » Fél. 10 mai. 



DEUXIEME SECTION 

DES VERBES 

CHAPITRE PREMIER 

ÉLÉMENTS DE LA CONJUGAISON 



§ Siy. Observations préliminaires. 

Le verbe possède trois voix : Vacîif, le déponent et le passif. 

Dans cliaque voix, il y a quatre thèmes, indépendants les uns des 
autres : Vindicatif, le subjonctif, le /;////;- et le prétérit. Le déponent a les 
mêmes thèmes que l'actif; et le passif également, sauf au prétérit. 

L'indicatif, le subjonctif et le futur ont chacun deux temps, un pré- 
sent et un imparfait. Au thème de l'indicatif se rattache V impératif . 

La conjugaison comprend donc : 

Tiièmc d'indicatif (pour les 3 voix) : présent de l'indicatif. 

imparfait de l'indicatif. 

impératif. 
Ttièmc de subjonctif (id.) : présent du subjonctif. 

imparfait du subjonctif. 
Thème de futur ('''-) • présent du futur. 

imparfait du futur. 
Thème de prétérit actif (iléponcnt) : prétérit actif (déponent). 

Tlicme de prétérit passif : prétérit passif. 

§ 3 18. Le déponent ne diffère de l'actif que par la forme des dési- 
nences, nullement par le sens ou par l'emploi. 



1 68 MORPHOLOGIE 

Il est déjà en décadence à l'époque des plus anciens textes et, an cours 
de la période du vieil-irlandais, il se laisse de plus en plus supplanter 
par Tactif. Beaucoup de verbes déponents présentent dans leur flexion 
des formes actives. Ainsi : 

coniahmtar « qui accomplissent » AVb. 20 d 2 : ni coinaJnatc- ils n'ac- 
complissent pas » Wb. 20 c 22; lahrathar « qui parle » \Vb. 1 2 c 1 9 : Ja- 
hraid « il parle » Ml. ii5 a 2 ; ardrigitcr « qui apparaissent » (BYn. 4? 
Thcs. II 3i) : ardrigid « il apparaît » BCr. 33 d 7. 

Les verbes dénominatifs (§§ SyS, 383) sont presque indifféremment 
en -igtir ou en -igiiii. 

Inversement, le prétérit radical et le prétérit en / ont toujours la 
forme déponente au pluriel (la 2'" pers. naturellement exceptée, § Siq) ; 
cf. §§ 339 et 342. 

Certains verbes actifs présentent même cxccplionnellemcnt des formes dé- 
ponentes au prélérit sigmatique (Straclian Depon. Verb 468 et RC. XVII 42) ; 
mais cet usage appartient à la période récente du vieil-irlandais. 

§ 319. De plus, la flexion du déponent est défective : la deuxième 
personne du pluriel est toujours remplacée par une forme active; enfin 
les seuls temps qui adniellent des formes déponentes sont : les présents 
de l'indicatif, du futur et du subjonctif, l'impératif et le prétérit. 

§ 320. Le verbe a deux nombres, un singulier cl un pluriel. 

A la différence du nom, il n'a pas de duel (v. § 455). 

Cbaque nombre a trois personnes, sauf à la voix passive, oîi il n'y en 
a qu'une, la troisième (§ 32 1), et à l'impératif, où la 1'* personne du 
singulier ne semble pas attestée (toutefois i; 322). En revancbe, il existe 
une série de formes spéciales aux propositions relatives ; ces formes 
dites relatives n'existent que pour la première personne du pluriel et 
pour la troisième des deux nombres, et seulement dans la voix active, 
aux présents de l'indicatif, du futur, du sul)jonctif et au prétérit. Dans 
les paradigmes qui suivent, on indiquera toujours la forme relative au- 
dessous de la forme non relative. 

§ 32 1. A la voix passive, les deux premières personnes du singulier 
et du pluriel se forment de la troisième du singulier par infixation du 
pronom personnel (!:; 496). 

Ex. : do-eniini « je protège y>, do-h-enithar-si anial do-n-emar-ni « que 
vous soyez protégés comme nous sommes protégés » (Ml. 53 b 18); 



ÉLÉMKNTS DE LA CONJUGAISON 1 69 

fo-algîm « je renverse )), fo-mm-âlûi^ûr g\. consterner Sg. i40 b i/j, 
PCr. 60 b 5 ; fris-com-art « il a été offensé », fritunichoiiiart « j'ai été 
offensé » Wb. 33 a i-i\ fo-ro-chled « il a été destiné )), fo-n-ro-chled 
« nous avons été destinés » Wb. 19 c i3 ; ro nicss « il a été jugé », 
ro-n-niess « nous avons été jugés » Wb. /i b 22. 

§ 322. A riinpéralif, la première personne du singulier ne parait [)as 
attestée. Sur la forme indiad (Thés. I 717 n. a) voir Sarauw ZCP IV 86, 
V 5i5 et Strachan ZCP V 677 ; toutefois tiag-sa « que j'aille » Ml 58 c (i, 
tiach « id. » Sg. 210 b marg. semble être un impératif (cf. ^^ h. Stokes KZ 
XXXVIII 467). 

§ 323. Flexion absolue et flexion conjointe. Tout verbe comporte deux 
flexions différentes, appelées respectivement flexion absolue et flexion 
conjointe. 

La flexion conjointe est celle que présentent tous les verbes composés 
(c'est-à-dire comprenant un préverbe, § 32/i) ; les verbes simples la 
présentent également quand ils sont précédés d'un proclitique intime 
(§ 589), c'est-à-dire : d'une négation, de la particule interrogative in- 
ou de tout élément comprenant une préposition et là particule relative 
-(s)an- (§ 555). Enfin, au passif et au déponent, les verbes simples la 
présentent en position relative à toutes les personnes qui ont à l'actif 
des formes relatives (§ 62/i). 

La flexion absolue est celle que présentent tous les verbes simples en 
dehors des cas qui viennent d'être mentionnés. 

Ainsi, la 3" pers. du sg. du présent de l'indicatif du verbe berini « je 
porte » est berid dans la flexion absolue, beir dans la flexion conjointe. 
On aura donc : 

hcrid « il porte » mais do-hcir c il donne, il apporte ». 

in'-hcir « il ne porte pas » . 

in-hcir « porte-t-il .** ». 
( di-an-heir « à qui il porto ». 
\ CO-ili-h'ir « jusqu'à ce qu'il porte ». 

cuiritt)ir « il pose » mais do-citirctliar « il appose ». 

ni'-ciiiretJmr « il ne pose pas ». 

in-ciiirctlnir « pose-t-il ? ». 
C ta-san-cuirclbcir « auprès de qui il pose » . 
( co-n-cuiretliar « jusqu'à ce qu'il pose ». 

cuivetlMr « qui pose ». 



l'jO MORPHOLOGIE 

L'emploi de la flexion absolue est restreint par le fait que, à un cer- 
tain nombre de temps qui seront indiqués dans ce qui suit, l'usage est 
de toujours mettre un préverbe devant le verbe. D'une façon générale, 
la flexion absolue est limitée aux présents de l'indicatif, du futur et du 
subjonctif des trois voix, ainsi qu'à l'impératif et au prétérit. A l'impé 
ralif même, il n'y a pas de formes sj)éciales pour la flexion conjointe. 

Remarque. — Les modernes ont pris riiahitudc d"indi([ucr les formes 
conjointes en les faisant précéder d'un tiret : bcrid -hcir, cuirithir -cuirctliar. 

§ 32/1 . Ne doivent être considérés comme verbes composés que ceux 
dont le premier élément de composition est un préverbe. 

Ceux dont le radical comprend comme élément de composition mi 
nom (substantif ou adjectif) sont traités comme des verbes simples. 
Ainsi : lâiiigalnui « je prends par la main » (Ml. 43 a 2), fînhiianaigi)ii 
« je vendange » (Ml. 102 a 12, 3" pers. pi. /ïnbiiauaigit), iiihinarbaim 
« je tue complètement » (Ml. 77 a 12, 1 5). Ce procédé de composition 
est d'ailleurs assez rarement employé. 

Remarque. — Il n'y a que peu d'exemples d'un élément non-préverbial 
préfixé à un verbe composé: ni miaipirgl. non... mala dicit Ml. 50 d iC) paraît 
un simple calque du latin; mi-în-imrct « qu'ils le trompent » Ml. 74 b.^a. 

§ 325. 11 faut Yncn distinguer des verbes composés les verbes déno- 
minatifs qui renferment une préposition parce qu'il y en avait une 
dans le substantif dont ils sont tirés. Si dobiiir, ûdglâdiir formés de 
*to-hériiii, ad gh'uhiv sont des verbes composés, decbrigini « je distingue » 
n'en est pas un, ni coniahuir « je remplis » parce qu'ils sont dérivés des 
mois déchu r « difï'érencc », coinJàii « plein », etc. Le dernier est donc 
absolument indépendant de liiiaim « je remplis ». 

THÈMES X)E LA CONJUGAISON 

§ 320. Il y a trois conjugaisons, caractérisées par la forme du radical 
du verbe. 

Les deu\ premières sont dites conjugaisons faibles, la troisième, 
conjugaison forte. 

Dans les conjugaisons faibles, le radical verbal est fourni par le 
tlième de l'indicatif, c'est-à-dire que dans la première il se termine 
par un -a^ dans la seconde par un /. 



ÉLÉMENTS Di: LA CONJUGAISON 17I 

La conjugaison forlc au Gontrairc comprend des radicaux divers, 
parfois malaises à établir, à cause de Ténergie dcslruclive avec 
laquelle les actions phonétiques se sont exercées. Le thème de l'indicatif 
n'y conserve pas toujours intact le radical verbal. 

On indiquera dans ce qui suit ce qui[)cut être nuncné à une règle. 
Le reste est aflalre de vocabulaire. 

Remarque. — La première conjui^nisou comprend un pelil nombre (le 
verbes déponents. A la seconde ap|)artienncnt les dénominalil's en -igur 
(1^ 383). Tous les autres déponents sont de la troisième. 

§ 827. Formation des thèmes. 

A. Thème de l'indicatif. Ce thème est le même pour les trois voix 
(§ 317). Il fournit à la fois le présent et l'imparfait de l'indicatif et 
l'impératif. 

On a dit au § 826 comment étaient caractérisées les deux conjugai- 
sons faibles : i"' conj. thèmes Icga-, scrîba-, cara-, ind. présent Icgaim 
« je lis », scribaim « j'écris », cara'un « j'aime ». — 2* conj. thèmes 
léci-, sluindi-, ind. prés. ïccini « je laisse », sJuind'un « j'indique ». 

La conjugaison forte contient des thèmes variés qui peuvent se ramener 
à quatre catégories : 

a. Thèmes radicaux (type hcrim « je porte »). Le thème de l'indicatil 
est le radical verbal pur et simple. Cette catégorie, très nombreuse, est 
notamment représentée à l'actif par : agiiii « je pousse », aJim « je 
nourris », angiin « je protège », arciiii « je demande », -bûdiiii « je 
montre », -baliiii « je meurs », canim « je chante », ccVun « je cache », 
cerdim « je marche », cladini « je creuse », -damiin « je cède », -dcgiiii 
« je cherche », ciuiin « je prends », -fcdiiii « je conduis », geJini « je 
dévore », -gcrini « je brûle », ibiin « je bois », itbim « je mange », 
-ntagiiii « j'accrois », nieliiii « je mouds », iiierim « je trahis », nascini 
« je promets », orgint « je frappe », reibiiii « je cours )), sceiidiiii « je 
saute », tecbi/ii « je fuis », iiagu « je vais », etc. Au déponent, le seul 
verbe sechiir « je suis » semble appartenir à cette catégorie. 

§ 828. b. Thèmes en -/- (type guidini «je prie »). Le thème de l'in- 
dicatif est caractérisé par une consonne finale de position antérieure 
qui représente la trace d'un ancien suffixe ~i- ajouté au radical verbal : 
cîaidim « je creuse », fcdiiii «j'indique n,gabiiii « je prends y), garim 
« je parle », drciigiiii « je m'élève ^),liiigini «je saule , -maidiui « je 



172 MORPHOLOGIE 

fais irruption », ncthiiii « j'attends », nigiiii « je lave », rigiin « je 
tends y),sligi)ii «j'abats », titiliiii « je dors », etc. Au déponent: cui- 
riur « je pose », gainiitr « je nais », Ja'uniiir « j'ose », iiiidiiir « je 
juge », moiniur « je pense », -sissiur « je me place », etc. 

c. Thèmes à nasale suffixce, dans lesquels la nasale « s'ajoute au 
radical verbal. Il y en a de deux sortes, suivant que la nasale est de 
position antérieure ou moyenne ; 1" cas : crinim « je me fatigue », 
gii'niiDi « je reconnais », dépon. cJuiniiir « j'entends » ; 2'' cas: henaini 
«je frappe », creuaiin a j'achète », fcua'nii « je consomme », gknaim 
« je m'attache », Jcua'uii « j'enduis », rcnaiin (■<■ je vends », scniaiin 
« je construis » ; etc. 

iL Thèmes à nasale infixée, caractérisés par la nasale 11 intro- 
duite dans le radical verbal : bongim « je moissonne », dingiin « je 
presse », dlongim « je fends », longim « je supporte », toigini « je 
jure », etc. 

§ 3^9. Ces dilfércnls thèmes ont en principe la même flexion. 
Toutefois, les ver])cs dont l'indicatif avait le thème en -/- (type gui- 
duii) ou le thème à nasale suffixée de position antérieure (typemn/w) 
ont çà et là des formes pareilles à celles de la 2" conjugaison ; et les 
verbes dont l'indicatif avait le thème à nasale suflixée de position 
moyenne (type /r;w/;;/) des formes pareilles à celles de la i''' conjugai- 
son. V. sur ces faits le § 385. 

D'ailleurs l'infection, comme on l'a vu au § 78, a parfois modifié la 
position de la consonne linale du thème verbal au point de brouiller 
les conjugaisons. Ainsi cara'nn écrit car'nii Wh. 5 c 7 et devenu cairiiii 
A^ b. 23 c 12, et inversement ^rt/;/w \Vb. 16 d 4 àexenn gahai m Sg. 
5o b 8 ; pour des exemples analogues, v. §§ 379 et 385-386. 

§ 33o. On noiera que l'impératif, hien que souvent très voisin de 
sens du subjonctif, appartient cependant toujours au tlième de l'indi- 
catif (i:^ 317). De là des oppositions de forme comme tiogam « allons » 
(impératif) et ara liasaiii « que nous allions » (subj.); tiagal « qu'ils 
aillent » ÎMI. 54 b 12 (imp.) et -tiassal « id. » Ml. iS^ d 7 (subj.); 
gitdid « priez » Ml. 08 a i5 (imp.) mais ni-gcssid « ne priez pas » 
\\ b. 26 a 34 (subj.); etc. Les deux temps diilèrcnt encore en ce que 
la négation est toujours iià avec le premier et ni avec le second, sauf le 
cas de relation (§ 459). 



KI.ÉMKNTS DK LA CONJUGAISON 1^3 

j;33i. B. Tiièmc du siil)j(Miclir (idenliqiie pi)ur les Irois voix el 
rournissaiit un présent et un inipaifail). 

Le thème du subjonctif comprend deux formations différentes. 

a) Subjonctif en -a. Tous les verbes faibles et une grande partie des 
verbes forts forment leur sul)jonclif j)ar l'addition d'un sulïixe -a an 
radical. 

Dans la première conjugaison, cet a se confond avec Va final du 
thème de l'indicatif, si bien que le thème du subjonctif ne se dislingue 
pas de celui de l'indicatif: scriha- Icga- pour les deux. 

Dans la seconde conjugaison, on a : de slnindim « j'indique », 
subj. shiindea-, de Icicim « je laisse », Icicea- (§85). 

Dans la troisième conjugaison, de her'un « je porte » subj. bcra-, de 
gariin « j'appelle » subj. gara-, de ren'un « je vends » subj. via-, de 
cuiriiir « je pose » subj. cora-, de cl iiiiiinr «j'entends » subj. cloa-. 

lleniarque. — Dans quclcpies verbes de la 3'- conjug., en regard d'un t? au 
radical de l'indicatif, il y a une au subjonctif; ainsi de -haliin « je meurs», 
subj. -bcia (cf. Thurneysen /CZXXXI 79). Le verbe déponent moiniiir « je 
pense » a comme thème de subjonctif mena- (^ 4oi) et dans la flexion du 
verbe cuiriur « je pose » il y a quelques traces d'un thème de subjonctif 
cera- (Strachan Depon. 452 n. a). 

§ 33^. h) Subjonctif sigmatique. Tous les verbes forts dont le radical 
se termine par une dentale ou une gutturale forment leur subjonctif au 
moyen d'un suffixe sigmatique. 

Cf. ïliurncvscn RC VI 9^, i^Z XXXI ()2 ; Strachan Sigm. Fat and Subj. 

Ainsi: de arciiii. « je demande » subj. ars- (§ 120), de llagii « je 
vais » subj. lias-, de longiin « je supporte » subj. lôs-, de îielhiin 
« j'attends » subj. ncs-, de giiidini « je prie » subj. gcs-, de glendiiii 
«j'explore » subj. gks-. Sur tons ces faits, cf. § 11 1. 

On rencontre aussi le subjonctif sigmatique dans quelques verbes 
dont le radical se termine par la nasale 11 : de senn'un « je poursuis » 
subj. SCS- (§ I i/l)- 

Par suite d'altérations phonétiques, la sifflante disparaît quand le 
radical verbal se termine par une des explosives d ou g précédée de la 
liquide r : 

de orgi)ii « je frappe » subj. orr- (de *orgs- § 120); de ccrdiiii « je 
jette » subj. cerr- (de *ccrds- § 120). 



1-^ MORPHOLOGIE 

Remarque I. — Les deux formations sont indépendantes Tune de l'autre, 
mais ne se présentent jamais conjointement dans le lîième verbe. Le verbe 
ad-ciii « je vois » semble seul faire exception à cette règle, puisqu'il a un 
subjonctif en -a a l'actif (déponent) et un subjonctif en -s au passif : coni 
accadar Ml. 53 a 6, mais mani accastar Ml. 5o a 5. Mais on peut expliquer 
cette anomalie comme un fait de supplétisme ; cf. § 3Zig. 

Remarque II. — - Les deux formations se distinguent dans une certaine 
mesure en ce qui concerne l'usage du préverbe ro (§ kkfx)- Tandis que le 
subjonctif en a admet la présence de ro sans restriction toutes les fois que le 
sens l'exige, le subjonctif sigmatique ne se tait précéder de ro que dans le 
verbe simple, et non dans le verbe composé. Ainsi on a bien con-roigset « de 
sorte qu'ils prient » ^\b. i6 c 23 (de *ro-gessat du verbe guïdwï) \ mani 
roiina Ml. 89 c 1 1 (de maidim, s; 129), etc. Mais du verbe dofedim « je con- 
duis » on a donfe « qu'il nous conduise » Ily. IV 2, subj. sigm. sans ro bien 
C[ue le subjonctif exprimant le désir soit toujoui'S en principe accompagné 
du préverbe ro (,5; ^04); cf. Ml. 34 A 9, après acht « pourvu que » (5; 700) 
et Wb. 27 c 8 après rcsia c avant que » (v< 71 3). 

§ 333. C. Thème du futur (identique pour les trois voix et fournis- 
sant un présent et un imparfait). 

Le futur comprend deux formations différentes. 

Cf. d'Arbois de Jubainvillc MSL VI 50 et Tburneysen RC VI 94, 371 et 
A'ZXXXI G2. 

a. Futur en/. Tous les verbes faibles et quelques verbes forts for- 
ment leur fiilur par l'addition d'une/ au radical ; c'est-à-dire que le 
thème de futur des deux premières conjugaisons est respectivement 
*legaf-, *léicif-. Cette/ se conserve intacte à l'intérieur, toujours après 
consonne, fréquemment après voyelle ; mais à la finale, et quelquefois 
à l'intérieur après voyelle, elle est notée ^ (c'est-à-dire la spirante^^ 
§ 36). Ainsi ko^fa « je lirai », ni legub « je ne lirai pas » ; Uicfea 
« je laisserai », ni Uiciuh « je nelaisserai pas » ; docuirifar «je cite- 
rai (des témoins) » Ml. 3 a i , ni-lahrafammar « nous ne parlerons 
pas » VVb. 12 c 4, et condirgchaâar « il corrigera » Ml. i3o c i5, 
duroininihclar « ils oublieront » Ml. 77 a 12 (à côté de -muinfetar 
Ml. 61 a i(i). 

Remarque I. — Pour le futur des verbes caraim et scaraim v. |:^ 335 ; 
pour celui du verbe étadaim, ii, 330 Rem. 

Remarque II. — Bon nombre de verbes de la première conjugaison for- 
ment leur l'ulnr comme s ils étaient de la seconde, c'est-à-dire comme si 



i'li'afknts nr; f,\ coxiio vison i-yB 

lonr radical se lerminail par un [)lioiu'mo de position anlériciirc. Ainsi : 
do anaim « jo reste » ni conaini[u\b Ml. W.^ h 8 (mais niamib, RC VIII 52 1. 
i/i); de adellaim « je visite » adeilliab U'b. i/j a 7 ; de iccaim « je guéris » 
iccfidir Wb. 26 a 3o, icfuicr Ml. 9G b 1 1 ; de [inaiin « j'emplis » -linfcd Ml. 
25 a 8 ; de logaiin « j'obtiens » -loichfed Ml. 127 a 6 ; de marbaim «je tue » 
-mairbjc Ml. 77 a 1 5 ; de sd/rj//» «■ je délivre » -soirfea Wb. a/j c 18 (Ml. 27 a 
G, /iô d 10); de ar-trocthaim « j'opprime » artroidfea-siii Ml. i3/i d 3 (mais 
îroethfaidir Sait. 8317). 

Remarque III. — Parmi les verbes Torts, ce sont surtout des déponents 
qui ont le futur en/: tels ciiiriiir « je pose », moiniur « je pense », sechur 
« je suis ». Comme actifs, on peut citer -iccim « je vais » (!:; 33G Rem.) et 
emim « je prends » (5; 4oo). 

§ 33/^. b. Futur redoublé. Le futur redouble comprend à son tour 
deux formations : le futur redoublé en -a et le futur sigmalique. 

a. Le futur redoublé en -a est celui d'un bon nombre de verbes forts. 
Il se forme comme le subjonctif en -a (§ 33 1) par l'addition d'un suf- 
fixe -a, mais diffère de ce dernier par la présence d'un redoublement, 
dont la voyelle est parfois /, le plus souvent e. La syllabe de redouble- 
ment a souvent contribué par suite du déplacement d'accent à modifier 
sensiblement l'aspect du verbe. Ainsi de can'un « je cbante », dont le 
subjonctif est canci, le futur redoublé sera *cechana (§ g/j), d'où cechna. 

Il arrivait parfois que par compensation de la perte de la consonne 
suivante Ve du redoublement s'allongeait ; ainsi de celimxa '^e cache », 
dont le subjonctif est cela, le futur redoublé qui devait être *cechela, 
*cechla est en réalité <://« ; de même de bcriiii «je porte », *bchra, hcni 
(écrit parfois béera, cf. § 20). 

Delà est sorti un futur en (^'radical qui apparaît par analogie dans 
des cas où il n'y a pas à supposer d'allongement compensatoire ; par 
ex. dans oabifii « je prends », suhj. gaba, hilur géba. Le verbe damim 
«je supporte » a les deux formations : fut. didiiia et dénia (v. § 4oo). 

§ 335. Exceptionnellement, on rencontre le futur redoublé en -a 
dans les deux verbes faibles caraini « j'aime « et scaraiui « je sépare » : 
nicon-chechrat « ils n'aimeront pas » Wb. 00 c [\ ; conscéra « il détruira» 
Wb. 26 a 8 (cf. Wb. 8 b 3, Ml. 56 d 6). Mais on lit le futur en / 
-scairiub « je séparerai » Ml. 43 a 23. 

§ 336. ^. Le futur est sigmatique dans les verbes qui ont un sub- 
jonctif sigmatique (§ 332). 



1^6 MORPHOLOGIE 

Cf. Slrachan The sigmatic Future and Subjiinctive in Irish, 2. Tliurncysen 
KZ XXXI G2. 

Remarque. — Il n'y a que 1res peu d'exceptions : la racine kc (de do- 
iccim, ro-iccini « je \icns »)qui forme son subjonctif sigmatiquement (ris 
(f que je vienne » Wh. i4 a 17, rîsin « que je vinsse » V\h. 18 a 28) a un 
futur en b (riccub « je viendrai » A^ b. 28 c 9, do-n-icfad « qu'il viendrait » 
AVb.2i a 3); le verbe étadaim « j'obtiens », qui forme son subjonctif en -a 
comme tout verbe faible, a un futur sigmaticjue (-étaste u il serait obtenu » 
Ml. Zi3 d 20). Enfin, tiagii «je vais» qui a un subjonctif sigmatique l'orme 
son futur par supplétisme {rega « j irai », ij ol\8). 

Le futur sigmatique se forme du subjonctif sigmatique par l'addi- 
lion d'un rcdoulilenicnt, dont la voYellc est / (cf. § 334). 

Ainsi de guidiin « je prie » dont le subjonctif est -ges Ml. 21 b 5, 
le futur est -g'iges (Ml. [\i] h 12) ; de rigim « je lie », subjonctif -vins 
(i""" sg.) Ml. 21 b 8, futur -ririsip." sg.) Ml. i34 d 3 ; dejocerdaiiii « je 
jette », subjonctif /or;?/;;- (2'^ sg.) ^^ b. i3 c 2^1, ïulur foc i cher r Ml. 
87 d G. 

Quand le radical verbal commence par une voyelle, Vi de redouble- 
ment ne subsiste que devant ou u^ mais il tombe devant a. Ainsi de 
orgim « je frappe » on a au subjonctif orr (3" sg.) Sg. 12 b 7, -orrat 
(3' pi.) Ml. 80 b 9, et au futur -ior ("3'' sg.) Ml. 32 d 27, -inrat (3° 
pi.) Ml. 33 a I. Mais de angim « je protège » le futur est -a/;/ (3" sg.) 
Wb. 'jbdifi. Cf. Timrneysen 7fZ XXXI 76. 

§ 337. La syllabe de redoublement est sujette à tomber par suite 
d'accidents phonétiques (cf. § i3o) ; ce qui fait que certaines racines 
ne présentent jamais trace de redoublement au futur sigmatique. 
L'absence de redoublement semble avoir été parfois généralisée par 
l'analogie. 

Ainsi delà racine nach « donner », on a au subjonctif passif -»a5- 
tar (sg.) Ml. 56 a t3, -nasatar fpl.) Wb. 17 a 2 et au futur passif 
également -naslar (sg.) Ml. 46 c 20, -nasatar (pi.) Ml. 3o c 17 ; du 
verbe -fclar « je sais » on a au subjonctif -festar (3" sg.) Wb. 12 c 38 
ou -Jlastar ib. 22 d 3, et au futur également -festar ib. 12 d 27 ou 
-fiastar ib. 12 d 18. 

Lorsque la syllabe de redoublement est précédée d'un des préverbes 
co,fo,for ou ro, elle tombe généralement après l'accent avec allonge- 
ment compensatoire et ne laisse de trace que dans l'infection de la 



KLEMENTS DE LA CO^MUGATSO?^ I77 

syllabe préccdciilo. Ainsi à côlé de Jbcicberr Ml. 87 d 6 (accentué sur 
r/) on a fris-foicbiurt Ml. 78 c 8 (accentué sur/o); à côté de fulilsain 
« je supporterais » Ml. 78 d 1, on a ni-foilsilis « ils ne supporteraient 
pas » WTj. i5 a -20 (de fo-longini^) ; du \cvhe do-for-magiiii «j'aug- 
mente » rimparlait du futur (3^ sg.) est do-foir-iiiscd i\ll. 35 a 17 ; cf. 
§§ 129 et 34i- 

D. Thème du prétérit. 

§ 338. Le thème du prétérit est différent pour l'actif et le passif 

(§ 317). 

A Vactif, il comprend trois formations dilTérentes. 

Cf. Pepke, Ddi irische Praeteritum, Leipziger Dissertation, 1880. 

a. Le prétérit sigmatique. Tous les verbes faibles et quelques verbes 
forts (v. ci-dessous) forment leur prétérit par l'addition d'un sufllxe s au 
radical. 

Ainsi : de céssaim, ro ccssus « j'ai souffert » (pour ro, cf. § hf\'x) 
Wb. 17 d 12 ; de conmhiaim, ro comallus (cf. § 121) « j'ai accompli » 
Ml. 74 d 5; de glanai m, ro glanus « j'ai purifié » Ml. 91 b 8; de pria- 
chaim, ro pridchus «j'ai prêché « \\h. 28 d 18; de îechtaim, ro tcchius 
« j'ai possédé » Ml. 44 b 10. De airini, ro airius « j'ai veillé » Ml. 
90 d 9 ; de cretiiii, ro cretus « j'ai cru » A\'b. 17 a (3 ; de asfcniin, -air- 
feiiiis (de *cs-ro-, ^ 127 Rem.) « j\ai raconté » Wb. 18 d 7 ; de mi'iniiu, 
ro mi'inus « j'ai enseigné » ^^ b. 'jJ\ b 17 ; de râdim, ro ràdus « j'ai 
parlé » Ml. 5o d 7. 

Les verbes forts pourvus d'un prétérit sigmatique sont peu nom- 
breux à l'actif. Le principal est gabim « je prends », ro gahits ', on 
peut y joindre nelhivi « j'attends » (ar-neut, § 98), -mithiiis Ml. 46 b 
20, et //;/;;/ « je bois », pi. i -ibsem « nous avons bu » Wb. 12 a 17. 
Le verbe irrégulier (foo^;;///^ qui d'ailleurs appartient peut être originel- 
lement à la 2" conjugaison, a également un prétérit sigmatique: sg. i 
dorignius « j'ai fait » Wb. 24 b 12, Ml. 47 a 20 (§ 129), sg. 2 dori- 
gnis Ml. 46 b 2/i, sg. 3 dorigêni et dorigni (§ i38) ; cf. § 391. 

Au déponent, où sont seuls attestés d'ailleurs le prétérit radical et 
le prétérit sigmatique (!^ 339 Rem.), ce dernier s'est étendu à bon 
nombre de verbes forts. On le trouve même à côté du prétérit radical 
dans -miiiiicstar Wb. 4 c 38 de )i!oiiiiiir « je pense » dont le prétérit 
est ordinairement -uiciiar (§ 'iui). 



178 



MORPHOLOGIE 



§ 339. b. Le prétérit en /. 

Cf. Wh. Stokes KSB VII 2^, Windisch KSB VIII 4^2, Zimmer A'Z XXX 
198, Strachan BB XXX 228. 

Le prétérit en -/ se rencontre uniquement dans des verbes forts dont 
le radical se termine par une liquide, une nasale ou une gutturale. 
Ainsi de 

as-bîiir ns-rii-hurt « j'ai dit » Sg. 91 a 3, do-lnur âo-bert « il donna » 
Tur. 12Z ;* for-con-garim for-ro-chon-gart « il a enseigné » Vsh. 20 
G 9 ; * to-garim do-ro-gart « il a appelé » Ml. 69 d i '4 ; alim ro-nun-aJt 
« il m'a nourri » Ml. /i5 c 3 ; do-meUm ni tor-mnJi « je n'ai pas con- 
sommé » V\h. iS a 10; do-eniiiii do-r-ei (de *do-r-eiiil-, § io5) « il a 
couvert » Ml. 16 c 8 ; *di-ess-regim du-r-cracbl « il s'est levé » Ml. 7^ 
h à. 

Quand le radical du verbe se termine par un groupe liquide -\- gut- 
turale, la gutturale tombe devant le / (!:; 122). Ainsi de 
orgiin « je frappe » ro-ort « il a frappé » Ml. 48 c 8 
css-orgim « je tue » as-com-ort «j'ai lue « Sg. 210 a 6 (§ 453). 

Remarque. — Le prétérit en -f, qui n'existe pas d'ailleurs dans les verbes 
déponents (§ 338), a toujours au pluriel k-s désinences déponentes (i; 3 18). 

§ 34o. c. Le prétérit radical. 

Cf. Windisch ^Z XXIII 201. 

Sous le nom de prétérit radical on désigne deux formations spéciales 
aux verbes forts. 

a. D'abord le prétérit redoublé, dans lequel la voyelle de redouble- 
ment est le plus souvent e, mais peut être /, u, quelquefois a, par suite 
d'altérations phonétiques. 

Ainsi de gonim, -gegon « j'ai frappé » Sg. 181 a 7 ; de maidini « je 
brise », memaid Ml. 127 d 6 {iiiebaid, § 47) ; de do-sennim « je pour- 
suis », do-sephainn Hy. v 67 {-sepfainn Ml. '36 d 17, § 02) ; de caniin 
« je chante », -cechuinV^h. 4 c 4o, 4 d 8, rocachaiu « il a chanté » 
Ml. 48 b 11; de Jenaim « j'enduis », rolil (Ml. 54 d 7); de rigim 
« je tends », reraig Ily. V 56. 

§ 34i- Parfois, le groupe de consonnes intérieures se simplifie et la 
voyelle de redoublement s'allonge par compensation : 

Ainsi du yevhc -cluiniur «j'entends », le prétérit est rocuala « j'ai 
entendu » Çro coda, *ro cola') ; du verbe gleiiiiii « je m'attache » le 



ELEMENTS DE LA CONJUGAISON 179 

prétérit est ro f^'niil Ml. (j»S h (S, Sg. 'j.:>.Ç) « il s'est attaché » (*;o gegl^ ; 
du verbe -gainiur « je nais » le prétérit est ro génar « je suis né » (*rt> 
gegn-) ; du verbe creniin « j'achète », -ciuir, Ml. 78 b 5 (cf. doradchinir 
Wb. 2 b9,32 d 10) ; àc ar-crinim «je m'affaiblis », également -m»V Ml. 
i36a8. 

Quand la syllabe de redoublement est précédée de l'accent, elle 
tombe généralement avec allongement compensatoire et ne laisse de 
trace que dans rinfecLion de la syllabe précédente (§ 129 et 337). 

Cf. Thurncysen RC VI SaS. 

Ainsi : 

du-cuitig « il a juré » Wb. 33 d iode '^do-com-icthaig ; in-roi-grainn 
« il a poursuivi » Ml. 37 a 4 de ^'ni-ro-gcgra'nin (verbe ingrcnnhn\ tou- 
tefois fl/a-ro^n?///?/ Ml. 3o h 2) ; forroicbaii Ml. 17 d i, forlaiiroichaii 
Ml. 22 c 3, de*-ro-cecbaii. 

Defo-lingiiii « je préviens » le prétérit esl fo-roibJang Ml. 43 d 16, 
95 d II, de * -ro~JebJaug, § /loo (exception: de for-lingiiu, for-ru- 
leblaiigatar M\. 129 c 21 au lieu âe for-roi-blangatar) ; et de focladim 
(( je déracine », foroichbiid « il a déraciné » Ml. 24 c i8, de *-ro- 
cechlaid. ^'' 

Parfois le préverbe ro devient roi, sans que le redoublement dispa- 
raisse : /or/fifn ro'icljcchnatar Ml. 03 b i, adroigegrûJinatar M\. 25 b 11 
(cf. ara-riii-cbiuir « il s'est affaibli » Ml. i36 a 8). 

§ 342. p. D'autres verbes forts possèdent un prétérit à radical 
allongé, sans redoublement. Généralement, la voyelle de ce prétérit est 
un à, quelle que soit la voyelle du radical verbal, mais quelquefois 
aussi on rencontre d'autres voyelles longues. Ainsi, lecbini « je fuis » 
prétérit /^nV/; gl. confugit Ml. 32 b 24, rotacbaîar « ils ont fui .» Ml. 
44 a 19 ; gnidim « je prie » prétérit ro gâd « j'ai prié » (Wb. 27 d 19, 
Ml. 43 d 18), -rogaid « il a prié » Ml. 55 d 4, rogadatar « ils ont 
prié » (Ml. i3i d i4); iiiidiiir « je juge » prétérit ro iiiidar « j'ai jugé » 
(Wb. 9 b 5). 

Remarque. — Le prétérit radical (redoublé ou non) a toujours au pluriel 
les désinences déponentes (5; 3 18). 

§ 343. Le prétérit du passif est caractérisé par la désinence -tb {-d, 
§ 4i) au singulier, -iba Ç-dd) au pluriel. 

Cf. Zimmcr KZ XXVIII 353. 



1 8o MORPHOLOGIE 

Ainsi, dans les verbes faibles, 

de caraÏDi « j'aime », ro carad « il a été aimé », pi. ro cartha. 

de clandaim « je plante », ro clanâad « il a été planté », pi. ro clanta 
(§ i39). 

de léc'nn « je laisse », ro lêiced « il a été laissé », pi. ro léiclhea. 

de do-luigiiii « je pardonne », do rolgcd « il a été pardonné », pi. 
do rolgthea. 

§ 34/1. Dans les verbes forts, le radical subit souvent des modifica- 
tions plus ou moins graves, qui ne peuvent être enseignées que par 
l'usage. Ainsi de hcriin «je porte », on a robrctb « il fut porté », pi. 
ro bretba; de asbiiir « je dis », asrobrad « il fut dit », ni érbrad « il ne 
fut pas dit ; de * Jor-con-gairiiii « j'ordonne », forruchongrad « il fut 
ordonné ». 

Quand le radical verbal se termine par une nasale ou par une guttu- 
rale, la dentale apparaît toujours sous la forme /. La nasale disparaît 
avec allongement compensatoire. 

Ainsi de canim « jecbantc », ro cet « il a été cbanlé » Ml. 25 b 6, pi. 
ro céta(}\\. ii5 b /j). 

§ 345. La gutturale ne disparaît que lorsqu'elle est précédée d'une 
liquide (§ 122). 

Ainsi deorgini, ro ort « il a été frappé », pi. ro or ta (j'-es-arta Ml. 
34 b i3 de css-org'un) ; as-com-arl « il a été tué » Ml. 36 b 22. 

Mais de *in-con-sccJjiiii « j'indique », in-cho-sccht « il a été indiqué » 
(Ml. 16 c 10, 43 d 27). 

de *to-ind-nachim « j'accorde », do-r-ind-nacht « il a été accordé » 
(cf. Wb. 20 d i5 dorrindnachi où le premier r est l'indice relatif, 

§ 03i). 

Remarque. — Il peut arriver que le prétérit passif se confonde avec le 
prétérit actif en -/ (s^ ^^(j) : ro ort i< il a IVappé » et « il a été frappé ». A 
côté de dorindnacht « il a été accordé » on a doécomnacht « il a accordé » 
Wb. i4 c 33 ; la seule différence est dans la particule pcrfective, ro dans 
l'un, coin (§ 453) dans l'autre. 

Quand le radical verbal se termine par une dentale, ou par s, le pré- 
térit passif a la forme -ss (^ gS) : 

Ainsi, de *ess-ind-fcdiiii « j'exprime » as-r-ind-es « il a été exprimé » 

io4 c 8 (cf. § 49) ; 



IXEMEM'S DE LA r.ON.ILGAISOX TOI 



fo-cerâim « jcjelle )),/o crcss « il aclcjclc » Ily. V 48; 

ar-chôilini « j'endommage », -airchôs « il a été endommagé » Ml. 

97 ti I ; 

ro fctar «je sais », rofess « il a clé su » \\ h. 2.3 li 9. 

Le verbe ad-ciii « je vois » (!^ 297) lait au prétérit passif rt^/ cess « il 
a été vu », et le verbe ro-cloor « j'entends », ro closs « il a été entendu » 
(Wb. 23 c II). 

§ 3^6. Le prétérit passif est toujours conjoint. Toutefois, dans les 
textes récents, on rencontre une forme absolue qui n'est autre que le 
participe passé (§ /i8/i) : brethae « il fut porté » Ml. 5'i (cf. Zimmer A'^Z 
XWUI 3G7, Stracban RC XVII 'xù); gablhe « il fut pris » Ml. 55 c i 
(cf. Stracban RC XVI II 'ii'a) ; rilhx « il fut vendu » Arm. 17 b 1 
{Thcs. II 2 k)). 

§ 347. Dans les textes récents, sans doute sous l'influence du latin, 
on rencontre parfois un prétérit analytique formé du participe passé 
(§ 484) et d'un temps passé du verbe substantif. 

Ainsi : Ijuarc ro-m-hu suidiglhe iiidic hisin dosoiii india « parce que ce 
salut là a été placé pour lui en Dieu » Ml. 18 d 20 ; arrohu {= au rohii) 
lintac « quand il fut accompli » Ml. 25 c 16 ; robumar cuitidricblbi gl. 
erecti sumusMl. 43 d 6. 

Ce prétérit analytique a naturellement toujours le sens parfait 

(§^70- 

§ 348. De la conjugaison supplétive. 

Les thèmes verbaux à l'intérieur du même verbe sont si bien indé- 
pendants les uns des autres que parfois ils appartiennent à des racines 
difTérenles. 

Le cas de gr. oipM o'(gm r;i-.'r/.z-i, lat. fcro tidi Jatitiu, fr. 
je vais j'allais j'irai est attesté en vieil-irlandais dans les exemples sui- 
vants : 
tiagu « je vais » ; thème de futur : rcga « j'ii'ai » (cf. § 4oo); 

thème de prétérit narratif : liiid « il alla » (passif 

elhac) ; 
thème de prétérit parfait : docoid « il a été ». 

De même do-iiagii «je viens », do-rcga, do-liiid, do- 
decbnid. 
Cf. Zimmer KZ XXX 70. 



l82 MOm'IIOLOGIE 

/'C//;;/ « je porte » ; thème de prétérit narratif: birt « il porta » (pass. 
hreîhae) ; 
thème de prétérit parfait : ro nie a il a porté » . 
dohiur « j'emporte » ; thème de prétérit narratif: âohert « il emporta » 

(pass. dohrcih). 
thème de prétérit parfait : do nie « il a emporté « ; 
à côté du suhj. doher existe vm suhjonctif doue 
correspondant au thème du parfait. 
dobiitr « je donne » ; thème de prétérit narratif : dohcrt « il donna » 

(pass. dobretlj) ; 
thème de prétérit parfait : doratiis « j'ai donné » 

(passif doratad) ; 
à côté du subj. dober, existe un suhjonctif Jor^/ 
correspondant au thème du parfait. 
citiridir « il envoie » ; thème de prétérit narratif : corastar « il envoya »; 
thème de prétérit parfait : rolà « il a envoyé » ; 
De même docniredar, docorastar, dorale. 
Le prétérit roJà sert également de parfait à 
foccird « il envoie », dont le narratif est /fca/r^. 
dotuit « il tomlie » (§ 436 Rem. G) ; thème de prétérit : doeer « il 

tomba » (^axîoÀX dorochair « il 
est tombé »). 
fogabim « je trouve » ; thème de prétérit narratif: (non attesté) ; 

thème de prétérit parfait : fofiiar « j'ai trouvé » 
(passif /o/r ///;). 
§ 349. A ces faits on peut joindre les suivants : 
adelu « je vois » semble former son passif par supplétisme au moyen 
d'une forme de la môme racine contenant un élément sigmatique : 
actif indic. adeîii, subj. -aecadar « qu'il voie», fut. -écigi « qui verra», 
passif indic. et subj. -aceastar, fut. ad-cigestar (cf. i?C XXYIII 8; tou- 
tefois on a un indicatif passif adcither « il est vu » ^^ b. 12 c 12). 

ro fitir « il sait » a un doublet ro finnadar qui est proprement un 
présent dliabilude et s'oppose à ro fitir comme biid à aià (§ 4o5). 
C'est du thème rofinna- que sont en outre tirés l'imparfait de l'indica- 
tif et l'impératif de rofitir (Thurneysen ZCP V 19). 

Du verbe défectif qui fait au subjonctif ^wm « qu'il donne », et au 



ÉLÉMEMS DE I.V COMICAISON l83 

prclcrll paifail ivir « il a donne; » W b. 1 7 h 1 3 (passif ;c)m//;a Ily. II 5o), 
le futur semble être ebarid (eharlhi « il donnera cela » avec pron, 
suffixe Ml. ''iG h 12, cbarlhir « il sera donné » VYh. 82 a 27), corn- 
prenant peut cire un ancien préverbe cb- d'ailleurs sorti de l'usage 
(cf. Sarauw 75^ 126). 



DES DÉSINENCES 



§ 35o. Les désinences s'ajoutent directement aux llièmes. 

Si la désinence commence par une voyelle, la voyelle finale du thème 
tombe, à moins qu'elle ne se conserve comme voyelle d'infection (§ 7/1). 
Si la désinence commence par une consonne, la voyelle finale du thème 
est exposée à tomber par syncope, et tombe en fait le plus souvent. 

Mais d'autre part, dans les formes où la voyelle de la dernière syllabe 
du thème tombait par syncope devant consonne, la désinence se fait 
précéder d'une voyelle, qui est généralement /, et que l'on notera entre 
parenthèses dans les paradigmes qui suivent (§ 35 1 et suiv.). 

Ainsi : en face de léicthe « vous laissez » (de *lcc(i)-îbc), le futur en 
/est lécfithe « vous laisserez » (de *léc(i)f-ithe)] en face de bcnni « nous 
porterons » (de *bér(a)-mmi), le futur redoublé est cechnaiinini « nous 
chanterons » (de *cech(a)n-immi) ; en face de gesmi « que nous deman- 
dions » (de *ges-mï), le futur sigmatique redoul)lé est gigsimini (de 
*gig(e)s-iinvii) ; etc. Ces faits s'expliquent par la loi de syncope exposée 
au § i32. 

Il y a deux sortes de désinences : les désinences primaires et les dési- 
nences secondaires. 



A. Désinences primaires. 

§ 35i. Les désinences priDiaires sont celles des présents de l'indica- 
tif, du subjonctif et du futur, de l'impératif et du prétérit. 
Elles comportent les trois voix (§317). 



l84 MORPHOLOGIE 

P Actif. 
Les désinences du pluriel sont les mêmes dans tous les temps de tous 
les modes : 

flexion absolue flexion conjointe 

PI. i""*^ pers. -(i)mmi -am {-cui quand le thème verbal se 

relat. -(i)inme termine par un -/) 

2^ pers. -(ijthc ~id 

3^ pers. -// -al (-et comme pour la i'') 

relat. -(i)te. 
■Remarque I. — A la i"' pers. du pi. conj., 1"//; finale est aspirée. Cela 
ressort du fait qu'elle n'est jamais redoublée (|:^§ 48 et 67), mais surtout 
de l'usage delà rime dans le Félire d'Oengns (cf. Strachan ZCP II 211). 
Au contraire, la i"* pers pi. abs. a une m non aspirée, fréquemment re- 
doublée dans la graphie : -mini, -mmc. 

Piemarquc II. — La distinction de -mi et de -me à la 1''' pers. pi. abs., 
toujours observée dans \\h., ne subsiste pas dans les textes récents, no- 
tamment clans AIL, d'une façon régulière (Tburneysen ZCP II 79. Peder- 
sen KZ XXXV 876). 

Remarque 111. — Il v a quelques traces de désinences -mit et -tit aux i'"" 
et 3'' pers. pi. de la flexion absolue : giiidmit « nous prions ». AN'b. i5 d 18, 
gébîit « ils prendront » (Wb. 2G a 8); cf. Zimmcr KZ XXA III 3i5, Tbur- 
neysen ZCP II 79- 

Remarcjue IV. — A la 3" pers. pi. conj., la désinence était primitivement 
-ot, encore conservée dans Cam. (§ 103). 

§ 352. Au singulier, il convient de distinguer les difîérents thèmes. 
On notera que parfois la désinence est difficile à discerner parce qu'elle 
se combine avec le thème. 

Indicalif. 
llc'xion ajjsolac flexion conjointe 

f verbes faibles : -//. 

Sg. I. -iin < verbes forts: consonne de position pos- 

( térieure (quclcpicfois -11 après -/). 
f verbes faibles : -/. 

2. -/ <. verbes forts : consonne de jiosition anlé- 

( rieure. 

3. -id zéro. Le thème est nu ; dans la 3<^ conju 

relat. -«(-a5 quand le liièmc se termine gaison, sauf pour le type rcnaiin, la 

par un -d). consonne finale est de position anté- 

rieure. 



ÉLÉ!\IE>'TS DE LA CONJUGAISON 1 85 

Remarque. — H y a quelques traces d'une désinence -u à la i'"'' pers. sg. 
abs. : /tîcnz « j'adirine » Wl). kj a i8, heru biriiv. je porte» (Wh.Stokes KSB 
VI 462), arcii « je prie » et crcithi « je crois » (K. Meyer RC XV 485). 

§ 353. A la I™ pcrs. sg. conj., la finale absolue se substitue le plus 
souvent à la finale conjointe. Dans quelques verbes (tel do-biur) la 
finale conjointe se maintient toujours. Dans quelques autres, il y a hé- 
sitation :/(;;rowo-//r Wb. 19 d 20 cl forcoiig ri mm Wb. 9 d 3o «j'ensei- 
gne », dofuismiu Arm. 177 b i et dofuismim « je crée » Sg. 182 b 2 ; 
etc. Enfin, dans craulrcs, la finale absolue est seule attestée en position 
conjointe ; c'est le cas notamment pour presque tous les verbes faibles 
(exceptions: dorimu «je compte » Fél. Ep. 317 ; -nessiii « je foule 
aux pieds » Ml. 126 c 17 ; etc.). 

Exemples de finales conjointes conservées : conriiig « j'attache » Sg. 
181 b I, armiit « j'attends » (de netbim, § 98) AVb. i4 a 18, 23 b 27, 
dofonuch a je lave » (de iiigùii) Sg. 5/| a 8, forchun « (ce) que j'en- 
seigne » Wb. 10 a i3, iiidluiig « je fends » Sg. i5 a 5; akvch «j'im- 
plore » (de tecljîui) Ily. V 96, VI i ; etc. 

§ 35/j. Impératif. 

Sg. 2. zéro. Le Ihèmo est iiii, privé mènie de sa voyelle finale clans les 
verbes faibles. Dans les verbes forts, à l'exception du type renaim, 
la consonne finale est de position antérieure. 
3. -ed Ç-ad quand le thème se termine par un (7, ou parfois cpiand 
il y a un a dans la syllabe précédente). 

Ainsi, de berim l'impératif est: Sg. 2. bcir, 3. bcrcd. De là, 
en cas de dissyllabisme (l'accent frappant l'initiale, § /jao) : lomil 
« mange », tessifii « verse » Ml. i3/i a G de domelim, docsmim (de *to- 
es-semim). 

§ 355. Subjonctif et futur en -a-. 

llex. abs. (lex. conj. 

Sg. I. : thème nu (-a) thème nu, privé de sa voyelle finale. 

2. : -c -e 

3. : -/(/ thème nu. 
rclat. -as (-es quand le thème verbal 

se termine par un /). 

§356. Subjonctif et futur sigmaliques. 



l86 MORPHOLOGIE 

flex. abs. flcx. conj. 

Sg. I. -u (au futur -c) tlièmc nu, avec consonne finale de posi- 

tion postérieure. 

2. -i thème nu, avec consonne finale de posi- 

tion antérieure. 

3. Tlième nu, avec consonne finale thème nu, moins la sifflante ; au futur 

de position antérieure parfois, chute de la voyelle après la 

relat. thème nu. svllabe de redoublement. 

Remarque I. ■ — La dilTércnce du futur et du subjonctif à la i'*= pers. sg. 
tient à la présence du redoublement, dont la voyelle i influe sur le timbre 
de la voyelle iinale. Au subjonctif la finale -u n'est d'ailleurs pas sûrement 
établie (cf. § Sga). 

Remarque II. — A la 3- pers. sg. conj. du futur, la voyelle radicale tombe 
après la syllabe de redoublement dans -foil Ml. 23 a 8 de fo-longim «je sup- 
porte », tbème de fut. sigm. *lilcs- ; -foil sort de *fo-lil. Mais dans -mema (de 
madim Ml. 89 c 1 1 elle s'est conservée intacte. Naturellement, la voyelle sub- 
siste si elle est appuyée d'une consonne : -cidierr Ml. 87 d G de cerdiin « je 
jette » {cicherr remonte à *ciccrds, § 120). 

§ 357. Futur en/. 

llex. abs. flex. conj. 

Sg. I . -a voyelle /( devant la consonne finale du 

thème. 

2. -e -e. 

3. -l'd -a. 
relat. -as (-es quand le thème verbal se 

termine par un /'). 

Remarque. — Une désinence -cd au lieu de -id est attestée dans cretfcd 
(( il croira » Wb. i a 3, sôirfed « il délivrera Wb. 32 d i3, scichfcd « il sui- 
vra » Ml. 89 c 5. Peut-être s'agit-il d'un cbangement apoplionique de / en ^^ 
comme dans les exemples du ^ i54- 

§ 358. Prétérit sigmatique. 

flex. abs. flpx. conj. 

Sg. I. -n voyelle il devant la consonne finale du 

thème. 
3. -/ voyelle / devant la consonne finale du 

thème. 
3. voyelle / devant la consonne thème verbal nu, privé le plus souvent 
finale du thème. de la voyelle finale. 



ÉLÉMENTS DE LA CONJUGAISON iH"] 

Remarque I. — Contrairement au prétérit radical et au prétérit en -t, 
le prétérit sigmaliquc n'a pas pour la position relative de forme spéciale à la 
3" pcrs. sg. : caris « qui aime » Cam. 38 a. 

Remarque II. — A la 3'' pers. sg. conj., la voyelle finale du llièmc ver- 
bal se maintient parfois dans la seconde conjugaison : rocrrti « il a cru » 
(Wb. 5 a 7, 5 b 21, i3 a 34, a4 b 3i, etc.), dorigeni « il a fait », cf. i; i38, 
adroni « qui a confié » Wb. 29 d 29 (de *aiîh-ânim, soit *ad-ro-àni), immc- 
ràni « qui a délégué » BCr. 39 d 2, etc. ; rarement dans la première : conro- 
deda « il s'est pourri » Ml. i iS b 2 (de condedalm) h côté de rodedgl. conta- 
buit Ml. III b 12 ; dans la troisième, seulement quand le tlième verbal se 
termine par une voyelle : roLi « il a posé » (Tur. 80, etc.). 

§ 359. Prétérit en -/. 

ahs. conj. 

Sg. I. non attesté thème nu avec consonne finale de posi- 

tion postérieure. 

2. non attesté thème nu avec consonne finale de posi- 

tion antérieure. 

3. thème nu avec consonne finale thème nu. 

de position antérieure, 
relat. -e. 

Prétérit radical. 

abs. conj. 

comme le prétérit en t Sg. i. thème nu. 

2. thème nu. 

3. thème nu avec consonne finale 

de position antérieure. 

Remarque. — La désinence relative -c n'est attestée qu'en un petit nom- 
bre d'exemples : luid « il alla » laide « qui alla » Ml. 55 c i ; ro giiiil « il 
s'est attaché » Ml. 98 b 8 (de glvnim, soit *ro gegl-), giiilx « qui s'est atta- 
ché » Tur. 125. Exceptionnellement, on a anacht « qui protégea » au lieu 
de anachte Ily. I 22 (de angiin). 

§ 36o. Il" Passif. 

En dehors du prétérit, dont la flexion spéciale a été indiquée au 
§ 3/1 3, les désinences primaires du passif sont en règle générale les sui- 
vantes : 

Sg. abs. -tbir conj. -thar 

PI. abs. -iir conj. -tar. 



l88 MORPHOLOGIE 

Toutefois, il y a trois observations importantes à faire. 

1° Au lieu de -ihir, -thar, les désinences du singulier sont simple- 
ment -ir, -ar à l'indicatif des verJDes forts, et exceptionnellement au sub- 
jonctif sigmatique (§ 892). Toutefois, même à Findicatif, les verbes 
forts du type giiidini (et crinini), § 827, présentent le plus souvent -//;/> 
et -thar. 

Il" Dans la flexion conjointe, aux désinences -ibar et -far répondent 
généralement -tber et -1er lorsque la syllabe précédente est de position 
antérieure. 

11 1" Les désinences du passif se font généralement précéder d'une 
voyelle, qui est / en position absolue, a (ou c) en position conjointe, 
au futur (redoublé, sigmatique ou en /). Cette règle s'applique égale- 
ment au pluriel du subjonctif sigmatique. Ainsi : legf-ithir « il sera lu », 
Icgf-alhar Qegfethar) « qui sera lu » ; gessitir « ils seront demandés », 
gessalar vc qui seront demandés » ; etc. En position conjointe, la dési- 
nence se présente même parfois sous la forme -ithcr (-ilcr) à côté de -athar 
(-atar), -ethar (-ctar). 

Remarque. — Dans la a*" conjugaison, le thème verbal se présente géné- 
ralement sous la forme lécc- (au lieu de léci-^ devant les désinences -thar et 
-tar. Mais au Heu de Iccethar, Icceîar, on trouve aussi Ickîhcr, léicter avec 
syncope de la voyelle thématique et altération du thnbre de la voyelle désl- 
nentlclle (ci-dessus). 

i; 86 1. 111° Déponent. 

Au pluriel, comme dans l'actif, les désinences sont les mêmes pour 
tous les temps. 

il ex. abs. flox. conj. 

PI. I. -iiiiinir -aiiiiiiar (jciiuiiar, -(c)iniiicr ([uanJ lo 

tlicmc se termine par un /). 
3. -itir -atar {-etar comme pour i). 

Il n'y a pas de 2® pers. pi. déponente (§ 3 19). 

Remarque I. — A l'impératif, il n'y a pas d'exemple de 1"^ pers. pi. Du 
verbe scchur «je suis » la seule forme attestée a une désinence active: -scichcm 
« suivons » Wb. 25 c 6. 

Remarque II. — Les prétérits radicaux et le prétérit en / ont toujours"aux 
!'■'' cl 3'' personnes du pluriel les désinences du déponent (§i; 339 ^^ 3/i2). 

Remarque III. — Exceptionnellement, -artar se substitue à -atar dans 



F.LFMF.NTS DF, I. \ (:0\,ITr;AISON 1 89 

rogcncirtar « ils sont nés » Wb. t\ c 12, poiil cHre simple lapsus, causé par le 
singulier rogénar (cf. loulel'ois Zinuner KZ X\X 220). 

§ 3C2. Au singulier, on pcul distinguer quatre groupes : 

a. Indicalif. 

Hcx. abs. flpx. conj. 

Sg. I. -ur "'"' 

a. -(i)ther -('O^^'^'r 

3 .///;/,■ -alhar Ç-clhiv quand \o Ui(''mo se Icrminn 

par un /). 

A l'impératif, une seule personne est attestée, la 2'' sg.^ dont la dési- 
nence est -//;<' (cf. Thurncysen IF l f\Go). 
h. Subjonctif et futur en a, futur en y. 

flcx. abs. flcx. conj. 

Sg. I. -ar Ç-cr quand le lli(ni(^ verbal -ar (-ci) 
se termine par ini /) , 

2. -(i)lher -(i)ther 

3. -ithir -alhar (-ethar) 

Remarque. ^- Exceptionnellement, la désinence est -or au lieu de -ar 
dans rocloor « que j'entende » Wb. 28 d 2 etc. du verbe ro-cluiniur. 
§ 363. c. Subjonctif et futur signiatiques, prétérit sigmatique. 

llex. abs. llex. conj. 

Sg. I -ur -ur 

1 -cr -er 

3 -thir -ihar. 

Remarque. — Devant la désinence -cr de 2'' pers. sg., le thème de pre- 
mière conjugaison au prétérit sigmatique est lubris- au lieu de lahras- : labri- 
ser « tu parlas ». 

d. Prétérit radical. 

Il n'y a d'attestées que des formes conjointes. 

Sg. I -ar 

2 -ar 

3 -air. 

Remarque. — Exceptionnellement, on a -.!/' au lieu de -air danfidunimenar 
« il a pensé » Ml. 32 d lo du verbe do-moiniur. 



I QO MORPHOLOGIE 



B. Désinences secondaires. 



§ 364- Les désinences secondaires servent pour les trois Imparfaits de 
rindicatlf, du subjonctif et du futur, quel que soit le thème; il n'y a 
pas de flexion absolue (§ 32 3). 

Sg. I -i?in PI. I -Ci) 1)1 mi s 

2 -tha 2 -(i)l])e 

3 -cd {-ad quand le thème 3 -(i)tis. 

se termine par un -a) 

Au passif Sg. -ibe, PI. -//.y (toutefois Pedersen KZ XL 170). 
Il n'y a pas de déponent (§ 319). 

Remarque. — Comme la graphie mm le prouve, Y m de la i''' pers. pi. 
n'est pas aspirée. 



CHAPITRE II 

PARADir.AIES 



§ 365. !'■'' Conjugaison. 

Remarque. — Dans les paradigmes du verbe légaim « je lis », Va d'infec- 
tion a toujours été noté à la fin du thème devant voyelle ; il ne l'a pas été 
quand la finale commence par une consonne. Il est donc sous-entendu qu'on 
peut rencontrer dans les textes des formes telles c[aelégthair, légtair, léginais, 
légtais, légfaid, légfait, légsal, légsa'ui, etc. ; de même qu'inversement, si la 
voyelle d'infection n'est pas écrite, lég'un, légi, légid, léginn, etc. 



Présent de l'indicatif. 



Abs 



Conj. 



Sg. I légaim « je lis » -légii (-Icgaiiii) 

2 légal -légal 

3 légald -léga 
relat. légas 

PL I légml -léga m 

relat. légme 

2 légthe -légald 

3 légalt -lé^at 
relat. légale (légtc) 



Passif. 

Sg-. légthir -Ugthar 



PI. légtlr -légatar (-légtar). 

Remarque. — Parfois, lorsque la voyelle radicale du verbe est un /, on 



192 



Moiu'Hoi.orar. 



trouve la finale -ther à la 3'' pers. conj. du passif; ainsi scrihîher (rcial.) de 
scrihaiin ^M). 27 d i3. 



§ 3GG. 


Impai 


■fait de rindicatif. 


S<<. I -Icgainn 




IM. 1 -Icgniis 


•2 -Icgtha 




■2 -Icgthe 


3 -Icgad 




3 -légtis 
Passif. 


Sg. -h'gthe 




Pi. -légtis 
Im])éialif. 


Sg. 2 % 




Pi. I Icgam 


3 Jégad 




2 h'gaid 

3 Ic^at 



Sg. 


hgthitr 




§36' 


7. , 


Abs. 




Sg. 


1 Icga 

2 légae 

3 légaid 






relat. k'gas 






PI. 


1 légvii 






rek: 


it. légnic 

2 léglhc 

3 légait 






leL^ 


it. léglc 






Sg. 


léglhir 






PI. 


légilir 


(l.gli 


'■) 



Passif. 

PI. légahv (léglar) 

Présent du subjonclif. 

Conj. 
-lég 
-légae 
-Uga 

-légaiii 

-légaid 
-légal 

Passif. 

-légthar 
-légalar (-légtar) 

Imparfait du suhjonclif 
comme Timparfait de Tindicatif. 





PAMADIGME^ 


-, nr 


. LA CON.IUGALSOX I 


§ 308. 


Pr(> 

Vhs. 


enl 


du fui 


nr. 

Conj. 


Sg. I 


Uiifa 






-légub 


2 


légfe 






-légfe 


3 


Ugfid 






-légfa 


relal. 


h'gfûs 








PI. 1 


Icgfiiiiiiii 






-légfaiii 


relal. 


Icgfimmc 








•2 


léofiihc 






-kgfid 


3 


101 






-légfal 


relal. 


Icgfitc 


P^ 


issif. 




Sg- 


Icgftîhir 




- 


-légpther(-Jcgfeihar,-légh- 
thar) 


PI. 


Icgfitiv 






-légfiter (-légfciar) 




Imparfai 


l du fu 


lur. 


Sg. \ 


-légfinn 




PI. 


I -h'gjïiiiniis 


2 


-Ugfetha 






2 -légfithc 


3 


-légfad (-h'gfcd) 






3 -Jcgfitis 






Passif. 




Sg- 


-h'gfithc (-h'gbthc) 




PI. 


-Ugfiiis 


§ 369. 


Abs. 


Pr 


îlérit. 


Conj. 


Sg. I 


Jcgsii 






- légus 


'2 


Icgsi 






-légats 


3 léoais 






-lég (-léga) 


relal. 


h'gais 








PI. I 


légsininn 






-légsaiii 


relat. 


légsimme 








2 


(non allesté) 






-légsid 


3 


h'gsit 






-légsat 


relat. 


U^siie 









193 



ig4 MORPHOLOGIE 

Passif. 

Sg. %//;^(§3/i6) -légad 

PL (non attestée) -légtha 

§ 870. Se conjuguent de même les verbes : 

anaim « je reste », arbertaim « je prépare », àsaim « je croîs 
(cresco) », hrénaim «je pourris », caraim «j'aime» (futur, §335), 
clannaim « je plante », cnetaim « je soupire », ad-cobraiin « je 
désire », fo-crothaim « j'ébranle », delhaiin « je forme », comdel- 
gaim «je compare», diomaim «je déclare », dliithaim « je rends 
solide y), do-donaiiii « je console » (inf. didnad % k^o), fo-dridmini «je 
retarde y), fris-dûnaiin ((j'obstrue », ad-ellaim « je visite », do-cUaim 
« je détourne » (préverbe di- § /iSo), ciadaim «j'obtiens» (futur, § 336 
Rem.), fégaim « je vois », gellaiin « je déclare », glanaim « je purifie », 
/V^fl/m «je guéris », îadaim «je ferme», làmnaim «j'enfante», lâthraim 
«j'expose», Jegaiiii « je me dissous », lénaiiii « je blesse », hthaîm 
«j'étends», liiiaiiii ((j'emplis », lohaiui « je me corromps », logaim 
«j'obtiens », iiiarbaini «je tue», lucrtaiin «j'établis », nwlauii (( je 
loue », iiii'icbaiiii « je recouvre, j'étouffe », ncriaini (( je fortifie », pred- 
cbaini « je prêche », proniai m « j'approuve », ranuaiin «je partage », 
recca'un «je vends», rclaiiu « je manifeste », -scandaini «je vais», 
scaraim « je sépare » (futur, § 335), sechnaini « j'évite », scribaim 
« j'écris », sénaiiii « je bénis », ser^aini « je dépéris », skchtaim «je 
fléchis », sôiraim « je délivre », techiaini « je possède », tinaini « je dis- 
sipe », iroiiniiaiiii « j'accable », trôclhaiiu « j'opprime », etc. 

§ 371. Déponent. 

Remarque. — Les formes empruntées à la flexion active sont mises entre 
parenthèses. 

Présent de l'indicatiL 

Abs. Conj. 

Sg. I A//;r//r c( je parle » -labrur 

2 labrither -labrither 

o Inbriibir -Jabratbar 

PL I labriiiiiiiir 'labrûiiiiiiar 

2 (lûbritbr) _ (-labraid) 

3 labrilir -labralar 



p\RADIG^^Es ni: la conjugaison 



190 







Impératif. 




Sg. 


2 labrilJjc 


PI. 


2 (labraid) 




'à (lahrad) 




3 labratar 






Présent du subjonctif. 




Abs. 




Conj. 


%• 


T lahrar 




-lahrar 




2 lahrither 




-lahrither 




3 lahrithir 




-lahrathar 


PI. 


I lahrUnmir 




-labraimuar 




2 (ïabrithe) 




(-labraid) 




3 labritir 




-labratar 


^37 


2. 


Présent du fui 


ur. 




Abs. 




Conj. 


Sg- 


I (non attesté) 




-labrafar 




2 » 




(non attesté) 




3 




-labrafethar 


PI. 


I )) 




-labrafaiiiiiiar 




2 (labriblbc) 




(-labri/îd) 




. 3 (non attesté) 


Prétérit. 


-lahrafatar • 


Sg- 


I -labrasur 


PI. 


I -labrasaiiiniai 




2 -labriscr 




2 (-labrîsid) 




3 -labraslar 




3 -la b rasa far 



Remarque. — Il n'y a pas cJc flexion passive attestée pour la première 
conjugaison du déponent. 

Se conjuguent de même les verbes : âgur « je crains », œnialnur « je 
remplis », folnur «je règne » , ad-gh'tdiir «je parle », molur<-^ie loue », 
samlur « j'imite ». 

§ 373. Deuxième conjugaison. 

Remarque. — Dans les paradigmes du verbe léicim « je laisse », 1/ d'in- 
fection a toujours été noté devant la consonne finale du radical ; mais il est 
bien entendu cpi'on rencontre aussi dans les textes des formes telles que 
lécim, Uci, lécid, léccs^ lécmi^ etc. 



iqG MORPHOLOGIE 

Présent de l'indicatif. 



Abs. 








Conj. 


Sg. I /^'/V/w «je laisse » 






-léiciu (-léicini) 


2 léici 








-léici 


3 Uicid 








-léici 


relal. léices 










PI. I Icicmi 








-léiceiii 


relal. léiciue 










'2 Uiclhe 








-léicid 


3 léicit 








-léicel 


relat. lècite. (léici e) 






Passif. 




Sg-. léicthir 








-léicther 


PI. /<7V//r 








-léicetar (-léicter) 


§374. 


Im 


pai 


•fait de Tindicatif. 


Sg. I -Uicinn 






PI. 


I -léicmis 


•1 -Ificïhm 








•j. -léictbe 


3 -/(î'/Vi'i 






Passif. 


3 -léicîis 


Sg. -léicthc 






PI. 
Impératif. 


-léictis 


S g. 2 Mr 






PI. 


I léiccin 


3 hî'ced 






Passif. 


1 léicid 
3 léicct 


Sg. h'icther 






PI. h'icet a r (h'ictcr) 


§ 375. 


Prése 


nt du sul)jonctif. 


Abs. 








Conj . 


Sg. 1 Mm/ 








-Uic 


2 Uice 








-léice 


3 /e'/r/W 








-léicea 


l'clat. /c'/Vv^ 











l'AUADK.MKS DIC l.V (lU.N.I L (.AISIJ.N IQy 

PI. 1 /éicniJ -léiceiii 

relat. léiciiw 

2 /(''/("//;(' -léicid 

3 Icicil -léicet 
relat. Icicle 

Passif. 

Sg. léicthir -léicthcr 

PI. Jéicitir (Icictir) -léketar (léicler) 

Imparfait du subjonctif. 
Comme l'imparfait de rindicatil. 



§376. 


Présent du futur. 


Abs. 


Coiij. 


Sg. I /g'/V/^a 


-léiciiib 


2 /f'iV/e 


-léicfe 


3 léîcfid 


-léicfea 


relat. /f'/V^jr 




PI. I léicfimun 


-Icicfcin 


relat. Jéicfimmc 




1 léicfithe 


■léicfid 


3 A'/V^/ 


-Icicfd 


relat. Mr^/t' 






Passif. 


Sg. léicfithir 


-léicfiihcr \ 




-léchthai 


PI. /(//V///V 


-Jéicfitcr (-, 




Imparfait du futur. 


Sg. 1 -Uicftiin 


PI. I léicfiuiDiis 


2 -léicfetha 


2 -léicfithe 


3 -léicfed 


3 -léicfilis 



Passif. 

Sg. 'léicfithe (-Jéichlhc) PI. -Jéicfitis 



98 



MORPHOLOGIE 



§377- 



Prétérit. 



Abs 



Sg- 


1 léicsiu 

2 Uicsi 

3 Uicis 




relat. (non attes 


.tée). 


PI. 


1 Uicsimmi 




relat. Uicsi mmc 






1 (non attej 


.tée) 




3 Uicsit 




relat. îéicsite 




sg. 


Uicthe (§ 


3^6) 


PL 


(non atte 


stée) 



Passif. 



Conj. 

-Uiciiis 
-Uicis 
-Uic (-Icici) 

-Uicseni 

-Icicsid 
-Uic s et 



-Uiced 
-Uicthea 



§ 378. Se conjuguent de même les verbes : 

ailim « je prie », airim « je veille », cretim « je crois », dâilim « je 
partage », ar-égim « je me plains )), fôidim « j'envoie », do-gâithim «je 
trompe» (préverbe di- § /i3o), ad-ro-illim « je mérite », loitini « je 
heurte y), fo-longim «je produis », loscii)i « je brûle », liïathim «j'agite», 
do-luigim «je pardonne », moidini « je me glorifie »_, imm-râdim « je 
médite », ad-rimim « je compte », roissim « j'hésite », scaigim «je 
m'avance », ad-selbiiii « j'affirme », sctiiii « je souffle », sirini «je 
scrute », od-slaiciiu « j'ouvre », sîaidiin «je frappe », sJuccim « j'avale », 
sluindim « je désigne », ad-snadiiii « je diffère », srédiin « je jette », 
ar-tûaisim « je me tais », tiiigim «je couvre », etc. ; et tous les verbes 
dérivés en -igiin : athrigiiii « patrisso » Sg. 11 b7 (àeaihir); haithaigiin 
« je déraisonne » Sg. 56 b 5 (de baith « fou ») ; cumachtaigiin «je suis 
puissant », Sg. 39 b 2 (de cumacht « puissance »); dechrigiin « je diffère 
« Sg. 177 b I (de dcchur « différence y)) ; fliuchaigiin «je suis humide » 
Sg. 10 b 3 (àe fliuch « humide ») ; mûnigim « j'urine » Sg. 17/i a 2 
(de niûn « urine ») ; îrebaraigiiii « je suis prudent » Sg. i/i6 b 16 (de 
trebar « prudent ») ; etc., cf. Strachan Dep. /i88. Les verbes dérivés en 
-igim présentent çà et là des formes déponentes (§ 3 18). 



PARADIGMES DE LA r;0>JLGAISON 1 90 

§ 379. Sous l'influence de la voyelle radicale, un a d'infection s'est 
parfois introduit dans la flexion des verbes de la 2'^ déclinaison. Ainsi, im- 
radiin « je médite » Sg. i55 b 3, sg. 3 immrddi VYb 17 a i3, est devenu 
imrddaim PCr. 65 a i et fait au pi. 3 immrddat (Wh. i d 7, 28 c i, Ml. 54 
a 20, io5 a 3, 107 c i), au lieu de iinmrddet; cf. § 329. 

§ 38o. Déponent. 

Présent de l'indicatif. 



Abs. 


Colij. 




Sg. I (foilsigiiii) « 


je manifeste » -foilsigur 




2 foilsigther 


-foilsigther 




3 foilsigithir 


-foilsigethar 




PI. I foilsigniir 


-foilsiginer 




2 (foilsigthe) 


(-foilsigid) 




3 foilsigitir 


-foilsigetar 
Passif. 




Sg. foilsigthir 


-foilsigther 




PI. fûilsigtir 


-foilsigter 




Remarque. — A la i 


'■'' pers. sg. abs., la forme est toujours 
Impératif. 


active 


Sg. 2 foilsigthe 


PI. 2 (foilsigid) 




3 (foilsiged) 


3 foilsigetar 
Passif. 




Sg. foilsigther 


PI. foilsigter 




§38i. 


Présent du subjonctif. 




Abs. 


Conj. 




Sg. 2 foilsiger 


-foilsiger 




2 foilsigther 


-foilsigther 




3 foilsigithir 


-foilsigethar 




PI. I foilsigmir 


-foilsigmer 




2 (foilsigthe) 


(-foilsigid) 




3 foilsigitir 


-foilsigetar 





200 



MORPHOLOGIE 



Sg. foilsiglhir 
PI. foilsiglir 

i5 382. 



Sg- 


I foilsigjcr 




•2 foilsigfithcr 




• 3 foilsigfïthir 


PI. 


I (non attesté) 




2 » 




3 » 


Sg. 


foilsigfïthir 


PI. 


(non alleslô') 


§ 38 


13. 


Sg. 


I -Joilsigsiiir 




•1 -foilsigser 




3 -foihigcslar 



Sg. -foilsiged 



Passif. 



Présent du futur 



Passif. 

Prétérit. 
PI. 

Passif. 
PI. 



-foilsigtber 
-foilsigfer 



-foilsigfar 
(non attesté) 

» 
foilsigfetar 



-foilsigfither 
-foilsigfetar 



1 -foilsigseiiiinar 

2 -(foilsigsid) 

3 -foilsigsctar 



-foilsigihea 



Il n'y a qu'une 3'' pers. sg. absolue attestée ; c'est cichnaigistir gl. 
« striderat » Sg. 162 b 2. 

Se conjuguent de même les verbes dérivés en -igur, qui présentent 
d'ailleurs çà et là des formes actives (cf. Strachan Dep. 4^9 et 488) ; 
par ex. : adainriigiir « j'admire » Wb. 16 c 3 (de adanire)\ -cairignr 
« je blâme » Wb. 11 d i (de caire « blâme ») ; -isligur « j'abaisse « 
Wb. 17 d.22 (de isel « bas ») ; etc. 

§ 384- Troisième conjugaison. 

A la flexion complète du verbe bcrif)i « je porte », on a joint les 
subj. et fut. sigmatiques du verbe giiidiiii « je prie », le prétérit radi- 
cal non redoublé du même, et le prétérit radical redoublé de canim 
« je chante ». 







Ahs. 






Sg. 1 


bcriiii 


a je 


poi 


■le » 


•2 


beri 








3 


bcrîd 








relat. 


bercs 








PI. 1 


beniii 








relat. 


benne 








2 


berthe 








3 berit 








relat. 


berte 








PI. 


berir 
beiiir 









l'AIÎ.VDlGMES DE L\ CONJUG.VISON 201 

Présent de F indicatif. 

Coiij . 

-biiir f-berim) 
-bir (-beri) 
-beir 

-beniin 

-berid 
-berat 



Passif. 



-berar 
-bertar 



§ 385. Différences dans la flexion suivant la différence des thèmes. La position 
de la consonne finale du thème a déterminé une double série de confusions 
déjà indiquées au t^ 829. Les verbes dont l'indicatif a un thème en -/- (type 
guidini) ou en nasale de position antérieure (type crinim) onl certaines formes 
pareilles à celles delà a'^ conjugaison, et les verbes dont l'indicatif a un thème 
en nasale de position moyenne (type renainï) des formes pareilles à celles de 
la 1"^°. Ceci se manifeste dans les cas suivants : 

L Les verbes du type guidini et du type crinim ont généralement les dé- 
sinences conjointes suivantes : Sg. 2 -/, PL i -em, 3 -et, empruntées à la 
2" conjugaison ; ainsi de gabim, sg. 2 : -gaibiVsh. 82 a 16, de condegim « je 
cherche », sg. 2. condaigi Thés. Il 296, 5; de ar-nethiin «j'attends», pi. 1. 
aranethem Wb. 3i c 17 ; 3. arneithet Ml. 89 d 20 ; de guidim « je prie », 
pi. 3. -guidet Wb. 7 b 21 ; de-rigini, sg. 2. durigi gl. exuis Ml. 108 d8, etc. 
Au singulier du passif, ils ont les désinences de la 2" conjugaison : gaibthir 
« il est pris » Wb. 16 d 7, -gaibther (Wb. 28 c 20), araneter « qui est 
attendu » Ml. !^2 c 23 (de *neth-ther, § loi) ; toutefois -thar se substitue à 
-îher dans asagnintar « il est compris » de gninini Sg. 210 a 10. 

§ 386. IL La flexion des verbes du type renaim dilïère de celle de herini, 
abstraction faite de l'^ d'infection (§ 74), à la 2" pers. du sg. conjointe et 
à la 3" pers. relative : en face de -hir, beres, on a -renai Ml. /j4 a 6, crenas 
« qui vend » Wb. 29 d 28. 

§ 887. Non seulement la position de la consonne finale du thème, mais 
encore la nature de la voyelle radicale peut intluer sur la désinence. Ainsi 



202 MORPHOLOGIE 

du verbe orgim « je tue » la 3'= pers. sg. de l'ind. présent a la forme orcaid 
» il tue » Ml. 19 d 6 et orcas (relat.) « qui tue » Wb. 28 a 4- L radical a 
introduit dans la désinence un a d'infection qui est devenu dans la forme 
relative un a d'apophonie (§ 102) ; cf. le cas de immrddim, § 379. 

§ 388. Imparfait de l'indicatif. 

Sg. I -berinn PI. 1 -bennis 

2 -hertha ■ 2 -berfe 

3 -bered 3 -bertis 

Passif. 
Sg. -bertbe PI. -bertis 

Remarque. — Les verbes du type renaiin ont à la 3^ pers. sg. la dési- 
nence -ad. 








Impératif. 


2 beir 


PI. I beram 


3 bered (berad) 


2 berid 




3 berat 




Passif. 


berar 


PI. bertor 



Remarque. — Les verbes du type guidim {crinim) ont de même les dési- 
nences : PI. I -em, 3. -et et au passif Sg. -ther au lieu de -ar, PI. -ter au 
lieu de -tar. 



§389. 


Présent du 


subjonctif. 


Abs. 




GonJ. 


Sg. I bera 




-ber 


2 berae 




-berae 


3 beraid 




-bera 


relat. bera s 






PI. I bermi 




-beram 


relat. benne 






2 berthe 




-beraid 


3 berait 




-berat 


relat. bcrte 











l'ARAUlGMES DE LA CONJUGAISON 






Passif. 


Sg. 


bcrthir 


-berlhar 


PI. 


hcrtir 


-hertar 



203 



Sg. I -berinn 

2 -bertha 

3 -berad 



Sg. -berthe 



Imparfait du subjonctif. 

PI. I -hennis 
'1 -berthe 
3 -bertis 



Passif. 



PI. -bert 



is 



§ 390. 



Présent du futur. 



Identique au présent du subjonctif, mais avec un è au radical ; soit 
héra bèrae béraid, etc. 

Imparfait du futur. 

Identique à Timparfait du subjonctif, mais avec un é au radical ; 
soit -bérimi, -hértha, -hérad, etc. 



Prétérit. 



Abs. 
Sg. I (non attesté) 

2 (non attesté) 

3 birt 
relat. bertae 

PI. I (non attesté) 

2 (non attesté) 

3 (non attesté) 

Sg. brethae (§ 3/^6) 
PI. (non attesté) 



Passif. 



Gonj. 

-biiirt (-bert) 

-birt 

-bert 

-bertammar 

-bertid 

-bertatar 

-breth 
-bretha 



Remarque. — Pour les formes supplétives du verbe berim, v. § 348. 

§ 391. Les formes conjointes sont exposées, quand elles se trouvent 



20a MORPHOLOGIE 

après l'accent, à tous les accidents qui surviennent dans les syllabes 
post-accentuées (§ i3o et ss.). Ainsi la flexion de do-hiur devient quand 
l'accent frappe l'initiale (§ ^23) : 

Ind. Prés. Sg. i -tabur, 2. -tahir (-tabair), 3. -tabir (-ta- 
balr), PI. I -iaibrem, 2. -taibrid, 3. -taibret; passif: -tabarr Vsh. 
1733, 'tobarr V\h. 12 d 29 (cf. § i35) et -tabariar. — Impart". 
Sg. I -taibrinn, 2. -tabartha, 3 -taibred, PI. 1 -îabaiinis, 1. -ta- 
barthe, 3. -tabartis. Impérat. Sg. 2. labir (labair), 3. taibred, PI. 
comme au présent. 

Subj. Prés. Sg. I -tabar, 2. -taibre, 3. -taibrea, le reste comme à l'in- 
dicatif. 

Fut. Prés. Sg. I -tobér devenu -tibér par confusion avec le préverbe 
di-, ou par instinct de redoublement (dont la voyelle est ï), d'où impar- 
fait PI. 3 -tibertis Ml. i5 c 7. 

Prêt. Sg. I -tabur i, 2. -tabirt, 3. -tabar t, Pi. i -tabartniar, 2. -labar- 
tid, 3. -tabartatar ; passif: -tabrad et -tabartha. 

Remarque. — Va de -tabur, qui se retrouve d'ailleurs à l'intiiiilir 
(tabairt, §§ 182 et 475). est étrange au lieu de 0. M. Thurneysen RC W 
1^7 et 828 l'explique avec vraisemblance par l'influence analogique de 
dorât (-tart), verbe supplétif (§ 3Zi8) qui prête à dobiur son subjonclir 
(dorât « que je donne ») et son prétérit (doratus « j'ai donné) et n'est lui- 
même attesté à l'indicatif qu'après négation: nhartat « ils ne donnent pas » 
ACr. 5 d 5. 

De même le verbe irrégulier dogniii « je fais » (§ /ioo), qui se flécbil 
à l'indicatif et au subjonctif comme biu « je suis » (§ 4o4) et dont le 
prétérit est sigmatique (§ 338), comme s'il appartenait à la 2" conju- 
gaison, devient, quand il est accentué sur le préverbe : 

Ind. Prés. Sg. i. -déni m, 2. -déni, 3. -déni, PI. 1. -dénani, 2. -dénid, 
3. -dénat; pass'ii -dent ar, -dénatar. Imparf. Sg. i. -déninn, 2. -dénia, 
3. -dénad, PI. i. -dénmis, 2. -dente, 3. -déntis. 

Subj. Prés. Sg. i. -dén, 2. -dénae, 3. -déna, le reste comme à l'in- 
dicatif. 

Fut. Prés. Sg. 1. -digen, 2. -digne, 3. -dignea, PI i. -dignem (-digc- 
iiain), 2. -dignid, 3. -dignet. 

Prêt. Sg. I -dernus {*dî-ro-genus), 3. -digni, -dergeni, -demi ; passif: 
-deruad et -dernta. 



PARADIGMES DE LA CONJUGAISON 



200 



i; 392. Subjonctil' sigmatique. 

Du verbe gtiidim « je prie ». 



Présent. 



Abs. 
Sg. I gessu 

2 gessi 

geiss 
rclat. ges 
PI. I pesmi 

o 

relat. ffesme 

2 geste 

3 gessit 
rolat. o^/t? 

Sg. geslir (gessir) 
PI. gessiiir 



Conj. 






Passif. 



-gessam 

-gessid 
-g es s ai 



-gestar (g es sur) 
-gessaiar 



Remarque. — La i''' pcrs. du sg. absolue n'est attestée qu'en un seul 
exemple : tiasu Wb. 28 c 3i de tiagu « je vais » ; et cet exemple est 
contestable; cf. Strachan S/_gm. Fut. 3i2. 



Sg. I -gessinn 

2 -gesta 

3 -gessed 



Sg. -geste 



§ 393. 



Imparfait. 

PI. I -gesniis 

2 -geste 

3 -gesfis 

Passif. 

PI. -gestis 

Futur sigmatique. 
Présent. 



Abs. 



Conj. 



Sg. I gigse 

2 gigsi 

3 gigis 
relat. jê^/o-^'^ 

PI. I oriasi)jiiin 



-gigius 

-gis 
-cr'igsem 



206 



MORPHOLOGIE 



relat. 


gigsimnie 


2 


gigeste 


3 


gigsii 


relat. 


gigsite 



Sg. gigsithir 
PI. gigsitir 



Passif. 



Imparfait. 



-gigsid 



-gigsither 
-gigsiter 



Sg. I -gigsinn 


PI. I -gigsimniis 


2 -gigesta 


2 -gigeste 


3 -gigsed 


3 -gigsitis 




Passif. 


Sg. -^/V^i/^ 


PI. -gigsitis 


i; 39/i. Prétérit radical non redoublé. 


Abs. 


Conj. 


Sg. I (non attesté) 


-gâd 


2 (non attesté) 


-gâd 


3 gâid 


-gâid 


relat. gâde 




IM. I gâdimmir 


-gâdammar 


2 (non attesté) 


- gâdid 


3 (non attesté) 


-gâdatar 


§395. Prétérit 


radical redoublé. 


Du verbe canii}} « je cbante 


)) . 


Abs. 


Conj. 


Sg. I (non attesté) 


-cechan 


2 (non attesté) 


-cechan 


3 cechain 


-cechain 


relat. cechnae 




PI. I cechnimmir 


-cechnaninii 


2 (non attesté) 


-cechnaid 


3 (non attesté) 


-cechnatar 



PAllADIGMES DE LA CONJUGAISON' 



207 



§ 396. Déponent. 

La flexion est empruntée aux verbes : cuiriur « je jette », midiur « je 
juge » et gainhir « je nais » . 

Présent de l'Indicatif. 



Abs. 




Conj. 


Sg. I cuiriur 




-cuiriur 


2 cuirther 




-cuirther 


3 cuirithir 




'Cuirethar 


PI. I cuirimmir 




-cuiremmar 


2 (cuirthe) 




(-cuirid) 


3 ciiiritir 


Passif. 


-cuiretar 


Sg. cuirihir 




-cuirther 


PI. cidrîir 


Impératif. 


-cuirter 


Sg. 2 cuirthe 


PI. 


2 (cuirid) 


3 (cuired) 


Passif. 


3 cuiretar 


Sg. cuirther 


PI. 


cuirter 


^ 397. Présent du subjonctif radical. 


Abs. 




Conj 


Sg. I corar 




-corar 


2 coirther 




-coirther 


corithir 




-corathar 


PI. I corimmir 




-corainmar 


2 (coirthe) 




(-coraid) 


3 f-or///r 


Passif. 


-coratar 


Sg. Cûirthir 




-coirther 


PI. coirtir 




-coirter 



Rennarque. — Du futur redoublé, n'est attestée qu'une seule forme 
Sg. 3. -cechladar Wb. 28 d 16, Ml. 53 b 27, de ro-cluiniur «j'entends ». 



208 



MORPHOLOGIE 



Présent du subjonctif sigmatique. 



Sg. I mcssitr 

2 niesser 

3 mestir 

PI. I me s si 111 lui r 

2 (ineste) 

3 messilir 



Sg. mestir 
PI . niessitir 



Passif. 



-messur 
-messer 

-iiiestar 

-messmnnmr 

(-messid) 

-Diessaiar 

-iiiestar 
-luessatar 



Remarque. — Du verbe dofothraccar « je désire » (§ 471 Rom.), on a au 
subj. sigm. PI. 3. du-talrsetar Ml. 56 c 7. 



§ 398. 



Présent du futur sigmatique. 



Abs. 



Sg. I messur 

1 messer 

3 miastir (mestir) 

PI. I messimmir 

2 (non attestée) 

3 messitir 



Sg. miastir 



Passif. 



PI. 



399- 



messitir 



Conj. 

-messur 
-messer 
-miastar (-uicslar) 

-messammar 

(-messid) 

-uicssaiar 

-miasiar 
-uu'ssatar 



Prétérit radical. 



La flexion absolue n'est pas attestée. 



Sg. I -génar 

2 -génar 

3 -pénair 



PI. I -génammar 

2 (-génaid) 

3 -ge'natar 



Remarque. — De ro-fetar « je sais » (§ 471 Rem.), on a sg. 3. rofitir, -pi. i. 
rofitemmar, pi. 3. rofitetar. 



LISTE DES PRINCIPAUX VERBES FORTS 



a 



210 



MORPHOLOGIE 



§ /ioo. Liste des principaux verbes forts, avec 

lo VERBES 



SUBJONCTIF 



aîa- {Ml. loh 
d6)„ 



INDICATIF 

al i 1)1 «je nourris » 
angiiii « je protège » 
arciii! «je demande » 
bûdiiii « je montre » 



haliin « je meurs » Sg. 3 -ZWfl(M1.38 

b 6) 
manque -hd « que je 

meure» (Ml. 
23 d i3, /lo 
aa) 
benai}!! « je frappe » Sg. 3 -bia 



sigmatiquc. 



PI. 3 -aiisd riy. I. 

imp. Sg. 3 -airsed 
Ml. 63 c 9 

PI. 3(dép.)-Zw/flr 
Ml. 95 b 6 



imp. PI. i-bê!inisW'h, 
/,d9 
Ma (Wb. 25 b 
i6) 



bcn'iit « je porte «, v. 
§§ 327, 33i, 33^4, 
339, 3/^8 et s., 391. 

canim « je chante » Sg. 2 -rfl;/t; ^^ b. 
28c 1 1 . 

cel'uH « je cache » )) 

Ci'nlil)/ « je jette » » 

actif. Sg. 3 (dép.) 
-cathar (Ml. 
53 a 6). PI. 

in « je VOIS » J ^ 

2 -ceà ^^'b. 

1 1 b 2 2 

passif n 



Sg. 2 -fc/r/' \A b. 

l3 c 2'l 



S g. 3 -cechiia Wb. 9 a 
16. 

Sg. I -C('l (Sg. 2o3) 



imp. PI. 3 -cichitis 
Wb. T a 2 



-castcir Ml 
5o a 5 



pvmnir.Mrs dk la r.o\,irr, \ison ■> i i 

rindication dos llièmes de leur conjugaison. 
ACTIFS 



l'ItKTKHIT 



si^:niati(nii' i-adical. en -/. 



I'Ri:ti;rit passu' 



» )) Sg. 3 -ait Ml. .',5 -ait (?) 

c 3 
Sir. 3 -aiii Wh. i il i « Sjr. 3 -aiiacht \\h. » 



IT cl G. 



Sg. 3 -haicim. 40 ,> -bas Ml. G', d 

d 1 5 I 3 

-batt Ml. ï'a'a à 3. » 

Sg. 3 -/v/v Wb. 3 ), » 

b 3 



Sg. 3 -bai (Sg. 6o 
bi8\Vb. 
5 ai8) 



Sg. 3 -ccchiiiii Wb. » -cet Ml. 25 b G 

4 c 4o -(-/('(/ (^^'b. TC) 

\ ci3) 

-celt Ml. 49 c 9 pj_ 3 _^^,^^^^ ^^^,^_ ,^ 



/ 



f ^7 
Sg. 3 -cicherr Ml. 87 Sg. 3 -caird Tnr. » -or.s'5 Hy. V. 

dG i3i 48.' 

)) Sg. 3 -cachae Ml. » 

G8 a 7 



-f/Vfc/a/- (Ml . » » -Cé'ii Wb. 23 c 

09 c lu) II 



212 



MORPHOLOGIE 



INDICATIF 



cladiiii « je creuse » 



SUBJONCTIF 



si -111 a tique. 



crenaim « j'achète » « 

crinim «je me fatigue » « 

claïuini «je supporte » Sg. 3 -(/a/;/rt Ml. 68 

d i4 

degiii! « je cherche » » 

diiigiiii « j'o]iprime » » 

eiiiiiii « je prends « Sg. 3-c;;/aMl. io5 

a 8. 
fagiin « j'interroge » » 

fèdini « j'indique » » 

fedivi « je conduis » » 



PI. 3 -didmat MX. i5 
c lo et Sg. 3 -dénia 
(MI. 56 c 9). 



pass |>1. -diassatar 

Ml. 39 b 12 



fichiui « je combats » » 

, Sg. 3 -^rt M). 55 c 

\ iG 

feuaim « j-accompHs >. ^ pj 3 .^^^ ^j, ^3 

' a 19 



Sg. 3 -fé Ml. 3o h 

12 
imp. Sg. 3 -fessed 
M1.78bi/, 
2 -/m Ml. /14 

a 9 
y pass. Sg. -fessar 

y MI.33C20 



i Sg. 2 -/« 

! a 



Sg. 9 -/7>(M1. i35d 2) 
P1.3->/(Ml.i2odi/,) 



gahiiii « j(^ prenfis » Sg. 3 -gaha ^^ b. 

3i c8 
gan'iii « j'appelle « Sg. 3 -gara V\h. 

2 c 18 
gt'Vim « ji- dévore » » 



-ç-c^?- (Wb. 8 a 
i'/,M1.73 d i3) 



geniii « je hrule » 



-w/d Cam. 37 d 



l'Ait ai)I(;mes de la conjugaison 2 1,3 



PRETEHir 



PKITi:ilIT ['ASSII 



bigmatique. radical. eu (. 

» l'I. o -ccchladaiar » » 

\\h. 5 a 

■A 
» Sg. 3 -ciùir \\1). » » 

^ l> 9 
» Sg. li -chiir ,MI. •» » 

i86 a 8 

» Sg. I -dainar Ml. » » 

. 2 2 d 5 

» » Sg. 3 -decht (Ml. » 

59 c 3) 
» Sg. 2 -dedach Ml. » » 

96 c 17 . 
» » - Sg. 3 -et Ml. 17 il » 

8 etc. 
» » S 8'- 3 -/flc/:;^ (Wb. » 

2 a 18) 
PI. i-/5m(Ml. 35a6) Sg. 2 -/ci (Ml. 58 » -/'iMl. io4c8 

a 8 etc.) 
)) Sg. 3 -fid (Ml. 63 » » 

b 12) 
Sg. I -fim Ml. 126 c Sg. 3 -fichÇsW. A3 » -fachl (Ml. 38 

19 cl 19) d 8) 

3 -//' Ml. 67 c 5 
pass. Sg. -fiastar Ml. 
27 c 4 

» Sg. 3 -fai (Ml. » » 

12 3 d 5 , 
Sg. 2o3 a 

18) 
» (prétérit si gmatiquc ro-çraZ'«5) -^(/foï(/(Ml. 82 

c 9 etc.) 
» )) Sg. I -^;/// Wb. 24 -grad "SW. 121 

a 26 d 19 

» » S g. 3 -gelt Soutli. » 

58 a 



■2l!i 



MORPHULOGIE 



JNDICATH 



SUBJONCTIF 



sigmalique. 



gai III « je choisis » 

aîenai m a ]e m' -Aliachc» 
gniniin « je connais « 

cniu « je lais « (com- 
me Inu, ^ kok) 
goiiiin « je frappe » 

grenniiii « je marche » 

guidiin « je prie » 

ibim « je hois » 
icciin « je vais » 

ithim « je mange » 

Iciuiini « j'adhère » 

ligim « je lèche » 

lingiin « je saute » 

loiigiiii «je supporte » 

magiin « j'accrois » 

niaidiin «je fais irrup- 
tion » 
inelgiiii « je trais » 

nieliiii « je mouds » 

merim (ou niairnhii ?) 
« je trompe » 



-o-z/a (Ml. K) 
h 8 Sg. 
209 b i3) 

-S-riléll 



L'ba- 



Sg. I -gega ^^ b. 23 b 
33 



-géiia (:M1. 68 c 
20 etc.) 

-gêna (Sl\. 53 c 
i4, 69 a 21) 



Sg. 3 -gre -Ml. 1 1 1 

c 
Sg.3relat.-^i'5(Ml. 

3 9 b 3) 

Sg. I -is \\h. i4 
a 17 etc. 
Sg.3pass.t'5//rWb. 
6 b 24 



i7w-(M1.3oci8) 



Sg. 3 rel. nies Wb. 10 
a 5 



Sg. 3 (rclal.) lias 
Ml. 33 c 8 

-16s :sii. 62 
b 12 

Sg. 2 -»/(/« Sg. 208 

a 2 
Sg. 3 -wrt 

Sg. 3 -mail Ml. 00 
b 1 



iiieîa- (Sg. 

I -wffZ Ml. 

119 b 6) 
niera- (Ml. 
24 c 20) 



we'm- (Ml. i4o 
c I 



l'AKADl(iMi;s Dlj I.A CU>,I L (iAlSON 



2 1.) 



PKLTtHIT PASSIF 



ligiiialiquc. radical. 

» S g. 3 -gegu (-rôigu 

Wh. h h 
3r) 
Sg.-À-giuilM\Aj8hH 
Sg. .') -gcidii Ml. G() 
a if) 



» (prûtûril signiatiqiic : -gui us i; 338) 

» Sg. I -gegoii Sg. » 

i8i a 7 
» Sg. 3 -gegraiii II » 

(Ml. 26 d 3) 
Sg. relat. i.^^^i'-'J Ml. Sg. i -gdd Wb. » 

53 c 3 27 d 19 

(prétérit sigmatique : l'I. i -ihsi'iii) 
(futur on /. Sg. 3 -dnicVi h. 3o » 

■iccub, -icfea) du etc. 



-giiiilb ^\ b. 
I ■>. b 3o 



PI. 3 lilsit Ml. 89 d 



l'I. 3 -h'hlar Ml. 
9IJ c i3 



» Sg. 3 kblaiiig (Ml. 

129 c 21) 
Sg. 1 liliis Wb. 23 b -klach(?) {Ml. 

20 ^7 c 6) 

iiiemas- ÇSW. 35 » 

a 17) 
Sg. 3 -nieiiid (Ml. 89 Sg. 3 -iiieniaid Ml. 
c 1 1) 127 d 6 

» Sg. 3 -jiiailg (Ml. 

3i d 3) 



Sg. I -Diuit ^^ b. 

18 a 10 



■lacht (Ml. 88 

bi2) 
-iiiacht Ml. 90 

d I 



PI. 3 -iiiertatarMi. 
■jô d 5 



2l6 



MORPHOLOGIE 



SUBJONCTIF 



TNDIC.VTIF 



nachim « je commu- 
nique » 

nascim « je promets « 
nethini « j'attends » 



nigim « je lave « 
orgim « je frappe » 
rathini «je comprends» 



sigmatique. 

/' imp. Sg. 3 -nised 
\ Wb./ib i3 

y pass. Sg 3 -nastar 
\ M1.56ai3 



pas». Sg. 3 -mstar 
(Ml. ii8 
d lo.^) 



Sg. 3 -orr Sg. 13 
b7 



reiiaiin « je vends » PI. 3 -riat Wb. 28 

c a 
rethim « je cours » » 



rigim « j'élève, 

j 'étends » 
rigim « je lie » 

salguii « je vise » 

seiHiin « je répands » 

sennim « je poursuis » 

sJigiin « j'abats » 

snadiin « j'insère » 

sorgim « je pénètre » 



iYWrt-(\Il. 54 
b 6) 



Sg. 3 -rè, imp. PI. 

3 -restais 

Ml. 37 di 
Sg. 2 -n'(Ml. 126 

c3) 
Sg. I -rias Ml. 21 

b 8 
Sg. 2 -sais BCr. /ti 

a 2 



Sg. I -ses Ml. 61 
c 16 



pass. Sg. -snassar 
Wb.5b3o 



sema- (Wb. 
4 c 7) 



sreniin « je ronfle » Sg. 3 srenaM\. 1 2 1 



a 14 



PAUADIGMES DU LA CONJUGAISON 



217 



sigmaliquc. 



/i6 c ao 



Sg. 3 -sefainn(M\. 
36 d 17) 



'KI'TliKir PASSIF 



f Sg. 3. -in Wb. i3 b 

) nass. Sg^ -nastar Ml- » -«^^'^^ '^'^- '^ ""«^^^ ^b. 20 

' ^ ^ d 23 etc. (1 iT) 



-iiciiasc (Wb. » 

17 b 27) 
(prétérit sigmatique : -neithiits) 



Sg. I -ninus Q Ml. ki » » -«ec/;;/ (?) 

a 19) 

Sg. 3 -iVr Ml. 77 a 10. » Sg. 3 -ortm. 48 c 8 -orl (Mi. 36 b 

3 -/or Ml. 32 d 27 22) 

» Sg. 3 -/«/(/(Wb. 5 )) » 
c i3, 19 c 

") 

» Sg. 3 -rir Wb. 3 c » -rith (Arm. 6) 

38 

» Sg.3-rrt/^Ml.66d « -riss (Ml. 18 

21 c i4) 

Sg. i-rmM1.89b3 » -recht (\\h. 'x -recht Ml. 20 

d 27 etc.) a 23 

Sg. 2 -riris Ml. 134 « » -r^c/j;(Ml. i23 

d 3 b 2) 

» » Sg. 3-5îflr/;iMl. 55 • » 

d2 

» » oy7(M1. i7b6) -ft';! (Ml. 42 b 



i3) 



» -slecht (Ml. 53 

d II) 

» -snass (Ml. 32 

c 7) 
PI. 3 -sartatar Ml. -sart (ACr. 27 

99 c 5 b i) 



2l8 MOHPIIOLOGIK 



SUBJOi"<CTIF 



sigiiiatique. 



Sg. I -tes Ml. 2Cj 

tcchim « je fuis » » j 



/w^î< « jf vais » » Sg. I //(W« ^^b. 

23 c 3i 



tongim « je bâtis » » imp. Sg. i -/52« 

BCr. 37(12 

tongiiii « je jure » « PI. i -tossam Cam. 

37 c 

tidlim « je dors » » » 



sigmatique. 



■2" VERBES 



, Sg. I -cher Wb. » Sg. 3 cechlathar (Ml. 

,...,, 1 23 d 2 53 b 27) 

c/h»»»/' « 1 entends » \ ^ , 

"' J 3 -r/otf/rt7- Ml. 

70 a 2 
ciiiriur « je pose « Sg. o -coratharMi. 

68 b f) 
/«"/ar « je sais » (§ /173 » Sg. 3 -fcslar Wb. 

Rem.) 12 c 38 

gainiitr « je nais » -gêna- (Sg. 3i » PI. 2 -gigned Sg. i3S 

a 6) I5 I 

midhir « je juge » » Sg. -niestar Ml. » 

68 d I 

wo/nn»- « je pense » Sg.2,-fiienatharM\. » 

4(1 a i5 

.rw/Hr» je m'assieds» Sg. o -sissethai' » 

traccar « je désire » » PI. 3 -tairsetar Ml. » 

(§ /I73 Rem.) 56 c 7 



l'AHADIGMliS DE I, V CONJUGAISON 21Ç) 



PKliTi:KIT 

PRÉTICKIT PASSIF 



sigiualiiiue. radical. 



/ Sg. ù tdicbMl. '62 
imp. Sg. 3 -tesed Ml.i b ai 

29 il 9 ^ PI. 3 -lachatarM\. 

[ t\fi a 19 

PI. o -to7/ \A lj. 33 a i4, cl'. 5^ 3(^8 povir les priHcrils aclif el passif, formes supplcti- 
mais généra- vcmciit. 

lemcnt rega 
(§ 3/i8) 
Sg. 2 -lais Ml. 5(j a 1 1 -tacht Hy. V. 



73 



-Idag (W'h. 

33 (1 10, 

Ml. 78 a G) 

-U'tol (?) M' h. 

29 .1 i5) 



DÉPONENTS 



sigmatiquc. radical. 



Sg. 2 -aiala \\h. « -clos "Wb. u3 

28 c 22 C I I 



(futur cil -/: (prélérit sigmatiquc Sg. c> -cuircstar) 
Sg. I -ciiirifar) 
Sg. 3 -fiasiar Wh. 13 » » ■ fess,-f es \Yh. 

d 18 23 b 9, 33 c 7 

» Sg. 1 -o-t.7/ar(Ml./i4 » » 

c II) 

Sg. 'à m instar AVb. x Sg. i uiidar Wh. » -mess ^^ b. 

d 9 9 1) f) A b 22 

(futur en / : Sg. i -menai \\\i. » » 

Sg. I -inuinfcr) 3 c aO 

(futur en/ : (prétérit sigmaticpie Sg. 3 -sissestar) » 

Sg. I -sissefar) 
PI. 3 -tarset Ml. 5/4 a » » » 

28 



2 20 MORPHOLOGIE 



§ i02. Du VERBE SUBSTANTIF. 

Cf. AVh. Stokes, kZ XXVIII 55 et The neo-celtic Verh Substantive TPhS 
1885-1887, p. 202 ; et surtout J. Strachan Subst. 

Le verbe a substantif » a dans la plupart des langues deux valeurs 
différentes : indication de l'^A'/V/mr^ (« il est un Dieu ») et copule {«■ Dieu 
est bon »). Ces deux valeurs sont distinguées en vieil irlandais par des 
formes spéciales, tirées le plus souvent de racines différentes; en outre, 
tandis que le verbe d'existence est accentué, comme n importe quel 
autre, la copule est inaccentuée (§ 422). 



A. Du verbe d'existence. 

§ ^00. Le verbe d'existence présente une conjugaison complète 
tirée d'une racine unique: biu « je suis ». De plus, à l'indicatif pré- 
sent, il existe une série d'autres formes tirées de racines diverses. 



5 \of\. Paradi 


gmes. 




Présent de 


l'indicatif. 


Abs. 




Conj. 


Sg. I b/u 




-biu 


1 (non attestée) 




-bl 


3 bïià 




-H 


relat. Us 






PI. I bimmi (bimme) 




-biaiii 


2 (non attestée) 




(non attestée) 


3 . biit 




-bîat 


relat. bite 







Remarque I. — Bien que l'exemple unique de bimme (U b. 12 c 1 1) fasse 
partie d une phrase relative, on ne peut guère considérer bimme comme la 
forme relative de bimmi, car les trois exemples de cette dernière forme 
(Ml. i5 a 4, 22 c 5, 24 a 18) sont justement aussi dans des propositions 
relatives. 

Remarque II. — Quand la 3'' pers. sing. de bia est précédée de deux élé- 
ments composants, et par conséquent inaccentuée (§ 424)> elle peut pren- 
dre la forme -bai. Ainsi, à côté de : ni-ru-bi nechtar de cen-alail<Ce';> « au- 



PAUAUIUMES DE LA CONJUGAISON 22 1 



cun des deux ne peut cire sans laulre » Wb. 1 1 c 17, on trouve : ni-m-bai 
nacli cruth ailiu « il ne peut être d'aucune autre forme » Sg. 7 b 3. 

§. f\oo. Le présent bhi est duratif : « je suis d'une façon durable, 
j'ai rhabitude d'être ». Pour exprimer l'idée d'existence sans insister 
sur la durée, on emploie le présent suivant, toujours conjoint : 

Sg. I. -tâu (-ta) PI. I. -taam 

2. -tâi u. -iaaid (-iàid) 

3. -ta 8. -taat 

Lorsque la phrase ne fournit aucun motif de conjoindre le verbe, on 
lui préfixe le préverbe ad-, d'où atUiii, attâi, aitâ, etc., souvent réduit à 
atàu, atâi, atà (§ ici). 

L'opposition de hiu et de aitâu est très nette dans le passage suivant : 
biid didiu a confessio hisin do-fôisitin peclhae biid dano do-molad biid 
dano do atlugu'l huidc do fôisitin didiu ata-^o;/ï siint « ce mot confessio 
(cf. § 209) est pour confesser les péchés, il est aussi pour louer, il est 
aussi pour rendre grâces, mais c'est pour confesser qu'il est ici ». 
Tur. 58a; biid indique un emploi général, ata un emploi restreint au 
cas présent. 

Remarque \. — Le préverbe in- se substitue parfois au préverbe ad- pour 
conjoindre -tâu : ainsi dans Ml. 96 a 6 et Ml. Carm. I l\. Dans Wb. on 
rencontre exceptionnellement le simple da dans noch-da-leinn 3i d 5. mais 
avec le sens d'un imparfait (P). 

Remarque II. — C'est toujours le verbe -tâu qui est employé après les 
particules 0/ n- et in « que » (latin quam, § 234). Mais alors la 3^ pers. sg. 
est toujours terminée en -as ; la flexion est donc : Sg. i olddu (oldo) « que 
moi ». 3. oldâi « que toi ». 3. oldaas (indaas) « que lui », PI. 3. oldate 
(Jndaté) « qu'eux ». Au pi., i et 2 ne sont pas attestés. — Exceptionnel- 
lement, indaas et indate produisent l'aspiration dans Ml. 26 b 6, 77 a i, sous 
rinflucnco de la copule as {^ /iM)- à laquelle oWtîJ5 doit déjà sa sifflante 
finale. 

Remarque III. — Sur cenmithâ, etc. v. § 282. 

>; /io6. Le sens du français « il y a » s'exprime par une forme spé- 
ciale fréquemment employée,//^ sorte de verbe impersonnel qui se con- 
struit avec l'accusatif. Ainsi, ni-fil aimsir Tiad m-bed « il n'y a pas de 
temps où il ne fût pas » Ml. 17 a i5 (nom. aimser) ; ni-fil chumtubairt 
« il n'y a pas de doute » Sg. i.54 h 2 (nom. cumtiibart). 



22 3 AIORPIIOLOGIE 



La graphie est parfois /c//^ fail,fel: ni feil litlu remit « il n'y a pas 
de titres devant eux » Ml. 2 b 4 ; an-dechur feil ettarru « la différence 
qu'il y a entre eux » V\h. 33 b iS; isnaib rendaih fail huas grcin « dans 
les astres qu'il y a au-dessus du soleil» BCr. iS c 4; inna-fer jcl and 
« des hommes qu'il y a ici » \A b. 4 c 1 . 

Lorsque /// n'est pas employé en position conjointe {ni fil, nad fil, 
elc), il a toujours la valeur relative. 

fil est invariable ; toutefois, dans l'emploi relatif, à côté de fi! on 
rencontre Jile, sans distinction de sens : amal file ôentid cter-banllu 
« comme il y a unité entre les membres » Wb. 12 b 12 ; ar-rad file 
andsoni « la grâce qu'il y a en lui » Wb. 29 d 29. 

Pour donner à /// une valeur personnelle, on infixe d'ordinaire le 
pronom personnel : ro-ni-rir nw-ihol chohiide conduin-fcl fo-unhn pectha 
« mon désir charnel m'a vendu, de sorte que je suis sous le joug du 
]iéché » Wb. 3 c 38 ; ni indrâipie dûib cin-in-fil lib « il n'y a pas de 
dommage pour vous, bien que nous ne soyons pas chez vous » Wb. lO 
b 9 ; con-dib-feil i-corp crist « de sorte que vous êtes dans le corps du 
Christ )) V\b. 2/| c 4 (cf. § 50/4). 

Rarement, il y a suffixation : fil-ns tre chenélae martre « il y a trois 
sortes de martyres » Gam. 38 a [et 38 1)] (cf. § 609), où le pronom 
suffixe est explétif. 

Remarque. — Fil appartient sans doute à une racine signifiant « voir » 
et valait « voici » ; on expliquerait ainsi sa construction avec l'accusatif (cf. 
Sarauw RC XVII 376). 

§ /107. Il y a quelques exemples d'une autre forme, analogue à fil, aussi 
invariable et signifiant « il est, il y a » ; c'est dicoissin : arnah iiilib cumactib 
dichoissin i-nim « sur toutes les puissances qu'il y a dans le ciel » Wh. 21 a 
i3. On trouve avec pronom infixé : amal do-n-coisin « comme nous sommes » 
AVb. 17 b 10. 

§ 4o8. D'autres verbes fournissent occasionnellement un présent au 
verbe d'existence ; par exemple le présent dîxnigur « uideor », le par- 
fait rogabus « j'ai pris » sont employés avec le sens de « je suis » dans 
les phrases suivantes : 

cia inssu dixnigedar « qui es-tu, toi? » AAb. \ c 2/i (propr' « quel 
est toi? »); ni dixnigedar « il n'est pas » Ml. 20 c 7; ainal dixnige- 
tar « comme ils sont » Wb. 12 b 7. 



l'UlxniCMES DE LV CONMIO VISON 223 

cein ro-n-gabus i-carcair «. tandis que je suis en prison » Wb. 23 h 
i8; ni-fitetar amal ro-n-gab « ils ne le connaissent pas comme il est » 
Wb. 27 a 1 1 ; anial ro-n-gabsat in-ti'iisil hi-iiiiter « comme sont les cas 
dans lesquels il y a chute « Sg. 71 a 11. 

On n'est pas d'accord sur l'origine de l'oinploi de ro gabiis au sens de « je 
suis » (cf. Zlinmcr KSt. II 64 ; Pcdcrsen KZ XXXV /|oG ; Straclian Siihst. 
59). L'n de ro-n-gabiis peut être simplement l'indice relatif (1:5 O28) ; mais 
dans Ml. et Sg. (jamais dans Wb.), on rencontre aussi ro-nd-gabus {amal 
ro-nd-gab Sg. 75 b 2), qui doit être la forme la plus ancienne, ro-n-gabus 
pouvant naturellement sortir de ro-nd-gabus (^ 106). Dès lors, il faudrait 
considérer -nd- comme un pronom infixe et traduire ro-nd-gabus par « je 
l'ai pris » ; on reste encore fort loin du sens de « je suis ». En tout cas, ro 
gahus a la valeur de attdu (et non de biii, ii, Ao5) ; par ex. : amal ro-n-gab 
comadnacul duûn atâ comeisséirge « sicut est consepultura nobis, est conre- 
surrectio » Wh. 27 a i5. 

§ f\oC). Imparfait île l'indicatif. 

Sg. I -biiini Pi. [ et 2 (non atleslées) 

2 (non attestée) 3 -bliis 



3 -/;///; 



Sg. 2 (non attestée) 
3 Nul 



Tmpérali 



!^ 4 10. Présent du 

M)s. 

Sg. I bco 

2 (non atlesiée) 

3 beid {bed) 
rel bess 

1 bemuii 

2 belhc 

3 beil 
rel. bete 



PI. 2 biid 




3 /;/'/// 




sul)jonclif. 






Coiij. 


ace. 


inacc 


(non 


attestée) 


(non 


attestée) 


-bé 


-b 


-bon 


-baiii 


-beid 


-bid 


-bd 


-bal 



22/i 



AIOKPIIOLOGIE 



Imparfait du subjonctif. 



Sg 


1 (non attestée) 

2 -betha 




PI. 


I -bcmviis 
y -belhc 






3 -bed (inacc. -bad) 




3 -bctis (inacc. -/; 


'lis) 






Présent du futur. 






Abs. 






Conj. 




Sg. 


I bia 

1 (non attestée) 

3 bieid 






(non attestée) 
(non attestée) 
-bia 




rel. 


bias 










PI. 


1 bel H 1)1 i 

2 (non attestée) 

3 bieil 






-bia m 

-bied 

-biat 




rel. 


bcic 











Remarque. — Aux 3'"^ pers. abs. sing. et plar., on rencontre parfois 
bied blet; ex. hied a-fortacht linn « son aide sera avec nous » ^^b. 14 c i ; 
bith i-tuil dée biet hmli « ils seront tous dans la volonté de Dieu » U b.gd 27. 



Sg. I -beinn 



2 (non attestée) 

3 -biad 



§ 4l2. 



Abs. 



Sg. I (non attestée) 

2 (non attestée) 

3 bôi 

PI. I (non attestée) 

2 (non attestée) 

3 bàtar 



Imparfait du futur. 



PI. I -bcmmis 

2 (non attestée) 

3 -betis 



Prétérit. 



ace. 



Conj. 
inacc. 



-bà -ba 

(non attestée) 

-bôi -bae -be 

-bàmmar -bammar 
-baid -baid 
-Inîtar batar 



Remarque I. — Au lieu de -bôi on trouve parfois -hài : /s îri-a-hiris 



i'AiiM)if;\ii;s r)i: i.\ con.ii c vison 22b 

ra-m-bâi cach-maiîh « c'est par sa foi qu'il a eu tout bien (que loul bien a 
été à lui) » Wb. 2 i3. On trouve même une fois -hui (jobui Ml. gS c 3). 

Passif. 

ïj /ii3. Au passif du veihc substantif sont attestés les temps suivants, 
qui ont la valeur d'un passif impersonnel. 
Indicatif jirésenl : hitJjir et -bitlier. 

ialhar. 
Subjonctif présent : bclhir et -hethcr. 
l^rétérit : ro hoth. 



5; \ I '\. H. Du verbe copule. 

Cf. Tlmrneysen ZCP 1 i. 111 ôo, IF Anz. I\ T()I ; Pcdersen KZ XXXV 
3iG, ZCPII378. 

Le verbe copule emprunte ses formes à trois racines différentes. Il n'y 
a pas d'imparfait de l'indicatif; c'est le prétérit (§ 4 20) qui en tient 
lieu. 









P 


lé 


<ent 


de 


rini 


ica 


tif. 






Ah<. 














Conj 


S"-. 


I ÛIJl 

■j. ai 
3 is 
















-da 
-da 
-{i)d (-did) 


rel. 


as 


















PI. 


I a}iu)ii 
:>. adih 
W il 
















-dan 
-dad 

-dat 


rel. 


a ta 



















Les formes relatives as et ata aspirent quand la relation est directe, 
nasalisent quand la relation est indirecte (v. § 634)- Les formes con- 
jointes de première et de seconde personnes aspirent toujours, la forme 
conjointe de 3'- pers. du pluriel n'aspire que dans Ml. et Sg. (Pedersen 
i^Z XXXV 319, 320 et 320). 

Remarc[ue 1. — Au lieu de at, ammi et add^ on rencontre aussi, généra- 
lement sous l'influence d'un / voisin, it, immi et idib\ au lieu de adih, on 



2 2G MORPHOLOGIE 

rencontre deux fols adi, et inversement au lieu de ammi trois, fois ainmin ; au 
lieu de ata, on rencontre aussi at. Enfin, en position conjointe, on trouve 
à la i''' pers. du pi. -dem au lieu de -dan Gam. 87 d. 

Remarque II. — Lorsque les premières et secondes personnes sont em- 
ployées en position relative, on leur préfixe toujours no (§ 442), ce qui en- 
traîne les formes conjointes ; soit pour la flexion relative : 

Sg. I no-n-da PI. i no-n-dan 

2 no-n-da 2 no-n-dad 

S as 3 ata 

Remarque III. — Les formes conjointes du verbe copule s'emploient tou- 
jours après diverses conjonctions, avec lesquelles elles s'agglutinent : 

Conj. con : conda etc., 3*^ pers. sg. conid ou condid. 

Conj. dian : 3^ pers. sg. diand'ui on diant, etc. 
ou après diverses prépositions suivies du relatif : 

Prép. ar : arndid « pour lequel est » Ml. loi a 3. 

Prép. do : diandid « auquel est » V\h. Gag. 

Prép. in : indid « dans lequel est » ^\b. 12 d 18, Ml. 42 c 4 {innid). 

Prép. : onid ou ondid « duqviel ou par lequel est » Ml. 5i c 2, y\b. 12 

d 23. 

§ 4i3. Quand Tindicatif présent du verbe copule est accompagné 
d'une négation, la flexion est la suivante : 

Sg. I ni ta PI. I ;// la 11 

2 ni ta 2 ;// tad 

3 /// 3 ni tat (ou ni taat) 
rel. nâd, nand ou nâch rel. natat ou nandat. 

Ces formes suivent au point de vue de l'aspiration l'usage des formes 
conjointes simples (ci-dessus) ; toutefois, la forme relative nàd produit 
également l'aspiration, c'est-à-dire qu'elle correspond à as employé en 
relation directe ; nand et nàch correspondent à as employé en relation 
indirecte, mais ne nasalisent pas pour cela. 

Remarque I. — On rencontre souvent le / changé en d dans nida nidan 
nidad nidat. 

Remarque II. — La forme relative de 3* pers. sg. est parfois nant, ndt 
ou nan. 

Remarque III. — r C'est toujours ndch (et non ndd) que l'on emploie 
après une conjonction dans le cas mentionné au paragraphe précédent. 
Rem. Ifl. Ainsi conndch « que n'est pas » (négatif de conid, condid). 



rVKADir.MES DP, I.A CONJLGAISOX 927 

Remarque IV. — Au lieu de nitan à la i'''^ pers. du pi. on rencontre une 
fois nitain Wb. i5 b 21, et l'initiale suivante n'est pas aspirée : nitain îoir- 
sech (1. toirsich) « nous ne sommes pas malheureux ». 

Remarque V'. — Après les conjonctions ce (cia) et ma, la 3'' personne 
du verbe copule prend des formes spéciales : 

3*= pers. sg. cc%u (ciasii) ou ceso, massii. 

3*^ pers. pi. cetii ou ceio, maîu. 

Dans le cas où le verbe est accompagné d'une négation, on a à la 3'= pers. 
du sg. ccnid et manid; pour la 3- pers. du pi. il n'y a pas de formes attes- 
tées. Quant aux autres personnes, elles sont régulières ; ainsi : cenotad (( bien 
que vous soyez « U b. 33 b 8 (cf. 4 a 10). 

A cesii, massii, il faut joindre bésii « peut être que est... » écrit parfois 
béso, et formé de bés « peut-être ». 

L'-ii final de ces formes semble être une particule adverbiale ; on doit 
sans doute couper ces-ii, mas-u, bcs-ii et voir dans *ces, *mas, *bes la combi- 
naison de ce, ma, tes avec la 3'' pers. du sg. du verbe copule. En tout cas, 
masu, cesii et ceiii produisent l'aspiration (Pedcrson KZ XXXV SsG). 

§ 4 16. Impératif. 

Sg. 2 ba PL I ban (baan) 

3 bad (bcd) 2 bad (bed) 

3 bat 

Toutes ces formes produisent l'aspiration. 

§ 4i7- Présent du subjonctif. 

Abs. Conj. 

Sg. I ba -ba 

2 ba -ba 

3 (non attestée) '(i)b (-dib) et -bo 
rel. bcs (bas) 

PI. I (non attestée) -ban 

2 bede - bad 

3 (non attestée) -bai 
rel. bcte (bcta, bâta). 

Les formes conjointes du subjonctif présent produisent Taspiration, à 
l'exception de la troisième personne du singulier quand elle se termine 
par la consonne b (ou p, ci-dessous). Toutefois, l'aspiration n'est pas 
attestée pour la i"^* pers. du singulier. — Pour les formes relatives, v. 
8 628. 



2 28 MOKPHOLOr.IE 

Sur remploi delà 3''pers. sg. robo {robu), rodho en fonction de con- 
jonction alternative, v. §§ 6ii et 68g. 

Remarque I, — A la Z" pars, sg., le -b fuial est souvent noté -;; (§ S-). 
Même dans la forme pleine -ho, cette transformation se proJuit : ropo Wb, 
i3 a 27. L'o final de -ho {-po), écrit d'ailleurs souvent u (Ml. 90 d 11, 3i 
b 16; cf. v5 72), représente peut-être nue particule adverbiale comme dans 
césii {ces>), besii {beso), massa Qnasso) ; cf. Thurneysen IFAnz IX 198. 

Remarque II. — La 3'' pers. sing. du subjonctif présent se combine avec 
diverses conjonctions et prépositions, comme celle de l'indicatif présent 
(cf. § 4i4 Rem. lil). Ainsi : 

Conj. ar n- « afin que » : arimp, arndip » afin que soit». 

Conj. ce « quoique » : ci-b (ci-p) « quoique soit ». 

Conj. co n- « alin que » : condi-b conai-p « afin que soit ». 

Conj. sech- « à moins que » : sechi-b {sechi-p) « à moins que soit ». 

Prép. in « dans » : ind.b (^indip) « dans lequel soit » W b. 2G b 24. 

, inib (un) « est-ce que soit » A^ b. 10 a 2î. 

Particule in « est-ce que >'>]■, 1 /■ r \ . -i wn u 1 

^ ( indib (indip) « est-ce que soit » Wb. 26 b 27 

Avec négation, on a : 

Conj. ar n- : arnah (arnap) « afin que ne soit pas ». 

Conj. ce : cenib (cenip) ou cinib (cinip) « quoique ne soit pas ». 

Conj. co n- : conaib « alin que ne soit pas ». 

Conj. ma : manib Qnanip) « si n'est pas ». 

Remarque IlI. — Avec les conjonclions ce et ma, on trouve plus souvent 
le subjonclit du verbe Ci)p de exprim.'-: de la !açon suivante : 3'^ pers. sg. cid, 
m.id; 3" pers. ()1. cit, m.tt. Mais en cas de n 'galion, on n'a jamais que cemb, 
manib, etc. Cl'. J. Vendryes Md. d'Arbois de Jubainpille 279. 

§ 4i8. Imparfait du subjonctif. 

Abs. Conj. 

Sg. I (non attestée) -benn (-Un) 

2 (non attestée) -ptha 

3 hed (bad, bid) -bed (-bad 
PL I bemmis -himmis 

2 (non attestée) (non attestée) 

3 bctis (bitis) -btis 

L'aspiration ne se rencontre qu'après la 3'' pers, du singulier quand 
elle a la forme bcd ou bad. 

Remarque I. — Le /) des iormes conjointes est parfois écrit p{i 87); par- 



i'\uai)|(;mi,s i)i: i,a conjlt.aison 529 

fois aussi il s'assimile à une nasale précédente (con-bin, con-himmis , con-btis 
deviennent coinmin, commimmis, comtis, elc. ; mais à la 3' pcrs. combad ne 
présente jamais l'assimilation). Après la conjonction ma, le b disparaît à la 
3" pers. du pluriel, et l'on a matis (cf. ci-dessous mcd); mais quand il y a 
une négation, on a régulièrement mani-ptis. 

Le même fait se produit avec la conjonction ar n- dans VV b. li a 10, où 
qn lit ardis-lernnethu « afin qu'ils fussent plus disposés » ; mais on lit airmtis, 
ainndis Ml. 79 b 11, 54 a 12. 

Remarque II. — L'existence de formes absolues à l'imparfait du sub- 
jonctif du verbe copule est liée au fait que ce temps n'admet pas l'emploi 
du préverbe no- (exception unique: no-m-bin dermatach « que je fusse ou- 
blieux » JMI. 20 a 4) ; cf. ^ 442. 

Remarque III. — Les (ormes cid et mad indiquées plus haut (i; 4'7 Reni, 
III) sont parfois employées avec la valeur d'un imparlait du subjonctil (cf. 
ci-dessus matis); ainsi Wb. i6 c 25, 20 b 22 ; Ml. 35 a 9, 4i d 9. 

§ 4i9- Présent du futur. 

Abs. Conj. 

Sg. I hc ' (non attestée) 

2 (non attestée) -ha 

3 hid -ha 
rel. hcs (bas) 

PI. I biiiiiui (non attestée) 

2 (non attestée) (non attestée) 

3 hit -bat 
rel. heta 

Remarque. — Au lieu de bimmi,on trouve une fois bemmi ^\b. i3 d i5 
et une fois bami Wb. 4 a 17- 



Imparfait du futur. 

On ne rencontre de Finriparfait du futur que les troisièmes per- 
sonnes. 

Sg. 3. abs. hed ' conj. -bad 

PI. 3 abs. (non attestée) conj. -ptis 

Remarque. — Sur l'existence de (ormes absolues, v.la Rem. II ci-dessus 
et le ^ 442. 



23o 



MORPHOLOGIE 



§420. 

Abs. 

Sg. I ba 

2 (non attestée) 

3 ba 

PI. I (non attestée) 

2 (non attestée) 

3 bâtir 



Prétérit. 



Conj. 

-b 

~bQ) 

~bo (-bu) 

-bomniar (Animmar) 

(non attestée) 

-btar 



La 3*^ pers. du sing. conjointe produit Taspiration. 

Remarque I. — La i"' pers. conj. est toujours suivie du pronom empha- 
tique sujet -sa, qui la renfoixe ; ainsi ro-p-sa « j'ai été ». ni-r-p-sa « je n'ai 
pas été », ni-p-sa «je ne fus pas » etc. Sauf dans l'exemple Ml. 49 b iSoù on 
a simplement rom = *ro-n-b. La forme ro-p-sa a été étendue à la 2'' pers. 
sg. dans Ml. (ro/n^^î 96 d i. io3 a 4, lire romsii'f). 

Remarque II. — ■ Les formes -bu et -biunmar au lieu de -bo et -boinmar 
sont spéciales à Ml. et aux parties les moins anciennes de W b. 

Remarque III. — Au lieu de batlr on trouve deux fols dans Ml. batar, 28 
c 16 (relat.) et 3i a 3. 



CHAPITRE III 

L'ACCENT DU VERBE ET LES PRÉVERBES 

A. De l'accent. 

Les lois de raccenluation du verbe en vieil-irlandais ont été découvertes 
en même temps et séparément par MM. Zimmer KSt 11 (i884) et Thurney- 
sen RC VI 129; l'ouvrage de jNI. Zimmer a été l'objet d'un important 
compte rendu de M. Thurneysen ib. p. 009. On pourra consulter aussi un 
article de M. Wh. Stokes RC Yl 278. 

§ 421. Tout verbe simple, à Texception du verbe copule (§ 422) et 
de la forme employée pour traduire « dit-il » (§ 422), porte l'accent 
sur la première syllabe. C'est-à dire que l'accent du verbe simple est 
conforme aux règles générales données au § 124. Mais il n'en va pas 
de même du verbe composé, soumis à des règles sj^éciales. 

Par verbe composé, il faut entendre tout verbe comprenant un pré- 
verbe (§ 324), à l'exception des dénominatifs (§ 025). 

§ 422. Le verbe copule, généralement proclitique (§ 584), est encli- 
tique après les conjonctions ou particules, elles-mêmes proclitiques. 
Pour l'accent du groupe en pareil cas, v. § 527. 

La forme employée pour traduire u dit il » est ol ; elle est toujours 
proclitique et doit être considérée comme un simple adverbe (cf. V\h. 
Stokes KZ XXWII 260): ol-priscien « dit Priscien » Sg. [\o a 12, 
209 b 10; olin-popiil « dit le peuple » Ml. 46 b 26 (43 b i5); ol-si 
« dit-elle « Ml. 90 b 12. Dans Ml. on trouve une fois ar au lieu de ol: 
ar-crist <.< dit le Clirist » !\[\h 11. 



23^ MOftPriOLOGIE 

§ 428. Le verbe composé conserve l'accent sur l'initiale : 

i" à rimpératif, excepté quand il y a un pronom infixé (§ ^25) : 

defo-ccliiii « je prends soin », joichlid « prenez soin » Ml. 68 a i5 ; 

de do-ineliin c je mange », tomil « mange » Wb. 6 c 7. 

2" quand il est précédé de Tun des proclitiques intimes mentionnés 
au § 828 (cf. aussi § 589) : 

ni forcmi « il ne conserve pas » Sg. 188 a 3o (accent, snv for, defor- 
com-ôini). 

3° dans les gloses de date récente, pour marquer la relation 
(cf § 628 et V. ïhurneysen RC VI 167 et A^b. Stokes //;. 282 n. 2): 

nech tocborad adniiin « quelqu'un qui tournerait son dos » Ml l\l\ a 
19 ; donaib hi thecinofigat « aux cboses qui arrivent » Sg. 2 a 10. 

§ 424- Mais dans tous les autres cas, le verbe composé porte l'accent 
sur le second élément de composition, c'est-à-dire que s'il n'y a qu'un 
préverbe l'accent est sur le verbe : 

do-biur (accentué sur -biur^ ; 

s'il y a deux ou plusieurs préverbes, l'accent est sur le second : 

do-formaig « il augmente » (accentué sur /or-), 

do-fuisim « il crée » (de *to-fo-ess-semim, accentué sur/o). 

Sur le cas où l'un des préverbes est ro, v. § 439 ; sur les composés de 
iccim, uccim, v. § ôgS. — Accentuée sur l'initiale, la forme verbale est dite 
prototonique ; sur le second élément, deutérotonlqiie. 

§ 425. Le pronom infixe (§ 49^) se place toujours devant l'accent ; 
par suite, en cas de pronom infixe, le préverbe reste inaccentué, même 
là 011 il devrait porter l'accent, par exemple à l'impératif (§ 428) : 

du-m-ein (accentué sur -ein) « protège-moi » Ml. 72 d 11, de do- 
emim, en face de ioniil « mange » (accentué sur to-) de do-melim; do-sn- 
piiith « faites-les » Wb. 24 b 12 Çde do-gni-ii,^ 291), en face de dénid 
« faites » (*di-gnîd, § 126) Wb. 28 c ii. 



B. Forme des préverbes. 

§ 426. Il résulte des §§ 423-424 que les préverbes peuvent occuper 

trois places différentes : devant l'accent, sous l'accent et après l'accent. 

Toutefois, le préverbe no ne se place jamais que devant l'accent, c'est- 



rAvcGKxr Dt VERiu: r.r rj:> pkkx i-.iiiu:s ■/^?^ 

à-diic qu'il n'admet pas d'autre traitement que les procliti(jues intimes 
mentionnés au § SaS. 

11 en est de même parfois du préverbe ro employé avec une valeur 
grammaticale (cf. Zimmer KSi II 128, Thurneysen RC VI 3-23, Stra- 
chan Particle Ro- 186), qui se trouve ainsi comme ajouté en surnombre 
à la forme verbale (§ 439) : 

nicon rii-accobrits « je n'ai pas désiré » Ml i36b 7; cf. peut-être ni 
ni-thochuresiar gl. non exciuerat Ml. 18 d 6; ni-ru-thâirailsam « nous 
n'avons pas trompé » Wb. 16 a 22, dans lesquels toutefois l'aspiration 
après /-//- fait difficulté (§ 427). 

Mais la diflérence de no et de ro est que ro en pareil cas viole la règle 
générale d'accentuation, puisque l'accent frappe le second élément, bien 
qu'il y ait un proclitique intime. 

§ 427. Suivant qu'ils se trouvent placés devant ou sous l'accent, les 
préverbes présentent des différences de forme, indiquées dans le tableau 
ci-dessous (cf. Thurneysen RC VI i35, Zimmer KSt II 68). Comme 
terme de comparaison pour la forme accentuée du préverbe on peut 
prendre les noms verbaux (substantifs ou adjectifs), particulièrement 
probants puisqu'ils sont toujours accentués sur l'initiale (§ 474)- 

Pour la forme qu'ont les préverbes devant pronom infixe et dans la phrase 
relative, v. §§ 498 et 682. 

§ 428. Outre cette différence de forme, les préverbes accentués ou 
préaccentués ont encore entre eux une différence essentielle dans le 
rapport qui les unit à la forme verbale. On verra au § ôgS que l'accent 
établit une coupure bien tranchée entre tout ce qui se trouve avant lui 
et le reste du groupe verbal. Cette différence se manifeste par le fait 
que les phénomènes phonétiques (élision, contraction, assimilation, etc.) 
habituels à l'intérieur d'un mot un, ne se produisent pas entre le pré- 
verbe préaccentué et la syllabe qui suit. 

C'est le cas notamment pour l'aspiration. Placés sous l'accent, les 
préverbes produisent ou non l'aspiration suivant la nature de leur 
finale ; ainsi aith-, air-, cet-, di-, jo- , iarm-, imb-, ind-, rem-, ro-, 
tainn-, to- aspirent le phonème suivant (§ 168). Au contraire, placés 
devant l'accent, les préverbes ne produisent pas naturellement l'aspira- 
tion; mais tous indistinctement peuvent produire l'aspiration ou la nasa- 
lisation suivant le caractère relatif de la proposition (§§ 628 et ss.). 



234 ■MORPHOLOGIE 

Cf. Thurneysen ZCP II 78, Pedersen/CZ XXXV3^o,Meillet/FXXI3/14. 
§ 429. Liste des préverbes. 

Forme préaccentuée. Forme accentuée. 

Préverbe ad-. 

ad-: flii- (pour les altérations phonétiques, 

V. la i''" partie): 

de ad-ciu, adciam « nous voyons » Cam. -accai « tu vois » Ml. 1 7 b 6, 26 b i /i. 

38 a ; ma adced « si vous voyez » 

Wb. II b 22. 

de ad-iodim, adsiidi « tu retiens » Ml. ni- asstai « il ne retient pas » Ml. i il\ 

1 14 c 6 ; ciadsode « bien que tu re- a 19 ; maniastat « s'ils ne retiennent 

tiennes » Wb. 10 a 9. pas » Wb. 29 a 16. 

Préverbe aith-. 

ad- : aith-, ed-, id- (§ 127) : 

de *aith-ar-rigim, adeirrig « il corrige » aithirgid (impér.) « corrigez » Wb. 9 
Wb. 22 c 2. a 23; aiîhirge « correction, repen- 

tir » Ml. 32 c 6, Sg. i37 b 10. 
adcumaing « il arrive » Ml. 19 c 11. ni-ecmi « il n'arrive pas » Wb. 5 b 

35. 
adhaill « il meurt » Vsh. iG b 11, ni epil « il ne meurt pas » Wb. 3o d 

Ml. 108 a 3 (cf. § 267). i/|, Sg. 28 b 20, 3o a 3. 

adgén « je connais » \\ b. 12 c i3. écne « connaissance » Wb. 8 b 3 (re- 

. fait par analogie en aidgne Wb. i c 
i5, aiîhgne Wb. i b i3). 
de *aith-od-berim, adoparar « il est of- -idbarat « ils offrent » Wb. i b 20 ; 
fert » Wb. II b \b (adobarar, 12). idpart « offrande » (Wb. 24 b 20; 

edpart Sg. 54 a 11 ; edhart Ml. 33 a 
10). 

Préverbe air-. 

ar- : ' air-, er-, ir- (§ 127) : 

arlega « il lit » Sg. 211 b i3. airiéch (impér.) « lis » Sg. 24 a i4- 

arcelim n je ravis » Sg. 937. ni ercheltar « il n'est pas ravi » Ml. 21 

c 12. 

arhâgim « je me glorifie » (Wb. 16 d niirhâgam « nous ne nous glorifions 
9 arabàgim, § 632, en position rela- pas » Wb. 17 b 6 ; irbdig « fait de 
tive). se glorifier » Wb. 16 d 8. 



l'aCCEM- DU" VERBE ET LES PRÉVERBES 2.35 

§ /j3o. Préverbe con-. 

con- (cun- § 72). corn- (parfois con-): 

de conairlecim, conairleci « il laisse » nach(am)-chomairlic<.<. nQïncla.i'sSQ^di?,^) 

MI. 27 d 10. Ml. 32 d 5. 

cunutgim « je bâtis » Sg. i4i a i (de cumtach « bâtisse » Wb. 8 c 18. 

*con-od-togim). 
conrig « il lie » Ml. aS c 12. cidmrech « lien » Wb. i d 5. 

forcongrirn « j'enseigne » (Wb. g d 
3o). 

Préverbe dî-. 

do- (du- s; 72) : di- (de-) : 

dodonaimm «je console» Sg. 53 b 7 ; duinad « consolation » Wb. i b i, 

cododonat « afin qu'ils consolent » 12 b 11. 
Wb. 26 d 2 1 . 

de do-fichim « je venge », dofich « il -dichiin « je venge » Ml. 38 c 21 (de 

venge » Ml. 19 d 3 ; dufi « il ven- *di-fichim, § 49); ni-dig « il ne venge 

géra » Ml. 67 c 5 ; duruacht « il fut pas » (Ml. 24 b 17) ; diachtid « ven- 

vengc » Ml. 43 d 11. geur»Ml. 19 d i5; (/^'/c/z (impérat.) 

« venge » Ml. 72 d 1 1 ; digal « ven- 
geance ». 

dogniii « je fais » ; dorignius « j'ai ni-digen « je ne ferai pas » Ml. 37 c 

fait » Mi. 47 a 20, dorigéni « il a 2 ; ni-denim « je ne fais pas » Ml. 

fait >> Wb. 12 a 29, dorigensam o-j c S (de*-di-gnim, '^ 126); nider- 

« nous avons fait » Ml. 46 b 26 nus « je n'ai pas fait » Ml. Sg a 1 1 

(où 1'/ est dû à une confusion de (de *-di-ro-gnus , § Sgi). 
*do-ro-gen et de *-di-gen) ; duronad 
« il a été fait » Ml. j3G c i (de *do- 
ro-gnad). 

Exceptionnellement, la forme di- se maintient devant l'accent : dirôscai- 
ther « il est distingué » Sg. 42 b i, 1 1 en face de doroscaithar Sg. 43 a 2, 
di-t-rôscibea « ill'emportera sur toi » Wb. i d 21 en face de doroscaimis MI. 
32 a 21 (cf. Thurneysen RC \l 142); hôre disluindet « pai-ce qu'ils nient » 
Wb. i3 b 18 en face de donaibhi dosluindet « à ceux qui nient » Wb. 3o a 
20. Dans ces exemples, le préverbe di- a une valeur sémantique prépondé- 
rante. On trouve de- au lieu de di- dans demecimm gl. detero Sg. 39 b i (de 
*di-meccim), ii^ 161. 



236 



AlORPHOI.Or.IK 



Préverbe cet-. 



cela- (cita-) : cet- : 

citabiat « ils éprouvent » Ml. 22 cl 7; -cétbanain « nous éprouvons » Wb. i5 

cetahiin « je ressentais » Wb. 12 c ai; cétbaid « sensation » (Wb. 

c 8. 24 b 4, Sg. 25 b 7). 

Préverbe es-. 

as- : es- (pour le? altérations phonétiques, 

V. la i''^ partie) : 

asingaib « il excède » Ml. 2,3 a i3. arna esngaba « afin qu'il n'excède pas » 

Ml. 22 c 8; ni erngaib « il n'a pas 
manqué » Ml. 32 d 19 (de *-ess-ro- 
ind-ga'.b'). 

aslenim « je souille » (Sg. 54 a 8, 178 ni-éilnithe « il n'est pas souillé » A^ b. 
a 4)- 22 c II ; élned « souillure » Wb. 

I I b 9. 

Préverbe etar-. 

eter- : etar- : 

eterscértar « ils seront séparés » Wb. doetarciiirethar « il intercède » Wb. 4 
8 b 3. b 19. 

Préverbe fo-. 

fo-(fu-^-j2): fo-: ^ 

foalgim « je souffre » Sg. t46 b i4- falguâ « souffrance» Ml. 94 b 3 (§92). 

fu-ragab « il a laissé » Ml. 5- d 10 ar/7<iî/^rc^/j/is «afin qu'ils ne laissassent 

(de *fo-ad-gabliii « je laisse »). pas » Wb. 3i d i3 (de *fo-ad-ro-). 

jocelim « j'attends n. joichlid « attendez » (impér.) Ml. 68 

a i5. 

§ 432. Préverbe /(?;--. 

ior- : for-: 

forcain « il enseigne » Wb. 27 c 8. ni forcain « il n'enseigne pas » Wb. 

I I c \(^\forcanid « enseignez » Wb. 
22 d I. 

fortéit « il aide » Wb. 4 a 27. ninf.rtéit « il ne nous aide pas » Wb. 

4 a 27. 



L ACCENT f)L' VERI5E El' I,i;S l'REVEKBES 



Préverbe //■///;-. 

fris- : frith- freth- (pour les altérations pho- 

nétiques, V. la première partie) : 
frisorcdt « ils offensent » Ml. i") a S ; nafridjined « qu'il n'oll't'use pas » Wb. 

friscomart « il a oirensé » Ml. 63 b i4 a 27 ; frithorcun c< ollense » (Ml. 

II. 19 G 5, 22 d 21); iiad frithchomart 

« (|ui n'a pas cU'ensé » Ml. l\'j a 2 
(avec une aspiration incorrecte, 
mais cf. § 3i i). 
/r/sco/r/^T ff/// « ils sont honorés » Ml. frecuirthe ceill « honore » (impér.) 

21 d 3 (Jrisamim ceill « j'honore », BCr. 33 b 2 ; frecor ceil « culte » 

§ 265). (Wb. Il b 5, Ml. 137 c i). 

Préverbe tarin-. 

iarmu- : iartn- : 

iarmurusudigesîar « il a po--lposé » Ml. iarmuidigthe « poslposé » Sg. 3 b 3i 
i3o a 7, (de larm-s-, § /ly). 

§ /133. Préverbe iinh-. 

imm- : imm- (imb-, d'où imp- devant s, 

imtiigMn « nous circulons » ^^ b. 6 a ni inthesii « que vous ne circuliez 
3o. pas » Wb. 22 c 4 ; iiiithecht « circu- 

lation « Wb. 6 a 3o. 
• » de imins iin « je tourne y>,connachni/n- 

pdd « afin qu'il ne se tourne pas » 
Ml. 122 a i4 ; inipùd « conversion » 
Ml. 61 a 28, Sg. 106 b 10. 

Préverbe iiid-. 

in- : in- {ind-, d'où int- devant s, ^ 1 18) : 

incoissig « il signifie >■> Sg. 9 a iZi. ni inchoidg « il ne signifie pas » Sg. 

9 a '6 

insamlathar « il imite» Wb. 9 a i5. intamlid « imitez » (impér.) \^ b. 9 a 

i4 (de * ind-s-) ; in intainlitis ce est- 
ce qu'ils imiteraient ? » Wb. 5 b 20. 



238 



MORPHOLOGIE 



Préverbe oc-. 

ocu- : oc- : 

ociibether « il sera touché » Ml. 53 b nad ocmanatar « qui ne sont pas tou- 

17 ; ocubiat « ils toucheront » Ml. chés » Ml. 54 a 12 ; ocmaide « fait 

126 b 12 (de -henaun). de loucher » Ml. 89 a 10; cf. § itx'o. 

Préverbe od-. 

n'apparaît jamais qu'en position aran-osailcea « afin qu'il ouvre « (de 
accentuée. * od-sailcim') Ml, 24 d 19, 30 b 8, 

42 b 12 ; doopir « il prive » Sg. 

2 2 1 b I (de *di-od-berim «je prive ») ; 

do-fuaral « il résulte » Sg. 1 2 a 3 (de 

*di-fo-od-rethim) ; après l'accent, v. 

§437. 



5 434. 



Préverbe retn-. 



remi- : 
remiîéî \(- il précède » Sg. 17 b 10. 



rcm- 



-remthiiuat « ils précèdent » (3*^' pi. 
snbj.) Wb. 5 a 32. 



Préverbe ro- 



ro- (ru-) : 
rochdnethar « il entend » Wb. 12 c 22, 

ro-iccu less « j'ai besoin » ^^ b. aS d 
9 ; rii-iciin les « j'ai besoin » Ml. 22 
c i4- 



ro- {ru- V. i; 72) : 

ni-rothuillissem « nous n'avons pas 
récolté » Wb. 24 d G. 

rn riccim less « je n'ai pas besoin » 
Wb. 1 2 a 33 (Wb. 32 a 4, le copiste 
a écrit par niégarde ani ricu less au 
lieu de roicu, prenant ni pour la 
négation ; toutefois, § 598). 

Pour Vi de dorigente, v. § 129. 



Préverbe scchm-. 



sechmo- : 

sechinoella « il passe » Sg. 196 b 2, 



sechin- : 
nad sechmalla « c[ui ne passe pas » Ml, 
35 d i3 ; ni-scchmalfam « nous ne 
passerons pas » Ml. 25 a 3. 



l'accent nu vrunic i.r i.ns puéverbes 289 

Préverbe iaiiin-. 

tremi-: tairm- (trein-) : 

tremiberar « il est IransporU'' » Wb. <S îannbreth « transport » Fél. 3 juillet, 

a 5 (cf. Mb 3 1 c 3). f\ juin. 

tremitiagat « qui transgressent » Wb. -tarmtliiagat « ils transgressent » HCr. 
25(1 i4 (?! 632). 18 b8 ; ?i;z/rm?/z«?c/i? « transgression ». 

ni îremfeidliget « ils n'endurent pas » 
Ml. 21 d 4. 

§ /i35. Préverbe to-. 

do-(du- § 72) : to- : 

dogàithaim » je trompe » Sg. 24 a 7 ; ni togaitha " il ne trompe pas » (^^ b. 

du-gditha « qu i trompe » Ml . 55 ci 3 . 4 b 2 7) . 

diiadbadar « il est montré » Ml. 4o d hi-tadbadar « en quoi il est montré» 

3, doadbadar Wb. 27 d i3. Ml. 4o c 17. 

doaidlibein « nous visiterons » Ml. r4 tadall « visite » (Ml. 25 a 3, Wb. 27 

d 5. b 25). 

dociiircthar « il appose » Sg. Gi a 7, -lochuirther « il a été apposé » Ml. 22 

191 a 2 ; dociiirifar « je citerai » ci; tochur « fait de placer » Ml. 

Ml. 3 a I, 29 a 8. Ne pas confondre * tocuirini 

avec * dicilirim dans condichreî « afin 
qu'ils déplacent » ML 44 a 16. 

dofo- (dufu-J : tô- (§ 92) : 

de * doforindim «je signifie », dofoirn- ndd-iôirhdcî « qui ne signifient pas » 

dea « il signifie » Ml. 2 d 2 (do- Sg. 25 b 12 ; fdr^;?^^ « signification », 
foirnde Sg. 66 b 10). 

de*dofo-ess-seinim,dofuismiin (.<iecn''cn tui^tiii « création » (i< 297). 
Sg. 182 b 2. 

dofor- (dufor-) : 'or- (^92): 

doformaig « il accroit » (Wb. i b 5) ; dia-tormastar « si est accru» Ml. 20 a 

dofôrmgat « ils accroissent » Sg. 53 19 ^ ^orinag « accroissement » (Sg. 

a II. 77 b 2, 4i a 3). 

Î5 430. Le jeu très délicat des alternances régulières entre les formes 
accentuées et préaccentuées a entraîné quelques confusions analogiques (cf. 
Thurneysen RC VI i35 n. i). 

A. Le verbe tongim « je jure », qui est simple, a été pris pour un com- 
posé *dofongim dans des exemples comme nothongad « que jurait » Ml. 36 a 



•j\o MoiilMinlOCIi: 

20; on a en formé par suite dodfongad « qui le jurait » Ml. 36 a 2 i (cf. 
^\h. Slokes RC V 202). Même accident est arrivé au verbe adraim emprunté 
du latin adôrâre (cf. Strachan BB XX 28) : ad-n-orfa « qu'il adorera » Ml. 
Sr d 6. Inversement le verbe -tùirim, forme prototonique de *tofo-siriin (cf. 
sirid « il cherche » BCr. 33 d 3), a été pris pour un verbe simple ; d'où 
riitiiirset Ml. A4 d 23. 

B. Le préverbe for- a été pris pour fo-ro- dans certains composés et on a 
séparé indûment la liquide finale pour infixer un pronom ou introduire un 
autre préverbe : de for-aithminedar on a fo-da-r-aithininedar « qui le rap- 
pelle » Ml. 20 c ô, et au prétérit parfa'il fo-ru-r-aitluninset Ml. 1 35 a i ; de 
for-benim, fii-ro-r-haither (bur- ms.) « une fois qu'est accomplie » Ml. i5 

a 6; cf. toutefois Wh. Stokes ZCP III 4-1 et /CZ XXXYIII 470. 

C. D'un radical *to-fo-ét « tomber » on a régulièrement dofuit « il 
tombe » SP II 8 et -tait Wb. 4 d i5; mais le plus souvent, la première 
forme s'est refaite sur la seconde par répétition du préverbe do- ; de là 
dotait « il tombe » Sg. 71 a 9 (Wb. 4 d i5) et les subj. dotodsat Ml. 124 d 
12, dotodsinn Ml. i3i b 7, en face de con-totsat «afin qu'ils tombent» MI. 
16 a 19 (-todsat Ml. 1 18 a 12). 

§ 437. Placés après Taccent, les préverbes sont le plus souvent ren- 
dus méconnaissables par raclion destructive de l'accent précédent; là 
où leur forme est claire, elle apparaît identique à celle qu'ils ont sous 
l'accent. 

Ex. De*ad-coni-îogini, ni adchuiniig « il ne construit pas » Sg. 211 
a 8. De con-gabim, nad-niclnimgah gl. se iactasse Ml. 20 a 7. De 
*di-od-berii)i, dioiprid « privez » Wb. 9 c 28 et le substantif âinpari 
Wb. 16 c 24 (BCr. 33 c 5). 



C. Ordre des préverbes. 

§ 438. Lorsqu'il y a plusieurs préverbes devant une racine verbale, 
l'ordre dans lequel ils figurent n'est pas toujours quelconque, en ce 
sens que certains préverbes sont le plus souvent affectés à une certaine 
place. 

Ainsi le préverbe to- est en génér:d placé a\ant tout autre, notam- 
ment toujours devant /t;-, /or-, aith-, air-, ind-, css-. Ainsi : *to-fo-sca- 
giiii « je m'éloigne » : dofoscagini, -tuscagini ; *to-for-i)iagiiii «j'accrois » : 
doforuiagim, -iôrniagim ; "^to-ad-badiiii « je montre » : doadhadiui. -lad- 



I, \CCI.\T 1)1 \ F.lUîF, KT LES PUl.VEUItES 'J.'U 

hadini ; '^lo-ailh-crciiiiii « je rachète », doaiîhcrcnini^-iaithcreuiui; *io air- 
gahim « je fais sortir » : doargnlnui, -targahim\*to-ind-nachim «je 
confère » : doindnncljiiii, -t'uiduachini ; *'lo-css-hcuai)}i « je détruis » : doas- 
henaim, -teshciiaini. 

Les préverbes fo-, for-, iiid-, iniiii- sont g-énéralement placés les 
seconds. Enfin od- est toujours placé le dernier (cf. § /jS/j). 

Ainsi : *ar-fo-ciiiiiii « je reçois » mais ^fo-od-garim « j'indicjue ». 

§ /iSg. En ce qui concerne le préverbe ro, l'usage ancien est de le 
placer toujours le plus près du verbe : 

doforscaig « il est parti » Ml. 07 d 12 (de *to-fû-scaigiiii ); do-ro- 
hidc « il a jeté » Ml. 58 c 3 (de * dî-bidciiii) ; fo-ro-daiiiar « j'ai sup- 
porté » Ml. 22 d 5 (de fo-daiiiini); doforsaUccd « il a été réduit (en 
cendres) » Ml. 118 cl 20 Çdo^to-fo-od-sakiiiiy 

Toutefois, de bonne heure, l'usage tendit à placer toujours ro à la 
seconde place du groupe verbal, c'est-à-dire sous l'accent (§82/1), quel 
que soit le nombre des préverbes : 

Ainsi dorôsai « il a bâti » PCr. i5 a 2 et Sg. 3i b 2 (de '^do-ro-fo- 
ess-, verbe -sei)U)ii) à côté de dofor-sat Sg. 3i b 5 (de *do-fo-ro-css-) ; 
arisiiamihe iinineniidbed 7 niroiiudihed lit « car c'est Timothée qui a 
été circoncis et Tite n'a pas été circoncis » Wb. 18 d 9 ; ;// nadriii- 
diialdatar acht iiintaldatar « ce n'est pas cju'ils n'ont pas fait irruption, 
mais ils ont fait irruption » Ml. a/i b 11 ; frisracacha « j'ai attendu » 
Ml. !\'] a 8 (de *fris-ro-ad-), mais inrufrcscechac « est-ce que tu as at- 
tendu P )) Ml. [\[\ c ig (de *-rofris-ad-). 

Pour l'emploi de ro en surnombre devant l'accent, v. !^ Zj2(). 



D. Valeur des préverbes. 

§ /i/|0. Les préverbes ajoutent aux verbes des nuances de sens di- 
verses dont l'importance varie avec le préverbe et qu'on ne peut 
apprendre cjue par l'usage. Généralement le préverbe ajoute à l'idée 
verbale le sens qu'il possède en tant que préposition (§ 271). Seid le 
préverbe no n'ajoute aucun sens à celui qu'exprime la racine verbale 

(§ ^4i> 

Le préverbe ro figure avec son sens propre dans un petit nombre 



3 ^1 2 MORPHOLOGIE 

de composés. Il y a toutefois trois verbes devant lesquels ro prend 
régulièrement place sans leur ajouter ni son sens propre ni aucune 
valeur grammaticale spéciale (§ 44i)- ^ie sont ro-cluiniiir « j'entends », 
ro-fetar (j'O finnaim, § 3/i8) a je sais » (proprement un prétérit, § 471 
Rem.) et ro-lamur « j'ose » (ïhurneysen KZ XXXVII 88). Mais 
le préverbe n'y figure jamais qu'en l'absence de tout aiitre élément 
justifiant l'emploi de la flexion conjointe. Par suite, on ne le rencontre 
jamais quand le verbe est précédé d'un proclitique intime (§ 3'i3), 
jamais non plus à l'impératif qui n'admet que la flexion absolue. 

Ex. : rocluiui'thar « il entend » Wb. 12 c 22 ; càch roi-chechladar 
« chacun qui t'entendra » Wb. 28 cl 16 ; rocloatar « cju'ils entendent » 
Ml. 70 a 2 ; mais niscJuineihar « il ne les entend pas » Ml. 21 b 2, 
chante « entends » Ml. i36 a 10. 

rofitir « il sait » Wb. 7 c i5; rofestar « il saura » Wb. 12 d 27; 
mais niconfitir « il ne sait pas » Wb. 12 c 22 (§ 453), confcstar « de 
sorte qu'il sache » Wb. 12 c 38, nifiastar « il ne saura pas » Wb. 12 
d 18 ; rofinnatar « ils savent » Wb. 29 a 28, rodfînnad « qui le savait » 
Sg. 209 b 26 ; mais nad finnatar « qui ne le savent pas » Ml. 99 b 10 ; 
fînnad « cju'il sache » W b. 29 a 17. 

roJauinur, ridaimur « j'ose » Wb. 1738, 17 c 21, mais na laimetar 
gl. non audeant Ml. 60 d 6. 

§ 44 1- Certains préverbes sont employés avec une valeur gramma- 
ticale, à savoir no et ro (avec ses substituts). 

1" Le préverbe no. 

no n'a qu'une valeur grammaticale, ce qui le distingue de tous les 
autres préverbes, y compris ro (§ 444) ; il se distingue aussi des autres 
préverbes en ce qu'il n'est jamais accentué (§ 426). 

La valeur grammaticale de no est essentiellement une valeur d'auxi- 
liaire, c'est-à-dire cju'il est placé devant. les formes verbales qui ne com- 
prennent pas de préverbes toutes les fois cjue l'on a besoin d'un pré- 
verbe pour employer la flexion conjointe (§ 323) ; il résulte de là que 
l'emploi de 710 est strictement limité au verbe simple; jamais on ne le 
rencontre dans une forme verbale qui comprend un autre préverbe ou 
un des éléments indiqués au § 323 cjui nécessitent l'emploi de la flexion 
conjointe. 

§ 442, Sous réserve de cette observation générale, «0 est employé : 



l/ ACCENT nu VF.ItnF ET LES PREVERBES 2^3 

1° Pour permettre rinfixalion d'un pronom, lorsque la forme verbale 
ne contient pas de préverbe (§ /jqS). 

Ex. : isiress crist no-m-heoîgedar « c'est la foi du Christ qui me vivifie » 
V\h. 19 a 20; no-n-soer-ni « délivre-nous » Mi. 4(3 b 26; no-b-sôirfa- 
si dia « Dieu vous délivrera » Wb. [ i b d ; hore no-n-dob-molor-sa 
« parce que je vous loue » Wb. l^ c 18. 

Toutefois, au futur du verbe substantif, lorsqu'il faut un préverbe 
auxiliaire pour infixer un pronom, c'est ro et non no qui est employé 
(Strachan Snhsl. 61) : hicid lôg « sera récompense » mais ro-s ni-hia 
]ôg « ils auront récompense » Wb. 6 a 5. 

2" Pour exprimer la relation, aux personnes qui n'ont pas de formes 
relatives (§ 624), lorsqu'il n'y a dans la phrase aucun indice de rela- 
tion. 

Cf. Strachan ZCP III 288. 

Ex. : i""* pers. du sg. isbcd iiiso iio-giiidiinni « voici ce que je de- 
mande » Wb. 21 a 8; 2* pers. du sg. forsani no-thechti « pour les 
choses que tu possèdes » Sg. i/i8 a 9 ; 2* pers. du pi. cvi-no-gessid « ce 
que vous demandez (subj.) » Wb. 24 b 3. 

3" Aux trois imparfaits de l'indicatif, du futur et du subjonctif, lors- 
qu'il n'y a aucun élément qui nécessite l'emploi de la flexion conjointe. 
Ces trois temps ne présentent jamais de flexion absolue (§ 323), sauf 
dans le verbe «^opule (§§ 4 18 et 4i9). 

Ex. : no-seniied « il jouait (de la cithare) » Ml. 2 b 9 (imp. de 
l'ind.); no-gigned « il naîtrait » Sg. i38 b i (imp. du futur); co-no- 
pvidchinn « afin que je prêchasse » A\ b. 28 a 7 (imp. du subj.). 

§ 443. Ro est parfois employé comme on le verra plus loin (§ Ix'oo 
et ss.) avec l'imparfait du subjonctif; là où il ne l'est pas, à défaut 
d'autre élément de composition, c'est no qui en prend la place. 

Ex. : con-ro-gabthe-si « afin que vous prissiez » Wb. 24 c 8, 26 
d 7 ; co-nit-gahtis « afin qu'ils prissent » Ml. 39 c i5 ; mais cou imcb- 
gahad « afin qu'il ne prît pas » Ml. 69 a 17 (§ 44i). 

On trouvera bon nombre d'exemples analogues dans Strachan Subj. 

323. 

Ro est fréquemment employé avec le prétérit (§ 444) ; au présent ou 
au futur, quand il y a un pronom infixe, c'est le préverbe no qui sert 
régulièrement à l'infixation (§ 493). 



2/|/i MdliPHOLOGIE 

Ex.. : anuil ro-ii-pridchissein-iii « comme nous Tavons prêché » 
Wb. i3 b 10 (de *i'0-n-d-, § io6); mnal no-n-pridchiin-se « comme 
je le prêche » Wb. 3o a 21 (de *no-n-d-) ; hôre ro-n-solr dipeccad isJcrb 
linn no-n-solrfea « puisqu'il nous a délivré du péché, nous sommes 
sûrs qu'il nous délivrera » Wb. i^ c 18. 

Ou trouvera bon nombre d'exemples analogues chez Strachan RC XXI 

Tl résulte de ces faits que iio et ro semblent s'opposer dans nombre 
de passages. 

Mais ces oppositions, qui ne se poursuivent d'ailleurs que dans la me- 
sure où l'absence de tout élément de composition justifie la présence de 
110, résultent de règles purement grammaticales et ne permettent pas 
de croire à une dilïérence sémantique originelle entre les préverbes no 
et ro. 

§ /14^- 2" Le préverbe ro. 

Outre sa valeur propre, attestée dans quelques composés (v. § 45 0' 
le préverbe ro présente une valeur grammaticale importante. 

Malgré les essais de synthèse tentés par plusieurs celtisants, les em- 
plois se laissent malaisément ramener à une règle générale ; on indi- 
quera ici les deux principaux. 

A. Emploi de ro pour donner au prétérit la valeur du parfait. 

La seule forme du passé existante en dehors de l'imparfait, \e prétérit, 
se subdivise en deux temps suivant qu'elle est ou non accompagnée de 
ro. 

§ 4^5. Le prétérit sans ro ou prétérit narratif correspond au passé 
défmi du français. 

dobert goiste iiiiina hragait fadesin « il mitime corde autour de son pro- 
pre cou » Ml. 23 b 10; dialuid diiaid forlongais triglenn iosofâd damhidc 
scinei dichlochaih ocatecht 7 dohcrt iiialdacbta foir daiw diniiilliicb iiil 
slebe « lorsque David vint en exil par la vallée de Josaphal, Shimei le 
couvrit de pierres à sa venue et lança sur lui des malédictions du som- 
met de la montagne » Ml. 58 c 4 Çlitid, dohidc et dobert sont des nar- 
ratifs ; on a le parlait darobidc, ib. 58 c 3 et dorritbidc 4o d 9). 

Le prétérit avec ro ou prétérit parfait correspond au passé indéfini 
du français. 

Ex. : ridiiaiiiniedafo-ro-daiiiar-sa cose romfcrat dom aitJ}irriuch « même 



l'accent oi vKuur kt i.i.s préverbes 245 

les souffrances que j'ai endurées jusqu'ici peuvent me suffire pour me 
corriger » Ml. 22 cl 5 ; ised âano in.ùn do-ro-shihid cainchoinrac armti- 
chnamaihsc « voilà donc ce qui a refusé la paix à mes os » MI. 58 a 11 ; 
isnaidih arrôit coJ'nui 7 ithé durraidchiûir « c'est d'eux qu'il a reçu la 
chair et ce sont eux qu'il a rachetés » (arrôit de *ûr-fo-emiiii ; dorraid- 
chiûir de ^foûith-creniiii^V^h. 02 d 10; huare asren fiiilem fiiani ara- 
reilced do « parce qu'il paye intérêt de ce qui lui a été prêté » Ml. 36 
a 3o (arareiked de arlécini). 

On trouvera au § /jyS l'indication d'un certain nombre de prétérits 
qui ont par eux-mêmes la valeur de parfaits sans l'addition de ro; ces 
prétérits n'ont jamais la valeur de narratifs. 

§ 446. Ro produit au présent de l'indicatif un effet analogue après 
la conjonction ô « depuis que » lorsqu'on veut indiquer le point de 
départ immédiat de l'action (§ 712); ex. : horiideda ind-feûil forsnaib 
cnamaib citahiat inriini iii-chnaiiiai iii-fochaid « lorsque (à partir du 
moment où) la chair se corrompt sur les os, alors les os éprouvent la 
souffrance » Ml. 22 d 7 (cf. les parfaits roded ibid. 11 1 b 12, rodedns 
44 d 10 et 5o b 3). 

Cf. Sarauw ISt 28, Thurneysen KZ XXXVII 64. Sirachan Act. l\\\. 

ij 447. Enfin, au subjonctif, dans quelques exemples, la présence 
de ro semble destinée à marquer l'antériorité; c'est-à-dire que ro ex- 
prime la valeur temporelle qui s'ajoute à la valeur modale exprimée 
par le subjonctif. Ainsi à l'imparfait: conibad iioiire rodscribad cosse « de 
sorte que ce serait un secrétaire qui aurait écrit jusqu'ici » Wb. 27 
d 16. Sans valeur modale, on aurait : c'est un secrétaire qui a écrit; 
cf. Ml. 16 a 10, 24 d 7 (comparé avec Ml. 24 d lo), i39 a 9; etc. 
Et inversement dans : connàch luoidea nech arbed à-arilliiid nod nicad 
« afin que personne ne se flatte que ce serait son mérite qui le sau- 
verait « Wb. 2 b 4, l'emploi de la particule no montre qu'il ne s'agit 
pas du passé. Cf. Strachan Sid^j. 35 1, Thurneysen i{'ZXXX\II 73; et 
V. § 466. 

§ 448. B. Emploi du préverbe ro pour exprimer la possibilité. 

Ro se place devant tous les temps de l'indicatif, du futur et du sub- 
jonctif pour exprimer la possibilité. 

Cf. Sarauw ISt 3o et Thurneysen KZ XXXVTl ^(^. 

Ex. : présent de l'indicatif. iiidcnuU sidi ni iiadjinstnr side « ils ne 



2i46 MORrHOLOGIE 

peuvent rien faire qu'il ne sache » Wb. 22 d 3 (de do-gnin) ; air nirii- 
critiater gniinai die « car les actions de Dieu ne peuvent être falsifiées » 
Ml. 5i c i4 ; l'ictre asrohair mulier meus filius 7 asrohair uir mea filia 
« parce que mulier peut dire « meus fdius » et uiv peut dire « mea fdia » 
Sg. 198 a 18. 

On rencontre dans les gloses neuf exemples du présent de l'indicatif 
du verbe d'existence accompagné de ro au sens de possibilité (voir 
Strachan Subst. Verb p. 10); ainsi ciarubé (subj.) ceniii dib nirubai 
(indic.) cenaib huJi « bien qu'il puisse être sans quelqu'une de ces 
choses, il ne peut pas être sans elles toute* » Ml. 20 d /|. 

§ txk^- présent du subjonctif. Dans les propositions principales, ro 
s'emploie avec le subjonctif pour exprimer le désir (§ ^^[\). 

La valeur de possibilité se rencontre très nettement dans les propor- 
tions subordonnées : 

mani roiiiia fora cenn ni luoiia forsna bullu « si l'on ne peut venir à 
bout de leur tête, on ne viendra pas à bout des membres » Ml. 89 c 11 
(^-uia est le subjonctif sigmalique qui répond au futur sigmatique 
-merua ; au lieu de roinia il faut peut-être lire rouia, avec M. ïhurney- 
sen KZ XXXI 76, mais cf. toutefois Strachan Subj. 26/i n.). 

Autres exemples : avec la conjonction nui, luaiii-ro-chosca-som ainuii- 
tir intain bits cengràd ni uisse toisigecht sochuide do « s'il ne peut pas cor- 
riger sa famille quand il est sans ordre, la direction de la multitude ne 
lui convient pas » Wb. 28 b 28; avec la conjonction cia, Ml. 20 d /i 
(ci-dessus); avec la particule in-, dûs in-rictbar(ms.-iar^tri-a-gnâis-si 
« savoir s'il peut être sauvé par sa société » Wb. 10 a 3 (du verbe /V- 
caim). 

imparfait du subjonctif. //'//;/'/ duronad nachaile « à quelque chose que 
quelque autre pût faire » Wb. 8 a 4- 

§ 45o. présent du futur, ni-dergenat uni bas cid accubur leu « ils ne 
pourront accomplir ma mort quoiqu'ils le désirent » Ml. 80 a 9; 
runsJuinfenini « nous pourrons nous désigner nous mêmes » Wb. i5 
a k. 

imparfait du futur, barafie dûib darigente « ce serait en votre pouvoir 
de faire cela » Wb. 11 d 5. 

§ /i5i . Cas 011 ro n'est pas exprimé. 

Certaines formes verbales n'admettent jamais le préverbe ro. Ce sont 



l'accent n( VERBE ET LES PRÉVERIÎES 2^7 

d'abord un certain nombre de prétérils, qu'on trouvera énumérés aux 
!:5§ '^l^8 et à'jZ ; ensuite certaines racines verbales, étudiées au § sui- 
vant, devant lesquelles en général un autre préverbe se substitue à ro 
dans l'emploi grammatical. Ce sont enfin les subjonctifs sigmatiques 
dans le verbe composé (§ 332 Rem. II). 

Les verbes dont le radical comporte le préverbe ro ne l'ajoutent pas 
d'ordinaire là oia il doit exprimer une valeur grammaticale, de sorte 
que dans ces verbes il n'est pas possible par exemple de distinguer le 
narratif du parfait. Ainsi des verbes *ess-ro-cOîliiii « je destine » ou *di- 
ro-côiniin «■ je désespère » on a les prétérits as-ro-choUset, as-ro-choilsid 
« ils ont déterminé, vous avez déterminé ;; Ml. ()5 c 2, 3, do-ro-chôiih 
sein « nous avons désespéré » Ml. 8g a 6, dont le caractère parfait 
n'est marqué par rien. Parfois cependant, dans les textes récents, le 
préverbe ro a été surajouté à des verbes de ce genre pour exprimer une 
valeur grammaticale : de do-ro-gbaiw gl. admit to Ml. 43 a 5 (de *di- 
ro-gabim, cf. -dergaba Wb. 10 d i3), prétérit parfait J/z-n^-r-o-Af/? Ml. 
72 c 16; -rérchoil « il a déterminé » (de * ro-ess~ro-côH) Ml. 46 c 7 ; 
ni-niderchoiii « il n'a pas désespéré » (de *ro~-di-ro-œin) Ml. 44 a 1 
(mais dans le dernier exemple, noter que l'accent est sur -^^r-, § 126, 
\iolant la règle générale). 

§ 452. 3" Les substituts de ro. 

Il y a des préverbes qui devant certaines racines verbales se substi 
tuent à ro dans tous les emplois indiqués aux §§ 444-45o. 

Ces préverbes avec les racines verbales devant lesquelles ils sont 
admis ont été énumérés par M. Sarauw ISt. 43. Ils sont au nombre 
de trois, ad, com et ess, et leur emploi est fort restreint; en voici quel 
ques exemples. 

a. Ad ne se substitue à ro que dans des verbes composés avec covi. 
Ainsi de con-gabhn « je retiens », on a le narratif congab Arm. 18 a i, 
mais le parfait con-acab (de ^con-ad-gab, § io3) Ml. 100 c i. De 
même, coii-celim « je dissimule », coit-rigiui « j'attache », con- 
scaraim « je détruis » font au parfait coiiaicelt « il a dissimulé » Ml. 
49 c 9 (de *con-ad-ceh), cotob-àrrig « il vous a attachés » Wb. 9 b 19 
(de *con-dob-ad-reraîg^, conascarsat « ils ont détruit » Ml. 87 b 22. 

Dans l'exemple conoitechtatar « ils ont cherché » Wb. 8 a i4 à côté de 
conaittechlafar Ml. go h iG, on pourrait voir la trace d'un ancien préverbe 



248 MORPHOLOGIE 

od employé concurremment avec ad comme substitut de ro (cf. Thurneysen 
KZ XXXVII 57 et Pedcrsen ib. 235). M. Wh. Slokes KZ XXXVIII 469 
ajoute à cet exemple do ommalgg gl. « mulxi » Sg. 28 b 2 (de *do-od~ 
malgg). 

§ 453. /'. Coin se subslilue à ro dans un certain nombre de verbes 
composés. 

Ainsi de as-orgiin «je détruis n, fris-orgiiii «j'attaque», do-iiniii-or- 
giiii « je contrains », fo-lougiin « je supporte », do-ad-iiacbim « je 
transmets » etc. sont attestés les prétérits parfaits : as-com-ort « j'ai 
détruit» Sg. 210 a 6 (cf. Ml. 34 b 18), fris-coiii-iirt « j'ai attaqué » 
Wb. 33 a 12 (pi. 'd fris-coiii-artatar Wb. 5 b 11), do-niin-iiii-choiii' 
art[atar\ (ace. sur ////) « ils m'ont contraint » Ml. 3g c 32 ; fo-coiin- 
Jachtar « ils ont supporté » Ml. 47 c 6 ; do-é-com-nacht « il a trans- 
mis » (ace. sur é =^ aith § 127) Wb. i4 c 33 (cf. 33 d 8); etc. 

Au subjonctif des mêmes verbes, coin prend également la place de 
ro : fris-chom-arr « qui attaque », <Cdii'^-da-iiii-choni-ûrr « qui les con- 
traigne » Ml. 77 a 12 ; iiad-fo-cboin-ahid « que vous ne supportassiez » 
Wb. 1 1 b 2 ; iiàd-fo-choiii-ohain « que nous ne puissions supporter » 
Wb. i4 b i5; etc. 

Avec les verbes comme -feiar « je sais » qui normalement se font 
précéder du préverbe ro (§ 44o), coin semble employé avec une valeur 
grammaticale : en face de rofitir « il sait » nifitir « il ne sait pas » 
(Ml. 24 a 19), niconfilir « il ne peut pas savoir » Wb. 12 c 22; 
en face de act ro~cJoor « que j'entende » (subj.) Wb. 23 d 2, ni-con- 
chloor « puissé-je ne pas entendre! » Wb. 23 b 4i ; iii-con-laiiueininar 
« nous ne pouvons oser » Wb. 17 b 8. 

Cela a dû être un des points de départ de la formation de nicoii 
(5j 683), employé par exemple avec la valeur de possibilité devant un 
prétérit, où ro exprime la valeur du parfait : ni-con-ro-gah « il n'a pas 
pu prendre » Ml. 36 a 32. 

c. Ess ne se substitue à ro que devant //;//;/ «je bois », dont le 
parfait est attesté sous la forme ass-ibsein « nous avons bu » Wb. 12 
a 17. 

§ 454. Certaines racines verbales n'admettent ni ro ni aucun de ses 
substituts à aucun temps ni mode. Par exemple celle de adcotadaini 
« j'atteins », étadaiin «j'obtiens » : adcoiatsat « ils ont atteint » Ml. 67 



i.'accknt di \ iiuji: i;r i.i.s i'ni';\ i:iuu;s A\f) 

h lo (cf. Ml. 54 a 9, i23 a 9, Sg. 5o a 3); -étatsat « ils ont obtenu » 
Ml. 5- a 3. On peut y joindre : -iccim « je vais » dont le prétérit -ânic 
s'emploie indistinctement au narratif ou au parfait, sans addition de ro 
Çr-âiiir vient de ro iccim et ne fait pas exception, cf. 5^ 45 1) ; adciu « je 
vois » dont on a Timparfait du subj. dans risiii adceth « avant qu'il 
vît » Ml. 38 c 9 (sans ro bien que le subj. après resiii soit toujours 
accompagné du préverbe, § 710), et le prétérit passif adclh'ss « qui a 
été vu » (à côté de rochJos « qui a été entendu ») Wb, 20 c 11. 



CHAPITRE IV 

EMPLOIS DU VERBE 



I. Emploi des nombres. 

§ 455. Lorsque le verbe a deux sujets, il se met généralement au 
pluriel : atâ inaicmud chaich deniim maith 7 imgahaiJ nilc dodenmn « il 
est dans la nature de chacun de faire le bien et d'éviter de faire le 
mal » Ml. 14 c 12 ; toutefois Sg. igo a 5. 

Le verbe se met également au pluriel lorsque le sujet est au duel : 

it di-giitai hite indeogiir « ce sont deux voyelles qui sont dans une 
diphtongue » Sg. 18 a 3 ; ataat di-chéthiiid hic « il y a deux sens ici » 
"\\ b. 18 d 9 (cf. 29 a 16). 

§ 4 06. Lorsque le sujet est un mot collectif, le verbe peut se mettre 
au singulier ou au pluriel : 

inlinn rofitir apeccad finnad acci'trsagad « que ceux qui connaissent 
leur péché connaissent leur blâme » Wb. 29 a 17 ; anii-etelar iniintar 
niine « car la famille céleste ne le savent pas » Wb. 21 d i (cf. ôis 
foirbthe hite Wb. 9 a 11); nitat apstil hiiUi liict inna œcolsa « la foule 
de l'église ne sont pas tous des apôtres » Wb. 12 b 18; toutefois on 
pourrait croire à un accord du verbe avec l'attribut. Mais cet accord 
n'a pas lieu dans : il-hé ata inundus (gl. diuitiae gentium) « ce sont 
elles qui sont mundus » Wb. 5 b i4- 

Toutefois le verbe est toujours au singulier après les substanlils 
numéraux (§ 255): rofitir in-dias-sin « ces deux-ci savent » A\b. 18 
d G ; gaihthir déde « deux choses sont prises » \^b. 16 d 7. 

Pour Taccord du verbe copule avec le pronom sujet v. §§ 489 et s. 



EAIPLOIS Dl VERBE 25 1 

II. Emploi des temps. 

§ 457. A. Thème de Tlndicatif. 

Le présent de rindicatif exprime une action qui dure dans le pré- 
sent. 

Ex. : is-hed inso forchongriinui « voilà ce que j'enseigne » Wb. 9 d 3o ; 
iii-îbfinn « il ne boit pas de vin « AVb. 28 b 2^ ; rethait idsci « les eaux 
courent » Ml. i38 d 6. 

Souvent, dans les récits, il s'emploie au temps passé avec la valeur 
de présent historique et par suite se confond à peu près avec le prétérit 
narratif (§ ^']l). Aussi trouve-t on les deux temps employés sans dis- 
tinction dans les parties narratives du Livre d'Armagh, notamment 18 
a-b (cf. Zimmer KZ XXXVI 486). 

Précédé de ro (§ 444), il prend deux valeurs différentes, exprimant 
l'une \si possibilité (§ 448), l'autre le point de départ immédiat, lorsque, 
dans la succession de deux faits, il s'agit d'indiquer que l'un s'est pro- 
duit seulement une fois que l'autre a été accompli (§ 446). 

§ 458. L'imparfait de l'indicatif exprime une action cjui durait dans 
le passé ; par une extension toute naturelle, il exprime souvent l'action 
répétée ou habituelle dans le passé. 

Cf. Windisch KZ XXVII i56, Strachan Siibj. Mood p. 280. 

Sur l'emploi de no, v. §§ 828 et 44 1 ■ 

Ainsi : torad alàam ished dodtoisged « le profit de ses mains, voilà ce 
qui le nourrissait » Wb. 9 a 6 ; cid intan nomhith innaligiii ha ac ini- 
radiid Moine nohith « même quand il était dans son lit, c'était à médi- 
ter le mal qu'il était » Ml. 55 c 19; dagnitis dano intsabindai anîsin 
./. nosiiidietis nomina Romanorum ante nominibus suis a les Sabins 
faisaient ceci: ils plaçaient nom. Rom. etc. » Sg. 28 a 10. 

Il sert aussi, comme l'imparfait du futur et celui_ du subjonctif 
(§§ 466, 469), à exprimer en proposition principale le potentiel du 
présent ou du passé (irréel) ; cf. § 708. 

§ 459. L'impératif sert à donner un ordre. 

Il n'est jamais accompagné de ro. En cas de négation, c'est la forme 
tiâ qui est employée (cf. § 5oo). 

Remarque. — Il y a ainsi une différence absolue entre l'impéi'atif et le 
subjonctif de volonté ; la négation qui accompagne ce dernier est toujours 
ni (§ 461), le cas de relation naturellement excepté (§ 626). 



'202 MORPHOLOGTK 

Ex. : cohrad cach-hall alailc «que chaque membre aide l'autre» Wb. 
12 b 8 ; gûibid coiiiarbiis for naihar « prenez l'héritage de votre père » 
Wb. 9 a i/i ; na-laibred diiiùccim foir « qu'il ne lui adresse pas de ré- 
probation » Wb. 6 b II. 

^ ^6o. B. Thème du subjonctif". 

Du thème du subjonctif sont formés un présent et un imparfait. 
Mais comme la succession relative des temps n'est pas notée (§§ 408, 
A72), le présent du subjonctif vieil irlandais peut traduire le passé du 
subjonctif latin et l'imparfait du subjonctif vieil irlandais, le plus que 
parfait du subjonctif latin ; cf. Thurneyscn KZ XXXI 69, Slrachan 
Suhj. Mood 234. Ainsi iimiii bcrha glose « nisi decoxerit » Ml. 46 c i5 
ou iiia-duiutae-siit gl. « si transtuleris » Ml. 3 a i3; cia-choiidesin far- 
sûli dosmbértbe doiii '< quand j'aurais demandé vos yeux, vous me les 
auriez donnés » W'b. 19 d 24 (§§ 7o3 et 708). 

Remarque. — Il faut renoncer à la vieille théorie de Ebel reprise par 
M. Zinimer KZ XXXVI 525 (toutefois KSt II 124), suivant laquelle au sub- 
jonctif la distinction respective du présent et du passé, de l'imparfait et du 
plus-que-parfait serait exprimée par l'emploi de ro (^ 444)- Elle ne se véri- 
fie qu'imparfaitement dans l'usage. Ce qu'il y a de vrai, c'est que l'on 
trouve ro avec le subjonctif dans certaines phrases, qui à l'indicatif auraieut 
le prétérit parfait (cf. Strachan Siibj. 35o § 107) ; ainsi : à l'imparfait : nibii 
niachdath doronta dia dind liac « ce ne serait pas merveille qu'un Dieu ait été 
fait de la pierre » Sg. 65 a i ; ici le subjonctif a une valeur modale, et ro 
une valeur temporelle. Mais l'emploi de ro avec le subjonctif n'a pas en 
général de valeur temporelle ; cf. §§ 447 ^^ ^^^• 

i^ 461. Le subjonctif possède essentiellement une valeur modale qui 
peut se ramener à trois emplois principaux. 

a) Subjonctif de volonté. Ce subjonctif n'est pas accompagné de ro. 
Pour la négation, v. § 459 Rem. 

Ex. : dogné-sit maith frissoiii « fais -lui du bien » Wb. 5 d 39 ; ni- 
riût « qu'ils ne vendent pas » Mb. 28 c 2 ; ni~gessani-ni iiii bescJjoiarsiie 
diar n-icc « ne demandons rien qui soit contraire à notre salut n Wb. 
lia 24- 

Cf. Wb. 3 b II, 18 c II, 21 d 3, 25 a 10, 26 a 34; Ml. 56 b 3i, 
61 c 10, 74 d i3, 101 a i. 

Parfois, notamment quand le verbe est accompagné d'une négation, 
on rencontre ro avec le subjonctif de volonté pour ajouter à l'ordre une 



KMl'I.OIS 1)1 M-IlBi: 2J.) 



nuance de politesse: ni-érharid iierba asbeir intôis « ne dites pas les mois 
que dit le peuple » (= veuillez ne pas dire) Wb. i3 c i3. En pareil 
cas, le subjonctif de volonté se confond presque avec le subjonctif de 
désir (§ 40^). 

§ /iGa. Au subjonctif de volonté se rattache le snhjonciif délihêralif, 
qui s'emploie également sans ro: cid dugén-sa « que faire? » Ml. 3o 
b 9. C'est par le subjonctif délibératif que s'explique en partie l'emploi 
fréquent debo... bo... « (que) soit... (que) soit... » etc. § GiJ. 

§ 463. b) 'Subjonctif de possibilité. Le présent du subjonctif, accom- 
pagné de ro, s'emploie en proposition principale avec la valeur du con- 
ditionnel français employé en parlant de l'avenir. 

;// rohéla iidit a je ne t'échapperais pas » "Wb. 3o a 10; ni ruguigter 
gniniai dx « les actes de Dieu ne sauraient être falsifiés » Ml. 5i c i[\ 

o 

(cf. 22 d 5) ; dodiitbris ou dofiilhris (§ 332 Rem. II) « je désirerais » 
Wb. 20 b 9, 32 a 9 (subj. sigm., ^ Aoi, de dodirlbraccûr). 

Ce subjonctif est parfois accompagné de la particule bés « peut-être » 
qui se place devant le verbe ; en pareil cas, ro n'est pas exprimé. Ainsi : 
do rctaib... bes ni bat fira Jadia « à des objets... qui peut-être ne se- 
raient pas justes pour Dieu » Ml. 5i b 8; bés asberasu asnainni dosoni 
animns « tu pourrais dire que son nom est animus » ACr. j4 a 2 (cf. 
Wb. 5 b 39). 

Le subjonctif de possibilité avec ro se rencontre aussi dans des pro- 
positions conjonctives ; ainsi : corungathar iniiienniae dia « afin que 
l'esprit puisse craindre Dieu » Ml. 66 a 2 ; cf. 39 c 22, 89 c 1 1 et 

§^9- ^ 

§ 46/1. De l'idée de possibilité on passe aisément à l'idée de désir 
(cf. en français « puisse-t-il arriver! »). Aussi est-ce le subjonctif pré- 
cédé de ro qui sert à exprimer le désir : 

Ex. : daroJgca dia doib « que Dieu vous le pardonne » Wb. 3i a 2 ; 
niconchhor « que je n'entende pas, puissé-jc ne pas entendre » Wb. 23 
1) 4i (§ 453); donfc don bithjîaitb « qu'il nous conduise au royaume 
éternel » Hy. lY 2 (subj. sigm., sans ro dans le verbe composé, § 332 
Rem .11). 

§ 465. J) Subjonctif de généralité. C'est le subjonctif qui est employé 
dans les propositions subordonnées pour exprimer Faction répétée ou 
générale. Après les conjonctions temporelles ou hypothétiques par 



254 MOHPIIOLOGIE 

exemple, pour marquer que l'action indiquée par le verbe peut se répé- 
ter plusieurs fois ou bien qu'elle n'est limitée à aucun temps, on em- 
ploie le subjonctif. 

Ainsi intain « quand » (§ 668), au sens de « toutes les fois que », 
est suivi du subjonclif dans : ata digal aile les forpecfbacbn intan tes 
ii-àil do « il (Dieu) a un autre châtiment pour les pécheurs quand cela 
lui plaît (toutes les fois que cela lui plaît) » Ml. 94 c 17 (cf. ^\b. /j a 
27, 27 c 9, Ml. 5i a 18). 

De même dia n- « lorsque, si » (§ 684) : in simplici dictione n an- 
técédente s et / sine r sequi non possunt gl. cùtecat iminiirgii diai)dv' r 
« mais ils le peuvent s'il y a un r » Sg. 178 b 4- 

De même via « si » (§ 707) : nitorbe doneuch anaccobor manithohrea 
dia do anaccohar « le désir ne profite à nul homme si ce n'est pas Dieu 
qui lui donne le désir » V\h. k c 20. 

Le subjonclif de généralité est fréquent dans les propositions relatives 
(cf. en grec ça--.; av et le subj.) : inti diib hes iresa orcaid alaile « celui 
d'entre eux qui est le plus fort tue l'autre » Ml. 19 d 6 (cf. Wb. 5 r 
20, 7 d 10, 9 c 20, 12 c 32, 20 c II). 

§ 466. L'imparfait du subjonctif s'emploie d'abord en proposition 
subordonnée dans tous les cas où la phrase mise au présent aurait le 
verbe au présent du subjonctif (§ 721): annaptar hudig resiii rogablis 
tir tairngeri « quand ils n'étaient pas contents avant qu'ils obtinssent 
la terre promise » Ml. 128 a i. 

En dehors de cet emploi purement temporel, l'imparfait du sub- 
jonctif, accompagné ou non de ro, exprime la possibilité se rappor 
tant à l'avenir ou au passé ; dans le premier cas, il se confond avec 
le présent, au point c[ue les deux temps sont parfois employés indiffé 
remment dans la même phrase : 

air ni fil degniniu linnai trisnansoirlhae « car il n'y a pas chez nous 
de bonnes actions par lesquelles nous puissions être sauvés » Ml. 124 
a 8; ni digned diiid « David n'aurait pas fait » Ml. i4 b 4 (cf. 78 d 1). 

Souvent le potentiel du passé est rendu par l'emploi de ro ; cf. 
"WTd. 2 b 4 et 27 d 16 (§ 447) et joindre l'exemple: coinbad uad roainm- 
nigthe « cjue ce serait de cela qu'il aurait été nommé » Sg. 106 b 16. 
Mais l'absence de ro ne prouve pas qu'il ne s'agisse pas du passé : canigôo 
dûib si anasberid aiudeti conicloitis geinti tairchital crist « n'est-ce pas 



EMPLOIS DU VERBE yjO 

un mensonge de votre part ce que vous dites, ô Juifs ! que les gentils 
n'auraient pas entendu renseignement du Christ » Wb. 5 a 8. 

Sur l'emploi de l'imparfait du subjonctif pour exprimer l'irréel en 
proposition subordonnée, v. § 708. 

§ 467. Entin, le subjonctif est le mode ordinaire de certaines pro- 
positions subordonnées examinées au cours de la syntaxe (§ 716). 

Après les verbes qui signifient « pensera ou « croire », on trouve parfois 
le sidDJonctif, sans qu'on puisse déterminer s'il y présente sa valeur 
modale propre ou une simple valeur de subordination. Ainsi: anià- 
touinad nànunin didne « pour qu'il ne croie pas que je ne suis pas 
homme » \^b. 17 d 23 (= nd-n-hin, imparf. du subj. ; m. à m. « que 
je ne serais pas ») ; cf. Ml. i3o d 4, 26 c i, 35 b 16 (v. § 653). 

§ 468. C. Thème du futur. 

Le présent du futur exprime toute action cjui se produira dans l'avenir. 

dohéer desemuirccht di'iib « je vous donnerai l'exemple » "W'b. 12 c 35; 
tucfa uio-iueninc an-asbcrat iiio hcii'iil « mon esprit comprendra ce que 
diront mes lèvres » Wb. 12 d 12. 

Comme il est à peu près la seule expression du futur (à une excep- 
tion près, dans les propositions subordonnées hypothétiques), les nuan- 
ces indiquées par lat. ainaho, amauero, amauerim (au sens futur), ama- 
turus sum ou ero, ne sont pas marquées en irlandais (Strachan Subj. 
Mood 232); cf. intan noscairiub gl. cum uacuero Ml. 43 a 23, hona- 
cumachtaigfet gl. quo non sint polituri Ml. 28 a 12 ou au dundahc- 
rae (quand tu seras sur le point de le donner) gl. appare salutem da- 
turus Ml. 5o c 3. Ceci revient à dire que l'irlandais n'indique pas plus 
dans le futur que dans le passé la distinction relative des temps (cf. 

§ 4^72)- 

§ 469. V imparfait du futur paraît employé dans certains cas avec 
la valeur temporelle d'un futur du passé et peut alors être rendu en 
latin par un temps passé du verbe substantif accompagné du participe 
futur actif. 

Ex. : is do iuso noainfeda « c'est pour cela cjue tu devais rester » 
Wb. 27 d 20 (= mansurus eras) ; au-nungebtais « s'ils étaient sur le 
point de prendre » Ml. 96 a 9 {= capturi essent). 

Mais en général, l'imparfait du futur n'a aucune valeur temporelle. 

Cf. Thurneysen KZ XXXI 68. 



256 \[OHPIIOJ.OGlF. 

Il s'emploie d'abord par attraction en proposition subordonnée au 
lieu du présent du futur lorsque le verbe de la proposition principale 
est au passé (cf. § 721): nimdagehiis « (ils croyaient) qu'ils les pren- 
draient » Ml. 34 c 8. 

§ 470. Mais le principal rôle de l'imparfait du futur, c'est d'expri- 
mer le potentiel du présent ou du passé (irréel) en proposition princi- 
pale. Il partage cet emploi avec Timparfait de l'indicatif et l'imparfait 
du subjonctif (§ 708), sans qu'on puisse établir d'ailleurs une difTérence 
de sens entre les trois. La proposition subordonnée hypothétique cor- 
respondante est à l'imparfait du subjonctif. 

Exemples : à-fir can rofestasu iccfe in-tiumi « ô homme, d'oii saurais- 
tu que tu sauveras la femme? » "Wb. 10 a 10; cia diinaib-hi dofoirni- 
sed gl. de quibus adderet Ml. 35 a 17: cia saJniscrihdid cojiicfed son 
« quel psalmiste l'aurait pu? » Ml. i4 a 6 ; fagcbfis si credidisseut « ils 
l'auraient trouvé si credidisseut » AAb. 8 a i4 ; is-gU limm nicoudigénie 
étrad manifeste inso « je suis sûr que vous n'auriez pas commis de for- 
nication si vous aviez su cela » Vsh. 9 d 9. 

§ ^71. D. Thème du prétérit. 

Le prétérit est, avec l'imparfait, le seul temps passé du vieil-irlandais. 
Mais, comme on l'a vu au § 444, le préverbe ro (ou l'un de ses sub- 
stituts) lui donne une valeur spéciale, si bien cju'on distingue un pré- 
térit narratif {id^ns ro) et un prétérit parfait (avec ro). 

Aux exemples déjà donnés au § 44ô, on peut joindre les suivants : 

argart « il défendit » Ml. 55 c i ; mais cach réit ararogartsom 
« chaque objet qu'il a défendu » V\h. 5 c 23. 

ashert side contra eiechiam atbeJa(d) « il dit à Ezechias qu'il mourrait » 
Ml. 16 c 10 ; mais niceilsom tra asné crist inlie asruhart « il ne cache 
donc pas que la pierre quil a dite, c'est le Christ » W'b. 4 d 16. 

adopart crinithann inportsin du palricc « Crimlhann offrit cet endroit 
à Patrick » Arm. i3 ; mais atrôpcrt fiaith « le seigneur a offert » 
Arm. I. 

contiiil cotlud cinimeda « elle dormit un sommeil d'esclave » Hy. Y 
2 ; mais maconatil hiucc « s'il a dormi un peu » V\h. 29 d i5 (de ma- 
con-ad-til, le préverbe ad étant ici substitut de ro). 

air-d-an-immart greim à aite « car le pouvoir de ses tuteurs le con- 
tint » Ml. i4 b i4; mais ni-écen do-b-im-choni-artt « ce n'est pas la 



r.MPi.ois ni M.niir. 



nccessilé qui vous a conlenus » Wb. 3 b 21 (le prévcrlic ro;/- élanl sub- 
stitut de 10). 

foselgatar a-hrathir a ihiiuig (ms. iitnig) soin do fuil « ses frères en- 
duisirent sa tunique de sang » Tur. 128; mais Jase foruilleda heôil in- 
chaJich d'niiil « une fois que les lèvres de la coupe eurent été enduites 
de miel » Wb. 7 d 9 (du \erhcfo-sligijiiy 

Remarque. — Par influence du latin, on trouve le prétérit ruforaitlimeridr 
(Muplové au sens présent de mcmini (Ml. 2^ a 17, 24 c 8) ; mais d'autre part 
les deux prétérits rofetar cl dofothraccar s'emploient avec la valeur de pré- 
sents au sens de « je sais » et « je désire » (!^§ [\o\ et ^t\6). 

55 /i72. Le rapport temporel de deux actions passées (c'est-à-dire 
Tantériorilé dans le passé) n'est pas exprimé. Mais comme le prétérit a 
deux valeurs distinguées par Temploi ou Tabsence de ro (ou de ses sub- 
stituts), cliacune peut rendre, avec la nuance de sens qui lui est propre, 
le sens temporel du plus-que-parfait français. Il est à remarquer que, 
en vertu de son sens, mais aussi par suite du caractère des gloses, 
le prétérit parfait est plus propre que le narratif à prendre la valeur du 
plus-que-parfait. 

Exemples : 

Prétérit narratif en l'onction de plus-que-parfait : Jjiiare nad rotodlai- 
gestar soin co dia iiiiia hiiisciii aiiial asindbertatarsom fris « parce qu'il 
(Moïse) n'a pas réclamé à Dieu les eaux comme (les Juifs) le lui di- 
rent » (= lui avaient dit de le faire) Ml. 124 d 9; dobert goisle imina 
hragait fadesin coiiidniarh hiiarc nad^-digni abisoJôn achoinairJi « il mit 
im lacet autour de son propre cou et mourut parce qu'Absalon ne lit 
pas son conseil » (= n'avait pas fait) Ml. 23 b 10. 

Prétérit parfait en fonction de plus-que-parfait : isairi asheirsoiii iiiso 
fohith inna soehapstal asrubartatar roinho descipulsom apstal « c'est pour 
cela qu'il dit ceci, à cause des faux apôtres qui ont dit (= qui avaient 
dit) qu'il était discijîle des apôtres » Wb. 18 d i ; hiiara atan giiiiiiai 
nui ^'ADROG^'ATHA rinm ivgiiitba and « parce que ce sont des actions 
nouvelles qui ont été faites, qui n'avaient pas été faites auparavant » 
Ml. ii5 b 4. 

§ 473. Certaines racines verbales, par suite d'une valeur sé- 
mantique spéciale, n'admettent au prétérit que le sens de narratif 
ou bien au contraire que celui de parfait; par suite l'emploi de ro 



2.58 M(>t'.I>H(»I.O(;lF. 

y est inutile, puisque le prétérit n'y a jamais qu'une seule et même 
valeur. 

Les prétérits de ce genre ont été presque tous indiqués dans la con- 
jugaison supplétive (§ 348); on peut rappeler ici : 

prétérits à valeur de narratif: Iiiid (passif etbae) « il alla », birt « il 
porta )),fûceird « il jeta » ; etc. 

prétérits à valeur de parfait : docoid « il est allé », filar (passif /r///;) 
« j'ai trouvé », doratus « j'ai donné » ; etc. 



CHAPITRE V 

FORMES NOMI^ALES DU VERBE 

I. De l'infinitif. 

Cf. Windlsch SS II 72. 

§ Ix'-jk- Certains noms d'action, fléchis, tirés de racines verbales, 
jouent le rôle d'infinitifs dans une certaine mesure et peuvent être 
appelés infinitifs. 

Comme tout substantif, ces infinitifs portent l'accent sur l'initiale 
(§§i24et/i27). 

Remarque. — Quand le scribe de Ml. a un infinitif latin à gloser, 11 em- 
ploie le subjonctif, généralement accompagné de l'indice relatif /z- (cl. Stra- 
chan RC XVIII 21 4) : armari .i. n-armtar 16 b 6, purificare .i. n-glmas 
28 b 4, adserere .i. as-n-ind, defensare .i. do-n-ema, 28 d 2-3, etc. 

L'infinitif irlandais glose souvent le gérondif latin en -di, et ceux en -do et 
Cil -diiin précédés d'une préposition; ainsi dans Ml. : impetrandi .i. loichtho 
(gén.) 62 a 19, confitendi .1. foisiten (gén.) 28 a 6 ; a deliberando .i. iinradiid 
82 b 7 (cf. 84 c 2 1, 109 c m) ; ad capiendum me .i. du-m-gabail-se 29 d 4, 
ad vindicandum .i. dii-digail 3i c 17 ; etc. Mais le gérondif latin en 
-do non accompagné de préposition est glosé par la conjonction lase « rpiand » 
suivie d'un mode personnel : praetereundo .i. lase sechminella, 61 a 5, susti- 
neudo .i. lase arroneith 5o b 8, etc. (cf. Zupitza KZ XXXY 45i n. 2). 

§ 47Ô. Forme des infinitifs. Les infinitifs sont formés de diverses fa- 
çons. De la grande majorité des verbes, notamment de ceux des pre- 
mière et deuxième conjugaisons, on a tiré des infinitifs au moyen du 
suffixe -ad (-ud), étudié au § 294- Mais les verbes delà troisième con- 



260 MOnrHOLOGlE 

jugaison ont à côté d'eux comme infinitifs des noms qui présentent les 
formes les plus variées, depuis des mots radicaux jusqu'à des dérivés 
contenant tous les suCBxes possibles de noms abstraits. 

Mots radicaux : de cuiriur « je jette », cor « fait de jeter » ; de orcini 
a je tue », orc « meurtre » (Wb. 10 d 25) ; de sciiirim « je détèle », scor 
« fait de dételer » Wb. 12 c 46; de hongim « je moissonne », biïain 
«moisson » (gén. buana Sg. 62 b 10). 

§ ^76. Mots à suffixes variés : hcrim « je porte », breih « fait de por- 
ter », asbiur « je dis », epert « fait de parler » (§ 97 Rem.), dobiur 
« je donne » tahart (iabairt, § 182) « fait de donner » (§ Sgi), tiagu 
a je vais », tecbt « fait d'aller » ; merim « je trompe », iiirath « trahi- 
son » ; sernaiin « je construis », srefh « construction » Sg. 5o b 5, 55 
b 10 ; etc. 

gabim « je prends », gahàl « prise » (^gohâil, § 182) ; dofcchiiu « je 
venge », digal « vengeance » (§ /i3o) ; 

ardibnini « je tue », airdbe « fait de tuer » ; gairim « je crie », gairc 
« rri », en composition ergaire, esgre,frecre (§ i33)j diucrae Tur. i3 ; etc. 

archissini « j'épargne )■> , airchissecbt « fait d'épargner » (Ml. 22 c t/i) ; 
éitsim «j'écoule », ciisccht « fait d'écouter »; roissini « j'hésite », ro~ 
sacht « hésitation » Ml. 84 c 17 ; etc. 

ciiintgini « je demande », cuingid « demande » \Ab. 27 c 24 ; iiisiia- 
dim « je greffe », esnid « greffe » Wb. 5 b ^2 ; saigim « je discute », 
saigid « discussion » Wb. 27 a 10; fagim «j'interroge », -faigid 
« question » (gén. -faigiho Ml. 24 b 10); etc. (mots féminins qu'il ne 
faut pas confondre avec les infinitifs en -ad el -ud, masculins). 

aslénim « je souille », cJned « souillure » (genre et déclinaison in- 
cert.). 

§ 477- Un suffixe /// est attesté dans les infinitifs : gn'uii de -gnîit 
« je fais » (déniiiii, fognam, § i5o) ; fuillem « profit » Ml. 36 a 24 et 
tuileii! « id. » Ml. 72 c lô de fo-illiiii, *to-fo-iIJiin ; àinseiii « accusa- 
tion » W^b. 4 b 17 de *ad-nesim \ cosuam « effort » A^b. 11 c 21 
de consenim ; asaïaiii « brigue » (Ml. 53 a 7) de ad-scandim ; etc. Tous 
ces infinitifs se fléchissent d'après la troisième déclinaison (gén. gnUno 
gnima, fiiillema, ainsemo, etc.) et sont masculins. Quelques autres sont 
féminins et se fléchissent d'après la première: dimîccem « mépris » (gén. 
dimicme Wb. 11 b 26, ace. dimicini Ml. 36 a 34) de douiecchn \ moi- 



ioinir.5 >-oMi\\i.rs di viirusi-: 2(1 1 

dem « louange » (gén. môidme "NAb. 17 a i3) de môidim) secbem « fait 
de suivre » (dat.-acc. sechim Wb. 26 d 17) de sechur] etc. 

altram Wb. 10 b i, 28 d 19, infinitif de rt///;z « je nourris » a un 
suffixe -tram. 

Enfin il faut mentionner les infinitifs neutres du type béiin « coup » 
étudiés au § 198 et ceux formés avec les suffixes -end (§ 296) et -îiu 

(§ 297)- 

§ 478. Emplois. Les emplois de l'infinitif résultent de sa valeur 
substantive. 

Il veut au génitif le mot régime direct qui serait à l'accusatif après 
une forme personnelle du verbe : 

cor lame « le fait de donner la main » Wb. 29 b 18; tabairt diglae 
« fait de tirer vengeance » Wb. /j c 21, à côté de dobiitr digail « je tire 
vengeance » (Wb. 20 d 19): deiuim ferto, ferte « le fait de faire un 
miracle, des miracles » (Wb. 12 a 8. 12 b ]5); cen-îichtain à-lire 
« sans aller dans leur pays » Ml. o/^ d 12 (cf. § 26/i). 

Il faut excepter les locutions dans lesquelles l'accusatif régime fait 
corps avec le verbe, et subsiste après l'infinitif, comme frecur céil « le 
fait d'honorer » Ml. 22 a 4, erbert binîh « le fait de consommer » Ml. 
^7 ^ ^ (§ 265), etc. L'accusatif est vraiment soudé en pareil cas au 
mot précédent : cf. la place de la particule renforçante dans : du frecur 
ceill-siu « le fait de t'honorer » Ml. 182 b 3 (§ 029). 

§ ^79- Lorsque le régime direct est un pronom, on le remplace par 
un possessif (§ 5i5). Quant aux régimes indirects, ils restent sans 
changement : 

cen-a-éiisecht « sans l'écouter  Ml. 2t b 1 1 (m. à m. sans son écou- 
ter) ; iarn-a-tabairt ho/îlisiiib dohirusalem « après qu'elle (l'arche) eût 
été apportée par les Philistins à Jérusalem » Ml. 2 b 10 (après son 
apport). 

Le sujet de l'infinitif est parfois précédé de la préposition do : iar 
mbid dô ocaccaldim dé « après qu'il l'ut à s'entretenir avec Dieu » m. à 
m. après être à lui à entretien de Dieu, W^b. i5 a 20; combad cet leii 
biiid donisa iniriss m. à m. que soit jalousie pour eux le fait que je suis 
(être à moi) dans la foi Wb. 5 b 20 ; cf. Wb. 12 c 7 et § 278. 

§ 480. Avec la valeur d'un sujet, l'infinitif irlandais tient souvent la 
place d'une proposition infinitive du français après les locutions comme : 



262 MUUrilOI.OGIE 

il est juste, il est bon, il est agréable, etc. qui se construisent aussi avec 
la conjonction cia (§ 706) : 

ni-âil dûn iabart testassa dîiin « il ne nous est pas agréable de porter 
témoignage de nous » Wb. 24 c 16 : is-deidbir iiiôidem disiddib « il est 
naturel de se glorifier d'eux » \\h. ij d 19; ni-ecen a-thodiusgiid « il 
n'est pas nécessaire de l'évoquer » ^\b. 4 d 27 ; is giiaîh dofirianaib 
anincabal « il est habituel aux justes de les éviter » Ml. 54 a 10 ; yn 
Jour 'ui-bendachad « il n'est pas suffisant de bénir » A\b. 5 d 23 (cf. 
4 d 27) ; is-uisse a-biiith i-coimthecht dagdôine « il est juste qu'il soit 
dans la société des honnêtes gens » Wb. 16 d 2 ; ba-ferr limui... bitifh 
di inôgi « j'aimerais mieux qu'elle soit en virginité » Wb. 10 b 24 (ici, 
le sujet de l'infinitif est exprimé par la préposition do, m. à m. « être à 
elle », cf. § 479) ; etc. 

5^ 481. L'infinitif peut être le régime direct d"un verbe: rolainiethar- 
side epirt ncich « il ose dire quelque chose » \^b. 5 a i5 ; bore conicc 
digailforib « parce qu'il pe\it les punir (punition sur eux) » Wb. 6 a 
17; cf. epert techt « dire d'aller » Ml. i5 a 2, 72 b 3; etbert œrgi 
du J/rt«dirc à Dieu de se lever » Ml. 83 a 5 ; nifoi(l)sitis deksiii 
agni'isa «ils n'auraient pas supporté de regarder son visage » Wb. i5 a 
20 ; etc. 

i^ 482. Toutefois, dans les deux emplois précédents, l'usage ordinaire 
est de renverser la locution formée par l'infinitif et son régime, en 
mettant ce dernier en tête, suivi de l'infinitif avec do. 

Exemples : robu iininaircide lialaUiu insahnsa do-ihaisilhiiid dosoiii c il 
parut naturel à d'autres de lui attribuer ce psaume » Ml. i4 a 4 (m. 
à m, ce psaume à lui attribuer) ; nris-insa inball do~thinchosc neich as- 
herad cenn « car il est impossible que le membre corrige ce que dit la 
tête » Wb. i3 a 19; // digla erlaina... doneiich innaduaJchi do denum 
« ce sont des punitions prêtes pour chacun que de commettre des 
fautes » Ml. 18 c 6 ; accobor lammcnmtiin maid do-imradiid « (est) dé- 
sir à mon esprit de méditer le bien » ^Vb. 3 d i3 ; cf. Wb. i5 d 11, 
Ml. 22 c i4, etc. 

co-carad chaingnimu dii-denum « qu'il aimait faire de belles actions » 
Ml. i4 aS (m. à m. belles actions à faire); ni ciimcat aithirgi ndo-denuin 
« ils ne peuvent pas faire pénitence » Ml. 23 a 5; ni cumcat idail ni 
donaib adaniraib sin dodeniini « les idoles ne peuvent rien faire de ces 



I OHMES NOMINALES Dl \T;H1?E 26H 

choses merveilleuses » Ml. 60 b G ; /// ciiniain^ mail h do-detium « il 
ne peut pas faire le bien » (Sg. 5o a 1/4); etc. 

L'infinitif peut même être ainsi placé après son sujet: ar-dofôrmaich 
fochricc dosom sochude dor[h]reittiiii iriaprecept « car le fait qu'une mul- 
titude croit par son enseignement augmente sa récompense " \\b. i 
b 5 (m. à m. une multitude à croire). 



II. — Des participes. 

§ ^83. Il n'y a que deux participes : un participe passé et un par- 
ticipe d'obligation, qui équivaut pour le sens au participe latin en -ndus. 

Remarque. — Il n'y a pas de participe présent. Lorsque les scribes en 
rencontrent un à gloser dans un texte latin, ils emploient une périphrase : 
pénétrons .i. Iremethail « qui pénètre » Ml. [\'6 c i^ (cf. 5i d 12, 62 c 2r, 
81 b 2): germinans .i. inti siligfes « celui qui germera » Palat. 68, 8 a (Thcs. 
I 3), etc. 

§ 484- Ils sont formés tous deux du prétérit passif par l'addition 
dun suffixe qui est -e pour le premier et -/ pour le second ; cf. Zupitza 
KZWW f^l^^. 

Remarque. - - Aussi désigne-t-on souvent le participe passé sous le nom 
de participe en -the, et le participe d'obligation sous le nom de participe en 
-thi. 

L'accent est toujours sur l'initiale dans les deux participes. 

Pour la syncope, fréquente en pareil cas, v. § i48. 

Part, pasbé. Part, cl'oblig. 

Dearosailcim «j'ouvre» ersoilclheMl. 22 a 1 1 ersailcthi^U. i4d 2 

canim « je chante » céte BCr. 32 b céti Ml. 126 c 4 

forcanini «j'enseigne » foircthe Ml. 35 d 6 foircthi Ml. i32 a /j 

dofonnagiui «j'accrois » tôrmachte Sg. 208b i3 torniachtaiMl.SSa 1 4 

asbiur «je dis » cperthe (Sg. 4 a 7) cperlhi Ml. 40 a 1 1 

doadberim «j'applique » tedbarthe Ml. 47 a ."> tcdbarthi Ml. 1 26 d 3 

con-rigiin «je lie » ciiinircchte(^g.3<^h\3)cuiinrt'cbtiM\.io']c i2 

sernaim «je construis» sritheÇSW. 3i c 18) srithi (Ml. 16a i3) 

ind-rethim "j'cnvabis» indrisscM\. 18c i4 iudrissi^\. 127 b 1.") 



2 6A MORPHOLOGIE 

^ ^85. Autres exemples : 

Participes passés : clandaini «je plante », clante (Wb. 21 d 6); 
êtaim «je recherche », étae^W. 12g a 3 et ettae Ml. 43 b 8 (dG*ét-the'); 
étadaim «j'obtiens», ^7//^ Ml. 118 d 11 : folongiin ((je supporte »,////«- 
chtae Ml. 88 b 12; ind-Jimg «je lends », indlachte (Ml. 96 a 8); rigim 
« je distends », rcchte (Ml. 20 a 23): foidirn «j'envoie», foite Ml. 3/i 
c 9 ; etc. 

Participes d'obligation : adriniim «je compte », airmithi Wb.iod 12 ; 
ardibnim "« je tue », airdbidi Mi. 55 c i5 ; asiudiut « j'expose » (§ 1 10), 
aisndissi Ml. 16 a i3 ; cuiriur « je pose », coirthi Ml. 72 b i3 ; dogniit 
«je fais » (prêt. pass. dognith, dorignelh), dénti ^\h. i d 7, 12 d /ii, 
elc; giiidim « je prie », gessi Ml. 26 b 3 ; imgabim «j'évite », imgabtbi 
Ml. 5i b 8 ; k'cim « je laisse », léicthi Wb. i c 12 ; midiur « je juge », 
messi Ml. 70 a 9 ; etc. 

Remarque I. — Dans quelques verbes, le participe d'obligation a subi lin- 
iluence analogique du radical de l'indicatif. Ainsi de forcanim, à côté de 
foircthi, le participe d'obligation a la forme forcanîi BCr. 33 d i. De même 
de benim « je frappe )) et de celim « je cache », le participe d'obligation est 
bethi, clethi, bien que le participe passé soit bithe, cliîhe. 

Remarque II. — Ln t a parfois été réintroduit par analogie devant le suf- 
fixe dans des verbes à radical terminé par une dentale et où les participes 
devaient avoir la forme -sse, -ssi. Ainsi à côté de lintinitif imcaisiu « consi- 
dération », on a imcasti « considerandus » Ml. 18 d 22, et à la fois ecailsi 
Ml. i5 d 7 (^ 1^3) et edaistai Sg. 27 a i5 « discutiendus » du verbe -cladiin. 

§ 486. Le participe passé se fléchit suivant le deuxième type de la 
première déclinaison des adjectifs (§ 210) et suit les règles d'accord 
des adjectifs (§ 216) : /;/ beulu dïi'iiai « par des lèvres épaissies » Sg. 
6 a 18 (m. à m. solidifiées, du verbe dliithaim); hon-gremmaiin srithiit 
gl. exserto rigore Ml. 3i c 18. 

§ 487. Le participe d'obligation, au contraire, n'est jamais fléchi. 
Lorsqu'il doit être employé à un cas oblique, on en fait un attribut, 
précédé dn verbe copule. 

Ainsi : 

iiuiabi ata adaiiiraigtbi gl. miranda Ml. 64 c 3 (pi. n.) 

bes tuarti gl. proterendum Ml. 126 c 18 (ace. m. ?g.) 

indi beta messi gl. iudicandi Ml. 70 a 9 (pi. m.) 



FOHMKS NOMl>ALEï> IH A EUliK 265 

La forme du verbe copule le plus souvent employée en pareil cas est la 
3" personne de l'imparfait du subjonctif au sens du potentiel (§/jb6): 

dindinit bed sàstai gl. de agna pascenda Sg. 89 b 11 

damsa bed gabthi gl. ad capiendum me Ml. 76 d 4 

donhial bed chuintechli gl. ad querendani securem Tur. i3i 

betis étriiDiiiiaigihi gl. [malorum] leuandorum Ml. 86 d 4 

Remarque. — MI. présente quelques exemples de datifs pluriels ; ainsi 
airtbidib gl. perimendis [16 d 4 ; mais l'addition du -b en pareil cas semble 
récente et analogique, car on la trouve même lorsque le participe est pré- 
cédé du verbe copule : dialaiU(b) betis foircthib Ml. 68 c i4 « aderudiendum 
alios », donaib déedib betis chloithib « ad conuincendos desides » Ml. i3i d 1 1 ; 
même avec un antécédent au nominatif : inna intled betis dillithi J. betis 
imgablhib Ml. 2g d 6 « les embùcbes qui seraient déjouées, qui seraient évi- 
tées »; cf. Zupitza KZ XXXV 454- 



TROISIEME SECTION 

DES PRONOMS 

CHAPITRE PREMIER 

DES PRONOMS PERSONNELS 



§ 488. Les pronoms personnels ne comportent pas de flexion (v. tou- 
tefois § 5i/i). 

Ils peuvent être absolus, infixes ou suffixes. 

Les pronoms absolus jouent le rôle de nominatif ; les pronoms in- 
fixés le rôle d'accusatif régime d'un verbe, et les pronoms suffixes le 
rôle d'accusatif régime d'un verbe ou plus souvent celui de cas régime 
d'une préposition. 

Enfin, il existe des particules renjorçanles personnelles, qui servent 
d'auxiliaires aux trois emplois précédents (§52i). 

Remarque. — Il n'y a aucune différence entre le pronom personnel et le 
pronom réfléchi. La même forme sert pour les deux ; ainsi, à la troisième 
personne : 

darrat ('* do- an-rat de dorât) « il se donne » Wb. 28 b 4 ; comme: danuic 
(*do-an-uic de do nie) « il le rapporte » Ml. 38 c /j. 

^lais la différence peut être exprimée par l'addition d'une particule spé- 
ciale (1^ 52 1): darrat fessin, danuic soin. 

De même : beirthi « il le jiorte » Ml. 42 b 7; et eirbthi « il se confie » Ml. 
5i b 12. môiti « il se vante » (de *erbfi)d-i, * môid(i)d-i, cf. ?; i3g)AVb. 28 



DES PHu.xuAis i'ehs»j.\m;ls 267 

cl 29. Pour la construction des verbes erpiin et inôidiin cf. Wb. 2 d 9, i4 c 
18, 17 c 5, 2/j a 3o, 3i b iZj, I d 10, 6 c 3, 8 b 2, 27 a 29 ; Ml. Ii6 d 10, 
/,6d 13, 85 d /,. 



I. — Des pronoms absolus. 

«^ ^189. Le pronom personnel nV-st jamais sujet, et sa forme absolue 
n'a, par suite, que le rôle d'un nominatif attribut. Ainsi, pour expri- 
mer le pronom dans des phrases telles que : 

« Je suis l'apôtre des nations » 

« Je porterai un jugement » 

« Je ne suis pas vivant » 

« Tu me le causes (le dommage) » 

la langue tourne par : 

« c'est moi qui est l'apôtre des nations » is-mé as-apstal geiiite V\'b. 5 

b 17. 
(( c'est moi qui portera un jugement » is-me bxras mes Ml. 94 b 7. 
« ce n'est pas moi qui est vivant » ni-iné as béo Wb. 19 a 18. 
« c'est toi qui me le cause » is tu iniinidfolngl dniii Ml. 92 a 17. 

Comme on le voit, c'est à la 3*^ personne que se met en pareil cas le 
verbe, ce qui revient à dire que la distinction de personne disparaît ; 
toutefois, is-nie feiii asbiitr « c'est moi-même qui dis... » Wb. i4 
c 3o. 

§ 490. Quant à la distinction de nombre, elle subsiste : 

a. Toujours à la 3*^ personne. 

Ex. it-hé sidi beta hicthi « ce sont eux qui seront sauvés ^) V\h. 3 
d 29. 

Remarque. — Toutefois, lorsque l'attribut est au singulier, 1 accord en 
nombre se fait dans la proposition relative tantôt avec le pronom, tantôt 
avec 1 attribut ; ainsi it he-sidi aîa ecluis « ce sont eux qui sont l'église » Ml. 
65 d 19, mais it-hé as chorp « ce sont eux qui est le corps » Wb. 21 a t5. 

b. Rarement aux deux premières personnes. Ainsi : 



jrc 


pers. 


sg- 




me 


2'' 


pers. 


sg- 




tû 






1 
sg- 


m. 


c (hé) 


3^ 


pers. 


fém. 


si 






n. 


ed (hed) 



268 MORPHOLOGIE 

. combad-snini for-moidem-si « que ce soit nous votre gloire » Wb. i5 
d 6 ; is-sisi nohcrete « c'est vous qui étiez crus » Ml. 46 a i3 ; etc. 

Toutefois, on rencontre isolément : it-sib aia chomarpi abracham « ce 
sont vous qui sont les héritiers d'Abraham » Wb. 19 c 20. 

Dans la proposition relative, il y a accord lorsque le verbe est la co- 
pule : is-snisni ai a bohes « c'est nous qui sont les bœufs » AVb. 10 d 7 
(cf. ci-dessus 19 c 20). Mais non si c'est un verbe quelconque : combad- 
sissi doberad îeist dimsa « que ce soit vous qui donne témoignage de 
moi y> Wb. 18 a 3 (cf. Wb. 6 c i, Ml. 124 b 3). 

§491. Les formes des pronoms absolus sont les suivantes : 

i*"^ pers. pi. s ni 
2" pers. pi. sib 

3" pers. pi. é (hé) 

Le pronom féminin 5/ produit l'aspiration : is-si tlwl dée « c'est la volonté 
de Dieu » V^h. 5 c 32 (cf. Peclersen KZ XXXV 826). Pour le pronom neutre 
ed, la chose est seulement probable (id. ih. 827). 

§ 492. Il faut signaler à part les formes se et seat que présente le pro- 
nom personnel de la S*" personne au masculin singulier et au pluriel après 
le verbe 0/ (§ ^22) : 

ol-se « dit-il »; ol-seat « disent-ils >•>; mais: ol-si « dit-elle ». 



II. — Des pronoms infixes. 

Cf. Sommer ZCP 1 177, Pederscn KZ XXXV 4oo. 

§ 493. Un pronom personnel régime direct d'un verbe composé 
s'ajoute au préverbe en qualité d'enclitique : 

ro oab « il prit », ro-m gah « il me prit ». 

do eini « tu protèges », do-n eini « tu nous protèges ». 

S'il s'agit d'un verbe simple précédé d'un proclitique intime (§ 32o), 
c'est au proclitique que le pronom régime est enclitique : 

ni cara « il n'aime pas », ni-b cara « il ne vous aime pas ». 



DES PUONOMS PEUSONNELS aOg 

Si le verbe simple n'est précédé d'aucun proclitique intime, on lui 
préfixe d'ordinaire le préverbe no (§ 4''»^) pour y rattacher le pronom : 

alid « il nourrit », no-t ail « il te nourrit ». 

soirfid « il délivrera », no-n soirfea « il nous délivrera ». 

§ ^<^[\. Quand le verbe est précédé de plusieurs éléments (préverbes 
ou proclitiques intimes), c'est toujours à celui qui précède immédiate- 
ment l'accent que le pronom est ajouté : 

ni fortéit « il n'aide pas » , 7ti-nfortéit « il ne nous aide pas » . 

ar-rochell « il a ravi » , arid-rochell « qui a ravi cela » Sg. 202 a 7 . 

dian-condelc « si je compare », dian-dam-chondelc « si je me compare » 

Ml. 91 d 8. 
aihar-ai)i-ro-et « quand il m'a reçu » MI. i3i b 8 (de ar-fo-emini). 

Lorsque dans le groupe verbal (§ 588) s'introduit l'indice de la rela- 
tion (§ 628) -n-, c'est devant le pronom régime qu'il se place : aiual 
ro-n-dob-carsaiii « comme nous vous avons aimés » A\ b. 20 a 35 ; ininn 
uù-n-da-scribaiu « quand nous les écrivons «Ml. 35 bi; hôre no-n-doh- 
nwlor (■<■ parce que je vous loue » V^h. ï[\ c 18; mt-n-dan-laisrigiher 
gl. [cum] inflammamur Ml. 43 a 12. Exceptionnellement, l'indice de 
la relation suit le pronom infixe : ciofnt fritat-ii-iarrsu « combien 
de temps t'olï'ensera-t-il ? » Ml. 93 a i5. — L'introduction de Findice 
n ne change rien à. la forme du préverbe : amal asinchohra « comme 
il désire cela » '^^b. 10 b 18 (de ad-cobraini, *ûsi-n-d(a)-chobra, ^ 5o5 
Rem. III). 

§/i95. Bien que, dans la graphie usuelle des manuscrits, le groupe 
verbal soit écrit en un seul mot sans séparation après le pronom régime, 
il n'y a pas, à proprement parler, infixation, mais bien suffixation au 
préverbe, et le pronom régime suffixe au préverbe est séparé de la syl- 
labe accentuée qui suit par une coupure très nette (§ 593), parfois 
même marquée dans l'écriture, notamment de Ml. (§ 595). 

Toutefois, on a pris l'habitude de désigner le pronom régime encli- 
tique au préverbe sous le nom de pronom infixé, parce qu'en fait il 
s'introduit entre le préverbe et le verbe, et ce nom lui sera conservé ici. 

§ 496. Le pronom infixe n'est jamais que régime direct et s'emploie 
dans tous les cas où l'on peut avoir un accusatif. Toutefois, il s'emploie 



y-O AI()liT'lK)I,0(;lE 

avec le verbe substantif pour exprimer le régime indirect dans des 
phrases du type latin est mihi liber. Dans ce cas, il marque la posses- 
sion : 

no-m-thà «j'ai (est à moi) » Wb. i3 c lo; ui-ni-tha «je n'ai pas 
(n'est pas à moi) » Ml. i^o b 7; ni-n-iâ « nous n'avons pas (n'est pas 
à nous) » Wb. 3i c 7; no-b-tâ « vous avez (est à vous) » Wb. i/i c 16 ; 
ni-niAna fùchricc « je n'aurai pas de récompense « (m. à m. « récom- 
pense ne sera pas à moi ») Wb. 10 d 28. 

Exceptionnellement le verbe substantif à pronom infixé signifie non 
pas « j'ai » mais « je suis » : ni-vi-tha « je ne suis pas » Wb. 12 a 21, 
écrit aussi ni-mp-tha 8d 2/I, avec épenthèse de p (§ 107). Toutefois, 
c'est le cas régulier avec le verbe fi] « il y a », v. § /joô. Pour le pro- 
nom infixe dans le verbe passif, v. § 82 1 . 

§ ^97- A. Différentes classes de pronoms infixes. 

Il y a deux procédés différents d'infixation : suivant le premier, on 
n'infixe que la forme pronominale simple {-m-, -t-, etc., v. §§ 5o3 et ss.); 
suivant le second, on fait précéder la forme pronominale de la consonne 
à, et, si la forme pronominale commence par une consonne, on inter- 
cale entre les deux une voyelle qui est généralement (ou il) dans ^^ b. , 
a dans les autres mss. (surtout dans Ml.) : soit -dom- {-dam-) au lieu 
de -771-, -dot- {'dat-) au lieu de -/-, etc. 

Ex . : fo segat « ils tourmentent » , indi fo-dam-segat « ceux qui me tour- 
mentent ». 

ro ordan «il a ordonné », ru-dan-ordan « qui Ta ordonné » 

(eum). 

nertid « il fortifie » , no-don-ncrta « qui nous fortifie » . 

no erbainn « je confierais )>, in-dani-crbainn « en quoi je me con- 
fierais ». 

On appelle pronoms in fixes de la j'" classe les formes pronominales 
simples, el pronoms in fixes de la 2'' classe les lormes pronominales accom- 
pagnées de la consonne d. Ainsi -m-, -t- sont des pronoms infixes de la 
I" classe, 'dom-, -dat- des pronoms infixes de la 2' classe. 

Sur l'emploi des deux classes de pronoms infixes, v. § 626 et ss. 

Remarque. — Les éléments de formation des pronoms infixes de la 
2' classe sont inséparables. Toutefois, Ml. 77 d 6, on lit indaroncomarlecis 



DKS l'IlONOMS IM.ItSOXNKLS 9.1 l 



« dans laquelle tu nous as laissés » au lieu de in-dan-ro-chomarlecis . Mais cet 
exemple isolé peut être une faute de copiste. 

§ 498. Les préverbes ont naturellement la l'orme préaccentuée devant 
pronom infixé (§ ^27) ; mais certains préverbes présentent une forme 
spéciale ; cf. § 632. 

A. Les préverbes ar- et imm-, devant un pronom infixé commençant 
par une consonne, se font suivre d'une vovcllc qui est généralement, 
pour le premier, ou u dans \\b., a dans les autres mss., pour le se- 
cond, u dans Wb., / dans les autres mss. 

Soit aro- {aru-^ et ara-, immu- et imnii-. 

Ex. : aro-ni-fûimfea « il me recueillera » ^^'b. 3i a 3. 
ara-t-muinfer « je te vénérerai » ML 63 a 3. 
immu-m-forling « a agi sur moi » Wb. i3 b 6. 
imini-n-tiiuchcJtis « ils nous entouraient » Ml. 32 a ig. 

Mais: ar-am-imiinfetar « ils le vénéreront » Ml. 61 a 16. 
imm-an-iincah « évite-le » Wb. 3o d 20. 

§ ^99- B. Les préverbes ess- et in- sont remplacés par le préverbe 
ad- ; ce qui entraîne la 2^ classe des pronoms infixes (cl. § 5oi). 

Ex. : in-grennini « je poursuis », atani-grcnnat « ils me poursui- 
vent » Ml. 39 d i3, atan-grennat « ils nous poursuivent » xML 45 a 16 
(de *ad-dani-, *ad-dan-, § loi). 

as-buir « je dis », aibeir « il le dit » (de ^ad-d-^ Wb. 10 d 5 (mais 
assidbeir « qui le dit » § 5o5 Rem. III). 

C. Le préverbe /m- prend la forme /nV/;-. 

friscuirini céill (§ 265) « j'honore » : fritcuirethar cheill « qui riio- 
nore » (de *fnth-d-) Ml. [\i d 16. 

Remarque. — Devant un pronom infixe commençant par un a, les pré- 
verbes do, fo, no, ro perdent leur voyelle par élision (§ 92) : facheird « il le 
jette (cela) » Ml. 94 c 8 ('" fo-a-cheird) , rananachî « il l'a protégé » Wb. 17 d 6 
(* ro-an-anaclu) . 

§ 5oo. La négation nà (v. §§ 459 et 626) employée au lieu de ni 
dans les phrases impératives et relatives est remplacée par nach quand 
il Y a un pronom infixe ; en pareil cas, c'est la première classe qui est 
employée (§ 5oi! ; toutefois § 507), et lorsque le pronom infixe com- 
mence par une consonne, il s'ajoute à uacb- une voyelle qui est / dans 
Wb. et a dans Ml. 



212 MOUPIIOr.OOlK 



Ex. : huare nacha-n-soirai « parce que tu ne nous délivres pas » Ml. 
93 d 10 ; nachi-h-erpid « ne vous confiez pas » Wb. 22 d 6. 

Exception : \^b. i5 b i^ nadîd chreti « qui ne le croit pas ». 

Remarque. — Naturellement les conjonctions négatives coni- « que ne 
pas «, inani- « si ne pas » restent sans changement devant pronom infixé, 
mais les conjonctions négatives cona ou arna suivent la même règle que nd. 

Ex. : coni-n-torgditar « que nous ne soyons pas trompés » Wb. i4 d 27 ; 
mani-n-soerae « si tu ne nous délivres pas » Ml. 77 d 6 ; mais connach n-impdd 
« de sorte cju'il ne se tourne pas » Ml. 122 a il\ ; arnachi-î-rindarphher v. afin 
que tu ne sois pas chassé » Wb. 5 b 33. 

§ 5oi. On emploie toujours la 2" classe des pronoms infixes après les 
préverbes â'^- (représentant ^(/-^ aith-, §429, ess- Qiîn-,% ^99), avi-,fcr- 
eXfrith'. D'après le § loi, ad -^d- clfriîb -\-d- deviennent at- clfril- ; 
par analogie le groupe cûn-\-d- est également devenu cot-. 

Exemples : ad-aig « il pousse », alom-aig « il me pousse » V\h. 10 
d 26, atann-aig « il nous pousse » (Ml. 98 d 12); ad-eirrig « il re- 
prend », aUuui-cirig « il nous reprend » Ml. ii4 d 10 (de *aitJj-er- 
gini) ; in-saigim « je rechercbe », aioh-scgat « ils vous recberchent » 
Wb. i/id37;etc. 

con-dclcfam « nous comparerons », cofon-deJcfaiu « nous nous com- 
parerons » Wb. 17 b 10. 

for-cechna « il instruira », jordiib-ccchna « il vous instruira » Wb. 9 
a 16. 

-fritb-orgût « qui offensent » Ml. 7g a 3, friianiiu-oirat » ils 
m'offensent » Ml. 39 c 27. 

Remarque I. — L'influence analogique qui a transformé con-[-d- encot- 
(d'après at- frit-) s'est étendue parfois dans les textes récents au cas où le 
préverbe est for- ; on lit fortan-roichan « tu nous as instruits » Ml. 22 c 3, 
fortan-bristis « ils nous écrasaient » Ml. i35 d Z|, au lieu de fordanroichan, 
fordanhnstis. 

Remarque II. — Le pronom infixe d a été ajouté au préverbe con- écrit 
cot dans cotd-icc dia « Dieu peut cela » Wb. 5 b 4o, cotd-ôith « vous con- 
servez cela » Wb. 7 d 4- C'est une graphie étymologique au lieu du simple 
cot- (cf. cota ôei Wb. 29 d 29). 

§ 5o2. En revanche, on emploie toujours la première classe des 
pronoms infixes après nachi- nacha- (§ 5oo), oro- ara-, immn- iriinii- 
(§ 498) aux personnes pour lesquelles la première classe commence 



( 



nr.s piKtNoMs PF,us()\\ri.s 1^78 

par une consonne ; mais les deux classes rcslcnl disllnclcs aux person- 
nes pour lesquelles la première classe commence par une voyelle, c'est- 
à-dire aux troisièmes personnes singulier, masculin et neutre (et pour 
nach dans la mesure indiquée § 5o5 Rem. 1). — Pour la 3*^ pcrs. sg. 
lem. et pi., v. § 607 Rem. II. 

§ 5o3. Formes des pronoms infixes. 

1" personne. Sg. i'''' classe -m- (ou -nun-, §§ 48 et 169). 

2' classe -doni- (-duni-, -dam- ; ou -doruDi-, etc.). 
Il Y a aspiration. 

Ex. : ni-m-charat « ils ne m'aiment pas » Wb. 5 c G ; nu-nini-aithis- 
iis « ils me calomniaient » Ml. 54 c 12; nii-dam-chrocha « qui me 
crucifie » Ml. 82 d 28; aroiii-fo'nnfea « il me recueillera » \Ab. 3i 
a 3. 

PI. i''' classe -n- (ou -un-). 

•j'^ classe -don- (^-dun-, -dan-] ou -donn-, etc.). 
Pas d'aspiration. 

Ex. : nî-n-tànicc « il ne nous vint pas » Wb. i d i (cf. § 264) ', for- 
don-cain «il nous instruit » Wb. 3i c 16; immun-cualammar « nous 
nous sommes mutuellement entendus » Wb. 18 d 3. 
§ 5o4. 2*^ personne. Sg. i'* classe -/-. 

2^" classe -dot- {-dut-, -dat-). 
Il y a aspiration. 

Ex. : ro-t-chechJaday « il t'entendra » Wb. 28 d iG ; aiat-chigestar 
« tu seras vu » Ml. Sg c 12 ; arat vuiinfer «je te vénérerai » Ml. 63 
a 3. 

PI. i'" classe -/;-. 

2" classe -doh- (-dnb-, -dab-). 
Pas d'aspiration. 

Ex. : no-b-guidet « ils vous prient » Wb. 7 b 21 ; atab-gabed « qu'il 
vous saisisse » Ml. 20 d 1 1 ; nachib berar « ne soyez pas portés » Wb. 
27 a 24 ; tresin-dip-piat « par laquelle ils seront à vous » Wb. 25 d 8 
(^-dib- au lieu de -dob- ; cf. 24 c 4)- 

§ 5o5. 3'' personne. Au singulier, il y a des formes spéciales pour 
le masculin, le neutre et le féminin. 
a. masculin et neutre i'''^ classe -a-. 

1^ classe -d(a)-. 

18 



1^7^^ MORPHOLOGIE 

Il y a aspiration au neutre, nasalisation au masculin. Dans la se- 
conde classe, Va du pronom -da- tombe fréquemment par syncope. 
Quant à 1'?^ qui marque la nasalisation, elle est exposée à tous les acci- 
dents indiqués dans la phonétique. 

Exemples : masculin, âan-iiic « il le rapporte » Ml. 38 c 4 (de do- 
an-, § 92) ; imman-iuicah « évite-le » Wb. 3o d 20 ; aram-miiinfetar 
« ils le vénéreront » Ml. 61 a 16 ; ru-dan-ordan « qui Ta ordonné » 
Wb. 33 c 5 ; nu-dn-erhai « qui se confie » (Ml. 65 b 6) ; cotn-erha « il 
se confie » Ml. 112 a 3 (de '^con-dn-); Vu disparaît dans : na-coscid 
« corrigez-le » Wb. 26 b 29 (de *no-an-) ; no-da-pridcha « qui le 
prêche » W"b. i4 d 28; ata-comla, at-comla « qui se conjugue » Sg. 
161 b 10, Wb. 16 a 19 et 20 b 16 (de *ad-d(a)n') ; frit-ciireîhar chciJJ 
« qui l'honore » Ml. /ii d 16 (de *ftith-d(a)n-)] ralleic « il le laissa » 
Ml. 53 b 6 (de *ro-an-)\ darrat « il se donna » Wb. 28 b /j (de *do- 
an-). 

neutre, da-ber « il le donne » Ml. 5i d 10 (de do-a-'); ra-chualaîar 
« ils Tentendircnt » Wh. 5 a 8 ; dod-beir « qui donne cela » Ml. 35 c 
23 ; at-beir « il dit cela » Ml. 56 b 3 (de *ad-d(a)-~) ; rod-chJ uinetbar 
« qui l'entend » Ml. 129 c 19; da-thJiichethar « il demande cela » Ml. 
3o a 10 (du verbe do-tluchur) ; cota ôei « il conserve cela » Wb. 29 
d 29 (de *con-da-); ma chot-chela « s'il cache cela » Wb. 5 a 9 (de 
*con-d(a)-). 

Remarque I. — L'rt de la première classe disparaît toujours après la néga- 
tion, de sorte que seules la nasalisation ou l'aspiration (exposées elles- 
mêmes à n'être pas marquées) indiquent la présence d'un pronom intixe ; 
ex. : ni-n-airmi « il ne le compte pas » Ml. 82 a 8 ; mani-n-dimea « s'il ne le 
protège pas » Ml. 88 c 2 (de do-cmiin) ; ni-ceil « il ne le cache pas (lui) » 
Wb. /i d 16 (prononcer ni geil,'^ i?^)» mais ni-cheil « il ne cache pas 
cela » Wb. 5 b 5 ; ni-thucci « il ne comprend pas cela » Wb. 12 d 11; ni- 
choimnactar <■< ils ne le purent pas » Ml. 19 c 5 ; ceni-îhaisid « bien qu'il n'y 
aille pas » Ml. 33 b i5 (accus, de but, § 264). Quand la négation est nach 
(§ 600), la règle est la même. L'opposition des deux classes est donc : 
nach n-astad « qu'il ne le retienne pas » Wb. 1037 (cf. 8 a 4), nach moided 
« cju'il ne se glorifie pas » Wb. 9 d 18 (où la phonétique supprime toute 
trace du pronom inlixe) pour le masculin, nach thoimled « qu'il ne 
mange pas cela » Wb. 1 1 b 18 (cf. 26 a 12) pour le neutre ; et d'autre part 
(§ 5oo) : indi nachid-chualatar « ceux qui n'ont pas entendu cela » Wb. 



DF.s nioNoMs pr.us()\M:i,s yy.) 

;j5 d i/| (cf. Ml. 270! 7, '|3 c 10, 5''t d ()) ; il n'v a pas d'exemple pour le 
masculin. 

Remarque II. — D'après le § 5o2, il y a deux traitements différents des 
préverbes ar- et imm- suivant la classe du pronom ; le plus souvent toutefois 
CCS deux préverbes ont la forme ari- immi- (au lieu de ara-, ara-, iminu- 
!^ 498) devant le d de la deuxième classe; de là l'opposition de : ar-an-gairet 
« ils l'interdisent (lui) » A\b. i d 7, iinm-a-bera « qu'il se serve de cela » 
Wb. i3 a 3 et de: ari-n-gair « qui l'interdit » (de *ari-dn-gair ; cf. Ml. 27 
c 21, où il y a en outre r/2 relatif: * ari-n-dn-gair) ; immi-d-rddi « qui consi- 
dère cela » Wb. 8 b p (cf. 21 c 20, 2^1 a 34), ari-d-rochcll « cpji a rav. cela » 
Sg. 302 a 7 ; etc. 

Remarque 111. — Après les préverbes ad- (^ ^99), for- et frith- un / 
s'introduit généralement devant le pronom infixe de la S*" pers. sg. m. et n. 
(cjui est toujours de la 2'' classe, § 5oi) ; et en pareil cas le préverbe ad- 
prend souvent la forme ass-, et le préverbe /r/?//- toujours la forme /ms-. 
Ainsi : asi-d-grennat « qui le poursuivent (lui) » Ml. 18 d 2 (de ingrennim, 
% 499) ; ciasid-chiam « bien que nous voyions cela » (Ml. 2 b 4 de ad-c'm « je 
vois », * cia-asl~d~) ; ad-id n-opair « il s'offre » Ml. 66 b 4 ; — fori-d-teî 
« cjui l'aide (lui) » Ml. 3o c 3 ; fon-d-gellat « C]ui déclarent cela » Ml. 
1 16 d G ; — frissi-dn-oirctis « qui l'assommaient » Ml. Hg a 20. 

Mais on rencontre aussi, sans introduction de / : ciatbere « quoique tu 
dises cela » Wb. 5 a 28 (de * cia-ad-d-bere) ; ciatasode « bien que tu le 
retiennes (lui) » Wb. 10 a 9 (de * cla-ad-dan-sode) ; — for-t-chomi « il con- 
serve cela » Sg. 176 b 2. 

Remarque IV. — Après la conjonction ro /2-(§G78)on introduit toujours 
un / devant le pronom infixé de la 3" pers. sg. m. et n. (naturellement de 
la 2"" classe, î; 69g) : soit con-i-d-, souvent transformé en con-di-d- par l'in- 
lluence analogique de condam-, condat- etc. (§ 497) ; cf. Pedersen KZ XX.X 407. 

Ex. : coni-dn-deroimed « afin qu'il le protégeât (lui) » Ml. 55 d 4 ; coni-d- 
chuale « afin qu'il l'entende (cela) » Ml. 20 a 2 ; condid-messed « afin qu'il 
le jugeât (lui) » Wb. 8 d 26 ; condid-accadar « afin qu'il vît cela » Wb. 16 
d 6 ; etc. 

Le même fait se produit après la locution relative / n- « dans lequel » : 
in-di-d n-ingaba « en quoi il le reprenne (lui) » Wb. 11 d 8; in-di-d epiiir 
« en quoi je dis cela » Wb. 4 b 26. 

§ 5o6. /;. féminin, i""* classe -su-. 
2'" classe -da-. 

Pas d'aspiration. 

Exemples : du-s-gni c il la fait " Ml. 29 a 3 (de *du-S}i-pii) ; da 



276 



MORPHOLOGIE 



âu'Sn-adbat « bien qu'il la montre » Ml. i35 b 5; no-s-bered « il la 
portait » Tur. i3/i (de *no-sm-bered) ; no-da-berat « qui la portent » 
Wb. 28 d 26 ; forla-comai « il la conserve » Ml. 29 a 3 ; ata-daimet 
« ils la reconnaissent » Sg. 181 a 5. 

Pour les remarques, v. le § suivant. 

§ 507. Au pluriel, le pronom infixé est semblable à celui du féminin 
singulier. 

Exemples : ni-sn-agathar « il ne les craint pas » Wb. 6 a 7 ; no-s?i- 
erbtis « ils se confiaient » Ml. 85 d 4 ; ara-s-muinelhar « il les vénère » 
Ml. 36 a 18 ; fo-s-didinat « ils les soutiendront » Ml. i5 c 10 (de ^o- 
sn-); immu-s-accaldat « niutuo se adloquuntur » Ml. i3i c 19 (avec s 
par erreur au lieu de sfi) ; — no-da-scara « qui les sépare « Wb. 28 c 
i5 ; do-da-forsat « qui les a créés » Ml. i3o a 6 ; ata-ella « il les vi- 
site » Wb. 19 b i5 (de *ad-da~)\ farta congair « il les commande » 
Ml. 59 c II (cf. § 5oi Rem. i); etc. 

Remarque I. — Dans Ml. on rencontre exceptionnellement l'aspiration 
après la forme -da- de deuxième classe : na-da-chelat « qui se cachent » 54 
09, nu-da-chéiltis « qui se cachaient » 61 a 2. 

Remarque II (commune aux deux §§ précédents). — Après la négation 
nach-, le pronom inlixe de la S'' pers. sg. fém. et pi. se présente toujours 
sous la forme -a-, quelle que soit la classe (§ 5o2) : con-nach-a-dânaigfea 
« de sorte qu'il ne la gratifiera pas » Ml. 96 a 7 ; ar-nach-a-môidet « qu'ils 
ne se glorifient pas » Wb. 5 a 16; ar-nach-a imrada « qu'il ne pense pas à 
eux » Ml. 01 a I ; nach-a-telcid fuirib « ne les laissez pas (venir) sur vous 
» (c'est-à-dire « vous dépasser ») Wb. i5 d 4 ; etc. 

Exceptionnellement, le même fait se produit après ar- : ar-a-béitlifeî « qui 
les nourriront » Ml. 46 c 8. 

§ 5o8. Emploi explétif dii. pronom de la )^ pers. sg. neutre. Après les 
conjonctions ce, cia (cent) et ma (niani) se rencontre fréquemment un 
affixe -d, avec cette valeur significative qu'il implique la réalité de l'hy- 
pothèse présentée ; cf. Strachan RC XXI 4 12. Par suite le verbe est 
toujours à l'indicatif; cf. l'opposition de cia sluindid (subj.) et de ceniid 
sluindi Çind'ic.) « bien qu'il signifie » Sg. 197 a 11 (§ 7o3). 

Ex. : ciasid-ruburt am-bidth « bien que j'aie dit leur existence » Sg. 
58 b I ; ceni-d-fetar-sa andliged « bien que je ne connaisse pas la loi » 
Ml. 55 d 21 ; ma-du-d-rigniiis ni « si j'ai fait quelque chose » Ml. 23 
027; mani'd-chretid esséirge « si vous ne croyez pas à la résurrection » 



i)i:s PRONOMS I'KUSO>"m;i.s 



Wb. i3 b ig ; ceni-d déni « bien qu'il ne fasse pas cela » Ml. 56 b 33 
(régulièrement, on devrait avoir, ceni déni, § 5c)5 Rem. I). 

On considère généralement cet affîxe d comme le pronom infixe de 
la 2'' classe de la 3" pers. sg. n. Mais cette hypothèse demande confir- 
mation, et des exemples comme le dernier cité ne lui sont guère favo- 
rables. 



III. — Des Pronoms suffixes. 

Cf. Pedersen KZ XXXV 418. 

§ 509. A. Pronoms suffixes après verbe. 

Cf. Strachan ZCP I i 1 , RC XYII ^2, XVIII 122 ; Sommer ZCP I 228. 

La suffixation du pronom régime d'un verbe est beaucoup moins 
fréquente que Tinfixation. On ne l'emploie qu'avec un verbe simple, 
au lieu d'avoir recours au préverbe no pour pratiquer l'infixation 

L'emploi des pronoms suffixes est conforme à celui des pronoms 
infixes ; c'est-à-dire qu'ils valent uniquement des régimes directs, sauf 
après le verbe substantif (§ ^()Q), où ils expriment l'objet indirect. 

Le seul pronom suffixe est celui de la 3" pers. (sauf après le verbe 
substantif, v. ci-dessous) ; la forme de ce pronom est -/ pour le singu- 
lier masculin et neutre, -us pour le singulier féminin et pour le pluriel 
des trois genres. Ex. : hertb-i « il le porte » (fert id) ^^ b. y3 a 19, 
beirlh-i Ml. /i2 b 7 (herthi de *herid-i) ; niôiti nech « quelqu'un se glo- 
rifie » Wb. 23 d 29, cf. 27 a 29 {fiiôiii de *môidid-i, cf. § 101): 
leicsi hiiad « il le renvoya (de lui) » Ml. 62 (leicsi de *lecis-i). 

itius « il la mange (la vigne, in fine) » (de *ithid-us) Ml. 102 a i5. 

Jil-us « ils sont, ce sont eux » Cam. 37 a 38 a (^/ gouverne l'accu- 
satif, § /io6) ; suhaigthius « il se réjouit de ces choses » SP II 7 (juhaig- 
ihius de *subaigid-us). 

Après le verbe substantif, on rencontre d'autres personnes que la 
troisième, mais les exemples sont très rares : iss-uni ecen « il m'est né- 
cessaire » VN^b. 10 d 2/i ; taithi-unn « il est à nous » SP II 3 ; is-at- 
dilinain-siu « il t'est légitime » (Ml. 55 d 21). 

§ 5 10. B. Pronoms suffixes après préposition (cf. § 271). 



2 7 y Muni'lIOLOCilE 

Après préposition, les pronoms personnels sont toujours suffixes sous 
une forme enclitique. 

Sauf à la 3" personne, et encore dans une mesure restreinte, il n'y a 
pas de différence entre le datif et Taccusatif, dans le cas où la préposi- 
tion gouverne les deux cas. 

Les pronoms suffixes sont d'une manière générale les suivants : 

1*^'' personne du sg. : -m (-mm), qui peut être précédé d'une voyelle 
quelconque. 

I ■■* personne du pi . : -n (-nn) , même observation . 

2* personne du sg. : -t, même observation. 

2" personne du pi. : -h, qui est toujours précédé d'une voyelle anté- 
rieure. 

3* personne du sg. masc. et neut. : en principe pas de désinence. 

fém. : au datif -/_, à l'accusatif -(^ij^. 

3'' personne du pluriel pour les 3 genres : au datif -ib, à l'accusatif 
-(s)n. 

Remarque 1. — La sifflante que contenaient primitivement l'accusaliC 
singulier féminin et l'accusatif pluriel de la 8*" personne ne se dénonce que 
lorsque le pronom se termine par une explosive sonore, qui alors devient 
sourde: ainsi iinb -h (s)e donne iiitpe : imh-\-(s)u donne impii \ ind-\-(s)e 
donne inte\ etc. (I5 118). 

Remarque 11. — Isolément, on rencontre à laccusatif pluriel de la 3' 
pers. la même désinence -ib qu'au datif; la même confusion existe dans la 
flexion du démonstratif sn/(i(' (j^ 538); cf. !:; 2o3 Rem. II. 

§5ii. a. Prépositions goiweiiiant h' datif. 

a (as,ass). 3^ pers. sg. m. et n. ass, as', fém. cssi (esse Ml. 60 a 12). 3" 
pers. pi. essib. 

di. i'*^ pers. sg. diim, dim. i'"' pers. pi. diiii, diii. 2 '^ pers. sg. : diit, 
dit. 2'' pers. pi. dlib, dib. ?f pers. sg. m. et n. de (semble contenir un 
suffixe -g, soit *di-e); iém. dl. 3^ pers. pi. diib, dib. 

do. 1''° pers. sg. dom, dam. i'" pers. pi. di'in. ■2'^ pers. sg. dnil, 
dait, deit, dét. 2*^ pers. pi. diïib. 3" pers. sg. m. et n. dâu, dô; fém. di. 
3* pers. pi. dôib, doaib. 

fiad. 2'' pers. \A.fiadib. 3* pers. p\. fiadib. 

îar(iïi). 2*^ pers. sg. iarmut. 3* pers. sg. n. iaruni « après cela, en- 
suite » employé adverbialement. 



t 



in;s i'iu>\()\is i'j;ns»>\NEi,s i^rg 

ô, uà. i™ pcrs. sg. uhim. i^pcrs. pi. uàin, uàn. 2" pers. sg. ?/rhY. 
2* pers. pi. uâih. 3" pers. sg. m. et n. iiad, iiaiil ; l'éni. z/c'?(i/. 3'' {)ers. 
pi. uâdib, uaidih. 

oc. 3* pers. sg. m. et 11. oco, oca (occa), ocae (occae). 3" pers. pi. oc- 
caib. 

ôs- i'*" pers. sg. ûasum. 3*^ pers. pi. ôsih. 

ré(m). I™ pers. sg. rium, reuui. i'" pers. pi. reun. 3* pers. sg. m. 
et n. rîain souvent employée adverbialement (« avant cela, d'abord »); 
fém. remi. ?>" pers. pi. remib. 

§ 5 12. b. Prépositions gouvernant l'accusatif. 

(s)anml. i'" pers. sg. samJtim Wb. 9 d 27 ; 3" pi. samlaib Ml. 67 c 
5(§ i64Rem.). 

cen. 2" pers. sg. cenut. 2" pers. pi. cenuib. '^ pers. sg. m. et n. ce^ie. 
0° pers. pi. ceuaib (Ml. 20 d ^ ; § 5 10 Rem. II). 

Au neutre -cène s'emploie dans la locution ol-chene m. à m. « au delà 
sans cela » d'où « en outre, etc. » Wb. 7 d i, 10 d 17, i3 a 9, etc., Ml. 87 
1) i-j, G7 b 17, 129 c i5, etc., Sg. iiib5, 2i3ai3, 2 2oa5, etc. On trouve 
ccrit dans Ml. et Sg. olchenae el olchena. 

co (prend la l'orme cucc- devant pronom suflixe). 1'" pers. sg. ciic- 
ciini. i*"" pers. pi. citcnii. 2'' pers. sg. cucnt. 2'' pers. pi. cuciiib, eue- 
ciiib. 3* pers. sg. m. et n., cuci, citcci \ fcm. cucac, cuiccc. o^ pers. pi. 
cuccu. 

Au neutre, cuci, ciicci s'emploie adverbialement au sens du lalin adeo, 
« à ce point, jusque-là, tellement » Wb. ig b 8, 2/1 c 17. :i5 a 27. 

eter. i"' pers. sg. efrom. i''''pers. pi. etron, etnin. 2^ pers. p\. etruib. 
3* pers. pi. etarru, etarro. 

fri. i'' pers. sg. frium, friiii. l'^pers. pi. frin. 2* pers. sg. friiil, 
frit. 2* pers. pi. fri b. 3"^ pers. sg. m. et n. fris(s); fém. fric, friae. 3'" 
pers. pi. friu. 

ini(b). I™ pers. sg. inimuiii. i'* pers. pi. iinnimi. -i" pers. sg. ////- 
mut. 2*^ pers. pi. iniiiiib. 3" pers. sg. m. et n. iiuiiibi; lem. iinpc. 3" 
pers. pi. iinpu. 

la. i"' pers. sg. lin m, liiiii Uni, Ici m km. V" pers. pi. lein len, lin. 
2'' pers. sg. lat. 2" pers. pi. lib. 'S" pers. sg. m. et n. lais(s), leis(s), 
les(s) ; fém. lae. 3* pers. pi. Icii, Ico. 

sech. 3'" pers. sg. m. et n. sechx. 3'' pers. pi. scccu (§ 119). 



2 8o ■MORl'llOLOGIE 

tar. !"-■ pers. pi. tonin. 2' pers. sg. tonit. 3'' pers. sg. m. et n. ta- 
rais. 

tri. i""' pers. sg. triiini. impers, pi. //•/////. a'" pers. pi. triib. 3" pers. 
sg. m. etn. triit, trit; fém. tree. 3" pers. pi. treu, treo. 

§ 5i3. c. Prépositions gouvernant le datif et l'accusatif. 

ar. i'"* pers. sg. airium, eruni. T'® pers. pi. enin. 2*^ pers. sg. crut. 
2* pers. pi. airib, airiuib (\Vb. 16 c 23), eruib. 3" pers. sg. m. et n. 
airi. 3*^ pers. pi. air(r)in, erru. 

fo. 3** pers. sg. m. et n. foi, fo (ace. Ml. 3; a i4). 3' pers. pi. foib 
(dât.), fou (ace. Ml. 35 b 16). 

for. i''' pers. sg. forni. i'" pers. pi. for(r)n. 2* pers. sg. fort. 2'' 
pers. pi. foiribfnirib furib. 3*^ pers. sg. m. et n. foir,fair] fém. (dat.) 
fuiri, (sicc.') forrae. 3*^ pers. pi. (dat.) foraib forib, (ace.) for ne et spo- 
radiquement /0/Ï///7 (Ml. 33 a 9, 42 a 4, i5, 54 a 5, 72 c 11, 72 d 18, 
74 c 20, 90 c 25, Wb. 4 c 35, 28 c 4)- 

in(d). !'■'■ pers. sg. indiuin. i"' pers. pi. indinn. 2" pers. sg. indil 
•2" pers. pi. indiib, indib. 3" pers. sg. m. et n. and, indid, ind ; tem. 
(dat.) indi, (ace.) inte. 3*" pers. pi. (dat.) indib, (ace.) intiu. 

Remarque. — Le Livre des hymnes, auquel ont été empruntées quelques- 
unes des formes indiquées ci-dessus (occae, rciim, reun, ûasum, etroiu, 
immnm) non attestées dans les recueils de gloses, en contient d'autres qui 
paraissent nettement appartenir déjà au moyen-irlandais et par suite doivent 
être mises de côté; telles remuin remam « devant moi », rcmnn(n) « devant 
nous », rcinut « devant toi », rempe « devant elles » ; telles surtout les 
formes issiun « en bas de moi », dessom dessiiin « à ma droite », tudthum « à 
ma sauche ». 



IV. — Des Pronoms-adjectifs possessifs. 

§ 5i4- Aux pronoms personnels se rattachent les pronoms-adjectifs 
possessifs, comme eux indéclinables. Ce sont les pronoms-adjectifs pos- 
sessifs qui remplacent le pronom personnel dans Femploi de régime 
d'un norn, et par suite ils peuvent être considérés comme des génitifs 
de pronoms personnels ; cf. ce qui se passe en cas d'addition de la par- 
ticule démonstrative sidc (§ 542). 

§ 5i5. A. Pronoms possessifs. 



nies PRONOMS PERSONNELS 28 1 

Les pronoms possessifs, d'ailleurs assez rares, sont toujours accen- 
tués. Les formes attestées sont les suivantes : 

I™ pers. sg. Diiii « mien » : miiisse Wb. i b o (^ 5:<3). 

i''^ pers. pi. nâr et nathar dans la locution : cechtar nalhar « chacun 
nôtre » AVb. 20 c 26, SP II i (chacun de nous deux) ; cechlar nâr 
« id. « SP II 7. 

2* pers. pi. sethar « vôtre » Wb. i b 2. 

3" pers. sg. et pi. di : an-ài « le sien » (n.) Sg. 2g b 3 ; an-aii « les 
leurs » Ml. 121 d i5 ; â aii « id. » Ml. 70 c i, 92 c 10 ; ai gl. illius 
Sg. ig8 a i5 ; cechtar n-ai « chacun d'eux » Sg. ig3 b 5, etc., indala 
n-âi « l'un d'eux » Wb. /i b 24 (m. à m. « chacun leur, l'un leur » etc.); 
la forme fléchie aiih gl. de suis Ml. 121 b 11, aussi bien du reste que 
les formes à double / final (jin aii, à aiî) doivent être des créations 
analogiques, calquées sur le latin. 

§ 5 16. B. Adjectifs possessifs. 

Les adjectifs possessifs sont toujours inaccentués. Ils ont les formes 
suivantes : 

i'''^ personne du singulier, mo (nui, Sj 72). Il y a aspiration. 

Ex. : iiio-thol « ma volonté » \^b. 3 c 38; nio-chland « ma progé- 
niture » AN b. 2g d 6. 

Lorsque le mot qui suit commence par une vojelle, le possessif nio 
peut élider sa voyelle finale : ]}i-ort « mon rang » Wb. 29 d 26 ; vi~ 
arilliiid « mon mérite » Wb. 21 c 20 ; iii-aithir « mes pères » Ml. ^^ 
h 2g ; m-ernigde « ma prière » Ml. 54 d 7 (cf. Wb. 5 a 25, 10 d 25). 
Mais la voyelle finale est souvent maintenue : mo ort « mon rang « \A b. 
23 b 18, 21 ; ino iniigde « ma prière » Wb. 4 d 18 (cf. AAb. 10 c 17, 
28 c 10). 

Remarque. — Dans l'exemple erbert hiulh m-etdae « l'usage de ma 
chair » Ml. 47 c 4 (cf. 46 b 12), de mo feulae, la voyelle s'est élidéc 
après avoir fait disparaître la consonne initiale par aspiration. 

§ 517. Après une préposition, le possessif mo perd le plus souvent 
sa voyelle finale (v. i; 160). 

Ex. : dai'-m-cbi'iin « par ma tète » Wb. 23 b 18; for-in-naitntt'a « sur 
mes ennemis » Ml. 38 c 21 : i-m hiilcc « dans mon mal » Wh. 2 a 8 ; 
ire-m-miscuis « par haine de moi » W^b. 23 b 28 ; tri-ni peccad « par mon 
péché » Ml. '\\ b 29. 



282 MORPIIOLOGir 

Toutefois on lit ar-iiw-chiumi « sur ma tête » Wh. i/i d 29. 

Remarque. — Le possessif mo ne subit jamais l'aspiration de l'initiale 
(§ 169); de là les graphies : dimm-£s « après mol » Ml. 28 d 9, dii-mm 
-imdidnaad i< à ma consolation » Arm. 18 a 2. hiia-mm ôintaid g\. a meo con- 
sortio Ml. 1 18 a 2 (§ /^S). 

i'"'' personne du pluriel, ar. Il Y a nasalisation. 

Ex. ar-n-athir « notre père » \\b. 2 b 28 ; ar-ui-hrethrc « de notre 
parole » Wb. 17 b 5. 

§ 5 18. 2^ personne du singulier, do (ou du^ § 72). Il y a aspi- 
ration. 

do chenél « ta race » VVb. 607; do-foraithmit « ta mémoire » Ml. 
i35 d I ; du freciir ceill-siu « ton culte » Ml. 182 b 3; Jo imrhomarc 
« Ion bonjour » Wb. 3i d 18. 

L'adjectif possessif de la 2^ pers. du singulier perd sa voyelle finale 
exactement dans les mêmes conditions que celui de la première (ci- 
dessus) ; mais alors le d redevient / (§ i63). 

Ex. : thôenur « ton unité » (§ 255) Wb. 5 a 28 ; i-esérge «ta résur- 
rection » Arm. 18 b I ; tbilal « ton urine » Sg. Inc. (de do fi'ial avec 
chute delà consonne initiale sous l'influence de l'aspiration). 

eut séitchi « avec ton épouse » Wb. 10 a 29 ; dut-menuiain « à ton 
esprit » Ml. 2 d 5. 

Dans Ml., l'adjectif possessif de la seconde personne du singulier a 
parfois la forme /o (§ i63): to-fortacht « ton aide » Ml. 45 c 7; tô ere- 
dig gl. poculum tuum Ml. /45 d 3. 

2* personne du pluriel, far (ou /or). Il y a nasalisation. 

Ex. : far-n-ainm-si « votre nom » Wb. 4 d 2 ; for-n-iress « votre 
foi » Wb. 25 d 7; dar-far-cenn « sur voire tête » y\h. 18 a i/i- 

La consonne initiale de l'adjectif possessif de la 2'' personne du plu- 
riel ne subit jamais d'aspiration ; l'aspiration aurait en effet pour résul- 
tat de supprimer cette consonne et par suite d'amener une confusion 
avec l'adjectif possessif de la 1'* personne du pluriel, ar. De là, l'usage 
d'écrire har (bor), au lieu de far (for) pour éviter toute équivoque. Ex. : 
hi-bar cumting « en votre possession » Wb. 5 d 32, do-bar n-iràil « à 
votre ordre « Wb. 26 a 3o; cf. § 169. 

§ 519. 3" personne, a pour tous les genres et tous les nombres; mais 
tandis que cette forme produit l'aspiration au masculin et au neutre du 



DIS l'iutNoMs ri:HS<j.\>'ELS 280 

singulier, elle produit la nasalisation au pluriel pour les trois genres ; 
au féminin singulier, elle n'exerce aucune action. 

Ex. : a-îhorhc « son profit » AVb. i a 3 (d'un homme) ; ara-chidl 
« pour sa part » Wb. 11 c 17 (d'un homme) ; a orcital « son ensei- 
gnement » Wb. 8 b i3 (d'un homme ; la consonne initiale de for citai 
a disparu sous l'influence de l'aspiration) ; a-chomalnad « son accom- 
plissement )) Wb. 5 d 10 (de l'enseignement, forcilal, n.); a-cride 
(( son cœur » Wb. iG a 3o (d'une femme); an-esséirge « leur résurrec- 
tion » Wb. 20 b 21 ; ani-bcs « leur coutume » Ml. 19 d 6. 

Remarque I. — L'cZ est parfois changé en e dans l'adverbe immanetar 
composé de imin-an-etar « entre eux » ; on lit immenehv Ml. 26 b 20, 26 h 
27, immeneîor Sg. 28 a 10. De même dans i m mêle i \\ b. 10 a 6, immelle Ml. 
53 b i5, autre forme de iinmalei, immallei, iinmalle « ensemble ». 

Régulièrement dans Caai., le pronom possessif de la 3'' pers. a la forme 
e : iii-e laim « dans sa main », fair-e chomnessam « sur son prochain » 37 d. 

Remarque II. — L'adjectif possessif de la troisième personne disparait 
parfois après la préposition ho « par » ; ainsi ho chomnesain « par son pro- 
chain » Ml. 36 a I (= ho-d-chomnesani) ; cf. § 92. 

Remarque III. — L'adjectif possessif de la troisième personne, sous la 
forme a, est souvent surmonté d'un accent dans les manuscrits, surtout 
lorsque le mot qui suit commence par une voyelle (cf. § 22). Ainsi : d-gni m 
MI. 24 c 12; d abstanit « son abstinence » Wb. 6 c i5. 

Remarque IV. — Sur 1 anticipation du régime par l'adjectif possessif. 
voir § 617. 

Remarque V. — Comme le latin, le vieil-irlandais admet que l'adjectif 
possessif exprimé avec le sujet de la phrase se rapporte à un mot qui n'est 
dans la même phrase que régime direct ou indirect. Ainsi : intan doroacht 
forsnapecthachu a clôi(ne) « lorsque l'iniquité des pécheurs fut retombée sur 
eux » Ml. 38 a 8 (m. à m. « lorsque leur iniquité fut retombée sur les 
pécheurs » ; pour le tour, cf. Tur. 79) ; ar(ra)nert ahiress dochreîim » car sa 
foi le fortifia pour croire » Wb. 2 d i. 

§ 520. L'adjectif possessif peut être objectif ou subjectif, c'est-à-dire 
avoir avec le substantif auquel il se rapporte un rapport d'objet ou de 
sujet. Ainsi luo serc « mon amour » peut signifier « l'amour que 
j'éprouve » ou « l'amour que j'inspire » ; cf. a-fiiis « la science de cela » 
Wb. 19 b II ; rt adhuaih « sa terreur » (la terreur qu'il inspire) Ml. 
4o c 1 1 ; trem- misciiis-se « par ma haine » (la haine qu'on a de moi) 
Wb. 23 b 23. 



sSA MORPIIOI.OGIK 



V. — Des particules renforçantes personnelles. 

§ 021. Outre les pronoms personnels qui viennent d'être étudiés, il 
y a des particules personnelles, toujours enclitiques, qui servent à in- 
sister sur l'idée de la personne. On les appelle « particules renforçan- 
tes » (« particulae augentes » de la Grctiuniatica Ccltica), parce cju'elles 
servent le plus souvent à renforcer un pronom personnel précédent ; 
mais elles peuvent être employées aussi sans que le pronom personnel 
soit exprimé. 

§ 522. A. Formes des particules renforçantes personnelles . 

i/® personne du singulier -sa (changé parfois en -se après une finale 
de position antérieure). 

i""® personne du pluriel -/// (peut-être -siii Wb. i5 c 20). 

:>} personne du singulier -su, -so (changé parfois en -siu après une 
finale de position antérieure). 

2® personne du pluriel -si. 

3* personne du singulier, masculin et neutre -soin (changé parfois 
en -sem ou -sium après une finale de position antérieure) ; féminin 
-si. 

?>" personne du pluriel pour tous les genres : -soin (changé parfois 
en -seul ou -siuiii après une finale de position antérieure). 

§ 628. B. Emplois des particules renforçantes personnelles. 

a. Particules renforçantes après pronoms absolus. En s'agglutinant aux 
])ronoms absolus, les particules renforçantes forment les composés sui- 
vants : 

i""* pers. sg. messe (meisse) « moi ». 

i''" pers. pi. siiini (snisiii) « nous ». 

2® pers. sg. tussu « toi ». 

2* pers. pi. sissi « vous ». 

3* pers. sg. m. et pi. hésom « lui, eux, elles ». 

Exemples : is messe rophroidech doib « c'est moi qui leur a prêché » 
Wb. 10 c 20, cf. Ml. 47 a 2 ; ar-cid-snissni ninmôidem and « car même 
nous, nous ne nous vantons pas de cela » Wb. 23 d 23; ni tussu « ce 
n'est pas toi )> AAM). 5 a 28 ; apstil itossug sissi larum « les apôtres d'à- 



DES l'IUtNOMS l*i;US()NNi:i,S S<o5 

bord, vous après » Wb. 27 u 5 ; is-hésom doradchii'iir « c'est lui qui a 
racbeté » Wb. 2 b 9; ol se-siim « dit-il » AH. 32 a 5; ol-seai-soui 
« disenl-ils » Sg. 201 b 11 (§492). 

Remarque I. — Les pronoms personnels de la S*" pers. du sing. féminin et 
neutre ne forment aucun composé avec les particules renforçantes ; cela 
tient sans doute au fait que, ces deux pronoms produisant l'aspiration (§ 167 
et 1G8 Rem. Il, § 4<.)i)' laparticulc renforçante s'en trouverait complètement 
modifiée. 

Remarque II. — Ladverbc os, qui contient peut-être une forme du verbe 
copule (§ /| i/|), joue exactement à l'égard des pronoms absolus le môme 
rôle qu'une particule renforçante, avec cette dillérence qu'il se place tou- 
jours devant eux ; sont attestées les formes : 

oi-me'SNh, 1 1 a i/j, etc. ; os-tà Ml. 43 a 18, Sg. 201 bai (gl. tutemet), etc. ; 
os-ni Wb. 19 a i5, etc. ; os-hé Ml. i:î2 b i4, etc. ; Iws-si Ml. 5i c 28. 

A la 3"^ pers. du pluriel, on a ot-é Sg. 77 a 8, Ml. i3o a 3. 

§ 52/4. b. Particules renforçantes personnelles avec un pronom in fixe on 
un piononi suffixe. Lorsque les particules renforçantes renforcent un 
pronom infixe elles se placent immédiatement après la forme verbale. 

Exemples : nimcharat-sa « ils ne m'aimeat pas « Wb. 5 c G ; cair 
ronileicis-se « pourquoi m'as tu abandonné? » Ml. 44 b 10; ronfitir- 
ni cach « cbacun nous connaît » V\h. 10 a 8; amal dundatmecetar-stt 
« comme ils te méprisent » Ml. 106 c 11 (du verbe dinieccini au dé- 
ponent) ; nobsôirfa-si dia « Dieu vous délivrera » \\ b. 11 b 4 ; cotnoat- 
som « cuslodiunt eum » Ml. 112 b 20 ; albeir-som « dicit id » Ml. 56 b 3 ; 
amal dondruirmis-sem « comme nous avons raconté cela » Wb. 24 d 16 ; 
nisnderig-si « il ne la quitte pas » W b. 9 d 5; nacharoiiiarb-soni dia 
« que Dieu ne les a pas tués » Ml. 23 b 5. 

§ 525. Lorsque les mêmes particules renforcent un pronom sufîîxe, 
elles se placent immédiatement après lui. 

Exemples : 

frim-sa Wb. 26 d 17 ; uâiin-se Wb. 27 c 34 ; ernni-sa Ml. 22 a i ; 
dom-sa Wb. i a 2. 

etrun-ni'S^h. 12 b 12 ; frin-ni Ml. 53 b 10. 

erut-su Wb. 29 d 7 ; duit-siu ^A'b. 6 b 1 4 ; det-siu AVb. 5 b 29. 

frib-si Wb. 9 b 17; lib-siWb. i4d 17. 

do-soni Wb. i4 d 37 ; foir seni Sg. 209 b 12 ; trit-som Wb. 27 c 2. 

inte-si Sg. 209 b 22. 



leu-som \Vb. 5 b ^2 ; cuccu-som Wb. i \ à 3o; mJ/T' 5éw Sg. 5 a 4 

samlum-sa Wb. 9 d 27. 

gnith-i-shim u agit se » Ml. 3o b 20. 

Toutefois, lorsque le pronom suffixe est ajouté au verbe copule, la 
particule renforçante se place après le mot qui suit. 

Exemple : is-at-dilmain-siu « il t'est légitime » Ml. 55 d 21. 

§ 526. c. Particule:; renforçantes comme sujets. Souvent les formes 
verbales personnelles sont suivies d'une particule renforçante pour 
mieux indiquer la personne exprimée par le verbe. 

Exemples : rojetar-sa « je sais » Wb. 29 d i3 ; — asbir-siu « tu dis « 
Wb. 12 d 17; duhir-siu « tu donnes » Ml. if i c f3; — dobemthar-si 
amal clonemar-ni « que vous soyez protégés comme nous sommes pro- 
tégés » Ml. 53 b 18 (l'addition du pronom errq)halique à donemar est 
d'autant plus utile qiio la présence du pronom infixe est dissimulée par 
celle de l'indice relatif; cf. amal dunemar in niacc « comme Fenfant 
est protégé » Ml. 39 c 7) ; — asberid-si « vous dites » Wb. 5 a 3i ; — 
asbeir-som « il dit » Wb. t\ b 3; dobeir som « il donne » Ml. 78 b 12 ; 
ceni tabair sem desimrecht « bien qu'il ne donne pas d'exemple » Sg. 
202 a 3 ; — dénadsi « qu'elle fasse » Wb. 28 d 19 ; — dorigénsat-som 
<( ils ont fait » W b. 1 1 a 3o. 

§ 527. Lorsque le verbe de la pbrase est le verbe copule, la particule 
renforçante se place toujours après le mot qui suit. 

Exemples : am-cimbid-se « je suis prisonnier » Wb. 27 c 22 ; adib 
cretmig-si « vous èles croyants » Wb. i5 a 8; cenotad maic-si raith 
« bien que vous soyez les fils de la grâce » Wb. 33 b 8; is-cenn sorfi 
« il est la tète » Wb. 5 d 2 ; bid maid-som « il sera bon » Wb. 5 d 39 ; 
ar bimmis muntar-ni dait « afin que nous fussions ton peuple » Ml. 

f02 b ïO. 

Toutefois, la particule renforçante -sa se place immédiatement après 
la forme de i'^" pers. sg. du prétérit du verbe copule : basa iudide « je 
fus Juif » Wb. 10 d 3/i ; ro-p-sa airchinnech « j'ai été un prince » 
Wb. 18 c i5; cia-r-p-sa cimbid « bien que j'aie été prisonnier » Wb. 
3o a 6 ; ro-p-sa htiallach sa « j'ai été orgueilleux » Ml. 49 b 12, où la 
particule renforçante est exprimée deux fois. Cf. Tburneysen RC M 
3 15. Cet usage doit sortir du fait que le groupe formé par le proclitique 
ro et l'enclitique bfa) était dans une certaine mesure accentué (§ 591). 



Il faut donc partir de rop-sa iudide, pour expliquer par analogie ba-sa 
iudidc Siw lieu de ha-indidc-sa. L'exemple Ml. /19 b xi n'est qu'une 
combinaison de bj-hitûllûch-sû et rop-sa-buallach . 

^ 5'.i8. La [)résence d'un pronom inliKe n'empêche pas raddilinn 
d'une particule renforçante. 

rotç^àd-sa « je t'ai prié « W b. :>/] à 19; rafctar-sa « je le sais » Ml. 
3(î a 82 ; jun'hoiiicihiid-s! « vous l'accomplissez » Wb. lô a 7 ; dosber-som 
(( il la donne « Ml. ')() b 7. 

Par suite, dans les i)lirases suivantes, on ne peut savoir si la particule 
est employée l'omme sujet ou sert à renforcer le pronom inlixe : \iom- 
dii'hini-sc u je me veniie » Ml. 38c 21 ; iiolaniiiic-siii « (te) armaueris » 
Ml. ^^ a 21 ; nirloiid-soiii « auiliiet eum >> Ml. '\l\ c 10: iiUviiihi-soni 
« coniungit se » AM). aâ b i(i. 

i; 529. d. Particules renforçantes après idi adjectif possessif. Pour ren- 
forcer un adji'ctif possessif, on ajoute souvent une [)arlirule renior(;ante 
au substantif. 

h'xemples : ino-beii-sa « ma femme » Sg. Oi b l 'i ; iiio-tJjorbe-se u mon 
profit » ^^ b. 1 2 c oG ; do-nieii(niaii) su (gén.) « de ton esprit » Ml. 2 d \'À \ 
diit-nieiiniaiii-siii « à ton esprit » Ml. 2 d b; farù-digal-si « votre ven- 
geance » A^ b. 5 d oô ; farn-aiiiiii-si « votre nom » ^^ b f\ d 2 ; a-bésii 
sont « ses mœurs » ^^ b. 2 d \ ; a-^nâs-si « sa compagnie (à elle) » 
\\ b. 10 a 2 (ycy\\ âi^iiasi) : a-siilhine soin « leur éternité 11 W b. i b i5; 
aii-i^niiii-soni « leur ollice » Ml. 2/» a .^|. 

Quand le substantif est accompagné il "un adjectif auquel il est étioi- 
tement uni, la particule renforçante peut même être rejetée après Tad- 
jcctif : iiin-ar rilb arsid-iii gl. » in nostro nelere curriculo » Sg. 108 b 3. 

Ileinarijue. — Conune ladjeclir possessif qu elle renforce, la particule 
peut ôtre prise au sens sul)j(>ctif ou objectif (cf. >:; 020); a\u»'i. jar-scrc si do 
dij « votre amour pour Dion « \\ I). iS bai ; for-scre-ii liin-sa « mon amour 
pour vous » \\ b. 23 a ^7. 



VI. — Des particules renforçantes réfléchies. 
^ 53o. Le pronom personnel ayant également la valeur du réfléchi, 



:^(SS "MOKPHOLOClE 

il n'y a pas de pronom réfléchi. Mais il existe des particules renforçantes 
réfléchies, dont l'emploi est exactement semblable à celui des particules 
renforçantes personnelles. 

§ 53i. Forme des particules renforçantes réfléchies. La forme des 
diverses particules renforçantes réfléchies est des plus fuyantes et se 
laisse très malaisément ramener à une règle. 

Cf. Pedersen Asp. 98. 

i™ iDcrs. sg. féin, fadéin, céin. 

i''' pers. pi. fanisin, fesine, canisin. 

1" pers. s^. féin, fadéin. 

2" pers. p\. fadisin, fésin, fadéisne, féisne. 

S*' pers. sg. m. et n. fade s in, fessin, cadessin. 

fém. fadisin, fesine, féisne, féisin, fadéisne. 
pi. 3 genres fadesin, fadesine, fadéisne, fesine, féisne, cadesin, 
cadesne. 

On ne rencontre que des formes en /dans \Vb. et Ml. ; Gam. et Sg. 
présentent les unes et les autres. 

Remarque. — Au lieu de fadesin, Wb. a une fois fein, 7 b i, à la 3" 
pers. du singulier. 

On trouvera des exemples de ces diverses formes dans les listes sui- 
vantes. 

§ 532. Emploi des particules renforçantes réfléchies. Cet emploi est 
absolument parallèle à celui des particules renforçantes personnelles ; il 
arrive même que toutes deux soient simultanément employées. 

a. Après pronoms absolus. 

tné-féin « moi-même » Ml. 109 d 3; /// féin « toi-même » Wb. 
8 d 27 ; hesoni fesin « lui-même » Ml. 53 a 5. 

§ 533. /;. Après pronoms infixes ou suffixes. 

no-d-moladar fesin « qui se loue lui-même » Wb. 17 b 21 ; ru-s- 
madaigset fesin « ils se sont trompés eux-mêmes » Ml. 48 a i . 

gnithi-sinm fadesin gl. agit se Ml. 3o b 20. 

uaimmf'in Wb. 1 1 c i ; deitféin Wb. 28 d 1 5 ; ind-fessin Ml. 01 b 1 2 ; 
friu-som fesin Ml. 5/4 c 18; di- féisne Sg. 199 b 6; friss fadesin Wb. 
Oc 18; huadi fadisin Ml. i33 c 10; lee fadeissne ACr. 11 c i ; forrae 
fadisin Tur. 79 ; uainn fesine Wb. i5 a i3 ; duun chanisin Cam. 37 d; 
tri ib fadéisne W'b. 3 b 22 ; airib féisne Wb. 27 c 19 ; dib fesin Ml. 



DES PRONOMS PERSONNELS 289 

129 c 18; indib cadésin Sg. i88 a 2 (cf. iGo b 2); intîn fadesin Ml. 
53 b II ; intiu fesin Ml. 53 d 17. 

c. Comme sujets. 

intain ronîciih féin « quand je viendrai moi-même » \Vb. 18 b i4; 
kt imnî nad îecbtai féin « jalousie au sujet d'une chose que tu ne pos- 
sèdes pas toi-même » Ml. 56 b 33; oldaas fessin « ... qu'il n'est lui- 
même » Wb. 23 c i5 ; daberid-si jéissm « vous le donnez vous-mêmes » 
Wb. 2/i c lO; ni coinalnat-som cid fcissne rechl « eux-mêmes n'accom- 
plissent pas la loi » Wb. 20 c 22. 

§ 53/i. d. Renforçant un adjectif possessif. 

mo-saithar féin « mon propre travail » Wb. 7 a i ; mu nienma céin 
« mon propre esprit » SP. II 2, 16; a-chorp fadesin « son propre 
corps » Wb. i3 d 20 ; ni-pridcham ar-n-indocbâil fanisin « nous ne prê- 
chons pas notre propre gloire » Wb. i5 b i'] ; for-n-aircbinuech féisne 
« votre propre maître » \M3. 5 a 11 ; far-ni-brâthir fadisin « votre 
propre frère » \^b. 4 c 4o ; a-Jili fésine « leur propre poète » WIj. 
3i b 19 ; a-nert fadesin « leur propre force » Ml. 95 a 5 ; di-a-luc fadesin 
« à leur propre place » Sg. i5/i b i. 

e. Enfin, on trouve les particules réfléchies renforçant un article ou 
un démonstratif. 

in-duine fadesiu « l'homme lui-même » ^\h. 8 b 8. 

ind nime fadesin « du ciel lui-même » Ml. 5i c 27 ; cf. 45 b i5. 

irisna-deu fessine « parles dieux eux-mêmes » Ml. 36 c 19. 

na-forcitlaide fadesine « des précepteurs eux-mêmes » Wb. 3i d 17. 

don chrunn fésin « à l'arbre même » Sg. 61 b i3. 

robu foirblhe side fadesin « celui-ci a été parfait lui-même » Tur. 33. 



VII. — Accord des pronoms personnels. 

§ 535. Le pronom de la 3'' pers. attribut se met généralement au 
genre du substantif auquel il se rapporte (cf. § 573). 

Ex. : is-hé in-gnim « ceci est l'action » Ml. i5 b i ; bid-sî a-fochricc 
« ce sera sa récompense » Wb. 20 c i3, etc. 

Toutefois, se rapportant à un substantif féminin, le pronom présente 
la forme neutre dans certaines locutions, telles que : is-ed a-erat « tant 

19 



âÇjO MORPHOLOGIE 

que » (m. à m. « c'est son étendue ») Ml. 33 a i (eret fém. cf. ind-cret 
sa Ml. 1 M b i4) ; ni hed a meit « non seulement » (m. à m. « ce n'est 
pas sa quantité ») Ml. 32 d lo, 35 b i, 121 b 16 etc. 

§ 536. On rencontre même la particule renforçante personnelle neutre 
après un substantif féminin : mad fochricc soin « si c'est récompense » 
Wb. 2 b 26, en face de is mût si « c'est une muette » Sg. 17 a 3, /V 
rann-si « c'est une part » Sg. 25 b 5. Cf. Strachan Eriu I 6. 

§ 537. A un mot d'un genre ou d'un nombre quelconque peut se 
rapporter quelquefois un pronom neutre singulier. 

indigal domheir som is ed inchosaig afrecndarcus « la punition qu'il 
inflige, voilà ce qu'indique sa présence » (cf. § 579) Ml. 1 16 d 3 ; <'^ au 
neutre, bien que digal soit féminin. 

Gela se produit particulièrement quand le pronom est infixé (cf. §618): 
is moltaidiu de iriîahairt fortachîan cid dumuch nachid àirilli « elle en 
est plus louable en portant assistance à quelqu'un qui ne le mérite pas » 
Ml. 8/^0 13 (fortacht, L); ni fitir idal inna inchlidi amal rundfitir dia 
« les idoles ne connaissent pas les secrets comme Dieu le connaît » Ml. 
i4o c 10. Cf. Wb. 9 a 23, 12 c i3, 20 d 17, 21 c 22, 26 a 22, Ml. 46 
c 7, et V. Strachan Sélections 64 . 

Le pronom neutre peut même se rapporter à toute une proposition : 

mad aill diiib cid accaldam neich diib darigente « s'il vous est agréable 
même de vous entretenir avec l'un d'eux, vous pouvez le faire » Wb. 
i3 b 3. 



CHAPITRE II 
DES PRONOMS ET ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS (RELATIFS) 

A. Démonstratifs proprement dits. 

§ 538. La différence entre le pronom « celui-ci » et ladjectif « ce, cet » 
démonstratifs existe à peine en vieil-irlandais, et Fun et l'autre s'expri- 
ment le plus souvent par des particules renforçantes qui sont les mêmes 
dans les deux emplois. 

Il n'y a qu'un seul pronom démonstratif absolu, c'est *suide; mais 
il n'existe pas isolément et n'est attesté que comme régime d'une pré- 
position, aux cas suivants : 

Sg. dat. m. et n. -sitidiu fém. -siiidi. 
ace. m. et n. -suide fém, -siiidi. 

PI. dat. -suidih (pour les trois genres), 
ace. m. -suidiit (snidih). 

Toutes ces formes portent l'accent. 

A l'ace, sg. neutre, à côté de -suide, on rencontre fréquemment la 
forme -sodain, -sodin. 

A l'ace, pi. maso, -suidib se rencontre au lieu de -suidiii après les prépo- 
sitions cen (Ml. 20 d 3), /or (Ml. loi d 6), fri (Ml. 3i a 18, Sg. 61 a 6), im 
(BCr. 18 b3), la (Wh. 8 a 12, 17 d i r, 21 b n, Sg. A a 9), tri (Ml. 56 b 
i5) ; cf. ZCP IV 66 et §§ 2o3, Rem. II, et 283 et ss. 

§ 539. Exemples : dosuidiu « à celui-ci » AAb. 6 c 4; issuidiu « en 
cela » d'ori « alors » Wb. i3 d 20 (cf. Sg. 28 b 2, 39 b 7, 4i b 11, 
199 b 5 etc. et § 622); ôsuidi « de celle-ci » Sg. 198 a i4; 
lassuide « auprès de celui-ci » Wb. 3t b 8; oUuidc « à cause de 



292 MOr.PIIOLOGTE 

cela » Sg. 26 b 6 ; hisiiidi « en celle-ci » (ace.) Ml. 79 b 5 ; disuiâih 
« d'eux » Wb. 3 d 28 ; lasuidiu « auprès d'eux » Wb. 8 a 1 1 ; amal wdain 
« comme cela » Sg. 187 a 2 ; arsodin « pour cela » A\b. i4 c 11 ; 
fosodain « sous cela, par suite » Sg. /ii b 7 \ frisodain Ml. ^2 b 4 ; hiso- 
din « auprès de cela, par suite » Wb. 28 a 28 ; olsodain « à cause de 
cela » Sg. 2i3 a 2, d'où « néanmoins » (cf. le français pourtant) Ml. 
\o a 12 (Strachan RC XVIII 21 4) ; trisôdin « par cela » Wb. 2 c 21. 

Remarque I. — C'est de *di-suidiu qu'est sorti l'adverbe didiu « donc » 
(Pedersen Asp. 69). 

Remarque II. — La locution olsodain est devenue une véritable conjonc- 
tion qui s'emploie avec la construction relative (§§ 6i4 et 660) pour intro- 
duire une proposition en opposition avec la proposition précédente : asbe- 
rdtsom,.. olsodin as ères doib « ils disent (telle chose)... ; ce qui est une 
hérésie de leur part » Ml. 24 d 23 (cf. Pedersen KZ XXXY 826). 

§ 54o. En dehors de ce cas, le démonstratif s'exprime par des par- 
ticules renforçantes démonstratives enclitiques, absolument compa- 
rables aux particules renforçantes persomielles (§ 52 1) ou réfléchies 
(§ 53o). Tantôt elles s'ajoutent à l'article, qui sert alors de véritable pro- 
nom-adjectif démonstratif, tantôt elles sont employées isolément après 
un verbe ou un nom. 

Il arrive fréquemment que deux ou même plusieurs particules ren- 
forçantes démonstratives soient employées simultanément pour renforcer 
le même mot. 

§ 54i. Forme et emploi des particules renforçantes démonstratives. Il 
convient de signaler tout d'abord la particule side qui n'est que la forme 
enclitique du pronom absolu *siiide (§ 538) ; sur les formes sans s, 
v. § i64- Cette particule se fléchit de la façon suivante : 



Sg. nom. -ace. side sede side sidi ade ede side 

gén. sidi side adi ade sidi adi ade sidi side adi ade 

PI. nom. -ace. sidi side adi ade 

gén. side sidi ide adi 

Cf. Strachan Éria I 5. 

La particule side a trois emplois principaux ; elle sert à renforcer un 
pronom personnel (a) ou un adjectif possessif (Jy), ou bien à jouer le 



DES PRONOMS ET ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS (rELATIFs) 'JJ)0 

rôle de sujet (^). Dans le second cas, c'est naturellement le génitif qui 
est employé (cf. § 5i/i). 

a) is he-side as eola « c'est celui-ci qui est instruit » Wb. 4 b i ; is-he- 
side robu ri « c'est celui-ci qui a été roi » Ml. loo c lo ; isi-ede indail 
« c'est celle ci la pierre » Wb. ii a 19; it-hé sidi « ce sont ceux-ci » 
Sg. 77 a 6 ; // he-sidi torud « ce sont ceux-ci, le fruit » Ml. 46 c 8. 

ni-sn~airmim sidi « je ne les compte pas, ceux-ci » Sg. 2o5 a 2 ; is-dia 
cota ôei-ade « c'est Dieu qui la protège, celle-ci » Wb. 29 d 29. 

§ 542. li) (au génitif) ba foirbthea a-ires-sidi « sa foi (de celui-ci) fut 
parfaite » Wb. 19 a 11 ; inna imcaisin adi « à sa vue (de celui-ci) « 
Ml. 36 a i5 ; iss-a eregem adi « c'est sa plainte (de celui-ci)» Ml. 35 a 20 ; 
ar-d àildi ade « par sa beauté (de celle-ci) » Ml. 32 a 22 ; am-bés adi 
« leur habitude (de ceux-ci) » Ml. 19 d 6; air-thuccai cach chenel... 
an-insci sidi « car chaque race comprend leur langage (de ceux-ci) w 
Ml. 42 c 8. 

c) insamlatbar-side « celui-ci imite » Wb. 9 a i5 ; ni augîor side 
iiilc « celui-ci n'est pas auteur du mal » Ml. 44 d 19 ; is-éola side « celui- 
ci est instruit » A^ h. i a 4 ; biih sutbin side « ceci sera éternel » Ml. 
89 c 10 (side se rapporte au mot sid « paix », non exprimé, qui est 
neutre), cf. 5o c 8 ; atual nadfinnatar sidi « comme ceux-ci ne savent 
pas » Ml. 99 b lo; ni-tiagat saidai sech satuirn « ceux-ci ne vont pas 
au delà de Saturne » BGr. 18 c 3; anial diingiiiat sidi « comme font 
celles-ci » Tur. 1 1 ; atnal dongni ade (v comme fait celle-ci » W b. 24 d 
10 ; isbitilcbaib ardaib nobitis adi « c'est sur de hautes collines qu'étaient 
celles-ci (les idoles) » Ml. 1439. 

§ 543. 11 y a toute une série d'autres particules démonstratives, très 
fréquemment employées, qui commencent par la sifflante s. Ce sont : se, 
so, sin, siu(seo), son, communes aux trois genres et aux deux nombres. 
La dernière a souvent la forme on (ou Ijôii) ; pour la chute de s dans un 
mot inaccentué, v. ^ i64. 

Ces particules s'agglutinent à un élément in- emprunté à l'article 
pour former un véritable pronom démonstratif; ou bien elles s'ajoutent 
à un substantif précédé de l'article avec la valeur d'un adjectif démons- 
tratif : 

inso « celui-ci » Wb. 12 d 6, « celle-ci » Ml. 88 b 11, « ceci » 
\\h. 9 c 29, « ceux-ci » Wh. •l'j b 8; insin « celui-ci » Wb. 7 b 11, 



2g\ MORPHOLOGIE 

« celle-ci » Ml. 5i c 28, « ceci » Ml. 87 c 2 ; inse « celle-ci » Ml. ii4 
a I, « ceci » Ml. 128 d 9, « ceux-ci » Ml. 86 c 3 ; etc. 

Dans cet emploi, on rencontre souvent dans Ml. so, sin au lieu de inso, 
insin (Strachan ZCP IV 66) ; les combinaisons *in-s'm, *in-son ne sont pas 
attestées. 

in meit-se « cette quantité-ci » Ml. cj3 b 2 (gl. tain); ind-fir-so « ces 
hommes-ci Wb. 5 a 5; an-atrab-sin « ce séjour-ci » Ml. 17 b 5; in- 
îain sin « ce temps-ci » Ml. 49 a 16 (cf. § 668); ar-rind-sin « cet 
astre-ci » Sg. 70 b 7 ; tar œsi in cethardai seo « à la place de ces quatre 
choses-ci » Ml. 36 c 28 ; Irisin credo son « par ce credo-ci » Tur. 68 ; 
is-sl run son « c'est ce mystère » Ml. 38 c 7 (sans article exprimé); 
in-taidchur son « cette rémission-ci » Ml. 47 b 6. 

§ 544- On les rencontre aussi après préposition. 

Cf. Strachan ZCP IV 66 n. i. 

arse « pour cela » ^11. 18 d i5 ; cosse « jusque-là » ^\h. 17 a 12 ; 
lase, lasse « alors », d'où « lorsque » (§ 718). 

arsin « pour cela » Ml. i36 c 11 ; asin « de cela » Ml. 09 a 21 : 
cossin « jusque-là « Wb. i5 d 33 ; disin « de cela » Ml. 87 b 2/1 ; du sin 
« à cela » Ml. 43 a 17 ; fosin « sous cela » Ml. 46 c i4 ; frisin « contre 
cela » Wb. 12 d 4i ; issin « en cela » Wb. 12 do; iarsiti « après 
cela » Wb. 18 d 18; 7-esin « avant cela » Ml. 22 d 19; trisiii « par 
cela » Ml. 60 b i5. 

des in « de cela » Sg. 71 b 2 ; issiu « en cela » Wb. i3 b 21. 

§ 545. Elles peuvent encore renforcer un pronom personnel ou bien 
un adjectif possessif. 

it-é son « ce sont ceux-ci » Sg. 77 b 6 : is-hed-ôn « c'est ceci » W b. 
9 c i5 ; is-be(d) se « c'est ceci » Sg. 201 a 3. 

di-a ic son « à son salut (de celui-ci) » Ml. 38 c 10. 

On trouve même on employé parfois absolument : ni-digen-sa on 
insin « je ne fais pas ceci » Ml. 87 c 2. 

§ 546. Quelques-unes de ces particules sont d'origine adverbiale et 
marquent proprement le lieu. Ainsi sift signifie « ici » Sg. 191 a 2, Ml. 
86 a I ; et de même sin Wb. 18 b 21, Ml. 24 b 12, 56 b 1 1. 

Il est donc permis de mentionner encore parmi les particules démons- 
tratives certaines particules adverbiales uniquement locales qui s'em- 
ploient comme les précédentes. Ainsi, à siu « ici » s'oppose tall « là » 



DES PRONOMS ET ADJECTirS DÉMONSTIVVTIKS (rELATIFs) :^(j5 

(cf. siii nà tall « ici ou là » "\Vb. '6 & 17 ; siii 7 tall « ici el là » W b. 
28 d i); de là : int-sarra thall « cette Sara là » Tiir. 62. 

De même suiid qui signifie proprement « ici » (doadbadar sund « il 
est montré ici... w Wb. 7 d 10; o-sund, di-siind « à partir d'ici » Wb. 
22 d 8, 3o G 22) s'emploie aussi comme particule démonstrative : do- 
sund « pour cela » Wb. 28 a 7. 

Enfin ucut « là » sert de particule démonstrative dans : cen-iiiathâ 
in-tegdais n-nciit « outre cette maison-là » \^b. 33 a z^. 

§ 547. La particule démonstrative / (hi), toujours accentuée, s'ajoute 
le plus souvent à l'article, et souvent elle est renforcée par l'une des 
particules mentionnées au § 5^3. 

Exemples : int-hi-sin « celui-ci » Ml. 25 c i/i; isind-î siu « dans 
ceci » Ml. 5i d 2 ; an-i-siu « ceci, cette chose-ci » Wb. 12 a 12 (cf. 
§ 55o) ; hondi « de ceci » Ml. 1731. Pour plus de détails, v. § 549- 

Parfois, la particule /' renforcée à son tour d'une autre particule 
démonstrative s'ajoute au substantif précédé de l'article : 

int ainmnif^iid hisin « cette appellation-ci » Ml. 87 a 16; dorigni in 
firmiminl n-isin « il a fait ce firmament-ci » Ml. ^2 b 24. 

La particule -/ produit l'aspiration dans hi-thaU Ml. 28 d 10, 18 c 
i3, 78 d 4, mais hi-tall Ml. 26 b 7 ; cf. § 168 Rem. IL 



B. Article en fonction de démonstratif et de relatif. 

§ 548. L'article (§ 200) a fréquemment une valeur démonstrative. 
Toutefois cette valeur est le plus souvent précisée par l'addition d'une 
particule démonstrative (§ 543), ainsi : 

indjlr-sû, ind-fir-sin « de cet homme » Ml. 23 d 17, 3o c 3; ind-. 
epistil so « cette lettre » Wb. 3 b 20; an-dJiged sin  cette loi » Wb. 
10 d 19, etc. 

Remarque. — Très rarement la particule est employée seule, sans article: 
bethu sin « cette vie » au lieu de in-bethu-sin Ml. 53 c [4 ; drgarthae se « cette 
chose défendue » au lieu de an-£rgarthae se Ml. 69 a 21 (cf. Sg. g b i3 : 
.p. sin pour a .p. sin « ce p »). 

§ 549- Lorsque la particule démonstrative est -/ et qu'elle n'est suivie 
d'aucune autre, elle s'ajoute directement à l'article avec lequel elle 



296 :morphologie 

forme un composé. Ainsi : iuti iiioysi « Moïse que voici » W h. 33 a 2 ; 
mais int-alaxander h'i sin « Alexandre que voici » Wb. 28 a 20. 

Le composé iniî est un véritable démonstratif qui se fléchit ainsi : 

m. II. 

Sg. noir., iuti f 



ace. iiiiiî S 



aui 



gén . indî 

dat. -(si)ndi 

PI. nom. indi ) 

^ , . iiinahi 
ace. iniiahi ) 

gén. intiani 

dat. -(s)naihhi 

Pour le féminin, il n'y a que le nom. sg. indi. 

Le démonstratif ijiti produit l'aspiration dans inti-thall « celui-là » 
Sg. 197 a 9, mais on lit ani tuds Ml. 1 17 c 6 ; cf. Pedersen KZ XXXV 
^28 et §§ 168 Rem. II et 5^7. 

§ 55o. L'article au pluriel neutre suivi de la particule -/ s'emploie 
couramment au sens vague de « ces choses » : 

aniaib-hi-siii « pour ces choses » Ml. 58 d i3; huanaih hi-siu « de 
ces choses- ci » Ml. 100 c 5. 

Dans ce sens, il présente parfois la forme nani nantit : na ni araro- 
gart sont « ce qu'il a défendu » AYb. 5 c 23 ; nanni robu thol do « ce 
qui a été son désir » Ml. 33 a 18; condih sainemail nanni lahrathar 
« afin que ce qu'il dit soit excellent » Ml. 35 d 22. 

Remarque. — C'est du démonstratif neutre an-i coupé a-ni que l'on a 
tiré le substantif «/ « chose », employé par exemple dans môr ni « grande 
chose, quelque chose de grand » (Wb. 2 d \l\, i5 a 23, Ml. 17 b 12, i46 d 1) 
et qui sert aussi comme pronom indéfini au sens de « quelque chose ». Rien 
qu'employé comme substantif neutre, le mot ni ne produit jamais de nasa- 
lisation (g 175)- 

Dans Wb., il n'y a pas trace de flexion de ni ; mais déjà en vieil-irlandais 
cependant on trouve au datif nin Ml. ^7 b i. mo Ml. loi a 4 et ncoch Sg. 
217 a 5. 

§ 55 1. Expression de l'antécédent du relatif. Le démonstratif ///// e.st 
particulièrement employé pour servir d'antécédent à une phrase relative ; 
ainsi : 



DES PRONOMS ET ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS (rELATIFs) 2f)- 

inti nochreitjed « celui qui croira » Wb. 5 a 2C ; is diliu lemm uni as- 
torbx oldaas ani as-dihna'm « je préfère ce qui est profitable à ce qui est 
légitime » Wb. ii b 17 ; cen- chomalnad indi nopridchini « sans l'accom- 
plissement de ce que je prêche « Wb. 11 a i5; i-sindi scribas « dans 
ce qu'il écrit » Sg. 197 a 20; is athir som innani techte foirbthelith « il 
est le père de ceux qui possèdent la perfection » W^b. 2 c 11 ; ar-indi 
« parce que » Ml. 29 a /j, 3i b 17, Sg. 161 b 5. 

Toutefois, au neutre singulier (nom. ou ace), la forme simple de 
Farticle an est fréquemment employée avec la même valeur sans addi- 
tion de la particule démonstrative : 

an-as olcc « ce qui est mal » Wb. 10 c i3 ; an-as-torbe « ce qui est 
profit » AAb. II c 6 (à côté de ani as-torbœ ib, 11 b 17). La seule dif- 
férence entre an et ani est que ce dernier est toujours accentué sur la 
finale; an au contraire est toujours proclitique. 

is deniniu linun an adchiain hua-sulib oldaas an-rochlninemniar hua- 
chlnasaib « est plus certain pour nous ce que nous voyons des yeux que 
ce que nous entendons des oreilles » Ml. 112 b 10. 

Remarque. — Par suite des modifications phonétiques mentionnées au 
§ 171 et suiv., on a arropridchad « ce qui a été prêché» Wb. 18 b 7 ; aprid- 
chitnme « ce que nous prêchons » Wb. i3 b i4 ; acésme <s. ce que nous souf- 
frons » Wb. 1807; etc. 

§ 552. Surtout lorsque l'antécédent doit se trouvera un cas oblique, 
la langue emploie souvent, au lieu de l'article indi^ Tindéfini nccb « qui- 
conque, quelqu'un » (§ 220). 

Ainsi : cen brith diriug neich adchobrat « sans emporter tout de 
suite ce qu'ils désirent » Ml. 89 b 5 (cf. 65 b 2), en face de : intan 
nadriïgat diriug ani adchobrat « quand ils n'obtiennent pas tout de 
suite ce qu'ils désirent » Ml. 75 b 3 (cf. 87 c 3) ; conialnad neich 
forchanat « accomplissement de ce qu'ils enseignent » Mb. 29 a 11, 
en face de : is-sain ani forchanat « est différent ce qu'ils enseignent » 
Wb. 28 c 16 (cf. 3i b 17); is écmacht doib denum neich condegar ' 
cuccu « il leur est impossible de faire ce qui leur est demandé » Ml. 
48 a 7 ; crête do-neuch asberat som « qui croient à ce qu'ils disent » 
Ml. 1704 (cf. 59 a 12, i5, Sg. 59 b id», 72 a i). 

§ 553. Lorsque l'antécédent doit être au pluriel, on le rend parfois 
par la locution collective in linn « le nombre » : 



af)8 MORPHOLOGIE 

in-linn rofitir a-peccad finnad a-ccûrsagad « que ceux qui connaisbenL 
leur péché connaissent leur réprimande » Wb. 29 a 17 (§ 456). 

§ 554. Enfin, il arrive souvent que l'antécédent ne soit pas exprimé 
du tout (cf. Pedersen KZ XXXV SgS) : 

attà inimiirgu ashéer « c'est néanmoins ce que je dirai » Wb. 82 a 22 ; 
;// irbàgam nàdernam « nous ne nous vantons pas de ce que nous ne 
faisons pas » Wb. 17 b 6 (cf 18 a 2, 28 c 21), etc. 

§ 555. Expression du relatif. C'est à la flexion de Tarticle qu'est 
empruntée la forme qui sert de pronom relatif après préposition. Cette 
forme est essentiellement caractérisée par la consonne n, généralement 
précédée de la voyelle a ; après certaines prépositions, elle apparaît en 
outre précédée d'une s (cf § 2o5). 

Le xûdiûï -(s)an- est indéclinable et vaut pour tous les genres et tous 
les nombres. Les exemples qui suivent sutfisent à en indiquer l'emploi : 

ar-an-déntar « pour quoi il est fait » Wb. 2 a 10; pharus .i. sossad 
as-am-bi soillse « station de laquelle est lumière » BCr. 33 d 10; di-an- 
denid « desquels vous faites » Wb. 8 c 11 (prépos. di) ; inso di~an- 
aisndet duaid « ce dont parle David » Ml. 5/i a 20; inti di-an-airchissi 
dia « is cui parcit deus » Wb. /j c 20 (prépos. do, cf. § 270) ; inti di- 
aiht-ainni discessio « celui auquel est le nom Discessio, celui qui porte 
le nom de Discessio » V\h. 26 a 5 ; foncheill fu-an-d-rogab in faitlj 
« d'après le sens d'après lequel le prophète l'a chanté » Ml. 38 c o. 

Les groupes ar-an- di-an- sont particulièrement fréquents après cid poui' 
traduire « pourquoi? » (cf § 56 1 Rem. 1). 

Avec la forme -s an- : 

for-san-airisedar in-gniin « sur lequel repose l'action » Sg. 189 b i ; 
is-becc in-brig fris-san-déntar a-saithar-sin « petit est le prix pour lequel 
est fait ce travail » Wb. 11 a 9; (precept) tre-san-iccatar hili « (l'ensei- 
gnement) par lequel tous sont sauvés » \^b. 27 c 20. 

On rencontre accidentellement la forme -sin- : iruii dimaccaib israhel Uisin- 
rnbu chumtabart... « ceux des fils d'brael auprès desquels il y avait doute » 
Ml. 102 d/,. 

§ 556. Le relaiiï -(s)an- n'est jamais exprimé après la préposition 
in- « dans » (Zimmer KSt II 58 et Thurneysen RC^l 817): is-hé loc 
in-atreba « c'est le lieu dans lequel il habite » Wb. 27 d 26. 

Après la préposition ô(iia) « de, par », il perd généralement sa 



DES PRONOMS ET AD.IECTIFS DÉMONSTRATIFS (rELATIFs) 299 

NO) elle : insiaiis o-ii-did accohor linisa icc câich « le sens par lequel je 
désire sauver chacun » Wh. 12 d 2.3; ho-m-bi, ô-tn-bi « a que est » 
Sg. 32 b 4, 45 a 10. On trouve de même accidentellement : /;/// la- 
sm-bi œcne « celui auprès de qui il est sage » Wb. 8 d 10; cid ar- 
m-bad « pourquoi serait...? » Wb. 11 a 19. 

Remarque. — Un du vc\a\àÏ -(s)an- peut subir toutes les modifications 
phonétiques indiquées au § 171 et suiv. De là la-sam-bé « chez qui soit » 
Wb. I d iy, /cî-s/n-^« (ci-dessus) ; di-a-forgénsam « auquel nous avons servi » 
Wb. 3 c i5 ; aa-u-tuiter « ex quo caditur » 8g. 71 a 12 ; di-a-robe « de quo 
fuit » Sg. 197 b 12 (ce dernier exemple montrant la réduction de rr à r) ; 
cf. ir-riifollnastar « in quibus regnauit » Wb. i3 b 29. 

§ 557. Le relatif -(s)an- change toujours son a en / lorsqu'il est 
suivi d'un pronom infixe, à moins que la préposition qui le précède ne 
se termine elle-même par un /. Ainsi : cid ar-in-d epiir frit « pourquoi 
te dis-je cela P » Wb. 5 a 3i ; tre-sin-dip-piai fochricci . . . , tre-sin-da-bia 
pian « par laquelle vous aurez des récompenses..., par laquelle ils auront 
un châtiment » Wb. 25 d 8; mais di-an-d-epir (ms. diandapir) « dont 
tu dis cela » Sg. 66 b 10. 

Par suite, la locution conjonctive aran « pour que, que » prend la 
forme arin devant un pronom infixe : ar-iii-choiiialimlbar « ut id im- 
pleat » Wb. 3i c il\ (= ^'ar-in-d-, § 106). Il arrive parfois que 1'/ lui- 
même disparaisse : av-n-da-beth « qu'ils eussent » Ml. i3i c 9. 

§ 558. Le relatif -(s)an- n'est jamais exprimé devant la négation. 
Ainsi : di-nad-ricthe nech « de laquelle quelqu'un n'ait pas été sauvé » 
Wb. 28 b I ; di-na-coiibi iiiôiii « dont il n'y a pas de trésor » Ml. 85 b 7 
(au lieu de di-aii-) ; do-na-robu giiath techt fore ni u « auxquels n'a pas 
été habituel d'aller en arrière » Ml. 129 d 3 (au lieu de di-aii-). 

Remarque. — Toutefois on a nech la-s-na-bi cicUl « quelqu'un qui n'a pas 
d'intelligence » Ml. 5o d 2. 

Gomme conséquence de cet usage, la conjonction ania « poiu' quo 
ne pas » ne contient pas le relatif -(s)an-\ suv cofia, v. § 678. 

Ainsi ar-m-bad dianini racloadsoin 7 ar-na-bad \di\atempul tantuin 
« que ce soit de son ciel qu'il l'entendrait et que ce ne soit pas de son 
temple seulement » Ml. 43 c i3. 



CHAPITRE III 
DU PRONOM-ADJECTIF INTERROGATIF 



Cf. J. Strachan Ériii i 6, J. Vendryes MSL XIII 096. 
!^ 559. La forme du pronom -adjectif-interrogatif est la même dans 
l'interrogation directe et dans l'interrogation indirecte ; mais il y a lieu 
de distinguer l'emploi pronominal de l'emploi adjectival. 

§ 56o. A. Le pronom interrogafif a la forme cia (plus anciennement 
ce, V. § 62) pour le masculin et le féminin, cid pour le neutre ; il ne 
se décline pas. 

Exemples : cia conicc nidûun « qui peut quelque chose contre nous ? » 
\Yb. Il h II. — cia dotera ic « quis praestabit salutem ? » Ml. 34 d 5. 
— dûs cia atrehea isin cbathraig « pour savoir qui habitera dans la 
ville » Ml. 35 b 2I1. — cid atobaig dô « qu'est-ce qui vous pousse à 
cela? » Wb. 19 d 10. — cid asruhart in-coimdiu « qu'est-ce qu'a dit 
le maître? » AVb. 10 a 26. 

Parfois le pronom interrogatlf est renforcé du pronom personnel ; ainsi 
cia-hé « qui cela? » Ml. 46 c 17. -^ cia tiissu dixnigedar « qui es-tu, toi ? » 
Wb. 4 c 24 (où le verbe est à la 3"= pers. ; cf. § 489). 

§ 56 1. Le pronom interrogatlf ne s'emploie jamais aux cas obliques ; 
s'il doit être régi par une préposition, on recourt à une périphrase avec 
proposition relative : « par qui? » devient « qui par lequel? », « pour- 
quoi » devient « quelle chose pour laquelle? » etc. Ainsi: cia diafia- 
chaigedar g\. « adquem debeat » Ml. 44 b 3 (cf. § 555). — cid aran- 
dénlar pecthach diim « pourquoi est-il fait un pêcheur de moi ? « Wb. 
2 a 10. — ciddianepirsom antsiu « pourquoi dit-il cette chose-là? » 
AYb. 19 d II. 



DU PRONOM- ADJECTIF INTERROGATIF 3oi 

Remarque I. — Les locutions cid aran- cid dian- pour traduire « pour- 
quoi...? » sont fréquentes ; dans quelques passages, sous l'iniluence du 
latin, « pourquoi ? » est traduit simplement par cid : Wb. \l\ a 28, 18 b g 
(écrit quid), 28 b i. Dans la phrase cid nombetha iin etarceirt a-messa im dia 
« pourquoi serais-tu en dispute avec Dieu sur son jugement? » 4 c 2/1, cid 
au sens de « pourquoi » est suivi de l'indice relatif (§ 628). 

Remarque II. — Au lieu du pronom relatif, on rencontre parfois un mot 
déclinable tel que l'indéfini ou le démonstratif; ainsi « ad quem » est glosé 
par cia-du-neuch Ml. 16 a 9 ; « de quibus » par cia dunaib lii Ml. 35 a 17 ; 
« quibus » par cionaibhi Ml. ^7 a ro ; « in quibus » par cia isnaib hi Ml. 
49 c i3. 

Remarque III. — Dans Sg., 209 b 3o, est employé l'adverbe coich pour 
rendre le génitif du pronom inierrogatif: is inderb coich ininug conxrbara meji 
« il est incertain à qui est lesclave, jusqu'à ce que tu dises : à moi ». 

§ 562. B. h' adjectif interrogatif a la forme ce ou cia (parfois ci ou 
c par élision devant voyelle) pour les trois genres. 

Ex. cia de « lequel des deux ? » M h. 28 b 33. 

Lorsque cet adjectif doit être immédiatement suivi du substantif 
auquel il se rapporte, on lui ajoute généralement le pronom personnel 
do la 3" personne du môme genre que le substantif; ce devient cé-hé 
au masculin, cé-si (ci-si) au féminin, ced (de cé-hed) au neutre. L'addition 
du pronom personnel n'est généralement pas sensible au masculin, 
parce que, par contraction, cé-hé devait aboutir à ce. 

Exemples: ciahc, gl. qui sit status Ml. \^à \fx (forme refaite) ; — 
cisi aimser « quel temps? » Ml. 97 a 5, Sg. 26 a 6 ; cisi digal « quelle 
vengeance? » Ml. 100 d 5. — ced-torhe « quel profit? » Wb. i3 c 7. 

Remarque. — Dans Ml. et Sg., cid est presque toujours substitué à ced 
en pareil cas ; ainsi : cid aicned « quelle nature? » Ml. 65 c 7. 

Les formes cési et ced produisent l'aspiration ; ainsi cisi chialJ Sg. 
21732, cisi cJwinairle Ml. 34 c 18 ; cid chenél Sg. 197 b 3, cid folad Sg. 
25 b 17. Ceci déjà suffit à distinguer l'adjectif ced (cid) du pronom cid. 

§ 563. Toutefois, l'addition du pronom personnel ne se produit pas 
dans certaines locutions toutes faites, où le pronom interrogatif est 
soudé au substantif qui suit ; ainsi, bien que les mots airm « lieu », 
di'i « lieu », mcit « grandeur » soient féminins, et indas « manière » 
neutre, on trouve cia airm « quel lieu? où ? » Wb. 12 d 18 ; cia du 
« id. » MI. 4o c 7 ; ce-mciî « quelle grandeur? combien? » Wb. 33 



.)02 ■\IOUPIIOLOGlE 

a I, cia-miueit Ml. 20 c ./j ; cia-indas « quelle manière ? comment? « 
Ml. 55 c 1, cinâas (àe ce-indas) V\h. 6 b i3. 

§ 56/4. Lorsqu'un mot est intercalé entre le pronom interrogatif et 
le substantif auquel il se rapporte, l'addition du pronom personnel ne 
se produit pas. 

Ainsi cia ar neoch Sg. 217 a 5 « pour quelle chose? » Çiieoch datif 
du mot neutre ;//_, § 55o). 

Toutefois, dans un cas de ce genre, le substantif étant au neutre, le 
glossateur de Milan a substitué cid à cia : cid... diitlwschib 129 c 12 « quijjus 
piincipiis » (du mot tossach, n.). 

§ 565. Les textes présentent encore deux formes interrogatives. 

L'une, citiié, s'emploie toujours au pluriel comme pronom ou comme 
adjectif; ainsi citné foniar V^h. 8 b 5 gl. « quae praeparauit », cituc 
hriathra Ml. 61 b 7 « quelles paroles? » (cf. Pedersen KZ XXXA 
090, Strachan Eviit I 7). 

L'autre n'est que la combinaison d'une forme pronominale neutre 
disparue de l'usage et du verbe copule (§ k\!x): cote « ce qu'est », co- 
tcet « ce que sont » (parfois écrits cate, cateei). 

La valeur exacte àecoie, coteetesl fournie par la comparaison des deux 
l)hrase5 suivantes de ^,\h. : ced-iorhc di'inni « quel profit pour nous? » 
i3 c 7 et cote nio-tborbese « en quoi consiste mon profit? » 12 c 36. 
Pour d'autres exemples, cf. \\h. li d 23, 5 c 16, 9 a 17, 10 d 28. 

§ 566. Il y a souvent une différence à peine sensible entre le pro- 
nom interrogatif et le pronom relatif. Aussi n'y a-t-il pas lieu de cher- 
cher à établir une nuance de sens entre la phrase ni-confitir cid asbeiv 
«. il ne sait pas ce qu'il dit » Wb. 12 c 22 et les phrases suivantes : 
nr-ni-tucfa nech an-asheriih « car personne ne comprendra ce que vous 
direz » Wb. 12 d 3 ; tiiicci an-gaibes insahu « il comprend ce que 
chante le psaume » V\h. 11 d 42 ; etc. 

§ 567. L'interrogatif cia est souvent suivi de la particule enclitique 
-dono et devient cedono « qui donc ». 

Ex. : ]}ôre nmortigestar dia cedono tuidecht friss « puisque Dieu a or- 
donné, quelle position donc contre lui ? » Wb. 6 a 4 (ici ce- est adjectif). 

Mais la locution pétrifiée cedono a été de bonne heure employée au 
neutre avec le sens de « quoi donc ? »; voir MSL XIII 4o3. 



TROISIÈME PARTIE 



SYNTAXE 



i 



CHAPITRE PREMIER 

ORDRE ET GROUPEMENT DES MOTS 

I. — Ordre des mots. 

§ 568. L'ordre des mots est soumis aux mêmes règles dans les pro- 
positions principales et dans les propositions subordonnées ; c'est-à- 
dire que dans ces dernières, après le mot • — conjonction ou particule 
— qui exprime la subordination, les autres mots sont rangés comme 
si la proposition était principale. 

§ 069. En règle générale, le verbe, précédé, s'il y a lieu, des élé- 
ments proclitiques qui font corps avec lui (§ 588), passe avant sujet 
et régimes; toutefois, l'interrogatif (§ 550) se place toujours devant 
le verbe : 

arosailcther hires tri de^nîtn... iiuiarhanar hircs tri drochgniviu « la 
foi est ouverte par la bonne conduite;... la foi est cbassée par les mau- 
vaises actions » Ml. i/j c i5-iG; ni-m-ihorgaiih mofrescissiu « mon 
attente ne m'a pas trompé » Ml. 38 a i3; do-ri-geni dia corp duini ô 
iJhallaib « Dieu a formé le corps de l'homme de beaucoup de mem- 
bres » \\b. 12 a 29; ni leicfither flaithemnacht du saint etir « la royauté 
ne sera pas laissée du tout au désir » Ml. 90 a 9. 

§ 570. Pour les autres parties de la phrase, il n'y a pas d'ordre 
fixe. Le plus souvent le sujet suit immédiatement le verbe, surtout 
quand ce sujet est un pronom ou un adjectif pronominal ; le régime 
suit alors le sujet. Mais l'ordre inverse se rencontre aussi. 

Ainsi : berid càch hrith forarele « chacun porte jugement sur l'au- 

20 



3oG SYNTAXE 

tre )) ^\h. 1*9 b 9 ; beoigidir in-spirut in-corp » l'esprit vivifie le corps » 
Wb. i3d 7; carid càch uàib alaile « chacun de vous aime Fautre » 
Wb. 25 d 5; romsôlrsa reci spirto direct pectho » la loi de Tesprit m'a 
délivré de la loi du péché » Wb. 3 d 20. 

Mais : ni déiiat firtu t'iili » tous ne font pas des miracles » AVb. 12 
b 20 ; sliiindiih folad indepert « le mot désigne une substance » Sg. 
25 b 10; atsuidi neiitur isnaib auiiiannaib in es anacconiol fri neiitur 
ininiinO'^no)n. « ce qui établit le neutre dans les noms en es c'est leur 
rapport avec le neutre dans la construction » Sg. 66 a 20; diiadbat 
etarcnae ndk insin « ceci montre l'enseignement de Dieu « Ml. 
Ixi b 27; doràricc baàs dom athairmthect » la transgression de cela a 
tausé ma mort » Wb. 3 c 29. 

Le choix entre ces deux ordres peut être déterminé par la longueur 
respective du sujet et du régime ; ainsi, on met le régime avant le sujet, 
quand ce dernier comporte un trop grand nombre d'attributs et de com- 
pléments. Ex : airnifoircnea in fini liithe neich di... amal dungni int ais scch- 
maill « car le fait que quelqu'un en mange, comme font les gens qui passent, 
ne détruit pas la vigne » iMl. 102 a 10. 

§ 571. Il n'y a pas davantage d'ordre fixe pour les différents ré- 
gimes. Le plus souvent, le régime direct passe avant les autres : 
taibred càch airmitin dialailiu « que chacun donne respect à l'autre » 
Wb. 5 d 16 ; anial dombeir in ben airmitin féith donfiur « de même que 
la femme donne respect d'honneur à l'homme » Wb. 11 c i4. 

Mais on trouve aussi : ni accam is intsaltair in fers n isin « nous ne 
voyons pas ce vers-ci dans le psautier » Ml. 1 1 1 d i. 

S 572. Lorsque le régime indirect est un pronom, il passe générale- 
ment avant le régime direct ; ainsi : duJugfa dia dam mii pecthu « Dieu 
me pardonnera mes péchés » Ml. 58 c 18. 

Mais on trouve aussi : nitabair indithim nintiii «■ il ne leur prête 
pas attention » Ml. 21 b 2. 

§ 573. Lorsque le verbe est le verbe copule, il se fait suivre immé- 
diatement de l'attribut ou de ce qui en tient lieu (cf. Strachan 
Snbst. àoi). 

Exemples : is garait ar-saigiil « notre vie est courte » Ml. 59 d 6 ; 
ni-sulbir inbrialhar « la parole n'est pas élocjuente » Wb. 17 b 4; 
is bail càch dialailiu « chacun est membre pour l'autre » Ub. 5 d 4 ; 



ORDItK El' r.UOLPEMENT DES MOTS .lo" 

ar-is-iiiiad môr ind-npstalachl « car l'apostolat est un grand honneur « 
Wh. i3 b 5 ; hilh flaithein iuli sohun « ce Salomon sera roi » Ml. 90 a 9 ; 
is-bo-siim co-iinie dam far-senc « mon amour pour vous est de vieux à 
jeune » VVb. [\ h 29; asberat as ndia cloine luacc « ils disent que le fils 
est un dieu d'iniquité » Ml. 21 c 11. 

De là l'usage de faire suivre immédiatement le verbe copule du pro- 
nom personnel au sens de « voici, c'est, ce sont » (Cf. §§ /190 et 535). 

Ainsi : is-he besad felsuh « voici la coutume des philosophes » 
^^b. 27 a 10; is-si ri'tn indforciUsin « voici le mystère de ce témoi- 
gnage » Wb. 28 b 7 ; is-ed ancride inderuiait « voici l'injure de l'ou- 
bli » Ml. 28 d 12 ; // hk indaidmi asinheirsom « voici les instruments 
qu'il mentionne » Ml. 8g a 8 ; et avec addition du démonstratif : 
is-hé inso iiinôibad ^( voici la sanctification » \^b. 20 b 2 ; is-si ede 
dulchinm ininilti « voici le salaire du service militaire » Wb. 1 1 
a 5; is-bed inso auaithescc « voici la réponse » AA b. 9 d i5; it-hx 
inso annian nacoic cathrach « voici le nom des cinq villes » Ml. io4 a /i. 

s; ôy^- Lorsque l'attribut est accompagné d'un régime, il arrive que 
le sujet soit intercalé entre les deux : 

Ex. : is irlam iudanini do thuil dée « l'âme est prête à la volonté de 
Dieu » Wb. 5 c 18; amal ata carit in(na)crutuai dunchried » de même 
que les vers sont amis de la boue » Ml. [\k ci. 

Mais on trouve aussi : is-coitchen docechtar de ainm alaili « le nom de 
l'un est commun à chacun des deux » Ml. i4 d 12; ar-is-gnath do 
ncHcl) bes aniJabar biiidre » car la surdité est habituelle à quiconque est 
muet « Ml. 59 a 12. 

§ 5-5. Lorsque celui qui parle veut insister spécialement sur un 
mot de la phrase autre que le verbe, il peut l'exprimer en tête à con- 
dition de le faire précéder du verbe copule. C'est ce qui se passe en 
français quand au lieu de dire : je J'ai vu hier on dit : c'est hier que je 
l'ai vu. Toutefois il y a une différence importante entre le vieil-irlan- 
dais et le français. D'une façon générale, le verbe copule en pareil cas 
ne suffit pas à constituer une proposition et celle qui suit n'est pas 
considérée comme dépendant du verbe copule. L'irlandais traite ainsi 
de deux façons différentes deux phrases comme : c'est du pain que je 
mange et c'est pour vivre que je mange, dans lesquelles le français fait 
également du verbe substantif le centre d'une proposition principale 



3o8 SYNTAXE 

dont dépend la proposition suivante. Tout se ramène, comme on le 
voit, à une question de subordination : en principe, il n'y a subordi- 
nation en irlandais que si le que est pronom relatif, mais non quand 
il ne joue qu'un rôle grammatical, purement explétif. 

Cf. Pedersen /CZXXXV 3i8, 378, 875, 876, A12, k\l\. 

Exemples : is-fride initiagam 7 adciam arconair « c'est de jour que 
nous circulons et que nous voyons notre chemin » AA b. G a 3o; is- 
dothahirt diglae berid indaideh sin « c'est pour donner vengeance qu'il 
porte cette épée » Wb. 6 a i3; 7ii-arcrist pridchit « ce n'est pas pour 
le Christ qu'ils prêchent » AAb. 27 a 11; is-ar indeb isdénîi toi dk 
« c'est pour le profit qu'il faut faire la volonté de Dieu » AA b. 29 b 12 ; 
is-trifer robôi intrîs diltud dosoni « c'est par un homme qu'il eut le 
troisième refus » Tur. io3; ni indfessin eirbthi « ce n'est pas en lui- 
même qu'il a confiance » Ml. 01 b 12. 

§ 676. Quand le verbe copule sert à mettre en tête de la phrase le 
sujet ou le régime direct, il forme une proposition principale dont 
dépend la suivante : 

Ex : it-sib ala-cboniarpi abracham « c'est vous qui sont les héritiers 
d'Abraham » \A b. 19 c 20 (^ata forme relative); is-ôinfer gaibes buàid 
« c'est un seul homme qui obtient la victoire » AAb. 11 a 4 Çgaibes 
forme relative); act rop crist pridches càch « pourvu que ce soit le 
Christ que prêche chacun » Wb. 23 b 24 {pridches forme relative). 

§ 077. Dans lusage, le principe du § 676 soufTre quelques excep- 
tions. Il arrive parfois qu'un sujet ou régime direct soit traité comme 
une locution circonstancielle et par suite que la relation ne soit pas 
exprimée : is-hé not ail « c'est lui qui te nourrit » AA b. 5 b 28 (tou- 
tefois, § 625). Inversement, on peut trouver l'indice de la relation, 
surtout dans Ml., après une locution adverbiale (Pedersen KZ XXXV 
391). Ces hésitations tiennent surtout à ce qu'il est fort malaisé de 
définir exactement le moment où le « que » cesse d'être explétif pour de- 
venir relatif, ou réciproquement. On verra dans les chapitres consacrés 
aux propositions relatives des hésitations du même genre dans l'em- 
ploi de la subordination. 

Sur l'accord du verbe copule explétif avec le verbe qui suit, v. § 728. 

§ 078. Dans les phrases un peu longues, l'ordre grammatical des 
mots est parfois violé pour pcrmellre à la pensée de se développer dans 



ORDRE ET GROLPEMEM' DES MOTS OOÇ) 

un ordre logique. Le sujet par exemple, avec tout ce qui s'y rattache, 
peut être placé d'une façon anacoluthique avant le verbe, mais alors il 
y a généralement après le verbe un rappel du sujet. Un des meilleurs 
exemples est fourni par : dia nimthiasam iartimnaib indrechto sin 7 dian 
d comaUammar anuile dorairngert dia trisinrecht sin duneuch nudco- 
màluabadar doinduastar dûn anuile sin « si nous agissons (m. à m. 
circulons) d'après les commandements de cette loi et si nous l'accom- 
plissons, tout ce que Dieu a promis par celte loi à quiconque l'ac- 
complira, tout cela nous sera accordé » Ml. 46 c 20 ; cf. 5i d 10, 
27 1) i5. De même, dans une phrase relative : do adbadar hic hrig 
inna persine dodiccfa asniô de focialtar « il est montré hic que, le pou- 
voir de la personne qui viendra ainsi, ce n'en est que plus grand qu'il 
est supposé )) (« le pouvoir n'en est supposé que plus grand ») Wb. 
29 c 4. En proposition indépendante, on aurait : brig inna persine 
dodiccfa isinô de focialtar. 

Remarque. — Dans certains cas, il arrive que l'application d'une règle 
de syntaxe passe pour ainsi dire par-dessus le verbe copule ; cela montre à 
quel point ce verbe explétif est dénué de valeur propre. Ainsi, à côté de 
is ornatus tiiic side « c'est ornatus qu'il pose » Ml. 5i c 3o, on lit huare is 
cœli îiinuic « parce que c'est cœli qu'il pose » Ml. 5i c 26 ; Vn de tunuic est 
causé par huare, mais le verbe copule is n'a pas changé. 

§ 579. La langue présente çà et là c|uelques dérogations au principe 
de l'ordre des mots. S'il y a intérêt à mettre en évidence un des mots 
de la phrase, on peut le jeter en tête, en dehors de la construction 
grammaticale, quitte à le rappeler ensuite au moyen d'un pronom. 
Ainsi le régime, rappelé par un pronom infixé dans : naciimactte is dia 
rodordigestar « les puissances, c'est Dieu qui les a ordonnées » ^^b. 
6 a 3. Ou même le sujet : iorad alâam ished do-d-toisged « le produit 
de ses mains, voilà ce qui le nourrissait » (V-N b. 9 a 6 ; cf. Ml. 17 
d &); fis timnae ndœ 7 a forcaill is ar sainemli adrimther toneuch rud- 
finnadar « la connaissance des commandements de Dieu et de son en- 
seignement, c'est pour perfection qu'elle est comptée à quiconque 
connaît cela » Ml. 46 c 28. 

Une phrase comme : clcrops dorôsat incatiiraig « Cécrops a bâti la ville » 
Sg. 3i b 2 est une imitation servile du latin. 

§ 58o. L'usage de jeter ainsi en tête de la phrase le sujet ou le 



3lO SYMAXE 

régime direct, quitte à le rappeler dans la suite, lorsqu'il risque par 
son étendue d'encombrer le milieu de la phrase, peut s'appliquer aussi 
à un régime quelconque. On le trouvera au § 0^6 employé pour sup- 
pléer à l'absence d'un génitif du pronom relatif. Voici un exemple où 
il s'applique au régime d'un infinitif : indjaissine rochet iall tohertar 
desmrechta foilsi diarelad « la prophétie qui a été chantée plus loin, des 
exemples clairs sont donnés pour la manifester » Ml. 25 b 6. 

§ 58i. L'ordre des autres mots de la phrase n'appelle pas d'obser- 
vations spéciales; pour l'adjectif, v. §§ 218 et ss. ; pour les particules 
enclitiques et proclitiques, v. §§ 582 et ss. ; pour les préverbes, v. § 438. 

Remarque. ■ — Le régime du substantif au génitif se place toujours après 
le mot auquel il se rapporte ; toutefois quelques passages en vers présentent 
trace d'un curieux usage d'après lequel le régime au génitif précède le 
substantif (cf. AVh. Stokes RC V 35o) : faelidscm eu ndene dul « il est joyeux 
avec un élan de promptitude » SP II 6 (cf. V 3 di Moisten mine mnigaih) ; 
domfarcai fidbaida fdl « un buisson d'arbres m'entoure » Sg. 2o3 (Thcs. II 
290) ; dirodba indiunn ar colno cisu « puisse-t-elle détruire en nous les tares 
de notre chair » Hy. IV 5 (cf. V 8, 90). 

Le même ordre se retrouve dans le fameux juron de saint Patrice mo dé 
brot « jugement de mon Dieu ! » Cormac, p. 28 (cf. Wh. Stokes, Félire 
Oenguso, p. xxxviij). 



II. — Groupement des mots. 

Cf. Zimmer KSt. I 56; Windisch PBB IV 2o4 ; Wh. Stokes RC VI 290; 
Loth Métrique Galloise III 10 1, 2^9. 

§ 582. Les lois du groupement des mots, qui dominent tonte la 
syntaxe du vieil-irlandais, ne sont qu'une conséquence de l'accent. Les 
mots accentués en effet, par suite de la force de l'accent, deviennent 
naturellement autant de centres d'intensité, autour desquels se grou- 
pent les mots inaccentués (proclitiques et enclitiques). Il suit de là que 
la loi de l'accent initial, vraie pour le mot isolé (§ 12^), est presque 
toujours fausse pour le mot dans la phrase, et qu'une phrase du vieil- 
irlandais présente en général une suite de groupes de mots dont le 
maximum d'intensité est le plus souvent vers le milieu. 

Sur l'existence d'accents secondaires, v. s< 096. 



ORDRE ET GROI PEAIENT DES MOTS 3ll 

§ 583. C'est l'état que fait connaître l'aspect extérieur même des 
manuscrits où les mots sont le plus souvent groupés autour d'un 
accent central : 

is-ar-farn-imbràditd'Si « c'est pour votre pensée à vous » \Vb. 
16 b 16; insaiiilathar-side niO'tésii-sa « celui-ci imile mes manières » 
Wb. 9 a i5 ; anasberin o-hélib 7 an-î immeradin ô-chridiu « ce que je 
disais des lèvres et ce que je pensais du cœur » AVb. i4 c aS ; ar-is- 
hé as-eola fri-aidgne ind-alhar « car c'est lui qui est savant suivant la 
connaissance du père » \\b. 19 d 9 ; is-ed as-maani-serc « c'est ce qui 
est le plus grand amour » Ml. 99 b 5 (mais is-ed as moam serc ib. 92 
c5). 

Toutefois, au point de vue du groupement, Ml. et Sg. sont moins 
réguliers que A^ b. ; on y trouve même séparés par erreur des mots 
uns. Sur la séparation des éléments constitutifs d'une forme verbale, 
v. § 595. 

§ 584- On a indiqué dans la phonétique (§ 12^) la différence des 
mots accentués et des mots inaccentués (proclitiques ou enclitiques) ; il 
y a lieu d'exposer maintenant le rapport des diverses parties du lan- 
gage dans le groupement des mots. 

i" Groupements nominaux. 

Les substantifs admettent comme proclitiques : les articles, les pro- 
noms possessifs, les noms de nombre, les adjectifs pronominaux, les 
prépositions, l'adA^erbe cid, la particule vocalive â, le verbe copule 
(y compris ni). Ils admettent comme enclitiques les diverses parti- 
cules renforçantes (personnelles, réfléchies, démonstratives). 

Ex. : iu-salm-so « ce psaume-ci » Ml. 7 4 d i3; cid-i-sin-binth 
« même dans le monde » AAb. 12 c 16; a-chossa « ô pieds » 
Wh. 12 a 33; // Iri-tnisil « il y a trois cas » Sg. 1^8 h 8; is-galar 
« c'est une maladie » V\h. 12 b 10; i-bar-foirbihetu-si « en votre per- 
fection » \A b. 25 d 6. 

§ 585. Lorsque le substantif est accompagné d'un adjectif épithète 
ou d'un régime au génitif, le centre d'intensité de cet ensemble est 
d'autant plus malaisé à déterminer que l'existence même du groupe- 
ment n'est pas sûre. 

M. Pedersen KZ XXXV 36 1 admet la proclise du substantif devant 
l'adjectif épithète, mais reconnaît au substantif un accent secondaire en 



3 I 2 SY>T AXE 

pareil cas. Il est possible aussi que Tadjeclif ait été enclitique après 
le substantif, ou bien encore que, malgré le groupement, les deux 
éléments conservassent tous deux leur accent. Du moins, les lois de 
nasalisation et d'aspiration ne sont pas toujours régulièrement appli- 
quées entre les deux éléments (id. ib. 432). 

Remarque. — L'adjectif attribut n'est jamais groupé avec le substantif 
auquel il se rapporte ; et les lois de phonétique syntactique ne sont pas 
applicables en pareil cas. Ainsi is-déntitol ddd « la volonté de Dieu doit être 
faite » Wb. 29 b 13, is-iacair censs « la douceur est convenable » VVb. 20 
c 3, conrop inonn cretein, « que la croyance soit la même » Wb. 7 d 10 ; etc. 

§ 586. Lorsque l'adjectif précède le substantif, il forme générale- 
ment avec celui-ci un composé et reste non-fléchi (§§ 219 et 3o8); les 
cas 011 Tadjectif précédant le substantif est fléchi sont trop rares pour 
qu'on puisse en dégager les lois du groupement. 

Pour les adjectifs pronominaux cach, nach et cia, le groupement 
avec le substantif qui suit est nettement établi (Pedersen KZ XXXV 
/|3o-/i34); cf. § 227. 

Ainsi : cia-cbntth « quelque forme » Ml. 76 d 10 etc. ; cûrh- 
thiïare « chaque aliment » Wb. G b 8 ; in-nach-thallond « dans tout 
talent » Wb. 17 c i3. 

§ 587. En ce qui concerne le régime au génitif, l'existence du grou- 
pement ne paraît établie que lorsque ce régime équivaut à un adjectif 
épithète; du moins, c'est en pareil cas seulement que s'appliquent, s'il 
y a lieu, les lois de phonétique syntactique (§ i65; cf. Pedersen KZ 
XXXV 433 et 435). 

Ainsi : toi cholno Wb. 20 c 20 « désir de chair », comme on a loi 
cholnide Wb. 3 c 38 « désir charnel » ; les deux expressions sont syno- 
nymes. De même, inuiiarchor chôrc « mission de paix » (=^ pacifique) 
Wb. 5 a 5. 

Mais lorsque le régime au génitif ne peut être remplacé par un 
adjectif épithète, les lois de phonétique syntactique ne sont pas appli- 
quées : hires creitme « foi de croyance » V\ b. 2 b 8 ; maire tairngiri 
« fils de promesse » Wb. 4 c 6, etc. 

§ 588. 2° Groupements verbaux. 

Une forme verbale admet les mêmes enclitiques qu'un substantif 
(§ 584), mais elle peut avoir comme proclitiques : 



ORDRE ET GROUPEMENT DES MOTS 



3i3 



a) Les préverbes, placés devant Taccent (§5^ /i:^9 et ss.) : 
do-biiir « je donne », ro-predchns « j'ai prêché », etc. 
/;) Les négations : 

ni-CHtiicaiii « nous ne pouvons pas » ; iià-scarad « qu'il ne se sépare 
pas », etc. 

6") Le relatif et les locutions qui le contiennent : 

an-ashiiir « ce que je dis », dian-cpnr « à qui je dis », etc. 

d) Les conjonctions : 

air-thuccai cach chenel... aninsci « car chaque race comprend leur 
langage » Ml. ^•l c 8; nô chonutangar « ou bien il est édifié » 
Ml. i/i c 5 (cf. § i68 Rem. Y et § 6io ; dans Wb. no n'aspire pas un 
verbe qui suit); ma-chomahiit « s'ils accomplissent » Wb. 28 c 7 ; etc 

e) La particule interrogative /;;. 
in-hendachiib « est-ce que je bénirai 1} » 
/) Certains adverbes : 

mu-riissi farndochtim « que bientôt j'aille vers vous » Ml. 3/i a 4- 

Remarque L — bés « peut-être » n'est pas sûrement proclitique (cf. 
!^ 598) : hés asberasu as-nainm dosom aninnis « tu dirais peut-être que son 
nom estanimus » AGr. iZt a 2. 

Remarque IL — Il sulTit de rappeler que les pronoms infixes (i^ ^93) 
sont toujours enclitiques à un proclitique précédent : no-s-carim « je les 
aime » ; ni-s-carini « je ne les aime pas » ; manid-chomalnit « s'ils ne l'ac- 
complissent pas », etc. Pour l'indice relatifs, v. ^ /|94- 

§ 589. Mais il y a dans le groupement verbal une importante dis- 
tinction à faire, car ce groupement comporte deux degrés. 

On a désigné au § 323 sous le nom de proclitiques intimes certains 
proclitiques verbaux qui exigent l'emploi de la flexion conjointe, 
admettent l'infixation des pronoms (§ /ig3) et comptent pour un élé- 
ment au point de vue de l'établissement de l'accent dans le verbe 
composé (§ (xilx). Ce sont : les négations, la particule interrogative et 
les locutions prépositionnelles ou conjonctives qui contiennent le rela- 
tif (mais non le pronom relatif isolé). Il faut joindre à ces proclitiques 
intimes les préverbes, lorsqu'ils ne sont pas eux-mêmes le centre d'in- 
tensité du groupe verbal (§ [x2^\ 

De là le traitement très différent du verbe, suivant que la conjonc- 
tion contient ou non le relatif (§ 698) ; traitement qui peut se résu- 
mer, au point de vue de la flexion, par l'opposition de : 



SYNTAXE 



co-iiiidiihir « afin qu'il juge » Ml. 35 c 3o (abs.) et de : con-fcsîar 
« de sorte qu'il sache » \Ab. 12 c 38 (conj.), 

au point de vue de l'infixation, par Topposition de : 

cù-nu-m-daingnige-se « afin que tu me fortifies » Ml. ^9 d i3 etde: 
con-âam-chualae « de sorte qu'il m'a entendu » Ml. gS c 9, 

et au point de vue de la place de l'accent, par l'opposition de : 

co-dugnem et de : co n-dcuaui 

co-asherad et de : co n-cprcd (cf. § ^'2[\). 

En cas de négation, puisque la négation est toujours un proclitique 
intime, on a sans distinction : 

coni-dénam et cona-dénam 

coni-épred et cona-épred (§ /|24). 

La distinction des proclitiques intimes cl non-intimes qui est d'une 
extrême importance au point de vue morphologique (v. §§ 323 et ^2?>) 
n'avait qu'à être rappelée ici, car dans les deux cas il s'agit de pro- 
clitiques. 

§ 590. Le groupement verbal était peut-être plus étendu encore 
qu'on ne vient de le dire. En effet, il est possible que le sujet ou l'ob- 
jet direct qui suit le verbe ait été englobé dans le groupement verbal ; 
du moins le rapport syntactique du sujet ou de l'objet avec la forme 
verbale n'est pas défini avec exactitude. C'est le procédé de l'aspiration 
qui seul peut fournir un critère pour résoudre cette question. 

Or, dans Wb. , le sujet n'est jamais aspiré (Pedersen KZ XXW 328), 
et on ne rencontre l'aspiration de l'objet que dans les deux exemples : 
nertad cbàch « qu'il fortifie chacun » 5 d 11, dioiprid chàch « vous 
trompez chacun » 9 c 23, où il s'agit du mot càch. Comme, en d'au- 
tres passages, le mol càcJj reste inaspiré (§ i(>9), il s'agit en tout cas 
d'un traitement exceptionnel (id. //;. Sag). 

Mais la situation n'est pas la même dans IMl. et Sg., où l'aspiration 
se produit aussi bien pour le sujet que pour l'objet (Pedersen ib., 
Thés. II 188 n. c) : 

arberr chial chesto as indi as difficio « le sens du passif est dérivé de 
ce qui est difficio » Sg. i46 a i ; mani dene chaihn « si tu ne fais pas 
de combat » Ml. 37 c i5 ; etc. 



nllDIU; F.T (iKOiri.MIiNT I>ES MOTS 3l5 

L'aspiration s'est mémo étendue à des locutions adverbiales comme 
dans : contoal chiicai son « qui tournent vers lui » Mi. ''(6 c i (Peder- 
sen //;. 332). 

Il s'agit ici d'un usage récent dont les plus anciens textes ne portent 
pas encore la trace ; la question est de savoir ce qu'on en peut con- 
clure au point de vue de l'extension du groupement verbal. Sans 
doute, peu de chose ; car le procédé de l'aspiration se trouve dans 
Ml. et surtout dans Sg. (cf. ZCP IV 6i, ,^87) en de nombreux cas où 
les conditions syntactiques ne le justifient pas ; de phonétique qu'il 
était à l'origine, il est rapidement devenu syntaxique, comme l'exem- 
ple cité au § 601 Rem. suffirait à le montrer. Dès lors, dans la ques- 
tion présente, il est plus prudent de s'abstenir. 

§ 5gi. 3" Antres groupeiiieiifs. 

II y a peu de chose à dire des autres groupes de mots, formés d'une 
locution adverbiale (généralement tirée d'un substantif) ou pronominale. 

Un pronom accentué peut former le centre d'un groupement 
exactement comme un substantif. 

is-bé « c'est lui m; is-si « c'est elle »; is-nl « c'est nous », etc. 
(§ 489); do-stiidiu « à celui-ci » (§ 538); inli-tball « celui-ci là- 
bas » Sg. ig'] a. q; dnî-tbiias «ceci dessus » Wb. 10 a i5 Çiall et 
tuas sont deux adverbes enclitiques après un démonstratif). 

Le seul cas intéressant est celui où un pronom inaccentué se trouve 
groupé avec un mot également inaccentué. Ainsi un groupe tel que 
àu-n-ni « à nous » ne compte en principe que des mots dépourvus 
d'accent : do- proclitique, -n et -;// enclitiques ; de même do-ni-sa « à 
moi ». Pourtant l'ensemble est accentué ; le groupe proclitique + encli- 
tique devait être pourvu d'un accent secondaire frappant le procliti- 
que ; cf. le cas de rop-sa « je fus » signalé au s^ 627 et le fait que la 
préposition (s)anial « comme » conserve son s initiale devant pronom 
suffixe (§§ 164 et 012). 

Remarque. — On notera que l'expression môiniir, tôinur (proprement 
« mon unité », « ton unité ») était enclitique après un pronom accentué: 
tussu thôenur « toi seul » Wb. 5 a 28. 
duit so thôiniir « à toi seul » Sg. 208 b 5. 

§ 592. Le groupement des mots est d'une extrême importance au 



3l6 SYNTAXE 

point de vue de l'application des règles de phonétique syntactique 
indiquées au §§ i65 et ss. M. Pedersen a montré en effet qu'en prin- 
cipe ces règles n'agissaient jamais qu'à l'intérieur des groupes de mots 
(Aspir. passim et KZ XXXY 827, 36 1) ; cf. §§ 585 et ss. Mais on doit 
attribuer aux lois du groupement une certaine souplesse. Par exemple, 
les exceptions que l'on rencontre cà et là au principe de l'aspiration ou 
de la nasalisation tiennent à la plus ou moins grande cohésion des 
mots à l'intérieur du groupe. Ainsi, les préverbes ne produisent pas 
en toute circonstance l'aspiration du verbe qui les suit (§ 598). De 
même, le fait que certains proclitiques verbaux seulement jouent un 
rôle dans l'établissement de l'accent du groupe verbal prouve que tous 
les proclitiques ne sont pas avec le centre intensif dans un rapport 
également étroit. 

Enfin il y a des groupes dont les éléments ont toujours dû paraître 
distincts à l'esprit du sujet parlant ; tels ceux qui comprennent un 
substantif et un adjectif, un substantif et son régime au génitif, etc. 
Dans ce cas d'ailleurs, on vient de voir que la nasalisation et l'aspira- 
tion n'étaient pas toujours rigoureusement appliquées. 

§ 598. Le groupe de mots se laisse naturellement couper en deux 
parties dont la seconde commence par la syllabe accentuée ; c'est-à-dire 
qu'il y a une différence notable entre les proclitiques et les enclitiques, 
ces derniers étant plus intimement rattachés au centre intensif. 

L'examen des diverses combinaisons auxquelles se prête le verbe 
composé fournit quelques preuves de ce fait. 

a) Un certain nombre des préverbes énumérés aux §§ ^iç) et ss. 
produisent l'aspiration (cf. § /i^S). INIais cette aspiration n'a lieu que 
lorsque le préverbe est accentué et le verbe enclitique. Au contraire, 
lorsque le préverbe est placé devant l'accent, il n'exerce par lui-même 
aucune action sur l'initiale du verbe. L'aspiration et la nasalisation que 
l'on observe souvent en pareil cas sont dues k des causes syntaxiques 
indépendantes de la forme même du préverbe (v. §§ 628 et ss.). En 
outre, les phénomènes phonétiques habituels à l'intérieur d'un mot un 
ne se produisent jamais entre le préverbe proclitique et la syllabe 
accentuée qui suit (cf. § i65). 

Remarque. — l^ar exception, les préverbes do et ro élident fréquemment 
leur finale devant l'accent dans les composés de iccim et uccim ; ce qui revient 



ORDRE ET GROUPEMENT DES MOTS Siy 

à dire que dans ces composés la l'orme prolotonique se substitue souvent 
à la forme deutéronotique (cf. § l\^l\)- En pareil cas, le préverbe do- se 
présente généralement sous la forme t-, conformément à la règle (§§ i63 et 
434; cf. §5i8). 

Exemples : de do-iccim « je viens » : tdnicc « il est venu » A\ b. 3() d 1 1 
(cf. Wb. 3 a 7, 4 d 26, 7 c 7, Ml. 3ô d i, Sg. 66 b 17 ; niais du-da-dncdc 
« qui est venu à eux » Ml. i23 c 3). — de ro-iccim « je vais » : riccub-sa 
« j'irai » Wb. 9 a 19 (cf. ricu au lieu de ro-iccu Wb. 32 a 4. § 434)- — de 
do-uccim « j'apporte » : duic « il a apporté » Ml. 4o c 22, ducad « il a été 
apporté » Ml. 56 c 1 1 (à côté de duiiic Ml. 84 c 24), îuic Ml. 67 a 8, 84 c 
19, 98 c II, Sg. 209 b 29, tuccad Wb. 24 b 26, 28 a 3, Ml. 71 c 9 etc. — 
de ro-ucciin « j'apporte » : ar ro-hucad aircchas innarômiz co constantinopoil 
r-ucad dano a-ainmm « parce que l'empire de Rome a été apporté à Constan- 
linople, son nom a été apporté aussi » Sg. 174 a i. 

Il est à noter que les cas de substitution de la forme prototonique à la 
forme deutérotonique dans les verbes en question appartiennent surtout à 
des propositions relatives (cf. § 42 3). 

§ 594. F) C'est devant l'accent que se placent toujours les éléments 
secondaires (tels que j)ronom infixé, indice relatif) qui s'intercalent 
entre le préverbe inaccentué et le verbe accentué ; mais ces éléments 
restent plus fortement unis au préverbe qu'au verbe, et le lien qui les 
rattache à ce dernier peut même être rompu. Ainsi, dans un poème du 
manuscrit de Saint-Gall, p. 2o4, au lieu de nomchôima coimmdiii « que le 
Seigneur me protège ! », le poète, pour la commodité du mètre, a écrit 
nomchoimmdiu. côima, séparant ainsi Télément nom- du groupe nom-chôima, 
c'est-à-dire l'élément qui précède l'accent de la partie accentuée. 

§ 595. c) La répartition des éléments du groupe verbal est indiquée 
dans une certaine mesure par l'usage graphique des manuscrits. Dans 
Ml., on observe souvent une séparation dans le groupe verbal devant 
l'accent d'intensité. Ainsi : arrol nchhius « je t'ai attendu » 46 b 20 ; 
nis congbailis « ils ne se contenaient pas » 55 a 18 ; niiiidat iiioide « que 
tu te glorifiais » 62 a 12, etc. 

Et cela se produit même parfois dans Wb. : fordiib cechna « qui 
vous enseignera » 9 a 16 ; cotob sechfider « vous serez corrigés » 9 a 28 ; 
nib îccfither « vous ne serez pas sauvés » 20 a 11 ; etc. 

Il y a donc lieu de distinguer toujours dans un groupe de mots la 
partie qui précède l'accent de celle qui comprend l'accent et ce qui 



3l8 SYNTAXE 

vient après ; par suite de la forte intensité de l'accent, ces deux parties 
étaient certainement distinctes dans l'esprit du sujet parlant. 

§ Bgf). On est dès lors en droit de se demander si Tindépendance 
relative dont jouit la partie qui précède l'accent dans le groupe de mots 
n'avait pas pour corollaire l'existence d'un accent secondaire à l'initiale 
de ce groupe, lorsque la partie précédant l'accent comptait deux ou 
plusieurs syllabes. Cette hypothèse, qui pourrait être soutenue par des 
considérations a priori de phonétique psychologique, se Aérifie en vieil- 
irlandais dans un cas très net. 

Certaines prépositions proclitiques, quand elles se trouvent séparées 
du substantif qu'elles régissent par un adjectif possessif, également pro- 
clitique, redoublent régulièrement devant voyelle dans le manuscrit de 
A\ urzburg leur consonne finale (Pedersen Aspir. 1 18). De là une double 
série d'exemples : 

oc-irnigdi « à prier » lo d i5 ; oc-aslug « à tenter » i /i d 27, 3o c 1 3 ; 
oc-accaldim a à converser » iSaao, etc. ; mais occ-a-ihinànaculsoin « à 
le livrer » d h i3; occ-ar-taitbcbricc 7 occ-arn-àinscm « à nous rache- 
ter et à nous accuser » kh 16 ; occ-a-forcittil « à les instruire » 20 c 3. 

ren-airite grâid « avant de recevoir le grade » 28 b 21 etc. ; mais 
renn-a-precept « avant de l'enseigner » 3i b 11. 

im-anaâ « pour rester » 27 d 19; mais imm-a-choiuahiaâ « pour 
l'accomplir » 3ob4; cf. iinm-an-eiar i3 c 26, 27 b 21, §§ i24 et 019 
Rem. I. 

in-œtarcne « dans la connaissance » 12 c 32 ; in-ôen-chorp « dans un 
seul corps » 12 a i5, etc. ; mais inn a-chorp « dans son corps » 2 c 7, 
27 a 12 ; inn-ar-gnim « dans notre action » 17 b 7, etc. 

Dans les mêmes conditions, les prépositions a do et la présentent 
les formes as(s) di et //. Ainsi : 

a-oentu « de l'unité » 26 b 27 ; a-uccu « de choix » 32 b 6 ; mais 
ass-a-dlignd « de son devoir » 9 d ik ; as-ar-corp « de notre corps » 
i5 c 24; as-acbiuiiu a de sa tête » 25 d 16, etc. 

do-airbirt biîh « à user » 10 d 18 ; c?o inchosc « à signifier » i5 a 29 ; 
do uàir « à l'heure » 16 b 5, etc. ; mais di-an-îcc « à leur salut » 1 1 c 6 ; 
di-am-mtlintir « à leur famille » 11 c 8, etc. 

la-iudeu « chez les Juifs » 5 b 12 : mais li-a-chék « chez son com- 
pagnon » 7 a i3. 



OUDKE KT OnOUPEMENT DES MOTS OI9 

§ 597. M. Pederscn, à l'ouvrage duquel sont ciripruntés la plupart 
de ces exemples, explique avec raison par l'influence d'un accent 
secondaire le redoublement de la consonne finale des prépositions ifii, 
in, oc et rén. Mais il est juste de reconnaître que ce cas est isolé. On 
n'a encore rien découvert de comparable dans les groupes dont le 
centre d'intensité est un verbe ; et même dans les groupes nominaux 
analogues aux précédents, il faut noter que Ml. et Sg. ne connaissent 
pas la règle appliquée dans AYb. 

C'est donc par une pure hypothèse que l'on étendrait aux groupes 
verbaux la loi de développement d'un accent secondaire qui se vérifie 
pour les groupes nominaux et, par exemple, que l'on admettrait sur 
l'initiale des groupes fodan-segat (Ml. 2707) ou iminid-ràdi Ç\\h. 8 b 9) 
l'existence d'une intensité secondaire semblable à celle qui frappe 
l'initiale du groupe occa-forcitnl (Wb. 20 c 3). 

Mais cette hypothèse, en partie corroborée par les cas signalés plus 
haut (§ 693 et s.), oii se manifeste une certaine indépendance de la 
partie qui précède l'accent, peut être considérée comme vraisemblable. 

§ 598. Il est évidemment impossible de déterminer dans quel rapport 
d'intensité se trouvaient l'accent secondaire et l'accent primitif, et par 
conséquent de mesurer la force du premier. Le fait que le préverbe do 
en position proclitique ne se présente jamais sous la forme to prouve 
en tout cas que l'accent secondaire était moins intense que le primitif. 

D'ailleurs le rapport des deux accents a pu changer selon les époques, 
et il est permis de soupçonner qu'avec le temps l'intensité de l'accent 
secondaire s'est peu à peu accrue. Ainsi s'expliquerait par exemple 
qu'une particule comme cid « même », naturellement et originellement 
proclitique, mais placée toujours au début d'un groupe, ait pu devenir 
assez intense pour donner l'impression d'un composé où figurât la con- 
jonction rg (cia) ; cf. Yendryes, Mélanges d' Arhoi s de Jubainville, p. 279. 
Ainsi s'explique peut-être aussi que bés, bien que toujours placée avant 
le verbe, en soit cependant séparée dans l'écriture des manuscrits 
(§ 588 Rem. I). 



CHAPITRE II 
DE LA PHRASE NOMINALE 



§ 59g. On a vu dans le chapitre premier Fimportance du verbe 
copule et le rôle qu'il joue pour fournir un terme verbal aux proposi- 
tions qui en sont logiquement dépourvues. On devrait donc s''.attendre 
à ne rencontrer aucune trace de phrase nominale pure sans verbe 
(( être ». 

Sur la phrase nominale en général, v. Meillet MSL XIV i ; pour le vieil- 
irlandais spécialement, cf. Pedcrsen A'Z XXXV SSg. 

Cependant, dans bon nombre de gloses, la phrase est uniquement 
constituée par un sujet et un attribut, sans que le verbe copule soit 
exprimé. Verbe à part, l'ordre des mots est le même que dans une 
phrase verbale. 

§ 600. Le cas le plus fréquent est celui 011 la phrase contient un 
démonstratif comme sujet, à la 3" pers. sg. prés, indic. 

Par exemple, nem insin « ceci [est] poison » Ml. 33 d 10; ceist ami- 
rissech iiiso « voici une question incrédule » Wb. i3 c 19. Lorsqu'il 
trouve deux leçons dans le texte latin, le glossateur de Milan l'indique 
par une note qui peut se ramener à : debc liniùda inso (avec quelques 
variantes insignifiantes) « voici une ditTérence d'interprétation » Ml. 
/i5 d -2, ^(^ c 5, /iy a i/i, /jy c iG, 53 c 0, 54 c 3, 54 d 19, etc. 

Phrases nominales du même genre : Wb. 3 c 4, 7 c 5, 10 d i4, 
II a 16, Il c 3, i3 b 25, 23 a 1 1, etc. ; Ml. 2 h 17, 17 c 10, 22 c i, 
23 c 10, 5o c 20, 5o d 3, 53 c i4, 55 c 8, 5(3 b C, 60 c 5, 93 a 19, 
etc.; Sg. 66 b 18, i48 b 12, 160 b i, etc. 



I>r. I,\ l'IIK\Si; MiMlNVI.E 321 

^ Oui. Ïa\ ticliois (le ce cas, le verbe co[)iile peut iHan([iier dans des 
phrases de dilï'érenls lypcs. 

Par exemple, dans les locutions telles que is viailh « il est bon », is 
lusse « il est juste » (§§ /iSo cl 706); ainsi : immaircide didiii... cerubei 
ipéin ladiabul « [il est] donc équitable qu'ils soient punis chez le diable » 
\\b. 26 a 23 ; coir c'ul c mitas no hed iiossnch « [il est] juste que caritas 
soit au commencement » \\ b. 20 b 22 ; deithbir ciasberthar « |il est] 
nécessaire qu'il soit dit » Sg. 71 a 10 ; cf. Wb. 33 c 16. 

Ou dans des phrases telles que : driunliiithe arinJl « leur esprit jest] 
corrompu » W h. ,'^0 c iS; iiiaiih jorfoisiiin « votre confession [est] 
bonne » Wb. 17 a /| ; cf. Wb. 12 d 4o, 21 d 8, 20 d 17, etc. 

On constate l'absence du verbe copule, même à d'autres formes que 
la 3" pers. sg. du prés, indic. : niaic ni dosoiii « [c'est] nous ]qui 
sommes] ses fds » AVb. 19 d (S; bore... adibcretmich in fecisa rrelniccb 
dano forcland « parce que vous êtes croyants maintenant, ] seront] 
croyants vos enfants » AA b. 10 a (i ; doberiis ccch noie for m osniesc oelair- 
ciluï ceeh niaith doibsom « ils m'infligeaient tous les maux ; poiu' moi 
[j'étais] à leur prédire tous les biens » Ml. 54 c 3o. 

Remarque. — Dans le passage gniin domsa thindnacol inna hirise « action 
pour moi, communication de la foi » (c'est-à-dire « la comm. est action 
pour moi ») Sg. 209 b a/j, l'indication du sujet est donnée et par suite 
l'absence du verbe copule suppléée par l'aspiration initiale de thindnacol (cf. 
§§ 590 et 602) ; cf. peut-être Sg. 60 a 17, et v. Pedcrsen KZ XXXV 33g. 

§ 602. Il y a deux cas où l'absence du verbe copule est de règle, 
c'est dans la phrase interrogative et dans la phrase négative, au moins 
à la 3'' personne du singulier de l'indicalif présent : 

Phrase interrogative : in-cuntnbart lib inso « ceci est-il douteux pour 
vous ? » W'b. 3 c 3 ; in-doieb bidsaindôire di'nini « est-il vraisemblable 
qu'il y ait un esclavage spécial pour nous 1* » Wb. 10 d i ; in-ni nad- 
Ciimcusa « y a-t-il quelque chose que je ne puisse pas? » Ml. i8b 5; 
cf. Wb. 2 c 5, 6, 5 b 1 1, 18 a 9% i5, etc. 

Phrase négative. A is coir, is mebul répond ;// coir, ni mebul, et on a 
vu au § 4iij que la forme ni représente dans tous les cas la forme néga- 
tive de is. M. Thurneysen ZCP I 1 a supposé que la forme ni 
contenait le verbe copule fondu avec la négation ; mais il n'y a 
aucune différence entre la négation de ///' coir « il n'est pas juste » , ni 

21 



3 y 5! S\NTA\r: 

lacairt « il n'est pas convenable » el celle de ni cmiicam « nous ne 
pouvons pas », n/ iiicfa « il ne comprendra pas », etc. D'ailleurs, la 
phrase nominale pure apparaît aussi en position relative : à as-choir 
répond nad-choii", à as n-iiisse, uadn-uisse, eXc.(cL § 034). M. Pedersen 
KZ XXXY 359 est donc dans le vrai en supposant que la négalion ;// 
H il n'est pas » présente l'absence pure et simple du verbe copule. 

De même, après cani « est-ce que ne pas? » : cani-mebuir Jib inscn- 
chasso « ne vous rappelez-vous pas celte histoire? » AAb. 20 a 5. 

Remarque. — Comme pendant au passage Sg. 20g b 2^ (<; Goi Rcni.), 
on peut citer ni-gnàth chomsuidigud « n'[esl] pas habituelle la composition » 
Sg. 201 a 5. Si, comme M. Pedersen le suppose avec vraisemblance (/. c. 
339), l'aspiration n'est employée en pareil cas devant le sujet que parce 
que le verbe copule n'est pas exprimé, cet exemple sulTit ;i contredire 
la théorie de M. Thurneysen. 

§ 6o3. On rencontre même parfois la phrase nominale dans des 
phrases relatives; ainsi dans Ml. en facede oldaas ala-ndiglaidi g\. quam 
ulloria fuisse 11 1 c 8, on a oldaas n-ermitnigihi feid gl. quam conse- 
cratione reuerendum i3- d i, où as manque après la conjonction oldaas 
(mais noter la présence de 1";/ relatif, i; ()3/i) : anml n-oincct rombebe 
colinii crist « comme c'est une seule fois qu'est morle la chair du Christ », 
au lieu de anial as n-, AN b. 3 b 3. De même : asbc'ra ianim barbàr inso 
« il dira donc que c"est un barbare » W b. 12 d (i ; doinmuinelar iiidôini 
(ms. indoiss^ferc do insin « les hommes s'imaginent que c'est colère de 
sa part » Ml. /JQ b 7. 

S; 604. On notera comme parliculiL'remcnt instructives les phrases : nert 
deachîe immi-d-forling « [c'est] la puissance de la divinité qui a causé cela » 
Wb. 24 a 34 (cf. is-rad dâ immi-d-forling ib. 21 c 20), toi cholno forchanat 
«[c'est] le désir charnel qu'ils enseignent » Wb. 20 c 20, où le verbe copule 
n'est pas exprimé bien que la proposition qui suit soit relative. Il faut voir 
là une extension de la phrase nominale pure. Le même cas se présente 
dans la phrase : taidhsin afirinne asber hi tosiich int sailm « [c'est] une démon- 
stration de la justice qu il fait au commencement du psaume » Ml. 4o a i5. 



CHAPITRE III 

DE LA COORDINATION 



§ 6o5. Sous le nom de coordination, il faut entendre Tensemble des 
procédés employés pour relier entre eux les éléments des propositions 
indépendantes ou ces propositions elles-mêmes. La coordination s'op- 
pose ainsi à la subordination qui ne vise que les rapports de proposition 
indépendante à proposition subordonnée. 

La coordination peut être de quatre sortes : copulative, alternative, 
adversalive ou explicative. 

§ 606. Coordination copulative. La coordination copulative peut s'ex- 
primer par l'emploi répété de la particule corrélative cid qui se place 
devant le terme qu'elle détermine : cid fognini cid fochésaîh doliagar « il 
se construit activement et passivement » Wh. 6 a 29 ; cid dondcacbt cid 
dondôinccht (gl. ego ero illi in palrcm) « à la divinité et à Flunnanité « 
V\h. 32 c I. On rencontre aussi, avec la même valeur que cid, mais 
dans le manuscrit de Saint-Gall seulement, la particule corrélative 
emid : emith Jasnahi (gl. tam cum habentilius casus) eniith (gl. quam 
etiam cum non habentibus) Sg. 27 b 4-5; cf. Stracban y^CZ, I iSg. 

Mais le plus souvent, lorsqu'il n'y a pas lieu d'insister spécialement 
sur la corrélation, la coordination copulative s'exprime par l'emploi de 
la conjonction acus « et » qui se place devant le second terme corré- 
latif. Dans l'écriture des manuscrits, cette conjonction est presque tou- 
jours représentée par la ligature 7, ou bien par le mot latin et. On ne 
trouve acus écrit qu'une seule fois dans AAb., 3 a i5 : aadnacuil acus 
abàis « sa sépulture et sa mort » ; dans Cam., c'est la forme ocus (§ 160) 



.■{v'i SVNTAXi: 

qui est employée. La conjonction aciis produit l'aspiration (i^ 168) : 
trop cuciimtuch 7 chon'uiihiitd hriathar « figure avec ornement et abon- 
dance de mots « Ml. 9^ b 11; hnachcill s^nima 7 chesia « du sens 
d'action et de passion » Sg. 77 a 7. 

§ 607. La coordination peut s'exprimer aussi par l'emploi de eter 
(cîir) « à la fois » (proprcmeni « tout à fait », cf. Wh. i3 c 5 où le 
mot glose « omnino ») devant le premier terme et de acus devant le 
second: eier soir 7 cJôir cicr iiiii^ 7 coiindid « libre et esclave, domestique 
et maître » V\'b. -i- c i5; ccusc fricàch eter car if 7 cscarit « amaliilité 
pour chacun, ami et ennemi » \\ I). 3«) b 27. 

§ 608. En cas de négation, la coordination s'exprime par l'emploi, 
en tête du second terme, de la particule nà, qui devient parfois nach 
devant voyelle. Dans le premier terme, la négation est exprimée par ;// 
(par nà devant un impératif § /iScj). 

Ex. : ni-asse tacre na-tairisscm friss « il n'est pas aisé de contester cela 
ni de s'y opposer » Wb. 2.5 b 1 4 ; cf. Wb. 16 a i , 16 a 8, 28 d 4 , 28 b i ; 
ni frithalimse rucai na-iuinchitil dam Jjisasuiîhin ma frisaccar Intaininsiu 
adk « je n'attends pas de honte ni d'outrage pour moi dans l'éternité, 
si j'espère en ton nom, o Dieu » Ml. /19 d 3 ; ni cuuuiing iinfoghaidc- 
titb na-lanainnas inanipiol lasinfcr « elle ne peut pas pratiquer la conti- 
nence ni le coït, si le mari ne veut pas » W b. 9 d 16 ; ;// ar lôg lia aillji 
« ce n'est pas pour prix ni récompense » A\ b. i/j c 8 ; ni bartorad précepte 
nach-aUi tiagnssa « ce n'est pas votre profit d'enseignement ni celui 
d'un autre que je convoite » AVb. 17 b 18 ; 7tad ticfed inri nach in popiil 
asindoiri « que ni le roi ni le peuple ne sortirait de captivité « Ml. 
/^C) a 19. 

Exceptionnellement, on rencontre nach devant consonne dans nachah- 
ticjed for ri nach far tnad « que ne viendrait à vous ni votre roi ni 
votre peuple » Ml. 40 a i/j ; mais le second nach semble ici amené par 
le premier. 

Remarque. — Il ne faut pas confondre nd, nach second terme d'une 
opposition négative avec : i" nd particule prohibitive (§ 459); 2° nd forme 
de la négation dans les phrases relatives (§ G26) ; 3° ndcti forme de la néga- 
tion nd (2°) devant pronom infixe (§ 5oo) ; 4" ndch forme négative de la 
S*" pcrs. sg. du verbe copule (§4 '5) ; 5" nd, autre forme de la conjonction 
alternative nô « ou bien » (§ G 10). 



ni" LA COOUDIN \'I I(l\ 



§ 609. Lorsque c'est le verbe copule qui ligure clans les deux termes 
de l'opposition, on répète simplement la formc^ ni. Ex. : is-do is-uisse 
ni-do-dôinib ni do dulib « c'est à lui (pic cela est juste, ce n'est ni aux 
hommes ni aux créatures » (m. à m. « ce n'est pas aux liommes, ce 
n'est pas aux créatures ») \Vb. 18 c 5. 

Exceptionnellement, le verbe copule prend la l'orme nach dans le second 
terme : ni indfessin cirbtlii 7 naciido diiaisilbi nanni dogni aciitis dodia Ml. 
5i b i3. 

§ 610. Coordination alternative. La coordination alternative peut 
s'exprimer par l'emploi répété de la particule cid. Ainsi : cid doibsom 
ciddûnni « à eux ou bien à nous » Wb. 33 b i5 ; cid cri cid tais (gl. 
massam quamlibet plasmantis) « argile ou bien pâte » Ml. i^o b 4- 

Mais le plus souvent on se borne à unir les deux termes corrélatifs 
au moyen de la conjonction nô « ou bien » qui se place devant le 
second; cette conjonction produit l'aspiration (§ 16S) : ni honiud neirt 
nôchaine « ce n'est pas d'une façon de force ou de beauté » Ml. 37 b 16 ; 
nabad lia diis nothriur « que ce ne soit pas plus de deux ou trois » 
Wb. i3 a 4- Toutefois, AVb. n'aspire jamais un Acrbe après nô (§§ 168 
Rem. V et 588 d). 

La conjonction nô prend parfois la forme nâ : niâil di'in tabart testassa 
dinn nadiibsi « il ne nous plaît pas de porter témoignage de nous ou de 
vous )) Wb. 2/1 c i() ; conajil dnalchi na accobra colnidi Jeu « de sorte 
f[u'il n'y ait pas en eux de vices ou de désirs charnels » Wh. 20 c i ; 
on la trouve même écrite nu Ml. 70 a \. 

Souvent, dans les manuscrits, la conjonction ;/() (nâ) est représentée 
par la ligature / ou /'. 

§ 611. Dans l'interrogation do)d)le, la coordination alternative est 
exprimée par des formes spéciales, empruntées, comme on le verra au 
s5 (J89, à la flexion du verbe substantif (s; 4i7)- Par une extension de 
cet usage, le vieil irlandais emploie parfois dans des phrases affirmatives 
pour traduire k ou bien » la forme robo (robii) ou rodbo, qui est propre- 
ment un subjonctif du verbe copule (/o/? -f- une particule, cf. i; 4 17 
Rem. II), mais qui a perdu ti>iit lien avec la conjugaison. La forme 
robo produit l'aspiration : /()/'// cho adcrsclar (g\. uel emendentur) « ou 
qu'ils soient corrigés )) Ml. 00 d 1 1 (cf. 44 c 6, 08 b 1 1, 70 c 4, 77 
a i3, 109 c 3, 121 I) (i, 127 b j(i); robo opronoibncib '.< ou par des 



3a6 ?T>TAXE 

pronoms » Sg. 200 b 6 (cf. ^8 a 12); rodbo ispreccpt béstatad dochoriniih 
uilib « ou bien c'est un enseignement de moralité à tous les Corin- 
thiens » Ub. 16 cl 7 (cf. i4 c i'\). Lors([u"on vent insister sur l'oppo- 
sition des deux alternatives, on emploie roho devant la première et no 
devant la seconde : roâbodia adroni arrad file andsom nô ishésoui adroni 
dodia infochricc file do iiiiiiiii « soit que Dieu ait accordé la grâce qui est 
en lui ou bien que ce soit lai qui ait accordé à Dieu la récompense qui 
est à lui dans le ciel »A^ b. 29 d 29 (cf. 5 d 10 et Pedersen KZ XXXY4oA)- 

§ 612. Coordiualionndvcrsative. La coordination adversative s'exprime 
d'ordinaire par l'emploi delà conjonction acht « mais » devant le second 
terme : ni adbartaigedar acht colanlair.g y arasniiiinelbar fàd « il ne se 
détourne pas, mais il les protège et les honore » Ml. 36 a 18'; ni fi'i 
indidit cita irasceniini sunt acht is foimchoniarc aia « ce n'est pas affirma- 
tivement qu'est irasceniini ici, mais c'est interrogativement qu'il est » 
Ml. 20 b i3; ;// delb adrorsat actiscosiniilius delbe « ce n'est pas une 
image qu'ils ont adorée, mais c'est une ressemblance d'image » \\ b. 
I b 19 (cf. 2 a 3). Pour l'emploi de la phrase relative, v. § 697. 

Par extension, la conjonction jc/i/ s'emploie pour traduire « si ce nest ». 
« ne que » ; ni raddt soin fiisudib acht breic 7 togais « ils ne leur disent que 
mensonge et fausseté » Ml. 3i a 18 ; nibi nach dethiden foir act fognam dodia 
« il n a aucun souci que de servir Dieu » A\ jj. 10 b f). 

§ Gi3. Le même rôle est parfois tenu par la conjonction noch « mais » 
qui s'emploie surtout quand le premier terme ne contient pas de néga- 
tion : dodcad dochàch Icosom nochisdoibsom adodcedsidi « c'est une infortune 
pour chacun à leurs yeux, mais c'est sur eux-mêmes que tombe leur 
infortune » Wb. 2 b 3; berit insoscéle do imthreniigiid uelcris noch ba 
uissiii indfigor do imthrenugtid iicritatis ./. noui « ils emploient l'évangile 
[Hjur confirmer l'ancien (teslament), mais ce serait plus juste [d'em- 
ployer] la ligure pour confirmer la vérité, c'est-à-dire le nouveau (tes- 
tament) » \N b. 18 c 10. 

Il ne faut pas confondre la conjouction nocli « mais » avec la locution 
nochii, qui la contient certainement, mais qui a pris dans Ml., où elle est 
fréquente, le sens de « à savoir, c'est-à-dire » : nochis cofarfui son (gl. ut 
impleat) « c'est-à-dire qu'il remplisse cela » Ml. 55 c lO (cf. Ascoli, ccclxij). 
- §_6i4. Le vieil-irlandais marque encore la coordination adversative 
en employant après le premier mot accentué du second terme la par- 



DE LA (,()()ri)l\ A 1 lilN 3S!7 

liculc enclitique i))U}uirgn : ni dcrscaii^i d'uni huiliii cheneiil is dihilib 
iniiiuirgu acheiiiiiil feissiii diroscai callcic « il ne Temporte pas sur toute 
sa race, mais il y en a l)eaucon[) de sa race sur lesquels il Temporte 
fout à fait » Sg. l'io a 17. 

Parfois, dans le premier terme, on trouve la particule dauo uu la [)ar- 
ticule cid servant à préparer l'opposition en faisant ressortir le mot 
auquel s'oppose ce qui suit : dosnicfa cobir cidmall bithmailb imiiutrgu 
iiilûin dondiccfd « un secours leur viendra, tardif sans doute, mais il 
sera bon quand il leur viendra » V\h. 5 c 5 ; rubii j'ersom iiiiiiiitere-iiniilh 
dano... nirbiichoiiiidin iiniirgu (le milieu de la phrase est corrompu) 
« ce fut riiomme de la maison, bon sans doute, mais ce ne fut pas un 
maître » \\b. 33 a 5. L'emploi du couple dano : iinmiirgn rappelle 
celui du couple grec [j.v/ : zi. 

Le rôle de la particule//;//////;-^// est parfois tenu par la particule r^///rt/ 
(\^ b. 3 d 8), cauiaiph (cainaib, caiiiaif, § 42): iiigata diibcaiiiiiiaif iiinietba 
inbeiho « mais (cela) ne leur ôte pas les soucis de la vie » A\ b. 10 b i. 

Enfin, on peut signaler aussi la particule adversative luge « excepté, 
mais », d'ailleurs très rarement attestée (p. ex. Sg. 20 a 1). 

Pour remploi de ohodain avec une proposition rclalive. v. i;i; 5.'î() cl G(3o. 

si 6i5. Coordination explicative. Lacoordinalion c\]:)licalivc s'exprime 
par la conjonction ar « car ». 

ar-ni-biad ratb dilgotJjo « car il n'y aurait pas grâce de pardon » N\ b. 
2 c 17. 

§ GiO. A l'étude de la coordination, telle ([u'elle a été conçue dans 
ce qui précède, se rattache directement l'examen de certains procédés 
servant à fortifier le rapport respectif des éléments de la phrase. Le 
plus important de ces procédés est la prolepse. 

La prolepse consiste à annoncer par anticipation au moyen d'un pro- 
nom ou adjectif pronominal le complément qui va suivre. Elle est fré- 
quemment enqDloN ée et s'applique aussi bien à un mot isolé qu'à une 
phrase (cf. Zupitza KZ X\\V 4-t9 n.). 

On peut en distinguer plusieurs cas. 

§ 617. a. Le génitif complément d'un substantif est parfois annoncé 
par l'emploi proleptique de l'adjectif possessif. Ainsi : ni-pi cian a 
masse in-choirp « n'est pas longue la beauté du corps » (m. à m. « sa 



328 svMAxi: 

beauté ») Wb. 'icS c 23 (cf. aa b 27); ma rnfessinn a-forcenn inna- 
fûchaide « si je connaissais le terme des tribulations » (m. à m. « leur 
terme ») Ml. 59 b i (cf. 36 c 20). De là l'emploi fréquent de is si 
(ou ed) a méit (Wb. 5 b 11, 22 b l'i), is ed a cret (Ml. 33 a i, 
107 d 8) « c'est rétendue », cia bed a niéil « quelle que soit 
retendue » (Ml. Sg a i3) ; etc. V. § 535. 

§ 618. h. Le complément direct d"un verbe à l'accusatif est parfois 
annoncé par l'emploi proleplique du pronom infixé. Ainsi : amal as 
messe dudaforsat inna diili « comme c'est moi qui ai créé les éléments » 
(m. à m. « qui les a créés ») Ml. 9^ b 7 ; darigensi(d) iiiso ni Je « vous 
avez fait tout cela )) (m. à m. « vous l'avez fait ») ^^ b. 9 c 29. Le 
pronom infixe est parfois au neutre, quel que soit le genre du substan- 
tif qui suit : nilhucat beos niin indrecljto « ils ne comprennent pas 
encore le mystère de la loi » W b. i5 a 3'i (n'in fém. ; cf. i^ 537 et Pc- 
dersen KZ XXXV 309). 

c. Le sujet de la proposition sidjordonnée est parfois annoncé par 
l'emploi proleptique du pronom infixe dans la proposition principale. 
Ainsi : sech-r-a-cualid asné « bien que vous ayez entendu que c'est lui » 
(m. à m. « vous l'ayez entendu ») Wb. 22 a 23 ; cf. Ml. 93 d i/i, 
Sg. 200 b 3. Par une extension naturelle de cet usage, le verbe de la 
proposition principale au passif impersonnel s'accorde parfois avec le 
sujet de la proposition subordonnée qui suit : isairi asbertar otacétnidi 
iiichamlhuisil « c'est pour cela qu'il est dit que les cas obliques sont 
primitifs » (m. à m. « qu'ils sont dits ») Sg. 197 a 2 ; duaidbetar ata- 
firien-som. « il est montré qu'ils sont justes » (m. à m. « ils sont mon- 
trés ») Ml. 3o b 2. 

§ 619. d. Le pronom infixe de la 3'' pers. sg. neutre est parfois 
employé proleptiquement pour annoncer une proposition qui suit. 
Ainsi : rafetarsa aspeccad comaccobor « je sais que la concupiscence est 
un pécbé » (m. à m. « je le sais ») Wb. 3 c 22 ; rafetarsa ai firiansii 
a je sais que lu es juste » Ml. 3(5 a 32 (cf. \\h. -l'x a 7). C'est par ce 
cas de prolepse qu'il faut sans doute expliquer la coexistence des deux 
verbes asbiur et atbiur « je dis », le second contenant simplement à 
l'origine un pronom infixe (« je dis cela »), cf. § 5o5 (v. toutefois 
Pedersen KZ XXXV 38o). Ainsi : atberat nirasoir àchoimdiu inru- 
frcscechae « ils disent que son seigneur en qui il avait csi)éré ne Tu 



DE I.V r.OORDlN.VTIO.N 829 

pas délivré » (Ml. 4^i c 19) sera entendu comme : « ils disent cela, 
que ». 

c. Un complément indirect ou circonstanciel est parfois également 
annoncé par prolejise : is de rogabad insalmso dodechiir elir deacht 7 
dûinacht maicc « c'est de cela que ce psaume a été chanté, de la diffé- 
rence entre la divinité et l'humanité du fds » Ml. -i^ d 26 ; is and at(à) 
gniiii teiigad isind huiliu labramarni « c'est dans cela qu'est l'action 
de la langue, dans tout ce que nous disons » Ml. 3i h 23. 

On annonce même ainsi toute une proposition : is do diigiiiiiiii se 
anisin combin cosmail fri encu « c'est pour cela que je faisais cette 
chose, pour que je fusse semblable aux innocents » Ml. 91 b 7. 

§ 620. Le procédé inverse de la prolepse n'existe pas à proprement 
parler. Mais on peut ranger ici celui qui consiste à rappeler dans la 
proposition principale au moyen de diverses particules une proposition 
subordonnée précédente. Le choix de la particule dépend naturelle- 
meet de la conjonction qui a introduit la proj)Osition subordonnée, 
c'est-à-dire du sens qu'il s'agit d'exprimer ; on se bornera à quelques 
exemples : 

Après une proposition subordonnée introduite par la conjonction 
comparative anial « comme, de même que » (^ OCy), la proposition 
])rincipale contient le plus souvent une particule, qui est quelquefois 
dano, plus fréquemment le lalin sic. 

Ex : anial durigni inna gnimn sechuiadachtai dugena dano iniiabi 
tairngir hisaîodochide « comme il a fait les actions })assces, il fera aussi 
celles qu'il promet dans l'avenir » ^11. 5o d 10 ; aiiial as soirb lat 
taîrciud cechlaihi indigaid alaili... sic is soirb lat ar coinlhod ni as 
indoiri « de même qu'il t'est facile d'amener chaque jour à la suite de 
l'autre... de même il t'est facile de nous tirer de la captivité » 
Ml. 111 a 5. 

^ (321. Après la conjonction concessive cia « ([uoicpie » (5; 7**3), 
c'est généralement inunurgii « néanmoins » qui est cm])loyé : 

cia-beid crist indibsi frcfoisiliii Ijirisse... isniarb incorp innniirgn 
Irisnasenpeclu « bien que le Christ soit en vous par la confession de la 
foi..., le corps est mort néanmoins parles vieux péchés » ^^ h. ^ a 6 ; 
cf. Ml. 120 b 10. 



OOO SIMAXE 

Mais on Irouve aussi, après cia, dauo Ml. i^ d 3, 68 d \'\, 
Sg. io6 b 4, etc., et même caviaiph dano Sg. 76 b 2. 

§ 622. La conjonclion temporelle intan (intain, § 668) « lorsque » 
est rappelée au mo^en de hi-siiidin « alors » (§ ôSq) ou de hi-snidi 
(dat. sg. fém., sous entendu le mot tan « temps»): 

intain iaruni rocretset nondasoirfed dia rosoirtha dano hisuidin as in- 
doir(i) sin « lorsqu'ensuite ils crurent que Dieu les délivrerait, ils fu- 
rent alors donc délivrés de cette captivité » Ml. i3i c 9 (cf. 26 c i, 
o!\ d 5, 83 a 4); intan asrubartniar disaindilsctaid ccchrcta asruhaiiinar 
hi suidi... « quand nous avons parlé de la qualité particulière de cha- 
que olijcf, nous avons dit alors... » INll. 07 a il\. 



CllAPITHE IV 



DE LA PHRASE RELATIVE 



Cf. Ebel KSB ^ 17 (encore utile, bien que vieilli) et surtout Pedersen KZ 

XXXV 373. 

§ fi33. Il n'y a pas de forme spéciale pour le pronom relatif en vieil- 
irlandais. 

Dans un seul cas, après préposition, le pronom relatif est exprimé 
directement, et c'est une forme de Farticle qui en tient lieu (§ 555) ; 
ainsi inâ-allôir for-an-idparar « l'autel sur lequel on sacrifie » 
\A b. 5 b 6. 

Mais en général, ce qui indique le caractère relatif d\me proposi- 
tion, c'est la forme verbale, qui est alors caractérisée soit par des 
désinences particulières (^ 32o) ou par Temploi du préverbe no (§ 440' 
soit par la présence, s'il y a lieu, des pronoms intixes de la deuxième 
classe (ij 497) ou d'une forme spéciale de la négation (Î5 G26), soit 
enfin par une modification phonétique (§ 628). 

§ 624- Cl. Les désinences relatives ont été indiquées aux j:;^ 35i et 
ss. ; elles sont spéciales à certaines personnes seulement et par suite ne 
suffisent pas à la totalité des cas. Mais, aux personnes qui n'ont pas de 
formes relatives, la langue supplée à celte absence par l'emploi du 
préverbe no (§ 44^ ; cf. Strachan ZCP III 283). Ainsi : 

Formes relatives : 

3"^ pers. sg. isôinfer gaibcs buàid diib « c'est un seul homme d'entre 
eux qui obtient la victoire » ^^ b. 1 1 a 4- 



332 SYNTAXE 

i''" pers. p]. iscrist pridcbinime « c'est le Christ que nous prêchons » 
Wb. i/i d /|(). 

3" pcrs. pi. iiuiii guitc cul mu saiiicnili « ceux qui font de bonnes 
actions » \\ h. \ -j h i5 

mais avec no : 

i'^l^crs. sg. an-niipridchiiii « ce que je prêche » \^'b. 8 d 26; ////j// 
no-scairiub « quand je partirai » Ml. 43 a aS. 

2* pers. sg. forsani nothcchti « pour les choses que tu possèdes » 
Sg. 1/18 a (). 

2® pers. pi. /V/vrt^ //n'O anaithescc noherid uainiin " A'oici la réponse 
que vous emportez de moi » Wb. y d i5. 

Au jîassif et au déponent, c'est la forme conjointe qui sert de forme 
relative (§ 32 3) : 

Ex. : is indhiiiliu labramar « en tout ce que nous disons » Ml. 
3i b 23 ; diiiid imniud coinedar « à la Iribulation qu'il déplore » 
Ml. 7^ b I ; cosnaib gnbuaib... gnitcr « avec les actions qui sont faites » 
Ml. 21 c 3; forsiiabi coiiiabiûtar toil dà' « sur ceux qui accom])lissent 
la volonté de Dieu » Wb. 20 d i. 

Cf. Pcdersen KZ XWV 876, Wh. Stokcs AZ XXXIX 205. 

Remarque. — Exceptionnellement, dans Ml. on trouve des formes abso- 
lues comme icfaitir 54 a i , giiaigitir 3i b i en position relative (cf. Stra- 
chan RC XVIll '.n-). 

§ 625. b. Les pronoms infixés delà deuxième classe ont été énunié- 
rés aux §§ 5o3 et ss., ori l'on trouvera de nombreux exemples qui en 
précisent l'emploi. Ces pronoms ne sont jamais employés qu'en posi- 
tion relative : mais l'inverse n'est pas vrai, au moins en ce qui concerne 
les deux premières personnes, et on rencontre parfois en position rela- 
tive les pronoms infixes de la première classe. Ainsi, à côté de : 
is iimiiii cmnachlac... ro-daïu-soer-sa « c'est le même pouvoir qui m'a 
délivré » Ml. \^ a :>i, on trouve : air ni bôi nu-ni-soirad-sa « car il n'y 
eut personne (|ni me délivrât » Ml. 74 b i3; à coté de indi fo-dani- 
segat « ceux ([ui me persécutent » Ml. 33 a 19, on trouve : càcl} 
ro-t-cechladar « quiconf[ue t'a entendu » Wh. 28 d 16, nihcd no-t-beir 
incni (' ce n'est [las cela qui te porte au ciel » ^^ b. (i c g. VA. § 077. 

Remarque I. — Il ne faut pas dire en pareil cas que la première classe 
des pronoms inti\es se substitue à la seconde, mais l)ien qu'une forme ver- 



DK i.\ l'iiKvsi: iii.i,\ri\r, 333 

baie non-rclalivc osl employée an lieu d une relative, alleudii que la 
relalil' n'est pas employé davantage, dans les plirases relative?; où figure un 
pronom indxc de la première classe ; cf. Straclian ZCP IV Hy n. 3, et 
§ G35. 

Remarque II. — Il convient de mentionner à part l'emploi du pronom 
infive de la deuxième classe de la 3'- personne singulier neutre, quel que 
soit le caractère de la phrase (relaliC ou non), pour renforcer l'expression 
de la réalité (î^ r)o8) après certaines conjonctions, (let emploi est lellemeni 
exceptionnel qu'on peut douter s'il est bien exact déconsidérer en pareil cas 
l'infixé -d- comme un pronom; cf. Straclian RC \\I l^\^2. 

§ 626. c. Dans les phrases relatives, la négation est nâ, qui s'op- 
pose à la négation /;/ des phrases non-relatives. 

Cf. Pedersen KZ XXXV 34 1. 

Ex. : ni-deni « il ne fait pas » Sg. 63 a 17, m(x\s friinrh nn-deni oJc 
friut « à celui qui ne te fait pas de mal » Ml. 23 c 20. 

Sur l'emploi de nd au sens prohibitif, v. § 4-^9 ; au sens de « ni », v. 
§ 608. 

La distinction de /// et de nâ est appliquée sans exception. 

i; 627. La négation nâ se présente souvent sous la forme nâd, parti- 
culièrement lorsque la forme verbale qui suit doit subir la nasalisation 
ou l'aspiration (t:; 63 1 ; cf. Pedersen KZ XXXV 355). 

Ex. : aiiial nabi nàd-chiat « comme ceux qui ne pleurent pas » 
V\\i. 10 I) 6 : iiiian nàdn-acastar « quand il n'est pas vu » Wb. 
2 b 28. 

Remarque. — Devant pronom infixe, la négation des phrases relatives 
est nach Qi, 000) : hiiare nacha-n soiral-nni « parce que tu ne nous délivres 
pas » Ml. 93 d 10. 

§ 628. d. Les modifications phonétiques que subit le groupe verbal 
en cas de relation sont de deux sortes, suivant que la relation exprimée 
est directe ou indirecte. La relation directe est celle de sujet ou de 
régime direct ; la relation indirecte est celle de régime indirect. 

La relation directe est caractérisée par Vaspiration ; la relation indi- 
recte parla jiasalisation. 

Celte distinction Ibndamentaîe, qui est d'une extrême importance, 
soulTre dans la pratique quelques exceptions qui seront examinées à 
leur place dans ce qui suit; mais avant d'étudier l'application syntaxi- 
que de cette règle, il convient d'en préciser la valeur phonétique. 



Dans le groupe vcrl)al, c'est immédlalcment devant laccenl que se 
produit le pliénomène d'aspiration ou de nasalisation ; toutefois, en cas 
de pronom infixe, c'est devant le pronom infixe que s'introduit l'indice 
nasal de la j-elation (§ 49^). De là, trois cas à considérer, suivant que 
le verbe est simple ou composé, ou bien qu'il s'agit du verbe copule. 

■Remarque. — Dans les textes récents, comme on l'a vu au § /|33, le ca- 
ractère relatif d'une forme verbale est parfois exprimé par l'accent, qui reste 
sur l'initiale. — Sur le cas particulier des verbes do-iccim^ do-uccim, v. § 098 
Rem. 

§ 629. a. Le Acerbe est simple. 

L'aspiration de l'initiale du verbe simple se rencontre seulement 
dans Ml. et Sg. ; Wb. n'en fournit pas d'exemple (Pedersen KZ 
XXXV 366-367). Ainsi : 

inîî charas « celui cjui aime » Ml. 3o c 3 ; ani chanas « ce qu'il 
cbante » Ml. d.'\ d i/l ; iuli iheite « celui qui va » Sg. ii4 b 2; cid 
folad shiindcs « quelle substance il désigne » Sg. 26 b 17. 

mais : 

indi d'elles « de celui qui croit « AAb. 2 b 19 ; /;/// tclf « celui qui 
va » Wb. 20 a 12. 

On peut conclure de là que l'aspiration du verbe simple est un pbé- 
nomènc récent en vieil-irlandais et n'existait pas encore au moment de 
la rédaction des gloses de ^^urzburg. 

i; 63o. Au contraire, la nasalisation de l'iniliale du verbe simple est 
commune à tous les textes : 

céiii nihimiuc in corpore <( tant que nous sommes in corpore » AA b. 
12 c II ; anml figiiidess albir aniiicc « comme un père demande à son 
fils » Wb. ifi d 19 ; iiilaii liihcres claiiid « quand elle porte un enfant » 
MI. 129 c8. 

§ 63 1. {3. Le verbe est compose (cf. Thurneysen ZCP II 73). 

Lorsque le verbe est précédé d'un des éléments qui exigent l'emploi 
de la flexion conjointe (§ 323), l'aspiration et la nasalisation se pro- 
duisent régulièrement dans tous les textes. 

Aspiration, ished inso sis rochlos 7 adchess « c'est ce qui suit qui a été 
entendu et vu » Wb. 23 c 1 1 ; ascboniarl « qui a été tuée » Ml. 34 b 18 
(mais ascomart « elle a été tuée » Ml. 36 b 22); is cd ro-chreii càch 
« c'est ce qu'a cru chacun » Ml., 46 a i4 ; inball nàd-c])omcùg donchorp 



« le membre qui ne s'accorde j)as avec le corj)s » Wl». u:>. a i3; ind 
sillab diuil nàd sluindi folad « la svlhibc simple qui ne désigne pas 
une substance » Sg. 26 a f\. 

l^asaWsalïon. chechirnigde dori-ginid « chaque prière que vous fassiez » 
\Vb. 5 c 20 ; atalhesiis do-n-iiccus-sa « ils sont les témoins que j'ai ame- 
nés » Wb. 3o a 1 1 ; hied ainiser nà-iu-ha-lohur « il y aura un temps où 
il ne sera pas faible » A\b. iS b iT); achl doadhaî ara-n-ecatar înraicci 
« mais il luontre qu'ils sont trouvés justes » Ail. iç) d 21 ; inlan as-ni- 
hcir « lorsqu'il dit » Ml. 53 c i 1 . 

ï:> ()32. Le préverbe qui précède l'aspiration du la nasalisation en cas 
de relation présente naturellement la forme préaccenluée (§ 427). Cer- 
tains préverbes toutefois présentent une forme spéciale : air-, îinin-, 
iarin-, rein- deviennent ara-, iiumc-, iariiia- (iarmi-), rciiii-. 

ar-. Aspiration : iiilol ara-chelfca « la volonté qui ravira » Ml. 18 c 9. 
Nasalisation : ara-iiiberc binth « que tu vivrais » \\ b. 28 c 11. 

///////-. Asp. : innani... iiiune-churetar cori « ceux qui apportent la 
paix » A\b. 5 a 5. Nas. : immc-niingabad g\. declinare Ml. /ji a 0. 

iarin-. Asp. : nicd iarma-foichsom « ce n'est pas ce qu'il demande » 
(Sg. 198 1) 3) Nas. : anial ianiii-ndochad « comme il cherchait » Ml. 
58 c 7. 

rt'iii-. Asp. : iiidi rciiii-said « de celui qui préside » Ml. 5o d 5 (pron. 
reini-aid). Nas. : reiui-nctaromigcdar » cpi'il indique d'avance » Ml. 
18 c 12. 

Enfin ad- devient parfois as- en position relative lorsqu'il est suivi 
d'un pronom infixe (cf. § 5o5 Rem. III) : à côté de adfiadam « nous 
déclarons », asndafiadam « que nous les déclarons » Ml. 93 d i4. Mais 
on trouve ad- conservé Wb. i3 d 17, Ml. Gi a 20, Gi b 17, 107 a i5, 
Sg. 5o a 3, 212 b 7. 

^ 633. Exceptionncllenienf , on trouve dans Ml. la relation exprimée, 
malgré la composition, à l'initiale du groupe verbal clans ; trisinnoipred ndo- 
gniat« par l'action qu'ils accomplissent » Ml. 42 c 2; amal hdondjoirdc ainmm 
ndiles « comme l'indique un nom propre » Sg. 26 b 12. Mais ces exemples, 
dont le dernier est d'ailleurs peu sûr (supprimer peut-être le premier h 
amené par confusion avec le second?), sont contraires à l'usage de Wb. 

§ 634- Y- Cas du verbe copule. 

Le verbe copule étant inaccentué (j5 422), c'est sur Finitiale du mot 



^VMAXF. 



accentué qui suit c(uo se manifestent Taspiration et la nasalisation 
(Peclersen KZ XXXV 3 1 6) . 

Evemplcs : Aspiration, ished as-choinairlle limiii « c'est ceci qui est 
mon avis » \\ b iG c 12. it-sib ala-cboniarpi « c'est vous qui êtes héri- 
tiers » A\b. 19 c 20. i.\bci1 bcs-chobiiir dô « c'est ceci qui sera un aide 
pour lui » ^^ b. 20 c 10. nîpat hé inâii beta-ihnicsi « ce ne sera pas eux 
qui seront choisis » AA b. '\ c '^o. ba hcdôn ba-chôir « c'est cela qui serait 
convenable » A\b. 10 b 9 (mais cf. ba-coir « il serait convenable » AAb. 
i3 a 33, 10 d S), donaib déedib betis chloithib gl. ad conuincendos desides 
Ml. i3i d II (§ ASyRem.). 

Xasalisalion. doihaidbsiii as-u-ircss iiôibas « pour montrer que c'est la 
foi qui sanctifie » \Ab. 19 b i/j. doadbadar siinl aià-n-ili « il est montré 
ici qu'ils sont nombreux » \\b. 12 a 11. iniain bes ii iiiun arcobor Joui 
(( ([uand nous avons le même désir » Vsh. [\ a 27. 

Lorsque le verbe copule est précédé du préverbe ro ou d'une négation, 
c'est devant la forme verbale que sintroduit la nasalisation : iutain ro- 
m-bo luithig Icss « quand cela lui a paru raisonnable » A\b. 3i a 9. 
ariia ioiiwntis dano na-m-bad-rath spirilo labrad ilbéelre « pour qu'ils ne 
supposassent pas que ce ne fût une j;; race de lesprit de pai4er beaucoup 
de langues » \A b. i 2 d 2 1 . 

On ne rencontre rien de semblable pour l'aspiration : /;/// ropo nia- 
gisler « celui qui a été magister » Mh. i3 a 12. Mais cela tient à des 
raisons de graphie : le p tient ici la place d'un b, or, l'aspiration du p 
est en règle générale d'usage peu fréquent (§ 3i) ; et en ce qui concerne 
le b, l'aspiration n'est pas marquée dans l'écriture (5; 35). 

i; 635. Il arrive souvent que le même groupe verbal comporte 
l'emploi simultané des divers procédés qui servent à indiquer la relation 
(§ 623) ; en pareil cas, sous réserve des altérations causées par les acci- 
dents phonétiques, ces divers procédés ne se nuisent jamais les uns aux 
autres, et la langue les emploie concurremment. 

Ainsi, dans les phrases suivantes, on trouve à la fois l'indice relatif n 
et la forme relative des pronoms infixés et de la négation : 

bore no-n-dob-inoloy-sa « parce que je vous loue » \Ab. i/j c 18 ; aDial 
dn-n-d-gniat « comme ils le font » Ml. 26 b 10; huare na-n-d-cbuiiigat 
« parce qu'ils ne le peuvent pas » MI. 9/1 b 3 (en proposition indépen- 
dante, simplement ni ciniicai « ils ne peuvent pas » Ml. 60 b 6, ni 



Î)E LA PHRASE UKLATIVK 337 

chuingai « ils ne le peuvent pas » Ml. 56 c 7 ; quand la relation est 
directe, nad cbuingat « qui ne le peuvent pas » Ml. /41 d i5). 

§ 636. On a même vu au § 626 Rem. I que la langue maintenait 
scrupuleusement la solidarité qui unit les diverses expressions de la 
relation, dans le fait que l'absence de l'une entraîne l'absence de l'autre. 
Toutefois, il y a une légère restriction à cet usage. 

L'absence de l'indice relatif n est régulière quand la négation a la 
forme nach (Pedersen KZ XXXV Sgi); cela n'est pas fait pour sur- 
prendre, puisque la forme iiacb est en particulier celle que prend la 
négation quand elle est immédiatement suivie d'un pronom infixe et 
cju'après nach c'est la première classe des pronoms infixés qui est 
employée (v. §§ 002 et ss.). 

Ainsi : is-foUiis isindi nachim-rindarpai se « cela est clair en ce qu'il 
ne m'a pas chassé » Wh. 5 a 18; cid nàch inlsamlid « pourquoi ne 
l'imitez-vous pas? » \\b. i/j a 28 ; is hé (rofitir)... nàch-gào dont anasbiiir 
« il sait que ce n'est pas un mensonge de ma part ce que je dis » AAb. 
17 d 12. 

§ 637. Par une extension abusive de cet usage, la langue supprime 
aussi parfois l'indice de la relation après la négation quand celle-ci 
a la forme nà ou nad. 

Ainsi : itoimtin nâ-bad do hierusaleni « dans la pensée que ce ne serait 
pas vers Jérusalem » V\h. 16 d 4 ; c/W nalat slâin indhuU « pourquoi 
ne sont-ils pas tous sauvés ? « Wb. 28 b i ; arnalomnitis nùd carad sont 
iudeiu 7 nad duthrised anicc « pour qu'ils ne supposassent point qu'il 
n'aimait pas les Juifs et qu'il ne désirait pas leur salut » AAb. 4 d 17. 

Mais cette suppression n'a pas lieu dans plusieurs exemples de Wb. 
(5 b 35 etc.) et dans Ml. elle est tout à fait exceptionnelle, si l'on met 
à part, comme il est juste, les cas où la relation, étant directe, de- 
mande l'aspiration (p. ex. nad ecail 56 c 8) et ceux où la nasalisation 
est dissimulée par l'insuffisance de la graphie (cf. Pedersen KZ 
XXXV 355). 

Exemples de nadn-lsW. 17 a i5,23 b 10, 23 c i5,37 b 26, 38 c 18, 
40 a 17, 4o c 12, 42 c i5, 5o d I, 54 d 3, 55 c 9, 55 d 25, 56 b i5, 
56 c II, etc. 

§ 638. Valeur de l'aspiration. 

L'aspiration n'exprime jamais que la relation directe, c'est-à-dire celle 



338 SYNTAXE 

de sujet ou de régime direct. Aux exemples déjà cités, on peut joindre : 
relation de sujet : intî nocbreitfed diih « celui d'entre eux qui croi- 
rait » Wb. 5 a 20 ; am deJb deroil adchohurthar du deicsin ara dochraidi 
« je suis une misérable forme qui est désirée à voir (que l'on désire 
voir) à cause de sa laideur » Ml. 88 b /j ; indi chomallaite timnae n dae 
« ceux qui accomplissent le commandement de Dieu » Ml. ii4b 7. 

relation de régime direct : indii adchobrasom dohicc « ceux qu'il désire 
sauver » Wb. 28 b i; ishé sensiis forchain « voici le sens qu'il enseigne » 
Wb. 8 c 2; an-adchodados-sa trithorad niopnrepte « ce que j'ai acquis par 
le fruit de mon enseignement » Wb. 7 a 16 (mais adcotadus « j'ai 
acquis » Ml. 44 c 18); aniicm adchiamni « le ciel que nous voyons » 
Ml. 42 b 22. 

Tout à fait exceptionnellement, on rencontre dans Sg. après la copule 
l'aspiration en relation indirecte : doadbadar as chomsuidigthe isingreic ogxiç 
« il est montré que ôatt; est un composé en grec » Sg. 207 b 9; Ml. pré- 
sente aussi à ce point de vue quelques emplois divergents, cf. Straclian ZCP 
IV 68. 

§ ôSg. Valeur de la nasalisation. 

La nasalisation sert parfois à exprimer une relation de régime direct, 
exactement comme l'aspiration, et sans qu'il y ait lieu d'établir une 
distinction entre les deux procédés (Pedersen KZ XXXV 892). 

ithé gn'nni epscuip asniheir sis « ce sont les actes de l'évêque qu'il 
mentionne ci-dessons » Wb. 28 b 20; cosmidius dombeir som « une 
comparaison qu'il donne » AA b. 5 b 42 ; isinôa dongnisoni oldaas dontln- 
cham « est plus grand ce qu'il fait que ce que nous demandons » V^h. 
2 1 d 9 ; in guiiiia diiiigena iiipcclbacb « de l'action que fera le pécheur » 
Ml. 56 d 5 ; ingiiimac dongnisia « de l'action que tu fais » Ml. 44 a 23 ; 
nilegeiid rollegusa la pctor « ce n'est pas une lecture que j'ai lue avec 
Pierre » AA b . 1936. 

On remarquera dans ces derniers exemples que la relation exprimée 
est celle qui résulte de la figure étymologique (§ 266 et 64i). 

§ 64o. Le choix entre les deux procédés paraît absolument arbitraire. 
Dans certains cas particuliers toutefois, il semble déterminé par le désir 
d'éviter une confusion. 

Ainsi, l'emploi de la conjonction an « lorsque » comportant néces- 
sairement la nasalisation (§ 667), la forme verbale n'est jamais nasalisée 



!)!■ LA l'IIUASF IU.I,ATI\I-: 33() 

après an « ce que » : nii-iio^essitl « ce que vous demandez » A\ 1). n^i h H 
(où il faut lire un g aspiré); an as accobnr lîum « ce qui est un désir 
pour moi » Ml. [\i d ly ; mais : an-nu-n-geblais a lorsqu'ils étaient 
sur le point de prendre » Ml. 96 a g ; an-as n-initbrénaigthe « quand 11 
est confirmé » Ml. /42 c 21. En revanche, on trouve la nasalisation 
après inna hî « les choses que, ce que », qui a exactement la même 
valeur que an : inna hi nad-n-âenat indidail « ce que ne font pas les 
idoles » Ml. 87 h 26. 

On a dit plus haut (§ 628) que c'était devant le pronom infixe que 
s'exprimait la relation ; or l'aspiration ne peut être marquée dans l'é- 
criture d'une façon sensible sur le d qui commence la forme du pronom 
infixe; aussi rencontre-t-on naturellement la nasalisation au lieu de 
faspiration devant pronom infixe en cas de relation directe : phbs dci 
as-n-dan-herthe-ni « plebs dci que nous étions dits » Ml. 11 /i a 7 ; a-for- 
ciial for-n-dob-canar « l'enseignement que vous êtes enseignés (= qui 
vous est donné) » \\h. 3 b 28 ; mais cf. niforcital ôisa foirbthi forchanini 
diiib « ce n'est pas un enseignement de gens parfaits que je vous en- 
seigne » Wb. 8 c 3, où l'aspiration s'exprime aisément parce qu'il n'y 
a pas de pronom infixe. 

La liberté du choix entre l'aspiration et la nasalisation dans certains 
cas explique qu'il se soit produit de bonne heure des confusions entre 
les deux procédés et des empiétements réciproques de l'un sur l'autre ; 
cf. Pedersen KZ XXXV 892. 

s; 6/ii . La nasalisation sert fréquemment à exprimer un des rapports 
indirects qui dans la syntaxe des cas sont l'apanage de l'accusatif. 

Ainsi le rapport qui résulte de la figure étymologique (§ 266) : inlai- 
risscin do-n-airissid indi « le maintien que vous vous maintenez en elle 
(dans la foi) » Wb. i/i c 43 ; infirinne ro-n-d-firianaigcstar sont dia « la 
justice avec laquelle Dieu l'a justifié » Ml. 19 d 16 (cf 79 d i, 88 a 17, 
126 b 16). 

De même les rapports de temps, de quantité et de manière. 

Rapports de temps, bied ainiscr nâ-rn-ba-lobiir « il y aura un temps 
où il ne sera pas faible » ^^ b. G b i5 ; airel no-m-beinn isnaib inincdaib 
« le temps où je serais dans les tribulations » Ml. 69 a 22; ciaeret 
m-bete oc m ingrainunainisc « combien de temps me persécuteront-ils ? 
(m. à m. quel temps qu'ils seront à me persécuter?) » Ml. 889 a ; 



0'|0 SYNTAXE 

huanâuair nu-n-da-beriatar filistindi « depuis le moment où les Philis- 
tins l'apportèrent » Ml. 82 d 9 ; allaithe nu-n-dam-soira « quo die me 
libérât » Ml. 62 c 6^ cf. Ml. a/i d 7, 28 b 9, 28 d 5 ; Wb. 3 b 3, etc. 

Exceptionnellement : ised à eret is gessi dia Ml. 107 d 8. 

§ 6/(2. Rapports de quantité, issi uiéit insin do-n-indnagar indithnad 
« c'est dans cette proportion que la consolation est accordée » Wb. 
i4 b i5 ; aragairti ùibis « à cause du peu d'étendue qu'il a » Wb. 8 d 22. 

La nasalisation est particulièrement fréquente après uiéit, W b. iih xk, 
23 c 7, Sg. 182 b 3, etc. 

Rapports de manière, rofessursa indas no-m-hied-si « je saurai com- 
ment vous êtes (m. à m. la façon que vous êtes) » Wb. 9 a 21 ; inchruth 
fii-n-dailîer « la façon qu'ils sont séparés » Wb. 33 b 19; cid 7io-m- 
betha iiii elarceirt aiiiessa inidia « comment discuterais-tu son jugement 
avec Dieu ? (m. à m. comment que tu serais à discuter...) » W^b. 4 c 24 
(cf. i/i a 28, 28 b I et § 56 1 Rem. I) ; indéni as-m-buidigthi do indfor- 
tacht « la promptitude avec laquelle il faut le remercier de (son) se- 
cours » Ml. 62 c 5 (cf. 48 c 8). 

La nasalisation est particulièrement fréquente après cruth (ciachruih), 
Wb. 5 b 18, 24 c 17, 33 b I, Sg. 109 a 4, 201 b 12, etc. 

Remarque. — C'est un rapport de manière ou de cause qu'exprime Y n 
relatif avec le verbe être suivi de la préposition ^0 dans les idiotismes expli- 
qués par M. Pedersen KZ XXXV 891 : Wb. 5 b 3i, 19 a 9, 21 c 9, aS a 
24, 28 d 4 ; § 278 Rem. 

§ 643. C'est par une extension de l'accusatif de manière que l'on 
peut expliquer l'emploi de Vn relatif après des adjectifs employés 
adverbialement (Pedersen KZ XXXV 391), dans des phrases 
comme : 

ni-brônach do-n-intarrài « ce n'est pas tristement qu'il est revenu » 
Wb. iG b iS; ni-cnmung do-n-indnagar arjocilal diïib « ce n'est pas 
étroitement que notre enseignement vous est fourni » Wb. 16 a 11 ; 
is-dinnimu do-n-gnï alaill « c'est avec plus de négligence qu'il fait 
l'autre » Wb. 4 c 33 ; ïtr-is-eicrichnichthe do-n-indnig-som adagmôini 
« car c'est d'une façon infinie qu'il dispense ses bienfaits » Wb. 28 a 17 ; 
corrop nwoassanwo 7 corrop fcrrassafcrr do-n-imdigid desseirc dé 7 comnessim 
« que ce soit de plus en plus et de mieux en mieux que vous accroissiez 
l'amour de Dieu et du prochain » Wb. 28 b i ; is-faittech ro-n-d-boi-som 



DE LA l'HRASE UELAllXt; O'il 

nant neque nianchmit asriihart « c'est prudemment qu'il n'a pas dit ici 
neque manebunt » Ml. 21 d [\. 

§ 644- Particulièrement fréquentes sont les locutions is clan « c'est 
longtemps », is menic « c'est souvent », is cninme « c'est également, il 
est de même » suivies de 1'// relatif. 

ni ha ciàn ih hctc and « ce ne sera pas dans longtemps qu'ils 
seront ici » Ml. 66 d i4 (cf. Ml. 28 a 10, 56 c 22); air~is nienicdo~n- 
d'ecmaing « car c'est souvent que cela arrive ainsi » Ml. 54 a 7 (cf. 
Ml. 26 c 4); condih-cuniine do-n-d-uccani uili « que ce soit éga- 
lement que nous comprenions tous cela » Wb. 24 a 22 ; is-cuinmae m 
bis ualititdo enartae 7 iialitiido sonartae « c'est également qu'est ualetudo 
faiblesse et ualetudo force (= ualetudo est à la fois faiblesse et force) « 
Ml. 61 a 33. 

La locution is cuninic peut servir à une comparaison, l'autre terme 
de comparaison étant introduit par acns « et » : 

is-ciiiniue adciain-ni (pron. ad-giaiii, cf. § io5) itan'iiia diadi 7 adcii 
(pron. ad'gii) ncch ni triscàath céin liibiinnie in cor pore « tant que nous 
sommes in corpore, nous voyons les mystères divins comme quelqu'un 
voit un objet à travers un miroir » Wb. 12 c 11. 

§ 645. La détermination des cas examinés dans le paragraphe précédent 
est parfois malaisée, parce que tout dépend de la valeur que l'on attribue à 
l'adjectif qui suit la copule. S'il garde sa valeur adjeclive, il doit être con- 
sidéré comme un attribut, dont le sujet serait la proposition qui suit: c'est 
le cas prévu par le § 650. D'autre part, dans la locution adverbiale formée 
par la copule et l'adjectif, la copule peut parfois être considérée comme 
explétive ; le cas rentrerait alors dans ceux du § 075. De là une hésitation 
dans l'emploi de la relation après certaines locutions : mad amne labrar « si 
c'est ainsi que je paile » ^^ b. 12 c 30, mais is amne as coir « c'est ainsi 
qu'il est convenable » Ml. 1 14 a 9 ; massu amnin ataain « si c'est ainsi que 
nous sommes » Wb. i3 c 12, mais is âmin as cert intestiminso « c'est ainsi 
que ce texte est correct )^M1. 62 c 7 ; etc. (cf. Strachan ZCP IV 67). 

§ 646. On a examiné dans ce qui précède tous les procédés si variés 
dont dispose le vieil-irlandais pour exprimer la notion du relatif. Il y 
a cependant un cas où ces procédés ne conviennent pas. C'est celui du 
relatif au génitif, dans une phrase comme : l'homme dont je suis l'ami. 
La règle générale est en pareil cas de ne pas exprimer le relatif pour y 



3^2 S\MAXE 

substituer dans la proposition qui suit Tadjectif possessif : Ihomme je 
suis son ami. 

Cf. Pedersen KZ XXXV 899. 

Ex. : ar-biit alaili... rofinnatar a-pecthe « car il y en a certains dont 
les péchés sont connus » (m. à m. « sont connus leurs péchés ») 
Wb. 29 a 28 ; ataat tra réte niréid ainbrith <( il y a donc des objets 
dont le port n'est pas facile » (m. à m. « n'est pas facile leur port ») 
Wb. i3 d ^. 

Parfois le caractère relatif de la proposition est accusé par la forme 
du verbe : inîi as a-ainm bis isnaib titlaib « celui que c'est son nom 
qui est sur les titres » Ml. 2 c 3. 

Lorsque le substantif dont dépend le relatif est précédé d'une pré- 
position et que le verbe de la proposition est le verbe substantif, on 
intercale ce dernier entre le possessif et le substantif : ind rig fu-a- 
robatar mam « les rois sous le joug desquels ils étaient » (m. à m. sous 
leur ils étaient joug), Ml. 85 d 10 (cf. 69 d 7). 

§ 647- Mais il arrive aussi que sans recourir à l'emploi de l'adjec- 
tif possessif la langue exprime tout simplement le relatif par la nasa- 
lisation : im-cech-rét runecai les « pour chaque objet dont ils ont 
besoin » (m. à m. « qu'ils ont besoin ») Ml. 67 b 4 de riccim less 
« j'ai besoin », cf. Ml. 3 a i4, 36 c 10. Le même procédé apparaît 
dans un tour analogue Ml. 97 d 7 et Sg. 198 b 6, mais où l'indice 
relatif n'est pas exprimé, ce qui peut tenir à la présence de la négation 
nad (cf. § 687). Au contraire, on trouve dans \A b. avec le tour indi- 
qué dans le paragraphe précédent ani rien aJess « la chose dont j'ai 
besoin » (m. à m. « j'ai son besoin ») Wb. 32 a 4 (cf. 20 c 11, 2/i 

b2). 

Remarque. — Parfois même la nasalisation peut manquer, et rien nin- 
dique alors la relation qui unit les deux termes : diingnim rohn acaibiir lat 
duforbu « à l'acte que tu as désiré accomplir » Ml. 5o c i4 (m. à m. « à 
l'acte fut désir à toi d'accomplir »). 

§ 6/48. Le tour indiqué au § 646 pour exprimer le relatif au génitif 
se trouve même employé dans les textes récents du vieil-irlandais 
lorsque le relatif est précédé d'une préposition. 

Ainsi : nech suidigther loc daingen do « quelqu'un à qui est établie 
une mauvaise place » Ml. 87 d 10 (m. à m. « qu'est établie une 



DL LA PiiUAsi: KELAim; 343 

place mauvaise à lui » : noter l'emploi de la forme relative suidigîhcr) ; 
cf. Sg. 26 b 7. 

^ ô/jQ. L'absence de pronom relatif rend parfois très difficile l'ex- 
pression de certains rapports indirects entre deux propositions. La 
langue se lire d'affaire le plus souvent par une anacoluthe (cf. § 579). 

Ex. : /;/// dianairchissi dia is-do is-torbe « le profit est à celui à qui 
Dieu pardonne » (m. à m. « celui à qui Dieu pardonne, c'est à lui 
qu'est le profit ») Vsh. \ c 20; indliter hiiatinscana inchetna persan 
isuadi dano intinscauat iuna aimsir olcbenœ « la lettre par laquelle 
commence la première personne, c'est par elle aussi que commencent 
les autres temps » Sg. 157 b 3 ; inmoltai dogniin se Iribindius 7 chiais 
araruichiiiir moguth occaib « ma voix s'est fatiguée aux louanges que je 
faisais par mélodie et par choeur » Ml. i36 a 8 (cf. 2 c 3, 34 a 23, 
etc.). 

§ 65o. Lorsqu'une même phrase relative comprend deux proposi- 
tions, il arrive parfois que la relation soit exprimée seulement dans la 
première. Ainsi : 

inti charas nech 7 fovtét « celui qui aime et qui aide quelqu'un « 
Ml. 3o c 3 ; bore iio-n-dob-iuolor-sa 7 iio-iii niôid'nn iiidib « parce que je 
vous loue et que je me glorifie en vous » \Vb. i/j c 18 ; nirbomebnl 
domsa epert frissoin rondbiad fàilte libsi 7 robtismaithi formbésasi ara- 
chiiinn « ce n'a pas été une honte pour moi de lui dire qu'il aurait du 
plaisir avec vous et que vos mœurs lui paraîtraient bonnes » Wb. 
16 b 19 ; cf. Wb. 7 b I . 

Mais la relation est parfois aussi exprimée dans les deux : isnaib 
diilib doforsat 7 iniiiianaccai « dans les éléments qu'il a créés et qu'il 
surveille » Ml. 17 b 6; cf. V\h. 24 c 17. 

§ 65i. Lorsqu'il y a deux verbes de suite dans une proposition subor- 
donnée, il arrive que la nasalisation soit exprimée dans le premier, alors 
qu'elle ne se rapporte logiquement qu'au second. Ainsi s'explique la 
curieuse phrase Ml. 46 d 10 : isi in rniscuis clôin asmbeir dorigcnsat assir 
« c'est la haine inique qu'il dit que pratiquèrent les Assyriens » ; l'indice 
relatif ne sert ici qu à Indiquer en général la subordination (pour l'emploi 
de dogniu, cf. 5o d i5). 



CHAPITRE V 

DELA SUBORDINATION 

I. — Des Propositions subordonnées relatives. 

§ 652. Les propositions subordonnées se divisent en deux catégories, 
suivant qu'elles sont ou non relatives. 

Les propositions subordonnées relatives sont celles qui ont avec la pro- 
position principale un rapport de relation ou dans lesquelles la phrase 
relative sert à l'expression de la subordination. Elles comportent toutes 
les caractéristiques de la phrase relative, étudiées aux §§ 628 et suiv. 
Le groupe verbal y présente donc les formes relatives (ou ce qui en 
tient lieu, § 62/1), la deuxième classe des pronoms infives (§ 625) et 
la négation nâ (jiàd, nach, § 626). Comme modification phonétique 
(§ 628), elles n'admettent naturellement que la nasalisation (§ 689), 
puisque le procédé de l'aspiration (§ 638) est réservé par définition à 
l'expression des rapports de sujet ou de régime direct. 

On étudiera successivement les propositions subordonnées relatives 
qui ne demandent pas le secours d'une conjonction et celles qui sont 
introduites par une conjonction ou locution conjonctive. 

A, Propositions subordonnées relatives qui ne sont introduites par aucune 
conjonction. 

§ 653. On emploie une proposition subordonnée relative sans le 
secours d'aucune conjonction dans un certain nombre de cas, cjui se 
ramènent à trois principaux : 

a. Après les verbes déclaratifs qui signifient « dire, aflirmer, pro- 



HE LA SUBORDINATION 3^5 

mettre, penser, juger, montrer, déclarer, croire, reconnaître, avouer, 
signifier, annoncer, etc. ». Le modo employé dépend du sens comme 
dans les propositions indépendantes ; pour le subjonctil après les verbes 
signifiant croire, v. § li6-j. 

asbiur « je dis » : asrubart son ro-n-gaid dia 7 ro-n-d-cualae « il dit 
qu'il avait prié Dieu et qu'il l'avait exaucé » Ml. 53 b 2G; cf. \Vb. 2 
c 2^, 16 b 19, 17 a 12, i8 d I, Ml. 3 a i5, 20 b 2, 20 c 5, 
21 c 1 1, 24 d 20, 2601, 33 c 17, [\[\ b 19, 5o d i, 53 d 6, 55 d 20, 
56 b i5, etc. 

adjîadaim «j'annonce « : ciasidjîadat soin du-n-d-icfet injochaidi « bien 
qu'ils annoncent que les afflictions leur viendront » Ml. 19 b 11. 

arégim « je me plains » : ciarud reigsom na-m-boi remcisiu dk « bien 
qu'il se soit plaint qu'il n'y ait pas de providence de Dieu » Ml. 5o d i . 

celim « je dissimule » : nkeilsom tra as-n-é crist « il ne dissimule 
pas que c'est le Christ » W b. /j d 16. 

crethn « je crois » : roc refus do-n-génid « j'ai cru que vous le feriez » 
Wb. 17 a 6 (= *do-n-d-génid) 

rocuala « j'ai appris » : raciialid as-n-é « vous avez appris que c'est 
lui » Wb. 22 a 23 (cf. § 619). 

derbaini « je prouve » : inderbad ./. ro-ni-bôi dliged remdeicsen dé 
desom « la preuve, à savoir qu'il y eut une loi de providence de Dieu 
pour lui )) Ml ig d 17. 

doadbadini « je montre » : doadbad ara-n-ecaiar inraicci « il montre 
qu'ils sont trouvés dignes » Ml. 19 d 21 ; cf. Wh. 6 d 6, 7 a i3, 
12 a II, 12 d 20, 19 b i/i, 23 a i3, 27 d i3, Ml. 00 b 2, 56 c 1 1, etc. 

doairchanim « je prophétise » : doarrchet dichéîn no-m-hiad adrad dk 
lagenti « il a été prophétisé depuis longtemps qu'il y aurait adoration 
de Dieu chez les gentils » Wb. 6 d 8. 

doairngirim « je promets » : dorairngred ro-in-bad oirdnide achland 
« il a été promis que son enfant serait ordonné » Wb. 2 c 12. 

dobiur forccU , dobiiir teist « je donne témoignage » : dorât dia forcell 
desom ro-n-genisom degniinii « Dieu donna de lui témoignage qu'il avait 
fait de bonnes actions » Ml. 22 d 19 ; condarta câch teist foir as-n-uisse 
grad foir « que chacun porte témoignage sur lui qu'il a reçu justement 
les ordres » Wb. 28 b 3i. 

domoiniur « je pense » : indi domuinetar du-n-doichfea ni doib « ceux 



346 SYNTAXE 

qui croient que quelque chose leur arrivera » Ml. 3y d 2(3 ; cf. AN b. 12 
d 21, 16 d 4, 17 d 23, Ml. 4o c 17, 49 b i3, 61 d 2, 96 b 18, 
i3o d 4. 

foilsigim « je montre « : foillsigthir as n-isel indoinacht iar imicniud 
« il est montré que l'humanité est vile par nature » Ml. 26 c 5. 

forgeUa'wi « je prouve » : fortgeUat agniinai saineiiilaisoin iiad-n- 
dcyginisom anuiJesin « ses excellentes œuvres prouvent qu'il n'a pas 
fait tout cela » Ml. 23 c 1 5. 

inifhrciiaigîHi « j'affirme » : do iinîhreinigud as-iMiisse tasgid iiid àisso 
^ràid « pour affirmer qu'il est juste d'entretenir le clergé » Wb. 
29 a i3. 

mchosaigîiii « je signifie » : do inchosc nadtaicsct rûna 7 ro-m-bôi 
fiai ahurisse etcracride « pour signifier qu'ils n'avaient pas compris les 
mystères et qu'il y avait eu un voile d'incrédulité entre leurs cœurs » 
Wb. i5 a 29. 

rofefar « je sais » : is and rofessatar ata-n dâiiii aprisci « c'est alors 
qu'ils reconnaîtront qu'ils sont des hommes fragiles » Ml. 69 b i. 

rosagim « je mets en doute » : nicoir doueiich rosacht ro-n-icad diiaid 
« il ne convient à personne de mettre en doute que David ait été 
sauvé » Ml. 18 d 20. 

On trouve de mèine des propositions à indice relatif dépendant de verbes 
latins tels que c?/o (Wb. 2 a i3), dico (Ml. i3i c 3), doceo (Wb. i3 a 18), 
cxspecto (Wb. 4 a 19), iudico (Wb. i c 10), nego (Ml. 58 a 9), sciô (Wb. 6 
a 27), scribo (Wb 5 c 4). ^pcro (Wb 21 a 3). 

§ 654- Aux verbes déclaratifs doit être jointe la locution is ardi 
« c'est signe », qui se construit de même. Ex. : is ardi son do-ni-bera 
dia doneuch nodneirbca ind « c'est signe que Dieu donnera à quiconque 
se confiera en lui » Ml. 5i b lo. 

On peut ajouter également l'emploi de la construction relative après 
fo-chosmailius « sous ressemblance que », d'où « de même que » : 
fochosmailius tiagar « de même que l'on va » Ml. i5 a 2 ; fochosniailiiis 
no-n-da-fails-igetar » de même qu'ils les désignent » Sg. 71 b 7. 

§ 655. b. Après les verbes cjui expriment le pouvoir, la volonté, la 
nécessité, la crainte, etc. Le mode employé est dans ce cas nécessai- 
rement le subjonctif (Strachan Sul'j. 3o2). Ainsi : 

cnnic... du-n-ema induine aralailiu « il peut protéger (m. à m. qu'il 



DE LA SUBORDINATION 



protège) l'homme contre Tautrc » Ml. 7/j b i[\ (cf. diiema « il proté- 
gera » Ml. 67 c 5) ; n-armlar « qu'ils soient armés » (dépend de pole- 
riiit et glose potcrinl aniiari) Ml. 16 b (cC. 2/i d i 4) ; ni cumaing 
ara-n-isar aiid « il ne peut pas être trouvé ici » (Sg. 2oy b i.'^)); — 
no-ii-gabtbe descnirecht diinn « que vous preniez exemple de nous » 
(dépend de oporîeat et glose quemadmodum oporteat imitari nos) Wb. 
y() b i3 ; cf. AVb. 28 c 11, Ml. 5i a 17; — adraigseiar no-n-da- 
bertais « ils craignirent qu'ils ne les emmenassent » (Ml. 12/1 b 6); 

— roloniitr nii-n-dai-ges « j'ose t'implorer » Ml. 21 b 5; — ./. ad- 
n-amraigthcr A. no-n-etaiglber « que tu admires, que tu jalouses » 
(dépend de noii et glose ipse ergo noli acmiilari sine mirari) MI. 56 b 89 ; 

— asi-n-hela « qu'il meure » (dépend de non patieris « tu ne toléreras 
pas ))) Ml. 38 b (3. 

§ 656. Aux verbes de ce genre doit être jointe la locution is cccu 
« il est nécessaire » qui se construit de même : is-ecen dam son 
no-n-da-ges daitsiu « il m'est nécessaire que je te les demande » 
Ml. 21 b 9 (cf. Sg. 207 b II, 211 a 10). 

Egalement la locution is dccniiug « il est impossible » : nihu deguiing 
do-n-etadsoni achorp jddesin <( il ne serait pas impossible qu'il retrouvât 
son propre corps » Wb. 10 d 20, niho decuiing ro-m-bed imthanad 
hisuidib « il ne serait pas impossible qu'il y eût alternance entre eux » 
Wb. 21 a i3. 

§ 657. c. Pour indiquer un événement ou un fait. 

Lorsque l'expression d'un fait a lieu au moyen d'une proposition 
tout entière, cette proposition a la forme relative. La proposition en 
question joue le plus souvent le rôle de sujet, et dans ce cas, elle est 
parfois précédée d'un démonstratif au neutre: « ceci que... ». Ainsi : 

bad nertad di'iib inso as-n-eirsid « que soit un encouragement pour 
vous ceci que vous ressusciterez » (que le fait que vous ressusciterez 
soit un encouragement) Wb. 25 b 25 {ciss-cirsid, prés, du fut.) ; 
coniecmi nâd-n-airchissa « qu'il n'arrive pas qu'il n'épargne pas » Wb. 
5b 35; is-krithir inso no-n-ouidiin-se dia n-enit-su aiiml... «le fait 
que j'implore Dieu pour toi est aussi empressé que... » ^A b. 27 d 19. 
S'il n'y avait pas inso, ce dernier exemple pourrait être ajouté à ceux du 
§669. 

§ 658. A cette catégorie se rattache l'emploi de la phrase relative 



348 STNTAXE 

après la locution double///... act is... u ce n'est pas que..., mais c'est 
que... » ; par exemple : /// nàd lii bed... âichorp act ata dé « non qu'il 
ne soit pas du corps, mais il appartient au corps » Wb. 12 a 22; 
ninadtodoichfet « non qu'ils ne viendront pas » Ml. 28 b 6. 

Voir d'autres exemples au § 718. 

C'est par ce tour aussi que s'explique l'emploi de cenmithà (§ 282) 
avec une proposition subordonnée relative : cenmithà ara n-ecatar 
coitchena in or dano « sauf que des noms communs en or se trouvent 
aussi » Sg-. 65 a II. 

§ 669. Après les locutions adjectives du type is faillis « il est clair », 
is siiaichnid « il est manifeste », on rencontre parfois une proposition 
subordonnée relative ; en réalité cette proposition exprime un fait qui 
peut être considéré comme le sujet du verbe copule placé en tête de la 
phrase. Ainsi : 

Après is doig « il est vraisemblable » : ba-doig bed n-ingcert in 
testiminso « il serait vraisemblable que ce texte fût incorrect » 
Ml. 61 b i5 ; — is fol lus « il est clair » : is faillis... ro-n-ictha ind 
huli doini rochreitsei inchollugud crist « il est clair que tous les hom- 
mes ont été sauvés, qui ont cru à l'incarnation du Christ » Ml. 
60 b 16; cf. AVb. I b i4, 12 d 28, 26 b 3, Ml. 74 d 7 ; — is 
immaircide « il est naturel » : ba nephimniaircide nad techtadsom dliged 
coimdemnachtae « il serait inadmissible qu'il n'eût pas le droit de dorai- 
nation » Ml. 17 b 6 ; — is niacbdad « il est étrange » : nibu rnachdad 
bed coiichenn « il ne serait pas étrange que cela fût commun » 
Sg. 68 a 3 (coitchenn = n~coitcbenn, § 172); — is suaichnid « il est 
manifeste » : is suaichnid sund ira as-rect niaid « il est donc ici mani- 
feste que c'est une bonne loi » Wb. 3 d 10 ; cf. 10 a i5. 

Toutefois, la plupart des locutions de ce genre se font suivre d'une 
proposition dont l'expression de la relation est absente, comme cela 
sera indiqué au § 696. Sur les locutions adjectives qui marquent la 
manière, v. § 644- Sur l'usage de la conjonction cia après les locu- 
tions adjectives, v. § 705. 

§ 6C0. La construction est naturellement la même lorsque le 
démonstratif qui annonce la proposition subordonnée est précédé 
d'une préposition : « en ceci que », « à cause de ceci que », etc. 
Ainsi : 



DR LA sni()unr\ATio\ 3/i9 

Après ar inâi « à cause de ceci » : tii-arindi hed n aipert asindrohrad 
soDi acht is arindi arruneastar « ce n'est pas à cause que ce fût un mot 
qu'il aurait dit, mais c'est à cause qu'il avait attendu » Ml. 5o b 8 
(gl. sustinendo non loquendo) ; cf. Ml. 29 a 4, 3i b 17, 85 d i, Sg. 
161 b 5, etc. — Xpvès iarsindi « après ceci » : iarsindî... du-n-athfoi- 
chret iaruin hulias indoirisin « après que tous ensuite reviendront de cette 
captivité » Ml. 72 d i. — Après isindî « en ceci » : isindi ar-n-dam- 
roichlis-se biiabâs « en ceci que tu m'as préservé de la mort » Ml. 
7^ d 7 ; is indi ro-n-dann-icais-ni « en ceci que tu nous as sauvés » 
Ml. 89 a 6 ; cf. Wb. 5 a 18 (isindi nachim-rindarpai), Ml. 17 b 9. — 
Après lassant « d'après ceci » : lassaiii ru-n-d-gab lat andedeso « d'après 
ceci que tu as ces deux choses » Ml. 65 a 2. 

C'est dans des exemples comme ceux qui ont été cités en dernier 
qu'on saisit sur le vif le procédé de formation des conjonctions ; 
arindi, iarsindî, isindi, Jassani sont déjà de véritables locutions con- 
jonctives et létude de leur emploi est une introduction naturelle aux 
§§ 661 et suiv. 

Pour obodin « mais » avec une proposition relative, v. § 509 Rem. II. 

B. Propositions subordonnées relatives introduites par une conjonction. 

§ 661. Les conjonctions qui demandent après elles la construction 
relative sont : 

les conjonctions comparatives anial,feib et oJdaas (indaas) ; 

les conjonctions temporelles an, intain, lase et ce'in ; 

les conjonctions causales bore, dcg et fobith ; 

les conjonctions finales ara n- et co )i- ; 

la conjonction hypothétique dia n- ; 

la particule interrogative //;. 

Ces conjonctions dérivent presque toutes soit de substantifs, soit de pro- 
noms, et la forme relative de la proposition qui les suit peut par suite s'in- 
terpréter d'après l'un des emplois ont été examinés aux §§ 689 et ss. 

§ 662. amal « comme ». 

Cf. Strachan Siibj. 282, Pedersen KZ XXXV 386. 

Cette conjonction a la forme aniail dans les plus vieux textes (Cam. 
constamment, Wb. prim. man. 21 c 10, 22 c i/i; cf. Thurneysen 
ZCP III 49)- Elle admet après elle tous les modes des propositions indé- 
pendantes. 



SY>TAXF. 



Exemples : aiual ru-vi-hôi abrani « comme a été Abraham » Ml. 
3i a 3 (prétérit); ainaJ as-n-indedar issoscéJii « comme il est déclaré 
clans Févangile » A\'b. i3 a 36 (présent de Tindicatif) ; amal iarmi-n- 
dochad « comme il recherchait cela » iMl. 58 c 7 (imparfait de l'indi- 
catif) ; amaJ m-hias agniiii càich « comme sera l'œuvre de chacun » 
Ml. 3o d 2 (présent du futur). 

Pour amal au sens de « comme si » v. i; 701. 

§ 663. La proposition principale qui suit celle qu'introduit la con- 
jonction amal contient généralement une particule telle que da}io ou 
sic (§ 620) ; elle peut aussi être introduite par is-sanilid « c'est ainsi » : 
amal nad-n-craih Uns disnidiu issaniJid insin ni-s-gaib som Uns difor- 
diiiclaimmim muîlmaitJjesc « de même que ne les saisit pas le dégoût 
de ceci, c'est de même que ne les saisit pas le dégoût de dévorer mon 
peuple » Ml. 34 h 6. 

Parfois samJid y figure ailleurs qu'à la première place : amal do-ii- 
cmat coin asiiihu arindcroima som dia samlid « de même que les oiseaux 
protègent leurs petits, que Dieu le protège de même » Ml. Sg c 22. 

Enfin, on peut n'y rencontrer aucune particule : amal fo-n-gni cach 
hall dialaiJin isinchorp arafogna talland càich uaiini dialailiu « de même 
que chaque membre sert à l'autre dans le corps, que le talent de chacun 
de nous serve à l'autre » Vsh. 12 a 12. 

§ 664- feih « comme ». 

La conjonction /é'/T' « comme », peu employée, se construit comme 
amal. Exemples : 

feih dii-n-dalla indih « comme il y a place en eux » Ml. 3o c 17 
(cf. Strachan RC X\I 176). 

fih cis deg ropriched « comme c'est le mieux qu'il avait été prêché » 
Wb. 23 a 3 (///; au lieu de feih, peut-être par atTaiblissement de procli- 
tique, § 160). 

§ 665. oldaas « comme, que ». 

Cf. Strachan Siibj. 284. 

~ L'usage de oldaas (Jndaas dans les textes récents) est strictement limité 
à l'emploi après comparatif; aussi a-t-il été exposé § 234- On rappellera 
seulement qu'après oldaas peuvent se trouver tous les modes des pro- 
positions indépendantes, même l'imparfait du subjonctif (cf. Ml. 59 a 7, 
123 c 10, 1 35 a 1 3) au sens de possibilité. 



DE T.A SlTIOnniWTTON- 35 I 

§ 666. Observation générale sur les conjonctions temporelles a)i, 
intain, lase, céin. 

Les quatre conjonctions temporelles an intain lase « lorsque, 
quand » et céin « tant que » admetlent tous les modes des propositions 
indépendanles. C'est à dire qu'elles peuvent être suivies du présent ou 
de limparfait de Tindicatif, du prétérit, du présent ou de limparfail 
du futur (ce dernier au sens de possibilité). Elles admettent également 
le subjonctif, soit avec la valeur de possibilité, soit plus souvent pour 
marquer la généralité ou la répétition. 

Cf. en général Strachan Subj. 2 8(3. 

§ 667. an « quand ». 

Exemples : an-na-ro-b sa bithe « quand je n'ai pas été frappé » Ml. 
/i5 d 6 (jpréléril) ; an-nâd foirpret inoensillaib « quand ils n'augmentent 
pas d'une syllabe » Sg. 48 b5 (prés, de Tind.) : an-no-n-dcrbid « quand 
vous prouvez » A\b. 22 b 2^ (id.) ; a\n\-na-in-bci ccailsi « quand ils 
ne seront pas devant être examinés » Ml. i5 d 7 (présent du futur); 
an nutesed « quand il fuirait » Ml. 29 d g (imparf. du subj.); an-no-n- 
geiss càch ininiarbonialnad « quand tu implores chacun pour son accom- 
plissement » A\b. 3o b 4 (prés, du subj. de répétition). 

§ 668. intain (intan) « lorsque ». 

Cf. Pedersen KZWW 887. 

La conjonction inlain, plus souvent écrite intan, est proprement Tac- 
cusatif du substantif féminin tan « temps » précédé de l'article. Sa 
construction rentre donc dans les faits signalés au § 64i : cf. dobiursa 
fortachtain doib nach-taii ro-n-ecat aies « je leur porte secours en 
quelque temps qu'ils en aient besoin » Ml. 58 d 5. 

Exemples : intan durairngert dia du abrachani aniaithsin diicuilig 
« quand Dieu eut promis ce bien à Abraham, il jura » Wb. 33 d 10 
(prétérit) ; intan dorolaig dia do innuaill dorigni roicad iaruni « quand 
Dieu lui eut pardonné l'orgueil qu'il avait commis, il fut guéri ensuite » 
Ml. 00 d i5 (id.) ; intan do-ni-ber digail « quand il donne punition » 
Ml. ii4 d II (prés, de l'ind.) ; intain doni-béra digail forpecthacbu 
« quand il donnera punition aux pécheurs » AA b. 25 d ig (prés, du 
futur); intan bes }i-âil do « quand il lui plaît » Ml. g^l c 17 (prés, du 
subj. de généralité). 

Remarque. — Intain peut quelquefois se traduire par « si » ; par ex. 



.).)2 SYNTAXE 

epert nadfel dliged remcaissen ladia intain conairleci innabochtu fochumachtii 
innasommae « dire qu'il n'y a pas chez Dieu de loi de providence s'il laisse 
les pauvres sous le pouvoir des riches » Ml. 27 d lo. 

§ 669. lasc « quand ». 

Cf. Pedersen KZ XXXV 887. 

Exemples : cid lase no-m-hiin se lasinnisin « même quand j'étais avec 
celui-ci » Ml. 58 d 9 ; lasse no n-doh-sonuni^etar « quand ils vous enri- 
chissent » V\h. 17 a I ; lasse ad-n-clliiib « quand je visiterai » \^b. 
i4 a G; Jase ar-n-dam-fuirset « quand ils me retiendront » Ml. ii^ 
c II ; lase do-n-aithfoicherr « quand il reviendra » Ml. 3^ d 8. 

§ 670. céin « tant que ». 

Cf. Pedersen /CZ XXXV 887. 

Exemples : cein ro-n-gabus icarcair « tant que j'ai été en prison » 
Wb. 23 b 18 (prétérit); cf. 17 c i ; céin iii-biis ocfognam diachoimdid 
« tant qu'il est à servir son maître (tant qu'il sert...) » \A b. 8 b i 
(présent de l'ind.); ceineno soifesiii hûaiin « tant que tu te détourneras 
de moi » Ml. 33 a i (présent du futur) ; céin bas m béo infer « tant 
que le mari est vivant » \\b. 10 b 23 (présent dusvdDJ.) ; cein-bes nuied- 
nise gnid cachdagnim « tant que subsistera le nouveau testament, faites 
toute bonne action » Wb. 33 a 17 (présent du subj.). 

§ 671. hôre (hûare, § 65) « parce que ». 

Cf. Pedersen KZ XXXV 887. 

La conjonction hôre signifie exactement « du moment que » ; elle est 
en effet tirée du substantif féminin hûar, emprunté lui-même au latin 
hora. Sa construction est donc en tout semblable à celle des substantifs 
exprimant le temps (§ 64i). Sans doute à cause de cette origine nomi- 
nale, la construction n'en est pas toutefois rigoureusement fixe et admet 
un peu de flottement ; on verra au § 696 que la conjonction hôre peut 
aussi se construire librement sans indice de relation. 

La conjonction hôre « parce que » admet après elle tous les modes 
des propositions indépendantes: 

is Imare ro-n-gnith « c'est parce que cela a été fait » Ml. 3i b 20 
(prétérit) ; hore pridchas commaith 7 comalnas insoscéle « parce qu'il 
])réche bien et qu'il accomplit l'évangile » ^\b. 7 b i5 (présent de l'in- 
dicatif) ; hore nocomalnid 7 nopridchid soscéle « parce que vous accom- 
plissez et prêchez l'évangile » y\h. 23 a i5 (id.) ; hôre do-n-adbat pecthu 



DR I.V SriiOUniNATION 



« parce t|iril moiilic les pécliés » \Vb. 3 c m i (itl-) ; biKire iiad n deniin 
oïc tar ivsi niiilc « parce que je ne rends pas le niai pour le mal » Ml. 
/io a 17 (id.). 

§ 672. dég « parce que ». 

La conjonction dég ne figure pas dans Wb. ; mais on la rencontre 
dans Sg. : rohu anfiss dosom inrolég fanacc dég ro-ni-bit écndaircc do « il 
ne sut pas s'il avait lu ou non parce qu'il s'était trouvé absent de lui )> 
Sg. i/i8 a 6. 

§ 678. fobith « ji'irce cpie )>. 

La conjonction fobith est une de celles dont rorigine noniinalo est 
1(> plus claire ; elle se ressent de cette origine dans le fait cjue sa cons- 
truction est loin d'être affermie, comme on le verra au § (JgO. 

fubith do-n-gniat cercol « parce qu'ils font un cercle » BCr. iS d 2 ; 
fobith as n-athchian inbriathar remeperthe « parce que le mot cité avant 
est très éloigné » Sg. 67 a 12 ; fobith nàd comlhoet in is « parce qu'ils 
ne convertissent pas o en is » Sg. i63 a i (cf. 172 a /j, 197 a 1.")). 

§ 67/). Observation sur les trois conjonctions ara n-, co n- et din n-. 
Les trois conjonctions ara n-, co n- el dia 11- contenant déjà l'indice 
relatif dans leur forme même, ce dernier n'a pas à être répété dans la 
forme verbale c|ui suit. Le cas est le môme pour les conjonctions néga- 
lives correspondantes ar-na et co-ua (cf. § '^•78) bien qu'elles ne con- 
tiennent pas de marc[ue relative (§ 558), 

Tl importe de noter cjue les trois conjonctions ara n- (arna), co n- 
(cona) et dia n- sont toujours suivies de l'accent (§ 423 2"). 

§ 675. ara n- « alin cpie, cjue w. 

Cf. Strachan Sahj. 294- 

La conjonction ara n- (négative ^r-;/^/, cf. i; 558) se construit toujours 
avec le subjonctif; ce n'est ([ne la combinaison de la préposition ar et 
du relatif (§ 555). 

Elle marc[ue généralement le but et représente ce cpi'on appelle une 
conjonction finale. 

Ex. : is do bar tinchosc araiidernaid aiidogniani ni 7 arnadernaid annad 
denamni « c'est pour votre instruction, afin que vous fassiez ce que nous 
faisons et que vous ne fassiez pas ce que nous ne faisons pas » Wb. 
16 a 2/4 ; arnachammctarscarthar « afin cpie je ne sois pas séparé » Ml. 
47 c 10; arnaructais indori « afin qu'ils ne fussent pas emmenés en 

23 



354 svNTAxr. 

captivité » Ml. i-jô c 2; ania esngaba uwd âciiiiuinrh « pour que le 
châtiment n'excède pas la mesure » Ml. 2208 (de *ess-ind-gabiiii). 

§ 676. Par extension, ara n- s'emploie après les verbes qui signifient 
ordonner, exhorter : hu(a)re ashered hercinias friusom fesin ayangnelis 
d(eg)nimu « parce que Jérémie leur disait à eux-mêmes de faire de 
bonnes œuvres » Ml. 54 c 18; asbeirsoDi frisiiatonis aruda ersoiJcet « il 
commande aux portes de s'ouvrir » Ml. 4f» a 12. 

Et même après des verbes déclaratifs au simple sens de « que » : 
naepred anieiiiiie annbad ferr son « que son esprit ne dise pas que ce 
serait meilleur » \A b. 10 a 16; /;/ aisudct duaid airrndis hé iiisti nad 
ocmanaiar holbrogaib « David ne déclare pas que ce seraient les justi 
ceux qui ne sont pas touchés par les misères » Ml. 54 a 12. 

§ 677. Il suit de là que ara n- a pu être employé librement au sens 
de « que » : ma beith aran dena nech dinaib noibaib huail(l) « s'il arrive 
que c|uelqu'un des saints commette de l'orgueil » Ml. 5i a 16 ; hoc non 
inuenitur .i. ara-tcsed b isiusUlaib iàuaisi « que /; aille dans la seconde 
syllabe » Sg. 21 b. 9 ; is-incair arndip samlid dochàch « il est raisonnable 
cpi'il eu soit ainsi pour chacun » AVb. 22 c 11 ; nî-asse araniinfognad 
iniansid friss'ni brcthir as siiin « il n'est pas facile que l'accusatif dépende 
du verbe sum » PCr. 61 b 2; arindoroiina soin dia « que Dieu le pro- 
tège » Ml. 39 c 22 (cf § 557). 

§ 678. co n- « jusqu'à ce cjue, aiin que, de sorte que ». 

La conjonction co n- n'est que la combinaison de la préposition co 
(§ 278) et du relatif (§ 555). Négativement, elle a régulièrement la 
forme co na (§ 558). Toutefois, on rencontre parfois la graphie conna 
coniiacb. Mais le rétablissement de Vn finale de co n- dans des cas où les 
conditions phonétiques exigeaient sa chute a été constaté au § ii4; 
on peut donc ici l'expliquer par l'analogie, d'autant plus qu'il était 
favorisé par une habitude graphique : les conjonctions co (§ 706) et 
co n- sont le plus souvent écrites en abrégé J ; là où les copistes ont 
résolu l'abréviation, ils ont été exposés à confondre par erreur les deux 
conjonctions. 

Wb. 28 a 10 conromiccad semble devoir être corrigé en co-ro-m-iccad, puis- 
qu'on a le pronom infixe de la i"^^ classe ; mais cf. § 620. 

§ 679. La conjonction co n- signifie à la fois « jusqu'à ce c|ue », 
« afin que » et « de sorte que », c'est-à-dire qu'elle introduit à la fois 



DF. L\ SUROIiniN \ IlON 



(les proposiliuiis leiii|)uiellos, linales el oonséculivcs. Dans ces derniers 
emplois, elle esl souvent remplacée par la conjonction co (§ 706), sans 
qu'il soit possible d'établir une nuance de sens entre les deux. 

Cf. ïhurneysen RC \I 817 qui compare: co-dodonat « qu'ils se conso- 
lent » Wb. 26 d 21 (gl. ul consulenlur corda ipsorum) à con-idharat acorpu 
K qu'ils offrent leurs corps » ^\ b. i b 30 (gl. ut contumeliis adficicnt cor- 
pora sua). 

§ 680. Au sens de « jusqu'à ce que », la conjonction co n- se cons- 
truit avec l'indicatif toutes les fois qu'il s'agit seulement de l'expression 
d'un fait, mais avec le subjonctif quand la proposition tenqiorelle esl 
donnée comme un élément de la pensée du sujet parlant (intention, 
désir, attente, crainte, etc.). 
Cf. Stracban Suhj. 290. 

Exemples : ni-bi cian coiiid apail « il n'existe pas longtemps jusqu'à 
ce qu'il meure » Ml. 91 d :i (indicat. prés.); robôi aimser nadrochrcilsid 
condubtanicc misericordia dei « il fut un temps où vous n'avez pas cru 
jusqu'à ce que vous vint m. d. » \\h. 5 c 10 (prétérit); nitaibrc gràd 
fornech confeser a'mruccns doiigrâdsiii « ne confère pas de grade à 
quelqu'un jusqu'à ce que tu connaisses son aptitude à ce grade » V\b. 
29 a 22 (subjonctif présent) ; co-tî infirbrithein (^ *co n-tî, cf. § 172) 
« jusqu'à ce que vienne le vrai juge » (gl. nolite ante tempus iudicare) 
Wb. 8 d 25; cf. Ml. 26 a 5 (id.); con-didtîsed indaimser ba[d]chomadas 
dô « jusqu'à ce que fut venu le temps qui lui conviendrait « Wb. 21 a i 
(imparfait du subjonctif). 

§ 681. Au sens final (« alin que h)^ co n- se construit avec le sub- 
jonctif; au sens consécutif (« de sorte que »)^ co ;/- admet tous les 
modes des propositions indépendantes (§ 717). 

Cf. Strachan Subj. 294-295. 

sens final : con-dcua degn'nn « afin qu'il fasse vme bonne œuvre » 
Ml. 20 a i4 ; coii-dartar di'inni « afin qu'elle nous soit donnée (la 
gloire) » Wb. 4 a 18 ; is do dugnîinse anisin combin cosmail fri eiicu 
« c'est pour cela qne je faisais celte chose, afin que je fusse semblable 
aux innocents » Ml. 91 b 7 ; coii-da-riccad dia « afin que Dieu les 
guérît » Wb. 4 d 19. 

sens consécutif : cona îiagat taracricha corai « de sorte qu'ils ne 
vont pas à travers leurs propres frontières » Ml. 5i d 3 (cf. i5 b i5) ; 



?i'){') SYNTAXK 

(chidiehanlur) inchiùDiait coiiaciuiigaitis ni di'imii « les eniieiiiis cl. de 
sorte qu'ils ne pouvaient rien contre nous » Ml. 102 a 9 (imparfait) ; 
cotûbàrrig ort précepte conachdigîith « Tordre de renseignement vous a 
retenus de sorte que vous n'êtes pas partis » \\b. 9 b 19; connabiod 
dliged n-erchîssechîa ladia « de sorte qu'il n'y aurait pas en Dieu de loi 
de compassion » Ml. 98 c 8 (imparfait du futur de possibilité); rohoi 
dumeii a pccthae soin coinbii iiissc ancpcJlu ino'niecht « la grandeur de 
leurs pécbés fut telle qu'il était juste qu'ils mourussent sur le champ » 
Ml. 98 c 6; coii-dain cbnnlac « de sorte qu'il m'a entendu » Ml. 
95 c 9. 

§ 682. Co II- a pris de l)onnc heure le simple sens de « ([ue » et on 
la trouve par exemple avec ce sens très net dans : dlcgair on condih 
inducbaJ du dia ani as inducbal dia innntair « il est juste (m. à m. il 
est dû) que ce qui est gloire pour son peuple soit gloire pour Dieu » 
Ml. 90 b i3 ; is inunaircide... combad « il est naturel que ce serait » 
Ml. 27 d 22 ; asberat... conÛHid « ils disent que ce serait » Ml. 34 d 6. 

§ 683. Toutefois dans ces deux derniers exemples l'interprétation 
donnée ici est douteuse. On rencontre fréqviemment im élément con- à 
peu près explétif et contribuant tout au plus à marquer la possibilité 
dans des phrases comme : combad tracbtad hule iiiso « tout ceci pour- 
rait être du commentaire » Ml. 80 d 9 (cf. Strachan Subj. 2/I9). 

Cet élément semble le même qui apparaît précédé de la négation 
dans le tour ni con, nâ(d) con (^ 453) : ni-con~digénte « vous ne pour- 
l'iez faire » Wb. 9 d 9 ; negauit ./. ccin nonibetis innasaigtea tuidniithi 
innajeuil nad conbiad ic do « [il déclara] que tant que les flèches 
seraient fixées dans sa chair il ne pourrait y avoir de salut pour lui » 
Ml. 58 a 9. 

M. Pedersen KZ XXXV [\'20 enseigne que la locution ni con ne 
renferme ni le préverbe co n-, ni la conjonction co n-. Il n'est pas dou- 
teux en tout cas que cette locution ait sid^i l'influence du préverbe et 
de la conjonction, et que dans plusieurs des exemples où elle figure on 
puisse être tenté de reconnaître l'un ou l'autre. 

§ 684. dia n- « si ». 

Cf. Strachan Siihj. 260 et 829. 

La conjonction dia n- « si » est proprement une conjonction tempo- 
relle signifiant « quand » ; on la retrouve avec cette valeur dans quel- 



DE r,A sriiOuniNATiox 3."îy 

qucs exemples : dia-Iuid ditaid forloiii^dis « (|uan(l David alla en exil » 
Ml. 58 c /i (cf. 52, 55 c i). 

Au sens de « loulcs les fois que », dia ii- « quand » était suivie 
régulièrement du subjonctif (§ 4 G5) : diaii-dain-chondelc fritsu adk nila 
ferr indaas cethir « quand (toutes les fois que) je me compare à toi, ô 
Dieu, je ne suis pas meilleur qu'une bête » Ml. gi d 8. 

Mais dans cet emploi, elle était très voisine de la conjonction }}ia 
i% l^i) " ^^ ^^ ^ aussi a-t-elle empiété sur le terrain de cette dernière 
et pris le sens de « si » ; mais cet usage est soumis à deux restrictions : 

§ 685. a. dia n- « si » n'est employé que lorsque le verbe doit se 
trouver au subjonctif (c'est-à-dire dans le présent ou le passé, seule- 
ment au mode irréel, et dans le futur d'une façon générale; §§ 708 
et ss.) : 

robad bethu dom dian-chonialiiiiiii « j'aurais eu la vie si j'avais accom- 
pli cela » Wb. 3 c 28 ; ar-diam-bcm-ni Ijicombàs bemmi icomindocbàil 
(( car si nous sommes en comnumauté de mort, nous serons en com- 
munauté de gloire » AVb. i[\ a 10 ; diani-bad iiiaibi ropia indfochricc 
dobérthar di'inni « si vous êtes bons, vous aurez (sera à vous, § ^96) la 
récompense qui nous sera donnée » Wb. 16 a i3. 

§ 686. b. dia n- « si » n'est employé que lorsque la proposition ne 
contient pas de négation : 

ni loiir inbcndachad diain-inaldac/jac, ni loiir daiio iiiiicbiiialdai/jad 
tiianibendachae « la bénédiction n'est pas sudisanlc si tu maudis, ni la 
non-malédiction si tu ne bénis pas » A\b. 5 d 23 (« si » exprime ici 
la généralité, cf. § 711); air diiroimnibetar mopopuiise arrecht dian- 
uileniarbae siii anaimtea A. manibê nccb frischoinarr doibsom « car mes 
peuples oublieront leur loi si tu détruis complètement leurs ennemis, 
c'est-à-dire s'il n'y a personne qui s'oppose à eux » Ml. 77 a 12 
(cf. 1^2 b 2-3). 

Remarque. — Le subjonctif après dian- est parfois accoiupagné de ro : 
dianxrbalamnl ni bia nech runiccae sin adâe « si nous mourons, il n'y aura 
personne que lu puisses sauver, ô Dieu ! » Ml. 107 d \ (cf. 45 c 7. 102 b 
10, ACr. i4 a 0); ro semble ajouter à ces phrases un caractère d'éven- 
lualitc : « si nous venions à mourir » (5; 448). 

§ 687. in interrogatif. 

La particule interrogative ///- (^ si (interrogatif), est-ce que ? » se 



358 STMAxr. ' 

construit en général relalivcnient, même dans Tinlerrogation directe. 
Ainsi : in-dat-hendachuh « est-ce que je te bénirai P » \\1). 33 d 1 1 ; 
in-nad-n-accai (gl. non uides?) « ne vois-tu pas? » Ml. 17 b 17 ; hi- 
âat m-briathra « sonl-ce les mots? » Ml. ^[\ b 10 1 1 ; in-nàd-cualaidsi 
ageinti « n'avez-vous pas entendu, ô gentils? » ^^b. 5 a 21 (prétérit). 

Remarque I. — Exceptionnellement, on trouve inni ur au lieu de in-nad- 
n-irr « ne frapperas-tu pas? » Ml. 77 a 10, i3, i5. 

Remarque II. — La particule interrogative cani « est-ce que ne pas? » 
(§602) ne comporte pas de relation : cani-accai « nonne uides? » Ml. 26 
b i/|. 

§ 688. A plus forte raison, construit-on relativement les proposi- 
tions interrogatives indirectes introduites par in-. Ces propositions 
admettent tous les modes des propositions indépendantes ()^ 717) ; tou- 
tefois, le subjonctif délibératif (!^ 462) y est particulièrement fréquent. 

La particule in~ est le plus souvent précédée de dûs (de '^do fius) 
« pour savoir, à saAoir » : dui'ts iu-coiuaJnid arriipridchad dûib isoscélu 
« pour savoir si vous acconq^lissez ce qui vous a été prècbé dans 
Tévangile » \\h. i^ d 23 (prés, de l'indicatif); nifciatar in-sôirfetar 
« ils ne savent pas sils seront délivrés » jMI. 96 b 2 (prés, du futvu) ; 
na scarad frisinfcr dûs iu-r'ictar iriagnàissi « qu'elle ne se sépare pas de 
son mari, si par basard il pouvait être sauvé par sa compagnie » Wb. 
10 a 3. 

§ '^8g. Quand Tinterrogation est double, on peut répéter la particule 
in-. Ainsi : im-hein induibn ini-heni inihaàs « que nous soyons en vie ou 
en mort » Wb. 25 c 12 (m. à m. « est-ce que nous serions...? » 
prés, du subj. délibératif) ; im-b-inôgi ini-b-ilânanmas « que ce soit 
dans la virginité ou bien dans le mariage » Wb. 10 a 12 (id.). 

Mais le plus souvent, la seconde alternative est introduite par 
la particule ba (fû), qui n'est élymologiquernent qu'une forme emprun- 
tée à la flexion du verbe substantif (cf. ^ ^17; v. Pcdcrsen KZ 
\\\V 322 et 3o()). 

Ainsi : iin-ba bas ba-bcthii « la mort ou la vie » ? » \^ b. 20 b 02 
(gl. quid eligam ignoro) ; ni fetainniar ni ini du iudaib fagenlib bcrlhair 
a sanclis fil sunl « nous ne savons pas si c'est aux Juifs ou aux gentils 
qucst appliqué le mot sanctis qui est ici » Ml. 37 a 10 {bcrlhair forme 
absolue du svd^j. passif avec valeur délibcratiNc) ; secbib grâd i)nbcti}cr 



I 



U liOllDIN AI ION 



359 



and iiiip-ôge fa-Ianaiiinas « quelle que soil la condilion dans laquelle 
on se trouve ici, virginilé ou mariage » Wb. 10 a 18 (cf. 8 d 26, 
23 b /il) ; im fochrôib hà chian « ou sous la main ou loin » Sg. i5i b 2 
(cf. 188 a 8). 

Si la seconde alternative est négative, on emploie fanacc, fanaic 
« ou non » (cf. naicc « non » Wb. 2 b l'i) : 

arrofitir side imbo hochridiu fanacc « car il sait si c'est de cœur ou 
non » Wb. 27 c 11 (cf. Sg. 1^8 a 6); indi siint rogabad insalni fanac » 
si le psaume a été composé sur ce sujet ou non » Ml. 2!\ d 10 (cf. 
(43 d 20, 96 b 2). 

§ 690. C. Absence de l'expression de la relation. 

L'expression de la relation, avec les caractéristiques variées qui l'ac- 
compagnent (§ 623), peut manquer dans les constructions qui ont été 
énumérées aux §§ 652 et ss. Lorsque cette absence se produit dans les 
propositions subordonnées relatives cjue n'introduit aucune conjonction 
(§§ 653-66o), il y a tout simplement asyndète (absence de liaison), 
et des deux propositions cjui se suivent, rien n'indique que la seconde 
soit subordonnée à la première. C'est à dire qu'au lieu de « je déclare 
qu'il est grand, il est clair que Dieu est bon » on dit simplement: « je 
déclare il est grand, il est clair Dieu est bon », etc. L'expression de 
la relation peut manquer également après \m certain nombre des 
conjonctions indiquées aux §§ 661 et ss. ; la c<:)nstruction se ramène 
alors à celles qui seront étudiées dans le chapitre sui\anl. 

11 convient de distinguer l'un et l'autre cas. 

§ 691. a. La proposition subordonnée n'est pas introduite par une 
conjonction. 

Après les verbes déclaratifs, l'absence de relation est relativement 
peu fréquente ; on peut toutefois citer : asberat is-ar indeb isdénti toi 
dœ « ils disent que c'est pour le profit qu'il faut faire la volonté de 
Dieu » Wb. 29 b 12 (cf. Wb. 7 d 8, 8 d 2O, 22 b 23, 26 a G ; 
Ml. 3o c 3); rofetarsa is foirbthe do hiresso « je sais que ta foi est par- 
faite » W'b. 29 d i3; duadhat is dobabilondib téit « il montre que 
c'est aux Babyloniens qu'il s'applique» Ml. 47 a 17; arnatomnitisom 
bid-doirgairin cotiilta « pour qu'ils ne supposassent pas que ce serait 
pour interdire le sommeil » Wb. 20 c 12; aisndis is-trichaingnînm 
rosegar... indhires foirbibe ^ la démonstration que c'est par de bonnes 



36o SYNTAXE 

actions qu'est atteinte la foi parfaite w Ml. id c 19 ; taccu ni-nié as 
heo « j'afTirme que ce n'est pas moi qui suis vivant » \Vb. 19 a 18. 

Après la locution ata liiiiin « il ine semble » Fasyndète est de 
règle : ata-lat rabad assu aiodiusgud adc ^ il le semble que leur réveil 
serait plus facile » Wb. 25 b 17 ; cf. Ml. 90 a G après îiida-Iasiniucu- 
inaifi « il semble à l'esprit ». 

Enfin, on rencontre Tasyndète après is eola « il est Instruit, il sait » 
Wb. I a 4- 

§ 692. Après les verbes qui expriment le pouvoir, lu volonté, 
la nécessité, la crainte (§ 655), l'absence de relation est rare. 

On peut toutefois citer : noiiigoistigtisse « qu'ils me pendraient » 
(dépend de uoluerunt et glose laqneare uohieniïit nie) Ml. 5i b 26 (mais 
cf. § G25); conicfidsi bede preccptori « vous pourrez être des précep- 
teurs » (m. à m. que vous soyez) Wb. i3 a 10. 

§ 693. Dans l'expression d'un fait (§ 657), la relation peut éga- 
lement manquer ; ainsi : isiiidi ro-m-îcc-sa « en ceci qu'il m'a sauvé » 
Wb. 28 a 12 (mais cf. § 625); iars'uidi bâtir iiiricci diibdas bitili 
« après qu'ils furent tous dignes de mort » Wb. 5 c i\ (cf. Ml. 
21 c 3, io3 c i5); alir romanach arindi atrebat romain and « le 
territoire romain, parce que les Romains habitent dedans » Sg. 
33 a II. 

§ 694. De même après bon nombre de locutions, comme : 

is bcs (bésad) « c'est la coutume » : ba bés Jeiisoni dobcrtis daboc 
docbiini Icnipuil « c'était leur coutume qu'ils apportaient deux boucs au 
temple » Tui-. 110 c (cf. Wb. 4 d i5) ; is bésad i)ina flatho doeni 
7 dojich « c'est l'usage du prince qu'il protège et qu'il punit » 
Wb. 9 d 2. 

is niéitc « il est d'importance » : ba méite linini niscartha friiiiniii 
« il serait important pour moi que tu ne te séparasses pas de moi » 
Wb. 29 d 8. 

§ 695. C'est surtout après les locutions adjectives du type is gh' « il 
est clair », is suaiclniid « il est manifeste » (§ *J59), que l'absence de 
relation est fréquente ; on peut même dire qu'en dehors des cas signalés 
au § 659, pour les locutions de ce genre l'asyndète est la règle ordi- 
naire. Exemples : is derb « il est sur » : is-derb is-Jiron « il est certain 
que cela est juste » ANb. 25 d 10 ; cf. \\h. 2 c G, i4 d 11, 24 c 18 ; 



DE LA SUnOUDIN.VTION 36 1 

— !S feir « il est meilleur » : is-fcrr liiiiiii rafesid « j'aime mieux que 
vous le sachiez » A\ h. i :^ a i ; — i-^ ^l^ « 'I ''^t' »'lair » : is-o^lé limsa 
roiiilna biiàid <' il esl clair [)our moi que j'aurai la victoire » Wh. 
I 1 a lo; cl". W h. 9 d <), \'à à \\ — is machdad « il est étrange » : 
;//'/'// iiiachdall) dorôiila d'ut diiidliac « il ne serait pas étrange qu'il eût 
été fait luî (lieu de la pierre » Sg. 05 ai; — is siiaichnid « il est 
manifeste » : isitaigiiid nirubtar gàitha for coiiiairli « il est manifeste 
que vos conseils n'ont pas été sages » V\b. 18 c (i ; cf. \\b. 7 a i4, 
8 c i5, i3 a -jo, Ml. 44 b 29; — is lacair « il est convenable » : is- 
tacir deit nitàirk làt « il est convenable pour toi qu'il ne vienne pas 
chez toi » Wb. 3o d 20. 

Après la locution adverbiale is sauilid « c'est également, de même », 
Fasyndète est de règle : issanilid gaibid ni « c'est ainsi qu'il prend 
quelque chose » Ml. 5o a ô (cf. \\h. 4 a 4, 17, 27, 5 b 36, 6 a 12, 
12 c 32, i3 a 22, etc., ^11. 3o d 24, 35 d 26, etc.). Les exemples Ml. 
23 a 12, 45 c 9, cités par M. Strachan ZCP IV 67 comme une excep- 
tion, n'en sont pas, puisque la phrase relative y est précédée de insin 
(cf. § 657). 

Pour la construction de is eu m me au sens ce « c'est comme si », 
V. § 702. 

§ 696. b. La proposition subordonnée est introduite par une 
conjonction. 

Après les trois conjoctions/;tirt^(§ (î-\), fobith Qi, 673) et ainal (^ 662), 
tirées de noms, Texpression de la relation peut manquer. 

Ainsi : bore dofeich caeh iiolec y iiiârid eachmailh « parce qu"il punit 
tout mal et magnifie tout bien » Wh. (ja 16; fobiil) is-laipc inso 
« parce que ceci est un abrégé » Ml. i4 d 4 (cf. 3o a 9); anial ro-l- 
gàdsa « comme je t'ai prié » ^^ b. 27 d 19 (cf. 16 a 2, mais § 625). 

Pour les nombreux cas où l'on a tantôt hôre is, aiual is, tantôt 
hôreas, atiuil as, voir Strachan 5'///;j7. 67. 

D. Emploi abusif de la relation. 

s; 697. On vient d'examiner un certain nombre de cas où, malgré la 
règle, la relation n'est pas exprimée; inversement, il y en a quelques 
autres où par abus elle figure, sans qu'on puisse la justifier. Ces cas 
sont d'ailleurs fort rares et n'apparaissent généralement que comme 
des exceptions isolées dans les textes récents du vieil-irlandais. On 



362 



SYNTAtE 



les tfouvcra indiqués, eu ce qui concerne le nianuscril de Milan, dans 
un article de M. Strachan ZCP IV 67. 

Un seul mérite d'être mentionné ici, parce qu'il se retrouve dans tous 
les manuscrits : c'est celui de la conjonction acht « mais », qui, bien 
que simple conjonction de coordination (§ 612), se fait parfois suivre 
d'une proposition relative : roJegsat canôin fetarlaici 7 nufiadnissi aiiial 
ntndalegsanini acht ro-n-da-saibsct som « ils ont lu le canon du Vieux 
et du Nouveau Testament comme nous l'avons lu, mais ils l'ont déna- 
turé » Ml. 24 d 24 ; cf. \Vb. 3 d i3, Sg. 187 b 5 (Strachan Subj. 

279)- 

Pour la coustruclion relative après obodin, v. § 53() Rem. II. 



II. — Des Propositions subordonnées non-relatives. 

§ 698. Les propositions subord(mnées non-relatives sont introduites 
par les conjonctions acht « pourvu que », aiiial « comme si », ce, cia 
« quoique », co « que, afin que », ma « si », 6 « après que », rcs'm 
« avant que », secl) « puisque ». 

11 faut joindre à cette liste certaines conjonctions qui, bien que cons- 
truites d'ordinaire relativement, admettent aussi la construction non rela- 
tive ; par exemple ainal et hôre (^ 69G). 

Ce qui caractérise essentiellement les propositions subordonnées non- 
relati\es, c'est qu'elles admettent exactement les mêmes formes verba 
les que les propositions indépendantes (§ 717). Par suite, on y ren- 
contre toujours la première classe des pronoms infixes et la négation 
ni, qui sont de règle dans ces propositions (§§ 625 et 626) ; l'accent de 
la forme verbale n'y est jamais influencé par la présence de la conjonc- 
tion (§ 589) ; enfin les phénomènes d'aspiration et de nasalisation, en 
tant du moins qu'ils ont une valeur syntaxique (§ 628 et suiv.) n'y 
apparaissent point. 

Cf. Zimmer KSt II O7, Pedersen KZ XXXV 4i3. 

§ 699. Pour mieux illustrer cette règle, il est utile d'opposer en 
quelques exemples significatifs les usages respectifs de anml « comme » 
et anial « comme si », co n- « que » et co « que », dia n- « si » et ma 
« si », ô II- (t par lequel » et ô « depuis que » : 



DE I,A SUBORDINATION 



363 



ûNial iiûhi nâd-chial iio anial ni-aiis « comme ceux qui ne pleurent 
pas, ou comme s'ils ne pleuraient pas » \Vb. lo b i\ (cf. lO b yet 8); 
amal ni-s-tcctilis no co beil ûiiial innahi nad-leclat sétchi « comme s'ils ne 
les avaient pas, ou aliii qu'ils soient comme ceux qui n'ont pas 
d'épouse » (gl. ((ui babcnt uxores tanquam non babentes sint) 
^^ b . 1 1) b j . 

con-da-gaibtis « afin qu'ils les prissent » Ml. 3i c (i ; mais rosdà- 
nigestar dûn co-do-s-gneni « il nous les a données (les bonnes œuvres) 
afin que nous les lassions » AVb. 21 b 9. Sur la confusion de ro ;/- et 
de co, V. § 678. 

dian-da-dcrcaither « si tu les regardes » Ml. 102 b 10; mais 
iiiaiii-s-coiiialiiadar « s'il ne les accomplit pas » Mb. 2g a 16. 

ho-torgab (= ho n-torgûb, § 172) « par quoi il a commis » Ml. 
32 a 23 ; mais ho dii-ro-gbad inpeccad « depuis que le pécbé a été com- 
mis » Ml. 32 c g. 

On notera dans le premier exemple la différence des négations et 
l'emploi de l'aspiration, dans le second et le troisième la différence des 
})ronoms infixes, dans le quatrième Ja différence de la place de l'accent. 

Naturellement, la négation étant un proclitique intime (§ 323) et 
comptant pour un élément dans l'établissement de l'accent, on aura 
nia-doberad « s'il avait donné », mais mani-taibrcd « s'il n'avait pas 
donné » Ml. 35 c 26. 

!^ 700. acht « pourvu que ». 

La conjonction acht « pourvu que » se construit toujours avec le 
subjonctif accompagné de ro (§ ^^(\). 

Cf. Slrachan Subj. 278 et 33 1. 

Ex. : act-rocretea deacht 7 dôinecht crisi bitkss indhiiili dàni « pourvu 
({u'il croie à la divinité et à l'bumanité du Clirist, il aura tous les dons » 
W b. 27 b i5 ; scchip ed arabera biuth in diiine is serb ks acht ro(b)bro- 
nach « de quelque bien que jouisse l'bomme, il le trouve amer du 
moment qu'il est triste (pourvu qu'il soit triste) » Ml. 8(i d 12 ; acljt 
as-ro-barthar innii « pourvu que le mois soit désigne » BCr. 32 b 5; 
acht dncoistis « pourvu qu'ils vinssent « Ml. 3/i a g (subj. sigm., sans ro 
dans le verbe composé, § 333 Rem. II). 

§ 701. anml « comme si ». 

La conjonction anial au sens de « comme si » a un emploi essen- 



364 SY>TA\E 

tiellement ditTérent de celui qu'elle préseate au sens de « comme » 
(§ 662), puisque dans ce dernier cas elle se construit relativement, 
tandis que dans le premier elle introduit toujours une proposition 
subordonnée non-relative. 
Cf. Slrachan Siibj. ii8Z|. 

Le mode employé après aiiial au sens de « comme si » est réguliè 
rement le subjonctif sans ro. 

ainal ni had alrab ùdoib (ms. duiU) jndisin acht bid areceiii )uisgûbtis 
(( comme si ce n'était pas leur demeure à eux-mêmes, mais [comme 
si] c'était par force qu'ils l'avaient prise (la ville) » Ml. 68 b 3 ; anntl 
nibinunis jiii ni ctir « comme si nous n'étions dignes de rien du tout » 
Ml. 63 d I ; amal duberad nech hi ceist do ditaid « comme si quelqu'un 
donnait en question à David » Ml. 55 d 1 1 ; roptidchad di'iib ccssad crist 
amal adcethe no forôcrad di'iib ainaJ bid fiadib nocrochthe « la passion du 
Christ vous a été prêchéc comme si elle avait été vue, ou bien elle 
vous a été annoncée comme s'il avait été crucifié devant vous » 
Wb. ig b 6; cf. Ml. 20 b 18. 

Remarque. — Par une extension naturelle, amal bid a été employé cou- 
ramment au sens de « presque, quasi, comme » devant un subslanlil : 
amal bid holailiti Ion gl. quasi quodaui adipe Ml. 80 a 3 (cf. 2 a 6, .'^7 b 2:2, 
129 c 12). En pareil cas, le verbe de la proposition suivante ne subit aucune 
attraction : amal bid alaili chumachtalg rethes « coiume d'un bomme puissant 
qui court « Ml. l\2 c 19 (et non noresscd ; cf. Stracban Subj. 284). 

5> 702. La construction de amal au sens de « comme si » s'est éten- 
due, par une analogie aisément explicable, à la locution is cumme dont 
on a examiné au § 644 la valeur et l'emploi syntaxique au sens de 
« c'est comme ». Comme la conjonction amal « comme » et la locu- 
tion is cumme « c'est comme » se construisaient de môme, on a 
employé cette dernière au sens de « c'est comme si » d'après amal 
« comme si ». En pareil cas, la locution is ciiiufiie n'est jamais 
suivie d'une proposition relative et se construit avec le subjonctif 
sans ro. 

Exemples : is-ciimmc nibad môidcm « c'est comme s'il n'y avait pas 
de gloire » Wb. 2 b \'\ ; is riiiiimae Icisscm bid f « c'est à. ses yeux 
comme s'il y avait un f » Sg. 10 a 11 ; is cumme di noberrthc « c'est 
pour elle comme si elle avait été tondue » Wb. 11 c t3; is cummae 



DE [. \ SriiOHDIN \TH)N HC».") 

(h) hid ed (tsbcrad « c'csl jx^iir lui conimc si c'était ccl;; (|ii"ll disait » 
Ml. 95 b 7 ; cf. \Mj. i d 17, i>o, 10 c 3, /l, Ml. (17 a 8, etc. 

§ 708. cia « quoique », « si », « que ». 

Cf. Strachan Suhj. 2G0, 270, 274 et 33o. 

La conjonction cia (nég. ce-ni^ « quoique, bien que, quand bien 
même » sert à introduire les propositions concessives. Elle se construit 
comme la conjonction ma « si » (§ 707), c'est à dire qu'elle admet : 
les temps de rindicalif et le prétérit lorscpi'il s'agit de l'expression 
d'un l'ait présent ou passé; le présent du subjonctil lors([u'il s'agit de 
l'expression d'un fait futur ou général ou d'une hypothèse se rappor- 
tant à l'avenir (mode potentiel) ; l'imparfait du subjonctif lorsqu'il 
s'agit d'une hypothèse se rapportant au présent ou au passé (mode 
irréel). La conjonction cia produit l'aspiration (\\ b 10 a 21, 19 d 2^, 
28 c 3 1, 25 a 10 ; § 168). 

Exemples : ciarud chiiaJaiar ilhéJrc 7 ce-niislahraiar iiipat ferr de 
« bien cju'ils aient entendu beaucoup de langues et qu'ils les parlent, 
ils n'en seront pas meilleurs » A\b. 12 d 28; ce-riidgJanta trihathis 
nita cuiiiacc do cbâi)!<^nifn « bien qu'ils (le corps et l'âme) aient été 
purifiés par le baptême, il n'est pas capable de bonne action » \N b. 
/j a G ; dathhtchethar iniintJiuchi ce-nidleci in nielnr « le sens le demande 
bien que le mètre ne le permette pas » Ml. 3ô a 10 ; ciadcobrinn 
môidini do déiiiiiii ni kn adbar hic « bien que je désirasse me glorifier, il 
n'y avait pas moyen ici » Wb. 17 d 17 ; ce-nid epartaissom hohriathraih 
dagnitis bogniniail> « bien qu'ils ne dissent pas cela en paroles, ils le 
faisaient en actions » Ml. 28 d 8 ; bieid nacb drécl diib l/tcfider cinbai 
huili « il y aura cjuelque partie d'entre eux c[ui sera sauvée bien que 
tous ne le soient pas » Wb. [\ A G (futur) ; ani tra aschotarsne frilncc 
nietûr cia-gessir « une chose qui est contraire au salut n'est pas obte- 
nue, bien qu'elle soit demandée » Wb. 17 d 27 (généralité); ropiis 
imdai piana donaib aninanaib ceni cskrsitis inchoirp « les peines seraient 
nombreuses pour les âmes quand bien même les corps ne ressuscite- 
raient pas » Ml. i5 c 8 (mode irréel); ce-choniis cor dosétche iiàit 
niiscoiriJjer « quand bien même tu pourrais chasser ta femme de toi, 
ne la chasse pas » Wb. 10 a 21 (mode potentiel ; coirther subj. dépon. 
de cuiriur). 

§ 704 • cia a [parfois simplement le sens de « si « ; par exemple : 



3 00 S\NT\\F. 

cia diDiuiicrberthiV gl. « si redegar » Ml. 49 c 3, ci iusûiiilnr g\. « si 
imilor » Sg. i h i ; cia-chondesin farsûJi dosmbérthe dom « si je vous 
avais demandé vos yeux, vous me les auriez donnés » Wh. 19 d 24 ; 
renisnicae « si tu ne les guéris pas » Ml. 88 b 7. 

Du sens de « si » on passe aisément à celui de « cpic » dans des 
phrases comme : nabathoirsech ciaheosa hicanair « ne sois pas triste que 
je sois en prison » AM). 29 d 19. En pareil cas, cia se construit, 
comme on le voit, avec le subjonctif. 

§ 705. Par une extension de cet usage, cia s'emploie fréquemment 
pour introduire une proposition complétive après les locutions adjec- 
tives ou substantivcs ; le mode employé est le subjonctif. 

Exemples : is burhe « c'est folie » : is-burbe dom ciadognéo viôidiiii 
« c'est folie à moi que je fasse gloire (= de me glorifier) » AVb. 
17 c 20; — is coir « il est convenable » : ha-coir dùibsi ciadoberthe 
testas diiiiii « il vous conviendrait de donner témoignage de nous » 
\\h. i5d 8-'; — is cuiiinic « il est indifférent « : ;///;// cbitmine di'iib 
ce bad hé frisandcnte « il ne vous était pas indiflérent que ce fût lui 
contre qui vous le fissiez » A\b. 902/1; — is dcdlnr « il est néces- 
saire » : is-dcdbir diiib cid-iiiebiil lib ataidmct « il est nécessaire que vous 
ayez honte de les rappeler » AA b. 3 b 3o (cf. Ml. 56 a i3, Sg. 71 a 10); 
ba-dethbir do cînifesed « il était fatal qu'il ne connût pas » Palat. 40 b 
(Tlies. Pal. 13); — is dèich « il est vraisemblable » : is-toich cia- 
doratiid si ni « il est naturel que vous donniez quelque chose » Wh. 
16 c II ; — is fô « il est bon « : is-fo liiim ciarajesid « il est bon à 
mes yeux que vous le sachiez » Wb. i4 b 20 ; — is immaircide « il est 
naturel » : is ii)unaircide cerubé siibiiinctiiius pro iiiipcvaliito « il est natu- 
rel que subiunctiuus puisse être pro imperatiuo » Sg. i63 b 6 
(cf. Wb. 26 a 23, ML 35 a 9, 61 b 16) ; — is maith « il est bon », 
A\ b. 29 b 5; — is mebul « c'est une honte » : ni mebiil lemm cia-fadam 
« jen'aipas honte de souffrir cela » Wb. 29 d 27 ; — is saithar « c'est 
l'afîaire, le rôle (propr' le travail) » : ba-saithar do cia-damelad « ce 
serait son affaire de le manger » A\ b. 10 d 3 ; — is torad « il y a pro- 
fit » : ba-torad saithir di'iiin... ccditineiniis cccJjtiiari « ce serait un pro- 
fit de peine pour nous que nous mangions chaque aliment » Wb. 
10 c 21 ; — is iiisse « il est juste » : is-Jjuisse ce-rusamaJtar fricrist « il 
est juste qu'il puisse être comparé au Christ » W b. 34 a 4 (s^- i5 d 20). 



i)i: \.\ SI lioitDiN \ I ION 367 

Koinanjiie. — -Après un certain nombre do cos locutions, on peut avoir 
une proposition subordonnée relative (î^l^ 05() et tJ95) ou bien un infuiilif 

(^480). 

§ 70G. co « afin que, de sorte que, que ». 

Cf. Strachan Subj. 290. 

La conjonction co (nég. co ni), qui produit raspiration (\\ b. i/j c G), 
a exactement le même emploi syntaxique que la conjonction co n- (nég. 
cona), dont elle ne dilTère que par l'absence d'indice relatif (cf. § G78). 
Il suffira donc de donner quelques exemples parallèles à ceux des 
§§ 680 et ss. : 

sens final (subjonctif), coni-accadar « pour qu'il ne voie pas » Mi. 
53 a 6 ; coniecmi nàd)iairchissa act iscoarcessea (gl. ne forte nec tibi 
parcal) « afin qu'il n'arrive pas qu'il n'épargne pas, mais c'est afin 
qu'il épargne » \A b. 5 b 35 ; co-nosberinn dochum hirisse « afin que je 
les amenasse vers la foi » V\h. 10 d 36; co-lhiniiiiigid cach siig bis 
isnaib balJaib « afin qu'il dessèche tout le suc qui est dans les mem- 
bres » Ml. /i4 d 8 ; co-ni-u-iorgàitar « afin que nous ne soyons pas 
trompés » AVb. 1 4 d 27. 

sens consécutif (indicatif), coiii iiiigeba cf de sorte qu'il n'évitera pas » 
Ml. 53 a i3 ; àvii coiiiiiiacuir « de sorte qu'il ne peut pas » 
Ml. 1 16 c 5 ; ûtlâ discirc la laitnori innangrec co seichetar cid acomroirc- 
iiiu « l'amour des Latins pour les Grecs est tel qu'ils suivent même 
leurs erreurs » Sg. i a 2. 

§ 707. 7na « si ». 

Cf. Strachan Subj. 260 et 829. 

)iia produit l'aspiration (\\ b. 5 a 9, i/i a i^, 25 a i, 28 c 7). 

L'usage de ma (nég. nia-ni) comporte deux traitements différents 
selon que l'hypothèse se rapporte au présent ou au passé ou bien qu'elle 
se rapporte à l'avenir. 

i" L'hypothèse se rapporte au présent ou au passé. Il faut distinguer ici 
soigneusement les propositions conditionnelles proprement dites des 
propositions potentielles. 

On appelle propositions conditionnelles celles dans lesquelles le sujet 
parlant établit un rapport entre deux actions ou entre deux faits sans 
rien spécifier sur la possibilité de la réalisation de Thypothèse. Ces 
propositions admettent le présent de l'indicatif ou le prétérit ; la propo- 



,HG(S SYNTAXE 

sition principale correspondante admet tous les temps des propositions 
indépendantes. 

Ex. : si auteni Chrislus non resurrexit ./. isfass di'inni apridcbiiiiine 
vianidfîr ut dicunt illi « est vain pour nous ce que nous prêchons s'il 
n"est pas vrai etc. » "SVb. i3 b i'\\ ma-nuduh-feil inelhig coirp crist 
adihdand ahrache « si vous êtes en union du corps du Christ vous 
êtes les enfants d'Abraham » A^'b. 19 c 20 ; niassii eut séitchi rocreîis na 
scarad frit iarcretim, iiuinid coscitchi rocrctis natitic séitchi iarcretiiii « si 
c'est avec Ion épouse que tu as cru, qu'elle ne se sépare pas de toi 
après la croyance ; si ce n'est pas avec une épouse que tu as eru, ne 
prends pas d'épouse après la croyance « AN b. 10 a 29-80; ma diidéll 
ni laihrcd ni dohochlaib « s"il a volé quelque chose, qu'il donne quelque 
chose aux pauvres » A\ b. 22 b 7 ; um-diidcsta ni dihar niris îccfidir pcr 
aduentiim nostriim « s'il manque quelque chose à votre foi, cela sera 
guéri par aduentum nostrum » Wh. 25 a 3o. 

j5 708. On appelle propositions potentielles celles dans lesquelles le 
sujet parlant admet la possibilité de la réalisation de l'hypothèse; 
appliquées au présent ou au passé, les propositions potentielles portent 
aussi le nom à' irréelles, puisqu'elles supposent implicitement que la réa- 
lisation ne s'est pas produite. Les propositions subordonnées irréelles se 
mettent à Timparfait du subjonctif ; dans la proposition principale cor- 
respondante, on trouve l'imparfait de l'indicatif ou du futur, parfois 
celui du subjonctif. Le vieil-irlandais ne distingue pas dans les propo- 
sitions irréelles le présent du passé ; une phrase comme isglé limm ni- 
coudigénte (imp. subj.) étrad marnfeste (imp. ïu\..)inso AAb. 9 d 9, peut 
donc signifier : « je suis sûr que vous n'accompliriez pas de fornication 
si vous saviez cela » ou « que vous n'auriez pas accompli de forni- 
cation si vous aviez su cela ». C'est le contexte seul qui permet de 
choisir entre les deux temps. On a déjà constaté l'incapacité du vieil- 
irlandais à exprimer la différence relative des temps (§§ 468, 472). 

Ex. : ni heinn (is)indoi(ri) manucomallain gnimu da; « je ne serais pas 
en captivité si j'avais accompli les actions de Dieu » Ml. i3i d 19 ; ar 
mad forngaire dognein docoischifed pian a-îhairmthecht « car si c'était un 
ordre que je donnais, le châtiment suivrait sa transgression » AA b. 
10 a 27 ; matis tnicsi ni rigad « s'ils avaient été élus, [le châtiment] ne 
serait pas venu » 'SA b. 11 a 22. 



à 



I 



DE LA SUBORDINATION HOq 

§ 709. Quand le verbe de proposition principale est le verbe sub- 
stantif, on trouve le prétérit au lieu de l'imparfait (cf. §§ k^k, 721 
et 728). 

Ainsi : ar-hôi son in potestale niea ma-dagnenn « car ce serait in po- 
lestate mea si je le faisais » Wb. 10 d ai ; air ni hôi numsoiradsa ar- 
chuumchtae ndiiini ocniingrainiiniin iiiani-ni-soirad ciiinacbtae n dce « car 
il n'y aurait eu personne ([iii m'eût délivré du pouvoir de Tbomme 
quand j'étais persécuté, si le pouvoir de Dieu ne m'avait délivré » Ml. 
74 b i3. 

Remarque. — Dans l'cxeniplc A\ b. 4 c ij, le prétérit du verbe suljstan- 
lif semble même avoir déterminé par attraction l'emploi du prétérit du 
verbe qui suit : ar ba inisciiis atroilUssct manithised trocaire « c'aurait été la 
baine qu'ils auraient mérité si la pitié n'était venue ». 

i; 710. -j" L'hypothèse se rapporte au futur. Quand riiypotbèse se rap- 
porte au futur, on trouve toujours le présent du subjonctif; c'est-à-dire 
que les propositions potentielles ne se distinguent pas, comme dans le 
cas précédent, des propositions conditionnelles. On sait d'ailleurs que 
dans les langues qui ont comme le grec le moyen de faire cette distinc- 
tion, il y a souvent confusion entre les unes et les autres, l'avenir laissant 
naturellement place à toute éventualité. 

Ex.: niad-arlôg pridchasa... niinhia fochricc dar hési moprecepte, uiani- 
pridag athél arôcht 7 gorli « si c'est pour un salaire que je prêcbc je 
n'aurai pas de récompense à la suite de mon enseignement ; si je neprêcbe 
pas, je mourrai de froid et de faim » Wb. 10 d 28-24 ; nib iccfither ire- 
chroich crist uia-fogneith dorecht « vous ne serez pas sauvés par la croix du 
Christ, si vous suivez la loi » Wb. 20 a 11; airiinfolnguh(s)a amairis 
doib soin niani-in-soirae se « car je serai pour eux une cause d'incrédulité, 
si lu ne me délivres pas » Ml. 1 42 b 3. 

L'emploi du préverbe ro peut ajouter l'idée "de possibilité. 

Ex. : 7nani roima fora cenn ni menni forsna hullu « si l'on peut venir 
à bout de leur tête, on ne \icndra pas à bout des membres » Ml. 89 c 1 1 

(cf. § 449). 

Remarque. — Dans le passage suivant, où d'ailleurs la proposition subor- 
donnée est introduite par dia n- (§ 084), ou trouve l'imparfait du futur 
dans la proposition principale, bien que la proposition subordonnée soit au 
présent du subjonctif; cela prouve que la distinction du conditionnel et du 

24 



S'O SYMAXE 

potentiel subsiste dans la proposition principale : dia-tarsiu ecnae n-dosoin 
seichfidsom dufirinnisiu « si tu lui donnais rintelligcnce (potentiel de l'ave- 
nir), il suivrait ta vérité » Ml. 89 c 5. 

§ 711. 3° Expression de la généralité. La conjonction ma est souvent 
employée pour exprimer une hypothèse cjui n'est rapportée à aucun 
temps particulier mais qui représente, soit une action répétée, soit 
une action générale ; ma peut alors se traduire par « toutes les fois 
que ». Dans ce cas, la conjonction est toujours suivie du présent du 
subjonctif, le verbe de la proposition principale étant au présent de 
l'indicatif. 

Exemples : nitainuihecht rechto mani airgara recht « il n'y a pas trans- 
gression de la loi si la loi ne défend pas » ^^ b. 2 c 18; mad ôinriar 
dogné nititctbar cid jrissasennar « s'il ne fait qu'une seule note, on ne 
comprend pas ce cjui est joué » AVb. 12 c ,^0 : issamlid is deid so})i 
nia-ari inferso, manl nairi imuiurgu nideid 7 ishronach ahelbu « c'est 
ainsi c{u'il est tranquille s'il trouve cet homme; s'il ne le trouve pas, 
au contraire, il n'est pas tranquille et sa vie est triste » Ml. 3o d ili. 

Ivomarque. — Dans cet emploi ma est souvent remplacé par dia n- 
(§ 085). 

§ 712. il (souvent écrit hô, cf. § 28). 

Cf. Sarauw ISt log, Thurneysen KZ XXXVIl 63, Strachan Act. 409. 

La conjonction ô signifie « après que » et « depuis que ». Elle produit 
l'aspiration (Wb. i5 a 22, 3i c 7). 

Lorsque le verbe est au prétérit, on a, suivant le cas, le parfait ou 
le narratif (§§ Mo et ^']l)■ 

Exemples : ô suivi du parfait, o-adctiaid min icce incheneli daine... asher 
iarnm « après cju'il a exposé le mystère du salut de la race des hommes, 
il dit ensuite » Wb. 21 d 1 1 (cf. 3 a 7) ; hu-asringaib corp fnJach inna- 
fochodo doiet iariim doclmm indfolaid tanaidi inna anmce « quand la 
souffrance des maux a traversé le corps, elle pénètre alors jusqu'à la 
substance ténue de l'âme » Ml. 22 d 9 ; ho-rcsarta « après qu'ils curent 
été égorgés )) Ml. 34 h i3 (du verbe *ess-orgim ; cf. 22 d 6). 

â suivi du narratif. ho-Juid adam tarréir « depuis c]u'Adam transgressa 
la volonté [de Dieu] » Wb. 3 c 37 ; arnaérbarthar chretsit ninlà airJi 
armhan « pour qu'il ne soit pas dit que depuis qu'elles crurent nos 
femmes ne sont pas à notre disposition » Wb. 3i c 7 (cf. \Vb. 12 c g, 



DE LA SUBORDINATION S"! 

2g d 6, Ml. 63 a 4 et la construction de huaiid-uair dans l'exemple 
Ml. 82 d 9 cité au § 6/u). 

Remarque. — Suivie de la 3« pers. sg. du verbe copule, la conjonction à 
se combine avec lui sous la forme ôs : iscian ôs accobor lemm farrlchtu « il y a 
longtemps que j'ai le désir d'aller vers vous » Wb. 7 a 3. De là est sortie en 
moyen-irlandais une conjonction ôs « depuis que », écrite oas L. U. 20 a aS. 

Lorsque le verbe de la proposition introduite par ô est au présent, 
il se fait accompagner du préverbe ro qui exprime l'antériorité immé- 
diate de l'action (cf. Sarauw ISt. 28, Thurneysen KZ XXXVII 64, 
Strachan Act. /ji i). 

Aux exemples cités au § 446 on peut joindre : is and diiacair inftrinni 
hôrhi làn alàm ditberfocbraic « c'est alors qu'il proclame la vérité, une 
fois que sa main est pleine de gain » Ml. 36 b 3 (cf. A\b. 24 d 11, 
Ml. 51 c 9). 

§ 713. resîu « avant que ». 

reslu se construit toujours avec le subjonctif accompagné de ro. 

Cf. Strachan Subj. 288 et 33 1. 

Ex. : tnolid 7 âlgenigid resiu rociïrsacha « il loue et il flatte avant qu'il 
ne blâme » Wb. 4 a 2 ; rohtar irlithi a}\niog]e dûun resiu tised hiress 
« nos serviteurs nous étaient soumis avant que la foi ne vînt » Wb. 
27 c 8 (cf. § 332 Rem. II); is deniu adciam huasidib risiu rodoammar 
infogîir huachluasaib « nous voyons plus vite avec les yeux avant que 
nous n'entendions le son avec les oreilles » Ml. 112 b 12. 

Cf. Wb. 4 d 8, 18 a 23, 29 a 28, 29 d 23, Ml. 38 c 9, 47 b 16, 58 d 
7, io4 c 5, 123 a I, Sg. 184 b 3, etc. 

§ 7x4- sech « puisque ». 

La conjonction sech signifie proprement « sauf que » ; elle est souvent 
employée pour introduire une proposition chargée de préciser le sens 
ou la valeur d'un mot, et, par suite, elle a pris le sens de « à savoir 
que » ; de là l'emploi de sech-is « à savoir que c'est, c'est-à-dire ». 

Dans cet emploi, où elle peut prendre des sens assez variés suivant le 
cas, la conjonction sech se construit avec les modes des propositions 
indépendantes : 

sech-is ôenspirut fot dàli « puisqu'il y a un seul esprit qui le dispense » 
Wb. 12 a 8; sech-racualid « puisque vous l'avez entendu » Wb. 
22 a 23; sech-ni-coimnactar arnamait « puisque nos ennemis n'ont pas 



872 SYNTAXE 

pu » Ml. i35 d [x\ nifil cbosDiailins flr âoncuch asher nadmhed dligcâ 
remdeicsen dœ dudoinib sech remideci dia diiuaib aniuandih amlahrib « il 
n'y a pas de vraisemblance à quelqu'un qui dit quil n"y a pas de loi 
de prévoyance de Dieu pour les hommes, puisque Dieu prévoit pour les 
êtres muets » Ml. 55 d 25. 

§ 710. Suivie du subjonctif an sens potentiel, sccl) « saut" que » prend 
le sens de « si », « quelque que » : sechip si fochaid imhé nech « quelle 
que soit l'affliction dans laquelle quelqu'un se trouve » Ml. 53 b i ; ad- 
genarnmar aséis sechip hé nodapridcha « nous connaissons son sentiment 
quel que soit celui qui prêche cela » A^ b. i/i d 28. 



CHAPITRE VI 

EMPLOI DES MODES DANS LES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES. 
CONCORDANCE ET ATTRACTION 



Â. Emploi des modes. 

§ 716. Au point de vue de l'emploi des modes, il y a deux catégories 
à distinguer parmi les propositions subordonnées : celles où le mode 
est nécessairement fixé au subjonctif par suite de la nature de la con- 
jonction ou du verbe de la proposition principale, et celles où le choix 
du mode est libre. 

Les propositions subordonnées dont le mode est nécessairement le 
subjonctif sont celles qui dépendent d'un verbe exprimant le pouvoir, 
la volonté, la nécessité, la crainte (§ 655), ou qui sont introduites par 
une des conjonctions : ara n-, co n-, co- « afin que » (propositions 
finales), cia « que, bien que, si », dia n-, ma « si » dans certains cas 
déterminés (§§ 710, 711), acljt « pourvu que », amal « comme si », 
7'esiu « avanhque ». 

Il va sans dire que seules les propositions subordonnées où le cboix 
du mode est libre appellent quelques observations générales sur Temploi 
des modes. On peut donner à ces propositions le nom de propositions 
subordonnées libres par opposition aux propositions subordonnées subjonc- 
tives. 

§ 717. Le verbe des propositions subordonnées libres conserve tou- 
jours le mode qu'il aurait si la proposition était indépendante; c'est-à- 
dire que le vieil-irlandais ne connaît pas l'usage latin du subjonctif du 
style indirect. On peut donc avoir dans une proposition de ce genre 



374 



SYNTAXE 



l'indicatif présent ou imparfait, le prétérit, le futur présent ou imparfait 
(au sens de possibilité), le subjonctif présent ou imparfait (tous deux 
au sens de possibilité) exactement comme dans une proposition indé- 
pendante. 

Ex. : nîconfitir cid asbeir « il ne sait pas ce qu'il dit » Wb. 12 c 22 
(prés, de l'indicatif) ; nifetatar insôirfeiar fanacc « ils ne savent pas s'ils 
seront sauvés ou non m Ml. 96 b 2 (présent du futur); intoiDitiu... as 
tria airiUiiid soin rosoirad inchathir « l'opinion que c'est par son mérite 
que la cité a été sauvée » Ml. 61 d 2 (prétérit); nifetar in damsoirfad 
dia fanacc « je ne sais pas si Dieu pourrait me délivrer ou non » Ml. 90 
c 19 (imparfait du futur); atalat rabad assu aiodiusgud adea il te semble 
que leur réveil pourrait être plus facile » (imparfait du futur) Wb. 25 b 1 7 ; 
arascrûta cid forchana do hicc càich « afin qu'il recherche quoi enseigner 
pour sauver chacun « (m. à m. « ce qu'il enseignerait ») Wb. 3i b 10 
(présent du subjonctif); nihil horum sciens .i. in damsoirthae diilamaib 
miin(âm)at Janaic « à savoir, si tu pourrais me sauver des mains de mes 
ennemis ou non » Ml. 91 d /i (imparfait du subjonctif; dans cet 
emploi l'imparfait du subjonctif ne se distingue guère de l'imparfait 
du futur, § 470); fiagar huàin... dûs cid forchomnacuir « que l'un de 
nous aille savoir ce qui est arrivé » Ml. 16 c 5 (prétérit) ; dûs cia atrcbea 
isin chatratg « pour savoir qui habitera dans la ville » Ml. 35 b 24 
(présent du fulur) ; dni'is in intaniJitis « pour savoir s'ils pourraient 
imiter » Wb. 5 b 20 gl. saluos faciam aliquos ex illis (imparfait du 
subjonctif). 

Remarque. — Tout cela revient à dire que l'emploi des modes dans les 
propositions subordonnées libres résulte simplement de la valeur spéciale à 
chaque temps, telle qu'elle a été exposée dans la deuxième partie (^§ W-^" 
et ss.). On n'a cru devoir introduire ici de nouveaux exemples que pour 
illustrer davantage l'usage en question. 

§ 718. La possibilité de choisir entre l'indicatif et le subjonctif permet 
d'exprimer des nuances modales qui ne sont pas notées en latin. Ainsi, 
dans les phrases qui correspondent au latin non qnod... scd quod... « ce 
n'est pas que..., mais c'est que... », on trouve tantôt l'indicatif et tantôt 
le subjonctif selon qu'il s'agit de l'expression d'un fait réel ou d'un fait 
hypothétique (cf. Strachan Siibj. 254). 

ni arindi donairchet « non qu'il ait été prophétisé » gl. non quia de 



EMPLOI DES MODES DANS LES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES S^S 

illo sit tempore profitatum Ml. 35 b 9 (prélérlt) ; /// nadrindiialdatar 
acht inrii.aJdaiar « non qu'ils n'aient pas fait irruption, mais ils ont fait 
irruption » AU. '.i'\ b 11 (prétérit); ni nàdm-hia cid ciiniscugiid donaib 
pedhachaib « non qu'il n'y ait pas même de changement pour les 
pécheurs [dans l'avenir] » \\b. 10 d 17 (présent du futur; m. à m. 
« qu'il n'y aura »). 

Dans ces trois phrases, leglossalcur nie un fait. On a le cas contraire 
dans des phrases comme : 

ni arindi nonihetis cid inhiiicc... acht isarindi nadhiat ciir « ce n'est pas 
parce qu'ils seraient même un peu, mais parce qu'ils ne sont pas du 
tout )) Sg. 09 a ^5 ; J}itarc robiinniiar hihdid-ni dait siii add- niar iiidi 
noinbetis arcinnta frinsoin « ])arce que nous étions coupables envers toi, 
ô Dieu, non que nos fautes aient été dirigées contre toi » Ml. 62 d 5, 

il s'agit de possibilités que nie le glossateur : « ils ne peuvent pas être 
même un peu », « nos fautes ne peuvent pas être dirigées contre 
toi », etc. 

§ 719. Dans toutes les propositions subordonnées libres existe la 
même possibilité d'exprimer par la distinction de l'indicatif et du sub- 
jonctif les nuances les plus délicates. On trouvera de nombreux exemples 
du fait dans les copieuses listes qu'a dressées M. Strachan Subj. 258 
et suiv., 284 et suiv., 292 et suiv., 3oo-3io. Quelques-uns suffiront 
ici; d'autres ont été donnés dans les deux chapitres précédents. 

dûs cia atrebea « savoir qui habitera » Ml. 35 b 2^ (prés, du futur) : 
dû us indaithirsel « savoir s'ils feraient pénitence » Wb. 3o b 3o (prés, 
du subjonctif); aiimJ fougiii « comme il sert » Wb. 12312 (prés, de 
l'ind.): ainal fiindlô « comme il le supporterait » Ml. 32 d 2 (prés, 
du subjonctif); iiiiain ronicfca « quand il viendra » Wb. i\ a 25 (prés. 
du futur): iiitmi i/miicroinaslar uach iioib « quand un saint quelconque 
pèche » Ml. 5i a 18 (prés, du subjonctif de généralité) ; neich roiccu 
aless « de ce dont j'ai besoin » Wb. 20 d 9 (prés, de l'indicatif) : 
neich risid aless « de ce dont vous auriez besoin » Wb. 2^ b 2 (prés, du 
subjonctif). 

Sur l'emploi do rinllxe -d- pour accuser la valeur réelle de l'indicatif 
par opposition au subjonctif après les conjonctions cia et ma, v. § 5o8. 

B. Concordance des temps. 

§ 720. Quand le verbe de la proposition subordonnée exprime une 



876 SYNTAXE 

action concomitante de celle qu'exprime le Acerbe de la proposition prin- 
cipale, les deux verbes se mettent au même temps (J. Strachan Siihj. 
235). 

Cette règle a à peine besoin d'exemples ; c'est l'expression la plus 
sim2:)le de la concordance des temps. 

Ainsi : 

rofesiar cachiu-hcire intain bértbar in-dôiri « il saura toute langue 
quand il sera mené en captivité )> AVb. 12 d 27; anundagreinn-siii 
(c quand tu les poursuis )> gl. te perscquenle pereunt Ml. 36 d 2 ; 
an-coiidaninmchaitis-se « quand ils me soulevaient » gl. me laudibus 
efferentes beatum dicebant » Ml. 39 d 1 1 ; afonnenatar « quand ils 
jalousèrent » gl. inuidentes dixerunt Ml. 17 b 16. 

Ces quatre phrases présentent un futur, un présent, un imparfait et 
un prétérit de l'indicatif correspondant aux mêmes temps dans la pro- 
position principale. 

Mais : 

amal durigni inna giiiniu scchniadûchtiu dngena dano innabi lainigir 
hisatodorbidc « comme il a fait les actions passées, il fera dans l'avenir 
celles qu'il promet » Ml. 5o d 10. 

§ 721. Lorsque le verbe de la proposition principale est à un temps 
passé, le verbe de la proposition subordonnée se met généralement aussi 
à un temps passé; c'est-à-dire que le vieil-irlandais pratique la règle 
d'attraction temporelle habituelle au français (« il disait que pétais sage ») 
et qu'il ignore la distinction que fait le grec ancien entre è'Xôycv c-'. ao^i^ 
ïg-'. et ÏKtyov GT'. acooq -^v. Mais on a signalé au i; .472 le fait important 
que l'irlandais n'indique pas la dislinclion des temps dans le passé. 

Ex. : asherad sont nanibufressa dia Hinisalein inihôi dia cecba cairach 
olchena 7 nacbasoirhed dia lamaih soni « il disait que le Dieu de Jérusalem 
n'était pas plus fort que le Dieu de toute autre cilé et qu'il ne les déli- 
vrerait pas de ses mains » Ml. 53 d 0. Ici, -/;// est lui prétérit (à valeur 
d'imparfait, cf. § [\\f{) et -soirhcd un imparfait du futur; en proposition 
principale, on aurait un présent de l'indicatif c?^ n-, un présent du futur 
-soirfea, et ind?oi deviendrait indas (§ 234) ; — /('/'// chumtahart indahiad 
torbae fanaic domolad dœ « il y avait doute s'ils auraient ou non profit 
à louer Dieu » Ml. 102 d 4 (cf. 43 d 20). Toutefois, dans cet exemple 
on pourrait considérer -hiad comme l'imparfait du futur de possibilité 



EMPLOI DES MODES l)\NS EES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES ?>']'J 

du style direct (cf. §§ /'170 et 717); — rocretset dungenad dia ani dii- 
rairngert « ils crurent que Dieu ferait ce qu'il avait promis » Ml. 
123 c I ; — isdiimsa îairrchct adcichitis genti... per me « c'est de moi 
qu'il a été prédit que les gentils verraient... per me » Wb. 732; 

— dtirumenar romsa dia 7 romhilhhén « je pensai que j'étais Dieu et 
que j'étais immortel » Ml. /»() b i3; — iairchechiiin resiu forciiimsed 
« il a prophétisé avant que cela arrivât » Wb. Zi d 8 (cf. 29 d 28) ; 

— céin nombetis innasaigtea tuidmithi innafeiiil nad conhiad k do « (il 
déclara [contenu dans le mot neganit du texte latin]) que tant cjue les 
flèches seraient fixées dans sa chair, il n'y aurait pas de salut pour 
lui » Ml. 58 a 9 {-hctis cl -bicuî au lieu de -biat al-bia qu'on aurait en 
proposition principale) ; — asnibûrt dia hi recht on arasechitis athiuinae 
aruariictais indori « Dieu a dit dans la loi qu'ils suivissent son com- 
mandement afin qu'ils ne fussent pas emmenés en captivité » Ml. 126 
c 2. 

Le sentiment de cette règle était si fort pour le glossateur de Ml. qu'il 
l'applique même quand elle ne l'est pas en latin : co dubidctis (imparf.) gl. 
oportuit dici : nt sagitent MI. 3o b i ; cf. 36 d 7, et surtout 24 a 17 où l'em- 
ploi du prétérit ruforaitlimendir pour traduire « meminit » a amené dans la 
proposition subordonnée l'imparfait conid soirad. 

§ 722. Les exceptions à cette règle sont rares et s'expliquent géné- 
ralement par des considérations spéciales. 

Ainsi on rencontre le présent au lieu de l'imparfait du subjonctif 
après un temps passé Hy. II 35, mais c'est là le résultat d'une anaco- 
luthe de pensée. 

Plus fréquemment se rencontre l'imparfait au lieu du présent, quand 
le verbe de la proposition principale est au présent ; plusieurs cas de 
ce genre ont été signalés par M. Strachan Subj. 288 et 29S, mais 
dans la plupart d'entre eux l'imparfait du subjonctif possède la valeur 
modale de possibilité et on a vu au § 7 1 7 que même en proposition indé- 
pendante l'idée de possibilité pouvait être rendue par l'imparfait du 
subjonctif. Ainsi: nimolat dia inifurnn conetailis diJgudhositidiu trisodain 
« ils ne louent pas Dieu en enfer, de sorte qu'ils ne sauraient obtenir 
son pardon par là » Ml. i3o b 6 ; nitait dia fotairngere conidchumscaiged 
m. à m. « Dieu ne va pas sous promesse de sorte qu'il pourrait changer 
cela », c'est-à-dire « Dieu ne fait pas des promesses qu'il pourrait 



3-8 SY>TAXE 

changer ; quand Dieu promet, il n"y a pas à craindre qu'il puisse changer 
quelque chose à ses promesses » INIl. 109 d 5. — Dans quelcpies autres 
exemples, le présent de la proposition principale peut être considéré 
comme un présent historique; l'accord se fait alors avec le sens, ce qui 
justifie l'imparfait du subjonctif dans la proposition subordonnée ; ainsi : 
frigenti asheir som anisiu arnaioinniiis nàd carad soin iiideiu 7 nad dii- 
ihrised anicc « il dit (= il a dit) cela aux gentils pour qu'ils ne suppo- 
sassent point qu'il n'aimait pas les Juifs et qu'il ne désirait pas leur 
salut )) AVb. 4 d 17. 

On rencontre dans la même phrase le présent et limparfait Ml. 112 b 20. 

§.723. A l'étude de la concordance des temps se rattache l'accord 
du verbe copule avec le verbe principal. 

On a indicpié au § 675 le rôle du verbe copule pour introduire une 
locution adverbiale devant le verbe principal. Il reste à examiner dans 
quelle mesure le verbe copule s'accorde avec ce dernier verbe. 

Pour l'accord en nombre et en personne, l'essentiel a été dit au 
§ 489 à propos des pronoms personnels. 

Pour ce cpii est du temps, le verbe copule s'accorde généralement 
avec le verbe principal qui suit : 

is arbethid di'iibsi liâgniiui bas « c'est pour votre vie à vous que nous 
allons à la mort » Wb. i5 b 28 (indicatif présent); ba mnio iinmejoln- 
gilis bran daiiisa cid iiina bi iiobilis dam buaiiichairlib « c'était plus gran- 
dement que me causaient du chagrin les choses même qui me venaient 
de mes amis » Ml. 86 d 6 ; cf. 55 c 19 (imparfait de l'indicatif; on sait 
que dans le verbe copule le prétérit joue le rôle d'imparfait, § 70g) ; 
bid dibarnàgsi ronbiani corona gloriae « ce sera de votre combat que nous 
aurons une couronne de gloire » V\'h. 25 a 3 ; iiiba iiaitbed dondriga 
« ce ne sera pas en petit nombre qu'il viendra » ^^ b. 25 a 38 (présent 
du futur); bad fricuDitacl) necolso iiiiniabera « cpie ce soit à la construc- 
tion de l'église qu'il l'emploie » \A b. i3 a 3; cf. 9 c 12 (impératif); 
jilp and nobirpaid « que ce ne soit pas en cela que vous vous confiez » 
A\ b. 8 b 2 (])résent du subjonctif) ; corbu inimaitb bcitb « de sorte cpie 
ce soit dans le bien qu'il soit » Ml. 90 d 1 1 (id.); iiiaîis hé indjcrsai 
grandi insin nanima dumherad « si c'étaient seulement ces vers d'horreur 
qu'il avait donnés » Ml. 4oc 17 (imparfait du subjonctif); robu samlid 
(fauo robôi uwdi hitius bilosiicb « ce hit donc ainsi que fut modi huius au 



EMPLOI DKS MODES DANS LES PKOPOSITIONS SinORDONNÉES ^79 

commencement » Sg. 2o3 b 5 (prétérit) ; airnibu fuareîr fesin boisom 
isintaimsir « car ce ne fut pas sous son propre pouvoir qu'il fut alors » 
Ml. i/ib i3(id.). 

§ ~i'\. Toutefois, la même hésitation qui se produit en français 
entre c'est lui qui était et c'était lui qui était, c'est lui qui sera et ce sera 
lui qui sera existe aussi en irlandais ; il serait puéril de vouloir établir 
une distinction précise entre les deux. Ainsi, on trouve : 

is dusuidih ha inhesa « c'est à eux qu'il était d'usage » Ml. 3i d 12, 
cf. i^ a 9 (imparfait de l'indicatif) ; isicrist heinuni « c'est dans le Christ 
que nous serons » Wb. 21 b 7, cf. 3 d 27, /i a 17, 9 a 23 (présent du 
futur) ; is-airi iiiso rogabad soni hirige « c'est pour cela qu'il fut amené 
à la royauté » Ml. i\ a ^1, cl'. 2 b 6, 1^1 b 12, 17 b 18 (prétérit); etr. 

§ 726. C. Attraction modale. 

Lorsqu'une proposition subordonnée libre dépend d'une proposition 
qui est elle-même subordonnée et dont le verbe est au subjonctif, il se 
produit souvent une attraction modale. 

Ainsi : isarnacc diaxs cenibcd àainuisom bes foir « son fds est après lui, 
bien que ce ne soit pas son nom qui soit sur lui (qu'il porte) » Ml. 
23 d 17 ; ;// iuiiied liui act rop crist pridches 7 iuimerada càch « il n'y a 
pas de souffrance pour moi, pourvu que ce soit le Christ que chacun 
prêche et médite » ^^ b. 2 3 b 2 4- 

§ 726. Lorsqu'une même conjonction introduit deux propositions 
subordonnées à la fois, elle peut n'être pas répétée devant la seconde; 
ainsi : ciatechtid luich aile ni adchobraisiu 7 nitechtaisiu on iinmurgu 
nietaigthers'u iiniininisiii « bien que quelque autre possède ce que tu 
désires et que tu ne le possèdes pas, tu ne dois pas néanmoins être 
jaloux à ce sujet » Ml. 56 b 3i ; cf. 67 c 7. Mais le plus souvent on 
répète la conjonction en pareil cas : ciarud chualatar ilbélre 7 ceiiusla- 
bratar nipat ferr de AVb. 12 d 28 (5; 7o3) ; dia n-imthiasam iarlininaib 
indrechto sin 7 dian d comallaninuv « si nous agissons (m. à m. circu- 
lons) d'après les préceptes de cette loi et si nous l'accomplissons » 
Ml. ^(S c 20 (§ 683) ; nuini dechrigfber j niaiii-tintitbcr ainbélre ncchtraun 
« si n'est pas distingué et si n'est pas traduit le langage étranger )) 
Wb. 12 /i6, etc. 



INDEX DES MOTS ÉTUDIÉS 



N. B. — Les numéros renvoient aux pages du valunie. X'ont pas été relevés dans cet index les 
mots qui figurent dans les listes du chapitre de la formation des noms, p. i5i et suiv. Les 
verbes composes sont enregistrés sous la l'orme deutérotonique, les participes sous le verbe 
correspondant, les infinitifs à part. 



a possessif 19, 282 ot ss ; après cl fo 

02. 

a préposition i^a, 3i8, 278 ; voirai êtes. 

à particule vocativc i3C), 01 1. 

ah, g. ahaà 106, 107. 

abgiter, abbgiler, ahgitir 27, io5. 

ahial 38. 

ahstanit Gg. 

accaldam, acaltaiii, acaîdivii 20, 26, 3o, 

57, 68, 6g, 70. 
accohor, acohor 36, 07, 100. 
acconiol 57. 
acciiiss 107. 
achitofel, agitofel 2g. 
acht « mais » 326 ; avec la construction 

relative 862 ; « pourvu que >■> 363 ; act 

aciis « et », ociis 81, 323. 

ad préverbe 234, substitut de l'O 2^7, de- 
vant pronom infixé 272, 275, 335; pre- 
mier élément de composition, 16^. 

ad-dgitr, construction 3/I7 ; v. dgU7\ 

adaig 98. 

ad-ânini, adroni iiS-. 

adarc 96. 

ad-balivi, adbaiîl, athail, -apail, -cpil 35, 
57, 23/i ; construction i/li. 

adblani, compar. adblauiu I23. 

adbitl, iiid-adbol 12g. 

ad-ciu 210, 234; aci, -accai 35; adcélJmr, 



-accathar, -accadar, -accaslar 78, 174, 
182 ; -ccigi, adcigestar 182 ; adcess 53, 
181 ; n'admet pas ro 249 ; v. ciu. 

ad-cobraim )g4. 

ad-ciimaiiig, -écmi 234. 

ad-damim, ataimct 25 ; v. daniim. 

ade, adi, ede, ide 82, 292. 

ad-ellaiiii 194; adciUiiib 170. 

ad-eirgi)n(*aith-ar-rigiiii), adeirrig, ailhir- 
gid 234; V. rigiiu « je tends, j'élève ». 

ad-Jcdini, adiadar, adfiadar 32 ; construc- 
tion 345 ; V. fcdirn. 

ad-gèn 234; v. gniuiiii. 

ad-glddur 25, 78, igS ; v. accaldam. 

adi m 98. 

ad-oipriw {*ailh-od-beriiii') 234 ; v. beriiii. 

adraiin, adnorfa i[\o. 

ad-rùtiiin 198; construction i48 ; ainiiithi 
264. 

ad-roiUim ig8, 61, 69 ; cf. ain'lliud. 

ad-selbiui 198. 

ad-suddhn 198. 

ad-sodiiii 284 ; -astae, 55. 

adthramJi 34. 

a^/>« 171. 

j^'"7;r 195; cf. ad-dgur. 

di 281 . 

rt/'ar 89, 5o. 

aicned 100. 

aicnete 56. 



382 



INDEX DES :\10TS ETUDIES 



aicstu 107. 

aidchuimthe 07. 

aidgjie, aithgne 07, aSA- 

âigthide, compar. âigthidiu 12/1. 

ûi/ « rocher « 1 10. 

^n'/c 118, 120 et ss., i33 ; cf. a/7/, ala. 

ailim ig8. 

<iî7/ « autre » 121. 

aiinser, aimniser 3i, 97. 

aintn, ainuirn Si , 108; anine, anmae etc. 

80. 
iinsem 260. 
rt/r- préverbe 234; a//?-, iir-, er-, ir- (j- ; 

devenant ar- 2 34 ; premier élément de 

composition i63 ; v. ar-. 
aircljend, superl. airchendam la^- 
airchis^echt 260. 
airdbe 70, 260. 
aire 106. 

airgaire ergaire 69. 
airim 198 ; -airiiis 177. 
airitiu 76, 108. 
fl/rm, «a flfnw 3oi. 
airmitiii 76. 
tî/5, 17^5, 02.y, d(;.j 4o, 100 ; d« ètda, scch- 

maill, déed iSg. 
aisndis, aisndis 60, 67, 107 ; aisdisen 65. 
flz7/;- préverbe 234; auth-, uth-,eth-, ith-, 

67 ; devenant ad- 234 ; premier élé- 
ment de composition i63. 
aithchumhe 07, 69. 
a/7/;e 98. 
aithgne 07, 284. 
fl///;/r^e 234- 
aiththisc 34 et s. 
fl/fl, -/a- 81, 82 ; V. aile 
alaile, araile 66, 121, 122 ; horaile, holai- 

liu, fiiîailiu 5o. 
alim 171, 210; -ait 178. 
i/î'w^ 3o, 59, 118; compar. dildiu 65, 

123. 

ail, gén. aille kS, 109. 

allaid 118. 

ahiisan 96. 

al tram 261. 

n)H verbe copule 2 25 et ss. 

awfl/ awfl// 82 ; préposition 85, i45, sui- 
vie de pronom suffixe 27g; conjonction 
349, 36i, « comme si « 363 et ss. ; 
a)iial bid 364- 

ajiiin, amiie, anmin (is) 34 1. 

aminiis, ainbiis, ainsiii Co. 

amnair 108. 



amprom 3i. 

amre, amrae 46, 48, 118. 

an- article m, ii4- 

an- (é-, in-") préfixe nominal iG5. 

an « lorsque « 338, 35 1. 

anaim, -aininb 176. 

anapaig 20. 

anhsiid 62, i T9. 

and 83. 

andach 77. 

angim 210; -^nz 17G; anacht 187. 

rt«/»i 108. 

a?/j<; 48, 70, 118; ansu 128 ; ansam 124. 

aprisc, apprise 36, 67. 

a/Jj/fl/ 69, 99. 

ar- préverbe 271, 272, 275, 335, v. air- ; 
préposition i48, suivie de pronom suf- 
fixe 280, erru 64- 

ar conjonction 85, 827. 

ar « dit-il » 281 . 

âram 68, 70, 78, 96. 

aran- 299, 353 ; arna 299. 

ar-bdgini 234 ; -irbdgam 67, 234- 

arbertaim ig4. 

ar-biur biutb, construction 189; v. bcrim. 

ar-celini, -erchdtar 234 ; v. celim. 

arcim 171, 210 ; arcu i85 ; ars- 64, 178. 

ar-côitim, -airchos 181. 

ar-crinim, construction i4i ; v. crinini. 

ard, art, ardd 26, 27 ; ardu 128. 

art/g, 25 ar^î construction 346. 

ar-dibnim (^ ar-di-benaim) , -airdben 68, 
airdbidi 264- 

ardlathi 82. 

ardrigur 168. 

ar?, gén. arach 106. 

ar-ègim 198; construction 345. 

ar«c, ara5C 79. 

ar-garim, construction i42. 

argat, arget 79 ; gén. arggit 27. 

argninint io5. 

arilliiid 80. 

ar-Iccim, -reilced 78 ; v. Z^c/«/. 

arlègaivi, airUch 234; v. légaim. 

ar-nioiniur jéid, eonstniction 189. 

ar tt- « notre » 282. 

ar-netbini 201 ; arneulh 02, arncnt i85 ; 
cf. ncthini. 

ar-osailcim (*ar-od-slaiciiii) 198, 67 ; ?r- 
soilefea 49; -osailcea 288 ; ersoilctbc, er- 
sailcthi 268. 

ar-riuth bô; \. rethijn. 

ar-sissiur 82. 



1 



INDEX DES MOTS ETIDIKS 



383 



ar-iioethatm, artroidfea 175. 

ar-tûaisim 198. 

as forme de es 60, i/i2, 236 ; v. a et es. 

dsai)ii 194. 

as-hiiir, asherar asherr "jO ; -f/'în- G:i, -f/)if?', 

-itrhara 78, -e/'/V 76; asriihiirt, 178; 

asrobrad -érhrad 180; cperthe, epeiibi, 

7/1, 263 ; coiislnution 3/i5, 359 ' ^- ^''^" 

ri II! . 
asca, ascae loG ; ascadn 108. 
ascnain 260. 
as-fênaiin, -aspeiia 5r), ))'i ; -airfenns C7, 

177 ; V. aspenud. 
as-indiut (*es-iiid-fêdiin) Co; -aisndedat, 

-aisndethat C)o; aisndissi 264 ; v. aisi'idis. 
aslach 100. 
as-iiidgabiiii 2 3('). 
as-lenaim (^-leiiiiu, -leiniini) ôi ; éilni/I:c 

2 36 ; V. élned. 
aspenud, aspeniud 55, 05.- 
as-rigiin, -éirgiin G3. 
«55é 48, 118 ; compar. rti\f» i23. 
a5/fl(^ 55. 

rt/a //?«w (construclion de) 147, 3Go. 
atcoch i85. 

fl//;/r, athair 5i, 108 ; aithrea 49. 
atrah, atnib 77. 
fl//i?< 221. 
flH 109. 
rn/e 20, loi : -ne to^ 



augaire, iigaire 4o, 75. 
aiirlatu 107 ; v. erlùtit. 

ba (fa) 358. 

-W, Z)£'Jfl, -k'/'t'^ 2TO. 

bâchai 22. 

badim 171, 210; v. do-adbadnii. 

hairgen 96, 71. 

baitsim 55 ; bait:{im 2 r . 

Z;a/f7» 171, 210; -fe/a 173 ; v. ad-balini. 

bail 99 ; Z'»//, baulhi, biillit, 5i, 52 ; Z'oz'// 

banfiaith 02. 
Ws 100. 

?'fl.f5, /jOîiî 49 ■ 

baste, in-bastaid i3o. 

tt'cc 117 ; bec[a) 119 ; iii-biiicc 129 ; com- 
parât, et superlat. laigiu lugu, higein higi- 
mem, i2 5. 

béiiiim 108, 35, 2G1 . 

bel 99 ; ?;fz//ii è^o/îi 5i, beiila 79 ; ar-belaib 
1-37. 



bel^efuth 29. 

^é?; 1 10. 

beiiaiin beiniii 172, 210 ; fe//;/, W/;£ 2G4 ; 
V. ar-dibniiii, for-bcnaim {}), ocu-benaim. 

bendacht 97. 

bcrach !\ i . 

berivi' 171, 201, 210; berimm 3i ; -biiir 
-beir 48, 169 ; beru biru i85 ; ■Z'crflr 
-berr 70 ; Z^era 173, béra 17D, /;^r/ 178, 
/^rc//; 180, brethac 181, brithe~j!\; berthi 
Çberid-i) 72 ; v. as-hiur, do-bhir, do- 
adbliir, etc. 

Z't?i « mœurs », bèso bèsa 79 ; is-bés (cons- 
truction de) 36o ; béesad 20. 

bês « peut-être » 3i3 ; bésu 227, 228. 

bésad, V. bês. 

bestatu 78. 

betlm lol), 107. 

biad 100. 

/^/Wzi 108. 

biiid, comparât, bindiii i24- 

/;/;• 4i, io4 ; &«»-a io5 ; v. berach. 

bith biiitb 52, io3, io4. 

bîii 220 et ss.; biiiu 20; rop/fl robbia 56, 
//«T'a 25, nâviinin cominad commimmis 
armad 5g, nnuinman arromsa romdis 
aintar romatar Go. 

blîadain, 98. 

Z'o iio. 

ioc/;/ 42, 117- 

bongiin 172 ; v. bûaiti. 

brâge 107. 

brâthir brâthair 5i, 108. 

brenaim 194- 

Z7;W/; 54, 2 Go. 

briathar 96 ; brithar, brithra 39. 

brilheiii 107. 

brônach, comparât, brôuchii 120. 

Z'î/fl/<i io4 ; /w;W 38. 

iufl/H 260. 

/^H/Wtî 1 18. 

biiidre 43- 

biinad 77. 

/'//rZii', isbuihc (construcl. de) 3G6. 

fflc/;, cjW; 120 et ss., 86; cach (place de) 
3i2 ; la-cach, ar-cach, 128 ; cach-Ia 122. 
cadessiii, cadesiie, canissin, céin 288. 
caera loG. 
ca'uidlôir G8. 
caintoiintenach 27. 
cfl/r, co/r 4o. 
cainmaib, cammaij, cauiaiph 29, 327. 



384 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



canim 171, 210; cechan, cechain, cechtiin 

-ilx, 28, 53, 178, 206; cechna 175; 

-roichan, -roichechnatar 179 ; -cet 58, 

180; cète, céti aGS; \. for-caiiim, do- 

airchaniiii. 
canôin io5. 

car a 107 ; cairtea /I9, 73 ; cairtib 72. 
caraim 171, 172, 194; ram» cairim 46 ; 

cé'c/.'ra 175 ; -carad -cartha 180. 
frt/e, catti 35, 3o2 ; v. cote, 
cathir loG, 107. 

cec/; {cach) 81, 120 et ss. ; v. cach. 
cechtar 122. 
cedono 3o2. 
cn'm 108. 

cm? (construct. de) 35 1, 352. 
ceist hi. 
cél, ciuil 00. 
cèle 38, loi. 
celim i-]i, 210; cela, cela 175; r////;^, 

c/e//« 264 ; (construction de) 345 ; v. 

ar-celim, jo -celim. 
cen prépos. i45 ; suivie de pron. sufF. 279. 
cetiél 100 ; cenèiiil ceiiciiiil ceuêoil 5o ; ce- 

neid cenîitl 5 1 . 
ccncle 102. 
cenmithà 1 48, 348. 

cenn 99; ar-, tar-cenn, ar-chiunn 137. 
ceo 106. 
cerdim 171, 210; cerr 64, 173 ; t:zV/;«T 

176, 186; -cress 181 ; \. fo-cerdim. 
cerp 42. 

céssaitn, -céssus 177. 
et'/ « cent » i32. 
cet- « premier « i33. 
cet- céta- (cita-) préverbe 81, 236. 
céthaid, cétbuid 47, 236. 
cetharde i35. 
cethir i3i. 
cethorcha i3i. 
cethramad i33. 
cethrar i35. 
cétmad i33. 

c://;k 118, 120 et ss., i33 et ss. 
cm (a') interrogatif 38, 3oo, 3i2. 
cia (ce) « quoique, si, que » 362, 365, 

85 ; cesu 227, 228 ; v. nW (fZ/j. 
cw/Z 96. 

ciaii, is-cian (consfr. de) 34 1. 
ciaric ciarric 35. 
cid « même » 3ii, 3i9 ; répété 323, 325, 

327. 
cid (cit) « que soit » 228, 229. 



cimlid io3, 3o, 69 ; cimmeda 60, 78. 

cin 106, 107, 108. 

cindniirn 108. 

cing 106. 

cita-hiu (-céthanim, cf. Tliurneyscn /fZ 

XXXI g3) 236. 
citiié 3o2. 
(7 H 210 ; V. ad-ci'ii. 
cladiin 78, 171, 212; cecblaid 28, 53, 

eclastai, ecailsi 73, 264. 
c/a»(Z 3o, 59, 96; clai'nn 59, chindde 27. 
clandaim claniiaim 59, 194 ; -clandad -clanta 

180 ; f/a«/e 71, 264. 
(;/a55 96. 
cluiniiir 172, 218; cZoa-, r/oo?- 173, 189; 

■cechladar 307 ; -ciilatar 4o ; cliiinte 54 ; 

r/o5 181 ; V. ro-cluiniur. 
cndim io3, io4 ,; cnaniai, ciiautaib 48. 
ciu'taiin 194. 
ro préposit. i45-; suivie de j)ron. sufT. 

-'-79; 
co conjonct. 367. 
cobodlus, cobfodliis, cobfodlaid, confodlid 

62. 
cobsiid 62, 119. 
coclnichtatu 107. 
rocMé 118. 

coibiieste, coibnesta 62, 79. 
coibnius 61. 
co//^5Ê 107. 
co7c i3i. 
côica i3i. 
côicaliiiad i33. 
côiced i33. 
cô/c(T i35. 
co/W; 3oi. 
cô/»ï, côima 117. 
coimdiu 106; coimmdiu 3i. 
coîV 118; comparât, cor» i24; is-cdir 

(construct. de) 366. 
coitchejui 117. 
co/Zw/i io4 ; co7/;70 71. 
colmméne 3i. 
coiiiairle 3i 
comalnur coiiialiiaiin 168, 170, 190 ; co- 

malliir 64, 73 ; -cornai mis, ■comalliis 

^77- . ^ 

comarbe, comarpi 26. 
comarbiis 26, 3o 
coinarde 3o. 
coindelgaim, 194. 
comnessam, comnissim 76. 
coiiiocus 119. 



INDEX nr.S MOTS KTUniKS 



385 



cou- pn'position if\'.i ; prcmior ('lômoiit 
Je composition 1G/4 ; prcvorb(^ 2,S5, 
substitut de jo 2/18, devant pron. infixé 

con- conjonction 353, 35'| et s. ; devant 

pron. infixe 276. 
coii-airhcim, -comairlic ao") ; v. Jâiiii. 
coiihôchail 38. 
coii-dcgim 201 ; v. degini. 
condelg, condelc, condelgg 2G, 27. 
coii-icim, -ciimcu, 65 ; (construction de) 

3/1 7, 30o. 
con-rigim, con-rliig i85, 235 ; cuimrechlc, 

cuimrechti 263 ; v. rigini « je li(! «. 
con-soibaim /jo. 
con-titgim (*con-od-tongi!>i) 235 ; v. /o»- 

^m « je bâtis ». 
cor 260. 
core 38, 97. 

fo/-_/) 100 ; coirp. corpii '.\ï ; corpp 3.'"). 
corpde, in-chorpdid i3o. 
corrici 1^7 ; v. roiccini. 
cosc !i2 ; cois ce 35. 
cosmail, cosmiiil, cosinil, cosinailc, cosiiiile 

^7' 7O' 7^5 75, 118; comparât, cos- 

mailiu i2t\ ; (construction de) i43, 

i46. 
cosmailius, cosmiiiUus, cosmUiiis 70 ; /('• 

chosmaUius 3^6. 
cosnam 260. 
cotarsne, 118. 

co/« (ca/e), co/eef (cateel) 3o2 ; v. ca/^". 
çra?z« 99; cniinn ^9, c/-»«7z 5i. 
cre 106. 
crenaim (creriim) 172, 201, 212; -c/»//' 

179- 
cretem cnttem 25, 3i. 
cretim 198; creithi i85 ; cretfed 186; 

-cretits 177, -oy// 187; (conslruct. de) 

345. 
cretmech 77, 78. 
«zWe 10 1 . 

criniin 172, 21a ; -r/u/V 179; v. ar-criniiii. 
crislach 100. 

n oc/j 96 ; cruche crtiiche cnichae '1 1 , 48. 
f77/m 10/i ; cr limai /i8. 
cndh !ii, loS ; in-cbnil-si II 55, l'ii, n'rt- 

chruth ik\, 3'40- 
cu'Z'i/.y 62, 76. 
rz/c/, CHcn 279. 
ciiibsech 62, 7(5. 
ciiimse 3i. 
ciiingid 260. 



cuiriiir 169, 172, 207, 218; com (c^ra) 

173 ; -ciiirifar 174 ; coraslar, rold 182 ; 

coirthi 264 ; v. do-cuiriur, eler-cuiriiir. 
cuit /|i ; ar-chiiil 137. 
cûl hç); Jor-cûlu, iar-cûl 137. 
ciiniachtach (construct. de) i38. 
citiuachte 102 ; cumacte 2^ ; ciiiiiacbti, 

ciniiachtai 5 1 . 
ciimal 96. 
cmtiang 65. 

cumce, citnicae, cumgae 65. 
ciniiiin: 1^6 ; h ciuiiine (construction de) 

366, 3/11, 36 '4. 
cumrech cuimrecb 10 [, 235; ctnmrega, 29. 
cunitach ciuiiddach ciiiiulach 27, 235 ; t:!<?«- 

/»r/; 77. 
cwntubart, ciimddiihartaig 27. 
cûrsagad, cuiirsagad 20 ; cûrsagtha 28. 

c/a' i3o ; rf;', </««, (/<?'- i3i ; /o-J/' i3'4. 

dagcomairli 57. 

daiUin 198. 

(/«//(,', (fa//rte loi, 102. 

dam, daim, daiiiii, kk, 5i. 

damim 171, 212; fifawa, (/^îwa et didma 

175 ; V. ad-damim, fo-damim. 
dànatu 78. 
Jfl«o 327, 329, 33o. 
^^aî/r 106, 5i. 
(/e « en « 127. 
^/ét' 107 
dèac 1 3 1 . 
(/t'a/r 3 2 . 

rft'c/; superl. de mailh i25 ; as-deg i3o. 
dechmad i33. 

dechor 100; (construct. de) i46. 
decmiiig 65; (construct. de) 847. 
deduim, -deda, -ded, 187. 
dcdbir (construct. de 75) 36(J. 
(/c^t; 102, i35. 
(/t'o- conjonct. 353. 
-dcgim 171, 212; V. con-degiiii. 
deich 11- loi, fo'deiclj i34. 
dcicsiu 53. 
(/c/, rfn/Z 4 1 • 
delb 3o, 42, 96. 
delbaim 194 • 
^/e/f, 42, log. 
deniiii, comparât, demniu 124, 12O ; 

éqnat. deinnitlnr 128, 129. 
demun 99. 100 
(/("«é? 39. 

35 



386 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



dènom âênum 76, 2 Go. 

dèr io3. 

dér- (* dî-ro-'), iiremier élément de compo- 
sition i63. 

derb 26, 27, /ia ; deirbbae 27, 80; Jt'îirZ', 
in-detivh lay ; is-dcrb (constr. de) 3Go. 

dcrbahn 3 4 5. 

derchôiniiid 80. 

dersciddii 27. 

descad, descthii 28. 

dcsiUabche 33. 

(/é-'/ iio. 

Jz- forme do la préposition (fo 3 18. 

i/i- premier élément de composition iG3 ; 

préverbe 935 ; de- 81, 235 ; do- GG, 81, 

235; préposition i/|2, \'\'u suivie de 

pronom suffixe 278. 
dia 100. 
diachtid 2 35. 

(//a n- conjonct. 353, 35G et ss. 
dîan équat. dénithir 128. 
dias 9<j, i35 
didiu G6, 292. 
didnad 2 35 ; di'lhiiatha 28. 
do-fiicirtbhn (*dî-fo-od-rethuii), dofnnrat 

238. 
digaim io5. 
fZ/Va/, J/V/c JiV/fl<; /4^, /|G, 71, 9G, 235, 

260. 
dil, compar. diliu diiliii, superlat. dileiii 

didem /| 2 , 1 2 '1 . 
dih 107. 
J;7« 77, 117. 

dilgedach, surperlat. dUgedchem 12/1. 
di'lgud 3o. 
dihnain 118. 
diltiid, diltuth 28, 70. 
dimiccem 260. 
dingim 172, 212. 
t/nnf loG. 

direch, diriiig 129, dirgiuicni lil^. 
diththndi 3/|. 
diucrae 260. 
^nnï 118. 
dhipart 53, 2/io. 
dixnigur 222. 

i/%e^ Too ; dligiid 77 ; (/%<'(7 67. 
dlomaim ig/j. 
dJongim 172 ; v. in-dhiug. 
dlûthaini 19/I ; -dlùthad, dlûte 71. 
^0 (^/i) possessif ^3, 282. 
i/o (t/») forme inaccentuée des préverbes (f/'- 



et /o- GG, 235, 239; préposition, /|3, 
81, i/|3, i4ii 3 18, devant pron. suffixe 
278. 

do- préfixe nominal iG4. 

do-acchi -dèccii 53. 

do-adbadim, iaibdid 52 ; doadbat 55 ; -tdr- 
bas 5/| ; dodrbilh, ditârbaid 61 ; duadba- 
dar, -tadbadar iZo, ; (construct. de) 3/15, 
359 ; V. badiiii. 

do-adberim, do-adbiiir, tedbarthe tedbarihi 
(Jedparthi) 'jk, 263 ; v. beriiii. 

do-adelJaivi, doaidlibem 239; v. ad-ellaim. 

do-airchanim (construct. de) 3/15 ; v. ca- 
nun. 

do-airngiri})i (* to-ar-coii-garim), construc- 
tion 3/15 ; V. gariDi. 

do-aitbuacbiin, doêcoiniiacht 71; v. na- 
chhii . 

do-bhir (*to-berim), doberar doberr 70; 
dobert 178; -tabur (flexion de) 20/i ; 
dobinr digail i5o, forccll, teist 3/|5 ; v. 
bcrini. 

do-biur (*di-beriiu), dibrilhi 7/1. 

do-ccr, do-rochair, prétérit de dofiiit 182. 

dochnid 29. 

do-coid prétérit de ii'agu 181 ; (construc- 
tion de) l!^o, 1/I9. 

docoissin 222. 

do-ciiirhir {* io-cuiriii?-) 23g ; v. cuirîur. 

do-cuiriur, do-ciiiriin (* dî-cidriiir') 239 ; v. 
cidriur. 

dochum 6G, 137. 

do-donaim 19/i, 235. 

do-eirgini (^di-es-rigini), -dérsid -déirsid 
53 ; diireracht 178 ; v. rigim. 

do-ellaim ig^- 

do-emiiu 168, du-m-em 232, rfonV 178 ; v. 
cinini. 

* do-i'i-b'm (*-tesbainm, cf. Thurneysen 
KZ XWI 93), construct. 1/19. 

do-feditn, dudariiid 32 ; v. fediiii. 

do-fichim Çdi-fichini), 235 ; doroacht 32 ; 
(construct. de) i5o ; y. fichim. 

do-foestiiiiii, dofitistnim (^io-fo-es-semmi) 
239, dofuisniiu i85 ; doforsat 33; toi/?» 
52, i85 ; V. seiiiim. 

do-foidiiii, doroid 32. 

do-foilliiii, -tidUissem 238. 

do-foinuUm , dojoirnde f)5, dofoirndea 239, 
V. téraiid. 

do-jongim, v. toiigim. 

do-foiiuch i85 ; v. nigim. 

do-for vmgi m 239 ; dofoirmsed G8, 177 ; 



\yr>T.X DKS AIOTS KTUDIES 



387 



dojôrmastar 61 ; lôrtiiachte, loriiicicblai 

263 ; V. inagim. 
clo.fûthraccar, dofiithris Oi ; diitairsctar 

208 ; -larset 64- 
do-fiiit, -tiiit, âo-luit, a'io; prétôrit -a'r 

182. 
do-gaim (?), doroigaid 68. 
do-gdithim igS, -logaitha 289. 
do-gniii, -dènim 66, 2o'i, 235 ; prétérit 

dorignhis -dernus etc. 68, 66, 71, 177, 

187 ; rf«z// 264. 
do-iccivi 3 16 et s. ; doicfa 61 ; (conslnict. 

de) 189, i/iS, i/JS. 
rfo/c/;, ^0^0-, toich, 55 ; comparât. Jot;/;;/ 

i2/i ; (construct. de w) 8/48, 366. 
dôinacht 97. 
do-indnachini, -tiniiagat ^3, doiniiastiv 63; 

V. nachim. 
dûiiii pi. du (/«/«f 102 ; J07//Z' /jo. 
dû iiifethim, doinfet 55, doriiijess 54. 
(/wV^, supcrlat. doirbem 12/1. 
do-Ucini, -télcid 78 ; v. /cV/»/. 
do-luigim {*di-]iiigiin), doliigfa 29, -J/7- 

gibther 71, dorolgeddoroJgthea 180, (ioro/- 

o-/(/a -derlaigthe 69. 
do-mccclni (^di-meccini), deuiecc'nii 2 35. 
do-melim, -tormuU 178, /t)»;/7 i85, 282 ; 

V. nieliiii. 
do-moiniiir, doriimenar 189, -loninibther 

-tomnathar 69, 71 ; (construct. de)3!Îi5, 

359 ; V. inoiiiiur. 
donniii 99 ; doniahi /I7. 
do-oiprini {*dî-od-beri)n), doopir 288 ; i//t'/- 

^/ù/ 53, 2/I0 ; V. berim. 
do-rat, doratus prétérit de dobiiir, 182 ; 

-tartat 20:'|. 
dorche. 118. 
do-rigim, durigi 20 r. 
do-ri'niu i85 ; cf. ad-r[))iiiii. 
do-roscaighii 285. 
c/onw lo/l, io5 ; doirsea 76. 
do-scaigiiii, duroscaifea, -scaibea, -scaifei 

6i. 
do-scéidaim 5o, 5i. 
do-sennim -sefiiatar, -sepfaiiiii, -sephaiint 

33; V. senintn. 
do-sluindim, dorolluiiid dorosJuind 82 ; i//- 

sluindet 2 35 ; do-sliiinfidcr 61. 
do-ti'agii, tiithegot 82 ; -/lî; 79 ; v. //W^». 
do-iongim, docuitig 76. 
do-tnit, V. do-ftiit. 
do-ucciui 816, 817 ; ^(.i/(/V prétérit de Jo- 

^;h/', 182. 



dri'iin iu8. 

drengini 171. 

^/'Oi-/;- 168. 

droggju'ui 57. 

(/n;/ 106. 

driiiunii lo/i. 

rfu, cia-dâ 801. 

diialig 108; c/w/f/;/ .'10. 

(/«// io4. 

^/«/;/e 102, 80; V. (/J////. 

^iu7i 109. 

J«i 82, 858. 
dûthraclit 97. 

? (/;(') pronom 268. 

tVfH, t'V/// 76 ; ù-éceii (construct. de) 347. 
ff/; 99. 
echaire 1 1 . 
ecbtar 1/I6. 

«7rt/.f io5 ; et-û/i-i7, ccccalsa 85. 
cc/rt.';, f(7/.î 75. 

ècùdairc, ècndirc, êicndirc 'j6, 61, 118. 
écndarciis eicndarcus 46. 
(;o/e 57, 118, 284. 
ècosc 57. 
écsamil 78. 
écsamle 78. 
écsamlus 78. 
frf (/«'rf) pronom 268. 
edpart, idpart, edbart 67, 284. 
cçyé'/)/ 79. 
c7r|^^, ^;-^e 63. 
«V]j, teV^ 26, 42. 
eirr 106. 

m, £?o éis, tar essi, 187. 
éitsecht 260. 
e//af/; icTo, g//»c/; 77. 
f7??ec/, éUed 63, 64, 286, 260. 
èJiid io4. 
e»//(7, eiiiilh, 828. 

^wf'K 171, 212 ; -t'/ 58 ; V. do-emim. 
en 99. 

f'«a', ^«fflÊ 98. 
eiigne 66. 

c»n7 118, 166; comparât, énartii 124. 
t't), /(?(•/; 106. 
eola 189. 
^'/«^•, ra///i" 77. 
cpaid, aipthi, itptha, 67. 
epdtii 67. 

('^t';7 25, 54, 260 ; etbert ô'. 
Cl- (^*es-i'0-), premier élément de compo- 
sition 168. 



388 



INDEX t)KS MOTS KTUDIES 



erhiiii (crhaim), crpini, construction aO-y ; 

eirbtbi 72. 
erdirc 118; comparât, erdarcii 12I1. 
crgaire 260. 
eritic, heritic 22. 
i:///^ 107. 
erJaiii, irhiiii, anrliiiu G7, 117 ; fconslnic- 

tion de) i38 ; comparât, iihiiiiii lai^, 

ôc[ual. erlamaidir 129. 
erîatii, irlatii, urlalii O7 ; aiirJatii 107. 

ernaigde, ernigde, irnaigde, iriiigdc G7. 

erriiidem superlat. 128. 

ersokud, irsolcoth 67. 

é'5- préverbe 286 ; substitut de ro 2^8 ; as 
on, 81, 286 ; devant pronom infixe 271, 
272 ; premier clément do composition 

eshetu 7(). 

ésce 182. 

escung, escongan 107. 

esèirge, esseirge, 102, 00 ; hesseirge 2%. 

esgre 69, 70, 2 Go. 

esnid 2G0. 

essainin 118, 166 ; (construction de) 188; 
comparât, essamnn 127. 

r7 f'// 35, 38 ; éuit fjo, eut 5i . 

t'Vrtr/; 100, ètaig ètich 76. 

ctadaim 194, 248; -f'/a^/c 17G; iV/Zf 2G4. 

i'taiin, étae ettae 264- 

f/flr- der- préverbe 23G ; premier élément 
décomposition iG'i. 

ctarcert 79 

ctarthothaiiii 8."^. 

eler (etir), préposition i'4G ; suivie de pro- 
nom sufTixe 279. 

eter (etir) adverbe 324- 

eter-cuiriiir 286. 

eter-scaraim 2 3G. 

etbae, prétérit narratif passif de ti'agu 181. 

ctig 118. 

ctrad 77. 

ctroiitni, comparai, êtriiiiniiu 128. 

Jadciii, fadfisiie, ffs'uie,fehne, Jci}i, faiiisin, 

288. 
fagun 212. 
faigid 2G0. 

failid, comparât. /fl/7//// ii'4. 
/if/Z/e 98. 
/i?7/; io3, lo/l ; /li'/Zv /a'///;/, fàthib fdithib 

48. 
fait sine 5â. 



jalgiid 28G. 
faiiaicc 3.") 9. 
/(/;■ ;/- (/ti/- ;/-_) 28>. ; /'i/r ;;- (/w /;-) 38, 

8G. 
farrad, iii-arrad 107. 
jeudi une 3S. 
fecl.'eu/, feclieuiau -/-\. 
fecht, fect 24, -rr/ 82, iii-fechl-so i4i, 

ind-ect-sa ind-echt-ca 63, i4i, oinecht 

i84. 
fedim 171, 212 ; nofeidtis 56. 
fèdtni 171, 212; -/« 180; V. ad-fédiiii, 

as-indiut. 
Jègaiui 194. 
/f/i conjonct. i5o. 
/VzW;/z 108. 
/(7;>7//' 69. 

feuaiin 172, 212 ; \. for-feuaiiii. 
fer 99 ; yfr, ^r?/ 4 i ; /î'/r 4 'i- 
/i'V 99, féiiiir 5o. 
/«r 96. 
fercach 117. 
/£;■;• comparât, doiiiaith 12") ; n"-J"r;v' (cons- 

truct. de) 36 1 . 
/(7(77- 218 \ -festar {-fiastar) 176 ; -/«5 181; 

V. ro-fetar. 
feuchuir i iN. 
y/tir/; 99. 
Jiad préposit. i44 ; suivie de pron. suffixe 

i'jS ; Jîd 3i). 
fi'adu 106, gén. fédot 38, 79. 
fiadu, gén. fiadan 107. 
fiai « voile n 38. 
//rt/ « modeste », iiul -félin 129. 
fichatmad i38. 
//V/;? i3i ; fichet, fcbtea 49- 
fichiin 2 1 2 ; v . dô-fichim . 
fid 108, /(?rfo /('(/fl 4 1 • 
7z/ 221. 
/// 106. 
finhondid 88. 
finhuanaigini 170. 
/;;rf « blanc « 43, 69. 
y;;/(/ « poil Ti finUiC 59. 
findhadacl), fndbadaigiiii 29. 
fitinaim, fuiuadar 09, 182. 

firidn 117, ///o» firien, fitiatn finoin, 
firiéin 5o ; comparât. /;>7rt?n/ 128, super- 
lat. firiananiani i24- 

firhiige 102. 

^;7 io3 ; /tvVo /"i'r/t' /r/« 42 ; fertc fertae 
80. 



I 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



389 



fis s I I o . 

fissid.fissith 35, 102. 

flâith lo/i, -lailh 32. 

ikd 96, lUd !\\. 

fiesc, fisc It 2 . 

jleteg, fledtigib T)-. 

fâ, is-fô (conslruct. de) 366. 

j'o- préposition i/|() ; ju- /|3, fa- 81 ; sui- 
vie d<; pronom suffixe 280 ; préverbe 
2 36 ; premier élément de composition 
i63. 

fo-adgabiin 236; v. gahini. 

fo-algim 236. 

fobith conjonct. 353, 36 1. 

fo-celiin, fokblid 2 36 ; v. celijii. 

fo-cerdiin, focicherr -Joichiurr 177; jocaird, 
parfait roJA 1S2 ; v. cerdiiii. 

fochaid lOi). 

fochricc ç)^, fogchricc 3/j. 

fochrôih 166. 

fo-comloiigiiu, -foihoiiiohain 73; v. loiigiiii. 

Jocrothaini 19 'i. 

fociil 39. 

fodil jodail 7."). 

foditiu 107. 

fo-dnibaim 194. 

fo-gabiin, prétérit fûfâar, pass. fofrith 
182 ; v. gabim. 

foglaiuiin 108. 

fogiiain 76, 260. 

fôidim iQS,foile 264. 

foigde 70, 98.. 

JoiJsigiid xo'a. 

foihigur foihigiiii 199 cl ss. ; (construct. 
de) 346. 

foirblhe Ii8, comparai, foirbllii 11 128. 

Joirblhetu 107. 

7"l)/(7J 100. 

/l)//h.j 119, fol lais 47, In-folhts i3o ; super- 
\-dt. faillseiii 124; iS'foUus (conblruct. 
de) 348. 

folnur 195. 

fo-longiin icjH;-foil iSC), folilsaiii -foihitis 
177, 68 ; fulachtae 3 6 '4 ; v. long! m. 

folt 99. 

/owi, fonnaib 09. 

/or- préposition 149, /n- i49, suivie de 
pronom suffixe 280 ; préverbe 236, 
suivi de pronom infixe 272, '2~Ô,forni 
64 ; premier élément de composition 
i64. 

for-beiiaiiii, furorbailher 240; cf. for-fe- 
naiiii (?). 



Jor-canlm a'6(i, forciin i85, forroichan 68, 
foirclhe foircthi ■'.60 , forcaiili 264 • 

forccll 100. 

forceiin, forcen '67-), foixaii 'jij, fonhcnn 8.). 

forcennaiin, -foircnea 48, 49. 

forchnem superlat. 126. 

forcital 100, forcctal 7(), orcilal 32. 

for-cougrimin, forcongnr 77, 18.'), 235 ; 
-o-rtr/ 178, -frarf 180; v. gariiii. 

fordccht, forndecht 27. 

for-diiigiiii, fortcchtai ■i'C). 

fordiuclaiin 108. 

for fenaim, -farbanar 34, -far fia, forfenar 
33 ; cf. ïlmrncysen /^Z XXXI. 85. 

for-gellaini (construct. de) 346. 

forlacht q-j , forthachl 85. 

fortchide, in-fortgidiu 129. 

for-iiagu, fortéit 236. 

fo-slssiur , fosissetarfosisefar 32 , fiirohsestar 

32. 

fo-sligiiii, fiiillcchtae. 29. 

/(U-flZ ']o,fochsid 55. "* 

frecfidirc frccndairc 46, 61, 1 iS ; frecdairc 

65. 
frccor iZ~.,freccor 35. 
//TtTé; 102, 57, 6g, 260. 
{rcsdel, f restai 79. 
/;-/'- j)réposition i46 ; suivie de pronom 

suffixe 279, /rz (/n-j, /?/«« (frenn) 67, 

;•/;/« 34, //■(? (re) 34,/rî7/j (r/7/;) 82. 
/775-, V. frilh-. 
fris-citirim céill i39, 237. 
fris-dûnaim ig4. 
fris-orgim, frisorcat 3o, friscomart -fri- 

doircet -frithchomart 237 ; v. oro-//M. 
fritb-, fris- pvévcrhe 237, devant pronom 

infixe 271, 272, 375; premier élément 

de composition i64. 
friihchcist 85. 
fritbgnatn 57. 
frithorciui 237. 

fiidmiiain 118, comparât. ///tf»?»;/» 127. 
fiigcll, fiigall "](), fiigidl 77. 
/«// io5. 
fuillciii. 260. 

^"■fl/'a/ 260, gabdil 9<), 97- 

o-aZ'/'m 171, 201, 212 ; gabaim, gaibim l\- ; 
^J/;rt 175, o-L'^'/Zi i84 ; -^''a^w.y 177, ^'Of'^- 
À;/5 « je suis » 222 et s.; rogabad, 
-rogbath 71 ; gabthe 181 ; v. as-iudgabiiti, 
fo-gabim, fo-adgabini, im-gabhn. 

gaini 21 4 ; v. do-gai m. 



Sgo 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



gainiur 172, 218; -gétiar 179, 208, rogc- 

iiariar i8g. 
gair 118. 
gaire 260. 
galar 100. 
crarim 171, 212; cra?fl 178; -^f^<»'/ 178, 

-^rrti 180; V. ar-garim, do-ainigiriiu, 
for-corigrimm. 
gdii, gô, gôo /40. 
gel, giiil 'ai- 
gcUaim 19^. 
gelim 171, 212. 
gerim 171, 212. 
o-/n loZ, giiin 52.geua !ii. 
glanaim iç^h, -glamis 177. 
glantaide, comparât, glautaidiii 12^. 
gJc, is-glé (construct. rie) 36 1. 
glenaim l'-j'i, 21 4; -giidl l'jÇ], giiilûe 187. 
glendim, glcs 178. 
«■/g?;» 109. 

glicc 118, comparât. ^/ÛTH 127. 
gltiass 38. 
o-Zi/w 109. 

gndth, compaval. gndthiu gndithiii 12^. 
^M/'?« io3, lo'd ; gnime gnîvia gnimae guimi 

gnîmai gtiima 80. 
gninim 172, 2i4; -^«î (prétérit à sens 

présent) 23^; -gnintar 201 ; v. ad-gcn, 

in-gniniin. 
gniii 2i4; -gnitha -rogttatha 78; gcutJiir 

54 ; V. do-gni'ii. 
goach 117. 
^oZ'rt 106. 

gonhn 21^ ; -gcgon 178. 
^or, comparât, goiriu 12^. 
gorim, gorith 29. 
o-or/é; 98. 
o-rii 100. 
grammatic io5. 
grendim, grennimdÇ), 'ii!\ ; -rograinn 179, 

-roigegrannatar 179; v. im-grennim, 

in-greiinUn. 
grèssach (construct. do) i38. 
grûad 109. 
gruth !i I . 
grat\acham 21. 
gréim 108. 
o-77'(7M 96. 
^z«We 98. 
giiidim 171, 201 ; -guidem 78 ; -giiidet 201 , 

21/i, giddmit i8/i ; j?e.î 178, ^«.f» 2o5 ; 

o'z;f«j 176, o^;^5e 2o5; -o-.W 179, 206; 

;^g55î 264; (construct. do) i43. 



fi/m io4 ; o-o«fl /|i. 
guth io3, io5. 

-;' (/;;") 22, 290. 

iadad lo/j, zato 71. 

iadaim 194. 

iarin- (iarmi-, ianmi-^ préverbe 287, 
335 ; V. iar n-, 

iarmi thd iliS. 

iarmu-sudigiir 287. 

iar 71- préposition i/i4 ; iar n-, iariu- pre- 
mier élément de composition 16/I. 

iani 09 ; v. ern. 

iasc, cisc 100, 89, /19. 

//'/;« 171, 21 4; -ibsem 177. 

/'rr 96 ; Me 22. 

iccaiin 19/î; iccfidir, icfider i-'S. 

iccim 2i4, 249; -ïV/m 176; v. do-icciiu, 
ro-iccim. 

if ern iffern 35. 

/7 118; comparât, lia laô. 

';^'"' 7.7- 

7///-, iuib- préposition 59, i40, suivie de 

pronom sufïîxc 279 ; im- et imni- 3 18 ; 

prévcrljc 287, i)iim- et itiiiiie- 335, 

suivi de pronom infixe 371, 272, 270 ; 

premier élément de composition i63. 
inibed 3o, 59, iiiihiiid inilnid 77. 
imde, comparât, iindu 127. 
inidibe 70. 

iiii-dibiiiin, imdibeuar 71 ; v. boiaiin. 
irn-folngiin, folngai, -forlaiiig 38. 
imgabdl, ace. iineabùil 26. 
im-gabim, iiiigabtliai 264 ; v. gabiiii. 
irii-greniiim, iingrennat Sg. 
* iiiim-adglddtir, iiiimusacaldat 78. 
ivimaircide Q's), construction 348, 366. 
iiiitii-airciiii, -airic, -air cet 71 ; v. /(V/;». 
inunalle 66, 288 ; iunneïei, iiiiuielle 288 ; 

w/a//c 8 r . 
iiiiiiianatar, iiiuiiainiar 66, 288 ; inaiictar 

81. 
iuiuiarnius 'j'\. 

iiuiii rddiiii, -râdaim, '\-, 19S, 199. 
iumirddiid 69, iiiibrddud 09, iiiiralib iiii- 

ratiii 56. 
imimirgu 827, 829. 

iiii-nascim, iiiianse iniiiniinse iuimainsi 7'|. 
imned 100, iuinid iuiiiiiid 77. 
iiiipûd 68, 287. 

impitide, impsuide, iiiisuide 68. 
im-sôim, -impàd 287. 
imtliecht 287. 



1 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



391 



imthrenaigiin (coiistrnclioii de) ,'v'|('i- 

im-tîagu 287. 

/ 11- préposition i5o; ///- cl iiiii- 3 18, /;/ 

n- -l'i ; devant pronom sufllve 280, iiite 

intin 6/1 ; v. ind-. 
i n- particule interrogative .'îi.'î, .SÔS ot 

siiiv. ; hi n- 22. 
/ II- « clans lequel » devant pronom in- 
fixé 275. 
inchlide, adv. iiichlidiii 1 ■>,[). 
inchongnam 7(1. 
in-cosaigim (construction de) ;V|() ; iiicois- 

sig, -inchoisig 207. 
ind-, in- préverbe 287, suivi de pronom 

infixe 271, 272; premier élément de 

composition i63 ; v. / n-. 
ind article 43, 58, 1 1 1 et suiv. ; /'/// i 1 i. 
indarhe 102. 

indas, cia indas, cindas 3o2. 
iii-dead 187. 
indeb, indiiib 77. 
in-degaid 187. 
iiidiad 169. 

in-dlnng i85, indlachte 26/i ; v. dlongiiii. 
indnaide, indnide, iiinaide 63. 
i afin il io5. 
inge 827. 

ingen « fille » 80, Oij, (jC ; ingine 71. 
ingen « ongle » 80. 
ingiidth, inganlach, inç^antus "jk. 
in-gninim, -ingéuin 66, -enggnatar 7/! ; v. 

gninini. 
ingraintid 5'|. 

in-grenniin 271; \. grendiin. 
inis 98. 
iiine 98. 
in-rethim, iuiiiilli, iiireith 5ô, indinc 7A, 

indrisse iudrissi 268 ; v. rethiin. 
inricc 118. 
inruccus io4- 
î//jfe 98. 
intain 85 1. 
intaniil, inlaniail, iiilainnil 38, 471 '"/-'^'î- 

mff/7 indsamuil 68, 72. 
intanilur, insamhir 63, 287. 
/;z// 296. 
inlliiicht (indliitchl, inlslincht, indiliiichl) 

84. 
ipthach 67. 
/rWzV 28/1 • 
irchoiltid 54- 

/re55 96, /;/;'«j' 22, /Vic /;mc 71. 
iressacb 117. 



irlani, v. eilani. 

irlithe 118. 

z/'o'/h, birâin 22. 

/.î prépos. i44. 

isel isscl, comparai, n//// i24, 126. 

///j io4, c//;o 4 i . 

///j/h/. 171, 2 1 4 ; itins 72 . 

/a préposition i46; la et // i'i7, 3i8; 

suivie de pronom sulTixe 279. 
lahrur 194, lahraid 168, -labrafanimar 

lâir 106. 

/a'w 96, Idiuie lântae Idinc 48. 

lâmgabim 170. 

Idninaini 194. 

laniiir, lainiiur 172; v. ro-îainnr. 

hise conjonct. 35 1, 352. 

lâthraim 194, latharthir 64- 

lebor lehur 100, liburki, 76. 

/tV/?« /t' /(■//« 171, 195 et ss., /fVa'rt 49, 178, 

/«V/t'rt 174, -/wt'c? -Uiclhea 180, -rèilced 

73, /('7f//;i 71, 264 ; V. ar-lècim, con-air- 

lecini, do-lécim. 
kgaim 194- 
%fl/;« 171, 191 et ss., hga 178, /e^^/rt 

174 ; V. ar-Ugaim. 
li'im 108. 
/J/hc 106. 
/fVr 119, co/«V dileir 180, comparât. Ztî- 

;//< 124, équat. lèrithir 128. 
lenaim i']2, 2i4, ''oW 178. 
lénaim 194. 
/«c 117, /ma" 42. 
lestar 77. 

/£//; « moitié » 42, leuth 52. 
/(,'//; « côté » 109; alled Jii, allethc fri 

i46. 
Idhaiin iy)'\. 
lia gén. liac, lieic 5o. 
//a comparât, de // 120. 

/î^/;« 3l4- 

liiiaiin 19^, -linfed 170. 

//«(/ io4, fcwrfd! 42; //«« 59. 

lingini 171,214- 

///;«, in-linn servant d'antécédent 397. 

//'/;//(/ 54- 

lobaim 194. 

lobui' 117, comparai, lobru 128. 

/oc, /;</c 4 1 . 

lôg 109, /kac/j 38. 

logaim 194, -loichfcd 170. 

loisctbe, loisthiu 55, 65. 



392 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



loitim 198. 

hn, hiin 4 1 . 

lônaichthe !\o. 

lond 1 17, liiinâ /(2, comparât, hiiiidiu 12/1 ; 

ind-luindiu 129. 
hndas \o!\. 
lonç^ 96. 
lougas 3o. 

longhii 172, 11 '4; las 178; \. fo-longiiji. 
lorg,fn-ioirg 187. 
/oic, hiscu !\2. 
losciin 198. 
/o//;, loithe, hit h l\ i . 
lotin, lôon /io. 
Z;/fl//; 117. 
Jûathim 198. 
/?/c/;, /oi-ZAï/" /(i, 106. 
Ivgem (Jtigimem), liigu (laigiii), superlat. et 

comparât, de becc I25 ; ind-higu 129. 
hiib io5, luhe hiibe htbae 48. 
Itiid narratif de tîagu 181, liiide 187; -//J 

-/fl/rf 76. 
hiige lugae 47 ; v. firhiigc. 

via conjonct. 367 et ss. ; iiiasu 227, 228 ; 

V. tnad (mal), 
mi {ma), mdiii, comparât, et superlat. de 

nidr 125. 
m ace 100, ineicc 49- 
machthad (graphie de) 58 ; (conslruclion de 

is) 348, 36 1. 
mad (mat) « si est » 228, 229. 
made madac '18, 118. 
mag log. 

magen, magin maigiii 48. 
magim 171, 21 4; v. do-for mag im. 
maidim 171, 2i4; (construction de) ijo; 

mcma 186; mcmaid i'jH,mcbaid 3i. 
maidm 108. 
î«fl//Z; 118, wrt/J mait])ii(], commailh i3o ; 

ù-w/flù'/; (construct. de) 306 ; comparât. 
ferr, superlat. dech i25. 
mala 107, mailgea 49. 
wza// 117. 
wzrtV mo> 117, )}iôir 49, comparât. Didmô, 

superlat. iiuiin laS, équat. ;ho'/V 128, 

in-mdr 129, in-mdam 129, as-maani 

i3o ; wdr m/ 296. 
warZ; 117, 26, 27, 3o, nioirb 49- 
viarbaim 194, -niairbfe 175. 
vuithir 108. 

viâthramail madramil 28. 
?«(' pronom 2G8. 



vh'bnir 3i. 

?»cZ'/// (construct. de m) 366. 

meirb 119. 

;;7«7 96, 34o ; ciammeit 3o2 ; is-iiiêite 

(construct. de) i38, 36o. 
melo'hn 2i4. 

mclim 171, 2i4 ; v. do-melim. 
meiiic meiiicc 119, comparât, mèuciit 124, 

is-menic (construct. de) 34 1. 
menme 107. 
menmihi 22. 
mer g, nieirc l\2. 
merim 171, 21 4- 
inertaiiii 194. 
mertreeh, mcirddrech, niertrige, mertrich 

27. 
»/g5ce 42. 
wzM^ io3. 

H/«5rt comparât, de o/c i25. 
;»('//; 117 

;/»'- préfixe nominal i65, verbal 170. 
mi « mois » 1 10. 
mid io4, ?««/o 4i- 
midiiir 172, 218; h/«5h.'' 208, messimmir 

61 ; -midar 78, 179 ; /««ii 264- 
;«z7, H;t'7rt 4 1 • 
n?;7, miled 106. 
H/z'/e l32. 

;»/»rf lo/l, w/'/n/ 'ôç), viiiidaib 42. 
mindehccht, miiieccht 58. 
miiideeb 58. 

miscsecb, comparât, miscsigin 127. 
mithig 119. 

»;;o (;K?i) possessif 43, 281. 
mr'idem 3i, 260, môidme'ji. 
môidim 198 ; (construct. de) 267 ; ;»o77/ 

(*m6idid-i) 56. 
Hzd/», môini mâini !\o. 
moiniiir 172, 218 ; -mena- 178 ; -miiibcthar 

17^1 ; -juniiu'star et -méiiar 177 ; v. (fo- 

moiniiir. 
molad io4, »;t'//t) 54, 71, moJlhii 54- 
mollir 195. 
w/dr, V. 7«j'r. 
mor fesser 33. 
mrath 100, 260. 
;;///a' 96. 
inucuae 118. 
mûcbaim 194- 
//»/i,'- io4, wq4''fl 4i ■ 
;«»î « mien » 281. 
»n/;V 108, î«07'fl 4i- 
miiUacb 100. 



i 



I 



INDEX DKS MOTS ETIDIF.S 



393 



muntin, -iiiunus 177. 
inûntid 5'|. 

lia neutre (le nacJ] iii. 

nâ, iiâd, ihich négittion, v. ///'. 

nachiin 216, -naslar 17(1, -nacht iNo; v. 

do-aitbiiacbiiii, (lo-iudiiacbiiii . 
naidni 108. 

?ifl/;/rt 107, naimtca k{)- 
nâr, nathar 381. 
nascini 171, aiC) ; v. iDi-nasciin. 
ndte, ndde ?A). 
iiathir 106. 
nau iio. 

;;t'è-, HC^/;- préfixe nominal ifi,"). 
nebud, iieptiid, nepbiiitb 56. 
nech 120 et suiv. ; tieich iicucb [\i ; nacl} 

81, 3i2 ; antécédent du relatif 2()7. 
nechtar 123. 
«c7 100. 
nein 109 
nepproiihh 50. 
nepbdilcs, in-ncpbdiliiis 129. 
»er/ 99, m'/;-/ »f;/r/ /Ja. 
ncrSaini ig^i. 
««rf ;/6'55rt 35, nessaui, comparât, et super- 

lat. de ocits laô. 
nessiu i85. 
netbiui 172, 216; -;/t'.i'- 17.3, -mibiiis 177; 

V. ar-nethiiii. 
;»' négation 82?^, 335, 333; nd 25i, 32/1, 

333, devgint pronom infixe 271, 272; 

tidd, ndcb 32/i, 333, 337 ; ni-con 2/18, 

356. 
;;/ «chose » 296 ; iia-nt 121. 
nia 106. 
nî-con, V. «/'. 

nigim 172, 216; v. do-fou ncb. 
ni'iiiptba 59. 
no- (»u-) préverbe ^i3, 81, 282 et suiv., 

2^2 et suiv , 33i. 
nô (nd) « ou bien » 3i3, 325, 85. 
nocb « mais » 826; nocliis 826. 
nôcba i3i. 
uoib, noiba 79. 
noiclitecb i35. 
noidécde i35. 
nôidiu 107. 
?W2 w- i3i . 
nômad i33. 

nomtbà «j'ai » et «je suis » 370; v. niiiiplba. 
nônbur i35. 
«ïwe 118. 



ci Ow), /;(i [)réposiliuM 23, i[\l\, suivie de 
pronom suffixe 279, iiad (ôod) 38. 

ô (/;d) conjonction 870 ; v. dtba. 

ôac, com[)arat. ôa, snperlat. iiain I35. 

obhi 107. 

oc préposili(ui i/|/|, ac 8r, occ 3 18, .suivie 
de pronom suffixe 379 ; oc- et ocu- pré- 
verbe 338. 

ocbtinad i33. 

ocblinoga i3 1. 

cv/;i H- i3i. 

ocmaide 388. 

octrach, octarcbe 78. 

ocii-benaiiii, 288; -ociiianalar -'\. 

ociis (aciis) 119, aTî/.f 35, comparât, et 
snperlat. «e.j.ya nessam i25. 

ot"î/.y « et », V. acus. 

od- préverbe 388, 2^8. 

ocgl 1 10. 

ôen (ôiii) i3o; cacb(cecb)-ôiii, iiach-ôin 

131. 

ôeiide, iiid-éciidaid, -oindid i3o, i3/t. 
dé'»/H 107, ôntit lio. 

Og 109, ///""C fi I . 

do'2 106. 

oinecbt i34; y.fccbt. 

ôiiuir i8/|, 3i5. 

(i/i", V. a'/V. 

(i/ préposition r/17, 391. 

0/ « dit-il » 381 ; olse, olseat 368. 

olc 117, ï/Z/f z(Zc 42, comparât, /««sa i35. 

olcbene 279. 

o/rfd'zi oW'i 58, 221 ; oJdaas 35o ; v. 0/ ;/-. 

olfoirblhe 33. 

0/ «- 126, 127 ; V. olddii. 

olsodain, olsodin 292. 

on (bon) démonstrat. 298. 

ond 109. 

or (bjr, hitar), v. nar. 

orbae 102. 

orberit, orpainin 26, 7'i. 

ordigim, -ordigestar -ortigcstar 00. 

o/T 260. 

wc;;« g6, oirciie 71 . 

or^//« 171, 216; -orr- 64, 178; -/or;- 

176; -ort 65, 178, 180, -art 74 ; om?/^ 

o;Tfl5 302; V. fris-orgim. 
os-, dans 05h;(', ostii, osni'eic. 385. 
05 («fl5) i45, suivi de pron. suffixe 379. 
oscar 100. 
ôtba i48. 

peccad io4, io5, 29, 80. 



394 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



persan 97. 

pian 96, pêne 89, peu pina Sy. 
popiil 100. 

prainn proinn Ag, proind Sg. 
predchaiin pridchini 19^, 69, prechite 07, 
-pridchus 177, ropriched b-, ropricadb^. 
prùn- i33. 
proniad 3 1 . 
proiiiaiin 1 9 '1 , 01. 

ràdini 177, -râdtis 177; v. iinni-rddiiii. 

rann 9O, rainiie tS. 

lannaini 19'). 

ri//; 100, iio; di râith (38. 

rathim 2 1 C) 

/t!^ 98, ;•('/;(-' 22, /5-7Tg i38. 

reccaini 19 '4. 

7rc/;/ ro4- 

rf^a fut. de /w^?; 181. 

;t//, superlat. 7£/(,'/« 12/1, construct. 108. 

rt'VVn 108. 

n'/fli io4. 

rélaim ig/j. 

«;«-, rcw/- préverbe 238, 335 ; suivi de 
pronom suffixe 279; v. rc n-. 

remi-tiagu 238. 

?e n- préposit. i(45, re 7;- et venu- 3 18. 

renaini 172, 201, 21 (3, -77'fl 178, rithe 181. 

resiu 66, 81, 371. 

n'V lo/l, rétae rèta 80. 

rethim 171, -ra; 78. 

ri'agol 38. 

77'fl;î 38. 

richtu 108. 

r/^rt;z 96. 

r/j^e 102. 

rigun « je tends, j'élève » 172, 216; 
reraig 178; 7Yf/;/c 26/1; v. ad-cirgiui, 
as-rigim, do-eirgim. 

rigim « je lie » 216; rias, ri ris 176; v. 
coii-rigim. 

rind m. « pointe », n. « étoile » io3, 
io4 ; rendu, rendait '42 ; rinn 09. 

7///;, 77.7//; io3, 52. 

ro « très, trop « i25. 

ro- préverbe 288; ro-(ru-) f\3, 81 ; avec 
le subjonctif i'j!\ ; (place de) 2l\i ; 
(valeur de) 2^2, 2i'i'4 et suiv., pour mar- 
quer le parfait 2^/1, pour exprimer la 
possibilité 2/|5, avec l'indicatif après 6 
2^5 ; (substituts de) 21^7 ; ro premier 
élément de composition i63. 
roho{rohii) Z'io. 



ro-clnininr 172, 2/12, 2^8; rocluinctJiar 

238, rociiahi 178; (construction de) 

345 ; V. chiininr. 
roera, ro-ir, fut. ebarid,i->a^s. ebarthir 182 

et suiv. 
ro-fetar 208, 2'i2, 2/18; (construct. de) 

3^6, 359 ; V. fetar. 
ro-finnaini, ro-finnadar 182. 
ro-iccim 189, 3 16, 817; ro-iccu, riecii, 

riccim 288; corrici 1^7 ; ro-iccini less 

i^o, 3/12 ; V. iccini. 
rois si ni 198. 
roithim, roitte roiliii 31"). 
70-/i parfait de cuiriiir et de fo-cerdiin 

182, 187. 
ro-Iannir -lauintir -lonitir 5i, Sa, 2^2, 

2^8 ; V. lannir. 
rosacht 260. 

ro-sagim (construct. de) 8'46. 
rose 100. 
rosehaill 55. 
ro-uceim 816, 817 ; ro-uic parfait de berini 

182. 
rubricc b~. 

rubrigach, rubri'cu 57. 
77/cr- préfixe nominal i65. 

77//Vt' loO. 

ij'/Z' (sàeb), sôib (sôcb') /40, superlat. .Jfl/i/- 
bem 3i, 126. 

5fl/]^'^c; 96. 

saigim 216. 

5fl// 106. 

.jam 119; (construct. de) i46. 

sait bar 100 ; (construct. do 25) 366. 

sailbe loi . 

sa! loi). 

salni 100. 

sanilid (is), construction 36 1. 

sanilnr igS. 

scaigim 198; v. do-seaigini. 

scandaini 19^. 

scaraim igi ; -irmï et seairinb 175; 

(construct. de) i4't; v. eter-searaini. 
scél 100. 
scendini 171. 
56"o/' 260. 

scribaini 171, igi; ^r/Y/w 17 '4. 
scribndid, scribdid 65. 
5C 50 5/77 5777 (5fo) 50/7 démonstrat. 298. 

5t' 181. 

5er/7 préjDOsit. 1/17, suivie de pronom suf- 
fixe 279, 5(V^Y7t' seceu 61. 



INDEX DES MOTS ETIDIES 



39.5 



sech conjonct. 07 i. 

sechem 261 . 

sechim, -secht 180. 

sechm- j('r/;wo- prcvorbe 2 38. 

sechno-cUaim 288. 

sechnaiin 19/I. 

sechle i35. 

sechltnad i33. 

sechtmoga 1 3 1 . 

secht n- 1 3 1 . 

jd-cZ^Hr 171, -sechfidcr 17.'), -scichfcd iS») ; 

-sèche th 2g. 
5^We i35. 
iÉ'm 119. 
5Êm/Hi 216; -5('Y, -sat 58, 78; v. do-joes- 

nii}n. 
sen, comparât, siiiu ;^i, scii- liVo. 
sénaiiii 19/». 
senim 108. 
sennim 216 ; -5t'5 G2, 178 ; -scpbainn 178 ; 

V. do-senniin. 
serb, comparât. jerZ;?/ 128; iid-serbu 129. 
5«T, J'^îVc A 2. 
jl'?'C, 5t'wrc 42. 
sergaim 19/1. 

sernaim i']2,srithe srithi 268. 
.f «ca 1 3 1 . 
5«5e^ i33. 
5«5er i35. 
sèt sêitit 5o. 
5(?//;a>' 281. 
sétig 98. 
5('//»i 198. ' 
si pronom 268. 
sib pronom 268. 
sid 109. 
si de sidi 292. 
sin adv. ag'i. 

.î/zî^- forme de l'arlicle 11 i, 112. 
si'r, comparât, s t'a, superlat. si'am i25. 
sîrim 198, 2(!lo; v. tiiiriiii. 
sissiur 172, 218; \. fo sissinr. 
si H adv. 29^. 
.y/«r 108. 
slaidim 198. 
5/à/i 1 17 ; 5/im Lig. 
sk'chlaiin ig^. 
sleidm 108. 
skiiiun 117. 

j//fl/; log, j/('7i 5/('Z7/77 89. 
5%n/i 172, 2i(); -sleachta 5o. 
sliucht 3^. 
5/0^^ (5/Hfl^) 89. 



shicim sluccim 198 ; slogait -sJogeth 26. 
slnindim 171, 198; sluindea i']'i, sliiinfem 

61 j V. do-sluindiiii. 
smir, siiiera f[ i . 
simdiin 2i(). 
j'»/ j)ronom 2G8. 

50- (s»-) préfixe nominal iG'i, 43. 
sochide, socbaide, sochiiide, sochtide k~- 
sochoisc 166. 
sochriiti}, sochrud 28; comparai. 50f/;ri(Jm 

I2<). 

sodain, sodin 291 . 

io/te 98. 

soir, sôer 117, 188; comparât, soiriti, 

sairiu 124, 126. 
soiraim ig/l, -soirfea 176, -sôirfed i86. 
5t)/V^, cquat. soirhilhir 128, superlat. w/r- 

somme, superlat. sommai mcm i2''|. 

ioH 100. 

50////-/ 119, 1O6 ; superlat. sonaiitimem 

12.5, cquat. souartaidir 128. 
.W05, 5;/fl5 38. 
sorgiin'2 16. 
soscéle 102. 
srédim 198. 
srenim 216. 
5re//j 260. 
5ron 38. 
5r«;/j io3. 
5/0/r io5. 

suaichnid (construct. de /5) 348, 3(ïi. 
sualig io3. 
5wfe 102, .snZ'aÊ 47- 
jzu'^e démonstr. 291 et suiv. 
suide « place », -itidiu 82. 
iu'// 108. 

5////;/V, siilhair 70, 72, 119. 
5»;;(f 29.'). 
i»//j 108. 
suthin, siithain '\-. 119; équal. 5////;fl/;//- 

dir 128. 

/iîtor/, tahaiit gG, 97, 2G0. 
tabernaciiil io5. 
/ffca/r («), construction 8G1. 
/acn/ i85 ; (construction de) 3Go. 
tadall 2 3g. 

taidbsiu 107, taibslu ÔG, 58. 
/flz^e 57. 
tairchital-]6. 

tairm-, tremi- préverbe 289 ; premier élé- 
ment de composition i63. 



SgG 



INDEX DES MOTS ETUDIES 



tairmlbecbt 289 . 

tairngire, 61, 65, 69. 

talam 107. 

tall adv. 29?^. 

tahiiaide, talniaidiu 129. 

/tîHa, comparai. /«;Hi 120. 

tànaise i33, in-tanisiu i?>!x. 

tar (dur) préposition 82, 1^7; suivie de 

pronom sulFixc 280. 
tarisse, comparât, tnrissiu i-it\. 
tarmhreth aSg. 
té 119. 

/('(■/; Qcg) 109, //><-' -'n . 
techiin 171, 218; -/j'/V/; -tachutar 179. 
^t'c/;/ 2 Go. 

techtaiin 19/4, -tecJitiis 177. 
techtaire, tccltairc 2'i, 10 1. 
tecualc 07. 
/t'o-, V. /a-/;. 
teglacb 78. 
/t'/Jw 108. 
teJlaiin (construct. de) i/|o, -telljea 35. 

/t'H 109. 
/e«g 107. 
/('WO-C I O I . 

terfochraic, terochraic 02. 

tesbuith 96. 

toto 10/1. 

testimiii io5. 

/w^'z;, tiagai»! 171, 218; -/eg'oi 38, 79, 
-/t^/rf 09, //flo- /Ù!t7; 169, -^z'ai 178 ti'asii 
2o5 ; (construct. de) 189, ilig ; v. rega, 
hiid, docoid, cthae et add. p. 181. 

tiarinoracbt i38. 

ticbtii 108. 

tigerne 102. 

//]fe/, /(?o-é?/ 67. 

timne, limpne Sg, 102. 

tinaiin i()!\. 

tindiiacol, linnacol 68. 

tiiifed, linpbed 33. 

tintulb io5. 

//r 109. 

/c^- préverbe 289, ^0- 66, 82 ; premier 
élément de composition 168. 

to possessif 283, tô 19 ; v. do. 

tob 100. 

toccth toc ad 79. 

tocbiir 289. 

toinitin 107, 108, toiindden 27. 

to/ssecb, comparât, toissacbu toisegu toisi- 
giii, superl. toissigem 29, i24- 

toissigecbt 29. 



/o/ 96, /«//(-' //(// Ai, ^9- 

tomad 3i. 

toWHi iio, toiinseo 76. 

tougini « je bâtis » 218; v. con-idgim. 

tongiiii «je jure » 172, 218; -ctiitig 17g; 
do-Jongim 289, 2/10. 

tongiin (^?) « je touche », -tetbaig 58. 

/07'(7i:i! 77, is-torad (construct. de) 366. 

torand 59, 77, 289. 

/c)/7W, toirse A6. 

^orié; 98 ; is-torbi i38. 

lônnag 289. 

toscbid, tasgid 55. 

tossacb 101, 77. 

traceur 218, v. do-fothraccar. 

traig 106. 

/rt'Z'' A I . 

trebar, comparât, trcbairiii i24- 

/rt'(fe 102, i85. 

trenii-berim 287. 

irt'»/. i-fcidligim 289. 

tremi-tiagu 289. 

/mî 117, triiiin tréiu'n 00, trîunu 5i ; 
comparât, tressa, superlat. tressam i25. 

/n (ire) préposit. 1/17 ; suivie de pro- 
nom sufExe 280. 

/77 /(?o»- /n 181 -yfo-tbri 18^. 

/rzflr i35. 

/r/c/ja 181. 

tricbtecb i35. 

trinise 3 1 . 

triiidôit io5. . 

/m i33. 

trcetbaiin 194. 

tronim, triiim /ji, comparât. /rwwwn^ 128. 

troiiinmim igli. 

trop 100, /n/7/> ^i. 

/rz/flo- 89. 

/(i pronom 268. 

tiialaing tiialang 119 ; (construct. de) 188, 
i^i. 

/«'art' 98. 

tâatb 96, tdaitbe tûaitb l\l\, AG. 

/«/t"5e tuicbsimcni 55. 

tiiigim 198. 

/////t;, /o/ûÉ I03, 47- 

tiiilem 260. 

tiiilhn 172, 218. 

ttiirim 2^0, v. sirim. 

liiistiii 108, 289. 

/;/5, rtr //;mm.j 1/18. 

«(/// ()6. 



ÎNDEX des mots ETUDIES 



397 



l'un (In'iar) aa, 89; hiirc [\o; hôie (conalr. 

de) 352, 30 1. 
nasal, comparât, uaisliu, siipcrlat. uaislei)i, 

iiaisli))iem 12/i, laS. 
uathad, hûalhad ôthud 3(). 
ucjit adv. 295. 
iiile {J)uile) 118, 120 ot siiiv., bii/Lr, hiili 

80. 
jiili')narbaiin 170. 



uisce 102. 

«me 118, /jMme 22, comparât, uissiii 

12/i ; (construct. do is) 360. 
timaldôit 22. 
t»//e ?«H(7« 102. 

7///o-(' 7(HO-(7e /'17, 98. 

ûrdatii 107. 

iituiaU, iiid-utmaU 129. 



i 



I 



1 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



N. B, — Les numéros renvoient aux pasjcs du volume. 



ABSOLUE (llcsion), iCuj. 

ABSOLUS (pronoms personnels), 267 et s. 

ABSORPTION, 68, 78-75, 81. 

ACCENT, 65 ; du verbe, 281 et ss. ; secon- 
daire, '3 18 et s. ; graphique sur les 
voyelles, 18. 

ACCORD de l'adjectif avec le suhstantU', 
119-120; du verbe avec le sujet, 200, 
du verbe copule avec le pronom person- 
nel sujet, 267 ; des pronoms personnels, 
289. 

ACCUSATIF (emplois de F), 189. 

ADJECTIFS (flexion des), ii5; (emploi 
des), 119; (place et accord des), 119, 
3i2; en -ach (-ech)i 117, 109; en -de 
(-ide), iGo, 161 ; pronominaux, 120, 
3ii ; employés adverbialement, 8/io. 

ADJECTIVES (locutions), 348, 36o, 366. 

ADVERBES tirés d'adjectifs, 129. 

ADVERBIALES (locutions), 8o8, 3/|0, 3Gl. 

ALLO-NGEME.NT Compensatoire, 20. 
ANTÉCÉDENT dii relatif (expression de 1'), 

296. 
A.NTÉRiEURES (voyelles), 17. 

APOCOPE, 81. 
APOPHONIE, 68, 75 et SS. 

APPOSITION, 186 et add. 

xVrmagh (livre d'), /i, 5, 6, 7. 

ARTICLE (formes de 1'), m; (emplois 
de 1'), ii3 ; en fonction de démonstra- 
tif, 295, de relatif, 296, 298. 

ASPIRATION des consonnes, 28, 58; (cas 
où se produit 1'), 84 ; (mots rebelles 
à 1'), 85 ; syntacli(jue, 84 ; syntaxique, 



333 et ss. ; (valeur de 1'), 887 et ss. ; 

de l'objet, 3i4 ; du sujet, 3i4. 
ASSIMILATION vocaliquc modale, 80, 81. 
ATTRACTION modalc, 879 ; temporelle, 

876. 

ATTRIBUT (adjectif), II9, 3l2. 

B et/ [ph] (confusion de), 28. 
BiBLioGRAPHrr, 12 et s. 
BRÈVES (voyelles), 17 et s. ; suivies de 
deux consonnes, 19. 

Cambrai (manuscrit de), 4, 6, 7. 
CARDINAUX (nombres), i3o. 
CAS, 94 ; (emploi des), 18G. 

COLLECTIFS (mots), 25o. 

Colomba (St), 3. 

COLOMBAN (St), 8. 

comparaison (degrés de), 128. 
COMPARATIF, 123; (coHstruction du), 126. 
composé (verbe), 178 ; (accent du), 

282. 
COMPOSITION, 162 et ss. 
CONCESSIVES (propositions), 365. 
CONCORDANCE des temps, 875. 
CONJOINTE (flexion), 169. 

CONJONCTIONS, 3l3 et SS. 

CONJUGAISONS, 167; (liste des), 170; pre- 
mière : active, 191, déponente, 194; 
deuxième : active, 195, déponente, 
199 ; troisième : active, 200, dépo- 
nente, 207; supplétive, 181. 

CONSONNES (énumération des), 21 ; (posi- 
tion des), 22 et 28 ; (graphie des), 28 



4oo 



T\m.C ALPHABETIQUE DES MATIERES 



et ss. ; (groupes de), 36 et ss. ; (re- 
doublement des), 27, 3i, 3A et s., 
3i8. 

COISTRACTIOX, 52. 

COORDINATION, 322; copulative, 322; 

alternative, 320 ; ndversative, 326 ; 

explicative, 327. 
COPULE (verbe), 220. 23i et ss. ; (accord 

du), 378. 

D et th (confusion de), 28. 

DATIF (emplois du), m, i4i ; (contusion 

du) et de l'accusatif au pluriel, m, 

148, 278, 291. 

DÉASPIKATION, 5;^. 

DÉcr.iNAisos, 93, 95 et ss. ; première, 
95 ; deuxième, g8 ; troisième, 102 ; 
quatrième, io5 ; cinquième, 108 ; irré- 
gulière, 109. 

DÉMONSTRATIFS, 29 1 et SS. 

DÉNOMiNATirs (verbes), 170; en -igitr, 

-igim, 168, 198, 200. 
DÉPONENT, 167 et s. ; (désinences du), 

188; (flexion du), 19^, 199, 207. 

DÉRIVATION, l5o et ss. 

DÉSINENCES dcs siibstantifs, 90, 97, 98, 
101, 102, io5, 109; des adjectifs, ii5, 
116; des verbes, i83 : primaires, i83; 
secondaires, 190; -ither et -ider, -cthar 
et -edar, 29. 

DEUTÉROTONiQUE (forme verbale), 232. 

DIPHTONGUES vraics, 20; issues de frac- 
ture, 87 ; fausses, /i4; (altération des), 
ho. 

DisTRiBUTirs (nombres), i3A. 

DUEL, 93. 

É d'allongement compensatoire en cas 
d'infection, 5o, 5i. 

ÉCLIPSE, 87. 

ÉLISION, 52. 

ENCLITIQUES, 66, 3ll. 

ÉPENTHÈSE, Sg. 

ÉPIGKAPHIQUES (doCUITients), 1,2. 

ÉpiTHÈTE (adjectif), 119. 

ÉQUATIF, 128. 

F pour sv, 33. 

FIGURE étymologique, i4o, 338, 339- 

FINALES (propositions), 355, 867. 

FRACTURE, '6~ et SS. 

FUTUR, 17/i; en -/-, 29, 17/1, désinences, 
186; en -fl, 175, désinences, i85; sig- 



matique, 175, désinences, 186; dépo- 
nent, 189; (emplois du), 205. 

G et ch (confusion de), 28. 

GÉ.MiN.^TioN, 34, 87 ; V. consonnes (re- 
doublement des). 

GÉNITIF (emplois du), i36; (place du) 
régime, 3 10, 3 12. 

GENRES, 93. 

GROUPES de consonne (simplification des), 
56; s-\-t, dent. + dent., 53. 

GROUPEMENT des mots, 3 10 et ss. ; grou- 
pes nominaux, 3 10; groupes verbaux, 
83, 3i2 ; (coupure du), 3 16. 

H (valeur et emjjlois du signe), 21 et suiv. 
HYPOTHÉTIQUES (propositions), 356, 367. 

I.MPARFAIT, 243 ; (désinences de 1'), 243 ; 
(emplois de F) de l'indicatif, 25 1, du 
subjonctif, 204, du futur, 255. 

IMPÉRATIF, 169; (désinences de 1'), i85 ; 
(emplois de 1'), 25 1 ; (accent de 1'), 
232 ; distinct du subjonctif, 172. 

INDICATIF (thèmes de 1'), 171 et ss. ; 
(désinences de 1'), i84, 188; (emplois 
de 1'), 201. 

INDICE relatif «, 269, 333 et ss, 338etss. 

INFECTION, 43 et suiv. 

INFINITIF (formes de 1'), 258; (emplois 
de 1'), 261. 

INFIXES (pronoms), 268 et ss., 3i3 ; 
(classes des), 270; (formes des), 278 
et ss. ; (place des), 282, 269; (emploi 
des), 332 ; emploi proleptique, 828 ; 
emploi explétif, 276. 

INSCRIPTIONS, I, 2. 
INTERROGATIF, 3oO. 
INTERROGATION DOUBLE, 325, 358. 

LITTÉRATURE du vicil-irlandais, 2 et ss. 
LONGUES (voyelles), 18 et ss. ; d'allonge- 
ment compensatoire, 20. 

.MANUSCRITS, 5 et suiv. 
MB (graphie) pour mm, 60. 

MÉTAPHONIE, 4o et SS. 

Milan (manuscrit de), 6, 7, 10. 
MODES (emploi des), 378. 

MONOSYLLABES, I9. 
MOYENNES (vOycllcs), I7. 

NARRATIF, v. prétérit. 



TABLF. AI.PnABKTIQUE DES MATIERES 



/|OI 



NASALISATION syntacliquc, 80 et ss. ; syn- 
taxique, 333 et ss., 338 et ss. 
ND (graphie) pour mi, Go. 

NÉGATIONS, iGg, 201, 27I, 010, 333. 
NtUTRE, 93. 

NOMBKE (noms de), i3o, 3ii. 

NO.MBKES, 93, 168. 
NOMINATIF, l3G. 

NOMS, 93 et ss. 

OGHAMIQUE (écriture), i. 8. 
OGHAMiQUES (inscHptions), I, 19. 
ORDiNAi'x (nombres), i33. 
ORDRE des mots, 3o5. 

p (consonne), 21. 

PARADIGMES de la déclinaison, gO et ss., 
m, 117 et ss. ; de la conjugaison, 191 
et ss. 

PARFAIT, V. prétérit. 

PARTICIPES, 2G3 et ss. 

PARTiCLLES renforçantes, 2ÛG ; person- 
nelles, 28^ ; réilécliles, 287 ; démon- 
stratives, 292. 

PARTITIF (expression du), 1A2. 

PASSIF, 168; (désinences du), 187. 

Patrice (St), 3. 

PERSONNES du Verbe, 168. 

PERSONNELS (pronoms), V. pronoms. 

PH (prononciation de), 2^, 20. 

PHONÉTIQUE, 16 et ss. ; des mots, 87 ; 
syntactiquc, 83. 

PHRASE interrogutive, 32 1 ; négative, 32 1 ; 
nominale, SiO; relative, 33i et ss. 

PLUS-QUE-PARFAiT (exprcssion du), 207. 

POSSESSIFS (pronoms), 280 ; (adjectifs), 
281 ; emploi proleptique, 827 et s. 

POSTÉRIEURES (voyelIes), 17. 

POTENTIEL, 253, 2Ô!\, 206. 

POTENTIELLES (propositions), 3.iG, 3G7. 

PRÉDICAT (adjectif), 119, 3i2. 

PRÉPOSITIONS (emploi des), 1A2 et ss., 
3ii ; produisant l'aspiration, 85. 

PRÉSENT de l'indicatif, 25 1 ; du subjonc- 
tif. 252 ; du futur, 255 ; historirpie, 25i. 

PRÉTÉRIT, 177 ; actif : sigmatique, 177, 
désinences, 186, en t, 178, désinences, 
187, radical, 178, désinences, 187; 
passif, 179; déponent, 189 ; analytique, 
181 ; (emplois du), 256, au sens de 
plus-que-parfait, 257; narratif, i'^'i ; 
parfait, 2!^L\. 

PRÉVERBES, 3i3 ; (forme des), 282 et ss.. 



devant l'accent et sous l'accent, 28.^ et 
ss., après l'accent, 2^40 ; en position 
relative, 335, devant pronom infixe, 
371 ; produisant l'aspiration, «5, 3iG, 
388 ; (ordre des), 2^0; (valeur des), 
2.'|i et ss. 

PROCLITIQUES, 66, 3ii, 3x3, 3i6; in- 
times, 169, 282, 3i8; suivis d'encli- 
tiques, 28G, 8i5. 

PROLEi'SE, 827 et ss. 

PRONOMS, 2G6 et ss. ; personnels, 266 ; 
absolus, 2G7 et ss. ; infixés, v. infixes 
(pronom.s) ; sudixcs, 277 et ss. 

PRONOMINAUX (adjectifs), 120, 122, 811. 

PROTOTOMQUE (forme verbale), 282. 

PUNCTUM delens (emploi du), 38 et ss., 
60. 

RAPPORTS de temps, 889 ; de quantité, 34o; 
de manière, 84o. 

REDOUBLEMENT dcS VOVcllcS, IQ. 

RÉFLÉcnis (pronoms), 2G6 ; v. particules 

renforçantes. 
RÉGIMES (ordre des), 3oG. 
RELATIF (expression du), 298, 3i8; au 

génitif, 34 1 et ss. 
RELATIVES (formes), 168 et ss. 
RENFORÇANTES (particules), V. particules. 

Saint-Gall (manuscrit de), 6, 8, 10. 
se, sp, ST (groupes initiaux), 82. 
SIGNES (explication des), i4. 

SPIRANTES, 28 et ss. 

STATUS durus, mollis, 28. 

SUBJONCTIF, 178; en a, 178, désinences, 
i85 ; sigmatiipie, 178, désinences, 186; 
déponent, 189; (emplois du), 252, de 
volonté, 252, délibératif, 258, de pos- 
sibilité, 208, de désir, 258, de généra- 
lité, 208 et ss. 

SUBORDINATION, 844- 

SUBORDONNÉES (propositions), libres et 
subjonctives, 878 ; relatives, 344. non- 
relatives, 862. 

SUBSTANTIF (vcrbe), 220 et ss. ; d'exis- 
tence, 220; copule, 225. 

suBsr.ANTiFS, g5 j irréguliers, 109; nu- 
méraux, x84 ; V. sufîixes. 

SUFFIXES, i5o; de noms d'agent, -id i5i 
(-!hid 1Ô2, 28), -eni i52, -ôir i58, -dire 
lôo ; de noms d'action, -d i53, -end 
i55, -/m i55; de mots abstraits, -acht 
i5G, -s i56, -e {-ise, -ine, -sine) lô-j et 

26 



402 



ss., -tu iSg ; d'adjcclifs, 1Ô9; do di- 
minutifs, 161. 
SUJET (place du), 3o5 ; (aspiration du), 

3i4. 

SUPERLATIF, 12/I; (construction du), ia8. 
SUPPLÉTIVE (conjugaison), i8i. 
SYLLABES acccntuccs, 60 ; j^rcaccenluôcs, 

80; postaccentuées, 68. 
sYNcopc, 68 etss., i83. 

TEMPS, 167; (emploi des), aSi ; (concor- 
dance des), 875. 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES 

THÈMES de la conjugaison, 1G7, 170 et ss. 



VEKBES, 167 et ss. ; (emplois des), 2,^0 et 
ss. ; (place des), 3o5. 

VOCATIF, i3G. 

VOIX, 167. 

VOYELLES (énumération des), 17; (posi- 
tion des), 17; longues (fracture des), 
37 ; d'infection, 'nk et ss. ; postaccen- 
tuéos, 68 et ss., finales, 7g et ss. 

WïRZBUi.G (manuscrit de). G, 7, 10. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES 



Avant-Propos vu 

Introduction' i 

Documents épigraphiques (^§ 2-3) el littéraires (§§ fi--) du vieil-irlandais. Les 
manuscrits du vieil-irlandais (ï§ 8-1/1). Bibliographie (vj.^ 15-17). 
Explication des signes (§ 18). 

PREMIÈRE PARTIE. — Phonétique. 

Chapitre premier. — Des sons et des lettres 17 

I. Voyelles et diphtongues (!;§ ig-26). — IL Consonnes (^§ 27-Go). 

Chapitre second. — Des mots 87 

I. Phénomènes indépendants de l'accent (^§ 62-128). A. Vocalisme (§§ 62-98) : 
Fracture des voyelles longues c' et à (§§ 62-66); Métaphonie des voyelles 
brèves e, i : 0, 11 (^§ 67-72); Infection (^§ 78-91); Elision et Contrac- 
tion (§§ 92-98). B. Consonantisnie (;;§ 9/1-128): Déaspiration (^!5 97- 
99); Simplification des groupes de consonnes (jij^ 100-128). 

IL Phénomènes déterminés par l'accent (§§ i2^-iù!\). 1'' Syllabes accentuées 
(§§ 125-129). 2" Syllabes postaccentuées (§g 180-108): Syncope 
(§§ i86-i4i); Absorption (§§ i/l2-i46); Apophonic (§§ 1/17-158). 
8" Syllabes préaccentuées (§§ iSg-iô/l). 

Chapitre TROisiiîME. — De la phrase 88 

I. De l'aspiration (§§ 166-169). IL De la nasalisation (g§ 170-176). 



4o<4 TABLE AN'ALTTIQIE DES MATIERES 



DEUXIEME PARTIE. — Morphologie. 

PREMIÈRE SECTION. — Des koms. 

Généralités (§§ 177-179) qS 

Chapitre premier. — Des substantifs gS 

i''e Déclinaison (§^ i8i-i85). 2<= Déclinaison (^^ 186-190). 3"= Déclinaison 
(§§ 191-198). !\'^ Déclinaison (§§ 19/1-198). 5" Déclinaison (^§ 19g- 
200). Substantifs irréguliers (§ 201). Do l'article (§§ 202-209). 

Chapitp.e second. — Des adjectifs ii5 

Flexion des adjectifs (§§ 2 10-21 5). Emploi dos adjectifs (§§ 216-219). Obser- 
vations sur les adjectifs pronominaux (§§ 220-227). Degrés de compa- 
raison dans les adjectifs (§§ 228-289). Adverbes de manière tirés 
d'adjectifs (§§ 24o-24i). Des noms de nombre (§§ 2^2-255). 

Chapitre troisième. — Emploi des cas 186 

Nominatif (§ 267). Vocatif (§ 268). Génilif (^§ 259-2G3). Accusatif (î§ 26')- 
269). Datif (§ 270). Liste dos prépositions avec l'indication do leurs 
principaux emplois (§§ 271-287). 

Chapitre QUATRIÈME. — Formation des noms i5i 

I. Do la dérivation (§§ 288-807). ^^- ^^ ^^ composition (^§ 008-816). 

DEUXIÈME SECTION. — Des verbes. 

Chapitre premier. — Éléments de la conjugaison. . . . 167 

Observations préliminaires (§§ 81 7-82."!'). Tliômcs de la conjugaison (>;§ 826- 
849). Dos désinences (§§ 850-86/;). 

Chapitre second. — Payadiomes de la conjugaison . ... 191 

i"-" Conjugaison (§§ 865-872). 2 ^ Conjugaison (§§873-888). 8'= Conjugaison 
(§§ 88/i-/ioi). Du verbe substantif (§§ /'102-/120). 

Chapitre troisième. — L'accent du verbe cl les préverbes . . . 281 

A. De l'accent (§§ /ja 1-425). B. Forme des préverbes (§§ 426-487). C. Ordre 
des préverbes (§§ 438-48g). D. Valeur des préverbes (§§ 44o-454)- 



TABLi: A^iAI.YTIQUE DES MATlîîRES /|05 



Chapitre quatrièmf.. — Emplois du verbe 200 

1. Emploi tics nombres (!5§ /t55-45()). If. Emploi drs temps (§§407-/173): 
Indicatif (§§ 407-459) ; Svibjonctif (§§ 4no-4<Î7); Futur (§§ 4O8-470) ; 
Prétérit (§§ 471-473). 

Chapitre cinquième. — Formes nominales du verbe .... 2.09 
I. De l'infinitif (§§ 474-48'i). If. Des participes (§§ 488-487). 

TROISIÈME SECTION. — Des pronoms. 

Chapitre premier. — Des pronoms personnels 266 

I. Des pronoms absolus (^§ 489-492). II. Des pronoms infixés (§§ 493-5o8). 
III. Des pronoms suffixes (§§ 509013). IV. Des pronoms-adjectifs 
possessifs (§§ 5i4-52o). V. Des particules renforçantes personnelles 
(§§ 021-529). VI. Des particules renforçantes rélléchies (§§ 53o-534). 
VII. Accord des pronoms personnels (§§ 535-537). 

Chapitre seco>-d. — Des pronoms et adjeetifs démonstralifs (relatifs). 291 

A. Démonstratifs proprement dits (§§ 538-547)- ^- -^r'icle en fonction do 
démonstratif et de relatif (§§ 548-558). 

Chapitre troisième. — Du pronom-adjectif inferrogatif Q^^ ^ÔÇ)-^C}-). 3oo 



TROISIÈME PARTIE. — Syntaxe. 

Chapitre premier. — Ordre et groupement des mots . . 
I. Ordre des mots (§§ 568-58 1). II. Groupement des mots (§§ 582-598). 

Chapitre second. — De la phrase nominale (§§ 5g9-Go4). 

Chapitre troisième. — De la coordination . . 



Coordination copulative (§§ OoG-Gog), alternative (§§ 610-61 1), advcrsative 
(§§ 6 12-61 4), explicative (§ 61 5). De la prolepse (§§ 616-622). 

Chapitre quatriè.me. — De la phrase relative (§§ 623-65i). . . 33i 



Ii06 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 



Chapitre cinquième. — De la subordination 3/t/i 

1. Des propositions subordonnées relatives (§!:; G52-697), non introduites par 
une conjonction (§^ 653-6Go), introduites par une conjonction (§§ 661- 
68g); absence de l'expression de la relation (§§ 690-696); emploi 
abusif de la relation (§ 697). II. Dos propositions subordonnées noji 
relatives (§§ 698-715). 

Chapitre sixième. — Emploi des modes dans les proposilioiis subordonnées. 

Concordance et atlraclion 878 

A. Emploi des modes (§§ 716-719). B. Concordance des temps (§§ 720-724). 
C. Attraction modale (§§ 725-726). 

Index des mots étudiés 38i 

Table alphabétique des matières 899 

Table analytique des matières 4o3 

Addenda et Corrigenda ^07 



ADDENDA ET CORRIGENDA 



p. 10, 1. 12, lire: le glossateur. 

p. 2 1,1. A- Noter que le signe qu peut se rencontrer clans des mots intllg(' nés : uisque 
« eau )) Ml. g3 b 12. 

p. 25, § 36, lire : ataiiiwt « rpi'ils professent ». 

p. 33, 1. lo, lire : frecùdairc ; — clern. ligne, lire: ni forhaiiar . 

p. 4i, 1- i6, lire : fii « bois ». 

p. 43, § 73 et suiv. L'important travail de jNI. O.-J. Borgin, Palatal i\atio7i (Eriu III 
50-91), est malheureusement parvenu trop tard à l'auteur pour pouvoir être utilisé 
ici. 

p. 60, 1. 3/i, lire : -aisiuledat, -aisndethat. 

p. 6/i. En réalité -epur ne repose pas phonétiquement sur *es-h'ntr ; il y a ici un pro- 
blème étymologique complexe dont l'examen sort du cadre de ce livre. 

p. 73, 1. I, lire cosmaile. 

p. 106, 1. Sa, lire lochat. 

p. 127, 1. 28, lire : ils n'en seront pas meilleurs. 

p. i3/i, 1. h- L'exemple unique du génitif très (Sg. iol\ h i tres-diil « de la troisième 
déclinaison ») est suspect, l'adjectif numéral pouvant être considéré comme élément 
de composition et partant comme indéclinable (cf. § Sog). 

p. i3G, apposition, v. ci-dessous, p. i/|i. 

p. il\0, 1. 3, lire roicchn less. 

p. i4i, 1- 7, lire : arachriii. 

p. i4i, § 270. C'est par erreur cju'on a omis de mentionner le curieux emploi 
idiomatique du datif-instrumental signalé et étudié par M. Pedersen ZCF II 379, 
et d'après lequel doit être modifié ce qui est dit de l'apposition au § 256, p. i36. 
Les exemples sont : (av. adj. possessif) Wb. 19 a 3, Ml. Sg c34 ; (sansadj. posses- 
sif) Wb. 7 c 8, 9 c 10, 10 d 8, 25 d 12, 33 a 7, Sg. 4 a 2, Ml. 56 b 2'i, 92 c 3, 
94 d 6, 108 a 4- 

p. i5o, 1. 33, lire indocbala en un seul mot. 

p. 160, 1. 36, lire il «nombreux ». 

p. 171, av.-dern. 1., supprimer cîaidim «je creuse ». 



/|08 ADDENDA ET CORRIGENDA 

p. 178, § 339, lire Strachan BB XIII 221. 

p. 179, § 342. Une troisième catégorie de prétérits radicaux pourrait comprendre les 
trois suivants qui n'ont ni redoublement ni allongement vocalique : -caird de cer- 
ditii, -cer dans do-cer « il tomba « de dojiiit, liiid « il alla ». 

p. 180, § 345 Rem. Il est bien entendu que doriiidiiacht et dûixoimiachl contiennent 
d'ailleurs des préverbes différenis : le premier *to-iiid- et le second *to-aith-. 

p. 180, dern. ligne, 1. Ml. io4 c 8. 

p. i8[, 1. 2, 1. ar-càitbn ; — 1. (j, 1. 10 cluiiiiiir (^vl non ro cloor). 

p. 181, conjugaison supplétive. Un oubli regrettable a fait omettre parmi les cas de 
supplétisme celui de l'indicatif présent du verbe tiagii « je vais » cjui emprunte d'un 
verbe défectif la 3" pers. sg. et la 2"^ pi. : tat, -tcit « il va » (à côté de -tèi, § i55), 
relat. télé; tèit, -téit « vous allez » ; de même à l'impératif: téit ce qu'il aille «. 

p. 184, § 352. Sur la 2^ pers. sg. du type heri, v. maintenant Meillet M5L XIV /412. 
— Noter qu'une désinence relative -e est attestée dans tète « qui va » (ci-dessus) et 
dans file (§ /406) ; cf. § 369. 

p. 187 et suiv. A propos du passif et du déponent, ajouter un renvoi à l'ouvrage ca- 
pital de G. Dottin, Les désinences verbales en R eu sanskrit, en italique et en celtique, 
Rcinics, 189G, p. 199 et ss. 

p. 19/1, 1. 17, supprimer uiolaini « je loue ». 

p. 206, lire -gâdid. 

p. 218, siir tiagn, voir ci-dessus, add. p. 181. 

p. 219, ajouter à moiniur le rappel du prétérit sigmatiquc -viuineslar (§ 338). 

p. 222, 1. 25, 1. docoissiii. 

p. 2 35, 1. 6,1. *con-od-tongivi. 

p. 238, 1. 8, 1. *od-slaicim. 

p. 2l^o, 1. 23, 1. *ad-coin-tongim. 

p. 2/48, 1. 2, au lieu de : M. Wh. Stokes KZ XXXVIII /iÔg, lire M. Sarauw ISt /16. 

p. 253, 1. 3/1, 1. § /165. c). 

p. 265, 1. 2, l.§ 466. 

p. 296, 1. 23 et ss. Ce cjui est dit de nani nanni csl à supprimer, d'après l'interpréta- 
tion donnée au § 222, p. 121. 

p. 3/42, 1. 20, 1. roiccim less. 

]i. 345, 1. 10 1. adfédiin « j'annonce ». 

p. 346, 1. 9, 1. initreuaigim; 1. 12, 1. incosaigiin. 



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