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Full text of "Grammaire languedocienne: dialecte de Pézénas"

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GRAM MAI RE 

LANGUEDOCIENNE 

DIALECTE DE PfiZENAS 

PAR 

±mMe MAZUC 



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IMPRIMEllIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT 

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GRAM MAI RE 



LANGUEDOCIENNE 



DIALECTE DE PfiZENAS 



EmUe MAZUC 



-'.. TOULOUSE, 

IMPRIMEHIE ET LIBRAIHIE EDOUARD PRIVAT 

■•"■ 45, TtUE DK3 TOURNEDRS, 45 



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f 

^ N \ 






A Bedarieux, le 12 juillet 1899. 



Cher Monsieur, 

Les bandes noires qui entourent mon papier seront 
aupr^s de vous mon excuse pour le retard que j'ai mis k 
vous parler de voire Gramraaire roraano-piscenoise. Com- 
ment aurais-je pu, quand j'avais I'ftme si profondement 
emue par la mort de mon neveu, me permettre de disser- 
ter avec vous sur un sujel exclusivement litteraire? 

Et cependant je ne veux pas larder davanlage k vous 
remercier de m'avoir mis dans les mains les bonnes 
feuilles de voire long* et important travail. Je m^^tais dit 
souvent qu'il serait utile d'avoir ainsi le moyen de fixer, 
pour I'avenir, Fetal actuel de noire dialecle dioc^sain. Ce 
n'esl sans doule pas une ceuvre ais^e, parce que nos cinq 
diocises anciens cohservent encore aujourd'hui , dans 
ridiome populaire, k cdte de ressemblances Ir^s nombreu- 
ses, des differences qui ne le sont pas moins« De ville a 
ville, de village k village, on pourrail presque dire de 
hameau a hameau, il y a des nuances de vocabulaire, de 
prononciation, de signification, qui, an premier abord, 
deconcerlent les observaleurs superficiels, et leur dissi- 
mulent cetle veril^ que, sous loules ces varieles de dia- 
lecles parliculiers, il y a une langue commune, riche, 



VI 



puissante, flexible, dont il serait precieux de retrouver 
tout I'organisme el d'enumerer tous les membres, en 
indiquant I'eraploi et la valeur de chacun d'entre eiix! 

D^s que j'ai eu voire Gvammaire sous les yeux, je me 
suis rendu comple que, dans voire pieux d^sir de laisser 
au preniiier de vos pelits-fils un souvenir du lang-age 
familier encore parle aulour de son berceau, vous aviez 
rempli, au moins en ce qui regarde la ville et les environs 
de P^zenas, le plan dont la vague esquisse s^etait souvenl 
presentee h. ma pensee pour tout noire Roman-meridional. 

Appuye sur les vieilles traditions des grammairiens, 
vous avez, sans hesiter, traite noire « patois » comme le 
grec ou le latin. Vous 6les alle a la recherche de toutes 
les c( parlies du discours », el vous ne vous 6tes repose 
qu'apr^s avoir exhume de dessous beaucoup de poussi^re 
et d'oubli loules les formes de nos Articles, de nos Subs- 
lanlifs^ de nos Adjeclifs avec leurs Genres, leurs Nombres 
el leurs Gas. — Puis sonl venues les trois grandes fa- 
milies des Verbes avec leur conjugaison sp^ciale. Enfin, 
la Svnlaxe a couronne voire travail, line sorle de Die- 
tionnaire abreg^, precede par quelques exemples de the- 
mes el de versions, choisis avec discernement, termine 
voire ouvrage el permel de conlr6ler, par des observa- 
tions quolidiennes, les resultats auxquels vous eles par- 
venu. 

Ges resultats sonl-ils, tous et chacun, ce que vous 
croyez; vos etymologies, voire « phonelique », voire 
(( morphologic » nc seronl-elles pas disculees el conles- 
tees par les savanls? Je n'ose pas vous assurer que per- 
sonne ne vous conlredira. Mais, pour moi, dans ma tr^s 
petite competence, vous avez fail une oeuvre tr^s serieuse. 



VII 



tr&s utile, importante par ce qu'elle determine avec certi- 
tude, plus importante peut-etre par I'impulsion qu'elle 
donnera, par les travaux qu'elle provoquera, par les 
etudes dont elle sera Toccasion et le point de depart. 

Agreez done, Cher Monsieur, mes compliments, el 
croyez-moi, je vous prie, 

Votre serviteur reconnaissant et respcctueux, 

f Fr. MaRIE-AnATOLE de GABRlilRES, 

Eveqae de Montpellier. 



Monsieur E. Mdzuc, Roqiielune, pres Pezenas. 



A MON PETIT-FILS 



ARMAND DE VASSAL DE LA BARDE 



Mon cher Armand, je te dedie cet ouvrage de ma vieillesse, fruit 
des observations d'une vie entifere. J'avais a peine ton 4ge quand 
m'est venue I'idSe de rechercher, de reunir et de codifier les regies 
de cette belle langue d'Oc qu'ont parlee mes a'ieux, qui furent aussi 
les tiena, et que certains ont ose appeler un Patois * I Dans ma pre- 
miere jeunesse, I'esprit de suite indispensable pour les travaux mi- 
nutieux auxquels j'ai dft me livrer m'eut fait defaut, et si je m'y suis 
tardivement attache, Dieu m'a accorde le temps d'en venir k bout. 
Les materiaux, p^niblement coordonnSs, ont 6te utilises; il ne restait 
.qu'a les livrer a I'impression sous la forme synthetique de Gram- 
maire, ce qui est en voie d'accomplissement. 

Je doute qu'un tel livre existe dej&, et assur^ment il n'en e^t pas a 
ma connaissance. II y a, il est vrai, des dictionnaires sp^ciaux a cer- 
tains idiomes languedociens. Je n'ai pas voulu les consulter tout 
d'abord, craignant que mon esprit vou6, a Texclusion de tout autre, 

1. L'Acad^mie definit ainsi le Patois : Langage rustique, grossier comme est 
celui d'un paysan ou du has peuple. — £t Ton applique cela k la langue d'Oc, ne 
sc doutant pas qu'alors que la docte Assemblee ecrivait ces lignes, qnelques annees 
avant la Revolution, dix millions de citoyens frangais, grands seigneurs, nobles, 
bourgeois et vilains, savants et predicateurs, parlaient dans leur int^rieur et en 
chaire cette harmonieuse langue Mdridionale d'ou, insensiblement, est sorti le fran- 
cais qui, avant le treizieme siecle, ne fut lui-meme qu'un patois, c'est^^-dfre une 
langue corrompue, jusqu'& I'epoque glorieuse oi!i les ecrivains poetes et pfosateurs 
des soizieme et dix-septierae siecles en firent ce qu'elle etait encore nagu^re sous la 
plume et sur les levres de Chateaubriand, Lamartine, Kavignan et Berrfer, la plus 
noble et la plus riclie langue du monde. 



X A MON PEVIT-FILS. 

au parler de Pezenas, ma ville natale et la tienne, ne s'impregnat 
involontairement d'idSes, de tournures et d'expressions qui lui sont 
etrangeres. 

J'ai done ete oblige, pour ne pas m'egarer dans un inextricable 
dedale, de me renfermer scrupuleusement dans cet idiome Piscenois 
auquel j'ai du m'attacher de preference parce que : 1° il m'a toujours 
paru etre Texpression d'une langue plus nette, plus correcte et plus 
simple, s'eloignant egalement de la rudesse Toulousaine, Gasconne 
et snrtout Arifegeoise et de la mignardise Montpellieraine; — 2^ c'est 
celui que je connais le mieux, Tayant pratiqu6 d6s ma plus tendre 
enfance. Aussi ma predilection, fut-elle suspecte, me sera aisement 
pardonnee, surtout apres une lecture attentive de mon oeuvre et la 
comparaison avec les autres Dialectes. 

Le notre s'elolgne du latin en ce que les terminaisons feminines, 
au lieu d'ftlre en a comme dans cette langue, sont en o. La meme 
chose a lieu, du reste, dans la Provence enti^re, le haut et le bas 
Languedoc, la Gascogne, la Guyenne, le Perigord et le Quercy. Mais 
cela change a quelques kilometres a Test et au nord de notre ville, 
au delk de TH^rault, ou commence le Diocese de Monlpellier, et au 
dc*li de la petite riviere de Boynes, ou commence le Diocese de 
Lodfeve. Dans ces deux circonscriptions, devenues des Arrondisse- 
ments, les terminaisons feminines sont en a, comme en latin, en 
italien et en espagnol. J'attribuerai volontiers cette anomalie a la 
longue occupation du territoire de Montpellier par les rois d'Aragon 
et de Mayorque, mais je n'ai point a discutcr cette question. A quel- 
ques lieues a Test de Montpellier, les terminaisons en o reprennent 
jusqu'a la fronti^re italienne. 

L'origine de notre langue d'Oc est done surtout latine. La plupart 
de ses mots derivent du latin ; tres peu viennent du grec, introduits 
sans doute par les colonies phoc6ennes d'Agde ('Ay^H)-* ^^ Mar- 
seille, etc. Quant aux nombreux vocables scientiliques ou techniques 
tir6s du grec, ils sont d'importation recente et n*ont jamais preexiste 
a la langue d'Oc ni, a plus forte raison, au latin. 

Les autres mots, en nombre assez respectable, sont des legs des 
langues primitives, Ibere, Celte etGermanique, ces derniers apport^s 
par les Goths. Les Arabes, n'ayant fait que passer, n'ont rien laisse. 

Je te parlais tout a Theure de la netlete et de la simplicite de 
notre langue. Tu pourras juger, en etudiaut notamment les Verbes, 
de la logique et de la precision qui s'y fout admirer. 



A MOX PEIIT-FJLS. Xl 

Trois conjugaisons seulement : une en a, une en e faible et la troi- 
sifeme en i. La premiere et la troisieme possedent chacune une forme 
unique et n'ont point, k proprement parler, d'irregularites. La seconde 
aflfecte principalement deux types ; les verbes irreguliers y sonl en 
petit nombre comparativement avec le francais, Tanglais, la plus 
simple des langues, qui en compte environ deux cents, et I'allemand 
pour qui ce nombre doit etre double. 

Les Verbes ont conserve, dans la conjugaison, Failure latine, se 
conjuguant sans pronom personnel, avec une forme speciale pour 
chaque personne. Mais la voix Passive diff^re essentiellement, re- 
duite qu'elle est au Participe passe precede partout de TAuxiliaire 
6strej en sorte qu'elle n'a point de temps simples. 

Nous avons aussi laisse de cole le Verbe Deponent latin, de meme 
que la voix Moyenne des grecs, formes hybrides et encombrantes. 
Les inversions, qui rendent si difficile la langue latine, sont rares 
chez nous, rafime dans la poesie. 

L'adjonction de TArticle, qui rend invariables dans leurs cas nos 
Substantifs et nos Adjectifs, a coutribu6 a en simplifier la Decli- 
naison. 

En fait de Genres, nous nous passons fort ais6ment du Neutre, 
ainsi que du Duel grec en fait de Nombres. 

Quant h la Syntaxe, elle est a peu pres celle que nous a empruntee 
la langue frangaise avec la plupart de ses mots et une partie notable 
de ses locutions. La suppression des inversions la rend, de son cote, 
infiniment plus facile que ne Test la Syntaxe latine. 

Quelques mots seulement sur les methodes que j'ai adopt6es pour 
TAccentuation et TOrthographe. Je pr6vois, i cet egard, la contra- 
diction, si mon livre est lu, attendant avec confiance le r^sultat de 
cette 6preuve. 

J'emploie, comme les Italiens et les Espagnols, Taccent aigu sur 
les Voyelles longues. Pour les e ouverts seuls, j'ai deux signes : 
Taccent grave sur les breves et Taccent circonflexe sur les longues. 

Au sujet de la prononciation, je ne parlerai ici que de Vou et de 
Vy. Le latin, comme Tespagnol et Titalien, n'a qu'un son unique 
pour Vu, c'est le ou francais. L'Ecole de Montpellier et du Sud-Est 
admet deux sons pour Vu : eu, apr^s les Consonnes et au commen- 
cement des mots, et ou, apres les Voyelles. L'Ecole Toulousaine et 
du Sud-Ouest, plus consequente, n'en admet qu'un, celui de Vu fran- 
Cais que nous prononcons eu. Elle represente le son ou par deu)^ 



XII A MON PETIT-FILS. 

signes : o, u, comme Ta fait, a son tour, le francais. J'ai pr^f&re 
cette m^thode; aussi ecrirai-je, comme dans le Sud-Oiiest : rdoiibo 
robe, leouno lierre, miouno mienne, Imkm boeiif, cuoii cul, que Ton 
ecrit a Montpellier : rduba, Idtina, bidu, cuu, et qu'on prononce 
comme nous, sauf la tinale feminine. 

Toute difficult^ aurait disparu s'il m'eut ete permis d'employer^ 
pour rendre la Voyelle oti, au lieu de deux signes, le 8 (ou) des 
Grecs; mais j'ai recule devant une telle innovation qui nous eut 
cependant permis, k tous, d'^crire vdHbo, le^no, 7ni&no, bioti, cf'*^! 

II existe, en outre, une singuliere anomalie dans T^criture a Mont- 
pellier et, sans doute, dans le Sud-Est ; au lieu d'ecrire, d'apres 
leur systeme, Diu Dieu, miuna mienne, abriu avril, viu ruisseau, 
escriure ecrire, viu vif. ciiitat cite, Roumiu, Romieu, Matiu Ma- 
thieu, etc., etc., ils ^crivent : Di4u, mUu^ia, abrieu, rUu, escrietire, 
vUu, ciiutat, Roumidu, Matidu, etc., etc. Je me demande quel role 
vient jouer ici cet ^/ 

Dans la traduction des mots latins filia, familia, etc., j*ai prefere 
employer Yy (qui existe parfaitement dans Talphabet languedocien, 
car il le tient du latin) pour rendre la syllabe li, et j'ecris. comme je 
prononce : fiyo, famiyo, tandis que TEcole Montpellieraine — qui, 
du reste, prononce, sauf les finales, absolument comme nous, — tra- 
duit li par Ih (ce qui n*a rien de latin) et 6crit : filha, familha. Or, 
ce qui serait admissible k Toulouse, ou Ton prononce : fillo, famillo, 
mouilles, ne devrait pas T^tre a Montpellier, ou Ton prononce fiya, 
famiya, non mouiil6s, ainsi qu'i Pezenas. 

J'ai aussi completement repudi6 le trema, d'invention francaise, 
par exemple, dans les mots : di hair, traino traine, ccCin grognon, etc., 
et le remplace par un accent aigu, signe de la tonique et de la lon- 
gue : ai, traino, cain, 

Je ne dirai rien de la Poesie, dont les regies ne me semblent pas a 
Tabri de la discussion. Le plus grand nombre des Philologues admet 
la rime que d'autres jugent inutile. II faut reconnaitre que la sono- 
rite de notre langue, admirablement servie par les accents, comme 
le latin, permet de se contenter de la Mesure, en sorte que, autant 
le Vers blanc est insipide, absurde et ridicule en francais, autant 
il pent s'accommoder a la langue d'Oc; mais je lui prefere incontes- 
tablement la rime. Les hiatus, que repudient notre langage et notre 
prose ecrite, pourraient, a la rigueur, se tolerer dans nos vers, grace 
a la vivacite avec laquelle se precipitent nos voyelies breves. 



A MON PETIT-FILS. XIII 

Comme je le disais tantot, je n'ai jamais connu I'existence d*une 
Grammaire Languedocienne d'aueun dialecte : ce qui te fera appr6- 
cier le travail considerable et le deploiement de sagacit6 auxquels 
j'ai du me livrer pour celle-ci, force que j'etais de la creer de toutes 
pieces. Les faiseurs de Grammaires — je ne les appellerai pas Gram- 
mairiens — se succedent sans qu'il leur en coute d'h6roiques efforts, 
chacun travaillant d'aprfes ses predecesseurs, ajoutant par-ci, suppri- 
mant par-la, changeant beaucoup de noms, — - surtout beaucoup 
d'exemples, — et modifiant a peu prfes partout, sans autre motif que 
celui de d6guiser leurs emprunts. Le veritable travail a et6 pour le 
Premier, le cr^ateur de la Grammaire, et pour si 61oignS que soit 
de nous son souvenir, entierement perdu d'ailleurs, — car le vene- 
rable Lbomond a et6 pr6cede de bien d'autres, — nous ne lui devons 
pas moins d'admiration et de reconnaissance. 

Si nous avons des continuateurs, et il est permis de Tesperer, en 
considerant combien I'attention universelle, mftme et surtout au fond 
de TAllemagne, est aujourd'hui orientee vers T^tude des langues de 
nos devanciers. ils feront incontestablement mieux. 

Mais, helas! c'est peut-6tre un r6ve! La langue d'Oc revivra-t-elle? 
II faudrait pour cela qu'elle ne fut pas, comme sa Royale fiUe, notre 
belle langue fran^aise du dix-huitieme siecle, menac6e par les perfec- 
tionnements dits modernes qui, petit a petit, la dissolvent et la cor- 
rompent. 

Les premieres attaques ont 6te dirigfies contre TOrthographe de 
Boileau et de Voltaire. De nos jours, le laisser-aller et le culte du 
travail facile ont fait de la forme poetique une veritable parodie. 
A part la plaie funeste des neologismes, des expressions baroques et 
superlatives, renversant tout ordre grammatical, d'autres atteintes, 
plus graves s'il est possible, suivront, aux applaudissements de TEu- 
rope, autrefois jalouse et maintenant satisfaite, jusqu'a Taneantisse- 
ment final. 

Les Decadents ont bien choivsi leur nomt c*est la decadence qu'ils 
invoquent : c'est la MORT qu'ils ameneront. De meme que la bicy- 
clette est en voie d'evincer le noble coursier, de m^me le style 1616- 
graphique, deja triomphant sur toute la ligne. donnera le coup de 
grace... a moins qu'un signal providentiel de reaction, parti des 
sommets litteraires, ne soit bientot donne et courageusement suivi. 

Je parle peu de notre bonne ville de Pezenas, me bornant a faire 
allusion k quelques f^tes locales qui la distinguent et dont plusieurs, 



XIV A.MOX PeTIT-PILS. 

telles que Carit&ch et la danse des trdyos lui soiit communes 
avec Beziers, son antique rivale. J'aurais voulu dire un mot sur nos 
origines bien anterieures a Toccupation Romaine, comptant pour 
cela fair^ appel k une vieille Iiistoire de Pez^nas ecrite. je crois, au 
dix-septieme siecle par Poncet, mais il ne m'a pas ete possible de 
me procurer ce manuscrit. 

P^zenas a et6 longtemps un centre Intellectuel. Si j'en crois le dire 
d'un contemporain Biterrois, il n'3^ avait a B6ziers, en 1835, qu'un 
libraire; encore nVt-il pas amass^ des millions! Les choses ont bien 
change ! Beziers, mettant a profit, depuis soixante ans, un accroisse- 
ment et une prosperite inouis, est devenu une ville d'erudits, d'ar- 
tistes et de lettres. Si Ton y mange toujouis bien, on y pense et on y 
travaille encore mieux. II possede une florissante Society Arch6olo- 
gique, fondee en 1834, figurant au premier rang avec les plus savan- 
tes de France, une Societe des Sciences Naturelles, une Societe des 
Beaux-Arts, un riche Musee et une Chambre Musicale. 

II ne me reste plus rien i te dire de mon livre, modeste monument 
que j'ai voulu, avant de disparaitre, 61ever a la memoire de ma lan- 
gue maternelle. Je n'ai qu*une derniere constatation k faire : Boileau 
a dit : 

Le latin, dans les mots, brave I'honndtete, 
Mais le lecteur fran^ais vent §tre respecte. 

Si j'ai introduit dans mon Glossaire et dans quelques enumera- 
tions de la Grammaire certains mots que semble r^prouver le fran- 
gais de nos jours, je n'ai jamais manque de respect ni au lecteur 
frangais, ni aux bonnes moeurs, ni surtout a la Religion, ne faisant 
que suivre I'exemple de J.-B. Favhe, cio'dt de Celandvu, et d'autres 
ecrivains bas-Languedociens, s»ans toutefois imiter certains de leurs 
exces. 

A Roquelune, par Pezenas, iS mai 1899. 



ERRATA 



Le lecteur est instamment prie de vouloir bien faire, sur le texte de Touvrage, et 
prealablemcnt A toute lecture, les rectifications indiqiiees par le present Errata. 



Page 


12, 


ligne 


6. 


au lieu de : 


Vaigo 


— 


21, 


— 


5, 




istriofoi 


— 


29, 


— 


12, 


— 


balbuci'a 




42, 


-— 


aii 


— 


pastissoiis 




42, 


— 


'i'>. 


— 


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— 


44. 


— 


14, 


— 


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— 


5'^ 


— 


19-24, 


— 


miliemo 


— 


5.3, 


— 


26, 


— 


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— 


54, 


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3, 


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59. 


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17, 


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21, 


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e.3. 


— 


21, 


— 


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— 


64, 


— 


21, 


— 


diga{s) no (is 


— 


6G, 


— 


9, 


— 


chacim 




06, 


— 


20. 


— 


doumdiselos 


— 


6(), 


— 


26, 


— 


s'ai 


— 


(>8. 


— 


12, 




m/oii 




61>. 


— 


5. 




tals e tals 


— 


m\ 


— 





— 


^'ai 


— 


113. 


— 


H, 


— 


que tengu on 


— 


i:^9. 


— 


17, 


— 


lou 




164, 


— 


28, 


— 


s'en 


— 


171, 


— 


note. 




s'enana 


— 


171. 


— 


16, 


— 


direct 


— 


176, 


— 


4. 


— 


vengiwros 1 


— 


187. 


— 


7, 


— 


aga^an 


— 


191, 


— 


11. 


— 


toujour 


— 


218. 


— 


17. 


— 


servi 


— 


218. 


— 


IH, 


— 


alio 


— 


22:^. 


— 


24. 


— 


Oil 


— 


22:J, 


— 


25, 


— 


Vu 


— - 


226, 


— 


39. 


— 


faire 



lisez : VAigo 

— istrioiin 

— balbuciyd 

— pastissoiis 

— lug tin 

— couqui 

— miyemo 

— miyouns 

— per 

— mas 

— toun ton 

— aquel 

— diga{synous 

— chncun 

— doumaiselos 

— sai 

— miyoii 

— tals e tals^ 

— sai 

— que tengu ou 

— lous 

— t'en 

— s'enand 

— indirect 

— vengueros'ti f 

— aga^fyn 

— touchoiir 

— pas servi 

— point alle 

— ou 

— sur Vu 

— faire 



XVI 



Page 


228, 


ligne 


16. 


au lieu de : 


pode 


— 


228. 


— 


19. 


-r 


Ana vouD ! 


— 


228, 


— 


19. 




A ben 


— 


228, 


— 


32, 





poutachd 


— 


228. 


— 


33, 





bouidariooii 


— 


229, 


— 


20, 





Caouque 


— 


229, 


— 


22, 




Aurias 


— 


230, 


— 


5.' 





aoutre 


— 


230, 


— 


2^>, 





vend re 


— 


231, 


— 


8, 





fa; re 


— 


2ai, 


— 


2JJ, 





I'atrapou 


— 


234, 


— 


3. 





monta 


— 


242. 


— 


3, 





d'aoiico 


— 


243. 


— 


3. 





ardifer 


~— 


248, 


— 


24, 





Bisc^ 


— 


262, 


— 


4, 





Gougnat 


— 


264, 


— 


2, 





talipd 


•— 


268, 


— 


28. 





Dental 


— 


278, 


— 


31, 


— 


Espillo 


— 


285, 


— 


13, 





coutrdlado 


— 


291, 


— 


30, 





adv. 


-— 


294. 


— 


5, 




Joubentiit 


— 


317, 


— 


2, 





Porcarid 


— 


319, 


— 


9, 





Cdire 


— 


324, 


— 


19. 





fro tin 


— 


324, 


— 


19. 





repetassat're 


— 


329, 


— 


27, 


• ^^BB 


Servici&lo 


— 


3Ji4, 


— 


32, 





tessio 


— 


3:37, 


— 


r». 




pdoutrt 


— 


3137, 


— 


34. 





perdre 


— 


337, 


— 


39, 





Erbo 


— 


338, 


— 


7, 





Treyos 



lisez : p6de 

— Anas-vou'n? 
Aben 

— poutach^, 

— bouidari6oii 
Caouque 
Aourias 

— aoutre 

— vendre 

— faire 

— Tatrdpou 

— mounta 

— d*douco 

— ardifer 

— BiscA 

— Gougnat 

— talipo 

— DenUl 

— Espillo 

— couiralddo 

— sm. 

— Jouventikt 

— Pourcarid 

— Cdire, 

— froun 

— repetassdire 

— S6rvici&lo 

— tessio 

— paoHtrt 

— perdre 

— l^rho 

— Treyos 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE 



DIALEGTE DE PfiZENAS 



ALPHABET ET PRONONGIATION DES LETTRES. 



A se prononce comme en frangais : amant. 

B, comme en frangais. On le prononce quelquefois P : republico, 

prononcez repuplico; estdble, prononcez estdple. 

C, Q^ comme en frangais devant a, e, i, o, u, ou. — Exemples : car- 

roto carotte, cdrcd chercher, cidoido engelure, cordo corde, 
curat cur6, cournudo cuvier. Le Q remplace dans certains cas 
1*5 dur et les ss, et reciproquement. 
CH se prononce comme le ch espagnol devant toutes les voyelles : 
chaMl cheval, licMt b^che, chinouds chinois, mdy^cho mar- 
che, hichut coquillage, plochous pluvieux. 

D, comme en francais. 

fi, fi, comme en frangais. — Exemples : houUl mollet, 7ndl miel. 

F, comme en frangais. 

G, mfime son que CH devant e et i : gemi gemir, ginoiil genou, 

prononcez : chetni, chinoiiL II est dur, comme en frangais, 
devant a. o, u, ou : gastd giiter, Margdt nom de la pie, 
Aougusto Auguste, goiirgo mare. Quand il est suivi d'un u, 



2 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

devant e et i, il devient dur comme devant les autres voyeltes, 

de m^me qu'en francais*. 
H n'est jamais aspire. Quand il n'est pas au commencement des 

mots, il est ordinairement precede du c; cette combinaison 

produit le son ch dont nous avons parl6, etranger a la langue 

frangaise. On ne Temploie seul que dans les derives du latin : 

h67ne homme, hdrre horrible, hounesle honn^te. Dans ce cas, 

il est reellement muet. 
I, comme en frangais dans ivre, ravissant, Henri: mais jamais nasal 

comme dans iagrat, dauphin; il doit se prononcer comme 

dans matine, dauphine, image. 
J se comporte comme G, mais il n'est jamais dur, et se prononce 

ordinairement ch et quelquefois z devant toutes les voyelles. 
K, comme en frangais; s'emploie seulement dans les vocables mo- 

dernes tires du grec : hilomdstre, kilogiximo, 
L, comme en frangais. Les 11 mouilles se changent en y, 
M, comme en francais. 
N, comme en francais dans le mot naine, qu'il soit initial, median 

ou final, mais jamais nasal comme dans fin, chemin, ronce. 
GN, combinaison frangaise que nous employons comme consonne 

de preference au signe espagnol -, trop en dehors de nos 

usages. 
0, comme en frangais, comedie, mais jamais ferme comme dans apo- 

tre, Pentecote : 6g7^e ogre, escaldio echalote. 
P, comme en frangais. Le son du P se donne souvent au B, ainsi que 

nous Tavons dit, notamment dans les derives des terminaisons 

latines en bilis, htilum, etc. — Exemples : noble, de nobilis; 

aimdble, de amabilis; estcible, do stabulum; prononcez : n6' 

pie, aimdplc, estaple. 
Q est, comme en franrais, toujours suivi de u : quicdn quelque 

chose, cdouqtie quelque, couqui coquin, qiiidch cuit, quioul 

cul. 



1. O suivi de L so prononce ^/, comme en frangais dans glaco, angle, reglisse. 
Quelquefois, cependant, on le prononce cl: ainsi : reglo (de regula), regie, se dit 
reolo. Les verbes regld, ro^'ler; reglaadi, glaner; (jloucl (de glocire), glousser, se 
prononcent rechi, recintn't, cloucf. Ce dernier s'est forme de clor'fco, poule-mere. 
Les mots francais glas, aij^^le, (jlaire se traduisont par clns, eclo (do aquila), cldrio. 
Certains m^ridionaux, niAme lettres, disent, dans leur fran<;ais, recler pour regler, 
ouplie pour oublie, etc. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCtENNE!. S 

R, coinme en francais : ?'ast^l rAteau, tardid tardif, candr canard. 

S, comme en francais, tantot doux comme dans ddsir, tantOt dur 
comma dans s^rie : dse ane, sdrdo sardine. L's final se 
supprime souvent dans la prononciation quand le mot suivant 
commence par certaines consonnes. 

T, comme en francais, mats toujours sonore a la fin des mots, comme 
dans chatte, petite, sabaot. — Exemples : 7^at, cat chat, 
rnoustachiU moustachu. T ne se prononce jamais g, comme 
dans le francais action, partiel, Miltiade. 

U. Le son francais de Vu n'existe ni dans le dialecte PiscSnois. ni 
dans ceux de la plupart des pays de bas-Languedoc jusqu'en 
Provence. On le prononce comme Fu anglais dans cut, but, 
church, ou comme la diphtongiie francaise eu dans heureux. 
L'u suit souvent le g et le q devant a, e et i; dans les deux 
cas, il est muet. 

OU, voyelle, se prononce comme en francais dans couronne : cow- 
7^ouno. 

V. Prononcer toujours B. Le son francais du V n'existe pas en lan- 
gue d'oc, pas plus qu'en espagnol. II s'emploie, en ecrivant, 
dans les d6riv6s des mots latins renfermant un v : veritdt, 
vaUn, vido, rividiro; prononcez : beritdt , bal^n, hido, 
rihidiro. 

X, comme en francais, Equivalent a GS. 

Y, consonne, se prononce comme dans le francais Bayonne. — 
Exemples : j6yo jole, Trouydn Troyen, mayol jeune vigne, 
couyotilo folle-avoine. Nous ne Temployons comme voyelle 
que dans do rares mots emprunles au francais, entre autres 
Tadverbe y : demouras-y restez-y, et mSme nous trouvons 
preferable d'ecrire demouras-L 

Z, comme en francais : s'emploie pour remplacer le g et le j dans 
certains cas. 

Les lettres de Talphabet sont voyelles ou consonnes. Nous comp- 
tons six voyelles : a, e (ouvert et ferme), 1, o, u, ou. Cette dernifere, 
bien que formee de deux signes, est une veritable voyelle donnant le 
son de l'u latin, espagnol, italien et allemand^ 



1. Nous regrettons bien de n'avoir pas, coinme les Grecs, un signe particulier 8 
pour notre voyelle ou. 



4 GRAMMAIRB LAN6UED0CIENNE. 

Les consonnes sont au nombre de vingt-trois : b, c, 9, ch, d, L 
g, h, J^ k, 1, m, n, gn. p, q, r, s, t, v, x, 7, z. Ces vingt-trois con- 
sonnes representent seulement dix-sept sons diflf^rents, Th 6tant 
muet, le c dur, le k et le q ayant le m^me son, le ch et le j ayant 
mSme so» devant toutes les voyelles, le z^ le mSme son que s doux^ 
V le m6me son que b, et g le meme son que s dur. 



RENCONTRE DES VOYELLES AU CONTACT DES MOTS. 



1. A la rencontre de deux mots, si le premier est un verbe, il n"y 
a jamais d'elision; la voyelle finale du premier et la voyelle initiale 
du second se font entendre. — Exemples : 



fiblA a la miolo, siffler a la mule. 
manchA e hioui^e, manger et boire. 
pass& emperu)\ devenir empereur. 
tournii incdro, revenir encore. 
passA otdbre, passer octobre. 
adouf^A un dioiis, adorer un dieu. 
potirtA oumb7viche, porter ombrage. 

v^ne Sibiourd, je viens abreuver. 

t^ne escolo, tenir une ecole. 

acdmpe ^rbos, je ramasse (des) herbes. 

siaguere iniciat, je lus initie. 

dise 6i, je dis oui. 

amouss^re un lun, j'6teignis une lampe. 

I'dime ouirndt, je Taime orne. 

sou7*ti anfdl, sortir ainsi. 

mouri esconrchdt, mourir 6corch6. 

vesii tileno, habiller H^lene. 

veni inconitd, venir incognito. 

reculi or e arg&n, recueillir or et argent. 

dessarci un ioou, delayer un (i?uf. 

dourmi oubliddt, dormir oublie. 



a 


-a 


a 


-e 


a 


-^ 


a 


-i 


a 


-0 


a 


-u 


a 


-ou 


e 


-a 


e 


-e 


e 


-^ 


e 


• 

-1 


e 


-0 


e- 


•u 


6- 


-ou 


1- 


a 


â–  


e 


i- 


^ 


i- 


i 


i- 





i- 


u 


1 - 


ou 



GHAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 

o- a andbo aban-t-dl, il allait avant lui. 

o-e dro escoiil)idi7^e, il 6tait balayeur de rue. 

o - ^ acampdbo 6rbos, il ramassait (des) herbes. 

o-i (>ro infdmo, il 6tait enorme. 

o-o ser6 h6rre, 11 sera horrible. 

o-u n'aouri6 un sadoul, j'en aurais un sa6ul. 

o-ou dro oubeissen, il etait obeissant. 

ou-a siagudroxx assibaddch, lis furent battus. 

ou-e vdlou escrioure, lis veulent ecrire. 

ou-^ demdndou ^rmdnso, ils demandent Hermance. 

ou-i rrf/ou issartd, elles veulent enter. 

ou-o digiid7'OU 6i, ils dirent oui. 

ou-u a'en anerou untch, ils s'en furent unis. 

ou-ou pddou ou fdire, ils peuvent le faire. 



II arrive sou vent qu'i la rencontre d'un verbe et du mot suivant 
il y a elision, mais elle affecte, dans ce cas, I'jnitiale du second mot; 
ainsi, on dira trivialement : il a attrape une culotte (il s'est enivr6) 
o {a)gantdt la mounino, il est eclos o {e)spelit, elle est aimee ainsi 
es aimddo {a)ntal, scier une planclie r^ssd {u)no pldncho, il 6tait 
avant elle dro {ayban-t-^lo, j*en avals plein le dos n'abid (u)n 
riille, etc. 

2. Quand le premier mot n'est pas un verbe, 
a final ne s'elide devant aucune voyelle * : 

a -a coulA dirrengdt, collier (de cheval) arrange. 

a-e es pla erouso, elle est bien heureuse. 

a- 6 DoriA bro mort, Doria 6tait mort. 

a-i de MalagA imitdt, du Malaga imite. 

a-o lou VolgA o desplandt, le Volga a debord6. 

a-u de rafiA usdt, du raphia use. 

a-ou un operii OMbliddt, un opera oublie. 



1. L'article fcminin fait exception : son a s'61ide toujours devant toutes les 
â–¼oyclles : VAmo, TAme; Vego, la jument; VumanitAt, rhiimanitd. 



GKAMMAIUE LANGUEDOCIENNE. 

' e final s'elide devant les six vovelles : 

e-a un honue) adrech, uu homme adroit. 

e-e SiC) en anerou, ils s'en allerent. 

e-6 l*ds{e} dro mart, Taiie etait mort. 

e-i un honuc) ibroitgno, iin homme ivrogne. 

e-o of'mtie) on p6(, ou on peut. 

e-u es un honne) imd, c*est un homme use. 

e-ou dmbye) ounou, avec honneur. 

d louvert) final ne s'elide devant aucune voyelle : 

^-a lou canday6 Brgentcit, le chandelier argente. 

6-e I'ab^ es arribdf, Tabbe est arrive. 

6-6 lou papi^ &ro gvis, le papier etait gris. 

6-i lou caf6 irrito, le cafe irrite. 

6-0 lou soiirci^ o ntentit, le sorcier a menti. 

6-u un pagn^ xxsdl^ un panier use. 

6 -ou lou couch^ ou dis, le cocher le dit. 

i final ne s'elide devant aucune voyelle : 

i-a un couqui acabdt, un coquin acheve. 

i-e lou vi escampdt, le vin repandu. 

i-6 lou medeci ^ro yon, le medecin etait loin. 

i-i ten cJii ibrougyio, un chien ivre. 

i-o lou cdrri o laouldt, le char a verse. 

i-u lou cousi TJ ZC710, le cousin Eugene. 

i-ou rdli, otinrhOy Thuile oint. 

o final s'elide devant les autres voyelles : 

o-a la fhj(o) aUndblo, la fille aimable. 

o-e la porUo) es tancddo, la porte est fermee. 

0-6 maddmio) Elcno, madame Helene. 

o-i la fdnnid) idiolo, la femme idiote. 

o-o la drolbo) o rasot'f, la petite a raison. 

o-u la cdr(o) umido, la cave humide. 

o-ou a la bounip) houro, a la bonne heure. 



GRAMMA.IRE LANGUEDOCIENNE. 7 

u, final, n'existe que dans les mots pit (pur), dh (dur), esck (obs- 
cur), gu (gueux), Moussu (Monsieur), tu, contraction euphonique 
de tus^ pronom personnel, et dans les mots utilises du fran^ais : 
assidu, endividH, lustucru, ambigd, vdrta, incounu, etc. II ne 
s'elide pas devant les voyelles. — Exemple : assidu al trabdl, la 
vertn es aimdblo, etc. 

ou final ne s'elide devant aucune voyelle • : 

ou-a lou 7noutoXx abrigdt, le mouton abrite. 

ou-e lou fatoix es vcngitt, le facteur est venu. 

ou-6 lou bourgiioti ^ro pie, la ruche 6tait plefne. 

ou-i est iou ouibcr, ete on hiyev. 

ou-o lou boutoti o partita le boutou a saute. 

ou-u un passeroti xxpnt, un moineau huppe. 

ou-ou es proix onbrachOHS, cela exige assez de travail. 

En resume, dans la rencontre de voyelles entre deux mots : 
1<> Le premier mot etant un verbe, sa voyelle finale ne s'61ide 
jamais ; 

2^ Dans le cas ou le premier mot n'est pas un verbe, 

S'elident : Np s'elident pas : 

a final de I'article feminin. a final, excepte dans Tart. f6m. 

e ferme final, devant les six d ouvert final. 

voyelles. i final. 

o final, devant les six voyelles. u final. 

ou final de Tarticle imasculin. ou final, excepte dans Tart. masc. 

Les diphtongues finales ne s'elident jamais h la rencontre de 
voyelles ou d'autres diphtongues : Ai airndt j'ai aim6, sidi efidour- 
mit je suis endormi, Vdou aoiisit ils Font entendu, lou boiii es 
roustit le buy (oiseau) est roti, jjci aneren soupd ensuite nous alla- 
mes souper, Vabidou ounchdt ils Tavaient oint, lou miou o cabussdt 
le mien a plonge, etc. 



1. Nous en excepterons Ic ou final de Tarticle masculin, qui sVlide devant toutes 
les voyelles : V(ou) archichdou rarticbaut. V(ou) espdrgue I'asperge, V{ou) ih4r 
riiiver, V{oii) Ocedn rOcean, l'{oti) tiniver runivers, l'{ou) oiirdge I'orage. 



8 GKAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 



RENCONTRE DES C0N60NNES AVEC LES VOYELLES ET LES CONSONNES 

AU CONTACT DES MOTS. 

Les consonnes finales se prononcent toujours a la rencontre de la 
voyelle iniliale du mot suivant, mais il en est autrement a la ren- 
^,. contre d'une autre consonne initiale. 

*1. Les consonnes finales qui disparaissent dans la prononciation 
au contact des autres consonnes sont les suivantes : 

Les labiales B et P : Nabdb, Achdb, Aminaddb, baobab, nap 
navet, galdp, escldp sabot, etc. 

Les gutturales C, Q, G : Orchdc orgeat, plec pli, beCj tic, fide feu, 
caluc niais, souc tronc, cinq, A gag, Gog, Magdg, etc. 

Les dentales D, T : Arphaxdd, Berlhdud, rat, bouUt, petdt nour- 
risson, emperit maladroit, pidt dindon, embut entonnoir, pdrtoift 
partout. 

L'aspiree GH : Mach male a petrir, frech froid, rech ruisseaux , 
dich dit, pidch pic, embuch entonnoirs, souch troncs. 

Le C, le Q, le D et le T finaux ne se font point sentir dans certains 
mots pris isol6raent, tels que : ton pave, cinq, blanc, verd, lourd, 
quart, 7nort, fort, cqujH; mais ils se retrouvent, comme nous le 
verrons dans les noms, au feminin : bianco, verdo, loiirdo, quarto, 
morio, etc. 

Ordinairement c'est le contraire qui a lieu, et ces finales, sauf Q 
et D, se prononcent tres fortement : 2/tV, eric, croc, cat chat, pupvt 
huppe (oiseau), pdrtoid partout. Le D final prend le son de sa 
forte T. Le G final prend le son du K. 



PRONONCIATION DES MOTS TERMINUS EN b, p, C, q, g, d, t ET Ch 

DEVANT LES VOYELLES ET LES CONSONNES. 

Devant les voyelles : 

lou fide amoussdt, le feu eteint. 

un nabdb es un riche, un nabab est un riche. 

Arphaxdd tro pichdif) fil de Noiid, elait petit-fils de No6. 



GRAMMAIUE LANGUEDOGIENNE. \f 

A gag idouldtre, Agag idol^tre. 

lou souc flanibat, le tronc a flambe. 

un frdch nniversdl, un froid universel. 

cinq houros, cinq heures. 

un prat inounddt, un pr6 inonde. 

Devant les consonnes : 

Vescld{p) hatdt, le sabot garni. 

loupi6{t) courvissid, le dindon courait. 

lou ra{t) devowHs tout, le rat d^vore tout. 

din{s) la ?na{ch) fdou lou pan, dans la male se fait le pain. 

aqu^l calu{c) gvandis, ce cretin grandit. 

lou pich6{t) Jang oulo, le petit se lamente. 

Vorchd{c) lou noui^rls, Torgeat le nourrit. 

cin{q) m^ses i-d, il y a cinq mois. 

abdn fa(ch) mdgre, nous avons fait maigre. 

lou bld{t) nianca7^6, le bl6 manquera. 

aqu6l sou{c) nadard, ce tronc flottera. 

un embi({() peressoOs, un entonnoir lent. 

un pidich) qu*es ndou, un pic qui est 61eve. 

tm gal6{p) i^apide, un galop rapide. 

luu fre[ch) s*en to, le froid s'en va. 

lou cro{c) Vagantard, le croc te saisira. 

lou flo{c) vo soun trin, le feu marche bien. 

2. Les consonnes suivantes, au contraire, se prononcent, au con- 
tact des autres consonnes, entre deux mots : 

L'aspiree F, les quatre liquides L, M, N, R, et la sifflante S. 
(A cette derniere nous consacrerons plus loin des observations sp§- 
ciales) : chdf, tuf, ganif canif; — fandl, grel bourgeon, coutdl 
couteau, mil ma'is, col, ful feuillet, boul Ebullition; — Adam, Prim, 
Olim (latin), Nahiim, Batoiim; — Ban, amdn, anfin enfln, Ledn, 
fun fumee, poun poing ; — (N se prononce devant toutes les conson- 
nes, sauf devant M) — a Vespdr a TEcart, dr air, quidi* cuir, dse 
de cur as de coeilr, gour mare; — ras, espis fipais, lis le, anis, 
calds trognon, Dious Dieu. 



GRA.MMAIRE LASGOEDOClENNB. 



PRONONCIATION DES MOTS TERMINUS EN f, 1, m, n, r, S, 
DEVANT LES VOYELLBS ET LES CONSONNES. 

Devanf les voyelles : 

fandl alumdt, fanal allume. 

lou chdf es arribdt, le chef est arrive. 

Nahiim tVo proufHo, 'Nahum etait prophete. 

un dv ignottrdt, un air inconnu. 

un chdfunico, un chef unique. 

n owndt, un corsage orn6. 



Devant les consonnes : 

I'oustdl brifllo, la raaison brfile. 

un grel coupdl, un bourgeon coupe. 

quidr cheveln, cuir chevelu. 

lie tuf du, du tuf dur. 

loupoun fermdt, le poing fermfi. 

lou fandl guido, le phare guide. 

Prim, geno'dl espagndl. 

un can jouijous, un chant joyeus. 

loti chabdl Idouro, le cheval laboure. 

ollm, mot lad; olim, mot latin. 

aqut!l n'o pa{s) 7'es, celul-Ia n'a rien. 

Bafoiim, por{t) de mdr; Batoum, port de mer. 

Ion chifque s'amdgo, le chef qui se cache. 

coutcl rousbjdt, couteau rouille. 

Leon s'es blassdt, L^on s'est bless^. 

lou ganiftdyo, le canif coupe. 

Les Elisions de voyelles et de consonnes sont tres communes et 
s'accumnlent quelquefois en si grand nombre qu'elles rendent notre 
langue presque inintelligible aux strangers; ainsi : anen nous en 
alJons-nous-en, se prononce anen nou(s) (e)n, anen noi'm; ana(s) 
rww(s) {e)n allez-vous-en, fait anabdun. On sacrifie mSme k I'eu- 
plionie plusieurs lettres, voyelles et consonnes, finales dans un mol 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNK. 11 

ou iniliales dans I'autre. — Exemple : tr{es) ou qudtre jours, pro- 
noncez trou qicdtre jours. 

REMARQUES SUR L'S FINAL. 

La prononciation on la suppression de la consonne s a la fin des 
mots offrent certaines particularites que nous devons signaler. Nous 
avons dit, a Toccasion de Talphabet, qu'on ne la prononce pas quand 
le mot suivant commence par certaines consonnes; ainsi : 

1. Les adverbes ches rien, pas ches point, pas pas, pus davan- 
tage, 7^6$, pas res rien, et autres, perdent le son de leurs 8 finales 
devant toute consonne autre que c, q, s, t, et se prononcent corame 
suit : es pa(s) handdt il n'est pas ivre, rVio pa(s) ches il n'y en a 
point, I'd pais) che(s) dliomes il n'y a point d'hommes, es pa{s) 
doumdge ce n'est pas dommage, n*ai po(s) pus je n'en ai plus, o 
pa{s) pu{s) d'argen il n'a plus d'argent, sou pa{s) fiers ils ne sent 
pas flers, n'i-d pa{s) gdwe il n'y en a gu^re, sds pa(s) laougeiros 
vous n'^tes pas leg^res, es pa{s) midu ce n'est pas meilleur, es pa{s) 
miou ce n'est pas mien, es pa{s) na^cut il n'est pas n6, Vai pa{s) 
raouhdt je ne Tai pas vol6, ai pa{s) re(s) fach je n'ai rien fait, ai 
pa{s) re(s) dich je n*ai rien dit, etc. 

2. Ges mdmes mots conservent le son de leur 8 final devant les 
voyelles, les diphtongues et les consonnes c, q, s, t. — Exemples : 
Sios pas aimdblo tu n'es pas aimable, es pus eroiis il est plus heu- 
reux, ai pa{s) res escrich je n'ai rien 6crit, n*ai pais) ches aimdt 
je n'en ai point aim6, es pas Aouvergndc il n'est pas Auvergnat, 
i'O pa(s) pus qu*6lo il n'y a plus qu'elle, es pas segu ce n'est pas 
sur, sios pus ingeniods tu es plus ingenieux, Vai pas toucdt je ne 
t'ai pas touche, etc. 

3. La conjonction mes mais, les adverbes mens moins, trop trop, 
tant tant, tout tout, ne conservent, dans la prononciation, leurs 
finales s, p, t que devant un mot commenrant par une voyelle 
ou une diphtongue. — Exemples : es pdoure 7nds ouncste il est 
pauvre mais honn^te, o 7nens a perdre qu'a gagnd il a moins a 
perdre qu'a gagner, lou trop ou gdsto le trop gate la chose, es tant 



12 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

aimdblo elle est si aimable. Ces m^tnes mots perdent leurs s, p, t 
dans tous les autres cas. — Exemples : es oundste md{s) pdoure il 
est honnfite mais pauvre, o men{s) perdut que gagndt il a moins 
perdu que gagn6, ac6 (e)s tro{p) fort c'est trop fort, tan{t) vo I'ar- 
chdl a Vaigo tant va la cruche a Teau. 

4. Les verbes k la seconde personne du pluriel de Timperatif per- 
dent, dans la prononciation, Ts final devant le pronom vous qui se 
prononce &ow5* — Exemples : boulega(s) vous dep6chez-vous, vira{s) 
vous retournez-vous, tend{s) vous tenez-vous, sourtissi{s) vous 
otez-vous, aimdis) vous pla aimez-vous bien. Mais ils conservent 
le son de Ts devant le veritable b. — Exemples : tends bou tenez 
bon, I'atrapds bdlo vous la trouvez belle, abds bigiH vous avez bu, 
aour^s batechdt vous aurez baptist, etc. Cette anomalie tipnt sans 
doute a ce que, dans cet imperatif r6flechi, virus vous, tends 
vous, le vous est enclitique, et que, poss6dant lui-m6me un s dur 
k la fin, on n'a pas voulu, par euphonie, laisser subsister celui du 
verbe. 

Nous devons etendre ces observations non seulement aux mots 
finissant par un s, mais encore a tous autres termines par certaines 
consonnes, faisant remarquer, en principe g6n6ral, que toute ren- 
contre, au contact des mots, de consonnes produisant un son rude, 
doit 6tre adoucie par la suppression ou la transformation de Tune 
d'elles, ordinairement de la premiere. II en est de m6me k la ren- 
contre des voyelles. La langue d'oc a horreur des hiatus, k ce point 
qu'on intercale souvent un n ou un s, ou meme une particule entre 
les deux mots; ainsi. Ton ne dira pas : lou crou?np6re a un mdr- 
Chan, mais : lou croumpdr{e) a-n-un mdrchdn je Tachetai k un 
marchand, on dira : es andt as-Adissdn il est all6 k Adissan, 
anar^n en Ate nous irons k Agde, es nasciit en Al2er il est ne a 
Alger, la sdoum{o) es pigndst?'o Tanesse est t6tue, se7^id {e)sta{t) 
punit j'aurais ete puni, ac6 {e)s pla russit c'est bi^n r6ussi^ au 
lieu de : es andt a Adissan, anar6n a Ate, es nasciit a Alzdr, la 
sdoumo es pigndstro, serid estdt punit, act es pla russit, C'est 



1. Ces deux demiers exemples prouvent que quelquefois c'est la voyelle initiale 
du second mot qui s'elide, et aussi la consonne finale qui precede, comme nous 
I'avons vu dans anen noii{s) (e)n, ana(s) vou{s) (e)n, qu'on prononce anennoun, 
anavoun. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 13 

surtout en parlant de notre langue d'oc que Boileau aurait dit avec 
encore plus de raison : 

Gardez qu'iuie voyelle, a courir trop h&t6e, 
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurt^e. 



PRONONCIATION DES DIPHTONGUES. 

Nous diviserons les diphtongues en deux categories : 

1. Gelles que nous appellerons irreductibles, c'est-Ji-dire qui ne 
forment jamais qu'un son; elles sont compos^es de deux ou trois 
voyelles, en comptant pour une, comme nous i'avons deji dit, le 
son ou reprSsentant Yu espagnol, italien et allemand. Elles sont au 
nombre de cinq : 

Aou en un seul son, comme dans haus allemand, house an- 
glais, aun espagnol et auditore italien. — Exemples : 
pdoure pauvre, Idoura labourer, engrdoumoulit en- 
gourdi, espdourugd eifrayer. 

6ou en un seul son. — Exemples : tdbl&ou tableau, Uou mou 
(de veau), b^outdt beaute, empioutdt ent6. 

i6ou en un seul son : idou oeuf, M6ou boeuf. 

6ou en un seul son qui n'existe pas non plus en frangais : 
poou peur, pldou il pleut. 

liou en un seul son, prononcez emu. — Exemple : ciiou cul 
(a Montpellier) : ne s'emploie qu'exceptionnellement k 
Pez6nas. 

2. Gelles qui sont decomposables et susceptibles de former tantdt 
deux sons, tant6t un seul. Elles ne se composent que de deux 
voyelles. Nous en comptons neuf : 

ai se prononce, selon Taccent, ou en un seul son, comme le 
frangais faXence, ou en deux, comme hair. — Exemples : 
ndisse naitre, crdind grincer. 
ei, M, ferm6, comme dans pl6iades;ouvert, comme dans effrayait. 
— Exemples : 7'^i roi, p6ivo pierre. Se decompose tr6s 
rarement. — Exemple : oub^i ob6ir. 



14 GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 

ia en deux sons on en un seul, selon Taccent, comme en fran- 

gais, triage, diamant. — Exemples : 7^oiipi-d dormir, 

didbles diable. 
16 en deux sons ou en un. — Exemples : mestie metier, 

di-eio diete. 
io en deux sons ou en un, comme en frangais si-on, ame- 

liorer. — Exemples : M-6t gros baton, piot dindon. 
iou en deux sons ou en un : mi-ou meilleur, mlou mien. 
oi en deux sons, comme dans Moise, ou un seul, comme I'an- 

glais boy. — Exemples : Md4so, cdire cuire. 
ou6 en deux sons ou en un seul, selon Taccent : Nou-d Noe, 

boueto boite. 
oui en deux sons ou en un : Lou-iso Louise, cotnre cuivre. 



EXPLICATIONS SUR L' ACCENTUATION. 

Notre intention premiere etait de marquer la quantity, c'est-a-dire 
les voyelles ou diphtongues breves ou longues, par les signes ^ - adop- 
tes dans la Prosodie latine et le Gradics ad Parnassum ; de nom- 
breux avantages nous paraissaient attaches a cette methode. Mais 
cela contrastait tellement avec les usages recus que nous avons 
recule devant cette innovation. II est cependant indispensable, non 
seulement dMndiquer les longues et les breves, mais encore de diffe- 
rencier les voyelles ou diphtongues fortes ou toniques, c*est-jVdire 
celles sur lesquelles la voix s'accentue davantage, d'avec les faibles, 
sur lesquelles elle appuie moins. Les premieres etant ordinairement 
longues et les autres presque toujours breves, cette concordance 
nous 6vitera de trop multiplier les signes. Nous nous contenterons 
done de marquer les longues au moyen de raccent aigu; 
Tabsence de signe caract^risera les braves. 

Nous avons, d'autre part, a marquer la prononciation des e fermes 
ou ouverts. L*e ferm6 elant le plus frequent n'aura pas de signe, 
tandis que Te ouvert portera, comme en fran^ais, raccent 
grave. 

Mais comme un e ouvert pent etre long ou bref, nous le mar- 
querons, dans le premier cas, d'un accent circonllexe, 
lequel comprend en mSme temps Taccent grave, signe de Ve ouvert, 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



15 



et Tacccnt aigu, sigue de la voyelle longue. Quant aux e ouverts 
brefs, ils auront I'accent grave pour caractdristique. 

EXEMPLES POUR LES ACCENTS. 

Occupons-nous d'abord des quatre diphtongues irreductibles, dou, 
fiou, i6ou, 6ou, qui n'offreDt de difficult^s que pour la quantity. 
Quant aux rJjgles pour la determiner, a part celles que nous sugg6re- 
ront la conjugaison des verbes et les changements occasionn6s, soit 
par le passage des mots d'un genre h Tautre ou d'une partie du 
discours k Tautre, soit par Tinfluence des augmentatifs ou des 
diminutifs, il ne pent en exister d'autres; I'usage seul fait loi. 



dou est long dans : 



Aoumos (village), Auraes. 
cdous, chaux. 

7'doube, je vole (verbe actif). 
escdoume, j'echaude. 
roucdou, vieux moineau. 



aou est bref dans : 

aoutovno, autorane. 
aoumdymo, aumone. 
raoubd, voler. 
escaoumd, echauder. 
aoiisi, oui'r. 



6ou est long dans : 



leouno, lierre. 
tabldou, tableau. 
empdoute, j'ente (des bas). 
tdouno, mince (au feminin). 

i6ou est long dans : 

idou, oeuf. 
bidou, boeuf. 

Matabidou, Matabiau (a Tou- 
louse). 

6ou est long dans : 



6ou est bref dans : 

bdoutdt, beaute. 
fl^oumdr, faineant. 
empetoufd, enter. 



ioou est bref dans : 

MalabiooundtOj la fille ainee 
de Malhebiau. 



oou est bref dans : 



La Cdouno (ville), La Caune. La Cooun^to, La Caunette. 

ndou, neuf (adjectif). 

pdou, peur. poouriic, peureux. 



16 GRAMMAIRE LAKGUEDOCIENNE. 

Passons maintenant aux diphtongues rSductibles : 

ai. Dans le mot paisdn (prononcez ai comme dans le mot 
francais vaillant), la diphtongue ai est brfeve, la voix 
appuyant de preference sur la finale an. Si nous pro- 
noncons, au contraire, le mot pais pays, radical du 
precedent, ai, qui 6tait diphtongue dans paisan, se 
decompose en deux syllabes pd-is. La premiere, pd, 
est longue, et la finale is est forte et longue ; la voix 
doit done appuyer un peu plus sur is que sur pa. Si 
nous prenons pour second exemple le mot trdlno 
tratne, sorte de pdche en raer, nous aurons, comme 
dans pd'is, deux longues, a et i, que nous marquerons 
chacune d'un accent. En eflfet, si pa et tra n'etaient 
pas longues, nous devrions prononcer^^^es et iPramo, 
comme on prononce dans les colleges, en France, les 
mots grecs tm(; (enfant) et (patvw (montrer) ; mais 11 est 
bien loin d'en fetre ainsi, et nous devrons, dans ces 
deux mots, accentuer Vd et Yi : pd-is, trd-ino, comme 
dans le fran^ais trahison. 
Dans anardi, futur du verbe and, aller, ai est diphton- 
gue longue et se prononce en un son unique, comme 
dans le verbe grec eivat (6tre) et le mot frangais tra- 
vail ; c'est done Va qui est la forte, ou la tonique, et 
qui doit porter I'accent. Tout au contraire, dans di 
ha'ir,raet 1'/ sont tous les deux fortes, et ils porteront, 
comme dsLUspdis, les deux accents. Revenant k notre 
premier exemple, paisdn, nous y reconnaitrons une 
diphtongue breve, ai, privee d'accent, lequel tombe 
sur la syllabe suivante dn qui est la tonique. II irait 
encore plus loin si on allongeait le mot : paisandds, 
gros paysan. 
Voila done une meme combinaison de voyelles suscep- 
tible de porter, ou un seul accent, tantot sur Tune, 
tantot sur Tautre, ou deux accents, ou aucun. 
ei possede quatre formes : v^ire verre a boire (e long) ; 
Poumpei Pompei (/ long); EnHdo, de Yirgile {^4 
longs) ; veiron petit verre h boire (point d'accent). 



GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 1/ 

ia, quatre formes : biarai je lierai {i long); didbles diable 
(d long) ; Di'dno Diane (i-d longs); diablds, diablatou 
gros diable, petit diable (point d'accent). 

ie, quatre formes : Piemoun Piemont {i long) ; antidno 
antienne {d long); didto diete {1-6 longs); pietdt cime- 
ti^re, pietadous piteux (point d'accent). 
io, iyo, quatre formes : cardoimio chardonneret {i long); midlo 

mule, aouidl loriot {6 long) ; fi-ydlo lilleule (L 6 longs) ; 
ndvio fiancee (point d'accent). 
iou, iyou, quatre formes : miou mien, sinipiou rougeole {i long); 

gaioii cochet {on long); cari-oun carillon (i, ou 
longs); tiouldt toit, aquiould acculer (point d'ac- 
cent). 
II existe entre ces deux demiers exemples, tiouldt et 
aquiould, une nuance de sonorite qu'on ne pent ren- 
dre en fran^ais. Le premier se prononcerait en imitant 
le cri du moineau, piou, c'est-a-dire en forgant la voix 
plutot sur i que sur ow, et le second, comme le mot 
trivial fran^ais pioupiou fantassin, en for^ant Tinto- 
nation sur ou et faisant seulement sentir 17, sans 
attenter cependant, dans les deux cas, a I'int^gritS de 
la diphtongue. 

oi. Nous ne trouvons dans oi que trois formes, et encore 
avons-nous du en emprunter une au latin et Tautre a 
la Bible : aoubdi haut-bois, cdire cuire {6 long); ciSxre 
mot latin (i long); Moiso Moi'se ((), i longs). 

ou6, trois formes : boueto boite, Toudno Antoine (e long); 
rou&lo coquelicot, Roiiirgue Rouergue (ow-^ longs); 
soudtd souhaiter, Benoudtou Benolton, Toudn^to An- 
toinette (point d'accent). 

oui, quatre formes : doiiiou cruchon pour boire le vin i 
mSme (ou long); joui jouir {i long); roiiino ruine, 
Loiciso Louise {ou, i longs); mouissdlo grapillon, 
mouiss^t 6pervier, Louisdto Louisette (point d'accent). 

A propos de ce dernier mot, Louis4to, nous ferons remarquer que, 
par le fait de Tallongement du mot Louiso, Vi perd de son importance 
et devient faible parce que Taccent tonique a du se reporter sur la 
nouvelle p6nulti^me. 



18 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNB. 

II en est de mfeme dans les combinaisons de voyelles dont nous 
donnons ici le tableau : 

ai crdino, il craque ; craind^ craquer. 

ei ouMi^ obeir; oubeiss^n^ obeissant. 

ia lidsso^ liasse ; eniassd^ enliasser. 

16 didto^ di^ie; diet air e^medecin, 

io, iyo fiyolo^ filleule; fiyoUto^ petite filleule. 

iou espioun^ espion ; espioundche^ espionnage. 

oi cdire (mot latin) ; cditus (mot latin). 

ou6 boueto^ boite ; emboudtd^ embolter. 

oui rouino^ ruine; arouind^ ruiner. 

Conime on le voit, selon que le mot s'allonge ou se modifie, Tac- 
cent se deplace pour se reporter sur Tultieme ou la penultieme. 

Lorsque les combinaisons mMianes ou terminales ai, ia, ie, io, 
iou sont immediatement pr6c6dees d'une voyelle, Vi de ces groupes 
devient consonne et se change en y. L'accent se place alors sur la 
voyelle qui suit Yy, ou sur la suivante : tayou morceau, dayd fau- 
cher, couyoi'mo nigaude, couyound plaisanter. On doit en excepter 
les mots terminus en ^^io, eio, tdo, ouio, aiou, ottiou, qui pren- 
nent Taccent sur la voyelle pr^cedant Vy : ddyo faulx, anchdyo^ 
anchois, fiiyo feuille (de papier), andoiiyo andouille, douyou cru- 
chon. Joignez a ces noms les verbes de la premiere conjugaison a 
certaines personnes des present de Tindicatif et du subjonctif, et de 
l'imp6ratif : tdye je taille, tdyou ils taillent, que baddyes que tu 
bailies, ddyo fauche. A part ces exceptions, et conform^ment a la 
regie que nous venons de donner : 

ai fail : piayu, piaydrou, piailler, ils piaillerent. 

aia, cia, eia, otda font : ayddo soupe a Tail, veyddo veill6e, rou- 

sixjd rouiller, vouydche voyage, vouyachur voyageur. 
wi6, o^^i6, aoui^ font : ciiye cuiller, fouyd folie, taouid banc de 

pierre. 

1. D'apri's quelquea linguistes, anchdyo viendrait du mot celte anchova. 



GRAMMAIRE IAN6UED0CI£NN£. 



19 



DIFFERENCE DANS L'aCGENTUATION DES MOTS QUI RENFERMENT 

LA COMBINAISON io, iyO. 

1 . Dans les finales : 



Verbes terminus d. rinfinitif 

en i-d ou iy& : 

mousi'O ou mousiyo, il mordille. 
fri'O ou friyo, il frotte. 
babi'O ou babiyo, 11 babille. 
escoubi'O ou escoubiyo, il balaie. 



Nom3 : 



fiyo, flUe. 
griyo, grille. 
caniyo, chenille. 
grasiyo, gril. 
teniyo, tfinille. 



ndvio, fiancee. 
bdrio, m6tairie, 
fidyo, feuille. 
grdcio, gr^ce. 
gldrio, gloire. 



Yerbes terminus k Tinfinitif 

en iA : 

roiimio, il rumine. 
embourio, il eborgne. 
repdpio, il radote. 
pidio, il piaille. 

Verbes en g^n^ral : 

abid, j'avais. 
roustissid, je r6tissais. 
aimaf'id, j'aiinerais. 
raid, il valait. 
tenid, il tenait. 



2. Au commencement et dans le corps des mots : 



idl^ ceil. 
vidl, sentier. 
quidr, cuir. 
pidto, dinde. 
pioUto, petite dinde. 



Idldndo (avec deux accents), Yolande. 
caniydto (av. 1 accent et Ty), petite chenille. 
flydto (avec un accent et Fy), fillette. 
cridlo (avec deux accents), cr6ole. 
agridto (avec deux accents), cerise griotte. 



DE L' ACCENT A LINFINITIF DES VERBES. 



1. Les verbes de la premiere conjugaison termines en a pr6cM6 
d'une consonne ont tons, k I'infinitif, la finale longue : c'est la toni- 
que. — Exemples : destourbd dSranger, trued heurter, oublidd 
oublier, bufd souffler, abrigd abriter, jangould geindre, bramd 
braire, deband d^corner, estripd etriper, demourd habiter, esquinsd 
dSchirer, frutd frotter, despouyd deshabiller, etc. 



20 GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 

Nous venons de voir au paragraphe 1 du tableau precedent que, 
parmi les verbes terminus a Tinflnitif en ia, les uns font id diph- 
tongue avec Yi tr^s faible : piaid piailler, veid veiller, esfraid 
effrayer, mirgaid emailler, estudid 6ludier, roumid ruminer, repa- 
pid radoter, embourid eborgner, etc. Les autres, beaucoup plus nom- 
breux, emettent deux sons i-a avec Vi fort et demi-long, la tonique 
etant toujours sur Va final; aussi les marquons-nous de deux accents 
pour les distinguer des precedents : babid babiller, assoucid associer, 
crusifid crucifier, roxipid dormir, aproupld approprier, varid deli- 
rer, s*estasid s'extasier, etc. 

NoTA. — Le plus souvent, nous remplacons cependant dans ces 
infinitifs, ainsl que nous Tavons fait a Tindicatif des verbes en i-d, 
le premier accent, qui serait sur Vi, par un y entre Vi et Va, et nous 
6crirons indiffereminent : babid ou babiyd, crusifid ou crusifiyd, 
roupid ou roupiyd, etc. II en sera de mfime pour certains substan- 
tifs ou adjectifs : caviot ou cariydt char, mids ou miyds bouillie de 
mais, miou ou miyou. (Voy. Ponctuation et signcs.) 

2. Les verbes de la deuxieme conjugaison, sauf trois exceptions 
seulement, ont, a Tinfinitif, la finale faible et priv6e d'accent; la 
tonique afTecte toujours la penultieme : 

bdive^ battre. fdire^ faire. 

metre ^ mettre. trdire^ jeter. 

par^ti^e^ paraitre. pldire^ plaire. 

sdoiipre^ savoir. cr^ire^ croire. 

esclure^ exclure. veire^ voir. 

t^ne^ tenir. coire^ cuire. 

py^ene^ prendre. vdrre^ valoir. 

iougne^ joindre. ddrre^ endolorir. 

alegne^ atteindre. dioure^ devoir. 

pdisse^ paitre. voarre^ vouloir. 

moidse^ traire. poiirre, pouvoir, etc. 

Font exception : 

vale, valoir, deuxieme forme de vdrre; 
fa, faire, deuxieme forme de tdire; 

veni, venir, et ses composes qui font / final long comme les 
verbes de la troisieme conjugaison. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



21 



3. Dans la troisi^me conjugaison, tous les verbes, sans exception, 
prennent, a Tinfinitif, Taccent sur la finale i precedes ou non d'une 
autre voyelle, mais cette voyelle p^nultieme est demi-forte quoique 
brfeve ; aussi prendra-t-elle egalement I'accent, les deux voyelles con- 
servant chacune leur son propre : 



d-i, hair. 

MU'U devenir bleu. 
enfou'i^ enfouir. 
envd'i^ envahir. 



escrou'i^ ecrpuir. 
espanou-l^ epanouir. 
jou'i^ jouir. 
trd'U trahir. 



segui (du latin seqtii)^ suivre. 

Dans ce dernier verbe, Vti ne compte pas comme voyelle : il est 
absolument muet, et son role consiste uniquement a rendre dur le g 
devant ¥i final; nous Tavons fait figurer ici pour sigjialer la diffe- 
rence. 

Les autres verbes de la troisieme conjugaison ont aussi leur 
finale / longue, quand elle est precedee d'une consonne, tandis que 
toutes les syllabes qui precMent sont brdves, quel qu'en soit le 
nombre : 



agi^ agir. 

cabi^ contenir. 

faci^ farcir. 

toucU tordre. 

toussi^ tousser. 

aousi., entendre. 

brandi^ secouer. 

acouti^ poursuivre. 

se caoumoussi se moisir. 

engouli^ avaler. 

escoundi^ cacher. 



escoupi^ crachcr. 
espandi^ repandre. 
trefouli^ tressaillir d*impatience. 
s*acougueli^ se mettre en grumeaux. 
s'qfistouli^ se fletrir. 
agroumandi^ appAter, allecher. 
alaougeivU alleger. 
emhalaousi^ assourdir. 
s'engraoumouli, s*engourdir. 
s'estrememi^ frissonner. 
estaOowdi, etourdir. 



On verra, aux conjugaisons, comment se comporte Taccent aux 
divers temps et personnes de chaque mode du verbe. 

Ces developpements et ceux qui vont suivre, que certains trouve- 
ront puerils, sont indispensables pour familiariser Televe avec Tem- 
ploi de Taccent, chose si importante si Ton veut bien parler et 
se faire bien comprendre dans nos hingues meridionales d'origine 
latine. 



22 GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE. 



ORTHOGRAPHE ET PRONONGIATION GfiNfiRALE. 

Notre intention etait de ne traiter ces questions que dans la partie 
de cet ouvrage reservee a la syntaxe, a qui elies semblent appartenir 
de droit; mais, ayant k en faire de nombreuses applications dans 
les parties du discours, nous avons pref^re mettre tout d'abord 
rSleve au courant. II nous semble d'ailleurs qu'un lien puissant 
existe entre Torthographe et les matiferes que nous venons de traiter, 
I'alpbabet, la prononciation des diph tongues et I'accentuation. 

L'ortbographe des langues d'oc est la question k I'ordre du jour. 
Nombre de theories sont en presence, les unes absolues, les autres 
eclectiques ou mitigees, mais toutes se contrariant plus ou moins : 
Orammatici cert ant et adhuc subjudice lis est. 

Nous ne prendrons parti pour aucune, par la bonne raison que 
nous n'avons pas voulu les etudier, afin de nous soustraire a Tin* 
fluence qu'aurait pu exercer sur notre jugement celui de personnages 
illustres et jouissant d'une grande autorit^, auteurs de th6ories 
seduisantes et ingenieuses, mais pas toujours d'accord avec... la phi- 
losophie des langues. Nous avons uniquement tenu a asseoir notre 
jugement sur une longue observation et la pratique journalifere, pen- 
dant plus de soixante annees, du Dialecte Pisc^nois. 

N'ayant a nous preoccuper que de la Grammaire, nous avons 
affecle de negliger toute recherche des origines ant^diluviennes de 
nos idiomes languedociens, nous bornant aux rapports indispen- 
sables avec notre pere le latin, nos freres I'espagnol et Titalien, et 
notre fils le fran^ais : ce mot fils n'a rien d'exager6, parce que c'est 
bien nous qui Tavons engendre, et quand, par hasard, nous lui em- 
pruntons un vocable nouveau, nous ne faisons que rentrer dans 
jiotre bien*. 

1. Dej^, an neuvieme siecle, la langue romane rdgnait en souveraine dans le pays 
franc. Les documents officiels qui n'etaient point en latin etaient ecrits dans notre 
langue. Les serments de Louis le Gennanique et de Charles le Chauve, fils de Louis 
le Debonnaire, semblent avoir ete redigds & Beziers plutot qu'a Strasbourg. Voici 
I'un d'eux : 

c Pro Deo amur, et pro christian poblo et nostro commun salvament, dist di in 
« avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si SaWarai o cist meon fradre Karlo 
« et in adjuda et in caduna cosa, si com om per dreit son fradre Salvar dist, in o 
« quid il in altro si faset. Et ab Ludhcr nul plaid numquam prendrai qui meon vol 
« cist meon fradre Karlo in damno sit. i> 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENKS. 23 

Nous laisserons done de edte 1108 1>i8aieiils et trisa'ieuls, et n'avons 
ieaMoir a telle terminaison, tel prefixe sont Sanscrit, ibere. 
ligure, celtique ou simplement gaulois : notre science n'est pas assez 
avancee dans la nebulosity pour nous accompagner jusque-la. 

Le principe que nous avons adopte coinme le plus rationnel est 
celui-ci : nous respecterons I'orthographe et Tetymologie latines 
toutes les fois que de graves motifs ne nous force ront pas de les 
n^gliger. Parmi ces motifs, la simplicite, Teuphonie, la rapidite de 
prononciation tiennent le premier rang. 



H INITIAL MUET. 

Uh est tres frequent en latin, ou nous le trouvons en t6le de plus 
de mille mots; il est vrai que la plupart viennent du grec. Selon le 
cas ou Tetymologie nous paraltra ou non s'imposer, nous le conser- 
verons ou le supprimerons. Pour ce qui concerne le verbe hab^ire, 
avoir, du latin habere, nous lui laisserons Vh dans la conjugaison, 
ou il sera mis en regard du m^me verbe en latin, en espagnol et en 
italien, pour faire mieux ressortir sa ressemblance, surtout avec les 
deux premiers; mais, dans le discours, nous le supprimerons, ainsi 
que Pont fait les Italiens, comme trop encombrant. 

Nous indiquons, comme exemples, dans T^num^ration ci-apres de 
mots tires du latin pourvu de Yh initiale, cenx oil Ton pent, a notre 
avis, conserver Vh et ceux 06 il est preferable de le supprimer. Le 
mot d'origine latin est mis en regard de son derive. 



Conservant Vh : 

habitaciou., de habitare. 
hal^ (haleine), de halitus. 
hemardido^ de h6morroides. 
hemino (mesure), de hemina. 
heretic^ de haereticus. 
herbo^ de herba, 
heritd^ de hjeres. 
hesitd^ de haesitare. 
hibd7\ de hibernus. 

hidr^ de heri. 



Perdant Vh : 

ab^ire (avoir), de habere. 
abille^ de habilis. 
alencddo (hareng), de halex. 
armounio^ de harmonia. 
drpo (outil), de harpa. 
arpio (harpie), de harpyae. 
dste (broche), de hasta. 
Etdr^ de Hector. 
amegou (hamecon), de hamo- 

ducere. 
Arculo^ de Hercules. 



24 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

histouero^ de historia. armito (ermite), de heremitus. 

hdme^ de homo. armds (inculte), de hermus, 

h07)wnimo^ de homonymus. â–  ajmio (hernie). de hernia. 

hoiindste^ de honestus. istrioun^ de histrio. 

hdi^e (laid), de horreo. drdi (orge), de hordeum. 

houy^rible^ de horribilis. ourgeUt^ de hordeolus. 

hort (jardin), de hortus. espitdl^ de hospitalis. 

hortaUcio (jardinage), id. oustio, de hostia. 

hom^o^ de hora. imou (humeur), de humor. 

humanttdt^ de humanitas. idropico^ de hydropicus. 

humlde^ de humidus. ipoucrito^ de hypocritus. 

hinno (hymne), de hymnus. ipoutdco^ de hypotheca. 

hounou. de honor. desounou^ de honor. 
Etc. Etc. 

Dans Tint^rieur des mots, Vh ne sert que combine avec le c pour 
former un son, 6tranger k la langue fran^aise, mais tres frequent, 
sous la forme ch^ dans Tespagnol : chupdr sucer, borrdcho ivrogne, 
et dans I'anglais : Chichester, chuixh 6glise. Les Italiens possfedent 
aussi ce son, mais il n'est produit que par le c seul devant e eii : 
cecino pois chlche, cibdrio ciboire, cipolla oignon. 



B ET V. 

* 

Ges deux lettres. &, r, ont absoiument la m6me prononciation, 
celle du b frangais, mais Tune et Tautre conservent leur forme. 
Nous devons done suivre ici Tetymologie et laisser la forme v dans 
tons les mots venant du latin qui contiennent cette lettre, laquelle 
prendra, dans le langage parle, le son du b. 

Vdou je vais, vas tu vas, vo il va, vdou ils vont; vdi (imp6ratif) 
va, constituent les irr^gularites du verbe and, aller, dont nous igno- 
rons Torigine, son radical 6tant peut-6tre anterieur au latin. II est 
vrai que les Italiens disent andare et les Espagnols andar, Ges 
verbes ont done une source commune. Peut-^tre meme le verbe 
latin mandare, dont la signification implique quelquefois le mouve- 
ment d'aller, ne serait-il pas etnmger a cette origine. J. C6sar a dit : 
mandare se fuga, s'envoyer en fuite; anda, en espagnol, et andate 
via, en italien, signiflent : va-t'en, allez-vous-en. 



GKAMMAIRE LANGUKDOGIENNE. 



25 



On pourrait aussi rattacher au latin, par un bien faible lien, nous 
en conviendrons, certains temps du verbe and : ainsi, andre, and- 
ros, andt, pass6 defini de Tindicatif, qui semblent avoir queique rap- 
port avec iveram, iveras, iverat, plus-que-parfait latin. Dans le 
haut Castrais et ailleurs, on dit, au futur, anirdi, anirds, anird, et, 
au conditionneL anirid, anirids, anirio, lesquels se rapprochent 
assez de rimparfait du subjonctlf latin irem, ires, etc. 

Des linguistes versus dans la science des prefixes et des suf- 
fixes penseraient assur^ment qu'il doit y avoir, dans le cas qui 
nous occupe, queique chose a dire snr la particule an qui serait 
celtique; mais nous n'insisterons pas. priant le lecteur de nous 
pardonner, pour cette fois, ce semblant d'excursion dans le pays des 
brumes. Nous lui avons fait une promesse que nous ne violerons 
plus. 

Quant a vaou, vas, vo, voou, vai, ils d6rivent evidemment du 
verbe latin vado, vadis, vast, vasum, vadere, aller, et nous devons 
leur maintenir le r, tout en prononcant bdou, has, bo. bdou, bdi. 



ENUMERATION DES PKINGIPAUX HADIGAUX LATINS AYANT PRODUIT 
DES MOTS LANGUEDUGIENS COMMENgANT PAR V. 



Latin. 


Languedocien. 


Francaisr 


vacans^ 


vacdnso^ 


vacance. 


vacca^ 


vdco.. 


vache. 


vacillare^ 


vaciyd. 


vaciller. 


vagabundtiS^ 


vagaboun^ 


vagabond. 


valens^ 


vaien^ 


vaillant. 


valere^ 


val6^ 


valoir. 


vanitas^ 


vanitdt^ 


vanity. 


vapor^ 


vapOH^ 


vapeur. 


vara (barre), 


barrri^ 


fermer, mettre la barre. 


variai^e^ 


variyd. 


delirer. 


vas^ 


vdsU 


vase. 


vastare^ 


devastd. 


devaster. 


vectura^ 


vou^tiiro^ 


voiture. 


velare^ 


voiidld^ 


voiler. 


vena^ 


v6no^ 


veine. 


vegetare^ 


vegetd^ 


veg6ter. 



26 



6RAHHAIRE LAMGOEDOGIENNE. 



IaUu- 


Languedocien. 


Fran^ais. 


vendere. 


vindbre^ 


veadie. 


venenosus^ 


verenous. 


venimexix. 


venerabilis^ 


venerable. 


venerable. 


venire. 


veni et composes, 


venir. 


venter. 


ventre. 


ventre. 


ventus. 


ven. 


vent. 


verbena. 


v^rmdno. 


verveine. 


verbum. 


vdrbe. 


verbe. 


verecundia. 


vergougno. 


honte. 


veridicus. 


veridic. 


veridique. 


Veritas, 


veritdt. 


verite. 


vermis. 


vdrme. 


ver. 


vernare (reverdir), 


virgne. 


aulne. 


ve7V'uca, 


varrugo. 


verriie. 


versus^ 


vdrs'verses. 


vers. 


vestigium. 


vestige. 


vestige. 


verV'S, 


vrdi. 


vrai. 


vesci (se nourrir). 


vdssos. 


vesces (legume) 


vespa. 


vespo. 


grosse mouche. 


vesper. 


I'dspre, 


soir. 


vester. 


vdstre. 


votre. 


vestis (v6tement). 


vdsto. 


veste. 


veterinarius. 


veterindri. 


veterinaire. 


vetustas. 


vetustdt. 


vetuste. 


via (chemin), 


vidl. 


sentier. 


vibratio. 


vibraciou. 


vibration. 


vica7Hus, 


vicdri. 


vicaire. 


vicinus. 


vest. 


voisin. 


victima. 


vitimo. 


victiiiie. 


victoria. 


vitoudro. 


victoire. 


videre. 


v^ire. 


voir. 


vidvuZy 


viouso. 


veuve. 


vigilare (veiller), 


vigillo. 


vigile. 


villantcs (paysan), 


vilen. 


m6chant, sot. 


villa. 


vilo. 


ville. 


vindemia. 


vend6mio. 


vendange. 


vindicatio. 


venchdnso. 


vengeance. 


vinea. 


vigno. 


vigne. 



ORAHHAIRE LANGUEDOaENNE. 



27 



Latin. 


Languedocien. 


Fran^ais. 


riola^ 


viouUto^ 


violette. 


violens^ 


viouUn^ 


violent. 


vipera^ 


vipdvoy 


vipere. 


t?eWw5, 


vertUy 


vertu. 


visio. 


vision. 


vision. 


visitare^ 


visitd. 


visiter. 


VUtty 


vidOy 


vie. 


vitiumy 


vice^ 


viee. 


vitare. 


evitd. 


6viter. 


vivere^ 


viour^e^ 


vivre. 


volarcy 


vould. 


voler (des ailes). 


velle (indie. volo\ 


voiirre (indie, vdle)^ 


vouloir. 


voluntas^ 


voiUountdt, 


volonte. 


voluta^ 


vouluto^ 


volute. 


volutitmy de volvere^ 


vdouto. 


facon au labour. 


virgOy 


vidrges^ 


vierge. 


vomere^ 


voumU 


vomir. 


voraccy 


vourdce^ 


vorace. 


VOXy 


voudSy 


voix. 


vulnerana^ 


(digo) vunurelOy 


(eau) vulnfiraire. 



II existe encore par centaines des mots renfermant un v et prove- 
nant du latin; nous n'en citerons que quelques-uns pris au hasard 
Tous eonservent egalement la forme v et le son h. 



Latin. 

divina^ 

con veiHere^ 

dividere^ 

Evangelium^ 

favor^ 

lavare^ 

navaliSy 

navigare^ 

pavimentunij 

proverMum^ 

provincial 



Languedocien. 

divinoy 

counvertly 

divisdy 

EvangilOy 

favoiiy 

lavdy 

navdly 

navigd, 

pavamin, 

prouvdrbe, 

prouv^nsiOy 



Fran^ais. 

divine. 

eonvertir. 

diviser. 

Evangile. 

favour. 

laver. 

naval. 

naviguer. 

pavement. 

proverbe. 

province. 



28 



6RAM3IAIRG LANGUEDOCIENNG. 



Latin. 

provocare^ 
revertere, 

revevsus (retourne), 
revolutum^ 
servire^ 
salvare^ 



Langucdocien. 

ptrouvoucd^ 
revdrtd^ 

al revds^ 
revouliciouy 

saouvd^ 



Francais. 

provoquer. 

couper les rejetons de 

vigne. 
a Tenvers. 
revolution, 
servir. 
sauver. 



c(K)g — s(Z)ss. 



c, devant a, o, w, ou^ prend le son de /t, comrae dans le frangais : 
cal6, encore, reculer, couture. — Exemples : carpdn soufflet, 
rdsco teigne, cournudo cuvier, cussou trous de vers dans le bois et 
poussiere qui en r6sulte, 

Devant e et z, on ecrit et prononce le c comme en franc^ais dans 
cigale, ceci. — Exemples : Cecillo Gecile, arcM clovisse (coquil- 
lage comestible), cidoulo engelure, caoucido SQrte de chardon. 

Lorsque c, devant a, o, w, ow, et prec6d6 d'unc voyelle, doit se 
prononcer comme le 9 francais dans menagant, lepon, agacer, 
enlacer, on T^crit avec une cedille : amena^dn^ ligou^ agai^d., en- 
lagd. — Mais quand c se trouve place entre une consonne et une 
des six voyelles, on le remplace par s dur : Fransotitiso FranQoise, 
amoursd amorcer, baldnso balance, rdnse ranee, i^ansi rancir, 
arsoiin argon, pounsou poingon, rinsuros ringures. 

La mSme regie s'applique h Ys place entre une consonne et une 
voyelle, et qui doit se prononcer dur comme en frangais. Les exem- 
ples precedents pourraient s'appliquer ici ; nous y joignons les sui- 
vants : cout^sdge corsage, despenso depense, dansd danser, ddnso 
danse, pensd penser, etc. 

11 en est de mfeme quand s se trouve au commencement des mots, 
ou il est toujoursdur. — Exemples : sadoiil saoul, segnou seigneur, 
Nostre-S^gne Notre-Seigneur, sinnatiiro signature, sdldo solde, 
SOHCO souche, susd suer, sdrdo sardine. 

L*s, dans le cours des mots, et place entre deux voyelles, a toujours 
au contraire le son doux du z frangais : Lisa Elisa. misdro misfere. 
Ros^to Rosette, besovgno travail, etc. 

Lorsque, entre deux voyelles, Ys doit 6tre prononce dur, il faut 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 29 

lui adjoindre un autre s : messdrgo mensonge, permissiou permis- 
sion, bessoiis jumeaux, assucd assommer; mais dans ce cas cha- 
que s appartient a une syllabe diff6rente, ce qui se comprend, car 
la plupart de ces mots sont composes. 

On remarquera, en outre, dans la presque totalite des mots que le 
francais a empruntes au latin et a la langue d'oc : 

l^ Que le t des mots frangais en tia^ tie^ tio, tels que partial, 
patient, mention, se remplace par un c : parcidl^ pacidfi, men- 
ciound^ sensaciou sensation, acusaciou Sicciissition^benediciou b6n6- 
diction, pourciou potion, peripecio perip^tie, 7ninucio minutie, 
proufecio proph6tie, halpucia balbutier, etc. 

2^ Que les ss figurent dans les mots correspondants des deux lan- 
gues : procession poucessiou^ passion passion^ paillasse paydsso^ 
^paisse esp^sso^ tapisserie tapissarie^ casserole casseirdlo, crosse 
crosso^ assassiner assassinnd^ s'asseoir s'assdta^ d6chausser des- 
caoussd^ polisson poulissoun^ etc. 

BC, BS, PS, X. 

be, bs, ps, X francais s'ecrivent ss devant une voyelle, et s dur 
devant une consonne. — Exemples : abces asst^s^ absence ass^nso^ 
absolu assoulut^ Eclipse eclisso^ axiome assidmo^ oxygene ossizdno; 
— s'abstenir s*asUne^ s'obstiner s'oustind^ obstacle oustdcle^ extrait 
estr&t^ excursion escursiou^ etc. 

Place devant une voyelle, Tx frangais se rend par s doux (pronon- 
car z). — Exemples : examen esdmen^ exister esistd^ ex6cuter ese- 
cutd^ exil6 esilldt, 

X, entre deux voyelles, s'ecrit et se prononce aussi quelquefois cli. 
exempter echentd, exister echistd, exercer ichdrsa, exercice echir- 
cice, exemple echimple, exiger echichd, fixer fichd. 



CT, CC, XC. 

Dans ct dur le c disparait : acte dto, affecter affetd, dict^e ditddo, 
octave otdvo, fracture fraturo, docteur dotou, facteur fatoii^ etc. 

ct doux, cc, entre deux voyelles, se rendent par c, et xc se rend 
par ss, — Exemples : action aciou, friction friciou, execution esecu- 



30 ' GRilMICAIRB LANGUBDOaENNE. 

ciou; — accident actd^fl, accent ac^n, vaccine vacino, ecce homo 
ece hdmo, accepter acetd, accessoires acessou&ros; — excMent esse^ 
d^n, exciter es$itd, excellent essel^n. 

cc et xc, de m6me que nous Tavons vu pour x, se rendent quel- 
quefois, ejitre deux voyelles, par ch : accfes achds^ excepts echetdt, 

B, P, D, T. 

b, p, d, t, aprfes une voyelle et pr6c6dant une consonne autre que 
/, r, se suppriment dans la traduction en langue d'oc. — Exemples : 
Absalon Assaloun, abjurer ajurd, abdication adicaciou; — tripty- 
que tritico, 6cliptique eclitico; — admiration amiraciou, adjuger 
ajuclid, administrer aministrd; — Etna Ennd, ethnographic, eno- 
gvafio, Atlantique Alantico. 

Lorsque ces mfemes lettres ft, p, rf, t sont entre deux voyelles ou 
entre une voyelle et une des liquides P, r, elles se prononcent tou- 
jours comme, du reste, dans les autres cas. — Exemples : ahouli 
abolir, ab-legdt (pron. ap-legdt)^ oblaciou (pron. oplaciou)^ abrigd 
abriter; — apaouri appauvrir, aplicd appliquer, a^rivadd appri- 
voiser; — adouci adoucir, adi'ayd dresser; — atald atteler, petrinc 
poitrine, etc. 

G, J. 

g et J ne se prononcent jamais comme en fran^^ais devant e et i. 
Ce son n'existe pas pour nous, g, devant les voyelles, se prononce 
ga^ Che. chi, go, gu,, gou. — Exemples : gdbdl sarment, galdbdr 
boudin, mandge (pron. maneche)^ gin^bre genifevre, engind pr6parer 
(pron. chinibre^ enchind)^ figo Ague, engusd filouter, gourgouid 
bouillir tumultueusement, etc. 

On voit par ces exemples : 

10 Que g se prononce dur devant a, o, w, ou. Mais il est aussi des 
cas ou il doit 6tre prononce dur devant e et ^; on le fait suivre, a cet 
effet, de la voyelle te. Cette pratique se produit 6galement en espa- 
gnol et en francais, ou gu se prononce dur dans guSpier, gu6rite, 



1. d et £ ne se prononcent pas devant I : Middlesex MilesSs, Rutland Rul&n, ad 
libitum a libit6n, Atlantique Alantico. 



ORAMMAIRE LANGUEDOCIEN>rE. 31 

gui, guilleret. — Exemples : gudrro guerre, mourguito sorte d'es- 
cargot, guitdry^o guitare, languitudo langueur. Dans ce cas, Vu est 
absolument muet. 

2^ Que g, priv6 du secours de Vu, se prononce devant e et i 
comme le che^ chi espagnol ou anglais. — Exemples : chenddrmo 
gendarme, las Chens les gens, chemi gSmir, achi agir, chirouUto 
girouette, qui s'6crivent : genddrmo, las gens, gemi, cigit girouldto. 

II est cependant des cas nombreux ou le g fran^ais s'Scrit et se 
prononce aussi ch devant les voyelles rt, o, u, ou : engachd engager, 
manchdire mangeur, uno fiyo sdcho une fille sage, tapachur tapa- 
geur, froumachou petit fromage, etc. 

Quelquefois, devant e, le g fran^ais se remplace par z; ainsi Ton 
dit et 6crit : ossizdno oxygfene, alzdbro algebre, Uzdno Eugfene, Alzdr 
Alger. 

COMBINAISONS DE G AVEC N. 

g se presente souvent combing avec n, tantdt devant, tantdt apr^s. 

!•' Cas. — gn se prononce, en fran^ais, de deux maniftres : ou 
dur, comme dans agnat, agnus Dei, magnificat, ou bien mouill6, 
comme dans agneau, grognon, montagne; mais, en langue d'oc, le 
son gn dans agnus, magnificat, serait trop dur, et on fait disparaitre 
le g dans la prononciation : anus D&i, manificdt; stagnation fait 
estanaciou. 

Le gn moui)16 est, au contraire, tres frequent et se prononce 
comme en fran^ais : vergougno honte, baragdgno 6tre fantastique 
dont on menace les enfants, cagndto bonnet de nuit des femmes du 
peuple. 

2« Cas. — ng, devant les voyelles, se prononce et s'6crit : nga, 
nche, nchi, ngo, ngu, ngou. — Exemples : enzengd rSparer, an- 
cMtOy ancheloii petit ange (de angelus), enchind preparer; — on 
6crit aussi ang4to, angelou, engind; — espoungo Sponge, es vengut 
il est venu, engouli avaler. 

ng, devant les liquides /, r, se prononce comme dans les mots 
francais englober, Langres, Hongrie, mais sans donner h Vn le 
son nasal du francais. — Exemples : englandd et engloutl bosseler, 
engrund d6molir quelqu'un k force de coups, angrdgno petit lezard 
ijris des murailles appele sirndillo a Toulouse. 

j se comporte a peu pr^s comme g, mais il n'est jamais dur et la 



32 6RAMMAIRB LANGUEDOGIENNE. 

presence de Vu a sa suite ne Tinfluence pas. II se prononce, devant 
les six voyelles, cha^ che^ chU cho^ chu^ chou^ mais il garde son 
signe dans Tecriture. Ecrivez done : jalousid jalousie, Jalusalen 
Jerusalem, JHus^ ji?ndlos jumelles de thSdtre, Josdp Joseph, j6yo 
joie, dejund dejeuner, mais prononcez : chalousid^ Chalusal&n^ Che- 
5WS, chim&los^ Chosdp^ chdyo^ dechund; toujom\ prononcez tou- 
choiir. 

Ainsi que g, le j frangais se remplace parfois par z : jaconas 
zacond, J6richo Zericd^ J6suile Zesouito^ jocrisse zocHsso^ Jules 
Ziilo^ Jupiter Zupit^r^ Judith Zudit^ etc. 



L'l remplace toujours le ph frangais que nous n'admettons pas. 

ILL. 

ill mouille est represents, dans le langage et TScriture, par la con- 
Sonne y : paille pdyo^ bailler badayd^ bouteille houUyo^ famille 
famiyo^ lentille lentiyo^ fiUe fiyo, d6pouille despdyo, ouiller uyd^ 
barbouiller barbouyd^ grenouille gvanoiiyo. 

Remarque. — On voit, d'apres les exemples qui precedent, que, 
quand le groupe ill n'est pas prdcddd d'une autre voyelle, — 
comme il en faut nScessairement une — le i de ill se conserve 
long devant Vy : famiyo^ fiyo^ lentiyo^ car il ne faut pas perdre 
de vue que, pour nous, Vy est toujours consonne. 



m se prononce n i la fin des mots : Adam Addn^ Belhleem EHd- 
Idn, Ibrahim Ibrdin^ Joachim Jouacin (pron. Chouacin\ mus6uni 
musedn^ Cafarnadn, geranidn, opidn^ album albdn^ sodium sodidn^ 
parfum pdrfun. — Les mm se comportent comme en frangais. 

N. 

n ne s'emploie jamais devant les consonnes b^ m, p. On le rem- 
place, de m6me qu'en frangais, par un m : embestid ennuyer, em- 
mandd renvoyer, empachd empfecher. 



GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 33 

Nous avons dit, k Tarticle Alphabet, que n ne devait jamais se 
prononcer nasal comme dans fin, ohemin, ronce; il est cepen- 
dant des cas ou on doit le prononcer demi-nasal, si nous pouvons 
employer celte expression; c'est devant le c. le g et le q. — Exem- 
ples : dnco fesse, dncro ancre et encre; — ang^to, angles anglais, 
anguidlo anguille, engouli avaler, englandd bosseler; — enquidt 
inquiet, s'enqueri s'informer, etc. 

La prononciation normale de Tn, apres une voyelle et devant les 
autres consonnes, doit ^tre comme dans le franc^ais bonne, naine : 
s'enchaoutd se moquer, enf around mettre en fureur, endintrd ren- 
trer, enlusi enduire (un mur), innoumhrdble (pron. innouynhymple)^ 
enr^abald entrainer, Anric Henri, ensacd ensacher, dnso anse, antdl 
ainsi, entestesi porter k la t6te, entavrd enterrer, entemend enta- 
mer, etc. 

nn, comme dans le frangais annuel : Ann^to Annette. 



p remplace souvent le &, dans le langage parle seulement ; ainsi. 
Ton ecrit : 7^dble rable, didbles diable, caritdble charitable, fdblo 
fable, tarrible terrible, vigndble^ et Ton prononce : rdple^ didples^ 
caritdple^ fdplo^ tan^lple^ bigndple; douple^, 

Le pp ne s'emploie pas. 

Q, U. 

q n'est usit^ que suivi de w, qui reste muet, comme quand il suit 
le g devant a, e, i, — Exemples : qudrto (mesure), qudrre cher- 
cher, quioul cul. 

Nous avons vu que le son de u est le mSme que celui de la diph- 
tongue eu dans heureux; il suit assez frequemment le g pour le 
rendre dur devant e et i, et toiijours le q. 

Si u est muet entre (/, q et les voyelles e, i, il arrive quelquefois 
qu'apres une consonne quelconque, et devant /, il forme diphtongue 
avee ce dernier, mais Vu se prononce si faible qu'on ne Tentend 



1. Double s'ecrit k tort en frangais avec un b. Nous recrivons avcc un p comme 
venant da latin duplex. 



34 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

presque pas ; ainsi : fruity prouduit^ counduit^ ensuiio^ se pronon 
cent : frit, proudlt^ ooundit^ ensito. — Pour lou det cui le petit 
doigt, on prononce : lou de{t) coiii. En lisant le latin, les mots qiut^ 
aquila, cequitas se prononcent en langue d'oc : qoud^ aqouild^ 
eqouitds. 



r final n'est jamais muet comme en frangais. II se prononce dur 
an commencement et k la fin des mots, et aussi dans Tinterieur, 
lorsqu'il est suivi d'une autre consonne, ou qu'il est redoubl6. — 
Exemples : i^oundind grogner, car viande, chair, pourcatii marchand 
de cochons, partachd partager, perdound pardonner, derrabd arra- 
cher, arrtbd donner k manger aux animaux, harrd la pdrto fermer 
la porte, coucdrrou mendiant en loques. 

r devient doux entre deux voyelles : tiradoa tiroir, Mafneton 
diminutif de Marie, (v^oumatic aromatique, ferullo ferule, ai^ouind 
miner. Mais jamais, dans aucun cas, le grasseyement n'est 
tol6r6 dans notre dialecte. 

Nous avorts parle du v en nous occupant du b : nous ajouterons 
que le son v n*existe pas dans notre langue d'oc. 

Void, dans notre dialecte, les noms des diverses lettres de Tal- 
phabet : a, be, ce^ de, e, effe^ die, dcho, ?*, zi, ca,, Hle^ dmme, dnne^ 
o, pe, qu (pron. qeu). (rre^ dsse, t, u (pron. eu), be^ isso., igrdc^ 
isedo, 

DES PARTIES DU DISGOURS. 



Nous passerons sous silence, dans le cours de cette Gramynaire, 
les definitions des noms communs, propres, coUectifs, abstraits, des 
genres, des nombres. des voix active, passive, etc., etc., qui sont 
communes a toutes les langues. Notre ouvrage n'etant point destine 
a des enfants ignorants, mais plutot k des curieux lettres et ferres 
sur les principes generaux de la grammaire et la iinguistique, nous 
devrons nous borner a quelques rares et courtes definitions et k Tex- 
position des regies, observations et remarques strictement particu- 
lieres au dialecte piscenois, — dont nous nous occupons a Texclusion 
de tout autre, — de notre langue d'oc. 



I 



GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 35 

Ilexiste, en langue d*oc, corame en grec et en f'ran^ais, dix par- 
ties du discours : TArticle, le Nom substantif, TAdjectif, 
le Pronom, le Verbe, le Participe, TAdverbe, la Proposi- 
tion, la Gonjonction et rinterjection. Le latin ne se sert pas 
de TArticle. 

Ainsi qu'en latin et en frangais, nous avons deux nombres : le 
Singulier et le Pluriel. Le duel des Grecs n'existe pas pour 
nous. 

A la. difference des langiies classiques et de quelques langues mo- 
dernes, nous n'avons que deux genres, le masculin et le fOminin. 
On ne se sert du neutre que pour le pronom deraonstratif. 

Le genre des noms se reconnait par la terminaison, par Tarticle 
qui ies precede et par Tusage. 

DE L'ARTICLE. 

L'article est un petit mot qui se place devant Ies noms pour en 
determiner le genre, le nombre et le cas. 

Les cas, dont nous empruntons le nom a la Grammaire laline, 
n'ont pourtanf pas le meme caractere que dans cette langue, ou ils 
se distinguent par des formes particulieres et changeantes {dominus^ 
domini^ domino) necessitees par Tabsence d' Article ; c'est done 
gnlce au secours de celui-ci que nos substantifs, variables quant au 
Genre et au Nombre, ne changent point dans les Cas, dont TArticle 
seal indique les variations. 

Nous admettons, pour TArticle, trois cas seulement : le nomi- 
natif , le gdnitif et le datif ; un quatrieme, raccusatil, ne nous 
servira que dans les Pronoms personnels. 

L' Article est, au nominatif singulier, lou ou V devant une voyelle, 
et la ou /' au feminin. Au nominatif pluriel, il fait lous au masculin 
et las au feminin. 

L'Article se decline ainsi : 

Singulier : 

. ^.^ \ Masculin : lou, l\ le, \\ 
Nominatif. { ^, . . , „ , „ 

/ Feminin : la^ I . la, 1. 

r, ' Lc \ Masculin : del^ de l\ du, de W 

/ Feminin : de la^ de V, de la, de T. 

. Masculin : a/, a l\ au, a T. 

Feminin : a la^ a l\ a la, a V. 



Pluriel : 


lous. 


les. 


las. 


les. 


des. 


des. 


de las. 


des. 


as. 


aux. 


a las. 


aux. 



36 GRAMMAIRE LAKGL'EDOGIENNE. 

Remarques : lou est aussi pronom d^monstratif signiflant celui-ci : 
es lou que vouios c'est celui que tu voulais, lou que far6 {a)c6 celui 
qui fera cela, etc. 

La place ordinaire de Tarlicle est immediatement avant les noms, 
mais il se met quelquefoisdevant rinfinitif present des verbes expri- 
mant une action : lou manchd me pdso le manger me p^se, lou 
courri nValdsso la course me fatigue, et devant un mot pris subs- 
tan tivement : lou trop le trop, lou p&r e lou crdnto !« pour et le 
contre ; lou iniou e lou tiou^ le mien et le tien. 

Les articles de, du, de la, des, pr6cedant des noms pris dans un 
sens indetermine ou partitifs, se rendent par la preposition de. — 
Exemples : ddno me de pan, de froumdge^ donne-moi du pain, du 
fromnge ; as de mounMo tu as de Targent, o de pacienso il a de la 
patience. 

Si, au contraire, le subslantif est pris dans un sens determine, on 
le fait prSceder de Tarlicle. — Exemples : dono me del pan qu*as 
croumpdi^ de las M^fos qu'as semendt^ donne-moi du pain que tu 
as achete, des ponimes de terre que tu as semees. 

Lorsque le nom est au pluriel et que de ou des signiflent quelque, 
quelques, on les rend par la preposition rfe ou les pronoms indeter- 
min6s cdouques^ cdoucos. — Exemples : mancJiardi de seri^iros^ 
d'aouhdrgos^ ou cdoucos serrieiros, cdoucos aoubergos, je mangerai 
des cerises, des pavies, ou quelques cerises, quelques pavies. 

Si de ou des s'appliquent a une quantity indeterminee, on les 
traduit par de (preposition) : aben d*amicli nous avons des amis, 
ahioou de gneiros elles avaient des puces, aqu6l pous o d'digo ce 
puits a de Teau. 

On supprime g6neralement I'article devant un nom de petite riviere 
ou de ruisseau connu dans le pays : rdou a P&ino je vais a la Peyne, 
Boinos es dahalddo la Boyne est descendue, i-o mens d'digo a 
Toimgos qu"a Dovrbios il y a moins d'eau a la Tongue qu*a la 
J3ourbie, es rave que liioutor et Tartuyc i'^6ngou pas ensemble il 
est rare que Rieutort et Tertuguier ne debordent pas ensemble- 
Mais on conserve Particle devant les noms de fleuves et rivieres 
etrangers a la localite : passar^n lou Rose nous traverserons le 
Rhone, la Sdno s'es gla^ddo la Seine s'est glacee. Pourtant on dit k 
Toulouse : andn veire Oarono nous aliens voir la Garonne. 



GRAMMAJRE LANGUEDOaENNE. 37 



DES NOMS SUBSTANTIFS. 

Les noms substantifs sont.ceux qui exprinient le noin des 
personnes ou des choses. Us sont masculins on feminins, au singu- 
lier ou au pluriel, et invariables dans leurs divers cas. 

Nous disons noms substantifs parce que les adjectifs sont aussi 
des noms. 

FORMATION DU PLURIEL DANS LES NOMS. 

1. Les noms qui se terminent au singulier : !<> par une voyelle ou 
une diphtongue; 2^ par une consonne autre que les fortes c, /?, t^ 
leurs douces correspondantes g^ b^ d^ et la sifflante s^ forment 
leur pluriel en ajoutant un 5 ^ la fin du singulier. — Exemples : 
pdire pere pdires^ cafd cafe cafes^ pagn& panier pagncs^ libre livre 
libres^ tiradoii tiroir tiradoOs, bureou bureau bureaus^ bioou boeuf 
bidous^ escourplou scorpion escourpiouSs mirdl miroir mirdls, fla- 
mdn flamand fla^ndns, candr canard candrs^ jour jour jours. — 
Excepte : pil cheveu qui fait pelses^ p6i poissons qui fait p^isses^ 
fiou fil qui fait fiousses; moussit monsieur fait messins, mais c'est 
un gallicisme : on devrait dire moussifs. 

2. Les noms qui se terminent au singulier : 1» par la consonne 
forte c ou la douce correspondante g ; 2^ par la foile p ou sa douce 6; 
3® par la forte t oii sa douce d, changent leur consonne finale en ch 
pour former leur pluiiel. — Exemples : 1^ sac sac sach^ plec pli 
plech^ antic ami amlch^ fide feu fldch. caluc idiot caluch^ bouc bouc 
boucfi; — 2® tap bouchon tach, esclop sabot escldch^ gloup gorg6e 
glouch; — 3® cat chat cach^ plumet plumet plumcch, petit enfant a 
la mamelle petech^ manit jeune enfant mank% rabiddt osselet rabi- 
dock., puput huppe (oiseau; pupkclu, nebout neveu neboncfi. 

Nous n'avons pas d'exemples a fournir de mots termines par les 
douces ^, b^ rf, sinon quelques mots etrangers qui pour la plupart 
n'ont pas de pluriel, ainsi : Agdg^ Achfib^ Antinaddb, Jodd^ Ar- 
pfiaxdd^ le vin Aroiid. noms propres, et baobab^ nabdb^ qui doivent 
faire au pluriel baobdch^ nabdch. 



38 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

3. Les noms termines en s au singulier font leur pluriel en y 
ajoutant, selon les cas, es ou ses. Dans le premier cas, Vs s'adoucit 
et se prononce z : mas maisonnette de campagne mdses^ mes mois 
m(^ses^ nis nid nises, pais pays pdiscs^ pons puits pauses, fus 
fuseau fi(ses, — Dans le second cas, Taddition d*un nouvel s produit 
le son dur comme en franrais : bertds buisson bertdsses, b7\^s ber- 
ceau brdsses, cants claie en roseaux canisses, clos noyau dosses, 
bof'ns buis (arbuste) boiiisses, 

II est impossible de formuler aucune regie pour la formation de 
ces pluriels en ses on en sses ; Tusage et Thabitude de la langue peu- 
vent seuls guider Televe. 

Les noms termines en f sont extrfemement rares et devraient 
prendre Ys au pluriel quand ils en ont un; ainsi : ch^f (gallicisme, 
le vrai mot est cap) chef cMfs, ganif g?l\\\^ ijanifs, Les autres mots 
en /", pit, tuf, ouf! (interjection), n*pnt pas de pluriel. 

4. Les noms se terminant en ch au singulier ne changent pas au 
pluriel. — Exemples : mach male a petrir le pain, peek puy, nioch 
nuit, piocli plus usite que pecli, essuch etat d'une substance privee 
de son sue par pression ou cuisson, bruch bruit, font de m6me au 
pluriel. Gependant, plusieurs substantifs et adjectifs en ch ajouteut 
es au pluriel : gabdch montagnard fait gabdches, dich e 7*edich dit 
et redit font dichcs e rediches, distrdch distrait, quioch cuit font 
distrdches, quioches. 

5. Les noms latins des prieres de Tl^^glise, qui ne prennent pas d*,s 
au pluriel en franoais, en prennent un dans notre langue; ainsi on 
dira : de Patdrs, de Credos, d'Ave Marias, de Counfitedrs, etc. 

Beaucoup d'autres noms, quelle que soit leur terminaison, n'ont 
pas de pluriel : salibo salive, sdn sang, goiirmel morve, pis urine, 
rdcho rage, rovgno gale, paroushw resine, etc. 

L'article, joint au substantif, se decline de la maniere suivante, en 
prenant pour exemples : au masculin, pdire pere, amic ami ; — au 
feminin, mdire mere, amigo amie. Les noms amic, amigo, com- 
mencant par une voyelle, nous montreront Tarticle feminin contracte : 



ORAHMAIRB LAN6UED0CIENNE. 



39 



Singulier masculin. 

Nom. lou pdire^ famic. 
G6n. del pair e^ deVamic. 
Dat. al pdi7^e^ a Vamic, 

Pluriel masculin. 

Nom. lous pdires^ lous amich. 
Gen. des pdires^ des amich, 
Dat. 05 pdires^ as amich. 



Singulier feminin. 

la mdii^e^ Vamigo. 
de la mdire^ de Vamigo. 
a la mdire^ a Vamigo. 

Pluriel feminin. 

las mdires, las amigos. 
de las mdires., de las amigos. 
a las mdircs^ a las amigos. 



Les noms propres d'honimes, de femmes, de mois, de villes, etc., 
ne prenneot point Tarticle et se declinent a Taide de prepositions de 
la maniere suivante : 



Nom. Louis ^nric (Henri). 
G6n. de Louis d'Anric. 
Dat. a Louis a'S'A7iric. 



Loidso Anrieto. 

de Loidso d* Anrieto. 
a Loiiiso a-S'Anridto. 



Mais si le nom propre devient par I'usage nom commun, on le fait 
pr6ceder de Tarticle. — Exemple : Mistrial es lou Lamartino prou- 
vensdl. 

Dans le Castrais, le Carcasses, le Toulousain, etc., on met volon- 
tiers Tarticle devant les noms de bapt^me d'homme et surtout de 
femme : La Liso (Elise), la Jano- Mario, la Clemdnso^ VAougustino^ 
lou Pidril petit Pierre, lou Jordioii le petit Georges, le Janoi(^ le 
Jan-Mari^ le Berndt^ etc. 

DISTINCTION DES GENRES. 



Les noms propres et appellatifs d'hommes et d*animaux mAles, 
ainsi que ceux qui expriment des digniles, professions, etc., propres 
aux hommes, sont en general masculins : home., chabdl cheval, pre- 
$id4n^ sec2:etdri^ poumpie pompier, fdbre forgeron. lis sont femi- 
nins s'ils designent des ^tres femelles ou des fonctions et professions 
d^volues aux femmes. — Exemples : f^nno femme, cdto chatte, 
miolo mule, lacheiro laitiere, estirdiro repasseuse, hugadieiro lessi- 
veuse. Les noms geographiques, astronomiques, scientifiques et les 
noms d'animaux sont de Tun ou de Tautre genre. 



40 GRAMMAIBE LANGUEDOaENNE. 



MASGULIN. 



En outre, sont masculins les noms qui se terminent : 

to En a : could collier d'attelage. 

2« En e, 6 : doubre arbre, iW^^e livre, cafe cafe, cuye cuiller, 
papie papier. Font exception : mdire mere, f^me femelle, lebvc 
lievre, U loi qui sont du feminin. 

3® En ou : coiicougnou chignon, pdrdou pardon, canton coin, 
angle. Font exception la plupart des noms formes de nonis latins 
termines en or et faisant eur en frangais : calou de calor chaleur, 
ourvou de error erreur, furoii de furor fureur, et autres : sentoi* 
odeur, cansou chanson, malou douleur, sasoi'i saison, rasou rai- 
son, etc., etc. 

4<> En Ai, W, 6i, oili : rdi rayon de roue, p6i poisson, r^i roi, lei 
lit, ^c)e boiteux, boui buy (oiseau). - Excepts : 7idi nuit, qui est du 
feminin. 

5® En iou, eou, 6ou, iou, liou : mescldoit haniecon, s^oii 
suif , drapeou drapeau, sinipiou rougeole, biooit boouf, cuou cul 
{k Montpellier). — Font exception : cldou clef, ndou neige, pdou 
peur, qui sont feminins, ainsi que la plupart des noms en iou for- 
mes des mots latins en io qui font ion en frangais : dannaclon 
damnation, convulsion convulsion, etc. 

6° Les noms termines par c, so, eh, 1, n, p, r, s, t, st precedes 
d'une voyelle ou d'une diphtongue. — Exemples : drac etre fantas- 
tique et demoniaque ; r^'c ruisseau, mastic, roc rocher, true choc, 
souc partie souterraine d'un arbre; — fousc trouble; — lach lait, 
labech brise de mer, pioch puy, dich dit, bi^uch bruit ; — ty^abdl tra- 
vail, boutdl mollet, mdl miel, abril avril, patrol chaudron, ful feuil- 
let, emboi'U brouillamini ; — plan, argen argent, ancien, ra^in rai- 
sin, son sommeil, lun lumiere, eoudoun coing; — nap navet, Josep 
Joseph, saldp sale, group croup; — bastdr batard, enfer enfer, 
tresplr filtration (d'une source), cor corps et coeur, cur coeur (aux 
cartes), jour jour; — cacalds eclat de rire, bles qui bl^se, cipres 
cypres, caganis dernier ne, calds trognon (de chou), esca7nbarlo(fs 
a califourchon, comme a cheval ; — beirdt maquereau, namH nain, 
ardit hardi, boullai^ot petit polisson, esloumut elernument; Crist 
Christ, goust goiit, test t6t (debris de poterie), moust raout, agoust 
aoiit. 



GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 41 

Exceptions. — fan faim, fon fontaine, set soif, qui sont du femi- 
nin; il faut y joindre les exceptions relatives aux mots termines en 
at dont nous allons nous occuper. 

FEMININ. 

Sont du feminin les noms qui se terminent : 

1<* En o : porto porte, tdoulo table, femio femnic, sagesso sagesse, 
dncho ange, n6ro belle-fille, vitouero victoire. 

2^* En u : ve?'lf'( vertu. (Les adjectlfs en u, brii, madii, etc , sont ' 
masculins.) 

3» En at, faisant exception aux noms termines en at de Tarticle 
precedent; il faut y comprendre seulement ceux qui viennent des 
mots latins en as : veritdt de Veritas, pieidt de pietas, cavitdt de 
chantas, etc. Tons les autres sont du masculin : cat, rat, curat, 
Bdrndt, etc., etc. 

EXERGIGES. 

Xous avons eu, aujourd'hui, deux douzaines d*oeufs de nos 
Aben abut, y6i, dos douchenos d^idoiis de nosiros 

poules; les pauvres betes se sont gueries de la frayeur que leur 
galinos; las pdoiiros bestiolos se sou remesos de la poou que ie 

occasionna la derniere chute de neige. Elles pondeut beaucoup plus 
faguet la darrieiro ncoiv, Pi'mou bdl-co{p) mat 

w 

depuis qu'elles mangent de petites pierres. — Le chardonueret 
despei que 7ndnctiou de p(}irdtos. — La cardounlo 

chante mieux que le coucou. — Le buy est un canard dont on 
cdnlo mioii que lou coucut, — Lou boui cs u?i candr qu*on ne 

pent manger, les jours maigres, dans nos dioceses riverains 
po{t) manchd, lous jour{s) mdgres, dbi nostrcs diocesos del bor 

de la mer; mais, pour etre bon, il le faut faisande, aussi 
de la mar; me, pdr que sidguo bou, lou cal mourtifidt , atabd 

le laisse-t-on pendant trois ou quatre jours suspendu a un lil 
se quito pend6n tr(es) ou, qudtre jours penchdt a n-un fiou 

avant de le mettre a la broche. — Yous etes plus heureux que sages. 
aban de Venlastd, — Ses pus erouses que sages* 



i2 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

— II est plus beau qu'un ange. — La maison est trop 61oign6e pour 

— Bs pu{s) bdl qu*im(o) dncho. — Voustdl es fro(p) yon pdr 

s'y rendre a pied. — Je suis assourdie de tant de vacarme. — La 
lai and a pd. — Sidi embalaousido de tan(t) de bardL — La 

lechefrite est preferable a la poSle pour une bonne cuisson; les 
Idcofrdyo es de preferd a la padeno per uno bouno cosesou ; Ions 

cuisiniers renommes se servent encore plus souvent du gril. 
cousign6s de renoiin se servissou incdro mai soubdn de la grasiyo. 

— La r^colte sera belle cette annee; nous aurons, s'il plait a Dieu, 

— La r4ndo sero fdrto {a)quest'an; aourdn, se Dions ou vol, 

et sans sortir de chez nous, du vin, de Thuile, du ble, de Tavoine, 
san sourti de Vencldous, de vi, d'oli, de blat, de cibddo, 

de Torge, de la paumelle, du mais, du petit millet, du seigle, 
d'ordi, de paoumoitlo, de mil, de niil-menut, de sidl, 

des amandes, des azeroles, des cerises, des prunes, des abricojts, 
d' aminos, de biro-bouqu^ch, de seridiros, de prnnos, d'aotibricdch, 

des pomraes, des poires, des figues, des n^fles, des prunes sauvages, 
de poiimos, de p^i^os, de figos, de mespoulos, d'agrundlos, 

de la proseille, des coings, des pommes de pin. des raisins, des 
de gr^oseyo, de coudomis, de pignos, de rasins, de 

micocoules, des peches, des pavies, des arbouses, des oranges. 
micoucdlos, de pdrsdgos, d'aoubergos, d'arbousos, d*wdnges, 

des citrons et des mandarines. Dans la bergerle. nous trouverons 
de limoimos e de mandarinos. Dm la jdsso, trapar^n 

des moutons, des brebis, des petits agneaux et le lait de nos 
de nioutoiis, de fddos, d'agnelovs e loii la(ch) de nostros 

chevres; dans les bassins, des carpes, des anguilles et toute sorte de 
cdbros; din lous pesqidds, d'escdrpos, d*anguidlos e touto rd^o de 

poissons. Dans le jardin, les pommes de terre, les artichauts, 
p^isses. Din(s) Vhort, las tritfos, lous archichdous, 

les scolymes, les fraises, les melons, les patissons, les citrouilles, 
las galifos, las fresos, lous melous, lous j)astissous, las cougourlos, 

le jardinage et les legumes : pois, haricots, lentilles, pois chiches 
I'horfaUcto e lou lugun : p^ses, fabariols, lentigos, cises 



GRAMMAIRE LANGUEDOCFENNE. 43 

etfeves; des salades de tout genre, laitue, romaine, chicoree, 
e fdbos; d'misaldclos de toulo m6no, larhugo, lachiigdr, end^vio, 

scarole; du cresson alenois, des rapettes, des pissenlits, de la 
escardlo; de nanitov, de 7'apdtos, de pisso {a)l Idis, de 

mache, des petites laitues, des raiponces. Dans le parterre, 
douc^tos, de lachichous, de repounchous. Din lou palterro, 

des fleurs, en veux-tu en voila; des roses, des violettes, des reine- 
de flous, til ne vos tu nUioicrds; de rosos, de vioiil^tos, de 

marguerites, des balsamines, des sauges, des iris, des tulipes. 
"inargarid^tos, de be^izcaninos, de sdoubios, de coutelo, de talipos. 

L'eau ne manque pas, dans les puits et les puils a roue, pour 
Udigo mdnco pa{s), dm{s) lous pauses e las sdgnos, per 

arroser tout cela. — Dans une cuisine bien tenue, 
asagd tout aco. — Dins une cousin{o) en rc'^/o (pron. : 7'dclo) 

il faut une cheminee, un fourneau, un four, un tournebroche et 
cal una chemignciro, un poutage, toi four, un tornobrdcho e 

plusieurs broches; une table, un soufflet, des pincettes, une 
cdouques dstes; uno tdoulo, un bufM, de mourddssos , uno 

pelle, des cruches, des marmites, des pots, des cafetieres, plats et 
pdlo, d*arch()ls, d*oulos, de toupis, de cafetieiros, plach e 

assiettes, un vaisselier, des bols, des lasses, des soucoupes, des 
sietos, un vdisseyc, de bols, de tdssos, de secoiipos, de 

essuie-mains, des lampes accrochees, des conques et quelques fagots 
sugamdiis, de calcHs, de gdovdos e cdouques fdisses 

de sarments. Tout cela est bel et bien, mais ne suffit pas, si on n'y 
de gabdl. Tout aco vo be pla, md sufis pas, se se ie 

trouve rien k manger! 
/rrfpo pa{s) re{s) pdr manchd ! 



DES NOMS ADJECTIFS. 



L'adjectif est un nom qui s'ajoute au substanlif pour en deter- 
miner la qualite. II s'accorde en genre et en nombre avec le subs- 
tantif, qui le precede ou qui le suit. 



44 GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 

Le pluriel, dans les adjectifs, se forme comme dans les substantils. 
(Voy. p. 37.) 

FORMATION DU FEMININ DANS LES NOMS, 

1« Les adjectifs en e changent, au feminin, e en o : lih^e libre, 
libra; n^gi^e noir, negro; idille utile, ulillo; toundeire tondeur, 
ioundeiro, 

2® Ceux en 6 ajoulent iro pour le feminin : pUignc plenier, pla- 
gnciro; estrange estrangeiro; laougd leger, laougewo; cousfumie, 
coustumiciro ; pagnd panier, pagneiro; bugadie cuvier a lessive, 
bugadieiro lessiveuse. 

3<» Ceux en i, en u et en ou, precedes ou non d'une voyelle, ajou- 
tent 710 pour le feminin : cousi cousin, cousino; bru brun, bf^iino; 
coiiqui coquin, couqubio; bou bon boiino ^ ; teou mince, teouno; chi 
chien, chino; pouli poulain, poulino. Excepte : viou vivant, qui fait 
Divo; Matlou Mathieu, Mativo; entreprenoit qui fait entrepre- 
noi'fso, etc. 

'i« Les noms en c, sc, ch, 1, n, p et t, precedes d'une voyelle, 
ajoutent o au singulier pour avoir le feminin. — Exemples : sac, 
sdco; sec, s^co; fousc trouble, foifsco; destrMi etroit, destricho; 
bdl beau, belo; san sain, sdno; salop sale, salopo; pioi dindon, pioto; 
barddt imbecile, bardoto, 

Remarques. — Un cerlain nombre de noms en ac, ec, ic, oc, uc, 
ouc, et de ceux en at, et, it, ot, ut, out, remplacent, pour passer 
au feminin, leurs consonnes fortes c, /, par leurs faibles //, d. Encore 
un sacrifice h Teuphonie; ainsi : ac, ec, ic, etc., font, au feminin, 
ago, dgo, Igo, etc.; at, et, if, etc., font ado, cdo, ido, etc. — Exem- 
ples : magndc cberi, 7nagndgo; amic ami, amigo; caluc imbecile, 
calugo; pesnc lourd, pesvgo; Astritc nom propre, Astrugo. — blat 
ble, bladdto; poulit ioVi^ puulido; abetit abruti, abetido; aixiit hardi, 
ardido; mut muet, mudo; bannt cornu, batiddo; ?noustachut mous- 
tachu, moustachvdo; neboid nevcu, 7ieboudo; let laid, ledo, 

(Juelques noms termines en an, en en et en oun font leur feminin 

1. bou bou, pie plein Pt quelqucs autres adjectifs prennent un n a la fin qiiand ils 
precedent le siibstantif : boiui camarddo, bonn ami'c; d'oli bou, de boun oli de 
I'huile bonne, de la bonne huile; lou ffrkscoii es pie, un plen f!dscou, la bouteille 
est pleine, unc pleine bouteille. 



GRAMMAIRE LANGUEU)OCIENNE. 45 

en do et en to : gran grand, gvdndo; sacamdn sacripant, snca- 
mdndo; redoiin rond (de r^otundus)^ redoitndo; segoun second, 
segoimdo; — sen saint, sdnto; found^n, found(^nto; counclu^n, 
counclu^nto. L'etymologie explique suffisamment ces terminaisons ; 
ainsi : sen vient du latin sanchis, foundento vient de fundens fun- 
dentis, gvdndo vient de grandis. 

Pour une raison analogue, les mots en u (voy. p. 44, S**), nm cru, 
du dur, pu pur font au feminin critdo (ou cruso), duro, puro, parce 
qu*ils viennent du latin crudus, durus, purus, 

;> Les noms en ar ajoutent pareillement do : bastdr, bastdrdo; 
Picdr, Picdrdo; cafdr, cafdrdo; camiv, candrdo; Laoutdr Leolard, 
Laoutdvdo ; Sabouydr Savoyard, Sabouydrdo. 

Les noms en ur (pron. eur) prennenl deux tournures diff^rentes 
sans que nous ayons pu en decouvrir la raison. Les plus nombreux 
changent Yr en s doux et y ajoutent o : acourdur accordeur., acour- 
duso; broudur brodeur, broudkso; egoiuxhur, vouyacfiur, mar- 
chirr, acoucJuir font egourchuso, vouyachuso, marchuso, aeon- 
chitso. — Les autres, plus rares, ajoutent simplement Vo a leur 
finale r : superU'o* superieur, superiuro; enteriur esteriurj cnte- 
ritiro esteriuro, minur mineur (par TAge), minuro. Quelques-uns, 
enfin, suivent les deux manieres; ainsi tayur tailleur fait tayuro et 
tayiiso. 

6® Parmi les noms en s precedes d*une voyelle; les uns ajoutent au 
masculin singulier o et les autres so : ras ras, 7'riso; bles qui blese, 
bldso; gris, griso; picagnous qui a la manie de battre, picagnouso; 
refastignous dedaigneux, refastignouso, — couquinds gros coquin, 
couquindsso; gras, grdsso, rous roux, rousso; sanis sain, sanisso; 
plegaxUs pliant, plcgadisso (table) pliante. 

ADGMENTATIFS ET DIMUNITIFS. 

L'objet des augmentatifs et des diminutifs est d'accroltre, en 
la fortifiant, ou de diminuer, en Tadoucissant, la signification des 
noms dont ils derivent. En voici quelques-uns : 

bou^ bon ; bounds^ bien bon. 

michdn^ m6chant; michantds^ bien mauvais. 

hdmc^ homme; hofnends, grand et gros homme. 

f4nno^ femme; fenndsso^ grosse et grande femme. 



46 GRAMMAIRE LA.NGUEDOCIENNE. 

fiyo, fille; 
sabctn^ savant; 
couQtiino^ coquine; 



Diminutifs : 

gran, grand ; 
hdme^ homnie ; 
courts court ; 
pichot^ petit, adj. 
pichdt, suhstantif; 
couquU coquin, adj.; 
couqui^ substantif ; 
f^nno^ fern me; 
simple^ simple; 



fiydsso^ grosse fille. 
sabantds, lourd savant. 
couquindsso^ grande coquine. 



grmid^t^ grandelet. 
homendt, petit homme. 
couiHM^ courtot^ un pen court. 
pichoUt^ tout petit. 
pichotou^ petit garcon. 
couqtiin^t^ un pen coquin. 
coxiquindt^ couquinou^ petit coquin. 
fen7i6to^ fenndto^ petite femme. 
simplet^ simplot^ un peu simple. 



Les augmentatifs et diminutifs sont nombreux et tres frequem- 
ment employes (chacun en cree au besoin) pour les substantifs et les 
adjectifs de la langue d'oc a laquelle ils donnent tantol de Tenergie, 
tantot une delicatesse singuliere. 



DEGHfiS DE SIGNIFICATION. 

Nous n'avons pas, en general, comnie le latin, Tespagnol et Tita- 
lien, des formes particulieres pour le comparatif et le superlatif . 
Pour obtenir ces divers degres, on ajoute au positif, qui est Tad- 
jectif Iui-m6me, des adverbes qui servent seuls a les determiner. Ces 
adverbes sont, pour le comparatif de superiority, pus, niai 
plus, pla mat bien plus, et, pour le superlatif, lou pus, lou 7nai le 
plus, ou pla qui correspond au tres frangais; pour le comparatif 
d'inf^riorite, on se sert de mens moins, pas tant, superlatif lou 
mens le moins, et, pour le comparatif d'6galit6, tant, aoutdnt, 
si, aussi, autant. 



Positif. 

joli, poulit; 
savant, sabdn; 
beau, bcl; 
riche, riche; 
prop re, prOpe; 



Comparatif. 
pus potilit; 
mat sabdn; 
pu{s) bel; 
pu{s) riche; 
pus prope; 



Superlatif. 

pla poulit^ lou pus poulit, 
lou pus sabdn^ pla sabdn. 
lou pu(s) bel, pla bdl. 
lou puis) 7nche^ pla riche, 
lou pus prope, pla prope. 



il fait chaud, fo cdou; fo 7nai cdou; fo pla cdou\ 



GRAMMAIRE LANGUEDOGTENNE. 47 

niai et pus s'emploient indifferemment : c'est Teuphonie qui doit 
diriger. mat se mettrait de preference devant un participe passe : il 
est plus cache es mai rescoundit ; il est plus affaisse es mai ajassdt; 
et pus, devant les adjectifs : es pus erous, es pus ardit. 

Nous avons cependant quelques adjectifs qui ont une forme parti- 
culiere pour le comparatif et peuvent, par consequent, se passer 
d'adverbe : bou bon, comparatif miou meilleur, superlatif lou midu 
le meilleur : — michdn mauvais, comparatif pire ou pus pire pire, 
superlatif lou pire ou lou pus pire le plus mauvais. 

Remarques sur les gomparatifs. — Les comparatifs sont de Irois 
sortes : de superiority, d'inferiorite et d'egalite. 

1. Le comparatif de superiorite s'exprime par mai ou pus, et le 
que suivant par que, — Exemple : il est plus bete que mechant es 
pu{s) hdstio que michdn. 

Place devant le substantif et aprfes le verbe, mai veut la preposi- 
tion de apres lui. — Exemple : il a plus de richesse que d'honneur, 
o mai d'arcMn que d*hounou, — Mais, entre un verbe et un ad- 
verbe, on emploie de preference pus avec que, — Exemple : il joue 
avec plus de bonheur que d'adresse, jdgo pus erousom^n qu'adre- 
chom^n. 

Lorsque pus s'emploie avec que, il regit avec negation le verbe qui 
suit le que, — Exemple : il est plus adroit qu'il ne paralt, es pus 
axir^ch que noun par ^s, 

2. Le comparatif d'inferiorite s'exprime par mens ou par pas tant 
suivi de que, — Exemples : tu es moins degourdi que lui, sios pas 
tant escar^rabidt qu'el; tu es moins sage qu'elle, sios mens sdche 
qxC^lo, 

moins de... que ou pas tant de... que font de mSme, avec la 
preposition de, — Exemples : il a moins de force que d'adresse, o 
men(s) de forgo que d'adrdsso; il n'a pas tant de science que de ver- 
biage, pas tan de sdouprc que de bldgo, 

3. Le comparatif d'egalite se rend de trois manieres : 

Par tant,,, coiimo : vous etes aussi une que votre frere, sis tant 
dsc coumo vdstre frdire; 



48 GRAMMAIKE LANGUEDOGIENNE. 

Par aoutdn,., que : il agit avec autant de douceur que de fermetfi, 
agis amb" aoutdn de doussou que de fermetdt ; 

Par aoutdn,,, coi'ano ou simplement coumo : Vdime aoutdn coumo 
ton cregnc, je Taime autant que je le crains; Vdime coumo la sd?^*e! 
je Tainie comme je la serre sur men coeurl (par derision). 

Remarques sur plus, le plus ; moins, le moins, — le plus, le 
moins, devaut un adverbe ou un verbe, se rendent par lou mai ou 
lou pus, lou mens, — Exemples : le plus doucement possible, lou 
pu{s) doussom^n poussible; le plus sot de tons, lou mai pagnot de 
toutes; le moius que je puisse faire, lou men{s) que pdsque fdire. 

Places entre un adjectif et son substantif qui le precede, ou apres 
un verbe, le plus, le moins se rendent de meine. -^ Exemples : 
c'est la femme la plus jolie que je connaisse, es la f^nno la pus pou- 
lido que coun6sque (au subjonctif); le haricot est le legume que 
j'aime le moins, lou fahainol es lou lugun qu'dime lou 7nens. 

plus... plus, moins... moins, repetes dans deux membres difTe- 
rents d'une phrase dont le second est la consequence du premier, 
se rendent par dou mat.,, dou mai, ou doun pus,,, dou mai, dou 
mens,,, dou mens. — Exemples : plus les enfants sont sages plus 
ils sont heureux, dou mai — doun pu{s) — lous efdns sou sages, 
dou mai erouses sou; moins il travaille moins il s'enrichit, dou 
men{s) trabdyo dou men{s) ven riche; plus il apprend moins il 
oublie, dou inai apHn doti men{s) doublido; plus vous serez heu- 
reux plus vous aurez d'amis, doun pus ser^s erous dou ?nai aourds 
d'amich, 

mai derive du latin magis, 

EXERGIGES. 

Une bonne langue est la moitie de la dot d'une fille. — 
Uno boimo l^ngo es la mitdt de la bdrquidiro d'uno fiyo. — 

Comment voulez-vous croire a I'egalite? Mettez en presence 
Coussi voules-ti C7'4ire a Vegalitdi ? Met()s en fdgo Vun{o) an 

uue femme jeune, jolie, grande, bien faite, fraiche, 
Vdouiro, uno f^mio jouve, poulido, gjvmdo, fdcho {a)l tour, fresco, 

bonne, douce, remplie d'esprit, laborieuse, sobre, musicienne, 
boi'mo, dousso, pl^no d'esprit, trabaydir^o, sdbro, musicidno. 



6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 49 

artiste, adroite, d'un bon caractere, gaie, riche, pieuse et bien 
artisto, adrdchOj d'un boun caratdlo, gdio, richo, piouso e pla 

n6e, et une autre vieille, laide, petite, bossue, boiteuse, 
nascudo, e un' doutro vidyo, Iddo, pichoto, boussudo, garrdlo, 

jaune comme un coing, mechante, grognon, gourmande, 
jdouno coum' un coudoun, bil^no, 9'oundindiro, groumdndo, 

niaise, paresseuse, maladroite, triste, brutale, dMaigneuse, 
pidto, peressouso, empoHdo, tristo, picagnoiiso, refastignouso, 

pauvre et fille de mendiants deguenillSs, et vous me direz si 
pdouro e fiyo de coticdrrous, e me div6s se 

ellessont 6gales! — J'ai, dans mon ecurie, deux petits chevaux, 
sou egdlos! — Ai, din moun estdhle, dous chabaloiis, 

un jeune chien, une petite vache, une chevre avec ses petits 
un cadil, uno vaqu^to, uno cdbro dmbe sotis 

chevreaux et deux chevrettes, et une jeune ftnesse qui n'a pas deux 
cabridoiis e dos cabr^tos, e uno saoum^to qu'o pa(s) dous 

ans. Mon m6tayer, qui gouverne tout cela, est un grand et gros 
ans. Moun ramoundt, que mdno tout aco, es un foutrdl 

homme qui eflfraie quand on le regarde. Son pere est 
d'homends que fo poou 7^e{s) que de Vagachd, Soun pdir{e) es 

encore plus gros que lui, mais son grand-pere est le plus gra- 
incdro pu{s) gros qu'el, md soun gran es lou max gra- 

cieux de tons. Plus les autres sont sots et entet6s, 

dous de toutes, Dou mdi lous doutres sou s4ch e pigndstres, 

plus celui-ci est poli et galant. Les enfants ne sont pas 
dou mat aqudste es houndste e galdn, Lous efdns sou pas 

aussi degourdis que les parents : les filles sont tout k fait 
tant escarrabidch coiimo lous par6ns : las fiyos sou toutafe{t) 

bonnes personnes; la derniere surtout est extr^mement affectueuse! 
brabdtos; la darrUiro subretout es amistouso que jamdil 

— Quand ma chatte aura fait ses petits, je t'en donnerai un ; 

— Quan ma cdto aourd fa{ch) sous catous, Ven bailardi un; 

tes petits enfants et les fillettes s'en amuseront. L'aine est d6ji 
tous pichotoiis e las fiydtos ne fadeja7'6ou, Uaindt es deja 

4 



J 



50 GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 

un petit homme; je crois qu'il n'a pas froid aux yeux, ce 
{u)n homen^t; cr^se qu'es pasengrepesit, aqu6l 

petit drole ! Ta jeune alnee est una petite femme ; la seconde est 
houUarot! Toun ainad6t(p) es uno fenndto; la segoundo (e)s 

plus instruite, mais la petite derniere est bien entM6e ; plus vous lui 
pus sahdnto, md la day^rUreto (e)s pla testudo : dou mai ie 

dites de faire ou de ne pas faire quelque chose, moins elle 
disis de faille ou de pa{s) faire quicdn, doun pu mens 

obeit, et, plus vous la chatiez, plus elle raisonne; c'est bien 
oub^is, e, dou mdi la picas, dou mai rebdco; ac6 €{s) pla 

d6sagr6able, d'uutant plus qu'elle est jolie comme un coeur et 
desgracious, a mdi qu*es poulido coum(o) un sdou e 

adroite comme une petite fee. — Je vais revenir dans un mo- 
adr^c/io coumo (j()no fad^fo, — Vdoti tournd dins un mou- 

ment : attends-moi : je n'ai besoin que d*un petit quart d'heure. 
men^t : espdro me ; at pais) besoiin que d*un quar d'hour6to. 



DES NOMS DE NOMBRE OU ADJEGTIFS NUMERAUX. 

Les noms de nombre expriment la quantity ou l6 rang des 
choses; ils se divisent, pour cette raison, en cardiliauz et ordi- 
naux, et autres dont nous parlerons apres. 

1. Les noms de nombre cardinauz d^signent la quantlte des 
choses dont on parle : 



icn 


un 


oimze 


onze 


dous 


deux 


doiiche 


douze 


tres 


trois 


troche 


treize 


qudtre 


quatre 


catorze 


quatorze 


cinq 


cinq 


quinze 


quinze 


sicis 


six 


seche 


seize 


S()t 


sept 


dosO'Sdt 


dix-sept 


iuch 


huit 


dmO'ioch 


dix-huit 


ndou 


neuf 


doso-ndou 


dix-neut 


dMi 


dix 


vbit 


vingt 



GRAMMAIRE LANGDEDOCIENNE. 



vinto-un 

tr^nto 

crdnto 

cinqudnto 

souassdnto 

s^tanto 

quatre-vins 

quatrevinS'im 

7iondnto 

cen 



vingt et un 

trente 

quarante 

cinquante 

soixante 

soixante-dix 

quatre-vingts 

quatre-vingt-un 

quatre-vingt-dix 

cent 



dous cens 
milo 

ounze c4ns 
ddso noou c6ns 
dous milo 
dd(ch) milo 
cen milo 
un miyoun 
un miyd?'' 



51 

deux cents 
mille 

onze cents 
dix-neuf cents 
deux mille 
dix mille 
cent mille 
un million 
un milliard 



Les noms de nombre cardinaux sont invariables, sauf le premier, 
tin, qui s'emploie, mais rarement, au pluriel comme adverbe. — 
Exeraples : unes coch, d'lines coch des fois, certaines fois, quelques 
fois. On se sert d'autres, comme substantifs, aux jeux de cartes et 
autres : ai tres qudtres j'ai trois quatres, abid quatre ndous j'avais 
quatre neufs ; lou cat6rz{e) o passat dd{ch) coch le quatorze a pass6 
dix fois. 

Un fait uno au fSminin. Vin et cen s'emploient aussi au pluriel : 
quatrevins, siei{s) vins (ancien), dous cens, quinze cens, quatre- 
vingts, six-vingts, deux cents, quinze cents. 



2. Les noms de nombre ordinauz marquent Tordre et le rang 
et sont adjectifs : 

prumU premier 

segoiin second 

tresidmo troisieme 

quatridmo quatrifeme 

cinqui^mo cinquifeme 

sidisi&mo sixi6me 

sitiimo septieme 

iochi&mo huitifeme 

nouvidmo neuvieme 

dechi&mo dixifeme 

ounzi&mo onzifeme 

douchUmo douzieme 

trechiimo treizifeme 

catorzUmo quatorzifeme 



52 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

quinzidmo quinzifeme 

secJiidmo seizieme 

dosO'SdtUmo dix-septi6me 

dosO'iochUmo dix-huitifeme 

doso-nouvidmo dix-neuvieme 

vinti&mo vingtif^me 

vintO'Uniemo vingt et unifeme 

inntO'dousidmo vingt-deuxieme 

trenti^mo trentifeme 

crantidmo quaranti^me 

cincantidmo cinquantifeme 

souassantUmo soixantieme. 

sdtantidmo soixante-dixieme 

qimtre-vintUmo quatre-vingti^me 

nonantUmo quatre-vingt-dixifeme 

rentUmo centieme 

douS'Centidmo deux centieme 

mili&mo millieme 

ounze'Centidmo onze centieme 

doso-noou cent nonanto dix-neuf cent quatre-vingt- 

nouvidmo dix-neuvifeme 

dous-milidmo deux millieme 

d^{cli)'mili&mo dix millieme 

cen-fnili&mo cent millifeme 

miyounidmo millioni^me 

miyardi&mo milliardifeme 

darrid dernier 



3. Outre ces deux sortes de noms de nombre, on en signale encoie 
trois autres : 

Les nonis collectils qui expriment plusieurs quantit6s groupies, 
ainsi : doucMno douzaine, vint^no vingtaine, cinquanUno cinquan- 
taine, cenUno centaine, un centendt, une cental ne. 

Les noms Iractionnaires qui expriment les parties du tout : 
mitdt moitie, tier tiers, quart quart. 

Les noms multiplicatils qui font connattre combien de fois un 
nombre est repete : douple double, triple triple, quatriiple quadru- 
ple, ccntvple centuple. 

Les noms de nombre ordinaux servent a enoncer les fractions en 



GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 53 

les faisant pr6c6der, comme en francals, par les noras de nombre 
cardinaux. — Exemples : un douchieyno un douzifeme, dous cin- 
quidmos deux cinqiiiemes. Au lieu de dire un tresidmo, un qua-- 
tridmo, un dousidMo, on dit un tier, un quart, uno mitdt, ou bien 
lou tier, lou quart, la mitdt. 

Demi, un deml, une demie se rendent aussi par midch, mid- 
cho, — Exemples : une heure et demie un{o) hour{o) e midcho, un 
empan et demi unpan e midch. 

Pour ce qui concerne le rang qu'occupent les rois du mdme nom, 
on dit comme en frangais : Louis neuf Louts ndou, Francois pre- 
mier Frances prumie, Anri{c) qudtre, Charles dech, Filipo sdt, 
Henri IV, Charles X, Philippe VII. 



EXERGIGES. 

La distance entre Beziers et P^zenas est de trois lieues et demie 
La dist^ngio 6ntre Besies e Pesends es de tres legos e midcho 

de pays, e de vingt-neuf lieues et un sixieme de B6ziers k Toulouse. 
de pais, e de vinto-ndou Idgos e un sieisidmo de Besies a Touloiiso. 

— L'61ectricit6 et la lumifere parcourent quatre-vingt mille 

— U^letricitdt e la clartdt del jour fdou quatre vin milo 

lieues de poste, ou trois cent vingt mille kilometres par 
Idgos de pdsto, ou tres cen vin milo hilomdstres dins uno 

seconde, ce qui fait que dans une heure TelectricitS 

segoiindo de tens, qo que fo que dins un{o) Jiouro Veletricitdt 

parcourt deux cent quatre - vingt - huit millions ^e lieues et un 
fo dous cen qudtre vin io(ch) migouns de legos e un 

milliard cent cinquante-deux millions de kilometres. — L'annee 
miydr cen cinqudnto dou^ miyouns de kiiom6st7^es, — L'annddo 

se compose de douze mois et de cinquante-deux semaines plus un 
coumprin douche mdses e cinqudnto dos semmd^ios e un 

septi^me : chaque jour compte vingt-<[uatre heures, chaque heure 
sitidmo : chdco jour es de vintO'qudtr(e) hoiiros, chdcip) houro 

soixante minutes et chaque minute soixante secondes; 
de souassdnto minutos e chdco 7ninuto de souassdnto segoundos ; 



54 GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE. 

il y a done, en une beure, trois mille six cents secondes 

i'6, per counsdquen, dins un' houro, tres milo sidis cen segoundos 

et, dans un jour, quatorze cent quarante minutes et quatre-vingt- 
e, dins un jour, quat&rze cen cranio minutos e quatre-vin- 

six mille quatre cents secondes. — A la suite d'une r6volte 
sidis milo quatre cen segoundos, — En suito d'uno 7^evdlto 

contre le roi Jacques II d'Ecosse, la puissante maison de 
cronto lou r6i Jdques dous d*Escdsso, la pouderouso famiyo 

Douglas fut bannie de son pays et se r6fugia en France 
Douglas siaguM forobandido de soun pais et fougigudt en Frdngo 

ou elle fut tres bien accueillie du roi Charles VII qu'ils 
oimte siagudt for(t) pla aculido per lou r^i Charles sit an-a-qual 

aidferent a expulser les Anglais de France. Cela se passa 
ajuddrou a fled lous AngUses defdro de Franco, Aco se passdt 

en quatorze cent cinquante-trois, TannSe de la prise de Constan- 
en quatdrze cen cinqudnto tr^s, Vannddo de la pr4so de Coustan- 

tinople par Mahomet deux, sultan des Turcs. — Notre premier 
tindple pdr Mdoum6t dous, emperur des Turs. — Ndstre prumie 

roi connu dans Thistoire portait le nom de Pharamond. 
r6i counesciit din Vhistoudro pourtdbo lou noun de Faramoiin, 

Charlemagne fut le vingt-deuxieme, Louis treize le 

Qarlomdgnip) es estdt lou ointo-dousihno ^ Loiiis troche lou 

soixante-quatrieme, et Charles dix le soixante et dixifeme et 
souassdnto-quat^Hdmo, e Charles ddch lou sMantidmo e 

dernier jusqu'a present. 
darrid jiisquos a-s-dro. 

DU PRONOM. 



Les Pronoms sont des mots que Ton met k la place des Noms pour 
en eviter la repetition. lis se divisent en pronoms personnels, 
possessifs, d^monstratifs, relatifs et ind^terniinds. 



GRAMMAIRE LAN6UGD0GIENNE. 



55 



PRONOMS PERSONNELS. 

Les Pronoms Personnels sont ceux qui designent les personnes. 
11 y en a un pour la premiere, un pour la seconde et un pour la 
troisifeme. On doit y ajouter le Pronom refl^chi. 





Singulier. 


Nomin. ; 


: y6ou^ je, moi. 


Genit. : 


de v^ou^ de moi. 


Datif : 


a yiou^ k moi. 


Accus. : 


me, moi. 



PREMIERE PERSONNE. 

Pluriel. 

ndoutres^ fern, ndoutros^ nous. 
dendouh^es^ id. de ndoutros^ de nous, 
a ndoutres^ id. a ndoutros^ a nous. 
nous^ des deux genres, nous. 



ExEMPLES. — moi je fais ainsi y^ou faoii antdl; nous ne le vou- 
lons pas ndoutres ou voulen pas; cet enfant est bien de moi aqu^l 
dr6ll{e) es pla de y^ou; c'est a nous (hommes) de parler es a ndou- 
tres de parld; mesdemoiselles, c'est i vous, doumdiselos, es a 
vdoutros. ficoute-moi escoiito-me, ecoute-nous escoiito nous, escouto 
nous a ndoutf^es: cette redondance est tres frequente. 





Singulier. 


Nomin. : 


: tus^ tu, toi. 


Genit. : 


de tus^ de toi. 


Datif : 


a tus^ k toi. 


A.CCUS. : 


te^ toi. 



SECONDE PERSONNE. 

Pluriel. 

vdoutj^es^ fem.t?dow^ro5, vous. 
de vdoutres^ id. de t)dout7^os^ de vous. 
a vdoutres^ id. a vdoutros^ i vous. 
vous^ des deux genres, vous. 



ExEMPLES. — c'est toi qui 6cris es tu(s) qu* escribes; jeunes filles, 
c'est a vous a commencer fiydttos, es a vdoutros a coumengd; que 
veux-tu que je fasse de toi? que vos que fdgue de tus? vous 6tes 
riches et nous bien pauvres, vdoutres sds riches e ndoutres pla 
pdoures; tenez-vous tranquilles ten^{s) vous (accusatif) tranquilles; 
leve-toi et habille-toi Idvo-t^ e vestis-td; taisez-vous! cala{s) vous! 



56 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

II existe, au singulier, une autre forme de seconde personne : celle 
de politesse ; ainsi Ton dira sans tutoyer : 

< 

Nominatif : vous^ ' vous, pour toi. 

G6nitif : de vous^ de vous, pour de toi. 

Datif : a vous^ a vous, pour & toi. 

Accusatif : vous^ vous, pour toi. 

ExEMPLE POUR LES QUATRE GAS. — C'est VOUS, iTion pfere, qui 
Tavez choisi; aussi c'est & vous que j'en suis redevable comme de 
tout ce qui me vient de vous, et c'est vous que je remercierai. 

Es vous, moun pdire, que Vab&s caousit; atab6 es a vous que ne 
sidi redehdble coumo de tou{t) go que me ven de vous, e es vous 
que remerciardi. 

TROISlfeME PERSONNE. 
Singulier. Pluriel. 

Nomin. : eU ^lo^ lui, elle. 4les^ 6los, eux, elles. 

Genit. : d'el, d'6lo^ de lui, d'elie. d'^les^ d*<^los, d'eux, d'elles. 

Datif : a el^a 4lo^ k lui, a elle. a 6les^ a 6los^ k eux, a elles. 

Accus. : lou; lo^ la^ le, la. lous; los^ las les. 

ExEMPLEs. — tu es savant comme lui sids sahdn counC el; soyez 
pieuses comme elles siagds piousos coum* ^los; chacun pour soi 
cadim pdr el; quand on parle d'elle, elle est la ! quan pdiHou d'^lo, 
crac! es aqui; avant tout, elle pense a elle avdn tout, p6nso (a)n 
6lo; c'est k eux a faire les avances es a-n-^les a fdire las ahdngos; 
tu le bruleras lou bridlards; tu la chargeras la cdt^gards; poursuis- 
les dsseguto lous. On voit, par ces derniers exemples, que les pro- 
noms a Taccusatif sont toujours regimes des verbes : souvenir du 
latin dans lequel le verbe actif gouverne raccusatif . 

PRONOM PERSONNEL RfiFLECHI. 

Singulier. Pluriel. 

l'« personne : me, je me. nous, nous nous. 

2« personne : te, tu te. vous, vous vous. 

3® personne : se, il se. se, ils se. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 57 

ExEMPLES. — 7ne mdque je me mouche, nous moucdn nous nous 
mouchons; te carcinos tu t'inquietes, vous carcinds vous vous 
inquietez; se degourdtssou ils se d6gourdissent. 

On voit que c'est avec le pronom personnel r6fl6chi que se conju- 
guent les verbes r6fI6chis ou pronominaux. 

Remarques. — avec moi, avec toi, avec lui, avec nous, 
avec elles, avec vous, etc., se traduisent par dmbe : dmbe yiou, 
dmbe tus (et, par contraction, an tus)^ dmV el, dmbe ndouires, 
dmb' ^los, dmbe vdouU^es, etc, 

lui-mdme, elle-mdme, eux-mdmes, elles-mdmes se ren- 
dent par el-mdmes, 6lo mdmes, eles,^los m^mes; soi-mdxne se 
rend par el m&mes, 6lo mdmes. 

le, la, les, ltd, leur, suivis d'un verbe dont ils sont regime 
direct ou indirect, s'expriment par lou, la, lous, las, U, — Exem- 
ples : je le crains lou cr^gne, je la vis la vejdre, je les connais lous 
coun&isse, je lui dis de venir i^ digudre de veni, je leur parlerai 
i4 parlardi, je les punirai las punirdi. 

Quand le, la, les, lui, leur sont precedes du verbe qui les regit, 
le, la, les s'expriment par lou, la, lous, tant qu'il s'agit d'une per- 
sonne ou d'une chose d^terminee, et par ou quand c'est d'une chose 
ind^terminee que Ton parle. — Exenoples : quand 11 te promettra de 
venir, crois-le quan Vaproumetrd deveni, crei-loii; quand il t'affir- 
mera une chose, crois-la quan Vassegurard quicdn, cveis-ou (crois 
cela); ce livre est inutile, donne-le aquel libr{e) es unutille, ddno 
lou; que fais-tu de tout cela? donne-le de que fas de tout acdf ddno- 
S'OU. — lui , leur, suivis du verbe, se traduisent par ie : je lui 
dirai ie dirdi, je leur tournerai le dos ie viray^di Vesquino. 

le lui, le leur, la lui, la leur, les lui, les leurs se rendent 
par iou, ou ie lou quand il s'agit d'une chose d6termin§e : je le lui 
dirai, je le leur dirai iou diy^ai; s'il veut un compliment je le lui 
ferai se vol un coumplim^n ie lou fardi; je le lui promis iou prou- 
metdre; il me demandait ce livre, je le lui donnai me demanddbo 
{a)quel libre, ie lou doun&re; je veux le lui donner v6le ie lou 
dound, et, plus 616gamment, ie lou vdle dound. 



58 GRAMSifAIRE LAN6UED0CIENNE. 



EXERGIGES. 

Quand tu viendras, je te donnerai une lettre de ta tante. — II aura 
Quan vendrds, te dounardi uno Utro de ta tdnto. — Aouro 

bient6t la recompense qu'il a merit6e; je me suis charge de 
l&ou la recoump^nso que s'es ameritdt ; me sioi encargdt de 

la lui faire passer. — Voici ma soeur : c'est elle-m6me qui s'avance; 
ie la fdire at^ne. — Aid masdrre: es ^lo-mdmes que se sdrro ; 

plus je la vois, plus je la trouve aimable. Elle viendra avec 
dou mdi la ves^, dou 7nai la trdbe aimdblo, Vendrd an 

moi a Montpellier. Si vous voulez me charger de lui dire 
yeou a Mounpeie. Se me voulds encargd de ie di7*e 

quelque chose, je Ie lui dirai. — Tu as parle de moi a tes amis 
quicdn, iou dirdi. — ^5 parldt de y6ou a tous amich 

et tu m'as parle d'eux avantageusement. — Si ton cousin n'est 
e iyVas paiHdi d'iles abantajousom6n, — Se toun cousi es 

pas encore mari6, je lui prSsenterai une charmante petite femrae; 
pas incdro mariddt, i6 preseniardi uno charmdnio fennoio; 

je la connais et je puis t*assurer qu'elle a en elle tout ce qu'il faut 
la couneisse e pdde Vafirmd qu'o, en 4lo, tou{i) go que cal 

pour Ie rendre heureux. — Le roi de France Francois premier a 
per Iou rdndre eroiis. — Lou 7'6i de Frdngo F7^ancds prumie o 

dit : « Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie. • 

dich : « SouMn fenno sdncho d'ideios. pla fol Iou que se ie fiso. • 

C'est lui-m6me qui 6crivit, apres avoir perdu, contre Charles- 
Es el-mdmes qu*escrigudt, aprds aMire perdut, crdnto Chai^les- 

Quint, la bataille de Pavie : « Madame, nous avons tout perdu 
quln, la batdyo de Pavio : « Maddmo, abdn tou(t) pdrdut 

fors rhonneur. » — Je vous connais plus que vous ne me connais- 
foro Vhounou, » — Vous coimeisse mdi qu*oun me couneis- 

sez. — Ce livre est-il a toi? — Cette maison est a vous 
ses. — Aqu^l libre es-ti a tusf — Aqu^J oustdl es de vdoutres 

deux. — Que veux-tu que nous fassions de cela? 
dous. — Deque vos que fagu6n d'acd? 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNK. 



59 



PRONOMS POSSESSIFS. 

Les Pronoxns Possessifs indiquent la possession; ils se divi- 
sent en conjonctifs et en relatifs. 

PRONOMS POSSESSIFS CONJONCTIFS. 



SINOUUER. 






PLURIEL. 


Masculin. 


Feminin. 


Masculin. 


Feminin. 


moun^ mon. 


ma^ 


ma. 


ndstre. 


ndstro, notre. 


toun^ ton. 


ta^ 


ta. 


vdsti^e^ 


vdstro, v6tre. 


soun^ son. 


sa. 


sa. 


sotm. 


sa, leur. 


mous^ mes. 


mas. 


mes. 


ndstves. 


n6st7*os, nos. 


tous^ tes. 


tas. 


tes. 


vdstres. 


vdstf^os, vos. 


50WS, ses. 


sas. 


ses. 


sous^ 


sas^ leurs. 



ExEMPLES. — l*"® personne : moun home mon mari ; ma fdnno 
ma femme; ndstt^e hugadid notre cuvier a lessive; ndsti^o blddo 
notre blouse; mous agnHs mes agneaux ; mas fMos mes brebis; 
ndstres escldch nos sabots ; tas guMos tes gu6tres, 

2® personne : toun piparot ton baril a vin ; ta dounadouiro ton 
seau a queue ; tous agoutdls tes ecopes ; vdstre bassardl votre bat- 
toir; vdstro Ugno votre bois k bruler; tous cabiroiis tes chevrons; 
tas grdyos tes corneilles; soun nisdi^ son lizard; tas dncos tes 
f esses. 

3* personne : soun galdbdi'' son boudin ; sa poudadoidro son 
outil k tailler la vigne ; sous cambajous ses jambons ; sa sdoumo 
leur Anesse; soun cat son chat; sas cambaies ses jarretieres; sous 
arcelis leurs clovisses; sas c6bos leurs oignons. 

Ces pronoms s'appellent conjonctils parce qu'ils sont toujours 
accompagnes d'un substantif : 7noun pdv^e mon pere, toun jacouti 
ton corsage de dessous, sas cdoussos sa culotte, sous dses ses Anes. 



Observation, — Comme en franfais, moun, toun, soun s'^m- 



60 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

ploient k la place de ma, ta, $a quand ils sont suivis d'un nom femi- 
nin commencant par une voyelle. Ainsi, on dira : moun oiimbrdlo, 
toun aguyo ton aiguille, soun imdjo son image, soun armddo leur 
armee, au lieu de ma oumbrelo, ta aguyo, sa imajo, sa armddo; 
de mSme qu'on dira en fran^ais : xnon ombrelle, ton aiguille, etc. 



PRONOMS P08SESSIFS RELATIFS. 

Ces Pronoms Possessifs sont appel6s relatifs parce qu'ils se rap- 
portent a un substantif d6ja 6nonc6 : aqti^l libi^e es tiou ce livre est 
tien (ou k toi), las cdbros sou miounos les chevres sont miennes, 
las anguidlos sou siounos les anguilles sont siennes, lous cagrdsses 
(les tdtards de grenouilles) sou tious sont tiens, etc. 

Dans le precedent tableau des pronoms possessifs conjonctifs, 
comme dans celui qui va suivre, des relatifs, nous avons indique le 
nombre du possesseur dans le sens vertical, tandis que pour 
I'objet poss6d6 le singulier occupe les trois premieres lignes 
horizontales et le pluriel les trois autres. 



SINQULIER. 



PLURIEL. 



Masculin. 

miou mien 

tiou tien 

siou sien 

mious miens 

tious tiens 

sious siens 



Feminin. 

miouno mienne 

tiouno tienne 

siouno sienne 

miounos miennes 

iiounos tiennes 

siounos siennes 



Masculin. 

ndstre notre 

vdstre votre 

siou leur 

ndstres notres 

vdstres votres 

sious leurs 



Feminin. 

ndstvo notre 
vdstro votre 
siouno leur 
ndstros notres 
vdstros votres 
siounos leurs 



Remarque. — A znoi, & toi, k lui, & nous, & vous, & eux, 
k elles se rendent de deux mani^res : 

Par miou, tiou, siou, ndstre, vdstre, siou, siouno et leurs plu- 
riels, ou par le pronom personnel au datif, et par a y6ou, a tv^, 
a-n-el, a-n-^lo, a ndoutres, a vdoutres, a-n-^les, 4los, — Exemples : 
Ce livre est a moi aqu^l libre es miou ou es a y6ou; rid6e est k moi 
mais tu Tas faite tienne Viddi{o) es a y^ou md Cas fdcho tiouno, 

Le mien, le tien, le sien, le n6tre, le v6tre, le leur; 
les miens, les tiens, etc.; la mienne, la tienne, etc.; les 
miennes, les tiennes, etc., se rendent comme en frangais : 



ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 61 

SINQULIER. PLURIEL. 

Maaculin. Feminin. Masculin. Feminin. 

lou miou la miouno Ion ndstre la ndstro 

lou tiou la Houno lou vdstre . la vdstro 

lou siou la siouno lou siou, le leur la siouno, la leur 

lous mious las miounos lous ndstres las ndstros 

lous tious las tiounous lous vdstres las vdstros 

lous sious las siounos lous sious, les leurs las siounos, les leurs 

Ces pronoms se d^clinent avec les trois cas, corame le substantif : 
vol pa(s) lou tiou e s*en chdouto pas del siou, es pas qu'al miou 
que ne vol! il ne veut pas le tien et se soucie peu du sien, mais c'est 
au mien qu'il en veut t 

EXERGIGES. 

On dit que quelquefois ce monsieur boit plus qu'il ne faut, 
Disou que, de fes que id, aqu6l moussu fo tibd Varqu^t, 

et je crois qu'il lui arrive souvent de voir le fond de la bouteille. 
e cr^se que y-arribo souMn de v4ire lou clouquid (le clocher). 

Toute la journ^e il est k table, aussi, quand on va le trouver, 
Tout lou mane del jour es a tdoulo, ataM quand on i4 vo, 

il est ivre-mort. Heureusement ses enfants ne font pas 

es bdndat coum{o) un cun. Erousom^n sous efdns fdou pas 

comme leur pfere. — Mon jardin est joli, le sien est plus grand, 
coumo soun pdire. — Moun hort es poulit, lou tiou es pu{s) gran, 

mais j'aime mieux le votre. — Nos enfants sont arrives : 
mds dime mdi lou vdstre. — Ndstres €fans sou arribdch : 

le mien, les tiens et les slens ont eu beaucoup de prix; celui de 
lou miou, lous tious e lous sious 6ou abut fdsso prises ; lou de 

ma nifece a perdu la t6te parce qu'il n'a rien eu. — Nos 
ma neb6ud{o) es debaridt pertdou qu'o pare{s) ga^ndt. — Ndstros 

poules ont saute dans le jardin du voisin, de sorte que nous ne 
galinos dou sdoidcit din Vliort del vest, en sdrto que 



62 6RAMMAIRE LANGUBDOGIENNE. 

savons plus maintenant quelles sont les miennes ou les 
sab&n pa{s) pus dro qudnos sou las miounos ou las 

siennes : ii dit que les plus jolies sont k lui, tandis qu'elles 
siounos : preUn que las pus poulldos sou a-n-el, tandis que 

sont kmoi. — lion pere, ma femme, nos oncles etmes 
sou miounos. — Moun pdire, ma f4nno, ndstres ouncles e mas 

cousines ont fait rSveillon avec moi lauuit de Noel : il n'y 
cousinos dou fa(ch) regagndu ambe i6ou la n6i de Nou6 : i4 

manquait que toi, tes filles et leurs enfants. — 6ratte4oi oil 
mancdbo pas que tus, tas fiyos e sous maindges, — Grdto-te oun 

cela te demange, et quand tu seras a table ne t'endors pas sur le 
te prusis, e quan serds a tdoulo V endourmigues pas sul 

rfiti. 

7''0UStit. 

PRONOMS DfiMONSTRATIFS. 

Les Pronoms Ddmonstratifs servent a montrer les choses ou 
a les rappeler k Tesprit ; ils sont de trois genres : masculin, feminiu 
et neutre, et au nombre de deux, Tun suivi du substantif et Tautre 
sans le substantif. 

PRONOM SUIVI DU SUBSTANTIF. 
Singulier. Pluriel. 

Masculin : aqu^l, aqu6ste, ce, cet; aqu^les, aquistes, ces. 
F6minin : aqu6lo, aqu6sto, cette ; aquilos, aqu^stos, ces. 

ExEMPLES. — Cet homme, cette femme (eloignes), aquel hdme, 
aqu^lo f6nno ; — cet homme, cette femme (presents ou tres rappro- 
ch6s), aqu^st{e) hdme, aqu^sto f^nno, 

Quand on veut faire bien sentir la diflference qui existe entre des 
choses rapproch6es ou 61oignees, on dit : aqu6ste d'aici aq^44ste 
d'aqui celui d'ici ; aqudl d'aldi celui de la-bas. On dit encore, quand 
11 y en a un troisieme, aqu6st{e) doutre cet autre. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 68 



PRONOM NON SUIVI DD SUBSTANTIF. 

Singulier. 

Masculin : aqu6ste celui-ci, aquil celui-l^. 
F^miDin : aquisto edle-ci, aqtidlo celle-l&. 
Neutre : aifo, acd ceci, cela. 

Pluriel. 

Masculin : aqu^sies ceux-ci, aqu^les ceux-li. 
F6minin : aqu6stos celles-ci, aqu^los celles-la. 

ExEMPLES. — Quand je vis celui-ci, j'eus peur, mais quant k 
celles-la, je les mis en fuite quart vechdre aqu6ste, achdre pdou, m& 
qttant an-aqu^los, las faguere fougt. — Ceci va bien ai(:d vo pla. 
— Ne touchez pas cela tdques pas acd; c'est celui-ci acd {e)s aqu6sie; 
c'est celui-la ac6 {e)s aqu4l; c'est cela, c'est ga acd {e)s acd; c'est 
moi acd {e)s y4ou; c'est lui acd {e)s el; c'est nous acd ndoutres. 

celui qui^ celle qui, etc., se traduisent par loti que, la que, etc. : 
celui que je cherche lou que cdrque; celle que j'ai vue la qu'di visto; 
ceux que nous aimons lous qu'aimdn; celles que nous fuyons la^ 
que fougissdn. 

celoi que, celle que, etc., se rendent par aqu4l que, aqu6lo 
que, aqu6les que : celui que vous voulez aquel que twulis, celles 
que tu demandes aqu6los que demdndos, 

ce qui, ce que se traduit par go que : ce que tu m^prises go que 
mespr^sos. (Voir a la Syntaxe.) 

PRONOMS RELA.TIFS. 

Les Pronoms relatif s sont ceux qui ont rapport a un nom ou k 
un autre Pronom qui les precede et qu'on appelle ant6c6dent. Nous 
en avons trois sortes : 

1. Nomin. : que^ qual, qui, lequel, laquelle, et pluriel. 

G6nitif : de qual^ doun, que^ de qui, duquel, de laquelle, id. 

Datif : a quaU k qui, auquel, k laquelle, id. 

Accus. : quCy que. 



64 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

ExEMPLES. — un hdme ^ue sa{p) fdsso cdousos un homme qui 
sait beaucoup de choses ; Vempligdt, de gual — (ou doun) — parldbe 
Temploye dont je parlais; la f^nno (a) qual vous presenMre la 
femme k qui je vous presentai ; gual o fach acdf qui a fait cela? la 
vUo que visiUren la ville que nous visitames. 

2. Nominatif: de qu^, quoi. 
G6nitif : de deque, de quoi. 
Datif : a de que^ k quoi. 

ExEMPLES. — en de que vous aiti despldsegutf en quoi vous ai-je 
d^plu ? de que fasds ? que faites-vous ? de de que vous plands ? de 
quoi vous plaignez-vous? sdbe a de que tout acd vous sdrvis je sals 
a quoi tout cela vous sert. 

3. N. : qudne, qudno, qudnes, qudnos, quel, quelle, et pluriel. 
G, : de qudne, de qudno, de qudnes, 

de qudnos, de quel, de quelle, id. 

D. : a qudne, a qudno, a qudnes, a 

qudnos, a quel, k quelle, etc. 

ExEMPLES. — qudn{e) es lou chabdl que noun brounche ? ou que 
brounche pas? quel est le cheval qui ne bronche pas? de qudnos 
countrddos anHbdsf de quelles contrees arrivez-vous? diga{s) noxis 
a qudno prouv4ng{o) apartenis dites-nous k quelle province vous 
appartenez. 

EXERGIGES. 

II n'y a pas beaucoup de pauvres a qui Ton ne porte pas 
I'd pas fdsso pdoures an-a-qudl on pdrte pas 

secours. — Quel est celui qui ne se trompe jamais? — Tel riait 
secous. —Quan* es aqu^l que s'enguso pa{s) ;amdi? — TalHsid 

samedi qui pleurera dimanche. — A qui est ce tablier? — 
dissdte que plourar^o dimanche, — A qual es aqu^l mantdlf — 

Voici un fauteuil dont le si6ge est dur et dont les jambes sont 
Kid i'O {u)n fdoutul que lou sSti es du e que las cdmbos 6ou 



GtlAMMAlKfi LANGU£r>OCl£NK£. Co 

cassees. — Le cheval dont il etait question ne fait que hennir et 
petal. — Lou chahdl dount dro question fo pas que Una e 

se cabrer. — Lequel, de vous ou de lui, a le mieux reussi k son 
se quiyd. — Qual, de vous ou d*el, o miou russit a soun 

examen? — Dis-moi qui tu es etjetedirai quijesuis. — 
e^amtn ? — Digo me qual sios tus e te dirdi qual sidi y^oti. — 

Je le prendrai tel qu'il sera. — A qiioi sert d'avoir de Targent 
Lore p{r)endrdi tal que serd, — A de que servis d'aMire d'arg&n 

si on ne Temploie pas? — Mon fusil et mon chien valent mieux 
s*on Vemplego pasf —Moun fusil e moun chi vdlou mat 

que les votres. — Nous ne devons pas toujours faire ce qui nous 
que lous vdstres. — Dibin pas loujour fdire fO que nous 

plait le plus. — Regardez ces jeunes filles : celle-ci est bien 
agi^ddo lou mat. — Agachds aqu^los fiyelos : aqu^slo {e)s pla 

grasse, mais celle-li ressemble a une araignee : elles ne 
repetelndo, mds aqut^lo semblo {u)n(o) estai^igdgno : 

nianquent pas d'assurance; quelles impertinentes! — De ces 
mdncou pa(s) defroun; qudnos 7nou7^ri(dos ! — D'aqu^los 

pSches, celle-ci est la plus milre : celle-1^ est bien plus 
pcrsdgos, aqu^sto {e)s la pu(s) madtwo : aqudlo {e)s pla pu{s) 

grosse, mais toutes tiennent au noyau. — Ces deuxf chiUeaux, 
g rosso, md toiilos Unou al elds. — Aqu^les dous castdls, 

dans la m6me vallee, sont tresjolis; celui-ci est plus 

dins la mdmo coumho, sou pla poulich; aqu^ste d*aici es pu(s) 

eleve, mais celui-la est plus orne. — Cet homme est laid, 
ndou, m^s aqudl d'aldi es ?nioH decourdt. — Aqudl h6m{e) es let, 

celul-ci est bossu, celui de la-bas est boiteux et cet autre 
aqu^st(e) es boussut, lou d'aldi es gay^^H e aqudst doutr(e) 

est borgne ; tons les quatre se sont gris6s. Ceux qui les 

es bd7*7^e; toutes qudtre se sou enchichourldch. Lous que lous 

rencontreront ne sauront pas s'ils doivent leur adresser des com- 
traparoou saouprdou pas se ie dibou fa de count- 

pliments. — La cantatrice dont je vous ai parle merite d'etre 
plim4ns. — La cantdiro que vous ai parldt a?nerito d'estr{e) 



66 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

applaudie. — A quoi vous sert la jument que vous avez 
aplaoudido. — A de que vous servis la cdbdlo qu'ab^s 

achet^e ? 
croumpdt f 

PRONOMS INDfiTERMINES. 

Les proaoins ind^terminds sont ceux qui out une significa- 
tion g6n6rale et indeterminee, comme quiconque, qual que sidguo, 
chacun cadicn, chacun. lis sont en assez grand nombre : 

1^ Quelqu'un quelqu'une, caouquun caouquuno, ou caoucnn 
caouciino; quelques-uns quelques-unes, cdouques uns cdou- 
cos linos; quelque, plur. quelques, cdouque, plur. cdouques; au 
f^minin cdouco, plur. cdoucos; quelque chose quicdn, 

ExEMPLES. — Caoucun se sdrro quelqu'un s'approche ; n' i-o 
cdouques us d*a?nagdch perqxCin aid il y en a quelques-uns de 
caches par ici ; cdouco p6no qu*acMs quelque chagrin que vous 
ayez; vous vole dire quicdn je veux vous dire quelque chose. 

2o Aucun aucune, aoucun aoucuno, pa{s) dies, pas cap, pa{s) 
brico; rien pa{s) res, 

ExEMPLEs. — Trdpe pa{s) chds d'aqudlos dou7ndis&los je ne trouve 
aucune de ces demoiselles; cercos d'abeldnos, n* i-o pas cap tu 
cherches des noisettes, il n'y en a aucune : vous disc pa{s) res je ne 
vous dis rien. 

3» Personne, aucun, point, persouno, [degus, cap, — rien, 
res, pa{s) res. 

ExEMPLEs. — S'ai coun^lsse pas persouno, paisydegiis, je ne 
connais personne ici ; ie v^se pa{s) res je n'y vois rien ; n*ai pas cap 
je n'en ai point; capes sou pa{s) venguch aucun d'eux n'estjvenu. 

4« Quiconque cal que sidgo ou qual que sidgo, Quoi que ce 
soit que que sidgo. Au pluriel : qudnes que sidgou quels qu'ils 
soient. On ecrit indifferemment sidgo ou sidguo, 

ExEMPLES. — Cal que sidgo que se presdnte di7itra7'6 quiconque 
se presente entrera; que que sidgo que 7ne doun^s quoique ce soit 
que vous me donniez; cal que sidgo de vaoutrcs quiconque de vous. 
Au pluriel : qudnes que sidgou de vdoutresK 

1. On voit, par les exemples qui precedent, que cap, cal et gudne s'omploient 
aussi au pluriel; caj) fait c&pes, cal et qudtie font qudnes. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 67 

5<> L'tin Tune, les uns les unes, Vun Vuno, Wus us las unos, 
ou d'us d'unos; I'autre les autres, Vdouty^e rdoutro, lous doutres 
las doutros. 

ExEMPLEs. — Vun disio Man, lous doutres disidou nigre, les uns 
disaient blanc, les autres disaient noir. Las unos vouioou, las dou- 
t?^os vouioou pas, les uns voulaient les autres ne voulaient pas. N' i-o 
d'us que disou antdl, il y ea a qui disent ainsi. 

6^ L'un Tautre, les uns les autres, Vun Vdoutre, lous us 
lous doutres. — L'un et I'autre, I'une et I'autre et leurs plu- 
riels, Vun e Vdoutre, Vun{o) e Vdoutro, lous us e lous doutres, las 
unos e las doutros, 

ExEMPLEs. — Se soustdnou Vun an (pour dmbe) Vdoutre ils se 
soutiennent Tun Tautre ; nous ajuddren lous us lous doutres nous 
nous aidames les uns les autres. — L*un e Vdoutre, lous us e lous 
doutres, sou refastignonses per soun mancfid Tun et I'autre, les 
uns et les autres sont difficiles pour la nourriture. 

1^ Ni l'un ni I'autre, ni I'une ni I'autre et leurs pluriels, 
ni Vun ni Vdoutre, ni Vuno ni Vdoutro, ni lous us ni lous doutres, 
ni las unos ni las doutros, 

ExEMPLE. — Aipas endevengut ni lous us ni lous doutr^es je n'ai 
rencontre ni les uns ni les autres. 

S^ Pas un, pas une, pas un, pas uno, 

ExEMPLE. — K i'O pas un (ou gn'en o pas un) que sidguo coumo 
se diou il n'y en a pas un qui soit comme il faut. 

9^ Autre, autres, les autres, doutre, doutro, doutres dou- 
tros, lous doutres, las doutros. 

ExEMPLEs. — Aoutro cdous{o) es de rire doutro cdous{o) es de 
2)lourd autre chose est rire autre chose est pleurer; on senilis pa(s) 
lou mal des doutres on ne sent pas le mal des autres. 

10^ Autrui lous doutres, d'autrui des doutres, k autrui as 
doutres. 

ExEMPLE. — Lou be des doutres aproufito pas le bien d'autrui 
ne porte pas profit. 

110 M6me, mdmes, le mdme, les mdmes, et feminin, mdme, 
memes, lou mdme, la m6mo, lous memes, las mdmos. 

ExEMPLES. — Elo mdmes rrVo parldt elle nieme m'a parle ; es lou 
mdm(e) home, es la mtmo f6nno c'est le meme homme, c'est la 
meme femme; es lou memes que venguct Vdoutre four c'est le 



68 atlAMMAlHE LAK(}D£t>OCi£:KNfi. 

m6me qui vint Tdutre jour ; aqu^les efdns sou toute[s) lous mimes 
ces enfants sont tous les monies. 

12® Chaque cddo, chdco, — Chacun, chacune cadun, cadiino 
cfiacun, chacuno. 

ExEMPLES. — plogiit chdco jour il a plu chaque jotir ; cddojour 
fasdn un pas de mat daou lou clot chaque jour nous faisons un pas 
de plus vers la tombe ; pdrdoun4n a chacun siloun qu'ou amenta 
pardonnons a chacun selon qu'il le m6rite ; cadun vous ou diro cha- 
cun vous le dira. 

IS*' Beaucoup de fosso de,..^ pla de...; beaucoup plus bcH- 
co{p) mat; beaucoup xnieux pta mwu. 

ExEMPLES. — Udime via, Vdime b^l'Cop]e Taime beaucoup ; w' i-6 
fdsso d'apeldch mt pla paou senkiu eliich il y en a beaucoup d'ap- 
peles mais bien peu seront elus; i-o pla de guindoulos aqu6st{e) aw 
il y a beaucoup de jujubes cette ann6e; S(^n fosso camdls din Best^s 
nous sommes beaucoup de chameaux a Beziers. 

14® Plusieurs d'unes que i-o, fosso que gn*o, plusiiir, mat d'un. 

ExEMPLES. — Sul noumbrc, d'lhies que i-d capitou pla sur le 
nombre, plusieurs rencontrent bien : fosso que gn*6 d*4nt're las f&n- 
nos sdbou pas go qu*es d'escoutd il y en a plusieurs parmi les fem- 
mes qui ne savent pas ce que c'est que d'ecouter : ataM n* i-o fnai 
d'uno que pdiHo tout droumigudn aussi plusieurs parlent tout en 
dormant; sdn plusiurs antdl nous sommes plusieurs ainsi. 

15^ Peu. peu de, un peu, un petit peu; paou, paou de, un 
paou, un paouqu^t. 

ExEMPLES. — Douna m*en un paou donnez-m'en un peu ; baila{s) 
U un paou de pan donnez-lui un peu de pain ; paou cdouso me 
suf'ts peu (de) chose me suffit; ne vole pas qu'un paouqu6t, un 
paouquetOH je n'en veux qu'un petit peu, un tres petit peu; es paou f 
c'est peu ! 

16° Tout toute, tous toutes, tout toiito, toutes tovtos, — 
Tout le monde toutes, 

ExEMPLES. — Tout hdm(e) es per mourl tout homme est mortel ; 
toiitos ou disou toutes le disent; toutes cr^gnou lou mal tout le 
monde craint le mal. 

Remarqde. — Tout, devant un nom suivi de que, se rend aussi 
par tout mais plus souvent par quan mdmes et veut le verbe au sub- 
jonctif : quan inemeis) que sidguo ministre lOu, tout 7ninistre que 



6RAMMAIRE LANGUEDOGIBNNE. 69 

sidguo), me fo pas poou tout ministre qu'il soit je ne le crains pas. 
(Voir a la Syntaoce du pronom.) 

170 Tel, telle et pluriel ; un tel, une telle ; tels et tels, telles 
et telles, tal tdlo, tals tdlos; un tal, uno tdlo; tals e tals tdlos e 
tdlos, 

ExEMPLES. — Tal mestre tal lariat tel maitre tel valet ; quan tals 
et tdlos foou aco, oupouden be faire quand tels et telles font cela, 
nous pouvons bien le faire ; es uno tdlo que 7n*ou o countdt c'est 
une telle qui me Ta raconte. 

18® On s'exprime quelquefois par se et le verbe se met a la troi- 
sieme personne du singulier. — Exemple : se dis din las gas6tos on 
dit dans les journaux. — II arrive souvent que on ne s'exprime pas: 
on met alors le verbe a la troisieme personne du pluriel : cr^sou que 
s'es negdt on croit qu'il s'est noye; Voou mendt en pinsoii on Ta 
ronduit en prison. — Enlin, on se traduit aussi par on : on even la 
nio)H 7m)s on la po{t) pa{s) fouchi on craint la mort mais on ne pent 
la fuir; on es pa{s) desounourdt per ab^ire perdu{t) soun de que 
on n'est pas deshonore pour avoir perdu sa fortune. 



PRONOMS EN ET Y. 

u quand il se rapporte aux personnes et aux choses et qu'on 
pent le tourner par de lui, d'elle, d'eux, d'elles, de ceci, de 
cela, se rend par en : je veux m'en s^parer v6le m'en dessapaxd ou 
Tn*en vole dessapartl. II pent aussi se rendre par de lui, d'elle : me 
vole separd d*ilo. 

En, pris dans le sens de quelques-uns, s'exprime par ne : j'ai 
de belKs azeroles, en veux-tu? je t'en enverrai ai de pouli{ch) biro-- 
bouqudch, ne vos 1 t'en mandardi. J'en veux ne vole. Et des enfants, 
combien en avez-vous? e d'efdns, quan 7i*abes? J'en ai quatre n'ai 
qudtre. 

En, se rapportant a un lieu, avec mouvement, se traduit par ne : 
Vqus venez de Cette? j'en viens Vends de C^to? ne v6ne. 

En, precede de y et suivi d'un verbe, se rend regulierement, dans 
Taffirmative, par i-en, et, dans la negative, par n{e) i-en ou nH-en, 
ou gn*en. — Exemples : il y en a i-en o, gn'o; il n'y en a pas n'i en 
a pas. gn'o pas. — il lui en fera voir gn*en faro vdire; il y en est 



70 GHAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 

tomb6 gn'es toumbdi et aussi lai n'es toumbdt ; il y en aura gn'aourd, 
lai n'aourd; il y en fit de belles! i-en fagudt de grisosi 

Y suit les mfimes tournures que en quand il se rapporte aux cho- 
ses et se traduit par ye ou ie. — Exemples : c'est un fripon, ne vous 
y fiez pas es un estanciur vou{s) ye fises pas; j'y penserai ie pen- 
sardi; c'est un bon ouvrage mais j'y trouve des erreurs es un boun 
llWe md y'-ati'dpe d'ourrous; Ie combat fut sanglant, il y p&rit mille 
hommes lou coumbd{t) siaguet sangldn, ie perigudt miV homes. 

Y, pronom de lieu, se rend par les adverbes a^di et aldi selon que 
Ie lieu est proche ou 61oign6, mais ces adverbes se contractent, gai 
et lai. — Exemples : Nous sommes ici, voulez-vous y venir? Sdn 
aid, gai voulds veni? lis sont la-bas, voulez-vous y aller? Sou abdl, 
lai voulds andf J'y vais lai vaou; Monsieur y est-il? Moussu gal 
es'ti ? 

EXERCIGES. 

Quelqu'un est-il venu? Non, personne. — Quelques messieurs 
Caoucim es-ti vengut ? Ndni, pei^soOno. — Cdouques messius 

sont venus pour vous dire quelque chose, mais je n'en connais 
sou venguch pdr vous dire quicdn, md ne coundisse 

aucun. — lis ont tout brise en sorte qu'il n'en est rien 
pas cap. — Oou tou{t) brigouldt en sdrto que n'es pa{s) 

reste. — Quiconque pent faire cela, mais il ne p^ut 

demourd{t) brico. — Cal que sidgo poit) faiv{e) ac6, md po{t) pa{s) 

faire quoi que ce soit. — Je n'ai rencontr6 ni Tun ni I'autre, ni 
fdire que que sidgo. — Ai pas trapd{t) ni Vun niVdouti^e, ni 

les uns ni les autres. — Rien ne flatte davantage notre orgueil 
lous us ni lous doutres. — I-o pares que fldte mai nostr' ourgul 

que les eloges non mSrites. — Voila du pain, don- 

que las loudnjos qu'abdn pas amerildt. — Aqui i-o de pan^ dou- 

nez-eu k cet homme. — Ce n'est pas Targent qui nous 
na{s) ne a-n-aquel h6me. — Rspa{s) Varg6n que nous 

rend heureux, mais Tusage qu'on en fait. — Votre ami s*est 
ran erouses^ md Vusdngo que s'en fo. — Vostr'amic es 

rendu, ce matin, a la Ghambre et n'en reviendra que dans 
andt^ de matis, a la Cdmbro e tournaru pas que 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 71 

Tapres-midl. — Si vous voulez acheter desj^escargots, pressez- 
tantos. — Se voulds croumpd de cagardoulos, despadha(s) 

vous parce que la s6cheresse les'fait se cacher. — Je lui ai pay6 
vans pd7xequ^ la secctdo las fo rescoundi, — I-ai pagdt 

deux journees et je lui en dois encore une. — Avez-vous des 
dos jouymddos e i-en dlbe incdr{o) uno. — Ahds-ti de 

nefles? Non, pas maintenant; mais j'en aurai peut-etre 
mespoulos? Ndni, pas dro; 7nd n*aurdi bel&ou 

demain. J'en porte ; apporte-s-en ; donnez-m'en. Je n'en donne a 
demdn, Ne pdrte; pdvtone; dononi'en, Ne done pas a 

personne. — Iras-tu bientot a Lodeve? Non, j'en suis arrive 
persoiino, — Anay^ds leoti a Loud^vo? Nou, ne sidi a?*ribdt 

hier. — J'y vais ; j'y pense ; pensez-y ; fiez-vous-y. — 

?ihb\ — Lai vdoit; ie p&nse; p^nsa(s) i6; fisa(s) voices) U, — 

11 mourut en allant a Beziers. — Nous irons h Agde, mais nous 
Moiiriguet en-t-ayi^n a Besics. — Anard7i en Ate^ md ie 

n'y resterons guere. Venez-y. — On dit que la rScolte des 
demouvar6n pa{s) gdire, Vcjic(s) U, — Se dis que la r^ndo de 

pommes de terre sera mediocre; la maladie a tout emport6. 
las tritfos servj jaloOso; la marrdn{o)oxi o tout empourtdt. 

Quelle mauvaise chance ! 
Qudno magdgno ! 

DU VERBE. 



Le verbe est Ie mot qui aflirme que Ton est ou que Ton fait 
quelque chose. Les verbes sont, conime dans les autres langues, 
auxiliaires, actifs, neutres, pronoxninaux, d^fectueux et 
impersonnels. En tant qu'ayant une forme particuliere^ le verbe 
passif n'existe pas; c'est tout simplement un participe passe conju- 
gue ave^ le verbe estre, etre, qui le precede. 

Les verbes ont deux nombres, le singulier et le pluriel, et trois 
personnes, comme les pronoms. Ces personnes, contrairement avec 
le francais, ne s'expriment pas par les pronoms je, tu, 11, nous, 
vous, lis; chacune a, comme en latin, sa forme propre, ainsi : 



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72 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

j'aime, tu aimes, il aime, etc., se traduisent par dime, dimos, 
dimo, etc., en latin amo, amas, amat, etc. 

Les verbes actifs sont ceux qui exprlment que Ton fait quelque 
chose ; ils ont un regime direct : j'aime Dieu dime Dious, 

Les verbes neutres expriment un 6tat du'sujet ou bien un acte 
fait par le sujet; ils n'ont qu'un regime indirect : je viens de la 
maison vdne de Voustdl; il est tombe a terre es ioumbdt al sol, 

Les verbes pronoxninaux ou r^fldchis se conjuguent au moyen 
du pronom personnel reflechi : se (aire se cald; se hater se despa- 
chd; se degourdir s*escarrabid^. 

Les verbes d^fectueux sont ceux auxquels il manque des modes, 
des temps ou des personnes : ra?'re valoir, vonrve vouloir, ne sont 
pas usites a Timperatif ; on le remplace par le subjonctif. 

Qudrre chercher, ne s'emploie qu'a Tinfinitif, etc. 

Les verbes impersonnels sont particulierement, mais reguliere- 
ment d^fectueux; ils ne s*emploient qu'a la troisieme personne du 
singuller de chaque temps et a Tinfinitif present : il pleut, il pleuvait, 
il pleuvra, pleuvoir, font ploou, plovid, ploourd, pldowe. 



VERBES AUXILIAIRES. 

Nous avons aussi deux verbes auxiliaires I'estre 6tre, et ab^irc 
avoir. Le premier, quand il precede le participe du verbe actif, sert 
a lui donner la forme passive. Employe avec lui-m6me, il sert a se 
conjuguer dans les temps coxnposte; il est done son propre auxi- 
liaire, et au lieu de dire, comme en franrais, en se servant de 
Tauxiliaire avoir : j'ai ete, j*aurais ete, on doit dire : sidi estdt (je 
suis ete), serio estdt (je serais ete), faute que commettent des per- 
sonnes qui ont, dans leur premiere enfance, beaucoup parle la langue 
d^Oc. 

ihty^e sert aussi d'auxiliaire k certains verbes neutres, tels que : 
dintrd entrer, sourti sortir, arribd arriver, t'^eni venir, et ses 
composes : pdrveni, reveni, etc., and aller, ndissc naltre, mouri 
mourir. pai^ti partir, touinbd tomber, levd lever, passd et ses 



1. Tin «?raml nonibrc de verbes actifs peuvent, ronimc nous lo vorrons, so conjii- 
{jiior aussi avec le pronom retlechi ; niais on ne doit pas les confondre avec les ver- 
bes esscntieUemcnt prouoniinaux. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 73 

composes : repassd, troumpassd franchir, etc., qui font : sidi din- 
trdt, sids sourtit, es arribdt, siagudt vengid, ser6 mart, Hire 
pariii, etc., etc. Mais le plus grand nombre des verbes neutres se 
conjuguent avec aMire qui se prend ^galement lui-m6me, comme 
en fran^ais, pour auxiliaire. 

Tous les verbes pronominaux ou rdfl6chis se conjuguent en 
employant ^sive dans leurs temps composes. 

Nous allons donner ces deux auxiliaires conjugues en cinq lan- 
gues : fran^ais, langue d*Oc (Pezenas), latin, espagnol et italien. 

Ainsi que nous I'avons annonce en traitant de Torthographe, nous 
conjuguerons le verbe ahHre selon T^tymologie latine, c'est-A-dire 
pr6c6de d'un /i, afin c^e mieux montrer la concordance avec le latin 
et I'espagnol. 



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86 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

On voit, d'aprfes les conjugaisons qui precedent des verbes dstre et 
aMirCy que ces deux Auxiliaires se suffisent et n'ont aucun besoin 
I'un de Tautre. II n'en est pas de meme en francais, ou le verbe 
avoir seul se suffit, tandis que le verbe dire se conjugue, dans ses 
temps composes, avec Tauxiliaire avoir. 

II est a remarquer aussi que dans les temps composes du verbe 
&stre, et contrairement aux regies francaises, le Participe passe que 
pr6c6de raiixiliaire s'accorde en genre et en nombre avec son sujet. 
Ainsi un bomme dira en parlant de lui, ou d'un, ou de plusieurs 
hommes : sioi estdt agantdt j'ai ete saisi, es estdt agantdt il a etc 
saisi, sou estdcli agantdch ils ont 6te saisis. Un homme ou une 
femme, s'ils parlent d'une ou de plusieurs femmes, diront : es estddo 
agantddo elle a et6 saisie, sou estddos agantddos elles ont 6te saisies. 
Une femme, enfin, dira d'elle-mfeme : sidi estddo agantddo ys.i ete 
saisie. 

Le contraire a lieu dans les m6mes temps du verbe ab^ire qui est 
aussi son propre auxiliaire. Le Participe passe s'accorde, comme en 
francais, en genre et en nombre avec son regime direct. Ainsi, un 
homme ou une femme diront Vai abut je Tai eu, Vai abudo je Tai 
eue, lous aourdn abiich nous les aurons eus, las aouridn abudos 
nous les aurions eues, selon qu'ils parleront d'un ou de plusieurs 
hommes, d'une ou de plusieurs femmes. 

Ab^ire signiflant poss^der et dstre signifiant exister cessent 
d'etre auxiliaires et ont un Imperatif dont ils sont prives quand ils 
sent auxiliaires. — Exemples : acMn de courage ayons du courage, 
sidgo sdche sois sage. 

Abdire signifiant exister devient Impersonnel : i-6 il y a, i-abio 
il y avait, i-aouro il y aura, i-aourd abut il y aura eu. 

On remarquera, dans les exemples qui precedent, auxquels nous 
pouvons ajouter i-es il y est, que Tadverbe t (y en francais) forme 
diphtongue avec les voyelles initiales e du verbe es, o et a du verbe o. 
abio, et ne forme qu'un son avec ces dernieres comme dans ie du 
mot francais pied, dans io du mot fiole et ia du mot Diable. 



EXERGIGES. 



Je suis bien range, mais toi tu es trop minutieux. — L'amadou 
Sioi pla recatdt, md tus sios t7'o{p) ticous, — U^sco 



6RA.MMAIRE LANGUEDOdENNE. 87 

est un champignon qui vient sur le ch6ne. — Le tonnerre a 
es un champignoim que ven sul roidre. — Lou trdn o 

br616 rScorce de ce fr6ne. — Je ne suis pas sur de ce 
b?^uUd{t) la rusco d'aqu^l frdisse. — Sidi pas segu (Vaqu6l 

cheval; il rue pourpeuqu'on le touche. — 

chabdl; reguinno tan-si-pu qu'on lou tdque, ou tan pdou qu'on 

On a verse la soupe. — La malpropret6 dans les 
lou tdque. — Oou esculldt la soitpo, — La saloupatnd din las 

cuisines engendre les calards et les blattes. — II faut que 
cousinos counginyo las panatidiros e lous pud6ns. — Cal que 

tu restes tranquille et que tu ne me deranges pas. — Ce vin a 
demdres tranquille e que me destdrbes pas. — Aqu6l vi es 

6t& trouble jusqu'i ce qu'on Tait soutir6. — 11 y avait 
est at trebdul juscos a tan que Vdchou trabucdt. — I-abid 

beaucoup de chiendent dans cette vigne. On a pass6 tout Thiver 
fossa gran dins aqu6lo vigno, I-doupassdt tou{t) Vhib&r 

a Tarracher. ~ Sols poll avec ceux qui le sont envers 
pdy lou derabd. — Sidgo-s-hoiindste dmbe lous qu'ou sou an 

toi. — II a 6te battu; mais, n'ayez point d*inqui6tude, il se 
tus. — Es estdt assibaddt; mds, acMs pa(s) Idgui, se 

vengera. — II faut que vous soyez bien maladroit pour marcher 
rev^nchard. — Cal que siaguds pla emperit pdr paoucigd 

ainsi sur le pied de votre voisin. — Nous serons demain 
antdl vdstre vesi. — Serdn demdn 

chezvous; ne vous en allez pas. — II eilt fallu que 
a vostr'oustdl; vou{s) {e)n anes pas. — Aou{r)i6 cargut que 

vous fussiez bien aimable pour obtenir qu'il le fut lui-m6me. 
siaguisses pla amistouso pdr aoutdne qu'ou siagudsso el-mdmes. 

— Avec qui est-il venu? Ma femme eut 6t6 enchant6e de 

— Ambe cal esti vengut? Ma finno serid {e)stddo {e)ncantddo de 

voyager avec lui. — Qui quo ce soit doit vous aimer. — II prendra 
vouiacJid and'el. — Cal que sidgo diou vous aimd. — P(r)endr6 

quelle que ce soit. — Apres avoir bien murmure, elle s'est endor- 
qudno que sidguo. — Aprds abdire pla roudindt, s'es endrou- 



J 



S3 GRAMMAIUE LANGDEDOCIENNE. 

mie. — II est a souhaiter qu'il vienne bient6t. — Vous elites beau 
mido. — Es de souHd que v6ngue l&ou. — Achdres b^{l) 

temps toute la journee, mais je crains qu'aujourd'hui nous ayons 
tens touto lajournddo, mis ai poou queyoi acMn 

le brouillard, la pluie, la neige ou, tout au moins, une bruine. 
la ndblo, la pldcho, la ndou ou, tout al mens, uno blainechddo. 

— II y eut beaucoup de morts dans la bataille que nous livrames 

— I-achet fosso moi^s din la bat ay o que dound7*en 

Tannee derniere ; Tennemi et nous aussi avons eu de grandes 
Van passdt ; Venemic e ndoittt^es atab4 abdn abu{f) de fdrtos 

pertes : si nous avions eu plus d'hommes, nous aurious eu 
pdrdos : s'abidn abut mat de 7noimde, aouridn abut 

bien plus vite regagne nos foyers. — Voili qu'il 
bdl-cop pu(s) vite agandi{t) nosires oustdls. — Achds aqtci qvc 

pleutl mais, n'ayez pas peur, ce grain passera et nous ne 

ploou! mds, acMspais) Idgui, aqu6lo rama^sddo passard e 

serons pas mouilles; ouvre tout a fait ton parapluie. Parbleu f 
seHn pais) bagndch ; aldndo toun parasdL Per mows! 

ce ne sera pas trop tot I nous trouverons peut-etre par ici 
serd pas tro{p) Idou! trapar6n sdique pdrquin aid 

quelque grotte pour nous abriter. — Brossez-moi la veste, 
cdouco crdto pir nous abrigd, — Espoidso-me lou boumbdssi, 

il y a un doigt de poussiere. — La fricass6e s'est attrapee a la 
i-o (u)n det de poulsieiro. — Lou fric6{t) s'es rumdt din la 

po61e, elle sentira le roussi. — J'ai rencontr6 ma belle-soeur: 
paddno, sentird lou rahindt, — At rancountrdit) ma cougnddc : 

elle a et6 tres malade, aussi lui ai-je trouve raauvaise mine. — 
.es estddo pla maldouto, tabd i-ai t7^apd{t) michdnto mino. — 

Quand nous eumes ete reposees nous etimes plus de plaisir a 
Quan siagucren estddos paousddoSj achdren mai de plas^ a 

promener. — Les jujubes etaient bien hautes sur Tarbre, mais 
passechd. — Las guindoulos erou pla ndoutos su Vdoubr^e^ 7n^ 

nous les avons atteintes; nous en avons ramasse un petit tas. 
las abcn ate^igudos; n*aben acampdt un 7noiiloun^t, 



GHAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 89 

Si vous eussiez eu une petite echelle, je vous Taurais empruntee : 
S'abids abut un{o) escaUto, vou(s) Vaou{7^)id man-livado : 

il y en avait tant et plus! 
gn*abi6 que jamdi! 

DES VERBES ACTIFS. 

Tous les verbes languedociens de notre dialecte se terminent, 4 
rinfinitif, en a, en e ou en f, d'ou trois sortes de conjugaisons. Les 
lettres constituant le reste du mot ferment le radical, lequel, dans 
les verbes r6guUers de la premiere et de la troisiSme conjugaison, et 
dans une notable partie de ceux de la deuxifeme, demeure constam- 
ment le mSme k tous les Modes et a tous les Temps, sauf les rares 
exceptions que nous signalerons dans la Premiere et la Troisieme 
conjugaison et celles, plus nombreuses, de la Deuxieme. 

Les terminaisons, qui different dans chacune des trois conju- 
gaisons, varient selon les Modes, les Temps et les Personnes; mais 
elles sont toujours les m^mes pour tous les verbes reguliers de la 
m6me conjugaison. 

PREMIERE CONJUGAISON EN A. 

Les verbes de la Premiere conjugaison en a ont leur Participe 
Pass6 en at. Le radical ne varie pas, a Tordinaire, dans tout le cours 
du verbe. Tout s'y passe regulierement et slmplement. 

CONJUGAISON DU VERBE AIMA, AIMER. 







INDIGATIF. 








PRESENT. 


IMPARFAIT. 


dim 


e 


j'aime 


aim dbe 


j'aimais 


dim 


OS 


tu airiies 


aim dbos 


tu aimais 


dim 





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il aimait 


aim 


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nous aimons 


aim dben 


nous aimions 


aim 


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vous aimez 


aim dbes 


vous aimiez 


dim 


ou 


ils aiment 


aim dbou 


ils aimaient 



90 



GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE, 



PASSE D^FINI. 



PASS£ IND^FINI. 



aim dre 
aim dros 
aim dt 
aim iren 
aim dres 
aim drou 



J aimai 
tu aimas 
il aima 

nous aimAmes, 
vous aimates 
ils aimerent 



ai aim at 
as aim at 
aim at 
aben aim at 
abds aim at 
oou aim at 



j'ai aimS 
tu as aime 
il a aimS 
nous avons aime 
vous avez aime 
ils ont aim6 



PASSfi ANTERIEDR. 



ach&re 

acheros 

achet 

achcren 

acheres 

acherou 



aim at 
aim at 
aim at 
aim (it 
aijn tit 
aim at 



J eus aime 
tu eus aim6 
il eut aim6 
nous eumes aim6 
vous eutes aime 
lis eurent aime 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



abid 


aim 


dt 


j'avais aime 


abids 


aim 


dt 


tu avals aime 


abid 


aim 


dt 


il avait aimS 


abidn 


aim 


dt 


nous avions aime 


abids 


ai?n 


dt 


vous aviez aim6 


abiooic 


aim 


dt 


ils avaient aime 

FUTUR. 


aim ardi 






j'aimerai 


aim ards 






tu aimeras 


ai77i a7*d 






il aimera 


aim aren 






nous aimerons 


aim ards 






vous aimerez 


aim ardou 






ils aimeront 



GHAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



91 



FDTUR PASS6. 



aourdi 


aim 


dt 


j'aurai aime 


aourds 


aim 


dt 


tu auras aime 


aou7^d 


aim 


dt 


il aura aime 


aouHn 


aim 


dt 


nous aurons aime 


aourds 


aim 


dt 


vous aurez aim6 


aourdou 


aim 


dt 


ils aurontaime 






IMPfiRATIF. 




dim 


\ 


aime 

• 




aim 


! dn 


aimons 




aim 


\ ds 


aimez 



CONDITIONNEL. 







PRlfeSENT. 


aim arid 






j'aimerais 


aim arias 






tu aimerais 


aim arid 






il aimerait 


aim aridn 






nous aimerions 


aim arids 






vous aimeriez 


aim aridou 


r 




lis aimeraient 

PASSE. 


aou{r)id 


aim 


dt 


j'aurais aime 


a()u{r)i6s 


aim 


dt 


tu aurais aime 


aou(r)id 


aim 


dt 


il aurait aime 


aou{r)idn 


aim dt 


nous aurions aime 


aou{r)ids 


aim 


dt 


vous auriez aime 


aou{r)i6ou 


aim 


dt 


ils auraient aime 



92 



GHAMMAIRE LANGDEDOCIENNE. 



SUBJONCTIF. 



PRESENT. 



quatm 


e 


qu'dim 


es 


qu'dim 


e 


qu'aim 


6n 


qu*aim 


4s 


qu'dim 


ou 



que j aime 
que tu aimes 
qu'il aime 
que nous aimions 
que vous aimiez 
qu'ils aiment 



IMPARFAIT. 



qiiaim 
qu'aim 
qu'aim 
qu'aim 
qu'aim 
qu'aim 



dsse 

dssos 

dsso 

dssen 

dsses 

dssou 



que J ai masse 
que tu aimasses 
qu'il airaiit 
que nous aimassions 
que vous aimassiez 
qu'ils aimassent 



PARFAIT. 



qu'dche 

qu'dches 

qu'dche 

qu'acMn 

qu'acMs 

qu'dchou 



aim dt 
aim dt 
aim dt 
aim dt 
aim dt 
aim dt 



que j'aie aim6 
que tu aies aime 
qu'il ait aime 
que nous ayons aim6 
que vous ayez aime 
qu'ils aient aime 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



qu'achesse 

qu'achdssos 

qu'achesso 

qu'achessen 

qu'achesses 

qu'achdssou 



aim dt 
aim dt 
aim dt 
ai7n dt 
aim dt 
aim dt 



que J eusse aime 
que tu eusses aim6 
qu'il eiU aime 
que nous eussions aime 
que vous eussiez aim6 
qu'ils eussent aime 



GRAMMAIRK LANGUEDOGIENNE. 



93 



INFINITIF. 



PRESENT. 



PASSE. 



mm a 



aimer 



aMire aim at avoir aim6 



PARTICIPE. 



PRESENT. 



PASSlg. 



aim ^n aimant 



aim at aim6 



Observations sur l'Imp^ratif. — Dans le cas oil rimp6ratif est 
negatif, on emploie, pour les secondes personnes du singulier et du 
pluriel, celles du Subjonctif Present sans le que, — Exemples : 
aimes pas n'aime pas, aimes pas n'aimez pas. 

Dans les deux cas, positif et n^gatif, si on veut se servir, au sin- 
gulier et au pluriel de rimp6ratif, des troisiemes personnes, on les 
emprunte aussi au Subjonctif Present avec le que, — Exemples : 
qu*dime quUl airae, qu'airne pas qu'il n'aime pas; quUiimou qu'ils 
aiment, qu'aimou pas qu'ils n'aiment pas. 

Ces observations s'appliquent aux trois conjugaisons. 

Ainsi se conjuguent les verbes suivants : 

verbes agtifs. 



acabd achever 
acampd ramasser 
alandd ouvrir grandement 
aremassd amasser 
arouina miner 
asagd * arroser 
asugd * aiguiser 
assegutd poursuivre 
aoussd hausser 
barrd fermer (une porte) 
boulegd ♦ remuer, agiter 



cargd * charger 

cercd * chercher 

cfiucd * sucer 

coungriyd engendrer, cr6er 

courdurd coudre 

delembrd oublier 

destourbd ** d6ranger 

embucd * gorger (les oies) 

enfusca * exciter 

entanchd avancer (un ouvrage) 

entemend entamer 



94 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



escampd jeter 

escarpend 6charper (quelqu'un) 

escay^aougnd egratigner 

esclafd ecraser 

esculld verser (la soupe) 

espalld assommer 

espaourugd * effrayer 

espinchd epier. 

espoulsd brosser (les habits) 

esquinsa dechirer (les habits) 

estacd * attacher 

fointa fouetter 

fringd * flirter 

Idea * lecher 

mensound appeler par son nom 

motccd ** moucher 

ndgd * noyer (verbe) 

ounchd oindre 

paoucigd * marcher sur le pied 



penchd pendre 

pescd * p^cher (verbe) 

poudd tailler la vigne 

pj^ensd presser (au pressoir) 

quichd presSer en general 

rabind roussir par le feu 

raoubd voler, derober. 

recachd attraper au vol 

regoiilumd pelotonner sans soin 

regussd retrousser 

sanchd changer 

semend semer 

sound ** sonner 

tancd * fermer 

toucd ** toucher 

trued * heurter 

tugd * tuer 

trehould troubler 

tuteehd tutoyer 



VERBES NEDTRES. 



Se conjuguant avec dstre 

at^ribd arriver, survenir 
dabald descendre 
deeedd deceder 
demourd ** tarder 



mountd ** monter 
passd passer 
toumbd ** tomber 
tournd ** revenir 



Se conjuguant avec abdire : 

bramd braire 
brounzind bourdonner 
eabirould ** cabrioler 
eabussd plonger 
callevd faire bascule 
eoiid couver 
erenid craindre 



eridd crier 

eugd * fermer les yeux 

demourd ** habiter 

dinnd diner 

jougd jouer 

7naind diminuer 

nadd nager 



paoupd hesiter 
passejd promener 
pastissechd tripoter 
plounchd plonger 
rachd, rajd couler 
rebdcd * rSpliquer 
reguinnd ruer 
renegd * jurer 
repoutegd * bougonner 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 95 

round ** rouler 

rouncd ronfler 

roundind grogner 

7'oupiyd dormir 

saraiechd tracasser une serrure 

soumdcd * sangloter 

sounchd rever 

trabayd travailler 

ti^epd aller, venir, sur place 



Remarques. — Nous avons dit que dans les Verbes r6guliers de la 
Premiere conjugaison le radical demeurait invariable; TOrthographe 
exige pourtant, dans certains cas, de ISgeres variations. Ainsi, tous 
les verbes termines en ca et en ga changent le c en qu et le g en gu 
au pass6 deflni, St la premiere personne du pluriel de rimp6ratif, au 
present et i Timparfait du Subjonctif et au Participe present. 

Ainsi font les verbes marques d'un ast6risque (*) dans TenumSra- 
tion qui pr6cede et dont voici quelques-uns pris pour exemple : 



INFINITIF 


INDICATIF 


SUBJONCTIF 




IMPERATIF 


Present. 


Passe dcG 


ni. 


Present * . 




et Participe 


P». 


bouldgd 


boulegu 


dre 


que boulegu 


e 


boulegu 


in 


biscd 


bisqu 


dre 


que bisqu 


e 


bisqu 


6n 


cugd 


cugu 


dre 


que cugu 


e 


cugu 


4n 


enfuscd 


enfusqu 


dre 


qu'enftisqu 


e 


enfusqu 


6n 


estacd 


estaqu 


dre ' 


qu*estdqu 


e 


estaqu 


4n 


fringd 


fringu 


dre 


que fiHngu 


e , 


fringu 


€n 


Idea 


Idqu 


dre 


que Idqu 


e 


Idqu 


dn 


pescd 


pesqu 


dre 


que pdsqu 


e 


pesqu 


in 


7'endgd 


renegu 


dre 


que rendgu 


e 


rendgu 


in 


soumdcd 


soiimdqic 


dre 


que soumdqu 


e 


soumdqu 


in 


tiigd 


tugu 


dre 


que tugu 


e 


tugu 


in 



Quant aux Verbes marques d'un double asterisque (^*), ils servent 
de type i un certain nombre de verbes terminus a rinfinitif en ou...a 



1. Le pen de place en largeur dont nous disposons ne noas a pas permis de loger 
dans ce tableau I'imparfait du Subjonctif, qui fait : que boulegii-esso, que bisqu-esso, 
que cugu-4ssOy qu'enfusqu-esso, etc., etc. 



96 



GRAMMAIRE LANGtlEDOCIENNE. 



qui ont une consonne simple ou redoublee, ou meme deux et trois 
consonnes entre la voyelle ou et Ya final. Ces verbes modifient tous 
leur radical : P aux trois personnes du singulier et a la troisi^me da 
pluriel de Tlndicatif present ; 2*» aux mfimes personnes du Subjonctif 
present; 3® k la seconde personne du singulier de llmperatif. 
Ainsi : toucd toucher, jougd jouer, sound appeler, font : 

INDICATIF PRESENT. 



tdqu 


e 


idgu 


e 


sdn 


e 


tdc 


OS 


idg 


OS 


sdn 


OS 


tdc 





' idg 





sdn 





touc 


an 


joug 


dn 


soun 


dn 


touc 


ds 


joug 


ds 


soun 


ds 


tdc 


ou 


Jdg 


ou 


sdn 


ou 






IMPERATIF- 






tdc 





Jdg 





sdn 





touqu 


6n 


jougu 


^n 


soun 


6n 


touc 


ds 


joug 


ds 


soun 


ds 



SUBJONCTIF PRESENT. 



que tdqu e 

que tdqu es 

que tdqu e 

que touqu d7i 

que touqu 4s 

que tdc ou 



que jogu e 
quejdgu e* 
que jdgu e 
que jougu 4n 
que jougu 6s 
que jdg ou 



que sdn e 

que sdn es 

que sdn e 

que soun in 

que soun 6s 

que sdn ou 



Ainsi se conjuguent les verbes suivants et leurs composes : 



Inftnitif. 

aborder abou7^dd 

abroger abroujd 

accoucher acouchd 

accommoder acoiwioudd 



Indicatif, Subjonctif. 


Imperatif 


abdr^de 


abdj'do 


dbrdge 


abrdjo 


acdcJie 


acdcho 


acotmidde 


acoumddo 



GRAHMAIRE lANODEDOGIENNE. 



97 





Inflnitif. 


Indicatif, Subjonctif. 


Imperatif. 


accorder 


acou7'dd 


acorde 


acd7'do 


accoster 


acoustd 


acdste 


acosto 


accrocher 


acrouchd 


acrocfie 


acrdcho 


adorer 


adourd 


addre 


adoro 


adopter 


adoutd 


adote 


addto 


aiguiser 


amould 


amdle 


amOlo 


amorcer 


amourfd 


am6rce 


amoi^QO 


aposter 


apoustd 


apdste 


apdsto 


apostropher 


apoustroufd 


apoustrdfe 


apoustr6fo 


approcher 


aprouchd 


aprdche 


aprdcho 


arborer 


ai-'bould 


arbdle 


ai^bdlo 


absorber 


assourbd 


assdrbe 


assdrbo 


avorter 


dbourtd 


aborte 


abdrto 


barboter 


barboutd 


barbdte 


ba?'bdto 


border 


bourdd 


boi'de 


bdi^do 


borner 


. boumd 


bdrne 


bdr^no 


brocher 


brouchd 


broche 


brocho 


broder 


bj'Oiidd 


brode 


brddo 


brosser 


broussd 


b7\isse 


brdsso 


calotter 


caloutd 


caldte 


caldto 


chapoter 


chapoutd 


chapote 


chapdto 


bavarder 


jai^goutd 


jargote 


jai^gdto 


gigotter 


gigoutd 


gigdte 


gig6to 


rester coi 


choutd 


chdte 


clidto 


coucher 


couclid 


cache 


cdcho 


coiffer 


coufd 


c6fe 


c6fo 


cofTrer 


coufrd 


c6fve 


cdfro 


coUer 


could 


cdle 


c6lo 


composer 


coumpousd 


coumpdse 


coumpdso 


conformer 


counfoumid 


counfdrme 


counfdi^mo 


conforter 


counfourtd 


counfdrte 


counforto 


consomuier 


counsoumd 


coimsdme 


cou7isdmo 


compter, center countd 


conte 


conto 


consoler 


counsould 


counsdle 


counsdlo 


controler 


contoi'oulld 


contordlle 


cont07'6llo 


convoquer 


counvoucd 


counvdque 


coii7ivdco 


couper 


coupd 


cope 


cdpo 


corder - 


courdd 


cdrde 


cdrdo 



98 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



Inflnitif. 


Indicatif, Subjonctif. 


Impiratif. 


corner 


cournd 


c67^ne 


cdrno 


coCiter 


cousin 


cdste 


cdsto 


coter 


coutd 


cote 


coto 


rendre crochu 


croucd 


crdque 


croco 


acheter 


croumpd 


crompe 


cvdmpo 


vodter 


croutd 


crdte 


cvdto 


desarticuler 


debigoussd 


debigdsse 


debigosso 


dSborder 


debowdd 


debdrde 


debdrdo 


decorer 


decourd 


decdre 


decdro 


egorger 


degouixhd 


degorche 


degorcho 


rester 


demourd 


demdre 


demdro 


d6plorer 


deplourd 


deplore 


depldro 


depoter 


depoutd 


depdte 


depoto 


d6shabiller 


despouyd 


despdye 


despoyo 


defoncer (i* terra) 


dessould 


dessdle 


dessdlo 


asticoter 


desticoutd 


desticote 


desticdto 


deranger 


destourbd 


destdrbe 


destdrbo 


developper 


develoupd 


develdpe 


develdpe 


divorcer 


divourgd 


divdfxe 


divdrgo 


disloquer 


disloucd 


disldque 


disldco 


donner 


dound 


ddne 


ddno 


dompter 


dountd 


ddnte 


ddnto 


dorloter 


dourloutd 


dourldte 


dourldto 


droguer 


drougd 


drdgue 


drdgo 


efQlocher 


efllouchd 


eflloche 


efildcho 


6borgner 


embourid 


e^nborie 


emboiHo 


embrocher 


embrouchd 


embroche 


embrdcho 


empocher 


empouchd 


empoche 


empdcho 


englober 


engloubd 


engldbe 


engldbo 


interpoler 


enterpould 


enterpdle 


enterpdlo 


interroger 


enterroujd 


entei^rdje 


ehtevrdjo 


envoyer 


embouyd 


embdye 


embdyo 


6piloguer 


epilougd 


epildgue 


epildgo 


escamoter 


escamoutd 


escamdte 


escamoto 


Scorcher 


escourchd 


escdrche 


escorcho 


escorter 


escourtd 


escdvte 


escdrto 


explorer 


esplourd 


esplOre 


espldro 


extorquer 


estourcd 


estdrque 


estdrco 



1 



GRAMMAIRB LANGUEDOCIENNE. 



99 



Infinitif. 


Indicatif, Subjonctif. 


Imp6ratif. 


evaporer 


evapourd 


evapdre 


evapdro 


evoquer 


evoucd 


evdque 


evdco 


fagotler 


fagoutd 


fagote 


fagoto 


flagorner 


flagournfi 


flagovne 


fiagdrno 


flotter 


floutd 


fldte 


floto 


forger 


fourchd 


forche 


forclio 


former 


fonrmd 


fdi^me 


forma 


forcer 


four^d 


force 


forgo 


fricoter ^ 


fricoutd. 


fricdte 


fricdto 


galopper 


galoupd 


galdpe 


galdpo 


garrotter 


garroutd 


garrdte 


garrdto 


gober 


goubd 


gdbe 


gobo 


honorer 


hounourd 


houndre 


houndro 


ignorer 


ignourd 


igndre 


ignoro 


imraoler 


immould 


immdle 


immdlo 


jouer 


jougd 


jdgue 


jogo 


loger 


loujd 


loje 


lojo 


lorgner 


lourgnd 


Idrgne 


Idrgno 


mannotter 


marmoutd 


marmdte 


marmdto 


moucher 


moucd 


mdque 


mdco 


mouler 


mouUd 


mdlle 


mollo 


nettoyer 


moundd 


mdnde 


mdndo 


monter 


mountd 


mdnte 


mdnto 


montrer 


moustrd 


mdstre 


mdstro 


nommer 


noumd 


name 


ndmo 


noter 


noutd 


note 


noto 


ourler 


ourld 


orle 


orlo 


orner 


ournd 


6rne 


orno 


picorer 


picourd 


pic6re 


pic6ro 


picoter 


picould 


picdte 


picoto 


• 

piloter 


pilouta 


pilote 


piloto 


pivoter 


piboutd 


pibote 


piboto 


ponter (aujeu) 


pountd 


pdnte 


pdnto 


porter 


pourtd 


pdrte 


pdrto 


poster 


poustd 


poste 


pdsto 


prouver 


proubd 


prdbe 


probo 


proner 


pround 


prone 


prono 


raboter 


raboutd 


rabdte 


raboto 



100 



6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



raccoler 

radoter 

raffoler 

se rencogner 

se ressouvenir 

remorquer 

reprocher 

r6torquer 

revolter 

rissoler 

vagabonder 

rouler 

rosser 

avoir le hoquet 

sommer 

sonner 

sufToquer 

supposer 

toucher 

tomber 

torcher 

revenir 

tricoter 

houspiller 

tonner 

trotter 

voguer 

voter ^ 



Infinitif. 

7^acould 

i^adoutd 

rafoxild 

se rancougnd 

se re?nemourd 

remoucd 

i^eprouchd 

retourcd 

7^evoultd 

rissould. 

roudd 

roulld 

roussd 

sangloutd 

soummd 

sound 

sufoucd 

supousd 

toucd 

tounibd 

tourchd 

tournd 

tricoutd 

trigoussd 

tround 

troutd 

vougd 

voutd 



Indicatif, Subjonctif. 

racdle 

radote 

rafale 

me rancdgne 

me rememdre 

t^emdque 

rept^dche 

retdrque 

revdlte 

rissdle 

rdde 

rdlle 

rdsse 

sangldte 

sdmme 

sdne 

sufdque 

supdse 

tdque 

tdmbe 

tdrclie 

tdrne 

tricdte 

UHgosse 

trono 

trdte 

vdgue 

vdte 



Imperatif. 

racolo 

rad/do 

rafdlo 

rancdgno te 

rememoro te 

remdco 

reprocho 

retdrco 

retdlto 

rissdlo 

rddo 

rollo 

rosso 

sangldto 

sdmmo 

sdno 

sufdco 

supdso 

tdco 

tdmbo 

t67Xho 

tdrno 

tricdto 

trigdsso 

irdto 
vdgo 
vdto 



Cette legfere variante ne suffit pas pour faire classer ces verbes au 
nombre des verbes irr6guliers. ^ 

Les verbes ci-apres, termines aussi en ou... a, suivent la conjugai- 
soii reguliere, sur aimd, en tenant compte, toutefois, de Tobserva- 
tion dej^ faite relativement aux verbes ayant la terminaison en ca et 
en ga. (V. pp. 95 et 96.) 

1. Le verbe pupld peupler, qiioiquo n'ayant pas sa terminaison en oti... a. suit 
la regie des verbes precedents et fait, & I'lndicatif, liople, pdplos, pdplo, pupldn, 
puplds, p6plou\ au subjonctif, que pdple, que poples, que pdple, que puplen^ 
que puples, que pdplou, et, A I'lmperatif, pdplo. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNfi. 



101 



abandound abandonner 
s'aboucd s'aboucher 
aboundd abonder 
s'acantound se cantonner 
s'ttcatould se pelotonner comme 

les chats 
acoupld accoupler 
adoubd radouber 
s'afould se fouler 
afrountd affronter 
agrampound cramponner 
ajoumd ajourner 
aloungd alloDger 
amoulound mettre en tas 
s'amourrd tomber sur le visage 
amoussd ^teindre 
anounsd annoncer 
aplampound prendre a pleine^ 

mains 
arboutd arc-bout er 
arpound harponner 
assadould rassasier 
assoumd assommer 
assasound assaisonner 
s'atroupd s'atrouper 
bastound b&tonner 
bayound baillonner 
bii'ound percer a la vrille 
bloucd boucler 
bourchound bourgeonner 
bourdound bourdonner 
bourld plaisanter 
bourrd bourrer 
broussd tourner (le lait) 
boutd (vieux) pousser 
boutound boutonner 
bouyound bouillonner 
bransould bercer doucement 
brounchd broncher 



brounzd bronzer 

broutound pousser des feuilles 

cabirould cabrioler 

canound canonner, tuyauter 

cansound chansonner 

caparassound caparagonner 

capound caponner 

carbound <;harbonner 

cariyound carillonner 

cloufd gonfler 

se coufld se gonfler 

could couler 

countow^nd contourner 

couround couronner 

se courrougd se courroucer 

couyound plaisanter 

crayound crayonner 

crousd croiser 

se cussound se piquer (des vers) 

deboundd debonder 

debourrd dter la bourre 

deboursd debourser 

deboutd debouter 

desfounsd defoncer 

degoutd degoutter 

degoustd degouter 

demoutd emotter 

denoumbrd denombrer 

derasound deraisonner 

deroutd derouter 

desarsound desarconner 

descougd couper la queue 

descoumbrd deblayer 

descroustd decroftter 

dessoutd trahir, d^noncer 

se destimbourld s'ahurir 

destroussd detrousser 

douchd doucher 

doupld doubler 



103 

doutd douter 
s*eboulld s'6bouler 
echantiyound fichantillonner 
s*embourrd s'en... ficher! 
emboutd remplir un fut 
s*embrouncd bouder 
empeissound empoissonner 
emprisound emprisonner 
s'enamourd s'amouracher 
s*encapuchou7ids* enctifiichonner 
s* enchichourld s'enivrer 
s'enchipound se mettre mal 
enfounzd enfoncer 
enfourcd enfourcher 
enfournd enfourner 
enfuround mettre en fureur 
s*engoufrd s'engoufTrer 
ensourdd ennuyer 
entound entonner (music.) 
embiround environner 
esb7^oufd Stonner 
esclaboussd eclabousser 
escoubd (vieux) balayer 
escoutd 6couter 
escroulld ecrouler 
escussound ecussonner 
esfarouchd effaroucher 
s*esfound7^d s'effondrer 
s*espaoumound crier 
esperound eperonner 
esplound espionner 
espoulsd battre (les habits) 
espoungd Sponger 
espousd epouser 
estansound 6tayer 
estoufd etouffer 
estoumpd estomper 
estound etonner 
faissound faconner 



6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



festound festonner 
fouchd piocher la terre 
fouffnd s'impatienter 
fould fouler 
froundd fronder, braver 
founsd mettre un fond 
fourfouyd f ureter 
fourrd fourrer 
(redound fredonner 
fripound friponner 
frissound frissonner 
gascoxind gasconner 
gasound gazonner 
gloussd glousser 
goudround goudronner 
goumd impregner 
gourgoutd bouillir fort 
gourrd tromper, filouter 
goustd gouter 
grifound griffonner 
grisound grisonner 
groupd grouper 
s'ibrougnd s'enivrer 
inoundd inonder 
jalound jalonner 
jalousd jalouser 
jangould geindre 

loiifd 

loubd scier a deux 
ynaquignound faire Tarticle 
niaround gronder en dedans 
massound ma^onner 
mitound cuire k petit feu 
moussd mousser 
moutound moutonner (la mer) 
nousd nouer 
ou?nbrd ombrager 
ounchd oindre 
parpayound papillonner 






GRAMMAIRE 

patround patronner 
peloutound enrouler du fil 
pdrhoucd enduire les murs 
pirdound pardonner 
plafound plafonner 
plastround plastronner 
ploumbd plomber 
plourd pleurer 
poudd tailler la vigne 
potidrd poudrer 
poulissound polissonner 
poulsd respirer fort 
poumd pommer (choux) 
poumpd pomper 
poumpound pomponner 
pounchd piquer 
pounsd poncer 
poungound poingonner 
poupd (vulg.) t6ter 
pousd puiser 
poussd pousser 
rambourrd rembourrer 
ramound ramoner 
rancountrd rencontrer 
ransound ranconner 
rasound raisonner 
rayound rayonner 
recoub7^d recouvrer 
redoutd redouter 



LANGUEDOGIENNB. 103 

roucould roucouler 

routd roter 

sabound savonner 

samboutd secouer en tout sens 

sabourd savourer 

segoundd seconder 

sdrmound sermonner 

seyound sillonner 

soufrd soufrer 

soufld sou filer (beignet) 

sould (vieux) avoir coutume de 

soundd sonder 

sounchd songer 

soupd souper 

soused soupirer 

siibraboundd surabonder 

talound talonner 

tamboui^nd tambouriner 

tampound tamponner 

tisound tisonner 

tourrd torrefier 

se tourrouyd prendre le soleil 

se tremoussd se trfimousser 

trebould troubler 

troupld troubler 

troumpd tromper (une fiUe) 

troussd trousser (cuis.) 

vould voler (des ailes) 

etc*) 6ic« 



Le seul verbe r^ellement irregulier de la premiere conjugaison est 
and aller, verbe neutre, qui se conjugue avec dstre; mais Tirrigu- 
larit6 ne se trouve que dans les trois personnes du singulier et la 
troisifeme du pluriel de Tlndicatif present, et k la seconde person ne 
de rimpSratif. 



104 



ORAMMAIHE LANODEDOCIENNE. 



Present. 



VERBE IRRfiGULIER ANA, ALLER. 







INDIGATIF. 




vdou 


je vais 


Imparfait. 


an-dbe j'allais, etc. 


vds 


tu vas 


Pass6 d6f. 


an-ere j'allai, etc. 


vo 


il va 


Pass6 ind^f. 


sioi an-dt. 


an-dn 


nous aliens P. ant. 


siagu'ire an-dt, etc 


an-ds 


vous allez 


Pl.-q.-p. 


dre an-dt, etc. 


vdou 


ils vont 


Futur. 

IMPfiRATIF. 


an-arai, j'iral, etc. 


vdi 


va 


Tout le reste est reeulier. 



an-^n allons 
an-ds allez 



EXERGIGES. 



Si le temps est beau, cette apres-midi nous irons promener dans 
Si lou tens es h^l, aqu6ste tantds anaren passechd din 

les alentours. Peut-6tre prefererais-tu aller en voiture; j*y 
lou tdivnendou. Be-ldou aima{r)i6S'ti mat and envoueturo; i-e 

vais quelques fois, mais chaque fois que j'y monte le mal au cceur 
vdou cdoucos fes, md chdco cop que i-e mdnte lou vomi 

me prend. — II me semble que le temps s'est refroidi : je suis 
mUigdnto. — Me par^s que lou tens s*es i^efrescdt : sioi 

toute raidie. Rah ! le soleil nous r^chauffera. Ce n'est pas 
tout{o) enretenddo, Td! lou soiirel nous escdoufard, Abim pas 

la peine de sortir, les nuages commencent a monter, et je vous 
sdoube de sourti, las nibous acoum^ngou de inountd, e vous 

assure qu'ils montent vite; il est possible que nous soyons 
assegiire que montou bite; se pot que siagu^n 

mouilles et tremp6s plus tot que nous ne pensons. S'il vienl a 
bagndch e saoussdch pu{s) leou qu*oun pensdn. Se ven a 



GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 105 

pleuvoir, ne serait-ce qu'une giboulee, nous ne pourrons pas 
pldoure, quan serid qu'imo ramassddo, pourrin pas 

depiquer; Tannfie derniere, quand nous depiquions, I'eau noya 
caoucd ; Vannddo passddo, pend6n que caoucdben, Vaigo ndgudt 

tout le tas de bl6 prdt k vanner sur le sol, et rien ne s'utilisa, 
iou(t) Vairdl pr6st{e) a ventd su Vdiro, e res s'aproufitdt pas, 

ni ble, ni paille, ni vannes. Maintenant, le vent souffle et cependant 
niblat, nipdyo, nipoulses, Aro, lou ven bufo e sapenddn 

il bruine encore. II faut que j'achete un autre parapluie ; le 
blain^chifi) incdro. Cal que me crdmpe un doutre parasdl; lou 

mien est tout en loques ; la petite me le dSchira d'un bout a 
miou es tout estripdt; la pichdto me VesquinsH d'un bout a 

I'autre. Je I'acheterai quand nous irons k la ville pour y 
Vdoutre, Lou croumpardi quant anar6n a la vilo pdr ie 

rester, et, en attendant, je le rapifecerai. C'est comme mon 
demourd, e en atendin, lou petassardi. Es coumo moun 

corsage qui est ouvert k toutes les coutures. Si tu pouvais 
casaquin que bado a touto(s) las courduros. Se me poudids 

me pr6ter un echeveau de fil plat, un d6 et quelques 
pj^estd un{o) escdgno de fiou passd, un duddl e cdoucos 

aiguilles, j'y ferais une reprise et, Ik oil il est en trop mauvais etat, 
aguyos, i-e farid iino sarcldo e, aqui ounVes tro{p) desandt, 

je mettrais un coeur. Je ferai un pli et un retroussis k mon 
i-e met{r)i6 un cur. Fardi un plea e un aoussdt a moun 

jupon. lifautaussi quej'ourle mes mouchoirs qui n'ont 
coutiyoim. Me cal atab6 fdir{e) un 6rle a mous moucadoics qu*oou 

de lisiferes que de deux cdt6s. Tu n'as point d'aiguillesi 

de simoids pa^ que de dous coustdch. As pa ches d' aguyos 1 

Pestel ma fiUe! que tu es mal pourvuel II n'est pas 6tonnant 
Tdrre ! ma flyo ! que sios mal prouvesido ! Es pas (es)toundn 

que tu fasses si pen de travail : tu ne fais que prendre 
que f agues tan paou de besoiigno : fas pas que quito 

et laisser. Je te vols faire ; tu ne penses qu'a des frivolit^s. 
pren, Te v6se manubrd ; p^nsos pas qu'd la fad^so. 



106 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Vai vat je le dirai k ta m^re, et, si tu reviens ici sans porter 
Bouto! vai! ou dirdi a ta mdire, e, se g'ai tdrnos san pourtd 

tout ce qu'il faut pour travailler, je ne te veux plus et pr6Rre 
tou{t) go que cal pir trabayd, te vdle pas pus e apref^e 

que tu restes oil tu etais. Tu iras te plaindre ensuite que je t'ai 
que demdres ount' dros. Tanards plane, pdi-aprds, que Vai 

prise en grippe ; il n'est pas moins vrai que je t'ai caressee plus 
atissddo; pa{s) mens t'ai amagnagddo mat 

d'une fois, mais tu te boursoufles et fais la moue des 
d'un cop, 7nd Vemhourd6scos e cdrgo(s) las ussos de s{u)ito 

qu'on te reprocbe quelque chose. Et puis, tu es mal habillee : tout 
qu'on te reprdcho quicdn. E pdi, sios mal fargddo : tout 

te pend; tu as ton corsage de dessous trouS; ta coiffe 
te poncho; as ta mateldto traoucddo; toun tiro-cur 

est sale ; on dirait que tu en as frott6 la poSle, ou le gril, ou 
es sdlle ; dirioou que n'as f^^utdt la pad^no, ou la grasiyo, ou 

le fond des chaudrons de ta grand'mere. Certainement, tu es 
lou quioiil des paivdls de ta gran. De segu, sids 

mise comme une p<is-grand-cbose. Quand tu as mis ton ficbu, 
aiifddo coumo {u)n goullamds. Quant as cargdt toun fichu, 

il fallait Tattacher avec une epingle. Lorsque j'^tais jeune, 
lou caid {e)staca dmb(e) un{o) espillo. Aldr qu^ire jouve, 

j'aimais la toilette et ne me mouchais pas du pied; toi, tu te 
aimdbe la tdl6to e me moucdbe pas an lou p6 ; tus, te 

moucbes avec la manche. AUons, en voila assez pour aujourd'bui; 
mdros dmbe ta mdncho. An4n, aqui n'i-oprou pdr idi; 

reviens a la maison et, demain, nous recommencerons. — Au 
enU'jrno t{e) a Voustdl e demdn recoumensar^n. — A I 

Palais-Bourbon se trouve un petit local ou Ton enferme 
PaldiS'Buurbou i-o un picho{t) 7n^mbre ount(e) embdrrou 

les deputes qui font trop de tapage. 
lous deputdch que fdou tro{p) de bardl. 



GRAMMAIHE LANGOEOOGIENNE. 107 



DEUXifiME CONJUGAISON, EN E. 

Si la marche de la premiere Conjugaison est simple et rSgulifere, il 
n'en est pas de mSme dans la deuxieme, en e, qui offre certaines 
complications. Les Verbes qui en font partie ont leur participe passe 
en ut^ sauf les exceptions que nous mentionnerons plus loin. 

Nous trouvons, dans les verbes reguliers de cette Conjugaison, 
deux types : 

Le premier, A, se compose de tons les verbes dont le radical 
demeure absolument invariable dans tout le cours du verbe; leurs 
participes passes sont en dut, put, ttit, ct leurs passes definis en 
derCj p&re, tdre^. 

Le deuxieme type, B, comprend tons les verbes reguliers dont le 
radical aiTecte, selon les Modes et les Temps, trois formes diffS- 
rentes qui ne sont pourtant pas les mfimes dans tons ces verbes, 
mais qui varient r6guli4rexnent dans ces mdmes Modes et Temps. 
Ces formes sont : 

P Une pour le Present et Tlmparfait de Tlndicatif, les secondes 
personnes singulier et pluriel de rimp6ratif et I'lnfinitif present; 

2<^ Une autre pour le Pass6 d6fini, la premiere personne pluriel de 
rimperatlf, le Present et Tlmparfait du Subjonctif et les deux Par- 
ticipes ; 

S^' Une troisieme, enfin, pour le Futur et le ConditionneP ; 

Ces verbes ont le Participe pass6 en cut, gut, chut ' et le Passe 
defini en qudre, gudi^e, cMre. 

1. Le verbe m^ire mettre et ses composes ametre, coumetre, se demetre, emp- 
ire, s'entremetre, doum^tre, perm^tre, aproutnetre, remetre, soumetre, tras- 
metre, appartiennent au type A en ce qu'ils n'ont qu'une forme de radical, sauf 
exceptionneUement au Participe passe, ou ils font mes au lieu de m^tut, qui se dit 
dans le Haut-Languedoc. 

2. A ce deuxieme type B appartiont le verbe prene prendre et ses composes 
apr^ne, coumprene, entreprene, reprene, susprene, parce qu'ils ont trois formes 
de radical. lis en ont cependant, par exception, une quatrieme au Participe passe, 
qui tsXipres au lieu de pre?igut. (Voy. note precedente.) 

3. Les verbes sdoupre savoir, ressdoupre recevoir, dont le Participe passe est 
en chut, sont du type B, car ils ont trois formes de radical, mais ils sont irreguliers 
en ce que les personnes usitees au singulier et au pluriel de I'lmperatif prennent 
toutes la deuxieme forme du radical, et que I'lnfinitif prend la troisieme forme au 
Ilea de la premiere. 



108 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Les terminaisons sont les mSmes dans les deux types, excepte a 
rinfinitif qui est en re dans le type A et en e dans le type B. 

II existe dans le type B d'autres formes de terminaison du Parti- 
cipe passe, telles que es, ach, ich, ioch, ist, dont nous parlerons 
quand nous traiterons des Verbes Irreguliers de cette deuxieme 
conjugaison. 



GRAMMAIRE LANG0EDOGI|»INE. 



109 






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GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE. 125 

Remarques. — Nous avons parte, en traitant de la Premifere Con- 
jugaison, de verbes termines a rinfinitif par ow... a avec une ou 
plusieurs consonnes ent^e ou et a, lesquels verbes modifient leur 
radical : 1^ aux trois personnes du singulier ei 4 la troisieme du 
pluriel de rindicatif present; 2^ aux niSmes temps et personues du 
Subjonctif, et 3^^ a la seconde personne du singulier de TlmpSratif. 
Or, nous trouvons, dans la Deuxi&me Conjugaison, quelques verbes 
qui se comportent de la mdme mani^re; mais tandis que. dans les 
susdits verbes de la Premiere Conjugaison, rinfinitif conserve le 
radical sans modification, il le modiiie dans ceux-ci. Pareille 
chose a lieu a llndicatif et au Subjonctif, ce qui fait que, dans ces 
verbes, le radical prend cinq formes. Ainsi font poiin^e pouvoir, 
p6ne pondre et voiirre vouloir ^ 



Ire forme. 

INDIGATIF 
PRESENT. 



pdd-e, pdd-es, pod {poud-dn, poud-^s, 2« forme), 

pdd'Ou. 
pdn-e, pdn-es, pon {poun-dn, poun-ds, 2*» forme), 

pdn-ou. 
vdl-e, V05S vol {voul'&n, voul-ds, 2* forme), 

v6l-ou. 



2« forme. 



IMPARFAIT. 



poud-id, poud-i6s, poud^id, potcd-idn, poud-ids, 

poud'idou. 
poun-iA, poun-ids, poun-io, poun-idn, poun-ids, 

poun-idou. 
voxi{iyi6, vou{l)-ids, vou{iyi6, vouiiyidn, vou{l)'ids, 

vou{l)i6ou. 



3« forme. 



PASSlg D^FINI. 



pousqU'6re, pousqu-dros, pousqu-et, pousqu-it^en, 

pousqU'&res, pousqu-drou, 
poungu'dre, poungu'&ros, poungu-dt, poun^ 

gu'&ren, poungu-Sres, poungu-drou. 
vourgu'^re, vourgu-^ros, vourgu-dt, vourgu-iren, 

vourgu'dres, vourgu-^rou. 



1. Le verbe voiirre vouloir est encore irregulier a la seconde personne du singu- 
lier de rindicatif present qui fait vos au lieu de voles. 



126 



IMPARFAIT 

DD 
SUBJONGTIF. 



GRAMSIAIRE LANGUEDOGIRNNE. 

/ que pousqu-esse, que pousqu-dssos, que pous 

qu'&sso, etc. 
qtie poungU'^sse, que pdungu-issos , que poun 

gu'&sso, etc. 
que vouvgu'&sse, que vourgu-dssos, que vour- 

gu-esso, etc. 



( poitsqu'^n, pousqu'is. 

IMPJ^RATIF 1 

, . , \ poungu-in (poun-ds, 2« forme). 
plunel. J . , 

, ^ [ vourgu'dn, vourgu-^s. 



PARTICIPE 
PRESENT. 



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pousqu'dn. 
poungu-^n. 
vourgu'dn. 



PARTICIPE 



pousqu- 



ut ) 
'id ) et. 



pousc'iit. 
. poungu'ta ) et, par contraction," { poung-id. 

PASSfi. I '* \ ) '^ 

vourgU'Ut j ( vourg-ut. 



4<^ forme. 

FUTUR. 



pour'7^di, pour-rds, pour-rd, pour-r^n, etc. 
pound'Vdi, pound-rds, pound-r^d, pound-r4n, etc. 
vour'7^di, vour-rds, vour-rd, vour-rdn, etc. 



CONDITIONNEL 
PRESENT. 



pow^-^Hd, pour-rids, pour-7*id, pour-ridn, etc. 
pound '{r)i6, pound '{r)i6s, pound- (r)i6, poun- 

d-{r)idji, pound'{r)ids , pound-{r)i6ou. 
vour-rid, vour-^Hds, vour-rio, vour-ridn, etc. 



INFINFTIF. 



(' pour-re. 
p6n-e (fait exception : il prend la premidre 

forme). 
vour-re. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 127 

5« forme. / que pdsqu-e, que pdsqu-es, que pdsc-o (que pous- 

qu'^n, que pousqu-^s, 3« forme), que pdsc-ou, 
que pdngu-e, que pdngu-es, que pdngu-o (que 
suBjoNGTiF I poungu'^n, que poungu-^s, 3« forme), que 
PRESENT. \ pdng-ou. 

que vdrgu-e, que v6rgu es, que v6rg-o {que vour- 
gu'dn, que vou7^gU'6s, 3« forme), que vdr- 
g-ou * . 



( pdsqu-o, et, par contraction, pdsco. 

IMPERATIF 1 »•« <• «« 

,. V P^>^> f^it exception et prend la premidre forme. 
siuguher. J ^ . ^ ^ ^ ^ ^, f 

{ vorgU'O, et, par contraction, vdrg-o. 



Sur le verbe p6ne se conjuguent ses composes resp6ne r^pondre, 
coy'^espdne correspondre. 

Deux autres verbes se conjuguent exacte men t sur le modfele de 
vdun^e; c'est ddrre endolorir (du latin dolere) et md^Te moudre (de 
molere)^ k la seule diflF6rence qu'ils prennent, k Tlnfinitif, une forme 
particuliere de radical, ce qui fait qu'ils en ont 



Ire forme. ( ddl-e, ddl-es, dot {doul-dn, doul-ds)^ ddl-ou, 

iNDiCAT. pr6s. I mdl-e, mdl-es, mol {moul-6n, moul-ds)^ mdl-ou. 

2« forme. ( dou{l)'id, dou{iyids, dou{l)'id, dou{l)-idn, etc. 

iMPAHPAiT. ( mouiiytd, mou{l)'i6s , mou(iyid, mou{l)idn, etc. 



3« forme. ( dourgu-^re, dourgu-dros, dourgu-&t, dourgu-iren, 
PAS8£ D^FiNi. \ etc. 

( mourgu'drej mourguriros, mourgu-M, etc. 



1. II est k remarquer que, de m^me qu'au Present de Tlndicatif, les premiere et 
seconde personnes du pluriel de ces verbes prennent la deuxi^me lorme du 
radical : poud-^n poud-es, poun-Sn poun-ds, voul-&n voul-es, ainsi, par analogie, 
les mdmes personnes du Subjonctif Present prennent la troisi^me forme : que 
pousqu-in que pousqu-es, que poungu-en que poungu-es, que vourgu-en que 
vourgu'^8. 



128 



IMPAHFAIT 

DU 
SUBJONCTIF. 



( 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

que dourgu'^sse, que dourgu-essos, que dour- 

gu'&sso, etc. 
que mourgu'dsse, que mourgu-essos, que mour- 

gu-dsso, etc. 



imp6ratif i dourgu'dn, dourgu-^s. 

pluriel. \ mourgu-^n, 7nourgu'4s. 

participe ( dourgu'^n. 

PRESENT, r mou7'gU'^n, 



PARTICIPE \ dourgu-ut ) . * .. ( dourgid. 

\ *^ [ et, par contraction, \ ., 

PASs6. / mourgU'Ut ) [ mourg-id 



4e forme. ) dour-rmi, dour-rds, dour-^^d, dour-r4n, etc. 

FDTUR. \ mour-rdi, mouy^-rds, mour-rd^ mouv-r^n, etc. 

csoNDiTioNNEL ( douv-vid, douv-rids, dour-tHd, dour-ridn, etc. 

PRESENT. I mou7^-ri6, mour-rios, mour-iHo, mour-tHdn, etc. 



B^ forme. 

SUBJONCTIF 
PRESENT. 



que ddrgu-e, que ddrgu-es, que ddrg-o {que dour- 
gu-^n, que dourgu-^s), que dd^^g-ou. 

que mdi^gu-e, que mdi^gu-es, que mdrgu-e {que 
mourgU'4n, que mourgu-is)^ que mdrg-ou. 



imp6ratif ( ddi^gU'O , , t- ( ddrg-o. 

\ , et, par contraction. { . 

smguUer. | moj^gu-o ) ( mo^^g-o. 



6« forme. 

infinitif. 



dov-re. 
mor-re. 



Le verbe d&rre n'est guere usit6 qn'a la troisieme personne de 
chaque temps, a I'lnfinitif et au Participe pass6. C'est un verbe 
Neutre, quoiqu'il affecte les allures du verbe Impersonnel. 

II existe d'autres verbes qu'on doit aussi classer dans le type B 
de la deuxieme conjugaison. Leur irr6gularile consiste surtout dans 
la terminaison du Participe passe ; les uns Font en ich et en iovh, 
d'autres en ach, et d'autres en ist et en it. 



GRAMMAIRfi LANOUKDOGIENNE. 



129 



VSRBES IKR^QUUERS DONT LE PARTICIPE PASS£ EST EN ick, idch 

ET AYANT QUATRE FORMES DE RADICAL. 



Ces verbes sont : escrioure Scrire, dire dire et cdire cuire et leurs 
composes : descrlouve, trdsa^ioure, prouscrloure , souscrioure; 
redlre, controdire, predire, se dedire, s^entredire; escdire et 
recdire. 

L'irregularit6, dans ces verbes, se trouve : pour escrioure, cdire 
et leurs composes, au present de Tlndicatif, k rimp6ratif et ai) Par- 
ticipe pnsse ; — pour dire et ses composes, k Tlmperatif et au Partl- 
cipe passe. 

NoTA. — Medire, enterdire et maoudlre font leur Partlcipe pass6 
en it (voir ci-apr6s pp. 130 et 131) : inedit, entdrdit, maoudit. 



±f forme. 

INDIC4TIF 
PRESENT. 



IMPARFAIT. 



\ 



(escribe, escrib-es, (escriou)^ eso^b'dn, esciHb'&s, 
escrib-ou, 
dis-e, dis-es, dis, dts*dn, dis-is, dls-ou. 
[ cds-e, cds-es, {c6i\ cos-Sn, cos-ds, cds-ou. 

M6me forme k rimp6ratif, seconde personne 
du pluriel, pour les verbes escrioure et cdire : 
escrib'&s, cos-ds. 



( 



escrib'id, escrib-ids, escrib-id, escrib-idn, escri- 

b-ids, escrib'idou. 
diS'id, diS'ids, dis-id, dis-idn, dis-ids, dis-idou. 
cos-id, coS'ids, cos-id, cos-idn, cos-ids, cos-idou. 



2« forme. 

PASS£ D^FINI. 



escrigu-ire, escrigu-dros, escrigu-M, escrigu-dren, 

escrigu-dres, escrigu-drou. 
digu-6re, digu-dros, digu-et, digu-6ren, etc. 
cogu'ire, cogu-dros, cogu-M, cogu-dren, etc. 

M6me forme au present et k rimparfiiit du 
Subjonctif et au Participe present pour les trois 
verbes; k rinip6ratif entier pour dire et ses com- 

9 



130 



QRAMMAtRE LANGUEDOGIENNE. 



pos^s, et a la premiere personne du pluriel de I'lm- 
peratif pour escrioure, cdive et leurs composes. 
Nous ferons flgurer les ImpSratifs k la (in de ce 
tableau, pour les mettre plus en vue. 



3« forme. 

FUTUR. 



escHou-rdi, escriou-rds, escHoxi-rd, escriou-Hn, 

escriou-r^s, escriou-rdou. 
dUrdi, di-rds, di-ro, di-r^n, di-r^s, di-r6ou, 
coi-rdi, coi-rds, coi-r6, coi-r^n, coi-r^s, coi-rdou. 



Mdme forme au Gonditionnel â–  et a Tlnfinitif, 
ainsi qu'^ rimp^ratif, premiere personne du singu- 
lier, pour les verbes escrioure et cdire. 



4* forme. 

PARTICIPE 
PASS1&. 



IMP^RATIF. 



escr-ich. % 

d'ich, 

qxi'idch. 



( 



2« : escrigu-^n, — l""* : es- 



3» forme : escriou, - 
cribds^. 
forme : dlgu-o {digo). digu-^n, digu-ds (digcis). 
forme : c6i, — 2« : cogu-^n, — lf« : cos-ds. 



VERBES IRR^GULIERS DONT LES PARTIGIPES PASSES SONT EN ist 
ET EN it, ET AYANT QUATKE FORMES DE RADICAL. 

Ces verbes sont : v^it^e voir, ri7'e rire, et leurs composes : rev^ire, 
entrev^ire, prev6ire, ayant le Participe passe en ist, com me viire 
et rire {vist, rist) ; il faut y joindre suflre sufflre, circouncire, sou- 
rlre et quatre composes de rfirc ; enterdire, medlre, maoudire, 



1. Au Gonditionnel, on ecrit : escrtourio, escr(ouridSf... escriouridou ; cdirid, 
cdirids,... cdiridou et on prononce : escn'ouidy escrfouids, escr(ouidou; coridy 
corids, coridou. Aussi avons-nous, dans les conjugaisons, inis ce malencontreux r 
entre parentheses. 

2. Prousci'ire proscrire se conjuguc sur escrioure, mais il est encore plus irrc- 
gulier. II suit son modelc aux temps qui prennent la \'* et la 2* formes : prouscrtbe, 
prouscribid, pro user iguere, que prouscrigue, etc., saaf k Tlmp^ratif od il fait au 
singulier |)roufcr/'j. Au Futur, Gonditionnel et lufiniiif, son radical est prouscri 
et non prouscrtou. 



GRAMMAIRE LANGUBDOGIBNNE. 



181 



se dedire, lesquels ont le Participe passe en it, comme leur type 
sufire {sufit^)\ cir^councit, sourit, enUrdit, medit, maoudit, dedit, 

L'irrdgularit^, dans tons ces verbes, se trouve k rimp6ratif et au 
Participe pass6, et, de plus, — mais seulement pour v^i7^e et com- 
poses, — i la troisieme personne du present de Tlndicatif (vH) qui 
prend la 3« forme. 

lis gardent tous la 2® forme du radical au pluriel de I'lmpS- 
ratif, mais au singulier, tandis que v^U^e et composes prennent la 
3« forme (v^i); rive, sufire et les autres prennent la !'• forme : 
7H$, sufis, elis, etc. 



lr« forme, l v^s-e, v^s-es (r^O, ves-dn, ves-As, vis-ou. 
iNDiCATiF < rls-e, ris-es, ris, ris-^n, ris-is, yHs-ou. 
PRESENT, f sufis e, sufis-es, sufis, sufiS'6n, sufis-is, sufis-ou. 



I 



IMPARFAIT. 



( veS'id, ves'ids, ves-id, ves-idn, ves-ids, ves-idou. 
I riS'id, riS'ids, ris-id, ris-idn, ris-ids, ris-idou. 
( sufiS'id, sufiS'ids, sufis-id, sufis-idn, etc. 



2« forme. ( vech-dre, vech-iros, vech-dt, vech'&i^en, etc. 
PASsft d6fini. \ rigu'dre, rigu-dros, rigu-H, rigu-dren, etc. 

( sufigu'ire, sufigu-dros, sufigu-it, sufigu-^ren, etc. 



8UBJONCTIF 
PRESENT. 



que v^ch-e, que v^ch-es, que v^ch-e, que vech-in, 

que vech'6s, que v^ch-ou. 
que rigu-e, que rigu-es, que rigu-e, que rigu-in, 

que rigu'^s, que rigu-ou, 
que sufigu-e, que sufigu-es, que sufigu-e, etc. 



IMPARFAIT. 



que vech'dsse, que vech-essos, que vech-^sso, etc. 
que 7^gU'6sse, que rigu-^ssos, que rigudsso, etc. 
que suftgu-dsse, que sufigu-dssos, que sufigu-dsso, 
etc. 



PARTICIPE 
PRESENT. 



vecli'in; — rigU'4n; — sufigu-in. 



1. EUre fait encore exception : son Participe passi est elitt. 



132 



IMP^RATIP 

pluriel. 



GRAMMAIRE LANOUEDOGIENNE. 

vech-4n, vech-ds. 

rigu-^n, t^igu-ds {rigds), 

sufigu'^n, sufigu'ds, — On dit aussi sufisds. 



3* forme. ( vei-rdi, veir-ds, vei-rd, vei-r^n, veUr€s, vei-roou. 
FUTUR. ' ri-rdi, ri-rds, ri-ro, ri-r^n, tH-r^s, ri-rdou. 
{ sufi-rdi, sufirds, sufi-ro, sufi-^^^n, elc. 



4« forme. 

PARTICIPE 

PASSfe. 

IMP^RATIF 

singulier. 



Mdme forme au Conditionnei * et a rinfinitif, 
ainsi qu'a Tlmperatif, seconde personne du singu- 
lier, ce dernier seulement pour v6i7^e (vdi) et ses 
composes. 

( V'ist. 
suf'it. 



I 1 



3® forme : vci, 
I'® forme : ris. 
1^« forme : sufis. 



VERBES DONT LE PARTICIPE PASS6 EST EN ac?l ET AYANT 

QUATRE FORMES DE RADICAL. 



Ces verbes sont : trdire jeter et ses composes distrdire, estrdire 
extraire, soustrdire, etc., irreguliers a la troisieme personne du sin- 
gulier de rindicatif present et au Participe pass6. lis font I'lmperatif 
comme cdire. 



Ire forme 

INDICAT 
PRfeSKNT. 



ae. 1 

:iF [ trds-e, trds-es, {trdi)^ tras-en, tras-is, trds-ou. 



1. Au Conditionnei, on ecrit : veirid, veirids, veirid, veiridn^ veiri&s, veirioou, 
maia on prononce : verid, verids, verid, veridn, veriris, veridou, — On ecrit : ririo, 
ririds, ririd, etc., sufirid, sufirids, sufiridy etc., mais on prononce : riyd, Tiyds. 
riydt etc.. su/iyd, sufiyds^ sufiyd, etc. 

Infinitif : veire, r(re, sufire. 



IliPARFAIT. 



GRAUMAIRE LANGUEDOGIENNE. 133 

traS'id, tras-ids, tras-id, tras-idn, tras-ids, tra- 
$-idou. 



JMP^RATIF 

(2* pers. plur.) 
2« forme. 

PAS8£ D^FINI. 



U^aS'is. 



tragu'dre, tragu-dros, tt^agu-dt, tragu-eren, etc. 

Mdme forme au present et a I'imparfait du 
Subjonctif : que trdgu-e, que tragu-isse; — au 
Participe present : tragu-dn, — et i la premiere 
personne du pluriel de Tlmp^ratif : tragu-dn. 



3^ forme. ( trai-rdi, trai-rds, trai-rd, trai-rdn, traUrds, irai- 
FUTUR. j rdou. 



4« forme. 

PARTICIPE 
PASS£. 



I 
\ 



Mdme forme au Conditionnel present : trai-rio 
(pron. trarid)\ — a I'Infinitif : trdi-re; — ji la troi- 
sieme personne de Tlndicatif present : trdi, — et 
au singulier de rimp6ratif : trdi. 

track. 



Remarque. — II existe, dans ce verbe trdire, une autre forme de 
radical assez usit^e, mais qui n'aifecte que deux temps seulement, 
le pass^ d^fini de Tlndicatif et I'imparfait du Subjonctif, qui font, 
le premier : 

trasegu-ere, ti'^ascgu-eros, ii^asegu'&t, trasegu-eren, trase- 
gu'67*es, trasegu-erou ; 

et le second : 

que trasegu-esse, que t^^asegu-dssos, que trasegu-esso, que 
trasegu-dssen, que trasegudsses, que trasegu-dssou^. 



1. II en est de in6me de cdire et de creire, qui ont aussi deux formes pour les 
mftmes temps : cogudre ct coseguere, que coguisse et que eoseguesse; creguere 
et creseguere, que creguesse et que cresegudsse. 



134 6RAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 

Nous devons colloquer ici le verbe apircibre, tris peu usiti a 
rinfinitif et qui ne possede que deux formes de radical, aperceb el 
apercegu; son Participe pass6 se termine en gut et son Pass6 d^fini 
en guire. 

Indicatif : apdvc^b-e; apdrceb-id; apircegu-^re ; apirceb-rdU 
CoNDiTioNNEL : apdrceb-vid. 

Point dlMP^RATIF. 

SuBJONGTip : qu'apdrc^gu-e ; qu*apdrcegu'6sse, 

Infinitif : apdrc^b-re. 

Partigipes : apircegu-in; apdrcegu-ut, et, par contraction, apir- 
cegut. 



VERBES DONT LE PARTICIPE PASSfi EST EN ttCh ET AYANT 

SIX FORMES DE RADIGAL. 

Ces verbes sont : fdire faire et ses composes : re f dire, contro- 
fdire, pdrfdire parfaire, defdire, satisfdire, surfdire, etc., tous 
irr6guliers an present de I'Indicatif, a Tlmperatif et au Participe 
passS. 



1'^ forme. 

INDIG. PR^S. 



faou, fas, fo (fas-dn, faS'6s, 2« forme), foou. 



2« forme. 

IMPARFAIT. 



3* forme. 

PASSg D^FINI. 



faS'id, faS'ids, fas-id, fas-idn, fas-ids, fas-idou. 

M6me forme a Tlmperatif, deuxieme personne 
du pluriel : fas-ds, 

fagu-dre, fagu-dros, fagu-dt, fagu-6ren, etc. 

Mdme forme au present et k rimparfait du 
Subjonctif : que fdgu-e, que fagu-^sse; — a la pre- 
miere personne du pluriel de Tlmp^ratif : fagu-^n, 
— et au Participe present : fagu-^n. 



6BAMMAIBB LANGUEDOCISNMX. 135 

{ fav'di, far-ds, far-d, far-4n, far-is, far-6ou. 

FUTUR. ) 

M6me forme au Conditionnel : far-id, fa-rids, 
far-id, far-idn, far-ids, far-idou, 

I fai — {fagU'in, 3« forme) — {fas-ds, 2* forme). 

iNFiNiTiF. I fdi-re, 

6* forme. ) 

PARTiGiPE ^ fach, 

PASSfi. ) 

Remarquk. — Com me on peut le voir, il existe une certaine ana- 
logie entre ce verbe fdire et le verbe and aller, irrfigulier de la Pre- 
mifere Conjugaison. Ainsi, au present de Tlndicatif, fdire fait, faou, 

fas, fo foou et ana fait vaou, vas, vo, voou, A rimp6ratif, le 

premier fait fai, et le second vai. 

Quant au Participe pass6 fach, il semblerait appartenir h un Verbe 
irregulier de la Premiere Conjugaison, dont le Participe est en at, 
Gela tient peut-§tre a ce que le verbe fdire possfede une autre forme 
d'Infinitif, en a, fa, presque aussi souvent employ6e que fdire. 



EXERGIGES. 

Depuis que je ne t'avais vue, tu as grandi de plus de vingt-cinq 
Despei que Vabidpais) visto, as C7*escut de mai d'un 

centimetres, et je t'assure que si je n'avais su qui tu es, je ne 
pan, e Vaproumite que s'abid pas sachut cal sids, 

t'aurais pas reconnue. La derniere fois que tu m'as ecrit tu 
Vaou{r)id pa(s) recounescudo. Lou darrid cop que m*as esaHch 

ne me disais rien de tes progres, aussi je ne puis 
me disids pari{s) de tous prougrisses, atdb6 mepdde pais) 

revenir de te voir si accomplie. 11 n'y a k cela rien d'eton- 
counsould de te viire tant acoumpHdo, Amb'acd par4{s) d'estou- 

nant : tu venais a peine de naltre que tu 6tais d6ja jolie comme 
nan : venids a pino de ndisse qu'dros dejd poulido coumo 



136 GRAMMAIRE LANGUEDOGISNNE. 

un amour. II parait que, au Sacre-Coeur de Montpellier, les eaux 
{u)n soou. Par^s que, al Sacre-Cur de Mounpeyi, las digos 

sont bonnes. Je voudrais pouvoir y envoyer ma fillette, passer une 
sou bounos, le vourrid pourre mandd ma pichdto, passd {u)n 

couple d'annees, et j'avoue quesij'6tais silre qu'elle devint 
par^l d'dns, e counv^ne que s'dre seguro que venguisso 

grasse, fralcfae et aimable comme toi, je I'y conduirais sans 
gaidrdo e aimdUo coiimo tus, ie la coundusirid san 

retard. — Te souviens-tu quand tu venais a la campagne voir 
pdrdre tens. — Ten souv^nes quan venids a la gvdncho viire 

les petits chevreaux? II me semble encore te voir essayer, 
lous cabridous f Me simblo tournd te vdire qu'ensachdbos, 

avec tes petits doigts, de traire les ch^vres, et, ma foi, tu les 
dmbe tous detoiis, de moulse las cdbros, e, pir ma fe, las 

trayais aussi bien que la jeune Rose, et tu ne craignais pas les 
moulsids tan pla coiimo Rosou, e t^is cregnids pas lous 

coups de corne. Tu sais, le jour ou cette nigaude tomba dans 
co{ch) de bdno, Sdbes, la fes qu*aqudlo pidto de fiyo toumbdt din 

Rieutort, comme il fut heureux pour elle que nous nous trouvassions 
Rioutor, be ie vargudt que nous endevenguissen 

\k pour lui Jeter la corde, alors qu'elle avalt deja disparu 
aqiU pir ie trdir{e) imo curdo, quant abid dejd disparescvl 

dans le gouifre. Et quand nous la retirAmes toute trempee, 
din lou gour. E quan la pesqiidren touto ndgdUo, que 

Teau ruisselant de ses habits, il me semble encore I'entendre 
I'digo regalechdbo de sa fdvdo, me sdmbl{o) incdro Vaousi 

crier : c Ma m^re ! le dos me fait mal t les coudes me 
cridd : « Ai! ma mdire! que Vesqulno me dot! lous couires 

cuisent! je suis toute moulue! » — On aurait beau dire, 

m'escdsou! sidi touto mourgudo ! » — V4ses, es pa{s) pir dire, 

vois-tu, mais tu etais un petit diable a cette ^poque. Des 

mds dros un diablatou and'aqudl{o) ipdco. Eniire 

qu'une poule chantait, tu 6tais la pour voir si elle 

qu'uno galino cascaiechdbo, zou ! Vatrapdbos aqui pdr vdire se 



ORAMMAIHE LANGUEDOaENNE. 137 

pondait, ou si elle avait pondu, ou si elle pondrait bientdt. Nous 
pounid, ou s'abid poungut, ou se pound{r)i6 Uou. 

avions beau te le d^fendre et te dire qu'en te tenant Stendue ainsi 
A bidn hdl Vou def endive e te dire qu'en te jagu^n antdl 

pres du poulailler tu risquais de te couvrir de poux : tout 

prdche d£l galignd y^escdbos de Vempesouyd : a bail tout 

6tait inutile! Que te dirai-je? tantqueje vivrai, je m'en 

^ro {u)nutille I Que vos que te digue f tan que viourdi, m'en 

souviendrai t 
i'updlarai ! 

On a commence mercredi de vendanger ; la recolte n'est pas 
Oou coumensdt dimdcres de vendemii; la r6ndo {e)s pa{s) 

abondante el pourra peut-6tre equivaloir a une moyenne. Les 
fdrto e pourrd sdique equivaU a-n-iino mouydno. Lous 

raisins sont gras, malgre la secheresse ; mats les grains ne sont 
rosins sou repeteldch, malgrd la secddo ; md lous g^^os sou 

pas serres. Onditqueles pluies dejuin les ont fait couler. 
pa{s) sarrdch. Se dis que lou plochdt de jun lous o f aches could. 

On a cri6 le vin k vingt centimes le double-litre, cinq centimes le 
Oou publidt lou vi a qudtre sdous lou carton, un sdou 

demi-litre et deux centimes et demi le quart de litre ; je ne sais 
fouyito e dou{s) yars truqu^to; sdbe pas 

combien pent valoir Thectolitre. Avec tout cela, le voisin nous a 
quan poid) vdrre lou tolitro, ArnVaco, lou vesi nous o 

empruntS un foudre, mais je ne sais si les trois cents comportes 
manldvdt un baissil, me sdbe pas se lous tres cen lairdns 

pleines qu'il a r^colt^es pourront y contenir. Tant pis pour lui, et 
qu'o acampdt ie pourrdou cdoupre. Tamp is pir el, e 

je ne lui en prdterai pas un autre, car nous avons besoin de tons ; 
i-en prdstarai pa{s) {u)n doutre, que toutes nous fdou besoiin ; 

tout au plus pourrons-nous loger ce qui nous appartient. II 
gran-gdou de poury^e) embarrd ^o ndstre. Ne 

pouvait bien en acheter un, ce morceau d'avare ! Mais 

poudid be croumpd un, aquel flQ{c) de sdrro-pidstros ! Mds 



] 



138 GRAMMAIRE 1.ANUUBUUUBIMIL. 

11 a eu peur de se ruiner ; ses enfants n'auront pas besoia de 
{a)but poou de s'arouind ; sous efdns aourdou pa(s) besoiin de 

le faire interdire, car il ne mangera pas sa fortune (sans la faire 
lou fdir{e) entirdire, que manjard pas sa bidndo san (a fa 

cuire). Je ne me suis pas encore apergue qu'il ait jamais fait 
cdire. Me sidi pas, de ma vido, {a)pdrcegudo qu'dche jamdi fach 

une mauvaise affaire ; tout lui reussit k ce b de grigou! 

un michdnt afdire; tout ie russis and'aquel bougre d'escdmpo- 

Et je t'assure bien que quand il sera mort 

gigdch ! E te respdne pla que quant aourd fa{ch) lous tres baxidous, 

je ne serais guere surprise qu*il y eiit grande r6jouissance 

me susprend{r)i6 pa{s) gdire que i-achisso faranddlo trambldnto 

dans la maison. 
din VoustdL 

A propos de vendange, je dois te dire que les montagnards 
A prepdous de vend^mio, ie dirdi que lous ^ gabdches 

descendent en masse. Tous les trains en sont bond^s et ont 
dabdlou a mouUms, Toute{s) lous trins ne sou claoufich e oou 

des retards ti cause de la difficult^ de les caser dans les vagons. A 
de retdrs pas que p^r lous pourr(e) enyamd din lous vagouns. A 

chaque station il faut en ajouter trois ou quatre. — Le vent souffle 
chdco (e)stactou ne cat ajustd tr{es) ou qudtre. — Lou ven bit fa 

bien du midi, c'est la brise qui gonfle les raisins ; il est 

pla d'en bas, aco (e)s lou lai?^ch, aquil que cloufo la gruno; val 

preferable, en ce moment, au sud-est, que nos ancfttres 
mai, pdr dro, que lou gr^c, que ndstres i^'^ire-grdns 

appelaient aguial. Ce mot, qui venait du grec al^iaXbi; (vent de 
apdldbou /'aguUl. Aqu^l mot, que venio del gr6c afyiaXb? {ven de 

mer) et du latin « aquilo *, est abandonn^ a Theure qu*il est, et 
ma?') e del lati « aquild », es demouddt a Vhouro qu'es, e 

nous, nous disons : le grec — qui porte la pluie — comme le dlt 
ndoutres, disdn : lou gric — pl6ch{o) al bdc — coumo Vanoungo 

le proverbe. C'eet le vent qu'il faut, dans Thiver, pour abreuver 
lou prouvirbe, Acd lou ven que cal, din Vibdr, pdr abiourd 



6RAMMAIRE LilNGUEDOGIGNNE. 139 

Jes sources. II arrive parfois qu'il amfene de Teau pendant une guin- 
eas sourgos. De fes que i-o, nous ddno (Vaigo tout(p) una quin- 

zaine, k pleuvoir abondamment, nuit et jour. A la suite vient le 
zenddo, que ploou a semdls, , ndi-t-e four, Pdi ariHbo lou 

vent du nord, 16che-boue, comme nous Tappelons, ou tramontane, 
tarrdlj Idco-fdngos, coumo dis&n, ou tremountdno, 

et puis le narbonnais (equivalent au vent du nord), qui est k peu 
e pidi lou narhoun^s {tarral es) qu'es a-pu- 

pres le mSme, et, aprfes un couple de jours de soufflerie, tout est 
prds gou mimes, e, dins un par^l de jours de bufddo, tout es 

sec. — Les aramons ont donn6, cette annee, mais les monestels 
assecdi, — Las alinddos oou cargdt aqvrsi'an, md loumounesUl 

et les carignanes n'ont pas produit grand'chose. Les piquepouls et 
e lou plan du oou pa{s) fa{ch) gran-cdouso, Lous picopouls e 

les terret-bourret seront tout au plus mediocres; mais roeillade 
lou tarrebourr^ch pagardou, toutes-cas, soun mdstre; md Vuyddo 

a tenement souffert des gelees printaniferes qu'elle ne donnera rien. 
talom^n sou frit de Ids barbarustos que fard pa{H)res. 

Le six mai, f6te de Saint-Jean-Porte-Latine, ce bou 
Lou sidi{s) de mai, jour de Sin-Jan empdrto la tino, aquel brdbe 

saint a tout emporte, la cuve et la vendange. 
s6n tout empourtdt, la tino (d)mdi la frucho. 



TROISlfiME CONJUGAISON, EN I. 



Les verbes de la Troisieme Conjugaison, en i, ont leur Parlicipe 
passd en it, sauf le verbe mouri qui fait mart et, peut-6tre, quelques 
autres exceptions, extremement rares, s*il en existe. De mdme que 
dans la Premiere Conjugaison, le radical ne varie pas dans tout le 
cours du verbe, et on n'y remarque pas les complications qui sur- 
chargent la Deuxi^me. 

Nous rappellerons ce que nous avons dit, pages 123 et V2k, du verbe 
veni etde la plupart de ses composes qui, malgre leur terminaison 
Bnik rinfinitif, appartiennent k la Deuxi^me Conjugaison. 



140 



GRAMMAIRE LAMGUEDOCIENNE. 



CONJUGAISON DU VERBE SARcf, REPRISER 



INDICATIF. 



sarc tsse 
sarc isses 
sarc is 
sarc issen 
sarc iss4s 
sarc issou 



PRESENT. 



je reprise 
tu reprises 
il reprise 
nous reprisons 
vous reprisez 
ils reprisent 



IMPARFAIT. 



sarc issio 
sarc issids 
sarc issid 
sarc issidn 
sarc issids 
sarc issidou 



je reprisals 
tu reprisals 
il reprisait 
nous reprisions 
vous reprisiez 
ils reprisaient 



PASSE DEFINl. 



sarc ignore 
sarQ igudros 
sarc igudt 
sarc igudren 
sarc igudres 
sarc igudrou 



je reprisal 
tu reprisas 
il reprisa 
nous reprisdmes 
vous repris&tes 
ils repriserent 



PASSE IND^FINI. 



ai sarc it 
as sarc it 
sarc it 
dben sarc it 
abds sarc it 
oou sarc it 



j'ai repris6 
tu as reprise 
il a reprise 
nous avons reprise 
vous avez repris6 
ils ont reprisS 



GRAMMAIRE LANGUEDOCI^NE. 



141 



PA$S& ANTKRIEUH. 



achire 


sarc it 


j'eus repris6 


acMros 


$a7X it 


tu eus repris^ 


acMt 


sarc it 


il eut reprise 


achdren 


sarc it 


nous etimes reprisi 


achires 


sarc it 


vous eOtes reprie^ 


acMrou 


sarc it 


ils eurent reprise 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



abid 


sarc it 


j'avais reprise 


dbids 


sarc it 


tu avais reprisS 


abid 


sarc it 


il avait reprise 


abidn 


sarc it 


nous avions repris6 


dbids 


sai^c it 


vous aviez repris6 


abidou 


sarc it 


ils avaient repris6 

FUTDR. 


sarc 


irdi 


je repriserai 


sarc 


i7^as 


tu repriseras 


sarc 


ird 


il reprlsera 


sarc 


i7'^n 


nous repriserons 


sarc 


ir^s 


vous repriserez 


saf^c 


irdou 


ils repriseront 




FDTUR PAS86. 


aourdi 


.sarc it 


j'aurai reprise 


aourds 


5arc it 


tu auras reprise 


aou7'6 


sarc it 


il aura reprise 


aourdn 


sa7X it 


nous aurons repris6 


aotir^s 


sarc it 


vous aurez reprise 


aourooit 


sarc it 


ils auront reprise 



142 



GHAMMAIHE LAKQUEDOGIBNNE. 



GONDITIONNEL. 



PRESENT. 



save irid 
save irios 
sarc irid 
save iridn 
safx irids 
sa7^c iridou 



je reprlserais 
tu repriserais 
il repriserait 
nous repriserions 
vous repriseriez 
ils repriseraient 



PASSE. 



aou{r)i6 sarc 


it 


j'aurais repris6 


aou{r)i6s sarc 


it 


tu aurais reprisS 


aou{r)i6 sarc 


it 


il aurait reprise 


aou{r)idn sarc 


it 


nous aurions reprise 


aou{r)ids sarc 


it 


vous auriez repris6 


aou{r)i6ou sarc 


it 


ils auraient reprise 




IMPfiRATIF. 


sarc is 




reprise 


sarc igu4n 




reprisons 


sarc isses 




reprisez 




SUBJONGTIF. 






PRESENT. 


que sai'C igue 




que je reprise 


que sarc igues 




que tu repri^s 


que sarc iguo 




qu'il reprise 


que sarc igu^n 




que nous reprisions 


que saix igu6s 




que vous reprisiez 


que sai'c igou 




qu'ils reprisent 



ORAHIfAIRE LAN6UED0GIENNE. 



143 



IMPARFAIT. 



qi^ save iguesse 
que sarc iguissos 
que sarc iguisso 
que sarc iguissen 
que sarc iguisses 
que sarc iguessou 



que je reprisasse 
que tu reprisasses 
qu*il reprisftt 
que nous reprisassions 
que vous reprisassiez 
qu'ils reprisassent 



PARPAIT. 



qu'dche 

qu'dches 

qu'dche 

qu'acMn 

qu'acMs 

qu'dchou 



sarc it 
sarc it 
sarc it 
sarc it 
sarc it 
sarc it 



que j aie reprise 
que tu aies repris6 
qu'il ait repris6 
que nous ayons repris6 
que vous ayez repris6 
qu'ils aient reprise 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



qu*acMsse 


sarc it 


que j'eusse reprise 


qu'achessos 


sarc it 


que tu eusses repris6 


qu'achesso 


sarc it 


qu'il eut reprise 


qu'acMssen 


sarc it 


que nous eussions"repris6 


qu'acMsses 


sarc it 


que vous eussiez repris4 


qu'achessou 


sarc it 


qu'ils eussent te^pmi 
INFINITIF. 


\ 




PRESENT. 



smx i 



repriser 



PASSE. 



aMire sarc it 



avoir reprisS 



144 



ORAMMAIRB LANQUEDOGIGNNE. 



PARTICIPE. 



sarc igu6n 



sarc it 



PRESENT. 



PASS6. 



reprisant 



repris6 



Ainsi 86 conjuguent les verbes suivants, qulls soient Actifs, 
Neutres, D^fectueux, Prbnominaux ou Impersonnels, et 
leurs composes. Les verbes Neutres, Defectueux et Impersonnels 
seront marques d'un asterisque (^); les verbes essentielleinent 
Pronominaux sereconnaltront au pronom se ou s\ qui les pre- 
cSdera. 



abasoiirdi abasourdir 

abesti abdtir 

abouli abolir 

aboiiti * aboutir 

(xhruti abrutir 

acournpli accompli r 

s'acoiiQtieli se mettre en gru- 

meaux 
acourchi raccourcir 
acouti atteindre quelqu'un quon 

poursuit 
s'acroupi {.s'aclata) s'acccroupir 
aculi accueillir 
adouci adoucir 
afadi affadir 
afepli affaiblir 
af^rmi affermir 
s'afisioull se fl6trir, se dit du 

visage 
afranchi affranchir 
s'agandf se diriger vers 



s'agayardi engraisser 

agi * agir 

s'agi * id. (Impersonnel) 

agrandi agrandir 

agri aigrir 

agrouma7idi affriander (par un 

appAt) 
agudvri aguerrir 
di hair 

alanti ralentir 
nlaougdiri all6ger 
alarchi elargir 
alourdi alourdir 
amagri * maigrir 
aminci amincir 
amobli ameublir 
amourti amortir 
aneanti an^antir 
s'aniqui tomber en consomption 
anobli anoblir 
aotisi entendre 



GRAMMAIRE LAKGUEDOCIENNE. 



145 



apaouri ^ppauyxir 

s'apesanti s'appesantir 

aplani aplanir 

aplaoudl applaudir 

aplati aplatir 

aproufoundi approfondir 

aquert acquerir 

aroundi arrondir 

assail assaillir 

assani assaii\ir 

asservl asservir 

assoupi assoupir 

assoupli assouplir 

assourdi assourdir 

assourti assortir 

assoubi assouvir 

assujeti assujettir 

atari tarir 

s'atapi se tapir 

atendri attendrir 

at^y^ * aterrir 

s'avaqui s'avachir 

av^rti avertir 

avili avilir 

basti batir 

heni, benesi benir 

blancfii blanchir 

se bloti se blottir 

blid * devenir bleu 

bouli * bouillir 

boundi * bondir 

brandi secouer 

bruni brunir 

cabi * contenir, usitS k llnfinitif 

seulement. 
se caoumousi se raoisir 



caousi choisir . 

cari (vieux) cherir 

cldoufi remplir avec exces 

coubri couvrir 

coufi confire 

coumpati * compatir 

councourri * concourir 

coundusi conduire 

counqueri conquerir 

counsenti * consentir 

se counsunii * d^perir 

counvdrti convertir 

courri * courir 

coustrusi construire 

cuH cueillir 

dedusi d^duire 

deflni finir 

degaoucM d6gauchir 

degrepi egrapper 

degrepi * deguerpir 

se degourdi se d^gourdir 

dementi d^mentir 

se demesi s'inqui6ter,maigrirde 

chagrin. 
demouli demolir 
demourdi * demordre 
desmuni demunir 
deperi * deperir 
descoubri decouvrir 
desgarnl degarnir 
desoubci * desob6ir 
dessaparti diviser 
dessarci delayer, terme de cui- 

sij;ie 
dessdrvi desservir, porter pr6ju- 

dice 



1. Ne pas confondro ce verbe pronominal avec le verbc actif counstmid, qui 
appartient k la premiere conjngaison. 

10 



14& 

dessesi dessaisir 

destrusi dStruire 

desuni d6sunir 

devdrti divertir 

devouri d^vorer 

discouri * discoiirir 

doubri ouvrir 

dourbi id. 

dourmi * dormir 

droumi * id. 

droubi ouvrir 

endurci durcir 

embalaousi assourdir par trop 

de bruit 

s'embastardi s'abfttardir 

embeli embellir 

embouti emboutir 

s'enardi s'enhardir 

encheri * enchfirir 

enclaousi enclore 

s*encourri s'enfuir a toutes jani- 

bes 

endoulenti endolorir 

endourmi endormir 

endusi enduire 

enfold enfouir 

englouti engloutir 

engotili avaler 

engraoumouli engourdir par ie 

froid ou par le 
grand &ge. 

s'engrepesl avoir l'ongl6e 

enledi enlaidir 

enlusi lustrer 

s'ennebouH * (defect.) se charger 

de nuages 

ennegri noircir 

s*enqic€ri s'informer 

enrichi enrichir 



QRAMMAIRE LANaUBDOGIBNNB. 

entreculi cueiilir avant la matu- 

rit6 

entrevirti intervertir 

entroicdusi introduire 

envdi envahir 

envesfi investir 

escairi 6quarrir 

s'escanti s'eteindre, se dit du 

feu 
escarni corriger pour une bonne 

fois 
escarpl figrapper 
esclairi eclairer, fournir de la 

lumi^re 
esclarci eclaircir aprfes le trouble 
escoundi cacher, du latin abs- 

condere 
escoupi * cracher 
s'escourvi s'ecouler, se dit d'un 

torrent 
escroui ficrouir 
escureci obscurcir 
espandi ^tendre, Staler 
s'espanoui s'6panouir 
espeli * 6clore 
espessi epaissir 
s*espouti s'aplatir, s'Scraser en 

tombant. 
s'estabani s'6vanouir 
estabourdl itourdir par un coup 
estapli Stablir 
estourbl assommer 
estourdi 6tourdir 
s'estrementi frissonner 
estt^si instruire 
fad farcir 
fini finir 
flachi * flSchir 
flet7H flStrir 



i 



fiouri ^ fleurir 

fougi fuir, de fugio 

fourbi fourbir 

fourni fournir 

franchi franchir 

fremi * fremir 

frounzi froncer 

fruchi * cri de Thuile bouillant 

dans la poele 
se gandi se precautionner, se 

pourvoir 
garanti garantir 
garni garnir 
gemi * gemir 
clapi * glapir 
gravi gravir 

grepi crepir (magoanerie) 
groupi * croupir 
groussi * grossir 
grandi * grandir 
gueyH guerir 
jaouni jaunir 
jaii * jaillir 
joui * jouir 
langui * languir 
legl lire 
lusi ^ luire 
rnagri * maigrir 
nienti * mentir 
7noli * moUir 
moui^di mordre 
7nou7H * mourir (partic. passe 

7n07't) 

niousi moisir 

mugi * mugir 

se muni se munir 

se nanti * se nantir (le m6me 

que se gandi) 
negri noircir 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

nourri nourrir 
nusl * nuire 
ouMl * obeir 



147 



ou7'di ourdir 

palli * pjilir 

paout7H fouler aux pieds 

peri * p6rir 

pd7^segui poursuivre 

pou7'ri pourrir 

preTnuni premunir 

pressenti pressentir 

prevMi pervertir 

se prouvesi s'approvisionner 

p7Hisi * (defect.) demanger 

pudi * puer 

piini punir 

que7H (defect.) chercher. Usite a 

rinflnitif seulement 
se raboiigrl se rabougrir 
se 7^acou7'7ii se racornir 
7'afi froisser 
7'ajouini rajeunir 
ralanti ralentir 
7^anib7'uni rembrunir 
7'a7icheri * rench^rir 
7'anci * rancir 
ra7ifou7^tl consolider 
7^ahi ravir (de 7^apio) 
rechisti * resister 
7'ecoiiri * recourir 
7^ediisi reduire 
7'eflechi * reflechir 
se 7'epe7iti se repentlr 
replant replanir 
7'equeri requerir 
7'esca77ipi rechampir (peinture) 
7'escoimdi mettre en surete 
resplandl * resplandir 
7'essegui resuivre 



148 GRAMMAIRE 

restrechi r6tr6cir 

reverdi * reverdir 

se revesi prendre sa revanche 

rougi rougir 

7^ousi rouir (le chanvre) 

roumpli remplir 

roussi roussir 

rousti r6tir 

rugi * rugir 

runi r6unir 

russi * reussir 

sail "^ (vieux) sortir 

salli salir 

sard repriser, tasser (la terre) 

secouri secourir 

sedusi seduire 

segui suivre 

senti sentir 

s^rvi servir 

sesi saisir 

sevi * s6vir 

soufri * souffrir 



LANGUEDOGIENNE. 

sourti * sortir 

sound rosser 

suM subir 

su7^gi * surgir, se lever. 

tari tarir 

touci tordre 

toussi * tousser 

trcii trahir 

t7^ansi transir 

U^aoupi pietiner 

bravest i travestir 

trefouli * fremir d'impatience 

b^essali tressaillir 

uni unir 

vagi * vagir 

vdimi vernir 

vesti vMir 

vd7*dt verdir 

vieyi. ^ vieillir 

vind vaincre, epuiser 

voumi vorair 



Parmi les verbes qui precedent, nous trouvons les suivants, deri- 
vant du latin ducere, sU^iteve et leurs composes : conducere, en 
frangais conduire et en languedocien coundiisi; deducere d^duire, 
dedusi; inducere induire, endusi; reducere reduire, redusi; sedti- 
cere s6duire, sedusi; instruei^e instruire, estrusi; construere cons- 
truire, coustrusi; destruere detruire, destrusi (un destructeur se 
dit un desb^ussi)^ qui font leur Infinitif en i et appartiennent k la 
Troisiferne conjugaison. 

Cependant, un grand nombre de personnes, meme parmi celles qui 
parlent habituellement notre idiome, disent, a tort, en voulant tra- 
duire ces mots frauQais, counduire, enduire, reduire, coustruire, 
sedub^e, etc. Ces Gallicismes sont fautifs en ce que, ou bien Ton est 
force de prononcer le ui comme en francais, ce qui n'est pas admis- 
sible, Yu frauQais n'existant pas pour nous, ou bien de supprimer Yv^ 
et de prononcer coundire, endh^e, redire, coustrh^e, sedire^ ce qui 



GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 149 

est urie violence faite k la Langue et a rEtymologie*. Get usage est, 
du reste, tout moderne, et nous avons entendu, dans notre premiere 
jeunesse, des personnes agees dire coustrusl, endusi, sedusi, des- 
trust. — Nous avons deja fait remarquer qu'on dit destrussi pour 
destructeur. — Et les contemporains m^me qui ont reni6 ces Infl- 
nitifs disent encore au Passe d6fini : esU^usiguH il instruisit, des- 
trusiguet il detruisit, rediisigurrou ils reduisirent, cousUmsigueren 
nous construisimes, sedusiguct il seduisit, etc., et non point estrui- 
gufH, destvuiguct, reduiguel, seduiguet, etc. 

Ils disent, pour enduire, terme de inaconnerie, endusi dont quel- 
ques-uns ont fait, a tort, enlusi qui ne signifie rien dans ce cas. 



VERBES PASSIFS. 

Nous avons deja dit que, en Langue d'oc, le verbe Passif n'a pas 
de forme speciale. II en est de m6me en espagnol et en italien. Ces 
trois langues ont dedaigne les voix Passive et Deponente, si encom- 
brantes dans la langue latine leur mfere, de m6me que, dans les 
Nombres, elle n*ont pas admis le Duel des Grecs. Le fran^ais, deriv6 
aussi du latin, k travers la langue d'oc, a suivi cet exemple. 

Le Verbe Passif n'est done que le Verbe (^st7^e suivi du Participe 
pass6 d'un Verbe Actif qui s'accorde en genre et en nombre avec le 
pronom sujet : je suis aime sidi aimdt, nous fumes battues sia- 
giieren batudos, il aura ete applaudi sero {e)stdt aplaoudlt, nous 
aurions ete choisis sevidn estd{ch) caousich, elle 6tait 6tendue iro 
{e)spandido. Ce verbe n*a done que des temps composes, sauf le 
Participe pass6 qui est celui m6me du verbe actif. XI ne pent avoir 
qu'un regime indirect. 



1. On pout cependant employer correctcment coundtre aussi bien que coundusi. 
— Ex. : I'doH coimdit a Vescdlo on I'a conduit k I'ecole ; lou coundit es tapd{t) p^r 
caouque reinitr Ic tuyau de conduite est bouchc par quelque amas de racines; lou 
counditou de la dilifjenso le conducteur de la diligence, 



150 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



VERBES NEUTRES. 

Les verbes Neutres n'ont aussi qu'un regime indirect; ils se 
divisent en deux classes, selon qu'ils se conjuguent avec cstre on 
avec ab6ire. 

1. Les premiers ressemblent, dans les temps composes, aux ver- 
bes Passifs avec lesquels on ne pent les confondre, ceux-ci etarit 
d'origine active. Nous avons pris com me types de Verbes Neutres 
se conjuguant avec estve les trois verbes dintrd entrer, dcss6ndre 
descendre et sourti sortir, representant chacun une des trois conju- 
gaisons. Dess67idre appartient au type A de la deuxidme conju- 
gaison. 



OBAMHAIRB LANOUEDOOENNB. 



161 







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156 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

On remarquera que, dans les verbes Neutres conjugu^s avec ^sfre, 
le Participe passe s'accorde en genre et en nombre avec le Pronom 
sujet : sidi dmtrdt, sios dUitrddo, sen dinirdch, sou dintrddos. II 
n'en est pas ainsi de ceux qui se conjuguent avec aMire; leur Parti- 
cipe passe demeure invariable : at cahussdt, abin cabussdt; mais 
on ne dira jamais : ai cabussddo, aben cabussdch, oou catmssddos. 
Les memes observations s'appliquent a la langue francaise. 

Comme nous le verrons dans le tableau ci-apres, il existe quelques 
verbes qui, selon leur signification, prennent pour auxiliaire tantot 
estrc, tantot abeiy^e. Nous signalerons particuliferement le verbe 
demoui^d qui, pris dans le sens de tarder, employer du temps, 
se conjugue avec esti^e. — Exemple : sidi demourddo cdouque tens 
aJbdn de tournd je suis restee quelque temps avant de revenir; lotis 
efdns sou demourd{ch) pla tranquilles les enfants sont restes bien 
tranquilles. 

Quand de7notird signifie habiter, il se conjugue avec ab^ire : 
abdn demourd{t) f6ss{o) ans dins aqu6l oustdl nous avons babite de 
nombreuses annees cette maison. 

Counvenl fait comme demourd; il emploie, selon le sens, cstre 
ou abeire tout en demeurant verbe neutre : es coiinvengOt antdl 
c'est convenu ainsi; abdn coiint^e?igi(t de sourti nous avons convenu 
de sortir ; m'o cou7ivcngvt il m'a convenu. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



157 



VERBES NEUTRES LES PLUS USITES A CONJUGUER. 



Sur ^stre : 

demourd tarder 

counveni convenir d'une chose 

arribd arriver 

, , / descendre 
dess^ndre ) 

rnountd monter 

dintrd entrer 

soui^ti sortir 

passd passer 

toumbd tomber 

decedd deceder 

mouri mourir 

tournd revenir 

ndisse naitre 

veni venir 

pdrveni parvenir 

reveni revenir 

surveni survenir 

ent^7n'!eni intervenir 



Sur aMire : 

de7nowYi habiter dans 
counveni plaire i 
arribd apdturer (actif ) 
dabald ) descendre I'escalier 
dess^ndre ] (actif) 
mountd monter Thorloge (id.) 
dintrd enfermer (id.) 
sourti tirer dehors (id.) 
passd passer le fleuve (id.) 
toumbd laisser choir (id.) 
bramd braire 
calldvd basculer 
brounzind bourdonner 
cyndd crier ; publier (actif) 
cugd former les yeux 
dep^ndre dependre 
dourml dormir 
estournudd eternuer 
pudi sentir mauvais 
rebdcd repliquer 
toussi tousser 
trefouli trepigner 
controveni contrevenir 
endeveni rencontrer (actif) 
prevent pr^venir (actif) 



Remauques. — On voit, par le tableau qui pr6cMe, que, parmi les 
composes de veni, les uns, pdrveni, reveni, surveni, entdrveni, se 
conjugent avec estre, tandis que d'autres, preveni, controveni, en- 
deveni, prennent abdire. Counveni prend Tun ou I'autre. 

II est d'autres Verbes qui, neutres avec est7^e, sont actifs avec 
ab^ire, tels que : ariHbd, dabald, dess4ndre, mountd, dintrd, sourti, 
passd, toumbd, etc. Ainsi, on dira : 



158 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 

Es arribdt despii hidr il est arriv6 depuis hier; abdn arribcUt\ 
las f6dos nous avons donne k manger aux brebis. 

Si6i ddbalddo, sidi dessendiido je suis descendue; ai dabaldt, at 
dessendu{t) I'escaid y^ii descendu Tescalier. 

Es mountdt al gragn^ il est monte an grenrex ; o mountd{t) Vaou- 
meUto il a monte I'omelette. 

Quan siagueren dintrdch quand nous fumes rentres ; o dintrd(f) 
sa Ungo il a rentrS sa langue. 

Entre que ser^n sourtich des que nous serons sortis ; abdn sour- 
ti{t) cadun ndstre moucadou nous avons chacun sortl notre mou- 
choir. 

Es passddo i-o {u)n(o) hourddo elle est pass6e il y a une bonne 
heure ; abidou passd{t) VErdou su la gldgo ils avaient passe THe- 
rault sur la glace. 

Sidi toumbd{t) de la fenestra je suis tombe de la fenStre ; o touni- 
bd{t) la mdstro il a laisse tomber la montre. Pas mal de gens disent 
dans notre Midi : j'ai tombe la montre 1 ! 

Dans les verbes conjugu§s avec abdire, nous en trouvons, au 
nombre desquels est cridd, tant6t neutres, tantot actifs : ab^n cri- 
dd{t) que jamdi! nous avons crie tant et plusl aban-s-hiir oou 
criddt aqudlo flyo avant-hier on a public les bans de cette fiUe. 



VERBES PRONOMINAUX. 

Les verbes Pronominaux, ou Refl6chis, sont de deux sortes : 
Les Verbes essentiellement Pronominaux, et les Verbes acci- 
dentellexnent Pronominaux. 

1. Comme en frangais, les Verbes essentiellement Pronominaux 
se conjuguent au moyen de Tauxiliaire istre et sont toujours pre- 
c6d6s d'un des pronoms personnels refl6chis me, te, se, nous, vous, 
se. lis n'auraient, en general, aucun sens si on les conjuguait sans 
ce pronom. En voici quelques-uns parmi les plus usit6s dans les 
trois conjugaisons : ^ 

PREMlfeRE CONJUGAISON. 

s'acatould se pelotonner comme les chats pres du feu. 
s'aclatd s'incliner, pliant les jambes sous soi. 



ORAMMAIRE LAN0UBD0C3ENNE. 159 

se cald se taire apres avoir parI6. 

se despachd se h&ter, se dSpdcher. 

se doutd se douter. 

s'empard s'emparer. 

s'encFuwutd se prSoccuper. 

s'escarrabid se d6gourdir pour marcher vite. 

s'espatarrd s'aplatir en tombant. 

s'esquichd s'efiforcer. 

se fisd se confier. 

se taisd se taire, ne pas parler. 

se trufd se moquer. 

OEUXU^MB GONJUOAISON 

s^asUne s'abstenir. 
se dem4tre se dSmettre. 
s*entrem(tre s'entremettre. 
se prevdrre se pr6valoir. 
se prevail id. 

TROISlJ^ME GONJUOAISON. 

s'CLCOuqiieU se mettre en grumeaux. 

s'agandi se diriger vers. 

s'aniqui d^perir par la faim. 

se ccuyumousi se moisir. 

se demesi se diminuer par I'inquiStude. 

s'encourri s'enfuir. 

s'escourri s'^couler; se dit d'un torrent. 

s'estabani s'Svanouir, perdre connaissance* 

s'estrementi frissonner de froid ou d'Smotion. 

se repenti se repentir 

se revest se retrouver pour vider une querelle. 

se souveni se souvenir. 

2. II existe certains verbes actifs qui, selon les circonstances, se 
conjuguent, comme les prScMents, avec Tauxiliaire istre et les 
mfimes pronoms. Geux-ci ne sont done qu'accidentellement Prono- 
minaux. Tels sont : 



160 qbammair^ languedogienne. 

premi£:rb gonjugaison. 

acupd occuper, s'acupd s'occuper. 
bandd bander (un arc), se bandd s'enivrer. 
amoussd eteindre, s'amoussd s'6teindre. 
moucd moucher, se moucd se moucher. 
pourtd porter, se pourtd se porter. 
ass^td asseoir, s'ass^td s'asseoir. 
pensd penser, se pensd penser en sol. 
pensd panser (blessure), se pensd se panser. 

DEUXIEME CONJUGAISON. 

fdire faire, se fdire se faire. 

astr^gne astreindre, s'astr(^gne s'astreindre. 

reUne retenir, se reUne se retenir. 

dh^e dire, se dire se dire. 

joiigne joindre, sejougne se joindre. 

TROISl^ME CONJUGAISON. 

afistouli fletrir, s'afistouli se fletrir. 
agrou7nandi appater, s'agroumandi s'apprivoiser. 
escai^ni^ echauder, s'escarni s'^chauder (au figure). 
escoundi caclier (^' absconder e)^ s'escoundi se cacher. 
espouti ecraser, s'espouti s'ecraser en tombant. 

Au nombre des verbes cites, ou non cites ci-dessus, quelques-uns 
peuvent aussi 6tre Neutres, tels que pensd, pourtd, fdire, doutd, etc. 
Ainsi, on dira : ai pensdt a tus (neutre) j'ai pense a toi; ai pensdt 
uno cdouso (actif) j'ai pense une chose; me sidi pensdt que... (pro- 
nominal) j'ai pense en moi-m^me que... — Moun fusil porto yon 
(neutre) mon fusil porte loin ; pd7'te mas Wdgos (actif) je porte ma 
culotte; se pdyHo pla (pronominal) il se porte bien. — Ai pla fach 



1. Co verbe est intraduisible en franrais; il signifio : se laisser prendre commet- 
tant un acte defendu et 6trc chatio de fac.on k s'en souvenir et k pcrdre Tenvie de 
recommencer. 



GRAMMAIR^ LANGUEDOGIENNE. 161 

(neutre) j'ai bien agi; fai ta mdlo (actif) fais ta malle; la poulino 
se fo (pronominal) la pouliche s'engraisse. — Boiite de ^'o que discs 
(neutre) je doute de ce que tu dis ; Vescdlo es pas soulido, la doute 
(actif) I'echelle n'est pas solide, je m'en m^fie; me doutdbe de quicdn 
(pronominal) je me doutais de quelque chose. 

Remarque. — Ces deux categories de verbes essentiellement ou 
accidentellement Pronominaux out le pronom reflechi pour regime 
direct; ainsi, dans les premiers : se trufet, te sids astengut, se 
demesird, tournez : trufet el, as astengut tus, demesiro el, et, dans 
les seconds, d'origine active, s'amoiisso. te retendiHos, me sidi 
escoundit, tournez : amousso el, retendrids tus, at escoundit yeou. 

S'il est naturel que les verbes accidentellement Pronominaux dont 
Torigine est Active aient un regime direct, il n'en est pas de mSme 
pour les verbes essentiellement Pronominaux qui, sans pronom, 
seraient plut6t Neutres. II est pourtant incontestable, d'apres les 
exemples pr6c6dents et ceux qui suivent, que trufet, astengut, 
demesird doivent, dans ces cas, et aussi bien que repentlsse, sou- 
vendrdi, jouer le role de Verbes actifs. Cela est si vrai que ces 
mfimes verbes font, a rimp6ratif : trufo-te, asten-t^, demesis-td, 
repentiS'td, souven-td, tout comme s'aimd, d'origine active, fait 
dimO'td. 

VERBES RfiFLfiCHIS A DEUX PRONOMS. 

• 

II existe une autre sorte de verbes Pronominaux pris parmi les 
verbes Actifs, Neutres et Impersonnels, que nous appellerons Verbes 
R^fldchis k deux pronoxns, tels sont : s*en passd s'en passer, 
s'en doutd s'en douter, s'en souveni s'en souvenir, etc. Ces verbes 
portent en eux-m6mes les deux regimes, direct et indirect, qui sont 
les pronoms me, te, se, nous, vous, se et le pronom en, Dans la 
phrase suivante, moun pecdt es afrous, m'en repcntisse ma faute 
est enorme, je m'en repens, on doit tourner ainsi : repentlsse ydou 
de moun pecdt je repens moi de ma faute ; de meme dans les sui- 
vantes : m'as dich uno soutlso, nVen souvendrdi tu m'as dit une 
injure, je m'en souviendrai, tournez : souvendrdi y6ou de ta soutiso, 
je souviendrai moi de ton injure : s'en es flatdt il s'en est flatte : 
llatdt el d'ac6 il a flatte lui de cela. 

11 



•• 






4 



• ^ 



162 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

Parmi ces sortes dle^VerbeSj en voici quelques-uns des plus usit6s : 
ils se coDjuguent t(xus avec estre.. 

Mi-. 



ORIGINE ACTIVE. 



s'en vantd, 
s'en coufd, 
s'en crdire, 
s'en def6ndre, 
s'en dound, 
s'en esplicd, 
s*en flatd, 
s'en ficd, 
s*en foiitre, 
s'en pldne, 
s'en pr&ne, 
s'en t6ne, 
s'en vantd, 
s'en vourre. 



nVen vdnte 
nVen cdfe 
m'en crdse 
m'en defdnde 
m*en done 
m'en esplique 
m'en fldte 
m'en fique 
m!en foute 
m'en pldne 
m'en pr6ne 
rrien tdne 
m'en vdnte 
m'en vdle 



je 


m'en 


vante 


je 


m*en 


coiffe 


je 


m'en crois 


je 


m'en 


defends 


je 


m'en 


donne 


je 


m'en explique 


je 


m'en 


flalte 


je 


m'en 


fiche 


je 


m'en 


f... 


je 


m'en 


plains 


je 


m'en 


prends 


je 


m'en 


tiens 


je 


m'en 


vante 


ie 


m'en veux 



ORIGINE NEUTRE ET PRONOMINALE. 



s'en dedif^e, 
s'en doutd, 
s'en passd, 
s'en prevail, 
s'en repenti, 
s'en rire, 
s'en souveni, 
s'en trufd. 



m'en dedlse je m'en 

7n'en doute je m'en 

m*en passe je m'en 

m'en pre vdle je m'en 

7n'en i^epentisse je m'en 

m'en rise je m'en 

7n'en souvdne je m'en 

m'en trufe je m'en 



dedis 

doute 

passe 

pr6vaux 

repens 

ris 

souviens 

moque 



IMPERSONNELS. 



s'en cd?v^e, 
s'en mancd. 



s'en cat 
s'en mdnco 



il s'en faut 
id. etc. 



, >*. 



GHAMMAIRE LA^sGUEDOCIENNE. 



162 



CONJUGAISON DES VERBES RfiFLfiCHIS A DEUX PRONOMS. 



1" CONJCGAISON. 

s'tfn trufd 



2« CoNJUGAisoN, type A. 

s'en def^ndre 



3« CONJUQAISON. 

s'en repentl 



rrCen triif e 
t'en triif os 
s'en truf o 
nou*n truf an 
vou'n truf as 
s'en * truf ou 



INDIGATIF. 

PRESENT. 

m'en defend e 
fen defend es 
s'en def^n 
nou'n defend hx 
vou'n defend H 
s'en defend ou 



m'en repent isse 
Ven repent isses ' 
s'en repent is 
nou'n repent iss&n 
vou'n repent isses 
s'en i^'epent issou 



m'en truf dbe 
t'en truf dbos 
s'en truf dbo 
nou'n truf dben 
vou'n truf dbes 
s'en truf dbou 



IMPARFAIT*. 

defe^id id 
defend ids 
defend id 
defend idn 
defend ids 
defend idou 



repent issid 
repent issids 
repent issid 
repent issidn 
repent issids 
repent issidou 



m'en truf tre 
t'en truf 6ros 
s'en truf it 
nou'n truf 6ren 
vou'n truf bres 
s'en truf drou 



PASS6 DilFINI. 

defend dre 
defend eros 
defend dt 
defend dren 
defend 6res 
defend 6rou 



repent igudi^e 
repent igudros 
repent igu&t 
repent iguh^en 
7^epent igudres 
repent igudrou 



1. m'en^ t'en, s'en, nou'n, vou'n, s'e7i sont des contractions de me e?i, te en, 
se en, nous efi, vous en, se en. 

2. Pour eviter rencombrement, nous ne repeterons, dans la suite de la conjugai- 
son des deux derniers verbes, ni les deux pronoms a chaque personne, ni los que 
du Subjonetif. Nous ferons pourtant exception pour I'lmperatif. 



164 



GRAMMAIKE LANGURDOCIENNB. 



m*en sidi trufdt 
t'en sids trufdt 
s'en e$ ti^fdt 
nou'n sdn trufdch 
vou'n $ds trufdch 
s*en sou trufdch 



PASS£ INDBFINI. 

defendiit 

defendut 

defendiit 

defenduch 

defenduch 

defenduch 



7^epentit 

repentit 

repentit 

repentich 

repentich 

repentich 



nien siagu^re trufdt 
nou*n siagueren trufdch 



PA8S6 ANT^RIBDR. 

defendiit 
defenduch 



repentit 
repentich 



m'en dre trufdt 
nou'n eren trufdch 



PLUS-QDE-PARF AIT . 

defendiit 
defendiich 



repentit 
repentich 



m'en truf ai^di 
fen truf ards 
s'en truf ar6 
nou'n truf ar6n 
vou'7i tt^uf ar6s 
s'en truf ardou 



FUTUR. 

defend rdi 
defend rds 
defend rd 
defend rdn 
defend rds 
defend roou 



repent irdi 
repent irds 
repent ird 
repent irin 
repent irds 
repent iroou 



m*en serai truf at 
nou'n serdn truf dch 



FUTUR PASSE. 



defendiit 
defendiich 



repentit 
repentich 



m'en ty^f arid 
s'en truf arios 



GONDITIONNEL. 



PRl&SENT. 



defend (r)id 
defe7id (r i/os 



repent irio 
repent irids 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



s'en truf arid 
nou'n truf aridn 
vou'n truf ainds 
s'en truf aridou 



defend {r)i6 
defend {r)idn 
defend {r)ids 
defend {r)idou 



165 



repent irid 
repent iridn 
repent irids 
repent iridou 



PASS6. 



tn'en serio trufat 


defendut 


repentit 


7iou'n sevidn trufdch 


defenduch 
IMPfiRATIF. 


repentich 


truf V&n 


defen V6n 


7'epent is t'6n 


truf en noiCn 


defend en nou'n 


repent iguen nou'n 


truf a{s) vou'n 


defend d{s) voiCn 
SUBJONGTIF. 

PRESENT. 


repent issd{s) vou'n 


que m'en truf e 


defend e 


repent igue 


que ten t^ntf es 


defend es 


repent igues 


que s*en truf e 


defend e 


repent igue 


que nou'n truf 4n 


defend €n 


repent igu6n 


que vou'n ti^uf 6s 


defend 6s 


repent igu6s 


que s'en triif ou 


defend ou 


repent igou 


• 


IMPARFAIT. 




que nCen truf dsse 


defend esse 


repent igu&sse 


que Ven truf 6ssos 


defend dssos 


i^epent igu&ssos 


que s'en t7*uf esso 


defend 6sso 


repent igudsso 


que nou'n truf essen 


defend dssen 


repent igu^ssen 


que vou'n truf esses 


defend isses 


repent igu6sses 


que s*en tintf dssou 


defend essou 

PAliFAIT. 


repent iguissou 


que ni'e7i sidgue trufat 


defendut 


repentit 


que nou'n siagu^n trufdch defenduch 


repentich 



166 



GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 



PLUS-QUE-PARFAIT, 



que m'en siagu&sse trufdt defendut 
que nou*n siagudssen trufdch defenduch 



7^epentit 
repentich 



INFINITIF. 



s'en truf a 



PRESENT. 

defend re 



repent i 



s*en dstre truf at 



PASSE. 



defendut 



repent it 



PARTIGIPE. 



s*en truf dn 



PRESENT. 

defend dn 



repent igudn 



s'en siagudn trufdt 



PASS6. 



defend ut 



repent it 



II faut bien se garder de confondre ces verbes, accompagnes du 
Pronom reflechi et du Pronom en, avec d'autres, Actifs ou Neutres, 
dont le radical porte en t6te la particule en qui lait corps avec 
lui d'une maniere inseparable, tels que : s'encMoutd se soucier, 
s'entremdtre s'interposer, s'enquerl s'informer, etc. Ceux-ci se con- 
juguent absolument comme les Pronominaux ordinaires a un seul 
pronom, auxquels ils appartiennent, c'est-a-dire au moyen du verbe 
dstre et des pronoms me, te, se, nous, vous, se, sans s'occuper de la 
syllabe initiale en qui fait corps avec le radical. Nous donnons 
comme exemple la conjugaison des trois verbes suivants appartenant 
aux trois conjugaisons. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



167 





INDICATIF. 






PRESENT. 




7}2* enchdout e 


m'entre^n^t e 


m'enquer isse 


t'enchdout os 


Ventrem^t es 


t'enquer isses 


s*enchdout o 


s*entrem4t 


s'enquer is 


nous enchaout an 


nous entremet dn 


nous enquer issdn 


vous enchaout ds 


vous entremet ds 


vous enquer iss6s 


s' enchaout ou 


s'entrem^t ou 

IMPARFAIT. 


s'enquer issou 


nVenchaout dbe 


entretnet id 


enquer issid 


Venchaout dbos 


entremet ids 


enquer issids 


s'enchaout dbo 


entremet id 


enquer issid 


nous enchaout dben 


e7it7'emet idn 


enquer issidn 


vous enchaout dbes 


entremet ids 


enquer issids 


s'enchaout dbou 


entremet idou 

PASS6 DEFINI. 


enquer issidou 


7n'enchaout ere 


ent7^emet &re 


enquer igutre 


t' enchaout eras 


entremet dros 


enquer igudros 


s*enchaout et 


ent7'emet dt 


enquer iguH 


nous enchaout even 


e7it)'emet e7'en 


enquer iguiren 


vous enchaout ei^es 


ent)^e7net eres 


eTiquer igu&res 


s'enchaout erou 


entremet d7*ou 
PAss6 ind6fini. 


enquer igu&rou 


me swi enchaoutdt 


ent7*em^s 


enque7Ht 


te'sios enchaoutdt 


enti^em^s 


enquerit 


s'es enchaoutdt 


entremds 


enquerit 


nous sen enchaoutdch 


e7itrem^ses 


enquerich 


vous sds enchaoutdch 


e7it7'emdses 


eTiquerich 


se sou enchaoutdch 


entremdses 


enquerich 



163 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



PASSE AJ<JT]ERIEDR. 



me siagudre enchaoutdt 
te siagudros enchaoutdt 
se siagudt enchaoutdt 
nous siagu&ren enchaoutdch 
vous siagudres enchaoutdch 
se siaguSrou enchaoutdch 



entremis 

entrem^s 

enti^em^s 

entvemdses 

entrem^ses 

ent7^e7n4ses 



enquerit 

enquerit 

enquerit 

enquerich 

enquerich 

enquerich 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



m'dre enchaoutdt 
t'dros enchaoutdt 
s*dro enchaoutdt 
nous ^rcn enchaoutdch 
vous eres enchaoutdch 
s*drou enchaoutdch 



entrem^s 

entremds 

entrem^s 

entrem^ses 

entrem6ses 

entrem^ses 



enquerit 

enquerit 

enquerit 

enquerich 

enquerich 

enquetHch 



FUTUR. 



m'enchaout ardi 
t'enchaout ards 
s'enchaout ard 
nous enchaout ar^n 
vous enchaout ar6s 
s'enchaout ardou 



entremet rdi 
enti^emet rds 
entremet rd 
entremet r4n 
entremet rds 
entremet rdou 



enquer irdi 
enquer irds 
enquer ird 
enquer irdn 
enquer irds 
enquer iroou 



FUTUR PASS6. 



7ne serdi enchaoutdt 
te serds enchaoutdt 
se serd enchaoutdt 
nous serdn enchaoutdch 
vous serds enchaoutdch 
$e serdou enchaoutdch 



entremds 

entremds 

entremds 

entremdses 

entre^ndses 

entremdses 



enquerit 

enquerit 

enquerit 

enquerich 

enquerich 

enquerich 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



169 



GONDITIONNEL. 



ni^enchaout a7*id 
Venchaout a?n6s 
s^enchaout arid 
nous enchaout avian 
T>ous enchaout arias 
s'enchaout aridou 



PRESENT. 

entremet (r)id 
entremet {r)ids 
entremet (7*)id 
entremet (r)idn 
entremet {r)ids 
entremet {r)idou 



enquer i{r)id 
cnqucr i{r)i6s 
enquer i{t*)id 
enquer e'(7')zVm 
enquer i{r)ids 
enquer i{r)i6ou 



7ne serio enchaoutdt 
te serids enchaoutdt 
se setnd enchaoutdt 
nous seridn enchaoutdch 
vous serids ejichaoutdch 
se seridou enchaoutdch 



PASS6. 

entrem^s 

entrem^s 

entrem^s 

entremdses 

entt^emdses 

enti^em^ses 



enquerit 

enqueiHt 

enquerit 

enquerich 

enqueiHch 

enquerich 



IMPfiRATlF. 



enchaout o t6 
enchaout en nous 
enchaout a{s) voiis 



entremet t6 enquer is te 

entremet en nous enquer iguen noiis 
entremet i\s) vous enquer iss^{s) vous 



SUBJONGTIF. 



que m'enchdout e 
que Venchaout es 
que s'enchaout e 
que nous enchaout ^n 
que vous enchaout es 
que s'enchaout ou 



PRESENT. 

enti'em^t e 
entremet es 
entremi^t e 
entremet dn 
entremet es 
entremet ou, 



enquer tgue 
enquer igues 
enquer igue 
enquer igufin 
enquer igues 
enquer igou 



170 



GRAMMAIRE LANGtJBDOGIENNE. 



que m'enchaout dsse 
que Venchaout dssos 
que s'enchaout esso 
que nous enchaout essen 
que vous enchaout ^sses 
que $*enchaout essou 



que me sidgue cnchaoutdt 
que ie sidgues cnchaoutdt 
que se sidguo cnchaoutdt 
que n, siagudn enchaoutdch 
que r, siagu(fs enchaoutdch 
que se sidgou enchaoutdch 



IMPARFAIT. 




entremet dsse 


enquer igudsse 


enlremet dssos 


enquer igudssos 


entremet dsso 


enquer iguesso 


entremet dssen 


enquer iguissen 


entremet esses 


enquer iguesses 


entremet dssou 


enquer igwssou 


PARFAIT. 




entremcs 


enquerit 


entrein^s 


enquerit 


entremds 


enquerit 


cntremt^ses 


enquerich 


entremdses 


enque^Hch 


e7itrem^ses 


enquerich 



PLUS-QUE-PARFAIT. 



que 7ne siaguesse cnchaoutdt 
que te siagudssos cnchaoutdt 
que se siagudsso cnchaoutdt 
q, n. siagucssen enchaoutdch 
q, V, siagudsses enchaoutdch 
q. se siagu()ssou enchaoucdch 



entremcs 

ent7*em^s 

eiitrcmds 

e7itr€m(^ses 

entrem^ses 

cntrem6ses 



s*enchaout a 



s' est re ctichaout di 



INFINITIF. 

PRESENT. 

entremetre 

PASSE. 

cntrem6s 



enquerit 

enquerit 

enquerit 

enquerich 

enquerich 

enquerich 



enqueri 



enquer it 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



171 



PARTICIPE. 



PRESENT. 



s'enchaout dn 



entremet ^n 



enquer igii^n 



PASSE. 



se siagu^n enchaout at 



entrem^s 



enquer it 



NoTA. — Du verbe enchaoutd s'est formee la vieille expression 
frangaise il xn'en chaut signifiant : cela m'importe. — On voit que, 
dans les temps simples de ces trois verbes, il ne parait pas y avoir 
de difference entre eux et les precedents, dits k deux Pronoxns; 
mais il n'en est pas de m^me dans les temps composes et a Tlmpe- 
ratif. Ainsi, les verbes a deux pronoms font : 7n*en sidi tvufdt; m'en 
dre, m'en serai, m'en serio, que nien sidgue trufdt, tandis que les 
derniers font : me sidi enchaoutdt ; m'&re, me serdi, me serid, que 
me sidgue enchaoutdt. 

Dans les premiers, le regime direct en precede I'auxiliaire aux 
temps composes, tandis que dans les derniers la syllabe initiale 
en, faisant partie int^grante du radical, vient apr^s Tauxi- 
liaire. A Tlmp^ratif, le pronom regime en vient, dans les premiers, 
apres les pronoms te, nous, vous, suivant le verbe, ty^ufo-Ven, tru- 
fen-noiCn, trufa{s)-voiVn, tandis que dans les derniers la syllabe en 
precede naturellement le verbe, et le pronom vient k la suite, en- 
chaoutO't^, enchaoiiten-noHS, eyichaouta(s)-vous, 

Verbes a gonjugukh suk s'enchaouta, s'entremetr^e, s*enqueri. 



s'enand ^ 
s'enardi 
s'embourid 
s'embourrd 



s'en a Her 
s'enhardir 
s'eborgner 
s'en moqiier 



m'envdou 
m'enardisse 
nVembourie 
m'emboarre 



1. Le verbe s'enann fait excoplion a riniporatif. SHuf a la deuxieme personne du 
pluriel. En cfTet, an lieu de f,Hvaf-te, enanen-noffs, on dit vai-Ven, anen-nou'n; 
mais on dir^ indifferemment, a la deuxieme personne, a/ia(jf)-ro/>'w ou enana{s)-voi'fs. 



172 

s'encanayd 

s'enchichourld 

s'endabald 

s'endeveni 

s'endintrd 

s'endoulenti 

s*endroumi 

s*engalafatd 

s*enoa7^gayd 

s'encourri 

s'engourdi 

s'engrdoumouU 

s'engiisd 

s'ennebouU 

s'enquibd 

s'enrciend 

s'entanchd 

s*enreve7ii 

s'envould 



6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

s'encanailler 

s'enivrer 

se fouler (un membre) 

se rencontrer 

rentrer (dans sa coquille) 

s'endolorir 

s'endormir 

s'6trangler (en mangeant) 

id. (en buvant) 
s'enfuir 
s'engourdir 

id. (plus fort) 
se tromper dans un achat 
se charger de nuages 
s'informer 
se roidir 



avancer Touvrage 
s'en revenir 
s'envoler 



m'encandye 

m'enchichourle 

m'endabdle 

m'endev^ne 

m'endintre 

m'endoulentisse 

m'endroumisse 

m'engalafdte 

m'engai^gdye 

m*encouvHsse 

m'engourdisse ' 

m*engrdoumouHsse 

m'enguse 

(defect.) s'enneboulis 

m'enquibe 

7n'enretene 

(defect.) s'entdncho 

m'etirevdne 

m'envoule 



Peuvent 6tre classes au nombre des verbes essentiellement Prono- 
minaux, les verbes Actifs qui, en prenant le pronom refl6chi, perdent 
leur sens primitif, ainsi : se fluid se persuader, se bandd s'enivrer, 
se retird aller se coucher, se sdi^vl (de qiiicdn) se servir de quelque 
chose), se trufd se moquer, different completement dans le sens 
d'avec : flatd caoucun flatter quelqu'un , bandd uno pldgo bander 
une plaie, 7'etird de vi retirer du vin, sdrvi la soiipo servir la soupe, 
t7^ufd uno pidto, un pdrdigdl, truffer une dinde, une perdrix. 

VERBES CONJUGUfiS INTERROGATIVEMENT. 



Cette forme etant assez peu usitee, nous ne donnerons pas un type 
pour chacune des trois conjugaisons. II suffira de savoir que ces 
verbes, qui peuvent etre Actifs, Passifs, Neutres, Pronorainaux et 
Impersonnels, ne sont employes qu'a Tlndicatif et au Conditionnel. 
et plus sou vent dans les temps composes que dans les temps simples. 
U s'agit seulement, pour obtenir la forme interrogative, d'ajouter la 
particule it a la suite de chaque personne du singulier et du pluriel 



GRAMMAIRE LANOUEDOGIENNE. 173 

lies temps simples de ces deux Modes, car, dans les temps composes, 
la particule ti suit Tauxiliaire. On met un trait-d'union entre le 
verbe et la particule. Nous choisirons comme exemples les deux 
auxiliaires, le verbe actif aimd et le verbe neutre veni conjugue avec 
estre. 







INDICATIF. 

1 








PRESENT. 




sioi-ti 


suis-je 


ai-ti 


ai-je 


sioS'ti 


es-tu 


as-ti 


as-tu 


es-ti 


est-il 


o-ti 


a-t-il 


sen-ti 


sommes-nous abdn-ti 


avons-nous 


ses-ti 


fttes-vous 


dbds-ti 


avez-vous 


sov^ti 


sont-ils 


oou-ti 

IMPARFArr. 


ont-ils 


dre-ti 


etais-je 


ahiO'ti 


avais-je 


^roS'ti 


6tais-tu 


abioS'ti 


avais-tu 


drO'ti 


etait-il 


dbiO'ti 


avait-il 


dren-ti 


6tions-nous 


abian-ti 


avions-nous 


dr es-ti 


etiez-vous 


dbias-ti 


aviez-vous 


droU'tl 


6taient-ils 


abioou-ti 

PASS6 DEFINI^ 


avaient-ils 


siagudre4t 


fus-je 


achdre-ti 


eus-je 


siagu^ros-ti 


fus-tu 


achdros-ti 


eus-tu 


siaguit'ti 


fut-il 


acliM-ti 


eut-il 


siagudren-ti 


fiimes-nou3 


ach&ren-ti 


eilmes-nous 


siagudreS'ti 


futes vous 


acMreS'ti 


eiites-vous 


siagu^rou-ti 


furent-ils 


acMrou-ti 


eurent-ils 



1. Ce temps et les trois suivants ne sont guere usit^s dans le sens interrogatif; 
c*est plutot dans les formes suivantes : a petio siaf/uere-ii dintrAt, que.., a peine 
fus-je entre que..., a peno ach4res-ti finit que... A peine eiltes-vous fini, que... 



174 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



sioi'ti estdt 
Etc. 



PASS6 ind6fini. 



ai-je ete 



ai'ti abut 
Etc. 



ai-je eu 



PASS6 ANT^RIEUR. 

siaguere-ti estdt eus-je ete acMre-ti abut eus-je eu 
Etc. Etc. 



di^e-ti estdt 
Etc. 



PLUS-QDE-PARFATT. 

avais-je ete abio-ti abut 

Etc. 



avait-je eu 



FUTUR. 



serai'ti 

seras-ti 

serO'ti 

seren-ti 

seres'ti 

seroou-ti 



serai-je 

seras-tu 

sera-t-il 

serons-nous 

serez-vous 

seront-ils 



aourai'ti 

aouraS'ti 

aouvo-ti 

aoiiren-ti 

aoures'ti 

aouroou'ti 



aurai-je 

auras-tu 

aura-t-il 

aurons-nous 

aurez-vous 

auront-ils 



serai'ti estdt aurai-je ete 
Etc. 



FUTUR PASSE. 



aourcLi'ti abict aurai-je eu 
Etc. 



GONDITIONNEL. 



PRESENT. 



seriO'ti 

serioS'ti 

seriO'ti 

serian-ti 

serias'ti 

serioou'ti 



serais-je 

serais-tu 

serait-il 

serions-nous 

seriez-vous 

seraient-ils 



aou(r)iO'ti 

aou(r)ioS'ti 

aouir)iO'ti 

aou{r)ian'ti 

aou{r)ias-ti 

aou{r)ioou'ti 



aurais-je 

aurais-tu 

aurait-il 

aurions-nous 

auriez-vous 

auraient-ils 



GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 



175 



PASSlg. 



seriO'ti estdt aurais-je ete 
Etc. 



aou{r)iO'ti abut aurais-je eu 
Etc. 



Quelques examples rendront sensible le m6canisme de cette con- 
jugaison : Sera-ce votre p6re qui paiera les dettes? ser^o-ti vdstre 
pdire que pagard lous dioutes ? — Serio-ti estdt tan Idou ouUiddt 
s'^r(o) estd{t) caHtdble? eilt-il ete si vite oublie s'il avait 6te chari- 
table? — AbiaS'ti un boun generdU aviez-vous un bon general? — 
AoureS'ti Idou finit aquel ramdge? aurez-vous bientot fini ces dis- 
cours? — Siagu&re-ti aimddo d'aquel hdme? Dious ou sap I fus-je 
aimee de cet bomme? Dieu le sait ! 



Verbes aime-ti aime-je, vene-ti viens-je. 



INDIGATIF. 



PRESENT. 



dime-ti ? 
dimoS'ti ? 
dimo-ti ? 
aiman-ti f 
aimas-ti f 
dUnou-ti ? 



aime-je? 

aimes-tu? 

aime-t-il? 

aimons-nous? 

aimez-vous? 

aiment-ils? 



v^ne-ti? 
v^neS'ti ? 
ven-ti ? 
vendn-ti ? 
vendS'ti ? 
v^nou'ti? 



viens-je? 

viens-tu? 

vient-il? 

venons-nous? 

venez-vous? 

viennent-ils? 



IMPARPAIT. 



aimdbe-ti ? 
aimdboS'ti f 
aimdbO'ti? 
aiyndben-ti f 
aimdbes-ti ? 
aimdbou'ti? 



aimais-je? 

aimais-tu? 

aimait-il? 

aimions-nous? 

aimiez-vous? 

aimaient-ils? 



venio-ti f 

venioS'ti f 

veniO'ti? 

venian-ti? 

venias-tl? 

veyiioou'ti? 



venais-je? 

venais-tu? 

venait-il? 

venions-nous? 

veniez-vous? 

venaient-ils? 



176 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



PASS6 D^FINI. 



aim&re-ti f 
aimeros-ti? 
aimet'ti ? 
aim&ren-ti ? 
aimdreS'ti ? 
ai7nerou4i ? 



aimai-je? 

aimas-tu? 

aima-t-il? 

aim^mes-nous? 

aim^tes-vous? 

aimerent-ils? 



vengudre-tif 
vengudi^os f 
venguet'ti f 
vengueren-ti? 
vengudreS'ti f 
veng'u&rou-ti f 



vins-je? 

vins-tu? 

vint-il? 

vinmes-nous? 

vintes-vous? 

vinrent-ils? 



PASSfi INDfiFINI. 



ai- ti aimdt ? ai-je aime ? 
Etc. 



sioi'ti vengiit f suis-je venu? 
Etc. 



PASSJg ANTlgRIEUR. 

achdre-H aimdt ? eus-je aime? siagu^re-U vengiit f fus-je venu? 
Etc. Etc. 

PLUS-QUE-PARF AIT . 

(tbio-ti aimdt f avais-je aime? dre-ti vengut f etais-je venu? 
Etc. Etc. 

FUTUR. 



amarai'ti f 
aimaras'ti? 
aimuro-ti ? 
aimaren-ti f 
aimareS'ti ? 
aimaroou'ti ? 



aimerai-je? 

aimeras-tu? 

aimera-t-il? 

aimerons-nous? 

aimerez-vous? 

aimeront-ils? 



vendrai'ti ? 
vendraS'tif 
vendrO'ti ? 
vendren-ti f 
vendreS'tif 
vendroou ti f 



viendrai-je? 

viendras-tu? 

viendra-t-il? 

viendrons-nous? 

viendrez-vous? 

viendront-ils? 



FUTUR PASSE. 



aourai'ti ai^ncit? aurai-je aime? serai-ti vengut? serai-je venu? 
Etc. Etc. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



177 



CONDTTIONNEL. 



PRESENT. 



ainiariO'ti ? ai merais-j e ? 
aima?'ioS'ti ? aimerais-tu? 
aimariO'ti ? aitnerait-il? 
aimarian ti ? aimerions-nous ? 
aima^HaS'ti f aimeriez-vous? 
aima7*ioou4i ? aimeraient-ils ? 



vend{r)io4i f 
vend(7^)ios-ti ? 
vend{r)iO'ti? 
vend{r)ian'ti ? 
vend{r)ias-ti? 
vend{r)tooU'tl? 



viendrais-je? 

viendrais-tu? 

viendrait-il? 

viendrions-nous? 

viendriez-vous? 

viendraient-ils? 



PASSE. 



aou(r)io4i aimdt? aurais-je aime? serio-ti vengut? serais-je venu? 
Etc. Etc. 

Ainsi que nous Tavons dit, ce mode de conjugaison interrogative 
n'est pas tres souvent employe. Nous verrons plus tard, en nous 
occupant plus sp6cialement de la Syntaxe, que la forme interrogative 
semble repugner au genie de notre langue d'Oc. De m^me que dans 
Tespagnol, le ton de la phrase parl^e suffit pour reveler a Tauditeur 
si on rinterroge ou non, 

VERBES DfiFEGTUEUX. 

lis ne sont pas nombreux, dans notre langue, et se rencontrent 
surtout parmi les verbes Neutres et les verbes Pronominaux des 
trois conjugaisons. En dehors des verbes Impersonnels, tons regu- 
lierement d^fectueux, nous pouvons citer : 



lancecha 61ancer, causer des elancements. 

pounchechd poindre; se dit, au figure, du Soleil, et, litt^rale- 

ment, d'une pointe qui fait saillie. 
s'entanchd avancer ; se dit d'un ouvrage sur le point d'etre lini. 
dorre causer de la douleur k une partie du coips. 
escdire cuire ; s'applique aussi a une douleur corporelle. 

12 



17% cp-fcrnnrf-.E i^^^^Zrvr:,*'* 






L^ 'i^rr-irrr €>t u*I*^ k riii^i^r-.t::'. -i*:.^ > -•:'.> i*"-r: I'ir. 

me lafiKP^^t'ilr/ 'y^'*'^\h *\^> ^laLr-ei^rL:- -iiii^ l':.r»r:.>.' : /-•'." 7»««" .'//i* , • 
ijt^ fiifi'^jo pla p»fr inf.uipar\*' *'* .^•.•„>'i i; fa ;: J :e le j«';ei m^ f;i>>^'=' 
fcj^n ix*ii jo;r iii>ujp^:ijtrr 'ie 'Iirr^r: ;••»' '-? ;* /rit- '•■ / la tcte me 
fail riia'i ; Ce^qH^no rno '?->•'/>■•'' / .^'^ •/ " \k -i.^ ma fai: ^>T;ffrir I- .t 
aujo'jr rhii : ^</ w/i^/ p'jn*-!**:* '!> /'« '-■' ' v*''' /-'?'/«''." ••^'•' '//>i i#Jv»'/. 
e*^^//> il y a u:;e'i*'jjijj^ «ie la ^'iiiiirire •; li Ir.r.vrse oans lu-.-u >a!»-!: 
lOHJout*p^junf:hef:h"*jO :e jour r:.:;i:.,^!i.M:: .*i |-.:D«ire: ia '-.' •/•♦ iV/i- 
ianrltO la barri'jue 5>^ra bi».-iit«!'l au Kn-l: r*:>\' "f s't^M^'fnrhtj V^\^ 
touche a sa iin: to ^e/i/70 rne^rr^i \a la:.^"je uie ouil: /l'"^ i*»ls lurs- 
rj/iou les veux me cuisent ; b**'^ nlnw's /yf>,x'v>?'*^fi les jjenoux 
me cui.saieiit; ^74? o/iros rcscofr^^ju les fc>^e< le cuirunt: /on quio't' 
roe pi*v,$'tii le derri^re rue d^niari;:e: Ux' un< ukc prusUno'tX^ nez 
me demangea: grata s rr//',s *j"nic prus'b /ra'Iez-vous 011 cela^ie- 
mari^^e: /ou /<r/i5 s'tf/Oiehouifs le It-iiip^ tl^vienl nelmleux: co'Lcti- 
nefxjHU.:i t^! ciel ? couvre-toi de miajzes ! 

2. SoudfS, dil-iL nest employe qu'aii prt^>PiiL a riniparfait et au 
passe de(inl de rindicalif ; sowhs dit-il. S' »*"/(.<{*> disait-ih sotniitjio't 
dit'iL 

KxEUPLES. — Vole, soiuUs, que renf/urs amhe ycou je veux, dit-il, 
que vous veniez avec moi ; las fennns, sowh'sifKfU, son pas capaplos 
(le res les femmes, disaient-ils. ne sont capables de rien : jowjfts, 
soudfgtiet, sUn segicro que gagnarH jouez, dit-elle, je suis sure que 
vous gagnerez. 

3. Cahi, cdoupre, conlenir, queri, querre chercher et assdoupre, 
celui-ci toujours precede de faire, ne s'emploieut qu'a riofinitif. 

ExBMPLEs. — Tout aquel vi pourro pas cabi, ou cdoupre, din Im 
piparot tout ce vin ne pourra pas etre contenu dans le petit tonneau; 
la foulo de pople pou(d)id pas cdoupre din la gleiso la foule ne pou- 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 179 

vait tenir d«ins I'eglise ; andt queri lou capeldn il alia chercher le 
pretre; lou vdou quer^^e je vais le chercher; vai ie fa qiwrre! va te 
faire... lanlairel mdndo qu&rre lou medeci et fai i{e) assdoupre que 
7na fdnno crdino envoie prendre le m6decin et fais-lui savoir que 
ma femme est prise des douleurs de renfantement. 

NoTA. — Les composes de queri, aquerl requeri counqueri, etc, ^ 
sont, au contraire, usit6s dans tous les modes et dans tous les temps. 



VERBES IMPERSONNELS. 



En francais, les Verbes Impersonnels eniploient seulement la troi- 
sieme personne du singulier de chaque temps, pr^cedee de la parti- 
cule il comme snjet. Des grammairiens modernes, pour se donner 
la satisfaction de reformer le vieux Lhomond, les ont appeles uni- 
personnels. En ne considerant les choses que superficiellement, il 
semblerait, en eflfet, que ces Verbes affectent une seule personne qui 
serait la troisifeme; mais ce n'est point exact, car le pronom il qui 
les precede est pris dans un sens ind^termin^, et on ne pent le 
mettre au feminin et dire : il pleut, elle pleut. G'est done un pro- 
nom indefini et le verbe est bien reellement Impersonnel. 

En langue d'Oc, on n'a pas a rechercher si le pronom est personnel 
ou indefini, puisqu'on n'en use pas, et toutes ces finesses sont inu- 
tiles. Le Verbe Impersonnel s'emploie a tous les modes, sauf Tlm- 
peratif, et a la troisieme personne du singulier de chaque temps. 

Ainsi que les Pronominaux, les Verbes Impersonnels sont de 
deux sortes : 

1« Les verbes essentiellement Impersonnels qui ne peuvent se 
conjuguer autrement que ceux qui suivent : 

blainejd bruiner jald geler 

cdrre falloir ndvd neiger 

glaoussd faire des eclairs iHooure pleuvoir 

granissd tomber du givre t round tonner 

grdlld gr^ler ventd venter 



180 



ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



YERBE BLAINECHA (1'' conjugaison). 



INDICATIF. 



PRESENT. 

IMPARFAIT. 

PASS6 D^FINI. 

PASS& IND^FINI. 

P. ANT^RIEUR. 

PL-Q.-PARFAIT. 

FDTUR. 
FUTUR PASS6. 



hlainicho 
hlainechdbo 
hlainechdt 
o blainechdt 
achdt blainechdt 
abid blainechdt 
blainecharo 
aourd blainechdt 

GONDITIONNEL. 



il bruine 
il bruinait 
il bruina 
il a bruine 
il eut bruine 
il avail bruin^ 
il bruinera 
il aura bruine 



PRESENT. 


blainecharid 


il bruinerait 


PASS6. 


aou{r)i6 blainechdt 
SUB.TONGTIF. 


il aurait bruine 


PRESENT. 


que blain^che 


qu'il bruine 


IMPARFAIT. 


que blainechesso 


qu'il bruin&t 


PARFAIT. 


qu'dche blainechdt 


qu'il ait bruin6 


PL.-Q.-PARFAIT. 


qu'achesso blainechdt 
INFINITIF. 


qu'il eut bruiu6 


PRESENT. 


blainechd 


bruiner 


PASSE. 


abdire blainechdt 

PARTIGIPE. 


avoir bruine 


PRESENT. 


blainechd7i 


bruinant 


PASSJg. 


blainechdt 


bruine 



OBAMMAIRE LANODEDOdENNE. 



181 



VERBE PLOOURE (2« conjugaison). 





INDIGATIF. 




PRESENT. 


pldou 


il pleut 


IMPARFAIT. 


plovio, plouvio (2« forme) 


il pleuvait 


PASS6 DEFINI. 


plogudt, plougudt 


il plut 


PASSfe IND^F-INI. 


plogiit, plougiit 


il a plu 


P. ANTERIEUR. 


achet plogiit y plougiit 


il eut plu 


PL.-Q.-PAKFAIT. 


abio plogiit, plougiit 


il avait plu 


FUTUR. 


ploouro 


il pleuvra 


FUTUR PASSE. 


aouro plogiit, plougiit 

CONDITIONNEL. 


il aura plu 


PRESENT. 


ploou{r)i6 


il pleuvrait 


PASSE. 


aoui^r)i6 plogiit, plougiit 
SUBJONGTIF. 


il aurait plu 


PRESENT. 


que pldgue 


qu'il pleuve 


IMPARFAIT. 


que ploguesso, plougudsso 


qu'il plut 


PARFAIT. 


qu'dche plogiit, plougiit 


qu'il ait plu 


PL.-Q.-PARFAIT. 


qu*achdsso plogiit, plougiit 
INFINITIF. 


qu'il eut plu 


PRESENT. 


plooitre 


pleuvoir 


PASSE. 


ab^ire plogiit, plougiit 
PARTIGIPE. 


avoir plu 


PR1&SENT. 


plogu^n, plougu^n 


pleuvant 


PASSE. 


plogiit, plougiit 


plu 



2" Certains vcrbes actifs, mais surlout Neutres ou Pronominaux, 
rjui jouentaccidenteilement le role de Verbes Impersonnels, ne s'em' 



182 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

ployant dans ce cas Ik qu'i la troisifeme personne, se conjuguenl 
comme les precedents : 

s'agis de, ou que.,. il s'agit de... 

arribo que... il arrive que... 

s'atrdpo que,.. il se trouve que... 

counv6n de, ou que... il convient de, ou que... 

embdoumo (quelque chose) embaume 

s'endeven que... il se rencontre que... 

fo il fait 

fur^cho (quelque chose) infecte 

gldsso il glace . 

i'O, y-o, i'dbid, etc. il y a, il y avait, etc. 

pards que... il parait que... 

es qtiestiou de, ou que... il est question de... 

pudis (quelque chose) pue 

tdmbo il tombe 

Exemples se rapportant aux verbes qui precedent : 

S'agis pais) de fadechd il ne s'agit pas de s'amuser. 

Arribo que pldnto! il arrive ce qui doit arriver (proverbe). 

Arribard, cdouque bdljour, que Vatrapardou mort il arrivera, 
quelque beau jour, qu'on le trouvera mort. 

Vends a-n-un inichdn moum6n, s'atrdi)0 qu'abdn fini(t) de dinrui 
vous arrivez a un mauvais moment, il se trouve que nous avons fini 
de diner. ' 

Counv^n que ie rand6s la visito ' il convient que vous lui rendiez 
sa visite. 

Sar7''d{s) vous d'aici qu*embdoiimo approchez-vous d'ici, car quel- 
que chose sent tres bon. 

S'endevenguet qu'erou pdises il se rencontra qu'ils etaient du 
m^me pays 

1. Nous avons parle, au dobut, de rimportance de I'accent. II sufftt quelquefois 
de son deplacement pour rendre incivile une phrase c.oiirtoise ; ainsi, dans cet exeni- 
ple, counvf'fi que ic randi's la visi'to, il convient que vous lui rendiez sa visite, 
on s'adresse, ou a plusieurs personnes (ce qui n'est pas le cas), ou k une aeule a qui 
on doit le respect et qu'on ne tutoio point. Si on remplarait la breve sur Va do 
randes par une lonf,nie, la phrase signilierait : que tu lui rendes la visite. En effet, 
le Verbe randes est a la troisieuie pcrsonne du pluriel, tandis que rdndes serail a 
la troisieme personne du singulior. 



GRAMMAIRE X^AliGDEDOGIBNl^E. 183 

Fo {e)scu coumo la gdrjo del loiip il fait noir, obscur, comme 
dans la gorge d'un loup. 

Anen nou'n d'aici que sai fur6cho allons- nous-en d'ici, celasent 
mauvais. 

glassdt touto la ndi il a glace pendant toute la nuit. 

1-6 (u)n (in que Vahidn pais) vist il y a un an que nous ne 
t'avions vu. 

r-abid {u)n hd^ne que fouchdbo Vhort il y avait un homme qui 
piochait le jardin (commencement d*un vieux conte), 

Par^s qu'oou perdu {t) soun prowes il parait qu*ils ont perdu 
leur proces. 

Es question que sabdn pa{s) {i)ncdro qo que far^n le fait est que 
nous ignoroDS encore ce que nous ferons. 

De que iron s'es passdt ? tout dr{o) embdoumabo, dro pudis 
qu*enfeto! que s*est-il done passe? tout k 1 heure, cela embaumait, 
maintenant cela pue, cela infecte! 

Disou qu'es toumbdt de grello din la Marino on dit qu'il a gr616 
dans la Marine. — On appelle la Marine le pays bas qui est circons- 
crit entre la Medilerranee, Tetang de Thau et le cours inferieur de 
THerault, formant les terriloires de Meze, Marseillan, Pomerols, etc. 
II y grele assez r6gulierement* 



DU PARTICIPE. 



Le Participe est ainsi nonime parce qu'il tient, selon les circons- 
tances, de la nature du Verbe et de celle de TAdjectif. II est consi- 
dere comme un Mode du Verbe quand il exprirae qu'on accomplit 
ou qu'on a accompli un acte. II est Adjectif quand il determine la 
qualite du nom qui le precede ou qui le suit. 

Le Participe est Present ou Pass6. 

Le premier n'engendre pas, comme dans le frangais, un grand 
nomhre d'Adjeclifs verbaux. On en trouve seulement quelques-uns 
pai mi les Verbes de la Premiere et de la Deuxieme Gonjugaison. 
Nous en donnerons la liste plus loin. 

L' Adjectif verbal suit, pour la formation du feminin, la rfegle 
des Adjectifs. (V. p. 44, Remarques.) 11 difl'ere du Participe present en 



184 



GRAMMAIHE LAN6UED0GIENNE. 



€6 qu'il possede les deux Genres et les deux Nombres, tandis que ce 
Participe reste invariable. 

Le Participe pass6, au contraire, fournit, dans toutes les con- 
jugaisons, uu trfes grand nombre d'Adjectifs, dont voici quelques 
exemples : 

PREMlfeRE GONJUGAISON. 



un musicien acabdt 

un hdm{e) aroninat 

un coutel asugdt 

uno porto bar r ado, tancddo 

un trabdl entanchdt 

de candrs embucdch 

un chabdl espaourugdt 

un cuye esiamdt 

de mostros raoubddos 

un fricd(t) rabindt 

tin plait) d'ioous condch 

de fennos acouchddos 

un home mal far^gdt 

U7i moucaddu brouddt 

de chemignciros ramounddos 



un musicien acheve 
un homme mine 
un couteau aiguise 
une porte fermee 
un travail avance 
des canards gorges 
un cheval effraye 
une cuiller etaniee 
des montres voices 
une entree brtilee 
un plat d'oeufs couvis 
des femmes accouchees 
un homme mal vetu 
un mouchoir brode 
des cheminees ramonees 



DEUXifeME GONJUGAISON. 



uno lly6to pla vengudo 
un toupi fendkt 
uno cdous{o) entendudo 
d'efdnis) perdnch 
un 7noussu pla nascut 
de grai foundut 
de bla(t) mourgut 
d^e car couroumpiido 
un pesoul revcngut 
U7i hdm{e) entrepi^^s 
de cdousos penjiesos 
xm librc pla escrich 



une fillette bien venue 

uu pot (au feu) fendu 

une chose convenue 

des enfants perdus 

un monsieur bien n6 

de la graisse fondue 

du bl6 moulu 

de la viande corrompue 

un parvenu (un pou revenu) 

un homme embarrasse, timide 

des choses permises 

un livre bien ecrit 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



185 



de pan mal quioch 
de fideous quioches 



du pain mal cuit 
du vermicelle cuit 



troisi£:me conjugaison. 



un{o) afdire flnido 

las les aboulidos 

lou miyds acouqtieUt 

uno famiy(o) apaourido 

la merlusso brandido 

un tredte claoufit 

un{o) agdss{6) agroumandido 

un mourr(e) afistoulit 

la cdtio) escarnido 

la man engrepesido 

la bugdd{o) espandido 

lou$ pouls espellch 

lou blat paouMt 

lou cambajou 7nousit 

lous d^bdsses sarcich 

de fig OS a col ioussit 

(Coulivos coufidos 

un tirO'Cur 7'afU 

un dse mort 



une affaire tefminee 

les lois abolies 

le g&teau de mais mis en grumeau 

une famille appauvrie 

la morue travaill6e 

une salle de theatre archi-pleine 

une pie affriandee 

un visage fl6tri 

la chalte corrigee 

la main engourdie par le froid 

le linge de lessive etendu 

les poulets eclos 

le champ de ble foule nux pieds 

le jambon moisi 

les bas reprises 

des figues au ecu tordu 

des olives preparees 

im bonnet (de femme) froisse 

un ane mort 



On voit, d'apres ces exemples, que le Participe passe, pris adjecti- 
vement, est un veritable adjectif s'accordant en Genre et en Nombre 
avec le nom qu'il qualitie. 

Nous avons deja dit que les Parlicipes presents, a la difference du 
franrais, engendrent tres pen d'adjectifs verbaux. En voici une enu- 
meration, avec leur origine : 



bab^n — bab^nto 
counfi&n — to 
difer^n — to 
esseUn — to 
ncclicMn — to 



PREMIERE CONJUGAISON. 

Participe present de babd baver 

» counfid confier 

» difern differer 

» esseld exceJIer 

» neclichd negliger 



186 GRAMMAIHE LANOUEDOGIENNE. 



DEUXifeME CONJUGAISON. 



councluen — to Participe present de counciure conclure 



counvenguen — to 




counv^ncre convaincre 


depend&n — to 




dependre dependre 


fend^n — to 




f^ndre fendre 


found^n — to 




foundre fondre 


fouten — to 




foidre f... 


naiss^n — to 




ndisse naitre 


coumproumeten — to 




coumprou7n6tre 



TROISIEME GONJUGAISON. 

Neant. 

Exemples de Participes presents, adjectifs verbaux : 

Aquel tan'4n es tan bab^n que se po(d) pan laourd cette terre 
garde tellement Teau qu'on ne pent la cultiver. 

Quicon d'afroHS es de troumpd (u)n{0) dnio counfi^nto c'est une 
chose affreuse de tromper une aine confiante. 

Uhdme fend^n fo veni Vodi Thomme qui fait Timportant est 
odieux. 

Sas dos sorres sou esseUntos me pla neclicMntos ses deux soeurs 
sont e^cellentes mais bien negligentes. 

Tas rasoHS sou mai counclu^ntos que counvenqitdntos tes motifs 
sont plus concluants que convaincants. 

Aqui^stos p^ros sou pu{s) founddntos que las doutros ces poires-ci 
sont plus fondantes que les autres. 

Lous pdstrcs pourterou Voxifrdndo a Jesus 7iaissen les bergers 
porterent leur oflFrande a Jesus naissant. 

Les Adjectifs suivants, pris sur le noiubre, quoique tirant leur ori- 
gine d'un Yerbe. ne sont point, comrne en frangais, Adjectifs Ver- 
baux. car les Participes presents de ces verbes ont, dans notre 
idionie. une terminaison bien dilTerente. lis doiventetre classes avec 
les Adjectifs Ordinaires. On en trouve dans les trois Conjugaisons, 
mais les plus nonibreux appartiennent a la premiere. 



GRAMMAIRB LANGUBDOCIBNNE. 



187 



PREMIERE GONJUGAISON. 



abounddn, — to, abondant. Le Participe 

acapldn, — to, accablant 

acoumovddn, — to, acconimodant 

acupdn, — to, occupant 

aguQan, — to, agagant 

agounisdn, — to, agonisant 

alassdn, — to, fatigant 

amena^dn, — to, mena^ant 

apdldn, — to, appelant 

aprouchdn, — to, approchant 

actHtdn, — to, acceptant 

assistdn, — to, assistant 

atristdn, — to, attristant 

boufdn, — to, bouffant 

hriydn, — to, brillant 

caressdn, — to, caressant 

circuldn, — to, circulant 

couldn, — to, collant, coulant 

coulourdn, — to, colorant 

councdrtdn, — to, conce riant 

counsouldn, — to, consolant 

councilidn, — to, conciliant 

count radldn, — to, contra riant 

countratdn, — to, contractant 

craqudn, — to, craquant 

flansdn, — to, dansant 

edifidn, — to, ediliant 

emigrdn, — to, emigrant 

ensinudn, — to, insinuant 

entrigdn, — to, intrigant 

f^rrdn, — to, errant 

escaoufdn, — to, echauffant 

estoufchi, — to, elouffant 

estoundn, — to, etonnant 

fatigdn, — to, faliganl 



present est abounddn 
acapldn 
acoumoud6n 
acupen 
agacdn 
agounisdn 
alassdn 
amenacdn 
apdldn 
aprouchdn 
ac^ttdn 
assistdn 
atristdn 
boufdn 
hriydn 
caressdn 
circuldn 
couldn 
coulow^n 
councdrtdn 
counsouldn 
councilidn 
countradidn 
countratdn 
craqudn 
dansdn 
edifidn 
emigrdn 
ensinudn 
entrigndn 
cn^dn 
escaoufdn 
estoiifdn 
estoundn 
fatigudn 



188 6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

fourtifldn, — to, fortifiant. Le Participe present 

fringdn, -— to, fringant 

gdindn, — to, genant 

impourtdn, — to, important 

impourtundn, — to, importunant 

intrdn, — to, familier 

irritdn, — to, irritant 

mandidn, — to, mendiant 

moiif'tifidn, — to, mortifiant 

parldn, — to, parlant 

penetrant, — to, penetrant 

perseverdn, — to, perseverant 

picdn, — to, piquant 

ragoustdn, — to, ragodtant 

rampdn. — to, rampant 

rassasidn, — to, rassasiant 

rayoundn, — to, rayonnant 

rehutdn, — to, rebutant 

revoultdn, — to, revoltant 

roulldn, — to, roulant 

sanchdyi, — to, changeant 

santifidn, — to, sanctifiant 

suplicdn, — to, suppliant 

ta7nperdn, — to, temperant 

tentdn, — to, tentant 

toulerdn — to, tolerant 

tourmentdn, — to, tourmentant 

traflcdn, — to, trafiquant 

tratnbldn, — to, tremblant 

umilidn, — to, huniiliant 

vacdn, — to, vacant 

vouldn, — to, volant 



est fowttfi^n 
fringu^n 
gdin6n 
impourtdn 
impourtun6n 
intrdn 
irriten 
mandidn 
mourlifien 
parUn 
penetren 
pe7^sever(fn 
piqudn 
ragoustdn 
rampdn 
ra^sasUn 
rayoundn 
rebutdn 
7'evoultdn 
roulldn 
sanchdn 
santifidn 
supliqudn 
tamperdn 
tentdn 
toulerdn 
tourmentdn 
trafiqudn 
tramJbldn 
umilidn 
vaqudn 
vouldn 



DEUXIEME CONJUGATSON. 



apnrlenen, — to, appartenant. I^e Participe pres. est apartenguen 
equiraldn, — to, equivalent » cquivarguen 

recoimeissc7i, — to, reconnaissant » recounesquen 



GRAMMAIRE LANQUEDOCIENNE. 



189 



reJouiss6n, — to, rejouissant. Le Participe pres. est rejouigudn 



entrepren^n, — to, entreprenant 
suspren^n, — to, surprenant 
plas^n, — to, plaisant 
displasin, — to, deplaisant 
doul€n, — to, dolent 
esco%^6n, — to, cuisant 
sufis6n, — to, suffisant 
ris^n, — to, riant 
medis^n, — to, medisaht, 



entreprengu4n 

susprengu^n 

plasegu4n 

displasegv4n 

dourgu6n 

escogu6n 

sufigu^n 

rigu^n 

medigu^n 



TROISI&ME GONJUQAISON. 



acuy^n, — to, accueillant. Le Participe 
abi'utissin, — to, abrutissant 
adouciss^n, — to, adoucissant 
afadiss^n, — to, afFadissant 
afepliss^n, — to, affaiblissant 
agissen, — to, agissant 
ass^rviss^n, — to, asservissant 
assoupiss6n, — to, assoupissant 
assourdiss^n, — to, assourdissant 
assKjetiss^n, — to, assujettissant 
atendrissdn, — to, attendrissant 
aviliss6n, — to, avilissant 
boundiss4n, — to, bondissant 
coumpatiss4n, — to, compatissant 
devertiss^n, — to, divertissant 
envdiss^n, — to, envahissant 
estourdissin, — to, etourdissant 
flouriss^n, — to, florissant 
gemiss^n, -^ to, gemissant 
groussiss6n, — to, grossissant 
grandiss4n, — to, grandissant 
jaouniss^n, — to, jaunissant 
jaliss^n, — to, jaillissant 

languiss^n, — to, languissant 

lus^n, — to, luisant 



present est aculigu^n 
abrutigu6n 
adoucigu^n 
afadigu^n 
afepligu^n 
agigu4n 
assdrvigu^n 
assoupigu6n 
assourdigu^n 
assvjetigv4n 
atendrigu6n 
aviligu4n 
boundigu^n 
coumpatiguin 
devertigu^n 
envdigu4n 
estourdiguin 
tlourigu6n 
gemigu6n 
groussigu6n 
grandigu^n 
jaouniguin 
jaligu4n 
languigudn 
Ixisigu^n 



190 



GRAMMAIHB LAN6UED0GIBNNE. 



nourriss^n, — to, nourrissant. Le Partici 
ouMiss^n, — to, ob^issant 
pud€n, — to, puant 
rabissdn, — to, ravissant 
rougiss^n, — to, rougissant 
salliss^n, — to, salissant 
sesissdn, — to, saisissant 
Etc. 



pe pres. est nourrigu^n 
ouMiguin 
pudiguin 
7^dbigu6n 
rougiguin 
salligu6n 
sesigu^n 
Etc. 



DE L'ADVERBE. 



L'Adverbe est un mot invariable qui se joint aux Yerbes, aax 
Participes, aux Adjectifs et k d'autres Adverbes pour en determiner 
ou en modifier la signification. En outre des Adverbes, 11 y a les 
Locutions adverbiales ou reunion de plusieurs mots faisant 
fonction d'Adverbes. A la difference de la Proposition, TAdverbe n'a 
point de regime. On en compte neuf sortes : 

1^ Les Adverbes de lieu : 



aqui, i, la, y 
aid, aild, ici,.li 
aldi, li-bas. 
ayiir, ailleurs. 
pirtout, partout 
endacdn, quelque part 
prdche, pres 
ion, ou yon, loin 
ounte, oun, ou 
d*ounie, d'oun, d'oil 



alentour, alentour 
dedin, dedins, dedans 
defdro, dehors 
amoiin, en haut 
ahdl, en bas 
agamoiin, ici en haut 
agabdl, ici en bas 
dessHS, dessus 
defoust, dessous 
enyoCy quelque part 



LOCUTIONS ADVERBIALES. 



en degdi, en deci 
en deldi, au deli 
al dessus, au-dessus 
at dejoiist, au-dessous 
in-amoim, 
insamoun. 



par Ik-bas 



par la-haut 



in-abdl, 

insdbdl, 

pdrquin-aici, par ici . • ^ 

pdrquin-ldi, par la wntl'^'^^v* 

an-ounte, oti 

d'an-oimte, d'ou 



0RAMMA1RE LANGUEDOCIBNNE. 



191. 



€71 naou, en haut 
€71 bas, en bas 
€n fdro, en dehors 

2<* Les Adverbes de temps : 

idi ou ydi, aujourd'hui 
hier ou y&r, hier 
de'ntdn, demain 

pancdi^o, {pa{s) {i)ncdro) pas en- 
core 
toujour, toujours 
jadis, jadis 
d€Chd, dkjk 
soub^n, souvent 
d?'o^ (de a hdra) maintenant 
/6'OM, toutdro^ bientdt 
ta?% tard 



en dedins, en dedans 
pa{s) {e)n y6c, nulle part 
d'aici-estdn, d'ici 



tardidirom^n^ tardivement 
bite^ vite 

prountomdn^ promptement 
jamais (de jam magis) jamais 
tantd^ tantot , , 

sitd^ sitdt^ aussitot ^ 

couro (de quota hora), quand 
qiuint (de quando), id. 

lounUn^ longtemps 
aladonn. alors 

ald)\ id. 0^'y:)u'lO 

d'abdf\ d*abord 



LOCUTION'S ADVERBIALES. 



de cent en C7vinto^ k de longs in 

tervalles 
aban-s-ie7\ avant-hier 
ap7^d{s) demdn^ apres-demain 
at te7ijCLdis^ au temps jadis 
pu(s) leou^ plus tot 
pus ta7\ plus tard 
de boun*hoi(ro^ de bonne heure 
en 7*etd7\ en retard 
d*ar' en abdn^ dor^navant 
i-o pa{s) gdire^ naguere 

3« Les Adverbes de maniire : 

pla^ bien 
mal^ mal ' / 
ensi^ ainsi 
antdl^ id. 



din Vabor^ d*abord 
tout d'un cop^ aussitot 
a tout cop^ a tout coup 
tout cop^ de temps k autre 
un cop, une fois 1 d6but 
uno fes, une fois J des contes 
aout7'os-fes^ autrefois 
aout7^es-coch^ id. 
caoucos feSy quelques fois 
p^7^ aldr^ pour lors 
de fes que i-d^ quelquefois 



ansin^ id. 

coussi^ comme, que ! 
coitmo^ id. 
esp7^ds^ exprfes 



192 



GRAMMAIRB 



espressomin^ express6ment 
aoutrom^n^ autrement 
dougomen^ doucement 
erousom^n^ heureusement 
fortom^n^ fortenient 



LANGUBDOGIENNE. 

lantom6n^ leiitement 
propom^n^ proprement 
sachom^n^ sagement 
justom^n^ justement 
brdbom^n^ bonnement 



LOCUTIONS ADVERBIALKS. 



pdr asdr^ par hasard 
a tor, a tort 
a rasou^ k raison 
antal'be^ ainsi bien 
amb' ac6^ avec cela 



a7nbe soudUy avec soin 
amV cuir^sso^ adi-oitement 
a la prdsso^ precipitamment 
a pr^pdous^ k propos 
a reg^^M. k regret 



4<* et 5<> Les Adverbes de quantity et de comparaison : 



fdsso^ bdl cop, beaucoup 
tournd, encore ^j x •.- 
incdro^ id. 
quan, combien 
mai, davantage 
mens, moins 
mioii, miyoii, mieux 
pire^ pire 



'J-' 



paou, peu 
prou, assez 
tan^ tant 
aoutdn, autant 
enti&irom^n^ entierement 
talom6n. tellement 
pr&sque, presque 
tout^ tout 



LOCUTIONS ADVERBIALES. 



pas proii, pas assez 
pla proii, bien assez 
a mat, et aussi 
aou-mens, au moins 
tou{t)ple, beaucoup 
que jamdi, tant et plus 
de bdl cop, de beaucoup 
a mai incdro, et pis encore 
a pu prds, k peu pres * 
en rdgo, en bloc 



paou'C-a paou, peu k peu 
incdro mai^ encore plus 
incdro mens^ encore moins 
incdro {u)n cop, encore une fois 
a-n-un poun, k un point 
a tal poun, k tel point 
tout a fet, tout a fait 
pus pire, plus que pire 
toutes cas, tout au plus 
fosso mai, beaucoup plus 



GHAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 



193 



6« Les Adverbes d'ordre et de rang : 



premieiromdn, premierement 

day^rieiromdn^ dernierement 

abdn^ avant 

apres^ apres 

clabdn^ devant 

detrds^ darries^ derriere 

anfin^ enlin 



pel^^ pioi^ ensuite 
despei^ despioi^ depuis 
desempeU desempi&iy depuis lors 
al67\ puisqu'il en est ainsi 
ens^mble^ ensemble 
desapa)'adomdn, separement 
pareiomdn.^ pareillement 



LOGUTlOiNS ADVERDIALES. 



a forgo^ enfni 

en fdcio^ vis-i-vis 

en premid ioc^ en premier lieu 

en darrie^ en dernier 

en abdn^ en avant 



en detrds^ en arrids, en arriere 
a la poitsltOn a la portee 
de seguido^ sans desemparer 
apres- tout, apres tout 
paoiic apres peu apres 



7**, %^ et ^^ Adverbes d'affirmation, de negation, de doute : 



certos, certes 
C(hUenomdn, certainement 
verifaplomd?i^ veritablement 
o/, — oin^ oui 
noit^ — 7idni^ non 
silodn; sibdn^ selon 
pas, pas 



tabd^ atabd^ aussi 
sdiqiie^ peul-etre 
helcou^ id. 
SQtpenddn. cependant 
pa7ndns, il n'est pas moins vrai 
voulountie, volontiers 



LOCUTIONS ADVERBIALKS. 



mai-que-ynai^ surtout 
san doide^ sans doute 
on vole pla^ je le veux bien 
dac6}\ d'accord 
d'acor qtie siagudn^ id. 
aco siloim^ cela depend 
7ie cuunvene^ j'en conviens 



toiit-a-fcH, tout a fait 

noun pas, non pas 

noii?i pas cdrtos, non certes pas 

Vitem es, le fait est 

pirho{t) fet, peu de chose 

per fH d'aco, par le fait 

oseo per segn, pour sur 

13 



194 - GRAMMATRE LANGUEDOCIENNE. 



ADJEGTIFS PRIS ADVERBIALEMENT. 

II arrive quelqiiefois qu'on se sert d'adjectifs comme adverbes. 
Dans ce cas,' les adjectifs deviennent invariables. — Exemples : 
canta faous chanter faux, mavchd Uoiige marcher legferenient 
charge (marcher leger), tustd (du grec tuztw) r(^te frapper fort, dc- 
niourd court rester court. 

Les Adverbes terminus en men, fort nombreux, se forment en 
ajoutant cette particule a la terminaiso'n feminine des adjectifs. — 
Exemples : t^ndre, t6ndr6, tendrorn^n ; sensat, sensado, sensado- 
m6n sensement ; adr^ch, adr^cho, adrechomdn adroitement ; laoxige, 
laougelro, laougeironidn legerement ; Mste, tristo, tristom^n; 
doutre, doutro, aoutro7n6n autrement. 



EXERGIGES. 

Attends-moi ici pendant que j'irai la-bas. — Ne sors pas 
Esp(^ro m'aici pend6n qu*anardi inldi. — Sourtigues pms) 

d'ici pour aller dehors jusqu'a ce que je revienne : j'aime 
d'aici pdr and deforo jusqtws a tan que toy^ne : prefdre de 

mieux que tu restes dedans. — Quand tu auras termini ton travail 
bdl'Cop que demdres dedins. — Quant aourds flnit ta fatigo 

la-haut, tu descendras ici en bas. — D'ou venez-vous? de Beziers; 
in-amoun, dabalmvis insdbdL — D'oun vends? deBesids; 

ou allez-vous? a Pezenas. — Au-dessus de I'homme il y a les Anges 
ount' ands? a P<!s6nas. — Al dessus de Thome i-6 las A^ichos 

et, au-dessous, les animaux. — Aujourd'hui, il fait bien beau; hier, 
e, aldejOHSt, las hestios, — Yoi, fo pla hH; hier, 

il plut toute la journee; mais a present, je ne sais pas quel temps 
ploguet tou{t) lou jour ; 7nes dro, sdbe pas lou tens 

nous aurons demain et apres-demain. — On dit des paresseux : 
qu*aourdn demdn e apre{s)'demd7i, — Disou des fegndns : 

j'y vais tard, j'y fais peu de chose et je m'en reviens de bonne heure. 
tar lai vaou, paou lai faou, de boun{o) liouro m*en tdrne. 



GHAMMAIRE LANGUEDOGIEKNE. 105 

— Nous desirons toujours et ne sommes jamais salisfaits. — Si, 

— Toujour desirdn, e sen pa{s) jamdi satisfdches, — Se, 

autrefois, les bommes avaient une meilleure sante, c'est qu'il 
d'doutres coch, lous homes abidou miouno santdt, es que 

n'y avait pas, alors, autant de vices. — Termine au plus tot ton 
i abid pas, aladoun, tan de vices, — Acdbo al puis) Idou ta 

travail, bien ou mal, peu importe, pourvu que tu aies bientot 
besoitgno, pla ou mal, n*imp6rto, mouyhian qu{e) defies leou 

fini; sans cela, nous ne pourrons pas sortir et, ainsi. Ton dira 
finit ; aoutrom6n pourren pas sourti e, antdl, dirdou 

que nous I'avons fait a dessein; il y a foule dans les rues 
qu'ou aben fach espres; i-o fdsso tnounde din las carritTOS 

et, cependant, on n'est pas encore sorti de vepres. Je veux 
e, sapenddn, sou pas mcd^^o sourti{ch) de vespros. Vole 

parier qu*il y en a au moins autant sur le Pre. Sur le quai de 
jougd que gn'o aou-mens aoutdn sul Prat, Sul qud de 

La Farelle, a la gare du Nord, ils sont tellement serr^s qu'on ne 
la Fardlo, a la gdro del Nor, sou talom^n quichdch que se 

pent pas circuler. Mon Dieu, que de monde ! Aussi quand il y en a 
po{t) pas circuld, Bou-Diou! can de pdple! Atab6 lou 

trop, c*est trop! — Si tu le veux, apres diner nous sortirons 
trop es trop! — Se te fo gaou, aprd{s) dimid sourtir^n 

ensemble; mais, avant cela, habille-toi, puis nous irons d'abord 
toutosdos; md, parabdn, astico-te pla^ pdi anar^n pi^emidiromen 

au concert qu'on donne sur le Plan, ensuite faire un tour au 
al counc^r que donou sul Planol, e pel aprds fdir{e) un tour al 

cirque ou Ton dit qu'il y a deux clowns qui font crever de rire. 
circle que disou que i-o dous clouns que fdou espetd del rnre. 

Nous ferons bien de nous hater, car Theure s'avance. — 
Faren pld de nous despachd, que lliouro s'entdncho, — 

Vous ne savez pas comment va le jeune enfant de La Pecette? 
Sabds pas coussi vo loupichdt de La Pdcdto? 

Non, je ne Tai pas vu depuis hier. — Peut-etre ira-t-il mieux 
Ndni, Vai pa{s) vist despdi liter, — Sdiqu{e) anaro-ti miou 



196 GRAMNfAIRE LAXGL'EDOCIENNE. 

aujourd'hui, mais ce n'est pas bien siir. On dit, pauvre eufant, qu'il 
yoi, 7nes es pas pla segu. Dison, pecdire, que 

etait menace de la petite verole; si c'est vraiment cela, il en aura 
coudbo la picoto; s*es vevitaplom^n aco, n*aouvn 

pour longternps! Tout aussi bien ce ne sera que la rougeole; le 
pdr detens! Taiipld sero pas que km sinipiou ; Ion 

medecin ne s'est pas encore prononce. Le fait est que cela peut 
medeci s'es pa{s) {i)?icdro dcclavdt. Uitem es qtc'aco pot 

etre dangereux : sa grand'mere pretendait que ce n'etait rien, 
estre dangeirous : sa gran preiendio qu'cro pa(s) re(s) de tottt, 

et raaintenant elle pleure tant et plus. J'ai defendu a ma petite 
e dro plouro soiin sadoul. Ai defendui a 7na pichotn 

d'y aller, car elle pourrait y prendre quelquc chose. 
de lai and, que ie pourvio recachd quicon. 



DE LA PREPOSITION. 

La Proposition est un mot invariable qui, dans la phrase, lie 
deux termes et les met en rapport, tel que per pour : moiirl per la 
patrio mourir pour la patrie. Per indique ici un rapport entre ?novn 
et la patrio; c'est done une Preposition. Le genre de rapport est 
marque et determine par la signification meme de la Pr6position, et 
le mot qui la suit en est le regime. 

Ces rapports peuvent etre : 

1^ De lieu, de tendance, de possession, d'origine : 

a, a foro^ hors 

per^ pour deforo^ en dehors de 

afhi, afin dediiis, en dedans de 

aco^ chez en^ en 

rfm, dhis^ dans e7ivtn\ cnvers^ envers 

daoii^ daotis, vers j/fsquo, juscos^ jnsqnes 

ExEMPLEs. — Je vicns de Servian, je m'arreterai dans Pezena^;. 

Ve7ie de Serbian, mUirrestardi din Pesdnas, 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 197 

puis, avec mon cheval, je passerai par la Grange-des-Pres, et 
pet, dmbe moim chabdl, passardi pdr la Grdncho-des-Prach, e 

je me dirigerai vers Montagnac afin de me rendre a ma 
m'agandirdi daou Mountagndc pdr dedire de gagna mou7i 

maison, de me coucher de bonne heure et de dormir jusqu'^ 
oustdl, d'and (a) la pdyo de boun* ouro e de droumi juscos a 

raidi. 
miichoiir, 

2^ D'ordre, de rang, d'espace, de temps : 



abdn^ avant 

aprds^ apres 

aoutottr de^ autour de 

6ntre^ cntre 

entrem^n qxie^ des que 

iras^ detrds^ derriere 

proche de^ pros de 

yon rfe, loin de 

despdi. despioi^ depuis que 



des que^ des que 

par ml. parmi 

sibdn, suivant 

siis^ dessfjs^ sur 

joust, dejoifst^ sous 

cdntro^ cn'ynto^ contre (juxtapose) 

siloun^ selon 

pendcn^ pendant 

durdn^ durant 



ExEMPLES. — L'enfant etait entr'elle et moi pendant la messe, 

Uefdn rro oitrelio) e yeoti 2)end67i la mdsso, 

au fond de Teglise, sous I'orgue et tout a fait contre le pilier; 
al fou7ide la gleiso,jou(st) Vorguc e ioutnfe{t) crdafo Ion piye; 

mais, depuis ie commencement jusqu'a la fm de Toffice, 
me, desempel loic coumcnramen jusqicios) a la fl de Vouficej 

11 n'a pas leve les yeux de sur son llvre, tandis que, autour 
pa(s) Icvdl Ions iols de dessifs soiin llbrc, alogo que, a I'entour 

de nous, et derriere nous, tons etaient distraits. 
de ndoutres, e detrd{s) nfioiitres, toutes eroii lou cap en l'(b\ 



o^ D'union, de separation, de conformite, d'opposition, d'excep- 
tion, de moyen : 



dnde^ dmbe., an, avec 
apdr^ hormis 



nial())'(\ malgre 
rof'nno^ comme 



198 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

echetdt^ excepte san^ sans^ sans 

fran que^ sauf cd^itro^ crdnto^ contre (oppose) 

mouydnan gue^ moyennant pdr^ par, au moyen de 

ExEMPLES. — Avec de Targent on achete tout ce que Ton veut, 

A^nbe (Vavgen se crdmpo toii{f) fo qu'on vol, 

excepts le ciel; malgr6 cela, sauf les saints^ qui ne s'eii 
echetdit) lou ciel; malgre-s-acd, fran loiis shis, que sen 

occupent pas, tout le monde le poursuit, pauvres comme riches : 
acupou pas, ioiites Vassegutoii, pdoures coumo inches : 

les uns, parce qu'ils n*en ont pas assez, les autres, parce qu'ils 

â–  

Ions us, pdrcequi n*oou pas prou, lous doutres, pdrceqii6 

en veulent davantage; pourvu qu'ils puissent Tencaisser, ils ne 
ne vdlou mai; mouydnan que lodscou Vacampd, 

regardent pas comment il leur est arrive ; si c'est par fraude et 
agdchou pas coussi i-es vengui; s'es pdr couquinarie e 

contre Thonneur, ils s'en moquent : aussi disent-ils qu*il n*a point 
cronto Vhounou, s*en foutou : atdb6 disou qu'o pais) ches 

d'odeur. 
de sentou. 

REMARQUES SUR LES ADVERBES ET LES PREPOSITIONS. 

Parmi les Adverbes et les Prepositions que nous venons d'enu- 
merer, et d'autres qui nous ont echappe, on remarquei*a qu'un assez 
grand nombre sont tantot Prepositions, tantot Adverbes, selon qu'ils 
ont ou n'ont pas de regime. Tels sont : 

abdn, aprds; dabdn, detrds; dessi'fs, dejous; siloun; sibdn; 
despdi, desploi; dtcrdn; proche, yon; deforo, dedins; fdsso, mai, 
mens, prou, paou, aoutdn, etc. 

SONT ADVEUBES : SONT PREPOSITIONS I 

Le mari marchait avant, et la Le niari marchait avant sa 
Vhdme marchdbo abdn, e la Llionic tnarchdbo aban sa 



femme venait aprds. 
f6nno venid apices. 



Restez devant, je passerai 
Demourds dabdn, passardi 

derridre. 

detrds, 

Montez dessus, je me tien- 
Mountds dessiis, me leti- 

drai dessous. 

drai dejoiist, 

Vous voulez que je parle? 
Vpulds que pdrle? 

C'est seloni c'est suivantl 
Acd silodn! aco sibdn! 

II y a dix ans qu'il est parti, 
I'O deck ans qxCes partU, 

je ne Tai pas vu depuis. 
I'ai pa{s) vist despdi, 

L'avant-garde est pres, mais 
L"aban-gdvd{o) es proclie, me 

rarm6e est loin. 
Vay^mddo {e)s yon, 

Je I'ai mis dehors. 
L*ai flcdit) defc'yro. 

Oil Ta mis dedans. 
L'oou mes dedins. 

Nous sommes beaucoup. 
S'en fusso. 



Nous en avons davantage, 
N'abdn mdi, 

moins, assez, peu, autant. 

mens, prou, paoii, auutdn. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 199 

femme, et celle-ci venait apres 

f6nno, e aqu^sio venid apres 

lui. 

el. 

Restez devant moi, je 

Demoio'ds daban yeou, 

passerai derri^re vous. 

passardi detra{s) vous. 

Montez sur I'arbre, 

Moimtds dessii(s) Vdoubre, 

je me tiendrai sous lui. 
me tcndrdt dejoust el. 

Je parlerai selon qu'il me 
Parlardi siloun que me 

plaira et suivant mon idee. 
plairo c sibdn mou7i ideio. 

Combien d'annees sont passees 
Qitan d'ans sou passdch 

depuis que je ne Tai vu 1 

despdi que Vaipa{s) vist! 

EUe s'est niise pres de moi, 
S'es sarrddo proche de yeou, 

mais je me suis mise loin d'elle. 
7ne me sidi 7h6so yon d*6lo. 

11 est hors de la maison. 
Es deforo de Voustdl. 

II est en dedans de la llmite. 
Es en dedins de la vdgo. 

Nous avons beaucoup 
Abcn fossip) 

d'enfants. 
efdns. 

Nous avons plus, moins, 
Abcn mdi, mens, 

assez, peu, autant d'enf ants. 

prou, pduu, aouidn d'dfdns. 



200 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



LOCUTIONS PREPOSITIVES. 

De mc^ine qu*il y a des Locutions Adverbiales , il y a tlca 
Locutions Pr6positives et, comme nous le verrons ensuile. des 
Locutions Conjonctives. Les Locutions Prepositives sont for- 
meesdedeux ou plusieurs mots, parmi lesquels on trouve des Noms. 
des Pronoms, des Participes, des Adverbes, groupes avec uae ou 
plusieurs Prepositions. Telles sont les suivantes, prises au hasard 
parmi un grand nombre. 

jifscos a tan, jusco tnn que jusqu'a ce que 

al reboits de k Tenvers de 

tivdnt a vers (avec mouvement) 

pdr dedire de afin de 

pdr Vamokr de dans le but de 

entre tout (acd) au milieu de tout (cela) 

a Ventoiir de autour de 

a fdr^o de a force de 

a cdoiiso de k cause de 

al vespet de comparativement a 

al noifjnbrc de au nouibre de 

per vapor a par rapport a 

en sdrto que de sorte que 

de faissou que de faron que 

en plnro de au lieu de 

en Idgo de id. 

en f6ro de hors de 

al travds de a travers 

al mitdn de; en mitdn de au milieu de 

bis-a-bis de vis-a-vis 

entve mitdn de au milieu de 

en dep)ro de eu dehors de 

en dedins de en dedans de 

al dabdn de au devant de 

al detrds de au derriere de 

en ate7iden de (ou) que en attendant de (ou) que 

ent?'e ta7i que pendant que 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 201 

ian Idou que aussitot que 

a par que a part 

al cap cle au bout, au terme de 

a fecheclou de a I'exception de 

ni per {aquelo) nonobstant (cela) 

en oidre {(Vaco) en outre de cela 

pdr mouycm de moyennant 



EXERGIGES. 

Avant la creation, comnie apres, Dieu a toujours ete. 
Abdn la creaclou, coumo {n)prcs, Dious es Untjour estdt. 

11 y a des gens qui nous flattent par devant nous, et nous 
Gn'o . que nous /kitou per dahdn 7idoutres, et nous 

abiment par derriere. 
dcmalugou pdr detrds. 

Suivant les philosophes, il ne faut pas mettre le doigt entre 
Sibdn lous fllosofos, ral pa{s) metre lou det 6ntre 

Tarbre et Tecorce; cependant, parnii ceiix qui le disent, 
Vdoubre e Vcscorco; j)a?nc)is, cut re (o('fte(s) lous qu'ou disou, 

beaucoup s'y prennent. 
fosso se conyoi'mou, 

Sur cette feuille de papier est ecrit TKvangile selon Saint- 
Sus aqu6l ftcl de papic es escricho VEvangilo silofhi Sen- 

Jean, en caractores gothiques. Fais allention! tu as failli le 
Jan, en letros goufiros, Gdro! as pensd{t) 

decbirer! Tu fais tout au rebours des autres. Je te I'ai donne 
Vesquinsd! Fas lout al reboiis des doutres. Te Vai bailddo 

afin que tu le copies, mais, peine inutile I Je suis sure 
pdr Vamour que la couples, me, "ni pdr aquelo! Sioi seguro 

que dans tout aujourd'bui tu ne le finiras pas. Au lieu de t'amuser, 
qu' entre tout yoi Vacabards pas. En logo de fadejd, 

assieds-toi de maniere a ce que rien ne te derange; mets-toi 
asseto-te de faisson que ?x'(s) le destorbe pds; met te 



202 GRAMMAIRE LANGUEDOGIEKNE. 

a cette petite table, au milieu des deux fenetres, en tournant 
andCaqu4lo taouleto, entre-^nitdn de las dos fenestras, en vir^n 

le dos au jour : tu as le temps, puisque six heures ne sont pas 
Vesquino {a)ljour : as lou tens, cntrem^n qu*o pas incdvo picd{t) 

encore sonnees. Des que je verrai que tu es pres de finir, je te 
sieis. Tan leoic que veirdi qu'entdnchos, te 

chercherai un autre travail a faire. Ainsi, a force d'ecrire, tu 
cdrcardi un doutre tvahdl a fdire, Antdl, a fi'rrgo d*escvioure, 

apprendras Torthographe, car tu es bien en retard pour toutes 
ap{r)endrds Vortogy^dfo, car stos pla en retdv per tout 

ces choses comparativement a ta sceur, et jamais tu ne Tatteindras, 
ac6 al 7*espet de ta sortie, e jamdi Vagandirds pas, 

k moins que tu te mettes tout de suite au travail, et encore 
a Vecheciou que te m^tes prountom6n a la hesoitgno, e incdro 

bien heureuse es-tu de m'avoir derriere toi pour t'encourager. 
g7^an gdou que m* defies al detrd{s) de tus pdr t'e7icourachd. 



DE LA CONJONCTION. 



La Gonjonction est un mot invariable dont la fonction est de 
lier ensemble les mots, les membres de phrase et les propositions. 
Les Conjonctions sont : 

COPULATIVES. 

e et. — Lou pdoure e lou riclie sou cgdls dabdn Dious. 
Le pauvre et le riche sont egaux devant Dieu. 

qv£ que. — Dlse que lou vole antdl. 

Je dis que je le veux ainsi. 

ni ni. — ^5 pa{s) ni tu ni vous, 

II n'est ni chair ni poisson. 



GBAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 208 



DISJONGTIVES. 



ou ou. — Te cal manjd ou biour^e, 
II te faut rnanuer ou boire. 



â– t3' 



sidgo.., sidgo soit... soit. — Ris toujour, sidgo que gdgne, sidgo 

II rit toujours, soit qu'il gagne, soit 
que pdvde, 
qu'il perde. 

ADVERSATIVES. 

sapenddn malgre cela. — Guincho, e sapenddn m'agrddo mai 

Elle louche, et malgri cela me plait plus 
que sa sorre. 
que sa soeur. 

771^, m^s mais. — Sou poulidos md mal fargddos. 

EUes sont jolies mats mal accoutrees. 

can, quant quand. — Lou vourrio pas, can siagudsso en 07\ 

Je ne le voudrais pas, quand il serait en or. 

alor que lorsque. — E?*o {e)sca7^rahiddo {a)l6v qu'kro jouve. 

Elle etait degourdie lorsqu'elle etait jeune. 

quoueque quoique. — Es aimdplo quoueque ledo. 

Elle est aimable quoique laide. 

incdro que quand mSme. — Es aimdpl{o) incdro que sidgue l()do. 

Elle est aimable quoiqu'elle soit laide. 

sinoH, shioun sinon. — -45 fa{ch) quicon de trabes, sinoit Varna- 

Tu as fait quelque sottise, sinon tu ne 

ga(r)ios pas, 
te cacherais pas. 

soulom^n uniquement. — V6le soulom^ti que Ven dnes. 

Jo veux seulement que tu t'en ailles. 

pasqtie rien que. — Oou pas qu'ihio cdno de loun. 

lis n'ont que deux miitres de longueur. 



204 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 



GONDITIONNELLES. 

coiono comme. — Faven coiuno faHs, 

Nous ferons comme vous ferez. 

se si. — Sidgo liouncsto se ros que te respetou, 
Sois honn^te si tu veux qu'on te respecte. 

coussi comment. — Sap pa{s) coussi fdire. 

II ne salt comment faire. 

• 

pdrtu-que pourvu que. — Arribaro, pcrvxi que se decid{e) a parti, 

II arrivera, pourvu qu'il se decide a partir. 

mowjendn-que pourvu que. — Lou mnl passaro moyemhi que te 

Le mal passera pourvu que tu 

souegnes. 
te soignes. 

GAUSATIVES. 

pdrdequ6 pourquoi. — Vole sdoupre pcrdeque Vassetos pas, 

Je veux savoir pourquoi tu ne t'assieds pas. 

pdrceque | parce que. — S'es pa{s) ldvd{t) pcrcequ^ero las. 
pdvtdouque ) II ne s'estpas love parce qu'il etait fatigue. 

car car. — Sidi pais) iiiorto car soufrlsse pla. 
Je ne suis pas morte car je soulfre bien. 

pdrque puisque. — Demoro {-ai pcrqne te vos pa{s) {e)n antt. 

Heste ici puisque tu ne veux pas t'en alter, 

pdr que pour que. — Uai menddo per que la counousqu^ssos, 

Je Tai anienee pour que tu la connusses. 



CONTINUATIVES. 



or or. Es pla. fregeh'fc, or, aquelio) annddo, fasid pla frech . 

II est tres IVilcux, or, celte annee-la, il faisail bien froid. 



GRAMMAIRE LANGOEDOGIENNE. 205 

doun done. — Arribe{t) doun que toiites escaperou. 

II arriva done que tous s'echapperent. 

supousdt suppose. — Otinte Ions ^netroou, supousdil) que Ions 

Ou les inettra-t-on , suppose qu'on les 
acdssou ? 
rattrape ? 

COMPARATIVES. 

coiimo comme. — Sios coinno yeou, quan rial manjdt, ai la 

Tu es comme moi, quand j'en ai mange, j'ai la 

coulico. 
colique. 

ensi ainsi. — Aco se po(t) pa(s) gueri; ensl, prcn nd toxin partit. 

Cela ne pent se guerir; ainsi, prends-en ton parti. 

LOCUTIONS CONJONCTIVES. 

ce que nou, sinon 

es pas per dire, mi\,. je n*ai rien a en dire. mais... 

per fdt d'acd, par le fait 

es per ensi, c'est pourquoi 

cr6nto que, de p6ou que, de peur que 

quan indmes, quand lueine 

per tan,., que, pour si... que 

entre que, eyitrem&n que, du moment que 

pdr pas que, etc., pour ne pas, etc. 



EXERGIGES. 

Nejoue pas avec ce fusil, sinon je I'enfermerai. 
A?^patdches pas amV aquel fusil, ce que nou Vestrdmardi. 

lis etaient deux farceurs qui faisaient la figue-lignole surle quai; 
Eroxi un pardl d'aissdples que fasioou la fifjo-ligndlo^ sul que; 

1. Voir, pour figo-Ugnolo, le mot hlgo dans le Glossaire. 



J 



206 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

il y en eut un qui nous remplit les yeux avec une poign^e <le 
gn'achet un que notes einbourvidt amhie) unplmupoun de 

petit son. La grosse Catherine, qui etait avec nous, lui appliqua 
7^ac^t. La grdsso Catinou qu\}ro {a)ml)€ ndoutros, te U flquet 

un soufflet qui lui fit voir les etoiles en plein midi. Je n'ai 
un hiro-Vumour que ne vecM{t) las estelos del del. Es paist 

rien k en dire, mais je n'ai jamais vu une si belle gifle faire enfler 
pd)' dire, mds at pa{s)ja7ndi vist un tan hdl carpd7i anfld 

une joue; aussi, il s'enfuit avec son camarade et nous 
{u)no gdouto; atabd, s*encourriguM an sou7i camarddo e lovs 

ne les vimes plus. Par le fait, elle fit bien, Catherine ; c'est 

vecheren pas pus. Pdr fdit) d*ac6, faguet pla, Catinou; es 

pourquoi tous la redoutent et, depuis, aucun ne la tracasse 
pdr ensi que tot'ttes la cn^gnou e que, desernpdi, capes Vatissou 

plus, de peur qu'il ne lui en arrive autant. — Puisqne c'est vous 
papiis, cr^nto que i-en arrfde aoutdn. — Entre qu'es vous 

qui le dites, je le crois ; mais, quand meme, vous en con viendrez, 
qu'ou dis6s, oucv^se; md, quanmdmes, ne counvendres, 

il est drole qu'une fijle, pour si vigoureuse qu'elle soit, fasse 
es drolle qu'uno fiyo, per tan pla arrapddo que sidguo, fdgue 

fuir deux forts hommes ! 
fouchl dous liomendsses ! 

OBSERVATIONS SUR que, 

Le mot que figure dans trois parties du Discours. II est Pronom 
relatif quand il pent se tourner par aqu6l aqu^lo. — Exemple : la 
fdnno que plourds la femme que vous pleurez, soit la f4nno aqudlo 
que plourds la femme, celle que vous pleurez. — II est Adverbe 
lorsqu'il signifle combien. — Exemple : que ses brdbe! que vous 
etes bon! — II est enfin Gonjonction quand il lie deux mots ou 
deux membres de phrase. — Exemple : s'amerito pla que Vavnen 
elle merite bien que nous Taimions. II en est de meme pour que en 
frangais. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCTENNE. 207 



DE L'INTERJEGTION. 



Li'Interjection, ou Exclamation, est un mot invariable qui sert k 
exprimer le desir, la joie, la douleur, la surprise, Tindignation, le 
mepris et, en general, tous les mouvements vifs et prompts de Tdme. 

Parmi les plus usitees, on pent signaler : 

Pour appeler : d! oii6! ooul old! eh! hola! 

Pour encourager : zou! ale! andyi! isso! allonsi courage! 

Pour interroger : e be? eh bien? 

Pour affirmer : tnardlou! per moyos! morbleu! parbleu! 

Pour s'etonner : td! a! bote dlou! Iron! oiitre! tiens! ah! bon Dieu 1 

tonnerre! 
Pour menacer : gdro! gards! agachen qu6! gare! fais attention! 
Pour plaindre : pecdire! lou pdoiire! pauvre! le pauvre! 
Pour faire taire : chut! calo-td! cala{s) vdiis! chutl tais-toi! taisez- 

vous! 
Pour approuver : vo pla! vo pla cisdou! bien! tres bien! 
Pourdeplorer : coussi moun Dious! 6! malur! maleroits! com- 
ment! oh! malheur! malheureux! 
Pour se piaindre : di! ai-di! pecdire! moun Dious! d! ai! Dieu ! 

mon Dieu! ah! 
Pour raarquer Timpatience : al Didnsis! que iron! au diable! que 

diable! 
Pour le degoilt : poud! salop! pouah! fi! le sale! 
Pour Taversion : boid! alou! fi done! fi! 
Pour la fatigue : ouff! di! ouff! ah I 
Pour la colere : sdnto pas! sdcrapds! lou iron que te cure! sdnto- 

pHo ! 
Pour saluer : adiou! adissids! adieu! bonjour! 
Pour faire tourner les animaux a droite ou a gauche : biti! bid! 

a hue! a dia! 
Pour appeler et eloigner les chiens : aid! aid menid! alou! (pour 

al loup!) ici! allez-vous-en ! 
Pour les exciter : zou! btdo lou! ess! ess! 



208 GUAMMAIIIE LANGOEDOGIENNE. 



PONCTUATION, ACCENTS ET SIGNES DIVERS. 



La langue d'Oc emploie, comrae le francais, le point, la virgule, 
le point et virgule, les deux points, les points d'interro- 
gation et d'exclamation. Ces signes fonctionnent pareillenient 
dans les deux langues. 

Nous avons, au commencement de cet ouvrage, et sous la rubriqup 
Explications sur Taccentuation (pp. 14 et suiv.), compendiea- 
semeut traite la question de TAccent, en y joignant de nonibreuses 
applications. Qu'on n'oublie pas que nous nous sommes servi, pour 
caracteriser la voyelle ou diplilongue tonique, laqueile est toujours 
longue, de Taccent aigu, comme on le fait dans la plupart des lan- 
gues meridionales, mortes ou parlees. Mais il est des cas ou deux 
voyelles, au lieu de former diplitongue, se prononcent separement, 
en sorte qu*elles produisent deux toniques comme dans les mots 
fran(;ais d^-iste, Ana-Xs, ou les mots languedociens lia lier, bi-ol 
gros baton, el di-cto diete. Nous avons mis un accent sur chacune, 
lid, blot, cllclo, plutot que d'avoir recours au Iroma ou d'intercaler 
entre les deux voyelles soit un h, soit un Ih mouille, comme Tont 
fait quelques auteurs de Dictionnaires trcs savants et tres recom- 
mandablcs d'ailleurs. 

Nous employons pourtant souvent la consonne y au lieu du pre- 
mier accent, notammcnt a I'lnlinitif des verbes en i-d de la premiere 
conjugaison, et nous ecrivons indifferemment coungvid ou coun- 
griyd, briisid ou brusiyd, babld ou babiyd, roupid ou roupiyd. II 
en est de meme pour Id, id et Ioh dans les noms; nous ecrivons 
cablddo et cabiyddo, blot et biyot, carlonn et ca7Hyoiin, etc. (Voy. 
Nota, p. 20.) 

Nous avions aussi a distinguer les e ouverts des e fermes. Ces 
derniers, plus frequemment employes, n'ont besoiu d'aucun signe : 
tout e non marqu6 est un e ferme bref. Lorsqu'il est long^ il 
porte TAccent aigu, mais seulement en qualite de voyelle longue. 
Uc ouvert bref est caracterise, comme en franrais, par TAcceut 
grave : quand il est long, on le coiffe d'un accent circonflexe, 
lequel se compose de laigu, indiquant la voyelle longue, et du 



qrammaihe langu&docienne. 209 

grave, indiquant Vd ouvert. Toute voyelle, ou diphtongue, qui jie 
porte aucun accent est breve; ainsi : 

a, ^, ^, I, 0, u^ ou longs s'ecrivent : «, 4, d, i, 6^ ou, 
(e ferm6 long s'ecrit d; e ouvert long s'ecrit d). 

a, ^, t\ /, 0, M, ow brefs s'ecrivent : a, e, ^, i, o, w, ow. 
(e fernie bref s*6crit e; e ouvert bref s'ecrit d). 

m 

Pour la reunion des Voyelles marquees de deux accents, voir les 
Explications sur 1* Accentuation, page 14. 

L'apostrophe, la c6dille, les traits d'union et de separa- 
tion, la parenth^se et les guillemets ont le meme emploi que 
dans le francais. 



SYNTAXE. 



La langue francaise, calquee pour ainsi dire sur notre langue d'Oc, 
n'a pas, on Ta vu, une Syntaxe sensiblement differente. Les mSines 
regies y sont, en g6n6ral, applicables conime dans les langues ou 
manquent les terniinaisons particulieres pour chaque cas. De plus, 
la Construction y est toute naturelle, et les Inversions y ont si pen 
d'iniportance que, m^me dans la poesie, elles ne peuvent guere em- 
barrasser le traducteur. 

Nous avons, en traitant de chacune des dix Parties du Discours, 
ajoute de nombreuses remarques et des exemples qui elablissent 
sufdsamment les rapports et les differences existant entre nos deux 
langues. II nous reste a parler de quelques Jdiotismes languedo- 
ciens, d'une importance moindre et dont Tenumeration completera 
la serie de nos observations sur la Svntaxe. 



ARTICLE. 



LArticle se fait quelqu'efois preceder par la Proposition de, — 
Exemples : on dirait qu*il pleure, mais il fait lYme (ce qui se dit dans 
le sens de feindre un mal, un sentiment delicat, etc.) s(^mblo que 
plouro, 7ne fo de Vase; — il fait le savant fo del sabdn. 



14 



210 GRAMMAIHE LANOUEDOGIENNE. 

Dans les exclamations, on pent remplacer Tarticle par le pronora 
qudne, qudno, — Exemple : la belle femme! qudno belo f^nno! 

Voir ce que nous avons dit, pages 35 et 36, touchant la place, rem- 
ploi et la suppression de TArticle, ainsi que les cas ou on lui subs- 
titue une Preposition. 

SUBSTANTIF. 

m 

Nous avons donne, au sujet du Substantif, une etude tr^s dStaillee 
sur la formation du Pluriel et une autre sur la Distinction des Gen- 
res, accompagn^es de nombreux exemples et d'un exercice final. On 
trouvera ci-apres une enumeration, fort restreinte, cela va sans dire, 
des mots dont le Genre varie, du fran^ais au languedocien. Ces mots 
sont prls dans les Parties du corps humain et certains objets qui 
nous entourent. 

la tSte, lou cap, 

le visage, la cdro (de Tespagnol). 

la face, lou moiivve, pris souvent en mauvaise part, ce qui n'ar- 

rive pas dans les diminutifs : un poullit) moun'ou un 

joli petit visage, 
le cerveau, la cerh&lo, du latin cerehrum, 
le menton, la hdrho. 

les sourcils, las ussos, — Exemple : frounsis (il fronce) las ussos, 
les cils, las sids, du latin cilium. 
la morve, lou gourmdl, d'ou le mot fran^ais gourmes. 
la nuque, lou coup6t. 

le gosier, la gargdnto, d'ou Rabelais a pris Gargantua. 
la pomme d'Adam, lou tayoii d'Addn. 
une des vertfebres du cou, lou cadend{t) del coL 
le dos, Vesquino : tomber sur le dos petd d*esquinos, 
les seins, las titinos. 
les poumons, las mecliinos, 
les boyaux, las tripos. 
Turine, lou pis. 

les ongles (masculin), las ounglos, du latin unguis. 
la rougeole, lou sinipiou. 
I'epilepsie. lou mal de la Urro. 



GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 2ll 

les latrines, lou coumii. 

un ange, U7i{o) dncho, petit ange unio) ancMto. 

una maison, un oustdl, du latin hospitalia, 

une tuile, un tioule, du latin tegula, 

un mur, iino par^t, du latin paries, 

la cloison, lou bought, ou bouch^t. 

le loquet, /a cadcioulo, du latin cado je tombe. 

une ecurie, un estdble, du latin stabulum, 

une armoire, wn armdsi, du latin armarium. 

la cremaillere, /oi^ cre7ndl, du latin ci^emaster, 

la broche, Tas/e, du latin hasta. 

la cuiller, /ou cw[/6^ du latin cochlear. 

le pilon, /a Unssoiiiro, de terere broyer, t7Htum (en grec Tpifiw) 

le gril, /a grasiyo, du latin C7^aticula. 

le sel, /a 5a/, en latin sa/. 

la lampe, lou lun, du latin lychnus (en grec Xuxvsg). 

une horloge, un 7*el6ge. 

un anchois, un{o) anchoyo, du celtique (?) anchova. 

une orange, wn ird7ige. 

un citron, «no limoimo. 

un hareng, <'m(o) alencddo» en latin lialex, 

une bouteille, wn fldscou, du latin /?afo souffler (?). 

i'huile bonne, /'o// ^om, en latin oleum, olei. 

de belle orge, de bil 6rdi, en latin hordeum. 

un oignon, wwo c^bo, en latin ca7?a. 

les orgues (feminin), lous di^gues, en latin organum. 

une paire, un par^l, du latin J9a?% paris. 

un puits a roue, «Vno sdgno. 

un nuage, I'mo nibou, en latin nubes. 

une fosse (sepulture), wn c/o/, en latin clodia. 

une dette, wn dioute, en latin debitum. 

un chardonneret, /mo cardounio, du latin carduus, 

un aigle, ?'m(o) ^c/o, du latin aquila. 

un cloporte, wno clapdto, 

un cafard, wno panatidi7^o (qui mange le pain, panis). 

une punaise, wn cinze, en latin cimex. 

un escargot, I'mo caga7'doulo, 

une courtillifere, i^n trinco-c^bos, 

le coquelicot, /a roudlo. 



212 QRAMMAIRE LANGUEDOCIRNNE. 

le pourpier, la berdouldigo, en latin portulaca. 

le liseron des champs, la courj^ejolo, en latin corrigiola. 

un requin, una Idmio, en latin lamia, 

ADJECTIF. 

Voir : Formation du F^minin da^is les Adjectifs (p. 44), DegrH 
de Signification (pp. 46 a 48), Noms de nombre (pp. 50 a 54) et 
Observations diverses. 

L'Adjectif numeral milo mille, invariable en fran<?ais, prend un s 
au pluriel : combien de mille (francs) se sont employes la? qiuin dc 
milos se i-e sou despensdch? Des centaines et des milliers, de cens 
e de milos. 

PRONOM. 

PRONOM PERSONNEL 

Dit-il se rend par soudis. — Exemple : Voulez-vous, dit-il, que je 
m'en aille? voulds, soudis, que m'endne? 

Ce verbe n'est usite qu't\ la troisieme personne du singulier des 
temps simples suivants de llndicatif : Present : soudis; Imparfait. 
soudisio; Passe deQni, soudiguet. (Vo5\ p. 178.) 

La forme interrogative n'existant pas, ainsi que nous le verrons 
plus loin, dans noire dialecte, on ne pourra pas dire comme en fran- 
gais : h peine etions-noua lev6s que TSclipse commenga; mais on 
dira : a p^n{o) ()ren Idbdch que VecUsso cou7nensM. Peut-6tre des- 
cendra-t-il bienlot sdique dabalard Idou, 

Notre Verbe se eonjugant comme le verbe latin, sans pronom per- 
sonnel, on ne dira pas, pour j'aime, tu avaleras, il murmurera : y^ou 
aimardi, tus engoulirds, el repoutegarO; on dira aimardi, engon- 
lirds, repoutegaro. 

II suivi d'un verbe — d'un pronom et d'un verbe — ou d'un verbe 
et un adjectif, se supprime. — Exemples : il faut un homme cal vn 
home; il pleuvait p/or/c). — il nous faut frapper nous cat tusid: 
il se depensera de Targent s'e7nbdssar6 d'arg^n. — il etait rare 
que..., il est facile de... (*ro rare que...^ es facille de... 

Quand le verbe est a llmperatif et dans le cas de Taffirmation, le 



GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE. 213 

proiiom regime le suit : relournez-vous revU''a{s) vous; mais, si la 
forme est negative, le Pronom precede le verbe et le ne dlsparait : 
ne vous retournez pas vous revives pas. 

PRONOM DEMONSTRATIF. 

ce disparait devant le verbe estve a la troisieme personne : c'est 
enorme es afroiis; c'etait toi evo tus; ce sent eux qui nous ont 
trahis es dies que nous dou trait; c'est celui-ci qui Ta saisi es 
aqueste que Vo {a)gantdt. 

ce, pouvant se tourner par cela, tel, se rend souvent par aco ou 
tal. — Exemples : c'etait son allure aco-s-ero soun and; ce sera 
son devoir tal serd soun deM; c'eut 6te fait comme vous Tauriez 
voulu serid (e)sta(t) fach coiim{o) ou aou{r)ids vourgiU. 

Dans ce ... que de, on supprime ce ... que. — Exemple : ce 
n*est pas chose facile que de faire changer d'avis a un entete es pas 
rdouso faclllo de fa reveni un ca(p) d*oulo (une tfete de marmite). 

ce qui, ce que, ce dont... c'est, perdent le ce dans le second 
membre de phrase. — Exemples : ce qui m'impatiente le plus, ce 
que je crains le plus, ce dont j'ai le plus k me plaindre, c'est sa 
paresse, f o q\ie m'etmndsco lou mai, f o que crdgne lou mai, ^:o doun 
me plane lou mai, es sa fegnantiso. 

II en est de m&me : 

1® Quand le verbe 6tre est suivi d'un autre verbe. — Exemple : 
ce qui m'ennuie le plus, c'est d'arriver apres lui (;o que me fico 
mai d'un cdire, es d'arribd aprds el, 

^ Quand le verbe 6tre est precede seulement d'un Inflnitif. — 
Exemple : vouloir le guerir, c'est chose impossible lou vonrre gueri 
es cdous(p) impoussiblo. 

S^ Quand le verbe 6tre est precede et suivi d'Infinitifs. — Exem- 
ple : essayer de le convertir, c'est perdre son temps ensacfid de lou 
counverti es pdi^dt^e soun tens. 

PRONOM POSSESSIF. 

Le mien, le tien, le sien, etc., signifiant d'une fa^on indeter- 
mlnee ce qui est k moi, k toi, k lui, etc., se rendent par fo 
miou, CO tiou, fo siouj ^o ndst?'e, etc. — Exemples : j'aime mieux 



214 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

le mien que le ilea aime mat fo miou que fo tiou; pour eux, 
le nOtre ne vaut pas le v6tre per 4les, (^o ndstre val pas fo vdstre ; 
je veux ce qui est & moi vole go miou; vous voulez le vdtre 
voules go vdstre, 

Dans les autres cas, c'est-a-dire quand le mien, le tien, etc., se 
rapportent a un objet determine, ils se rendent par lou miou, lou 
tiou, etc. — Exemple : voila ton chapeau ; je prefere le mien au 
tien et meme au sien, aqui toun capdl; prefere luu miou que lou 
tiou, amai que lous vdstres^. 

Le moi, le toi, le lui, le nous, le vous, le leur, precedes 
d'un Verbe, intervertissent leurs places, le pronom personnel passant 
le premier apres le Verbe. — Exemples : dis-le-moi digo m{e) on, 
ou digo me^S'Ou; pr^te-le-nous presto nou{s) lou; cette aiguille est 
trop fine, enfile-la-moi aqu6lo (a)guyo {e)s tro(p) fino, enguyo me 
16; fais-le-moi dire fai m'ou dire. — Souvent, le lui se met avant 
le Verbe. — Exemples : 11 faudra le lui arracher ye lou carrd de- 
rdbd, ce qui ferait, en francais : le lui il faudra arracher. 

Un de mes, un de tes, etc., se rend quelquefois par un... 
k moi, un... k toi, un... k nous, etc. — Exemples : un de mes 
cousins U7i cousi a y^ou, deux de nos amis dous amich a ndou- 
tres, un de ses neveux un nebout a-n-^lo, un de leurs confreres 
un counfrdir{e) a-n-eles. Cela n'a lieu qu'en parlant des personnes, 
car on ne dirait pas : un Moou a tus, un ardire a vdoutres un de 
nos boeufs, une de vos charrues. 

Voir les observations sur les Pronoms, pages 56 a 70. 



VERBE. 

Le Verbe Avoir, pris dans le sens impersonnel, il y a, se rend 
par i'O; il y a quelqu'un i-o caoucun, Lorsqu'il est question de 
temps, on le rend plus elegamment par le Verbe fdire pris, de meme, 
impersonnellement : il y a neuf ans, aujourd'hui, que je n'^tais 
venue i-o ndou ans, — fo noou ans, yoi, qu'dre pa(s) vengudo; 11 y 
aura bientot un an que nous sommes maries fai^d leou un an que 
sdn mariddch. 



1. On rcmarquera qu'au lieu de dire, commc en francais, pr^f^rer ^. nous disons 
preferd que. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENiNE. 215 

L'Imperatif negatif se rend toujours par le Subjonctif. — Exem- 
ples, positifs et negatifs : fais-le, ne le fais pas, fai-s-ou, ou fdgues 
pas. — reprise le gilet, ne le' reprise pas, sards lou l)oumMt, 
lott sarcigues pas, 

S'en aller se rend par s*endna; mais, dans les temps composes, 
au lieu de dire je m'en suis all6, on dit me sidi enancit je me 
suis en alld. Ce qui est licite en langue d'Oc devient faute en fran- 
cais, faute commise par les meridionaux qui ont conserve Thabitude 
de parler ron^an en francais. 

On dit, pour se quereller, se dispiitd, tandis qu'il y aurait faute 
de dire en francais, dans le sens neutre, se disputer ; mais on pent 
dire activement dans les deux langues : se disputd lou pris se dis- 
puter le prix. 

Pour demander pardon, on dit plus ^legamment : vous de- 
mdnde {e)scuso, 

Je m'en rappelle est fautif en fran^ais ; mais nous disons trfes 
bien en langue d'Oc : m'en rapdle coumo se i-dre je me le rappelle 
comme si j'y 6tais; te rap&los de tout ac6 tu te rappelles tout cela. 

On dit tachd ynoxcydn, tandis que tdcher moyen est vicieux et 
ridicule. 

Le Verbe biaiser, pris dans le sens de chercher k tromper, me- 
nager la ch^vre et le chou, nager entre deux eaux, se rend par fdire 
la canal; ainsi Ton dira : aquel hdm{e) es pa{s) fran, fo la candl; 
vou(s) i-e fises pas cet homme n'est pas franc, il biaise, il vous 
trompe, ne vous y fiez pas. 

Cette expression, dont nous ne pouvons indiquer Torigine, est 
tres usitee dans TH^rault et les departements voisins', notamment 
dans le Gard. 

Le verbe h^siter se traduit par raissejd, — Exemple : i-o (u)n(o) 
how^o que raiss^jos, decido-t{e) un boun cop il y a une heure que 
tu hesites, decide-toi une bonne fois. 

Se passer de... se traduit par passa san (passer sans). — Exem- 
ples : je me passerai de chapeau passardi san capel; nous 
nous passerons de dormir passaren san dour mi ; tu te passe- 
ras de CQ\di passards sans ac6. On dit aussi : Venpassards, 

Dans Texpression avoir Fair de, signifiant resserabler a..., on 
traduit par donner de I'air 6... — Exemples : il a Fair d'un mon- 
tagnard ddno d*er a un gabdch; il a bien Tair d'un officier dono 
pla d'er a un ouficie. 



216 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

Le verbe contrefaire, signifiant imiter une personne. n'a pas 
d'equivalent : on le rend par fdire pefd. — Exeraples : fo petd 
moussu lou Mdro il contrefait monsieur le Maire; fo petd las cou- 
medienos elle contrefait les actrices. On dit d'un faineant : fo petd 
rdse de Nougar6t, que quan vei veni lou bardoif, sifso il fait comme 
Tane de Nougaret, qui sue quand il voit approcher le Mt. 

Sans s'arr6ter aux differences de faible importance que nous ve- 
nons de signaler, on pent dire que les regies inscrites dans la Syn- 
taxe frangaise du Verbe sont en g(§neral applicables au Verbe de 
notre langue d*Oc, ou elle les a d'ailleurs trouvees elle-meme. 



PARTICIPE. 

Les fameuses regies des Participes sont les monies qu*en francais, 
sauf dans les cas ci-apres : 

Le Participe passe conjugue avec abeire est invariable lorsqu'il 
est pr6c6de de son regime direct. — Exemples : les crabes qu'on 
m'a donnds las crdncos que m'ooii doundt; la dinde que vous avez 
mangle la pioto qu'abds manchdt. En 6tendant la phrase, on verra 
que le Participe passe, invariable dans le premier membre, s'accorde 
dans le second. — Exemples : la dinde que vous avez mangle, je 
Tavais tu6e la pioto qu'abds manclidt, Vabio tugddo, ou tuddo. 

Le Participe pass6, suivi d'un Infinitif, s'accorde avec le sujet 
quand cet InQnitif ne pent 6tre remplace que par un temps de la 
voix Passive. — Exemples : cette facade est tres ornee, je Tai vu 
sculpter aqu4lo fagdd{o) es pla coumplicddo, Vai visto (e)scultd 
(tournez : Vai visto esti^e (e)scultddo) ; je les ai vu manger par les 
sauvages lous ai vistes nianchd pdv lous saoubdges (tournez : lous 
ai vistes dstre manchdcli). 

On dira aussi, contrairement au franrais : le bateau est venu 
prendre les enfants, je les ai laiss^ partir la beto (e)s vengndo 
querre lous ^fans, lous ai laissn{ch) parti. 

NoTA. — Le verbe laissd laisser, se prononce le plus sou vent 
daissd , ddisse, dnisscre, ddissavdi, ddissaind, etc. : ddisso {a)cd 
laisse cela. 

Le Participe passe, precede d'un Ad verbe de quantite, ne varie 
pas. — Exemples : que d'hommes on a tudd dans ce combat! can 
d'hdmes oou tugd(t) dins aquel coumbdt! autant de discours il a 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 217 

f Silts, autant d'hommes il a dupds tan de discotirs o fdch, tan 
cVhdmes o engusdt, 

Dans les verbes Pronominaux, a quelle categoric qu'ils appartien- 
iient, le Participe, dans les temps composes, s'accorde toujours, 
comrae en frangais : Les soldats s'etaient enivres loiis souldd{ch) 
s*^rou banddch; — elle s'est fi6e a lui s'es fisddo (a)n'el; — nous 
nous sommes tus devant lui nous sen taisd(ch) davan-t-el; — elles 
s'etaient reveillees s'ei^ou desparpayddos ; — nous nous en sommes 
souvenus nou'n sen souvenguch; — ils s'en sont repentis s'en sou 
repentich; elle a fait une fausse couche s'es blassddo. 



ADVEHBE. 

Aussi, dans le sens de dgalement, se rend par taUe, atahe. 
Exemple : vous vous en allez, moi 9inss\^v ou'-n-ands, ydou ataOe. 
II se traduit aussi par amdi : vou'-n-ands, amdi Uou, 

Non plus, dans le m6me sens, mais avec negation, se rend par 
7ii 7nai : vous ne chantez pas, ni moi non plus cdntas pas, ni mat 
ydou, 

L'Adverbe aussitdt, sitot, suivi en franrais d'un Partlcipe, exige, 
en langue d'Oc, un Infinitif. — Exemple : aussitdt arriv6e» elle 
tomba malade Sitot arnnbd, toumbe{t) maldouto. 

Tant... que, si... que; autant... que, aussi... que se tradui- 
sent par tan.,, coiimo, aotifdn,.. coumo, — Exemples : il n'a pas 
tant d'ecus que d'insolence o pas tan d'escvch coumo de niourre; 
11 n'est pas si bfite qu'il en a I'air es pais) tan bdstio coinno n'o Ver; 
il a autant de mine que de solidity o aoutdn de co{p) d'idl coumo 
de soulitndo; il est aussi fort que moi es tan fort coumo yeou. 

Beaucoup se rend par fossa quand il y a nflirmation sans com- 
paraison et qu'il n'}^ a rien apres TAdverbe. — Exemples : ils y en 
iiiirent beaucoup i-en ynetcrou fosso; la devise du Chameau de 
Bezlers est : nous sommes beaucoup 1 es escri(ch) sul Camdl de 
Besies : sdn fosso! il s'en faut de beaucoup s'en mdnco de fosso. 

Dans le cas de eomparaison, lorsque beaucoup est precede, ou 
non, de de, on le traduit par bel cop ou par pla. — Exemple : ils 
sont beaucoup, ou de beaucoup, plus riches que moi soic b^lcop, 
ou de bdlcop puis) riches que y^ou, sou pla pu{s) i^iches que yeoxt. 

Nous reparlerons de fdsso a la Syntaxe de la Preposition. 



218 GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 

Tr6s ne doit s'employer, en fraiiQais, que devant Jes Adjectifs^ 
les Participes et les Adverbes, tandis que pla se met aussi devant 
les Substantifs. — Exemples : elle est tr^s bonne es pla bouno; il 
est tr6s aime de tout le monde es pla atmd(t) de toutes; elle est 
tres fondante es pla found^nlo; tr6s rarement pla 7^arom6n; et 
devant les Substantifs : j'ai bien faim ai pla tal4n; j'ai bien peur 
ai pla pdou; j*ai bien confiance en lui aipla fe en eL 

Les Decadents seuls disent en frangais : j'ai tr6s faim, j'ai eu 
tr6s peur 1 

Pas se rend par pas; point, par pa{s) cMs, — Exemple : ce vin 
n'a pas la couleur qu'ii faudrait aqiiel vi o pa{s) la coulou qxte 
carrio; ce monsieur n'a point d'education aquel moussu o pais) 
ches d*aducaciou. 

Pas et point, quand il y a negation, se conservent apres il y a 
et depuis que. — Exemples : il y a vingt ans que je ne m'en suis 
servi i-o vint ans que m'e^i sidi pas servit ; depuis que je n'y suis 
alle despdi que ie sidi pas andt. 

On remarquera, d'apres ces quatre exemples, que le ne francais 
prec6dant pas et point, avec un verbe entre eux, n'est pas employe 
dans la langue d'Oc. 

Plutdt et plus t6t se confondent, pour le sens, dans pu{s) Icon. 
— Exemples : elle s'est deshabillee plus t6t que vous s'es des- 
pouyddo pu{s) leou que vous; elle est plut6t laide que jolie es pii(S) 
leou ledo que poulido, 

PREPOSITION. 

de, dans le sens d'un ordre, d'une demande, d'un conseil, d'une 
defense, d'une permission, etc., precede des Verbes qui ont cette 
signification et suivi d'un Infinitif, se rend par que avec le Sub- 
jonctif : je lui conseillai de monter a cheval i-acounseyd?*e que 
mountesso (a) chabdl; je lui defends de sortir i-e def^nde que sour- 
tig o. 

de, apres un Adverbe, se rend par de, — Exemple : plus d'argent 
mai d'arge^i, moins de bonheur men{s) de bounur, peu d'eau paou 
d'digo, assez de bruit pt^otc de bruch, trop de misere troip) de mi- 
scro, combien de fautes quan de fdoutos, beaucoup de vin pla de 
vi. On ne dit pas bdlcop de vi, parce que b^lcop s'emploie ordinaire- 



GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 219 

ment, comme adverbe, sans regime : nous en avons be^coup n*aben 

Exceptionnellement, la preposition de se supprime apres TAd- 
verbe fosso beaucoup. — Exemples : beaucoup de pech6s fdsso 
pecdch, beaucoup d'enfants foss' efdns, beaucoup de puces fdsso 
gndiros,. beaucoup d'huile foss' dlL 

Dans Tespace de se rend par dans Taffaire de. — Exemple : 
dans Tespace d'une heure, tout fut terniine rfm Vafdire d*un(p) 
hoiivo, tou(t) siague{t) finit. 

Pres de, aupr6s de se rendent, selon les cas, par prdche de, 
amM, al coustd{t) de, al respet de, — Exemples : il demeure pris. 
trds pr6s d'ici demdro py^oche, pla prdche d'aici, elle est toujours 
aupres de sa belle-fille e$ touchoin* amM sa ndro, il est a table 
auprds de la Reine es a tdoulo al coustd{t) de la Reino, 

Pres de, signifiant au moment de, se traduit aussi fitr prdche 
de. — Exemple : Teglise est prds de s*6crouler la gldiso es prdche 
de s'engriind. 

Quand aupr6s de signifie compart &, il se rend par al respet 
de : qu'est la vie auprds de reternite? de qu'es la vido al respdt de 
Vet^rnitdt? sa raaison n*est qu'une bicoque aupr6s de la mienne 
soiin oustdl es pas qu*u7i granjdt al respet del miou. 

Voici, v6il& : Nous ne connaissons, dans notre dialecte, aucuns 
mots equivalents a ces voyelles, soit comme Adverbes, soit comme 
Prepositions. Nous tournons par Tune des secondes personnes de 
rimperatif du verbe regarder, agachd (et, avec la contraction, 
achd), suivi de son regime direct et, ensuite, de Tad verbe aid, aqui 
ici. — Exemples : 

voici la voiture achds aid la voiieturo; le voil^ mort achd{s) 
Vaqtii mort. 

me voici, me voil& ; dcho m'aici, dcho 7n*aqiii. 

te voici, nous voil^; dcho Vaici, achd{s) nous aquL 

les voici, achdis) ions aid; le voici qui vienl achd{s) Vaqui que 
ven, 

Le voici, les voici se rendent aussi par es aid, sou aid. — 
Exemples : le voici qui vient es aid que ven, les voici qui vien- 
nent sou aid que v^nou, 

L'origine des mots francais voici, voil&, est evidemment : vois 
ici, vois Id; ce qui so rapporte a merveille a notre tournure langue- 
docienne. On rend encore vpici, voild, par ici il y a, Iji il y a. — 



320 GRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 

Exeniple : volbi mon livre, voil& le tien; aid i-o moun libre, aqui 
i'O lou tioii. 

Nous y voici se rend par aid sen (ici nous sommes); ce qui 
signifie : allons-y de coeur! did sen! 

CONJONCTION. 

Quand, adverbe et conjonction, se rend souvent par qxian (du 
latin quando)^ ou can : quand il vous plaira qtian votis plaityj; il y 
eut grande f^te quand il naquit i-achet tm festendl can nusquet, 

Lorsqu'il y a interrogation, doute, incertitude, etc., quand se 
rend par coio^o : quand viendrez-vous? coi'fro vendr^s? je ne sais 
quand il viendra sabe pas couvo vendro; dites-moi quand vous 
viendrez digaisyme cohvo vendr(?s; qui salt quand il aura fini! 
qual sap coin^o (a)our6 finit ! 

Lorsque le verbe est accompagn6 d'un mot negatif, la conjonction 
ne se rend par pas mis apres le verbe : personne ne le croit degus 
on crei pas; personne ne le lui a fait avaler lydrsouno i-ou o pa{s) 
fach engouli; jamais je ne Taurais imagine ou aou(r)i6 pa{s) jamdi 
amagindt; deux femmes ne peuvent vivre longtemps d'accord dos 
fennos se podou pa(s) lotcntenis) coiunpatL 

Ni... ni se rend par n?... ni, et tres souvent par n?... ni mai, pour 
donner plus de force au second membre de la phrase. — Exemples : 
ce n'est ni toi ni moi es pais) ni tu ni y(iou; vous ne pouvez Taimer 
ni le hair jwndds pa{s) 7ii Vaimd ni mai Vdi; je ne saurais vous dire 
ni ce qu'il a dit ni ce qu'il n'a pas dit votes pour rid pa{s) repetd ni 
go qu'o dich ni mai (o qxCo pais) dirh. Mai vient du latin 7nagis. 

Ni... ni... ne se rendent par ni... ?ii devant le verbe suivi de pas. 
— Exemples : ni le mari ni la femme ne ronflaient 7ii rhome ni la 
fenno rouncdbou pas; ni Tor ni la grandeur ne nous rendent heu- 
reux ni Vov ni las grandous nous rdndou pas crouses. 

II ne... ni ne, precedant chacun un verbe, s'expriment par ni 
noun repete. — Exemples : il ne pleure ni ne rit ni noun plouro 
ni noun ris ; ils ne mangent ni ne boivent ni noun mdnchou ni 
'noun bibou. 

Que, signiflant jusqu'^ ce que, se rend par qtCoun, avec le 
Subjonctif. - Exemple : je ne sortirai pas que vous ne me le disiez 
sourtirai pas qxiov.n m*on digurs. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 321 

Que ne, signifiant pourquoi pas, se traduit par p^r de que.,, 
pas, oil par qu'oun. — Exemples : que ne sortiez-vous de la? p^r 
de qu^ sourtissids pa{s) d*aqui? ou, mieux, qu*onn sou?Hissids 
d'aqui ? 

Quand que... ne s'emploie dans le sens de crainte, de doute, 
d'empfichement, d'incertitude, on le rend par que sans negation. — 
Exemples : j'ai peur que vous ne plongiez dans le bassin at pdou 
que cabuss^s din lou pesquU; je crains qu'il ne vous derange 
Ci^dnie, oil ai pdou que vous destorbe, 

Apres un comparatif, que ne se rend parl'ois 61eganiment par que 
noun pas. — Exemple : il vaut mieux travailler que ne rien faire 
val mat tvabayd que noun pa{s) gusechd. 

Ne... que, signifiant seulement, se rend p^rpas que. — Exem- 
ples : il ne fait que d'arriver fo pas qu^anHbd; il n'a que quatre 
sous pas que qicdtre soous, ou soouses. 

Quoique se rend quelquefois par quoudque (gallicisme), mais, le 
plus souvent, par amdi suivi du verbe au Subjonctif. — Exem- 
ples : quoique pauvre elle est charitable amdi sidguo pdouro, es 
pam^n{s) caritdblo; quoiqu'elle arrive d'Afrique, elle est blonde 
comme lorsqu'elle est partie a^ndi qu'arvibe de VAfvico, es tan 
roussdlo coumo can partigudt. 

Quoi que se traduit par que que et le verbe au Subjonctif : quoi 
que nous fassions, il grognera que que faguthi, rou7idinav6 ; quoi 
que vous disiez, il fera a sa t^te que que diguds, ne faro a soun 
cap, ou siloOn sa 7nar6to. 

Farce que et par ce que se rendent par perceque et pth^ co 
que, selon le sens. — Exemples : il est genereux parce qu'il est 
riche es louydl p^rcequ*es riche; je suis maitre de son sort par ce 
que j'ai appris de lui sioi mcstre de soun sort p^r co que m'oou 
apr^s su soun conte. 

Gomment se traduit par coussi : comment voulez-vous que je 
fasse ? coussi voulds que fdgue ? 

INTERROGATION. 

A part le verbe Interrogatif, dont nous avons parle en son lieu et 
dont Temploi est tres rare, on pent dire que la forme Interrogative 
n'existe pas dans notre langue d*Oc. C'est chez nous surtout, comme 



228 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

on Je dit vulgairement, que le ton fait la chanson. II en est de mfeme 
en espagnol, et nous proposerions volontiers d*imiter les Castillans 
qui, dans Tecritare, einploient deux points d'interrogation : un, 
comme avertissement, en t^ie de la proposition, et Tautre a la lin. 

Ainsi,, pour dire : 6tes-vous sourd? avez-vous dejeune?si Ton ne 
se sert pas du verbe Interrogatif, s^s-ti sourd ? ab^s-ti dejxindt f on 
^crirait : i sds sourd ? i abes dejtmdt f Mais on ne dira jamais, comme 
en frangais, ses-vous sourd f abds-vous dejundt 'i 

On emploie aussi un autre mode d'interrogation avec d'autres ver- 
bes que Hire et ab^ire. II consiste a faire prec^der le sujet par le 
verbe : votre beau-frere arrivera-t-il ? arribat^o, lou eougndt ? la 
procession sort-elle? sourtis, la poussessiou ? la prairie est ell e fau- 
chee? es daydif) lou prat ? Mais, comme on peut dire aussi dans le 
sens de Taffirmation : arribaro lou cuugnat, sourtis la poussessiou, 
es dayd{t) lou prat, il s'ensuit que c'est encore le ton seul qui fait la 
difference. 

Qu'est-ce que se traduit par de que : qu'est-ce que vous 
dites? de que dises ? qu'est-ce que vous faites? de que fasds ? 

Qu'est-ce que c'est que se rend par de qu'es ac6 que. — Exem- 
ple : qu'est-ce que c'est que vous disiez? de qu'es acd quedisidsf 

On voit que ces formes ne sont pas plus interrogatives qu'affirma- 
tives ou negatives. En effet, on peut dire affirmativement : saben 
(nous Savons) de que dises, de que fasds, et, negativement; sabi>n 
pas (nous ne savons pas) de qu'es aco que disids. 

II en est de mdme de est-ce que, n'est-ce pas que, qui per- 
dent le plus sou vent, dans la traduction en langue d'Oc, la forme 
interrogative. — Exemples : est-ce que vous me connaissez? se 
rend par me coun^iss^s ? n'est-ce pas qu'il est joli? par es pa{s) 
vrdi qu*es poulit ? 

Nous venons de dire le plus souvent, car on emploie quelque- 
fois, mais tres rarement, la lourde tournure fran^aise : est-ce que 
vous me connaissez? es que me couneisses? est-ce qu'il n'est pas 
joli? es qu*es pas poulit? ajoutons que cette forme n'est pas plus 
interrogative que les autres, sans le ton! 

Nous ne pouvons indiquer ici tous les idiotismes de notre langue 

d'Oc; mSme en nous limitant au dialecte Piscenois, un volume serait 

insuffisant. Nous estimons nous etre assez etendu sur ce sujet pour 

,en donner une idee approfondie aux rares curieux qui voudraient 

entreprendre cette 6tude. La pratique fera le reste. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 223 

Pour terminer cette premiere partie de notre ouvrage, nous allons 
ajouter, comme exercice de lecture et de prononciation, une 16gende 
fantaisiste puisee dans le divertissant et spirituel recueil de La 
Gampdna de Magaloi!lna, de Montpellier. L^Administration du 
Journal nous a gracieusement autorise a la reproduire, sans toutefois 
nous permettre, k notre grand regret, de soulever le voile du pseu- 
donyme derriere lequel s'est dissimule I'auteur. II va de soi que 
nous avons dtt pratiquer, dans cette oeuvre, certaines modifications 
indispensables pour pouvoir Tadapter, sans lui rien dter de son 
caractere, a notre idiome local. 

Rappelons ici, au prealable, les regies principales de la pronon- 
ciation ; on trouvera les autres dans la Grammaire, pages 23 et sui- 
vantes. 

L'accent aigu siirmontant une voyelle quelconque, y compris IV, 
indique qu'elle est longue. 

Les accents circonflexe et grave ne se posent que sur des e. 

Tout e affects de Taccent grave est ouvert et bref . 

Tout e surmonte de l'accent circonflexe est ouvert et long. 

Tout e, de m6me que toute autre voyelle, marqu6 de l'accent aigu 
est long et fermd. 

Tout e, de mSme que toute autre voyelle, ne portant aucun accent 
est bref. Ue prive d'accent est toujours ferm^. 

Tous les ou sont consideres comme une voyelle unique, mais l'ac- 
cent aigu, quand ii y en aura un, portera seulement Vu, 

Tout mot ne portant aucun accent aigu ou circonflexe doit 
avoir sa dernidre syllabe longue. 

Deux mots associes par un trait d'union se comportent, a cet 
egard, comme un mot unique. 

Tous les verbes de la premiere et de la troisifeme Conjugaison 
dont les Infinitifs sont en a et en i ont ces terminaisons lon- 
gues. 

Les verbes de la deuxieme Conjugaison, en g, ont, k I'lnfinitif, la 
p6nulti6me longue. Leur voyelle terminale e est, au contraire, 
faible et brdve. 

Tout monosyllabe est cense bref, a moins qu'il soit suivi d'un 
signe quelconque de ponctuation, — qu'il termine un membre de 
phrase — ou qu'il forme une Interjection. Dans ces trois cas, il est 
long. 

Les diphtongues dou, eon, dote sont indivisibles et ne rendent 



224 GRAMNfAiKE LANGUEDOCIENNE. 

qu'un son unique. Elles soiit, ainsi que nous Tavons vu (p. 15) lon- 
gues ou breves selon leur position. Quand elles prennent Taccent, il 
porte toujours sur la premiere voyelle. 

La finale longue d'un mot pris isolement peut devenir br6\re 
selon le mot qui suit. 

ExEMPLEs. — Vi7^ds (a long) retournez; — vira{s) vous {a bref) 
retournez-vous. 

A CO vo 7nvjou {ou long) cela va mieux; — p^r miyou vdire {ou 
bref) pour mieux voir. 

Es brdbe {a long) il est bon; hrab{e) h6me (a bref) brave homme. 

A de que pensds {a long) a quoi pensez-vous? — ie pensas pas 
(a bref) vous n'y pensez pas. 

Aqu6l {(& long) celui-la ; — aquel efdn {e bref; cet enfant. 

Defiin {e long) defends; — defen-U {e bref) defends-toi. 

Say^cisses {e ouvert long) reprisez; — sa7Xtsse{s) lou {e ouvert 
bref) reprisez-le. 

SourtissH {d ouvert long) sortez ; — sourtiss^{s) vous {e ouvert 
bref) otez-vous. 

Dans le Toulousain, le pays de Foix et autres, et selon le cas dii 
premier de ces exemples et des deux derniers, il en est diflterem- 
ment : le verbe conserve son accent. Ainsi, Ton dit : virdUvous, 
savcisse(syie, souriissei-vous, Naturellement, le frangais, dans ces 
regions, s'est ressenti de cet usage, et nous avons maintes fois en- 
tendu dire : pren6Ie pour prenez-le; xnangMe pour mangez-le; 
gardMe pour gardez-le; voy61e pour voyez-le. II est vrai que ces 
personnes n'appartiennent point a llnstitut ! 

Nous n'accentuerons dans Texercice suivant, afin de justifier son 
titre, que les voyelles qui ne tombent pas sous Tapplication des 
regies qui precedent. Les elisions ne seront pas marquees, sauf celles 
de TArticle et de quelques pronoms, propositions et conjonctions, 
tels que que, dmbe, coiimo, etc., signalees d'ordinaire par Tapos- 
trophe. 



GKAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 225 



NOSTRE-SEGNE A COUCOUMIO 



CONTE DE JOUS LA CHEMIGNfilRO. 



I. 



Ero nioch. Lou loun d*un riou destrech e paou founzut, Nostre- 
Segne se passejiibo. Lou tens ^ro acalat e Tdigo, lindo coiim' un rai 
de sourel, cascaiechabo sul grabenas. I-abio sul tarren lino coiicho 
de n^ou e, de yon-t-en yon, s*assegutabou din lou ciel de grossos 
mouscos blancos. 

Jous sa cApo de pastre — uno vieyo roupo manlevado al soul pastre 
del Paradis — Nostre-Segne se risio del frech et de la n^ou, de sorto 
que, pla aparat qu'6ro e tout regouluinat, s'en anabo dout^oraenet 
coiimo se passejou lous amouroiises quan lous prach embaoumou e 
que lou passerat fo soun nis. 

De soun loun bastou, pounchut a-n-un bout e croucut de Taoutre, 
Nostre-Segne escartabo lous bartasses que i-e barrabou lou cami e, 
drago-drago, camin^bo lou loun del rec. 

Coumo la n^ou toumbabo pus espesso, aloungu6t lou pas. Lou 
riou, de mai en mai destrech, s'amagabo jous la baouco et rachabo 
dins un gran prat. Aqui Taigo, molo e fegnantasso, s'endourmissio e 
semblabo delembra de courri. A tout cop, lou vouyachur se laissabo 
arresta per caouque coiiide. 

— Anfin, oiinte si6i? 

E, agachen a Tentour d'el, devistet a sa gaouclio, amoundaou sul 
pi6ch, uno moulounado de niurayos, quicon coum' un vilage. Per 
miyou veire, faguet saouta lou capuchou que i-atapabo lous iols e se 
quiyet. 

Detras la neou que toumbnbo, se devignabo de tourres pounchu- 
dos, un viel castel e un clouquie; e. din lou ciel, se cresio veire 
mounta e s'escampiya de hlrges ribans de fun. 

— AnenI se digu6t Nostre-Segne, anarai amoun acaba la n^i. Lou 
capelan me prestaro be, saique, un pougnat de payo per fa moun 16i 

15 



226 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

din lou prumie cantou vengut de soun oustal! M^ coussi s'ap6lo 
aqu6ste vilSge? 

E Nostre-Segne se gratabo lou cap san poiirre descoubri anoun- 
t-6ro. 

— Es drolle que p^rde chaco cop la souvenencc al prumie pas que 
faou sus terro ! Al ci6l sabe tout, e, san me troumpa, mensounario 
ch&co crestian per soun noun, countario lous gros de saplo sur la 
plajo : legisse din la counsienso des homes — aquel libre tan res- 
coundit — e ai pas pu leou fach droubi las nibous p^r dabala iusabal 
que moun poude me quito. 

E Nostre-Segne caminabo touchour. 

— Pamens, aici io un mouli... saouproou be me dire oun sioi. 

— 6ou! rh6me bland crid^t en tusten. 

— Qual sono? 

— Un paoure vieyet que cerco soun cami. 

E Nostre-S6gne se faguet tout amb' un cop vi^l, vi^l qiie jamai. 

— Dintras, dintras; fasen la brasucado e ne proufitares. Ses be tar- 
di6 per aquestes camis?M'abes ler tout desanat! Anen, venes tou- 
jour prene uno flambado; deman vous taren veire lou cami. Res 
vous pr^sso pas. 

— Gramecis. brabe home ; me oal parti de seguido, que sioi espe- 
rat aqu6sto n6i. 

— I-e pensas pas, moun Dious! amb* aquel tens!... M^ troubares 
pas jamai vostre cami ! lou sol es atapat per la neou e anares cabussa 
din caouque balat. 

— Aches pas poou, Thome. Digas-me soulomen dequ'es aquel 
vilachot quiyat sul pioch, a man gaoucho. 

— Es Coucoumio. 

— AI es Coucoumio! Alor, aici es Tourtour^l? 

— E oiii. 

— I-e si6i, i-e si6i. 

E, daban de quita lou mouli, Nostre-Segne demandSt al mouligne 
de i-e dire co que i-agradabo lou mai. 

— Sioi un paou sourcie, i-e faguet lou vieyet, e me farai gaou de 
paga vostre boun acul. Antal vous remembrares miyou de yeou. 

— Ai! moun Dious t respoungu^t Taoutre; demaade d'abeire tou- 
chour un croustet per chaco paoure que passaro, prou de farino 
miouno per faire moun pan e de trabal juscos a moun darife jour. 

— Aoures tout aco. Adissias, amai a la coumpagno, e gramecis! 



GRAMMAIRE LANGUEDOClENNE. 227 



II. 



Nostre-Segne, per lou gran cami, s'agandissio daou Coucoumio. 
Lou tens ero pus viou e la neou pus espesso. 

Tout and' un cop, un balalin-balalan coupet Ter coumo un cpp de 
fouet, e la campano escampet din la nioch tout un gros rachol de 
cacal&sses. 

Nou6 1 Noue ! Grando nouvolo I 
Las anchos ciintou : Gloria I 

— Ai pla caousit moun hoiiro per visita Coucoumio, se diguet 
Nostre-Segne. Vaou veire per toiitos las carri^iros s'encourri daou la 
gleiso homes, fennos, manich e manidos. Despachen-nous. 

E camindbo tan que poudio! Arribet anfin sus la plasso del reloge, 
daban lou gran pourtal de la gleiso. Vechet passa tout Coucoumio. 

La campano campanechabo touchour a gran balan e la n6ou toum- 
babo espesso, coumo tombo la lano de las fedos jous lou cis6ou del 
toundeire. 

Las anchos cantou ; Gloria! 

Nostre-Segne intrfit din la gleiso. Ero pleno coum* un i6ou. Amb' 
aquel moumen lou capelan mountabo a Taoutel. 

— Vaou dire la messo amb*el, soudiguet Nostre-Segne. 

E, tan l^ou dich, lou paouras disparesquM e Jesus mountet al 
coustat del capelan. 

Tout lou tens de la messo, lou seguiguet, sans se fa veire, mb 
laissabo devigna sa presenso. 

Destimbourlat, lou curat perdet la tremountdno : marmoutet a pu 
pres las priyeros, cantet tout de trabes, entounet faous lou Glorid, 
laissM racha la bureto del vin blanc sus dech de I'acolito que lous 
lecabo per mesuro, e touchour agachabo de coustat, que pregu^sso 
ou que cant^sso. 

Lou capelan acabet la messo san saoupre ounte ero. Mes al mou- 
men de la coumunioun, quan se biret daou lou pople a ginouls, aou- 
siguet uno voues que i-e disio : 



228 6RAMMA1RE LANGUEDOCIENNE. 

— Vai doucomen, Nostre-Segne te sousten. 

Tout trampalinechen, palle coumo un gipas, dabalM a la sento- 
taoulo e distribuM lou pan sacrat... 

Lou paoure home fasio pietat de veire : anet mai de vint coch d'un 
bout a rdoutre de la sento-taoulo, car lous Coucoumieus fasioou 
soun debe de crestians. 

E touchour, coumo s'fero estat estacat a sous pisses, aquel caou- 
cun — que vesio pas — lou seguissio, s'aginouyen quan s'aginouyabo, 
se biren quan se bir&bo. 

Aban la fi de la messo, Nostre-Segne s'avaliguet per ana veire a 
Toustal del curat qo que fasio Toun^to, sa servici&lo. Tourna-mai se 
fagufit vi61 ambe sa capo, soun bastou croucut e sa caro de paoure. 
Tustfit a la porto de la ciiro. 

— Cal es aco? demandet Touneto. 

— Sioi un paoure malerous. Ne pode pas pus ; doubrisses-me pfer 
Tamour de Dious I Sioi tout estrementit I 

Tout aco dich d'uno voues pietadouso. 

— Ana voun! Anas! Aben pas lou tens. Es pas a dos houros de la 
nfei qu'on ven tusta a las portos. 

— Me sioi perdut din la n6ou e sioi tant vi61 que pode pas coun- 
tunia de marcha : mourisse de frech. 

Sas dens petabou I'uno cronto Tioutro e soun bastou, qu'escapet 
de sous dech jalach, anet resquiya sus la porto 

Touneto entredourbiguet. Tant-leou veire aquel vieyas s'espaou- 
ruguSt. 

— Coussi, i-e dis, ses pas anat a la glSiso? Sabes pas qu'es NoiiS? 
Serias miyou alai que per carrieiros. Beleou ses deganaou? Moussu 
lou Curat vous ficario a la porto s'ero aici. S*es pas uno vergougno 
de roundaleja a-n-aquestos houros ! 

Nostre-Segne capuchet e vechet flamba Taste. Lou capou biribo 
daban lou fioc e, sul poutache un parel de flascous poulsi^irouses 
esperabou lous ostes que lous boiiidarioou. S*antibo faire regagnou 
aqui, dins aquel oustal, oiinte barrabou la porto a Nostre-Segne!! 

Touneto, empjicientudo, i-e tanqu6t la porto sul nas. 

A la glSiso, lou curat, que se cresio saoubat despM que sentissio 
pas pus a soun coustjit lou persounage misterious, abio entounat lou 
Maniflraf, Mes, agacho t'aqui que zou ! Nostre-S6gne se ven tourna 
planta sus sa drecho e i-e dis : 

— Quan vendras pica a la porto del Paradis, sen Pdire te faro 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 229 

coumo m'o fach ta servicialo : te barraro la porto; Adioul sioi Jou 
Grist! 

E lou capelan vechet parti de Taoulel uno fumado laougSiro que 
trabess^t la cr6to de la gl6iso e se perdet dia lou ci61. TrantayechSt 
e s'estabaniguet. L'empourterou a la sacristio. 

Quan revenguSt a-n-el demandet Touneto : 

— De qu'as fach, maleroiiso? As mes, an6i, lou Boun-Dious a la 
porto. 

— Me sounchas, Moussu lou Curat! Ses incaro malaoute! 
Galo-te, TounSto. Nostre-Segne ven de quita toutes-cas aquesto 

gl6iso. Ero tout estoumacat. L'ai aousit quan m'o dich que sen Pfiire 
me barrario la porto del Paradis coiimo tus i-as barrat la porto de la 
euro. 

— Me vous dise, Moussu lou C4urat, qu'es pas poussible. Es pas 
vengut qu'un paoure i-o uno iniechourado. 

— E be! aquel paoure ero Nostre-Segne. 

— Coussi! aquel paouras, Nostre-Segne? aquel coucjlrrou que 
marc&bo tan mal, plSgat dins uno vi^io capo raoubado, soulide, a 
caouque peiarot? 

— Es aco, Tounfito. 

— E per deque abio tan michiinto mino? Aurias dich que voulio 
mancha tout vostre regagnou. 

— Touneto, Nostre-Segne o dich : « Cal dono as paoures dono a 
Dions. » Es estat lou pus gran paoure, el qu'es nascut dins un 
estaple ! 



III. 



E agachas-aqui perdeque se dis qu'a Coucoumio lou Boun-Dious 
i-o pas passat que de nioch. 

Maremonta. 

(Estr^t de la Campdna de Magalouna, e rebirat del Moumpeieiren 
al parla de Pesenas.) 

Desirant aussi payer notre ecot, nous oiTrons au lecteur, en recla- 
mant toute son indulgence, le badinage suivant, que vient de nous 
inspirer la fable si connue de Lafontaine : Le Meuniev, son Fils 
et VAne. 



280 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE, 



LOU MOULIGNfi, SOUN EFAN E SOUN ASE. 

Vous vaou counta, san rebistour, 
Co que, lou dilus de Pasquetos *, 
Ou, se voules, un aoutre jour, 

• 

Lechiguere din las gasetos, 

D'un moulign^ des pus upach, 

Coiimo que dirio lou des Prach 2. 

Pode pas dire oun demourdbo 

Ni quane mouli derichabo, 

Lou de Counas^? de Flouressac*? 

Tan pla lou de moussu de Crac ! 

Me vous dirai san clarineto 

Que soun escai ero Truqueto ^. 

Dounc, uno n6i, daou lou mat! 

Que lou ven venio del mari, 

Qu'inctlro la liino esclairabo, 

E p6r evita la calou, 

Ambe soun ainat s'en anabo 

A Glarmoun* vendre Cougourlou. 

— De qu*es Cougourlou ? m'anas dire : 

C6rto, vous respoundrai san rire, 

Qu'ere soun jlse : un bel bardot 

Que cregno res mai que lou trot ; 

Tabe la graisso Testoufabo 

E lou ventre ie rabalabo. 

Jamai lou mfercat de Glarmoun 

pas vist ase tan redoun ! 

1. Lc dimanche de Quasimodo. 

2. Le moulin des Pros, k 2 kilometres de Pezenas, dependait de la Grange-des- 
Pr6s, qui fut longteraps le sejoiir favori des dues de Montmorency, et, plus tard, 
des princes de Conti, et qui, dit-on, abrita aussi Moliore. 

3. Conas, hameau dependant de Pezenas. 

4. Florensac, chef-lieu de canton. 

5. Truqueto sifjnifie litteralement un quart dc litre de vin. 

G. Clermont-rHerault, clief-lieu dc canton qui possede un marche aux bestiaux 
tres frcquente ; patrie du felibre Pcir6to. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 231 

Passat Lezignan *, daou sieis hoiiros, 
Dechun^rou joust un bartas ; 
Cougourlou manchet las amoiiros ; 
E, coiitno Truqueto ero las. 
Mounts su I'ase : — que se fouto ! 
SoudiguM-el; prefere mai 
Dessu rbardou faire ma routo. 
Jusqu'a Paouian^ me paousarai. 
Per passa Boinos ^ s'arrestSrou ; 
Aladoun lous fouech barayferou ! 
Cougourlou ne vourguet pas pus. 
— Pren lou bridal, diguSt lou paire 
A Tefan, e tiro daou tus. — 
Ni per aquelo ! Goussi faire! 
Cougourlou vol pas abansa ; 
Lous coch de biyot que petabou 
Lou fasioou pul6ou requioula ! 
Din lou tens que repoutegAbou, 
L'efan digu^t : estaquen lou, 
Quan diourian ie douna de nimpos ; 
Passen i'uno barro entre cambos, 
Liados amb'un fort singlou, 
E sus I'espallo carguen-lou. 
Lou vi^I, aprouben la pensado, 
Ach6t leou fach sa dabalado. 
Coumo s'ero dich se fagu6t 
E, penchat, Tase vouyach^t, 
Encantat d'aquel* abantiiro 
Que lou passechabo en voueturo. 
Antal Boinos se trabesset 
E tout coumo cal se passet. 

Me, proche de la Coundamino*, 
Un p^stre lous escridasset : 



1. Lezignan-la-C6be, commune du canton de Montagnac. 

2. Paiilhan, commune du canton de Montagnac. 

3. La Boyne, petite riviore qu'on passait k guc, tributaire de I'Herault. 

4. La Condamine : Vov, ce mot dans le Glossairc. 



232 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

— Ount' anas, mSstre Jan FarinoS 
En cacalassen ie faguSt? 

Quane des tres es loii pus ase ^ ? 
Al soulide es pas lou penchat 
Que joiiis de fa lou ginniise, 
Sus vostros espallos pourtat ! 

— Abds rasou, respon Truqueto 
Que deja ne poudio pas pus, 
Aqui gn'o prou d'escarpoul6to ! 
Paouse iou fai : paouso lou tus. 
Cougouiiou ie pourtat sa plento, 
En soun patoues tout roundinan. 
Me riguerou de sa coumplento. 
Truqueto fo mounta Tefan 

E se met a marcha daban. 

Dous couarrous^ que venioou d'AgnSno*, 
Lous rencontrou proche d*un mas : 

— De que fas aqui. La Sultano ? 
As pas vergoiigno, fegnantas! 
D'estre mountat coum' un abesque 
Quan toun paire courris lou risque 
Que Tatrapou mort en cami. 

Es pas geinat lou Benjimi ! 

— Ahds rasou, ie fo Truqueto. 
Dessen d'aqui : yeou mountarai, 
Que deja sioi las que jamai ! 
Be-16ou fario la candeleto ! 
L'efan saouto san difera; 

A sa pltiro monto lou paire. 
Tres fiyos qu'anabou soufra 
PAssou per aqui : — Quan' afdire I 
Digu^t Tuno, gueito aquel vi^l, 
Amoun quiyat coum' un vud^l, 



1. Samom donne aux meuniers. 

2. «f Le plus Ane dos trois n'csl pas celni qu'on ponse. « (Lafontaine.) 

3. Surnom donn6 aux Saveticrs. 

4. Aniane, choMieu dc canton de rarrondissement de Montpellier. 



GRAMMAIRE LANGLEDOCIENNE. 2S& 

Penden que soun efan, pecaire ! 
Rabalo Tesciop tan que pot! 
Sabe pas quane es le pus sot 

— Lous vud^ls sou pas de moun age *, 
Fagudt Truqueto : Goullamas I 

Sabe pas de que vous mesclas ; 
Ana vou'n a vostre vilage, 
Floe de mourrudo, e lestomen ! 
Las fiyos s'en voou tout riguen. 

— Pamens, penset m^stre Truqueto. 
8e pourrio be qu'achesse tor, 

E CO que in*o dich la fiyeto 
Be-16ou es vrai : Counfiteor ! 

Din lou tens qu'antal rasounabo, 

Cougourlou fagu6t un faou pas ; 

Ero un besoun que lou press^bo. 

S'arrest6t court, lou cap en bas, 

E lachet uno pissarrado. 

P^i abaisset soun mourre al sol 

Per ou senti, coumo foou toiites, 

(Ase ou saoumo, siloua sous goiistes, 

En niflen e droubiguen Tiol), 

Despei Tarrfist que V Diou trounaire 

(Que s*en enchaoutabo pas g^iire) 

Prounouns^t a sous deputach, 

Lous quiten antal rassurach : 

Tan que pudh^o vostr* iirino 

A Olives de tustaous su Vesquino, 

Entree que sentii'o lou mus 

Vous jure que rCaoui^es 2)as pus - ! 

Quant achet fach Tesperienso, 

Cougourlou souspir^t : pacienso! 

E diguet en moustran las de^is : 

A I Oran Dions, que gn'o pdr de tens !! 



1. « II n'est, dit le mounicr, plus do vcaux a mon Age. » (Lafontaine.) 

2. Ces quatre vers, en italiqiies, et les deux aiitres, un pen plus bas, sont tir6s 
du Sidge de Gadaroussa (2« chant) du celebrc cure Favre. 



J 



234 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

Abio pas tor car, de seguido, 
Truqu6to fo monta I'efan 
En croiipo, e filerou d'aousido, 
Ai galop, per gagna Paouian. 

M6s abioou pas fach dous cens passes 

Qu'entend^rou de cacalasses. 

Ero uno troupo de fegrians 

Que fasioou mestiS de mandians : 

— Per aco ! diguSt un caracou • , 
Dous ^ses sus un f noun se pot ! 
L'escraucaroou ; sous osses cracou ; 
Ne crebaro, lou bourricot I 

— Abds rasou, ie fo Truqueto ; 
Per lor, quiterou la seleto. 
Cougourlou lous.remerciet, 
SaoutSt, petet e reguinnSt, 
C'ounten de se senti revioure, 

E laoug^ coumo un tap de sioure^. 
Lou paire e Tefan seguissioou, 
Countens atabe ; sourisioou 
D'dstre a Fabric de tout reproche : 
D'ayur de Paouian erou proche. 

Coiimo lai anabou dintra, 
Pfer f^t de se desaltera, 
Foou rencontre d'uno viei6to 
Ou*6ro la t^nto de Truqueto : 

— A ca ! ses a pe, sens coutrals ! 
Ie fo, — ses mai qu'ouriginals. 
Coussi ! per aquelo bourrico, 
Gastas de soui^s, e susas ! 

Tan val ne faire lino relico! 

Truqueto responguet tout bas : 
Oiii ! sioi un ase, ne counvene ^ : 

1. Nom populaire des Gitanos ou Boh^miens. 

2. Vovez res mots au Glossairc. 

ft 

»3. Jp siiis ino, il est vrai : j'en conviens, je ravoiie. 



GHAMMAIHE LANGTJEDOCIENNE. 335 

Toiites ou disoii, m6s soustene 
Que lou pus baou es lou que vol 
Countenta Pi^rres amai Pol, 
Couutenla sa mdire e sa tanto ! 
Vole papus escouta res ! 
Que digou quicon ou pares ^ 
M*en foute coiitno de Tan cranto ! 

Notre plus grand souci etant de rendre aussi complet que possible 
ce lrait6 de notre riche et harmonieuse langue, nous avons juge 
indispensable de le faire suivre d*un Glossaire dans lequel figureront 
seuleinent les mots les plus usuels de notre Dialecte qui n'ont pas 
6td adopt^s par la langue frangaise ou qui n'y out pris 
place qu'avec un sens absolument different, ceux-ci nous 
interessant au ra^me degre. 

L'enumeratlon suivante fera suffisamment apprecier ces diffe- 
rences : 

Agf^'e, sm. Signifle pour nous ; point d'appui d'un levier, et, 
en francais, Tadjectif aigre. 

Faire dgy^e faire abatage, terine technique ; sans Equivalent en 
francais. 

A7'hoiilisur, adj . Tralnard, lambin : en francais : herboriseur. 

ArmandCs sm. Gomm^rage. cancan; en fr. : almanach. 

Brdbe, adj. Bon, bon enfant; en fr. : brave, courageux. 

CaimaMl, sm. Femme ^cervel^e, toqu6e ; en fr. : carnaval. 

Carrddo, sf. La mis^re; en fr. : adj. carr6e. 

Conlino, sf. Grand creux dans une terre ; en fr. : 616vation. 

Chambreiro, sf. Tripled de cuisine ; en fr.: femme de chambre. 

Englouti, va. Bosseler: en fr. : engloutir. 

Mdlo, sf. Ghapeau k haute forme ; en fr. : malle. 

M4mbre, sm. Local petit ou grand; en fr. : membre. 

Parasol, sm. Parapluie ; en fr. : parasol, ombrelle. 

Sanglout, sm. Le hoquet; en fr. : sanglot. 

Talen, s. m. Faim; en fr. : talent, aptitude. 

Nous avons eu le soin de joindre k la plupart des mots leur origine 
latine ou grecque. 



1. a Qu'on dise quelque chose ou qu'on no disc rien. » (riafontaiue : Le Mcunier, 
son Fils et I'Ane.) 



ABRKVIATIONS 



adj . f adjectif feminin. 

adj . m adjectif masculin. 

adv adverbe. 

angl anglais. 

art article. 

b bas, 

conj conjonction. 

esp espagnol. 

fam familier. 

fig., au fig au figure. 

int interjection. 

it italien. 

lat latin. 

litt litteralement. 

loc. adv locution adverbiale. 

loc. prep locution prepositive. 

part, pas participe passe. 



part, pr participe present. 

pi pluriel. 

prep proposition. 

pr pronom. 

pr. dem pronom demonstratif. 

pr. pers pronom personnel. 

pr. pos pronom possessif. 

pr. rel pronom relatif. 

sf substantif fOminin. 

sing singnlier. 

sm substantif masculin. 

V verbe pronominal. 

va verbe actif. 

V. def verbe dcfectueux. 

V. imp verbe impersonnel. 

vn verbe neutre. 

vulg vulgaire. 



GLOSSAIRE 



CONTSNANT 

LES MOTS LES PLUS USOELS PARMI CEUX QUI N'ONT POINT PASSE DANS LE FRANCAIS 

OU DONT LE SENS DIFFERE DANS LES DEUX LANGUES. 



Abatayd, va. Attaquer. Se dit, le plus souvent, d'un arbre dont on 

abat les fruits au moyea de gaules ou de pierres. 
Ab^l, adv. Labas; en bas. 
Abandl, sm. Vanneau, oiseau. De vanellus. 
Abeldno, sf. Noisette. — Abelagndiro plantation de noisetiers. 

Du latin avellana. 
Abiourd, va. Abreuver. De bibere. 
Abitd, vn. Atteindre : i-e pddes pas abitd tu ne peux y atteindre. 

De habit are. 
Ablasit, adj. Fatigue; harass^. Se dit des personnes et des choses. 

De ablatus. 
Abrasd, va. Raccommoder. Se dit des chaudrons et objets de cui- 

vre : estamd casserdlo; abrasd! cri des nomades dits ab7''a' 

saires qui op^rent sur les places et a domicile. 
Acabd, va. Achever. 
Acaldt, adj. Apaise, caltne, tranquille. 
Acampd, va. Cueillir; amasser : acampd de cagardoulos, de figos 

ramasser des escargots, cueillir des Agues. Acampd d^argen 

thesauriser. — Suppurer ; amasser. 



238 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

s'Acantound, v. Se blottir dans un coin. 

Acassd, va. Saisir; attraper. 

s'Acatd, V. Se tenir coi. — Acatdt, adj. Tranquille; immobile. 

8'Acatould, V. Se pelotonner comme les chats pres du foyer. 

s'Aclapi, V. Se tasser. — Aclapit, adj. Tasse. Se dit surtout du sol. 

s'Aclatd, V. S'accroupir; se baisser, les jambes ployees sous le 

corps. 
Ac6; Ac6s, pron. Cela : acos aco (pour aco es aco) c'est cela! 
s'Acouqueli, v. Se mettre en grumeaux. 
Acouti, va. Atteindre quelqu'un que Ton poursuivait. 
Acrin, sm. Faitage. Du grec i[xpi<; sommet. 
s'Adali, V. — Adalit, adj. Se dit d'un fut dont les douves se disjoi- 

gnent. 
Adar6, adv. A la suite : v6ou adar^ coumo d'hdrto ils vont a la file. 
Adissids, interj. Soyez a Dieu! Adissids^ moussu (ovt 7naddmo) e 

a la coumpdgno bonjour, monsieur (ou madame) et a la com- 

pagnie. Cette formule, dont la plupart de ceux qui I'emploient 

ignorent aujourd'hui la signilication, s'adresse m^me a une per- 

sonne seule, en consideration de TAnge-gardien qui I'accom- 

pagne. 
Adoubdire, sm. Hebouteur ; du v. Adoubd remettre en place. De 

adhibeo. 
s'Adrayd, v. Se mettre de bon coeur au travail. — Se dit aussi d*une 

filtration de liquide, d*une source, dont le debit augmente pro- 

gressivement. 
Afaluc^t, adj. Altere par la soif. 
Afistoulit, adj. Fan6, maigri : moiirre afistoulit figure fletrie, 

fatiguee. 
s'Aflaqui, v. S'affaiblir; devenir mou. — Aflaquit, adj. Affaibli. 
Afrotis, adj. Enorme; colossal. 

Ag^, interj. Vols! regarde! imperatif contracte du suivant. 
Agachd, va. Regarder. Du grec oLyiX^xxi, Voy. guditd. 
Agacis, sm. Cor aux pieds. 
Agafd, va. Accrocher; saisir : (mo i^ounze m'o {a)gafdt une ronce 

m'a accroche. 
Agalotis, sm. Plante epineuse des pres : aqu^l pi^at es pie d*aga- 

lousses. 
s'Agandi, v. Se diriger vers quelqu'un ou quelque chose. 
Aganit, adj. Frele; delicat ; amaigri. 



GRAMMAIRE LANGCEDOCIENNE. 239 

Agantd, va. Saisir avec la main : agantard lou cout&l il saisira le 

couteau. — Recevoir : agantH un brdbe carpdn il regut un bon 

soufflet. 
Ag^sso, sf. Pie, oiseaii. Voy. amargdt.^ 
Agn^no, sr. Aniane, ville dont les habitants, bien a tort sans doute, 

ne passent pas pour gens d'esprit. 
Agn^ld, vn. Mettre bas des agneaux. On dit aussi d'un mur en 

train de s'6ventrer : vo agneld! Et la breche produite par Tecrou- 

lement s'appelle un r)U(idl un veau. Du latin agnus. 
Agoi!L8t, sm. Aout. De augtistus. 
Agoutdl, sm. Sorte d'ecope munie d'une poignee au lieu de man- 

che. 
Agoust^n, adj. Ne dans le mois d'aout : Tern. Agoust6nco. Se 

dit des poules, perdrix, etc. 
Agrad^, vn. Plaire ; convenir a. De gratus, grata- 
Agr^s, sm. Vert; non miir. Mdnchoii la cibddo, las v^ssos, en 

agrds ils mangent Tavoine, les vesces, avant leur maturite. 
Agre, sm. Abatage au moyen du levier. — Se dit aussi du point 

d'appui : Vdgre es pas py^ou fort Tappui n'est pas assez fort. 

fdire dgre faire abatage. 
Agr^to, sf. Oseille, plante potagere. De acer, acris aigre. 
Agrouxnandi, va. Allecher. 
Agrundlo, sf. Prunelle; prune sauvage. 
Agui&U sm. (vieux). Vent marin du sud-est, appele aujourd'hui lou 

grec. Prov. : lou gr^^c pldcho al b^c le grec apporte la pluie. Du 

grec at-^taXb? rivage de la mer. 
Aici, adv. Ici. Aici-sdn, loc. adv. En veux-tu, en voili! 
Aig^che, sm. Rosee matinale. 
Aigassechdt, adj. Mouill^ par la ros6e ou la pluie. Se dit du sol, 

du fourrage. 
Aigo, sf. Eau. — Aigaloiis, adj. Aqueux. — Aig^t, inondation. 

De aqua. 
Ain^t, sm. Aine, fils aine. De agnatus. 
Air61, sm. L'ensemble des gerbes disposees sur le sol pour Stre 

depiquees. — Le monceau de debris de paille, de grain et de 

balles provenant de la depiquaison, mais non encore separes par 

le vannage. De ar^ea, 
Aissdple, sm. et adj. Farceur, ennuyeux et tracassier. — Aissa- 

plarid, espieglerie. 



240 GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 

Ai8s6t, sm. Herminette a manche court. — Aisso, sf. Herminette. 

De ascia. 
s'Achass^, V. Se coucher par terre. — Achassdt, adj. Couche. tSe 

dit des bles verses. Bejacere, 
Ajud^, va. Alder. — Aji^Ldo, sf. Aide. De adjuvare. 
Ajustoi^, sm. Chose ajoutee a une autre de mdme nature qui se 

trouvait trop etroite ou trop courte : o 7nes un ojustoii a sottn 

coutiyoun elle a ajoute a son jupon. 
Aladoiin, adv. Alors. 
Alandd, va. Ouvrir grandement : aldndo la porto, la fenestro ouvre 

la porte, la croif>6e, a deux battants. Alanddbo las dlos il eten- 

dait les ailes. De ala. 
AMrmo. sf. Tocsin. 
Alassd, va. Fatiguer. 
A16, sf. Respiration. De halitus. 
Alencdmbro, sm. Ver luisant. 
Alinddo, sf. Aramon, variete de raisin tres productive. Voy. rflfea- 

kiive. 
Alis^, va. Polir. Au fig. flatter. 
Alucd, va. AUumet, une chandelle ou le feu, avec Fallumette dite 

liiquet. De lux, 
Amadurd, vn. MCirir. De maturare. 

Amagd, va. Cacher. — AxnagatdL sm. Cachette. De ambago. 
Amagnag^, va, Caliner; amadouer. Se dit a propos d'un enfant. 
Am^i, adv. Aussi; encore. 
Am^isd, va. Apaiser; adoucir. 
Amalug^, va. Meurlrir de coups; ereinter. 
Amarg^l, sm. Iviaie vivace, ray-grass des Anglais, plante fourra- 



gere. 



Amarg^n, adj. Amer. — Amargantoti, sf. Amertume. De ama- 

ynis. 
Amargdt, sf. Pie : lous amargoch oou tout devourit les pies ont 

tout devore. 
Amarino, sf. Osier, arbrisseau a saveur amere, dont on fait des 

paniers. De amarus. 
Ambe, prep. Avec. — Ambac6, Andac6, avec cela. De amho. 
Amell^nco, sf, Une des meilleures varietes d'olives comestibles. 
Am^llo, sf. Amande. — Amellar^do. plantation d^amandiers. De 

amydalus. 



GHAMMAIRfi LANODEDOCIENNE. ^1 

AmenudA, va. Gouper menu. Se dit surtout du bois k brAler. De 

miniiere, minutum, 
Amistoi^s, adj. Affectueux; calin; caressant. De amicosus. 
Axnould, va. Aiguiser k la meule. De mola, 
Amoulound, va. Rassembler en tas : amoulouno lous escuch il 

entasse Ics ^cus. De moles. 
Axuoi!in; AmoundAou, adv. En baut; Ik haul. 
Amourid, sm. Mtirier. — Ainoi!iro, sf. Mtire. De mo^'us, 
s'Amourrd, v. Tomber sur le visage. 
Axuoussd, va. £lteindre le feu, la lumi^re, etc. 
s'Amouteli, v. Se mettre en mottes, en plus gros SISments que 

s'acouqueli. 
Ample, sm. Allee entre deux rang^es de vignes dont la largeur est 

exactement la distance, suivant Tequerre, d'un pied k Tautre, 

tandis que I'allee diagonale, nomm^e galis (voy. ce mot), est 

bien plus 6troite. De ampliare, 
AnA, vn. AUer; s'EnanA s'en aller. — sm. Allure : dcos soun and 

c*est son allure. 
Anaoussd, va. Soulever. 
Ancddo, sf. Orni^re ; asp^rit^s d'un chemin occasionnant des 

cabots. 
Anco, sf. Fesse; d'oCi : Anquidl, sm. Fess^e. 
Ancotilo, sf. Contrefort. Terme de magonnerie. De accola. 
Andr6no, sf. Huelle n'appartenant' pas k la voie publique, situSe 

entre deux ou plusieurs maisons. Du latin andron (Pline) et du 

grec divSp6|A£0{. 
Andi, adv. Cette nuit : aussi bien celle qui est passee que celle qui 

va venir : anH, dipla droumit cette nuit, j'ai bien dormi; an^i, 

dansarin la nuit prochaine, nous danserons. 
Angr6gno, sf. Petit lezard gris des murailles. 
s'Aniqui, v. D6p6rir. — Aniquim^n consomptioni ^puisement. 

De anicula vieille d6cr6pite. 
AntAl, adv. Antal-b6, loc. adv. Ainsi. 
Anto, sf. Margelle (d'un puits). Voy. d^^le, — Anto, sf. Greffe. 
Aoub^t, sm. Peuplier blanc. De popuhis alba. 
Aoubd 1 interj. Allons done ! 
Aoubdnco, sf. Aubier. De alburnum. 
Aoubdrgo, sf. Pavie, pScbe dure. 
Aouco, sf. Oie. — Aouqu^to, sf. Petite oie, oison. Vieux mot, 

16 



S42 OHAMMAtHE LANOU£DOClENNfi. 

d'origine celtique, dit on. Berthe, la mere de Charlemagne, s'ap- 

pelait la reino p^ cVaoiico la reine pied d'oie. 
Aouc6bro, sf. Alcove. 
Aoui61, sm. Loriot, oiseau. 
Aouquidiro, sf. Gardeuse d'oles. 
Aousi, va. Entendre. De audire. — Aousidoi^, sm. Ouie. — 

d'Aousido, adv. ImmSdiatement, sans balancer. 
Aousipdl, sm. Er^'sipele. 
Aouss6t, sm. Pli que Ton fait au bas d'une robe, d'une jupe, d'un 

rideau, etc., pour Tallonger au besoin. 
Aoussurdl, sm. Monticule. 
s'ApaoutA, V. Tomber sur les mains. 
s^Apard, v. Se defendre; se preserver; se garantir. — Apardt, auj. 

Garanti. 
Apay^t, sm. Litifere. Fdwe apaydt preparer la litifere. De palea. 
Api, sm. C61eri. De apium, 

Apitrassdt, adj. Acoutre. Mai apitrassdt mal acoutre. 
Aplampoun^, va. Prendre a pleines mains. 
Apouderd, va. Exceder les forces d'un soutien. T>e ponderare. 
Apounchd, va. Tailler en pointe ; affiler. 

Apousito, Port^e : a Vapousito a port^e, loc. adv. de apposite, adv. 
B'Apradi, v. Se dit d'une luzerne ou d'une terre inculte qui, par 

rinvasion de Therbe, se forme insensiblement en pre. De pra- 

turn. 
Apribadd, va. Apprivolser. De pvivatus. 
Aproufitd, va. Utiliser, 6conomiser. — Aproufitoi!is econome. De 

proficere, profectum. 
s'Apug^, V. S'appuyer. En espagnol apoyar. En italien appog- 

giai^e. 
Aqu61, pr. Celui-1^. — Aqu6ste. Celui-ci. 
s'Aquioul^, V. Tomber sur son derrifere : aquioulo lou toumbarel 

fais basculer le tombereau. 
Ar^ire, sm. Charrue legere dite fourcdt quand elle est attel6e i une 

seule bMe, et doiiple quand elle est k deux. On prononce aussi 

Al^ire. De arare, 
Arboulisiir, sm. Trainard, lambin, flaneur. 
Archil, sm. Goquillage bivalve du genre Venus, nomm6 clovisse, 
Archalds, sm. Gen^t epineux. 
Arch61, sm. Cruche en terre. De urceolus. 



OHAMMAIRE LAKOUBDOCIENNB. 245 

ArdlmAn, sm. Impertinent; impudent. Se dit surtout d*une fille ou 

femme. De ardens, wdkfer. 
Ardsclo, sf. Cercle en bois sor kquel on adapte le tissu de crin ou 

de toile metallique dans les tamis et les cribles. — - Enveloppe du 

tambour. — Au fig. les reins, les cotes : i-o ficat sus Vat^^scloM 

lui a travaillS les c6tes. 
Ar^t, sm. B6Iier. De aries. Voy. marrd, 
Armandch, sm. pi. Embarras ipas tan d* armandch ! ne fais pas 

tant d'embarras ! 
Armds, sm. Terre inculte, d^paissance. Du grec l^t\^^ desert. 
Armdsi, sm. Armoire aux provisions : dansd dabdn Varmdsi 

n'avoir.rien i manger. De ai^marium, 
Arno, sf. Mite, teigne, ver qui ronge les tissus de laine. Au fig. Per- 

sonnage ennuyeux, sciant. 
Aro, adv. Maintenant. Du latin ad hora. 
ArpatechA, vn. Tripoter avec les mains. 
Arpiou, sm. Griffe. Ongles d'un oiseau ou d'un carnassier. — - :£pe- 

ron du coq. — Se dit quelquefois des ongles trop longs de 

rhomme. De harpa. 
Arqudt, sm : fa tibd Varquit (faire tendre Tarchet), avoir trop bu. 

De arcvtS. 
Arrapd, va. Accrocher, saisir, happer. — ArrapAt, adj. Fort, 

vlgoureux, De 7*apere et anHpere. 
ArrendA, va. AfTermer. De reddere. 
ArribA, va. Donner k manger aux animaux : ai^ribd las galinos 

faire manger les poules. 
AsagA, va. Arroser. 
AsclA, va. Fendre du bois k brtller. — Asclo bAcbe refendue. De 

assecatH. 
Ase, sm. Ane. De asinus, Souvent employ^ au figure, comme en 

fran^ais : id pas tan boun dse que noun brounche. — Pren de 

tabdt count' un dse de bren il prend du tabac comme un Ane du 

son; Vase te quiye! Vase te foido! interjections Equivalent au 

francais : le plus souvent! — On dit, aux jeux de cartes : Vase 

de picos. Vase de flous, de cdires, de curs Tas de pique, de 

trfefle, carreau, coeur. — Ignorant. 
AssadoulA, va. Rassasier. De satw^are, 
AssegutA, va. Poursuivre. De assequi, assecutus su7n, 
s'AssetA, v. S'asseoir. De sedere. 



244 QRAMMAIAE LANGHfiDOCIENNfi. 

Assachd, ou Ensachd, va. Essayer. 

Assadouldt, adj. RassasiS. Voy. sadouL 

Assibadd, va. Donner Tavoine; inusitS dans ce sens. Au fig. Ros- 

ser, battre. 
Assucd, va. Comme le precedent, mais plus fort : assommer. 
Assugd, va. Essuyer. 

Aste, sm. Broche. -— Astdt, sm. Brochette. De hasta. 
Asugd, va. Aiguiser. 
Atab6, adv. Aussi. Voy. tab^. 

Atapd, va. Couvrir, recoiivrir : atdpo la casseirdlo couvre la casse- 
role; atdpo te din toun IH couvre-toi dans ton lit; a un enfant 

qui leve sa chemise : tdpo te! Voy. tapa. 
Ate, sf. Agde. Ville maritime d'origine phoc6enne. Du grec dYaOr,. 
At^ne, va. Atteindre. De attingere. 
Atiss^, va. Taquiner, tracasser, prendre en grippe. 
Atramdn, adj. GSnant, encombrant, embarrassant. De atramen- 

tum. 
Atrapd, va. Trouver. Voy. trapd. 
Atudd, va. Eteindre le feu du foyer ou la chandelle. 
8* Avail, V. Disparaitre; ne s'emploie que pour les personnes. — Au 

fig. Se fondre, en parlant des fantOmes et apparitions. De a (pri- 

vatif) validus, 
Ay^do, sf. Soupe k Tail. On porte Vayddo aux nouveaux mari^s, le 

lendemain de la premiere nuit. De allium. 



B 



Babdire, sm. adj Qui bave. Au fig. imbecile. 

Babdou, sm. fltre fantastique, epouvantable, dont on menace les 
enfants. Analogue a la baragdgno, que nous verrons plus bas : 
dnes pas aqui, que i o lou babdou! ne va pas la, il y a croque- 
mitaine t 

Babardl, sm. Bavette. 

Babar6t, sm. Cancrelas, col^optere noir, haut sur pattes, vivant 
dans robscurit6 et dans les lieux sales et humides, dans le 
fumier, et repandant une odeur infecte quand on T^crase. 

Bab6t, sm. Ordure solide qu'on retire du nez des petits enfants. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 245 

Bab6to, sf. Chenille noire qui d6vore les luzernes en juin. 
Badd, vn. Ouvrir la bouche. — Baddou baillement : fdire lous 

tres baddous (faire les trois baillements) mourir. 
Badayd, vn. Bailler. 
Badoi^, ou Baroi^, sm. Trou fait par un ver dans le chgne dont 

sont faites les futailles et par oti le vin s'ecoule. 
Bachaod, vn. Agiter, ballotter. Voy. sambouta. 
Bagandou, sm. Sorte de filet pour la pfiche. Voy. berdouUt, 
Bagnd, va. Mouiller. — Bagnadtiro, sf. mouillure. De balneum. 
BailA, va. Donner. 
Baildn, sm« Lange. 
Balalin-Balaldn , loc. adv. Clopin-clopant. — - Va-et-vient d'une 

cloche en branle. 
BalAt, sm. Foss6. — Bal^t-ratid fosse convert; drain. 
Baldt, sm. Petit auvent pour garantir de la pluie la prise des toitures 

dans un mur. 
Baloi!Lr, adj. Stupide. 
Ban, sm. :^lan : prine ban prendre elan. — Bound lou ban laisser 

echapper. 
Bandsto, sf. Gorbeille double dont on charge les animaux de bit 

pour le transport. — Au fig. nigaud : es sot count" uno bandsto 

il est sot comme un panier. 
B^uida et se Band^, v. Enivrer, s'enivrer : es banddt counCun 

cun il est ivre-mort. 
Baniyo, sf. Anse, d'un panier ou d'un vase. 
Banechd, vn. Montrer les cornes : se dit ties escargots. — Bdno, 

sf. Corne. 
Baniit, adj. Qui a des cornes, cornu : chot baniit hibou cornu. 
Baou, sm. adj. Fou. Un baou un fou; es baou il est fou. 
Baouchi^n, sm. Folic. 
Bdouco, sf. Herbe grossiere dont les ruminants ne veulent pas. 

Voy. Girbo. 
Baoudroi!i, sm. Barre de bois fixee dans un trou de mur pour sup- 
porter un ^chafaudage. 
Barag6gno, sf. Voy. Babdou. Difi'^re de ce dernier en ce que la 

baragdgno est cens6e poss^der une voix formidable, tandis que 

lou babdou serait plutot muet. 
BarAl, sm. Bruit confus ; tapage. 
Barayd, vn. Aller et venir gi et li ; vagabonder. 



246 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 

Barbddo, sf. Bouture enracinSe de vigne. 

BarbarCisto, sf. Gel^e blanche. 

Barchalds, sm. Mauvais plaisant; diseur de riens. — BarchalAdo 
niaiserie. 

Barddt, sm. Produit inKcond de I'&nesse et du cheval; au fig. 
butor, imbecile. De burdo. 

Bardoi!i, sm. Bftt de Tftne. Prov. : fo petd Vase de NougarU, que 
quan v6i veni lou bardou, suso. II fait comme V&ne de Nougaret 
qui sue quand il voit approcher le b&t; ce qui s'applique aux 
paresseux. 

Bargd, vn. Bavarder; jaser. 

Barrd, va. Fermer (une porte). Vient probablement de la bdrro 
qui servait a cela avant Temploi des serrures. 

Barr&l, sm. Tonneau portatif de quelques litres avec lequel on bott 
au moyen d'un bout de roseau, dit canilo, fixe dans la bonde. 

Barrdto, sf. Petit bonnet k pli de t6te qu*on met aux petits enfanis. 
Voy. cagndto et toupino. 

Barr6t, sm. Brique de 0"33 de long, sur O'^IO de large et 0"05 
d'6paisseur. — Gros baton. 

Barroi!i, sm. Substance filamenteuse dont on fait des cordes des- 
tinies k sejourner dans I'eau. 

Barroi!il, sm. Yerrou. La tradition dit qu'on conduisait les fous a 
Saint-Thib6ry pour leur faire baiser un certain verrou ; ce qui 
les gufirissait : vai Ven a Sdn Tubdri baisd lou barrouL 

BartAs, ou B6rtAs, sm. Buisson, ronce. — Bartassid, outil tran- 
chant muni d'un croc, pour detruire les ronces et les buissons 
6pineux. 

Basdcle, sm. Lieu plein d'objets de toute sorte entassSs pdle-mele; 
bric-i-brac. 

Bassardl, sm. Battoir de laveuse. Au fig., la langue d'une femme : 
fo pla petd lou bassardl c'est une grande parleuse. 

Bdste, int. Plut k Dieu t Baste s'en an^sso plut au ciel qu'il d^cam- 
p^t ! incdf^o bdstel encore passe ! k la bonne heure ! 

Bastimdn, sm. Gros navire. 

Batadisso, sf. Bagarre. — Bat^sto, sf. Rixe dans laquelie pleu- 
vent les coups. Dans la batadisso il y a de plus nombreux cham- 
pions ; dans la batesto, deux seulement. De batuo battre, frapper. 

Batlc61, sm. Le gras du cou : Varrapdt p&r lou baticdl il Tem- 
poigna par le cou. 



GRAMMAIRE L ANGUEDOGIENNE. ^7 

Bdto, sf. Le sabot des chevaux, mulcts, etc. — Garniture en cuir 

des sabots. 
Baydr, sm. Civifere. — Bayarddt, une pleine civiere. 
Bedisso, sf. Sorte d'osier. — Bediss6n, sm. Variety d'olivier dont 

la feuille ressemble k celle de la bedisso. 
B6irdt, sm. Maquereau, poisson. 
Bdlcdp, adv. Beaucoup. 
Beldou, adv. Peut-6tre. Voy. sdique. 

Beloti, sf. Nom propre, diminutif d'lsabeloii et A'Isabdl, Isabelle. 
Beliigo, sf. iStincelle jaillissant du foyer. 
B6rcd, va. fimousser; 6br6cher. — Bdrco brfiche. 
Bdrdouldigo, sf. Pourpier qu'on mange en salade. De portulaca. 
Bdrdouldt, sm. Sorte de filet pour la pfiche en eau douce. Voy. 

bagandou. 
Bdrganti, sm. £quipe de chevaux loues pour la depiquaison. 
Bdrquidiro, sf. Dot d'une fille. Elles repondent quand on leur 

reproche d'avoir trop de langue : acd-s la mitdt de ma bdr- 

quUiro c'est la moiti6 de ma dot. 
Bes&l, sm. Canal d'amen^e de Teau k un moulin. De bessalis. 
Bdssd, vn. Verser. Se dit d'un vase trop plein. 
Bessoti, sm. Jumeau. — Bessoundtdo I'accoucbement qui produit 

des jumeaux, et les jumeaux eux-m6mes : o facTi uno bessou- 

nddo elle a fait deux jumeaux. 
Bdto, sf. Petite embarcation sans quille et non pontee; nacelle. 
Biyd, va. Serrer fortement avec une corde faisant plusieurs tours. 
Bi&is, sm. Adresse; habilet^ : o pas cap de bidis il est maladroit; 

quane san bidis ! quelle mazette I d'ou le verbe s'embiaissd s'y 

prendre adroitement et Bidissi^t adroit. 
Bichigotis, adj. Tracassier; rancunier; pointilleux. 
Bichtit, sm. Sorte de coquillage comestible pour les personnes que 

sa forme et sa couleur ne dSgotitent point. 
Biddsso, sf. Havresac que portent les mendiants. De bisaccium. 
Bidro. sf. Sorle de civiere entour6e d'une balustrade a jour sair 

laquelle on place le cercueil et qu'on porte sur les 6paales aux 

enterrements. II n'a pas le m6me sens qu'en frangais oil il 

signifie le cercueil lui-m6me. 
Bidt&se, sm. Mot imports du Carcassonnais, signifiant aubergine, 

mais peu usite ici. On rSpond a une demande indiscrete : te 

dounardi un bidtdse! Et, par derision : s'amuso coum' un bi^- 



248 QRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

tdse sus un rampdn il s'amuse comme un croiiton derri^re une 
tnalle, comme une aubergine pendue k ud rameau. 

Bigo, sf. Bigotis, sm. pi. Poutrelles, couple de barres en bois ser- 
vant k faire monter les tonneaux sur une charrette. 

Bigds, sm. Sorte de houe k deux dents. 

Bijdtno, sf. Gl^matite sauvage. 

Bilagnd, sf. Ordure ; salet6. 

Bildn, adj. MSchant. 

Bidou, sm. Boeuf. De bos, bovis. 

Biou-l'dli, sm. Ghat-huant. De bibere oleum. 

Bird, va. Tourner; d6tourner : bird Vdigo detourner Teau en arro- 
sant dans un potager. On dit plaisamment pour un soufflet : un 
biro Vamour, un biro vdi Ven; et d'un homme qui, a table, 
choisit les meilleurs morceaux : es un biro tayoiis. On ecrit 
aussi VlrA. De gyrare. 

Biroi!i, sm. Avant-clou. — Biround, vn. Percer avec une vrille. 
— BiroAno, sf. Grosse vrille. — Biro-sourdl, sm. Tour- 
nesol. 

Birouldt, sm. t'oton, jouet d'enfant. 

Bisd, va. Gercer. — Bisdt, adj. Gerc6 par le vent ou le froid. 

BiscAin, sm. et adj. Acari&tre; grognon; de mauvaise humeur. 
Voy. cdin. 

Bisod, vn. Marronner. — Bisco, sf. d6pit. 

Bistounquicho, sm. Petite plaquette de bois mince suspendue par 
une ficelle, que Ton glisse au-dessus du loquet, dit caddoulo, 
pour qu'on ne puisse le lever. 

Bistourtid, sm. Rouleau de bois pour battre et aplanir la p&te. De 
bis tort a. 

Bl&inechA, v. imp. Bruiner. — Bl&inech&do, sf. Bruine. — Cor- 
ruption de Plovinechd. 

Bl&ndo, sf. Salamandre. Se dit, au fig., d'une femme haineuse et 
mechante. 

Blanqu6t, sm. G6rat, onguent. 

Blanquinotis, adj. Blanchdtre. 

se BlassA, v. Avorter; faire une fausse couche. 

Blat, sm. Froment ; d'oii le proverbe favorable aux brunes : terro 
n^gro fo boun blat terre noire fait de bon bl6. — Blat de Ituio 
(bl6 de lune), expression signifiant : batard. 

Blddo-r^bo, sf. Betterave. 



GRAMMAIRE LANQUEDOGIENNB. 249 

Bldse, sm. L'extrSmite de la mScbe d'une lampe ou d'une chan- 

delle charbonnfie par la combustion. Voy. mouc, 
Blddo, sf» Blouse; bourgeron des pay sans. 
Bdcho, sf. Grosse boule pour le jeu de boules. — Sorte de gros sac 

pour la farine, le cbarbon, etc. 
B6im, sm. Naus6e; envie de vomir : fo veni lou bdmi il est d6gou- 

tant, 11 donne envie de vomir. De vomere. 
B6rio, sf. M6tairie; petite maison de campagne. De boria (basse 

latinite). 
Bosc, sm. Bois taillis; fordt Du celtique (?) bosc; en italien bosco; 

en espagnol bosque; en <anglais bush. Rien du latin. 
Bouchdt, sm. Gloison en briques et pl&tre. 
Bouci, sm. Petit morceau : un bond de pan un petit morceau de 

pain, par opposition i un floe de pan un gros morceau de pain. 
Bouddgo, sf. Ck)rnemuse. 

BoudoiUlo, sf. Grosse bulle d'air sortant bruyamment de Teau. 
Boudroio, sm. Nomade; gitane. Voy. cardcou. 
BouiA, va. Manger gloutonnement. — Bouf&ire, sm. glouton. 
Boufardl, adj. Ancho boufardlo ange k visage gras et dodu. 
Boi!iil int. Abreviation de bou-Diou! bon Dieu! 
BoiUtre, sm. Yautour. De vultur. 
Boul, sm. Periode d'ebullition. De bullo. 
Bouldn, sm. Faucille. 
BouUgd, va. Remuer; agiter. — se Boul6gdt se h&ter, se depS- 

cher. — BouUgadis, sm. Agitation; remue-menage. — Bou- 

legu6t, sm. Turbulent. Voy. fourfoul. 
Boulidoi^, sm. Fermentation du raisin. Fdire boulidoii dins un 

baiss&l faire cuver dans un foudre. De bullire. 
Boullardt, sm. Petit drole, petit espi^gle : se dit d'un enfant. 
BoumbA, va. Frapper sur le dos ou sur le derriere : lou rdc de 

boiimbo-quiouls ruisseau situ6 dans les faubourgs de Pez6nas. 
Boumbarindto, sf. Festin; ripaille. 
Boumbdssi, sm. Veste de paysan. — Boumbdt, sm. Gilet de 

paysan. 
Bourgnoi!i, sm. Ruche d'abeilles. 
Botirlo, sf. Plaisanterie. En espagnol burla. 
Bourlisso, sf. Tumulte. 

Bourndou, sm. Tuyau en poterie ou en fonte pour conduite d'eau. 
Botirre, sm. (Eil poussant de la vigne et des arbres a fruit : T6xnbo- 



250 GRAMMAIRE LANGUEDOGIRNNE. 

boi!irres amateur de la bouteille.— Mdncho-botiXTes. Grosse 

chenille qui devore les premi&res pousses de la vigne. — Bour- 

riyoti, sm. CEilleton qui se trouve prfes de Toeil et fournit aussi 

du fruit. 
Bourrdt, sm. Nom d'une vari6t6 de raisin k jus blanc. On le fait 

pr6c6der du mot tar^^it : Tarret-Bourr6t. 
Bourrils, sm. pi. Debris resultant des effilocliures d'une etoffe 

quelconque, lesquels se prennent aux vStements de drap et 

nScessitent I'emploi de la brosse. 
Bourrd, va. Gasser la pierre au moyen de la Botirro, sf. Maillet 

en fer a tr6s long manche dont se servent les cantonniers. 
Bourroi^no, sf. Drap en grosse toile pour transporter le four- 
rage, etc. 
Bourmt, adj. Poilu. On dit au Gg. : patdr bou7^rut juron. 
Bous6t, sm. Ordure humaine bien moul6e qu'on rencontre au pied 

des murs isol6s. Voy. estroun. 
Boustiquechd, va. Tripoter. Voy. pastissechd. 
Boutdl, sm. Le MoUet. A Toulouse poumpil, de poplex po- 

plitis. 
Boutiold, vn. S'enfler, en parlant de la peau. — Boutidlo, sf. 

Ampoule, pustule sous la peau. — Bulle d'air : fdire de bote- 

tidlos faire des buUes de savon. 
BoilLto, sf. Barrique de 100 k 600 litres. Au-dessous, on Tappelle 

pipa7^6t ou barricdt. — Bouto de pore vessie de cochon. 
Botito I Boutds 1 (selon qu'on parle k une ou k plusieurs person- 

nes), interj. Val allezi je vous en reponds! bouto! v^irds sois 

tranquille I tu verras ! 
Bouydco, sf. Boue liquide. 

Bouyd, sm. Escargot comestible de la grosse espece. 
Bouyoti, sm. Peson mobile de la romaine. 
Br Abe, adj. Bon ; bon enfant. 
Br&go; Bragudto, sf. Vdtement de nos ancdtres Gaulois, analogue 

k la culotte. On dit aujourd'hui las brdgos pour la culotte. La 

braguito sert aux enfants au maillot. Du latin bracca. Les 

Romains appelaient Galli braccati (Gaulois portant la bf^acca), 

les habitants de la Gaule Narbonnaise. 
Bramd, vn. Braire. — Bram ou Bramadis, sm. Cri de Tane, 

d'oii le proverbe : bram d'dse mdnto pas al del cri d'Sne ne 

monte pas au ciel. 



6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNK. 251 

Bram&ire, sm. Se dit au fig. d'une personne qui parle tres fort^ en 

criant : qudne bramdire ! quel braillard I 
Brandi, va. Secouer. Voy. Samboutd : to brandit coum'un sac de 

quitdnsos il I'a secou^ d'importance. Brandido, sf. r^primande : 

m'o flcdt uno brandido il m'a bien grond6. 
Bransould, va. Bercer ; agiter doucement. 
Br&ou, sm. Taureau. 
Brassechd, vn. Gesticuler avec les bras. 
Brassidiros, sf. pi. Lisiferes k Talde desquelles on fait marcher les 

enfants. 
Brasucd^ vn. Tisonner. — Brasucddo, sf. Uno brasucddo de caga- 

rdoulos des escargots cuits sur la braise.— Brasuqudt tisonnier. 
Braydto, sf. MSme signification que bragu6to. 
Brdgo, sf. Querelle. Ne s'emploie pas senl ; on dit ten circo-brigos 

un cherche-noises. 
Bren, sm. Son, r^sidu de la farine. D'origine celtique. En bas-breton 

brenn. 
Brds, sm: ou Brdsso, sf. Berceau d'enfant; d'ou le v. Brdssd 

bercer. 
Bricdlo, sf. En bricdlo en bandouliire, loc. adv. 
BrigoulA, va. Briser; mettre en pieces : o tout brigouldt il a tout 

cass6. 
Briscambiyo, sm. Bancal. — Au fig. querelleur. 
Briso, sf. Miette : acdmpo las brisos ramasse les miettes. 
Brdco, sf. Rameau de vigne dont on forme les sarments : uno 

brdco de gabdl une tige de sarment ; — sidi 7'abit en brdco ( je 

suis change en bdche) je suis ahuri, stup^fait. 
Brounzin^, vn. Bourdonner. Las aour^yos me brounzinou j'ai des 

bourdonnements d'oreille. On dit d'une machine bruyante telle 

qu'une batteuse : Vaousisses brounzind f Tentends-tu bourdon- 
ner? 
Brousdn, adj. Brillant : lou firre es brousdn le fer (i repasser) est 

brulant. 
BrouBS^, va. Tourner. Se dit du lait^ des sauces, crimes, etc. 
Brout, sm. Brin; extr^mitS d'un rameau d'arbuste ou d'arbre. 
Broutound, vn. Bourgeonner. 
Bruc, ou Brusc, sm. Bruyere grossiere dont on fait des balais 

d'6curie. Au fig. robuste : uno fiyo d'un gros brusc une fille 

vigoureuse. 



252 GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 

Brusil, sm. Sciure de bois. 

Brusiyd, vn. Gazouiller. 

Btide, sm. Escargot de mer comestible. 

Buddl, sm. BedeauJ 

Bufd, vn. Souffler. — Buf&do, coup de vent. — Buldt, soufflet. 

Bugddo, sf. Lessive. — Bugadid, sm. Cuvier k lessive. — Buga- 

didiro, sf. Lessiveuse. 
Burgd, vn. Farfouiller avec une gaule pour dSgorger un tuyau. 
Bi!irlo, sf. Tronc souterrain de Tolivier qui occupe ordinairement 

un grand espace et qu'on nomme aussi grapdou, 
Buscaydi, vn. Ramasser du bois mort abandonne. 
Buscayoti, sm. Echelon, degr6 d'^chelle. 
Butd, va. Pousser : biito lou pousse-le. On appelle vulgairement le 

trombone la buto-tiro la pousse-tire. — Bi^to-r6do chasse- 

roue. — Buto-mdrdo. Cancrelas, pousse-crotte, insecte coleop- 

tfere. — But&do, sf. Pouss6e. 



Cab&lo, sf. Jument. De caballus, 

Cab6sso, sf. TSte. Introduit de Tespagnol cabeza. De caput. 

Cabdstre, sm. Licol ou licou. Voy. Cachdno. — Chevfetre, piece de 

charpente. De capistrum. 
Cabi, va. Contenir. Usit6 seulement a Tinfinitif. Voy. cdoupre. De 

capio. 
Cabiroi^, sm. Chevron De capreolus, 
Cabiyddo, sf. Tortillon fait d*un linge roulS qu'on met sur la tSte 

pour porter des fardeaux. 
Cabiydiro, sf. Ruban de fil. 
Cabiyo, sf. Cheville, dans toutes ses acceptions. 
Cabdsso, sf. Gousse. Cabdsso d'al gousse d'ail. — Cabdsso de mil 

coque de mais, appel6e a Toulouse coucarlL 
Cabdto, sf. Poisson de la M^diterranSe ressemblant au grondin de 

rOcean. II est tres employe dans la bouillabaisse, avec le vascdSy 

le roug^t, etc. 
Cabotir, adj. Imbecile; idiot. 



orammaihb LANotjeDocmNNB. 2r>3 

Gabridd^ vn. Mettre bas des chevreaux. — Gdibro, sf. Chevre. De 
capra. 

Cabucdl, sm. Couvercle de pot, de casserole, de sucrier, etc. 

Cabito, sm. Plongeou. — Cabussd, vn. Faire un plongeon. 

Cabussoti, sm. Marcotte; proviii. Yoy. soumisso. 

Cac^, sm. Caca. Expression pour designer aux enfants tout ce qui 
est sale. As de cacdi sus la gdouto tu as la joue sale. De cacare. 

Cacaldis, sm. Eclat de rire, d'ou le verbe Cacalassd. 

Cacaracdi, sm. Glaieul des pr6s. De caf^ectum (Vitruve.) 

Cachdi, va. Meurtrir. — Cachadi!iro, contusion, meurtrissure par 
pression. Voy. maca. 

Cach&no, sf. Licol. Voy. cabdstre, 

Cachird, va. Terme de couture usit6 surtout pour les draps de lit 
faits de deux largeurs. L'operation consiste a les d^coudre, et 
recoudre ensuite les largeurs suivant les lisieres opposees, en 
sorte que Tinterieur, plus us6, devient Texterieur. 

C&cho-xnotirre, sm. Soufflet (litt. meurtris- visage). Voy. biro- 
Vamour, biro-vai-Ven, carpdn, mourniflo, etc. 

Caddoulo, sf. Loquet a bascule, forme ancienne; d'ou les verbes 
caddoulechd et descadaould soulever le loquet. 

Caddl, sm. Jeune chien; d'ou caddld mettre bas des chiens. De 
catulus. 

Caddlo, sf. Petit coleoptfere noir qu'on trouve dans la farine de fro- 
ment. 

Cadendt-del-col, sm. Vertebres du cou. — Caddno, sf. Chaine. 
De catena. 

Cadi^iro, sf. Chaise; chaire a prficher. De cathcedra, 

Cadtin, pron. Ghacun. 

Cagd, vn. AUer k la selle. Du latin cacare. — Gagddo, sf. Chiure. 
— Cagdigno, sf. Diarrh6e. — Gagdiire, sm. Pleutre, lache, 
capon. — Gaganis, sm. Le dernier n6 d'une nichee, le seul 
qui fasse caca dans le nid. Au fig. : le dernier n6 de la fa- 
mine, le Benjamin. — Gdgo-ldguis, sm. Pleurnicheur; in- 
quiet. 

Gagardoulo, sf. Escargot, terme g^nerique. Voy. bouyd, mour- 
gu6to, mourre roiige. De cochlea. 

Gagaraouldit, sm. Preparation tr^s estimee d'escargots servis dans 
une sauce assez compliqu^e oil figurent les ingredients sui- 
vants : huile, oeufs, echaudes, amandes et noix pilees, ail, her- 



25i GRilMMAlKE LANaUBDOCIfiXME. 

bes lines, telles que menthe, thym, cerfeuil, estragon, oseille, et 

croAtons grilles. 
Cdgno, sf. Paresse : ai pla la cdgno totU idi j'ai bien la pareBse 

aujourd'hui. — Cagnotis, adj. Paresseux. 
Cagndto, sf. Petit bonnet d'indienne, a pli de tSte, que les fiUes et 

les jeunes femmes portaient dans le jour et qu'elles ne gardent 

maintenant que la nuit. Yoy. toupino, 
Cagrds, sm. TStard de grenouille. 
Cdin, adj. Grognon; mauvais coucheur. Yoy. biscdin. 
Cdire, sm. Angle saillant. — Gair&do, sf. Pierre de taille de 0»50 

sur 0"»50 et O^SS d'6paisseur. — Cairoti, sm. Pierre de 0"»50 

sur Qi^SS et 0°>25 d'Spaisseur. — Lou GAiraddl est entre les 

deux pr6c6dents comme dimensions. — Me ficos d*un cdire! tu 

m'ennuiesf 
Caissdl, sm. Grosse dent molaire. 
Cdisso, sf. Gercueil. 

86 Galdi, Y. Se taire. En espagnol callar. Yoy. se taisd, De celare. 
Calddo, sf. Pierre dure dont on pave les rues; A'oii : GaladA, va. 

Paver; et Galad^re, sm. Paveur. — Caladoik/sm. Radier 

pav6. 
Cal&ndro, sf. Chaudi^re pour la distillation du marc de raisin. De 

caldarium. 
Caldl, sm. Lampe antique suspendue par un crochet. Yoy. lun. 
Caldyo, sf. Lanterne k huile. — Caleyoti, sm. Reservoir d'buile. 

portant m^che, qu'on loge dans la lanterne. Au fig., caleyous 

signifie : yeux brillants. 
Calimds, sm. Gbaleur lourde et humide, en Ste, ordinairement 

sans soleil. 
Calldou, sm. Bascule. — Calldvdt, vn. Basculer : fdire a calldvos 

jouer k la bascule. De caput levis. 
Calds, sm. Trognon de chou, de salade, de betterave, etc. 
Caloti, sf. Chaleur. De calov. 
Cal-que-sidgo, pron. Quiconque ; qui que ce soit. 
Caltic, adj. Idiot; cretin. De caducus. 
Camdrdo, sf. La camdrdo la mort. 
Cambajoti, sm. Jambon. Un tayou de cambajou une tranche de 

jambon. De gamba. 
Cambayd, sf. Jarretiere. 
Cdmbe. sm. Cbanvre. De canabis. 



GRAMMAIHE LAKGUEDOGIENKG. 255 

Cambdt, sm. Age de la charrue. Du grec xoL^jizy; courbure. 
Camb^to, sf. Cloche-pied. Fdire a la camMto aller a cloche-pied : 

le parranqu6t de Toulouse. 
C&mbo, sf. Jambe. De campa. 
Caxni, sm. Chemin, d'oili Gaming, vu. Gheminer. 
Caminidiro ou Camigndiro, sf. Terre dans laflpidBe on cultive le 

chanvre. 
Campdino, sf. Cloche. — Campagnd, sm. Sonneur de cloches. 

Les premieres cloches ont 6tS employees dans la Gampanie, 

d'ou leur nom. 
Campdstre, sm. Le territoire rural circonscrit autour d'une ville, 

d'un village : se pass^'o pas que din lou campdstre il ne se pro- 

mene que dans les environs. De campestris. 
Candd, sf. Rigole ; chSneau. — Au fig. fa la canal manager la che- 

vre et le chou, en trompant Tun et I'autre. De canalis, 
Canastdlos, sf. pi. Employ6 comme les bandstos, k cette difference 

pr^s qu'au lieu d'etre des paniers les canastilos sont formees de 

deux couples de grands crochets en bois, entre lesquels on ins- 

talle les objets k porter, lesquels doivent avoir un certain volume 

pour ne pas passer a travers. Du latin canistellum et du grec 

xavasTpsv. 

C&nde, adj. Clair, limpide. De candens. 

Canddl, sm. Peloton de fil, de sole, de coton. — Canddla, va. Pe- 
lotonner. 

Candel^to, sf. Cabriole. Fdire de candeUtos faire des cabrioles. 

Candlo, sf. Tube, d'abord en roseau, aujourd'hui en buis, qu'on 
adapte aux tonneaux pour en faire couier le vin. De canna, — 
Ce mot nous rappelle un couplet de vieille chanson dont I'origine 
est inconnue, mais tres r^pandue dans notre Midi, puisqu'on la 
chante dans le Perigord, le Quercy, etc., aussi bien qu'a Pez^nas. 

MadoumAiselo 
Peto CanSlo; 
Vo a la plago, 
Peto quan pdsso; 
Vo al four, 
P6to toujour, 

Canis, sm. Sorte de claie en roseaux refendus. On y 6tend la feuille 
dans les magnaneries. Ce tissu grossier remplace aussi les lattes 
pour les plafonds. De canistrum. 



256 OHAMMAtRE LAKGUEDOCtENNG. 

Caniyo, sf. Chenille. Au fig. terme d'amilie : ma pichdto caniy6to 

ma petite cbSrie. 
Canotinche, sm. Ghanoine. De canonicus. 
Cansalddo, sf. Viande de pore sale, gras et maigre. 
de Cantdls, loc. adv. De champ : lou boucMt es bastit an de bf'icos 

de cantdls la cloison est faite en briques de champ. 
Cantoti, sm. Coin ; angle rentrant. Voy, 7'ecantou. 
Canti^rlo, sf. Le cerveau, sifege de la raison : bird la cantkrlo per- 

dre la tSte. 
Caou, adj. Chaud. De calor. 
Caoucd, va. D^piquer les c^reales. — Cdoucos, sf. pi. D^piquai- 

son. De calcare pi6tiner. 
Caoucdgno, interj. k peu pr^s intraduisible, Equivalent k qu'im- 

porte I k la bonne heure f peu importe cela f din ndstv* oustdl 

abdn par4 d*qu6ste mounde, md din lou vdstj^e, caoucdgtu)! 

Nous n'avons rien dans notre maison, mais dans la vdtre, c'est 

bien different I k la bonne heure! — Caoucdgno acd! peu im- 
porte 1 11 n'y a pas k s'en pr^occuper ! Voy. rdi! 
Caoucido, sf. Sorte de chardon Epineux poussant dans les vignes 

negligees. 
CaoudechA, va. Lessiver; faire la lessive. De Cdtous cbaux, dont 

on usait primitivement au lieu de cendres. 
Caouldt, sm, Chou. De caulis. — Caoulefld^H chou-fleur. 
se Caoumousi, v. Se moisir. Caouxnousit, adj. Moisi. 
Cdoupre, vn. Contenir, usit6 seulement k llnfinitif : jamdi i-e 

pourt^'d pas cdoupre il ne pourra jamais y contenir. De capere. 
Caouquidiro, sf. Tannerie. Nom de deux faubourgs de PezSnas, 

qu'habitaient en grand nombre les tanneurs ; las caouqui&iros 

ndotitos e bassos, 
Caouquiyoti, sm. VariSte de canard sauvage, considers comme 

viande maigre. 
Caousi, va. Choisir. — Cdouso, sf. Chose. De causa. — Encdouso, 

sf. Cause. 
Caous, sf. Chaux. — Caoussignd, sm. Chaufournier. De calac, 

calcis. 
Cdoussos, sf. plur. Pantalon : ne s'emploie qu'au pluriel. Quito las 

cdoussos, 
Cdiouto a C&outo, loc. adv. Discretement ; a petit bruit. De cautus 

prudent. 



GIIAMMAIRE LaKGUEDOCJENNE. 257 

Cap, stn. Tete. — Cap-bas, sm. Sournois. — Cap dc Jouvdn, 

chef des jeiines gens, dans les danses. — Prononcer caZ^rfs, ca- 

dejouv6n, De caput, 
Capbirdi, prononcer Cabird, va. Retourner sens dessus dessous. 

De caput gyrare. 
Capeldn, sm. Nom generique des prStres.'De capellanus. 
Capitdi, va. Trouver bien a point une chose ; rencontrer juste. 
C^po, sf. Manteau de cheminee. Avancement devant un four a pain. 

— Manteau - 
Capoi^, sm. Chapon. De capo. 
Capouchindido, sf. Hochement involontaire de t^te d'une personne 

qui lutte contre le sommeil. 
Capuchdi, vn. Passer la t6te : o capuchdt pdr lou fenestvou il a 

mis la t^te a la petite fenfetre. De caput, ainsi que le precedent. 
Capusdi, va. D6rober. — Capusdiire, sm. Filou. 
Car, sf. Viande. De caro, 
Carabdno, sf. Roseau. 
Cardicou, sm. Nom donnd dans le pays aux nomades dits Bohe- 

miens, gitanes, etc., emprunte k Tespagnol carajo, 
Caramantrdn, sm. Se dit, quoique masculin, d'une femme d6ver- 

gond6e. Voy. carnaML 
Carcagnechdi, va. Taquiner; agacer. 
Carcdn, sm. M6me signification que caramantrdn. 
Cardounio, sf. Chardonneret, male ou femelle. Mot d'amitie, 

comme canto : ma cardounio ma bien-aimee. De carduus. 
C^re, adj. Cher : dans les deux acceptions frangaises. De card, adv. 

et camis, 
Careydt, adj. Se dit d'un bois consume par le temps, ou troue a 

I'interieur par les gros vers. — Pierre de mauvaise qualite, 

pleine de trous. De caries, 
CargA, va. Mettre sur soi. Cargo lou mantdl mets le tablier. Au fig. 

Cargd las ussos bonder. 
Caridiro, sf. Rue : las cariebH^s sou fangousos les rues sont 

boueuses. 
Carit^ch, sm. Grande fete de charite qui durait trois jours, debu- 
tant par une farandolo, ou danse aux flambeaux, dans les rues 

et sur les promenades, a laquelle succedaient bals, cavalcades, 

exhibitions de chars representant les divers corps de metiers de 

la ville et precedes du PoulL bataillcs dc dragees, danse de las 

17 



258 GRAMMAIRE LANGCEDOCIENNE. 

tr^yos, sous les yeux du Mairc et des Consuls, qui assistaient 
aussi, en corps, a une messe solennelle suivie de distributions 
de pain et de nionnaie aux necessiteux. Cette serie de rejouis- 
sances, qui coutait fort cher et necessitait de longs preparatifs, 
n'avait lieu que dans les grandes circonstances, naissances de 
Princes, couronnemients de Rois, arrivee des Montmorency ou 
des Conti, grands evqnements locaux, ouvcrture, a Pezenas, des 
Etats de Languedoc, etc., et, quelquefois, un jour de TAscen- 
sion. II y avait aussi, ce jour-la, une promenade, par la ville, 
des bergers jouant au baton. 

La fSte de cavitdch etait speciale a P6z6nas et a Beziers seule- 
ment, chacune des deux villes cherchant a se surpasser et riva- 
lisant dans le deploiement du luxe et du bon gout. Voy. faran- 
ddlo, PouLl et trdyos. De charitas. 

Carnabdl, sm. Femme originale, gaie, farvjeuse. Ne se prend poiut 
en aussi mauvaise part que carama^itrdn, 

Carnissoti, sm. Excroissance charnue debordant d'une plaie ou- 
verte. De caro, carnis, 

Cdiro, sf. Visage. Vieux mot emprunte a Tespagnol cava : michdnto 
euro! mauvaise figure ! 

Carpdn, sm. Gifle; soufflet. Voy. biro Vamour, biro vai V&n, 
cdchO'7nourre, moiirniflo, etc.; d'ou le verbe Carpand. 

Carp^gno, sf. Femme mechante; d'ou le verbe Carpignechd, 
tracasser. 

Carr^do, sf. Misere; pauvrete : o la carrddo en ir^nto siei von- 
lumes il est dans le plus complet denuement. — Une charrelee 
de bois : uno carrddo de l6gno, 

Carrdil, sm. Orniere. Coupd carvdis couper Torniere. — Scorie de 
la houille; machefer : carrdi de fdbre scorie de forgeron. De 
carrus, 

Carrairoi^, sm. Petit sentier longeant ou traversant les terres. Voy. 
Vidl. 

Cdrre, v. impers. Falloir : cat il faut, cayo il fallait, cargudt il 
fallut, carvo il faudra. 

Carr^lo, sf. Poulie a gorge. 

Cdirri, sm. Char a boeufs. De carrus. 

Cartaz^no, sf. Liqueur fabriqueo avcc iin melange de vin blanc 
doux, d'alcool et d'opices. Ghaque paysan fait sa provision de 
Gartazeno pour faire boire les amis. 



C>RAMMAIR£ LAKGUEDOCIENNE. 250 

Cartoti, sm. Mesure de 2 litres environ. — Mid-cartoi^, un litre. 
Cas^l, sm. Vieux mot designant un petit batiment a demi-ruine, 

une masure. De casa. 
Casaquin, sm. Corsage de dessus. 
Cascdtiechd, vn. Se dit du chant ou cri de la poule quand elie a 

pondu. — Par moquerie, begayer. — Cascaiechdire, sm. 

Begue. 
Cascab^ou, sm. Hochet garni de clochattes ou de petits grelots. 

Voy. tinddL De Tespagnol cascabellos. 
Cascari, sm. Se dit, entre aulres, d'un vieil arbre rabougri, un 

Olivier, par exemple, dont le tronc est creux, h jour, et portant 

k peine quelques rameaux. 
Cassardlo, sf. Les pans courts des uniformes de coU^giens; la 

queue d'hirondelle : tiro i-e la cassardlo tire-lui les pans de 

rhabit. 
Cassibrdyo, sf. (Nom collectif). Canaille. 
C^sso, sf. Louche ; cuillere k potage. 
C^sso-chis, sm. Par moquerie : Bedeau. Voy. budel. — Cdisso- 

j6yos, trouble-f^tes ; rabat-joie. Voy. cdgo-ldguis. 
Cassdoudo, sf. Pr^le des pres; plante dont on fait des paquets pour 

laver la vaisselle et nettoyer les cuivres. De eqtiiseium. 
Castdllej^, vn. Faire la vilI6giature d'un chateau h Tautre. De cas- 

tellum. 
Castig^, va. Punir; chAtier. De castigare, 
Catarin&sso, Fdh^e catari7idsso faire Thypocrite, la chattemite. 

Voy. cdtomidoulo, 
Catomidioulo, Fdh^e la catomidoulo, comme le precedent, mais 

plus doucereux. 
Cat, sm. Chat. — Catoi^, petit chat. — Catougndiro, chatiere. — 

CatounAdo, port^e de chats. De catus, mot de basse latinit^ 

probablement d'origine germunique : allemand Kater, anglais 

Cat. 
Cavdi, va. Creuser. De cavare, 
Caydl, adj. Pie; animal dont la robe est de plusieurs couleurs. Vdco 

caydlo vache pie; ra^ cayol rat jaune et blanc. 
C6bo, sf. Oignon. De cepa. — Cdbol interj. Cri pousse, dans les 

lultes d'enfants, par le vaincu, pour demander grace. 
C6gne, va. Ceindre. — Cdncho, sf. Ceinture. De cingulum, 
Cent-en-cr^nto. De cent en crdnfo, loc. adv. Rarenient. 



260 ORAMMAIRE languedocienne. 

CSrcd, va. Chercher. De querere, — C6rco-br6gos, Cftrco- 

r^nos querelleur. 
CSrcos, sf. plur. Ustensile forme d*une multitude de crochels ou 

d'ancres en fer disposCvS en tout sens pour rep6cher les objets 

tombes dans un puits. 
C^rs, sm. Vent d'ouest-nord-ouest. Mot presque abandonn^ dans 

notre pays. De circius, 
Cdse, sm. Pois-chiche. De cicer. 
Cibdido, sf. Avoine. De cibarium, cWatus. En espagnol, cebada 

signifie orge. 
CidoiUo, sf. Engelure, aux pieds ou aux mains. 
Cinze, sm. Punaise. De cimev. En espagnol chinche. 
Cire, sm. Cierge : es pdlle coum* un clre il est pale comma un 

linge. De cera. 
Cldiou, sf. Clef; d'oii le verbe Clavd former k clef. De clavis, 
Claoufit, adj. Plein a Texces : la gldiso es claoufido r^glise est 

bondee. 
Clap^s^ sm. Gros tas de pierres. — - Surnom de la ville de Mont- 

pellier. 
Clapdto, sf. Cloporte, insecte. 
Clardto, sf. Variete de raisin produisant d'excellent vin blaiic; 

appel6, dans TAude et k Limoux, blanqudtor 
Cidirio, sf. Cldvio d'idou blanc d'oeuf. De glarea. 
Cldstre, sm. Gloitre. De claustrum. 
Clav^l, sm. Clou. — ClavSlAdo, sf. Raie, poisson. — Roun-cla- 

v61^t, sm. Turbot : lesquels semblent porter des tfites de clou 

sur la peau. De clavus, 
Clavi^iro, sf. Melops, petit poisson de mer. 
C16das, sm. Barriere a claire-voie. — C16do, claie. De claihrum. 
Cliqu^tos, sf. plur. Jouet enfantin compose de deux pierres dures 

tres plates qu'on fait battre Tune centre Tautre ayant un doigt 

entr'elles. II est fait souvent de deux coquilles lisses, tenues 

serrees dos k dos dans la main gauche, et enlre lesquelles on 

fait aller et venir rapidement un batonnet. — On dit d'une per- 

sonne tres maigre : sous osses semblou de cliqudtos. 
Clos; Cldsque, sm. Noyau de toute sorte de fruits. De nucleus. 
Cldsco, sf. CrAne. — Cldsco-pel^do, sf., famil. Chauve. 
Clot, sm. Fosse dans laquelle on enterre les morts. De clodia, 
Clotico, sf. Poule, qnand elle conduit ses poussins. De glocire. 



GRAMMA1RE LANGUED0C1ENNE. 261 

Cloufd, va. Gonfler. — CloiUe, adj. Gonfl6 par le chagrin ou Texcfes 

de nourriture : es cloufe count* un baloiin il est gonfl^ comme 

un ballon. — Es cloufe! il est morti 
Clouquid, sm. Clocher. — Au fig. : qulto pas lou fldscou que quant 

vist lou clouquie il ne laisse sa bouteille que quand il en a vu 

le fond (le cul). 
Cdlo, sf. Troupe; bande : o tres cdlos de vendemidi7'os il a trois 

bandes de vendangeuses ; sou uno cdlo de mounde ils sont une 

troupe de gens. 
Cop, sm. Fois : mat d'un cop plus d'une fois; doutres coch au- 
trefois. 
Les contes aux enfants debutent ainsi : un cop, i-abio.,. un 

hdme que fouchdbo Vhori : en foucMn, trapdt un dignd : amb' 

aqu^l digni c7^oumpet uno cdrgo de caouUch, etc., il y avait, 

une fois... un homme qui piochait son jardin, en piochant, il 

Irouva un denier; avec ce denier, il acheta une charretee de 

choux, etc. 
Cor-douloi^. Faire cor-doulon faire pitie, inspirer la compassion. 

De cor et dol07\ 
Cosesoti, sf. Cuisson. Du verbe Cdire cuire, passe d§f. cogudre ou 

cosegudre. De coquere. 
Coilamdl, sm. Variete de champignons comestibles. 
Goudrrou, sm. Nom ancien, et aujourd'hui burlesque, des cordon- 

niers. Voy. gndfre, pegdt. De corium cuir. 
Coubdr, sm. Int6rieur de maison; chez soi. D'ou le proverbe : que 

demdro Jous soun coube?^ se res noun gdgno res noun perd 

qui reste chez soi, s*il ne gagne rien, ne perd rien. De cooperire, 

cooperium, 
Goucdrrou, sm. Gueux; mendiant en loques. 
Couch^, va. Chasser : couchd las mouscos chasser les mouches ; 

c6cho m'aqudl chi chasse moi ce chien. 
Coucdto, sf. Marmite en fonte k couvercle presque hermetique. 

Voy. couquilo. De coctus, 
Coucougnoi^, sm. Chignon. 

Coucouxndlados, sf. plur. Niaiseries, wineries. De cucumis. 
Coudoi^n, sm. Going. — Coudougn^, sm. Coignassier. — Cou- 

doiigno coing sauvage. Du grec xuBwvia, en latin cydonia. 
Coufimto, sm. Confiture de fruits a base de sirop de raisin. Dq 

conduce, condimentum. 



262 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

Couildi, va. Enfler, — se Coulldi, s'enfler. — CoiUle, adj. enfle. 

Voy. cloufd. ' 

Cougnat, sm. Beau-frfere. De cognatus. Cougnddo belle-soeur. 
Coi^go, sf. Queue. 
Cougoi^rlo, sf. Courge; citrouille. De cucuvbUa. — Embrdcho- 

cougoiirlos. nlais, nigaud. 
Coui. Lou det coui le petit doigt de la main. Vart^l coui ie petit 

doigt du pied. 
Cotiide, sm. Goude. De cubitus. 
Coi^ire> sm. cuivre. De cuprum, 
Coi^icindt, sm. Durillon ; surface calleuse aux mains ou aux pieds. 

De culcita. 
Could, sm. Collier d'attelage. — Could, va. Decuver. Could la 

bugddo faire la lessive. — Michdn could, sm. Mauvais sujet. 

De collare (Varron) collier. 
Coularibo. A la coularibo, loc. adv. Mode employ^ par les macons 

pour porter a quatre, six ou huit hommes, de lourdes pierres 

attachfies avec des cordes passant sur des barres que les ouvriers 

portent, deux a deux, sur les epaules. De collum. 
Coulind, vn. Glisser. Se dit du sable amoncel6 qui glisse insensl- 

blement sur lui-m6me selon Tinclinaison. 
Coulino, sf. Greux. Ce mot signiQe tout le contraire du fran^ais 

colline. C'est un bas-fond, une longe creuse situee dans Tinte- 

rieur d'une terre et qui garde les eaux de plnie faute d'ecoule- 

ment. Vov. comico. — De colUs. 
Couloi!iinbo, sf. Gdteau de Noel. 
Coultiou, sm. Guiture. De cultus. 
Colombo, sf. Vallee. 

CoumoiU, adj. Plein au-dessus des bords. De cumulus, 
Coump^s, sm. Matrice cadastrale. De compensatfo. 
Coumi!i, sm. Latrines; cabinet d'aisances. De co?nmunis, 
Coi!iQCO, sf. Vasque ; bassin ; abreuvoir. Voy. pidlo, pise. — Fdirc 

counco former bas-fond. Voy. Coulino. — De concavus. 
Coundamino, sf. Terre particulierement bonne et r6serv6e comme 

telle dans un domaine. Origine : condominium, peut-fttre parce 

qu'elle s'afTermait souvent separement. 
Coi!ingre, sm. Anguille de mer. De conger ou congrus. 
Coungrid, va. Produire. En parlant d'insectes, de vermine, doni 
les parents lui sont inconnus, le paysan, qui, d'apres cela, croi- 



GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 263 

rait a la generation spontanea, dit : es la tdrro, es lou fens, es 

la salonparid que lous coungrio c'est la terre, c*est le fumier, 

c'est la salete qui les engendre. De concreare, 
Gounil, sm. Lapin. Ce mot est tombS dans Toubli, fnais nous 

I'avons enlendu, dans notre enfance, prononcer par des vieil- 

lards. II existe, k Bordeaux, une rue des trois counils. Un quar- 

tier de la commune de Pezenas se nomme lou trdou del counil 

le trou du lapin. De cuniculus, 
Counquistadoi!!, sm. Conquerant. De cum qucesitus. 
Gounti^Ln. De countun, loc. adv. Assidument. Se dit d'un travail 

suivl qu*on n'abandonne que lorsqu'il est termine et, comme 

disent les notaires, sans divertir a d'autres actes; d'ou le verbe 

Countuni^. Du latin continuare. 
Coup^, va. Interrompre un discours : escusds se vous cope pardon- 

nez si je vous interromps. 
Coup6t, sm. Nuque : i-en fiquet un ti^as lou coupit il lui porta un 

coup a la nuque. D'oii le verbe descoupetd trepaner. 
Coilple, sm. Soliveau; chevron. Voy, cabirou. 
Couqu6l, sm. Grumeau : i-o fdsso couquels dins aquilos farin^tos 

il y a beaucoup de grumeaux dans cette bouillie. — Couqu61o, 

sorte de marmite couverte. Voy. coucoto. De conglobavi, 
Couqu^tos, sf. plur. CoifTure des riches femmes d'artisans et des 

petites bourgeoises avant la Revolution. Elle se distinguait par 

des ailes, pendantes des deux cotes du front, en mousseline ou 

en dentelles. Nous en avons vu encore en 1840. 
Cour^l, sm. Poivron; piment; plante potagere. De corallium, 
Courdur^, va. Coudre. — Courdi^ro, sf. Couture. 
Cournaydiro, sf. Anse; support de comporte. De cor^iu. 
Courni^do, sf. Guvier dans lequel on fait la lessive. Voy. bugadie. 
CoiSiro, adv. Quand; tantot : sdbe pas coitro vendro je ne sais quand 

il viendra; couro canto, coitro flblo tantdt il chante, tantot il 

siffle. De quota hora. 
Courre]61o, sf. Liseron des champs. De corrigiola. 
Courrido, sf. Course. Du verbe cou)*ri qui vient de currere, 

curro, 
Courroi^pio, sf. Caroube, fruit importe d'Espagne et dllalie. 
Couss^do, sf. Matelas de plume. De culcita. 
Coussi, adv. Comment : coussi fardi ydou? comment ferai-je? 
CoutA, va. Caler. — Cdto, sf. Cale. 



264 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

CoutSlo, sf. Iris, plante liliacee. (La fleur s'appelle talipd.) De cul- 

iellus, 
Coutr^l, sm. Ck)utrdlo, sf. Expression polie a Tusage de ceux qui 

ne veuleiit pas dire foutrdly foutrdlo, — Coutrdl de la liino! se 

dit a un homme qui ne sait i quoi il pense. — Coutral&do, sf. 

Niaiserie, frivolite. 
Couydou, sm. Etui en bois que les faucheurs portent suspendu 

entre les cuisses, contenant de Teau et la pierre k aiguiser la 

faulx. 
Couyotilo, sf. FoUe avoine, graminee. 

Couyoun^, vn. Plaisanter. — Couyounddo, sf. Plaisanterie. 
Cr^co, sf. Mensonge, hablerie. 
Cr^ind, vn. Grincer : me fas crdind las dens tu me fais grincer les 

dents. — Menacer ruine : se dis que lou clouquie crdino on dit 

que le clocher est au moment de crouler. — On dit, au fig., d'une 

femme sur le point d'accoucher : crdino. 
Cran, sm. Grognon : 6i! qudne cvan! Dieu! quel grognon! — On 

appelle cvans les gens de Marseillan, crans de Massiydn, de 

m6me que les Cettois sont de irons de midlos, les Anianais, 

d'inoucdns d*Agndno; ceux de Beziers, de camdls; ceux de 

Castelnau-de-Guers, de sdouto roch, etc., etc. 
Grand, vn. Geindre; vagir; grogner. Se dit surtout de petits en- 

fants : de que vos? i-o (w)n' hoicro que crdnos que veux-tu? il 

y a une heure que tu grognes. 
Crdnco, sf. Grabe. — On dit aussi d'une femme acariAtre, gron- 

deuse, vieio crdnco! 
Crdnto, adj. num. Uan cranio Tannee quarante : te pagardi Van 

cranio, pdr la fesio de Louptdn, c'est-a-dire je ne te paierai 

pas ; — m*en fouie coumo de Van cranio ]q m'en moque comme 

de Tan quarante. 
Crebassino, sf. Se dit, quoique f^minin, d'un homme tres heureux 

au jeu. 
Creche, sm. Cicatrice. 
Crdire, va. Croire. De credere. 
CrMs, sm. Croissance. — Cr6isse, vn. Croitre. De crescere : Dion 

ie crdsco! souhait a une personne qui eternue. 
Cremd, va. (Vieux.) Bruler. — Crexndt, adj. Brule. De cremarc, 
Cremdl, sm. Gremaillere. De cremaster et du grec xpcjAiw, 
CreQtoi!is, adj. Graintif. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. £65 

Crespino, sf. Fanfare. Enveloppe dans laquelle certains enfants 
viennent au monde. — Crespiadt, adj. Ne dans la fanfare. Ces 
enfants passent pour reussir dans toutes leurs entreprises. 

Crests, va. Chfttrer. Se dit des animaux et des plantes. Chaponer. 
De cast rare. 

Cridd, va. Publier les bans de mariage. — Crldadis, sm. Glameur. 

— Grit, sm. Cri. 

Crouch, va. Rendre crochu. — se Crouch, v. Se courber; se 
vouter. 

Crouchetdt, adj. Discret k I'exces. 

Crouchoi^L, sm. Quiguon (de pain). 

Crouxnpd, va. Acheter. De comparare. En espagnol comprar. 

Crou9t6t, sm. Croftton sec de pain. 

Croutd, va. Voftter, former en voftte. — Cr6to, sf. Voute. — 
Croutoi!i, sm. Gacbot souterrain. 

Cr6yo, sf. Craie; blanc d'Espagne. — Petdto de crdyo poup6e de 
craie, qualificatif donne, par derision, k un enfant, ou k un ado- 
lescent, trop bien attife et trop soigneux de sa personne. 

Crub61, sm. Crible. — Crubel6t, sm. Sorte de gaufre, patisserie. 

— Jeu d*enfants dans lequel on se tient deux a deux par les 
doigts accroch^s, les bras tendus et les quatre pieds s'arc-boutant 
de maniere a figurer un A renverse, et Ton pirouette ainsi rapi- 
dement. De cribellum, 

Cug^, va. Fermer les yeux. —- CiSigos, sf. plur. Couple de demi- 
sph6res creuses en cuir dont on couvre les yeux des mulets ou 
chevaux attel6s a un manage, ou pour d^piquer les c6r6ales. — 
Cugudt, sm. Cache-cache : fagu6n al cugu^t jouons a cache- 
cache. 

Cun, sm. Coin; cale. De cuneus. 

Curd, vn. Jeter les gourmes : aqudl chabdl o pas curat ce cheval 
n*a pas encore jete ses gourmes. De curare gu6rir. 

Cussoi^L, sm. Trous faits par les vers dans le bois dit vermoulu. — 
La poussi^re jaune qui en resulte. — Cussoundt, adj. Ver- 
moulu. De cossus. 

Custodi-n6s, sm. Souffre-douleurs ; patira. 

Guy^irdt, sm. Sorte de canard sauvage que Ton mange les jours 
maigres. 



1 



266 GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 



CH 



Chab^l I interj, Cri depeignant la surprise, de nieme que chabdl de 
boussut! — Litt. Gheval. 

Chabali, sm. S'applique a un homme qui dit ou fait des extrava- 
gances. 

Chambrdiro, sf. Trepied eleve pour supporter un chaudron ou la 
poSle a frire. 

Chapl^, va. Morigener; gronder en mena^ant. 

Ch^rche, sm. La rejouissance : os que donnent les bouchers pour 
completer le poids. — Au fig. Qualificatif d'un homme ennuyeux : 
qudne chdrche ! 

Charg6t, sm. Gommerage. S'emploie surtout au pluriel : qndncs 
chargdch! quels potins! De arguto. 

Charndgou, sm. Hargneux. 

Charpignd, vn. Ghercher querelle. — Charpign^ire, sm. Que- 
relleur. 

Charrd, vn. Bavarder ; causer tres longuement comme le font cer- 
taines femmes entre elles. — Charr^ire, sm. Bavard. De gar- 
rulus. 

Chibal6t, sm. Danse fort ancienne importee probablement de 
Montpellier, comme Tindique son nom. Quoi qu'il en soit, elle 
est pratiquee depuis des siecles a Pezenas. G'est un cheval creux 
de carton, couvert d'une belle housse, au travers duquel s'en- 
gage un homme tlanque de fausses jambes (pendant a droite et a 
gauche, pour completer I'illusion), qui se livre ainsi aux danses 
les plus fantaisistes, en corapagnie d*un camarade, en belle 
tenue aussi, lui presentant Tavoine. G'6tait Toccasion, pour les 
spectateurs, de chanter la chanson dont voici un fragment : 

Ddno i-e de cih&do 
Al pdoure chihalet 
E fdi lou hCoure quant o set. 
Lou bdtott, lou fldtou, 
Lou chfbalet ne Hs, 
An soun hel mourre griSy 
Sa hHo carahdito; 
Lou chihalet ne ris 
Ne fo la mddo de Parts, 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIEINNE. 267 

Chicani!ir, sm. Tricheur au jeu. Sids un chicanur tu es un tri- 

cheur. 
Chichotirlo, sf. Petit oiseau ressemblant k Tortolan. 
Chifoi!in, sm. Siphon. 
Chincho, sf. Fdif^e la chtncho, jeu d'enfant, pas aimable du tout, 

consistant k se donner, avec les poings fermSs, des coups sous 

le menton a Teflfet de produire, par le claquement des dents dans 

la bouche fermee, un bruit tres agr^able ! 
Chot, sm. — Ch6to, sf. Chat-huant. — Choutd, vn. rester coi : de 

que chdtos aqui ? pourquoi restes-tu immobile comme un hibou 

en plein jour? 
Choticho ; biout^e a la choiiclio, loc. adv., boire a m6me la bouteille. 

Yoy. gai^gdl. 
Chuc^, va. Sucer. — Chuc, sm. jus : irdnge sa^is chuc orange 

sans jus; se dit d'une jolie personne sans jugementni esprit. De 

sugere. En espagnol chupar. 



D 



Dabald, vn. Descendre. — Dabaladoti, sm. rampe. — Dabalddo, 

sf. Descente. De devolare. 
Dafotins, adv. Tout k fait. 
Daous, prep. Vers. 

Dayd, va. Faucher. — Ddyo, sf. Faulx. 
Debagach^, vn. Dem6nager, degager. 
Deband, va. Devider. Au fig. bavarder, degoiser. — Debanadoi^, 

sm. D^vidoir. — Deban^t, sm. Etourdi ; ecervele. 
Debari^, vn. Troubler le cerveau. — Debari^t, adj. Detraque; 

cerveau k Tenvers. 
Debate, va. Demettre : s'es debatdt Vespdllo il s'est demis Tepaule. 
Deb^, sm. Devoir; obligation. De debere. 
Debigoussdt, adj. Disloque; dehanchS : es tout debigoussdt il est 

tout disloqu6. 
Deblasig^, va. Echarper; estropier. 
Dec^n, sm. Doyen. De decanus, 
Definiciou, sf. Fin ; conclusion. De de f!7iitio. 
Detioy^, va. EfTeuiller. — Defioy^t, ad. De de foliatus. 



268 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

Def6ro, adv. Dehors. De foras, 

Degaiss^, va. Enlever les rejetons d'une plante. 

Degan^Ou, sm. Protestant; huguenot. 

se Degaougn^, v. Faire des grimaces. 

DegayA, va. G^ter; deteriorer ; gaspiller. — Deg^l, sm. dechet. 

Degi!is, pron. Personne : degiis ou o pas fdch personne ne Ta fait. 

Degrud^, va. Egr6ner, les raisins, les groseilles, etc. Egrapper. 

Ddimo, sf. Dime. De decimo. 

Dejotist, adv. Dessous. 

Del^i, adv. Au dela. 

Delarg^, vn. Emmener les b6tes de labour de Tecurie a Tabreuvoir. 

— Se dit aussi quand on fait sortir les moutons pour les mener 
pattre, 

Delembrd, va. Oublier. — se Delembr^, s'oublier dans le som- 

meii. De dilabor memoria, 
Demalug^, va. Abimer de coups ; estropier. 
Demarg^, va. Demancher (un outil). — Detraquer : o demargdt la 

mdstro il a d6traqu6 la montre. 
se Demarmayd, v. Se dSgager, se d6p§trer : te sios mes din rem- 

hoiih deynarmdyo te tu t'es mis dans Tembarras, degage-toi. 
se Demesi, v. Se dit d'un liquide qui se concentre par T^vaporation. 

— Au fig. Se briller le sang d'inqui6tude, se consumer. 
Demour^, vn. Habiter (se conjugue avec aMire) : dben demourat 

dins aqu6l oustdl nous avons habits cette maison. — Tarder 
(avec dstre) : sios demourddo pla de tens tu as tarde bien long- 
temps. De morari. 

Dental, sm. Sep de la charrue contre lequel s'appuie le soc. De 
dens, dentis, 

Deperi, vn. Gaspiller; gdter : fo deperi las cdousos il gaspille tout. 
De deperire, 

De qud, sm. Fortune; biens : o manjdt soun de qu^ il a dissipe sa 
fortune. 

Derabd, va. Arracher : m'o derabdt uno den il m'a arrache une 
dent. De deripere. 

Derancd, va. Arracher; sarcler. De runcare. 

Derusc^, va. Decortiquer; enlever T^corce. — Deruscddo, sf. Au 
fig. : une racl^e. 

Des^ice, sm. Espifeglerie : fas pas que de desdlces tu ne fais que 
de mauvaises plaisanteries. 



GHAMMAlUE LANGUEDOCIEKNE. 269 

Desandt, adj. Efflanqu6; maigre; defait. — Pour les choses : use, 

delabre, hors de service. 
Desc^ous, adj. Pied-nu. De discalceatus, 
Descarn^t, adj. Decharne. — Descam^, va. Decharner. De de- 

Descougd, va. Couper la queue d'un animal ou d*un objet. 
Descourcouyd, va. Depouiller un fruit de son enveloppe; des noix, 

chataignes, etc. 
Descousteldt, adj. Voy. D6charne. — La mort descoustelddo un 

squelette. 
Desenci^Lso, sf. Excuse; mauvaise raison. De excusatio. 
Desgracious, adj. FAcheux ; malheureux. En espagnol desgraciado. 
se Despantouy^, v. Se debrailler. 
se Desparpay^, v. Reprendre ses sens; s'eveiller. — Voy. Espar- 

paya. 
Desp6i; Desemp^i. — Despidi; Deseinpi6i, adv. Depuis. 
Despeydt, adj. D6guenill6. 
Desplegd, vn. Faire un etalage dans un magasin ou dans la rue. — 

Deplier. De explicare, 
se Despouyd, v. Se deshabiller. De spoliare, exspoliare. 
Desquid, va. Abattre gens ou choses d'un coup de pierre ou de 

fusil. 
Dessdi, adv. En de^a. 

Dessal^, va. Devoiler; denoncer; deceler. Voy. dessoutd, 
Dessauflourd, vn. Fletrir; deflorer : aqudlos prunos sou dessan- 

flour ados ces prunes ont perdu leur fralcheur. De deflorare. 
Dessaparti, va. Diviser; classer, De dispm^tivi, 
Dessarci, va. Delayer : ou cal pla dessarci, que i-dche pas dies de 

couqudls il faut le bien delayer aiin qu'il n'y ait pas de gru- 

meaux. De dissereve. 
Dessould, va. Defoncer le sol. 
Dessoustarr^, va. Exhumer; d^terrer. 

DessoutA, va. Decouvrir une chose cachee; deceler. Voy. dessala. 
Destap^, va. Decouvrir; enlever un couvercle, un bouchon, etc. 
Destetd^, va. Sevrer. — Se dit aussi quand on detache une marcotte 

du pied-mere. 
Destimbourl^t, adj. Detraque; toque. Voy. debaridt 
Destourb^, va. D6ranger; faire perdre le temps h quelqu'un. De 

disturbance. 



270 GUAMMAIRK LVXGUEDOCTENNR. 

Destrantay^t, adj. Delraque. Se dit ordinairement des choses. 
Destr^ch, adj. Etroit : aMire lou quioiil destrdch trembler <le 

ftayeur. De stricius, 
Det, sm. Doigt. De digitus. Pour amuser les enfants, on nomme 

ainsi les doigts de la main : pichot nan^t, Tauriculaire; pxi gran 

que tus, I'annulaire; ^ran gusds, le medius: leco plach (Ifeche- 

plats), I'index; tugo pesouls, le pouce. 
Detddo, sf. Empreinte d'un doigt sur un objet quelconque. 
Detrds, adv. Derriere. 

Devigndire, sm. Sorcier; devin. De divinare, 
Devistd, va. Decouvrir (faire une decouverte); apercevoir. 
Diablatoti, sm. Petit diable. De diaholus. 
Di^nsis; Di^ntres; Di^oussis, pr^ced^s ou non de al, interj. 

Au diable ) 
Dign6, sm. Denier : la douzifeme partie d'un sol. 
Dign6ir61o, sf. Tire-lire. De denarius. 
DiJ6ous, sm. Jeudi. De dies Jovis. 
Dili!is, sm. Lundi. De dies lunaL 
Dim^s, sm. Mardi. De dies Mariis. 
Dimdcres, sm. Mercredi. De dies Mercurii, 
Dintr^, vn. Entrer. On dit aussi Intr^. De intvare. 
Dioure, va. Devoir. De debere. — Dioute, sm. Dette. De dcbilum. 
Dious.so, sf. Deesse. De deus. 
Di6yo, sf, Douille. 

Diss^te, sm. Samedi. De dies sabbati. 
Divtodres, sm. Vendredi. De dies VeneyHs. 
Dol, sm. Deuil. — D6rre, v. def. Sentir du mal. s'endolorir. De 

dolere. 
Doucech^, vn. Exhaler une odcur douceatre, ecoeurante. De dul- 

cescere. 
Douc^to, sf. MAche, plante potagore. 
Dounadoi^Liro, sf. Casserole a long manche de bois pour verser la 

lessive chaude. De donator, 
Dourbi ou Droubi, va. Ouvrir. 
Dousil, sm. Petite cheville de bois servant a bouclier un trou perce 

sur la face d'un tonneau par lequel on retire de faibles quantiles 

de vin. Vov. Sanncfo, 
Doi!iyou, sm. Cruchon pourvu d'une sorte de canule au mo3'en de 

laquelle on boit lo vin en le tenant eleve au-dessus des levres 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 271 

oiitr'ouvertes : ce qui s'appelle bioure al gargdl par opposition 
a bionre a la choucho. Voy. ces mots. Pe doliu7n. 

Drac, sin. fitre diabolique qui, suivant la tradition, soiiait d'un 
puits, appelait a lui les enfants vicieux et desobeissants pour les 
faire monter sur son dos indefiniraent allonge et se precipitait 
avec eux dans son puits. De draco, Cette tradition, modifiee 
selon les lieux, a cours dans tout le Midi. On nous a montr6 
dans notre enfance, au quartier du chateau de P6zenas, le fameux 
puits qui a et6 conibl6 il y a cinquante a soixante ans. 

Drech, adj Droit. — Dressi^iro, sf, Droite ligne. De directus, 

Dr611e, sm. Jeune gargon. — Dr611o, sf. Fillette. 

Dud^l ou Ded^l, sna. De a coudre. — De digitale. 



E 



£bou, sm. Sureau noir, sous-arbuste a baies noires. De ebulwn, 

£go, sf. Jument. De equa. Voy. Cabdlo, 

El; filo, pr. pers. Lui; elle. — £lo s'emploie souvent au lieu du 
nom de la femme de celui qui parle, sans qu'il en ait ete deja 
fait mention. II semble qu'on n'ose pas dire : rna f^7ino; on dit 
^lo. De ille. 

Embabouchit, adj. Enchifrene ; enrhume du cerveau. 

Embalaousi, va. Abasourdir; assourdir par le bruit. 

Embalms, sm. Brancard, civi^re. — Embalass^t pleine charge 
de civiere. Voy. bayar, 

Embarr^, va. Enfermer, serrer un objet. 

Embartass^, va. Entourer de ronces et de buissons epineux. On 
dit d*une jeune enfant qui annonce devoir etre tres belle : la 
carvo emba7'tassd il faudra Tentourer de buissons pour la pro- 
teger. 

Embdss^, va. Depenser ; employer : embesso fosso aixlmi il de- 
pense beaucoup d'argent. As embessdt tout Ion flou ? as-tu em- 
ploye tout le fil ? De impendere, mi2>e7isa. 

s'Embiaiss^, v. S'industrier; s'y prendre adroitement. 

Embiourd, v. Imbiber. De vnbibere, 

EmboiU, sm. Embarras : Sen dins un emboul que sdbe pas conro 



272 , GRAMMAIRE LANGUEDOCTKNNE. 

flnivd nous sommes dans un embarras tel que je ne sals quand 

il finira. 
EmbouniL sm. Nonibril. De oinhilicus. 
s'Embourdescd, v. Prendre de Thumeur ; bouder. 
s'Embourr^, v. S'en moquer : Coussi m'embom^re! corame je 

m'en moque I Voy. s'enchdoutd, s'en foutre. 
s'Embourroun^, v. S'enfimitoufler, s'envelopper soigneusement. 
Exnbout^, va. Entonner; remplir un tonneau. — Embout^ire. 

entonneur. 
Embrand^, va. Embraser. 
Exnbrdg^, va. Enivrer; impregner d'un liquide quelconque : /om 

tarv^n es embrdgdt per la pldcho la terre est impregnee d'eau 

de pluie. — Embr^gui, adj. Ivre. De inebriare, 
s'Embrouno^, v. Bouder, demeurer silencieux par mauvaise hu- 

meur. 
Embuc^, va. Gorger. Se dit des volailles, oies, canards, etc. De 

bucca, 
Exnbug^, va. Imbiber. Se dit d'un cuvier ou d'un tonneau qu'on 

imbibe d'eau pour le rendre 6tanche. De imbuere, 
EmbM, sm. Entonnoir, soit pour entonner emboutd, soil pour 

gorger embucd. 
Emino, sf. Mesure pour les grains, contenant un demi-setier ou 

31 litres environ. Du grec f^jjn?, moitie. — Exninddo demi-seteree 

de terre (12 ares 5) qu'on ensemence avec une emino de grain. 
Emmand^, va. Renvoyer. De mandare, 
Exnmasc^, va. Ensorceler, jeter un sort : sidi emmascddo je suis 

ensorcel6e; es uno emmascaciou ! il y a la de la sorcellerie. Du 

grec picxavo?, sorcier, emynascdire. 
Exnpeg^, va. Appliquer ; coller. Au flg. : Vempegardi la gdouto je 

t'appliquerai un soufflet. De impingere, 
Empdoutd, va. Enter, terme de couture : empdoutd de debdsses 

enter des bas. 
Emper^ou, sm. Supplement; temps employe au travail en dehors 

de la journee et qui doit se payer en sus : cddo soudr v^o fa Vem- 

perdou a la vigno chaque soir il va, aprfes la journee, travalller 

a la vigne. Voy. tantossddo. 
Emperit, adj. et sm. Maladroit. De imperitus, 
Empesouy^, va. Communiquer des poux. De pedimlus, pou,j?c- 

souL 



QRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 27S 

Exnplastr^, va. Donner un soufflet. — Empldstre- soufflet. Du 
latin emplastrare greffer en ecusson. 

s'Empr^ne, v. S'enflammer. Se dit d'un objet approche du feu. 
Voy. embrandd. 

Empus^, va. Attiser; rapprocher des buches, des tisons, des sar- 
ments k demi-brules pour raviver le feu : empuso lou gabH 
rapproche le sarment. De impulsum. 

Encad^stre, sm. Entourage en planches minces qu'on fixe^ur les 
charretles, foriuant encaissement, pour le transport de Dfienues 
denrees, olives, amandes, sable, etc. S'emploie habituellement 
au pluriel; on dit pourtant un encaddstre en parlant d'un des 
grands c6t6s de Tencaissement. De incastrare, 

s'Encal^, v. S*embourber. — Encal^t, adj. embourb^. 

Encant^ire, sm. Commissaire-priseur. 

Enc^ouso, sf. Cause : es tu$ que ne sids Vencdouso c'est to! qui en 
es la cause. De causa, 

Enc^stre, sm. Nom donn6 a un vieil objet, table, fauteuil, etc., 
d6mode, disloqu6, sale, vermoulu, hors de service et le plus sou- 
vent relegue dans des lieux oh Ton ne va jamais : de que fas 
d'aqu6l encdstre? qu'oun lou mdtes al fiocf que fais tu de ce 
vieux rossignol? que ne le jettes-tu au feu? 

Enchancrdt, adj. Engage ; embottS. 

s'Enchaoutd, v. M6me signification que s'embourrd. Voy. ce moj : 
m'enchdoute coumo de bioure un cop d'digo je m'en moque 
comme d'un verre d'eau. 

£nche, sm. Aspiration reiteree par le nez pour faire remonter les 
mucosit6s engendrees par le coryza : Ht'o V^nche dit-on, par mo- 
querie, a une personne qui se livre k cet exercice, ordinairement 
un enfant, et Ton ajoute, dans ce cas : niflo, que te 7n6que! 
renifle afin que je te mouche. Nifld produit Teflfet contraire de 
tird V4nche, On dit a Toulouse : tird la ress&go tirer la scie. 

s'Enohichourld, v. S'enivrer, mais pas a un tres haut degre. 

Enchin^, va. Preparer, disposer une chose pour s'en servir au 
besoin : tout es enchindt pdr parti quan vourr6s tout est pr6t 
pour partir quand vous voudrez. De ingenium, 

Enchipoundt, adj. Mai enchipoundt mal accoutre, mis sans goAt. 

Enclabd, va. Enfermer a clef. De clavis. 

Enclaousi, va. Enclore ; entourer de murs, de haies, de palissades. 
— Encl&ous, sm. Pare. De clausum, 

18 



274 GRAMMAIRB LAN6UBD0GIBNNB. 

s'Encourri, v. S'enfuir. De curro, 

Endabald, va. Disloqner : m'o endabaldt Vespdllo il m'a disloque. 
d6mis I'epaule. Les verbes se rapportant a TidSe de voies de fait 
sont tres nombreux : citons, entr'autres, les suivants : assidadd, 
assucd, debigoussd, deUasigd, boulegd las pdls, boumbd, dema- 
lugd, trabayd las cdstos, destt^antayd, espalld, estiplassd, etc. 
Cette richesse du langage en termes dont la signification ne 
difffere souvent que par d'imperceptibles nuances, n'est appi-fi- 
ciable que pour ceux qui en possedent une grande habitude 

Endac6n, adv. Quelque part. 

Endeveni, va. Rencontrer juste. — s'Endeveni, v. Colnclder; 
sympathiser : nous sen endevengiich nous nous sommes ren- 
contres ; nous avons eii la mSme id^e. 

Enddbio, sf. Sorte de chicorSe, salade. De intubuin. 

Endintrdt, adj. Qui a la figure de papier mAche, fatigu6e. 

Endoulenti, va. Endolorir. Voy. ddrre. La diflF6rence entre ces 
deux verbes consiste en ce que le premier repr6sente une cause 
dont le second est Teflfet : aquel cop m'o endoulentit lou bras, 
atab6 me dot que jamdi ce coup m'a endolorl le bras, aussi me 
fait-il grand mal. — De dolenter. 

EndourmidoMros, sf. plur. Potion narcotique : i-dou douncU las 
endowTnidouiros on lui a donne un soporifique. De dormito- 
rius. 

s'Endracd, v. Se dit d'un sol detrempS qui commence a secher et k 
pouvoir se travailler. 

Enfaddt, adj. InfatuS. De fatuus. 

EnfaissA, va. Mettre en fagots le bois d'^lagage, les sarments, etc. 
De fascis. 

Enfiocd, va. Litt. Mettre le feu ; inusite. — Au fig. exciter. Voy. 
enfuscd. De focus, 

Enfuroun^, va. Rend re furieux; exasperer. De furor. 

EnfuscA, va. Irriter; exciter; envenimer. Voy. enfiocd. 

Engabid, va. Enfermer dans une cage. — Mettre en prison. 

B'Engalafat^, v. S'obstruer le gosier en mangeant trop vite. 

s'Engamassi, v. Tomber en decrepitude par I'Sge, la maladie ou le 
manque de soin. 

Engamasslt, adj. Se dit d'un arbre dont la croissance est arr&tSe, 
vieux avant I'age. 

s'Engargay^, v. S'etrangler en buvant trop vite. Voy. gargaiechd. 



QRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 975 

England^, va. Bosseler un objet creux en mStal. 
Engloutl, va. M6me sens que le precedent. De glutire. 
Engouli, va. Avaler. — Au fig. avaler une injure. De gula. — 

Engoulidoi^ avaloir. 
s'Engraoumouli, v. S'engourdir par le froid ou le grand age. 
s'EngrepoBl, v. Avoir Tonglee. -- Engrepeslt^ adj. Qui a Tonglee. 
Engrund, va. Assommer de coups. — s'Engrun^^ v. S'effondrer. 
Engus^, va. Tromper sur le prix ou la bont6 de la marchandise. 
EnguyA, va. Enfiler, une aiguille ou un trou quelconque. 
Enlast^, va. Mettre a la broche ; empaler. De in hasta. 
En r^sso, loc. adv. En bloc. 
s'Enretend, v. £tre raid! par le froid. — Enretendt, adj. Raide 

de froid. De resisto, restUum. 
Ensannousit, adj. Ensanglant^. 
Ensourd^, va. Ennuyer, assourdir, assommer de paroles. De ex- 

surdare, 
Entanchd, va. Avancer dans Tex^cution d'un travail. 
Entarddo, sf. Bord des terres que n'atteint pas lacharrue et qu'il 

faut cultiver separ^ment. 
Ent^st^ et Enttotesi, va. Porter k la t6te, comme dans Tasphyxie. 
s^Entoumd, vn. S'en revenir. De tornare, 
Entourtibiyd, va. Enrouler avec une corde serrant avec force. 
Entreculi, va. Gueillir avant complete maturite. 
s'Entredourml, vn. Sommeiller : S*es entredourmit il sommeille. 

De dormire. 
Entrefi61, sm. Trfefle sauvage k fleur blanche. De trifolium. 
Entre qu6, conj. Des que; sitot que. — Entremen qu6, du mo- 
ment que. 
Envdcho. sf. Envie. Env^cho de voumi envie de vomir. 
Enverend, vn. Puer; empester; infecter. De venenum. 
Enyamd, va. Faire^penetrer une chose dans une autre. 
EQy6c, adv. Quelque part. — Pa'n y6c nulle part. 
Er^n, sm. Fil de fer et surtout de laiton. On dit aussi fiou d*erdn. 

De ces, ceris. 
firbo-liyWro, sf. Pari6taire, plante medicinale. 
EscabA, va. Echancrer : terme de couture. De excavare. 
EscabassA, va. Eteter; couper grossierement la t6te d'un arbuste 

tel que la vigne. Voy. espoudassd, 
Esc^ch, sm. Restant; solde; ce qui reste d'une quantity quelconque. 



376 6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 

Escafarn^l, sin. Tapage; scene violente. 

Esc^gno, sf. Echeveiiu, de fil, de soie, de laine. 

Escdi, sm. Sobriquet. — P6r esc^i, loc. adv. : s'apelo antdl per 

esccii par suniom. 
Esc^l, sm. Pericarpe charnu d'un noyau : escdl (Vam4Uo, de nougo. 
Escald, vn. Grimper, aux arbres ou aux murs. De scala, 
Escalabrotis, adj. Escarpe; raboteux. De squalidus. 
s'Escalaoubr^, v. Marcher la tSte en bas ; faire Tarbre droit. 
Escaldncio, sf. £quilibre. — Pdr escal^ncio, loc. adv. En equi- 

libre. 
Escall^, va. Oter Tenveloppe externe des noix, amandes, etc. Voy. 

escdl\ 
Escambarloi^s, adv. A califourchon — s'Escambarld, v. Faire 

le grand 6cart. 
Escainpd, va. Jeter : escdynpo-gigdch, qualificatif d'un avare. — 

EscaxnpadoiSi, sm. Deversoir. — Fdire escdmpos s'enfuir; 

faire I'^cole buissonniere. 
Escampoul^n, adj. et sm. Vagabond; un vagabond. 
Escampiss^do, sf. Extravagance; scene violente mais ridicule. 
.Escampiy^, va. Diss6miner. 
Escan^, va. Etrangler. — s'Escand, v. S'egosiller. 
Escandll, sm. Jauge; module; ^chantillon. Voy. gabari. 
s'Escanti, v. (vieux). S'6teindre : lou fide, lou lun, s'es escaniit le 

feu s'est eteint, la lampe s'est 6teinte. 
EscaoucM, sm. Excavation faite autour des pieds de vigne pour y 

deposer Tengrais. 
Escaoud^, va. Echauder. De caldus, calidus. 
Escaouf^to. sf. Rechaud de forme ancienne, a la braise. De cale- 

facere, 
Escaoum^, va. Echauder. Prov. : cat escaoumdt a^en Vdigo frMo 

chat 6chaud6 craint Teau froide. 
Escape, va. fichapper. 
Esoaraougnd, va. %ratigner. 
Escarluss^t, adj. Vif ; eveille : mourre escarlussdt minois 6gril- 

lard. 
Escarni, va. Infliger ane correction k un homme ou k un animal de 

fagon k ce qu'il s*en souvienne et ne soit plus tent6 de la m6riter 

de nouveau : Vai escarnit, i-e tournard papiis! je Tai ch&ti6, il 

n'y reviendra plus ! 



6RAMMAIRE LANOUEDOaENNE. 277 

EscarpenA, va. ficharper; rouer de coups. 

Escarpit, sm. Gharpie. 

EscarrabinAdo, sf. AlgarSide; scfene exlravagante et tapageuse^, 
plus caract6ris6e qix' escampissddo. Voy. ce mot. 

s'EscarrabiyA, v. Se d6gourdir. — Es pla escarrabiydt il est bien 
degourdi. 

Escdto, sf. Escdto de p6i 6caille de poisson. 

EsclafA, va. !^craser bruyamment. 

EsclafidoiSi, sm. Tube en bois de sureau dont on a extrait la moelle. 
On force un bouchon de chanvre a chaque extr6mite et, en pousr 
sant vivement Tun d'eux au moyen d'une tige de bois, la com- 
pression de Tair chasse le second qui part avec bruit : p^to 
count' un esclafidou il ftiit du bruit comme un petard. 

Escl&to, sf. Crevasses que certaines personnes ont aux mains pen- 
dant rhiver. 

Escl6p^ sm. Sabot. 

£sco, sf. Amadou. 

Esc6ire, vn. Cuire; provoquer la cuisson; terme de medecine. -r 
EscosesoiSi, sf. Cuisson. De coquere. 

EscoubiyA, vn. Balayer les rues. — EscoubiyAire, sm. Balayeur 
de rues. — Escoubiyos, sf. plur. Immondices; balayures. De 
scopce, — EscoubA balayer. — EscoCiba balai, k Montpellier^ 

Escoundl, va. Cacher; faire disparaitre un objet. De absCondere. 
Voy. rescoundi, mfime signification. 

Escoupi, vn. Cracher. — Escoupilino, sf. Salive. De exspuere, 
excupii^e. 

Escousdn, adj. Cuisant. Voy. escdire, escosesou. 

E^crachA, va. ftcraser. Voy. esclafa, 

EscrancA, va. Rosser; abimer de coups. — Escranc^t, adj. EcIop6, 

Escridassd, va. Huer; crier apres; insulter en masse dans les 
rues. 

Escr61o, sf. Scrofule; 6crouelle. De scrofulce. 

Esci2i, adj. Obscur. — Escuresino, sf. Obscurite. De obscurus. 

EscullA, va. Verser dans la soupiere le bouillon du potage : escitllQ 
la soupo verse la soupe. De scuiella, ecuelle. 

EscuxnadoiSiiro. sf. Ecumoire. De despumat^e, 

Escuxnench^t, adj. : mal escunienchdt sale; mal accoutre. — Ex- 
communie (vieux). De excommunicare. 

EscurA, va. R6curer. „ 



278 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Esp&l, sm. Tamis. 

Espalancdt, adj. DShanche; Sreint^. 

s'Espalld, v. Se d6mettre I'^paule en tombant. 

Espandi, va. ^^tendre; Staler : espandi la hugddo Stendre le linge 

de la lessive. — Espandidoti, sm. ^tendoir. — s'Espandi, v. 

S'etendre de tout son long. De pandere, 
Espangass^t, sm. Brome des prcs, dont les enfants font voyager 

I'epi dans leurs manches. 
Espaourugd, va. EfTrayer; effaroucher. De pavor. 
Esp^r, — a I'esp&r. loc. adv. A Tecart. 
Esparc6t, sm. Sainfoin, fourrage. De sparsum. 
Esp&rgno, sf. Bassin dans lequel repose Thuilier de cuisine et ou 

se rend, a travers un double fond percS de trous, le liquide qui 

se perdrait en versant. 
s'Esparpayd, v. S'eveiller tout doucement. De expergi, expergisci. 

Voy. desparpayd. 
Esparpay^t, adj. Fig. Eveille, degourdi. 
Esp&rro, sf. Entretoises de bois qui reunissent les bras et consti' 

tuent avec eux Techelle de la charrette. 
EsparsoiSi, sm. Goupillon. De sparsio, 
s'Espatarrd, v. Tomber k plat ventre sur le sol. 
Espeli, vn. Colore. De ex pullus. 
Espdr^, va. Attendre. De sperare. 
s'Espdrdigayd, v. Devenir vif et alerte comme un perdreau. De 

perdix. 
Esp6t, sm. Detonation; claquement. Voy. pet. 
Espetdcle, sm. Esclandre; scandale. De spectaculum. 
Espigo, sf. Epi. De spica. 
Espigno, sf. ArSte de poisson. De spina. 
Espillo, sf. Ii^pingle. De spiciilum. 
Espinchd, va. Regarder furtivemeut. Voy. fintd. 
Espir&l, sm. Soupirail. De suspirare. 
Espiyd, va. Regarder. De aspicere. 
Esploumassd, va. Plumer grossiSrement. Depluma. 
Espoudassd, va. Tailler grossiSrement la vigne. On dit aussi Es- 

cabassd. De exputare. 
Espoulsd, va. Brosser; secouer. On dit d'un chien : espoulso las 

gn&iros il secoue les puces. — Espouls^to, sf. Brosse a habits. 

De pulsare. 



QRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 279 

Espotincho, sf. Le trait; moDtee aboDdante du lait par la succion 

du nourrisson. 
EspousitoiSi, sm. Suppositoire. 
s'Espouti, V. Tomber et se crever sur le sol. 
8*Esquich&, v. Se comprimer; faire des efforts. 
EsquiUo, sf. Cloche ; petite, comparativement k campdno. — Es- 

quill6to, sf. Ciochette. — EsquilloiSi, sm. Grelot. 
Esquino, sf. Le dos. De spina. 
Esquinsd, va. D6chirer, se dit surtout d'une 6toffe. — Esquins, 

sm. Dechirure. 
Esquipdt, sm. Magot; amas d'argent cache. 
Esstich, adj. Dess6ch6; sans jus. L'etat d'une chose, d'un fruit qui 

a perdu son sue par pression, par exces de maturity ou de cuis- 

son : pouddn descargd la pt^enso, la rdco es prou essucho nous 

pouvons decharger le pressoir, le marc est epuis6. L'irdnge es 

essuch; la limoiino es cssiicho Torange, le citron sont spongieux. 

De exsuccus. 
s'Estabani v. S'6vanouir; pcrdre connaissance. De evanidus. 
Estabourdit, adj. StupSfait. 

Estacd, va. Attacher. De ^oxaxa, parfait du v. laTr^p/. 
Est&cho, sf. ^chafaudage. 

EsUimpo, sf. Mauvais sujet, faineant, viveur, debauch^. 
Est^ui, sm. !^tain. De stannum. 

Estancd, va. Etancher. Voy. embugd. De eocstingere, exstmctum, 
Estancitir, sm. Escroc. 

Estaouldt, sm. Piece importante d'un pressoir. 
Estarig^gno, sf. Araignee. — Estarigagnd, va. Balayer les toiles 

d'araignee. — EstarigagnadoiSi, sm. TSte de loup, k cet usage. 

Au fig. Qualificatif d'un homme long et maigre. De arachne et 

du grec api/vY). 
Estaringlo, sf. £]charde; ^clat do bois qui s'engage sous la peau, et 

mSme dans la chair, particuliferement a la main. De strigiL 
Estarussd, va. Emotter. 
EsteloiSi, sm. Eclat de bois abandonne aux pauvres qui le ramas- 

sent. 
Est6bo, sf. Mancheron de charrue. De stiva, 
Estibdl, sm. Jambiere; houseau en laine grossiere. De tibialis. 
EsUou, sm. EtS. De wstus. 
EstiplassA, va. Administrer une vol6e, une raclee. 



280 GRAMMAIRE LAN<SCEDOGIBNNE. 

Estiquit, adj. Rabougri; maigre; etique. S'applique surtout a 

rhomme. Du grec 96taty,5<;. 
Estird, va. Repasser. — Estirdiro, sf. Repasseuse ; lisseuse. 
Estdc, sm. £tau. 
Estoumacd, va. £)mouvoir fortement. -- Estoumac^t, adj. l^mu. 

De sto7nachus. 
Estourbi, va. Assommer ; laisser pour mort. 
Estournudd, vn. !^ternuer. — Estoumtit, sm. ^ternuement. De 

sternutare. 
s'EstracinA, v. Trimer; s'epuiser en efforts : py^en pla sous discs 

pend^n que Uou 9n'est7'acine il en prend a son aise pendant que 

je trime. 
Estr6mA, va, Enfermer un objet pour qu'il ne traine pas. Voy. 

recatd. 
s'Estrexnenti, v. Frissonner. — Estrementit, adj. Sidi toido 

estrementido je siiis toute frissonnante d'emotion. De exlre- 

misrere. 
Estripd, va. Dechirer; sortir les entrailles. Se dit, par exemple, 

d'une couverture piqu6e dont la dechirure laisse echapper le 

coton dont elle est rembourr6e. 
EstroiSin, sm. Ordure de I'homme bien portant. De ewtrudere, faire 

sortir en for^ant. Se dit, au fig., aux tres jeunes gens qui fument : 

lous estrouns fumou! — prov. : quart lous estrouns fumou 

lou quioul SHSO pas : Allusion au temps froid. — Voy. bou$6t. 

Un de nos plus grands ecrivains en langue d'Oc, le cure Favre, 

n'a pas dedaign6, dans la traduction de YEn^ide, d'employer ce 

mot. C*est dans le monologue de Junon, irritee centre la flotte 

d'Enee qu'elle a jur6 d'an6antir : 

Qual vourrd, se noun lous vincisse, 
M*ouffri lou mendre sacrifice? 
RestarO'K caoucun prou bdou 
Per m'immould vdco ni brdou f 
Pec Aire! dour Ai pas uno f^do. 
Pas tin agn4l, pas uno anMo; 
Bdste un laouzer, bdste quicon, 
BAste, aou mens, lou fun d'un estrdn * 1 



1. Nous avons du, pour traduire ce passage en notre dialecte, changer en o Ics 
terminaisons feminines u do feda ct a?ieda, ct dire fedo et anedo, Mais, comrae on 
le voit, le sens n'est nullement alterc par cette transformation. 



ORAMMAIRE LANGUEDOG1ENNE. 281 

Qui voudra, ai je n'en yiens k bout, 

M'offrir le moindre sacrifice ? 

Restera-t-il quelqu'un d'assez fou 

Pour ni'iinmoler vache ou taureau ? 

Helas! je n'aurai pas une brebis, 

Pas un agneau, pas une agnelle; 

PliM a Dieu un lizard, plClt & Dieu la moindre chose 

Ph\t k Dieu la fum^ d'un ^tron ! 



F 



Fa, va. Deuxifeme forme dlnflnitif du verbe fdire faire. De facere. 

Fabari61, sm. Haricot. 

TkhOs sf. Feve. De faha. 

F^bre, sm. Forgeron. Presque inusite a Pezenas, si ce n'est dans le 
proverbe suivant : val mat pagd fdbre que fabriyou mieux 
vaut se servir d'un bon ouvrier que d*un mauvais. De faber. On 
dit aussi du mAchefer : carrdls de fdbf^e. 

Fach, fait; part. pass6 de fdii^e. De factus. 

FagiSin, sm. Hachis de viande. De farcire, 

FadechA, vn. S'amuser. — Fadechdios, sf. plur. Jouets d'enfant. 

Fad6so, sf. Coquetterie; amour de la parure. — Fadesotis, adj. 
De fatims, 

F^do, sf. Fee. De fatmn. 

Faf^t, sm. Gesier d'oiseau. 

Fai, sm. Fardean, fagot. PI. fdisses : de fdisses de gdbdl des fagots 
de sarments ; un fai de Mgno un fagot de bois. I)e fascis, 

Faissdlo sf. Vase en terre dont le fond est perce de trous et qu'on 
remplit avec du lait caill6 pour produire le fromage. 

Faiss6t, sm. Corde munie d'une baguette employee dans la mena- 
gerie. 

Fdiisso, sf. D^pendance d'une terre formant gradin et soutenue soit 
par un mur, soit par un tertre a forte pente. 

Faissoti, sf. (Euvre de labour. De factio. 

Fal6t, sm. et adj. De couleur fauve ou isabelle. — Se donne comme 
nom, fal^t, falMo, aux mulets ou mules de cetfe ri»be. 

4 

Fal6t, sm. Reverbere. 

Falotir, sm. et adj. Extravagant; toqu6. 

F^lso-cdto, sf. Hypocrite. Voy. Catomidoulo. De falsus. 



282 QRAMHAIRE LAKGUEDOGIENNE. 

Fanabrdgo, sm* Un des noms du micocoulier qu'on appelle aussl 
pdrpigndn. 

Fang^s, sm. Bourbier; chemin boueux. — FAngo, sf. Boue. — 
Fangotis, adj. Boueux ; crott^. 

Fantasi^irotis, adj^ Inconstant; d'humeur cbangeante. 

Faou, ou FayAr, sm. H6tre. De fagus. 

F^oudo, sf. Giron, espace compris entre la ceinture et les genoux. 
chez une femme assise : vdni sus la fdoudo, dit-on k un enfant. 

Faougn^, va. Fouler. — Faougnadoti, sm. Fouloir ou Ton ecrase 
les raisins. Voy. tridl. 

Faoutdrno, sf. Aristoloche, plante exhalant une odeur fetide. 

Faranddlo, sf. Danse dans les rues, ou jeunes gens des deux sexes 
font, flambeaux en main, le tour de ville, ordinairement la 
veille des fdtes populaires ou en sortant du bal masqu6. Le 
tambour et le fifre sont indispensables, et depuis quelques an- 
nees la grosse-caisse y fonctionne aussi. 

FArdo, sf. V6tements. — Se dit plus frequemment du sac et de la 
besace dans lesquels les journaliers portent leurs provisions de 
bouche, lou recdte, et qu'ils deposent k Tabri d'un tertre ou d'un 
arbre. Lorsqu'ils ont un chien, sa consigne est de veiller sur la 
fdrdo; s'il s'en 61oigne, on lui crie : vdi t'en fenedn! vdi Vena 
la fdrdo. Cette objurgation s'adresse aussi a un fA^cheux, k un 
importun. 

Farg^t, adj. Mai fargdt, mal habille; qui k mauvaise tournure. 

Farin^tos, sf. plur. Bouillie faite avec la farine de mais. — Erup- 
tion dartreuse ressemblant k de la farine. De farina, 

Toitt^ sm. Ellega'nt; petit-maitre ; pretendu en mariage. 

Farram^nto, sf. Ferrure; vieille ferraiile. De ferrum. 

Farr&t, sm. Seau en bois ou en m6tal. De ferratus. 

Fatigo, sf. Travail ; besogne. De fatigare. 

Fe, sm. Foi. — Foin. De fvenum, 

F6che, sm. Fote : f4che boulit; f^che mol; f^che Idrge qualificatif 
d'une person«e indolente, a temperament mou. 

F6do, sf. Brebis. De hcedus, 

Femeltin, sf. L'ensemblo des femmes : gai o de femefun il y a ici 
des femmes. De femella, 

FenestroiSi, sm.Toute petite fenetre. On chante, dans une vieille 
chanson : lou lar, lou cambajoit, tout passdt pdr lou fenestroif 
le lard, le jambon, tout passa par la petite fenfitre. De fenestra. 



GRAMMAIRE LAN6UED0CIENNG. 283 

Fennassid, sm. et adj. Qui aime et fr^quente les femmes. — 
F6nno, sf. Femme. De femina. 

Fens, sm. Fumier. De fimus. 

Festendtl, sm. Grande fete. De festum annuale. 

FialoiSiso, sf Quenouille. De filum, 

Fibid, vn. Siffler. — Fibl^ire, ou PioulAire, sm. Siffleur; sorte 
de canard sauvage considere conime viande maigie. De sibilare. 

Ficho, sf. Barbes de Tfipi d'orge qu'on rencontre souvent dans le 
pain d'orge. — On dit souvent, dans un autre sens : a la ficho 
del sourdl k la pleine exposition du soleil. 

FichoiSiiro, sf. Sorte de fourchette avec laquelle on prend le pois- 
son dans les rivieres. 

Fiddous, sm. plur. Vermicelles. 

Fifiiro, sf. Foire. De feria. 

Fignould, va. Soigner; raffiner. — FignoulAlre, sm. Petit maltre. 
De fingere. 

Figo-Ugn61o, sf. Jeu de carnaval. Sorte de ligne au bout de laquelle 
est suspendu, au lieu de hamegon, une figue s6che ou, plus sou- 
vent, un petit pdte. L'individu, en domino et masqu6, tient, de 
la main gauche, la ligne qu'il agite, et, de la droite, une gaule. 
Les enfants accourent et ils doivent saisir la Ague avec les dents 
ou les ]&vres ; Tusage des mains est interdit et puni d*un bon 
coup de baguette sur les doigts. De ficus et linea. 

FlIAto, sf. Poutrelle, plus ou moins longue, utilisee pour les £cha- 
faudages. 

FintA, vn. Regarder curleusement et k la d6robee. Voy. espinchd. 

Fi6c, sm. Feu. De focus^ 

Fiou, sm. Fit. Db filum. 

FisAnso, sf. Confiance. De fiducic^ 

Fi^sd, va. Piquer : Vah4yo m'o fissdt Tabeille m'a piqif6; m'o fissdt 
dmbe k)u fou4t i>*m'a cingle avec le fouet. — Fissoti, sm. 
Pomte; dard. De flgere, fissum. 

Fiytetro, sf. Fille de premfer lit, pour Tautre 6poux. ^ 

Fijr61o, sf.^Fragment de raijge^de vigne que le defaut d'equerre de 
la piece dt terre a interrompue. 

Flabut^t, »m. Flageolet. — FIabi!ito, sf. Flute. En italien flauto. 
De flaior, 

Fiac, adj. Mou, plat de^ott. Se dit (^un vin faible en alcool. — 
Flaquiche, sm. MoUesse; indolence. De flaccMu$, 



r 

/ 



284 ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE . 

Flachdl, sm. F16au pour battre les c^rSales. De flagellum. 
Flambusc^, va. Flamber. De flammescere. 
Fl&scou, sm. Bouteille en verre de deux: & six litres En italien fiasco. 
Flassddo, sf. Homme faible, paresseux^ ^nerve, flegmatique. De 

flaccidxis. 
Fldouxnos, sf. plur. Glaires qu'on rejette en vomissant. 
FIASCO, sf. Flache ; soulevement ou d6faut de bois dans une pi^ce 

6quarrie. De flectef^e, flexum. 
FloCn sm. Gros morceau. — Floqudt, petit morceau. Voy. tros. 
Flou, sf. Fleur. De flos, 
Flouquechd, va. Mettre en morceaux. 
Flourid, sm. Drap grossier dont on couvre le linge dans le cuvier a 

lessive et sur lequel on etend les cendres. 
FlouroiSin, sm. Clou; furoncle. De furunculus, 
Fon, sf. Fontaine. De fons. 
Forachdt, sm. Avant-toit. 
F6ro; En f6ro, adv. Hors; dehors. De /oras. 
F6SSO., adv. Beaucoup. 
Fouchd, va. Piocher la terre avec la houe ou la pioche. De fosso- 

rium. 
FotichesI interj. exprimant Tetonnement. 
Fotico, sf. Canard marin considere comme viande maigre. — On dit 

d'un homme mou de temperament : san de fouco! De fulica, 
Foug&sso, sf. GAteau plat et perce de trous, fait avec la p&t6 de 

pain : on le met au four avant celui-ci et pendant quelques mi- 
nutes seulftment. — Fougass^t. sm. Echaud^. 
FougatoCi, sm. Nom qu'on donne h celui qui est charge d'entretenir 

le feu sous une cliaudiere, notauiment dans les moulins a huile. 

De focarius, focator. 
Fougi, va. Fuir. De fugere. 
Fougnd, vn. Pester; t6moigner tacitement sa mauvaise humeur. — 

FoCigno, sf. Depit. Voy. bisco, 
Fotiiro, sf. Diarrhee. De foria. 
Foundtido, sf. Nom donne k un plat d'oeufs brouill6s : una foun- 

dudo d'idoits ; d'idous en foiinditdo. De fundere. 
Founs^, va. Mettre un fond (a une barrique). 
Founztit, adj. Profond. 
Fourbid, va. ftcarter. — se Fourbid, v. Se garer, se mettre de 

cote pour laisser passer quelqu'un. De foras via, • 



GRAMMAIBE LAN6UED0GIENNE. 285 

Fourcaddlo, sf. Fourche. — Fourcdt, sm. Araire pour un seul 

cheval. De furca. 
FourfoiU, sm. Cohue; rassemblement bruyant tel qu'un essaim 

d'abeilles. — Enfant remuaiit — Fourfouyech^, va. Fureter. 
Fourndld, va. ficobuer. De fornacula, 
Fourtechd, vn. Exhaler une odeur forte : la bouto fourUcho le 

tonneau sent fort. 
Fousc; — FoiSisque, adj. Louche; trouble. 
Fousegu6t, — FousegoiSi, sm. Se dit d'un enfant remuant. Voy. 

fourfoiiL 
Foutdso, sf. Objet sans utility; parole frivole. 
Foutr^; — FoutralAdo, voy. coutrdl, coutrdlado : mSme sens. 
Foutrassechd, va. Tripoter. On dit aussi Foutimassechd. 
Fouy6, sf. Folie : fdire uno fouyd faire une extravagance de pleurs. 
Fouy6to, sf. Mesure de capacity pour le vin et Thuile, contenant 

demi-litre. 
Fracdtche, sm. D6gdt. De frangere, fractum. 
Frdisse, sm. Frfine. De fraxinus. 

Fran, sn. Front. De frons, — Pr6p. : fran acd excepts cela. 
Francixu^n, adj. Qualificatif donnS ^ un paysan qui veut parler 

frangais : d'ou le verbe Francixnandejd, parler mal fran^iais. 
Franquetdit, sm. Franchise. 
Fr&ougno, sf. D6p6t d'immondices abandonn6 par les crues. Voy. 

les et limpo. 
Frecantd, va. Faire la cour a une jeune fiUe en vue du mariage. II 

s'emploie aussi comme pronominal : se frecdntou ils vont en- 
semble. Voy. fringd et se parld. De frequentare, 
Freeh, sm. et adj. Froid. De frigidus. — FrecheliSic, adj. Frileux. 
Fresctiro, sf. Fraicheur : fo frescuro il fait frais. 
Frigotdo, sf. Thym, plante aromatique employee dans la sauce aux 

escargots. 
FringA, va. M6me sens que frecantd et se parld. 
Fripotiyo, sf. Canaille. 

FriyA, va. Frotter. — se FriyA, v. Se frotter. De fricare. 
Frountdil, sm. Bourrelet d'enfant. De frons, 
FriSicho, sf. Fruit. Ne s'emploie qu'en parlant des raisins : la frii- 

cho es pouUdo aquest'an les raisins sont beaux cette annSe. De 

fructus. 
Frtiscos, sf. plur. Vieux habits. 



^6 GRAMMAIRE LANODEDOCIENNE. 

Frutddo, sf. Une raclee ; du verbe I^rutdi., frotter : es estdt frtitdt 
coumo se diou il a et6 ross6 comme il faut. — FrAto-b6t08, 
sm. fam. Valet aux jeux de cartes. 

Furd, va. Fouiller. De fur, voleur. — Fur6to, sf. Souris. 

Furechd, vn. litt. Sentir le furet; exbaler une mauvaise odeur. 

Fas^ sm. Fuseau. De fixsum, 

FiSisto, sf. Poutre. De fustis. 



G 



Gab&ch, sm. GabAcho, sf. Noms donnas aux montagnards du 

Tarn, de I'Aveyron et de la Lozire. En espagnol, gabdcho se dit, 

en mauvaise part, des Fran^ais. 
Gabdl, sm. Sarments de vigne lies en faisceau. On dit, quand il fait 

tr^s chaud : Nostre-S^gne o mes ydi un gabSl de mdi aujour- 

d'hui Dieu a mis un sarment de plus {k son soleil). 
Gabion, sm. Goeland ; mouette, oiseaux marins. 
6&bio, sf . Cage ; d'oi!i le verbe Engabid, mettre en cage. De carea. 
OAbre, sm. Vieux m&le de perdrix. 
Gach, sm. Geai. De graculus. 
%alsB&y vn. Taller; repousser du pied. Se dit des plantes. Voy. 

degaissd. 
Gal, sm. Coq. — Galino, sf. Poule. De gallus. 
Ctelab^r, sm. Boudin. 
Galabdsso; fdire galab&sso, faineanter; se donner du bon temps; 

s'attarder au lit. 
Galaf^t, sm. Sorte de crochet dont se servent les tonneliers. 
Gttlaf61, sm. Fruit hirsute de la bardane, qui s'accroche aux v^te- 

ments. 
se Galamind, v. Voy. fdire galab^sso. 
Galapi&n, sm. EscogriiTe ; homme tr^s grand et degingandS. 
Galif o, sf. Scolyme ; variety de chardon k racine comestible. 
Galixndn, sm. Mauvais sujet. — Galixu^ndo, f. Coureuse. 
CfraUgnd, sm. Poulailler. De gallina, ainsi que le suivant. 
86 Galindt, v. Avoir la chair de poule, par froid ou emotion. — 

Galindt, sm. Guano, excrements de poule. — - Galin^to, sf. 

Bete i bon Dieu. 



GRAMMA IHE LANOUEDOCIENNE. 387 

Galls, sm. Allee entre deux lignes diagonales de vigne, plus ^troite 

que Y ample (voy. ce mot). II en est une autre, la galisso, plus 

etroite encore. 
Gal6i, adj. Gai ; jovial ; rieur : r^joui. 
Garnet, adj. Tare. Se dit d*ua inouton qui a le foie g^te, et, par 

extension, des personnes qui ont quelque tare interne. 
se Gandi, v. Se prScautionner. — Gandit, adj. Par6; pourvu : 

sidi gandit j'ai pris mes precautions. 
Ganddlo, sf. Diligence, voiture publique. 
G^no, sf. Gr6 : de louno gdno de bon gr6, Voy. Orat. 
Gaou, sm. Chance ; plaisir ; bonheur : me fas gaou tu me fais plai- 

sir. — Lou fide se metet a Voustdl e gran gaou de nou'n pourre 

tird I le feu prit k la maison et, fort heureusement, nous avons 

pu en sortirf 
G&oudo, sf. Conque en terre vernissee, appelSe gresdl a ToulouBe. 

— Fdire gdoudo former un creux. 
GaoudiUo* sf. Toupie, jouet d'enfant. 
G&ougnos, sf. plur. Les ouKes des poissons et principalement des 

anguilles. 
GaoulA, va. Creuser une rainure dans les douelles d'un tonneau 

pour y adapter le fond. * 
Gdoule, sm. La rainure d'ont on vient de parler, dite jable. 
Gaous^, vn. Oser. De audere, ausum, 
OaoutardI, sm. Nom familier donn6 au neuf de pique, nomm^ 

aussi pudicindr, 
GAouto, sf. Joue : anfld la gdouto, empegd la gdouto appliquer un 

soufflet. 
Gar&ch, sm. Profondeur atteinte par le labour : abin fach un Wdbe 

gardch nous avons laboure profondement. — Fas pas fdsso ga- 

rdch tu ne laboures qu*k la surface. Nous avons entendu r6pli- 

quer k un imbecile disant qu'il piocbait Montesquieu : fas pas 

fdsso gardch tu ne vas pas bien profondement ! 
Garbi, sm. Vent du sud, tres favorable pour vanner le grain. Voy. 

laMch. 
GargAl ; Moure al gargdl, boire en tenant le broc {lou douyou ou 

lou poiirrou) k une certaine hauteur, laissant couler le filet de 

liquide dans la bouche entr'ouverte : ce qui est le contraire de 

Moure a la choucho (voy. ce mot). -— A la Gargai6to, loc. adv. 

Mdme signification. 



288 6RAMMAIRB LANGUBDOCIENNE. 

Gargamdlo, sf. Gosier ; ainsi que Garg&nto, d'ou Rabelais a pris 

son Garganlua. 
Gargaiechd, vn. Faire des roulades. — 6argay61, sni. Chant du 

rossignol. 
Les six mots qui precedent viennent du grec ^apYapewv, gosier. 
Garram^cho, sf. Sorte de guMres en toile dont les terrassiers 

recouvrent leurs chaussures. 
Garrdl, sm. et adj. Boiteux : lou garrdl de Piffre PiflFre le boiteux. 

— Sids garr&l tu es boiteux. D'od le verbe GarrelechA bolter. 
Garrotiyo, sf. Vari6t6 naine de chdne-vert. 
GasoiSm, sm. Lardon ; sarcasme ; brocard. 
G&Cit, sm. Imbecile, sot : agd qudne gdiit! Yois quel animal! 
Gay^do, sf. Germe qui apparalt sur le jaune de To^uf lorsqu'il est 

f6conde. De gallus, 
Gay^r, adj. Gras; replet. — Gayardid, sf. Embonpoint. 
Ges, pron. et adv. Point; personne; aucun. Pa ges d*h6mes point 

d'hommes. 
Gdis, sm. Platre. — Geissidiro, carrifere de platre. — De gypsum, 
Gdmo, sf. Pousse ; bourgeon. De gemma. 
Gen de Diou I interj. Dieu du ciel ! 
Gimbid, va. Plier: courber : gimblo brdcos surnom donne a un 

vannier. Origine du mot Gimbel^to, gimblette d'AIbi. — se 

Gimbld, se courber. 
Gindsto sf. GenSt. De genista, 
Gip^s, sm. Pl^tras ; debris de demolition. 
Gipid, sm. Platrier. De gypsum, comme le precedent. 
Girbo, sf. Herbe dure et grossiere. Voy. hdouco, — l)e herha. 
Giscld, vn. Pousser des cris pergants. — Giscle, sm. Cri percanl. 
Giaclo, sf. Gaule; baguette. 

Glaouj6I, sm. Cornet; mollusque comestible de la famille des sei- 
ches. 
Glaous, sm. ficlair. De clarus, — Glaoussd, v. imp. Faire des 

Eclairs. De clarescere. 
Gldiso, sf. Eglise. De ecclesia. 
Gloii^to, sm. Etuve; r6duit chauff6, prfes d'un four, oft on laisse 

lever la piite. De caldarium, — Petit local dans lequel se rend 

une source et oft se fait la repartition des eaux. 
Gloup, sm. Gorgfie. — Gloupechd, vn. Boire k petiles gorgfies. 
G6i, adj. Boiteux. (Vieux.) Se dit encore k Agde. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 289 

G6rgo, sf. Tuyau en poterie pour la descente des eaux pluviales ou 

menageres. 
Goubdr, sm. Direction ^ de soi-mdme, de sa fortune, de sa maison. 

— - Jugement. Prov. : mai val un pan de goubdr gu'uno cdno 

de sdoupre mieux vaut vingt-cinq centimetres de jugement que 

deux mfetres de science. De gubernare. 
Goufoti, sm. Gond. 
GouUam&s, sm. Se dit d'une femme coureuse, desordonnee, mal 

mise, etc. 
Goum^t, adj. Impregne; sature : lou tannin es goumdt d'digo le 

sol est impr6gn6 d'eau. 
Gour, sm. et GoiSirgo, sf. Grand creux, mare, remplis d'eau. De 

gurges. 
GourAou, sm. Figue-fleur. 
6oi!irbio, sf. Mannequin, corbeille faite en lisieres entrelac^es de 

bois tres mince; m6me sens que le couffin de Marseille. De 

corbis. 
GourgoiSil, sm. Yer ou chenille qui se loge dans les legumes sees, 

pois, lentilles, etc. Du latin curculio; en espagnol gorgojo. 
Gourgoulino, sf. Sorte de carafe en terre poreuse, a ventre renfl6, 

col 6troit et bouche Svasee dans laquelle Teau maintient sa frat- 

cheur ; imitee de Talcaraza espagnole. 
Gourgoutd, vn. Bouillir tumultueusemeut, a gros bouillons. 
Gourmdl, sm. Morve, mucosit^ nasale.— GourmeloiSis, adj. Mor- 

veux. — D'oii le mot frangais : gourmes. 
se Gourrd, v. Se tromper. Voy. s*engusd. — Gou7*rd est aussi 

verbe actif. De augura7''e, 
GoustoiSis, adj. Savoureux; appetissant. De gustus. 
Graben^s, sm. Banc de gravier a sec dans le lit d'un torrent. 
Grai-toundtit, sm. Saindoux; graisse de pore. 
GraissiyoiSis, sm. plur. Gretons; menus fragments de viande rous- 

sie formant le residu de la graisse de pore fondue. On m61ange 

ces fragments k la p&te de pain pour en faire des fougdssos (voy. 

ce mot) de graissiyous. 
Graxnecis, interj. Merci. 
Gran, sm. Chiendent. De gramen. — A'ieul, aieule : moun gran 

mon grand-pfere, ma gran ma grand'mSre. 
Grdtncho, sf. Campagne et maison de campagne. En espagnol 

grania. 

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290 QRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 

Granch6t, sm. Vide-bouteille : mSme signiOcation que la bastido 

de Marseille, le cabanou et le masdt de Montpellier, la bavra- 

qu^to de Cette, etc. 
Granibou, adj. Qualiflcatif d'un sol tres favorable aux cer6ales et 

surtout a la production du grain : aqu^l tarr6n es granibm 

cette terre est plus productive en grain qu'en paille. De gra- 

num. 
GranoiSiyo, sf. Crapaudine. terme de serrurerie. De ranula gre- 

nouiHe. 
Graou, sm. Estuaire. Norn generique donn6 aux embouchures des 

fleuves : lou grdou d'Ate, de Palavas, del R^i, le grau u'Agde, 

de Palavas, du Roi, etc. En espagne, on dit : el grdo de Va- 
lencia. 
Graoufignd, va. Egratigner : m'<xs graoufigndt la gdouto tu m*as 

egratigne la joue. 
Granisso, sf. Verglas, neige fondue. De granum, grando. 
se Graouxniy^, v. Se remuer, se mouvoir : gdouso pa^ se graou- 

miyd il n'ose pas bouger. 
Graousiydiro, sf. Terre maigre, graveleuse, de mauvaise qualite. 
Grapisses, sm. plur. Residu des grains de cer^ales apres criblage. 
86 Grasiyd, v. S'inqui^ter, se briller le sang; d*oii Grasiyadoiji, 

qualiflcatif de celui qui impose ce supplice. De a^uciare se. 
Grasio, sf. Gril, ustensile de cuisine. Du latin craticula. 
Grat, sm. Gre : de boun grdt volontiers. Voy. gdno. — De gratus. 
GrataboiSi, sm. Petit pain form6 des d6bris de pAte qu'on recueille 

en raclant et nettoyant la male ou petrin et avec lequel on expe- 

rimente la chaleur du four. 
de Gratip^oudos, loc. adv. : ^natxhd de gt^atipdoudos marcher a 

quatre pattes. 
GrAyo, sf. Corneille. De graculus. 
Grel, sm. Germe; jeune pousse d'arbre, d'arbuste ou de plante : 

un grel d'dpi une jeune tige de c61eri. — GreyA, vn. Gerraer, 

emettre de jeunes pousses. 
Grdpio, sf. Creche. 
Gr6spe, sm. Cr^pe, voile de deuil. 
Griffdt, sm. Nom populaire du Diable. 
Grimpdt, sm. Raidillon. 
Grioule, adj. inseparable de Rat : rat-g^Houle rat dormeur; loir. 

De glirius endormi. 



6RAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 291 

Gro, sm. Grain : uri gro de mil un grain de mai's; wn gro de sal un 

cristal de sel. 
GroiUlo, sf. Savate, vieux Soulier ecule. — en Grotillo, loc. adv. : 

pdrlo lous souyes en groiillQ il porle ses souliers en babouche. 
Groupat^s, sm. Corbeau, oiseau carnassier. De corvus, 
Gruch, sm. plur. Mai's concasse k grains fins. Ne s'emploie qu'au 

pluriel : imo siHddo de gruch une pleine assiette de gruaux. Se 

mange cuit a la graisse. 
Grtimo, sf. l^^cume. 
Grun, sm. Frai; oeufs de poisson. 
Gn^no, sf. Grains de raisin tomb^s a terre dans reparation de la 

vendange : fiydtos, acampds pla la grunol fillettes, ramassez 

bien les grains ! Voy. moustdcho. 
Grt^so-dinn^sses, sm. Pique-assiette, parasite. — Gri2iso-dign6s, 

Grtiso-s6ous68 escroc, grippe-sous« 
Guilts , va. Regarder. Voy. agachd. 

Gudlsd, vn. Respirer comme les asthmatiques. Voy. poulsd esp^s. 
Gu^rle^ adj. Louche. Voy. guinche, 
Guinchdt, vn. Loucher. — Guinche, adj. Louche. — GuinchoiSi, 

sm. Surnom donn6 k celui qui louche. 
Guind^, sm. (Vieux mot.) Dindon : es rouge coum' un guinddr 

ilest rouge comme un dindon. Voy. pidt. 
GmndoiUo, sf. Jujube; d'ou le mot Guindouyd, sm. Jujubier. 
de Guing6is, loc. adv. De travers : mdrcho tout de guingdis il mar- 

che tout de travers. 
Guiyd, va. (Vieux mot.) Duper. N'est applique que dans le pro- 

verbe suivant : tal C7^6i guiyd Guiydt, que Guiydt lou gulyo tel 

croit duper Guillot, qui en est dupe. 
Guiy^oumes, adv. : fdire guiydoumes, manoeuvre employee par 

les pMtriers, couvreurs, masons, etc., pour faire monter rapide- 

ment les briques, tuiles et menues pierres aux etages 8up6rieurs. 

Les ouvriers sont disposes, I'un pres du tas, un autre a Tarrivee, 

et les autres, espac^s sur les degres d'une echelle plus ou moins 

longue, ou ils se transmettent de main en main, comme par une 

chalne, les materiaux a monter. 
Guiyar6t, sm. Bergeronnette. Petit oiseau de passage, vif et de- 

gourdi. 
Gus&s, sm. Gueux, canaille; d'od le verbe Gusechd, perdre son 

temps, rouler, fainfianter. 



292 GRAMMAIRE LANOUBDOGIENNE. 



H 



Homendn, adj. S'emploie surtout au feminin : Hoznen^nco, qui 

a la passion de I'homme. De homo. 
Hdrre, adj. (Vieux mot,) Hideux. De hoi^ridus, 
Hort, sm. (Vieux mot.) Jardin. Un quartier de la commune de 

Pezenas est nomme Vhort del pdstre le jardin du berger. De 

hortus ainsi que les suivants. 
Hortaldcio, sf. Produits du jardin potager comestibles en feuilles. 

tels que salades, choux, etc. 
Hdrto^ sf. Poiree, plante potagere. 



I 



Ichdl, sm. Essieu. De axis. 

Idould, vn. Se lamenter comme les chiens. De ululare. Voy. jan- 

gould. 
iSiro, sf. fivier. De aquarium. 
Ime, sm. Raisonnement; jugement : cadun fo a soun i7ne chacun 

agit selon son idee. 
Iinoi!i, sf. Humeur. De humor. 
Int&me, adj. Enorme. De in fame. 
Impourti^n, adj. Obfese. De importunus. 
Inoucdn, sm. et adj. Idiot, irresponsable, cretin. De in nocens. 
Inqudt, sm. Hamecon. Voy. mescldou. 
Intr&n, adj. Familier; qui se lie facilement. De intrare. 
161, sm. CEil. De oculus. 
Idou, sm. CEuf. De ovum. 
touse, sm. ChSne vert. De ilex. 

Ir&nge, sm. Orange. En espagnol naranja. De aurantia. 
Irm?, sm. Jugement; sens commun. 
Issalld, va. Cuire des oeufs sur le pl^t : d'idous issalldch des oeufs 

sur le plat. 



GRAMMAIRE LANGITEDOGIENNE. 293 

Issartd, va. Empieter, c'est-i-dire remplacer le pied d'un bas tricotfi 
en conservant la jambe. S'emploie tres peu aujourd'hui dans le 
sens de greffer. De insertunij supin de inseret^e. 



Jacoti, sm. Imbecile; nigaud. Voy. jands et tdni. 

Jacouti, sm. Gilet a manches pour les enfants. 

J^ire, vn. fitre couch6 Stendu. — se Jdire, v. Se coucher. De 

jacere. Voy. s'ajassa. 
Jalar6o, sf. Gelee ; gelatine. De gelus, 
Jalibrdt, adj. L'etat d'une pi^ce de bois dont les couches concentri- 

ques ont ete desagr^g^es par I'efTet de la gelee. Se dit aussi d'une 

pierre. — se Jalibrd, v. Se geler. 
Jan^s, sm. Equivalent de Jacou, mais plus b6te ; Jacou est surtout 

ridicule. 
Jangould, vn. G6mir ; pousser des cris plaintifs. Se dit des chiens. 

De ejulare, 
Jaoubdr. sm. Persil. 
Jaoubdrtino, sf. Cigue, plante v^neneuse dont la feuille ressemble 

au persil. 
JaouBsemi, sm. Jasmin. De gelsiminium. 
Jas, sm. Gite : lou lapin es al jas le lapin est au gite. — La partie 

du melon qui repose par terre. — La couche inftrieure a celle 

formSe par Thuile d'olives dans le cuvier {tinel) ou on la recueille 

et qui en contient encore une certaine quantite. — Arrifere-faix, 

ou placenta, qui se d6tache aprfes Taccouchement. De jacere, 
Jas^no, sf. Planche mince flx6e sur les chevrons d*une toiture pour 

recevoir la tuile-canal. Un peu plus forte que la volige. Depuis 

longtemps elle est remplac6e par des briques, dites paraful 

(voy. ce mot) posees a plat. 
J^sso, sf. Bergerie. De jacere, — Sorte de marteau servant k battre 

les cercles des barriques. 
Jifardyo, s. coll. f. Juiverie. 
Jisiou, sm. Juif. Aejudams. 
Joe, sm. Jeu. de jocus. 
Jol, sm. Goujon de mer. 



294 GRAMMAIRE LANGUEDOGIBNNE. 

JotL&to^ sf. Joug pour atteler les bceufs. Dejugatum. 

Jougdire, adj. et sm. Joueur. Dejocare. 

Jotigne, Ta. Joindre. De jungere. 

Jotive, adj. sm. et f. Jeune. -— Fianc6 et fiancee. — JoubentM, 

sm. Jeunesse. De juventus. 
Jtincho, sf. Seance de labour, durant le temps consacrS, le matin 

ou le soir, k cette oeiivre. De jungere. 
Juntdt, sm. Double poign^e; ce que peuvent contenir les deux 

mains reunies. De junctus. 



Labdch, sm. Brise de mer; vent du midi. Yoy. garbi, De venin$ 

levis (Ovide). 
Lach, sm. Lait. De lac. 

Lachichoi!i, sm. Lailue sauvage : lachichou a la broco. 
Lachugdr, sm. Laitue romaine. — Lachtigo, sf. laitue. De lac- 

tuca. 
Lag^gno, sf. Ghassie. — Tithymale, plante sauvage distillant du 

lait de sa tige fraichement couple. — Lagagnotis, adj. Cbas- 

sieux. 
Ldgui, sm. Inquietude; souci : quan de Idguis! que de soucis ! 
Lairdn, sm. Gomporte pleine de vendange. Yoy. semdL 
Ldisso, sf. £ltagere en bois ou en briques et pl&tre. 
Ldmio, sf. Requin ou tout autre tres gros poisson du genre squale. 

De lamia. 
Lancej^, vn. Lanciner; produire des Slancements douloureux. 
Landi6, sm. Chen^t. 

Languittido, sf. Nostalgie ; le mal du pays. De languidus. 
Lantirlo, adj. Musard; lambin. Pris souvent substantivement. De 

lentus. 
Laourd, va. Labourer. De lahora^^e. 
Ldouso, sf. Pierre plate et mince, analogue k Tardoise, et dont on 

couvre les toitures dans certains pays montagneux. 
Lebdnti, sm. Debauche; roauvais sujet. De libentina Y6nus. 
L6bre, sf. Lifevre. De lepus, leporis. 
Ldco; fdi7^e Itico falre la nique. Yoy. rasclet. 



6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 295 

Ldco-plach, surnom familier du doigt index. 

Legi, va. Lire. De legere. 

Ldgno, sf. Bois k brMer ; fagots sees de bois d'61agage. Prov. : que 

pdr Noiid s'assour^yo pdr Pdscos gdsto sa Ugno qui prend le 

soleil k la Noel chauffe sa chemin6e k Piques. De lignum. 
L6go, sf. Lieue de six kilometres. De leuca, 
Legr^mo, sf. Larme. De laci^ma. 
L6i, sm. Lit. De lectus. 
L^nde, sf. CEuf de pou. De lens, lendis. 
Lengi^t, adj. Bavard; indiscret. Se prend souvent substantivement. 

De linguosus. 
Lensdl, sm. Drap de lit. De linteum. 
L6ou, sm. Poumon ; mou. — Ldou, adv. Bientot. 
L6ouge, adj. L6ger. Se dit entre autres d'une charrette vide. De 

levis. 
Ldouno, sf. Lierre. 
Les, sm. Cochonnet, petite boule servant de but au jeu de boules. — 

Limon, d6p6t. Voy. frdougno et limpo. De lutum. 
LesoCi, sf. Occasion ; envie ; possibility ; ai pas lesoic de dansd je 

n'ai pas souci de danser. 
Lich^t, sm. BSche k p6dale. 
Licoti, sf. Liqueur. De liquor. Fig. : sus la licou de la n^i a la 

tomb^e de la nuit. 
Lign^to, sf. Petite ficelle; corde de fouet. De linea. 
Lign61n sm. Gros fil enduit de poix a Tusage des cordonniers. — 

Ligndlo, voy. figo. 
Ligo, sf. Lie de vin. — Qualite; acabit : de bouno ligo de bonne 

quality ; sdn pas de la mdmo ligo nous ne sommes pas de mfime 

acabit. 
Limdouco, sf. Limace sans coquille. De limaiV, 
Limoundto, sf. Verveine citronnelle a feuilles odorantes. 
Limotino, sf. Citron. De limo. 
Limpanoi^s, adj. Vaseux ; onctueux. Forme du sf. Limpo, Depot, 

fond vaseux. De limus. 
Lind, vn. Hennir, en parlant des chevaux. De hinnire. 
Linde, adj. Clair; transparent. De li7npidus. 
Liouro, ou T^ouro, sf. Livre de 420 grammes. — Liouro-gros- 

pes livre de 500 grammes. De libra. 
Lisco, sf. Tranche mince : uno lisco de pan, de cambajoii. 



296 GRiLMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Lissiou, sm. Eau de lessive. De lixivia. 

Listro, sf. Bande etroite d'etoffe. 

Ldco, sf. Douce-amere, plante solanee. 

a Ldgo, prep. Au lieu : a logo (ou en l6go) de trabayd, se pass^cho 

au lieu de travailler il se promene. De locus. 
Lou, art. m. Le. 
Loubatidiros. Noni d'un chateau et d'un quartier dans la commune 

de Pezenas. De lupa terra, terre des loups. 
Loufd, vn. (has). Lacher une vesse. — Lotilo, ou mieux LotUso, 

sf. Vesse. 
Loi^iro, sf. Loutre, animal amphibie. De lufra. 
Loungartit, adj. De forme allongee. De longus. 
Loungdgno, sm. Lambiu ; flandriu. Yoy. lantirlo. 
Louy^U Adj. Genereux, qui aime a donner. 

Lu^r, sm. V6nus, plaiiete; etoile du berger. Dq lucere et Lucifer. 
Luchd, vn. Chercher en vain, au point de donner sa langue aux 

chiens : i-o una houro que me fas luchd il y a une heure que tu 

me fais chercher. De luctare, 
Ltico, sf. Variety d'olives importee de Lucques, une des meilleiires. 
Lun, sm. Lampe de forme antique qu*on tient suspendue par sa tige 

h crochet. Du latin lumen, lux, et, avec lui, du grec Xuxv*? lampe. 
Luqudt, sm. AUumette; tige de chanvre enduite de soufre aux deux 

extremites, d6tr6nee aujourd'hui par Tallumette chimique. — 

Luquetid, sm. Petit recipient construit dans un angle de la 

cheminee oil Ton entreposait les luqudch. 
Lus, sm. Merlan, poisson. De asellus. 
Lusdno, sf. Alene, outil de cordonnier. 
Lusi, vn. Luire. De lucere. — Paraitre, 6tre present : pod pas lusi 

en yoc il ne pent se montrer nuUe part. 



M 



Macd, va. Meurlrir : s*es macdt lou det d'un cop de martel il s^est 
contusionne le doigt d'un coup de marteau. — AMit^e Ions iols 
macdch avoir les yeux battus. — MacadAro, sf. Meurtrissure, 
Du grec ^i/r^ combat. Voy. cachd. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 297 

Mach, sf. Maie k p6trir; p6trin. Voy. pastidiro. De mactra, et ma- 

gis, idis. 
Mdchou, sm. Lourdaud; sot; maladroit. 
Machuncd, vn. Supprimer les rejetons de la vigne. Voy. revertd, 

degaissd et sagatd. 
Madti, adj. Mdr; d'ou le verbe AmadurA, mfirir. De maturare. 
Magdgno, sf. Mauvaise chance : ia magdgno Vo m^rapdt la d6veine 

Ta empoign6. 
Magalotinos, sf. plur. Nuages blancs d'orage se levant a I'Est, dans 

la direction de Maguelone. 
Magistrdou. sm. Vent du Nord; tremontane. — Vasistas de voi- 

ture. 
Magndc, adj. Calin, mignard: d'oi^ le v. Amagnagd, caliner, dor- 

loter un enfant. 
Magndn, sm. Ver h soie. 
Mai, sm. Le mois de mai. — Adv. davantage. De magis. — Mai- 

val^ncio, plus-value. 
Mai que mdi, loc. adv. Principalement. 
Maind, vn. Diminuer : Vdigo o maindt din lou pons I'eau a baisse 

dans le puits. De minuere. 
Maindge, sm. Jeune enfant. — Mainachech^, va. Manager. 
Mdisso, sf. Mjlchoire. — Fig. Gourmandise : viou pas que pdr la 

mdisso il ne vit que pour satisfaire sa gourmandise. Voy. gndco. 

— Maisstit, adj. Glouton. De maxilla. 
Majour&l. sm. Sup6rieur; chef. De major. 
Mai, sm. : mal de la mort maladie mortelle. — Mai de la terro epi- 

lepsie. — Mal-mariddt canard sauvage considers comme ali- 
ment maigre. — Mal-net certain mauvais gout contracte par le 

vin dans un filt gAtS. De malum. 
Maladescdtol interj. Malepeste! 
M^o, sf. Par d6rision : chapeau de cerSmonie d'homme : abdn car- 

gdt la mdlo! nous avons mis le chapeau ! 
Malomdrt, sf. Mort naturelle : es un doubi^e qu'o peril de malo- 

m,ort c'est un arbre mort de sa belle mort. 
Maloti, sf. Douleur; d'ou lous bans de La Malou. 
Mazndou, sm. Mal; douleur (en parlant aux petits enfants). Oi'mte 

as lou mamdou? de que te fo mamdou? Ou souffres-tu? qu'est-ce 

qui tefait mal? 
Mamdto, sf. Grand-mfere. Voy. papito. 



298 GRAMMAIRE LANGUEDOGIKNNE. 

Mampdt, adj. Qui n'a qu'un bras. En latin mancus. 

Manddo, sf. Poignee en plusieurs doubles d'etoffe pour saisir le fer 

a repasser. De manus. 
Mandiro, sf. Hache. 
Mancamdn, sm. Faute : la pichdto o fach un mancamin la fille 

s'est laisse s6duire. On dit aussi, dans le m6me cas : o perdut 

un fdrre elle a perdu un fer. 
Manchadis, adj. Mangeable. De manducare, ainsi que les cinq 

suivants. 
ManchadoiUre, sm. Qui mange beaucoup et avec avidity. 
BflLanch&nso, sf. Vermine. 
Mancho-fdbos, sm. Bredouilleur; qui parle comme avec labouche 

pleine. 
Mancho-proufich, sm. Dissipateur. 
Manchouquech^, vn. Manger du bout des dents, tres peu : lou 

cdbrit se pour?^d l^ou destetd, coum^nso de manchouquejd le 

chevreau pourra se sevrer bient6t, il commence k mangeotter. 
Manciyoi^, sm. Anneau de cuir fix6 aux attelles du collier de la- 
bour. De manicce. 
Mandrigouldt, adj. Maigre; chetif. Se dit d'un jeune gargon. 
Mdndro, sf. Renard. — Vieille sorciere. Du grec {xavSpa taniere. 
Mtoe, sm. Duree : tout lou mane del Jour toute la sainte journee. 

De manere, 
Mandch, sm. Maniement; action de tripoter avec les mains. De 

manutigium. 
Mandflo, sm. Flatteur. 
Manit, sm. Jeune enfant de trois a six ans. 
Manldvd, va. Emprunter. De manu levare. 
Mann&t, adj. Fait k la perfection; s'adaptant k merveille. 
Manoi^l, sm. Paquet de tripes. 
Mantel, sm. Tablier. 
Mdouro, sf. (Vieux.) Truie. 

M^rco de s^, loc. conj. En preuve de quoi; la preuve en est que. 
Mardioul interj. Morbleu! 

Marfdgo, sf. Paillasse de lit. Du grec Mopcpeix; Morphee. 
Marfoundtit, adj. Se dit du plAtre gache avec exces pour amener 

une prise lente. 
Marg&, va. Emmancher; mettre un manche a un outil. Au fig. 

Comprendre : i-e margdn par6s nous n'y entendons rien. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 299 

Margarid^to, sf. Paquerette. Yoy. pimpanelo. 

Marr^no, sf. Epid^mie sur rhomme, les animaux, les produits du 

80l. 

MarrS, sm. Belier. Voy. ar4t. 

Marrdgo, sf. Sorte de cape ou manteau k I'usage des rouliers en 
voyage. 

Marrit, adj. Mauvais. Ce mot a vieilli, on I'emploie pourtant en- 
core : marrit tens mauvais temps; ma^^Hdos gens mauvaises 
gens. 

MarsechA, v. Se dit des giboul6es de mars. Ge verbe est imper- 
sonnel : marsicho, marsechdbo, marsechdt il fait, il faisait, il 
fit une ondde. — Marsechddo, sf. GibouI6e. 

Mas, sm. Petite maison de campagne, vide-bouteille. Ne s'emploie 
guere ici que dans ce sens : mancharin lou mas nous mange- 
rons notre bien ; o manchdt lou mas il s'est mine. De mansio. 
Voy. granchdt, 

Mascard, va. Noircir; barbouiller de noir : es tout mascardt il est 
barbouille. 

Muscle, sm. Male. De masculus. 

Mdsco, sf. Sorciere; magicienne; jeteuse de sorts. Du grec pioxavo^ 
sorcier. 

Mass^uios-de-Clarinoi^n. Cette expression n'a aucun sens intrin- 
seque. Elle a sans doute une histoire que nous ignorons. On I'em- 
ploie dans un sens purement n^gatif ; ainsi, on vous demande 
une chose que vous ne voulez pas donner et vous repondez : te 
dounardi massdnos de Clar^moun! On dit aussi, dans le m6me 
sens : te dounurdi de courroupios (voy. ce mot) pastddos an 
dHoous, des caroubes p6tries avec des oBufs. 

Massap&n, sm. Corbeille 16gere en osier ou en bois tress^. Yoy. 
gourbio. 

Mastegd, va. Machonner. — k.\x fig. Manger les mots, parler un 
langage inintelligible : de que mastegos? que nous chantes-tu 
la? De masticatio. 

Mateldto, sf. Corsage de dessous. 

Mdto, sf . Touffe : uno mdto de gin&sto une touffe de genets ; uno 
mdto de champignouns un amas de champignons. 

M&yo, sf. Maille. — Au fig. : passa peryndyo disparaitre sournoise- 
ment. De macula, 

Maydl, sm. Jeune plantier de vigne. 



300 GRAMMAIRE LANGDEDOCIENNE. 

Maydlo, sf. Bande dont on entoure les enfants pendant les premierf; 

mois. -— Mayould, va. Emmaillotter. Voy. Mudd. 
Mdyou, sm. Petit maillet, cercle de fer et pourvu d'un long manche, 

a I'aide duquel on lance des boules, ce qui constitue le jeu de 

mail. Get instrument porte aussi le nom de palamd eU son fabri- 

cant, celui de palamardid. 
Mechanci6, adj. Moyen; mitoyen. De medioccimus. 
Mech6. sm. Compartiments formes par des cloisons en bois ou en 

briques, dans lesquels on entasse, par exemple, des grains, cha- 

que quality dans son compartiment, comme chez les grainetiers. 

Chaque loge est un meche. 
Mechinos, sf. pi. L'ensemble des visceres de Tanimal, poumons, 

foie, rate, coeur. Terme de cuisine. 
Mdco, sf. Morve. Voy. gourmdl. De mucus. — Au fig. : I'appendice 

de chair qui pend du bee du dindon. 
Mdge, sm. M6decin. (Vieux.) Mot hors d'usage. De medicus, 
M61so, sf. La rate : me fo clou fa la mdlso cela me gonfle la rate, 

dit-on en montant un escalier trop roide. 
Mdmbre, sm. Cabinet; local ordinairement obscur. 
Men^stro, sf. Melange heteroclite dont on doit se m6fier. En ita- 

lien, minestra soupe. En latin, ministrare servir h table. 
Menchdn, ou Mensdn, interj. A Qa! voyons! 
Mdno, sf. Espfece; sorte : sou toiites d*aqu€lo mine ils sont tous 

pareils, tous de la m6me sorte. Voy. Ugo. 
Mens, adv. Moins. De minus. 

Mensound, va. Appeler par son nom. De nomen sonare. 
Mentdstre, sm. Menthe sauvage. De mentastrum. 
M drcandejd, va. Marchander sur le prix. De mercari. 
Mdrc^t, sm. Marche. De mercattis. 
M drcnldo, adj. fem. Du mercredi. — Prov. : ^ntre uno luno mer- 

crudo e uno f6nno moustachiidOy cddo cent ans gn'o pi^ou 

amlfuno. Soit une lune entr6e un mercredi, soit una femme 

portant moustaches, cela suffit chaque cent ans. 
M6rdo-de-couctit, sf. Gomme distillee par les arbres k noyau, 

amandier, cerisier, prunier, etc. De m^erda et cuculus, 
Mdrli^sso, sf. Morue. — M drlussdt, brandade de morue. 
Mdrluss^t, sm. (enfantin). Le derriere : te touca^^di lou 7yidrlussit 

je te fouetterai. 
Mesadid, sm. Ouvrier des champs loue au mois et nourri. — Me- 



GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNB. 301 

s^do, sf. L'espace d'un niois : du mot Mes mois, et du latin 

mensis. 
Mescld, va. M61er. — Mescladis melange. De miscellus. 
Mescldou, sm. Hamegon. Voy. inqu^t. 
MespoiUo, sf. Ndfle, fruit du nSflier. De mespylus. 
Mess6rgo, sf. Mensonge. — M essourgniid menteur. De menda- 

ciu7n. 
MiSch, adj. num. Demi : un' houro e 7nidcho une heure et demie. 

Al midch, loc. adv. Au milieu. De medius, Voy. mitdn. 
Midchoi^r, sm. Midi. — Midcho-ndi, sf. Minuit. 
Migou, sm. Crottin de mouton; un des melUeurs engrais. Voy. 

p4to. 
Mindt. Fdire min^t. Toucher a peine k un mets pour qu'il dure 

davantage. 
Mi6ch, sm. Contenance de sept hectolitres de liquide. Voy. pag&lo. 
M161, sm. Mulet, et Midlo, sf. Mule. Se disent aussi comme injures. 

De mula. 
Miou, pron. poss. Mien. De mens, 
Miour^no, ou Miougr^no, sf. Grenade, fruit du grenadier. De 

malum granatum. 
Mirgaydt, adj. Bariol6; diapr6; 6maill6 de plusieurs couleurs : un 

prat mirgaydt de flous une prairie 6maill6e de fleurs. En latin, 

varHegatus, 
Misericdrdo, sf. Occasion; employ^ uniquement dans ce sens : 

guam vechdre que 7nisericdrdo se ph^did.,. quand je vis que 

cela allait se gAter, que je risquais de tout compromettre... 
Miss61o, sf. Poisson peu recherche, se rapprochant du chat de mer, 

de la famille des squales. 
Mitdn, sm. Milieu : en bet mitdn au beau milieu. De medianus. 
Mltdt, sf. Moiti6. 
Miyto, sm. Gateau de farine de mais. On dit au fig. d'un visage 

pfile et bouffi : moiirre de miyds, 
Miydu, adj. Meilleur : vo bdl cop miyou elle va beaucoup mieux. 

De melior, 
M6I0, sf. Tranche de viande tiree de la cuisse du boeuf : mdlo de 

bidou, 
M61to, sf. Mouture. De molitura. 
Mdrre, va. Moudre. De molere. Voy. moulind, 
Mos, sf. Intraduisible. On appliquait jadis cette appellation a une 



302 GRAMtfAIRE LANGUEDOGIENNB. 

femme mariee de la petite bourgeoisie a laquelle son rang n'at- 
tribuait pas le titre de Madame. On faisait suivre ce terme de la 
particule de : mos de Boun^t; mos de Marcadi^; mos de Cam- 
bou, etc. L'usage en est completement abandonn6. Nous avons 
pourtant, dans notre enfance, connu plusieurs mos. 

Mouc, sm. Extremite carbonisee de la meche d'une cbandelle. Voy. 
hl4se. 

MoucadotL^ sm. Mouchoir. — Moucd, va. Moucher. De muc- 
care. 

Moucardlo, sf. Ghiquenaude. 

Moi^che, sm. Cyste', sous-arbuste odorant, employe, dans I'^du- 
cation des vers-a-soie, pour les faire monter. De ce nom vient 
celui de Moug6iros (chartreuse et but de pfelerinage trfes fre- 
quents k 10 kilometres de P6z6nas), a cause des terrains incultes 
de cette region qui produisent abondamment les cystes, les 
moHChes. 

Motif le, ad. Gras, dodu, rebondi. 

Mouissdl, sm. Moustique; moucheron; cousin. 

Mouissdlo, sf. Grapillon. — Qualificatif d'une jeune fille qui fait la 
pr6cieuse. 

Mouissdt, sm. £pervier; faucon. 

Moulddo, sf. Mie de pain. De panis niollia. 

Moulign6, sm. Meunier. De molendinum. 

Moulin^, Ta. Moudre. Se dit surtout de ce que I'on moud dans un 
petit engin : du poivre, du caf6, du sel, etc.; tandis que mdy^e se 
dit du bl6 et des cerSales dans un grand moulin. De molina. 

Mouloti, sm. Tas : un mouloii de blat, un moulou d'escuch un t^s 
de bl6, d'ecus. De cumulus et de moles, 

MoMse, va. Traire les animaux. — Se dit aussi d'un certain mode 
de cueillir les olives, par lequel il semble en effet qu'on trait le 
rameau qui les porte. Les propri6taires jaloux de la santS de 
leurs oliviers aiment mieux moulse que les saccager a coups de 
gaule, pdrguechd. De mulgere, mulsum. 

Motinche, sm. Moine — moine, chauffe-lit. De monachus. 

Mounds, va. Cribler ; nettoyer. — Se dit des grains en g6n6ral. De 
mundare. 

Moun^do, sf. Monnaie; argent : o fdsso mounido il a beaucoup 
d'argent. De moneta, 

MounestM, sm. Raisin k jus tres fonce. Prov. : mounestel, pichdto 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIBNNfi. SOS 

tino gran Missel; ce qui tendrait k prouver que la grappe rend 

beaucoup de jus : quod est demonstrandum! 
Mounil, sm. fam. Nombril. Voy. embounil. 
Mounind, vn. Bouder; faire la moue. — Mouninoi^s, adj. Bou- 

deur. 
M ounino, sf. Singe, m^le ou femelle. — Cargd la mounino s'eni- 

vrer, — es afdirat coumo fdrro-mounlnos il est aflfair6 comrae 

s'il avait a ferrer des singes (plaisanterie d'origine inconnue). 

En espagnol mono, mona. 
Mountadoi^, sm. Cote; rampe; montSe. 
Mountdt, adj. Mai mountdt s'abdngo : prov. signifiant que le vrai 

coupable se defend avant qu'on songe k Taccuser. 
Mountio, sf. Eminence; dune de sable. De mons, montis comme 

les pr6c6dents. 
Mouqu^t, adj. Penaud ; confus : es mouquit coum'un bUse il est 

interloqu6. 
Mourd&ssos, sf. Pincettes de cheminSe. Ne s'emploie qu'au pluriel. 
Mourdido, sf. Morsure. Du verbe Mourdi mordre, et du latin 

mordere. 
Mourgudto, sf. Escargot de moyenne taille. Cette Yari6t6 est la 

plus delicate. Voy. cagardoulo, bouyd et m^ourre-rouge. 
Mourniflo, sf. Soufflet sur la joue. 
Mourrdl, sm. Museliere. 
Motirre, sm. Museau, chez les bMes et visage chez Thomme. Au 

fig. effronterie : o fosso mourre il a beaucoup de toupet, d'assu- 

rance. — Poulit moui^ou joli minois. — Motirre-roi^ge, la 

plus petite variete d'escargots comestibles. — Mournlt, adj. 

Effronte ; insolent. 
Mourreldto, sorte de petit escalier que forme un tuyau mi\le de 

poterie, dans Tinterieur du tuyau femelle. 
Mourtifiydt, adj. Attendri ; faisandS. S'applique aux viandes. 
Motisco, sf. Mouche. De musca. 
Mous61o, sf. Moelle. De medulla. 
Mousiyd, va. M^chonner ; mordiller, comme un jeune chien aprds 

un chiffon. On dit aussi Mousigd. De morsicare. 
Motisso, sf. Versoir de la charrue. 
Moustdcho. Fa la moustdcho : quan^ une vendangeuse, jeune sur- 

tout, est signalee comme n'amassaut pas les grains tombSs {la 

griino)^ elle subit la peine de la moustdcho qui consiste k lui 



1 



304 GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 

barbouiller le visage avec du jus (7noust) de raisin noir. — De 

mustum. 
Moustafdt, adj. Qualificatif d'un visage barbouille, comme dansle 

cas pr6c6dent. — On dit k un enfant barbouill6 : moustafa" 

caoul^t. M6me origine. 
Moustdlo, sf. Belette. S'applique aussi a une personne ires maigre: 

s^mblo uno moustdlo. De mustela. 
Moustechd, vn. Poisser; Mre gluant comme du mofit. De mustum, 
Moutdl, sm. Tas; different de mouloii en ce qu'il est agglomere, 

agglutinS, comme une motte. 
Moi^tre, mot familier, usite dans ce seul cas : ni fouire ni moidre, 

analogue k Texpression francaise : ni poudre ni plomb, c'est- 

a-dire rien. 
Mudd, va. Emmailiotter; changer les langes d'un enfant. — Mtido, 

sf. Maillot. De mutare. Voy. Maydlo. 
Mtiscle, sm. Moule, mollusque bivalve comestible. 



N 



NadA, vn. Nager. De ^latare. 

N&isse, vn. Naltre. De nasci. -~ Naissdn, sm. Source de petit 

volume. 
Nan^t, sm. Nain. De nanus, 

Ndni, adv. Non, sans tutoiement. — Nou, non, avec tutoiement. 
Nanitdr, sm. Cresson alenois. De nasturtium, 
Naou, adj. Haut, 61ev6. — Naoutoti hauteur. 
Ndoutres, pron. Nous. En espagnol nosotros. De noster^ nostras, 
Narboun^s, sm. Vent d'ouest, sec et froid en hiver. 
Nasci^t, part. pass6 de Ndisse. Ne. De na^cor, 
Nebotit, sm. Neveu. De nepos. 
Ndgd, va. Noyer. De necare p6rir. — Ndgo-f61, sm. Petit bateau 

k foiid plat. 
Ndgre, adj. Noir. De niger, nigrum. — Negrechd, vn. Noircir. 
Nfii, sf. Nuit : es n^g^^e-ndi il est nuit close. Voy. nidch. 
N6ou, sf. Neige. — N6vA, v. imp. Neiger. De nix, nivis. 
N6plo, ou N6blo, sf. Rrouillard. De nebula. 
N6rvi, sm. Nerf. De nertms. 



GRAMMAItlE LANGUEDOClENNls:. 805 

Nibou, sf. Nuage. De mcbes. 

NichoAlo, sf. Sorte de chouelte. De noctuella, 

Nifiiro, sf. Puce. Voy. gneiro, 

Nifl^, vn. Souffler par le nez. — Tird la niflo, faire le contraire, 

aspirer, faire remonter les mucosites par le nez. Voy. incite. 
Ni6ch, sf. Nuit. De nox. — On disait dans une vieilie chanson : 



Fases cdumo lous chock, 
Dansds pas que de nidch. 
En camisOy en camiso. 



Nis, sm. Nid. — - Nis&do, sf. Nichee. De nidus, 

NIsfir, sm. L6zard vert. On dit aussi Laousfir. De lacertus, 

Ni-tu-ni-votis, loc. adv. Ni toi ni vous, c'est-i-dire ni chair ni 

poisson. 
Ndbi, ndbio, sm. et f. Fiance, fiancee. De nuhei^e, 
Nondnto, adj. num. Quatre-vingt-dix. De nonaginta. 
Noou, adj. num. Neuf. De novem, — Noou, ndvo, adj. : capel 

ndou chapeau neuf; rdoubo ndvo robe neuve. De novus. 
Ndro, sf. (Vieux mot.) Bru; belle-fille. De nurus, 
Notigo, sf. Noix. De nux. 

Nourridoi^, sm. Jeune pore en elevage; cochon de lait. De nutrire. 
Nous, sm. Noeud. — Nousd, va. Nouer. De nodus, nodosus, 
Nusi, vn. Nuire. De nocere. 



GN 



Gndco, sf. MAchoire. Ce mot s'emploie uniquement pour designer 
la mdchoire du Poulain. Le Poulain est une grande carcasse en 
lattes, en forme de coquille de noix renversee, de 3 metres envi- 
ron de long sur ln>60 de large, rev6tue d'une robe bleue autre- 
fois fleurdelis6e. Sur son dos sont, a califourchon, — escam- 
baiHous, — deux mannequins tres cossus, Tun en avant, lou 
MoussUy et Tautre la Ddmo, surnommee Estiein6to, en croupe. 
Six a huit hommes, dissimules par-dessous, le portent, plus un 
autre charge de faire mouvoir une perche longue de 2"^50, vetue 
aussi de bleu, figurant le col de Tanimal et terminee par une tSte 

20 



306 GKAMMAIRE LANOUEDOGIKNKe. 

a machoire articulee, — la gndco del poult, — ouvrant et fer- 
mant k volonte. Cette msLchoire fonctionne pour qufiter aux bal- 
cons ou faire des agaceries dans la foule qui Tentoure, enlevant 
a I'un sa casquette, k Tautre son bonnet ou son fichu, en somme, 
commettant toute sorte d*aissaplari6s (espiegleries). N'oublions 
pas un danseur ^in^rite, tr^s alerte et portant un Elegant cos- 
tume, qui, dans un riche tambour de basque, presente Tavoine a 
son seigneur et maltre. 

Le Poulain sortait les jours de grande rejouissance, aux fetes 
de Catntdcli, le mardi-gras et dans certaines Ktes publiques ou 
il precedait le cortege du Maire et des consuls, plus tard, le Con- 
sell municipal. II pr^sidait aussi au feu de joie de la Saint-Jean. 
Son origine remonte au quinzieme siecle. Le premier fut cons- 
truit lors d'un sejour de Charles VI a P6zenas, pendant lequel 
sa jument favorite donna un poulain au monde et k Pezenas. 

Gn&fre, sm. Surnom donne aux cordonniers. Voy. cowdrrot* et 
pegdt. 

Gn6iro, sf. Puce. Voy. nUiro. 

Gnoch, sf. Nuit. Autre forme d'orthographe admissible. V^oy. nioch 
et nM. 



O 



6bi, sm. Service religieux fait k Toctave d'un enterrement. De 
obitus, 

6bro, sf. (Euvre. — Mandbro, sm. Manoeuvre, aide-ouvrier. De 
opera. 

Ocl interj. Oui! amdi oc! oui, c'est un fait certain. 

6di, sm. Haine; d6goi!lt; ennui. Fas veni Vodi tu provoques Tennui; 
I'aipres en ddije Tai pris en haine. De odium. 

6li, sm. Huile. De oleum. — Quicho-l'-dli, jeu enfantin coiisis- 
tant a s'asseoir en aussi grand nombre que possible sur un banc 
dont une extremity appuie centre un mur. Ceux de Tautre bout 
commencent k pousser les suivants qui poussent aussi jusqu'a 
ce que un ou plusieurs soient chasses en dehors du banc. 

6rdi, sm. Orge. De hordeum. 

6rle, sm. Ourlet. — Margelle de puits. Voy. d7ito. > 



GRAMMAIRE LANGtJEDOGIENNE. 307 

6sco, sf. C40che; marque; entaille. — 6sco, interj. Trfes bien! — 

Osco pdr segii ! loc. adv. Assurement; certainement. 
6ste, sm. Hote. De hostis stranger. 



ou 



Oubrachoi3u3, adj. Qui exige un long travail. De opera. 
Oui^iro, sf. Vase en 6tain, h. long bee, destine a contenir Thuile de 

la cuisine. De olearium. 
Oi^ire, sf. Outre; recipient en cuir pour le transport du vin, de 

rhuile, etc. De ute7% titris. 
Oul^do, sf. Le contenu du pot-au-feu : una otilddo de fahariols, 
Ouliou, sm. Olivier. — Ouliv6do, sf. Plantation d'oliviers. De 

olivum. 
OiUo, sf. Marmite en fer ou en fonte. De olla, Voy. coxicoto, 
Ounch^, va. Oindre. De ungere. — Ounch^do, sf, Une rossee, 

une frottee. — Ounchoi^s, adj. Oint. 
Ound^do, sf. Vague de la mer. De unda. — Averse. 
Oi^nso, sf. Articulation, ou noeud des phalanges dans les doigts. De 

uncus crochu. 
Oun; Oilinte, adv. Oil. De unde. 
Ourqudt, sm. Amarante sauvage. 
Ourtigo, sf. Ortie. De urtica. 
OustAl, sm. Maison. De hospitalis. 
Otitre! interj. Marquant Fetonnement : Pestel 



Pac^n, sm. Canaille; gueux; mauvais sujet. 

Pach^chi : fdire a pachdchi jouer au cheval-fondu. 

Pa«ch68, adv. Point; aucun. 

Pachouquech^, vn. Jacasser; bavarder; cancaner. 

P^de, sm. Petite casserole en cuivre k long manche. De patella. 

Padeciss6t, sm. Danse a entrechats. 

PadAno, sf. Poele i frire. De patena. — Paden^do, sf. Une pleine 



308 GHAMMAIKE LANGU£DO0l£NNE. 

poele : moustrdbo una padenddo (Viols elle montrait une poelee 

d'yeux (de grands et beaux yeux). 
Pag^, va. Payer. 

Pagdlo, sf. Mesure de capacity pour le vin, contenant environ 58 li- 
tres, II en fallait douze pour un muid. Voy. mioch, 
Pag^s, sm. (vieux mot). Bourgeois. De pagus, 
Pagn6t, sm. Sot; maladroit. Voy. talds. 

Pair^stre, sm. Le second mari de la mere. — Pairi, sm. Parrain. 
Pair61, sm. Chaudron. — Pairol^t, sm. Recipient superieur d'une 

pompe. 
P&isse, vn. Paitre. Voy. pastiirga. De pascere. 
Paissdl, sm. Tuteur en bois pour la vigne. 
Pal, sm. BMon : se gdouso tournd lou i^egaoupr^n a coch de pals 

s'il ose revenir nous le recevrons a coups de b&ton. De pdlus 

pieu. 
Palam^, sm. Mail. Voy. mdyou. — Palamardid, fabricant de 

mails. 
Palastr^jo, sf. Penture, terme de serrurerie. 
Palech^, vn. Travailler avec la pelle. De pala. 
Palf6rre, sm. Pince ; levier en fer. De pdlus ferreus. 
Paltis, sm. MarScage. De pdlus. 
Pan, sm. Mesure ancienne de longueur, usitee aujourd'hui pour 

25 centimetres. 
Panadtiro, sf. Nom collectif des taches de rousseur. — Pan^t. 

adj. Qui a des taches de rousseur. 
Panatidiro, sf. Cafard, insecte des cuisines. De panarium, 
Pandl, sm. Le pan de la chemise, d'un habit, etc. Voy. pendardL 

— De pannum. 
Pangoussid, sm. Marchand de pain qui le p^trit, mais ne le cuit 

pas chez lui : cette profession est abandonn6e aujourd'hui. De 

panificium. 
Panotiyo, sf. Gros ventre. 

Pansidiro, sf. Barrage pour 61ever Teau alimentant un moulin. 
Pantacotisto, sf. Ch^vre-feuiile, arbuste, fleurissant k la Pentecote. 
P&nto, sf. Farce ; partie de rire : qudno pdnto sai faguiren! quelle 

bonne farce nous fimes ici I 
Paou, adv. Peu. — Paouqu^t, un petit peu. De paucus. 
Paoucig^, va. Marcher sur le pied. 
Paoumouniste, ad. et sm. Poitrinaire. De pulmoneus. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIBNNE. 309 

PaoupA, va. T&ter avec la main. Au fig. hfisiter : s'agis pas de 

paoupd il n'y a pas k hesiter. — Paoup&ire, adj. Irrrfisolu ; 

tatillon. De palpare. 
Paoup&rlo, sm. Sournois; qui parle peu. Voy. cap Ms, 
Paourtic, adj. Effrayant : un cami paouruc un chemin creux qui 

fait peur. — Sm. Poltron : sids un paouruc, uno paourugo tu 

es un poltron, une poltronne. De pavor. 
Paout^l, sm. Soufflet ; coup de poing, sur le visage ou ailleurs. 
Paoutri, va. PiStiner. 
Pap^to, sm. Grand-pfere. Papito, mamMo, sont plus releves que 

moun gran, ma gran usit6s dans le bas peuple. Des nuances 

analogues existent entre papa, mama, — moun pdro, ma mdro, 

— m,oun pdire, ma mdire : ces derniers passent pour les plus 

grossiers; ils sont pourtant les seuls appartenant a notre langue. 

moun pero, ma mdy^o sont pris du frangais. 
Parab^ndo, sf. Balustrade a jour, ou meme pleine, d'une terrasse, 

d'un palier d'escalier. Garde-fou d'un pont. 
Parallel; brico-patrnfiil, brique destin^e a remplacer les voliges — 

jas^nos — d'une toiture. — Parafuy^, vn. est Taction de poser 

ces briques sur les chevrons. 
Paras61, sm. Parapluie. Le veritable parasol s'appelle oumbrdlo. 
Par^l, sm. Couple: paire. Un par4l de lensdls une paire de draps 

de lit. De par. 
Par6t, sm. Muraille. De paries, parietis. 
P^rgue, sm. Bassin creus6 dans le sol pour eteindre la chaux. 
se Parld, v. Se frequenter en vue du mariage. Voy. fringd, se fre- 

cantd. 
Parladis, sm. Long entretien]; bavardage : aour^s Idou finit vdstre 

parladls ? aurez-vous bientdt fini votre conference ? 
Parousino, sf. R^sine; colophane. 
Parpayech^, vn. Papillonner. De Parpayoti papillon. 
Parr6t, sm. Bouc. Belier. Voy. aret. 
Part6nso, sf. Moment du depart : ses de parUnso vous 6tes sur le 

point de partir. 
Pasqu^tos, sf. Le dimanche de Quasimodo. 
Pass&do, sf. P6riode de jours : aqu6sto passddo, andn souMn a 

Besies ces jours-ci nous allons souvent a Beziers; — aourdn 

uno passddo de fatigo nous aurons une p6riode d'occupations. 
Passadoi^, sm. Crible; tamis. — Passadoi^iro, sf. Chilssis, en 



310 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

forme de dieze, sur lequel on promene, par un mouvement 

rapide de va-et-vient, le tamis contenant la farine qu'on veut 

passer. 
Passer, sm. Plie; poisson du genre turbot. Be passer, 
se Passariy^, v. Se fletrir et se rider au soleil, au point de pro- 

duire la Passario, sf. Les raisins sees. 
se Passe]^, ou Passech^, v. Se promener. 
Passer^t, sm. Moineau ; pierrot. De passer. 
se Passi, v. Se faner; ternir. — Passit, adj. Fan6; fl6tri. 
Passo-lis, sm. Gue ; passage empierr6 dans un lit de riviere. 
Past^, va. Petrir le pain. — Gilcher le platre. — Pasti6iro, sf. 

Male a petrir ; p6trin. Voy. mach. 
Pastis, sm. PAte. Au fig. affaire embrouill6e. — Pastissoti, sm. 

Petit pate de Pezenas, dit de Beziers. 
Pastissej^, va. Tripoter avec les mains. Voy. botistigiiechd et (ri- 

poutechd. 
Pastissid, adj. Faiseur de commerages, cancanier. 
P^sto-mourtid, sm. Rabot de macon. 
PastourM, sm. Berger : ne s'emploie plus que dans la po^sie; il a 

et6 remplac6 par P^stre. sm. Berger. Y>e pastor, — Pasturgd, 

vn. Paitre ; brouter. 
Pasttiro, sf. Fourrage; luzerne; sainfoin. Be pastus. 
Patacoi^, sm. Nom propre d'origine inconnue, ne s'emploie que 

dans cette phrase : i^^te coumo Patacou raide comme Patacou, 

fier comme Patacou. 
Patafl^scousl interj. exprimant une chute : patafldscoUfS ! aball 

paf! il est tomb6! 
Patdr-bournit, sm. Juron. 
Pat^t, adj. Lambin. 

Pati, vn. Souffrir du manque de nourriture. De pati, 
PatiQ e couiiQ, locution equivalant a patati patata. 
Patin-pat^n-par6, presque rien : Vo croumpdt per patin patdn 

par(^ il Ta achete pour un morceau de pain. 
P&tus, sm. (mot hors d'usage). Cour. En espagnol patio, — De 

pat ere, 
Payassoti, sm. Panier evase et sans anse fait en corde de paille 

pour servir de moule au pain. — Payassoun^t, sm. Un plein 

pay as sou, 
Pay6, sm. Grenier k foin et 4 paille. De palea. 



GRAMMAIRE LANGUCDOCIENNE. 311 

Paydto, sf. Gacbette, detente d'un fusil. On dit, au fig. : o lachdt 

la payito il a l^ch6 une vesse. 
P6, sm. Pied. De pes. — Pi de galino pied de poule, pi^ce de char- 

pente. — Au pluriel, p&ses. 
P6bre, sm. Poivre. De piper. 
Pec&ire I interj. exprimant la pitie. — On dit, par derision : pe- 

cdire, lou cat o manchdt sa mdire, amdi n*es pas sadoul! 

helas ! le chat a mange sa mfere, et encore il n'en est pas ras- 

sasi6 1 
Pecadoti, sm. et adj. Pecheur. — PecM, sm. peche. De peccator 

ei peccaium. 
Pdcho-f i6yos. Terme de sorcellerie ; figure qui apparalt et surtout 

disparatt instantan^ment quand on prononce certains mots caba- 

listiques : zou! Pechofidyos es part it! — Fdire pechofidyos dis- 

paraitre en un clin d'oeil. 
P690, sf. Tartine : uhg pdgo de rasimdt une tartine de raisine. 
Pecotil, sm. P6doncule du raisin. — Pied de lit. On dit a un enfant 

qui demande a aller a la messe de minuit : ana7^ds a la m^sso 

des qudtre pecouls tu iras au lit. De pedunculus. 
Peg&l, sm. Cruchon d'environ 5 litres pour la vente du vin au d6bit. 
P6go, sf. Poix. De pix. — Pegdt, sm. Surnom burlesque des cor- 

donniers. Voy. coudrrou et gndfre. — Pegoum&s, sm. Em- 

platre de poix. Au fig. : f4cheux, ennuyeux, 6tre assommant. — 

Pegoi^s, adj. Poisseux. et au fig. comme pegoumds. 
Pel, sm. Poisson. De piscis. 
P6i ; ap6i, adv. Ensuite. 
Peilousti6u, sm. Petite huitre de la Mediterranee, devenue malheu- 

reusement rare depuis Timportation abondante et a bas prix des 

huitres de rOc6an. 
Pdir^, sm. Carri^re de pierre. De petra. 
Pdirig^s, sm. Nom donn6 a une terre couverte de cailloux. 
P61, sm. Cheveu ; fait pdlses au plur. — sf. Peau; fait pils au plur. 

De pellis. 
Pel&ou, do, sm. et f. Avare; sale coquin. 
Pelaoudoi^, sm. Petit fromage de chfevre. 
Pelotifo, sf. P6ricarpe des feves, pois, haricots; enveloppe ext6rieure 

de la chataigne, de la noix: peau du raisin, etc. — Terme de 

m^pris a Tadresse d'une femme d6vergond6e. En latin pellecc, 

Du grec x^Xu^oi; enveloppe de fruits. 



312 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

P^n^do, sf. Trace de pas; empreinte du pied sur un sol humide. 

Pench^, va. Pendre. — Pencher. 

P^nche, sm. Peigne. De pecten. 

Pendardl, sm. Bout de chemise pendaut au derriere des enfants 
par la fente du pantalon, Voy. pan&L On Tappelle aussi lou dra- 
p^ou : esti^dmo lou drapeou, lou pandl, lou penday^dl enferme 
le pan de ta chemise. De pendere, 
•Pepeloii, sm. Bout du sein; mamelon. De papilla. 

P6pio, sf. Begueule; bigote. 

Pdr ac6l interj. Pourtant! cependant! 

Pdrbouc^, va. Enduire grossierement; terme de ma^on. 

Pdrctiro, sf. Procuration, acte. 

P6r Idt d'ac6, locution affirmative. Quant a cela; par le fait. 
"P6r xu6yosI interj. Par ma foil 

P6rpel6go, sf. Paupiere. De palpehrum. 

Pdrquin aici, adv. Par ici. — Pdrquin aqui, par la. — P6r- 
quinl&i, par l^-bas. 

Pdr rap6rt que, loc. conj. Parce que. 

P6rs6go, sf. (Vieux mot.) PSche. De persica. 
•PdrtirA, va. Tirer avec persistance : i-o uno hoiiro que me pMiro 

il y a une heure qu'il me tiraille. 
â– P6se, sm. Pois. De pisum. 

Pes^ls, sm. plur. Bouts de fil servant a suspendre les raisins. 

Pesoi^l, sm. Pou. De pediculus. — Pesoul-revengiit, sm. Par- 
venu : es insouUn count* un pesoul revengiit il est insolent 
comme un parvenu. — Pesouyotis, adj. Pouilleux. 

Pesquid, sm. Bassin; piece d'eau. Du verbe Pesc^ pfecher. Du 
latin piscari. 

Pesstic, sm. Pinc6e. — Pessug^, va. Pincer. 

Pestic, adj. Lourd; pesant. 

Pet, sm. Detonation. — Pet^, vn. Faire du bruit. — Fdirepetd, 
imiter : fo petd la ddmo del pouli, elle se tient raide comme la 
dame du poulain. — Le proverbe suivant est dans le sens du 
mot francais : vol petd pus naou que soun quioul il veutarriver 
ou il ne pent atteindre. 

Petardl, sm. Larme batavique qui eclate en poussiere quand on lui 
coupe la queue. 

Petar&f o, sf . Colere ; mauvaise humeur : o la petarufo il est en 
colere. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 313 

Petds, sm. ChiflFon avec lequel on recouvre un trou dans les v6te- 

ments. Voy. p^yo. 
Petassd, va. Rapigcer. 
Petdt, sm. Enfant k la mamelle. 
Pet§to, sf. Poupee : las petetos des iols le3 pupilles des yeux. — 

Peteto de crdyo poup6e de craie, qualificatif d'un adolescent 

trop bien attife, bichonne et soigneux a I'exces de sa personne. 
P6to, sf. Crotte ; excrement d'animal : p^to d'dse, de cdbro, de mou- 

toil crotte d'ane, de chfevre, de mouton. Voy. migou, 
Pet6fio, sf. Bavardage; cancan; potin. D'ou le v. Petouliech^ 

cancaner. 
Petounejd, vn. crepiter. 
P6yo, sf. Loque; chiffon. — PeyAire, sm. Marchand de chiffons. 

— Peyar6t, sm. Chiffonnier : ren^go coumo un peyardt il 

jure comme un chiffonnier. — Pey6t, sm. Chiffon. Voy. pe- 

ids. 
Pidilo, sf. Petit reservoir pour laver le linge ou abreuver les bes- 

tiaux. Voy. coiinco, pise. 
Pi&stro, sf. (Vieux mot.) 6cu. — SArro-pi Astros avare, fesse- 

mathieu. 
Pibou et PiboiU, sm. Peuplier. De populus. — Pibotdo plantation 

de peupliers. 
Pic, sm. Pivert. De picus. — Premier son de Theure dans les hor- 

loges a repetition. Voy. rej9ic. 
PicA, va. et n. Frapper : pied a la pdi^to frapper a la porte; m*o 

picdt Vefdn il m'a battu Tenfant; — qudtio houro pico? quelle 

heure sonne? Voy. tustd. 
Picagn6us, adj. Qui a la mauvaise habitude de battre. 
PicAr, sm. Nom d'homme ; ne s'emploie qu'au fig. : toucd Picdr 

s'enivrer. 
PicassAt, adj. Tachete; marquS de la petite v6role. Se prend aussi 

substantivement : lou picassdt, ou bien lou grahdt le gr616. 
PlchA, va. EtanQonner. -— Picho, sf. fitangon ; etr^sillon. 
Pich6t, adj. et sm. Petit; le petit. — Pichot-f6t : aco's pichot-fdt 

c'est peu de chose, c'est de peu d'importance. 
Pichoulino, sf. Olive petite, mais riche en huile. 
Pic6to, sf. Petite verole. 
Plcoti, sm. Houe trfes ouverte, munie, du cote oppose, d'une longue 

pointe. C'est I'outil favori de nos travailleurs de terre — tra- 



314 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

bayadous — qui usent peu de la pioche, dite pie77iount^so, et 

encore moins de la b6che a pedale dite licMt, 
Pietadoi^s, adj. Pitoyable, qui inspire la piti6... Bepietas. 
Piet&t, sm. Nom du cimeti^re : andn a pietdt nous allons au cime- 

tifere. 
Pign&to, sf. Marmite en fonte. 

Pign6, sm. Pin pignon. — Pigno, sf. Pomme de pin. De pinea. 
PimpanSlo, sf. Pdquerette. Voy. margarid^to. 
Pinchignd, sm. Pouilleux; sale et d^guenille : sdmblos un pinchi- 

gnd tu ressembles k un pouilleux. 
Pindotil, sm. Outil de magon, soit une ficelle munie d'un poids a 

son extr^mite. 
Pin^do, sf. Plantation de pins. 
Pins^r, sm. Pinion, oiseau. 
Pintoti, sm. Nom propre d'origine inconnue : las cdbos de Pintoi', 

gouffre trfes profond dans le lit de THerault ou, dit-on, s'est noye 

un nomme Pintou qui, son nom Findique, devait 6tre un ivro- 

gne et n'avait certainement pas Thabitude de loger de Teau dans 

sa cave. Cette antiphrase est trfes frequente dans notre langue 

imagee. 
Plntre : sidi jaldt coimi* unpintre je suis gel6 comme un peintre. 

De pictor. 
Pi6cou, sm. Nom burlesque du pou : o talamdn de pidcous que 

flnivoou pdr Venrabald din VErdou il a tant de poux qu'ils fini- 

ront par Tentrainer dans THerault. 
Pi6i, adv, Ensuite. Voy. pH, 
Pi6t, sm. Pibto, sf. Dindon, dinde. 

Pioulet^, va. Attirer au moyen de Tappeau. Fig. : chercher a sMuire. 
Piourdl, sm. Appeau. Voy. simbdl. 
Pious61o, sf. Pucelle; vierge. 
Pipi, sm. (Ehfantin.) Urine. — Fdire pipi uriner. 
Pipido, sf. Excroissance cutan^e qui envahit la langue des gallina- 

cees par suite de soif prolongee. — Petit fragment d'epiderme 

souleve sur le doigt de Thomme dans le voisinage de Tongle. 
Pis, sm. Urine. — Pissd, vn. Uriner. — Pissadoi^, sm. Vase de 

nuit. — Piss^gno, sf. Urine. 
Pissar^do, sf. Emission abondante d'urine en une seule fois. 
Pisso-fr6ch, sm. Homme an6mique, impuissant, poule-mouill6e. 

— Pisso-vi, sm. Courson, branche de vigne. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 315 

Pist61o, sf. Ancienne monnaie valant 10 francs. Les vieux disent 

encore : douche pistdlos, vin pistdlos, cen pistdlos pour 120 fr., 

200 francs, 1,000 francs. 
Pistoul^t, sm. Pain oblong. — Planchette de bois mince revStue 

d'une laine grossiere pour prendre les puces, en la proraenant 

sur le corps. 
Pitdinso, sf. Tout ce qui se mange et qui n'est pas du pain : mdncho 

mat de pitdnso que de pan. 
Pla, adv. Bien ; beaucoup; tres. Signe du superlatif : es plapoulldo 

elle est trfes jolie. 
Pl&go, sf. Plaie. De pldga. 
Pldiidech^, vn. Hesiter : i-o pas a pldidechd il n'y a pas k bar- 

guigner. 
Plampotin, sm. Une pleine poignee. De plenus pugnus. 
Plan, sm. G6missement : aousiguire un plan j'entendis un g6mis- 

sement. De planctus. — se Pl&ne, v. Se plaindre. Deplangere. 
Pl^nco, sf. Passerelle ; poutre k dos plat et large qu'on dispose par- 

dessus le lit d'un petit cours d'eau pour le traverser : la pldnco 

de VAfdirdt, passerelle sur la riviere de Peyne, pres le jardin 

du mSme nom. 
Plansoti, sm. Jeune plant d'arbre, dit porrette, ou de 16gumes de 

potager. 
PlantadoiUro, sf. Cheville en bois pour planter le precedent. De 

plant are. 
Plat&t, sm. Un plein plat. 
Plec, sm. Pli. — Pldg^, va. Plier. — Pldgadls, adj. Qui pent se 

replier : tdoulo pldgadisso table qui se plie. 
P16go, sf. Levee, aux jeux de cartes. 
Plochdit, sm. Serie de pluies : Vannddo del gran plochdt Tannic 

des grandes pluies. 
P16cho, sf. Pluie. — Plochoi^s, adj. Pluvieux. — P16oure, v. 

imp. Pleuvoir. De pluere. 
Ploumb^, va. fipisser, entrelacer les brins d'une corde rompue 

pour la r^tablir, sans noBud, dans sa longueur. 
P6n6, vn. Pondre. De ponere ova. 
Poou, sf. Peur. Terme g6n6rique designant les 6tres surnaturels, 

farfadets, fantomes, revenants, Drac, loups-garous, etc., dont la 

mission est de nous epouvanter : i-o iino poou dins aqu6l oustdl 

cette maison est hantee ; — mdntes pas al gragni que la poou 



316 GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE. 

lai es ne monte pas au galetas, le revenant y est. Voy. trebo. — 

De pavor. 
Forces; Porcansin, sm. Individu sale, crasseux. — Porquiche, 

sm. Salete. De porcus, 
Porqu6t, sm. Ver gris et replet qui devore les jeunes pousses de la 

vigne. De porcellio, 
Pot-a-pinto, loc. adv. Au detail : ven soun vi pot-a-pinio il vend 

son vin au litre. 
Poucdl, sm. Cochon. De porcellus. — Poucelech^, vn. Pousser, 

pendant le sommeil, de petits ronflements de bien-6tre; se dit 

des enfants a la mamelle. 
Pouchechd, vn. Mettre la main a la poche pour payer. 
Poud^, va. Tailler la vigne. — PoudadoiUro, sf. Outil a cette fln. 

De putare (Virg.). 
Poud6, sm. Le pouvoir. — Pouderotis, adj. (vieux). Puissant. 

De potero, 
Potdss&n, adj. Se dit d'une personne forte, grosse, obese, plantu- 

reuse. 
Pougn^l, sm. Hachoir; couperet de cuisine. 
Poul^cre, adj. Poltron; lache. 
Pouli, sm. Le Poulain, de Pezenas. Voy. gndco. — Poulin&dos, 

farces grotesques. 
Poulinos, sf. plur. Potences employees par les scieurs de long pour 

assujettir en Fair les pieces a debiter. — Poulino, sf. Pouliche. 
Poulisso, sf. Fa la pouUsso faire des incartades, des fredaines, 

des folies : passer ou touto la nei a fdire la poulisso ils passe- 
rent la nuit a faire des farces. D'oii le subst. Poulissotin. 
Poulit, ido, adj. Joli, jolie. De polituliis (Cic). 
Pouls^, vn. Respirer fort : poulso esp^s il respire avec bruit et 

frequence. 
PoiSilses, sm. plur. Balles d'avoine et de ble dont on nourrit les 

anes. De pellere, pulsum. 
Pounch^, va. Piquer* — PoiSincho, sf. Pointe. — PounchtSit, 

adj. Pointu. De pungo, 
Pounchech^, vn. Poindre : lou jour pounchechdbo le jour com- 

men^ait a poindre. 
Poun^n, sm. Le couchant. De ponens, 
Poiipre, sm. Polype comestible de Tordre des brachiopodes ; pieu- 

vre. Du grec 7:0X67:00$. 



6RAMMAIHE LAKGtJBDOClBNNfi. 3l7 

Porcarid^ sf. Malproprete; cochonnerie. — Pourcatid, sm. Mar- 
chand de cochons. De porxus. 

Poiirre, vn. Pouvoir. De potero. 

Pourrig^l, sm. Poireau sauvage. De porrum, po7Tus. 

Potirrou, sm. Broc en verre k douille fine, plein d'eau, pour boire 
en le tenant en Fair un pen au-dessus de la bouche entr'ouverte. 
De pot are. Voy. douyou. 

PourtadotL, sm. Rigole maitresse pour Tirrigation d'un jardin 
potager. De portare, 

Pourtandl, sm. Petite porte pratiquee et decouple dans une plus 
grande. Porte de derrifere d'un tombereau. De porta. 

Pousal^nco, sf. Machine elevatoire constitute par une longue per- 
che basculant sur la fourche d'un support vertical de 2 metres. 
De Textr^mite sup6rieure pend une tige en bois au bout de 
laquelle est attach^ un seau. A Textr^mite inferieure du levier 
est flxee une grosse pierre pour 6quilibrer le poids du seau, que 
Ton remplit en inclinant la bascule vers Tinterieur du puits. Le 
poids de la pierre fait remonter le seau plein a la surface du 
sol. Ce systeme, en usage dans la primitive figypte, est encore 
utilise dans nos pays, notamment dans la plaine de Lezignan-la- 
Cebei ou la nappe d'eau n'est pas profonde, pour Tirrigation des 
champs d'oignons. 

Pousadoti, sm. Seau muni d'une poignee. 

Pousito, a la pousito, loc. adv. A point, dans une position favo- 
rable. Depositus. 

PotLSSO, sf. Reprimande, me fiqudt uno pousso il m'appliqua une 
reprimande. De ptilso. 

Poust^mo, sf. Pus; matiere sortant d'une plaie. Du latin apostema 
et du grec i<p{(jTa|Aai. 

Poustil, sm. Piece de bois sur laquelle on fait les hachis. 

Poutic^ire, sm. Pharmacien. En espagnol boticario. De apoteca. 
— Poutingo, sf. Drogue. De potus. 

PoutoiSi, sm. Baiser. — Poutounech^, va. Faire de frequents 
baisers. 

Prat, sm. Pre. De pratu7n. 

Prefachd, sm. Tacheron ; qui travaille a prix fait. 

Pregd, va. Prier. De precari, 

Prens^, va. et n. Pressurer le marc de raisins, d'olives, etc. On dit 
au figur6 : andn prensd de marfegos nous allons nous coucher. 



318 CRAlilMAme LANdtJEDOCtEKNe. 

Prens^ire, sm. Ouvrier qui Iravaille au pressoir. — Prdnso, 

sf. Pressoir. 
PresotL, sf. Pr6sure; liqueur qui fait cailler le lait. 
Prin, adj. Mince, fin, delie, serre : pissd prin couler a jet trfes fin : 

— laourd prin labourer serr6. 
Priotin, adj. Profond : laourd prioun labourer profondement. De 

profundus. 
Prou, adv. Assez. 

se Prouvesi, v. Se pourvoir. De providere, provisum, 
Prusi, vn. Dfemanger. — Prusoi^, d^mangeaison. Depi^urire, 
Pudi, vn. Sentir mauvais. Prov. : las pardoulos pudissou pas les 

paroles ne puent point. De putere, — Pudicino puanteur. — 

Pudicin^r, le neuf de pique. Voy. gdouiarel. 
Pudis, sm. Putois. De putacius. 
PugnSiro, sf. Mesure ancienne de capacity pour les grains et les 

fruits. Les douze pugneiros 6quivalaierit a un setier, soit 62 li- 
tres. C'6tait aussi une mesure agraire. De pugnus. 
Piio, ou Piigo, sf. Pointe : los pugos del rast^l les pointes du 

rAteau. Du verbe apugd appuyer. 
PupiSit, sm. Huppe, oiseau. De upupa. — Au fig. : coifl'ure elevee 

de femme. 



Q 



Quarts, sm. Mesure pour I'huile, de 7 litres 3 environ. De quai'- 
tus. 

Qu&rto, sf. Moitie de Vhemino ou quart du sestid (voy. ces mots), 
d'environ 15 litres 5. 

Qu6co8, sf. pi. Danse du pays : ddnsou las qudcos on danse les 
qu^ques. Cette danse en plein air, aujourd'hui oubliee, 6tait en 
grand honneur dans les rejouissances du carnaval de Pez^nas, 
avec la ddnso del pouli, del chibal^t, del buf4t, de las h^^yos, la 
coiigo 7^abmddo, las poussddos, etc. 

Qudrre, va. Chercher. De qiierere. 

Quiche, va. Presser. Voy. Oli. — Quich^U sm. Press6e. 

Quic6ii, pron. Quelque chose. — Quicoxu6t, quelque petite chose. 

Quincair61o, sf. Appendice graisseux terminant la colonne vert6- 



GRAMMAmK LAKGUEDOCtENKfi. 319 

brale des volailles et vulgairement nomm6 en frangais : as de 
pique. 

Quincandlo, fdire quincan^lo faire banqueroute. 

Quints, vn. fitre au 5« jour. Se dit. de la lune. Un vieux proverbe 
dit : m'agdches pas guan, dintre, agdcho me quan quinte ne 
me consulte pas le 1" jour, mais le 5«. Virgile a 6crit dans ses 
G^orgiques : quintam fuge m6fle-toi du 5« jour de la lune. 

Qui6ch, part. pass, de cdire cuit. De coctus. 

Qui6isso, sf. Cuisse. De coxa. 

Qai6r, sm. Cuir. De corium. 

Quiotil, sm. Le derri^re. — QuioiSil-bl^n surnom donne aux par- 
tisans de la branche aln^e de Bourbon et du drapeau blanc. — 
Quioul^t, sm. Confluent de la riviere de Peyne et de THerault, 
ou Ton se baigne volontiers. De cuius. 

Quist^, vn. Qu^ter. — Quist^ire, adj. Queteur. Quisto, sf. Qu6te. 
De qucestura. 

Quitbrbo, fdire quitdrbo faire le jeu de Taveugle. 

Quitr^n, sm. Goudron. 

se Quiy^, v. Se jucher; se percher; — se cabrer, en parlant d'un 
cheval. — On dit, dans un autre sens : Vdse quie! Vase te 
quie! comme on dirait : rdse te foute! comme, en franoais : le 
Diable soit! le Diable t'emporte! — Quiyftt, adj. Perche, juche. 

Quoni^n, sm. Sot; imbecile : quonidn bdssosi imbecile achev6 ! 



R 



se Rabaldi, v. Se trainer; se battre : te r abates pas at sol ne te 
tratne pas par terre ; — se sou r^abaldch, se sou flcdch uno ra- 
halddo ils se sont battus, ils se sont flanqu6 une tripot6e. — II 
est aussi verbe actif : rabdlos toun coutiyoun tu traines ton 
jupon. De rapere, 7^eptare. 

Rabaladis, sm. Fatras; desordre. — On appelle encore ainsi les 
rogatons, les menus morceaux restant dans le plat apres qu'on 
a depece les volailles ou le gibier : dime mat lou rabaladis que 
las quioissos ou las dlos je prefere les rogatons aux cuisses et 
aux ailes. 



320 GRAMMAme LAKOtTEDOCtfiNNfi. 

Rabal^ire, sm. Autre nom de I'aramon, variete de raisin. Yoy. 

alinddo, 
Rabassid, sm. Houe, sorte de pioche. Voy. trinco. 
R^be, sm. Radis; raifort. De rapum, 

Rabid6t, sm. Osselet : fagu^n as rabiddch jouons aux osselets. 
Rabin^, va. Roussir par brulure. — se Rabin^, v. Se roussir. 
Rac^, vn. Vomir. 

Rac^do, sf. La quantite de marc qu'on charge sur un pressoir. 
Rac6t, sm. Petit son; repasse. 
R&co, sf. Marc de raisin. — Pico-r^co, sm. Buveur. — Un noble 

passdt sus la imco un noble de contrebande. 
R&QO ; al raco ! interj. Au diable ! 
Rafat^yo, sf. Masse d'objets de rebut. 
R^e, adj. Apre au godt. 
Rail, va. Froisser. — Rafit, adj. Froisse. 
Rai, sm. Rayon de roue. De radius. — Rai, interj. Qu'importe! 

Voy. Caoiicdgno. 
Raissechd, vn. Biaiser ; hesiter ; tergiverser. 
Rajd, vn. Couler. — Raj61, sm. Jet. — Raj^do, sf. Coulee : me- 

trds une rajddo d*dli sus la soupo tu mettras une legere couche 

d'huile sur la soupe. 
Ramass^do, sf. Ond6e ; averse : o tombdt uno Wdho ramassddo 

il a fait une bonne averse. 
Ramb^l, sm. Encombrement ; embarras. — Qualificatif donne a un 

importun [qui vous g^ne : rambdl! et ': rambdl de Baoucdire 

par allusion, sans doute, a I'encombrement qu'offrait jadis la 

foire de Beaucaire. — Rambayd, sm. F^cheux; importun. 
Rambay^, et enrambay^, va. Embarrasser; gener. — Ram- 

bayech^, vn. Aller et venir: faire des embarras. 
RaxuSl, sm. Rameau ; enseigne d'un debit de vin : dou plantdt lou 

ram&l ils ont ouvert un debit de vin. 
R^mo, sf. Produit de Telagage d'arbres. — Ramio, Ramoundio, 

ont le mfime sens. De ramus. 
R^mo, sf. Partie du ventre de pore, presque toute en graisse. 
Raxnoun^t, sm. Maitre-valet. — Ramounet^ge, sm. Habitation 

du ramoun^t et batiments de ferme. 
Ramp^n, sm. Rameau qu'on porte a la f6te des Rameaux. 
Rampel^, vn. Battre le rappel. — Rampelin, adj. Qualificatif dun 

homme grognon. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 321 

Rampleg^do, sf.' Paquet de couennes de pore roulees. 

R&mpo, sf. Crampe : o pas la rdmpo a la Ungo elle ii'a pas la lan- 

gue endormie. 
Rainp6gno, sf. Discussion : acherou rampdgno ils eurent une vive 

discussion. De impugnare. 
Ranchd, sm. Petites barres fixees dans des douilles, le long de la 

charrette, pour appuyer et retenir les encaddstres ou les teidiros. 

Voy. ces mots. 
Randtiro, sf. Haie vive. Voy. rdso, 
RandiSit, adj, fipuise de fatigue. 
Rans, sm. Le dimanche des Rameaux. 
Raoub^, va. Voler. En espagnol robar, 
Raouf^lo, sf. Rale accidentel et passager; voix rauque : o la raou- 

felo il a la voix rauque. — Raoufelotis, adj. enrou6. 
Raoum^s, sm. Rhume. — s'enraoumass^, v. s'enrhumer. 
Raoumdlo, sf. Pituite. 

R^ouso, sf. Depot tartreux du vin dans les tonneaux. 
Rapino, sf. Orfraie, oiseau nocturne de proie dont le cri passe pour 

un presage de mort. De i^apina, 
Rasdil, sm. Petit filet de peche. Voy. bagandoii. De reticulum. 
Rasdiiro, sf. Ensevelisseuse de morts, qui suit le cercueil aux en- 

terrements. 
Rasc^s, adj. Teigneux. — Sm. Poisson epineux de mer. — Radier 

pave construit sur un chemin pour Tabriter contre les crues 

d'eau. 
Rascl^t, fdlre rascMt faire la niqiie. Voy. Idcos. 
Rascl^to, sf. Ratissoire. — Outil de ramoneur. 
R^sclo, sf. Coupe-pate servant aussi a racier le petrin. 
R^sco, sf. Teigne, maladie de la tt^te. -- Guscute des luzernes. De 

scabies, 
Rasim^t, sm. Marmelade de raisin. De raccmus, 
R^so, sf. Tertre ; haie, Voy. rand{(ro, 
Rasoiliro, sf. Gylindre en bois pour araser le grain dans les me- 

sures. 
Raspayd, va. Ramasser des debris epars sur le sol ; glaner. Voy. 

recland, 
Rassi6, sm. Moellon a bsltir. 
Rast^l, sm. Rateau. De i^astellus. 
Rastotil, sm. Champ laisse en jach^re. De restibilis. 

21 



322 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Rat^t, adj. Se dit d'une chose rong6e ou entamee par les rats. 
R^to-pen^do, sf. Chauvesouris. De pennatus aile. 
Rat-taoupiS, sin. Mulot; rat des champs. 
Reb^t, sm. Reverberation : rebdt del sour^l exposition au soleil. 

Voy. ficho, 
Reb^cd, vn. Repliquer avec insistance. 
Rebiscould, va. Ranimer; redonner des forces. 
se Rebissin^, v. Se redresser; se herisser. — Nas rehissindt nez 

retrousse. 
Rebistotir, sm. Detour. 
Reboulidoi!i ; fdire i^ebotilidou faire des tourbillons dans un cou- 

rant. De re bullire. 
se Rebuff, vn. Se rebiffer. 
R6c, sm. Ruisseau; ravin. Voy. riou. 
Recachd, va. Attraper, comrae au vol, un objet qui vous est lance, 

tel qu'une balle. — On dit, en portant un coup a quelqu'un : 

7^ecdcho (a)qu^l attrape celui-la. 
Recantoi!i, sm. Recoin; coin retire dans une piece. Voy. canton, 
Recaoucd, vn. Revenir a un plat; a une bouteille; a un plaisir. 

Voy. repicd'pdyos, 
se Recaouquiyd, v. Se ravigotter ; se redonner des forces. 
Recat^, va. Enfermer un objet pour qu'il ne traine pas. — Recatdt, 

Recatad^t, adj. Propre, range. — Recatoi!is, adj. Soigneux. 
Recite, sm. Provisions de bouche pour la journ^e que prennent les 

travailleurs de terre dans leur sac. Voy. fdrdo et saqu^t. 
Rechaouchoi!i ; fa rechaouchou, memo sens que recaoucd. Voy. ce 

mot. 
Rechisti, vn. Resister. De resisiere, 
R^cld, va. Chatier : es ydoti que te vdou rdcld c'est moi qui vais te 

fustiger. Ce mot doit avoir ete mis en vogue par les masons et 

surtout les pliltriers qui menacent constamment leurs petits 

manoeuvres de coups de regie, redo. 
Recland, vn. Glaner. Voy. raspayd. — Reclani^n, sm. Denrees 

recueillies dans le glanage. 
se Recourdd, v. Se souvenir. Voy. se re7ne7nhrd, De recor- 

dart, 
Recouc&ire, adj. Rabacheur. 
Recurd, va. Klaguer les arbres. De securis hache. — Recur&ire, 

sm. Elagueur. — Recur&ge, sm. Bois delagage. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 823 

Red^ple^ sm. Raclette en bois munie d'an manche de r^teau pour 

rassembler, enpoussant, les cereales en tas sur le sol. 
Redol!in, adj. Rond. — Redound^lo, sf. Olive ronde. De ro- 

tundus, 
Ref&sti, sm. Degoilt; repugnance : 7ne fo re fasti cela me degoute. 

— Refastignoi^s, adj. D6daigneux; qui fait le delicat, le diffi- 
cile. 
Refouid, et Repoufd, vn. Imitatifs. Se dit d'une pompe foulante 

dent le piston trop maigre laisse souffler I'air a travers le liquide. 
Refresc^, va. Rafraichir. 
Regagnd, va : regagnd las dens montrer les dents. Se dit des 

chiens, et aussi de riiomme. 
Regagnoii, sm. Reveillon : fa regagyiou faire reveillon. 
Regain, va. Expier : di^o qu*o tout manchdt e qit'o pla jouit, on 

regdlo maintenant qull a tout dissipe, et qu'il a bien joui, il le 

paie, il Texpie. 
Regalechd, vn. Suinter; s'ecouler petit a petit a travers une paroi 

poreuse. 
Regaould, va. Refaire le jable a une futaille. 
Regiscld, vn. ficlabousser; rejaillir. — Regiscle, sm. Eclabous- 

sure. 
Rdgo, sf. Raie; rigole d'arrosage dans un potager. — On dit R^yo 

en parlant des raies des etoffes et autres. — Enreg&ire, sm. 

C4elui qui marque les lignes pour la plantation des vignes. 
Regoulumd, va. Ghiffonner grossierement une etoffe. — S'applique 

aussi a un courant qui produit des tourbillons, des remous. — 

se Regoulumd, v. Se recoquiller. 
Reguinnd, vn. Ruer. Au fig. regimber, refuser de faire une chose : 

la pichoto reguinno la jeune fille regimbe, n'en veut pas. 
Regussd, va. Retrousser : regusso ta 7'aoiibdto retrousse ta petite 

robe. Au fig. : se regussd e7i redoim prendre la mouche, se 

facher tout rouge. 
R6ire-gran, sm. et f. Bisaieul, bisaieule. — R^ire-lundem^n, 

sm. Surlendemain. — R^ire-poun arriere-point, 
Rejotigne^ va. Serrer; enfermer. Voy. i^ecata, De rejungere. 
Relais80i!i, sm. Petite etag^re. 
Reldmbi, sm. Relache ; repit : ai pas un moiwidn de 7^eldmM je 

n'ai pas un instant de repit. 
Rel6ge^ sm. Horloge. De hor^ologium. 



324 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

se Remembrd, v. Se rappeler. Voy. se recourdd, De re memo- 

rare 
Remen^, va. Remuer; agiter : remi^no Michdou que la sdoui;o es 

cldro, dit-on a une cuisiniere. 
Remend^, va. Raccommoder. — Remplacer les siijets morts dans 

une vigne; Teau qui s'est 6vaporee dans un vase, De einen- 

dare, 
Ren, sni. Rame; aviron. 
Rend, vn. Disputer. — R^no, sf. Dispute. — Rendiire, RenoT!is, 

hargneux, disputeur. Voy. cerco-r&nos, 
Ren^gd, vn. Jurer; blasphemer. De re negare, 
Renguechd, vn. Se dit des lignes d*une plantation de vignes qui 

conimencent a verdoyer en mars. 
R6ou, a r3ou, adv. A la suite. Voy. adard. 
Repapid, vn. Radoter. — Repapi^ire, sm. Radoteur. 
Rep&sso, sf. Petit son. 

Repass&do, sf. Une raclee; une volee de coups. 
Repetass^ire, sm. Savetier . Au fig. : as un froitn de i^epetassalre 

tu as un front qui ne rougit jamais. 
Repetel^t, adj. Gras; dodu. Voy. moufle, 
Repetio, sf. Discussion vive et animee. Voy. rampdgno, 
Repic^-p&yos, vn. Faire un bon diner bientot apres un autre; 

livrer la deuxieme bataille dans un jour. Voy. recaoucd. 
R6pl^, va. Garnir entierement les vides d*une muraille avec le : 

R^ple, sm. Petit moellon destine a remplir les vides entre les 

gros. 
Repounchoi!i, sm. Raiponce, salade sauvage. De 7^apunculus, 
Repouteg^, vn. Murmurer entre les dents; grogner sans cesse. 

Voy. roundind, 
Reprin, sm. Regain des foins et fourrages. 
Ress^oupre, va. Recevoir; part. pass6 Ressachi^t regu. De re- 

cipere. 
Rescldouso, sf. Vanne pour donner ou retenir les eaux. De claii- 

deve, clausiun. 
Rescoundi, va. Cacher, mettre a Tabri des curieux ou des voleurs. 

Voy. recata. 
ResourgM, adj. Resolu. 

R^spdt; al r6sp3t de, loc. prepos. Comparativement a. 
Resquiy^, vn. Glisser. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 325 

R6ss^, va. Scier. — Rdsso, sf. Scie. — Rdss&ire, sm. Scieur. — 

R6ssdt, sm. Scie a main. 
Ressoiln, sm. Vibration; secousse. Voy. subroun. — Ressoundi, 

vn. Vibrer; retentir. 
Retdl, sm. Rognure; recoupe. 
R6te, adv. Fort : tusto r^te il frappe fort. — Adj. Raide. De res- 

titum, 
Retenedoti, sm. Digue: obstacle. De retinere. 
Retir&do, sf. Hospilalite de nuit : donnas nous la retirddo donnez- 

nous a coucher. 
Reverses, sm. plur. Rejetons. — Rev6rt&, vn. Supprimer les 

rejetons. Voy. degaissd, sagatd, inachuncd. 
se RevirA, v. Se retourner. 
se Revisi, v. Regler ses comptes : 7ious revisir6n nous reglerons 

Tarriere : forme de menace. 
Revouliciou, sf. Violente secousse morale. 
R^yo, sf. Soc. de charrue. 
Rid^los, sf. Cloisons a barreaux, posees des deux cotes de la char- 

rette et maintenues par les 7*anc?ics, Voy. ce mot, et encadds- 

tres. 
Ribsto, sf. Latte informe et inegale obtenue par Tequarrissage k la 

scie des poutres. On les utilise dans la confection des planchers 

noyes au plAtre. 
Riou, sm. Ruisseau. De 7'ivus. Voy. m*. — Rioutbrt^ sm. Noni 

d'un ruisseau dans la commune de Pezenas. De 7'h'ns tortus, 
Ripl^, vn. River. — Riple, sm. Rivet. 
Risouyd, adj. Rieur; gracieux. S'applique surtout a un enfant. De 

7nsi(S. 
RitoiSi, sm. (Vieux mot.) Cure. De rector. 
R6do, sf. Roue. De rota. 
R6dou, sm. fttendue a pen pros circulaire, mais mal Hmitee, de 

terrain : un rodou de grdn une tache de chiendent dans une 

terre. 
R6se, sm. Le Rlione, fleuve. 

R6sse, sm. Herse de labour. — Roussech^, va. Passer la berse. 
Roudd, vn. Tourner; vagabonder. — Rouddiire, adj. Vagabond.— 

Sm. Bouton scrofuleux formant abcos. Voy. sairou. 
Rou6l0) sf. Coquelicot. 
RoiSigno, sf. Gale. — Rougnoi^s, adj. Galeux. 



826 GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE. 

Rougnoun^do, sf. Aloyau; filet de moiiton. 

Roi!iino, sf. Decombres. 

Roi!iire, sm. Chene. De rohur, 

Roumi^, vn. Ruminer. De rumigare. 

Rotimpre, va. Defricher; d^foncer le sol. — Roumpi^ido, defon- 

cement. De rumpere. 
Rouxnpi!it, sm. Au fig. : Farceur; inauvals plaisant. 
Rouncd, vn. Ronfler en dormant. De vhonchare; du grec pr^,o;. 
Roun-clab^l&t, sm. Turbot, poisson. 

Roundalej^, vn. Marcher, aller et venir, promener tout autour. 
Rounding, vn. Grogner. Voy. repoiUegd. — Roundln&ire et 

Roundino-panc&ou, adj. Grognon. De grunnire, 
Roupiyd, vn. Dorrair. 
Rousig^, va. Ronger avec les dents : lou cJii que roxisigo Vos le 

chien qui ronge Tos : monument legendaire conserve a Pezenas. 

De 7'odere, rosi, rosum. 
Rousil, sm. Rouille. — se Rousiydi, v. Se rouiller. De 7'uMgo. 
Roustagn^nco, sf. Quartier, marecageux en hiver, de la commune 

de Pezenas. De rus stagnans. 
Roustido, sf. Au fig. : raclee; volee de bois vert : i-o foiiiut vno 

roustido il lui a flanqu6 une tripotee. 
Routd, vn. Roter. De ructare. 
Rouy&l, sm. Qualificatif d'un homme qui ne cherche qu'a bien 

manger, bien boire, bien jouir, et k ne rien faire. De regalis. 
Rouy&oume, sm. Gateau de rois. 
Rud61d, vn. D6gringoler; rouler suivant un plan incline. De rota, 

rotula, 
Ri!ido, sf. Rue, plante. De ruta. 
Ri!ille, sm. Saoul : n'ai un rulle j'en ai un saoul, j'en ai plein le 

dos. Voy. sadoiiL 
se Rumd, v. S'attraper au fond d*une casserole ou d'un chaudron, 

par defaut de surveillance ou exces de feu. — Rum&t, sm. 

Todeur de roussi qui en resulte : sentis lou rumdt il sent le 

roussi. Voy. r^abindt. 
Ri^sc, sm. Houx, arbuste. De 7'uscus. 
Ri!isco, sf. ficorce d'arbre. 



GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 327 



S^bo, sf. Seve. 

Saboun^to, sf. Saponaire, plante. De sapo, saponis, 

Saboun!in, sm. Morceau de lard ranee que certaiiies ciiisinieres 

aiment a mettre dans le pot-au-feu. Ce mot, du latin saporus, 

devrait signifier savoureux ! ! 
Sacamdin, sm. Braillard, canaille. 
Sdcro-moun-^mo. sm. Sacripant; homme h tout faire. 
SadoiU, adj. Repu ; rassasie. De satur. Radical de Tadj. assadouldt. 
Sag^n, sm. Cancans ; bruits de ville. 
Sagdit e mag^t. Tapage interminable. 
Sagatdi^ vn. Extirper les rejetons. Voy. degaissd et revdrtd. — 

Sag&to, sf. Rejeton ; rameau gourmand de la vigne. 
Sdile, sm. Drap de lit commun dont on se rev^t pour ne pas salir 

les habits. 
S^ique, adv. Peut-6tre. Voy. J)eleou, 
Sairoi!i, sm. Bouton pros de suppurer. Voy. rouddU^e. 
Salabroi!is, adj. Sale. De salarhis. 
Salairoti, sm. Mortier a piler le sel. Meme origine. 
Sal6p, sm. Sale ; saligaud. -- Salop^to, sf. Tablier d'enfant. 
Salubdr, sm. Cour interieure; ciel-ouvert. De ctelum apertiim, 
Samboutd, va. Secouer un recipient, non entierement plein, tel 

qu*une bouteille, une caisse, un tonneau, une noix de coco, etc. 

— Au fig. : faire de vifs reproches. 
Sambi&is, sm. Maladroit. 
SambiSit, sm. Sure.iu, arbuste. De sambuciis, 
se Sanch^, v. S'endimancher; revetir ses beaux habits : sids san- 

chdt couni'un lapin. 
Sangloi!it, sm. Hoquet. De singultus. 
Sanis, adj. Sain ; bien constitue. De sanus, sani. 
Sannd, va. Saigner. — Sannotis. adj. Saignant. Voy. ensannoiisit , 
Saan^to, sf. Fausset pour tirer du vin d'un tonneau. Voy. dousil. 
Sanqu^to, sf. Sang de volaille cuit. 
Sansbgno, sf. Chant monotone et interminable. 
Sant^t, sf. Toast : poitrtd 'no santdt porter un toast. 
Santopdsl interj. Sainte-paix, juron, equivalent a : sac a papier I 



328 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 

SantopStoI interj. Mdme sens. Voy. sarnibluro et sarnipeto, 
Saoubachi!in, sm. Qui a le gout ou Todeur sauvage, comme la 

chair de renard, d'ours, etc. : sentis lou saoubachun il sent le 

fauve. 
Sdioube, ab6ire pas sdoube n'avoir pas le temps ou Toccasion : 

aben pas sdoube d'and trabayd, la net arribo il ne vaut pas la 

peine d'aller au travail, la nuit arrive. Voy. lesoic. 
S^oubio, sf. Sauge, plante. De salvia, 

S^oucle, sm. Sdoucle de Sdn Marti arc-en-ciel. De circulus. 
S^ouxno, sf. Anesse. — Entrait de ferme : terme de charpenle. — 

Ravale. D'ou le verbe Saoum^j^ faire fonctionner la ravale, 

niveler. — Du grec aavjjLa, bat. 
Sdoupre, sm. Savoir. — Vn. : s'en sdoupre mal etre fache, blesse 

d'un precede. De sapere. Voy. gouber. 
Saouqudno, sf. Dorade, poisson. 
Spouse, sm. Saule. De salix, 

Saoussblos, fdire saoussdlos faire des mouillettes, des trempettes. 
S&outolingri, sm. Sauteur; malhonnete homme. De saltare. 
S&outo*r6chs, sm. Surnom donne aux habitants de Castelnau-de- 

Guers, commune situee a 4 kilometres de P6zenas. 
Saqu6t, sm. Sac dans lequel les ouvriers cultivateurs portent leurs 

provisions de la journee. Voy. fdrdo; 7'ecdte, De saccus. 
Sarci, va. Repriser. — Sarcido, sf. Reprise. De sarcire, sarcio, — 

Sard, va. Tasser. 
Sdrcho, sf. Ensemble, assortiment des filets de pScheur en mer. 

De sarcma, 
Sarnibli!iro I Sarnip6toI interj. Sarpejeul Voy. santo pas, san- 

topeto. 
se Sarr^, v. S*approcher : sdrrO't6 se gdousos! approche-toi, si tu 

roses I 
Sarrayd, sm. Mesange, genre de passereaux. 
Sarrayechd, vn. Agiter la clef dans une serrure en cherchant a 

ouvrir. Du substantif Sarr^yo, serrure. De sera, 
Se, sm. Sein. De sinus. 

Sec^do, sf. Secheresse. — Secadoi!i, sm. Sechoir. De siccus, si^ca, 
Secel^go, sf. Chatouille. — Secelegoi!is, adj. Susceptible ; cha- 

touilleux. 
SecoMre, va. Employe pour ne pas dire foutre (bien moins con- 

venable) te secoute un empldsire je t'applique une gifle. 



GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 329 

S6do, sf. Sole. De seta, 

Sedusi, va. Seduire. De sedticeve, 

Segd, va. Moissonner. — Seg^ire, sm. Moissonneur. — S3gos, 

6poque de la moisson. De secure, 
S^gne ; Nostre-S^gne Notre-Seigneur Jesus-Christ. — Segnoi!i 

seigneur terrestre. De senior, 
Sdgno, sf. Puits a roue. 
Segti, adj. Sur. De securus, 
Segui, va. Suivre. De seqici, — Seguido, sf. Suite : de seguido de 

suite. Voy. adar^, 
Sem^l, sf. Comporte pour le transport de la vendange. — SemaySs, 

sm. plur. Longs biltons dont on se sert a cet effet. — Semaloi^, 

sm. Baquet rond a savonner. 
Senati!ir, sm. Au fig. Homme pretentieux, emphatique, poseur. 
Senbdi, sm. Assemblee deliberante agitee. De synodus, Voy. sina- 

gdgo. 
S6ii-PWre (vieux), Saint-Pierre. — S6ii Pidrres ; gn*o un plen 

Sdn Pierres il y en a une tres grande quantite. 
Sentido, sf. SoupQon; pressentinient : rCai abut iino sentido j'ai 

eu vent de la chose. 
Sentoi!i, sf. Odeur. De sentire. 
S^ou, sm. Suif. De sebum, secuni. 
S^pio, sf. Seiche, polype comestible. De sepia, 
S6r, sf. Gouleuvre. De serpens. 

se Serend, v. Prendre la fraicheur de la nuit. De serenare, 
Servici&lo, sf. Garde-couches. De serviciila, S*emploie aussi pour 

femme de service. 
Sesti6, sm. Setier, mesure pour les cereales contenant 62 litres en- 
viron. De septies, 
Sesclam^s, sm. Maladie aux seins des nourrices consistant en cre- 
vasses et ecailles. De desquaniata (Pline) ecorchure. 
Set, sf. Soif : moiitHsse de set je meurs de soif. De sitis. 
S3ti, sm. Siege; tout objet sur lequel on pent s'asseoir. De sedes. 
Seyoi!i, sm. Sillon trace par la charrue. 
Sibadio, sf. Petite crevette de la Mediterranee. 
Sicdt, sm. Initiative : ou fagucl de soun sicdt il le fit de son propre 

mouvement. 
Sidisso, sf. Variete de froment barbu. Voy. touselo. De seges, se- 

get is. 



330 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

Si^t^to, fif. Petite assiette; soucoupe. 

se Signd, v. Faire un signe de croix : digo signddo eau benite. De 

signai^e, 
Sixubdl, sm. Appeau, form6 d'un petit sac de peau muni d'un sifflet 

en OS : es mdgre coum'tin simbel il n'a que les os et la peau. 

Voy. pioiirdL 
Sixnoul, sm. Lisifere d'une etoffe de fil, coton, laine ou sole. 
Sinag6go, sf. Assemblee tumultueuse. Voy. senddi. 
Single, va. Lier, serrer avec une corde. — Singloi!i. Gorde pour 

attacher les pores et autres animaux. 
Sinipiou, sm. Rougeole. 

Sinn^, va. Signer ; donner sa signature. De signare. 
Sioure, sm. Liege. De suber, 
Sis^mpo, sf. Vent froid et piquant. 

Sistr&s, sm. Sous-sol impermeable fait de graviers agglomeres. 
Siy&l, sm. Seigle. De secale. 
Sio, sf. Gil et sourcil : frounsis las sios il fronce les sourcils. De 

cilium. Voy. iisso, 
S6gre, S6gro (vieux mots). Beau-pere, belle-mere. De socer. 
Son, sm. Sommeil. De somnum, 
Sbrre, sf. Soeur. De sor(n\ 
Souc, sm. Billot des bouchers. — La partie souterraine d'un tronc : 

lou souc de Novd ou de Naddl la biiche de Noel. — SoiCico, 

sf. Cop de vigne. 
Soi!ido, sf. Loge a cochons. De suile. 
Soudis, V. enclitique impers. Dit-il. — Soudisid disait-il; soudiguet 

dit-il : ces derniers peu usites. De sub dicere. 
Soufr^ge, fdire soufrdge se dit d'une chose qui manque lorsqu'on 

en aurait besoin : lou casaquin qtic m'as esquinsdt 7}ie fo pla 

soufrdge le corsage que tu m*as dechire me manque bien. 
Soi!ifro, sf. Surdos en cuir supportant les brancards de Taraire ou 

de la charreite, et reposant sur le dos du cheval. — Au fig. et 

par moquerie, Techarpe du commissaire. 
Soul, sm. Quantite de liquide repandue sur le sol. 
Soul^do, sf. Jonchee de fruits couvrant la terre : xino soulddo de 

biro-bouquech (azeroles), de nougos (noix), de castdgnos. — 

Aqu4l ventds o fach toumbd de soulddos d'oulibos ce grand 

vent a fait tomber des quantites d'olives au pied des arbres. 
Soulide, adv. Sureraent. De solidus. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 331 

Soulitl!ido, sf. Solidite. 

Soumdcd, vn. Sangloter convulsivement comme les enfants apres 

que les pleurs ont cesse. 
Soum^sso, sf. Provin de vigne. De suhmissum, Voy. cabussoii, 
Soundi, va. Appeler. De sonare, — Soun^yo, sf. Sonnelte des 

boBufs. 
Sound, va. Combler : aqiidl pons es cstdt sou7icU ce puits a ete 

combl6. — All fig. Baltre : te vole sonnet je veux t'adminlstrer 

une volee. 
Soup^to, sf. Ricochet : fdire de soup^tos faire des ricochets sur 

Teau. 
Souplbch, sm. Abri : sdn dl soupldch nous sommes a Tabri de la 

pluie. 
Sour^l, sm. Soleil. — se Sourey^, v. Prendre le soleil. 
SoCirro, sf. Vase; limon. Voy. limpo. , 

Soused, vn. Soupirer, \oy,.souniecd. 
Soi!i8tre; mdtre al soiistre se servir a Tusage journalier. S applique 

surtout aux objets de toilette qu'on devrait r^server pour les 

jours de fdte. 
Souy^t, sm. Seuil de porte ou de fenetre. 
Si!ibre, sm. Imbecile; animal. 
Subred^n, sm. Surdent. — Subrepelis, sm, Surplis, v^tement 

ecclesiastique. De supe?*, sur. 
SubroijUi, sm. Secousse. Voy. ressoun. 
Sticho, sf. Suie. 
Si^cre, sm, Terme poll, a la place de foutre : vai te fa sucre! va te 

faire... sucre! De saccharum, 
Sugamdn, sm. Essuie-mains. 
Sup, adj. Myope. 

Sur, sf. Soeur, parlant d'une religieuse. 
Susoi!i, sf. Transpiration; sueur : fa veni las ires siisous faire 

venir les trois sueurs; se dit, entre autres, d'un travail qui 

epouvante par avance. Vient du verbe Susd en latin sudare, — 

Susarlechd, vn. ^tre en moiteur. 



332 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



Tab^, atab^, adv. Aussi. 

Tabdlo, sf. Levier pour agir sur le tour des charrettes. 

Tab6t, sm. Hanneton. De tabcmtis. 

Tac^, va. Tacher. — T&co, sf. Tache. 

T^cho, sf. Clou a grosse tete qu'on plante sous les sabots et les gros 

souliers. 
Tafan^ri, sm. L'ouverture de Tanus. C'est un de ses nonis les plus 

convenables. Eu espagnol et en italien tafajiai^io. Du grec ^if c^ 

anus. 
TAi3,-sin. Blaireau. De taxas, — La pel del tdis, peau, grise en 

dessus et noire en dessous, servait aux rouliers en voyage. Elle 

jouissait d*une certaine vertu dans la sorcellerie. 
se Taisd, v. Se taire. De tacere. Voy. se cala, 
Tal, sm. Morceau. — Tayoii, petit morceau : dime mat tin tayov 

d'estoufdt (bueuf a Tetuvee) qti'un tal de froiimdche. 
Tal^n, sm. P'aim : ab6ive taleii avoir faim. 
Taldou, ou TanlSou que, prep. Aussitut que. 
Tal6s, adj. Sot; imbecile; maladroit. Voy. pagndt. 
Tainboi!ir, sm. Original. — Tamhokr-bagndt extravagant. 
Timbre, sm. Ghapeau de c^remonie a haute forme. Voy. mdlo, 
T&mpo, sf. Marteliere, sorte de vanne. Voy. re^icldouso. 
Tampbt, sm. Reservoir dans lequel se rend le vin des cuves ou des 

pressoirs, et tout autre petit reservoir en contre-bas du sol. 
Tainpoi!ino, sf. liibote, ripaille ou Ton a bu et mange avec exces. 
Tanc&, va. Former, porte ou fenStre. On appelle sdrrO'bdr7'0'td?ico 

une personne m^fiante qui met tout sous clef. 
Tanfi^lo, sf. Bilboquot. 
T^no, sf. Grande mare servant de lit de crue a un torrent : la tdno 

de tartuye, k P6zenas. 
Tantdro; fdire tantdro passer la nuit blanche a se lever et se 

recoucher. 
Tantbs, sm. L'apres-midi. — Tantoss^do, supplement de travail, 

pour neltoyjige d'ecurie ou autre, fait apres diner jusqu'a Theure 

de reprise du labour. 



GBAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 338 

Taoul^y vn. Tomber : taoularo pep6t! Tenfant tombera! 
T&oulo, sf. Table. — Taouldto, sf. Petite table. De tabula, en ita- 

lien tavola, 
Taoup^to, sf, Fiole en verre. 
Taoupoti, sm. Surnom donne a un enfant trop brun de peau. De 

talpa. 
Taoutds, sih. Flaque d'eau bourbeuse. 
Taouyfi, sm. Banc de pierre adosse aux facades exterieures, prfes 

des boutiques. On nomme Triico-taouyfis Toisif qui passe son 

temps a flaner d*un de ces bancs k Tautre. 
Tap, sm. Bouchon. — Couche de tuf ou d'argile constituant le sous- 
sol de notre contr6e qui fait partie du terrain miocene dit mo- 

lasse. 
Tapd, va. Boucher, couvrir : tdpo te couvre-toi. — Tapadoi!i cou- 

verture. De tapetu7n, 
Tap6ro, sf. Capre, fruit du caprier. De capparis. 
Tapo-quioi!il, sm. Fruit de T^glantier, repute astringent. 
Tarabastdlo, sf. Grecelle, servant k donner Theure des oflices pen- 
dant la seraaine sainte ou les cloches voyagent i Rome! 
se Targd, v. Se tenir les poings sur les hanches comme les pois- 

sardes dans leurs disputes. 
Tarrdiyo, sf. Tous objets en poterie de terre servant a la cuisine. 

— C6po-tarrdyo, casse-vaisselle; surnom donn6 aux begues 

qu'on appelle aussi mdstres de Ungos maitres de langage. 
TArre-bourr^t, sm. Raisin i jus incolore. Voy. hoxirr^t. 
TArri-b^rri, sm. Vacarme; tumulte. — Nom d'un ancien journal 

de PezSnas. 
Tart^no, sf. Buse, oiseau de proie. 

Tartari, sm. Homme dur, sans coeur et sans pitie. De tai'taviis. 
Tastd, va. Gouter. — T&sto, sf. Echantillon de liquide. Ce radical 

a passe dans Tanglais : taste, goilt. De tractare, 
Tayi, va. et n. Couper; trancher. On dit d'un mauvais couteau : 

tdyo coumo lou ginoitl de ma gran il coupe comme le genou de 

ma grand'mere. 
Tiyo, sf. Contribution, impot. — Tayo-rAco, sm. Hache pour tailler 

le marc sur le pressoir. 
T6I interj. Tiens! exclamation de surprise. — Dans un autre sens, 

elle indique la presentation qu'on fait d'une chose k quelqu'un : 

t&! tiens! prends! 



834 6RAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 

Teb^s, adj. Tiede. De tepidus. 

T6fo, adj Timbre; des6quilibre. 

Teidiros, sf. plur. Ridelles a barreaux. Voy. encaddslres, 

T616to, sf. Diaphragine : s'es a^ebat la tel6to il s'est creve le dia- 

phragme; il a pris line hernie. 
T6I0, sf. Toile. De tela. 

Tempour^l, sm. Saison. En espagnol te^nporada. De tefnpora. 
T6ncho, sf. Teinture pour les filets des p^cheurs en mer. De tingere. 
Tendios, sf. plur. Tiges en fer rattachant le mancheron a Tage de 

la charrjue. De tendere. 
Ten^bros, sm. plur. Office du soir des mercredi, jeudi et vendredi 

saints : fdire tcn^bros faire, a la fin de ces offices, a Taide de 

coups sur les bancs, de crecelles, sifflets, cornets a bouquin, etc., 

le vacarme assourdissant autorise par le rituel dans les parois- 

ses. De tenehi^a^, 
Tenesoi!i, sf. Resistance; solidite : pas cap de tenesou il n'a pas 

de force de resistance. 
Tengi!ido, sf. Tenue. — Tengu6n-tengu6n, loc. adv. Donnant 

donnant. De tenere. 
Tenio, sf. Coquillage univalve. 
T60U, no, adj. Mince : copo teou (coupe-mince) qui agit avec trop 

d'economie. 
Tfirme, sm. Borne, limite entre deux terres. De terminus, ainsi 

que le suivant. 
T6rxnendou, sm. Territoire entourant le lieu ou Ton se trouve; 

quartier d'une commune. 
T^rrel interj. Equivalant a peste! terre! que sios sanchddo! peste! 

que tu es bien mise! 
Tescoi!i, sm. Coin de bois fixant le mancheron de la charrue. Voy. 

estdbo. 
TSssio, sf. Fdire ti^ssio premier repas supplementaire fait, k six 

heures, par les ouvriers commencant le travail h quatre heures, 

comine dans les moulins a huile. 
T6ste. sm. Tesson, debris de poterie. De testa, 
Testtit, sm. Marteau de macon. 
Tibd, va. Tendre (une corde). — Fa tibd Varqu^t (faire tendre Tar- 

chot) boire outre mesure. 
Tib&ge, sm. Exces de table; travail excessif : rVabdn fach un tibdge 

nous en avons mange i ventre deboutonne. 



QRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 335 

Ticol!is, adj. Maniaque. 

Ti^iro, sf. Rang6e de souches dans une vigne. 

Tifo-tdlo. Se dit d'une chose qii'oii est sur le point de faire par 

Tenvie qu'on en a : la l&ngo me fo tifo-tdfo j*ai une furieuse 

en vie de parler; la 7nan me fo tifo-tdfo j'ai une demangeaison 

de taper. 
Tin, sm. Son clair comme celui d'un timbre, d'un verre a boire, etc. 

De tinnire, ainsi que le suivant. 
Tindd, vn. Rendre un son clair. — Tind31, sm, Hochet garni de 

petits grelots. 
Tindo, sf. A point pour la maturity : aqiUlo p4ro es pla sus sa 

tUido cette poire est bien a point. 
Tin^do, sf. La vendange dont une cuve est pleine. — TinSl, sm. 

Petit cuvier. — Tini^ir^l, ou Tign^ir&l, sm. L'endroit ou sont 

les cuves. — Tino, sf. Cuve. 
Tintd, va. Teindre. De tmgere. 
Tintdino, sf. Caprice. — Plate-forme sur Tavant d'un bateau de 

joutes ou se placent les jouteurs. 
Tiouldt, sm. Toit. — Tioule, sm. Tuile canal. De tegula. 
Tiplo, sf. Truelle de ma^on ou de platrier. — Tipl^do, sf. Truellee. 
Tiradis, adj. Qui est frequemment tire : Vdigo del pons es miyouno 

despei qu'es tiradisso Teau du puits est meilleure depuis qu'on 

en tire regulierement. 
Tiradoi^, sm. Tiroir. 

Tiro-br&so, sm. Fourgon, instrument de boulanger. 
Tiros, sf. plur. Les cordes faisant fonction de traits d'atlelage. 
Tisso, sf. Manie; tic : m'o pres en tisso il m'a pris en grippe. 
Titino, sf. Mamelle. 
T6co, sf. Baguette de tambour. 
T6ni, nom propre. Antoine. — Au fig. adj. Nigaud ; feminin T6gno, 

Nigaude. Yoy.ja^ids, 
T6rnos, sf. plur. Las toimos les epingles ; marchandise donnee en 

sus. De toimare. 
Toi^&t, sm. Conduit souterrain en maQonnerie ou en pierres seches. 

De tubus, (Seneque.) 
Touci, va. Tordre. De torquere, torsum. 
Toumb^do, sf. Vogue : aqu^lo houtigo o pla de tou7nbddo ce ma- 

gasin a beaucoup de vogue, est bien achalande. 
Toumbadi^ro, sf. Chute. 



336 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 

ToundSire^ sm. et adj. Tondeur. De tondere, 

Toupi, sm. Pot-au-feu. On dit au fig. : es sot coum'un toupi il est 

b^te comme un pot: — aqiii Voulo que se trufo del toupi voila 

la marmite qui se moque du pot : ce qui signifie qu*ils ne valent 

pas plus Tun que Tautre. 
Toupino, sf. Bonnet a pli de t^te que les femraes portent la nuit et 

dans la matinee. Voy. cagnoio et barrito. 
Tour, sm. Ana fdive soun tom^ aller faire... caca en plein air, dans 

un lieu retire. 
Tour&l, sm. Tertre ; talus. 
Tournd, va. Rendre. — vn. Revenir : sioi tournddo pdi^ te totirnd 

lou pdi7*ol je suis revenue pour te rendre le chaudron. — adv. 

Encore; de nouveau. 
TourrA, va. Rotir au four; torrefier : a77idllos totirrddos amandes 

torrefi^es. De toi^rere. 
Toiirre, sf. Cumulus, nuage orageux. Voy. tnagalouno. De turris. 
Tourroi!in, sm. GAteau fait d'amandes torrefiees et de miel etendu 

entre deux hosties. 
se Tourrouyd, v. Se r^chauffer au coin du feu, mais surtout au 

soleil. De torrer^e. 
TourtouyMros, sf. Grosse corde pour serrer et consolider, au 

moyen du tour et du levier nomme tabdlo, le chargement d'une 

charrette. 
Tousdlo, sf. Vari6te de ble sans barbes. Voy, sidisso. 
Tout^ro, adv. Bientot. De tota hora. 
Toutesc&s, adv. A peine; tout au plus; tant solt peu. 
Toutoi!iro, sf. Conque marine; coquillage servant de corne d'appel. 

Mot imitatif. 
Tout-pl^, loc. adv. Beaueoup. 
Trabayadou, sm.; Trabayadisso, sf. Ouvriers des deux sexes 

cultivant la terre. 
Trabdsso, sf. Ruelle, petite rue. De transve^^sus. 
Trabucd, va. Transvaser. 
Trachamdndo, sf. Entremetteuse. 
Trafic^n, to, adj. Faiseur d'embarras. -— Traliquejd, vn. Aller 

et venir, touchant a tout et changeant continuellement de place. 
Trdiino, sf. Sorte de peche en mer. De tr^ahere. 
Trdire, va. Jeter. De ti^ahe^^e. 
Tr&ite, adj. et sm. Traitre. De traditor. 



Trampalinech^, vn. Chanceler; tituber; avoir le vertige. 

Traatayech^, vn. M&me signification. 

Traoac^, va. Trouer. 

Traoupi, et Traoupiyech^, va. Fouler aux pieds. Voy. pdoutri. 

Traouquiy&t, adj. Perc6 d'une multitude de petits trous. 

Trap^, va. Trouver. — Poser une trappe : fra/>d lou baissel mettre 
la trappe au foudre. 

Trapandlo, sf. Piege; traquenard. 

Trapdtou, sm. Enfant petit pour son age. 

Trass^, va. Extraire des pierres de taille d'une carriere. — Tras- 
s&ire, sm. Carrier. 

Trisso. Ce mot offre cinq sens divers : 1®, sf. Trace, reproduit par le 
frangais. — 2<*, adj. Pale, maladif : es pla trdsso il a bien mau- 
vaise mine. — 3°, sf. : papie de trdsso papier buvard. — 4®, adj. : 
trdsso d*arn4s espece d'imb^cile. — 5», sf. Resistance k un long 
usage : aquil capel o pla fach de trdsso ce chapeau a dure long- 
temps. 

Trastdt, sm. Soupente, sorte d'entresol pris dans la hauteur d'un 
etage. De transtinere, 6tre place entre deux. 

Tr&yos, sm. plur. Petite corde servant de r^nes pour le labour ou 
la charrette. . 

Trdbd, vn. Hanter. L'Ogre dit dans le conte du petit Poucet : quicon 
s*ai trebo, quicon s*aiput : de car de crestidn s'ai o (a)but, 

Trdbo, sf. Apparition d'esprits ou de revenants : io iino tr^bo din 
lou gragn^ il y a un revenant dans le galetas. — Fa la trdbo 
ailer et venir nuitamment dans une inaison, ce qui fait trembler 
les habitants. De trepidare, comme le precedent. 

Trebouldri, sm. Trouble-f^te ; enfant turbulent. De turbulentus. 
— Treboul^, va. Troubler. 

Treiouli, vn. Tressaillir d'impatience. 

Treini6cho, sf. Tr6mie; auge en bois faisant fonction d'enton- 
noir. 

Tremount&oo, sf. Vent du Nord. — Au fig. : perd7'e la ti^enioxiU' 
tdno perdre la tSte. De trans 7nontes. 

Trep&, vn. Aller et venir, sans but apparent, dans un m^me lieu. 
De trepo et du grec Tp£::w. 

Trepiy^, et Trepiyech^, va. Pietiner. De trepidatio, 

Trescol&n. Erbo de treS'C0(ch)'l\m herbe de trois fois Tannee. 
Mille-pertuis. 

2-2 



338 GRAMMAIRE LANGITEDOGIENNE. 

Trescould, vn. Se glisser sans bruit derrierc un objet. De trans- 

cicrrere, 
Trespir, sm. Suintement. — Trespird, vn. Suinter. Voy. rega- 

leclid et vinechd. 
Tresploumbd, vn. Surplomber. 
Tr6yos. La ddnso de las Treyos la danse des Treilles, qui a ete 

assez pittoresquement d6crite dans plusieurs ouvrages pour que 

nous soyons dispenses de nous en occTiper ici. Du latin irichila 

treille. 
Triboul6t, sm. Train; habitude : dro o pres aqu4l tiHboul^t main- 
tenant il a pris ce train-train. 
Trig6s, sm. Bruit ; imbroglio : sdbe pas de qu'es aquel Mgds]e ne 

sais pas quelle est cette confusion, ce desordre. — se Tri- 

goussd, V. Se secouer, se tirailler. Du latin trico tracassier. 
Trincd, va. Gasser. — Retourner : iri7icd d'a77idllos casser des 

amandes. — Trincd la OoiHo retourner le tonneau, 
Trinch^to, sf. Serpette dont on se servait pour cueillir les raisins. 
Trinco, sf. Houe. Voy. i^ahassid. 

Trinco-c^bos, sm. (litt. ecrase-oignons). Courtillifere, taupe-grillon. 
Tridcho, sf. On donne ce nom aux cuves, appelees crassieres, dans 

lesquelles se rendent les eaux grasses des moulins a huile. Elles 

sont generalement situ6es dans une cave souterraine dite enfer : 

d'ou le nom d'huile d'Enfer donne au produit qu'on en retire par 

decantation ou levigation. 
Trl61, sm. Fouloir ou Ton ecrase le raisin avec les pieds : d'ou le 

verbe Trouyd fouler. Voy. faongnd, faougnadoii. De tripti- 

diare, 
Tripoutechd. Voy. pastissechd et boustiquechd. 
Tris, adj. Pile : de Sucre Uns du sucre pile; de sal trisso du sel 

pile. 
Trissd, va. Filer. Du grec ipiij^o), futur de Tpi5u), broyer, ainsi que le 

precedent et le suivant. 
Trissotiiiro, sf. Pilon. Voy. salairou. 
Tron, sm. Tonnerre, dont le qualificatif burlesque est : tamboUr de 

las cagardoiilos. — Imprecation : lotc ti^on que te cure! que le 

tonnerre te vide ! — Troun^, v. imp. Tonner. 
Tros, sm. Gros morceau. Un tros de pan un quignon de pain. Voy. 

floe, tal et tayou. 
Troiicho, sf. Truite, poisson d'eau douce. De truta^ 



GRAMMAIHe LAKGUEDoaEKNfi. 339 

Troi!igno, sf. Mauvaise humeur : fo la irougno il boude. 

Troumpassd, va. Franchir; d6passer. 

Troumpet^, va. Publier. — Troumpdto, sm. Precon; crieur 

public. 
Trotimpo, sf. Gros siphon pour soutirer les barriques. 
Trotinfle, sm. Atout, aux jeux de cartes. De Mumphus. 
True, sm. Heurt; choc. D'ou le verbe Trued, heurter; choquer. 
se Trufd, v. Se moquer; tourner quelqu'un en ridicule. — Tru- 

fiire, adj. Moqueur. 
TrtUo, sf. Pomme de terre. 
Truqudto, sf. Mesure de capacite pour levin, d'environ un quart de 

litre. Voy. cartou, mie'Caviou et fouy^to. 
Tiifo, sf. Huppe ; touffe de cheveux au milieu de la tete. 
Tugd, ou Ti!id, va. Tuer : tugd Ion vdrme (tuer le ver) boire le 

coup du matin. Voy. tessio. 
Turo-ltiro, sf. Ritournelle ; mode ; combinaison : cercds tino dou- 

U^o turoluro cherchez une autre combinaison, une autre ma- 

niere. Es toujour la mdmo turoluro! c'est toujours la m6me 

ritournelle ! 
Turras80i2i, sm. Petits fragments de pierre ou de terre qui se ren- 

contrent dans le bl6 ou les autres cereales non laves. 
Ttirro, sf. Motte de terre. De turris, comme le precedent. 
Tustd, va. Frapper. Du grec tutctw. — Tustdl, sm. un fort coup. — 

Ttisto-botiiisses, sm. Brutal, frappant sans raison. — A Ttis- 

tes e a bi!i8tes, loc. adv. A Tetourdie. 
Tuteehd, va. Tutoyer. 

U, PRONONCER EU 

Uchd, sm. Huissier. De ostiarius, 

Updt, adj. Huppe; — Distingue. 

Usdnso, sf. Usage. 

Osso, sf. Sourcil : frounzi las ussos froncer les sourcils. — Cargd 

las ussos bonder, faire la moue. 
Uyddo, sf. Raisin noir, nomm6 aussi Piquepoul d'Uzes, Cin-Sdous 

k Montpellier, et Morterille a Toulouse. 
Uy6to, sf. Grand entonnoir en bois muni d'une douille de laiton 

pour remplir les grosses barriques. 



340 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



V, PRONONCER B 



Vaientid, sf. Exploit ; trait de vaillance ; souvent par (16rision. De 

valens. 

* 

VairA, vn. S'applique aux raisins, quand le grain devient transpa* 
rent aux approclies de la maturite. — Vairasoti, sf. Le fait de 
prendre cette transparence. De variare. 
VaisseyS, sm. Egouttoir de valsselle. De vasa. 
Vai-t'en vAi! interj. Allons done! 
Variyd, vn. Avoir le delire de la fievre. De varia7*e, 
Vdrre, vn. Valoir. — Val6, 2<* forme d'infinitif du mfime verbe. De 

valere. 
Vedlsso, sf. Sorte d'osier. Voy. amarlno. 
V6ire, va. Voir. Part. pass. Vist. De videre. 
Vendemid, va. Vendanger. — Vend^mio, sf. Vendange. De tin- 
dcmio, — Vend^mios, sf. plur. Temps des vendanges : $e ma- 
rUlou per vendemios ils se niarieront aux vendanges. 
Veni, vn. Venir. Part. pass. Vengilt. — Vengi!ido, sf. Venue; 

arrivee. De venire, 
Veni-antAl, faire ainsi ; faire ce geste : me venguet antal dmbe las 

dens il fit le geste de me mordre. 
Ventd, va. Vanner. — Ventadou, sm. Venlilateur; tarare. — 

Ventoufir, sm. Kventail. De vent its, 
V6ntre-d'Oilire, sm. Goinfre ; liomme a gros ventre (litt. Ventre 

gros commo une outre pleine). Voy. oinre, 
Ventr^sco, sf. Lard pris sous le ventre du pore. De venter, 

voitris. 
V6r, Vfirgne, sm. Aulne, arbre nomme aussi : ver quan ndi vert 

quand il nait. De vcrnare, 
V^rdil, sm. Aspiran a peau grise, le meilleur raisin de table, 

nomme ailleurs Rihair^n, 
V6rd6t, sm. Vert de gris, acetate de cuivre. De viridis. 
Ver6, sm. Venin. — Verenoiis, adj. Veneneux. De venenum. 
V6rgoiigno, sf. Ilonte. As pas vdrgougno? n'as-tu pas honte? De 
ve recti ndia. 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 341 

VSrme, sm. Ver. De vermis. — se VermenA, v. fitre la proie 

des vers. — Vermen&t, adj. Vermoulu. 
V6rt61, sm. Peson de fuseau. De vert ere. 
V^spo, sf. GuSpe. De vespa. 

Vdspre, sm. Le soir. — Vdsprddo, sf. La soiree. De vesper. 
Vesti, va. Habiller. — se Vesti, v. S'habiller. De vestis. 
VeyA, va. et n. Veiller. — Veyddo, sf. Veillee. De vigilare. 
Vido, sf. Vie. De vita. 
Vie3riin, sm. Vieillesse; v6tuste : mouriguet de vieyun il mourut 

de vieillesse. De vetus. 
Vinci, va. Venir k bout : I'ai pas pousciit vitici ]e n'ai pu en venir 

a bout De vincere. 
Vinechd, vn. De vimim. Se dit du vin transsudant a travers les 

joints des futailles. Voy. trespird. 
Vi61, sm. Sentier. De via. 
Viou, Vivo, adj. Vif, vive. — Subst. Yivant. — Vioure, vn. Vivre. 

Part. pass. Viscut. De viviis, vivere. 
Viouse, so, adj. Veuf, veuve. De vidnus, vidua. 
Viri, va. Tourner. — se Vird, v. Se retourner : viro Vesquino 

tourne le dos; viro-te tourne-toi. De gyrare. — Virddo, sf. 

P'rayeur : m'o fach una virddo ! il m'a fait une peur ! 
Visto, sf. Vue. — Vistoil, sm. Pu])ille de roeil. De visus. Voy. 

peteto. 
V6outo, sf. F'agon de labour. La vdoiito se compose d'un nombre 

plus ou moins grand de seances de labour (Voy. juncho) selon 

Tetendue de la terre. De volutum. 
a Votidre, loc. adv. A volonte; terme de fumure signifiant qu'on 

repand Tengrais partout, sur la piece de terre, au lieu de le loca- 

liser dans un creux au pied de la souclie. Voy. escaoucdl. 
Voulati, adj. Follet. Pel voulati poil foUet. De volatHis. 
Voulountd, va. S'accommoder de...; accepter : aqu6l tan-dn voii- 

loiinto pas las trufos cette terre ne fait pas bien les ponimes de 

terre ; ne s'accommode pas de celte culture. 
Votirre, va. Vouloir. Part. pass. Vourgilt ; pass. def. Vourgu^re. 

De volei^e, primitif inusite de volo. 
Vudfil, sm. Veau. De vitulus. On nomnie aussi VudSl la breche 

produite par Teboulement partiel d'un mur appuye centre un 

terrassement. — - Vud614, va. Veler, mettre bas des veaux. 



342 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



Y60U, pron. pers. Je ; moi, 
Yoc, sm. Lieu. De locus, 
Yoch, adj. num. Huit. De octo. 
Y6i, sm. Aujourd'hui. De hodie, 
Yol, sm. (Eil. De oculus. 

Yon, adv. Loin. De longe. — Ybn, Ydnto, adj. Eloign^ : dou mai 
es ydnto dou mai Vditne plus elle est loin, plus je I'aime. 



Zoul interj. Allons ) allez t 



lions nfi ierminemDS pas cet ouvrage saos offrir a nos lecteurs 
qnelques spSclmens, non du gfenie poetique de nos devanciers pisc6- 
nois, mais de leur temperament musical. II existe, au nombre de 
nos precieuses reliques du passe, plusieurs Noels ravissants, rehaus- 
ses par des airs pleins de charme. Deux d'entr'eux nous ont paru, de 
preference, m6riter les honneurs de la publicite. lis sent d*allure 
bien differente ; le premier, empreint d'une gn\ce naive, le second, 
d'un rythme plus vif et plus gai. Nous pensons 6tre agreable au 
lecteur en les faisant figurer ici, suivis de quelques couplets d'une 
vieille chansonnette , oubliee aujourd'hui, conime la jeune fiancee 
qui rinspira. 

NOEL POPULAIRE PISCENOIS 

Traduction liMrale en fran^ais, 

!•' Couplet 2"« ('duplet 

L6've-toi, Jeannette, Grand Dieu ! que de monde 

Porte-moi un lange, Moi je vols venir 

Una chemisette; De derri^re les montagnes 

Nous remmailloterons. Et par tout chemin, 

Un Dieu si aimable Et jusqu'aux bergers, 

Et si desire Avec leurs sabots 

Est dans une stable : Qui, sur le pav6 de pierres, 

II est la tout nu, Font clic et cloc, 

Tout nu, tout nu, Clio et cloc, clic et cloc, 

11 est la tout nu. Qui font clic et cloc. 

3"» Couplet 

Si nous avions des pit^cettes 
Tot nous lui en donnerions, 
• Pour faire les petites robes 
A ce bel enfant. 

Mais nous autres sommes pauvres, 
Donnons-lui le cceur; 
Cela est TofTrande 
Que Dieu aime fort, 
Aime fort, aime fort, 
Que Dieu aime fort. 



344 



' GRAMMAIKE LANGUEDOGIEN'NE, 



Noel populaire pisc^nols. 



1" Couplet 



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Le - vo le, Ja 



ne • to, Por 



to m'un bai 



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U - no ca - mi 



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to ; Lou ma - you - la 



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Un Diou tant ai 



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Es dins un es - la - bl(e), Es a - qui des-pou - yat. des-pou- 



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yat, des-pou - yat; Es a 



qui des - pou 



yat. 



2»« Couplet 



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N- 



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Gran Diou! can de moun-de Icou ve - se ve 



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^iji^y^ifeEfer-^zE^ 



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De tras las moun - ta - gnos, E per tout ca 



mi 



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E jus - cos as 



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pas - tres, 



Am-bo sous es 



cloch 



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Que, sus las ca 



la - dos, ne 



foou clic e 



cloc, clic e 



^1^ 



'E^EE3; 



t 



j: 



i^^ 



cloc die e 



cloc; Que ne 



foou clic 



cloc ! 



6RAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 



345 



3"* Couplet 



-firK9 



^z 



t=\: 



4=1=:t 



itrj 



i^ 



-»- 



IS#. 



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S'a- bian de p6 - ce - tos Ldou i'en dou - na - rian 



^^^^^^ 



3-^ 



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P^r fa las raou - be - tos A-n-a- quel bel e 



fan. 



0= 



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X 



I 



p=t- 



Me naou- tres sen paou - res, Dou- nen ie lou cor : 



p 



i^ 



X 



t=t 



"&. 



A - cos es I'ou - fran-do Que Dious ai-mo 



fort, ai - mo 



^ 



3= 



u 



t 






fort, ai - mo 



fort; Que Dious ai - mo 



fort. 



Autre Nodi pisotoois. 



1" CODPIET 







:1=:J?q 



Ai de- ci - dat de mounta sus moun ai, Per a-na vei-re Ta-cou- 







:•=*=* 



^ 



1 ^ 1 T 



N- — I- 



cha - do, Ai de - ci • dat de moun - ta sus moun ai Per a-na 

Fin. 




aiSiS^ 



t 



-N 1 



vei-re Te - fan que nai. 



Ie pour-ta - ren de bour-ras- 




ife 



jtiSii3z=:f 



— *- '-1HT~P~^^ — i,.-f-i^i^— „< — I K^q 




H 



se- tos, Un plen tou - pi de fa- ri - ne-tos, Un frou - ma- ge coum* un mour- 



t 



l^i=^^=3 



-N— T 



-■i N — ^ 1^ 



i—ji 



tie, Lou man-ja 



ren en coum* pa 



gnS. 



&S D.C. 



^6 



GBAMMAIRE LANOUEDOGIENNE. 



Couplet 



^fcs^g^^^^ 



En-vi - ta - ren la fen-no de Si - moun, Ambe sa sor-re la ta- 




X 



â– 4- K 



Li=:a- f -t; --^- t 



»~i); 



^:! — -^- 



i 



i— B — I— ^^■ 



yu - so, En - vi - ta- ren la fen - no de Si- moan, Per pre - ne 

Fix. 






?^rr:^=rr=lZI| 



"f- 



_ ^. 



m 



t 



par a- n- a -quel re - ga-gnoun. Car es nas - cut dins un es- 




g^^^g^ 



1: 



V-J^ 



■IT — H — t 



5: 



]^:^-\;iz:zn 



:i^ 



5=t=t;a 



ta-ble A-quel Dioussou qu'es tant ai-ma-ple, Mes es nas - cut pla paouro- 




men, san bra-gue 



to, ni san bai 



len. 



SS D.C. 



Traduction en frangais. 

I" Couplet 

J'ai decide de monter sur mon ane 
Pour aller voir raccouch<^e. 
J'ai decide de monler sur mon ^ne 
Pour aller voir Tenfant qui nait. 
Nous lui porterons des cache-maillots, 
Un plein pot de bouillie de mals , 
Un fromage comme un mortier. 
Nous le mangerons en compagnie. 

2"* Couplet 

Nous inviterons la femme de Simon 
Avec sa soeur la couturi^re. 
Nous inviterons la femme de Simon. 
Pour prendre part h ce r^veillon. 
Car il est n^ dans une Stable, 
Ce petit Dieu qui est si aimable 
Mais il est n^ si pauvrement, 
Sans couches et sans langes t 

Etc. 



QRAMMAIRE LANGUBDOGIENNK. 



347 



CHANSON 



I" Couplet 



1^ 






La fi -yo de Bel-tran, La ii - yo de Bel-tran, Di - sou que la ma- 



pi^^lplii^l^^^ 



tirrt: 



ri-dou Se la ma - ri-dou La ma - ri-dou yon d'ai - ci ; La 



' \y — ^ ^- ■# — # — ^ — ^ ' — »■ 'J 



raa- ri-dou tan jou- ve Que se sap pas ves - ti. 



2"» Couplet 



I 



i-^ 



^— *r~N— N-- 



iE;33^£^-Eg 



-^— ^r--^- 



K— N-~N 



4-^-1 



;?: 



-K- 







La prenou per la man, La prenou p6r la man, La me - nou a la 



T=i-::^=:iL:itrL 



\==H=W- 



^=(?: 



■^ — ^— #■ 



f^rj^: 



— •■ 



lESEi 



glei- so. 



No-bio, no - bie-to A-ban - sasunpaoulou pas; La 



I 



^^^^mi 



^M^m 



Mes - so se - ro di - cho. Vous es - pou - sa - roou pas I 




3"« Couplet 



U 



La prenou per la man, La prenou per la man, La me - nou a la 



-N-i 



$ 



I: 



4=:^ 



1^-r 



-i- — I- 






^— s- 



_IJ — I 



Jc: 



j=5ir: 



taoulo. 



De tant de mounde Que ve - ch^t a soun da - ban, La 



M- 






no- bio ver-gou -gnoa-so Man - chet pas que de pan. 



348 



GRAMMAIRB LANGUEDOCIENNE. 



4"» Couplet 



La prenou per la man. La prenou p^r la man, La mc-nou a la 



I 



i: 



^l^t 



r-^=s: 



:i=S 



•*»- 



dan-so. 



'^^ 



Dan-so que dan-so, En - tendio pas lou soun; Fa- 




f3:.^^^-g;i|^^:i£l 






I 



sio ri - re lou moun-de A - mai lous del viou - loun, etc. 



Traduction en frangais, 
1" Couplet 3"« Couplet 

La fille de Bertrand (bis)^ On J a prend par la main (bis) 

On dit qu'on la marie. On Famine a table. 

Si on la marie, De tant de monde 

On la marie loin d'ici ; Qu'elle vit devant elle, 

On la marie si jeune La fiancee, honteuse, 

Qu'elle ne sail pas s'habiller. Ne mangea que du pain. 



2"* Couplet 

On la prend par la main (bis) 
On Famine k T^glise. 
Fiancee, jeune fiancee, 
Pressez un peu le pas; 
La Messe sera dite. 
On ne vous mariera pas. 



4"* Couplet 

On la prend par la main (bis) 

On Tani^ne h la danse. 

Tout en dansant, 

F^lle n*entendait pas la musique, 

Faisait rire les gens, 

Et mftme les musiciens, etc. 



Dans le cinquieme couplet, on Tamene h la chambre. Mais il n'a 
jamais 6te chante devant nous pendant notre enfance : 

Maxima debetur ptiero reverentia. 

En sorte qu'il ne nous est pas possible de le donner au lecteur. 

1. La chanson ne dit pas Rt'Urdn. ]Mais, comme il s'agit d'un nom de famille 
tres honorablement represente encore a Pozenas, nous avojis cm devoir y substituer 
le nom baptismal de Beltrdn, tres repandu d'ailleurs et qui ne donne lieu a aucune 
allusion. 



TABLE DES MATlfiRES 



Pages. 
Alphabet et prononciation des let- 

tres 1 

Rencontre des voyelles au contact 

des mots 4 

Rencontre des consonncs avec les 
Tovelles et les consonnes au con- 

tact des mots . . 8 

Prononciation des mots termines 

en b, p, c, q, g, d, t et ch de- 

vant les voyelles et les consonnes . 8 

Prononciation des mots termines 

en i, I, m, n, r, 8 devant les 

voyelles et les consonnes 10 

Remarques sur I's final 11 

Prononciation des diphtongues 13 

Explications sur Taccentuation 14 

Exemplcs pour les accents 15 

De I'accent i I'infinitif des verbes. . 19 
Orthographe et prononciation ge- 
nerate 22 

H initial muet 23 

BetV 24 

C(K)g, ~ 8(Z)8S 28 

BG, BS, PS, Z 29 

GT,GG,ZG 29 

B. P, D, T 30 

a, J â–  30 

C^mbinaisons de G avec N 31 

F, ILL. M, N 82 

P, Q. U m 

R 84 

Des parties du discours 34 

Del' Article 35 

Des Noms substantifs 37 



PagM, 

Formation du pluriel 37 

Distinction des genres 39 

Exercices 41 

Des Noms adjectifs 43 

Formation du feminin 44 

Augmentatifs et Dirainutifs 45 

Degr^s de signification 46 

Exercices 48 

Des noms de nombres ou adjectifs 

numeraux 50 

Exercices 53 

Du Pronom 54 

Pronoms personnels 55 

Pronom personnel reflechi 56 

Exercices 58 

Pronoms possessifs 59 

Exercices 61 

Pronoms demonstratifs 62 

Pronoms relatifs 63 

Exercices 64 

Pronoms ind^termin^s 66 

Pronoms EN et Y 69 

Exercices 70 

Du Verbe 71 

Verbes auxiliaires 72 

Verbe auxiliaire £tre en cinq Ian- 

gues 74 

Verbe auxiliaire Avoir en cinq 

langues 80 

Exercices 86 

Verbes Actifs. — Premiere conju- 
gaison en A. Verbe Aim^, Ai- 
mer 89 

Verbe irr^gulier Ana, Aller 104 



350 



GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 



Exercices 104 

Deuxi^me conjugaison en E 107 

Conjugaison des verbes types BA- 

tre et T6iie .' 109 

Verbes ayant plusieurs formes de 

radical 118 

Verbes irreguliers 125 

Exercices 135 

Troisi^ine conjugaison en 1 139 

Verbe Sard, repriaer 140 

Verbes passifs 149 

Verbes neutres 150 

Verbes pronominaux 158 

Verbes refl^chis & deux pronoms. . 161 

Verbes interrogatifs 172 

Verbes d6fectueux 177 

Verbes impersonnels 179 

Du Participe 183 

De rAdverbe 190 

Exercices 194 

De la Preposition 196 

Exercices 201 

De la Conjonction 202 

Exercices 205 



De rinterjection 207 

Ponctuation, accents et signes di- 
vers 208 

Syntaxe. Article 209 

Substantif 210 

Adjectif, Pronoin 212 

Verbe 214 

Participe 216 

Adverbe 217 

Proposition 218 

Conjonction 2:20 

Interrogation 221 

Nostre-Segne a Coucoumio, conte 

de jous la chemigndiro 235 

Lou moulignd, soun efan e soun 

Ase. FAblo 280 

Glossaire contenant les mots les 
plus usuels parmi ceux qui n'ont 
point passe dans le francais ou 
dont le sens difT^re dans les deux 

langues 237 

Noel populaire piscdnois 343 

Autre Noel populaire piscOnois 345 

Chanson 347 



Toulouse, Imp. Douladoure-Privat, rue St-Rome, 39. — 7854