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GRAM MAI RE
LANGUEDOCIENNE
DIALECTE DE PfiZENAS
PAR
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IMPRIMEllIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT
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^ N \
A Bedarieux, le 12 juillet 1899.
Cher Monsieur,
Les bandes noires qui entourent mon papier seront
aupr^s de vous mon excuse pour le retard que j'ai mis k
vous parler de voire Gramraaire roraano-piscenoise. Com-
ment aurais-je pu, quand j'avais I'ftme si profondement
emue par la mort de mon neveu, me permettre de disser-
ter avec vous sur un sujel exclusivement litteraire?
Et cependant je ne veux pas larder davanlage k vous
remercier de m'avoir mis dans les mains les bonnes
feuilles de voire long* et important travail. Je m^^tais dit
souvent qu'il serait utile d'avoir ainsi le moyen de fixer,
pour I'avenir, Fetal actuel de noire dialecle dioc^sain. Ce
n'esl sans doule pas une ceuvre ais^e, parce que nos cinq
diocises anciens cohservent encore aujourd'hui , dans
ridiome populaire, k cdte de ressemblances Ir^s nombreu-
ses, des differences qui ne le sont pas moins« De ville a
ville, de village k village, on pourrail presque dire de
hameau a hameau, il y a des nuances de vocabulaire, de
prononciation, de signification, qui, an premier abord,
deconcerlent les observaleurs superficiels, et leur dissi-
mulent cetle veril^ que, sous loules ces varieles de dia-
lecles parliculiers, il y a une langue commune, riche,
VI
puissante, flexible, dont il serait precieux de retrouver
tout I'organisme el d'enumerer tous les membres, en
indiquant I'eraploi et la valeur de chacun d'entre eiix!
D^s que j'ai eu voire Gvammaire sous les yeux, je me
suis rendu comple que, dans voire pieux d^sir de laisser
au preniiier de vos pelits-fils un souvenir du lang-age
familier encore parle aulour de son berceau, vous aviez
rempli, au moins en ce qui regarde la ville et les environs
de P^zenas, le plan dont la vague esquisse s^etait souvenl
presentee h. ma pensee pour tout noire Roman-meridional.
Appuye sur les vieilles traditions des grammairiens,
vous avez, sans hesiter, traite noire « patois » comme le
grec ou le latin. Vous 6les alle a la recherche de toutes
les c( parlies du discours », el vous ne vous 6tes repose
qu'apr^s avoir exhume de dessous beaucoup de poussi^re
et d'oubli loules les formes de nos Articles, de nos Subs-
lanlifs^ de nos Adjeclifs avec leurs Genres, leurs Nombres
el leurs Gas. — Puis sonl venues les trois grandes fa-
milies des Verbes avec leur conjugaison sp^ciale. Enfin,
la Svnlaxe a couronne voire travail, line sorle de Die-
tionnaire abreg^, precede par quelques exemples de the-
mes el de versions, choisis avec discernement, termine
voire ouvrage el permel de conlr6ler, par des observa-
tions quolidiennes, les resultats auxquels vous eles par-
venu.
Ges resultats sonl-ils, tous et chacun, ce que vous
croyez; vos etymologies, voire « phonelique », voire
(( morphologic » nc seronl-elles pas disculees el conles-
tees par les savanls? Je n'ose pas vous assurer que per-
sonne ne vous conlredira. Mais, pour moi, dans ma tr^s
petite competence, vous avez fail une oeuvre tr^s serieuse.
VII
tr&s utile, importante par ce qu'elle determine avec certi-
tude, plus importante peut-etre par I'impulsion qu'elle
donnera, par les travaux qu'elle provoquera, par les
etudes dont elle sera Toccasion et le point de depart.
Agreez done, Cher Monsieur, mes compliments, el
croyez-moi, je vous prie,
Votre serviteur reconnaissant et respcctueux,
f Fr. MaRIE-AnATOLE de GABRlilRES,
Eveqae de Montpellier.
Monsieur E. Mdzuc, Roqiielune, pres Pezenas.
A MON PETIT-FILS
ARMAND DE VASSAL DE LA BARDE
Mon cher Armand, je te dedie cet ouvrage de ma vieillesse, fruit
des observations d'une vie entifere. J'avais a peine ton 4ge quand
m'est venue I'idSe de rechercher, de reunir et de codifier les regies
de cette belle langue d'Oc qu'ont parlee mes a'ieux, qui furent aussi
les tiena, et que certains ont ose appeler un Patois * I Dans ma pre-
miere jeunesse, I'esprit de suite indispensable pour les travaux mi-
nutieux auxquels j'ai dft me livrer m'eut fait defaut, et si je m'y suis
tardivement attache, Dieu m'a accorde le temps d'en venir k bout.
Les materiaux, p^niblement coordonnSs, ont 6te utilises; il ne restait
.qu'a les livrer a I'impression sous la forme synthetique de Gram-
maire, ce qui est en voie d'accomplissement.
Je doute qu'un tel livre existe dej&, et assur^ment il n'en e^t pas a
ma connaissance. II y a, il est vrai, des dictionnaires sp^ciaux a cer-
tains idiomes languedociens. Je n'ai pas voulu les consulter tout
d'abord, craignant que mon esprit vou6, a Texclusion de tout autre,
1. L'Acad^mie definit ainsi le Patois : Langage rustique, grossier comme est
celui d'un paysan ou du has peuple. — £t Ton applique cela k la langue d'Oc, ne
sc doutant pas qu'alors que la docte Assemblee ecrivait ces lignes, qnelques annees
avant la Revolution, dix millions de citoyens frangais, grands seigneurs, nobles,
bourgeois et vilains, savants et predicateurs, parlaient dans leur int^rieur et en
chaire cette harmonieuse langue Mdridionale d'ou, insensiblement, est sorti le fran-
cais qui, avant le treizieme siecle, ne fut lui-meme qu'un patois, c'est^^-dfre une
langue corrompue, jusqu'& I'epoque glorieuse oi!i les ecrivains poetes et pfosateurs
des soizieme et dix-septierae siecles en firent ce qu'elle etait encore nagu^re sous la
plume et sur les levres de Chateaubriand, Lamartine, Kavignan et Berrfer, la plus
noble et la plus riclie langue du monde.
X A MON PEVIT-FILS.
au parler de Pezenas, ma ville natale et la tienne, ne s'impregnat
involontairement d'idSes, de tournures et d'expressions qui lui sont
etrangeres.
J'ai done ete oblige, pour ne pas m'egarer dans un inextricable
dedale, de me renfermer scrupuleusement dans cet idiome Piscenois
auquel j'ai du m'attacher de preference parce que : 1° il m'a toujours
paru etre Texpression d'une langue plus nette, plus correcte et plus
simple, s'eloignant egalement de la rudesse Toulousaine, Gasconne
et snrtout Arifegeoise et de la mignardise Montpellieraine; — 2^ c'est
celui que je connais le mieux, Tayant pratiqu6 d6s ma plus tendre
enfance. Aussi ma predilection, fut-elle suspecte, me sera aisement
pardonnee, surtout apres une lecture attentive de mon oeuvre et la
comparaison avec les autres Dialectes.
Le notre s'elolgne du latin en ce que les terminaisons feminines,
au lieu d'ftlre en a comme dans cette langue, sont en o. La meme
chose a lieu, du reste, dans la Provence enti^re, le haut et le bas
Languedoc, la Gascogne, la Guyenne, le Perigord et le Quercy. Mais
cela change a quelques kilometres a Test et au nord de notre ville,
au delk de TH^rault, ou commence le Diocese de Monlpellier, et au
dc*li de la petite riviere de Boynes, ou commence le Diocese de
Lodfeve. Dans ces deux circonscriptions, devenues des Arrondisse-
ments, les terminaisons feminines sont en a, comme en latin, en
italien et en espagnol. J'attribuerai volontiers cette anomalie a la
longue occupation du territoire de Montpellier par les rois d'Aragon
et de Mayorque, mais je n'ai point a discutcr cette question. A quel-
ques lieues a Test de Montpellier, les terminaisons en o reprennent
jusqu'a la fronti^re italienne.
L'origine de notre langue d'Oc est done surtout latine. La plupart
de ses mots derivent du latin ; tres peu viennent du grec, introduits
sans doute par les colonies phoc6ennes d'Agde ('Ay^H)-* ^^ Mar-
seille, etc. Quant aux nombreux vocables scientiliques ou techniques
tir6s du grec, ils sont d'importation recente et n*ont jamais preexiste
a la langue d'Oc ni, a plus forte raison, au latin.
Les autres mots, en nombre assez respectable, sont des legs des
langues primitives, Ibere, Celte etGermanique, ces derniers apport^s
par les Goths. Les Arabes, n'ayant fait que passer, n'ont rien laisse.
Je te parlais tout a Theure de la netlete et de la simplicite de
notre langue. Tu pourras juger, en etudiaut notamment les Verbes,
de la logique et de la precision qui s'y fout admirer.
A MOX PEIIT-FJLS. Xl
Trois conjugaisons seulement : une en a, une en e faible et la troi-
sifeme en i. La premiere et la troisieme possedent chacune une forme
unique et n'ont point, k proprement parler, d'irregularites. La seconde
aflfecte principalement deux types ; les verbes irreguliers y sonl en
petit nombre comparativement avec le francais, Tanglais, la plus
simple des langues, qui en compte environ deux cents, et I'allemand
pour qui ce nombre doit etre double.
Les Verbes ont conserve, dans la conjugaison, Failure latine, se
conjuguant sans pronom personnel, avec une forme speciale pour
chaque personne. Mais la voix Passive diff^re essentiellement, re-
duite qu'elle est au Participe passe precede partout de TAuxiliaire
6strej en sorte qu'elle n'a point de temps simples.
Nous avons aussi laisse de cole le Verbe Deponent latin, de meme
que la voix Moyenne des grecs, formes hybrides et encombrantes.
Les inversions, qui rendent si difficile la langue latine, sont rares
chez nous, rafime dans la poesie.
L'adjonction de TArticle, qui rend invariables dans leurs cas nos
Substantifs et nos Adjectifs, a coutribu6 a en simplifier la Decli-
naison.
En fait de Genres, nous nous passons fort ais6ment du Neutre,
ainsi que du Duel grec en fait de Nombres.
Quant h la Syntaxe, elle est a peu pres celle que nous a empruntee
la langue frangaise avec la plupart de ses mots et une partie notable
de ses locutions. La suppression des inversions la rend, de son cote,
infiniment plus facile que ne Test la Syntaxe latine.
Quelques mots seulement sur les methodes que j'ai adopt6es pour
TAccentuation et TOrthographe. Je pr6vois, i cet egard, la contra-
diction, si mon livre est lu, attendant avec confiance le r^sultat de
cette 6preuve.
J'emploie, comme les Italiens et les Espagnols, Taccent aigu sur
les Voyelles longues. Pour les e ouverts seuls, j'ai deux signes :
Taccent grave sur les breves et Taccent circonflexe sur les longues.
Au sujet de la prononciation, je ne parlerai ici que de Vou et de
Vy. Le latin, comme Tespagnol et Titalien, n'a qu'un son unique
pour Vu, c'est le ou francais. L'Ecole de Montpellier et du Sud-Est
admet deux sons pour Vu : eu, apr^s les Consonnes et au commen-
cement des mots, et ou, apres les Voyelles. L'Ecole Toulousaine et
du Sud-Ouest, plus consequente, n'en admet qu'un, celui de Vu fran-
Cais que nous prononcons eu. Elle represente le son ou par deu)^
XII A MON PETIT-FILS.
signes : o, u, comme Ta fait, a son tour, le francais. J'ai pr^f&re
cette m^thode; aussi ecrirai-je, comme dans le Sud-Oiiest : rdoiibo
robe, leouno lierre, miouno mienne, Imkm boeiif, cuoii cul, que Ton
ecrit a Montpellier : rduba, Idtina, bidu, cuu, et qu'on prononce
comme nous, sauf la tinale feminine.
Toute difficult^ aurait disparu s'il m'eut ete permis d'employer^
pour rendre la Voyelle oti, au lieu de deux signes, le 8 (ou) des
Grecs; mais j'ai recule devant une telle innovation qui nous eut
cependant permis, k tous, d'^crire vdHbo, le^no, 7ni&no, bioti, cf'*^!
II existe, en outre, une singuliere anomalie dans T^criture a Mont-
pellier et, sans doute, dans le Sud-Est ; au lieu d'ecrire, d'apres
leur systeme, Diu Dieu, miuna mienne, abriu avril, viu ruisseau,
escriure ecrire, viu vif. ciiitat cite, Roumiu, Romieu, Matiu Ma-
thieu, etc., etc., ils ^crivent : Di4u, mUu^ia, abrieu, rUu, escrietire,
vUu, ciiutat, Roumidu, Matidu, etc., etc. Je me demande quel role
vient jouer ici cet ^/
Dans la traduction des mots latins filia, familia, etc., j*ai prefere
employer Yy (qui existe parfaitement dans Talphabet languedocien,
car il le tient du latin) pour rendre la syllabe li, et j'ecris. comme je
prononce : fiyo, famiyo, tandis que TEcole Montpellieraine — qui,
du reste, prononce, sauf les finales, absolument comme nous, — tra-
duit li par Ih (ce qui n*a rien de latin) et 6crit : filha, familha. Or,
ce qui serait admissible k Toulouse, ou Ton prononce : fillo, famillo,
mouilles, ne devrait pas T^tre a Montpellier, ou Ton prononce fiya,
famiya, non mouiil6s, ainsi qu'i Pezenas.
J'ai aussi completement repudi6 le trema, d'invention francaise,
par exemple, dans les mots : di hair, traino traine, ccCin grognon, etc.,
et le remplace par un accent aigu, signe de la tonique et de la lon-
gue : ai, traino, cain,
Je ne dirai rien de la Poesie, dont les regies ne me semblent pas a
Tabri de la discussion. Le plus grand nombre des Philologues admet
la rime que d'autres jugent inutile. II faut reconnaitre que la sono-
rite de notre langue, admirablement servie par les accents, comme
le latin, permet de se contenter de la Mesure, en sorte que, autant
le Vers blanc est insipide, absurde et ridicule en francais, autant
il pent s'accommoder a la langue d'Oc; mais je lui prefere incontes-
tablement la rime. Les hiatus, que repudient notre langage et notre
prose ecrite, pourraient, a la rigueur, se tolerer dans nos vers, grace
a la vivacite avec laquelle se precipitent nos voyelies breves.
A MON PETIT-FILS. XIII
Comme je le disais tantot, je n'ai jamais connu I'existence d*une
Grammaire Languedocienne d'aueun dialecte : ce qui te fera appr6-
cier le travail considerable et le deploiement de sagacit6 auxquels
j'ai du me livrer pour celle-ci, force que j'etais de la creer de toutes
pieces. Les faiseurs de Grammaires — je ne les appellerai pas Gram-
mairiens — se succedent sans qu'il leur en coute d'h6roiques efforts,
chacun travaillant d'aprfes ses predecesseurs, ajoutant par-ci, suppri-
mant par-la, changeant beaucoup de noms, — - surtout beaucoup
d'exemples, — et modifiant a peu prfes partout, sans autre motif que
celui de d6guiser leurs emprunts. Le veritable travail a et6 pour le
Premier, le cr^ateur de la Grammaire, et pour si 61oignS que soit
de nous son souvenir, entierement perdu d'ailleurs, — car le vene-
rable Lbomond a et6 pr6cede de bien d'autres, — nous ne lui devons
pas moins d'admiration et de reconnaissance.
Si nous avons des continuateurs, et il est permis de Tesperer, en
considerant combien I'attention universelle, mftme et surtout au fond
de TAllemagne, est aujourd'hui orientee vers T^tude des langues de
nos devanciers. ils feront incontestablement mieux.
Mais, helas! c'est peut-6tre un r6ve! La langue d'Oc revivra-t-elle?
II faudrait pour cela qu'elle ne fut pas, comme sa Royale fiUe, notre
belle langue fran^aise du dix-huitieme siecle, menac6e par les perfec-
tionnements dits modernes qui, petit a petit, la dissolvent et la cor-
rompent.
Les premieres attaques ont 6te dirigfies contre TOrthographe de
Boileau et de Voltaire. De nos jours, le laisser-aller et le culte du
travail facile ont fait de la forme poetique une veritable parodie.
A part la plaie funeste des neologismes, des expressions baroques et
superlatives, renversant tout ordre grammatical, d'autres atteintes,
plus graves s'il est possible, suivront, aux applaudissements de TEu-
rope, autrefois jalouse et maintenant satisfaite, jusqu'a Taneantisse-
ment final.
Les Decadents ont bien choivsi leur nomt c*est la decadence qu'ils
invoquent : c'est la MORT qu'ils ameneront. De meme que la bicy-
clette est en voie d'evincer le noble coursier, de m^me le style 1616-
graphique, deja triomphant sur toute la ligne. donnera le coup de
grace... a moins qu'un signal providentiel de reaction, parti des
sommets litteraires, ne soit bientot donne et courageusement suivi.
Je parle peu de notre bonne ville de Pezenas, me bornant a faire
allusion k quelques f^tes locales qui la distinguent et dont plusieurs,
XIV A.MOX PeTIT-PILS.
telles que Carit&ch et la danse des trdyos lui soiit communes
avec Beziers, son antique rivale. J'aurais voulu dire un mot sur nos
origines bien anterieures a Toccupation Romaine, comptant pour
cela fair^ appel k une vieille Iiistoire de Pez^nas ecrite. je crois, au
dix-septieme siecle par Poncet, mais il ne m'a pas ete possible de
me procurer ce manuscrit.
P^zenas a et6 longtemps un centre Intellectuel. Si j'en crois le dire
d'un contemporain Biterrois, il n'3^ avait a B6ziers, en 1835, qu'un
libraire; encore nVt-il pas amass^ des millions! Les choses ont bien
change ! Beziers, mettant a profit, depuis soixante ans, un accroisse-
ment et une prosperite inouis, est devenu une ville d'erudits, d'ar-
tistes et de lettres. Si Ton y mange toujouis bien, on y pense et on y
travaille encore mieux. II possede une florissante Society Arch6olo-
gique, fondee en 1834, figurant au premier rang avec les plus savan-
tes de France, une Societe des Sciences Naturelles, une Societe des
Beaux-Arts, un riche Musee et une Chambre Musicale.
II ne me reste plus rien i te dire de mon livre, modeste monument
que j'ai voulu, avant de disparaitre, 61ever a la memoire de ma lan-
gue maternelle. Je n'ai qu*une derniere constatation k faire : Boileau
a dit :
Le latin, dans les mots, brave I'honndtete,
Mais le lecteur fran^ais vent §tre respecte.
Si j'ai introduit dans mon Glossaire et dans quelques enumera-
tions de la Grammaire certains mots que semble r^prouver le fran-
gais de nos jours, je n'ai jamais manque de respect ni au lecteur
frangais, ni aux bonnes moeurs, ni surtout a la Religion, ne faisant
que suivre I'exemple de J.-B. Favhe, cio'dt de Celandvu, et d'autres
ecrivains bas-Languedociens, s»ans toutefois imiter certains de leurs
exces.
A Roquelune, par Pezenas, iS mai 1899.
ERRATA
Le lecteur est instamment prie de vouloir bien faire, sur le texte de Touvrage, et
prealablemcnt A toute lecture, les rectifications indiqiiees par le present Errata.
Page
12,
ligne
6.
au lieu de :
Vaigo
—
21,
—
5,
istriofoi
—
29,
—
12,
—
balbuci'a
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—
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faire
lisez : VAigo
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— miyemo
— miyouns
— per
— mas
— toun ton
— aquel
— diga{synous
— chncun
— doumaiselos
— sai
— miyoii
— tals e tals^
— sai
— que tengu ou
— lous
— t'en
— s'enand
— indirect
— vengueros'ti f
— aga^fyn
— touchoiir
— pas servi
— point alle
— ou
— sur Vu
— faire
XVI
Page
228,
ligne
16.
au lieu de :
pode
—
228.
—
19.
-r
Ana vouD !
—
228,
—
19.
A ben
—
228,
—
32,
poutachd
—
228.
—
33,
bouidariooii
—
229,
—
20,
Caouque
—
229,
—
22,
Aurias
—
230,
—
5.'
aoutre
—
230,
—
2^>,
vend re
—
231,
—
8,
fa; re
—
2ai,
—
2JJ,
I'atrapou
—
234,
—
3.
monta
—
242.
—
3,
d'aoiico
—
243.
—
3.
ardifer
~—
248,
—
24,
Bisc^
—
262,
—
4,
Gougnat
—
264,
—
2,
talipd
•—
268,
—
28.
Dental
—
278,
—
31,
—
Espillo
—
285,
—
13,
coutrdlado
—
291,
—
30,
adv.
-—
294.
—
5,
Joubentiit
—
317,
—
2,
Porcarid
—
319,
—
9,
Cdire
—
324,
—
19.
fro tin
—
324,
—
19.
repetassat're
—
329,
—
27,
• ^^BB
Servici&lo
—
3Ji4,
—
32,
tessio
—
3:37,
—
r».
pdoutrt
—
3137,
—
34.
perdre
—
337,
—
39,
Erbo
—
338,
—
7,
Treyos
lisez : p6de
— Anas-vou'n?
Aben
— poutach^,
— bouidari6oii
Caouque
Aourias
— aoutre
— vendre
— faire
— Tatrdpou
— mounta
— d*douco
— ardifer
— BiscA
— Gougnat
— talipo
— DenUl
— Espillo
— couiralddo
— sm.
— Jouventikt
— Pourcarid
— Cdire,
— froun
— repetassdire
— S6rvici&lo
— tessio
— paoHtrt
— perdre
— l^rho
— Treyos
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE
DIALEGTE DE PfiZENAS
ALPHABET ET PRONONGIATION DES LETTRES.
A se prononce comme en frangais : amant.
B, comme en frangais. On le prononce quelquefois P : republico,
prononcez repuplico; estdble, prononcez estdple.
C, Q^ comme en frangais devant a, e, i, o, u, ou. — Exemples : car-
roto carotte, cdrcd chercher, cidoido engelure, cordo corde,
curat cur6, cournudo cuvier. Le Q remplace dans certains cas
1*5 dur et les ss, et reciproquement.
CH se prononce comme le ch espagnol devant toutes les voyelles :
chaMl cheval, licMt b^che, chinouds chinois, mdy^cho mar-
che, hichut coquillage, plochous pluvieux.
D, comme en francais.
fi, fi, comme en frangais. — Exemples : houUl mollet, 7ndl miel.
F, comme en frangais.
G, mfime son que CH devant e et i : gemi gemir, ginoiil genou,
prononcez : chetni, chinoiiL II est dur, comme en frangais,
devant a. o, u, ou : gastd giiter, Margdt nom de la pie,
Aougusto Auguste, goiirgo mare. Quand il est suivi d'un u,
2 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
devant e et i, il devient dur comme devant les autres voyeltes,
de m^me qu'en francais*.
H n'est jamais aspire. Quand il n'est pas au commencement des
mots, il est ordinairement precede du c; cette combinaison
produit le son ch dont nous avons parl6, etranger a la langue
frangaise. On ne Temploie seul que dans les derives du latin :
h67ne homme, hdrre horrible, hounesle honn^te. Dans ce cas,
il est reellement muet.
I, comme en frangais dans ivre, ravissant, Henri: mais jamais nasal
comme dans iagrat, dauphin; il doit se prononcer comme
dans matine, dauphine, image.
J se comporte comme G, mais il n'est jamais dur, et se prononce
ordinairement ch et quelquefois z devant toutes les voyelles.
K, comme en frangais; s'emploie seulement dans les vocables mo-
dernes tires du grec : hilomdstre, kilogiximo,
L, comme en frangais. Les 11 mouilles se changent en y,
M, comme en francais.
N, comme en francais dans le mot naine, qu'il soit initial, median
ou final, mais jamais nasal comme dans fin, chemin, ronce.
GN, combinaison frangaise que nous employons comme consonne
de preference au signe espagnol -, trop en dehors de nos
usages.
0, comme en frangais, comedie, mais jamais ferme comme dans apo-
tre, Pentecote : 6g7^e ogre, escaldio echalote.
P, comme en frangais. Le son du P se donne souvent au B, ainsi que
nous Tavons dit, notamment dans les derives des terminaisons
latines en bilis, htilum, etc. — Exemples : noble, de nobilis;
aimdble, de amabilis; estcible, do stabulum; prononcez : n6'
pie, aimdplc, estaple.
Q est, comme en franrais, toujours suivi de u : quicdn quelque
chose, cdouqtie quelque, couqui coquin, qiiidch cuit, quioul
cul.
1. O suivi de L so prononce ^/, comme en frangais dans glaco, angle, reglisse.
Quelquefois, cependant, on le prononce cl: ainsi : reglo (de regula), regie, se dit
reolo. Les verbes regld, ro^'ler; reglaadi, glaner; (jloucl (de glocire), glousser, se
prononcent rechi, recintn't, cloucf. Ce dernier s'est forme de clor'fco, poule-mere.
Les mots francais glas, aij^^le, (jlaire se traduisont par clns, eclo (do aquila), cldrio.
Certains m^ridionaux, niAme lettres, disent, dans leur fran<;ais, recler pour regler,
ouplie pour oublie, etc.
GRAMMAIRE LANGUEDOCtENNE!. S
R, coinme en francais : ?'ast^l rAteau, tardid tardif, candr canard.
S, comme en francais, tantot doux comme dans ddsir, tantOt dur
comma dans s^rie : dse ane, sdrdo sardine. L's final se
supprime souvent dans la prononciation quand le mot suivant
commence par certaines consonnes.
T, comme en francais, mats toujours sonore a la fin des mots, comme
dans chatte, petite, sabaot. — Exemples : 7^at, cat chat,
rnoustachiU moustachu. T ne se prononce jamais g, comme
dans le francais action, partiel, Miltiade.
U. Le son francais de Vu n'existe ni dans le dialecte PiscSnois. ni
dans ceux de la plupart des pays de bas-Languedoc jusqu'en
Provence. On le prononce comme Fu anglais dans cut, but,
church, ou comme la diphtongiie francaise eu dans heureux.
L'u suit souvent le g et le q devant a, e et i; dans les deux
cas, il est muet.
OU, voyelle, se prononce comme en francais dans couronne : cow-
7^ouno.
V. Prononcer toujours B. Le son francais du V n'existe pas en lan-
gue d'oc, pas plus qu'en espagnol. II s'emploie, en ecrivant,
dans les d6riv6s des mots latins renfermant un v : veritdt,
vaUn, vido, rividiro; prononcez : beritdt , bal^n, hido,
rihidiro.
X, comme en francais, Equivalent a GS.
Y, consonne, se prononce comme dans le francais Bayonne. —
Exemples : j6yo jole, Trouydn Troyen, mayol jeune vigne,
couyotilo folle-avoine. Nous ne Temployons comme voyelle
que dans do rares mots emprunles au francais, entre autres
Tadverbe y : demouras-y restez-y, et mSme nous trouvons
preferable d'ecrire demouras-L
Z, comme en francais : s'emploie pour remplacer le g et le j dans
certains cas.
Les lettres de Talphabet sont voyelles ou consonnes. Nous comp-
tons six voyelles : a, e (ouvert et ferme), 1, o, u, ou. Cette dernifere,
bien que formee de deux signes, est une veritable voyelle donnant le
son de l'u latin, espagnol, italien et allemand^
1. Nous regrettons bien de n'avoir pas, coinme les Grecs, un signe particulier 8
pour notre voyelle ou.
4 GRAMMAIRB LAN6UED0CIENNE.
Les consonnes sont au nombre de vingt-trois : b, c, 9, ch, d, L
g, h, J^ k, 1, m, n, gn. p, q, r, s, t, v, x, 7, z. Ces vingt-trois con-
sonnes representent seulement dix-sept sons diflf^rents, Th 6tant
muet, le c dur, le k et le q ayant le m^me son, le ch et le j ayant
mSme so» devant toutes les voyelles, le z^ le mSme son que s doux^
V le m6me son que b, et g le meme son que s dur.
RENCONTRE DES VOYELLES AU CONTACT DES MOTS.
1. A la rencontre de deux mots, si le premier est un verbe, il n"y
a jamais d'elision; la voyelle finale du premier et la voyelle initiale
du second se font entendre. — Exemples :
fiblA a la miolo, siffler a la mule.
manchA e hioui^e, manger et boire.
pass& emperu)\ devenir empereur.
tournii incdro, revenir encore.
passA otdbre, passer octobre.
adouf^A un dioiis, adorer un dieu.
potirtA oumb7viche, porter ombrage.
v^ne Sibiourd, je viens abreuver.
t^ne escolo, tenir une ecole.
acdmpe ^rbos, je ramasse (des) herbes.
siaguere iniciat, je lus initie.
dise 6i, je dis oui.
amouss^re un lun, j'6teignis une lampe.
I'dime ouirndt, je Taime orne.
sou7*ti anfdl, sortir ainsi.
mouri esconrchdt, mourir 6corch6.
vesii tileno, habiller H^lene.
veni inconitd, venir incognito.
reculi or e arg&n, recueillir or et argent.
dessarci un ioou, delayer un (i?uf.
dourmi oubliddt, dormir oublie.
a
-a
a
-e
a
-^
a
-i
a
-0
a
-u
a
-ou
e
-a
e
-e
e
-^
e
•
-1
e
-0
e-
•u
6-
-ou
1-
a
â–
e
i-
^
i-
i
i-
i-
u
1 -
ou
GHAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
o- a andbo aban-t-dl, il allait avant lui.
o-e dro escoiil)idi7^e, il 6tait balayeur de rue.
o - ^ acampdbo 6rbos, il ramassait (des) herbes.
o-i (>ro infdmo, il 6tait enorme.
o-o ser6 h6rre, 11 sera horrible.
o-u n'aouri6 un sadoul, j'en aurais un sa6ul.
o-ou dro oubeissen, il etait obeissant.
ou-a siagudroxx assibaddch, lis furent battus.
ou-e vdlou escrioure, lis veulent ecrire.
ou-^ demdndou ^rmdnso, ils demandent Hermance.
ou-i rrf/ou issartd, elles veulent enter.
ou-o digiid7'OU 6i, ils dirent oui.
ou-u a'en anerou untch, ils s'en furent unis.
ou-ou pddou ou fdire, ils peuvent le faire.
II arrive sou vent qu'i la rencontre d'un verbe et du mot suivant
il y a elision, mais elle affecte, dans ce cas, I'jnitiale du second mot;
ainsi, on dira trivialement : il a attrape une culotte (il s'est enivr6)
o {a)gantdt la mounino, il est eclos o {e)spelit, elle est aimee ainsi
es aimddo {a)ntal, scier une planclie r^ssd {u)no pldncho, il 6tait
avant elle dro {ayban-t-^lo, j*en avals plein le dos n'abid (u)n
riille, etc.
2. Quand le premier mot n'est pas un verbe,
a final ne s'elide devant aucune voyelle * :
a -a coulA dirrengdt, collier (de cheval) arrange.
a-e es pla erouso, elle est bien heureuse.
a- 6 DoriA bro mort, Doria 6tait mort.
a-i de MalagA imitdt, du Malaga imite.
a-o lou VolgA o desplandt, le Volga a debord6.
a-u de rafiA usdt, du raphia use.
a-ou un operii OMbliddt, un opera oublie.
1. L'article fcminin fait exception : son a s'61ide toujours devant toutes les
â–¼oyclles : VAmo, TAme; Vego, la jument; VumanitAt, rhiimanitd.
GKAMMAIUE LANGUEDOCIENNE.
' e final s'elide devant les six vovelles :
e-a un honue) adrech, uu homme adroit.
e-e SiC) en anerou, ils s'en allerent.
e-6 l*ds{e} dro mart, Taiie etait mort.
e-i un honuc) ibroitgno, iin homme ivrogne.
e-o of'mtie) on p6(, ou on peut.
e-u es un honne) imd, c*est un homme use.
e-ou dmbye) ounou, avec honneur.
d louvert) final ne s'elide devant aucune voyelle :
^-a lou canday6 Brgentcit, le chandelier argente.
6-e I'ab^ es arribdf, Tabbe est arrive.
6-6 lou papi^ &ro gvis, le papier etait gris.
6-i lou caf6 irrito, le cafe irrite.
6-0 lou soiirci^ o ntentit, le sorcier a menti.
6-u un pagn^ xxsdl^ un panier use.
6 -ou lou couch^ ou dis, le cocher le dit.
i final ne s'elide devant aucune voyelle :
i-a un couqui acabdt, un coquin acheve.
i-e lou vi escampdt, le vin repandu.
i-6 lou medeci ^ro yon, le medecin etait loin.
i-i ten cJii ibrougyio, un chien ivre.
i-o lou cdrri o laouldt, le char a verse.
i-u lou cousi TJ ZC710, le cousin Eugene.
i-ou rdli, otinrhOy Thuile oint.
o final s'elide devant les autres voyelles :
o-a la fhj(o) aUndblo, la fille aimable.
o-e la porUo) es tancddo, la porte est fermee.
0-6 maddmio) Elcno, madame Helene.
o-i la fdnnid) idiolo, la femme idiote.
o-o la drolbo) o rasot'f, la petite a raison.
o-u la cdr(o) umido, la cave humide.
o-ou a la bounip) houro, a la bonne heure.
GRAMMA.IRE LANGUEDOCIENNE. 7
u, final, n'existe que dans les mots pit (pur), dh (dur), esck (obs-
cur), gu (gueux), Moussu (Monsieur), tu, contraction euphonique
de tus^ pronom personnel, et dans les mots utilises du fran^ais :
assidu, endividH, lustucru, ambigd, vdrta, incounu, etc. II ne
s'elide pas devant les voyelles. — Exemple : assidu al trabdl, la
vertn es aimdblo, etc.
ou final ne s'elide devant aucune voyelle • :
ou-a lou 7noutoXx abrigdt, le mouton abrite.
ou-e lou fatoix es vcngitt, le facteur est venu.
ou-6 lou bourgiioti ^ro pie, la ruche 6tait plefne.
ou-i est iou ouibcr, ete on hiyev.
ou-o lou boutoti o partita le boutou a saute.
ou-u un passeroti xxpnt, un moineau huppe.
ou-ou es proix onbrachOHS, cela exige assez de travail.
En resume, dans la rencontre de voyelles entre deux mots :
1<> Le premier mot etant un verbe, sa voyelle finale ne s'61ide
jamais ;
2^ Dans le cas ou le premier mot n'est pas un verbe,
S'elident : Np s'elident pas :
a final de I'article feminin. a final, excepte dans Tart. f6m.
e ferme final, devant les six d ouvert final.
voyelles. i final.
o final, devant les six voyelles. u final.
ou final de Tarticle imasculin. ou final, excepte dans Tart. masc.
Les diphtongues finales ne s'elident jamais h la rencontre de
voyelles ou d'autres diphtongues : Ai airndt j'ai aim6, sidi efidour-
mit je suis endormi, Vdou aoiisit ils Font entendu, lou boiii es
roustit le buy (oiseau) est roti, jjci aneren soupd ensuite nous alla-
mes souper, Vabidou ounchdt ils Tavaient oint, lou miou o cabussdt
le mien a plonge, etc.
1. Nous en excepterons Ic ou final de Tarticle masculin, qui sVlide devant toutes
les voyelles : V(ou) archichdou rarticbaut. V(ou) espdrgue I'asperge, V{ou) ih4r
riiiver, V{oii) Ocedn rOcean, l'{oti) tiniver runivers, l'{ou) oiirdge I'orage.
8 GKAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
RENCONTRE DES C0N60NNES AVEC LES VOYELLES ET LES CONSONNES
AU CONTACT DES MOTS.
Les consonnes finales se prononcent toujours a la rencontre de la
voyelle iniliale du mot suivant, mais il en est autrement a la ren-
^,. contre d'une autre consonne initiale.
*1. Les consonnes finales qui disparaissent dans la prononciation
au contact des autres consonnes sont les suivantes :
Les labiales B et P : Nabdb, Achdb, Aminaddb, baobab, nap
navet, galdp, escldp sabot, etc.
Les gutturales C, Q, G : Orchdc orgeat, plec pli, beCj tic, fide feu,
caluc niais, souc tronc, cinq, A gag, Gog, Magdg, etc.
Les dentales D, T : Arphaxdd, Berlhdud, rat, bouUt, petdt nour-
risson, emperit maladroit, pidt dindon, embut entonnoir, pdrtoift
partout.
L'aspiree GH : Mach male a petrir, frech froid, rech ruisseaux ,
dich dit, pidch pic, embuch entonnoirs, souch troncs.
Le C, le Q, le D et le T finaux ne se font point sentir dans certains
mots pris isol6raent, tels que : ton pave, cinq, blanc, verd, lourd,
quart, 7nort, fort, cqujH; mais ils se retrouvent, comme nous le
verrons dans les noms, au feminin : bianco, verdo, loiirdo, quarto,
morio, etc.
Ordinairement c'est le contraire qui a lieu, et ces finales, sauf Q
et D, se prononcent tres fortement : 2/tV, eric, croc, cat chat, pupvt
huppe (oiseau), pdrtoid partout. Le D final prend le son de sa
forte T. Le G final prend le son du K.
PRONONCIATION DES MOTS TERMINUS EN b, p, C, q, g, d, t ET Ch
DEVANT LES VOYELLES ET LES CONSONNES.
Devant les voyelles :
lou fide amoussdt, le feu eteint.
un nabdb es un riche, un nabab est un riche.
Arphaxdd tro pichdif) fil de Noiid, elait petit-fils de No6.
GRAMMAIUE LANGUEDOGIENNE. \f
A gag idouldtre, Agag idol^tre.
lou souc flanibat, le tronc a flambe.
un frdch nniversdl, un froid universel.
cinq houros, cinq heures.
un prat inounddt, un pr6 inonde.
Devant les consonnes :
Vescld{p) hatdt, le sabot garni.
loupi6{t) courvissid, le dindon courait.
lou ra{t) devowHs tout, le rat d^vore tout.
din{s) la ?na{ch) fdou lou pan, dans la male se fait le pain.
aqu^l calu{c) gvandis, ce cretin grandit.
lou pich6{t) Jang oulo, le petit se lamente.
Vorchd{c) lou noui^rls, Torgeat le nourrit.
cin{q) m^ses i-d, il y a cinq mois.
abdn fa(ch) mdgre, nous avons fait maigre.
lou bld{t) nianca7^6, le bl6 manquera.
aqu6l sou{c) nadard, ce tronc flottera.
un embi({() peressoOs, un entonnoir lent.
un pidich) qu*es ndou, un pic qui est 61eve.
tm gal6{p) i^apide, un galop rapide.
luu fre[ch) s*en to, le froid s'en va.
lou cro{c) Vagantard, le croc te saisira.
lou flo{c) vo soun trin, le feu marche bien.
2. Les consonnes suivantes, au contraire, se prononcent, au con-
tact des autres consonnes, entre deux mots :
L'aspiree F, les quatre liquides L, M, N, R, et la sifflante S.
(A cette derniere nous consacrerons plus loin des observations sp§-
ciales) : chdf, tuf, ganif canif; — fandl, grel bourgeon, coutdl
couteau, mil ma'is, col, ful feuillet, boul Ebullition; — Adam, Prim,
Olim (latin), Nahiim, Batoiim; — Ban, amdn, anfin enfln, Ledn,
fun fumee, poun poing ; — (N se prononce devant toutes les conson-
nes, sauf devant M) — a Vespdr a TEcart, dr air, quidi* cuir, dse
de cur as de coeilr, gour mare; — ras, espis fipais, lis le, anis,
calds trognon, Dious Dieu.
GRA.MMAIRE LASGOEDOClENNB.
PRONONCIATION DES MOTS TERMINUS EN f, 1, m, n, r, S,
DEVANT LES VOYELLBS ET LES CONSONNES.
Devanf les voyelles :
fandl alumdt, fanal allume.
lou chdf es arribdt, le chef est arrive.
Nahiim tVo proufHo, 'Nahum etait prophete.
un dv ignottrdt, un air inconnu.
un chdfunico, un chef unique.
n owndt, un corsage orn6.
Devant les consonnes :
I'oustdl brifllo, la raaison brfile.
un grel coupdl, un bourgeon coupe.
quidr cheveln, cuir chevelu.
lie tuf du, du tuf dur.
loupoun fermdt, le poing fermfi.
lou fandl guido, le phare guide.
Prim, geno'dl espagndl.
un can jouijous, un chant joyeus.
loti chabdl Idouro, le cheval laboure.
ollm, mot lad; olim, mot latin.
aqut!l n'o pa{s) 7'es, celul-Ia n'a rien.
Bafoiim, por{t) de mdr; Batoum, port de mer.
Ion chifque s'amdgo, le chef qui se cache.
coutcl rousbjdt, couteau rouille.
Leon s'es blassdt, L^on s'est bless^.
lou ganiftdyo, le canif coupe.
Les Elisions de voyelles et de consonnes sont tres communes et
s'accumnlent quelquefois en si grand nombre qu'elles rendent notre
langue presque inintelligible aux strangers; ainsi : anen nous en
alJons-nous-en, se prononce anen nou(s) (e)n, anen noi'm; ana(s)
rww(s) {e)n allez-vous-en, fait anabdun. On sacrifie mSme k I'eu-
plionie plusieurs lettres, voyelles et consonnes, finales dans un mol
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNK. 11
ou iniliales dans I'autre. — Exemple : tr{es) ou qudtre jours, pro-
noncez trou qicdtre jours.
REMARQUES SUR L'S FINAL.
La prononciation on la suppression de la consonne s a la fin des
mots offrent certaines particularites que nous devons signaler. Nous
avons dit, a Toccasion de Talphabet, qu'on ne la prononce pas quand
le mot suivant commence par certaines consonnes; ainsi :
1. Les adverbes ches rien, pas ches point, pas pas, pus davan-
tage, 7^6$, pas res rien, et autres, perdent le son de leurs 8 finales
devant toute consonne autre que c, q, s, t, et se prononcent corame
suit : es pa(s) handdt il n'est pas ivre, rVio pa(s) ches il n'y en a
point, I'd pais) che(s) dliomes il n'y a point d'hommes, es pa{s)
doumdge ce n'est pas dommage, n*ai po(s) pus je n'en ai plus, o
pa{s) pu{s) d'argen il n'a plus d'argent, sou pa{s) fiers ils ne sent
pas flers, n'i-d pa{s) gdwe il n'y en a gu^re, sds pa(s) laougeiros
vous n'^tes pas leg^res, es pa{s) midu ce n'est pas meilleur, es pa{s)
miou ce n'est pas mien, es pa{s) na^cut il n'est pas n6, Vai pa{s)
raouhdt je ne Tai pas vol6, ai pa{s) re(s) fach je n'ai rien fait, ai
pa{s) re(s) dich je n*ai rien dit, etc.
2. Ges mdmes mots conservent le son de leur 8 final devant les
voyelles, les diphtongues et les consonnes c, q, s, t. — Exemples :
Sios pas aimdblo tu n'es pas aimable, es pus eroiis il est plus heu-
reux, ai pa{s) res escrich je n'ai rien 6crit, n*ai pais) ches aimdt
je n'en ai point aim6, es pas Aouvergndc il n'est pas Auvergnat,
i'O pa(s) pus qu*6lo il n'y a plus qu'elle, es pas segu ce n'est pas
sur, sios pus ingeniods tu es plus ingenieux, Vai pas toucdt je ne
t'ai pas touche, etc.
3. La conjonction mes mais, les adverbes mens moins, trop trop,
tant tant, tout tout, ne conservent, dans la prononciation, leurs
finales s, p, t que devant un mot commenrant par une voyelle
ou une diphtongue. — Exemples : es pdoure 7nds ouncste il est
pauvre mais honn^te, o 7nens a perdre qu'a gagnd il a moins a
perdre qu'a gagner, lou trop ou gdsto le trop gate la chose, es tant
12 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
aimdblo elle est si aimable. Ces m^tnes mots perdent leurs s, p, t
dans tous les autres cas. — Exemples : es oundste md{s) pdoure il
est honnfite mais pauvre, o men{s) perdut que gagndt il a moins
perdu que gagn6, ac6 (e)s tro{p) fort c'est trop fort, tan{t) vo I'ar-
chdl a Vaigo tant va la cruche a Teau.
4. Les verbes k la seconde personne du pluriel de Timperatif per-
dent, dans la prononciation, Ts final devant le pronom vous qui se
prononce &ow5* — Exemples : boulega(s) vous dep6chez-vous, vira{s)
vous retournez-vous, tend{s) vous tenez-vous, sourtissi{s) vous
otez-vous, aimdis) vous pla aimez-vous bien. Mais ils conservent
le son de Ts devant le veritable b. — Exemples : tends bou tenez
bon, I'atrapds bdlo vous la trouvez belle, abds bigiH vous avez bu,
aour^s batechdt vous aurez baptist, etc. Cette anomalie tipnt sans
doute a ce que, dans cet imperatif r6flechi, virus vous, tends
vous, le vous est enclitique, et que, poss6dant lui-m6me un s dur
k la fin, on n'a pas voulu, par euphonie, laisser subsister celui du
verbe.
Nous devons etendre ces observations non seulement aux mots
finissant par un s, mais encore a tous autres termines par certaines
consonnes, faisant remarquer, en principe g6n6ral, que toute ren-
contre, au contact des mots, de consonnes produisant un son rude,
doit 6tre adoucie par la suppression ou la transformation de Tune
d'elles, ordinairement de la premiere. II en est de m6me k la ren-
contre des voyelles. La langue d'oc a horreur des hiatus, k ce point
qu'on intercale souvent un n ou un s, ou meme une particule entre
les deux mots; ainsi. Ton ne dira pas : lou crou?np6re a un mdr-
Chan, mais : lou croumpdr{e) a-n-un mdrchdn je Tachetai k un
marchand, on dira : es andt as-Adissdn il est all6 k Adissan,
anar^n en Ate nous irons k Agde, es nasciit en Al2er il est ne a
Alger, la sdoum{o) es pigndst?'o Tanesse est t6tue, se7^id {e)sta{t)
punit j'aurais ete puni, ac6 {e)s pla russit c'est bi^n r6ussi^ au
lieu de : es andt a Adissan, anar6n a Ate, es nasciit a Alzdr, la
sdoumo es pigndstro, serid estdt punit, act es pla russit, C'est
1. Ces deux demiers exemples prouvent que quelquefois c'est la voyelle initiale
du second mot qui s'elide, et aussi la consonne finale qui precede, comme nous
I'avons vu dans anen noii{s) (e)n, ana(s) vou{s) (e)n, qu'on prononce anennoun,
anavoun.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 13
surtout en parlant de notre langue d'oc que Boileau aurait dit avec
encore plus de raison :
Gardez qu'iuie voyelle, a courir trop h&t6e,
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurt^e.
PRONONCIATION DES DIPHTONGUES.
Nous diviserons les diphtongues en deux categories :
1. Gelles que nous appellerons irreductibles, c'est-Ji-dire qui ne
forment jamais qu'un son; elles sont compos^es de deux ou trois
voyelles, en comptant pour une, comme nous i'avons deji dit, le
son ou reprSsentant Yu espagnol, italien et allemand. Elles sont au
nombre de cinq :
Aou en un seul son, comme dans haus allemand, house an-
glais, aun espagnol et auditore italien. — Exemples :
pdoure pauvre, Idoura labourer, engrdoumoulit en-
gourdi, espdourugd eifrayer.
6ou en un seul son. — Exemples : tdbl&ou tableau, Uou mou
(de veau), b^outdt beaute, empioutdt ent6.
i6ou en un seul son : idou oeuf, M6ou boeuf.
6ou en un seul son qui n'existe pas non plus en frangais :
poou peur, pldou il pleut.
liou en un seul son, prononcez emu. — Exemple : ciiou cul
(a Montpellier) : ne s'emploie qu'exceptionnellement k
Pez6nas.
2. Gelles qui sont decomposables et susceptibles de former tantdt
deux sons, tant6t un seul. Elles ne se composent que de deux
voyelles. Nous en comptons neuf :
ai se prononce, selon Taccent, ou en un seul son, comme le
frangais faXence, ou en deux, comme hair. — Exemples :
ndisse naitre, crdind grincer.
ei, M, ferm6, comme dans pl6iades;ouvert, comme dans effrayait.
— Exemples : 7'^i roi, p6ivo pierre. Se decompose tr6s
rarement. — Exemple : oub^i ob6ir.
14 GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE.
ia en deux sons on en un seul, selon Taccent, comme en fran-
gais, triage, diamant. — Exemples : 7^oiipi-d dormir,
didbles diable.
16 en deux sons ou en un. — Exemples : mestie metier,
di-eio diete.
io en deux sons ou en un, comme en frangais si-on, ame-
liorer. — Exemples : M-6t gros baton, piot dindon.
iou en deux sons ou en un : mi-ou meilleur, mlou mien.
oi en deux sons, comme dans Moise, ou un seul, comme I'an-
glais boy. — Exemples : Md4so, cdire cuire.
ou6 en deux sons ou en un seul, selon Taccent : Nou-d Noe,
boueto boite.
oui en deux sons ou en un : Lou-iso Louise, cotnre cuivre.
EXPLICATIONS SUR L' ACCENTUATION.
Notre intention premiere etait de marquer la quantity, c'est-a-dire
les voyelles ou diphtongues breves ou longues, par les signes ^ - adop-
tes dans la Prosodie latine et le Gradics ad Parnassum ; de nom-
breux avantages nous paraissaient attaches a cette methode. Mais
cela contrastait tellement avec les usages recus que nous avons
recule devant cette innovation. II est cependant indispensable, non
seulement dMndiquer les longues et les breves, mais encore de diffe-
rencier les voyelles ou diphtongues fortes ou toniques, c*est-jVdire
celles sur lesquelles la voix s'accentue davantage, d'avec les faibles,
sur lesquelles elle appuie moins. Les premieres etant ordinairement
longues et les autres presque toujours breves, cette concordance
nous 6vitera de trop multiplier les signes. Nous nous contenterons
done de marquer les longues au moyen de raccent aigu;
Tabsence de signe caract^risera les braves.
Nous avons, d'autre part, a marquer la prononciation des e fermes
ou ouverts. L*e ferm6 elant le plus frequent n'aura pas de signe,
tandis que Te ouvert portera, comme en fran^ais, raccent
grave.
Mais comme un e ouvert pent etre long ou bref, nous le mar-
querons, dans le premier cas, d'un accent circonllexe,
lequel comprend en mSme temps Taccent grave, signe de Ve ouvert,
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
15
et Tacccnt aigu, sigue de la voyelle longue. Quant aux e ouverts
brefs, ils auront I'accent grave pour caractdristique.
EXEMPLES POUR LES ACCENTS.
Occupons-nous d'abord des quatre diphtongues irreductibles, dou,
fiou, i6ou, 6ou, qui n'offreDt de difficult^s que pour la quantity.
Quant aux rJjgles pour la determiner, a part celles que nous sugg6re-
ront la conjugaison des verbes et les changements occasionn6s, soit
par le passage des mots d'un genre h Tautre ou d'une partie du
discours k Tautre, soit par Tinfluence des augmentatifs ou des
diminutifs, il ne pent en exister d'autres; I'usage seul fait loi.
dou est long dans :
Aoumos (village), Auraes.
cdous, chaux.
7'doube, je vole (verbe actif).
escdoume, j'echaude.
roucdou, vieux moineau.
aou est bref dans :
aoutovno, autorane.
aoumdymo, aumone.
raoubd, voler.
escaoumd, echauder.
aoiisi, oui'r.
6ou est long dans :
leouno, lierre.
tabldou, tableau.
empdoute, j'ente (des bas).
tdouno, mince (au feminin).
i6ou est long dans :
idou, oeuf.
bidou, boeuf.
Matabidou, Matabiau (a Tou-
louse).
6ou est long dans :
6ou est bref dans :
bdoutdt, beaute.
fl^oumdr, faineant.
empetoufd, enter.
ioou est bref dans :
MalabiooundtOj la fille ainee
de Malhebiau.
oou est bref dans :
La Cdouno (ville), La Caune. La Cooun^to, La Caunette.
ndou, neuf (adjectif).
pdou, peur. poouriic, peureux.
16 GRAMMAIRE LAKGUEDOCIENNE.
Passons maintenant aux diphtongues rSductibles :
ai. Dans le mot paisdn (prononcez ai comme dans le mot
francais vaillant), la diphtongue ai est brfeve, la voix
appuyant de preference sur la finale an. Si nous pro-
noncons, au contraire, le mot pais pays, radical du
precedent, ai, qui 6tait diphtongue dans paisan, se
decompose en deux syllabes pd-is. La premiere, pd,
est longue, et la finale is est forte et longue ; la voix
doit done appuyer un peu plus sur is que sur pa. Si
nous prenons pour second exemple le mot trdlno
tratne, sorte de pdche en raer, nous aurons, comme
dans pd'is, deux longues, a et i, que nous marquerons
chacune d'un accent. En eflfet, si pa et tra n'etaient
pas longues, nous devrions prononcer^^^es et iPramo,
comme on prononce dans les colleges, en France, les
mots grecs tm(; (enfant) et (patvw (montrer) ; mais 11 est
bien loin d'en fetre ainsi, et nous devrons, dans ces
deux mots, accentuer Vd et Yi : pd-is, trd-ino, comme
dans le fran^ais trahison.
Dans anardi, futur du verbe and, aller, ai est diphton-
gue longue et se prononce en un son unique, comme
dans le verbe grec eivat (6tre) et le mot frangais tra-
vail ; c'est done Va qui est la forte, ou la tonique, et
qui doit porter I'accent. Tout au contraire, dans di
ha'ir,raet 1'/ sont tous les deux fortes, et ils porteront,
comme dsLUspdis, les deux accents. Revenant k notre
premier exemple, paisdn, nous y reconnaitrons une
diphtongue breve, ai, privee d'accent, lequel tombe
sur la syllabe suivante dn qui est la tonique. II irait
encore plus loin si on allongeait le mot : paisandds,
gros paysan.
Voila done une meme combinaison de voyelles suscep-
tible de porter, ou un seul accent, tantot sur Tune,
tantot sur Tautre, ou deux accents, ou aucun.
ei possede quatre formes : v^ire verre a boire (e long) ;
Poumpei Pompei (/ long); EnHdo, de Yirgile {^4
longs) ; veiron petit verre h boire (point d'accent).
GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 1/
ia, quatre formes : biarai je lierai {i long); didbles diable
(d long) ; Di'dno Diane (i-d longs); diablds, diablatou
gros diable, petit diable (point d'accent).
ie, quatre formes : Piemoun Piemont {i long) ; antidno
antienne {d long); didto diete {1-6 longs); pietdt cime-
ti^re, pietadous piteux (point d'accent).
io, iyo, quatre formes : cardoimio chardonneret {i long); midlo
mule, aouidl loriot {6 long) ; fi-ydlo lilleule (L 6 longs) ;
ndvio fiancee (point d'accent).
iou, iyou, quatre formes : miou mien, sinipiou rougeole {i long);
gaioii cochet {on long); cari-oun carillon (i, ou
longs); tiouldt toit, aquiould acculer (point d'ac-
cent).
II existe entre ces deux demiers exemples, tiouldt et
aquiould, une nuance de sonorite qu'on ne pent ren-
dre en fran^ais. Le premier se prononcerait en imitant
le cri du moineau, piou, c'est-a-dire en forgant la voix
plutot sur i que sur ow, et le second, comme le mot
trivial fran^ais pioupiou fantassin, en for^ant Tinto-
nation sur ou et faisant seulement sentir 17, sans
attenter cependant, dans les deux cas, a I'int^gritS de
la diphtongue.
oi. Nous ne trouvons dans oi que trois formes, et encore
avons-nous du en emprunter une au latin et Tautre a
la Bible : aoubdi haut-bois, cdire cuire {6 long); ciSxre
mot latin (i long); Moiso Moi'se ((), i longs).
ou6, trois formes : boueto boite, Toudno Antoine (e long);
rou&lo coquelicot, Roiiirgue Rouergue (ow-^ longs);
soudtd souhaiter, Benoudtou Benolton, Toudn^to An-
toinette (point d'accent).
oui, quatre formes : doiiiou cruchon pour boire le vin i
mSme (ou long); joui jouir {i long); roiiino ruine,
Loiciso Louise {ou, i longs); mouissdlo grapillon,
mouiss^t 6pervier, Louisdto Louisette (point d'accent).
A propos de ce dernier mot, Louis4to, nous ferons remarquer que,
par le fait de Tallongement du mot Louiso, Vi perd de son importance
et devient faible parce que Taccent tonique a du se reporter sur la
nouvelle p6nulti^me.
18 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNB.
II en est de mfeme dans les combinaisons de voyelles dont nous
donnons ici le tableau :
ai crdino, il craque ; craind^ craquer.
ei ouMi^ obeir; oubeiss^n^ obeissant.
ia lidsso^ liasse ; eniassd^ enliasser.
16 didto^ di^ie; diet air e^medecin,
io, iyo fiyolo^ filleule; fiyoUto^ petite filleule.
iou espioun^ espion ; espioundche^ espionnage.
oi cdire (mot latin) ; cditus (mot latin).
ou6 boueto^ boite ; emboudtd^ embolter.
oui rouino^ ruine; arouind^ ruiner.
Conime on le voit, selon que le mot s'allonge ou se modifie, Tac-
cent se deplace pour se reporter sur Tultieme ou la penultieme.
Lorsque les combinaisons mMianes ou terminales ai, ia, ie, io,
iou sont immediatement pr6c6dees d'une voyelle, Vi de ces groupes
devient consonne et se change en y. L'accent se place alors sur la
voyelle qui suit Yy, ou sur la suivante : tayou morceau, dayd fau-
cher, couyoi'mo nigaude, couyound plaisanter. On doit en excepter
les mots terminus en ^^io, eio, tdo, ouio, aiou, ottiou, qui pren-
nent Taccent sur la voyelle pr^cedant Vy : ddyo faulx, anchdyo^
anchois, fiiyo feuille (de papier), andoiiyo andouille, douyou cru-
chon. Joignez a ces noms les verbes de la premiere conjugaison a
certaines personnes des present de Tindicatif et du subjonctif, et de
l'imp6ratif : tdye je taille, tdyou ils taillent, que baddyes que tu
bailies, ddyo fauche. A part ces exceptions, et conform^ment a la
regie que nous venons de donner :
ai fail : piayu, piaydrou, piailler, ils piaillerent.
aia, cia, eia, otda font : ayddo soupe a Tail, veyddo veill6e, rou-
sixjd rouiller, vouydche voyage, vouyachur voyageur.
wi6, o^^i6, aoui^ font : ciiye cuiller, fouyd folie, taouid banc de
pierre.
1. D'apri's quelquea linguistes, anchdyo viendrait du mot celte anchova.
GRAMMAIRE IAN6UED0CI£NN£.
19
DIFFERENCE DANS L'aCGENTUATION DES MOTS QUI RENFERMENT
LA COMBINAISON io, iyO.
1 . Dans les finales :
Verbes terminus d. rinfinitif
en i-d ou iy& :
mousi'O ou mousiyo, il mordille.
fri'O ou friyo, il frotte.
babi'O ou babiyo, 11 babille.
escoubi'O ou escoubiyo, il balaie.
Nom3 :
fiyo, flUe.
griyo, grille.
caniyo, chenille.
grasiyo, gril.
teniyo, tfinille.
ndvio, fiancee.
bdrio, m6tairie,
fidyo, feuille.
grdcio, gr^ce.
gldrio, gloire.
Yerbes terminus k Tinfinitif
en iA :
roiimio, il rumine.
embourio, il eborgne.
repdpio, il radote.
pidio, il piaille.
Verbes en g^n^ral :
abid, j'avais.
roustissid, je r6tissais.
aimaf'id, j'aiinerais.
raid, il valait.
tenid, il tenait.
2. Au commencement et dans le corps des mots :
idl^ ceil.
vidl, sentier.
quidr, cuir.
pidto, dinde.
pioUto, petite dinde.
Idldndo (avec deux accents), Yolande.
caniydto (av. 1 accent et Ty), petite chenille.
flydto (avec un accent et Fy), fillette.
cridlo (avec deux accents), cr6ole.
agridto (avec deux accents), cerise griotte.
DE L' ACCENT A LINFINITIF DES VERBES.
1. Les verbes de la premiere conjugaison termines en a pr6cM6
d'une consonne ont tons, k I'infinitif, la finale longue : c'est la toni-
que. — Exemples : destourbd dSranger, trued heurter, oublidd
oublier, bufd souffler, abrigd abriter, jangould geindre, bramd
braire, deband d^corner, estripd etriper, demourd habiter, esquinsd
dSchirer, frutd frotter, despouyd deshabiller, etc.
20 GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE.
Nous venons de voir au paragraphe 1 du tableau precedent que,
parmi les verbes terminus a Tinflnitif en ia, les uns font id diph-
tongue avec Yi tr^s faible : piaid piailler, veid veiller, esfraid
effrayer, mirgaid emailler, estudid 6ludier, roumid ruminer, repa-
pid radoter, embourid eborgner, etc. Les autres, beaucoup plus nom-
breux, emettent deux sons i-a avec Vi fort et demi-long, la tonique
etant toujours sur Va final; aussi les marquons-nous de deux accents
pour les distinguer des precedents : babid babiller, assoucid associer,
crusifid crucifier, roxipid dormir, aproupld approprier, varid deli-
rer, s*estasid s'extasier, etc.
NoTA. — Le plus souvent, nous remplacons cependant dans ces
infinitifs, ainsl que nous Tavons fait a Tindicatif des verbes en i-d,
le premier accent, qui serait sur Vi, par un y entre Vi et Va, et nous
6crirons indiffereminent : babid ou babiyd, crusifid ou crusifiyd,
roupid ou roupiyd, etc. II en sera de mfime pour certains substan-
tifs ou adjectifs : caviot ou cariydt char, mids ou miyds bouillie de
mais, miou ou miyou. (Voy. Ponctuation et signcs.)
2. Les verbes de la deuxieme conjugaison, sauf trois exceptions
seulement, ont, a Tinfinitif, la finale faible et priv6e d'accent; la
tonique afTecte toujours la penultieme :
bdive^ battre. fdire^ faire.
metre ^ mettre. trdire^ jeter.
par^ti^e^ paraitre. pldire^ plaire.
sdoiipre^ savoir. cr^ire^ croire.
esclure^ exclure. veire^ voir.
t^ne^ tenir. coire^ cuire.
py^ene^ prendre. vdrre^ valoir.
iougne^ joindre. ddrre^ endolorir.
alegne^ atteindre. dioure^ devoir.
pdisse^ paitre. voarre^ vouloir.
moidse^ traire. poiirre, pouvoir, etc.
Font exception :
vale, valoir, deuxieme forme de vdrre;
fa, faire, deuxieme forme de tdire;
veni, venir, et ses composes qui font / final long comme les
verbes de la troisieme conjugaison.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
21
3. Dans la troisi^me conjugaison, tous les verbes, sans exception,
prennent, a Tinfinitif, Taccent sur la finale i precedes ou non d'une
autre voyelle, mais cette voyelle p^nultieme est demi-forte quoique
brfeve ; aussi prendra-t-elle egalement I'accent, les deux voyelles con-
servant chacune leur son propre :
d-i, hair.
MU'U devenir bleu.
enfou'i^ enfouir.
envd'i^ envahir.
escrou'i^ ecrpuir.
espanou-l^ epanouir.
jou'i^ jouir.
trd'U trahir.
segui (du latin seqtii)^ suivre.
Dans ce dernier verbe, Vti ne compte pas comme voyelle : il est
absolument muet, et son role consiste uniquement a rendre dur le g
devant ¥i final; nous Tavons fait figurer ici pour sigjialer la diffe-
rence.
Les autres verbes de la troisieme conjugaison ont aussi leur
finale / longue, quand elle est precedee d'une consonne, tandis que
toutes les syllabes qui precMent sont brdves, quel qu'en soit le
nombre :
agi^ agir.
cabi^ contenir.
faci^ farcir.
toucU tordre.
toussi^ tousser.
aousi., entendre.
brandi^ secouer.
acouti^ poursuivre.
se caoumoussi se moisir.
engouli^ avaler.
escoundi^ cacher.
escoupi^ crachcr.
espandi^ repandre.
trefouli^ tressaillir d*impatience.
s*acougueli^ se mettre en grumeaux.
s'qfistouli^ se fletrir.
agroumandi^ appAter, allecher.
alaougeivU alleger.
emhalaousi^ assourdir.
s'engraoumouli, s*engourdir.
s'estrememi^ frissonner.
estaOowdi, etourdir.
On verra, aux conjugaisons, comment se comporte Taccent aux
divers temps et personnes de chaque mode du verbe.
Ces developpements et ceux qui vont suivre, que certains trouve-
ront puerils, sont indispensables pour familiariser Televe avec Tem-
ploi de Taccent, chose si importante si Ton veut bien parler et
se faire bien comprendre dans nos hingues meridionales d'origine
latine.
22 GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE.
ORTHOGRAPHE ET PRONONGIATION GfiNfiRALE.
Notre intention etait de ne traiter ces questions que dans la partie
de cet ouvrage reservee a la syntaxe, a qui elies semblent appartenir
de droit; mais, ayant k en faire de nombreuses applications dans
les parties du discours, nous avons pref^re mettre tout d'abord
rSleve au courant. II nous semble d'ailleurs qu'un lien puissant
existe entre Torthographe et les matiferes que nous venons de traiter,
I'alpbabet, la prononciation des diph tongues et I'accentuation.
L'ortbographe des langues d'oc est la question k I'ordre du jour.
Nombre de theories sont en presence, les unes absolues, les autres
eclectiques ou mitigees, mais toutes se contrariant plus ou moins :
Orammatici cert ant et adhuc subjudice lis est.
Nous ne prendrons parti pour aucune, par la bonne raison que
nous n'avons pas voulu les etudier, afin de nous soustraire a Tin*
fluence qu'aurait pu exercer sur notre jugement celui de personnages
illustres et jouissant d'une grande autorit^, auteurs de th6ories
seduisantes et ingenieuses, mais pas toujours d'accord avec... la phi-
losophie des langues. Nous avons uniquement tenu a asseoir notre
jugement sur une longue observation et la pratique journalifere, pen-
dant plus de soixante annees, du Dialecte Pisc^nois.
N'ayant a nous preoccuper que de la Grammaire, nous avons
affecle de negliger toute recherche des origines ant^diluviennes de
nos idiomes languedociens, nous bornant aux rapports indispen-
sables avec notre pere le latin, nos freres I'espagnol et Titalien, et
notre fils le fran^ais : ce mot fils n'a rien d'exager6, parce que c'est
bien nous qui Tavons engendre, et quand, par hasard, nous lui em-
pruntons un vocable nouveau, nous ne faisons que rentrer dans
jiotre bien*.
1. Dej^, an neuvieme siecle, la langue romane rdgnait en souveraine dans le pays
franc. Les documents officiels qui n'etaient point en latin etaient ecrits dans notre
langue. Les serments de Louis le Gennanique et de Charles le Chauve, fils de Louis
le Debonnaire, semblent avoir ete redigds & Beziers plutot qu'a Strasbourg. Voici
I'un d'eux :
c Pro Deo amur, et pro christian poblo et nostro commun salvament, dist di in
« avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si SaWarai o cist meon fradre Karlo
« et in adjuda et in caduna cosa, si com om per dreit son fradre Salvar dist, in o
« quid il in altro si faset. Et ab Ludhcr nul plaid numquam prendrai qui meon vol
« cist meon fradre Karlo in damno sit. i>
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENKS. 23
Nous laisserons done de edte 1108 1>i8aieiils et trisa'ieuls, et n'avons
ieaMoir a telle terminaison, tel prefixe sont Sanscrit, ibere.
ligure, celtique ou simplement gaulois : notre science n'est pas assez
avancee dans la nebulosity pour nous accompagner jusque-la.
Le principe que nous avons adopte coinme le plus rationnel est
celui-ci : nous respecterons I'orthographe et Tetymologie latines
toutes les fois que de graves motifs ne nous force ront pas de les
n^gliger. Parmi ces motifs, la simplicite, Teuphonie, la rapidite de
prononciation tiennent le premier rang.
H INITIAL MUET.
Uh est tres frequent en latin, ou nous le trouvons en t6le de plus
de mille mots; il est vrai que la plupart viennent du grec. Selon le
cas ou Tetymologie nous paraltra ou non s'imposer, nous le conser-
verons ou le supprimerons. Pour ce qui concerne le verbe hab^ire,
avoir, du latin habere, nous lui laisserons Vh dans la conjugaison,
ou il sera mis en regard du m^me verbe en latin, en espagnol et en
italien, pour faire mieux ressortir sa ressemblance, surtout avec les
deux premiers; mais, dans le discours, nous le supprimerons, ainsi
que Pont fait les Italiens, comme trop encombrant.
Nous indiquons, comme exemples, dans T^num^ration ci-apres de
mots tires du latin pourvu de Yh initiale, cenx oil Ton pent, a notre
avis, conserver Vh et ceux 06 il est preferable de le supprimer. Le
mot d'origine latin est mis en regard de son derive.
Conservant Vh :
habitaciou., de habitare.
hal^ (haleine), de halitus.
hemardido^ de h6morroides.
hemino (mesure), de hemina.
heretic^ de haereticus.
herbo^ de herba,
heritd^ de hjeres.
hesitd^ de haesitare.
hibd7\ de hibernus.
hidr^ de heri.
Perdant Vh :
ab^ire (avoir), de habere.
abille^ de habilis.
alencddo (hareng), de halex.
armounio^ de harmonia.
drpo (outil), de harpa.
arpio (harpie), de harpyae.
dste (broche), de hasta.
Etdr^ de Hector.
amegou (hamecon), de hamo-
ducere.
Arculo^ de Hercules.
24 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
histouero^ de historia. armito (ermite), de heremitus.
hdme^ de homo. armds (inculte), de hermus,
h07)wnimo^ de homonymus. â– ajmio (hernie). de hernia.
hoiindste^ de honestus. istrioun^ de histrio.
hdi^e (laid), de horreo. drdi (orge), de hordeum.
houy^rible^ de horribilis. ourgeUt^ de hordeolus.
hort (jardin), de hortus. espitdl^ de hospitalis.
hortaUcio (jardinage), id. oustio, de hostia.
hom^o^ de hora. imou (humeur), de humor.
humanttdt^ de humanitas. idropico^ de hydropicus.
humlde^ de humidus. ipoucrito^ de hypocritus.
hinno (hymne), de hymnus. ipoutdco^ de hypotheca.
hounou. de honor. desounou^ de honor.
Etc. Etc.
Dans Tint^rieur des mots, Vh ne sert que combine avec le c pour
former un son, 6tranger k la langue fran^aise, mais tres frequent,
sous la forme ch^ dans Tespagnol : chupdr sucer, borrdcho ivrogne,
et dans I'anglais : Chichester, chuixh 6glise. Les Italiens possfedent
aussi ce son, mais il n'est produit que par le c seul devant e eii :
cecino pois chlche, cibdrio ciboire, cipolla oignon.
B ET V.
*
Ges deux lettres. &, r, ont absoiument la m6me prononciation,
celle du b frangais, mais Tune et Tautre conservent leur forme.
Nous devons done suivre ici Tetymologie et laisser la forme v dans
tons les mots venant du latin qui contiennent cette lettre, laquelle
prendra, dans le langage parle, le son du b.
Vdou je vais, vas tu vas, vo il va, vdou ils vont; vdi (imp6ratif)
va, constituent les irr^gularites du verbe and, aller, dont nous igno-
rons Torigine, son radical 6tant peut-6tre anterieur au latin. II est
vrai que les Italiens disent andare et les Espagnols andar, Ges
verbes ont done une source commune. Peut-^tre meme le verbe
latin mandare, dont la signification implique quelquefois le mouve-
ment d'aller, ne serait-il pas etnmger a cette origine. J. C6sar a dit :
mandare se fuga, s'envoyer en fuite; anda, en espagnol, et andate
via, en italien, signiflent : va-t'en, allez-vous-en.
GKAMMAIRE LANGUKDOGIENNE.
25
On pourrait aussi rattacher au latin, par un bien faible lien, nous
en conviendrons, certains temps du verbe and : ainsi, andre, and-
ros, andt, pass6 defini de Tindicatif, qui semblent avoir queique rap-
port avec iveram, iveras, iverat, plus-que-parfait latin. Dans le
haut Castrais et ailleurs, on dit, au futur, anirdi, anirds, anird, et,
au conditionneL anirid, anirids, anirio, lesquels se rapprochent
assez de rimparfait du subjonctlf latin irem, ires, etc.
Des linguistes versus dans la science des prefixes et des suf-
fixes penseraient assur^ment qu'il doit y avoir, dans le cas qui
nous occupe, queique chose a dire snr la particule an qui serait
celtique; mais nous n'insisterons pas. priant le lecteur de nous
pardonner, pour cette fois, ce semblant d'excursion dans le pays des
brumes. Nous lui avons fait une promesse que nous ne violerons
plus.
Quant a vaou, vas, vo, voou, vai, ils d6rivent evidemment du
verbe latin vado, vadis, vast, vasum, vadere, aller, et nous devons
leur maintenir le r, tout en prononcant bdou, has, bo. bdou, bdi.
ENUMERATION DES PKINGIPAUX HADIGAUX LATINS AYANT PRODUIT
DES MOTS LANGUEDUGIENS COMMENgANT PAR V.
Latin.
Languedocien.
Francaisr
vacans^
vacdnso^
vacance.
vacca^
vdco..
vache.
vacillare^
vaciyd.
vaciller.
vagabundtiS^
vagaboun^
vagabond.
valens^
vaien^
vaillant.
valere^
val6^
valoir.
vanitas^
vanitdt^
vanity.
vapor^
vapOH^
vapeur.
vara (barre),
barrri^
fermer, mettre la barre.
variai^e^
variyd.
delirer.
vas^
vdsU
vase.
vastare^
devastd.
devaster.
vectura^
vou^tiiro^
voiture.
velare^
voiidld^
voiler.
vena^
v6no^
veine.
vegetare^
vegetd^
veg6ter.
26
6RAHHAIRE LAMGOEDOGIENNE.
IaUu-
Languedocien.
Fran^ais.
vendere.
vindbre^
veadie.
venenosus^
verenous.
venimexix.
venerabilis^
venerable.
venerable.
venire.
veni et composes,
venir.
venter.
ventre.
ventre.
ventus.
ven.
vent.
verbena.
v^rmdno.
verveine.
verbum.
vdrbe.
verbe.
verecundia.
vergougno.
honte.
veridicus.
veridic.
veridique.
Veritas,
veritdt.
verite.
vermis.
vdrme.
ver.
vernare (reverdir),
virgne.
aulne.
ve7V'uca,
varrugo.
verriie.
versus^
vdrs'verses.
vers.
vestigium.
vestige.
vestige.
verV'S,
vrdi.
vrai.
vesci (se nourrir).
vdssos.
vesces (legume)
vespa.
vespo.
grosse mouche.
vesper.
I'dspre,
soir.
vester.
vdstre.
votre.
vestis (v6tement).
vdsto.
veste.
veterinarius.
veterindri.
veterinaire.
vetustas.
vetustdt.
vetuste.
via (chemin),
vidl.
sentier.
vibratio.
vibraciou.
vibration.
vica7Hus,
vicdri.
vicaire.
vicinus.
vest.
voisin.
victima.
vitimo.
victiiiie.
victoria.
vitoudro.
victoire.
videre.
v^ire.
voir.
vidvuZy
viouso.
veuve.
vigilare (veiller),
vigillo.
vigile.
villantcs (paysan),
vilen.
m6chant, sot.
villa.
vilo.
ville.
vindemia.
vend6mio.
vendange.
vindicatio.
venchdnso.
vengeance.
vinea.
vigno.
vigne.
ORAHHAIRE LANGUEDOaENNE.
27
Latin.
Languedocien.
Fran^ais.
riola^
viouUto^
violette.
violens^
viouUn^
violent.
vipera^
vipdvoy
vipere.
t?eWw5,
vertUy
vertu.
visio.
vision.
vision.
visitare^
visitd.
visiter.
VUtty
vidOy
vie.
vitiumy
vice^
viee.
vitare.
evitd.
6viter.
vivere^
viour^e^
vivre.
volarcy
vould.
voler (des ailes).
velle (indie. volo\
voiirre (indie, vdle)^
vouloir.
voluntas^
voiUountdt,
volonte.
voluta^
vouluto^
volute.
volutitmy de volvere^
vdouto.
facon au labour.
virgOy
vidrges^
vierge.
vomere^
voumU
vomir.
voraccy
vourdce^
vorace.
VOXy
voudSy
voix.
vulnerana^
(digo) vunurelOy
(eau) vulnfiraire.
II existe encore par centaines des mots renfermant un v et prove-
nant du latin; nous n'en citerons que quelques-uns pris au hasard
Tous eonservent egalement la forme v et le son h.
Latin.
divina^
con veiHere^
dividere^
Evangelium^
favor^
lavare^
navaliSy
navigare^
pavimentunij
proverMum^
provincial
Languedocien.
divinoy
counvertly
divisdy
EvangilOy
favoiiy
lavdy
navdly
navigd,
pavamin,
prouvdrbe,
prouv^nsiOy
Fran^ais.
divine.
eonvertir.
diviser.
Evangile.
favour.
laver.
naval.
naviguer.
pavement.
proverbe.
province.
28
6RAM3IAIRG LANGUEDOCIENNG.
Latin.
provocare^
revertere,
revevsus (retourne),
revolutum^
servire^
salvare^
Langucdocien.
ptrouvoucd^
revdrtd^
al revds^
revouliciouy
saouvd^
Francais.
provoquer.
couper les rejetons de
vigne.
a Tenvers.
revolution,
servir.
sauver.
c(K)g — s(Z)ss.
c, devant a, o, w, ou^ prend le son de /t, comrae dans le frangais :
cal6, encore, reculer, couture. — Exemples : carpdn soufflet,
rdsco teigne, cournudo cuvier, cussou trous de vers dans le bois et
poussiere qui en r6sulte,
Devant e et z, on ecrit et prononce le c comme en franc^ais dans
cigale, ceci. — Exemples : Cecillo Gecile, arcM clovisse (coquil-
lage comestible), cidoulo engelure, caoucido SQrte de chardon.
Lorsque c, devant a, o, w, ow, et prec6d6 d'unc voyelle, doit se
prononcer comme le 9 francais dans menagant, lepon, agacer,
enlacer, on T^crit avec une cedille : amena^dn^ ligou^ agai^d., en-
lagd. — Mais quand c se trouve place entre une consonne et une
des six voyelles, on le remplace par s dur : Fransotitiso FranQoise,
amoursd amorcer, baldnso balance, rdnse ranee, i^ansi rancir,
arsoiin argon, pounsou poingon, rinsuros ringures.
La mSme regie s'applique h Ys place entre une consonne et une
voyelle, et qui doit se prononcer dur comme en frangais. Les exem-
ples precedents pourraient s'appliquer ici ; nous y joignons les sui-
vants : cout^sdge corsage, despenso depense, dansd danser, ddnso
danse, pensd penser, etc.
11 en est de mfeme quand s se trouve au commencement des mots,
ou il est toujoursdur. — Exemples : sadoiil saoul, segnou seigneur,
Nostre-S^gne Notre-Seigneur, sinnatiiro signature, sdldo solde,
SOHCO souche, susd suer, sdrdo sardine.
L*s, dans le cours des mots, et place entre deux voyelles, a toujours
au contraire le son doux du z frangais : Lisa Elisa. misdro misfere.
Ros^to Rosette, besovgno travail, etc.
Lorsque, entre deux voyelles, Ys doit 6tre prononce dur, il faut
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 29
lui adjoindre un autre s : messdrgo mensonge, permissiou permis-
sion, bessoiis jumeaux, assucd assommer; mais dans ce cas cha-
que s appartient a une syllabe diff6rente, ce qui se comprend, car
la plupart de ces mots sont composes.
On remarquera, en outre, dans la presque totalite des mots que le
francais a empruntes au latin et a la langue d'oc :
l^ Que le t des mots frangais en tia^ tie^ tio, tels que partial,
patient, mention, se remplace par un c : parcidl^ pacidfi, men-
ciound^ sensaciou sensation, acusaciou Sicciissition^benediciou b6n6-
diction, pourciou potion, peripecio perip^tie, 7ninucio minutie,
proufecio proph6tie, halpucia balbutier, etc.
2^ Que les ss figurent dans les mots correspondants des deux lan-
gues : procession poucessiou^ passion passion^ paillasse paydsso^
^paisse esp^sso^ tapisserie tapissarie^ casserole casseirdlo, crosse
crosso^ assassiner assassinnd^ s'asseoir s'assdta^ d6chausser des-
caoussd^ polisson poulissoun^ etc.
BC, BS, PS, X.
be, bs, ps, X francais s'ecrivent ss devant une voyelle, et s dur
devant une consonne. — Exemples : abces asst^s^ absence ass^nso^
absolu assoulut^ Eclipse eclisso^ axiome assidmo^ oxygene ossizdno;
— s'abstenir s*asUne^ s'obstiner s'oustind^ obstacle oustdcle^ extrait
estr&t^ excursion escursiou^ etc.
Place devant une voyelle, Tx frangais se rend par s doux (pronon-
car z). — Exemples : examen esdmen^ exister esistd^ ex6cuter ese-
cutd^ exil6 esilldt,
X, entre deux voyelles, s'ecrit et se prononce aussi quelquefois cli.
exempter echentd, exister echistd, exercer ichdrsa, exercice echir-
cice, exemple echimple, exiger echichd, fixer fichd.
CT, CC, XC.
Dans ct dur le c disparait : acte dto, affecter affetd, dict^e ditddo,
octave otdvo, fracture fraturo, docteur dotou, facteur fatoii^ etc.
ct doux, cc, entre deux voyelles, se rendent par c, et xc se rend
par ss, — Exemples : action aciou, friction friciou, execution esecu-
30 ' GRilMICAIRB LANGUBDOaENNE.
ciou; — accident actd^fl, accent ac^n, vaccine vacino, ecce homo
ece hdmo, accepter acetd, accessoires acessou&ros; — excMent esse^
d^n, exciter es$itd, excellent essel^n.
cc et xc, de m6me que nous Tavons vu pour x, se rendent quel-
quefois, ejitre deux voyelles, par ch : accfes achds^ excepts echetdt,
B, P, D, T.
b, p, d, t, aprfes une voyelle et pr6c6dant une consonne autre que
/, r, se suppriment dans la traduction en langue d'oc. — Exemples :
Absalon Assaloun, abjurer ajurd, abdication adicaciou; — tripty-
que tritico, 6cliptique eclitico; — admiration amiraciou, adjuger
ajuclid, administrer aministrd; — Etna Ennd, ethnographic, eno-
gvafio, Atlantique Alantico.
Lorsque ces mfemes lettres ft, p, rf, t sont entre deux voyelles ou
entre une voyelle et une des liquides P, r, elles se prononcent tou-
jours comme, du reste, dans les autres cas. — Exemples : ahouli
abolir, ab-legdt (pron. ap-legdt)^ oblaciou (pron. oplaciou)^ abrigd
abriter; — apaouri appauvrir, aplicd appliquer, a^rivadd appri-
voiser; — adouci adoucir, adi'ayd dresser; — atald atteler, petrinc
poitrine, etc.
G, J.
g et J ne se prononcent jamais comme en fran^^ais devant e et i.
Ce son n'existe pas pour nous, g, devant les voyelles, se prononce
ga^ Che. chi, go, gu,, gou. — Exemples : gdbdl sarment, galdbdr
boudin, mandge (pron. maneche)^ gin^bre genifevre, engind pr6parer
(pron. chinibre^ enchind)^ figo Ague, engusd filouter, gourgouid
bouillir tumultueusement, etc.
On voit par ces exemples :
10 Que g se prononce dur devant a, o, w, ou. Mais il est aussi des
cas ou il doit 6tre prononce dur devant e et ^; on le fait suivre, a cet
effet, de la voyelle te. Cette pratique se produit 6galement en espa-
gnol et en francais, ou gu se prononce dur dans guSpier, gu6rite,
1. d et £ ne se prononcent pas devant I : Middlesex MilesSs, Rutland Rul&n, ad
libitum a libit6n, Atlantique Alantico.
ORAMMAIRE LANGUEDOCIEN>rE. 31
gui, guilleret. — Exemples : gudrro guerre, mourguito sorte d'es-
cargot, guitdry^o guitare, languitudo langueur. Dans ce cas, Vu est
absolument muet.
2^ Que g, priv6 du secours de Vu, se prononce devant e et i
comme le che^ chi espagnol ou anglais. — Exemples : chenddrmo
gendarme, las Chens les gens, chemi gSmir, achi agir, chirouUto
girouette, qui s'6crivent : genddrmo, las gens, gemi, cigit girouldto.
II est cependant des cas nombreux ou le g fran^ais s'Scrit et se
prononce aussi ch devant les voyelles rt, o, u, ou : engachd engager,
manchdire mangeur, uno fiyo sdcho une fille sage, tapachur tapa-
geur, froumachou petit fromage, etc.
Quelquefois, devant e, le g fran^ais se remplace par z; ainsi Ton
dit et 6crit : ossizdno oxygfene, alzdbro algebre, Uzdno Eugfene, Alzdr
Alger.
COMBINAISONS DE G AVEC N.
g se presente souvent combing avec n, tantdt devant, tantdt apr^s.
!•' Cas. — gn se prononce, en fran^ais, de deux maniftres : ou
dur, comme dans agnat, agnus Dei, magnificat, ou bien mouill6,
comme dans agneau, grognon, montagne; mais, en langue d'oc, le
son gn dans agnus, magnificat, serait trop dur, et on fait disparaitre
le g dans la prononciation : anus D&i, manificdt; stagnation fait
estanaciou.
Le gn moui)16 est, au contraire, tres frequent et se prononce
comme en fran^ais : vergougno honte, baragdgno 6tre fantastique
dont on menace les enfants, cagndto bonnet de nuit des femmes du
peuple.
2« Cas. — ng, devant les voyelles, se prononce et s'6crit : nga,
nche, nchi, ngo, ngu, ngou. — Exemples : enzengd rSparer, an-
cMtOy ancheloii petit ange (de angelus), enchind preparer; — on
6crit aussi ang4to, angelou, engind; — espoungo Sponge, es vengut
il est venu, engouli avaler.
ng, devant les liquides /, r, se prononce comme dans les mots
francais englober, Langres, Hongrie, mais sans donner h Vn le
son nasal du francais. — Exemples : englandd et engloutl bosseler,
engrund d6molir quelqu'un k force de coups, angrdgno petit lezard
ijris des murailles appele sirndillo a Toulouse.
j se comporte a peu pr^s comme g, mais il n'est jamais dur et la
32 6RAMMAIRB LANGUEDOGIENNE.
presence de Vu a sa suite ne Tinfluence pas. II se prononce, devant
les six voyelles, cha^ che^ chU cho^ chu^ chou^ mais il garde son
signe dans Tecriture. Ecrivez done : jalousid jalousie, Jalusalen
Jerusalem, JHus^ ji?ndlos jumelles de thSdtre, Josdp Joseph, j6yo
joie, dejund dejeuner, mais prononcez : chalousid^ Chalusal&n^ Che-
5WS, chim&los^ Chosdp^ chdyo^ dechund; toujom\ prononcez tou-
choiir.
Ainsi que g, le j frangais se remplace parfois par z : jaconas
zacond, J6richo Zericd^ J6suile Zesouito^ jocrisse zocHsso^ Jules
Ziilo^ Jupiter Zupit^r^ Judith Zudit^ etc.
L'l remplace toujours le ph frangais que nous n'admettons pas.
ILL.
ill mouille est represents, dans le langage et TScriture, par la con-
Sonne y : paille pdyo^ bailler badayd^ bouteille houUyo^ famille
famiyo^ lentille lentiyo^ fiUe fiyo, d6pouille despdyo, ouiller uyd^
barbouiller barbouyd^ grenouille gvanoiiyo.
Remarque. — On voit, d'apres les exemples qui precedent, que,
quand le groupe ill n'est pas prdcddd d'une autre voyelle, —
comme il en faut nScessairement une — le i de ill se conserve
long devant Vy : famiyo^ fiyo^ lentiyo^ car il ne faut pas perdre
de vue que, pour nous, Vy est toujours consonne.
m se prononce n i la fin des mots : Adam Addn^ Belhleem EHd-
Idn, Ibrahim Ibrdin^ Joachim Jouacin (pron. Chouacin\ mus6uni
musedn^ Cafarnadn, geranidn, opidn^ album albdn^ sodium sodidn^
parfum pdrfun. — Les mm se comportent comme en frangais.
N.
n ne s'emploie jamais devant les consonnes b^ m, p. On le rem-
place, de m6me qu'en frangais, par un m : embestid ennuyer, em-
mandd renvoyer, empachd empfecher.
GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 33
Nous avons dit, k Tarticle Alphabet, que n ne devait jamais se
prononcer nasal comme dans fin, ohemin, ronce; il est cepen-
dant des cas ou on doit le prononcer demi-nasal, si nous pouvons
employer celte expression; c'est devant le c. le g et le q. — Exem-
ples : dnco fesse, dncro ancre et encre; — ang^to, angles anglais,
anguidlo anguille, engouli avaler, englandd bosseler; — enquidt
inquiet, s'enqueri s'informer, etc.
La prononciation normale de Tn, apres une voyelle et devant les
autres consonnes, doit ^tre comme dans le franc^ais bonne, naine :
s'enchaoutd se moquer, enf around mettre en fureur, endintrd ren-
trer, enlusi enduire (un mur), innoumhrdble (pron. innouynhymple)^
enr^abald entrainer, Anric Henri, ensacd ensacher, dnso anse, antdl
ainsi, entestesi porter k la t6te, entavrd enterrer, entemend enta-
mer, etc.
nn, comme dans le frangais annuel : Ann^to Annette.
p remplace souvent le &, dans le langage parle seulement ; ainsi.
Ton ecrit : 7^dble rable, didbles diable, caritdble charitable, fdblo
fable, tarrible terrible, vigndble^ et Ton prononce : rdple^ didples^
caritdple^ fdplo^ tan^lple^ bigndple; douple^,
Le pp ne s'emploie pas.
Q, U.
q n'est usit^ que suivi de w, qui reste muet, comme quand il suit
le g devant a, e, i, — Exemples : qudrto (mesure), qudrre cher-
cher, quioul cul.
Nous avons vu que le son de u est le mSme que celui de la diph-
tongue eu dans heureux; il suit assez frequemment le g pour le
rendre dur devant e et i, et toiijours le q.
Si u est muet entre (/, q et les voyelles e, i, il arrive quelquefois
qu'apres une consonne quelconque, et devant /, il forme diphtongue
avee ce dernier, mais Vu se prononce si faible qu'on ne Tentend
1. Double s'ecrit k tort en frangais avec un b. Nous recrivons avcc un p comme
venant da latin duplex.
34 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
presque pas ; ainsi : fruity prouduit^ counduit^ ensuiio^ se pronon
cent : frit, proudlt^ ooundit^ ensito. — Pour lou det cui le petit
doigt, on prononce : lou de{t) coiii. En lisant le latin, les mots qiut^
aquila, cequitas se prononcent en langue d'oc : qoud^ aqouild^
eqouitds.
r final n'est jamais muet comme en frangais. II se prononce dur
an commencement et k la fin des mots, et aussi dans Tinterieur,
lorsqu'il est suivi d'une autre consonne, ou qu'il est redoubl6. —
Exemples : i^oundind grogner, car viande, chair, pourcatii marchand
de cochons, partachd partager, perdound pardonner, derrabd arra-
cher, arrtbd donner k manger aux animaux, harrd la pdrto fermer
la porte, coucdrrou mendiant en loques.
r devient doux entre deux voyelles : tiradoa tiroir, Mafneton
diminutif de Marie, (v^oumatic aromatique, ferullo ferule, ai^ouind
miner. Mais jamais, dans aucun cas, le grasseyement n'est
tol6r6 dans notre dialecte.
Nous avorts parle du v en nous occupant du b : nous ajouterons
que le son v n*existe pas dans notre langue d'oc.
Void, dans notre dialecte, les noms des diverses lettres de Tal-
phabet : a, be, ce^ de, e, effe^ die, dcho, ?*, zi, ca,, Hle^ dmme, dnne^
o, pe, qu (pron. qeu). (rre^ dsse, t, u (pron. eu), be^ isso., igrdc^
isedo,
DES PARTIES DU DISGOURS.
Nous passerons sous silence, dans le cours de cette Gramynaire,
les definitions des noms communs, propres, coUectifs, abstraits, des
genres, des nombres. des voix active, passive, etc., etc., qui sont
communes a toutes les langues. Notre ouvrage n'etant point destine
a des enfants ignorants, mais plutot k des curieux lettres et ferres
sur les principes generaux de la grammaire et la iinguistique, nous
devrons nous borner a quelques rares et courtes definitions et k Tex-
position des regies, observations et remarques strictement particu-
lieres au dialecte piscenois, — dont nous nous occupons a Texclusion
de tout autre, — de notre langue d'oc.
I
GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 35
Ilexiste, en langue d*oc, corame en grec et en f'ran^ais, dix par-
ties du discours : TArticle, le Nom substantif, TAdjectif,
le Pronom, le Verbe, le Participe, TAdverbe, la Proposi-
tion, la Gonjonction et rinterjection. Le latin ne se sert pas
de TArticle.
Ainsi qu'en latin et en frangais, nous avons deux nombres : le
Singulier et le Pluriel. Le duel des Grecs n'existe pas pour
nous.
A la. difference des langiies classiques et de quelques langues mo-
dernes, nous n'avons que deux genres, le masculin et le fOminin.
On ne se sert du neutre que pour le pronom deraonstratif.
Le genre des noms se reconnait par la terminaison, par Tarticle
qui ies precede et par Tusage.
DE L'ARTICLE.
L'article est un petit mot qui se place devant Ies noms pour en
determiner le genre, le nombre et le cas.
Les cas, dont nous empruntons le nom a la Grammaire laline,
n'ont pourtanf pas le meme caractere que dans cette langue, ou ils
se distinguent par des formes particulieres et changeantes {dominus^
domini^ domino) necessitees par Tabsence d' Article ; c'est done
gnlce au secours de celui-ci que nos substantifs, variables quant au
Genre et au Nombre, ne changent point dans les Cas, dont TArticle
seal indique les variations.
Nous admettons, pour TArticle, trois cas seulement : le nomi-
natif , le gdnitif et le datif ; un quatrieme, raccusatil, ne nous
servira que dans les Pronoms personnels.
L' Article est, au nominatif singulier, lou ou V devant une voyelle,
et la ou /' au feminin. Au nominatif pluriel, il fait lous au masculin
et las au feminin.
L'Article se decline ainsi :
Singulier :
. ^.^ \ Masculin : lou, l\ le, \\
Nominatif. { ^, . . , „ , „
/ Feminin : la^ I . la, 1.
r, ' Lc \ Masculin : del^ de l\ du, de W
/ Feminin : de la^ de V, de la, de T.
. Masculin : a/, a l\ au, a T.
Feminin : a la^ a l\ a la, a V.
Pluriel :
lous.
les.
las.
les.
des.
des.
de las.
des.
as.
aux.
a las.
aux.
36 GRAMMAIRE LAKGL'EDOGIENNE.
Remarques : lou est aussi pronom d^monstratif signiflant celui-ci :
es lou que vouios c'est celui que tu voulais, lou que far6 {a)c6 celui
qui fera cela, etc.
La place ordinaire de Tarlicle est immediatement avant les noms,
mais il se met quelquefoisdevant rinfinitif present des verbes expri-
mant une action : lou manchd me pdso le manger me p^se, lou
courri nValdsso la course me fatigue, et devant un mot pris subs-
tan tivement : lou trop le trop, lou p&r e lou crdnto !« pour et le
contre ; lou iniou e lou tiou^ le mien et le tien.
Les articles de, du, de la, des, pr6cedant des noms pris dans un
sens indetermine ou partitifs, se rendent par la preposition de. —
Exemples : ddno me de pan, de froumdge^ donne-moi du pain, du
fromnge ; as de mounMo tu as de Targent, o de pacienso il a de la
patience.
Si, au contraire, le subslantif est pris dans un sens determine, on
le fait prSceder de Tarlicle. — Exemples : dono me del pan qu*as
croumpdi^ de las M^fos qu'as semendt^ donne-moi du pain que tu
as achete, des ponimes de terre que tu as semees.
Lorsque le nom est au pluriel et que de ou des signiflent quelque,
quelques, on les rend par la preposition rfe ou les pronoms indeter-
min6s cdouques^ cdoucos. — Exemples : mancJiardi de seri^iros^
d'aouhdrgos^ ou cdoucos serrieiros, cdoucos aoubergos, je mangerai
des cerises, des pavies, ou quelques cerises, quelques pavies.
Si de ou des s'appliquent a une quantity indeterminee, on les
traduit par de (preposition) : aben d*amicli nous avons des amis,
ahioou de gneiros elles avaient des puces, aqu6l pous o d'digo ce
puits a de Teau.
On supprime g6neralement I'article devant un nom de petite riviere
ou de ruisseau connu dans le pays : rdou a P&ino je vais a la Peyne,
Boinos es dahalddo la Boyne est descendue, i-o mens d'digo a
Toimgos qu"a Dovrbios il y a moins d'eau a la Tongue qu*a la
J3ourbie, es rave que liioutor et Tartuyc i'^6ngou pas ensemble il
est rare que Rieutort et Tertuguier ne debordent pas ensemble-
Mais on conserve Particle devant les noms de fleuves et rivieres
etrangers a la localite : passar^n lou Rose nous traverserons le
Rhone, la Sdno s'es gla^ddo la Seine s'est glacee. Pourtant on dit k
Toulouse : andn veire Oarono nous aliens voir la Garonne.
GRAMMAJRE LANGUEDOaENNE. 37
DES NOMS SUBSTANTIFS.
Les noms substantifs sont.ceux qui exprinient le noin des
personnes ou des choses. Us sont masculins on feminins, au singu-
lier ou au pluriel, et invariables dans leurs divers cas.
Nous disons noms substantifs parce que les adjectifs sont aussi
des noms.
FORMATION DU PLURIEL DANS LES NOMS.
1. Les noms qui se terminent au singulier : !<> par une voyelle ou
une diphtongue; 2^ par une consonne autre que les fortes c, /?, t^
leurs douces correspondantes g^ b^ d^ et la sifflante s^ forment
leur pluriel en ajoutant un 5 ^ la fin du singulier. — Exemples :
pdire pere pdires^ cafd cafe cafes^ pagn& panier pagncs^ libre livre
libres^ tiradoii tiroir tiradoOs, bureou bureau bureaus^ bioou boeuf
bidous^ escourplou scorpion escourpiouSs mirdl miroir mirdls, fla-
mdn flamand fla^ndns, candr canard candrs^ jour jour jours. —
Excepte : pil cheveu qui fait pelses^ p6i poissons qui fait p^isses^
fiou fil qui fait fiousses; moussit monsieur fait messins, mais c'est
un gallicisme : on devrait dire moussifs.
2. Les noms qui se terminent au singulier : 1» par la consonne
forte c ou la douce correspondante g ; 2^ par la foile p ou sa douce 6;
3® par la forte t oii sa douce d, changent leur consonne finale en ch
pour former leur pluiiel. — Exemples : 1^ sac sac sach^ plec pli
plech^ antic ami amlch^ fide feu fldch. caluc idiot caluch^ bouc bouc
boucfi; — 2® tap bouchon tach, esclop sabot escldch^ gloup gorg6e
glouch; — 3® cat chat cach^ plumet plumet plumcch, petit enfant a
la mamelle petech^ manit jeune enfant mank% rabiddt osselet rabi-
dock., puput huppe (oiseau; pupkclu, nebout neveu neboncfi.
Nous n'avons pas d'exemples a fournir de mots termines par les
douces ^, b^ rf, sinon quelques mots etrangers qui pour la plupart
n'ont pas de pluriel, ainsi : Agdg^ Achfib^ Antinaddb, Jodd^ Ar-
pfiaxdd^ le vin Aroiid. noms propres, et baobab^ nabdb^ qui doivent
faire au pluriel baobdch^ nabdch.
38 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
3. Les noms termines en s au singulier font leur pluriel en y
ajoutant, selon les cas, es ou ses. Dans le premier cas, Vs s'adoucit
et se prononce z : mas maisonnette de campagne mdses^ mes mois
m(^ses^ nis nid nises, pais pays pdiscs^ pons puits pauses, fus
fuseau fi(ses, — Dans le second cas, Taddition d*un nouvel s produit
le son dur comme en franrais : bertds buisson bertdsses, b7\^s ber-
ceau brdsses, cants claie en roseaux canisses, clos noyau dosses,
bof'ns buis (arbuste) boiiisses,
II est impossible de formuler aucune regie pour la formation de
ces pluriels en ses on en sses ; Tusage et Thabitude de la langue peu-
vent seuls guider Televe.
Les noms termines en f sont extrfemement rares et devraient
prendre Ys au pluriel quand ils en ont un; ainsi : ch^f (gallicisme,
le vrai mot est cap) chef cMfs, ganif g?l\\\^ ijanifs, Les autres mots
en /", pit, tuf, ouf! (interjection), n*pnt pas de pluriel.
4. Les noms se terminant en ch au singulier ne changent pas au
pluriel. — Exemples : mach male a petrir le pain, peek puy, nioch
nuit, piocli plus usite que pecli, essuch etat d'une substance privee
de son sue par pression ou cuisson, bruch bruit, font de m6me au
pluriel. Gependant, plusieurs substantifs et adjectifs en ch ajouteut
es au pluriel : gabdch montagnard fait gabdches, dich e 7*edich dit
et redit font dichcs e rediches, distrdch distrait, quioch cuit font
distrdches, quioches.
5. Les noms latins des prieres de Tl^^glise, qui ne prennent pas d*,s
au pluriel en franoais, en prennent un dans notre langue; ainsi on
dira : de Patdrs, de Credos, d'Ave Marias, de Counfitedrs, etc.
Beaucoup d'autres noms, quelle que soit leur terminaison, n'ont
pas de pluriel : salibo salive, sdn sang, goiirmel morve, pis urine,
rdcho rage, rovgno gale, paroushw resine, etc.
L'article, joint au substantif, se decline de la maniere suivante, en
prenant pour exemples : au masculin, pdire pere, amic ami ; — au
feminin, mdire mere, amigo amie. Les noms amic, amigo, com-
mencant par une voyelle, nous montreront Tarticle feminin contracte :
ORAHMAIRB LAN6UED0CIENNE.
39
Singulier masculin.
Nom. lou pdire^ famic.
G6n. del pair e^ deVamic.
Dat. al pdi7^e^ a Vamic,
Pluriel masculin.
Nom. lous pdires^ lous amich.
Gen. des pdires^ des amich,
Dat. 05 pdires^ as amich.
Singulier feminin.
la mdii^e^ Vamigo.
de la mdire^ de Vamigo.
a la mdire^ a Vamigo.
Pluriel feminin.
las mdires, las amigos.
de las mdires., de las amigos.
a las mdircs^ a las amigos.
Les noms propres d'honimes, de femmes, de mois, de villes, etc.,
ne prenneot point Tarticle et se declinent a Taide de prepositions de
la maniere suivante :
Nom. Louis ^nric (Henri).
G6n. de Louis d'Anric.
Dat. a Louis a'S'A7iric.
Loidso Anrieto.
de Loidso d* Anrieto.
a Loiiiso a-S'Anridto.
Mais si le nom propre devient par I'usage nom commun, on le fait
pr6ceder de Tarticle. — Exemple : Mistrial es lou Lamartino prou-
vensdl.
Dans le Castrais, le Carcasses, le Toulousain, etc., on met volon-
tiers Tarticle devant les noms de bapt^me d'homme et surtout de
femme : La Liso (Elise), la Jano- Mario, la Clemdnso^ VAougustino^
lou Pidril petit Pierre, lou Jordioii le petit Georges, le Janoi(^ le
Jan-Mari^ le Berndt^ etc.
DISTINCTION DES GENRES.
Les noms propres et appellatifs d'hommes et d*animaux mAles,
ainsi que ceux qui expriment des digniles, professions, etc., propres
aux hommes, sont en general masculins : home., chabdl cheval, pre-
$id4n^ sec2:etdri^ poumpie pompier, fdbre forgeron. lis sont femi-
nins s'ils designent des ^tres femelles ou des fonctions et professions
d^volues aux femmes. — Exemples : f^nno femme, cdto chatte,
miolo mule, lacheiro laitiere, estirdiro repasseuse, hugadieiro lessi-
veuse. Les noms geographiques, astronomiques, scientifiques et les
noms d'animaux sont de Tun ou de Tautre genre.
40 GRAMMAIBE LANGUEDOaENNE.
MASGULIN.
En outre, sont masculins les noms qui se terminent :
to En a : could collier d'attelage.
2« En e, 6 : doubre arbre, iW^^e livre, cafe cafe, cuye cuiller,
papie papier. Font exception : mdire mere, f^me femelle, lebvc
lievre, U loi qui sont du feminin.
3® En ou : coiicougnou chignon, pdrdou pardon, canton coin,
angle. Font exception la plupart des noms formes de nonis latins
termines en or et faisant eur en frangais : calou de calor chaleur,
ourvou de error erreur, furoii de furor fureur, et autres : sentoi*
odeur, cansou chanson, malou douleur, sasoi'i saison, rasou rai-
son, etc., etc.
4<> En Ai, W, 6i, oili : rdi rayon de roue, p6i poisson, r^i roi, lei
lit, ^c)e boiteux, boui buy (oiseau). - Excepts : 7idi nuit, qui est du
feminin.
5® En iou, eou, 6ou, iou, liou : mescldoit haniecon, s^oii
suif , drapeou drapeau, sinipiou rougeole, biooit boouf, cuou cul
{k Montpellier). — Font exception : cldou clef, ndou neige, pdou
peur, qui sont feminins, ainsi que la plupart des noms en iou for-
mes des mots latins en io qui font ion en frangais : dannaclon
damnation, convulsion convulsion, etc.
6° Les noms termines par c, so, eh, 1, n, p, r, s, t, st precedes
d'une voyelle ou d'une diphtongue. — Exemples : drac etre fantas-
tique et demoniaque ; r^'c ruisseau, mastic, roc rocher, true choc,
souc partie souterraine d'un arbre; — fousc trouble; — lach lait,
labech brise de mer, pioch puy, dich dit, bi^uch bruit ; — ty^abdl tra-
vail, boutdl mollet, mdl miel, abril avril, patrol chaudron, ful feuil-
let, emboi'U brouillamini ; — plan, argen argent, ancien, ra^in rai-
sin, son sommeil, lun lumiere, eoudoun coing; — nap navet, Josep
Joseph, saldp sale, group croup; — bastdr batard, enfer enfer,
tresplr filtration (d'une source), cor corps et coeur, cur coeur (aux
cartes), jour jour; — cacalds eclat de rire, bles qui bl^se, cipres
cypres, caganis dernier ne, calds trognon (de chou), esca7nbarlo(fs
a califourchon, comme a cheval ; — beirdt maquereau, namH nain,
ardit hardi, boullai^ot petit polisson, esloumut elernument; Crist
Christ, goust goiit, test t6t (debris de poterie), moust raout, agoust
aoiit.
GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 41
Exceptions. — fan faim, fon fontaine, set soif, qui sont du femi-
nin; il faut y joindre les exceptions relatives aux mots termines en
at dont nous allons nous occuper.
FEMININ.
Sont du feminin les noms qui se terminent :
1<* En o : porto porte, tdoulo table, femio femnic, sagesso sagesse,
dncho ange, n6ro belle-fille, vitouero victoire.
2^* En u : ve?'lf'( vertu. (Les adjectlfs en u, brii, madii, etc , sont '
masculins.)
3» En at, faisant exception aux noms termines en at de Tarticle
precedent; il faut y comprendre seulement ceux qui viennent des
mots latins en as : veritdt de Veritas, pieidt de pietas, cavitdt de
chantas, etc. Tons les autres sont du masculin : cat, rat, curat,
Bdrndt, etc., etc.
EXERGIGES.
Xous avons eu, aujourd'hui, deux douzaines d*oeufs de nos
Aben abut, y6i, dos douchenos d^idoiis de nosiros
poules; les pauvres betes se sont gueries de la frayeur que leur
galinos; las pdoiiros bestiolos se sou remesos de la poou que ie
occasionna la derniere chute de neige. Elles pondeut beaucoup plus
faguet la darrieiro ncoiv, Pi'mou bdl-co{p) mat
w
depuis qu'elles mangent de petites pierres. — Le chardonueret
despei que 7ndnctiou de p(}irdtos. — La cardounlo
chante mieux que le coucou. — Le buy est un canard dont on
cdnlo mioii que lou coucut, — Lou boui cs u?i candr qu*on ne
pent manger, les jours maigres, dans nos dioceses riverains
po{t) manchd, lous jour{s) mdgres, dbi nostrcs diocesos del bor
de la mer; mais, pour etre bon, il le faut faisande, aussi
de la mar; me, pdr que sidguo bou, lou cal mourtifidt , atabd
le laisse-t-on pendant trois ou quatre jours suspendu a un lil
se quito pend6n tr(es) ou, qudtre jours penchdt a n-un fiou
avant de le mettre a la broche. — Yous etes plus heureux que sages.
aban de Venlastd, — Ses pus erouses que sages*
i2 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
— II est plus beau qu'un ange. — La maison est trop 61oign6e pour
— Bs pu{s) bdl qu*im(o) dncho. — Voustdl es fro(p) yon pdr
s'y rendre a pied. — Je suis assourdie de tant de vacarme. — La
lai and a pd. — Sidi embalaousido de tan(t) de bardL — La
lechefrite est preferable a la poSle pour une bonne cuisson; les
Idcofrdyo es de preferd a la padeno per uno bouno cosesou ; Ions
cuisiniers renommes se servent encore plus souvent du gril.
cousign6s de renoiin se servissou incdro mai soubdn de la grasiyo.
— La r^colte sera belle cette annee; nous aurons, s'il plait a Dieu,
— La r4ndo sero fdrto {a)quest'an; aourdn, se Dions ou vol,
et sans sortir de chez nous, du vin, de Thuile, du ble, de Tavoine,
san sourti de Vencldous, de vi, d'oli, de blat, de cibddo,
de Torge, de la paumelle, du mais, du petit millet, du seigle,
d'ordi, de paoumoitlo, de mil, de niil-menut, de sidl,
des amandes, des azeroles, des cerises, des prunes, des abricojts,
d' aminos, de biro-bouqu^ch, de seridiros, de prnnos, d'aotibricdch,
des pomraes, des poires, des figues, des n^fles, des prunes sauvages,
de poiimos, de p^i^os, de figos, de mespoulos, d'agrundlos,
de la proseille, des coings, des pommes de pin. des raisins, des
de gr^oseyo, de coudomis, de pignos, de rasins, de
micocoules, des peches, des pavies, des arbouses, des oranges.
micoucdlos, de pdrsdgos, d'aoubergos, d'arbousos, d*wdnges,
des citrons et des mandarines. Dans la bergerle. nous trouverons
de limoimos e de mandarinos. Dm la jdsso, trapar^n
des moutons, des brebis, des petits agneaux et le lait de nos
de nioutoiis, de fddos, d'agnelovs e loii la(ch) de nostros
chevres; dans les bassins, des carpes, des anguilles et toute sorte de
cdbros; din lous pesqidds, d'escdrpos, d*anguidlos e touto rd^o de
poissons. Dans le jardin, les pommes de terre, les artichauts,
p^isses. Din(s) Vhort, las tritfos, lous archichdous,
les scolymes, les fraises, les melons, les patissons, les citrouilles,
las galifos, las fresos, lous melous, lous j)astissous, las cougourlos,
le jardinage et les legumes : pois, haricots, lentilles, pois chiches
I'horfaUcto e lou lugun : p^ses, fabariols, lentigos, cises
GRAMMAIRE LANGUEDOCFENNE. 43
etfeves; des salades de tout genre, laitue, romaine, chicoree,
e fdbos; d'misaldclos de toulo m6no, larhugo, lachiigdr, end^vio,
scarole; du cresson alenois, des rapettes, des pissenlits, de la
escardlo; de nanitov, de 7'apdtos, de pisso {a)l Idis, de
mache, des petites laitues, des raiponces. Dans le parterre,
douc^tos, de lachichous, de repounchous. Din lou palterro,
des fleurs, en veux-tu en voila; des roses, des violettes, des reine-
de flous, til ne vos tu nUioicrds; de rosos, de vioiil^tos, de
marguerites, des balsamines, des sauges, des iris, des tulipes.
"inargarid^tos, de be^izcaninos, de sdoubios, de coutelo, de talipos.
L'eau ne manque pas, dans les puits et les puils a roue, pour
Udigo mdnco pa{s), dm{s) lous pauses e las sdgnos, per
arroser tout cela. — Dans une cuisine bien tenue,
asagd tout aco. — Dins une cousin{o) en rc'^/o (pron. : 7'dclo)
il faut une cheminee, un fourneau, un four, un tournebroche et
cal una chemignciro, un poutage, toi four, un tornobrdcho e
plusieurs broches; une table, un soufflet, des pincettes, une
cdouques dstes; uno tdoulo, un bufM, de mourddssos , uno
pelle, des cruches, des marmites, des pots, des cafetieres, plats et
pdlo, d*arch()ls, d*oulos, de toupis, de cafetieiros, plach e
assiettes, un vaisselier, des bols, des lasses, des soucoupes, des
sietos, un vdisseyc, de bols, de tdssos, de secoiipos, de
essuie-mains, des lampes accrochees, des conques et quelques fagots
sugamdiis, de calcHs, de gdovdos e cdouques fdisses
de sarments. Tout cela est bel et bien, mais ne suffit pas, si on n'y
de gabdl. Tout aco vo be pla, md sufis pas, se se ie
trouve rien k manger!
/rrfpo pa{s) re{s) pdr manchd !
DES NOMS ADJECTIFS.
L'adjectif est un nom qui s'ajoute au substanlif pour en deter-
miner la qualite. II s'accorde en genre et en nombre avec le subs-
tantif, qui le precede ou qui le suit.
44 GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE.
Le pluriel, dans les adjectifs, se forme comme dans les substantils.
(Voy. p. 37.)
FORMATION DU FEMININ DANS LES NOMS,
1« Les adjectifs en e changent, au feminin, e en o : lih^e libre,
libra; n^gi^e noir, negro; idille utile, ulillo; toundeire tondeur,
ioundeiro,
2® Ceux en 6 ajoulent iro pour le feminin : pUignc plenier, pla-
gnciro; estrange estrangeiro; laougd leger, laougewo; cousfumie,
coustumiciro ; pagnd panier, pagneiro; bugadie cuvier a lessive,
bugadieiro lessiveuse.
3<» Ceux en i, en u et en ou, precedes ou non d'une voyelle, ajou-
tent 710 pour le feminin : cousi cousin, cousino; bru brun, bf^iino;
coiiqui coquin, couqubio; bou bon boiino ^ ; teou mince, teouno; chi
chien, chino; pouli poulain, poulino. Excepte : viou vivant, qui fait
Divo; Matlou Mathieu, Mativo; entreprenoit qui fait entrepre-
noi'fso, etc.
'i« Les noms en c, sc, ch, 1, n, p et t, precedes d'une voyelle,
ajoutent o au singulier pour avoir le feminin. — Exemples : sac,
sdco; sec, s^co; fousc trouble, foifsco; destrMi etroit, destricho;
bdl beau, belo; san sain, sdno; salop sale, salopo; pioi dindon, pioto;
barddt imbecile, bardoto,
Remarques. — Un cerlain nombre de noms en ac, ec, ic, oc, uc,
ouc, et de ceux en at, et, it, ot, ut, out, remplacent, pour passer
au feminin, leurs consonnes fortes c, /, par leurs faibles //, d. Encore
un sacrifice h Teuphonie; ainsi : ac, ec, ic, etc., font, au feminin,
ago, dgo, Igo, etc.; at, et, if, etc., font ado, cdo, ido, etc. — Exem-
ples : magndc cberi, 7nagndgo; amic ami, amigo; caluc imbecile,
calugo; pesnc lourd, pesvgo; Astritc nom propre, Astrugo. — blat
ble, bladdto; poulit ioVi^ puulido; abetit abruti, abetido; aixiit hardi,
ardido; mut muet, mudo; bannt cornu, batiddo; ?noustachut mous-
tachu, moustachvdo; neboid nevcu, 7ieboudo; let laid, ledo,
(Juelques noms termines en an, en en et en oun font leur feminin
1. bou bou, pie plein Pt quelqucs autres adjectifs prennent un n a la fin qiiand ils
precedent le siibstantif : boiui camarddo, bonn ami'c; d'oli bou, de boun oli de
I'huile bonne, de la bonne huile; lou ffrkscoii es pie, un plen f!dscou, la bouteille
est pleine, unc pleine bouteille.
GRAMMAIRE LANGUEU)OCIENNE. 45
en do et en to : gran grand, gvdndo; sacamdn sacripant, snca-
mdndo; redoiin rond (de r^otundus)^ redoitndo; segoun second,
segoimdo; — sen saint, sdnto; found^n, found(^nto; counclu^n,
counclu^nto. L'etymologie explique suffisamment ces terminaisons ;
ainsi : sen vient du latin sanchis, foundento vient de fundens fun-
dentis, gvdndo vient de grandis.
Pour une raison analogue, les mots en u (voy. p. 44, S**), nm cru,
du dur, pu pur font au feminin critdo (ou cruso), duro, puro, parce
qu*ils viennent du latin crudus, durus, purus,
;> Les noms en ar ajoutent pareillement do : bastdr, bastdrdo;
Picdr, Picdrdo; cafdr, cafdrdo; camiv, candrdo; Laoutdr Leolard,
Laoutdvdo ; Sabouydr Savoyard, Sabouydrdo.
Les noms en ur (pron. eur) prennenl deux tournures diff^rentes
sans que nous ayons pu en decouvrir la raison. Les plus nombreux
changent Yr en s doux et y ajoutent o : acourdur accordeur., acour-
duso; broudur brodeur, broudkso; egoiuxhur, vouyacfiur, mar-
chirr, acoucJuir font egourchuso, vouyachuso, marchuso, aeon-
chitso. — Les autres, plus rares, ajoutent simplement Vo a leur
finale r : superU'o* superieur, superiuro; enteriur esteriurj cnte-
ritiro esteriuro, minur mineur (par TAge), minuro. Quelques-uns,
enfin, suivent les deux manieres; ainsi tayur tailleur fait tayuro et
tayiiso.
6® Parmi les noms en s precedes d*une voyelle; les uns ajoutent au
masculin singulier o et les autres so : ras ras, 7'riso; bles qui blese,
bldso; gris, griso; picagnous qui a la manie de battre, picagnouso;
refastignous dedaigneux, refastignouso, — couquinds gros coquin,
couquindsso; gras, grdsso, rous roux, rousso; sanis sain, sanisso;
plegaxUs pliant, plcgadisso (table) pliante.
ADGMENTATIFS ET DIMUNITIFS.
L'objet des augmentatifs et des diminutifs est d'accroltre, en
la fortifiant, ou de diminuer, en Tadoucissant, la signification des
noms dont ils derivent. En voici quelques-uns :
bou^ bon ; bounds^ bien bon.
michdn^ m6chant; michantds^ bien mauvais.
hdmc^ homme; hofnends, grand et gros homme.
f4nno^ femme; fenndsso^ grosse et grande femme.
46 GRAMMAIRE LA.NGUEDOCIENNE.
fiyo, fille;
sabctn^ savant;
couQtiino^ coquine;
Diminutifs :
gran, grand ;
hdme^ homnie ;
courts court ;
pichot^ petit, adj.
pichdt, suhstantif;
couquU coquin, adj.;
couqui^ substantif ;
f^nno^ fern me;
simple^ simple;
fiydsso^ grosse fille.
sabantds, lourd savant.
couquindsso^ grande coquine.
grmid^t^ grandelet.
homendt, petit homme.
couiHM^ courtot^ un pen court.
pichoUt^ tout petit.
pichotou^ petit garcon.
couqtiin^t^ un pen coquin.
coxiquindt^ couquinou^ petit coquin.
fen7i6to^ fenndto^ petite femme.
simplet^ simplot^ un peu simple.
Les augmentatifs et diminutifs sont nombreux et tres frequem-
ment employes (chacun en cree au besoin) pour les substantifs et les
adjectifs de la langue d'oc a laquelle ils donnent tantol de Tenergie,
tantot une delicatesse singuliere.
DEGHfiS DE SIGNIFICATION.
Nous n'avons pas, en general, comnie le latin, Tespagnol et Tita-
lien, des formes particulieres pour le comparatif et le superlatif .
Pour obtenir ces divers degres, on ajoute au positif, qui est Tad-
jectif Iui-m6me, des adverbes qui servent seuls a les determiner. Ces
adverbes sont, pour le comparatif de superiority, pus, niai
plus, pla mat bien plus, et, pour le superlatif, lou pus, lou 7nai le
plus, ou pla qui correspond au tres frangais; pour le comparatif
d'inf^riorite, on se sert de mens moins, pas tant, superlatif lou
mens le moins, et, pour le comparatif d'6galit6, tant, aoutdnt,
si, aussi, autant.
Positif.
joli, poulit;
savant, sabdn;
beau, bcl;
riche, riche;
prop re, prOpe;
Comparatif.
pus potilit;
mat sabdn;
pu{s) bel;
pu{s) riche;
pus prope;
Superlatif.
pla poulit^ lou pus poulit,
lou pus sabdn^ pla sabdn.
lou pu(s) bel, pla bdl.
lou puis) 7nche^ pla riche,
lou pus prope, pla prope.
il fait chaud, fo cdou; fo 7nai cdou; fo pla cdou\
GRAMMAIRE LANGUEDOGTENNE. 47
niai et pus s'emploient indifferemment : c'est Teuphonie qui doit
diriger. mat se mettrait de preference devant un participe passe : il
est plus cache es mai rescoundit ; il est plus affaisse es mai ajassdt;
et pus, devant les adjectifs : es pus erous, es pus ardit.
Nous avons cependant quelques adjectifs qui ont une forme parti-
culiere pour le comparatif et peuvent, par consequent, se passer
d'adverbe : bou bon, comparatif miou meilleur, superlatif lou midu
le meilleur : — michdn mauvais, comparatif pire ou pus pire pire,
superlatif lou pire ou lou pus pire le plus mauvais.
Remarques sur les gomparatifs. — Les comparatifs sont de Irois
sortes : de superiority, d'inferiorite et d'egalite.
1. Le comparatif de superiorite s'exprime par mai ou pus, et le
que suivant par que, — Exemple : il est plus bete que mechant es
pu{s) hdstio que michdn.
Place devant le substantif et aprfes le verbe, mai veut la preposi-
tion de apres lui. — Exemple : il a plus de richesse que d'honneur,
o mai d'arcMn que d*hounou, — Mais, entre un verbe et un ad-
verbe, on emploie de preference pus avec que, — Exemple : il joue
avec plus de bonheur que d'adresse, jdgo pus erousom^n qu'adre-
chom^n.
Lorsque pus s'emploie avec que, il regit avec negation le verbe qui
suit le que, — Exemple : il est plus adroit qu'il ne paralt, es pus
axir^ch que noun par ^s,
2. Le comparatif d'inferiorite s'exprime par mens ou par pas tant
suivi de que, — Exemples : tu es moins degourdi que lui, sios pas
tant escar^rabidt qu'el; tu es moins sage qu'elle, sios mens sdche
qxC^lo,
moins de... que ou pas tant de... que font de mSme, avec la
preposition de, — Exemples : il a moins de force que d'adresse, o
men(s) de forgo que d'adrdsso; il n'a pas tant de science que de ver-
biage, pas tan de sdouprc que de bldgo,
3. Le comparatif d'egalite se rend de trois manieres :
Par tant,,, coiimo : vous etes aussi une que votre frere, sis tant
dsc coumo vdstre frdire;
48 GRAMMAIKE LANGUEDOGIENNE.
Par aoutdn,., que : il agit avec autant de douceur que de fermetfi,
agis amb" aoutdn de doussou que de fermetdt ;
Par aoutdn,,, coi'ano ou simplement coumo : Vdime aoutdn coumo
ton cregnc, je Taime autant que je le crains; Vdime coumo la sd?^*e!
je Tainie comme je la serre sur men coeurl (par derision).
Remarques sur plus, le plus ; moins, le moins, — le plus, le
moins, devaut un adverbe ou un verbe, se rendent par lou mai ou
lou pus, lou mens, — Exemples : le plus doucement possible, lou
pu{s) doussom^n poussible; le plus sot de tons, lou mai pagnot de
toutes; le moius que je puisse faire, lou men{s) que pdsque fdire.
Places entre un adjectif et son substantif qui le precede, ou apres
un verbe, le plus, le moins se rendent de meine. -^ Exemples :
c'est la femme la plus jolie que je connaisse, es la f^nno la pus pou-
lido que coun6sque (au subjonctif); le haricot est le legume que
j'aime le moins, lou fahainol es lou lugun qu'dime lou 7nens.
plus... plus, moins... moins, repetes dans deux membres difTe-
rents d'une phrase dont le second est la consequence du premier,
se rendent par dou mat.,, dou mai, ou doun pus,,, dou mai, dou
mens,,, dou mens. — Exemples : plus les enfants sont sages plus
ils sont heureux, dou mai — doun pu{s) — lous efdns sou sages,
dou mai erouses sou; moins il travaille moins il s'enrichit, dou
men{s) trabdyo dou men{s) ven riche; plus il apprend moins il
oublie, dou inai apHn doti men{s) doublido; plus vous serez heu-
reux plus vous aurez d'amis, doun pus ser^s erous dou ?nai aourds
d'amich,
mai derive du latin magis,
EXERGIGES.
Une bonne langue est la moitie de la dot d'une fille. —
Uno boimo l^ngo es la mitdt de la bdrquidiro d'uno fiyo. —
Comment voulez-vous croire a I'egalite? Mettez en presence
Coussi voules-ti C7'4ire a Vegalitdi ? Met()s en fdgo Vun{o) an
uue femme jeune, jolie, grande, bien faite, fraiche,
Vdouiro, uno f^mio jouve, poulido, gjvmdo, fdcho {a)l tour, fresco,
bonne, douce, remplie d'esprit, laborieuse, sobre, musicienne,
boi'mo, dousso, pl^no d'esprit, trabaydir^o, sdbro, musicidno.
6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 49
artiste, adroite, d'un bon caractere, gaie, riche, pieuse et bien
artisto, adrdchOj d'un boun caratdlo, gdio, richo, piouso e pla
n6e, et une autre vieille, laide, petite, bossue, boiteuse,
nascudo, e un' doutro vidyo, Iddo, pichoto, boussudo, garrdlo,
jaune comme un coing, mechante, grognon, gourmande,
jdouno coum' un coudoun, bil^no, 9'oundindiro, groumdndo,
niaise, paresseuse, maladroite, triste, brutale, dMaigneuse,
pidto, peressouso, empoHdo, tristo, picagnoiiso, refastignouso,
pauvre et fille de mendiants deguenillSs, et vous me direz si
pdouro e fiyo de coticdrrous, e me div6s se
ellessont 6gales! — J'ai, dans mon ecurie, deux petits chevaux,
sou egdlos! — Ai, din moun estdhle, dous chabaloiis,
un jeune chien, une petite vache, une chevre avec ses petits
un cadil, uno vaqu^to, uno cdbro dmbe sotis
chevreaux et deux chevrettes, et une jeune ftnesse qui n'a pas deux
cabridoiis e dos cabr^tos, e uno saoum^to qu'o pa(s) dous
ans. Mon m6tayer, qui gouverne tout cela, est un grand et gros
ans. Moun ramoundt, que mdno tout aco, es un foutrdl
homme qui eflfraie quand on le regarde. Son pere est
d'homends que fo poou 7^e{s) que de Vagachd, Soun pdir{e) es
encore plus gros que lui, mais son grand-pere est le plus gra-
incdro pu{s) gros qu'el, md soun gran es lou max gra-
cieux de tons. Plus les autres sont sots et entet6s,
dous de toutes, Dou mdi lous doutres sou s4ch e pigndstres,
plus celui-ci est poli et galant. Les enfants ne sont pas
dou mat aqudste es houndste e galdn, Lous efdns sou pas
aussi degourdis que les parents : les filles sont tout k fait
tant escarrabidch coiimo lous par6ns : las fiyos sou toutafe{t)
bonnes personnes; la derniere surtout est extr^mement affectueuse!
brabdtos; la darrUiro subretout es amistouso que jamdil
— Quand ma chatte aura fait ses petits, je t'en donnerai un ;
— Quan ma cdto aourd fa{ch) sous catous, Ven bailardi un;
tes petits enfants et les fillettes s'en amuseront. L'aine est d6ji
tous pichotoiis e las fiydtos ne fadeja7'6ou, Uaindt es deja
4
J
50 GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE.
un petit homme; je crois qu'il n'a pas froid aux yeux, ce
{u)n homen^t; cr^se qu'es pasengrepesit, aqu6l
petit drole ! Ta jeune alnee est una petite femme ; la seconde est
houUarot! Toun ainad6t(p) es uno fenndto; la segoundo (e)s
plus instruite, mais la petite derniere est bien entM6e ; plus vous lui
pus sahdnto, md la day^rUreto (e)s pla testudo : dou mai ie
dites de faire ou de ne pas faire quelque chose, moins elle
disis de faille ou de pa{s) faire quicdn, doun pu mens
obeit, et, plus vous la chatiez, plus elle raisonne; c'est bien
oub^is, e, dou mdi la picas, dou mai rebdco; ac6 €{s) pla
d6sagr6able, d'uutant plus qu'elle est jolie comme un coeur et
desgracious, a mdi qu*es poulido coum(o) un sdou e
adroite comme une petite fee. — Je vais revenir dans un mo-
adr^c/io coumo (j()no fad^fo, — Vdoti tournd dins un mou-
ment : attends-moi : je n'ai besoin que d*un petit quart d'heure.
men^t : espdro me ; at pais) besoiin que d*un quar d'hour6to.
DES NOMS DE NOMBRE OU ADJEGTIFS NUMERAUX.
Les noms de nombre expriment la quantity ou l6 rang des
choses; ils se divisent, pour cette raison, en cardiliauz et ordi-
naux, et autres dont nous parlerons apres.
1. Les noms de nombre cardinauz d^signent la quantlte des
choses dont on parle :
icn
un
oimze
onze
dous
deux
doiiche
douze
tres
trois
troche
treize
qudtre
quatre
catorze
quatorze
cinq
cinq
quinze
quinze
sicis
six
seche
seize
S()t
sept
dosO'Sdt
dix-sept
iuch
huit
dmO'ioch
dix-huit
ndou
neuf
doso-ndou
dix-neut
dMi
dix
vbit
vingt
GRAMMAIRE LANGDEDOCIENNE.
vinto-un
tr^nto
crdnto
cinqudnto
souassdnto
s^tanto
quatre-vins
quatrevinS'im
7iondnto
cen
vingt et un
trente
quarante
cinquante
soixante
soixante-dix
quatre-vingts
quatre-vingt-un
quatre-vingt-dix
cent
dous cens
milo
ounze c4ns
ddso noou c6ns
dous milo
dd(ch) milo
cen milo
un miyoun
un miyd?''
51
deux cents
mille
onze cents
dix-neuf cents
deux mille
dix mille
cent mille
un million
un milliard
Les noms de nombre cardinaux sont invariables, sauf le premier,
tin, qui s'emploie, mais rarement, au pluriel comme adverbe. —
Exeraples : unes coch, d'lines coch des fois, certaines fois, quelques
fois. On se sert d'autres, comme substantifs, aux jeux de cartes et
autres : ai tres qudtres j'ai trois quatres, abid quatre ndous j'avais
quatre neufs ; lou cat6rz{e) o passat dd{ch) coch le quatorze a pass6
dix fois.
Un fait uno au fSminin. Vin et cen s'emploient aussi au pluriel :
quatrevins, siei{s) vins (ancien), dous cens, quinze cens, quatre-
vingts, six-vingts, deux cents, quinze cents.
2. Les noms de nombre ordinauz marquent Tordre et le rang
et sont adjectifs :
prumU premier
segoiin second
tresidmo troisieme
quatridmo quatrifeme
cinqui^mo cinquifeme
sidisi&mo sixi6me
sitiimo septieme
iochi&mo huitifeme
nouvidmo neuvieme
dechi&mo dixifeme
ounzi&mo onzifeme
douchUmo douzieme
trechiimo treizifeme
catorzUmo quatorzifeme
52
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
quinzidmo quinzifeme
secJiidmo seizieme
dosO'SdtUmo dix-septi6me
dosO'iochUmo dix-huitifeme
doso-nouvidmo dix-neuvieme
vinti&mo vingtif^me
vintO'Uniemo vingt et unifeme
inntO'dousidmo vingt-deuxieme
trenti^mo trentifeme
crantidmo quaranti^me
cincantidmo cinquantifeme
souassantUmo soixantieme.
sdtantidmo soixante-dixieme
qimtre-vintUmo quatre-vingti^me
nonantUmo quatre-vingt-dixifeme
rentUmo centieme
douS'Centidmo deux centieme
mili&mo millieme
ounze'Centidmo onze centieme
doso-noou cent nonanto dix-neuf cent quatre-vingt-
nouvidmo dix-neuvifeme
dous-milidmo deux millieme
d^{cli)'mili&mo dix millieme
cen-fnili&mo cent millifeme
miyounidmo millioni^me
miyardi&mo milliardifeme
darrid dernier
3. Outre ces deux sortes de noms de nombre, on en signale encoie
trois autres :
Les nonis collectils qui expriment plusieurs quantit6s groupies,
ainsi : doucMno douzaine, vint^no vingtaine, cinquanUno cinquan-
taine, cenUno centaine, un centendt, une cental ne.
Les noms Iractionnaires qui expriment les parties du tout :
mitdt moitie, tier tiers, quart quart.
Les noms multiplicatils qui font connattre combien de fois un
nombre est repete : douple double, triple triple, quatriiple quadru-
ple, ccntvple centuple.
Les noms de nombre ordinaux servent a enoncer les fractions en
GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 53
les faisant pr6c6der, comme en francals, par les noras de nombre
cardinaux. — Exemples : un douchieyno un douzifeme, dous cin-
quidmos deux cinqiiiemes. Au lieu de dire un tresidmo, un qua--
tridmo, un dousidMo, on dit un tier, un quart, uno mitdt, ou bien
lou tier, lou quart, la mitdt.
Demi, un deml, une demie se rendent aussi par midch, mid-
cho, — Exemples : une heure et demie un{o) hour{o) e midcho, un
empan et demi unpan e midch.
Pour ce qui concerne le rang qu'occupent les rois du mdme nom,
on dit comme en frangais : Louis neuf Louts ndou, Francois pre-
mier Frances prumie, Anri{c) qudtre, Charles dech, Filipo sdt,
Henri IV, Charles X, Philippe VII.
EXERGIGES.
La distance entre Beziers et P^zenas est de trois lieues et demie
La dist^ngio 6ntre Besies e Pesends es de tres legos e midcho
de pays, e de vingt-neuf lieues et un sixieme de B6ziers k Toulouse.
de pais, e de vinto-ndou Idgos e un sieisidmo de Besies a Touloiiso.
— L'61ectricit6 et la lumifere parcourent quatre-vingt mille
— U^letricitdt e la clartdt del jour fdou quatre vin milo
lieues de poste, ou trois cent vingt mille kilometres par
Idgos de pdsto, ou tres cen vin milo hilomdstres dins uno
seconde, ce qui fait que dans une heure TelectricitS
segoiindo de tens, qo que fo que dins un{o) Jiouro Veletricitdt
parcourt deux cent quatre - vingt - huit millions ^e lieues et un
fo dous cen qudtre vin io(ch) migouns de legos e un
milliard cent cinquante-deux millions de kilometres. — L'annee
miydr cen cinqudnto dou^ miyouns de kiiom6st7^es, — L'annddo
se compose de douze mois et de cinquante-deux semaines plus un
coumprin douche mdses e cinqudnto dos semmd^ios e un
septi^me : chaque jour compte vingt-<[uatre heures, chaque heure
sitidmo : chdco jour es de vintO'qudtr(e) hoiiros, chdcip) houro
soixante minutes et chaque minute soixante secondes;
de souassdnto minutos e chdco 7ninuto de souassdnto segoundos ;
54 GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE.
il y a done, en une beure, trois mille six cents secondes
i'6, per counsdquen, dins un' houro, tres milo sidis cen segoundos
et, dans un jour, quatorze cent quarante minutes et quatre-vingt-
e, dins un jour, quat&rze cen cranio minutos e quatre-vin-
six mille quatre cents secondes. — A la suite d'une r6volte
sidis milo quatre cen segoundos, — En suito d'uno 7^evdlto
contre le roi Jacques II d'Ecosse, la puissante maison de
cronto lou r6i Jdques dous d*Escdsso, la pouderouso famiyo
Douglas fut bannie de son pays et se r6fugia en France
Douglas siaguM forobandido de soun pais et fougigudt en Frdngo
ou elle fut tres bien accueillie du roi Charles VII qu'ils
oimte siagudt for(t) pla aculido per lou r^i Charles sit an-a-qual
aidferent a expulser les Anglais de France. Cela se passa
ajuddrou a fled lous AngUses defdro de Franco, Aco se passdt
en quatorze cent cinquante-trois, TannSe de la prise de Constan-
en quatdrze cen cinqudnto tr^s, Vannddo de la pr4so de Coustan-
tinople par Mahomet deux, sultan des Turcs. — Notre premier
tindple pdr Mdoum6t dous, emperur des Turs. — Ndstre prumie
roi connu dans Thistoire portait le nom de Pharamond.
r6i counesciit din Vhistoudro pourtdbo lou noun de Faramoiin,
Charlemagne fut le vingt-deuxieme, Louis treize le
Qarlomdgnip) es estdt lou ointo-dousihno ^ Loiiis troche lou
soixante-quatrieme, et Charles dix le soixante et dixifeme et
souassdnto-quat^Hdmo, e Charles ddch lou sMantidmo e
dernier jusqu'a present.
darrid jiisquos a-s-dro.
DU PRONOM.
Les Pronoms sont des mots que Ton met k la place des Noms pour
en eviter la repetition. lis se divisent en pronoms personnels,
possessifs, d^monstratifs, relatifs et ind^terniinds.
GRAMMAIRE LAN6UGD0GIENNE.
55
PRONOMS PERSONNELS.
Les Pronoms Personnels sont ceux qui designent les personnes.
11 y en a un pour la premiere, un pour la seconde et un pour la
troisifeme. On doit y ajouter le Pronom refl^chi.
Singulier.
Nomin. ;
: y6ou^ je, moi.
Genit. :
de v^ou^ de moi.
Datif :
a yiou^ k moi.
Accus. :
me, moi.
PREMIERE PERSONNE.
Pluriel.
ndoutres^ fern, ndoutros^ nous.
dendouh^es^ id. de ndoutros^ de nous,
a ndoutres^ id. a ndoutros^ a nous.
nous^ des deux genres, nous.
ExEMPLES. — moi je fais ainsi y^ou faoii antdl; nous ne le vou-
lons pas ndoutres ou voulen pas; cet enfant est bien de moi aqu^l
dr6ll{e) es pla de y^ou; c'est a nous (hommes) de parler es a ndou-
tres de parld; mesdemoiselles, c'est i vous, doumdiselos, es a
vdoutros. ficoute-moi escoiito-me, ecoute-nous escoiito nous, escouto
nous a ndoutf^es: cette redondance est tres frequente.
Singulier.
Nomin. :
: tus^ tu, toi.
Genit. :
de tus^ de toi.
Datif :
a tus^ k toi.
A.CCUS. :
te^ toi.
SECONDE PERSONNE.
Pluriel.
vdoutj^es^ fem.t?dow^ro5, vous.
de vdoutres^ id. de t)dout7^os^ de vous.
a vdoutres^ id. a vdoutros^ i vous.
vous^ des deux genres, vous.
ExEMPLES. — c'est toi qui 6cris es tu(s) qu* escribes; jeunes filles,
c'est a vous a commencer fiydttos, es a vdoutros a coumengd; que
veux-tu que je fasse de toi? que vos que fdgue de tus? vous 6tes
riches et nous bien pauvres, vdoutres sds riches e ndoutres pla
pdoures; tenez-vous tranquilles ten^{s) vous (accusatif) tranquilles;
leve-toi et habille-toi Idvo-t^ e vestis-td; taisez-vous! cala{s) vous!
56 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
II existe, au singulier, une autre forme de seconde personne : celle
de politesse ; ainsi Ton dira sans tutoyer :
<
Nominatif : vous^ ' vous, pour toi.
G6nitif : de vous^ de vous, pour de toi.
Datif : a vous^ a vous, pour & toi.
Accusatif : vous^ vous, pour toi.
ExEMPLE POUR LES QUATRE GAS. — C'est VOUS, iTion pfere, qui
Tavez choisi; aussi c'est & vous que j'en suis redevable comme de
tout ce qui me vient de vous, et c'est vous que je remercierai.
Es vous, moun pdire, que Vab&s caousit; atab6 es a vous que ne
sidi redehdble coumo de tou{t) go que me ven de vous, e es vous
que remerciardi.
TROISlfeME PERSONNE.
Singulier. Pluriel.
Nomin. : eU ^lo^ lui, elle. 4les^ 6los, eux, elles.
Genit. : d'el, d'6lo^ de lui, d'elie. d'^les^ d*<^los, d'eux, d'elles.
Datif : a el^a 4lo^ k lui, a elle. a 6les^ a 6los^ k eux, a elles.
Accus. : lou; lo^ la^ le, la. lous; los^ las les.
ExEMPLEs. — tu es savant comme lui sids sahdn counC el; soyez
pieuses comme elles siagds piousos coum* ^los; chacun pour soi
cadim pdr el; quand on parle d'elle, elle est la ! quan pdiHou d'^lo,
crac! es aqui; avant tout, elle pense a elle avdn tout, p6nso (a)n
6lo; c'est k eux a faire les avances es a-n-^les a fdire las ahdngos;
tu le bruleras lou bridlards; tu la chargeras la cdt^gards; poursuis-
les dsseguto lous. On voit, par ces derniers exemples, que les pro-
noms a Taccusatif sont toujours regimes des verbes : souvenir du
latin dans lequel le verbe actif gouverne raccusatif .
PRONOM PERSONNEL RfiFLECHI.
Singulier. Pluriel.
l'« personne : me, je me. nous, nous nous.
2« personne : te, tu te. vous, vous vous.
3® personne : se, il se. se, ils se.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 57
ExEMPLES. — 7ne mdque je me mouche, nous moucdn nous nous
mouchons; te carcinos tu t'inquietes, vous carcinds vous vous
inquietez; se degourdtssou ils se d6gourdissent.
On voit que c'est avec le pronom personnel r6fl6chi que se conju-
guent les verbes r6fI6chis ou pronominaux.
Remarques. — avec moi, avec toi, avec lui, avec nous,
avec elles, avec vous, etc., se traduisent par dmbe : dmbe yiou,
dmbe tus (et, par contraction, an tus)^ dmV el, dmbe ndouires,
dmb' ^los, dmbe vdouU^es, etc,
lui-mdme, elle-mdme, eux-mdmes, elles-mdmes se ren-
dent par el-mdmes, 6lo mdmes, eles,^los m^mes; soi-mdxne se
rend par el m&mes, 6lo mdmes.
le, la, les, ltd, leur, suivis d'un verbe dont ils sont regime
direct ou indirect, s'expriment par lou, la, lous, las, U, — Exem-
ples : je le crains lou cr^gne, je la vis la vejdre, je les connais lous
coun&isse, je lui dis de venir i^ digudre de veni, je leur parlerai
i4 parlardi, je les punirai las punirdi.
Quand le, la, les, lui, leur sont precedes du verbe qui les regit,
le, la, les s'expriment par lou, la, lous, tant qu'il s'agit d'une per-
sonne ou d'une chose d^terminee, et par ou quand c'est d'une chose
ind^terminee que Ton parle. — Exenoples : quand 11 te promettra de
venir, crois-le quan Vaproumetrd deveni, crei-loii; quand il t'affir-
mera une chose, crois-la quan Vassegurard quicdn, cveis-ou (crois
cela); ce livre est inutile, donne-le aquel libr{e) es unutille, ddno
lou; que fais-tu de tout cela? donne-le de que fas de tout acdf ddno-
S'OU. — lui , leur, suivis du verbe, se traduisent par ie : je lui
dirai ie dirdi, je leur tournerai le dos ie viray^di Vesquino.
le lui, le leur, la lui, la leur, les lui, les leurs se rendent
par iou, ou ie lou quand il s'agit d'une chose d6termin§e : je le lui
dirai, je le leur dirai iou diy^ai; s'il veut un compliment je le lui
ferai se vol un coumplim^n ie lou fardi; je le lui promis iou prou-
metdre; il me demandait ce livre, je le lui donnai me demanddbo
{a)quel libre, ie lou doun&re; je veux le lui donner v6le ie lou
dound, et, plus 616gamment, ie lou vdle dound.
58 GRAMSifAIRE LAN6UED0CIENNE.
EXERGIGES.
Quand tu viendras, je te donnerai une lettre de ta tante. — II aura
Quan vendrds, te dounardi uno Utro de ta tdnto. — Aouro
bient6t la recompense qu'il a merit6e; je me suis charge de
l&ou la recoump^nso que s'es ameritdt ; me sioi encargdt de
la lui faire passer. — Voici ma soeur : c'est elle-m6me qui s'avance;
ie la fdire at^ne. — Aid masdrre: es ^lo-mdmes que se sdrro ;
plus je la vois, plus je la trouve aimable. Elle viendra avec
dou mdi la ves^, dou 7nai la trdbe aimdblo, Vendrd an
moi a Montpellier. Si vous voulez me charger de lui dire
yeou a Mounpeie. Se me voulds encargd de ie di7*e
quelque chose, je Ie lui dirai. — Tu as parle de moi a tes amis
quicdn, iou dirdi. — ^5 parldt de y6ou a tous amich
et tu m'as parle d'eux avantageusement. — Si ton cousin n'est
e iyVas paiHdi d'iles abantajousom6n, — Se toun cousi es
pas encore mari6, je lui prSsenterai une charmante petite femrae;
pas incdro mariddt, i6 preseniardi uno charmdnio fennoio;
je la connais et je puis t*assurer qu'elle a en elle tout ce qu'il faut
la couneisse e pdde Vafirmd qu'o, en 4lo, tou{i) go que cal
pour Ie rendre heureux. — Le roi de France Francois premier a
per Iou rdndre eroiis. — Lou 7'6i de Frdngo F7^ancds prumie o
dit : « Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie. •
dich : « SouMn fenno sdncho d'ideios. pla fol Iou que se ie fiso. •
C'est lui-m6me qui 6crivit, apres avoir perdu, contre Charles-
Es el-mdmes qu*escrigudt, aprds aMire perdut, crdnto Chai^les-
Quint, la bataille de Pavie : « Madame, nous avons tout perdu
quln, la batdyo de Pavio : « Maddmo, abdn tou(t) pdrdut
fors rhonneur. » — Je vous connais plus que vous ne me connais-
foro Vhounou, » — Vous coimeisse mdi qu*oun me couneis-
sez. — Ce livre est-il a toi? — Cette maison est a vous
ses. — Aqu^l libre es-ti a tusf — Aqu^J oustdl es de vdoutres
deux. — Que veux-tu que nous fassions de cela?
dous. — Deque vos que fagu6n d'acd?
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNK.
59
PRONOMS POSSESSIFS.
Les Pronoxns Possessifs indiquent la possession; ils se divi-
sent en conjonctifs et en relatifs.
PRONOMS POSSESSIFS CONJONCTIFS.
SINOUUER.
PLURIEL.
Masculin.
Feminin.
Masculin.
Feminin.
moun^ mon.
ma^
ma.
ndstre.
ndstro, notre.
toun^ ton.
ta^
ta.
vdsti^e^
vdstro, v6tre.
soun^ son.
sa.
sa.
sotm.
sa, leur.
mous^ mes.
mas.
mes.
ndstves.
n6st7*os, nos.
tous^ tes.
tas.
tes.
vdstres.
vdstf^os, vos.
50WS, ses.
sas.
ses.
sous^
sas^ leurs.
ExEMPLES. — l*"® personne : moun home mon mari ; ma fdnno
ma femme; ndstt^e hugadid notre cuvier a lessive; ndsti^o blddo
notre blouse; mous agnHs mes agneaux ; mas fMos mes brebis;
ndstres escldch nos sabots ; tas guMos tes gu6tres,
2® personne : toun piparot ton baril a vin ; ta dounadouiro ton
seau a queue ; tous agoutdls tes ecopes ; vdstre bassardl votre bat-
toir; vdstro Ugno votre bois k bruler; tous cabiroiis tes chevrons;
tas grdyos tes corneilles; soun nisdi^ son lizard; tas dncos tes
f esses.
3* personne : soun galdbdi'' son boudin ; sa poudadoidro son
outil k tailler la vigne ; sous cambajous ses jambons ; sa sdoumo
leur Anesse; soun cat son chat; sas cambaies ses jarretieres; sous
arcelis leurs clovisses; sas c6bos leurs oignons.
Ces pronoms s'appellent conjonctils parce qu'ils sont toujours
accompagnes d'un substantif : 7noun pdv^e mon pere, toun jacouti
ton corsage de dessous, sas cdoussos sa culotte, sous dses ses Anes.
Observation, — Comme en franfais, moun, toun, soun s'^m-
60 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
ploient k la place de ma, ta, $a quand ils sont suivis d'un nom femi-
nin commencant par une voyelle. Ainsi, on dira : moun oiimbrdlo,
toun aguyo ton aiguille, soun imdjo son image, soun armddo leur
armee, au lieu de ma oumbrelo, ta aguyo, sa imajo, sa armddo;
de mSme qu'on dira en fran^ais : xnon ombrelle, ton aiguille, etc.
PRONOMS P08SESSIFS RELATIFS.
Ces Pronoms Possessifs sont appel6s relatifs parce qu'ils se rap-
portent a un substantif d6ja 6nonc6 : aqti^l libi^e es tiou ce livre est
tien (ou k toi), las cdbros sou miounos les chevres sont miennes,
las anguidlos sou siounos les anguilles sont siennes, lous cagrdsses
(les tdtards de grenouilles) sou tious sont tiens, etc.
Dans le precedent tableau des pronoms possessifs conjonctifs,
comme dans celui qui va suivre, des relatifs, nous avons indique le
nombre du possesseur dans le sens vertical, tandis que pour
I'objet poss6d6 le singulier occupe les trois premieres lignes
horizontales et le pluriel les trois autres.
SINQULIER.
PLURIEL.
Masculin.
miou mien
tiou tien
siou sien
mious miens
tious tiens
sious siens
Feminin.
miouno mienne
tiouno tienne
siouno sienne
miounos miennes
iiounos tiennes
siounos siennes
Masculin.
ndstre notre
vdstre votre
siou leur
ndstres notres
vdstres votres
sious leurs
Feminin.
ndstvo notre
vdstro votre
siouno leur
ndstros notres
vdstros votres
siounos leurs
Remarque. — A znoi, & toi, k lui, & nous, & vous, & eux,
k elles se rendent de deux mani^res :
Par miou, tiou, siou, ndstre, vdstre, siou, siouno et leurs plu-
riels, ou par le pronom personnel au datif, et par a y6ou, a tv^,
a-n-el, a-n-^lo, a ndoutres, a vdoutres, a-n-^les, 4los, — Exemples :
Ce livre est a moi aqu^l libre es miou ou es a y6ou; rid6e est k moi
mais tu Tas faite tienne Viddi{o) es a y^ou md Cas fdcho tiouno,
Le mien, le tien, le sien, le n6tre, le v6tre, le leur;
les miens, les tiens, etc.; la mienne, la tienne, etc.; les
miennes, les tiennes, etc., se rendent comme en frangais :
ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 61
SINQULIER. PLURIEL.
Maaculin. Feminin. Masculin. Feminin.
lou miou la miouno Ion ndstre la ndstro
lou tiou la Houno lou vdstre . la vdstro
lou siou la siouno lou siou, le leur la siouno, la leur
lous mious las miounos lous ndstres las ndstros
lous tious las tiounous lous vdstres las vdstros
lous sious las siounos lous sious, les leurs las siounos, les leurs
Ces pronoms se d^clinent avec les trois cas, corame le substantif :
vol pa(s) lou tiou e s*en chdouto pas del siou, es pas qu'al miou
que ne vol! il ne veut pas le tien et se soucie peu du sien, mais c'est
au mien qu'il en veut t
EXERGIGES.
On dit que quelquefois ce monsieur boit plus qu'il ne faut,
Disou que, de fes que id, aqu6l moussu fo tibd Varqu^t,
et je crois qu'il lui arrive souvent de voir le fond de la bouteille.
e cr^se que y-arribo souMn de v4ire lou clouquid (le clocher).
Toute la journ^e il est k table, aussi, quand on va le trouver,
Tout lou mane del jour es a tdoulo, ataM quand on i4 vo,
il est ivre-mort. Heureusement ses enfants ne font pas
es bdndat coum{o) un cun. Erousom^n sous efdns fdou pas
comme leur pfere. — Mon jardin est joli, le sien est plus grand,
coumo soun pdire. — Moun hort es poulit, lou tiou es pu{s) gran,
mais j'aime mieux le votre. — Nos enfants sont arrives :
mds dime mdi lou vdstre. — Ndstres €fans sou arribdch :
le mien, les tiens et les slens ont eu beaucoup de prix; celui de
lou miou, lous tious e lous sious 6ou abut fdsso prises ; lou de
ma nifece a perdu la t6te parce qu'il n'a rien eu. — Nos
ma neb6ud{o) es debaridt pertdou qu'o pare{s) ga^ndt. — Ndstros
poules ont saute dans le jardin du voisin, de sorte que nous ne
galinos dou sdoidcit din Vliort del vest, en sdrto que
62 6RAMMAIRE LANGUBDOGIENNE.
savons plus maintenant quelles sont les miennes ou les
sab&n pa{s) pus dro qudnos sou las miounos ou las
siennes : ii dit que les plus jolies sont k lui, tandis qu'elles
siounos : preUn que las pus poulldos sou a-n-el, tandis que
sont kmoi. — lion pere, ma femme, nos oncles etmes
sou miounos. — Moun pdire, ma f4nno, ndstres ouncles e mas
cousines ont fait rSveillon avec moi lauuit de Noel : il n'y
cousinos dou fa(ch) regagndu ambe i6ou la n6i de Nou6 : i4
manquait que toi, tes filles et leurs enfants. — 6ratte4oi oil
mancdbo pas que tus, tas fiyos e sous maindges, — Grdto-te oun
cela te demange, et quand tu seras a table ne t'endors pas sur le
te prusis, e quan serds a tdoulo V endourmigues pas sul
rfiti.
7''0UStit.
PRONOMS DfiMONSTRATIFS.
Les Pronoms Ddmonstratifs servent a montrer les choses ou
a les rappeler k Tesprit ; ils sont de trois genres : masculin, feminiu
et neutre, et au nombre de deux, Tun suivi du substantif et Tautre
sans le substantif.
PRONOM SUIVI DU SUBSTANTIF.
Singulier. Pluriel.
Masculin : aqu^l, aqu6ste, ce, cet; aqu^les, aquistes, ces.
F6minin : aqu6lo, aqu6sto, cette ; aquilos, aqu^stos, ces.
ExEMPLES. — Cet homme, cette femme (eloignes), aquel hdme,
aqu^lo f6nno ; — cet homme, cette femme (presents ou tres rappro-
ch6s), aqu^st{e) hdme, aqu^sto f^nno,
Quand on veut faire bien sentir la diflference qui existe entre des
choses rapproch6es ou 61oignees, on dit : aqu6ste d'aici aq^44ste
d'aqui celui d'ici ; aqudl d'aldi celui de la-bas. On dit encore, quand
11 y en a un troisieme, aqu6st{e) doutre cet autre.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 68
PRONOM NON SUIVI DD SUBSTANTIF.
Singulier.
Masculin : aqu6ste celui-ci, aquil celui-l^.
F^miDin : aquisto edle-ci, aqtidlo celle-l&.
Neutre : aifo, acd ceci, cela.
Pluriel.
Masculin : aqu^sies ceux-ci, aqu^les ceux-li.
F6minin : aqu6stos celles-ci, aqu^los celles-la.
ExEMPLES. — Quand je vis celui-ci, j'eus peur, mais quant k
celles-la, je les mis en fuite quart vechdre aqu6ste, achdre pdou, m&
qttant an-aqu^los, las faguere fougt. — Ceci va bien ai(:d vo pla.
— Ne touchez pas cela tdques pas acd; c'est celui-ci acd {e)s aqu6sie;
c'est celui-la ac6 {e)s aqu4l; c'est cela, c'est ga acd {e)s acd; c'est
moi acd {e)s y4ou; c'est lui acd {e)s el; c'est nous acd ndoutres.
celui qui^ celle qui, etc., se traduisent par loti que, la que, etc. :
celui que je cherche lou que cdrque; celle que j'ai vue la qu'di visto;
ceux que nous aimons lous qu'aimdn; celles que nous fuyons la^
que fougissdn.
celoi que, celle que, etc., se rendent par aqu4l que, aqu6lo
que, aqu6les que : celui que vous voulez aquel que twulis, celles
que tu demandes aqu6los que demdndos,
ce qui, ce que se traduit par go que : ce que tu m^prises go que
mespr^sos. (Voir a la Syntaxe.)
PRONOMS RELA.TIFS.
Les Pronoms relatif s sont ceux qui ont rapport a un nom ou k
un autre Pronom qui les precede et qu'on appelle ant6c6dent. Nous
en avons trois sortes :
1. Nomin. : que^ qual, qui, lequel, laquelle, et pluriel.
G6nitif : de qual^ doun, que^ de qui, duquel, de laquelle, id.
Datif : a quaU k qui, auquel, k laquelle, id.
Accus. : quCy que.
64 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
ExEMPLES. — un hdme ^ue sa{p) fdsso cdousos un homme qui
sait beaucoup de choses ; Vempligdt, de gual — (ou doun) — parldbe
Temploye dont je parlais; la f^nno (a) qual vous presenMre la
femme k qui je vous presentai ; gual o fach acdf qui a fait cela? la
vUo que visiUren la ville que nous visitames.
2. Nominatif: de qu^, quoi.
G6nitif : de deque, de quoi.
Datif : a de que^ k quoi.
ExEMPLES. — en de que vous aiti despldsegutf en quoi vous ai-je
d^plu ? de que fasds ? que faites-vous ? de de que vous plands ? de
quoi vous plaignez-vous? sdbe a de que tout acd vous sdrvis je sals
a quoi tout cela vous sert.
3. N. : qudne, qudno, qudnes, qudnos, quel, quelle, et pluriel.
G, : de qudne, de qudno, de qudnes,
de qudnos, de quel, de quelle, id.
D. : a qudne, a qudno, a qudnes, a
qudnos, a quel, k quelle, etc.
ExEMPLES. — qudn{e) es lou chabdl que noun brounche ? ou que
brounche pas? quel est le cheval qui ne bronche pas? de qudnos
countrddos anHbdsf de quelles contrees arrivez-vous? diga{s) noxis
a qudno prouv4ng{o) apartenis dites-nous k quelle province vous
appartenez.
EXERGIGES.
II n'y a pas beaucoup de pauvres a qui Ton ne porte pas
I'd pas fdsso pdoures an-a-qudl on pdrte pas
secours. — Quel est celui qui ne se trompe jamais? — Tel riait
secous. —Quan* es aqu^l que s'enguso pa{s) ;amdi? — TalHsid
samedi qui pleurera dimanche. — A qui est ce tablier? —
dissdte que plourar^o dimanche, — A qual es aqu^l mantdlf —
Voici un fauteuil dont le si6ge est dur et dont les jambes sont
Kid i'O {u)n fdoutul que lou sSti es du e que las cdmbos 6ou
GtlAMMAlKfi LANGU£r>OCl£NK£. Co
cassees. — Le cheval dont il etait question ne fait que hennir et
petal. — Lou chahdl dount dro question fo pas que Una e
se cabrer. — Lequel, de vous ou de lui, a le mieux reussi k son
se quiyd. — Qual, de vous ou d*el, o miou russit a soun
examen? — Dis-moi qui tu es etjetedirai quijesuis. —
e^amtn ? — Digo me qual sios tus e te dirdi qual sidi y^oti. —
Je le prendrai tel qu'il sera. — A qiioi sert d'avoir de Targent
Lore p{r)endrdi tal que serd, — A de que servis d'aMire d'arg&n
si on ne Temploie pas? — Mon fusil et mon chien valent mieux
s*on Vemplego pasf —Moun fusil e moun chi vdlou mat
que les votres. — Nous ne devons pas toujours faire ce qui nous
que lous vdstres. — Dibin pas loujour fdire fO que nous
plait le plus. — Regardez ces jeunes filles : celle-ci est bien
agi^ddo lou mat. — Agachds aqu^los fiyelos : aqu^slo {e)s pla
grasse, mais celle-li ressemble a une araignee : elles ne
repetelndo, mds aqut^lo semblo {u)n(o) estai^igdgno :
nianquent pas d'assurance; quelles impertinentes! — De ces
mdncou pa(s) defroun; qudnos 7nou7^ri(dos ! — D'aqu^los
pSches, celle-ci est la plus milre : celle-1^ est bien plus
pcrsdgos, aqu^sto {e)s la pu(s) madtwo : aqudlo {e)s pla pu{s)
grosse, mais toutes tiennent au noyau. — Ces deuxf chiUeaux,
g rosso, md toiilos Unou al elds. — Aqu^les dous castdls,
dans la m6me vallee, sont tresjolis; celui-ci est plus
dins la mdmo coumho, sou pla poulich; aqu^ste d*aici es pu(s)
eleve, mais celui-la est plus orne. — Cet homme est laid,
ndou, m^s aqudl d'aldi es ?nioH decourdt. — Aqudl h6m{e) es let,
celul-ci est bossu, celui de la-bas est boiteux et cet autre
aqu^st(e) es boussut, lou d'aldi es gay^^H e aqudst doutr(e)
est borgne ; tons les quatre se sont gris6s. Ceux qui les
es bd7*7^e; toutes qudtre se sou enchichourldch. Lous que lous
rencontreront ne sauront pas s'ils doivent leur adresser des com-
traparoou saouprdou pas se ie dibou fa de count-
pliments. — La cantatrice dont je vous ai parle merite d'etre
plim4ns. — La cantdiro que vous ai parldt a?nerito d'estr{e)
66 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
applaudie. — A quoi vous sert la jument que vous avez
aplaoudido. — A de que vous servis la cdbdlo qu'ab^s
achet^e ?
croumpdt f
PRONOMS INDfiTERMINES.
Les proaoins ind^terminds sont ceux qui out une significa-
tion g6n6rale et indeterminee, comme quiconque, qual que sidguo,
chacun cadicn, chacun. lis sont en assez grand nombre :
1^ Quelqu'un quelqu'une, caouquun caouquuno, ou caoucnn
caouciino; quelques-uns quelques-unes, cdouques uns cdou-
cos linos; quelque, plur. quelques, cdouque, plur. cdouques; au
f^minin cdouco, plur. cdoucos; quelque chose quicdn,
ExEMPLES. — Caoucun se sdrro quelqu'un s'approche ; n' i-o
cdouques us d*a?nagdch perqxCin aid il y en a quelques-uns de
caches par ici ; cdouco p6no qu*acMs quelque chagrin que vous
ayez; vous vole dire quicdn je veux vous dire quelque chose.
2o Aucun aucune, aoucun aoucuno, pa{s) dies, pas cap, pa{s)
brico; rien pa{s) res,
ExEMPLEs. — Trdpe pa{s) chds d'aqudlos dou7ndis&los je ne trouve
aucune de ces demoiselles; cercos d'abeldnos, n* i-o pas cap tu
cherches des noisettes, il n'y en a aucune : vous disc pa{s) res je ne
vous dis rien.
3» Personne, aucun, point, persouno, [degus, cap, — rien,
res, pa{s) res.
ExEMPLEs. — S'ai coun^lsse pas persouno, paisydegiis, je ne
connais personne ici ; ie v^se pa{s) res je n'y vois rien ; n*ai pas cap
je n'en ai point; capes sou pa{s) venguch aucun d'eux n'estjvenu.
4« Quiconque cal que sidgo ou qual que sidgo, Quoi que ce
soit que que sidgo. Au pluriel : qudnes que sidgou quels qu'ils
soient. On ecrit indifferemment sidgo ou sidguo,
ExEMPLES. — Cal que sidgo que se presdnte di7itra7'6 quiconque
se presente entrera; que que sidgo que 7ne doun^s quoique ce soit
que vous me donniez; cal que sidgo de vaoutrcs quiconque de vous.
Au pluriel : qudnes que sidgou de vdoutresK
1. On voit, par les exemples qui precedent, que cap, cal et gudne s'omploient
aussi au pluriel; caj) fait c&pes, cal et qudtie font qudnes.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 67
5<> L'tin Tune, les uns les unes, Vun Vuno, Wus us las unos,
ou d'us d'unos; I'autre les autres, Vdouty^e rdoutro, lous doutres
las doutros.
ExEMPLEs. — Vun disio Man, lous doutres disidou nigre, les uns
disaient blanc, les autres disaient noir. Las unos vouioou, las dou-
t?^os vouioou pas, les uns voulaient les autres ne voulaient pas. N' i-o
d'us que disou antdl, il y ea a qui disent ainsi.
6^ L'un Tautre, les uns les autres, Vun Vdoutre, lous us
lous doutres. — L'un et I'autre, I'une et I'autre et leurs plu-
riels, Vun e Vdoutre, Vun{o) e Vdoutro, lous us e lous doutres, las
unos e las doutros,
ExEMPLEs. — Se soustdnou Vun an (pour dmbe) Vdoutre ils se
soutiennent Tun Tautre ; nous ajuddren lous us lous doutres nous
nous aidames les uns les autres. — L*un e Vdoutre, lous us e lous
doutres, sou refastignonses per soun mancfid Tun et I'autre, les
uns et les autres sont difficiles pour la nourriture.
1^ Ni l'un ni I'autre, ni I'une ni I'autre et leurs pluriels,
ni Vun ni Vdoutre, ni Vuno ni Vdoutro, ni lous us ni lous doutres,
ni las unos ni las doutros,
ExEMPLE. — Aipas endevengut ni lous us ni lous doutr^es je n'ai
rencontre ni les uns ni les autres.
S^ Pas un, pas une, pas un, pas uno,
ExEMPLE. — K i'O pas un (ou gn'en o pas un) que sidguo coumo
se diou il n'y en a pas un qui soit comme il faut.
9^ Autre, autres, les autres, doutre, doutro, doutres dou-
tros, lous doutres, las doutros.
ExEMPLEs. — Aoutro cdous{o) es de rire doutro cdous{o) es de
2)lourd autre chose est rire autre chose est pleurer; on senilis pa(s)
lou mal des doutres on ne sent pas le mal des autres.
10^ Autrui lous doutres, d'autrui des doutres, k autrui as
doutres.
ExEMPLE. — Lou be des doutres aproufito pas le bien d'autrui
ne porte pas profit.
110 M6me, mdmes, le mdme, les mdmes, et feminin, mdme,
memes, lou mdme, la m6mo, lous memes, las mdmos.
ExEMPLES. — Elo mdmes rrVo parldt elle nieme m'a parle ; es lou
mdm(e) home, es la mtmo f6nno c'est le meme homme, c'est la
meme femme; es lou memes que venguct Vdoutre four c'est le
68 atlAMMAlHE LAK(}D£t>OCi£:KNfi.
m6me qui vint Tdutre jour ; aqu^les efdns sou toute[s) lous mimes
ces enfants sont tous les monies.
12® Chaque cddo, chdco, — Chacun, chacune cadun, cadiino
cfiacun, chacuno.
ExEMPLES. — plogiit chdco jour il a plu chaque jotir ; cddojour
fasdn un pas de mat daou lou clot chaque jour nous faisons un pas
de plus vers la tombe ; pdrdoun4n a chacun siloun qu'ou amenta
pardonnons a chacun selon qu'il le m6rite ; cadun vous ou diro cha-
cun vous le dira.
IS*' Beaucoup de fosso de,..^ pla de...; beaucoup plus bcH-
co{p) mat; beaucoup xnieux pta mwu.
ExEMPLES. — Udime via, Vdime b^l'Cop]e Taime beaucoup ; w' i-6
fdsso d'apeldch mt pla paou senkiu eliich il y en a beaucoup d'ap-
peles mais bien peu seront elus; i-o pla de guindoulos aqu6st{e) aw
il y a beaucoup de jujubes cette ann6e; S(^n fosso camdls din Best^s
nous sommes beaucoup de chameaux a Beziers.
14® Plusieurs d'unes que i-o, fosso que gn*o, plusiiir, mat d'un.
ExEMPLES. — Sul noumbrc, d'lhies que i-d capitou pla sur le
nombre, plusieurs rencontrent bien : fosso que gn*6 d*4nt're las f&n-
nos sdbou pas go qu*es d'escoutd il y en a plusieurs parmi les fem-
mes qui ne savent pas ce que c'est que d'ecouter : ataM n* i-o fnai
d'uno que pdiHo tout droumigudn aussi plusieurs parlent tout en
dormant; sdn plusiurs antdl nous sommes plusieurs ainsi.
15^ Peu. peu de, un peu, un petit peu; paou, paou de, un
paou, un paouqu^t.
ExEMPLES. — Douna m*en un paou donnez-m'en un peu ; baila{s)
U un paou de pan donnez-lui un peu de pain ; paou cdouso me
suf'ts peu (de) chose me suffit; ne vole pas qu'un paouqu6t, un
paouquetOH je n'en veux qu'un petit peu, un tres petit peu; es paou f
c'est peu !
16° Tout toute, tous toutes, tout toiito, toutes tovtos, —
Tout le monde toutes,
ExEMPLES. — Tout hdm(e) es per mourl tout homme est mortel ;
toiitos ou disou toutes le disent; toutes cr^gnou lou mal tout le
monde craint le mal.
Remarqde. — Tout, devant un nom suivi de que, se rend aussi
par tout mais plus souvent par quan mdmes et veut le verbe au sub-
jonctif : quan inemeis) que sidguo ministre lOu, tout 7ninistre que
6RAMMAIRE LANGUEDOGIBNNE. 69
sidguo), me fo pas poou tout ministre qu'il soit je ne le crains pas.
(Voir a la Syntaoce du pronom.)
170 Tel, telle et pluriel ; un tel, une telle ; tels et tels, telles
et telles, tal tdlo, tals tdlos; un tal, uno tdlo; tals e tals tdlos e
tdlos,
ExEMPLES. — Tal mestre tal lariat tel maitre tel valet ; quan tals
et tdlos foou aco, oupouden be faire quand tels et telles font cela,
nous pouvons bien le faire ; es uno tdlo que 7n*ou o countdt c'est
une telle qui me Ta raconte.
18® On s'exprime quelquefois par se et le verbe se met a la troi-
sieme personne du singulier. — Exemple : se dis din las gas6tos on
dit dans les journaux. — II arrive souvent que on ne s'exprime pas:
on met alors le verbe a la troisieme personne du pluriel : cr^sou que
s'es negdt on croit qu'il s'est noye; Voou mendt en pinsoii on Ta
ronduit en prison. — Enlin, on se traduit aussi par on : on even la
nio)H 7m)s on la po{t) pa{s) fouchi on craint la mort mais on ne pent
la fuir; on es pa{s) desounourdt per ab^ire perdu{t) soun de que
on n'est pas deshonore pour avoir perdu sa fortune.
PRONOMS EN ET Y.
u quand il se rapporte aux personnes et aux choses et qu'on
pent le tourner par de lui, d'elle, d'eux, d'elles, de ceci, de
cela, se rend par en : je veux m'en s^parer v6le m'en dessapaxd ou
Tn*en vole dessapartl. II pent aussi se rendre par de lui, d'elle : me
vole separd d*ilo.
En, pris dans le sens de quelques-uns, s'exprime par ne : j'ai
de belKs azeroles, en veux-tu? je t'en enverrai ai de pouli{ch) biro--
bouqudch, ne vos 1 t'en mandardi. J'en veux ne vole. Et des enfants,
combien en avez-vous? e d'efdns, quan 7i*abes? J'en ai quatre n'ai
qudtre.
En, se rapportant a un lieu, avec mouvement, se traduit par ne :
Vqus venez de Cette? j'en viens Vends de C^to? ne v6ne.
En, precede de y et suivi d'un verbe, se rend regulierement, dans
Taffirmative, par i-en, et, dans la negative, par n{e) i-en ou nH-en,
ou gn*en. — Exemples : il y en a i-en o, gn'o; il n'y en a pas n'i en
a pas. gn'o pas. — il lui en fera voir gn*en faro vdire; il y en est
70 GHAMMAIRE LANGUEDOGIENNB.
tomb6 gn'es toumbdi et aussi lai n'es toumbdt ; il y en aura gn'aourd,
lai n'aourd; il y en fit de belles! i-en fagudt de grisosi
Y suit les mfimes tournures que en quand il se rapporte aux cho-
ses et se traduit par ye ou ie. — Exemples : c'est un fripon, ne vous
y fiez pas es un estanciur vou{s) ye fises pas; j'y penserai ie pen-
sardi; c'est un bon ouvrage mais j'y trouve des erreurs es un boun
llWe md y'-ati'dpe d'ourrous; Ie combat fut sanglant, il y p&rit mille
hommes lou coumbd{t) siaguet sangldn, ie perigudt miV homes.
Y, pronom de lieu, se rend par les adverbes a^di et aldi selon que
Ie lieu est proche ou 61oign6, mais ces adverbes se contractent, gai
et lai. — Exemples : Nous sommes ici, voulez-vous y venir? Sdn
aid, gai voulds veni? lis sont la-bas, voulez-vous y aller? Sou abdl,
lai voulds andf J'y vais lai vaou; Monsieur y est-il? Moussu gal
es'ti ?
EXERCIGES.
Quelqu'un est-il venu? Non, personne. — Quelques messieurs
Caoucim es-ti vengut ? Ndni, pei^soOno. — Cdouques messius
sont venus pour vous dire quelque chose, mais je n'en connais
sou venguch pdr vous dire quicdn, md ne coundisse
aucun. — lis ont tout brise en sorte qu'il n'en est rien
pas cap. — Oou tou{t) brigouldt en sdrto que n'es pa{s)
reste. — Quiconque pent faire cela, mais il ne p^ut
demourd{t) brico. — Cal que sidgo poit) faiv{e) ac6, md po{t) pa{s)
faire quoi que ce soit. — Je n'ai rencontr6 ni Tun ni I'autre, ni
fdire que que sidgo. — Ai pas trapd{t) ni Vun niVdouti^e, ni
les uns ni les autres. — Rien ne flatte davantage notre orgueil
lous us ni lous doutres. — I-o pares que fldte mai nostr' ourgul
que les eloges non mSrites. — Voila du pain, don-
que las loudnjos qu'abdn pas amerildt. — Aqui i-o de pan^ dou-
nez-eu k cet homme. — Ce n'est pas Targent qui nous
na{s) ne a-n-aquel h6me. — Rspa{s) Varg6n que nous
rend heureux, mais Tusage qu'on en fait. — Votre ami s*est
ran erouses^ md Vusdngo que s'en fo. — Vostr'amic es
rendu, ce matin, a la Ghambre et n'en reviendra que dans
andt^ de matis, a la Cdmbro e tournaru pas que
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 71
Tapres-midl. — Si vous voulez acheter desj^escargots, pressez-
tantos. — Se voulds croumpd de cagardoulos, despadha(s)
vous parce que la s6cheresse les'fait se cacher. — Je lui ai pay6
vans pd7xequ^ la secctdo las fo rescoundi, — I-ai pagdt
deux journees et je lui en dois encore une. — Avez-vous des
dos jouymddos e i-en dlbe incdr{o) uno. — Ahds-ti de
nefles? Non, pas maintenant; mais j'en aurai peut-etre
mespoulos? Ndni, pas dro; 7nd n*aurdi bel&ou
demain. J'en porte ; apporte-s-en ; donnez-m'en. Je n'en donne a
demdn, Ne pdrte; pdvtone; dononi'en, Ne done pas a
personne. — Iras-tu bientot a Lodeve? Non, j'en suis arrive
persoiino, — Anay^ds leoti a Loud^vo? Nou, ne sidi a?*ribdt
hier. — J'y vais ; j'y pense ; pensez-y ; fiez-vous-y. —
?ihb\ — Lai vdoit; ie p&nse; p^nsa(s) i6; fisa(s) voices) U, —
11 mourut en allant a Beziers. — Nous irons h Agde, mais nous
Moiiriguet en-t-ayi^n a Besics. — Anard7i en Ate^ md ie
n'y resterons guere. Venez-y. — On dit que la rScolte des
demouvar6n pa{s) gdire, Vcjic(s) U, — Se dis que la r^ndo de
pommes de terre sera mediocre; la maladie a tout emport6.
las tritfos servj jaloOso; la marrdn{o)oxi o tout empourtdt.
Quelle mauvaise chance !
Qudno magdgno !
DU VERBE.
Le verbe est Ie mot qui aflirme que Ton est ou que Ton fait
quelque chose. Les verbes sont, conime dans les autres langues,
auxiliaires, actifs, neutres, pronoxninaux, d^fectueux et
impersonnels. En tant qu'ayant une forme particuliere^ le verbe
passif n'existe pas; c'est tout simplement un participe passe conju-
gue ave^ le verbe estre, etre, qui le precede.
Les verbes ont deux nombres, le singulier et le pluriel, et trois
personnes, comme les pronoms. Ces personnes, contrairement avec
le francais, ne s'expriment pas par les pronoms je, tu, 11, nous,
vous, lis; chacune a, comme en latin, sa forme propre, ainsi :
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72 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
j'aime, tu aimes, il aime, etc., se traduisent par dime, dimos,
dimo, etc., en latin amo, amas, amat, etc.
Les verbes actifs sont ceux qui exprlment que Ton fait quelque
chose ; ils ont un regime direct : j'aime Dieu dime Dious,
Les verbes neutres expriment un 6tat du'sujet ou bien un acte
fait par le sujet; ils n'ont qu'un regime indirect : je viens de la
maison vdne de Voustdl; il est tombe a terre es ioumbdt al sol,
Les verbes pronoxninaux ou r^fldchis se conjuguent au moyen
du pronom personnel reflechi : se (aire se cald; se hater se despa-
chd; se degourdir s*escarrabid^.
Les verbes d^fectueux sont ceux auxquels il manque des modes,
des temps ou des personnes : ra?'re valoir, vonrve vouloir, ne sont
pas usites a Timperatif ; on le remplace par le subjonctif.
Qudrre chercher, ne s'emploie qu'a Tinfinitif, etc.
Les verbes impersonnels sont particulierement, mais reguliere-
ment d^fectueux; ils ne s*emploient qu'a la troisieme personne du
singuller de chaque temps et a Tinfinitif present : il pleut, il pleuvait,
il pleuvra, pleuvoir, font ploou, plovid, ploourd, pldowe.
VERBES AUXILIAIRES.
Nous avons aussi deux verbes auxiliaires I'estre 6tre, et ab^irc
avoir. Le premier, quand il precede le participe du verbe actif, sert
a lui donner la forme passive. Employe avec lui-m6me, il sert a se
conjuguer dans les temps coxnposte; il est done son propre auxi-
liaire, et au lieu de dire, comme en franrais, en se servant de
Tauxiliaire avoir : j'ai ete, j*aurais ete, on doit dire : sidi estdt (je
suis ete), serio estdt (je serais ete), faute que commettent des per-
sonnes qui ont, dans leur premiere enfance, beaucoup parle la langue
d^Oc.
ihty^e sert aussi d'auxiliaire k certains verbes neutres, tels que :
dintrd entrer, sourti sortir, arribd arriver, t'^eni venir, et ses
composes : pdrveni, reveni, etc., and aller, ndissc naltre, mouri
mourir. pai^ti partir, touinbd tomber, levd lever, passd et ses
1. Tin «?raml nonibrc de verbes actifs peuvent, ronimc nous lo vorrons, so conjii-
{jiior aussi avec le pronom retlechi ; niais on ne doit pas les confondre avec les ver-
bes esscntieUemcnt prouoniinaux.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 73
composes : repassd, troumpassd franchir, etc., qui font : sidi din-
trdt, sids sourtit, es arribdt, siagudt vengid, ser6 mart, Hire
pariii, etc., etc. Mais le plus grand nombre des verbes neutres se
conjuguent avec aMire qui se prend ^galement lui-m6me, comme
en fran^ais, pour auxiliaire.
Tous les verbes pronominaux ou rdfl6chis se conjuguent en
employant ^sive dans leurs temps composes.
Nous allons donner ces deux auxiliaires conjugues en cinq lan-
gues : fran^ais, langue d*Oc (Pezenas), latin, espagnol et italien.
Ainsi que nous I'avons annonce en traitant de Torthographe, nous
conjuguerons le verbe ahHre selon T^tymologie latine, c'est-A-dire
pr6c6de d'un /i, afin c^e mieux montrer la concordance avec le latin
et I'espagnol.
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86 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
On voit, d'aprfes les conjugaisons qui precedent des verbes dstre et
aMirCy que ces deux Auxiliaires se suffisent et n'ont aucun besoin
I'un de Tautre. II n'en est pas de meme en francais, ou le verbe
avoir seul se suffit, tandis que le verbe dire se conjugue, dans ses
temps composes, avec Tauxiliaire avoir.
II est a remarquer aussi que dans les temps composes du verbe
&stre, et contrairement aux regies francaises, le Participe passe que
pr6c6de raiixiliaire s'accorde en genre et en nombre avec son sujet.
Ainsi un bomme dira en parlant de lui, ou d'un, ou de plusieurs
hommes : sioi estdt agantdt j'ai ete saisi, es estdt agantdt il a etc
saisi, sou estdcli agantdch ils ont 6te saisis. Un homme ou une
femme, s'ils parlent d'une ou de plusieurs femmes, diront : es estddo
agantddo elle a et6 saisie, sou estddos agantddos elles ont 6te saisies.
Une femme, enfin, dira d'elle-mfeme : sidi estddo agantddo ys.i ete
saisie.
Le contraire a lieu dans les m6mes temps du verbe ab^ire qui est
aussi son propre auxiliaire. Le Participe passe s'accorde, comme en
francais, en genre et en nombre avec son regime direct. Ainsi, un
homme ou une femme diront Vai abut je Tai eu, Vai abudo je Tai
eue, lous aourdn abiich nous les aurons eus, las aouridn abudos
nous les aurions eues, selon qu'ils parleront d'un ou de plusieurs
hommes, d'une ou de plusieurs femmes.
Ab^ire signiflant poss^der et dstre signifiant exister cessent
d'etre auxiliaires et ont un Imperatif dont ils sont prives quand ils
sent auxiliaires. — Exemples : acMn de courage ayons du courage,
sidgo sdche sois sage.
Abdire signifiant exister devient Impersonnel : i-6 il y a, i-abio
il y avait, i-aouro il y aura, i-aourd abut il y aura eu.
On remarquera, dans les exemples qui precedent, auxquels nous
pouvons ajouter i-es il y est, que Tadverbe t (y en francais) forme
diphtongue avec les voyelles initiales e du verbe es, o et a du verbe o.
abio, et ne forme qu'un son avec ces dernieres comme dans ie du
mot francais pied, dans io du mot fiole et ia du mot Diable.
EXERGIGES.
Je suis bien range, mais toi tu es trop minutieux. — L'amadou
Sioi pla recatdt, md tus sios t7'o{p) ticous, — U^sco
6RA.MMAIRE LANGUEDOdENNE. 87
est un champignon qui vient sur le ch6ne. — Le tonnerre a
es un champignoim que ven sul roidre. — Lou trdn o
br616 rScorce de ce fr6ne. — Je ne suis pas sur de ce
b?^uUd{t) la rusco d'aqu^l frdisse. — Sidi pas segu (Vaqu6l
cheval; il rue pourpeuqu'on le touche. —
chabdl; reguinno tan-si-pu qu'on lou tdque, ou tan pdou qu'on
On a verse la soupe. — La malpropret6 dans les
lou tdque. — Oou esculldt la soitpo, — La saloupatnd din las
cuisines engendre les calards et les blattes. — II faut que
cousinos counginyo las panatidiros e lous pud6ns. — Cal que
tu restes tranquille et que tu ne me deranges pas. — Ce vin a
demdres tranquille e que me destdrbes pas. — Aqu6l vi es
6t& trouble jusqu'i ce qu'on Tait soutir6. — 11 y avait
est at trebdul juscos a tan que Vdchou trabucdt. — I-abid
beaucoup de chiendent dans cette vigne. On a pass6 tout Thiver
fossa gran dins aqu6lo vigno, I-doupassdt tou{t) Vhib&r
a Tarracher. ~ Sols poll avec ceux qui le sont envers
pdy lou derabd. — Sidgo-s-hoiindste dmbe lous qu'ou sou an
toi. — II a 6te battu; mais, n'ayez point d*inqui6tude, il se
tus. — Es estdt assibaddt; mds, acMs pa(s) Idgui, se
vengera. — II faut que vous soyez bien maladroit pour marcher
rev^nchard. — Cal que siaguds pla emperit pdr paoucigd
ainsi sur le pied de votre voisin. — Nous serons demain
antdl vdstre vesi. — Serdn demdn
chezvous; ne vous en allez pas. — II eilt fallu que
a vostr'oustdl; vou{s) {e)n anes pas. — Aou{r)i6 cargut que
vous fussiez bien aimable pour obtenir qu'il le fut lui-m6me.
siaguisses pla amistouso pdr aoutdne qu'ou siagudsso el-mdmes.
— Avec qui est-il venu? Ma femme eut 6t6 enchant6e de
— Ambe cal esti vengut? Ma finno serid {e)stddo {e)ncantddo de
voyager avec lui. — Qui quo ce soit doit vous aimer. — II prendra
vouiacJid and'el. — Cal que sidgo diou vous aimd. — P(r)endr6
quelle que ce soit. — Apres avoir bien murmure, elle s'est endor-
qudno que sidguo. — Aprds abdire pla roudindt, s'es endrou-
J
S3 GRAMMAIUE LANGDEDOCIENNE.
mie. — II est a souhaiter qu'il vienne bient6t. — Vous elites beau
mido. — Es de souHd que v6ngue l&ou. — Achdres b^{l)
temps toute la journee, mais je crains qu'aujourd'hui nous ayons
tens touto lajournddo, mis ai poou queyoi acMn
le brouillard, la pluie, la neige ou, tout au moins, une bruine.
la ndblo, la pldcho, la ndou ou, tout al mens, uno blainechddo.
— II y eut beaucoup de morts dans la bataille que nous livrames
— I-achet fosso moi^s din la bat ay o que dound7*en
Tannee derniere ; Tennemi et nous aussi avons eu de grandes
Van passdt ; Venemic e ndoittt^es atab4 abdn abu{f) de fdrtos
pertes : si nous avions eu plus d'hommes, nous aurious eu
pdrdos : s'abidn abut mat de 7noimde, aouridn abut
bien plus vite regagne nos foyers. — Voili qu'il
bdl-cop pu(s) vite agandi{t) nosires oustdls. — Achds aqtci qvc
pleutl mais, n'ayez pas peur, ce grain passera et nous ne
ploou! mds, acMspais) Idgui, aqu6lo rama^sddo passard e
serons pas mouilles; ouvre tout a fait ton parapluie. Parbleu f
seHn pais) bagndch ; aldndo toun parasdL Per mows!
ce ne sera pas trop tot I nous trouverons peut-etre par ici
serd pas tro{p) Idou! trapar6n sdique pdrquin aid
quelque grotte pour nous abriter. — Brossez-moi la veste,
cdouco crdto pir nous abrigd, — Espoidso-me lou boumbdssi,
il y a un doigt de poussiere. — La fricass6e s'est attrapee a la
i-o (u)n det de poulsieiro. — Lou fric6{t) s'es rumdt din la
po61e, elle sentira le roussi. — J'ai rencontr6 ma belle-soeur:
paddno, sentird lou rahindt, — At rancountrdit) ma cougnddc :
elle a et6 tres malade, aussi lui ai-je trouve raauvaise mine. —
.es estddo pla maldouto, tabd i-ai t7^apd{t) michdnto mino. —
Quand nous eumes ete reposees nous etimes plus de plaisir a
Quan siagucren estddos paousddoSj achdren mai de plas^ a
promener. — Les jujubes etaient bien hautes sur Tarbre, mais
passechd. — Las guindoulos erou pla ndoutos su Vdoubr^e^ 7n^
nous les avons atteintes; nous en avons ramasse un petit tas.
las abcn ate^igudos; n*aben acampdt un 7noiiloun^t,
GHAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 89
Si vous eussiez eu une petite echelle, je vous Taurais empruntee :
S'abids abut un{o) escaUto, vou(s) Vaou{7^)id man-livado :
il y en avait tant et plus!
gn*abi6 que jamdi!
DES VERBES ACTIFS.
Tous les verbes languedociens de notre dialecte se terminent, 4
rinfinitif, en a, en e ou en f, d'ou trois sortes de conjugaisons. Les
lettres constituant le reste du mot ferment le radical, lequel, dans
les verbes r6guUers de la premiere et de la troisiSme conjugaison, et
dans une notable partie de ceux de la deuxifeme, demeure constam-
ment le mSme k tous les Modes et a tous les Temps, sauf les rares
exceptions que nous signalerons dans la Premiere et la Troisieme
conjugaison et celles, plus nombreuses, de la Deuxieme.
Les terminaisons, qui different dans chacune des trois conju-
gaisons, varient selon les Modes, les Temps et les Personnes; mais
elles sont toujours les m^mes pour tous les verbes reguliers de la
m6me conjugaison.
PREMIERE CONJUGAISON EN A.
Les verbes de la Premiere conjugaison en a ont leur Participe
Pass6 en at. Le radical ne varie pas, a Tordinaire, dans tout le cours
du verbe. Tout s'y passe regulierement et slmplement.
CONJUGAISON DU VERBE AIMA, AIMER.
INDIGATIF.
PRESENT.
IMPARFAIT.
dim
e
j'aime
aim dbe
j'aimais
dim
OS
tu airiies
aim dbos
tu aimais
dim
11 aime
aim dbo
il aimait
aim
dn
nous aimons
aim dben
nous aimions
aim
as
vous aimez
aim dbes
vous aimiez
dim
ou
ils aiment
aim dbou
ils aimaient
90
GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE,
PASSE D^FINI.
PASS£ IND^FINI.
aim dre
aim dros
aim dt
aim iren
aim dres
aim drou
J aimai
tu aimas
il aima
nous aimAmes,
vous aimates
ils aimerent
ai aim at
as aim at
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aben aim at
abds aim at
oou aim at
j'ai aimS
tu as aime
il a aimS
nous avons aime
vous avez aime
ils ont aim6
PASSfi ANTERIEDR.
ach&re
acheros
achet
achcren
acheres
acherou
aim at
aim at
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aim (it
aijn tit
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J eus aime
tu eus aim6
il eut aim6
nous eumes aim6
vous eutes aime
lis eurent aime
PLUS-QUE-PARFAIT.
abid
aim
dt
j'avais aime
abids
aim
dt
tu avals aime
abid
aim
dt
il avait aimS
abidn
aim
dt
nous avions aime
abids
ai?n
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vous aviez aim6
abiooic
aim
dt
ils avaient aime
FUTUR.
aim ardi
j'aimerai
aim ards
tu aimeras
ai77i a7*d
il aimera
aim aren
nous aimerons
aim ards
vous aimerez
aim ardou
ils aimeront
GHAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
91
FDTUR PASS6.
aourdi
aim
dt
j'aurai aime
aourds
aim
dt
tu auras aime
aou7^d
aim
dt
il aura aime
aouHn
aim
dt
nous aurons aime
aourds
aim
dt
vous aurez aim6
aourdou
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dt
ils aurontaime
IMPfiRATIF.
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CONDITIONNEL.
PRlfeSENT.
aim arid
j'aimerais
aim arias
tu aimerais
aim arid
il aimerait
aim aridn
nous aimerions
aim arids
vous aimeriez
aim aridou
r
lis aimeraient
PASSE.
aou{r)id
aim
dt
j'aurais aime
a()u{r)i6s
aim
dt
tu aurais aime
aou(r)id
aim
dt
il aurait aime
aou{r)idn
aim dt
nous aurions aime
aou{r)ids
aim
dt
vous auriez aime
aou{r)i6ou
aim
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ils auraient aime
92
GHAMMAIRE LANGDEDOCIENNE.
SUBJONCTIF.
PRESENT.
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qu'dim
es
qu'dim
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qu'aim
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qu*aim
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IMPARFAIT.
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qu'aim
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qu'aim
dsse
dssos
dsso
dssen
dsses
dssou
que J ai masse
que tu aimasses
qu'il airaiit
que nous aimassions
que vous aimassiez
qu'ils aimassent
PARFAIT.
qu'dche
qu'dches
qu'dche
qu'acMn
qu'acMs
qu'dchou
aim dt
aim dt
aim dt
aim dt
aim dt
aim dt
que j'aie aim6
que tu aies aime
qu'il ait aime
que nous ayons aim6
que vous ayez aime
qu'ils aient aime
PLUS-QUE-PARFAIT.
qu'achesse
qu'achdssos
qu'achesso
qu'achessen
qu'achesses
qu'achdssou
aim dt
aim dt
aim dt
ai7n dt
aim dt
aim dt
que J eusse aime
que tu eusses aim6
qu'il eiU aime
que nous eussions aime
que vous eussiez aim6
qu'ils eussent aime
GRAMMAIRK LANGUEDOGIENNE.
93
INFINITIF.
PRESENT.
PASSE.
mm a
aimer
aMire aim at avoir aim6
PARTICIPE.
PRESENT.
PASSlg.
aim ^n aimant
aim at aim6
Observations sur l'Imp^ratif. — Dans le cas oil rimp6ratif est
negatif, on emploie, pour les secondes personnes du singulier et du
pluriel, celles du Subjonctif Present sans le que, — Exemples :
aimes pas n'aime pas, aimes pas n'aimez pas.
Dans les deux cas, positif et n^gatif, si on veut se servir, au sin-
gulier et au pluriel de rimp6ratif, des troisiemes personnes, on les
emprunte aussi au Subjonctif Present avec le que, — Exemples :
qu*dime quUl airae, qu'airne pas qu'il n'aime pas; quUiimou qu'ils
aiment, qu'aimou pas qu'ils n'aiment pas.
Ces observations s'appliquent aux trois conjugaisons.
Ainsi se conjuguent les verbes suivants :
verbes agtifs.
acabd achever
acampd ramasser
alandd ouvrir grandement
aremassd amasser
arouina miner
asagd * arroser
asugd * aiguiser
assegutd poursuivre
aoussd hausser
barrd fermer (une porte)
boulegd ♦ remuer, agiter
cargd * charger
cercd * chercher
cfiucd * sucer
coungriyd engendrer, cr6er
courdurd coudre
delembrd oublier
destourbd ** d6ranger
embucd * gorger (les oies)
enfusca * exciter
entanchd avancer (un ouvrage)
entemend entamer
94
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
escampd jeter
escarpend 6charper (quelqu'un)
escay^aougnd egratigner
esclafd ecraser
esculld verser (la soupe)
espalld assommer
espaourugd * effrayer
espinchd epier.
espoulsd brosser (les habits)
esquinsa dechirer (les habits)
estacd * attacher
fointa fouetter
fringd * flirter
Idea * lecher
mensound appeler par son nom
motccd ** moucher
ndgd * noyer (verbe)
ounchd oindre
paoucigd * marcher sur le pied
penchd pendre
pescd * p^cher (verbe)
poudd tailler la vigne
pj^ensd presser (au pressoir)
quichd presSer en general
rabind roussir par le feu
raoubd voler, derober.
recachd attraper au vol
regoiilumd pelotonner sans soin
regussd retrousser
sanchd changer
semend semer
sound ** sonner
tancd * fermer
toucd ** toucher
trued * heurter
tugd * tuer
trehould troubler
tuteehd tutoyer
VERBES NEDTRES.
Se conjuguant avec dstre
at^ribd arriver, survenir
dabald descendre
deeedd deceder
demourd ** tarder
mountd ** monter
passd passer
toumbd ** tomber
tournd ** revenir
Se conjuguant avec abdire :
bramd braire
brounzind bourdonner
eabirould ** cabrioler
eabussd plonger
callevd faire bascule
eoiid couver
erenid craindre
eridd crier
eugd * fermer les yeux
demourd ** habiter
dinnd diner
jougd jouer
7naind diminuer
nadd nager
paoupd hesiter
passejd promener
pastissechd tripoter
plounchd plonger
rachd, rajd couler
rebdcd * rSpliquer
reguinnd ruer
renegd * jurer
repoutegd * bougonner
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 95
round ** rouler
rouncd ronfler
roundind grogner
7'oupiyd dormir
saraiechd tracasser une serrure
soumdcd * sangloter
sounchd rever
trabayd travailler
ti^epd aller, venir, sur place
Remarques. — Nous avons dit que dans les Verbes r6guliers de la
Premiere conjugaison le radical demeurait invariable; TOrthographe
exige pourtant, dans certains cas, de ISgeres variations. Ainsi, tous
les verbes termines en ca et en ga changent le c en qu et le g en gu
au pass6 deflni, St la premiere personne du pluriel de rimp6ratif, au
present et i Timparfait du Subjonctif et au Participe present.
Ainsi font les verbes marques d'un ast6risque (*) dans TenumSra-
tion qui pr6cede et dont voici quelques-uns pris pour exemple :
INFINITIF
INDICATIF
SUBJONCTIF
IMPERATIF
Present.
Passe dcG
ni.
Present * .
et Participe
P».
bouldgd
boulegu
dre
que boulegu
e
boulegu
in
biscd
bisqu
dre
que bisqu
e
bisqu
6n
cugd
cugu
dre
que cugu
e
cugu
4n
enfuscd
enfusqu
dre
qu'enftisqu
e
enfusqu
6n
estacd
estaqu
dre '
qu*estdqu
e
estaqu
4n
fringd
fringu
dre
que fiHngu
e ,
fringu
€n
Idea
Idqu
dre
que Idqu
e
Idqu
dn
pescd
pesqu
dre
que pdsqu
e
pesqu
in
7'endgd
renegu
dre
que rendgu
e
rendgu
in
soumdcd
soiimdqic
dre
que soumdqu
e
soumdqu
in
tiigd
tugu
dre
que tugu
e
tugu
in
Quant aux Verbes marques d'un double asterisque (^*), ils servent
de type i un certain nombre de verbes terminus a rinfinitif en ou...a
1. Le pen de place en largeur dont nous disposons ne noas a pas permis de loger
dans ce tableau I'imparfait du Subjonctif, qui fait : que boulegii-esso, que bisqu-esso,
que cugu-4ssOy qu'enfusqu-esso, etc., etc.
96
GRAMMAIRE LANGtlEDOCIENNE.
qui ont une consonne simple ou redoublee, ou meme deux et trois
consonnes entre la voyelle ou et Ya final. Ces verbes modifient tous
leur radical : P aux trois personnes du singulier et a la troisi^me da
pluriel de Tlndicatif present ; 2*» aux mfimes personnes du Subjonctif
present; 3® k la seconde personne du singulier de llmperatif.
Ainsi : toucd toucher, jougd jouer, sound appeler, font :
INDICATIF PRESENT.
tdqu
e
idgu
e
sdn
e
tdc
OS
idg
OS
sdn
OS
tdc
' idg
sdn
touc
an
joug
dn
soun
dn
touc
ds
joug
ds
soun
ds
tdc
ou
Jdg
ou
sdn
ou
IMPERATIF-
tdc
Jdg
sdn
touqu
6n
jougu
^n
soun
6n
touc
ds
joug
ds
soun
ds
SUBJONCTIF PRESENT.
que tdqu e
que tdqu es
que tdqu e
que touqu d7i
que touqu 4s
que tdc ou
que jogu e
quejdgu e*
que jdgu e
que jougu 4n
que jougu 6s
que jdg ou
que sdn e
que sdn es
que sdn e
que soun in
que soun 6s
que sdn ou
Ainsi se conjuguent les verbes suivants et leurs composes :
Inftnitif.
aborder abou7^dd
abroger abroujd
accoucher acouchd
accommoder acoiwioudd
Indicatif, Subjonctif.
Imperatif
abdr^de
abdj'do
dbrdge
abrdjo
acdcJie
acdcho
acotmidde
acoumddo
GRAHMAIRE lANODEDOGIENNE.
97
Inflnitif.
Indicatif, Subjonctif.
Imperatif.
accorder
acou7'dd
acorde
acd7'do
accoster
acoustd
acdste
acosto
accrocher
acrouchd
acrocfie
acrdcho
adorer
adourd
addre
adoro
adopter
adoutd
adote
addto
aiguiser
amould
amdle
amOlo
amorcer
amourfd
am6rce
amoi^QO
aposter
apoustd
apdste
apdsto
apostropher
apoustroufd
apoustrdfe
apoustr6fo
approcher
aprouchd
aprdche
aprdcho
arborer
ai-'bould
arbdle
ai^bdlo
absorber
assourbd
assdrbe
assdrbo
avorter
dbourtd
aborte
abdrto
barboter
barboutd
barbdte
ba?'bdto
border
bourdd
boi'de
bdi^do
borner
. boumd
bdrne
bdr^no
brocher
brouchd
broche
brocho
broder
bj'Oiidd
brode
brddo
brosser
broussd
b7\isse
brdsso
calotter
caloutd
caldte
caldto
chapoter
chapoutd
chapote
chapdto
bavarder
jai^goutd
jargote
jai^gdto
gigotter
gigoutd
gigdte
gig6to
rester coi
choutd
chdte
clidto
coucher
couclid
cache
cdcho
coiffer
coufd
c6fe
c6fo
cofTrer
coufrd
c6fve
cdfro
coUer
could
cdle
c6lo
composer
coumpousd
coumpdse
coumpdso
conformer
counfoumid
counfdrme
counfdi^mo
conforter
counfourtd
counfdrte
counforto
consomuier
counsoumd
coimsdme
cou7isdmo
compter, center countd
conte
conto
consoler
counsould
counsdle
counsdlo
controler
contoi'oulld
contordlle
cont07'6llo
convoquer
counvoucd
counvdque
coii7ivdco
couper
coupd
cope
cdpo
corder -
courdd
cdrde
cdrdo
98
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Inflnitif.
Indicatif, Subjonctif.
Impiratif.
corner
cournd
c67^ne
cdrno
coCiter
cousin
cdste
cdsto
coter
coutd
cote
coto
rendre crochu
croucd
crdque
croco
acheter
croumpd
crompe
cvdmpo
vodter
croutd
crdte
cvdto
desarticuler
debigoussd
debigdsse
debigosso
dSborder
debowdd
debdrde
debdrdo
decorer
decourd
decdre
decdro
egorger
degouixhd
degorche
degorcho
rester
demourd
demdre
demdro
d6plorer
deplourd
deplore
depldro
depoter
depoutd
depdte
depoto
d6shabiller
despouyd
despdye
despoyo
defoncer (i* terra)
dessould
dessdle
dessdlo
asticoter
desticoutd
desticote
desticdto
deranger
destourbd
destdrbe
destdrbo
developper
develoupd
develdpe
develdpe
divorcer
divourgd
divdfxe
divdrgo
disloquer
disloucd
disldque
disldco
donner
dound
ddne
ddno
dompter
dountd
ddnte
ddnto
dorloter
dourloutd
dourldte
dourldto
droguer
drougd
drdgue
drdgo
efQlocher
efllouchd
eflloche
efildcho
6borgner
embourid
e^nborie
emboiHo
embrocher
embrouchd
embroche
embrdcho
empocher
empouchd
empoche
empdcho
englober
engloubd
engldbe
engldbo
interpoler
enterpould
enterpdle
enterpdlo
interroger
enterroujd
entei^rdje
ehtevrdjo
envoyer
embouyd
embdye
embdyo
6piloguer
epilougd
epildgue
epildgo
escamoter
escamoutd
escamdte
escamoto
Scorcher
escourchd
escdrche
escorcho
escorter
escourtd
escdvte
escdrto
explorer
esplourd
esplOre
espldro
extorquer
estourcd
estdrque
estdrco
1
GRAMMAIRB LANGUEDOCIENNE.
99
Infinitif.
Indicatif, Subjonctif.
Imp6ratif.
evaporer
evapourd
evapdre
evapdro
evoquer
evoucd
evdque
evdco
fagotler
fagoutd
fagote
fagoto
flagorner
flagournfi
flagovne
fiagdrno
flotter
floutd
fldte
floto
forger
fourchd
forche
forclio
former
fonrmd
fdi^me
forma
forcer
four^d
force
forgo
fricoter ^
fricoutd.
fricdte
fricdto
galopper
galoupd
galdpe
galdpo
garrotter
garroutd
garrdte
garrdto
gober
goubd
gdbe
gobo
honorer
hounourd
houndre
houndro
ignorer
ignourd
igndre
ignoro
imraoler
immould
immdle
immdlo
jouer
jougd
jdgue
jogo
loger
loujd
loje
lojo
lorgner
lourgnd
Idrgne
Idrgno
mannotter
marmoutd
marmdte
marmdto
moucher
moucd
mdque
mdco
mouler
mouUd
mdlle
mollo
nettoyer
moundd
mdnde
mdndo
monter
mountd
mdnte
mdnto
montrer
moustrd
mdstre
mdstro
nommer
noumd
name
ndmo
noter
noutd
note
noto
ourler
ourld
orle
orlo
orner
ournd
6rne
orno
picorer
picourd
pic6re
pic6ro
picoter
picould
picdte
picoto
•
piloter
pilouta
pilote
piloto
pivoter
piboutd
pibote
piboto
ponter (aujeu)
pountd
pdnte
pdnto
porter
pourtd
pdrte
pdrto
poster
poustd
poste
pdsto
prouver
proubd
prdbe
probo
proner
pround
prone
prono
raboter
raboutd
rabdte
raboto
100
6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
raccoler
radoter
raffoler
se rencogner
se ressouvenir
remorquer
reprocher
r6torquer
revolter
rissoler
vagabonder
rouler
rosser
avoir le hoquet
sommer
sonner
sufToquer
supposer
toucher
tomber
torcher
revenir
tricoter
houspiller
tonner
trotter
voguer
voter ^
Infinitif.
7^acould
i^adoutd
rafoxild
se rancougnd
se re?nemourd
remoucd
i^eprouchd
retourcd
7^evoultd
rissould.
roudd
roulld
roussd
sangloutd
soummd
sound
sufoucd
supousd
toucd
tounibd
tourchd
tournd
tricoutd
trigoussd
tround
troutd
vougd
voutd
Indicatif, Subjonctif.
racdle
radote
rafale
me rancdgne
me rememdre
t^emdque
rept^dche
retdrque
revdlte
rissdle
rdde
rdlle
rdsse
sangldte
sdmme
sdne
sufdque
supdse
tdque
tdmbe
tdrclie
tdrne
tricdte
UHgosse
trono
trdte
vdgue
vdte
Imperatif.
racolo
rad/do
rafdlo
rancdgno te
rememoro te
remdco
reprocho
retdrco
retdlto
rissdlo
rddo
rollo
rosso
sangldto
sdmmo
sdno
sufdco
supdso
tdco
tdmbo
t67Xho
tdrno
tricdto
trigdsso
irdto
vdgo
vdto
Cette legfere variante ne suffit pas pour faire classer ces verbes au
nombre des verbes irr6guliers. ^
Les verbes ci-apres, termines aussi en ou... a, suivent la conjugai-
soii reguliere, sur aimd, en tenant compte, toutefois, de Tobserva-
tion dej^ faite relativement aux verbes ayant la terminaison en ca et
en ga. (V. pp. 95 et 96.)
1. Le verbe pupld peupler, qiioiquo n'ayant pas sa terminaison en oti... a. suit
la regie des verbes precedents et fait, & I'lndicatif, liople, pdplos, pdplo, pupldn,
puplds, p6plou\ au subjonctif, que pdple, que poples, que pdple, que puplen^
que puples, que pdplou, et, A I'lmperatif, pdplo.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNfi.
101
abandound abandonner
s'aboucd s'aboucher
aboundd abonder
s'acantound se cantonner
s'ttcatould se pelotonner comme
les chats
acoupld accoupler
adoubd radouber
s'afould se fouler
afrountd affronter
agrampound cramponner
ajoumd ajourner
aloungd alloDger
amoulound mettre en tas
s'amourrd tomber sur le visage
amoussd ^teindre
anounsd annoncer
aplampound prendre a pleine^
mains
arboutd arc-bout er
arpound harponner
assadould rassasier
assoumd assommer
assasound assaisonner
s'atroupd s'atrouper
bastound b&tonner
bayound baillonner
bii'ound percer a la vrille
bloucd boucler
bourchound bourgeonner
bourdound bourdonner
bourld plaisanter
bourrd bourrer
broussd tourner (le lait)
boutd (vieux) pousser
boutound boutonner
bouyound bouillonner
bransould bercer doucement
brounchd broncher
brounzd bronzer
broutound pousser des feuilles
cabirould cabrioler
canound canonner, tuyauter
cansound chansonner
caparassound caparagonner
capound caponner
carbound <;harbonner
cariyound carillonner
cloufd gonfler
se coufld se gonfler
could couler
countow^nd contourner
couround couronner
se courrougd se courroucer
couyound plaisanter
crayound crayonner
crousd croiser
se cussound se piquer (des vers)
deboundd debonder
debourrd dter la bourre
deboursd debourser
deboutd debouter
desfounsd defoncer
degoutd degoutter
degoustd degouter
demoutd emotter
denoumbrd denombrer
derasound deraisonner
deroutd derouter
desarsound desarconner
descougd couper la queue
descoumbrd deblayer
descroustd decroftter
dessoutd trahir, d^noncer
se destimbourld s'ahurir
destroussd detrousser
douchd doucher
doupld doubler
103
doutd douter
s*eboulld s'6bouler
echantiyound fichantillonner
s*embourrd s'en... ficher!
emboutd remplir un fut
s*embrouncd bouder
empeissound empoissonner
emprisound emprisonner
s'enamourd s'amouracher
s*encapuchou7ids* enctifiichonner
s* enchichourld s'enivrer
s'enchipound se mettre mal
enfounzd enfoncer
enfourcd enfourcher
enfournd enfourner
enfuround mettre en fureur
s*engoufrd s'engoufTrer
ensourdd ennuyer
entound entonner (music.)
embiround environner
esb7^oufd Stonner
esclaboussd eclabousser
escoubd (vieux) balayer
escoutd 6couter
escroulld ecrouler
escussound ecussonner
esfarouchd effaroucher
s*esfound7^d s'effondrer
s*espaoumound crier
esperound eperonner
esplound espionner
espoulsd battre (les habits)
espoungd Sponger
espousd epouser
estansound 6tayer
estoufd etouffer
estoumpd estomper
estound etonner
faissound faconner
6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
festound festonner
fouchd piocher la terre
fouffnd s'impatienter
fould fouler
froundd fronder, braver
founsd mettre un fond
fourfouyd f ureter
fourrd fourrer
(redound fredonner
fripound friponner
frissound frissonner
gascoxind gasconner
gasound gazonner
gloussd glousser
goudround goudronner
goumd impregner
gourgoutd bouillir fort
gourrd tromper, filouter
goustd gouter
grifound griffonner
grisound grisonner
groupd grouper
s'ibrougnd s'enivrer
inoundd inonder
jalound jalonner
jalousd jalouser
jangould geindre
loiifd
loubd scier a deux
ynaquignound faire Tarticle
niaround gronder en dedans
massound ma^onner
mitound cuire k petit feu
moussd mousser
moutound moutonner (la mer)
nousd nouer
ou?nbrd ombrager
ounchd oindre
parpayound papillonner
GRAMMAIRE
patround patronner
peloutound enrouler du fil
pdrhoucd enduire les murs
pirdound pardonner
plafound plafonner
plastround plastronner
ploumbd plomber
plourd pleurer
poudd tailler la vigne
potidrd poudrer
poulissound polissonner
poulsd respirer fort
poumd pommer (choux)
poumpd pomper
poumpound pomponner
pounchd piquer
pounsd poncer
poungound poingonner
poupd (vulg.) t6ter
pousd puiser
poussd pousser
rambourrd rembourrer
ramound ramoner
rancountrd rencontrer
ransound ranconner
rasound raisonner
rayound rayonner
recoub7^d recouvrer
redoutd redouter
LANGUEDOGIENNB. 103
roucould roucouler
routd roter
sabound savonner
samboutd secouer en tout sens
sabourd savourer
segoundd seconder
sdrmound sermonner
seyound sillonner
soufrd soufrer
soufld sou filer (beignet)
sould (vieux) avoir coutume de
soundd sonder
sounchd songer
soupd souper
soused soupirer
siibraboundd surabonder
talound talonner
tamboui^nd tambouriner
tampound tamponner
tisound tisonner
tourrd torrefier
se tourrouyd prendre le soleil
se tremoussd se trfimousser
trebould troubler
troupld troubler
troumpd tromper (une fiUe)
troussd trousser (cuis.)
vould voler (des ailes)
etc*) 6ic«
Le seul verbe r^ellement irregulier de la premiere conjugaison est
and aller, verbe neutre, qui se conjugue avec dstre; mais Tirrigu-
larit6 ne se trouve que dans les trois personnes du singulier et la
troisifeme du pluriel de Tlndicatif present, et k la seconde person ne
de rimpSratif.
104
ORAMMAIHE LANODEDOCIENNE.
Present.
VERBE IRRfiGULIER ANA, ALLER.
INDIGATIF.
vdou
je vais
Imparfait.
an-dbe j'allais, etc.
vds
tu vas
Pass6 d6f.
an-ere j'allai, etc.
vo
il va
Pass6 ind^f.
sioi an-dt.
an-dn
nous aliens P. ant.
siagu'ire an-dt, etc
an-ds
vous allez
Pl.-q.-p.
dre an-dt, etc.
vdou
ils vont
Futur.
IMPfiRATIF.
an-arai, j'iral, etc.
vdi
va
Tout le reste est reeulier.
an-^n allons
an-ds allez
EXERGIGES.
Si le temps est beau, cette apres-midi nous irons promener dans
Si lou tens es h^l, aqu6ste tantds anaren passechd din
les alentours. Peut-6tre prefererais-tu aller en voiture; j*y
lou tdivnendou. Be-ldou aima{r)i6S'ti mat and envoueturo; i-e
vais quelques fois, mais chaque fois que j'y monte le mal au cceur
vdou cdoucos fes, md chdco cop que i-e mdnte lou vomi
me prend. — II me semble que le temps s'est refroidi : je suis
mUigdnto. — Me par^s que lou tens s*es i^efrescdt : sioi
toute raidie. Rah ! le soleil nous r^chauffera. Ce n'est pas
tout{o) enretenddo, Td! lou soiirel nous escdoufard, Abim pas
la peine de sortir, les nuages commencent a monter, et je vous
sdoube de sourti, las nibous acoum^ngou de inountd, e vous
assure qu'ils montent vite; il est possible que nous soyons
assegiire que montou bite; se pot que siagu^n
mouilles et tremp6s plus tot que nous ne pensons. S'il vienl a
bagndch e saoussdch pu{s) leou qu*oun pensdn. Se ven a
GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 105
pleuvoir, ne serait-ce qu'une giboulee, nous ne pourrons pas
pldoure, quan serid qu'imo ramassddo, pourrin pas
depiquer; Tannfie derniere, quand nous depiquions, I'eau noya
caoucd ; Vannddo passddo, pend6n que caoucdben, Vaigo ndgudt
tout le tas de bl6 prdt k vanner sur le sol, et rien ne s'utilisa,
iou(t) Vairdl pr6st{e) a ventd su Vdiro, e res s'aproufitdt pas,
ni ble, ni paille, ni vannes. Maintenant, le vent souffle et cependant
niblat, nipdyo, nipoulses, Aro, lou ven bufo e sapenddn
il bruine encore. II faut que j'achete un autre parapluie ; le
blain^chifi) incdro. Cal que me crdmpe un doutre parasdl; lou
mien est tout en loques ; la petite me le dSchira d'un bout a
miou es tout estripdt; la pichdto me VesquinsH d'un bout a
I'autre. Je I'acheterai quand nous irons k la ville pour y
Vdoutre, Lou croumpardi quant anar6n a la vilo pdr ie
rester, et, en attendant, je le rapifecerai. C'est comme mon
demourd, e en atendin, lou petassardi. Es coumo moun
corsage qui est ouvert k toutes les coutures. Si tu pouvais
casaquin que bado a touto(s) las courduros. Se me poudids
me pr6ter un echeveau de fil plat, un d6 et quelques
pj^estd un{o) escdgno de fiou passd, un duddl e cdoucos
aiguilles, j'y ferais une reprise et, Ik oil il est en trop mauvais etat,
aguyos, i-e farid iino sarcldo e, aqui ounVes tro{p) desandt,
je mettrais un coeur. Je ferai un pli et un retroussis k mon
i-e met{r)i6 un cur. Fardi un plea e un aoussdt a moun
jupon. lifautaussi quej'ourle mes mouchoirs qui n'ont
coutiyoim. Me cal atab6 fdir{e) un 6rle a mous moucadoics qu*oou
de lisiferes que de deux cdt6s. Tu n'as point d'aiguillesi
de simoids pa^ que de dous coustdch. As pa ches d' aguyos 1
Pestel ma fiUe! que tu es mal pourvuel II n'est pas 6tonnant
Tdrre ! ma flyo ! que sios mal prouvesido ! Es pas (es)toundn
que tu fasses si pen de travail : tu ne fais que prendre
que f agues tan paou de besoiigno : fas pas que quito
et laisser. Je te vols faire ; tu ne penses qu'a des frivolit^s.
pren, Te v6se manubrd ; p^nsos pas qu'd la fad^so.
106 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Vai vat je le dirai k ta m^re, et, si tu reviens ici sans porter
Bouto! vai! ou dirdi a ta mdire, e, se g'ai tdrnos san pourtd
tout ce qu'il faut pour travailler, je ne te veux plus et pr6Rre
tou{t) go que cal pir trabayd, te vdle pas pus e apref^e
que tu restes oil tu etais. Tu iras te plaindre ensuite que je t'ai
que demdres ount' dros. Tanards plane, pdi-aprds, que Vai
prise en grippe ; il n'est pas moins vrai que je t'ai caressee plus
atissddo; pa{s) mens t'ai amagnagddo mat
d'une fois, mais tu te boursoufles et fais la moue des
d'un cop, 7nd Vemhourd6scos e cdrgo(s) las ussos de s{u)ito
qu'on te reprocbe quelque chose. Et puis, tu es mal habillee : tout
qu'on te reprdcho quicdn. E pdi, sios mal fargddo : tout
te pend; tu as ton corsage de dessous trouS; ta coiffe
te poncho; as ta mateldto traoucddo; toun tiro-cur
est sale ; on dirait que tu en as frott6 la poSle, ou le gril, ou
es sdlle ; dirioou que n'as f^^utdt la pad^no, ou la grasiyo, ou
le fond des chaudrons de ta grand'mere. Certainement, tu es
lou quioiil des paivdls de ta gran. De segu, sids
mise comme une p<is-grand-cbose. Quand tu as mis ton ficbu,
aiifddo coumo {u)n goullamds. Quant as cargdt toun fichu,
il fallait Tattacher avec une epingle. Lorsque j'^tais jeune,
lou caid {e)staca dmb(e) un{o) espillo. Aldr qu^ire jouve,
j'aimais la toilette et ne me mouchais pas du pied; toi, tu te
aimdbe la tdl6to e me moucdbe pas an lou p6 ; tus, te
moucbes avec la manche. AUons, en voila assez pour aujourd'bui;
mdros dmbe ta mdncho. An4n, aqui n'i-oprou pdr idi;
reviens a la maison et, demain, nous recommencerons. — Au
enU'jrno t{e) a Voustdl e demdn recoumensar^n. — A I
Palais-Bourbon se trouve un petit local ou Ton enferme
PaldiS'Buurbou i-o un picho{t) 7n^mbre ount(e) embdrrou
les deputes qui font trop de tapage.
lous deputdch que fdou tro{p) de bardl.
GRAMMAIHE LANGOEOOGIENNE. 107
DEUXifiME CONJUGAISON, EN E.
Si la marche de la premiere Conjugaison est simple et rSgulifere, il
n'en est pas de mSme dans la deuxieme, en e, qui offre certaines
complications. Les Verbes qui en font partie ont leur participe passe
en ut^ sauf les exceptions que nous mentionnerons plus loin.
Nous trouvons, dans les verbes reguliers de cette Conjugaison,
deux types :
Le premier, A, se compose de tons les verbes dont le radical
demeure absolument invariable dans tout le cours du verbe; leurs
participes passes sont en dut, put, ttit, ct leurs passes definis en
derCj p&re, tdre^.
Le deuxieme type, B, comprend tons les verbes reguliers dont le
radical aiTecte, selon les Modes et les Temps, trois formes diffS-
rentes qui ne sont pourtant pas les mfimes dans tons ces verbes,
mais qui varient r6guli4rexnent dans ces mdmes Modes et Temps.
Ces formes sont :
P Une pour le Present et Tlmparfait de Tlndicatif, les secondes
personnes singulier et pluriel de rimp6ratif et I'lnfinitif present;
2<^ Une autre pour le Pass6 d6fini, la premiere personne pluriel de
rimperatlf, le Present et Tlmparfait du Subjonctif et les deux Par-
ticipes ;
S^' Une troisieme, enfin, pour le Futur et le ConditionneP ;
Ces verbes ont le Participe pass6 en cut, gut, chut ' et le Passe
defini en qudre, gudi^e, cMre.
1. Le verbe m^ire mettre et ses composes ametre, coumetre, se demetre, emp-
ire, s'entremetre, doum^tre, perm^tre, aproutnetre, remetre, soumetre, tras-
metre, appartiennent au type A en ce qu'ils n'ont qu'une forme de radical, sauf
exceptionneUement au Participe passe, ou ils font mes au lieu de m^tut, qui se dit
dans le Haut-Languedoc.
2. A ce deuxieme type B appartiont le verbe prene prendre et ses composes
apr^ne, coumprene, entreprene, reprene, susprene, parce qu'ils ont trois formes
de radical. lis en ont cependant, par exception, une quatrieme au Participe passe,
qui tsXipres au lieu de pre?igut. (Voy. note precedente.)
3. Les verbes sdoupre savoir, ressdoupre recevoir, dont le Participe passe est
en chut, sont du type B, car ils ont trois formes de radical, mais ils sont irreguliers
en ce que les personnes usitees au singulier et au pluriel de I'lmperatif prennent
toutes la deuxieme forme du radical, et que I'lnfinitif prend la troisieme forme au
Ilea de la premiere.
108 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Les terminaisons sont les mSmes dans les deux types, excepte a
rinfinitif qui est en re dans le type A et en e dans le type B.
II existe dans le type B d'autres formes de terminaison du Parti-
cipe passe, telles que es, ach, ich, ioch, ist, dont nous parlerons
quand nous traiterons des Verbes Irreguliers de cette deuxieme
conjugaison.
GRAMMAIRE LANG0EDOGI|»INE.
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GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE. 125
Remarques. — Nous avons parte, en traitant de la Premifere Con-
jugaison, de verbes termines a rinfinitif par ow... a avec une ou
plusieurs consonnes ent^e ou et a, lesquels verbes modifient leur
radical : 1^ aux trois personnes du singulier ei 4 la troisieme du
pluriel de rindicatif present; 2^ aux niSmes temps et personues du
Subjonctif, et 3^^ a la seconde personne du singulier de TlmpSratif.
Or, nous trouvons, dans la Deuxi&me Conjugaison, quelques verbes
qui se comportent de la mdme mani^re; mais tandis que. dans les
susdits verbes de la Premiere Conjugaison, rinfinitif conserve le
radical sans modification, il le modiiie dans ceux-ci. Pareille
chose a lieu a llndicatif et au Subjonctif, ce qui fait que, dans ces
verbes, le radical prend cinq formes. Ainsi font poiin^e pouvoir,
p6ne pondre et voiirre vouloir ^
Ire forme.
INDIGATIF
PRESENT.
pdd-e, pdd-es, pod {poud-dn, poud-^s, 2« forme),
pdd'Ou.
pdn-e, pdn-es, pon {poun-dn, poun-ds, 2*» forme),
pdn-ou.
vdl-e, V05S vol {voul'&n, voul-ds, 2* forme),
v6l-ou.
2« forme.
IMPARFAIT.
poud-id, poud-i6s, poud^id, potcd-idn, poud-ids,
poud'idou.
poun-iA, poun-ids, poun-io, poun-idn, poun-ids,
poun-idou.
voxi{iyi6, vou{l)-ids, vou{iyi6, vouiiyidn, vou{l)'ids,
vou{l)i6ou.
3« forme.
PASSlg D^FINI.
pousqU'6re, pousqu-dros, pousqu-et, pousqu-it^en,
pousqU'&res, pousqu-drou,
poungu'dre, poungu'&ros, poungu-dt, poun^
gu'&ren, poungu-Sres, poungu-drou.
vourgu'^re, vourgu-^ros, vourgu-dt, vourgu-iren,
vourgu'dres, vourgu-^rou.
1. Le verbe voiirre vouloir est encore irregulier a la seconde personne du singu-
lier de rindicatif present qui fait vos au lieu de voles.
126
IMPARFAIT
DD
SUBJONGTIF.
GRAMSIAIRE LANGUEDOGIRNNE.
/ que pousqu-esse, que pousqu-dssos, que pous
qu'&sso, etc.
qtie poungU'^sse, que pdungu-issos , que poun
gu'&sso, etc.
que vouvgu'&sse, que vourgu-dssos, que vour-
gu-esso, etc.
( poitsqu'^n, pousqu'is.
IMPJ^RATIF 1
, . , \ poungu-in (poun-ds, 2« forme).
plunel. J . ,
, ^ [ vourgu'dn, vourgu-^s.
PARTICIPE
PRESENT.
\
pousqu'dn.
poungu-^n.
vourgu'dn.
PARTICIPE
pousqu-
ut )
'id ) et.
pousc'iit.
. poungu'ta ) et, par contraction," { poung-id.
PASSfi. I '* \ ) '^
vourgU'Ut j ( vourg-ut.
4<^ forme.
FUTUR.
pour'7^di, pour-rds, pour-rd, pour-r^n, etc.
pound'Vdi, pound-rds, pound-r^d, pound-r4n, etc.
vour'7^di, vour-rds, vour-rd, vour-rdn, etc.
CONDITIONNEL
PRESENT.
pow^-^Hd, pour-rids, pour-7*id, pour-ridn, etc.
pound '{r)i6, pound '{r)i6s, pound- (r)i6, poun-
d-{r)idji, pound'{r)ids , pound-{r)i6ou.
vour-rid, vour-^Hds, vour-rio, vour-ridn, etc.
INFINFTIF.
(' pour-re.
p6n-e (fait exception : il prend la premidre
forme).
vour-re.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 127
5« forme. / que pdsqu-e, que pdsqu-es, que pdsc-o (que pous-
qu'^n, que pousqu-^s, 3« forme), que pdsc-ou,
que pdngu-e, que pdngu-es, que pdngu-o (que
suBjoNGTiF I poungu'^n, que poungu-^s, 3« forme), que
PRESENT. \ pdng-ou.
que vdrgu-e, que v6rgu es, que v6rg-o {que vour-
gu'dn, que vou7^gU'6s, 3« forme), que vdr-
g-ou * .
( pdsqu-o, et, par contraction, pdsco.
IMPERATIF 1 »•« <• ««
,. V P^>^> f^it exception et prend la premidre forme.
siuguher. J ^ . ^ ^ ^ ^ ^, f
{ vorgU'O, et, par contraction, vdrg-o.
Sur le verbe p6ne se conjuguent ses composes resp6ne r^pondre,
coy'^espdne correspondre.
Deux autres verbes se conjuguent exacte men t sur le modfele de
vdun^e; c'est ddrre endolorir (du latin dolere) et md^Te moudre (de
molere)^ k la seule diflF6rence qu'ils prennent, k Tlnfinitif, une forme
particuliere de radical, ce qui fait qu'ils en ont
Ire forme. ( ddl-e, ddl-es, dot {doul-dn, doul-ds)^ ddl-ou,
iNDiCAT. pr6s. I mdl-e, mdl-es, mol {moul-6n, moul-ds)^ mdl-ou.
2« forme. ( dou{l)'id, dou{iyids, dou{l)'id, dou{l)-idn, etc.
iMPAHPAiT. ( mouiiytd, mou{l)'i6s , mou(iyid, mou{l)idn, etc.
3« forme. ( dourgu-^re, dourgu-dros, dourgu-&t, dourgu-iren,
PAS8£ D^FiNi. \ etc.
( mourgu'drej mourguriros, mourgu-M, etc.
1. II est k remarquer que, de m^me qu'au Present de Tlndicatif, les premiere et
seconde personnes du pluriel de ces verbes prennent la deuxi^me lorme du
radical : poud-^n poud-es, poun-Sn poun-ds, voul-&n voul-es, ainsi, par analogie,
les mdmes personnes du Subjonctif Present prennent la troisi^me forme : que
pousqu-in que pousqu-es, que poungu-en que poungu-es, que vourgu-en que
vourgu'^8.
128
IMPAHFAIT
DU
SUBJONCTIF.
(
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
que dourgu'^sse, que dourgu-essos, que dour-
gu'&sso, etc.
que mourgu'dsse, que mourgu-essos, que mour-
gu-dsso, etc.
imp6ratif i dourgu'dn, dourgu-^s.
pluriel. \ mourgu-^n, 7nourgu'4s.
participe ( dourgu'^n.
PRESENT, r mou7'gU'^n,
PARTICIPE \ dourgu-ut ) . * .. ( dourgid.
\ *^ [ et, par contraction, \ .,
PASs6. / mourgU'Ut ) [ mourg-id
4e forme. ) dour-rmi, dour-rds, dour-^^d, dour-r4n, etc.
FDTUR. \ mour-rdi, mouy^-rds, mour-rd^ mouv-r^n, etc.
csoNDiTioNNEL ( douv-vid, douv-rids, dour-tHd, dour-ridn, etc.
PRESENT. I mou7^-ri6, mour-rios, mour-iHo, mour-tHdn, etc.
B^ forme.
SUBJONCTIF
PRESENT.
que ddrgu-e, que ddrgu-es, que ddrg-o {que dour-
gu-^n, que dourgu-^s), que dd^^g-ou.
que mdi^gu-e, que mdi^gu-es, que mdrgu-e {que
mourgU'4n, que mourgu-is)^ que mdrg-ou.
imp6ratif ( ddi^gU'O , , t- ( ddrg-o.
\ , et, par contraction. { .
smguUer. | moj^gu-o ) ( mo^^g-o.
6« forme.
infinitif.
dov-re.
mor-re.
Le verbe d&rre n'est guere usit6 qn'a la troisieme personne de
chaque temps, a I'lnfinitif et au Participe pass6. C'est un verbe
Neutre, quoiqu'il affecte les allures du verbe Impersonnel.
II existe d'autres verbes qu'on doit aussi classer dans le type B
de la deuxieme conjugaison. Leur irr6gularile consiste surtout dans
la terminaison du Participe passe ; les uns Font en ich et en iovh,
d'autres en ach, et d'autres en ist et en it.
GRAMMAIRfi LANOUKDOGIENNE.
129
VSRBES IKR^QUUERS DONT LE PARTICIPE PASS£ EST EN ick, idch
ET AYANT QUATRE FORMES DE RADICAL.
Ces verbes sont : escrioure Scrire, dire dire et cdire cuire et leurs
composes : descrlouve, trdsa^ioure, prouscrloure , souscrioure;
redlre, controdire, predire, se dedire, s^entredire; escdire et
recdire.
L'irregularit6, dans ces verbes, se trouve : pour escrioure, cdire
et leurs composes, au present de Tlndicatif, k rimp6ratif et ai) Par-
ticipe pnsse ; — pour dire et ses composes, k Tlmperatif et au Partl-
cipe passe.
NoTA. — Medire, enterdire et maoudlre font leur Partlcipe pass6
en it (voir ci-apr6s pp. 130 et 131) : inedit, entdrdit, maoudit.
±f forme.
INDIC4TIF
PRESENT.
IMPARFAIT.
\
(escribe, escrib-es, (escriou)^ eso^b'dn, esciHb'&s,
escrib-ou,
dis-e, dis-es, dis, dts*dn, dis-is, dls-ou.
[ cds-e, cds-es, {c6i\ cos-Sn, cos-ds, cds-ou.
M6me forme k rimp6ratif, seconde personne
du pluriel, pour les verbes escrioure et cdire :
escrib'&s, cos-ds.
(
escrib'id, escrib-ids, escrib-id, escrib-idn, escri-
b-ids, escrib'idou.
diS'id, diS'ids, dis-id, dis-idn, dis-ids, dis-idou.
cos-id, coS'ids, cos-id, cos-idn, cos-ids, cos-idou.
2« forme.
PASS£ D^FINI.
escrigu-ire, escrigu-dros, escrigu-M, escrigu-dren,
escrigu-dres, escrigu-drou.
digu-6re, digu-dros, digu-et, digu-6ren, etc.
cogu'ire, cogu-dros, cogu-M, cogu-dren, etc.
M6me forme au present et k rimparfiiit du
Subjonctif et au Participe present pour les trois
verbes; k rinip6ratif entier pour dire et ses com-
9
130
QRAMMAtRE LANGUEDOGIENNE.
pos^s, et a la premiere personne du pluriel de I'lm-
peratif pour escrioure, cdive et leurs composes.
Nous ferons flgurer les ImpSratifs k la (in de ce
tableau, pour les mettre plus en vue.
3« forme.
FUTUR.
escHou-rdi, escriou-rds, escHoxi-rd, escriou-Hn,
escriou-r^s, escriou-rdou.
dUrdi, di-rds, di-ro, di-r^n, di-r^s, di-r6ou,
coi-rdi, coi-rds, coi-r6, coi-r^n, coi-r^s, coi-rdou.
Mdme forme au Gonditionnel â– et a Tlnfinitif,
ainsi qu'^ rimp^ratif, premiere personne du singu-
lier, pour les verbes escrioure et cdire.
4* forme.
PARTICIPE
PASS1&.
IMP^RATIF.
escr-ich. %
d'ich,
qxi'idch.
(
2« : escrigu-^n, — l""* : es-
3» forme : escriou, -
cribds^.
forme : dlgu-o {digo). digu-^n, digu-ds (digcis).
forme : c6i, — 2« : cogu-^n, — lf« : cos-ds.
VERBES IRR^GULIERS DONT LES PARTIGIPES PASSES SONT EN ist
ET EN it, ET AYANT QUATKE FORMES DE RADICAL.
Ces verbes sont : v^it^e voir, ri7'e rire, et leurs composes : rev^ire,
entrev^ire, prev6ire, ayant le Participe passe en ist, com me viire
et rire {vist, rist) ; il faut y joindre suflre sufflre, circouncire, sou-
rlre et quatre composes de rfirc ; enterdire, medlre, maoudire,
1. Au Gonditionnel, on ecrit : escrtourio, escr(ouridSf... escriouridou ; cdirid,
cdirids,... cdiridou et on prononce : escn'ouidy escrfouids, escr(ouidou; coridy
corids, coridou. Aussi avons-nous, dans les conjugaisons, inis ce malencontreux r
entre parentheses.
2. Prousci'ire proscrire se conjuguc sur escrioure, mais il est encore plus irrc-
gulier. II suit son modelc aux temps qui prennent la \'* et la 2* formes : prouscrtbe,
prouscribid, pro user iguere, que prouscrigue, etc., saaf k Tlmp^ratif od il fait au
singulier |)roufcr/'j. Au Futur, Gonditionnel et lufiniiif, son radical est prouscri
et non prouscrtou.
GRAMMAIRE LANGUBDOGIBNNE.
181
se dedire, lesquels ont le Participe passe en it, comme leur type
sufire {sufit^)\ cir^councit, sourit, enUrdit, medit, maoudit, dedit,
L'irrdgularit^, dans tons ces verbes, se trouve k rimp6ratif et au
Participe pass6, et, de plus, — mais seulement pour v^i7^e et com-
poses, — i la troisieme personne du present de Tlndicatif (vH) qui
prend la 3« forme.
lis gardent tous la 2® forme du radical au pluriel de I'lmpS-
ratif, mais au singulier, tandis que v^U^e et composes prennent la
3« forme (v^i); rive, sufire et les autres prennent la !'• forme :
7H$, sufis, elis, etc.
lr« forme, l v^s-e, v^s-es (r^O, ves-dn, ves-As, vis-ou.
iNDiCATiF < rls-e, ris-es, ris, ris-^n, ris-is, yHs-ou.
PRESENT, f sufis e, sufis-es, sufis, sufiS'6n, sufis-is, sufis-ou.
I
IMPARFAIT.
( veS'id, ves'ids, ves-id, ves-idn, ves-ids, ves-idou.
I riS'id, riS'ids, ris-id, ris-idn, ris-ids, ris-idou.
( sufiS'id, sufiS'ids, sufis-id, sufis-idn, etc.
2« forme. ( vech-dre, vech-iros, vech-dt, vech'&i^en, etc.
PASsft d6fini. \ rigu'dre, rigu-dros, rigu-H, rigu-dren, etc.
( sufigu'ire, sufigu-dros, sufigu-it, sufigu-^ren, etc.
8UBJONCTIF
PRESENT.
que v^ch-e, que v^ch-es, que v^ch-e, que vech-in,
que vech'6s, que v^ch-ou.
que rigu-e, que rigu-es, que rigu-e, que rigu-in,
que rigu'^s, que rigu-ou,
que sufigu-e, que sufigu-es, que sufigu-e, etc.
IMPARFAIT.
que vech'dsse, que vech-essos, que vech-^sso, etc.
que 7^gU'6sse, que rigu-^ssos, que rigudsso, etc.
que suftgu-dsse, que sufigu-dssos, que sufigu-dsso,
etc.
PARTICIPE
PRESENT.
vecli'in; — rigU'4n; — sufigu-in.
1. EUre fait encore exception : son Participe passi est elitt.
132
IMP^RATIP
pluriel.
GRAMMAIRE LANOUEDOGIENNE.
vech-4n, vech-ds.
rigu-^n, t^igu-ds {rigds),
sufigu'^n, sufigu'ds, — On dit aussi sufisds.
3* forme. ( vei-rdi, veir-ds, vei-rd, vei-r^n, veUr€s, vei-roou.
FUTUR. ' ri-rdi, ri-rds, ri-ro, ri-r^n, tH-r^s, ri-rdou.
{ sufi-rdi, sufirds, sufi-ro, sufi-^^^n, elc.
4« forme.
PARTICIPE
PASSfe.
IMP^RATIF
singulier.
Mdme forme au Conditionnei * et a rinfinitif,
ainsi qu'a Tlmperatif, seconde personne du singu-
lier, ce dernier seulement pour v6i7^e (vdi) et ses
composes.
( V'ist.
suf'it.
I 1
3® forme : vci,
I'® forme : ris.
1^« forme : sufis.
VERBES DONT LE PARTICIPE PASS6 EST EN ac?l ET AYANT
QUATRE FORMES DE RADICAL.
Ces verbes sont : trdire jeter et ses composes distrdire, estrdire
extraire, soustrdire, etc., irreguliers a la troisieme personne du sin-
gulier de rindicatif present et au Participe pass6. lis font I'lmperatif
comme cdire.
Ire forme
INDICAT
PRfeSKNT.
ae. 1
:iF [ trds-e, trds-es, {trdi)^ tras-en, tras-is, trds-ou.
1. Au Conditionnei, on ecrit : veirid, veirids, veirid, veiridn^ veiri&s, veirioou,
maia on prononce : verid, verids, verid, veridn, veriris, veridou, — On ecrit : ririo,
ririds, ririd, etc., sufirid, sufirids, sufiridy etc., mais on prononce : riyd, Tiyds.
riydt etc.. su/iyd, sufiyds^ sufiyd, etc.
Infinitif : veire, r(re, sufire.
IliPARFAIT.
GRAUMAIRE LANGUEDOGIENNE. 133
traS'id, tras-ids, tras-id, tras-idn, tras-ids, tra-
$-idou.
JMP^RATIF
(2* pers. plur.)
2« forme.
PAS8£ D^FINI.
U^aS'is.
tragu'dre, tragu-dros, tt^agu-dt, tragu-eren, etc.
Mdme forme au present et a I'imparfait du
Subjonctif : que trdgu-e, que tragu-isse; — au
Participe present : tragu-dn, — et i la premiere
personne du pluriel de Tlmp^ratif : tragu-dn.
3^ forme. ( trai-rdi, trai-rds, trai-rd, trai-rdn, traUrds, irai-
FUTUR. j rdou.
4« forme.
PARTICIPE
PASS£.
I
\
Mdme forme au Conditionnel present : trai-rio
(pron. trarid)\ — a I'Infinitif : trdi-re; — ji la troi-
sieme personne de Tlndicatif present : trdi, — et
au singulier de rimp6ratif : trdi.
track.
Remarque. — II existe, dans ce verbe trdire, une autre forme de
radical assez usit^e, mais qui n'aifecte que deux temps seulement,
le pass^ d^fini de Tlndicatif et I'imparfait du Subjonctif, qui font,
le premier :
trasegu-ere, ti'^ascgu-eros, ii^asegu'&t, trasegu-eren, trase-
gu'67*es, trasegu-erou ;
et le second :
que trasegu-esse, que t^^asegu-dssos, que trasegu-esso, que
trasegu-dssen, que trasegudsses, que trasegu-dssou^.
1. II en est de in6me de cdire et de creire, qui ont aussi deux formes pour les
mftmes temps : cogudre ct coseguere, que coguisse et que eoseguesse; creguere
et creseguere, que creguesse et que cresegudsse.
134 6RAMMAIRE LANOUEDOCIENNE.
Nous devons colloquer ici le verbe apircibre, tris peu usiti a
rinfinitif et qui ne possede que deux formes de radical, aperceb el
apercegu; son Participe pass6 se termine en gut et son Pass6 d^fini
en guire.
Indicatif : apdvc^b-e; apdrceb-id; apircegu-^re ; apirceb-rdU
CoNDiTioNNEL : apdrceb-vid.
Point dlMP^RATIF.
SuBJONGTip : qu'apdrc^gu-e ; qu*apdrcegu'6sse,
Infinitif : apdrc^b-re.
Partigipes : apircegu-in; apdrcegu-ut, et, par contraction, apir-
cegut.
VERBES DONT LE PARTICIPE PASSfi EST EN ttCh ET AYANT
SIX FORMES DE RADIGAL.
Ces verbes sont : fdire faire et ses composes : re f dire, contro-
fdire, pdrfdire parfaire, defdire, satisfdire, surfdire, etc., tous
irr6guliers an present de I'Indicatif, a Tlmperatif et au Participe
passS.
1'^ forme.
INDIG. PR^S.
faou, fas, fo (fas-dn, faS'6s, 2« forme), foou.
2« forme.
IMPARFAIT.
3* forme.
PASSg D^FINI.
faS'id, faS'ids, fas-id, fas-idn, fas-ids, fas-idou.
M6me forme a Tlmperatif, deuxieme personne
du pluriel : fas-ds,
fagu-dre, fagu-dros, fagu-dt, fagu-6ren, etc.
Mdme forme au present et k rimparfait du
Subjonctif : que fdgu-e, que fagu-^sse; — a la pre-
miere personne du pluriel de Tlmp^ratif : fagu-^n,
— et au Participe present : fagu-^n.
6BAMMAIBB LANGUEDOCISNMX. 135
{ fav'di, far-ds, far-d, far-4n, far-is, far-6ou.
FUTUR. )
M6me forme au Conditionnel : far-id, fa-rids,
far-id, far-idn, far-ids, far-idou,
I fai — {fagU'in, 3« forme) — {fas-ds, 2* forme).
iNFiNiTiF. I fdi-re,
6* forme. )
PARTiGiPE ^ fach,
PASSfi. )
Remarquk. — Com me on peut le voir, il existe une certaine ana-
logie entre ce verbe fdire et le verbe and aller, irrfigulier de la Pre-
mifere Conjugaison. Ainsi, au present de Tlndicatif, fdire fait, faou,
fas, fo foou et ana fait vaou, vas, vo, voou, A rimp6ratif, le
premier fait fai, et le second vai.
Quant au Participe pass6 fach, il semblerait appartenir h un Verbe
irregulier de la Premiere Conjugaison, dont le Participe est en at,
Gela tient peut-§tre a ce que le verbe fdire possfede une autre forme
d'Infinitif, en a, fa, presque aussi souvent employ6e que fdire.
EXERGIGES.
Depuis que je ne t'avais vue, tu as grandi de plus de vingt-cinq
Despei que Vabidpais) visto, as C7*escut de mai d'un
centimetres, et je t'assure que si je n'avais su qui tu es, je ne
pan, e Vaproumite que s'abid pas sachut cal sids,
t'aurais pas reconnue. La derniere fois que tu m'as ecrit tu
Vaou{r)id pa(s) recounescudo. Lou darrid cop que m*as esaHch
ne me disais rien de tes progres, aussi je ne puis
me disids pari{s) de tous prougrisses, atdb6 mepdde pais)
revenir de te voir si accomplie. 11 n'y a k cela rien d'eton-
counsould de te viire tant acoumpHdo, Amb'acd par4{s) d'estou-
nant : tu venais a peine de naltre que tu 6tais d6ja jolie comme
nan : venids a pino de ndisse qu'dros dejd poulido coumo
136 GRAMMAIRE LANGUEDOGISNNE.
un amour. II parait que, au Sacre-Coeur de Montpellier, les eaux
{u)n soou. Par^s que, al Sacre-Cur de Mounpeyi, las digos
sont bonnes. Je voudrais pouvoir y envoyer ma fillette, passer une
sou bounos, le vourrid pourre mandd ma pichdto, passd {u)n
couple d'annees, et j'avoue quesij'6tais silre qu'elle devint
par^l d'dns, e counv^ne que s'dre seguro que venguisso
grasse, fralcfae et aimable comme toi, je I'y conduirais sans
gaidrdo e aimdUo coiimo tus, ie la coundusirid san
retard. — Te souviens-tu quand tu venais a la campagne voir
pdrdre tens. — Ten souv^nes quan venids a la gvdncho viire
les petits chevreaux? II me semble encore te voir essayer,
lous cabridous f Me simblo tournd te vdire qu'ensachdbos,
avec tes petits doigts, de traire les ch^vres, et, ma foi, tu les
dmbe tous detoiis, de moulse las cdbros, e, pir ma fe, las
trayais aussi bien que la jeune Rose, et tu ne craignais pas les
moulsids tan pla coiimo Rosou, e t^is cregnids pas lous
coups de corne. Tu sais, le jour ou cette nigaude tomba dans
co{ch) de bdno, Sdbes, la fes qu*aqudlo pidto de fiyo toumbdt din
Rieutort, comme il fut heureux pour elle que nous nous trouvassions
Rioutor, be ie vargudt que nous endevenguissen
\k pour lui Jeter la corde, alors qu'elle avalt deja disparu
aqiU pir ie trdir{e) imo curdo, quant abid dejd disparescvl
dans le gouifre. Et quand nous la retirAmes toute trempee,
din lou gour. E quan la pesqiidren touto ndgdUo, que
Teau ruisselant de ses habits, il me semble encore I'entendre
I'digo regalechdbo de sa fdvdo, me sdmbl{o) incdro Vaousi
crier : c Ma m^re ! le dos me fait mal t les coudes me
cridd : « Ai! ma mdire! que Vesqulno me dot! lous couires
cuisent! je suis toute moulue! » — On aurait beau dire,
m'escdsou! sidi touto mourgudo ! » — V4ses, es pa{s) pir dire,
vois-tu, mais tu etais un petit diable a cette ^poque. Des
mds dros un diablatou and'aqudl{o) ipdco. Eniire
qu'une poule chantait, tu 6tais la pour voir si elle
qu'uno galino cascaiechdbo, zou ! Vatrapdbos aqui pdr vdire se
ORAMMAIHE LANGUEDOaENNE. 137
pondait, ou si elle avait pondu, ou si elle pondrait bientdt. Nous
pounid, ou s'abid poungut, ou se pound{r)i6 Uou.
avions beau te le d^fendre et te dire qu'en te tenant Stendue ainsi
A bidn hdl Vou def endive e te dire qu'en te jagu^n antdl
pres du poulailler tu risquais de te couvrir de poux : tout
prdche d£l galignd y^escdbos de Vempesouyd : a bail tout
6tait inutile! Que te dirai-je? tantqueje vivrai, je m'en
^ro {u)nutille I Que vos que te digue f tan que viourdi, m'en
souviendrai t
i'updlarai !
On a commence mercredi de vendanger ; la recolte n'est pas
Oou coumensdt dimdcres de vendemii; la r6ndo {e)s pa{s)
abondante el pourra peut-6tre equivaloir a une moyenne. Les
fdrto e pourrd sdique equivaU a-n-iino mouydno. Lous
raisins sont gras, malgre la secheresse ; mats les grains ne sont
rosins sou repeteldch, malgrd la secddo ; md lous g^^os sou
pas serres. Onditqueles pluies dejuin les ont fait couler.
pa{s) sarrdch. Se dis que lou plochdt de jun lous o f aches could.
On a cri6 le vin k vingt centimes le double-litre, cinq centimes le
Oou publidt lou vi a qudtre sdous lou carton, un sdou
demi-litre et deux centimes et demi le quart de litre ; je ne sais
fouyito e dou{s) yars truqu^to; sdbe pas
combien pent valoir Thectolitre. Avec tout cela, le voisin nous a
quan poid) vdrre lou tolitro, ArnVaco, lou vesi nous o
empruntS un foudre, mais je ne sais si les trois cents comportes
manldvdt un baissil, me sdbe pas se lous tres cen lairdns
pleines qu'il a r^colt^es pourront y contenir. Tant pis pour lui, et
qu'o acampdt ie pourrdou cdoupre. Tamp is pir el, e
je ne lui en prdterai pas un autre, car nous avons besoin de tons ;
i-en prdstarai pa{s) {u)n doutre, que toutes nous fdou besoiin ;
tout au plus pourrons-nous loger ce qui nous appartient. II
gran-gdou de poury^e) embarrd ^o ndstre. Ne
pouvait bien en acheter un, ce morceau d'avare ! Mais
poudid be croumpd un, aquel flQ{c) de sdrro-pidstros ! Mds
]
138 GRAMMAIRE 1.ANUUBUUUBIMIL.
11 a eu peur de se ruiner ; ses enfants n'auront pas besoia de
{a)but poou de s'arouind ; sous efdns aourdou pa(s) besoiin de
le faire interdire, car il ne mangera pas sa fortune (sans la faire
lou fdir{e) entirdire, que manjard pas sa bidndo san (a fa
cuire). Je ne me suis pas encore apergue qu'il ait jamais fait
cdire. Me sidi pas, de ma vido, {a)pdrcegudo qu'dche jamdi fach
une mauvaise affaire ; tout lui reussit k ce b de grigou!
un michdnt afdire; tout ie russis and'aquel bougre d'escdmpo-
Et je t'assure bien que quand il sera mort
gigdch ! E te respdne pla que quant aourd fa{ch) lous tres baxidous,
je ne serais guere surprise qu*il y eiit grande r6jouissance
me susprend{r)i6 pa{s) gdire que i-achisso faranddlo trambldnto
dans la maison.
din VoustdL
A propos de vendange, je dois te dire que les montagnards
A prepdous de vend^mio, ie dirdi que lous ^ gabdches
descendent en masse. Tous les trains en sont bond^s et ont
dabdlou a mouUms, Toute{s) lous trins ne sou claoufich e oou
des retards ti cause de la difficult^ de les caser dans les vagons. A
de retdrs pas que p^r lous pourr(e) enyamd din lous vagouns. A
chaque station il faut en ajouter trois ou quatre. — Le vent souffle
chdco (e)stactou ne cat ajustd tr{es) ou qudtre. — Lou ven bit fa
bien du midi, c'est la brise qui gonfle les raisins ; il est
pla d'en bas, aco (e)s lou lai?^ch, aquil que cloufo la gruno; val
preferable, en ce moment, au sud-est, que nos ancfttres
mai, pdr dro, que lou gr^c, que ndstres i^'^ire-grdns
appelaient aguial. Ce mot, qui venait du grec al^iaXbi; (vent de
apdldbou /'aguUl. Aqu^l mot, que venio del gr6c afyiaXb? {ven de
mer) et du latin « aquilo *, est abandonn^ a Theure qu*il est, et
ma?') e del lati « aquild », es demouddt a Vhouro qu'es, e
nous, nous disons : le grec — qui porte la pluie — comme le dlt
ndoutres, disdn : lou gric — pl6ch{o) al bdc — coumo Vanoungo
le proverbe. C'eet le vent qu'il faut, dans Thiver, pour abreuver
lou prouvirbe, Acd lou ven que cal, din Vibdr, pdr abiourd
6RAMMAIRE LilNGUEDOGIGNNE. 139
Jes sources. II arrive parfois qu'il amfene de Teau pendant une guin-
eas sourgos. De fes que i-o, nous ddno (Vaigo tout(p) una quin-
zaine, k pleuvoir abondamment, nuit et jour. A la suite vient le
zenddo, que ploou a semdls, , ndi-t-e four, Pdi ariHbo lou
vent du nord, 16che-boue, comme nous Tappelons, ou tramontane,
tarrdlj Idco-fdngos, coumo dis&n, ou tremountdno,
et puis le narbonnais (equivalent au vent du nord), qui est k peu
e pidi lou narhoun^s {tarral es) qu'es a-pu-
pres le mSme, et, aprfes un couple de jours de soufflerie, tout est
prds gou mimes, e, dins un par^l de jours de bufddo, tout es
sec. — Les aramons ont donn6, cette annee, mais les monestels
assecdi, — Las alinddos oou cargdt aqvrsi'an, md loumounesUl
et les carignanes n'ont pas produit grand'chose. Les piquepouls et
e lou plan du oou pa{s) fa{ch) gran-cdouso, Lous picopouls e
les terret-bourret seront tout au plus mediocres; mais roeillade
lou tarrebourr^ch pagardou, toutes-cas, soun mdstre; md Vuyddo
a tenement souffert des gelees printaniferes qu'elle ne donnera rien.
talom^n sou frit de Ids barbarustos que fard pa{H)res.
Le six mai, f6te de Saint-Jean-Porte-Latine, ce bou
Lou sidi{s) de mai, jour de Sin-Jan empdrto la tino, aquel brdbe
saint a tout emporte, la cuve et la vendange.
s6n tout empourtdt, la tino (d)mdi la frucho.
TROISlfiME CONJUGAISON, EN I.
Les verbes de la Troisieme Conjugaison, en i, ont leur Parlicipe
passd en it, sauf le verbe mouri qui fait mart et, peut-6tre, quelques
autres exceptions, extremement rares, s*il en existe. De mdme que
dans la Premiere Conjugaison, le radical ne varie pas dans tout le
cours du verbe, et on n'y remarque pas les complications qui sur-
chargent la Deuxi^me.
Nous rappellerons ce que nous avons dit, pages 123 et V2k, du verbe
veni etde la plupart de ses composes qui, malgre leur terminaison
Bnik rinfinitif, appartiennent k la Deuxi^me Conjugaison.
140
GRAMMAIRE LAMGUEDOCIENNE.
CONJUGAISON DU VERBE SARcf, REPRISER
INDICATIF.
sarc tsse
sarc isses
sarc is
sarc issen
sarc iss4s
sarc issou
PRESENT.
je reprise
tu reprises
il reprise
nous reprisons
vous reprisez
ils reprisent
IMPARFAIT.
sarc issio
sarc issids
sarc issid
sarc issidn
sarc issids
sarc issidou
je reprisals
tu reprisals
il reprisait
nous reprisions
vous reprisiez
ils reprisaient
PASSE DEFINl.
sarc ignore
sarQ igudros
sarc igudt
sarc igudren
sarc igudres
sarc igudrou
je reprisal
tu reprisas
il reprisa
nous reprisdmes
vous repris&tes
ils repriserent
PASSE IND^FINI.
ai sarc it
as sarc it
sarc it
dben sarc it
abds sarc it
oou sarc it
j'ai repris6
tu as reprise
il a reprise
nous avons reprise
vous avez repris6
ils ont reprisS
GRAMMAIRE LANGUEDOCI^NE.
141
PA$S& ANTKRIEUH.
achire
sarc it
j'eus repris6
acMros
$a7X it
tu eus repris^
acMt
sarc it
il eut reprise
achdren
sarc it
nous etimes reprisi
achires
sarc it
vous eOtes reprie^
acMrou
sarc it
ils eurent reprise
PLUS-QUE-PARFAIT.
abid
sarc it
j'avais reprise
dbids
sarc it
tu avais reprisS
abid
sarc it
il avait reprise
abidn
sarc it
nous avions repris6
dbids
sai^c it
vous aviez repris6
abidou
sarc it
ils avaient repris6
FUTDR.
sarc
irdi
je repriserai
sarc
i7^as
tu repriseras
sarc
ird
il reprlsera
sarc
i7'^n
nous repriserons
sarc
ir^s
vous repriserez
saf^c
irdou
ils repriseront
FDTUR PAS86.
aourdi
.sarc it
j'aurai reprise
aourds
5arc it
tu auras reprise
aou7'6
sarc it
il aura reprise
aourdn
sa7X it
nous aurons repris6
aotir^s
sarc it
vous aurez reprise
aourooit
sarc it
ils auront reprise
142
GHAMMAIHE LAKQUEDOGIBNNE.
GONDITIONNEL.
PRESENT.
save irid
save irios
sarc irid
save iridn
safx irids
sa7^c iridou
je reprlserais
tu repriserais
il repriserait
nous repriserions
vous repriseriez
ils repriseraient
PASSE.
aou{r)i6 sarc
it
j'aurais repris6
aou{r)i6s sarc
it
tu aurais reprisS
aou{r)i6 sarc
it
il aurait reprise
aou{r)idn sarc
it
nous aurions reprise
aou{r)ids sarc
it
vous auriez repris6
aou{r)i6ou sarc
it
ils auraient reprise
IMPfiRATIF.
sarc is
reprise
sarc igu4n
reprisons
sarc isses
reprisez
SUBJONGTIF.
PRESENT.
que sai'C igue
que je reprise
que sarc igues
que tu repri^s
que sarc iguo
qu'il reprise
que sarc igu^n
que nous reprisions
que saix igu6s
que vous reprisiez
que sai'c igou
qu'ils reprisent
ORAHIfAIRE LAN6UED0GIENNE.
143
IMPARFAIT.
qi^ save iguesse
que sarc iguissos
que sarc iguisso
que sarc iguissen
que sarc iguisses
que sarc iguessou
que je reprisasse
que tu reprisasses
qu*il reprisftt
que nous reprisassions
que vous reprisassiez
qu'ils reprisassent
PARPAIT.
qu'dche
qu'dches
qu'dche
qu'acMn
qu'acMs
qu'dchou
sarc it
sarc it
sarc it
sarc it
sarc it
sarc it
que j aie reprise
que tu aies repris6
qu'il ait repris6
que nous ayons repris6
que vous ayez repris6
qu'ils aient reprise
PLUS-QUE-PARFAIT.
qu*acMsse
sarc it
que j'eusse reprise
qu'achessos
sarc it
que tu eusses repris6
qu'achesso
sarc it
qu'il eut reprise
qu'acMssen
sarc it
que nous eussions"repris6
qu'acMsses
sarc it
que vous eussiez repris4
qu'achessou
sarc it
qu'ils eussent te^pmi
INFINITIF.
\
PRESENT.
smx i
repriser
PASSE.
aMire sarc it
avoir reprisS
144
ORAMMAIRB LANQUEDOGIGNNE.
PARTICIPE.
sarc igu6n
sarc it
PRESENT.
PASS6.
reprisant
repris6
Ainsi 86 conjuguent les verbes suivants, qulls soient Actifs,
Neutres, D^fectueux, Prbnominaux ou Impersonnels, et
leurs composes. Les verbes Neutres, Defectueux et Impersonnels
seront marques d'un asterisque (^); les verbes essentielleinent
Pronominaux sereconnaltront au pronom se ou s\ qui les pre-
cSdera.
abasoiirdi abasourdir
abesti abdtir
abouli abolir
aboiiti * aboutir
(xhruti abrutir
acournpli accompli r
s'acoiiQtieli se mettre en gru-
meaux
acourchi raccourcir
acouti atteindre quelqu'un quon
poursuit
s'acroupi {.s'aclata) s'acccroupir
aculi accueillir
adouci adoucir
afadi affadir
afepli affaiblir
af^rmi affermir
s'afisioull se fl6trir, se dit du
visage
afranchi affranchir
s'agandf se diriger vers
s'agayardi engraisser
agi * agir
s'agi * id. (Impersonnel)
agrandi agrandir
agri aigrir
agrouma7idi affriander (par un
appAt)
agudvri aguerrir
di hair
alanti ralentir
nlaougdiri all6ger
alarchi elargir
alourdi alourdir
amagri * maigrir
aminci amincir
amobli ameublir
amourti amortir
aneanti an^antir
s'aniqui tomber en consomption
anobli anoblir
aotisi entendre
GRAMMAIRE LAKGUEDOCIENNE.
145
apaouri ^ppauyxir
s'apesanti s'appesantir
aplani aplanir
aplaoudl applaudir
aplati aplatir
aproufoundi approfondir
aquert acquerir
aroundi arrondir
assail assaillir
assani assaii\ir
asservl asservir
assoupi assoupir
assoupli assouplir
assourdi assourdir
assourti assortir
assoubi assouvir
assujeti assujettir
atari tarir
s'atapi se tapir
atendri attendrir
at^y^ * aterrir
s'avaqui s'avachir
av^rti avertir
avili avilir
basti batir
heni, benesi benir
blancfii blanchir
se bloti se blottir
blid * devenir bleu
bouli * bouillir
boundi * bondir
brandi secouer
bruni brunir
cabi * contenir, usitS k llnfinitif
seulement.
se caoumousi se raoisir
caousi choisir .
cari (vieux) cherir
cldoufi remplir avec exces
coubri couvrir
coufi confire
coumpati * compatir
councourri * concourir
coundusi conduire
counqueri conquerir
counsenti * consentir
se counsunii * d^perir
counvdrti convertir
courri * courir
coustrusi construire
cuH cueillir
dedusi d^duire
deflni finir
degaoucM d6gauchir
degrepi egrapper
degrepi * deguerpir
se degourdi se d^gourdir
dementi d^mentir
se demesi s'inqui6ter,maigrirde
chagrin.
demouli demolir
demourdi * demordre
desmuni demunir
deperi * deperir
descoubri decouvrir
desgarnl degarnir
desoubci * desob6ir
dessaparti diviser
dessarci delayer, terme de cui-
sij;ie
dessdrvi desservir, porter pr6ju-
dice
1. Ne pas confondro ce verbe pronominal avec le verbc actif counstmid, qui
appartient k la premiere conjngaison.
10
14&
dessesi dessaisir
destrusi dStruire
desuni d6sunir
devdrti divertir
devouri d^vorer
discouri * discoiirir
doubri ouvrir
dourbi id.
dourmi * dormir
droumi * id.
droubi ouvrir
endurci durcir
embalaousi assourdir par trop
de bruit
s'embastardi s'abfttardir
embeli embellir
embouti emboutir
s'enardi s'enhardir
encheri * enchfirir
enclaousi enclore
s*encourri s'enfuir a toutes jani-
bes
endoulenti endolorir
endourmi endormir
endusi enduire
enfold enfouir
englouti engloutir
engotili avaler
engraoumouli engourdir par ie
froid ou par le
grand &ge.
s'engrepesl avoir l'ongl6e
enledi enlaidir
enlusi lustrer
s'ennebouH * (defect.) se charger
de nuages
ennegri noircir
s*enqic€ri s'informer
enrichi enrichir
QRAMMAIRE LANaUBDOGIBNNB.
entreculi cueiilir avant la matu-
rit6
entrevirti intervertir
entroicdusi introduire
envdi envahir
envesfi investir
escairi 6quarrir
s'escanti s'eteindre, se dit du
feu
escarni corriger pour une bonne
fois
escarpl figrapper
esclairi eclairer, fournir de la
lumi^re
esclarci eclaircir aprfes le trouble
escoundi cacher, du latin abs-
condere
escoupi * cracher
s'escourvi s'ecouler, se dit d'un
torrent
escroui ficrouir
escureci obscurcir
espandi ^tendre, Staler
s'espanoui s'6panouir
espeli * 6clore
espessi epaissir
s*espouti s'aplatir, s'Scraser en
tombant.
s'estabani s'6vanouir
estabourdl itourdir par un coup
estapli Stablir
estourbl assommer
estourdi 6tourdir
s'estrementi frissonner
estt^si instruire
fad farcir
fini finir
flachi * flSchir
flet7H flStrir
i
fiouri ^ fleurir
fougi fuir, de fugio
fourbi fourbir
fourni fournir
franchi franchir
fremi * fremir
frounzi froncer
fruchi * cri de Thuile bouillant
dans la poele
se gandi se precautionner, se
pourvoir
garanti garantir
garni garnir
gemi * gemir
clapi * glapir
gravi gravir
grepi crepir (magoanerie)
groupi * croupir
groussi * grossir
grandi * grandir
gueyH guerir
jaouni jaunir
jaii * jaillir
joui * jouir
langui * languir
legl lire
lusi ^ luire
rnagri * maigrir
nienti * mentir
7noli * moUir
moui^di mordre
7nou7H * mourir (partic. passe
7n07't)
niousi moisir
mugi * mugir
se muni se munir
se nanti * se nantir (le m6me
que se gandi)
negri noircir
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
nourri nourrir
nusl * nuire
ouMl * obeir
147
ou7'di ourdir
palli * pjilir
paout7H fouler aux pieds
peri * p6rir
pd7^segui poursuivre
pou7'ri pourrir
preTnuni premunir
pressenti pressentir
prevMi pervertir
se prouvesi s'approvisionner
p7Hisi * (defect.) demanger
pudi * puer
piini punir
que7H (defect.) chercher. Usite a
rinflnitif seulement
se raboiigrl se rabougrir
se 7^acou7'7ii se racornir
7'afi froisser
7'ajouini rajeunir
ralanti ralentir
7^anib7'uni rembrunir
7'a7icheri * rench^rir
7'anci * rancir
ra7ifou7^tl consolider
7^ahi ravir (de 7^apio)
rechisti * resister
7'ecoiiri * recourir
7^ediisi reduire
7'eflechi * reflechir
se 7'epe7iti se repentlr
replant replanir
7'equeri requerir
7'esca77ipi rechampir (peinture)
7'escoimdi mettre en surete
resplandl * resplandir
7'essegui resuivre
148 GRAMMAIRE
restrechi r6tr6cir
reverdi * reverdir
se revesi prendre sa revanche
rougi rougir
7^ousi rouir (le chanvre)
roumpli remplir
roussi roussir
rousti r6tir
rugi * rugir
runi r6unir
russi * reussir
sail "^ (vieux) sortir
salli salir
sard repriser, tasser (la terre)
secouri secourir
sedusi seduire
segui suivre
senti sentir
s^rvi servir
sesi saisir
sevi * s6vir
soufri * souffrir
LANGUEDOGIENNE.
sourti * sortir
sound rosser
suM subir
su7^gi * surgir, se lever.
tari tarir
touci tordre
toussi * tousser
trcii trahir
t7^ansi transir
U^aoupi pietiner
bravest i travestir
trefouli * fremir d'impatience
b^essali tressaillir
uni unir
vagi * vagir
vdimi vernir
vesti vMir
vd7*dt verdir
vieyi. ^ vieillir
vind vaincre, epuiser
voumi vorair
Parmi les verbes qui precedent, nous trouvons les suivants, deri-
vant du latin ducere, sU^iteve et leurs composes : conducere, en
frangais conduire et en languedocien coundiisi; deducere d^duire,
dedusi; inducere induire, endusi; reducere reduire, redusi; sedti-
cere s6duire, sedusi; instruei^e instruire, estrusi; construere cons-
truire, coustrusi; destruere detruire, destrusi (un destructeur se
dit un desb^ussi)^ qui font leur Infinitif en i et appartiennent k la
Troisiferne conjugaison.
Cependant, un grand nombre de personnes, meme parmi celles qui
parlent habituellement notre idiome, disent, a tort, en voulant tra-
duire ces mots frauQais, counduire, enduire, reduire, coustruire,
sedub^e, etc. Ces Gallicismes sont fautifs en ce que, ou bien Ton est
force de prononcer le ui comme en francais, ce qui n'est pas admis-
sible, Yu frauQais n'existant pas pour nous, ou bien de supprimer Yv^
et de prononcer coundire, endh^e, redire, coustrh^e, sedire^ ce qui
GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE. 149
est urie violence faite k la Langue et a rEtymologie*. Get usage est,
du reste, tout moderne, et nous avons entendu, dans notre premiere
jeunesse, des personnes agees dire coustrusl, endusi, sedusi, des-
trust. — Nous avons deja fait remarquer qu'on dit destrussi pour
destructeur. — Et les contemporains m^me qui ont reni6 ces Infl-
nitifs disent encore au Passe d6fini : esU^usiguH il instruisit, des-
trusiguet il detruisit, rediisigurrou ils reduisirent, cousUmsigueren
nous construisimes, sedusiguct il seduisit, etc., et non point estrui-
gufH, destvuiguct, reduiguel, seduiguet, etc.
Ils disent, pour enduire, terme de inaconnerie, endusi dont quel-
ques-uns ont fait, a tort, enlusi qui ne signifie rien dans ce cas.
VERBES PASSIFS.
Nous avons deja dit que, en Langue d'oc, le verbe Passif n'a pas
de forme speciale. II en est de m6me en espagnol et en italien. Ces
trois langues ont dedaigne les voix Passive et Deponente, si encom-
brantes dans la langue latine leur mfere, de m6me que, dans les
Nombres, elle n*ont pas admis le Duel des Grecs. Le fran^ais, deriv6
aussi du latin, k travers la langue d'oc, a suivi cet exemple.
Le Verbe Passif n'est done que le Verbe (^st7^e suivi du Participe
pass6 d'un Verbe Actif qui s'accorde en genre et en nombre avec le
pronom sujet : je suis aime sidi aimdt, nous fumes battues sia-
giieren batudos, il aura ete applaudi sero {e)stdt aplaoudlt, nous
aurions ete choisis sevidn estd{ch) caousich, elle 6tait 6tendue iro
{e)spandido. Ce verbe n*a done que des temps composes, sauf le
Participe pass6 qui est celui m6me du verbe actif. XI ne pent avoir
qu'un regime indirect.
1. On pout cependant employer correctcment coundtre aussi bien que coundusi.
— Ex. : I'doH coimdit a Vescdlo on I'a conduit k I'ecole ; lou coundit es tapd{t) p^r
caouque reinitr Ic tuyau de conduite est bouchc par quelque amas de racines; lou
counditou de la dilifjenso le conducteur de la diligence,
150 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
VERBES NEUTRES.
Les verbes Neutres n'ont aussi qu'un regime indirect; ils se
divisent en deux classes, selon qu'ils se conjuguent avec cstre on
avec ab6ire.
1. Les premiers ressemblent, dans les temps composes, aux ver-
bes Passifs avec lesquels on ne pent les confondre, ceux-ci etarit
d'origine active. Nous avons pris com me types de Verbes Neutres
se conjuguant avec estve les trois verbes dintrd entrer, dcss6ndre
descendre et sourti sortir, representant chacun une des trois conju-
gaisons. Dess67idre appartient au type A de la deuxidme conju-
gaison.
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156 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
On remarquera que, dans les verbes Neutres conjugu^s avec ^sfre,
le Participe passe s'accorde en genre et en nombre avec le Pronom
sujet : sidi dmtrdt, sios dUitrddo, sen dinirdch, sou dintrddos. II
n'en est pas ainsi de ceux qui se conjuguent avec aMire; leur Parti-
cipe passe demeure invariable : at cahussdt, abin cabussdt; mais
on ne dira jamais : ai cabussddo, aben cabussdch, oou catmssddos.
Les memes observations s'appliquent a la langue francaise.
Comme nous le verrons dans le tableau ci-apres, il existe quelques
verbes qui, selon leur signification, prennent pour auxiliaire tantot
estrc, tantot abeiy^e. Nous signalerons particuliferement le verbe
demoui^d qui, pris dans le sens de tarder, employer du temps,
se conjugue avec esti^e. — Exemple : sidi demourddo cdouque tens
aJbdn de tournd je suis restee quelque temps avant de revenir; lotis
efdns sou demourd{ch) pla tranquilles les enfants sont restes bien
tranquilles.
Quand de7notird signifie habiter, il se conjugue avec ab^ire :
abdn demourd{t) f6ss{o) ans dins aqu6l oustdl nous avons babite de
nombreuses annees cette maison.
Counvenl fait comme demourd; il emploie, selon le sens, cstre
ou abeire tout en demeurant verbe neutre : es coiinvengOt antdl
c'est convenu ainsi; abdn coiint^e?igi(t de sourti nous avons convenu
de sortir ; m'o cou7ivcngvt il m'a convenu.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
157
VERBES NEUTRES LES PLUS USITES A CONJUGUER.
Sur ^stre :
demourd tarder
counveni convenir d'une chose
arribd arriver
, , / descendre
dess^ndre )
rnountd monter
dintrd entrer
soui^ti sortir
passd passer
toumbd tomber
decedd deceder
mouri mourir
tournd revenir
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veni venir
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reveni revenir
surveni survenir
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Sur aMire :
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arribd apdturer (actif )
dabald ) descendre I'escalier
dess^ndre ] (actif)
mountd monter Thorloge (id.)
dintrd enfermer (id.)
sourti tirer dehors (id.)
passd passer le fleuve (id.)
toumbd laisser choir (id.)
bramd braire
calldvd basculer
brounzind bourdonner
cyndd crier ; publier (actif)
cugd former les yeux
dep^ndre dependre
dourml dormir
estournudd eternuer
pudi sentir mauvais
rebdcd repliquer
toussi tousser
trefouli trepigner
controveni contrevenir
endeveni rencontrer (actif)
prevent pr^venir (actif)
Remauques. — On voit, par le tableau qui pr6cMe, que, parmi les
composes de veni, les uns, pdrveni, reveni, surveni, entdrveni, se
conjugent avec estre, tandis que d'autres, preveni, controveni, en-
deveni, prennent abdire. Counveni prend Tun ou I'autre.
II est d'autres Verbes qui, neutres avec est7^e, sont actifs avec
ab^ire, tels que : ariHbd, dabald, dess4ndre, mountd, dintrd, sourti,
passd, toumbd, etc. Ainsi, on dira :
158 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB.
Es arribdt despii hidr il est arriv6 depuis hier; abdn arribcUt\
las f6dos nous avons donne k manger aux brebis.
Si6i ddbalddo, sidi dessendiido je suis descendue; ai dabaldt, at
dessendu{t) I'escaid y^ii descendu Tescalier.
Es mountdt al gragn^ il est monte an grenrex ; o mountd{t) Vaou-
meUto il a monte I'omelette.
Quan siagueren dintrdch quand nous fumes rentres ; o dintrd(f)
sa Ungo il a rentrS sa langue.
Entre que ser^n sourtich des que nous serons sortis ; abdn sour-
ti{t) cadun ndstre moucadou nous avons chacun sortl notre mou-
choir.
Es passddo i-o {u)n(o) hourddo elle est pass6e il y a une bonne
heure ; abidou passd{t) VErdou su la gldgo ils avaient passe THe-
rault sur la glace.
Sidi toumbd{t) de la fenestra je suis tombe de la fenStre ; o touni-
bd{t) la mdstro il a laisse tomber la montre. Pas mal de gens disent
dans notre Midi : j'ai tombe la montre 1 !
Dans les verbes conjugu§s avec abdire, nous en trouvons, au
nombre desquels est cridd, tant6t neutres, tantot actifs : ab^n cri-
dd{t) que jamdi! nous avons crie tant et plusl aban-s-hiir oou
criddt aqudlo flyo avant-hier on a public les bans de cette fiUe.
VERBES PRONOMINAUX.
Les verbes Pronominaux, ou Refl6chis, sont de deux sortes :
Les Verbes essentiellement Pronominaux, et les Verbes acci-
dentellexnent Pronominaux.
1. Comme en frangais, les Verbes essentiellement Pronominaux
se conjuguent au moyen de Tauxiliaire istre et sont toujours pre-
c6d6s d'un des pronoms personnels refl6chis me, te, se, nous, vous,
se. lis n'auraient, en general, aucun sens si on les conjuguait sans
ce pronom. En voici quelques-uns parmi les plus usit6s dans les
trois conjugaisons : ^
PREMlfeRE CONJUGAISON.
s'acatould se pelotonner comme les chats pres du feu.
s'aclatd s'incliner, pliant les jambes sous soi.
ORAMMAIRE LAN0UBD0C3ENNE. 159
se cald se taire apres avoir parI6.
se despachd se h&ter, se dSpdcher.
se doutd se douter.
s'empard s'emparer.
s'encFuwutd se prSoccuper.
s'escarrabid se d6gourdir pour marcher vite.
s'espatarrd s'aplatir en tombant.
s'esquichd s'efiforcer.
se fisd se confier.
se taisd se taire, ne pas parler.
se trufd se moquer.
OEUXU^MB GONJUOAISON
s^asUne s'abstenir.
se dem4tre se dSmettre.
s*entrem(tre s'entremettre.
se prevdrre se pr6valoir.
se prevail id.
TROISlJ^ME GONJUOAISON.
s'CLCOuqiieU se mettre en grumeaux.
s'agandi se diriger vers.
s'aniqui d^perir par la faim.
se ccuyumousi se moisir.
se demesi se diminuer par I'inquiStude.
s'encourri s'enfuir.
s'escourri s'^couler; se dit d'un torrent.
s'estabani s'Svanouir, perdre connaissance*
s'estrementi frissonner de froid ou d'Smotion.
se repenti se repentir
se revest se retrouver pour vider une querelle.
se souveni se souvenir.
2. II existe certains verbes actifs qui, selon les circonstances, se
conjuguent, comme les prScMents, avec Tauxiliaire istre et les
mfimes pronoms. Geux-ci ne sont done qu'accidentellement Prono-
minaux. Tels sont :
160 qbammair^ languedogienne.
premi£:rb gonjugaison.
acupd occuper, s'acupd s'occuper.
bandd bander (un arc), se bandd s'enivrer.
amoussd eteindre, s'amoussd s'6teindre.
moucd moucher, se moucd se moucher.
pourtd porter, se pourtd se porter.
ass^td asseoir, s'ass^td s'asseoir.
pensd penser, se pensd penser en sol.
pensd panser (blessure), se pensd se panser.
DEUXIEME CONJUGAISON.
fdire faire, se fdire se faire.
astr^gne astreindre, s'astr(^gne s'astreindre.
reUne retenir, se reUne se retenir.
dh^e dire, se dire se dire.
joiigne joindre, sejougne se joindre.
TROISl^ME CONJUGAISON.
afistouli fletrir, s'afistouli se fletrir.
agrou7nandi appater, s'agroumandi s'apprivoiser.
escai^ni^ echauder, s'escarni s'^chauder (au figure).
escoundi caclier (^' absconder e)^ s'escoundi se cacher.
espouti ecraser, s'espouti s'ecraser en tombant.
Au nombre des verbes cites, ou non cites ci-dessus, quelques-uns
peuvent aussi 6tre Neutres, tels que pensd, pourtd, fdire, doutd, etc.
Ainsi, on dira : ai pensdt a tus (neutre) j'ai pense a toi; ai pensdt
uno cdouso (actif) j'ai pense une chose; me sidi pensdt que... (pro-
nominal) j'ai pense en moi-m^me que... — Moun fusil porto yon
(neutre) mon fusil porte loin ; pd7'te mas Wdgos (actif) je porte ma
culotte; se pdyHo pla (pronominal) il se porte bien. — Ai pla fach
1. Co verbe est intraduisible en franrais; il signifio : se laisser prendre commet-
tant un acte defendu et 6trc chatio de fac.on k s'en souvenir et k pcrdre Tenvie de
recommencer.
GRAMMAIR^ LANGUEDOGIENNE. 161
(neutre) j'ai bien agi; fai ta mdlo (actif) fais ta malle; la poulino
se fo (pronominal) la pouliche s'engraisse. — Boiite de ^'o que discs
(neutre) je doute de ce que tu dis ; Vescdlo es pas soulido, la doute
(actif) I'echelle n'est pas solide, je m'en m^fie; me doutdbe de quicdn
(pronominal) je me doutais de quelque chose.
Remarque. — Ces deux categories de verbes essentiellement ou
accidentellement Pronominaux out le pronom reflechi pour regime
direct; ainsi, dans les premiers : se trufet, te sids astengut, se
demesird, tournez : trufet el, as astengut tus, demesiro el, et, dans
les seconds, d'origine active, s'amoiisso. te retendiHos, me sidi
escoundit, tournez : amousso el, retendrids tus, at escoundit yeou.
S'il est naturel que les verbes accidentellement Pronominaux dont
Torigine est Active aient un regime direct, il n'en est pas de mSme
pour les verbes essentiellement Pronominaux qui, sans pronom,
seraient plut6t Neutres. II est pourtant incontestable, d'apres les
exemples pr6c6dents et ceux qui suivent, que trufet, astengut,
demesird doivent, dans ces cas, et aussi bien que repentlsse, sou-
vendrdi, jouer le role de Verbes actifs. Cela est si vrai que ces
mfimes verbes font, a rimp6ratif : trufo-te, asten-t^, demesis-td,
repentiS'td, souven-td, tout comme s'aimd, d'origine active, fait
dimO'td.
VERBES RfiFLfiCHIS A DEUX PRONOMS.
•
II existe une autre sorte de verbes Pronominaux pris parmi les
verbes Actifs, Neutres et Impersonnels, que nous appellerons Verbes
R^fldchis k deux pronoxns, tels sont : s*en passd s'en passer,
s'en doutd s'en douter, s'en souveni s'en souvenir, etc. Ces verbes
portent en eux-m6mes les deux regimes, direct et indirect, qui sont
les pronoms me, te, se, nous, vous, se et le pronom en, Dans la
phrase suivante, moun pecdt es afrous, m'en repcntisse ma faute
est enorme, je m'en repens, on doit tourner ainsi : repentlsse ydou
de moun pecdt je repens moi de ma faute ; de meme dans les sui-
vantes : m'as dich uno soutlso, nVen souvendrdi tu m'as dit une
injure, je m'en souviendrai, tournez : souvendrdi y6ou de ta soutiso,
je souviendrai moi de ton injure : s'en es flatdt il s'en est flatte :
llatdt el d'ac6 il a flatte lui de cela.
11
••
4
• ^
162 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
Parmi ces sortes dle^VerbeSj en voici quelques-uns des plus usit6s :
ils se coDjuguent t(xus avec estre..
Mi-.
ORIGINE ACTIVE.
s'en vantd,
s'en coufd,
s'en crdire,
s'en def6ndre,
s'en dound,
s'en esplicd,
s*en flatd,
s'en ficd,
s*en foiitre,
s'en pldne,
s'en pr&ne,
s'en t6ne,
s'en vantd,
s'en vourre.
nVen vdnte
nVen cdfe
m'en crdse
m'en defdnde
m*en done
m'en esplique
m'en fldte
m'en fique
m!en foute
m'en pldne
m'en pr6ne
rrien tdne
m'en vdnte
m'en vdle
je
m'en
vante
je
m*en
coiffe
je
m'en crois
je
m'en
defends
je
m'en
donne
je
m'en explique
je
m'en
flalte
je
m'en
fiche
je
m'en
f...
je
m'en
plains
je
m'en
prends
je
m'en
tiens
je
m'en
vante
ie
m'en veux
ORIGINE NEUTRE ET PRONOMINALE.
s'en dedif^e,
s'en doutd,
s'en passd,
s'en prevail,
s'en repenti,
s'en rire,
s'en souveni,
s'en trufd.
m'en dedlse je m'en
7n'en doute je m'en
m*en passe je m'en
m'en pre vdle je m'en
7n'en i^epentisse je m'en
m'en rise je m'en
7n'en souvdne je m'en
m'en trufe je m'en
dedis
doute
passe
pr6vaux
repens
ris
souviens
moque
IMPERSONNELS.
s'en cd?v^e,
s'en mancd.
s'en cat
s'en mdnco
il s'en faut
id. etc.
, >*.
GHAMMAIRE LA^sGUEDOCIENNE.
162
CONJUGAISON DES VERBES RfiFLfiCHIS A DEUX PRONOMS.
1" CONJCGAISON.
s'tfn trufd
2« CoNJUGAisoN, type A.
s'en def^ndre
3« CONJUQAISON.
s'en repentl
rrCen triif e
t'en triif os
s'en truf o
nou*n truf an
vou'n truf as
s'en * truf ou
INDIGATIF.
PRESENT.
m'en defend e
fen defend es
s'en def^n
nou'n defend hx
vou'n defend H
s'en defend ou
m'en repent isse
Ven repent isses '
s'en repent is
nou'n repent iss&n
vou'n repent isses
s'en i^'epent issou
m'en truf dbe
t'en truf dbos
s'en truf dbo
nou'n truf dben
vou'n truf dbes
s'en truf dbou
IMPARFAIT*.
defe^id id
defend ids
defend id
defend idn
defend ids
defend idou
repent issid
repent issids
repent issid
repent issidn
repent issids
repent issidou
m'en truf tre
t'en truf 6ros
s'en truf it
nou'n truf 6ren
vou'n truf bres
s'en truf drou
PASS6 DilFINI.
defend dre
defend eros
defend dt
defend dren
defend 6res
defend 6rou
repent igudi^e
repent igudros
repent igu&t
repent iguh^en
7^epent igudres
repent igudrou
1. m'en^ t'en, s'en, nou'n, vou'n, s'e7i sont des contractions de me e?i, te en,
se en, nous efi, vous en, se en.
2. Pour eviter rencombrement, nous ne repeterons, dans la suite de la conjugai-
son des deux derniers verbes, ni les deux pronoms a chaque personne, ni los que
du Subjonetif. Nous ferons pourtant exception pour I'lmperatif.
164
GRAMMAIKE LANGURDOCIENNB.
m*en sidi trufdt
t'en sids trufdt
s'en e$ ti^fdt
nou'n sdn trufdch
vou'n $ds trufdch
s*en sou trufdch
PASS£ INDBFINI.
defendiit
defendut
defendiit
defenduch
defenduch
defenduch
7^epentit
repentit
repentit
repentich
repentich
repentich
nien siagu^re trufdt
nou*n siagueren trufdch
PA8S6 ANT^RIBDR.
defendiit
defenduch
repentit
repentich
m'en dre trufdt
nou'n eren trufdch
PLUS-QDE-PARF AIT .
defendiit
defendiich
repentit
repentich
m'en truf ai^di
fen truf ards
s'en truf ar6
nou'n truf ar6n
vou'7i tt^uf ar6s
s'en truf ardou
FUTUR.
defend rdi
defend rds
defend rd
defend rdn
defend rds
defend roou
repent irdi
repent irds
repent ird
repent irin
repent irds
repent iroou
m*en serai truf at
nou'n serdn truf dch
FUTUR PASSE.
defendiit
defendiich
repentit
repentich
m'en ty^f arid
s'en truf arios
GONDITIONNEL.
PRl&SENT.
defend (r)id
defe7id (r i/os
repent irio
repent irids
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
s'en truf arid
nou'n truf aridn
vou'n truf ainds
s'en truf aridou
defend {r)i6
defend {r)idn
defend {r)ids
defend {r)idou
165
repent irid
repent iridn
repent irids
repent iridou
PASS6.
tn'en serio trufat
defendut
repentit
7iou'n sevidn trufdch
defenduch
IMPfiRATIF.
repentich
truf V&n
defen V6n
7'epent is t'6n
truf en noiCn
defend en nou'n
repent iguen nou'n
truf a{s) vou'n
defend d{s) voiCn
SUBJONGTIF.
PRESENT.
repent issd{s) vou'n
que m'en truf e
defend e
repent igue
que ten t^ntf es
defend es
repent igues
que s*en truf e
defend e
repent igue
que nou'n truf 4n
defend €n
repent igu6n
que vou'n ti^uf 6s
defend 6s
repent igu6s
que s'en triif ou
defend ou
repent igou
•
IMPARFAIT.
que nCen truf dsse
defend esse
repent igu&sse
que Ven truf 6ssos
defend dssos
i^epent igu&ssos
que s'en t7*uf esso
defend 6sso
repent igudsso
que nou'n truf essen
defend dssen
repent igu^ssen
que vou'n truf esses
defend isses
repent igu6sses
que s*en tintf dssou
defend essou
PAliFAIT.
repent iguissou
que ni'e7i sidgue trufat
defendut
repentit
que nou'n siagu^n trufdch defenduch
repentich
166
GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNE.
PLUS-QUE-PARFAIT,
que m'en siagu&sse trufdt defendut
que nou*n siagudssen trufdch defenduch
7^epentit
repentich
INFINITIF.
s'en truf a
PRESENT.
defend re
repent i
s*en dstre truf at
PASSE.
defendut
repent it
PARTIGIPE.
s*en truf dn
PRESENT.
defend dn
repent igudn
s'en siagudn trufdt
PASS6.
defend ut
repent it
II faut bien se garder de confondre ces verbes, accompagnes du
Pronom reflechi et du Pronom en, avec d'autres, Actifs ou Neutres,
dont le radical porte en t6te la particule en qui lait corps avec
lui d'une maniere inseparable, tels que : s'encMoutd se soucier,
s'entremdtre s'interposer, s'enquerl s'informer, etc. Ceux-ci se con-
juguent absolument comme les Pronominaux ordinaires a un seul
pronom, auxquels ils appartiennent, c'est-a-dire au moyen du verbe
dstre et des pronoms me, te, se, nous, vous, se, sans s'occuper de la
syllabe initiale en qui fait corps avec le radical. Nous donnons
comme exemple la conjugaison des trois verbes suivants appartenant
aux trois conjugaisons.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
167
INDICATIF.
PRESENT.
7}2* enchdout e
m'entre^n^t e
m'enquer isse
t'enchdout os
Ventrem^t es
t'enquer isses
s*enchdout o
s*entrem4t
s'enquer is
nous enchaout an
nous entremet dn
nous enquer issdn
vous enchaout ds
vous entremet ds
vous enquer iss6s
s' enchaout ou
s'entrem^t ou
IMPARFAIT.
s'enquer issou
nVenchaout dbe
entretnet id
enquer issid
Venchaout dbos
entremet ids
enquer issids
s'enchaout dbo
entremet id
enquer issid
nous enchaout dben
e7it7'emet idn
enquer issidn
vous enchaout dbes
entremet ids
enquer issids
s'enchaout dbou
entremet idou
PASS6 DEFINI.
enquer issidou
7n'enchaout ere
ent7^emet &re
enquer igutre
t' enchaout eras
entremet dros
enquer igudros
s*enchaout et
ent7'emet dt
enquer iguH
nous enchaout even
e7it)'emet e7'en
enquer iguiren
vous enchaout ei^es
ent)^e7net eres
eTiquer igu&res
s'enchaout erou
entremet d7*ou
PAss6 ind6fini.
enquer igu&rou
me swi enchaoutdt
ent7*em^s
enque7Ht
te'sios enchaoutdt
enti^em^s
enquerit
s'es enchaoutdt
entremds
enquerit
nous sen enchaoutdch
e7itrem^ses
enquerich
vous sds enchaoutdch
e7it7'emdses
eTiquerich
se sou enchaoutdch
entremdses
enquerich
163
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
PASSE AJ<JT]ERIEDR.
me siagudre enchaoutdt
te siagudros enchaoutdt
se siagudt enchaoutdt
nous siagu&ren enchaoutdch
vous siagudres enchaoutdch
se siaguSrou enchaoutdch
entremis
entrem^s
enti^em^s
entvemdses
entrem^ses
ent7^e7n4ses
enquerit
enquerit
enquerit
enquerich
enquerich
enquerich
PLUS-QUE-PARFAIT.
m'dre enchaoutdt
t'dros enchaoutdt
s*dro enchaoutdt
nous ^rcn enchaoutdch
vous eres enchaoutdch
s*drou enchaoutdch
entrem^s
entremds
entrem^s
entrem^ses
entrem6ses
entrem^ses
enquerit
enquerit
enquerit
enquerich
enquerich
enquetHch
FUTUR.
m'enchaout ardi
t'enchaout ards
s'enchaout ard
nous enchaout ar^n
vous enchaout ar6s
s'enchaout ardou
entremet rdi
enti^emet rds
entremet rd
entremet r4n
entremet rds
entremet rdou
enquer irdi
enquer irds
enquer ird
enquer irdn
enquer irds
enquer iroou
FUTUR PASS6.
7ne serdi enchaoutdt
te serds enchaoutdt
se serd enchaoutdt
nous serdn enchaoutdch
vous serds enchaoutdch
$e serdou enchaoutdch
entremds
entremds
entremds
entremdses
entre^ndses
entremdses
enquerit
enquerit
enquerit
enquerich
enquerich
enquerich
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
169
GONDITIONNEL.
ni^enchaout a7*id
Venchaout a?n6s
s^enchaout arid
nous enchaout avian
T>ous enchaout arias
s'enchaout aridou
PRESENT.
entremet (r)id
entremet {r)ids
entremet (7*)id
entremet (r)idn
entremet {r)ids
entremet {r)idou
enquer i{r)id
cnqucr i{r)i6s
enquer i{t*)id
enquer e'(7')zVm
enquer i{r)ids
enquer i{r)i6ou
7ne serio enchaoutdt
te serids enchaoutdt
se setnd enchaoutdt
nous seridn enchaoutdch
vous serids ejichaoutdch
se seridou enchaoutdch
PASS6.
entrem^s
entrem^s
entrem^s
entremdses
entt^emdses
enti^em^ses
enquerit
enqueiHt
enquerit
enquerich
enqueiHch
enquerich
IMPfiRATlF.
enchaout o t6
enchaout en nous
enchaout a{s) voiis
entremet t6 enquer is te
entremet en nous enquer iguen noiis
entremet i\s) vous enquer iss^{s) vous
SUBJONGTIF.
que m'enchdout e
que Venchaout es
que s'enchaout e
que nous enchaout ^n
que vous enchaout es
que s'enchaout ou
PRESENT.
enti'em^t e
entremet es
entremi^t e
entremet dn
entremet es
entremet ou,
enquer tgue
enquer igues
enquer igue
enquer igufin
enquer igues
enquer igou
170
GRAMMAIRE LANGtJBDOGIENNE.
que m'enchaout dsse
que Venchaout dssos
que s'enchaout esso
que nous enchaout essen
que vous enchaout ^sses
que $*enchaout essou
que me sidgue cnchaoutdt
que ie sidgues cnchaoutdt
que se sidguo cnchaoutdt
que n, siagudn enchaoutdch
que r, siagu(fs enchaoutdch
que se sidgou enchaoutdch
IMPARFAIT.
entremet dsse
enquer igudsse
enlremet dssos
enquer igudssos
entremet dsso
enquer iguesso
entremet dssen
enquer iguissen
entremet esses
enquer iguesses
entremet dssou
enquer igwssou
PARFAIT.
entremcs
enquerit
entrein^s
enquerit
entremds
enquerit
cntremt^ses
enquerich
entremdses
enque^Hch
e7itrem^ses
enquerich
PLUS-QUE-PARFAIT.
que 7ne siaguesse cnchaoutdt
que te siagudssos cnchaoutdt
que se siagudsso cnchaoutdt
q, n. siagucssen enchaoutdch
q, V, siagudsses enchaoutdch
q. se siagu()ssou enchaoucdch
entremcs
ent7*em^s
eiitrcmds
e7itr€m(^ses
entrem^ses
cntrem6ses
s*enchaout a
s' est re ctichaout di
INFINITIF.
PRESENT.
entremetre
PASSE.
cntrem6s
enquerit
enquerit
enquerit
enquerich
enquerich
enquerich
enqueri
enquer it
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
171
PARTICIPE.
PRESENT.
s'enchaout dn
entremet ^n
enquer igii^n
PASSE.
se siagu^n enchaout at
entrem^s
enquer it
NoTA. — Du verbe enchaoutd s'est formee la vieille expression
frangaise il xn'en chaut signifiant : cela m'importe. — On voit que,
dans les temps simples de ces trois verbes, il ne parait pas y avoir
de difference entre eux et les precedents, dits k deux Pronoxns;
mais il n'en est pas de m^me dans les temps composes et a Tlmpe-
ratif. Ainsi, les verbes a deux pronoms font : 7n*en sidi tvufdt; m'en
dre, m'en serai, m'en serio, que nien sidgue trufdt, tandis que les
derniers font : me sidi enchaoutdt ; m'&re, me serdi, me serid, que
me sidgue enchaoutdt.
Dans les premiers, le regime direct en precede I'auxiliaire aux
temps composes, tandis que dans les derniers la syllabe initiale
en, faisant partie int^grante du radical, vient apr^s Tauxi-
liaire. A Tlmp^ratif, le pronom regime en vient, dans les premiers,
apres les pronoms te, nous, vous, suivant le verbe, ty^ufo-Ven, tru-
fen-noiCn, trufa{s)-voiVn, tandis que dans les derniers la syllabe en
precede naturellement le verbe, et le pronom vient k la suite, en-
chaoutO't^, enchaoiiten-noHS, eyichaouta(s)-vous,
Verbes a gonjugukh suk s'enchaouta, s'entremetr^e, s*enqueri.
s'enand ^
s'enardi
s'embourid
s'embourrd
s'en a Her
s'enhardir
s'eborgner
s'en moqiier
m'envdou
m'enardisse
nVembourie
m'emboarre
1. Le verbe s'enann fait excoplion a riniporatif. SHuf a la deuxieme personne du
pluriel. En cfTet, an lieu de f,Hvaf-te, enanen-noffs, on dit vai-Ven, anen-nou'n;
mais on dir^ indifferemment, a la deuxieme personne, a/ia(jf)-ro/>'w ou enana{s)-voi'fs.
172
s'encanayd
s'enchichourld
s'endabald
s'endeveni
s'endintrd
s'endoulenti
s*endroumi
s*engalafatd
s*enoa7^gayd
s'encourri
s'engourdi
s'engrdoumouU
s'engiisd
s'ennebouU
s'enquibd
s'enrciend
s'entanchd
s*enreve7ii
s'envould
6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
s'encanailler
s'enivrer
se fouler (un membre)
se rencontrer
rentrer (dans sa coquille)
s'endolorir
s'endormir
s'6trangler (en mangeant)
id. (en buvant)
s'enfuir
s'engourdir
id. (plus fort)
se tromper dans un achat
se charger de nuages
s'informer
se roidir
avancer Touvrage
s'en revenir
s'envoler
m'encandye
m'enchichourle
m'endabdle
m'endev^ne
m'endintre
m'endoulentisse
m'endroumisse
m'engalafdte
m'engai^gdye
m*encouvHsse
m'engourdisse '
m*engrdoumouHsse
m'enguse
(defect.) s'enneboulis
m'enquibe
7n'enretene
(defect.) s'entdncho
m'etirevdne
m'envoule
Peuvent 6tre classes au nombre des verbes essentiellement Prono-
minaux, les verbes Actifs qui, en prenant le pronom refl6chi, perdent
leur sens primitif, ainsi : se fluid se persuader, se bandd s'enivrer,
se retird aller se coucher, se sdi^vl (de qiiicdn) se servir de quelque
chose), se trufd se moquer, different completement dans le sens
d'avec : flatd caoucun flatter quelqu'un , bandd uno pldgo bander
une plaie, 7'etird de vi retirer du vin, sdrvi la soiipo servir la soupe,
t7^ufd uno pidto, un pdrdigdl, truffer une dinde, une perdrix.
VERBES CONJUGUfiS INTERROGATIVEMENT.
Cette forme etant assez peu usitee, nous ne donnerons pas un type
pour chacune des trois conjugaisons. II suffira de savoir que ces
verbes, qui peuvent etre Actifs, Passifs, Neutres, Pronorainaux et
Impersonnels, ne sont employes qu'a Tlndicatif et au Conditionnel.
et plus sou vent dans les temps composes que dans les temps simples.
U s'agit seulement, pour obtenir la forme interrogative, d'ajouter la
particule it a la suite de chaque personne du singulier et du pluriel
GRAMMAIRE LANOUEDOGIENNE. 173
lies temps simples de ces deux Modes, car, dans les temps composes,
la particule ti suit Tauxiliaire. On met un trait-d'union entre le
verbe et la particule. Nous choisirons comme exemples les deux
auxiliaires, le verbe actif aimd et le verbe neutre veni conjugue avec
estre.
INDICATIF.
1
PRESENT.
sioi-ti
suis-je
ai-ti
ai-je
sioS'ti
es-tu
as-ti
as-tu
es-ti
est-il
o-ti
a-t-il
sen-ti
sommes-nous abdn-ti
avons-nous
ses-ti
fttes-vous
dbds-ti
avez-vous
sov^ti
sont-ils
oou-ti
IMPARFArr.
ont-ils
dre-ti
etais-je
ahiO'ti
avais-je
^roS'ti
6tais-tu
abioS'ti
avais-tu
drO'ti
etait-il
dbiO'ti
avait-il
dren-ti
6tions-nous
abian-ti
avions-nous
dr es-ti
etiez-vous
dbias-ti
aviez-vous
droU'tl
6taient-ils
abioou-ti
PASS6 DEFINI^
avaient-ils
siagudre4t
fus-je
achdre-ti
eus-je
siagu^ros-ti
fus-tu
achdros-ti
eus-tu
siaguit'ti
fut-il
acliM-ti
eut-il
siagudren-ti
fiimes-nou3
ach&ren-ti
eilmes-nous
siagudreS'ti
futes vous
acMreS'ti
eiites-vous
siagu^rou-ti
furent-ils
acMrou-ti
eurent-ils
1. Ce temps et les trois suivants ne sont guere usit^s dans le sens interrogatif;
c*est plutot dans les formes suivantes : a petio siaf/uere-ii dintrAt, que.., a peine
fus-je entre que..., a peno ach4res-ti finit que... A peine eiltes-vous fini, que...
174
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
sioi'ti estdt
Etc.
PASS6 ind6fini.
ai-je ete
ai'ti abut
Etc.
ai-je eu
PASS6 ANT^RIEUR.
siaguere-ti estdt eus-je ete acMre-ti abut eus-je eu
Etc. Etc.
di^e-ti estdt
Etc.
PLUS-QDE-PARFATT.
avais-je ete abio-ti abut
Etc.
avait-je eu
FUTUR.
serai'ti
seras-ti
serO'ti
seren-ti
seres'ti
seroou-ti
serai-je
seras-tu
sera-t-il
serons-nous
serez-vous
seront-ils
aourai'ti
aouraS'ti
aouvo-ti
aoiiren-ti
aoures'ti
aouroou'ti
aurai-je
auras-tu
aura-t-il
aurons-nous
aurez-vous
auront-ils
serai'ti estdt aurai-je ete
Etc.
FUTUR PASSE.
aourcLi'ti abict aurai-je eu
Etc.
GONDITIONNEL.
PRESENT.
seriO'ti
serioS'ti
seriO'ti
serian-ti
serias'ti
serioou'ti
serais-je
serais-tu
serait-il
serions-nous
seriez-vous
seraient-ils
aou(r)iO'ti
aou(r)ioS'ti
aouir)iO'ti
aou{r)ian'ti
aou{r)ias-ti
aou{r)ioou'ti
aurais-je
aurais-tu
aurait-il
aurions-nous
auriez-vous
auraient-ils
GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
175
PASSlg.
seriO'ti estdt aurais-je ete
Etc.
aou{r)iO'ti abut aurais-je eu
Etc.
Quelques examples rendront sensible le m6canisme de cette con-
jugaison : Sera-ce votre p6re qui paiera les dettes? ser^o-ti vdstre
pdire que pagard lous dioutes ? — Serio-ti estdt tan Idou ouUiddt
s'^r(o) estd{t) caHtdble? eilt-il ete si vite oublie s'il avait 6te chari-
table? — AbiaS'ti un boun generdU aviez-vous un bon general? —
AoureS'ti Idou finit aquel ramdge? aurez-vous bientot fini ces dis-
cours? — Siagu&re-ti aimddo d'aquel hdme? Dious ou sap I fus-je
aimee de cet bomme? Dieu le sait !
Verbes aime-ti aime-je, vene-ti viens-je.
INDIGATIF.
PRESENT.
dime-ti ?
dimoS'ti ?
dimo-ti ?
aiman-ti f
aimas-ti f
dUnou-ti ?
aime-je?
aimes-tu?
aime-t-il?
aimons-nous?
aimez-vous?
aiment-ils?
v^ne-ti?
v^neS'ti ?
ven-ti ?
vendn-ti ?
vendS'ti ?
v^nou'ti?
viens-je?
viens-tu?
vient-il?
venons-nous?
venez-vous?
viennent-ils?
IMPARPAIT.
aimdbe-ti ?
aimdboS'ti f
aimdbO'ti?
aiyndben-ti f
aimdbes-ti ?
aimdbou'ti?
aimais-je?
aimais-tu?
aimait-il?
aimions-nous?
aimiez-vous?
aimaient-ils?
venio-ti f
venioS'ti f
veniO'ti?
venian-ti?
venias-tl?
veyiioou'ti?
venais-je?
venais-tu?
venait-il?
venions-nous?
veniez-vous?
venaient-ils?
176
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
PASS6 D^FINI.
aim&re-ti f
aimeros-ti?
aimet'ti ?
aim&ren-ti ?
aimdreS'ti ?
ai7nerou4i ?
aimai-je?
aimas-tu?
aima-t-il?
aim^mes-nous?
aim^tes-vous?
aimerent-ils?
vengudre-tif
vengudi^os f
venguet'ti f
vengueren-ti?
vengudreS'ti f
veng'u&rou-ti f
vins-je?
vins-tu?
vint-il?
vinmes-nous?
vintes-vous?
vinrent-ils?
PASSfi INDfiFINI.
ai- ti aimdt ? ai-je aime ?
Etc.
sioi'ti vengiit f suis-je venu?
Etc.
PASSJg ANTlgRIEUR.
achdre-H aimdt ? eus-je aime? siagu^re-U vengiit f fus-je venu?
Etc. Etc.
PLUS-QUE-PARF AIT .
(tbio-ti aimdt f avais-je aime? dre-ti vengut f etais-je venu?
Etc. Etc.
FUTUR.
amarai'ti f
aimaras'ti?
aimuro-ti ?
aimaren-ti f
aimareS'ti ?
aimaroou'ti ?
aimerai-je?
aimeras-tu?
aimera-t-il?
aimerons-nous?
aimerez-vous?
aimeront-ils?
vendrai'ti ?
vendraS'tif
vendrO'ti ?
vendren-ti f
vendreS'tif
vendroou ti f
viendrai-je?
viendras-tu?
viendra-t-il?
viendrons-nous?
viendrez-vous?
viendront-ils?
FUTUR PASSE.
aourai'ti ai^ncit? aurai-je aime? serai-ti vengut? serai-je venu?
Etc. Etc.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
177
CONDTTIONNEL.
PRESENT.
ainiariO'ti ? ai merais-j e ?
aima?'ioS'ti ? aimerais-tu?
aimariO'ti ? aitnerait-il?
aimarian ti ? aimerions-nous ?
aima^HaS'ti f aimeriez-vous?
aima7*ioou4i ? aimeraient-ils ?
vend{r)io4i f
vend(7^)ios-ti ?
vend{r)iO'ti?
vend{r)ian'ti ?
vend{r)ias-ti?
vend{r)tooU'tl?
viendrais-je?
viendrais-tu?
viendrait-il?
viendrions-nous?
viendriez-vous?
viendraient-ils?
PASSE.
aou(r)io4i aimdt? aurais-je aime? serio-ti vengut? serais-je venu?
Etc. Etc.
Ainsi que nous Tavons dit, ce mode de conjugaison interrogative
n'est pas tres souvent employe. Nous verrons plus tard, en nous
occupant plus sp6cialement de la Syntaxe, que la forme interrogative
semble repugner au genie de notre langue d'Oc. De m^me que dans
Tespagnol, le ton de la phrase parl^e suffit pour reveler a Tauditeur
si on rinterroge ou non,
VERBES DfiFEGTUEUX.
lis ne sont pas nombreux, dans notre langue, et se rencontrent
surtout parmi les verbes Neutres et les verbes Pronominaux des
trois conjugaisons. En dehors des verbes Impersonnels, tons regu-
lierement d^fectueux, nous pouvons citer :
lancecha 61ancer, causer des elancements.
pounchechd poindre; se dit, au figure, du Soleil, et, litt^rale-
ment, d'une pointe qui fait saillie.
s'entanchd avancer ; se dit d'un ouvrage sur le point d'etre lini.
dorre causer de la douleur k une partie du coips.
escdire cuire ; s'applique aussi a une douleur corporelle.
12
17% cp-fcrnnrf-.E i^^^^Zrvr:,*'*
L^ 'i^rr-irrr €>t u*I*^ k riii^i^r-.t::'. -i*:.^ > -•:'.> i*"-r: I'ir.
me lafiKP^^t'ilr/ 'y^'*'^\h *\^> ^laLr-ei^rL:- -iiii^ l':.r»r:.>.' : /-•'." 7»««" .'//i* , •
ijt^ fiifi'^jo pla p»fr inf.uipar\*' *'* .^•.•„>'i i; fa ;: J :e le j«';ei m^ f;i>>^'='
fcj^n ix*ii jo;r iii>ujp^:ijtrr 'ie 'Iirr^r: ;••»' '-? ;* /rit- '•■/ la tcte me
fail riia'i ; Ce^qH^no rno '?->•'/>■•'' / .^'^ •/ " \k -i.^ ma fai: ^>T;ffrir I- .t
aujo'jr rhii : ^</ w/i^/ p'jn*-!**:* '!> /'« '-■' ' v*''' /-'?'/«''." ••^'•' '//>i i#Jv»'/.
e*^^//> il y a u:;e'i*'jjijj^ «ie la ^'iiiiirire •; li Ir.r.vrse oans lu-.-u >a!»-!:
lOHJout*p^junf:hef:h"*jO :e jour r:.:;i:.,^!i.M:: .*i |-.:D«ire: ia '-.' •/•♦ iV/i-
ianrltO la barri'jue 5>^ra bi».-iit«!'l au Kn-l: r*:>\' "f s't^M^'fnrhtj V^\^
touche a sa iin: to ^e/i/70 rne^rr^i \a la:.^"je uie ouil: /l'"^ i*»ls lurs-
rj/iou les veux me cuisent ; b**'^ nlnw's /yf>,x'v>?'*^fi les jjenoux
me cui.saieiit; ^74? o/iros rcscofr^^ju les fc>^e< le cuirunt: /on quio't'
roe pi*v,$'tii le derri^re rue d^niari;:e: Ux' un< ukc prusUno'tX^ nez
me demangea: grata s rr//',s *j"nic prus'b /ra'Iez-vous 011 cela^ie-
mari^^e: /ou /<r/i5 s'tf/Oiehouifs le It-iiip^ tl^vienl nelmleux: co'Lcti-
nefxjHU.:i t^! ciel ? couvre-toi de miajzes !
2. SoudfS, dil-iL nest employe qu'aii prt^>PiiL a riniparfait et au
passe de(inl de rindicalif ; sowhs dit-il. S' »*"/(.<{*> disait-ih sotniitjio't
dit'iL
KxEUPLES. — Vole, soiuUs, que renf/urs amhe ycou je veux, dit-il,
que vous veniez avec moi ; las fennns, sowh'sifKfU, son pas capaplos
(le res les femmes, disaient-ils. ne sont capables de rien : jowjfts,
soudfgtiet, sUn segicro que gagnarH jouez, dit-elle, je suis sure que
vous gagnerez.
3. Cahi, cdoupre, conlenir, queri, querre chercher et assdoupre,
celui-ci toujours precede de faire, ne s'emploieut qu'a riofinitif.
ExBMPLEs. — Tout aquel vi pourro pas cabi, ou cdoupre, din Im
piparot tout ce vin ne pourra pas etre contenu dans le petit tonneau;
la foulo de pople pou(d)id pas cdoupre din la gleiso la foule ne pou-
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 179
vait tenir d«ins I'eglise ; andt queri lou capeldn il alia chercher le
pretre; lou vdou quer^^e je vais le chercher; vai ie fa qiwrre! va te
faire... lanlairel mdndo qu&rre lou medeci et fai i{e) assdoupre que
7na fdnno crdino envoie prendre le m6decin et fais-lui savoir que
ma femme est prise des douleurs de renfantement.
NoTA. — Les composes de queri, aquerl requeri counqueri, etc, ^
sont, au contraire, usit6s dans tous les modes et dans tous les temps.
VERBES IMPERSONNELS.
En francais, les Verbes Impersonnels eniploient seulement la troi-
sieme personne du singulier de chaque temps, pr^cedee de la parti-
cule il comme snjet. Des grammairiens modernes, pour se donner
la satisfaction de reformer le vieux Lhomond, les ont appeles uni-
personnels. En ne considerant les choses que superficiellement, il
semblerait, en eflfet, que ces Verbes affectent une seule personne qui
serait la troisifeme; mais ce n'est point exact, car le pronom il qui
les precede est pris dans un sens ind^termin^, et on ne pent le
mettre au feminin et dire : il pleut, elle pleut. G'est done un pro-
nom indefini et le verbe est bien reellement Impersonnel.
En langue d'Oc, on n'a pas a rechercher si le pronom est personnel
ou indefini, puisqu'on n'en use pas, et toutes ces finesses sont inu-
tiles. Le Verbe Impersonnel s'emploie a tous les modes, sauf Tlm-
peratif, et a la troisieme personne du singulier de chaque temps.
Ainsi que les Pronominaux, les Verbes Impersonnels sont de
deux sortes :
1« Les verbes essentiellement Impersonnels qui ne peuvent se
conjuguer autrement que ceux qui suivent :
blainejd bruiner jald geler
cdrre falloir ndvd neiger
glaoussd faire des eclairs iHooure pleuvoir
granissd tomber du givre t round tonner
grdlld gr^ler ventd venter
180
ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
YERBE BLAINECHA (1'' conjugaison).
INDICATIF.
PRESENT.
IMPARFAIT.
PASS6 D^FINI.
PASS& IND^FINI.
P. ANT^RIEUR.
PL-Q.-PARFAIT.
FDTUR.
FUTUR PASS6.
hlainicho
hlainechdbo
hlainechdt
o blainechdt
achdt blainechdt
abid blainechdt
blainecharo
aourd blainechdt
GONDITIONNEL.
il bruine
il bruinait
il bruina
il a bruine
il eut bruine
il avail bruin^
il bruinera
il aura bruine
PRESENT.
blainecharid
il bruinerait
PASS6.
aou{r)i6 blainechdt
SUB.TONGTIF.
il aurait bruine
PRESENT.
que blain^che
qu'il bruine
IMPARFAIT.
que blainechesso
qu'il bruin&t
PARFAIT.
qu'dche blainechdt
qu'il ait bruin6
PL.-Q.-PARFAIT.
qu'achesso blainechdt
INFINITIF.
qu'il eut bruiu6
PRESENT.
blainechd
bruiner
PASSE.
abdire blainechdt
PARTIGIPE.
avoir bruine
PRESENT.
blainechd7i
bruinant
PASSJg.
blainechdt
bruine
OBAMMAIRE LANODEDOdENNE.
181
VERBE PLOOURE (2« conjugaison).
INDIGATIF.
PRESENT.
pldou
il pleut
IMPARFAIT.
plovio, plouvio (2« forme)
il pleuvait
PASS6 DEFINI.
plogudt, plougudt
il plut
PASSfe IND^F-INI.
plogiit, plougiit
il a plu
P. ANTERIEUR.
achet plogiit y plougiit
il eut plu
PL.-Q.-PAKFAIT.
abio plogiit, plougiit
il avait plu
FUTUR.
ploouro
il pleuvra
FUTUR PASSE.
aouro plogiit, plougiit
CONDITIONNEL.
il aura plu
PRESENT.
ploou{r)i6
il pleuvrait
PASSE.
aoui^r)i6 plogiit, plougiit
SUBJONGTIF.
il aurait plu
PRESENT.
que pldgue
qu'il pleuve
IMPARFAIT.
que ploguesso, plougudsso
qu'il plut
PARFAIT.
qu'dche plogiit, plougiit
qu'il ait plu
PL.-Q.-PARFAIT.
qu*achdsso plogiit, plougiit
INFINITIF.
qu'il eut plu
PRESENT.
plooitre
pleuvoir
PASSE.
ab^ire plogiit, plougiit
PARTIGIPE.
avoir plu
PR1&SENT.
plogu^n, plougu^n
pleuvant
PASSE.
plogiit, plougiit
plu
2" Certains vcrbes actifs, mais surlout Neutres ou Pronominaux,
rjui jouentaccidenteilement le role de Verbes Impersonnels, ne s'em'
182 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
ployant dans ce cas Ik qu'i la troisifeme personne, se conjuguenl
comme les precedents :
s'agis de, ou que.,. il s'agit de...
arribo que... il arrive que...
s'atrdpo que,.. il se trouve que...
counv6n de, ou que... il convient de, ou que...
embdoumo (quelque chose) embaume
s'endeven que... il se rencontre que...
fo il fait
fur^cho (quelque chose) infecte
gldsso il glace .
i'O, y-o, i'dbid, etc. il y a, il y avait, etc.
pards que... il parait que...
es qtiestiou de, ou que... il est question de...
pudis (quelque chose) pue
tdmbo il tombe
Exemples se rapportant aux verbes qui precedent :
S'agis pais) de fadechd il ne s'agit pas de s'amuser.
Arribo que pldnto! il arrive ce qui doit arriver (proverbe).
Arribard, cdouque bdljour, que Vatrapardou mort il arrivera,
quelque beau jour, qu'on le trouvera mort.
Vends a-n-un inichdn moum6n, s'atrdi)0 qu'abdn fini(t) de dinrui
vous arrivez a un mauvais moment, il se trouve que nous avons fini
de diner. '
Counv^n que ie rand6s la visito ' il convient que vous lui rendiez
sa visite.
Sar7''d{s) vous d'aici qu*embdoiimo approchez-vous d'ici, car quel-
que chose sent tres bon.
S'endevenguet qu'erou pdises il se rencontra qu'ils etaient du
m^me pays
1. Nous avons parle, au dobut, de rimportance de I'accent. II sufftt quelquefois
de son deplacement pour rendre incivile une phrase c.oiirtoise ; ainsi, dans cet exeni-
ple, counvf'fi que ic randi's la visi'to, il convient que vous lui rendiez sa visite,
on s'adresse, ou a plusieurs personnes (ce qui n'est pas le cas), ou k une aeule a qui
on doit le respect et qu'on ne tutoio point. Si on remplarait la breve sur Va do
randes par une lonf,nie, la phrase signilierait : que tu lui rendes la visite. En effet,
le Verbe randes est a la troisieuie pcrsonne du pluriel, tandis que rdndes serail a
la troisieme personne du singulior.
GRAMMAIRE X^AliGDEDOGIBNl^E. 183
Fo {e)scu coumo la gdrjo del loiip il fait noir, obscur, comme
dans la gorge d'un loup.
Anen nou'n d'aici que sai fur6cho allons- nous-en d'ici, celasent
mauvais.
glassdt touto la ndi il a glace pendant toute la nuit.
1-6 (u)n (in que Vahidn pais) vist il y a un an que nous ne
t'avions vu.
r-abid {u)n hd^ne que fouchdbo Vhort il y avait un homme qui
piochait le jardin (commencement d*un vieux conte),
Par^s qu'oou perdu {t) soun prowes il parait qu*ils ont perdu
leur proces.
Es question que sabdn pa{s) {i)ncdro qo que far^n le fait est que
nous ignoroDS encore ce que nous ferons.
De que iron s'es passdt ? tout dr{o) embdoumabo, dro pudis
qu*enfeto! que s*est-il done passe? tout k 1 heure, cela embaumait,
maintenant cela pue, cela infecte!
Disou qu'es toumbdt de grello din la Marino on dit qu'il a gr616
dans la Marine. — On appelle la Marine le pays bas qui est circons-
crit entre la Medilerranee, Tetang de Thau et le cours inferieur de
THerault, formant les terriloires de Meze, Marseillan, Pomerols, etc.
II y grele assez r6gulierement*
DU PARTICIPE.
Le Participe est ainsi nonime parce qu'il tient, selon les circons-
tances, de la nature du Verbe et de celle de TAdjectif. II est consi-
dere comme un Mode du Verbe quand il exprirae qu'on accomplit
ou qu'on a accompli un acte. II est Adjectif quand il determine la
qualite du nom qui le precede ou qui le suit.
Le Participe est Present ou Pass6.
Le premier n'engendre pas, comme dans le frangais, un grand
nomhre d'Adjeclifs verbaux. On en trouve seulement quelques-uns
pai mi les Verbes de la Premiere et de la Deuxieme Gonjugaison.
Nous en donnerons la liste plus loin.
L' Adjectif verbal suit, pour la formation du feminin, la rfegle
des Adjectifs. (V. p. 44, Remarques.) 11 difl'ere du Participe present en
184
GRAMMAIHE LAN6UED0GIENNE.
€6 qu'il possede les deux Genres et les deux Nombres, tandis que ce
Participe reste invariable.
Le Participe pass6, au contraire, fournit, dans toutes les con-
jugaisons, uu trfes grand nombre d'Adjectifs, dont voici quelques
exemples :
PREMlfeRE GONJUGAISON.
un musicien acabdt
un hdm{e) aroninat
un coutel asugdt
uno porto bar r ado, tancddo
un trabdl entanchdt
de candrs embucdch
un chabdl espaourugdt
un cuye esiamdt
de mostros raoubddos
un fricd(t) rabindt
tin plait) d'ioous condch
de fennos acouchddos
un home mal far^gdt
U7i moucaddu brouddt
de chemignciros ramounddos
un musicien acheve
un homme mine
un couteau aiguise
une porte fermee
un travail avance
des canards gorges
un cheval effraye
une cuiller etaniee
des montres voices
une entree brtilee
un plat d'oeufs couvis
des femmes accouchees
un homme mal vetu
un mouchoir brode
des cheminees ramonees
DEUXifeME GONJUGAISON.
uno lly6to pla vengudo
un toupi fendkt
uno cdous{o) entendudo
d'efdnis) perdnch
un 7noussu pla nascut
de grai foundut
de bla(t) mourgut
d^e car couroumpiido
un pesoul revcngut
U7i hdm{e) entrepi^^s
de cdousos penjiesos
xm librc pla escrich
une fillette bien venue
uu pot (au feu) fendu
une chose convenue
des enfants perdus
un monsieur bien n6
de la graisse fondue
du bl6 moulu
de la viande corrompue
un parvenu (un pou revenu)
un homme embarrasse, timide
des choses permises
un livre bien ecrit
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
185
de pan mal quioch
de fideous quioches
du pain mal cuit
du vermicelle cuit
troisi£:me conjugaison.
un{o) afdire flnido
las les aboulidos
lou miyds acouqtieUt
uno famiy(o) apaourido
la merlusso brandido
un tredte claoufit
un{o) agdss{6) agroumandido
un mourr(e) afistoulit
la cdtio) escarnido
la man engrepesido
la bugdd{o) espandido
lou$ pouls espellch
lou blat paouMt
lou cambajou 7nousit
lous d^bdsses sarcich
de fig OS a col ioussit
(Coulivos coufidos
un tirO'Cur 7'afU
un dse mort
une affaire tefminee
les lois abolies
le g&teau de mais mis en grumeau
une famille appauvrie
la morue travaill6e
une salle de theatre archi-pleine
une pie affriandee
un visage fl6tri
la chalte corrigee
la main engourdie par le froid
le linge de lessive etendu
les poulets eclos
le champ de ble foule nux pieds
le jambon moisi
les bas reprises
des figues au ecu tordu
des olives preparees
im bonnet (de femme) froisse
un ane mort
On voit, d'apres ces exemples, que le Participe passe, pris adjecti-
vement, est un veritable adjectif s'accordant en Genre et en Nombre
avec le nom qu'il qualitie.
Nous avons deja dit que les Parlicipes presents, a la difference du
franrais, engendrent tres pen d'adjectifs verbaux. En voici une enu-
meration, avec leur origine :
bab^n — bab^nto
counfi&n — to
difer^n — to
esseUn — to
ncclicMn — to
PREMIERE CONJUGAISON.
Participe present de babd baver
» counfid confier
» difern differer
» esseld exceJIer
» neclichd negliger
186 GRAMMAIHE LANOUEDOGIENNE.
DEUXifeME CONJUGAISON.
councluen — to Participe present de counciure conclure
counvenguen — to
counv^ncre convaincre
depend&n — to
dependre dependre
fend^n — to
f^ndre fendre
found^n — to
foundre fondre
fouten — to
foidre f...
naiss^n — to
ndisse naitre
coumproumeten — to
coumprou7n6tre
TROISIEME GONJUGAISON.
Neant.
Exemples de Participes presents, adjectifs verbaux :
Aquel tan'4n es tan bab^n que se po(d) pan laourd cette terre
garde tellement Teau qu'on ne pent la cultiver.
Quicon d'afroHS es de troumpd (u)n{0) dnio counfi^nto c'est une
chose affreuse de tromper une aine confiante.
Uhdme fend^n fo veni Vodi Thomme qui fait Timportant est
odieux.
Sas dos sorres sou esseUntos me pla neclicMntos ses deux soeurs
sont e^cellentes mais bien negligentes.
Tas rasoHS sou mai counclu^ntos que counvenqitdntos tes motifs
sont plus concluants que convaincants.
Aqui^stos p^ros sou pu{s) founddntos que las doutros ces poires-ci
sont plus fondantes que les autres.
Lous pdstrcs pourterou Voxifrdndo a Jesus 7iaissen les bergers
porterent leur oflFrande a Jesus naissant.
Les Adjectifs suivants, pris sur le noiubre, quoique tirant leur ori-
gine d'un Yerbe. ne sont point, comrne en frangais, Adjectifs Ver-
baux. car les Participes presents de ces verbes ont, dans notre
idionie. une terminaison bien dilTerente. lis doiventetre classes avec
les Adjectifs Ordinaires. On en trouve dans les trois Conjugaisons,
mais les plus nonibreux appartiennent a la premiere.
GRAMMAIRB LANGUBDOCIBNNE.
187
PREMIERE GONJUGAISON.
abounddn, — to, abondant. Le Participe
acapldn, — to, accablant
acoumovddn, — to, acconimodant
acupdn, — to, occupant
aguQan, — to, agagant
agounisdn, — to, agonisant
alassdn, — to, fatigant
amena^dn, — to, mena^ant
apdldn, — to, appelant
aprouchdn, — to, approchant
actHtdn, — to, acceptant
assistdn, — to, assistant
atristdn, — to, attristant
boufdn, — to, bouffant
hriydn, — to, brillant
caressdn, — to, caressant
circuldn, — to, circulant
couldn, — to, collant, coulant
coulourdn, — to, colorant
councdrtdn, — to, conce riant
counsouldn, — to, consolant
councilidn, — to, conciliant
count radldn, — to, contra riant
countratdn, — to, contractant
craqudn, — to, craquant
flansdn, — to, dansant
edifidn, — to, ediliant
emigrdn, — to, emigrant
ensinudn, — to, insinuant
entrigdn, — to, intrigant
f^rrdn, — to, errant
escaoufdn, — to, echauffant
estoufchi, — to, elouffant
estoundn, — to, etonnant
fatigdn, — to, faliganl
present est abounddn
acapldn
acoumoud6n
acupen
agacdn
agounisdn
alassdn
amenacdn
apdldn
aprouchdn
ac^ttdn
assistdn
atristdn
boufdn
hriydn
caressdn
circuldn
couldn
coulow^n
councdrtdn
counsouldn
councilidn
countradidn
countratdn
craqudn
dansdn
edifidn
emigrdn
ensinudn
entrigndn
cn^dn
escaoufdn
estoiifdn
estoundn
fatigudn
188 6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
fourtifldn, — to, fortifiant. Le Participe present
fringdn, -— to, fringant
gdindn, — to, genant
impourtdn, — to, important
impourtundn, — to, importunant
intrdn, — to, familier
irritdn, — to, irritant
mandidn, — to, mendiant
moiif'tifidn, — to, mortifiant
parldn, — to, parlant
penetrant, — to, penetrant
perseverdn, — to, perseverant
picdn, — to, piquant
ragoustdn, — to, ragodtant
rampdn. — to, rampant
rassasidn, — to, rassasiant
rayoundn, — to, rayonnant
rehutdn, — to, rebutant
revoultdn, — to, revoltant
roulldn, — to, roulant
sanchdyi, — to, changeant
santifidn, — to, sanctifiant
suplicdn, — to, suppliant
ta7nperdn, — to, temperant
tentdn, — to, tentant
toulerdn — to, tolerant
tourmentdn, — to, tourmentant
traflcdn, — to, trafiquant
tratnbldn, — to, tremblant
umilidn, — to, huniiliant
vacdn, — to, vacant
vouldn, — to, volant
est fowttfi^n
fringu^n
gdin6n
impourtdn
impourtun6n
intrdn
irriten
mandidn
mourlifien
parUn
penetren
pe7^sever(fn
piqudn
ragoustdn
rampdn
ra^sasUn
rayoundn
rebutdn
7'evoultdn
roulldn
sanchdn
santifidn
supliqudn
tamperdn
tentdn
toulerdn
tourmentdn
trafiqudn
tramJbldn
umilidn
vaqudn
vouldn
DEUXIEME CONJUGATSON.
apnrlenen, — to, appartenant. I^e Participe pres. est apartenguen
equiraldn, — to, equivalent » cquivarguen
recoimeissc7i, — to, reconnaissant » recounesquen
GRAMMAIRE LANQUEDOCIENNE.
189
reJouiss6n, — to, rejouissant. Le Participe pres. est rejouigudn
entrepren^n, — to, entreprenant
suspren^n, — to, surprenant
plas^n, — to, plaisant
displasin, — to, deplaisant
doul€n, — to, dolent
esco%^6n, — to, cuisant
sufis6n, — to, suffisant
ris^n, — to, riant
medis^n, — to, medisaht,
entreprengu4n
susprengu^n
plasegu4n
displasegv4n
dourgu6n
escogu6n
sufigu^n
rigu^n
medigu^n
TROISI&ME GONJUQAISON.
acuy^n, — to, accueillant. Le Participe
abi'utissin, — to, abrutissant
adouciss^n, — to, adoucissant
afadiss^n, — to, afFadissant
afepliss^n, — to, affaiblissant
agissen, — to, agissant
ass^rviss^n, — to, asservissant
assoupiss6n, — to, assoupissant
assourdiss^n, — to, assourdissant
assKjetiss^n, — to, assujettissant
atendrissdn, — to, attendrissant
aviliss6n, — to, avilissant
boundiss4n, — to, bondissant
coumpatiss4n, — to, compatissant
devertiss^n, — to, divertissant
envdiss^n, — to, envahissant
estourdissin, — to, etourdissant
flouriss^n, — to, florissant
gemiss^n, -^ to, gemissant
groussiss6n, — to, grossissant
grandiss4n, — to, grandissant
jaouniss^n, — to, jaunissant
jaliss^n, — to, jaillissant
languiss^n, — to, languissant
lus^n, — to, luisant
present est aculigu^n
abrutigu6n
adoucigu^n
afadigu^n
afepligu^n
agigu4n
assdrvigu^n
assoupigu6n
assourdigu^n
assvjetigv4n
atendrigu6n
aviligu4n
boundigu^n
coumpatiguin
devertigu^n
envdigu4n
estourdiguin
tlourigu6n
gemigu6n
groussigu6n
grandigu^n
jaouniguin
jaligu4n
languigudn
Ixisigu^n
190
GRAMMAIHB LAN6UED0GIBNNE.
nourriss^n, — to, nourrissant. Le Partici
ouMiss^n, — to, ob^issant
pud€n, — to, puant
rabissdn, — to, ravissant
rougiss^n, — to, rougissant
salliss^n, — to, salissant
sesissdn, — to, saisissant
Etc.
pe pres. est nourrigu^n
ouMiguin
pudiguin
7^dbigu6n
rougiguin
salligu6n
sesigu^n
Etc.
DE L'ADVERBE.
L'Adverbe est un mot invariable qui se joint aux Yerbes, aax
Participes, aux Adjectifs et k d'autres Adverbes pour en determiner
ou en modifier la signification. En outre des Adverbes, 11 y a les
Locutions adverbiales ou reunion de plusieurs mots faisant
fonction d'Adverbes. A la difference de la Proposition, TAdverbe n'a
point de regime. On en compte neuf sortes :
1^ Les Adverbes de lieu :
aqui, i, la, y
aid, aild, ici,.li
aldi, li-bas.
ayiir, ailleurs.
pirtout, partout
endacdn, quelque part
prdche, pres
ion, ou yon, loin
ounte, oun, ou
d*ounie, d'oun, d'oil
alentour, alentour
dedin, dedins, dedans
defdro, dehors
amoiin, en haut
ahdl, en bas
agamoiin, ici en haut
agabdl, ici en bas
dessHS, dessus
defoust, dessous
enyoCy quelque part
LOCUTIONS ADVERBIALES.
en degdi, en deci
en deldi, au deli
al dessus, au-dessus
at dejoiist, au-dessous
in-amoim,
insamoun.
par Ik-bas
par la-haut
in-abdl,
insdbdl,
pdrquin-aici, par ici . • ^
pdrquin-ldi, par la wntl'^'^^v*
an-ounte, oti
d'an-oimte, d'ou
0RAMMA1RE LANGUEDOCIBNNE.
191.
€71 naou, en haut
€71 bas, en bas
€n fdro, en dehors
2<* Les Adverbes de temps :
idi ou ydi, aujourd'hui
hier ou y&r, hier
de'ntdn, demain
pancdi^o, {pa{s) {i)ncdro) pas en-
core
toujour, toujours
jadis, jadis
d€Chd, dkjk
soub^n, souvent
d?'o^ (de a hdra) maintenant
/6'OM, toutdro^ bientdt
ta?% tard
en dedins, en dedans
pa{s) {e)n y6c, nulle part
d'aici-estdn, d'ici
tardidirom^n^ tardivement
bite^ vite
prountomdn^ promptement
jamais (de jam magis) jamais
tantd^ tantot , ,
sitd^ sitdt^ aussitot ^
couro (de quota hora), quand
qiuint (de quando), id.
lounUn^ longtemps
aladonn. alors
ald)\ id. 0^'y:)u'lO
d'abdf\ d*abord
LOCUTION'S ADVERBIALES.
de cent en C7vinto^ k de longs in
tervalles
aban-s-ie7\ avant-hier
ap7^d{s) demdn^ apres-demain
at te7ijCLdis^ au temps jadis
pu(s) leou^ plus tot
pus ta7\ plus tard
de boun*hoi(ro^ de bonne heure
en 7*etd7\ en retard
d*ar' en abdn^ dor^navant
i-o pa{s) gdire^ naguere
3« Les Adverbes de maniire :
pla^ bien
mal^ mal ' /
ensi^ ainsi
antdl^ id.
din Vabor^ d*abord
tout d'un cop^ aussitot
a tout cop^ a tout coup
tout cop^ de temps k autre
un cop, une fois 1 d6but
uno fes, une fois J des contes
aout7'os-fes^ autrefois
aout7^es-coch^ id.
caoucos feSy quelques fois
p^7^ aldr^ pour lors
de fes que i-d^ quelquefois
ansin^ id.
coussi^ comme, que !
coitmo^ id.
esp7^ds^ exprfes
192
GRAMMAIRB
espressomin^ express6ment
aoutrom^n^ autrement
dougomen^ doucement
erousom^n^ heureusement
fortom^n^ fortenient
LANGUBDOGIENNE.
lantom6n^ leiitement
propom^n^ proprement
sachom^n^ sagement
justom^n^ justement
brdbom^n^ bonnement
LOCUTIONS ADVERBIALKS.
pdr asdr^ par hasard
a tor, a tort
a rasou^ k raison
antal'be^ ainsi bien
amb' ac6^ avec cela
a7nbe soudUy avec soin
amV cuir^sso^ adi-oitement
a la prdsso^ precipitamment
a pr^pdous^ k propos
a reg^^M. k regret
4<* et 5<> Les Adverbes de quantity et de comparaison :
fdsso^ bdl cop, beaucoup
tournd, encore ^j x •.-
incdro^ id.
quan, combien
mai, davantage
mens, moins
mioii, miyoii, mieux
pire^ pire
'J-'
paou, peu
prou, assez
tan^ tant
aoutdn, autant
enti&irom^n^ entierement
talom6n. tellement
pr&sque, presque
tout^ tout
LOCUTIONS ADVERBIALES.
pas proii, pas assez
pla proii, bien assez
a mat, et aussi
aou-mens, au moins
tou{t)ple, beaucoup
que jamdi, tant et plus
de bdl cop, de beaucoup
a mai incdro, et pis encore
a pu prds, k peu pres *
en rdgo, en bloc
paou'C-a paou, peu k peu
incdro mai^ encore plus
incdro mens^ encore moins
incdro {u)n cop, encore une fois
a-n-un poun, k un point
a tal poun, k tel point
tout a fet, tout a fait
pus pire, plus que pire
toutes cas, tout au plus
fosso mai, beaucoup plus
GHAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
193
6« Les Adverbes d'ordre et de rang :
premieiromdn, premierement
day^rieiromdn^ dernierement
abdn^ avant
apres^ apres
clabdn^ devant
detrds^ darries^ derriere
anfin^ enlin
pel^^ pioi^ ensuite
despei^ despioi^ depuis
desempeU desempi&iy depuis lors
al67\ puisqu'il en est ainsi
ens^mble^ ensemble
desapa)'adomdn, separement
pareiomdn.^ pareillement
LOGUTlOiNS ADVERDIALES.
a forgo^ enfni
en fdcio^ vis-i-vis
en premid ioc^ en premier lieu
en darrie^ en dernier
en abdn^ en avant
en detrds^ en arrids, en arriere
a la poitsltOn a la portee
de seguido^ sans desemparer
apres- tout, apres tout
paoiic apres peu apres
7**, %^ et ^^ Adverbes d'affirmation, de negation, de doute :
certos, certes
C(hUenomdn, certainement
verifaplomd?i^ veritablement
o/, — oin^ oui
noit^ — 7idni^ non
silodn; sibdn^ selon
pas, pas
tabd^ atabd^ aussi
sdiqiie^ peul-etre
helcou^ id.
SQtpenddn. cependant
pa7ndns, il n'est pas moins vrai
voulountie, volontiers
LOCUTIONS ADVERBIALKS.
mai-que-ynai^ surtout
san doide^ sans doute
on vole pla^ je le veux bien
dac6}\ d'accord
d'acor qtie siagudn^ id.
aco siloim^ cela depend
7ie cuunvene^ j'en conviens
toiit-a-fcH, tout a fait
noun pas, non pas
noii?i pas cdrtos, non certes pas
Vitem es, le fait est
pirho{t) fet, peu de chose
per fH d'aco, par le fait
oseo per segn, pour sur
13
194 - GRAMMATRE LANGUEDOCIENNE.
ADJEGTIFS PRIS ADVERBIALEMENT.
II arrive quelqiiefois qu'on se sert d'adjectifs comme adverbes.
Dans ce cas,' les adjectifs deviennent invariables. — Exemples :
canta faous chanter faux, mavchd Uoiige marcher legferenient
charge (marcher leger), tustd (du grec tuztw) r(^te frapper fort, dc-
niourd court rester court.
Les Adverbes terminus en men, fort nombreux, se forment en
ajoutant cette particule a la terminaiso'n feminine des adjectifs. —
Exemples : t^ndre, t6ndr6, tendrorn^n ; sensat, sensado, sensado-
m6n sensement ; adr^ch, adr^cho, adrechomdn adroitement ; laoxige,
laougelro, laougeironidn legerement ; Mste, tristo, tristom^n;
doutre, doutro, aoutro7n6n autrement.
EXERGIGES.
Attends-moi ici pendant que j'irai la-bas. — Ne sors pas
Esp(^ro m'aici pend6n qu*anardi inldi. — Sourtigues pms)
d'ici pour aller dehors jusqu'a ce que je revienne : j'aime
d'aici pdr and deforo jusqtws a tan que toy^ne : prefdre de
mieux que tu restes dedans. — Quand tu auras termini ton travail
bdl'Cop que demdres dedins. — Quant aourds flnit ta fatigo
la-haut, tu descendras ici en bas. — D'ou venez-vous? de Beziers;
in-amoun, dabalmvis insdbdL — D'oun vends? deBesids;
ou allez-vous? a Pezenas. — Au-dessus de I'homme il y a les Anges
ount' ands? a P<!s6nas. — Al dessus de Thome i-6 las A^ichos
et, au-dessous, les animaux. — Aujourd'hui, il fait bien beau; hier,
e, aldejOHSt, las hestios, — Yoi, fo pla hH; hier,
il plut toute la journee; mais a present, je ne sais pas quel temps
ploguet tou{t) lou jour ; 7nes dro, sdbe pas lou tens
nous aurons demain et apres-demain. — On dit des paresseux :
qu*aourdn demdn e apre{s)'demd7i, — Disou des fegndns :
j'y vais tard, j'y fais peu de chose et je m'en reviens de bonne heure.
tar lai vaou, paou lai faou, de boun{o) liouro m*en tdrne.
GHAMMAIRE LANGUEDOGIEKNE. 105
— Nous desirons toujours et ne sommes jamais salisfaits. — Si,
— Toujour desirdn, e sen pa{s) jamdi satisfdches, — Se,
autrefois, les bommes avaient une meilleure sante, c'est qu'il
d'doutres coch, lous homes abidou miouno santdt, es que
n'y avait pas, alors, autant de vices. — Termine au plus tot ton
i abid pas, aladoun, tan de vices, — Acdbo al puis) Idou ta
travail, bien ou mal, peu importe, pourvu que tu aies bientot
besoitgno, pla ou mal, n*imp6rto, mouyhian qu{e) defies leou
fini; sans cela, nous ne pourrons pas sortir et, ainsi. Ton dira
finit ; aoutrom6n pourren pas sourti e, antdl, dirdou
que nous I'avons fait a dessein; il y a foule dans les rues
qu'ou aben fach espres; i-o fdsso tnounde din las carritTOS
et, cependant, on n'est pas encore sorti de vepres. Je veux
e, sapenddn, sou pas mcd^^o sourti{ch) de vespros. Vole
parier qu*il y en a au moins autant sur le Pre. Sur le quai de
jougd que gn'o aou-mens aoutdn sul Prat, Sul qud de
La Farelle, a la gare du Nord, ils sont tellement serr^s qu'on ne
la Fardlo, a la gdro del Nor, sou talom^n quichdch que se
pent pas circuler. Mon Dieu, que de monde ! Aussi quand il y en a
po{t) pas circuld, Bou-Diou! can de pdple! Atab6 lou
trop, c*est trop! — Si tu le veux, apres diner nous sortirons
trop es trop! — Se te fo gaou, aprd{s) dimid sourtir^n
ensemble; mais, avant cela, habille-toi, puis nous irons d'abord
toutosdos; md, parabdn, astico-te pla^ pdi anar^n pi^emidiromen
au concert qu'on donne sur le Plan, ensuite faire un tour au
al counc^r que donou sul Planol, e pel aprds fdir{e) un tour al
cirque ou Ton dit qu'il y a deux clowns qui font crever de rire.
circle que disou que i-o dous clouns que fdou espetd del rnre.
Nous ferons bien de nous hater, car Theure s'avance. —
Faren pld de nous despachd, que lliouro s'entdncho, —
Vous ne savez pas comment va le jeune enfant de La Pecette?
Sabds pas coussi vo loupichdt de La Pdcdto?
Non, je ne Tai pas vu depuis hier. — Peut-etre ira-t-il mieux
Ndni, Vai pa{s) vist despdi liter, — Sdiqu{e) anaro-ti miou
196 GRAMNfAIRE LAXGL'EDOCIENNE.
aujourd'hui, mais ce n'est pas bien siir. On dit, pauvre eufant, qu'il
yoi, 7nes es pas pla segu. Dison, pecdire, que
etait menace de la petite verole; si c'est vraiment cela, il en aura
coudbo la picoto; s*es vevitaplom^n aco, n*aouvn
pour longternps! Tout aussi bien ce ne sera que la rougeole; le
pdr detens! Taiipld sero pas que km sinipiou ; Ion
medecin ne s'est pas encore prononce. Le fait est que cela peut
medeci s'es pa{s) {i)?icdro dcclavdt. Uitem es qtc'aco pot
etre dangereux : sa grand'mere pretendait que ce n'etait rien,
estre dangeirous : sa gran preiendio qu'cro pa(s) re(s) de tottt,
et raaintenant elle pleure tant et plus. J'ai defendu a ma petite
e dro plouro soiin sadoul. Ai defendui a 7na pichotn
d'y aller, car elle pourrait y prendre quelquc chose.
de lai and, que ie pourvio recachd quicon.
DE LA PREPOSITION.
La Proposition est un mot invariable qui, dans la phrase, lie
deux termes et les met en rapport, tel que per pour : moiirl per la
patrio mourir pour la patrie. Per indique ici un rapport entre ?novn
et la patrio; c'est done une Preposition. Le genre de rapport est
marque et determine par la signification meme de la Pr6position, et
le mot qui la suit en est le regime.
Ces rapports peuvent etre :
1^ De lieu, de tendance, de possession, d'origine :
a, a foro^ hors
per^ pour deforo^ en dehors de
afhi, afin dediiis, en dedans de
aco^ chez en^ en
rfm, dhis^ dans e7ivtn\ cnvers^ envers
daoii^ daotis, vers j/fsquo, juscos^ jnsqnes
ExEMPLEs. — Je vicns de Servian, je m'arreterai dans Pezena^;.
Ve7ie de Serbian, mUirrestardi din Pesdnas,
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 197
puis, avec mon cheval, je passerai par la Grange-des-Pres, et
pet, dmbe moim chabdl, passardi pdr la Grdncho-des-Prach, e
je me dirigerai vers Montagnac afin de me rendre a ma
m'agandirdi daou Mountagndc pdr dedire de gagna mou7i
maison, de me coucher de bonne heure et de dormir jusqu'^
oustdl, d'and (a) la pdyo de boun* ouro e de droumi juscos a
raidi.
miichoiir,
2^ D'ordre, de rang, d'espace, de temps :
abdn^ avant
aprds^ apres
aoutottr de^ autour de
6ntre^ cntre
entrem^n qxie^ des que
iras^ detrds^ derriere
proche de^ pros de
yon rfe, loin de
despdi. despioi^ depuis que
des que^ des que
par ml. parmi
sibdn, suivant
siis^ dessfjs^ sur
joust, dejoifst^ sous
cdntro^ cn'ynto^ contre (juxtapose)
siloun^ selon
pendcn^ pendant
durdn^ durant
ExEMPLES. — L'enfant etait entr'elle et moi pendant la messe,
Uefdn rro oitrelio) e yeoti 2)end67i la mdsso,
au fond de Teglise, sous I'orgue et tout a fait contre le pilier;
al fou7ide la gleiso,jou(st) Vorguc e ioutnfe{t) crdafo Ion piye;
mais, depuis ie commencement jusqu'a la fm de Toffice,
me, desempel loic coumcnramen jusqicios) a la fl de Vouficej
11 n'a pas leve les yeux de sur son llvre, tandis que, autour
pa(s) Icvdl Ions iols de dessifs soiin llbrc, alogo que, a I'entour
de nous, et derriere nous, tons etaient distraits.
de ndoutres, e detrd{s) nfioiitres, toutes eroii lou cap en l'(b\
o^ D'union, de separation, de conformite, d'opposition, d'excep-
tion, de moyen :
dnde^ dmbe., an, avec
apdr^ hormis
nial())'(\ malgre
rof'nno^ comme
198 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
echetdt^ excepte san^ sans^ sans
fran que^ sauf cd^itro^ crdnto^ contre (oppose)
mouydnan gue^ moyennant pdr^ par, au moyen de
ExEMPLES. — Avec de Targent on achete tout ce que Ton veut,
A^nbe (Vavgen se crdmpo toii{f) fo qu'on vol,
excepts le ciel; malgr6 cela, sauf les saints^ qui ne s'eii
echetdit) lou ciel; malgre-s-acd, fran loiis shis, que sen
occupent pas, tout le monde le poursuit, pauvres comme riches :
acupou pas, ioiites Vassegutoii, pdoures coumo inches :
les uns, parce qu'ils n*en ont pas assez, les autres, parce qu'ils
â–
Ions us, pdrcequi n*oou pas prou, lous doutres, pdrceqii6
en veulent davantage; pourvu qu'ils puissent Tencaisser, ils ne
ne vdlou mai; mouydnan que lodscou Vacampd,
regardent pas comment il leur est arrive ; si c'est par fraude et
agdchou pas coussi i-es vengui; s'es pdr couquinarie e
contre Thonneur, ils s'en moquent : aussi disent-ils qu*il n*a point
cronto Vhounou, s*en foutou : atdb6 disou qu'o pais) ches
d'odeur.
de sentou.
REMARQUES SUR LES ADVERBES ET LES PREPOSITIONS.
Parmi les Adverbes et les Prepositions que nous venons d'enu-
merer, et d'autres qui nous ont echappe, on remarquei*a qu'un assez
grand nombre sont tantot Prepositions, tantot Adverbes, selon qu'ils
ont ou n'ont pas de regime. Tels sont :
abdn, aprds; dabdn, detrds; dessi'fs, dejous; siloun; sibdn;
despdi, desploi; dtcrdn; proche, yon; deforo, dedins; fdsso, mai,
mens, prou, paou, aoutdn, etc.
SONT ADVEUBES : SONT PREPOSITIONS I
Le mari marchait avant, et la Le niari marchait avant sa
Vhdme marchdbo abdn, e la Llionic tnarchdbo aban sa
femme venait aprds.
f6nno venid apices.
Restez devant, je passerai
Demourds dabdn, passardi
derridre.
detrds,
Montez dessus, je me tien-
Mountds dessiis, me leti-
drai dessous.
drai dejoiist,
Vous voulez que je parle?
Vpulds que pdrle?
C'est seloni c'est suivantl
Acd silodn! aco sibdn!
II y a dix ans qu'il est parti,
I'O deck ans qxCes partU,
je ne Tai pas vu depuis.
I'ai pa{s) vist despdi,
L'avant-garde est pres, mais
L"aban-gdvd{o) es proclie, me
rarm6e est loin.
Vay^mddo {e)s yon,
Je I'ai mis dehors.
L*ai flcdit) defc'yro.
Oil Ta mis dedans.
L'oou mes dedins.
Nous sommes beaucoup.
S'en fusso.
Nous en avons davantage,
N'abdn mdi,
moins, assez, peu, autant.
mens, prou, paoii, auutdn.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 199
femme, et celle-ci venait apres
f6nno, e aqu^sio venid apres
lui.
el.
Restez devant moi, je
Demoio'ds daban yeou,
passerai derri^re vous.
passardi detra{s) vous.
Montez sur I'arbre,
Moimtds dessii(s) Vdoubre,
je me tiendrai sous lui.
me tcndrdt dejoust el.
Je parlerai selon qu'il me
Parlardi siloun que me
plaira et suivant mon idee.
plairo c sibdn mou7i ideio.
Combien d'annees sont passees
Qitan d'ans sou passdch
depuis que je ne Tai vu 1
despdi que Vaipa{s) vist!
EUe s'est niise pres de moi,
S'es sarrddo proche de yeou,
mais je me suis mise loin d'elle.
7ne me sidi 7h6so yon d*6lo.
11 est hors de la maison.
Es deforo de Voustdl.
II est en dedans de la llmite.
Es en dedins de la vdgo.
Nous avons beaucoup
Abcn fossip)
d'enfants.
efdns.
Nous avons plus, moins,
Abcn mdi, mens,
assez, peu, autant d'enf ants.
prou, pduu, aouidn d'dfdns.
200 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
LOCUTIONS PREPOSITIVES.
De mc^ine qu*il y a des Locutions Adverbiales , il y a tlca
Locutions Pr6positives et, comme nous le verrons ensuile. des
Locutions Conjonctives. Les Locutions Prepositives sont for-
meesdedeux ou plusieurs mots, parmi lesquels on trouve des Noms.
des Pronoms, des Participes, des Adverbes, groupes avec uae ou
plusieurs Prepositions. Telles sont les suivantes, prises au hasard
parmi un grand nombre.
jifscos a tan, jusco tnn que jusqu'a ce que
al reboits de k Tenvers de
tivdnt a vers (avec mouvement)
pdr dedire de afin de
pdr Vamokr de dans le but de
entre tout (acd) au milieu de tout (cela)
a Ventoiir de autour de
a fdr^o de a force de
a cdoiiso de k cause de
al vespet de comparativement a
al noifjnbrc de au nouibre de
per vapor a par rapport a
en sdrto que de sorte que
de faissou que de faron que
en plnro de au lieu de
en Idgo de id.
en f6ro de hors de
al travds de a travers
al mitdn de; en mitdn de au milieu de
bis-a-bis de vis-a-vis
entve mitdn de au milieu de
en dep)ro de eu dehors de
en dedins de en dedans de
al dabdn de au devant de
al detrds de au derriere de
en ate7iden de (ou) que en attendant de (ou) que
ent?'e ta7i que pendant que
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 201
ian Idou que aussitot que
a par que a part
al cap cle au bout, au terme de
a fecheclou de a I'exception de
ni per {aquelo) nonobstant (cela)
en oidre {(Vaco) en outre de cela
pdr mouycm de moyennant
EXERGIGES.
Avant la creation, comnie apres, Dieu a toujours ete.
Abdn la creaclou, coumo {n)prcs, Dious es Untjour estdt.
11 y a des gens qui nous flattent par devant nous, et nous
Gn'o . que nous /kitou per dahdn 7idoutres, et nous
abiment par derriere.
dcmalugou pdr detrds.
Suivant les philosophes, il ne faut pas mettre le doigt entre
Sibdn lous fllosofos, ral pa{s) metre lou det 6ntre
Tarbre et Tecorce; cependant, parnii ceiix qui le disent,
Vdoubre e Vcscorco; j)a?nc)is, cut re (o('fte(s) lous qu'ou disou,
beaucoup s'y prennent.
fosso se conyoi'mou,
Sur cette feuille de papier est ecrit TKvangile selon Saint-
Sus aqu6l ftcl de papic es escricho VEvangilo silofhi Sen-
Jean, en caractores gothiques. Fais allention! tu as failli le
Jan, en letros goufiros, Gdro! as pensd{t)
decbirer! Tu fais tout au rebours des autres. Je te I'ai donne
Vesquinsd! Fas lout al reboiis des doutres. Te Vai bailddo
afin que tu le copies, mais, peine inutile I Je suis sure
pdr Vamour que la couples, me, "ni pdr aquelo! Sioi seguro
que dans tout aujourd'bui tu ne le finiras pas. Au lieu de t'amuser,
qu' entre tout yoi Vacabards pas. En logo de fadejd,
assieds-toi de maniere a ce que rien ne te derange; mets-toi
asseto-te de faisson que ?x'(s) le destorbe pds; met te
202 GRAMMAIRE LANGUEDOGIEKNE.
a cette petite table, au milieu des deux fenetres, en tournant
andCaqu4lo taouleto, entre-^nitdn de las dos fenestras, en vir^n
le dos au jour : tu as le temps, puisque six heures ne sont pas
Vesquino {a)ljour : as lou tens, cntrem^n qu*o pas incdvo picd{t)
encore sonnees. Des que je verrai que tu es pres de finir, je te
sieis. Tan leoic que veirdi qu'entdnchos, te
chercherai un autre travail a faire. Ainsi, a force d'ecrire, tu
cdrcardi un doutre tvahdl a fdire, Antdl, a fi'rrgo d*escvioure,
apprendras Torthographe, car tu es bien en retard pour toutes
ap{r)endrds Vortogy^dfo, car stos pla en retdv per tout
ces choses comparativement a ta sceur, et jamais tu ne Tatteindras,
ac6 al 7*espet de ta sortie, e jamdi Vagandirds pas,
k moins que tu te mettes tout de suite au travail, et encore
a Vecheciou que te m^tes prountom6n a la hesoitgno, e incdro
bien heureuse es-tu de m'avoir derriere toi pour t'encourager.
g7^an gdou que m* defies al detrd{s) de tus pdr t'e7icourachd.
DE LA CONJONCTION.
La Gonjonction est un mot invariable dont la fonction est de
lier ensemble les mots, les membres de phrase et les propositions.
Les Conjonctions sont :
COPULATIVES.
e et. — Lou pdoure e lou riclie sou cgdls dabdn Dious.
Le pauvre et le riche sont egaux devant Dieu.
qv£ que. — Dlse que lou vole antdl.
Je dis que je le veux ainsi.
ni ni. — ^5 pa{s) ni tu ni vous,
II n'est ni chair ni poisson.
GBAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 208
DISJONGTIVES.
ou ou. — Te cal manjd ou biour^e,
II te faut rnanuer ou boire.
â– t3'
sidgo.., sidgo soit... soit. — Ris toujour, sidgo que gdgne, sidgo
II rit toujours, soit qu'il gagne, soit
que pdvde,
qu'il perde.
ADVERSATIVES.
sapenddn malgre cela. — Guincho, e sapenddn m'agrddo mai
Elle louche, et malgri cela me plait plus
que sa sorre.
que sa soeur.
771^, m^s mais. — Sou poulidos md mal fargddos.
EUes sont jolies mats mal accoutrees.
can, quant quand. — Lou vourrio pas, can siagudsso en 07\
Je ne le voudrais pas, quand il serait en or.
alor que lorsque. — E?*o {e)sca7^rahiddo {a)l6v qu'kro jouve.
Elle etait degourdie lorsqu'elle etait jeune.
quoueque quoique. — Es aimdplo quoueque ledo.
Elle est aimable quoique laide.
incdro que quand mSme. — Es aimdpl{o) incdro que sidgue l()do.
Elle est aimable quoiqu'elle soit laide.
sinoH, shioun sinon. — -45 fa{ch) quicon de trabes, sinoit Varna-
Tu as fait quelque sottise, sinon tu ne
ga(r)ios pas,
te cacherais pas.
soulom^n uniquement. — V6le soulom^ti que Ven dnes.
Jo veux seulement que tu t'en ailles.
pasqtie rien que. — Oou pas qu'ihio cdno de loun.
lis n'ont que deux miitres de longueur.
204 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
GONDITIONNELLES.
coiono comme. — Faven coiuno faHs,
Nous ferons comme vous ferez.
se si. — Sidgo liouncsto se ros que te respetou,
Sois honn^te si tu veux qu'on te respecte.
coussi comment. — Sap pa{s) coussi fdire.
II ne salt comment faire.
•
pdrtu-que pourvu que. — Arribaro, pcrvxi que se decid{e) a parti,
II arrivera, pourvu qu'il se decide a partir.
mowjendn-que pourvu que. — Lou mnl passaro moyemhi que te
Le mal passera pourvu que tu
souegnes.
te soignes.
GAUSATIVES.
pdrdequ6 pourquoi. — Vole sdoupre pcrdeque Vassetos pas,
Je veux savoir pourquoi tu ne t'assieds pas.
pdrceque | parce que. — S'es pa{s) ldvd{t) pcrcequ^ero las.
pdvtdouque ) II ne s'estpas love parce qu'il etait fatigue.
car car. — Sidi pais) iiiorto car soufrlsse pla.
Je ne suis pas morte car je soulfre bien.
pdrque puisque. — Demoro {-ai pcrqne te vos pa{s) {e)n antt.
Heste ici puisque tu ne veux pas t'en alter,
pdr que pour que. — Uai menddo per que la counousqu^ssos,
Je Tai anienee pour que tu la connusses.
CONTINUATIVES.
or or. Es pla. fregeh'fc, or, aquelio) annddo, fasid pla frech .
II est tres IVilcux, or, celte annee-la, il faisail bien froid.
GRAMMAIRE LANGOEDOGIENNE. 205
doun done. — Arribe{t) doun que toiites escaperou.
II arriva done que tous s'echapperent.
supousdt suppose. — Otinte Ions ^netroou, supousdil) que Ions
Ou les inettra-t-on , suppose qu'on les
acdssou ?
rattrape ?
COMPARATIVES.
coiimo comme. — Sios coinno yeou, quan rial manjdt, ai la
Tu es comme moi, quand j'en ai mange, j'ai la
coulico.
colique.
ensi ainsi. — Aco se po(t) pa(s) gueri; ensl, prcn nd toxin partit.
Cela ne pent se guerir; ainsi, prends-en ton parti.
LOCUTIONS CONJONCTIVES.
ce que nou, sinon
es pas per dire, mi\,. je n*ai rien a en dire. mais...
per fdt d'acd, par le fait
es per ensi, c'est pourquoi
cr6nto que, de p6ou que, de peur que
quan indmes, quand lueine
per tan,., que, pour si... que
entre que, eyitrem&n que, du moment que
pdr pas que, etc., pour ne pas, etc.
EXERGIGES.
Nejoue pas avec ce fusil, sinon je I'enfermerai.
A?^patdches pas amV aquel fusil, ce que nou Vestrdmardi.
lis etaient deux farceurs qui faisaient la figue-lignole surle quai;
Eroxi un pardl d'aissdples que fasioou la fifjo-ligndlo^ sul que;
1. Voir, pour figo-Ugnolo, le mot hlgo dans le Glossaire.
J
206 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
il y en eut un qui nous remplit les yeux avec une poign^e <le
gn'achet un que notes einbourvidt amhie) unplmupoun de
petit son. La grosse Catherine, qui etait avec nous, lui appliqua
7^ac^t. La grdsso Catinou qu\}ro {a)ml)€ ndoutros, te U flquet
un soufflet qui lui fit voir les etoiles en plein midi. Je n'ai
un hiro-Vumour que ne vecM{t) las estelos del del. Es paist
rien k en dire, mais je n'ai jamais vu une si belle gifle faire enfler
pd)' dire, mds at pa{s)ja7ndi vist un tan hdl carpd7i anfld
une joue; aussi, il s'enfuit avec son camarade et nous
{u)no gdouto; atabd, s*encourriguM an sou7i camarddo e lovs
ne les vimes plus. Par le fait, elle fit bien, Catherine ; c'est
vecheren pas pus. Pdr fdit) d*ac6, faguet pla, Catinou; es
pourquoi tous la redoutent et, depuis, aucun ne la tracasse
pdr ensi que tot'ttes la cn^gnou e que, desernpdi, capes Vatissou
plus, de peur qu'il ne lui en arrive autant. — Puisqne c'est vous
papiis, cr^nto que i-en arrfde aoutdn. — Entre qu'es vous
qui le dites, je le crois ; mais, quand meme, vous en con viendrez,
qu'ou dis6s, oucv^se; md, quanmdmes, ne counvendres,
il est drole qu'une fijle, pour si vigoureuse qu'elle soit, fasse
es drolle qu'uno fiyo, per tan pla arrapddo que sidguo, fdgue
fuir deux forts hommes !
fouchl dous liomendsses !
OBSERVATIONS SUR que,
Le mot que figure dans trois parties du Discours. II est Pronom
relatif quand il pent se tourner par aqu6l aqu^lo. — Exemple : la
fdnno que plourds la femme que vous pleurez, soit la f4nno aqudlo
que plourds la femme, celle que vous pleurez. — II est Adverbe
lorsqu'il signifle combien. — Exemple : que ses brdbe! que vous
etes bon! — II est enfin Gonjonction quand il lie deux mots ou
deux membres de phrase. — Exemple : s'amerito pla que Vavnen
elle merite bien que nous Taimions. II en est de meme pour que en
frangais.
GRAMMAIRE LANGUEDOCTENNE. 207
DE L'INTERJEGTION.
Li'Interjection, ou Exclamation, est un mot invariable qui sert k
exprimer le desir, la joie, la douleur, la surprise, Tindignation, le
mepris et, en general, tous les mouvements vifs et prompts de Tdme.
Parmi les plus usitees, on pent signaler :
Pour appeler : d! oii6! ooul old! eh! hola!
Pour encourager : zou! ale! andyi! isso! allonsi courage!
Pour interroger : e be? eh bien?
Pour affirmer : tnardlou! per moyos! morbleu! parbleu!
Pour s'etonner : td! a! bote dlou! Iron! oiitre! tiens! ah! bon Dieu 1
tonnerre!
Pour menacer : gdro! gards! agachen qu6! gare! fais attention!
Pour plaindre : pecdire! lou pdoiire! pauvre! le pauvre!
Pour faire taire : chut! calo-td! cala{s) vdiis! chutl tais-toi! taisez-
vous!
Pour approuver : vo pla! vo pla cisdou! bien! tres bien!
Pourdeplorer : coussi moun Dious! 6! malur! maleroits! com-
ment! oh! malheur! malheureux!
Pour se piaindre : di! ai-di! pecdire! moun Dious! d! ai! Dieu !
mon Dieu! ah!
Pour raarquer Timpatience : al Didnsis! que iron! au diable! que
diable!
Pour le degoilt : poud! salop! pouah! fi! le sale!
Pour Taversion : boid! alou! fi done! fi!
Pour la fatigue : ouff! di! ouff! ah I
Pour la colere : sdnto pas! sdcrapds! lou iron que te cure! sdnto-
pHo !
Pour saluer : adiou! adissids! adieu! bonjour!
Pour faire tourner les animaux a droite ou a gauche : biti! bid!
a hue! a dia!
Pour appeler et eloigner les chiens : aid! aid menid! alou! (pour
al loup!) ici! allez-vous-en !
Pour les exciter : zou! btdo lou! ess! ess!
208 GUAMMAIIIE LANGOEDOGIENNE.
PONCTUATION, ACCENTS ET SIGNES DIVERS.
La langue d'Oc emploie, comrae le francais, le point, la virgule,
le point et virgule, les deux points, les points d'interro-
gation et d'exclamation. Ces signes fonctionnent pareillenient
dans les deux langues.
Nous avons, au commencement de cet ouvrage, et sous la rubriqup
Explications sur Taccentuation (pp. 14 et suiv.), compendiea-
semeut traite la question de TAccent, en y joignant de nonibreuses
applications. Qu'on n'oublie pas que nous nous sommes servi, pour
caracteriser la voyelle ou diplilongue tonique, laqueile est toujours
longue, de Taccent aigu, comme on le fait dans la plupart des lan-
gues meridionales, mortes ou parlees. Mais il est des cas ou deux
voyelles, au lieu de former diplitongue, se prononcent separement,
en sorte qu*elles produisent deux toniques comme dans les mots
fran(;ais d^-iste, Ana-Xs, ou les mots languedociens lia lier, bi-ol
gros baton, el di-cto diete. Nous avons mis un accent sur chacune,
lid, blot, cllclo, plutot que d'avoir recours au Iroma ou d'intercaler
entre les deux voyelles soit un h, soit un Ih mouille, comme Tont
fait quelques auteurs de Dictionnaires trcs savants et tres recom-
mandablcs d'ailleurs.
Nous employons pourtant souvent la consonne y au lieu du pre-
mier accent, notammcnt a I'lnlinitif des verbes en i-d de la premiere
conjugaison, et nous ecrivons indifferemment coungvid ou coun-
griyd, briisid ou brusiyd, babld ou babiyd, roupid ou roupiyd. II
en est de meme pour Id, id et Ioh dans les noms; nous ecrivons
cablddo et cabiyddo, blot et biyot, carlonn et ca7Hyoiin, etc. (Voy.
Nota, p. 20.)
Nous avions aussi a distinguer les e ouverts des e fermes. Ces
derniers, plus frequemment employes, n'ont besoiu d'aucun signe :
tout e non marqu6 est un e ferme bref. Lorsqu'il est long^ il
porte TAccent aigu, mais seulement en qualite de voyelle longue.
Uc ouvert bref est caracterise, comme en franrais, par TAcceut
grave : quand il est long, on le coiffe d'un accent circonflexe,
lequel se compose de laigu, indiquant la voyelle longue, et du
qrammaihe langu&docienne. 209
grave, indiquant Vd ouvert. Toute voyelle, ou diphtongue, qui jie
porte aucun accent est breve; ainsi :
a, ^, ^, I, 0, u^ ou longs s'ecrivent : «, 4, d, i, 6^ ou,
(e ferm6 long s'ecrit d; e ouvert long s'ecrit d).
a, ^, t\ /, 0, M, ow brefs s'ecrivent : a, e, ^, i, o, w, ow.
(e fernie bref s*6crit e; e ouvert bref s'ecrit d).
m
Pour la reunion des Voyelles marquees de deux accents, voir les
Explications sur 1* Accentuation, page 14.
L'apostrophe, la c6dille, les traits d'union et de separa-
tion, la parenth^se et les guillemets ont le meme emploi que
dans le francais.
SYNTAXE.
La langue francaise, calquee pour ainsi dire sur notre langue d'Oc,
n'a pas, on Ta vu, une Syntaxe sensiblement differente. Les mSines
regies y sont, en g6n6ral, applicables conime dans les langues ou
manquent les terniinaisons particulieres pour chaque cas. De plus,
la Construction y est toute naturelle, et les Inversions y ont si pen
d'iniportance que, m^me dans la poesie, elles ne peuvent guere em-
barrasser le traducteur.
Nous avons, en traitant de chacune des dix Parties du Discours,
ajoute de nombreuses remarques et des exemples qui elablissent
sufdsamment les rapports et les differences existant entre nos deux
langues. II nous reste a parler de quelques Jdiotismes languedo-
ciens, d'une importance moindre et dont Tenumeration completera
la serie de nos observations sur la Svntaxe.
ARTICLE.
LArticle se fait quelqu'efois preceder par la Proposition de, —
Exemples : on dirait qu*il pleure, mais il fait lYme (ce qui se dit dans
le sens de feindre un mal, un sentiment delicat, etc.) s(^mblo que
plouro, 7ne fo de Vase; — il fait le savant fo del sabdn.
14
210 GRAMMAIHE LANOUEDOGIENNE.
Dans les exclamations, on pent remplacer Tarticle par le pronora
qudne, qudno, — Exemple : la belle femme! qudno belo f^nno!
Voir ce que nous avons dit, pages 35 et 36, touchant la place, rem-
ploi et la suppression de TArticle, ainsi que les cas ou on lui subs-
titue une Preposition.
SUBSTANTIF.
m
Nous avons donne, au sujet du Substantif, une etude tr^s dStaillee
sur la formation du Pluriel et une autre sur la Distinction des Gen-
res, accompagn^es de nombreux exemples et d'un exercice final. On
trouvera ci-apres une enumeration, fort restreinte, cela va sans dire,
des mots dont le Genre varie, du fran^ais au languedocien. Ces mots
sont prls dans les Parties du corps humain et certains objets qui
nous entourent.
la tSte, lou cap,
le visage, la cdro (de Tespagnol).
la face, lou moiivve, pris souvent en mauvaise part, ce qui n'ar-
rive pas dans les diminutifs : un poullit) moun'ou un
joli petit visage,
le cerveau, la cerh&lo, du latin cerehrum,
le menton, la hdrho.
les sourcils, las ussos, — Exemple : frounsis (il fronce) las ussos,
les cils, las sids, du latin cilium.
la morve, lou gourmdl, d'ou le mot fran^ais gourmes.
la nuque, lou coup6t.
le gosier, la gargdnto, d'ou Rabelais a pris Gargantua.
la pomme d'Adam, lou tayoii d'Addn.
une des vertfebres du cou, lou cadend{t) del coL
le dos, Vesquino : tomber sur le dos petd d*esquinos,
les seins, las titinos.
les poumons, las mecliinos,
les boyaux, las tripos.
Turine, lou pis.
les ongles (masculin), las ounglos, du latin unguis.
la rougeole, lou sinipiou.
I'epilepsie. lou mal de la Urro.
GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 2ll
les latrines, lou coumii.
un ange, U7i{o) dncho, petit ange unio) ancMto.
una maison, un oustdl, du latin hospitalia,
une tuile, un tioule, du latin tegula,
un mur, iino par^t, du latin paries,
la cloison, lou bought, ou bouch^t.
le loquet, /a cadcioulo, du latin cado je tombe.
une ecurie, un estdble, du latin stabulum,
une armoire, wn armdsi, du latin armarium.
la cremaillere, /oi^ cre7ndl, du latin ci^emaster,
la broche, Tas/e, du latin hasta.
la cuiller, /ou cw[/6^ du latin cochlear.
le pilon, /a Unssoiiiro, de terere broyer, t7Htum (en grec Tpifiw)
le gril, /a grasiyo, du latin C7^aticula.
le sel, /a 5a/, en latin sa/.
la lampe, lou lun, du latin lychnus (en grec Xuxvsg).
une horloge, un 7*el6ge.
un anchois, un{o) anchoyo, du celtique (?) anchova.
une orange, wn ird7ige.
un citron, «no limoimo.
un hareng, <'m(o) alencddo» en latin lialex,
une bouteille, wn fldscou, du latin /?afo souffler (?).
i'huile bonne, /'o// ^om, en latin oleum, olei.
de belle orge, de bil 6rdi, en latin hordeum.
un oignon, wwo c^bo, en latin ca7?a.
les orgues (feminin), lous di^gues, en latin organum.
une paire, un par^l, du latin J9a?% paris.
un puits a roue, «Vno sdgno.
un nuage, I'mo nibou, en latin nubes.
une fosse (sepulture), wn c/o/, en latin clodia.
une dette, wn dioute, en latin debitum.
un chardonneret, /mo cardounio, du latin carduus,
un aigle, ?'m(o) ^c/o, du latin aquila.
un cloporte, wno clapdto,
un cafard, wno panatidi7^o (qui mange le pain, panis).
une punaise, wn cinze, en latin cimex.
un escargot, I'mo caga7'doulo,
une courtillifere, i^n trinco-c^bos,
le coquelicot, /a roudlo.
212 QRAMMAIRE LANGUEDOCIRNNE.
le pourpier, la berdouldigo, en latin portulaca.
le liseron des champs, la courj^ejolo, en latin corrigiola.
un requin, una Idmio, en latin lamia,
ADJECTIF.
Voir : Formation du F^minin da^is les Adjectifs (p. 44), DegrH
de Signification (pp. 46 a 48), Noms de nombre (pp. 50 a 54) et
Observations diverses.
L'Adjectif numeral milo mille, invariable en fran<?ais, prend un s
au pluriel : combien de mille (francs) se sont employes la? qiuin dc
milos se i-e sou despensdch? Des centaines et des milliers, de cens
e de milos.
PRONOM.
PRONOM PERSONNEL
Dit-il se rend par soudis. — Exemple : Voulez-vous, dit-il, que je
m'en aille? voulds, soudis, que m'endne?
Ce verbe n'est usite qu't\ la troisieme personne du singulier des
temps simples suivants de llndicatif : Present : soudis; Imparfait.
soudisio; Passe deQni, soudiguet. (Vo5\ p. 178.)
La forme interrogative n'existant pas, ainsi que nous le verrons
plus loin, dans noire dialecte, on ne pourra pas dire comme en fran-
gais : h peine etions-noua lev6s que TSclipse commenga; mais on
dira : a p^n{o) ()ren Idbdch que VecUsso cou7nensM. Peut-6tre des-
cendra-t-il bienlot sdique dabalard Idou,
Notre Verbe se eonjugant comme le verbe latin, sans pronom per-
sonnel, on ne dira pas, pour j'aime, tu avaleras, il murmurera : y^ou
aimardi, tus engoulirds, el repoutegarO; on dira aimardi, engon-
lirds, repoutegaro.
II suivi d'un verbe — d'un pronom et d'un verbe — ou d'un verbe
et un adjectif, se supprime. — Exemples : il faut un homme cal vn
home; il pleuvait p/or/c). — il nous faut frapper nous cat tusid:
il se depensera de Targent s'e7nbdssar6 d'arg^n. — il etait rare
que..., il est facile de... (*ro rare que...^ es facille de...
Quand le verbe est a llmperatif et dans le cas de Taffirmation, le
GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE. 213
proiiom regime le suit : relournez-vous revU''a{s) vous; mais, si la
forme est negative, le Pronom precede le verbe et le ne dlsparait :
ne vous retournez pas vous revives pas.
PRONOM DEMONSTRATIF.
ce disparait devant le verbe estve a la troisieme personne : c'est
enorme es afroiis; c'etait toi evo tus; ce sent eux qui nous ont
trahis es dies que nous dou trait; c'est celui-ci qui Ta saisi es
aqueste que Vo {a)gantdt.
ce, pouvant se tourner par cela, tel, se rend souvent par aco ou
tal. — Exemples : c'etait son allure aco-s-ero soun and; ce sera
son devoir tal serd soun deM; c'eut 6te fait comme vous Tauriez
voulu serid (e)sta(t) fach coiim{o) ou aou{r)ids vourgiU.
Dans ce ... que de, on supprime ce ... que. — Exemple : ce
n*est pas chose facile que de faire changer d'avis a un entete es pas
rdouso faclllo de fa reveni un ca(p) d*oulo (une tfete de marmite).
ce qui, ce que, ce dont... c'est, perdent le ce dans le second
membre de phrase. — Exemples : ce qui m'impatiente le plus, ce
que je crains le plus, ce dont j'ai le plus k me plaindre, c'est sa
paresse, f o q\ie m'etmndsco lou mai, f o que crdgne lou mai, ^:o doun
me plane lou mai, es sa fegnantiso.
II en est de m&me :
1® Quand le verbe 6tre est suivi d'un autre verbe. — Exemple :
ce qui m'ennuie le plus, c'est d'arriver apres lui (;o que me fico
mai d'un cdire, es d'arribd aprds el,
^ Quand le verbe 6tre est precede seulement d'un Inflnitif. —
Exemple : vouloir le guerir, c'est chose impossible lou vonrre gueri
es cdous(p) impoussiblo.
S^ Quand le verbe 6tre est precede et suivi d'Infinitifs. — Exem-
ple : essayer de le convertir, c'est perdre son temps ensacfid de lou
counverti es pdi^dt^e soun tens.
PRONOM POSSESSIF.
Le mien, le tien, le sien, etc., signifiant d'une fa^on indeter-
mlnee ce qui est k moi, k toi, k lui, etc., se rendent par fo
miou, CO tiou, fo siouj ^o ndst?'e, etc. — Exemples : j'aime mieux
214 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
le mien que le ilea aime mat fo miou que fo tiou; pour eux,
le nOtre ne vaut pas le v6tre per 4les, (^o ndstre val pas fo vdstre ;
je veux ce qui est & moi vole go miou; vous voulez le vdtre
voules go vdstre,
Dans les autres cas, c'est-a-dire quand le mien, le tien, etc., se
rapportent a un objet determine, ils se rendent par lou miou, lou
tiou, etc. — Exemple : voila ton chapeau ; je prefere le mien au
tien et meme au sien, aqui toun capdl; prefere luu miou que lou
tiou, amai que lous vdstres^.
Le moi, le toi, le lui, le nous, le vous, le leur, precedes
d'un Verbe, intervertissent leurs places, le pronom personnel passant
le premier apres le Verbe. — Exemples : dis-le-moi digo m{e) on,
ou digo me^S'Ou; pr^te-le-nous presto nou{s) lou; cette aiguille est
trop fine, enfile-la-moi aqu6lo (a)guyo {e)s tro(p) fino, enguyo me
16; fais-le-moi dire fai m'ou dire. — Souvent, le lui se met avant
le Verbe. — Exemples : 11 faudra le lui arracher ye lou carrd de-
rdbd, ce qui ferait, en francais : le lui il faudra arracher.
Un de mes, un de tes, etc., se rend quelquefois par un...
k moi, un... k toi, un... k nous, etc. — Exemples : un de mes
cousins U7i cousi a y^ou, deux de nos amis dous amich a ndou-
tres, un de ses neveux un nebout a-n-^lo, un de leurs confreres
un counfrdir{e) a-n-eles. Cela n'a lieu qu'en parlant des personnes,
car on ne dirait pas : un Moou a tus, un ardire a vdoutres un de
nos boeufs, une de vos charrues.
Voir les observations sur les Pronoms, pages 56 a 70.
VERBE.
Le Verbe Avoir, pris dans le sens impersonnel, il y a, se rend
par i'O; il y a quelqu'un i-o caoucun, Lorsqu'il est question de
temps, on le rend plus elegamment par le Verbe fdire pris, de meme,
impersonnellement : il y a neuf ans, aujourd'hui, que je n'^tais
venue i-o ndou ans, — fo noou ans, yoi, qu'dre pa(s) vengudo; 11 y
aura bientot un an que nous sommes maries fai^d leou un an que
sdn mariddch.
1. On rcmarquera qu'au lieu de dire, commc en francais, pr^f^rer ^. nous disons
preferd que.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENiNE. 215
L'Imperatif negatif se rend toujours par le Subjonctif. — Exem-
ples, positifs et negatifs : fais-le, ne le fais pas, fai-s-ou, ou fdgues
pas. — reprise le gilet, ne le' reprise pas, sards lou l)oumMt,
lott sarcigues pas,
S'en aller se rend par s*endna; mais, dans les temps composes,
au lieu de dire je m'en suis all6, on dit me sidi enancit je me
suis en alld. Ce qui est licite en langue d'Oc devient faute en fran-
cais, faute commise par les meridionaux qui ont conserve Thabitude
de parler ron^an en francais.
On dit, pour se quereller, se dispiitd, tandis qu'il y aurait faute
de dire en francais, dans le sens neutre, se disputer ; mais on pent
dire activement dans les deux langues : se disputd lou pris se dis-
puter le prix.
Pour demander pardon, on dit plus ^legamment : vous de-
mdnde {e)scuso,
Je m'en rappelle est fautif en fran^ais ; mais nous disons trfes
bien en langue d'Oc : m'en rapdle coumo se i-dre je me le rappelle
comme si j'y 6tais; te rap&los de tout ac6 tu te rappelles tout cela.
On dit tachd ynoxcydn, tandis que tdcher moyen est vicieux et
ridicule.
Le Verbe biaiser, pris dans le sens de chercher k tromper, me-
nager la ch^vre et le chou, nager entre deux eaux, se rend par fdire
la canal; ainsi Ton dira : aquel hdm{e) es pa{s) fran, fo la candl;
vou(s) i-e fises pas cet homme n'est pas franc, il biaise, il vous
trompe, ne vous y fiez pas.
Cette expression, dont nous ne pouvons indiquer Torigine, est
tres usitee dans TH^rault et les departements voisins', notamment
dans le Gard.
Le verbe h^siter se traduit par raissejd, — Exemple : i-o (u)n(o)
how^o que raiss^jos, decido-t{e) un boun cop il y a une heure que
tu hesites, decide-toi une bonne fois.
Se passer de... se traduit par passa san (passer sans). — Exem-
ples : je me passerai de chapeau passardi san capel; nous
nous passerons de dormir passaren san dour mi ; tu te passe-
ras de CQ\di passards sans ac6. On dit aussi : Venpassards,
Dans Texpression avoir Fair de, signifiant resserabler a..., on
traduit par donner de I'air 6... — Exemples : il a Fair d'un mon-
tagnard ddno d*er a un gabdch; il a bien Tair d'un officier dono
pla d'er a un ouficie.
216 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
Le verbe contrefaire, signifiant imiter une personne. n'a pas
d'equivalent : on le rend par fdire pefd. — Exeraples : fo petd
moussu lou Mdro il contrefait monsieur le Maire; fo petd las cou-
medienos elle contrefait les actrices. On dit d'un faineant : fo petd
rdse de Nougar6t, que quan vei veni lou bardoif, sifso il fait comme
Tane de Nougaret, qui sue quand il voit approcher le Mt.
Sans s'arr6ter aux differences de faible importance que nous ve-
nons de signaler, on pent dire que les regies inscrites dans la Syn-
taxe frangaise du Verbe sont en g(§neral applicables au Verbe de
notre langue d*Oc, ou elle les a d'ailleurs trouvees elle-meme.
PARTICIPE.
Les fameuses regies des Participes sont les monies qu*en francais,
sauf dans les cas ci-apres :
Le Participe passe conjugue avec abeire est invariable lorsqu'il
est pr6c6de de son regime direct. — Exemples : les crabes qu'on
m'a donnds las crdncos que m'ooii doundt; la dinde que vous avez
mangle la pioto qu'abds manchdt. En 6tendant la phrase, on verra
que le Participe passe, invariable dans le premier membre, s'accorde
dans le second. — Exemples : la dinde que vous avez mangle, je
Tavais tu6e la pioto qu'abds manclidt, Vabio tugddo, ou tuddo.
Le Participe pass6, suivi d'un Infinitif, s'accorde avec le sujet
quand cet InQnitif ne pent 6tre remplace que par un temps de la
voix Passive. — Exemples : cette facade est tres ornee, je Tai vu
sculpter aqu4lo fagdd{o) es pla coumplicddo, Vai visto (e)scultd
(tournez : Vai visto esti^e (e)scultddo) ; je les ai vu manger par les
sauvages lous ai vistes nianchd pdv lous saoubdges (tournez : lous
ai vistes dstre manchdcli).
On dira aussi, contrairement au franrais : le bateau est venu
prendre les enfants, je les ai laiss^ partir la beto (e)s vengndo
querre lous ^fans, lous ai laissn{ch) parti.
NoTA. — Le verbe laissd laisser, se prononce le plus sou vent
daissd , ddisse, dnisscre, ddissavdi, ddissaind, etc. : ddisso {a)cd
laisse cela.
Le Participe passe, precede d'un Ad verbe de quantite, ne varie
pas. — Exemples : que d'hommes on a tudd dans ce combat! can
d'hdmes oou tugd(t) dins aquel coumbdt! autant de discours il a
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 217
f Silts, autant d'hommes il a dupds tan de discotirs o fdch, tan
cVhdmes o engusdt,
Dans les verbes Pronominaux, a quelle categoric qu'ils appartien-
iient, le Participe, dans les temps composes, s'accorde toujours,
comrae en frangais : Les soldats s'etaient enivres loiis souldd{ch)
s*^rou banddch; — elle s'est fi6e a lui s'es fisddo (a)n'el; — nous
nous sommes tus devant lui nous sen taisd(ch) davan-t-el; — elles
s'etaient reveillees s'ei^ou desparpayddos ; — nous nous en sommes
souvenus nou'n sen souvenguch; — ils s'en sont repentis s'en sou
repentich; elle a fait une fausse couche s'es blassddo.
ADVEHBE.
Aussi, dans le sens de dgalement, se rend par taUe, atahe.
Exemple : vous vous en allez, moi 9inss\^v ou'-n-ands, ydou ataOe.
II se traduit aussi par amdi : vou'-n-ands, amdi Uou,
Non plus, dans le m6me sens, mais avec negation, se rend par
7ii 7nai : vous ne chantez pas, ni moi non plus cdntas pas, ni mat
ydou,
L'Adverbe aussitdt, sitot, suivi en franrais d'un Partlcipe, exige,
en langue d'Oc, un Infinitif. — Exemple : aussitdt arriv6e» elle
tomba malade Sitot arnnbd, toumbe{t) maldouto.
Tant... que, si... que; autant... que, aussi... que se tradui-
sent par tan.,, coiimo, aotifdn,.. coumo, — Exemples : il n'a pas
tant d'ecus que d'insolence o pas tan d'escvch coumo de niourre;
11 n'est pas si bfite qu'il en a I'air es pais) tan bdstio coinno n'o Ver;
il a autant de mine que de solidity o aoutdn de co{p) d'idl coumo
de soulitndo; il est aussi fort que moi es tan fort coumo yeou.
Beaucoup se rend par fossa quand il y a nflirmation sans com-
paraison et qu'il n'}^ a rien apres TAdverbe. — Exemples : ils y en
iiiirent beaucoup i-en ynetcrou fosso; la devise du Chameau de
Bezlers est : nous sommes beaucoup 1 es escri(ch) sul Camdl de
Besies : sdn fosso! il s'en faut de beaucoup s'en mdnco de fosso.
Dans le cas de eomparaison, lorsque beaucoup est precede, ou
non, de de, on le traduit par bel cop ou par pla. — Exemple : ils
sont beaucoup, ou de beaucoup, plus riches que moi soic b^lcop,
ou de bdlcop puis) riches que y^ou, sou pla pu{s) i^iches que yeoxt.
Nous reparlerons de fdsso a la Syntaxe de la Preposition.
218 GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE.
Tr6s ne doit s'employer, en fraiiQais, que devant Jes Adjectifs^
les Participes et les Adverbes, tandis que pla se met aussi devant
les Substantifs. — Exemples : elle est tr^s bonne es pla bouno; il
est tr6s aime de tout le monde es pla atmd(t) de toutes; elle est
tres fondante es pla found^nlo; tr6s rarement pla 7^arom6n; et
devant les Substantifs : j'ai bien faim ai pla tal4n; j'ai bien peur
ai pla pdou; j*ai bien confiance en lui aipla fe en eL
Les Decadents seuls disent en frangais : j'ai tr6s faim, j'ai eu
tr6s peur 1
Pas se rend par pas; point, par pa{s) cMs, — Exemple : ce vin
n'a pas la couleur qu'ii faudrait aqiiel vi o pa{s) la coulou qxte
carrio; ce monsieur n'a point d'education aquel moussu o pais)
ches d*aducaciou.
Pas et point, quand il y a negation, se conservent apres il y a
et depuis que. — Exemples : il y a vingt ans que je ne m'en suis
servi i-o vint ans que m'e^i sidi pas servit ; depuis que je n'y suis
alle despdi que ie sidi pas andt.
On remarquera, d'apres ces quatre exemples, que le ne francais
prec6dant pas et point, avec un verbe entre eux, n'est pas employe
dans la langue d'Oc.
Plutdt et plus t6t se confondent, pour le sens, dans pu{s) Icon.
— Exemples : elle s'est deshabillee plus t6t que vous s'es des-
pouyddo pu{s) leou que vous; elle est plut6t laide que jolie es pii(S)
leou ledo que poulido,
PREPOSITION.
de, dans le sens d'un ordre, d'une demande, d'un conseil, d'une
defense, d'une permission, etc., precede des Verbes qui ont cette
signification et suivi d'un Infinitif, se rend par que avec le Sub-
jonctif : je lui conseillai de monter a cheval i-acounseyd?*e que
mountesso (a) chabdl; je lui defends de sortir i-e def^nde que sour-
tig o.
de, apres un Adverbe, se rend par de, — Exemple : plus d'argent
mai d'arge^i, moins de bonheur men{s) de bounur, peu d'eau paou
d'digo, assez de bruit pt^otc de bruch, trop de misere troip) de mi-
scro, combien de fautes quan de fdoutos, beaucoup de vin pla de
vi. On ne dit pas bdlcop de vi, parce que b^lcop s'emploie ordinaire-
GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE. 219
ment, comme adverbe, sans regime : nous en avons be^coup n*aben
Exceptionnellement, la preposition de se supprime apres TAd-
verbe fosso beaucoup. — Exemples : beaucoup de pech6s fdsso
pecdch, beaucoup d'enfants foss' efdns, beaucoup de puces fdsso
gndiros,. beaucoup d'huile foss' dlL
Dans Tespace de se rend par dans Taffaire de. — Exemple :
dans Tespace d'une heure, tout fut terniine rfm Vafdire d*un(p)
hoiivo, tou(t) siague{t) finit.
Pres de, aupr6s de se rendent, selon les cas, par prdche de,
amM, al coustd{t) de, al respet de, — Exemples : il demeure pris.
trds pr6s d'ici demdro py^oche, pla prdche d'aici, elle est toujours
aupres de sa belle-fille e$ touchoin* amM sa ndro, il est a table
auprds de la Reine es a tdoulo al coustd{t) de la Reino,
Pres de, signifiant au moment de, se traduit aussi fitr prdche
de. — Exemple : Teglise est prds de s*6crouler la gldiso es prdche
de s'engriind.
Quand aupr6s de signifie compart &, il se rend par al respet
de : qu'est la vie auprds de reternite? de qu'es la vido al respdt de
Vet^rnitdt? sa raaison n*est qu'une bicoque aupr6s de la mienne
soiin oustdl es pas qu*u7i granjdt al respet del miou.
Voici, v6il& : Nous ne connaissons, dans notre dialecte, aucuns
mots equivalents a ces voyelles, soit comme Adverbes, soit comme
Prepositions. Nous tournons par Tune des secondes personnes de
rimperatif du verbe regarder, agachd (et, avec la contraction,
achd), suivi de son regime direct et, ensuite, de Tad verbe aid, aqui
ici. — Exemples :
voici la voiture achds aid la voiieturo; le voil^ mort achd{s)
Vaqtii mort.
me voici, me voil& ; dcho m'aici, dcho 7n*aqiii.
te voici, nous voil^; dcho Vaici, achd{s) nous aquL
les voici, achdis) ions aid; le voici qui vienl achd{s) Vaqui que
ven,
Le voici, les voici se rendent aussi par es aid, sou aid. —
Exemples : le voici qui vient es aid que ven, les voici qui vien-
nent sou aid que v^nou,
L'origine des mots francais voici, voil&, est evidemment : vois
ici, vois Id; ce qui so rapporte a merveille a notre tournure langue-
docienne. On rend encore vpici, voild, par ici il y a, Iji il y a. —
320 GRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE.
Exeniple : volbi mon livre, voil& le tien; aid i-o moun libre, aqui
i'O lou tioii.
Nous y voici se rend par aid sen (ici nous sommes); ce qui
signifie : allons-y de coeur! did sen!
CONJONCTION.
Quand, adverbe et conjonction, se rend souvent par qxian (du
latin quando)^ ou can : quand il vous plaira qtian votis plaityj; il y
eut grande f^te quand il naquit i-achet tm festendl can nusquet,
Lorsqu'il y a interrogation, doute, incertitude, etc., quand se
rend par coio^o : quand viendrez-vous? coi'fro vendr^s? je ne sais
quand il viendra sabe pas couvo vendro; dites-moi quand vous
viendrez digaisyme cohvo vendr(?s; qui salt quand il aura fini!
qual sap coin^o (a)our6 finit !
Lorsque le verbe est accompagn6 d'un mot negatif, la conjonction
ne se rend par pas mis apres le verbe : personne ne le croit degus
on crei pas; personne ne le lui a fait avaler lydrsouno i-ou o pa{s)
fach engouli; jamais je ne Taurais imagine ou aou(r)i6 pa{s) jamdi
amagindt; deux femmes ne peuvent vivre longtemps d'accord dos
fennos se podou pa(s) lotcntenis) coiunpatL
Ni... ni se rend par n?... ni, et tres souvent par n?... ni mai, pour
donner plus de force au second membre de la phrase. — Exemples :
ce n'est ni toi ni moi es pais) ni tu ni y(iou; vous ne pouvez Taimer
ni le hair jwndds pa{s) 7ii Vaimd ni mai Vdi; je ne saurais vous dire
ni ce qu'il a dit ni ce qu'il n'a pas dit votes pour rid pa{s) repetd ni
go qu'o dich ni mai (o qxCo pais) dirh. Mai vient du latin 7nagis.
Ni... ni... ne se rendent par ni... ?ii devant le verbe suivi de pas.
— Exemples : ni le mari ni la femme ne ronflaient 7ii rhome ni la
fenno rouncdbou pas; ni Tor ni la grandeur ne nous rendent heu-
reux ni Vov ni las grandous nous rdndou pas crouses.
II ne... ni ne, precedant chacun un verbe, s'expriment par ni
noun repete. — Exemples : il ne pleure ni ne rit ni noun plouro
ni noun ris ; ils ne mangent ni ne boivent ni noun mdnchou ni
'noun bibou.
Que, signiflant jusqu'^ ce que, se rend par qtCoun, avec le
Subjonctif. - Exemple : je ne sortirai pas que vous ne me le disiez
sourtirai pas qxiov.n m*on digurs.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 321
Que ne, signifiant pourquoi pas, se traduit par p^r de que.,,
pas, oil par qu'oun. — Exemples : que ne sortiez-vous de la? p^r
de qu^ sourtissids pa{s) d*aqui? ou, mieux, qu*onn sou?Hissids
d'aqui ?
Quand que... ne s'emploie dans le sens de crainte, de doute,
d'empfichement, d'incertitude, on le rend par que sans negation. —
Exemples : j'ai peur que vous ne plongiez dans le bassin at pdou
que cabuss^s din lou pesquU; je crains qu'il ne vous derange
Ci^dnie, oil ai pdou que vous destorbe,
Apres un comparatif, que ne se rend parl'ois 61eganiment par que
noun pas. — Exemple : il vaut mieux travailler que ne rien faire
val mat tvabayd que noun pa{s) gusechd.
Ne... que, signifiant seulement, se rend p^rpas que. — Exem-
ples : il ne fait que d'arriver fo pas qu^anHbd; il n'a que quatre
sous pas que qicdtre soous, ou soouses.
Quoique se rend quelquefois par quoudque (gallicisme), mais, le
plus souvent, par amdi suivi du verbe au Subjonctif. — Exem-
ples : quoique pauvre elle est charitable amdi sidguo pdouro, es
pam^n{s) caritdblo; quoiqu'elle arrive d'Afrique, elle est blonde
comme lorsqu'elle est partie a^ndi qu'arvibe de VAfvico, es tan
roussdlo coumo can partigudt.
Quoi que se traduit par que que et le verbe au Subjonctif : quoi
que nous fassions, il grognera que que faguthi, rou7idinav6 ; quoi
que vous disiez, il fera a sa t^te que que diguds, ne faro a soun
cap, ou siloOn sa 7nar6to.
Farce que et par ce que se rendent par perceque et pth^ co
que, selon le sens. — Exemples : il est genereux parce qu'il est
riche es louydl p^rcequ*es riche; je suis maitre de son sort par ce
que j'ai appris de lui sioi mcstre de soun sort p^r co que m'oou
apr^s su soun conte.
Gomment se traduit par coussi : comment voulez-vous que je
fasse ? coussi voulds que fdgue ?
INTERROGATION.
A part le verbe Interrogatif, dont nous avons parle en son lieu et
dont Temploi est tres rare, on pent dire que la forme Interrogative
n'existe pas dans notre langue d*Oc. C'est chez nous surtout, comme
228 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
on Je dit vulgairement, que le ton fait la chanson. II en est de mfeme
en espagnol, et nous proposerions volontiers d*imiter les Castillans
qui, dans Tecritare, einploient deux points d'interrogation : un,
comme avertissement, en t^ie de la proposition, et Tautre a la lin.
Ainsi,, pour dire : 6tes-vous sourd? avez-vous dejeune?si Ton ne
se sert pas du verbe Interrogatif, s^s-ti sourd ? ab^s-ti dejxindt f on
^crirait : i sds sourd ? i abes dejtmdt f Mais on ne dira jamais, comme
en frangais, ses-vous sourd f abds-vous dejundt 'i
On emploie aussi un autre mode d'interrogation avec d'autres ver-
bes que Hire et ab^ire. II consiste a faire prec^der le sujet par le
verbe : votre beau-frere arrivera-t-il ? arribat^o, lou eougndt ? la
procession sort-elle? sourtis, la poussessiou ? la prairie est ell e fau-
chee? es daydif) lou prat ? Mais, comme on peut dire aussi dans le
sens de Taffirmation : arribaro lou cuugnat, sourtis la poussessiou,
es dayd{t) lou prat, il s'ensuit que c'est encore le ton seul qui fait la
difference.
Qu'est-ce que se traduit par de que : qu'est-ce que vous
dites? de que dises ? qu'est-ce que vous faites? de que fasds ?
Qu'est-ce que c'est que se rend par de qu'es ac6 que. — Exem-
ple : qu'est-ce que c'est que vous disiez? de qu'es acd quedisidsf
On voit que ces formes ne sont pas plus interrogatives qu'affirma-
tives ou negatives. En effet, on peut dire affirmativement : saben
(nous Savons) de que dises, de que fasds, et, negativement; sabi>n
pas (nous ne savons pas) de qu'es aco que disids.
II en est de mdme de est-ce que, n'est-ce pas que, qui per-
dent le plus sou vent, dans la traduction en langue d'Oc, la forme
interrogative. — Exemples : est-ce que vous me connaissez? se
rend par me coun^iss^s ? n'est-ce pas qu'il est joli? par es pa{s)
vrdi qu*es poulit ?
Nous venons de dire le plus souvent, car on emploie quelque-
fois, mais tres rarement, la lourde tournure fran^aise : est-ce que
vous me connaissez? es que me couneisses? est-ce qu'il n'est pas
joli? es qu*es pas poulit? ajoutons que cette forme n'est pas plus
interrogative que les autres, sans le ton!
Nous ne pouvons indiquer ici tous les idiotismes de notre langue
d'Oc; mSme en nous limitant au dialecte Piscenois, un volume serait
insuffisant. Nous estimons nous etre assez etendu sur ce sujet pour
,en donner une idee approfondie aux rares curieux qui voudraient
entreprendre cette 6tude. La pratique fera le reste.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 223
Pour terminer cette premiere partie de notre ouvrage, nous allons
ajouter, comme exercice de lecture et de prononciation, une 16gende
fantaisiste puisee dans le divertissant et spirituel recueil de La
Gampdna de Magaloi!lna, de Montpellier. L^Administration du
Journal nous a gracieusement autorise a la reproduire, sans toutefois
nous permettre, k notre grand regret, de soulever le voile du pseu-
donyme derriere lequel s'est dissimule I'auteur. II va de soi que
nous avons dtt pratiquer, dans cette oeuvre, certaines modifications
indispensables pour pouvoir Tadapter, sans lui rien dter de son
caractere, a notre idiome local.
Rappelons ici, au prealable, les regies principales de la pronon-
ciation ; on trouvera les autres dans la Grammaire, pages 23 et sui-
vantes.
L'accent aigu siirmontant une voyelle quelconque, y compris IV,
indique qu'elle est longue.
Les accents circonflexe et grave ne se posent que sur des e.
Tout e affects de Taccent grave est ouvert et bref .
Tout e surmonte de l'accent circonflexe est ouvert et long.
Tout e, de m6me que toute autre voyelle, marqu6 de l'accent aigu
est long et fermd.
Tout e, de mSme que toute autre voyelle, ne portant aucun accent
est bref. Ue prive d'accent est toujours ferm^.
Tous les ou sont consideres comme une voyelle unique, mais l'ac-
cent aigu, quand ii y en aura un, portera seulement Vu,
Tout mot ne portant aucun accent aigu ou circonflexe doit
avoir sa dernidre syllabe longue.
Deux mots associes par un trait d'union se comportent, a cet
egard, comme un mot unique.
Tous les verbes de la premiere et de la troisifeme Conjugaison
dont les Infinitifs sont en a et en i ont ces terminaisons lon-
gues.
Les verbes de la deuxieme Conjugaison, en g, ont, k I'lnfinitif, la
p6nulti6me longue. Leur voyelle terminale e est, au contraire,
faible et brdve.
Tout monosyllabe est cense bref, a moins qu'il soit suivi d'un
signe quelconque de ponctuation, — qu'il termine un membre de
phrase — ou qu'il forme une Interjection. Dans ces trois cas, il est
long.
Les diphtongues dou, eon, dote sont indivisibles et ne rendent
224 GRAMNfAiKE LANGUEDOCIENNE.
qu'un son unique. Elles soiit, ainsi que nous Tavons vu (p. 15) lon-
gues ou breves selon leur position. Quand elles prennent Taccent, il
porte toujours sur la premiere voyelle.
La finale longue d'un mot pris isolement peut devenir br6\re
selon le mot qui suit.
ExEMPLEs. — Vi7^ds (a long) retournez; — vira{s) vous {a bref)
retournez-vous.
A CO vo 7nvjou {ou long) cela va mieux; — p^r miyou vdire {ou
bref) pour mieux voir.
Es brdbe {a long) il est bon; hrab{e) h6me (a bref) brave homme.
A de que pensds {a long) a quoi pensez-vous? — ie pensas pas
(a bref) vous n'y pensez pas.
Aqu6l {(& long) celui-la ; — aquel efdn {e bref; cet enfant.
Defiin {e long) defends; — defen-U {e bref) defends-toi.
Say^cisses {e ouvert long) reprisez; — sa7Xtsse{s) lou {e ouvert
bref) reprisez-le.
SourtissH {d ouvert long) sortez ; — sourtiss^{s) vous {e ouvert
bref) otez-vous.
Dans le Toulousain, le pays de Foix et autres, et selon le cas dii
premier de ces exemples et des deux derniers, il en est diflterem-
ment : le verbe conserve son accent. Ainsi, Ton dit : virdUvous,
savcisse(syie, souriissei-vous, Naturellement, le frangais, dans ces
regions, s'est ressenti de cet usage, et nous avons maintes fois en-
tendu dire : pren6Ie pour prenez-le; xnangMe pour mangez-le;
gardMe pour gardez-le; voy61e pour voyez-le. II est vrai que ces
personnes n'appartiennent point a llnstitut !
Nous n'accentuerons dans Texercice suivant, afin de justifier son
titre, que les voyelles qui ne tombent pas sous Tapplication des
regies qui precedent. Les elisions ne seront pas marquees, sauf celles
de TArticle et de quelques pronoms, propositions et conjonctions,
tels que que, dmbe, coiimo, etc., signalees d'ordinaire par Tapos-
trophe.
GKAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 225
NOSTRE-SEGNE A COUCOUMIO
CONTE DE JOUS LA CHEMIGNfilRO.
I.
Ero nioch. Lou loun d*un riou destrech e paou founzut, Nostre-
Segne se passejiibo. Lou tens ^ro acalat e Tdigo, lindo coiim' un rai
de sourel, cascaiechabo sul grabenas. I-abio sul tarren lino coiicho
de n^ou e, de yon-t-en yon, s*assegutabou din lou ciel de grossos
mouscos blancos.
Jous sa cApo de pastre — uno vieyo roupo manlevado al soul pastre
del Paradis — Nostre-Segne se risio del frech et de la n^ou, de sorto
que, pla aparat qu'6ro e tout regouluinat, s'en anabo dout^oraenet
coiimo se passejou lous amouroiises quan lous prach embaoumou e
que lou passerat fo soun nis.
De soun loun bastou, pounchut a-n-un bout e croucut de Taoutre,
Nostre-Segne escartabo lous bartasses que i-e barrabou lou cami e,
drago-drago, camin^bo lou loun del rec.
Coumo la n^ou toumbabo pus espesso, aloungu6t lou pas. Lou
riou, de mai en mai destrech, s'amagabo jous la baouco et rachabo
dins un gran prat. Aqui Taigo, molo e fegnantasso, s'endourmissio e
semblabo delembra de courri. A tout cop, lou vouyachur se laissabo
arresta per caouque coiiide.
— Anfin, oiinte si6i?
E, agachen a Tentour d'el, devistet a sa gaouclio, amoundaou sul
pi6ch, uno moulounado de niurayos, quicon coum' un vilage. Per
miyou veire, faguet saouta lou capuchou que i-atapabo lous iols e se
quiyet.
Detras la neou que toumbnbo, se devignabo de tourres pounchu-
dos, un viel castel e un clouquie; e. din lou ciel, se cresio veire
mounta e s'escampiya de hlrges ribans de fun.
— AnenI se digu6t Nostre-Segne, anarai amoun acaba la n^i. Lou
capelan me prestaro be, saique, un pougnat de payo per fa moun 16i
15
226 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
din lou prumie cantou vengut de soun oustal! M^ coussi s'ap6lo
aqu6ste vilSge?
E Nostre-Segne se gratabo lou cap san poiirre descoubri anoun-
t-6ro.
— Es drolle que p^rde chaco cop la souvenencc al prumie pas que
faou sus terro ! Al ci6l sabe tout, e, san me troumpa, mensounario
ch&co crestian per soun noun, countario lous gros de saplo sur la
plajo : legisse din la counsienso des homes — aquel libre tan res-
coundit — e ai pas pu leou fach droubi las nibous p^r dabala iusabal
que moun poude me quito.
E Nostre-Segne caminabo touchour.
— Pamens, aici io un mouli... saouproou be me dire oun sioi.
— 6ou! rh6me bland crid^t en tusten.
— Qual sono?
— Un paoure vieyet que cerco soun cami.
E Nostre-S6gne se faguet tout amb' un cop vi^l, vi^l qiie jamai.
— Dintras, dintras; fasen la brasucado e ne proufitares. Ses be tar-
di6 per aquestes camis?M'abes ler tout desanat! Anen, venes tou-
jour prene uno flambado; deman vous taren veire lou cami. Res
vous pr^sso pas.
— Gramecis. brabe home ; me oal parti de seguido, que sioi espe-
rat aqu6sto n6i.
— I-e pensas pas, moun Dious! amb* aquel tens!... M^ troubares
pas jamai vostre cami ! lou sol es atapat per la neou e anares cabussa
din caouque balat.
— Aches pas poou, Thome. Digas-me soulomen dequ'es aquel
vilachot quiyat sul pioch, a man gaoucho.
— Es Coucoumio.
— AI es Coucoumio! Alor, aici es Tourtour^l?
— E oiii.
— I-e si6i, i-e si6i.
E, daban de quita lou mouli, Nostre-Segne demandSt al mouligne
de i-e dire co que i-agradabo lou mai.
— Sioi un paou sourcie, i-e faguet lou vieyet, e me farai gaou de
paga vostre boun acul. Antal vous remembrares miyou de yeou.
— Ai! moun Dious t respoungu^t Taoutre; demaade d'abeire tou-
chour un croustet per chaco paoure que passaro, prou de farino
miouno per faire moun pan e de trabal juscos a moun darife jour.
— Aoures tout aco. Adissias, amai a la coumpagno, e gramecis!
GRAMMAIRE LANGUEDOClENNE. 227
II.
Nostre-Segne, per lou gran cami, s'agandissio daou Coucoumio.
Lou tens ero pus viou e la neou pus espesso.
Tout and' un cop, un balalin-balalan coupet Ter coumo un cpp de
fouet, e la campano escampet din la nioch tout un gros rachol de
cacal&sses.
Nou6 1 Noue ! Grando nouvolo I
Las anchos ciintou : Gloria I
— Ai pla caousit moun hoiiro per visita Coucoumio, se diguet
Nostre-Segne. Vaou veire per toiitos las carri^iros s'encourri daou la
gleiso homes, fennos, manich e manidos. Despachen-nous.
E camindbo tan que poudio! Arribet anfin sus la plasso del reloge,
daban lou gran pourtal de la gleiso. Vechet passa tout Coucoumio.
La campano campanechabo touchour a gran balan e la n6ou toum-
babo espesso, coumo tombo la lano de las fedos jous lou cis6ou del
toundeire.
Las anchos cantou ; Gloria!
Nostre-Segne intrfit din la gleiso. Ero pleno coum* un i6ou. Amb'
aquel moumen lou capelan mountabo a Taoutel.
— Vaou dire la messo amb*el, soudiguet Nostre-Segne.
E, tan l^ou dich, lou paouras disparesquM e Jesus mountet al
coustat del capelan.
Tout lou tens de la messo, lou seguiguet, sans se fa veire, mb
laissabo devigna sa presenso.
Destimbourlat, lou curat perdet la tremountdno : marmoutet a pu
pres las priyeros, cantet tout de trabes, entounet faous lou Glorid,
laissM racha la bureto del vin blanc sus dech de I'acolito que lous
lecabo per mesuro, e touchour agachabo de coustat, que pregu^sso
ou que cant^sso.
Lou capelan acabet la messo san saoupre ounte ero. Mes al mou-
men de la coumunioun, quan se biret daou lou pople a ginouls, aou-
siguet uno voues que i-e disio :
228 6RAMMA1RE LANGUEDOCIENNE.
— Vai doucomen, Nostre-Segne te sousten.
Tout trampalinechen, palle coumo un gipas, dabalM a la sento-
taoulo e distribuM lou pan sacrat...
Lou paoure home fasio pietat de veire : anet mai de vint coch d'un
bout a rdoutre de la sento-taoulo, car lous Coucoumieus fasioou
soun debe de crestians.
E touchour, coumo s'fero estat estacat a sous pisses, aquel caou-
cun — que vesio pas — lou seguissio, s'aginouyen quan s'aginouyabo,
se biren quan se bir&bo.
Aban la fi de la messo, Nostre-Segne s'avaliguet per ana veire a
Toustal del curat qo que fasio Toun^to, sa servici&lo. Tourna-mai se
fagufit vi61 ambe sa capo, soun bastou croucut e sa caro de paoure.
Tustfit a la porto de la ciiro.
— Cal es aco? demandet Touneto.
— Sioi un paoure malerous. Ne pode pas pus ; doubrisses-me pfer
Tamour de Dious I Sioi tout estrementit I
Tout aco dich d'uno voues pietadouso.
— Ana voun! Anas! Aben pas lou tens. Es pas a dos houros de la
nfei qu'on ven tusta a las portos.
— Me sioi perdut din la n6ou e sioi tant vi61 que pode pas coun-
tunia de marcha : mourisse de frech.
Sas dens petabou I'uno cronto Tioutro e soun bastou, qu'escapet
de sous dech jalach, anet resquiya sus la porto
Touneto entredourbiguet. Tant-leou veire aquel vieyas s'espaou-
ruguSt.
— Coussi, i-e dis, ses pas anat a la glSiso? Sabes pas qu'es NoiiS?
Serias miyou alai que per carrieiros. Beleou ses deganaou? Moussu
lou Curat vous ficario a la porto s'ero aici. S*es pas uno vergougno
de roundaleja a-n-aquestos houros !
Nostre-Segne capuchet e vechet flamba Taste. Lou capou biribo
daban lou fioc e, sul poutache un parel de flascous poulsi^irouses
esperabou lous ostes que lous boiiidarioou. S*antibo faire regagnou
aqui, dins aquel oustal, oiinte barrabou la porto a Nostre-Segne!!
Touneto, empjicientudo, i-e tanqu6t la porto sul nas.
A la glSiso, lou curat, que se cresio saoubat despM que sentissio
pas pus a soun coustjit lou persounage misterious, abio entounat lou
Maniflraf, Mes, agacho t'aqui que zou ! Nostre-S6gne se ven tourna
planta sus sa drecho e i-e dis :
— Quan vendras pica a la porto del Paradis, sen Pdire te faro
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 229
coumo m'o fach ta servicialo : te barraro la porto; Adioul sioi Jou
Grist!
E lou capelan vechet parti de Taoulel uno fumado laougSiro que
trabess^t la cr6to de la gl6iso e se perdet dia lou ci61. TrantayechSt
e s'estabaniguet. L'empourterou a la sacristio.
Quan revenguSt a-n-el demandet Touneto :
— De qu'as fach, maleroiiso? As mes, an6i, lou Boun-Dious a la
porto.
— Me sounchas, Moussu lou Curat! Ses incaro malaoute!
Galo-te, TounSto. Nostre-Segne ven de quita toutes-cas aquesto
gl6iso. Ero tout estoumacat. L'ai aousit quan m'o dich que sen Pfiire
me barrario la porto del Paradis coiimo tus i-as barrat la porto de la
euro.
— Me vous dise, Moussu lou C4urat, qu'es pas poussible. Es pas
vengut qu'un paoure i-o uno iniechourado.
— E be! aquel paoure ero Nostre-Segne.
— Coussi! aquel paouras, Nostre-Segne? aquel coucjlrrou que
marc&bo tan mal, plSgat dins uno vi^io capo raoubado, soulide, a
caouque peiarot?
— Es aco, Tounfito.
— E per deque abio tan michiinto mino? Aurias dich que voulio
mancha tout vostre regagnou.
— Touneto, Nostre-Segne o dich : « Cal dono as paoures dono a
Dions. » Es estat lou pus gran paoure, el qu'es nascut dins un
estaple !
III.
E agachas-aqui perdeque se dis qu'a Coucoumio lou Boun-Dious
i-o pas passat que de nioch.
Maremonta.
(Estr^t de la Campdna de Magalouna, e rebirat del Moumpeieiren
al parla de Pesenas.)
Desirant aussi payer notre ecot, nous oiTrons au lecteur, en recla-
mant toute son indulgence, le badinage suivant, que vient de nous
inspirer la fable si connue de Lafontaine : Le Meuniev, son Fils
et VAne.
280 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE,
LOU MOULIGNfi, SOUN EFAN E SOUN ASE.
Vous vaou counta, san rebistour,
Co que, lou dilus de Pasquetos *,
Ou, se voules, un aoutre jour,
•
Lechiguere din las gasetos,
D'un moulign^ des pus upach,
Coiimo que dirio lou des Prach 2.
Pode pas dire oun demourdbo
Ni quane mouli derichabo,
Lou de Counas^? de Flouressac*?
Tan pla lou de moussu de Crac !
Me vous dirai san clarineto
Que soun escai ero Truqueto ^.
Dounc, uno n6i, daou lou mat!
Que lou ven venio del mari,
Qu'inctlro la liino esclairabo,
E p6r evita la calou,
Ambe soun ainat s'en anabo
A Glarmoun* vendre Cougourlou.
— De qu*es Cougourlou ? m'anas dire :
C6rto, vous respoundrai san rire,
Qu'ere soun jlse : un bel bardot
Que cregno res mai que lou trot ;
Tabe la graisso Testoufabo
E lou ventre ie rabalabo.
Jamai lou mfercat de Glarmoun
pas vist ase tan redoun !
1. Lc dimanche de Quasimodo.
2. Le moulin des Pros, k 2 kilometres de Pezenas, dependait de la Grange-des-
Pr6s, qui fut longteraps le sejoiir favori des dues de Montmorency, et, plus tard,
des princes de Conti, et qui, dit-on, abrita aussi Moliore.
3. Conas, hameau dependant de Pezenas.
4. Florensac, chef-lieu de canton.
5. Truqueto sifjnifie litteralement un quart dc litre de vin.
G. Clermont-rHerault, clief-lieu dc canton qui possede un marche aux bestiaux
tres frcquente ; patrie du felibre Pcir6to.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 231
Passat Lezignan *, daou sieis hoiiros,
Dechun^rou joust un bartas ;
Cougourlou manchet las amoiiros ;
E, coiitno Truqueto ero las.
Mounts su I'ase : — que se fouto !
SoudiguM-el; prefere mai
Dessu rbardou faire ma routo.
Jusqu'a Paouian^ me paousarai.
Per passa Boinos ^ s'arrestSrou ;
Aladoun lous fouech barayferou !
Cougourlou ne vourguet pas pus.
— Pren lou bridal, diguSt lou paire
A Tefan, e tiro daou tus. —
Ni per aquelo ! Goussi faire!
Cougourlou vol pas abansa ;
Lous coch de biyot que petabou
Lou fasioou pul6ou requioula !
Din lou tens que repoutegAbou,
L'efan digu^t : estaquen lou,
Quan diourian ie douna de nimpos ;
Passen i'uno barro entre cambos,
Liados amb'un fort singlou,
E sus I'espallo carguen-lou.
Lou vi^I, aprouben la pensado,
Ach6t leou fach sa dabalado.
Coumo s'ero dich se fagu6t
E, penchat, Tase vouyach^t,
Encantat d'aquel* abantiiro
Que lou passechabo en voueturo.
Antal Boinos se trabesset
E tout coumo cal se passet.
Me, proche de la Coundamino*,
Un p^stre lous escridasset :
1. Lezignan-la-C6be, commune du canton de Montagnac.
2. Paiilhan, commune du canton de Montagnac.
3. La Boyne, petite riviore qu'on passait k guc, tributaire de I'Herault.
4. La Condamine : Vov, ce mot dans le Glossairc.
232 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
— Ount' anas, mSstre Jan FarinoS
En cacalassen ie faguSt?
Quane des tres es loii pus ase ^ ?
Al soulide es pas lou penchat
Que joiiis de fa lou ginniise,
Sus vostros espallos pourtat !
— Abds rasou, respon Truqueto
Que deja ne poudio pas pus,
Aqui gn'o prou d'escarpoul6to !
Paouse iou fai : paouso lou tus.
Cougouiiou ie pourtat sa plento,
En soun patoues tout roundinan.
Me riguerou de sa coumplento.
Truqueto fo mounta Tefan
E se met a marcha daban.
Dous couarrous^ que venioou d'AgnSno*,
Lous rencontrou proche d*un mas :
— De que fas aqui. La Sultano ?
As pas vergoiigno, fegnantas!
D'estre mountat coum' un abesque
Quan toun paire courris lou risque
Que Tatrapou mort en cami.
Es pas geinat lou Benjimi !
— Ahds rasou, ie fo Truqueto.
Dessen d'aqui : yeou mountarai,
Que deja sioi las que jamai !
Be-16ou fario la candeleto !
L'efan saouto san difera;
A sa pltiro monto lou paire.
Tres fiyos qu'anabou soufra
PAssou per aqui : — Quan' afdire I
Digu^t Tuno, gueito aquel vi^l,
Amoun quiyat coum' un vud^l,
1. Samom donne aux meuniers.
2. «f Le plus Ane dos trois n'csl pas celni qu'on ponse. « (Lafontaine.)
3. Surnom donn6 aux Saveticrs.
4. Aniane, choMieu dc canton de rarrondissement de Montpellier.
GRAMMAIRE LANGLEDOCIENNE. 2S&
Penden que soun efan, pecaire !
Rabalo Tesciop tan que pot!
Sabe pas quane es le pus sot
— Lous vud^ls sou pas de moun age *,
Fagudt Truqueto : Goullamas I
Sabe pas de que vous mesclas ;
Ana vou'n a vostre vilage,
Floe de mourrudo, e lestomen !
Las fiyos s'en voou tout riguen.
— Pamens, penset m^stre Truqueto.
8e pourrio be qu'achesse tor,
E CO que in*o dich la fiyeto
Be-16ou es vrai : Counfiteor !
Din lou tens qu'antal rasounabo,
Cougourlou fagu6t un faou pas ;
Ero un besoun que lou press^bo.
S'arrest6t court, lou cap en bas,
E lachet uno pissarrado.
P^i abaisset soun mourre al sol
Per ou senti, coumo foou toiites,
(Ase ou saoumo, siloua sous goiistes,
En niflen e droubiguen Tiol),
Despei Tarrfist que V Diou trounaire
(Que s*en enchaoutabo pas g^iire)
Prounouns^t a sous deputach,
Lous quiten antal rassurach :
Tan que pudh^o vostr* iirino
A Olives de tustaous su Vesquino,
Entree que sentii'o lou mus
Vous jure que rCaoui^es 2)as pus - !
Quant achet fach Tesperienso,
Cougourlou souspir^t : pacienso!
E diguet en moustran las de^is :
A I Oran Dions, que gn'o pdr de tens !!
1. « II n'est, dit le mounicr, plus do vcaux a mon Age. » (Lafontaine.)
2. Ces quatre vers, en italiqiies, et les deux aiitres, un pen plus bas, sont tir6s
du Sidge de Gadaroussa (2« chant) du celebrc cure Favre.
J
234 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
Abio pas tor car, de seguido,
Truqu6to fo monta I'efan
En croiipo, e filerou d'aousido,
Ai galop, per gagna Paouian.
M6s abioou pas fach dous cens passes
Qu'entend^rou de cacalasses.
Ero uno troupo de fegrians
Que fasioou mestiS de mandians :
— Per aco ! diguSt un caracou • ,
Dous ^ses sus un f noun se pot !
L'escraucaroou ; sous osses cracou ;
Ne crebaro, lou bourricot I
— Abds rasou, ie fo Truqueto ;
Per lor, quiterou la seleto.
Cougourlou lous.remerciet,
SaoutSt, petet e reguinnSt,
C'ounten de se senti revioure,
E laoug^ coumo un tap de sioure^.
Lou paire e Tefan seguissioou,
Countens atabe ; sourisioou
D'dstre a Fabric de tout reproche :
D'ayur de Paouian erou proche.
Coiimo lai anabou dintra,
Pfer f^t de se desaltera,
Foou rencontre d'uno viei6to
Ou*6ro la t^nto de Truqueto :
— A ca ! ses a pe, sens coutrals !
Ie fo, — ses mai qu'ouriginals.
Coussi ! per aquelo bourrico,
Gastas de soui^s, e susas !
Tan val ne faire lino relico!
Truqueto responguet tout bas :
Oiii ! sioi un ase, ne counvene ^ :
1. Nom populaire des Gitanos ou Boh^miens.
2. Vovez res mots au Glossairc.
ft
»3. Jp siiis ino, il est vrai : j'en conviens, je ravoiie.
GHAMMAIHE LANGTJEDOCIENNE. 335
Toiites ou disoii, m6s soustene
Que lou pus baou es lou que vol
Countenta Pi^rres amai Pol,
Couutenla sa mdire e sa tanto !
Vole papus escouta res !
Que digou quicon ou pares ^
M*en foute coiitno de Tan cranto !
Notre plus grand souci etant de rendre aussi complet que possible
ce lrait6 de notre riche et harmonieuse langue, nous avons juge
indispensable de le faire suivre d*un Glossaire dans lequel figureront
seuleinent les mots les plus usuels de notre Dialecte qui n'ont pas
6td adopt^s par la langue frangaise ou qui n'y out pris
place qu'avec un sens absolument different, ceux-ci nous
interessant au ra^me degre.
L'enumeratlon suivante fera suffisamment apprecier ces diffe-
rences :
Agf^'e, sm. Signifle pour nous ; point d'appui d'un levier, et,
en francais, Tadjectif aigre.
Faire dgy^e faire abatage, terine technique ; sans Equivalent en
francais.
A7'hoiilisur, adj . Tralnard, lambin : en francais : herboriseur.
ArmandCs sm. Gomm^rage. cancan; en fr. : almanach.
Brdbe, adj. Bon, bon enfant; en fr. : brave, courageux.
CaimaMl, sm. Femme ^cervel^e, toqu6e ; en fr. : carnaval.
Carrddo, sf. La mis^re; en fr. : adj. carr6e.
Conlino, sf. Grand creux dans une terre ; en fr. : 616vation.
Chambreiro, sf. Tripled de cuisine ; en fr.: femme de chambre.
Englouti, va. Bosseler: en fr. : engloutir.
Mdlo, sf. Ghapeau k haute forme ; en fr. : malle.
M4mbre, sm. Local petit ou grand; en fr. : membre.
Parasol, sm. Parapluie ; en fr. : parasol, ombrelle.
Sanglout, sm. Le hoquet; en fr. : sanglot.
Talen, s. m. Faim; en fr. : talent, aptitude.
Nous avons eu le soin de joindre k la plupart des mots leur origine
latine ou grecque.
1. a Qu'on dise quelque chose ou qu'on no disc rien. » (riafontaiue : Le Mcunier,
son Fils et I'Ane.)
ABRKVIATIONS
adj . f adjectif feminin.
adj . m adjectif masculin.
adv adverbe.
angl anglais.
art article.
b bas,
conj conjonction.
esp espagnol.
fam familier.
fig., au fig au figure.
int interjection.
it italien.
lat latin.
litt litteralement.
loc. adv locution adverbiale.
loc. prep locution prepositive.
part, pas participe passe.
part, pr participe present.
pi pluriel.
prep proposition.
pr pronom.
pr. dem pronom demonstratif.
pr. pers pronom personnel.
pr. pos pronom possessif.
pr. rel pronom relatif.
sf substantif fOminin.
sing singnlier.
sm substantif masculin.
V verbe pronominal.
va verbe actif.
V. def verbe dcfectueux.
V. imp verbe impersonnel.
vn verbe neutre.
vulg vulgaire.
GLOSSAIRE
CONTSNANT
LES MOTS LES PLUS USOELS PARMI CEUX QUI N'ONT POINT PASSE DANS LE FRANCAIS
OU DONT LE SENS DIFFERE DANS LES DEUX LANGUES.
Abatayd, va. Attaquer. Se dit, le plus souvent, d'un arbre dont on
abat les fruits au moyea de gaules ou de pierres.
Ab^l, adv. Labas; en bas.
Abandl, sm. Vanneau, oiseau. De vanellus.
Abeldno, sf. Noisette. — Abelagndiro plantation de noisetiers.
Du latin avellana.
Abiourd, va. Abreuver. De bibere.
Abitd, vn. Atteindre : i-e pddes pas abitd tu ne peux y atteindre.
De habit are.
Ablasit, adj. Fatigue; harass^. Se dit des personnes et des choses.
De ablatus.
Abrasd, va. Raccommoder. Se dit des chaudrons et objets de cui-
vre : estamd casserdlo; abrasd! cri des nomades dits ab7''a'
saires qui op^rent sur les places et a domicile.
Acabd, va. Achever.
Acaldt, adj. Apaise, caltne, tranquille.
Acampd, va. Cueillir; amasser : acampd de cagardoulos, de figos
ramasser des escargots, cueillir des Agues. Acampd d^argen
thesauriser. — Suppurer ; amasser.
238 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
s'Acantound, v. Se blottir dans un coin.
Acassd, va. Saisir; attraper.
s'Acatd, V. Se tenir coi. — Acatdt, adj. Tranquille; immobile.
8'Acatould, V. Se pelotonner comme les chats pres du foyer.
s'Aclapi, V. Se tasser. — Aclapit, adj. Tasse. Se dit surtout du sol.
s'Aclatd, V. S'accroupir; se baisser, les jambes ployees sous le
corps.
Ac6; Ac6s, pron. Cela : acos aco (pour aco es aco) c'est cela!
s'Acouqueli, v. Se mettre en grumeaux.
Acouti, va. Atteindre quelqu'un que Ton poursuivait.
Acrin, sm. Faitage. Du grec i[xpi<; sommet.
s'Adali, V. — Adalit, adj. Se dit d'un fut dont les douves se disjoi-
gnent.
Adar6, adv. A la suite : v6ou adar^ coumo d'hdrto ils vont a la file.
Adissids, interj. Soyez a Dieu! Adissids^ moussu (ovt 7naddmo) e
a la coumpdgno bonjour, monsieur (ou madame) et a la com-
pagnie. Cette formule, dont la plupart de ceux qui I'emploient
ignorent aujourd'hui la signilication, s'adresse m^me a une per-
sonne seule, en consideration de TAnge-gardien qui I'accom-
pagne.
Adoubdire, sm. Hebouteur ; du v. Adoubd remettre en place. De
adhibeo.
s'Adrayd, v. Se mettre de bon coeur au travail. — Se dit aussi d*une
filtration de liquide, d*une source, dont le debit augmente pro-
gressivement.
Afaluc^t, adj. Altere par la soif.
Afistoulit, adj. Fan6, maigri : moiirre afistoulit figure fletrie,
fatiguee.
s'Aflaqui, v. S'affaiblir; devenir mou. — Aflaquit, adj. Affaibli.
Afrotis, adj. Enorme; colossal.
Ag^, interj. Vols! regarde! imperatif contracte du suivant.
Agachd, va. Regarder. Du grec oLyiX^xxi, Voy. guditd.
Agacis, sm. Cor aux pieds.
Agafd, va. Accrocher; saisir : (mo i^ounze m'o {a)gafdt une ronce
m'a accroche.
Agalotis, sm. Plante epineuse des pres : aqu^l pi^at es pie d*aga-
lousses.
s'Agandi, v. Se diriger vers quelqu'un ou quelque chose.
Aganit, adj. Frele; delicat ; amaigri.
GRAMMAIRE LANGCEDOCIENNE. 239
Agantd, va. Saisir avec la main : agantard lou cout&l il saisira le
couteau. — Recevoir : agantH un brdbe carpdn il regut un bon
soufflet.
Ag^sso, sf. Pie, oiseaii. Voy. amargdt.^
Agn^no, sr. Aniane, ville dont les habitants, bien a tort sans doute,
ne passent pas pour gens d'esprit.
Agn^ld, vn. Mettre bas des agneaux. On dit aussi d'un mur en
train de s'6ventrer : vo agneld! Et la breche produite par Tecrou-
lement s'appelle un r)U(idl un veau. Du latin agnus.
Agoi!L8t, sm. Aout. De augtistus.
Agoutdl, sm. Sorte d'ecope munie d'une poignee au lieu de man-
che.
Agoust^n, adj. Ne dans le mois d'aout : Tern. Agoust6nco. Se
dit des poules, perdrix, etc.
Agrad^, vn. Plaire ; convenir a. De gratus, grata-
Agr^s, sm. Vert; non miir. Mdnchoii la cibddo, las v^ssos, en
agrds ils mangent Tavoine, les vesces, avant leur maturite.
Agre, sm. Abatage au moyen du levier. — Se dit aussi du point
d'appui : Vdgre es pas py^ou fort Tappui n'est pas assez fort.
fdire dgre faire abatage.
Agr^to, sf. Oseille, plante potagere. De acer, acris aigre.
Agrouxnandi, va. Allecher.
Agrundlo, sf. Prunelle; prune sauvage.
Agui&U sm. (vieux). Vent marin du sud-est, appele aujourd'hui lou
grec. Prov. : lou gr^^c pldcho al b^c le grec apporte la pluie. Du
grec at-^taXb? rivage de la mer.
Aici, adv. Ici. Aici-sdn, loc. adv. En veux-tu, en voili!
Aig^che, sm. Rosee matinale.
Aigassechdt, adj. Mouill^ par la ros6e ou la pluie. Se dit du sol,
du fourrage.
Aigo, sf. Eau. — Aigaloiis, adj. Aqueux. — Aig^t, inondation.
De aqua.
Ain^t, sm. Aine, fils aine. De agnatus.
Air61, sm. L'ensemble des gerbes disposees sur le sol pour Stre
depiquees. — Le monceau de debris de paille, de grain et de
balles provenant de la depiquaison, mais non encore separes par
le vannage. De ar^ea,
Aissdple, sm. et adj. Farceur, ennuyeux et tracassier. — Aissa-
plarid, espieglerie.
240 GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
Ai8s6t, sm. Herminette a manche court. — Aisso, sf. Herminette.
De ascia.
s'Achass^, V. Se coucher par terre. — Achassdt, adj. Couche. tSe
dit des bles verses. Bejacere,
Ajud^, va. Alder. — Aji^Ldo, sf. Aide. De adjuvare.
Ajustoi^, sm. Chose ajoutee a une autre de mdme nature qui se
trouvait trop etroite ou trop courte : o 7nes un ojustoii a sottn
coutiyoun elle a ajoute a son jupon.
Aladoiin, adv. Alors.
Alandd, va. Ouvrir grandement : aldndo la porto, la fenestro ouvre
la porte, la croif>6e, a deux battants. Alanddbo las dlos il eten-
dait les ailes. De ala.
AMrmo. sf. Tocsin.
Alassd, va. Fatiguer.
A16, sf. Respiration. De halitus.
Alencdmbro, sm. Ver luisant.
Alinddo, sf. Aramon, variete de raisin tres productive. Voy. rflfea-
kiive.
Alis^, va. Polir. Au fig. flatter.
Alucd, va. AUumet, une chandelle ou le feu, avec Fallumette dite
liiquet. De lux,
Amadurd, vn. MCirir. De maturare.
Amagd, va. Cacher. — AxnagatdL sm. Cachette. De ambago.
Amagnag^, va, Caliner; amadouer. Se dit a propos d'un enfant.
Am^i, adv. Aussi; encore.
Am^isd, va. Apaiser; adoucir.
Amalug^, va. Meurlrir de coups; ereinter.
Amarg^l, sm. Iviaie vivace, ray-grass des Anglais, plante fourra-
gere.
Amarg^n, adj. Amer. — Amargantoti, sf. Amertume. De ama-
ynis.
Amargdt, sf. Pie : lous amargoch oou tout devourit les pies ont
tout devore.
Amarino, sf. Osier, arbrisseau a saveur amere, dont on fait des
paniers. De amarus.
Ambe, prep. Avec. — Ambac6, Andac6, avec cela. De amho.
Amell^nco, sf, Une des meilleures varietes d'olives comestibles.
Am^llo, sf. Amande. — Amellar^do. plantation d^amandiers. De
amydalus.
GHAMMAIRfi LANODEDOCIENNE. ^1
AmenudA, va. Gouper menu. Se dit surtout du bois k brAler. De
miniiere, minutum,
Amistoi^s, adj. Affectueux; calin; caressant. De amicosus.
Axnould, va. Aiguiser k la meule. De mola,
Amoulound, va. Rassembler en tas : amoulouno lous escuch il
entasse Ics ^cus. De moles.
Axuoi!in; AmoundAou, adv. En baut; Ik haul.
Amourid, sm. Mtirier. — Ainoi!iro, sf. Mtire. De mo^'us,
s'Amourrd, v. Tomber sur le visage.
Axuoussd, va. £lteindre le feu, la lumi^re, etc.
s'Amouteli, v. Se mettre en mottes, en plus gros SISments que
s'acouqueli.
Ample, sm. Allee entre deux rang^es de vignes dont la largeur est
exactement la distance, suivant Tequerre, d'un pied k Tautre,
tandis que I'allee diagonale, nomm^e galis (voy. ce mot), est
bien plus 6troite. De ampliare,
AnA, vn. AUer; s'EnanA s'en aller. — sm. Allure : dcos soun and
c*est son allure.
Anaoussd, va. Soulever.
Ancddo, sf. Orni^re ; asp^rit^s d'un chemin occasionnant des
cabots.
Anco, sf. Fesse; d'oCi : Anquidl, sm. Fess^e.
Ancotilo, sf. Contrefort. Terme de magonnerie. De accola.
Andr6no, sf. Huelle n'appartenant' pas k la voie publique, situSe
entre deux ou plusieurs maisons. Du latin andron (Pline) et du
grec divSp6|A£0{.
Andi, adv. Cette nuit : aussi bien celle qui est passee que celle qui
va venir : anH, dipla droumit cette nuit, j'ai bien dormi; an^i,
dansarin la nuit prochaine, nous danserons.
Angr6gno, sf. Petit lezard gris des murailles.
s'Aniqui, v. D6p6rir. — Aniquim^n consomptioni ^puisement.
De anicula vieille d6cr6pite.
AntAl, adv. Antal-b6, loc. adv. Ainsi.
Anto, sf. Margelle (d'un puits). Voy. d^^le, — Anto, sf. Greffe.
Aoub^t, sm. Peuplier blanc. De popuhis alba.
Aoubd 1 interj. Allons done !
Aoubdnco, sf. Aubier. De alburnum.
Aoubdrgo, sf. Pavie, pScbe dure.
Aouco, sf. Oie. — Aouqu^to, sf. Petite oie, oison. Vieux mot,
16
S42 OHAMMAtHE LANOU£DOClENNfi.
d'origine celtique, dit on. Berthe, la mere de Charlemagne, s'ap-
pelait la reino p^ cVaoiico la reine pied d'oie.
Aouc6bro, sf. Alcove.
Aoui61, sm. Loriot, oiseau.
Aouquidiro, sf. Gardeuse d'oles.
Aousi, va. Entendre. De audire. — Aousidoi^, sm. Ouie. —
d'Aousido, adv. ImmSdiatement, sans balancer.
Aousipdl, sm. Er^'sipele.
Aouss6t, sm. Pli que Ton fait au bas d'une robe, d'une jupe, d'un
rideau, etc., pour Tallonger au besoin.
Aoussurdl, sm. Monticule.
s'ApaoutA, V. Tomber sur les mains.
s^Apard, v. Se defendre; se preserver; se garantir. — Apardt, auj.
Garanti.
Apay^t, sm. Litifere. Fdwe apaydt preparer la litifere. De palea.
Api, sm. C61eri. De apium,
Apitrassdt, adj. Acoutre. Mai apitrassdt mal acoutre.
Aplampoun^, va. Prendre a pleines mains.
Apouderd, va. Exceder les forces d'un soutien. T>e ponderare.
Apounchd, va. Tailler en pointe ; affiler.
Apousito, Port^e : a Vapousito a port^e, loc. adv. de apposite, adv.
B'Apradi, v. Se dit d'une luzerne ou d'une terre inculte qui, par
rinvasion de Therbe, se forme insensiblement en pre. De pra-
turn.
Apribadd, va. Apprivolser. De pvivatus.
Aproufitd, va. Utiliser, 6conomiser. — Aproufitoi!is econome. De
proficere, profectum.
s'Apug^, V. S'appuyer. En espagnol apoyar. En italien appog-
giai^e.
Aqu61, pr. Celui-1^. — Aqu6ste. Celui-ci.
s'Aquioul^, V. Tomber sur son derrifere : aquioulo lou toumbarel
fais basculer le tombereau.
Ar^ire, sm. Charrue legere dite fourcdt quand elle est attel6e i une
seule bMe, et doiiple quand elle est k deux. On prononce aussi
Al^ire. De arare,
Arboulisiir, sm. Trainard, lambin, flaneur.
Archil, sm. Goquillage bivalve du genre Venus, nomm6 clovisse,
Archalds, sm. Gen^t epineux.
Arch61, sm. Cruche en terre. De urceolus.
OHAMMAIRE LAKOUBDOCIENNB. 245
ArdlmAn, sm. Impertinent; impudent. Se dit surtout d*une fille ou
femme. De ardens, wdkfer.
Ardsclo, sf. Cercle en bois sor kquel on adapte le tissu de crin ou
de toile metallique dans les tamis et les cribles. — - Enveloppe du
tambour. — Au fig. les reins, les cotes : i-o ficat sus Vat^^scloM
lui a travaillS les c6tes.
Ar^t, sm. B6Iier. De aries. Voy. marrd,
Armandch, sm. pi. Embarras ipas tan d* armandch ! ne fais pas
tant d'embarras !
Armds, sm. Terre inculte, d^paissance. Du grec l^t\^^ desert.
Armdsi, sm. Armoire aux provisions : dansd dabdn Varmdsi
n'avoir.rien i manger. De ai^marium,
Arno, sf. Mite, teigne, ver qui ronge les tissus de laine. Au fig. Per-
sonnage ennuyeux, sciant.
Aro, adv. Maintenant. Du latin ad hora.
ArpatechA, vn. Tripoter avec les mains.
Arpiou, sm. Griffe. Ongles d'un oiseau ou d'un carnassier. — - :£pe-
ron du coq. — Se dit quelquefois des ongles trop longs de
rhomme. De harpa.
Arqudt, sm : fa tibd Varquit (faire tendre Tarchet), avoir trop bu.
De arcvtS.
Arrapd, va. Accrocher, saisir, happer. — ArrapAt, adj. Fort,
vlgoureux, De 7*apere et anHpere.
ArrendA, va. AfTermer. De reddere.
ArribA, va. Donner k manger aux animaux : ai^ribd las galinos
faire manger les poules.
AsagA, va. Arroser.
AsclA, va. Fendre du bois k brtller. — Asclo bAcbe refendue. De
assecatH.
Ase, sm. Ane. De asinus, Souvent employ^ au figure, comme en
fran^ais : id pas tan boun dse que noun brounche. — Pren de
tabdt count' un dse de bren il prend du tabac comme un Ane du
son; Vase te quiye! Vase te foido! interjections Equivalent au
francais : le plus souvent! — On dit, aux jeux de cartes : Vase
de picos. Vase de flous, de cdires, de curs Tas de pique, de
trfefle, carreau, coeur. — Ignorant.
AssadoulA, va. Rassasier. De satw^are,
AssegutA, va. Poursuivre. De assequi, assecutus su7n,
s'AssetA, v. S'asseoir. De sedere.
244 QRAMMAIAE LANGHfiDOCIENNfi.
Assachd, ou Ensachd, va. Essayer.
Assadouldt, adj. RassasiS. Voy. sadouL
Assibadd, va. Donner Tavoine; inusitS dans ce sens. Au fig. Ros-
ser, battre.
Assucd, va. Comme le precedent, mais plus fort : assommer.
Assugd, va. Essuyer.
Aste, sm. Broche. -— Astdt, sm. Brochette. De hasta.
Asugd, va. Aiguiser.
Atab6, adv. Aussi. Voy. tab^.
Atapd, va. Couvrir, recoiivrir : atdpo la casseirdlo couvre la casse-
role; atdpo te din toun IH couvre-toi dans ton lit; a un enfant
qui leve sa chemise : tdpo te! Voy. tapa.
Ate, sf. Agde. Ville maritime d'origine phoc6enne. Du grec dYaOr,.
At^ne, va. Atteindre. De attingere.
Atiss^, va. Taquiner, tracasser, prendre en grippe.
Atramdn, adj. GSnant, encombrant, embarrassant. De atramen-
tum.
Atrapd, va. Trouver. Voy. trapd.
Atudd, va. Eteindre le feu du foyer ou la chandelle.
8* Avail, V. Disparaitre; ne s'emploie que pour les personnes. — Au
fig. Se fondre, en parlant des fantOmes et apparitions. De a (pri-
vatif) validus,
Ay^do, sf. Soupe k Tail. On porte Vayddo aux nouveaux mari^s, le
lendemain de la premiere nuit. De allium.
B
Babdire, sm. adj Qui bave. Au fig. imbecile.
Babdou, sm. fltre fantastique, epouvantable, dont on menace les
enfants. Analogue a la baragdgno, que nous verrons plus bas :
dnes pas aqui, que i o lou babdou! ne va pas la, il y a croque-
mitaine t
Babardl, sm. Bavette.
Babar6t, sm. Cancrelas, col^optere noir, haut sur pattes, vivant
dans robscurit6 et dans les lieux sales et humides, dans le
fumier, et repandant une odeur infecte quand on T^crase.
Bab6t, sm. Ordure solide qu'on retire du nez des petits enfants.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 245
Bab6to, sf. Chenille noire qui d6vore les luzernes en juin.
Badd, vn. Ouvrir la bouche. — Baddou baillement : fdire lous
tres baddous (faire les trois baillements) mourir.
Badayd, vn. Bailler.
Badoi^, ou Baroi^, sm. Trou fait par un ver dans le chgne dont
sont faites les futailles et par oti le vin s'ecoule.
Bachaod, vn. Agiter, ballotter. Voy. sambouta.
Bagandou, sm. Sorte de filet pour la pfiche. Voy. berdouUt,
Bagnd, va. Mouiller. — Bagnadtiro, sf. mouillure. De balneum.
BailA, va. Donner.
Baildn, sm« Lange.
Balalin-Balaldn , loc. adv. Clopin-clopant. — - Va-et-vient d'une
cloche en branle.
BalAt, sm. Foss6. — Bal^t-ratid fosse convert; drain.
Baldt, sm. Petit auvent pour garantir de la pluie la prise des toitures
dans un mur.
Baloi!Lr, adj. Stupide.
Ban, sm. :^lan : prine ban prendre elan. — Bound lou ban laisser
echapper.
Bandsto, sf. Gorbeille double dont on charge les animaux de bit
pour le transport. — Au fig. nigaud : es sot count" uno bandsto
il est sot comme un panier.
B^uida et se Band^, v. Enivrer, s'enivrer : es banddt counCun
cun il est ivre-mort.
Baniyo, sf. Anse, d'un panier ou d'un vase.
Banechd, vn. Montrer les cornes : se dit ties escargots. — Bdno,
sf. Corne.
Baniit, adj. Qui a des cornes, cornu : chot baniit hibou cornu.
Baou, sm. adj. Fou. Un baou un fou; es baou il est fou.
Baouchi^n, sm. Folic.
Bdouco, sf. Herbe grossiere dont les ruminants ne veulent pas.
Voy. Girbo.
Baoudroi!i, sm. Barre de bois fixee dans un trou de mur pour sup-
porter un ^chafaudage.
Barag6gno, sf. Voy. Babdou. Difi'^re de ce dernier en ce que la
baragdgno est cens6e poss^der une voix formidable, tandis que
lou babdou serait plutot muet.
BarAl, sm. Bruit confus ; tapage.
Barayd, vn. Aller et venir gi et li ; vagabonder.
246 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNB.
Barbddo, sf. Bouture enracinSe de vigne.
BarbarCisto, sf. Gel^e blanche.
Barchalds, sm. Mauvais plaisant; diseur de riens. — BarchalAdo
niaiserie.
Barddt, sm. Produit inKcond de I'&nesse et du cheval; au fig.
butor, imbecile. De burdo.
Bardoi!i, sm. Bftt de Tftne. Prov. : fo petd Vase de NougarU, que
quan v6i veni lou bardou, suso. II fait comme V&ne de Nougaret
qui sue quand il voit approcher le b&t; ce qui s'applique aux
paresseux.
Bargd, vn. Bavarder; jaser.
Barrd, va. Fermer (une porte). Vient probablement de la bdrro
qui servait a cela avant Temploi des serrures.
Barr&l, sm. Tonneau portatif de quelques litres avec lequel on bott
au moyen d'un bout de roseau, dit canilo, fixe dans la bonde.
Barrdto, sf. Petit bonnet k pli de t6te qu*on met aux petits enfanis.
Voy. cagndto et toupino.
Barr6t, sm. Brique de 0"33 de long, sur O'^IO de large et 0"05
d'6paisseur. — Gros baton.
Barroi!i, sm. Substance filamenteuse dont on fait des cordes des-
tinies k sejourner dans I'eau.
Barroi!il, sm. Yerrou. La tradition dit qu'on conduisait les fous a
Saint-Thib6ry pour leur faire baiser un certain verrou ; ce qui
les gufirissait : vai Ven a Sdn Tubdri baisd lou barrouL
BartAs, ou B6rtAs, sm. Buisson, ronce. — Bartassid, outil tran-
chant muni d'un croc, pour detruire les ronces et les buissons
6pineux.
Basdcle, sm. Lieu plein d'objets de toute sorte entassSs pdle-mele;
bric-i-brac.
Bassardl, sm. Battoir de laveuse. Au fig., la langue d'une femme :
fo pla petd lou bassardl c'est une grande parleuse.
Bdste, int. Plut k Dieu t Baste s'en an^sso plut au ciel qu'il d^cam-
p^t ! incdf^o bdstel encore passe ! k la bonne heure !
Bastimdn, sm. Gros navire.
Batadisso, sf. Bagarre. — Bat^sto, sf. Rixe dans laquelie pleu-
vent les coups. Dans la batadisso il y a de plus nombreux cham-
pions ; dans la batesto, deux seulement. De batuo battre, frapper.
Batlc61, sm. Le gras du cou : Varrapdt p&r lou baticdl il Tem-
poigna par le cou.
GRAMMAIRE L ANGUEDOGIENNE. ^7
Bdto, sf. Le sabot des chevaux, mulcts, etc. — Garniture en cuir
des sabots.
Baydr, sm. Civifere. — Bayarddt, une pleine civiere.
Bedisso, sf. Sorte d'osier. — Bediss6n, sm. Variety d'olivier dont
la feuille ressemble k celle de la bedisso.
B6irdt, sm. Maquereau, poisson.
Bdlcdp, adv. Beaucoup.
Beldou, adv. Peut-6tre. Voy. sdique.
Beloti, sf. Nom propre, diminutif d'lsabeloii et A'Isabdl, Isabelle.
Beliigo, sf. iStincelle jaillissant du foyer.
B6rcd, va. fimousser; 6br6cher. — Bdrco brfiche.
Bdrdouldigo, sf. Pourpier qu'on mange en salade. De portulaca.
Bdrdouldt, sm. Sorte de filet pour la pfiche en eau douce. Voy.
bagandou.
Bdrganti, sm. £quipe de chevaux loues pour la depiquaison.
Bdrquidiro, sf. Dot d'une fille. Elles repondent quand on leur
reproche d'avoir trop de langue : acd-s la mitdt de ma bdr-
quUiro c'est la moiti6 de ma dot.
Bes&l, sm. Canal d'amen^e de Teau k un moulin. De bessalis.
Bdssd, vn. Verser. Se dit d'un vase trop plein.
Bessoti, sm. Jumeau. — Bessoundtdo I'accoucbement qui produit
des jumeaux, et les jumeaux eux-m6mes : o facTi uno bessou-
nddo elle a fait deux jumeaux.
Bdto, sf. Petite embarcation sans quille et non pontee; nacelle.
Biyd, va. Serrer fortement avec une corde faisant plusieurs tours.
Bi&is, sm. Adresse; habilet^ : o pas cap de bidis il est maladroit;
quane san bidis ! quelle mazette I d'ou le verbe s'embiaissd s'y
prendre adroitement et Bidissi^t adroit.
Bichigotis, adj. Tracassier; rancunier; pointilleux.
Bichtit, sm. Sorte de coquillage comestible pour les personnes que
sa forme et sa couleur ne dSgotitent point.
Biddsso, sf. Havresac que portent les mendiants. De bisaccium.
Bidro. sf. Sorle de civiere entour6e d'une balustrade a jour sair
laquelle on place le cercueil et qu'on porte sur les 6paales aux
enterrements. II n'a pas le m6me sens qu'en frangais oil il
signifie le cercueil lui-m6me.
Bidt&se, sm. Mot imports du Carcassonnais, signifiant aubergine,
mais peu usite ici. On rSpond a une demande indiscrete : te
dounardi un bidtdse! Et, par derision : s'amuso coum' un bi^-
248 QRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
tdse sus un rampdn il s'amuse comme un croiiton derri^re une
tnalle, comme une aubergine pendue k ud rameau.
Bigo, sf. Bigotis, sm. pi. Poutrelles, couple de barres en bois ser-
vant k faire monter les tonneaux sur une charrette.
Bigds, sm. Sorte de houe k deux dents.
Bijdtno, sf. Gl^matite sauvage.
Bilagnd, sf. Ordure ; salet6.
Bildn, adj. MSchant.
Bidou, sm. Boeuf. De bos, bovis.
Biou-l'dli, sm. Ghat-huant. De bibere oleum.
Bird, va. Tourner; d6tourner : bird Vdigo detourner Teau en arro-
sant dans un potager. On dit plaisamment pour un soufflet : un
biro Vamour, un biro vdi Ven; et d'un homme qui, a table,
choisit les meilleurs morceaux : es un biro tayoiis. On ecrit
aussi VlrA. De gyrare.
Biroi!i, sm. Avant-clou. — Biround, vn. Percer avec une vrille.
— BiroAno, sf. Grosse vrille. — Biro-sourdl, sm. Tour-
nesol.
Birouldt, sm. t'oton, jouet d'enfant.
Bisd, va. Gercer. — Bisdt, adj. Gerc6 par le vent ou le froid.
BiscAin, sm. et adj. Acari&tre; grognon; de mauvaise humeur.
Voy. cdin.
Bisod, vn. Marronner. — Bisco, sf. d6pit.
Bistounquicho, sm. Petite plaquette de bois mince suspendue par
une ficelle, que Ton glisse au-dessus du loquet, dit caddoulo,
pour qu'on ne puisse le lever.
Bistourtid, sm. Rouleau de bois pour battre et aplanir la p&te. De
bis tort a.
Bl&inechA, v. imp. Bruiner. — Bl&inech&do, sf. Bruine. — Cor-
ruption de Plovinechd.
Bl&ndo, sf. Salamandre. Se dit, au fig., d'une femme haineuse et
mechante.
Blanqu6t, sm. G6rat, onguent.
Blanquinotis, adj. Blanchdtre.
se BlassA, v. Avorter; faire une fausse couche.
Blat, sm. Froment ; d'oii le proverbe favorable aux brunes : terro
n^gro fo boun blat terre noire fait de bon bl6. — Blat de Ituio
(bl6 de lune), expression signifiant : batard.
Blddo-r^bo, sf. Betterave.
GRAMMAIRE LANQUEDOGIENNB. 249
Bldse, sm. L'extrSmite de la mScbe d'une lampe ou d'une chan-
delle charbonnfie par la combustion. Voy. mouc,
Blddo, sf» Blouse; bourgeron des pay sans.
Bdcho, sf. Grosse boule pour le jeu de boules. — Sorte de gros sac
pour la farine, le cbarbon, etc.
B6im, sm. Naus6e; envie de vomir : fo veni lou bdmi il est d6gou-
tant, 11 donne envie de vomir. De vomere.
B6rio, sf. M6tairie; petite maison de campagne. De boria (basse
latinite).
Bosc, sm. Bois taillis; fordt Du celtique (?) bosc; en italien bosco;
en espagnol bosque; en <anglais bush. Rien du latin.
Bouchdt, sm. Gloison en briques et pl&tre.
Bouci, sm. Petit morceau : un bond de pan un petit morceau de
pain, par opposition i un floe de pan un gros morceau de pain.
Bouddgo, sf. Ck)rnemuse.
BoudoiUlo, sf. Grosse bulle d'air sortant bruyamment de Teau.
Boudroio, sm. Nomade; gitane. Voy. cardcou.
BouiA, va. Manger gloutonnement. — Bouf&ire, sm. glouton.
Boufardl, adj. Ancho boufardlo ange k visage gras et dodu.
Boi!iil int. Abreviation de bou-Diou! bon Dieu!
BoiUtre, sm. Yautour. De vultur.
Boul, sm. Periode d'ebullition. De bullo.
Bouldn, sm. Faucille.
BouUgd, va. Remuer; agiter. — se Boul6gdt se h&ter, se depS-
cher. — BouUgadis, sm. Agitation; remue-menage. — Bou-
legu6t, sm. Turbulent. Voy. fourfoul.
Boulidoi^, sm. Fermentation du raisin. Fdire boulidoii dins un
baiss&l faire cuver dans un foudre. De bullire.
Boullardt, sm. Petit drole, petit espi^gle : se dit d'un enfant.
BoumbA, va. Frapper sur le dos ou sur le derriere : lou rdc de
boiimbo-quiouls ruisseau situ6 dans les faubourgs de Pez6nas.
Boumbarindto, sf. Festin; ripaille.
Boumbdssi, sm. Veste de paysan. — Boumbdt, sm. Gilet de
paysan.
Bourgnoi!i, sm. Ruche d'abeilles.
Botirlo, sf. Plaisanterie. En espagnol burla.
Bourlisso, sf. Tumulte.
Bourndou, sm. Tuyau en poterie ou en fonte pour conduite d'eau.
Botirre, sm. (Eil poussant de la vigne et des arbres a fruit : T6xnbo-
250 GRAMMAIRE LANGUEDOGIRNNE.
boi!irres amateur de la bouteille.— Mdncho-botiXTes. Grosse
chenille qui devore les premi&res pousses de la vigne. — Bour-
riyoti, sm. CEilleton qui se trouve prfes de Toeil et fournit aussi
du fruit.
Bourrdt, sm. Nom d'une vari6t6 de raisin k jus blanc. On le fait
pr6c6der du mot tar^^it : Tarret-Bourr6t.
Bourrils, sm. pi. Debris resultant des effilocliures d'une etoffe
quelconque, lesquels se prennent aux vStements de drap et
nScessitent I'emploi de la brosse.
Bourrd, va. Gasser la pierre au moyen de la Botirro, sf. Maillet
en fer a tr6s long manche dont se servent les cantonniers.
Bourroi^no, sf. Drap en grosse toile pour transporter le four-
rage, etc.
Bourmt, adj. Poilu. On dit au Gg. : patdr bou7^rut juron.
Bous6t, sm. Ordure humaine bien moul6e qu'on rencontre au pied
des murs isol6s. Voy. estroun.
Boustiquechd, va. Tripoter. Voy. pastissechd.
Boutdl, sm. Le MoUet. A Toulouse poumpil, de poplex po-
plitis.
Boutiold, vn. S'enfler, en parlant de la peau. — Boutidlo, sf.
Ampoule, pustule sous la peau. — Bulle d'air : fdire de bote-
tidlos faire des buUes de savon.
BoilLto, sf. Barrique de 100 k 600 litres. Au-dessous, on Tappelle
pipa7^6t ou barricdt. — Bouto de pore vessie de cochon.
Botito I Boutds 1 (selon qu'on parle k une ou k plusieurs person-
nes), interj. Val allezi je vous en reponds! bouto! v^irds sois
tranquille I tu verras !
Bouydco, sf. Boue liquide.
Bouyd, sm. Escargot comestible de la grosse espece.
Bouyoti, sm. Peson mobile de la romaine.
Br Abe, adj. Bon ; bon enfant.
Br&go; Bragudto, sf. Vdtement de nos ancdtres Gaulois, analogue
k la culotte. On dit aujourd'hui las brdgos pour la culotte. La
braguito sert aux enfants au maillot. Du latin bracca. Les
Romains appelaient Galli braccati (Gaulois portant la bf^acca),
les habitants de la Gaule Narbonnaise.
Bramd, vn. Braire. — Bram ou Bramadis, sm. Cri de Tane,
d'oii le proverbe : bram d'dse mdnto pas al del cri d'Sne ne
monte pas au ciel.
6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNK. 251
Bram&ire, sm. Se dit au fig. d'une personne qui parle tres fort^ en
criant : qudne bramdire ! quel braillard I
Brandi, va. Secouer. Voy. Samboutd : to brandit coum'un sac de
quitdnsos il I'a secou^ d'importance. Brandido, sf. r^primande :
m'o flcdt uno brandido il m'a bien grond6.
Bransould, va. Bercer ; agiter doucement.
Br&ou, sm. Taureau.
Brassechd, vn. Gesticuler avec les bras.
Brassidiros, sf. pi. Lisiferes k Talde desquelles on fait marcher les
enfants.
Brasucd^ vn. Tisonner. — Brasucddo, sf. Uno brasucddo de caga-
rdoulos des escargots cuits sur la braise.— Brasuqudt tisonnier.
Braydto, sf. MSme signification que bragu6to.
Brdgo, sf. Querelle. Ne s'emploie pas senl ; on dit ten circo-brigos
un cherche-noises.
Bren, sm. Son, r^sidu de la farine. D'origine celtique. En bas-breton
brenn.
Brds, sm: ou Brdsso, sf. Berceau d'enfant; d'ou le v. Brdssd
bercer.
Bricdlo, sf. En bricdlo en bandouliire, loc. adv.
BrigoulA, va. Briser; mettre en pieces : o tout brigouldt il a tout
cass6.
Briscambiyo, sm. Bancal. — Au fig. querelleur.
Briso, sf. Miette : acdmpo las brisos ramasse les miettes.
Brdco, sf. Rameau de vigne dont on forme les sarments : uno
brdco de gabdl une tige de sarment ; — sidi 7'abit en brdco ( je
suis change en bdche) je suis ahuri, stup^fait.
Brounzin^, vn. Bourdonner. Las aour^yos me brounzinou j'ai des
bourdonnements d'oreille. On dit d'une machine bruyante telle
qu'une batteuse : Vaousisses brounzind f Tentends-tu bourdon-
ner?
Brousdn, adj. Brillant : lou firre es brousdn le fer (i repasser) est
brulant.
BrouBS^, va. Tourner. Se dit du lait^ des sauces, crimes, etc.
Brout, sm. Brin; extr^mitS d'un rameau d'arbuste ou d'arbre.
Broutound, vn. Bourgeonner.
Bruc, ou Brusc, sm. Bruyere grossiere dont on fait des balais
d'6curie. Au fig. robuste : uno fiyo d'un gros brusc une fille
vigoureuse.
252 GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE.
Brusil, sm. Sciure de bois.
Brusiyd, vn. Gazouiller.
Btide, sm. Escargot de mer comestible.
Buddl, sm. BedeauJ
Bufd, vn. Souffler. — Buf&do, coup de vent. — Buldt, soufflet.
Bugddo, sf. Lessive. — Bugadid, sm. Cuvier k lessive. — Buga-
didiro, sf. Lessiveuse.
Burgd, vn. Farfouiller avec une gaule pour dSgorger un tuyau.
Bi!irlo, sf. Tronc souterrain de Tolivier qui occupe ordinairement
un grand espace et qu'on nomme aussi grapdou,
Buscaydi, vn. Ramasser du bois mort abandonne.
Buscayoti, sm. Echelon, degr6 d'^chelle.
Butd, va. Pousser : biito lou pousse-le. On appelle vulgairement le
trombone la buto-tiro la pousse-tire. — Bi^to-r6do chasse-
roue. — Buto-mdrdo. Cancrelas, pousse-crotte, insecte coleop-
tfere. — But&do, sf. Pouss6e.
Cab&lo, sf. Jument. De caballus,
Cab6sso, sf. TSte. Introduit de Tespagnol cabeza. De caput.
Cabdstre, sm. Licol ou licou. Voy. Cachdno. — Chevfetre, piece de
charpente. De capistrum.
Cabi, va. Contenir. Usit6 seulement a Tinfinitif. Voy. cdoupre. De
capio.
Cabiroi^, sm. Chevron De capreolus,
Cabiyddo, sf. Tortillon fait d*un linge roulS qu'on met sur la tSte
pour porter des fardeaux.
Cabiydiro, sf. Ruban de fil.
Cabiyo, sf. Cheville, dans toutes ses acceptions.
Cabdsso, sf. Gousse. Cabdsso d'al gousse d'ail. — Cabdsso de mil
coque de mais, appel6e a Toulouse coucarlL
Cabdto, sf. Poisson de la M^diterranSe ressemblant au grondin de
rOcean. II est tres employe dans la bouillabaisse, avec le vascdSy
le roug^t, etc.
Cabotir, adj. Imbecile; idiot.
orammaihb LANotjeDocmNNB. 2r>3
Gabridd^ vn. Mettre bas des chevreaux. — Gdibro, sf. Chevre. De
capra.
Cabucdl, sm. Couvercle de pot, de casserole, de sucrier, etc.
Cabito, sm. Plongeou. — Cabussd, vn. Faire un plongeon.
Cabussoti, sm. Marcotte; proviii. Yoy. soumisso.
Cac^, sm. Caca. Expression pour designer aux enfants tout ce qui
est sale. As de cacdi sus la gdouto tu as la joue sale. De cacare.
Cacaldis, sm. Eclat de rire, d'ou le verbe Cacalassd.
Cacaracdi, sm. Glaieul des pr6s. De caf^ectum (Vitruve.)
Cachdi, va. Meurtrir. — Cachadi!iro, contusion, meurtrissure par
pression. Voy. maca.
Cach&no, sf. Licol. Voy. cabdstre,
Cachird, va. Terme de couture usit6 surtout pour les draps de lit
faits de deux largeurs. L'operation consiste a les d^coudre, et
recoudre ensuite les largeurs suivant les lisieres opposees, en
sorte que Tinterieur, plus us6, devient Texterieur.
C&cho-xnotirre, sm. Soufflet (litt. meurtris- visage). Voy. biro-
Vamour, biro-vai-Ven, carpdn, mourniflo, etc.
Caddoulo, sf. Loquet a bascule, forme ancienne; d'ou les verbes
caddoulechd et descadaould soulever le loquet.
Caddl, sm. Jeune chien; d'ou caddld mettre bas des chiens. De
catulus.
Caddlo, sf. Petit coleoptfere noir qu'on trouve dans la farine de fro-
ment.
Cadendt-del-col, sm. Vertebres du cou. — Caddno, sf. Chaine.
De catena.
Cadi^iro, sf. Chaise; chaire a prficher. De cathcedra,
Cadtin, pron. Ghacun.
Cagd, vn. AUer k la selle. Du latin cacare. — Gagddo, sf. Chiure.
— Cagdigno, sf. Diarrh6e. — Gagdiire, sm. Pleutre, lache,
capon. — Gaganis, sm. Le dernier n6 d'une nichee, le seul
qui fasse caca dans le nid. Au fig. : le dernier n6 de la fa-
mine, le Benjamin. — Gdgo-ldguis, sm. Pleurnicheur; in-
quiet.
Gagardoulo, sf. Escargot, terme g^nerique. Voy. bouyd, mour-
gu6to, mourre roiige. De cochlea.
Gagaraouldit, sm. Preparation tr^s estimee d'escargots servis dans
une sauce assez compliqu^e oil figurent les ingredients sui-
vants : huile, oeufs, echaudes, amandes et noix pilees, ail, her-
25i GRilMMAlKE LANaUBDOCIfiXME.
bes lines, telles que menthe, thym, cerfeuil, estragon, oseille, et
croAtons grilles.
Cdgno, sf. Paresse : ai pla la cdgno totU idi j'ai bien la pareBse
aujourd'hui. — Cagnotis, adj. Paresseux.
Cagndto, sf. Petit bonnet d'indienne, a pli de tSte, que les fiUes et
les jeunes femmes portaient dans le jour et qu'elles ne gardent
maintenant que la nuit. Yoy. toupino,
Cagrds, sm. TStard de grenouille.
Cdin, adj. Grognon; mauvais coucheur. Yoy. biscdin.
Cdire, sm. Angle saillant. — Gair&do, sf. Pierre de taille de 0»50
sur 0"»50 et O^SS d'6paisseur. — Cairoti, sm. Pierre de 0"»50
sur Qi^SS et 0°>25 d'Spaisseur. — Lou GAiraddl est entre les
deux pr6c6dents comme dimensions. — Me ficos d*un cdire! tu
m'ennuiesf
Caissdl, sm. Grosse dent molaire.
Cdisso, sf. Gercueil.
86 Galdi, Y. Se taire. En espagnol callar. Yoy. se taisd, De celare.
Calddo, sf. Pierre dure dont on pave les rues; A'oii : GaladA, va.
Paver; et Galad^re, sm. Paveur. — Caladoik/sm. Radier
pav6.
Cal&ndro, sf. Chaudi^re pour la distillation du marc de raisin. De
caldarium.
Caldl, sm. Lampe antique suspendue par un crochet. Yoy. lun.
Caldyo, sf. Lanterne k huile. — Caleyoti, sm. Reservoir d'buile.
portant m^che, qu'on loge dans la lanterne. Au fig., caleyous
signifie : yeux brillants.
Calimds, sm. Gbaleur lourde et humide, en Ste, ordinairement
sans soleil.
Calldou, sm. Bascule. — Calldvdt, vn. Basculer : fdire a calldvos
jouer k la bascule. De caput levis.
Calds, sm. Trognon de chou, de salade, de betterave, etc.
Caloti, sf. Chaleur. De calov.
Cal-que-sidgo, pron. Quiconque ; qui que ce soit.
Caltic, adj. Idiot; cretin. De caducus.
Camdrdo, sf. La camdrdo la mort.
Cambajoti, sm. Jambon. Un tayou de cambajou une tranche de
jambon. De gamba.
Cambayd, sf. Jarretiere.
Cdmbe. sm. Cbanvre. De canabis.
GRAMMAIHE LAKGUEDOGIENKG. 255
Cambdt, sm. Age de la charrue. Du grec xoL^jizy; courbure.
Camb^to, sf. Cloche-pied. Fdire a la camMto aller a cloche-pied :
le parranqu6t de Toulouse.
C&mbo, sf. Jambe. De campa.
Caxni, sm. Chemin, d'oili Gaming, vu. Gheminer.
Caminidiro ou Camigndiro, sf. Terre dans laflpidBe on cultive le
chanvre.
Campdino, sf. Cloche. — Campagnd, sm. Sonneur de cloches.
Les premieres cloches ont 6tS employees dans la Gampanie,
d'ou leur nom.
Campdstre, sm. Le territoire rural circonscrit autour d'une ville,
d'un village : se pass^'o pas que din lou campdstre il ne se pro-
mene que dans les environs. De campestris.
Candd, sf. Rigole ; chSneau. — Au fig. fa la canal manager la che-
vre et le chou, en trompant Tun et I'autre. De canalis,
Canastdlos, sf. pi. Employ6 comme les bandstos, k cette difference
pr^s qu'au lieu d'etre des paniers les canastilos sont formees de
deux couples de grands crochets en bois, entre lesquels on ins-
talle les objets k porter, lesquels doivent avoir un certain volume
pour ne pas passer a travers. Du latin canistellum et du grec
xavasTpsv.
C&nde, adj. Clair, limpide. De candens.
Canddl, sm. Peloton de fil, de sole, de coton. — Canddla, va. Pe-
lotonner.
Candel^to, sf. Cabriole. Fdire de candeUtos faire des cabrioles.
Candlo, sf. Tube, d'abord en roseau, aujourd'hui en buis, qu'on
adapte aux tonneaux pour en faire couier le vin. De canna, —
Ce mot nous rappelle un couplet de vieille chanson dont I'origine
est inconnue, mais tres r^pandue dans notre Midi, puisqu'on la
chante dans le Perigord, le Quercy, etc., aussi bien qu'a Pez^nas.
MadoumAiselo
Peto CanSlo;
Vo a la plago,
Peto quan pdsso;
Vo al four,
P6to toujour,
Canis, sm. Sorte de claie en roseaux refendus. On y 6tend la feuille
dans les magnaneries. Ce tissu grossier remplace aussi les lattes
pour les plafonds. De canistrum.
256 OHAMMAtRE LAKGUEDOCtENNG.
Caniyo, sf. Chenille. Au fig. terme d'amilie : ma pichdto caniy6to
ma petite cbSrie.
Canotinche, sm. Ghanoine. De canonicus.
Cansalddo, sf. Viande de pore sale, gras et maigre.
de Cantdls, loc. adv. De champ : lou boucMt es bastit an de bf'icos
de cantdls la cloison est faite en briques de champ.
Cantoti, sm. Coin ; angle rentrant. Voy, 7'ecantou.
Canti^rlo, sf. Le cerveau, sifege de la raison : bird la cantkrlo per-
dre la tSte.
Caou, adj. Chaud. De calor.
Caoucd, va. D^piquer les c^reales. — Cdoucos, sf. pi. D^piquai-
son. De calcare pi6tiner.
Caoucdgno, interj. k peu pr^s intraduisible, Equivalent k qu'im-
porte I k la bonne heure f peu importe cela f din ndstv* oustdl
abdn par4 d*qu6ste mounde, md din lou vdstj^e, caoucdgtu)!
Nous n'avons rien dans notre maison, mais dans la vdtre, c'est
bien different I k la bonne heure! — Caoucdgno acd! peu im-
porte 1 11 n'y a pas k s'en pr^occuper ! Voy. rdi!
Caoucido, sf. Sorte de chardon Epineux poussant dans les vignes
negligees.
CaoudechA, va. Lessiver; faire la lessive. De Cdtous cbaux, dont
on usait primitivement au lieu de cendres.
Caouldt, sm, Chou. De caulis. — Caoulefld^H chou-fleur.
se Caoumousi, v. Se moisir. Caouxnousit, adj. Moisi.
Cdoupre, vn. Contenir, usit6 seulement k llnfinitif : jamdi i-e
pourt^'d pas cdoupre il ne pourra jamais y contenir. De capere.
Caouquidiro, sf. Tannerie. Nom de deux faubourgs de PezSnas,
qu'habitaient en grand nombre les tanneurs ; las caouqui&iros
ndotitos e bassos,
Caouquiyoti, sm. VariSte de canard sauvage, considers comme
viande maigre.
Caousi, va. Choisir. — Cdouso, sf. Chose. De causa. — Encdouso,
sf. Cause.
Caous, sf. Chaux. — Caoussignd, sm. Chaufournier. De calac,
calcis.
Cdoussos, sf. plur. Pantalon : ne s'emploie qu'au pluriel. Quito las
cdoussos,
Cdiouto a C&outo, loc. adv. Discretement ; a petit bruit. De cautus
prudent.
GIIAMMAIRE LaKGUEDOCJENNE. 257
Cap, stn. Tete. — Cap-bas, sm. Sournois. — Cap dc Jouvdn,
chef des jeiines gens, dans les danses. — Prononcer caZ^rfs, ca-
dejouv6n, De caput,
Capbirdi, prononcer Cabird, va. Retourner sens dessus dessous.
De caput gyrare.
Capeldn, sm. Nom generique des prStres.'De capellanus.
Capitdi, va. Trouver bien a point une chose ; rencontrer juste.
C^po, sf. Manteau de cheminee. Avancement devant un four a pain.
— Manteau -
Capoi^, sm. Chapon. De capo.
Capouchindido, sf. Hochement involontaire de t^te d'une personne
qui lutte contre le sommeil.
Capuchdi, vn. Passer la t6te : o capuchdt pdr lou fenestvou il a
mis la t^te a la petite fenfetre. De caput, ainsi que le precedent.
Capusdi, va. D6rober. — Capusdiire, sm. Filou.
Car, sf. Viande. De caro,
Carabdno, sf. Roseau.
Cardicou, sm. Nom donnd dans le pays aux nomades dits Bohe-
miens, gitanes, etc., emprunte k Tespagnol carajo,
Caramantrdn, sm. Se dit, quoique masculin, d'une femme d6ver-
gond6e. Voy. carnaML
Carcagnechdi, va. Taquiner; agacer.
Carcdn, sm. M6me signification que caramantrdn.
Cardounio, sf. Chardonneret, male ou femelle. Mot d'amitie,
comme canto : ma cardounio ma bien-aimee. De carduus.
C^re, adj. Cher : dans les deux acceptions frangaises. De card, adv.
et camis,
Careydt, adj. Se dit d'un bois consume par le temps, ou troue a
I'interieur par les gros vers. — Pierre de mauvaise qualite,
pleine de trous. De caries,
CargA, va. Mettre sur soi. Cargo lou mantdl mets le tablier. Au fig.
Cargd las ussos bonder.
Caridiro, sf. Rue : las cariebH^s sou fangousos les rues sont
boueuses.
Carit^ch, sm. Grande fete de charite qui durait trois jours, debu-
tant par une farandolo, ou danse aux flambeaux, dans les rues
et sur les promenades, a laquelle succedaient bals, cavalcades,
exhibitions de chars representant les divers corps de metiers de
la ville et precedes du PoulL bataillcs dc dragees, danse de las
17
258 GRAMMAIRE LANGCEDOCIENNE.
tr^yos, sous les yeux du Mairc et des Consuls, qui assistaient
aussi, en corps, a une messe solennelle suivie de distributions
de pain et de nionnaie aux necessiteux. Cette serie de rejouis-
sances, qui coutait fort cher et necessitait de longs preparatifs,
n'avait lieu que dans les grandes circonstances, naissances de
Princes, couronnemients de Rois, arrivee des Montmorency ou
des Conti, grands evqnements locaux, ouvcrture, a Pezenas, des
Etats de Languedoc, etc., et, quelquefois, un jour de TAscen-
sion. II y avait aussi, ce jour-la, une promenade, par la ville,
des bergers jouant au baton.
La fSte de cavitdch etait speciale a P6z6nas et a Beziers seule-
ment, chacune des deux villes cherchant a se surpasser et riva-
lisant dans le deploiement du luxe et du bon gout. Voy. faran-
ddlo, PouLl et trdyos. De charitas.
Carnabdl, sm. Femme originale, gaie, farvjeuse. Ne se prend poiut
en aussi mauvaise part que carama^itrdn,
Carnissoti, sm. Excroissance charnue debordant d'une plaie ou-
verte. De caro, carnis,
Cdiro, sf. Visage. Vieux mot emprunte a Tespagnol cava : michdnto
euro! mauvaise figure !
Carpdn, sm. Gifle; soufflet. Voy. biro Vamour, biro vai V&n,
cdchO'7nourre, moiirniflo, etc.; d'ou le verbe Carpand.
Carp^gno, sf. Femme mechante; d'ou le verbe Carpignechd,
tracasser.
Carr^do, sf. Misere; pauvrete : o la carrddo en ir^nto siei von-
lumes il est dans le plus complet denuement. — Une charrelee
de bois : uno carrddo de l6gno,
Carrdil, sm. Orniere. Coupd carvdis couper Torniere. — Scorie de
la houille; machefer : carrdi de fdbre scorie de forgeron. De
carrus,
Carrairoi^, sm. Petit sentier longeant ou traversant les terres. Voy.
Vidl.
Cdrre, v. impers. Falloir : cat il faut, cayo il fallait, cargudt il
fallut, carvo il faudra.
Carr^lo, sf. Poulie a gorge.
Cdirri, sm. Char a boeufs. De carrus.
Cartaz^no, sf. Liqueur fabriqueo avcc iin melange de vin blanc
doux, d'alcool et d'opices. Ghaque paysan fait sa provision de
Gartazeno pour faire boire les amis.
C>RAMMAIR£ LAKGUEDOCIENNE. 250
Cartoti, sm. Mesure de 2 litres environ. — Mid-cartoi^, un litre.
Cas^l, sm. Vieux mot designant un petit batiment a demi-ruine,
une masure. De casa.
Casaquin, sm. Corsage de dessus.
Cascdtiechd, vn. Se dit du chant ou cri de la poule quand elie a
pondu. — Par moquerie, begayer. — Cascaiechdire, sm.
Begue.
Cascab^ou, sm. Hochet garni de clochattes ou de petits grelots.
Voy. tinddL De Tespagnol cascabellos.
Cascari, sm. Se dit, entre aulres, d'un vieil arbre rabougri, un
Olivier, par exemple, dont le tronc est creux, h jour, et portant
k peine quelques rameaux.
Cassardlo, sf. Les pans courts des uniformes de coU^giens; la
queue d'hirondelle : tiro i-e la cassardlo tire-lui les pans de
rhabit.
Cassibrdyo, sf. (Nom collectif). Canaille.
C^sso, sf. Louche ; cuillere k potage.
C^sso-chis, sm. Par moquerie : Bedeau. Voy. budel. — Cdisso-
j6yos, trouble-f^tes ; rabat-joie. Voy. cdgo-ldguis.
Cassdoudo, sf. Pr^le des pres; plante dont on fait des paquets pour
laver la vaisselle et nettoyer les cuivres. De eqtiiseium.
Castdllej^, vn. Faire la vilI6giature d'un chateau h Tautre. De cas-
tellum.
Castig^, va. Punir; chAtier. De castigare,
Catarin&sso, Fdh^e catari7idsso faire Thypocrite, la chattemite.
Voy. cdtomidoulo,
Catomidioulo, Fdh^e la catomidoulo, comme le precedent, mais
plus doucereux.
Cat, sm. Chat. — Catoi^, petit chat. — Catougndiro, chatiere. —
CatounAdo, port^e de chats. De catus, mot de basse latinit^
probablement d'origine germunique : allemand Kater, anglais
Cat.
Cavdi, va. Creuser. De cavare,
Caydl, adj. Pie; animal dont la robe est de plusieurs couleurs. Vdco
caydlo vache pie; ra^ cayol rat jaune et blanc.
C6bo, sf. Oignon. De cepa. — Cdbol interj. Cri pousse, dans les
lultes d'enfants, par le vaincu, pour demander grace.
C6gne, va. Ceindre. — Cdncho, sf. Ceinture. De cingulum,
Cent-en-cr^nto. De cent en crdnfo, loc. adv. Rarenient.
260 ORAMMAIRE languedocienne.
CSrcd, va. Chercher. De querere, — C6rco-br6gos, Cftrco-
r^nos querelleur.
CSrcos, sf. plur. Ustensile forme d*une multitude de crochels ou
d'ancres en fer disposCvS en tout sens pour rep6cher les objets
tombes dans un puits.
C^rs, sm. Vent d'ouest-nord-ouest. Mot presque abandonn^ dans
notre pays. De circius,
Cdse, sm. Pois-chiche. De cicer.
Cibdido, sf. Avoine. De cibarium, cWatus. En espagnol, cebada
signifie orge.
CidoiUo, sf. Engelure, aux pieds ou aux mains.
Cinze, sm. Punaise. De cimev. En espagnol chinche.
Cire, sm. Cierge : es pdlle coum* un clre il est pale comma un
linge. De cera.
Cldiou, sf. Clef; d'oii le verbe Clavd former k clef. De clavis,
Claoufit, adj. Plein a Texces : la gldiso es claoufido r^glise est
bondee.
Clap^s^ sm. Gros tas de pierres. — - Surnom de la ville de Mont-
pellier.
Clapdto, sf. Cloporte, insecte.
Clardto, sf. Variete de raisin produisant d'excellent vin blaiic;
appel6, dans TAude et k Limoux, blanqudtor
Cidirio, sf. Cldvio d'idou blanc d'oeuf. De glarea.
Cldstre, sm. Gloitre. De claustrum.
Clav^l, sm. Clou. — ClavSlAdo, sf. Raie, poisson. — Roun-cla-
v61^t, sm. Turbot : lesquels semblent porter des tfites de clou
sur la peau. De clavus,
Clavi^iro, sf. Melops, petit poisson de mer.
C16das, sm. Barriere a claire-voie. — C16do, claie. De claihrum.
Cliqu^tos, sf. plur. Jouet enfantin compose de deux pierres dures
tres plates qu'on fait battre Tune centre Tautre ayant un doigt
entr'elles. II est fait souvent de deux coquilles lisses, tenues
serrees dos k dos dans la main gauche, et enlre lesquelles on
fait aller et venir rapidement un batonnet. — On dit d'une per-
sonne tres maigre : sous osses semblou de cliqudtos.
Clos; Cldsque, sm. Noyau de toute sorte de fruits. De nucleus.
Cldsco, sf. CrAne. — Cldsco-pel^do, sf., famil. Chauve.
Clot, sm. Fosse dans laquelle on enterre les morts. De clodia,
Clotico, sf. Poule, qnand elle conduit ses poussins. De glocire.
GRAMMA1RE LANGUED0C1ENNE. 261
Cloufd, va. Gonfler. — CloiUe, adj. Gonfl6 par le chagrin ou Texcfes
de nourriture : es cloufe count* un baloiin il est gonfl^ comme
un ballon. — Es cloufe! il est morti
Clouquid, sm. Clocher. — Au fig. : qulto pas lou fldscou que quant
vist lou clouquie il ne laisse sa bouteille que quand il en a vu
le fond (le cul).
Cdlo, sf. Troupe; bande : o tres cdlos de vendemidi7'os il a trois
bandes de vendangeuses ; sou uno cdlo de mounde ils sont une
troupe de gens.
Cop, sm. Fois : mat d'un cop plus d'une fois; doutres coch au-
trefois.
Les contes aux enfants debutent ainsi : un cop, i-abio.,. un
hdme que fouchdbo Vhori : en foucMn, trapdt un dignd : amb'
aqu^l digni c7^oumpet uno cdrgo de caouUch, etc., il y avait,
une fois... un homme qui piochait son jardin, en piochant, il
Irouva un denier; avec ce denier, il acheta une charretee de
choux, etc.
Cor-douloi^. Faire cor-doulon faire pitie, inspirer la compassion.
De cor et dol07\
Cosesoti, sf. Cuisson. Du verbe Cdire cuire, passe d§f. cogudre ou
cosegudre. De coquere.
Coilamdl, sm. Variete de champignons comestibles.
Goudrrou, sm. Nom ancien, et aujourd'hui burlesque, des cordon-
niers. Voy. gndfre, pegdt. De corium cuir.
Coubdr, sm. Int6rieur de maison; chez soi. D'ou le proverbe : que
demdro Jous soun coube?^ se res noun gdgno res noun perd
qui reste chez soi, s*il ne gagne rien, ne perd rien. De cooperire,
cooperium,
Goucdrrou, sm. Gueux; mendiant en loques.
Couch^, va. Chasser : couchd las mouscos chasser les mouches ;
c6cho m'aqudl chi chasse moi ce chien.
Coucdto, sf. Marmite en fonte k couvercle presque hermetique.
Voy. couquilo. De coctus,
Coucougnoi^, sm. Chignon.
Coucouxndlados, sf. plur. Niaiseries, wineries. De cucumis.
Coudoi^n, sm. Going. — Coudougn^, sm. Coignassier. — Cou-
doiigno coing sauvage. Du grec xuBwvia, en latin cydonia.
Coufimto, sm. Confiture de fruits a base de sirop de raisin. Dq
conduce, condimentum.
262 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
Couildi, va. Enfler, — se Coulldi, s'enfler. — CoiUle, adj. enfle.
Voy. cloufd. '
Cougnat, sm. Beau-frfere. De cognatus. Cougnddo belle-soeur.
Coi^go, sf. Queue.
Cougoi^rlo, sf. Courge; citrouille. De cucuvbUa. — Embrdcho-
cougoiirlos. nlais, nigaud.
Coui. Lou det coui le petit doigt de la main. Vart^l coui ie petit
doigt du pied.
Cotiide, sm. Goude. De cubitus.
Coi^ire> sm. cuivre. De cuprum,
Coi^icindt, sm. Durillon ; surface calleuse aux mains ou aux pieds.
De culcita.
Could, sm. Collier d'attelage. — Could, va. Decuver. Could la
bugddo faire la lessive. — Michdn could, sm. Mauvais sujet.
De collare (Varron) collier.
Coularibo. A la coularibo, loc. adv. Mode employ^ par les macons
pour porter a quatre, six ou huit hommes, de lourdes pierres
attachfies avec des cordes passant sur des barres que les ouvriers
portent, deux a deux, sur les epaules. De collum.
Coulind, vn. Glisser. Se dit du sable amoncel6 qui glisse insensl-
blement sur lui-m6me selon Tinclinaison.
Coulino, sf. Greux. Ce mot signiQe tout le contraire du fran^ais
colline. C'est un bas-fond, une longe creuse situee dans Tinte-
rieur d'une terre et qui garde les eaux de plnie faute d'ecoule-
ment. Vov. comico. — De colUs.
Couloi!iinbo, sf. Gdteau de Noel.
Coultiou, sm. Guiture. De cultus.
Colombo, sf. Vallee.
CoumoiU, adj. Plein au-dessus des bords. De cumulus,
Coump^s, sm. Matrice cadastrale. De compensatfo.
Coumi!i, sm. Latrines; cabinet d'aisances. De co?nmunis,
Coi!iQCO, sf. Vasque ; bassin ; abreuvoir. Voy. pidlo, pise. — Fdirc
counco former bas-fond. Voy. Coulino. — De concavus.
Coundamino, sf. Terre particulierement bonne et r6serv6e comme
telle dans un domaine. Origine : condominium, peut-fttre parce
qu'elle s'afTermait souvent separement.
Coi!ingre, sm. Anguille de mer. De conger ou congrus.
Coungrid, va. Produire. En parlant d'insectes, de vermine, doni
les parents lui sont inconnus, le paysan, qui, d'apres cela, croi-
GRAMMAIHE LANGUEDOGIENNE. 263
rait a la generation spontanea, dit : es la tdrro, es lou fens, es
la salonparid que lous coungrio c'est la terre, c*est le fumier,
c'est la salete qui les engendre. De concreare,
Gounil, sm. Lapin. Ce mot est tombS dans Toubli, fnais nous
I'avons enlendu, dans notre enfance, prononcer par des vieil-
lards. II existe, k Bordeaux, une rue des trois counils. Un quar-
tier de la commune de Pezenas se nomme lou trdou del counil
le trou du lapin. De cuniculus,
Counquistadoi!!, sm. Conquerant. De cum qucesitus.
Gounti^Ln. De countun, loc. adv. Assidument. Se dit d'un travail
suivl qu*on n'abandonne que lorsqu'il est termine et, comme
disent les notaires, sans divertir a d'autres actes; d'ou le verbe
Countuni^. Du latin continuare.
Coup^, va. Interrompre un discours : escusds se vous cope pardon-
nez si je vous interromps.
Coup6t, sm. Nuque : i-en fiquet un ti^as lou coupit il lui porta un
coup a la nuque. D'oii le verbe descoupetd trepaner.
Coilple, sm. Soliveau; chevron. Voy, cabirou.
Couqu6l, sm. Grumeau : i-o fdsso couquels dins aquilos farin^tos
il y a beaucoup de grumeaux dans cette bouillie. — Couqu61o,
sorte de marmite couverte. Voy. coucoto. De conglobavi,
Couqu^tos, sf. plur. CoifTure des riches femmes d'artisans et des
petites bourgeoises avant la Revolution. Elle se distinguait par
des ailes, pendantes des deux cotes du front, en mousseline ou
en dentelles. Nous en avons vu encore en 1840.
Cour^l, sm. Poivron; piment; plante potagere. De corallium,
Courdur^, va. Coudre. — Courdi^ro, sf. Couture.
Cournaydiro, sf. Anse; support de comporte. De cor^iu.
Courni^do, sf. Guvier dans lequel on fait la lessive. Voy. bugadie.
CoiSiro, adv. Quand; tantot : sdbe pas coitro vendro je ne sais quand
il viendra; couro canto, coitro flblo tantdt il chante, tantot il
siffle. De quota hora.
Courre]61o, sf. Liseron des champs. De corrigiola.
Courrido, sf. Course. Du verbe cou)*ri qui vient de currere,
curro,
Courroi^pio, sf. Caroube, fruit importe d'Espagne et dllalie.
Couss^do, sf. Matelas de plume. De culcita.
Coussi, adv. Comment : coussi fardi ydou? comment ferai-je?
CoutA, va. Caler. — Cdto, sf. Cale.
264 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
CoutSlo, sf. Iris, plante liliacee. (La fleur s'appelle talipd.) De cul-
iellus,
Coutr^l, sm. Ck)utrdlo, sf. Expression polie a Tusage de ceux qui
ne veuleiit pas dire foutrdly foutrdlo, — Coutrdl de la liino! se
dit a un homme qui ne sait i quoi il pense. — Coutral&do, sf.
Niaiserie, frivolite.
Couydou, sm. Etui en bois que les faucheurs portent suspendu
entre les cuisses, contenant de Teau et la pierre k aiguiser la
faulx.
Couyotilo, sf. FoUe avoine, graminee.
Couyoun^, vn. Plaisanter. — Couyounddo, sf. Plaisanterie.
Cr^co, sf. Mensonge, hablerie.
Cr^ind, vn. Grincer : me fas crdind las dens tu me fais grincer les
dents. — Menacer ruine : se dis que lou clouquie crdino on dit
que le clocher est au moment de crouler. — On dit, au fig., d'une
femme sur le point d'accoucher : crdino.
Cran, sm. Grognon : 6i! qudne cvan! Dieu! quel grognon! — On
appelle cvans les gens de Marseillan, crans de Massiydn, de
m6me que les Cettois sont de irons de midlos, les Anianais,
d'inoucdns d*Agndno; ceux de Beziers, de camdls; ceux de
Castelnau-de-Guers, de sdouto roch, etc., etc.
Grand, vn. Geindre; vagir; grogner. Se dit surtout de petits en-
fants : de que vos? i-o (w)n' hoicro que crdnos que veux-tu? il
y a une heure que tu grognes.
Crdnco, sf. Grabe. — On dit aussi d'une femme acariAtre, gron-
deuse, vieio crdnco!
Crdnto, adj. num. Uan cranio Tannee quarante : te pagardi Van
cranio, pdr la fesio de Louptdn, c'est-a-dire je ne te paierai
pas ; — m*en fouie coumo de Van cranio ]q m'en moque comme
de Tan quarante.
Crebassino, sf. Se dit, quoique f^minin, d'un homme tres heureux
au jeu.
Creche, sm. Cicatrice.
Crdire, va. Croire. De credere.
CrMs, sm. Croissance. — Cr6isse, vn. Croitre. De crescere : Dion
ie crdsco! souhait a une personne qui eternue.
Cremd, va. (Vieux.) Bruler. — Crexndt, adj. Brule. De cremarc,
Cremdl, sm. Gremaillere. De cremaster et du grec xpcjAiw,
CreQtoi!is, adj. Graintif.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. £65
Crespino, sf. Fanfare. Enveloppe dans laquelle certains enfants
viennent au monde. — Crespiadt, adj. Ne dans la fanfare. Ces
enfants passent pour reussir dans toutes leurs entreprises.
Crests, va. Chfttrer. Se dit des animaux et des plantes. Chaponer.
De cast rare.
Cridd, va. Publier les bans de mariage. — Crldadis, sm. Glameur.
— Grit, sm. Cri.
Crouch, va. Rendre crochu. — se Crouch, v. Se courber; se
vouter.
Crouchetdt, adj. Discret k I'exces.
Crouchoi^L, sm. Quiguon (de pain).
Crouxnpd, va. Acheter. De comparare. En espagnol comprar.
Crou9t6t, sm. Croftton sec de pain.
Croutd, va. Voftter, former en voftte. — Cr6to, sf. Voute. —
Croutoi!i, sm. Gacbot souterrain.
Cr6yo, sf. Craie; blanc d'Espagne. — Petdto de crdyo poup6e de
craie, qualificatif donne, par derision, k un enfant, ou k un ado-
lescent, trop bien attife et trop soigneux de sa personne.
Crub61, sm. Crible. — Crubel6t, sm. Sorte de gaufre, patisserie.
— Jeu d*enfants dans lequel on se tient deux a deux par les
doigts accroch^s, les bras tendus et les quatre pieds s'arc-boutant
de maniere a figurer un A renverse, et Ton pirouette ainsi rapi-
dement. De cribellum,
Cug^, va. Fermer les yeux. —- CiSigos, sf. plur. Couple de demi-
sph6res creuses en cuir dont on couvre les yeux des mulets ou
chevaux attel6s a un manage, ou pour d^piquer les c6r6ales. —
Cugudt, sm. Cache-cache : fagu6n al cugu^t jouons a cache-
cache.
Cun, sm. Coin; cale. De cuneus.
Curd, vn. Jeter les gourmes : aqudl chabdl o pas curat ce cheval
n*a pas encore jete ses gourmes. De curare gu6rir.
Cussoi^L, sm. Trous faits par les vers dans le bois dit vermoulu. —
La poussi^re jaune qui en resulte. — Cussoundt, adj. Ver-
moulu. De cossus.
Custodi-n6s, sm. Souffre-douleurs ; patira.
Guy^irdt, sm. Sorte de canard sauvage que Ton mange les jours
maigres.
1
266 GRAMMAIHE LANGUEDOCIENNE.
CH
Chab^l I interj, Cri depeignant la surprise, de nieme que chabdl de
boussut! — Litt. Gheval.
Chabali, sm. S'applique a un homme qui dit ou fait des extrava-
gances.
Chambrdiro, sf. Trepied eleve pour supporter un chaudron ou la
poSle a frire.
Chapl^, va. Morigener; gronder en mena^ant.
Ch^rche, sm. La rejouissance : os que donnent les bouchers pour
completer le poids. — Au fig. Qualificatif d'un homme ennuyeux :
qudne chdrche !
Charg6t, sm. Gommerage. S'emploie surtout au pluriel : qndncs
chargdch! quels potins! De arguto.
Charndgou, sm. Hargneux.
Charpignd, vn. Ghercher querelle. — Charpign^ire, sm. Que-
relleur.
Charrd, vn. Bavarder ; causer tres longuement comme le font cer-
taines femmes entre elles. — Charr^ire, sm. Bavard. De gar-
rulus.
Chibal6t, sm. Danse fort ancienne importee probablement de
Montpellier, comme Tindique son nom. Quoi qu'il en soit, elle
est pratiquee depuis des siecles a Pezenas. G'est un cheval creux
de carton, couvert d'une belle housse, au travers duquel s'en-
gage un homme tlanque de fausses jambes (pendant a droite et a
gauche, pour completer I'illusion), qui se livre ainsi aux danses
les plus fantaisistes, en corapagnie d*un camarade, en belle
tenue aussi, lui presentant Tavoine. G'6tait Toccasion, pour les
spectateurs, de chanter la chanson dont voici un fragment :
Ddno i-e de cih&do
Al pdoure chihalet
E fdi lou hCoure quant o set.
Lou bdtott, lou fldtou,
Lou chfbalet ne Hs,
An soun hel mourre griSy
Sa hHo carahdito;
Lou chihalet ne ris
Ne fo la mddo de Parts,
GRAMMAIRE LANGUEDOGIEINNE. 267
Chicani!ir, sm. Tricheur au jeu. Sids un chicanur tu es un tri-
cheur.
Chichotirlo, sf. Petit oiseau ressemblant k Tortolan.
Chifoi!in, sm. Siphon.
Chincho, sf. Fdif^e la chtncho, jeu d'enfant, pas aimable du tout,
consistant k se donner, avec les poings fermSs, des coups sous
le menton a Teflfet de produire, par le claquement des dents dans
la bouche fermee, un bruit tres agr^able !
Chot, sm. — Ch6to, sf. Chat-huant. — Choutd, vn. rester coi : de
que chdtos aqui ? pourquoi restes-tu immobile comme un hibou
en plein jour?
Choticho ; biout^e a la choiiclio, loc. adv., boire a m6me la bouteille.
Yoy. gai^gdl.
Chuc^, va. Sucer. — Chuc, sm. jus : irdnge sa^is chuc orange
sans jus; se dit d'une jolie personne sans jugementni esprit. De
sugere. En espagnol chupar.
D
Dabald, vn. Descendre. — Dabaladoti, sm. rampe. — Dabalddo,
sf. Descente. De devolare.
Dafotins, adv. Tout k fait.
Daous, prep. Vers.
Dayd, va. Faucher. — Ddyo, sf. Faulx.
Debagach^, vn. Dem6nager, degager.
Deband, va. Devider. Au fig. bavarder, degoiser. — Debanadoi^,
sm. D^vidoir. — Deban^t, sm. Etourdi ; ecervele.
Debari^, vn. Troubler le cerveau. — Debari^t, adj. Detraque;
cerveau k Tenvers.
Debate, va. Demettre : s'es debatdt Vespdllo il s'est demis Tepaule.
Deb^, sm. Devoir; obligation. De debere.
Debigoussdt, adj. Disloque; dehanchS : es tout debigoussdt il est
tout disloqu6.
Deblasig^, va. Echarper; estropier.
Dec^n, sm. Doyen. De decanus,
Definiciou, sf. Fin ; conclusion. De de f!7iitio.
Detioy^, va. EfTeuiller. — Defioy^t, ad. De de foliatus.
268 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
Def6ro, adv. Dehors. De foras,
Degaiss^, va. Enlever les rejetons d'une plante.
Degan^Ou, sm. Protestant; huguenot.
se Degaougn^, v. Faire des grimaces.
DegayA, va. G^ter; deteriorer ; gaspiller. — Deg^l, sm. dechet.
Degi!is, pron. Personne : degiis ou o pas fdch personne ne Ta fait.
Degrud^, va. Egr6ner, les raisins, les groseilles, etc. Egrapper.
Ddimo, sf. Dime. De decimo.
Dejotist, adv. Dessous.
Del^i, adv. Au dela.
Delarg^, vn. Emmener les b6tes de labour de Tecurie a Tabreuvoir.
— Se dit aussi quand on fait sortir les moutons pour les mener
pattre,
Delembrd, va. Oublier. — se Delembr^, s'oublier dans le som-
meii. De dilabor memoria,
Demalug^, va. Abimer de coups ; estropier.
Demarg^, va. Demancher (un outil). — Detraquer : o demargdt la
mdstro il a d6traqu6 la montre.
se Demarmayd, v. Se dSgager, se d6p§trer : te sios mes din rem-
hoiih deynarmdyo te tu t'es mis dans Tembarras, degage-toi.
se Demesi, v. Se dit d'un liquide qui se concentre par T^vaporation.
— Au fig. Se briller le sang d'inqui6tude, se consumer.
Demour^, vn. Habiter (se conjugue avec aMire) : dben demourat
dins aqu6l oustdl nous avons habits cette maison. — Tarder
(avec dstre) : sios demourddo pla de tens tu as tarde bien long-
temps. De morari.
Dental, sm. Sep de la charrue contre lequel s'appuie le soc. De
dens, dentis,
Deperi, vn. Gaspiller; gdter : fo deperi las cdousos il gaspille tout.
De deperire,
De qud, sm. Fortune; biens : o manjdt soun de qu^ il a dissipe sa
fortune.
Derabd, va. Arracher : m'o derabdt uno den il m'a arrache une
dent. De deripere.
Derancd, va. Arracher; sarcler. De runcare.
Derusc^, va. Decortiquer; enlever T^corce. — Deruscddo, sf. Au
fig. : une racl^e.
Des^ice, sm. Espifeglerie : fas pas que de desdlces tu ne fais que
de mauvaises plaisanteries.
GHAMMAlUE LANGUEDOCIEKNE. 269
Desandt, adj. Efflanqu6; maigre; defait. — Pour les choses : use,
delabre, hors de service.
Desc^ous, adj. Pied-nu. De discalceatus,
Descarn^t, adj. Decharne. — Descam^, va. Decharner. De de-
Descougd, va. Couper la queue d'un animal ou d*un objet.
Descourcouyd, va. Depouiller un fruit de son enveloppe; des noix,
chataignes, etc.
Descousteldt, adj. Voy. D6charne. — La mort descoustelddo un
squelette.
Desenci^Lso, sf. Excuse; mauvaise raison. De excusatio.
Desgracious, adj. FAcheux ; malheureux. En espagnol desgraciado.
se Despantouy^, v. Se debrailler.
se Desparpay^, v. Reprendre ses sens; s'eveiller. — Voy. Espar-
paya.
Desp6i; Desemp^i. — Despidi; Deseinpi6i, adv. Depuis.
Despeydt, adj. D6guenill6.
Desplegd, vn. Faire un etalage dans un magasin ou dans la rue. —
Deplier. De explicare,
se Despouyd, v. Se deshabiller. De spoliare, exspoliare.
Desquid, va. Abattre gens ou choses d'un coup de pierre ou de
fusil.
Dessdi, adv. En de^a.
Dessal^, va. Devoiler; denoncer; deceler. Voy. dessoutd,
Dessauflourd, vn. Fletrir; deflorer : aqudlos prunos sou dessan-
flour ados ces prunes ont perdu leur fralcheur. De deflorare.
Dessaparti, va. Diviser; classer, De dispm^tivi,
Dessarci, va. Delayer : ou cal pla dessarci, que i-dche pas dies de
couqudls il faut le bien delayer aiin qu'il n'y ait pas de gru-
meaux. De dissereve.
Dessould, va. Defoncer le sol.
Dessoustarr^, va. Exhumer; d^terrer.
DessoutA, va. Decouvrir une chose cachee; deceler. Voy. dessala.
Destap^, va. Decouvrir; enlever un couvercle, un bouchon, etc.
Destetd^, va. Sevrer. — Se dit aussi quand on detache une marcotte
du pied-mere.
Destimbourl^t, adj. Detraque; toque. Voy. debaridt
Destourb^, va. D6ranger; faire perdre le temps h quelqu'un. De
disturbance.
270 GUAMMAIRK LVXGUEDOCTENNR.
Destrantay^t, adj. Delraque. Se dit ordinairement des choses.
Destr^ch, adj. Etroit : aMire lou quioiil destrdch trembler <le
ftayeur. De stricius,
Det, sm. Doigt. De digitus. Pour amuser les enfants, on nomme
ainsi les doigts de la main : pichot nan^t, Tauriculaire; pxi gran
que tus, I'annulaire; ^ran gusds, le medius: leco plach (Ifeche-
plats), I'index; tugo pesouls, le pouce.
Detddo, sf. Empreinte d'un doigt sur un objet quelconque.
Detrds, adv. Derriere.
Devigndire, sm. Sorcier; devin. De divinare,
Devistd, va. Decouvrir (faire une decouverte); apercevoir.
Diablatoti, sm. Petit diable. De diaholus.
Di^nsis; Di^ntres; Di^oussis, pr^ced^s ou non de al, interj.
Au diable )
Dign6, sm. Denier : la douzifeme partie d'un sol.
Dign6ir61o, sf. Tire-lire. De denarius.
DiJ6ous, sm. Jeudi. De dies Jovis.
Dili!is, sm. Lundi. De dies lunaL
Dim^s, sm. Mardi. De dies Mariis.
Dimdcres, sm. Mercredi. De dies Mercurii,
Dintr^, vn. Entrer. On dit aussi Intr^. De intvare.
Dioure, va. Devoir. De debere. — Dioute, sm. Dette. De dcbilum.
Dious.so, sf. Deesse. De deus.
Di6yo, sf, Douille.
Diss^te, sm. Samedi. De dies sabbati.
Divtodres, sm. Vendredi. De dies VeneyHs.
Dol, sm. Deuil. — D6rre, v. def. Sentir du mal. s'endolorir. De
dolere.
Doucech^, vn. Exhaler une odcur douceatre, ecoeurante. De dul-
cescere.
Douc^to, sf. MAche, plante potagore.
Dounadoi^Liro, sf. Casserole a long manche de bois pour verser la
lessive chaude. De donator,
Dourbi ou Droubi, va. Ouvrir.
Dousil, sm. Petite cheville de bois servant a bouclier un trou perce
sur la face d'un tonneau par lequel on retire de faibles quantiles
de vin. Vov. Sanncfo,
Doi!iyou, sm. Cruchon pourvu d'une sorte de canule au mo3'en de
laquelle on boit lo vin en le tenant eleve au-dessus des levres
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 271
oiitr'ouvertes : ce qui s'appelle bioure al gargdl par opposition
a bionre a la choucho. Voy. ces mots. Pe doliu7n.
Drac, sin. fitre diabolique qui, suivant la tradition, soiiait d'un
puits, appelait a lui les enfants vicieux et desobeissants pour les
faire monter sur son dos indefiniraent allonge et se precipitait
avec eux dans son puits. De draco, Cette tradition, modifiee
selon les lieux, a cours dans tout le Midi. On nous a montr6
dans notre enfance, au quartier du chateau de P6zenas, le fameux
puits qui a et6 conibl6 il y a cinquante a soixante ans.
Drech, adj Droit. — Dressi^iro, sf, Droite ligne. De directus,
Dr611e, sm. Jeune gargon. — Dr611o, sf. Fillette.
Dud^l ou Ded^l, sna. De a coudre. — De digitale.
E
£bou, sm. Sureau noir, sous-arbuste a baies noires. De ebulwn,
£go, sf. Jument. De equa. Voy. Cabdlo,
El; filo, pr. pers. Lui; elle. — £lo s'emploie souvent au lieu du
nom de la femme de celui qui parle, sans qu'il en ait ete deja
fait mention. II semble qu'on n'ose pas dire : rna f^7ino; on dit
^lo. De ille.
Embabouchit, adj. Enchifrene ; enrhume du cerveau.
Embalaousi, va. Abasourdir; assourdir par le bruit.
Embalms, sm. Brancard, civi^re. — Embalass^t pleine charge
de civiere. Voy. bayar,
Embarr^, va. Enfermer, serrer un objet.
Embartass^, va. Entourer de ronces et de buissons epineux. On
dit d*une jeune enfant qui annonce devoir etre tres belle : la
carvo emba7'tassd il faudra Tentourer de buissons pour la pro-
teger.
Embdss^, va. Depenser ; employer : embesso fosso aixlmi il de-
pense beaucoup d'argent. As embessdt tout Ion flou ? as-tu em-
ploye tout le fil ? De impendere, mi2>e7isa.
s'Embiaiss^, v. S'industrier; s'y prendre adroitement.
Embiourd, v. Imbiber. De vnbibere,
EmboiU, sm. Embarras : Sen dins un emboul que sdbe pas conro
272 , GRAMMAIRE LANGUEDOCTKNNE.
flnivd nous sommes dans un embarras tel que je ne sals quand
il finira.
EmbouniL sm. Nonibril. De oinhilicus.
s'Embourdescd, v. Prendre de Thumeur ; bouder.
s'Embourr^, v. S'en moquer : Coussi m'embom^re! corame je
m'en moque I Voy. s'enchdoutd, s'en foutre.
s'Embourroun^, v. S'enfimitoufler, s'envelopper soigneusement.
Exnbout^, va. Entonner; remplir un tonneau. — Embout^ire.
entonneur.
Embrand^, va. Embraser.
Exnbrdg^, va. Enivrer; impregner d'un liquide quelconque : /om
tarv^n es embrdgdt per la pldcho la terre est impregnee d'eau
de pluie. — Embr^gui, adj. Ivre. De inebriare,
s'Embrouno^, v. Bouder, demeurer silencieux par mauvaise hu-
meur.
Embuc^, va. Gorger. Se dit des volailles, oies, canards, etc. De
bucca,
Exnbug^, va. Imbiber. Se dit d'un cuvier ou d'un tonneau qu'on
imbibe d'eau pour le rendre 6tanche. De imbuere,
EmbM, sm. Entonnoir, soit pour entonner emboutd, soil pour
gorger embucd.
Emino, sf. Mesure pour les grains, contenant un demi-setier ou
31 litres environ. Du grec f^jjn?, moitie. — Exninddo demi-seteree
de terre (12 ares 5) qu'on ensemence avec une emino de grain.
Emmand^, va. Renvoyer. De mandare,
Exnmasc^, va. Ensorceler, jeter un sort : sidi emmascddo je suis
ensorcel6e; es uno emmascaciou ! il y a la de la sorcellerie. Du
grec picxavo?, sorcier, emynascdire.
Exnpeg^, va. Appliquer ; coller. Au flg. : Vempegardi la gdouto je
t'appliquerai un soufflet. De impingere,
Empdoutd, va. Enter, terme de couture : empdoutd de debdsses
enter des bas.
Emper^ou, sm. Supplement; temps employe au travail en dehors
de la journee et qui doit se payer en sus : cddo soudr v^o fa Vem-
perdou a la vigno chaque soir il va, aprfes la journee, travalller
a la vigne. Voy. tantossddo.
Emperit, adj. et sm. Maladroit. De imperitus,
Empesouy^, va. Communiquer des poux. De pedimlus, pou,j?c-
souL
QRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 27S
Exnplastr^, va. Donner un soufflet. — Empldstre- soufflet. Du
latin emplastrare greffer en ecusson.
s'Empr^ne, v. S'enflammer. Se dit d'un objet approche du feu.
Voy. embrandd.
Empus^, va. Attiser; rapprocher des buches, des tisons, des sar-
ments k demi-brules pour raviver le feu : empuso lou gabH
rapproche le sarment. De impulsum.
Encad^stre, sm. Entourage en planches minces qu'on fixe^ur les
charretles, foriuant encaissement, pour le transport de Dfienues
denrees, olives, amandes, sable, etc. S'emploie habituellement
au pluriel; on dit pourtant un encaddstre en parlant d'un des
grands c6t6s de Tencaissement. De incastrare,
s'Encal^, v. S*embourber. — Encal^t, adj. embourb^.
Encant^ire, sm. Commissaire-priseur.
Enc^ouso, sf. Cause : es tu$ que ne sids Vencdouso c'est to! qui en
es la cause. De causa,
Enc^stre, sm. Nom donn6 a un vieil objet, table, fauteuil, etc.,
d6mode, disloqu6, sale, vermoulu, hors de service et le plus sou-
vent relegue dans des lieux oh Ton ne va jamais : de que fas
d'aqu6l encdstre? qu'oun lou mdtes al fiocf que fais tu de ce
vieux rossignol? que ne le jettes-tu au feu?
Enchancrdt, adj. Engage ; embottS.
s'Enchaoutd, v. M6me signification que s'embourrd. Voy. ce moj :
m'enchdoute coumo de bioure un cop d'digo je m'en moque
comme d'un verre d'eau.
£nche, sm. Aspiration reiteree par le nez pour faire remonter les
mucosit6s engendrees par le coryza : Ht'o V^nche dit-on, par mo-
querie, a une personne qui se livre k cet exercice, ordinairement
un enfant, et Ton ajoute, dans ce cas : niflo, que te 7n6que!
renifle afin que je te mouche. Nifld produit Teflfet contraire de
tird V4nche, On dit a Toulouse : tird la ress&go tirer la scie.
s'Enohichourld, v. S'enivrer, mais pas a un tres haut degre.
Enchin^, va. Preparer, disposer une chose pour s'en servir au
besoin : tout es enchindt pdr parti quan vourr6s tout est pr6t
pour partir quand vous voudrez. De ingenium,
Enchipoundt, adj. Mai enchipoundt mal accoutre, mis sans goAt.
Enclabd, va. Enfermer a clef. De clavis.
Enclaousi, va. Enclore ; entourer de murs, de haies, de palissades.
— Encl&ous, sm. Pare. De clausum,
18
274 GRAMMAIRB LAN6UBD0GIBNNB.
s'Encourri, v. S'enfuir. De curro,
Endabald, va. Disloqner : m'o endabaldt Vespdllo il m'a disloque.
d6mis I'epaule. Les verbes se rapportant a TidSe de voies de fait
sont tres nombreux : citons, entr'autres, les suivants : assidadd,
assucd, debigoussd, deUasigd, boulegd las pdls, boumbd, dema-
lugd, trabayd las cdstos, destt^antayd, espalld, estiplassd, etc.
Cette richesse du langage en termes dont la signification ne
difffere souvent que par d'imperceptibles nuances, n'est appi-fi-
ciable que pour ceux qui en possedent une grande habitude
Endac6n, adv. Quelque part.
Endeveni, va. Rencontrer juste. — s'Endeveni, v. Colnclder;
sympathiser : nous sen endevengiich nous nous sommes ren-
contres ; nous avons eii la mSme id^e.
Enddbio, sf. Sorte de chicorSe, salade. De intubuin.
Endintrdt, adj. Qui a la figure de papier mAche, fatigu6e.
Endoulenti, va. Endolorir. Voy. ddrre. La diflF6rence entre ces
deux verbes consiste en ce que le premier repr6sente une cause
dont le second est Teflfet : aquel cop m'o endoulentit lou bras,
atab6 me dot que jamdi ce coup m'a endolorl le bras, aussi me
fait-il grand mal. — De dolenter.
EndourmidoMros, sf. plur. Potion narcotique : i-dou douncU las
endowTnidouiros on lui a donne un soporifique. De dormito-
rius.
s'Endracd, v. Se dit d'un sol detrempS qui commence a secher et k
pouvoir se travailler.
Enfaddt, adj. InfatuS. De fatuus.
EnfaissA, va. Mettre en fagots le bois d'^lagage, les sarments, etc.
De fascis.
Enfiocd, va. Litt. Mettre le feu ; inusite. — Au fig. exciter. Voy.
enfuscd. De focus,
Enfuroun^, va. Rend re furieux; exasperer. De furor.
EnfuscA, va. Irriter; exciter; envenimer. Voy. enfiocd.
Engabid, va. Enfermer dans une cage. — Mettre en prison.
B'Engalafat^, v. S'obstruer le gosier en mangeant trop vite.
s'Engamassi, v. Tomber en decrepitude par I'Sge, la maladie ou le
manque de soin.
Engamasslt, adj. Se dit d'un arbre dont la croissance est arr&tSe,
vieux avant I'age.
s'Engargay^, v. S'etrangler en buvant trop vite. Voy. gargaiechd.
QRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 975
England^, va. Bosseler un objet creux en mStal.
Engloutl, va. M6me sens que le precedent. De glutire.
Engouli, va. Avaler. — Au fig. avaler une injure. De gula. —
Engoulidoi^ avaloir.
s'Engraoumouli, v. S'engourdir par le froid ou le grand age.
s'EngrepoBl, v. Avoir Tonglee. -- Engrepeslt^ adj. Qui a Tonglee.
Engrund, va. Assommer de coups. — s'Engrun^^ v. S'effondrer.
Engus^, va. Tromper sur le prix ou la bont6 de la marchandise.
EnguyA, va. Enfiler, une aiguille ou un trou quelconque.
Enlast^, va. Mettre a la broche ; empaler. De in hasta.
En r^sso, loc. adv. En bloc.
s'Enretend, v. £tre raid! par le froid. — Enretendt, adj. Raide
de froid. De resisto, restUum.
Ensannousit, adj. Ensanglant^.
Ensourd^, va. Ennuyer, assourdir, assommer de paroles. De ex-
surdare,
Entanchd, va. Avancer dans Tex^cution d'un travail.
Entarddo, sf. Bord des terres que n'atteint pas lacharrue et qu'il
faut cultiver separ^ment.
Ent^st^ et Enttotesi, va. Porter k la t6te, comme dans Tasphyxie.
s^Entoumd, vn. S'en revenir. De tornare,
Entourtibiyd, va. Enrouler avec une corde serrant avec force.
Entreculi, va. Gueillir avant complete maturite.
s'Entredourml, vn. Sommeiller : S*es entredourmit il sommeille.
De dormire.
Entrefi61, sm. Trfefle sauvage k fleur blanche. De trifolium.
Entre qu6, conj. Des que; sitot que. — Entremen qu6, du mo-
ment que.
Envdcho. sf. Envie. Env^cho de voumi envie de vomir.
Enverend, vn. Puer; empester; infecter. De venenum.
Enyamd, va. Faire^penetrer une chose dans une autre.
EQy6c, adv. Quelque part. — Pa'n y6c nulle part.
Er^n, sm. Fil de fer et surtout de laiton. On dit aussi fiou d*erdn.
De ces, ceris.
firbo-liyWro, sf. Pari6taire, plante medicinale.
EscabA, va. Echancrer : terme de couture. De excavare.
EscabassA, va. Eteter; couper grossierement la t6te d'un arbuste
tel que la vigne. Voy. espoudassd,
Esc^ch, sm. Restant; solde; ce qui reste d'une quantity quelconque.
376 6RAMMAIRE LANGUEDOGIENNB.
Escafarn^l, sin. Tapage; scene violente.
Esc^gno, sf. Echeveiiu, de fil, de soie, de laine.
Escdi, sm. Sobriquet. — P6r esc^i, loc. adv. : s'apelo antdl per
esccii par suniom.
Esc^l, sm. Pericarpe charnu d'un noyau : escdl (Vam4Uo, de nougo.
Escald, vn. Grimper, aux arbres ou aux murs. De scala,
Escalabrotis, adj. Escarpe; raboteux. De squalidus.
s'Escalaoubr^, v. Marcher la tSte en bas ; faire Tarbre droit.
Escaldncio, sf. £quilibre. — Pdr escal^ncio, loc. adv. En equi-
libre.
Escall^, va. Oter Tenveloppe externe des noix, amandes, etc. Voy.
escdl\
Escambarloi^s, adv. A califourchon — s'Escambarld, v. Faire
le grand 6cart.
Escainpd, va. Jeter : escdynpo-gigdch, qualificatif d'un avare. —
EscaxnpadoiSi, sm. Deversoir. — Fdire escdmpos s'enfuir;
faire I'^cole buissonniere.
Escampoul^n, adj. et sm. Vagabond; un vagabond.
Escampiss^do, sf. Extravagance; scene violente mais ridicule.
.Escampiy^, va. Diss6miner.
Escan^, va. Etrangler. — s'Escand, v. S'egosiller.
Escandll, sm. Jauge; module; ^chantillon. Voy. gabari.
s'Escanti, v. (vieux). S'6teindre : lou fide, lou lun, s'es escaniit le
feu s'est eteint, la lampe s'est 6teinte.
EscaoucM, sm. Excavation faite autour des pieds de vigne pour y
deposer Tengrais.
Escaoud^, va. Echauder. De caldus, calidus.
Escaouf^to. sf. Rechaud de forme ancienne, a la braise. De cale-
facere,
Escaoum^, va. Echauder. Prov. : cat escaoumdt a^en Vdigo frMo
chat 6chaud6 craint Teau froide.
Escape, va. fichapper.
Esoaraougnd, va. %ratigner.
Escarluss^t, adj. Vif ; eveille : mourre escarlussdt minois 6gril-
lard.
Escarni, va. Infliger ane correction k un homme ou k un animal de
fagon k ce qu'il s*en souvienne et ne soit plus tent6 de la m6riter
de nouveau : Vai escarnit, i-e tournard papiis! je Tai ch&ti6, il
n'y reviendra plus !
6RAMMAIRE LANOUEDOaENNE. 277
EscarpenA, va. ficharper; rouer de coups.
Escarpit, sm. Gharpie.
EscarrabinAdo, sf. AlgarSide; scfene exlravagante et tapageuse^,
plus caract6ris6e qix' escampissddo. Voy. ce mot.
s'EscarrabiyA, v. Se d6gourdir. — Es pla escarrabiydt il est bien
degourdi.
Escdto, sf. Escdto de p6i 6caille de poisson.
EsclafA, va. !^craser bruyamment.
EsclafidoiSi, sm. Tube en bois de sureau dont on a extrait la moelle.
On force un bouchon de chanvre a chaque extr6mite et, en pousr
sant vivement Tun d'eux au moyen d'une tige de bois, la com-
pression de Tair chasse le second qui part avec bruit : p^to
count' un esclafidou il ftiit du bruit comme un petard.
Escl&to, sf. Crevasses que certaines personnes ont aux mains pen-
dant rhiver.
Escl6p^ sm. Sabot.
£sco, sf. Amadou.
Esc6ire, vn. Cuire; provoquer la cuisson; terme de medecine. -r
EscosesoiSi, sf. Cuisson. De coquere.
EscoubiyA, vn. Balayer les rues. — EscoubiyAire, sm. Balayeur
de rues. — Escoubiyos, sf. plur. Immondices; balayures. De
scopce, — EscoubA balayer. — EscoCiba balai, k Montpellier^
Escoundl, va. Cacher; faire disparaitre un objet. De absCondere.
Voy. rescoundi, mfime signification.
Escoupi, vn. Cracher. — Escoupilino, sf. Salive. De exspuere,
excupii^e.
Escousdn, adj. Cuisant. Voy. escdire, escosesou.
E^crachA, va. ftcraser. Voy. esclafa,
EscrancA, va. Rosser; abimer de coups. — Escranc^t, adj. EcIop6,
Escridassd, va. Huer; crier apres; insulter en masse dans les
rues.
Escr61o, sf. Scrofule; 6crouelle. De scrofulce.
Esci2i, adj. Obscur. — Escuresino, sf. Obscurite. De obscurus.
EscullA, va. Verser dans la soupiere le bouillon du potage : escitllQ
la soupo verse la soupe. De scuiella, ecuelle.
EscuxnadoiSiiro. sf. Ecumoire. De despumat^e,
Escuxnench^t, adj. : mal escunienchdt sale; mal accoutre. — Ex-
communie (vieux). De excommunicare.
EscurA, va. R6curer. „
278 ORAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Esp&l, sm. Tamis.
Espalancdt, adj. DShanche; Sreint^.
s'Espalld, v. Se d6mettre I'^paule en tombant.
Espandi, va. ^^tendre; Staler : espandi la hugddo Stendre le linge
de la lessive. — Espandidoti, sm. ^tendoir. — s'Espandi, v.
S'etendre de tout son long. De pandere,
Espangass^t, sm. Brome des prcs, dont les enfants font voyager
I'epi dans leurs manches.
Espaourugd, va. EfTrayer; effaroucher. De pavor.
Esp^r, — a I'esp&r. loc. adv. A Tecart.
Esparc6t, sm. Sainfoin, fourrage. De sparsum.
Esp&rgno, sf. Bassin dans lequel repose Thuilier de cuisine et ou
se rend, a travers un double fond percS de trous, le liquide qui
se perdrait en versant.
s'Esparpayd, v. S'eveiller tout doucement. De expergi, expergisci.
Voy. desparpayd.
Esparpay^t, adj. Fig. Eveille, degourdi.
Esp&rro, sf. Entretoises de bois qui reunissent les bras et consti'
tuent avec eux Techelle de la charrette.
EsparsoiSi, sm. Goupillon. De sparsio,
s'Espatarrd, v. Tomber k plat ventre sur le sol.
Espeli, vn. Colore. De ex pullus.
Espdr^, va. Attendre. De sperare.
s'Espdrdigayd, v. Devenir vif et alerte comme un perdreau. De
perdix.
Esp6t, sm. Detonation; claquement. Voy. pet.
Espetdcle, sm. Esclandre; scandale. De spectaculum.
Espigo, sf. Epi. De spica.
Espigno, sf. ArSte de poisson. De spina.
Espillo, sf. Ii^pingle. De spiciilum.
Espinchd, va. Regarder furtivemeut. Voy. fintd.
Espir&l, sm. Soupirail. De suspirare.
Espiyd, va. Regarder. De aspicere.
Esploumassd, va. Plumer grossiSrement. Depluma.
Espoudassd, va. Tailler grossiSrement la vigne. On dit aussi Es-
cabassd. De exputare.
Espoulsd, va. Brosser; secouer. On dit d'un chien : espoulso las
gn&iros il secoue les puces. — Espouls^to, sf. Brosse a habits.
De pulsare.
QRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 279
Espotincho, sf. Le trait; moDtee aboDdante du lait par la succion
du nourrisson.
EspousitoiSi, sm. Suppositoire.
s'Espouti, V. Tomber et se crever sur le sol.
8*Esquich&, v. Se comprimer; faire des efforts.
EsquiUo, sf. Cloche ; petite, comparativement k campdno. — Es-
quill6to, sf. Ciochette. — EsquilloiSi, sm. Grelot.
Esquino, sf. Le dos. De spina.
Esquinsd, va. D6chirer, se dit surtout d'une 6toffe. — Esquins,
sm. Dechirure.
Esquipdt, sm. Magot; amas d'argent cache.
Esstich, adj. Dess6ch6; sans jus. L'etat d'une chose, d'un fruit qui
a perdu son sue par pression, par exces de maturity ou de cuis-
son : pouddn descargd la pt^enso, la rdco es prou essucho nous
pouvons decharger le pressoir, le marc est epuis6. L'irdnge es
essuch; la limoiino es cssiicho Torange, le citron sont spongieux.
De exsuccus.
s'Estabani v. S'6vanouir; pcrdre connaissance. De evanidus.
Estabourdit, adj. StupSfait.
Estacd, va. Attacher. De ^oxaxa, parfait du v. laTr^p/.
Est&cho, sf. ^chafaudage.
EsUimpo, sf. Mauvais sujet, faineant, viveur, debauch^.
Est^ui, sm. !^tain. De stannum.
Estancd, va. Etancher. Voy. embugd. De eocstingere, exstmctum,
Estancitir, sm. Escroc.
Estaouldt, sm. Piece importante d'un pressoir.
Estarig^gno, sf. Araignee. — Estarigagnd, va. Balayer les toiles
d'araignee. — EstarigagnadoiSi, sm. TSte de loup, k cet usage.
Au fig. Qualificatif d'un homme long et maigre. De arachne et
du grec api/vY).
Estaringlo, sf. £]charde; ^clat do bois qui s'engage sous la peau, et
mSme dans la chair, particuliferement a la main. De strigiL
Estarussd, va. Emotter.
EsteloiSi, sm. Eclat de bois abandonne aux pauvres qui le ramas-
sent.
Est6bo, sf. Mancheron de charrue. De stiva,
Estibdl, sm. Jambiere; houseau en laine grossiere. De tibialis.
EsUou, sm. EtS. De wstus.
EstiplassA, va. Administrer une vol6e, une raclee.
280 GRAMMAIRE LAN<SCEDOGIBNNE.
Estiquit, adj. Rabougri; maigre; etique. S'applique surtout a
rhomme. Du grec 96taty,5<;.
Estird, va. Repasser. — Estirdiro, sf. Repasseuse ; lisseuse.
Estdc, sm. £tau.
Estoumacd, va. £)mouvoir fortement. -- Estoumac^t, adj. l^mu.
De sto7nachus.
Estourbi, va. Assommer ; laisser pour mort.
Estournudd, vn. !^ternuer. — Estoumtit, sm. ^ternuement. De
sternutare.
s'EstracinA, v. Trimer; s'epuiser en efforts : py^en pla sous discs
pend^n que Uou 9n'est7'acine il en prend a son aise pendant que
je trime.
Estr6mA, va, Enfermer un objet pour qu'il ne traine pas. Voy.
recatd.
s'Estrexnenti, v. Frissonner. — Estrementit, adj. Sidi toido
estrementido je siiis toute frissonnante d'emotion. De exlre-
misrere.
Estripd, va. Dechirer; sortir les entrailles. Se dit, par exemple,
d'une couverture piqu6e dont la dechirure laisse echapper le
coton dont elle est rembourr6e.
EstroiSin, sm. Ordure de I'homme bien portant. De ewtrudere, faire
sortir en for^ant. Se dit, au fig., aux tres jeunes gens qui fument :
lous estrouns fumou! — prov. : quart lous estrouns fumou
lou quioul SHSO pas : Allusion au temps froid. — Voy. bou$6t.
Un de nos plus grands ecrivains en langue d'Oc, le cure Favre,
n'a pas dedaign6, dans la traduction de YEn^ide, d'employer ce
mot. C*est dans le monologue de Junon, irritee centre la flotte
d'Enee qu'elle a jur6 d'an6antir :
Qual vourrd, se noun lous vincisse,
M*ouffri lou mendre sacrifice?
RestarO'K caoucun prou bdou
Per m'immould vdco ni brdou f
Pec Aire! dour Ai pas uno f^do.
Pas tin agn4l, pas uno anMo;
Bdste un laouzer, bdste quicon,
BAste, aou mens, lou fun d'un estrdn * 1
1. Nous avons du, pour traduire ce passage en notre dialecte, changer en o Ics
terminaisons feminines u do feda ct a?ieda, ct dire fedo et anedo, Mais, comrae on
le voit, le sens n'est nullement alterc par cette transformation.
ORAMMAIRE LANGUEDOG1ENNE. 281
Qui voudra, ai je n'en yiens k bout,
M'offrir le moindre sacrifice ?
Restera-t-il quelqu'un d'assez fou
Pour ni'iinmoler vache ou taureau ?
Helas! je n'aurai pas une brebis,
Pas un agneau, pas une agnelle;
PliM a Dieu un lizard, plClt & Dieu la moindre chose
Ph\t k Dieu la fum^ d'un ^tron !
F
Fa, va. Deuxifeme forme dlnflnitif du verbe fdire faire. De facere.
Fabari61, sm. Haricot.
TkhOs sf. Feve. De faha.
F^bre, sm. Forgeron. Presque inusite a Pezenas, si ce n'est dans le
proverbe suivant : val mat pagd fdbre que fabriyou mieux
vaut se servir d'un bon ouvrier que d*un mauvais. De faber. On
dit aussi du mAchefer : carrdls de fdbf^e.
Fach, fait; part. pass6 de fdii^e. De factus.
FagiSin, sm. Hachis de viande. De farcire,
FadechA, vn. S'amuser. — Fadechdios, sf. plur. Jouets d'enfant.
Fad6so, sf. Coquetterie; amour de la parure. — Fadesotis, adj.
De fatims,
F^do, sf. Fee. De fatmn.
Faf^t, sm. Gesier d'oiseau.
Fai, sm. Fardean, fagot. PI. fdisses : de fdisses de gdbdl des fagots
de sarments ; un fai de Mgno un fagot de bois. I)e fascis,
Faissdlo sf. Vase en terre dont le fond est perce de trous et qu'on
remplit avec du lait caill6 pour produire le fromage.
Faiss6t, sm. Corde munie d'une baguette employee dans la mena-
gerie.
Fdiisso, sf. D^pendance d'une terre formant gradin et soutenue soit
par un mur, soit par un tertre a forte pente.
Faissoti, sf. (Euvre de labour. De factio.
Fal6t, sm. et adj. De couleur fauve ou isabelle. — Se donne comme
nom, fal^t, falMo, aux mulets ou mules de cetfe ri»be.
4
Fal6t, sm. Reverbere.
Falotir, sm. et adj. Extravagant; toqu6.
F^lso-cdto, sf. Hypocrite. Voy. Catomidoulo. De falsus.
282 QRAMHAIRE LAKGUEDOGIENNE.
Fanabrdgo, sm* Un des noms du micocoulier qu'on appelle aussl
pdrpigndn.
Fang^s, sm. Bourbier; chemin boueux. — FAngo, sf. Boue. —
Fangotis, adj. Boueux ; crott^.
Fantasi^irotis, adj^ Inconstant; d'humeur cbangeante.
Faou, ou FayAr, sm. H6tre. De fagus.
F^oudo, sf. Giron, espace compris entre la ceinture et les genoux.
chez une femme assise : vdni sus la fdoudo, dit-on k un enfant.
Faougn^, va. Fouler. — Faougnadoti, sm. Fouloir ou Ton ecrase
les raisins. Voy. tridl.
Faoutdrno, sf. Aristoloche, plante exhalant une odeur fetide.
Faranddlo, sf. Danse dans les rues, ou jeunes gens des deux sexes
font, flambeaux en main, le tour de ville, ordinairement la
veille des fdtes populaires ou en sortant du bal masqu6. Le
tambour et le fifre sont indispensables, et depuis quelques an-
nees la grosse-caisse y fonctionne aussi.
FArdo, sf. V6tements. — Se dit plus frequemment du sac et de la
besace dans lesquels les journaliers portent leurs provisions de
bouche, lou recdte, et qu'ils deposent k Tabri d'un tertre ou d'un
arbre. Lorsqu'ils ont un chien, sa consigne est de veiller sur la
fdrdo; s'il s'en 61oigne, on lui crie : vdi t'en fenedn! vdi Vena
la fdrdo. Cette objurgation s'adresse aussi a un fA^cheux, k un
importun.
Farg^t, adj. Mai fargdt, mal habille; qui k mauvaise tournure.
Farin^tos, sf. plur. Bouillie faite avec la farine de mais. — Erup-
tion dartreuse ressemblant k de la farine. De farina,
Toitt^ sm. Ellega'nt; petit-maitre ; pretendu en mariage.
Farram^nto, sf. Ferrure; vieille ferraiile. De ferrum.
Farr&t, sm. Seau en bois ou en m6tal. De ferratus.
Fatigo, sf. Travail ; besogne. De fatigare.
Fe, sm. Foi. — Foin. De fvenum,
F6che, sm. Fote : f4che boulit; f^che mol; f^che Idrge qualificatif
d'une person«e indolente, a temperament mou.
F6do, sf. Brebis. De hcedus,
Femeltin, sf. L'ensemblo des femmes : gai o de femefun il y a ici
des femmes. De femella,
FenestroiSi, sm.Toute petite fenetre. On chante, dans une vieille
chanson : lou lar, lou cambajoit, tout passdt pdr lou fenestroif
le lard, le jambon, tout passa par la petite fenfitre. De fenestra.
GRAMMAIRE LAN6UED0CIENNG. 283
Fennassid, sm. et adj. Qui aime et fr^quente les femmes. —
F6nno, sf. Femme. De femina.
Fens, sm. Fumier. De fimus.
Festendtl, sm. Grande fete. De festum annuale.
FialoiSiso, sf Quenouille. De filum,
Fibid, vn. Siffler. — Fibl^ire, ou PioulAire, sm. Siffleur; sorte
de canard sauvage considere conime viande maigie. De sibilare.
Ficho, sf. Barbes de Tfipi d'orge qu'on rencontre souvent dans le
pain d'orge. — On dit souvent, dans un autre sens : a la ficho
del sourdl k la pleine exposition du soleil.
FichoiSiiro, sf. Sorte de fourchette avec laquelle on prend le pois-
son dans les rivieres.
Fiddous, sm. plur. Vermicelles.
Fifiiro, sf. Foire. De feria.
Fignould, va. Soigner; raffiner. — FignoulAlre, sm. Petit maltre.
De fingere.
Figo-Ugn61o, sf. Jeu de carnaval. Sorte de ligne au bout de laquelle
est suspendu, au lieu de hamegon, une figue s6che ou, plus sou-
vent, un petit pdte. L'individu, en domino et masqu6, tient, de
la main gauche, la ligne qu'il agite, et, de la droite, une gaule.
Les enfants accourent et ils doivent saisir la Ague avec les dents
ou les ]&vres ; Tusage des mains est interdit et puni d*un bon
coup de baguette sur les doigts. De ficus et linea.
FlIAto, sf. Poutrelle, plus ou moins longue, utilisee pour les £cha-
faudages.
FintA, vn. Regarder curleusement et k la d6robee. Voy. espinchd.
Fi6c, sm. Feu. De focus^
Fiou, sm. Fit. Db filum.
FisAnso, sf. Confiance. De fiducic^
Fi^sd, va. Piquer : Vah4yo m'o fissdt Tabeille m'a piqif6; m'o fissdt
dmbe k)u fou4t i>*m'a cingle avec le fouet. — Fissoti, sm.
Pomte; dard. De flgere, fissum.
Fiytetro, sf. Fille de premfer lit, pour Tautre 6poux. ^
Fijr61o, sf.^Fragment de raijge^de vigne que le defaut d'equerre de
la piece dt terre a interrompue.
Flabut^t, »m. Flageolet. — FIabi!ito, sf. Flute. En italien flauto.
De flaior,
Fiac, adj. Mou, plat de^ott. Se dit (^un vin faible en alcool. —
Flaquiche, sm. MoUesse; indolence. De flaccMu$,
r
/
284 ORAMMAIRE LANGUEDOCIENNE .
Flachdl, sm. F16au pour battre les c^rSales. De flagellum.
Flambusc^, va. Flamber. De flammescere.
Fl&scou, sm. Bouteille en verre de deux: & six litres En italien fiasco.
Flassddo, sf. Homme faible, paresseux^ ^nerve, flegmatique. De
flaccidxis.
Fldouxnos, sf. plur. Glaires qu'on rejette en vomissant.
FIASCO, sf. Flache ; soulevement ou d6faut de bois dans une pi^ce
6quarrie. De flectef^e, flexum.
FloCn sm. Gros morceau. — Floqudt, petit morceau. Voy. tros.
Flou, sf. Fleur. De flos,
Flouquechd, va. Mettre en morceaux.
Flourid, sm. Drap grossier dont on couvre le linge dans le cuvier a
lessive et sur lequel on etend les cendres.
FlouroiSin, sm. Clou; furoncle. De furunculus,
Fon, sf. Fontaine. De fons.
Forachdt, sm. Avant-toit.
F6ro; En f6ro, adv. Hors; dehors. De /oras.
F6SSO., adv. Beaucoup.
Fouchd, va. Piocher la terre avec la houe ou la pioche. De fosso-
rium.
FotichesI interj. exprimant Tetonnement.
Fotico, sf. Canard marin considere comme viande maigre. — On dit
d'un homme mou de temperament : san de fouco! De fulica,
Foug&sso, sf. GAteau plat et perce de trous, fait avec la p&t6 de
pain : on le met au four avant celui-ci et pendant quelques mi-
nutes seulftment. — Fougass^t. sm. Echaud^.
FougatoCi, sm. Nom qu'on donne h celui qui est charge d'entretenir
le feu sous une cliaudiere, notauiment dans les moulins a huile.
De focarius, focator.
Fougi, va. Fuir. De fugere.
Fougnd, vn. Pester; t6moigner tacitement sa mauvaise humeur. —
FoCigno, sf. Depit. Voy. bisco,
Fotiiro, sf. Diarrhee. De foria.
Foundtido, sf. Nom donne k un plat d'oeufs brouill6s : una foun-
dudo d'idoits ; d'idous en foiinditdo. De fundere.
Founs^, va. Mettre un fond (a une barrique).
Founztit, adj. Profond.
Fourbid, va. ftcarter. — se Fourbid, v. Se garer, se mettre de
cote pour laisser passer quelqu'un. De foras via, •
GRAMMAIBE LAN6UED0GIENNE. 285
Fourcaddlo, sf. Fourche. — Fourcdt, sm. Araire pour un seul
cheval. De furca.
FourfoiU, sm. Cohue; rassemblement bruyant tel qu'un essaim
d'abeilles. — Enfant remuaiit — Fourfouyech^, va. Fureter.
Fourndld, va. ficobuer. De fornacula,
Fourtechd, vn. Exhaler une odeur forte : la bouto fourUcho le
tonneau sent fort.
Fousc; — FoiSisque, adj. Louche; trouble.
Fousegu6t, — FousegoiSi, sm. Se dit d'un enfant remuant. Voy.
fourfoiiL
Foutdso, sf. Objet sans utility; parole frivole.
Foutr^; — FoutralAdo, voy. coutrdl, coutrdlado : mSme sens.
Foutrassechd, va. Tripoter. On dit aussi Foutimassechd.
Fouy6, sf. Folie : fdire uno fouyd faire une extravagance de pleurs.
Fouy6to, sf. Mesure de capacity pour le vin et Thuile, contenant
demi-litre.
Fracdtche, sm. D6gdt. De frangere, fractum.
Frdisse, sm. Frfine. De fraxinus.
Fran, sn. Front. De frons, — Pr6p. : fran acd excepts cela.
Francixu^n, adj. Qualificatif donnS ^ un paysan qui veut parler
frangais : d'ou le verbe Francixnandejd, parler mal fran^iais.
Franquetdit, sm. Franchise.
Fr&ougno, sf. D6p6t d'immondices abandonn6 par les crues. Voy.
les et limpo.
Frecantd, va. Faire la cour a une jeune fiUe en vue du mariage. II
s'emploie aussi comme pronominal : se frecdntou ils vont en-
semble. Voy. fringd et se parld. De frequentare,
Freeh, sm. et adj. Froid. De frigidus. — FrecheliSic, adj. Frileux.
Fresctiro, sf. Fraicheur : fo frescuro il fait frais.
Frigotdo, sf. Thym, plante aromatique employee dans la sauce aux
escargots.
FringA, va. M6me sens que frecantd et se parld.
Fripotiyo, sf. Canaille.
FriyA, va. Frotter. — se FriyA, v. Se frotter. De fricare.
Frountdil, sm. Bourrelet d'enfant. De frons,
FriSicho, sf. Fruit. Ne s'emploie qu'en parlant des raisins : la frii-
cho es pouUdo aquest'an les raisins sont beaux cette annSe. De
fructus.
Frtiscos, sf. plur. Vieux habits.
^6 GRAMMAIRE LANODEDOCIENNE.
Frutddo, sf. Une raclee ; du verbe I^rutdi., frotter : es estdt frtitdt
coumo se diou il a et6 ross6 comme il faut. — FrAto-b6t08,
sm. fam. Valet aux jeux de cartes.
Furd, va. Fouiller. De fur, voleur. — Fur6to, sf. Souris.
Furechd, vn. litt. Sentir le furet; exbaler une mauvaise odeur.
Fas^ sm. Fuseau. De fixsum,
FiSisto, sf. Poutre. De fustis.
G
Gab&ch, sm. GabAcho, sf. Noms donnas aux montagnards du
Tarn, de I'Aveyron et de la Lozire. En espagnol, gabdcho se dit,
en mauvaise part, des Fran^ais.
Gabdl, sm. Sarments de vigne lies en faisceau. On dit, quand il fait
tr^s chaud : Nostre-S^gne o mes ydi un gabSl de mdi aujour-
d'hui Dieu a mis un sarment de plus {k son soleil).
Gabion, sm. Goeland ; mouette, oiseaux marins.
6&bio, sf . Cage ; d'oi!i le verbe Engabid, mettre en cage. De carea.
OAbre, sm. Vieux m&le de perdrix.
Gach, sm. Geai. De graculus.
%alsB&y vn. Taller; repousser du pied. Se dit des plantes. Voy.
degaissd.
Gal, sm. Coq. — Galino, sf. Poule. De gallus.
Ctelab^r, sm. Boudin.
Galabdsso; fdire galab&sso, faineanter; se donner du bon temps;
s'attarder au lit.
Galaf^t, sm. Sorte de crochet dont se servent les tonneliers.
Gttlaf61, sm. Fruit hirsute de la bardane, qui s'accroche aux v^te-
ments.
se Galamind, v. Voy. fdire galab^sso.
Galapi&n, sm. EscogriiTe ; homme tr^s grand et degingandS.
Galif o, sf. Scolyme ; variety de chardon k racine comestible.
Galixndn, sm. Mauvais sujet. — Galixu^ndo, f. Coureuse.
CfraUgnd, sm. Poulailler. De gallina, ainsi que le suivant.
86 Galindt, v. Avoir la chair de poule, par froid ou emotion. —
Galindt, sm. Guano, excrements de poule. — - Galin^to, sf.
Bete i bon Dieu.
GRAMMA IHE LANOUEDOCIENNE. 387
Galls, sm. Allee entre deux lignes diagonales de vigne, plus ^troite
que Y ample (voy. ce mot). II en est une autre, la galisso, plus
etroite encore.
Gal6i, adj. Gai ; jovial ; rieur : r^joui.
Garnet, adj. Tare. Se dit d*ua inouton qui a le foie g^te, et, par
extension, des personnes qui ont quelque tare interne.
se Gandi, v. Se prScautionner. — Gandit, adj. Par6; pourvu :
sidi gandit j'ai pris mes precautions.
Ganddlo, sf. Diligence, voiture publique.
G^no, sf. Gr6 : de louno gdno de bon gr6, Voy. Orat.
Gaou, sm. Chance ; plaisir ; bonheur : me fas gaou tu me fais plai-
sir. — Lou fide se metet a Voustdl e gran gaou de nou'n pourre
tird I le feu prit k la maison et, fort heureusement, nous avons
pu en sortirf
G&oudo, sf. Conque en terre vernissee, appelSe gresdl a ToulouBe.
— Fdire gdoudo former un creux.
GaoudiUo* sf. Toupie, jouet d'enfant.
G&ougnos, sf. plur. Les ouKes des poissons et principalement des
anguilles.
GaoulA, va. Creuser une rainure dans les douelles d'un tonneau
pour y adapter le fond. *
Gdoule, sm. La rainure d'ont on vient de parler, dite jable.
Gaous^, vn. Oser. De audere, ausum,
OaoutardI, sm. Nom familier donn6 au neuf de pique, nomm^
aussi pudicindr,
GAouto, sf. Joue : anfld la gdouto, empegd la gdouto appliquer un
soufflet.
Gar&ch, sm. Profondeur atteinte par le labour : abin fach un Wdbe
gardch nous avons laboure profondement. — Fas pas fdsso ga-
rdch tu ne laboures qu*k la surface. Nous avons entendu r6pli-
quer k un imbecile disant qu'il piocbait Montesquieu : fas pas
fdsso gardch tu ne vas pas bien profondement !
Garbi, sm. Vent du sud, tres favorable pour vanner le grain. Voy.
laMch.
GargAl ; Moure al gargdl, boire en tenant le broc {lou douyou ou
lou poiirrou) k une certaine hauteur, laissant couler le filet de
liquide dans la bouche entr'ouverte : ce qui est le contraire de
Moure a la choucho (voy. ce mot). -— A la Gargai6to, loc. adv.
Mdme signification.
288 6RAMMAIRB LANGUBDOCIENNE.
Gargamdlo, sf. Gosier ; ainsi que Garg&nto, d'ou Rabelais a pris
son Garganlua.
Gargaiechd, vn. Faire des roulades. — 6argay61, sni. Chant du
rossignol.
Les six mots qui precedent viennent du grec ^apYapewv, gosier.
Garram^cho, sf. Sorte de guMres en toile dont les terrassiers
recouvrent leurs chaussures.
Garrdl, sm. et adj. Boiteux : lou garrdl de Piffre PiflFre le boiteux.
— Sids garr&l tu es boiteux. D'od le verbe GarrelechA bolter.
Garrotiyo, sf. Vari6t6 naine de chdne-vert.
GasoiSm, sm. Lardon ; sarcasme ; brocard.
G&Cit, sm. Imbecile, sot : agd qudne gdiit! Yois quel animal!
Gay^do, sf. Germe qui apparalt sur le jaune de To^uf lorsqu'il est
f6conde. De gallus,
Gay^r, adj. Gras; replet. — Gayardid, sf. Embonpoint.
Ges, pron. et adv. Point; personne; aucun. Pa ges d*h6mes point
d'hommes.
Gdis, sm. Platre. — Geissidiro, carrifere de platre. — De gypsum,
Gdmo, sf. Pousse ; bourgeon. De gemma.
Gen de Diou I interj. Dieu du ciel !
Gimbid, va. Plier: courber : gimblo brdcos surnom donne a un
vannier. Origine du mot Gimbel^to, gimblette d'AIbi. — se
Gimbld, se courber.
Gindsto sf. GenSt. De genista,
Gip^s, sm. Pl^tras ; debris de demolition.
Gipid, sm. Platrier. De gypsum, comme le precedent.
Girbo, sf. Herbe dure et grossiere. Voy. hdouco, — l)e herha.
Giscld, vn. Pousser des cris pergants. — Giscle, sm. Cri percanl.
Giaclo, sf. Gaule; baguette.
Glaouj6I, sm. Cornet; mollusque comestible de la famille des sei-
ches.
Glaous, sm. ficlair. De clarus, — Glaoussd, v. imp. Faire des
Eclairs. De clarescere.
Gldiso, sf. Eglise. De ecclesia.
Gloii^to, sm. Etuve; r6duit chauff6, prfes d'un four, oft on laisse
lever la piite. De caldarium, — Petit local dans lequel se rend
une source et oft se fait la repartition des eaux.
Gloup, sm. Gorgfie. — Gloupechd, vn. Boire k petiles gorgfies.
G6i, adj. Boiteux. (Vieux.) Se dit encore k Agde.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 289
G6rgo, sf. Tuyau en poterie pour la descente des eaux pluviales ou
menageres.
Goubdr, sm. Direction ^ de soi-mdme, de sa fortune, de sa maison.
— - Jugement. Prov. : mai val un pan de goubdr gu'uno cdno
de sdoupre mieux vaut vingt-cinq centimetres de jugement que
deux mfetres de science. De gubernare.
Goufoti, sm. Gond.
GouUam&s, sm. Se dit d'une femme coureuse, desordonnee, mal
mise, etc.
Goum^t, adj. Impregne; sature : lou tannin es goumdt d'digo le
sol est impr6gn6 d'eau.
Gour, sm. et GoiSirgo, sf. Grand creux, mare, remplis d'eau. De
gurges.
GourAou, sm. Figue-fleur.
6oi!irbio, sf. Mannequin, corbeille faite en lisieres entrelac^es de
bois tres mince; m6me sens que le couffin de Marseille. De
corbis.
GourgoiSil, sm. Yer ou chenille qui se loge dans les legumes sees,
pois, lentilles, etc. Du latin curculio; en espagnol gorgojo.
Gourgoulino, sf. Sorte de carafe en terre poreuse, a ventre renfl6,
col 6troit et bouche Svasee dans laquelle Teau maintient sa frat-
cheur ; imitee de Talcaraza espagnole.
Gourgoutd, vn. Bouillir tumultueusemeut, a gros bouillons.
Gourmdl, sm. Morve, mucosit^ nasale.— GourmeloiSis, adj. Mor-
veux. — D'oii le mot frangais : gourmes.
se Gourrd, v. Se tromper. Voy. s*engusd. — Gou7*rd est aussi
verbe actif. De augura7''e,
GoustoiSis, adj. Savoureux; appetissant. De gustus.
Graben^s, sm. Banc de gravier a sec dans le lit d'un torrent.
Grai-toundtit, sm. Saindoux; graisse de pore.
GraissiyoiSis, sm. plur. Gretons; menus fragments de viande rous-
sie formant le residu de la graisse de pore fondue. On m61ange
ces fragments k la p&te de pain pour en faire des fougdssos (voy.
ce mot) de graissiyous.
Graxnecis, interj. Merci.
Gran, sm. Chiendent. De gramen. — A'ieul, aieule : moun gran
mon grand-pfere, ma gran ma grand'mSre.
Grdtncho, sf. Campagne et maison de campagne. En espagnol
grania.
19
290 QRAMMAIRE LAN6UED0CIENNE.
Granch6t, sm. Vide-bouteille : mSme signiOcation que la bastido
de Marseille, le cabanou et le masdt de Montpellier, la bavra-
qu^to de Cette, etc.
Granibou, adj. Qualiflcatif d'un sol tres favorable aux cer6ales et
surtout a la production du grain : aqu^l tarr6n es granibm
cette terre est plus productive en grain qu'en paille. De gra-
num.
GranoiSiyo, sf. Crapaudine. terme de serrurerie. De ranula gre-
nouiHe.
Graou, sm. Estuaire. Norn generique donn6 aux embouchures des
fleuves : lou grdou d'Ate, de Palavas, del R^i, le grau u'Agde,
de Palavas, du Roi, etc. En espagne, on dit : el grdo de Va-
lencia.
Graoufignd, va. Egratigner : m'<xs graoufigndt la gdouto tu m*as
egratigne la joue.
Granisso, sf. Verglas, neige fondue. De granum, grando.
se Graouxniy^, v. Se remuer, se mouvoir : gdouso pa^ se graou-
miyd il n'ose pas bouger.
Graousiydiro, sf. Terre maigre, graveleuse, de mauvaise qualite.
Grapisses, sm. plur. Residu des grains de cer^ales apres criblage.
86 Grasiyd, v. S'inqui^ter, se briller le sang; d*oii Grasiyadoiji,
qualiflcatif de celui qui impose ce supplice. De a^uciare se.
Grasio, sf. Gril, ustensile de cuisine. Du latin craticula.
Grat, sm. Gre : de boun grdt volontiers. Voy. gdno. — De gratus.
GrataboiSi, sm. Petit pain form6 des d6bris de pAte qu'on recueille
en raclant et nettoyant la male ou petrin et avec lequel on expe-
rimente la chaleur du four.
de Gratip^oudos, loc. adv. : ^natxhd de gt^atipdoudos marcher a
quatre pattes.
GrAyo, sf. Corneille. De graculus.
Grel, sm. Germe; jeune pousse d'arbre, d'arbuste ou de plante :
un grel d'dpi une jeune tige de c61eri. — GreyA, vn. Gerraer,
emettre de jeunes pousses.
Grdpio, sf. Creche.
Gr6spe, sm. Cr^pe, voile de deuil.
Griffdt, sm. Nom populaire du Diable.
Grimpdt, sm. Raidillon.
Grioule, adj. inseparable de Rat : rat-g^Houle rat dormeur; loir.
De glirius endormi.
6RAMMAIRE LAN6UED0CIENNE. 291
Gro, sm. Grain : uri gro de mil un grain de mai's; wn gro de sal un
cristal de sel.
GroiUlo, sf. Savate, vieux Soulier ecule. — en Grotillo, loc. adv. :
pdrlo lous souyes en groiillQ il porle ses souliers en babouche.
Groupat^s, sm. Corbeau, oiseau carnassier. De corvus,
Gruch, sm. plur. Mai's concasse k grains fins. Ne s'emploie qu'au
pluriel : imo siHddo de gruch une pleine assiette de gruaux. Se
mange cuit a la graisse.
Grtimo, sf. l^^cume.
Grun, sm. Frai; oeufs de poisson.
Gn^no, sf. Grains de raisin tomb^s a terre dans reparation de la
vendange : fiydtos, acampds pla la grunol fillettes, ramassez
bien les grains ! Voy. moustdcho.
Grt^so-dinn^sses, sm. Pique-assiette, parasite. — Gri2iso-dign6s,
Grtiso-s6ous68 escroc, grippe-sous«
Guilts , va. Regarder. Voy. agachd.
Gudlsd, vn. Respirer comme les asthmatiques. Voy. poulsd esp^s.
Gu^rle^ adj. Louche. Voy. guinche,
Guinchdt, vn. Loucher. — Guinche, adj. Louche. — GuinchoiSi,
sm. Surnom donn6 k celui qui louche.
Guind^, sm. (Vieux mot.) Dindon : es rouge coum' un guinddr
ilest rouge comme un dindon. Voy. pidt.
GmndoiUo, sf. Jujube; d'ou le mot Guindouyd, sm. Jujubier.
de Guing6is, loc. adv. De travers : mdrcho tout de guingdis il mar-
che tout de travers.
Guiyd, va. (Vieux mot.) Duper. N'est applique que dans le pro-
verbe suivant : tal C7^6i guiyd Guiydt, que Guiydt lou gulyo tel
croit duper Guillot, qui en est dupe.
Guiy^oumes, adv. : fdire guiydoumes, manoeuvre employee par
les pMtriers, couvreurs, masons, etc., pour faire monter rapide-
ment les briques, tuiles et menues pierres aux etages 8up6rieurs.
Les ouvriers sont disposes, I'un pres du tas, un autre a Tarrivee,
et les autres, espac^s sur les degres d'une echelle plus ou moins
longue, ou ils se transmettent de main en main, comme par une
chalne, les materiaux a monter.
Guiyar6t, sm. Bergeronnette. Petit oiseau de passage, vif et de-
gourdi.
Gus&s, sm. Gueux, canaille; d'od le verbe Gusechd, perdre son
temps, rouler, fainfianter.
292 GRAMMAIRE LANOUBDOGIENNE.
H
Homendn, adj. S'emploie surtout au feminin : Hoznen^nco, qui
a la passion de I'homme. De homo.
Hdrre, adj. (Vieux mot,) Hideux. De hoi^ridus,
Hort, sm. (Vieux mot.) Jardin. Un quartier de la commune de
Pezenas est nomme Vhort del pdstre le jardin du berger. De
hortus ainsi que les suivants.
Hortaldcio, sf. Produits du jardin potager comestibles en feuilles.
tels que salades, choux, etc.
Hdrto^ sf. Poiree, plante potagere.
I
Ichdl, sm. Essieu. De axis.
Idould, vn. Se lamenter comme les chiens. De ululare. Voy. jan-
gould.
iSiro, sf. fivier. De aquarium.
Ime, sm. Raisonnement; jugement : cadun fo a soun i7ne chacun
agit selon son idee.
Iinoi!i, sf. Humeur. De humor.
Int&me, adj. Enorme. De in fame.
Impourti^n, adj. Obfese. De importunus.
Inoucdn, sm. et adj. Idiot, irresponsable, cretin. De in nocens.
Inqudt, sm. Hamecon. Voy. mescldou.
Intr&n, adj. Familier; qui se lie facilement. De intrare.
161, sm. CEil. De oculus.
Idou, sm. CEuf. De ovum.
touse, sm. ChSne vert. De ilex.
Ir&nge, sm. Orange. En espagnol naranja. De aurantia.
Irm?, sm. Jugement; sens commun.
Issalld, va. Cuire des oeufs sur le pl^t : d'idous issalldch des oeufs
sur le plat.
GRAMMAIRE LANGITEDOGIENNE. 293
Issartd, va. Empieter, c'est-i-dire remplacer le pied d'un bas tricotfi
en conservant la jambe. S'emploie tres peu aujourd'hui dans le
sens de greffer. De insertunij supin de inseret^e.
Jacoti, sm. Imbecile; nigaud. Voy. jands et tdni.
Jacouti, sm. Gilet a manches pour les enfants.
J^ire, vn. fitre couch6 Stendu. — se Jdire, v. Se coucher. De
jacere. Voy. s'ajassa.
Jalar6o, sf. Gelee ; gelatine. De gelus,
Jalibrdt, adj. L'etat d'une pi^ce de bois dont les couches concentri-
ques ont ete desagr^g^es par I'efTet de la gelee. Se dit aussi d'une
pierre. — se Jalibrd, v. Se geler.
Jan^s, sm. Equivalent de Jacou, mais plus b6te ; Jacou est surtout
ridicule.
Jangould, vn. G6mir ; pousser des cris plaintifs. Se dit des chiens.
De ejulare,
Jaoubdr. sm. Persil.
Jaoubdrtino, sf. Cigue, plante v^neneuse dont la feuille ressemble
au persil.
JaouBsemi, sm. Jasmin. De gelsiminium.
Jas, sm. Gite : lou lapin es al jas le lapin est au gite. — La partie
du melon qui repose par terre. — La couche inftrieure a celle
formSe par Thuile d'olives dans le cuvier {tinel) ou on la recueille
et qui en contient encore une certaine quantite. — Arrifere-faix,
ou placenta, qui se d6tache aprfes Taccouchement. De jacere,
Jas^no, sf. Planche mince flx6e sur les chevrons d*une toiture pour
recevoir la tuile-canal. Un peu plus forte que la volige. Depuis
longtemps elle est remplac6e par des briques, dites paraful
(voy. ce mot) posees a plat.
J^sso, sf. Bergerie. De jacere, — Sorte de marteau servant k battre
les cercles des barriques.
Jifardyo, s. coll. f. Juiverie.
Jisiou, sm. Juif. Aejudams.
Joe, sm. Jeu. de jocus.
Jol, sm. Goujon de mer.
294 GRAMMAIRE LANGUEDOGIBNNE.
JotL&to^ sf. Joug pour atteler les bceufs. Dejugatum.
Jougdire, adj. et sm. Joueur. Dejocare.
Jotigne, Ta. Joindre. De jungere.
Jotive, adj. sm. et f. Jeune. -— Fianc6 et fiancee. — JoubentM,
sm. Jeunesse. De juventus.
Jtincho, sf. Seance de labour, durant le temps consacrS, le matin
ou le soir, k cette oeiivre. De jungere.
Juntdt, sm. Double poign^e; ce que peuvent contenir les deux
mains reunies. De junctus.
Labdch, sm. Brise de mer; vent du midi. Yoy. garbi, De venin$
levis (Ovide).
Lach, sm. Lait. De lac.
Lachichoi!i, sm. Lailue sauvage : lachichou a la broco.
Lachugdr, sm. Laitue romaine. — Lachtigo, sf. laitue. De lac-
tuca.
Lag^gno, sf. Ghassie. — Tithymale, plante sauvage distillant du
lait de sa tige fraichement couple. — Lagagnotis, adj. Cbas-
sieux.
Ldgui, sm. Inquietude; souci : quan de Idguis! que de soucis !
Lairdn, sm. Gomporte pleine de vendange. Yoy. semdL
Ldisso, sf. £ltagere en bois ou en briques et pl&tre.
Ldmio, sf. Requin ou tout autre tres gros poisson du genre squale.
De lamia.
Lancej^, vn. Lanciner; produire des Slancements douloureux.
Landi6, sm. Chen^t.
Languittido, sf. Nostalgie ; le mal du pays. De languidus.
Lantirlo, adj. Musard; lambin. Pris souvent substantivement. De
lentus.
Laourd, va. Labourer. De lahora^^e.
Ldouso, sf. Pierre plate et mince, analogue k Tardoise, et dont on
couvre les toitures dans certains pays montagneux.
Lebdnti, sm. Debauche; roauvais sujet. De libentina Y6nus.
L6bre, sf. Lifevre. De lepus, leporis.
Ldco; fdi7^e Itico falre la nique. Yoy. rasclet.
6RAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 295
Ldco-plach, surnom familier du doigt index.
Legi, va. Lire. De legere.
Ldgno, sf. Bois k brMer ; fagots sees de bois d'61agage. Prov. : que
pdr Noiid s'assour^yo pdr Pdscos gdsto sa Ugno qui prend le
soleil k la Noel chauffe sa chemin6e k Piques. De lignum.
L6go, sf. Lieue de six kilometres. De leuca,
Legr^mo, sf. Larme. De laci^ma.
L6i, sm. Lit. De lectus.
L^nde, sf. CEuf de pou. De lens, lendis.
Lengi^t, adj. Bavard; indiscret. Se prend souvent substantivement.
De linguosus.
Lensdl, sm. Drap de lit. De linteum.
L6ou, sm. Poumon ; mou. — Ldou, adv. Bientot.
L6ouge, adj. L6ger. Se dit entre autres d'une charrette vide. De
levis.
Ldouno, sf. Lierre.
Les, sm. Cochonnet, petite boule servant de but au jeu de boules. —
Limon, d6p6t. Voy. frdougno et limpo. De lutum.
LesoCi, sf. Occasion ; envie ; possibility ; ai pas lesoic de dansd je
n'ai pas souci de danser.
Lich^t, sm. BSche k p6dale.
Licoti, sf. Liqueur. De liquor. Fig. : sus la licou de la n^i a la
tomb^e de la nuit.
Lign^to, sf. Petite ficelle; corde de fouet. De linea.
Lign61n sm. Gros fil enduit de poix a Tusage des cordonniers. —
Ligndlo, voy. figo.
Ligo, sf. Lie de vin. — Qualite; acabit : de bouno ligo de bonne
quality ; sdn pas de la mdmo ligo nous ne sommes pas de mfime
acabit.
Limdouco, sf. Limace sans coquille. De limaiV,
Limoundto, sf. Verveine citronnelle a feuilles odorantes.
Limotino, sf. Citron. De limo.
Limpanoi^s, adj. Vaseux ; onctueux. Forme du sf. Limpo, Depot,
fond vaseux. De limus.
Lind, vn. Hennir, en parlant des chevaux. De hinnire.
Linde, adj. Clair; transparent. De li7npidus.
Liouro, ou T^ouro, sf. Livre de 420 grammes. — Liouro-gros-
pes livre de 500 grammes. De libra.
Lisco, sf. Tranche mince : uno lisco de pan, de cambajoii.
296 GRiLMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Lissiou, sm. Eau de lessive. De lixivia.
Listro, sf. Bande etroite d'etoffe.
Ldco, sf. Douce-amere, plante solanee.
a Ldgo, prep. Au lieu : a logo (ou en l6go) de trabayd, se pass^cho
au lieu de travailler il se promene. De locus.
Lou, art. m. Le.
Loubatidiros. Noni d'un chateau et d'un quartier dans la commune
de Pezenas. De lupa terra, terre des loups.
Loufd, vn. (has). Lacher une vesse. — Lotilo, ou mieux LotUso,
sf. Vesse.
Loi^iro, sf. Loutre, animal amphibie. De lufra.
Loungartit, adj. De forme allongee. De longus.
Loungdgno, sm. Lambiu ; flandriu. Yoy. lantirlo.
Louy^U Adj. Genereux, qui aime a donner.
Lu^r, sm. V6nus, plaiiete; etoile du berger. Dq lucere et Lucifer.
Luchd, vn. Chercher en vain, au point de donner sa langue aux
chiens : i-o una houro que me fas luchd il y a une heure que tu
me fais chercher. De luctare,
Ltico, sf. Variety d'olives importee de Lucques, une des meilleiires.
Lun, sm. Lampe de forme antique qu*on tient suspendue par sa tige
h crochet. Du latin lumen, lux, et, avec lui, du grec Xuxv*? lampe.
Luqudt, sm. AUumette; tige de chanvre enduite de soufre aux deux
extremites, d6tr6nee aujourd'hui par Tallumette chimique. —
Luquetid, sm. Petit recipient construit dans un angle de la
cheminee oil Ton entreposait les luqudch.
Lus, sm. Merlan, poisson. De asellus.
Lusdno, sf. Alene, outil de cordonnier.
Lusi, vn. Luire. De lucere. — Paraitre, 6tre present : pod pas lusi
en yoc il ne pent se montrer nuUe part.
M
Macd, va. Meurlrir : s*es macdt lou det d'un cop de martel il s^est
contusionne le doigt d'un coup de marteau. — AMit^e Ions iols
macdch avoir les yeux battus. — MacadAro, sf. Meurtrissure,
Du grec ^i/r^ combat. Voy. cachd.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 297
Mach, sf. Maie k p6trir; p6trin. Voy. pastidiro. De mactra, et ma-
gis, idis.
Mdchou, sm. Lourdaud; sot; maladroit.
Machuncd, vn. Supprimer les rejetons de la vigne. Voy. revertd,
degaissd et sagatd.
Madti, adj. Mdr; d'ou le verbe AmadurA, mfirir. De maturare.
Magdgno, sf. Mauvaise chance : ia magdgno Vo m^rapdt la d6veine
Ta empoign6.
Magalotinos, sf. plur. Nuages blancs d'orage se levant a I'Est, dans
la direction de Maguelone.
Magistrdou. sm. Vent du Nord; tremontane. — Vasistas de voi-
ture.
Magndc, adj. Calin, mignard: d'oi^ le v. Amagnagd, caliner, dor-
loter un enfant.
Magndn, sm. Ver h soie.
Mai, sm. Le mois de mai. — Adv. davantage. De magis. — Mai-
val^ncio, plus-value.
Mai que mdi, loc. adv. Principalement.
Maind, vn. Diminuer : Vdigo o maindt din lou pons I'eau a baisse
dans le puits. De minuere.
Maindge, sm. Jeune enfant. — Mainachech^, va. Manager.
Mdisso, sf. Mjlchoire. — Fig. Gourmandise : viou pas que pdr la
mdisso il ne vit que pour satisfaire sa gourmandise. Voy. gndco.
— Maisstit, adj. Glouton. De maxilla.
Majour&l. sm. Sup6rieur; chef. De major.
Mai, sm. : mal de la mort maladie mortelle. — Mai de la terro epi-
lepsie. — Mal-mariddt canard sauvage considers comme ali-
ment maigre. — Mal-net certain mauvais gout contracte par le
vin dans un filt gAtS. De malum.
Maladescdtol interj. Malepeste!
M^o, sf. Par d6rision : chapeau de cerSmonie d'homme : abdn car-
gdt la mdlo! nous avons mis le chapeau !
Malomdrt, sf. Mort naturelle : es un doubi^e qu'o peril de malo-
m,ort c'est un arbre mort de sa belle mort.
Maloti, sf. Douleur; d'ou lous bans de La Malou.
Mazndou, sm. Mal; douleur (en parlant aux petits enfants). Oi'mte
as lou mamdou? de que te fo mamdou? Ou souffres-tu? qu'est-ce
qui tefait mal?
Mamdto, sf. Grand-mfere. Voy. papito.
298 GRAMMAIRE LANGUEDOGIKNNE.
Mampdt, adj. Qui n'a qu'un bras. En latin mancus.
Manddo, sf. Poignee en plusieurs doubles d'etoffe pour saisir le fer
a repasser. De manus.
Mandiro, sf. Hache.
Mancamdn, sm. Faute : la pichdto o fach un mancamin la fille
s'est laisse s6duire. On dit aussi, dans le m6me cas : o perdut
un fdrre elle a perdu un fer.
Manchadis, adj. Mangeable. De manducare, ainsi que les cinq
suivants.
ManchadoiUre, sm. Qui mange beaucoup et avec avidity.
BflLanch&nso, sf. Vermine.
Mancho-fdbos, sm. Bredouilleur; qui parle comme avec labouche
pleine.
Mancho-proufich, sm. Dissipateur.
Manchouquech^, vn. Manger du bout des dents, tres peu : lou
cdbrit se pour?^d l^ou destetd, coum^nso de manchouquejd le
chevreau pourra se sevrer bient6t, il commence k mangeotter.
Manciyoi^, sm. Anneau de cuir fix6 aux attelles du collier de la-
bour. De manicce.
Mandrigouldt, adj. Maigre; chetif. Se dit d'un jeune gargon.
Mdndro, sf. Renard. — Vieille sorciere. Du grec {xavSpa taniere.
Mtoe, sm. Duree : tout lou mane del Jour toute la sainte journee.
De manere,
Mandch, sm. Maniement; action de tripoter avec les mains. De
manutigium.
Mandflo, sm. Flatteur.
Manit, sm. Jeune enfant de trois a six ans.
Manldvd, va. Emprunter. De manu levare.
Mann&t, adj. Fait k la perfection; s'adaptant k merveille.
Manoi^l, sm. Paquet de tripes.
Mantel, sm. Tablier.
Mdouro, sf. (Vieux.) Truie.
M^rco de s^, loc. conj. En preuve de quoi; la preuve en est que.
Mardioul interj. Morbleu!
Marfdgo, sf. Paillasse de lit. Du grec Mopcpeix; Morphee.
Marfoundtit, adj. Se dit du plAtre gache avec exces pour amener
une prise lente.
Marg&, va. Emmancher; mettre un manche a un outil. Au fig.
Comprendre : i-e margdn par6s nous n'y entendons rien.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 299
Margarid^to, sf. Paquerette. Yoy. pimpanelo.
Marr^no, sf. Epid^mie sur rhomme, les animaux, les produits du
80l.
MarrS, sm. Belier. Voy. ar4t.
Marrdgo, sf. Sorte de cape ou manteau k I'usage des rouliers en
voyage.
Marrit, adj. Mauvais. Ce mot a vieilli, on I'emploie pourtant en-
core : marrit tens mauvais temps; ma^^Hdos gens mauvaises
gens.
MarsechA, v. Se dit des giboul6es de mars. Ge verbe est imper-
sonnel : marsicho, marsechdbo, marsechdt il fait, il faisait, il
fit une ondde. — Marsechddo, sf. GibouI6e.
Mas, sm. Petite maison de campagne, vide-bouteille. Ne s'emploie
guere ici que dans ce sens : mancharin lou mas nous mange-
rons notre bien ; o manchdt lou mas il s'est mine. De mansio.
Voy. granchdt,
Mascard, va. Noircir; barbouiller de noir : es tout mascardt il est
barbouille.
Muscle, sm. Male. De masculus.
Mdsco, sf. Sorciere; magicienne; jeteuse de sorts. Du grec pioxavo^
sorcier.
Mass^uios-de-Clarinoi^n. Cette expression n'a aucun sens intrin-
seque. Elle a sans doute une histoire que nous ignorons. On I'em-
ploie dans un sens purement n^gatif ; ainsi, on vous demande
une chose que vous ne voulez pas donner et vous repondez : te
dounardi massdnos de Clar^moun! On dit aussi, dans le m6me
sens : te dounurdi de courroupios (voy. ce mot) pastddos an
dHoous, des caroubes p6tries avec des oBufs.
Massap&n, sm. Corbeille 16gere en osier ou en bois tress^. Yoy.
gourbio.
Mastegd, va. Machonner. — k.\x fig. Manger les mots, parler un
langage inintelligible : de que mastegos? que nous chantes-tu
la? De masticatio.
Mateldto, sf. Corsage de dessous.
Mdto, sf . Touffe : uno mdto de gin&sto une touffe de genets ; uno
mdto de champignouns un amas de champignons.
M&yo, sf. Maille. — Au fig. : passa peryndyo disparaitre sournoise-
ment. De macula,
Maydl, sm. Jeune plantier de vigne.
300 GRAMMAIRE LANGDEDOCIENNE.
Maydlo, sf. Bande dont on entoure les enfants pendant les premierf;
mois. -— Mayould, va. Emmaillotter. Voy. Mudd.
Mdyou, sm. Petit maillet, cercle de fer et pourvu d'un long manche,
a I'aide duquel on lance des boules, ce qui constitue le jeu de
mail. Get instrument porte aussi le nom de palamd eU son fabri-
cant, celui de palamardid.
Mechanci6, adj. Moyen; mitoyen. De medioccimus.
Mech6. sm. Compartiments formes par des cloisons en bois ou en
briques, dans lesquels on entasse, par exemple, des grains, cha-
que quality dans son compartiment, comme chez les grainetiers.
Chaque loge est un meche.
Mechinos, sf. pi. L'ensemble des visceres de Tanimal, poumons,
foie, rate, coeur. Terme de cuisine.
Mdco, sf. Morve. Voy. gourmdl. De mucus. — Au fig. : I'appendice
de chair qui pend du bee du dindon.
Mdge, sm. M6decin. (Vieux.) Mot hors d'usage. De medicus,
M61so, sf. La rate : me fo clou fa la mdlso cela me gonfle la rate,
dit-on en montant un escalier trop roide.
Mdmbre, sm. Cabinet; local ordinairement obscur.
Men^stro, sf. Melange heteroclite dont on doit se m6fier. En ita-
lien, minestra soupe. En latin, ministrare servir h table.
Menchdn, ou Mensdn, interj. A Qa! voyons!
Mdno, sf. Espfece; sorte : sou toiites d*aqu€lo mine ils sont tous
pareils, tous de la m6me sorte. Voy. Ugo.
Mens, adv. Moins. De minus.
Mensound, va. Appeler par son nom. De nomen sonare.
Mentdstre, sm. Menthe sauvage. De mentastrum.
M drcandejd, va. Marchander sur le prix. De mercari.
Mdrc^t, sm. Marche. De mercattis.
M drcnldo, adj. fem. Du mercredi. — Prov. : ^ntre uno luno mer-
crudo e uno f6nno moustachiidOy cddo cent ans gn'o pi^ou
amlfuno. Soit une lune entr6e un mercredi, soit una femme
portant moustaches, cela suffit chaque cent ans.
M6rdo-de-couctit, sf. Gomme distillee par les arbres k noyau,
amandier, cerisier, prunier, etc. De m^erda et cuculus,
Mdrli^sso, sf. Morue. — M drlussdt, brandade de morue.
Mdrluss^t, sm. (enfantin). Le derriere : te touca^^di lou 7yidrlussit
je te fouetterai.
Mesadid, sm. Ouvrier des champs loue au mois et nourri. — Me-
GRAMMAIRE LAN6UED0GIENNB. 301
s^do, sf. L'espace d'un niois : du mot Mes mois, et du latin
mensis.
Mescld, va. M61er. — Mescladis melange. De miscellus.
Mescldou, sm. Hamegon. Voy. inqu^t.
MespoiUo, sf. Ndfle, fruit du nSflier. De mespylus.
Mess6rgo, sf. Mensonge. — M essourgniid menteur. De menda-
ciu7n.
MiSch, adj. num. Demi : un' houro e 7nidcho une heure et demie.
Al midch, loc. adv. Au milieu. De medius, Voy. mitdn.
Midchoi^r, sm. Midi. — Midcho-ndi, sf. Minuit.
Migou, sm. Crottin de mouton; un des melUeurs engrais. Voy.
p4to.
Mindt. Fdire min^t. Toucher a peine k un mets pour qu'il dure
davantage.
Mi6ch, sm. Contenance de sept hectolitres de liquide. Voy. pag&lo.
M161, sm. Mulet, et Midlo, sf. Mule. Se disent aussi comme injures.
De mula.
Miou, pron. poss. Mien. De mens,
Miour^no, ou Miougr^no, sf. Grenade, fruit du grenadier. De
malum granatum.
Mirgaydt, adj. Bariol6; diapr6; 6maill6 de plusieurs couleurs : un
prat mirgaydt de flous une prairie 6maill6e de fleurs. En latin,
varHegatus,
Misericdrdo, sf. Occasion; employ^ uniquement dans ce sens :
guam vechdre que 7nisericdrdo se ph^did.,. quand je vis que
cela allait se gAter, que je risquais de tout compromettre...
Miss61o, sf. Poisson peu recherche, se rapprochant du chat de mer,
de la famille des squales.
Mitdn, sm. Milieu : en bet mitdn au beau milieu. De medianus.
Mltdt, sf. Moiti6.
Miyto, sm. Gateau de farine de mais. On dit au fig. d'un visage
pfile et bouffi : moiirre de miyds,
Miydu, adj. Meilleur : vo bdl cop miyou elle va beaucoup mieux.
De melior,
M6I0, sf. Tranche de viande tiree de la cuisse du boeuf : mdlo de
bidou,
M61to, sf. Mouture. De molitura.
Mdrre, va. Moudre. De molere. Voy. moulind,
Mos, sf. Intraduisible. On appliquait jadis cette appellation a une
302 GRAMtfAIRE LANGUEDOGIENNB.
femme mariee de la petite bourgeoisie a laquelle son rang n'at-
tribuait pas le titre de Madame. On faisait suivre ce terme de la
particule de : mos de Boun^t; mos de Marcadi^; mos de Cam-
bou, etc. L'usage en est completement abandonn6. Nous avons
pourtant, dans notre enfance, connu plusieurs mos.
Mouc, sm. Extremite carbonisee de la meche d'une cbandelle. Voy.
hl4se.
MoucadotL^ sm. Mouchoir. — Moucd, va. Moucher. De muc-
care.
Moucardlo, sf. Ghiquenaude.
Moi^che, sm. Cyste', sous-arbuste odorant, employe, dans I'^du-
cation des vers-a-soie, pour les faire monter. De ce nom vient
celui de Moug6iros (chartreuse et but de pfelerinage trfes fre-
quents k 10 kilometres de P6z6nas), a cause des terrains incultes
de cette region qui produisent abondamment les cystes, les
moHChes.
Motif le, ad. Gras, dodu, rebondi.
Mouissdl, sm. Moustique; moucheron; cousin.
Mouissdlo, sf. Grapillon. — Qualificatif d'une jeune fille qui fait la
pr6cieuse.
Mouissdt, sm. £pervier; faucon.
Moulddo, sf. Mie de pain. De panis niollia.
Moulign6, sm. Meunier. De molendinum.
Moulin^, Ta. Moudre. Se dit surtout de ce que I'on moud dans un
petit engin : du poivre, du caf6, du sel, etc.; tandis que mdy^e se
dit du bl6 et des cerSales dans un grand moulin. De molina.
Mouloti, sm. Tas : un mouloii de blat, un moulou d'escuch un t^s
de bl6, d'ecus. De cumulus et de moles,
MoMse, va. Traire les animaux. — Se dit aussi d'un certain mode
de cueillir les olives, par lequel il semble en effet qu'on trait le
rameau qui les porte. Les propri6taires jaloux de la santS de
leurs oliviers aiment mieux moulse que les saccager a coups de
gaule, pdrguechd. De mulgere, mulsum.
Motinche, sm. Moine — moine, chauffe-lit. De monachus.
Mounds, va. Cribler ; nettoyer. — Se dit des grains en g6n6ral. De
mundare.
Moun^do, sf. Monnaie; argent : o fdsso mounido il a beaucoup
d'argent. De moneta,
MounestM, sm. Raisin k jus tres fonce. Prov. : mounestel, pichdto
GRAMMAIRE LANGUEDOCIBNNfi. SOS
tino gran Missel; ce qui tendrait k prouver que la grappe rend
beaucoup de jus : quod est demonstrandum!
Mounil, sm. fam. Nombril. Voy. embounil.
Mounind, vn. Bouder; faire la moue. — Mouninoi^s, adj. Bou-
deur.
M ounino, sf. Singe, m^le ou femelle. — Cargd la mounino s'eni-
vrer, — es afdirat coumo fdrro-mounlnos il est aflfair6 comrae
s'il avait a ferrer des singes (plaisanterie d'origine inconnue).
En espagnol mono, mona.
Mountadoi^, sm. Cote; rampe; montSe.
Mountdt, adj. Mai mountdt s'abdngo : prov. signifiant que le vrai
coupable se defend avant qu'on songe k Taccuser.
Mountio, sf. Eminence; dune de sable. De mons, montis comme
les pr6c6dents.
Mouqu^t, adj. Penaud ; confus : es mouquit coum'un bUse il est
interloqu6.
Mourd&ssos, sf. Pincettes de cheminSe. Ne s'emploie qu'au pluriel.
Mourdido, sf. Morsure. Du verbe Mourdi mordre, et du latin
mordere.
Mourgudto, sf. Escargot de moyenne taille. Cette Yari6t6 est la
plus delicate. Voy. cagardoulo, bouyd et m^ourre-rouge.
Mourniflo, sf. Soufflet sur la joue.
Mourrdl, sm. Museliere.
Motirre, sm. Museau, chez les bMes et visage chez Thomme. Au
fig. effronterie : o fosso mourre il a beaucoup de toupet, d'assu-
rance. — Poulit moui^ou joli minois. — Motirre-roi^ge, la
plus petite variete d'escargots comestibles. — Mournlt, adj.
Effronte ; insolent.
Mourreldto, sorte de petit escalier que forme un tuyau mi\le de
poterie, dans Tinterieur du tuyau femelle.
Mourtifiydt, adj. Attendri ; faisandS. S'applique aux viandes.
Motisco, sf. Mouche. De musca.
Mous61o, sf. Moelle. De medulla.
Mousiyd, va. M^chonner ; mordiller, comme un jeune chien aprds
un chiffon. On dit aussi Mousigd. De morsicare.
Motisso, sf. Versoir de la charrue.
Moustdcho. Fa la moustdcho : quan^ une vendangeuse, jeune sur-
tout, est signalee comme n'amassaut pas les grains tombSs {la
griino)^ elle subit la peine de la moustdcho qui consiste k lui
1
304 GRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE.
barbouiller le visage avec du jus (7noust) de raisin noir. — De
mustum.
Moustafdt, adj. Qualificatif d'un visage barbouille, comme dansle
cas pr6c6dent. — On dit k un enfant barbouill6 : moustafa"
caoul^t. M6me origine.
Moustdlo, sf. Belette. S'applique aussi a une personne ires maigre:
s^mblo uno moustdlo. De mustela.
Moustechd, vn. Poisser; Mre gluant comme du mofit. De mustum,
Moutdl, sm. Tas; different de mouloii en ce qu'il est agglomere,
agglutinS, comme une motte.
Moi^tre, mot familier, usite dans ce seul cas : ni fouire ni moidre,
analogue k Texpression francaise : ni poudre ni plomb, c'est-
a-dire rien.
Mudd, va. Emmailiotter; changer les langes d'un enfant. — Mtido,
sf. Maillot. De mutare. Voy. Maydlo.
Mtiscle, sm. Moule, mollusque bivalve comestible.
N
NadA, vn. Nager. De ^latare.
N&isse, vn. Naltre. De nasci. -~ Naissdn, sm. Source de petit
volume.
Nan^t, sm. Nain. De nanus,
Ndni, adv. Non, sans tutoiement. — Nou, non, avec tutoiement.
Nanitdr, sm. Cresson alenois. De nasturtium,
Naou, adj. Haut, 61ev6. — Naoutoti hauteur.
Ndoutres, pron. Nous. En espagnol nosotros. De noster^ nostras,
Narboun^s, sm. Vent d'ouest, sec et froid en hiver.
Nasci^t, part. pass6 de Ndisse. Ne. De na^cor,
Nebotit, sm. Neveu. De nepos.
Ndgd, va. Noyer. De necare p6rir. — Ndgo-f61, sm. Petit bateau
k foiid plat.
Ndgre, adj. Noir. De niger, nigrum. — Negrechd, vn. Noircir.
Nfii, sf. Nuit : es n^g^^e-ndi il est nuit close. Voy. nidch.
N6ou, sf. Neige. — N6vA, v. imp. Neiger. De nix, nivis.
N6plo, ou N6blo, sf. Rrouillard. De nebula.
N6rvi, sm. Nerf. De nertms.
GRAMMAItlE LANGUEDOClENNls:. 805
Nibou, sf. Nuage. De mcbes.
NichoAlo, sf. Sorte de chouelte. De noctuella,
Nifiiro, sf. Puce. Voy. gneiro,
Nifl^, vn. Souffler par le nez. — Tird la niflo, faire le contraire,
aspirer, faire remonter les mucosites par le nez. Voy. incite.
Ni6ch, sf. Nuit. De nox. — On disait dans une vieilie chanson :
Fases cdumo lous chock,
Dansds pas que de nidch.
En camisOy en camiso.
Nis, sm. Nid. — - Nis&do, sf. Nichee. De nidus,
NIsfir, sm. L6zard vert. On dit aussi Laousfir. De lacertus,
Ni-tu-ni-votis, loc. adv. Ni toi ni vous, c'est-i-dire ni chair ni
poisson.
Ndbi, ndbio, sm. et f. Fiance, fiancee. De nuhei^e,
Nondnto, adj. num. Quatre-vingt-dix. De nonaginta.
Noou, adj. num. Neuf. De novem, — Noou, ndvo, adj. : capel
ndou chapeau neuf; rdoubo ndvo robe neuve. De novus.
Ndro, sf. (Vieux mot.) Bru; belle-fille. De nurus,
Notigo, sf. Noix. De nux.
Nourridoi^, sm. Jeune pore en elevage; cochon de lait. De nutrire.
Nous, sm. Noeud. — Nousd, va. Nouer. De nodus, nodosus,
Nusi, vn. Nuire. De nocere.
GN
Gndco, sf. MAchoire. Ce mot s'emploie uniquement pour designer
la mdchoire du Poulain. Le Poulain est une grande carcasse en
lattes, en forme de coquille de noix renversee, de 3 metres envi-
ron de long sur ln>60 de large, rev6tue d'une robe bleue autre-
fois fleurdelis6e. Sur son dos sont, a califourchon, — escam-
baiHous, — deux mannequins tres cossus, Tun en avant, lou
MoussUy et Tautre la Ddmo, surnommee Estiein6to, en croupe.
Six a huit hommes, dissimules par-dessous, le portent, plus un
autre charge de faire mouvoir une perche longue de 2"^50, vetue
aussi de bleu, figurant le col de Tanimal et terminee par une tSte
20
306 GKAMMAIRE LANOUEDOGIKNKe.
a machoire articulee, — la gndco del poult, — ouvrant et fer-
mant k volonte. Cette msLchoire fonctionne pour qufiter aux bal-
cons ou faire des agaceries dans la foule qui Tentoure, enlevant
a I'un sa casquette, k Tautre son bonnet ou son fichu, en somme,
commettant toute sorte d*aissaplari6s (espiegleries). N'oublions
pas un danseur ^in^rite, tr^s alerte et portant un Elegant cos-
tume, qui, dans un riche tambour de basque, presente Tavoine a
son seigneur et maltre.
Le Poulain sortait les jours de grande rejouissance, aux fetes
de Catntdcli, le mardi-gras et dans certaines Ktes publiques ou
il precedait le cortege du Maire et des consuls, plus tard, le Con-
sell municipal. II pr^sidait aussi au feu de joie de la Saint-Jean.
Son origine remonte au quinzieme siecle. Le premier fut cons-
truit lors d'un sejour de Charles VI a P6zenas, pendant lequel
sa jument favorite donna un poulain au monde et k Pezenas.
Gn&fre, sm. Surnom donne aux cordonniers. Voy. cowdrrot* et
pegdt.
Gn6iro, sf. Puce. Voy. nUiro.
Gnoch, sf. Nuit. Autre forme d'orthographe admissible. V^oy. nioch
et nM.
O
6bi, sm. Service religieux fait k Toctave d'un enterrement. De
obitus,
6bro, sf. (Euvre. — Mandbro, sm. Manoeuvre, aide-ouvrier. De
opera.
Ocl interj. Oui! amdi oc! oui, c'est un fait certain.
6di, sm. Haine; d6goi!lt; ennui. Fas veni Vodi tu provoques Tennui;
I'aipres en ddije Tai pris en haine. De odium.
6li, sm. Huile. De oleum. — Quicho-l'-dli, jeu enfantin coiisis-
tant a s'asseoir en aussi grand nombre que possible sur un banc
dont une extremity appuie centre un mur. Ceux de Tautre bout
commencent k pousser les suivants qui poussent aussi jusqu'a
ce que un ou plusieurs soient chasses en dehors du banc.
6rdi, sm. Orge. De hordeum.
6rle, sm. Ourlet. — Margelle de puits. Voy. d7ito. >
GRAMMAIRE LANGtJEDOGIENNE. 307
6sco, sf. C40che; marque; entaille. — 6sco, interj. Trfes bien! —
Osco pdr segii ! loc. adv. Assurement; certainement.
6ste, sm. Hote. De hostis stranger.
ou
Oubrachoi3u3, adj. Qui exige un long travail. De opera.
Oui^iro, sf. Vase en 6tain, h. long bee, destine a contenir Thuile de
la cuisine. De olearium.
Oi^ire, sf. Outre; recipient en cuir pour le transport du vin, de
rhuile, etc. De ute7% titris.
Oul^do, sf. Le contenu du pot-au-feu : una otilddo de fahariols,
Ouliou, sm. Olivier. — Ouliv6do, sf. Plantation d'oliviers. De
olivum.
OiUo, sf. Marmite en fer ou en fonte. De olla, Voy. coxicoto,
Ounch^, va. Oindre. De ungere. — Ounch^do, sf, Une rossee,
une frottee. — Ounchoi^s, adj. Oint.
Ound^do, sf. Vague de la mer. De unda. — Averse.
Oi^nso, sf. Articulation, ou noeud des phalanges dans les doigts. De
uncus crochu.
Oun; Oilinte, adv. Oil. De unde.
Ourqudt, sm. Amarante sauvage.
Ourtigo, sf. Ortie. De urtica.
OustAl, sm. Maison. De hospitalis.
Otitre! interj. Marquant Fetonnement : Pestel
Pac^n, sm. Canaille; gueux; mauvais sujet.
Pach^chi : fdire a pachdchi jouer au cheval-fondu.
Pa«ch68, adv. Point; aucun.
Pachouquech^, vn. Jacasser; bavarder; cancaner.
P^de, sm. Petite casserole en cuivre k long manche. De patella.
Padeciss6t, sm. Danse a entrechats.
PadAno, sf. Poele i frire. De patena. — Paden^do, sf. Une pleine
308 GHAMMAIKE LANGU£DO0l£NNE.
poele : moustrdbo una padenddo (Viols elle montrait une poelee
d'yeux (de grands et beaux yeux).
Pag^, va. Payer.
Pagdlo, sf. Mesure de capacity pour le vin, contenant environ 58 li-
tres, II en fallait douze pour un muid. Voy. mioch,
Pag^s, sm. (vieux mot). Bourgeois. De pagus,
Pagn6t, sm. Sot; maladroit. Voy. talds.
Pair^stre, sm. Le second mari de la mere. — Pairi, sm. Parrain.
Pair61, sm. Chaudron. — Pairol^t, sm. Recipient superieur d'une
pompe.
P&isse, vn. Paitre. Voy. pastiirga. De pascere.
Paissdl, sm. Tuteur en bois pour la vigne.
Pal, sm. BMon : se gdouso tournd lou i^egaoupr^n a coch de pals
s'il ose revenir nous le recevrons a coups de b&ton. De pdlus
pieu.
Palam^, sm. Mail. Voy. mdyou. — Palamardid, fabricant de
mails.
Palastr^jo, sf. Penture, terme de serrurerie.
Palech^, vn. Travailler avec la pelle. De pala.
Palf6rre, sm. Pince ; levier en fer. De pdlus ferreus.
Paltis, sm. MarScage. De pdlus.
Pan, sm. Mesure ancienne de longueur, usitee aujourd'hui pour
25 centimetres.
Panadtiro, sf. Nom collectif des taches de rousseur. — Pan^t.
adj. Qui a des taches de rousseur.
Panatidiro, sf. Cafard, insecte des cuisines. De panarium,
Pandl, sm. Le pan de la chemise, d'un habit, etc. Voy. pendardL
— De pannum.
Pangoussid, sm. Marchand de pain qui le p^trit, mais ne le cuit
pas chez lui : cette profession est abandonn6e aujourd'hui. De
panificium.
Panotiyo, sf. Gros ventre.
Pansidiro, sf. Barrage pour 61ever Teau alimentant un moulin.
Pantacotisto, sf. Ch^vre-feuiile, arbuste, fleurissant k la Pentecote.
P&nto, sf. Farce ; partie de rire : qudno pdnto sai faguiren! quelle
bonne farce nous fimes ici I
Paou, adv. Peu. — Paouqu^t, un petit peu. De paucus.
Paoucig^, va. Marcher sur le pied.
Paoumouniste, ad. et sm. Poitrinaire. De pulmoneus.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIBNNE. 309
PaoupA, va. T&ter avec la main. Au fig. hfisiter : s'agis pas de
paoupd il n'y a pas k hesiter. — Paoup&ire, adj. Irrrfisolu ;
tatillon. De palpare.
Paoup&rlo, sm. Sournois; qui parle peu. Voy. cap Ms,
Paourtic, adj. Effrayant : un cami paouruc un chemin creux qui
fait peur. — Sm. Poltron : sids un paouruc, uno paourugo tu
es un poltron, une poltronne. De pavor.
Paout^l, sm. Soufflet ; coup de poing, sur le visage ou ailleurs.
Paoutri, va. PiStiner.
Pap^to, sm. Grand-pfere. Papito, mamMo, sont plus releves que
moun gran, ma gran usit6s dans le bas peuple. Des nuances
analogues existent entre papa, mama, — moun pdro, ma mdro,
— m,oun pdire, ma mdire : ces derniers passent pour les plus
grossiers; ils sont pourtant les seuls appartenant a notre langue.
moun pero, ma mdy^o sont pris du frangais.
Parab^ndo, sf. Balustrade a jour, ou meme pleine, d'une terrasse,
d'un palier d'escalier. Garde-fou d'un pont.
Parallel; brico-patrnfiil, brique destin^e a remplacer les voliges —
jas^nos — d'une toiture. — Parafuy^, vn. est Taction de poser
ces briques sur les chevrons.
Paras61, sm. Parapluie. Le veritable parasol s'appelle oumbrdlo.
Par^l, sm. Couple: paire. Un par4l de lensdls une paire de draps
de lit. De par.
Par6t, sm. Muraille. De paries, parietis.
P^rgue, sm. Bassin creus6 dans le sol pour eteindre la chaux.
se Parld, v. Se frequenter en vue du mariage. Voy. fringd, se fre-
cantd.
Parladis, sm. Long entretien]; bavardage : aour^s Idou finit vdstre
parladls ? aurez-vous bientdt fini votre conference ?
Parousino, sf. R^sine; colophane.
Parpayech^, vn. Papillonner. De Parpayoti papillon.
Parr6t, sm. Bouc. Belier. Voy. aret.
Part6nso, sf. Moment du depart : ses de parUnso vous 6tes sur le
point de partir.
Pasqu^tos, sf. Le dimanche de Quasimodo.
Pass&do, sf. P6riode de jours : aqu6sto passddo, andn souMn a
Besies ces jours-ci nous allons souvent a Beziers; — aourdn
uno passddo de fatigo nous aurons une p6riode d'occupations.
Passadoi^, sm. Crible; tamis. — Passadoi^iro, sf. Chilssis, en
310 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
forme de dieze, sur lequel on promene, par un mouvement
rapide de va-et-vient, le tamis contenant la farine qu'on veut
passer.
Passer, sm. Plie; poisson du genre turbot. Be passer,
se Passariy^, v. Se fletrir et se rider au soleil, au point de pro-
duire la Passario, sf. Les raisins sees.
se Passe]^, ou Passech^, v. Se promener.
Passer^t, sm. Moineau ; pierrot. De passer.
se Passi, v. Se faner; ternir. — Passit, adj. Fan6; fl6tri.
Passo-lis, sm. Gue ; passage empierr6 dans un lit de riviere.
Past^, va. Petrir le pain. — Gilcher le platre. — Pasti6iro, sf.
Male a petrir ; p6trin. Voy. mach.
Pastis, sm. PAte. Au fig. affaire embrouill6e. — Pastissoti, sm.
Petit pate de Pezenas, dit de Beziers.
Pastissej^, va. Tripoter avec les mains. Voy. botistigiiechd et (ri-
poutechd.
Pastissid, adj. Faiseur de commerages, cancanier.
P^sto-mourtid, sm. Rabot de macon.
PastourM, sm. Berger : ne s'emploie plus que dans la po^sie; il a
et6 remplac6 par P^stre. sm. Berger. Y>e pastor, — Pasturgd,
vn. Paitre ; brouter.
Pasttiro, sf. Fourrage; luzerne; sainfoin. Be pastus.
Patacoi^, sm. Nom propre d'origine inconnue, ne s'emploie que
dans cette phrase : i^^te coumo Patacou raide comme Patacou,
fier comme Patacou.
Patafl^scousl interj. exprimant une chute : patafldscoUfS ! aball
paf! il est tomb6!
Patdr-bournit, sm. Juron.
Pat^t, adj. Lambin.
Pati, vn. Souffrir du manque de nourriture. De pati,
PatiQ e couiiQ, locution equivalant a patati patata.
Patin-pat^n-par6, presque rien : Vo croumpdt per patin patdn
par(^ il Ta achete pour un morceau de pain.
P&tus, sm. (mot hors d'usage). Cour. En espagnol patio, — De
pat ere,
Payassoti, sm. Panier evase et sans anse fait en corde de paille
pour servir de moule au pain. — Payassoun^t, sm. Un plein
pay as sou,
Pay6, sm. Grenier k foin et 4 paille. De palea.
GRAMMAIRE LANGUCDOCIENNE. 311
Paydto, sf. Gacbette, detente d'un fusil. On dit, au fig. : o lachdt
la payito il a l^ch6 une vesse.
P6, sm. Pied. De pes. — Pi de galino pied de poule, pi^ce de char-
pente. — Au pluriel, p&ses.
P6bre, sm. Poivre. De piper.
Pec&ire I interj. exprimant la pitie. — On dit, par derision : pe-
cdire, lou cat o manchdt sa mdire, amdi n*es pas sadoul!
helas ! le chat a mange sa mfere, et encore il n'en est pas ras-
sasi6 1
Pecadoti, sm. et adj. Pecheur. — PecM, sm. peche. De peccator
ei peccaium.
Pdcho-f i6yos. Terme de sorcellerie ; figure qui apparalt et surtout
disparatt instantan^ment quand on prononce certains mots caba-
listiques : zou! Pechofidyos es part it! — Fdire pechofidyos dis-
paraitre en un clin d'oeil.
P690, sf. Tartine : uhg pdgo de rasimdt une tartine de raisine.
Pecotil, sm. P6doncule du raisin. — Pied de lit. On dit a un enfant
qui demande a aller a la messe de minuit : ana7^ds a la m^sso
des qudtre pecouls tu iras au lit. De pedunculus.
Peg&l, sm. Cruchon d'environ 5 litres pour la vente du vin au d6bit.
P6go, sf. Poix. De pix. — Pegdt, sm. Surnom burlesque des cor-
donniers. Voy. coudrrou et gndfre. — Pegoum&s, sm. Em-
platre de poix. Au fig. : f4cheux, ennuyeux, 6tre assommant. —
Pegoi^s, adj. Poisseux. et au fig. comme pegoumds.
Pel, sm. Poisson. De piscis.
P6i ; ap6i, adv. Ensuite.
Peilousti6u, sm. Petite huitre de la Mediterranee, devenue malheu-
reusement rare depuis Timportation abondante et a bas prix des
huitres de rOc6an.
Pdir^, sm. Carri^re de pierre. De petra.
Pdirig^s, sm. Nom donn6 a une terre couverte de cailloux.
P61, sm. Cheveu ; fait pdlses au plur. — sf. Peau; fait pils au plur.
De pellis.
Pel&ou, do, sm. et f. Avare; sale coquin.
Pelaoudoi^, sm. Petit fromage de chfevre.
Pelotifo, sf. P6ricarpe des feves, pois, haricots; enveloppe ext6rieure
de la chataigne, de la noix: peau du raisin, etc. — Terme de
m^pris a Tadresse d'une femme d6vergond6e. En latin pellecc,
Du grec x^Xu^oi; enveloppe de fruits.
312 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
P^n^do, sf. Trace de pas; empreinte du pied sur un sol humide.
Pench^, va. Pendre. — Pencher.
P^nche, sm. Peigne. De pecten.
Pendardl, sm. Bout de chemise pendaut au derriere des enfants
par la fente du pantalon, Voy. pan&L On Tappelle aussi lou dra-
p^ou : esti^dmo lou drapeou, lou pandl, lou penday^dl enferme
le pan de ta chemise. De pendere,
•Pepeloii, sm. Bout du sein; mamelon. De papilla.
P6pio, sf. Begueule; bigote.
Pdr ac6l interj. Pourtant! cependant!
Pdrbouc^, va. Enduire grossierement; terme de ma^on.
Pdrctiro, sf. Procuration, acte.
P6r Idt d'ac6, locution affirmative. Quant a cela; par le fait.
"P6r xu6yosI interj. Par ma foil
P6rpel6go, sf. Paupiere. De palpehrum.
Pdrquin aici, adv. Par ici. — Pdrquin aqui, par la. — P6r-
quinl&i, par l^-bas.
Pdr rap6rt que, loc. conj. Parce que.
P6rs6go, sf. (Vieux mot.) PSche. De persica.
•PdrtirA, va. Tirer avec persistance : i-o uno hoiiro que me pMiro
il y a une heure qu'il me tiraille.
â– P6se, sm. Pois. De pisum.
Pes^ls, sm. plur. Bouts de fil servant a suspendre les raisins.
Pesoi^l, sm. Pou. De pediculus. — Pesoul-revengiit, sm. Par-
venu : es insouUn count* un pesoul revengiit il est insolent
comme un parvenu. — Pesouyotis, adj. Pouilleux.
Pesquid, sm. Bassin; piece d'eau. Du verbe Pesc^ pfecher. Du
latin piscari.
Pesstic, sm. Pinc6e. — Pessug^, va. Pincer.
Pestic, adj. Lourd; pesant.
Pet, sm. Detonation. — Pet^, vn. Faire du bruit. — Fdirepetd,
imiter : fo petd la ddmo del pouli, elle se tient raide comme la
dame du poulain. — Le proverbe suivant est dans le sens du
mot francais : vol petd pus naou que soun quioul il veutarriver
ou il ne pent atteindre.
Petardl, sm. Larme batavique qui eclate en poussiere quand on lui
coupe la queue.
Petar&f o, sf . Colere ; mauvaise humeur : o la petarufo il est en
colere.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 313
Petds, sm. ChiflFon avec lequel on recouvre un trou dans les v6te-
ments. Voy. p^yo.
Petassd, va. Rapigcer.
Petdt, sm. Enfant k la mamelle.
Pet§to, sf. Poupee : las petetos des iols le3 pupilles des yeux. —
Peteto de crdyo poup6e de craie, qualificatif d'un adolescent
trop bien attife, bichonne et soigneux a I'exces de sa personne.
P6to, sf. Crotte ; excrement d'animal : p^to d'dse, de cdbro, de mou-
toil crotte d'ane, de chfevre, de mouton. Voy. migou,
Pet6fio, sf. Bavardage; cancan; potin. D'ou le v. Petouliech^
cancaner.
Petounejd, vn. crepiter.
P6yo, sf. Loque; chiffon. — PeyAire, sm. Marchand de chiffons.
— Peyar6t, sm. Chiffonnier : ren^go coumo un peyardt il
jure comme un chiffonnier. — Pey6t, sm. Chiffon. Voy. pe-
ids.
Pidilo, sf. Petit reservoir pour laver le linge ou abreuver les bes-
tiaux. Voy. coiinco, pise.
Pi&stro, sf. (Vieux mot.) 6cu. — SArro-pi Astros avare, fesse-
mathieu.
Pibou et PiboiU, sm. Peuplier. De populus. — Pibotdo plantation
de peupliers.
Pic, sm. Pivert. De picus. — Premier son de Theure dans les hor-
loges a repetition. Voy. rej9ic.
PicA, va. et n. Frapper : pied a la pdi^to frapper a la porte; m*o
picdt Vefdn il m'a battu Tenfant; — qudtio houro pico? quelle
heure sonne? Voy. tustd.
Picagn6us, adj. Qui a la mauvaise habitude de battre.
PicAr, sm. Nom d'homme ; ne s'emploie qu'au fig. : toucd Picdr
s'enivrer.
PicassAt, adj. Tachete; marquS de la petite v6role. Se prend aussi
substantivement : lou picassdt, ou bien lou grahdt le gr616.
PlchA, va. EtanQonner. -— Picho, sf. fitangon ; etr^sillon.
Pich6t, adj. et sm. Petit; le petit. — Pichot-f6t : aco's pichot-fdt
c'est peu de chose, c'est de peu d'importance.
Pichoulino, sf. Olive petite, mais riche en huile.
Pic6to, sf. Petite verole.
Plcoti, sm. Houe trfes ouverte, munie, du cote oppose, d'une longue
pointe. C'est I'outil favori de nos travailleurs de terre — tra-
314 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
bayadous — qui usent peu de la pioche, dite pie77iount^so, et
encore moins de la b6che a pedale dite licMt,
Pietadoi^s, adj. Pitoyable, qui inspire la piti6... Bepietas.
Piet&t, sm. Nom du cimeti^re : andn a pietdt nous allons au cime-
tifere.
Pign&to, sf. Marmite en fonte.
Pign6, sm. Pin pignon. — Pigno, sf. Pomme de pin. De pinea.
PimpanSlo, sf. Pdquerette. Voy. margarid^to.
Pinchignd, sm. Pouilleux; sale et d^guenille : sdmblos un pinchi-
gnd tu ressembles k un pouilleux.
Pindotil, sm. Outil de magon, soit une ficelle munie d'un poids a
son extr^mite.
Pin^do, sf. Plantation de pins.
Pins^r, sm. Pinion, oiseau.
Pintoti, sm. Nom propre d'origine inconnue : las cdbos de Pintoi',
gouffre trfes profond dans le lit de THerault ou, dit-on, s'est noye
un nomme Pintou qui, son nom Findique, devait 6tre un ivro-
gne et n'avait certainement pas Thabitude de loger de Teau dans
sa cave. Cette antiphrase est trfes frequente dans notre langue
imagee.
Plntre : sidi jaldt coimi* unpintre je suis gel6 comme un peintre.
De pictor.
Pi6cou, sm. Nom burlesque du pou : o talamdn de pidcous que
flnivoou pdr Venrabald din VErdou il a tant de poux qu'ils fini-
ront par Tentrainer dans THerault.
Pi6i, adv, Ensuite. Voy. pH,
Pi6t, sm. Pibto, sf. Dindon, dinde.
Pioulet^, va. Attirer au moyen de Tappeau. Fig. : chercher a sMuire.
Piourdl, sm. Appeau. Voy. simbdl.
Pious61o, sf. Pucelle; vierge.
Pipi, sm. (Ehfantin.) Urine. — Fdire pipi uriner.
Pipido, sf. Excroissance cutan^e qui envahit la langue des gallina-
cees par suite de soif prolongee. — Petit fragment d'epiderme
souleve sur le doigt de Thomme dans le voisinage de Tongle.
Pis, sm. Urine. — Pissd, vn. Uriner. — Pissadoi^, sm. Vase de
nuit. — Piss^gno, sf. Urine.
Pissar^do, sf. Emission abondante d'urine en une seule fois.
Pisso-fr6ch, sm. Homme an6mique, impuissant, poule-mouill6e.
— Pisso-vi, sm. Courson, branche de vigne.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNB. 315
Pist61o, sf. Ancienne monnaie valant 10 francs. Les vieux disent
encore : douche pistdlos, vin pistdlos, cen pistdlos pour 120 fr.,
200 francs, 1,000 francs.
Pistoul^t, sm. Pain oblong. — Planchette de bois mince revStue
d'une laine grossiere pour prendre les puces, en la proraenant
sur le corps.
Pitdinso, sf. Tout ce qui se mange et qui n'est pas du pain : mdncho
mat de pitdnso que de pan.
Pla, adv. Bien ; beaucoup; tres. Signe du superlatif : es plapoulldo
elle est trfes jolie.
Pl&go, sf. Plaie. De pldga.
Pldiidech^, vn. Hesiter : i-o pas a pldidechd il n'y a pas k bar-
guigner.
Plampotin, sm. Une pleine poignee. De plenus pugnus.
Plan, sm. G6missement : aousiguire un plan j'entendis un g6mis-
sement. De planctus. — se Pl&ne, v. Se plaindre. Deplangere.
Pl^nco, sf. Passerelle ; poutre k dos plat et large qu'on dispose par-
dessus le lit d'un petit cours d'eau pour le traverser : la pldnco
de VAfdirdt, passerelle sur la riviere de Peyne, pres le jardin
du mSme nom.
Plansoti, sm. Jeune plant d'arbre, dit porrette, ou de 16gumes de
potager.
PlantadoiUro, sf. Cheville en bois pour planter le precedent. De
plant are.
Plat&t, sm. Un plein plat.
Plec, sm. Pli. — Pldg^, va. Plier. — Pldgadls, adj. Qui pent se
replier : tdoulo pldgadisso table qui se plie.
P16go, sf. Levee, aux jeux de cartes.
Plochdit, sm. Serie de pluies : Vannddo del gran plochdt Tannic
des grandes pluies.
P16cho, sf. Pluie. — Plochoi^s, adj. Pluvieux. — P16oure, v.
imp. Pleuvoir. De pluere.
Ploumb^, va. fipisser, entrelacer les brins d'une corde rompue
pour la r^tablir, sans noBud, dans sa longueur.
P6n6, vn. Pondre. De ponere ova.
Poou, sf. Peur. Terme g6n6rique designant les 6tres surnaturels,
farfadets, fantomes, revenants, Drac, loups-garous, etc., dont la
mission est de nous epouvanter : i-o iino poou dins aqu6l oustdl
cette maison est hantee ; — mdntes pas al gragni que la poou
316 GRAMMAIRE LANGUBDOGIENNE.
lai es ne monte pas au galetas, le revenant y est. Voy. trebo. —
De pavor.
Forces; Porcansin, sm. Individu sale, crasseux. — Porquiche,
sm. Salete. De porcus,
Porqu6t, sm. Ver gris et replet qui devore les jeunes pousses de la
vigne. De porcellio,
Pot-a-pinto, loc. adv. Au detail : ven soun vi pot-a-pinio il vend
son vin au litre.
Poucdl, sm. Cochon. De porcellus. — Poucelech^, vn. Pousser,
pendant le sommeil, de petits ronflements de bien-6tre; se dit
des enfants a la mamelle.
Pouchechd, vn. Mettre la main a la poche pour payer.
Poud^, va. Tailler la vigne. — PoudadoiUro, sf. Outil a cette fln.
De putare (Virg.).
Poud6, sm. Le pouvoir. — Pouderotis, adj. (vieux). Puissant.
De potero,
Potdss&n, adj. Se dit d'une personne forte, grosse, obese, plantu-
reuse.
Pougn^l, sm. Hachoir; couperet de cuisine.
Poul^cre, adj. Poltron; lache.
Pouli, sm. Le Poulain, de Pezenas. Voy. gndco. — Poulin&dos,
farces grotesques.
Poulinos, sf. plur. Potences employees par les scieurs de long pour
assujettir en Fair les pieces a debiter. — Poulino, sf. Pouliche.
Poulisso, sf. Fa la pouUsso faire des incartades, des fredaines,
des folies : passer ou touto la nei a fdire la poulisso ils passe-
rent la nuit a faire des farces. D'oii le subst. Poulissotin.
Poulit, ido, adj. Joli, jolie. De polituliis (Cic).
Pouls^, vn. Respirer fort : poulso esp^s il respire avec bruit et
frequence.
PoiSilses, sm. plur. Balles d'avoine et de ble dont on nourrit les
anes. De pellere, pulsum.
Pounch^, va. Piquer* — PoiSincho, sf. Pointe. — PounchtSit,
adj. Pointu. De pungo,
Pounchech^, vn. Poindre : lou jour pounchechdbo le jour com-
men^ait a poindre.
Poun^n, sm. Le couchant. De ponens,
Poiipre, sm. Polype comestible de Tordre des brachiopodes ; pieu-
vre. Du grec 7:0X67:00$.
6RAMMAIHE LAKGtJBDOClBNNfi. 3l7
Porcarid^ sf. Malproprete; cochonnerie. — Pourcatid, sm. Mar-
chand de cochons. De porxus.
Poiirre, vn. Pouvoir. De potero.
Pourrig^l, sm. Poireau sauvage. De porrum, po7Tus.
Potirrou, sm. Broc en verre k douille fine, plein d'eau, pour boire
en le tenant en Fair un pen au-dessus de la bouche entr'ouverte.
De pot are. Voy. douyou.
PourtadotL, sm. Rigole maitresse pour Tirrigation d'un jardin
potager. De portare,
Pourtandl, sm. Petite porte pratiquee et decouple dans une plus
grande. Porte de derrifere d'un tombereau. De porta.
Pousal^nco, sf. Machine elevatoire constitute par une longue per-
che basculant sur la fourche d'un support vertical de 2 metres.
De Textr^mite sup6rieure pend une tige en bois au bout de
laquelle est attach^ un seau. A Textr^mite inferieure du levier
est flxee une grosse pierre pour 6quilibrer le poids du seau, que
Ton remplit en inclinant la bascule vers Tinterieur du puits. Le
poids de la pierre fait remonter le seau plein a la surface du
sol. Ce systeme, en usage dans la primitive figypte, est encore
utilise dans nos pays, notamment dans la plaine de Lezignan-la-
Cebei ou la nappe d'eau n'est pas profonde, pour Tirrigation des
champs d'oignons.
Pousadoti, sm. Seau muni d'une poignee.
Pousito, a la pousito, loc. adv. A point, dans une position favo-
rable. Depositus.
PotLSSO, sf. Reprimande, me fiqudt uno pousso il m'appliqua une
reprimande. De ptilso.
Poust^mo, sf. Pus; matiere sortant d'une plaie. Du latin apostema
et du grec i<p{(jTa|Aai.
Poustil, sm. Piece de bois sur laquelle on fait les hachis.
Poutic^ire, sm. Pharmacien. En espagnol boticario. De apoteca.
— Poutingo, sf. Drogue. De potus.
PoutoiSi, sm. Baiser. — Poutounech^, va. Faire de frequents
baisers.
Prat, sm. Pre. De pratu7n.
Prefachd, sm. Tacheron ; qui travaille a prix fait.
Pregd, va. Prier. De precari,
Prens^, va. et n. Pressurer le marc de raisins, d'olives, etc. On dit
au figur6 : andn prensd de marfegos nous allons nous coucher.
318 CRAlilMAme LANdtJEDOCtEKNe.
Prens^ire, sm. Ouvrier qui Iravaille au pressoir. — Prdnso,
sf. Pressoir.
PresotL, sf. Pr6sure; liqueur qui fait cailler le lait.
Prin, adj. Mince, fin, delie, serre : pissd prin couler a jet trfes fin :
— laourd prin labourer serr6.
Priotin, adj. Profond : laourd prioun labourer profondement. De
profundus.
Prou, adv. Assez.
se Prouvesi, v. Se pourvoir. De providere, provisum,
Prusi, vn. Dfemanger. — Prusoi^, d^mangeaison. Depi^urire,
Pudi, vn. Sentir mauvais. Prov. : las pardoulos pudissou pas les
paroles ne puent point. De putere, — Pudicino puanteur. —
Pudicin^r, le neuf de pique. Voy. gdouiarel.
Pudis, sm. Putois. De putacius.
PugnSiro, sf. Mesure ancienne de capacity pour les grains et les
fruits. Les douze pugneiros 6quivalaierit a un setier, soit 62 li-
tres. C'6tait aussi une mesure agraire. De pugnus.
Piio, ou Piigo, sf. Pointe : los pugos del rast^l les pointes du
rAteau. Du verbe apugd appuyer.
PupiSit, sm. Huppe, oiseau. De upupa. — Au fig. : coifl'ure elevee
de femme.
Q
Quarts, sm. Mesure pour I'huile, de 7 litres 3 environ. De quai'-
tus.
Qu&rto, sf. Moitie de Vhemino ou quart du sestid (voy. ces mots),
d'environ 15 litres 5.
Qu6co8, sf. pi. Danse du pays : ddnsou las qudcos on danse les
qu^ques. Cette danse en plein air, aujourd'hui oubliee, 6tait en
grand honneur dans les rejouissances du carnaval de Pez^nas,
avec la ddnso del pouli, del chibal^t, del buf4t, de las h^^yos, la
coiigo 7^abmddo, las poussddos, etc.
Qudrre, va. Chercher. De qiierere.
Quiche, va. Presser. Voy. Oli. — Quich^U sm. Press6e.
Quic6ii, pron. Quelque chose. — Quicoxu6t, quelque petite chose.
Quincair61o, sf. Appendice graisseux terminant la colonne vert6-
GRAMMAmK LAKGUEDOCtENKfi. 319
brale des volailles et vulgairement nomm6 en frangais : as de
pique.
Quincandlo, fdire quincan^lo faire banqueroute.
Quints, vn. fitre au 5« jour. Se dit. de la lune. Un vieux proverbe
dit : m'agdches pas guan, dintre, agdcho me quan quinte ne
me consulte pas le 1" jour, mais le 5«. Virgile a 6crit dans ses
G^orgiques : quintam fuge m6fle-toi du 5« jour de la lune.
Qui6ch, part. pass, de cdire cuit. De coctus.
Qui6isso, sf. Cuisse. De coxa.
Qai6r, sm. Cuir. De corium.
Quiotil, sm. Le derri^re. — QuioiSil-bl^n surnom donne aux par-
tisans de la branche aln^e de Bourbon et du drapeau blanc. —
Quioul^t, sm. Confluent de la riviere de Peyne et de THerault,
ou Ton se baigne volontiers. De cuius.
Quist^, vn. Qu^ter. — Quist^ire, adj. Queteur. Quisto, sf. Qu6te.
De qucestura.
Quitbrbo, fdire quitdrbo faire le jeu de Taveugle.
Quitr^n, sm. Goudron.
se Quiy^, v. Se jucher; se percher; — se cabrer, en parlant d'un
cheval. — On dit, dans un autre sens : Vdse quie! Vase te
quie! comme on dirait : rdse te foute! comme, en franoais : le
Diable soit! le Diable t'emporte! — Quiyftt, adj. Perche, juche.
Quoni^n, sm. Sot; imbecile : quonidn bdssosi imbecile achev6 !
R
se Rabaldi, v. Se trainer; se battre : te r abates pas at sol ne te
tratne pas par terre ; — se sou r^abaldch, se sou flcdch uno ra-
halddo ils se sont battus, ils se sont flanqu6 une tripot6e. — II
est aussi verbe actif : rabdlos toun coutiyoun tu traines ton
jupon. De rapere, 7^eptare.
Rabaladis, sm. Fatras; desordre. — On appelle encore ainsi les
rogatons, les menus morceaux restant dans le plat apres qu'on
a depece les volailles ou le gibier : dime mat lou rabaladis que
las quioissos ou las dlos je prefere les rogatons aux cuisses et
aux ailes.
320 GRAMMAme LAKOtTEDOCtfiNNfi.
Rabal^ire, sm. Autre nom de I'aramon, variete de raisin. Yoy.
alinddo,
Rabassid, sm. Houe, sorte de pioche. Voy. trinco.
R^be, sm. Radis; raifort. De rapum,
Rabid6t, sm. Osselet : fagu^n as rabiddch jouons aux osselets.
Rabin^, va. Roussir par brulure. — se Rabin^, v. Se roussir.
Rac^, vn. Vomir.
Rac^do, sf. La quantite de marc qu'on charge sur un pressoir.
Rac6t, sm. Petit son; repasse.
R&co, sf. Marc de raisin. — Pico-r^co, sm. Buveur. — Un noble
passdt sus la imco un noble de contrebande.
R&QO ; al raco ! interj. Au diable !
Rafat^yo, sf. Masse d'objets de rebut.
R^e, adj. Apre au godt.
Rail, va. Froisser. — Rafit, adj. Froisse.
Rai, sm. Rayon de roue. De radius. — Rai, interj. Qu'importe!
Voy. Caoiicdgno.
Raissechd, vn. Biaiser ; hesiter ; tergiverser.
Rajd, vn. Couler. — Raj61, sm. Jet. — Raj^do, sf. Coulee : me-
trds une rajddo d*dli sus la soupo tu mettras une legere couche
d'huile sur la soupe.
Ramass^do, sf. Ond6e ; averse : o tombdt uno Wdho ramassddo
il a fait une bonne averse.
Ramb^l, sm. Encombrement ; embarras. — Qualificatif donne a un
importun [qui vous g^ne : rambdl! et ': rambdl de Baoucdire
par allusion, sans doute, a I'encombrement qu'offrait jadis la
foire de Beaucaire. — Rambayd, sm. F^cheux; importun.
Rambay^, et enrambay^, va. Embarrasser; gener. — Ram-
bayech^, vn. Aller et venir: faire des embarras.
RaxuSl, sm. Rameau ; enseigne d'un debit de vin : dou plantdt lou
ram&l ils ont ouvert un debit de vin.
R^mo, sf. Produit de Telagage d'arbres. — Ramio, Ramoundio,
ont le mfime sens. De ramus.
R^mo, sf. Partie du ventre de pore, presque toute en graisse.
Raxnoun^t, sm. Maitre-valet. — Ramounet^ge, sm. Habitation
du ramoun^t et batiments de ferme.
Ramp^n, sm. Rameau qu'on porte a la f6te des Rameaux.
Rampel^, vn. Battre le rappel. — Rampelin, adj. Qualificatif dun
homme grognon.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 321
Rampleg^do, sf.' Paquet de couennes de pore roulees.
R&mpo, sf. Crampe : o pas la rdmpo a la Ungo elle ii'a pas la lan-
gue endormie.
Rainp6gno, sf. Discussion : acherou rampdgno ils eurent une vive
discussion. De impugnare.
Ranchd, sm. Petites barres fixees dans des douilles, le long de la
charrette, pour appuyer et retenir les encaddstres ou les teidiros.
Voy. ces mots.
Randtiro, sf. Haie vive. Voy. rdso,
RandiSit, adj, fipuise de fatigue.
Rans, sm. Le dimanche des Rameaux.
Raoub^, va. Voler. En espagnol robar,
Raouf^lo, sf. Rale accidentel et passager; voix rauque : o la raou-
felo il a la voix rauque. — Raoufelotis, adj. enrou6.
Raoum^s, sm. Rhume. — s'enraoumass^, v. s'enrhumer.
Raoumdlo, sf. Pituite.
R^ouso, sf. Depot tartreux du vin dans les tonneaux.
Rapino, sf. Orfraie, oiseau nocturne de proie dont le cri passe pour
un presage de mort. De i^apina,
Rasdil, sm. Petit filet de peche. Voy. bagandoii. De reticulum.
Rasdiiro, sf. Ensevelisseuse de morts, qui suit le cercueil aux en-
terrements.
Rasc^s, adj. Teigneux. — Sm. Poisson epineux de mer. — Radier
pave construit sur un chemin pour Tabriter contre les crues
d'eau.
Rascl^t, fdlre rascMt faire la niqiie. Voy. Idcos.
Rascl^to, sf. Ratissoire. — Outil de ramoneur.
R^sclo, sf. Coupe-pate servant aussi a racier le petrin.
R^sco, sf. Teigne, maladie de la tt^te. -- Guscute des luzernes. De
scabies,
Rasim^t, sm. Marmelade de raisin. De raccmus,
R^so, sf. Tertre ; haie, Voy. rand{(ro,
Rasoiliro, sf. Gylindre en bois pour araser le grain dans les me-
sures.
Raspayd, va. Ramasser des debris epars sur le sol ; glaner. Voy.
recland,
Rassi6, sm. Moellon a bsltir.
Rast^l, sm. Rateau. De i^astellus.
Rastotil, sm. Champ laisse en jach^re. De restibilis.
21
322 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Rat^t, adj. Se dit d'une chose rong6e ou entamee par les rats.
R^to-pen^do, sf. Chauvesouris. De pennatus aile.
Rat-taoupiS, sin. Mulot; rat des champs.
Reb^t, sm. Reverberation : rebdt del sour^l exposition au soleil.
Voy. ficho,
Reb^cd, vn. Repliquer avec insistance.
Rebiscould, va. Ranimer; redonner des forces.
se Rebissin^, v. Se redresser; se herisser. — Nas rehissindt nez
retrousse.
Rebistotir, sm. Detour.
Reboulidoi!i ; fdire i^ebotilidou faire des tourbillons dans un cou-
rant. De re bullire.
se Rebuff, vn. Se rebiffer.
R6c, sm. Ruisseau; ravin. Voy. riou.
Recachd, va. Attraper, comrae au vol, un objet qui vous est lance,
tel qu'une balle. — On dit, en portant un coup a quelqu'un :
7^ecdcho (a)qu^l attrape celui-la.
Recantoi!i, sm. Recoin; coin retire dans une piece. Voy. canton,
Recaoucd, vn. Revenir a un plat; a une bouteille; a un plaisir.
Voy. repicd'pdyos,
se Recaouquiyd, v. Se ravigotter ; se redonner des forces.
Recat^, va. Enfermer un objet pour qu'il ne traine pas. — Recatdt,
Recatad^t, adj. Propre, range. — Recatoi!is, adj. Soigneux.
Recite, sm. Provisions de bouche pour la journ^e que prennent les
travailleurs de terre dans leur sac. Voy. fdrdo et saqu^t.
Rechaouchoi!i ; fa rechaouchou, memo sens que recaoucd. Voy. ce
mot.
Rechisti, vn. Resister. De resisiere,
R^cld, va. Chatier : es ydoti que te vdou rdcld c'est moi qui vais te
fustiger. Ce mot doit avoir ete mis en vogue par les masons et
surtout les pliltriers qui menacent constamment leurs petits
manoeuvres de coups de regie, redo.
Recland, vn. Glaner. Voy. raspayd. — Reclani^n, sm. Denrees
recueillies dans le glanage.
se Recourdd, v. Se souvenir. Voy. se re7ne7nhrd, De recor-
dart,
Recouc&ire, adj. Rabacheur.
Recurd, va. Klaguer les arbres. De securis hache. — Recur&ire,
sm. Elagueur. — Recur&ge, sm. Bois delagage.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 823
Red^ple^ sm. Raclette en bois munie d'an manche de r^teau pour
rassembler, enpoussant, les cereales en tas sur le sol.
Redol!in, adj. Rond. — Redound^lo, sf. Olive ronde. De ro-
tundus,
Ref&sti, sm. Degoilt; repugnance : 7ne fo re fasti cela me degoute.
— Refastignoi^s, adj. D6daigneux; qui fait le delicat, le diffi-
cile.
Refouid, et Repoufd, vn. Imitatifs. Se dit d'une pompe foulante
dent le piston trop maigre laisse souffler I'air a travers le liquide.
Refresc^, va. Rafraichir.
Regagnd, va : regagnd las dens montrer les dents. Se dit des
chiens, et aussi de riiomme.
Regagnoii, sm. Reveillon : fa regagyiou faire reveillon.
Regain, va. Expier : di^o qu*o tout manchdt e qit'o pla jouit, on
regdlo maintenant qull a tout dissipe, et qu'il a bien joui, il le
paie, il Texpie.
Regalechd, vn. Suinter; s'ecouler petit a petit a travers une paroi
poreuse.
Regaould, va. Refaire le jable a une futaille.
Regiscld, vn. ficlabousser; rejaillir. — Regiscle, sm. Eclabous-
sure.
Rdgo, sf. Raie; rigole d'arrosage dans un potager. — On dit R^yo
en parlant des raies des etoffes et autres. — Enreg&ire, sm.
C4elui qui marque les lignes pour la plantation des vignes.
Regoulumd, va. Ghiffonner grossierement une etoffe. — S'applique
aussi a un courant qui produit des tourbillons, des remous. —
se Regoulumd, v. Se recoquiller.
Reguinnd, vn. Ruer. Au fig. regimber, refuser de faire une chose :
la pichoto reguinno la jeune fille regimbe, n'en veut pas.
Regussd, va. Retrousser : regusso ta 7'aoiibdto retrousse ta petite
robe. Au fig. : se regussd e7i redoim prendre la mouche, se
facher tout rouge.
R6ire-gran, sm. et f. Bisaieul, bisaieule. — R^ire-lundem^n,
sm. Surlendemain. — R^ire-poun arriere-point,
Rejotigne^ va. Serrer; enfermer. Voy. i^ecata, De rejungere.
Relais80i!i, sm. Petite etag^re.
Reldmbi, sm. Relache ; repit : ai pas un moiwidn de 7^eldmM je
n'ai pas un instant de repit.
Rel6ge^ sm. Horloge. De hor^ologium.
324 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
se Remembrd, v. Se rappeler. Voy. se recourdd, De re memo-
rare
Remen^, va. Remuer; agiter : remi^no Michdou que la sdoui;o es
cldro, dit-on a une cuisiniere.
Remend^, va. Raccommoder. — Remplacer les siijets morts dans
une vigne; Teau qui s'est 6vaporee dans un vase, De einen-
dare,
Ren, sni. Rame; aviron.
Rend, vn. Disputer. — R^no, sf. Dispute. — Rendiire, RenoT!is,
hargneux, disputeur. Voy. cerco-r&nos,
Ren^gd, vn. Jurer; blasphemer. De re negare,
Renguechd, vn. Se dit des lignes d*une plantation de vignes qui
conimencent a verdoyer en mars.
R6ou, a r3ou, adv. A la suite. Voy. adard.
Repapid, vn. Radoter. — Repapi^ire, sm. Radoteur.
Rep&sso, sf. Petit son.
Repass&do, sf. Une raclee; une volee de coups.
Repetass^ire, sm. Savetier . Au fig. : as un froitn de i^epetassalre
tu as un front qui ne rougit jamais.
Repetel^t, adj. Gras; dodu. Voy. moufle,
Repetio, sf. Discussion vive et animee. Voy. rampdgno,
Repic^-p&yos, vn. Faire un bon diner bientot apres un autre;
livrer la deuxieme bataille dans un jour. Voy. recaoucd.
R6pl^, va. Garnir entierement les vides d*une muraille avec le :
R^ple, sm. Petit moellon destine a remplir les vides entre les
gros.
Repounchoi!i, sm. Raiponce, salade sauvage. De 7^apunculus,
Repouteg^, vn. Murmurer entre les dents; grogner sans cesse.
Voy. roundind,
Reprin, sm. Regain des foins et fourrages.
Ress^oupre, va. Recevoir; part. pass6 Ressachi^t regu. De re-
cipere.
Rescldouso, sf. Vanne pour donner ou retenir les eaux. De claii-
deve, clausiun.
Rescoundi, va. Cacher, mettre a Tabri des curieux ou des voleurs.
Voy. recata.
ResourgM, adj. Resolu.
R^spdt; al r6sp3t de, loc. prepos. Comparativement a.
Resquiy^, vn. Glisser.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 325
R6ss^, va. Scier. — Rdsso, sf. Scie. — Rdss&ire, sm. Scieur. —
R6ssdt, sm. Scie a main.
Ressoiln, sm. Vibration; secousse. Voy. subroun. — Ressoundi,
vn. Vibrer; retentir.
Retdl, sm. Rognure; recoupe.
R6te, adv. Fort : tusto r^te il frappe fort. — Adj. Raide. De res-
titum,
Retenedoti, sm. Digue: obstacle. De retinere.
Retir&do, sf. Hospilalite de nuit : donnas nous la retirddo donnez-
nous a coucher.
Reverses, sm. plur. Rejetons. — Rev6rt&, vn. Supprimer les
rejetons. Voy. degaissd, sagatd, inachuncd.
se RevirA, v. Se retourner.
se Revisi, v. Regler ses comptes : 7ious revisir6n nous reglerons
Tarriere : forme de menace.
Revouliciou, sf. Violente secousse morale.
R^yo, sf. Soc. de charrue.
Rid^los, sf. Cloisons a barreaux, posees des deux cotes de la char-
rette et maintenues par les 7*anc?ics, Voy. ce mot, et encadds-
tres.
Ribsto, sf. Latte informe et inegale obtenue par Tequarrissage k la
scie des poutres. On les utilise dans la confection des planchers
noyes au plAtre.
Riou, sm. Ruisseau. De 7'ivus. Voy. m*. — Rioutbrt^ sm. Noni
d'un ruisseau dans la commune de Pezenas. De 7'h'ns tortus,
Ripl^, vn. River. — Riple, sm. Rivet.
Risouyd, adj. Rieur; gracieux. S'applique surtout a un enfant. De
7nsi(S.
RitoiSi, sm. (Vieux mot.) Cure. De rector.
R6do, sf. Roue. De rota.
R6dou, sm. fttendue a pen pros circulaire, mais mal Hmitee, de
terrain : un rodou de grdn une tache de chiendent dans une
terre.
R6se, sm. Le Rlione, fleuve.
R6sse, sm. Herse de labour. — Roussech^, va. Passer la berse.
Roudd, vn. Tourner; vagabonder. — Rouddiire, adj. Vagabond.—
Sm. Bouton scrofuleux formant abcos. Voy. sairou.
Rou6l0) sf. Coquelicot.
RoiSigno, sf. Gale. — Rougnoi^s, adj. Galeux.
826 GRAMMAIRB LANGUEDOGIENNE.
Rougnoun^do, sf. Aloyau; filet de moiiton.
Roi!iino, sf. Decombres.
Roi!iire, sm. Chene. De rohur,
Roumi^, vn. Ruminer. De rumigare.
Rotimpre, va. Defricher; d^foncer le sol. — Roumpi^ido, defon-
cement. De rumpere.
Rouxnpi!it, sm. Au fig. : Farceur; inauvals plaisant.
Rouncd, vn. Ronfler en dormant. De vhonchare; du grec pr^,o;.
Roun-clab^l&t, sm. Turbot, poisson.
Roundalej^, vn. Marcher, aller et venir, promener tout autour.
Rounding, vn. Grogner. Voy. repoiUegd. — Roundln&ire et
Roundino-panc&ou, adj. Grognon. De grunnire,
Roupiyd, vn. Dorrair.
Rousig^, va. Ronger avec les dents : lou cJii que roxisigo Vos le
chien qui ronge Tos : monument legendaire conserve a Pezenas.
De 7'odere, rosi, rosum.
Rousil, sm. Rouille. — se Rousiydi, v. Se rouiller. De 7'uMgo.
Roustagn^nco, sf. Quartier, marecageux en hiver, de la commune
de Pezenas. De rus stagnans.
Roustido, sf. Au fig. : raclee; volee de bois vert : i-o foiiiut vno
roustido il lui a flanqu6 une tripotee.
Routd, vn. Roter. De ructare.
Rouy&l, sm. Qualificatif d'un homme qui ne cherche qu'a bien
manger, bien boire, bien jouir, et k ne rien faire. De regalis.
Rouy&oume, sm. Gateau de rois.
Rud61d, vn. D6gringoler; rouler suivant un plan incline. De rota,
rotula,
Ri!ido, sf. Rue, plante. De ruta.
Ri!ille, sm. Saoul : n'ai un rulle j'en ai un saoul, j'en ai plein le
dos. Voy. sadoiiL
se Rumd, v. S'attraper au fond d*une casserole ou d'un chaudron,
par defaut de surveillance ou exces de feu. — Rum&t, sm.
Todeur de roussi qui en resulte : sentis lou rumdt il sent le
roussi. Voy. r^abindt.
Ri^sc, sm. Houx, arbuste. De 7'uscus.
Ri!isco, sf. ficorce d'arbre.
GRAMMAIRE LANGUEDOaENNE. 327
S^bo, sf. Seve.
Saboun^to, sf. Saponaire, plante. De sapo, saponis,
Saboun!in, sm. Morceau de lard ranee que certaiiies ciiisinieres
aiment a mettre dans le pot-au-feu. Ce mot, du latin saporus,
devrait signifier savoureux ! !
Sacamdin, sm. Braillard, canaille.
Sdcro-moun-^mo. sm. Sacripant; homme h tout faire.
SadoiU, adj. Repu ; rassasie. De satur. Radical de Tadj. assadouldt.
Sag^n, sm. Cancans ; bruits de ville.
Sagdit e mag^t. Tapage interminable.
Sagatdi^ vn. Extirper les rejetons. Voy. degaissd et revdrtd. —
Sag&to, sf. Rejeton ; rameau gourmand de la vigne.
Sdile, sm. Drap de lit commun dont on se rev^t pour ne pas salir
les habits.
S^ique, adv. Peut-6tre. Voy. J)eleou,
Sairoi!i, sm. Bouton pros de suppurer. Voy. rouddU^e.
Salabroi!is, adj. Sale. De salarhis.
Salairoti, sm. Mortier a piler le sel. Meme origine.
Sal6p, sm. Sale ; saligaud. -- Salop^to, sf. Tablier d'enfant.
Salubdr, sm. Cour interieure; ciel-ouvert. De ctelum apertiim,
Samboutd, va. Secouer un recipient, non entierement plein, tel
qu*une bouteille, une caisse, un tonneau, une noix de coco, etc.
— Au fig. : faire de vifs reproches.
Sambi&is, sm. Maladroit.
SambiSit, sm. Sure.iu, arbuste. De sambuciis,
se Sanch^, v. S'endimancher; revetir ses beaux habits : sids san-
chdt couni'un lapin.
Sangloi!it, sm. Hoquet. De singultus.
Sanis, adj. Sain ; bien constitue. De sanus, sani.
Sannd, va. Saigner. — Sannotis. adj. Saignant. Voy. ensannoiisit ,
Saan^to, sf. Fausset pour tirer du vin d'un tonneau. Voy. dousil.
Sanqu^to, sf. Sang de volaille cuit.
Sansbgno, sf. Chant monotone et interminable.
Sant^t, sf. Toast : poitrtd 'no santdt porter un toast.
Santopdsl interj. Sainte-paix, juron, equivalent a : sac a papier I
328 GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE.
SantopStoI interj. Mdme sens. Voy. sarnibluro et sarnipeto,
Saoubachi!in, sm. Qui a le gout ou Todeur sauvage, comme la
chair de renard, d'ours, etc. : sentis lou saoubachun il sent le
fauve.
Sdioube, ab6ire pas sdoube n'avoir pas le temps ou Toccasion :
aben pas sdoube d'and trabayd, la net arribo il ne vaut pas la
peine d'aller au travail, la nuit arrive. Voy. lesoic.
S^oubio, sf. Sauge, plante. De salvia,
S^oucle, sm. Sdoucle de Sdn Marti arc-en-ciel. De circulus.
S^ouxno, sf. Anesse. — Entrait de ferme : terme de charpenle. —
Ravale. D'ou le verbe Saoum^j^ faire fonctionner la ravale,
niveler. — Du grec aavjjLa, bat.
Sdoupre, sm. Savoir. — Vn. : s'en sdoupre mal etre fache, blesse
d'un precede. De sapere. Voy. gouber.
Saouqudno, sf. Dorade, poisson.
Spouse, sm. Saule. De salix,
Saoussblos, fdire saoussdlos faire des mouillettes, des trempettes.
S&outolingri, sm. Sauteur; malhonnete homme. De saltare.
S&outo*r6chs, sm. Surnom donne aux habitants de Castelnau-de-
Guers, commune situee a 4 kilometres de P6zenas.
Saqu6t, sm. Sac dans lequel les ouvriers cultivateurs portent leurs
provisions de la journee. Voy. fdrdo; 7'ecdte, De saccus.
Sarci, va. Repriser. — Sarcido, sf. Reprise. De sarcire, sarcio, —
Sard, va. Tasser.
Sdrcho, sf. Ensemble, assortiment des filets de pScheur en mer.
De sarcma,
Sarnibli!iro I Sarnip6toI interj. Sarpejeul Voy. santo pas, san-
topeto.
se Sarr^, v. S*approcher : sdrrO't6 se gdousos! approche-toi, si tu
roses I
Sarrayd, sm. Mesange, genre de passereaux.
Sarrayechd, vn. Agiter la clef dans une serrure en cherchant a
ouvrir. Du substantif Sarr^yo, serrure. De sera,
Se, sm. Sein. De sinus.
Sec^do, sf. Secheresse. — Secadoi!i, sm. Sechoir. De siccus, si^ca,
Secel^go, sf. Chatouille. — Secelegoi!is, adj. Susceptible ; cha-
touilleux.
SecoMre, va. Employe pour ne pas dire foutre (bien moins con-
venable) te secoute un empldsire je t'applique une gifle.
GRAMMAIRE LANGUEDOCIENNE. 329
S6do, sf. Sole. De seta,
Sedusi, va. Seduire. De sedticeve,
Segd, va. Moissonner. — Seg^ire, sm. Moissonneur. — S3gos,
6poque de la moisson. De secure,
S^gne ; Nostre-S^gne Notre-Seigneur Jesus-Christ. — Segnoi!i
seigneur terrestre. De senior,
Sdgno, sf. Puits a roue.
Segti, adj. Sur. De securus,
Segui, va. Suivre. De seqici, — Seguido, sf. Suite : de seguido de
suite. Voy. adar^,
Sem^l, sf. Comporte pour le transport de la vendange. — SemaySs,
sm. plur. Longs biltons dont on se sert a cet effet. — Semaloi^,
sm. Baquet rond a savonner.
Senati!ir, sm. Au fig. Homme pretentieux, emphatique, poseur.
Senbdi, sm. Assemblee deliberante agitee. De synodus, Voy. sina-
gdgo.
S6ii-PWre (vieux), Saint-Pierre. — S6ii Pidrres ; gn*o un plen
Sdn Pierres il y en a une tres grande quantite.
Sentido, sf. SoupQon; pressentinient : rCai abut iino sentido j'ai
eu vent de la chose.
Sentoi!i, sf. Odeur. De sentire.
S^ou, sm. Suif. De sebum, secuni.
S^pio, sf. Seiche, polype comestible. De sepia,
S6r, sf. Gouleuvre. De serpens.
se Serend, v. Prendre la fraicheur de la nuit. De serenare,
Servici&lo, sf. Garde-couches. De serviciila, S*emploie aussi pour
femme de service.
Sesti6, sm. Setier, mesure pour les cereales contenant 62 litres en-
viron. De septies,
Sesclam^s, sm. Maladie aux seins des nourrices consistant en cre-
vasses et ecailles. De desquaniata (Pline) ecorchure.
Set, sf. Soif : moiitHsse de set je meurs de soif. De sitis.
S3ti, sm. Siege; tout objet sur lequel on pent s'asseoir. De sedes.
Seyoi!i, sm. Sillon trace par la charrue.
Sibadio, sf. Petite crevette de la Mediterranee.
Sicdt, sm. Initiative : ou fagucl de soun sicdt il le fit de son propre
mouvement.
Sidisso, sf. Variete de froment barbu. Voy. touselo. De seges, se-
get is.
330 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Si^t^to, fif. Petite assiette; soucoupe.
se Signd, v. Faire un signe de croix : digo signddo eau benite. De
signai^e,
Sixubdl, sm. Appeau, form6 d'un petit sac de peau muni d'un sifflet
en OS : es mdgre coum'tin simbel il n'a que les os et la peau.
Voy. pioiirdL
Sixnoul, sm. Lisifere d'une etoffe de fil, coton, laine ou sole.
Sinag6go, sf. Assemblee tumultueuse. Voy. senddi.
Single, va. Lier, serrer avec une corde. — Singloi!i. Gorde pour
attacher les pores et autres animaux.
Sinipiou, sm. Rougeole.
Sinn^, va. Signer ; donner sa signature. De signare.
Sioure, sm. Liege. De suber,
Sis^mpo, sf. Vent froid et piquant.
Sistr&s, sm. Sous-sol impermeable fait de graviers agglomeres.
Siy&l, sm. Seigle. De secale.
Sio, sf. Gil et sourcil : frounsis las sios il fronce les sourcils. De
cilium. Voy. iisso,
S6gre, S6gro (vieux mots). Beau-pere, belle-mere. De socer.
Son, sm. Sommeil. De somnum,
Sbrre, sf. Soeur. De sor(n\
Souc, sm. Billot des bouchers. — La partie souterraine d'un tronc :
lou souc de Novd ou de Naddl la biiche de Noel. — SoiCico,
sf. Cop de vigne.
Soi!ido, sf. Loge a cochons. De suile.
Soudis, V. enclitique impers. Dit-il. — Soudisid disait-il; soudiguet
dit-il : ces derniers peu usites. De sub dicere.
Soufr^ge, fdire soufrdge se dit d'une chose qui manque lorsqu'on
en aurait besoin : lou casaquin qtic m'as esquinsdt 7}ie fo pla
soufrdge le corsage que tu m*as dechire me manque bien.
Soi!ifro, sf. Surdos en cuir supportant les brancards de Taraire ou
de la charreite, et reposant sur le dos du cheval. — Au fig. et
par moquerie, Techarpe du commissaire.
Soul, sm. Quantite de liquide repandue sur le sol.
Soul^do, sf. Jonchee de fruits couvrant la terre : xino soulddo de
biro-bouquech (azeroles), de nougos (noix), de castdgnos. —
Aqu4l ventds o fach toumbd de soulddos d'oulibos ce grand
vent a fait tomber des quantites d'olives au pied des arbres.
Soulide, adv. Sureraent. De solidus.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 331
Soulitl!ido, sf. Solidite.
Soumdcd, vn. Sangloter convulsivement comme les enfants apres
que les pleurs ont cesse.
Soum^sso, sf. Provin de vigne. De suhmissum, Voy. cabussoii,
Soundi, va. Appeler. De sonare, — Soun^yo, sf. Sonnelte des
boBufs.
Sound, va. Combler : aqiidl pons es cstdt sou7icU ce puits a ete
combl6. — All fig. Baltre : te vole sonnet je veux t'adminlstrer
une volee.
Soup^to, sf. Ricochet : fdire de soup^tos faire des ricochets sur
Teau.
Souplbch, sm. Abri : sdn dl soupldch nous sommes a Tabri de la
pluie.
Sour^l, sm. Soleil. — se Sourey^, v. Prendre le soleil.
SoCirro, sf. Vase; limon. Voy. limpo. ,
Soused, vn. Soupirer, \oy,.souniecd.
Soi!i8tre; mdtre al soiistre se servir a Tusage journalier. S applique
surtout aux objets de toilette qu'on devrait r^server pour les
jours de fdte.
Souy^t, sm. Seuil de porte ou de fenetre.
Si!ibre, sm. Imbecile; animal.
Subred^n, sm. Surdent. — Subrepelis, sm, Surplis, v^tement
ecclesiastique. De supe?*, sur.
SubroijUi, sm. Secousse. Voy. ressoun.
Sticho, sf. Suie.
Si^cre, sm, Terme poll, a la place de foutre : vai te fa sucre! va te
faire... sucre! De saccharum,
Sugamdn, sm. Essuie-mains.
Sup, adj. Myope.
Sur, sf. Soeur, parlant d'une religieuse.
Susoi!i, sf. Transpiration; sueur : fa veni las ires siisous faire
venir les trois sueurs; se dit, entre autres, d'un travail qui
epouvante par avance. Vient du verbe Susd en latin sudare, —
Susarlechd, vn. ^tre en moiteur.
332 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Tab^, atab^, adv. Aussi.
Tabdlo, sf. Levier pour agir sur le tour des charrettes.
Tab6t, sm. Hanneton. De tabcmtis.
Tac^, va. Tacher. — T&co, sf. Tache.
T^cho, sf. Clou a grosse tete qu'on plante sous les sabots et les gros
souliers.
Tafan^ri, sm. L'ouverture de Tanus. C'est un de ses nonis les plus
convenables. Eu espagnol et en italien tafajiai^io. Du grec ^if c^
anus.
TAi3,-sin. Blaireau. De taxas, — La pel del tdis, peau, grise en
dessus et noire en dessous, servait aux rouliers en voyage. Elle
jouissait d*une certaine vertu dans la sorcellerie.
se Taisd, v. Se taire. De tacere. Voy. se cala,
Tal, sm. Morceau. — Tayoii, petit morceau : dime mat tin tayov
d'estoufdt (bueuf a Tetuvee) qti'un tal de froiimdche.
Tal^n, sm. P'aim : ab6ive taleii avoir faim.
Taldou, ou TanlSou que, prep. Aussitut que.
Tal6s, adj. Sot; imbecile; maladroit. Voy. pagndt.
Tainboi!ir, sm. Original. — Tamhokr-bagndt extravagant.
Timbre, sm. Ghapeau de c^remonie a haute forme. Voy. mdlo,
T&mpo, sf. Marteliere, sorte de vanne. Voy. re^icldouso.
Tampbt, sm. Reservoir dans lequel se rend le vin des cuves ou des
pressoirs, et tout autre petit reservoir en contre-bas du sol.
Tainpoi!ino, sf. liibote, ripaille ou Ton a bu et mange avec exces.
Tanc&, va. Former, porte ou fenStre. On appelle sdrrO'bdr7'0'td?ico
une personne m^fiante qui met tout sous clef.
Tanfi^lo, sf. Bilboquot.
T^no, sf. Grande mare servant de lit de crue a un torrent : la tdno
de tartuye, k P6zenas.
Tantdro; fdire tantdro passer la nuit blanche a se lever et se
recoucher.
Tantbs, sm. L'apres-midi. — Tantoss^do, supplement de travail,
pour neltoyjige d'ecurie ou autre, fait apres diner jusqu'a Theure
de reprise du labour.
GBAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 338
Taoul^y vn. Tomber : taoularo pep6t! Tenfant tombera!
T&oulo, sf. Table. — Taouldto, sf. Petite table. De tabula, en ita-
lien tavola,
Taoup^to, sf, Fiole en verre.
Taoupoti, sm. Surnom donne a un enfant trop brun de peau. De
talpa.
Taoutds, sih. Flaque d'eau bourbeuse.
Taouyfi, sm. Banc de pierre adosse aux facades exterieures, prfes
des boutiques. On nomme Triico-taouyfis Toisif qui passe son
temps a flaner d*un de ces bancs k Tautre.
Tap, sm. Bouchon. — Couche de tuf ou d'argile constituant le sous-
sol de notre contr6e qui fait partie du terrain miocene dit mo-
lasse.
Tapd, va. Boucher, couvrir : tdpo te couvre-toi. — Tapadoi!i cou-
verture. De tapetu7n,
Tap6ro, sf. Capre, fruit du caprier. De capparis.
Tapo-quioi!il, sm. Fruit de T^glantier, repute astringent.
Tarabastdlo, sf. Grecelle, servant k donner Theure des oflices pen-
dant la seraaine sainte ou les cloches voyagent i Rome!
se Targd, v. Se tenir les poings sur les hanches comme les pois-
sardes dans leurs disputes.
Tarrdiyo, sf. Tous objets en poterie de terre servant a la cuisine.
— C6po-tarrdyo, casse-vaisselle; surnom donn6 aux begues
qu'on appelle aussi mdstres de Ungos maitres de langage.
TArre-bourr^t, sm. Raisin i jus incolore. Voy. hoxirr^t.
TArri-b^rri, sm. Vacarme; tumulte. — Nom d'un ancien journal
de PezSnas.
Tart^no, sf. Buse, oiseau de proie.
Tartari, sm. Homme dur, sans coeur et sans pitie. De tai'taviis.
Tastd, va. Gouter. — T&sto, sf. Echantillon de liquide. Ce radical
a passe dans Tanglais : taste, goilt. De tractare,
Tayi, va. et n. Couper; trancher. On dit d'un mauvais couteau :
tdyo coumo lou ginoitl de ma gran il coupe comme le genou de
ma grand'mere.
Tiyo, sf. Contribution, impot. — Tayo-rAco, sm. Hache pour tailler
le marc sur le pressoir.
T6I interj. Tiens! exclamation de surprise. — Dans un autre sens,
elle indique la presentation qu'on fait d'une chose k quelqu'un :
t&! tiens! prends!
834 6RAMMAIHE LANGUEDOGIENNE.
Teb^s, adj. Tiede. De tepidus.
T6fo, adj Timbre; des6quilibre.
Teidiros, sf. plur. Ridelles a barreaux. Voy. encaddslres,
T616to, sf. Diaphragine : s'es a^ebat la tel6to il s'est creve le dia-
phragme; il a pris line hernie.
T6I0, sf. Toile. De tela.
Tempour^l, sm. Saison. En espagnol te^nporada. De tefnpora.
T6ncho, sf. Teinture pour les filets des p^cheurs en mer. De tingere.
Tendios, sf. plur. Tiges en fer rattachant le mancheron a Tage de
la charrjue. De tendere.
Ten^bros, sm. plur. Office du soir des mercredi, jeudi et vendredi
saints : fdire tcn^bros faire, a la fin de ces offices, a Taide de
coups sur les bancs, de crecelles, sifflets, cornets a bouquin, etc.,
le vacarme assourdissant autorise par le rituel dans les parois-
ses. De tenehi^a^,
Tenesoi!i, sf. Resistance; solidite : pas cap de tenesou il n'a pas
de force de resistance.
Tengi!ido, sf. Tenue. — Tengu6n-tengu6n, loc. adv. Donnant
donnant. De tenere.
Tenio, sf. Coquillage univalve.
T60U, no, adj. Mince : copo teou (coupe-mince) qui agit avec trop
d'economie.
Tfirme, sm. Borne, limite entre deux terres. De terminus, ainsi
que le suivant.
T6rxnendou, sm. Territoire entourant le lieu ou Ton se trouve;
quartier d'une commune.
T^rrel interj. Equivalant a peste! terre! que sios sanchddo! peste!
que tu es bien mise!
Tescoi!i, sm. Coin de bois fixant le mancheron de la charrue. Voy.
estdbo.
TSssio, sf. Fdire ti^ssio premier repas supplementaire fait, k six
heures, par les ouvriers commencant le travail h quatre heures,
comine dans les moulins a huile.
T6ste. sm. Tesson, debris de poterie. De testa,
Testtit, sm. Marteau de macon.
Tibd, va. Tendre (une corde). — Fa tibd Varqu^t (faire tendre Tar-
chot) boire outre mesure.
Tib&ge, sm. Exces de table; travail excessif : rVabdn fach un tibdge
nous en avons mange i ventre deboutonne.
QRAMMAIRE LANOUEDOCIENNE. 335
Ticol!is, adj. Maniaque.
Ti^iro, sf. Rang6e de souches dans une vigne.
Tifo-tdlo. Se dit d'une chose qii'oii est sur le point de faire par
Tenvie qu'on en a : la l&ngo me fo tifo-tdfo j*ai une furieuse
en vie de parler; la 7nan me fo tifo-tdfo j'ai une demangeaison
de taper.
Tin, sm. Son clair comme celui d'un timbre, d'un verre a boire, etc.
De tinnire, ainsi que le suivant.
Tindd, vn. Rendre un son clair. — Tind31, sm, Hochet garni de
petits grelots.
Tindo, sf. A point pour la maturity : aqiUlo p4ro es pla sus sa
tUido cette poire est bien a point.
Tin^do, sf. La vendange dont une cuve est pleine. — TinSl, sm.
Petit cuvier. — Tini^ir^l, ou Tign^ir&l, sm. L'endroit ou sont
les cuves. — Tino, sf. Cuve.
Tintd, va. Teindre. De tmgere.
Tintdino, sf. Caprice. — Plate-forme sur Tavant d'un bateau de
joutes ou se placent les jouteurs.
Tiouldt, sm. Toit. — Tioule, sm. Tuile canal. De tegula.
Tiplo, sf. Truelle de ma^on ou de platrier. — Tipl^do, sf. Truellee.
Tiradis, adj. Qui est frequemment tire : Vdigo del pons es miyouno
despei qu'es tiradisso Teau du puits est meilleure depuis qu'on
en tire regulierement.
Tiradoi^, sm. Tiroir.
Tiro-br&so, sm. Fourgon, instrument de boulanger.
Tiros, sf. plur. Les cordes faisant fonction de traits d'atlelage.
Tisso, sf. Manie; tic : m'o pres en tisso il m'a pris en grippe.
Titino, sf. Mamelle.
T6co, sf. Baguette de tambour.
T6ni, nom propre. Antoine. — Au fig. adj. Nigaud ; feminin T6gno,
Nigaude. Yoy.ja^ids,
T6rnos, sf. plur. Las toimos les epingles ; marchandise donnee en
sus. De toimare.
Toi^&t, sm. Conduit souterrain en maQonnerie ou en pierres seches.
De tubus, (Seneque.)
Touci, va. Tordre. De torquere, torsum.
Toumb^do, sf. Vogue : aqu^lo houtigo o pla de tou7nbddo ce ma-
gasin a beaucoup de vogue, est bien achalande.
Toumbadi^ro, sf. Chute.
336 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
ToundSire^ sm. et adj. Tondeur. De tondere,
Toupi, sm. Pot-au-feu. On dit au fig. : es sot coum'un toupi il est
b^te comme un pot: — aqiii Voulo que se trufo del toupi voila
la marmite qui se moque du pot : ce qui signifie qu*ils ne valent
pas plus Tun que Tautre.
Toupino, sf. Bonnet a pli de t^te que les femraes portent la nuit et
dans la matinee. Voy. cagnoio et barrito.
Tour, sm. Ana fdive soun tom^ aller faire... caca en plein air, dans
un lieu retire.
Tour&l, sm. Tertre ; talus.
Tournd, va. Rendre. — vn. Revenir : sioi tournddo pdi^ te totirnd
lou pdi7*ol je suis revenue pour te rendre le chaudron. — adv.
Encore; de nouveau.
TourrA, va. Rotir au four; torrefier : a77idllos totirrddos amandes
torrefi^es. De toi^rere.
Toiirre, sf. Cumulus, nuage orageux. Voy. tnagalouno. De turris.
Tourroi!in, sm. GAteau fait d'amandes torrefiees et de miel etendu
entre deux hosties.
se Tourrouyd, v. Se r^chauffer au coin du feu, mais surtout au
soleil. De torrer^e.
TourtouyMros, sf. Grosse corde pour serrer et consolider, au
moyen du tour et du levier nomme tabdlo, le chargement d'une
charrette.
Tousdlo, sf. Vari6te de ble sans barbes. Voy, sidisso.
Tout^ro, adv. Bientot. De tota hora.
Toutesc&s, adv. A peine; tout au plus; tant solt peu.
Toutoi!iro, sf. Conque marine; coquillage servant de corne d'appel.
Mot imitatif.
Tout-pl^, loc. adv. Beaueoup.
Trabayadou, sm.; Trabayadisso, sf. Ouvriers des deux sexes
cultivant la terre.
Trabdsso, sf. Ruelle, petite rue. De transve^^sus.
Trabucd, va. Transvaser.
Trachamdndo, sf. Entremetteuse.
Trafic^n, to, adj. Faiseur d'embarras. -— Traliquejd, vn. Aller
et venir, touchant a tout et changeant continuellement de place.
Trdiino, sf. Sorte de peche en mer. De tr^ahere.
Trdire, va. Jeter. De ti^ahe^^e.
Tr&ite, adj. et sm. Traitre. De traditor.
Trampalinech^, vn. Chanceler; tituber; avoir le vertige.
Traatayech^, vn. M&me signification.
Traoac^, va. Trouer.
Traoupi, et Traoupiyech^, va. Fouler aux pieds. Voy. pdoutri.
Traouquiy&t, adj. Perc6 d'une multitude de petits trous.
Trap^, va. Trouver. — Poser une trappe : fra/>d lou baissel mettre
la trappe au foudre.
Trapandlo, sf. Piege; traquenard.
Trapdtou, sm. Enfant petit pour son age.
Trass^, va. Extraire des pierres de taille d'une carriere. — Tras-
s&ire, sm. Carrier.
Trisso. Ce mot offre cinq sens divers : 1®, sf. Trace, reproduit par le
frangais. — 2<*, adj. Pale, maladif : es pla trdsso il a bien mau-
vaise mine. — 3°, sf. : papie de trdsso papier buvard. — 4®, adj. :
trdsso d*arn4s espece d'imb^cile. — 5», sf. Resistance k un long
usage : aquil capel o pla fach de trdsso ce chapeau a dure long-
temps.
Trastdt, sm. Soupente, sorte d'entresol pris dans la hauteur d'un
etage. De transtinere, 6tre place entre deux.
Tr&yos, sm. plur. Petite corde servant de r^nes pour le labour ou
la charrette. .
Trdbd, vn. Hanter. L'Ogre dit dans le conte du petit Poucet : quicon
s*ai trebo, quicon s*aiput : de car de crestidn s'ai o (a)but,
Trdbo, sf. Apparition d'esprits ou de revenants : io iino tr^bo din
lou gragn^ il y a un revenant dans le galetas. — Fa la trdbo
ailer et venir nuitamment dans une inaison, ce qui fait trembler
les habitants. De trepidare, comme le precedent.
Trebouldri, sm. Trouble-f^te ; enfant turbulent. De turbulentus.
— Treboul^, va. Troubler.
Treiouli, vn. Tressaillir d'impatience.
Treini6cho, sf. Tr6mie; auge en bois faisant fonction d'enton-
noir.
Tremount&oo, sf. Vent du Nord. — Au fig. : perd7'e la ti^enioxiU'
tdno perdre la tSte. De trans 7nontes.
Trep&, vn. Aller et venir, sans but apparent, dans un m^me lieu.
De trepo et du grec Tp£::w.
Trepiy^, et Trepiyech^, va. Pietiner. De trepidatio,
Trescol&n. Erbo de treS'C0(ch)'l\m herbe de trois fois Tannee.
Mille-pertuis.
2-2
338 GRAMMAIRE LANGITEDOGIENNE.
Trescould, vn. Se glisser sans bruit derrierc un objet. De trans-
cicrrere,
Trespir, sm. Suintement. — Trespird, vn. Suinter. Voy. rega-
leclid et vinechd.
Tresploumbd, vn. Surplomber.
Tr6yos. La ddnso de las Treyos la danse des Treilles, qui a ete
assez pittoresquement d6crite dans plusieurs ouvrages pour que
nous soyons dispenses de nous en occTiper ici. Du latin irichila
treille.
Triboul6t, sm. Train; habitude : dro o pres aqu4l tiHboul^t main-
tenant il a pris ce train-train.
Trig6s, sm. Bruit ; imbroglio : sdbe pas de qu'es aquel Mgds]e ne
sais pas quelle est cette confusion, ce desordre. — se Tri-
goussd, V. Se secouer, se tirailler. Du latin trico tracassier.
Trincd, va. Gasser. — Retourner : iri7icd d'a77idllos casser des
amandes. — Trincd la OoiHo retourner le tonneau,
Trinch^to, sf. Serpette dont on se servait pour cueillir les raisins.
Trinco, sf. Houe. Voy. i^ahassid.
Trinco-c^bos, sm. (litt. ecrase-oignons). Courtillifere, taupe-grillon.
Tridcho, sf. On donne ce nom aux cuves, appelees crassieres, dans
lesquelles se rendent les eaux grasses des moulins a huile. Elles
sont generalement situ6es dans une cave souterraine dite enfer :
d'ou le nom d'huile d'Enfer donne au produit qu'on en retire par
decantation ou levigation.
Trl61, sm. Fouloir ou Ton ecrase le raisin avec les pieds : d'ou le
verbe Trouyd fouler. Voy. faongnd, faougnadoii. De tripti-
diare,
Tripoutechd. Voy. pastissechd et boustiquechd.
Tris, adj. Pile : de Sucre Uns du sucre pile; de sal trisso du sel
pile.
Trissd, va. Filer. Du grec ipiij^o), futur de Tpi5u), broyer, ainsi que le
precedent et le suivant.
Trissotiiiro, sf. Pilon. Voy. salairou.
Tron, sm. Tonnerre, dont le qualificatif burlesque est : tamboUr de
las cagardoiilos. — Imprecation : lotc ti^on que te cure! que le
tonnerre te vide ! — Troun^, v. imp. Tonner.
Tros, sm. Gros morceau. Un tros de pan un quignon de pain. Voy.
floe, tal et tayou.
Troiicho, sf. Truite, poisson d'eau douce. De truta^
GRAMMAIHe LAKGUEDoaEKNfi. 339
Troi!igno, sf. Mauvaise humeur : fo la irougno il boude.
Troumpassd, va. Franchir; d6passer.
Troumpet^, va. Publier. — Troumpdto, sm. Precon; crieur
public.
Trotimpo, sf. Gros siphon pour soutirer les barriques.
Trotinfle, sm. Atout, aux jeux de cartes. De Mumphus.
True, sm. Heurt; choc. D'ou le verbe Trued, heurter; choquer.
se Trufd, v. Se moquer; tourner quelqu'un en ridicule. — Tru-
fiire, adj. Moqueur.
TrtUo, sf. Pomme de terre.
Truqudto, sf. Mesure de capacite pour levin, d'environ un quart de
litre. Voy. cartou, mie'Caviou et fouy^to.
Tiifo, sf. Huppe ; touffe de cheveux au milieu de la tete.
Tugd, ou Ti!id, va. Tuer : tugd Ion vdrme (tuer le ver) boire le
coup du matin. Voy. tessio.
Turo-ltiro, sf. Ritournelle ; mode ; combinaison : cercds tino dou-
U^o turoluro cherchez une autre combinaison, une autre ma-
niere. Es toujour la mdmo turoluro! c'est toujours la m6me
ritournelle !
Turras80i2i, sm. Petits fragments de pierre ou de terre qui se ren-
contrent dans le bl6 ou les autres cereales non laves.
Ttirro, sf. Motte de terre. De turris, comme le precedent.
Tustd, va. Frapper. Du grec tutctw. — Tustdl, sm. un fort coup. —
Ttisto-botiiisses, sm. Brutal, frappant sans raison. — A Ttis-
tes e a bi!i8tes, loc. adv. A Tetourdie.
Tuteehd, va. Tutoyer.
U, PRONONCER EU
Uchd, sm. Huissier. De ostiarius,
Updt, adj. Huppe; — Distingue.
Usdnso, sf. Usage.
Osso, sf. Sourcil : frounzi las ussos froncer les sourcils. — Cargd
las ussos bonder, faire la moue.
Uyddo, sf. Raisin noir, nomm6 aussi Piquepoul d'Uzes, Cin-Sdous
k Montpellier, et Morterille a Toulouse.
Uy6to, sf. Grand entonnoir en bois muni d'une douille de laiton
pour remplir les grosses barriques.
340 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
V, PRONONCER B
Vaientid, sf. Exploit ; trait de vaillance ; souvent par (16rision. De
valens.
*
VairA, vn. S'applique aux raisins, quand le grain devient transpa*
rent aux approclies de la maturite. — Vairasoti, sf. Le fait de
prendre cette transparence. De variare.
VaisseyS, sm. Egouttoir de valsselle. De vasa.
Vai-t'en vAi! interj. Allons done!
Variyd, vn. Avoir le delire de la fievre. De varia7*e,
Vdrre, vn. Valoir. — Val6, 2<* forme d'infinitif du mfime verbe. De
valere.
Vedlsso, sf. Sorte d'osier. Voy. amarlno.
V6ire, va. Voir. Part. pass. Vist. De videre.
Vendemid, va. Vendanger. — Vend^mio, sf. Vendange. De tin-
dcmio, — Vend^mios, sf. plur. Temps des vendanges : $e ma-
rUlou per vendemios ils se niarieront aux vendanges.
Veni, vn. Venir. Part. pass. Vengilt. — Vengi!ido, sf. Venue;
arrivee. De venire,
Veni-antAl, faire ainsi ; faire ce geste : me venguet antal dmbe las
dens il fit le geste de me mordre.
Ventd, va. Vanner. — Ventadou, sm. Venlilateur; tarare. —
Ventoufir, sm. Kventail. De vent its,
V6ntre-d'Oilire, sm. Goinfre ; liomme a gros ventre (litt. Ventre
gros commo une outre pleine). Voy. oinre,
Ventr^sco, sf. Lard pris sous le ventre du pore. De venter,
voitris.
V6r, Vfirgne, sm. Aulne, arbre nomme aussi : ver quan ndi vert
quand il nait. De vcrnare,
V^rdil, sm. Aspiran a peau grise, le meilleur raisin de table,
nomme ailleurs Rihair^n,
V6rd6t, sm. Vert de gris, acetate de cuivre. De viridis.
Ver6, sm. Venin. — Verenoiis, adj. Veneneux. De venenum.
V6rgoiigno, sf. Ilonte. As pas vdrgougno? n'as-tu pas honte? De
ve recti ndia.
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE. 341
VSrme, sm. Ver. De vermis. — se VermenA, v. fitre la proie
des vers. — Vermen&t, adj. Vermoulu.
V6rt61, sm. Peson de fuseau. De vert ere.
V^spo, sf. GuSpe. De vespa.
Vdspre, sm. Le soir. — Vdsprddo, sf. La soiree. De vesper.
Vesti, va. Habiller. — se Vesti, v. S'habiller. De vestis.
VeyA, va. et n. Veiller. — Veyddo, sf. Veillee. De vigilare.
Vido, sf. Vie. De vita.
Vie3riin, sm. Vieillesse; v6tuste : mouriguet de vieyun il mourut
de vieillesse. De vetus.
Vinci, va. Venir k bout : I'ai pas pousciit vitici ]e n'ai pu en venir
a bout De vincere.
Vinechd, vn. De vimim. Se dit du vin transsudant a travers les
joints des futailles. Voy. trespird.
Vi61, sm. Sentier. De via.
Viou, Vivo, adj. Vif, vive. — Subst. Yivant. — Vioure, vn. Vivre.
Part. pass. Viscut. De viviis, vivere.
Viouse, so, adj. Veuf, veuve. De vidnus, vidua.
Viri, va. Tourner. — se Vird, v. Se retourner : viro Vesquino
tourne le dos; viro-te tourne-toi. De gyrare. — Virddo, sf.
P'rayeur : m'o fach una virddo ! il m'a fait une peur !
Visto, sf. Vue. — Vistoil, sm. Pu])ille de roeil. De visus. Voy.
peteto.
V6outo, sf. F'agon de labour. La vdoiito se compose d'un nombre
plus ou moins grand de seances de labour (Voy. juncho) selon
Tetendue de la terre. De volutum.
a Votidre, loc. adv. A volonte; terme de fumure signifiant qu'on
repand Tengrais partout, sur la piece de terre, au lieu de le loca-
liser dans un creux au pied de la souclie. Voy. escaoucdl.
Voulati, adj. Follet. Pel voulati poil foUet. De volatHis.
Voulountd, va. S'accommoder de...; accepter : aqu6l tan-dn voii-
loiinto pas las trufos cette terre ne fait pas bien les ponimes de
terre ; ne s'accommode pas de celte culture.
Votirre, va. Vouloir. Part. pass. Vourgilt ; pass. def. Vourgu^re.
De volei^e, primitif inusite de volo.
Vudfil, sm. Veau. De vitulus. On nomnie aussi VudSl la breche
produite par Teboulement partiel d'un mur appuye centre un
terrassement. — - Vud614, va. Veler, mettre bas des veaux.
342 GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Y60U, pron. pers. Je ; moi,
Yoc, sm. Lieu. De locus,
Yoch, adj. num. Huit. De octo.
Y6i, sm. Aujourd'hui. De hodie,
Yol, sm. (Eil. De oculus.
Yon, adv. Loin. De longe. — Ybn, Ydnto, adj. Eloign^ : dou mai
es ydnto dou mai Vditne plus elle est loin, plus je I'aime.
Zoul interj. Allons ) allez t
lions nfi ierminemDS pas cet ouvrage saos offrir a nos lecteurs
qnelques spSclmens, non du gfenie poetique de nos devanciers pisc6-
nois, mais de leur temperament musical. II existe, au nombre de
nos precieuses reliques du passe, plusieurs Noels ravissants, rehaus-
ses par des airs pleins de charme. Deux d'entr'eux nous ont paru, de
preference, m6riter les honneurs de la publicite. lis sent d*allure
bien differente ; le premier, empreint d'une gn\ce naive, le second,
d'un rythme plus vif et plus gai. Nous pensons 6tre agreable au
lecteur en les faisant figurer ici, suivis de quelques couplets d'une
vieille chansonnette , oubliee aujourd'hui, conime la jeune fiancee
qui rinspira.
NOEL POPULAIRE PISCENOIS
Traduction liMrale en fran^ais,
!•' Couplet 2"« ('duplet
L6've-toi, Jeannette, Grand Dieu ! que de monde
Porte-moi un lange, Moi je vols venir
Una chemisette; De derri^re les montagnes
Nous remmailloterons. Et par tout chemin,
Un Dieu si aimable Et jusqu'aux bergers,
Et si desire Avec leurs sabots
Est dans une stable : Qui, sur le pav6 de pierres,
II est la tout nu, Font clic et cloc,
Tout nu, tout nu, Clio et cloc, clic et cloc,
11 est la tout nu. Qui font clic et cloc.
3"» Couplet
Si nous avions des pit^cettes
Tot nous lui en donnerions,
• Pour faire les petites robes
A ce bel enfant.
Mais nous autres sommes pauvres,
Donnons-lui le cceur;
Cela est TofTrande
Que Dieu aime fort,
Aime fort, aime fort,
Que Dieu aime fort.
344
' GRAMMAIKE LANGUEDOGIEN'NE,
Noel populaire pisc^nols.
1" Couplet
i
9-l-t:
^=
:t=l:
-N— T
3=*=:
m^
t=l=:
Le - vo le, Ja
ne • to, Por
to m'un bai
len,
^--^:Efe
i=t
-• — m #~-^ # —
U - no ca - mi
se
to ; Lou ma - you - la
ren
p
^=s
t=t
-»-
t
t
t
t
t
Un Diou tant ai
ma - ble
£ tan de - si
rat
p
S^^
^^:
t=t
i
3^
Es dins un es - la - bl(e), Es a - qui des-pou - yat. des-pou-
i
t
m^^s
i=\
n:
^=^— ^^^
— gj — ^-
:[:
yat, des-pou - yat; Es a
qui des - pou
yat.
2»« Couplet
-^pc?
:^
N-
3^
=t=t:
^
t
Gran Diou! can de moun-de Icou ve - se ve
t.=t-
15?:
ni!
^iji^y^ifeEfer-^zE^
^=t
De tras las moun - ta - gnos, E per tout ca
mi
m
t
j=t^
t=t
â– o
X
-n —
- J- — V-
X
â– G-
m.
E jus - cos as
-t^:^=:^
i
pas - tres,
Am-bo sous es
cloch
::1:
^
Que, sus las ca
la - dos, ne
foou clic e
cloc, clic e
^1^
'E^EE3;
t
j:
i^^
cloc die e
cloc; Que ne
foou clic
cloc !
6RAMMAIHE LANGUEDOGIENNE.
345
3"* Couplet
-firK9
^z
t=\:
4=1=:t
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S'a- bian de p6 - ce - tos Ldou i'en dou - na - rian
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P^r fa las raou - be - tos A-n-a- quel bel e
fan.
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Me naou- tres sen paou - res, Dou- nen ie lou cor :
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A - cos es I'ou - fran-do Que Dious ai-mo
fort, ai - mo
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fort, ai - mo
fort; Que Dious ai - mo
fort.
Autre Nodi pisotoois.
1" CODPIET
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Ai de- ci - dat de mounta sus moun ai, Per a-na vei-re Ta-cou-
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1 ^ 1 T
N- — I-
cha - do, Ai de - ci • dat de moun - ta sus moun ai Per a-na
Fin.
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vei-re Te - fan que nai.
Ie pour-ta - ren de bour-ras-
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se- tos, Un plen tou - pi de fa- ri - ne-tos, Un frou - ma- ge coum* un mour-
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tie, Lou man-ja
ren en coum* pa
gnS.
&S D.C.
^6
GBAMMAIRE LANOUEDOGIENNE.
Couplet
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En-vi - ta - ren la fen-no de Si - moun, Ambe sa sor-re la ta-
X
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Li=:a- f -t; --^- t
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i— B — I— ^^â–
yu - so, En - vi - ta- ren la fen - no de Si- moan, Per pre - ne
Fix.
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par a- n- a -quel re - ga-gnoun. Car es nas - cut dins un es-
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V-J^
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5=t=t;a
ta-ble A-quel Dioussou qu'es tant ai-ma-ple, Mes es nas - cut pla paouro-
men, san bra-gue
to, ni san bai
len.
SS D.C.
Traduction en frangais.
I" Couplet
J'ai decide de monter sur mon ane
Pour aller voir raccouch<^e.
J'ai decide de monler sur mon ^ne
Pour aller voir Tenfant qui nait.
Nous lui porterons des cache-maillots,
Un plein pot de bouillie de mals ,
Un fromage comme un mortier.
Nous le mangerons en compagnie.
2"* Couplet
Nous inviterons la femme de Simon
Avec sa soeur la couturi^re.
Nous inviterons la femme de Simon.
Pour prendre part h ce r^veillon.
Car il est n^ dans une Stable,
Ce petit Dieu qui est si aimable
Mais il est n^ si pauvrement,
Sans couches et sans langes t
Etc.
QRAMMAIRE LANGUBDOGIENNK.
347
CHANSON
I" Couplet
1^
La fi -yo de Bel-tran, La ii - yo de Bel-tran, Di - sou que la ma-
pi^^lplii^l^^^
tirrt:
ri-dou Se la ma - ri-dou La ma - ri-dou yon d'ai - ci ; La
' \y — ^ ^- ■# — # — ^ — ^ ' — »■'J
raa- ri-dou tan jou- ve Que se sap pas ves - ti.
2"» Couplet
I
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K— N-~N
4-^-1
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-K-
La prenou per la man, La prenou p6r la man, La me - nou a la
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f^rj^:
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lESEi
glei- so.
No-bio, no - bie-to A-ban - sasunpaoulou pas; La
I
^^^^mi
^M^m
Mes - so se - ro di - cho. Vous es - pou - sa - roou pas I
3"« Couplet
U
La prenou per la man, La prenou per la man, La me - nou a la
-N-i
$
I:
4=:^
1^-r
-i- — I-
^— s-
_IJ — I
Jc:
j=5ir:
taoulo.
De tant de mounde Que ve - ch^t a soun da - ban, La
M-
no- bio ver-gou -gnoa-so Man - chet pas que de pan.
348
GRAMMAIRB LANGUEDOCIENNE.
4"» Couplet
La prenou per la man. La prenou p^r la man, La mc-nou a la
I
i:
^l^t
r-^=s:
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•*»-
dan-so.
'^^
Dan-so que dan-so, En - tendio pas lou soun; Fa-
f3:.^^^-g;i|^^:i£l
I
sio ri - re lou moun-de A - mai lous del viou - loun, etc.
Traduction en frangais,
1" Couplet 3"« Couplet
La fille de Bertrand (bis)^ On J a prend par la main (bis)
On dit qu'on la marie. On Famine a table.
Si on la marie, De tant de monde
On la marie loin d'ici ; Qu'elle vit devant elle,
On la marie si jeune La fiancee, honteuse,
Qu'elle ne sail pas s'habiller. Ne mangea que du pain.
2"* Couplet
On la prend par la main (bis)
On Famine k T^glise.
Fiancee, jeune fiancee,
Pressez un peu le pas;
La Messe sera dite.
On ne vous mariera pas.
4"* Couplet
On la prend par la main (bis)
On Tani^ne h la danse.
Tout en dansant,
F^lle n*entendait pas la musique,
Faisait rire les gens,
Et mftme les musiciens, etc.
Dans le cinquieme couplet, on Tamene h la chambre. Mais il n'a
jamais 6te chante devant nous pendant notre enfance :
Maxima debetur ptiero reverentia.
En sorte qu'il ne nous est pas possible de le donner au lecteur.
1. La chanson ne dit pas Rt'Urdn. ]Mais, comme il s'agit d'un nom de famille
tres honorablement represente encore a Pozenas, nous avojis cm devoir y substituer
le nom baptismal de Beltrdn, tres repandu d'ailleurs et qui ne donne lieu a aucune
allusion.
TABLE DES MATlfiRES
Pages.
Alphabet et prononciation des let-
tres 1
Rencontre des voyelles au contact
des mots 4
Rencontre des consonncs avec les
Tovelles et les consonnes au con-
tact des mots . . 8
Prononciation des mots termines
en b, p, c, q, g, d, t et ch de-
vant les voyelles et les consonnes . 8
Prononciation des mots termines
en i, I, m, n, r, 8 devant les
voyelles et les consonnes 10
Remarques sur I's final 11
Prononciation des diphtongues 13
Explications sur Taccentuation 14
Exemplcs pour les accents 15
De I'accent i I'infinitif des verbes. . 19
Orthographe et prononciation ge-
nerate 22
H initial muet 23
BetV 24
C(K)g, ~ 8(Z)8S 28
BG, BS, PS, Z 29
GT,GG,ZG 29
B. P, D, T 30
a, J â– 30
C^mbinaisons de G avec N 31
F, ILL. M, N 82
P, Q. U m
R 84
Des parties du discours 34
Del' Article 35
Des Noms substantifs 37
PagM,
Formation du pluriel 37
Distinction des genres 39
Exercices 41
Des Noms adjectifs 43
Formation du feminin 44
Augmentatifs et Dirainutifs 45
Degr^s de signification 46
Exercices 48
Des noms de nombres ou adjectifs
numeraux 50
Exercices 53
Du Pronom 54
Pronoms personnels 55
Pronom personnel reflechi 56
Exercices 58
Pronoms possessifs 59
Exercices 61
Pronoms demonstratifs 62
Pronoms relatifs 63
Exercices 64
Pronoms ind^termin^s 66
Pronoms EN et Y 69
Exercices 70
Du Verbe 71
Verbes auxiliaires 72
Verbe auxiliaire £tre en cinq Ian-
gues 74
Verbe auxiliaire Avoir en cinq
langues 80
Exercices 86
Verbes Actifs. — Premiere conju-
gaison en A. Verbe Aim^, Ai-
mer 89
Verbe irr^gulier Ana, Aller 104
350
GRAMMAIRE LANGUEDOGIENNE.
Exercices 104
Deuxi^me conjugaison en E 107
Conjugaison des verbes types BA-
tre et T6iie .' 109
Verbes ayant plusieurs formes de
radical 118
Verbes irreguliers 125
Exercices 135
Troisi^ine conjugaison en 1 139
Verbe Sard, repriaer 140
Verbes passifs 149
Verbes neutres 150
Verbes pronominaux 158
Verbes refl^chis & deux pronoms. . 161
Verbes interrogatifs 172
Verbes d6fectueux 177
Verbes impersonnels 179
Du Participe 183
De rAdverbe 190
Exercices 194
De la Preposition 196
Exercices 201
De la Conjonction 202
Exercices 205
De rinterjection 207
Ponctuation, accents et signes di-
vers 208
Syntaxe. Article 209
Substantif 210
Adjectif, Pronoin 212
Verbe 214
Participe 216
Adverbe 217
Proposition 218
Conjonction 2:20
Interrogation 221
Nostre-Segne a Coucoumio, conte
de jous la chemigndiro 235
Lou moulignd, soun efan e soun
Ase. FAblo 280
Glossaire contenant les mots les
plus usuels parmi ceux qui n'ont
point passe dans le francais ou
dont le sens difT^re dans les deux
langues 237
Noel populaire piscdnois 343
Autre Noel populaire piscOnois 345
Chanson 347
Toulouse, Imp. Douladoure-Privat, rue St-Rome, 39. — 7854