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Full text of "Grammaire élémentaire de la langue persane"

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GRAMMAIRE ÉLÉMENTAIRE 



DR 



LA LANGUE PERSANE 



I 
V 



IMP. CAMIS ET C>«, PARIS. — 8KCTI0N ORIBNTALB A. BCRDIN, ANOBRS. 



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GRAMMAIRE ELEMENTAIRE 



DB 



LA LANGUE PERSANE 



SUIVIS 



FUN PETIT TRAITÉ DE PROSODIE, 

DE DIALOGUES, DE MODÈLES DE LETTRES 

ET D'UN CHOIX DE PROVERBES 



PAR 



M. Cl. HUART 

CONSUL DE FRANCE 

SBGRÉTAIRE-INTERPKÈTB DU GODVERKEIIFNT 

PROFESSEUR A l'ÉCOLB DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES 



-**><3><»*- 



PARIS 

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, IlUE BONAPARTE, 28 

1890 



G-^'. 



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AVANT-PROPOS 



Ces quelques pages, consacrées à Texpo- 
sition succincte des règles de la grammaire 
du persan moderne, n'ont aucune préten- 
tion scientifique. Elles s'adressent aux per- 
sonnes qui veulent avoir une idée de la 
langue officielle de la Perse, sans connaître 
l'arabe et encore moins les anciennes lan- 
gues de ce pays; elles ne contiennent aucun 
rapprochement linguistique. 

On a cru devoir consacrer un petit nombre 
de lignes à la prosodie, qu'il est indispen- 

35C603 



i AVANT-PROPOS 

sable d^ connaîtrv3 pour lir(3 correoteinent 
les vers persans et en l)ien saisir le sens. 
Les ouvrages littéraires sont parsemés de 
fragments de poésie; les Persans en citent à 
chaque instant dans la conversation. Plus 
que* pour toutes autre langue, il est utile d(î 
pouvoir se rendre compte rapidement de la 
structure d'un vm^s. Nous pensons que 
notre court chapitre sur la métrique sera le 
bienvenu chez les apprentis orientalistes. 
Pour plus de détails, il faudra recourir à 
l'excellente Rhétorique et Prosodie des lan^ 
gués de VOrient musulman de Garcin de 
Tassy. Les exemples choisis sont pour la 
plupart empruntés au Gulistan, avec la ira* 
duction de Defrémery. 

Le Destour-é Sokhan de Mîrzà Habib 
Içfahànî et les Dialogues français-persans de 
Biberstein-Kazimirski nous ont été de la 
plus grande utilité pour la constitution de 



AVA>T-PHOPOS Hl 

la grammaire! proprement dite. Quant aux 
dialogues joints au présent ouvrage, ainsi 
(jue le petit recueil de proverbes usuc^ls qui 
les suit, c'est un travail entièrement nou- 
veau et qui ne doit rien à ses devanciers. 



GRAMMÂIRR ÉLËMRNTAIRË 

DE LA LANGUE PERSANE 



De Talphabet. 

L'alphabet dont se servent les Persans de nos 
jours pour écrire leur langue est Talphabet arabe, 
auquel ils ont ajouté quatre signes nouveaux pour 
représenter des sons particuliers à leur idiome. 

Comme en arabe, on n'écrit que les consonnes. 
Toutefois la lettre c5 y peut être considérée comme 
représentant une semi-voyelle; ce même caractère, 
plus Vélif \ et le vài^ j, sert aussi à indiquer les 
voyelles longues : on désigne en ce cas ceux-ci 
sous le nom de lettres de prolongation. 

Chacune des lettres de Talphabet se présente 
sous quatre SLSpecis différents, selon qu'elle est 
isolée du corps du mot, initiale ou commençant 
le mot, médiale ou en formant le milieu, finale ou 
le terminant. Chacun de ces aspects amène for- 
cément une légère modification de la forme de la 
lettre, surtout dans la partie qui en forme la queue 
et sert de ligature pour la relier à la précédente 
ou à la suivante. Aussi est-ce surtout par la présence 
des points, dits points diacritiques, que Ton re- 
connaît les lettres et qu'on les distingue les unes 
des autres. 



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8 (IKAMMAIRK PERSANK 

Sur ce nombre de trente-deux caractères il y en 
at vingt qui sont communs à l'arabe et au persan; 
ce sont : 

Quatre lettres sont particulières au persan : 

Huit lettres ne se rencontrent que dans des mots 
arabes : 

Le motx-» Cad, « cent », qui est purement per- 
san, s'écrit abusivement avec uwcàd. Les lettres J» 
et ij se rencontrent aussi dans des mots d'origine 
turque adoptés par la langue persane. 



Quelques remarques sur la valeur des lettres. 

La valeur des lettres indiquée dans la colonne 
de droite du tableau précédent est celle des carac- 
tères français correspondants. H y a toutefois à re- 
marquer les particularités suivantes : 

Uéli/ I, au commencement des mois arabes 
passés en persan, peut se prononcer a, è, i, o, ou 



GRAMMAIRE PERSANE 9 

selon la voyelle qu'il porte et la consonne qui le 
suit; on ne peut connaître son exacte prononcia- 
tion que par l'usage, ou en cherchant le mot dans 
le dictionnaire. 

Dans les mots purement persans il n'a que trois 
rôles : 

1** Au commencement, il exprime une simple 
aspiration initiale quand il est suivi de ^ ou ou 
de iS i\ par exemple : <j'l m, ceci, jlyj iràu, 
riran, la Perse. C'est cette aspiration initiale que 
les Grecs marquent au moyen de Vespril dou.v; il 
nous a paru inutile d'en tenir compte dans la trans- 
cription. 

2^* De même, au commencement des mots, quand 
il est suivi d'une consonne, il représente la voyelle 
brève è {\.*è ouvert du français), qu'on prononce a 
devant les gutturales et les lettres emphatiques 
telles que ^ kh, ^ ç, ^ th^ 3 q. On dira, par 

exemple : j\ èz, de; J^ èguèi\ si; j^\ ahhtèr^ astre. 



Devant la lettre j /• on trouve Tune et l'autre pro- 
nonciation : w»Ljl f^/*6^/i, maîtres; jU^jl armaghàn, 
cadeau. Dans un petit nombre de mots il représente 
Yo initial : -A^i omid^ espoir ;pL»\ ornàd/\ semoule. 

3" Au milieu et à la fin des mots, il marque la 

i. 



40 4;BAMMA|HK l'KBK^HiK 

voyelle longue à et on l'appelle ilif de prolongation ; 
JII4I èmsal^ exemples; jli^l akhb(h\ nouvelles, 
Les Persans prononcent cette voyelle longue avec 
uno emphase caractéristique, presque comme s'ils 
(lisaient o an lieu de à\ aussi Ta-t-on quelquefois 
transcrite par ô : èmsôl, èrbôb. 

Le 'aïn f^ est une lettre qui ne se rencontre 
que dans les mots d*origine arabe, mais les Per« 
sans ne la prononcent point avec Teffort de gosier 
familier aux Arabes; ils se contentent d'une sorte 
d'arrêt ou de pause dans l'articulation do la voyelle 
qui accompagne cette consonne. Nous l'indiquons, 
dans la transcription, par un esprit rude *; exemple : 
Jl^l a w«/, œuvres; j\jj ^ 'onir-é dirâz, longue 
vie ; prononcer a,., mal, homr é dirâz. 

Le ghaïa fs au commencement et dans le mi- 
lieu des mots, se prononce le plus habituellement 
comme le J des Arabes, un q articulé dans le 
gosier; ainsi on dit |ap gaza, nourriture; p^ê- 
qolam^ garçon, courrier. A la fin des mots il re- 
prend sa prononciation originelle, celle du g alle- 
mand dans Tag, le r français grasseyé : f-L bâgh^ 
jardin; i^ tighy sabre, rasoir; f-l^a- tchérâgh^ 
lampe; £lii> dàgh, brûlure. 



' 



GRAiMMAinE PKRSANK {\ 

Le qàf'J se prononce souvent g^ dur : lilfr 'Anqâ, 
nom d'un oiseau fabuleux, prononcez ongà î Jl-Uji 
otâg^ chambre; mais le plus ordinairement c'est 
un g guttural, surtout dans les mots arabes tels 
que 085^ molâqài, rencontre, entrevue. 

Le/iY//d) est généralement mouillé, c'est-à-dire 
qu'on entend un petit i après Tarticulation. Aussi 
Ton a transcrit A:'Vr6/»:» le mot viJl5^ perdrix; nous 
nous contenterons d'écrire kèbk, avec cette réserve 
que le k devra toujours être mouillé. 

Le kàf'é 'adjémi viS ou O se prononce comme le g 
dur français dans guérite, guerre, garnison; à la 
fin des mots on le mouille comme le kâf ^D {wo\v 
ci-dessus); exemple : oT-. sèg, chien (prononcer 
sèg'')\ ^D^j^sèrhèng, colonel; S^^i fêrhèng, dic- 
tionnaire. 

Le mv a un double rôle : 1° il indique la consonne 
i^; exemple : J^j^^ véïrân, ruiné, en ruines; J^jjl 
r/c^o?/rrfè/?, apporter; 2° il marque la voyelle longue 
ou : C^jJ doûst, ami; f'jj:>doroûgh, mensonge. 

Le hâ ù marque une aspiration douce, comme 

Vh français aspiré. A la fin des mots il remplit très 
souvent le rôle de la voyelle è (voir plus loin, au 
titre des voyelles). 



\2 GRAMMAIRE PERSANK 

Le yâ iS a un double rôle : 1** au commencement 
des mots, il indique la semi-voyelle 3/ (y allemand) : 
[^•tyaghmà, butin; 2° dans le milieu ou à la fin des 
mots il marque la voyelle longue / : j^ tchiz, 

chose; j^»^ didèn, voir; j^ di/\ longtemps. 

Le groupe l^>- k/tm se prononce khà ; exemples : 
C^^j^- khàstèn, demander, vouloir; o^j>- khâb^ 
sommeil, ô-^'^^ khàndèn, appeler, lire. La pro- 
nonciation du (^disparaît de même dans ^jl>^>- khic/tj 
soi-même. 

Le groupe V ou V est composé des lettres lâm J 
et élif \ entrelacées; il se prononce la. Exemple : 
t^V làghef'y maigre. 



Des voyelles'. 

Comme on Ta vu plus haut, on n'écrit que les 
consonnes et les voyelles longues. Si Ton veut 
marquer les voyelles brèves, on se sert de trois 
petits accents placés, deux au-dessus et un au- 
dessous de la ligne de Técriture. Ces accents sont 

I, Voir la note à la fin du volume. 



GRAMMAIRE PERSANE 1*^ 

les suivants : ^zèbèv, — zir, ^ pich. On ne les 
emploie presque jamais. 

Le zèbèr 4-. (arabe fathhè) représente tantôt un 
a bref comme \a dsius patle^ tantôt un è très ouvert, 

comme ais au conditionnel dans f aimerais : j*> 

■ 

houniu\ mérite; <^'^ pembè^ coton. 

Le zir — (arabe kèsrè) représente un / bref qui 
se confond souvent avec le son e' fermé : »y giiirihy 
guéréh, nœud, 

hepich.-!. [tyvahe zaïufnè) indique, selon les cas, 
les voyelles ou et o : /»>^ qoUiniy garçon. 

Les voyelles longues sont indiquées par les 
lettres, de prolongation » , j, c^. 

1 est la lettre éli/'\ surmontée d'un signe orthogra- 
phique spécial nommé mèddè (prolongation) dont 
nous parlons plus loin à l'article des signes ortho- 
. graphiques; mais ce signe spécial ne se met que 
quand Télifest initial. Exemples: jl rt/^, celui-là, 
cela (prononcez on comme dans on napas vu) ; ^1 
âb^ eau; j^^^JI àfèridèn, créer; ^*l àhou, gazelle; 
o>\}j roûbâh, renard ; ^ U djâni, coupe (à boire) ; jU- 
djân, Tâme, la vie. 

^ etc5 se prononcent comme ou et / très prolon- 

gés : y>' djoûy rivière ; jj roû^ visage; j^j roûz,\o\xv\ 



u 



(aUMMAlRK PERSAiNK 



• •• 



JiJj vichy barbe; jrû tU\ flèche; j^plr, vieillard; â^ 

tigh, sabre, rasoir. 

Enfin le « à la fin des mots, outre son rôle de h 
consonne, est souvent une voyelle qui répond gé- 
néralement à a bref ou à ^?, comme le zèbèi\ Nous 
le transcrirons par è : A)V khànèj maison; ^^ 
chànèy peigne. 

Tableau des Yoyelles. 





VOYELLES LONGCES 




VOYELLES BRÈVE 


à la lia 
des mots 


a 


aa coninit'neeiDfnt 
des mois 


dans le milieu 
et à la «1 




aa commenceoieiit 
des mots 


1^- 

dais le 
milieu 


T 


1 


a, V 


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ou, o 


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1 


(fl 


iJ 


• * 

i, o 


1 


y 





Des signes orthographiques. 

Les signes orthographiques arabes employés en 
persan sont le meddè, le hainzè et le cheddè. 

Le mcddè est le signe qui se placé exclusive- 
ment sur la lettre élif\ pour indiquer l'allonge- 
ment de la voyelle a : I à. En persan, il ne so 



GRAMMAIRE PËRSANK 1.*; 

trouve que sur Vélif initial (voyez ci-dessus). 
Exemple : ^\ àb, eau; j^jji ài^ourdèn, apporter. 

Le hainzè ne se place en persan que sur la 
voyelle • pour indiquer la combinaison des deux 
sons è et /; exemple : y aIU- khànc-i ton, ta mai- 
son ; %ùjA^ choumourdèïy tu as compté. On le trouve 
quelquefois, mais à tort, sur Vi(S final où il rem- 
plit un rôle analogue : / *j/^>- khastagH-ï tou, ta 
fatigue; l*.-^ ^t^y^^ nàlihochi-'i choumà ^ votre 
maladie. 

Le chèddè ou tèchdid est le signe de redouble- 
ment qui se pose sur la lettre qui doit être dou- 

blée. Exemples : X-*\ oummtd^ espoir (en poésie, 
pour -*-^l oumtd); ùj^ bèrrè, agneau; «jl èrrè, scie. 

Des diphtongues. 

1** Diphtongues composées d'une voyelle lon- 
gue et d'une semi-voyelle : 

(S^ aï (se prononce comme ai dans paille) dans 

les mots (S\j^ bérài^ pour; ^^L /;r//, pied; çjl*^- 

bidpàïy Bidpay, Pilpay, nom propre. 
(S}\ ouï (se prononce comme oui dans cilrouil/ey 

rouille) : ^jf ^^ boilï, odeur ; g; j j roiUi visage. 



1G GRÂMMAIRH: PERSANE 

2° Diphtongues composées d'une voyelle brève 
et d'une longue : 

y ooil dans les mots ^>' djooû, orge ; jj^ borooùy 
va-t'en. 

^^. èï dans (Jpèi\ pied; Jjj der^pèï-é, à la suite 
de. 

y- 

11 est à remarquer que la dipthongue y ooû se 
prononce (^(^ quand elle est suivie immédiatement 
d'une voyelle; ainsi yj pèrtooû, rayon, devient 
(Syjpèrlèi^i, un rayon. 

Le groupe î (la lettre • marquant la voyelle e, 
surmontée du havizè) se prononce è-i*, mais ne 
forme pas diphtongue. Exemples : %ù j ^ khourdè-ï , 
tu as mangé; oj;l àvourdè-'iy tu as apporté; a^.1>- 
J3^ ichèchmè'i doûr,\2i source éloignée. 



De Torthographe des mots arabes 
employés en persan. 

Certaines déformations régulières sont appor- 
tées aux mots arabes par leur passage dans la 
langue persane : 

1* Les substantifs dont la dernière lettre est re- 



OUAMMAIKE PEHSANK H 

doublée par le techdid perdent ce redoublement; 
ainsi les Persans disent: ia>- khat, écriture; ^J^ 

t «M MU <M 

'adou, ennemi ; ^' nabi, prophète, pour iai-^ J-^, c^', 
2° Le S qui marque le féminin se change en Cf^ 
comme dans C^j rahmèt, miséricorde; C^3 
zahmèty peine, pour *^J, ^^J ; ou bien il perd ses 
deux points et devient la voyelle •, comme ^!^ 
hamlè^ charge; Afiji^aq'è, événement, songe, rêve, 

pour ^^^ l^j. 

3® Le iS final précédé de la voyelle a, qui se pro- 
nonce d en arabe, garde cette prononciation 
dans certains mots tels que (Syi fèli^à, décision ju- 
ridique; ^^^xc Usâ^ Jésus; mais le plus souvent il se 
prononce /, et Ton dit : ^y^ ma'ni, sens, significa- 
tion (d'un mot, d'une phrase), et non maiiâ. 

4° Le hamzè qui suit Vélifde prolongation dans 
les mots »li-^ plaisir, ^6j fidélité, disparaît, et l'on 
écrit et prononce U-» çafà, ^) véfà. 



Du substantif. 

La langue persane ne distingue pas de genre 
dans les noms, de même que la langue anglaise. 
Quand on veut faire une distinction entre le mâle 



18 GRAMMAIRE PERSANE 

et la femelle des animaux, on fait suivre Je nom 
générique du mot J nh pour le mâle et de a^U mâdè 
pour la femelle. Exemple : j jJ^ chir-é nèr, lion 
(maie); «jU jJ^ clûv émadè^ lionne (femelle) ; J jD 
gàv-é nrr, taureau; «^L» ^o gàv-é macU\ vache, etc. 

La déclinaison est rudimentaire. Le datif et Tac- 
cusatif s'indiquent en ajoutant la syllabe \j rà au 
nom, quel qu'il soit. Exemple : \j^y/^ mard-rày à 
rhomme, Thomme (ace); Ij j3 zan /y/, à la femme; 
\jj^pousèj''rà (vulgairement : pésèr~râ)^ au fils; 
etc. Le vocatif se forme en ajoutant I au nom: \ù^ 
mardà, 6 homme ! \j^pousèrâ ! ô fils, et l y à si le 
nom se termine par 1 à: Ua>- khodayà\ 6 Dieu! 
||'-*S^ gadâyâl 6 mendiant! 

Le pluriel se forme : 

1° Pour les objets animés, en ajoutant le suffixe 
jl an : jl^v/* mardàii^ les hommes; j^j zanàn, 
les femmes; j^^ espân, les chevaux (de ^^--l èsp, 
cheval); j'^ kharàn, les ânes (de ^ khar^ âne). 

Le • voyelle qui termine certains noms se change 

en O g" devant la terminaison du pluriel : o^^ 
mourdèy le mort, fait jo .>v/* mourdègchi^ les morts; 
«»X^bètidèy esclave, serviteur, juX-^ bendègâa^ les 
serviteurs. 



GRAMMAIRK PKKSANE 19 

Les mots terminés par l a forment leur pluriel en 
jl y an : ainsi \^ gadâ, pauvre, mendiant, fait 
jU-»o gadàyàn, les pauvres. 

2° Pour les objets inanimés, en ajoutant le suf- 
fixe U hà : jj>- ^cA/z, chose, fait au pluriel U^»»- ichlz- 
lia, les choses; f'I ir/^A, jardin, ^\ bàgh-hày les 
jardins; jl-*— I àsmàn, le ciel, l^^U^l àsmàii-hà, les 
cieux. 

Le • voyelle final disparaît devant le suffixe : <lt j 
richlè, fil, donne l^lij richlè-hày des fils. Il y a ton- 
tefoîs exception pour certains mots, tels que : <^t 
wr/m^,lettre, livre ; <»U-rf/V?/«<?, vêtement ; 4IU- khànè, 
maison, dont le pluriel s'écrit U <^l* nàmè-hâ, U <4U 
d/âmè-hâ, U «iU- AA/^/zz^'-Ac/, afin d'éviter toute confu- 
sion avec l|^\! nanuhdy pluriel de ^t w/^//w,nom; ^i^lf- 
djàm-hàj pluriel de fU- d/àm, coupe à boire ; \^\ô- 
khdn-hày pluriel de O'^ khân^ khan, chef de tribu. 

S"* Les suffixes CÀ r)l, cJ^djdt servent aussi à for- 
mer le pluriel d'un petit nombre de mots dans la 
langue moderne; ainsi J^y*J^ ferma ich, ordre, 
pi. o^-liUjl fèrmâichàt, des ordres; <»Si j^j roûz- 
iiâmè, journal, pi. oU <a^ jjj rouz-nàmèdjàt. 



20 <;RAMM AlRIi; PERSANE 



Tableau de la déclinaison. 



SINGULIER 



Xoiiialif. 



j ,m mard^ l'homme. • ,. tchîz^ la chose. 

HatifetÂeeiiMUf. Ijj yi mard-vd, à l'homme, lj>>. tchiz-rd, à la chose, 

riiommc. la chose. 

Yocalif. \j « marddj 6 homme ! I • ,^ tchizd, à chose î 



l^LUKIEL 

XoiiD&tif. ^^Ij^ ma/'û?il/t, les hommes. ^>>- tchiz-hd^ les 

choses ! 
Hatifeticcosatif. \j\ùj» marddn-rd ,^ aux \J^y^ tchiZ'hd-rdf 

hommes, les hommes. aux choses, 

les choses. 

Vocatif. tb.« wmrr/</w(î, ô hommes! lilAy>. tchiz-hd^yd, 

à choses ! 



De l'adjectif. 

L'adjectif, n'ayant ni genre ni nombre, est tou- 
jours invariable. 

II peut être simple, dérivé ou composé; il peut 
aussi ôtre emprunté à la langue arabe. Voici quel- 
ques adjectifs simples d'origine persane les plus 
usités : 

viX^l bârik, mince. 

oJl; boulènd, haut, élevé. 



GRAMMAIRE PERSANE 21 

S^ tèng, étroit. 

j\jù dirâz, long. 
C^jù douroustj droit. 
C^j^ douroucht^ dur. 

r-y- sourkhy rouge. 

\û^ sèfid, blanc. 
. «L- siyâhy noir. 
J ter y humide. 
^iLii- khouchky sec. 

ill pâk, pur, propre. 
Cs>*- sakhty difficile. 

C)y fàrakh^ large. 
^J^»- khoitrd^ petit. 
^ii^y koûlchèk, — 
«^"^^^J bouzourg, grand. 

c'i^ kélân, — 
ii\:.lï qachèng, élégant. 
wA.\> hèngoft, épais. 

<Ix*-' sabouk^ léger. 

Ô^J guiràn, pesant. 

Les adjectifs dérivés sont formés des substantifs 



22 r.nAMMAlRl!; PERSANE 

par l'adjonction de certains suffixes, dont les plus 
usités sont les suivants : 

1** (S i; ainsi de *JU- hhàhy terre, poussière, 
on forme ^^U- hliàlny terrestre. Le • voyelle se 

change en O devant ce suffixe; de AiU- hhànè, 
maison, on forme l'adjectif ^^'U- Â/^^m^g^w/, domes- 
tique; ^^ ^y^ mourgh'é hliàiiègul, loiseau do- 
mestique par excellence, la poule. 

2° « 6' voyelle s'ajoute à des substantifs pré- 
cédés d'un nom de nombre, pour les transformer 
en adjectifs; de JL.V yèli-sàl^ un an, on forme 
aIU^^ yèh'Sàlèy âgé d'un an. 

3" ^'1 âne indique une ressemblance, une appar- 
tenance : de jjW djâdoù^ un sorcier, vient 'JljjU- 
djâdoâûiiè , sorcier; de ^j div, démon, génie, 
4llj)j dhâiiè y fou (possédé, du démon); de «X- 
bèiidè, serviteur, A)*b X-. bèndàgânè^ appartenant à 
votre serviteur. 

4° 0*^ in forme des adjectifs dérivés de noms de 
métaux et autres objets inanimés* Exemples : 

De jj zèr, oi*, oli forme : ^jj zèrin, d'or. 

— -.^ siniy drgeiil, — ^^j-- stmîn, d'argeût. 

— CXi nèmèkf sel, — ^jSi nèmèkin, salé. 



«.HAMMAinK PEIISANE 23 

De jvl cAiV, lail, on forme : ^ f.t, chirin ^ Houx cuninio 

du lait. 

— CS^ se fig, \)ïGrvvj — ijgC^ sènguin, de pierre, 

poids. pesanl. 

;V O inè sert aussi à former des adjectifs : de 1^ 
kêm, moins, on forme <i-^ kèminè, de peu de valeur, 
méprisable; de jj^ du\ longtemps, ^j*.^ dirlu(% 
qui dure depuis longtemps : ^'-^/^ (Ji."^-^ çadiq-d 
dirinc, (votre) ancien ami. 

D'autres suffixes concourent encore à former des 
adjectifs; nous en traiterons plus amplement à la 
syntaxe, en parlant de la composition des mots. 

Les adjectifs composés sont ceux qui sont formés, 
soit d'un nom et d'un suffixe séparablc, soit de 
deux substantifs accolés; c'est encore à la syntaxe 
que nous renverrons le lecteur. 

Les adjectifs empruntés à la langue arabe parle 
persan sont très nombreux; voici quelques-uns 
des plus fréquemment employés : 

a»A>. djèdidy nouveau. 

•ji^ djèmi\ tout. 
^a^U hâzii\ prêt. 

^j rèfr, élevé. 



54 GRAMMAint PERSANE 

^^j^ sarVy rapide. 
Jb JLi chèdid, violent. 
ibjJ^ chéri f y noble. 
^^ çahihy véritable. 
j>-\c 'àdjiz, impuissant. 
j^^ *aziz^ cher. 
v^»j^ ghartb, étrange, étranger. 
w*;,^ qarib, proche, près de. 
J-Aî qalil, peu nombreux. 

jT kolU, total. 

iJjLi moLibàrèk^ béni. 
J^i^I^ mutédàvily usuel. 
^^^^ inah'hçoùçy spécial. 

jlltui mouchtàq, désireux. 

y^jjijk mouchèrt'èf^ honoré. 
^yiJ^A machghoûlj occupé. 
.l^-l-» //io^/cAA//, diiïicile. 
j}^A ma zoû/'f excusable. 
^jjM ma rouf y connu. 

«M 

^jM mo'ayyaUy fixé, déterminé. 
l^yt mèmnoun^ reconnaissant. 



GRAMMAIRE PERSANE 25 

JèClA înountazir, qui attend. 
;!• mounhaçiry restreint. 
^3*'^^ môvAfiq, conforme, 
i-^^li vâdjib^ nécessaire, indispensable* 
Cff, y^Ç^^i certain. 

Le féminin de ces adjectifs arabes se forme en 
ajoutant, comme terminaison, le • voyelle* 



Des degrés de comparaison. 

En persan, on forme le comparatif en ajoutant J 
ter à Tadjectif, et le superlatif en ajoutant CjfJ lè-^ 
vin. Ainsi de w>^ khoùb, beau, on forme le com- 
paratif J\i^>- khoiibtèr, plus beau, et le superlatif 
CJ,J^\y^ khoûbtèrliiy le plus beau; de ij*^ khochy 
agréable, j^^ khochtèr et ù^j^y^ khochtèrtn\ 

de \ bèh^ bon, j^^ bèhth\ meilleur et Cjjt^r, bèh- 
tèrin^ le meilleur ; de ^^ bad^ mauvais, j\ badtèr^ 

pire (qu'on écrit souvent >» battèr) et ù^j\ badlè- 
tin, le pire. 

Le superlatif absolu s'exprime par Tune des par- 
ticules j\^^ bèsyàr y ^f^ khaïU ^ «jLi ziyàdè , 



26 (^hAMUiAlHË 1»KRSA1SË 

C^ic-» sakht, qui signifient également très, 

beaucoup : ^^ V^.-^. &^«y^i'' ^•'*^''*» ^^^^ ^®^" ' 
C._:,y>. J.;^ UhaïU h/ioch-cst, il est très agréable; 

elc. 



Des noms de nombre. 

Les noms de nombre cardinaux sont les suivants : 

dl yèk, un. 
jù doUj deux. 
<^ se, trois. 
j{^ tchèhàr, quatre. 
^U pèndjy cinq. 
Jli chèch^ six. 
wÂ* /u'/2^, sept. 
w-î> Aèc/i/, huit. 
A»' nouh, neuf. 
dj c/cVi, dix. 
a^3!» yàzdèh, onze, 
•jjljj douàzdèh, douze* 
o3j-^ sizdèhf treize. 
bj;iU- iv/tdrdèhf quatorze; 



OllAMNAiRE Pf:RgA>£ 21 

^^j\, pànzdèhy quinze. 

» 
f.ji'U chânzdèhy seize. 

D-vi^ kafdèh, dix-sept. 
e-Xa*«k^ p^jA hèdjdèhy hèjdèh, dix-huit. 
^->iy iu)nzdrhy dix-neuf. 
*i*-M.A» ^/.v/, vingt. 
«w\j »^-^*»^ 6/;?^ o y^A, vingt-un, etc. 

^^-* 5/, trente. 
Jf , sy^ tchéhily ichély quarante. 

•^H /^^''^^^^> cinquante, 

il^^^ chaci. soixante, 

jki* hèftàdj soixante-dix. 

^lllA hèchtâdy quatre-vingls. 

^y novad^ quatre-vingt-dix. 

^^ çadf cent, 

%:U-J J.3 douvist^ deux cenls. 

-K-^a*^ sicad, trois cents. 

-*^ jVt ^^^^^''^''''' r^rf, quatre cents, etc. 
jt^ héz(h\ mille. 

Les mots (ill /«/»: et JJ^ Aoro/Jr désignent, le 
premier, un ensemble ou une somme de cent mille 



28 GRAMMÂIRK PËHSANl': 

objets, et le second une somme de cinq cent mille. 

Les fractions, au-dessous de la moitié qui se dit 
^. ntm ou ^Jl^ n,içfn se forment des noms de 
nombre ordinaux suivis du mot <i\. yt^A% un; c'est 
ainsi que Ton dit : ^^ <^ sr yèk, le tiers; <iJl j\^>' 
tchéhâv yèk^ le quart; vii «^ dèh yèlc, le dixième, 
etc. On emploie aussi très fréquemment les frac- 
tions arabes : wJÎ soûls, le tiers; faj roub\ le 
quart; jJ^ 'ouchr, le dixième. 

Les noms de nombre distributifs s*indiquent par 
la répétition du nom de nombre ordinal ; ainsi j^ jj 
dou dou signifie deux à deux, deux par deux <^ o 
se sè^ trois à trois, etc.; mais on dit : jK-;^ jl^^ yèhàn 
yèkân (au pluriel), un à un, quand le nombre à 
compter est considérable. 

Jb1 ènd sertà marquer un nombre indéterminé ; 
on dit -X»*lj ^ si o ènd^ trente et quelques, trente et 
une fraction quelconque. 



Des Pronoms. 

Le pronom personnel a deux formes, Tune isolée, 
et l'autre affixe. Cette dernière sert pour le pronom 
possessif ou pour le complément d'un verbe. 



(GRAMMAIRE PERSANK 29 

Pronom personnel isolé. 

Singulier. 1" personne. 2« personne. Z* personne. 

Xoiiutif. • « marif moi. J tou, toi. ^^ ièî, jl ou, lui. 

Dat. eticc. \^ m<ird, àinoi, iy ^o///v?,à loi, \j^ v'éïrd, |jJ owrd, 

me, le. à lui, le. 

Pluriel 

XoiiuUr. U md, nous, [^ choumdy /iULjI ichdn y cuk, 

vous. 

lat. etiec. |jU nidrdy à IJ..*^ choumdid, \j\^\ îchdnra, à 

nous.- à vous. eux. 



Pronom personnel afâxe. 

Singulier. l" personne. 2« personnr. 3« personne. 

> _1 ^! è/M, de moi, C»— ., Ol <?/, de toi, * ^1\ èch, de lui, 

mon, me. ton, te. son, se. 

tluriel. 

\[s mdn, de nous, j.\,' tdn, de vous, /.ti, cAd/J, d'eux, 

notre, nous. voire, vous. leur, les. 

Le pronom réfléchi est ^y>- khod^ soi. 11 se com- 
bine avec les pronoms personnels alfixes de la fa- 
çon suivante : f«>^ khodèm, moi-même ; O^^i- 
hhodèt^ loi-môme ; jr-^j^* khodèch, lui-même, et 
au pluriel jLt.>^>. khodèmâny jlo^^ khodètau, 
O^^j^ khodèchâa^ nous-mêmes, vous mômes, 
eux-mômes. 

Un autre pronom réfléchi est ^J^y^ khich^ soi- 



u (;rammaire perbank 

môme; on dit aussi JO y>- khich-tèii (littéralement; 
son propre corps) dans le même sens. 

Le pronom démonstratif pour indiquer les objets 
rapprochés est Cj\ in, celui-ci, ceci, au pluriel 
jUI //Kffi pour les personnes et 1/>J inhà pour 
les choses; et pour indiquer les ol)jets loéignés 
j) on^ celui-là, cehi, pluriel jU) ânàn et l|^i ôn/tn. 

Le pronom jl o/i sert encore à indiquer la pro- 
priété d'une chose, et quand il est suivi des pronoms 
personnels isolés, il remplace Tadjectif possessif : 
fj^ jl on-é wau, le mien; y j) ôn-é ton, le lien, 
etc., y jl j\ èz ôn-é toUy il est de toi, il t'appartient 
(de foire telle chose). 

Le pronom relatif et interrogatif est o ki, ké 
pour les personnes, et <>• /cAf,/cAe pour les choses; 
au datif et à l'accusatif, \j^ \j kèra^ et ij<^. I .>- 
ichévâ. Cependant Temploi de hé. ^ comme relatif 
est plus général que <>- /r/ir et il sert même pour 
les choses, tandis que celui-ci ne s'emploie 
qu'après (j) . On dit : c^-^^^^ \j^ké'/y} didi\ qui as-tii 
vu ? (^j) (y y^ ^o- Ichr tchiz mi àvi, quelle chose 
apportes-tu? '^\y>' (S <>- (ché mi khahid , que 
voulez-vous? f-*-o <^ j) on f ché didèm, ce que] tii 

vu ; X5j </" ^s\^ y ^V' ^^fif^f^f /»'«' ^ou didi, hèmè 
rèftend, ceux-là que tu as vus, sont tous partis. 



GRAMMAIRE PKRftABip: 31 



Du Verbe. 

Les modes du verbe persan sont l'indicatif, iim- 
pératif^ le subjonctif, Tinfinitif et le participe. 

Les temps personnels sont au nombre de deux, 
le prétérit et l'aoriste. Tous les autres temps se 
forment par l'adjonction de particules invariables 
ou d'un verbe auxiliaire. 

Il y a deux voix, la voix active et la voix passive. 

L'impératif est la racine du verbe. Le verbe est 
dit régulier quand cette racine se retrouve intégra- 
lanient dans l'infinitif, et irréguUer quand elle a 
subi certaines transformations. 

Les verbes auxiliaires sont le verbe substanlif 
affîxe, certains temps des verbes jùy^ boûdèn , 
être, J-O choudèiiy devenir, et S^\y' khâstèn, 
vouloir. Nous allons d'abord en donner le para- 
digme avant de passer à la conjugaison du verbe 
régulier. 

Verbe substantif afi}^^. 

Pluriel. SiQgulier. 

l"^* p. f\ èwî, jo suis. rHm, nous sommes. 

2« p. fjS î^ U\ os, j^l îV, vous êtes. 

3*" p. C^J est, il est. jjj ènd, ils sont. 



32 



GRAMMAIRE PERSANE 



Verbe auxiliaire ^y boûdèn^ ôirc. 



Prétérit. 
Siogniier. 

i'*^ P- f^y f^oitdè m /je fus. 

2e p. ^fjy boûdi, tu fus. j,^y hoûdid^ vous fûtes. 

3® p. jji boûd, il fut. Sùy hoùdèndf ils furent. 



Pluriel. 
r^y boudîm yïïous fûmes. 



l"p. 
2e p. 
3e p. 



Subjonctif. 



Singulier. 



Pluriel. 



*lj 6dc^èm, que je sois. ^\f hdchim , que nous 

soyons. 

*|j hdchî, que tu sois. J^\i hdchid , que vous 

soyez. 

j*,(j hdchèd, qu'il soit. X^\f i!»(fcAè/irf, qu'il s soient. 



Verbe auxiliaire jjlz, choudèn, devenir. 



Infinitif. 



ijJli» choudèn, devenir. 



Prétérit. 



Singulier. 

1" p. fJ^l, choudèm /}c SUIS (\c- 

venu. 

2o p. ijJ^ choudi fiu os devenu, 
3e p. j^t t'^oz/(/, il est devenu. 



Pluriel. 

^jLl choudinif nous som- 
mes devenus. 

JLJL-1 choudid, vous «ôles 
devenus, 

jJjLi^ choudènà, ils sont 
devenus. 



GRAMMAIRE PERSANE 33 

Aoriste, 
Singulier. Pluriel. 

1" p. j»j^ chh'èin, je devien- r^l cA^v'fm, nous devien- 
drai, ' drons, 

2* p. fSy* c/jèc/, tu deviendras, a,.:^ chènd, vous devieo' 

drez. 

3* p. Jj^ c^èrérf, il deviendra. j;*^ chèvènd, ils devien- 
dront. 

Impératif. 
Singulier. Pluriel, comm3 l'aoriste, 

-* P- ^i» choouy deviens. 

^' p J^ chèvèd, qu'il devienne. 

Participe passé. 
•Jll choiidè, devenu. 

Verbe auxiliaire (J^J^^ khdstèn, vouloir. 

Aoriste, ' 

Singulier. 

1" p. **'jj^ khâhèm, je veux. f^^ ^>- ^^àhîm, nous vou- 

lons. 
2«p. ^I^i. X'^(î/ii, tu veux. Xa\^ khiUiîd, vous vou- 

lez. 
3*^ p. jaI^j:. kkdhèd, il veut. jOaI^ khàhènd, ils veu- 

lent. 

Les particules qui concourent à la conjugaison 
du verbe sont : 



,'U GRAMMAIRK PERSANK 

l** Le préfixe inséparable *-> qui se prononce 
A^ devant une svllabe contenant les voyelles a et/, 
el ho devant une syllabe possédant la voyelle ou ; 

2* Le préfixe séparable \j mi, en poésie ^s^ 
hèwt. 

Nous avons vu plus haut que l'impératif est la 
racine du verbe. Si à cette racine on ajoute jj 
(lèuy Ci ^("fiy J-H ffff'^h on a l'infinitif, qui forme 
aussi certains temps du verbe, de sorte que ceux-ci 
se divisent en deux classes, les temps formés de 
rim])ératifet les temps formés de Tinfinitif. Comme, 
dans les dictionnaires persans, ces verbes sont 
rangés suivant l'ordre alphabétique de l'infinitif, 
nous donnerons le pas à celui-ci et nos tableaux 
contiendront d'abord les temps formés de l'infini- 
tif, et ensuite ceux qui sont dérivés de l'impératif. 

Les infinitifs étant terminés en j^ dên^ Ci ^^''^ 
ou j-V»^ idèfiy il s'ensuit de ce qui précède que, 
dans les verbes réguliers, on n'a qu'à retrancher 
cette terminaison pour avoir l'impératif. Ainsi 
^xyi\ a fkèndên, jeter, fait à l'impératif ^\ afhèn\ 
Cy^ liouchtèn, tuer, éteindre (un flambeau), 
imp. jS^ kouch; Ô-^J rasidèn, arriver, parve- 
nir, imp. ^j ras. 



r.RAMMAlRE PËRSAfîË Sb 

De l'inflnitif on forme : 

1* \J in finilif apocope en retranchant le j final.* 

J^ koucht^ tuer, -X»U mànd, rester. 

2® Leparlicipc fittur en ajoutant un (^ / : de O^Jy>' 
khoùvdèn^ manger, on a ^J^jy^ khoùnUni^ ce (|ui 
doit être mangé. 

• 3* Le préléril en remplaçant le j final par les 
personnes du verbe substantif affixe : ^"-ij kouch- 
ièriiy j'ai tué. Si au prétérit on ajoute le préfixe ^y 
m/, on aTimparfait : ^^ iS Jni kouc/itci}i,]eii\ixh. 

4** Le participe passé en changeant le j final 
cMi d voyelle: C^ koaclilc, ayant tué, et tué; 
*3^^>- khouvdèy ayant mangé, et mangé. Ce par- 
ticipe passé est en effet actif et passif à la fois: 
aussi avons-nous traduit par l'actif et le passif. 

De l'impératif on forme : 

1° h'aoriste en ajoutant les désinences du verbe 
substantif affîxe. Exemples : ^j ras, parviens» 
arrive; ^j rasèm^ que j'arrive, j'arriverai. Si 
l'on prépose à ce temps la particule (y mi on a le 
présent de l'indicatif: ^j t/ mi rasèm, j'arrive. 

Tel quel, l'aoriste sert pour le subjonctif; dans 
la poésie et même dans la prose de la littérature 
classique, il sert également pour le futur. 



36 GRAMMAIRE PERSANE;. 

2° he participe présent en ajoutant les désinences 
•J^* èiidè, \ à, O^ an : •-xl-^j rasèndè, ^j rasa, 
Ô^J rasàn, arrivant, qui arrive. 

3° V adjectif if erbalj qui a absolument la même 
forme que l'impératif : ^j ras, qui arrive. Il ne 
s'emploie qu'en composition. 

Les temps qui précèdent sont les temps simples, 
formés de la racine du verbe et de certaines dési- 
nences inséparables. Les temps composés se 
forment par Temploi des auxiliaires. 

L'auxiliaire J^^^ boiidèn, être, joint au parti- 
cipe passé, forme le plus-qne-parfait : ç^y ^^jy^ 
khourdèboiidèni,]2L\Siii^inRngé{propreïneïii:j étais 
ayant mangé), et le passé du subjonctif, qui sert 
aussi pour le conditionnel : x»-L *^jy>" khourdè 
bâchèm, que j'aie mangé, j'aurais mangé. 

L'auxiliaire JL»!^^ hhâstèn, vouloir, précédant 
l'infinitif apocope, forme le futur : C^JÙ j^lj>- 
A/irtAè/w/cowcA/jje tuerai (proprement :je veux tuer); 
^j^>- t'^\y>' khâhèm khoûrd, je mangerai. 

L'auxiliaire j-^-î» choudèn , joint au participe 

passé, forme la voix passive tout entière : xî» <1J^ 

kouchtè choud^ il fut tué; ^y^ CJ^ kouchtè chèvèd^ 

qu'il soit tué; -^ ^^y^ <JÙ kouchtè khâhèm 
choud^ je serai tué, etc. 



GRAMMAIRE PERSANE 31 

Gela posé, la conjugaison du verbe régulier se 
fera suivant le paradigme ci-dessous : 



VOIX ACTIVE. : ' : 

Infinitif : \x^j rasidçn^ arriver. 

Temps formés de llnfiiiitif. 

Lnfinitif apocope : JU^wj rasid^ arriver. 
Paetigipe passe : ùX^^j ^asidè^ arrivé. 
Paetigipe futue : \jX>^j rasidènt, ce qui doit arriver. 

pEÉTÉRtt. 

Singulier. Piurieh 

1**® p. fX^j rasidèm^ j'arrivai. /"-^^J rasîdini^ nous arri- 

vâmes, 

2*^ p. (/Jl^«i#j rasidif tu arrivas. JliJL^j rasididy vous arri- 

vâtes. 

3® p. JU-»j rastd,\\ arriva. jJjUurj rasidènd, ils arri- 

vèrent. 

On dit aussi f-^;^/ bè^iasidèm, ^^x^j^ bè-rasidi^ 
etc. 

Il y a un prétérit de récit qui consiste à ajouter 
ci j à la 1" et à la 3® personnes du singulier, ainsi 
qu*à la 3" du pluriel : <y-Awj rasidèmty (S-^J ra- 
sidi, (S^'^J rasldèndt. Il se rend le plus souvent 
par rimparfait : j'arrivais, il arrivait, ils arrivaient. 

3 



38 



GRAMMAIRE PERSANE 



Imparfait. 



Singulier. 



1" p. aJUm»j ^ rasîdèm, j'arri- 
vais. 

2* p. ^JU»j f^ nit rastdi, tu ar- 
rivais. 

3® p. Ju^j jy mt rasidf il arri- 
vait. 



Pluriel. 

jtJu^j /y "^^ rasîdttn^ 

nous arrivions. 

a, ju^j ^ m£ rasididy vous 
arriviez. 

JitX^j fj mt rasidènd, ils 
arrivaient. 



Passé indéfini. 



Plu s -QUE- PARFAIT. 



Singulier. 



Pluriel. 



1^® p. >J j» *^^J ^^stdè boudé m j 

j^étais arrivé. 

2« p. c^.) «1 «JUmj rasidè hoûdi , 

tu étais arrivé. 

3e p. jj) ^ ir uift rasidè boûd , 

il était arrivé. 



jf j éi «JUwj rasidè boû - 
dinif nous 
étions arrivés. 
JL j M «jL^j rasîdèboudid, 
vous étiez ar- 
rivés, 
jjj j» «JUmj rasidè bou - 
dènd , ils 
-étaient arrivés. 



* 


Singulier.^ 


Pluriel. 


l'e p. 


^t «JLméij rasidè'ènijje suis 
arrivé. 


xl «JLm»! rasidè'im. nous 
r. • -^ . , 
sommes arrives . 


2«p. 


«JUwj rasidè-ï, tu es 
arrivé. 


Jlil ùX^j rasidè-îdf vous 
êtes arrivés. 


3e p. 


ûte»l «JUwj rasidè'èsty il est 
arrivé. 


ait «JUtfj rastdè-èndy ils 
sont arrivés. 



GRAMMAIRE PERSANE 



39 



Subjonctif et Conditionnel passé. 



Singalier. 

l'^p. ^lf«JL««»j rasidèhâchèm,iQ 

serais arrivé, que 
je sois arrivé. 

2« p. * Ij éX^j rastdè hâcki, tu 

serais arrivé, etc. 

3^ p. jlàI} «JU»j rasîdè bâchèd, 

il serait arrivé. 



Pluriel. 

^\f •Jumj raatdè hâchîm^ 
nous serions 
arrivés, etc. 

JUàI; •JLmwj rastdè hâchtd^ 
vous seriez ar- 
rivés, etc. 
JL%M»I{ «JUm;j rastdè hâchènd, 
ils seraient ar- 
rivés, etc. 



Futur. 



Singulier. 



Pluriel. 



ju««»j ^Ijffk khâhim va* 
std, nous ar- 



l'* p. ju^j j^\j^ khâhèmrasidy 

j'arriverai. 

riverons. 
S*' p. JU«irj ^y^lj»* l.hâhiraatdyixx X^j Xa\^ khâhtdrastd^ 

arriveras. vous arrive- 

rez. 
jL«ft,j Jll^l §»• khâhènd ra* 



3^ p. JUmi j Jib\é^ khâhèd rasid 

il arrivera* 



stdf ils arri- 
veront. 



Temps formés de rimpératif. 



Impératif simple. 



Singulier. 



2fl p. ^j ras, ^j bèras, arrive. 



Impératif prohibitif. 



^j>*^/^ maraSf n'arrive pas. 



40 



GRAMMAIRE PËRSAÎ^Ë 



Impératif de continuité. 
\fj kS "*' ''^*> continue d'arriver. 

Pour les autres personnes de Timpératif, on se 
sert des personnes correspondantes de Taoriste : 
'^^jrasèd^ qu'il arrive ; ^--j ra^Z/w^ arrivons, etc. 



Aoriste. 



Singulier. 



l'o p. ^j rasèm^ que j'arrive. 
2° p. .^j rasîf que tu arrives, 
3^ p. JL^j rasèd, qu'il arrive. 



Pluriel. 

-.^j rasiin, que nous arri- 

r- 

•vions. 

jLa^j rasîd, que vous arri- 
viez, 

jLl^j rasènd y qu'ils arri- 
vent. 



On dit aussi x^j^ bè-rasèm^ {S^^. bè-rasi, etc. 

Forme optative en ù\ âd à la 3** personne du 
singulier : ^Uj rèsâd^ puisse-t-il arriver ! 



Présent. 
Singulier. Pluriel, 

l'c p. j ^ mi raaèniy j'arrive. j ^ mi rasim^ nous av- 



rivons. 



2« p. ç^j ^ mi rasi, tu arrives. jl.^j ^ mi rasid, vous ar- 



rivez. 



3® p. J^j fj mi rasèd, il arrive. jCUj ^j mi rasènd, ils ar- 
rivent. 



GRAMMAIRE PERSANE 41 



Participh présbnt. 
•X^j rasèndè, L»j rasé, ^jLtj rasâfiy arrivant. 

Adjectif verbal. 
\^j r<?5, qui arrive. 



VOIX PASSIVE. 

La voix passive tout entière est formée, comme 
nous Tavons dit plus haut, par le participe passé 
suivi du verbe auxiliaire j-C choudèn, devenir. 
Ayant donné ci-dessus les principaux temps de ce 
verbe, nous nous contenterons d'indiquer ici la 
1"* personne de chaque temps. 

Jnei^iTif! — jJ^ àUsS' kouchtè ckoudèn, ôlrc lue. 

iKFnfiTfF APOCOPE. — JL^ àl^ kouchtè choudy être lue. 

Participe passé. — «ji^ ^:z^ kouchtè choudèf qui a été lue. 

Prétérit. — ^jt 41^ kouchtè choudèm, je fus tué. 

Imparfait. — aJLî, ^^ àlzS^ kouchtè mi choudèm, j'étais tué. 

Passé indéfini. — >j «Jli, Ji:^^ kouchtè choudè-èm, j'ai été tué. 

Ptus-QUE-PARFAiT. — >J^ •JLi» ^^ kouchtè choudè houdèm, 
j'avais été tué. 

Subjonctif et Conditionnel passé. — *\i «jLi, dZif kouchtè 
choudè hâchèm, j'aurais été tué. 



42 GRAMMAIRE PERSANE 

Futur. — JU/ ^l#^ ^ûiX ^^ouchtè khàhèm ckoud^ je serai tué. 

Impératif simple. — ^ éùmf kouchtè choou^ sois tué. 

— PROHIBITIF, -^ 9^« 4X^|j^Aou€^tè ma-chocu^ oe sois 
- pas taé. 

— DE CONTINUITÉ. — «^ t/ 4Sim^ éoMc k i è bUcAoou, Con- 

tinue d'être tué. 

Aoriste. — ^j^ ^ImS' koucktè chès'èmj que je sois tué. 
Présent, — maZi ^j ^^H^ kouchtè mt chès'èm, je suis tué. 

Le participe présent passif est inusité. 



Des verbes irréguliers. 

Nousavons vu plus haut qu'on nomme inertes irré- 
guliers ceux dont l'impératif ou racine ne se re- 
trouve pas intégralement dans Tinfinitif. On peut 
ranger ces irrégularités suivant certaines classes : 

1*^ Les verbes terminés à Tinfinitif en jL.^ istèn 
suppriment simplement cette finale à Timpératif : 
Jî-Jl^ dânistèrif savoir, imp. j\^ dan y sache; 
JLily tavânistèa, pouvoir, imp. j\y tamii\ cÂ-JU 
mânistèny ressembler, imp. jU mân\ Cf^^j zistèn, 
vivre, imp. (Sj zt, etc. 



GRAMMAIRE PERSANE . ^ 

2o S*^ oustèn fait (S y- ouï à rimpératif : 

jî*.»»* djoustèn, chercher, imp. (Sj^ dj'oût, 

^Juvj roustèn , pousser , 

croître. — fj^j roui. 

Jl«<J» choustèn, laver, — (S^ choûï. 

3° <>-') âsten fait (^1 aï : 

^Jl•*lJÎ ârâstèn, orner, imp. ^^Ijl ar<îl'. 
JL*tju pîrâstèn, id. — ^^Ijo ^fr^îï, 

4o J3^- oûdèn fait (^l <^if : 

/.j4*j| âzmoudèn, essayer, éprouver, imp. ^^Ujl âzmâï, 

/ij *«•! âsoâdèriy se reposer, — ^^L»! <!25<^ï. 

/.jâ*il èfzoudèn, augmenter, — </' !f»ï èfzâï, 

/•jJI âloudèriy souiller, ^ — ^^| âlâU 

/j>fl ^^ pèïmoudèn, mesurer, — ^Um.» pèïmâï, 

Qùyj rouboûdèn, voler, ravir, — fj\tj roubâî, 

/tj â«« soâdèrif frotter, — j/U» sâï, 

/.j** i fèrmoûdèn, ordonner, — c^l» j* fermai, 

/. > a ^ ; noumoûdèrif montrer, — ^/\x noumâï. 

Excepté : j-^^. bouderie être, qui fait à Fimpé- 



44 GRAMMAIRE PERSANE 

ratîf ^J'\t hâchy sois, et à Taoriste f^^ bèifèm, que je 



SOIS. 

.0 «•• 



5 <>» fièii donne ^ b à rimpéralif, avec allon- 
gement de la voyelle précédente, s'il y a lieu : 

(JJkL\ âchouftèn, troubler, împ. ij^^l âchotih, 

J^\J tâftèn, tordre, — Uk '«^. 

JL*j rouftèn, balayer, — ^3J '*^'''^' 

Jji*Ji^ chitâftèn, se hûler, — cjUS» chitâb, 

(fhjè fériflèrif tromper, — v-^j* férth, 

JiÀ^'i^ kouff en j frapper y bat- 
Ire, — cjjJ' koûh. 

ijviV y^ft^^i trouver, — »j\, jai». 

Excepté (>îl bâflèn, tisser, qui est régulier 
(prés. pîL (^ mi bâfèm) et les anomaux : jîvij rèflèn, 

aller, partir, imp. jj voou^ va-t'en, prés, f jj ^y 
mirèvèmy je m'en vais; S*J^\pazirouftèN, accep- 
ter, recevoir, imp. j^\pazir; C^iS gof/èn, dire, 

imp. y goû, (Sygonï, prés. <yiS ini goûyèni\ 

iyi^ guiriflèn, prendre, imp. J^ guir\ 

6° S^ âchtèn donne jl 



ar : 



Cf'tS^J^ oouhdchlèn, engloutir, împ. jaji oouhâr, 
C!<t\x^ pindâchtèrij s'imnginerf — jlji:^ pindâr. 



GRAMMAIRE PERSANE 45 

(JiZ}ù dâchtèHy avoir, imp. J^ dâr. 

^fiiJj^ gozâchtèny laisser. — J^jS^ gozâr. 

(Jit^ gomâchtèrif préposer, — J^ gomâr. 

On peut ranger dans la même classe cA^-^ 
gozèchtèiij passer, imp. jm gozèr. 

7° CJ^ khtènïdil j z: 

j^l il èfrâkhièn, élever, imp. j| i| èfrâz. 

C/-*')J^^ ^f^'oûkhtèn^ enflammer, — J^j^^ èfronz. 
(f^ésl âmoûkhièn, enseigner, 



apprendre, — 


^y\ âmoûz. 


j;ife*| «iwiXA/è/i, mélanger, — 

m 


V,T âmiz. 


JUIjûl ènàâkhtèn/}QiQTy — 


jlj^l èndâz. 


(jU^tjil èndoukhtèrif amasser, — 


jjjjl èndouz. 


(fk^\ ènguikhtèn^ exciter, sou- 

• 




lever, — 


yX^\ ènguîz. 


jUiûl âvtkhièn, suspendre, — 


y^ âvîz. 


Ji^\f hâhhtèriy jouer, — 


jlj bâz. 


Jliri hikhtèn, saupoudrer, — 


•,w hîz. 


(f-^^J pèrdâkhtèn, achever, — 


jlj y perdâz 


(f^j perhtkhtèn, s' abstenir, — 


j^J, P^''^''^- 


(f^j rîkktèn, verser, — 


yj riz. 


^JiJJ^'sâkhtènf faire, — 


jU sâz. 


(JS-. ym soûkhièn^ hrûler, — 


J**i» soûz. 




3. 



4C GRAMMAIRE PERSANE 

J^tJjf goudâkhtèn^ fondre, imp. jljj^ goudâz, 

^J" gourtkktèn, fuir, — yj'gourîz. 

J^\y nouvâkhtèrif flatter, — jljî nouvâz. 

Excepté Jv^/?oMM/è/2, faire cuire, imp. j pèz, 
prés, ^j^ <y ml pèzem; <>^lit chinâkhtèn^ con- 
naitre, imp. ^Lt chinas \ Cf^^J foroûkhièn, 
vendre, imp. J'^J^ foroûch. 

8** j^ji ourdèn fait j) âr : 

jjjj**w soupourdèn, livrer, remettre, imp. jL*,» soupâr, 
Qùj^Z, choumourdèn, compter, — j\^ ckoumâr. 

Excepté : j3^ bourdèn^ porter^ imp. j bèr; 
j^^ mourdèiiy mourir, imp. j<% mlr. 

9° j-Vi^ îden^ au lieu d'être régulier, donne ô 
in à rimpératif dans les verbes suivants : 

^jJli^î âfértdèn^ créer, imp. J; .sï âférîn, 

^JU^ /cAiiè/i, cueillir, — ^^ tchîn, 

.'. 
(jXlf gouzidèn^ choisir, — - ^^ gouzîn. 

Excepté jAJ^ chénidèn^ entendre, écouter, imp. 
yj^ chénoou, prés, ^y^ ^j mt chénamm. Le 
verbe jOi j dldèn, voir, donne ù^î *^/^ à Timpératif. 



GRAMMAIRE PERSANE 



47 



10° Il y a encore quelques verbes anomaux qui 
ne se laissent pas ramener aux irrégularités clas^ 
sées ci-dessus. Ce sont : 



J^Usl oftâdèn, tomber, 

jjul âmèdèn, venir, 

.'oll«Éjt tstâdèn , se tenir 
debout, 

Ji^ bèstèn^ lier, 
Cf^y* />èiVè5/è/i, joindre, 

^},4tt>m djèstèn, sauter, 

Jl^U- khâstèn, se lever, 

Jl^tj^ kkâstèn, vouloir, 
demander, 

aJj dâdèriy donner, 

(}^j rèstèn, être déli- 
vré, 

Ji*,j richtèn, filer, 

Ajj zèdèriy frapper, 

/oUéi» sitâdèn, prendre, 
(jjkmt souftèrij percer, 
/iJLi ckoudèn, devenir, 

Jt»j3» chikestètiy briser, 

/«j'l«» jS firistâdèn, en- 
voyer, 

\^^ kèrdètif faire, 



imp. 


vlJl Oft. 


— 


J\ âï. 


— 


m 


— 


jLv, bènd. 


— 


jj 4w pèïvènd 


— 


4». ^yèA. 




^ itAiz. 


... 


.1^;. khâh. 


— 


•j JèA. 


— 


•j rèh. 


— 


tmij ris» 


— 


ÔJ ^èn. 


— 


jli^ sitân^ 


— 


\_fX^ somb, 

• 


— 


aA» choou. 


— 


• Si, chikèn. 


_ 


C^Jà firist. 


— 


*S' kon. 



• • •• 

Jl*.^^05ïs/è/î, rompre, — y^S gosil. 



48 GRAMMAIRE PERSANE 

Ji^^S nichèstèn, s'as- 
seoir, imp. ^^ nichin. 

Cf^y nou\'ichtèn y écrire, — w^y nouyîs. 

^!ff^ nihâdèn, placer, 

poser, — 4» nih. 

^^1^ hichtèn, laisser, — Jjk hil. 



Du causatif. 

Le persan possède des causatifs dérivés du 
verbe simple, qui indiquent l'action de faire faire 
telle chose. On les forme en ajoutant jaJI âatdèii 
ou jX\ âiidèn à la racine ; ainsi, de : 

jjjl-'j tâbîdèn, briller, ou forme jjulfl' iâhânîdèn, faire 

briller, 
/iJul a** kkâlndèn, dormir, — AJlJyx^- khâbânidèn, faire 

dormir. 
jJL«4«j rasîdèn, parvenir, — JJuUj rasânîdèn ^ ou 

/;jJLvj r«5fln(/è/i, faire par- 
venir. 
••• 
^Jé^S^ gardîdèrif iourncVy — ^j^\^ S^ gardântd en, faire 

tourner , faire 
devenir. 



GRAMMAIRE PERSANE 49 



Des particules. 

De TAdverbe. 

ADVERBES DE TEMPS. 

J-ul bâmdâd, le matin. 

f Li châm, le soir. 

J3J roûzy le jour. 

k^^ chèbf la nuit. 
J}jjf niinroûzj à midi. 
s^J^^ * nlmchèb. à minuit. 
Jiv/^1 émfx>uz, aujourd'hui. 
WM«I émchèb^ cette nuit. 

\ùj^ fèrdây demain. 
Ij^^^ pèS'fèrdâ, après-demain. 
J3Jj^ diroûz, hier matin, 
c.^ j dichèb, hier soir. 
j}j^j pértroûzj avant-hier. 
JL^t émsâl, cette année. 
JLjl pâr-sâl^ Tan passé. 



50 GRAMMAIRE PERSANE 

jL bâzj de nouveau. 
^yS\ èknoûriy maintenant, 

VU- hâlâj jVI èl'*ânj id. 
j^s/^ hèr-guèzy jamais. 
<^^ piivestèf continuellement. 
jj^ dir, longtemps/ tard. 
^j3 zoûd, vite, de bonne heure. 
J^ djald^ vite, promptement. 
0^^ luUgahân^ tout à coup. 
^X\j^ hémândèm^ immédiatement. 
dtxJl ôngâh^ dXovs. 
^^4A>lj mngahi, id. 
Ox^ hémichéy ùj\j^ hemvârè, toujours^. 
•0 . . . Sgâh ... ê^a/?, tantôt... tantôt. 
ûl^>...*l^> khâk,.. M^A, id,, soit,... soit. 



ADVERBES DE LIEU. 

^jJ pèSy derrière, après, 
^j^ ptchy devant, avant. 
Kil^jr' nèzdik, près, auprès. 
j}j^ bèrâbèr, ensemble. 



GRAMMAIHE PERSANE 51 

wj- tchèpy à gauche. 
C^j râsij à droite, 
jj ztPy en dessous. 
jj zébèry en dessus. 
J^J3 jjj zir o zébèry sens dessus dessous. 
03 J^ dèroûn, en dedans. 
JJjj: btroûny en dehors, 
jjj doûr^ loin. 

1^ /e/«, en haut \ 

• ,., ^ , > (en composition). 

J^ ferouj eu bas ) ^ '^ ^ 

vlt-l i/zèA, voici. 
Is**-^! Indjâ, ici. 
l^jôl ôndjây là. 
Uo kodjâ? où? 

Uj^ hèr-djây partout. - . ^ 

l^ iènhây tout seul. 
^/ J-> /'<^w bèroû^ face à face, yia-à-vis. 
O^^^jj»^ pirâmoûn, autour. 
•^llT kènârèy à part. . . . , 

^y^^J^ guirdâguird, tout autour. 
/^.. yèk'sèrj à la fois. 



• • 



52 GRAMMAIRE PERSANE 



ADVERBES DÇ QUANTITE. 

JlI>- tchènd? combien? 

j\-C>- ichèndârij ù*-^*^ Ichèndtn, autant, telle- 
ment. 
*Jjb*l èndèkj peu. 

^^J^'l èndèktj un peu. 
i^/cè/n, peu. 
^^ A:<?/n/> t5J-^ *i^, 2/^^ qcidrt^ un peu. 
^ kèmlèry moins. 

4 

j[^ bèsyâi\ ^J->- khaïli, beaucoup. 
^jtA» èic/i, plus. 
JiiUj btchtèt\ davantage. 
^jl*)û kémabtch^ plus ou moins. 

<^ hèmè, tout (J^^ hèmègui^ la totalité). 
iJl /;r/A:, entièrement, 
(^jr barkhty ^^ lakhtly un peu. 

I 

c^-» sakhty très. 
g> Ilitch y rien. 

^^ i<?^, assez. 
J^* /ite, aussi. 






GRAMMAIRE PERSANE 53 

ADVERBES DE QUALITÉ. 

«^*>- khoûby «il-' ni/c. bien. 
Si» bèhlèvj mieux. 
Ô^J) gtiirân, cher. 

<1.-*I âheslèy doucement, petit à petit. 
ô^ ichénchiy Ùi-f tchénin, ainsi. 

-V» bad, mal. 
jljj' èrzân, à bon marché. 
Ijliï gazâ-râ, par hasard. 

Certains adverbes de qualité se forment en ajou- 
tant la terminaison <\ ànè aux adjectifs corres- 
pondants; ainsi, de T^^iS goslâkhy impudent, on 
forme ^[y-V^ gostâkhânè, impudemment; de ùy/^ 

jnardyhommey ^*b^^ jnardâ ne y yivilement; de Jïlc 
^àqily raisonnable, a»'>\ U Wqilânè, kXdi façon d'un 
homme raisonnable. 

Pour former des adverbes de qualité avec des 
adjectifs déjà terminés eux-môincs en i\ ânè, on 
ajoute la particule inséparable j\j vâr^ à la façon 
de; ainsi de ^"^j^,^ divâaèy fou, on formera jlj ^'jt-^ 
dlmnè-mry follement; de ^Ix^ bl-gânèh, éimuger , 
j\j 4»tx^ btgânè-mry en étranger. 



54 GRAMMAIRE PERSAT9E 



ADVERBES INTERROGATIFS. 



j^ tchoûn, comment? 

jL>- tchisân^ 4?j|x>- tchégoiînèyde quelle 
façon? 

a 

S kèï, quand? 
^\J iâ~kèi\ jusqu'à quand ? 
A.VI" tâ-tchènd. id. 
\j>' tchérâ^ pourquoi? 
<>- (S^J berâïlchéy id. 

U ayrî, est-ce que? 
y^ mèguèr, est-ce que... ne pas? 

ADVERBES DE NÉGATION, d' AFFIRMATION 

ET DE DOUTE. 

(Sjf àréj oui. 
^, bale\ id. 
A» ne y non. 
j<^ khaU\ j!>- ^ nè-khaït\ id. 

m m ' - 

jw J bi'gamân, sans doute, 
Jk» mègiièr^ peut-être. 
^^ bèl'ké, id. 



GBAHMAraE PERSANE 55 



t /* 



Des prépositions. 

jX\ èndèr^ jù dèr, dans. * 
c^y ioûï, là, 

j zé, j\ èz, de (en poésie, jj vèz, con 

traction pour jlj vé-èz, et de...) 
o iè, par, au moyen de... 
Il bâ. avec, 
j bèr^ sur. 

j^ bèr-é, en présence de... 
(J 6/, sans, 
Jf- djoz^ excepté, 
^x»^ ptch'é, devant. 
^j>\ pas'é^ derrière. 
J)L« miyân-é, au milieu de, entre. 
<^J^i p^ihloûïy à côté de. 
i^J'* nèzd'éy auprès de. 
cî^-» ^o/îï, du côté de, vers. 
(S\j, bèrâï, iS^j^ j\ èz bèrâï, pour. 
j^ sèr-éy dans (liltér. : à la tôte de...). 



56 GRAMMAIRE PERSANE 

Des conjonctions. 
j vè\ o, et. 
^n èguièr^ j guièi\ si; 
^jj vèguièr, et si. 
<y-J\ èguièrlchéh^ quoique. 
,j'\ P'^^y ensuite, donc. 
U /rt, jusqu'à ce que, depuis que. 
j^>- tchoûiiy %>> /cAow, comme, lorsque. 
<>• tchéhy car. 
<9- . , . <>- tchéh,,. tchéh. soit... soit. 
(Sj\ bârly au moins. 
c;^, ^. bina bèrtn^ d'après cela. 



<-. '». 



'jl3 2^/Y/, parce que. . 



A A 



Ly gouyciy comme si. 
fj-^ kâch! plût à Dieu que! 

«M 

L»l ainniâ, mais. 
iilJ Z/A, ^^xJ llkè/iy f^} {>èlij id. 
ljl*« mèbâdâ! Dieu garde que... 
L y.ây ^y^\ yâkJiody ou, ou bien. 
^ kéhy que. 
-^'>•^/• hèr-tchènd^ bien que. 



XÎRABIMAIRE PERSANE Sî 



Des interjections. 

fj*y^\ èfsoûs^ •\ àh, hélas! 
crjil à fè/in y bravo \ 
< A» bèh bèhy îd. 
^jldM/oh! 
y! tofoûy pfui! 
^W khahiy comment ! est-ce possible ! 
j^^j zèhiy bravo! 
j^^^j zinhâi\ attention! prenez garde! 

4 

4$^ j vàïy hélas ! 

4*^ hèlè, or çà, allons 1 gare ! , 
ij»y^ khâmoûch^ chut ! 
ij^ dèrighy hélas! 
jy^^ dèsloury pardon! 
^\j^ fèryâd, au secours! 

lOilj ?/rf/WA/ allons! marchons ! 
j>^\ âkhii'y enfin! 
4a\ Ùj\ bà/èk Allah ! pdirtaitl 
iil ti^ ^è'àla 'llah! que c*est beau ! 
UU hacha! pas du tout! 



58 GKAMMAIEŒ PERSANE 

^J^ héïf^ c'est dommage. 
jU hân, C^ hin^ allons! 



Syntaxe. 

Syntaxe du substantif. 

De la détermination. — L'article n'exîstanl pas 
en persan, il faut, pouf marquer la détermination 
ou rindétermination d'un nom, avoir recours à un 
procédé syntactique dont voici les règles : 

4** Le substantif est toujours censé déterminé par 

lui-même ; ainsi ^^ mflrrf signifie TAo/nme, et non 
homme, ni un homme : j3 zen, la femme, et non 
une femme. ^^ y ^ t\^ b^u^ mard-râ didèm 
kéh toû goftt, j'ai vu Vhomme que tu (m')as dit. 

2« Pour faire cesser cette détermination, ow. ajoute 
au substantif le suffixe iS t qui s'appelle le yâ 
d'unité (O-A'^-J (S\ yâ'é vahdèt) : ainsi de ^^ 
mard, homme, on forme ^ùy/^ mardi, un homme ; 
de même ij'j zèni , une femme ; C ^\^ bcîJ 
C^jj ^ zèni-râ didèm kéh khoub-roûyest, j'ai 
vu une femme qui est belle. 






GRAMMAIRE PERSANE 59 

C'est ainsi que la présence ou Tabsence du ya 
d'unité supplée à la détermination marquée par 
Tarticle dans d'autres langues. 

On peut marquer aussi l'indétermination par 
Tomission de la marque de Taccusatif \j rà; ainsi 
jU «*-5\^ j lï qalèm o mourèkkèb bèyâr signi- 
fie « apporte-moi une plume et de l'encre », tandis 
que jU l^^Jlï voudra dire « apporte-moi la plume 
(que tu sais) ». 

De Z'izAFET ou rapport d annexion, — Lorsque 
deux idées sont reliées Tune à l'autre par un rap- 
port quelconque d'appartenance, de dépendance, 
etc., les deux noms qui les expriment sont joints 
par un i bref (prononcé é) qui s'attache au premier 
des deux termes ; c'est cet i bref, marqué dans 
l'écriture par la voyelle zir^ que Ton est convenu 
d'appeler izâfet ciLi»^, mot qui signifie proprement 
rapport d^annexion. On dit : 

j^ j-*» pèdèr-é mardy le père de rhomme. 
/.j jjU mâdèr'é zèri, la mère de la femme. 
«Lm«J i!riA* poucht-^é deslj le dos de la main. 

• • 

JS^clT/ bèrg'é gouly la feuille (le pétale) de la fleut*. 
4i iZ^jù dirakht-é bihy Tarbre à coiDg, le cognassier. 



60 GRAMMAIRE PERSANE 

Vizâfel indique encore la filiation : ^c ^^^*m>- 

HasaU'é 'Aliy Hasan fils d'Ali ; ^j A»-» Sad-é 
Zèngulj Sa'd fils de Zenguî. 

La seule exception à Temploi de Vizâ/èt se ren- 
contre dans les expressions formées à Taide du mot 
^>-t0 çàhiby possesseur de : ainsi Ton dit JU %^>^^^ 
çàhib'/nàly possesseur de richesses, riche, et non 
JU K^>'\^ çâhib'é mal. 



Syntaxe de 1 adjectif. 

L'adjectif se met généralement après le nom qu'il 
qualifie, et est relié à lui par Vizâfet ou rapport 
d'annexion. Ainsi on dira : 

\J J^J ^^'"'^ chîrin, le fruit doux. 
JSi A>. ^j zèn-é khochg^ily la belle femme. 

^j-<^J^ goul-é sourkhf la fleur rouge (par excellence, 
c'est-à-dire la rose). 
JkJkM JS^ kâghiz'é sèfidy le papier blanc. , 

Js\c j»3(^ qolâm-é ^âqil, le garçon intelligent. 

L'adjectif ne s'accorde jamais avec le substantif 
qu'il qualifie; il reste invariable. On dit CiT J^ 



. j 



GtiAHMAlRË 1>£RSAN£ 61 

poule kohnè, le vieux pont, et <^ (S^^^ poulhcUé 
kohnèy les vieux ponts; «JxLiî ^\^ libâs-é qachèng, 

le vêtement élégant, et cîxLli ^l^-U libàsha-é 
qachèng^ les vêtements élégants. Cette règle s'ap- 
plique également aux adjectifs empruntés à la 
langue arabe ; on dit ^j^Am ^l^ L sâl-hâé ma doûdy 
des années en polit nombre, et non é^^^i^uk (^l|JU 
sâl'hâ'é madoûdè. Il n'y a d'exception que pour 
quelques expressions toutes faites, telles que : 

<A^% <V» mckkè'ï mokènèmè^ la Mecque vénérée ; 

ojyA <-^-U m^f/(//è-i'/wo/i6Vmè,Médine l'illuminée; 
4»Utlt Jjj dovèl-è mo/6V({r26&è, les puissances amies 
(terme de chancellerie). 

De la composition des mots. 

Le persan possède un procédé, familier à plu- 
sieurs autres langues indo-européennes, pour for- 
mer des mois (substantifs et adjectifs) composés, 
soit avec d'autres substantifs ou adjectifs, soit par 
l'adjonction de particules inséparables. 

hHnversion sert à former des mots composés de 
ce genre ; elle consiste à supprimer Xizâfet^ marque 
du rapport d'annexion entre deux noms, et â inter- 

4 



'62 GRAMMAIRE PERSANE 

vertir l'ordre de ceux-ci. Ainsi jli*j <^ hètchè-ï 
dihqân signifie le fils du paysan; en renversant 
l'ordre de ces deux noms, on a le composé jIâi^j 

<^^ dihqâii'bèlchè^ fils de paysan; de même S j^ 

J) bèrg'é goul , la feuille de la rose^ donnera 
le composé S j^ gôul-bèrg^ feuille de rose. 

En supprimant de môme Vizâfet qui joint le nom 
qualifié au qualificatif, on obtient une sorte d'ad- 
jectif composé ou complexe, formant un seul tout, 
avec le sens de qui a telle ou telle chose. Ainsi : 
ocJ" J^ dil-é tèng signifie le cœur serré; en suppri- 
mant Vizâfet, on obtient Tadjectif composé S^ J^ 

dil-ièng, qui a le cœur serré, et en renversant les 
termes, J-*^* ièng-dil, avec le même sens. De 

même j\^ y»^ sèr-é guirân^ la tête lourde, de- 
vient 0^^ ^ sèr-guirârif qui a la tête lourde, 

et j^ j\y guirân-sèr ; jU •^^ gaztdè-î mâvy 
mordu par un serpent, deviendra ^\^ j^ mâr- 
gazidè avec le môme sens. 

Le nombre des composés de ce genre est infini. 

Au lieu d'un adjectif^ le second terme de ces 
composés peut être un adjectif verbal, mais en ce 
cas il n'y a plus d'inversion; C'est ainsi qu'on dit : 



GRAMMAIRE PERSANE 63 

jljî J^ dil'âzâr, qui afflige le cœur. 
• IjT q\^ djèhân-ârây qui orne le monde. 
i^.^T jjrf chèhr-âchoitb, qui trouble la ville. 

tmj\Aj\ii» chèrèf'jâhj qui trouve rhonncur, honoré. 

j*jjl f*4 ttr-èndâZf qui lance des flèches. 

%S^\ 4iUs filnè-èngutZf qui excite des troubles, 
jjj dJ'bèr, qui ravit le cœur. 
*tjj^ khoûn-rizy qui verse le sang. 

L'adjectif verbal est, dans certains cas, remplacé 
par des paplicules inséparables dont voici les plus 
usitées : 

1* L-l âsâ signifie qui ressemble à. Exemple : 

1^1 f^v/^ d^:r^^ vahchiyâii'é mèrdoum-âsây des 
sauvages, qui ressemblent à des hommes. 

2* jl bail a en général le sens de qui garde. 
Exemple: o\j^ mihribâa , compatissant (qui 
garde Tamour). Cet affixe entre aussi dans la com- 
position de nombreux substantifs : ô^\ bâgh- 
ban (gardien de jardin), jardinier; jL-l pâs-bân 
(qui garde pendant la veille), veilleur, gardien de 
nuit; j\j^ dèr-bân (qui garde la porte), portier. 

3** f lî fâm indique la couleur ; il correspond au 
français âtre : ^6 oL- siyâh-fâm^ noirâtre; fli ù^ 
kèboûd'fâm^ bleuâtre. 



64 GRAMMAIRE PERSANE 

4" dy goiifit ^y goûnèy indique aussi la cou- 
leur : ^yj ^^ guièndoum-goûn (couleur de 
froment), brun ; ^y^iS goul-goûnè (couleur de 
rose), rosé. 

5° iJlî nâk veut dire plein de; ainsi iJL'-^ gham- 
iiâk^ plein de chagrin; Ù^ùjù dèrd-nâk^ plein de 
douleurs, triste. 

6"* j\3 vâv signifie qui convient à : j\^ «X- 
bèndè-vârj qui est d'un serviteur, qui convient à 
un esclave; jl^li chàh-vàr, digne d'un roi; ou 
bien qui a, qui possède : jl j-x^l oumtd-vâi\ plein 
d'espoir. 

7° jj vèvy et aussi oûr, a primitivement le sens 
de qui porte : jy>'^ tâdjvèr, porte-couronne; il 
a pris ensuite celui de qui a : j^^^y mozdoûi\ 

ouvrier à gages (de ^ J^ mouzdy gages) ; jyy^ 

guièndjoûry trésorier (de ^S guièndj, trésor) ; Jj^J 
èndjoûr, malade (de Aj rendj, peine, souffrance). 

8 jl» yàr est encore une particule inséparable 

qui peut se traduire ^^v ayant : jL.^ houchyâr s 
éveillé, revenu de Tivresse (de ^y^ hoûch^ rai- 
son) , jLr^ hakhty(h\ heureux, fortuné (de C^^ 
bakht^ fortune). 



/ 



GRAMMAIRE PERSANE 65 

9® (j?j vèch signifie qui ressemble à et est sur- 
tout connu par l'expression ^/j^L» <^^^l« mâh- 

vèch^ semblable à la lune : ^/^^^ ^^-^ rou-i mâh- 
vèchy un visage (rond) comme la lune. 

De la répétition des mots. 

Deux synonymes sont souvent reliés par la co- 
pule j o pour ne former qu'un tout complet; c'est 
ainsi qu'on dit : y 3 CJu gafto-goû, pourparlers, 
babillage (en arabe J5j Ji gil-ogàl); jjj cJj 
rèft'O-rooû^ allées et venues; J^3 ^^ pUch-o-tàb^ 
tout entortillé; j'^j ^ guir-o-dâr , tumulte, 
bataille (littéralement : prends et tiens). 

Parfois la liaison s'opère au moyen d\in à long : 

iS^^ tèk'â'poûïj course. 

Dans d'autres expressions le même mot est ré- 
pété : /^'/^ sèr-â-sèr^ tout entier ; oy ^ygoûn-â- 
goûny de toutes couleurs; f^Uj dein a dèm^ d'ins- 
tant en instant; ou encore les deux mots ont des 
significations diamétralement opposées : \\j^ sèr- 
â'pâ, de pied en cap ; Ji^^ kèm-cUbichy plus oa 
moins. 

Les distributifs se forment par la simple répéti- 
tion du mot: vil sil yèk-yèk, un à un (on dit 

4. 



66 GRAMMAIRE PERSANE , 

aussi t^^^yèkâ-yèk); <>'jK<>'j\^ pârlchè pârtchè, 
morceau par morceau; ^ ^ djooû'djooUy grain 
à grain. 



Syntaxe du verbe. 

Le verbe se place généralement à la fin de la 
phrase : x^^l •-^, bendè nâ-khoch-èm, moi (votre 
serviteur), je suis malade ; u^^rf» y ^^^ mUiribâni^ 
toi, tu es compalissant; C^\ ^^i-» ^^J^ barf sèfid 

esty la neige est blanche ; Z^\ \ CJ^ tJ-^^ ^^' 
rough goflèn bad est, il est mal de mentir (littér. : 
de dire des mensonges). 

Les compléments se placent après le sujet et avant 
le verbe, de sorte que Tordre de la phrase princi- 
pale est le suivant : 1® le sujet et son épithète; 2" le 
complément direct; 3° les compléments indirects; 
4** le verbe. Exemple : ^^^ ù^ <»U j^ \^ l*U \j 
Zéïd-é dànâ mèra dêr kliâtiè-ï kliod did^ Zéïd le 
sage m'a vu dans sa propre maison. 

S*il y a une phrase incidente qui se rapporte à 
l'un des compléments, elle le suit immédiatement : 
Jb3 ùy>' <'U. j^ ^T C^j^ C\yj^ L*^ \j Zéïd'é 
dânâ^mérâ kéh dousl-éàn-èm, dèr khânèï khoddtd^ 



GRAMMAIRE PERSANE 67 

Zéïd le sage m*a vu dans sa propre maison, moi 
qui suis son ami. 

Mais si la phrase incidente n'est pas liée étroit 
tement à l'un des compléments, elle se place après 
la phrase principale, à laquelle elle est jointe par 
la conjonction C kéli, que : ^aT tl^ ^^ ^CwJlj Xj 
Zéïd dânist kèh man dânâ nlstèm, Zéïd a su que 
je n'étais pas sage. 

Quand deux phrases parallèles se suivent, il est 
inutile de répéter le même verbe à la fin de la se- 
conde phrase. On dira : jlj -xIj ^ jlS^ JiU J-I 
(jj\» sî)*^ in iifl kâr mi-kounèd^vé ân-yèk bâzi (sous- 
entendu mi-kounèd)y Cet enfant-ci travaille, et 
celui-là joue. 

Lorsque le sujet est au pluriel, le verbe se met 
indifféremment au pluriel ou au singulier; il en est 
de môme pour les collectifs. 

On dit également ^ jj-» j^j^^ dirakhtân sabz 
choud ou J^'a^ j^ l)^ j^ dirakhtân sabz choudènd, 
les arbres ont verdi (litt. : sont devenus verts); 
j,a\ ^ti lachkar âmêd, ou -V»*-u) ^.viJ lachkar 
âmèdènd, Tarmée est venue. 

Le subjonctif s'emploie dans les phrases inci- 
dentes quand celles-ci sont sous la dépendance 



68 GRAMMAIRE PERSANE 

immédiate de la phrase principale et s'y rattachent 
étroitement. Exemple : jù X\X sy^ jJs C ^^^. 

w«j1^1' jL^ jf' (}<Ji\^ Kési ké qadr-é khod nè'dânèd, 
dèr dànislèn-é ghaïr hèmân nàdân-èsty Une per- 
sonne qui ne connaît pas sa propre valeur, est 
également impuissante à connaître (celle d')autrui. 
Si cette phrase incidente n'est reliée à la phrase 
principale que par un lien plus lâche; comme dans 
un rér.it, le verbe s'emploie à l'indicatif. Exemple : 
ajLU. j^ cxjllr jlUL- ^^ J; ^JuU j^ ^^ Bèsi 

bèr né^yâmèd ké béni am-é soltân bè-mounâzaat 
bèr khastènd, 11 ne se passa pas longtemps avant 
que les cousins du sultan ne se soulevassent pour 
lui chercher querelle. 



De la composition des verbes. 

En préfixant certains adverbes aux verbes, on 
change la signification de ces derniers. Ainsi de 
JA4) âmèdèriy venir, on a : 

/ijul j hèr âmèdèn^ s'élever (venir sur), 
jjjul jJ dèr âmèdèn, entrer (venir dans). 
AJUl jJi bèdèr âmèdèn, sortir (venir à la porte). 
^JUl Jj^ foroûd âmèdèn, descendre (venir en bas). 



GRAMMAIRE PERSANE 69 

De Jtii^ dâchtèrij avoir, on forme : 



rjliJù jV ^^' dâchtèrif retenir, 
j i^'j vâ'pès dàchtèn, retenir, empêcher. 



• .I*l 
fj^ 



De <>«L yâftèn, trouver, on dérive ; 

/Jâli jj dèr yâflèn, comprendre. 

Souvent la particule ne change point le sens ; elle 
ne fait que le confirmer. C'est ainsi que (ju»!^ jù 

dèr-khâstèn signifie demander; C^jS j^ hèv - 

^//ècA/è/i, retourner (sur ses pas), revenir; j^^-i j 
bèrâsoûdèn, se reposer, etc. Le sens de ces verbes 
composés est donné dans les dictionnaires. 

Cette particule ou adverbe est toujours sépa» 
rable. On dit : fj\ù <y jl bâz mi-dârèm, je re- 
tiens; f jj» ^^ JJ dèr nè'yâftè boudèinyje n'avais 

pas compris. 

Une autre sorte de verbes composés se forme 
d'un nom d'action arabe auquel on ajoute l'un des 
verbes auxiliaires : J^^ kèrdèn, faire; j^^c no- 
moûdèiiy montrer; O^yJ^ fèrmoudèii , ordonner 
(formule de politesse). Ainsi l'on forme les verbes 
suivants : 



70 , GRAMM4IRE PERSANK 

Ij^S j^J^ ifi^àr kèrdèriy avouer. 
^jjjT jUiJI intizâr kèrdèn, attendre. 
Cj^J^ P ^J rodjou kèrdèn, revenir. 
(j'^S' Ai tèmâm kèrdèn, achever. 
Cj^^ ^J ^^''^ kèrdèn^ céder, abandonner. 
^jjjTp |lt ioloH kèrdèn, se le\-er (en parlant du soleil). 

Quelquefois ces verbes sont formés d'iiji mot 
persan joint à Tun des trois verbes auxiliaires pré- 
cités. Exemples : 

/jjjT y pour kèrdèn f remplir. 

l^^$^^Sgoûl kèrdèn^ tromper. 

^jJjITIjLj péïdâ kèrdèn, trouver, découvrir. 

(j^S Ubj rèhâ kèrdèn^ quitter, délivrer. 



££: 



GRAMMAIRE P£RSANE 71 



Prosodie. 



Les vers persans se composent d'une série aller- 
native de pieds formés d'un certain nombre de 
brèves et de longues, généralement au nombre de 
trois ou quatre. 

Sont brèves les syllabes composées d'une con- 
sonne et d'une voyelle brève: o 6é, j zë. 

Sont longues : 

1" Les syllabes qui contiennent Tune des trois 
lettres de prolongation j c5 ^: l ha, y bou, J bl. 

2^ Les syllabes fermées, c'est-à dire celles qui 
sont formées de deux consonnes dont la première 
porte une voyelle brève : jù der, j^ bcr, j nei\ 

Les syllabes fermées qui contiennent, au lieu 
d'une voyelle brève, une voyelle longue, sont dou- 
blement longues, c'est-à-dire qu'il faut les compter 
comme une longue suivie d'une brève ; on a appelé 
celte brève izâfèt métrique. Nous l'indiquons par 
un é muet. Ainsi les mots kj\ àb^ ^jj zoiîd, ^JUt 
pich, se scandent abëy zoudë, pichë. II en est de 
mènie quand deux consonnes se suivent immédiat 



72 GRAMMAIRE tȣRSANE 

temenl, sans voyelle intermédiaire; ainsi j^ 'omi\ 
C^\ est. X^ ^è/ze/ se scandent 'dmrë, este, bendë. 

Cette brève, par exception, ne se compte pas 
après le /i; ainsi on scande jl nan et non 
uanë. On ne la compte pas non plus à la fin des 
hémistiches ou du vers. 

Ijizâfèt ordinaire, la conjonction j o, la voyelle 
• è sont indifféremment longs ou brefs. Exemples: 
j^j u\ ab'ê dihaiiy salive; <^j ^L^ j\ ebr 6 bad 
o mali^ le nuage, le vent et la lune. De même la 

m 

voyelle j dans certains mots tels que : ^ toû, toi ; 
ij*^ fihoc/i , agréable ; f J^ <y ml khoiem , je 
mange. 



Principaux pieds. 

1. it^y^ fâoulon ; indication métrique ordinaire : 

2. j^^là fallaton, — 

3. /yL^U» màfailon, — 

4. ^UU* mùfallon, — 

5. ^l«i:^* mostafito/if — 

6. ulj'ija» mafouialO 



GRAMMAIRE PERSANE 



■73 



Tableau des principaux mètres avec leurs variantes. 



1. Hazadj ^jm a) 



b) 



c) 



2. Radjaz j^j a) 






b) . « . ^ 



I- w w _| 



3. Ramai J«j 



I w <J ^ 



4. SarC 



Ç-r- 



5. Monsarih 



il ^r^ 



I — w -^ w 



6. KkafifjLJJ. 



[- 



7. Mozhâri* PjUa» — 



w — w 



w __ —^ w I ^_ w _„ 



8. Modjtass «ULn 



9, Motaqârib «-'jlS^ <- | -» 



I ' -[- 



•)4 GRAMMAinE PERSANE 

10. Mèlrc spécial aux rouhâ'is *>ljj ou quatrains : 



Quelque compliqué que paraisse ce tableau au 
premier abord, on apprendra vite à s'en servir si 
l'on s'astreint à scander tous les vers que l'on ren- 
contrera. Il est bon d'ajouter que la connaissance 
de la métrique est indispensable pour pouvoir lire 
correctement un vers persan. 



Exemples des différents mètres. 

1. Hazadj à six pieds, divisé en deux hémi- 
stiches : 



>p«*>i 









■ • •• 



G^ïl'é kIiocUboiii\ë dèv hammam \ ë roùzi 
Rasicl èz clèsl\-é mahboûbi \ bè-dèstèm, 

Bèdou gofièm \ kè mouchkl yd \ ^abiri 
Kè èz boni é \ dil-âviz-é \ lou mèstèmi 



^ 



GRAMMAIRE PERSANE 'S 

Bogoftâ : Mail \ g^ili n(Utchiz\ë boudèm^ 
VèMkèa moud\dèti bâ goul \ nichestèm; 

Kèmâl'é ham\nichln dèr man \ èsèr kèrd, 

Vè-guèr-nè, man \ kèmân khâkèm \ kè hestèm, 

«Un jour, au bain, un morceau d'argile parfumée 
tonlba de la main de mon amante dans ma main. 

« Es-tu musc ou ambre gris? lui dis-je, car je 
suis enivré par ton odeur ravissante. » 

« Je n'étais, me répondit-elle, qu'une argile sans 
valeur, mais j'ai demeuré quelque temps avec la 
rose, 

u Et le mérite de ma compagne a laissé des 
traces en moi; sans cela je serais toujours ce que 
j'étais d'abord. » 

Autre exemple, variété b : 

Jji\ Ci>. viDL ^J^b c^U. ^ j^ jUT-UU ^ 



la mardè \ sôkhan nâ'gof\tè bached 
'Àïbl) hû\nèrech nïhof\lè bàchèd 

Hèr biche \ gamân mèbèr \ ké khâlisi 
Châyèd ké \ pèlèngë khof\tè bâchèd 



76 GRAMMAIRE PERSANE 

« Tant que l'hoinme n'aura point parlé, son mérite 
et ses défauts resteront cachés. 

« Ne t'imagine point que chaque forêt soit vide: il 
est possible qu'une panthère y soit endormie. » 

2. Radjaz : 

Môûtrib be-goïï | chèm zed nam : \ ez g^Jryëh 
mah\zoun kerdèm-ech. 

Sâqt bè'des\lèm dàdë met : | pèïmânè pour \ 
khoûn kèrdèin-èch, 

« Le musicien a fait entendre son chant à mon 
oreille et je Tai attristé par mes gémissements. 
L'échanson m'a donné du vin et je lui ai rendu une 
coupe de sang. » 

3. Rainai : 



CRAMMAIRE PERSANE 77 

^ ^^ ^ ■ Il w* 

J^Ar o />a<i ô I m«A a kiwrchîd | ô /ë/è^ rfér | kâr-end. 

Ta toû nûnî | hè-kef âri \ o hèghaflat \ nakhori; 

Rèmè èz bèhr\é toû ser-giièch\tè 6 fèrmân \ ber-dâr : 

Chart-é inçâf\'P nèbâchèd \ ké ion fermân \ nahèri. 

« Les nuages, les vents, la lime, le soleil et le ciel 
sont en mouvement, afin que tu te procures un 
morceau de pain, et que tu ne le manges pas avec 
ingratitude. A cause de toi, tout cela est en action et 
exécute les ordres de Dieu; il n'est donc pas juste 
que tu ne te soumettes pas à ces mêmes ordres. » 

4. Sari' : 



'^ — _ ^ *^ .. 



Bendè hèmân | bèh ké zé-iaqlcir-é khic/i 

'Ozré bè'dèv\gâh-é Khodâi \ âvèrèd, 
Vèr-nèy sczâ\i'âr'é khodâ\vendièch 

Kès nètasâ\nèd ké bè-djàï \ (U'èrod. 

« Ce que le serviteur a de mieux à faire, c'est de 
porter Texcuse de sa faute au pied du trône de 
Dieu ; sans cela personne ne peut exécuter quelque 
chose qui soit digne de sa suprême puissance. » 



78 



C&AMMAIRE PERSANE 



5. Monsarih : 



l J3. C^i j," JJ wJ Jy 



C*~xi ^^ ij^SJ 4 «— «wj 



y- c« 



Noiïché lèb-é\la'l'é iou \ (jlmèt-é chèk\kèr cnike^ity 

Tchtrt'é sèr'é | zotdfé tou \ roounaq-é 'am\bèr ckLkèst^ 

(( Ce qu'on goûte sur tes lèvres de rubis détruit la 
valeur du sucre. 

« Tes cheveux bouclés anéantissent le noir bril- 
lant de Tambregris. » 

6. Khafif: 
^j\^ jy^ <aX^ U/j jT ^ îiiji. j\ S ^j^J ^\ 



Jiif kèrtmi | ^e è2 khèzân\è-i ghaïh 

Gâhr ô tèrsâ\ vàzîlèkhôr\dSfi 
Doûsètân-râ \ koudjâ kouni \ mahroiim 

Ton kè hâ doiich\mènân nazar \ dâri, 

« O être généreux, qui tires de ton trésor invisible 
la nourriture du guèbre et du chrétien, comment 
en frustrerais-tu tes amis, toi qui as de la sollici- 
tude pour tes ennemis ? » 



GRAMMAIRE PERSANE 79 

7. Afozâri : 

X\ o/" jij Ù^3 J.J, Jr^ ^. 

J?â« TiJwieh'êr hè zîr-é \ zèmln defm^ \ kerdè-end 
Kez hesiî\yeck fièroûï-é \ z^mîii hJv ni\ch7(n nèinand, 

a Combien d'hommes célèbres on a ensevelis 
sous la terre, et de l'existence desquels il n'est 
resté aucun indice à la surface ! 

8. Modjtass : 



w v^ _ 



TavânemSn\-kénï\yazav\€m êndèroun\-é kèsi : 

Hasoâdé-râ \ tché kouncm, kou \ zé-khod hé-rèndj\e dèr-èst. 
Bè-mirë tâ\bèrèhî, èï \ hasoûde, kin \ rèndjist 

Kéèz machaq\qat-é on djouz \ bè-mèrguè nat\yân rèst, 

« Je puis bien ne vexer le cœur de personne ; mais 
que ferai-je pour l'envieux, q^ii est dans la peine 



80 GRAMMAIRE PERSANE 

par sa propre faute? O envieux! meurs, afin que 
tu sois délivré; car Tcnvie est une maladie de l'in- 
commodité de laquelle on ne peut se délivrer que 
par la^tnort. » 

9. Motaqârib à huit pieds réguliers : 

Nè'dani \ ké man, dèr \ àqâlim\-é ghourbèty 
Tchérâ roû\zf^gâri | hé-kerdèm \ dîrenguî? 

« Ne sais-tu pas pourquoi j'ai séjourné longtemps 
dans des régions étrangères? » 

Le même mètre, apocope à la fin de chaque hé- 
mistiche : 



- * 



*Jb jU JCi^ j:Sj v^T ^ 



GRAMMAIRE PERSANE 81 

Djehan, eï \ hoûrader, \ nè-maned \ hè-kls : 

DU èndèr | djèhân-â\fèrîn hènd \ o hès., 
Ma-koun tèk\yè bèr moulk\é dounyâ | o poucht : 

Ké hèsyâr\ê kès tchoûn \ toû pèrvèrd \ ô koucht. 
Tchoû âhèngu\é rèftèn | kounèd djân\-é pâk, 

Tcké bèr takht\ë mourdèn, \ tché bèr roûï\é khâk? 

« O mon frère, le monde ne reste à personne : 
attache ton cœur au Créateur du monde, car cela 
suffit. Ne t'appuie et ne te repose point sur la pos- 
session du monde, car il a nourri beaucoup de per- 
sonnes comme toi et les a ensuite tuées. Lorsque 
l'âme pure se dispose à partir, qu'importe de mou- 
rir sur le trône ou bien sur la terre nue? » 

10. Exemple de scansion des roiibais ou qua- 
trains : 

^^j^ ^.y JJJ ^j-> 4. o) 



• • 






7/1 yèk don | se roùz(} noou\bèt é ' omrë \ gôzècht, 

Bogzèchtë I tchénân'ké bog\zèrèd hâdë \ bè-dècht. 

Ta man bâ\chemy ghâmé | doû roùzè nè\khonrem : 
Rouzt ké I nayâmèdèst\f^ roûzi ké gozècht. 

5. 



»2 



GUAMMAIRE PERSANE 



« Mon tour d'existence s'est écoulé en quelques 
jours. Il est passé comme passe le vent du désert. 
Aussi, tant qu'il me restera un souffle de vie, il y a 
dcuxjoursdont je ne m'inquiéterai jamais, c'est le 
jour qui n'est pas venu et celui qui est passé» » 
(Quatrain d'Omar Khéyyâm, traduit par Nicolas.) 



Noms des jours de la semaine. 



Dimanche 
Lundi 
Mardi 
Mercredi 

Jeudi 

Vendredi 

Samedi 



Oi^^ yèk-chembè. 

<J-i J.5 dou-chembè. 

» 

<.li <^ sè-chembè. 
jl,^>' tchéhâr-chembê. 

m 

OLf^ pendj'Chembè. 
<s^j^ djouina. 
chembè. 



Noms des mois lunaires arabes. 



1. 


Moharrem 

m 


u"" 


2. 


Çafar 


J^ 


3. 


RébV oul-evvèl 


J^VI ç^J 



GRAMMAIRE PERSANE g3 

4. Rébi ous sâni jbl ju-j 

5. Djoumâda 'l-oulâ J^VI {S^^ 

6. Djoumâda l-âkhirè •^>-VI (S^^ 

7. Rèdjeb ^?"-> 

8. Chabân jU-t 

9. Ramazâii ô^^*J 

10. CA^c^wZ Jly. 

11. Zou'l-q'adè ù^»â\ ji 

12. 7'oi^ 'l-hidjdjé <5^i-l ji 

Noms des mois solaires syriens. 

1. Janvier jjl* j^o kànoûn-é sâni, 

2. Février i»Li choubât, 

3. Mars j^ii rîz^r. 

4. Avril jL.A»' ni San, 

5. Mai jM â53/«/-. 

6. Juin O^J.j^ haztrân, 

m 

7. Juillet j^ tèinouz. 

8. Août ^1 àb, 

9. Septembre Jj^} iloiU, 

10. Octobre Jjl ù^j-^ tichrin-é èvvèl. 



84 GRAMMAIRE PERSANE 



11. Novembre jC cT^^" lichrin-é sânL 

12. Décembre Jj\ ôy^ fcânoûn-é èi^i^el. 



Mesures de longueur. 

r^^ fi^f'sakh, parasange (une heure de maiche à 

cheval) =^"6 kilom. 
jl-Lwi méïdân, le 1/4 de la parasange. 

y guèz, fyi zar, coudée (environ 0",70). 
•y guère, 1/16 de la coudée. 

Poids. 

j\j^>- khar-mry charge d'âne zz 100 manu. 

j^ mann, se divise en 640 mesqâL A Tébrîz, 
le batman ^la» vaut i.OOQ mesqâL 

dl jL^-^- ^ ^J^ ichéhâr-yèk^ tchâryèk^ 1/4 de 
mann = 160 mesqâL 

^\jy guérwânkéj poids de 80 mesqâl ou 5 sU\ 

* 

jj-» str^ poids de 16 mesqâL 
JUlt mesqâL 

Les subdivisions du mesqâl sont le ^y^ no- 
kkoiîd, pois, valant 1/24 du mesqâl, et le f-Cj 
guèndouniy grain de blé, 1/4 du précédent. 



GRAMMAIRE PERSANE 85 



Monnaies. 

Or {}j^\ èchrèfiy ou jUy toumâriy 10 qrâns 

(8fr.). 
c^y jj dou'tomènij pièce de deux toumâns 

(16 fr.). 
Argent OlJ> ^rra/z, ou jL-j jljjb hézâr- dinar 

(80 cent.), 
^ll dIu pènâk-àbâd, 10 châhis (40 cent.). 

(^^f-J pèndj'Châhiy 5 châhis (20 cent.). 
Cuivre (^b cA«A^ (4 cent.). 

c^b jrr nîm-châhif denii-cA«Ai (2 cent.). 

Chiffres. 

> Y r i ô n V A A ♦ 

1234567890 



S6 GRAMMAIRE PERSANE 



DIALOGUES 



I 



Pour descendre à terre. 



Nous voici arrivés. Le navire a jeté l'ancre. 



Hâlâ rasîdîm; kèchti lènguer èndâkht. 

Nous allons descendre à terre. 

Hèmân hè-khouchki foroû khâhtm ârnèd. 

Voici des bateliers avec leurs canots. 

Inèk mèllâhân hâ zoouraq-é chân. 

Batelier, combien prenez-vous pour nous mettre 
à terre ? 

iSJ. t/" J^. -^ bi* ^* 

Mallâh. mû-râ hè-tchènd hè-kénâr mi-hèri? 



GRAMMAIRE PERSANE 87 

Avec VOS bagages ou non ? 

• • • • 
Bâ èsbâb jà ne ? 

Avec nos bagages qui se composent de deux 
malles, d'une valise et de cinq ballots (paquets). 

•• • • • • • 



Bâ èshâb'é ma, ké ihârèt-èst èz dou sandoûq o yèk yakhdân 
o pèndj bèstè (boghtchè). 

Le vent est fort, la mer est agitée, ce sera un 
touman. 



Bâd tound'èst, o dèn-â bèr^ham khourdè; yèk tonmân mî- 
khâhèm. 

Concluons pour cinq krans, 

(^■H -^'^ o^J cr. 

Bè'pèndj qrân qarâr bè-dèhîm. 

H faut d'abord passer à la douane. 

Evvèlâ bè'gomrok'khânè bâyèd rèft. 



88 GRAMMAIRE PERSANE 

Avez- VOUS quelque chose à déclarer? 

Ail Jbj^j .^y^ J^lj iijS" 

Gomrok dâdènî tchîzî dârid yâ ne ? 

Nous n'avons rien de neuf; il n'y a dans ces malles 
que des effets personnels, de vieux habits, du linge 
usé. 



Ilitch tchiz'è noou nè-dârim; dèr-în yakhdânhâ tènhâ èshâh-é 
lâzim, lihâs'é kohnè, o rakht mosta^mèl-est. 



Ouvrez une caisse. 






Yèk sandoûq bè-kochâytd. 



Ce chapeau est neuf. 



In koulak noou-èst. 



\ ; .i^o) 



Il a déjà servi plusieurs fois. 

Tchènd bâr tsti^mâl chodè-est. 



GRAMMAIRE PERSAP^E 89 

II faut payer deux toumans à la caisse de la 
douane. 

Dou toûmân haqq-é gomrok dâdèntd. 



Donnez-moi un reçu. 



■HHl-^^. J^ ^ 



Yèk qahz hè-novîsîd. 



II 

Pour loger à rhôtellerie. 

Dans cette ville, ainsi que dans toute la Perse, il 
n'y a pas d'hôtel à Teuropéenne ; vous devrez loger 
à l'hôtellerie (caravanséraï). 

IVL4- ^ j'-rj ^^^ <l^ j^ ^0^^ j4^ Cj^jù 

Dèr-în chèhr, ham^tchènân ké dèr djoumlè-ï mémâlik-é Iran, 
hîtch mihmân-khânèï frèngut ntst; hâyèd bè-kârvàn-sérâ hé- 
nichînîd. 

Louons une chambre pour trois jours. 

Bè-râï se roûz otâqi kirâyè hè-konîm. 



90 GRAMMAIRE PER8ANE 

Où sont les cabinets d'aisance? 

Ah-rizèch {mostérâh, èdeh-khânë) kodjâst? 

Là, en bas, à droite. — En haut, à gauche. 

w^^ o-'j j^ VI j^ — c-'j c^^^ jù (>l jù ^^\ 

On-djâ, dèr pâ^tUy dèr dèst-é râst, — .Dèv hâla^ dèr dèst-é 
ichèp. 

Donnez-moi la clef de la chambre. 

Kilid'é otâq-râ bè-déh, 

La serrure est rouillée; elle ne fonclionne pas. 

Qoufl zèng zèdè-est ; kâr némî konèd. 

Il n'y a pas de cuisine : mais, si vous voulez, il 
y a ici un bon rôtisseur chez lequel vous vous pro- 
curerez du riz cuit (du pilau) et de la viande rôtie. 

Ach'pèz-khânè nîst; anima, ègiièr mt kkâkidy în-djâ kèhâb- 
pèz-é khoûb dârim^ké pîch-é ou pilooii o houryânyâft m(-chèvèd. 



GRAMMAIRE PERSANE 91 

Aveè du lait'caiilé aigre et des fruits, ce sera un 
excellent diner. 

' Bâ mâst mèïvèf ckâm-é laziz (khochmèzè) khâhèd hoûd. 

Avez-vous apporté des fourchettes, des cuillers, 
des couteaux, une nappe, des serviettes? 

4» L x\ •jjjl ^fisJLj» ^ »j^3 ^j^5 ^^3 JIXI>- 

Tchèngâl o qâchéq o kârd o sofrè o pich-guîr âvourdé-id ^ 
yâ ne? 

Rien de tout cela ne se trouve ici. 

Iri'djâ hftch èz ônhâ nîsi. 

Je voudrais aussi une bouteille de vin. 

Yèk hotrî'é chérQh ham mî-khâhèm. 

Tu en trouveras chez le marchand de vins. 

Dhr nèzd-é chèrâb-foroiîch mî-yâbt. 



92 GRAMMAIRE PERSANE 

Cest du vin du pays, qui se vend au poids. 
(J-J cr^) àJ} \ ^(Ali-L cSXc j^) C.J ^x ^^A 

Chèrâh'é hoûmUst (dèr mbmlèkèt sâkhte) kè hâ-vèzn (bè-kèch 
m en) mi foroùchènd, 

Donnez-m*en un demi-kilogramme. 

Nim mèn bè-déh. 



L'eau est bien préférable. 



C^\ jii. ^Ç^ J\ 



Ah dîsuèr bèhtèr'Cst, 



Apporte un verre. 



Yèk istékân bèyâr. 






Il faut ensuite Taiguière, le savon et Tessuie- 
mains. 

Léguèn âftâbè o câboûn o dèst-khouchk-kon ham lâzim-èsl. 

Tout est prêt. 

Hèmè âmâdè-èsi* 



GRAMMAIRE PERSANE 93 

Fumons une pipe. 



(r>C JUi ^^ 



Pès qalyonî hè-kèchim. 



Ce tabac est mauvais. 






In iamhâko bad~èst. 



♦ 



Il n'est pas assez mouillé. — 11 est sec. 

Tchèndân ter nè-chodè-est, — Khouchk-èst, 



Le charbon ne brûle pas bien. 

Zoghâl khoûh nè^mî soûzânèd. 

Garçon, des pincettes pour disposer ce charbon 
convenablement. 

r;jiiC C^^J^ IJIpj J\ C jU jrîl A^f^ 
Bètchèy amhour bèyâr^ ta in zoghâl-râ doroust bogzârim. 



94 GRAMMAIRE PERSANE 



m 



Pour aller au bain. 



Allons-nous au bain? 



^' 1: fJJ. f^. 



Bè'hammâm hè-rèvim, yâ ne? 



C'est fort bon après le voyage. 

Pès èz séfèr hammam rèftèn khoh kâr-îst. 

Cela repose. — Cela délasse. 

Râhat-é hèdèn mUâvèrèd. — Bèdèn mUâsâyèd, 

Quel est le meilleur bain en cette ville ? 

Dèr in chèhr bèhtèrîn-é hammâm-hâ koudâm-^èst ? 

C'est le bain de Khosroou-Khâni 

^ammâm-é Khosrooit-Khân est. 



GRAMMAIRE PERSANE 95 

Entrons dans la première salle. 

Bé-rakht-kèn hè-rèvim. 

Ici, Ton retire ses vêlements, et le garçon (du 
vestiaire) enveloppe les reins du client d'une ser- 
viette. 

Iii-djà, libâs-râ mi-kènènd^ o djdmè-dâr bè-kèmèr-é mochléri 
pouchtémâii mi bèndèd. 

Ensuite il lui prend les mains pour qu'il ne glisse 
pas, et il l'introduit dans Tétuve. 

^j <y <lj^, \jj\j .a>i; L' ^XiS ^j^ il--^ o\j\ j^l 



Pès èz'ân dèsi-é ourâ mi guirèdj ta nè^laghzèdf vè'-oû-râ 
hè-kkèzânè mi hèrèd. 

Mettez ces sandales à vos pieds. 

In na'léïn-râ bè-poûchid^ 

Asseyez-vous. 



mm h 



Bè-nichinidi 



96 GRAMMAIRE PERSANE 

Sentez-vous la sueur? 



J L C^\ 0jJ\ 



^^ 



'Araq âmèdè-èst, yâ ne? 



J'ai trop chaud. 



Ziyâdè garm-èm est. 



Cela ne sera rien. 



\ ff.,\.j 



Zarar nè-dârèd. — 'Aïh nè-dârèd. 

Dites-lui d'apporter le savon. 

Bo-goA, câboûn bè-yâvèrèd. 

D'abord le garçon va vous brosser avec le gant 
de crin; ensuite il vous savonnera. 

Evvèl dèllâk bèr tèn-é mouchtért kîsè mi kéchèd; pès èz on 
câboûn mt zènèd. 

Fermez les yeux. 

Tchèchmétân-râ bèr^ham bogzârîd. 



GRAMMAIRE PERSANE 97 

Faites craquer les jointures. 

QoutènHj'hâ-râ bèchkènid. 

Le massage est une excellente chose. 

Moucht-mâl khoûh tchizîst, 

" Il évite bien des maladies. 

Moucht-mâl tchènd nâkhochihâ rè/* konèd. 

Maintenant que vous êtes sur le lit de repos, bu- 
vez une limonade et roulez une cigarette. 



«. • 



Hâlà ké ràhat mi nichinid, chètbèt-é àh-é limodn ho-khorid^ 
jèA- sigârèt bè-sâzîd. 



Evitez de vous refroidir à la sortie. 

JLl^^ j\j^J\ ù^ iS^y 3' C^J Ô3j^, ^îj j^ 

Dèr vaqt-é biroûn rèftèriy èz havâi sèrd iJ^tiràz bè-konid, 

6 



9S GRAMMAIRE PERSANE 

Tiens, baigneur, voilà pour toi deux kranSj et 
un àemi'kran de gratification pour le garçon. 

«M 

Oustâd'é hammâmt^ in dou qrân èz hèrâi tou, o nîm qrân 
hawk bakhchich'é dèllâk. 



IV 



Pour faire une visite. 



Bonjour. — Bonsoir. 

Séiâmon ^aléïkoum, — Vé ^aléïkoum ous-sélâm. 

Comment vous portez-vous ? 

Ahsfâl'é choumâ tckè-toour est? — Démâgh-é ckoumâ tchâq-èst? 

Comment va votre santé ? 



/ai cÀ<i niâh, mizâdj'é chérif khoûh est? 



GRAMMAIRE PERSANE 99 

Très bien, grâce à Dieu ! 

Bèsyâr khoûh-èsi^ eUhamdou VlUâkl 

Je VOUS remercie. 

Èz marhamèt-é choumâ, — Èz loutf-é choumâ. 

Il y a longtemps que je n'ai pas eu le plaisir de 

vous voir. 

f x^y l^ C^j^^ C^\ Jju 

Mouddèttsty bè-khidmèt'é choumâ né^rasidèm. 

Vous n'êtes pas Souffrant? 

Nâkkochi ké nè-dârid? 

Vous m'avez totalement oublié. 

Bendè-râ bè-kollî fèrâmoûch fèrmoâdid. 

Est-ce possible! Comment vous aurais-je oublié? 



ÈstaghfiroU'llah ! Choumâ kéï èz khâtér-é ma firâmoûch 
kkâhîd chodl 



i_ 



«00 GRAMMAIRE PERSANE 

C'est vraiment ma faute. 

Ifaqîqàtâ, taqcîr dârèm. 

A 

Je crains de vous déranger. 

Mi ièrsèm, hè-choumâ zahmèt hâchèd. 

Vous êtes trop bon. 

Loutf' é choumâ ziyâd, — lltifâUé choumâ kèm né-chèyèd. 

Vous voudrez bien m'excuser. 

Ma'zoûr bè-dârld. — 'Afs> hè-fèrmâyld. — Bè-hakhchîd, 

Que votre fête soit bénie! 

*/rf-e chérif'é choumâ mouhârèkl 

Je vous félicite de votre nouvelle promotion. 

Mançah'é tâzè-ï choumâ mouhârèk ! 



GRAMMAIRE PERSANE lOl 

J'espère que nous nous reverrons bientôt. 

Omid'S'ârèm ké tckèndî nè-mî gozèrèd,yek'diguèrrâ hèhînîm. 

J'ai été bien honoré de votre visite. 

Mouchèrrèf fèrmoûdtd. 

Adieu. 

Khoudâ hâfiZ'é choumâ. — Khoudâ nigahdàr-é chouinâ. 



V 

Pour voyager. 
Les muletiers sont-ils retenus? 

Bâ tchârvâdârân qarâr dadè chod, r(t ne ? 

Nous partons demain matin. 

Ma, fèrdâ çoubhy harèkèt mî-konîm, 

6. 



102 GRAMMAIRE PERSANE 

Il faut envoyer ces tentes devant nous. 

Bâyed tchâdèr-hâ-râ pîch èz ma firistâd. 

En môme temps les mulets emporteront les tapis 
et le service à thé, 

On-vaqt qâtér-hû fèrch o èshâh-é tchâïrâ ham mî bèrènd. 

Levons-nous. 

Pâ chèvîm, — Bèr khîzîm. 

Combien de parasanges compte-ton d'ici à... 

Èz indjâ ta,,*» tchènd farsakh est ? 

Trouve-t-on de quoi manger en route? 

Dèr râh khoûrdèni péîdâ mUchèvèd^ yâ ne ? 

On trouve du pain, du riz, des œufs. 

^^ <y '-v, t^ r^'j 1/.3 ùt 

Nân hirindj o tokhm-é mourgh péïdâ mî-chèvèd. 



GRAMMAIRE PERSANE iOâ 

J'emporte de la petite monnaie. 

Poul'é khourdè mtbèrèm. 

II faut donner un pourboire aux porte-faix. 

Bâyèd hè-hammâlân bakhchichî bè-déhîm. 

Voyons si la selle, la sangle, la bride, le mors, 
les étriers sont en bon état. 

i t C^^y. jCj3 O^j jUj dtTj CjJ ^(cV- 

Bè'htnîm ké zîn o ieng o djiloou o dihanè o rikâb kkob-èst^ 
yâ ne ? 

• Nous avons de Torge et de la paille pour la nour- 
riture des chevaux. 

Bé-râï khorâki-é èspân djoou o kâh dârim. 

Les mulets ont un bât, et non une selle. 

Qâlér'hâ palan dârènd, ne zîn. 

Les muletiers sont commandés par le djilaudâr. 

Bé'is-é tckârvâdârân djUaoudâr^èst, 



104 GRAMMAIRE P£RSAI>1& 

Le chamelier marche trop lentement pour notre 
caravane. 

Bâ chotor-hân rèftèn dir mi kèchèd, 

Y a-t-il longtemps que les chevaux ont été mis 
au vert? 

Khaili vaqt-èst, èsp-hâ-râ hè-tchémèn bourâènd,yâ ne? 

Deux mois, car c'est en été qu'on le fait. 

Mouddet-é dou mâh-est, zirâ dèr tâhistân èsp-hâ-râ hè-^alèf 
mî hèrènd. 

Plus vite. — Plus lentement. 

Jl^ — ^JJ 

Zoûd, — Dir, 

Les mulets sont fatigués et nous sommes abattus. 

Qâtér-hâ khastè-ènd, o ma guiriflé-îm. 



Mettons pied à terre. 



Piyâdè chèvtm. 



p- •■»V, 



GRAMMAIRE PERSANE 10) 



VI 

Pour acheter. 
Parlez-vous persan? 

Fârsi h^rf mUzènîd, yâ ne ? 

Je le parle un peu. 

Kamî mî'tavânèm harf hè'Zènèm, 



Quelle heure est-il? 

Sâ'at ichènd est? 

Il est deux heures et demie. 



I Jil^- »ixU 



vl*-*| ^J JJ wC-L* 



Sâ^at doit nîm est. 



Allons au bazar. 



Bè-hâzâr bè-rèvîm. 



fjj, jOV. 



Le marché est-il loin d'ici? 



Bazar doûr-èst^ yâ ne ? 



A) L C^JJ3 j\'j\i 



i 



06 GRAMMAIRE PERSANE 

Non, c'est tout près. — Nous y voici. 

iN'è khaîr^ nèzdik est, — In-èstrasidîm, 

Passons d'abord chez le changeur pour y prendre 
de la monnaie ayant cours ici. 

Ei's'èl pich-é çarrâf hè'rèvim ké èz-ou po'uUé râîdj bè-guîrtm. 

Les marchands acceptent toutes les moniuûes 
d*or et d'argent. Ils ont chacun leur balance et 
pèsent toutes les pièces. 

yj\j <j^ — XlS^ ij J^i «^j ^J^ c-y y^ jliojjl» 



Bâzérgânân hèr nooiCtilâ o noghra qaboul mi konènd. — 
IJémè térâzoû dârèndy o hèr poûlî-râ m( sèndjènd (mî kèchènd). 

Voici la boutique de drapier qiie vous cherchiez. 

Iri doukkân-é mâhoût'foroûch est, ké mi khâstid. 

Avez- VOUS du drap de France ou d'Angleterre? 

Mâhoût-é fransèvî dârîd, yâ ènglisil 



GRAMMAIRE PERSANE 107 

Trouve-t-on ici des indiennes? 

aJ l ùy^ i^ cil C->- \>cJ\ 

In-djâ tchityâfl mî-chèvèd, yâ ne? 

Combien la coudée? la pièce? 

ZarH {jgazi) bè-tckènd? — Top-èch hèichènd? 

C'est trop cher. — C'est bon marché. 

Ziyâdè guirân-èst, — Erzân-èst. 

Cela ne vaut pas tant. 

In tckèndân nè-mi èrzèd. 

Cette pièce est fausse. 

Cm.1 Jii Jy jl 

In poûl galb'èst. 

Le changeur la prend avec utie petite perte. 

Çarrâfhû kèsr-é kèm mi guîrèd. 



108 GRAMMAIRE PERSAINË 

* 

Faites porter cette pièce d'étoffe chez moi par 
un portefaix. 

In pârtchè-râ hâ hammâli hè-khânè bè-frist. 

Je voudrais maintenant un cordonnier. 

Hàlâ ptch-é kèfch-doâz bè-rès'tm. 

Je ferai choix d'une paire de pantoufles et d'une 
paire de bottes. 

^plTlJb- <J^ C.ip- ^3 .•liTo.i^ dl i^T 
Oti'djà yèk djouft kèfch o yèk djoiift ichèkmè djoudd konim. 

Allons chez le sellier pour voir les harnais du 
cheval. 

Pich-c zin-sàz bè-rèvim, yarâq-é èsp nigâh konim. 

Voici des boutiques de marchand en gros, de 
boucher, de fruitier, d'épicier, de boulanger, do 
marchand de tabac. 



î;t dokhàn-hâï saqal-foroûch o qaccâb o bâr-foroûch o baqqâl 
o nâns'â o tembâko'forouch èst\ 



GRAMMAIRE PERSANE 109 

Je n'en ai que faire. 

In-hâ làzém nist, — In hè-kàr-é ma nèmi âyèd. 



VII 



Pour dîner. 



Garçon, venez ici. 



Bètchè'in, îndjâ bè-yâ. 



Que désirez-vous? 



Tché mi khâhid ? 



Qu'avez-vous à dîner? 



Tché ta'^âm dârid ? 






-V^l^ (^ <>- 






Nous avons du pilau, du mouton bouilli^ du rôti. 

jrjl.> ô\jj C-y oTj j>l 

Pélaou âb-goûcht o horyân dârim. 



110 GRAMMAIRE PERSANE 

N'auriez-vous pas des fruits? 

Mivè ha m ddrid? 

m 

Nous avons des abricots, des pêches, du raisin, 
du melon, des pastèques, des cerises, des fraises, 
des nèfles, des framboises, des oranges, des ce- 
drats. 

«^Çj cr>^ 4;ij-L>j •jj'-j jf^\j yt^j ^l^jj 

Zerddlou o chèftàlou o èngour o kharhozè o hindovdnè o 
guilàs o tchéguélck o èzguil o toumckèk o porioqâl o nârèndj 
dârim. 

Nous avons aussi des fruits secs, des figues, des 
amandes, des noix, des noisettes, du raisin sec. 

MM^hâ-ï khochk niz dârim^ èndjir o bâdâm o guèrdoii o 
fondouq mès'iz. 

» 

Avez-vousdulait? — Du lait caillé? du petit-lait? 

Chir hèst yà ne? -^ AI (ht? — Doùgh? 



\ 



GRAMMAIRE PERSÂMË 111 

Oui, monsieur. 



t^j. 



Baléf âghâ. 



Donnez-moi du vin. 



Chérâb bè-déh. 






Du rouge ou du blanc ? 



Siyâh yâ séfîd ? 



JLÂ^ u oUm* 



Votre eau est-elle fraîche? 

• "^ • • • 

^è-^ ^/2<£ya tazè'èst, yâ ne ? 

Nous la buvons dans des vases poreux. 

Aqlahy ma âh-râ bâ koûzè-ï qoumî mi khorîm. 

Donnez-m'en dans un verre, pour que je la goûtCé 

Kami dèr istékân bè-déhy ta bè*ichèchèmi 



112 GRAMMAIRE PERSANE 

Apportez nous du café. — Du thé. 

Qahvè hè-yâr, — Tchâi, 

Volontiers. 

Bè-tchèchm, 



Allumez une bougie. — Une lampe. 

ChamH hè-soùzànid. — Yèk tchérâsh roouchèn konid» 



Combien vous dois-je? 

Qarz-c mân tchènd-èst ? 



Ce sera ce que vous voudrez. 



JUbJb 






lier tché bè-déhid. 



Non, dites-moi le prix. 

Ne khaïr, hèr tché khardj-é mân chodé, bo-goit. 



GRAMMAIRE PERSANE 113 



VIII 



Pour faire venir un médecin. 
Appelez un médecin. 

ffakimt hè-ialahîd. 

Docteur, je VOUS ai envoyé chercher parce que je 
ne me sens pas bien. 

jjl^.1) c.^ o> ç.r»^ \yj ^---i> ^ 1,1^ J.C 



Hakîm^ choumâ-râ mî khâstèm^ zfrâ mèzâdj-èm khoh nist 
{ahvâl'èm hèhain khourdè-èst), 

Qu'avez-vous? — Où souffrez-vous? 

Tché'tân mî ckèi'èd? — Koudjâ-tàn dèrd mî konèd ? 

J'ai mal à la tôte. 

Dèrd-é sèr dârèm. 



H4 GRAMMAIRE PERSANE 

Depuis quand souffrez-vous? 

Ez kèï ta hâl dèrd mî konèd ? 

Depuis avant-hier. 

Ez pérî-roûz ta hâl. 

Après avoir éprouvé des frissons, j'ai beaucoup 
sué. 

Evrèl larzè guirift; pès èz-ân ^araq hèsyâr kèrdèm. 



Montrez-moi votre langue. 

I •• • • 

Zèhânétân-râ hè-bînèm. 



Donnez votre bras pour que je tâte le pouls. 

■•• • « "^ 

Dèstétûnrâ dirâz konîd, nahzétân-râ hè-binèm. 



Vous avez la fièvre. 

Tèh dârîd, ' 



« 



[ 



GRAMMAIRE PERSANE 115 

Avez-vous envie de vomir? 

Oar-é-tân mî âyèd yà no? — Dil-élân bèr-ham mî khourèd, 



ya ne r 



Vous avez beaucoup do bile. 

Oijlj jl-*» \ji^ 
Çafrâ bèsyâr dâvid. 

Il faut VOUS purger. — Il faut vous faire saigner. 

Moshil hây^d khourd. — Bèg zi'dèn laziin-èst. 

Mettez des sangsues sur Testomac. 

Bèr chikam-é-iân zâloû hogzârîd. 

Combien de fois allez-vous à la selle? 

Tchènd bar sèr-qadèm mi-rèvid? 

Urinez-vous fréquemment? 

Khciïlî téchèrchour mî kontd? 



» - .m ■ X j 



416 . GRAMMAIRE PERSANE 

Prenez un lavement. 

Imâlè hè'konîd. 

Toussez-vous? — Crachez-vous du sang? 

4î L -Vil (^ o^ ô^ ^-^ 3^ — *^ \ •^•^ t/ ^^ 

Sourfe mi konîdyyâ ne? — Ez sînè-tân khoûn mî âyèd^yâ ne? 

Couvrez-vous bien. — Tenez vos pieds chauds. 

Khod-râ khoh hè-poûchîd, — Pà-râ garni hè-guîrîd. 

Donnez-moi du papier et une plume. 

Kâghiz fjalèni hè-déhîd. 

Envoyez cette ordonnance chez le pharmacien 
(le droguiste). 

Xl^jii (jliaji|) j\J\^X IjAit»! fj\ 
In noskhè-râ hè-davâ-sâz (bè^'^altâr) hè-frisiid. 

C'est un purgatif. — Un vomitif. 

Davâ-ï kâr-kon est. — Davâ-ï mouqayyîst. 



-M h — ^ 



GRAMMAIRE PERSANE i17 

Prenez-le à jeun. 

Nâchtâ khorîd. 

Veuillez accepter ceci pour vos visilcs. 

Pâî-mozd-é choumâ qahoûl hè-fêrmâyid. 

Merci, monsieur. 

Lotit f-é choumâ ziyâd. 



lis CBAMMAIRE PERSANE 



MODELES DE LETTRES 



4i» ■** iS^^ tSy"^ t^j^ «t*^ ci^Uft jL.};^^» 

jLpl jl4i;i jl JU; JtLil C**^ Oj. flJH 4^ •j\yi^ 

m 

^yj\ ù^\jj Alil »^^^ iS ^^^ J^ cZ-P" f^,^ 

^l j^j^iT Ui Jii c^-t yjl i)y jj^« c;jL^ 

O dignitaire plein d'afTecti.on pour moi, mon pro- 
tecteur, mon très cher frère (que Dieu étende son 
ombre sur vous!), soyez toujours satisfait et en 
bonne santé. Après vous avoir exposé le désir que 



GRAMMAIHE PERSANE 119 

Moulâzimân-é 'otoufèt'pènâh^ malâzîy akhou'i a^azzî [mèddè 
zillahou !) hamvârè maqzi-l-nièrâm houdè, sélâmèt hâchènd, 
Ba^d èzizhâr-é ichtiyâq o ârzoûmendUi didâr-é fâïz-oul-ènvâr^ 
ma^rouz ân^ké èguèr tché bè-djihèt-è mévâni^é havâdisât o ve- 
qaVé roûzgâr, tchènd roûz èz dooulet-é molâzèmèt doûri o 
mèhdjoûrî roû dâdè^ ammâ Khodâ âgâh-èst ké djân o dil 
kèmîchè dèr khidmèUé an akhouî mî-bâchèd. Èz dèrgâh-é rahb- 
ouU^izzèt oumidvâr est kéy ^an qarîb^ perde ï moufâraqat èz 
miyân bèr khîzèd, o çourèt-é molâqât tchèhrè kouchâyèd, ké èz 
gham èlèm-é djoudâyï rèhâyt yâbîd, Kèrèm fèrmoudè ta dèr* 
yâfté chérèf'é hozour bè-nâmè o péïghâm kkoch-dil o ckâdkâm 
mî fèrmoudè bâchènd. Ziyâdè èz-în djésârèt namouden térk-é 
èdèb-est. Zill-é chouma mèmdoûd bâd ! 

j'ai de voir votre brillant visage, j'ai Thonneur de 
vous représenter que, bien que les événements et 
les vicissitudes de la fortune m'aient empêché pen- 
dant quelques jours de me rendre à mon service 
auprès devons, Dieu est témoin que ma vie et mon 
cœur sont toujours dévoués à votre cause. Je prie 
le Seigneur Très-Haut de faire disparaître le plus 
tôt possible le voile qui nous sépare, et de nous 
permettre de nous rencontrer, afin que vous soyez 
délivré des chagrins et de la douleur de Tabsence. 
Veuillez me faire le plaisir de m'annoncer votre 
présence par une lettre et un message. Si j'osais 
vous demander davantage, ce serait contraire aux 
règles de la politesse. Que votre ombre s'étende 
sur moi ! 



120 GRAMMAIRE PERSANE 



n 



jU- J^f^ jù vli^---* 1^^ <\x^\y ùù^t OcU Ail/bU 

^U. ^li^^î Ji>l^i- Li tî'j'. £^>- -^' *^^-H »:^'-^. 
vl.-l vjv^ 0^1 j Jj^ â^y A ^'^ ^x:5iir UUj 

C^\ (Sj\ cS^3 ^CfJ^* J^^ 

• » ^^^ ^ • 

Mon excellent fils, fruit de Tarbre de mon cœur, 
plante du jardin du désir, fraîcheur de mes yeux, 



GRAMMAIRE PERSANE 121 

Fèrzènd-é èrdjoumènd, sèmèrè-ï chrdjèrè-ï fou* ad, doouhè-ï 
hadiqaî moiirâd, qourrèt-oul-^aïn, Mohammed-é Hoséïn (tawal- 
Allah ^omrèh)j dou'â-ï férâvân o ichtiyâq-é hUpâyân moutâlaa 
nomâyènd ! Ahs'âl-é in hodoûd hè-khaïr èst^ o khaïriyèt-é an 
djiguèr gouchè matloûhé omîd^ ké hè-cikliat o 'âfiyèt hâchènd\ 
Haqïqat, rouzgâr-é în-djânéb 4}èr-Ui noou*^ est kè bèhash-é 
zaroûriyât èndèk mâ/iiyânè qana at nomoûdè^ hè-vâsitaî 
(iourb-é mésâfèt dèr serkâr khan nooukèr chodè; tchénântchè 
bèrât-è dou mâh dorost mi chèvèd, hèr-gâh vèdj-é bérât bè-dèst 
âmèdy khardj bè-râï choumâ khâhèd firistâd. Khâtér-è choumây 
bè-hémè èbs'âb, djam* dârend, Dèr khandèn o noitvichtèn sa'^y^é 
bèligh nomâyènd^ vé'OOuqât-é khodrâ bè-lèhv o laUt nè-gozè' 
rânond, o mèïl-é bâzi o témâchâ né-konènd kc vaqt-é yâd- 
guîriftèn-é honar o èdèb hèmin-èst [Micrâ"^.) 

Ghâfil mè-nichîny ké vaqUé hâzt-st. 

Tchigoûnègui'è èhvâl-è khod-râ mî novichtè bâchènd ké 
itmi'nân-é khâtèr guèrdèd, Ziyâdè tché novisèd? Ayyâm-é 
bèr-khordârî bè-^iFiâyèt-é hazrèt-é bâri dèr tèzâyod bâd! 

Mohammed fils d'Hoséin (Dieu prolonge sa vie!), 
que des vœux sans nombre et des désirs sans terme 
soient formulés en votre faveur! La situation de 
ces contrées-ci est bonne, et j'espère que vous 
êtes aussi, comme je le désire, en bonne santé. En 
réalité, mes aventures par ici sont les suivantes : 
une petite pension suffisant à tous mes besoins, je 
suis entré, grâce à la proximité, au service dfu 
Khan, de sorte que j'ai obtenu ordre de paiement 
pour deux mois. Lorsque le montant de cet ordre 
me sera venu entre les mains, je vous enverrai 
quelque chose pour vos dépenses. Que votre 
esprit soit tranquillisé de toutes façons; faites 
des efforts pour bien lire et écrire, et ne passez pas 
votre temps au jeu ; n'ayez pas d'inclination pour 
le jeu et les spectacles, car c'est à votre âge qu'il 
faut acquérir mérite et instruction. 

[Hémistiche,) Ne reste pas insouciant, car c'est le 
temps déjouer. 

Je pense que vous m'écrirez touchant votre po- 
sition, afin que je sois rassuré. Qu'ai-je à écrire de 
plus? Que les jours de votre prospérité s'allongent, 
grâce à la faveur du Créateur! 



122 GRAMMAIfte PËBSAr^E 



m 

j)j^ c^-'^i^* <:-.^w t5;^^^ ^y ^j^^y- j. 

om ju- jjh\ v^u- 3^ 'y^ -^j^ wV ^^ y*î ^^ vjV" 

jT ^J^\ JLtl ^/ C-\^i- t^jyj .ifSj jl aL-^- ^^ 
«iii-j Oïlc ^^^ S^yj j-'^*'^ ->•> ■îj'-'^* O^i^ ^J 

•■>>-> j^r^y. ^-^-V J'*^ j:^ o ^^j y--^ J^ crj^ 



ci;- jUr >^;p ^jTjlf ^X 

0^ JC^ ■>3jjî g-:* Jl-^. ,j-J 



O fortuné Mahmoûd-Khân, lumière de mes yeux, 
mortel heureux, Tégal de ma vie, que dis-je! plus 
cher que ma propre vie, de la part d^Ahmed-Khftn. 



GRAMMAIRR PEBSANE 123 

Berkhordârî'é nour-oul-èOçâriy khodjestè ats'âriy hèrâhèr-é 

djâiiy hèlké hèktèr èz djân, Mahmoud Khân-râ^ èz djânèb-é 

Ahmed Khân\ Ba'd èz doutât hèrkhordâvt o fèrâvàn djân- 

dirâzi, ma^loûm boudé bâckèd ké èhs'âl-é tn-djânèb bè-khaïr 

est, khaïriyèt'é an mâyè-ï mourâd peîvèstè èz dèrgâh-é Izèdi 

khâstè mt'bâchèd. llâhî an hèrkhordâr-râ bè-^âfiyèt dârâd I 

*Omr'€ *aziz-é àhod-râ^ tchoûn âb-é rèftè, mo'âvèdèt ne dârèd, 

dèr khandèn o no^'ichtèn çarfnomayèd^ o lakzè-ï èz-tn choughl-é 

khatîr èmré bi-nazîr ghâfil nè-bâchèd, ké hozorgân fèrmoûdè- 

ènd : 

Béït : 

Kèshé kémâlë kon, ké *azîz-é djéhân chèi'i; 

Kès bî- kémâlë hîtché nè-yèrzèdy '^azîz-é man, 

Ziyâdè dèrîn bâb tché ièèkid nomoûdè âyèd? llâhil Izdiyâd-é 

^omr hâd\ 

« 

Après les vœux que je forme pour votre prospérité 
et une longue vie, sachez qu'ici la situation est 
bonne, et que continuellement je demande à Dieu 
le bonheur de l'objet de mon désir. Que Dieu con- 
serve en bonne santé cet heureux mortel ! Je passe 
tous les instants de ma vie, qui, écoulés, ne revien- 
dront plus, à lire et à écrire, et je ne perds pas 
une minute sans m'occuper de cette œuvre impor- 
tante ; en effet, les sages ont dit : 

(f [Vers,) Cherche la perfection, pour être vénéré 
du monde; car, mon très cher, un homme impçir- 
fait ne vaut rien. 

Je n'ai pas besoin d'insister sur ce sujet. Mon 
Dieu ! prêtez-nous longue vie 1 



I2i GIUMMAIRE PERSANE 



IV 



^jT ^;u j\ o\ji» *âijL« »j^ ij'Z.^ c^aa'^^ 



A ma chère sœur, bonne et compatissante,' de 
la part de Kèrèm-oullah. Après avoir fait des vœu-x 
sans nombre et vous avoir souhaité longue et in- 
terminable vie, sachez qu^il est désireux de vous 
voir et de jouir de votre présence fortunée. Grâce 



GRAMMAIRE PERSANE 125 

Bè'khidmèt'é hamchirè-ï '^azîzè-ï mouchfiqè-ï mihribân, èz 
djânèb'é Ikèrèm-oullâhj doii'âï férâvân o djân-dirâzi-é bUpâyân 
moutâlaa nomoudèy khûiér-râ khâhân o ârzoûmènd-é molâqât-é 
bèhdjèt'âyâi-é djooud dânènd. Ahvâl-è in hodoûd {bè-kérèmi 
''r-Rèbbî H-mà'boûd) bèr nèhdj-é bèkboûd gozérân-èstj o khabèr 
sélâmèti-ï an hamchîrè mi bâyèd, Oumid ké bè-çihhat o 
sélâmèt bâckènd î MoiiddètVst ké khabèr-é khaîriyèt-é an 
hèmchîrè nè-rasldè; béna-bèr an, khâtèr moutérèddidi bâchèd. 
Yek dou sair bè-Fionsid, kè bâls-é ârâm-é khâtèr guèrdèd. 
Zîrâdè tché iacdV dèhèd ? Jyyâni'è hickmèt bèr dèvâm bâd\ 



au Seigneur adorable, la situation ici est excellente : 
mais il me faut des nouvelles de la santé de ma 
sœur. J'espère qu'elle est bien portante ; il y a bien 
longtemps que je n'ai reçu de nouvelles à ce sujet, 
aussi ma pensée hésite-t-elle. Écrivez-moi une ou 
deux lignes, pour que je me tranquillise. Je neveux 
pas vous ennuyer davantage. Que les jours de pros- 
périté continuent pour vous ! 



126 GRAMMAIRE PERSANE 



^^Ui:-! JVC jj jljjp ^^yM jT jll c^j I.C 
•ùyj^ cM *i^4* vi>55^ j'j-^^ «^^^ J'-^?- jV^^ 

^^3^ <^^ ^ -cL f^ jIj-v*aI JUi» ^jl «Oj^ j\ 

m 

J Li JL :^^J JjuA JUj je*-» j\yi J\J f>Ui fb 



La lettre, remplie de bonnes nouvelles, de mon 
ami affectueux, m'est parvenue alors que je l'atten- 
dais. Elle a délivré mon esprit soucieux des liens 
du chagrin et de la peine. Celui qui nous avait 
quitté a laissé entendre que nous nous rencon- 



GRAMMAIRE PERSANE 127 

Nâmè-Î farhèt àsâr-é an mou'nisé gham-gosâr dèr 'aïn-é 
întizâri rasid, Khâtéré èndoûhgutfi'rà èz qaïd-é gham o èlèm 
âzâd guèrdânidy on-ké izkâr-é djoudàyt nomoûdè, oumid-vâr-é 
molâqât'é héhdjèt'âyât fermoûdé hoûdènd^ Fi'l'vâqi\ în ârzoû 
èz taraféin dèr izdiyâd'èst, Charh^é àrzoâmendt-é dîdâr-é 
farhèt'âsar dèr deflèr^hâ nèmî gondjèd, Ez dergâh^é bâri-é 
mouié^âl oumîd'Vàr mUhâchèd ké sèhèhi sâzèd ké châm-é 
zolâm-é firâq bè-ènvâr çoubh-é vicâl mohèddèl guèrdèd, Bâqi-é 
ma fi^ Z'Zamir moouqoûf bèrouz-é molâqât! Ziyâdè tché novîsèd? 



trerions. Effectivement ce désir est extrême des 
deux paris. Si je voulais exposer en détail l'envie 
que j'ai de vous voir, il faudrait des volumes. J'es- 
père que le Créateur Très Haut trouvera moyen de 
changer en aube brillante la nuit ténébreuse de 
notre séparation. Ce que j'ai à vous dire du reste, 
je le garde pour le jour de notre rencontre; qu'é- 
crîrais-je de plus ? 



28 CRAMMAinE PERSANE 



VI 



JS^JI j^X ^J Jki^^ ciV fk^' w*^ ^^^ j\ Xn> 

ojlla^ lV^-« o^3*-a-« ^ojl-i wïlx^ ^^\/^ ^y^^ 
c5-^^j3^' 3y^ by^ X^U^i* jLJ Jf^^ Cl\ù J^* 



y^ 



Après vous avoir transmis mes salutations ami- 
cales, j'avise votre esprit généreux que votre lettre, 
désirable et sincère, que vous m'avez envoyée par 
l'entremise de notre seigneur aimé et compatissant, 
j'ai eu l'honneur de la lire, et en ai été très joyeux. 
Puisque la règle de l'amitié exige que Ton réponde 



GRAMMAIRE PERSANE 129 

Ba^^d èz sélâm-é mèhabbèt-ènàjânij inhà-ï zamir-é féïz pazir, 
on-ké mèktoub-é marghouhè çadâqal-oslouh,' kè machoûh-é inoou- 
Idnâ matlouh-é mihrihâni fèrmoudè houdènd, bè-motâla'^a'é on 
moucharraf guerdîdy o ènvâ-é châdmâni èfzoïîd. Tariqa-ï yèk- 
djihèti, on-ké hèmîn chivè-ï ^âtifèt-râ manzour dâchtè, tèdjviz-é 
nisyân nè-fermâyènd. Tchoiîn choouq-é ârioûmèndi bè Hbârèt 
nè-mi gondjèdj lâ'djèrèm bècafâ-ï bâtin-é fèiz-mavâtin havâlè 
nomoûd. 



par la même attention, veuillez ne pas nous oublier. 
Ne pouyant exprimer par des paroles le désir que 
j'ai de vous voir, je charge forcément de cette mis- 
sion votre cœur sincère et dévoué. 



130 GRAMMAIRE PERSANE 



PROVERBES 



Il a donné de l'eau de son propre cœur (il a donné 
de son propre argent). 

L'eau est devenue du feu (il y a du désordre, des 
troubles). 

L'eau coule dans votre ruisseau (vous êtes riche). 
Il a de l'eau dans l'œil (il est pauvre). 

Il n'a pas d'eau dans l'œil (il est éhonté). 
Eau sous la paille. 



•» • 



GRAMMAIRE PERSANE . 131 

.\ *U. ^U. C^y^ ^r >T 
La peau finit par aller chez le corroyeur. 

Il fuit la pluie en se mettant sous la gouttière. 

Cw-JLÎ jh^ J) aJ ùjj ^ j\ 

Il est descendu de cheval et monté à âne 
(d'évêque il est devenu meunier}. 

Qui a vu fidèles le cheval, la femme et le cime- 
terre? 

^^ • • • 

Les instruments travaillent et le maître se vante. 

Ce qui est dans la marmite viendra dans la cuil* 
1er. 

Ne frappez pas avec le doigt à la porte d'autrui, 
pour qu'on ne batte pas la vôtre à coups de poing* 



132 GRAMMAIRE PERSANE 

L'équité est la suprême dévotion. 

^j\X éJ»\s Cyip j^- j^\ 
Il ne sert à rien de battre le fer quand il est froid. 

D'abord réfléchir, ensuite parler. 
D'abord manger, ensuite parler. 
Voici la balle et voici la lice (courage!). 

Une feuille verte, c^est le cadeau du pauvre (on 
fait ce qu'on peut). De même : 

Le cadeau de la fourmi, c'est une patte de sauterelle. 
• Tu es venu de lo: môme à Tabattoir. 



GRAMMAIRE PERSANE 133 

Il a le pied à Tétrier. 

Il faut allonger le pied de la longueur du tapis. 
Le pied du flambeau est dans robscurité. 
Les cinq doigts ne sont pas égaux. 

Il se met une peau de chien sur le visage (il est 
impoli). 

(Voyons) ce que le ciel nous réserve. 

La flèche qui est partie de Tare ne revient plus. 

(Mauvais commQ une) lutte d'orlèvres. 

8 



134 GRAMMAIRE PERSANE 

%I«M#I •JC-i'U ««C^ 4>' 

Qui cherche trouve. 

^^^ J^ÔJ b^>- (S\ f;^JT 
Le flambeau n'éclaire pas son propre pied. 

Il a le flambeau sous sa robe (la preuve qu'il tient 
en réserve est toute prête). 

Il a l'œil déchiré (il n'a pa3 de honte). 



^^^ rT rr &" •=-'^^ r'-r 

Que l'œil droit n'ait pas besoin de Tœil gauche I 

Le bois tendre, les fourmis le mangent. 

Que le pèlerin voie le pèlerin à la Mecque (qui 
se ressemble s'assemble)* 

L'envieux ne se repose jamais. 



GRAMMAIRE PERSANE 135 

Une maison qui a deux maîtresses est poussière 
jusqu'aux genoux (elle est ruinée). 



L'âne est parti, il a emporté le licou. 
Il a fait passer son âne sur le pont. 
11 dort (insouciant) comme le lièvre. 

11 se vend lui-même (il vante sa propre marchan- 
dise). 

Il n*y a pas de remède à ce qu'on a fait soi-même. 

IL a mangé de Tail dans du nougat (on Ta 
trompé). 



136 GRAMMAiRK PERSANE 

Un mensonge avantageux vaut mieux qu'une vé- 
rité qui trouble. 

Soyez voleur, mais courageux. 
Le voleur non pincé est w\\ roi. 

•wH <J^ C^-^ù 

11 Ta trouvé le verre en main (chaque chose à sa 
place). 

Battez des mains, car ce qu'on a enlevé ne re- 
viendra pas. 

Mieux vaut un ennemi intelligent qu'un ami sot. 
Le cœur témoigne pour le cœur. 



GRAMMAIRE PERSANE 131 

ÙJ^Ù o\j Jjb Jj 

Le cœur sait trouver le chemin du cœur. 

Il a un bon petit cœur : tout ce qu'il voit, il le 
désire. 

«• • 

Fortune rapide ne dure pns, 

Viens tard, mais bien. 
Les murs ont des oreilles. 

Une marmite où il y a des associés ne bout pas. 

(Je demande) à toi la vérité, à Dieu la victoire. 

^ > Ia^ •Ij ^j é\j 

Soyez coupeur de routes si vous voulez, mais ne 
perdez pas de vue la voie de Dieu. 

8. 



138 GRAMMAIRE PERSANE 

Il faut se donner du mal pour trouver un trésor. 

^.^ ^.J. c/^^ 

11 a versé l'huile sur du sable (il a confié ses 
affaires à des sots\ 

Longue barbe, petite tête, signes de stupidité. 

Il a jeté sa fortune au vent. 

Des paroles douces font sortir le serpent de son 
trou. 

L'or blanc (brillant) est pour les jours noirs (pour 
consoler du malheur). 

Si le temps ne s'accorde pas avec toi, acccorde-toi 
avec le temps. 



GR/\MMAIRË PERSANE 139 

Il ne fait pas de mal à l'âne, il ne touche que le 
bât. 

Sous la coupe il y a une soucoupe (chaque chose 
a sa raison cachée). 

La parole est le miroir de Thomme parlant. 



Ecoutez d'un fou les paroles sages. 



^ij C^^ j\ O 



J 



V 



lia perdu le fil. 

Vinaigre gratis est plus doux que le miel. 

Le chien aboie, la caravane passe. 



i40 GHAMMAIRE PERSANE 



On ne mène pas un chien à la chasse contre sa 
volonté. 

C^\ ;^Xi^ ùy>- (S^^^ v!^- 
La pierre est lourde, quand elle est en place. 

lia un cœur de pierre. 

Le trou du rat vaut mille dinars (qu.and il faut se 
cacher). 

Le chameau qui veut du fourrage allonge latôte. 

Entendre n'est pas voir. 



La patience est la clef de toute chose. 



OIUMMAIRE PERSANE 14{ 

Une seule main ne fait jamais de bruit (il en faut 
deux pour battre des mains). 

L'homme intelligent n'est pas trompé deux fois. 

C'est après coup que le paysan réfléchit. 
L'excuse est pire que la faute. 

^f-^S ti^3 ji j^ <-ïb jjy^^ 

Il faut remédier aux événements avant qu'ils se 
produisent. 

JîW ^j-l5 Jilc 
L'homme insouciant ne peut devenir intelligent. 



Tant que tu as encore un souffle, jouis-en. 
L'étranger est comme un aveugle. 



142 GRAMMAIRE PERSANE 

11 a la manche (la main) large. 

La parole des hommes a une ame (les honnêtes 
gens n'ont qu'une parole). 

L'orfèvre connaît la valeur de Tor, le joaillier 
celle du joyau. 

Le couteau a atteint Tos. 

Jeter au vent la paille d'avant-hier (se vanter du 
passé). 

Loyer gratis exile de la ville. 
Personne ne dit : Mon raisin est aigre. 



GRAMMAIRE PERSANE 143 

Que demande l'aveugle? Deux yeux voyants. 

Le mendiant fait triste mine, mais sa besace est 
pleine. 

Il a mis le chat dans sa valise. 

Le chat, toute la nuit, voit une queue de mouton 
en songe (on espère toujours ce qu'on désire). 

m • 

L'affamé se bat avec le lion. 

Loups et brebis boivent ensemble. 

Tant que le serpent ne se tient pas droit, il ihî 
peut entrer dans son trou. 



144 (;kânmaire pkrsank 



jJ JL J> ^ j\ \jo:>j cl^ 1 



A linrorluné, il lui plcul des pierres de tous 
rolés. 

Ce n'est point Toiseau qui convient à ces figues 
(ce n'est point votre affaire). 

-\»'j <y j^f; Jj Ui w— aT c5j!^ ,j^ 
La mouche n'est rien el pourtant elle tracasse. 

Un cheveu ne tient pas entre eux (tellement ils 
sont attachés l'un à l'autre). 

Je j)arle du ciel, il me répond : Corde (se dit de 
gens qui ne s'entendent pas). 



L'hôte est sacré pendant trois jours. 



GRAMMAlRfc: PLRSAiNË 1^5 

^j\ù jUA- A>. ^^i- <iU- jj j^4 

La fourmi, chez elle, est aussi puissante que Sa- 
lomon (chacun est maître chez soi). 



Il retire un cheveu du lait caillé. 



Son pain est tombé dans le beurre. 

II arrache le fer du pied de Tâne mort. 
Dessin fait sur Teau (ne dure pas). 

Ne demande pas à la femme d'être fidèle. 



C'est du chien qu'il faut apprendre la fidélité. 

9 



146 (;R^M>i»MRE PKRSAXK' 

^^^^jjiiS iil jù <jL J^ s/^ 

li a aM& les d«iiûi f^Mds éadfts i»e BftéMe ehau^sutre. 

• • • • • ^ 

Là oii est le vent, taut est détruit. 

Ami de printemps (non celui des mauvais jours). 

Un seul « non... » et cent mille tranquillités 
(dans le sens de : la richesse ne fait pas le bonheur) . 



Une main et deux pastèques (il ne faut pas chas- 
ser d^ux UèA^ses à la fois). 

Tel puits, telle corde. 

Mille amis, c'est peu : un seul ennemi, c'est trop 

Quoi que vous fasse L'ai»!, c'est bien. 



MU m il mi[5£MPïJ«)i m wîim 



La transcriptian des voyelles en caractères latins 
est des plus embarrassantes, aucune langue d^Eu- 
rope n^ayant, au mt^me degré que le persan, une 
sonorité aussi abondante en môme temps qu'un 
vague aussi indéterminé, he fathéy notamment, est 
marqué par a dans les ouvrages écrits dans l'Inde 
ou composéssur des documents d'origine indienne ; 
il est transcrit par e dans les grammaires faites en 
Europe. Aucune de ces transcriptions n'est bonne ; 
mais a vaut encore mieux que e, qui n'est jamais 
assez ouvert dans la bouche des Européens et qui 
sonne comme i aux oreilles des Persans, ce qui 
produit sur eux un effet passablement ridicule. 
Nous pouvons poser les règles suivantes : 

1® L'a bref est intermédiaire entre a eiè (ouvert), 
il oscille entre ces deux prononciations : aussi le 
transcrivons-nous tantôt par a et tantôt par è, se- 
lon que cette transcription nous a paru se rappro- 
cher le plus de la prononciation des Persans. 



148 GRAMMAIRE PERSANE 

2® Vi l)ref oscille entre t et e (fermé); Vizâfèl, 
transcrit généralement i, devient souvent éy sur- 
tout après les syllabes fortement accentuées par la 
présence des lettres de prolongation. 

3® L'ô bref oscille également entre o et om; notre 
transcription donne tantôt une de ces lettres, tantôt 
Tautre, selon les cas. 

Comparez, à ce propos, les remarques d'A. de 
Biberstein-Kazimirski dans se^ Dialogues français- 
persans, pp. 10 et 11. 

On sait que la différence de prononciation entre 
le vâv et le yâ ôy^* et ces mêmes lettres ^^y^ 
n'existe plus en persan; nous n'en avons donc tenu 
aucun compte. Nous ferons cependant remarquer 
que la prononciation vulgaire Fèréïdoûn pour Fè- 
rîdoûn (Thraêtaona, Frêdoun), véïrân pour virân^ 
ruiné, mèïvè pour mlvè^ fruit, ooubâchtèn pour 
ôbâchtèn^ engloutir^ nous paraît fournir les traces 
d'une ancienne prononciation madjhoûl\ Vê et Vo 
auraient été remplacés par les diphtongues cor- 
respondantes èïQX. oon. 






TABLE DES MATIÈRES 



Page?. 

AvanT-Pkopos 1 

De l'alphabet. 6 

Quelques remarques sur la valeur des lettres .... 8 

Des voyelles 12 

Des signes orthographiques 14 

Des diphtongues. , *. . . 15 

De l'orthographe des mots arabes employés en persan , 16 

Du substantif. . , ' . .*.'.'.',*. . ». . 17 

De l'adjectif . » . ' 20 

Des degrés de comparaison 25 

Des noms de nombre 26 

Des pronoms 28 

Du verbe 31 

Des verbes irréguliers 42 

Du causatif .............. 48 

Des particules. — De Tadverbe 49 

— Des prépositions 55 

— Des conjonctions ....... 56 

— Des interjections 57 

Syntaxe. — Du substantif 58 

— De radjectif 60 

De la composition des mots . 61 

De la répétition des mots . , 65 

Syntaxe du verbe 66 

Delà composition des verbes . 68 

Prosodie . ^1 



(50 



TAULE DES MATIÈRES 



JVoms des jours de la semaine. 

— des mois lunaires arabes . 

— des mois solaires syriens . 

Mesures de longueur 

Poids * . * • 

Monnaies . ■ 

Chiffres 

Dialogues, I. pour descendre à terre 

— II. pour loger à l'hôtellerie 

— III. pour aller au bain 

— IV. pour une visite. 
•• V. pour voyager . 

— VI. pour acheter 

— VII. pour dîner . , 

— VIII. pour faire venir un médecin 

Modèles de lettres 

Proverbes, • * • . 

Note sur la transcription des voyelles . 



82 
82 
83 
84 
84 
85 
85 
86 
89 
94 
«i 
ÎU 

113 
Uê 

136 
147 



IMP. CAMiS BT C^^j PARi9. — SECTION ORIINTALK A. RURniN, AMaWS. 



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