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Full text of "Grammaire malgache: suivie de nombreux exercices"

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^ 



BIBLIOTH^QUE FRANCO-M ALGACHE 



GRAMMAIRE 

MALGACHE, 

SUIVIE DE NOMBREUX EXERGIGES, 



PAR 



AristideJIARRE 

Professeor de H&l&is et i% Javaoiis I TEcole sp^ide des laogies orieoUles Tivantes 

Menbre di I'lDstitat royal des lodes-Neerlandaises, de La Haj«, 

Correspondant de la Societe des Arts et des Sciences de Batayia, 

des Acadenies royales des Sciences de Lisbonne et de Turin, 

de I'Academie romaine pontitcale des NooYi-Lincei, 

des Academies de Messine et d'Acireale, 

de rinstitut geographique do Bresil, 

de la Societe des Sciences morales, des lettres et des Arts de Versailles. 



SECONDE EDITION 



SE TROII\E CHEZ LES PRINCIPAIIX LIBRAIRES DE PARIS ET DE VERSAILLES 



1894 
IMPRIMERIE VOSGIENNL 9, RUE DE LA CALANDRE, A £PINAL 



PL 



REPRODUCTION INTERDITE 
TOUS DROITS DE TRADUCTION RfiSERVfiS 



i-^5"in5-'^ ^^' 



A Monsieur Alfred GRANDIDIER 

MEMBRl DE l'iNSTITUT (aCAI>EMIB DBS SCIENCES) 
LE SAVANT EXPLORATBU& DB l'iLE DB MADAGASCAR 

Fanaj^na ny sakaiza ny marina ! 

Aristide MARRE, 

Villa Monrepos, a Vaucresson (Seine-et-Oise). 



Quelques mots en guise de Preface 



La langue malgache est demeurfie jusqu'a 
pr6sent comply tement ignorSe en France, mal- 
gr6 le puissant int6r6t qu'elle offre k notre 
pays, au point de vue politique et commercial. 
Depuis plus de deux cents ans Thistoire de 
Madagascar est intimement li6e k rhistoire de 
la France, et pourtant c'est en vain qu*on cher- 
cherait aujourd'hui sur toute T^tendue du 
territoire de la R6publique, un lieu oil Ton 
enseigne la langue malgache. Les grammaires 
compos6es jusqu'a present par les Mission- 
naires 6tablis a Tananarive sent rarissimes en 
France, etelles ont le grave d^faut de m6con- 
naitre les v6ritables fondements de toute gram- 
maire malgache, c'est-i-dire les principes m6mes 



- 6 — 

sur lesquels reposent les grammaires javanaise 
et malaise. 

Lalangue malgache estd'une prononciation 
douce et d*une orthographe facile ; elle est tr6s 
riche et tr6s r^gulifere dans ses formes et, k 
part quelques variantes sans importance de 
province k province, elle est la m6me d*un bout 
a Tautre de la grande He, k TEst ou k TOuest, 
au Nord ou au Sud. 

Toute la difficult^ de la langue malgache 
consiste a savoir trouverles mots-racines, k 
former leurs d6riv6s, et a bien connaltre Tem- 
ploi du verbe et des diverses espfeces de parti- 
cipes. En cela elle n*a rien qui ressemble aux 
langues classiques de Tantiquit^ grecque ou 
latine, non plus qu*aux langues vivantes de 
TEurope contemporaine. . 

Vaucresson, pr^s Versailles, le 31 aotlt 1894. 

Aristide MARRE. 



CHAPITRE I« 



De l'aLPHABET. — VOYELLES ET CONSONNBS. — 
PrONONCIATION. — DiPHTHONGUES. — De l'aCCENT 
TONIQUE. 

De toutes les langues orientales vivantes, la langue 
malgache est \^ seule qui emploie les caractferes 
latins, h Texclusion de tous autres caractferes Merits* 

Ualphabet aujourd'hui en usage dans Madagascar 
est le m^me que le n6tre, avec cette difference qn'il 
n'emploie pas les lettres c, q, u, x, et qu'il possfede 
deux nasales ng et gn, que nous figurerons ainsi : 
fi et n, et qui appartiennent aux alphabets malais et 
javanais. II se compose des cinq voyelles a, ^, i, o, y, 
et des dix-huit consonnes b, d, f, g, h, j, k, 1, m, n, 
n, n, p, r, s, t, v et z, dont les noms v^ritables 
6taient prononc^s jadis : ba, da, fa, ga, ha, dza, ha, 
la, ma, na, nga, gna, pa, ra, sa, ta, va, za', 
conform6ment k Talphabet javanais. 

Les dix-huit consonnes peuvent ^tre rang^es 
comme dans le petit tableau ci-contre ; Ton verra 
tout & Theure Tutilit^ de ce classement m<^thodique- 



— 8 — 



FORTES 


DOUCBS 


\ NASALES 


Trois gutturiales . . lia 


ga 


nga 


Trois palatales ... ja 


za 


na 


Trois dentales. . . ; ta 


da 


na 


Cinq labiales. . . . pa^ fa 


ba^ va 


ma 


Deux liquides, Ra et La. 






line sifflante, Sa. 






Une aspir^e, Ha. 







Prononciation des lettres. — Presque toutes les 
lettres de I'alphabet malgache se prononcent comme 
en frangais. II faut en excepter pourtant les voyelles 
e, 0, et les consonnes g^ j, hj n, s et t. 

En effet, la voyelle e n'est jamais muette et doit se 
prononcer e. Ex. : &^ (grand) ; ny lehibe (le chef) ; 
la voyelle o se prononce toujours ou. Ex. : ro (jus, 
sue) ; nono (mamelle) ; ronono (lait). Lorsque o 
monosyllabe indique un vocatif, il se prononce 6. 
Ex. : neny o (6 rnhv^V) Andriamanitra (5.'(6Dieu!) 
et, dans ce cas, il suit le nom au lieu de le pr4c6der. 

La consonne g se prononce comme le g frangais 
dans les mots gare, gomme, etc. ; elle n'a jamais le 
son adouci |ue nous lui donnons devant les voyelles 
Cj iy dans nos mots gemme, g6n6ral, girafe, girofle. 

La consonne j se prononce dz. Ex. : adalajery 
(absurde) ; jao (adolescent) ; mijoro (prier). 



- 9 — 

La nasale des gutturales h se prononce ngue^ en 
faisatit tr^s peu sentir le son guttural du g. Ex. : 
ngeza (honorable). 

La nasale des palatales n se prononce comme le n 
espagnol, c'est-&-dire comme gn dans nos mots 
frangais : digne, r6gner. 

Les Hovas n'ont aucune de ces deux lettres et 
prononcent le n sans le moindre son guttural ; ce 
qui a pour eifet de confondre des mots diffi^rents par 
le sens. Ex. : TYiamono (tuer) de vonOy et mamoiio 
(envelopper) de foho; manendry (toucher) de 
tendry, et mahendry (filer) de hendry; maniry 
(bourgeonner) de tsiry^ et mahiry (convoiter) AHry ; 
manolotra (presenter) de tolotra, et maholoira 
(c6toyer) de olotra. 

II est k remarquer que ces deux articulations 
nasales sent prononc6es avec beaucoup moins de 
force en malgache qu'en malais et javanais, et 
qu'elles se font k peine sentir chez les Hovas, mais 
elles existent n6anmoins dans toutes les provinces de 
Madagascar. 

S est toujours sifHant et ne se prononce jamais 
comme Z. Ex : Miasa (travailler), resy (vaincu), 
aroso (pouss6 en avant). 

t est toujours dur et ne se prononce jamais comme 
notre t entre deux voyelles ; Ex : mifanhatia (s'en- 
tr'aimer). 



— 10 — 

Vy, semi-voyelle, existait sans doute dans Tal- 
phabet maigache, comme en javanais et en malais, 
ant6rieurement au systfeme actuel adopts par les 
missionnaires chr6tiens ; mais cette lettre n'est plus 
maintenant que la voyelle /, avec laquelle elle ferait 
double emploi, si on ne lui avait assign^ la fonction 
sp6ciale de remplacer la voyelle i, k la fin des mots. 

Les diphthongues se r^duisent en r6alit6 k ai, ay, 
ei, eyj qui se prononcent comme ay dans notre mot 
ayant. En g6n6ral, deux voyelles de suite se pro- 
noncent distinctes Tune de Tautre. 

Ainsi ao se prononce aou, eo se prononce eou ; 
ia, ie, iOy oa, oa, oe, oij oy se prononcent i-a, i-^, 
i'OU, ou-a, OKre'f ou-i, ou-y. Ao, dans certains mots, 
se prononce comme notre diphthongue au ; ex. : 
izao (ce, cet), prononcez izau; aoha (assez), pro- 
noncez auha ; 

la, ie, io,oa, oe, oi, oy ne sont point des diphthon- 
gues, mais bien des syllabes commengant en r6alit6 
par les deux semi-voyellesj ya et wa, des alphabets 
javanais et malais, 6limin6es de Talphabet maigache, 
mais dont Taction a persists et se fait sentir quand 
m6me dans un certain nombre de mots malgaches. 
Ex. : to alao (prenez cela), prononcez iyou alaott ; 
ao ny tompo? (Monsieur est-il ici ?) prononcez aou 
ny toumpou. 



— 11 — 

Uae observation g6n6rale et importante est celle-ci : 
La voyelle appartenantii une particule pr^fixe ne doit 
jamais former diphthongue avec la voyelle initiale du 
mot-racine qui suit ; de m^me la voyelle appartenant 
k une particule suffixe ne doit jamais former diph- 
thongue avec la voyelle finale du mot augments de 
cette suffixe. 

Ainsi7na/^e*na(obscur)doitseprononcer?wam*na. 
maivana-tongotra (l^ger a la course), k la 
lettre (l^ger des pieds) se prononce maiva- 
na-toungoutrd ; 

hainoa ny hataKo (6coutez ma pri^re) se 
prononce hctinoua ny liataKou. 

II en est de m6me en frangais : la voyelle apparte- 
nant k la particule prepositive ne forme pas diph- 
thongue avec la voyelle initiale du mot-racine qui 
suit. Ex. : coaccus6, coalition, coefficient, coinci- 
dence, etc. 

Les syllabes an. en, in^ on, am^ em^ im, om^ 
alors m^me qu'elles sont suivies d'une consonne, 
doivent toujours 6tre prononc^es comma si les 
nasales n et m 6taient rcdoubl^es. Ex. : andriand 
(seigneur) ; angdno (conte) ; entdna (fardeau) ; 
inclrindra (tout k fait) ; ontany (question) ; amboa 
(chien) ; empon.empona (6tre essouffl(^) ; wiho 
(rnauvaise ocleur) ; OW^t/y CfornbT/ (bcrui). 



— 12 — 

Le malgache n'admet pas le redoubi^ement d'une 
consonne d6pourvue de voyelle ; il n'admet pas non 
plus deux consonnes diff^rentes se suivant imm^dia- 
tement sans voyelle interpos^e, k moins qu'elles ne 
soient pr6c^d6es de la nasale n, comme dans ndVy 
ntr,nt^. Dans rorigine, les articulations dr, tr, ts 
devaient^ s'^crire avec une seule lettre, k Tinstar du 
javanais. Les seules articulations complexes sont 
mb, mp, ng^ nk, ndy nt, ndr, ntr, nts: C'est pour- 
quoi les mots d'origine frangaise qui ont 6t6 adopt^s 
par les Malgaches sont adoucis par Tintercalation de 
voyelles euphoniques, toutes les fois que deux con- 
sonnes se suivent imm^diatement, Ex. : holdsy 
(cloche) ; biriha (brique) ; mosara (mouchoir) ; 
latdbatra (la table). 

Toute consonne a sa voyelle inh^rente et tout mot 
finit par une voyelle, d'oti Ton est amen6 k penser 
que Talphabet primitif de la langue malgache, com- 
plfetement inconnu aujourd'hui, devait 6tre comme 
celui du kawi, du javanais, du malais, du battak et 
des autres idiomes inalayo-polyn^siens, un alphabet 
purement syllabique. Remarquons, en passant, que 
les Malgaches donnent aux voyelles le nom de 
zana-tsoratra, c'est-&-dire enfants des lettres, de 
m^me que les Battaks de Sumatra disent anah ni 
sorat, ce qui indique clairement que les voyelles ne 
devaientMre pour eux, dans Torigine, que dessignes 



\ 

\ 



- 13 — 

orthographiques ajout^s aux consonnes ou m^res 
des lettres, comme dans le jaTanais. C'est ce qui 
pourrait encore servir d'explication k ce fait remar- 
quable que les Malais, en adoptant Talphabet arabe 
avec le koran, n'en ont conserve que les consonnes 
et, dans leur Venture, ne font point figurer les 
voyelles. Toute syllabe malgache se terminant par 
une voyelle, il en r^sulte cette consequence : Quand 
la syllabe finale d'une racine javanaise ou malaise^ 
est une syllabe ferm6e, c*est-^-dire form6e par une 
voyelle resserr^e entre deux consonnes, la derni^re 
de ces consonnes ne se retrouve pas dans le mal- 
gache, ou bien elle y estremplac^e par une des trois 
syllabes ha, tra, na. C'est ainsi que les Malgaches 
6crivent et prononcent soulou au lieu de souloury 
sara au lieu de sarat, fidy ou fily au lieu de pilihy 
fana au lieu de pandSy toutoutra au lieu de tou- 
toupy loumoutra au lieu de ioumout, sisika au 
lieu de sisip, hambana au lieu de kambar, toumi^ 
tra aji lieu de toufnit, soratra au lieu de sorat^ 
hetsika au lieu de osik^ houditra au lieu de koulit^ 
tsiouka au lieu de tiyoupj etc. 

De (accent tonique. — Chaque mot a son accent 
tonique. Get accent, dans les mots dissyllabiques, 
porte presque toujours sur la voyelle faisant partie 
de la p^nulti^rae syllabe, et donne k cette voyelle une 
prononciation un peu plus forte qu'aux autres. Ex. : 



— 14 — 

Rdvo (ravi) ; vdla (argent) ; vony (fleur) ; hd^o 
(arbre) ; Idha (t6te) ; mdso (yeux) ; vdva (bouche) ; 
volo (cheveux), etc. 

Quand le mot a plus de deux syllabes et se termine 
par une des syllabes ha, tra, na, Taccent tombe sur 
rant6p6nultifeme. Nous indiquerons par un accent 
aigu les Voyelles sur lesquelles tombe Taccent toni- 
que. Cet accent se d^place naturellement quand le 
mot s'accroit d'une nouvelle syllabe finale ; ex. : 
Mifdsa (m6dire) ; fifosdna (m^disance) ; fotaha 
(boue) ; fotdhina (boueux) ; v6no (tuer) ; vondina 
(tu6), e'tc. 

L'on comprendra tout de suite Timportance de la 
place qu'on assigne k Taccent, si Ton jette un coup 
d'oeil sur les mots suivants : 

Tdnana (main) et Tandna (village). 

Mdsina (saint) et Mctsina (sois saint !). 

Mandd (nier) et Mdnda (mur). 

Ldlana (route) et Laldna (loi). 

Les Malgaches, pour exprimer la diif^rence essen- 
tielle qui existe entre ces deux derniers mots, 
disent: Samihafa ny laldna sy ny ldlana: ny 
iray tandremana, ny tray aleha (Bien diif^rcntes 
sont la loi et la voie : Tune est pour 6tre observ6e, 
Tautre pour voyager.) 

Les racines monosyllabiques font exception k cette 
rfegle du d6placement de Taccent ; dans leurs d^riv^s, 



— 15 — 

Taccent ne cesse pas de porter sur la voyelle du mot 
racine. Ainsi de &e (grand), habezana (grandeur) ; 
do fo (coeur), manampd (avoir dans le coeur, avoir 
rintention) ; de fy (succulent), hafizana (bon go(it), 
ankafizana (que Ton savoure) et fanhafizana 
(assaisonnement exquis). de Id les d6riv6s : mandd 
(nier) ; Idvina (ce qui est ni6) ; fanddvana (nega- 
tion). 

L'on aura d6ja observe que la place de Taccent est 
absolument ind^pendante des particules pr6fix6es 
en t^te des mots racine, et qu'elle varie seulement ' 
sous rinfluence des particules. dites suffixes, ajout^es 
a la suite des mots racines. Ex. : du mot racine fosa^ 
inpifosa (un m^disant) sans d^placement de Tac- 
cent; du mot racine dnatra, midnat^^a (6tudier) ; 
mjndnatf'a (^tudiant) ; niimmpidnatra (maitre, 
instituteur) ; tandis que Ton prononcera en d^pla- 
Qant Taccent vers la droite fifosdna (m6disance), 
fiandrana (6tude) ; de la racine hevitra^ miheviti^a 
(penser), mpihevitra (penseur), tandis qu'on pro- 
noncera fiheverana (pens^e) en portant Taccent 
plus k droite. 

Dans les mots redoubles, c'est-^-dire composes k 
Taide d'un m6me mot t^^^Xt^ et ces mots sont tr6s 
fr^quemment employes en malgachc, comme en ja- 
vanais et en malais, Taccent tonique porte principa- 
leraent sur le second mot composant, c'est-a-dire 



— 16 — 

celui de la fin. Ex. : de lava (long), lavaldvcb (un 
peu long) ; kely (petit), helih^ly (un peu petit) ; 
Idvitra (loin), tavidrdvitra (un peu loin) ; lalina 
(profond), lalinddlina (un peu profond); miloka 
(coupable), melome'loka (un peu coupable). Une 
r^gle k peu pr6s invariable et sans exception relative 
k Taccentuation peut 6tre formulae ainsi : « V accent 
ne doit ja7nais s' eloigner de la fin d'un mot iHus 
qu'ci la syllabe ante-p4nultieme. » 

Dans toute syllabe finale suivant imm^diatement 
la syllabe accentu^e, la voyelle a un son affaibli ; si 
entre la syllabe accentu^e et la syllabe finale, il y a 
une syllabe interpos6e, alors la voyelle de la syllabe 
finale sera compl^tement muetle, coinme si le son, 
dou6 d'une certaine force en partant de la syllabo 
accentu^e, s'6tait amoindri k la syllabe suiyante pour 
venir s'^teindre en arrivant k la derni^re syllabe. 



CHAPITRE II 



Syllabes finales ktty tra, na^ dites syllabes 

MUETTES. — ChANGEMENTS EUPHONIQUES. 

> 

Une des diflficuU^s caract^ristiques que Ton ren- 
contre tout d'abord dans T^tude de la langue malga- 



— 17 — 

che, consiste dans la connaissance et la juste appli- 
cation des lois euphoniques qui modifient Tortho- 
graphe. Ces lois dont on n'a jamais trouv6 trace dans 
les Merits des Malgaches, ont 6t6 conserv6es dans la 
pratique du langage par Une sorte de tradition qui 
s'est maintenue k travers les sifecles. Si Teuphonie 
change ou supprime des lettres, voire m^me des 
syllabes, ces modifications s'opferent surtoutdans les 
prefixes verbales dont nous parlerons tout k Theure, 
et dans les terminaisons ka, tra, na, mises en con- 
tact avec les initiates des mots qui les suivent imm6- 
diatement. 

Trois regies d^temiinent nettement les change- 
ments euphoniques exig6s par les trois syllabes 
finales ka, tra, na. dites syllabes muettes. Nous les 
formulerons ainsi : 

i'° regie euphonique. — De deux mots qui se 
suivent, si le premier finit par ka, ou tra, et que le 
second commence par une consonne, la terminaison 
ka ou tra se supprime et la consonne initiale du 
second mot se change, savoir : 

f en p. Ex. : misika fary^ par CDphooie misi.pary (siiccr 

one eanne a SQcre). 
matahotra faty ^ — mataho.paty 

(qui cfaint la mort). 

2 



— 18 "- 

h en k. ^x. : mandpakahazo, — manapa.hazo 

(eonper do bois). 
fototra hevitrUy — foto.hevitra 

(idee mere). 
1 en d. Ex. : menaha lambOy — mena.dambo 

(graisse de pore). 
tongotra lehilahy, — tongo.dehilahy 

(pied d'konie). 
r en dr. Ex. : riaha rano, — ria.drano (con- 

rant d'ean). 
manjaitrararyy — manjaudrary 

(coudrennenatte). 
s en ts. Ex. : miondrikaso/ina, — miondri.lsdfi- 

na(baisserror6ille). 
tongotra saha^ — tango. tsaka 

(patte de ckat). 
V en b. Ex. : zanakavahoaha^ — zana.bahoaha 

(eDfant da peuple). 
elatra vorona, — ela.borona (aile 

d'oiseaa). 
z en '}. Ex.: zanaka zaf)/, — zanajafy («- 

riere-pctit-ils). 
e fair a zoro, — efajoro (qaadran- 

gulaire). 
Si le second mot, au lieu de commencer par une 
des consonnes sus-mentionn6es, commence par une 
voyelle, on se borne, comme on le feraitenfrangais, 



— 19 — 

a supprimer la lettre a de la terminaison Jia ou tra^ 
et k la remplacer par une apostrophe. 

1B.1L. \ Idvaka orona^ p&renplHiiue lavah' drona (troude 

Bez, Darioe). 
hevitra alahelo, — hevitr' alahelo (pensee 

de trisbsse). 

2^ regie euphonique. — De deux mots qui se sui- 
vent, si le premier finit par la syllabe na et que le 
second commence par une consonne, Ya final seul de 
la syllabe na se supprime et la consonne initiale du 
second mot se change, semblablement k ce qui vient 
d'etre dit, savoir : 

f en p. Ex. ; mihinana fy, paf copkoDie mihinam.py 

(bin boBoe ekere). 

h en k. Ex. : mandronaheloha — manaron, he- 

loha (acker uoe 
fwle). 

1 en d. Ex. : mandtona lapUy — manaton. da* 

pa(A\vti\%mi\. 

r en dr. Ex. : minona ranOy — minon. drano 

(koire de TeiB). 

s en ts. Ex. : manana saina, — manan.tsainu 

(avoir do jogeineDt). 

y enh.Exr, foronavarp aho, — forom.bary 

aho (je B'ai pins 
de riz)» 



— )iO — 

1 en j. Ex. : hate^ina zdvOna, — hatevin. javo^ 

na (epaissenr di 
brouillard)^ 

La consonne initiale du second mot se transfor- 
mant en une des deux labiales p ou b, lequel cas se 
pr6sente dans le premier et le sixifeme des exemples 
donnas ci-dessus, la nasale n de la syllabe finale na 
se transforme du m6me coup en la nasale m, qui 
appartient k la classe des labiales; c^est pourquoi 
Ton dit : mihinam^py, forom.hary^ manam.bola 
(poss^der de Targent), tanam.poza (patte de crabe), 
au lieu de mihinan.py, foron.bary^ manan.bola, 
tanan.poza, etc. — Si le second mot, au lieu de 
commencer par une consonne, commence par une 
voyelle, alors on supprime la lettre a de la syllabe 
finale na et on la remplace simplement par une 
apostrophe, comme dans la premifere rfegle et comme 
cela se ferait aussi en franQais. Ex. : foan* aty 
(creux) pour foana aty; i?aton' a^oncfro (bananier) 
pour vdtana ahondro ; volan' adala (parole insen- 
s6e) pour volana adala; halavan' ify (longueur 
des dents) pour haldvana ify ; fandildvan' ota 
(punition de la faute) pour fandildvdna ota. 

S? regie euphonique. — ^ De deux mots qui se 
suivent, si le premier finit par Tune des syllabes 
muettes ha, tra^ na, et que le second commence par 



— 21 — 

m ou n, .cette consonne initiale demeure intacte et 
ne subit aucun changement ; quant k la terminaison 
hay tra, na^ elle est supprim^e si Taccent tombe sur 
rant6-p6nultifeine, et conserv^e si le premier mot n'a 
que deux syllabes, ou bien si I'accent porte sur la 
p6nulti6me. 

Ex. : Manoraka maso, par cuphonie Manor a.maso 

(Jeter qd conp d'ffiil). 

Mihitroha nify y — Mihitro.nify 

(griDcer des dents). 

Varotra maty , — Varo.maty (mw- 

ehe conclo). 

Tombombarotrandsy, — Tombombaro. 

^o^2/(produitsderile). 

V67*ona mahery, — Voro.mahery 

[mm fort, e.-i-d. le 
faucon). 

Vdrona mahailala^ — Voro.mahailala 

(oiseauquisaitleelieiDiD, 
pigeon). 

Eka maro (assembl6e nombreuse) ; 

Nardtra mahafaty (blessure mortelle) ; 

Tandna mirova (ville fortifi^e). 

Les finales muettes ka, tra^ na. s'6crivent quel- 
quefois ky, try, ny ; mais alors Vy est muet comme 
Va cju'il TQmplace. Cela arrive surtout quand les 



— 22 — 

mots finissant par ha^ tra, na, sont suivis de Tar* 
tide np (le, la, les). 

Ex. : Zanaky ny mpanjqka.vavy (renfant de la 

reine) ; 

Ribahy ny tazo izy (il est abattu par la fi^vre) ; 

Raoin.raviny ny hazo (les feuilles de Tarbre); 

Manao ny ohatry ny fo (faire ses propres vo- 

lont^s). 



CHAPITRE III 



Des mots-racines et des mots derives. — Des 
particules prefixes, lois euphoniques qui les 

R^GISSENT ET MODIFICATIONS QU'eLLES APPORTENT 
A LA SIGNIFICATION DES MOTS-RACINES AUXQUELS 
ELLES SONT PR^FIX^ES. 

Nous distinguerons deux classes priixcipales de 
mots : les mots-racines et les mots derives. Les 
mots-racines sont les mots simples ou primitifs qui 
donnent naissance aux mots d^riv^s. En malgache, 
comme en malais et en javanais, les racines ont 
deux syllabes g6n6ralement ; parmi les mots-racines 
de trois syllabes, il en est un grand nombre qui sont 
terminus en Aa, tra, na, c'est-i-dire par une des 



— 23 — 

syllabes dites muettes. Les mots de plus de trois 
syllabes sont des mots d6riv6s, composes ou redou- 
bles. Quant aux racines monosyllabiques, elles sont 
extr^mement rares ; on n'en compte gufere qu'une 
dizaine qui soient des mots significatifs : be (grand) ; 
da (succfes, bonheur) ; fe (cuisse) ; ft/ (d^licieux) ; 
fo (coeur) ; la (fini, fait) ; ny (le, la, les) ; ra (sang) ; 
re (violence) ; rd (jus) ; to (vrai) ; vy (fer). II est k 
remarquer que ces racines se retrouvent presque 
toutes en k^wi, en javanais ou en malais. Les autres 
monosyllabes n'ont qu'une valeur expletive et d'ag- 
glutination ; ils jouent le plussouventle r61e d'affixes. 
La racine pent 6tre un substantif, comme rdno (eau), 
tdny (terre), afo (feu), tsioha (air), etc. ; ou un 
adjectif comme tsdra (bon), rdtsy (mauvais), fotsy 
(blanc), mena (rouge), lava (long), fohy (court), etc. ; 
ou un nom de nombre, comme telo (trois), dimy 
(cinq), fito (sept), zato (cent), arivo (mille), etc. ; 
ou un participe passe, comme efa (terming), azo 
(obtenu), voa (atteint), resy (vaincu), etc. 

Mots derive's. — Les mots derives sont ceux qui 
proviennent des mots-racines accrus de particules 
di verses qui se placent soit au commencement, soit 
k la fin, soit m^me dans le corps du mot-racine, tout 
de suite aprfes sa lettre initiale. C'est pourquoi ces 
particules portent les noms de prefixes, de suffixes, 
d'interfixes, suivant la place qu'elles occupent dans 



— 24 — 

la formation du mot d6riv6. Ces affixes jouent un 
r61e capital dans le malais, le javanais, les langues 
malayo-polyn6siennes et particuli^rement dans le 
malgache. Elles en sont comme la clef et, une fois 
connu le maniement de cet instrument, il devient 
facile de faire passer un mot-racine successivement 
sous les formes de substantif, d'adjectif, de verba . 
d'adverbe, et d'attribuer k chacune de ces formes la 
nuance propre quilui appartient dans le sens g6n6ral 
de la racine. 

Des prefixes. 

Au premier rang des prefixes, il faut mettre les 
prefixes verbales, c'est-^-dire celles qui servent k 
former les diverses espfeces de verbes et k les dis- 
tinguer entre eux. 

Ces prefixes sont marij maA, man, mam, manka 
pour les verbes d'action, mi pour les verbes d'etat, 
miha pour les verbes de progression ou de grada- 
tion, mian, miam, mitan, m4tam pour les verbes 
r^fl^chis. Dans les verbes malais, ces prefixes sont : 
me, men, meng, men, mem; dans les verbes java- 
nais : a, an, ang, an, am, 

L'on peut dire que dans les trois langues javanaise, 
malaise et malgache, tout verbe doit 6tre consid6r6 
comme appartenant a la voix passive, s'il n'est mo- 
difi6 par aucune pr6fixe. Lqs lois euphoniques qui 



— 25 — 

rfeglent Temploi des prefixes verbales sont simples 
et conformes'^ celles du malais et du javanais. 

Les deux rfegles fondamentales pour les prefixes 
des verbes actifs sont les suivantes : 

1** Dans la pr^fixe des verbes actifs, on fait entrer 
la nasale de la classe k laquelle appartient la lettre 
initiale du mot-racine ; 

2* Si rinitiale du mot-racine est une consonne 
forte, elle disparatt et laisse sa place k sa nasale 
correspondante ; si elle est consonne douce, on la 
conserve. 

Ainsi les nasales ^tant : 

h (ng) pour la classe des gutturales, 

n (gn) pour la classe des palatales, 

n pour la classe des dentales, 

m pour la classe des labiales, 
il s'ensuit, en vertu des deux regies 6nonc6es ci- 
dessus : 

1® Que ft (ng) s'emploie devant les gutturales k et 
^, "et que dans Torthographe correcte du verbe la 
forte k disparait, tandis que la douce ^ est conserv6e ; 

2° Que n (gn) s'emploie devant les palatales^" et Zj 
et que ces deux consonnes 6tant douces, toutes deux 
doivent 6tre conserv^es dans la formation du verbe : 

3" Que n s'emploie devant les dentales t et «?, en 
observant de supprimer dans la formation du verbe 
la fgrte t et de conserver la doupe rf; 



— 26 — 

4* Que m s'emploie devant les labiates p et b, en 
ayant aoin de supprimer^ dans la formation du verbe, 
la forte p et de conserver la douce b. 

Outturales : Devant une initiale de la classe des 
gutturales, devant une voyelle ou une aspir^e la pr6- 
fixe verbale est mafi. 

Ex. : iekaboha(couf)\iQni mah.aboha (donner des 

coups). 
kebona (l&ch6, non tendu), mah-ebona (re- 

IStcber, d^tendre). 
hekitra (morsure), mah-ekitr a (mordve). 
gaboka (tas, morceau), mah-gaboka (entas- 

ser, amonceler). 
geka (contrainte), mah-geka (contraindre). 
gina (en silence), mah-gina (faire silence). 

Dans ces exemples, le k initial disparalt parce que 
c'est une gutturale forte, tandis que le g initial est 
conserv6 parce que c'est une gutturale douce. 

Devant une voyelle ou une aspir^e, Teuphonie veut 
que Ton emploie la mSme particule pr6fixe mah. 

Ex. : de ady (blltme), mafi-ady (blitmer). 
ala (6t6), mafi-ala (6ter). 
efa (achev6, fini), mah-efa (achever, finir). 
ilo (lumifere), maMlo (6clairer). 
karo (melange), mah-aro (m6langer). 
karato (filet), mah-arato (p6cherau filet^. 



— 27 — ' 

Palatales: Devant les initiates palatales en malais 
et en javanais c'est la nasale ft (gn) qu'on emploie 
r^guli^rement ; mais en malgaohe les palatales j et z 
se rapprochant par leur prononciation dz et z de la 
classe des dentales, on les traite comme dentales et 
I'on forme ainsi : 

de jdnona (arr^t), manjanona (arrfeter). 
jobona (choix), ^nanjobona (choisir). 
jofo (poussifere), manjofo (couvrir de pous- 

sifere). 
jono (amorce), manjono (amorcer). 
Les mots-racines qui ont un z pour initiale, chan- 
gent z enj apr^s la pr6fixe verbale, Teuphonie ame- 
nant dans ce cas Tintroduction du d euphonique, 
puisque l6 J malgache se prenonce dz» 
Ainsi, de zaitra (couture), manjaitra (coudre). 
zava (clart6), manjava (rendre clair). 
zehy (empan), manjehy (mesurer par em- 
pans). 
C'est encore la nasale n (gn) qu'on emploie, lors- 
que le mot-racine a pour initiate laconsonne sifflante 
5, et comme cette sifflante est toujours forte et dure, 
en malgache, on la supprime suivant la r^gle ordi- 
naire, dans la formation du verbe. II en est de m6me 
en malais et en javanais. 
Ex. : sabdbo (execration), mafiabdbo (ex^crer). 

setroha({\im^e), manetrohaitsiivQ de lafum^e). 



■ % 



• 



!• 



k, « 
I 

J. 



r 
■ t 



^ 28 — 

sisa (restant, reste), manisa (laisser un reste). 
solo (remplagant), 7nanolOj (remplacer). 
soratra (6criture, dessin), Tnanoraira (6crire, 
dessiner). 
Dans la pratique habituelle, surtout dans le dia- 
lecte hova, on rencontre fr^quemment ces mots Merits 
et prononc6s avec la nasale n des dentales, mana- 
bdbo, manetroha^ manisay manolo, tnanoratra 
au lieu de T^tre avec la nasale n (gn) affect^e k la 
sifflante, k Tinstar du malais et du javanais. C'est 
une faute que tout lettr6 malgache devrait combattre 
et corriger ; il en r6sulte qu'un hova 6crit de la m^me 
manifere manisa (laisser un reste) et manisa (comp- 
ter, nombrer), tandis qu'il devrait 6crire "iuanisa 
(laisser un reste), et m,ahisa (compter, nombrer), 
par application des lois euphoniques indiqu^es ci- 
dessus, mais que malheureusement il ignore, aussi 
bien que les origines de la langue qu'il parle. 
Dentales : de tady (corde), manady (faire de la corde). 

taflha (expedition), m^anafiha (faire 

une expedition). 
tify (mince), manify (amincir). 
dddina (lien), m,andddina (Her, enla- 

cer). 
dio (purete, proprete), mandio (purifier). 
dity (coUe, gomme), mandity (coller, 
(gomraer) ; 



— 29 — 

drako (ami, camarade), mandrako 
(prejidre en amiti6, trailer en ami). 
Dans les trois premiers exemples, la dentale t dis- 
parait parce qu'elle est la forte de la classe des den- 
tales, dans les suivants la dentale d est conserv^e 
parce qu'elle est la douce. 
Labiates : de pako (colle), maniMko (coller) ; 

pinjy (chiquenaude), mam.injy (don- 

ner une chiquenaude) ; 
potraka (k bas), mam.otraka (jeter 

k bas) ; 
fana (chaud), ^naw^ana (chauffer) ; 
fandrika (pi^ge), r>iam.andrika{iQn- 

dre un pifege) ; 
fonty (mou), mamonty (amollir) ; 
valo{hmX\ mamalo (diviserenhuit); 
vambaka (aveu), mamdmbaka (con- 

fesser, avouer) ; 

vono (meurtre), mamono (tuer, mas- 

sacrer). 

Dans tous ces exemples, les initiales p, /*, v dispa- 

raissent apr^s la pr6fixe mam des labiales, parce 

qu'elles sont consid6r6es comme des labiales fortes. 

La consonne initiale b 6tant la douce des labiales, 

devrait ^tre conserv^e k la suite de la pr6fixe mam ; 

mais cette rfegle souffre de nombreuses exceptions 

dans la pratique, parce que souvent il arrive que 



— 30 — 

rinitiale b est trait^e comme I'initiale v, aveclaquelle 
elle permute. II en r6sulte que Ton trouve des formes 
co^xistantes, telles que celles-ci : 

mambdsiha ou mamdsika (d6vorer avec avidity), 
provenant de la racine bosika ; 

mambarahaiha ou bien mamarahaika (6par- 
piller), provenant de la racine barakaika; 

mambdbana ou inamobana (m6dire), provenant 
de la racine bobana ; 

mam.borpf mam.orVy vianabory (arrondir), 
provenant de la racine bory. 

Nous avons donn6 plus haut les deux regies eu- 
phoniques, en vertu desquelles les liquides r et Z se 
changent, la premiere en dr et la seconde en d, 
quand elles suivent imm^diatement Tune ou Tautre 
des syllabes muettes Aa, tra^ na; de m^me lorsque, 
d'une racine commengant par r ou /, on veut faire 
un verbe actif, il faut lui donner la pr6fixe man et 
transformer Tinitiale r en dr et I'initiale / en d. 

Ex. : de rafy (ennemi), mandrafy (avoir de Tini- 
miti^, de la haine) ; 

raharaha{occ\i^eX\oxi\niandraha.raha 

(donner de Toccupation) ; 
rangy (couleur), mandrangy (colorier); 
rantina (rang^e)^ mandrdntina (mettre 

en rangs); 



— 31 — 

lindona (ombre), mandindona (donner 

de rombre) ; 
loaha (trou), mandoaka (trouer, percer) ; 
lova (heritage), mandova (h6riter). 
L'emploi de la pr6fixe manha des verbes actifs ne 
souffre aucune difficult^. 
Ex. : de hala (d6test6), mankahala (d^tester) ; 
hery (force), manhahery (fortifier) ; 
" sitraha (agr6able), manhasitraha (faire 
plaisir, rendre agr^able). 
Pr6fixe mi des verbes d'6tat. — Si man et ses 
variantes mah^ man, mam,^ manha sont pr6fix6es 
aux verbes actifs, mi est la pr6fixe habituelle des 
verbes neutres ou verbes d'6tat. 

Si le mot-racine commence par une consonne, la 

pr6fixe m^i se place tout simplement devant cette 

consonne. 

Ex, : bodo (t^tu), mibodo (s'ent^ter, ^tre entftt6) ; 

boneka (tranquille), miboneha (se tenir 

tranquille) ; 
dabdboha (lourde chute), midabdboha (tom- 

ber lourdement) ; 
faly (joyeux), mifaly (se r^jouir) ; 
fondro (loyer), mifondro (se louer k gages). 
Si le mot-racine commence par une voyelle autre 
que e', me prend sa plaee de pr6fixe, sarts subir la 
moindre contractioi\. 



Ex. : de ahy (inquietude), mi.ahy (s'inqui^ter); 
asa (travail), mi.asa (travailler) ; 
Mtra (reflexion), mi.eritra (r6fl6chir) ; 
eky (consentement), mi.ehy (consentir) ; 
dla (agitatisn)^m.d/a (s'agiter) ; 
osa (debile, faible), mi,osa (se d^biliter, 
s'affaiblir). 
Si le mot-racine commence par la voyelle i, alors 
la voyelle de la pr6fixe disparait pour laisser la place 
k la voyelle initiale / du mot-racine* 
Ex. : de iditray7niditra (entrer), pour oni-iditra ; 
ila, mila (chercher), pour mi-ila ; 
imbona^ niimbona (vivre en commun), 

pour mi'imbona ; 

inona, minona (boire), pour 7ni4nona. 

Pr^fixe miha. — La pr6fixe miha^ que les Hovas 

prononcent mihia^ est la caract6ristique d'une classe 

de verbes neutres qu'on pourrait appeler gtaduels 

ou progressifs, attendu qu'ils signifient devenir 

graduellement dans T^tat indiqu6 par le mot-racine. 

Ex.:be (grand), 7nihabe (aller en grandissant) ; 

kely (petit), mi/iahely (aller en s'amoindris- 

sant) ; 
tsara (bon), mihatsara (aller en s'am6lio- 

rant) ; 
ratsy (mauvais), iniharatsy (aller en empi^ 
rant). 



— 33 — 

Prefixes mian, miaviy mitan, mitam,. — Ces 
prefixes caract6risent particuli^rement une classe de 
verbes neutres qu'on pourrait appeler verbes de 
tendance, car ils signifient : se laisser aller volon- 
tairement, ou bien ^tre dispos6, tendre & se mottre 
dans r^tat d6sign6 par le mot-racine. 
Ex. : treka (chute), miantreha (se laisser choir) ; 
bevy (en derive), miambevy (se laisser aller 

en derive) ; 
refiy (que Ton entend), mitandf^eny (cher- 
cher k entendre). 
L'application de ces prefixes verbales aux mots- 
racines se fait suivant les regies euphoniques d6ja 
connues et ne souffre aucune difficult^. 



CHAPITRE IV 



Particules interfixes et particules suffixes 

II y a quatre particules interfixes en malgache, 
savoir : a^np, if, in, oin, 
1* Amp; c'est Tinterfixe causative. 
Les verbes dont la pr^fixe est 7nan et cqmX dont 

8 



— 34 — 
ta prifixe est mi, en d'autres termes les verhes ac- 
tifs et les verbes neutres deviennent verbes causatifs, 
si Ton introduit dans 1e corps du verbe, imm^diate- 
mont apr^s I'm initials de sa pr^fixe la particule in- 
tecfixe amp. 
Ex. : mandeha (aller), mampandeha (fiiw Dtrd«r); 
manao (faire), mampanao (fairefaire); 
man,ffina{taiTe),m.ampanffina(iRiTe^iTe). 
miditra (entrer), mampiditra (faire entrer) ; 
mf&dt7Affl{sortir),ma»ij)ffeoaft«(fairesortir); 
mifoha (se lever), mampifoha (faire lever). 
3* If; c'est I'interfixe de r6ciprocit6. 
Si, dans la pr4fixe verbale active man, ou dans 
seR variantes m.afi, mam, m,anha, on insfere la 
j'Mrticule if immgdiatement aprfes \'m initiale, on a 
les nouvelles prefixes mifan, mifafi, m,ifam,, 
mifarika, et celles-ci, mises en tfete des verhes, en 
font dee verbee rSciproques. 
Ex. : mandadina (enlacer), mifandadina (s'en- 
tre-la'cer) ; 
mankatia (liner), mifankatia (s'entr'ainier) ; 
mamango (frapper), mifamango (s'entre- 

f rapper ; 
mandia (fouler aux pieds), mifandia (se 
fouler aux pieds les uns les autres). 
I.es verbes qui ont la pr^fixe mi, tels que mizaha 
(rtgarder), mitahy (aider), misoatra (remplacer). 



— 35 — 

etc., transform^s a Taide de Tinterfixe amp en 
mampizaha, mampitahy^ mampisoaira^ peuvent 
encore, par Tinsertion de la particule e/, se transfor- 
mer en verbes r6ciproques : 

mifampizaha (s'entre-regarder les uns les autres) ; 

tnifampitahy (s'entr'aider les uns les autres) ; 

inifarapisoatra (se remplacer les uns les autres). 

3" In] c'est Tinterfixe du passif. 

Avec cette particule interfixe, Ton fait d'un mot- 
racine un participe pass6 passif ; il suCfit pour cela 
d'ins6rer cette particule imm^diatement aprfes Tini- 
tiale du mot-racine. 

Bx. : fitaka (tromperie), finitaha (tromp6, ayant 
6t6 tromp6) ; 
jery (meditation), jinery (m6dit6, ayant 6t6 

m6dit6) ; 
tapaka (morceau), tinapaha (mis en mor- 
ceaux, ayant 6t6 mis en morceaux). 

Cette interfixe in est purement javanaise ; dans 
cette langue, elle a le m^me nom m, s'intercale 
absolument de la m^me manifere et produit le m^me 
efTet qu'en malgache. Ainsi ray ah signifiant piller^ 
rinayah signifie etre pille ; temou (rencontrer), 
Anemou (^tre rencontr^); tchariia (r^cit, narra- 
tion), tchinaritd (6tre racont6). 

^" Om; c'est Tinterfixe des verbes actifs-intransi- 
tifs. 



-- 36 ~ 

Avec cette particule, Ton fait d'un mot-racine un 
verbe d'action, mais intransitif ; il suffit pour celade 
rins6rer dans le corps du mot-racine, imm^diatement 
aprfes rinitiale. 
Ex. : soi^atra (lettre, dessin), somoratra (tracer 
des lettres, un dessin, tachet6, ray6) ; 
hehy (raillerie, ris), homehy (railler, rire) ; 
sisika (^cailles), somisiha (6caill6). 
Comme la pr6c6dente (m), cette interfixe est pure- 
tnent javanaise ; elle se prononce et s'6crit ouirij 
elle s*intercale de la m^me manifere et produit le 
m^me effet en javanais qu'en malgache. 
Ex. : dateng (arriv^e, venue), doumateng (arri- 
ver, venir) ; 
hambang (ce qui flotte), houmambang 
(flotter, 6tre flottant). 

Des suffixes. 

Les suffixes sont : a et ses variantes euphoniques 
ia, va ; e, o, ana, ena, ina. 

a et ses variantes ia, va, servent k former rimp6- 
ratif des verbes actifs ou neutres. Pour cela faire, il 
suffit d'ajouter k la fin du verbe la suffixe a, ou Turid 
de ses variantes euphoniques ia ou va, suivant la 
nature de la finale du verbe. 

Ex. : mihdro (m^ler), miharoa (m6l6) ; 
viifidy (choisir), ^nifidia (choisis) \ 
mitia (aimer), miticiva (aime). 



— 87 - 

Cette particule suffixe d6place Taccent et le porte 
vers la droite sur la voyelle de la syllabe qui suit. 

On trouve en javanais cette mftme suffixe a, avec 
ses variantes euphoniques ya et wa ; et de rn^me 
qu'en malgache, elle sert a former rimp6ratif des 
verbes actifs et neutres. 

Voici d'ailleurs les deux regies selon lesquelles 
s'opfere la formation de Timp^ratif : 1" Si le radical 
se termine par la voyelle a ou par une consonne, 
ajoutez-y ha. Ex. : and (6tre), dndhd (sois); 
mangkat (partir), manghdtd (pars). 2° Si le radical 
se termine par i ou par e, la voyelle a qui forme 
rimp6ratif est remplac^e par la lettre ya, et si le 
radical est termini par ou ou par o, la voyelle a est 
remplac^e par la lettre wa. Ex. : dadi (devenir), 
dadiyd (de viens) ; ganti (changer), gantiya (change); 
nouhou (acheter), nouhouwa (achate); bourou 
(chasser), bourouwa (chasse). D'od il r^sulte que si 
la semi'Voyelle ya avait 6t6 conserv6e dans Talpha- 
bet malgache d'oCi elle a 6t6 6limin6e, au lieud'6crire 
mifidia (choisis), comme dans Tun des exemples 
que j'ai donnas ci-dessus), il m'aurait fallu 6crire 
mifidiya^ comme dans le javanais, oCi ganti (chan- 
ger) diQvi^xii gantiya k Timp^ratif; dadi (devenir), 
dadiya{AQy\Qns) ; milih (choisir), milih.ya (choisis). 

En malgache, la suffixe e est une sorte d'interjec- 
tion qui termine g^n^ralement une exclamation et se 



— 38 — 

met aprfes un vocatif. Mais c'est aussi une suffixe 
qui se joint k Timp^ratif. Dans un petit nombre de 
cas, e remplace a, 
Ex. : avia a'hao e (viens !) 

leha raihy atsih'e (marchone ensemble !) 
En javanais, il y a pareillement une particule, la 
suffixe iy qui forme quelquefois Timp^ratif dans les 
verbes. 

La particule suffixe o se met k la suite d'un verbe 
passif pour former Timp^ratif. Mais si la lettre finale 
de la racine est d6j^ un o, la particule suffixe se 
change en y ou en vy^ pour Teuphonie. 
Ex. : /a^a(raconter),impcratif passif, lazao (soit racont6) ; 
Mro(m6ler), — haroy {^o\i m^\^) '^ 

feno (plein), — fenoy (soit rempli) ; 

tondra (porter), — tondrao (soit port6) ; 
atao (faire), — ataovy (soit fait). 

Des trois autres particules suffixes ana, ena^ Vna^ 
nous ne dirons ici qu'un mot essentiel : c'est que 
ana est la terminaison ordinaire des noms abs- 
traits, iBxiAi^ (\MQ ina est la terminaison ordinaire 
des participes passes passifs. 
Ex. : hdtsardna (bont^), ^dfearm'na (rendu bon, 

fait bon), de la racine tsdra (bon). 
La terminaison ena se rencontre k la fin du mode 
indicatif des verbes n'appartenant ni &la voix active, 
ni k la voix passive, mais k une troisifeme voix, 



^ 39 — 

propre au malgache, que nous nommerons voix re* 
lative et dont nous traiterons au chapitre des verbes. 
Lejavanais, parmi ses suffixes verbales, compte 
les particules finales an et ahen* 



CHAPITRE V 



Des mots redoubles 

Un des ph6nom6nes les plus curieux de la Unguis- 
tique, c'est assur^ment Texistence de cette forme 
rMuplicative des mots, si fr^quemment usit6e dans 
le maiais et le javanais, et surtout dans le malgache. 
Une foule de mots malgaches sont des m6ts redou- 
bles, en dehors m6me de ceux qui par leur signifi- 
cation semblent appeler cette reduplication parce 
qu'ils expriment par eux-m^mes un acte ou un mou- 
vement n4cessairement multiple ou r^p^te. 
Ex. : Riorio (promenade de tous c6te8). 
mibiribiry (rouler). 
hazahdzaha (course au galop). 
hitihitiha (chatouillement). 
havihavy (balancement). 
sangodina ( toupie ) , misangodingodina 
(tourner comme une toupie) -et mihelinke- 



— 40 — 

lina^ mihelihely ^mihehiheby ^ miverivery, 
qui sont autant de synonymes : Faire vi- 
brer se rend indiffi6remment par Mahetsi- 
ketsika, manetriketrika, manavotr6votra, 
manozonk6zona, etc. jOCi la forme redoubl^e 
s'explique par la r^p^tition du mouvement 
exprim6. 
Dans les mots composes d'un radical et d'affixes, 
le redoublement ne porte jamais sur ces affixes, c'est 
la racine seule qui est r6p6t6e.\ 
Ex.: de-^ry, mah.artdry (entourer). 
ahy^ mahahi.ahy (soupQonner). 
Wo, mi.riorio (r6der). 
leha, mandehandeha (aller q^ et I&). 
he7Hna, miherinkerina (tournoyer). 
vorovorOy mamorovoro (meiive en d^sordre). 
zevo-zevOy manjevozevo (m^langer). 
Dans la formation des mots* redoubles, on observe 
les m^mes lois euphoniques que dans la formation 
des mots d^riv^s, Ainsi, par exemple, si le mot donf 
on veut avoir la forme duplicative est termini par 
Tune des trois syllabes ka, trUy na, les rfegles h 
suivre nous sont d^j& connues. 

En effet, si le mot k redoubler finit par ka ou tra 
et commence par Tune des consonnes /*, /, r, 5, v, z, 
on retranche ka ou tra, syllabes finales du premier 
mot, et Ton change la consonne initiale du second 
mot, savoir : 



— 41 — 

f en p. Ex. : faoka^ mifaojpaoka (raser la terre). 
1 en d. Ex. : Idvitraj laviddvitra (on peu loin), 
p en dr. Ex. : riatra. rniriadriatra (se d6chirep). 
B en ts. Ex.; sdndrotra, manondro.tsondotra 

(pomper). 
V en b. Ex. : vadika, mi.vadi.badiha (se tourner 

en tons sens), 
z en j. Ex. : zaotra, mazaojaotra (se d^garnir). 

Si le mot termini en ha ou ira commence par A, 
on retranche seulement Va final du premier mot, et 
Yh initial du second disparait. 
Ex. : hetsihay hetsih.etsiha (agitation continuelle). 
hevitra, hevitr.evitra (reflexions). 
Si la consonne initiale est autre que celles indi- 
qu^es ci-dessus, on retranche simplement ha ou tra 
k la fin du premier mot. 
Ex. : dinika, dinidiniha (extreme petitesse). 

tsindrohaj tsindro.tsindroha (des bagatelles). 

taitra, tai.taitra (un peu effray6). 

Si c'est une voyelle qui est Tinitiale, on retranche 

simplement Va final du premier mot. 

Ex. : de afatra (cris), afatr'afatra (cris per^ants). 

efitra (separation), efltr.efitra (cloisons, 

compartiments). 
oliha (sinuosite), olih.oliha (en zig-zag). 
i7^aha (un envoys), irah.iraha (un commis- 
sionnaire). 



— 42 — 

Si le mot se termine en na, au lieu de ka ou tra, 
et commence par Tune des consonnes /*, I, r, s, v, Zj 
on retranche Va seulement de la finale na, et Ton 
fait les m^mes changements d'initiales que pr4c^- 
demment, avec cette difference que n devient m 
devant les labiates p eib. 
Ex. : fdtanaj mamotam.pdtana (entortiller) 

lempdnaj lempondimpona (des bas fonds). 
ramonUj miramon.dramona (mitcher). 
sdynbina^ sombin.tsombina (des parcelles). 
vonganUy mivongam.bdngana (mettre en 

plusieurs blocs). 
zdvona, kizaoon.javona (I6ger brouillard). 
Si rinitiale est Taspir^e h, on retranche Va final 
du premier mot, et cette initiaile dans le second mot, 
se change en la gutturale k ou g» 
Ex. : hdrindy miharin.kdrina (se d6rouler). 

hdzana^ mahazan.gdzana (faire le guet, 

6pier de tous c6t6s). 
helana, mihelan,ke'lana (passer et repasser 

souvent). 
hirina, mihiringirina (demi-clos, ferm6 k 

demi). 
hdzona, hozonkdzona et hozongdzona (se- 
cousse violente). 
Si rinitiale est une voyelle, on retranche simple- 
ment Ya final du premier mot. 



— 43 — 

Ex. : dvonay avon.dvona (orgueil). 

dnganaj mi.angan.dngana (baisser et rele- 

ver la tftte continuellement). 
^lanUy mi.elan.elana (espacer). 
ezana, mi.ezan.ezana (lambiner). 
osona, mah.oson.osona (accompagner par- 
tout). 
ozina, mi.ozin,dzina (pencher h droite et h 
gauche). 
Si rinitiale est d ou t, on opfere comme ci-dessas, 
c'est-&-dire qu'on supprime simplement Va final du 
premier mot. 

Ex. : derona, mi.deronMerona (faire le fanfaron). 
dona, 7nan.d0n.d0na (frapper k coups redou- 
bles). 
tofina, tofinMfina (d-marche d'un air im- 
portant). 
tolona, 7nifampi.tolon.tdlona (s'embrasser 

corps a corps). 
tovona, 7nanovon,tdvona (mettre en tas). 
Si rinitiale est p ou b Va final du premier mot dis- 
paralt, mais Vn se change en m. 
Ex. : bdntsina, bontsimbontsina (des enflures). 
pendina, pendim.pe'ndina (tachet6). 
pahina, pahim.pahina (qui a la vue trouble). 
Enfin, si rinitiale est m ou n, I'on retranche la 
syllabe finale na. 



^44 •- 

Ex. : marina, mari.mar'ina (sincere) 

mononaj mono.mdnona (murmures). 
ndmana, namaMamana (des compagnons). 
nantsdna, nantsa.nantsdna (des sons per- 
(^ants). 

De la signification des mots redoubles 

Dans les verbes, la forme reduplicative indique 
assez g^n^ralement la repetition de Facte, la conti- 
nuity du mouvement : 
Ex. : verina mi.verimberina (aller et venir) ; 
todika, mi.todi.todika (tourner et retourner 

la t^te) ; 
harina, mi.harin.harind (rouler sur soi- 

m^me) ; 
tery, maneri.tery (harceler); 
difiha, mandifi.difika (rebondir en s'epar- 

pillant); 
jefy, mijefijefy (se remuer en tous sens) ; 
kefo, mikefoMfo (etre tout essoufle, hors 

d'haleine) ; 
pdaka, mi.poa.poaka (faire explosion par 
plusieurs coups). 

Dans les adjectifs et les adverbes redoubles, la si- 
gnification est presque toujours minorative. Quand 
on veut indiquer qu'un adjectif redouble a un sens 



— 45 — 

augmentatif, on le fait suivre imm^diatement de Tad- 
verbe kohoa, mais alors il indique un comparatif de 
superiority. 
Ex. : adala (fou), adala.dala (un peu fou) ; 
' lava (long), lava Java (un peu long) ; 
help (petit), helikely (un peu petit) ; 
fotsy (blanc), fotsifotsy (blanchMre); 
mena (rouge), Tnena.mena (rouge^tre) ; 
menatra (honteux), mena.menatra (un 

peu honteux) ; 
lalina (profond), lalin.dalina (un peu pro- 
fond). 
lavitra (loin), lavi.davitra (un peu loin ; 
"inaraina (matin), marain.draina (un peu 

matin) ; 
meloka (tortueux), melonieloha (un peu tor- 
tueux). 
Dans les noms bu substantifs la forme redoubl^e 
indique g^n^ralement la plurality. 

Ex: : raharaha (des affaires); poa.poaka (des 
explosions) ; hotroh.otroha (des coups de tonnerre); 
afatrdfatra (des oris pergants). 

Sur quelques-uns d'entre eux la reduplication pro* 
duit le m^me effet minoratifque dans les adjectifs et 
les adverbes, mais c'est particuliferement lorsque le 
substantif redouble est precede de la particule hi ou 
tee'qu'il acquiert.un sens minoratif, et signilSe alors 



— 46 — 

un ^tre ou un objet en petit, en imitation, en mi- 
niature. 
Ex. : olonolona (ieshommes\ tsi.olon.dlona {ie& 
petits bons hommes) ; 
zazazaza (des eTiiBXi\%)yMzazazaza{iQ^Q' 

tits enfants, des poup^es) ; 
lakanddkana (des pirogues), tsi.lakan- 
ddkana (petites pirogues, imitation de 
pirogues) ; 
trano.trdno (des maisons), tsi-trano-trdno 

des maisonnettes, jouets d'enfants) ; 
lengadenga (desmensonges), kilengadenga 
(de petits mensonges, desfables,descontes); 
sambo (bateau), kisambo.samho (bateau 
d'enfant). 
Enfin, il convient de reconnaitre qu'en malgache 
bon nombre de mots redoubles n'aflfectent cette forme 
que pour Peuphonie et en vertu d'une sorte de gotlt 
et de propension naturelle pour Temploi de cette 
forme reduplicative. 

Cette forme reduplicative joue un r61e important 
en malais et en javanais ; dans ces deux langues les 
mots redoubles se rencontrent k la fois dans les noras, 
les adjectifs, les adverbes et les verbes. 

La reduplication y sert notamment k former les ver- 
bes frequentatifs et les verbes reciproques. C'est ainsi, 
pour ne parler que du javanais, que adou (dispute) 



~ 47 — 

sert k former le verbe fr^quentatif ngadou-adou 
(disputer sans rel^che, continuellement), andilat 
(lecher) le fr^quentatif andilat-dilat et nembour 
(cracher) le fr6quentatif nembour-nembour, Les 
verbes r^ciproques se forment en faisant suivre le 
verbe d'action de ce m6me verbe devenu passif griice 
h rinterfixe tn, plac6e entre Tinitiale du radical et le 
reste du mot ; ainsi de la racine rangkoul (embras- 
ser) ou fait le verbe r^cippoque : rangkouLrinang- 
houl (s'embrasser mutuellement, r^ciproquement^; 
de la racine soudouh (glaive) on fera le verbe r6ci- 
proque soudouk-sinoudouh (se percer mutuellement 
avec le glaive). 



CHAPITRE VI 



Des Parties du Discours. 



ARTICLE ET SUBSTANTIF 



II n'y a en malgache ni d^clinaisons, ni conjugal- 
sons comme dans les langues k flexions. Sous leur 
forme radicale, un substantif, un adjectif, un parti- 
cipe, un verbe n'ont rien qui les diff6rencie ; ce sont 



- 48 — 

les diverses particules prefixes, interfixes et suffixes 
qui donnent k chacun d'eux sa physionomie propre 
et son r61e caract6ristique dans la langue malgache, 
aussi bien que dans les langues javanaise et malaise. 
Nous devrions commencer T^tude des parties du 
discours par le verbe, k cause de son importance 
pr6pond6rante ; mais nous adopterons la division et 
I'ordre consacr^s par Tusage dans nos grammaires 
europ6ennes, et nous passerons en revue les dix 
parties du discours que nous d^nommerons comme 
dans nos grammaires frangaises ; Tarticle, le nom 
ou substantif, I'adjectif, le pronom, le verbe, le pai> 
ticipe, Tadverbe, la proposition, la conjonction et 
rinterjection. 

De l' article. 

On distingue, en malgache, deux sortes d'article : 
Tarticle dOfini etTarticle personnel. Ny^ Tarticle d6- 
fini, s'emploie devant les noms ou substantifs com- 
muns pris dans un sens dOterminO. Quel que soit le 
mot qu'il serve a determiner, ny est invariable et 
convient pour exprimer tout k la fois le masculin, le 
fOminin, le singulier et le pluriel. Ex. : ny loha 
(la tote), ny lehilahy (rhomme), ny vavy (la femme), 
ny ada (le pOre), ny reny (la mfere), ny trano (la 
maison), ny tompo (le maltre), ny andro (le jour), 
ny dlona (les gens), ny rdzana (les ancOtres), ny 



~ 49 — 

olona Farantsi (les Frangais). L'article ny plac6 
devant un verbe, un adjectif, un adverbe, le trans- 
forme en substantif. Nous disons de m^me en fran- 
gais : II en a perdu le boire et le manger ! Le bon, le 
beau, le juste, le vrai, voil^ ce qu'il faut aimer ! Le 
mieux est parfois Tennemi du bien ! Ce qui ne se 
fait que pour certains verbes, adjectifs et adverbes 
en frangais, peut se faire pour tous en malgache. 
Ex. : mahasoa ny "inisafary m. &. m. « trfes bon le 
voyager », pour « il est trfes bon de voyager » ; 

mmny ny miresaka ny fitiava'ho anao « doux le 
parler de mon affection pour toi ». 

L'article ind^fini n'existe point en malgache; 
Tomission de Tarticle ny suffit pour donner I'id^e 
d'ind6termination. C'est ainsi que si on ometTarticle 
d6fini devant les noms, ces noms acquiferent par ce 
fait m^me le sens ind6fini. Ex. : vary (du riz), olona 
(des gens), rdzana (des anc^tres), homana nofo 
(manger de la viande), omeo vary izy (donnez-lui 
du riz), mot k mot (soit donn6 du riz k lui), omeo 
rano aho (donnez-moi de Teau), m, km, (soit donn6 
de Teau k moi). 

L'article personnel i se place devant les noms pro- 
pres de personnes et de lieux. 

Ex. : i Adama CAdam), i Eva (Eve), i Fara, 
i Joary, i Koto, i Soa, i Farantsy (la France), 
i tany malagasy (la terre des Malgachesj ou i Ma^ 
dagashara (Madagascar). 4 



-- 50 — 

En outre, ilremplacequelquefoisrarticle d^fininy. 
Ex. : Aiza i ray? (oilI est le pfere?); Aiza i reny? 
(od est la mfere?) On Temploie au pluriel sous la 
forme ry, Ex. : avy ry ray (les pferes viennent) ; 
avia ry zaza (venez les enfants). 

Dans le dialecte hova^ les pronoms zaho (moi), 
anao (toi), reo (lui, elle, eux, elles) ou zareo^ sont 
usit6s sous la forme izaho, hianao, ireo ou izareo ; 
zao (ce, cela), zany (ga, cela). deviennent izao^ 
izany, par Tadjonction de Tarticle personnel i en 
t^te de ces pronoms. 

Remarquons en passant que cet article personnel 
i existe en javanais et en malais, sous la forme si^ 
dont la particule malgache n'est qu'une contraction. 

Plus loin, au chapitre des pronoms, nous rencon- 
tre rons de nouveau le monosyllabe ny, mais alors il 
ne sera plus article, mais bien pronom personnel de 
la troisifeme personne, employ^ comme adjectif pos- 
sessif. 

Du NOM ou SUBSTANTIF. 

Le nom ou substantif est invariable. II ne subit 
aucun changement pour marquerle genre, le nombre, 
le cas. Led seules modifications qu'il subisse pro- 
vienneht des exigences euphoniques. II en est de 
tn6me en javanais et en malais. 

Le genre, — Pour les noms de choses, le genre 
est incontiu eh tnalgache ; pour les noms d'6tres 



~ 51 — 

animus, on considfere comme 6tant du genre masculin 
les noms des m^les seulement, et du genre feminin 
les noms des femelles; et Ton distingue les sexes par 
Taddition des mots lahy (m^le) et vavy (femelle). 
Ex. : zanaka signifiant enfant, zanaha-lahy si- 
gnifiera (fils) et zanaJia-vavy (fille) ; 

amboa4ahif{c\i\Qn), amboa-vavy (chienne) ; 

inso-lahy (chat), piso-vavy (chatte) ; 

aomby-lahy (boeuf), aomby-vavy (vache). 
Du nonibre. — Le singulier et le pluriel d'un nom 
ne s'indiquent ^Taided'aucune modification apport^e 
k la forme mfeme du nom, mais ils sont indiqu^s suf- 
fisammentpar un mot auxiliaire, soit adjectif, soit 
adverbe, tels que iray, isa, raihy (un, une, un seul), 
sasany (tous, les autres), be (beaucoup), maro 
(plusieurs), rehetra (tous), etc. Quand il n'y a rien 
dans le contexte de la phrase qui denote express6- 
ment Tun des deux nombres plut6t que Tautre, le 
nombre reste plus ou moins ind6termin6, mais g6n6- 
ralement alors il doit 6tre consid6r6 comme 6tant du 
pluriel. Ex. : mambidy voanJiazo (vendre des 
fruits). Le pluriel des noms ou substantifs est encore 
indiqu6 par la reduplication. Ex. : zanah-ho (enfant 
de moi, mon enfant), et zdnak-anah-ko (enfants de 
moi, mes enfants). 

Liffeiaentes classes de no^ns. — Les noms ou 
substantifs peuvent se diviser en deux grandes 



— 52 — 

classes ; les noms racines et les noms derives, 
Les noms racines sont la plupart de deux syllabes ; 
ex. : tany (terre), rano (eau), vato (pierre), hdzo 
(bois), tdzo (fifevre), fify (joue), maso (oeil), toro 
(sommeil). Beaucoup de noms qui, h, premiere vue, 
paraissent 6tre de trois syllabes, ceux terminus en 
ha^ tra, na, syllabes dites muettes, se prononcent 
comme s'ils n'avaient que deux syllabes ; ex. : tan- 
goha (surdity), lahitra (ciel), tahona (palanquin), 
se prononcent tangoh, lafiity tahon, 

Les noms derive's sont formes de la racine et de 
particules prefixes et suffixes. On peut les r^partir 
en sept categories ou classes. 

Premiere classe. — Les noms de cette classe 
ont pour initiale la consonne labiale foxxfa, qui peut 
devenir /?, /o, selon les exigences de Teuphonie, et 
qu'on appelle lettre d'haMtualite\ Elle s'applique 
aux noms de choses, leur donne un sens passif, en y 
ajoutant une id^e d'habitude. 
Ex. : de tao (faire) derive le nom fatao (ce que 
Ton fait habituellement) ; 
de manao (faire), en usage dans le dialecte 
hova particuliferement, derive fanao (ce 
que Ton fait habituellement, et par 
extension : coutumes, usages) ; 
de hdnina (nourriture), fohanina (nourriture 
habituelle), en hova : fihinana^ du ra- 
dical hinana; 



- 53 — 

de la racine leha, qui a le sens de mar- 
cher, voyager, faleha (marche fr6- 
quente, habituelle) ; 
de miaro (garder), fiaro (chose qui garde, 
objet ou instrument qui garde, qui ga- 
rantit ou preserve). 
Ainsi fiaro-orana (qui garde contre la pluie, pa- 
rapluie) ; 
fiaro-rivotra (qui garde contre la brise, le 

vent ; paravent ; 
fiaro-vdratra (qui garde du tonnerre, pa- 
ratonnerre). 
Deuxieme classe. — Les noms de la 2« classe ont 
un sens actif et d^signent g6n6ralement des per- 
sonnes, agents d'actes habituels. lis ont pour marque 
caract6ristique la particule pr6fixe mpan ou mpi 
form6e par la labiale Pf intercal6e dans les prefixes 
man et mi des verbes d'action. 
Ex. : miady (combattre), m^piady (combattant) ; 
manao (faire), w^panao (facteur, agent) ; 
mandeha (marcher), m/^an^^^/^a (marcheur); 
mangdlatra (voler), mpangdlatra (voleur); 
m^amdno (tuer), mpamdno (assassin) ; 
miaro (d^fendre), ^npiay^o (d^fenseur, avocat); 
rm«5a(travailler), mpiasa (travailleur, onvrier); 
TTiisikidy (exercer la divination), mpistkidy 
(un devin); 



— 54 — 

mikabary (publierune nouvelle), mpikabary 

(crieur public) ; 
mivdrotra (vendre), mpivarotra (un ven- 

deur, un commmergant) ; 
miandry (garder), mpiandry (garde) ; mpi- 
andri'tsabo (garde-champ^tre); mot k mot : 
qui garde les champs, les plantations. 
Troisieme classe, — Les noms de cette classe sont 
tous des noms abstraits, ils sont formes simplement 
k Taide de la pr^fixe ha, sans adjonction de sufflxe. 
Les noms de cette classe sont rares et cette forme 
n'a pas son 6quivalente particulifere en javanais ni 
en malais. 
Ex. : tsara (bon), hatsdra (bont6) ; 

ratsy (m^chant), haratsy (m6chancet6) ; 

dio (pur), hadio (puret6) ; 

lava (long), haldva (longueur) ; 

zdva (clair, transparent), hazava (clart(5, 

transparence) ; 
izifia (obscur), haizina (obscurity) ; 
lalina (profond), halalina (profondeur). 
Quatrieme classe. — Cette classe comprend les 
noms formes k Taide de la suffixe ana seulement, 
sans aucune pr^fixe. Ils sont appel^s quelquefois 
substantifs-participes, parce qu'en eflfet, ils ressem- 
blent aux participes et par le sens et par la forme. 
Ex.: defe/iy (lien), fehiana (ce qui est resserr^ par 
WW lion, \m fajsceauj une bottCj etc), 



'«* 55 — 

toho (tr^pied de foyer), tokoana (ce qui est 

supports par le tripled). 
tapy (s^cher), tapasana (objets exposes au 

sec). 
tamy (entrer, p^n^trer), tamiana (par oh 

Ton p6nfetre, porte, ouverture). 
volona (gros pli), volonana (6toffe k gros 
plis roul^e. 
Ces noms en javanais ont un sens passif, ils indi- 
quent la chose sur laquelle retombe Taction du 
verbe. En javanais begal.an exprime la chose vol6e, 
du radical begal (voleur) ; de gadah (poss6der) ga^- 
dah.an (la chose poss6d6e); de telouk (se soumettre), 
telouk.an (qui est soumis) ; de rountouh (tomber en 
mines), rounfouh-an (des mines). II en est de m^me 
^n malais. 

Cinquieme classe. — Noms d6riv6s des verbes 
d'action, ayant un sens actif et formes k Taide de la 
particule pr6fixe, fa, ou /?, ou fafl et de la par- 
ticule suffixe ana, 

Ex. : de mandeha (aller, marcher), fandehdnana 
(voyage). 
mahanatra {\n^Xnx\vQ\ fahanarana (ins- 
truction). 
mahana {ipo&B6deT),fahanana (possession), 
^n^a^a (travailler), fiasdna (instrument de 

travail, outil). 
mcimQ'^0 (tuer)^ famonoanct (tuerie), 



— 56 — 

mampody (restituer), fampodiana (resti- 
tution). 
manangana (r^tablir), fananganana (r6ta- 
blissement). 
En javanais, cette cat6gorie de noms est caract^- 
ris6e par la pr^fixe pa ou sa variants euphonique 
pan et par la suffixe an^ en malais par la pr6fixe 
pe ou pen et par la suffixe an. 

Sixieme classe. — D6riv6s formes k Taide de la 
pr6fixe/ia et de la suffixe ana^ proviennent des 
verbes ou des adjectifs ; ils sont trfes nombreux et 
presque toujours ils expriment des noms abstraits. 
Ex. : Ota (se tromper), haotdna (erreur, faute); 

robaha (d^truire, miner), harobdhana (6tat 

de ruine) ; 
tia (aimer), hatiavana (amour)) ; 
vesoha (6tre press6), havesohana (empresstmcDt) ; 
velona {wi\re, exister), havelomana (existence); 
tsara (bon), hatsardna (bont6); 
ratsy (mauvais, m6chant), hay^atsiana (m6- 

chancet^) ; 
adala (fou), hadaldna (folie) ; 
fohy (court, bref), UafoMzana (brifevet^) ; 
falifaly (joyeux), hafalifaliana (joie, jubilation); 
sahy (brave), fiasahiana (bravoure); 
mora (facile), hamordna (facility). 
En malais et en javanais cette classe de noms 



— 57 — 

existe, absolument la m^me qu'en malgache ; seule- 
ment la pr^fixe est ka au lieu de ha^ I'aspir^e mal- 
gache permutant trfes souvent avec la gutturale forte 
du javanais et du malais, et la sufiixe est an au lieu 
de ana, Ainsi de moudah (facile) les Malais font 
moudali.an et ka.moudah.an (facility), de mourah 
(liberal) les Javanais font ka.mourah.an (Iib6ralit6). 
Septieme classe. — Noms d6riv6s formes k Taide 
de la pr6fixe faha et de la suffixe ana. Ces noms 
sont encore des noms abstraits comme ceux de la 
classe pr6c6dente, ils n'en diffferent, quant k la forme^ 
que par Tadjonction de la pr6fixe /*a, et quant au sens 
que par une nuance due k Tid^e d'habitualit6 inh6- 
rente k cette pr^fixe fa elle-m6me. 
Ex. : hatsarana ou fahatsardna (bont6) ; 

haratsiana ou faharatsiana (m^chancet^) ; 
. hadidvana ou fahadiovana (puret6) ; 

havozoana ou fahavozdana (paresse) ; 

hadalana ou fahadaldna (folic) ; 

hafohezana ou fahafohezana (bri6vet6) ; 

haotdna ou fahotdna (erreur) ; 

hahendrena ou fahendrena (sagesse) ; 

hafantarana ou fahafantarana (connais- 
sance, intelligence) ; 

halaldna, ou fahalaldna (science, entendemcnt). 
Hatsardna (bont6) indique un acte de bont6, ac- 
compli dans une circonstance particulifere, tandis 



— 58-. 

que la forme fahatsarana indique la bontd en elle- 
m6me, c'est-^-dire la nature bonne^ haMhtelle, qui 
est comme la source et le principedesactesde bont6. 
Cette observation est applicable k tous les noms ou 
substantifs donn6s ci*dessus en exemple, et marque 
la nuance qui caract^rise g^n^ralement la significa- 
tion des deux formes mises en regard. 

Noms propres de personnes. 

En parlant de I'article, nous avons dit que Tarticle 
personnel i se mettait devant les noms de personnes 
et de lieux. Nous devons ajouter ici que la particule 
pr^fixe Ra se met devant les noms propres de cer- 
taines personnes seulement, comme marque de res- 
pect ou comme titre de noblesse. Ex. : Radama^ 
Ranavalona, RahotOy Radilofera, Rabibisoa, 
Ramanankivahina. Ces trois derniers noms sont 
ceux de jeunes Malgaches qui sont venus, il y a 
quelques ann^es, completer leur instruction h Paris. 

Noms propres de peuples ou agglomi^rations 
d'habitants dans Madagascar ' 

La plupart de ces noms commencent par antan, 
ou ses variantes euphoniques antam, anti. 
Ex. : antanala, habitants des bois ; de ala (bois) ; 
antandsp, habitants des lies, insulaires ; de 
^tdsy (tie) ; 



— 59 — 

antdndranOy riverains ; de rano (eau) ; 
antanhoala, habitants de la grande baie ; 

de hoala (baie) ; 
antanindrana, habitants de la campagne, 

campagnards ; de indrana (campagne) ; 
antankaranUy habitants pr^s des rochers ; 
antimenabey habitants du Menab6 ; 
antimahabo, habitants du Mahabou ; 
antibo^ny, habitants du Bou6ny ; 
antantety, habitants de I'int^rieur. 
En hova, le mot antdnond signifie proximite. 
De \ky tr6s probablement, Temploi de la pr6fixe 
antan (prfes de). 

NOMS PROPRES DE LIEUX AU PAYS DES MaLGACHES 

En Madagascar, la plupart des noms de lieux 
coramencent par a, an, am, formes contract^es eu- 
phoniques de any. 
Ex. : anJanan.arivOy nom de la capitale — aux 
milie villages ; 
anJaneti.b^, au grand plateau ; 
an.tany.menay k la terre rouge ; 
am.batOj au rocher ; 

am.bohi.drdvinaj k la coUine des feuilles ; 
a.moron.davay k la longue rive ; 
am..pasin,davay au long sable ; 
^m^piha^V^anay k le^ reunion j 



— 60 — 

^ am.bava^rano.tohyj k la baie du camp, 

m. ^ m. & la bouche de Teau du camp ; 
ant.saha, k la riviere ; 
am.balihay au bambou ; 
am.bararata^ au hararata (espfece de 

bambou mince et long) ; 
an.hazcmay^ k Tarbre brills ; 
am.bohi.pena, h la colline pleine ; 
am.bohi.inalaza, k la colHne c6lfebre ; 
an.kazo.tokana, k Tarbre unique ; 
an.dahana^ k la pirogue ; 
am.bohi.bao, k la colline neuve. 
Des noms composes. — Nous appelons nom 
compose celui qui est form6 par la reunion de deux 
ou plusieurs mots dont Tassemblage est n6cessaire, 
parce qu'il n'y a pas dans la langue malgache de 
terme simple exprimant k lui seul toute la significa- 
tion du nom compose pris dans son ensemble. 
^Ti.: maso.andro (soleil), c.-^d. oeil du jour; 
c'est le mataJiari des Malais ; 
vodidangitra (horizon), c.-^-d. le bas du 
ciel. En malais, hakidangit (pied du ciel) 
rano.maso (larmes), c.-^-d. eau des yeux 
reni.rano (rivifere), c.-^-d. mfere des eaux 
reni.tantely (abeiile), c.-^-d. mfere du miel 
reni.tanana (capitale), c.-^-d. mfere des 
villages ; 



Zf 



— 61 — 

anak.antsaky (flfeches), c.-a-d. enfants de 
Tare. En malais, anak panah. 
zanat-soratra (les voyelles), c.-^-d. enfants 

des lettres ; 
fandri.baratra (paratonnerre), c.-&-d. pi6ge 

k tonnerre ; 
famantaran.kafanana ( thermomfetre ) , 

c.-&-d. indicateur de la chaleur ; 
isiti alenga (rennemi du mensonge), ou « qui 
n'aime pas le mensonge ». Cast le nom de 
la lance d'argent, ou baguette k t^te d'ar- 
gent, symbole portatif de Tautorit^ royale 
k Tananarivo. 
La souplesse de la langue malgache se pr6te ais6- 
ment k la formation d'une foule de noms composes 
qui, tons, sont construits d'aprfeslesloiseuphoniques 
g6n6ralement admises. 



CHAPITRE VII 



Suite des Parties du Discours. 
De l'adjectif 

L'adjectif est invariable, il n'a qu'une forme pour 
le masculin, le f^minin, le singulier et le pluriel. II 
se place toujours aprfes le substantif qu'il qualifie ou 



determine. II en est de mSme en javanais et en 
malais. 
Ex. : traho hely (petite maison^ petite case) ; 

tany be (grande terre) ; c'est Tun "dcs noms 
qu'on donne k Ttle de Madagascar ; 

tompo malemy (doux maltre) ; 

tompo masiaka (maitre cruel) ; 

sahaiza tsara (bon ami) ; 

voankazo ratsy (mauvais fruit) ; 

tsioka ratsy (mauvaise brise). 

DeS ADJECTIFS simples OU RADICAUX ET DES 

ADJECTIFS DERIVES 

En javanais, il n'y a aucun adjectif d6riv6, tous sont 

des radicaux. En malais, on consid^re -comme ad- 

jectifs d^riv^s des mots ayant la pr6fixe ber^ mais ils 

sont en r^alit^ des verbes d'etat. En malgache, en 

dehors et abstraction faite des adjectife purement 

radicaux, tels que avo (haut), iva (bas), foutsy 

(blanc), mena (rouge), f5ara(bon), r^feg/ (mauvais), 

on trouve une classe d'adjectifs qui pent 6tre consi>- 

d6r6e comme compos^e d'adjectifs d6riv6s puisqu'ils 

ont une pr^fixe, ma; mais ces adjectifs sont assimi- 

lables k des verbes d'etat, comme en malais. 

Ex. ; de hery (force, vigueur), mahery (ayant de la 

force) OU fort. 

hetry (avarice), mahetry (ayant de Tava- 

rice) avare 



— 68 — 

zoto (docility), mazoto (qui a de la docility), 

docile. 
laky (vitesse, promptitude), malahy (qui a 

de la promptitude), prompt. 
re (violence), inare (violent). 
Cette pr6fixe wa, devant une racine qui commence 
par U^ fait quelquefois disparaitre cet /«, et se r6duit 
elle-m^me k une m simple. 

Ex. : hamy (douceur), mamy (qui a de la douceur), 
doux. 
hasina (saintet^), masina (dou6 de saintet^), 

saint. 
hay (chaleur briilante), may brulant. 
heloka (crime), meloka (coupable d'un crime), 

criminel. 

hamo (ivresse), mamo (en 6tat d'ivresse), ivre. 

II est encore une autre classe de mots malgaches 

terminus en ina^ que Ton prend souvent pour des 

adjectifs, mais que Ton pent consid^rer comme des 

participes. 

.Ex : tazo (fi^vre), tazoina (enfi^vr^, qui alafifevre). 
tratra (poi trine), tratraina (attaqu6 de la 

poitrine). 
olitra (ver), olerina (rong6 par les vers). 
lazo (ver qui ronge le pied de rii), lazoina 
(qui est fl6tri). 
Nous avons en frangais une grande quantity d'ad- 



— 64 — 

jectifs caract6ris6s par la terminaison able, ible, 
uble, provenant de verbes et renfermant Tid^e de 
possibility ; le malgache les rends tous k Taide d'un 
mot auxiliaire azo, qui renferme, lui aussi, Tid^e de 
possibility et signifie proprement obtenu: gagn6. II 
se place devant le verbe de sens passif. 

Ex. : azo atao (faisable). azo levonina (soluble). 

azo oodna (altera- azo entina (portable). 

ble). "* tsy azo tamina <imp6- 

azo sotroina (pota- n^trable). 

ble). tsy azo lazaina (indi- 

azo ekena (admis- cible). 

sible). tsy azo isaina (incal- 

azo esdrina (amo- culable). 

vible). tsy azo hatonina (inac- 

azo hita (visible. cessible). 

Adjectifs qualificatifs, — Nous avons dit que 
Tadjectif se place g6n6ralement tout de suite aprfes 
le substantif qu'il qualifie. 

Ex. : ny teny mamy reny-ko. (Les douces paro- 
les de ma mfere). 
m. k m, les paroles douces de la mfere de moi. 
Toutefois Tadjectif pent se placer avant le subs- 
tantif qu'il qualifie, lorsqu'il contient la pens6e 
dominante, celle qu'on veut mettre en relief. 

Ex. : mamy ny kibo.ko ny teny reny.ko. (Dou- 



— 65 — 

ces k mon coeur sont les paroles de ma 
mfere). 
m. k m. Douces au coeur de moi les paroles de la 
mfere de moi. 
Cela se fait 6galement en javanais et en malais, 
voire m^me en frangais, lorsque Tadjectif est pris 
dans un sens emphatique : « heureux les peuples qui 
n'ont pas d'histoire ! » 

Degre's de comparaison dans les adjectifs. — 
Notre comparatif de superiority se rend ipsiv plies... 
que; le qualificatif 6tant pr6c6d6 de plus et suivi de 
la conjonction que; en malgache, le mot plus est 
sous-entendu. 

Ex. : be noho oho. (Plus) grand que moi. 
m. ^m. grand que moi. 

mamy noho ny hazo sasany ny fary. La 

canne k sucre plus douce que les autres 

plant es. 

m. ^ m. douce que les arbres autres la canne k sucre. 

De ra^me en javanais, la proposition: votre maison 

est plus grande que la mienne se rend par: « grande 

la maison de vous que la maison de moi {gede omdh 

mou dening omah hou) et en malais besarroumah 

mou deri roumah kou. 

Uadjectif redouble suivi de Tadverbe kohoa indi- 
que aussi un comparatif de superiority. 
Ex. : be ny hondry nao,^ ny ahy bebe hohoa (ton 
poing est gros, le mien est encore plus gros)* g 



— 66 — 

Le comparatif d'egaliti se rend en malgache 
h Taide du mot tahaha (comme) en javanais h 
Taide du m^me mot tehu (comme). 

En malgache : « tu es aussi savant quelui » se rend 
par : 

anao mahay tahaha izy 
m. ^m. toi savant comme lui 

« Vous 6tes aussi riche que moi », en javanais. se 
dira: 

Kowe sougih teha ahou 
m,km, vous riche comme moi 
La construction est la m6me et le mot qui sert 
k exprimer T^galit^ est encore le m^me. 

Le comparatif dHnferiorite s'exprime en faisant 
pr6c6der tahaha (comme) de la negation tsy, 
Ex. : izy mahay tsy tahah'anao. (II est moins 
savant que toi). 
m. & m. Lui savant pas comme toi. 

tsy hendry tahaha ahy izy. (II est moins 
prudent que moi). 
m.^m. pas prudent comme moi lui. 
Du superlatif, — Le superlatif absolu se rend 
en faisant suiv re Tadjectif de mots signifiant: tout- 
4- fait, extr^mement, beaucoup, etc., tels que : 
Indrindra, loatra^ be, indrindraha^ fatatra^ etc. 
Ex. : Masiaha indrindra. (Trfes-cruel). 
m.^m. cruel extr^mement* 



— 67 — 

Abo be (trfes haut, trfes ^lev6). 

m. am. haut beaucoup. 

Tiana fatatra (fortement aim6). 
m.am. aim6 fortement. 
L'adjectif m^na (rouge) mis k la suite d'un autre 
adjectif, marque que celui-ci est au superlatif ; dans 
ce cas mena ^quivaut a souverainement, excessi- 
vement. 
Ex. Masiaka mena, Souverainement cruel. 

Tia ko mena izy, (Je Taime souverainement), 
m. am. aim6 de moi souverainement lui, 

Nalako mena izy. (Jeled6teste souveraine- 
ment.) 
m. am. d6test6 de moi souverainement lui. 

Dans le dialecte hova, on emploie fr^quemment ce 
mode de formation du superlatif absolu : on r6pfete 
Tadjectif qualificatif, en ayant soin d'ins^rer entre 
les deux membres du mot redouble la particule dia. 
Ex. : Soa dia soa. Trfes beau, du positif soa (beau). 
Tsar a dia tsdra. Trfes bon, du positif tsara 

(J)on). 
Ratsy dia ratsy. Tr6s mauvais, du positif 

ratsy (mauvais). 
Mena dia mena. Trfes rouge. 
Fotsy dia fotsy.Tr^B blanc. 
Du superlatif relatif. — II se rend comme le su- 
perlatif absolu suivi de la proposition amy (parmi). 



— 68 — 

Ex. : Tsar a indrindra amin'ny trano rehetra. 

(La plus belle de toutes les maisons). 

m. ^m. Belle extrftmementparrrii les maisons toutes. 

Maheri-fo indrindra amin'ny sorodam- 

petsy rehetra. (Le plus vaillant de tous 

les soldats blancs). 

m. ^ m. Vaillant extr^mement parmi les soldats 
biancs tous, 

II se rend encore comme le comparatif pr6c6d6 de 
la particule emphatique no. 
Ex. : Izi no abo noho izy rehetra. (C'est lui le plus 

grand d'eux tous). 
m. ^ m. Lui c'est (plus) grand que eux tous. 

Cette particule emphatique no a une force suffi- 
sante pour donner k elle seule le sens du superlatif. 
Ex. : lonotia'fiO. (C*estcelui-1& que j'aime le plus) 
m. 4m. Celui-1&... (no) aim6 de moi. 

Les adjectifs qualificatifs de personnes^ comme 
panvre, riche, grand, petit, bon, m^chant, etc. sont 
souvent pris substantivement en frangais, ex. ; les 
pauvres et les riches, les grands et les petits, les 
bons et les m^chants, les Frangais et les Anglais, 
les Javanais et les Malgaches, etc. 

En malgache, en javanais et en malais il n'en est 
point ainsi, et il faut, dans ces langueS, expriraer 
n^cessairement le substantif que nous sous-enten- 
dons dans la n6tre, olona en malgache, toong en 



— 69 — 

javanais, orang en malais, et I'on dira : olombe (les 
grands), olon-dratzy (les riches), olona javi (des 
Javanais), olona malayo (des Malais), olona fa- 
rantsy (des Frangais), olom parisi (des Parisiens) ; 
de m^me en javanais wong mishin et en malais 
orang mishin (les pauvres) ; wong sougih en java- 
nais et orang haya en malais (les riches). 

Adjectifs de'monstratifs. — En fran^ais nous 
n'avons en fait que deux d^monstratifs : celui-ci, 
celle-ci, ceci, pour un objet qui est prfes de nous ; 
celui-1^, celIe-1^, cela, pour un objet plus ou moins 
6loign6. 

En malgache, il y en a une grande vari6t6 selon le 
plus ou moins d'6loignement des objets dans le 
temps et dans Tespace, selon qu'ils sont en vue ou 
hors de vue. Nous en parlerons plus amplement au 
chapitre des pronoms, nous nous contenterons de 
remarquer ici que les adjectifs d6monstratifs se 
distinguent des pronoms d^monstratifs, en ce qu'ils 
accompagnent toujours un nom, et que ce nom est 
ins6r6 entre le d^monstratif r6p6t6. 
Ex. : Zay-olona-zay* (Get homme). 

Ity zavatra ity. (Get objet-ci) ; ty trafio ty, 
(Gette maison-ci). 

lO'hazo-io. (Get arbre 1^) ; io ratra io, (Ge 
coffre \k), 

Iny vorona iny. (Get oiseau li-bas). 



-- 70 - 

Iry sambo ivy. (Ce navire, au loin). 

Irery sambo telo irery. (Ces trois navires au 

loin). 
ireny olona ireny, (Ces gens 1^). 
On retrouve en javanais ces nuances de significa- 
tion exprim6es par les mots : iki, ihou^ ikd; iki pour 
les choses rapproch6es, ikon ponr les choses moins 
raproch^es, Qiikd pour les choses les plus 6loign6es, 
dans le temps et dans Tespace. 

En malais, ini s'emploie pour les objets rappro- 
ch6s, itou pour les objets plus 6loign6s. 

Adjectifs inde finis. — Les adjectifs ind6finis sont 
en petit nombre. Les principaux sont: raiky (un, 
une) ; vitsi-vitsy (quelques) ; maro (plusieurs) ; 
isany (chaque); rehetra (tous). Ex.: isan' olona 
(chaque homme) ; isambolana (chaque mois). 

Adjectifs composes. — Sous ce nom il faut entendre 

tout adjectif suivi d'un substantif avec lequel il est 

li6. 

Ex. : beJoha, qui a une grosse t6te, ou qui estgros 

de t^te ; 

beMbo, qui a un gros ventre, ouqui estgros 

de ventre, ventru ; 
fotsi.volo, blanc de cheveux, grison ; 
afa.po, priv6 de coeur, d6courag6 ; 
maivam.po, bas de coeur, poltron ; 
saroMdi/y de grand prix, cher, pr(?cieux ; 



— 71 — 

maro.volo, abondant en cheveux, chevelu ; 
mahitsi.tanana, adroit de ses mains; 
lila.bava, m. k m. qui va trop loin de bouche, 

parlant trop, bavard ; 
velonMity, plein de sue ; 
bendanana, chef de village. 
Des temps dans Vadjectif, — Une loi de la gram- 
maire malgache, fort curieuse et sans analogue en 
malais et en javanais, oil la difference des temps 
dans les verbes se marque seulement par des auxi- 
liaires, consiste dans Temploi des initiales m, n, h^ 
pour marquer le temps present, le temps pass6 et le 
temps futur dans les verbes malgaches. 
Ex. : Manana (avoir), Nanana (qui a eu), Ha- 
nana (qui aura) ; 
Mandao (abandonner), Nandao (qui a aban- 

donn6), Handao (qui abandonnera) ; 
Mefaina (qu'on finit),A''^/'ae'na(qu'onafini), 

Hefaina (qu'on finira) ; 
Mahay aho (je sais), Nahay aho (j'ai su), 
Hahay aho (je saurai). 
Nous en parlerons plus amplement au chapitre des 
verbes ; ce que nous voulons dire ici, c'est que cette 
loi est applicable aux adjectifs verbaux. 
Ex. : malahy (prompt), nalahy aho (j'ai 6t6 
prompt), halaky aho (je serai prompt) ; 
marary (malade), narary aho (j'ai 6t6 ma- 
lade), harary aho (je serai malade). 



— 72- 

Le choix de ces deux lettres initiales n pour le 
pass6, h pour le futur, est la consequence de ce 
qu'elles sont elles*m6mes les initiales des deux par- 
ticules no et ho qui marquent, la premiere le parti- 
cipe pass6, et la seconde le but, le futur prochain et 
aussi le souhait. 



CHAPITRE VIII 



Des noms de nombre ou adjectifs numeraux 

cardinaux 



L'homme est pourvu d'un instrument de calcul 
naturel, et dans les dix doigts de ses deux mains il 
a trouv6, dfes Torigine des temps, la base du systfeme 
de numeration d6cimale. Les noms de nombre sont 
k peu prfes les m6mes en malgache, en javanais et 
en malais. Le petit tableau synoptique ci-dessous le 
fera voir clairement ; 



- 73 - 



JAVANAIS. 



MALAIS. 



MALGAGHE, 



Sa, Satou 

Doua 

Tiga 

Ampat 

Lima 



1 Sa, ou Sidji 
2Ro 

3 Telou 

4 Pat, ou Papat 

5 Lima 

6 Nem, ou Nenem Anam 

7 Pitou Toudjouh 
SWolou . 
9 Sanga 

10 Sa.poulouh 
20 Rong.poulouh 



Delapan 
Sambilan 
Sa.pouloh 
Doua.pouloh 



30 Teloung.poulouh Tiga.pouloh 
40 Pitang.poulouh Ampat. pouloh 
50 Sfeket Lima. pouloh 

60 Sawidak Anam. pouloh * 

70 Pitoung.poulouh Toudjouh. pouloh 
80 Woloung.poulouh Delapan. pouloh 
90 Sangangipoulouh Sambilon. pouloh 
100 Satous Ratous ; sa.ratous 

1000 Sfewou Sa.ribou 



Isa 

Roa 

Telo (1) 

Efatra (2) 

Dimy (3) 

Enina 

Fito (4) 

Valo 

Sivy 

Folo 

Roampolo 

Telompolo 

Efampolo 

Dimompolo 

Enimpolo 

Fitompolo 

Valompolo 

Siviampolo 

Zato 

Arivo 



(1) Dans les mots malgaches ecrits ci-dessous, la voyelle o 
doit toujours se prononcer ou; il ne faut pas I'oublier. 

(2) Efatra se termine par une syllabe muette. 

(3) D q\ L permutent souvent. 

(4) F qX P permutent fr^quemment entre elles ; la consonne 
/ n'existe m en javanais, ni en malais. 



-, 74 - 

Les multiples de cent sont : roanjatOy telonJatOj 
efajato, dimianjato, entnjato, fitonjatOy valonjatOj 
sivianjato. 

Pour les multiples de mille, on dit : roa.arivOy 
telo.arivOy efatr'arivo, dimi.arivo, enin.arivoy 
fito.arivOy valo.arivOy sivi.arivo, et Ton arrive 
ainsi au nombre 10.000, pour lequel les Malgaches 
ont un nom simple, alina (nuit), qu'ils considferent 
comme repr^sentant un nouvel ordre d'unit6s. De Wi, 
ToaMinay telo.alinUy efatr*alina, dimi.alinay 
enin.alinay fito.alinay valo.alinay sivi,alina, k la 
lettre deux dix mille, trois dix mille, quatre dix mille, 
etc., pour 20.000, 30.000, 40.000, etc. 

Pour 100.000 J les Malgaches disent quelquefois 
folo.alina (dix dizaines de mille), mais ils se servent 
habituellement d'un mot simple, hetsy, qui n'est 
autre que le heti du javanais et du malais ; les deux 
mots paraitront identiques si Ton se rappelle que le 
h javanais se remplace souvent par Faspir^e h du 
malgache, et que le ts est la prononciation hova du 
t dur sakalave. 

On pent continuer en comptant par hetsy ou cen- 
taines de mille : roa hetsy ^ telo hetsy, efatra hetsy y 
dimy hetsyy enina hetsy y flto hetsy, valo hetsy y 
Sivy hetsyy sans nuUe modification euphonique dans 
ces noms de nombre. Les millions s'expriment k 
Taide du rnot compost tapitr'isa (fin des nombres) ; 



— 75 — 

au-del& des tapitr*isa (millions), il n'y a plus eneffet 
de nouveau terme num6ratif special pour les ordres 
sup6rieurs d'unit6s. 

Pour 6noncer un nombre compost de divers ordres 
d'unit^s, les Hovas commencent par les unites de 
Tordre inferieur, tandis que les autres Malgaches, 
dans les provinces, procfedent inversement. 

Un Hova dit, pour 365 : cinq plus soixante plus 
trois cents ; un Sakalave dit comme nous ; trois cents 
plus soixante plus cinq. Notre mot plus est rendu 
par amby, qui signifie en plus, 
Ex. : 12 en Im se dit ro'mnhi ni folo^ deux en plus de 

dix, pour roa amby ny folo 
(2 plus 10) ; 
24 — efatr*amM.roa folo, quatre en 

plus de vingt, pour efatra 
amhy roa folo (4 plus 20) ; 
95 — dimi ambi sivifolo^ cinq en plus 

de quatre-vingt-dix (5 plus 90); 
366 — enin ambi enimpolo ambi te- 

lonjato. six en plus de soixante 
en plus de trois cents (6 plus 
60 plus 300) ; 
1 894 — e fair' ambi. sivi folo ambi valon- 

jato ambi arivo, qiialre en plos de 
qvatre-TiDgt-dix eo plus de hit cents en plus 
d'on milled plus DO plos 800 pks 1000); 



— 76 — 

Dans les autres parties de Madagascar, pour ces 
m^mes nombres Ton dira, en suivant, comme nous, 
Tordre inverse : 
folo.roa ambVy dix, deux en plus ou de plus, ou 

10 plus 2 ; 
roampolo.efatr'amby, vingt, quatre en plus ou- 

de plus, ou 20 plus 4 ; 
siviampoloMmy amhy, quatre-vingt-dix, cinq 

en plus, ou 90 plus 5 ; 
telonjatoxni7npolo.enin'amby,Xvo\^c.QXii^Q\T^d>xii^ 

six en plus, ou 360 plus 6 ; 
arivo.valonjatoMviampolo.efatr'amby, milhmi 
cent quatre-vingt-dix, quatre en plus, ou 1890 
plus 4. 
II en est de m^me en javanais et en malais oil les 
diff^rents ordres d'unit^s s'6noncent et s'6criyent 
successivement, en partant de Tordre le plus 6lev6, 
par simple juxtaposition, sans qu'il soit besoin d'em- 
ployer de terme Equivalent & amby (en plus, de 
plus, plus). 

Adjectifs numeraux ordinaux. — On les forme 
des noms de nombre cardinaux, en donnant k ceux- 
ci la pr^fixe faha. 

Ex. : faha,raihy (premier), raihy signifie un seul, 
unique. 
faha-roa (deuxifeme). 
faha.telo (troisifeme). 



71*' 

fah.efatra (quatri^me). 

faha.dimy (cinquifeme). 

faUxnina (sixi^me). 

faha.fito (septi^me). 

faha.valo (huitifeme). 

faha.sivy (neuvifeme). 

fahd.folo (dixifeme). 
Les fractions et nombres fractionnaires s'lndiquent 
par le mot ampahay d6riv6 de faha^ que Ton place 
entre le nom du num^rateur et celui du d6nomi- 
nateur de la fraction. 
Ex. : Un demi — 1/2 — IscCmpaha roa. 
. Deux tiers — 2/3 — Roa'mpaha telo. 

Trois cinqui^mes — 3/5 — Telo'mpaJca dhny. 

Sept huiti^mes — 7/8 — Fito'mpaha valo. 

Sept centi^mes — 7/100 — Fito'mpaha zato. 
Le raot moitie se rend habituellement par tena 
ou tena.tena. II en est de m^me en malais et en 
javanais oCi moitie se dit tengah. 

Pour la formation des adjectifs num^raux, ordi- 
naux et des nombres fractionnaires, remarquons en 
passant que le proc6d6 usit6 par les Malgaches, est 
le m^mc que celui usit6 en javanais et en malais. 
La particule pr6fixe faha du malgache est remplac^e 
par para ou pra en javanais, par per en malais, qui 
prennent place 6galement entre le num^rateur et le 
d^nominateur, Ainsi Ton dira pour la fraction 3/5 : 



— 78 — 

telompaha dimy, en malgache, 
telo pra lima, en javanais, 
tiga per lima, en malais. 
Pour la fraction 7/8; 

fito'mpaha valo, en malgache. 

piiou pra wolou, en' javanais. 

Le mot para, par contraction pra, vient du kawi, 
ou ancien javanais, il signifie : dwise, partage. 

En malgache le mot firy signifie fois et impiry, 
combien de fois ^ en javanais ces mots sont pira et 
ping-pira, les mtoes 6videmment. 

Cela pos^, quand on voudra exprimer un certain 
nombre de fois, quel qu'il soit, on donnera aux noms 
de nombre la pr6fixe in en malgache, en observant 
dans Torthographe du mot qui en r6sulte les lois eu- 
phoniques connues. En javanais, il suffira de pr6fixer 
le monosyllabe ping aux adjectifs num^raux car- 
dinaux. 

Ainsi : 
indraihy (une fois) inenina (six fois) 

indroa ou indroy (deux fois) impito (sepi lois) 
intelo (trois fois) imbalo (huit fois) 

inefatra (quatre fois) intsivy (neuf fois) 

indimy (cinq fois) impolo (dix fois) 

En javanais ping joue le m^me rdle que in du 
malgache, ex.: ping-telou (trois fois) ping-sapou- 
louh (dix fois). 



— 79 



NOMS DE NOMBRES COLLECTIFS 

Nous disons en fran^ais : une dizaine, une dou- 
zaine, une quinzaine, une vingtaine, une centaine, 
mais ces expressions ne s'appliquent dans notre 
langue qu'^ quelques nombres, tandis qu'enjav^nais 
et en malais, cette derivation s'applique k tous les 
noms de nombres sans exception ; il suffit, dans ce 
casde leur donner le suffixe an :pitou?i. an {des sep- 
taines), poulouh.an (des dizaines), atous.an (des 
centaines). 

En malgache ce mode de formation est employ^ 
quand il s'agit d'une s6rie de jours, de trois k dix. 

Ex. pour: 
andro.telo Ton dit sinpleoieDt hateloana (trois jours, vb tridDnm) 



andro.efatra 

and7^o.dimy 

andro.enina 

androSto 

andro.valo 

andro.sivi 

androfolo 



hefdrana (qnatre jours) 
hadimiana (cinq jours) 
henena (six jours). 
hafitoana (sept jours, semaiue) 
havaldana (buit jours, huitaJDe) 
hasiviana (neuf jours, neuYaine) 
hdfoloana (dix jours, dizaiue) 



CHAPITRE IX 



Des pronoms 
On distingue en malgache sept sortes de pronoms. 



savoir: 



— 80 — 

Les pronoms personnels, les pronoms r^fl6chis, 
les pronoms possessifs, les '^pronoms d^monstratifs, 
les pronoms relatifs, les pronoms interrogatifs et les 
pronoms ind6finis. 

Pronoms personnels 

Contrairement k ce qui a lieu pour les substantifs 
et les adjectifs, les pronoms personnels affectent 
des formes distinctes pour marquer le singulier et le 
pluriel. Ces formes elles-m^mes varient suivant le 
r61e du pronom dans la phrase. 

Pronoms de la pr^mf^rtf personne. — Aha, 
Zaho, Izaho (chez les Hova) pour le singulier; 
Zahay^ Izahay (chez les Hova) Atsiha^ Isiha (chez 
les Hova) pour le pluriel des deux genres. 

ZahOt sujet du verbe, se met ordinairement avant 
lui ; aho se met apr^s. 

Ex. : Zaho mandratra (j'^cris); mandratra aho 
(j'^cris). Quand aho est regime, il se change en ahy, 

Ex. : Mahaflnaritra ahy izany mot k mot, r6- 
jouit moi cela, pour « cela me r6jouit. » 

Des deux formes distinctes Zahay et Atsika^ la 
premifere est celle du pronom personnel exclusif, la 
seconde est celle du pronom personnel inclusif. En 
d'autres termes, zahay ou izahay exclut les per- 
sonnes auxquelles on parle, et signifie : Nous ex- 
clusivement, nous sans vous, tandis que atsika 



- 81 - 

ou isiha comprend les personnes auxquelles on 
parte et signifie : nous ct rous, nous y compris 
vous. 
Ex. ; rSraha zahay (nous sommes 6puis^s) ; 

micLsa atsiha (travaillons !) ; miasa isiha 

(en hova) ; 
handeha atsiha (partons !) ; 
tsy maitsy ho faty isiha rehetra (nous de- 
vons tous mourir), 
Le pronom personnel je ou 7yioi des Malgaches 
n'est autre que celui des Javanais et des Malais, 
ahou et par contraction hou. 

Pronoms de la deuxieme personnel ando, 
hiando (en hova) pour le singulier des deux genres, 
et anareo, hianareo pour le pluriel des deux 
genres. 
Ex, : na handeha anaOy na zaho handeha (ou 
tu partiras, ou je partirai) ; 
na handeha anareo, na zahay handeha 
ou vous partirez, ou nous partirons). 
Pronoms de la troisieme personne : izy, pour le 
singulier des deux genres ; izyy reOy zareo, izareo 
(en hova), pour le pluriel des deux genres; azy, 
pour le singulier et le pluriel des deux genres. 

Izy est employ^ surtout comme sujet du verbe } 
reOj zareo J izareo comme sujets ou comme regimes, 
et azy sp^cialement comme regime. 



~83- 

Ex. : izy marary (lui malade, il est malade) ; 
mftiava azy (aimez lui, aimez-le) ; 
avy zareo (ils arrivent). 

Pronoms personnels de forme contractee. — 
Les pronoms personnels, quand ils sont regimes in- 
directs des verbes passifs, auquel cas ils les suivent 
imm6diatement dans^ la construction de la phrase, 
ou bien encore lorsqu'ils sont complements d'un nom, 
prennent une forme contractee : 

aho devient ko et m6me o (par moi, de moi) ; 

anao devient ndo et do (par toi, de toi) ; 

izy devient ny et y (par lui, de lui) ; 

zakay devient anay^ nay, ay (par nous, de nous) ; 

antsika devient ntsika (par nous, de nous) ; 

anareo devient nareOj areo (par vous, de vous) ; 

zareo, devient /r^o, reo, y (par eux, par elles, 
d'eux, d'elles). 

Ny est une forme contractee d'izyy lorsque ce 
pronom est complement d'un nom. Lesgrammairiens 
malgaches n'y ont vu que I'article ny^ mais ils n'ont 
jamais pu expliquer la presence simultanee de deux 
ny entre lesquels le nom se trouve intercale. Et 
pourtant ils traduisent tons ny lamba ny par (sa 
robe), ny ada ny par (son pfere), ny traho ny par 
(sa maison), ny valy ny par (sa recompense), samby 
inanao ny efa ny par (chacun fait son possible), 
izy efa nanao izay hay ny par (il a fait ce qu'il 
savait) ; na volony na tsirony na fofony ne saurait 



- 83 - 

86 traduire autrement que (ou sa couleur ou sa 
saveur ou son odeur), ny tany iteteza ny (1^ pays 
parcouru par lui, ou le pays qu'il parcourt) ; ny tany 
ny (les terres de lui, les terres siennes, ou les terres 
de son ob^issance) ; ny fanjakd ny (son royaume) ; 
voa asa ny meso ny, mahahia (son couteau a 6t6 
aiguis6, prends garde!) Ce ny pronom personnel 
n'est autre que le na du malais et du javanais. 
Ex. : Ua.ko izy (estaim^ de moi, lui) ou je I'aime; 
fantatr'o (est compris de moi), pour je 

comprends ; 
fantatr'ao (est compris de toi), pour tu 

comprends ; 
fantatr'ay (est compris de nous), pour nous 

comprenons ; 
fantatr'areo (est compris de vous), pour 

vous comprenez ; 
ny traho ho (la maison de moi, ma maison); 
vdlaho (mon argent), volando (ton argent), 
i)Ola ny (son argent), vola nay (notre ar- 
gent), vola ntsiha (votre argent) ; 
ny zana'ko lahy (le fils demoi, mon fils); 
ny zanaKao vavy (la fiUe de toi, ta fiUe) ; 
ada.nao marary (ton pfere est malade) ; 
ny tianao no tiako (ce que vous aimez, je 

Taime) ; 
mamiho ny teninao (douces k moi les pa- 



-- 84 — 

roles de toi), pour tes paroles me sont 

douces; 
aloh.antsika ny fahavalo^ aori.antsika 

ny fahafatesana (devant nous est Ten- 

nemi, derrifere nous la mort!) 
Le pronom de la 2^ personne, corame celui de la 
1*® personne, peut se reconnaitre dans le malais et le 
javanais, anghau et kau en malais, ko en javanais. 
Notons, en passant, qu'en malgache, des deux 
pronoms personnels vous et moiy c'est le pronom de 
la !'• personne qui s'6nonce le premier. Ex. : izaho 
sy hianao (moi et toi), et que si deux ou trois pro- 
noms personnels se suivent, celui de la 1" personne - 
passe avant celui de la seconde, et le pronom de la 
2* personne passe avant celui de la 3®. Ex. : zaho 
sy anao sy zareo (moi, toi et eux). 

Pronoms RfiFLECHis 

Les mots usit6s en malgache, aussi bien qu'en 
javanais et en malais, pour exprimer le pronom r6- 
fl^chi, ne sont point de v6ritables pronoms ; cc sont 
des substantifs signifiant corps^ substance, que Ton 
place avant le pronom personnel. Ce mot en malgache 
est tehUf tena en hova, (corps, substance). 
Ex. : mandoka teha izy (il se vante); 

aza mandoka teha hianao (ne vous vantez 
pas vous-m^me) ; 



-^ 85 - 

tia teha hianao (tu t'aimes toi-mftme) ; 

namono teha izy (il s'est tu6, il s'est suicide) ; 

Ua teha loatra isika (nous nous aimons 

trop nou8-m6mes) ; 

Milaza teha sans pronom personnel exprim^ si- 

gnifie (parler de soi). On dit souvent anteha pour 

zaho et nteha pour ho. Ny acta nteha (mon propre 

pfere). 

En javanais et en malais, c'est le mot badan qui 
signifie corps, qu'on met en tftte des pronoms per- 
sonnels pour en faire des pronoms r6fl6chis; dans 
Tune et Tautre de ces deux langues, badan.hou 
(corps de moi) est pris pour moi-meiney ma propre 
personne. Le mot malgache vatana en provient di- 
rectement. 

* 
Pronoms possessips 

Les pronoms possessifs ne sont autres que les 
pronoms personnels ahy, anao, azy, antsika^ 
anay, anareo, pr6c6d6s de Tarticle ny. L'article 
n'est pas toujours exprim^, et les pronoms person- 
nels peuvent alors se confondre avec les pronoms 
possessifs ; dans ce cas c'est le contexte de la phrase 
qui indique leur veritable nature. 

Les pronoms possessifs sont, pour la premiere 
personne ; 



-86- 

Ny anahPi ny ahy (en ho- / _ . , 
. \ ^ , t \ Lemien.lamienne, 

va), ny anakahy (en saka- i , . ' . ' 

, . ^^> 1. >,.> < les miens, les mien- 

lave) ou nihtnahyj nihtna- ] 

kahy (en sakalave). f 

Nihinayy ny anay (en / 
hova), pronom exclusif ; j Le n6tre, la ndtre, 

Ny antsihUy nihintsihaj \ les nAtres. 
pronom inclusif. f 

Les pronoms possessifs pour la seconde personne 
sont : 

Ny anaOj nihinaOy I Le tien, la tienne, les tiens, 
ny anareOf nihina- ) les tiennes ; le v6tre, la v6tre, 
reo, I les v6tres. 

Les pronoms possessifs pour la troisi^me personne 
sont : 

Ny azy^ ny anazy^ ny anany (en sakalave) : 
(le sien, la sienne, les siens). 

Ny andreOy ny aniareo^ nthindreo, nihinjareo 
(le leur; la leur^ les leurs). 

Ex. : Antsika ity ary anareo iOy (1^ ndtre est 
celui-ci, le v6tre celui-li). 

Pronoms d^monbtratifs 

Les pronoms d^monstratifs sout tr^s nombreux et 
offrent une grande yari6t6 de nuances dans leur 
signification. En fran^ais, les adverbes ici et Id qui 



— 87 — 

ont servi It former nos pronoms d^monstratifs^ indi- 
quent g6n6ralement^ sans degree interm6diaires, les 
objets soit rapproch^s soit 6loign6s, et ne peuvent 
rendre les nuances ddlicates du malgache. 

Les pronoms d^monstratifs s'appliquent aux per- 
sonnes et aux choses ; il en est qui indiquent un 
6loignement tr^s grand d'objetshors de vue^d'autres 
indiqueat un 6loignement grand d'objets en vue^ 
d'autres encore un ^loignement beaucoup moindre 
d'objets plus ou moins rapproch^s ; enfln il en est 
qui indiquent le voisinage imm^diat des personnes 
ou des choses. De plus ces pronoms peuvent se rap- 
porter au temps aussi bien qu'li I'espace et marquent 
ainsi des dpoques plus ou moins recul^es, plus ou 
moins rapproch^es 

Les pronoms d6monstratifs ont au pluriel une 
forme distincte de celle du singulier. 

— Les pronoms ity, ty, itsy, itihitraj itzy^ itony^ 
izatOj s'emploient pour indiquer un objet tr^s rap- 
proch^ et se rendent en fran^ais par celui-ci» celle-> 
ciy ceci. 

Ex. : Jty izy (c'est celui-ci). Itsy izy (le voici). 

Aiza Ranona ? Izy ity (oCi est Ranona? le voici). 

Taratasy inona no fidinao ? Itihitra. (Quel 
livre choisissez-vous ? Celui-ci). 

Fanteno tsara ny voanhazo : ity masakay itzy 
mbola manta. (Choisissez bien les fruits ; celui-ci 
est mtlr, celui-l& est encore vert) 



--88 — 

Au plurielj ils prennent la forme irety^ iretsy^ 
ireto ppovenant de Tinsertion apr^s Tinitiale de la 
particule re. 

Ex.: Ireto tsara^ ireo ratsy. (Ceux-ci sent bons, 
ceux-l& sont mauvais.) 

— Les pronoms io au singulier, ireo au pluriel 
indiquent des objets qu'on voit k quelque distance 
et qu'on montre du doigt ou autrement. 

Ex. : Tsy izy ity fa izy io. (Ce n'est pas celui-ci, 
mais c'est'celui-l^). 
Jty apetraho, io andaiso. (Laisse celui-ci, 
emporte celui-14). 

— Les pronoms iroa^ iroana, pluriel ireroa, 
ireroana usit^s surtout en hova, marquent un 6loi- 
gnement plus grand que io. 

II en est de m^me de ery^ iry^ au pluriel irery. 
Ex. : Tsy izy io fa izy iry. (Ce n'est pas celui-l^, 
mais celui l&-bas). 

— Les pronoms inyj iny, pluriel ireny^ reny, 
ireny se disent g^n^ralement d'objets qui passent, 
et qu'on n'apergoit plus qu'un peu ; ils out quelque 
chose d'ind^termin^ et sont pris parfois simplement 
dans le sens de ity et de io. 

Ex. : Iny izy mile fa. (Le voil& l&-bas qui s'enfuit). 

— Les pronoms zay^ izay^ zao, izaOy izato, 
zany, izany s'emploient pour le singulier et le 
pluriel, et servent ordinairement & marquer des 
objets 6loign6s qu'on ne voit plus, 



— 89 — 

Ex. ; Tsy izao va ? (N*est-ce pas ga?) 
Tsy zany va 9 (N'est-ce pas cel4 ?) 
Tsy izao, diso anao. (Ce n'est pas ga, vous 

vous trompez). 
Tsy izany , dUo anao. (Ce n'est pas cela, 
▼ous vous trompez. 
On emploie indiff^remment pour le singulier et le 
pluriel^ les pronoms d^monstratifs : izatOy itonyj 
izany y izax), izay; mais ce dernier est employ^ 
plus souvent comme pronom relatif que comme 
pronom d6monstratif. 

Nous avons vu au chapitre VII, relatif h radjectif, 
que les adjectifs d6monstratifs sont formes k Taide 
des pronoms d^monstratifs qu'il sufBt de redoubler, 
en intercalanty entre les deux membres du pronom 
redouble, le nom auquel il se rapporte ; 
Ex. : ty traho ty (cette maison-ci). 
ity zavatra ity (cette chose-ci). 
ireo aomby ireo (ce« bceufs-1^). 
iry sambo iry (ce navire l&-bas). 
irery sambo telo irery (ces trois navires au 

loin). 
iny vorona iny (cet oiseau-l^). 
izao tany izao (cette terre-l&). 
Le javanais a les pronoms d^monstratifs ihdj ikou 
ihif et le malais ini et itou; la terminaison en a 
indique les cboses les plus 6loign6es, celle en ou les 



— 90- 

choses moins 6loign4eB, et celle en^ les choses rap- 
proch^es. 

Leg diff^rents degr^s d'^lpignement des objeis en 
vue, hors de vue, sont marques en javanais comme 
en malgache par diffdrents pronoms spdciaux. 

PrONOMS RBLATIF8 

Les pronoms relatifs proprement dits sont zap et 
izay (en hova). lis s'emploient inditf^remment pour 
le singulier et le pluriel, comme nos pronoms quif 
que et se rendent en frangais^ selon les cas par 
celui qui J celle quiy ceux quiy celles qui^ ce quij 
lequel, laquelle^ lesquels lesquelles* 

Du mot lahi (homme) en kawi, javanais et malais, 
le malgache a fait lahy et ses variantes lehpy lay^ 
ley, ilehy, iley^ lelahy, lehilahy qui toutes gon em- 
ployees comme pronoms relatifs^ plus souvent au 
singulier qu'au pluriel. 

G^n^ralement nos pronoms relatifs sous leurs di- 
verses formes quij que^ donty d qui, de quiy par 
quit etc. ne sont pas explicitement exprim^s dans 
la phrase malgache ; mais ils sont rendus par diver- 
ses modifications dans la forme du verbe auquel ils 
se rapportent, ou bien par certaines modifications k 
la construction m6me de la phrase. Quelquefois 
m6me ces pronoms sont simplement sous entendus ; 

Ex. : matohy ny olona mdtahotra zanahary 
(confiants sont les gens qui craignent Dieu.) 



-91- 

Ici le pronom relatif est sous entendu^ mais le 
contexte de la phrase est tel qu'il n'en r^sulte aucune 
Equivoque. 

Quand on veut donner un sens clair, exempt de 
toute ambigiiit^, Ton emploie le pronom relatif zay 
ou izay, 

Ex. : Matoky ny olona izay matahotra Zanahai^. 
Ny olona izay manompo an* Andriamanitra 
mahafantatra ny hafodnana ny zavatra 
aty an.tany ty (ceux qui servent le souverain 
Seigneur, comprennent la vanit6 des choses de 
ce monde), 
En cas de besoin, on a recours & diverses tournures 
propres k ^tablir la relation indiqu^e en frangais par 
nofi pronoms relatifs* 
Ex . : hazo folo meira ny habosa*ny (un arbre 
dont la hauteur est de dix metres), 
m.&m. arbre dix metres la hauteur de lui. 

ny olona no hani'ho vary (rhomme dont 
j'ai mang6 le riz). 
m. Itm. rhomme a 6t6 mang6 par moi le riz. 

Pronoms interrogatifs 

On distingue les pronoms interrogatifs pour les 
personnes et les pronoms interrogatifs pour les cho- 
ses. Lorsqu'il s'agit des personnes^ le pronom inter- 
rogatif qui ? se rend en malgace par ia^ hia, zovy^ 
ou iza (en hova). 



Ex.: zovy hiando? (qui 6tes-vous?); Ma no 
handeha (qui ira?): iza izao (qui est,l&!) ou zovy 
zany 9 Si au lieu d'etre sujet, il est regime, on le fait 
pr6c6der de la proposition any, par contraction an\ 
Ex- : aviiza ity vary ity f (4 qui ce riz ?) 
ou an*jovy ity vary ity ! (4 qui ce riz ?) 
ho anHza io taratasy io '? (pour qui cette let- 
tre-16.?). 
Lorsqu'il s'agit de choses et non plus de personnes? 
le pronom interrogatif que est inOy inona (en hova); 
Ex. ; ino izy (qu'est-ce que c'est). 
m. & m. quoi lui ? quoi cela ? 

manao ino anao (que fais-tu ?) 
m.^m. fais quoi toi 

ou inona no atao nao? (que fais-tu done?) 

forme hova. 
ino no tia^nao hatao ho ? (que voulez-vous 

que je fasse ?) 
andro ino navia'nao f (quel jour fetes- 

vous venu ?) 
ino ho zany ? (qu*est-ce que cela me fait ?) 
m. &m. quoi moi cela ? 

Quand on veut marquer nettement un pluriel dans 
le pronom interrogatif, on le fait suivre du pronom 
inddiini aby ou ziaby (tous) qui n'est autre que le 
pronom indOfini javanais habeh. 
Ex. : zovy ziaby zayolonazay1{(\m sontcesgens-1^?) 



- 98 — 

inona ahy ny hevitra an-dapa n' andriana d 
(Quelles sont les nouvelles de la Cour?) 

Pronoms indefinis. 

Le pronom ind6fini on, qui s'6crivaitanciennement 
horn par alteration du mot latin homo (homme), in- 
dique Tuniversalite des personnes d'une manifere 
vague et ind6lermin6e. II s'exprime en javanais par 
wong ou ouwong ; en malais par 07'ang; en malga- 
che par olona ; olo en sakalave, et chacun de ces 
mots signifie hommes, ou mieux personnes, gens, 
sans distinction de sexe ; ou bien il ne s'exprime pas, 
en tournant la phrase par le passif. Le mot ouloun^ 
dans certaines parties de Java, s'emploie comme 
pronom personnel pluriel de la 4" personne et signi- 
fie nous avec un sens ind^fini. 
Ex. : antsoin'olona hianao (on t'appelle), m. k ra. 
(appele par les gens toi) ; ou encore 
misy olona mahantso anao^ m. k m. (il y 

a des gens qui vous appellent) ; 
izihoa anontan i an* olona zaho (si Ton 
m'interroge), m. a m. (interrog6 par les 
gens moi) ; 
hariva hiantsa (ce soir on chantera), m. i m. 

(ce soir sera chants) ; 
tsy mety bezara izihoa tsy manompo 
Zanahary (on ne peut ^trc heui^eux, si on 
ne sert Dieu). 



--- 94 — 

D'autre part, ano (ceci ou cela) forme en malgache 
un pronom inddfini applicable aux choses ; c'est le 
pronom ind6fini javanais anou. Si on le fait pr6c6der 
de I'article personnel i, on forme un pronom ind^iini 
applicable aux personnes : i ano (tel ou tel). 

Les pronomg interrogatifs deviennent pronoms in* 

ddiinis, si on leur donne la forme reduplicative et si 

on les fait pr^c^der de la particule na en hova, ou 

ndre dans les provinces. 

Ex. : na iza na iza (qui que ce soit, quiconque) ; 

na zovy na zovy (qui que ce soit, quiconque) ; 

na ino na ino (quoi que ce soit), ou na 

inonana inona; 
ndre ino ndre ino (quoi que ce soit) ; 
ndre aiza ndre aiza ou na aiza na aiza 
(quelque part que ce soit). 
De m^me les pronoms interrogatifs javanais et 
malais, en prenant la forme reduplicative^ devien* 
nent pronoms indefinis. C'est ainsi que le pronom 
interrogatif apa redouble devient I'indetermine apa- 

apa» 

Ny sasany peut 6tre consider^ comme pronom 
indefini. 
Ex.iny sasany eto ny sdsany ahy (les uns sont 
ici, les autres 14-bas) ; 
ny sdsany mdzotOy ny sdsany mdvozo (les 
uns sont zeles, les autres paresseux). 



— 96 — 



CHAPITRE X 



Des Verbes. 

De leur nature, Die leur caractere et dk 
leur8 transformations 

Du verbe en general. — Nous avons expose le 
r6le capital des particules prefixes et sufiSxes dans 
r^conomie de la langue malgache ; maintenant que 
nous voici arrives k T^tude du verbe, nous allons 
mieux sentir encore toute leur importance. Contrai- 
rement k ce qui a lieu en fran^ais, des deux voix, 
active et passive, c'est la voix passive qui est le plus 
fr6quemment employee en malgache, commc en 
javanais et en malais. Chaque voix a deux modes 
principaux : Findicatif et Timp^ratif, et chaque mode 
a les trois temps : le present, le pass6 et le futiir. 
Les diverses nuances des temps secondaires, tela 
que rimparfait, le plus que parfait, le futur pass4, 
etc., pourront 6tre rendues k Taide de quelques mots 
auxiliaires, efa^ vao, voa, tafo. La conjugaison 
d'un verbe malgache n'offre done pas de difficult^, 
car il ne subit aucun changement pour le genre, le 
nombre et la personne. • 



^96 — 

Deux particules prefixes : no, par contraction n, 
et hOj par contraction h, servent k marquer, la pre- 
miere le temps pass^, la seconde le temps futur. Le 
present n'est marqu^ par aucune particule. 

Ex. : Etant donn^e la racine a$a et le verbe mi.asa 
(travailler), nous aurons, en changeant Vm initiate 
de la pr^fixe en n pour le pass6, et en h pour le 
futur : 

miasa aho (je travaille), 

niasa aho (j'ai travaill^), 

hiasa aho (je travaillerai), 
De m6me : mahazo aho (je puis), 

nahazo aho (j'ai pu), 

hahazo aho (je pourrai), 

mahay aho (je sais), 

nahay aho (j'ai su), 

hahay aho (je saurai), 

mandiny anao (tu attends), 

nandiny anao (tu as attendu), 

handiny anao (tu attendras). 
De lalo (pass6) derive le verbe mandalo (passer), 
lequel au pass6 fera nandalo, et au futur handalo. 
Ex. : mandalo ny zavatra reh^tra (toutes choses 
passent); nangtalo teto sdhaiza ko Ramananhirahi" 
na (mon ami Ramanankirahina apass6 par ici); han- 
dalo aho rahampitso (je passerai demain). De la 
racine ita, les Hovas font le verbe mita (traverser)* 



— in — 

Us disent : 

Nf/ ondi*y raita rano (Ics brebis iraversent Teau i: 
Np ondry nita rano (les brebis ont traverse Teaa): 
Ny ondry hita ranoOes brebis traverseront Teau ). 
Les participes commen^^ant par une consonne 

prennent no au pass^ et ho au futur. 

Ex. : De la racine rono paiticipe vonoina (tue;: 

— no. rofioi'na i\n a af W> : 

— ho.vonoiua -^li <« tvi. 
Cos deux particules sent employees pour marquer 

le pass6 et le futur, non seulement devant les verbes, 
mais encore devant les adjectifs, les substantifs, les 
adverbes. 

Ex.: de tsara (bon): no tsara izy (il^taitbon);//o 
tsara izy (il sera bon) ; no tato izy (il ^toit pier- 
re) ; ho vato izy (il sera pierre); tahaha azy hia- 
nao (tu es comme lui) ; no tahaha azy hianao (tu 
as ^t6 comme lui); ho tahaha azy hianao (tu seras 
comme lui). 

II convient de remarquer que no ne marque pas tou- 
jours le temps pass6 ; c'est une particule emphatique 
tr^s usit^e chez les Hovas et dans les provinces du 
sud de Madagascar. 

Ex.: zahohandeha G'irai), et avecnoemph&tique: 
zaho no handeha (c'est moi qui irai); izy 7nahay 
(il connatt) ; izy no inahay (c'est lui qui connait). 

Du sujet du verbCt — Nous avons rencontre deja 



— ga- 
le sujet du verbe tant6t avant, tant6t apr^s le verbe, 
tant6t au commencement, tant6t tout k la fin de la 
phrase. La place qu'il doit occuper est en eifet tr^s 
variable, elle depend surtout du r61e plus ou moins 
preponderant qu'on veut lui attribuer dans la phrase. 

Du regime du verbe. — Le regime direct des^er- 
bes actifs ne se place pas tbujours tout de suite apr^s 
le verbe, il est pr6c6de quelquefois du regime indi- 
rect. Des deux regimes, c'est ordinairementcelui qui 
est le plus bri^vement exprime qui passe le premier. 

Ex. : ny mpampianatra mahome tohy any ny 
mpianatra r^ehetra (le maitre inspire de fa con- 
fiance k tous les el^ves). — Ny anhizy-lahy nitondra 
an.traho vatsy maro sandraha vary sy ahondro 
(le domestique aapporte k la maison beaucoup de pro- 
visions, notamment du riz et des bananes). 

Le regime d'un verbe passif se place imm^diate- 
ment apr^s ce verbe, avec ou sans proposition. Cette 
r&gle est d'une frOquente application car, ainsi que 
nous Tavons dit, en malgache comme en javanais et 
en malais, la voix passive est employee de prefe- 
rence k la voix active. Ainsi pqtur « je Taime », un 
Malgache dira : Tia'ko izy (aime de moi, lui); pour 
« je le deteste > : hala.ko izy (deteste de moi, lui). 

Dans nos langues europeennes le mode qui semble 
devoir surtout exiger Temploi de la voix active, c'est 
assurement le ipode imperatif; or, en malgache, 



- 99 — 

comme en javanais et en malais, Timp^ratif rev^t le 
plus souvent la forme de la voix* passive, et cela est 
de r^gle rigoureuse toutes leg fois que le comman- 
dement est formel et porte sur un objet bicn d6ter- 
inin6. S'il fallait donner une explication de cette dif- 
ference dans la forme de Timp^ratif, nous la trouve- 
rions peut-^tre dans les deux points de vue opposes 
souslesquels apparaft Taction exprim6e parle verbc. 
Dans les langues d'Europe on considfere Taction par 
rapport au sujet ou k Tagent qui doit la faire, tandis 
que dans les langues javanaise, malaise et malgache, 
on considfere plutdt Taction par rapport k Tobjet qui 
doit la recevoir. II en rSsulte que parfois Tagent qui 
doit ex6cuter un ordre est absolument omis dans 
Texpression de cet ordre. Ex. : hind)Ho izy ! {%o\\. 
poursuivi, lui !); apetraho ao ankavia ! {meiiezAe 
la, ^gauche), m. k m. (soit mis Ik k gauche !); tiavo 
my namahao tahaka ny teha nao^ m. a m. (soit 
aim6 le prochain de toi comme la propre personne 
de toi !). Ici le regime de Timp^ratif passif tiavo 
(soit airn^) est sous-entendu, mais la clart^ du con- 
texte de la phrase le rend inutile. S'il 6tait exprim6 
sa place serait tout de suite apr^s Timp^ratif passif. 
Bien plus, dans cette phrase, par exemple : 

Hatoro ko anao izy (je te le montrerai), m. 4 m. 
(sera montr^ (P^i*) ™oi (k) toi lui), les trois pronoms 
se suivent sans Tinsertion d'aucune proposition ; 



— 100 — 

mais sous cette forme le sens n'est pas plus douteux 
pour un Malgache que n'est douteux pour un Fran- 
Qais le sens de la phrase : « je te le montrerai » qui 
renferme 6galement trois pronoms personnels, de 
suite, sans aucune proposition intercalOe. 

Differentes classes de verbes. — Les verbes peu- 
vent Otre rOpartis en sept classes, savoir : 

verbes substantifs et auxiliaires, 

verbes d*6tat 

verbes d'action 

verbes causatifs 

verbes frOquentatifs 

verbes rOciproques ou r6fl6chis 

verbes passifs. 

La nature des particules prefixes, interfixes, suf- 
fixes, fera reconnaitre & laquelle de ces classes ap- 
partient un verbe donn6. 

Verbes substantifs 

On pr(^tend g6n6ralement que le verbe substantif 
« etre > n'existe pas en malgache, et que dans cette 
langue, il n'y a pas d'autre verbe que le verbe attri- 
butif. Le verbe substantif existe en javanais et en 
matais sous deux formes distinctes : ana et dadi 
en javanais, ada et djadi en malais, mais presque 
toujours ce verbe substantif est sous entendu. En 
malgache le mot ary signifie « existant, qui est, qui 



— IW — 

est cr^6 ». La negation tsiary est form^e de tsy (pas, 
ne pas) et de ary (6tre), absdument comme en ma- 
lais ti.ada. Cette phrase purement malgache : 

alahady tsy ary indroy amy ny herinandro 
signifie m. & m. dimanche pas est deux fois dans la 
semaine (c'est-^dire : il n*y a pas deux dimanches 
dans la semaine). Le verbe ary 6tre s'y trouve 
clairement exprim6. Izy pourrait encore 6tre regard(5 
comme repr6sentant une seconde forme du verbe 
« 6tre » concurremment avec ary. Le mot isi existe 
en javanais et en malais, et dans ces deux langues 
aussi bien qu'en malgache il signifie h. la lettre « y 
6tre >. 

En malgache cette simple phrase : tsHsy vola (il 
n'y a pas d'argent) signifie « pas y est argent » comme 
en anglais: « there is no money »; ts*isy vola aho 
qui se traduit par « je n'ai pas d'argent» signifie 
mot d< mot 4C pas est argent {k) moi i). 

De laracine isy d^rivent les verbes misy, mahAsy, 
7nampisy, etc. Misy, au pass6, nisy au futur hisy 
ou bien hoisy. 

Ex. : Aiza misy ny ada nao (oii est le pfere de 
toi ?) 

Misia fahazavana dia nisy ny fahazavana 
m. k m. que soit la lumifere et fut la lumifere, ou 
(que la lumifere soit et la lumifere fut). 

Le verbe actif-transitif mahisy se trouve dans 
cette phrase : 



— 109 — 

Zanahary no nahisy ny zavatra ziabp (c'est 
Dieu qui a cr66 toutes choses). 

Le mot fiziana, d6riv6 i'isy signifie « existence ». 

Le mot cre'ation se rend en malgach^ -simultan^- 
ment , et par fahuriana^ d6riv6 de ary et par/te/tf- 
siand d6riv6 de isy, 

Contrairement k Topinion des anteurs qui ont 
6crit sur la mati^re, je conclus de \k que le verbe 
substantif titre'^ existe en malgache, mais pour 
aindi dire k T^tat latent, puisqu'il est presque iou- 
jours sous entendu ; il rev^t m^me deux formes dis* 
tinctes ary et isy^ comme le malais add et djadi ou 
le javanais ana et dadi, qui sont ^galement presque 
toujours sous entendus. 

Verbes d'etat 

Ces verbes peuvent se rendre ordinairement en 
frangais par le verbe etre accompagn6 d'un adjectif 
ou d'un partieipe pris dans un sens neutre. 

La pr^fixe mi ou Tune de ses variantes ma^ m, 
caract^rise g(5n6ralement cette elasse de verbes, 
pourtant elle se trouve quelquefois en t6te de verbes 
ayant un sens actif. PIac6e devant un mot racine, 
elle forme un verbe qui signifie : 6tre ou sc mettre 
aans T^tat marqu6 par la racine. 

Mode indicatif 
De radje(itif mahery (fort). 



— 103 -- 

PRESENT 

Izaho mahery (je suis fort), 

Hianao mahery (tu es fort), 

Izy mahery (il est fort), t 

Isiha mahery (nous sommes forts) proflen iDclisif, 

Jzahay mahery {no\x% sommes forts) proDon exeUsif, 

Hianareo mahery {\oms fttes forts), 

Izireo mahery (ils sont forts). 

Izaho nahery (je fus ou j'ai 6t6 fort), 
Hianao nahery (tu as 6t6 fort), 
/z^ nahery (il a 6t6 fort), 
Isika nahery (nous avons 6t6 forts), 
Izahay nahery (nous avons 6t6 forts), 
Hianareo nahery (vous avez 6t6 forts), 
Izireo nahery (ils ont 6t6 forts). 

FUTXJR 

izaJio hahery (je serai fort), 
hianao hahery (tu seras fort), 
iztf hahery (il sera fort), 
f5fAa hahery (nous serons forts), 
izahay hahery (nous serons forts), 
hianareo hahery (vous serez forts), 
izireo hoMery (ils seront forts). 

MODE IMPERATIF 

II n'a qu'un temps : le present. II se forme du pre- 
sent de Tindicatif, en avan^ant Taccent d'une syllabe 



— 104 — 

vers la droite et en ajoutant la terminaison a. Telle 
est la r^gle g^n6rale ; mais Taddition de cet a fln^l 
doit avoir lieu en observant les lois euphoniques. 
Cette r^gle est iSvidemmentde provenance javanaise» 
mais, dans Tapplication, elle a ^t^ quelque peu altd- 
r6e par les Malgaches. En javanais, du verbe ana 
(6tre), se forme Timp^ratif ana.ha (sois); de 
anggawa (porter), anggawaMa (porte) ; de mang- 
/f a^ (partir), manghata (pars); si le radical est ter- 
min6 par /, la voyell6 a qui forme Timp^ratif est 
remplac^e par ^a; et si le radical est termini par 
ou ou par 0, la desinence a sera remplac^e par wa ; 
de dadi (devenir), on fera dadiya (deviens); de 
nouhou (acheter), nouhouwa (achfete). 

Ex. : de mandto (piler), manotda (pile) ; de mi- 
hclro (m^langer), ^niharoa (melange) ; de mifidy 
(choisir), mifidia (choisis); de mamdly (r^pon- 
dre), mamalia (r^ponds) ; de hotnana (manger), 
homdna (mange) ; mitia (aimer), mitidva (aime) > 
onahery (fort), mahereza (sois fort); manao 
(faire), manaova (fais). 

7nahereza Manao (sois fort), 

mahereza izy (qu'il soit fort), 

mahereza isiha (soyons forts), 

mahereza hianareo (soyez forts), 

mahereza izireo (qu'ils soient forts). 

Les Malgaches, k Tinstar des Javanais et des 



~ 105 — 

Malais, ont un second imp^ratif que nous appelons 
vetatify parce qu'il difend de faire au lieu de com- 
mander de faire. C'est le mot aza plac^ devant I'in- 
dicatif qui sert k former ce v^tatif . II a 4t6 emprunt6 
du javanais adja qui a m^me sens et m^me emploi. 
II se conjugue ainsi : 
aza mahery anao (le sois fas, girde-toi d'etre fort), 
aza mahery izy (qu'il ne soit pas fort), 
aza mahery isika (ne soyons pas forts), 
aza mahery hianareo (ne soyez pas forts), 
aza mahery izireo (qu'ils ne soient pas forts). 
Le v6tatif aza n'indique pas toujours une defense 
formelle, mais quelquefois une simple recommanda- 
tion, un avertissement^ voire m6me un souhait de 
ne pas 6tre en tel ou tel 6tat, ou de ne pas faire tel 
ou tel acte. 

MODE INFINITIF 

Present : mahery (6tre fort), 

Pass6 : nahery (avoir 6t6 fort), 

Futur : hahery (devoir 6tre fort). 

Dans les verbes d'6tat ou neutres, le mode parti- 
cipe n'existe pas comme mode distinct, mais il est 
compris dans le mode infinitif ; la raison en est que 
le participe-racine a toujours un sens passif. 

Ainsi se conjugue nt les adjectifs k pr^fixe ma ou 
TTiiy susceptibles des trois temps et d'un imp^ratif. 

Soit le verbe m/>2:o/so(descendre) form^ du radical 



/ 



— 106 — 

zotsx) et de la particUle pr^fixd des verbes neutres 
ou Yerbes d'etat. . 

MODE INDICATIF 
PU£3ENT 

mizotso aho (je descends), 

mizotso hiahao (tu descends), 

mizotso izy (il descend), 

mizotso isiha ou izahay (nous descendons), 

mizotso hianareo (vous descendez), 

mizotso izif'eo (ils descendent). 

X>A88A 

nizotso aho (je deacendis ou je suis descendu), 

PUTUR 

hizotso aho (je descendrai). 

MODE IMPERATIF 

Tnizotsoa hianao (descends). 

MODE IMPjgRATIF VISTATIF 

aza mizotso anao (ne descends pas, garde-toi 
de descendre). 

MODE INFINITIF 

mizotso; nizotso; hizotso. 

Les prefixes mian et mitan donnent aux verbes 
un sens de tendance. Les verbes formes avec cos 
prefixes n'expriment pas T^tat marqu^par la racine, 
mais une tendance vers cet 6tat. 



— 107 — 

Ex. : de mizotso (descend re), mianjotso(se lai«- 
ser descendre) ; de milavo (choir), mt^andavo (se 
laisser choir) ; de mi.treha (tomber), miantreha 
(se laisser tomber sur) ; de mivevy (aller erf derive), 
miambevy (se laisser aller en derive) ; de avaratra 
(le Nord), mian.avaratra (regarder du c6t6 du 
Nord, 6tre tourn^ vers le Nord). 

La pr^fixe mifyay mihia (en hova), suivie d'une 
racine, forme des verbes'neutres de gradation ou de 
progression. 

Ex. : de be (grand), mihabe (grandir graduelle- 
ment, commencer k grandir); hely (petit), mihia-- 
liely (diminuer graduellement, commencer k d6crot- 
tre); tsara (bon), inihiatsara (se bonifier peu k 
pen); maro (nombreux); 7nifiamaro (augmenter 
en norabre de plus en plus); maitso (vert), mihia. 
maitso (verdir, devenir vert de plus en plus). 

Verbes actifs 

Pour cette classe de verbes, c'est la pr6fixe man 
ou Tune dc ses variantes euphoniques que Ton em- 
ploie. 

De la racine totOy nous formons le verbc actif 
mantoto ou mieux manoto (piler) la dentale forte t 
devant disparaitre dans le d^riv^, conform^ment k 
une rfegle euphonique connue. La racine javanaise 
est toutouH et le verbc noutouh (frapper, battre, 



— 108 — 

piler) ; en malais toutouk et le verbe menoutouk. 
On sait que dans ces deux langues le h final ne se 
fait pas sentir. 

MODE INDICATIF 
PRESENT 

manoto aho (je pile), 

manoto hianao (tu piles), 

manoto izy (il pile), 
i manoto isiha (nous pilons), 
( manoto izahay (nous pilons), 

manoto hianareo (vous pilez), 

manoto izireo (ils pilent). 

PASSfi 

nanoto aho (jai pil^ ou je pilai), 

nanoto hianao (tu as pil6), 

nanoto izy (il a pil6), 
( nanoto isiha (nous avons pil6), 
( nanoto izahay (nous avons pil6), 

nanoto hianareo (vous avez pil6), 

nanoto izireo (ils ont pil6). 

FUTUR 

hanoto aho (je pilerai), 

hanoto hianao (tu pileras), 

hanoto izy (il pilera), 
I hanoto isiha (nous pilerons), 
( hanoto izahay (nous pilerons), 

hanoto hianareo (vous pilerez), 

hanoto izireo (ils pileront). 



MODE IMPERATIF 

manoto.a hianao (pile), 
manoto.a izy (qu'il pile), 
"inanoto.a isiha (pilons), 
manoto.a hianareo (pilez), 
manoto.a izireo (qu'ils pilent), 

IMPERATIF VETATIF 

aza manoto hianao (d6 pile pas, garde-toi de piler), 
aza manoto izy (qu'il ne pile pas), 
aza manoto hianareo (ne pilez pas), 
aza Tnanoto izireo (qu'ils ne pilent pas). 

MODE INFINITIF PARTICIPE 

present : manoto (piler ou pilant), 
pass6 : nanoto (avoir pile ou ayant pil6), 
futur: hanoto (devoir piler ou devant piler). 
A proprement parler, il n'y a point de mode par- 
ticipe, les participes present, pass6, futur, d*un 
verbe actif pouvant ^tre regard6s commc compris 
dans le mode infinitif. 

A Taide de la particule pr^fixe des verbes actifs, 
et en observant les lois euphoniques, on peut former 
avec les mots racines un nombre illimit^ de verbes 
actifs. Ainsi les noms qui sembleraient devoir s'y 
prater le moins, les noms des quatre points cardi- 
naux, par exemple, peuvent ainsi devenir verbes : 
de : avdratra (le nord), mahMvaratra (aller vers 
le nord, faire du nord). 



- no — 

atsimo (le sud), mah.atsimo (aller vers le sud, 

, faire du sud). 
atsindnana (I'est), mah,atsihanana (aller vers 

Test, faire de Test). 
andrefana (I'ouest), mah.andrefana (aller 
vers Touest, faire de Touest). 

Ex. : mahandrefana ny sambo (le navire fait de 
I'ouest) ; cette fagon de parler parait 6tre commune 
k tous les marins. 

On dira de m^me, k Taidede ino (quoi?), mah.ino 
(faire des questions) . de havanana (la droite) et 
havia (la gauche), on tirera les verbes mah.avana- 
na (aller & droite) et mahavia (aller k gauche), k 
la lettre : faire droite, faire gauche. 

Aza mahalaotra fa maholora (nc naviguez pas 
dans la haute mer, mais c6toyez le rivage),, & la 
letttre : (ne faites pas la haute mer, mais faites Ic 
rivage),de «Zao^ra (la haute mer) et olotra (rivage). 

Enkawi(vieuxjavanais), en soundanais, en malais 
la haute mer se dit 6galement: ^flfow^, en tagal 
(Philippines) c'est le m^me mot : laot. 

Pour indiquer que Taction ou T^tat marques par 
unverbeont unsens d'habitualit6,il suffit d'employer 
la lettre /*ou fo, comme pr^fixe initiale des verbes 
d'action ou d'6tat. 

Ex. : mandeha (aller) ; fandeha ajoute Tid^e 
d'habitude. 



— Ill — 

Ny tany aleha^ho signifiant : (le pays oil je vais 
pr^sentwnent), ny tany faleha-ko signifie : (le pays 
oil je vais habituellement). Ny atao-ho signifie : (ce 
que je fais) et ny fatao ho (ce que je fais habituel- 
lement). 

Devant une consonne, ou m^nie quelquefois devant 
une voyelle, cette lettre d'habitualit^ /"se change en 
fOy fa on fi. 

Ex. : hita (vu), fohita (vu habituellement) ; azo 
(obtenu), foazo et fiazo (obtenu habituellement) ; 
/^anena (nourriture) fohanina (nourriture habituelle). 

Ino no fohanihao (quelle est votre nourriture 
ordinaire?) 

VERBES CAUSATIFS 

Le verbe causatif exprime Tid^c d'une cause qui 
agit sur un sujet pour lui faire produire Taction ou 
l*4tat marqu^ par le verbe. 

Si Ton insfere la particule amp imm6diatement 

aprfes Tinitiale m des prefixes vcrbales man^ mij 

manha, et des verbes d'action ou d'etat, les mots 

qui en r^sultent sont des verbes causatifs. 

Ex. : de manao (faire), mampanao (faire faire), 

mahazo (obtenir), mampahazo (faire 

obtenir), 
manhatia (aimer, ch^rir), mawpanhatia 

(faire aimer, faire ch^rir), 
manhahala (haYr, d^tester), mampan* 
hahala (faire haYr, faire d(5tester). 



— 113 — 

Ces verbes se conjuguent dc la m^me manifere que 
tous les autres, car il n'y a r^ellement qu'une seule 
conjugaison en malgache, ainsi que nous Tavons 
(lit. 
Ex. : mampanhatia fiandrana alio (je fais ai- 
mer r^tude), 
nampanhahala havozoana iziha (nous 

avons fait d^tester la paresse), 
hampankatia tany malgazy hianareo 
(vous ferez aimer la terre rhalgache). 

VERBES FREQUENTATIFS 

Pour indiquer dans un verbe la continuity de Tac- 
tion ou la r^p^tion de Tacte, on redouble le verbe 
racine tout de suite apr^s la particule pr^fixe, mais 
celle-ci ne se redouble jamais. Cette rfegle de forma- 
tion des verbes fr6quentatifs ou redoubles est com- 
mune au malgache, au javanais et au malais, et les 
m6mes lois euphoniques president k son application 
dans ces trois langues. 
Ex. : de miverina, mi,verimberina (aller et 
venir), 
miherina, mi. her inker ina (tournoyer), 
mamitsoka, mamitsopitsoka (fouetter k 

coups r6p6t6s), 
mandehUj mandehandeha (sc promenor 
qk et 1&), 



— H3 — 

mipdaka, mipoapoaha (tirer k coups re- 

p6t(5s), fusillade ou canonnadc, 
inwadika, mivadibcidiha (se retourner 

en tous sens), 
todiha, 7nitoditodiha (tourner la t^te de 

tous c6t6s), 
bisikcty mibisibisika (chuchotter), 
Aza mibisibisika anareo (ne chuchottez 
pas sans cesse !). 
II convient de remarquerque bon nombre de verbes 
redoubles n'offrent pas grande difference dans leur 
signification avec les verbes non redoubles; si cette 
forme reduplicative parait plus expressive ou plus 
agr^able k Toreille, elle seratoujours employee, dans 
ce cas, de preference k la forme simple. Dans leur 
conjugaison les verbes frequent atifs n'offrent rien de 
particulier et sont soumis k la loi commune. 

Verbes reciproques 

Le verbe reciproque est celui qui a deux sujets qui 
se font Tun k Tautfe Taction exprimee par le verbe. 

Si Ton insure la particule if immediatement aprfes 
Vm^ initiale des prefixes verbales actives marij main, 
mail, "inanka^ manpan, par cette simple insertion 
on forme des Verbes reciproques. 
Ex. : mamango (frappor), mifamango (se frappcr 
Tun Tautrc) ; 



— H4 — 

7nahanatra (admonester), mitahanatra (s'ad- 

monester Tun Tautre) ; 
manhahala (d^tester), miianhahala (s^entre 

d^tester) ; 
mampisoatrYi (faire remplacer), mitampisoa- 

tra (se faire remplacer Tun Tautre) ; 
mampitahy (aider), mitampitahy (s'entr'aider). 
mahamhoho (tourner le dos), mitahamhoho 

(se tourner le dos Tun k Tautre) ; 
manhatahotra (craindre), mitanhatahotra 

se craindre mutuellement) ; 
manhatia (aimer), mitankatia (s'entraimer) ; 
Mifankatia va hianareo ? Eny ha mifam- 
angy matetika izahay. (Est-ce que vous 
vous aimez ? Oui, et nous nous visitons sou- 
vent.) 
Si, au lieu de la particule ^/qui semble n'^tre^que 
la lettre d'habitualit6 /*, pr6c6d6e d'un i euphonique 
introductif dans le corps du verbe, on insure la par- 
ticule compos6e ainpdfy on forme ainsi des verbes 
qui sont a la fois causatifs et r^ciproques, c'est-&» 
dire qu'ils expriment toujours la reciprocity, mais une 
reciprocity produite ou causae parun agent stranger, 
par une tierce pesonne. 
Ex. : de mahanatra (admonester), viifahatra 
(s'admonester), mifaonpanatra (se faire 
admonester Tun Tautre par quelqu'un) ; 



— 115 — 

manka tahotra (craindre), mami)atahotra 

(faire craindre) verbe causatif , inifan- 

hatahotra (se craindre mutuellement), 

verbe r^ciproque, mampifankatohotra 

(6tre cause, faire en sorte que deux per- 

sonnes se craignent mutuellement). 

Ainsi la phrase : Manipifankatahotra azy roa 

laliy aho signifie : (Je fais queces deuxhommes, ou 

je suis cause que ces deux hommes'se craignent 

mutuellement.) 

Ces prefixes causatives r6ciproques marquentdonc 
qu'un agent cause une action qui devient r^ciproque 
entre deux autres agents; comme ferait par exemple 
une tierce personne qui causerait line dispute entre 
deux individus. 

Des temps secondaires 

Nous avons dit que les temps secondaires de nos 
verbes fran^ais : imparfait de Tindicatif, plus que 
parfait, futur ant6rieur, temps du conditionnel et 
temps du subjonctif n'existaient point effectivement 
dans la conjugaison des verbes malgaches, mais quo 
cependant on pouvait leur trouver des Equivalents* 
Le contexte de la phrase ou le secours de quelques 
mots accessoires feront comprendre les diverses 
nuances de nos temps secondaires. 

Trois rfegles sont d'abord k observer. 



~ IIG — 

Premiere regie, — De deux verbes dont le second 
est subordonn6 au premier, le second se met au passe' 
en deux cas : 1° Si le premier verbe est au pass6 et 
et si Taction du second'est simultan6e avec celle du 
premier; 2* si Taction du second verbe est ant6rieure 
d celle du premier, bien que celui-ci soit au present 
ou au futur de Tindicatif. 

Ex. : nahita anao nandalo izy (il t'a vu passer), 
avy namangy azy aho (je viens de le visiter), 
miambina alina aho laha natory anao (je 

veillerai la nuit quand tu auras dormi). 
nasafho nandeha izy (je lui ai signifi6 de 

partir), 
ho faly izy amy ny nafiatongava'nao soa- 
aman-tsara (il sera content de ce que tu es 
arriv6 sain et sauf). 
Deuxieme regie, — Le second verbe se met au 
present, si le premier est au present et que Taction 
des deux verbes soit moralement simultan6e. 
Ex. : avy mamangy anao hao (je viens te visiter), 
miaihhina alina aho laha matory anao (je 
veille la nuit quand tu dors), 
Troisieme regie, — Le second verbe se met au 
lutur si son action doit s*accomplir dans un temps k 
Venir, ou si son action peut 6tre consid^r^e comme 
post^rieure k celle du premier. 
Ex. : Izaho nahanteha anao hd tonga taty omaly 
(j'csp^rais que tu serais venu hicr), 



— 117 — 

miamhina alina oho laha hatory anao (je 

Yeillerai la nuit quand tu dormiras), 
satry,ho ho tonga rahampitso hianao (je 

serais content que tu vinsses demain), 
nalahelo oho raha nandeha hianao (j'aurais 
6t6 triste si tu 6tais parti). 
Pour exprimer deux actions simultan^es dans le 
pass^, le premier et le second verbe se mettent tous 
deux au pass6. 

Ex. : niamhina alina aho laha natory anao (je 
veillais la nuit quand tu dormais). 
Pour exprimer deux pass6s, dont le premier est 
ant(5rieur au second, il faut forcer Pintensit6 du 
premier pass6 en le faisant pr6c6der du mot auxi- 
liaire efa^ qui signifie fini, 

Ex. : efa niamhina alina aho laha natory 
anao (j'avais fini de veiller la nuit quand tu dormais). 
La conjonction laha (quand), roha en hova, s'in- 
corporant avec efa (fini), devient laKefa, vaKefa^ 
par euphonic lehefa^ rehefa, et sous cette forme 
compos6e elle acquiert le sens de « quand ce fut fait, 
aprfes que ce sera fait, sit6t fini, tout de suite », elle 
eontribue alors k determiner d'une fagon plus claire 
la nuance du temps dont il s'agit : 

Ex. : rehefa voa hajary aho dia handeha ma- 
laky aho (dfes que je serai pr^t, je partirai promp- 
tement). 



~ 118 — 

Le participe-racine efa (fini) est j;rfes-tisit6 , et 
joue le r61e d'une veritable particule pr^fixe avec les 
verbes, les participes, les substantifs, les adjectifs 
et les adverbes; elle sert h. fixer les nuances du 
temps. 
Ex. : efa tsy tsara izy (il n'est plus bon) ; m. h 
* m. fini pas bon lui, 

efa tonga izy C\\ est arriv6), 
efa tsy zaho tahy zaho ataonio (je ne 
suis plus maintenant ce que j'ai 6t6 au- 
trefois), 
izay efa nody mandry (ceux qui se sont 
enretourn^s dormir), c.-^-d. les morts. 
Efa ne marque pas seulement le pass6, ii pent 
accompagner les autres temps, 
Ex. : efa miharo izireo (enfin ils se m61ent). 

efa niharo izireo (enfin ils se sont mftl^s), 
efa hiharo izireo (enfin ils vont se mftler). 
Efa suivi de ho indique un futur trfes-prochain : 
efa ho maty (sur le point de mourir), 
efa ho roso izy (il est sur le point de partir). 
Efa est souvent suivi d'un autre particule voa ou 
bien encore tafy ou tafa. Le participe-racine voa 
signifie proprement « atteint, touchy » quand ii ne 
sert pas de pr6fixe. 
Ex. : efa voa laza izany (cela a 6t6 dit d6jA,), 
efa voa haro izy (le voil4 enfin m6l6), 



— 119 — 

efa voa haro.ko izy (j'ai fini de le m^ler), 
efa voa tety ny tany izi^eo (ils ont par- 

couru le pays), 
efa tafiditra aho (je suis entr6), 
efa tafi.akatra izy (il est arriv6 en haut), 
tafa.petraha ny vorona (roiseau a fini de 
se poser). 
Vao qui signifie : t nouveau, nouvellement, tout 
r6cemment, » misdevant un verbelui sertd'auxiliaire 
pour marquer les temps; il indique sp6cialement 
qu'on vient de commencer, qu'on commence, ou 
qu'on va commencer Taction marquee par le verbe. 
Ex. : vao avy izy ou vao havy izy (c'est un nou- 
veau venu), 
vao tonga izy (il vient d'arriver), 
vao niditra izy (il vient d'entrer), 
vao hiditra izy (il va entrer), 
vao izao no teto aho (c'est la premiere fois 

que je viens ici), 
vao mianatra ny heho farantsy izireo 
(ils commencent 4 apprendre la langue 
franQaise). 
Vaho est souvent suivi de la particule ho qui suffit 
k marquer le futur. 
Ex. : vao ho misy rano{}\ commence k y avoir de 
Teau), 
vao hitombOj vao ho misy ravina ity hazo 



— 120 ^ 

ity (cet arbre commence k pousser, il va 
avoir des feuilles). 
Le verbe avy (venir) pr6c6dant imm6diatementiin 
autre verbe demeure invariable et sert d'auxiliaire 
pour les temps comme vao; il exprime 6galement 
rid^e que Inaction est proche. soit au present, soit au 
pass6, soit au futur. Le verbe qui suit avy est seul 
k prendre Tinitiale m, n, h^ signe distinctif du temps 
present, pass^ ou futur. 
Ex. : avy mamahgy izy oho (je viens le visiter), 
avy namahgy izy aho (je viens de le visiter), 
avy hama'hgy izy aho (je viens pour le 
visiter). 
Ta, te^ ti, contractions de iia (d6sirer, vouloir, 
aimer), se placent devant la particule ho pour rendre 
plus nettement le futur. 
Ex. : ta.handeha aho (je desire, je veux, j'airae- 
rais h m'en aller) = (je m'en irai) ; 
teMtohitra aho (je desire, je veux, j'aime- 

rais k rester)= (je resterai) ; 
te.hilaza hianao (tu desires, tu veux, tu ai- 

merais k parler) = (tu parleras) ; 

tiMditra arCtraho aho (je desire entrer 

dans la maison)=(j'entrerai dansla maison). 

Dans le nord de Madagascar, on emploie ti de 

pr6f6rence. contraction de tia, Notons en passant 

Tanalogie qu'offrc le mot anglais will (vouloir) avec 



— 121 — 

le tia malgache, pour rendre le futur dans les 
verbes. 

L'imparfait de Tindicatif se rend habituellement k 
Taide de la particule mhola plac6e devant le pass6, 
le plus-que-parfait, par les deux mots efa vao devant 
le pass^, le futur pass6, par Tio efa devant le verbe 
au pass6. 

Quant aux modes secondaires qui manquent en 
malgache, on peut rendre le conditionnel present en 
eraployant la particule mba (afin que) suivie du 
verbe au futur. Ex, : izoJio mba hahery (je serais 
fort) ; et le conditionnel pass6 en mettant le verbe au 
pass6 et en le faisant suivre de ahie ; Ex. : izaho 
nahery afiie (j'aurais 6t6 fort). La presence de raha 
(si) dans un membre de phrase, indique le verbe qui 
est au conditionnel. Ex. : raha teto hianao tsy 
maty ny anadahy ho (si vous aviez 6t6 ici, mon 
fr^re ne serait pas mort). 

Les temps du subjonctif, present et imparfait, se 
rendent k I'aide de la conjonction aoka suivie du 
verbe au futur; tandis que le parfait et le plus-que- 
parfait du subjonctif veulent le verbe au pass6, pr6- 
c6i6 des trois mots r6unis aoka ho efa. 

Ex. : aoha hamangy aho (que je visite), 
aoka hamangy aho (que je visitasse), 
aoha ho efa namangy aho (que j'aie visits), 
aohahoefanarnangy aho {(\\jiQ\'Q\i^^Qy\%\\€), 



— 129 — 

Outre aoka^ il est certaines autres conjonctions 
qui indiquent suffisamraent le subjonctif, telles que 
mora^ mba, biaka. Ex. : mora izy afaha (afin 
qu'il flit d6livr6) ; mba hahazo vola izy (pour qu'il 
obtint de Targent) ; voa voatra ny zavatra ziaby 
mba m^amava day ny sambo (tout est pr6t pour que 
le navire mette k la voile); w^ahajahaja loatra 
biaha hahazo lova izy (il est obs^quieux afin 
d'avoir Th^ritage). 

Des verbes passifs 

Le verbe malgache, dans sa forme simple et pri- 
mitive, d^pourvue de toute particule affixe, a g6nd- 
ralement le sens passif; nous avons dit d6j& que 
c'est la voix passive qui est la voix la plus usit6e en 
malgache comme en javanais et en malais. 

Au lieu de dire izaho mitia azy, ou izaho man- 
katia azy (je Taime), en employant la voix active, 
comme nous le ferions en frangais, un Malgache 
Aiva, tia ko izy (il est aim6 de moi), m. k m. aim^ de 
moi, lui. Le participe passif tiana se conjuguera 
comme ci-dessous : 

MODE INDICATIF 
PR£iENT 

* tiana aho (te suis aim6), 
tiana hianao (tu es aim6), 
tiana izy (il est aim6), 
tiana isiha ou tiana izahay (nous sommes aim6s), 



r 



^ 123 — 

tiana hianareo (vous fetes aim^s), 
tiana izireo (ils sont aim6s). 

PASS£ 

no tiana aho (je fus, ou j'ai 6t6 aim^), 

no tiana hianao (tu as 6t6 aim6), 

no tiana izy (il a ^t6 aim6), 

no tiana isiha ou no tiana izahay\^m avons eteaimes), 

no tiana hianareo (vous avez 6t6 aim^s), 

no tiana izireo (ils ont 6t6 aim6s). 

FUTUR 

/^o tiana aho (je serai aim(5), 

ho tiana hianao (tu seras aim6), 

ho tiana izy (il sera aim6), 

ho tiana isiha ou ho tiana izahay (nous serons aimes), 

ho tiana hianareo (vous serez aim6s), 

ho tiana izireo (ils seront aim^s). 

MODE IMP^RATIF 

tiavo.nao (soit aim6 par toi) — (aime ! ) 
tiavo.izy (soit aim6 par lui) — (qu'il aime !) 
tiavo.ntsiha (soit aim6 par nous) — (aimons!) 
tiavo. hianareo (soit aim6 par vous) — (aimez !) 
tiavo.izireo (soit aim6 par eux) — (qu'ils aiment !) 
Nous avons dit pr^cMemment que la lettre finale 
caract^ristique de Timp^ratif de la voix passive 6tait 
la lettre o et non plus la lettre a, comme dans les 
verbes actifs et neutres : tiavo au lieu de tiava. 



— 124 -^ 

Ex. : Uavo ny nama'nao tahahy ny teha nao 
(aimez votre prochain comme-vous-m^me), 
m. km, soit aim6 le prochain de toi comme 
la personne de toi ; 
omeo vola dho (donne-moi de Targent), 
m. k m. soit donn6 argent k moi. * 
Cette suffixe o s'appHque k la suite de tout ,verbe 
^crit sous sa forme primitive ou radicale, c'est-&- 
dire sans pr^fixe ni suffixe. Dans la formation de 
rimp^ratif passif, les regies euphoniques doivent 
toujours 6tre observ6es. 
Ex. : de tondra (port6), tondrao (soit port6). 
laza {racont6), lazao (soit racont6). 
lazao amy ko izany (soit racont^ k moi 

cela !) racontez-moi cela ! 
tifi (mince, aminci), tifiso (soit aminci) 
tafy (v^tu), taflo (soit v6tu) 
II est & remarquer que cette forme de Timp^ratif 
passif pent s'appliquer aux verbes neutres, actifs, 
causatifs, etc. sous la condition d'une operation 
pr^alable k leur faire subir. De m^rae qu'en javanais 
il suffit de supprimer la nasale initiale, qui donne le 
sens actif, pour rendre au verbe son sens primitif 
ou passif, de m^me en malgache pour former un 
imp^ratif passif avec un verbe de forme active, il 
suffit d'6liminer I'm initiale de la pr6fixe verbale, 
puis d'appliquer comme finale la suffixe o, 



Ex. : de manify (amincir) anifiso (soil aminci). 

Si la sifflante s se rencontre dans la terminaison 
de rimp^ratif passif, c'est peut-^tre moins par eu- 
phonic que par 6tymologie ; la racine tify du mal- 
gache provient en effet de la racine javanaise et 
malaise ti'pis^ dont la consonne finale a 6t^ suppri- 
m6c. 

De m^me la forme correcte de Timp^ratif passif 
tafiQ, donn6 ci-dessus en exemple, serait tafiyo, 
si la semi-voyelle g/tt du javanais et du malais avait 
6t6 conserv^e dans Talphabet malgache. 

En terminant ce chapitre des verbes passifs, nous 
ferons observer que ces verbes n'ont pas de mode 
infinitif distinct, et que cet infinitif estrenferm6 dans 
le participe pass^, tandis que les verbes actifs, neu- 
tres, etc., n'ont pas de mode participe distinct, ce 
participe 6tant renferm^ dans Tinfinitif. 

Tel est le caractfere et telles sont les transforma- 
tions du verbe en malgache. 

CHAPITRE XI 

Des participes 

Les verbes dans leur 6tat primitif, sans pr6fixe ni 
suffixe, peuvent ^tre consid6r6s comme des partici- 
pes. II en est de meme en javanais et en malais. En 
dehors de ces participes racines ou participes priml- 



- 126 — 

tifs, il en est d'autres que nous appelons participes 
d6riv6s, et que nous diviserons en cinq classes^^ sa- 
voir : 

1* participes passifs formes k Taide de la pr6fixe a; 

2* participes form6s h Taide des suffixes ana, ena^ 
ina ; 

3° participes formes k Taide de la pr^fixe ha et de 
la suffixe ina ; 

4° participes formes k Taide de la particule inter- 
fixe in ; 

5° participes formes k Taide des auxiliaires efa, 
voa, iafa; 

1° Participes formes a Faide de la prefixe a. — 
Ces participes se forment simplement en pr6fixant 
au mot racine la voyelle a, lis ont un sens passif, et 
ils prennent Tindice du pass6 no ou n, aussi bien 
que rindice du futur, ho ou h. L'accent de la racine 
ne se d^place pas. 

Ainsi du mot too, racine de manao (faire ) on 
forme le participe passif atao (fait), qui devient 
natao au pass6 et hatao au futur ; de la racine fit- 
saka, le participe ipsLSsit-afltsaha (couch6 k plat) ; de 
la racine jdnona (halte), le participe passif ajanona 
(arr6t6). Cette classe de participes est la m6me que 
celle des participes javanais formes k Taide de la 
prefixe ha, sans addition d'aucune suffixe ; elle en 
derive directement car le ha javanais devient ha ou 
a en malgache* 



~ 127 — 

2" Participes formes a Vaide des suffixes ana, 
ena, ina. — Cette classe de participes est la plus 
nombreuse ; son mode de formation n'offre d'autres 
difficult^s que celles resultant de Tapplication exacte 
des regies euphoniques. 

II faut distinguer deux cas : ou bien le mot qui doit 
recevoir la suffixe des participes flnit par Tune des 
syllabes dites muettes ha, tra^ na, ou bien il a une 
autre terminaison. 

Dans le premier cas, Va final disparait et les con- 
sonnes h, tr^ n qui demeurent subissent les modifi- 
cations euphoniques suivantes : 
A'se change g6n6ralement en h et quelquefois en/*. 
Ex. : de robaka^ robdhina (d^truit). 
irahay irdhina (envoy6). 
tapahaj tapdhina (bris6). 
otrika, atrehina (regard6 en face). 
TR se change g6n6ralement en t ou en r ; il de- 
vient t si le mot racine contient d6j^ la consonne r, 
il devient r si le mot racine ne contient pas d^ja 
cette consonne. 
Ex. : de sdratra, sordtana ((§crit). 
soritra^ soritana (trac6). 
roritray roretlna (allonge, 6tire). 
rifatray rifatina (enfui, 6chapp6). 
hoatra^ hoarina (surpass^). 
olitray olerina (rong6 par les vers)i 
hehitra^ hekerina (mordu). 



— 1:28 — 

JVdemeure g^n^ralement sanschangement; quand 
il se change en m, c'est que dans Ic mot racine il y 
a d^jk un n, ou bien cet m provient d*une forme an- 
cienne tomb^e en d6su6tude. 
Ex. : d07ia (coup), donina (frapp6 d'un coup). 
adina (examen), adinina (examine). 
indrana (emprunt), indramina et indra- 
wana (emprunt^) ; en javanais et sounda- 
nais la racine est injoum, en malais pin- 
djam. ' 

Second cas : le mot racine a une syllabe finale 
autre que les syllabes muettes Aa, tro.^ na. Suppo- 
sons que ce mot racine finisse par y, Cet y final 
devient en g6n6ral coalescent avec lavoyelle initiale 
de la suffixe ina et regoit alors Taccent. 
Ex. : dhyf ahina (inqui6t6). 
try, irina (convoit6). 
tahy^ tahina (aid6). 
Si la p^nulti^me syllabe ne renferme aucune des 
deux voyelles a et i, Yy final du mot et Vi^ initiale 
de la suffixe mrt, se transforment en un e portant 
Taccent. 
Ex. : jery, jerena {consid6r6, pens6). 
teryy terena (press6, serr^). 
vonjy, vonjena (secouru). 
ehy^ ehena (consenti). 
volyy volena (plants), 
resy, resina (vaincu)i 



— 129 — • 

Apr6s les finales a ou o, on intercrfe souvent un 
V euphonique avant la suffixe. 
Ex. : Id^ Idvina (reni6). 

antsOy antsovina (appel6). 
Quelquefois k cette lettre v on substitue z ou 5, 
pour 6viter la r6p6tition de cette m6me consonne v 
dans deux syllabes se suivant. 
Ex. : tdvOj tovdsina (pouss^). 

andevo, andevozina (asservi). 
ndfOj nofosana (devenu charnu). 
Apr^s les finales e ou y^ et avant les suffixes on 
insure souvent la lettre z. 
Ex. : beybezina (agrandi). 
vely, velezina (battu). 
nofVy nofezina (r6v6). 
Souvent un y final se change en a devant le z 
euphonique ins^rlS entre la racine et la suffixe ana. 
Ex. : tsipyy tsipdzana (ianc6). 
$dlyy saldzana (r6ti). 
tambyy tambdzana (pris k gages). 
dimbpy dimbdzana (remplac6). 
Wl/y fafdzana (sem6, parsem6). 
Enfin To d'une syllabe finale est souvent chang6 
en 6 et regoit Taccent, devant la suffixe ana ou ina* 
Ex. : fanaOy fanaovana (ce que Ton fait habi- 
tuellement). 
indaOy indaosina ou indaozina (port^). 

9 



" — 130 — 

laOy laovana (d^laiss^) ou iladsana, ilao- 
zana. 
3* Participes formes a I' aide de la priflxe ha et 
de la sufflcoe ina. — Cette classe comprend les par- 
ticipes formes des adjectifs et des adverbes, en leur 
doimant la pr^fixe ha et la suffixe ina. 
Ex. : hely (petit), ha.kelezina (rapetiss6) ; 

marina (saint), ha.masin.ina (sanctifi^) ; 
mainty (noir), ha.maintisina (noirci) ; 
maez/na(obscur), ha.maizinAna (obscurci); 
mavo (gris), ha.mavo.ina (rendu gris); 
7^atsy (mal), ha.ratsina (qui a regu du mal); 
lavitra (loin): ha.lavirina (6loign6) ; 
vao (nouveau), ha»vao.z.ina (renouvel6); 
sarotra (difficile), ha.sarot4na (rendu difllcile). 
Cette classe de participes correspond exactement 
aux participes des verbes javanais et malais form^^ 
de la pr^fixe ha et de la suffixe an, 

h!" Participes formes d Vaide de la particule 
interfixe in. — Cette classe, moins nombreuse que 
les autres, comprend les participes formes k Taide de 
la particule interfixe en, que Ton insure dans le corps 
du mot-racine imm^diatement apr^s la consonne 
initiale, sans que Taccent ait k se d^placer. 
Ex. : fitaha, finitaha (tromp^, dup6), 
gadra, ginadra (mis aux fers), 
iery^ jinery (pens6, m6dit6), 



— 181 — 

kehitra, hinekitra (mordu), 
sdsa^ sinasa (Iav6), 
sambotra, sinambotra (pris, saisi). 
Cetterfegle est la reproduction textuelle de larfegle 
donn^e par la grammaire javanaise ; la particule 
employee, le proc6d6 d'insertion, la modification ap- 
port^e au sens du mot par cette operation, tout est 
identique en malgache et en javanais. 

h"" Particvges formes a Vaide des auxiliaires efa, 
voa, tafa. — Les participes de cette cinqui^me classe 
se distingue de tous les autres, en ce qu'ils sont for- 
mes non point k Taide de prefixes, interfixes et suf- 
fixes, mais k Taide demots auxilaires^/*a, voa^ tafa^ 
A^]k rencontres quand il s'est agi d'exprimer les 
nuances du pass6 dans les verbes malgaches. Ces 
mots pris un k un ou deux k deux et ajout6s au verbe 
en font un participe pass6. 
Ex. : efa maty izy (il est mort). 

efa voa savif^a ny fahalatra (le voleur a 

6t6 empoigniS). 
-efa mandry aho, ou efa tafandry alio (je 

suis couch6). 
voroiia taflditra an' traho (un oiseau est 

entr6 dans la maison). 
voa asa ny meso ny^ mahahia (son cou- 
teau est aiguis6, prends garde !) 
Cette dernifere classe de participes existe en Java* 



— 132 — 

nais et en malais ; on les forme de la mdme mani&re 
qu'en malgache, avec des mots racines qui sont 
eux-m6me des participes passifs et qui out le m^me 
sens de finiy termine, acheve que efa. Ce sont pour 
le javanais wous^ wis et awis, et pour le malais 
telah^ sdudah et lalou. 

II importe d'observer que tous les verbes ne pos- 
sfedent pas en m^me temps ces diff6rentes sortes de 
participes. La plupart d'entre eux n'ont qu'un seul 
de ces participes, celui qui est form6 de la racine et 
de la suffixe ina. II n'y a gufere qu'une demi*dou- 
zaine de verbes poss^dant k la fois trois participes 
de formes diff^rentes. 



CHAPITRE XII 



Du PARTICIPE CORRELATIF CIRCONSTANCIEL 

II existe dans le verbe malgache una forme qui 
n'a point d'analogue dans les langues d'Europe et 
que certains grammairiens ont consid6r6e comme 
constituant en dehors des voix active et passive, une 
troisifeme voix. Ce qu'ils ont appel6 voix relative, 
nous lui donnerons le nom de participe corre*latif 
circonstanciel, faute d'une meilleure denomination. 

Cette forme singuli^re exprime k elle seule tout k 



— 133 — 

la fois Taction du verbe et sa relation avec un ou 
plusieurs mots de la phrase, relation qu'en frangais 
on ne saurait rend re sans Temploi de propositions, 
de conjonctions ou d'adverbes telsque: cdanslequel, 
par qui, pour qui, od, afin que, pour que, k cause 
de, eto Ces mots auxiliaires de relation, nOcessaires 
en fran(^is, ne s'expriraent pas en malgache parce 
qu'ils sont implicitement renferm^s dans leparticfpe 
correlatif circonstancieL Ces participes se conju- 
guent comme s'ils Otaient des participes passifs or- 
dinal res en ana^ mais ils conservent un sens actif, 
bien que I'agent soil exprim6 par le pronom person- 
nel suffixe, comme si le verbe 6tait rOellement passif. 
Voici quel est son mode de formation : un verbe 
actif 6tant donnO, on Oliminera I'm, initiale de sa 
prOfixe, on fera suivre le mot ainsi d6capit6 de la 
suffixe ana ou ena pour le mode indicatif, de la 
suffixe ou ^ pour le mode imp6ratif, et Ton traitera 
le mot resultant, pour ce qui regarde les modifica- 
tions euphoniques, comme s'il 6tait un veritable 
participe passif en ana. 

Ex. : de mangdro (mOler) j'6limine I'm, initiale 
de la particule pr6fixe, il reste angdrOy je lui appli- 
que la suffixe ana^ et il vient la nouvelle forme 
angaroana, dans laquelle Taccent s'est avanc6 d'une 
syllabe vers la droite. 
Les mots sotro (cuill^re), vary (riz) et notre par- 



— 134 — 

ticipe corr6latif circonstanciel conjugal au present 
de I'indicatif; premiere personne du singulier, me 
fourniront la phrase : ny sotro angaroa*ho ny 
vary, qui signifie : la cuillfere avec laquelleje mele 
lo riz, 

Le verbe a pour agent le sujet Je ou moi rendu 
par le suffixe ho, pour regime direct ny vary (le riz) 
et il exprime Tacte, pris en connexion avec ses cir- 
constances. 

Au lieu d'employer dans sa forme absolue le verbe 
mivavaha (prier) et de dire, par exemple, mivavaha 
ho ahy (priez pour* moi), on dira, en employant la 
forme relative : ivavaho aho (priez pour moi) ; au 
lieu de : aiza no mitoetra hianao? {oix. demeures- 
tu?), aiza no itoera'nao? ; au lieu de : raha tsy 
mety hianao, dia hilaza izany amy ny tompovavy 
aho (si tu ne veux pas, je le dirai k la maitresse), 
Ton dira : raha tsy mety hianao, dia hilaza'ho ny 
tompovavy izany. 

Soit la racine petraha, du verbe mipetraka (se 
placer), on forme le participe corr^latif-circonstan- 
ciel ipetrdhana (o(i Ton se place), et il se conjuguera 
r6guliferement comme suit : 

PARTICIPE 

ipetrdhana {oh Ton se place), 
nipetrdhana {oix Ton s'est plac6), 
hipetrdhana (oi'i Ton se placera). 



135 ^ 



MODE INDICATIF 



# 



\ 



ipetrdha.ko 

ipetrdha.nao 

ipetrdha.ny 

ipetrdha.ntsika 

ipetrdha.nay 

ipetrdhan' areo 

ipetrdha.ny 

nipetrdha.ho 

nipetrdha.nao 

nipetrdha.ny 

nipetrdha.ntstka 

nipetrdha.nay 

nipetrdhan'areo 

nipetrdha.ny 

hipetrdha.ko 

hipetrd/ia.nao 

hipetrdha.ny 

hipetrdha.ntsiJx a 

hipetrdha.nay 

Mpetrdhan' areo 

fiipetrdha.ny 



pr£ient 

(oil je me place) 



PASS£ 

(oil je me suis plac6) 



PUTUR 

(oti je me placerai) 



~ 136 — 

MODE IMP^RATIF 

ipetrdho.nao (place-toi en un endroit oii), 
ipetrdho.ny (qu'il se place), 
ipetrdho .ntsika (plaQons-nous), 
ipetrdho.nareo (placez-vous), 
ipetrdhOMy (qu'ils se placent). 
Quelques exemples feront comprendre la nature et 
le r61e du participe corr^latif-circonstanciel : 

' CIRCONSTANCES DE TEMPS 

ny andro namangia'ho azy (le jour od je Tai 

visits), du verbe mamangy ; 
nomaly no namangia'ho anareo (c'est hier que 

je vous ai visit6) ; 
amy ny andro hamangia'ho anao (le jour oti je 

te visiterai) ; 
ombiana no navia'ny ? (quand est-il venu ?) du 

verbe avy ; 
ela no nifatesa'ny {yo'iXk longtemps qu'il est 

mort), du verbe faty. 

CIRCONSTANCES DE LIEU 

ny tany ahita'ho azy (le lieu oCi je le trouve) ; 
taiza no nahita'nao azy ? (od Tas-tu trouv6 ?) 
U'isy tany hahitdna azy (il n'y a pas de lieu oCi 
Ton puisse le trouver) ; 



— 137 — 

ny tanana nandehdna'ko (le village od je suis 
all6) ; 

ny tany tia'ko handehdna*ko (le pays od je de- 
sire aller) ; 

ny tany nanirdha'ko anao (le pays oti je t'ai 
envoys) ; 

ny tany nianara'ko izany (le pays oti j'ai 6tudi6 
cela) ; 

ny trafio nampiarana'nao ahy (la maison od tu 
m'as donn6 des lemons) ; 

ny fandriha niviria'ho (le pi6ge dont je me suis 
d6tourn6). 



CIRCONSTANCES DE MOYEN OU d'iNSTRUMENT 



ny raha anaova'ho azy (la chose avec laquelle 

je le fais) ; 
ny tafia ko no nanaova'ho azy (c'est de mes 

mains que je I'ai fait) ; 
tsHsy hanaovana azy (il n'y a pas moyen de le 

faire) ; 
ino no hanaova'ho azy^{sL\ec quoi le ferai-je ?); 
ahory hatao'ko hanhasitraha azy? (comment 

ferai-je pour le remercier?); 
ino hatao'ho hanhasitraha azy ? (avec quoi le 

remercierai-je ?). 



138 



CIRC0N8TANCES DE MOTIF, DE CAUSE 

ny amangia*ho ando marary hianao (je te fais 

visite parce que tu es malade) ; 
izany no niareta*ko ny loza (c'est pour cela que 

j'ai endur6 le malheur) ; 
asa soa no ankasitraha'ntsika azy (c'est par de 

bonnes oeuvres que nous lui plaisons) ; 
ny hasiaha'ny no atahora'ho azy (c'est k cause 

de sa m^chancet^ que je le crains) ; 
ny hevitra nandidia'nao ahy izany (le motif 

pour lequel tu m'as ordonn6 cela) ; 
ny namangia*ho izy ny faharaiky namangy 

azy (je Tai visits parce qu'il ra'a visits le pre- 
mier) ; 
ny raharaka anontahia'nao ahy (les affaires 

sur lesquelles tu m'interroges) ; 
ny fahambinana no akazoa'ntsika sakaiza 

maro (c'est k cause de ce que nous sommes en 

faveur que nous trouvons beaucoup d'amis). 

CIRCONSTANCES DIVERSES 

hazo ahalana ravina (arbre dont on 6te des 

feuilles) ; 
nahala'ny rano aho (il m'a 6t6 chercher de Teau) ; 
ny olona nahatera'ko azy (celui k qui je Tai 

amen6), de rriahatitra ; 



— 139 — 

ny olona nangatdha'ko vola tamy nao (celui 
pour qui je vous ai demands de Targent) ; 

ny olona nangataha'ho vola (celui k qui j'ai de- 
mands de Targent) ; 

ny vary miharo sdliha ihinanana azy (le riz 
assaisonn^ d'huile que j'ai mang6) ; 

ny olona nahiraha'ho anao (la personne vers 
laquelle je t'ai envoys) ; 

nanaova'nao ratsyizy (vous avez mal agienvers 
lui); 

zaho anaova^nao zany (vous agissez ainsi 
envers moi). 

Adverbes. 

Les adverbes de lieu et de temps sont tr6s nom- 
breux en malgache, les adverbes de manifere simples 
ou radicaux le sont beaucoup moins, mais on en 
forme ais^ment k Taide d'adjectifs, de noms, de 
verbes et de propositions. Certains adverbes ne dif- 
ferent on rien des adjectifs correspondants. 
Ex. : tsara (bien), de tsara (bon) ; — mihira tsar a 
(chanter bien); 
ratsy (mal), ratsy (mauvais) ; 
mazava (clairement), de mazava (clair) ; — 

Mahiia mazava (voir clair) ; 
mare (violemment), de m,ar6 (violent) ; 
lava (longuement), de lava (long). 



— 140 — 

Adverbes de maniire. — Avec la proposition amp 
(dans, avec) et la proposition ahy (k, dans), contrac- 
tus en am' et an\ on formera des adverbes tels que : 

ampo (intimement), m. k m. dans le coeur; 

ambany (en bas, en dessous) ; 

amboho (par derri^re) ; 

ambody (au pied) ; 

ampitaka (artificieusement) ; 

a/nhitiny (vOritablement); 

antahona (secrfetement) ; 

anivo (au milieu) ; 

andrariny (justement) ; 

arCohany ( en mesure, selon la rfegle); 

an'kafetsena (habilement, adroitement); 

arChamandriha (frauduleusement). 

Adverbes de lieu. — Les adverbes de lieu sont 
singuli^rement varies, ils expriment tous les degrOs 
de la distance. 

Les principaux sont : 

eti/y eio (ici), do^ etsy, dny^ erda^ ery {\k) ; 

a/y, dto (ici), dOy atsy, any, aroa, ary (\k) ; 

atihitra, etikitra{ici), eo ho eo (\k, quelque part); 

aiza (oCi ?), na aiza na aiza (partout, quelque 
part que ce soil). 

Ces difterentes formes ne peuvent pas 6tre prises 
indiffOremment, le choix qu'on en doit faire depen- 
dant de roloignement plus ou mois grand du lieu 



— 141 — 

^ont on parle. Les formes ayant pour inititiale la 
lettre e indiquent un lieu en vue et clairement d6si- 
gn6, tandis que les formes ayant la lettre a pour ini- 
tiale indiquent g^n^ralement un lieu hors de vue et 
vaguement d6sign6. 
Ex. : ety an.tfcna.ho (ici dans ma main), 

aty an tdny (ici sur la terre). 
Les adverbes de lieu acqui^rent un sens ind^fini, 
si on les redouble avec insertion de la particule ho. 
Ex. : ato ho ato (par ici, k peu prfes ici), 
eo hd eo (par 1&, k peu pr^s par 1^), 
et quelquefois aussi sans Tinsertion de ho : 

ao ao ny taratasy tadiavo izy tsay"CL (la 

lettre est parl^, cherchez-labien !),'m. &m. 

1^ quelque part (est) la lettre soit cherch^e 

elle bien. 

Adverbes de temps. — Les adverbes de temps 

sent aussi tr^s nombreux, parmi les principaux citons : 

aloha{X6i\ aoreana (tard), e^a(longtemps), rehefa 

(pr^sentement), anio (aujourd'hui), omaly (hier), 

afaWomaly (avant-hier), ampitso (demain), afah' 

aw^l?e^5(? (aprfes-demain). vetivety (bient6t), fahiny 

(autrefois), indraindray (quelquefois), matetiha 

(souvent), sahady (d^j^), andrahizay (toujours), 

Adverbes devenus verbes. — Les adverbes de 
lieu, de temps et de'mani^re, deviennent des verbes 
si on leur donne la pr^fixe verbale man ou manha. 



-- 142 — 

Ex. : de eto (ici), manheto (venir ici) ; 

ary (1^-bas), mankary (aller 1^-bas) ; 
any (1^). mankdny (aller \k) ; 
de aiza (oii ?), mankaiza anao (ofi vas-tu ?); 
de aia (oii?), man'aia ny lalamhe? (od 
» conduit la grand'route ?). 

Si un verbe est accompagn6 d'un adverbe, la forme 
de rimp6ratif est donn6e exclusivement k Tadverbe 
lui-m^me qui, ainsi modifi6, pr6cfede toujours le verbe. 
Ex. : mateteha manao izany (faites cela soDTent), 

maJiereza mianatra (6tudiez fortement). 
Temps dans les adverbes, — Les adverbes de 
temps et de lieu jouissent d'une propri6t6 singulifere; 
c'est d'acqu6rir le sens du pass6 par la simple ad- 
jonction d'un t initial. 
Ex. : aiza izy ? {pix est-il ?) et taiza izy (oi eUit-il?), 
ary izy (il est 14-bas) el tary izy (il eUit li-bas), 
eto izy (il est ici) et teto izy (il 6tait ici). 
Ela hianao tsy tonga teto (il y a longtemps 
que tu n'^tais pas venu ici). 
Adverbes d' affirmation, de negation, de doute, 
— L'adverbe d'affirmation, oui, se rend en malgachc 
par Tune des formes suivantes : e ou ?ie\ ta, eny, 
eka ou heka, ento. 

L'adverbe de negation se rend par Tune de celles-ci; 
tsia, hehe'y tsy, tsiary^ tsiadry, esika, eisy, editay. 
Ex; : sasatra va hianao F tsia (6tes-vous fatigud ? 
non)* 



— 148 — 

La negation tsiary o\itsiadry (en hova) a plus de 
force que la negation ordinaire tsia (non); elle 
6quivaut k isy ary (ce n'est pas), ce qui confirme 
encore, soit dit en passant, Texistence du verbe 
substantif ary (6tre). 

Quant ^ la dernifere expression editaypM^ii^Q en 
hova, c'est une expression grossifere pour marquer 
un refus m^prisant. 

Les principaux adverbes de doute sont angaha 
ou angdmba (peut-^tre), sendra (par hasard), 
tohony ho (probablement). 

Adverbes de lieu interrogatifs, — Aiza (ou ?) 
pour le present, taiza {oh ?) pour le pass6, ho aiza 
(oil? vers quel lieu?) pour le futur, avy taiza (venu 
d'ou?) pour d'oil? de quel lieu? 

Adverbes de te7nps interrogatif's. — Oviana 
(quand?) pour le pass6, rahoviana (quand?) pour 
le futur. 

Adverbes de maniere interrogatifs, — Ahoana 
(comment? de quelle manifere?), manao ahoana 
(comment?) pour le present, nando ahodna (com- 
ment? de quelle manifere ?) pour le pass6, hando 
ahodna (comment? de quelle manifere?) pour le 
futur. 

Ex, : manao ahoana hianareo sy rnpianahaby? 
(comment allez-vous, vouset votre famille?) 
ahoana no fihevitrao izany? (quelle est 
votre pens6e a ce sujet ?) 



^ - 144 — 

ahoana no nataonao? (comment avez-vous 
fait ?) 
L'adverbe se place ordinairement aprfes le verbe 
qu'il modifie, quand ce verbe n'a pas de regime. 
Ex. : avia malahy (viens vite) ; mikotroka mare 
(il tonne fort) ; mais s'il y a un ou plusieurs regimes, 
Tadverbe se met aprfes eux, k moiris que la clart6 du 
sens ou Teuphonie n'aient k en souffrir. L'adverbe 
lui-m6me peut avoir un regime, et dans ce cas il 
pr^cfede toujours son regime. Ex. : heha ! sahaza 
antsika telo izany (trfes bien ! c'est assez pour nous 
trois). 

Des propositions 

En malgache le nombre des propositions propre- 
ment dites est assez restreint; cela provient en 
partie de ce que le sens des verbes et leurs formes 
rendent souvent inutile Temploi d'une proposition, 
et aussi de ce que beaucoup d'adverbes jouent le 
r61e de propositions. 

Ex. : mahome vola ny malahelo (donner de 
Targent aux pauvres), m. k m. donner argent les 
pauvres ; menatra azy ctho (je rougis de lui) sans 
proposition exprimOe ; misoma fdsina ny zaza 
(les petits enfants s'amusent avec du sable), la pro- 
position avec est sous entendue ; manosotra solika 
azy (renduire d'huile ou avec de Thuile) sans propo- 
sition exprimOe. 



- 145 — 

En outre le regime indirect des verbes passifs en 
malgache comme en malais et en javanais, pent se 
passer de la proposition par. De m^me encore la 
proposition de usitOe en frangais pour marquer le 
rapport entre le possesseur et Tobjet possOdO, est 
sous-entendue en malgache comme en malaiB et en 
javanais. 

Les propositions le plus frOquemment employees 
sont : 

1" dhy^ par contraction an, a, z, qui signifie (i, 
dans, en, avec, par) ; an se change en a ou en i 
devant les initiales m ou n des noips qui la suivent. 

Pour marquer le temps passO, il suffit d'employer 
le t initial, et Ton a tany, tan, ta, ti. Ex. : an'tany 
{k terre), a.morona (au bord), amorondava (au 
long rivage), inosy (dans Tile), imaso (sous les yeux 
de), any Imerina (dans ImOrina), antsaina (par 
coeur), an.tana.ho (dans ma main), an'Andriama- 
nitra isika (nous sommes k Dieu) ; raha tsara ny 
nahandro, any ny tompontrano ny voninahitra 
(si le repas est bon. c'est au maitre de maison qu'en 
revient Thonneur). 

2* amy {k, pour, de, en, par, avec, chez, vers, 
parmi) ; cette proposition se rend en frangais par 
tant de propositions diffOrentes les unes des autres, 
qu'on peut la considOrer comme servant surtout k 
marquer qu'au verbe est adjoint un rOgime indirect. 

to 



— 146 — 

C'est le verbe lui-m^me qui indiquera le mieux la 
proposition k choisir parmi toutes celles que je 
viens de citer. 
Ex. : miady amy,, (se battre avec). 
mandeha amy... (marcher vers). 
7nipetraha amy., (demeurer chez)* 
miditra amy... (entrer dans). 
mivoaha amy.., (sortir de). 
mamango amy... (frapper avec). 
amy ny fitiava'ko azy {k cause de mon 
amour pour lui). 
L'initiale t placOe devant amy marque un temps 
pass6. Ex. : tamyny navia'nij (lors de son arriv6e) ; 
tamy ny narariaho (lors de ma maladie) ; amy 
nao izy (il est chez toi), et au passO : tamy nao izy 
(il 6tait chez toi) ; zaho avy dm^y nao (je viens chez 
toi) ; zaho avy tamy nao (je venais de chez toi). 
3® akeky (prfes de). 
Ex. : akeky ko anao (tu es prfes de moi), m.-i-m. 

prfes de moi toi. 
Avec rinitiale du passO, t : 

takeky ko anao (tu 6tais pr5s de moi), 
ao takeky anao izy(i\ 6tait l&prfes de vous). 
Avec la particule ho, marque du futur, ho akeky 
ko anao (tu seras prfes de moi). 
4* hatra ou hati^y (depuis, k partir de). 
Quand cette proposition est rOpOtOe dans une 



— 147 — 

in6me phrase, le second hatra ou hatry se rend par 
jusqu'd. 

Ex. : hatr'eto ka hatr'eo (depuis ici jusque 1^), 
hatr'aty hatr'ahy (depuis ici jusque 1^ bas), 
hatry ny maraina ha hatry ny ariva 
(depuis le matin jusqu'au soir). 
5° tandrify (vis-^-vis, devant, en face de). 
Ex. : ao tandrify ny trafto izy (il est \k devant 

la case). 
6" ho (pour) marque le but, Id futur prochain, le 
souhait. 
Ex. : ho latsaha izy (il va tomber), m. k m. pour 
tomber lui, 
ho ahy (pour moi) ; ho tsara (il sera bon) ; 

ho velona izy (qu'il vive !). 
ho dfaha amy ho nofy ho zay Andriana- 
nahary! (6 Dieu ! que ce songe s'doigne 
de moi !). 
7* ambony (sur, au dessus de) ou antety (sur). 
Ex. : ambony loha (au dessus de la t6te); ambo- 
nivony ny tamiana (un peu au dessus de 
la porte). 
8* ambany (sous, au dessous de). 
Ex. : ambany lahitra (sous le ciel). 
9* anaty (dans, dans Tint^rieur de). 
Ex. : anaty rova (dans Tint^rieur du fort); anaty 
ala (dans la for^t), 
tanaty tr^ano izy (il 6tait dans la maison). 



— 148 — 

10* ambelany (hors de). 

Ex. : ambelany fanjahdna (hors du royaume), 
tambelanp izy (il 6tait dehors), 
fa timaso izy (mais il 6tait sous la vue, en 
vue). 

Non seulement les propositions, comme les ad- 
verbes, marquentle temps pass6 k Taide de Tinitiale 
f, mais si on leur donne une pr6fixe verbale, elles 
deviennent verbes. Ex. : de amy (chez), on forme le 
verbe manhamy (alter chez)., Ex. : ManKamy ny 
mjjanjaha (aller chez le roi); taminHza izany 
(de qui est venu cela?). 

De akeky (prfes de), on forme manaheky (appro- 
cher), mampanakeky (faire approcher). A Timp^ra- 
tif: manakekea (approchez) forme active; akekeo 
izy (approchez-vous en) forme passive ; "inanakeky 
ny sambo (le navire approche). 

De tandrify on formerait de m^me m,anandrify 
(faire face k) et le participe tandrifina {k qui ou k 
quoi on fait face). 

Des conjonctions 

Les principales conjonctions peuvent se r6partir 
en plusieurs classes : copulatives, causatives, adver- 
satives, conditionnelles, de temps, disjonctives, etc. 

Parmi les copulatives citons : sy (et), amana (et), 
ka, kala, kela (etainsi, et alors), ndraka, ndraika 
(et aussi), sady, sakady^ salakady (et, non seule- 



— 149 — 

ment ttiais encore), ary (or, et aussi), dia (et, alors), 
ary-dia (et de plus, et enfin). 

Amana, qui est une forme hova pour amy .ny, 
mnirC (ensemble, avec), pris comipe conjonction 
copulative, sert k joindre deux noms qui d'habi- 
tude forment couple. 

Ex. : n^ reny amindray (m^re et pfere), au lieu 
de ny reny sy ny ray; 
ny tany amandahitra (terre et ciel), au 
lieu de ny tany sy ny langitra. 

Dans une Enumeration, en malgache comme en 
malais et en javaifais, les diff*6rents termes sont li6s 
entre eux par la conjonction sy (et), {Ian en javanais, 
dan en malais), r6pEt6e autant de fois qu'il y a de 
termes k 6num6rer, parce que dans ces langues il 
n*y a pas de ponctuation. Ex. ; Ny Avaradrano sy 
ny Vahinisisaony sy ny VaMnanharatra sy ny 
Arribodirano sy ny Marotana sy ny Vonizongo 
enin'toho ny Imerina (Les Avaradrano, les Vaki- 
nisisaony, les Vakinankaratra, les Ambodirano, les 
Marotana et les Vonizongo sont les six districts de 
rim6rina). La conjonction sy sert k unir les proposi- 
tions coordonn^es qui ont un m6me sujet. Ex. : 
AndiHamanitra nanao ahy sy mitahiry ahy sy 
mamelona ahy. Izy nahome ahy ny teha.ho sy 
ny fahahi.ho sy ny zavatra rehetra anana.ho 
(Dieu m'a cr66, il me conserve et me nourrit. II m'a 



— 150 — 

donn6 mon corps, mon Ameettout ce que je possfede). 
Parmi les conjonctions causatives, nous distingue- 
rons fa (car), sahindra (de ce que, parce que), 
ahory (parce que), fotony (parce que), satria (parce 
que, puisque), saingy (puisque), mora (afin que), 
7nha (afin que), fandrao (de peur que) ou andrao 
ou encore androa; sao, tsahOy tsoho (de peur que, 
de crainte que). 
Ex. : aza hatoni'nao izy fa masiaha (n'en ap- 

prochez pas, car il est m^chant) ; 
aza mitsitsy ny vatsy, fandrao ho sahi- 

rana^ahy andalana hianao (n'^pargnez 

pas les provisions de voyage, de peur que 

vous lie soyez g^n6 en route). 
Conjonctions de temps. — Raha, laha, rahefaj 
rehefaj lahefa, nony^ nony-efa, nony-vita, koa, 
ary efa (quand, lors que, aprfes que, dfes que); 
aviteOj avitankeo (ensuite), dia (puis), ary-dia 
(puis ensuite), mbola (pendant que, tandis que). 
Ex. : mbola zaho ve'lona (pendant que je vis) ; 
tonga aho dia nipetraha fa sasatra (j'arrivai, 
puis je m'assis, car j'^tais fatigue) ; ary efa hita'ho 
izy dia nantsoi.ho (dfes que je le vis, je Tappelai). 
Conjonctions conditionnelles. — Raha (si), izi- 
Koa (si). Ex. : izikoa anao mandeha (si vous allez); 
raha miresaka amMolona hianao, henoy tsara 
ny teny ny (si vous causez avec quelqu'un, 6coutez 



— 151 — 

bien ses paroles) ; aoKary raha tsy misy fa han- 
deha aho (c'est bien, s'il n'y en a pas, alors je m'en 
vais). 

Conjonctions disjonctives. — na (ou), sa (ou), 
fa (ou), va (ou). 
Ex. : na aneto na amaray (soit aujourd'hui, 
' soit demain), 
roy va telo (deux ou trois), 
handeha anao, va tsy handeha? (iras-tu 

ou n'iras-tu pas ?), 
na anao na izy tsy hahazo (ni vous ni lui 

n'en aurez), 
anao va zaho (toi o\xmo\\hianao sa izaho 

(toi ou moi) en hova, 
Inona no hatao loaha ? hena va sa anana ? 
(quel mets faut-il appr^ter ? de la viande 
ou des l6gumes ?). 
Conjonctions adversaiives. — fa (mais), ha (ce- 
pendant), sangy, kanjo (cependant), nefa, anefa, 
hanefa^ handrefa (bien que, quoique). 
Ex. : Nandrasana hianao, kanjo tsy tonga 
akory (on vous attendaitet cependant vous 
n'6tes pas venu. Pourquoi T) 
Nihiasa hitondra vola I.koto, sangy hadi- 
nony ny hitapouny (Koutou voulait 
apporter de Targent et voil& qu'il a oubli^ 
sa bourse). 



Conjonctions de similitude. — Araka^ ohatra^ 
tahaka signifient comirie, de m6me que. 

Ex. : manaova arahany nataoko {^i\\Ji&mm\i\l^[)y 
on: manaova ohatra ny natao.ko (id.) 
OBCDcore : manaova tahaka ny natao.ko (id.) 

On a pu remarquer qu'4c6t6 des conjonctions sim- 
ples il y en a beaucoup qui sontcompos^eset fornixes 
de deux consonnes simples r^unies en une seule lo- 
cution conjonctive. 

Ex. : ary-diay satria-fa^ ha-nefa, sa-fa^mhamy 
pour mba amy^ fandrao^oxxTfa.andrao^aok'ary^ 
etc. 

La conjonction ary a servi de tout temps non seu- 
lement pour Her entre eux les membres de phrase, 
mais aussi pour commencer les phrases ; dia servait 
k completer la phrase, et ary-dia en marquait la fin, 
comme adaha (c'est ainsi) en malais et ana en ja- 
vanais. Aujourd'hui, dans tousles livres imprimi^s en 
malgache, Ton emploie notre syst^me de ponctuation 
et nos principaux signes orthographiques : accent 
aigu, accent grave, accent circonflexe, tiret ou trait 
d'union, apostrophe, parentheses, etc. C'est une im- 
portation 6trangferc qui ne date que du r6gne de 
Radama I", et quidevaitnaturellementaccompagner 
Tintroduction de Talphabet latin dans Madagascar. 
Mais les Malgaches ont continue quand m^me Tusage 
de certaines conjonctions qui, chez eux comme chez 



— 153 — 

les Javanai« et les Malais, servaient principalement 
a marquer les pauses et temps d'arr^t dans Ic dis- 
cours, le commencement et la fin des phrases et 
membres de phrases. 

11 suffira de citer ici les confonctions : ary^ diaj 
fa^ kadiUy hoa^ sady^ ary-dia^ etc. 

Des interjections 

Lies mouvements de T^me subits et involontaires 
que les interjections expriment, n*appartiennent 
gu^re au domaine grammatical; La pratique de la 
langue malgache apprendra k connaitre les inter- 
jections d'admiration, d'^tonnement, de surprise, 
de joie et de douleur, de crainte et d'espoir, de sou- 
bait et de d^sir, etc., mieux que les regies de la 
grammaire. Nous nous contenterons de donner les 
injiications qui suivent : ♦ 

Une des interjections les plus usit^es en malgache 

c'est el (en javanais ehl en malais hey I) Ainsi que 

la particule vocative o, elle se met k la fin et non au 

commencement de Texclamation. 

Ex. : tompoko e'! (ah ! mon maitre !) ou (ah ! MoDsieDr!)* 

avta anao el (oh ! viens !), 

nati aho e (ho ! je suis mort !), 

andeha tsik'e{ahl tnarchons !), 

hahy 6 (6 pfere !), 

neny 6 (6 mfere !), 



— 154 — 

Ha^hahayma ou mba^ da et la sont auiant d'in* 
terjections exclamatives : 

mba adala izy I (qu'il ^st foa !), 
la be sambo lahe ! (ah ! que ce navire est 
grand). . 
Cette dernifere, la, se retrouve en javanais ot elle 
s'6crit: lah. 

Les interjections marquant la surprise, I'^tonne- 
ment et surtout la douleur sont endre, et ses aom- 
breuses variaiites : endray, endrey (en Kova), «n- 
dray^ adre^ adrey, endresy, . indrisy (oh ! ah ! 
h^las !). .' i , . 

Ex. ; matif zaho ty €ndre(^^\B&\ je naews)^ - 
marary oho endre (oh ! que je souffre !), 
malahelo aho endre (ah ! que je suis mal- 
heureux !) 
Les interjections servant k exprimer le souhait, le 
d^siiH sont : ahie (en hova), anga, enga, enga ha, 
aoka (plaise k Dieu que). 
Ex. : veloma ahy izy (Ah ! qu'il vive !), 

miandevo aho I matesa ahie aho (agir en 

esclave, moi! ah ! que je meure plutdtl), 

fahasoavana ahie ho anareo ! (que la grft^ce 

soit avec vous !)• 

On remarquera que Tinterjection ahie ne se place 

pas g^n^ralement au commencement de la phrase, 

mais p1ut6t apr^s un ou quelques mots, tandis que 



— 155 — 

enga^ enga ka se placent en t^te de la proposition. 

Ex. : Enga ha manan* elatra toy ny voroma- 
hailala aho! (Ah! que n'ai-je des ailes 
comme la colombe !) 

Les interjections de m^pris sont eisy, esy^ ichy 
(fi, fi done !) ; tchis (en javanais), tchih (en malais). 

Les interjections exprimant le regret, sont inay 
ou injay. 

Les interjections d'appel, eh ! h6 ! h& ! en frangais, 
se rendent en malgache par i, 6, ry, rAy^ rdy. 

L'interjection edre on adre marque la joie. 

Ex. : Edre' ! faly sy ravo aho ! (ah ! que je suis 
joyeux et content !). 



FIN DE LA 1« PARTIE 



' ' < . . 



Dialogues et phrases de conversation familiere 



— Quel temps (ait-il aujourd'hui?= Manao ahoana 
ny andro anio ? 

— Le temps est humide == Merimerikany andro. 

— La pluie se prepare == Mitanik'orana ny andro. 

— II va pleuvoir = Ho avy ny orana. 

— Hier la pluie ne s'est pas arr6t6e = Tsy nijanona 
ny orana omaly. 

— Je crois que la pluie tombera aujourd'hui toute 
la journ^e = Atao ko ho latsaka anio tontolo andro 
ny ranonorana. 

— Je ne veux pas sortir s'il pleut = Tsy niba te- 
hivoaka aho raha avy ny orana. 

— En 6t6 il pleut sans cesse == Raha amy ny 
fahavaratra ranonorana lava 

— Le soleil vient de se coucher ==« Vao nilentika 
ny masoandro. . . 

— - II fait un grand vent = Mandrivotra be ny 
andro. 

— Le vent du midi est froid =^ Ny rivotra avy 
atsimo mangatsiaka. 

-:- Le vent de Test est chaud = Ny rivotra avy 
atsinanana mafana. 

— En automne il ne fait ni trop chaud ni trop 
froid = Raha fararano salasala ny andro tsy mafana 
tsy mangatsiaka loatra, 

t 



II 

— Les matinees et les soirees sontfroidespendanf 
rhiver = Ny maraina sy ny hariva mangatsiaka raha 
ririnina. 

— Nous sommes k la saison des orages. = Faha- 
varatra ny andro. 

— Si vous voulez, allons nous promener. = Raha 
tia'nareo isika handeha hitsangantsangana. 

— II me plait beaucoup de vous accompagner =i 
Sitrak'o indrindra hiarak'amy nao. 

— Allons k ma campagne, = Andeha any amy ny 
tamboho ntsika. 

— De quel c6t6 se trouve-t-elle par rapport k 
notre ville ? as Aiza ho aiza ny tan&na ntsika? 

— Au nord. = Any avaratra. 

— Allons-nous k pied ou k cheval? = Handeha 
tongotra va isika sa hitaingin-tsoavaly ? 

— Je desire aller k cheval, car il fait trop chaud 
pour aller 4 pied. s= Izahote-hitaingina, fa mafana 
loatra raha mandeha tongotra. 

— Allons k cheval ! = Andeha hitaingin-tsoavaly 
isika. 

— Nousseronsbient6t rendus.= Ho tonga haingana 
hiany isika. 

— Bonjour, Monsieur. = Trarantitra hianao, tom- 
poko. 

— Comment vous portez-vous?=3 Akory anao ? 

— Je suis un peu fatigue. =Disadisaka aho. 

— Asseyez-vous. = Mipetraha anaoi 

— Ne restez pas ainsi dGbout.= Aza mba mitsdn* 
gana ao ! 



Ill 

— II fait froid, approchez-vous du feu == Manara 
ny andro, mankarinia afo. 

— Avez-vous d6jeun6 ce matin? = Efa nisakafo 
maraina hianao va ? 

— Pas encore ==Tsiambolana, 

— Vous arrivez fort k propos, vous resterez k de- 
jeuner avec nous= Ambini-nkanina hianao^ hiaraki- 
sakafo isika. 

— Le dejeClner est-il pr6t? =Efa voa voatra va ny 
sakafo ? 

— Oui = Eny. 

— Servezvite,nous avons beaucoup a faire==Ento 
faingana izy, fa be ny raharaha atao nay. 

— Le dejeiiner est servi.= Efa tonga eo ambony 
latabatra ny sakafo. 

— J'ai faim. == Mosary aho. 

— J'ai soif. = Mangetaheta aho. 

— Donnez-moi quelque chose k boire.= Omeo hi- 
nomina aho. 

— Que boirez-vous ? = Inona no ho sotroi'nao? 

— De Teau pure, je bois rarement du vin.= Rano 
hiany, izaho indray indray tadiavina no misotro 
divav. 

— Ce rhum de Cannes est bon, buvez ! = lo toa- 
pary io tsara, minoma ! 

— Les liqueurs, fortes abrutissent les gens. = Ny 
toaka no mahadala olombelona, 

— Que mangez-vous habituellement? = Ino no foha- 
ni'nao? 

— Du carry de bo3Uf. = Laok^aomby. 



IV 

— U faut assaisonner le riz. = Mety mandaoka 
vary. 

— C'est unfe trfes bonne nourriture. =: Tsara fihi- 
nana izy. 

— Donnez-m'en un peu, s'il vous plait. = Mba 
omeo hely aho. 

— En avcz-vous assez ? = Ampy anao izy? 

— Voulez-vous du r6ti ? = Tia' nao va ny hena 
atono? 

— Donnez-moi de ce mouton. -= Omeo amy ny io 
hena ondry io aho. 

— Voulez-vous du gras ou du maigre ? = Inona 
ny tia' nao ho hanina, ny tavy ny sa ny nofo ny ? ' 

— Ce gigot de mouton est bien cuit. =5 Masaka 
tsara ity fe n'ondry ity. 

— Je mangerais bien un morceau de ce poulet. =s 
Mba hihinana'ko ity akoho ity. 

— Ne mangerez-vous pas de la salade? = Tsy 
hihinan-tsalady va hianao ? 

— Apportez-nous Thuile. = Itondray diloilo izahay. 
^— Ce vinaigre est bien fort. = Mahery loatra ity 

vinegitra ity. 

— Emportez ces plats, apportez le dessert. = Ento 
miala io lovia io, intodray ny voankazo. 

— Mangez un peu de fromage. m Hom&na fro- 
mazy kely. 

— Je n'aime pas le fromage. = Tsy mba tia fro- 
mazy aho. 

— Vous ne mangez pas. = Hianao tsy homana. 



— J'ai bien mang^, je n'ai plus d'app6tit. = Voky 
tsara aho. tsy te-hinanana intsony aho. 

— Apportez et donnez les tasses. = Ento ary ala- 
haro ny tasy. 

— L'eau estrelle bouillante ? « Mangotraka va ny 
rano? . 

— Votrecaf6 est>-il assez sucr6? = Efa antoniny 
va ny siramamy amy ny kafe nao ? 

— Votre caf6 est trop fort. =1 Ny kafe nao mahery 
loatra. 

— Mettez-y du sucre. = Asivy siramamy. 

— Quelqu'un frappe k laporte. =s Misy oldna man- 
dondona ny varavarana. 

— Allez ouvrir la porte. AUez voir qui c'est. => 
Handeha hamoha ny varavarana. Andeha izahao, 
iza izy. 

— Qui est 1&? Qui est-ce? = Iza izao? Iza izy? 

— C'est moi ; monsieur est-il chez lui ? = Izaho 
hiany; ao amy ny va Ramose? 

— II est chez lui. =« Ao izy. 

— Puis-je entrer? = Mahazo miditra aho va ? 

— Veuillezentrer, monsieur. = Miandranoa,tompo 
ko. 

— Je suis bien aise de vous voir. = Faly aho ma- 
hita anao. 

— Grand merci, Monsieur. = Trarantitra, tompo 
ko. 

— Qu'y a-t-il de nouveau ? = Inona no zavatra 
vaovao ?" 



VI 

— Y art-il des nouvelles aujourd'hui ? = Misy 
zava-baovao va anio ? 

— J'ai une nouvelle k vous dire. = Mizy zava- 
baovao ho lazai'ko amy nao. 

— De qui tenez-vous cette nouvelle ? = Iza no 
nandrenesa' nao izany zava-baovao izany ? 

— De quelqu'un digne de confiance. = Olona ma- 
hatoky. 

— Avez-vous lu les journaux ? n: Efa namaky ny 
gazety va hianao ? 

— Je n'ai rien lu aujourd'hui. = Tsy namaky ta- 
ratasy aho androany. 

— Avez-vous rcQU des lettres ? •-= Nahatonga tara- 
tasy va hianao ? 

— Oui. J'ai appris Tatfaire de Tamatave. = Eny. 
Efa nahare aho ny kabary Toamasina. 

— Est-elle vraie ? = Marina izany va ? 

— Bien vraie. = Marina tokoa. 

— Demain vous Tapprendrez. = Mbola ho fanta- 
tr'ao rahampitso izany. 

— Les rumeurs sont quelquefois sans raison. = 
Ny tsaho indraindray tsy misy antony. 

— II fait chaud ; qu'est-ce qui vous fait frissonner- 
-s Mafana ny andro ; ino mampagontsina anao ? 

— Je suis malade. r= Marary aho. 

— OCi soutfrez-vous ? = Ino marary amy nao ? 

— J'ai mal k la t6te, j'ai la fifevre. = Marary loha 
aho^ azontazo aho. 

— Faites une petite promenade : I'air de la campa- 



VII 

gne fait du bien. = Mandeha hitsangantsangana : 
ny rivotra an-tsaha mahatsara tokoa. 

— Je veux bien. Venez-vous avec moi ? = Tiatia 
ko tokoa ; mba hiarak'amy ko va hianao ? 

— II faut que je vous quitte. = Hilaoza'ko hianao* 

— Vous fetes done bien press6 ? = Maikia tokoa 
hianao va ? 

— Ce n'est pas possible. 'J'ai beaucoup de choses k 
faire, je dois aller dans beaucoup de maisons. = Tsy 
mety izany. Be raharaha aho, fa maro ny trano ho 
tetezi'ko. 

— Soyez assez bon pour me montrer le chemin. = 
Aza mahafady, tompo ko, atoroy ahy ny l&Iana. 

— Je^ais vous le montrer. = Hatoro ko anao izy. 

— Voici le bon chemin : allez tout droit. = Ity no 
l^lana tsara : mizora mahitsy. 

— Le chemin est-il bon ou dangereux ? s= Moa 
tsara ny l4lana sa mahatahotra ? 

— II est ihi peu difficile, ^troit, tortueux et pier- 
reux. = Sarotra kely izy, fa ety dia ety sady mioli- 
kolika sy be vato izy. 

— Ne restez pas jusqu'^ la nuit. = Aza manalina ! 

— Je suis bon marcheur, je reviendrai vers la 
chute du jour. = Mahery mandeha aho ; amy ny 
alemany ny andro zaho avy. 

— Je vais k Tamatave. = Izaho handeha ho any 
Toamasina. 

— Quand partez-vous ? = Rahoviana hianao no 
handeha ? 



VIII 

— C'est demain que je pars. = Rahampitso no 
handehana'ko. 

— VouB li'y fttes p&A encore alld ? = Tsy mbola 
tany va hianao ? 

— Moi, j'ai voyage partout. = Tsy misy tany tsy 
naleha ko. 

— Pour quoi faire allez-vous l&rbas? = Raharaha 
inona no aleha nao any ? 

— Je vais faire du commerce ; Tamatave peut faire 
le commerce avec Tile de la Reunion, avec I'tle Mau- 
rice, rinde, TEgypte et TEurope. = Handeha han- 
dranto aho ; Toamasina mahatakalo vidiana amy ny 
Nosy Fiha6nana, amy ny Nosy Morisy, amy ny Indy, 
ny Ezipitra sy amy tany ny Vazaha. 

— Resterez^vouB longtemps k Tamatave ? = Hit- 
oetra ela any Toamasina va hianao ? 

— Je ne reviendrai certainement pas de long- 
temps. = Tsy mbola ho avy aho raha tsy ho ela 
tokoa 

— Le chemin est-il bon ? = Tsara va ny l6Jana ? 

— II est un peu p^nible. = Sarotra kely izy. 

— Quelle distance y a-t-il entre Tamatave et 
Tananarive ? = Hoatrinona no 6lanelany Toamasina 
sy Antananarivo ? 

— Environ deux cents milles. = T6kony ho roa- 
zato milles. 

— Gombien mettez-vous de jours pour aller k 
Tamatave ? = Hafirian'andro no hahatongava'nao 
any Toamasina ? 



IX 

— Huit jours environ, si lea porteurs sont vigou- 
reux. = Havaloana raha matanjaka ny mpilanja. 

— Vous vous ferez porter en palanquin ? = Koa 
ho lanjainahianao? 

— Combien prenez^vous de porteurs ? = Mpilanja 
firy no alai'nao? 

— Je prendrai douze porteurs.= Roa amby ny folo 
no halai'ko. 

— Combien d'^tapes (de postes) d'ici l^bas ?= Firy 
tetezan' olona (taratasy) hatr'any ka hatr'aty ? . 

— Environ une vingtaine.= Tokony ho rpapolo, 

— Combien rencontre-t-on de villages ? == Vohi- 
tra firy no handalovana? 

— Environ une trentaine. = Tokony ho vohitra 
telo-polo. 

— Toutes mes caisses sont prates. = Efa voa 
voatra ny vata ko rehetra. 

— Bon voyage et heureux retour ! = Tsara man- 
droso tsara mody 6 ! 

EXERGICES 

Ny flvavahany ny Oraison dorninicale 

Tompo'ntsika 

Ray. nay any an-dani- Notre p^re qui Ates au 

tra, ankamasino ny ana- ciel, que votre nom soit 

ra'nao ; ampiavio ny fan- sanctifi6, que votre rfegne 

jaka'nao ; ataovy ny si tra- arrive, que votre volont6 

po nao, ety an-tany taha- soit faite sur la terre 

ky ny any an-danitra, comme au ciel. Donnez- 



Omeo anay anio ny ha- 
ni'nay isan'andro ; avelao 
ny fahota-nay, toy ny 
amela'nay ny fahotany 
ny olona amy nay ; aza 
avela nao ho azo ny fitao- 
man-dratsy izahay, fa 
manafaha anay amy ny 
ratsy. 
Atavy izany! 

^y didy ny Zanahary 

1. Izaho no Andriama^ 

nitra Zanahary nao. 
Hianao aza manana 
Zanahary hafa afat- 
sy Izaho.Manompoa 
Zanahary hianao ; 
tiavo aminy fo nao 
rehetra izy. 

2. Az& manonom-poana 

ny anarany Zana- 
hary. 

3. Mankamasina ny an- 

dro alahady.; aza 
miasa, fa manom- 
poa Zanahary. 



nous aujourd'hui notre 
pain quotidien, pardon- 
nez-nous nos offenses, 
comme nous pardonnons 
& ceux qui nous ont offen- 
ses ; ne nous laissez pas 
Buccomber k la tentation; 
mais d6liyrez-nou8 du 
mal. 
Ainsi soit-il ! 

Les Commandenients 
deLieu 

1. C'est moi qui suis le 
souverain Seigneur 
ton Dieu. Garde-toi 
d'avoir d'autre Dieu 
que moi. Sers le 
Seigneur ton Dieu ; 
aime-le de tout ton 
ooBur. 

% Ne jure pas en vain le 
nom de Dieu, 

3. Tu sanctifieras le jour 
du dimanche, tu ne 
travailleras pas, 
mais tu serviras 
Pieu, 



XI 



4. Hajao ny ray nao 

aman - dreny nao , 
mba ho ela velona 
hianao. 

5. Aza mamono olona. 

6. Aza mijangajanga. 
7* Aza mangalatra. 

8. Aza miampanga lain- 

gia. 

9. Aza maniry ny vady 

n'olona. 
10. Aza maniry ny fana- 
nan'olona. 



4. Tu honoreras ton pfe- 

re et ta m^re, afin 
que tu viyes long- 
temps. 

5. Ne commets pas de 

meurtre. 

6. Ne sois pas d^bauch^. 

7. Ne commets pas de 

yol. 

8. Ne porte pas de faux 

t^moignage. 

9. Ne desire p€LS la fem- 

me d'autrui. 
10. Ne desire pas le bien 
d'autrui. 



Mifankati&va ny velona! 



1 . Mifanhatidva ny ve- 

lona, fa tsy ho tra- 
tra ny hafa ; fa ny 
hafa manody. 

2. Mifanhatidva ny ve- 

lona; fa ny maty 
tsy ndmana ; fa ny 
piaty momba ny ma- 



ty, ary ny velona 
momba ny velona; 
fa ny maty tsy azo 
hantenaina, fa ny 
velona no azo han- 
tenaina. 
3. Mifanhatidva ny ve- 
io7i(ty fa ny malemy 



XII 

fanahy tratra ampd- 6. 
rany; mahatsindri- 
{6 tian'olona ; fa ny 
n^iiina, tsy aloha fa 
aorf ana ; fa ry zareo 
no be n^nina, raha 
t^zitra manontolo- 
id ; ary izahay no 
tsy man^nina, raha 7. 
tezitra, mi6nona hi- 
any: fa ny r&riny 
itomp6ana dia mody 
ray be nk^ioka. 

4: Mifanhatidva ny ve- 
lona\ fa aza manao 
roa trano tsy enim- 
b6sitra ; fa ny Uvi- 8. 
tra tsy azo hant- 
s6ina, fa ny akeiky 
hiany no ho tiana ; 
fa ny maro hiany 
no sd.mbatra ; fa ny 
vitsy lany ny vit- 9. 
sika. 

5. MifanJiatidva ny vi- 
lona\ atavy toy ny 
valala: raha matavy 
mfara-miridana. 



Mifanhatidva ny v^- 
lona\ atavy toy ny 
vohavoha : malemy 
tsy tapaka, madi- 
lana tsy maito ; ary 
toa rano ampasika; 
atao ho ritra, ka 
misy hiany. 

Mifanhatidva ny ve- 
lona\ manava toy 
irony tsena ; mora 
hahalala ny tsy fan- 
tatra ; ary hahit&na 
ny tsy hita; tsy 
miantso ka maha- 
vory. 

Mifanhatidva ny vi- 
lona\ atavy toy ny 
lamban'a koho ; ny 
makarakara S086- 
hana, faty hono no 
isar&hana. 

Mifanhatidva ny ve- 
lona\ fa aza manao 
fihavanan'ombe; ny 
lehibe manoto ny 
kely, ary ny matavy 
man6sikany mahia. 



XIII 



10. Mifanhatidva ny ve- 

lona\ fa aza manao 
fihavanambato ; t6- 
; zitra tsy- azo ival6-» . 
zana, tdpaka tsy 
azo at6hy : ny lehi- 
be tsy miteny, ny 
kely tsy mitombo. 

11 . Mifanhatidva ny ve- 

lona\ fa aza manao 
toy ny harefo ; ma- 
r6tsaka iv6lany fa 
mi^fitra anaty. 



la. 



Mifankatidvany ve- 
lona^ fa aza manao 
fihavanan'drano ; 
tonga nstmana . ka 
vao mihamavo ; ny 
aloha tsy manao 
hoe € faing^na » ; 
ary ny aorlana tsy 
manao hoe « andra- 
so aho », fa miharo 
ka vao mihavd,zina. 



TARATASY NAMPITONDRAINY 

MARC RABIBISOA 

(Lettre d'un jeune dtadiant malgache, aujourdliui Tan des 
plus hauts fonctionnaires do la cour de Tananarive ; il vient 
d'arriTer k Paris et raconte ses impressions.) 



Paris J i^^ Janvier^ 1875. ^ 

Any 

ny mpamaky malaia 

Mamangy sy mahatsiaro anareo^ noho ny taom- 
baovao, ka dia pnanoratra ity taratasy ity indray 
amy nareo ho tohy sy filazana ny zavatra maro hita 
aty amy ny tanyaleha. Samy ho tahin'Andriamanitra 
anie isika rehetra, hahatratra indray ny farany ity 
taona vao miantomboka ity ka hahita ny maro hana- 
rakaraka azy. 

Sahirana sy sanganehana indrindra aho. raha 
nitady izay zavatra ho lazai'ko tokony hahafinaritra 
anareo amy ny efa hita ko, satria fa maro ankehitriny 
ny zavatra miseho amy ny eritreritr'o, samy te-ho 
lazaina amy nareo daholo, kanoho ny fandaminana 
sy ny fanamhoarana azy^ dia tsy menatry ny ho 
lazaina, ka dia mikasa aho amy ny ity filazana ity 



XV 

hanangona azy rehetra amy ny tanana anankiray 
atao hoe : PariSy izay azo- lazsma ho misy ny efa 
\oaIaza ko ambony io, koa dia izany tanana malaza 
ijtany no ho lazai'ko izao. 

I Paris, dia efa tanana iaraha-mahalala ny laza ny 
sy ny fiketriketri'ny, ka na iza tsy nahita aza, ary na 
iza mbola tsy niditra ny manda ny dia mahalala, fa 
mahagagaj hony. ny hatsarany izany tandna 
atao hoe : Parts ; ka maneiky aho izao, fa marina 
tokoa izany, fa azo lazaina marina indray, fa raha 
amy ny izao tontolo izao, misy tanana lehibe sy 
tsara ohatr'azy, dia angamba tsy latsaka noho izay 
tsara indrindra indrindra izy. 

Ny halehibe ny, izao no anohara'ko azy : Rahateny 
afovoan-dranomasina tamy ny sambo izahay, dia 
tazanina hatr'aiza hatr'aiza ka boribory, ary ny 
sambo no avo indrindra ka izay jerena dia toa fara- 
vodilanitra daholo ; dia toy izany no nahita'ko any 
Paris ny amy ny halehibe ny. Misy ao afovoany 
indrindra, Egilizy anankiray makadiry sady ela dia 
ela no nanorenana azy, ka tamy ny Napoleon III teo, 
vao tapitrany fahatontosany, atao hoe: iVo^r^-Z)ame 
de Parts, avo diar avo izy ka eny antenantenany dia 
ampy hahatazanana any Paris rehetra ; niakatra teny 
an-tampony izahay, ary dia ohatry izay voa laza ko 
ny amy ny ranomasina teo ny fahitana azy, dia ny 
faravodilanitra no ohatry ny farany, kanefa avo dia 
avo any ity itaingenana hijerena azy e ! 

Ny toetry ny tandna, ny hadio ny, ny fanao^ 



XVI 

vandrafiarahUy ny varotrUj ny flhetsiketsiky ny 
olohUy mahagaga. 

Ny lalana samy manana/ny anara'ny, kany sasany 
mahitsy dia mahitsy no tsipihina, ary ny sasany 
izay toy ny sampanany dia misy hiany ny mahitsy, 
misy ny melokk noho ny halava ny ; koa raha tsy 
izany, dia be ny vahiny no very i^Iana noho ny ha- 
maro ny, fa mahagaga raha tsy efa zatra ts^ira ; man- 
deha ka toy iley efa naleha teo hiany indray no 
aleha ; kango tsy hita nao ary, izay atsimo sy avara- 
tra, fa zavatra ohatry ny anaty ala be hianao amy 
ny hahavo ny trano : rihana dimy, enina mifanongoa 
moa. 

Ny hadio ny tandna : isa-maraina, misy olona 
mpiasa amy ny isan-dalana, mifafa ny lalana, mi- 
tondra soavaly mitarika kalesy hanary ny fako ; ary 
koa ny fantsakana, isan-dalana misy^ dia alefa ny 
rano, ka mitondra ny fako sisa ho any amy ny tata- 
tra ambany ny trano atao hoe : igout, ary isan-dalana 
lehibe dia misy olona atao hoe i Sergent de ville, 
.mitandrina raha misy olona mitady hirehareha na 
hanao zavatra hafa tsy azo atao, dia sambori'ny, ka 
enti'nyho any amy ny mpitsara, raha misy miady 
eny an-dalana ; ary koa izy mitandrina ny mpitarika 
voitures, (kalesy) fandrao mandratra olona raha be 
ny olona mandeha ; dia ny ia police no raharaha 
ny ; raha diso l&lana hianao dia amy ny no manon- 
tany, dia atoro ny. 

Ny fanaovan-draharaha ila tsy ho tapaka na andro 



XVII 



na alina : Ny kalesy atao hoe, Omnibus {azo ny olona 
rehetra aleha na mahantra na manankarena izay 
teho eny), dia tsy tapaka hatr'amy ny misasak'alina 
mitatitra ny olona. 

Ny voitures isan-karazany, ny misarona, ny miso- 
katra raiandry eny an-dalana, toy ny mpilanja mian- 
gona aty amy ntsika ; dia raha te-handeha na ho 
aiza na ho aiza hianao, dia miditra^ ka milaza izay 
l^lana sy marika alehanao, dia enti'ny any, ary rahefa 
tonga, dia mandoa vola (mahagaga ny fandeha ny 
vola aty Paris, fa na inona na inona mihetsiketsika, 
dia vola no farany), araky ny fanekena. 

Ary amy ny renirano la Seine izay mamaky any 
Paris misy sambo madinika mivezivezy mitatitra ny 
olona koa. Ary raha te-hanodidina any Paris hianao, 
dia maka ny Chemin de f^rnyla ceinture (lalamby 
ohatry ny fehikibo ny Paris) ; ary raha te-hivoaka 
any Paris, na ho aiza na ho aiza, dia maka ny che- 
min de fer hafa hankany amy ny izay tiana aleha. 
Koanefa ny fanaovana izany raharaha rehetra izany 
dia mahagaga tokoa, efa voa lamina tsara daholo ; 
ka azo lazaina hoe, mandeha ho azy ; ka amy ny 
izany raharaha rehetra izany, vola manao ahoana 
no azo ny ! 

Ny varotra amy ny Paris : ila ho ny trano rehetra 
an-tany, trano fivarotana daholo, fa ny rihana voa- 
lohany, faharoa, fahatelo, fahefatra &, no ipetrahany 
ny olona. 

Ny zavatra amidy, dia mihantonkant'ona eny da- 



II 



XVIII 

holoy koa dia avy hianao^ dia izay tia'nao no vidina, 
ary na tsy hividy aza dia mijery fotsiny. Mahagaga 
ny fandraisa'ny sy ny fanaja'ny anao, raha hiditra 
hividy zavatra amy ny trano iray iny hianao : Inona 
no ho vidfnaOy Tompokolahy y misy izay rehetra 
tia'nao ctty amy ntsika, itony lamody vaovaOy 
itony no fomba anhehitriny. Dia manohatra 
hianao raha hividy, ary rahefa voa ohatra, dia 
enti'ny amy ny fitaratra makadiry iny hianao. dia 
mandeha ny dokambarotra : Endrey ity hatsara*ny 
amy nao re, Tompokolahy ^ na dia izay noharina 
tamy nao tokoa aza^ tsy ho tsara loatra amy 
nao toy izany. Dia amy ny izay kosa hianao : Eny 
iky, tsara ve izao, Tompokolahy ! 

Nony efa vita iny ny iray, dia manontany izy : 
Manao ahoana, mila zavatra hafa.koa ve, Tompoko- 
lahy, tsy mba hividy satroka lamody, pataloa, 
kiraro & ? Mora loatra any izy itony, ohatry ny vidiny 
amy ny fanaovana azy. Indraindray hianao reyo ny 
filaza'ny iny, dia mirotsaka hiany, dia tonga mividy 
tsy satry izay tsy no kasaina ; izaho efa voa ny toy 
izany. Koa aiza moa izany filaza ny azy, tsy maha- 
gaga tokoa, ila ho ventiny daholo tokoa; koanefa 
izany dia hatr'amy ny zavatra madinika indrindra, 
ka hatr'amy ny makadir}'. ^ 

Betsaka no zavatra azo ko lazaina amy n^ izany, 
fandrao ho lava loatra, dia tambitambina ko hiany 
ny filazana azy; koa dia ny amy ny fahadio nyi hena 
amidy sy ny amy ny voankazo no ho lazai'ko : 



XIX 

Tsy hita ko izay anohaiig^'ko ny hadio ny hena 
mihantonkantona ; fa na dia izy manta izao tokoa 
aza, dia mampatehihinana raha jerena^ noho ny 
fahadio ny trano ivarota'ny azy, sy ny fitandry ny 
azy, ary ny fampihaingioa'ny azy, ohatry ny zavatra 
tsy no vonoina tamy ny antsy, izay mba hisy mian- 
drondra, dia loza ; tsy mba potopotehi'ny atao manify 
ohatry ny ravina aty amy ntsika tsy akory, fa atao 
ny vongambongany, dia hodidininy dantelina mipa- 
soka tsara, ary ny vidy ny voa soratra eo ambony ny 
araky ny lanja ny, fa lanjaina, no ivarota'ny azy, dia 
iraimbilanja ny indroa ohatry ny toto hondry iny &. 
hatr'amy ny taovan-kena avy, no mahagaga ny fan- 
daminy azy, sy ny fanamboarany azy, ny habokabon- 
kena, tonga mova tsy iley zavatra sarobidy iny ; koa 
nefa tsy noho ny fahavitsy ny omby aty tsy akory, 
fa noho ny fahalaminany ny vazaha sy ny fahadio 
ny amy ny fanaovan-draharaha. 

Ny mpivaro-kena miakanjo lobaka somisy mipa- 
soka madio dia madio, manao pataloa fotsy na pa- 
riakala, ary manao lamba kely anoloana fotsy atao 
hoe : tabliery ary latabatr'ametraha'ny ny hena, dia 
marbre vato fotsy madio sady malama tsara. Dia 
ayy ny vehivavy lehibe mihaingo tsara iny, dia mi- 
ditra, ary dia mitsena azy eo ambaravarana ny mpi- 
varo-kena, miarahaba dia manontany : Inona no 
hovidi'nao, Tompoko-vavy, amy ny ity fe ny tsara- 
tsara ity, sa amy ny ity, sa amy ny ity ? Dia mifidy 
kosa ny mpividy, ary nony efa nividy, dia fonosi'ny 



XX 

madio tsara amy ny taratasy na amy ny zavatra hafa 
iny hena voa vidy ny, dia mandoa ny vola ; ary nony 
handeha ity olona, dia misaotra amy ny fanajana le- 
hibe ity nivarotra, ka momba any ity nividy hatr'eo 
ambaravarana, etc. 

Ny amy ny voankazo : Misy ny amidy anaty ny y 
trano tsena (atao hoe : la halle) misarona, ary ny 
sasany amy ny mangazay ; ary ny sasany, entiny ny 
vehivavy na lehilahy na ankizy mahantra, erany ny 
lalana atao ny varo-mandeha, dia isany tandrify ny 
varavarana izy, dia miantso manao hira fanonta- 
niana raha hisy hi vidy voankazo: izay, dia voa sora- 
tra, eny amy ny voankazo efa voa lamina tsara eny 
ny vidy ny : paiso iray iny dia ilavoamena, ny masa- 
ka tsara sady lehlbe, varofitoventy ny antonintoniny 
iny, ary izany fahasarotany ny voankazo izany, tsy 
noho ny tsy fisiany tsy akory, fa noho ny habe ny 
vola amy ny Paris, sy ny fahatsarany ny voankazo. 
Ary toy izany amy ny voankazo rehetra sasany. 

Na inona na inona zavatra tia'nao ho vidina dia 
misy ao Paris, be ny voankazo tsy misy amy ny tany 
France, kanefa tsy misy tsy tonga ao amy ny Paris. 
Dia izany no teny fohifohy ny amy ny varotra. 

Ny fihetsihetsiky ny olona : Tsy hahita olona na 
dia iray akory hipetra-poana hianao ; afatsy ny Jam- 
ba, ny marary mahantra, ny mondry & izay mija- 
nona eny amoron-dalana mihira, mangataka; tsy 
tapak'olona ny lalana na oviana na oviana ; ary za- 
vatra mahagaga indrindra ny fivikiviky ny vehivavy 



XXI 

raha mandeha^ na dia izay lehilahy tokoa aza, dia 
tsy ohatr'azy ; eny an-dalana tsy hahita vehivavy 
iray hitavozavoza mandeha hianao, raha izao samy 
miaraka eny izao, dia ahoiziny ny azy, dia ihoarany 
sy aria'ny. lavitra ery hianao, kanefa ny fandeha'ny 
amy ny izay mahagaga ; kanefa izany any dia vehi- 
vavy lehibe manankarena iny. Ary nahoana izany? 
Satria efa zatra amy ny fahakingakingana hatr' amy 
ny izy fony mbola kely izy ; ary raha mandeha izy , 
dia tsy misy mpanompo maro manoraka ohatry ny 
aty amy ntsika, fa ny manambady dia mifampitan- 
tana amy ny vady ny, ary ny manan-janaka na ana- 
dahy dia mifampitantana amy ny zana'ny, na amy 
ny anadahy ny, ary ny sasany dia mandeha irery ny 
elo ny no eny an-tana'ny. 

- Mahagaga : Izay voa laza ko hatry ny ankehi- 
triny dia ny zavatra madinidinika, toy ny mahafina- 
ritra foana raha re ; fa raha ny trano, vato daholo 
no ho lazai'ko, ny tetezana, ny tanimboly, ny fitsan- 
gantsanganana, ny filalaovana, ny fahaizan-javatra, 
ny fianaran-javatra, ny fiasana maro karazana, ny 
famoronan-javatravao-vao isan'andro, ka mahagaga 
azy tompon-tany kokoa indray noho izay vahiny ; 
aiza izay teny hilaza'ko azy, ka hahafantara' nareo 
azy tsara? Ary na misy aza ny teny, aiza izay 
zavatra aty amy ntsika hanohara'ko azy, hahalala'- 
nareo azy ? Koanefa na dia izany aza, dia andrama' 
ko hiany ka fanoharana ankapobeny no atao ko : 
Manao ahoana ny hevitry ny mpamaky, raha tantoa 
misy dimy ohatr'an Antananarivo, ka trano vato 



XXII 

daholo mitohy, elanelaniny ny l4lana mahafinaritra 
ila tsy hizy avo sy iva?Koanefa ny trano vato ila 
ho sahala amy ny ireny trano vato mahafinaritra 
aty amy ntsika ireny ; ny haingony mahagaga, ny 
fitaratra feno hatr'amy ny ivelany, ka hatr'amy ny 
aty ny ? Dia tsy hahafinaritra anao ve izany ? hevero 
indray ny hamaroany ny oiona ; tsy tapaka isan'- 
andro, ny fihaingioana, ny fisehoany ny lamody 
vaovao ka fanamian-dava, ohatry izay andro fivo- 
riana ka iangoana : Ny militera na manambonina- 
hitra na miaramila samy manamy ; ny mpanao 
raharaha sasany^ samy manao izay akanjo faman- 
tarana ny raharaha ny, ny varotra mahafinaritra 
tonga haingio ny l&lana. Ary indray, renirano iray 
makadiry mamaky ny tanana, ka ny moro ny rehetra 
iny mivoly hazo mitovy hahavo, ka anelanelany ny 
hazo misy fanala mirehitra raha hariva, ka tazanina 
mahitsy tsara ; ary ny fitsangantsanganana sy ny \k- 
lana lehibe izahao, fa toy izany daholo. Ny tetezam- 
bato, ny tetezamby mikod&na ka matetika dia mate- 
tika. Ary lazai'ko amy ny teny iray izy rehetra : fa 
izay zavatra efa hita dia tsy mety mahamamo ny 
maso, fa na dia efa hita aza, ka hiverenana dia toa 
vaovao indray. 

Ny feon-javatraisan-karazany ; tsy tapaka isan'- 
andro ny fivoriany izay olona mahay indrindra amy 
ny fanaovana mozika mikambana, miara-manao 
mozika, mahangona olona be dia be, ka vola manao 
ahoana no azo ny. 



XXIII 



Ny kilalao isan-karazany koa toy izany &. &. 
Ary mihoatra.noho izany indray izay zavatra maro 
dia maro mbola tsy hita ko, ka tsy mbola ho lazai'ko. 
Ary ankehitriny rahefa voa laza ko, na dia tsy mila- 
hatra izay tsaroa'ko, raha manoratra ity aho, dia 
hilaza kely ny amy ny aty ny trano sasany. 

Ny amy ny Egilizyna ny amy ny fomba ny fivava- 
hany dia tsy mbola nikasa hilaza azy aho amy ny 
ity, fa tahirizi'ko amy ny aoriana izany; fa ny ho 
Jazai'ko kely izao dia ny amy ny trano : dia ny amy 
ny hadio ny aty ny, fa ny ivelany dia efa fantatr'areo, 
amy ny izany hoe : trano vato ; ka raha hoe : trano 
vato, dia tsy maintsy ho misy fahatsaraoa mihitsy 
ny ivelany. 

Ny trano dia ny rihany hoy aho teo, fa ny ambany 
fivarotana, ka be dia be ny trano no toy izany. Amy 
ny ireo rihany mifanongoa na dimy na enina na fito 
ireo, dia tohatra iray no iakarana amy ny; ka ny 
rihana iray iny dia miefitra maro dia maro, ka ny 
olona izay mitoetra amy ny rihana voalohany atao 
ko fa tsy mahalala izay mipetraka amy ny faharoa 
noho ny hamaroany ny olona ao; ary dia tsy mifan- 
kahita akory fa ny tafontrano sy ny toetra no 
ikambana'ny. 

Ary ny amy ny tranom-bahiny atao Hotel, dia 
mahagaga ny hadio ny : ary izy izany no atao hoe : 
trano-mbahiny, satria ny olona vahiny indrindra no 
mitoetra ao amy ny, araky izay karama ifanekena, 
fa ny tompon-tany dia samy manana ny trano ny 
avy. Olona manan-karena maro no manakambam- 



XXIV 

bola hanaovana izany trano izany, dia asiana olona 
karamaina ho lehibe hitandrina ny fanaovan- draha- 
raha, ary ny mpanao raharaha sasany koa dia eo toy 
ny mpanao nahandro, mpiserivy, mpanamboatra ny 
fandriana sy ny efitry ny vahiny, ny mpiandry 
varavarana izany hoe : mpampiditra ny olona izay 
hipetraka ao amy ny trano hanakarama ; koa amy 
ny izany raha mivahiny hianao dia tsy sahirana 
akory, raha misy ny hafioka na hoe : vola (fa izany 
ary no miasa). 

Ny trano efitra fandriana dia madio tsara, misy ny 
fomba rehetra, ary trano iray fihinanana miaraka, 
iray filalaovana misy karazan-kilalao maro; ny 
fitoana fisakafoana na fihinanan-kariva dia miaraka 
raha velona ny lakolaosy. 

Ny trano fihinanana dia ankosotra volamena 
daholo ny koronosiny rehetra iny amy ny rindrina, 
ary ny fitaratra makadiry dia feno ny trano ; ny jiro 
mihantona erany ny trano, ka ny alina iny ohatry 
ny antoandro ao an-drano ; ny mpiserivy miakanjo 
madio daholo, akanjo zaby mainty lobajta fotsy 
madio dia madio, fehitenda fotsy, salotra mainty 
mampiseho tratran-dobaka, kiraro miborosy na ve- 
rinia, ny volo sorobilana tsara; kanefa izany iley 
tovolahy kinga-kinga daolo iny, seriviety iray madio 
tsy miala eny an-tanany; rahefa vita ny kovera amy 
ny lambandatabatra madio, sy feno voninkazo, dia 
vory ny mpihinana izay efa nividy taratasy milaza ny 
fahazahoamihinana, fa efa nandoavolana ho ariary, 
na loso sy ariary, na ariary roa aza indray homana. 



ERRATA 



PAGES LIGNES 

49 1 II \m li Faranti, lisez : Far antsy. 

51 15 — tous,lesautres, LISEZ rtouslesautres 

58 16 — Ramanankivahinaj lisez : Ra- 

manankirahina. 

60 27 — villages, lisez : villes. 

61 3 — zanatsoratra, lisez : zana tso^ 

ratra, 

— tsiti alenga, lisez : tsitialenga. 

— foutsy^ lisez : fotsy. 

— le pied de riz, lisez : les pieds de riz. 

— proprement obtenu : gagn6, lisez : 
proprement : obtenu, gagn6. 

— Iziy LISEZ : Izy, 

— ratray lisez : vatra. 

— dans les verbes, ajoutez : et les 
adjectifs. 

73 20 — Sambilon, lisez : Sambilan. 

78 1 — telompahay lisez : telampaha. 

82 13 — zahayy lisez : zahay. 

82 16 — suppRiMEz : y. 

82 27 — volony, tsirony, fofony, lisez : 

volo ny, tsiro ny, fofo ny. 

83 21 -— votre, lisez : notre. 

— aloh.antsikay lisez : aloKantsiha. 

— aorUantsika, lisez : aorfantsika. 
86 18 — aniareoy lisez : anjareo. 



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185 8, 16, 24 


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.18 


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6 


148 


15 


XII e. 


219 


XVI 


21 



anontanian% lisez : anontanian'. 

interrogd, lisez : si interrog6. 

tafOj LISEZ : tafa. 

wy, LISEZ : ny. 

hoisyy LISEZ : ho isy. 

fohanihao, lisez : fohanfnao. 

malgazyj lisez : malagasy, 

r^p^tion, LISEZ : r^p^tition. 

mifahatra, lisez : mifahanatra. 

mifampanatra, lisez : mampifa- 
hanatra. 

aman-tsara^ lisez : mantsara. 

hao, LISEZ : aJio* 

mator y, lisez : matory. 

satry ho, lisez : sitraho. 

roha^ LISEZ : raha. 

un, LISEZ : une. 

VahOy LISEZ : Vao. 

te, LISEZ : je. 

SUPPRIMEZ LA LIGNE. 

se distingue, lisez : se distinguent. 

AjouTEz : habis. 

hipetrdharCareo, lisez; hipetrd- 
ha.nureo. 

visits, lisez : visit^s. 

mois, LI8EZ : moins. 

man'aia, lisez: maft'aia. 

SUPPRIMEZ : pour d'od ? de quel lieu ? 

a koho, LISEZ : akoho. 

olona, LISEZ , olana.