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UI DE 



EN 



DALMATIE 



PAR 



Reînhard E. Petermann, 



-^ 



f_ 



PUBLIE PAR LA SOCIETE PROTECTRICE DES INTERETS DU 

ROYAUME DE DALMATIE. 



TRADUCTION LIBRE DE L'ALLEMAND 

PAn 

LA COMTESSE MARIANNE DE HARRACH. 



AVEC 160 ILLUSTRATIONS PAR LOUIS JEAN FISCHER. 



VIENNE 

ALFRED HÔLDER, 

LIBRAIRIE OE LA COUR I. ET R. ET OE 

L'UNIVERSITÉ. 

R0THENTHURMSTRAS8E 19. 



1900. 



PARIS 

SOCIÉTÉ FRANÇAISE O'ÉDlTIONf 

D'ART. 

e ET 11, RUE 8T. BENOÎT. 



Imprimerie des PP. Méohitaristes, Vienne VII. 



\ 



PREFACE DE LA SOCIETE EDITRICE. 

L l'on se représente l'état de la Dalmatie d'après l'ouvrage 

I publié en lfi57 par le professeur Petter, et ai l'on compare le 

f passé au présent, il est impossible de ne pas reconnaître que 

i pays a fait depuis lors des progrés considérables. Considérant 

en outre que la plupart des améliorations obtenues sont le 

résultat des efforts des dernières années, on ne pourra douter 

que i^ changement ne soit en relation avec l'action de la 

„Société protectrice des intérêts du royaume de Dalmatie", dont 

la fondation, en 1894, est due à l'initiative de M. le comte 

Jean de Harrach. 

'est en publiant \in „ManueI de voyage" contenant tous les 
\ détails nécessaires pour faire connaître ce pays et ses habitants, 
I que la Société a cru atteindre le mieux le but qu'elle se propose. 
I Elle a donc confié a M. R. E. Petermann, littérateur et géographe 
I estimé, la t&che d'écrire le manuel intitulé „Oiiide en Dalmatie" 
a, été publié en allemand en 1899 et a obtenu les suffrages 
t des connaisseurs et de tous ceux qui font autorité en cette 
m matière. La ,,Sooiété" a décide d'en publier une édition française, 
f destinée au public français qui voyage en Dalmatie, et à tous 
, visiteurs du paya qui se servent de la langue françaiae. 
L'ouvra|;e de M. Petermann a été traduit en français par 
I mademoiselle la comtesse Marianne de Harrach; Messieurs les 
I vicomtes do Font«nay et du Dresnay, ainsi que les professeurs 
1 Adolphe BecLtel et Eugène Fontaine, licencié- és-lettres de 
I l'université de France, ont bien voulu prêter leur aide pour 
Ija revision du texte. A tous ces dévoués collaborateurs et 
Kparticulièremout à la comtesse M. de Harrach, qui s'est chargée 
Wàa gros de ce travail, la Société adresse ses meilleurs renier- 



tK 



_J 



TABLE DES MATIERES. 



Pages 

I. IntrodttcUon 1—5 

La Dalmatie, et ce qu'elle offre d'intéressant au voyageur 1. 
Bibliographie ancienne et moderne traitant de ce pays 1. 
But que se propose ce livre. 

IL Ji enseignements pratiques pour le voyageur 6—13 

Durée du voyage, voyages par terre, moyens de transport 
pouvant éventuellement abréger le voyage par mer 6. Ke- 
marques particulières au sujet des «Guides du voyageur", 
des courses en bateau à vapeur et en barque. Distribution 
du temps. Conseils au sujet de l'habillement. Rapports avec 
la population. Voitures, hôtels 8. 

IIL Aperçu généi'ol de la Dahnaiie 14—40 

Situation, et superficie 14. Division du pays et configuration 
du sol 15. La Dalmatie septentrionale 15. La Dalmatie 
moyenne 15. La Dalmatie méridionale 16. Coup d'œil géo- 
logique 16. Mer, lacs, rivières 18. Climat 20. La flore 22. 
La faune '23. La faune terrestre 23. La faune maritime 24. 
La pêche 24. Les mines 26. Agriculjiure 26. Cueillette du 
raisin et des olives 27. Forêts ^. Élevage des bestiaux ^. 
La navigation 28. Industrie 29. Commerce 29. Les routes 30. 
Statistique de la population; sa répartition 31. Religion 31. 
Nationalité 31. Caractère physique de la population 31. Con- 
stitution, administration 32. Postes et télégraphes 32. Faits 
historiques : Epoques illyrienne et grecque 32. Çl^uerres avec 
Rome 33. La Dalmatie province romaine 33. Epoque de la 
migration des peuples 34. Quelques détails sur la patrie des 
. Croates et jsur leurs migrations 35. Les souverains na- 
tionaux 36. Epoque des guerres entre Venise et la Hongrie, 
et de la domination hongi'oise 37. Époque vénitienne 38. La 
première période autrichienne (1797— 18(fe) 39. Sous la domina- 
tion française (1806—1814^.39. Gouvernement autrichien depuis 
1818 40. 

IV. De Trieste ou de Pola à Zara 41—53 

A Trieste 42. De Trieste à Pola 44. Pola 45. De P'ola à Zara 47. 

Y. De Fiume à Zara 54—59 

Fiume (Rijeka) 54. Abbazia (Opatija) 66. Course expresse de 
Fiume à Zara 57. 

VL Zara (Zadar) .' . 60—74 

Petit Guide de Zara 60. Dans les rues de Zara 61. Détails 
historiques 64. L'église San Donato 66. Les collections du 
„Musée" 66. La cathédrale 69. Les autres églises de Zara 72. 
Premenades : Le i>arc Blazekovic 73. Borgo Erizzo 73. Cereria 
et Barcagno 74. 



VII. Les environs de Zara sitT la terre ferme .... 

Au Qorit 15. A l'li9t Tlj. Au nuil-ent 77. 

VIII. L'aTdtipét taratiipte 

ArbefBaljlTB.LBvUled'ATlio'm.AeTionlture et industries an. 
SicuraioDS SO. Pago (Pag) Si. Ueljan et Ptaman Si. Les 
nutrsH tlet SB. 

IX. De Zara aux merê inUirieu/re» de Karin et de Noeigrad, 
et gur le Vél^t 

Eonte Zara-ObcovQizo W. Obrovaiio 87. De Zara en 
voiture h Obrcrvnzio 87. De Beakayno à NoviErsa B8. l.a. 
mei de Nuvigrad W. C'ObrovazEO duos lu Bukovica VI. 
Sur le Vélebît: Par 1» Paklonica à la dimB 91. A Mali. 
Halan: A la hauteur de la route du Yâlebit B2. 

X. De Zara par Benkotae et Kittat^e à Knirt .... 

De Zemoulco roc Nadin à Benkovno 91 Benkovitc 95. Les 
mines d'Asaeriii, œ. Do Beiikovnc h Vrana 86. De Ben- 

KiBtanje R9. Kiatanje 9». Le cunv'ent S. Arbajieioo 100. 
Bnrnum 100, Da Kiatanjo fi Knin lOJ. 

XI. La Krka et ses dtutes 

Le oonrs supérionr 103. Béaiou movenno de la Ktka 103. 
Le cours iiiiéFieur de lu Krka 107. 

XII. De Zara à Sebenico ] 

Zaravecchia (Bîograd ua moru] 108. Coutiuuatiun de lu 

XIII. Sebaieo (àibenik) et Un excurtions qu'il offre . . 1 

La ville de Sebenico 111. Détails bistoriqnes IIS. La cathé- 
drale 112. Promenade aux forts ll!i. Les Iles pl6s do 
Bebenico 116, Exonniim sur la cQte da sud de Sebeuiou 116. 
La mont Tactaro (Trtar) 117. Da Sebenioo à Scardona et 
au couvent de Visovae: De Sebenioo à Scardona 117. 
ticardona |Skradin) 118. La cbnte de Soardona Idemièrt 
chute lie Ift Krka) 119. Le oonvent ds Visovao 131. 

XIV. De Selimico à Knin ] 

Voyage en fhemin de for Sebenico-Perkovid-Knin: De 
Sebenioo à DmiS 133. DmiJ 128. De Drniâ ù Knin 134. 
Knin: La situation de la ville 124. Notions bistoriques 1'^. 
Le miisdo de Knin 126. Excursions de Knin ISH. Sur In 
Dinura 138. De Knin par Baivagie ii Dmiè la7. Do Knin 
k Vrlika: Source de la Cetiua, le» tombes des Bogumiles, 
la grotte de Vrlika 127. Vilîka et ses eaux minérales 1-.». 
De Vrlika A Sinj ISS. Observations de géoloRie alt'érentex 
au purcoura de Drnis A Knin 129. Le sito de Kosovo 188. 

XV. Les Morlakes {Vlaai) 

La population du nord de la Dalmatie 186. 

XVL De Sebenico à Traù 

La course aur mer 138. Traà (7iogir): lIi -promenade ii 
travers la ville 188. La cathédrale 110.,Détai]s bistotiques 
sur Traii liH. A Draga 143. L'Ile Bna (Ciovo) 143. 



%ZYII. La Eiviera A 

De Traù h Spaluto ; 



5 CasteUa (AosKla) 144— U8 



a à Ira 



14d. 



\ xrill. Spalato (Spfjet) 149- 

Arrivée pur le bntean expreas I4S. Potit galde de l'étranger 
149. Promenade k Spolato 190. Panade da paltûs anr In 
mer 160. ?aitiB ouest du paUia 153. Porta Anren, place de 
la Catli£dr»le 154. De la plaoe de la Cathédrale an temple 



sçulape 



. La plAD 



_ _ . .(.elloRivi 

Le palaia de Dioclétien 159. Le palaia 
Le masée aichéolagiqne impérial et 
son passé histoilqne 172. Promenai 
de SpaUto ni. 

^.X/.Y. Excursions dam les entironi dr 

noDte Marjan 176. Exonrslon 
iriquea 177. Les toniUea 178. _, 
i les mines de Salone 179. A CUe 



Marn 

Partie est du port 11 

«IflO.LiiDatliédralell 

lyal les. Spalato 



8alono (Solin) : Détails 

- "-ilato b Salona 178. 

(Klis) 181. 



1 XX. De Spalato à Stty et à ImosU 

Biuj [85. La ffite de TAlka (la Qiaatra) 18S. Exann 
De Sinj à Imoski 18». S'imoski par le BiohoTi 
korska IbT. De Sinj sur la Strads. Muestra i Metk 

^XXl. De Spalato à Metkovk' 

Dans la Foliioa et sur le Mosor 189. LaPalJica d'aatr 
Almisaa [Omis] IBO, D'Almis»» k nniira (Zadvn 
D'Almisaa à Uakarska Ifri. Uakai 



ika 193. De Makar 



a a Uetkovié 11 



a. IW. De l'eni bon chai 



iJ-YIJ. La région de la Narmta. îkccuTsium de Melkoné 196— 

Détaila historiques IBB. Les Narontins IWS. Dn sol et du 
climat 198. De Metkoviû k Vrgurac 199. De Hatkoviii & 
Ljnbnski 21». De Metkoviù k Qaliela et fi Mustar 200. Los 



WXXIIT. Les Ses de la Dahiiatie moyenfie . . 

joltafâoltalâre. L'îlsdeBraiEa(BrBè|2C5. L'agi 
" ■ ■ ■" r) 2(«. 



.phiquûa 206. Lesîi 
tr. uob autres localités d 

es générales 212. Lissa , 

.valeH214. Détails topographiques Slg. La ,Qrottfl 
a Busi 216. Cnrzola (KorSula) BIT. Lagostn [La- 



(Hvar) 21 
localités de Leaina 211. Liss_ 
" "■ " " [qui té 2. 



XIV. De MetioMC à Saguae 221— 

La cOtu sud do Sabbioncello 221. De Metkovie par l'isthme 
de Stagna 324. Lo canal de Oalamotta USa. De G-nwosa k 
Bagnse 22». 

IJSJCP. Sagvse (DiAroonik) 230— 

~ nenfidcB à RagusQ 3B0. Bugues vue de t'HOtel Impérial 
SituutloD généra» de Ragnao 3B4. Histoire de la viUe : 
I le aeeptre byzantin, du VII' siècle jusqu'en 1206 285. 
I !a domination de Venise, Mfi-lSgS 2BB. Sans In 



VIII 



Pages 



domination hongroise, 1358 — 1626 237. Sous la domination 
turque, 1526— 18(^ 237. Chute de la république sous Na- 
poléon I" (1808) 238. Constitution et administration ^9. 
Belles-lettres et sciences 289. Agriculture, commerce, in- 
dustrie et navigation 242. Monuments d'architecture de 
Baguse: La cathédrale S. Maria Maggiore 243. S. Biagio 
(Sveti Vlaho) 243. L'église et le couvent des Dominicains 
243. Autres églises 246. Édifices civils 246. Les murs de la 
forteresse 250. Promenades : San Giacomo 252. La presqu'île 
de Lapad 256. 

XXVI. Excursions à faire de Baguse 257 — 263 

De Gravosa aux sources de l'Ombla (Rijeka) 257. Excursion 
sur le mont Sergio (Srgj) '^>8. A Cannosa (Trsteno) 259. 
A Trebinje 262. 

XXVII. Les îles méridionales dalmates 264—273 

Meleda(Mljet) 264. Giuppana (Sipan) 266. Mezzo (Lopud) 267. 
Calamotta (Kolocep) 2^. Lacroma (Lokrum) 269. 

XXVIII. De liaguse dans les Bocche di Cattaro . . . 274—281 

BrOute par terre de Baguse à Castelnuovo 274. Val di Breno 
(èupa) 274. Bagusavecchia (Cavtat) 277. Val Canali 
(Konavli) 278. Sur la Snijeznica (1234 m) 279. La Sutorina 279. 
Course en mer de Gravosa à la Punta d'Ostro (Ostro) 280. 

XXIX. Les „Bocche'' {Boka Kotorska) 282—313 

Détails historiques 282. A travers les „Bocche" 285. Castel- 
nuovo 286. Meljine. Détroit de Kombur. Baie de Teodo 
(TivatJ. Le Catene (Verige) 287. Bisano (Bisan) 289. La 
Krivosije29l. Ascension de l'Orjen (1894 mètres) 292. Perasto 
(Perast) 293. Les scogli de S. Giorgio et Madonna dello 
Scalpello 294. Le golfe de Cattaro 296. En avant de Cattaro 
297. Cattaro (Kotor) 298. La fête de Trifon et la Marine- 
rezza 296. Promenades : Le marché public 300. La „foire 
des Monténégrins" 300. A la forteresse S. Giovanni (Kastio) 
302. De Cattaro à Cetinje 302. Cetinje 304. Avis aux 
touristes: Le Lovéen (1759 mètres) 308. L'extrémité sud de 
la Dalmatie 309. 



Supplément. 

Petit vocabulaire. 
Annonces. 



^ 



I. Introduction. 



La Dalmatie, et ce qu'elle offre d'intéressant au voyageur. 

Bibliographie ancienne et moderne traitant de ce pays. But que se 

propose ce livre, 

La Dalmatie, si riche en beautés de la nature et en souvenirs 
|N. historiques, peut être appelée, à juste titre, un pays de con- \ 
trastes; on pourrait même ajouter qu'elle est pour l'Europe \ 
un pays de transition. — D'un côté, il est vrai, ses montagnes 
de l'ouest s'inclinent vers l'Italie, ce foyer intellectuel d'où la 
civilisation occidentale s'est étendue sur tous les pays soumis 
à la domination romaine; mais au delà des contreforts des 
montagnes de l'est, c'est l'Orient qui commence, l'Orient si 
menaçant pendant des siècl es /Indomptable Jusque Tôccùpation 
par l'Autriche de la Bosnie et de l'Herzégovine. Ce n'est qu'à 
cette époque que l'Orient s'avoue vaincu et qu'il laisse entrer 
dans ses sauvages montagnes la civilisation occidentale, au 
grand profit de ce petit pays intermédiaire qui se nomme — la 
Dalmatie. Les contrastes que l'on trouve en se dirigeant de 
l'ouest à l'est, des rivages de l'Adriatique jusqu'aux Mon- 
tagnes Noires, sont de nature à exciter un vif intérêt. Si l'on 
se dirige au contraire du nord au sud, le pays offre une tran- 
sition lente d'aspect, de climat et de végétation. 

Dans sa plus grande étendue, la Dalmatie a plus de 400 
kilomètres et s'étend d'une latitude équivalente à peu près à 
celle de Gênes (ou plut^ de Pola) jusqu'à celle de Eome. Toutefois 
si, dans la campagne de Kosovo, des prairies verdoyantes, des 

La Dalmatie. "^ 



2 Introduction. 

bo is de hêtres touifus, grâce aux nombreuses rivières, [oifrent à 
7 l'œil une végétation pareille à celle de l'Europe centrale ou même 
A des contrées alpines, comme dans les hautes régions du Vélebit, 
I les côtes de la Dalmatie, de même que les innombrables^ îles 
I au sud de Spalato, toujours égayées par les chauds rayons 
d'un soleil éblouissant, portent le cachet méridional, et la 
luxuriance de leur végétation peut souvent rivaliser avec les \ 
maquis de la Corse et les célèbres jardins de Nice. Les rives f 
septentrionales de la Dalmatie, encore situées plus au sud 
que Lussin et Abbazia, sont exposées au souffle de la bora, mais 
dans les endroits abrités elles participent aux avantages oro- 
graphiques généraux qui ont valu au Quarnero la renommée 
d'ofirir, au fort de l'hiver, dans ses sites ensoleillés la chaleur 
bienfaisante de l'été. 
' b^^ Depuis 1881, c'est-à-dire depuis qu' Abbazia a commencé 
à devenir une station hivernale à la mode, les beautés de 
la nature en Dalmatie attirent de plus en plus l'attention 
des voyageurs, qui apprennent peu à peu à connaître la diver- 
sité de ses côtes pittoresques et qui constatent que la nature 
s'y offre à la fois originale et splendide. 

— Les cataractes de la Krka et de la Cetina, les sources de l'Om- 
bla, la végétation luxuriante des Sept Châteaux, de Lacroma et 
de Raguse, ainsi que les beautés uniques qu'offrent les célèbres 
„Bocche di Cattaro", ont émerveillé les voyageurs, 
^.^^'i^n quittant ces lieux si privilégiés par la nature, l'étranger 
\ se sent intéressé par les antiquités romaines et vénitiennes que 
Spalato, Traù et d'autres villes ofïrent à sa curiosité. Si le 
voyageur a l'intention de continuer son chemin vers l'est, il 
pourra se faire une idée sommaire de la civilisation orientale 
en franchissant la frontière de la Bosnie et de l'Herzégovine. 
; où l'administration autrichienne a réussi à créer pour le voya- 
geur une sécurité parfaite et un comfort complet. Malgré cela 
j la Bosnie est restée un pays parfaitement original, digne 
; de tout l'intérêt qu'un étranger peut apporter à un petit 
/ pays fier, résolu, riche en toutes sortes de beautés de la 
/ nature. 

Plusieurs écrivains se sont occupés de la Dalmatie, dont les 

souvenirs historiques leur ont fourni des sujets fort intéressants. 

Johannes Lucius, natif de Traù,. publia, en 1666, un ouvrage 

historico- critique intitulé „De regno Dalmatiae et Croatiae^. 



La Dalmatie, et ce qu'elle offre d'intéressant au voyageur. 3 

Ltœius y fit succéder une histoire détaillée de sa ville natale qui 
renferme une riche collection de documents relatifs à Traû et 
à Spalato; enfin il publia un ouvrage sur les inscriptions 
dalmates connues à cette époque. Peu de temps après (1678) 
parut le livre de Coronélîi, intitulé: „Mari, Golfi, Isole, Spiaggie, 
Porti, Città, Fortezze ed àltri Luoghi ddT Istria, Quamero, Balmatia, 
Albania, Epiro e Livadia." Cet ouvrage traite de la Dalmatie et 
offre encore aujourd'hui, par les reproductions charmantes 
des fortifications du pays, un certain intérêt au lecteur. 
M. G. Wheeîer publia, en 1689, ses „Impre8sion8 de voyage en 
Dalmatie, en Grèce et au Levant^. Un siècle après parurent quelques 
descriptions de voyages en Dalmatie. Mais ce fut particulière- 
ment dans la seconde moitié du XVIII* siècle, alors que la 
puissance de Venise était à son déclin, que parut une série 
d'ouvrages concernant la Dalmatie. Nous ne pouvons négli- 
ger de citer ici „VIllyricum sacrum" de Daniel Farlati qui, par 
sa haute valeur littéraire, mérite d'être placé au premier 
rang des ouvrages de ce genre. Publié en 1751 à Venise, 
il fut complété en 1817 par un volume de Colati] ce dernier 
ne contient qu'une histoire minutieuse des évêchés et suffra- 
gants de l'archevêché de Spalato. 

« 

Roh. Adam publia, en 1774, sous une forme attrayante, un 
livre intitulé „Ruins of the Diocletian Falace at Spalato^, fort 
intéressant et orné de belles gravures des monuments les plus 
célèbres de la Dalmatie. 

En 1802 parut à Paris le „ Voyage pittoresque et historique de 
Vlstrie et de la Dalmatie", livre de Joseph Lavallée, qui, comme le 
précédent, est un charmant recueil historique et artistique con- 
tenant de jolies gravures. 

Dans la bibliothèque de Spalato se conserve l'opus du 
„provveditore" général Vincenzo Dandolo, intitulé: „La DalmaUa ai 
31 Dicembre 1806, opéra economico-poUUca" . C'est un rapport très dé- 
taillé du pays destiné à Napoléon I^r et constituant un des plus 
importants exposés de la situation économique de la Dalmatie 
il y a cent ans. 

Enfin, en 1776, nous voyons s'imprimer à Berne la traduc- 
tion allemande de l'ouvrage de l'abbé Fortis: „Reisen in Dalmatien", 
(„ Voyages en Dalmatie") livre fort instructif, qui prouve que 
l'abbé avait parcouru une grande partie de ce pays. 



4 Introduction. 

Ces publications avaient éveillé dans certains milieux 
intellectuels de l'Europe un vif intérêt pour ce pays. Des 
savants, des professeurs d^histoire, des naturalistes, enfin des 
personnes poussées par une louable curiosité se réunissent en 
Dalmatie, Pexplorent en tous sens, y admirent la nature si 
riche en contrastes et en étudient avec intérêt les monuments 
historiques. 

Toutes ces recherches scientifiques, réunies aux documents, 
et à certaines descriptions précises que les Dalmates avaient 
mises à la disposition des savants, fournirent à G. ValenU- 
ndU les matières pour publier sa „BibliograJia ddla DaJ" 
mazia e del Monténégro^, 1855. On peut considérer comme une 
espèce de pendant géographique à la „Storia deUa Dàlmcuiia^ 
publiée en 1835 par CattcUinich, Touvrage solide du professeur 
Franz Petter (1857, éditeur Justus Perthes, Gotha). Enfin, les 
littératures de presque toutes les nations ont contribué à la 
connaissance du pays par des résumés de relations de voyages 
en Dalmatie. 

Parmi ces dernières, on peut citer „Daîmatia, the Quarnero and 
Istria" de F. G. Jackson et les ouvrages de Noë et de L. Modric, 

C'est à un Français que nous devons „La Dalmatie de 1797 
à 1815. Épisode des conquêtes napoléoniennes", œuvre historique 
publiée par l'abbé Paul Pisani (Paris, 1893). 

Plusieurs autres opuscules concernant certains monuments 
historiques ont paru dans le cours des dernières années. Toutefois 
on ne saurait assez recommander à ceux qui veulent connaître 
à fond le pays, le „BoUetino di Archeologia e Storia Dalmata^, 
dû à M. F. Bidic, conservateur du musée de Spalato, une des 
plus belles publications de ce genre que l'auteur infatigable nous 
offre à date régulière depuis 21 ans. 



A tous ces ouvrages, aussi nombreux qu'intéressants, vient 
s'ajouter la magnifique encyclopédie: „Osterreich-Ufigarn in Wort 
und Bild^, due à l'initiative de feu l'archiduc Rodolphe, prince 
héréditaire d'Autriche-Hongrie. 

La Dalmatie se trouve décrite par plusieurs écrivains du 
pays. A. Kerner s'y occupe de la flore, A. Mqjsisovics de la 



La Dalxuatie, et ce qu'elle offre d'intéressant au voyageur. 5 

faune, Noë et Geîcich de la nature des terrains; l'histoire du 
peuple dalmate, ses mœurs, ses progrès intellectuels, tout y a 
été pris en considération. Certains chapitres nous présentent 
des notions sur la situation industrielle, commerciale et agri- 
cole du pays, d'autres nous donnent des détails fort inté- 
ressants sur la navigation, la pêche etc. 

Cependant le „Verein zur Fôrderung der volkswirtschaft- 
lichen Interessen des Kônigreichs Dalmatien" (Société pro- 
tectrice des intérêts du royaume de Dalmatie), croyant l'heure 
venue, s'est décidé à publier un „Gruide^, recueil complet traitant 
de tout ce qui peut avoir rapport à la Dalmatie, et plus détaillé 
que les itinéraires qui ont paru jusqu'ici. 

En terminant, nous remercions Jf. Bulié, conservateur du 
musée de Spalato, qui a eu l'amabilité de vérifier quelques 
données de cet ouvrage. L'auteur ne saurait oublier la recon- 
naissance due à messieurs les professeurs KoUmbatovic et NikoUé 
de Spalato, qui lui ont prêté leur concours dans la rédaction 
de cet ouvrage. 




1^:^^^^^ 



IL Renseignements pratiques pour le voyageui 



Durée du voyage, voyages par teire, moyera de transport 
pouvant éventuellemçnt abréger le voyage par mer. 

Le voyageur disposant de son teuipa de loisirs, qui voudra 
connaître à fond la Dalmatie et certaines régions décrites dans 
ce livre sera obligé d'y faire un séjour d'un mois. On dastine 
généralement 5 jours à visiter Zara et ses environs, Ton en 
])asse 2 k Sebenico et 6 à Spalato. Puis on consacre d'ordinaire 
fi jours il Baguse y compris les excursions à Cannosa, aux 
sources de l'Ombla, à Lacroma et ù Trebinje. 

Cinq jours enfin passent comme un rêve rapide si on les em- 
ploie à visiter les superbes „Bocche di Cattaro", Budua, Spizza, 
voire même Trebinje, 

Nous engageons le voyageur qui aura pénétré dans l'in- 
érienv du paya à passer les 6 jours qui lui restent de la 
façon suivante : 2 jours pour Sinj et Vrîika, 2 jours pour 
Euin et S cardon a y compris une excursion aux cataractes 
de la Krka. Il réservera un jour pour Obrovazzo et pour l'ex- 
cursion au Vélebit, enfin, en dernier lieu, un jour pour se 
rendre à la station de la ligne de paquebots „Obrovazzo-Zara- 

Comme il n'y a pas de jonction avec le réseau des cbemina de 
fer du Nord de l'Adriatique en Dalmatie, on sera obligé de faire 
une partie du voyage par la voie maritime. Toutefois les per- 
sonnes qui souffrent de la mer ne doivent guère s'effrayer de cette 
perspective vu que l'Adriatique est d'ordinaire très calme. 

D'ai! leurs, si le voyageur ne pouvait absolument pas 
supporter une traversée plus longue, nous lui recommanderions 
les paquebots faisant le trajet par étapes, ce qui offre aux 
personnes atteintes du mal de mer la faculté d'attendre le 
retour dn beau temps pour c 



Buiie lin v«ya| 



, Tuyagei pu ti 



ITne partie du voyage le long de la côte peut s'effectuer 
jsi au nioj-eii du cliemin de ter et de voitures. 
En partant, par exemple, de Fola ou de Fiume, on arrive, 
[ apréâ une traversée de 5 ou 6 heures, i. Zara; de là, en prenant 
ne bonne voiture, on atteint en moins de 10 heures Sebenico. 
'est là ijue commence le chemin de fer dalmate qni conduit 
1 quatre heures à Spalato. 

En 8 heures, le bateau express voua mène à Baguse, où se 
[ trouve ta grande route qui, traversant toute la Dalmatie, 
[ conduit à cette autre voie si appréciée des voyageurs 
innue sous le nom de „route de la Eiviera", par laquelle 
1 atteint Castelnuovo après im charmant trajet en voiture; 
l'on veut continuer la route, ou arrive ensuite, en moins de 
MX heures, à Cattaro. 

Toutefois nous pensons que les voyageurs préféreront la 
lie mai-itime qui, longeant les côtes de l'Adriatiqne, offi-e un 
I charme tout particulier. Le superbe panorama des côtes et des 
tableau toujours mouvant, 
ireiid un caractère plus poétique et 
le saurait l'exprimer. Que la nuit soit 
étoilée, que la lune projette ses pâles 
rayons sur les âots calmes et endormis, 
les voyageurs aimeront mieux, nous en 
sommes sûr, rester longtemps sur le 
pont du bateau que de ae retirer dans 
les cabines. Beaucoup d'entre eus se 
plairont à contempler la lum.ière des 
phares qui tour à tour reparaît et dis- 
^pandanfc au loin de véritables 
de lumière. 

Des communications vapi- 
~x^^m (les entre le continent et les 
tJ^Ê îles, de même qu'entre les villes 
- ■3.^"* d'une importance plus ou moins 
grande, sont assurées par d'ex- 
cellents bateaux à vapeur. 

La Dalmatie possède encotre 
le chemin de fer Spalato-Knin 
avec un embranchement vers 
Sebenico.Cettevoie est en pleine 




8 Renseignements pratiques ponr le voyageur. 

exploitation. Une autre ligne de chemin de fer opère la jonction 
avec l'Herzégovine et la Bosnie. Partant de la station de 
Metkovic sur la Narenta, elle conduit en 174 heures à Mostar, 
et aboutit à Sarajevo après un parcours de huit autres heures. 

La ligne Mostar — Gabela — Trebinje est en voie de con- 
struction ainsi que celle de Spalato — Ar^ano avec un em- 
branchement vers Sinj, qui doit servir de jonction avec Bugojno, 
et avec le réseau des chemins de fer bosniaques. 

On projette, en outre, une voie ferrée qui conduira de la 
Dalmatie en Croatie, excellent moyen pour faciliter Taffluence 
des voyageurs qui préfèrent à la voie maritime le chemin 
de fer. 



Remarques particulières au sujet des „Guides du voyageur", 
des courses en bateau à vapeur et en barque Distribution 
du temps: Conseils au sujet de Thabillement. Rapports avec 

la population. Voitures, hôtels etc. 

Le voyageur qui n'a pas beaucoup de temps à sa dispo- 
sition fera bien, en Dalmatie surtout, de se munir de l'itinéraire 
le plus récent. Or, les lignes exploitées par les compagnies de 
bateaux à vapeur étant très nombreuses, il ne sera pas sans 
profit pour le voyageur de gagner une vue d'ensemble par 
des indications spéciales. 

Nous engageons le voyageur venant du nord de la Dalmatie, 
et ayant à parcourir tout le pays à se munir de deux „Indicateurs". 
Le „Condîtct€îir^ de Waldheim (Indicateur pour l' Au triche-Hon- 
grie) renferme en trois sections (Le Lloyd, l'Ungaro-Croata 
et d'autres compagnies) toutes les routes prises par les diffé- 
rents bateaux à vapeur qui relient la côte autrichienne de 
l'Adriatique, de Trieste— Fiume jusqu'à Spizza. Toutefois cet 
^Indicateurs n'indique pas les prix de passage. 

A Zara, l'éditeur S. ArtaJe fait paraître à chaque trimestre son 
„Frontuario dél movimento di tutte le corse postait di mare e di 
ten'a: da e per Zara". Les heures d'arrivée et de départ des 
bateaux à vapeur y sont mentionnées avec précision. 

Des publications du même genre se font à Spalato et à 
Raguse. Un itinéraire complet se trouve dans le vestibule de 
l'„Hôtel Impérial" à Raguse. D'ailleurs, on trouve dans chaque 



Remarques particiilières an sujet des „Gruides du voyageur" etc. 9 

bateau à vapeur un itinéraire complet où tous les endroits où 
le bateau aborde sont scrupuleusement mentionnés. 

Quiconque voudra s'orienter exactement pourra recourir 
aux différentes feuilles de la carte spéciale dressée par V„In- 
stitut géographique militaire" pour toute la monarchie d'Autriche- 
Hongrie. Les feuilles concernant la Dalmatie (à 1 couronne la 
pièce) se trouvent dans toutes les librairies de Trieste, de Pola, de. 
Fiume, de Zara et de Spalato. Elles sont marquées du nord au 
sud (latitude géographique), par des chiffi-es romains, et de 
l'ouest à l'est par des chiffres arabes. • 

* 

Une côte méditerranéenne, telle que celle de la Dalmatie 
dont la perspective embrasse d'un côté la mer et la haute 
montagne, de l'autre côté, des villes, des ruines, des scènes 
d'une végétation variée, ofïre des tous les côtés aux peintres et 
aux photographes un riche champ à exploiter. Aussi, à V „Hôtel 
des Artistes viennois" (Wiener Ktinstlerhaus), de même que dans 
les „Expositions d'amateurs" du „Club des Touristes d'Autriche", 
le visiteur pourra voir, presque toujours, des séries plus ou 
moins complètes de reproductions de sujets dalmates. Les voya- 
geurs aiment d'autant plus à emporter en souvenirs de pareils 
albums, qui ont succédé, à la satisfaction du public, aux 
„Panoramas des côtes de VIstrie et de la Dalmatie" publiés autre- 
fois par la „Société du Lloyd autrichien" qu'au lieu d'être repro- 
duits en noir, comme les photographies dues à M, Béer de 
Klagenfurt, ils sont polychromes. Les „photographies multico- 
lores", exécutées récemment par la maison de librairie univer- 
sellement connue: „Thotogldbt" de Zuric, et comprenant une 
riche collection d'excellentes reproductions de scènes de Dal- 
matie, méritent à ce point de vue d'être signalées aux voya- 
geurs. Tous les croquis sont si bien réussis que celui-là même 
qui n'aura pas vu de ses propres yeux les objets qu'ils repré- 
sentent, éprouvera un vif plaisir à les contempler. Les repro- 
ductions du „Photoglohe" se vendent dans les librairies de Zara, 
de Eaguse et de Spalato au prix de 1 couronne 20 heller la 

pièce. 

* 

Dans le prix des billets qu'on prend au bureau de l'agence 
des compagnies avant l'embarquement, la cabine et la nourri- 
ture ne sont pas comprises. D'ailleurs la compagnie concède 



10 Renseignements pratiques pour le voyageur. 

70 kilogrammes de bagages au voyageur de première, 60 kilo- 
grammes au voyageur de seconde classe. Les enfants entre 
deux et dix ans ne paient que demi-place et, s'il y a deux 
enfants, le billet entier pour les deux donne droit à un lit. 
Les enfants au-dessous de deux ans ne paient pas de passage. 



Depuis Tannée dernière, le Lloyd, TUngaro-Croata, la 
Eagusea et S. Topic & Cie se sont entendus pour dé- 
livrer d^s billets circulaires de première classe donnant droit 
au passage de Trieste ou de Fiume jusqu'à Cattaro à bord 
des navires de ces quatre compagnies, et à un séjour gratis de 
deux jours à l'„Hôtel Impérial'^ de Raguse. Les billets sont 
délivrés an prix modique de 90 couronnes. 



La pension à bord est surtout avantageuse pour les passa- 
gers faisant une longue traversée, et particulièrement pour ceux 
qui s'embarquent sur les bateaux à vapeur express. 

Les bateaux du Lloyd et de l'Ungaro-Croata sont renommés 
pour leur excellente nourriture et la modicité des prix. 

Toutefois nous conseillons à ceux qui craignent le mal de 
mer de s'abstenir, quelques jours avant l'embarquement, de 
fruits, de glaces et, enfin, de tout ce qui pourrait déranger 
l'estomac. 

En général l'air de la mer, par sa pureté et ses éléments 
légèrement salins, aiguise l'appétit. Là, il n'y a rien à crain- 
dre de la poussière ni des miasmes ou des bacilles. Les organes 
respiratoires peuvent fonctionner librement, et le calme profond 
de la mer est de nature à refaire les nerfs le plus violemment 
atteints par la souffrance et la maladie. 

* 

Une charmante distraction qui s'offre au voyageur désireux 
de jouir des beautés de la mer, c'est la promenade en barque. 
Souvent les bateaux ne desservent pas les côtes ou les îles 
qu'on voudrait visiter ; en ce cas, et pour les petites courses de 
Raguse à Lacroma, à Gravosa, à l'Ombla ou aux Boccbe di Cattaro, 
le voyageur aura recours à une barque où il sera sûr de 
faire une promenade des plus agréables. Toutefois nous lui 
recommandons de s'entendre d'avance avec le batelier, qu'il 
y ait ou non des tarifs comme à Raguse. Pendant les belles 



Remarques particulières au sujet des ^Guides du voyageur" etc. 11 

journées d'hiver, les promenades en barque sont d'un grand agré- 
ment pourvu qu'elles se fassent durant les heures les plus 
chaudes de la journée. 

Généralement on emploie les premières heures de la ma- 
tinée à visiter les musées et à se promener en ville. Le soir 
on aime à fréquenter le „corso" qui, comme en Italie, est la 
promenade du monde élégant. 

Quelquefois il arrive dans la saison chaude, c'est-à-dire 
de la mi-juin jusqu'à la fin de septembre, que les dernières 
heures de la matinée paraissent plus étouffantes que les 
heures de l'après-midi, où ordinairement souffle une brise ra- 
fraîchissante. Nous conseillons donc au voyageur qui passera 
la saison des bains en Dalmatie, de prendre son bain vers la 
fin de la matinée et de faire la sieste après le repas. Le pro- 
meneur est libre de choisir une petite place bien ombragée 
pour s'étendre mollement sur la mousse, en écoutant le doux 
clapotement des vagues, et en contemplant le bleu azuré de la 
mer et du ciel. 

Ce conseil ne s'adresse qu'aux voyageurs qui feront un plus 
long séjour aux bords de l'Adria, car il nous paraît naturel 
que le voyageur pressé emploie plutôt son temps à visiter les 
musées etc. Dans la saison chaude, les promenades en barque 
peuvent se faire à toute heure du jour; nous engageons le 
voyageur à se servir de petits bateaux, de préférence aux 
voitures, pour toute course qui peut se faire des deux ma- 
nières ; le soleil dardant en plein sur les routes poussiéreuses y 
produit une chaleur étouffante et un air détestable, qui peuvent 
vous gâter la promenade même la plus pittoresque. 



Tout voyageur venant en Dalmatie doit se munir à la fois 
de vêtements chauds et légers. Même si la journée est d'une 
chaleur accablante, il faudra, été ou hiver, se pourvoir d'un 
costume propre à préserver des intempéries fréquentes; après 
le coucher du soleil, le temps tourne toujours au frais; c'est le 
moment où l'on se refroidit le plus si l'on n'est pas prévenu. 
En général, il faut se munir de tout ce dont on aurait besoin 
pour une excursion dans les montagnes, à l'exception des cordes, 
qui seraient superflues. 



12 Renseignements pratiques pour le vo^'ageur. 

Quant aux lettres de recommandation et aux passeports, ils 
ne sont de rigueur qu'au cas que le voyageur désire faire 
des études spéciales ou être admis dans la bonne société 
dalmate. 

Les habitants de la Dalmatie sont en général slaves 
(croates et serbes). Toutefois on parle italien dans toutes les 
villes fréquentées par les voyageurs; on parle français et 
allemand dans tous les hôtels et cafés. Pourtant, pour faciliter 
les rapports avec le peuple, nous engageons le voyageur à se 
familiariser avec quelques mots slaves. L'étranger peut faire, 
à l'heure qu'il est, en toute sécurité des courses dans les mon- 
tagnes du Monténégro et dans la KrivoSije, du Vélebit jusqu'à 
l'Orjen et au Lovien ; la seule précaution à prendre est d'engager 
un guide sûr et recommandé par des gens compétents. 



L'étranger faisant des courses à l'intérieur du pays pré- 
férera naturellement une voiture de louage à la diligence presque 
.toujours au complet et qui ne peut s'arrêter à tous les endroits 
qui intéressent le voyageur. Toutefois il est bon de s'entendre 
préalablement sur le prix lorsqu'il s'agit d'une voiture de 
louage (voir: l'excursion Eagusa — Trebinje, Cattaro etc.) 

* 

La Dalmatie ne tardera pas à posséder plusieurs hôtels de 
premier ordre. A Raguse, l'„Hôtel Impérial", ouvert depuis 
quelques années, est fort recherché des voyageurs. Bientôt 
Cattaro, Castelnuovo et Spalato offriront, à leur tour, des 
hôtels spacieux aux touristes 

On conçoit que, si l'étranger pénètre dans de petites lo- 
calités peu fréquentées, il n'y trouve que de simples auberges. 
Nous engageons donc tout le monde à choisir une grande 
ville, comme Zara, Spalato etc., pour point de départ et comme 

centre d'excursions. 

* 

Nous croyons donner un renseignement précieux au voya- 
geur en lui faisant savoir que la monnaie autrichienne (la 
couronne = Y^ florin = 1 franc 05 c. se divise en 100 heïïer) a cours 
non seulement en Dalmatie, mais aussi en Bosnie, dans l'Herzé- 
govine et dans le Monténégro. 



Hemarques particulières au sujet des „Guides du voyageur" etc. 13 

En général, la vie en Dalmatie n'est pas chère et les 
voyageurs s'accordent à dire que les prix des hôtels, de la 
nourriture, des voitures, des barques etc. sont fort modiques. 

La Dalmatie peut vanter, à juste titre, son excellent vin, 
qui, dès à présent, jouit d'une grande réputation. A Zara, à 
Spalato, à Baguse et à Cattaro, on peut se procurer de la 
bonne bière. 

La mer est fort riche en poissons, langoustes et autres 
crustacés. Les fruits, particulièrement les oranges, sont fort 
estimés. Parmi les légumes les plus recherchés, signalons les 
asperges sauvages, les „broccoli" (choux de Bruxelles) etc. 







III. Aperçu général de la Dalmatie. 



Situation et superficie. 

La Dalmatie est la province la plus méridionale de la 
monarchie Austro-Hongroise et s'étend du nord au sud sur un 
espace de 2° 47' de latitude nord, et de l'ouest à Test par 
4° 33' de longitude est de l'île de Ferro. 

Le point le plus se])tentrional est la Punta Kusaca de l'île 
Grégoire (44** 33') située devant la grande île d'Arbe. La lati- 
tude de ce point se trouve être entre celles de Milan et de 
Bologne. Quant au point le plus méridional, il est situé sur 
la rive droite de la Zéljeznica, à la frontière entre Spizza et le 
Monténégro, y^" plus au nord que Rome. 

Le ])oint le plus occidental est le scoglio Grujica, sous 44° 25' 
de latitude nord et 32° 14' de longitude est de Ferro, situation 
équivalant à peu près à celle de Prague. Quant au point le plus 
oriental, il i)eut être fixé au groupe de maisons Bankovié à 
Spizza (42° 7'/,' de latitude nord), par 30° 47' de longitude à 
l'est de Tîle de Ferro, c'est-à-dire 1/5° plus à l'est que Budapest. 

La plus grande extension de la Dalmatie est, du nord-ouest 
au sud-est, de 4G0 kilomètres entre l'île Grégoire et Spizza, sut 
terre ferme de 380 kilomètres, du Debeli Ivuk jusqu'à Spizza. 
De toutes les lignes perpendiculaires dans cette direction, la 
plus étendue est celle qui va du canal Zirona (à l'ouest de Traù) 
au Janski Vrh dans les Alpes Dinariques. La largeur du pays 
est de 65 kilomètres. 

D'après la ,,Revue Mensuelle de statistique", la superficie 
du paj's est de 12.841*41 kilomètres carrés (soit 4*28Vo de la super- 
ficie de la monarchie entière). 10.358 kilomètres en constituent la 
terre ferme, 2387 kilomètres se répartissent sur les îles, dont les 
plus grandes seules s'élèvent au nombre de 50. Quant aux plus 
petites, leur nombre peut s'élever, selon Pline, à plus de 1000. 



Carte Se la Diiîiii*«e. 



Dlviaion du imys et ctmfigm 





■AjgïjOT, 






Division du pays et configtiration du sol. 15 

■ • * • ■ 

Division du paya et configuration du sol. 

La Dalmatie est un long littoral et qui se rétrécit vers le 
sud- ouest. On la divise en trois régions principales: 

La Dalmatie septentrionale (la Liburnie de l'antiquité); 

la Dalmatie moyenne (entre la Krka et la Narenta); 

la Dalmatie méridionale (comprenant le territoire de l'ancienne 
république de Eaguse et des Bocche di Cattaro). 

La Dalmatie septentrionale» 

Elle est bornée, sur le continent, par la haute chaîne du 
Vélebit prenant sa direction vers le sud et séparant, vers sa 
partie méridionale, la Croatie de la Dalmatie dans une direction 
est-sud-est. La frontière se trouvant être près de la crête, les 
hautes cimes" appartiennent au territoire croate (Sveto Brdo ou 
mont Sacré 1753 mètres, Vaganski Vrh 1758 mètres). Au pied des 
montagnes coule la Zrmanja qui se jette dans la mer de Novi- 
grad. Au sud de cette rivière s'étendent, du nord-ouest au sud- 
est, une suite de montagnes diminuant de hauteur à mesure 
qu'elles se rapprochent de la mer de même que le reste des 
plateaux qui les entrecoupent. 

La Krka^ célèbre par ses cataractes et par ses rives escar- 
pées, forme la frontière de ces districts qui portent divers noms 
locaux. 

La Dalmatie moyenne. 

Une des sources de la Krka, la Budisnjica, sépare le Véle- 
bit des Alpes Dinariques qui forment au sud-est la frontière 
entre la Dalmatie et la Bosnie. La Dinara (1831 mètres) en est 
la cime la plus haute sur le territoire dalmate, sa partie 
occidentale se présente comme une magnifique muraille de 
rochers à pic. On divise la région qui se trouve entre la côte 
et les Alpes Dinariques en trois parties : 

a) La partie septentrionale traversée à l'est par la Cetina 
et à l'ouest par la Ôikola. Entre les deux rivières s'élève, à la 
hauteur de 1509 mètres, la chaîne de Svilaja. 

A l'est de la Krka se trouve la Fromina (1148 mètres), 
riche en lignite, descendant vers l'est jusqu'aux bas-fonds 
intéressants de Kosovo et de Petrovo Polje. Les mon- 
tagnes au sud de la Ôikola se terminent par le Mont Tartaro 
près de Sebenico (496 mètres). 



16 Aperçu général de la Dalmatie. 

b) La partie centrale de la Dalmatie moyenne s'étend de 
la ligne Sebentco — Sitij à la Cetina inférieure. Le Kozjak près de 
Spalato (780 mètres), ainsi que le Mosar, qui se dressent dans ce 
territoire, sont séparés par le célèbre défilé de Glissa dont la 
forteresse du même nom mérite d'être signalée. Le ^^Polje^ de 
Sinj est une vaste plaine. 

c) Dans la partie méridionale de la Dalmatie moyenne, le 
territoire se rétrécit. Située entre la Narenta et la Cetina, 
cette partie est occupée à l'ouest par la chaîne du Biokovo 
dont la cime la plus élevée est le Soeti Juro (1762 mètres), d'où 
l'on jouit d'une vue très étendue. 

La Dalmatie méridionale. 

L'embouchure de la Narenta forme une excellente ligne de 
démarcation entre la Dalmatie moyenne et la Dalmatie méri- 
dionale. Elle est de même considérée avec raison, au point de 
vue historique, comme la frontière de ces deux régions. En effet, 
au sud de l'embouchure de la Narenta se trouvent deux enclaves 
faisant partie de l'Herzégovine et s'étendant jusqu'à la mer. 
La république de Raguse, au temps de la domination turque, 
s'était plu à les maintenir, se souciant peu de posséder un 
territoire limitrophe de l'ambitieuse Venise. La Dalmatie mé- 
ridionale se divise en deux régions: 

a) La partie septentrionale ou l'étroite pente des montagnes 
herzégoviniennes à l'ouest de la rivière Trebisnjica, répondant 
à l'ancien territoire de la république de Raguse. 

b) Lia région montagneuse de la Krioosije et des Bocche di 
Cattaro où se dresse la plus haute montagne de la Dalmatie, 
VOrjen (1895 mètres), formant la frontière entre la Dalmatie, 
l'Herzégovine et le Monténégro. 

Ooup d'ceil géologique. 

Tous les territoires au nord et à l'est de l'Adriatique appar- 
tiennent, selon le géographe Supan, au Karst qui s'étend depuis 
la Carniole jusqu'au sud de la Dalmatie. 

D'une largeur de 180 kilomètres, les chaînes forment un 
système de plis calcaires de l'époque mésozoïque, où se trouvent, 
en des gisements plus ou moins larges, des strates éocènes 
sablonneuses et mollement marneuses. Les rochers nus et man- 



Coup d'œil géologique. 17 

quant de toute végétation ne se trouvent que dans la chaîne 
calcaire, mais celle-ci dominant toute la région porte ce carac- 
tère particulier. Les chaînes appartiennent à la formation géo- 
logique de la craie, et spécialement à la „craie supérieure", qui 
est caractérisée par les hippurites (rudistes), c'est-à-dire par une 
espèce déjà éteinte de coquillages dont les restes pétrifiés composent 
des montagnes puissantes dans tous les pays de la Méditerranée. 

La vallée qui, accompagnant la Cetina, s'élargit à Sinj, 
divise la chaîne de montagnes de l'intérieur du pays en deux 
parties: 1. Celle qui forme la frontière; 2. celle de Svilaja. 
Parallèlement à cette chaîne s'étend celle du littoral, renfermant 
avec la Svilaja la „grande dépression du Flysch de la Dalmatie 
septentrionale" . 

Cette zone est peu développée; toutefois, au point de vue 
orographique, on la reconnaît distinctement par une dépression 
de terrain servant de lit au lac périodique de Jezero. 

Les îles dalmates, en partie détachées de la terre ferme, sont 
formées de plis calcaires de la craie, de vallons éocènes parfois 
sous-marins. La cohésion ancienne des îles avec la terre ferme est 
prouvée par les ossements antédiluviens de rhinocéros, de chevaux 
et de cerfs qu'on rencontre dans l'île de Lésina, vu qu'une 
faune aussi riche ne saurait se développer que dans de vastes 
régions. Dans les îles de Giuppana, de Curzola et dans la pres- 
qu'île de Sabbioncello, on trouve des chacals. Les géologues attri- 
buent ce détachement à l'abaissement graduel des chaînes de mon- 
tagnes calcaires vers l'Adriatique lequel a aussi formé les anses 
et criques de Sabbioncello, de Gravosa et surtout des Bocche di 
Cattaro, ayant toutes le caractère de fjords. Ce qui caractérise par- 
ticulièrement tout le Karst, c'est la formation incomplète des 
vallées. Au lieu de vallons où les eaux couleraient depuis 
leur source jusqu'à leur embouchure, il se forme des bassins 
oblongs ou ronds fermés comme par des écluses. Un phénomène 
caractéristique du Karst dalmate, c'est le grand nombre de 
cavernes et de grottes qu'on trouve sur les côtes escarpées 
{Magtius BeU-Grotte ou Spila Betina près de Kaguse, la Grotte 
bleue de Bim, les grottes de Meîeda, de Lagosta, la Strasna Pec 
dans l'Isola Lunga etc). Citons encore, dans l'intérieur du pays, 
les grottes de Vrlika, celles qui se trouvent aux sources de la 
Cetina^ celle de la Krka^ la grotte d''Esculape (Sipun) près de 
Eagusavecchia. 

La Dalmatie. '^ 



18 Aperçu général de la Palmatie. 

Mer, lace, rivières. 

La Dalmatie est baignée par TAdriatique sur une étendue 
de 380 kilomètres. Toutefois, si Ton prend en considération ses 
nombreuses baies et presqu'îles, son littoral peut être évalué 
à environ 560 kilomètres. La mer qui, dans l'intérieur du golfe 
de Trieste, n'atteint que près de Parenzo la profondeur de 
37 mètres, et dans le Quarnero (Fiume) près de 60 mètres, est 
déjà profonde de 100 mètres entre les îles de Cherso et d'Arbe, 
et de 214 mètres au sud-ouest de l'île de Zuri (Ëirje), éloignée de 
40 kilomètres de la terre ferme. Au sud de Lagosta, à l'ouest 
de Baguse, la mer présente quelquefois la profondeur de 100 à 
150 mètres ; dans les Bocche di Cattaro, elle n'est que de 50 mètres 
vers l'embouchure; à l'ouest de la punta d'Ostro, elle atteint 
100 mètres. La profondeur du bassin septentrional de l'Adriatique 
(depuis Trieste jusqu'à la presqu'île italienne de Gargano, aux 
îles de Pelagosa, de Cazza et Curzola) ne dépasse nulle part le 
chiffre de 240 mètres; par contre, au sud-est de cette ligne, le 
terrain sousmarin va baissant de telle façon qu'à mi-chemin de 
Cattaro à Brindisi, la profondeur est de 1590 mètres, la plus 
considérable de toute l'Adriatique. 

Le flux et le reflux sont cependant peu marqués près de 
Raguse, le courant côtier est d'environ une demi-lieue marine 
par heure, et d'une lieue dans le canal de Maltempo. 

Le plus grand lac de la Dalmatie, le lac Vrana près de Zara, 
a une superficie de 28 kilomètres carrés. Pendant l'hiver ses eaux 
saumâtres inondent la plaine marécageuse de Vranjsko Blato 
(Païude di Vrana) et elles couvrent même en été une grande surface 
de terres tandis que les autres lacs du pays, à l'exception des 
lacs fluviaux de la Krka, sont, à cette époque de l'année, secs 
ou réduits à des marais insignifiants. 

Le Jezero-Blato près d'Imoski, ainsi que le lago di Baëina 
(Baôinsko Jezero), au nord de l'embouchure de la Narenta, ne 
sont jamais à sec. Parmi les lacs périodiquement secs, citons 
le Nadinsko Blato (entre Zara et Benkovac), le Rastok près de 
Vrgorac, le Matica Jezero dans le Karst, le Vélo Blato dans 
l'île de Pago, le Lago di Meleda dans l'île de Meleda. 

* 



Mer, lacs, rivières. 19 

La plus grande partie de la côte dalmate est sillonnée de 
sources sous-marines qui forment ensuite des rivières. La plus 
remarquable est l'Ombla, dont l'œil ne peut pas suivre le cours 
à travers les terres et^ qu'on pourrait considérer comme un 
canal d'eau saumâtre. Dans son cours inférieur l'eau est salée. 

Certains cours d'eau jaillissent de dessous un rocher, dans une 
grotte, 011 à l'extrémité supérieure d'un polje, pour continuer 
leur cours sur la surface de la terre, comme la Cetina ou bien comme 
la plupart des rivières de polje (la Matica) et disparaissent à 
l'autre extrémité du dit polje sous de nouveaux rochers pour re- 
prendre leur cours souterrain. 

Quatre fleuves coulant sur la surface de la terre attirent 
notre attention. La Zrmanja, anciennement Tedanus, prenant sa 
source dans la contrée croate de Lika sur les confins du Véle- 
bit, coule d'abord vers le sud, ensuite vers l'ouest, et se jette 
dans la mer de Novigrad. Dans son cours supérieur, elle est, 
A l'instar de l'Ombla, à demi rivière et à demi canal maritime. 

La Krka, marquant dans les temps anciens, sous le nom de 
„Titius", la frontière entre la Liburnie et la Dalmatie, prend 
sa source à l'est de Knin près de Topolje. Elle jaillit d'une 
caverne aux pieds du mont KrSevac, mais en hiver se déverse, par- 
dessus les rochers, qui la dominent le torrent de Krki(5 qui prend 
sa source au pied de la Dinara. La Krka reçoit ensuite, sur la 
rive gauche, la Kosovôica, puis, au-dessous de Knin sur la 
rive droite, les ruisseaux de Budiânjica et de Radiljevica qui 
naissent entre le Vélebit et la Dinara. Plus loin le fleuve va 
former deux petits lacs fluviaux, puis deux cataractes et, avant 
d'arriver à Scardona, une série de grands lacs fluviaux. La Krka 
reçoit encore la Cikola et, depuis Scardona où elle devient une 
•espèce de canal maritime, elle est navigable. 

La Ceihia, anciennement Tilurus, est la plus longue rivière 
de la Dalmatie. Elle prend sa source dans les Alpes Dinariques et 
sort de plusieurs trous fort petits mais très profonds, remplis 
d'eau. La Cetina coule d'abord vers le sud-est, ensuite vers le 
sud et décrit une courbe aiguë autour des montagnes Mosor et 
Poljica, puis se précipite après un cours de 98 kilomètres fort 
pittoresque, dans un gouflre de 100 mètres; ensuite elle se jette 
dans le canal délia Brazza. 

La Narenta (le Naro antique), prenant sa source dans le 
Viljak sur le territoire de âuljaga à la frontière bosniaco-herzé- 



20 Aperçu général de la Dalmatie. 

govinienne, ne pénètre dans la Dalmatie qu'après un cours de 
30 kilomètres. Autrefois son delta était très marécageux, mais 
aujourd'hui la rivière a un lit très régulier. Jusqu'à Metkovic, 
d'où part le chemin de fer de Mostar, elle est navigable pour 
des vaisseaux du port de 800 tonneaux. La Narenta est 
poissonneuse, ses rives sont fertiles et fort riches en volatiles, 
d'innombrables légions de petits oiseaux les animent. 

Climat. 

La température de la Dalmatie est celle des pays baignés 
par la Méditerranée, dont les étés sont très secs, la pluie ne 
tombant ordinairement que dans les mois d'hiver; la 
saison estivale dure longtemps. A mesure qu'on se dirige 
vers le nord, les pluies deviennent plus fréquentes en 
toute saison, et à la frontière septentrionale du territoire de 
l'Adriatique, au pied du contrefort sud des Alpes, l'été est la 
saison des pluies. 

Le quantum des pluies est en général supérieur à celui 
de l'Europe centrale, particulièrement sur la côte orientale de 
l'Adriatique. 

Cette humidité provient probablement de ce qu'au nord 
comme au sud, des montagnes élevées se rapprochent de la mer 
et qu'elles provoquent la liquéfaction des vapeurs d'eau contenues 
dans les brises marines. 

Le quantum des pluies est modéré sur la côte, de 700 à 
1000 millimètres; par contre il augmente considérablement à 
mesure qu'on se rapproche des montagnes et proportionnellement 
à leur altitude. Toutefois ces grandes pluies sont en général de 
courte durée et font bientôt place à un magnifique temps esti- 
val de telle sorte qu'en ce qui concerne le nombre des jours 
sans nuages et ensoleillés, les côtes de l'Adriatique peuvent ré- 
clamer le premier rang dans les pays du soleil. Les observa- 
tions atmosphériques ont prouvé qu'il y a chaque année à Pola 
780 heures de soleil de plus qu'à Vienne. Cependant la Dalmatie 
méridionale a, en hiver, beaucoup plus de soleil que Pola. La 
sécheresse des étés sur la côte orientale de l'Adriatique est 
due à ce qu'à partir du mois de mai des mini ma baromé- 
triques se forment dans le nord de l'Afrique et dans l'Asie occi- 
dentale, cependant le maximum situé sur les Açores — un des 



Climat. 21 

^grands centres d'action de l'atmQsphère" — avance vers le 
nord. Il en résulte un régime des vents du nord-ouest et du 
nord qui dure jusqu'en septembre. Pendant cette époque, c'est 
le vent du nord-ouest ou vent du beau temps (maestro) qui 
règne et alterne de temps à autre avec le vent du nord et de l'est 
appelé „bora", ou borina quand il souffle plus faiblement. 

En hiver au contraire, beaucoup de dépressions atmosphé- 
riques passent l'Adriatique et excitent des changements de la 
direction du vent. Principalement, c'est à présent le scirocco 
qui souffle le long de la côte; ce vent du sud-est, humide, 
lourd, amenant des nuages gros de pluies, balaie la côte 
dans sa direction nord-ouest. Il ne se distingue que par le 
nom, par une plus grande humidité et par sa chaleur des vents 
du sud-est et du sud de l'Allemagne. 

La contre-partie du scirocco, c'est la bora occasionnée par 
des différences de température entre le bassin chaud de l'Adria- 
tique et les hautes régions de l'intérieur plus froides. En hi- 
ver, la bora souffle avec plus de fureur entre les territoires de 
Trieste, de Fiume et de Zengg. Elle ne se fait sentir en été 
que rarement, surtout quand des orages ont refroidi la tem- 
pérature. En hiver, alors que la bora fait rage, le ciel est 
couvert de nuages moutonneux dont le cours indique que le 
vent du sud souffle sur les hauteurs. Des observations scientifiques 
faites par le célèbre météorologue autrichien Hann, qui fait 
ressortir les avantages climatériques de la côte de l'Adriatique, 
il résulte qu'à partir de Lésina le climat hivernal rivalise 
avec celui de Naples. Pour constater combien grand est le 
contraste entre la Dalmatie méridionale et l'Europe centrale, 
il suffit de mentionner que les plantes (telles que le cerisier, 
le pêcher, le lilas) fleurissent à Lésina 52 jours plus tôt qu'à 
Vienne. 

A part quelques districts marécageux, le climat dalmate 
est remarquable par sa salubrité due non seulement à la pro- 
ximité de la mer, mais aussi à l'air pur des vastes régions 
peu peuplées du Karst. 

La statistique nous apprend que la moyenne de la mor- 
talité des années 1891 et 1895 a été inférieure, à Zara, à celle 
des villes importantes situées entre celle-ci et Vienne. 



22 Aperçu général de la Dalmatie. 

Ixa flore. 

La végétation de la Dalmatie est la même que celle des 
régions baignées par la Méditerranée; toutefois à mesure qu'on 
gravit les montagnes du Karst, cette flore fait place à celle de 
l'Europe centrale à laquelle se joint encore, dans les régions 
les plus élevées, la flore alpestre. Il y a cependant quelques 
espèces purement locales, comme la belle „centaurea ragusina". 
La flore de la Méditerranée se distingue par le fait qu'un 
grand nombre de plantes ont deux périodes de repos, l'une en 
hiver, l'autre au plus fort de l'été à l'époque de la sécheresse. 
Cependant en Dalmatie, particulièrement dans le sud, il y 
a, dès le mois de janvier, quelques plantes qui fleurissent 
jusqu'à la mi-février, époque où s'effectue un réveil général de 
la nature. 

Le repos hivernal est des plus courts, et le repos estival 
n'est pas absolu, attendu que les plantes à feuillage persistant 
conservent leurs feuilles et que les myrtes, de même que plu- 
sieurs labiées, fleurissent seulement en juillet. On trouve égale- 
ment sur le rivage de la mer et dans les vallées marécageuses 
l'œillet maritime, le vitex (gatilier) et d'autres plantes mari- 
times. Aussitôt les pluies d'automne passées, la végétation reprend 
une vie nouvelle, le smilax grimpant, l'arbousier et les 
plantes bulbeuses fleurissent et les plantes du printemps 
recommencent à bourgeonner. Les espèces caractéristiques 
d'arbres se réunissent en divers groupes dans lesquels le chêne 
vert tient la première place. Le „quercus ilex" (espèce de „ chêne") 
dont les feuilles restent vertes même en hiver, prime dans les 
taillis. Le lierre, le rosier grimpant et le chèvre-feuille entrelacés 
par la clématite y abondent. Le pin maritime (pinus maritima) 
forme de petits bois dans la presqu'île de Lapad ainsi que dans 
les îles de Lésina, Lissa, Curzola, Lagosta, Meleda, Calamotta 
et Lacroma. Les plantations récentes de cet arbre produisent 
un effet admirable par le vert tendre des feuilles qui rappelle 
celui des cèdres; dans les taillis plus anciens se trouvent des 
massifs de viornes (viburnum tinus), de genévriers, de romarins ; 
les bocages, connus dans l'île de Corse sous les noms de ,,Macchia", 
se composent principalement de erica arborescens, phillyrea, pis- 
tacia et paliurus. Dans les régions cultivées, on rencontre particu- 
lièrement des vignobles et des bosquets d'oliviers, il y a beaucoup 



La faune. 2B 

de figuiers, de pêchers, de cerisiers, de caroubiers et aussi de grena- 
diers aux fleurs rouges et aux fruits magnifiques mais sauvages, 
enfin, on y rencontre des dattiers, surtout à Lésina, à 
Arbe, à Lissa, à Sabbioncello et à Eaguse. A Spalato, à Can- 
nosa, dans les Bocche di Cattaro et à Raguse, on cultive les 
agrumes (orangers, citronniers) et toutes sortes de plantes exo- 
tiques. Sur le littoral, il y a nombre de plantes qui se ren- 
contrent dans l'Europe centrale comme le marronnier d'Inde et 
le robinier, le platane, le tilleul, le saule, le peuplier pyra- 
midal et, le long des routes et des chemins, des buissons de 
mûriers et d'églantiers où s'entrelacent les empélopoïdes. Dans 
les hautes régions du Karst et dans les montagnes élevées 
des Bocche di Cattaro, il y a des forêts de hêtres d'une grande 
étendue. 

La faune. 

La région du Karst, dont la limite à l'est est difficile à 
préciser, est, surtout en Dalmatie, riche en animaux de toute 
espèce. La Dalmatie se distingue par sa richesse en espèces 
caractéristiques ; elle est riche surtout en poissons et mollusques. 
Dans la vallée de la Narenta, on retrouve la faune des plaines 
hongroises; toutefois la côte appartient au domaine médi- 
terranéen. 

La faune terrestre. 

Les mammifères, à part le chacal, qu'on rencontre dans 
quelques îles (Curzola), sont le moins bien représentés. Les 
chamois du Vélebit et 22 espèces de chauves-souris sont assez 
remarquables. Par contre, le monde ailé est fort nombreux et 
singulièrement varié. La présence de l'aigle royal a été constatée 
dans les montagnes dalmates; le vautour à tête blanche (vul- 
tur fulvus), la crécerelle, le faucon voyageur (falco peregrinus) 
et l'émerillon vivent constamment dans le pays, et le faucon 
rouge a son nid dans les îles de Solta et de Bua. Quant aux 
oiseaux chanteurs, ils sont innombrables. 

Parmi les reptiles de la Dalmatie, Mojsisovich attire notre 
attention sur les couleuvres en remarquant que elaphis qua- 
terradiatus et zamenis Dahlii existent seulement en Dalmatie, 
que tachymenis vivax et coelopeltis lacertina se trouvent 
aussi en Istrie. La „vipera ammodytes'* ne hante que les 



24 Aperçu général de la Dulmatie. 

régions montagneuses de la Dalmatie. Enfin constatons Texistence 
du „protée des grottes" (proteus anguineus) qui, comme on le 
sait, a été découvert dans les eaux souterraines de la Carniole ; 
une forme de cette curieuse créature (hypochthon Carrarae) se 
rencontre à la source de Goru2ica, aux pieds de la Visoka près 
de Sinj. 

Parmi les poissons de rivière de la Dalmatie, méritent d'être 
signalées : la truite de la Narenta (salar obtusirostris), la barbe 
du Tibre (barbus plebeius), et l'anguille de rivière. D'ailleurs, 
les poissons d'eau douce ne sont pas en grand nombre, ce qui 
tient à ce que les rares fleuves du pays qui offrent un cours 
plus étendu sont en grande partie des canaux maritimes et 
possèdent plutôt une faune maritime. Quant aux animaux ar- 
ticulés, mentionnons le ver à soie et le moustique; l'hémiptère le 
plus important est le „phylloxera vastatrix". 

La faune maritime, 

Belativement à la faune maritime, Mojsisovics fait remarquer 
qu'on n'a observé que huit espèces de mammifères marins, entre 
autres le daujphin qui va en troupes, et le cachalot, qui n'a été vu 
qu'une fois, en 1853, près de Città Nuova, tandis qu'en 1885 
on en a rencontré un blessé à l'île de Lagosta. Quant aux 
espèces de poissons, l'Adriatique en est extrêmement riche. 
Tandis que la mer Baltique n'en compte que 108, la côte 
norvégienne 180 et les côtes anglaises 216, l'Adriatique en 
possède 300 espèces dont, il est vrai, on n'utilise que le plus 
petit nombre. 

L.a pêche. 

Dans les eaux dalmates, dit le professeur Koîombatovic, 
la pêche est faite par les indigènes et les Ghioggiotes. Ceux- 
là pèchent presque uniquement sur la côte tandis que les 
Ghioggiotes, avec leurs voiliers pittoresques, préfèrent voguer 
sur la haute mer. 

La pêche la plus importante est celle des sardines. Elle se 
fait d'avril en octobre par les nuits sombres, et l'on y procède de 
deux manières : ou bien avec le filet de sonde (vojge) sans appât 
et sans lumière^ ou bien avec de la lumière au moyen de la grande 
seine nommée „tratta d'estate". Gette dernière pêche, fort inté- 
ressante, se pratique de la manière suivante: le commandant 



La pêche. 25 

de place s'embarque dans un petit bateau de pêche; à l'avant 
brûle du bois résineux, tandis que l'équipage composé de 
15 hommes, et la seine longue de 100 mètres, se trouvent dans 
une chaloupe plus grande; le canot illuminé attire les poissons 
vers im endroit favorable à la pêche où la chaloupe vient les 
■cerner avec le filet et les enlève à bord. Presque toutes les 
sardines, les anchois, les maquereaux sont salés, entassés dans 
des barils en bois et exportés; ce n'est qu'à Lésina et à Lissa 
qu'on met les poissons en boîtes de fer blanc comme les sar- 
dines de Nantes. 

Les poissons sont petits dans les canaux peu profonds de la 
Narenta et de la Morlacca près de Castelvenier, de taille moyenne 
dans les canaux de Brazza, Solta, Lésina, très gros près de 
Ragusa vecchia, Meleda, Curzola, Lagosta, Lissa etc. La pêche 
du thon est assez importante et l'on y procède aussi de deux 
manières: dans le nord-ouest de la Dalmatie et dans le Quamero, 
on fait usage d'échelles dressées obliquement, appelées „tonnare" 
{en italien tonnOj) au sommet desquelles une vigie épie l'arri- 
vée des thons. Ailleurs, on emploie la seine à thon, appelée „pa- 
landara", manœuvre qui exige une plus grande dextérité. A bord 
d'une barque appelée „Leuto" se trouvent^ outre le filet d'une lon- 
gueur de 480 mètres, onze rameurs sous la direction du capi- 
taine qui observe les mouvements des thons. Des mouettes qui se 
jettent avidement sur les sardines et les anchois poursuivis 
par les thons annoncent l'approche de ces poissons. Aussitôt 
-quelques hommes sont débarqués, on leur passe l'un des deux 
bouts de la corde tandis que la barque continue sa route pour 
envelopper les thons ; les autres rameurs étant débarqués 
saisissent l'autre bout de la corde et tirent la „palandara" vers 
le rivage. 

Dans les bonnes années, on pêche un million de kilogrammes 
de thons que viennent acheter des marchands de Trieste et 
de Vienne. 

La palandara, et un autre filet pareil désigné sous le nom 
de „migavica", servent aussi à pêcher la bonite (palamis sarda), 
de la même famille que le thon, mais dont la chair est plus 
savoureuse. La pêche des thymalles est pratiquée à Sabbion- 
cello de la même manière que celle des thons; en outre 
les pêcheurs dalmates prennent dans leurs filets le barbeau, la 
brème, la raie, ainsi que des coquillages et divers céphalopodes. 



26 Aperça général de la Dalmatie. 

La „Société autrichienne de pisciculture" se propose parti- 
culièrement d'activer la pêche des huîtres en créant des 
bancs à huîtres. Les Crappanais (habitants du village de Crappano 
près de Sebenico) s'occupent de la fameuse pêche d'épongés. 
Depuis le mois de février jusqu'en octobre, 80 à 90 de leurs 
barques sillonnent la mer, et le profit qu'ils retirent de cette 
pêche s'élève à 20.000 florins. 

Les Chioggiotes pèchent avec de lourdes, seines et 70 bragozzi 
exercent ce métier, de novembre jusqu'en avril, sur la côte 
dalmate. 

Vers Pâques, la plupart des Chioggiotes retournent à Venise 
avec un bénéfice pouvant être évalué à 600 florins par filet, 
après avoir causé, parfois sans intention, certains préjudices à 
la pêche dalmate. 

Les mines. 

La Dalmatie possède, près de Siveric au pied du Monte 
Promina, une couche de lignite de 11 à 19 mètres exploitée depuis 
1835. („Société houillère austro-italienne de Turin".) Sous la 
couche de lignite se trouvent des dépôts de minerai de fer. On 
exploite, depuis 1887, le manganèse près de Castelnuovo et l'on 
utilise des dépôts de lignite près de Dubravic et do Velikaglava 
(district de Scardona). Il y a de l'asphalte dans l'île de Brazza^ 
du goudron à Sinj, et de la poix dans le district de Vrgorac^ 
où la maison viennoise Ludwig Kônig & Sohn vient d'acquérir 
de grandes exploitations d'asphalte. 

C'est de la carrière de Seghetto (près de Traù) qu'on extrait 
les meilleures pierres de construction. On trouve de même des 
pierres et du marbre à Curzola, à Lésina, à Brazza. Les ardoises 
viennent de Verbosca (Lésina). Il y a en outre des salines 
à Pago et à Arbe. 

Agriculture. 

L'agriculture a subi en Dalmatie de nombreuses trans- 
formations depuis l'époque vénitienne et est aujourd'hui l'objet 
de l'exploitation directe de paysans - propriétaires ruraux, 
par excellence dans le domaine des Sette Castelli (Sept Châteaux). 
La culture des céréales souffre beaucoup du manque de machines 
agricoles. La culture d'assolement est aussi défectueuse. 

Enfin les ensemencements ne sont pas possibles dans les 
„polje" inondés pendant l'hiver. On cultive surtout le froment, 



Cueillette du raisin et des olives. 27 

le maïs et Torge, et sur une échelle moindre, le millet, le 
seigle et l'avoine. Dans la Dalmatie septentrionale domine la 
culture de l'orge, et, dans la Dalmatie moyenne celle du maïs, 
qui manque presque complètement dans les îles du milieu et 
du sud. 

De tous les pays de l'Autriche, la Dalmatie est celui qui a 
le plus de vignobles et de pâturages, par contre le moins de 
prairies et de champs. La récolte des céréales ne suffisant pas 
aux besoins de la population, une importation considérable est 
nécessaire, quoique d'autres plantes alimentaires, telles que la 
pomme de terre etc., y suppléent en partie. Dans les derniers 
temps on a planté beaucoup de chrysanthèmes (pyrethrum cinerariae- 
folium) dont les fleurs sont employées à la fabrication de poudre 
insecticide et qui offrent un coup d'œil ravissant quand au mois 
de mai ils sont en fleur. L'Etat a aussi autorisé récemment, 
dans certains districts, la culture du tabac dont la semence vient 
de l'Herzégovine, et a établi en divers endroits de grands 
entrepôts. (En 1899, on a récolté 1,375.428 kilogrammes de 
feuilles). 

La plupart des fruits cultivés en Dalmatie, pêches, poires, 
etc., sont d'excellente qualité; toutefois l'on n'exporte que les 
amandes et les figues. Ces dernières viennent bien particulière- 
ment à Lésina. 

Les seuls légumes exportés sont les choux-fleurs. Les melons 
et les concombres, quoique cultivés sur une vaste échelle, se 
consomment dans le pays même. 

Cueillette du raisin et des olives. 

La viticulture de la Dalmatie qui avait été menacée vers 
le milieu du siècle par l'apparition d'une maladie de la vigne 
(oïdium) a pris un essor extraordinaire depuis que le phylloxéra 
a apparu en France et qu'on y a été obligé, pour préparer le 
bordeaux, de le couper avec des vins venus de l'étranger, en partie 
de Hongrie et surtout de Dalmatie. 

Le vin est encore aujourd'hui le principal article d'expor- 
tation de la Dalmatie et il est fort apprécié. Les crus les plus 
remarquables sont le muscatelle d'Almissa et de Makarska, le 
vin de Lissa, le Vugava de Brazza, le marasquin (vin) de Sebenico, 
le Grk de Curzola etc. 



28 Aperçu général de la Dalmatie. 

Le district le plus commercial de Spalato en est le centre 
d'exportation; puis viennent Brazza, Lissa, Curzola, Traù, 
Sebenico et Lésina. Le commerce des olives que produit la 
Dalmatie méridionale, occupe dans le trafic le second rang. 

Forêts. 

La Dalmatie ne saurait être considérée comme un pays riche 
en bois. A l'époque vénitienne on a déboisé toutes les campagnes, 
dénudé toutes les montagnes, ce qui explique que le pays soit cou- 
vert, dans sa plus grande partie, de pâturages. Ce procédé a telle- 
ment appauvri le pays, que les racines et les souches d'arbres 
doivent être employées comme combustibles; mais, depuis 1869, 
on a pris des mesures énergiques pour remédier à cet incon- 
vénient en faisant sur la côte des plantations de pins maritimes. 
Sur tout le littoral de la Dalmatie méridionale, on voit le chêne, 
(quercus pubescens) tandis que le frêne, le hêtre et d'autres arbres 
y sont moins nombreux. Des buissons de jujubiers rendent 
souvent dans ces taillis le passage diôicile. Dans les îles et sur 
les côtes de la Dalmatie méridionale, c'est l'yeuse {quercus ilex) 
qui l'emporte; puis on rencontre à Sabbioncello le „quercu8 
coccifera", qu'on voit aussi dans l'île de Brazza. Dans l'île de 
Meleda se trouve l'école forestière de Sta-Maria, où il y a de 
grandes pépinières de pins dont on peut manger les fruits. Il 
est bon de mentionner comme singularité forestière le petit 
bois de cyprès dans la presqu'île de Sabbioncello. 

Élevage des bestiaux. 

En Dalmatie l'élevage des bestiaux laisse à désirer; cepen- 
dant le „Conseil agricole" ayant réduit le nombre des chèvres 
a commencé à améliorer la race ovine en introduisant des 
brebis bosniaques. Les bœufs sont d'une petite race, servant 
plutôt aux travaux champêtres qu'à l'alimentation. Ce n'est 
que dans le voisinage des villes que le commerce du lait est 
actif. Les chevaux sont de petite taille, mais rendent de réels 
services quand ils sont bien nourris. 

La navigation. 

D'après l'„Annuario marittimo" paru en 1898, la Dalmatie 
avait, en 1896, 7267 voiliers de diverse grandeur, jaugeant 
30.580 tonneaux et ayant 18.249 hommes d'équipage, ainsi que 



Industrie, Commerce. 29 

30 bateaux à vapeur jaugeant 6214 tonneaux et ayant 247 hommes 
d'équipage. 

En 1896, le mouvement dans les 66 ports a été de: 
Entrées: 45.031 navires jaugeant 6,198.301 tonneaux, 
Sorties: 44.942 „ „ 6,195.754 „ 

La Dalmatie a trois lignes de communication régulière 
avec l'étranger: l'une avec la Grèce par l'Albanie et Corfou 
(„Lloyd"); la seconde entre Zara et Ancône („Navigazione générale 
italiana"); enfin entre Raguse et Bari celle de la „Ragusea". 

Industrie. 

L'industrie en Dalmatie, qui n'est guère qu'en voie de se 
former, s'étend principalement aux branches qui sont en rapport 
immédiat avec l'agriculture, la pêche et la navigation. 

Citons la fabrication du marasquin à Zara: cettç liqueur 
savoureuse jouit d'une renommée universelle. On en distille à 
Spalato en vue de l'exportation tandis que Sebenico, Traù, 
Lésina travaillent pour la consommation du pays. Le maras- 
quin se fabrique avec une espèce particulière de cerises 
(griottes) provenant de Spalato et d'Almissa. Quand on a dé- 
barrassé les cerises des noyaux, on les fait fermenter plusieurs 
jours en y ajoutant plus tard les baies de l'arbre de marasquin 
et du vin. Après la distillation on adoucit la liqueur avec du 
sucre et on la filtre soigneusement à travers du coton. Les 
branches du romarin servent à faire l'essence de romariD. 

Commerce. 

Le principal article de commerce de la Dalmatie, c'est le vin 
dont les excellentes qualités sont généralement appréciées. Les 
vins provenant de Sebenico, de âolta et de Brazza sont exportés 
principalement en Allemagne et en Hongrie, tandis que les vins 
de Curzola et de Lissa se consomment en Autriche. Le 
commerce du vin est très animé sur la côte; les „trabaccoli" 
(voiliers à deux mâts) débitent aussi en détail le vin qu'ils 
transportent en gros. L'exportation de l'huile est très importante. 
Les figues, les raisins précoces s'expédient à Pola, à Trieste et 
à Vienne. Les châtaignes, les cerises et les melons de Spalato 
se vendent dans le pays même. 

La Dalmatie tire un grand profit du commerce des chry- 
santhèmes (voir „ragriculture", page 27) tandis que l'exportation 



80 Aperçu général de la Dalmatie. 

des feuilles de laurier est bien inférieure à ce trafic. Les bois 
provenant- des îles zaratiniennes, surtout d'Arbe, Curzola, Lé- 
sina, Lagosta et Meleda, s'expédient jusqu'à Venise. Les îles 
d'Arbe, de Pago, de Salve, d'Incoronata envoient d'excellents 
fromages à la terre ferme. 

L'intérieur de la Dalmatie fournit à l'Istrie et à Trieste 
environ 100.000 têtes de bétail. L'industrie des vers à soie est 
également assez importante. 

Etant donné la nécessité d'importer aujourd'hui en Dal- 
matie tous les produits de l'industrie ainsi que le bois de 
chauffage, les céréales, l'eau-de-vie etc., il en résulte que les 
petites villes mêmes ont un très grand nombre d'entrepôts. 
Outre ces entrepôts de villes, les marchés annuels ont une 
grande importance et méritent d'être visités à cause des divers 
costumes nationaux de l'intérieur et des îles. 

Quatre banques, deux caisses d'épargne, trois sociétés 
minières et agricoles servent à encourager le commerce et l'in- 
dustrie dalmates. 

Les routes. 

En outre de 55 kilomètres de routes fluviales navigables, la 
Dalmatie avait, en 1895, 2831 kilomètres de routes carrossables 
dont 1034 kilomètres de routes de l'Etat, et leur nombre s'est 
considérablement accru depuis lors. 

Les routes principales sont la „strada mediterranea", con- 
struite par les Français, qui traverse le pays dans toute sa 
longueur, et la „strada litorale", allant de Zara à Almissa, puis 
vient la route par le Vélebit terminée en 1831, qui forme le 
chemin le plus direct entre Zara et Karlstadt. 

Depuis l'occupation de la Bosnie par l'Autriche, on a créé 
de nombreux embranchements de routes, qui partant de Metko- 
vic, Klek, Raguse, Eisano et Cattaro, conduisent dans les 
contrées voisines, telles que les routes de Eaguse — Castelnuovo — 
Cattaro, Cattaro — Cetinje etc. La route Spalato — Livno existait 
déjà, tandis que, justement avant l'occupation, on a ouvert la 
route militaire de 32 kilomètres (Rodicstrasse) Makarska — 
Vrgorac; en 1898, on a terminé la route conduisant dans la 
KrivoSije. 



Statistique de la population; sa répartition. 31 

Statistique de la population; ea répartition. 

La population de la Dalmatie, y compris les îles, s'élevait 
en 1880 à 476.001 âmes, tandis qu'en 1890, on comptait 
527.426 habitants. 

En moyenne il y a 41 habitants par kilomètre carré, mais 
la densité de la population varie de 21 à 62 entre les pré- 
fectures de Benkovac et de Curzola, et des différences plus sen- 
sibles se manifestent dans les districts plus petits. 

En 1890, la Dalmatie comptait 13 préfectures et 33 arron- 
dissements judiciaires, 19 villes, 60 bourgades et 812 villages avec 
leurs dépendances. Le nombre des maisons était de 115.740 avec 
93.563 familles. 

Beltgton, 

En 1890, la population était composée de 439.687 catholiques, 
de 87.009 chrétiens orthodoxes serbes; les autres confessions 
n'y figuraient qu'au chiffre de 730; en tout 527.426 âmes. 

Les catholiques ressortissent à l'archevêché de Zara et 
aux cinq évêches de Sebenico, de Spalato-Makarska, Lésina, 
Haguse et Cattaro. Les orthodoxes ont des évêchés à Zara et 
k Cattaro. 

Nationalité, 

Au point de vue de la nationalité disons qu'on comptait, 
en 1890, 417.RRR nrnftf.ft« ftt. 80.110 Serbes, soit en tout 507.623 
ou 96 pour cent de la population totale, en outre 16.000 Italiens, 
2026 Allemands, 1412 Slaves, Tchéco-Moraves, 343 Slovènes et 
22 Polonais. 

Caractère physique de la population. f 

Du temps des Eomains les Dalmates étaient déjà regardés 
comme les meilleurs soldats; durant l'époque vénitienne la 
Dalmatie fournissait les meilleurs marins, et la garde du corps 
des doges s'y recrutait. Aujourd'hui encore, c'est une des races 
les mieux constituées, les plus grandes et les plus musculeuses 
de la monarchie. 

Dans sa „Historia Naturalis", Pline vantait déjà la longé- 
vité des Dalmates. 



32 Aperçu général de la Dalmatie. 

Constitution, administration etc. 

La constitution de la Dalmatie repose sur l'ordonnance 
nationale et sur l'ordonnance concernant les élections à la diète 
(26 février 1861). D'après cette dernière, la diète dalmate se 
compose de 43 députés et envoie 11 députés à la Chambre du 
parlement autrichien. La constitution communale date du 
30 juillet 1864. 

Le pouvoir suprême, tant civil que militaire, est confié au 
gouverneur qui réside à Zara. Outre les autorités du pays, il a 
13 préfets à sa disposition. 

Les armoiries du pays montrent trois léopards couronnés 
sur un champ d'azur. 

Postes et télégraphes. 

La Dalmatie possède 145 bureaux de poste dont 90 sont en 
communication avec des stations télégraphiques. 

Faits hlstoriguee. 

Epoques iUyrienne et grecque. 

Dans les temps les plus reculés, la Dalmatie était habitée 
par les lUyriens, que Moniinsen présente comme une race méri- 
dionale vigoureuse aux cheveux noirs et aux yeux bruns. Ces 
hommes étaient sobres, intrépides et fiers, mais réfractaires à la 
civilisation, et les Dalmates habitant la Dalmatie moyenne en 
étaient la souche. On y remarquait les tribus des Hylles (près 
de Zara), les Vardes (près de Raguse), les Pirustes (Cattaro), 
les Taulantiens (dans les environs du lac de Scutari). D'abord les 
Phéniciens et les Grecs s'établirent au milieu de ces peuplades 
l'an 390 avant J.-Chr., les Syracusains s'établirent à Lissa et en 
385 avant J.-Chr. dans l'ancienne Pharia où l'on voit encore 
aujourd'hui un ouvrage de cyclopes, la porte de Gradina, près 
de Gelsa. Plus tard se formèrent de nouvelles colonies insu- 
laires grecques (Meleda, Curzola, Brazza etc.) et des colons 
partis d'Issa fondèrent de nombreux établissements sur la côte. 
Les inscriptions et les monnaies grecques, conservées pour la 
plupart à Lésina et à Lissa, nous en fournissent la preuve in- 
contestable. 

Au IV' siècle avant J.-Chr., les Scordisges, peuple celte, 
partant des contrées baignées par la Save, cherchaient à pénétrer 
dans la Dalmatie. 



Faits historiques. 33 

En 300 avant J.-Chr. les Ardes (près de Eaguse), sous leur/ 
roi Berdylis, reconnurent l'autorité romaine et devinrent pirate^ 
sous Pleurât, attaquant même, sous Agron, son fils, Issa ou Lissa. 
Ils conquirent Issa sous leur fameuse reine Teuta, qui fit massacrer 
les envoyés romains. 

Guerres avec Bonie. 

Les Romains, lors de la guerre avec Annibal, se contentèrent 
d'abord de l'occupation d'Issa, mais lorsque les Dalmates s'allièrent 
à Persée, roi de Macédoine, ils furent vaincus par Aemilius Paulus 
(168 avant J.-Chr.) et l'Illyrie fut réduite en province romaine. 

Les Romains voulant civiliser cette nouvelle province eurent, 
de l'an 156 jusqu'en 33 avant J.-Ch., des luttes continuelles avec 
les Dalmates; enfin Auguste, ayant capturé leurs vaisseaux et 
battu leurs armées à Promina, les réduisit à l'obéissance. Toute- 
fois, avides d'indépendance, ils se soulevèrent encore une fois et 
l'an 6 de notre ère, Auguste se vit obligé d'envoyer ses meilleurs 
généraux contre les rebelles. Enfin, Tibère entrant triomphalement 
à Rome l'an 12, l'indépendance illyrienne disparut à jamais. 

La Dàlmatie province romaine. 

Sous Auguste l'Illyrie s'étendait depuis l'Istrie et la Save 
jusqu'au fleuve albanais Drina et comprenait aussi la Bosnie. 
Le légat impérial ou gouverneur conmiandait aussi les légions 
stationnées en Dàlmatie, mais elles en furent retirées l'an 60 
après J.-Chr. 

La Dàlmatie jouit d'une paix profonde sous les empereurs 
du II* siècle. Elle la devait au gouvernement romain et les 
souverains embellissaient Zara et Salone. Plus tard les soldats 
iliyriens s'illustrèrent par" leur courage; plusieurs d'entre eux, 
Claude, Aurélien, Septime, Probus etc., obtinrent la pourpre 
romaine, mais le plus célèbre d'entre eux fut Dioclétien. Avant 
ce prince, la Dàlmatie était déjà divisée en trois „con vents": 
Celui de Scardona (Dàlmatie septentrionale actuelle); celui de 
Salone (Dàlmatie moyenne); celui de Narona (Dàlmatie méri- 
dionale et Albanie septentrionale). 

Une fois par an le gouverneur réunissait les représentants 
du pays et décidait avec eux les afiaires importantes ; les chefs 
de toutes les administrations lui étaient soumis. Seule l'adminis- 

La Dàlmatie. 3 



34 Aperçu général de la Dalmatie. 

/ stration militaire fut confiée par Constance à un „magister mili- 

/ tium" spécial. Des marchands romains, s'étant établis dans diverses 

; cités, firent fleurir le commerce; on connaît aujourd'hui plus de 

! 600 localités qui ont été habitées par les Romains. Bientôt Jadera, 

i Salone, Burnum devinrent des villes fort importantes et l'archi- 

; tecture romaine y atteignit un haut degré de perfection. 

Le christianisme ne tarda pas à pénétrer en Dalmatie, 
comme l'atteste la „dalmatique" (vêtement sacerdotal), et l'art 
ancien s'étant inspiré de la religion chrétienne y créa des chefs- 
d'œuvre qui, selon le professeur Hauser, méritent d'être étudiés, 
car ils forment comme une espèce de transition entre l'art ancien 
et l'art néo-chrétien. 

La Dalmatie était fort riche en belles routes et en aqueducs 

! lors de la splendeur romaine. Le luxe n'y paraît pas avoir été 

chose rare, à en juger par les superbes objets que l'on trouve 

! encore aujourd'hui dans les musées dalmates. Quand, en 313, 

! Dioclétien mourut, les Goths faisaient leurs premières invasions, 

elles devinrent plus fréquentes vers 375; SRome allait s'aifai- 

blissant et les Huns commençaient leurs migrations. 

Epoque de la migration des peuples. 

Dans le partage que fit Théodose de l'empire, l'Illyrie échut 
à l'empire d'Occident. Protégée de tontes parts par ses hautes 
barrières, la Dalmatie fut plus indépendante que d'autres pro- 
vinces romaines et il arriva même qu'en 443 l'empereur d'Orient 
créa l'amiral romain Marcellin roi des Dalmates. 

Heureuse sous le gouvernement de Théodoric, roi des Ostro- 
goths, la Dalmatie succombe après une lutte de 20 ans à la 
puissance des Byzantins. Depuis lors elle fut gouvernée par 
l'exarque de Ravenne ou plutôt par son capitaine „Catapan", 
résidant à Salone. 

Le régime des exarques était généralement détesté: c'est que 
non seulement ils augmentaient les impôts, mais que leur justice 
était cruelle et que les Dalmates furent obligés par eux de s'en- 
rôler pour faire la guerre à Chosroès, roi des Perses (600 — 614). 
i^ Aussi lorsque les Slaves poussés par les Avares entrèrent, 

à la fin du VI* et au commencement du VII* siècle, en Dalmatie, 
la résistance des Dalmates était, pour ainsi dire, nulle. Peut- 
être les accueillirent-ils au premier moment comme des libérateurs 



Faits historiques. 35 

Nous savons qu'au VI" siècle le clergé jouissait d'un certain 
bien-être en Dalmatie, mais dès l'an 600 le pape Grégoire I" 
témoigne ses condoléances à l'archevêque Maxime de Salone au 
sujet des maux soufferts par l'Eglise lors de l'invasion des Slaves. 
Ceux-ci pillaient et ravageaient la Dalmatie; mais la frayeur 
de la population fut à son comble, lorsque les Avares, dont la 
cruauté était généralement connue, se présentèrent à leur tour. 
Selon Constantin Porphyrogénète, ce fut sous le règne du faible 
Héraclius, l'an 639, que Salone fut détruite. ; 

C'est à cette époque que remonte la destruction d'Epidaure 
(Ragusa-vecchia) et de Risinium (Risano). Toutefois, en 614, le 
pape Jean IV envoya un prêtre du nom de Jean en Istrie pour 
y racheter des prisonniers. 

Quélqties détails sur la patrie des Croates et sur leurs migrations. 

On croit maintenant que l'arrivée des Slaves, dans le 
VU" siècle, ne peut être considérée comme celle d'un nouveau 
peuple, mais comme la poussée en avant de tribus déjà établies 
dans le pays, quoique opprimées, et provoquant ainsi un élan 
national. 

De même que les Français ont gardé le caractère des 
Gaulois et les Allemands, celui des Germains, les types que l'on 
rencontre dans les presqu'îles de l'Europe méridionale sont 
presque identiques avec ceux des peuples primitifs de la même 
région. 

Nous disons „presque identiques", parce qu'à mesure qu'ils 
s'avançaient vers le nord, les Thraces et les Illyriens se con- 
fondaient avec les Sarmates (Slaves primitifs), à l'ouest avec 
l'élément italien, enfin, au sud et sur les côtes, avec les élé- 
ments grec, phénicien et oriental. 

Dans les temps primitifs, les Slaves et les Italiens se ■. j 
fusionnèrent en Dalmatie ; peut-être même les Illyriens du temps j ( 
romain étaient-ils d'origine demi-slave. Après la chute de l'empire 
romain, les habitants et les colons plus instruits et plus riches 
du littoral perdirent peu à peu la prédominance, et, sous la 
faible domination des Byzantins, immigraient de nouvelles 
hordes slaves: les Bjelo-Chorvates et les JBjelo-Serbes de la Po- 
logne. Dès ce moment, c'était la grande masse slave de la popu- 
lation qui décidait pour plusieurs siècles du sort du pays. 

a* 



i 



«^6 Aperçu général de la Dalmatie. 

\ 
t 

\ Le pouvoir suprême passait aux souverains croates et plus tard 
; à leurs successeurs, les rois de Hongrie, puis la domination 
\ hongroise fut remplacée par celle des Vénitiens, de même que 
' celle-ci a dû, de nos jours, céder à l'essor national de la po- 
pulation indigène slave. 

Les souverains nationaux. 

Après l'invasion des Avares de 630—649, et la nouvelle 
immigration susmentionnée des Croates et des Serbes, ce sont 
; seulement les côtes — le „Tliema Dalmata" dont Zara est devenue, 
; après Salone, la capitale — où la domination byzantine paraît 
j subsister; tout l'intérieur du pays au nord de la Narenta 
î s'appelle „ Croatie" et est gouverné par des „Zupans" ou „grands 
j Zupans" croates qui prirent plus tard le nom de rois. Les 
j peuples opprimés du temps des Romains s'étaient emparés du 
pouvoir, et il nous semble assez juste de considérer les rois 
croates comme les restaurateurs de l'ancienne royauté illyrienne. 
Nous reviendrons encore à l'époque des souverains croates 
en décrivant les ruines de leurs résidences (Nona, Bihac etc.) ; 
ou en mentionnant quelques faits de leur histoire (voir Zara 
vecchia, le vieux Biograd, Vrana etc.); pour l'aperçu suivant, 
il suffira de relever quelques rapports de l'histoire dalmate 
avec l'histoire universelle. 

Lorsque, sous Charlemagne, l'empire des Francs était le 
plus étendu, la Dalmatie s'offrit à se soumettre à ses lois, 
d'autant plus que le roi des Francs avait soumis les Croates 
dalmates. En 812, Charlemagne renonçait, en faveur de l'em- 
pereur byzantin Michel, à Venise et aux côtes de la Dalmatie, 
mais les ducs croates Borna et Ladislas et leur successeur 
Trpimir restaient sous la domination allemande. 

La Dalmatie méridionale et, avec elle, les Ragusains et les 
Narentins étaient indépendants et les Narentins s'adonnèrent telle- 
ment à la piraterie que l'empereur byzantin Basile se vit forcé de 
prendre les armes contre eux. 

Plus tard Byzance imposa sa domination aux Narentins et 
aux descendants de Trpimir en Croatie. Cependant leur dé- 
pendance ne se conserva que de nom et le duc Tomislav prit 
en 914 le titre de roi. Lors de la décadence des Byzantins, les 
doges de Venise Pierre Orseolo II et Othon Orseolo (991—1018) 



Faits historiques. 37 

obtinrent du roi Svetoslav le nord du littoral dalmate, tandis 
que Raguse conservait son indépendance. 

Pendant de longues années il y eut des guerres de religion 1 j 
entre les Slaves de la Dalmatie. Cependant la domination natio- ' I 
nale se maintenait encore à Nona sous les rois Etienne (f 1052), 
Pierre Kreâimir et Svinimir jusqu'à la mort de ce dernier, 
Tan 1084. 

Les villes favorables à la liturgie latine s'adressèrent au 
doge de Venise Vitale Falieri, qui prit le titre de duc de Dal- t 

matie, tandis que les autres Croates ayant à leur tête Lepa 
Helena, veuve du roi Svinimir, allèrent demander la protection de * 

Ladislas, roi de Hongrie, qui était le frère de la reine Helena. La 
domination magyare s'étendait, en 1113, de Zara jusqu'à Spalato ; 

Kaguse et Spalato restaient sous la protection byzantine. 

\ 

Epoque des guerres entre Venise et la Hongrie, et de la domination 

hongroise. 

Bientôt les Vénitiens cherchèrent à recouvrer ce qu'ils 
avaient perdu et il s'engagea entre eux et les Hongrois une 
lutte qui dura pendant tout le XII* siècle ; enfin le doge Enrico 
Dandolo réussit à détruire Zara de fond en comble. Eaguse 
même se soumit et fut obligée de reconnaître la suzeraineté de 
la république vénitienne jusqu'en 1318. Au XIII* siècle nous 
voyons la Dalmatie menacée par l'invasion des Mongols. 
A peine celle-ci eut-elle été refoulée que les hostilités entre 
Venise et la Hongrie recommencèrent. André III de Hongrie 
et Charles II de Naples continuèrent les disputes au sujet du 
trône de Hongrie; ce fut à cette époque que les fameux Subie, 
comtes de Bribir, jouaient un rôle important et parvenaient, 
après l'extinction des Arpads (1301), à faire accepter le trône 
de Hongrie à Charles d'Anjou. 

Néanmoins les côtes de la Dalmatie finirent par retomber au 
pouvoir de Venise tandis que les grands-seigneurs croates (Frangi- 
pani, Bribir etc.) se disaient indépendants de la Hongrie jusqu'à ce 
qu'ils rencontrèrent un adversaire dans la personne du fameux 
ban bosniaque Etienne Kotromanovic. Louis le Grand (1355 — 
1358) réunit la Dalmatie, depuis Zara jusqu'à Cattaro, sous le 
sceptre hongrois, mais après sa mort, les dissensions recommen- 
cèrent et l'un des partis, ayant élu Charles le Petit de Naples 
fit massacrer la veuve de Louis à Novigrad. 



38 Aperçu général de la Dalmatie. 

Pendant ce temps, le roi Tvrtko de Bosnie régnait en 
, Dalmatie, et, après sa mort, Sigismond de Hongrie ne put ré- 
sister aux efforts des Vénitiens en faveur desquels Ladislas, 
fils de Charles de Naples, avait renoncé à ses droits. De 
1413 à 1420, Venise s'emparait de tout le littoral dalmate à 
l'exception de celui de la Narenta et de Raguse; cette ville 
restée indépendante paya depuis 1467 un tribut aux Turcs. 

Époque vénitienne. 

En 1479, Venise fit la paix avec le sultan Mahmoud, et en 
1481 le fils d'Etienne, KosaÔa, lui céda Makarska et le territoire 
de la Narenta. Alors Venise força les villes dalmates à ne faire le 
commerce qu'avec les pays qu'elle leur désignait. Raguse, cessant 
<7 son commerce avec le Levant, se livra au trafic des côtes d'Italie 
^ et d'Espagne, tandis que les autres villes se bornaient à pratiquer 
la navigation» côtière et à veiller à la sécurité de leur pays 
infesté par les pirates turcs. Ceux-ci avaient leurs repaires en 
Albanie, et il n'était pas rare que les Sandschaks de Bosna et 
de Mostar se réunissent à eux, pour infester la Dalmatie et 
la Croatie. L'histoire célèbre l'héroïsme croate lors des batailles 
de Knin et de Glissa, 1522 et 1537. 

Cependant les Turcs finirent par rester vainqueurs et huit 
ans après leur premier siège de Vienne, Clissa tombait en leur 
pouvoir (1537) et il s'approchaient déjà des murs de Spalato. 
Venise combattait encore contre les Turcs, mais se vit obligée 
f ' de leur céder la Dalmatie. Un pacha, résidant à Clissa, gouvernait 
*^ ce nouveau Sandschacat; çà et là s'élevaient des mosquées qui, 
à l'exception de la ruine de Drniâ, sont toutes disparues de nos 
jours. Au XVII'' siècle enfin, les Dalmates commencèrent à se 
soulever contre la domination de l'islam et le pacha de Bosnie 
dut s'avancer vers Novigrad où il allait trouver un redoutable 
ennemi dans le général vénitien Foscolo. 

A la fin du XVII' siècle, l'Autriche brisa, grâce au célèbre 
prince Eugène de Savoie et après la défaite des Turcs au second 
siège de Vienne (1683), U puissance turque. 

De leur côté, les Vénitiens et, sous leurs ordres les Dalmates 
et Croates, opéraient de leur mieux. 

Par suite de la paix de Karlovitz, 1699, les Vénitiens j^urent 
agrandir leurs possessions en Dalmatie par ,, l'acquis to nuovo" 
, et la nouvelle frontière s'étendait de Knin jusqu'à Cattaro. 



Faits historiques. 39 

Les Turcs prirent encore une fois les armes, mais repoussés 
par Venise et par l'empereur, ils durent céder en Dalmatie de 
nouveaux territoires („ acquis to nuovissimo") formant la frontière 
définitive de la Dalmatie^ vénitienne qui resta telle jusqu'en 1797. 

La Dalmatie vénitienne embrassait, hors Raguse, toute la 
province actuelle. Malheureusement Venise, dont la gloire était 
à son déclin, n'avait plus la force d'opérer en ce pays, continuelle- 
ment déchiré par les guerres, un relèvement favorable à la 
civilisation. Enfin, au XVIII* siècle, lorsque tous les pays furent 
saisis de troubles et d'idées révolutionnaires dont la France 
était le berceau, ces courants pénétrèrent jusque dans cette 
petite province et occasionnèrent en Dalmatie des émeutes assez 
sérieuses (à Traù, Spalato, Sebenico). 

La première période autrichienne (1797—1805). 

Par le traité de Passarovitz, Venise, l'Istrie et la Dalmatie 
furent annexées à l'Autriche, et le 5 juillet 1797, le général 
Eukavina arrivait avec 4000 hommes à Zara où la prise de 
possession du pays jusqu'à la frontière de Raguse se fit sans 
aucune difficulté. 

De même dans les „Bocche", la prise de possession s'opéra 
assez vite, bien que Pierre I", métropolite du Monténégro, et 
le contre-amiral français Bruyères s'y opposassent. Au commence- 
ment d'octobre, le gouvernement autrichien y envoya le comte 
de Thun en qualité de gouverneur civil, pour imprimer un élan 
nouveau à la culture de la Dalmatie. L'Autriche était à peine 
entrée dans cette voie que le gouverneur rencontrait des mé- 
contents qui faisaient valoir les privilèges accordés autrefois par 
Venise, lorsque, en 1805, la paix de Presbourg céda la Dalmatie 
aux Français. 

Sous la domination française (1806—1814). 

Les Eusses combattant contre les Français s'étaient fixés 
dans les „Bocche" et Raguse souffrait de leurs escarmouches 
continuelles. Enfin, en juillet 1806, le général français Molitor 
eut le dessus et Napoléon I" donna le commandement en chef au 
général Marmont. 

Ce dernier confia le gouvernement civil à Dandolo à qui 
nous devons des ^Mémoires'' au sujet de la situation de la 
Dalmatie en 1806. 



40 Aperçu général de la Dalmatie. 

Pendant ce temps les Eusses combattant sur mer poussaient 
les Dalmates à la révolte qui éclata en 1807 dans la Foljica, 
mais les Français surent la réprimer. 

La guerre avec la Kussie se termina par la paix de Tilsit, 
où toute la Dalmatie tombait au pouvoir de Napoléon à l'excep- 
tion de Lùssin et de Lissa, occupées par les Anglais. 

Marmont et Dandolo tâchèrent de favoriser en tout le 
développement de la Dalmatie et construisirent des routes superbes 
justement vantées. 

Pourtant, en 1809, les Dalmates, aidés des Autrichiens, se 
soulevèrent et les Français perdirent bientôt tout le territoire à 
l'exception de Zara, de Knin et de Glissa. La paix de Schœn- 
brunn laissa cependant la Dalmatie et l'Istrie aux Français, qui 
réunirent les îles du Quarnero avec l'Istrie, la Dalmatie, les 
Bocche et Raguse sous le gouvernement général d'„Illyrie". 

Lorsque Dandolo quitta le pays, les Français grevèrent lès 
habitants de lourds impôts de sorte que ceux-pi passèrent la 
frontière, . et en 1812 les Anglais défirent les Français entre 
Lésina et Lissa. 

En 1813, les Autrichiens manœuvrèrent en Dalmatie si habile- 
ment que le général Tomaâic, auquel peu de temps auparavant 
Knin s'était rendu, força Zara à capituler. Le général Milutinovic 
prit Raguse et Castelnuovo, repris par les Anglais et cédé au 
Monténégro, et quelque temps après, le 12 juin, les Autrichiens 
tenaient Cattaro et avaient effectué la seconde occupation des 
Bocche. 

L'esprit républicain se souleva encore une fois à Raguse, 
mais la paix de Vienne vint consacrer la suprématie de l'Autriche. 
Le pays fut réuni en 1816 à l'empire d'Autriche sous le titre 
de „royaume" et partagé en quatre districts, ceux de Zara, de 
Spalato, de Raguse, de Cattaro. 

Gouvernement autrichien depuis 1818. 

Depuis 1818, la Dalmatie jouit en paix, sous le gouvernement 
autrichien, d'un développement qui s'accentue de jour en jour, 
depuis que l'élément croate tend à prévaloir. Le peuple surtout 
se ressent particulièrement de ces améliorations de la culture 
et en jouit d'autant plus que ces résultats n'ont été obtenus qu'au 
prix d'une lutte acharnée pendant une suite de siècles. 





TJii des moinentM les plus beaux du voyage est 
tredit celui où, quittant les montagnes du Kai'st, onl 
descend vers les régions méditerranéennBS_4ià_àuJeur tour s'a-_\ 
baissent vers l'Adriatifiue, ['A partir d'Obcina, à 27 ti» de Trieste, 
ore, pendant quelque temps, à nos côtés le Karst 
rocLers bizarrement configurés. De petits bois de 
chênes varient avec des champs cultivés enclos de murs de 
pierre qui, de leur côté, cèdent la place à des étendues larges 
et arides, où des débris de roches s'entremêlent anx buissons de 
genévriers. Mais dès cet endroit apparaissent les avant-gardes 
du midi; les vignobles. 

Une échappée de lumière nous fait voir, dans la lointain, 
l'aplanissement du terrain dans la direction de Monfalcone. Le 
train passe ensidte avec une vitesse vertigineuse par un déiilè 
étroit, puis, quittant sa direction nord-ouest, décrit une courbe 
hardie vers le sud-ouest. Touchée, pour ainyi dire, par la baguette 
magique de quelque sorcier, la scène change tout d'un coup. 
À la droite du voyageur les rochers tombent fi pio dans la mer, 
^m apparaît comme une grande nappe bleue et scintillante à ses 
yeux émerveillés. 

Au loin nous apparaît le campanile d'Aquileja. Le train 
franchit encore les derniers ravins du Karst, dont les rochers 
.calcaires disparaissent peu à peu pour faire place à uu terrain 
'plus mou où croissent la vigne et l'olivier. Nous passons fort 
-au-dessus de Miramare et ce n'est qu'à Barcola que la voie ferrée 
s'abaisse vers la mer. Kotre vue embrasse déjà toute la ville de 
Trieste, mais le spectacle devient plus grandiose encore, lorsque 
Je phare et le superbe port apparaissent à nos yeux. Les maisons 
B'élèvent en amphithéâtre vers Pirano et nous apercevons au loin 
les rues larges et spacieuses de Trieste, 



ne THp« 



n fle P 



arrive wiiin, et les voyageurs peuvent, au sortir de la 
îrairerle inoiiunient superliedu sculpteiir dalmateJ.HenJiû 
j citoyeiiS de Trieate ont élevé eu commémoratioa des 
i qu'ils se trouvent soiis la domination niitrichienne. 




s dirigeant vers la droite de la gare (à rojeat), nous 
1 Porto nuovo, dont les môles sont gardés par de 
juperbes lirise-lames, séparés de In gare par les entrepôts de la 



m 



n poursuivant la 
J à Obtims. Vers 
pour 






1 du iK>i't i'raiic. En prenant fi gauche et e 
t Paulin» et la Strada yeccliîs nous arrivoni 
I ead se trouve le marché aux poissons, fort i 
I voyagent. 

Ayant longé ensuite le Canale Grande, nous passons, avant 
i venir an molo S. Carlo, devant le ..Teatro Communale", 
Le i.Corso" stipare la vieille et la nouvelle ville. L'une des 
i belles b&tiases de Trieste, c'est le „TerKesteiim". L'Hôtel 
l Lloyd, construit par l'ar- 
itecte viennois Fersti, ne 
isse pas d'intéreaaer le voy- 
;eui-. Au „Tliéatre" se joi- 
lent les jardins si tués devant 
Fiazza Grande, au fond de 
laquelle s'élève le superbe 
Manicipio. 

En longeant le rivage, 
lUB apercevons près du môle 
fîuseppina la place du même 
ève la statue de 
empereur du Me- 
[ue, puis le „Musée Bevol- 
lla" légué à la ville par un 
citoyens; eu continuant 
notre route nous arrivons ti 
la „Piaua Lipsia", où kp trou- 
vent dans „ï'Aceadeiiiia ili C'uiii- 
mtrcio e A'oMd'ca" deux collec- 
tions fort intéressantes: le Monnmpnt do l'etnperaHr Miixiinillen. 
Musée d'histoire naturelle 

avec sa laune maritime et le Musée d'antiquités. Ce derniev 
attire surtout notre attention par les restes trouvés dans d'an- 
ciennes nécropoles et par les trouvailles faites h. Aquilée, Du 
pMoIo S. Teresa" nous gagiions facilement le „Phare". En con- 
tinuant notre route le long du chemin de fer de l'Istrie, nous 
passons devant l'arsenal d'artillerie pour arriver fi la station de 
S. André au nord de la baie de Muggia. D'ici ]a colline Chiarbola 
se dresse vers le fort S. "^ito. Sur ses flancs s'élèvent de grands 
établissements : le „Slainimento Tecnico Triestino" et plus k l'est 
l'Arsenal du „Lloyd". 




i 



Le voyageur qui ne veut s'arrêter a Tneste qu'une journée 
pourra, après avoir fait la promenade indiquée, visiter encore 
Hiramare, château impérial, et la montagne d'OLcina ou se 
promener dans le „Bosohetto" (le Bois de Boulogne de Triest«) 
jusqu'au restaurant du „CacciT,toie chaaseurt, d'où il jouira 
d'une vue splendide. 

De Trieate à Pola (par le bateau). 



Scrcice d 



I bateaux à vapeur de Trieate à i 
(lai.. 



Distance de Trieste à Pola: 59 lieues m 

„ Pola „ Zara: 79 
Durée du trajet de Trieste à Pola; 4 heures et quart; par les 
bateaux express du Lloyd de Pola à Zara: 5 heures et quart. 
Arrêt à Pola : '/, heures. 

Chemin de fer de Trieste à Pola: 3 h '/, à 4 h '/,. 
-''^La plupart des vapeurs quittent Trieate le matin pour offrir 
I au voyageur ta faculté de contempler à son aise le superbe 
spectacle que lui oifre la ville s'élevant en amphithéâtre. 

En vous éloignant, vous apercevez la forêt de mAts des 
différents vaisseaux, le fouillis de maisons et l'enceinte ver- 
doyante qui les entoure. 

A 20 km de là au nord s'élève le château de Duino, bâti sur 
un rocher, tandis (^it'à l'ouest s'étendent les lagunes où était 
située, il y ft 2000 ans, Aquileja, prédécesseur de Trieste. 

Le soleil qui, au printemps et en automne, se lève juste 
au-dessus de Trieste, darde sur noua ses rayons lumineux. 

Nous apercevons Capodistria, Pirano ofi !e doge Ziant vain- 
quit, en 1177, les flottes de Frédéric Barberousse, des Génois et 
des Pisans. Au fond, les salines de Sicciole attirent nos regarda, 
ensuite, à rextrémité occidentale de l'Istrie, la nPunta Salvore", 
phare qui a 3G mètres de hauteur. 

A mesure que nous avançons vera le sud, nous voyons 
Trieste se dérober à notre vue et nous apercevons Grado, tandia 
qu^ l'est s'élève à une hauteur de 1396 m le „Monte Maggiore". 

fA Cittanuova la côte est plate et uniforme, mais à partir 
de Parenzo elle s'entoure de nombreux îlots et de „scogli'', 
qui continuent jusqu'à Eovigno. 
Eovigno (9662 habitants) intéresse le voyageur par 
sa cathédrale qui a une certaine ressemblanoo avec le dôme 



Poln (Paljl. 



45 



fl 8t Mire de \ luiùe Au haut lie la tour on apervoit Jes statues 

i St Georges et de Ste Euphemie Un chemin de fer conduit 

It Canfanaro pour la joni-Uon de la ligne Trieste^Divacca — 

•ola La plupart des vapeurs s arrêtent h Rovigno, les hateaux 

otpress font seuls exception poursuivant leur course jusqii'au 

I^Canale dt iasana", qui, depuis près de 500 ana, est d'une 

pande importance militaire C'est là que s'eat livrée, eu 1370, 

e grande hataille entre les Génois et les Vénitiens et qu'en 

KiG 1 ainiril Tegetthofl rasaemhla la flotte autrichienne avant 

I paitii poui Li'isa Sui les îles Brioniques se dessinent 

3 premiers des forts de Pola qui lui ont valu d'être une place 

forte msiitimt de piemiei lang 




Pola (Pulj). 

Le bateau express de Cattaro du ^Lloyd" n'y fait qu'un 
rêt de trois ijuarts d'heure, les autres bateaux un arrêt d'une à 
xheures, temps qui ne suflît pas à visiter l'jjAreenal maritime". 
Pola qui, comme Rome et Athènes, a conservé son nom '• 
Jntique, est riche en antiquités romaines, et le voyageur sera sur- 
is et charmé de voir l'amphithéâtre, qui lui rappellera les arèues 
B "Vérone y Eu remontant le Corso, à gauche de l'embarcadère, | 

[mssrins près de la cathédrale, de la caserne d'infiinterie 
t du jardin public ou jardin de la ville, dei-rière lequel s'élève 
ffamphithéIXtre. Ce vaste bâtiment, construit en pierres calcaires et 
iffectant la forme d'une ellipse de 137'/, m de long et de 110'/, "' 



De Tiieste on tia Pola h Zara. 



i\e iliamètre, atteint eu deux étages, dont celui d'en haut compte 
12 arches, ia hauteur de '24 mètres. On suppose qu'il était 
allëcté tant b. la t'ois à des simulacres de combats navals. 

En nous liomant à jeter un coup d'œil rapide sur ce 
niRgnilique bâtiment, noua pouvons ponsser notre promeiiada 




même place noua apeniv. 
l'honneur d'Auguste, lorsq' 
capitale de l'istrie. 



e Pois, h Zar». 



47 



=8 inscriiitioiis et ies sculjitures luéritent d'Étve signalées 
u voyagem- et umis lui conseillons de ne pas iûanr[uer de passer 
i le auperbe arc- de triomphe, richement sculpté, de la via 
■io, nui fut iùgé par Salvia Posthuma à son mari Sei^iiis 
jepidiiis, revenant vainqueur d'une expédition d'IlljTie. 

Au sud de la „Porta aurea", nous arrivons au théâtre moderne, 

is il l'observatoire maritime où s'élève le monument de 

Tégetthoff, créé par Kundmann. C'est là que viennent se joindre 

les quartiers de marine, les a rs en aiix maritimes etc , qui attestent, 




Amiiliitliéitre. 

r leur éteudue, l'essor prodigieux de la marine autrichienne 
iepais la bataille de Lissa. Pour retourner à la station voue 
B'Buriez qu'à traverser la „Strada Arsenale'', mais pour peu 
Vu6 vous préfériez jouir de la vue superbe sur Pola, vous pren- 
„Via Giulîft" en retournant vers l'amphithéâtre. 

De Pola à Zara. 
De Pola à Zara, 79 lieues marines; en 5'/,^ par le bateau 

En quittant la rade de Pola, noua taisons une comparaison 
mtre le port de guerre et le port marchand qui se trouvent fort 
1 de l'autre. Vu de loin, l'amphithéâtre est nne ruine 



^HM 





^^^^M to^b^ * '■ 


1 


1 


^^B^H 1 m/fit*' r ^^^^^^^^^H ' 


1 






1 



BO 



Se Trief 



□ d« Poia il Z 



Bupevbe et les nomlireux forts qui entourent la ville de Pola 
lui (ion □ eut un aspect guerrier imposant. Nous approclioiis 
de la pointe méridionale de l'Istrie, qui se termine par une longue 
chaîne de collines qui, k leur tour, se rétrécissent en cap. 

Bientôt nous apercevons la petite ville de Promontore, et 
après avoir passé le pbare Porer érigé sur un acogîio, nous 
voguons en pleine mer. ^ 

Vers le nord-ouest s'étend an loin la côte de l'Istrie, au sud-est 




Eniin, après un trajet de 30 lieues, nous arrivons à la luiuteur 
de Sansego et de Lussinpiccolo. 

["""ijusainpiccolo a été, selon une ancienne légende, depuis les 

! temps de l'empereur Auguste, toujours fameux par ses excellents 
marins, mais ce n'est que dans notre siècle que, grâce & wn 
médecin du pays, l'excellent climat' deLussinpiccolo a été générale- 

I ment connu et que cette ville a surpassé Lussingrajide, autre- 
fois plus important. 

___- Le premier aspect de Lussinpiccolo ne cliarmera peut-être 
guère le voyageur jusqu'à ce qu'il ait trouvé, dans les petits 
jardins bien cultiva, le mj'rte, le grenadier et d'autres plantes 
méridionales, TJn joli dattier se trouve dans le jardin de r„EcolB 



De Pal» à Zu». 



H 



les fliles" et ea se promeuant hors de In villo on sera 
étonné de voir lea „opimtia" (figuiers d'Inde) utilisas comme 
haies vives et de superbes aloès. Un chemin délicieux qlii couduitj 
de Lussînpitcolo A Lussingraiide vous donne une idée de la ric1ie\ 



I 




végétation méditerranéenue qui se tait plus belle et iilus riche 
à masure qu'on s'avance vers la Dalmatie. "j 

Après Lussin le bateau express passe l'Ue d'AsiiieUo, où 
nous quittons les îles du Quarnero, car avec le petit scoglio 
Gn^ica noua entrons dans les eaux dalmates. 



De Trleate OD de PoIb t 



Le b»teau A. vapeur prend la direction est-sud-est pour entrer 
dajiM le canale di Salve entre les îles de Selve et de Premuda. Vera 

(l'ouest ou' jouit encore d'une vue étendue au large, tandis qu'à 
l'est nous appâtait le VeleLit ]e point de repère de la Dalmatie 
continentalf, qui lait le fond de ce superbe panorama. 

En longeant une suite de Pettini" (petits écueils rocaiUeux; 
la scène change d aspect Au loin la mer a'étend vers l'est, tandis 
qu'à 1 ouest surgissent peu à peu de petites îles: Selve, Isto, 
Meleda, et au moment ou noua .sommes au point le plus large 
du canal de 7ara nou's cro'\ons être au milieu d'un lac gigan- 
tesque dont les enfoncements nombreux et accidentés présentent 
un tableau d une lieaiit*! variée et toujours pittoresque. 

Isto et Meleda au snd- 
oueat et an sud, les „Pettini" 
à l'est, Selye et Ulbo au 
nord ouP5t PlanLk et Slaon 
au usrd Pago surplombé du 
Velebit au nord-est, Punta- ' 
. 7-. Uira et la continuation des 
lies zaï atines tous ces rivages 
noua les voyons groupés à 
1 entoui partois éclairés mer- 
\ eillensement Alors la mer 
échange t<on bleu d'airain 
contre le bleu aKiir et, le soir, J 
une illumination radieuse se V 
ioue sur les flots, pour faire | 
place au gris uniforme du 
crépuscule. 
Le bateau prend son cours droit sur Zara et à notre gauche 
apparaît le territoire dalmate. Meleda s'efEaoe devant l'île de. 
Sestrunj et au delà du „Cauaie di Mezzo" se montre l'Isola 

Déjà nous apercevons au Ioiil la capitale de la Dalmatie, 
comme une mince traînée blanche qui longe la plage verdoyante 
surmontée de la mystérieuse cime du Vélebit. L'île d'Ugljan 
ressort soudain de Tonde et entre cette dernière et Zara le 
canal n'offre plus qu'une largeur de 4 km. 

. bord devient plus mouvementée, les matelots 
courent çà et là, prépavant tout pour le débarquement et les 







B. degli 



De Pola à Zara. 53 

voyageurs veillent à leurs bagages, non sans admirer la vue 
caractéristique sur Zara et ses environs. La côte, toute en ver- 
dure, est entrecoupée d'établissements de bains, de fabriques de 
marasquin ; puis on aperçoit les anciens murs de la ville, ensuite 
Zara (la vieille ville) dominée par la cathédrale. Enfin nous ad- 
mirons encore la nouvelle „Riva" avec ses maisons spacieuses 
et le bateau va s'amarrer au quai. Un dernier regard vers Ugljan, 
dont le superbe cas tel S. Michèle s'élève resplendissant aux 
derniers rayons du soleil couchant, et vers la longue chaîne du 
Vélebit disparaissant dans la brume du soir, et nous voilà sur 
la terre ferme pour commencer nos visites à l'intérieur de la 
Dalmatie. 




f 



CsiX-^Tt e->.vft) 




V. De Fiume à Zara. 



Fiume (Rijeka). 

Sortis de la gare de Fiume, nous entrons dans la „Corsia 
Deâk", et en passant auprès d'une fabrique de tabac, où l'on 
traverse la voie ferrée de Karlstadt, nous arrivons à la Piazza 
Zrinyi où s'élève ,,1'Hôtel du Service maritime de Hongrie". La 
„Rive Szapâry" nous conduit enfin à la partie est du long môle, 
où viennent mouiller, entre le môle Zichy et celui d'Adamicli, 
les bateaux à vapeur. Longeant la Piazza Adamich nous débou- 
chons, en passant entre l'Hôtel et le Café de l'Europe, sur le 
„ Corso", ordinairement rempli d'une foule élégante. Les magasins 
sont fort beaux. 

En prenant à droite nous apercevons la tour au cadran, 
dont la porte donne accès par une ruelle sur la „ Piazza 
dell' Erbe" de la vieille ville, enfin nous apercevons le bâtiment 
de la Caisse d'épargne d'où il faut brusquement tourner à droite 
si l'on veut visiter la halle aux poissons. 

En sortant de la halle, nous apercevons le môle Marie- 
Thérèse, d'une longueur de 1070 mètres qui, en brise-lames 
gigantesque, protège le port contre les vagues impétueuses du 
Quarnero. 
T Nous nous arrêtons un moment pour jouir de la superbe vue 

qui nous fait embrasser d'un même coup d'œil le Quarnero et le 
majestueux Monte Maggiore. 

Longeant le canal de Fiume nous arrivons, en passant devant 
le théâtre, à la Piazza Scarpa, où s'élève la cathédrale, datant du 
XVir siècle. 

A la droite du canal s'étendent les immenses chantiers de 
bois jusqu'à la Fiumara, petite rivière séparant Fiume de Susak. 
En traversant un petit pont nous atteignons le chemin de Ter- 



: (Hijeku. 



55 



I Batto, d'où la vue étrangemeiit pittoresque plonge jusque dans 
I Vintériear de ia vallée, Il s'y trouve une papeterie et la curieuse 
\ Bource du Zvir. 

Nous continuons h, suivre, au-dessus de la falaise, le seiitiei' k 
mardies qui nous conduit au c.jli'iliie ]iMeritiaee de Tersatto 




I (Trsaf), lequel a conservé l'ancieu uoin de l'iuine (Tersatico). Sur 
1 la rive gauche se dressent le Calvaire aux jardins verdoyants et 
la vieille forteresse. Toutefois, si l'on ne veut passer qu'une 
journée k Piunie et visiter Abbazia et Buccari, nous engageons le 
voyageur à redescendre au mÔle Adamich poiu' y prendre un des 
bateaux-mouclies desservant à toute heure les localités de la côte 



A 



■êè 



Abbazia (Opatija). 

Abbazia est, sans contredit, l'escurBioii la plus attrayante 

[que l'on puisse faire de Fiume. C'est là qu'au XTV' siècle 

s'élevftit l'abbaye fAbbazia) des bénédictins de San Giacomo et 

d'où partait, en 1882, griice ù rr'crivaiii Noé et au directeur 




du Chemin de ter du bud, Frédéric Scbuler, cette vigoureuse 
impulsion impiimee au dévelojipement des côtes de l'Adriatique 
qui n'ambitionne rien moins que de créer, sur ses rives 
enchantées, ju&qu'a Cattaro, une nouvelle „Iliviera" prête à 
U^HiT ^ toute saiboa des colonies étrangères. 



Course expresse de Fiume à Zara. 57 

Un trajet d'une heure, pareil à une charmante promenade 
sur mer, nous conduit de Fiume à Abbazia. ^dtts' apercevons 
les carrières de Preluka et la vieille petite ville de Voloska si 
originale. 

Nous atterrissons au petit môle pittoresque et nous nous 
promenons ensuite avec délices dans le superbe jardin de la 
villa Angiolina; le parc, créé par le chevalier de Scarpa, se 
distingue par les plantes exotiques les plus rares qui y ont 
atteint des dimensions surprenantes. La villa Angiolina a sou- 
vent été le séjour préféré de la veuve de l'archiduc héritier 
Rodolphe, l'archiduchesse Stéphanie (comtesse Lonyay). En 
longeant l'établissement des bains de mer, nous arrivons à l'hôtel 
Quarnero, puis à l'intéressante petite abbaye de San Giacomo, 
enfin dans le beau jardin de l'Hôtel Stéphanie. 

Les dépendances et des villas nombreuses s'y joignent et 
nous pénétrons dans la célèbre forêt de lauriers qui est une 
des plus grandes beautés de la nature d' Abbazia. Cette forêt 
s'étend sur un kilomètre et demi pour faire place aux 
vignobles, aux forêts de chênes et de marronniers qui montent 
jusqu'à Veprinac d'où l'on jouit d'une vue magnifique. De là 
on peut pousser jusqu'au „ Chalet-refuge Archiduchesse Sté- 
phanie" et commencer l'ascension du Monte Maggiore. A Abba- 
zia même, le chemin qui longe les bords de la mer, au nord/ 
jusqu'à Voloska, au sud jusqu'à Ika, forme, par ses coups d'œil 
charmants, l'air embaumé des parfums des lauriers et le bleu\ 
foncé de la mer et du ciel, ce que l'imagination des contem- 



porains se représente sous le nom d' Abbazia. 

Course expresse de Fiume à Zara. 

(84 lieues marines à 1852 mètres.) 

Le bateau express prend directement son cours méridional 
dans le Quarnero. Fiume, toutefois, reste en vue comme 
point d'orientation. La côte septentrionale ne tarde pas à se 
déployer, de même que la chaîne de montagnes neigeuses de 
la Carniole jusqu'au Riânjak, qu'on voit poindre à l'horizon. 
Elle forme le trait d'union entre les régions du Monte Maggiore 
et celles des montagnes croates (Kapela). Le coup d'œil qu'offrent"! 
au voyageur, à partir des derniers mois d'automne jusqu'au ■ 



I^^^'^'^^- 



VI. Zara (Zadar). 



Petit Guide de Zara. 

Musées et bibliothèques : Musée San Donato ; Biblioteca Paravîa ; Ar- 
chives de la lieutenance. 

Agences de navigation de bateaux: Lloyd autrichien, Compagnie de na- 
vigation hongroise-croate, Zaratina, Hagusea, Negri et Cie, Topic et C «» 
Fratelli Rismondo. 

Bureaux ds change : Fratelli Mandel, G. Ferlini. 

Librairies et papeteries: Mazzanti, Nani, Schônfeld, Stauber. 

Atelier pour costumes nationaux: B. Yukic. 

Distilleries de marasquin et da liqueurs: Calligarich, Cosmacendi, Drioli, 
Lestuzzi, Luxardo, Magazzin, Millicich, Stampalia, Vlahov. 

Salle de spectacle: Teatro Nuovo. 

Établissements de bains: Manzin (ouvert toute l'année), bains de mer 
militaire et civil (ouvert en été). 

Hôtels, restaurants et cafés: Albergo al Vapore, Grand Hôtel, Hôtel 
Pilsen, Hôtellerie Gned, Birraria (brasserie) Vecchia ; Café Cosmacendi, 
Ca^é central, Café alla Provvidenza. 

* 

Zara, capitale de la Dalmatie, siège des autorités du pays 
et de la diète, compte 11.500 habitants. Elle offre en général 
le type des villes italiennes et, malgré sa petitesse, quelques 
traits apparents de capitale ce qui s'explique par le fait que, du 
temps des Eomains, Zara jouait déjà un rôle important. *) 

Autrefois Zara se trouvait sur une presqu'île, mais les 
Vénitiens, en creusant un canal, la réduisirent en île qui est 
reliée par un pont à la terre ferme. Ils ont entouré Zara de 



*) Depuis peu de temps Zara possède l'éclairage électrique. 



la L&ara. 





Musée-. 

cliives de 

Ageno 

vigatioïi. 1» 

yratelli S 

Bure« 

Librall 

Melîet 

DistilM 

Liestuzzi, 

Salle . 

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Cjé cent^ 

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tUru et de bastîo 



. poi'Ws percées ilftr 



les i 



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peli 



Satîit-Î 

'ée place libre et les amies, transportées daus l'arsenai. 
i que les iinii's, ilt'inolis peu à peu, cêtlaient la place à In 
Nuova ou, ilu eôt^ est de ta ville, se changeaient en pra- 
lades ombragées. 

Nous engageons le voyageur à taire le tour de la ville. 1! 

rra jeter un ooiip d'œil sur la Riva Vecchia, le port et le* 

faubourgs Cereria et Barcagno d'où le haut -plateau 



s'étend jusque 
le pharp de la 
de forêts A'olii 

1 promenade 



s lesc 
,.Punt' 1 



s neigeuses in Véiebit. Sous voyons 
a" et la Riviera de Diklo couverte 



voyageur à visiter, dés qu'il a 
de la ville, l'intérieur de Zart 



Dar.3 l63 ru68 de Sara. 



l la Eiv 



^^^V Certains bateaux aboident •■ 
^^^Beova à laquelle la ville nouvelle lui: 
^^^BCe; passant devant le bureau des postc-- 
et télégraphes, le Giardino Publico, elle 
conduit à la préfecture militaire. En se 
tournant vers la ville, on arrive siu- 
la „Piazza délie Erlie'' où l'on pourra 
faire, aux heures du matin, des études 
de types et de mœurs populaires. Koua 
contemplons lepalftis de l'archevêché, flan- 
qué d'un beau jardin, et i 
corinthiennes que Zara 
un ténioin de sa période antique. 

Cette colonne, dont le pendant se 

^ve sur la „Piaz2a Colonna", provient 

1 temple romain. La longue chaîne qui 

y est suspendue par un carcan de fer 

prouve qu'elle servait de pilori dans le 

temps de la domination vénitienne. 

Nous arrivons ensuite à l'église serhe- 
lodoxe Saint-Elia dans la,, Via San Elia" 
p déboucher sur la place de la Cathé- 




62 Zua (Zadar). 

drale où nous ajjparaît la sujieilie l'açade de la cathédrale de 
Zara, citée comiue une des pliis belles de son genre. 

La Via del Duoino conduit k la célèbre Porta Marina et 
noua sortons sur la Eiva Vepchia. C'est là encore que, comme 
autrefois, la plupart des bateaux jettent l'ancre. La scène est 
plus variée, plus romantique à cause des jardins nombreux 
qui relient les maisons, et présente un contraste frappant avec 
l'élégante, mais uniforme Eiva Nuova. 




li intéresse le plus, c'est la „Porta marina", qu'on 
suppose, d'après l'inscription qui y est gravée, avoir été érigée 
par Melia Annina à son époux Lepitius Bassus. l'ue autre 
inscription remonte à 1671, l'année de la bataille navale lie 
Lépanto; c'est un des vestiges qu'a laissés sur le territoire 
dalmate la domination des Vénitiens. 



J 



Dnns le* mes Hf> Zara, So 

Pour traverser la ville dans toute sa longueur nous revenons 

[ à la „Piazzetta Ma,rina", et nous prenons à gauche en traversant la 

pPiazza dei Signori", autrefois la promenade principale de Zara, 

pour continuer notre route dans la Via S. Simeone jusqu'à l'église 

du même nom. 

Les maisons, plutôt petites, ont presque toutes, selon les 
régies de l'art italieu ou vénitien, de ces petites cours char- 
, mantes et poétiques oii la fontaine est encadrée de colonnes 
racieuses, ot'i les fenêtres sont richement 
rnéra de sonlptures et qu'ombragent des 
['bosquets frais au lierre toujours vert. 

Sur la „Piazza dei Signori" nous aperce- 
vons l'antique tour à l'horloge et en face 
d'elle la „Loggia pnblica", qui, datant de San- 
micheli, porte l'inscription latine suivante: 
I Eie rrgimen puTvm magnoque faeta manent.*) 
in Cattalinich la salle dejustice était trans- 
I formée, dans le carnaval, en salle de danse 

I chambre de torture servait alors de 
l boudoir aux dames. 

II faut mentionner en outre t'hôtel de 
ville dont l'antique cadran solaire porte le 
millésime 1790. En suivant la „Via Carriera" 
nous arrivons au Campo S. Simeone et, après 

I avoir dépassé le palais de la „LieutenBnce", 
& l'église 8. Simeone. Enfin arrivés à la 
„Pia/za Colonna", nons rencontrons la colonne 
romaine et deux autres curiosités antiques, 
connues sous le nom de „Bovo d'Antona" et 
de „Cinque Pozzi". 
Noua montons au „Giardino puWico", t'in^i' Colcnns. 
puis, nous apercevouB comme un immense 
prisme à cinq angles, l'antique tour „Torre Bovo d'Antona", 
datant du temps où Zara se trouvait enc( 
JjIss Français l'utilisèrent pour y établir i 
Tel 




e sur une presqu'île. 

1 télégraphe. La vue 
■q^ue l'œil embrasse du haut de cette tour est des plus splendides, 
„Ciiiqoe Pozzi" ne sont pas autre chose que cinq 
|*Téservoirs en pierre qui servaient autrefois de bouches 



Ziua [Z»dftr). 



I hydrotechnique aouterrai 

Q 1574 par Grimatii. Depuis 11338 l'aque- 
diic de Zara alimente d'eau les fontaines et puits de la villp. 

Daas le „Giardiuo publico"', créo par le baron de Welden, 
se trouve un Cat'é. Prenant à droite nous arrivons, après 
avoir passé la Via S. Maria, à la „Porta Terraterma ' qui 
noua conduit de nouveau hors de la ville. Noua \oici encore 
devant une œuvre de Sanmicheli: le portique oruo du bon de 
Saint-Marc, q^ui rappelle, par son azchitecture renaissance, les 
portails vénitiens. Nous traversons un petit pont et arrivons 
au parc Bla^ekovic. 

Avant de commencer à visiter en détail la ville de Zava, 
il noua paraît utile d'insérer quelques iiotious historiqiiea qui 
pourront instruire le voyageur. 



Détails hiscoriguee. 

Selon une antique légende, Zara était, dès le X' sièi^le avant 
J.-Clir., la capitale des Liburnes. Au temps des Homains elle 
joue un rôle important, surtout aoua Auguste. Pourtant Salone 
paraît avoir été d'une plus grande importance et ce n'est qu'après 
le déclin de cette ville, en 639, que Zara semble avoir pris la 
pi-emier rang. En H04 Donatua, évÊque de Zara, et le doge de 
Venise servent de médiateurs entre Charlemagne et Nicéphore, 
empereur de Byzance. Zara étant tombée, en 1032, aux mains 
des Vénitiens, changea Successivement de maître; la Hongrie et 
Venise se la disputaient arec acliarneinent. 

En 1202, lors de la IVe croisade, Zara fut bloquée et rasée 
par le doge Dandolo, enfin, en 1368, Louis le Grand réunit cette 
ville à la Hongrie, mais elle échut définitivement à Venise 
en 1413. 

LJx de Passarowitz, 1Ï18, Zara est en progression 
le fut troublée, en novembre et eu décembre de 
3 bombardement de la forteresse, qui amena la 
i capituler le 6 décembre. Par suite de l'in- 
stallation dans la ville des principales admini^itrationa, et du 
grand contingent que constituent dans la population les fonc- 
tionnaires et d'autres gens lettrés, Zara a gagné considérable- 
ment tant par rapport au développement matériel qu'à la vie 
intellectuelle. 



Après la pe 
pacifique, qui i 
1818, que par h 
garnison françai 



Ziira {KailiiT). 

L'église San Bonato, 

Comme le remarque monseigneur Bulîc, conservateur do 
Musée de Spalafo, l'église ne porte aucnne inscription relative k sa 
fondation; toutefois aii-Jassoua du quatrième pilier nous lisons 
„lHnoni Augwlae etc.", inscription qui a fait supposer 'jue cette 
église a été élevée sur les ruines d'un temple de Ljvia Augusta, 
épouse de l'empereur Auguste. 

Des pièces d'architecture de ce temple servirent, au IX' siècle, 
à l'évêque Donatus de Zara de matériaux pour la construction 
d'une église qui devait rappeler l'église Sainte-Marie d'Aix-la- 
Chapelle. La nouvelle cathédrale dédiée à la Sainte-Trinité con- 
serva longtemps les reliques do sainte Anastasie que l'évêqiie 
Donatna avait rapportées de Hyzance. Ce dernier fut inhumé 
dans cette église et, lors Je sa héatiâ cation, elle garda le nom 
de celui qui en avait posé les fondements. 

En 1798, l'église fut changée eu un magasin militaire, puis, 
en 1870, encore employée comme entrepôt. Ce n'est qu'en 1875 
que l'on a commencé k restaurer net intéressant monument 
qu'on a fini par traJisformer en musée. 

Selon Bulic, l'église S. Donato est un des monuments les 
plus remarquables de Zara. Dans sa partie supérieure elle possède 
une rotonde k galeries et à hautes voûtes, qui, comme le has 
de l'église, renferme trois absides. Deux escaliers montent jusqu'à 
la galerie du péristyle, formant une espèce de „seala santa" où, 
comme dans la basilique du Latran, on donnait les indulgences. 

L'abside moyenne de l'église inférieure était consacrée k la 
Sainte-Trinité, celle de gauche à saint Luc tandis que, dans 
celle de droite, s'élevait le tombeau de S. Donato. 

L'église supérieure s'appelait l'oratoire des catéchumènes; les 
absides contenaient l'autel de la „Madonna délia neye" et l'autel 
de saint Simeone. 

Comme l'attestent des armoiries au dragon, le portail qui 
donne aujourd'hui accès à l'intérieur de l'église, a été construit 
par l'archevêque Zmajevié (1713—1745) k qui est due la fonda- 
tion de Borgo Eriazo. 



i-fs colkci 



' il't ..Musée". 



Les collections ont été installées ei 
" préromains et romains, 2" du VIII' 
" du XVI' au XVIII- siècles. 



î sections; objets; 
3° du XI' au XV, 



«uJlec 



La première série nous montre des bijoux pré romains, îles 
aiguilles en spirale, des boucles, tles objetâ eu ambre jauue, 
provenant des touilles faites k Ai^uîlée, une mounaie grecque 
de PharoH trouvée dans une tombe. Les cruches gi'éco-illyriques 
de la collectîou ne le cèdent pas, par la forme, aus amphores 
grec<)ues, mais le travail n'en est guère parfait, quoiqu'elles 
soient, pour la plupart, eu nue terre glaise très line. On y voit 
représentées des chasses, des courses de chevaux etc. Nous re- 
marquons ensuite 500 candélabres en argile, ornés de figures 
mythologiques etc. 

Dans la collection de monnaies, comprenant fiOO pièces, il 
y en a de très rares du temps gréco-illyriiiue, ui^i; moniiiiie 







i d'argent du roi Balleus et une autre eu argent, avec l'inscription 
J îMP (Phar), de Lésina, dont on ne trouve 6 
} dans le Sritish Muséum. 

Nous voyons les restes d'un arc de triomphe trouvés dans 
„Piazza Colonna" à Zara, et d'autres provenant des fouilles 
I pratiquées au Giardino Publico, à la Riva Nuova etc. 

Dans la „Collection des inscriptions" il y en a de Jadera, 
^d'Arbe, d'Asseria et d'autres endroits; une pierre où l'empereur 
T Auguste est désigné comme fondateur de la colonie de Zara, 
I sJwtroKus eoloniae", puis une autre inscription fort ancienne où se 

le nom de Jadera. Beaucoup de bijoux qui datent du temps 
h.Ûe Trajan ont été découverts à Nona. Nous ne pouvons nous 



AÀ 



enipèclier de titei' ici le ( 

argent et trouvé u Xoiia qui phit tellement k Kapoléon III iiu'il 

résolut de le garder dans sa collection privée. 

Les fragments de sculptures dnns le stvle lon^oLai'd méritent 
d'être cités, puisi^iie ce stvle er^t yeu couiim i-t ifVe !n pince i^ui 




D'entre les teuvres du moyen âge, la relief représentant 
saint Simeone et Elisabeth de Hongrie peut être considéré comme 
«n chet (1 œuvre, tandis qumihvie d heures épiscopal en cuivre 
doré et emaillé, du style lomaiu du XII' siècle, représente dans 
une courhum le toiubat de Saint Michel avec le dragon. C'est 
au temps vénitien que lemontent entre autres, une lanterne 
à galère et un drapeau dhonneui, donné à un hiave de la 
famille PiBse\oli 



TiB er<ft1i<»'fral«. 



La cathédrale. 
Au X' sièole, Constantin Porpbyrogéuète uous parle il'une 
basilitiiie à longue net', aux colonnes de marbre blauc et vert, 
ichea sculptures eu bols et à carreaux de couleur que le 




s BnsU^ne 



o (l'abside)- 



^^^^L priuce-liistorieii relève {>articuUè rement. louteibis — sauf ; 
^^^^B colonne isolée — rien n'est resté de cette ancienne église, 
^^^HtKn XIII' siècle on en éleva une cUns le style romain et i 



J-J 



Zara (Zldftc). 

jnieraentatiou extérieure rappelle de ]irès celle qui était rIoie 
m usage k Pise et k Luoques. 

Le tableau ilu miLÎtre-autel peint par Bamballi représente 
le martyt-e de sainte Anastaeie. Ses relirj^ues q^ui reposent daus 
une chapelle sont conservées île façon à Stre vues si l'on ouvre 




une petite porte en argent, bordée de marbre. A sa partie supé- 
rieure est incrusté un bas-relief figurant le Sauveur, sainte 
Anastasie et S. Grisogono. 

Il convient de signaler les colonnes byzantines de la crypte 
dont les piliers ouvrés portent des chapiteaux en pierre brute. 



1^ 



À. 



■S2 



Zsca (ZadoT). 



Eu liaut lie la ciy[itQ les stalles vappellent celles du „Kiiig' sCQUejjt" 
\ tle Londi-RS, 

Le campnnile fut construit par l'arclievêque Valaresso, riche 
f Vénitien qui s'était proposé de donner un pendant à la tour 
I St-Marc, mais qui ïio jmvvint à l'élever ([n'au second étage; 
1 fut terminé selon les esqnissea de Jaokson et maintenant il 
[ compte parmi les plus Leatix bâtiments de Zara. Tlw haut de 
[ cette tour on jouit d'uue vue superbe sur Zara et ses environs. 



Lee B 



i êgliaee d= Zara. 



tlaba, 



martj-r 
eat fort 



liqne S. Grisogono ou reiwaent 
on s Dioelétieii. 



Ht y furent 
Elisabeth, fema 



En 1704, on a 
les reliques d'un 

emaiiiuable. Les 
Dans cette église, 
e de Louis le Grand, roi de Hongrie, 
L cercueil en argent qui, à ce q 
coûté moins de 28.000 ducats et qui, au 
I artistique, est d'une haute valeur. 

L'église Santa Jlaria (église du coï 
par Koloman, fut rebâtie dans le style 
I à l'intérieur de beaux tableaux, entre autres saint Pi 
Paul.œuvresdePalmavecchio , 

(l'ancien), le Christ couronné 
d'épines et la sainte Vierge 
I dans le genre du Titien, de 
même qu'un tableau de sainte 
Agnès de l'école vénitienne. 
L'église S. Francesco est 
remarquable par les tableaux 
~ de Falma le jeune (St-Fran- 
çois) et CarpaccJo(Le triomphe 
de l'Eglise). Un artiste de 
Zara, Salghetti, a créé une 
fresque de toute beauté qui 
se voit derrière le maître- 
Un trésor, unique en Eu- 
rope même, que possède cette 



1 rapporte, n'a pas 
quant à esécution 

it), fondée en 1105 
et montre 




Promenades. Le parc Blazekovié. 73 

église, c'est un crucifix byzantin du IX' siècle représentant 
la transition de l'iconographie de la croix de l'Occident à 
l'Orient. La grande cloche fut fondue en 1328 par le célèbre 
maître Bellao. 

Promenades. 

Le parc Blazékovic. 

En sortant de la „Porta Terraferma" nous arrivons à l'entrée 
du parc Blazékovic. D'un côté nous voyons une fontaine ornée du 
lion de Saint-Marc avec une inscription datant de 1659, de l'autre 
côté, gravée sur une plaque de pierre, l'inscription suivante 
datant de 1897: „Ce parc fut aménagé par les troupes impériales 
et royales et avec l'aide puissante de l'administration impériale 
des eaux et forêts". Le parc contient les plantes les plus rares 
ipf^f^ la zone torride: le cyprès, le laurier, l'yeuse, l'yucca et le 
chamérops y viennent fort bien. Une inscription révèle le nom 
du créateur du parc, le feldmaréchal- lieutenant, gouverneur 
et commandant militaire de la Dalmatie, Charles de Blaèekovic. 

En vous détournant à gauche vous pourrez admirer la vue 
([ui s'ouvre sur le canal de Zara avec ses petits voiliers et sur 
la forteresse d'Ugljan. Les saillies et les rentrées du chemin 
vous font sentir qu'il suit les contours d'anciennes fortifications, 
lesquelles, quoique transformées de façon à satisfaire les Zaratins, 
perpétuent le passé historique. 

Dans la partie nord-est du parc, nos regards vont se reposer 
sur le Vélebit, cette chaîne de rochers gris qui, de tous les 
points de vue des environs de Zara, forme le grand et majestueux 
horizon de l'est. Quelquefois les feux du couchant embellissent 
les flancs de la montagne, la mer et les îles et tout le paysage 
s'enflamme d'une foule de couleurs vivantes dont le souvenir ne 
saurait s'eflacer sitôt de la mémoire du voyageur. 

Borgo Erizzo (Arbanasi), 

Cette petite ville que l'on serait tenté d'appeler un faubourg 
de Zara et qu'on atteint en passant par la „ Porta Terraferma" 
en longeant la côte, a un passé fort curieux. 

Lorsqu'on 1720 l'archevêque Vicko Zmajevic arrivait à Zara, 
des émigrés albanais fuyant devant le pacha Mehmed Begovic le 
supplièrent de leur donner un asile dans la forteresse. Par suite 
de l'intercession de l'archevêque, le conte Erizzi leur concéda, aux 



74 Zara (Zadar). 

environs de Zara, des terrains à cultiver et bientôt la petite 
colonie fondait le village d'Arbanasi, en italien Borgo Erizzo, 
comptant aujourd'hui près de 2000 âmes. Les Albanais sont de 
rudes travailleurs, sobres, rangés, mais ils sont d'une vivacité 
extrême, parfois dangereuse. 

Cereria et Barcagno. 

Ces deux faubourgs sont particulièrement remarquables par 
les grandes fabriques de marasquin qu'ils renferment. Cette 
liqueur s'exporte annuellement en 300.000 bouteilles; la reine 
d'Angleterre, dit-on, en prend un petit verre après le dîner. 







Jk!mM!mM!m^: m 



Irons de Zara sur la terre ferme. 



■Au nord. 
En longeant la côlo aux baiea 
nomljreuses vers le nord-ouest, nous 
])assoDS près de Piinfamtca, Diklo, 
PetrCane, l'île de Puntadura et arrî- 
voDS enfin à Kona, du temps de 
Trajan un des ports les plus fré- 
(juentés de la Libiirnie, aujourd'hui 
presqu'en ruines , ce qu'il y i 



L Noi 



L plus: 



ville 



Uahnatie. Dans l'égli 
sainte Marcelle. 

On met 1 '/, ft de voiture pour aller 
de Zara fi Noua et l'on passe prèa de 
Hoccngnazzo où se trouve 
de ces intéressants lacs d'hi 
qui se dessèchent presqii' 
tièremeut en été et qui 
sont remarquables par ^ 
leur tj-pe original, leur 
végétation à part et _ 
leur richesse en vohi- 
tiles. 



liaisse de plut 
lut penaei i un de ces endroits 
disparus du Zuyder See. L'église 
datant du VII" siècle est sans con- 
tredit une des plus anciennes de la 
■oifisiale on conserve l'arca ligvca de 




A l'eat. 
De même que le long de la tôte dalmate, nous nous troii- 
verons, pour peu ijne nous pénotriona k l'intérieur da paya, nu 
milieu d'une population slave nullement Influencée par l'élément 
italien, qui pourtant depuis des sif'cles haliife à fps côtps. 




Les t'amilles vivent en générai tcès patinarcalement. 

Si nous voulons nous rendre k Zemonico, tu 
près dvi fort Malpaga. La contrée est en général agreste, 
(larfois sauvage et pittoresijue, 

A Zenionico sa trouve un couvent tle trappistes; ces moineu 
très laborieux s'occupent à défricher le soi et à élever des bestiaux. 



Au sud-eat. 

C'est vers le sud-est que s'étale la petite bnie tranquille Je 
I Poi'to d'oro; non loin de là se trouve le petit village de 
I B. CasBÏano (SukoSan). Le voyageur sera peut-être étonné de voii- 
I les ruines d'un grand palais, resté inachevé et qu'on suppose 
imencé par l'arclievêqMe Valaresso qui avait 
I entrepris de bfltir te oampanile de Zara. 




A quelques kilomètres au nord s'adosse au^ pentes du 

„Kriï" (16B m) le village de Bibinje. C'est à cette montagne que 

s'étend au sud de Zara doit en partie son doux 

j climat. La plage e&l immenso et couverte d'un sable fin et 




Sf?f$f?fS^f?fîe 



VIII. L' Archipel zaratiqutj. 



yChaiTues tpars-',] voilà le 
titre qu'un vôj^êiïr, J.-G. Kohi, 
y. donné k l'un des olapitres Je 
snu livre jj ni la-aite de la Da,l- 
iiiatie. ÎNous pourrions fort bîén 
le placer ici, car en vérité cette 
multitude d'îles, bien qu'eUea se 
rËSsemblent Ijeaucoup ]>ar letir 
végétation et par le terrain, n'en 
possèdent pas moins des charmes ' 
naturels aussi variés qn'incon- ' 
testûs. 

Arbe (Rab). 

L'île li'Arbe, appelée nArba" 
par Pline, „Ai'hum'' par Con- 
stantin Porphyrogé né te, se trouve 
BOUS la môme latitude que Flo- 
rrace, ."^a .•.njuLliiif u^L de 81 km carrés et la population se chif- 
frait, en IHIHJ, ù, iïi'2ï> habitants. 

Arbe est très montueuse, surtout à l'est (la chaîne du Tignaro) 
où s'élève, jusqu'à une hauteur de 408 m, la ,.Tigna rossa" . 
à partir de la ville d'Arbe les collmes de Mundanje séparent 
les vallées de S. Pietro et de Campora. 

Arbe est remarquable par son abondance do sources vives. 




I4^me i'AibB. 



La «Hé d'Arbe. 



i. Eufemia, compte 

5 habitaiats. La ville est entourée de murs si élevés qu'ils ne 

naissent voir que les haiits clochera qui miroitent dans la mer. 

' En faisant une promenade A, travers la ville, on commencera 

par examiner la mairie, où l'on remarque un balcon porté par 

trois paires de têtes de lions; et tout près de Ik la „Loggia du 

Clul) croate" tandis que le Club italien s'est installé dans la maison 

malheureux physicien et archevêque de Spalato, Marc- 

■ antonio de Dominis, mort, en 1624, victime de l'inquisition. 

Le „ Corso'' court parallèlement au port, détachant diverses 

iTielles dans la haute ville, quartier antique. Beaucoup de 

, de couvents tapissées de lierre, d'antiques autels romains portant 

I des insoriptiona s'y remarquent, mais aussi de superbes bâtiments 

Ldans le style vénitien. Sur la nPlajM de la Cathédrale" s'élève le 

Iplus beau campanile de toute la Dulmatie. En entrant dans 

a émerveillé de voir un maître-autel, un reliquaire 

(et des stalles d'une beaut« r 

A l'église S. Justiua se trouve u 



u Titien et tout 



tombant presqu'ea ruines, 
l'aisance de ses habitants. 
Les habitants d'Arbe 
sont trts propres et très 
hospitaliers; le voyageiir 
y trouvera bon gîte. 




^^^V 80 L'Arptiipel ESTHtlqnr. 


^^H En sortant par la ^Tgrre Gagliardo'' nûuô arrivons au 


^^^B „CHmpo Marzio" d'où Von jouit d'une vue superbe sur les ruines 


^^^1 d'un ancien couvent de t'rancis 


ains. Au cintre de l'autel on \-oit 


^^^1 e.ncore fort bit-n les armoiri 




^H grnndès Jamille.'^ d'Ai-de. 




^H 


Aariciilture et indiiëfrics. 


^V >^^^SCm. ^'^ 






A Ai-be,*) toutes les branches 




^ pères. La fiôte de l'est souffi-e bien 


•iHBHHBl 


un peu de la bora qtii, fouettant 




~ les rivages, les a dénudés et 


^^^^^^^^^^^^^K^ 


rendus incultes. 


Hi^^^^^^^^^^^^^^H r 


Sur d'autres points, an con- 


l^n^^^^Hi 


traire, Is climat maritime et 




P^c3^^^^^^H 


assez dous favorise la culture du 




w^^^I^bH^^^H' 


froment au point de permettre 




KKj^Hp^n^^H 


au lalioureur de moissonner deux, 




E^^^p^j/^^^v^jm 


voire même trois fois par an. 




^^t-^'^^'i<a^^VfMi 


L'huile d'Arbe et le jus de la 




B^y", js^Bi^jSS 


treiUe, vin mousseux nommé 




Bn^^^|M^!iÉ^3 


„Vodice", sont ibrt estimés. Rien 




IK^^^K^ït^ 


de plus curieux que les „zoppoli" 




^v^^^Q^au^ d 


]ietites barques de pêcheurs, rap- 




^jts^^''^*^^Ê3aUA 


pelant les canota indiens: un 




S^k-i-^'ijBm^B 


tronc de pin creusé à cet effet 


u 


mSÊÊKÊÊ 


est changé en barque k rames, 
et parfois les étrangers mêmes 


B 


viennent s'embar^iuer dans une 


^^H Tnl'lcuo att TJticQ. 


de ces cbai-mantes pii-ogues pour 


^H 


faire des excursions. 


^^Ê 


^r^or^. 


^^^P Noua conseillons au voyageur lie faire (.■inij excursions qui, 


^^H à coup sûr, l'intéresseront vi\ 


ement: 


^^H I. Â Uarbato (1'/, h). Le chemin youa mène le long de hauts 


^^^1 lauriers, d'oliviers, d'yeiises isolées et de vignes; étant monté J 


m " 


ux ruines de S. Damiaiio, la vi 


eportejusqn'àChersoetà Lussin. 1 
brilovic, Beitaurniit Sina™. M 


1 


Hotnl* U ATbc ■■ Albergo De 


^ 







. A S.Eufemia ('/, h). Le couveii 
B précieux o; 
Hiontrer au yoyageiir. Le jardiu renferme 
III. Sur la ligna rossa {V,\ h\ A; 
■Loparo pendant un quart d'iieiii r, vni<^ 
intant en gradina jus- 
'au „Va]!e S. Pietro" au- 
dessus de S. Matteo; après 




Krstina, puisa la dernière 
ferme Skerbe. Au milieu 

gaguez le plateau d'où la 
; magnifique. Vos 
Jïegarda percent jusc^u'aii 
I Monte Itfaggiore et aux 
, neigeuses des TOon- 
3S de Cai-niole, des 
jjentes de la Kapela près 
(■de Novi au Vélebit. 

Loparo (3 h). 

I Xa grand' route da l'île tra- 

irâant le haut plateau 

Elia conduit jusqu'au 

InVaUe S. Pietro"; de là 

z près de l'in- 

line S. Baniel 

r pénétrer dans In forêt. 

^vant de descendre dans 

l vallée de Loparo, vous 

Jpasserea par la gorge sau- 

rage de Junina. C'est de Lo]>aro que le célèbre ermite Mai 
it parti fonder la république de S, Marino. 

A la maison forestière Dundo (1 journée). A Loparo vous 
un „Koppolo" qui vous portera dans la baie Campora. Vous 
ensuite un chemin à la droite qui vous mènera, au milieu 
ne végétation superbe, riche, variée k l'infini, à la maison fores- 
re Dundo ii 81 mètres d'altitude. On pourra se faire accompagner 
: le garde-chasse, afin de ne pas s'égarer dans la vaste forSt- 
La Dalfumie. 6 



Pars 



forme excessiveiueat 



de la Dalmatii 



Pago est l'une des îles 



les plui 

Les montagnes y sont moina élevées qu'à Arhe et forment 
]iliis lie longue!! bande;; do plateaux. La cime la plus baut«, le 
Monte Vito, ne a'êlèye qu'à 3i8 mètres. La bora qui y souffle 
avec apreté empêche 1» végétation de s'étendre sur ces côtea 
incultes. Au aud-ouest de l'île seul, il existe une t'oi'êt d'oliviers 
sauvages et des bandes de terrains boisés couvrent la langue de 
terre du nord-ouest jusqu'à la Punta Loiii; mais en général 
leo plateaux de l'intérieur et du sud sont pi-esque inbabités, 
et la plupart des habitations se i;one entrent dans la ville de 
, chef Heu de l'île. 




La ville de Pagû est située au fond d'une baie de la côte 
orientale. Ses habitants s'occupent à exploiter les salines que 
l'emportent sur celles d'Arbe. 

Ud sentier mène de ces salines k la côte de l'ouest, où 
quelquefois les bat«aux à vapeur du Lloyd s'an'êtent k Val- 
cassione (station solitaire; il n'y existe ni village ni auberge). 



Ugljan et Pasman, . 

De uiËiiia qu'à Arbe et â Pago, les habitants de ces îles 
sont robustes et laborieux. Les jeunes gens partent presque tous 
pour faire fortune sur mer, et quand ils reviennent avec le fruit 
de leurs épargnes, ils fondent, à leur tour, une famille et cultivent 
péniblement leurs terres ingrates. 

Pasman et Ugljan fiu^ent dès le temps des Romains des 
stations estivales ce qu'attestent des parqueta en mosaïque 



^H que y « 
^^m -vont 


Loi autres iU=. 83 ^ 

découverts. La plupart des hiibitants aisés de Zara 1 
ir, pendant les chaleurs do l'été, à Pasraan ou à 1 






1 

1 


^^H Les autrse îls8- 
^^H A l'ouest des îles de Pasmaii et d'UgIjan 
^^^t l'Isola Lnnga et l'île d'Incoronata. On j ti-oi 
^^H arohitectiiriLle!^ et ardiéologiques. Les îles d'E 
^^H Zaputitello, de Selve et d'Ulbo viennent co 
^^H cfaaiinaiit de Zara et vous oitVeut le charme à 


5'é tendent encore 
ve des curiosités 
o, de Melada ou 
nplater l'archipel 
'une vie solitaii-e 

i 




; iiittrîenres de Karin et de Novigrad, 
I sur Je Vélebit. 



Boute Sara— Obroi'aszo. 

(79 lieues ninrmes il 1-Si:! im.) 
Pour arriver par mer au pied du Vélebit nous avons à, notre 
disposition la route Fiume-Obrovazzo de la „Conipagn!e de navi- 
gation TJngaro-Croata". Nous pouvons aussi pcendre le bateau de 
l'entreprise Negri & C'^, partant de Zara en hiver à 6 h, eu été 
à 5 A du matin et arrivant, après s'être arrêté à Pago, à 3'/i ^ 
de l'après-midi à Obiovftzzo. 
; Partant du site verdoyant et peuplé de Zara, !e vapeur 

côtoie des régions agrestes où la bora souffle babitueUement. 
Les habitants deir.eurent dans de pauvres cabanes et la culture 
n'est guèi"e avancée. Poui-tant la coiii'se devient intéressante par 
le développement extraordinaire des phénomènes charactistiques 
du Karst sur les îles et presiju'îles et par le rapprociiement 
successif des grands ravins du Vélebit. 

Le bateau longe ensuite l'île Puntadura, passe la baie Val- 
cassione et entre dans le canal de Poljana Nuova. A nos yeux 
apparaît enfin la petite église S. Maddalena au pied du Vélebit, 
marquant la i'rontière entre la Croatie et la Dalmatie. Le bateau 
entre dans le Canale délia Montagna qui va s'élargir de 3'/, à 
(i kilomètres, prenant la direction est-snd-est, et sur la rive 
gauche s'abaisse une pente douce, espèce de ^Biviera". avec de 
petites habitations. 

Le premier des endroits où touche le bateau est le village 
de ïribanje; puis, passant entre les trois scogli Hazanac, il va 
aborder â la ville du même nom. 

Le voyageur ne tarde pas à apercevoir les ravines sauvages 
/ du Vélebit, surtout celles qui portent le nom de Teliha et de Mala 
l Piûdeniea (voir page 91 „Sur le Vélebit"),^ Au fond de la première 



J 



■e on voit le village de Starigrad et à 3 im est, celui de 

ne. Ces deux endroits sont fort curieusemeat situés; bientôt 

f le „Cana!e délia Montagna"' se rétrécit a 1'/, itm et nous voyons 

t Castelvenier où le vapeur fait un court arrêt. Puis il franchit 

le canal étroit qui sépare le territoire du Vélebit de la presqu'île 

L nord-ouest de la Dalmatie. 

Nous entrons dans le défilé de la „îilaslenica'' où les rochers 
s'élèvent jusqu'à une hauteur de 100 mètres et, après une course 
de 20 minutes, nous nous trouvons subitement transportés dans 
la mer deNovigrad, dont les oôtea sont fort montueuaes. Le vapeur 
s'arrête d'aliord àPossedaria. puis ii va taire escale àNovigrad. Il 




e dirige ensuite vers la mer de Kariu (la dernière baie du ,,Caiiale 
f délia ilontagua"), pour s'engager dans la gorge et l'embouchure 
I de la Zrmanja. Cette rivière, l'ancien fedanius, a une embou- 
1 chure assez large, mais qui va se rétrécissant. Les rochers rouges 
Y entourant ses côtes forment un vrai caîion, et là, où ils s'élèvent 
) mètres, le spectacle devient véritablement grandiose. A la 
droite nous avons en face, après avoir passé la première courbe, 
les ruines du ctâteau de PrÈimac et plus loin celtes de la ville 
antique de Sibanik; bientôt les rochers rouges prennent une 
teinte grisâtre, parsemée de petits points verdoyants. Nous tra- 
ms un passage où les rodiers forment un arc do triomphe 
t naturel, puis nous apercevons les „Frati'es'', 
(logique, couronnée d'une^aira d'aigle. 



I 9S 



1>e Zam mt* -a 



■B inttrtenr» de ItÉrfn e* Ar Novi^nd. 



Nous contimious DOtre route en passant un tourbillon d'eau, 
g de 50 mètres; sur la hauteur nous apercevons uue petite 
chapelle, surmontée d'une croix de pierre; eofin nous voilà hors 
de la gorge ; les côtes sont riantes, nous voyons la petite église 




% 



lyzantine près du cimetière d'Ohrovazzo, les ruines de l'a 
, forteresse, d'où descend le dernier lacet de la route qui conduit 
de Zara à Ohrovazzo. 

Jusque-là, l'eau de la rivière se troiive encore mêlée à celle 
de la mer et est, par conséquent, d'un goût saumati'e. 



À 



Obrovazzo (Obrovac). 87 

Obrovazzo (Obrovac). 

Entouré d'une ceinture de montagnes au nord et au sud, 
Obrovazzo est situé, dans la vallée de la Zrmanja, sur la rive 
gauche de ce cours d'eau, que la route de Zara au Vélebit tra- 
verse moyennant un pont en pierre. Dans le quartier urbain de 
la petite ville se trouvent les magasins et un café; au sud 
s'échelonnent, sur le flanc de la colline, les habitations des 
paysans vers les ruines d'un ancien château fort, détruit en 
1647 par Foscolo, général vénitien. 

Obrovazzo compte 500 habitants; cette ville, recevant par 
bateau des fûts de vin, les expédie dans l'intérieur du pays; 
on exporte aussi du bois d'Obrovazzo. L'on peut visiter en 
petite barque une chute d'eau fort intéressante; puis en re- 
montant la rivière vous apercevez les ruines d'une tour et 
quelques pans de murailles. C'est là qu'autrefois s'élevait le 
second château fort d'Obrovazzo, sur l'emplacement de l'ancien 
Argiruntum. 

De Zara en voiture à Obrovazzo. 

Le paj^s traversé par cette route est caractérisé par une 
succession de terrains calcaires et stériles (Karst) et de petites 
plaines marneuses. Du village, de PloÔa jusqu'aux hauteurs de 
Malpaga où l'on aperçoit la première koula (tour d'observation) 
datant des guerres turques, la terre est parsemée de rochers 
calcaires et de buissons de genévriers. Vers Babindub („chênë 
de la grand'mère") on passe de petites hauteurs au contraire 
bien cultivées, d'où jaillissent des sources nombreuses, tandis que 
des mûriers bordent la route. 

De Babindub jusqu'à Zemonico-inférieur règne la région 
calcaire, çà et là entrecoupée de buissons de genévriers. Au- 
dessus des précipices serpentent de petits sentiers jaunes et dans 
les prés de pauvres moutons paissent l'herbe clairsemée. Toute- 
fois, au printemps, ce chemin ne manque pas de pittoresque: 
la verdure fraîche qui tapisse les récifs, les rochers agrestes; 
puis du côté de la mer on découvre les cimes neigeuses du 
Vélebit scintillant au soleil. 

C'est derrière les maisons entourées de figuiers et d'oliviers 
de Zemonico-inférieur que se détache, à la droite, la vieille route 
de Benkovac, commencée en 1794 par les Vénitiens et terminée 



88 De Zara aux mers intérieures de Karin et de Novigrad. 

en 1798 par les Autrichiens. Quant à nous, nous persistons à 
suivre la route du Vélebit, qui nous mène en ligne directe jusqu'à 
la mer de Karin; la route monte ensuite tellement qu'à Zemo- 
nico-supérieur nous avons déjà atteint la hauteur de 201 mètres 
Les collines que nous apercevons au sud-est (Biljane 341 mètres) 
appartiennent à une seconde élévation de terrain s'accen tuant 
vers l'est à laquelle vient se superposer tout d'un coup le 
plateau de la „Bukovica" (500 m) dans lequel la JuraSinka s'élève 
à une hauteur de 674 m. Au nord le terrain s'abaisse vers la 
mer de Novigrad, au-dessus de laquelle s'élève majestueux, à 
une distance de 25 km, le Vélebit. 

De Smilôic la route descend rapidement vers la mer de 
Karin, puis en lacets rapides jusqu'à un pont qui, traversant 
un marais, conduit à un couvent de franciscains contenant des 
antiquités fort intéressantes: une inscription dédiée à la déesse 
liburnienne Latra, et une borne posée autrefois entre Karin et 
Nadin, puis une immense pierre miliaire, conservant encore les 
chiffres. Autrefois cette pierre servait de bénitier dans la petite 
église dont on aperçoit encore les ruines sur la colline voisine. 

Le maître-autel de l'église du couvent est sculpté en marbre 
du pays. Un autre autel fort beau est dédié à S. Pascal, patron 
du couvent. 

Poussant vers le sud du couvent, nous apercevrons plusieurs 
restes antiques de murailles datant du temps romain. Peut-être 
qu'à cette place s'élevait la forteresse de Carinium. Vers le 
nord, notre route longe la mer de Karin, puis elle monte en 
courbes nombreuses une seconde fois à la hauteur de 208 m, 
avant de s'abaisser en lacets vers la Zrmanja et vers Obrovazzo. 

De Berkovac à Novigrad. 

Pour peu que le voyageur veuille doubler cette promenade 
archéologique d'une visite aux deux mers intérieures, il aura 
à sa disposition deux chemins. L'un le conduit de la côte ouest 
de la vallée de la Kliôevica sur l'ancienne route de Knin, l'autre 
à l'est, sur un chemin à peine carrossable, par Atlagic à SmilÔic. 
Celui qui s'intéresse à l'histoire préférera peut-être ce dernier 
chemin, car les petits villages, quelque pauvres qu'ils soient, 
forment, pour ainsi dire, le centre de l'ancien pays limithrophe 
de Ko tari. v 



La mer de Novigrad. 89 

Kula-Atlagic porte le nom de l'ancien Beg Atlagîc. KorlatJ- 
^fit la localité suivante, se nomme de même d'après son ancien 
propriétaire. La petite église est entourée de chênes séculaires. 
En général cette contrée pourrait être dite délicieuse si les 
habitants n'avaient pas toujours à souffrir des exhalaisons 
dangereuses des marais. 

Après une course d'environ l'/^ heure nous croisons la route 
postale de Zara à Smilôic; ensuite nous prenons une petite route 
carrossable, qui nous conduit doucement dans la direction septen- 
trionale, et nous voyons reparaître le majestueux Vélebit. 

Tout d'un coup, au fond d'une baie, encaissée dans la mon- 
tagne, nous apercevons entre les murs de sa forteresse Novigrad. 
La route descend rapidement, nous voilà en face des ruines de 
l'ancienne forteresse à laquelle se rattache une légende sinistre. 

Dans la vieille tour carrée le ban Ivan Horvat détenait 
prisonnières les reines Elisabeth et Marie de Hongrie, veuve et 
fille de Louis le Grand. Selon certain historien, le prieur du 
couvent de Vrana, Palisna, fit étrangler la reine Elisabeth, toute- 
fois une autre version la fait mourir de chagrin. Deux ans après, 
Jean Barbarigo prit la forteresse, fit prisonnier Palisna et em- 
mena la reine Marie en Hongrie où elle épousa le duc Sigismond 
de Brandebourg. 

La forteresse de Novigrad fut prise en 1648 par le général 
Foscolo et resta plus d'un siècle au pouvoir des Vénitiens, qui 
étendirent les murs jusqu'à la mer et dénommèrent le chemin 
nouvellement créé „Corsia". 

La mer de Tîovigrad. 

Les h^-bitants de Novigrad vivent presque tous de la culture 
des champs et de la pêche. Autrefois les huîtres de Novigrad 
étaient fort renommées, ce sont les écrevisses de la mer de Karin 
qui les ont remplacées. La pêche du thon y est d'une grande 
importance, et il existe à Novigrad huit grands filets dont 
chacun porte un nom particulier d'après l'endroit où il est jeté 
dans la mer. Il y a pour chaque filet une équipe de 11 pêcheurs 
et deux vigies observent du haut de la montagne comment les 
poissons se prennent dans les filets. La pêche finie, on nettoie 
de suite les poissons et on les porte au marché, ordinairement 
à celui de Zara. Quelquefois on prend jusqu'à 600 poissons; 



90 






t nwn httértaVTaB ds Kuln «t de Ifovignil. 



il n'est donc pas étonnftnt que les habitants, étant pres<)ue tous 
pêcheurs, et ayant ime large part au prix de la vente, ne soient 
^uère clans la gêne. 

La pèche du thon commence dés In Kaison tiède et dure 
.iusqu'eii automne. 



D'Otrovazzo dana la Bubovica. 

Ainsi que les populations d'autres pays, le peuple dalmate 
a su distinguer certaines contrées d'\m caractère décidé, et 
très souvent ces distinctions sont des avis utiles aux géo- 
graphes pour la division scientifique du pays. Les géologues 
ont constaté par exemple i|ue l'ahaissement partiel de ia Dal- 
matie vers l'Adriatique a transformé beaucoup de vallées en 
haies; et ce sont toujours les baies qvie les habitants appellent 
„valle" on «vallone", c'est-à-dire ^vallons" ou „grandes vallées*. 

D'une manière analogue, les habitants ont distingué les 
étages du terrain à l'ouest des côtes zaratiques. 

Le pays qui s'étend immédiatement au nord-ouest de Zara 
reste généralement au-dessous de 200 mètres d'altitude et s'appelle 
Kotari. La terrasse plus élevée, comptant jusqu'à 400 mètres, 
porte le nom de Kukal j ; enfin le pays montagneux en arrière de 
la JuraSinka (fi74 mètres) est nommé „Bul;ovica", c'est-à-dire 
npays de liêtres". Le climat de ce petit pays est beaucoup plus froid 
que celui d'autres parties de la Dalmatie. La neige tombe dru 
en hiver, et les maisons généralement isolées rendent les 
communications plus difficiles. 

Medvigje et Kruâevo sont les villages les plus importants. 
Les habitants en sont des hommes à la taille gigantesque, d'une 
force herculéenne. Ils parlent peu, mais ce qu'ils disent est 
toiyours juste et dénote du bon sens. 

Ce petit peuple montagnard a les mœurs excessivement 
patriarcales et vit absolument à l'écart. Seula le curé, le gen- 
darme et le receveur des contributions y apportent quelques 
nouvelles du dehors. Toutefois, certaines monnaies carthaginoises, 
trouvées dans le territoire de KniSevo, nous permetteut de sup- 
poser que ces contrées ont été en communication avec les peuples 
civilisés de l'antiquité. 



Sur le Vélebit. 91 

Sur le Yélebit. 

Tar la Paklenica à la cime. 

Les touristes tenant à visiter les sommets duVélebit quittent 
le bateau à Starig^ad, un tout petit village qui ne possède pas, 
il est vrai, d'hôtels convenables, mais au poste de gendarmerie 
il y a quelques petites chambres et l'on peut s'y procurer 
un guide. Toutefois nous engageons les touristes à se munir 
suffisamment de provisions. 

La grande Paklenica près de laquelle est situé Starigrad 
est une gorge traversée au printemps par le ruisseau de Kru- 
âevic. La végétation de sa partie inférieure n'est guère riche, 
mais nous allons rencontrer à une hauteur de SCO mètres la 
grande forêt de la Paklenica qui s'étend jusqu'à la région des 
prés alpins. Un chemin muletier nous mène jusqu'à la maison 
du garde forestier (Dujam Kne2evic) où la grande Paklenica 
s'incline à la droite (est). 

Ici commence l'ascension du Sveto Brdo, marche exigeant 
beaucoup d'efforts, à travers la grande forêt et d'abord sur la 
crête de„Simla" d'où, sous des pins gigantesques (Pinusaustriaca), 
nous jouissons déjà d'une grande vue sur la mer et en bas, en 
avant-scène, sur les profondeurs de la Mala Paklenica. 

De la Simla nous continuons l'ascension à la crête entre 
le Vlastigrad et le Sveto Brdo, y passons quelques chalets 
primitifs de bergers et nous arrivons — 7 à 8 heures après le 
départ de Starigrad — sur la cime du Sveto Brdo (Mont Saint, 
1753 mètres). 

La cime, marquée par une perche, offre un panorama 
grandiose et fort intéressant par ses contrastes. Vers le nord, la 
•cime descend abrupte en parois de roc vers les grandes forêts de 
la Croatie et au loin nous voyons les contrées de Lika et de Krbava 
avec leurs monts coniques ; vers le sud-est, l'horizon est terminé 
par les chaînes de la Bosnie, vers le sud les flancs du mont 
s'abaissent en crêtes sauvages et rocailleuses jusqu'à la route du 
Vélebit dont nous apercevons les lacets. A la droite de la route 
commence la mer, immense nappe d'eau, terminée au sud par 
les îles près de Sebenico, au nord-ouest par celles du Quarnero. 

Un autre chemin conduit au nord-est partant de la demeure du 
garde forestier, dont nous avons parlé plus haut, en traversant 



92 



Dg Zbt 



a ât KsriiJ 9t de NoTigrarl. 



le raiaseau de Brziiaenaûa, sur la crête de la montague à Straï- 
bcnicB, où se trouve une excellente source; de là ou descend 
dans la vallée élevée de Velika Rovina, où se groupent autour 
d'une églisQ de la Sainte -Vierge une c^iiantilé de petites cabanes. 
La descente jjeut se faire soit par le ,J)oi rovinoiii" et Pjenokos 
à Jatara, soit par Marin ko vie, Mala Bovina, Kozjaûa i Tribanj. 



A Mali Halan. 
A la Muteitr de la route tUi Vélcbit. 

C'est au pont de la Zrmanja, près d'Obrovazzo, ijue com- 
mence la véritable route du Vélebit, construite de 1829 à 1832. 
Nou seulement on a dil faire sauter à cette occasion des rochers, 
mais enlever même d'énormes souches d'arbres qui dataient 
du temps on une forêt épaisse couvrait cette partie de In. 
DaLmatie. 

La route, large de ï mètres, a été construite avec une 
montée siminime(4'/,— ôpouroent), quepour le parcours de7'3kilo- 
niètres de long d'Obrovazzo à Podprag (à 684 mètres d'altitude), 
il n'a fallu faire se dérouler que 14 kilomètres et, pour la ligne 
de Podprag à Mali Halan (à 104& mètres d'altitude), 3-7 sur 
i) kilomètres. 

Du côté dalmate la route est longue de 23 kilomètres. Cette 
route est surtout intéressante par la manière hardie dont elle- 
a été tracée. Elle mène ou le long de hauts rochers, ou bien 
encore elle franchit des bas-fonds, et nous présente tout, 
d'un coup des aspects sauvages et pittoresques. Plus nous 
moiitons, plus le panorama, d'ime beauté toute particulière, em- 
brasse d'espace, et nous passons peu à peu de ia végétation 
méditerranéenne à celle des plus hautes régions alpines. 

Le premier double lacet se trouve juste au bout du premier 
tiers de ia montée. Au sud-est nous apercevons déjà Zara et les- 
deux mers intérieures, tandis que partout ailleurs l'horizon est 
borné. Après un second lacet fort long, des chalets de Mekdolac 
(460 mètres) jusqu'à la hauteur du Podprag, la vue gagne i 
mensément d'étendue à l'est et su sud et nous approchons, 
des rochere de Kulina et de Vrh Prag, A Podprag nous voyons 
une chapelle commémorative de l'empereur François 1er. Elle 
forme le centre de trois grands bâtiments appartenant à l'Etat: 
le presbytère, la maison de l'inspecteur des pouts et chaussées. 



lAiU^ 



A Mali Halan. 93 

et une espèce de petit hôtel avec des remises. Nous avons assez 
de loisir pour contempler ici les différents effets de lumière qui 
sont vraiment superbes. Au delà de la vallée de la Zrmanja 
apparaissent les forêts de Bukovica, mais au sud et au sud-ouest la 
route continue par les. Kotari jusqu'aux murs de Zara; nous 
voyons la mer parsemée de petits points, les „scogli'^ et îles qui 
s'étendent jusqu'à Sebenico. Bientôt se montrent de nombreuses 
et diverses fleurs comprises dans la flore subalpine: le thym, 
la grande campanule, l'œillet rouge, le lilium martagon et des 
orchidées, dont la belle couleur rouge rivalise avec celle de 
l'églantine; puis des mousses, des espèces de fougères qui pous- 
sent non seulement dans les endroits abrités, mais sur les rochers 
où le soleil d'ordinaire brûle toute végétation. 

Enfin, après un long lacet et d'autres plus courts, nous 
arrivons sur l'immense plateau du Vélebit, où se trouvent 
éparses les petites huttes des pasteurs qui viennent avec leurs 
troupeaux passer l'été dans ces régions. 

La vue qui s'est élargie de beaucoup s'étend jusqu'aux mers 
de Novigrad et de Karin, tandis qu'à l'ouest s'ouvre le „Canale 
délia Montagna" sur les bords duquel l'œil discerne au loin 
Starigrad, Tribanje, Castelvenier. Nous voyons Nona, puis, par- 
dessus Pago, le Monte Ossero sur Lussin et notre regard se 
perd dans la mer sans limites. Les îles s'étendent jusqu'à Sebe- 
nico; devant nous se déploie comme une carte de géographie 
la grande presqu'île nord-ouest du territoire dalmate. Nous voyons 
en outre Zara et distinguons les maisons de Borgo Erizzo. Nos 
regards, pénétrant dans le lointain, vont enfin se fixer à 87 kilo- 
mètres de distance sur le mont Svilaja, haut de 1509 mètres. 
A l'est-sud-est se dessinent les monts Dinariques. 

La route va toujours en montant et atteint sa plus grande 
hauteur (1045 mètres) à la frontière croate où la scène change 
d'aspect: nous contemplons alors les montagnes vertes et boisées 
de la Croatie dans la vallée de Riôica; le raccordement de la 
route du Vélebit va rejoindre le chemin de Gospic à Knin. 

A une petite distance de la frontière on arrive à la station 
de Mali Halan. 




X. De Zara par Benkovac et Kistanje à Knin. 



De Zemonico par Nadin à Benkovac. 



j de K.uin qu 
tiens et teruiinée quatr 
détache entre Haut^ et B Z 
d'Obrovazzo, La montée 
blé, des piXtumges, des g 
l'amandier et le cerisier. T 
sont pas non p!as privée l 
agrestes de l'Adriatique. A 
et la violette y abonden 

A Bas-Bi].iaiie la rout t 
!a vallée du luissean de Kl 
3 kilomètres eu avant d B 
d'hiver Nadinsko-Blato. 

Dès le premier 



1794 par les Véni- 
1 Autrichiens se 
de route postale 
t des champs de 
ge oi!i fleurissent 
on cultivées ne 
possèdent les côtes 
m e, la primevère 

t au sud-est dans 

le lit jusqu'à 

j tte dans le lac 

s apparaître au 
t de la route des colliuet. qui ont pour point culminant 
la Gradina, haute de 2G6 mètres. Noua engageons le voyageur 
îi quitter la voiture et à gravir la colline qui, il y a 2000 ans 
environ, portait le fort de la colonie romaine Nadinium. Noua 
ne savons rien de particulier sur cette ville sauf le fait de sa 
destruction par les Goths. La Gradina fut au raoyen âge un 
observatoire important, destiné à épier les mouvements des Turcs. 
Nadin était assez important au XVII' siècle, mais lorsque 
les Vénitiens, sousPisani, la prirent en 1647, les habitants allèrent 
s'établir en partie sur les bords du lac Nadinsko Blato, qui nous 
paraît comme le commencement de lïmmense marais de Vrana. 
Autrefois toute la contrée autour de Zaravecchia n'était qu'un 
vaste marécage, mais depuis peu on a commencé l'asBainisseraeni. 



Benkovac. 95 

de ces contrées, et la fièvre qui, autrefois, sévissait dans ces 
parages, tend à disparaître. 

Bientôt nous apercevons, après avoir traversé la KliÔevica, 
l'intéressant castel de Benkovac. A la jonction des routes de 
Karin-Novigrad et de Vrana se trouve le bourg de Benkovac 
(432 habitants). 

Benkovac. 

Les voyageurs d'autrefois, comme Noë, n'ont pu s'enthousias- 
mer de Benkovac, qu'ils appellent une vilaine bicoque. En 1620, 
Beglerbeg Ibrahim en parle dans des termes peu flatteurs. Toute- 
fois, dans les dernières années, Benkovac a pris un certain essor 
et compte près de 72 maisons. 

Les alentours de Benkovac, surtout vers Kistanje, sont riches 
en vignobles. Les marchands croates estiment particulièrement 
le vin qui provient des coteaux de Benkovac ou des célèbres 
ponts de Bribir. 

Le touriste s' intéressant à l'histoire ne manquera pas de 
gravir la colline si célèbre d'Asseria, qui s'élève à gauche de la 
route de Kistanje. 

Les ruines d'Asseria. 

En longeant la route de Benkovac à Kistanje nous abordons, 
après avoir passé la tour ronde de Peruôic, un chemin vicinal 
à notre gauche. Nous le suivons et arrivons au village de Pod- 
gragje qui renferme, outre une petite église, les fameuses ruines 
d'Asseria. 

Ptolémée lui donne le nom d'Assesia. Pline la cite parmi 
les villes les plus importantes de la Liburnie, il en désigne les 
habitants comme „immunes", ce qui nous fait supposer qu'elle fut 
à une certaine époque une commune assez importante pour 
avoir le droit de se constituer elle-même un conseil municipal. 

L'abbé Fortis qui visitait ces ruines, il y a 125 ans, raconte 
qu'elles embrassaient une étendue de 3600 pieds romains, enfer- 
mant une esplanade rectaogle „Spiaîiata", au milieu de laquelle 
s'élève maintenant l'église paroissiale de Podgragje, bâtie en 
partie de débris antiques. Pour élever cette bâtisse, on employa 
du marbre dalmate commun qui, cependant, n'a pu être extrait 
des collines voisines, qui ne se composent que de pierre molle. 



96 De Zara par Benkovac et Kistanje à Knin. 

Les inscriptions etc., trouvées par des paysans, furent générale- 
ment détruites et enterrées depuis qu'on les avait forcés de 
traîner jusqu'à la mer certaines colonnes sépulcrales. 

En 1897, le hasard fit faire des trouvailles fort inté- 
ressantes. Le curé de Podgragje ayant fait abattre une abside 
d^ l'église, le conservateur du musée de Knin découvrit non 
seulement deux frontons de portail, mais il mit encore à jour 
une massive corniche et un chapiteau corinthien, des colonnes 
corinthiennes, deux cruches antiqueS; des boucles d'oreilles etc. 

Toutes ces ruines qui accusent une riche et belle architec- 
ture, appartenaient, selon to uteprobabilité, au castel d'Asseria. 
La ville d'Asseria semble avoir occupé, jusqu'au \l' et au III" 
siècle, l'emplacement compris entre le castel et la route. 

De BenkOYac à Yrana. 

Nous continuons à suivre la route qui conduit au sud de 
Benkovac et qui gravit une petite colline jusqu'à Sopot, autre- 
fois important à cause de la réunion du divan (conseil) du 
sandschakat de la Lika. A 3 kilomètres sud de Benkovac, au 
hameau de Miranje, nous rencontrons la petite église St-Pierre, 
j-econstruite des restes d'une vieille tour turque. 

A Miranje la route s'abaisse soudain vers Kr§, puis remonte 
une colline d'où nous apercevons le gentil village de Vrana, 
l'imposant lac du même nom, la cime du Crni Vrh (305 mètres), 
puis nos regards vont au delà se plonger dans la mer pour 
s'arrêter à l'ancien château des Templiers et aux marais 
immenses de Vrana. A partir de l'endroit où le lac et les marais 
se rejoignent, la route serpente à travers ces marais pour aboutir 
à la côte de la mer. 

A la tour de l'ancien château des Templiers se rattache 
un épisode de l'histoire croate. 

En 1076 parut en Dalmatie un cardinal, légat du pape Gré- 
goire VII, qui apportait au banus Zvonimir les insignes de la cou- 
ronne croate. Zvonimir fonda alors à Vrana par reconnaissance 
l'église St-Grégoire, pour servir de pied à terre aux légats du pape. 

En 1138 Bêla' II de Hongrie y installa l'ordre des Templiers. 
Après leur expulsion Vrana tomba entre les mains des chevaliers 
de Rhodes ou de Saint-Jean. Leur dernier prieur, Palisna, dont 
nous avons parlé ci-dessus (page 89), fut emmené en captivité ; 
malgré la défense courageuse du roi Tvrtko I", le couvent de 



De BenltovBo b Vntna. 



97 



Vrana tomba sous la domination hongroise et ses biens furent 
confisq^ués. 

Au temps de la domination vénitienne nafjuit à Vraaa, 
en 1420, le célèbre Lucina, architecte du roi de Naples. A 
l'époque turque, cette région jouissait d'une prospérité matérielle 
qu'elle n'a pu regagner même de nos jours. 

Aux XVI* et XVII" siècles, il existait dans le Handschakat 
de Lika trois espèces de propriétés que le sultan distribuait 
selon son bon plaisir: des Paschaluks rapportant plus de 
100.000 piastres, des Zijamets rapportant entre 20.000 et 100.000 
piastres et deg Zaims rapportant au-dessous de 20.000 piastres. 




Vrana était un chef-lieu de district fort remarquable 
fief dépendaut du célèbre Halil-Beg, où, selon Foscolo (éc 
vénitien), s'élevaient 500 belles maisons dont la plus imposante 
était le palais de Halil-Beg. On construisit même des conduites | 
d'eau ou aqueducs remarquables. 

Le souvenir de Halil-Beg, dont les descendante vivent i 
Bosnie sous le nom de nbegs de Durakovifi", ne s'est pas effacé 
pai'mi les habitants de Vrana, 

En 1647, le gé.néral vénitien Foscolo s'empara de Vrana, mais 
la république, dont !a gloire allait s'éclipser, ne s'occupa guère 
de son riche butin et donna Vrana à la famille aristocratique 
Borelli de Bologne dont les descendants existent encore à Zara. 



98 De Zara par Benkovac et Kistanje à Knin. 

Dans ce temps-là, on essaya la canalisation des marais 
de Vrana, mais les travaux ne réussirent guère jusqu'à ce que 
l'administration autrichienne prit l'affaire en mains désirant 
créer un pendant à l'assainissement des marais de la Narenta. 

Tout nous porte à croire que la canalisation et le dessèche- 
ment des marais réussiront parfaitement. 

De Benkovac jusqu'aux ponts de Bribir.*) 

A partir des ruines d'Asseria, la route de poste se dirige 
vers Knin et parcourt une contrée fertile où l'on cultive générale- 
ment' et avec succès la vigne. Elle a, à sa droite, la petite rivière 
de Morpolaôa qui se jette après un cours de 14 kilomètres, dans 
le lac Prokljan que traverse aussi la Krka. Vers le sud-est la 
vallée de Morpolaca s'élargit en forme de marais. 

La route se tient près de la frontière nord-est de ce marais ; 
à sa droite s'élève la colline de VukSic couronnée d'une ruine, 
tandis qu'à gauche se dresse l'Ostrovica (406 mètres). 

Dans la vallée de la BribiSnjica la route franchit un des 
ponts de Bribir, qui marquait dès le moyen âge un carrefour 
^ important. 

\ C'est ici que régnaient autrefois les célèbres voyvodes Bribir 
; de la maison Subie, qui fut tellement puissante au XI* siècle 
que l'un d'eux, Mladen, se faisait nommer „rex Dalmatiae". 
Ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que le célèbre Niklas 
-Zrinyi, dont tout le monde connaît la fin héroïque lors du . 
, siège de Szigeth (1566), était un descendant des Bribir. 

Des ponts de Bribir à Kistanje. 

Cette course, longue de 15 kilomètres, offre une vue tout-à-fait 
à part. La contrée, qui peut-être semblera excessivement désolée, 
ne laisse pas d'exciter l'intérêt de tous ceux qui sont familiarisés 



*) La diligence venant de Zara part de Benkovac le lundi, mardi 
et samedi, à 10 h. 20 m. de la matinée, et gagne les ponts de Bribir 
(22 kilomètres au tarif de 3 /iT 30 A) à 1 h. 15 m. de l'après-midi, de 
Bribir à Kistanje en deux heures, et en trois heures de plus à Knin 
(28 kilomètres au tarif de 4 A' 20 h). De Benkovac k Knin : 65 kilo- 
mètres au tarif de 9 A' 76 A ; de Zara k Knin : 101 kilomètres au tarif 
de 15 K 16 A. 



Des ponts de Bribir à Kistanje. 99 

avec la nature. La route traverse une localité du nom de 
Bukovica qu'il ne faut pas confondre avec celle qui est située 
près d'Obrovazzo. 

La contrée de Bukovica, ainsi que sa voisine au sud, la LaSe- 
kovica, est vraiment intéressante. 

Ces régions s'étendent à 10 kilomètres est de la Krka au delà 
de l'imposante montagne de Promina. Les étages géologiques, qui 
y portent un cachet particulier, ont été appelés „étages de 
Promina" par le professeur Kerner qui déclare qu'ils peuvent 
jeter de la lumière sur la formation géologique du Karst. 

La LaSekovica est particulièrement riche en dolines (enton- 
noirs); on en compte près de 530. 

Le système des cavernes ou grottes y est représenté riche- 
ment; dans les alentours de Kistanje il y en a deux, dont l'une 
se compose de couloirs et de fissures à nombreux embranchements 
et dont les parois sont tapissées de charmantes stalactites affectant 
la forme de choux-fleurs. L'autre forme un corridor bas, mais 
long, produit par l'érosion d'un étage de marne, à colonnes 
de stalactites qui descendent du plafond au sol. Toute la région 
des étages de „promina" est privée d'eau; ce n'est qu'au fond 
de la gorge de la Krka que débouchent des sources. 

Kistanje. 

Cette ville s'appelle dans la bouche du peuple la „demeure 
de l'air frais et pur". C'est que, même en été, quand les marais 
exhalent dans les bas-fonds un air délétère et vicié, l'air de 
Kistanje est d'une fraîcheur extrêmement bienfaisante; on peut 
même dire que cette ville est la plus saine de l'intérieur de la 
Dalmatie. 

Autrefois, lorsqu'il n'existait ici qu'une seule maison, elle 
était habitée par des soldats qui devaient escorter à Zara les 
bestiaux achetés par les Turcs. 

Aujourd'hui Kistanje compte 1626 habitants et possède 
une église serbe-orthodoxe devant laquelle se trouve une fontaine 
très curieuse. Le mur qui l'entoure est orné d'une tête de Jupiter 
et d'inscriptions latines que Mommsen a interprétées, et d'autres ' 
fragments d'antiquités, produits des fouilles faites dans les ruines • 
de Burnum. De Kistanje l'on peut faire les excursions suivantes: 



7* 



100 De Zara par Benkovac et Kistanje à Knin. 

1. Au couvent d'Arhangjeo, où Ton arrive après avoir par- 
couru en voiture les 3 kilomètres qu'il y a jusqu'au plateau de 
Kodkule, d'où l'on descend par un sentier au couvent. 

2. Visiter les 6®, 5©, 4© et 3® chutes de la Krka; à cette 
fin on va de Kistanje au village de Rudele d'où un sentier 
pierreux conduit au bord du plateau. 

Nous parlerons plus longuement encore du couvent S. Arhan- 
gjeo qui nous semble digne d'intérêt. Puis, après avoir jeté 
un regard sur les ruines de Burnum, nous continuerons notre 
route jusqu'à Knin. 

Le couvent S. Arhangjeo. 

Le couvent qui se trouve à 166 mètres au-dessous de 
Kistanje est merveilleusement abrité des vents du nord. Portant 
le nom du saint archange, il est situé paisiblement au milieu 
de prairies verdoyantes et possède de jolies avant-cours om- 
bragées par de hauts arbres et par d'antiques murailles. A 
l'église, dans le style byzantin, aux vitraux bleus et rouges et 
aux coupoles vertes, se rattachent, groupés autour de la cour, 
les corps-de-logis, qui sont accostés de cloîtres ogivales. 

A l'intérieur nous admirons le réfectoire décoré de beaux 
portraits de vénérables prêtres, puis la bibliothèque où nous 
voyons de véritables trésors; d'anciens documents s'y trouvent 
à côté de manuscrits fort rares et les moines conservent avec 
une certaine fierté un antique Evangile excessivement précieux, 
dont il n'existe qu'un seul autre exemplaire en Kussie. A côté 
de l'église se trouve une petite crypte où repose l'évêque de 
Zara, Kneèevic. 

Burnum. 

En continuant à suivre la route de Kistanje nous arrivons, 
après avoir traversé le village de Rudele, aux restes d'une antique 
galerie romaine connue sous le nom d'„arcs romains de Kistanje". 
Cette ruine, hélas ! ne conserve plus que deux arcs entiers, toute- 
fois ces restes méritent notre attention, car cet endroit paraît 
avoir été, au temps des Romains, un des plus considérables de 
la Dalmatie intérieure.. 

Au IV' siècle, Burnum était une ville fort importante 
reliée par un pont qu'on avait jeté sur la Krka à l'antique 
Promina. 



lot 



Plus t' 
I burnii- le i 



biigues 



d l'Ile jirit en a qualité de chef heu de la Li 
m de liiburua et la onzitme légion romaine qui 
longtemps y a, laissa des souvenirs de son séjour 
etc retrouvées dans d antiques lejuilcrea ou 



On ne sait i quelques une des arcs ont ete élevés en 
' 1 honneur de Trnjan revenant vainqueur de la Dn le Probable- 
ment qu eu cet endroit s élevait la forteresse tandis que le 
Mllage de Budelâ occupe 1 emplacement de 1 antique ville de 
» Buinum Nous v voyons encore les lunies d un amphithéâtre 
11 aqueduc destine a v amener 1 eau d une source prise 
à 1' kilomètres dans la direction de Benkovac 




IEn 657 les legi 
marnes refoulaient bravement 
les Goths, mais en 639 Burnum fut détruit par les Avares et 
son nom disparaît de l'histoire. 
En remontant un peu vers le plateau, nous apercevons la 
■superbe chute de Manojlovac. 
1.: 



De Kistanjs à Knlo. 
Au delà des arcs romains, la route a'êcarte de la gorge de 
IJaKrka vers la gauche, puis ie terrain s'élève tout doucement 
^vt l'horizon s'entr'ouvre devant nos yeux, nous laissant aperce- 



i 



102 De Zara par Benkovac et I^istanje à Knin. 

voir la contrée montueuse située entre le Vélebit, la Dinara et 
la Promina. 

La route se rapproche encore une fois de la Krka, puis elle 
tourne vers le nord et se joint, près de l'auberge de Stara-Straéa, 
aux routes venant de Zengg d'un côté, de Bihaé (Bosnie) de 
l'autre, puis elle s'incline vers la vallée des rivières de Radiljevica 
et deBudiSnjica, qui forment, avec leurs petits affluents, un 
„pays des cinq fleuves" en miniature. 

Au midi apparaît le mont S. Salvatore (345 mètres) au 
pied duquel coule la Krka, après avoir formé, à B kilomètres 
est, sa première chute. 

Notre route, descendant vers l'est, se dirige lentement vers 
la station du chemin de fer et nous ne tardons pas à découvrir 
la petite ville de Knin se groupant pittoresquement au pied 
du Mont Salvatore, au sommet duquel s'élève l'antique forteresse 
de ce nom. 





«$» r^f♦ ^ ffi 



«p» r^î♦ «w «w «sw «ff* 



XI. La Krka et ses cliutes. 



g de la Krka: la partie ] 
is la région tlii littoral. 



Le 



s eupeneuT. 



C'est à 37, kilomètres est de Knin {jtie se précipite par-desaua 1 
un rochei- â pic de façon à former la première chute (celle de | 
Topolje)) le petit torrent de Krki<5 venant des pieds de la Dînara ; 
oralement ou le considère comme la source de la Krka. 
Lii Krka s'eucaiâse ensuite dans uu défilé de montaguoa 
3 Knin, puis elle se tourne vers l'ouest pour se frayra ] 
k travers le plateau du K&rst. Le uom m eu cément de | 
^tte percée est formé par une vallée sinueuse ressemblaut h u 

Après environ 7 kilomètres de cours, la Krka s'élargit et 1 
B deux bassins, dont celui de l'ouest forme le lac de Mara- 
., où commencent les chutes superbes de la Krka, l'un des 
pectAule.s les plus imposants. 

Bèffion moi/enne de la Krka. 
: venant du nord-est que la Krka se déverse dans le 
■ lac de Marasovic. Au bout do lac, elle forme sa seconde cascade, 
haute de Itî mètres (chute de BiluSic). A peu de distance de là, 
elle se tourne brusquement au sud-ouest pour entrer dans une 
e géologique. A l'étage crétacé de nummulites sont 
IJBperposés des conglomérats et des ardoises marneuses appar* 

e tertiaire „ProTOina". Après avoir passé trois' 
pipides, la Krka décrit nue courbe vers l'est, puis va former le joli 
s de Bijelober, En sortant de ce derniei-, elle dévie vers 
aneat et découpe du plateau do Poljane une espèce de 



I 

l 



presqu'île: le roc de Is „Vokruta", qui ressemble A. i 
pyramide étngée, et s'élève vis-à-vis des „ai 
Kistanje" (yoir pag. 101). 

"Un peu à l'oueat du lac de Bijelober, la Krka se divise i\ 
plusieurs bras, qui, entraînés par im courant rapide, vont fou 
la troisième chute (celle de Cori£). La Krka i;e précipite du hai 
d'un rocher de 20 mètres en cascades nombreuse», Au-d 
de cette chute elle a atteint 170 mètres d'altitude, puis, 
décrit une courbe du nord-ouest au sud-est, et remplit le bass 
de Corid, qui se rétrécit vers sa partie méridionale, pour i 
sur un défilé étage, où les eaux culbutent dans une multituJ 
de cascades dont les plus basses se jettent dans un abtme. 
sont les cascades de Manojlovac, les plus belles et les p» 
imposantes, remarquables aussi par leurs bords pittoree^ui 
sur lequels s'ouvre une grande vue jusqu'aux Alpes DinariquJ 
et au mont Fromina. Dépassant le long cafion de Maillon 
la Krka forme sa cinquième cascade, celle de Sondovjel, 
est excessivement sauvage et solitaire." 

Après avoir coulé quelqufe temps vers l'ouest, la Krka t 
verse un défilé étroit, puis ses bords s'abaissent telles 
qu'ils deviennent marécageux et plats. Ici le chemin i 
piétons se sépare de la route de Kniii k Hudeie, et le ^ 
geur peut contempler la sixième cascade de la Krka, celle 'g 
MiljeCka. 

A l'86 kilomètres au-âes£ous de la cascade de Mi]jefika,<3 
Krka entre, après avoir dépassé un tourbillon, dans i 
des plus pittoresques. 

Cette vallée est d'autant plus remarquable que nous i 
vons sur la rive droite la ruine du château de Grad TroSenj t 
à gauche celle de Grad Ne^men; un peu vers l'ouest i 
apparaît le couvent S. Arhangjeo, 

La Krka traverse, au-dessous de ce couvent, un banc d 
pierres conglomérat, se resserre encore une fois en tourbill^ 
puis prend la direction sud-sud-est. La première partie de g 
cours porte le nom de BrziSka-Strana. 

Bien de plus beau qu'une course en petite barque au miliet 
de cette scène étrange et accidentée. De temps à autre les rocher 
forment des enfoncements profonde, puis ils saillent en découpure 
bizarres pour s'aplanir aussitôt, ou bien encore ies rocheu 



X 



Xn. De Zam à Sebenlco. 



En nous dirigeant, à bord de notre bateau, vei's ie midi 
I nous TOyonB la nouvelle Hivs et l'iiôpital, grand et bel édifice, 
se dérober peu ù peu à nos yeus, Eorgo Erizzo et les coupoles 
de la „Fontaiiie de l'empereur", le village de Bibinje, le „Port d'or" 
avec S. Cassîaao, et Les ruinée du palais de l'archevSqae Valaresso, 
passent successivement devant nous. Jusqu'à présent nous avioas 
k notre droite la jolie jietite île d'Ugijan à laquelle succède celle 
de Pasman, et au milieu du canal, qui ne porte plus le nom 
de canal de Zara, mais de Pasman, apparaissent plusieurs sco^Ii 
qui s'étendent jusque vers Zaravecchia. 

Kous passons près de Torrette, S. Filippo e Giacomo, villég^- 
tures fort recherchées eu été par les habitants A a Zara, pu 
nous longeons le scoglio Komornik et l'île de Babac avec un 
phare remarquable, au sud de laquelle nous voyons le sooglio 
de Fenmé, tandis que, plus loin à l'ouest, à la hauteur de Zara- 
vecchia, surgissent les îles calcaires de Pianac et de 8. Caterina. 

Zaravacchle lEiogral na moru). 

Zaravecchift, située sur une presqu'île tournée vers le nord- 
ouest, n'est aujourd'hui qu'une petite ville peu importante. 
Au XI* et au XII" siècle Biogi-ad était célèbre sous le nom de 
„ville blanche" des Croates. La chronique de ce temps constate 
Ique KreSimir IV de Croatie necorda eu 1050 un bénétice aux 
hénédictiua de Biograd. 

En 1092, Busila, fille du comte Eoger de Sicile, s'y embarqua 
I pour aller au devant de son fiancé Koloman, roi de Hongrie, 
qui prit plus tard le nom de „roi de Croatie" (Eex Hungariae, 




Conthnxfttîon da la oonrse. 109 

■Croatiae et Dalmatiae). 1.63 doges Falieti et Micheli coui£uireiit, 
tiiliaoun k son toiir, Biograd et les moîiiea qui s'y trouvaient 
wae retirèrent à Tkon (dans l'ile Pasmant, oi\ leur couvent existe 
Rtencore aujourd'hui. 

Oontinuation de la course. 

A partir de Zavavecchia jusqu'à i kilomètres au sud, le 
L eaual Fasman n'a que 2 kilomètres do large, mais près du village 
f de PakoScane la terre ferme se réduit k une bande large d'un 
^kilomètre entre la mer et le lao de Vrana, et tourne à l'est, 

cependant l'ile de Pasman fait place à une multitude de petits 
r Scogli, au-dessous desquels la vue s'ouvre sur le „Canale di 
B.Mezzo" jusqu'à la Bikarica (1&6 mètres), qui s'élève dans l'ile 

d'Iucoronata. 




Bientôt nous voyons à la gauche une suite de presqu'îles 
têt d'îles, entourant en beau panorama le haut acoglio d'Arta 

■ jp'ande, toutefois, au midi, l'île de Vergada masque la vue. 
Ensuite noua côtoyons la rive ouest de l'île Morter, tandis 

■ que la rive est, sur la pointe de laquelle est assise la ville de 
l.Stretto, s'avance tellement vers le territoire dalmate qu'on lea a 
1 telles par un pont tournant. La commune de Stvetto a, depuis 

i, gagné d'importance, et les fouilles qu'on y a pratiquées ont 

roduit des résultats. Deux presqu'îles de la partie nord de 

r créent une petite baie avec le village de Hramitia, 



doniiuù par IViglise de Morter. Cette île est assez bien cultivée 
(vin, olives, amandes), et on s'y occupe de l'élevage des bestiaux. 

Laissant à la droite le petit archipel de 35 Ilots inhabités, 
qui enceignent le sud de l'île Incoronata, le bateau s'approche 
de l'archipel de Sebenico qui se compose de trois groupes; celui 
entre le canal de Sebenico et Zlarin, renfermaint les lies de 
Provicchio-Zelen et l'Ile Zlariii; celui qui se trouTo entre le 
canal Zlariu et celui deZuri (îles Xakan, Capri, Zma.jan) et l'île 
de Zuri et ses scogli. 

Le bateau prend son cours entre tes îles de Zelen et de 
Proricchio, taudis que sur la côte nous voyons le village de Tre- 
bocconi (Tribiinjl, derrière lequel s'élève le pèlerinage de la 
Madonna del Carminé. Naviguant entre Proviochio et Zelen, c'est 







■t B. Nicolù. 



d'abord Sepurina qui frappe nos yeux ] I 
maisons grises de Luka avec son superbe camj an le 

Nous passons du Oonale Zlarin dans celu de Sehen co puis 
dans celui de S. Antonio, où les murs imposants du fort S N colo 
semblent saluer le voyageur. Le batea patse n défile fort 
étroit et entre dans le grand bassin du jiort de Sebenico, et dès 
ce moment nous apercevons la ville, qui s'élève en amphithéâtre. 

La grande étendue du port de Sebenico vers le nord et le 
sud fait naître plusieurs presqu'îles, dont l'une embrasse le lae 
salé Velika Polina, qu'on utilisait autrefois pour en retirer du 
sel, et dont l'autre porte la chapelle S. Maddalena. Sebenico est 
une station pour les vaisseaux de guerre et possède une école 
nnutique pour 



XIII. Sebenico (âibenik) et les excursions qu*il offre. 



La ville. 

Sebenico qui, selon le professeur Petter, est „Gênes en 
miniature", compte 7014 habitants, et est le siège d'un évêché, 
d'une préfecture et d'un tribunal. 

La ville possède en outre des sociétés de lecture serbe et 
croate, un casino, et les hôtels „al Pellegrino" et „Krka". 

La ville 'de Sebenico est un dédale de rues à hautes maisons 
échelonnées en gradins. Cette disposition tient d'un côté à la vie 
toute extérieure des méridionaux qui, même en hiver, ne sont 
guère casaniers; de l'autre côté aux nécessités pour les citadins 
du moyen âge de la sécurité générale. Les rues nouvelles sont 
au contraire larges et spacieuses et le jardin de la ville, au 
milieu duquel s'élève le monument de Tommaseo, est même 
très joli. 

Tommaseo, né en 1802 à Sebenico, s'est illustré comme 
philosophe et philologue et a publié des écrits linguistiques, 
historiques, philosophiques et politiques, dont son biographe 
taxe le nombre à 212. 

L'abbé Fortis jugeait en 1776 que Sebenico jouit d'une situa- 
tion exceptionnelle et que ses habitants sont fort accueillants. 
Après avoir été déclassée, la ville s'est relevée, depuis qu'on a 
commencé à utiliser les chutes de la Krka pour l'industrie, et 
que les voyageurs ont pris intérêt à visiter ces chutes, dont 
la dernière se trouve, comme nous l'avons dit ci-dessus, dans 
le voisinage. 



Cétaila hlatori^uss. 
Que Sebenico ait été foadé par les Romains ou dou, ce 
n'est que depuis le XI' siècle que In. yille a tenu un rang assez im- 
portant pour être un objet tle litige entre les dynasties rivales. 
En 1116, lorsque Selienicoappart&naità Koloman, roi de Hongrie, 
elle fut prise par le lieutenant vénitien Falieri. Dès 1163eile ressor- 
tit de nouveau à la Hongrie jusqu'à la mort d'André, le dernier 
des Arpades. Appartenant, tour à tour, à Venise et à la Hongrie 
elie dut soutenir, en 1520 et en 1538, le aiège fait par les Turcs. 
Ce fut l'époque de sa grandeur. Dans ses murs naquirent 
Antonius Verantius (en 1502) Hirchevéqua de Gran, qui joua un 
rôle important sous les einpei-eurs Ferdinand I" et Maxirailien HT, 






le pemtre André Midola, 
imitateur en langue Lroate 
eut beaucoup à '.ouffiir de 
Teccbieli de Bosiiik 



le chanoine-poète Nardino et son 
Petrus Difnico. Eu 1647, Sebenîco 
a peste et des attaques du pascha 



La cathédrale. 

En montant de la „Marma", éclairée à la 
sur la „Place de la Cathédrale", nous voyons t 
portail gothique, flanqué des deux côtés d'u 
et surmonté d'une rosace colos^iale. 

La cathédrale fut commencée en 1443 dans le style gothique 
et terminée en 1555, lorsque, en Dalmatie, le style 



imière électrique, 
suite le superbe 
j t'ejiétre ogivale 



m^ 



La eatli élirai e. 



iguait depuis de longues années, ce q\ii explique rérection 
'une coupole qui forme ie couronnement de la nef. Le premier 
[ architecte en fut un Dalmate (Magister MatthEeus Balmatictis), 




La construction du toit ainsi que celle de la coupole 
de pierre est considérée par les hommes du métier comme étant 
unique dans ce genre. En entrant dana l'église par le grand portai! 
nous apercevons h gauche le tombeau d'un éySque, puis le maître- 




autel que domine une demi-i^onpole, au-dessus 
de laquelle l'orme saillie une pièce de maçonnerie 
également surmontée d'une voùt« et qui laisse 
tomber le jour par iine petite rosace à rinterieur 
de l'église. Le tout est couronné par une grande 
coupole à huit vitraux de couleur. 

Le tableau du maître-autel représentant 
Ift Sain te -Vierge, Ste Thérèse et Ht François 
de Sales, est d'une origine incertaine, tandis 
qti'on attribue à André Schiavone la toile des 

I Mages qui décore un autel latéral. Les 
stallefi sont ornées de miniatures en marbre, 
que Ton trouve aussi dans la chapelle baptis- 
male. Malheureusement des brigands, qui, y a 



d 



(quelques aiiné«s, ont dévasté cette chapelle avec va véritable 
ÏVaiidalisme, ont abîmé les statues et les rosettes qui se trouvaient 
le la fenêtre 



En face de la i.athtidrale i 
installe \ présent un cate t 
■ club qui se Jftit fête de : 



Q aperçoit la vieille loggia où 
a premier ctage se réunit un 
les étiangers 




Promenale aux forta 

Sehenico conserve encore aujourdhui les restes de ses 
ciennea fortihcations Outre le fort S Nicole bâti par Saa- 
nicheli, on en compte troit> qui couronnent les hauteurs 



J 



116 



Lea tlee ptéa de Sebeniao. 



du fond de la scène du fort „Batoiie", qui tire son nom 
du glorieux baron de Degeufeld, qui l'a défendu vaillamment 
en 1647. Il est eu ruines, ainsi que le fort S. Giovanni, qui a 
perdu toute importance militaire, mais ne peut Être visité que bous 
la conduite du paysan qui en est le gardien. Le fort Sainte- 
Anne, appelé autrefois Sanmichete, compte parmi les monuments 
les plus anciens de Sebenico. 

Nous engageons le voyageur à visiter le cimetière et à con- 
templer de là, la vue sur Sebenico et ses enviions qui est vraiment 
superbe. A l'est elle embrasse les jardins jusqu'aux forts S. Gio- 
vanni et les ruines du fort Sarone, au sud c'est le beau paysage 
formé par la baie et la presqu'île Maddalena qui retient 
notre attention; à l'ouest voua distinguez, au deli du canal de 
3. Antonio et de l'île de Zlarin, le village de Vodice, qui forme 
la transition à la région du Karst; au nord le bassin du port 

en canal maritime, que traverse la Krka après avoir 

i lac de Prokljan. 



Les llea près ds Sebemco. 

L'île de Zlarin est sans contredit ta plus grande de l'archipel 
de Sebenico, que Pline désigne par le nom de „InBulae Ceîarfwssae". 
Le chef-lieu en est Zlarin, bâti sur la côte occidentale. On y 
cultive la vigne et l'olivier; les habitants, qui pratiquent la 
pêche des coraux, ne sont pas moins aptes au commerce. 

L'îie de Crappano, à T/i kilomètres au sud de Sebenico, est 
habitée par les plus habiles pêcheurs d'épongés, qui, dans leurs 
petites barques, s'aventurent jusque dans le golfe du Quarnero. 
Le couvent S. Cioce se trouve au nord du village. A l'est de 
l'île s'ouvre un canal, qui nous mène au lac de castel Andreis, 
où l'on retrouve le chemin de fer. 



Excursion sur la cûte du auà de Sebenico. 



En traversant la v 
dirigeant i 



! ferrée de Knin à Spalato et en se 
is entrons dans une espèce de grotte, 
a trouvent deux mares salantes, puis en continuant notre 
route, nous apercevons le grand lac de Veliko Solina, d'où les 
Vénitiens retiraient du sel. 

Après un quart d'heure de marche, nous arrivons a 
de Zablace, qu'embellit une petite église octogone, qui 



village 



li 



Q joli tableau de Salghetti Drioli, représentant le baptême de 
I Jésus-Christ. Les habitants du village cultivent la vigne, qui 
irnit d'excellent vin rouge et s'occupent de raffiner de 
[ rhnile d'olive. 

A 10 kilomètres sud de Sebenlco s'étend la preaqu'ile d'Oêtrica, 
i où l'on montre, comme une curiosité, quelques anneaux en pierre, 
ont servi, un jour, à faciliter la tiiite des chrétiens qui étaient 
I détenus en Herzégovine. 

Non loin de là se trouvent les ruines du légendaire Ancien- 
benico, tandis qu'au midi s'ouvre l'immense bassin de „Porto 
I Sebenico Vecchio", qui permettrait à toute une escadre d'y 
I manœuvrer avec facilité. Comme suit« à la baie, s'enfonce dans 
[ llntérieur du paya la vallée de GrebaStica. On y rencontre, ainsi 
LUX alentours de l'antique église S. Jean de Tyro, des tom- 
beaux et des pierres tombales superbes à inscriptions et à em- • 
' blêmes symboliques; d'origine croate, elles évoquent le souvenir 
t de Vantiqae ville royale de Bihaé, non loin de Traù, et l'arche- 1 
fc- ologue pourrait peut-être, en y pratiquant des fouilles, recueillir 1 



Le mont Tartaro (Trtar). 



Le mont Tartaro, dénomination qui, selon certains géographes, 
[ remonte aux invasions des Mongols (Tartaresj de l'année 1241, 
non seulement célèbre à cause de l'excellent vin qu'il produit 
ses ])euteg, mais encore par la vue superbe, qui s'étend 
I ftu-delà de la Dinara et de Enin. 



De Sebenlco à Scardona et au couvent de Viaovac. 



De .Scftenico à Scardona. 

Lescliangementsdepaysagedela région delaKrka dépendent 
i éminemment de ses propriétés géologiques vu que la Krka, se- 
(dirigeant dans son cours tantôt vers l'ouest, tantôt vers le sud 

Bsse pas de percer des plis de l'écorce terreste couchés dans 
I la direction du nord-ouest et des enfoncements intermédiaires. 

Dans la région inférieure même, entre Scardona et Sebenico, 
lu traverse encore quati-e séries de plis dont le plus occidental 



i^-y 



118 



Ssbanlco at 1m 



4«'1I attrt. 



i 



va se perdre entre la riviÈre et la mer, tandis que celui de l'est est 
formé par la «mtinuation nord-ouest de la crête tJu mont Tartaro. 

En cinglant, à la sortie du bassin de Sebeuico, vers le nord- 
ouest, nous le voyons se rétrécir de manière à présenter an bras 
de mer large, en moyenne, d'un demi-kilomètre lequel conserve, 
jusqu'à environ 6 kilomètres de Sebenico, la direction nord-ouest. 

La suite de ce tronçon de canal, où les t'tages géologiques 
oDt été déplacés violemment, c'est la baie de Zaton, dans la 
verdure de laquelle les maisonnettes blanchies i, la chaux du 
village de ce uom salueut le voyageur; la valîée de la K.rka, 
toutefois dévie vers le nord-ouest et serpente, jusqu'à la s 
du „Lago Prokljan" de la Krka, eu une double ligne. 

C'est au début de cette partie de son cours que la 1 
perce le second des plis signalés ci-dessus, et nous voyons eail 
sur les deux rives, des rocs, produits de poissants gisemeutw J 
calcaires qui sont venus s'y amonceler. Dfs cet endroit, !a Krk» 
se détourne, pour la seconde (bis, vers le nord-ouest. Le géologua 
Kemer suppose qu'entre ces deux élévations il s( 
profil géologique naturel, et cette fois paf ime excavatïoB ] 
s'enfonce entre deiix plis. 

Au point où la Krka sort du lac Prokljan, le Vukinac eni 
Debeijak ne forme qu'une seule crête interrompue par le lit de 
la Krka, laquelle, k l'égard de la géologie, est le troisième des 
plia mentionnés ci-dessus. Dans les terrains bas qui s'y joignent 
au midi, on rencontre des dolomites sablonneux formant les bords 
sud du lac, tandis qne la presqu'île du bord est, dont il faut 
doubler la pointa septentrionale pour s'engager de nouveau dans 
la Krka, tient de la dure chaux du pli du mont Tartaro. 

L'eau a une profondeur de 25 mètres à la pointe sud-ouest 
du lac, et de 15 mètres à l'autre bout, et la largeur de la rivière 
se réduit d'un coup à 150 mètres. Mais bientôt la tranquille 
nappe d'eau se détourne tout à coup vers le nord, et s'èlargissant 
à 300 mètres elle vous démasque la rue de Scardona. 

A'cardona (Skradin). 

Scardona fut, dans l'antiquité, une des villes les plus 
tables du pays, vu que le convetitus jttridiciis (la diète) de h 
Salmatie s'y rassemblait d'ordinaire. 



Krka, 
meut» 3 I 




Lu chute de Bcardonn. 119 

Api'ës avoir été détruite par les Avares, la ville fut vebâtie , 

par les Croates, et après avoir changé plusieurs fois de maître, 

les Vénitiens en achetèrent, en 1411, au roi de Bosnie la 

suzeraineté. Un siècle après les Turcs s'en emparèrent ; l'assaut 

I donné à la ville par le gênerai Pesaro, qui voulait leur enlever 

len 1527 Scardona, joint au pillage et A, l'incendie par les Turcs, 

"«ontribuèvent à la ruiner Fobcolo échoua dans le coup de main 

(lii'il tenta en 164S et ce w i .t |u'en IGHl que les Turcs en 

fiu-eut chassés ]i!ir le^ Zngîpnens. 




En ia09 les contributions de guerre pesaient si lourdement 
sur cette pauvre petite ville, que jusqu'à présent elle n'a pw 
guère se relever. 

On compte beaucoup à Scardona sur l'affluence des voyageurs 
qui viendront visiter les chutes de la Krka et, en effet, leur 
nombre augmente chaque année. 

La chute de Scardona (dernière dintc de la Krka). 
Après qu'on a descendu une demi-heure en barque la Krka, 
l'œil discerne en amont de Scardona une double nappe blanche, 
«t tout jt la fois le bruissement sourd de la cascade parvient 



I 



Sebenlso et lel exonnioiia qn'Q offre. 

à nos oreilles. Bientôt, à travers les peupliers qui ont pris racid 
près lies moulins, nous voyons briller l'immense cataracte, c 
par sa largeur rappelle au premier moment celle du Abia. i 
bas de la cbute et k ses côtés se sont installés une cinqui 
taine de moulins. En allant un peu à gaucbe, nous tombe 
dans un superbe désert où s'élèvent entre des rochers tapiss 
de mousses et de lierre, des groupes de mûriers et d'olîvîec 
derrière lesquels près de cinquante petites cascades vont rejoinCM 
la grande chute. Partout on eutend sortant d'entre les roch^ 
le fracas de la chute des eaux, qui étouffe le bruit que prfl 
duisent ensemble les 50 moulins. Pendant les grandes ch&lea| 
même, tout est riant et vert aux alentours de la cataracte. 

Bien de plus imposant que cette masse d'eau qx 
oipite du haut des terrasses larges de 100 métrés et qui rappc 
étant donné certains effets de lumières, tantôt un glacii 
un plateau en argent mat, tandis que, à certains moments, '. 
cascade et les nuées d'écume scintillent de toutes les teintes i 



l'a! 






La cascade desceud d'une hauteur de 40 mètres, et le specta 
.grandiose peut-être aduiiré à loisir d'un des moulins où.l 
[ trouve un restaurant agrémenté d'un petit jardin. 

Il y a trente ans à peine, on ne songeait à utiliser autremol 

[ les cascades que pour faire marcher les moulins. Depuis, t 

i élève les eaux,' à l'aide d'une pompe, nu niveau des rives, poi 

[ les conduire par des tuyaux à Sebenico; c'est grâce ai 

lUX travaux incessants de MM. bupuk & fils, qu'on y { 

) station électrique dont le moteur de 320 chevaux sert j 

l'éclairage de la ville située à H kilomètres. Maintenant la pitu 

re maison de Sebenico utilise l'électricité, car une 
de 5 bougies ne coûte annuellement que â florins. 

jB, même maison bupuk a commencé à établir un 
moteur et l'on fait de nombreux projets pour utiliser 
1 de 10.000 chevaux -vapeur dont dispose la Krka, 



En n n ant la 1 ut g h d I chute de la Krka, ob8 

r eu h m na t a ra 1 eu de la étation Luxuriante; atil 

de Krka ou plu a la la ge L Vola d'où l'on aborde lâj 

L celèb B co ent de V so a 



Le couvent de Visovac. 121 



Le couvent de Visovac. 

C'est un charmant site que celui où s'élève, à 6 kilomètres 
de la première chute de la Krka, sur un îlot formé par la rivière, 
le couvent de Visovac. Enclos par une ceinture de montagnes, 
cet îlot ressemble à une oasis verdoyante; ce n'est pas seule- 
ment au printemps mais aussi dans d'autres saisons qu'il offre 
un coup d'œil charmant. On suppose que Visovac fut un palais 
de plaisance des Bribir. C'est au XV' siècle que remonte la 
construction du couvent qui possède encore aujourd'hui, malgré 
les nombreuses atteintes et calamités qu'il eut à subir, une 

4 

des bibliothèques les plus intéressantes de la Dalmatie. Qn y 
conserve une lettre adressée par le général Foscolo au père 
gardien de Visovac pour l'engager à fuir puisque les Turcs 
s'avançaient vers Knin. On y trouve aussi plusieurs firmans 
turcs dont l'un écrit de la main du Sultan sur du parchemin 
orné de soie verte. 

Parmi les documents il faut citer l'„Histoire des Slaves 
méridionaux" écrite par le père Gaspard Vinjalic, de même 
qu'un manuscrit en lettres gothiques datant de 1543. 

A l'intérieur de l'église se trouve un superbe tableau représen- 
tant S. François d'Assise; la tête du fondateur de l'ordre où 
seuls les yeux respirent la vie, paraît être celle d'un homme 
qui vient de ressusciter de la mort. Le nom du peintre qui a 
fait ce tableau est, à notre regret, inconnu. 



Le panorama de Visovac est surtout beau, vu des coteaux, 
près de Dubravice. Ici, où passe aussi la route de Scardona, on 
exploite une houillère. Cette route se joint à celle de Gjevrske 
à DrniS et l'on met 3 heures de voiture pour aller de Scardona 
à Drniâ. 

Si l'on part de DrniS, on peut quitter à Grabic la voiture 
pour gravir, en passant à gauche, par le village de Gornje 
BriStane, une éminence où se produit un écho magnifique, 
et qui porte le nom de „Genius". De là, on peut héler une 
barque de Visovac qui vous conduira à la cascade de RonÔislap où 
vous attend la voiture avec laquelle vous reviendrez par Scardona 



122 Sebenico et les excursions qu'il o£fre. 

à Sebenico. Si Ton voulait continuer la course en barque jus- 
qu'à S. Arhangjeo, il faudrait faire attendre la voiture à Kistanje 
ou près du couvent même. Toutefois cette course absorbe trois 
journées entières, et nous engageons le touriste désireux de 
la faire à se munir de provisions et à s'entendre d'avance 
sur le prix de la course avec le conducteur de la voiture. 



M 




XIV. De Sebenlco à Knin. 



Voyage en chemin de fer Sebenico-Perkovic-Knin. 
De Sebenico à Ditiïb. 
Partant de la gare de Sebenico, la voie longe la rive ' 
L orientale du bassin de Sebenico en inclinant vers le snJ-est, 
l Après un parcours d'un quart de lîilomèti-e, la cligne de Eiva" 
■it'embrancbe à gaucbe et noua ramène à Sebenico en descendant 
jiusqu'à la rive; la ligne principale coupe une langue de terre en 
Klvant de la presqu'île S. Maddaleaa et enfile la dépression entre le 
■.■versant du Karat et les coteaux de la côte offrant jusqu'à Vrpolje 
I de temps en temps la vue sur la mer. Après avoir passé Dabar, 
ïelle arrive, en montant vers l'est, fi la station de PerkoviÉ- 
ISliro où nous voyons aboutir la ligne de Spalato qui a tra- 
I versé le défilé étroit entre les monts Jaklina et Trovra. 

La route que nous parcourons jusqu'à Une.^iti offre peu | 
W'ie vue, vu qu'elle est encaissée dans les vallons agi-estes du 
KKarst. Après le passage de queli^ues défilés, nous apercevons 
5 dominé par les cimes de la Dinara (1831 mètres) et du 
OBJak (120T mètres). 

Pour descendre dans la plaine, la voie côtoie les pentes 
lovd-est du Mosec-Planina vers le sud-est, traverse la Ôikola et 
mtre enfin dans le défilé de DmiS qui forme un des plus 
Intéressants caûons rocbenx de la Dalmatie. La station se 
à 2 kilomètres nord-est de la ville à une altitude de 

Drnig. 



Noi 



sur un pont la Cikola pour i 



Ce bourg qui — fait rare — ne contient pas de souvenirs 1 
temps romains, jouait au XVII» siècle un rôle si i 



124 De Sebenico à Knin. 

; portant dans la lutte avec les Turcs, que ces derniers rappelaient 
• le „petit Sarajevo". Ce ne fut qu'après la déroi^te au siège de 
Vienne de l'armée turque, en 1683, que le courageux Srdar Nakic 
affranchit à jamais DrniS du joug des musulmans. 

Peu à peu les fortifications disparurent, aujourd'hui nous 
voyons encore les ruines d'un minaret. A côté du presbytère 
qui était autrefois la demeure du prêtre turc, se trouve une 
fontaine qu'alimentait l'eau venant de la Promina et qui servait 
aux ablutions religieuses. 

Aujourd'hui Drniâ dont la situation favorise le commerce 
des céréales et des bestiaux, compte 1456 habitants et possède 
plusieurs jolies maisons et de petites auberges proprement 
tenues. 

De Drniâ à Knin. 

(Continuation de la course en chemin de fer.) 

Après une course d'environ un quart d'heure, nous arrivons 
à Siveric dont les mines de houille appartiennent à une société 
de Turin qui porte le nom de „Società carbonifera Austro- 
Italiana del Monte Promina". Elles occupent près de 200 mineurs 
qui extraient par jour 22 à 24 wagons de houille. Un des puits 
qui a pris feu il y a quelques années brûle encore aujourd'hui, 
mais on l'a séparé des autres puits par un mur épais. 

Quelques kilomètres au nord de Siveric, le chemin de fer 
traverse le col S. Petar ou Lukavac et arrive, après avoir 
passé le village de Kosovo, à Knin à 27 kilomètres de Drniâ. 

Knin. 
La sitiiation de la ville. 

Entre le Vélebit et la Dinara s'ouvre, dans la montagne, 
une brèche à l'ouest de laquelle prend sa source la Zrmanja . 
qui limite le Vélébit vers l'est et vers le sud; à l'est de la 
dite brèche coulent des deux côtés du mont Orlovica les ruisseaux 
de E-adiljevica et de Budiânjica qui vont se décharger dans 
la Krka. 

Knin ne manque pas d'intérêt au point de vue hydro- 
graphique. C'est là que se rapprochent le plus les princi- 
paux cours d'eau de la Dalmatie moyenne. La Krka n'j'^ est 
éloignée que de 9 kilomètres de la Zrmanja et l'on n'a à 



Notions historiques. 125 

faire qu'une route de 17 kilomètres pour arriver sur la route 
de Vrlika dans le territoire des sources de la Cetina. 

A 20 kilomètres de Knin près du village de Radvika se ren- 
contrent les frontières de la Croatie, de la Dalmatie et de la 
Bosnie. Du nord-ouest viennent aboutir ici la route croate de 
Grab et celle de Bosnie dans la vallée de BudiSnijca, de l'est 
la route de Sinj, du sud celle de Spalato à Glissa, de l'ouest 
enfin se rapproche la route de Zara.*) 

Notions historiqttes, 

A la place de Knin s'élevait, au temps des Romains, Arduba 
dont parle Dio Cassius, qui rapporte que les habitants s'étaient 
défendus avec courage contre Germanicus. 

Lors de ce siège les femmes aimèrent mieux se jeter à l'eau 
que de devenir esclaves romaines. Plusieurs historiens con- 
testent ce fait, mais ce qu'il y a de certain c'est que Con- 
stantin Porphyrogenète constate l'existence de la ville 649 après 
Jésus-Christ. Jusqu'en 1755, Knin était le siège d'un évêché. 

De 1396 à 1397 elle fut la résidence de l'empereur Sigismond 
battu par les Turcs à Nikopolis. Ce ne fut qu'eu 1777 que le 
brave Stojan Jankovic combattant sous le doge Cornaro ré- 
ussit à chasser les Turcs et à consolider la puissance véni- 
tienne dont le souvenir se perpétue dans le lion de St Marc 
posé sur la porte de la forteresse. 

Knin joua pour la dernière fois un rôle important 
en 1805 où la ville fut prise par le général Molitor avec 
5000 hommes. Depuis elle a déchu peu à peu de son ancien 
rang et elle n'est digne d'intérêt qu'au point de vue pittoresque. 
Elle est dominée par la cime du Monte Salvatore (345 mètres) 
à la base duquel elle s'adosse. 

Knin, bourgade peuplée de 1270 habitants, possède un 
musée local et offre au voyageur la faculté d'entreprendre dans 
ses environs de jolies promenades. 

La vue dont on jouit en se plaçant sur le pont de la Krka, 
est fort belle, mais elle ne saurait égaler celle qu'offre la 
forteresse surtout si elle est éclairée par le soleil couchant. 



*) A Knin les auberges sont assez nombreuses et assez bonnes (Hôtel 
Knin). Les voitures mettent 3 heures pour gagner la frontière de la 
Bosnie, 4 heures jusqu'à celle de la Croatie et l'/, heure jusqu'à la 
cascade Manojlovac. 



126 De Sebenico à Knin. 

A réglise S. Barbara l'on a inhumé le Nobile Bartolome 
Borelli qui y avait été envoyé comme gouverneur et dont le 
sénat vénitien récompensa les mérites en accordant à son fils 
François le titre de comte et la seigneurie de Vrana. 

Knin est le centre d'une industrie domestique remarquable : 
les paysannes y tissent de jolies nappes et des tapis aux couleurs 
vives, qu'on peut y acquérir à des prix modiques. 

Le musée de Knin, 

Ce musée que nous devons à l'initiative de Fra Luigi Maruns 
qui non seulement recueillait les produits de toutes les fouilles 
et d'autres antiquités, mais encore fondait une société croate 
conservatrice des antiquités, est installé dans le couvent des 
Franciscains. 

Les objets les plus anciens datent des époques de la pierre, 
du cuivre et du fer; d'ailleurs des inscriptions, des pierres commé- 
moratives et des monnaies y furent mises à jour en si grand 
nombre qu'on put en céder à d'autres musées. 

Le musée réunit principalement des antiquités croates ; parmi 
les objets qui datent du moyen, âge citons des sabres, des 
monnaies byzantines datant du IX' et du X' siècle. 

Dans les tombeaux de femmes on trouva des boucles d'oreilles 
et des bijoux qui rappellent ceux que l'on a trouvés, dans le 
nord de l'Allemagne, dans les tombes des Venètes et des Tchèques. 

On a découvert aussi certaines pierres qui, par leurs in- 
scriptions, confirment l'existence des rois croates Trpimir, Mun- 
cimir et Zvonimir, que plusieurs historiens ont niée. 

Excursions de Knin. 

Outre la promenade au pont de la Krka, celles qui mènent 
à Golubiç et à Plavic, dans la vallée de Budiânjica, offrent 
des charmes. Il y en a une autre qui conduit aux parties nord 
du Polje de Kosovo, mais les voyageurs préfèrent ordinaire- 
ment visiter la chute de Topolje qui, surtout en hiver, étonne 
par son volume d'eau. 

Sur la Dinara (1831 mètres). 

C'est à 16 kilomètres à l'est de Knin que s'élève l'énorme 
massif de roches calcaires de la Dinara dont le versant abrupt de 



Po Knfn pur RsBTOEJe k DrnIS, 



127 



l'ouest passe pour un des phénomÈnes les plus merveilleux non 
seulement de la Dalmatie, maïs du territoire entier des Alpes 
calcitiree méridionales. La route passant près de la cascade de 
Topolje monte au petit groupe des cabanes de Juric Stan d'où 
un petit sentier voue conduit dans la vallée de Mahnita Draga, 
puis sur une élévation d'où nous jouissons d'une belle vue sur 1 
la vallée de Vrlika. 

Parvenus à l'altitude du Semmering, nous pénétrons dans 
un défilé entre la Dinara et le Tominosic Vrh; le chemin 
s'incline de plus en plus vers le nord, on abandonne sa monture 
pour gravir la cime. Un bon marcheur peut faire cette excursion 
en cinq heures. Cette ascension n'étant encore que fort peu 
connue intéressera, nous en sommes sûrs, tous les alpinistes 
avides du i 



■ De Knin par Hazvogja à Drnlâ. 

^ La route de Knin conduit ensuite dans la contrée de Pro- 
raina bien cultivée en vignes et en blés. Oklaj et Promina sont 
les villages les plus importants. 

Sur l'emplacement de Promina s'élevait autrefois l'ancienne 
Promona bfttie par les Liburniens. Quand les Dalmates l'assié- 
geaient l'an 52 avant J.-Cbr., les Liburniens appelèrent il leur 
aide les Bomains, mais ce ne fut, selon Appieu, que sous Octavieu 
Auguste que les Eomains purent se rendre maîtres de Promina. 






lacriptioni 



X gros village de llaz- 
ir Sebenico. 
i sentier gravit la c 



On a, découvert depuis des thermes i 
provenant de Iti XI' légion. 

Une route partant d'Oklaj conduit a 
vogje d'où l'on jouit d'une belle vue . 

Un peu plus aa sud de VeluSic, 
du mont Promina; un chemin qui perce un petit défilé entre 
les rociiers de Promina et le mont Kalun fait conununii|uer 
VeluMc avec Drniâ, 

De Knin à Vrlika. 
Source de la Cetina, Us tombes des Bogiimiles, la grolte de TrHka. 

La route de Knin & Vrlika monte doucement vers le village 
deKijevo situé au bord d'un plateau et elle s'abaisse, dans une 
descente abrupto, de 70 ou 80 mètres vers la plaine de la Cetina. 

C'est au pied du dit plateau, que, non loin de villages 
de KotluSa, Citluk et VukoviiS on rencontre des trous profonds 



Da 6<bMiiep A Euin. 



pleins d'eau: les sources île la CeUnt 
filet d'eau dans la plaine. Mais la 
jaillit près du village de Milas, où i 
bragéee par de liauts chênes, les i 



Cette 



La plaine 
tiiia est eépfti 



qui ensuite, seqiente en 
source la plus puissante 
JUS apercevons aussi, oin- 
etite chapelle. 



st nommée Jarebica; elle nourrit de délicates 
s et les habitants la regardent, comme la source principale 
Cetiiia. 

se réuuissent les diverses sources de la Cè- 
de la plaine de Vriika par les hauteurs de 
Kosorsko que le fleuve perce en formant 
queliiuea petites cascades fort charmantes. 
Prés de Milos se trouvent des tombes 
d'une remarquable étendue et dont les 
inscriptions nous font supposer iju'ellea 
datent des Bogoumiles, secte religieuse 
du moyeu âge. 

I Entre la Dinara et le Janski Vrh 
s'encaisse une vallée appelée TJniSta Draga 
d'où l'on parvient facilement en Bosnie. 
Non loin du village d'UniSta on peut 
visiter la grotte de Vrlika, qui est une 
des plus intéressantes. On y pénètre muui 
de torches résineuses pour y contempler 
admirables stalactites et stalagmites 
forme d'arbres. 




Vrlika et *■ 
De Kijevo 1 



minèraiea. 



Pn)-B»n de Vclika, 



route monte 

petite localité dans un joli site et d'oCi 

n jouit d'une vue superbe sur la Diuara 

et sur la vallée de la Cetina. 

Dans le voisinage de l'ancienne forteresse qui, selon toute 

probabilité, fut rasée après la capitulation des Turcs, il existe 

un joli petit bain près des sources de Vrlika qui sont effîcaces 

pour certaines maladies des intestins. 

Nous ne doutons pas que la nature qui est si merveilleuse- 
ment belle à Yrlika ne contribue également an rétablissement 
de la santé des baigneurs. 



en J 



De Trlika à Sinj. 



De Vrlika à Sioj.'). 
La vallée que nous traTersons est bien cultivé 
ties partaitement h 



1 des par- 
i passons près du couvent de Dra- 
govid qui, datant du XV' siècle, est tombé en ruines; seuls trois 
religieux, sous la surveillance d'unlgumen, l'habitent encore. Au 
bout dit dernier défilé, la Cetina coule au milieu de vertes prairies, 
et la route s'élève à la hauteur d'une crête où s'Aivre la vue sur 
B plaine du Sinsko-Polje, qui, en hiver, ressemble àunlac 



ObservatlGns de géologie afférentes au parcours de DrniS 
â Kain. 

Uu gracd nombre des 
phénomènes qui, dans la région 
méd iterranéenne, surprennent 
l'habitant du centre de l'Eu- 
rope, notamment le contraste 
qui existe entreles tapis de 
verdure et les futaies au nord 
desAlpes d'un côté, etdel'autre 
In végétation presque stérile 
des pays de la Méditerranée 
se réduisant k des taillis et i, 
des broussailles entremêlés de 
roches, tiennent pour la plu- 
part au caractère de la struc- 
ture géologique de l'êcorce 
terrestre. L'intelligence de 
ces phénomènes accroît la 
jouissance que vous cause 
la contemplation du paysage, 
et cette jouissance n'en dé- 
coule pas moins que de !a 
connaissance des types végé- 
taux les plus importants ou d'u 
graphie du pays. 

Suivant les recherches du professeur Kemer, la région qui 
s'étend du sud-est de la Bukovica jusqu'au Petrovopolje et du 
nord-est de Sebenico jusqu'à Knin, était, dans la période cré- 




n apert,''U de l'histoire et de l'éthno- 



180 



Da 






tRcée, submergée sous la mer où sont venues se plaquer les 
puissantes couches (étages) de chaux rudiste. *) 

Dans la dernière époque de celte période, la mer laissa en 
se retirant dans le sud-ouest, des lagunes, taudis que, daos les 
régions de l'est, il se formait dfi vastes lacs jjitérieurs, d'où se 
désagrégèrent des couches de cosin» qui se superposèrent à la 
chaux rudiste. •••) 

C'est alors que la mer, envahissant pour la seconde fois 
la terre ferme, changea les lacs en lagunes au fond des- 
quelles vinrent se figer les chaux de foraminifères. Enfin, 
la mer battant encore une fois en retraite, il resta soit des 
terres toutes sèches, soit des eaux de littoral peu profondes, 
d'où a résulté la dépression des gisements de Paris.***) 
Ce second refoulement de la mer fut causé, dans la période 
néo-éocène, par un renflement des masses de couches submergées 
par suite du froncement du noyau du globe qui allait se recro- 
queviller, et- le résultat en est la structure par plis actuelle de 
la région. Dans oe temps-là la Dalmatie septentrionale devenait 
le territoire où vinrent se déverser de grandes rivières qui 
déposaient, entre autres éléments, les gros éboulis des conglo- 
mérés promiua. 

Les plus anciens minéraux sont les ardoises de „Werfen", 
lesquelles forment aussi dans les Alpes calcaires la base des 
puissants gisements de chaux ; elles se trouvent, outre le tuf et 
les dolomites, la chaux de Gutenstein et le calcaire conchylien, 
surtout dans le Kosovo et le Petrova polje. Ces minéraux font 
partie de la „trias" inférieure, la première des trois périodes 
(trias, jura, craie) dans lesquelles on a coutume de diviser le 
moyen Sge géologique. 

Puisque la terre ferme s'était desséchée de sorte qu'il na 
pouvait s'y faire de dépôt de gisements, il manque un certain 



*) Les qTndistes" ou „lilppnrlteij'^ âtaient ans fikmille do coquillages 
ilinparus, afieclsnt la forme de lonriia cônes à grosses parois qui étaient 

huîtres, du denses oolonieH et les rÉsidna de lenrs ooyniUea servirent à 

les farinatians crâtacâe eC tertiaire de l'iHtrie et de la Dalmatie. 

•'') La période tertiaire se divisa ea trois époques; l'éocène, le mio- 
cène et le pllooéus. Ce aunt les couches ds Faili, le ,pB^iaie^^ iiui can- 



Obserratioiu de géologie afférentes an parcourt <le Drni^ à Knin. 131 

nombre de couches, ou bien celles-ci n'apparaissent que va et là 
jusqu'à ce qu'on rencontre ces restes de la mer crétacée qui 
jouent un rôle si éminent dans toute la Dalmatie, de même que 
dans les pays de la Méditerranée en général. 

La craie supérieure représentée par les chaux rudistes 
passant du gris au brunâtre, mais le plus souvent d*un blanc 
pur, est la plus répandue. Ces chaux, résidus de la dénudation, 
se superposent tantôt aux plaques calcaires plus anciennes, 
tantôt se montrent sur les hauts sommets, puisque, lors de la 
formation des moi^gnes, les dernières couches déposées sur la 
chaux crevaient de sorte que celle-ci fut mise à jour. 

La période crétacée, la dernière du moyen âge géologique 
du globe terrestre, fut suivie de Tère moderne géologi<|ue, qui 
se divise en trois périodes celles du tertiaire, du déluge et de 
l'alluvion. 

Le tertiaire, de son côté, se subdivise en trois épor^ues, 
l'éocène ou „temps de l'aurore", dans lequel des êtres pareils 
à ceux d'aujourd'hui commencèrent à peupler la terre, le mio- 
cène et le pliocène. L'éocène est représenté dans les régions 
que nous décrivons, en première ligne par les couches df; 
„cosina" couvrant, sans intermédiaire, la chaux, auxquelles s*; 
superposent, à leur tour, les chaux de foraniinifères supérieures, 
composées le plus souvent des coquilles de foraminifèrtîs ou 
animalcules crétacés. Une espèce intermédiaire entre les couches 
sous-éocène et moyen-éocène se présente dans les gisenK^nts 
de minerai lesquels se rencontrent à la Mose6-Planina et au 
mont Kalun près de Drniâ; il y succède l'éocène sui»ériour 
dont les couches présentent, en Dalmatio, toutes les ïoruw.s 
mixtes. 

Au Monte Promina la série de couches suj»('!ri(îur<î se c/mu- 
pose de couches de marne séparées, par des conglr>niérés qui 
s'y sont glissés, en trois profils. C'est à elle (ju'appartiennent 
les gisements de lignite de Siveric et de Veluî^ic (sur les lia nés 
sud-est et sud-ouest du Monte Promina;. 

Si nous considérons les formes que revêtent les (lin'énnitH 
minéraux, nous reconnaîtrons (dans la région à l'est du chninin 
de fer de Drniâ à Knin) que, dans la chaux (;n plaqinî gri.s<î 
de la formation crétacée, des plaques polygoiiris U^ndnnL à sn 
désagréger des bancs de pierres qui cliangent souv<;nt I<*.h 



132 De Sebenico à Knin. 

pentes généralement douces en gradins naturels, comme par 
exemple dans le cirque de la Peôina au sud de Karenovac, 
où est encaissée une petite oasis de montagnes en gradins 
presque régulièrement étages. La formation du relief dans la 
chaux rudiste en diffère essentiellement: c'est que, aux endroits 
dont la position dépend de petites différences de dureté et 
peut être supposée tenir aux influences organiques, il se forme 
d'abord des enfoncements sur lesquels ne cessent d'agir les 
forces s'attaquant à la pierre de sorte que tout le banc de 
pierres finit par être taillé en poteaux ^t qu'il en naît un 
fouillis d'arêtes et de pics déchiquetés, uk pareils reliefs en 
poteaux se dessinent le plus complètement dans le terrains 
calcaires au nord de la „Promina mala" et à l'ouest du 
mont Kalun. 

Parmi les chaux tertiaires plus anciennes, les bancs 
de chaux alvéoline*) et nummulite se découpent également, 
par suite de l'enfoncement et de l'élargissement successifs de 
crevasses, en un système de fentes et d'arêtes plus ou moins 
parallèles. Ils finissent par se décomposer en débris à bords 
tranchants que le géologue Strache a dénommés „champs de tessons" 
et comme ils font partie des terrains de désolation du „Karst" 
au nord de la Dalmatie, ils se trouvent dans le domaine des 
artères de chaux alvéoline et nummulite des deux côtés de la 
Krka et de la Ôikola inférieures, principalement dans les alen- 
tours de Scardona, ainsi qu'à l'ouest de Visovac et de Bupe, 
au nord-ouest du mont Kalun. C'est d'une autre façon que 
s'efïritent les gisements, pour la plupart puissants, de brèches 
et de conglomérés solides des couches Promina éocènes. Ici se 
creusent, le long des endroits lesquels ne sont pas solidement 
soudés, des sillons et des fosses qui vont s'élargissant en profondes 
rigoles et en trous, et des bourrelets et des croupes arrondis 
finissent par naître, séparés les uns des autres par de profondes 
fosses, mais reliés de nouveau, en partie, par des ponts en 
pierre. De pareils bourrelets portant le cachet propre 
à ce phénomène, se voient à la pointe méridionale du mont 
Kalun, le long du chemin de fer entre Mideno- et Moseô-Planina, 
au sud de l'arête occidentale du Kosjak et au nord de 
Èeèevo. 



*) Une espèce de foraminifères, qui caractérise une couche de 
l'éocène. 



Le site de Kosovo. 133 



Le site de Kosovo. 

Le voyageur qui vient de descendre du haut des plateaux 
rocailleux et dénudés dans le pays de Kosovo, qui s'étend depuis 
Petrovopolje sur un terrain d'une quinzaine de kilomètres vers 
le nord, se figurera être transporté, comme par la baguette 
magique, dans un autre monde si sa vue se repose tout à coup 
sur des prés plantureux, sur des bosquets de hêtres ombreux 
et sur des cours d'eaux limpides. Ce contraste tient à des 
phénomènes géologiques. Quand, dans la période tertiaire, les con- 
glomérés de „Promina", qui ne constituent pas seulement le 
sommet de la „ Promina", mais aussi la crête, le versant du midi 
et les contre-forts du sud-est du „Kosjak" haut de 1207 mètres 
venaient se déposer, ces hautes montagnes ne dressaient pas 
encore leurs cimes dans les airs, et le terrain qu'elles occupent 
de nos jours, relativement uni, était l'estuaire ou l'embouchure de 
grandes rivières qui découlaient de l'intérieur du pays. 

Ce ne fut que pendant ou après le tassement de couches 
de „Promina" que s'opérait l'érection de la montagne qui pro- 
voqua des déchirements de l'écorce terrestre très variés et pro- 
duisit la grande crevasse formant maintenant les „polje" de 
Petrovo et de Kosovolje. C'est à l'existence, prédominante dans 
cette crevasse et dans son voisinage, des ardoises de „Werfen" 
de la trias inférieure qu'est due la facilité qui distingue ces 
pentes, surtout celles du pays de Kosovo, à se prêter à la cul- 
ture. Le principal élément des ardoises de „Werfen", ce sont 
les ardoises argileuses rouge foncé et le grès ardoisé rouge 
Bordeaux, tandis que les ardoises argentées et riches en mica 
et les ardoises calcaires gris vert y figurent peu. Des grès d'un 
jaune sale ou d'un rouge jaune entrent dans la formation d'un niveau 
plus élevé, tandis que l'étage suprême de l'ensemble des couches 
de „Werfen" se compose d'ardoises calcaires grisâtres. Les 
ardoises, qui impliquent l'abondance de sources et consti- 
tuent des couches de désagrègement favorables à la végéta- 
tion sont, le plus souvent, surmontées de tuf noirâtre qui donne 
lieu à la formation de bizarres rochers déchiquetés et effrités. 
Ce système de couches de la trias inférieure se fendait, lors 
de l'éruption des fissures mentionnées ci-dessus, en un grand 
nombre de rochers qui, dans le Petrovopolje, sont presque 
totalement submergés dans les alluvions de la ôikola, mais qui. 



134 De Sebenico k Knin. 

dans le territoire de Kosovo, jaillissent, en grand nombre, des 
conglomérés au grain fin et à minces couches et donnent à cette 
région le cachet de paysage qui lui est particulier. 

C'est un charmant pays de collines, aux nombreuses croupes 
et à travers lesquelles glissent mollement des cours d'eaux 
bordés de prairies marécageuses. Les coteaux formés d'ardoises 
sont richement boisés ; le rouge foncé des ardoises mises à jour 
en beaucoup d'endroits tranche agréablement avec le vert foncé 
des coteaux tandisque les collines en tuf sont tapissées de pelouses 
herbeuses d'un vert clair d'où surgissent de sombres roches. 




XV. Les Morlakes (Vlasi). | 



Zii population du nord de la DaJmatie. 

? la plupart des peuples ont donné à leurs i 

isi les Dahuates du pays ititérieur appellent leurs 
frèrea slaves qui, habitant les côte3 de la mer, paraissent être 
sous l'influence italienne, „Bodoli" tandisque ceux-ci, à leur tour, 
les désignent par le nom de Morlakes qui n'est autre chose 
que la réunion des mots „tnore" et „va]acco" et ji\\ii veut 
dire ^habitant près de la mer". Les historiens s'accordent 
à dire qu'au XV' siècle beaucoup de Valaques étaient venus, 
de la presqu'île du Ealkan, s'établir en Dalmatie. On a retrouvé 
des traces de cette race près d'Abbazia. Généralement les Mor- 
lakes n'aiment guère qu'où les appelle ainsi, et préfèrent se 
„Dal mates". 



Le paysan daltnate a. toutes les qualités et tous les défauts 
du caractère slave, du paysan et du méridional. Les habitants 
du nord de l'Europe s'appliquent au travail, et font cas de 
l'argent, ils sont plus ou moins raffinés sur la nourriture et ils 
aiment à être logés avec confort. Ceci tient aussi à la nature 
et au climat et surtout à l'esprit du gain qui les anime. 

Le Dalinate est tràs frugal, mais peu apte aux travaux 
d'agriculture; il aime la belle nature et l'admire passionnément; 

Kfst hospitalier et tient généralement peu k l'argent. 
Les Dalmates ont été, de tout temjts, de véritables héros 
oant la guerre et ne s'endormant jamais dans la molli 



â 




Les Véi 
valent apprécier ce a 
guerriers intrépides et 
infatigables et ne leur 
Inisïiaient pas, pour 
ainsi dire, le temps de 
cultiver leurs champs 



de labour étaient aban- 
don néri aux efmmea. 
i les Dalmate^, et principale- 
1 peu sauvages et en somme 



Il n'est donc pas étonnant qu* 
ment les Morlakes, soient restés u: 
l'extrême simplicité qui règne dans leurs habitations, où le 
mobilier et les ustensiles de cuisine se réduisent i moins qu'au 
nécessaire, ne laisse pas d'être fort originale. Et pourtant les 
habitants sont relativement heureus et contents, ne se souciant 
guère des richesses, fiers de posséder leur „Gusla" et de pouvoir 
paraître aux jours de grande fête parés de leur costume national. 

Les hommes portent généralement des bonnets rouges et deux 
vestons, l'un rayé, l'autre g'arnî de boutons en corne. Une 
écharpe épaisse entoure la taille, parfois remplacée par une large 
ceinture où ils serrent des couteaux et des ustensiles pour 
fumer. Le pantalon en drap bleu est ample en haut, très 
étroit vers le bas. En fait de chaussure ils portent les „Opance'', 
espèce de pantoufles en cuir. Certains paysans passent, en hiver, 
un manteau ou une jaquette par-dessua le veston. 

Les femmes mariées se coifTent généralement de fichus, 
, tandis que les jeunes filles ont des bonnets rouges. Par-desscia la 
chemise aux manches richement brodées elles portent un cor- 
selet ordinairement pailleté de clinquant. La jupe est gracieuse- 



La population du nord de la Dalmatie. 137 

ment coupée et une ceinture serre la taille. Le tablier est tou- 
jours joliment brodé; quant aux chaussures elles diffèrent de 
contrée à contrée. 

Les habitants des montagnes sont généralement très robustes 
et l'on habitue les enfants dès leur bas âge à courir, légèrement 
vêtus, en toute saison. Jusqu'à quinze ans, les garçons sont 
généralement pâtres, puis ils aident leurs parents dans les 
travaux des champs. Ils se marient très jeunes. Les noces i 
donnent toujours lieu à de grandes réjouissances populaires et i 
les coutumes nationales y sont parfois assez bizarres. Le Kolo 
est la danse nationale à laquelle les habitants se livrent avec 
passion. 

L'une des principales distractions du peuple dalmate, ce : 
sont les marchés où l'on va acheter des bœufs. Les Morlakes 
aiment leurs bestiaux, mais ils sont de mauvais financiers, et , 
il n'est pas rare que l'ancien maître d'une ferme devienne le , 
valet de son créancier si celui-ci a su profiter de son manque ; 
d'entendement aux affaires. 

Les Morlakes mangent très peu; un peu de pain et du 
fromage leur suffisent pourvu qu'ils aient du vin et du tabac 
en abondance. Ils sont aussi bons musiciens et ils accompagnent 
leurs chants patriotiques ou lyriques des sons de la „Gusla". 

Le Morlake paraît avoir une constitution assez forte pour 
supporter toutes les intempéries du climat et arriver malgré 
cela à un âge avancé. 




^ 



<Si^ c9i^ cKl cKl «91^ c9i^ «m^ cK) 



(£ — ^-^ 



^ 



XVI. De Sebenico à Traù. 



La course sur mer. ^ 

30 lieues marines à 1852 mètres; durée: 3'/, heures. 

C'est à Sebenico que se remarque la transition de la végé- 
tation du Quarnero à celle de la Dalmatie moyenne, et à mesure 
que nous avançons vers Traù, nous voyons la nature changer 
complètement d'aspect. 

Après avoir quitté Sebenico, nous passons du canal S. An- 
tonio à celui de Sebenico et apercevons au loin de nombreux 
récifs. Nous entrons ensuite dans un archipel composé de près 
de 80 îles. A 9 kilomètres environ de la pointe méridionale de 
l'île de Zlarin se dresse le mont Vila (738 mètres), un peu au 
nord de Traù. Après avoir contourné la „punta Planka" qui, 
par la tempête, est dangereuse pour les marins, nous entrons 
dans le canal Zirona et la petite ville de Traù, autrefois fort 
célèbre, ne tarde pas à dessiner son profil. 

Traù (Trogir). 
La promenade à travers la ville. 

Arrivant par la route de Spalato, le voyageur sera surpris, 
de voir aj)rès les contrées agrestes et incultes qu'il a tra- 
versées dans l'intérieur du pays la verdure luxuriante qui 
entoure la ville de Traù. 

Traù est une ville d'un type à part; ses maisons sont 
vieilles et ses rues étroites. Les habitants l'aiment d'une ma- 
nière touchante bien qu'elle ne contienne rien de bien remar- 
quable à notre point de vue. 



139 



3 dintinguent toutes par de riclies o 
datant de la période florissante de Venise. Outre la cathédrale, ' 
dont nous parierons encore plus longuement, Traù possède, 
auprès de la loggia, l'antique basilique S. Martin, aujourd'hui , 
Ste Barhe, qui date du VIII* siècle. 1 1 

Dans la cour du couvent 8. Nicolo il existe un fragment 1 
d'une inscription grecque datant du III' siècle avant Jésus- 1 
Christ, époque où Traù portait encore le nom de Tr-agurion. | 
k Dans l'église S. Dominique, le voyageur ue manquei'a pas 
■Be contempler le bfan tableau de Palma le jeune, la circon- 




I 



de Jésus-Chriat, et le sarcopîiage en marbre de la famille 
Sobota. L'ancienne abbaye de St Jean-Baptiste est an bel édi- 
fice roman avec un portail superbe agrémenté de rosaces. 

DcLiouchaut ensuite sur la grande place de Traù, nous voilà 
en face du campanile gracieux de la cathédrale, de l'hôtel de 
ville et de la loggia dont le plafond est porté par des colonnes 
de granit. Enfin un café s'ouvre sur cette place qui devient 

srsD pendant les belles soirées d'été. 

La „Porta Marina" surmontée d'un lion tenant un livre dans 1 
grilles est une des curiosités de Traù; il s'y rattache la | 



140 



Pe Sfhenltn ft Tra 



légeniîe (|ue ce livre, autrefois ouvert, se ferma après la oh^ 
de la république de Venise. 

A la sortie de cette porte, on jouit d'une vue des pluK 
attrayantes: nous voj'ona Sa pont qui relie Traù k Bua et les 
ruines calcinées par le feu de Téglise S. Niccolo; le castel 
Camerlengo qui s'élève tout près n'est séparé que par un pré 
(le la petite tour ronde, bâtie par Sanmichel, An'ivéa après 
une centaine de pas au canal [Fosaa), nous noua trouvons avoir 
fait le toiir de la ville du sud k l'ouest. 




La caOïeiIrah. 

Bâtie au KIII' siècle par Mathieu Dalmatiens, le même quî 
éleva le dôme de Sebeuico, à la place d'une antique église 
détruite par les Turcs, elle fut agrandie en 142L et en ICOO par 
l'adjonction dn campanile; depuis BOO ans la cathédrale n'a 
toutefois subi aucune transformation. 

Le portail, un des plus beaux qui existent dans le style 
roman, a été construit en 1240 par l'architecte Eadovan, artiste 
da pays. L'on suppose que certains ornements d'architecture 
datent de l'ancienne église Ste Marie k Bilia6. La porte du 



142 



Db Sebenioo h Tnb. 



Laptisttfre porte une inscrijitioii et la date Je 14G5. Les Jeux 
battants symbolisent l'ancien et le nouveau temps et sont 
âanqués àe deux lio»3 portant les figures d'Adam et d'Eve. 
Certains bas-reliefs représentent les apôti-es et des scènes de 
l'histoire locale. 

Âu-dessou)i de la statuo de St Laurent sont inscrites les 
initiales de l'arobitecte. L'intérieur de l'église, qui se divise eii 
trois nefs, présente un sombre aspect, la voûte en étant dénuée 
de peintures tandis que dans le parvis nous voyous la naissance 
du Sauveur, l'adoration des bergers et celle des s»ges. Au- 
dessous de la chaire se trouve une pierre tombale portant l'in- 
scription suivante: „Mladen Subie Croatorum Clipens". La cha- 
pelle de St Jean Orsini est très belle; dans un sarcophage en 
marbre reposent les reliques du saint évêqiie Jean Orsini de 
Traù. Ce mausolée a été édifié en 1467 par Andréa da Durazzo 
et continué par Nicolo da Firenze et Alessandro Vittorio 
vers 1670. 

Dans la sacristie nous voyons des figures dorées et lo 
trésor contient, entre autres choses précieuses, une armoire 
sculptée par Gregorio di Vido et une chape d'évêque faite 
en 1250 du manteau royal de Bêla. 



B&ails hisloriqucs s 



■ Traù. 



Sous les Romains, Traù ne jouait qu'un rôle fort s 
daire. Pline la nomme Tragurion et en vante le marbre. Eu 
8'i7 Traù payait un tribut aux Croates après avoir été sous la 
domination des By?aiitins. Eu 997, le doge de Venise Pietro 
Orseolo II se liguant avec les rois croates, Traù passa 
successivement Ji différents seigneurs: les Croates, les Hongrois, 
les Vénitiens se la disputaient avec acharnement. 

En 1242, Bêla IV, chassé par les Mongols, séjourna loiig- 
temps à Traù. Enfin, Traù se donna aux Vénitiens et son pre- 
mier comte fut M. Morosini sous lequel Traù devint une ville 
Horissante. 

En 1357, la ville passa k Louis le Grand de Hongrie, 
mais elle fut reprise par les Vénitiens et cessa dès lors de 
jouer un rôle historique. 

Dans ses murs naquit le célèbre historien âalmat« Lucius 
i a écrit une histoire de sa ville natale fort intéressante. 



Traù. 143 

A Draga, 

Cette promenade est recommandée à tout voyageur désireux 
de jouir du panorama délicieux sur Traù et ses environs et 
au delà sur Lissa dont nous apercevons les hauteurs. 

On monte à la hauteur de Draga en passant près du jardin 
vraiment beau du comte Fanfogna-Garagniu. 

L'île Bua (Oiovo). 

Bua, relié à Traù par un pont tournant, a été au temps 
byzantin un lieu de détention. En 1214, il s'y fondait un cou- 
vent de Franciscains doté par un des aïeux de l'historien 
Lucius. En 1432, la ville bâtit un couvent de Bénédictins, 
appelé Maria di Driti, où les habitants de Traù vont annuelle- 
ment en procession. Le couvent menaçant ruine n'est habité 
que par deux frères. 





V. 



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< Carte du la villu de ISpalato et du ses environs. 

Extilic-fttiou ilo lu K-eoi'li'- 
iï. SarLo.,Tri..it» Italien Kr»iivui> 



lirï» 



Ivllo 




^mfi 





XVII. La Riviera délie Castella (Kaâtela). 



De Traù à Spalato. 

„Eivièra di sette Castelli" (les sept châteaux) — c'est le nom 
du superbe rivage de Traù jusqu'à Spalato, où à l'abri de l'aquilon 
— grâce au Kozjak (montes Caprarii = monts de chèvres) — 
toute la végétation méridionale se déploie avec exubérance. Dès 
le mois de décembre le crocus bleu perce, émaillant le vert des 
prés; les rosiers fleurissent toute l'année, et des bosquets de 
myrtes et des grenadiers forment des haies vives. 

En général toute la contrée offre l'aspect d'une vaste vigne, 
ou s'élèvent d'antiques oliviers couverts de lierre, des dattiers 
et — le long de la route — des aloès. Vers l'est, la campagne 
riante est dominée par le massif majestueux du Mosor dont les 
flancs nus et rocheux contrastent vivement avec l'azur de la 
mer; à la côte sont situés les sept petits villages — autrefois 
châteaux forts — auxquels est dû le nom du rivage.*) 



'^ 



Détails historiques sur les „Oastelll". 

« 

Entre Castelnuovo et Traù on remarque, à 2 kilomètres 
vers l'intérieur, une colline de 208 mètres qui porte la chapelle 
S. Onofrio; et un peu plus bas vers le sud-ouest se dresse une 
chapelle de la Vierge. Ces deux chapelles marquent l'emplace- 
ment de l'ancienne résidence royale de Bihaô, dont il ne reste 
que les ruines. r 



*) Comme les grands bateaux à vapeur contournent le plus souvent 
l'île Bua et ne vont pas s'amarrer aux „ Castelli", il faut faire en barque 
le parcours de 19 kilomètres de Traù à la station de Salone. Le voyageur 
que la voiture aura mené de Spalato à Traù enverra son véhicule en 
avant jusqu'à Castel Vitturi (Luksié) pour parcourir en barque les 
10 kilomètres qu'il y a de Traù jusque-là. 



Carte dti la ville de Spa1«lo et de ses environs. 



(jDibi.>-u?>i»Mi liatlfii] 



— liiinliiKOv 

cftstcU» «biltemi 

annal* ctuiitl 



irni. 




14r> Ln RiTfirit ddle Caatelll. 

tures d'oliviers, ai\ les habitants récoltent des pêohea^ 
grenades, des figues et — comme tous les habitants des „C&sW 
— des légumes qui y yienneut à merveille. Les poia, les tomates, 
les lentilles, les choux j sont ex'iuis. Le loDg des routes, les mdrea 
sauvages, les roses et les paliurus forment des massi^a 




quelle variété, quelle richesse d'heib^s mediterranéeniies aux 
belles fleurs et aux secteuia embaumant l'an! Ce qui frappa 
dans le Caatel Abbadessa ce sont bCh maisons grisâtres d'où 
l'on découvre, \va peu au nord, la chapelle, St. Luka située & 
780 mètres d'altitude. 






TOitoie da Saloue h Tra 



147 



Arrivés à Castel Vitturi (LukSic), tous ne regretterez pas 
de faire une \'isite à la belle église en style moderne. Voua 
passerez ensuite par Castelvecchio k Caatelnuo'vo où vous ne 
man'iuerez pas de déguster à l'auberge l'excellent vin que l'on 
récolte dans cette région. 

Les vignerons de cette riviera cultivent deux sortes de 
raisins vermeils : la glavinuSa ([lû est plutôt un raisin de talile, 
et le crljenak donnant un vin excellent qui s'amélioi'e à 
rester en cave. En général, les crus provenant des coteaux sont 
plus torts que ceux que produit la côte de la mer. Depuis que 
la „Banque populaire de Spalato" a 
j 1872, à acheter des ter- 
s et à rendre les paysans indépen- 




dants des propriétaires des cas tels, la culture de la vigne 
prospère de plus en plus. 

Nous pouvons affirmer avec certitude que cette charmaute 
nEiviera des sept châteaux" réalisera toiitea nos espérances. 
Cet endroit charmant semble être créé pour des bains de mer 
et dès aujourd'hui beaucoup d'étrangers viennent s'y baigner, 
se promener en barque et jouir des fgtes de la vendange qui sont 
toujours fort courues en Dalmatie, car on y peut observer les 
ua et coutuilies du peuple qui met ces journées au nombre des 
grandes jouissances nationales. Près de Caste Iveocbio, nous 
voyons une vieille tour carrée portant la date de 1480; nous 



148 



B BfTiera dclle 0a9:t«llî. 



Te route vers Csslelnuovo (!out les jardins et 
vignobles sont abrités par des mura contre l'écume saumfitre 
de 1» mer. 

A Caetel Stafileo, fondé en 1500, vous voyez de nombreux 
câpriers qui ont pris racine dans les murs des maisons. Tous 
pourrez observer dans les environs les occupatious multiples 
des habitants qui sèment, plantent, cuelHenl; les fruits, sèchent 
sur les terrains vagues la laine ou le chrysanthème, gais et 
contents de leurs divers travaux, qu'ils exercent généralement, 
à la façon des méridionaux, en plein air 

Continuant de Castel Stafileo la course en voiture vers 
Traù, nous voyous apparaître les cimes du Kijziak, S Onofrîo 
et Buccessivement la chapelle St Barthélémy et le couvent Drit 
entouré de mûriers et de lauriers-roaea qui hoideut aussi le canal 
de Traù; c'est à cette petite ville que f 
faîte le long de la „Eiviera". 




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XVIII. Spalato (Spljet). 



Arrivés par le bateau esprèa. 



Les bateaux exprès qui ne s'arrêtent pas entre Zara et 
Spalato preanent, en venant de la Pimta Planka (voir au 
chapitre XVI), la ilirection du canal Zirona à la sortie duquel 
nous Jouissons d'une vue fort étendue aur les scogli du Karst. 
L'île Bua reste à notre gauche et nous naviguons dans le canal 
de Spalato, large de près de 9 liilomètres, vers l'est, jusqu'au 
point où l'ile Bua sur la falaise de laquelle s'élève le couvent 
Madonna di Priainac, se terrniiie par le Cap Jove. A l'est, c'est 
le puissant et blafard Mosor qui domine tout le paysage et vers 
le sud, au loin, les rivages de l'tle de Brazza trancbent avec 
l'horizon borné par la mer. 

A l'endroit où le mont Slarjan s'abaisse soudainement, nous 
voyons s'ouvrir k nos yeus une baie immense, le port de Spalato. 
Sur la Pimta S. Stefano on a établi le cimetière; noua venons 
ensuite dans le Borgo grande (grand faubourg) qui entoure )a 
vieille ville, puis nous voyons les colonnes du palais de Dio- 
clétien et la tour Hrvoja qui date du moyen âge. A l'aile 
droite de la ville s'étendent les quais en maçonnerie, les môles 
destinés aux gros navires, le brise-lames portant le phare. 

» Petit guide da rQLranger. 

Spalato, y compris ses faubourgs (Borgbi), comptait en 1890 
15.597 habitants, tandis que la commune embrassant ISI'25 kilo- 
mètres carrés était peuplée de 22.752 âmes. Toutefois ces chiflres 
ont depuis monté considérablemeut (,ii près de 36,000). 



L'uncic'iiuc ville iStarigrad . occu])ant remplacement da 
jjalais do Diocléticn. l'ait coriis avec la nouvelle ville (Novi- 
iu;ra(l) <jiii «'st voiiiu* se grouper autour de la „Piazza deî 
Signori" 'gospodski Trg-. Autour de la ville s'élèvent en 
am]»hitlieritre les faultourgs: Veli VaroS (Borgo grande), Do- 
l»ri ; Borgo Pozzoboii, en français Bonn ef ont aine), Borgo Ma- 
il us et celui de Borgo Lurac sur lequel surplombe le fort 
(îripi. 

Salle de spectacle: ()])('- insko Kazalistc >tlii>Atre rommanal). 

Établissements de bains: .Hur vice- t-t lia^uo Polo (ouvert en été); 
lIiorini'K sulfureux Cattaiii. 

HOtels: Hôtel ilo la ville ^à la ))laee Marinent); Hôtel Troocoli (à U 
l»la«'0 (îospoilski Trp:; ; K<»\a('»'vi«', Uvoilié, Mauro. 

Voitures: Oopo, Tmlorié. Valle. Kezié, Siiiuvêié. *) 

Promenade à Spalato. 

:V(»ir le ]ilan <lo la ville.) 

ÎSpalato est la ville industrielle et commerciale par excellence 
de la l)alniatie. Elle a beaucoup gagné au point de vue 
commercial depuis qu'elle exporte les vins de Brazza, de Solta, 
Lésina, Lissa. Poiu* les étrangers Spalato est d'un haut intérêt 
puisqu'elle renferme les ruines du palais de Dioclétien, qui 
comptent parmi les plus belles et les mieux conservées du monde. 

Façade du x^olais sur la mer. 

Nous commençons notre promenade sur la vieille rive ou 
j.Stara Obala" qui nous mène dans la ville ancienne, empiétant 
sur une étendue de 38.236 mètres carrés sur les murs du 
palais de Dioclétien. Cette superficie, petite, il est vrai, pour 
le quartier d'une ville, est immense pour un palais. Dans 
la façade tournée vers la mer, l'œil discerne des demi-colonnes 
doriques qui, pour la plupart, ont été englobées dans les maisons. 

Au-dessus de l'étage à colonnes s'élèvent parfois 3 étages 
peu élevés dont les petites fenêtres aux stores à couleurs vives 
forment un contraste frappant avec leur entourage antique. 



*) Cour.se à 2 clievaux : de la ville ou des faubourgs au bateau à 
vapeur et au chemin de fer 2 couronnes 40 h. ; à Salon 6 cour. ; (la demi- 
journée 8 cour.) ; à Glissa 10 cour, (la demi-journée 12 cour.) ; à Almissa 
ou à Traii. IS oonr. (la demi-journée 14 cour.) ; & Sinj 20 cour. 





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Framentiâe k Spnldta. 

Fartie ouest du palais. 
Continuant è. longer l'ancien mur, nous 
■ âitigeant vers le sud-ouest, au marché j 
Jetant un coup d'œil sur la „tour Hrvoj 



fruits, tout en 
au-dessus de la- 




■ quelle s'étend une plate-forme aurmontée d'un drapeau. Cette 
, bâtie de 1460 à 1481 par les Vénitiens, a été appelée 
i en souvenir d'nn duc de Spalato iiui a joué un rôle i 
Brtant au XV siècle. Après avoir traversé le marché a 
Sgumes (Trg zeleni) nous pénétrons dans la rne Mihovila, 



154 



SVBlat 



arrivons suv la PiBîza dei Signori où se trouvent l'hôtel et 
le café Tvoccoli et la Loggia, anjourd'liwi le palais de justice. 
ABectant les formes du style vénitien-gothique, i 
remonte an XV* siècle. Les archives contiennent le ,,liv 
(JeSpalato et le niaiinBcrit d'u: 




En nous dirigeant vers le nord, noua rencontrerons encore 
le lycée, la tour située au nord-oneat du mur de l'antique 
palais, puis le jardin public vis-à-vis de la „Porta Aurea" 
(porte dorée). 

- Perla Aurea, piiKe de la CatMdrale. 

C'est par ce portail ou la „porte d'or" que Dioclétien en- 
trait dans sou palais en venant de Salone. Une rue transver- 




IKous voioi au „parvis da 1» cathédrale" dont l'aspect s 
l'étranger d'une vive admiratioii. Ici ae joignait au parvis u 
■vestibule consacré aux dieux, puis l'Atrium, c'est-à-dire l'anti- 
chambre des appartements impériaux, tandis Ç[ue les bains s'éteu- 
daieut plus 




Clmpelle palatine. 



le pala/.zo Ivellio; la Porta Aurea appartient 
marquent dans l'histoire de l'architecture, car 
raSme que dans le paUis de Dioclétien, pour la premiëi 



les architraves horizontaJi 
constitue cette connexion i 
tonnes (ou piliers) et les a' 
styles antiques aux styles r 
C'est à la Porta Aurea, 
par le comte Buratti, que si 
plus loin surgit, du côté ne 
laquelle a'élÈveut les bastions de Paparella, 
des fortifications qui embrassaient la villi 



trouve, de 

placées par des arcs, et elle 

itime de construction entre les co- 
ns qui a facilité !a transition des 
>mau et gothique, 
qui ne fut découverte qu'en 1860 
rattache le jardin puhlic; un peu 
■d-est, l'antique tour vis-à-vis de 
lertiiers vestiges 
XVII» siècle. 



Kn longeant le vieux mur à l'est, nous abordons le musée 
d'archéologie et, arrivés à l'ancienne „Porta Argeatea", qui n'est 
aujourd'hui qu'un tronçon de rue, nous voyons en face de nous 
l'égliae des Dominicains. Continuant notre promenade, nous 
approchons de la tour sud-est de la ville, d'où l'on a, la faculté 
de voir l'église S. Petar dans le Borgo LuGac. 

La place Marmont Le couvent des Franâseaine. 

Prenant du côté du Borgo grande, nous déhoucherons sur 
la place Jlarmont où s'élève un grand bâtiment imitant les 
jjProcuratie- de Venise, et faisant partie de l'hôtel de ville; en 
entre on aperçoit ici la grande fontaine François-Joseph érigée 
lors de la restauration de l'antique conduite d'eau de Salone. 

Du côté du mont Marjan s'élève le couvent des Francis- 
cains qui a été probablement fondé par Ht François d'Assises 
vers 1220. L'intérieur n'a de remarquable qu'un cercueil en 
pierre sur le couvercle duquel est représenté en relief le 
passage de la mer fiouge par les Israélites. Citons en outre les 
pierres tombales de l'archidiacre Thomas, mort en 12G8, le plus 
ancien des chroniqueurs du couvent, et de Marco Marulic, 
théologien, mort en 1527, qui est censé être un des plus éminenta 
représentants des belles-lettres en Croatie. 

Près de la Eiva (Obala) jaillissent des sources sulfureuses 
dont l'une, Cattaiii, alimente les bains de la rue Ribarnica. 
■A'autéUe me. Fartie est du port. 

En arrière du faubourg de LuEac s'élève, à ime altitude de 
60 mètres, le fort Grtpi, établi en 1656 par le général Camillo 
Gonzaga: c'est là que loge la garnison. 



ri^ 




vous allez rencontrer l'église PoiSan 
tandis qu'en prenant & droite de lit 
Porta Aenea vous pai-vieudrez au 
„G-rand Café" près de la s 
oliemin de fer, puis au môle S. Petar 
baiiia (BaCvice), pro- 
tégea par une digue tam«use. 

C'est entre la douane et le 
grenier à sel qu'a été établi, en 1578, 
le lazaret. Au dire.de certains liis- 
i les droits de douane s'éle* 
vaie!itannuelleineiit,auXVn'siècle, 
à cinq millions d'Asper(120 Asper 
= 1 piastre j. 

Le palaia de Dioclétien. 
Le palais est non-seulement c 
qu'il y a de plus i 
point de vue artistique et arcliitec- 
tonique, mais un des monuments les 
plus marquants du tyran orgueil- 
leux qui le fit élever. 
Dioclétieu, nô k Salone eu 245 après Jésas-Christ, fils d'un 
pauvre secrétaire du sénateur Aaulinua, entra dans l'armée 
comme l^ionnaire et termina si brillamment sa carrière mili- 



t taire qu'après la mort violente de Numerianus il fut éluifl 






■, l'an 284. Vai 



il se ilxa & 



Nicotnède laiEsaot Milan à son corégent, l'erapeTeur MBxixaie». 
I C'est de là qu'il lançait les sanglants édits contre les chrétiens, 
et qu'il déployait le luxe efii-éné de l'Orient s'attribuant le nom 
de Jovius qui signifie r„égal de Dieu", 

Ayant abdiqué en 305, il vint se fixer à Saloiie; mais la 
paix dont il jouissait dans sa solitude fut souvent troublée: 
sa femme et. sa fille furent faites prisonnières par l'empereur 
chrétien Constantin, et le vieux lion, toujours satiguinaire 
mais incapable de soufi'rîr lui-mSme se donna la mort ei^, 
pour échapper aux tortures d'une affreuse maladie. 



n ai^J 



Le palais de Uioclétien tient à la fois de la résidence 
impériale romaiue et des donjons du moyen fige. L'architecture 
eu est imposante comme celle des monuments romains; il ne se 
trouve pas au milieu de jardins comme la villa d'Adrien à Tivoli, 
mais occupe un espace étroit entouré de remparts, qui, le cas 
échéant, permettaient une vigoureuse défense. Le camp romain 
fortifié, d'où sont sortis les donjons de la première période 
du moyen âge, a servi de modèle au palais de Spalato. Des 
murailles qui atteignaient du tôté sud 23'/, mètres, du côté 
nord IC'/, mètres de hauteur et avaient deux mètres d'épaisseur*) 
entouraient un rectangle de 21G mètres de long sur 175 h. 
179 mètres de large. Ce rectangle était divisé par une allée longi- 
tudinale et une allée transversale en quatre quartiers. A l'ang'Ie de 
chaque quartier se trouvait une tour carrée de 12 mètres carrés 
de surface et qui s'élevait de cinq mètres au-dessus du mur.*') 
Au milieu de chaque façade s'ouvi-ait une porte d'accès fianquée 
d'une tour aujourd'hui disparue, mais du c6té do lu mer il n'y 
avait qu'une poterne où débouchait le canal ***) par où entrait ]s, 
barque impériale. Dans la première moitié de la muraîlle 
s'échelonnaient, de deux en deux mètres, d«â fenêtres de fi'/i m&tM» 



■] C'el 



B d'épalsa 



dû etra dÉtrnitt 
"•) C'est p 
la mer près âe la por 



e onnftl, onJDunl'Lni „ 



in de I)io(>l«t-Ieii 



161 



de liaut et de deux mètres de large, à arcs douLlen. Sur la 
partie supérieure des remparts était ménagé un terre-plein 
pour les patrouilles, 

La portfl du nord, appelée aussi „Porte d'or", a. éié décrite 
lors de notre promenade en ville; il ne reste plus aucune trace , 
de la jwrte de l'est, appelée nPorte d'argent", dont remplacement 
est facile à reconnaître par les ruines de la tour dont elle était 
flanquée. La porte de l'ouest, appelée „Porte de fer" est encore 
bien conservée, quoique resserrée par des maisons ; c'est par là 
que l'on passe pour aller du Gospodski Trg i, la cathédrale. 
La porte a une hauteur de 4'/, mètres et une largeur de 3'/, métrés 
Sur l'architrave se trouvait, à l'origine, une tête de taureau 
en relief que Jean de Eavenne remplaça probahlement au 
VL[e siècle, par une croix avec deux rosettes en relief, à côté 
desquelles on remarque l'inscription grecque suivante; IC XC 
'Ai/oof E X(gioia)ç (Jesus-Christ). 

L'allée transversale séparait la moitié sud du palais, c.-Jt-d. 
les appartements impériaux proprement dits, des temples de la 
partie nord qui servait de dépendances pour les domestiques. 
On admet que c'est là que se trouvait le gynécée où vivait 
Diocla, la vieille mère de Dioclétien, tandis que vis-à-vis logeaient 
les domestiques. Cène sont du reste que des suppositions, cari! 
ne reste de cette partie nord du palais que les murs et les 
pavés qui ont été mis à jour ces derniers temps lors t 
ment de canaux. On a constaté en o 
maisons actuelles ont leurs fondements s 
acculuméa et ces derniers n'arrivent pas 
trouve aune profondeur de 50 à 76 centimètres. Ce pavé se compose 
de pierres plates de 0'50 à 2'/, mètres de long, de 60 centimètres 
de large et de 40 centimètres d'épaisseur. 

La „Place de la cathédrale", l'ancien portique, présente une 
cour à colonnes de 35 mètres de long, de 13 mètres de large, 
parfaitement conservée. Au sud toute la largeur de la place 
est barrée par la façade de 13 mètres de diamètre et jusqu'à 
la naissance de la coupole de 17 mètres de haut. On n'a pu 
malheureusement fixer la situation de l'ancien „Atrium" et des 
appartements impériaux parce que, dans la suite des temps, cette 
partie du palais était occupée par un couvent des sœurs de 
St. Claire, ce qui ne permettait pas faire de^ recherches à ce 
sujet. Autrefois se joignaient à l'est et & l'ouest de cette 

|_ ha Dnlmatie. 



) que plusieurs des 
r des débris du palais 
1 pavé qui se 



LG2 Spalato. 

colonnade deux cours également ouvertes, intervalles qui sont 
comblés aujourd'hui d^un côté par la tour moyen-âgeuse et de 
l'autre par une rangée de maisons qui est venue s'y aligner. 

Le temple de .lupiter ou d'Esculape, aujourd'hui le bapti- 
stère, est un bâtiment carré où l'on pénètre en montant plu- 
sieurs marches. Les fonts baptismeaux de la chapelle ont la 
fornir d'une croix grecque, deux battants d'un portail datent 
de 12M. 

La cathédrale. 

La cathédrale ou l'ancien „Mausolée^' de Dioclétien est la 
partie du palais de Dioclétien la plus importante pour Spalato 
et pour riiistoire de l'art. On a voulu voir jusqu'à nos jours 
dans ce mausolée l'anticjue temple de Jupiter ou la chapelle 
palatine on bien encore un temple d'Esculape. 

Vue de l'extérieur, la cathédrale a la forme d'un octogone ; 
vue de l'intérieur celle d'un cercle. La partie inférieure dépour- 
vue de toute ouverture pour laisser pénétrer la lumière, a son 
entrée sous l'esciilior principal; elle est enfermée par une ma- 
çonnerie de B mètre d'épaisseur qui supporte l'étage supérieur, 
formant actuellement la véritable nef dont la circonférence a 
IBï/a mètres de diamètre; cette église a jusqu'au toit une hau- 
teur do 2172 mètres. Dans les murs se trouvent quatre niches 
en forme de demi-lunes et quatre en forme de carrés. Entre 
les niches s'élèvent, en faisant saillie, 8 grosses colonnes en 
style corinthien. *) Ces colonnes supportent une charpente et 
une deuxième rangée de colonnes beaucoup moins élevées et 
dont les chapiteaux arrivent jusqu'à la colonne de la coupole. 
La coupole haute de 4 mètres est en tuile et présente une con- 
struction eu forme d'éventail qu'on ne trouve à aucun* des 
bâtiments romains qui existent encore de nos jours. Elle 
est, avec la coupole du Panthéon, dont elle se distingue par 
l'absence d'une ouverture supérieure **), la seule des coupoles 



*) Cos colonnes sont d'une seule pièce, les fûts de 5'/i mètres des 
colonnes inférieures «ont en granit d'Égyx>tt', les fûts de '6^'^ mètres des 
quatre colonnes supérieures sont en porphyre noir foncé. Pour la oa- 
thédrale, do même que pour le i)alais de Pioclétien, on a employé une 
pierre très dure do Traù et de l'ile de Brazza qui est encore utilisée 
maintenant iiour la restauration dos monuments. 

**) A l'origine, il n'y avait qu'une fenêtre en forme de demi-aro 
percée au-dessus de la porte antique. 




iHtériear do le Catlifdrale. 



IM 



Spalkto. 



Iilfktiint de répoi:|Ue roinftiue. Aussi peut-on regarder, sous plus 
J'un rapport, la cathédrale de Spaialo avec le Pantliéon comme 
un des plus précieux spécimens de l'arcbit^cture romaine qui 
nous soient parvenus. 

Entre le chapiteau de Ifi deuxième rangée de colonnes et 
1« QommeDcemeDt de lu coupole se trouve une corniche sculptée 
représentant des scènes de chasse: des génies qui chassent à 
pied, en char, b cheval des cerfe, des sangliers, des renards, des 
bouquetins. A l'extérieur le bâtiment est entouré d'un portique 
(4 l'origine de '24 colonnes corinthiennes de 6'/, pieds) dont 
les chapiteaux de uiarbre') supportent un toit de pierre 
faisant le tour du mausolée et s'appuyant sur son mur, TJn 
escalier haut de 3'/, métrés conduit du péristyle de la cathé- 
drale au temple au-dessus duquel se trouvaient peiit>ètre autre- 
fois des colounea avec un frontispice. L'emplacement du bâti- 
ment a subi plus d'uu changement dans le cours des siècles. 

Au VII' Bii-cle, Jean de Bavenne, le premier évêque de 
Spalato, tit ilu mausolée de Dioclétien une église chrétienne et 
l'inaugura à la fêt« de l'Assomption. Le temple restait, il est 
vrai, te! qu'il était, mais les îilotes païens durent céder la 
place à l'installation cliré tienne. Jusqu'au XIII' siècle la 
b&tisse ne subit aucun changement. A cette époque, Marie de 
Hongrie, épouse de Charles II de Naples, fit élever le clocher 
dont la construction fut continuée au XV' sièlce par la reine 
Elisabeth, épouse de Charles Hobert de Hongrie, et achevée 
seulement au XVII' siècle. 

La tour se trouve entre la „Piace de la cathédrale" et le 
portail principal. Elle a été construite de telle maniera que le 
perron conduit au portail en traversant le rez-de-cliauBséa de la 
tour. Ce passage est orné de magnifiques peintures. La base 
de la tour repose sur de^ constructions souterraines destinées 
autrefois à servir de vestibule au mausolée;**") le pied de cette 
tour supporte encore quatre étages à nombreuses ouvertures 
que l'architecte a richement décorées en utilisant des restes de 
sculptures antiennes et des plaques de marbre des environs de 
Salone. 



•) Il n'existe plus qna ti 
••) Lk base de In toni' foi 
de il mÈtret. 



.1,B, 



J 



If»; 



Spttiatfi. 



sunnoDté d'une coupole qui forme, cle même i^ue les ûtages 
supérieurs, l'objet des travaux de restaiirhtion. 

D'après l'arctiitecte Hauser, cette tour est encore on des 
restes les plus intéressants du style roman, Lh Inintère y pé- 
nètre psr deux fenêtres perci-es dans la paroi de l'église entre 
les autels de sainte Ânastasie et de saint Doimus. Les deux 
statues se trouvent dans les niclies ménagées au sud et au 
nord, et que François Maltpietro a^-ait fait recouvrir, au 
XVI* siècle, par le sculpteur milanais Bcinino et par l'architecte 
George Orsini de dais posés siir des c^olonnes. 

Les travanx eu stj'le gothique-italien faits par Bonino sont, 
suivant Hauser, ti'èîi remarquables, ainsi que les portes en 
boia de la catliédrale, sculptées au XIII' siècle par l'artiste 
Guvina. Les denx battants de la porte larges chacun de ô mètres 
et hauts de 3'/, mètres, renferment 28 scènes de la vie et de 
la passion du Christ. Entourés d'ornements, ils sont d'uti style 
très caraoteristir^ue et artistement exécutés. 

La chaire est nue œuvre d'art. Elle est soutenue par six 
colonnes dont les chapiteaux sont richement ornés. Sur une des 
colonnes se trouve un aigle dont les ailes déployées aoiitiennent 
le pupitre sur lequel on place l'Évangile. 

Les changemeats survenus depuis le XVII' siècle n'ont 
guère contribué à l' embellissement de la cathédrale. L'archevêquci 
de Domiiiis fit construire en face de la porte d'entrée un chœur 
en forme de boîte et au lieu de se borner à faire percer la 
niche, il fit aménager au-dessus d'elle une fenêtre devant laquelle 
les colonnes extérieures furent enlevées. Gnragnin fit de mSiae, 
en 1770, du côté nord, pour élever une chapelle à saint 
Doimus. Ponzoni avait déjà fait tonstruire auparavant un© 
sacristie sans style aucun; de petits bAtimeiits vinrent s'y ajouter 
préiS des colonnes extérieures et, à l'intérieur on éleva dès le 
XV" siècle des galeries qui fin ir on » même par exposer les visiteurs 
de l'église à des accidents. 

Les moulures qui s'étaient détériorées avaient été réparées 
k plusieurs reprises k l'aide de plâtre et on les avait fixées aax 
pierres du mur à l'aide de crochets de ter. Ce fut là que l'on 
appuya les galeries en bois et des parties entières ne tardèrent 
pas à se détacher du mur et à tomber dans l'église. 



La pftIaU de SioaldUen. 167 

Aussi 1 église fut elle fermée pour un certain temps le 
15 juin 1880, et seul le chœnr restait ouvert. Les travaux de 
restauration furent commencea soua In direction de M. Hauser; 
Andrija PeriSu,, un des entrepreneurs de bâtiments tes plus ex- 
perts, se (.hiiie^ di' lette tâche. 






Depuis lorS; on a enlevé les galeries; l'orgue qui cachai 
I vieilles fenêtres romaines & disparu et les parties détériorées ont 
P été réparées, avec de la pierre de taille, exactement d'après 
p l'original; en outre, on a démoli la tour jusqu'au quatrième . 
^e. On a dépensé jusqu'à présent plus de 180.000 florins pouu 
(nstruire, comme il le mérite, le bijou d'ardiitecture de Spalata 



168 Spalato. 

La cathédrale de Spalato possède encore dans les trésors de 
l'église un évangile des plus remarquables, écrit sur parchemin 
et datant du VII' ou du VIII* siècle, les stalles du chœur roman 
sculptées en bois, ainsi que les plaques tumulaires et les monu- 
ments funéraires du moyen âge se trouvant dans le vestibule 
méritent d'attirer l'attention du visiteur. 

Lie musée archéologique impérial et royal. 

Plus d'un étranger qui a visité les musées d'autres villes 
sera quelque peu désappointé en voyant le bâtiment de peu 
d'apparence qu'on lui désignera comme le musée. Mais qu'il ne 
se laisse pas décourager par ses simples dehors; le musée de 
Spalato ne laisse pas d'être un complément indispensable pour 
ceux qui ont visité les ruines de Salone. 

Ceux qui désireront faire des études sérieuses, pourront 
s'adresser au conservateur Monseigneur Bulic qui se fera un 
grand plaisir de leur donner les renseigements voulus.*) 

Les inscriptions du musée s'élèvent au nombre de 2700 ; 100 
en sont dédiées aux dieux, 20 aux empereurs romains; 800 épi- 
taphes offrent un vaste champ d'exploration aux historiens des 
premiers siècles chrétiens. La collection de sculptures compte 
1400 numéros. 

Les petits objets d'art en terre cuite sont d'une belle exé- 
cution ; la collection de minéraux est des plus belles ; il y a 
environ 500 pièces en cornaline, 200 en jaspe de toutes couleurs 
300 en agate; enfin, nous ne pouvons passer sous silence la 
riche collection de monnaies qui comprend 15.000 pièces. 

Fremière partie. 

(Près de la Porta Argentea.) 
AVANT-SALLE. 

No. 13: Un sarcophage trouvé à Salone représente sur le 
couvercle, Jésus, bon pasteur. Il est en marbre blanc à veines 
bleues et porte par le trou qui y a été fait la trace des Avares. 

No. 80: Une pierre tombale à inscription grecque. 

No. 15 : Dans un sarcophage à bas-relief représentant le com- 
bat des Amazones, 54 plaques polies des différentes espèces de 
marbre trouvées dans les ruines de Salone. 



*) Nous recommandons au voyageur la petite brochure rCfuida di 
Spalato e Salona", 1894, qui renferme tous les détails nécessaires. 



Le mnBÉB archêologiqua imiiôiiBl et rnyal. 169 

PREMIÈRE (GRANDE) SALLE. 

No. 37 et 33; Quatre fCits de colonnes provenant de l'an- 
tique baptiatèro de Salone, de même ii«e leurs chapiteaux. 

No. 29 : Sarcophage d'une valeur exceptionnelle pour l'histoire 
de l'art, orné d'un relief représentant le mythe d'Hippolyte et 
Phèdre. 

No. 121 : Sarcophage figeant la chasse par Méléagre du- 
sanglier calydonien. 

Un dea objets les plus curieux, c'est le sphinx sans tête, 
qui, d'après les hiéroglyphes sculjités dans la pierre, : 
au roi d'Egypte Amenhotep (Memnon) qni vivait 1500 i 

t Jésus- Christ. 




îDpliHga 



u la teliff ,Hii. 



t PhèJru 



Nr. 12T: Le torse d'une Vénus s'appuyant sur le dauphin 
et la statue de „Vénue Victrix". Enfin des briques dont les 
marques nous font supposer qu'entre Ëîmini et Arezzo il exi- 
stait au temps des Eomains des tuileries dont les briques s'ex- 
portaient eu Dalmatie. 

LA SKCONDE SALLE. 

/■''■' titrine: Entre divers hijoux à sigualer ïin bracelet, dont 
l'or représente la valeur de 200 florins, une parure de femme 
et des jouets tirés du sarcophage d\i couple ,.Attiae Valeriae". 

II* mtrinc: Des épingles ou aigrettes comme ou en portait 
au IV' siècle avant Jésus-Christ; deux encriers antiques, et 
divers talismans. 



à 



170 Spalato. 

III^ et IV' vitrines: Objets en verre et du verre coulé qui 
servait autrefois d'incrustation pour les meubles. 

F* vitrine: Des miroirs métalliques; une collection de poids 
anciens, puis une petite statue de Jupiter. 

VI" vitrine: Des épingles en verre incrustées d'or; des fla- 
cons à parfum, des fioles, objets curieux en tant qu'ils témoignent 
de l'industrie verrière ; au-dessus de cette vitrine est suspendue 
une panoplie de cognées, de glaives et de ciseaux. 

IX*" vitrine: Collection de lampes et de cruches d'argile ; les 
objets ou scènes qui y sont représentés varient à l'infini et 
sont parfois d'un haut comique. 

X' et XI*" vitnnes: Gemmes et camées. 

XIP et XIIP vitrines: Une partie de la collection de mon- 
naies qu'il faut compter parmi les plus riches pour la numis- 
matique des pays de Adriatique; pièces datant de la période 
grecque de Lésina, romaines, paléo illyriques, byzantines, ducats 
vénitiens, monnaies de Kaguse et de Bosnie. 

Le musée a été visité en 1891 par Sa Majesté l'empereur 
François-Joseph qui a eu la gracieuseté de s'inscrire sur le 
livre des étrangers. 

Deuxième partie. 

(Maison Dimitrovié au Put Gimnazije.) 

Cette partie est remarquable surtout par ses sarcophages 
et ses épitaphes chrétiennes. Entre autres, il s'y trouve le sar- 
cophage d'Attia Valeria d'où l'on a retiré d'importantes quantités 
de parures en or. Dans les nombreuses pierres à inscriptions 
il faut signaler celle qui — unique en son genre — porte le 
titre et le nom de Dioclétien ; puis la plus ancienne inscription 
croate qui, à en juger d'après son texte, provient de Trpimir, duc 
croate, enfin des copies de portraits de martyrs dont le pape 
Jean IV fit porter les ossements à Eome par l'abbé Martin. 

Troisième partie. 

(Maison Brainovic au Put Vatrogasaca.) 

L'intérêt se porte de préférence sur les chapiteaux des 
colonnes de la cathédrale qui ont été démontés lors de la 
restauration de cet édifice et conservés intact pour la plupart, 
puis sur le plus grand de tous les sarcophages chrétiens trouvés 



172 SpBlnto, 

jusqu'à ce joui'; on remarque entin une instription d'un légion- 
naire origiaaire de Srazza, Valerianus, daus laquelle il dit : 
nLoTsque j'étais centoDué eu Syi-mie où l'ou sculptait les colonnes 
et les chapiteaux pour les bains de Licinius etc. etc." 

Quatrième partie. 

(UniuiD Oilardi su le Fnt Vttrogasaeu.) 

Cette partie servant principalement de magasin, mérite 
d'être visitée par cens qui désirent être initiés au métier des 
archéologues. Ou y peut assister, k l'occasion, aux premiers 
essais faits par l'adjoint du conservateur du musée pour re- 
composer des inscriptions oblitérées ou pour tirer des clictés 
d'inscriptions. 

Spalatû et son passé Metorlgue. 

En l'an (i39, les habitants de Salone dont les Avares 
avaient détruit la ville, venaient s'établir dans l'intérieur de 
l'immense palais de Dioclétien. Ce ne'st pas que Salone ait 
cessé d'être habitée; la ville fut occupée, après le passage des 
Avares, par les Croates sous la domination desquels plus d'un 
monument tut conserve ; cependant une nouvelle décroissance de 
la population fut amenée par l'extinction de la dynastie croate 
et par Ipfc ravage»- des Mongols en 1242. Salone perdit aussi 
!>Dn ancienne importance à cause des rivtilitës de Spalato et de 
Trau et ^ afrês 1 établissement des Turcs — parce que les 
peuples deb campagnes préféraient les villages fortiiiés des Castelli 
tt les taubuuigs de Spalato k la plaine de Salone, qui ne leur 
oftrait point de sécurité. 

Spalato que 1 on suppose être r„Aspalathos" consigné snr 
la „Table de Peutmger" et dans une antique chronique, était 
un petit village lorsque Dioclétien résidait dans son palais. Oa 
dernier n'a pas été abandonné inunédiatemeni après la mort 
de l'empereur; probablement après lui les grands dignitaires 
venant visiter Salone s'y logeaient. Lorsque Severus, natif de 
Salone, y amena en G39 ses compatriotes qui s'étaient réfugiés 
dans les îles, cet établissement paraît avoir été le noyau autoar 
duquel vint se grouper la nouvelle Salone. Un fait acquis, c'est 
<)ue le palais avec le village voisin Manuâ comptait, peu 
d'années après, une certain population, et que dès 649 le premier 



Spalato et son passé historique. 1 ««5 

évêque vint s'y fixer dans la personne du nonce Jean de 
Eavenne. Au V siècle, Esychius était qualifié de métropolite 
de la Dalmatie et depuis 932 l'archevêque de Spalato, au dio- j 
cèse duquel ressortissaient 24 évêchés, s'intitule „primas de Dal- 
matie et de Croatie". 

Spalato payait alors (930) à Byzance un tribut double de 
celui qui était imposé aux autres villes de Dalmatie, puis elle 
passa sous la domination francque pour redevenir ensuite maîtresse 
d'ellemême. En 998, le doge Orseolo II, vainqueur, sous les murs 
de Spalato, des Narentains, se faisait rendre hommage de su- 
zeraineté; mais cette première domination vénitienne fut de 
courte durée. Lorsque Byzance recédait, en 1081, la souveraineté 
qui lui était restée de nom, le doge Michèle prit le titre de 
duc de Croatie et de Dalmatie; il fut aussi le protecteur des 
rois croates. Après l'extinction de la dynastie nationale en 1102, 
Spalato passa à la Hongrie pour rester, sauf un court inter- 
valle de domination byzantine, jusqu'en 1237 soumise à la cou- 
ronne de Saint-Etienne. 

Evidemment les rois croates ont favorisé l'établissement de 
leurs sujets dans les campagnes de même que le défrichement et 
la culture des terres, témoin la fondation de nombreux couvents 
au XI* siècle; sous les rois de Hongrie au contraire, l'ancienne 
prospérité des habitants de la ville semble avoir repris, ce qui 
est attesté par le commencement de l'édification de la tour de 
Spalato (XIII* siècle) et par l'adjonction de l'ancienne ville 
de Spalato à la nouvelle. 

C'est vers 1221 que commence la période guerrière de 
Spalato; tantôt guerroyant avec Traù, au sujet du village 
d'Ostrog, tantôt avec les pirates d'Almissa, la ville eut encore 
à soutenir une attaque des Mongols. 

Le XIII* siècle, l'époque glorieuse de l'initiative de la 
bourgeoisie de Spalato, y voyait fleurir l'école d'architectes et 
de sculpteurs qui, s'inspirant des enseignements du palais de 
Dioclétien, ont inauguré pour la Dalmatie l'avènement du style 
roman. Vers la fin du XIII* siècle les comtes Subie l'opprimaient; 
puit passant à Venise, Louis le Grand la réduisit sous le pouvoir 
hongrois ; enfin après nombre d'escarmouches et de petites guerres 
contre Tvrtko I" de Bosnie, Ladislaus de Naples nomma le célèbre 
Hrvoja Vukic duc de Spalato. 



1 74 Spalato. 

Après la mort de ce prince cruel, arbitraire et violent dont 
lie souvenir se perpétue encore aujourd'hui dans la „tour Hrvoja", 
Venise annexa en 1420 la ville et la garda ensuite pendant de 
i377 années. 

En 1507, l'archevêque Zane marcha contre les Turcs comme 
son prédécesseur Malabranca, fondateur du Castel de Salone, 
l'avait fait en 1349 contre les seigneurs de Glissa; cependant 
la guerre faite aux Turcs n'empêchait pas la poésie inaugurée 
par Marko Marulic (de 1450 à 1524) et la science de prendre 
un noble essor, ni Spalato de s'élever au rang de ville commerçante 
qu'elle a tenu jusqu'au milieu de XVII* siècle. 

Après s'être vue enfermée de 1645 à 1670 dans des forti- 
fications pour parer à l'agression toujours imminente des Turcs, 
la ville eût pu se relever et refleurir vigoureuse, si l'étroite 
politique de Venise jointe aux ravages de la peste qui, au 
XVIII* siècle y sévit à trois reprises, n'avait entravé de nouveau 
le progrès. 

Après la chute de la république de Venise en 1797, Spalato 
passa aux Français, à qui la ville doit la démolition de ses 
remparts et de ses bastions et dont le souvenir se perpétue 
dans la „Place Marmont" et la „Eue (ulica) Marmontova"; 
mais ce ne fut que sous l'empire de la dynastie de Habsbourg 
que Spalato fut déclarée ville ouverte; en activant les fouilles 
de Salone, l'administration autrichienne l'a mise sur la voie qui 
l'a conduite à devenir le centre archéologique de la Dalmatie. 

Promenades dans les environs de Spalato. 

Grâce à sa position au bord de la mer et à la ceinture de 
coteaux bien cultivés et s'élevant à de grandes altitudes, la 
ville oiFre une grande variété de charmantes promenades. La plus 
rapprochée, c'est la nouvelle „E,iva" s'étendant du côté est du 
port jusqu'aux bains Botticelle (Baôvice) où se trouvent le beau 
parc et les serres de la famille Katalinic et d'où l'on pousse 
jusqu'au phare érigé à l'extrémité de la jetée. 

Une autre excursion qui a pour but l'église de pèlerinage 
PoiSan, vous emmène vers l'est, et les personnes qui ont l'inten- 
tion de joindre à la course le long de la „Riviera" une visite 
la Poljica, pourront se faire mener en voiture jusqu'à Stobreô 
(voir chap. XXI). 



Promenades dans les environs de Spalato. 175 

Un troisième but qu'on atteint sans marche fatigante, 
c'est le couvent de Poljud (Madonna délie Paludi) au nord-ouest 
de Spalato, renommé par une précieuse antiquité: deux livres 
coloriés au moyen de sèves végétales par le P. Bonaventura 
Razmilovic, travail qui lui coûta dix ans de labeur; pour 
arriver à la Paludi, il faut enfiler, après avoir passé le Théâtre 
communal (Opcinsko KazaliSte), le Put Poljuda qui traverse de 
luxuriantes vignes. 

Enfin, une quatrième promenade conduit, en longeant la 
pente méridionale de Monte Marjan, au Castello Capogrosso 
érigé l'an 1513 et dont les ruines, flanquées d'une chapelle 
(Gospa od Svjeta) subsistent encore. 



^ 






XIX. Excursions dans les environs de Spalato. 



Au monte Marjan. 

C'est pour ainsi dire un prélude au plaisir que va vous 
donner l'ascension du Monte Marjan que de contempler, assis 
un beau matin, dans un des „cafés" de la „Riva" de Spalato, 
le panorama qui s'y présente. Nous nous dirigeons vers le ci- 
metière en i:)assant j^rès de sources sulfureuses, d'où émanent 
des odeurs rappelant celles des thermes de Baden près de 
Vienne. A l'endroit où ces sources se jettent dans la mer, la 
,.Riva" s'élargit de façon à former la place Marmont. Sur la 
route on passe devant l'usine à ciment qui utilise la, pierre du 
Monte Marjan et qui est l'une des spécialités industrielles de 
la Dalmatie. 

Nous voyons descendre les pentes du monte Marjan cou- 
vertes de terrasses où se cultivent la vigne et l'olivier. Près du 
cimetière nous jouissons déjà d'une belle vue, s'ouvrant entre 
le Monte Marjan et l'île Bua jusqu'au monte Elia au-dessus 
de Traù, cependant le Campo-Santo, placé dans un des sites les 
plus ravissants, nous salue par le bruissement de ses pins et par 
iies cyprès enveloppés de lauriers-roses blancs. On se croirait 
plutôt dans quelque parc splendide qu'au milieu du pieux asile 
des morts. Les pins et les cyprès élèvent leurs cimes gracieuses 
mais mélancoliques; ce sont eux qui abritent cette longue file 
de tombes blanches dont quelques unes sont entourées de grilles 
enfer. Plus loin se trouve le cimetière des pauvres; les tombes 
en sont plus simples, ornées seulement d'une croix en bois ; 
l'allée transversale du Campo-Santo est décorée d'un temple 
porté par huit colonnes d'où l'on jouit d'une vue splendide sur 
les environs. — Sortant du cimetière nous continuons notre 
ascension de la pente sud du mont Marjan qui jouit d'un climat 
si doux que même en hiver on s'y croit au printemps. C'est 



Excursion k Salone (Solin). 1 * * 

la richesse de la flore qui est surtout surprenante: la vigne et 
l'olivier, le figuier et l'amandier, le laurier au vert sombre, le 
grenadier aux fruits vermeils vous accompagnent dans l'as- 
cension du Monte Marjan. Le cistus, la menthe, l'absinthe jaune 
(helichrysum angustifolium) , et l'inula candida aux petites 
fleurs jaunes vous saluent au passage; c'est là que resplendis- 
sent vêtues de feuilles vert gris veloutées ou couvertes de duvet, 
la sauge, le marrubium. Dans les taillis on voit végéter de 
nombreuses espèces de plantes dont il existe des variétés dans 
l'Europe moyenne et qui diffèrent de celles-là par leur feuillage 
d'un vert éclatant, mais extrêmement dur. Les plantes caractéris- 
tiques pour ce littoral sont deux espèces de pistaches, dont 
l'une rassemble au caroubier, puis le paliurus, et l'erica arborea, 
qui s'é ève à la hauteur de buisson. La smilax aspera nous 
fait penser au gui en ce que, d'après la tradition populaire 
répandue en Angleterre, celui qui rencontrait une jeune fille 
sous cette plante, pouvait l'embrasser. 

Après une ascension qui ne nous paraît pas pénible, tant 
la nature s'y offre sous ses aspects les plus féeriques, nous 
approchons de la cime. Encore quelques pas et voilà, s'élevant 
de Ja mer, toute la Riviera des sept castels surmontée du Kozjak 
dont la cime porte la chapelle St-George, et au pied de la for- 
teresse de Glissa la plaine de Salone avec le couvent Paludi et 
la presqu'île qui porte le joli village de Vranjica (piccola Veuezia). 
Entre le Kozjak et le Mosor, le panorama s'étend jusqu'au 
Prolog, qui forme la frontière entre la Dalmatie et la Bosnie; 
sur la crête du Monte Marjan au contraire, ce qui vous émer-' 
veille, c'est l'ermitage San Girolamo au-dessus duquel se voient, 
taillés dans le roc, quatre étages de cellules habitées autrefois 
par des ermites. 

Pour redescendre, vous vous promenez sur la crête vers 
l'est jusqu'à la „Bel]a Vista" marquée par une croix en pierre, 
où se déroule le panorama dt^ la ville de Spalato. 

De la dite croix une nouvelle route, flanquée de planta- 
tions de pins maritimes, mène à Spalato. 

Excursion à Salone (Solin). 

Détails historiques. 

Salone, peut-être fondée par les Grecs, était dès le II' siècle 
avant J.-Chr. une ville considérable, certainement assez grande 

La Dalmatie. 12 



178 Excursions dans les environs de Spalato. 

pour permettre au consul Caecilius Metellus d'y hiverner avec 
une armée. Plus tard en combattant bravement pour la cause 
de César, elle reçut le nom de Julia Martia Salona. La ville 
continua à s'agrandir rapidement, et au II* siècle elle devint le 
siège de la diète de la Dalmatie moyenne, d'un légat impérial 
et des autorités provinciales; Dioclétien y séjourna de 305 à 
313, pour surveiller l'achèvement du palais commencé avant 
son abdication. Mais déjà approchait le temps de la destruction : 
les Huns, les Goths, et plus tard les Avares réduisirent Salone 
en cendres, et les habitants durent chercher un refuge, en 639, 
dans le palais de Dioclétien à Spalato. 

Les fouilles. 

Salone dont les restes antiques ont fini par être recouverts 
d'épaisses couches de terre, fut tirée de l'oubli universel en 1550 
par le sénateur vénitien Giustiniani, qui le premier publia un 
rapport sur les restes antiques qu'il y avait vus. 

L'empereur François I" étant de passage, en 1818, à Salone 
au moment où l'on exhumait un superbe sarcophage, décréta 
en 1820 l'établissement d'un musée d'antiquités à Spalato et 
alloua une somme pour les fouilles à faire. Ce furent messieurs 
le docteur Karl Lanza et après lui Franz Carrara et M. Gla- 
vinic qui dirigèrent les fouilles. Carrara réussit à retracer le 
plan de l'ancienne ville; il mit à jour une grande partie du 
,.mur cyclopéen" qui longe la route de Traù, de même que le 
théâtre. Depuis 1883, le conservateur du Musée, M. Bulic, a 
réussi, grâce à des travaux infatigables, à dégager les restes 
de l'ancienne basilique et le cimetière qui est l'un des plus 
beaux et des mieux conservés des premiers temps chrétiens. 

De Spalato à Salone. 

La gare de Spalato est à quelques pas de la Riva, à l'est du 
port. La ligne ferrée suivant les tranchées entre la vieille ville 
et les faubourgs, ce n'est qu'en entrant dans la campagne que 
l'œil peut jouir de la vue qui est des plus ravissantes. Bordée à 
gauche par les terrasses du mont Marjan, elle s'étend à droite 
sur le fort Clissa et sur le gigantesque massif du Mosor qui, 
grâce à sa dénuda tion, fait contraster, tant qu'il est éclairé par 
le soleil, sa blancheur avec la verdure du paysage. 



Bkiih len r 






179 



La tour Glavicina, posée sur une éminenee, remonte au temps 

I où Salone était entre les mains des Tures; puis entrés dans la 

[ baie Sveto Trojatyonoua apercevons la mer radiante et le traio 

Fers la côte de la baie où s'étale le village de Vranjic 

i blanches. 

Avant d'arriver à Salone nous passons prés de la chapelle 

I S. Doimo portant le nom du premier évêque de Salone qui 

souffrit, l'an 107 après J.-Chr., le martyre avec quatre de aes 

cor éligionn aires. 

Vers le nord-est vous voyez la vallée dn Jader aux eaux 
bleuea, et les archea de i'aqueduc de Dioclétien qui, tombé en 
! âge, fut restauré en 1868, 



Dans les ruines de Salone. 

(Vuir lo plan.) 

Nous nous bornerons ici à faire une courte description de 

la promenade qu'ordinairement le voyageur entreprend dans 

ruines de Salone, en renvoyant, pour une description plus 

t étendue, à l'ouvrage remarquable de MM. Bulic, Jelic et Butar 

\ „Guida di Spalato e Salona". 

Débarqués, après une course en chemin de fer d'une demi- 
ire, à la station de Salone, nous voilà au milieu des ruines, 
' entre autres l'elles du „mur des cyclopes" (Muraaiio) qui court 
sur près de trois kilomètres parallèlement k la route. Ce sont 
réalité les restes d'une voie romaine (Via munita) qui con- 
I duisait de Salone à la mer. C'est à la droite de la route qu'on 
\ a déterré dès 1824 plusieurs sarcopbages, restes d'une nécro- 
I pôle romaine, et en 1827 un mausolée dont le coiivercle en pierre 
l était solidement fermé au moyen d'un verrou de cuivre. A 
[• l'endroit où la voie ferrée et la route se croisent, nous ren- 
[, controns un superbe sarcophage trouvé en 1828, dont les sculp- 
ta représentent trois des fameux travaux d'Hercule; on y a 
[ élevé en l'honneur du pape Cajus, natif de Salone, une petite 
I chapelle et non loin de là on voit la vieille église Sv. Mihovil 
1 (8t Michel) qui date peut-être du X' siècle et a été bâtie avec 
I des pierres enlevées du théâtre de Salone dont on a également 
I retrouvé les traces dans ces dernières années. 

Pour parvenir à l'amphithéâtre il faut cheminer, (sur la 
f toute' de Traù) à la droite de la station, jusqu'à la Osteria 



i^iJ 



BxoBni*)u dksi le» eavlioni do SpaUto. 



Cftuberge) Mikelic, puis eaâler un chemin 
r^avïn; ves ruines l'emiiorteiit en étendut 
rEn nous détournant vers la gauche, no 
l-4e l'ancien mur de la ville dont l'origiii 



<n carrossable, moiti» 
ait celles du thé&tre. 
longeons les restes 
est ëclaircie par ll^s 




Iinscri plions déciiiffrées par Cavrara sur deii: 
en 1849. 
Un peu plu3 loin on distingue les traces 
et des sarcophiiges au nombre de seize qui s 
œpèce de fossé, les uns à côté des autres. Arriv 
I 1 



pierres trouvées 



t posés dans une 
ares de Iji „Porta 



4 Clissi 



auburbia", on euflla un petit sentier qui, taisant un crochet v 
le sud, mène à la plus ancienne „Porta Caesarea", qui servait de< J 
passage à Dioclétien quand il se renciait de son palais du bord •l 
de la mer dans la ville. Continuant notre chemin le long du J 
mnr antique, vers l'endroit où Von a trouvé des restes de l'a 
I tique „Porta Capraria", nous apercevons à la droite les ruin 
i baptistère, peut-être unique en son espèce, d'une église p 
I loissiale du I" siècle („Easilica uibana") à carreaux en mosaï- \ 
que fort bien conservés. 

A la gauche une porte moderne composée de fragmenta* 
[ antiques nous mène le long d'une .jolie allée de 

„Coenieterium legis sanctae ciristianae". Nous passo 

I la charmante villa de M, Biilid, construction où entrent des 1 

fragments de monuments antiques, et entrons dans un champ J 

I de débris que signalent de loin quelques colonnes encore debout;^ 

c'est là que gisent les restes de la grande basilique t 
^ cimetière, encadrés dans un paysage ravissant. 

Déjà dans le I" siècle après J.-Cbr. un certain Ulpius avait I 
t érigé un tombeau sur sa terme, dont un antique pressoir à huile f 
un pressoir à vin ont été conservés jusqu'à nos jours. 
Dans les II' et III' siècles on inhuma près du tombeau J 
f d'Ulpius beaucoup de martyrs; sur les tombeaux furent érigées I 
l de petites chapelles et bientôt il existait — hors des t 
I l'antique ville — le grand cimetière nommé nCoemeterium legia J 
|..&anctae Christianae". 

V siècle, le cimetière fut dévasté par les Goths at i 
* les Huns; mais bientôt on le restaura et bâtit — sous l'empire 1 
de Justînien (525—565) — la „grande Basilica", cathédrale 
trois nefs avec des colonnes-lnonollthes de granit et de syénit, J 
dont quelques fûts sont encore debout. 

Tous les souterrains de cette église étaient remplis de sarco- 
■ phages — les mêmes que nous voyons aujourd'hui, la plupart 
I montrant ces trous caractéristiques faits par les Avares, qui 
I' détruisirent en USt) la cathédrale et le cimetière, et fouillèrent 
avidité les tombeaux. 

A Gllaaa (KII3). 
Partant de Salone pour Clissa, jusqu'à l'altitude de 
es, le grenadier, le figuier, le pistachier et l'olivier nous 
l accompagnent encore; il y succède la végétation de l'Europe J 



rîe2 



I moyenne, la fleur rouge du rubus ) 

I l'églantine , lit EcaLieuse et l'ononi 

[ frappent au passage. Après une mar 

vons à une auberge où la route, ei 



; joint nu rose tendrE 
aux tleui-s rouges n 




iJaissB apercevoir Salone et Spalato et an delà le mont Marjan. 
r !Eu montant toujours nous voyons la scène cbauger de minute en 
[ minute: tantôt Ja vue plonge sur la mer, sur Spalato, sur Salono 
u loin sur les îles; tantôt l'œil s'égare dans les sombres 
I rochers du Mosor. Dans l'intervalle, entre ce dernier et la 



^ 



Markezina-Greda, se dresse le rocher de CHssà. Aflectant la 1 

' forme de pyramide, il est couronné par la forteresse tandis* 

que sur sa pente les cultures s'entreiaêlent au village de Glissa- 1 

qui descend en terrasses. 

Glissa était connue des plus anciens historiens. Por- 
phyrogénète parle d'une forteresse nommée „Clissa". Pendant les ; 
sept siècles de la domination croate, ijElis" parait a 
important vu qu'on s'en est souvent disputé la possession. 
En 1389 les Bosniaq' 




fameux TJskokes, émigrés de Bosnie, qui, lorsqi 
Y Turcs eurent pris Glissa en 1583, furent établis par l'Autriche.] 
I à Zengg (Segsa). Ils finirent par s'adonner ù la piraterie de 
f sorte qu'en 1618 il fallut les incorporer dans les régiments 
' des „Conflns militaires croates". 

En 1668, Foscolo regagna Glissa pour la république de 
Venise qui garda cette forteresse Jnsqu'à l'annexion du pays 
F par la France. 

Bestée définitivement k l'Autriche depuis 1813, Glissa 
(sé de jouer un rôle militaire. L'intérieur u'offi^ rien 
I bien remarquable ; en revanche, du haut de la forteresse 
! jouit d'une vue siiperbe, qui excite notre intérêt par ses vifs 
I,. contrastes. Vers l'ouest on admire la mer et les campagnes 



M 

,.fs j 



1B4 Excursions dans les environs de Spalato. 

riantes dont le centre est Spalato; vers Test s'offre un coup 
d'œil dans Tintérieur de la Dalmatie, qui ressemble aux fertiles 
pentes de la Carniole. 

Retourné au village de Salone, dont l'entrée est marquée 
par un castel quadrangulaire en ruine, le voyageur fera attention 
à plusieurs maisons curieuses par l'incrustation dans leurs murs 
d'anciens fragments d'architecture. Les façades et le nom 
pompeux dont se pare le „Café Dioclétien" sont les seuls titres 
qui permettent à ce village de prétendre au rang de successeur 
de la plus célèbre ville de l'ancienne Dalmatie. 




XX. De Spalato à Slnj et à Imoski. 



Le défilé de Clîssa s'allonge ensuite dans une vallée du 
Karst dont la route suit la pente gauche, et montant k uu col 
haut de 412 mètres la route va atteindre le champ pierreux de 
Dicmo qui a eu son quart d'heure de célébiité littéraire lorsque 
la comteSHe Orsini-Eosenberg y plaçait le théâtre d'un roman 
dont le sujet est l'étude du caractère morlaque. — La route noua 
conduit en traversant le champ au déâlé de Mojanka auquel se 
rattache la légende suivante. Une vieille femme, à la recherche 
de sa fille disparue, polissant entre ces rochers déserts le cri de: 
OMojaAnka (ô mon Anne!) s'affaisse inanimée sur le corps de 

Isa fille qui avait été poignardée par sou amant jaloux. 
mi 
pi. 
pri 
Su 
Btl 
an 
COi 
les 
leu 



SlLJ. 

En sortant des défilés arides du Karst 
as ne verrous pas sans un certain étonne- 
ment s'étendre à nos pieds la grande 
plaine de Sing inondée en hiver, en été 
propre à la culture. La petite ville de 
Sinj possède un musée local, qui est in- 
stallé dans le couvent des fraaciscains. 
Il renferme outre, de belles monnaies 
I antiques, une tête d'Hercule fort bien 

Les habitants de Sinj ont de jolis 

r costumes nationaux et les femmes surtout 

1 Diett«nt de la coquetterie à se montrer, 

les jours de marché et le dimanche, dans 

leurs gracieuses et originales toilettes. 




La /été de l'Alka (la Giostra). 



Lorsque le vL 
née formidab e 




de aut les muro de Sinj en 
11^ et m t le ege devant la ville 1 ae 
trou a t dans le couvent des trancisca na q 
ava eut em gre tle Baina une mage de ste 
Marie gar e d or et de p er ea prec e ses 
les faab tants al èrent nvoquer avec une a 
foi To C dun co p la peste e lata da 
camp des Bosn a ues ^u levèrent le s eg 
populat on att b ant son sal a la pu b 
intercesB on de la sa nte \ e ge célèbre 1 p 
tous le'j ans une tute en 1 bonne r de la \ 
et en commémorât on de la de vran e d 
Cette fête populaire et locale a pour attrait prin- 
cipal une jovite équestre à laquelle ne peuvent 
participer que les habitants de Sinj.J 

Exeuniotis. 
Nous engageons le voyageur i visiter la montagne du castel 
et ie village de Citluk (l'antique Claudium Aequuin), où l'on a 
déterré la plupart des objets du musée de Siiij. Otok, où l'on 
trouve des sources sulfureuses, a été, selon une légende, l'endroit 
où St Georges terrassa le dragon. 



De Sinj à Imoalci. 

Ayant parcouru le Sinjsko Polje 
vei-s le sud, la Cetina entre dans une 
vallée étroite — un vrai canon — qui 
s'étend jusqu'à Almissa. Devant l'entrée 
de oe canon est situé le village de Trilj 
où se trouvent les ruines de l'antique 
capitale des Dalmates „ Del minium". 

Près de Trilj nous passons la 
Cetina, rencontrons un peu plus loin 
la tour NuSak et continuons le voyage 
jusqu'à TTgljan (18'/, kilomètres de 
Sinj) où les routes se séparent: l'une 
va vers le territoire de la Nai-enta 




Teie d' Hercule. 



B'Imoski par le Biokovu à Makarska. 187 

(c'est la Strada Maestra, construite sous le gouvernement 
français), Tautre conduit à Imoski. 

Nous poursuivons cette dernière en nous élevant peu à peu 
dans ces régions agrestes jusqu'à l'altitude de 647 mètres où 
la route porte encore aujourd'hui le nom de „Eiiïiski Pût", c'est- 
à-dire „Route romaine". 

De là notre chemin s'abaisse vers l'immense „Imosko Polje", 
nous traversons la plaine fertile où l'on cultive une sorte ex- 
cellente de tabac et enfin la route s'élève de nouveau vers 
Imoski, dont la situation toute singulière nous a déjà surpris 
en descendant dans la plaine. La petite ville couronne une colline 
et il ne faut regarder que ces pentes escarpées pour comprendre 
la témérité du provveditore Mocenigo qui, dans la nuit du 
27 juillet 1717, attaqua la ville et réussit à la prendre d'assaut. 

Les ravins des alentours d'Imoski sont des plus curieux, 
principalement celui du lac rouge (Crveno Jezero) qui est ren- 
fermé entre des pentes rouges et rocailleuses. 

D'Imoski par le Biokovo à Makarska. 

Une route transversale vient relier à la grande Strada 
Maestra celle qui mène à Imoski en traversant le pays âpre et 
dénué du Karst entre les hauteurs de Imosko Polje et la chaîne 
du Biokovo. 

La route atteint, entre l'Orljaô et le Vitrnik, l'altitude de 
656 mètres, puis elle s'abaisse vers le village de Zagvozd, qui 
est juste au pied du massif du Biokovo, dont les cimes res- 
plendissent de neige jusqu'au printemps. Çà et là on trouve aussi 
un petit bois et c'est pourquoi — chose rare en Dalmatie — des 
charbonniers existent encore ici. Les habitants de Zagvozd sont 
aussi d'habiles chaudronniers et d'excellents potiers. D'Imoski à 
Zagvozd on met 3 heures 10 minutes en chaise de poste. En con- 
tinuant la course vers le nord on arrivera en 27^ heures à 
Katuni, d'où une ramification conduit aux stations de bateaux 
Makarska et Ba§kavoda. Prenant une direction méridionale il 
faut franchir le col de Turija (700 mètres) pour gagner la route 
Rodic qui traverse la montagne à 897 mètres d'altitude et sur 
laquelle on roule encore 4 à 5 heures pour arriver à Makarska. 
Au lieu de faire ainsi le tour du massif Biokovo, un bon mar- 
cheur capable de fournir une marche de 10 heures préférera, en 
franchissant directement la montagne, suivre le sentier qui le 



IHo De Spalato à Sinj et à Imoski. 

mènera par Zagvozd à Makarska. Ce sentier lui offre la faculté 
(Vexécuter en 1 V, heure Tascension de la principale cime, haute 
de 1762 mètres, puisque à 1400 mètres d^altitude il va toucher 
à son but. 

De Sinj sur la Strada Maeetra à Metkovlc. 

La grande route de Pintérieur du pays, la „Strada Maestra^S 
(]ui, se raccordant à la route de Croatie n'est autre, jusqu'à Sinj 
(05 kilomètres), et même jusqu'au relais de poste d'TJgljan, que 
l'ancienne voie romaine qui conduit à l'Imoski. 

A Ugljane la „Strada Maestra^' s'en détache vers la droite 
pour gagner à 37 kilomètres d'Ugljane la bifurcation de Zag- 
vozd; elle monte jus'quau col de Turija (près de 700 mètres) où se 
trouvait une inscription portant que „sous l'empereur Napoléon 
le Grand et sous la direction du vice-roi d'Italie Eugène, au 
temps que le maréchal Marmont commandait en chef en Dal- 
matie, cette route a été percée de 1806 à 1809 sous la conduite 
technique du général Blancard avec l'aide des ingénieurs Grljic 
et Zavoreo, et que de la frontière de la Croatie jusqu'à celle 
de l'Albanie elle est longue de 250 milles géographiques.'^ 

De Vrgorac (38 kilomètres de Zagvozd), la route se tient 
sur la hauteur de la chaîne qui forme la frontière entre la Dal- 
matie et l'Herzégovine. Enfin nous descendons dans les terrains 
bas de la Narenta, passons ce fleuve sur un pont tournant 
près de la tour de Norino et arrivons, en longeant la rive gauche, 
à Metkovic. 



^ 




I 



XXI. De Spalato à Metkovlc. 



Les bateaux express du Lloyd et de la Compagnie Ungaro- 
Croata font ce trajet, en se tenant au large, sans s'ari'êter entre 
Spalato et Gravosa de sorte que le voyageur ne fait qu'entve- 
Toir les contours da la côte. Le bateau du Lloyd partant pour 
Metkovié est destiné à desservir les côtes et les ïlee, et met, 
par suite de ce ya-et-vient, 12'/, à 13 heures, tandis que la 
course de nuit sur le bateau partant pour Metkovic de l'Un- 
garo-Croata n'est que de ï heures. 

A peu près à 6 kilomètres à l'est de Spalato, nous voyons 
sur la langue de terre de la baie de StohreG le village de ce 
nom, et à l'est de la baie une route qui s'étend jusqu'à Almissa 
et indique la frontière de Vancienne république de paj-sans 
H])peléB Polgica qui formait encore, il y a un siècle, un pendant 
aux jjetites républiques de San Marino et d'Andoi-ra, 

Dans la Poljica et 8ur le Mosor. 
Le Mosor qui s'élève i une altitude de 1340 mètres est pré- 
cédé, depuis Spalato jusqu'à Almissa, d'une chaîne de contreforts 
côtiers qui n'atteint que 59'1 mètres et porte !e nom de mon- 
tagne de „Poljica", Pour la parcourir, nous partons de la baie de 
StobreB vers le nord jusqu'à ce que noua entrions dans la 
iissure d'où sortent deux ruisseaux qui viennent former près du 
village de Ëmovnioa le „Stobre5". Nous arrivons successivement 
aux villages de Zrnovnica, Srinjiae, Tugari, Gâta, tout cachés 
dans la verdure, enfin à l'antique chapelle de St Georges, d'où 
lu vue s'offre ravissante sur les vignes du village de Zakufiac, 
sur les rives rocheuses de la Cetina et sur la mer jusqu'aux 
côtes de llle de Brazza. Les touristes qui voudront faire 



l^ De Spalato à Metkovié. 

Tascension du Mosor. partent de Émovnica pour la ^Poljica 
moyeuDe*^. Ils rencontrent près de Téglise du village de Sitno 
un sentier montant qui. passant près des chapelles de St Luc et 
de St Clément, atteint à 1089 mètres d'altitude la crête du Mosor; 
puis il faudra suivre l'un des sentiers qui mènent, vers le nord, 
aux chalets iStaje) pour gravir le point culminant (1B40 mètres). 
Les villages de la «Poljica inférieure", sont situés au-dessus 
de la belle route Spalato — Almissa. C'est là qu'on récolte la 
fameuse griotte dont on fait le marasquin. 

La Pcljica d'autrefois. 

Cette petite république rurale fondée en 1235 par des 
gentilshommes hongrois ou bosniaques, était organisée de ma- 
nière à former 12 communes, administrées et présidées chacune 
par un Knez. En 1444, la Poljica se soumit spontanément à 
Venise, s'engageant à payer un tribut annuel de 3000 livres 
dalmates. Venise se stipulait en outre le droit de ratifier le 
choix du ,,Grand-Knez". 

Il faut signaler les combats de la petite république contre 
les Turcs, principalement ceux de l'année 1649 qui finirent par 
la victoire du „Grand-Knez" Pavic. Selon la tradition, c'est dans 
ce combat que débuta la „ Jeanne d'Arc de la Poljica", audacieuse 
pucelle qui au prix de sa vie mit le feu à la poudrière ennemie. 

Au commencement du XIX" siècle, les Français amendaient 
le Statut spécial de la Poljica, et lorsque les habitants se sou- 
levèrent et demandèrent secours aux Russes, Marmont opprima 
la révolte avec dureté, faisant fusiller une partie des habitants 
et brûler leurs maisons. Pourtant le Knez Ivan Covic parvint 
à se réfugier sur un bateau russe, emportant dans une cassette 
tous les documents relatifs à la Poljica. 

Almissa (Omis^\ 

A l'embouchure de la Cetina s'abrite sous de haut rochers 
Almissa, autrefois mal famé auprès des navires marchands 
pour la piraterie que pratiquaient, grâce à leur situation fa- 
vorable, les habitants aujourd'hui si pacifiques. 

Almissa fut le théâtre de plusieurs combats à l'époque des 
Turcs et de quelques escarmouches livrées en 1807 aux Eusses 
par les Français. 



AlmtaM (OmH). 

Daas l'église, on vous fait voir un crucifix d'argent, in- 
crusté de pierres précieuses, ex voto oifert par les corsaires; un 
autre mémorial des temps passés, le manoir Mirabello, dresse 
ses ruines sur une éminence de 311 mètres au-dessus de 
la ville. 

A 7 kilomètres est d'Almissa, s'adosse à un coatre-fott de 
la chaîne qui, reliant le Mosor et le Biokovo, s'élève entre la 
Cetina et la iner, le village de Bogoznica, d'où sont datés les 
plus anciens documents concernant la Poljica, 



fc 




^T 



Les moulins établis sur la Cetina ne fonctionnent guère ; 
c'est que les riverains préfèrent cultiver la vigne qui vient à 

I merveille et qui produit deux excellentes espèces de vin; le ,.Pro- 
secco mousseux" et le „Mosctito rosa", ainsi appelé k cause de 
son fumet rappelant l'odeur de la feuille de rose. 
Almissa a de jolies promenades, particulièrement celle qui 
mène aux mouiins de Radman et à la chute de Gubavica que 
l'on atteint après une charmante course en voiture. 



De SpalKto h VatkorU. 

D'AImiasa à Duare (Zadvarjs). 

Une route carrossable côtoyant les parois des rochers de 
la Cetina dévie auprès des moulina de Badman, dans un char- 
mant site, vers la droite. Après une course de près de deux 
heures, elle se rapproche de la rivière. La Cetina s'élargit à 
1'/, kilomètres en avant, de manière à former le tranquillu 
étang dans lequel se déverse, en sortant d'une gorge, la „Ma!B 
Ouhavica", la petite cascade de la Cetina haute de 7 mètres. 
La route, après a'ètte abaissée juwju'au lit de la rivière, remonte 
de nouveau au village de Duare (^Zadvarje) où l'on atteint la 
route qui mène de la „Strada Maei^tra" à Makarska. 

C'est de ce point où la Cetina fait un coude, qu'on gagne 
après une centaine de pas la „Velika Gubavica", où tout le 
volume d'eau de la Cetina se précipite d'un seul jet du haut 
de 30 mètres avec un fracas assourdissant qui se propage au 
loin. Les parois des rochers sont tellement collées à la rivière 
qu'on a de la peine à trouver un point d'où l'œil puisse em- 
brasser toute la chute. Ce qu'il y a de plus attachant, c'est le con- 
traste c^ue présentent les rochers gris de pierre et 1a couleur 
blanche du volume d'eau qui s'éparpille en écume. 

La visite que vous ferez à l'ancien château fort de Duare 
rasé deux fois par les Vénitiens et relevé deux fois par les 
Turcs, se recommande à ceux qui aiment à avoir une vue d'en- 
semble sur un paysage. 

D'ailleurs, la vieille masure offre un intérSt particulier au 
botaniste par la luxuriante végétation du fenouil sauvage (atha- 
menta verticellata) et du cytis arbuste. 

D'Almiesa à Makarska. 
Vis-à-vis de la côte orientale de Brazza la terre ferme de 
la Dalmatie s'élève en une falaise d'ime structure grandiose; au- 
dessus d'une bande large de 2 kilomètres et qui ne dépasae 
pas la hauteur de 4O0 mètres, voua voyez saillir sans aucune 
transition les superbes murs à pic de la chaîne du Biokovo. 
Cette montagne haute de 17(i2 mètres est bien digne de l'attention 
et de l'intérêt des touristes; en 1838, le roi de Saxe Frédéric- 
Auguste admirait la vue superbe qui s'étend jusqu'aux hautes 
montagnes de la frontière de la Dalmatie, jusqu'à Brazza et au 
Mosor. La route la plus courte d'Almissa au Biokovo est celle 



I de Makarska par les villages de Makar et de Velobrdo, d'où 
1 sentier assez raide serpente le long des parois de la montagne 
["■iuBqn'an platflan. 

Makarska. 

Makarska, la chef-lieu du territoire de Primorje (c'est-à- 
' dire territoire de côte), 'est situé dans une petite baie, et 
[ offre peu d'intérêt, excepté l'église S. Pietro, et le monument 
\ du barde croate Kafiio, œuvre d'Ivan Eendic. 

Selou quelques historiens Makarska fut l'ancien Ratanium 
' de Pline, d'autres supposent que c'était une (loloni 




I 'établie à l'effet de recueillir sur la côte le coquillage testacé 
conoii sous le nom de gipourpre" (murex brandarie). 
En 1818, la peste décima la population de la ville. Les 
habitants (en 1890 1572) s'occupent de la culture de la vigne, 
de l'olivier, du figuier, de l'amandier et du griottier. Elle est 
le siège de l'Entreprise de navigation de Rïsmondo. 
: 



De Makaraka è l'emb eue hure de la Narenta. 
En couliuuant à longer la côte vers le sud, nous aurons 
ftlovaiit nos yeux les contours de Lésina, dont la côte est sur- 
Riilombée des rochers grisâtres de la presqu'île de Sabioncello et 

XtliailtiË. 13 



^ 



194 De Spalato à Metkovié. 

du puissant mont Vipera. Le long d^une bande de la terre ferme 
que le ciel a favorisée entre toutes se rangent à la file les 
villages de Tuôepi, de Podgora où se trouve la tombe du patriote 
et écrivain croate Pavlinovic, plus loin d'Igrane et de Zivogoâgje, 
qui renferme dans un charmant site un couvent de franciscains 
et enfin, précisément sous la latitude du promontoire oriental 
de Lésina, le couvent de Zaostrog, retraite faite pour des contem- 
platifs solitaires, puisque les charmes et les beautés de la nature 
compensent largement la renonciation aux plaisirs du monde. 

Bientôt les rochers sauvages se rapprochent de la mer et 
le paysage montagneux se fend, entre les champs plats et les 
petits lacs, en une large brèche d'où la Narenta roule ses eaux 
bourbeuses vers la men 



De rembouchure de la Narenta à Metkovic. 

Entrés dans le chenal aux eaux brunes de la Narenta, nous 
avons à notre droite la digue qui réduit la baie Jezero Parila 
en lac, mais bientôt nous passons la région des lacs côtiers, 
et des deux côtés du canal s'étend l'immense plaine connue 
sous le nom de „terrain bas de la Narenta". 

Avant d'arriver à Kosmin, il s'ouvre dans les montagnes du 
Karst à la gauche une espèce de bassin entouré de villages et 
dont le centre est occupé par le lac de Modrovko. En automne 
on aperçoit à la droite des meules de paille de maïs, d'où sortent 
de nombreux peupliers à pyramide. Près de Komin on cultive 
le figuier et l'olivier et le rendement qu'ils donnent est un des 
titres de la plaine de la Narenta par lesquels elle justifie sa 
réputation de fertilité. 

Fort Opus.*) aligne ses maisons proprettes sur la rive 
méridionale et possède un obélisque érigé sur la „Biva" et con- 
statant par une inscription qu'en 1888 on a mis en œuvre la 
régularisation du cours de la Narenta dont les bienfaisants 
résultats se font de plus en plus sentir. 



*) Dans les environs se trouvent : tamarix africana, glicirrhizza 
echinata, chenopodium ambrosiaides, sita abntilon, artemisia Narenti- 
tana; les marais sont couverts des fleurs jaunes et blanches de nym- 
phaea lutea. 



De l'embouchure de la Narenta à Metkovié. 195 

Naviguant de Komin jusqu'à la tour de Norino, où vient se 
jeter dans la Narenta la rivière de ce nom, nous voyons se dérouler 
la plaine de Seget au fond de laquelle est situé le village 
de Vid, et enfin nous arrivons à Metkovic, où le bateau aborde 
tout près de la gare du chemin de fer herzégovinien de Mostar. 

La ville fait une impression toute moderne; de jolis ponts 
en fer, de nouvelles maisons bien bâties, lui donnent un aspect 
propre et coquet.*) 



*) A Metkovic il y a le nouvel hôtel „Austria". 




^ Mk m!0 m!0 m!0 M!tf ^ ^ m!0 m!0 ^ ^!m 
W" Jf^ W" W" W" 99^ W" W" W" Jf^ W" W" 



Ç^^^' 



XXII. La région de la Narenta. Excursions de Metkovic. 



Détails historicïues. 

Dès le temps des Eomains la Narenta (nommée Naro ou 
Narbo par les auteurs anciens) jouait un rôle assez important ; 
au moyen âge elle était considérée comme frontière entre les 
deux républiques de Venise et de Baguse. On croit générale- 
ment que Narona, qui fut dans les temps anciens la capitale de 
ce territoire, occupait l'emplacement du petit village de Vid à 
3/2 kilomètres au nord-ouest de Metkovic. 

En longeant les murs de cette ville, qui servait autrefois 
de frontière entre la Dalmatie vénitienne et l'Herzégovine turque, 
nous parvenons en une heure à Vid où nous voyons, comme 
à Salone, des restes et des fragments antiques, dont quelques 
uns sont incrustés dans les murs du presbytère bâti dans la 
première moitié du siècle. On n'a pu pousser très loin les fouilles 
parce qu'à une profondeur de quelques mètres on a rencontré 
de l'eau qui a empêché tout travail de ce genre. Toutefois les 
monnaies et les fragments trouvés ne sauraient laisser de doute 
sur l'existence de l'antique ville de Narenta. 



Plusieurs auteurs qui font autorité n'ont pas hésité à 
affirmer que déjà avant l'ère chrétienne ces côtes étaient habi- 
tées par les Croates et les Serbes. L'accroissement de la popu- 
lation due à une immigration slave au Vil* siècle est confirmé 
par Constantin Porphyrogénète. 

Après la mort du dernier roi des Croates (1102), la dynastie 
serbe des Nemanjides obtint l'hégémonie, et c'est sous 
Dusan le Fort (1332) qui s'intitulait empereur, que l'empire des 



Détails iistrrffice 

Serbes parvint k son apogée. Mais bientôt coramença la décadence. 
UroS IV, fils de DuSaii, fut tué par son premier ministre Vu- 
kaSiu et ce deruier périt, en 1371, dans sa fuite précipitée qui 
sui^-it la victoire remportée par les rausoligans. Il s'ouvre n'ors 




[ 'OOtte période de lutte glorieuse pour l'indépendance des Serbes où 
[ Sarko Eraljevié, un des héros nationaux des Serbes, joua un 
3 important. Lazar, qui fut le successeur de Vukaâin périt 
l dans la bataille livrée aux Turca au KoEovo Polje (1389) et lo 
Lyieil empire serbe dis parait avec lui. 





Lei Narentin». 
On prétencl que les Serbes qui étaient venus se fi; 
la région de la Narenta ne voulurent pas accepter, jusqu'au 
IX* siècle, la religion clirétienne. C'étaient des pirates si habiles 
qu'ils vainquirent les Vénitiens eux-mêmes et n'arrêtèrent leurs 
exploits qu'apréa la conquête de toute la Dalmatie moyenne. 
Ils réussirent même, en s'alliant h. Tenipereur d'Allemagne 
Othon I", à sortir vainqueurs des combats engagés avec les 
Sarrasins. Ce fut l'apogée de leur grandeur militaire, car In 
victoire des Vénitiens, sous le doge Pierre Orseolo II, leur 
a une partie de leur importance qu'ils ne perdirent défini- 
^ dvement (ju'en 1687. 

Du sol et ilu eliiiiat, 

Fetter compare les baa-tbnds de la Nni-enta au dïdta du Kil, 

F'SituëB près de la mer et inondés chaque année, ils sont comme 

F'ie delta tout ce qu'il y " de plus fertile, et Peiter affirme 

qu'il n'a vu nulle part en Dalmatie des mûriers, des figuiers 

ot des grenadiers aussi gros. 

jes marais produits par les inondations ont pu faire courir 

[ le bruit que la fièvre régnait dans les légions de la Narenta, 

B qui lui a fait donner le nom de la „Narenta maudite par 

Dieu". Mais d'après une statistique de Petter 11 hommes âgés 

I de 90 à 100 ans vivaient en 18-13 dans le district de la Narenta. 

En outre cet auteur rappelle que cens qui menaient une vie 

l régulière, se sont acclimatés pendant l'été même. La culture 

I de la vigne et les travaux d'endiguement de la Narenta ont assaini 

itrée et ont dessècLé les marais ainsi que les bas-fonds. On 

I » pu ainsi cultiver une étendue de terrain de 12.000 hectares 

I fit le territoire deviendra un des plus fertiles et le grenier à 

I &uits de la Dalmatie. 

Outre les arbres fruitiers et les ceps de vigne dont les 
I grappes atteignent la grosseur de celles du Canaan, on cultive 
B dans les parties sèches des bas-fonds toutes les céréales, 
surtout le maïs et le millet. Les lacs ou les marais du littoral s'é- 
' tendent sur une assez grande distance, et les Narentins y 
trouvent, ainsi qu» dans la mer, d'abondantes ressources en se 
vouant à la pêche. On y prend des poissons de toute espèce. 
Les truites saumonées y atteignent un poids de 20 kilos. Tantôt 



De MetkovW à Vf ponte. 

1 les fume, tantôt on les sale, ou on les sèche. Les anguillea t 
grasses de la Nareuta, prises surtout d'octobre à janvier, sont | 
renommées ainsi que les écrevisses. Il y a encore dans 
marais des sangsues. Les gens les prennent en entrant, jai 
nues, dans les marais, et en attendant que les i 
nent les mordre. 

Pour circuler parmi les joncs et les roseaux, les Narentina 1 
se servent tantôt de „Zoppoli", tantôt de petits bateaux de 18 | 
& 20 pieds de long, construits de planches très minces et dont 1 
le fond n'est pas plat, mais a la forme d'un livre à moitié 1 
i' ouvert. Ces esquifs appelés „Trupina" sont si légers, que le j 
Harentin, arrivé au bout d'un canal, met son esquif sur ses épaules 
et le porte jusqu'au prochain canal. C'est sur eux que l'on trans- J 
porte, comme ailleurs sur les chariots à ridelles, le foin, Isa ce- ] 
réaies et les roseaux. Ils servent aussi ft la chasse des c 
aquatiques qui abondent dans les roseaux de la Nareuta, > 
- tout dans les mois de janvier à mars, et qui sont d'un grand 1 
intérêt pour l'ornithologie. Il s'y trouve encore des aigles, des I 
I vautours à tète blanche, des pélicans, des cygnes sauvages, i 
hérons, dont les plumes sont très recherchées, 
mouette, la poule d'eau, la bécasse de marais, l'oie et le j 
nard sauvages y pullulent. C'est très intéressant d'assister k \ 
combat de canarda avec des faucons ; le canard bat ai 
fortement de l'aile, que l'eau éclabousse de tous cQtés le 
faucon qwi, effrayé, abandonne sa prise. Le voyageur qui 
' désire séjourner quelque temps dans cette contrée trouvera fa- | 
i cilement un indigène honnête, aimable et serviable qui 1 
servira de guide dans les joncs et les roseaux. L'étranger 
manquerik pas de se plaire aux excursions intéressantes qu'il I 
pourra faire dans toutes les directions, soit qu'il trouve plaisir f 
& pêcher, à chasser les oiseaux, ou à collectionner des plantes. 
Si l'on préfère au contraire voir de nouveaux paysages, il suffit 
^.de faire une des excursions suivantes, ou bien, si l'on ne peut 
(.disposer que du temps qui s'écoule entre l'arrivée du bateau et | 
* le départ du train, il ne faut pas manquer de se rendre s 
[line oi\ se trouve l'église du cimetière de Metkovic. 

De Metkovic à Vrgorac. 
Cette course qui nous conduit dans les hauteurs sauvages ] 
ffles monts Babina-Gomila, nous fait connaître les curieux laça J 



200 La région de la Narenta. Excursions de Metkovié. 

hivernaux qui offrent plus d'un attrait à Tami de la nature et 
au chasseur. 

L'historien contemplera avec intérêt la sauvage localité 
de Vrgorac qui paraît être collée aux rochers et qui, 
malgré sa petitesse, a vaillamment combattu à Tépoque turque 
pour le couvent de Zaostrog. Ce couvent, situé à 10 kilomètres 
sur la côte, était la retraite du Monténégrin Miletic qui avait 
embrassé le catholicisme, lorsque les Turcs vinrent assaillir 
le monastère. La pierre sépulcrale qui a été posée en sa 
mémoire dans Téglise de Vrgorac lui fait un mérite d'avoir 
abattu dans sa vie (1667 à 1737) 99 têtes musulmanes. 

Vrgorac a servi de point d'appui, en 1878, au général Jova- 
novic pour sa marche sur Mostar. 

Le gouvernement a encouragé dans les temps récents la 
plantation du tabac. Près de Vrgorac, sur la pente du mont Ra- 
donjic, se trouvent des mines d'asphalte exploitées par la maison 
viennoise L. Kônig et fils. 

De Metkovié à LjubuSkl. 

Perchée sur une hauteur rocailleuse, cette petite ville qu'on 
atteint facilement en chaise de poste,*) a un aspect tout-à-fait 
turc par ses minarets et ses petites mosquées, plus de la moitié 
des 3.500 habitants étant mahométans. Les costumes nationaux 
sont originaux, les jeunes filles accortes et gentilles portent avec 
grâce le fez rouge, une jaquette mignonne, un ample pantalon 
de soie bleue et des pantoufles rouges. Le château de LjubuSki 
est censé avoir été bâti par le duc Etienne en témoignage 
de sa tendre affection pour sa femme; c'est pourquoi les cita- 
dins appellent encore aujourd'hui la tour „Erzegu§a" (duchesse). 

De Metkovié à Gabela et à Mostar. 

Dix minutes après avoir quitté Metkovié, le train s'arrête 
à Gabela, premier village de l'Herzégovine, qui est surmonté 
des ruines d'une ancienne forteresse vénitienne. 

Ensuite nous passons Poëitelj dont la situation ressemble 
à celle de quelques villages d'Espagne et de Syrie. Les 
maisons sont dominées par la coupole d'une jolie mosquée. 



*) La poste part de la station Caplina du chemin de fer Met- 
kovié— Mostar. 



201 



MoEtar, capitale de l'Herzégovine, peuplée del2. 700 habitants, 

, ime ville fort ancienne. Sur la colline de Hum ae voient 

;ore les ruines d'une forteresse très vaste que l'on croit Btru 

Identique avec la forteresse Chlum dont parle l'historien Con- 

.ntin Porphjrogénète. 

Mostar (la ville des ponte) tire son nom du célèbre 

lit qui traverse la Narenta,' Ce pont, d'une seule arclie, 

large de 38'/, mètres, et dont la pierre de voûte porte la 




[ate de 1566, paraît être l'œuvre d'architectes istro-dalmates. j 
9 à 4 étages défendant le pont servaient autrefois do I 
:t de magasins k poudre. 
XjG voyageur admirera k Mostar l'architecture turque aux 
Eibazars, aux mosquées et ans tombes ombragées de cyprès ; 
[il sera frappé de la belle taille des hommes et de la diversité 
la bizarreiie des costumes, surtout chez les femmes, 
se lassera pas de parcourii' les rues où, k chaque pas. 



J 



I,« région ie 1« Surent». EicnrBioM de Uetkovlf, 



lqU8 chose 
k sa vue. Ayant gravi 
il jouira vers l'ouest d' 
t toits gris des 



ur l'homme de l'Occident s'oifrïra 
a rive gauche la route montante, 
vue superbe sur ia ville, aur les 
turques, sur les gracieux minarets. 
Cette excursion se recommande surtout aux voyageurs qui ne 
connaissent pas l'Orient. Ceux qui désireraient pousser plus loin 
dans la Bosnie et l'Herzégovine ou parcourir la ligne de 
Mostar — Sarajevo, remarquable comme voie percée dans la mon- 
tagne, feront Lien de se munir de l'excellent guide „Routes de 
voyage dans la Bosnie et dans rHerzégovine"' (Vienne, Hart- 
lelien), ou du livre de Eenner „A travers la Bosnie et l'Herzé- 
govine" (Berlin, Ileimer).'J 

Les Joueura de guala. 
Cet instrument qui tient un peu de la guitarre eBt l'instru- 
ment favori du Dahnate du Sud. C'est un délassement et une 
récréation pour lui que d'en jouer en s'aceorapagnant du chant 
de quelque vieille ballade ou d'une épopée nationale célébrant 
les grands guerriers dalmates. Le héros favori de la muse po- 
pulaire est, avec Laïar, le célèbre Marko Kraljevic") qui, il est 
\'Tai, Ëoit sa carrière aventureuse en combattant au service du 
sultan. Ce qui surprend, c'est que ces chansons ne sont pas 
brodées sur la période d'éclat du royaume serbe, mais plutôt 
!a période de décadence marquée par la lutte contre la domina- 
tion turque. Et pourtant ce qui est vraiment curieux, c'est que ces 
chants dont quelques-uns sont pour ainsi dire le „cantique de 
la dive bouteille", sont entre-mSlés de citations comiques et 
pleines de verve; ces slaves méridionaux, tout en étant plutôt 
d'un naturel mélancolique et rêveur, ne dédaignent pas dans 
leurs balladetj la tarascounade, la note gaie et gouailleuse. 

•) A Mostar, nous aÎEnalons l'hAtel „N»r«nta", érigé rec^mmeiit par 
le eoQvarnBinBnt. 

**) Knljevid, c'est-à-dire tUs de roi. 



_m- 




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Oimanii 


S 


UiÀiUùOi 


^-^ 


-&> 



XXIII. Les îles de la Dalmatie moyenne. 



, ù l'en contre 
oas entourées 
-dessous de la 
a transition 



ICës iles sont pour la plupart assez graudes 
de celles de l'archipel septentrional, elles ne son 
de scogli. Les îles de Petite- et de Grand Zirona 
.Pnnta Planka peuvent être considérées commt 
■œitre ces deux grands archipels. 
' Merveilleusement abritées elles o&ent une végétation toute 
méridionale. En janvier, par exempte, quand il y a à Zara 6 degrés 
au-dessus de zéro, Lissa en compte 9, presque comme l'île de 
Cort'ou. Cela s'explique aisément: dans les îies de la Dalmatie 
septentrionale la Bora souffle encore avec une certaine violence 
et refroidit sensiblement l'air; dans les îles de la Dalmatie 
moyenne, au contraire, les venta du nord arrivent déjà échaufFés 
par la zone plus tempérée qu'ils viennent de traverser, et il n'y 
a, pour ainsi dire, pas de gelée. Aussi le grand nopal indien 
y réussit fort bien, signe évident que la température est presque 
la même que celle des îles ioniennes. Il faut compter an nombre 
des îles de la Dalmatie moyenne, outre les deux îles de Zirona et 
l'île de Bua près de Traù, Solta et Brazza (archipel du nord), 
Lésina avec les Spalmadores et Torcola, Lissa et Busi, Saint- 
André et Pomo (archipel du sud-ouest), Curzola et ses acogli 
(le groupe central du midi), Lagosta avec les Lagostini à l'est 
et les scogliea Cazziol et Cazza (groupe méridional), auxquelles 
il faut joindre les scogli Cajola et Pelagos», isolées, au sud- 

» ouest de Lagosta. 
Solta (Solta). 
L'île de Bua, la Grande-Zirona k l'ouest et Solta au sud 
enceignent le bassin occidental du canal de Spalato. Solta douée 
d'une riche végétation, était dès les temps anciens, lorsqu'elle 
portait encore le nom d'Olintha, fameuse par son miel que les 



J 




I 



On a trouve dans l'ile des parquets en mosaïque remar- 
quables qui témoignent de rétablissement dans l'île de familles 
de Salone; muis le fait que, de oos jours encore, une grande 
partie de l'île est la propriété de la. commune de Spalato prouve 
que cette ville a recueilli cet l'IiéritRge de Salone avec tant 



Ltle dfl B 



L'Ile le Brazza (Braë). 

Cette île, longue de 40 et large de 7 à 14 kilomètres, est 

la plus gi-aude et la mieux peuplée de toute la Dalmatie, étant 

habitée par 22.(i50 personnes. On croit Tue Brazza fut déjà 







G d eta t nat vo de Braz/a 



e f t le pr ne pal ref ^e des pauvres habi- 
e rend t en 806 1 on mage ù, Cl arleraagne, 
G a pouyo r de9 Nare t ns au'ïquels elle 
n se 1 an 9 7 q elq es années après les 



Lm Um t* Ik Sklmftti» moyeuDD, 



gueri't-'s (contre les SarTMine, qui avaient engagé OthoD II, 
pereur d'Allemagne, à faire une descente à Brazza. Dans les 
siècles Huivaiits les W-oitieus, les Byzantins et les Hongrois 
alternèrent de telle fai/on que l'on compte quatre périodes de 
régime 1>yzautin lea tout 401 années), quatre périodes hongroises 
(en tout 106 années) et cinq périodes vénitiennes [en tout 
676 années). Le dernier régime des Vénitiens dura de 1420 k 1797, 
et finit par l'^tablissempot des Autrichiens, interrompu par les 
ocoupaUona de l'ile par les Busses flSOfi) et les Français 
(1807-1916), 

L'aifficiàture. 

L'île de firazza forme dans la partie du sud-est un haut- 
plateau i400 — 450 mètres), sur lequel le mont Vito s'élève à 
T76 mètres. Dans les régions niontueuses et dans les vallées, on 
compte pré-s de 1500 hectai-es de terre arable, c'est-à-dire 4"/, 
de la surface totale de 3il.40O hectares. Les p&turages rocheux, 
au contraire, couvi'ent presque la moitié de l'Ile, qui ài^i. dans 
l'antiquité était renommée par l'élevage de bestiaux. (Ca- 
pris laudata Brattia — dit Pline). 

Une des choses les plus rares dans l'Ile de Brazea, c'est l'eau, 
et on est généralement obligé d'en aller chercher dans les 
citernes ou réservoirs profonds qui se trouvent ordinairement près 
des couvents et offrent deFintérôt par leur construction singulière. 

La vigne se cultive avec succès et l'on exporte chaque année 
près de 160.000 hectolitres de vin. Le tabac, l'olivier et le chry- 
santhème y viennent à merveille de même que la figue. En 
fait de vins de grande marque, on recommande au voyageur 
deux excellentes espèces, le Vugava et le vin rouge de Crljenak. 

He'taSs topographii£iies. 
Le fait, fréquemment constaté pour les îles, que la popu- 
lation s'agglomère k la côte, s'affirme à Brazza avec évidence. 
Sur 22.650 habitante, 6467 (24°/o) seulement sont domiciliés 
dans l'intérieur. Sur la côte septentrionale seule, il en vit 
10.937 ou, en comprenant Povlje, 11.674, c'est-à-dire bll'/o àe, 
la population totale. Par contre, la côte méridionale, où la 
principale montagne de l'ile sillonnée de renfoncements de 
terrain, s'élève directement de la mer, ne compte que 
1795 habitants. 



1 




Sétails tepogTftpliiijites. 



207 



Passons i 
lieu actuel I 



n revue quelques-u 
;. Pietro (Supetar; 



in s maritimefj vert dai 



■. ITn chi 



i des localités de l'îla: le chef- 
fflt une .jolie ville respirant 

de bosquets d'oliviers et de 
min muletier, partant de là, 

à l'ancien chef-lieu .Neresi 



ifcM^ 


■tftl''"' 


HÉ' dH""^ 




^^^ i^Su Liiii 



(NereïiSÈe), où, en fait de monuments, il n'y a qu'à noter le 
bâtiment du gouvernement et une „loggia" datant du temps 
des Vénitiens ; il est vrai que l'on a l'avantage de se trouver, 
à382 mètres d'altitude, dans unedes régions les mîeuxaéréeadel'île. 
Malheureusement l'absence de marécages à laquelle la contrée 
doit sa salubrité est cause du manque total d'eau dans cette région. 



J 



20b l^t Hm da I* Datmati» tBo^asBe. 

De Nerest partent, dans différents sens, des cbemiiiâ 
muletiers i|ui aboutissent à la côle, entre Butres le sentier de mon- 
tagne de Bol qui conduit jua'ju'aii versant septentrional du 
S. Vito (à 734 mètres). Le touriste aura, en faisant cette ex- 
iMirsion, une notion nette de la qiialtité des chemins de cette 
île dépourvue de grandes routes; U y côtoiera des pré- 
cipices et des ravins qu'il ne s'attend pas à rencontrer dans 
une montagne de si peu d'élévation et il pourra admirer la 
sûreté du pas de la mule. 

Bol avec un port ensoleillé joait d'une situation superbe «jue 
les dominicains surent apprécier en se faisant donner en 1475 
une petite propriété afin d'y élever un couvent. Le visiteur oe 
man(|uera pat! de se faire montrer la collection de monnaies du 
couvent comptant 2000 pièces ijui remontent aux temps de l'an- 
r.îenne Grèce, de même qu'un tableau de Tintoretto qui décore 
le maître-autel. 

Leama (Hvar). 

Cette île est un peu plus petite que Braïza (312 kilomètres 
carrés) et se distingue par sa forme oblongue, à laquelle elle doit 
icequ'on dit, le nom de Lésina qui signitie alêne ou poinçon. 
Longue de 68 kilomètres (ouest— eatl et large de 10'/, ktlomëtreB 
au maximum. Lésina ei-t foit montueuse (la cime principale, 
le mont Niccolù, atteint 62G mètres') et n'offre des plaines qu'au 
nord, ou les grandes baies de Civita vecchia et de Verbosca 
s'enfoncent dans le corps de l'île. L'extension que l'île a prise 
en longueur a eu cette conséquence que les habitants n'ont pas 
délaiesé, comme ceux de Brazza, l'intérieur de leur île ; mais tandis 
que Brazza, depuis l'antiquité, nourrissait une population de pré- 
férence agricole, celle de Lésina s'appliqua de bonne heure au 
commerce et k la navigation. Ce n'est que dans le nord de l'île 
qu'on cultive le blé; une surface 20 folsplua étendue est couverte de 
vignes, produisant d'excellent vin, et de plantations do figuiers, 
de romarins etc. Outre d'exquises figues et de l'essence de ro- 
marin, l'île produit du miel qui ne le cède pas à celui de l'Ile 
de Solta. 

L'île de Lésina fut colonisée dans les temps les plus recalés 
par les Grecs et portait dans l'antiquité le nom de Fhariat' 
conservé aujourd'hui dans le nom croate Hvar. Au moyen &g», 
l'île partageant le sort de Brazza, appartenait depuis 1420 



^ 



I 
i 



ïillB Jt Lts 



20D 



: Vénitiens, sous lesquels Jes habitants joi 

! certaine autonomie. L'assemblée des Nobili de Lésina et de Lissa 

y formait un gouveruement sous le titre de „Communità" et élisait 

ssi le ..Rettore", élection que le sénat vénitien avait à confiriaer. 

La ville de Lesimi. 
Lésina, qui dans le cours des siècles a. plus d'une fois 
auaé de nom, est située sur la côte sud-ouest du ]'ile. Cette 




1,3°^^^ petite ville est dominée par le fort Spagnuolo, rebfi.ti eu 15&1 
' les Espagnols lorsque ceus-ci, alliés sous le règne de 
jOliarles-Quint ft Venise, combattaient contre les Turcs. A l'est du 
mmmet que couronne ce fort, les Français bâtirent le fort 
Jïicolô tandis que les Autricbieiis fortitièrent le scoglio Golesnik 
,vte l'entrée du port. Montant aux forts, le voyageur 
ichanté de voir la variété des formes pittoresques et des 
hvives couleurs que lui offrent ces côtes d'iles et de scogli, tt 



810 



Lp> ne* de Ifk DnlsiBtte inoyeDB», 



une végétatioo si luxuriante qu'aucuoe autre contrée île la Pal- 
matie ne peut lui être comparée. C'est surtout le lone des chemins 
qui bordent les rivages et dont l'un porte le nom de „prome- 
nade égyptienne", qu'on trouve de superbes palmiers, des 
cyprès, des agaves fi tûta gigantesques, des caroubiers. Très 
nombreuses sont aussi les plantes exotiques que des marins 
nalifs de Lésina, retournant de l'étranger, ont acclimatées 
dans leur île natale, par eKemple r„arbre k tabac" (nicotîaua 
glauca) originaire du Brésil. Ce n'est pas sans raison qu'on 
a appelé Lésina la „Madèro de la Dalmatie". 

En entrant dans la ville, c'est la „Piazza'' qui s'ouvrant 
sur la mer est, tant par ses dimensions (150 pas de long sur 
CO de large) que par le cadre que forment, à i'entour, les 
belles constructions, l'une des places publiques les pins remar- 
quables. Nous admirons ici la Loggia, œuvre de Sacmicheli, qui 
sert aujourd'hui de café, et vis-à-vis le palais de l'ancien 
„conte" de la ville qui porte maintenant le nom de palazzo 
Gaxzari. 



e distingue par 
e autels égale- 



La 'cathédrale de Lésine, en style lombard, s 
ses parois en marbre miroitant et possède onz 
meut en marbre. Au-dessus du maître-autel est suspendu le 
portrait de saint Etienne, pape et martyr, peint par Giacomo 
Palma. L'arsenal et le nFondaco" ne brillent guère par leur 
architecture, mais par le rôle qu'ils ont joué dans l'économid 
sociale et politique de l'île. Bllti par les Vénitiens, l'arsenal 
servait à l'équipement de la galère que Lésina fournissait à la 
llotte des Vénitiens, dont l'escadre dalniate stationnait autre- 
fois près de Lésina et — au grand dommage de la ville et 
de toute l'île — il fut transféré, en 1767, dans lesBocche diCattaro. 
Le „Fondaco" était affecté à l'emmagasine ment des blés ache- 

En longeant la côte vers l'est, noua arrivons au vaste 
coiivent de franciscains qui fut détruit par les Turcs en 1671, 
et qui, restauré depuis, est l'un des plus riches en toiles de valeur-. 
Le bijou de ce couvent est It) tableau de la Sainte-Cène par Matteo 
ilosselli, donné à la congrégation eu recon naissance des bons 
soins que les moines lui avaient prodigués quand, de passage, 
il y Élait tomté malade. On y voit encore des tableaux de Palma 
le Jeune, de F. da Santa Croce et de Bassano. 



Les autres localités de Lésina. 

Città yecchia, en Jaugue serbo-croate Starigrad, ville an- 
tique, est le Pharia ou Pharos dont Diodore dit qu'elle 
fut fondée par des Grecs dans la 98" olympiade (l'an 384 
avant Jésus-ChristV Détruit* en 221 avant Jésus-Christ par 



Lu ci us Aemilius Paul us 
! bientôt, 



la ville semble 



les Romains i 

avoir été rebâtie 

témoin une collection très 

complète de monnaies que 

l'on a déterrées dans le 

environs de la ville, et qui 

datentdes époques grecque 

et illyrienne jusqu'aux 

temps des empereurs ro- 
: maius et byzantins. 

Aujourd'hui Città vec- 
R ehia paraît toute moderne 
P'Ot il n'y a guère que le 
I campanile isolé qui éveille 
E l'attention des étrangers. 
Verbosca , on ne 

■ manquera pas de visiter 

■ l'église S. Lorenzo qui ren- 
1 ferme des tableaux signés 
I Paolo Veronese et G. Ala- 
iT»rdi. Un „St Laurenf est 

fi peut-être au pinceau 
a Titien; car il se trouve 
ans les archives de Vé- 
^êcbé un écrit où l'on peut 
; mots: „Pagati al 
laestro Tiaiano Vecelli 
1 ducati" (payés lOOO 
its au maître Tiziano 
^eceUi). 

Au sud se joint à la baie de Verbosca le port de Gelaa 
d'un aspect gracieux et riant. Une végétation luxuriante oCi 
les cyprès, les amandiers, les oliviers et les tamarins jouent le 
rôle principal enveloppe la ville. 




[^«g. aia). 



212 Le8 iles de la Dalmatie moyenne. 

En continuant notre route de Gelsa vers le sud-est, nous 
arrivons au village de Pitve, où Ton est acculé au pied du 
mont Hum sur les pentes orientales duquel un sentier s'élève 
jusqu^à la hauteur de 420 mètres pour redescendre vers la côte 
méridionale. £n suivant cette dernière, que côtoie un chemin 
muletier, on arrive au village de S. Domenica, où s'ouvre une 
caverne à stalactites près des ruines du couvent des aug^ustins. 

Près de Gelsa le terrain va s^aplanissant vers Test et la 
côte n'est presque pas habitée jusqu'à S. Giorgio, à l'extrémité 
est de Lésina, où Ton vous signale une curiosité archéologique: 
un tas d'urnes antiques submergées, on ne sait comment, il y a 
ly, siècle, et qu'on aperçoit fort bien quand la mer est calme. 

Lissa (Vis). 
Remarques générales. 

Parmi les îles d'une certaine étendue, la célèbre Lissa est la 
plus éloignée de la terre ferme. Mesurant 17 kilomètres de lon^ 
sur 7 kilomètres de large, et occupant 100*6 kilomètres carrés, 
l'île est entamée par deux grandes baies, l'une à l'ouest, le 
„vallone di Comisa", l'autre au nord-est, le port de Lissa. Entre 
ces deux baies s'élève comme point culminant le mont Hum 
(685 mètres). 

Grâce à sa situation Lissa jouit du climat le plus maritime 
de tout l'archipel de la Dalmatie moyenne, et les plantes les 
plus délicates comme les palmiers y viennent à merveille. Le 
,,jus de la treille" qui gonfle le raisin fournit le vin qui, 
connu sous le nom d'Opollo, est surtout apprécié des gourmets 
viennois. 

Lissa dans V antiquité. 

Lissa, qui en latin comme en grec s'appelait Issa, peut 
revendiquer une certaine célébrité classique. Polybe nous parle 
en effet d'une colonisation grecque qui aurait eu lieu sous 
Denys l'ancien de Syracuse (392 avant Jésus-Christ); d'autre part 
des monnaies déterrées qui montrent les initiales (12) de la 
ville antique d'Issa (aujourd'hui Lissa) sont une preuve que 
l'île fut un Etat libre au moins depuis les jours du Corinthien 
Timoléon qui, en l'an 340 avant Jésus-Christ, affranchit du 
joug de Denys le Jeune la Sicile, à laquelle Issa appartenait 
dans ce temps-là. 



Ensuite Lissa fut la vilie-mére des autres colonies grecques 
j Daimatle, par exemple de Tragurion (Traù) ; mais lorsque 
le roi Agron d'illyria se fut emparé de l'île Pharia (Lésina) et 
que sa veuve Teuta menaça Issa, les habitants recherchèrent 
l'alliance des Bomains à la disposition des quels ils mirent plus 
tard 20 navires, pour combattre Philippe de Macédoine. 




Dans le temps d'Auguste, Lissa l'ut incorporée à la pro- | 
vince romaine de Calmatie et la ville d'iasa (aujourd'hui i 
Lissa) florissait Jusqu'à l'époriue où elle fut détruite par les 
Goths (ôîiB après Jésus-Christ). 

An moyen âge, la ville fut anéantie par les Narentins et — 
le 24 août li83 — par une flotte du roi d'Arragon; cependant 
les habitants rebâtirent leurs maisons dans le même lieu. 



BaUiitkt navaltt. 
Pour la prenûÈTe fois Lissa tut le thé&tre d'une grande ba- 
taille navale eu 11^14, lorsque la flotte anglaise sous le commodore 
Hoste délit celle des Français commandée par Dubourdieu. Ensuite 
les Anglais tftcli^rent d'établir k Lissa une espèce de „lUalte de 
l'Âdriatît|ue'*, un rocher de bronze, pour rompre ïe blocus ijue 
Napoléon 1" avait décrété contre l'Europe. Les fortifi cations 
créées par les Anglais l'ureiit renforcées depuis l'établissement 
des AutricJiiens en 1815, et Lissa fut transformée en port 
de guerre lorsque, en 186*!, l'amiral italien conte Pellione 
<1i Persano [tni'iii iivec une Hotte de 19 navires pour attaquer 




la ville. Déjà il avait bombardé, le 18 juillet, les forts et se 
préparait à débarquer des troupes, lorsque, la nuit et par un 
brouillard épais, l'amiral Tegettboff accourut et accepta la ba- 
taille que Persano lui offrait sur la mer entre Lissa, les Spal- 
madori de Lésina et l'Ile de Solta. Tegettholt' rangea sa âotte 
en forme de coin, mit à la tête le vaisseau commandant 
(..Pernand Maximilien") et attaqua le ,.Ee d'Italia" avec un 
tel élan qu'aussitôt ce bâtiment cuirassé coula à fond. L>63 
tonnerres de 118 canons grondaient et la fumée de la poudre 
couvrait la mer, lorsqu'il éclata sur le ,.FalBstro" iiii incendie 



À 



lirai itiilien le 
(20 juillet 1866). 



ie se retirer. Bientôt toute la flotte de 
, et TegetthofF avait remporté la victoire 



Détails topographiques. 



Dans la petite presqu'île qu'occupe le couvent des Mineurs 
S. Girolamo près de la petite baia de Porto Inglese, se dresse, 
dans le cimetière catholique de la ville de Lissa, le célèbre „Lion 
de Iiissa"j monument élevé en l'honneut des braves tombés 
dans le combat naval du 20 juillet 186G. C'est derrière cette 
langue de terre que s'étend le „Porto di Lissa", entouré des 
quartiers Banda piccola, Luka et Eut de sarla que toute la 




e forme qu'une avenue d'un kilomètre et demi remplï 
3 fond de la baie. 

Comisa (Komiïa), bien plus petite que Lissa, surprendra 
isturaliste par le grand nombre de caroubiers*) qui y si 
Oltivés; le port est le point de départ habituel pour la visite 
i la célèbre -Grotte bleue" de Busi. 



tlnr. Ln 



B produit «00—850 kilogrnromeB de p. 



Icoitu des 



La ..Qrotte tleue" do Buel. 
Busi est une toute petite ile aux côtes raides et déoht(|iii 
elle n'a que 4 kilomètres de longueur sur 3 de largeur. Mais ce 
qui nous intéresse est moins ce village en soi avec sa pauvre 
église S. Sylvestre, (|ue l'existence de nombreuses grottes, sur- 
tout la „Grotte bleue" que le baron de Ransonuet décou\Tit en 




18S4. Si le temps est beau, l'accès en est iacile; elle s'ouvtaji 
la côte du nord-est comme une porte de 2'/, mètres de large fl 
façon à permettre à une barque montée par une dizaine de 
personnes d'y pénétrer. Au premier abord c'est une sorte do 
crépuscule, mais la couleur de l'eau passe successivement 
du bien foncé verdâtre au bleu ciel et les rames, ainsi que 
d'autres objets plongés dans l'eau, semblent argentées. 



217 



Vers le milieu de l'enceinte, la nappe d'eau brillant comme 
la nacre est séparée par une bande limpide en 2 bassins, et on 
y voit la paroi qui termine la grotte et qui se fend au-dessua 
de l'ean, profonde de HJ â 18 mètres, de façon k former un portail 
large de 10 mètres par où perce la lumière du Jour, Le rocher 
calcaire est gris clair, mais excessivemeut dur et ceJui qui 
voudrait emporter un souvenir de la grotte de Busi serait obligé 
d'en détacter un éclat à coups 



t 



Ourzola (Kopôula). 

Tandis que les c&tes méridiouoles de l'île de Lésina se distin- 
guent par Je gris blanc de leurs rochers dénudés, les côtes 
du nord de Curïola offrent encore aujourd'hui (;k et là l'aspect 
de pentes boisées. Peut-être ces bois sont-ils les beaux restes 
I t'orSta qui, dans l'antiquité, avaient valu k Curzola les 
us de Korkyra Melaena ou Corcyra nigra (Korkyra noire) 
seuls servaient à distinguer notre île de Korkyra o'est-à- 
l^dire Cort'ou. 

Les auteurs classiques citent Curzola comme étant une colonie 
âes Cnidiens de l'Asie Mineure, et une inscription latine sur la 
„Porta marina" de Curzola semble justifier cette version. 
En 907 Pietro Orseolo ayant conquis la Dalmatie maritime, 
Curzola fut réduite sous la domination des Vé- 
; mais ce ne fut qu'en 1420 que ces der- 
l'y fixèrent. Dans les siècles précédents 
en voit alterner des périodes de domination 
génoise, hongroise, et bosniaque etc. Entre temps 
l'île était presque indépendante, et c'est dans 
une de ces périodes qu'on a promulgué le statut 
de Curzola, l'un des premiers qui prohibèrent 
la traite des esclaves (XIII" siècle). ^ 

Longue de 47 kilomètres et large de G à 8 kilo- 
mètres, Curzola tient le juste milieu entre Lésina 
et Brazza. L'élévation de terrain la plus cor 
dérable est la KlupCa (568 mètres). Les villages j 
se trouvent pour la plupart dans l'intérieur de 
Mie, les côtes de l'est et de l'ouest étant les 
iules qui soient bien peuplées. 




318 



L*a II» da Ik Salnutie mayenna. 



Étant donné f|ue le „Canale Ai Curaola" servait de passage 
à tous les petits navires, la population de l'île s'est applinuée 
dès les temps les plus reculés à la construction de bateaux, et elle 
excelle encore de nos jours à construire et à équiper des barques 
appréciées jiar les bommes du métier. Toutefois le déboisement 
déplorable des terrains semble pousser la population à. s'adonnei' 
de plus en plus à la viticulture. 

Curzola est une de ces villes du genre vénitien qui offrent 

\ encore aujourd'hui presque le même aspect qu'aux jours où 

'i les Morosini et les Falieri se promenaient dan,^ ses rues. Bien 

de plus charmant que ces petits palais, rappelant par leur ricbe 




ornementation le „Palai3 des Doges" de Venise, et mis dans un 
ensemble de rues éti'oites qui s'élèvent en amphithéâtre vers la 
place de lacathédrale. Celle-ci date duXIII'siècleet est rangée par 
des connaisseurs tels que Wilkiuson et Jackson au nombre des 
plus remarquables monuments de la Dabnatie. Le tahleau du 
maître-axitel est attribué à Tintoretto. 

Beaucoup d'anciens us et coutumes se sont maintenus à 
Curzola, particulièrement la ronde n^orcSka" et le jeu 
chevaleresque ^Eumpanjija", la contre-partie de r,.Âlka" de 
Sinj et de la ^Marinerezza" de Cattaro. 



m^ 



Lag03ta (Lastovo). 

En débarquant dans cette île & 18 kilomètres sud de Gur- 
zola, le voyageur met le pied sur le territoire de l'ancienue 
république de Haguse et, s'il est connaisseur, i! trouvera que , 
les 1200 habitants parlent encore aujourd'hui le patois ragusain, 
mélange d'italien et de croate. P&cbeurs passionnés, ils pra- | 
tiquent surtout la pËche des sardines, et habitent presque tous 
le village de Lagosta, situé au nord-est de l'île. 

LagoBta, dont la superficie est de B2'7 kilomètres carrés, offre 
sur toutes ses côtes des vues pittoresques, principalement au 







'km 






ITour dans le mur de ( 
nord-ouest, où le port Lago grande, : 
poissons et en écrevisses, renferme le scoglio Makarac. Le na- 
turaliste trouvera un grand plaisir à visiter la grotte à stalac- 
tites qui, lorsque le vent souffle dans une certaine direction, fait 
entendre des sons gutturaux tels qu'ils produisent un véritable 
fracas. Une des presqu'îles de la côte méridionale de Lagosta 
porte un phare qui, couronnant une hauteur de 80 mètres, 
s'élève à 25 mèti-es de haut. C'est le premier phare do 
l'Adriatique que la chambre de commerce de Trieste fit ériger 
eu 1849, considérant que les ea«x de Lagosta sont extrêmement 



J 



riches en récits et en scoglî. La oôte nord-est de Lagosta est 
entourée d'une série de ces petites îles („LagostÏTii di Ponente"), 
et vers l'est, dans la direction de Meleda, od remarqae toute 
une traiuée de récifs et de scogli, les ..Lagostini dt Levaiit«-'. 

Les îles eolit&iree de l'AdrlaU^ue. 
Catta, St Andréa, Porno, Pelagosa. 

A 23 kilomètres ouest de Lagosta s'élève, d'une grande ■ 
fondeur de la mer, b. une hauteur de 243 mètres l'Ile de Cazi 
dont les rochers ne portent qu'une petite chapelle et un phai 

A une distance égale à celle qui sépare les îles de Lagosta e 
de Cazza, nous trouvons, & l'ouest de l'île de Lissa, la petite île 
de St Andréa, dont les 18 habitants font partie de la coraumne de 
Comisa. St Andréa possède une petite église et une ruine 
(Kraljidin). Ou y trouve du marbre et le scoglio UetlîSf 
surgissant à 4 kilomètres sud-est, contient du porphyre, 

A \ine certaine distance des grandes Iles de la DalmatîfiV 
à 49 kilomètres du cap ouest de Lissa — s'élève un rocher l 
&7 mètres de haut aux côtes inaccessibles pour les bateaux: le 
scoglio Pomo. 

Mais les plus éloignées des îles de la Dalmatie, sont les 
scogli Pelagosa grande et piccola situés à 70 kilomètres au sud 
de Lissa et à 65 kilomètres au nord de la presqu'île de Gargano, 
appartenant donc, au point de vue orographique, à l'Italie; cepen- 
dant la faune et la tlore portent le cachet de la Dalmatie. Pelagosa 
sert, ainsi que tant d'autres scogli, de pâturage aux moutons 
et aux chèvres. Deux gardiens du pliare habitent cette solitude 
en compagnie de leurs familles. Lorsqu'on Jetait les fondements 
du phare, on trouva des armes datant de l'âge de la pierre et, dans 
une caverne, un squelette humain avec une fiéche de pierre à. 
1» place du cœur. £n 1894 la marine autrichienne y a 
un observatoire météorologique. 




XXrV. De MetkOTic à Saguse. 



Les bateaux express faisant le trajet de Spalato à Gravosa 
. sans arrêt passent entre les îles de Solta et de Brazza et traver- 
' geut les canaux de Ciirzola, de Sabbioncello et de Meleda pour 
[ entrer dana lea eaux de Eaguse. C'est à pou près la môme course 
I qne font les bateaux des Messageries sauf qu'ils font escale 
L à plus ou moins de stations. Les navires de la „Compagnie 
[ Topio", qui vont de Metkoviù à Trappano (côte de Sabbioncello), 
f après avoir doubla le cap ouest de la presqu'île, s'arrêtent à 
deux stations de la côte du midi ; les petits vapeurs de Tentreprise 
„Cesare et C'" desservent la côte nord de Sabbioncello. 

La presqu'île de Sabbioncello (PelJeSac), s'étendant de 
I l'isthme de Stagne jusqu'à la Punta Gomena (le cap Dord- 
îst) sur une distance de Gl'/, kilomètres, s'avance encore (vers 
I le sud-est) en une pointe longue de 9 kilomètres qui sépare 
[ le Canale di Stagno grande du Canale de Meleda. Sa superficie 
I est de 342 kilomètres carrés; la partie centrale, resserrée par 
des baies, forme un isthme de 3'2 Icilomètres de largeur. 

Sabbioncello est habité par 10,800 hommes. Les habitants sont 
Btablia de préférence sur la côte sud, où les villages forment 
presque une seule colonie de 20 kilomètres de longueur vis-à-vis 

ide l'île de Curzola, ou bien encore dans les baies susmentionnées, 
<lans la vallée de Kuna, dans l'enfoncement qui s'abaihse derrière 
1» montagne côtiète Zagorje, et sur l'isthme de Stagno, qui relie 
Ift presqu'île à la terre ferme de la Dalmatie. 
app 
«'éi, 
affi- 



lia cote sud de Sabbioncello. 
En longeant la côte nord de l'île de Curzola nous voyons 
Eapparaître de plus ua plus distinctement le mont Vipera qui, 
561 mètres d'altitude et dénué de toute végétation, 
fôffie un aspect pittoresque. Brillant en rouge dans l'aurore, en 



I 



grisAtre dans la lumière du jour, les pentes escarpées de cette 
imposante montagne s'abaissent vers la verdure d'nn« ^Riviera" 
ensoleillée, oii le figuier et le grenadier, le cyprès, l'olivier 
et le laurier entonrent de jolis petits villages. Les maisons 
blanclies et propres, entourées de jardinets sont pour la, plapart 
ite de vieux marins 'jui, après une longue vie de labeurs, 
viennent y couler les derniers jours ijue Dieu leur a mesurés- 
Après avoir passé les rades de Jlosario et de Eucôfite, nons 
voyons sur la hauteur, au commencement d'une série d» villages, 
le wuvent des franciscains Sottomoiite (sous mont), surplombé 
des parois rocheuses dti mont Vipera qui, à ce qu'on dit, est 
e habité par le chacal d'Orient, le loup d'or (canis aiirevtgi 
des auteurs antiques. Jouissant A notre gauche de la tu© du 
t Vipera, à notre droite du panorama de la ville de Curzola 
entourée d'un archipel, nous admirons la scène la plus grandiose 
I canal de Sabbioucello. 

Un peu plus loin, nous voyons OrehiiS*), station pour 
t Vipera, et noua continuons notre course 
e, dont l'horizon est sillonné au sud par 
las récifs des nLagostinî". 
Après la baie de Giu- 
liann. qui renferme les 
villages dePorto Trstenik 
et de tiiuUana, la c 
Sabbioucello se fait i 




carjiée et inhabitée, et forme la rive gauche du canal de Me- 
leda qui are son no de l'île de Meleda, dent nous longeons les 
côtes presque inhabitées, EnËu, la, presqu'île de Sabbioucello se 
termine par la Punta Noaice (Vr&tnilî), et le bateau entre 




jiar l'un des deux détroits de Bocca Ingaunatore ou de Bocc 
Fitlaa») dans le canal de Calamotta. 



224 



t> Ritgils» 



De Metlîovic par l'iathme de Stagno."» 
PartADi de l'emboucLure de la NarentA, les bateaux de 
la compagnie „f'esare et C'»" abordent à Trappano, petit port 
dominé par une forteresse, jiour entrer dans le caual de la 
Nareota, Le canal passe ensuite dans celui de St&gao piccoio 
et l'on voit s'avancer dans la mer la presqu'île de Klek qui, 
excepté la punta (cap) du même nom, appartient k l'Herzégovine. 
Arrivés à Stagno picoolo, nous voyons cette petite ville pit- 
toresque, entourée d'un grand mur, s'abaisser de la hauteur 
d'une colline au rivage pour y liiùr avec une tour ronde. 




Orné de campanules (campanula pyramidalis) et des âeurs 
violettes d'une plante grimpante ( convoi volu 9), ce mur offre 
un aspect bien d'accord avec celui de Stagno piccoio, qui éveilîo 
l'impression d'une ville tombant en ruines. Toutefois il s'y 
fait un commerce actif; les habitants embarquent des sardines 
i,en tonnes) et des Iiuïtres élevées dans les baies bourbeuses du 
canal de Stagno; les bateaux :]ui y abordent déchargent des nattes 
de paille servant au pressurage de l'huile, et du foin importé 
quelquefois de Bosnie. 



') De Met 



colo 47 



iiUles 



É^ 



Ce MatfeoTîé par 1* 



e etugno. 



I 



En nous promenant à Stagno grande le long d'un chemin 

)rdé d'une luxuriante Tégétation, nous longeons, à la droite, 

par le mur qui s'étend du vienx fort de Stagno piccolo jusqu'au 

fort de Stagno grande. Ce fut la république de Eagiise qui, 



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ï 


^^ 


'1/ 



aj'ant acquis l'isthme de Stagno en 1333, fit construire ces 
tortiâcationa exigeant une dépense de 12000 ducats. 

Arrivés à Stagno grande, nous voyons à la droite des 
baucs k huitres, à la gauche les salines, qui rapportaient encoro 
en 1675 uue somme de 16,900 ducats. 




Stagtio grande mêuie, malheureusement d 
truit -par un tremblement de terre, n'offre riett 
de jmrticulier. C'est ici que, nous étant embar- 
qués sur un autre bateau da la Compagnie 
Cesare et C'e, nous prenons, par le canal de Calamotta, le cours vers 
Gravoaa qui noua apparaît comme une ëraeraude sortie de la 
baguette d'un magicien. 

Le canal de Cahniotta. 
S'étendant d'abord comme un lac puissant, puis se rétré- 
cissant jusqu'à 2'/, kilomètres, le canal de Calamotta est 
limité à gauche par la terre ferme, à droite par les îles de la 
Dalmatie méridionale: Giuppana, Mezzo, Calamotta, qui, con- 
trastant en cela avec îles de la Dalmatie moyenne et septentrionale, 
I se distinguent par la verdure épaisse de leurs pentas, 




228 I»e Motkovic à Kaf^ise. 

Itiflirairt et bi cMrst. 
ii la gauche à la droite 

Baie de Slano ; Scogli an Hnd de la Bocoa Falaa (plut 

loin les kantean de Keleda) ; 
Ile de Oinppana; 
Scoglio Rnda; 
Bocca di Meuo (Vae anr la pleine 

mer) ; 

CaniKtsa : -n i m 

Ile de Ifeszo; 

Tal di noce Orasao : Bocca di Calamotta (vue eur la pleine 

mer jusqu'au soi^lio 8. Andréa); 
Buic do Malli; Ile do Calamotta; 

Bocca grande (entre l'Ue de Cala- 
motta et la presqu'Ue^de Lapad), 
plus loin les récifa nFettini*^ ; 
Scoglio Daksa; 
Embouchure de rOinhla; Presqu'île de Lapad (odte du nord); 

Gravosu. Lapud, côte d'est. 

(V(»ir l'esiiuisse i>age 'Svî et la carte de liaguse et ses environs.) 

De Gravosa à Raguee. 

Gravosa, le port nord de Raguse, est séparée de la Tille 
par un isthme large d'un kilomètre. La route monte doucement 
vers la célèbre „Bella Vista'' auprès de laquelle a été établi, 
en 1896, le superbe Hôtel Impérial. De Gravosa par la „Bella 
Vista" à Raguse (3*/, kilomètres), c'est bien la plus charmante 
promenade que l'on puisse faire, soit de grand matin en été, 
soit, en hiver, à une heure plus avancée de la journée. Tournant le 
dos au port nous voj'ons se dérouler à notre gauche en contre- 
bas du Fort Impérial une large ceinture de cultures et de 
maisons propres, à notre droite des pelouses et des vignobles, et 
bientôt s'ouvre à gauche la rue Ornatova, la première, des rues 
à escaliers du faubourg Pile, pendant que, à droite, se déroule la 
„Bella Vista", d'on l'on décourre du haut des rochers roux la 
mer, dont les eaux bleues contrastent avec la verdure de la 
presqu'île de Lapad et des magnifiques jardins de Pile. 

En avant de la Bella Vista nous examinons avec un vif 
intérêt la végétation „sauvage" croissant sur les murs et la 
paroi de rochers :1e figuier, le nopal, le Chrittmum maritimum etc.; 
à partir de là, la route s'abaisse encaissée entre les magnifiques 
jardins du faubourg Pile, où des murs tapissés de romarin, de 
lierre, d'aloès, enferment une foule d'arbres et d'arbrisseaux 
superbes, verdoyant et fleurissant en chaque saison. Dans ces 



Un Gmvoba I, Ragi 




(idiiis la magnifique Paulownia déploie ses fleurs bleues; le 
et le dattier, la rose grimpante c[ui, même en hiver, 
ta'est pas dépourvue de boutons, le bambou dont les goupilloua 
se meuvent an vent, les buissons de marguerites, les 
Panriers-roses , tous ces beaux représentants de diverses florea 
semblent se réunir pour saluer au passage le voyageur émei'- 
KAreillé. Yoicï, à gaucbe, dans de un ces jardins la façade i\e 
^oggie" aux balcons de bronze doré de l'Hôtel Imjiérial et, eu 
[ueliues pas nous voilà arrivés à la place ombragée de 
l^fttanes et de mûriers qui précède la magnifique Porta Pile oi'i 
)k certaines heures, se promène le monde élégant. Fraccliissant le 
)Ont qui traverse le fossé, nous abordons la „Porta Pile" couronni 
3ar une statue de saint Biaise (Biagio), le patron de Ragus 



•^-^I^ll'^'^ 



XXV. Raguse (Dubroviilk> *) 



PETIT GUIDE DU VOYAGEUE. 

Burttu itat pMtM tt téléfKaphtt : Ulica (rue) Ôiroka. 
Navifation : Siège de la nRafrusea" ; les agenoet du Lloyd, de Im Com- 
pafpiie Ungaro-Croata, de Topic et C'% des Fratelli Bisxnondo, se trouvent 

il iiravêm. 

Librairies et vente de ptiotographiet :Fretner et Toiovic (Pred Dvcrom) ; 
B. Woiss (dans la rue Stradoiic;. 

Hateb: Hôtellmpérial en avant de la Porta Pile (v. p. 288), Hôtel de 
la Ville (sur la Poljana, restauré en 1895), Hôtel Lacroma, Alberg^o al 
Sole, Albergo all'Ancora. **,) 

Restaurants: Buon Pastore, Al Yupore, Ancora, Birraria (brasserie) 
nuova. 

Voitures ds louags : Devant la Porta Pile, près de l'Hôtel Impérial.***) 



Promenades à Raguee. 

(Voir lo plan.) 

De la Porta Pile la route, faisant un coude et passant sous 
une porte, nous mène dans le „Stradone" („Placa"), la principale 
rue de Raguse qui est toute droite. Dès l'entrée de la rue 



*; Raguse comptait en 1890, y compris ses deux faubourgs, 7148 habi- 
tants. 

**) À Gravosa : Hôtel Petka, Hôtel Pavlovit'. 
***) Tarif des voitures: De la Porta Pile u un point quelconqne de 1« 
ville ou à la Bella Vista œhellers (aller et retour 70 liellers) ; à la Biva 
Radie de Gravosa 80 hellers; à l'église délie Grazie, au Molo S. Croce 
1 couronne, au Cantafico de Gravosa, à la Villa Gondola de Lapad ou 
à S. Giacomo 1 couronne 20 hellers ; à S. Stefano, S. Michèle ou Dubac 
(Val Breno) 2 couronnes. (Pour les courses d'aller et retour, un quart 
d'heure d'arrêt est compris dans les prix du tarif;. 

Tarif des barques: Course d'aller et retour, y compris 15 minutes 
d'arrêt, de Porto Cassonc : au port de Lacroma ou à S. Giacomo 1 couronne 
60 hellers (pour 1 joersonne), 1 couronne 80 hellers (pour 2 personnes), 
chaque personne de plus 60 hellers. — Tarif ù l'heure : course d'une 
heure 1 couronne, chaque heure de plus 50 hellers. 



I de la ville de Raguse. 



La ldK«A>l< Jii ^Inii ei 
UH >|UH In voj-heeiU' lin 

» trmtnDtioa of-rotilT». 



Bisknpin Pi'lufji 
Bolnion %'njniifcÉi 



KKbinn 



liAlilMl mi 


liiiiim 


tlBIllM.» 




IlOlpicA ■■• 


•> HDfaiiIs 1 


polalt >I«E 




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pimctiÉr* 


iIm larnflrx 


A-lrintiaoe 




eald 





Srp. imvoitlaviin «c 
Sv, Vlabo (Biagîu) 
Taœnlea 



Porto rte Piu(-e 






i Ragusc 



231 



nous apercevons à notre droite la rotonde de la fontaine de 
Onofrio, datant de 1437, époque où la république était à 
l'apogée de sa puissance; puis — à notre gauche — le joli portail 
de l'église des franciscains, remarquable par son cloître; au bout 
du Stradone se groupent autour de la colonne de Boland les 
belles maisons rappelant l'ancienne . splendeur de la ville, mais, 
qui après !e tremblement de terre de 1S67 et d'autres calamités, 
pour la plupart détériorées et remises à neuf. Cette colonne a été 
restaurée en 1878. Le mât de même 
est neuf, l'ancien mât, où l'on hissait 
autrefois le pavillon de Eaguse, ayant 
i 1825, par la tempête. 
Près de la Dogana (Divona) datant 
de 1520 s'élève le campanile, 
du quel une continuation du „Stradone'' 
mène par la Porta Ploce dans les sombres 
couloirs des fortifications du faubourg 





I cathédrale de ilaguse dont les formes actuelles datent cte 1 
et de 1716. 
Prenant ensuite & gauciie nous arrivons au Porto Cas 
l'ancien port, oïli vont s'amarrer aujourd'hui la plupart des bateaiQ 
Les anciens mure de forteresse, approchant en grosseur de ce» 




de Borne, et la perspective qni s'ouvre vers ie midi, complètent 
ce tableaa des plus originaux. 

Soffuse vue de VBôtd Impérial.'} 

En nous plaçant sur un des balcons de la façade du sud, 
le regard pénètre, sur \a, terrasse de l'Hôtel et au del& dans les 
jardins et les villas de Pile, entre lesquels des ruelles en gradins 
montent au Monte Sergio; nous voyons sur la même pente la 
puissante tour ronde „Minceta" qui forme un angle du 
mur d'enceinte de la viOe. Par-deaaus ce mur nous voyons le 
fouillis des maisons de Raguse, le Porto Cassone, Lacroiiia et 
au loin, derrière S. Giacomo, la gi-ande baie de Breno. 

A la gauche de la tour „MiQ£eta" et en haut des jardins 
de Pile s'élèvent les pentes rocheuses du Monte Sergio, dont la 
crête est couronnée par l'imposant Fort Impérial ; à la droite ou 
voit sur le plus haut point de la cité de Baguse l'ancien couvent 

•) L'Hâtai Impérial dtt il rinitiative dn préBident du Lloyd, lo liarou 
do Kalchharg, et inatigaré en 18B7, appartient k la „8uciété anonj-me 
d'Hûtflls et de Villes d'eftan Bagoss-Cattoio". ÉléK«i"™etit installé, il com- 

tBÎlas 4Qe i iolairage éleotriqua, liaina, aanenaenr, ateliir de i 






i à partir de 11 oi 






des Jésuites,*; et l'util di^uvre un jiea pins loia une oroope 
boisée: le Fort Royal sur la plus haut« élévation de l'Ile de 
Lacrotna. C'est un talileau inagnifiiue et, pour le compléter, il 
»'y joint k la droite le Poit S. Lorenzo, i|u'on aime k sppelw 
„le Gibraltar lie Baguae", parce igue, de la hauteur d'un puiseant 
rocher roux dont les pentes rortodées se précipitent à pïc dans 
les flots azurés de la mer, il semble défier toute attaque. 

A la vue de es beau paysage historique, on éprouve bientôt 
1a juËte impression de ce qui fait l'originalité de Baguse. Si 
Zara porto un cachet plus moderne, si Sebenico peut être qualitié 
de porte d'entrée aux beautés de ta nature les plus merveilleuses 
'upays, si Cattaro l'emporte par ses puisstuitii massU's de mon- 
tagnes et ses Qords, et si Spalato éveille en noua, par ses monu- 
nls, les souvenirs de l'antiquité, Baguse, offrant tous ceij 
avantages à la fois, a, par les charmes de la végétatiou, par sa 
situation et par ses fortifications monumentales, des titres â passer 
pour la ville la plus pittoresque du pays. 



Situation ginéraU de Saguêt. 

Baguée est située k ce point remarquable de l'Adriatique où 
le grand Archipel illyrien se termine vers le sud et fait place 
à une mer ouverte, baignant une côte qui, habitée par un peuple 
peuhospitalier,u'o£&e, Jusqu'à Corfou, pas un seul port de com- 
merce de quelque importance. C'est gr&ce à sa situation maritime 
que fiaguse devint l'étape du commerce entre le nord de l'Adria- 
tique et les eauK ioniennes. Mais & cet avantage vient se joindre 
le voisinage des vallées* fertiles de l'OmLla et de Breno entre 
lesquelles passait la bouue voie de communication, reliant la 
côt« de Eaguse à l'Herzégovine. 

Un troisième moyen pour obtenir un rang dans le monde, 
les Bagusains se le créèrent eux-mêmes: dès les temps les plus 
reculés, ils veillaient à ce que les murs de la ville fussent assez 
forts non seulement pour protéger les habitants, mais aussi pour 
donner asile aux réfugiés des pays voisins. Pendant tout le 
moyen âge ces pays étaient désolés par les guerres et les troubles; 
et presque chaque fois les vaincus se réfugiaient à Raguse pour 
rentrer, s'ils ressaisissaient la puissance, dans leur patrie. 



•) Anjonrd 




23B ' 



I 



De ces pays et principalement de l'Herzégovine vinrent 
aussi les premiers colons slaves qui fondèrent, en abattant une 
forêt (Dubrava), à l'est du canal, remplacé aujourd'hui par le 
Stradone, le village qui plus tard s'uuit à la colonie romaine de 
Raguse et lui valut le nom slave de Dubrovnik. i 

Hiatoîpe de la ville.*) 
Sous le sceptre byisantirt, du VU' siéde jusqu'en 1305. 
Lorsque, sous le régne des empereurs Pbocas et Héraclius, 
les Slaves et les Avares ravageaient le pays, beaucoup de villes 
dalmates ne purent se maintenir, entr'autres Epidaurus, **) dont 
la plupart des habitants s'enfuirent en 689, pour fonder une nou 
velle colonie nommée en latin Bagusium, puis en italien Bagusa 
Ce nom rappelle les sons de la langue illyrienne, tandis que 
Dubrovnik est slai e et vient de „dubi ava" (boaçLuet), dans 
l'ancien blave „dubr" (arbre) 

La \ieille (?ite de Haguse était bâtie sur des locbers et 
caipes La population était romaine et le latin 6 
langue administrative dans les pioto 



du sénat ] 




I61O8 Pourtant des 
elt-ments slaves s'i tai 
eut fusionnes avec 1 an 
cienne bourgeoisie des 
le XII' siècle ^e que 
prouvent les noms slaves 
de quelques magistrats de 

Le territoire que U 
ville possédait sur la teru 
ferme était fort restreii L 
d'abord (la „Astarea") et 
les Ragusains payaient une 
redevance pour les vignes 
iiu'ilscu!tivaieiit,auxpriii 
ces slaves voisins. Sur la 
merau contraire, les Bagu 




236 Ruf^te (DnbroYnik). 

sains maintinrent d*abord leur hégémonie et possédaient, dès les 
premiers temps byzantins, les îles de Lacroma jnsqtf à Giappana. 
Au IX' siècle les Arabes vinrent assiéger Baguse. Sous 
Basile II, 976 à 1025, le prince bulgare Czar Samuel, ravageant 
ces contrées, brûla Cattaro et Raguse. Pendant cette guerre, 
l'empereur byzantin avait confié au doge Pietro Orseolo II la 
surveillance des provinces de la côte et depuis ce moment l'in- 
fluence byzantine et celle de Venise se contrebalancèrent à Bag^use, 
où aussi entre temps (1085 et 1185 — 1190) dominaientles Normands. 
En général les empereurs de Byzance maintinrent leur suzeraineté 
jusqu'en 1204, et c'est de la dernière époque byzantine que pro- 
viennent les plus anciennes conventions d'Etat de Raguse qui 
nous sont conservées, et les premiers rapports sur les entreprises 
maritimes des Eagusains. 

Sous la domination de Venise, 1205—1358. 

Après la conquête de Constantinople en 1204, Venise avait 
obtenu le rang de première puissance maritime du moyen 
âge et les Hagusaiiis, ayant éprouvé la supériorité de la flotte 
vénitienne, se mirent sous la protection de la république de 
St Marc. Un comte vénitien vint résider à Baguse, et on régla 
l'administration de la ville jusque dans ses moindres détails 
d'après le modèle offert par la ville suzeraine. La protection 
vénitienne profita à Raguse qui ne tarda pas à développer 
son commerce avec l'Orient, à organiser l'administration 
et à agrandir son territoire. Déjà en 1272 parut le pre- 
mier „Statut" et la même année on acquit l'île de Lagosta. Les 
Lagostains s'unirent de leur gré à la république de Raguse, 
qui s'agrandit plusieurs fois dans la suite, non par conquête, 
mais en achetant des territoires ou en les recevant en retour 
de bons services rendus aux princes voisins. 

A la vérité, il s'en fallut de beaucoup que l'on eût tou- 
jours la paix. Des différends s'élevaient à cause de la délimita- 
tion des vignes, ou à cause de l'interprétation des droits de 
commerce ou enfin quand la république donnait asile à quelque 
prince ou noble qui était adversaire des princes des Serbes 
ou des Bosniaques. Mais Raguse savait s'obliger ces princes en 
leur payant le tribut que l'on devait depuis 1237 au roi 
des Serbes, de 1378—1463 au roi des Bosniaques. En revanche 
les Ragusains jouissaient de grands privilèges de commerce. Ils 



Histoire de la Tille. 



237 1 



entretenaient une messagerie régnlière et importaient dans l'in- , 
térieur les produits de l'industiie venus de Venise, exportantf 
en même temps les produits de Serbie et de Bosnie, c'est- 
à-dire du bétail, du cuir, de la laine, du miel, de la cire, dea 
bois de construction et des métaux. Dans le même temps où le 
ivissait des mineurs allemands avaient ouvert des 
s dans 1 ouest de la presj^u île du Balkan et les Bagusains 
rofitaient aus'^i en s établissant dans les districts miniers. 



Sous la do ination hongroise li 8 — 153Ci. 

Pai la pai\ de 7aia 13r>b \eii e avant pei'du toutes les 

s et \llle^ du Quainero jui-qu en Albanie Eagiise passa sous 

I la domination de la Hongrie ou régnait alors Louis le Grand. 

roi lenonça a installer un représentant a Raguse, se bornant 

I à lever un tribut annuel de 500 ducats et par couaéqueiit la 

I ville devint presque libre Lommençant ï développer sa con- 

i Stitution de république aristoi,rati jue 

Le sénat gagna d importance, il élisait le recteur, qui rem- 
f, .plaça le „conte" vénitien, les institutions d'Etat furent perfec- 
L tionnées ; bien que le commerce de l'intérieur fût atteint par 
[ les troubles de Serbie et de Bosnie, la navigation et l'in- 
I dustrie florissaient d'autant plus et inauguraient cette période 
I d'éclat de la'premiére moitié du XIV' siècle qui s. laissé ses 
( traces dans les grandes œuvi*es de la république: le Palais des 
[ Becteurs, l'aqueduc etc. 

En 1459 les Turcs s'établirent dans la Serbie, et de 1463 à 1482 
cceasivement la Bosnie, l'Herzégovine et Castolnuovo tom- 
I baient entre leurs mains; mais les Bagusains surent s'entendre . 
si avec leurs nouveaux voisins, ayant déjà traité i 
1397 avec le sultan Bajezid, Le tribut levé par les Turcs . 
montait à 1000 ducats en 1442, et s'augmenta jusqu'à 12500 ducats, 
que les Bagusains payaient depuis ITOS toutes les trois années, 
pour laderniére fois en 1804. Malgré ce tribut, la domination turque , 

I était favorable au commerce de Raguse, parce que les c 
çanta ne payaient qu'un octroi modique. 
tais 



rtaineté 



Sous ïa domination turque, 1526—1806. 
bataille de Mohacs ne mit fin qu'à une suze- 
nominale dea rois de Hongrie. Pourtant, ilès 152(1 



'238 Rufrufie (DnbroTnik). 

Raguse, si habile à ne faire bien venir de toutes les puis- 
sances, sentit de plus en plus le voisinage des Turcs dont les 
sultans infligeaient aux ambassadeurs de la république de 
graves humiliations^ pendant que les pachas de la Bosnie et de 
r Herzégovine se permettaient toutes sortes d'empiétements. 
Malheureusement dans le même temps où le conunerce de Tintérieur 
commençait à déchoir, la découverte de nouveaux o.TiAnniT^ff mari- 
times et riiégémonie commerciale qui passa des Vénitiens aux 
Hollandais, Français et Anglais, réduisirent aussi le commerce 
maritime de Raguse, et la petite république de Test partagea 
le sort que toute la Méditerranée eut à subir aux XVI* et 
XVII' siècles : elle déclina. Ce fut dans le XVII* siècle que 
s'abattit sur elle le plus grand désastre, puisque le terrible 
tremblement de terre du 6 avril 1GG7 détruisit la plupart des 
maisons et coûta la vie à plus de 4000 personnes. 

Pendant les guerres turques (1683 à 1699 et 1714 à 1718) les 
Vénitiens avaient occupé les contrées de Tintérieur de la république 
et Trebinje ; mais les Ragusains, secondés par T Autriche et la 
Porte Ottomane, surent manœuvrer avec tant d^habileté que les 
puissances laissèrent à la Turquie non seulement ces contrées, 
mais aussi les deux territoires de Klek et de Sutorina, enfonçant 
depuis ce moment des coins entre les territoires de Raguse 
et de Venise son adversaire. Ce fut le dernier succès des 
diplomates de Raguse qui, en eÔet, survécut à la chute des 
grandes républiques de Gênes et de Venise, et servit de modèle 
encore en 1800 lorsqu'on fonda la république des îles ioniennes, 
bien qu'elle approchât alors de son déclin. 

Pendant la guerre entre la Russie et la Turquie (1768 — ^1774), 
Raguse fit confisquer un bateau russe muni de lettres de marque; 
il en résulta un conflit avec les Russes et ce conflit réagit 
plus tard sur la lutte entre les Français et les Russes. 

Chute de la république sous Napoléon I'*" (1808). 

La Dalmatie ayant été cédée par l'Autriche, en 1806, à la 
France, Napoléon avait donné à ses généraux l'ordre d'occuper 
Raguse, vu que cette ville pouvait intercepter la communication 
avec Cattaro. Le 25 mai 1806, le général Lauriston entra dans 
la ville et y fit arborer le drapeau français à côté de celui de 
Raguse. Sur ces entrefaites les Russes, joints aux Monténégrins, 



ayant occupé Cattaro avaient mis le siège devant Eaguse. Les 
traces des dévastations que ce siège de 20 jours avait causées 
se voient encore de nos jours dans ]es environs. Lauriaton fut 
remplacé par le général Molitor, et le maréchal Mavraont, chargé 
de l'administration de la Dalmatie. Aprèa la paix do Tilsit 
Napoléon procéda à l'annexion à la France du pays. Marmont, 
ayant dissons le sénat en janvier 1808, reçnt de l'empereur le 
titre de „Duc de Raguse". 

Eaguse, appartenant depuis 1809 & la province française 
d'Illyrie, eut beaucoup à Bouft'rir des attaques des Anglais, 
qui prirent tous les navires des Eagnsains et, occupant depuis 
1813 les îles de la Dalmatie, fomentèrent une insurrection contre 
les Français, et vinrent bloquer la ville dans laquelle le général 
Montrichard ne commandait qu'un faible détachement. 

Profitant de ces troubles, les Autrichiens sous le général 
Milutinovic firent en 1814 une descente et, le 15 février 1814, la 
' Tille prêta serment de fidélité à l'empereur d'Autriche. D'après 
, les stipulations du„Congrè3 de Vienne'', Eaguse et tout son terri- 
[■toire furent réunis à l'empire d'Autriche et ces territoires res- 
i.sortissent depuis & l'administration du royaume de Dalmatie. 

Constitution et adminûtraHon. 

Baguse avait à son origine une constitution démocratique 
B>et il y siégeait encore en 1394 une assemblée nationale, remplacée 
iaJors par le „Grand Conseil", auquel ne participaient que les 
l'„Nobili" majeurs, enregistrés dans le „Specchio", le livre d'or 
E.de Eaguse créé en 1440. 

LeGrandCongeil élaborait les lois et élisait les 45 membres du \ 
■«énat qui, à leur tour, élisaient les 7 membres du Petit Conseil. , 
■ lie Petit Conseil détenait le pouvoir exécutif et constituait le I 
[gouvernement proprement dit. II était présidé par le recteur, 
I que l'on élisait depuis 1368 pour un mois seulement, 

TieUes-lettres et sciences. 
Comme Eaguse fut fondée par des Latins, il est naturel , 
I {[ne la langue latine ait continué à rester la langue officielle 
tâans l'Église et dans l'administration. C'est aussi en latin que sont N 



4 



E.ëcrits les pli 
^es épitaphes et 



monuments littéraires deEaguse, c'est-à-dire U 
intéressante chronique de la ville rédigée 'I 



lUguii* (DutiroFnlk), 

mand Kunk (1719—17941, dont la traduction lie l'Iliade est 
estiniée, tandis que Junnia Betti (1755—1814^ brillait dans la 
satire latine. Au XIX* siècle appartienuent le lyrique Mtdo 
ftinc' {conte Poiza 1S21 — 1882) et le poule dramatique Matija 
., notre contemporain, <|ui se sont mis au premier rang dans 
le tuouvement littéraire serbo-croate. 

Dans le domaine des sciences ou voit, dès le XV' siècle, 
quelques îiBvanIs originaires de Rnguse occuper des chaires 

> dans des universiti^ d'Italie; NaljeSaivic, poète et mathéttiati- 
cien, collabora à la réforme du calendrier (XVI' siècle) ; Etienne 
Oraài (1013—1083) jouissait auprès de ses contemporains de la 

I réputation de savant, de poète et d'homme d'État; il consent 
de citer encore l'arcbéologue et historien Banduti (f 1743), le 
médecin Baijlivi, auteur d'ouvrages de médecine; enân Roger 

I SoêkœiS (f 1787), astronome, physicien et matliématicieB. 

Agriculture, commerce, Industrie et navigation. 
Dans les alentours de Raguse on cultive principalement la 
I vigne et l'olivier qui fournissent, celle-là une espèce de vin 
? de Malvoisie se conservant bien, celui<ci, grâce à l'intelligente 
F façon de l'extraction, de l'huile très estimée. La culture des 
légumes est très ancienne dans les vallées del'Omhla, de Bteno etc. 
I où l'on cultive, comme dans toute l'Adriatique, une espèce de 
c {proskwe) qui donne toute l'année. Il faut y joindre les 
amandes et les âgues; les blés, au contraire, ne suffisent paa à 
nourrir la population et l'on est obligé d'en importer. 

Quant au coniroerce, celui de Eaguse se faisait dès les temps 
les plus reculés sur une vaste échelle et, grâce aux conventions 
que Ton avait conclues avec les Espagnols (1494), les Vénitiens 
(1509) et Soliman II {152G), les Hagusains entretenaient des 

t„fectories" (comptoirs) même en Egypte et en Syrie. Les commer- 
çants ragusains établis à l'étranger payaient sous le titre de 
„don de commerce" une contribution d'un pour cent de leurs 
profits, et il en résiiltait des sommes si considérables que les 
„dons de commerce" comptaient ]iarmi les revenus les plus 
importants de la république. 
En 1450, on comptait à Baguse SOO bateaux de commerce 
et dans la suite ce ne fut pas rare de voir les marins ragusains 
se distinguer dans les guerres navales, par exemple lorsque 
Oharles-Quint entreprit ses expéditions contre Tunis. 



^ 



243 



i beaux jours de la république, les diverses indus- 
tries y &orissaient;lss habitants exerçaient avec zèle la t'abri cation 
du drap, le tissage de la soie, la corderie, la savonnerie, l'or- 
fèvi-erie, et I4 prospérité commune était telle que l'Etat put 
r presque à toute imposition directe. 



Monumants d'archl Lecture âe Hsguse. 
La cathédrale S. Maria Maggion. 
La vieille cathédrale qui, dit-on, doit son existence à un 
lu formé par Richard Coaur- de-Lion fut détruite par le 
I tremblement de terre de 1667, et on commença à bâtir un nou- 
vel édifice (1671) qui fut terminé en 1713 par Angelo Bianchi. 
I La cathédrale couronnée d'une coupole contient quelques ta- 
eaux très remai-quables ; l'Assomption de la Vierge, attribuée 
i Titien ; \\ne tête du Christ des plus expressives par Porde- 
\ none; une Madonne avec l'enfant Jésus, attribuée à BaphaSI; 
1 Ecce homo d'André del Sarto; un petit portrait de Sainte 
I Catherine par Palraa Veechio. Dans la trésorerie, qu'on ne peut 
( visiter qu'après s'être inscrit à la sacristie, la pièce la plus 
libelle et la plus ancienne est une cassette en or qui vint en 1206 
I de l'Orient. La cassette portant le cachet du temps de Justinien 
I «et couverte de médaillons datant du XII' siècle qui, selon les 
I inscriptions en caractères iongobards, représentent saint Biaise 
B 'et les apôtres. St Biaise tient à la main un vieux modèle de la 
[ ville de Eaguse (d'environ 1350). 

S. Biagio fSceti Vlaho). 
Cette église, rebâtie, en 1716 après un incendie, ne con- 
ve de l'ancienne église que la statue en argent de St Biaise 
I qui résista, comme par miracle, aux flammes. La nouvelle église, 
I «instruite dans le style de la Renaissance, est précédée d'un 
l'beau perron; pour la construction on a employé, comme pour la 
t plupart des bâtiments de Raguse, cette pierre de grain fin 
r(travertin) qui se distingue par sa belle patine brune. 

L'église et le content du Vominioains. 
En touraant, après avoir passé par la porte de PloCe, i, gauche, 
us arrivons au couvent des Dominicains qui, commencé en 1304, 
fut achevé qu'à la iîn du XVI" siècle. La nef longue et 



d'architeotnrB d 



BHgnw. 



245 1 



leimple comprend le chœur et deux ciapelles latérales; à l'intérieur, 
l- au-dessus de l'arche moyenne, se trouve un crucifix byzantin, 
(.•cadefLu du roi de Serbie Etienne UroS III. Le maître-autel est orné 
a talileau de Nicolo fiagusano représentant saint Eiagio. Le 
r premier autel latéral, à gauche, est décoré d'une Madeleine du 
I Titien (tableau votif de la famille Pozza); en outre un tfl,bleau 
I de Vasari (l'Avent) est fort remarquable. La coiir du couvent 




■ est bordée d'un cloître dout les arches sont posées sur des pilier. 
I entre lesijuels de mignonnes colonnettes portent des panneau: 

■ aux ornements variés. La jolie fontaiue date de 1628. L'églisi 
W'Aa couvent possède une bibliothèque autrefois très riche, ui 

■ manuscrit fort important pour la connaissance de l'histoire di 
lift ville et plusieurs documents intéressants de Don SerBliiu 
IÇerva (IBStS— 1759). 



hôpital n 



Autre* ^ulit». 

S^lon certains liistoriens, le couvent du Franciécalnt fut fondé 
[inr saint François d'Assises. Le couvent ayaiit été clëtruit, en 1390, 
de fond en corahie, les moines obtinrent en 1317 la permiesion 
de se li&tir une demeure dans la ville. Dans l'église une épi- 
tnphe nous rappelle la pest« qui, en 1536, enleva 36 moines, et la 
chronique du touvent rapporte qu'il fallut reconstruire en 1690 la 
tour détruite par le tremblement de terre de 16S7. La tour est 
quadr angulaire en bas, et octogonale en haut; l'église est de 
style byzantin et renferme la tombe de Gnndulic. La bibliothèque 
est très riche en manuscrite des principaux auteurs dalmates. 
L'église S. Scivatore, qui n'est séparée que par un très petit 
passage de l'église précédente, élevée à l'occasion du tremblement 
de terre de 1630, présente une façade qui rappelle celle de la 
cathédrale de Sebenïco. 

Jésuites a été transformée par les 

iiilitaire, qui wcisto encore de nos jours. 

Hors de l'enceinte de la ville il faut 

signaler l'église consacrée à la Mère 

delà Miséricorde: c'était, à l'instar de 

„Notre Dame de la Garde", un lieu de 

pèlerinage de marins et les murs sont 

couverts de plus d'une plaque commé- 

icernant l'histoire de la 

i ragusaine. 



LE PALAIS DES RECTEURS (DVOR). 

Le palais, sans contredit le plua 
ancien et le plus intéressant de ÏCaguse, 
tient, par son origine et par son exté- 
rieur, du palais des doges à Yenifie. 
Élevé en 1388, il fut consumé par le 
feu en 1435 et en 1462; ce ne fut 
qu'à la fin du XV siècle que G. Matt- 
jevic et Orsini Dalmatico lui donnèrent 
sa forme actuelle. La loggia, à la fois 
gracieuse et imposante par ses cinq 




HouumeiiU d'architecture de Bi^nee. 

colonnes,*) nous conduit au portail principal dont les 
portent deux intéressants battoirs (l'un en tête de lion 
anneau bynantin). Des deux côtés du portail on aperçoit leg 
bancs de pierre d'où autrefois les sénateurs regardaient les 
publiques. 




La cour du palais est entourée 
d'arcades renaissance dont les co- 
lonnes proviennent en partie d'Epi- 
daure. Un perron conduit de la cour 

la salle du „Petit Conseil", où l'on distingue çà et là, de 1 
iSme que dans plus d'un vieux bâtiment de Eaguse, les c 
pons de fer servant depuis le tremblement de teri-e de 1667 à J 



•) Les . 



t de t 



assi^ettir \ea murailles. Bans la cour, on voit le buet» du 
pfttrîote Michel Prazzato, curieux en ce qu'il be compose d'une 
souche de bois recouverte de plaques de bronze, 

LA UAlJtlE (OPi'INAi. LE UVSKE LOCAL. 

B&tie eu 1862 dans le style lombard par l'architecte Perîâic, 
entre le Palais des Recteurs et le corps de garde, la mairie 
~- présente sa belle façade 

- oniéedesreliefsdecëièbres 

_"■ — V Bagusains. C'est au deu- 

Kme étage qu'est iostallé 
niusée local où sont 
■unis des restes de Ra- 
i^^avecoliia, une col leç- 
on d-i 




datant des 

temps de la république, et 
q uelques autres objets 
lelatifa à l'histoire de la 
i illf , par exemple le man- 
t au de soie rouge du der- 
nier recteur, qui portait 
aussi une longue perruque 
et qui, lorsqu'il sortait du 
palais, était précédé de lic- 
teurs (appelés ..Zduri"), 
comme les consuls romains. 
Le cabinet d'histoire natu- 
relle du musée contient 
une collection Koologïque 
I faune de Haguse). 



LA DOCIANA (DIVONAJ. 
Tour MînrelH. Oll SUppOSH qa6 CBt 

édifice affecté d'abord & 
la fonte des monnaies fut élevé par des marchands. Terminé en 
1529, il servit dans la snite, avec ses sous-sols, de douane tandis 
que l'étage supérieur fut aménagé en salle de réunion pour les 
matinées et les soirées données par la noblesse de Eaguse. 
C'est là que siégeaient les deux „académies" que Raguse vit 



naitre daaa le temps Je aa splendeur: l'acadéniie des „Coii- 
cordi" et celle des ,.Oziosi" (les oisifs), laquelle créa à Itnguse 
le théâtre slave. Gimiio Palmotta qui i'ut l'âme de cette so- 
ciété, fit représenter en 1667 son drame „PaeUmir'^ sur une 
scène dressée devant le Palais des Recteurs. 




Les murs de la fortereese. 
Les murs de la forteresse, qui sont antérieurs à l'annéa 
976, et le fort S, Loreuzo, créé par le sénat vers 1060, de- 
vinrent, par suite de l'introduction des armes à feu, insuffî-- 



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« (IhAnTsikl. 



itanU aa XV* tilâcle et durent être truDsIotroés 
rùsUtvr k TncUon dn canon. Vers 14&!>— 1464 s'élevaient le H 
de Lererone pour préserver la ville contre les Turcs, et U t 
tour MinfelK ^tis de U porte Pile. Enfin le port S. 
ghoritA Ivnnina cette euperbe enceint<.-, qui cependant ne t 
qu'au XVir siècle sa. forme définitive. 




En quittant Raguae par la „Porta Plo£e", nous coiumençoBS 
r nouB engager dans le sombre rayon des Jortiflcationa pour 
passer dans le faubourg de PloGe. En avant de cette porte 
il y avait autrefois un ,,b)Lzar" ou marché où les cultivai 
venant de l'Heriiégovine étaient tenus en quarantaine 
prévenir l'infection de la ville par la peste. 

Nous continuona notre chemin toujours en vue de Lacî 
et au milieu d'une riclie végétation composée d'aloés et di 
cyprès, d'orangers et de dattiers etc. 

San Giaconio,'*j autrefois couvent, n'est habité aiijourd'l 



•) Sur la r. 



e de B. Qia 




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^^^^^^^^^^p-c ' 


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5 

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1 




1 




n 







-•)*> Raguse (Diibrovnik). 

que par uu garde-chasse et ne tire son charme que de la vé- 
gétation qui Teutoure et de la perspective qu'il doit à sa po- 
sition sur une falaise abrupte. La crevasse que la mer y a 
creuséef haute de 24 mètres, large de 38 mètres et longue de 
64 mètres qui compte parmi les merveilles de la Dalmatie, 
s*ap])elle la ,.Grotte du magicien Beta^ (Spila Betina); 
accessible aux barri ues, elle intéresse le naturaliste par la riche 
tiort* de fougères et de romarins qui en tapissent les parois. 

La presqu'île de Lapad. 

Les excursions dans la presqu'île de Lapad offrent une 
grande variété de beaux sites; mais c'est principalement sur 
la route de la ..Bella Vista'^ à la chapelle San Biagio, au pied 
du mont Petka, (jue Ton jouit d'un panorama étendu qui offre 
une vue enchanteresse sur les falaises de la baie de Danëe. 

PROMENADE LE LONG DE L'AQUEDUC. 

En suivant la trace de Taqueduc à partir du faubourg 
Pile, on peut pousser cette promenade, en deux heures, jusque 
vers les sources de TOmbla, d*oii la ville tire l'eau potable, 
tout en ayant sous ses yeux une vue superbe sur l'archipel de 
Itaguse qui cei)endant le cède en splendeur à celle qui s'offre 
au voyageur qui aura gravi le Monte Sergio. 




carte de Kagnse et sea environ». 



iiifitieiit' 

»B|.*HoHt 




f? f? ^ f? f? fï f? 




XXVI. Excursions à faire de Raguse, 



De Gravosa aux aouroea da l'Orabla (Hljeka.) 

Partis de l'un des cafés qui flanquent l'église de Gravosa, 
Via barque nous mène ea un quart d'heure à l'smboucliQre du 
|t^^henal qui pénètre, à 5 kilomètres à l'est, dans la terre ferme 
. fond duquel l'Om.bla prend fia source. En continuant 
B^&otre rout«, nous voyons le bac vert sur lequel les voitures 
îuaut par la rowte côtière traversent le chenal, puis nous 
s près du village de MokoSîca aux terrasses bien cultivées, 
in vallon resserré monte au village élevé de Petro- 
voselo. Sur la rive sud, non loin de ce bac, s'élève la villa du 
comte Caboga à laquelle succède le charmant village de San i 
Stefano. La végétation qui tapisse les pentes des deux 

Ï rives de l'Ombla et des jardina est toute méridionale et 
£omie comme une ceinture verdoyante aux rochers calcaires 
et arides qui s'y élèvent. (A la gauche r„OStra glavica", haute 
de 615 mètres, en face la „VlaStica'', 909 mètres, qui montre 
BUT une croupe de la pente droite un petit point blanc : une 
ancienne Itoula — tour d'observation ^ datant des temps 
turcs.) A peu de distance de Mokoâica, nous apercevons le cou- 
Vent de franciscains de Boiato; un chemin bordé de cyprès et 
de pins nous mène à ce couvent qui, fondé en 1123 par Savino 
Gondola, ne reçut qu'en 1515, grâce aux travaux des frères mineurs- 
de Bosnie, sa forme actuelle; ce qu'il renferme de plus original, 
c'est un cloître à colonnes séculaires. Un peu plus loin, se trouve 
une villa habitée autrefois par le duc Sorgo. Entre le couvent et 

Ile village, ie canal, large jusque-là de 140 mètres, devenu, 
tm cours d'eau douce, l'Ombla, se rétrécit, et traversant des 
totifles de roseaxix se détourne vers le nord-ouest. A ban- 
La Dnlmatie. 17 



95B 



B«for»loii» a ftilT* ** BftgQii». 



ilonnant la b&rque près d'une ..OBteria" et suivant q 
nous verrons, derrière un moulin à farine possédant un pressoir 
& liuile, rOmbla se précipiter avec fracas par-dessus un barrage 
pour former ensuite une nappe d'eau fort tranquille. Les rochers 
sont, en cet endroit, de formes aussi capricieuses que pitto- 
resques. Ils semblent former une muraille et le peuple les n 
„sokô" (mont de faut-on). 




Excursion siir la mont Sergio (Spg]'). 
C'est surtout la flore printaniére de cette pente du Karst qui 
vous émerveillera par son. éclat. Vous voyez pousser dans les 
interstices des murs les fleure rouges de la „ gorge- de- lion" & 
laquelle viennent s'associer la giroflée mordorée et le romari» 
bleu odorant, tandis que la ramure des lauriers abaissa ses 
fleurons jaunes. Un peu plue haut entre les rochers, le beau violet 



2591 



t'iris rivalise avec celui de la violette; le genêt tapisse les! 
I flancs de la montagne de sa belle eouleor jaune et les humbles 1 
herbes sont surmontées des faisceaux jaunes de l'euphorbe, de'l 
l'aubépine et du genévrier. Quelijuas semaines plus tard, i 
l'odorante sauge, diverses labiées, telles que la phlomide, l'inula.l 
candida, la saponaria et le ciste, qui épanouiront leurs cIo-J 
chettes pour faire place, plus loin, à l'églantier et à la C6n-,) 
taurée noire. 

A peine a-t-on mis le pied sur la région du Karst qu'o 
rencontre la route en lacets qui part de la Porta Plo6e da 1 
Eaguae; dans cette ascension vous voyez la fort S. Lorenzo so-'g 
rapetisser peu à peu en une très petite saillie décote; la ville 
semble former qu'un bloc gris carré; l'île de Lacroma flotta J 
comme un tapis de velours foncé sur la surface de la mer. 
L'œil a beau scruter l'horizon vers l'ouest et le sud pour 
discerner la mer ; il ne trouve rien où se fixer puisque la lignel 
la plus rapprochée de la côte de l'Italie, où, à 180 kilomètres, ,T 
s'élève le Monte Gargano, disparaît sous l'horizon. Vers iQîfl 
nord-ouest, nous voyons jusqu'au mont Vîpera sur la presqu'îlBï 
de Sabbioncello. 

Arrivé au fort qu'ont bâti, en 1808, las Français su 
placement d'une chapelle de St Serge, vous apercevrez le vastêfl 
bâtiment et vous serez frappé de voir, vers l'est, une région toute^ 
différente. C'est un vrai désert du Karst, couvert de myriades t 
d'écueils, dont les arêtes aiguës ne produisent qu'une végétation 
stérile de genévriers, de helicbrysium et de buissons de 
bruyères. Entre les monts dénudés qui entourent le vaste plateau 
du mont Sergio s'élève laVlnStica, au pied de laquelle la route J 
de Baguse mène à Trebinje, 



A Oannosa (Trai-en") 

TJae des plus b 11 d t 1 p 

le port de Grav mè p 

bouohuro de l'Oml"! C lèb p 

platanes. Cet endr t t gn d 11 k I met 
être atteint en b q po p q 1 h 
vapeur ne convien t p g 

port nous paraît et ]. t abl p 4 1 

lecalmeetdansler 11 m t d fl 



de départ est I 
devant l'em-J 
gigantesques J 
Gravosa, peufcT 



2f» 



.H 1 tkita •]« BAguaii. 



les e&'eta de liuiiière d'un ciel azuré et d'un soleil méridional. 
Après une course ite ftès de deux heures, uous voilà tout-A- 
ooup, Après avoir dépasaé une petite presqu'île, dans la baiv 
de Cannosa, dont les côtes sont fort raides mais dont la 
végétation est riube en cyprès et en boaquets d'où saillent 
les platanes. Nous montons par un chemin en Radins eoti^ 
lus lauriers, les caroubiers, les grenadiers, tes mariera revê- 
tus de vigne; le sentier continuant ii serpenter le long d'un fossé, 
longe, & gauche, le mur de clôture du parc de la famille GoExe, 
tandis i|ue, à droite, la vue s'élève, par-dessus le clocher de 




l'église et les maisons éparses du village, îi la croupe dénaâfo 
du Veliki Stô. 

Enûn, suivant le cours d'un petit ruisseau, on aborde le 
groupe de deux platanes „patri arches". Le plus gros de o^ 
arbres, qui mesure â sa base 2b pas de circonférence, est itne 
véritable merveille; il est encore complètement vert et aaîa. 
Les principales brancliea qui ne sortent du tronc qu'à quatre 
fois la hauteur d'homme, s'étendent horiKontalement, et dans les 
deux sens à 32 pas. Une plaque de marbre nous rappelle ija^ 



l'empereur François-Joseph a exprimé eu. 18T6 sa vive admiration 
en apercevant ce vénérable patriarche entre les arbres qui 
remxM)Ete même sur les légendaires platanes de Bujukdere près 
de Constantinople. 

Le parc Gozze, ouvert à tout visiteur qui s'adresse au 
jardinier, offre au promeneur le retour le plus charmant à la 
mer et à la fois l'occasion de contempler les plantes exotiques 
de superbe venue qui croissent le long de l'aqueduc: le cèdre 
du Liban à côté de l'arbre à pain, le cyprès de Céphalone au- 




I près du cyprès de Chine, le pin élancé aux resplendissantes 
I aigrettes, le camphrier, îe laurier, le laurier-cerise, et le laurier 
s Carolines y sont représentés par des spécimens rares. La vue 
i s'ouvre au promeneur sur le Veliki Stô à la cime chauve, 
I près d'un palmier (cycas revoluta), est ravissante. 

Ce parc a reçu plus d'un auguste visiteur; déjà l'empereur 
I François I" et son épouse Caroline séjournèrent dans ces lieux; 
Jl'archiduc Maximilien et son épouse Charlotte gravèrent leurs 
rjbiitiales dans deux chfitaigniers au temps où. ils coulaient des 



i^J 



jourapiiiaiblesàCKauosa;i!t réoenimcDt l'urcfaiduc Z<ouis SAlvatoc, 
c«t exquis conniliaseuT des Iiords de la Méditerranée, y recueillait 
les iuipreasioua qu'il a consignées dans son livre de nCannosa" ; 
l'archiduchesse -veuve Sléphouie (depuis l!fOO comteââe I^oiiTaj) 
prit un repos dans une clairière du parc, et parmi les bonunes 
CHlébrea l'amiral Tegetthof aimait à séjoorner à Caïuo&a. Le 
p«Lit château, en lut-mSme un petit bijou historique, renterme 
souvenirs de toutes sortes 
qui concernent tous la famille 
(Jozze, une des plus anciennes 






inuB^ 







Kagus 



» l'a milles 
9 de Dalmatie et dont 
e sont distingués plos 
dans l'histoirâ de 



XJu côté de la mer le petit 
ch&teau est flanqué d'un superbe 
groupe de palmiers et de cactus; 
ici s't'lôve aussi un petit pavillon, 
ottiaiit une vue enchanteresse 
sur If canal de Calamotta et 
priiicijiaienieut, le long des pentes, 
sur la baie de Cannosa. 

A Tretlnje.*) 
En sortant de la porte PloCe 
nous jouissons, sur la route de 
la „Illviera ilalmat«", du pano- 
rama de ia mer jusqu'à ce que 
subitement la route s'engage 
dans un déSlé h la sortie duquel 
elle dévie vers celle de Trebinje 
qui domine bientôt la chaîne de la côte et vous laisse revoir la 
cependant à la droite se développent les profondeurs de 
\ vaste et fertile vallée de Breno, qui paraît être un cirque 
ubmergé au-dessoua du niveau de la mer. 

Après une course d'une heure, nous arrivons près du village 
e Gornji Brgat situé sur un col d'où se déploie, au nord-ouest, le 



•) Cou 



G 3'/, h. 



Hllor e 



I 



A Trabinjei 

val Gionchetto jusqu'à son emiioucîiure daus le va! de l'O 
tandis qu'un regard en arrière nous montre la façade est d 
Fdrt Impérial. 

La route s'élève peu à peu k la banteur de la chaîne i 
entoure la partie supérieure du Val Breno, et francliiasant - 
près des petits villages de Sela Carina et d'Ivanica*) — 1 
tiére de l'Herzégovine, nous sommes enchantés d'un c6t« par lar 
vue grandiose qui s'étend sur la mer et de l'autre ] 
terrains montueux du Karst qui nous entourent. 

Laissant au nord lareine de ce paysage, la VliLStica(909 mètres), 
au sud-est les montagnes de la frontière du Monténégro, au sud 
la crête de la Malaatîoa, nous continuons la course ve 
où s'ouvre le défilé de Drijen, marqué par une petite aubergsj 
et surmonté de deux vieux .ihoulas"'. 

Après le défilé, la route commence à s'abaisser et nous passousB 
une série de koulas, un poste de gendarmerie et, tandis que Iflfl 
terrain rocheux et presque absolument nu fait place k des boa^J 
quets de chênes, nous descendons dans la vallée de la TrebiSojic 
et arrivons en peu de temps en vue des forts de Trebinje. 

Trebinje était au X' siècle le siège d'une principauté serhe^ 
après la chute de la dynastie serbe elle passa k la Bosnie, pourf 
changer plusieurs fois de maître, j uaqu'au jour où les Turcs a 
installèrent à demeure. Aujourd'hui cette ville ae divise en dei 
parties: la ville nouvelle, dont le centre est la rue Françoia*H 
Joseph, menant de l'hôtel Nagîic au petit jardin public, i 
cienne ville, où le bazar turc, deux dêamias et de petih 
cimetières représentent le passé. 

En faisant un tour dans les environs, l'œil, il est vrai, peut! 
se reposer sur les cultures de vignobles, de maïs et de tabac; 
mais malgré les plantations faites depuis 1878 la nudité des 1 
pentes de la montagne oflre une scène de désolation. Dans !a j 
canicule, la chaleur atteint des degrésélevés, pourtant, sur la crête 
de la Babina Gora, on trouve dans les „dolinas" des restes des 
neigea de l'hiver et les paysans en transportent de nuit à Tre- 
binje, où l'on s'en sert pour rafraîchir les boissons. 



•) I, 



t déliit de taliHi 



it d'HeriégoYine. 




XXVII. Les ilcs mêrldionaics dalmates. 



t de Ragnse, 



^^^f Cette Ile, à treute kilomètres ddi 

I glorifie, eii(.'ore de nos jours, de renfermer les ruines d'un palais 

dont lu construction est censée remonter au CîUcien Agésilas 
Anamrbé, exilé en ces lieux lorsqu'il refusa de rendra hom- 

■ niage k Septime Sévère. Les ruines sont assises dans une des 
deux baies, „Forto Palazzo'', qui divisent rextrémité ouest de 
l^le; dans l'autre, celle du sud, a été érigé au XI' ou au XII' siècle 
■an couvent de bénédictius. Le 10 avril 1857, l'Ile passa, par con- 
trat de vente, à la république de Baguse après que ses statuts, 
datant de 1345 et écrits eu caractères gothiques sur Slt feuilles, 
eurent été recueillis. En 1572 le couvent fut pillé et ravagé 
3 turcs ; mais il ne tarda pas à se relever, car 
rie prieur IgnaEÎo Giorgi publia en ITOti uu poème descriptif 
d'un intérêt local: „Jlfa- 
runka", et, en 1730. un 
urne où il discute 
la question de savoir si 
St Paul, lorsqu'il lit nau- 
fmge, aborda k Malte ou 
ù. Meleda. 

En 1822, de mars en 
septembre, on entendit à 
Meleda des bruits rappe- 
lant des cannonades loin- 
taines et causant une telle 
sensation, que l'empereur 




I 

i 



rFrançoia I" ordonna des recherches à ce sujet. Les savants 
Partsch et Eiepl qui en furent chargés, constatèrent la nature 
volcanique de l'île, attribuant à cette cause les dits plié 
que le monde savant connaît depuis sous le nom de 



n de Meleda". Les mêmes savants 


1 




ri 




9H' 


i:<^ 



deux grottes à stalactites, percées dans In principale chaîne de 
montagne de l'île. Toutefois le principal attrait pour l'étranger 
consiste, dans la partie ouest de l'ile, dans les ruines au fond du 
Porto Palazzo et dans les paisihles charmes que la nature offre 
autour de l'ancien couvent. 



De Porto FalftZEO on «tteint facile- 
uent lt> Lago grande*), puis la 1«ie 
pAÎskble où s'élèvent, dftus un Ilot, lef 
povtiifutis contours du couvent ijuî, vn 
de loin, offre quelque t-ossembluiee 
uvei^ un chàt«Bu surmonté de totDS 
gracieuses. 

Gluppana (Slpaa). 
CetW lit, dont rexlrémité sud se 
rnpiiroelie de Ruguse à prèa de 17 bîlo- 
mètres, est la plus grsode des trait 
îles appeli*ea pur Pline „I]e3 aux cerfe-', 
et appartenait déjiï au XI* siècle & 1« 
république de Raguse. Son piiDcipal 
port est Luka, adossé au fond d''nnt 
étroite baio de la cote nord-est, oà 
une langue de terre se détache vert 
I'îIb de Jakljan. Le détroit entre les deux îles porte enoove 
aujourd'hui le nom de „Bocca Pompejana-', rappelant wn — 
épisode des guerres entre César et Pompée. Vatinius, partisan 
de César, crut avoir enfermé dans la baie quelques navires de 
son adversaire Marc Octave — mais ce dernier réussit à échapper 
par la hooca dont Vatinius ignorait l'existence. 

Un agréable che- 
min long de 6 kilo- 
mètres mène de Luka 
nu village de S. Giorgio 
(Sugjuragj) situé sur 
la côte sud. **) 




•i On p 


retend qo-i 


exixte dunn 1 




ri 'exquises h 


nltres et lies 








.!« long. 




AotriphieDn 


ft établ 




Mezzo (I.opuc3).*} 

Itfezzo n'a que le cinquiènie di: la superficie (le Giuppaua, et le 
voyageui qui aborde dans la rade sud parvient facilement en une 
heure à la rade nord (flada di Mezzo), d'où le petit chef-lieu de 
l'île (Mezzo) s'élève en amphithéâtre vers lus pentes d'une 
colline. Sur ces pentes on aperçoit les ruines d'un des deux 
couvents que l'île possédait autrefois (St MaJ-ia) et qui fut 
changé en fort par les Français; la cime en est couronnée par les 
ruines d'un fort érigé, à ce qu'on dit, par Oosme III de Medioi. 

Les habitants de Mezzo jouissaient d'une certaine aisance 
dans le temps où ses marins prenaient part aux expédi- 
tions de Charles -Quint contre 
Tuois (L541) et de Philippe II 




fc^ntre Lisbonne et l'Angleterre (1&71 à 1688). Ce qui 

^'est qu'un capitaine de Mezzo, M. Prazzato, décédé au XVII" siècle 

•u Mexique, légua 200.000 ducats à la ville do Baguse. Dans 

C.l'église de Mezzo on montre encore de nos joui-s le pavillon de 

s capitaine et un autel qui, au dire du peuple, se trouvait 

Jéntrefois dans la chapelle de Henri VIII, roi d'Angleterre. 

Le maitre-autel de l'église paroissiale est entouré d'une 
EsQperbe grille en fer, don d'un Visconti. Un tableau de l'Annon- 
Bciation, peint en 1518 par Nicolô Baguseo, est encore à signa- 
1' dans le couvent des dominicains. 



2G9 



^H^ Calamotta est tournée vers l'isthme derrière lequel se 

cache la baie de Malfi. au nord-est, vers les phares de Daksa 
et des Pettini, à l'est Le scoglio S. Andréa (^Donzella), très 
rapproché dans la direction sud-ouest, présente un point d'arrêt 
dans les flots bleus qui contrastent avec la, falaise aux formes 
variées. Une belle vue s'ouvre de tous les côtés ; c'est pourquoi 
le petit îlot mérite d'être visité. 

Laapoma (Lokrum). 
En partant de fîaguse (Port Cassone), nous ari'ivons, 
après une ravissante course en barque do 25 minutes, sous les 
rochers de Lacroma. Une croix blanche, plantée a la lisière de 
la forêt, nous rappelle l'affreux accident arrivé en ces 
lieux; le hrigg de guerre „Triton" y sauta eu 1853 par suite 
de l'explosion de la poudrière et tout l'équipage, sauf un seul 
matelot, y périt. Nous contournons un cap et entrons dans 
le port. Une jolie petite maison attire notre attention; elle est 
habitée par un brave vieillard qui a été serviteur de feu l'em- 
pereur du Mexique Maximilien. Une allée de pins, de cyprès 
à pyramide, de bouquets de romarin, de lauriers -roses (Via 
Calaroga) nous conduit au couvent fondé, dit-on, à la suite d'un 
vœu de Richard Cœur-de-Lion. Dès le XI° siècle, le sénat de 
Raguse y faisait élever des fortifications; au XII' siècle, les 
bénédictins venaient y fonder un monastère. En 1396, Sigis- 
mond, roi de Hongrie, y séjourna. Dans les siècles suivants, 
le couvent perdit peu à peu son ancienne importance, et 
lorsque l'arcliiduc Maximilien acquit i'île pour s'y construire 
un châtelet, le couvent était en ruine; après lui Rodolphe, 
prince-héritier d' Autriche-Hongrie, en ht l'acquisition, mais ce 
superbe séjour parut ne pas porter bonheur à ses habitants, 

»et après la mort prématurée du jeune archiduc, l'empereur en 
fit donation aux dominicains qui s'y sont installés depuis. 
Entré dans le couvent, vous trouvez dans les corridors et 
dans les cellules do moines une variété de choses collectionnées 
dans le cours des temps: bustes, portraits, paysages, une 
table généalogique d'Ârpad etc. Mais toutes les pièces étant 
grandes ouvertes, nos regards vont chercher cette vue superbe 

Kir la région qui, à chaque fenêtre de la chambre de la tour*), 
offre à nous sous son aspect le plus 
'•/ Rettnaiâe en ISSe. 



R»loum^ «u couvent, 



s jetons un coup d'oeil snr a 



jttrdin qui offre une sério de g:i-oup(» de palmiers et d'à 
|4mnt«a inirdit#muiii»DDes, puis nous «introua d»ns ie parc, qui 



nous *ccu«l)le dans 



i sauvages et enchantear 




induisent aui: points iuti 



Ioù des chemins s 
la côte. 
Rarement oa se dirige vers la côte du nord c 
porte le vieux fort*} s'abaisse verticalement en mm-» roclieux, 
Z 







que les brisants ont corrodés d'une façon effrayante. C'est lu. 
— selon la tradition — que les Hagusains avaient leur mont 
Tarpéieii car c'est de là qu'on précipitait à la mer les crirainelB pré- 
\enus de haute trahison et les sacrilèges. Mais il arrivait aussi 
que l'on amnistiait le délinquant, après avoir mesuré, au moyen 
d'une corde, le sac dans lequel on enfermait le mallieureux. 
C'est de là que vient la phrase: "Usque ad ostensionem funis, ■ 
c'est-à-dire: ,. jusqu'à montvr-i- 1,t r.-.rdr". 




^^B Ordinairement le voyageur visite la côte sud, où la iiatui-c 

^tw présente sous les formes les plus bizarres, 

Un petit sentier nous mène dans un enfoncement de la 
mer, appelé Mare Morto, où. la lumière produit de curieux 
reflets. Nous pouvons passer en barque sous r,.Arco naturale" 
(pont naturel), formé de roche, souB lequel la mer se brise en 
bouillonnant. Après avoir visité la grande grotte de Lacroi 
il nous est loisible de traverser, pour retourner au port. 



I* Dm B>AtldIas«lM ialnatt» 

)tît bcia da i>uis mitritis où l'on a tracé une série de sentici 
^Jttrie-Thérèae, v'm FrUhwirt «te l^» bois briUe par sa d 
~^ I le lailiis formé de rusciu el d« omilftx végètent x 




Lacroma. 273 

redescendus de la lisière du bois à la cote sud-est d'où nous 
sommes partis, nous ne manquerons pas de recueillir sur la 
plage formée de roches calcaires grises, déchiquetées par 
l'action des vagues, quelques spécimens de la riche variété de 
coquillages que la mer vient y déposer. On y trouve fré- 
quemment le coquillage brillant comme la nacre que les Italiens 
ont dénommé „Orecchio di S. Pietro" (oreille de St Pierre), 
et la 'carapace du hérisson marin qui, après avoir perdu ses 
épies, présente une boîte verdâtre en forme de melon. 

En général, Lacroma offre un séjour délicieux et poétique, 
et permet au voyageur de respirer un air pur et doux et de rêver 
en contemplant soit le jeu des ondes le long d'une côte aux 
écueils corrodés, soit, sous un ciel azuré, ce paysage béni et pitto- 
resque qui en chaque saison est une merveille. Surtout vous 
serez enchanté, en y arrivant en hiver, de voir resplendir le petit 
îlot de verdure et de fleurs, pendant qu'au nord des Alpe^ 
la neige recouvre encore la terre. ' 



f? 



La Dalmatie. i^ 




XXVIII. De Raguse dans les Bocche di Cattaro. 

Bouts pep terre de Haguss â Caetelnuovo. •) 

La route longeant la côte dons ta direction sud-est se 

bifuTijae dans la ditectiou de Trebii^je vers le nord «t continne 

en route principale vers l'est. Ce qui frappe, c^est le contraste 

qu'oppose à la conformation de la côte la cîrconvallation par le 

Earst du Va! Breno, et au premier plan le puissant VlaStica 

i s'élève en forme de cône grïsfttre. Noua prêterons la vue 

r la Malastica dont ta longue crête borne l'horizon à l'est et 

dont les flancs sont couverts de vignobles et de jardins 

verdoyants ^'abaissant peu à peu vers le Val Breno. Cette 

vallée se divise en deux parties : celle du Breno supérieur, qui 

comprend la dépression enfermée entre la VlaStica et la 

Malastica jusqu'aux „Molini (moulins) de Breno", et celle du 

Breno inférieur, formant une bande de côte qui va se perdre près 

de Bagusavecchia dans le „Val Canali". 

Val dl Breno (2upa). 

Les habitants de la vallée de Breno, pour la pluM 

m faits de corps et d'une saine constitution, doivent ] 

:ance à l'économie rurale. Les Jeunes filles sont conn 

leurs jolis minois, leur propreté et leur gentil oostni 

On voit à Raguse de ces filles accortes qui, dans leurs J 

*) CommanlCiAtioaa par diligence (3 fois par Bemnine] : 
e BugosB & Halini di Breno, Il kilomfitreB, 1 h. S m. codi 
e Bagase k BnKasayeccfaÎB, IS „ 2 „ tô ., 

De Saguse à Gruda, 40 ., 5 , ID , 

De Bnguse d Cnalelnaova, 57 , 7 , tO . 



quettfls et leurs jupes courtes, leii 
brodequins de couleur, évoquent le 
peuple de Venise o 



lias blancs et leiirs 
.ou venir des filles du 




La route descend ensuite, en serpentant entre des bosquets 
de chênes et de pins marins, dans la vallée qu'elle atteint près 
du village de ÔibaSa. A droite, on aperçoit sur une colline le 



D* BagOM dRm l« Booeb* dl OatUro. 

Iiunoau d« Kuparl derrière l^uel il y & le village do Blato et 
les tuileries du comte Caboga: puis la route s'approche de la 
mer et monte vers Tauberge Mollni di Breuo. où les cxcui- 
sionnîâtes de Baguse aîmeut à faire station le dimanche, avanl 
d'entreprendre la promenade aux moulins dont la partie qui borde 




pins pittoresques. De !à nous parvenons a 
s'arrêtent les bateaux circulant entre Eagus 

*) Dp Rttgaao h MoUni l'/i lie"" :1e voitt 



Bagusanecckia (CavtaiJ. 

Dès les Molini di Breno, la route côtîère se tient au haut 
des pentes de façon que l'on jouit presque toujours d'une vue 
grandiose en s'approchant de Eagusavecchia, Enfin, deux langues 
de terre sailîant comme des tenailles dans le golfe de Breno 
forment deux haies longues de près d'un kilomètre, et sont 
précédées, l'une du récif de Superka et du ecoglio Supetar (devant 




Ldoiinn dellB 74 



le cap Punta S. Eocco), l'autre des „Pettini de Kagusaveochia" 
qu'il ne faut paa confondre avec les Pettini de Haguse. L'un est 
le scoglio Bobara, l'autre le scoglio Mrkau sur lequel se voit 
la ruine d'an couvent de bénédictins. Les Pettini protègent 
comme un brise-lames la baie entre les deux langues de terre 
sur l'une desquelles avait été fondée dans l'antiquité la colonie 




I>« RaffSM duia Ui Bo6du df CsUm». 

!que Ëpidaun. Quant an temps de sa fonâation et aai 
I de la ville, il n'y s que des légendes controveraéei. 
On sKÏt toutefois p&r une inscription datant de l'époque romaint 
i|U*Epidaure était, dans la période romaine, !a capitale de rnijrio 
inférieure. En 63ft, les Avares saccagèrent Epîdaare et les 
habitants t'tiyaut devant ces farouches barbares s'en allèrent 
tooder Raguse. 

Aujourd'hui Ragusnveccbia est une bourgade de 723 habi- 
tants. Nous recommandons au voj'ageur la visite de la cour du 
couvent Madonna délia Neve près du port ou bien un tour dn 
promenade de la chajielle lï la Punta S. Stefano. Ordinairement 
Ragusavecohia sert de point de départ pour les excursions 
dirigées dans l'Intérieur de la vallée de Canali. 

Val Oanall (Koflayll). 

La route cùtière, partant du village d'Obod, monte jusqu'à 
une espèce de plateau rocailleux d'où l'oeil plonge A gauche 
dans la dépression du ruisseau Dugî polok et dans la vallée de 
Canali. Cette vallée-est un véritable polje, c'est-à-Jire un bassin 
k fond plat dont les pentes montent à gauclie jusqu'au bord 
du plateau Snijejjnîca, en moyenne haut de 700 A 800 mètreâ, 
tandis qu'à droite s'élèvent les collines ])lus basses de la Donja 
Gora. La vallée de Canali se rétrécit vers le Bud et permet 
à la route de franchir un col bas pour redescendre dans la 
vallée non moins étroite de la Sutorina. 

Prés du village de Ljuta le ruisseau du même nom s'échappe 
de dessous des rochers ; 11 reçoit d'autres cours d'eau et disparaît 
soudain près du plateau rocailleux dont nous avons parlé plus haut, 
pour reparaître dans la Grotte Jazovi (k l'est de Ragusavecchia) 
dont les eaux tombent dans la mer. La vallée i^uc la fonte des 
neiges transforme, au printemps, en un lac, est, par suite de 
l'extraordinaire fertilité du sol, très peuplée et riche en habitations 
qui, de même que la route, ont été posées, par mesure da pré- 
voyance, sur les versants des rochers. Elle parai 
le comté le plus florissant de la république de Raguse. Le 
comte résidait anciennement à Pridvorje, mais, dans la suite, 
Gruda devint le chef-lieu de la vallée. 



^ I 

1 



r la SniJBÉt 



Sur la Snijeinlca (1234 h 
Voilà une excursion qu'on ne saurait assez r 
touristes qui pénètrent dans la „vallêa de Canali". Parti de 
la station de poste Gruda, on suit d'abord la route de Trebinje 
qui monte en lacets au village de Ljuta (200 mètres) ; de là un 
sentier se bifurqua vers l'ouest reliant entre eux de 
nombreux villages et hameaux qui forment jusqu'à Obod, 
à 10 kilomètres de Bagusavecchia, une file presque continue 
d'habitations. Près de Lovorno et de Pridvorje les zigzags de la 
route deviennent plus raides et nous gravissons le plateau de 
Snijeânica où est posé, entre l'église S. Nicola (725niètres,l et le 
mont KiSnik (959 mètres), le petit village de Kuna. Poursuivant 
notre chemin vers le nord, nous atteignons en une heure de 
marche le col encaissé entre le Veliki Vrh (1164 mètres) et la 
SnijeÈnica pour escalader, en déviant vers la gauche, le point 
cuiminant où s'offre un vaste panorama: vers le nord-ouest 
se déroule toute la câta de Ragusavecchia (à 11 kilomètres) 
jusqu'à Eaguse (à 22 kilomètres), et l'œil perce jusqu'aux 
iles de la Dalmatie moyenne (Lissa, à 181 kilomètres). Au 
nord, on découvre Trebinje (à 15'2 kilomètres) entouré des 
montagnes du Karst; à l'est l'Orjen, haut de 1895 mètres, à 
157 kilomètres, présente, jusqu'en plein été, le tableau de la 
haute montagne aux cimes neigeuses; vers le sud-est enfin quel- 
ques tronçons de la côte (Punta d'Ostro distante de 2& kilomètres) 
forment la transition entre la terre ferme et la mer qui ondoie 
jusqu'aux limites de l'horizon. D'après Petter, la Snijeînica est 
intéressante par sa végétation, entre autres par une espèce rare 
; de vulnéraire (anthyllis "Weldeniana). 

I La Sutorina. 

I Cette vallée qui se trouve près de la frontière de l'Herzégovine 

a sa place marquée dausl'histoire : c'est l'une des bandes de terrain 
que lesEagusainsréassirent,lorsâelapaixdePassarovitz(lT18), à 
faire conserver aux Turcs afin d'éviter le voisinage de Venise. 
Le défilé dans lequel entre la route après être sortie du bassin 
de Konavli, est rocailleux, mais par suite de son peu d'altitude 
il est riche en une ilore sauvage. De l'autre côté du déâlé, les 
champs de maïs, les vignobles et les bois d'oliviers se pré- 
sentent moins bien cultivés que ceux du Val de Canali et la 
Sutorina paraît relativement déserte, les habitations étant 



280 De RagQBe clans les Bocche di Cattaro. 

clairsemées. En revanche le coup d^œil dont le voyageur jouit 
du haut du col le dédommagera amplement de cette petite 
déception. La vallée s^élargit: nous voyons la baie de Topla où la 
route devient belle et large tout en longeant la mer et Repais 
le village d'Igalo les maisons s^échelonnent jusqu^à Castelnuovo 
que domine le fort Spagnuolo. 

Course en mer de Gravosa à la Punta d'Ostro (OStro).*) 

Le commencement et la fin de cette route sont mis au 
nombre des parcours les plus beaux et les plus pittoresques 
de la côte dalmate, surtout quand, par une sereine matinée 
d^été, les magiques charmes de la mer, de la lumière et de la 
végétation défilent devant le voyageur qui côtoie le rivage. En 
quittant le quai de Gravosa, c^est la perspective qui s'ouvre 
vers Test dans la baie de TOmbla dont le fond aux montagnes 
agrestes forme un contraste frappant avec les collines boisées 
saillant au sud dans la presqu'île de Lapad. Le bateau serre 
de près les côtes du nord et de Touest en laissant ji droite le 
scoglio Daksa, les écueils corrodés des „Pettini" et les hauteurs 
de Calamotta qui le dépassent, puis il change successivement 
de cours pour cingler vers le sud près de la baie de Danëe 
au-dessus de laquelle s'étend la falaise magnifique depuis la 
chapelle de Lapad jusqu'à la Bella Vista et à la terrasse de 
Pile que surplombe le Monte Sergio. Nous voyons succéder à 
ce tableau celui de la petite baie, formée par une roche schis- 
teuse et effritée, dans laquelle s'avance le roc couronné du 
fort S. Lorenzo. Le contraste de la mer bleue avec le rocher 
rouge est d'un effet surprenant. A notre droite se rapproche 
l'île de Lacroma tandis qu'à gauche le port Cassone flanqué du 
fort Leverin et de la caserne du môle se découvrent à l'œil. 
La jolie côte déroule jusqu'à S. Giacomo sa plage semée 
d'écueils et entrecoupée de rochers et de grottes qui servent de 
bains. Pendant que l'œil ne peut se lasser d'examiner en détail les 
charmes de cette scène, le tableau de la ville grisâtre aux 
toits jaune rouge s'efface devant l'attraction qu'exercent sur 
le spectateur les régions de l'est et du sud. 



*} Bateau express de Gravosa à Cattaro (44 lieues marines à 1-582 kilo- 
mètres) en B'/^ à 8/, heures. 



T de Oratora A la Pmta d'O 



281 



A la hauteur de la Punta Pellegrino (Srebrno), nous voyons 
monter succeBsivement la longue crête de la Malastica et de 
la VlaStica et s'étaler la vallée supérieure de Breno avec la route 
de Trebinje jusqu'à la koula de Drijen, et à l'est, nous distin- 
guons la route côtlère, puis au sud-est Sagusavecchia. 

Après Eagusavecchia, la côte devient monotone jusqu'à ce 
que subitement la falaise de Sonavii tacLetée de rouge cède la 
place à de verdoyants coteaux. Toujours en vue du scoglio 
Hrkan, nous apercevons à gauche la presqu'île de Molonta, 
tandis que l'ceil découvre la Punta d'Ostro qui est encore 
à 10 kilomètres. Cette extrémité sud-eat de la presqu' île 
est depuis longtemps en grande estime chez les marina ; 
c'est que, par le gros temps, la mer y soulevant les vagues 
les plus formidables, les voiliers sont bien aises de pouvoir 
entrer dans les „Bocche" qui, même par la tempête la plus 
violente, offrent une nappe d'eau relativement calme. Un phare 
et une station de sémaphores se dressent sur le cap et, k 
2-2 kilomètres on voit sortir des ondes l'île de Eondoni avec le 
fort Mamola. L'impression que produisent ses formidables forti- 
fications nous fait quelque peu oublier les fjords pittoresques 
de la côte qui pourtant nous donnent l'avaat-goût des charmes 
Lâes ijords des „Bocche". 




Panta d'Ostro. 




WMW^ 






Ç~-^vz- 



©.(© 



■^^^^J^^"^^ 



XXIX. Les ^Bocche*" (Boka Kotorska). 



Par ,.Bocche^^ on entend proprement le canal maritime qui 
forme trois grands bassins et plus d'une douzaine de petites 
baies et «{ui, mesurant à vol d^oiseau, de la Punta d^Ostro 
jusqu'à Cattaro. 20 kilomètres de long, possède, gr&ce & ses 
nombreuses sinuosités, une étendue bien plus grande. Outre ce 
golfe, on désigne encore i)ar le nom de „Bocche" tout le 
territoire (jui Tenvironne, ai)pelé depuis 1420. ^Albania Veneta'' 
l>ar les Vénitiens et «[ui forme actuellement la préfecture de 
Cattaro. 

r-étaila historiques. 

Dans l'antiquité les,,15ocche" s'appelaient „Sinus Rhizonicus", 
et TListoire rapports (jue la reine Teuta, attaquée par les Ro- 
mains et forcée d'abandonner Skutari, sa capitale, se retira 
en ces lieux. L'an KJS avant J. -Christ, le dernier roi de l'ancienne 
lUvrie. Gentius, tomba aux mains des Eomains. 

Certaines auti(iiiités trouvées dans les fouilles font sup- 
poser que les vainqueurs y fondèrent Ascrivium (Cattaro) et in- 
cori)èrent ces contrées à la province Praevalitana. Dans le par- 
tage de l'empire romain, les „Bocche" échurent à Tempire 
d'Orient, mais furent conquises, au VI' siècle, par les Ostro- 
goths; cependant, sous Justinien (527 — 5G5), elles étaient rede- 
venues une province de l'empire de Byzance. Vers î)60, elles for- 
mèrent avec la Serbie, le Monténégro et les environs du lac 
de Skutari le royaume de Dioclea (Duklja). 

On suppose qu'Etienne Nemanja l'aîné, qui avait enlevé, 
en 1173, Cattaro à l'empereur Emmanuel de Byzance, fortifia cette 
ville et y résida ; il en fit passer le gouvernement à son fils Etienne 
le jeune, qui fonda l'évêché serbo-orthodoxe de Zêta. Sous les 



Carte 


des , 


,Bocche". 


1 


Ëxi)li«»ti 


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Seibu-uruati 




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dcl m) 

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liir4rJ«uï 



Keiaanjidea, Cattaro, presque indépendant, était gouverné par 
les patriciens, et les vice-rois de Zêta d'abord, et plus tard les rois ; 
serbes eux-mêmee figurent comme dispensateurs de privilèges : 
dans les documenta et inscriptions. Vers 1370, les habitants de 
Cattaro se mirent sous la protection hongroise, mesure qui ne 
leur épargna pas la nécessité de capituler devant les Vénitiens. 
Tvrtko 1" qui s'était fait couronner, en 1377, roi do Bosnie et 
de Serbie, ayant bâti la forteresse Saint-Etienne, autour de la- 
quelle vint ae grouper Castelnviovo, la ville de Cattaro qu'Eli- 
sabeth avait déjà formellement cédée, se soumit à ce prince ; 
cependant elle redevint ville libre, conservant sa constitution 
républicaine même après le traité du 23 avril 1420, par îequel 
les Vénitiens obtinrent la suzeraineté. Ce traité laissa i\ Cattaro 
sa constitution et son administration et entre autres avantages 
le droit de battre monnaie; en effet on continua à frapper 
les pièces connues soua le nom de ntriiî'oni", dont la face est 
à l'effigie de saint Trifon, tandis que le revers est marqué des 
inscriptions „Uroschmirus Imperator" ou „Ludovicus Res 
Hungariae" ou bien est à l'effigie de saint ^arc. 

Dans les premiers temps du régime vénitien, le pays 
au nord des Bocche — les anciennes principautés de Tribunia et 
de Zachluinia — furent unies par le duc Etienne, fondateur 
du duché d'Herzégovine (Erzegnovi) ; mais bientôt (en 1483) les 
Turcs conquièrent le duché et l'histoire des territoires deB Bocche 
devient une histoire des luttes entre les Turcs et les Vénitiens, 
jusqu'au temps du déclin de la puissance ottomane. 

Depuis le jour o(i les Vénitiens eurent pris Castelnuovo, en 
1687, ils possédèrent tous les territoires des „Bocolie" excepté la 
Sutorina et la côte de Punta d'Ostro jusqu'à Eagusavecchia, 
qui restait aux Sagusains. 

Le régime des Vénitiens ne pesait guère sur Cattaro, car 
ceux-ci laissaient aux communes de Cattaro, de Ferzagno, 
Perastoetc. et aux diverses contrées leurs administrations locales 
et, se contentant du contingent de matelots et de volontaires 
que leur fournissaient spontanément les communes pauvres et les 
côtes du pays, ils se bornaient à leur demander, en fait d'im- 
pôts, quelques taxes de vaisseaux ou droits d'entrée. 

Un tel régime était avantageux dans le temps où la popu- 
lation des côtes profitait de l'importance maritime de Venise, 
cependant les montagnards guerriers ne songeaient qu'à 



'•284 Le» ^Bocche-*. 

combattre contre les Turcs. Mais depuis le XVII* siècle, où Tétoile 
de Venise déclinait, les ^^Bocche"^ partagèrent le sort de la déca- 
dence générale et les anciens édifices, les anciennes institatioiis 
et le bien-être commencèrent à déchoir de telle façon que ron 
travaille encore aujourd'hui à les relever. 

Ce fut encore sous la domination vénitienne qu'un moa- 
vement populaire dans le district de PaStrovic détermina la 
Sigiioria à diriger, en lliyl, contre Cattaro Tescadre de galères qui 
stationnait à Lésina. 

£n 1797, les Autrichiens occupaient „les Bocche^ g^na 
trouver de résistance, mais les habitants s'opposèrent d'autant 
plus violemment à l'annexion de leur pays par la France 
en 1806 que les Russes venaient de s'emparer de Cattaro. Joints aux 
Monténégrins, ils manœuvrèrent si habilement contre le maréchal 
Marmont qu'il dut battre en retraite. Ce ne fut qu'en suite de 
la paix de Tilsit que les Français purent prendre po^^ession, le 
12 août 1807, des ,,Bocche", (ju'ils détinrent pendant 6 années. 
Après la bataille de Leii)sic le général Gautier sut se maintenir 
à Cattaro jusqu'au 27 décembre IHIB où le commodore anglais 
Hoste, ayant reçu des mains de Gautier la capitulation de la 
ville, la remit au prince (vladika) de Monténégro. Cependant 
ce prince ne tarda pas à renoncer, moyennant une indenuiité, 
à ses prétentions et, dès le 19 juin 1814 la ville ouvrait de 
nouveau ses portes aux Autrichiens. 

Mais les diverses peuplades, habituées à la vie libre, et 
rélractaires à toute discipline et à toute subordination, ne pou- 
vaient oublier lo régime vénitien qui, s'il n'était d'aucun profit 
pour le pa^'s, avait du moins l'avantage de ne rien lui demander. 

Le premier sujet de mécontentement pour la population, 
fut rintroduction, en 1840, dans le pays de lïmpôt foncier; 
les troubles qui avaient éclaté ne i)urent être apaisés qu'en 
1850. Une seconde insurrection, dirigée surtout par les KrivoSijens, 
fut provoquée par l'application de la loi sur le service militaire, 
promulguée en 18G9. L'insurrection ourdie de longue date fut 
d'autant plus difficile à réprimer que la masse des insurgés s'était 
retranchée dans les montagnes d'un accès difficile entre Castel- 
nuovo et Risano. Enfin, en 1882, le lieutenant-maréchal Jovanovic 
eut recours à des mesures énergiques qui firent rentrer les 
rebelles dans l'obéissance. Ils se soumirent en grande partie et 
le reste des mécontents émigra dans le Monténégro. 



A trarers les .Bocphe". 'S 

A travers les „Bocche". 
C'est un magnifique tableau que nous allons contemp! 
en voyant la mer agitée fouetter de ses vagues écumantes 1 
rochers de la Punta d'Ostro; peu à peu la furie des vagues se 




calme et les eaux prennent l'aspect d'un lac tranquille dont 
les rives, en pente, sont Lien cultivées; et quand, par un lieau 
coucher de soleil, les cimes des hautes montagnes sont illu- 
minées par les derniers rayons de l'astre du jour, une promenade ■ 
sur ces eaux a quelque chose de féerique. 



Dès son enti-ée ducs les ^Bocche*- le batettit dirige sa etnam 
vers le défilé qui mène, «utre le c&p oueet do 1a pr«s(|u'ît« de 
Luâtica et le KobiU (4n2 maires), dans U haie âe Toplk. Avuil 
de p&sser Porto Rose on Aperçoit au uord Ctutebmot)o, qià. 
grftee à son site ensoleillé et  sa riciie végétittîon, est en tnîa 
depuis que sa commiinicAtloD avec le centre de In raoa»rt^ 
est en roie d'être réalisée, de devenir un séjour hivernal 




Castelnuovo.*) 

CaBtelnuovo, qui doit son existence mu nu 
_ de Bosnie Tvrtko, est encore aujourd'hui dominé 
par les mines pittoresques de ses fortifications. 
A une demi-lieue vers le nord, le fort Spag- 
nuolo, dont la tradition attribue l'érection aux 
Espagnols (Gornji Grad), dresse son quadrilatère 
à 4 tours. CoslelnuoTO tomba entre les moins 
des Turcs en 1539 et leur resta jusqn'en 16&7, 
épo<|ue oij la ville leur tut enlevée pat les 
Vénitiens et les chevaliers de Malte. Si la toute 
CnBtelQ'utTvo ^^ Sftvina qni suit la côte est renommée, de 
temps immémorial, par sa ricliesse en palmiers 
t en cyprès qui en rehaussent l'éclat, la „Riviera" d'ouest 
présente une promenade tout aussi charmante. Nous recom- 
mandons au voyageur de visiter le petit village de Podi, 
délicieusement situé à 3 kilomètres de la ville et où se trouve 
la petite église S. Sergio e Bsocho construite dans le style 
byzantin, qui semble avoir prédominé dans les „Bocche.'' 

Le couvent Savina, dont l'origine remonte au XI" siècle, 
autrefois le siège du métropolite de Trefainje, sert aujourd'hui 
villégiature estivale à l'évéque de Cattaro. Il n'occupe pas seu- 
lement un des points de vue les plus charmante, mai 
aussi l'intérSt de l'historien par les épitaphes de ses anciennes 
pierres tombales. L'Assomption de la Vierge qui s'y célèbre 1 
37 août y attire une grande afSuence de monde qui of&ai 
c champ d'observation à l'étranger. 



Meliine. Détroit de Kombur. Baie ds Teodo (Tivat). 
Le Catene (Yerige). 

Lft baie de Topla*) a entajné la côte septentrionale de façon 
y creuser le Val Meljine, où Ton a construit, dès le 




XVII' siècle, un lazaret r 
établissement de la maria 



nt, dnns lu baio de Topla, 



I 








dicnal âeKoinbnr pour «g 
dans la baie de Teodo^ oi 
Doiis apercevons i la droiM, 
en avant du terrain bas de 

Iti 2upa, trois îles qui étaient 
des lieux de civilisation il v a 
plus de mille ans : 1. la petite 
île de Prevlakft, qui abrite, 
dajis un des terrains les plus 
fertiles des „Bocdie", lui 
vénérable cûuvËnt qui y était 
déjà posé dans le temps où 
les rois de l'ancienne Serbie 
cédèrent aux habitants de 
Cattaro les terres à l'entoar ; 
2. l'île plus grande 8, Marco (Stradiotti) ; 3. un scoglio 
portant le couvent d'Otok. Filant vers le nord-est, le bateau 
va s'engager, entre ta Punta Gjinoviii et celle de Gjurovîfi, 
dans le canal délie Catene,*) où se déroule un ravissant 

■j Le Dom lie Cïtene, e'cBt-fa-dire ..oiinlnea", vient de ce qu'on fermait 



(ibleau ; dehors, dans le caual de Pei-astû, surgissent, vraies 

Bouvailles pour le pinceau, les îlots S. Giorgio et Madonna 

lîalpello et en face, sur la terre ferme, le colosse 

du Monte Cassoue haut de S93 mètres. La scène 

(andit encore en magaifleence quand, à notre droite, se montrent 

hautes parois du golfe de Cattaro, à notre gaucte cellea 

i baie d 




■ffJT., 




- .le Teudo. 



I 

^ Eisano (Risao). 

Eiaano que mentionnent Polybe et Tite-Live sous le nom de 
Rhizinium et que Porphjrogénéte dénomme Ehizona, paraît Stre le 
plus ancien établissement des „Bocche". Après avoir été ravagé , 
par lea Sarrasins et les Bulgares, il partagea le sort de | 
Castelnuovo, passant des Vénitiens aux Turcs pour repasser à i 
Venise. Kisano est un bourg composé de hameaux épars et 
qui charme le voyageur soit par le paysage qui fait le fond 
du site, soit par la cuirasse de forts établis sur lea hauteurs 
qui indiquent qu'on se ti-ouve à la tête d'une ligne donnant 




600 mètres de 
hauteur, puis 
: tournera gauche 

elje for me le 
coinmenoement de )a 
route qui mène entre 
le Veli Vrh (1277 mèt- 
res) et le Goli ?rh 
(1814 mètres) à la 
caserne de Grkovai; 
et, dans le Dvrsno 
Polje, auFortDragalj. 
Cette route, construite 






;i.iue, 



embranchement 
vers le fort du Goli 
Vrh. C'est en faisant 
route vers le Polje 
qu'on peut à loisir 
examinerlesprimitives 
demeures de pierre et 
les costumes tout aussi 
simples des hahitanta 
de la KrivoSije. Les hommes, robustes et aguerris, sont 
d'excellents et adroits cliasseurs et grimpent à l'égal des 
chamois. Leur costume se compose d'une chemise de grosse 
toile, d'un gilet, d'un pantalon à la turque et d'une espèce t 
de tunique d'étoft'e blanche sur laquelle lia passent la/ 
„strukB", espèce de châle; ils sont chaussés de guêtres I 
attachées avec des aiguillettes et des „Opance", espèce de\ 
pantoufles. 

A 7 kilomètres au nord de Risano s'étend à une altitude de 
GOO mètres, le DTTsno-Polje, bassin pierreux, jiie<ju'& un col qu'il 




faut franchir pour atteindre le pol.je de Gralioi 
partie du Monténégro. 



fais nu t déjà 



Ascenaion de l'Orjen (1894 mètrea). 
Il est rare qu'un étranger visite le Dvrsno-Polje, où 
s'élève le fameux fort Uragalj qui joua un rôle important dans ' 
l'insurrection de 1869. Il n'existe ni hotet ni auberge dons 
cette pauvre vallée qui ne peut mettre à la disposition, du 
voyageur que les refuges primitifs des gendarcaes ou dw 



Il en est de même de la nouvelle route militaire de Bisano 
U Crkvice, dont peut profiter le touriste qui, ne craignant pss 
les fatigues, désirerait faire l'ascension de la plus haute cittft 
de la Dalmatie, l'Orjen. 

On met près de S'/a heures pour monter de ICisano |[ 
Crkvice et 2 heures pour gravir la hauteur du co! de l'Otjag) 
(1684 mètres), d'où l'on compte encore I'/, heures de maroliQ 
jusqu'à la cime. Le panorama dont on jouit d'une part sur 1^ 



hautes chaînes des conflna de la Dalmatie, de l'Herzégovine et 
du Monténégro, jusqu'au géant des Monts noirs, le Durmitor, 
(2528 mètres d'altitude, à 75 kilomètres), d'autre part sur les 
eaux de Raguse, est en vérité merveilleux, et unit les charmes 
alpins à cens de la Méditerranée. 



I 




Peraato (Peraet). 
Au pied du mont Casaone se troi 
le 400 habitants déchue 
L !a supériorité de ses 



Peraato, bourgade 

ancfl q^u'elle devait 

'est de ses beaux jours que 



L bftties, telles que les Palaz 



mairie et A l'élise on coneerv» pliiSHnir§ irophôve qui 
gaunt de son aiicU-nnu aplondenT: un dnipiuiu cjtie les houi 
de Perasto enlevèrent aax Tnrcs, le gUive dont le oéléhre 
Zriny leur fit cadeau, le gonfalon otTert h la villu imr iâf^ 

Vénitieus ot iiihutiiî-. Apri-s In cliuu- île la république, souattl 
maltre-Hiitet. 




Les aoog'.i de S. Giorgio et Madonna dei Scalpello, 

Ces deux îlots, vous frappant déjà de loin, l'an par ses miuH 
anciens, l'autre par ses coupoles vertes, ajoutent un élèmutt 
pittoresque à ce paysage grandiose de fjords, entoiirô de mon- 
tagnes majestueuses. 

S. Giorgio, îlot qui sort des flots non loin de Pei-a.-,to, possé- 
dait autrefois une abbaye, détruite en 1571 par les Tutc% 
rebâtie en 1624, puis renversée par le tremblement de_ terra ^ 
1667. L'autre scoglio, Mailonna ddla SealptUo (Gospa od Skrpjela), 



doit son ntun k un« tmmge brillântv d« I» Vivrif» qui, 3«tti^^| 
légendv, mpp«rut k un marin. L'jglis« k £t£ i^levèe sor a^^| 
d* pierroa qiio In bivbitiuits da PvtmIo traosportôtcnt, dmut I 
phidi^iirs aiin«vs de suite, dans leurs barques « ^■0'% I 
ac«DiiiiiU-rRnt autour d'un petit rteU'qtii constitue mainteiuuit ni I 
llot.(l« 119 mètrra de Iodir; sur 34 de larffe. L'intérieur del'c^iti I 
rècetnliJHlit retttDUrén i^st di-corp» de deux séries de tsbleaox iv 
Hii pinceau de Tripo Kokoljic, natif île Pernsto, lesquels sont 
entremSIûs de nombreux ex vota déposés par des maritij 
ûcbappôs an naufrage; c'est le sc-utpteur A. G. Capellano qui 
a «culpt^ eu marbre blanc la scène lumineuse du maître-autel. 
Le musée local évoque ie souvenir de faits d'armes remar- 
quablns dans divers Ubleaux consacrés ex voto, p, ex. le combit 
naval de Durazzo de ITlfi, la Xave Léon Coronata, le premier 
vaisseau vénitien qui ait navigué, en 1741, dans la Baltique; k 
bateau du Lloyd „Po8eidon" dans les mers des Indes. La manière 
dont certains artistes ont repréitenlé la mer battue par la tem- 
]tèie nous semble paribis très drôle. 

L& golfâ de Oattaro. 
Le moment où le bateau passe du canal des „CateQe" dans 
celui de Peraslo et oi!t le* parois des rochers de la côt© est se 
hérissent et forment un coi traste avec les pentes verdoyantes de 
Stolivone inanq era fas de trapper vivement l'imagination du 
voyageur Gornje 6tol vo et Donje Stolivo*) sont posés sur la 
mênie pente, l'un au-dessus de 
1 autre (à la droite'i. Ti-ès du 
village d'Orabovac (4 la gauche) 
commence cette ligne ininter- 
rompue de petites maisons 
blanchea qui a'étendentjusqu'à la 
ville de Cattaro. "Dn village se 
joint à l'autre sous le nom col- 
lectif de Dob rota, qui, dès 1361, 
était échu à Cattaro. Le* anciens 
marins Tenaient établir leur de- 
meure dans cet isolement pittoreg. 




297 ' 



que, powr y ,,prendre leurs invalides". Presque tons avaient 
gagné de quoi finir paisiblement leurs jours et quelques-uns 
embellissaient leurs maisons de souvenirs précieux rapportés 
de leurs lointains voyages. Pour ne pas être molestés par 
l'intrusion de visiteurs importuna qui, descendant de la montagne, 
venaient indiscrètement fureter dans leur mobilier fiétérogène, 
ils perçaient parfois de meurtrières les murs de leurs maisons. 

Vis-à-vis de Dobrota se trouve Perzagno que le commerce l 
avec Venise avait enrichi. Dana les beauic jours du village on 1 
commença à bâtir la nouvelle église, restée inachevée jusqu'ua- 
jourd'hui. A l'extrémité sud du village on montre la „mai8on des 
trois sœurs" k laquelle se rattacie une légende. 

En avant de Oattaro. 
A partir de Perzagno le fond du golfe se découvre de plus en 
plus: le Pestingrad, dont les rochers pittoresques forment le 
versant abrupt du mont Mrajanik (1315 mètres) et, séparées de ce 
mont par la gorge profonde du torrent Skurda, lea peutea du mont 
Loviien, vers lesquelles tendent les lacets de la nouvelle route. Un 
contrefort du Pestingrad porte la vieille forteresse au pied de la- 
quelle s'abrite la ville de Cattaro. La verte Riviera s'étend fort 
loin vers le sud, eu forme d'un enfoncement vallonné en- 
fermant le village 
de Skaljari, derrière 
lequel s'arrondit la 
croupe du Gorazda. 
La côte ouest est 
déchirée par les ri- 
goles profondes du 
Vrmac, d'où des- 
cend , partant du 
fort principal, un 
chemin en zigzag 
dans le nWestend" 
de Cattaro, où se 
trouvent, entourées 
de jardins, les mai- 
sons des habitants 




Cattaro (Kotcr.)*) 

Arrivt'* ù Cattaro, on a devant soi la jolie Marina, et bien- 
tôt, entre \vs superbes lauritTS- roses du jardin du café Dojmi et 
les bara<tues des forains, on entrevoit, tapissé de plantes g^rim- 
l»antes et de clématite sauvage, l'iinrien mur de la ville percé 
par l'ancienne «Porta marina". Ayant passé par cette porte, au- 
dessus de laquelle nous voyons le lion vénitien surmonté de 
l'aigle autrichien, on se trouve sur la place la plus animée de 
la ville <|ui laisse voir les seuls vestiges de la domination 
romaine que le temi)s ait respectés : un autel romain devant le 
campanile et la pierre tombale d'une jeune iille et de son pré- 
cepteur. Plusieurs rues, étroites, il est vrai, mais propres et bien 
l)avées, se dirigent de la place dans diverses directions. Jjes 
tremblements de terre qui, à trois reprises, ont ravagé la ville, 
ont détruit plus d'un monument ancien; aujourd'hui Cattaro 
ne possède, à part son église qui est très vieille, rien de bien 
intéressant. 

La cathédrale, bâtie en 801^ i)ar Andreazzo de Sarazenis en 
forme de rotonde, a reçu sa Ibrme actuelle au XI' siècle : trois 
nefs à 2 tours quadrangulaires dans le style byzantin qui flan- 
quent le portail et la galerie. A l'intérieur on voit des reliques 
enchâssées dans des reliquaires de métal précieux : les restes 
de saint Trifon, dont la tête est enfermée dans un vase d'or; 
les habitants ont voué à ce saint un culte pareil à celui que 
Venise a i)0ur saint Marc. — La cathédrale est à présent^en 
voie de reconstruction. 

La fête de Trifon et la Mar'inerezza, 

St Trifon subit, à l'âge de 18 ans, le martyre sous l'em- 
pereur Décius. La légende raconte que des marins apportèrent 
son corps à Cattaro en 809, où l'on institua en son honneur 
une fête populaire, tout en fondant la confrérie de la Marinerezza, 
dont faisaient partie, du temps des Vénitiens, tous les marins 
des „Bocche". Cette Marinerezza, à l'origine une institution 
humanitaire, s'organisa dès le XII' siècle en milice territoriale. 



*) Cattaro comptait, en 1890, 3300 habitants. Il n'y existe pour le 
moment que des hôtels de troisième ordre : A la Ville de Trieste, A la 
Ville de Graz, Au chasseur (Kod Lovca). 



RendAnt plus il'iine fais de bons services aux Vénitiens, «Ile 
joiitwait ite Krnniis privilèges: entre autres, l'amiral de Cattmn 
pouvait, le jour 4e lu tel» Ae St Trifon, demander la gt&c« 
des coudamnés. Cette fête se célébrnit tous les ans par de« pro- 
cessions, des allocutions prononces du haut d'un balcon de la 
cathédrale et se termtuait, le H fûvrier, pur une grande soleonilv 
religieuse eu l'hoiiueur du saint. Les Français abolirent cette 
t%te, et depuis i[u'elle a été rétablie, elle ne consbte plui 
processions, auxiiuelles d'ailleurs ue preuueut part que ; 
qui possi^dent encore les armes et les costumes anciens. 



r 



Promenades. 
7% ^iij^';_ ,-K Le warthi publie. 

En sortant de la ,.Porta Marina H 

en tournant À gauche, on parvient ui' 

marché de Cattaro, oh le voyageur peut k 

loisir passer eu revue lea physionomies, 

les costumes et les habitudes des Monté- 

iiL-grins qui, tous les jours, descendent eu 

grand nombre de leurs montagnes pour 

vendre les produits de leurs terres. On 

y achète des poissons fuméa (nSCOranze") 

r{ui proviennent du lac de Skutari, et 

lies poissons frais (skobelji et truites 

, saumonées) de la rivière Bijeka; piiïs des 

volailles et — en hiver — du gibier à 

plumes et des lièvres. A peine le jour 

vient-i! de poindre que la vieille route de Cetinje, ainsi que le 

sentier des „Mor!akes" (raccourci de la nouvelle route), s'animent 

déjà de Monténégrines qui, en partie à dos de muleta, plus 

souvent sur leur propre dos ou sur leur tête transportent 

des pommes de terre, des choux et principalement des fagots 

de bois abattu dans les forêts de hStres du Lovcen. 




La ..foire de» MonténfQrins." 

Nous promenant du café Dojmi h. la place d'armes, 
tant' de la Porta Fiumera, nous arrivons à la vieille foire i 
Monténégrins, qui sert principalement de marché aus hestiat^ 



t queliines pas suffisent poiiv entrer dans le 
lu qui — grSiCe à ses muraillea de roc s'éle- 
irîoii — offre un aspect très pittoresi^ue. 




Cette vieille route u'est plus entretenue et ressemble en 
pluaieiu-s endroits à un lit d'ébouUs. Malgré cela, celui qui 



it autrioUie; 
CMlnja-. 



') l-n niau 


IBduléH, fut tr 


route dont les 


de pièa de 6'» 



ï. 



aime le» impressions singulières montera, à nne centaine de 
mètres, jus(|u'aii village de Spiljari, où s'ouvre une belle vae 
sur le golfe Ue Cattaro, et où l'on acquiert aussi une juste 
idC-e de la configuration de la forteresse de cette ville. Vus de 
la ,,Mariiia -, les murs de la forteresse semblent adhérer directe- 
ment à la pente du mont Pestingrad ; arrivé à âpiijari, ou 
di-couvre <|iie la forteresse est sititée sur une croupe abrupte 
et séparée du corps du mont principal par un ravin profond. 

A la forlcreête S. Giovanni (Kaitio). 



Moins fatigante ipie la „vieUle route" 
à la chapelle „Madoiina délia Saluta'', ei 
zigzag» du mur de la forteresse. Il est 
l'ascensiou jusqu'au fort S. Giovanni, encoi 
pour se promener à la dite chapelle il 
permis que l'on reçoit ordinairement sans 
pri-senté sa carte de visite au conunandant 
Cattaro. 

Du point où est située la chapelle, o 
de la ville, dont les toits biuns et eutoi 
cultures en terrasses, forment une belle a' 
enchanteur du golfe. 



, la mont«e qui mène 
it enfermée dans les 
'défendu de continuer 
;e plus élevé, et niêmi? 
faut se munir d'un 
difficulté, après avoir 
de place de la ville de 

jouit d'un bel aspect 
ces de la verdure des 
mt-scène du panorama 




De Cat'.ero à Cetinje.*) 

Les efforts de la „Société protectrice 
des intérêts du royaume de DalmatJe" n'ont 
pu vaincre les difficultés locales qui se sont 
opposées, jusqu'à ce jour, à la réalisation du 
projet de bâtir un hôtel qui satisfasse les 
prétentions Uu voyageur d'aujourd'hui. PoiU' 
cette raison et parce que les auberges 
existant à Cattaro n'offrent pas de confort, 
on ne s'arrête ordinairement à Cattaro que 
depuis l'arrirée jusqu'au départ du bateau à 
vapeur, à moins qu'on n'ait l'intention de 
faire «ne excursion à Cetinje. 



Dk Cat 



fi Cetiiije 



Cette excursion mérite d'Être recoinrasndée et est très facile 
à exécuter depuis que le gouvernemeat autricliieu & créé 
— de 18Ï6 à 1881 — la niiouvelle route", si bien tracée qu'on 
peut faire trotter les clievaux sur tout la parcours, quoiqu'il 
s'agisse de a'éleyer du niveau de la mer jusqu'à une altitude 
de 1274 mètres. La route qui traverse le territoire monténégrin 
n'est pas moins bonne; c'est pourquoi 5 à 6 heures suffisent 
pour parcourir la distani'.e des 45 kilomètres qui séparent Cattaro 
à Cetinje. 

Partant de la Porta „Marina" de Cattaro, nous passons Je 
marché et le pittoresque ravin de Gordicohio au sud. de la ville; 
à l'estrémité sud du golfe, la rout« commence à s'filever dans 
les régions bien cultn e( 
qui, entourant les 
du village de Skaljar 
tent doucement vers le 
arrondi du Gorazda, 
d'un fort. 

Regarijant en arnei e 
nous voyons se dérouler le 
panorama du golfe de Cattaro 
Jusiju'auMonte Cassone dont 
les flancs rocailleux et gn 
sâtres sortent de la baie 
d'Orahovac. A droite nous 
avons le Vrmac, distingue Lh mur I u i I 
pai des pentes vert brun et 
billonnees degrts, i. gauche 
nous admirons les pentes colossales du Lovcen sur lesquelles 
on aperçoit quelques douzaines des lacets de la route 

A paitir du col de Trinita ou se trou\e une petite fortifi 
cation, la route quitte pour un |uart de lieue le bassm dn 
golfe de Cattaro et ofire en se deroulint biit la cote ouest du 
Gorazda, une vue superbe sur la baie de Ttodo et sur la 
pliiiie vert clair de Grrblje nommée aussi la Kupa ' (La 
Zupa, c'est (,e terrain bas couvert, en tte de plantations de 
mais et monde en hiver qui se divisait autrefois en [uatro 
conti" (quatie comtes') et forma la transition entie la région 
des Bocche et les diatncts les plus maridionaus de li Dalmatie 
Biidua et Spizza.) 




'X)i LtH .HocchC. 

Kcvt'uus clans le bassin du golfe de Cattaro, nous traver- 
sons la côte nord du Gorazda, jouissant d*un beau coup d'œil 
sur les cultures en terrasses qui s'abaissent de la route vers 
le golfe, .lusqu^ici. nous avons joui de la flore méditerranéenne 
dont la verdure contraste avec TeArayant gris de pierre des pentes 
du Love en, sur lesquelles se déroule un amas de débris de 
pierres gigantesques, qui, vu du rivage, semblait être un éboulis 
tin, et oii Ton apervoit diverses toufies de paliurus, de char- 
dons, d'eryngium etc. 

Parcourant les lacets de la route l'un après l'autre, nous 
voyons se dérouler le panorama des Bocche : le Gorazda s'abaisse 
et on découvre à la droite de sa calotte plate la Punta 
d'Ostro et le bassin de la baie de Topla; le Vrmac dévoile son 
caractère de pres<iu*ile et sur les forts qui couronnent sa chaîne 
l'œil erre jusqu'aux montagnes grisâtres de la Kiivoâije. 

A la tin de ces courts lacets ([ui ont frappé l'œil depuis la baie 
de Topla, la route s'étend sur pres(iue trois kilomètres vers le 
nord comme une suj)erbe ,,grande route" ([ui, en franchissant la 
frontière, laisse voira travers les pavés quel([ues pierres incrustées. 

Enfin la route atteint l'étonnant ravin entre le Lrovcen 
et le Mrajanik dans lequel monte la vieille route; nous passons 
une grotte intéressante et, laissant à droite les hautes régions 
boisées du Lovcen, nous voyons en face s'étendre un paysage 
tyi)ique du Karst: la voiture s'arrête près de la primitive auberge 
de Krstac, sur le haut-plateau du canton Katunska-Nahîja, 
qui est pour le Monténégro ce que sont les trois cantons pour 
la Suisse. 

Après avoir franchi Krstac (à 9GB mètres au-dessus de la 
mer), la route atteint ])ientôt le village de Njegusi, berceau de 
la dynastie du Monténégro ; puis elle s'élève de nouveau jusqu'au 

V 

col de Krivacko Zdrjelo (1274 mètres) d'où Ton jouit, à gauche, 
d'une splendide vue sur les nombreuses chaînes du Karst qui 
remplissent la partie ouest du Monténégro, pendant que devant 
vous le lac de Skutari miroite dans la direction que prend 
la route s'abaissant vers Cetinje. 

Cetinje. *) 

Située presque sous la latitude de Rome, mais à 660 mètres 
au-dessus du niveau de la mer, la petite résidence du prince des 



*) A Cetinje nous recommandons le „Grand Hôtel". 



Monta noirs occupe le bord sud-est d'un poljo entourû de tinis 
cAt^ des chidnes du Kust. 

Une de ces chaînes, c'est l'Orlov ErS (c'est-à-dire: mon- 
tage pierreuse des aigles), a,u pied d<i'[i.iel s'élève la niQ^îs*™ 
historique de Cetinje", le monastère |,MaiiBstir). 

Fondé en 1484/85 par Ivan Crnojevii:, le hi-roa n&tïonal des 
MontonÉgrins, et détruit plusieurs fois par les Turc£, mais chaque 
fois reb&ti, il était autrefois la résidence des „V!adikas' 
princ«s du paya, et sert aujourd'hui de sépulture k la d' 
dea Petrovic. (C'est là que reposent Danilo I", 1 1735, lierre 
le grand Vladika, f 1830, le Veliki Vojvoda Mirko Petrovié, 
du prince Nicola etc.) 

Sur les hauteur» qui dominent le monastère s'élÂre le 
noment de Danilo II, couronné d'une coupole dorée. 

Pierre II (1830—1851), le dernier prince du Monténégrro qui 
ait tenu la dignité ecclésiastique de Vladika*), quitta le 
monastère et se fit bâtir le palais ,,l{iljar" ainsi nommé d'après 
une salle de billard où cet „homme d'Etat, héros et poète" 
recevait les étrangers, C'est là qu'un soir Pierre II fit, en 
l'honneur de son hûte Auguste, roi de Saxe, un poème que l'on 
imprima la nuit même dans l'imprimerie de l'Etat de Cetiiye, 
afin ijue te Vladika pût le présenter k son hôte encore le lendemain. 

Danilo H,**) le prédécesseur du prince Nioola,***) fit ériger 
le nouveau palais, habité depuis ISBO par la famille régnante et 
dont l'aspect extérieur est presqueaussi simple que celui de tous les 
bâtiments anciens de Cetinje. Ce n'est que dans les dernières 
années que l'on a commencé à y bâtir un peu plus élégammeat, 
témoin le palais du prince héréditaire Danilo, t) le palais du 
résident d' Autriche-Hongrie etc. 

Malgré cela et malgré sa petitesse, la ville de Cetinje ■ff) 
est digne d'iine visite, et le voyageur ne regretter» pas d'avoir 
fait la petite excursion au „BeIvedere", où se déroule une belle 




•) Le a Vladiias n'étftiei 



c'était par ■ 






eainé ]e 13 
CattAro. 

»•») Né 1b 7 octobre 



K part sur ie polje de Cetiiije, de l'iijtre siir le Uc 



Avi0 aux touriacee. 
I.e Lovcen (17:,S mrlna). 




lente de joindre & l'escuraon faite k 
itéressaute, fera bieu de preudi« k 
NjeguSi un guide pour gravir 
ieLovcen, qu'on peut regarder 
comme le Mont Sacré des 
MontéuègriiiB. 

Le Lov<:ea a deux ciiaes 
«■^parées par la vaUée de VuJSji 
liô ilont le fond est k enviroa 
1400 mètres d'altitude. On 
commence l'osoeusion près de 
l'auberge de Krstao et, arrîvé 
dans la dite vallée, on a le 
chois entre deux sommets: k 
droit* s'élève la cime prîn- 
cipale,Stirovnik (1759 mètres), 
(jui offre un vaste panorai 
sur la mer; k gauche 
sentier et puis ur 
muletier mènent su! 
duJezerskiVrh*)(1657mètr 
i]ui porte une chapelle éi 
«n mémoire du VladU 
Pierre II. 

Pour redescendre du î 
i^erski Vrh, on choisit ' 
chemin muletier tracé 
le prince de Monténégro, qui 
I autrefois aimait h. gravir k cheval cette cime et à considérer li 

panorama ravissant qu'elle office. 

On met 3 heures pour monter de Krstac (983 mètres) s 

sommet et autant pour redescendre par le chemin muletifl 

k Cetinje. 




I BUd de la Dulmatle. 



Ii'extpémité eud de la Dalmatie. 

On sait que les Vénitiens possédaient, dans les beaux jours 

j leur république, outre la Dalmatie les côtes de TAIbanie. 

En 1797, il ne leur restait de cette possession qne les environs 



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I de la ville de Budua, c'est-à-dire une partie de la côte au 
f end de la Èupa (voir page 303), 

Ce petit territoire qui était appelé, pour le distinguer de 
I l'Albanie turque, „Albania Veneta" échut après la chute de Venise 
Lit l'Antriche, qui acquit aussi, en 187B, le territoire de Spi 




I>«« Uont^^'grbis recuKnl an même temps 1a ville d'Aafjmî 
ot (]U«lqiics' kitotui^tres <le côt«â, ajiii i|ue le priuce lîikolft a 
l« port qu'il ili-sii-Rît depuis longteiiip-.. 




; petits villages y 
1 ont conservé intact le 
\ cachet vénitien. 

Budiia, ] 

I petite ville déjà 

I tionnée dans l'antiquité 

1 de .jButhoa", 

aujourd'hui 

ceinte des murs élevés en 

i par les Vénitiens et 

défendus par 

ai vigoureusement ijue le 

pacha Soliman de Skutari 

I en tenta en vain l'assaut. 

.1 Vers le sud, la ville se 



Fort Hnj > 



termine par un vieus fort restauré en 1839 ; vers le nord 
s'ouvre la „Porta Terra ferma", ornée du lion de St Marc, qui 
s'harmonise avec la tour de la cathédiale (bâtie en 1418) et avec 
l'aspect des rues sombres et étroites pour rappeler au visiteur 
le temps où les combats entre les Vénitiens et les Turcs 
faisaient le sujet des discussions du jour. 

Continuant le voyage par le bateau à vapeur, nous avons à 
notre gauche les montagnes de Maini et de Paâtrovi^i, paysages 
peu civilisés, qui rappellent divers événemants des temps où — 
selon un mot du Vladika Pierre II — l'état du Monténégro 
ressemblait encore en tout k celui de la Grèce aux temps 
héroïques. 




I 



312 



Les pentes de In montagne sont pars«mé«s de villages; eà 
et ik subsiste encore une petite fortification datant du t«mps 
réaitien, par exemple la caserne fortifiée de StaDJevti5, q^ue les 
Vénitiens, en 1714, laissaient pour quelque t«mps au Vladika 
Daoilo I", lors<|iie les Turcs avaient détruit le monastère de 
Cetinje. Plus tard le Vladika reprit son domicile à Cetiaje; 
mais le dcoit de propriété à Stacjevic et à ses environs restait 
litigieux, et l'Autriche, pour terminer les luttes continuelles 




Hnj Neï 

entre les habitants de la frontière, acheta, en 1841, le haafc* 
plateau de PaStrovié. Mais cette acquisition n'empêcha pas le 
)nde les Monténégrins de mener paître comme dans 
le passé leurs moutons dans les pâturages vendus, et lorsque les 
Autrichiens se plaignaient, le Vladika répondait qu'il avait veadu 
le territoire, mais non pas le droit de paître. Aussi — à ce qu'oifc 
dit — fallut-il acquérir spécialement ce di 




nité and de la Dulmalio 



913 



Après avoir passé Budua et le scoglio S. Nicolô, nous a'" 
. à notre gauche les viUagea à terrasses des montagnards de 
Maiiii, puis le bord du haut-plateau de Pastrovicî, s'abaiasant 1 
•g la côte, où le village S. Stefano rappelle par sa situation J 
celui de Eudua. 

Près de Castellastua s'ouvre ia baie de Popova Njiva, d'où j 
un chemin muletier mène sur le col MokrÉ (720 mètres) efc ei 
, suite dans la vallée de Crmnica (Monténégro) à Virpazar, au le 
de Skutari. 

Enfin nous arrivons dans la région montueuse parsemée d 
' koulas et de petites casernes qui servit jusqu'en 1878 dd J 
frontière entre l'Autriche et la Turquie. Située sur une émine 
icienne forteresse turque Haj Nehaj domine le village de Suto- 1 
I more où les bateauix s'arrêtent; les maisons de la communi 
Suéanj semblent défiler devant vous, et les pentes boisées J 
s'abaissent vers la rivière de Zeljeznica, frontière de l'Autriche ■! 
et du Monténégro, 

Au delà de la rivière s'élève la villa Topoluica du prince I 
' Nikola, entourée d'une plaine verte qui s'étend jusqu'à Antivari,/ 
\ Tille à demi eu ruines depuis les attaques qu'en 1876 les ] 
' Monténégrins, dirigèrent contre elle. 

Antivari est située au pied de la Eumija dont la pente 1 
' orientale s'abaisse vers le lac de Skutari. Toutetois l'excur* 
k Skutari est plus facile à faire de Cetinje, d'où une route | 
carrossable mène jusqu'à la viUe de Eijeka. Entre les villes ^ 
de Ejeka et de Skutari circule le bateau à vapeur monté- 
négrin „Danioa". 




I 



SUPPLÉMENT. 



« 



Il' 






PETIT VOCABULAIRE. 



Prononciation : 



Langue 



•croate : 



c ^ ts en tsigane 
6 = tch. 
c = tch. 

gj = dj. 

Ij = 1 mouillé 

nj = gn en campagne. 

s = ch en Champagne. 

z ^ s en rose. 

z ir= j en journal. 
dz = dj. 



Langue italienne: 
c devant a, o, n = ca, co, cou. 



c 


n 


e, i — tch. 


g 


n 


a, o, u _ ga, go, gou. 


g 


n 


e, i dje, dji. 


gl 


n 


a, o, u _ gla, glo, glou. 


gl 


» 


i, e 1 mouillé 


gn 




gn, en compagpiie. 


se 


n 


a, o, u — sca, sco, scon 


se 


n 


e, i — ch en chez. 


z 




— z en zéro. 



IV 



Français 


Itaito-croate 


Italien 


Allemand 


à (Ragnse) 


u (Dabrovnik) 


a (Ragnsa) 


nach, in CRagusa) 


à part 


na stranu 


a parte 


anf die Seite 


abeiUe 


péela 


ape 


Biene 


aborder 


pristati 


approdare, ac- 

costare 
addio! 


anleg^en, landen 


adieu! 


Ebogom ! 


adien ! 


adresHe 


adresa 


indirizzo 


Adresse 


affaire 


posao 


affare 


OescliAft 


Age 






Alter 


quel &ge? 


koliko godina ? 


quanti anni? 


wie ait? 


Agé 


star 


vecchio 


ait 


agueau 


janje 


agnello 


Lamm 


a^éable 


prijatan 


piacevole 


angenehnri 
Hilfe 


aide 


pomod 
kiseo 


aiuto 


aigre 


garbo 


sauer 


aiguille 


igla 


a go 


Nadel 


ail 


cesan 


aglio 


Knoblanch 


ainsi 


tako 


cosi 


so 


air 


vazduh, zrak 


aria 


Luft 


aire 


ognjiste 


focolare 


Herd 


aisance 


uljudnost 


urbanità 


Anstand 


aller 


iéi, hodati 


andare, cammi- 
nare 


gehen 


aller en voiture 


putovati 


viaggiare 


fahren 


alors 


onda 


allora 


dann 


allumer 


uzeci, pripaliti 


accendere 


anzUnden 


allumette 


sibica (zigica) 


iiammifero 


Zûndhôlzchen 


amande 


badem 


mandorla 


Mandel 


ami 


prijatelj, pobratim amico 


Freund 


amusement 


zabava 


divertimento 


Unterhaltnng 


ancien 


star 


vecchio 


ait 


an 


godina 


anno 


Jahr 


antérieur 


prije 


prima 


frtther 


appeler 


zvati se 


chiamarsi 


nennen, heissen. 


comment s'ap- 


kako se zove? 


come si chiama? 


wie heisst? 


pelle ? 








appétit 


apetit 


appetito 


Appétit 


bon appétit ! 


prijatno, u slast ! 


buon appetito! 


guten Appétit! 


araignée 


pauk 


ragno 


Spinne 


argent (monnaie) 


novae 


denaro 


Geld 


argent, (métal; 


srebro 


argento 


Silber 


armée 


vojska 


esercito 


Heer 


arrivée 


dolazak 


arrive 


Ankunft 


arriver 


prispjeti, stici 


arrivare 


ankommen 


arrêtez ! 


stoj ! 


alto là! 


Hait! 


art 


umjetnost, vje- 
stina 


arte 


Kunst 


assiette 


tanjir 


tondo, piatto 


Teller 


attention ! 


cuvaj ! pozor ! 


attenzione ! 


Acht! 


auberge 


gostiona 


locanda 


Wirtshaus 


au-dessus 


gore 


sopra 


oben 


aujourd'hui 


danas 


oggi 


heute 


automne 


jesen 


autunno 


Herbst 


avant que 


prije 


prima 


bevor, ehe 


avec 


sa 


con 


mit 


avoine 


zob 


avena 


Hafer 


avoir 


imati 


avère 


haben 


bagage 


prtljaga 


bagaglio 


Gepack 


baigner 


kupati se 


fare un bagno 


baden 


baignoire 


kada 


vasca 


Badewanne 


salle de bains 


kupaonica 


cabina da bagno 


Badezimmer 


banque 


banka 


banca 


Bank 


barbier 


brijac 


barbiere 


Barbier 



Français 

"barque 

bas (le) 

bas (adj.) 

bateau 

bateau à vapeur 

bâtiment 

bâton 

beau, belle 

beaucoup 

besoin 

bétail 

beurre 

bicycle 

bière 

billet 

blanc 

blanchir 

blanchisseuse 

blé 

bleu 

bœuf 

du bœuf 
boire 
boisson 
bon 

c'est bon'! 
botte, 
bouche 
bouillon 
bouteille 
bouton 
bras 

bretelles 
brosse 

brosse à dents 
brouillard 
bruit 

brûler 

bureau de change 



croate 

camac, barka 

bjecva, carapa 

nizak 

brod, lagja 

parobrod 

zgrada 

stap 

lijep, lijepa 

mnogo 

potreba 

stoka 

maslo 

velociped, tocak 

pivo 

putna karta 

bio 

prati 

pralja 

zito 

plavetan, modar 

govedo 

govedina 

piti 

pice 

dobar 

dobro je ! 

cizma 

usta 

corba, juha 

boca 

dugme, puce 

lakat 

poramenice 

cetka 

cetka za zube 

magla 

zamor, buka 

S-J«« i sTorieti 
mjen jacnica 



Italien _ ^ 

barca 

calza 

basso 

bastimento, nave 

piroscafo 

edifizio 

bastone 

bello, bella 

molto 

bisogno 

bestiame 

burro 

vélocipède, bici- 

cletta 
birra 

biglietto daviaggio 
bianco 
lavare 
lavandaja 
frumento 
azzuro 
manzo 

carne di manzo 
bere 

bevanda 
buono 

bene ! è buono ! 
stivale 
bocca 

brodo, zuppa 
fiasco, bottiglia 
bottone 

tirafealStmi 

spazzola 

spazzola da denti 

nebbia 

rumore 

ardere, bruciare 

cambia valute 



Allemand 

Barke 

Strumpf 

niedrig 

Schiff 

Dampfschiff 

Gebâude 

Stock 

schôn 

viel 

Noth, Bediirfnis 

Vieh 

Butter 

Fahrrad, Bicj'^cle 

Bier 

Fahrkarte, Billet 

weiss 

waschen 

Wâscherin 

Getreide 

blau 

Ochs 

Bindfleisch 

trinken 

Getrânk 

gut 

es ist gut! 

Stiefel 

Mund 

Fleischbriihe 

Flasche 

Knopf 

Arm 

Hosentrftger 

Blirste 

Zahnbûrste 

Nebel 

Gerâusch 

I brennen 

^ verbrennen 

Wechselstube 



Café 
canard 
canif 
capitaine 
câpre 

carte de géogr. 
jeu de cartes 
carte à jouer 
carte à manger 
carte de visite 
cave 
cendre 
cerise 
chaise 
chaleur 

chambre 

chambre à coucher 

champ 

champignon 

chandelle 

chandelier 



kafa, kavana 

patka 

nozic 

kapetan 

kopar 

p^eografska carta 

igra karata 

karta od igre 

jelovnik 

karta posjetnica 

podrum, konoba 

pepeo A^£:.'Ui'^i( 

tresnja' ' îi 

stolica 

toplina, vrucina, 

zega 
soba 

spavaéa soba 
polje 

gljiva, pecurka 
svijeéa 
svijeénjak 



cafFè 
anitra 
temperino 
capitano 
cappero 

carta geografica 
giuoco di carte 
carta da giuoco 
lista dei cibi 
biglietta da visite 
cantina 
cenere 
. ciliegia 
sedia 
calore 

caméra 
caméra da letto 



campo 
fungo 
candela 
candeliere 



KafFee, Kaifeehaus 

Ente 

Federmesser 

Capitân 

Kapper 

Landkarte 

Kartenspiel 

Spielkarte 

Speisekarte 

Visitkarte 

Keller 

Asche 

Kirsche 

Sessel 

Hitze, Wârme 

Zimmer 

Schlafzimmer 

Feld 

Pilz 

Kerze 

Leuchter 



VI 



Français 

chant 

chapeau 

chapon 

charbon 

charger 

chasse 

chasse à courre 

chasseur 

chat 

château 

chaud 

chaudron 

chemin 

chemin de fer 

cheminée 

chemise 

cher 

cheval 

cheval de selle 

cheveux 

chez soi 

chien 

chien de chasse 

chien de manchon 

choucroute 

cigare 

porte-cigare 
cigarette 

cime 

ciseaux 

citron 

clair 
clef 
cloche 
clocher 
clochette 
clou 
cocher 
cochon 
colère 

collet (d'habit) 
colline 
colombe 
combien? 
comment ? 
Comment vous 
portez-vous? 
commerce 
commissionnaire 
comprendre 
compte 
concert 
concombre 
content 
contracter 
contre 

contremander 
conversation 
coq 

cordonnier 
corne 



•croate 

pjevanje 

seéir, klobnk 

kopuu 

rtgalj 

puniti, krcati 

ov 
hajka 

ovac 
macka 
zamak, grad 
topao, vrué 
kotao, kasan 
put 

zeljeznica 
pec 

kosulja 
skup 
konj 

jaliaéi konj 
kosa 

doma, kod kuée 
pas 

lovacki pas 
nakrilce, pse- 

tance 
kiseli kupus 



Cl gara 

cigarica, cibucic 

cigareta 

vrh 

nozice, makaze 

citron, cetrun, 

limun 
vedar 
kljuc 
zvono 
zvonik 
zvonce 
cavao 
kocijas 
svinja, prase 
jed, Ijutina 
ovratnik 
brezuljak 

tolub, golubica 
oliko? 
kako? 
kako je? 

trgovina 

posluiitelj 

razumjeti 

racun 

koncerat 

krastavac 

zadovoljan 

pogoditi se 

prama, proti 

otkazati 

razgovor 

kokot 

postolar, crevljar 

rog 



Italien 

canto 

cappello 

cappone 

carbone 

caricare 

caccia 

caccia forzat* 

cacciatore 

gatta 

castello 

caldo 

caldaja 

via, strada 

ferrovia 

camino, stufa 

camicia 

caro 

cavallo 

cavallo da sella 

capelli 

a Ci<sa 

cane 

cane da caccia 

cagnolino 

capucci garbi, 

crauto 
sigaro 
portasigaro 
sigaretta, spagno- 

letto 
cima 
forbici 
limone 

chiaro 

chiave 

campana 

campanile 

campanella 

chiodo 

cocchiere 

majala, porco 

ira 

collaretto, spUn^i 

collina 

Colomba 

quanto ? 

come ? 

corne va ? 

commercio 

facchino 

comprendere 

conto 

concerto 

cocomero, citriuolo 

contento 

contrattare 

verso, contro. 

rinunciare " 

conversazione 

gallo 

calzolajo 

corno 



Allemand 

Oesan^ 

Hat 

Kapaan 

Kohle 

laden 

Jagd 

Hetzja^d 

Jftger 

Katze 

Schloss 

heiss, -waLTin. 

Kessel 

Weg 

Eisenbahn 

Kamin 

Hemd 

thener 

Pferd 

Heitpferd 

Haar 

zu Hanse 

Hund 

Jagdhnnd 

Schosshnnd 

Sauerkrant 

Cigarre 

Cigarrenspîtze 
Cigarette 

Gipfel 
Schere 
Citron e 

hell, klar 
Schlûssel 
Glocke 

Glockenthurm 

Klingel 

Kagel 

Kutscher 

Schwein 

Zorn 

Kragen 

Htigel 

Taube 

wie viel? 

wie? 

Wie befinden Sie 

sich? 
Handel 
Dienstmann 
verstehen 
Zeche, Rechnung 
Concert 
Gurke 
zufrieden 
abmachen 
gegen 
absagen 
Gesprftch 
Hahn 

Schuhmacher 
Horn 



VII 



Français 


"ilBriJB^croate 


itali^^ 


Allemand 


cornichon 


kiseli krastavac 


citriuolo sotto 
aceto 


Essiggurke 


corps 


tijelo 


oorpo 


Kôrper 


côtelette 


rebarce 


costoletfa 


Côtelette 


côte 


obala, primorje 


Costa, littorale 


Kûste 


côté 


strana 


parte 


Seite 


cou 


vrat, grlo 


coUo, gola 


Hais 


coucher du soleil 


zapad sunca 


tramonto del sole Sonnenuntergang 


coudre 


siti, sasiti 


cucire 


n&hen 


coupé 


kupé, odjeljenje 


coupé, riparto 


vCoupé 


couper 


rezati 


tagliare 


schneiden 


court 


kratak 


brève, corto 


kurz 


coussin 


jastuk, blazina 


cuscino 


Polster 


couteau 


noz 


coltello 


Messer 


coûter 


stojati 


costare 


kosten 


que coûte? 


sto stoji? 


quanto Costa ? 


was kostet? 


couverture 


pokrivac 


coperta 


Decke 


cravate 


ogrlica 


crayatta 


Cravatte 


crayon 


olovka, pisaljka 


lapis, matita 


Bleistift 


crème 


skorup, povlaka 


crema, panna 


Rahm (Sahne) 


crème à la glace 


slatki led' 


gelato 


Gefrorenes 


crible 


sito 


crivello 


Sieb 


Croate (le) 


Hrvat 


Croato 


Kroate 


Croate (la) 


Hrvatica 


Croata 


Kroatin 


croate 


hrvatski (a) 


croato (a) 


kroatisch 


cruche 


vrc, kondir 


brocca 


Krug 


cuiller 


ozica, zlica, 
kasika 


cucchiaio 


Lôffel 


cuisine 


kuhinja 


cucina 


Kûche 


cuivre 


bakar, mjed 


rame 


Kupfer 


cuve 


bacva, bure 


botte 


Fass 


dame 


dama 


dama 


Dame 


danse 


igra, pies 


ballo 


Tanz 


danser 


igrati, plesati 


ballare 


tanzen 


déjeuner 


dorucak 


colazione 


Frûhstûck 


demain 


sutra 


domani 


morgen 


après-demain 


prekosutra 


dopodomani 


ûbermorgen 


dénoncer 


otkazati 


dare la, disdetta 


ktindigen 


dent 


zub 


dente 


Zahn 


départ 


polazak, odlazak 


partenza 


Abfahrt 


descendre 


iskrcati se, (à l'hô- 


- scendere, (à l'hô 


- absteigen 




tel) odsjesti 


tel) prendere 
alloggio 




désirer 


zeljeti 


desiderare 


wunschen 


dessert 


zaslada 


pospasto 


Nachtisch, Dessert 


dessous 


dolje 


abasso 


unten 


dessus 


gore 


sopra 


tiber, oben 


dîner 


objed, rucak 


pranzo, desinare 


Diner, Mittagessen 


dire 


veliti 


dire 


sagen 


que dites-vous? 


sto velite ? 


che cosa dice ? 


was sagen Sie? 


distance 


dalecina 


lontananza 


Entfernung 


document 


dokumenat 


documento 


Document 


doigt 


prst 


dito 


Finger 


donner 


dati 


dare 


geben 


donnez-moi! 


dajte mi! 


mi dia ! 


geben Sie mir! 


dormir 


spayati 


dormir e 


schlafen 


avoir sommeil 


sanjiv 


essere sonnolento 


schlfiifrig sein 


d'où 


odakle ? 


da dove? 


woher ? 


douleur 


bol 


dolore 


Schmerz 


doux 


sladak 


dolce 


sûss 


drap 


sukno 


panno 


Tuch 


duc 


vojvoda 


duca 


Herzog 


dur 


tvrd 


duro 


hart 



21 



VIII 



FranvaiH 


S«alMoK>roate 


Italien 


Allemand 


eau 


voila 


acqua 


Wasser 


eau lie vie 


rakija 


acijuavite 


Brantivein 


échecs 


ftah 


Mcacchi 


Scha#h 


éclair 


htrijela, munja 


fulmine 


BUtz 


écrii'e 


pisati 


se ri V ère 


Hchreiben 


table à écrire 


pisaci sto 


scrittoio 


Schreibtisch 


église 


crkva 


chiesa 


Kirche 


empereur 


car 


imi)eratore 


Kaiser 


emphiyé 


cinovnik 


impiegato 


Beamter 


encre 


mastilo, cruilo 


inchiostro 


Tinte 


encrier 
en<lroit 


divit 
mj^sto 


calamaio 
Tuôgb 


Tintenzeug 
Ort 


enfant 


dijete, cedo 


fanciullo, bambino Kind 


entendre 


cuti, slusati 


udire 


hôren 


entier 


sav, citav 


intero, tutto 


ganz 


entre 


megju 


tra, fra 


zwischen 


entremets 


umetkii 


in.tra)>o«to 


Zwischenspeise 


éperon 


iTniTiitiza, ostruga 


sm-one 
conilhiiento 


Sporn 


épice 


zrtftTt- 


Gewlirz 


épouse 


sui)ruga, zena 


moglie, consorte 


Gattin, Gemahlin, 
Frau 


époux 


Muprug, muz 


marito, consorte 


Gatte, Gemahl, 
Mann 


escalier 


stei)enice 


scala 


Stiege 


est 


istok 


est 


Ost 


estomac 


stomak, zeludac 


stomaco 


Magen 


et 


i 


e 


und 


étage 


rod 


piano 


Stock 


étang 


ribnjak, bara 


])eschiera, stagno 


Teich 


étoffe 


fr«WiO, yo])a 


st.oô'a, roba 


Stoff 


étoile 


zvijezda 


Stella 


Stem 


éteindre 


ugasiti 


spegnere 


auslôsohen 


éventail 


lepeza, mahac 


ventaglio 


Fâcher 


éveiller s' 


^robuditi se 


destarsi, svegliarsi erwachen 


évêque 


)iskup, episkop 


vescovo 


Bischof 


excellent 


izvrstan 


eccellente 


ausgezeiclinet 


excursion 


izlet 


partita 


Ausflug 


facteur 


pismonosa 


portalettere 


BrieftrJlger 


faible 


slab 


debole 


schwach 


faim 


glad 


famé 


Hunger 


fauteuil 


naslonjac 


poltrona 


Fauteuil, Lehn- 
stulil 


faucon 


sokô 


falco 


Falke 


faux 


neprav 


falso 


falsch 


fenêtre 


prozor 


finestra 


Fenster 


feuille 


arak, list 


foglio 


Bogen, Blatt 


feu 


oganj, vatra 


fuoco 


Feuer 


femme 


zena 


donna 


Frau 


fer 


gvozgje, zeljezo 


ferro 


Eisen 


fiancé 


zarucnik 


sposo 


Brftutigam 


fiancée 


zarucnica 


SI) osa 


Braut 


figue 


smokva 


fico 


Feige 

Tochter, Madchen 


fille 


kci, djevojka 


figlia, fanciuUa, 






ragazza 




fils 


sin 


figlio 


Sohn 


fin 


fin 


fino 


fein 


fleuve 


rijeka 


fiume 


Fluss 


foie 


jetra 


fegato 


Leber 


fontaine 


studenac, zdenac, 


pozzo, fontana 


Brunnen, Quelle 


forcer 


prisiliti [cesma costringere 


zwingen 


four 


pec 


forno, stufa 


Ofen 


fourchette 


vilice 


forchetta 


Gabel 


fourmi 


mrav 


formica 


Ameise 



■»■ 



IX 



X 



Français 


.^SÊÊHtfi-cTOB.te 


Italiej]c9* 


Allemand 


frais 


svjez, taze, hladan fresco 


frisch 


fraise 


jagoda 


fragola 


Erdbeere 


framboise 


maima, sunica 
Frwéuz 


lampone, framboè Himbeere 


Français 


Francese 


Franzose 


Française 


Francuskinja 


Francese 


Franzôsin 


français 


francuski 


francese 


franzôsisch 


frère 


brat 


fratello 


Bruder 


froid 


studen 


freddo 


kalt 


froidure 


zima 


freddo 


Kftlte 


fromage 


sir 


formaggio 


K&se 


front 


celo 


fronte 


Stirne 


frotter 


p otrti 


fregfere 


einreiben 


fruits 


voce 


frutta 


Obst (Frûchte) 


fumée 


dim 


fumo 


Êauch 


fumer 


p usiti 


fumare 


rauchen 


fumoir 


pusionica 


fumatojo 


Rauchzimmer 


fusil 


puska 


schioppo 


Gewehr 


gage 


zalog 


pegno 


Pfand 


galoche 


kaljace 


galoscie 


Galoschen 


garçon 


djecak 


ragazzo 


Knabe 


garçon (au restau- 


- posluzitelj 


cameriere 


Kellner 


gare [rant) stanica, kolodvor 


stazione 


Bahnhof, Station 


gâteau 


pogaca, kolac 


focaccia, pasticcio Kuchen 


gelée 


mraz 


gelo 


Frost 


genou 


koljeno 


ginocchio 


Knie 


gibecière 


lovacka torba 


carniera 


Jagdtasche 


gibier 


divljac 


selvaggina 


Wildpret 


gigot 


ovnujska butina 


coscia di montone Hammelkeule 


glace 


led 


ghiaccio, gelo 


Eis, Gefrornes 


goût 


ukus 


gusto 


Geschmack 


gouvernail 


kormilo 


timone 


Schiffssteuer 


graisse 


salo 


strutto 


Fett, Schmalz 


grand 


velik 


grande 


gross 


grappe 


grozd 


grappolo (d'uva) 


(Wein-)Traube 


gras 


mastan, pretio 


grasso 


fett 


gratuit 


badava 


per niente, gratis 


i umsonst, gratis 


grenade 


ètfSk —' ' 


melagrank 


Granatapfel 


grenouille 


zaba 


rana 


Frosch 


gris 


siv 


grigio 


grau 


guêpe 


osa 


vespa 


Wespe 


guêtres 


tozluci 


ghette 


Gamaschen 


guide 


\<ogja,prbTodiô,ktr=-giriEa 


Fuhrer 


conduisez-moi! 


vodite me ! [lauz mi conduca ! 


fiihren Sie mioh! 


habit 


haljina, odijelo 


vestito 


Kleid 


habitation 


abitazione 


Wohnung 


hache 


sjekira 


scure 


Axt 


hanneton 


gundelj_ -^ ,,-.^ 


ma^giolino 


Maikafer V 


Kaîieo^t— — 




f&CTH 


haut 


visok 


alto 


hoch 


hérisson 


jez 


riccio 


Igel 


heure (temps) 


sat, ura 


ora 


Uhr 


quelle heure est 
il? 
hier 


- koji je sat?? 


che ora è? 


wie viel Uhr ist es ? 


jucer 


ieri 


gestern 


hier soir 


sinoc 


ieri sera 


gestern abends 


homme 


covjek, muz 


uomo 


Mann, Mensch 


hommes 


Ijudi 


uomini 


Mânner, Menschen 


horloge 


sat 


orologio 


Thurmuhr 


horloger 


sadzija, urar 


orologiajo 


Uhrmacher 


hôte 


gost 


ospite 


Gast 


hôtel 


gostiona, hôtel 


albergo, hôtel 


Gasthof, Hôtel 


huile 


ulje 


olio 


Ôl 



21* 



Françain 

ici 

image 

impératrice 

intention 

inviter 

Italien 

Italienne 

italien 



-croate 



ovdje 

Hlika 

carica 

namjera 

pozvati 

Talijanac 

Talijanka 

talijanski 



nakana 



Italien 

qni, qnà 

quadro 

impératrice 

intenzione 

invitare 

Italiano 

Italiana 

italiano 



Allemand 

hier 

Bild, Einbildung 

Kai serin 

Absicht 

einladen 

Italiener 

Italienerin 

italienisch 



Jamais 

jambon 

jambe 

jardin 

jardinier 

jaune 

jeu 

jeune 

jeûner 
jour de jeûne 

jour 
bonjour! 
il y a quelques 
jours 

journal 

jojau 

jugement (tribu- 
nal) 



nikada 

prsut, sunka 

noga 

basta, perivoj 

bastovan 

zut 

igra 

mlad 

postiti 

posni dan 

dan 

dobar dan ! 

onomadne 



mai 

prosciutto 

gamba 

giardino 

giardiniere 

giallo 

giuoco 

giovane 
igiunare 
giorno di digiuno 
giorno 

buon giorno ! 
giorni fa 



novine, list, zurnal giornale 
dragulj, dragi gioiello, gemma 

sud [kamen giudizio 



me 

Schinken 

Bein 

Garten 

Gartner 

gelb 

Spiel 

j«ng 

fasten 

Fasttag 

Tag 

guten Tag ! 

vor einigen Tagen 

Zeitung, Journal 

Edelsteiu 

Gericlit 



là, là-bas 

lac 

laine 

lait 

lampe 

lard 

langue 

lecture, cabinet de 

légitime 

légumes 

lent 

lentille 

lettre 

papier à lettres 
lever, se 
lézard 
libraire 
libre 

lieutenant 
limaçon 
limonade 
linge 
liqueur 
lire 
lit 

livre 
loin (adv.) 

quelle distance 
lorsque [est? 

long 

longtemps 
louer 
louer à quelqu'un 



tamo, onamo 

jezero 

vuna 

mlijeko 

svijeca, lampa 

slanina 

jezik 

citaonica 

pravovrstan, prav 

varivo, povrée 

polako, pomalo 

leca 

pismo 

hartija za pisma 

ustati 

gusterica 

knjizar 

Slobodan, prost 

porucnik 

puz 

limunada 

rublje, perivo 

liker 

citati 

krevet, postelja 

knjiga 

dalek, daleko 

koliko je daleko? 

kad 

dug 

dugo 

najmiti 

dati u najam 



là 

lago 

lana 

latte 

lampada 

lardo 

lingua 

cabinetto di 

lettura 
vero, genuino 
légume, verdura 

Ï>iano 
ente 
lettera 

carta da lettere 
levarsi 
lucertola 
librajo 
libero 
tenente 
lumaca 
limonada 
biancheria 
liquore 
leggere 
letto 
libro 
lontano 

quanto è lontano? 
quand o 
lungo 

lungo tempo 
prendere a pigione 
^PPigionare 



dort 

der See 

Wolle 

Milch 

Lampe 

Speck 

Zunge, Sprache 

Lesezimmer 

echt 

Gemùse 

langsam. 

Linse 

Brief 

Briefpapier 

aufstehen 

Eideclise 

Buchliandler 

frei 

Lieutenant 

Schnecke 

Limonade 

WUsclie 

Likor 

lesen 

Bett 

Buch 

fern, weit 

wie weit ist es ? 

als, wann' 

lang 

lange 

mieten 

vermieten 



XI 



.■3t> — 



français 


^^ihrtlK>-croate 


Italien 


Allemand 


lumière 


svjetlo, svjetlost 


luce 


Licht 


lune 


mjesec * 


luna 


Mond 


lunettes 


naocari 


occhiali 


Augenglas 


madame 


gospogja 


signora 


gn&dige Frau 


mademoiselle 


gospogjica 


signorina 


Frftulein 


maigre 


mrsav 


magro 


mager 


main 


ruka 


mano 


Hand 


mais 


ali 


ma 


aber 


maïs 


kukuruz 


mais, f rumen ton e 


Mais 


maison 


kuéa, dom 


casa 


Haus 


maître 


ucitelj 


maestro 


Lehrer 


mal 


zlo, rgjavo 


maie 


schlecht 


malade 


bolestan 


ammalato 


krank 


maladie 


bolest 


malattia 


Krankheit 


manche, la 


rukav 


manica 


Armel 


manchon 


kolcak, narukavni 


. manicotto 


Muff 


manger 


jesti [ca, micica mangiare 


essen 


manteau 


ogrtac, kabanica 


mantello 


Mantel 


marchand 


trgovac 


negoziante 


Hftndler 


marron 


kesten 


castagua 


Kastanie 


marteau 


koraé, maljic, cekic martello 


Hammer 


mât 


arbuo 


albero 


Schiffsmast 


matelot 


mornar 


marinajo 


Matrose 


matin 


jutro 


mattina 


Morgen, Vormittag 


du matin 


rano 


di buon ora 


friih morgens 


mauvais 


rgjav, zao 


cattivo 


schlecht 


mécontent 


nezadovoljan 


malcontento 


unzufrieden 


médicament 


•1 • • 1 
lijek 


farmaco 


Arzenei 


mer 


more 


mare 


Meer 


mère 


majka 


madré 


Mutter 


merci ! 


hvala ! 


grazie ! 


danke ! 


métier 


zanat 


mestiere 


Handwerk 


mets 


jelo 


piatto 


Gericht (Speise) 


mets de farine 


slatkarija,tjestano pastume 


Mehlspeise 




jelo 






meuble 


pokuéstvo, na- 


mobiglie, forni- 


Môbel 




mjestaj 


mento 




midi 


podne 


mezzo giorno 


Mittag 


après-midi 


po podne 


dopopranzo 


Nachmittag 


mieux 


bolje 


meglio 


besser 


minute 


cas, minut 


minuto 


Minute 


miroir 


ogledalo, zrcalo 


specchio 


Spiegel 


mode 


moda 


moda 


Mode 


moelleux 


mekan 


molle, tenero 


weich 


moine 


kalugjer 


monaco 


Mônch 


monde 


svijet 


mondo 


Welt 


mont 


brdo, planina 


montagna 


Berç 


montagne 


brda, planine 


montagne, monti 


Gebirçe 


monter dans 


ukrcati se 


montare 


einsteigen 


monter à cheval 


jahati 


cavalcare 


reiten 


montre 


sat 


orologio 


(Taschen-)Uhr 


mort, la 


smrt 


morte 


Tod 


mot 


rijec 


parola 


Wort 


mouche 


muha, komarac 


mosca, zanzara 


Pliege, Mticke 


mouchoir 


mahrama, rubac 


fazzoletto 


Taschentuch 


mouillé 


mokar 


bagnato 


nass 


moii tarde 


gorusica, slacica, 
mustarda 


mostarda 


Senf 


mouton 


ovca 


peoora 


Schaf 


mouton (masc.) 


ovan, brav 


castrato 


Hammel 


mur 


stijena, duvar, zid pare te, mura 


Mauer, Wand 


mûre 


murva 


m ora, gelsa 


Maulbeere 


musique 


muzika, svirka 


musica 


Musik 



XII 



Français 


4$^Êè'Cro&te 


Italien 


Allemand 


napper 


plivati 


nu o tare 


schwimmen 


nature 


priroda, narav 


natura 


Natur 


neige 


snijeg 


neve 


Schnee 


ne pas 


ne 


non 


nicht 


net 


éist 


netto 


rein 


noce 


svadba 


nozze 


Hochzeit 


noir 


cm, garav 


nero 


schwarz 


noix 


orah 


noce 


Nuss 


nombre 


broj 


numéro 


Zabi 


non 


ne 


no 


nein 


nord 


sjever 


nord 


Nord 


nouilles 


rezanci 


lasagne 


Nudel 


nouveau 


nov 


nuovo 


neu 


de nouveau 


opet, ponovo 


di nuovo, nuova- 
mente 


von nenem 


nuage 


oblak 


nuvola 


Wolke 


nuit 


noc 


notte 


Nacht 


Obscurité 


tmina, tama 


oscurità 


Dunkelheit, 
Finsternis 


oie 


guska 


oca 


Gans 


œil 


oko 


occhio 


Auge 


yeux 


oci 


occhi 


Augen 
Nelke 


œillet 


karanfilj 


Çarofano 


œstre, taon 


zajpor, utega 


Ireno 


Bremse 


œuf 


jaje 


uovo 


Ei 


œufs 


jaja 


uova 


Eier 


jaune d'œuf 


^umance 


rosso d' uovo 


Eidotter 


blanc d'œuf 


bj élan ce 


bianco d'uovo 


Eiweiss 


œufs durs 


kuhana jaja 


uova dure 


hartgekochte Eier 


œufs à la coque 


obarena, rovita 


uova in sorbola, 


weiche Eier 




jaja 


da bere 




œufs brouillés 


prigana jaja, 


uova fritte, al 


RUhreier, Eier- 




kajgana 


tegame 


speise 


officier 


oficir 


ufficiale 


Officier 


offrir 


ponuditi 
îuk (cipula) 


offerire 


anbieten 


oignon 


cipolla 


Zwiebel 


oiseau 


ptica 


uccello 


Vogel 


opticien 


opticar 


ottico 


Optiker 


or 


zlato 


oro 


Gold 


orage 


bura, oluja 


burrasca,tempesta Sturm 


orange 


naranca 


arancio 


Orange 


oreille 


uho 


orecchio 


Ohr 


orçe 


jecam 


orzo 


Gerste 


orient 


istok 


oriente 


Orient 


os 


kost 


osso 


Knochen, Bein 


ou 


ili 


o 


oder 


où 


gdje? 


dove ? 


wo? 


d'où 


odakle ? 


da dove ? 


wolier? 


où 


kuda? kamo ? 


dove ? 


wohin *? 


ouest 


zapad 


occidente 


Westen 


oui 


jest (da, dakako) 


si 


ja 


outil 


alat 


arnese 


Werkzeug 


Paillasse 


slamnica 


paglione 


Strohsack 


paille 


slama 


paglia 


Stroh 


pain 


hljeb, kruh 


pane 


Brot 


pain blanc 


bijeli hljeb 


pane bianco 


Weissbrot 


pain noir 


crni hljeb 


pane nero 


Schwarzbrot 


petit pain 


zemicka 


semel, panetto 


Semmel 


pantalon 


hlace, gaée 


brache 


Hose 


paon 


paun 


pavone 


Pfau 


papier brouillard 


upijac, bugacica 


carta sugante 


Lôschpapier 



p»rquet 



rwandtBohaft 
tsoliuldlgeii ! 



k mp 



Reeen 
Feder 

Ptanne 

Erbse 
Fi9Ch 
Pfeffer 

Erdapfel, Kar- 



XIV 



Français 

poule 

poudre à canon 

pouvoir, savoir 

prêt 

prêtre 

prie (je) 
prince 
principauté 
printemps 

prix ^ 

à prix modeste 
professionnel 
profond 
promener se 
prompt 
propreté 
pot 

potafçe 
poussière 
puce 
punaise 



•croate 

kokos, pile 
barut 

moéi, umjeti 

fotovo 
upnik, paroh, 
sveéenik, pop 
molim! 
knez 

knezevina 
proljeée, prama- 

Ijece 
cijena 
jeftin 
zanatlija 
dubok 
setati 
brzo 
cistoca 
lonac, vrc 
corba 

Erasina 
uha 
stjenica, kimak 



Italien 

gallina, pollastro 
polvere da 
schioppo 
potere, sapere 
pronto 
parroco, sacerdote 

prego ! 
principe 
principato 
primavera 

prezzo 

a buon mercato 

artieiano 

protondo 

passeggiare 

presto 

pulizia, nettizzia 

pentola, vaso 

zuppa, minestra 

polvere 

pulce 

cimice 



Allemand 

Henné, Hnhn 
Schiesspnlver 

kOnnen, wissen 
fertig^, bereit 
Pfarrer, Oeist- 

licher 
Bitte ! 
Fûrst 

FtLrstentham 
Frûhlin^ 

Preis 

bilUg 

Handwerker 

tief 

spazieren 

rasch 

Reinliclikeit 

Topf 

Suppe 

Staub 

Floh 

Wanze 



Quand 
quelqu'un 
buille 
quittance 



kad, kadaV 
neko 
cunj 

priznanica, namir- 
nica 



quando 
qualcuno 
birillo 
quietanza 



als, wann 
jemand 
Ke^el 
Quittung 



Pafraîchir, se 

rame 

rameur 



rashladiti se 

veslo 

veslac 



ramer 




veslati, voziti 


raser (faire la 


brijati 


barbe) 






rave 




repa 


récolte 




zetva, Ijetina 


refroidir, 


se 


prehladiti se 


reine 




kralj ica 


rendez- vous 


sastanak 


rhum 




rum 


riche 




bogat 


rideau 




zavjesa 


rire 




smijati se 


rivage 




obala, brijeg, igalo 


riz 




oriz, pirinac 


robe 




zensko odijelo 
suknja 


roi 




kralj 


rôti 




pecenje 


rose 




ruza 


roue 




kolo, tocak 


route 




put, cesta, drum 


roux 




crven 


rue 




ulica, sokak 


ruisseau 




potok 



rinfrescarsi 

remo 

rematore, canot- 

tiere 
remare 
radere 

râpa 

messe, raccolta 

raôreddarsi 

regina 

appuntamento, 

ritrovo 
rum 
ricco 
cortina 
ridere 

riva, sponda, costa 
riso 

vestito da signora 
gonella 
re 

arrosto 
rosa 
ruota 
strada 
rosso 

contrada, via 
torrente 



sich abkûlilen 

Ruder 

Ruderer A 

rudern 
rasieren 

Rûbe 

Ernte 

sich verkûhlen 

Kônigin 

Rendezvous 

Rum 

reich 

"Vorhang 

lachen 

Ufer 

Reis 

Damenkleid 

Damenrock 

Kônig 

Braten 

Rose 

Rad 

Strasse, Weg 

roth 

Gasse 

Bach 



XV 



\ 



Français 


^OB^o-croate 


Italiet^BB^ 


Allemand 


Sain 


zdrav 


sano 


gesund 


saison 


zeman, doba go- 
dine, sezona 


stagione 


Jahreszeit, Saison 


santé 


zdravlje 


salute 


Gesundheit 


salle à manger 


trpezarija 


sala di pranzo 


Speisesaal 


sans 


bez 


senza 


oline 


salade 


salata 


insalata 


Salât 


sauce 


umaka, salsa 


salsa 


Sauce 


saucisse 


kobasica, mesnja- 


- salsiccia, salsiccia Wurst, Bratwurst 




ca, djevenioa 


arrostita 




savon 


sapun 


sapone 


Seife 


savoir 


znati 


sapere 


wissen 


seau 


kabao 


tinozza 


Kttbel 


sec 


suh 


asciutto 


trocken 


seconde 


sekund, casak 


minuto, secondo 


Secunde 


séjour 


boravak 


dimora, soggiorno Aufenthalt 


sel 


sô 


sale 


Salz 


selle 


sedlo 


sella 


Sattel 


semaine 


nedjelja, sedmica 


settimana 


Woche 


Serbe, masc. 


Srbin 


Serbo 


Serbe 


Serbe, fém. 


Srpkinja 


Serba 


Serbin 


serbe 


srpski 


serbo 


serbisch 


serpent 


zmija 


serpe 


Schlange 


serviette (de toi- 
lette) 
serviette 


otirac, rucnik 


asciuga mano 


Handtuch 


pokoljenak, ubrus tovagliula, sal- 


Serviette 






vietta 




service 


sluzba 


servizio 


Dienst 


service divin 


sluzba bozja 


ufticio divino 


Gottesdienst 


serviteur 


sluga 


servo 


Diener 


servante 


sluskinja 


serva, fantesca 


Dienerin, Magd 


serrure 


brava 


serratura 


Schloss 


seuil 


prag 


soglia 


Schwelle 


sifflet 


lula, simsija 


pipa 


Pfeife 


signal d'alarme 


znak u nevolji 


segnale d'allarme 


Nothsignal 


singularité 


znamenitost 


singolarità, curio- 
sità 


■ Merkwtirdigkeit 


société 


drustvo 


società 


Gesellschaft 


soif 


zegja 


sete 


Durst 


soir 


vecer 


sera 


Abend 


ce soir 


veceras 


sta sera 


heute Abend 


bonsoir! 


dobar vecer! 


buona sera! 


guten Abend! 


soirée dansante 


igranka 


ballo 


Tanzabend 


sol 


potplat 


suola 


Erdboden 


soleil 


sunce 


sole 


Sonne 


lever du soleil 


istok sunca 


levata del sole 


Sonnenaufgang 


coucher du soleil zapad sunca, 


tramonto del sole 


Sonnenuntergang 


sommeil 


san 


sonno 


Schlaf 


sonner 


zvoniti 


suonare 


klingeln 


soulier 


crevlja, cipela, 


scarpa 


Schuh 


t 


postola 






souper 


vecera 


cena 


Abendessen, 
Souper 


station 


stanica, kolodvor 


stazione 


Station 


statue 


statua, kip 


statua 


Statue 


sucre 


cukar 


zucchero 


Zucker 


sud 


jttg 


sud 


Sttden 


tabac 


duhan 


tabacco 


Tabak 


table 


stô, trpeza, sofra 


tavola 


Tisch, Tafel 


tableau (peinture) slika 


quadro, pittura 


Gemftlde 


tailleur 


savac, krojac 


sartore 


Schneider 


tapis 


éilim, sag 


tappeto 


Teppich 
Tischtuch 


tapis (sur la table 


) trpeznjak, ôarsav 


copritavola 



XVI 



Français 

tant 

tard 

plus tard 
trop tard 

tasse 

taxe 

temps 

quel temps 
tenailles 
terre 
tête 

télégraphe 
thé 

théâtre 
toast 
toile 
toit 

toujours 
tour, la 
tout 

tout de suite 
trace 
train 
trajet 
transport 
très bien 
trop 
trou 
truffe 



Vain, en 

vallée 

vendanges 

venir 

vent 

ventre 

verre 

verrou 

vert 
verrouiller 

vêtement 
viande 
viande rôtie 
viande frite 
viande étuvée 
viande bouillie 
viande fumée 
viande de mouton 
viande fumée de 

mouton 
viande de veau 
cervelle de veau 
tête de veau 
viande d'agneau 
viande de porc 

côtelette de porc 

vie 
vieux 



^^^b-croate 


Italien 


Alleuiand 


toliko 


tanto 


se viel 


kasno 


tardi 


sptlt 


kasnije 


più tardi 


spilter 


prekasno, suvise 


troppo tardi 


zu spUt 


kasno 






zdjela, zdjelica 


tassa 


Tasse 


taksa 


tazza, chicchera 


Gebtir, Taxe 


vrijeme 


teaipo 


Wetter. Zeit 


koliko vremena 


quanto tempo ? 


wie lange ? 


klijesta 


tanaglie 


Zange 


zemlja 


terra 


Erde 


glava 


testa 


Kopf 


telegraf 


telegrafo 


Telegraph 


caj 


tè 


Thee 


kazaliste, teatar 


teatro 


Theater 


zdravica 


brindisi 


Toast 


platno 
krov 


tela 


Leinwand 


tetto 


Dach 


uvijek, vazda 


sempre 


immer 


toranj, kula 


torre 


Thurm 


sve 


tutto 


ailes 


odmah 


subito, presto 


sogleicli 


trag 


orma, traccia 


Spur 


voz, vlak 


treno 


Zug, Train 


prijevoz 


traghetto 


Ûberfahrt 


l)rijenos 


trasporto 


Transport 


vrlo dobro 


benissimo 


sehr gut 


suvise 


troppo 


zu viel 


rupa 


buco 


Loch 


gomoljika 


tartufo 


Trtiffel 


• 

uzalud 


in vano 


vergebens 


dolina 


valle 


Thaï 


berba, jematva 


vendemmia, 
raccolta 


Weinlese 


doci 


venire 


kommen 


vjetar 


vento 


Wind 


trbuh 


ventre 


Bauch 


casa 


bicchiere 


Glas 


kljucanica, kra- 


chiavistello, cate^ 


- Riegel 


kun 


naccio 




zelen 


verde 


grttn 


zapeti 


chiudere a cate- 
naccio 


verriegeln 


promjena, odijelo 


vestito 


Anzug 


meso 


carne 


Fleisch 


przeno meso 


carne fritta 


gebackenesFleisch 


peceno meso 


carne arrostita 


gebratenes „ 


poduseno mezo 


carne ail' umido 


gedûnstetes „ 


kuhano meso 


allesso 


gekochtes „ 


suseno meso 


carne affumicata 


gerftuchertes „ 


ovnovina 


carne di castrato 


Hammelfleisch 


kastradina 


castradina, affu- 


geriluchertes 




micato 


Hammelfleich 


tele 


vitello 


Kalblieisch 


teleci mozdani 


cervello di vitello Kaibs-Grehirn 


teleca glava 


testa di vitello 


Kalbskopf 


janjetina 


carne d' agnello 


Lammfleisch 


svinjetina, prasce- 


- carne di majale 


Schweinefleisch 


vina 






svinjeée rebarce 


castoletta di 


Schweins-Cote- 




majale 


lette 


zivot 


vita 


Leben 


star 


vecchio 


ait 



XVII 



Français 

vigoureux 

village 

ville (cité) 

vinaigre 

vin 

vin blanc 

vin rouge 

violette 

violon 

visage 

vis-à-vis 

visite 

vite (adv.) 

vive! 

vivre 

voile, la 

voici 

voir 

voisin, le 

voisin, voisine 

voiture 

voiturier 

voix 
voj'age 
sac de voyage 



^^^ -croate 

jak 

selo 

grad, varos 

ocat, kvasina 

vino 

bijelo vino 

crno (crveno) vino 

Ijubica 

vijolina 

lice 

preko puta, lice 

i lice 
posjeta 
brzo 
zivio ! 
zivjeti 
jedro 
ovdje 
vidjeti 

susjed, komsija 
blizu, bliznji 
kocije, kola 
koôijas 

glas 

put, putovanje 

putna torba 



Itali 

forte 

villaggio 

città 

aceto 

vino 

vino bianco 

vino nero (rosso) 

viola 

violino 

viso 

dirimpetto 

visita 

presto 

evviva ! 

vivere 

vêla 

qui 

vedere 

vicino 

vicino 

carrozza 

vetturino, carre - 

tiere 
voce 
viaggio 
valigia da viaggo 



Allemand 

stark 

Dorf 

Stadt 

Essig 

Wein 

Weisswein 

Kothwein 

Veilchen 

Violine, Geige 

Gesicht 

vis-à-vis, gegen- 

ûber 
Besuch 
schnell 
Vivat! Hoch! 
leben 
Segel 
hier 
sehen 
Nachbar 
nahe 
Wagen 
Fuhrmann 

Stimme 

Fahrt 

Keisetasclie 



je 
tu 
il 
elle 

(neutre) 
nous 
vous 
ils 
elles 

(neutre) 

j'ai 

tu as 

il (elle) a 

nous avons 

vous avez 

ils (elles) ont 

j'avais 
tu avais 
il (elle) avait 
nous avions 
vous aviez 
ils avaient 

j'ai eu 
tu as eu 
il (elle) a eu 
nous avons eu 
vous avez eu 
ils ont eu 



ja 

ti 

on 

ona 

ono 

mi 

vi 

oni 

one 

ona 



imam 

imas 

ima 

imamo 

imate 

imaju 



imadjah 

imadjase 

imadjase 

imadjasmo 

imadjaste 

imadjahu 

imao sam 
imao si 
imao je 
imali smo 
imali ste 
imali su 



io 




ich 


tu 




du 


egli 




er 


ella, essa 




sie 
es 


noi 




wir 


voi 




ihr (Sie) 


essi, loro 




sie 


esse, loro 






io ho 




ich habe 


tu bai 




du hast 


egli (ella) 


ha 


er (sie) hat 


noi abbiamo 


wir haben 


voi avete 




ihr habt 


essi (esse) 


hanno 


sie haben 


io aveva 




ich hatte 


tu avevi 




du hattest 


egli (ella) 


aveva 


er (sie) hatte 


noi avevamo 


wir hatten 


voi avevate 


ihr hattet 



essi (esse) avevano sie hatten 



io ho avuto 
tu hai avuto 
egli (ella) ha avuto 
noi abbiamo avuto 
voi avete avuto 
essi (esse) hanno 
avuto 



ich habe gehabt 
du hast gehabt 
er (sie) hat gehabt 
wir haben gehabt 
ihr habet gehabt 
sie haben gehabt 



XVIII 



Français 



•croate 



Italien 



Allemand 



j'aurai 


ja eu imati 


io avrô 


ich werde haben 


tu auras 


ti des imati 


tu avrai 


du wirst haben 


il aura 


on ) 

ona ? ée imati 

ono ^ 


egli (ella) avrà 


er (sie) wird haben 


nous aurons 


mi cemo imati 


noi avremo 


wir werden haben 


vous aurez 


vi éete imati 


voi avrete 


ihr werdet haben 


ils auront 


oni i 


essi (esse) avranno sie werden haben 




one J ée imati 








ona ' 






je suis 


ja sam 


io sono 


ich bin 


tu es 


tl SI 


tu sei 


du bist 


il est 


on je 


egli (ella) è 


er (sie) ist 


nous sommes 


mi smo 


noi siamo 


wir sind 


vous êtes 


vi ste 


voi siete 


ihr seid 


ils sont 


oni su 


essi (esse) sono 


sie sind 


j'étais 


bijah 


io era 


ich war 


tu étais 


bijase 


tu eri 


du warst 


il était 


bijase 


egli (ella) era 


er (sie) war 


nous étions 


bijasmo 


noi eravamo 


wir waren 


vous étiez 


bijaste 


voi eravate 


ihr waret 


ils étaient 


bijahu 


essi (esse) erano 


wir waren 


j'ai été 


ja sam bio 


io sono stato 


ich bin gewesen 


tu as été 


ti si bio 


tu sei stato 


du bist gewesen 


il a été 


on je bio 


egli (ella) è stato (a) er (sie) ist gewesen 


nous avons été 


mi smo bili 


noi siamo stati 


wir sind gewesen 


vous avez été 


vi ste bili 


voi siete stati 


ihr seid gewesen 


ils ont été 


oni su bili 


essi sono stati 
esse sono state 


sie sind gewesen 


je serai 


ja évL biti 


io sar6 


ich werde sein 


tu seras 


ti ces biti 


tu sarai 


du wirst sein 


ils sera 


on ce biti 


egli (ella) sarà 


er (sie) wird sein 


nous serons 


mi cemo biti 


noi saremo 


wir werden sein 


vous serez 


vi cete biti 


voi sarete 


ihr werdet sein 


ils seront 


oni ce biti 


essi (esse) saranno sie werden sein 


un 


jedan 


uno 


eins 


deux 


dva 


due 


zwei 


trois 


tri 


tre 


drei 


quatre 


cetiri 


quattro 


vier 


cinq 


pet 


cinque 


fttnf 


six 


s est 


sei 


sechs 


sept 


sedam 


sotte 


sieben 


huit 


osam 


Otto 


acht 


neuf 


devet 


nove 


neun 


dix 


deset 


dieci 


zehn 


onze 


jedanaest 


undici 


elf 


douze 


dvanaest 


dodici 


zwolf 


treize 


trinaest 


tredici 


dreizehn 


quatorze 


cetrnaest 


quattordici 


vierzehn 


quinze 


petnaest 


qtiindici 


fûufzehn 


seize 


sesnaest 


sedici 


sechzelin 


dix-sept 


sedamnaest 


diecisette 


siebzehn 


dix-huit 


osamnaest 


dieciotto 


achtzehn 


dix-neuf 


devetuaest 


diecinove 


neuuzehn 


vingt 


dvadeset 


venti 


zwanzig 


vingt et un 


dvadeset i jedan 


ventuno 


einundzwanzig 


vingt deux 


dvadeset i dva 


venti due 


zweiundzwanzîg 


trente 


trideset 


trenta 


dreissig 



XIX 



Français 


^gSK>'i 


3roate 


Italien 


Allemand 


trente et un 


trideset i 


je dan 


trentuno 


einunddreissig 


trente-deux 


trideset i 


dva 


trenta due 


zweiunddreissig 


quarante 


cetrdeset 




quaranta 


vierzig 


cinquante 


pedeset 




cin quanta 


fiinfzig 


soixante 


sezdeset 




sessanta 


sechzig 


soixante-dix 


sedamdeset 


settanta 


siebzig 


quatre-vingt 


osamdeset 


ottanta 


achtzig 


quatre-vingt-dix devedeset 




novanta 


neunzig 


cent 


sto 




cento 


hundert 


deux cent 


dvije stotine 


due cento 


zweihundert 


mille 


hiljada (tisuéa) 


mille 


tausend 


deux mille 


dvije hiljade 


due mila 


zweitausend 


un million 


milijon 


[(tisuce 


) un milione 


eine Million 


florin 


forint a 




fiorino 


Qulden 


couronne 


kruna 




corona 


Krone 


kreuzer 


novcié 




soldo 


Kreuzer 


lieller 


para, heler 


heller 


Heller 


lundi 


ponedjeljak 


lunedi 


Montag 


mardi 


utorak 




martedi 


Dienstag 


mercredi 


srijeda 




mercoledi 


Mittwoch 


jeudi 


cetvrtak 




giovedi 


Donnera tag 


vendredi 


subota 




venerdi 


Freitag 


samedi 


petak 




sabato 


Samstag 


dimanche 


nedjelja 




domenica 


Sonntag 


Français 


Croate 


Serbe Italien 


Allemand 


janvier 


sijecanj 


januar 


Gennajo 


Jftnner 


février 


veljaca 


februa 


r Febbrajo 


Februar 


mars 


ozujak 


mart 


Marzo 


M&rz 


avril 


travanj 


april 


Aprile 


April 


mai 


svibanj 


maj 


Maggio 


Mai 


juin 


lipanj 


j^nij 


Griugno 


Juni 


juillet 


srpanj 


julij 


Luglio 


Jnli 


août 


kolovoz 


august 


i Agosto 


August 


septembre 


rujan 


septembar Settembre 


September 


octobre 


listopad 


oktobar Ottobre 


October 


novembre 


studeni 


novembar Novembre 


November 


décembre 


prosinac 


decembar Dicembre 


December 


Français 


Serbo-croate 


Italien 


Allemand 


celui-ci 


ovaj 




questo 


dieser 


celle-ci 


ova 




questa 


dièse 


celui-là 


onaj 




quello 


jener 


celle-là 


ona 




quella 


jene 


mon 


moj 




mio 


mein 


ma 


moja 




mia 


meine 


ton 


tvoj 




tuo 


dein 


ta 


tvoja 




tua 


deine 


son 


njegov 




suo 


sein 


sa 


njegova 




sua 


seine 


notre 


nas 




nostro 


unser 


votre 


vas 




vostro 


euer 


leur 


njihov 




loro 


ihr 


qui? 


ko? 




chi? 


wer ? 


qu'est-ce qui? 


sto? 




che cosa? 


was? 



Index des localités. 

station dn bateau à vapeur ; F = station de chemin de fer ; 

P ^= station de poste. 



Abbadessa Castel F 145 

Abbazzia V P 56, 57 

Almissa V P 27, 190 

Andréa S. scoelio près de Lissa 220 

Andréa S. scoglio près de Raguse 228 

Antivnri V 318 

Antonio S. canale 110 

Arbe, île d' V 23, 26, 78-81 

Arcs romains 100 

Arhangjeo 8v., Couvent d' 100 

Arta grande, scoglio lOM 

Arzano H 

Ascrivium (Cattaro) 2S2 

Asserid, 95 

Babindub 87 

Bacina, lago di 18 

Bankovic 14 

Barbato (île d'Arbe) 80 

Barone, fort (Sebenico) 116 

Baskavoda Y 187 

Bellavista 228 

Belvédère (Cetinje) 306 

Benkovac P 87, 88, 95, 98 

Biagio S., chai)elle de 252, 254, 256; 

église 243 
Bihac 144, 146 

Bijelober (lac de la Krka) 103 
Bilusic, 2î'™« chute de la Krka 103, 104 
Biograd 108, 109. 
Biokovo, mont de 187, 192 
Bobara , scoglio près de Ragusa- 

vecchia 277 
Bocca Falsa 223, 228 
Bocca grande 2*28 
Bocca Ingannatore 223, 22S 
Bocca Pompejana 266 
Boccagnazzo, lac de 75 
Bocche di Cattaro 15, 16, 282 
Bol (île de Brazza) V 208 
Brazza, île de 27, 205—208 
Breno, Val di 274, 275 
Bribir, Ponti di 98 
Bua, île de 143 
Budua V P 307, 309, 311 
Bukovica (Obrovazzo) 88, 90 
Bukovica (Kistanje) 99 
Burnum 100 
Busi, île de 216 

Calamotta, canal de 226, 228 
Calamotta, île de Y 228, 268 
Cambio, castel F 145 
Canali, vallée de 278 
Cannosa Y 23, 259—262 
Carminé, Madonna dcl 110 
Cassone Monte 289 
Castellastua 310, 313 
Castella, Riviera délia 144 
Castelnuovo (sette castella) V 145 
Castelnuovo (Bocche) V 2, 26, 283, 285, 
286, 287 



Castelvecchio (sette castella) Y F P 

145, 147 
Castelvenier ^ 
Catene (Bocche) 288, 290 
Cattaro V P 283, 298—302 
Cattaro, golfe de 296 
Cazza, île de 220 

Cetina, rivière 15, 19, 127, 128, 192 
Cetinje P 302—808 
Cherso, île de 68, 69, 90 
Cikola (rivière) 15, 107 
Cittavecchia (Lésina) V 211 
Clissa P 181—184 
Comisa (Lissa) V 215 
Coric (3''«« chute de la Krka) 104 
Crappano, île de 116 
Crkvice 292 

Curzola, île de 217, 218 
Curzola, ville de 218 

Daksa, scoglio (près de Gravosa) 228 

Dance, baie de 254. 

Dinara mont 15, 19, 126 

Dioclea 282 

Dobrota V 296, 297 

Domenica S. 211, 212 

Draga 143 

Drngalj, fort de 291 

Drijen, fort de 263 

Driti, Maria di (couvent) 143 

Drnis F P 123, 127, 129 

Duare P 192 

Dubrovnik (voir Raguse) 

Durmitor 293 

Erizzo, Borgo 66, 73 
Eufemia, couvent 81 

Fasana V 45 

Filippo, S. e Giacomo 108 

Fiume Y F P 54, 55 

Fiumara 301 

Fort opus 194 

Gabela F 8, 200 
Gelsa (Lésina) V 211 
Giacomo, S. (Raguse) !^2, 253 
Giorgio S., île Giuppana 266 
Giorgio S., chapelle, Kozjak 177 
Giorgio S., île de Lésina 212 
Giorgio S., scoglio, Bocche 293, 294 
Giovanni S., fort p. de Cattaro 302 
Girolamo, ruine du couvent (Spa- 

lato) 177 
Giuppana, île de 17, 266 
Gorazda près de Cattaro 
Gordicchio 303 
Gravosa Y 17, 227, 228, 257 
Grbalj (voir Zupa) 
Grégoire, île de 14, 59 
Grohote 204 
Gruda 278, 279 
Grujica, scoglio 14, 51 
Gubavica (chute de la Cetina) 192 



XXI 



Haj Nehaj 311, 313 
Hvar (voir Lésina) 

Igalo 280 
Imoski P 186, 187 
Incoronata, île de 83, 109 
Isola Lunga 83 
Iso, île de 52 

Jadera (voir Zara) 

Jader (rivière) 179 

Jarebica (source de la Cetina) 128 

Jezerski Vrh (voir Lovcen) 

Jezero Blato près d'Imoski 18 

Jurasinka 88, 90 

Juro Sv. (Biokovo) 16 

Karin, mer de 84, 85, 88 

Katimi 187 

Katunska Nahija (Monténégro) 304 

Kistanje P 95, i^)9 

Klek, presqu'île de 224 

Klicevica, rivière 95 

Knin F P 19, 101, 124—126, 129 

Kombur, canal de 287 

Konavli (voir Val Canali) 

Korcula (voir Curzola) 

Kosovo 15, 133 

Kosovopolje 133 

Kotor (voir Cattaro) 

Kozjak près de Spalato 16, 144 

Kriz, mont 77 

Krivosije 16, 291 

Krka 2, 15, 19, 103-107, 117-122 

Krstac (col, Monténégro) 304 

Krusevo 90 

Lacroma 22, 269—273 
Lagosta, île de 17, 24, 219 
Lagostini, scogli 220 
Lapad, presqu'île de 22, 256 
Lasekovica 99 

Lésina, île de 17, 22, 208—212 
Lésina, ville de 209 
Lissa, île de 22, 212—215 
Lissa, bataille de 214 
Ljubuski 200 
Loparo 81 
Lovcen, mont 308 
Luka (G-iuppana) 266 
Luksié, Castel 147 
Lunga, Isola 83 
Lussin, île de 50, 51, 59 

Madonna del Carminé 110 

Madonna délia neve 277 

Madonna dello Scalpello (Bocche) 

293, 294 
Madonna délia Salute (Cattaro) 302 
Maggiore, monte 54, 57, 81 
Makarska V P 27, 181, 193 
Malfi, baie de 228 
Malastica, mont de 263 
Mali Halan 92, 93 
Malpaga, fort 76, 87 
Mamola, fort 281 

Manojlovac (chute de la Krka) 104, 105 
Maon, île de 52, 59 
Marasovic (Krka) 103 



Marco S., île de 288 

Marjan, mont (près de Spalato) 176 

Meleda, île de 52 

Meleda, île de Y 17, 22, 52, 2^, 266 

Meljine, Bocche V 287, 288 

Metkovic V F 188, 194, 195, 197, 221, 224 

Mezzo d'Istrie, canale 58 

Mezzo, île de 267, 268 

Mezzo, porto (Meleda) 265 

Miljecka (65'"'« chute de la Krka) 104 

Milnà (Brazza) 207 

Molini (Val di Breno) 276 

Molonta 281 

Morter, île de 109 

Mosor 16, 144, 189, 191 

Mostar F P 8, 201 

Mrajanik, mont près de Cattaro 297 

Mrkan, scoglio 277, 281 

Nadinium 94 

Nadinsko Blato 94 

Narenta (rivière) 16, 19, 193, 196—199 

Neresi 207, 208 

Nicolô, fort S. 110 

Njegusi 304, 308 

Noce, Val di 228 

Nona 67, 76 

Norino, rivière de 195 

Novigrad, mer de 84, 85, 89 

Novigrad V 89 

Obcina près de Trieste 41 
Obrovazzo V P 84, 87, 90 
Oliveto 204 
Ombla 19, 257, 258 
Orahovac 295 

Orebic (Sabbioncello) 222, 223 
Orjen, mont 16, 292 
Ossero, mont 50, 69 
Otok, scoglio di 288 

Pago, île de V P 62, 82, 93 

Paklenica (Vélebit) 84, 91 

Palazzo Porto 264 

Paludi, couvent (Spalato) 175 

Paronzo V P 44 

Pasman, île de 82, 108 

Pastrovici 311, 312 

Pehigosa, île de 220 

Peljesac (voir Sabbioncello) 

Perasto V 293 

Perkovic-Slivno F 123 

Perzagno V 296, 297 

Pestingrad près de Cattaro 297 

Petka, mont 255, 256 

Pettini dans le canal Selve 52 

Pettini de llaguse 226 

Pettini de Ragusavecchia 277 

Pietro S. (Brazza) 207 

Pirano V P 44 

Planik, île de 52 

Ploca V 87 

Pocitelj 200 • 

Podprag 92 

Poia V F P 20, 45—47, 48, 49, 50 

Poljica 189 

Pomo, île de 220 

Porto Rose 286 



XXII 



Prémnda, lie de 52 
Prevlaka, lie de 2H8 
Frokljan, lac do 9H, 107, liy 
Promiua, mont 15, 24 
Promina 127 
Priuna', mine de 85 
Punta d'Ostro 2»1 
Pnntadara, lie de 52, 75 
Pnntamica 75 
Punta Planka 138 

Quarnero 57 
Quarnerolo 58 

Radman, moulin» de (Cetina) 192 

RagUHavecchia 276, 278 

Raguse V F P 8, 229, *iSiO— 256 

Razanac, scogli 84 

Ricica, vallée 93 

RiHano 289, 291 

Riviera délie Hette CaHtella 144 

Rodié, route de 188 

Roncislap (7^'"« chute de la Krka) 106 

Rondoni, scoglio 281 

Rovigno V 44, 45 

Rudele, village de 100 

Sabbioncello 17, 221 

Salona 177—181, 183 

Salvatore, monte, près de Knin 102 

Sarajevo 202 

Savina, couvent 286, 288 

Scardona, ville de 118 

Scardona (8*'™' chute de la Krka) 119 

Scutari V 282, 313 

Sebenico V F 15, 29, 111—116 

Selve, île de 52, 59 

Sergio, mont 2o8, 259 

Sinj P 6, 129, 185, 186 

Sis, mont 58 

Siveric F 26, 124 

Skaljari, village 297 

Snijeznica, mont 279 

Sokô (val d'Ombla; 258 

éolta, île de 23, 29, 203 

Sondovjel (5''«"" chute de la Krka j 104 

Sottomonte, couvent 222 

Spalato V F P 8, 29, 149—175 

Spalmadori 203, 214 

Spiljari 302 

Spizza V 14, 311 

Statileo, castel 145, 148 

Stagne V 224—226 

Stanjevic, couvent 312 

Starigrad V 85, 91 

Starigrad (île de Lésina) voir Citta- 

vecchia 
Stefano S 309, 313 
Stirovnik (voir Lovden) 
Stolivo (Bocche) 294, 296 
Strada litorale 30 
Strada maestra 187, 192 
Strada mediterranea 30 
Strada Napoleone 188 
Strada romana 187 
Stretto (île de Morter) 109 
Suéurac, castel 145 
Sutorina, vallée 279 



Sutomore 311, 313 
Sveto Brdo 15, 91 
Sveti Juro 16 
Svilaja 15 

Tartaro, mont 15, 117 

Teodo, baie de 288 

Tersatto près de Fiume 55 

Tignarossa, montagne (Arbe^ 81 

Topla, baie de 287 

Topolje, chute de 126 

Torrette V 108 

Trappano Y 224 

Traù Y P 138-142 

Trebinje P 6, 8, 282-263 

Trieste V F P 42 

Trilj P 186 

Trinità, fort (près de Cattaro) 808 

Turija, col 18f 

Ulbo, île de 52, 59 
l'gljan île de Y 52, 82, 108 
Ugljane, village 188 

Vaganski Vrh (Vélebit) 15 

Val Canali 278 

Val Cassione baie (Pago) Y P 84 

Val di Noce 228 

Veglia, île de 58 

Vélebit 15, 23, 58, 91 

Vélebit, route du 92, 93 

Velika Paklenica ravine 84 

Velika Rovina 92 

Velika Solina 110 

Verbosca (Lésina) V 26, 211 

Vid 196 

Vila, mont de 138 

Vipera, mont 222 

Visovac, couvent de 117, 121 

Vito, mont S. 208 

Vitturi, castel 145, 147, 148 

Vlastigrad 91 

Vlastica, mont 263 

Vrana, lac de 18 

Vrana, ruines du couvent de 96, 97 

Vranjica 179 

Vrgorac P 188, 200 

Vrlika P 6, 128 

Vrmac (Bocche) 297, 305 

Vrpolje F l'23 

Zablace 116 

Zagvozd P 187 

Zaostrog, couvent 194 

Zapuntello, île 83 

Zara 8, 27, 63—72 

Zaravecchia 108, 109 

^aton 118 

Zeljeznica, rivière 14 

Zemonico 87, 94 

Zeugg 

Zêta 282 

Zirona, canal de 138 

Zlarin, île de 110, 116 

Zrmanja, rivière de 15, 19, 85, 86 

Zupa 303 

Zuri, île de 110 



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Gasparo Calligaricli 

M 11. un fniidte 1700. ZAY^A. Miiisun Me 
Fabrique de ..RosogMo" priviiegiËe, rëcompeases et prix 
['li-iluiK; Marasquin, Osso di Marasca, l,imon<.t.llo 
Calllgarich-Brandy. 



Dobrovic Frères 

ZARA. 

Exportation de vins de Salmatie par wagons- 
Spécialité: Vin Schiller de la Villa Lucica (Gelsa). 

En fûts de 100 à 50» litres. 



François Ballico 

Coralsa, Dalmatie. 
premier Établissement pour rélevage de Crustacés. 1 



f l'Archiduc Ctiarles-Élienne. 




Première Distillerie du renommé 
..Rosogllo-Marasquiîi" et d'autres Fines Uqueurs. 




Tommaso Scorich 

Usine il vajieur 
d'objets de cire 

— ^ vente de mie! ^^^— 

Récompeases ot prU. 



Filip Sinobad 

Mostine 'Ponti cil Bribir) 



Scardona. 



Manufacturt;fi, .-..-. 
deiirées coloniales. — • 
épicerie, quincaillerie,- - 
papeterie. 



Hii^it 



t faits 



,I,lum 



Chaussures, fusils de chasse. 

Entrepit de blés et tSe fcin. 
Vins d*B propres crus. 



iC««i 4*» «««> «W «M <««*«*«><««« <«<« 



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Prya Pila Mkh Ub. 


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(PremlÈre Banque Populaire de Dalmatte) 


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UlicaGimnazije (près l'Hôpital duPays). 1 


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Capital versé : couronnes ■iHO.tXX") parta- î 


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gées en 4000 actions à la valeur uomiuale 


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de 120 c.nu'omies. 


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! Fonds de réserve au 31 déceiuin-e 1 SUS : î 


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j cour. 151.506'3. | 


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Ouverte depuis 1870. ; 


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Dividendes pour Taïuiée ISUti : H-'/„; 
1897: 9"/„; 1898 <» 

(ij SB charg bs pe du 

b) consent des b n u, 

lettres d ft g d 

c) escompte es d g 
dj consent des p g g 

e) consent des mp a g 

moyeiina n 
/; revoit do3 d p gn d p 


■ 




contre iu 






gj reçoit en dépit les Utres et valenrs, bijoux et do- 


l^^^l 




cuments dans ses oufFres-ibrta, contre provision. 


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!^^^l 




sur toute place de banque pour le compte 


^^1 




d'autrui et contre provision. 


^^1 




i) se cbarge de l'achat et de la vente de titres 






de fonds publics, de traites sur l'étranger et de 


^1^1 




l'échange pour son propre com|»te et celui 


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d'autrui. 


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Yito Morpurgo 

ft|^ Commerce de vins en gn 

oSf Distillerie à vapeur - - 

^ Fabrique de marasquin 

Distinctions honorifiques multiples 



gros 



SPECIALITES: 

Cognac de Dalmatie I 

surtiii et viiMix . la Itoutcillo c 

la Jeiiû-bou teille 
. flftoon lUiputioii 

RosoDlio-Harasquln la petite bouteille 

„ la double bouteille 

BorOVlCka (Giu} . la Ijouteille 



l.UO 



En outre toutet^ sortes de vins de Dalmatie, de 

vieille eau-de-vie et d'eau-de-vle de marc de 

raisin, vcrmoutli, ustralt-Marasca, mélassu- 

Marasca, eau-de-vie de prunes. 

Colis postaux de 5 kilogrammes pour la consom- 

maMon domestique, francs de droits de douane pour 

toute l'Hutrictie-Hongrie. 



p 


m 


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l!K}OX}C'^^}0^^}^ô^^J^ 




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Vieko Juras 




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Spalato. 


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Fabrique et dépôt de liqueurs. 








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Marisqùn e Balm a Cosm « Grands vins 4o pays. 


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a 


Seul producteur de la Liqueur „ViSnjevo". 


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Ail coin lie la .Stura Obala et du Vodni Trg. 


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® 


Maison fondée en 1857. 


â 












Spiridioiie Tocigl 

fS];.;.|oto. 








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exportation en gros de vins de ïïalmatie 
maison le commissions. 

















Damjan Katalinic et Braca 


i 1 




©nslelH ppùft Hpalnto. ■ 1 




Produeteurs-vitieultcups. | | 






CommrtB en tons prodolls ta pays. 1 


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% lS!!S-!&&!fe'fe^^É!&!feiS!!$;!É!!S;^^jSt^ 



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Brada Radie et C", Bol 



\b tfr w vin de Bol. « ^ * 

Spécialités: Yugava 9t frosecco. 
<^ Véritable eau-de-vie de marc de raisin. 

U<ipôi ppinœip^il: BqI |i3paZ2fi), 

Succursales: Sarajevo. Mostar, NevesiiOe 
et Stotac. 



KKiiosil.ion agrii'olo do Vioii 
Exposition (lu Jubilù Vium 



1SH8. 



» 



f îaxi "Radie 

BOL. DALMATIE 
viticulteur. 

ScUlIer et HryaStlna. 

Alcool natuiel li! à 14" 




Ostojic 



Petar 

PoyQe (dans l'Ile dt Braiza). | 



Vins, Bulles d'ollres, 



Eau-de-vïe 



^^<^A «>t i l-^^^^=-l | '-?t'g«^'^ 



N. A. Dubokovic 

Isa jn ' ■'•> 

froprietaire-viticulteur " 

et néqofpjanl ©n "ifin,^ 
.lELSA, Dalmatie. 




Il 



Cognac «S Vins @ Huiles d'olives 

K*oisH< tn^ violés. 

Moulins à vapeur. .=^!s Succursale à Tiume. 



p 


■ 1 


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*+ f* •!•■«•* + 1- 


XVI' année. '' 


1 


Felicius PetriÉ 


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Hgt'llt ■)o 


Trpanj-Trappano 


■ 




commorft? auto ri fi''- 


Commissionnaire en' 




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^ 


marchandises. 


■ 




!î ttarii l'itliali H te irate 


Es^iutîoii la plas Hoignêf 
do coiiimisKiunâ en tooi 


■ 




les produits agricoles 


Itiis [irndnita afçrictilea:.. 




■ 


productioua d'industrie. 


Vins 

Eiu-de-ïifi de raarc de raislai 


1 


gç 


Huile d'olives. J 






Gi'ohote sur l'rle de Solla. 


Provision à l'amiablM 

Pour devis de irais ou iM 
e'>tii]tlc i|iio ii! gxirt de posH 


1 


****•«•■*• ff* 








^ 1 






^P Stijepo Bjelovucic 


1 




W/^y Drace près Janjina 






y^^ Etablissement d'ostréiculture. 






^^ 'f' 






\HHB' Se cliarge d'envois â domicile de c«- 






ifeSL Ils postaux francs de port, contre 






J^g> \ll»W\ remboursement par la poste, à expé- 




^^^ 


^|y ,^flHfes/ dier à tous les bureaux de poste 




^^A[^ 


i^^ d- Au triche-Hongrie. Prix modérés, 




■ 


M 




1 


■ 


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^^H 



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Papeterie, Kippes, Maroquinerie. 

Caries poEialtK illustrées, 
Photographias, 

ar'iclea peur photOÈraphie. 
Aquarelles 

de Ea;;ii.si> «t des environs. 
Se chirga de comnilsilans dB toute torts. 



(Ouvert toute l'année.) ,^^^^H 



Inauguré en IHi-'T. Offre Unit 
1« oonifort dêsiraliie, dans toute 
BBiBon, pour un sfliour prolongé; 
70 chambres i 100 lits), pourvues 
presque chacune d'un baleou et 
nyunt vue sur la mer: éclairage 
élentrifjue, ascenseur; corridors 
eacalit-rs chauffes; chambre 

ïcui'B, Hteliev de peinture; 

on; cabinet de lecture et saJle 
de jeu; lawB-tennis; parc re- 
vissante vue sur Ib ville et la 
mer; yacht ix vapeur pour Bx- 
I ciirsions; voitures de louage. 
Exquise Oiiisiue à ta tnbls d'hôte 
ut au restaurant. 

Pris des cliambres selon la 
grandeur et la situation À jiartir 

de 3 couronnes. 
Li>gem«nt et pension eoinplëte, 
déjeuner, dîner, souper (non com- 
pris la boisson), pour un s^our 
prolongé, ti partir de 11 cour. 
Retenir des chambres par télé- 
graphe „[Diperial Kag'Dsa". Een- 
Eeiguements aux bureaux de 
voyages et à la „SoeIété d'HAtels 
Iti^DSft - t'attaro" Vienne, 1, 




Tcléphone 830. 
I Compte postal chêQue 825.626. 



MPRIMF.RIE 
MECHITHARISTES 

VIENNE, VI 1/2 

]Vlechitharistengasse fif. 4. 



^^^^pKécutiou soignée et élégante de tous les travaux d'impri- 
^H^^c "V. "V. merie dans les langues suivantes: j^ j^ j^ 

■ Français -'* Deutsch -V Magyarul ■»• Italiano -'• ÈESKY 
^ iUBbl'i:'^ ^ Latine •?• ^oUaiibfdj 4- po poisfcu * Slovanski 
CPnCKH -^ Espaiiol 4* eaahnika j. i^\^ j. ^^ji 
Siovansky ^. rT^I^V +. 3s,knslui +. TF=ITfT«mTîI'PT 
ENGLISH ^ KTnTAIOM + t}«"«H + m<t1 m< 
Portugueï + IIo BlijrapcKH 4- HrvatSkî -^ RomSnasa 

w?«2!!suiaaj * "0 pyccKH * oimbraeq + ^j- 
HiipiiAAiinMo + n-HCX + SeKna> + ^ii-ncnmiTOo 



1 



Spalato 



et les momnments romains 
de la Dalmatle. < > > f i 

î^estauration de la Cattiéirale de Spalato. 

Pur 

n. HnUsER 

Jîpec lin plan et deux illiislitalloiis dans le texte. 

Prix: Couronnes 1.60 = marcs I.BO. 

Notre Marine de Guerre 

le tiaroii Alfred de Koudelka, 

lieiitenniit dx v..issi.ii.i in.|i/-riBl tt .".vul, 
illDSti'ée de 122 gravuren d'atiri-s les ai[uarpllt9 i-t les dessina 

du baron Auguste de Ramberg;, 

Avec une carte (506 pages in ooî,9voj. 



Prix: broché couronnes 9.60 ■= marcs 9.— ; 
en reliure de luxe: couronnes 12, — =^ marcs 11. — . 



oyogo 
Jean d'Asbôth, 



Oïnè de 37 illustrations couvra,ut la page et de 175 Ulustrationâf 

io teste d'après les photographies du lieutenant impérial et 

royal G. M i i- n z i 1, et d'antres, de même iiue d'une carte 

liistoriijne et île 3 carteB et Cableniix lie statistique. 

r PrJx: broché cour. 16 = marcs 16. reWé tow. w.80 - marcs 19.20. 




3 6105 034 775 721 



DATE DUE 1 



































































































STANFORD UNIVERSITY LIBRARIES 
STANFORD, CALIFOHNtA 94305-6004