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SOCIETE D'EMULATION 

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DE LA 



SOCIfiTE D'ÈMÜLATIO» 



DE BRUGES. 



<s\\ 



POUR L'ÉTUDE 

DE L'HISTOIRE & DES ANTIQUITÉS 

DE LA FLANDRE. 



TOME LVl DE LA COLLECTION. 



.AJ9a^TE:E3 l^O^. 




BRUGES 

IMPRIMERIE DE LOUIS DE PLA.NCKE. 
1906. 



S^ 




/ 



*> C V "t. o/ 



Le commencement de Tannée 
au Vendredi-Saint à Tournai au XIV*^ siècle. 



La récente étude de M. le chanoine Callewaert, con- 
sacrée aux origines du style pascal en Flandre, vient de 
fixer à nouveau l'attention sur le fameux style de Tournai 
et sur les assertions singulières de Gilles li Muisis qui le 
concernent. Au cours de fréquentes visites aux archives 
communales de Tournai, la bonne fortune m'est échue 
d'exhumer parmi une quantité prodigieuse (10.000 environ) 
d'actes privés du XIIP et du XIV* siècle, quatre chiro- 
graphes émanant des échevins et des Voirs jurés de la 
ville, datés, à mon sens, d'après ce style chronologique. Il 
m'a semblé que l'extrême rareté de tels documents (au 
moyen âge on ne passait qu'exceptionnellement des con- 
trats le Vendredi-Saint) constituait une raison suffisante 
pour les faire connaître et les soumettre à la critique. 
Towi^iois^ il va sans dire que je ne saurais avoir la préten- 
tion (Je formuler, dans une simple note, une conclusion 
générale sur l'emploi du style du Vendredi-Saint à 
Tournai de l'époque médiévale ; pour le faire, il faudrait 
au préalable, s'armer de patience et dépouiller aux 
archives tournaisiennes à peu près un million de chiro- 
graphes ; mais qui donc opérerait ce laborieux travail au 



6 H. KELI8 

bénéfice de résultats, en somme, trop peu importants 
pour la peine que de telles recherches nécessitent ? On 
.conTiendra aisément que si les études historiques ont 
leurs impedimenta, il est bon de se débarasser des plus 
inutiles et qu'il est digne que l'érudition ait des vues plus 
hautes. 

On connaît les dires de Gilles li Muisis. Suivant le très 
crédule abbé le changement du millésime de l'année aurait 
eu lieu, au quatorzième siècle, non pas après la fin de 
l'incomparable chant d'^égliseV ExsuUetdn Samedi-Saint (*), 
mais bien la veille, le jour du Vendredi-Saint, après 
none ou la messe des présanctifiés. Le chroniqueur 
tournaisien ne rapporte pas ce détail comme étant une 
simple exception, mais comme l'expression de là coutume 
constante de la France, de la Flandre, du Tournaisis et 
d'autres contrées (•). Voici comment il s'exprime à ce 
sujet à deux reprises différentes ; on remarquera que 
sa pensée est nettement formulée et qu'elle énonce une 
règle générale. 

La première citation est prise dans la Chronica prima : 

(») A propos du renouvellement du millésime de l'année à Pâques, 
je trouve un beau texte peu connu chez le grand liturgiste du 
Xlll® siècle, Guillaume Durand, évêque de Mende : « In cereo etiam 
affigitur tabula seu charta scripta quae significat tabulam in qua Pilatus 
scripsit : Jésus Nazarenus, Rex Judœorum,,,. Et cum cereus Christum 
significet, merîto in dicta tabula inscribitur annus Domini tune currens, 
cum ffjus incaimatione : quia in cereo notât quod Christus est annus 
antiquuset magnusjplenus dierum.„,n Dubandus. Rationale divinorum 
qficiorunif édition de 1551, Lyon, fol. 215 v^. 

(') Il est probable que M. Grotefend (Zeitrechnung des deutschen 
Mittelaîters und der Neuzeit, t. 1, p. 140) entend par alibi le 
Brabant ; mais cette affirmation ne repose sur aucune base solide : 
^^Noch dazu rechnete manihn [der Jahrwechselmit Ostern] nicht ilberall 
von demsclben Termine ab, sondern entweder von Karfreitag^ wie in 
VlandernundBuABAVT n. D'après les auteurs de V Art de vérifier les 
dates (éd. 1783, 1. 1, p. xi) l'année aurait également eu comme point de 
départ, a Delft et k Dordrecht, la matinée du Vendredi-Saint ; mais 
cette opinion est eqcore ti justifier par des exemples certains, 



COMMENCEUBKT DE l'ANNÉB 7 

« Secundum stylum rotnanae curie^ tabelliones et serip- 
tores in instrnmentis et litteris quas conficiunt semper 
mutant datas suas et rénovant annum a Nativitate Domini 
nostri Jesu Christi, In Francia autem et in Flandria 
et in nostris partibm et alibi renovatur ah incarnatione 

et MITTUNTIIR (*) DATAB LITTEBARUM DIB VENERIS IN 

Pabasgeve Domini post officium missae n ('). 
La seconde mention se lit dans la Chronica secunda : 
« Xotandum est quod sectif\dum stylum romanae curiae, 
notarii et scriptores ponunt in suis scripturis : Datum 
anno a Nativitate Domini et cœtera ; secundum vero stylum 
Galliae, notarii et scriptores ponunt : Datum ah Incarna- 
tione ^ de. Et incipit annus et data talis die,venbbis 

IN PaRASCETE post OFFJCIUM CBLEBRATUM ff ('). 

II est indubitable que les dires de Gillis li Muisis sont 
en grande partie inexacts ; mais il me semble que les 
quatre exemples suivants permettent d'affirmer que le 
millésime de Tannée changeait assez souvent au Vendredi- 
Saint à Tournai, pour que l'abbé de Saint-Martin ait pu 
croire réellement que tel était l'usage invariable dans sa 
ville natale et dans les pays de style gallican. 

1) Le premier exemple est un arrentement passé devant 
l'échevinage de S*-Brice à Tournai du 15 avril 1351. La 
date s'énonce ainsi : 

« Che fu fait Van de grasce mil ccc et li, le XP jour 
dou mois de avril n (*). 

Il ^t impossible de mettre ce chirographe à l'année 
1351 (Samedi-Saint) — 1352 (Samedi-Saint), parce que 

Cl 11 faat lire mutantur, 

<*) Corpus chronicorum Flandria ^ éd. J. db Smet (Collection des 
chroniques belges inédites), t. II, p. 292. 

(«) Id£nL p. 338. 

(*i Gr^e échevinal de S^ Brice, layette 1351, Archives communale^ 
de Tournai, 



8 H. NEUS 

cette année ne compte pas de 15 aTril ; en effet, diaprés la 
manière ordinaire de changer le millésime dans le style 
gallican, Tannée 1351 aurait commencé le Samedi-Saint 
16 avril 1351 et se serait terminée le Samedi-Saint 7 avril 
1352; il n^y a donc pas de place pour un 15 avril 1351, à 
moins d'admettre que le millésime de Tannée ait été changé 
le 15 avril même, qui est précisément le jour du Vendredi- 
Saint. 

En outre, une preuve irrécusable que Tarrentement 
en question est bien de Tannée 1351, est fournie par 
les noms des échevins de S^-Brice mentionnés dans Tacte : 
« Jaquemes dou Croquet, Jehans de Mande, Jehans dou 
Puch, Jehans li Pas, Theris Moutons, Jean de Veson et 
Henris Pourres ji. Ceux-ci ont été échevins du 1 octobre 
1350 au 31 septembre 1351 et leurs noms par conséquent 
n'ont pu être rapportés dans un chirographe de 1352. La 
charte échevinale est donc bien du 15 avril 1351, jour du 
Vendredi-Saint de cette année et le millésime est celui 
de 1351. 

2) Le second exemple est donné par la date suivante 
d'un chirographe passé à Tournai devant les échevins 
de la cité le 27 mars 1377. 

« Che fu fait le jour dou boin venredi XXVIP jour 
dou mois de march Van mil CCCLXXVll » (*). 

Il faut dater cette charte : 27 mars 1377 et non 27 mars 
1378 (n. st.) ; en effet, le Vendredi-Saint {boin venredi) 
de 1378 (n. st.) ne tombe pas le 27 mars, mais le 16 avril; 
de plus, le 27 mars est effectivement le jour du Vendredi- 
Saint de Tannée 1377 ; enfin, parmi les sept échevins 
qui furent présents à la passation de Tacte du 27 mars 
1377, deux ont quitté leur charge le 20 février 1378 et 

{*) Grefe de Véchevinage de la Cité de Tournai, Archives de VÉtaf 
à Mons, 



COMMENCEMENT DE l'ANNÉE 9 

n'ont pu assister à un arrentement effectué le 27 mars de 
Tannée 1378. 

Voici la liste corai)arative des échevins (*). 



Du 20 février 1377 au 
19 février 1378. 

Jehans Dehellemes 
Jehans Gargate 
Mikieux Moutons 
Jakes Lo Louchier 
Jehans de Giilenghien 
Mallieu dou Mortier 
Jehaus d'Avesnez 



Bu 20 février 1378 au 
19 février 1379. 

Le même 
Le même 
Jehans Yillaia 
Jakesmes Hackart 
Le même 
Le même 
Le même 



Il ne reste, en conséquence, qu'à admettre, ou bien que 
le scribe qui a rédigé le chirographe a changé le millésime 
de Tannée dans la matinée du Vendredi-Saint après 
l'office, c'est-à-dire le 27 mars 1377, ou bien qu'il a placé 
le commencement de l'année au 25 décembre 1376. 

3) Un chirographe des Voirs jurés de Tournai du 5 avril 
1314 (n. st.) a pour date : 

« M. CGC. et XI II Je jour dou loin devenres devant le 

filEBVICE n (•). 

Les mots « dcvarU le siervice n n'ont d'autre raison que 
de signifier que le millésime de 1377 n'a pas encore 
été augmenté d'une unité. Cette date est une preuve 
irrécusable, ce semble, de l'emploi du style du Vendredi- 
Saint ; car l'expression « devant le siervice » a la 
même valeur que la formule <* ante cerei henedictionem » 
employée dans les chartes datées du Samedi-Saiut et elle 
laisse clairement entendre qu'une nouvelle année com- 

(*) Cette liste m'a été communiquée fort obligeamment par mon 
ami M. L. Verriest, des Archives de l'État à Mons. 

(') Chirographes de* échevins de la Cité de Tournai, layette de iSiS. 
Archivée communales de Tournai. 



10 H. NBLI8 

mence à courir à partir d^une heure indiquée dans la 
matinée de ce jour {*). 

4) Un quatrième exemple est emprunté à un chirographe 
des Voirs jurés de Tournai du 9 avril 1322, dont la date 
est ainsi libellée : « Van de grasse M.CCC et XXII, 
IX jours en avril par 1 devenres n (*). 

Le 9 avril 1322 tombe un vendredi et c'est précisément 
le Vendredi-Saint de cette année ; la charte ne peut, 
d'autre part, être reportée au 9 avril 1323 puisqu'en cette 
année Pâques tombait le 27 mars. Ou est donc aussi fondé 
à croire que l'acte en question a été passé après le service 
religieux du Vendredi-Saint et que le millésime de Tannée 
a déjà été changé. 

Il n'y a que deux hypothèses qui puissent expliquer les 
indications chronologiques qui nous occupent. Ou bien, 
ces chartes sont datées d'après le style gallican, qui était 
le mode ordinaire de commencer l'année à Tournai au 
quatorzième siècle usité par les scribes communaux, et 
alors le millésime a changé le jour du Vendredi-Saint, 
comme le veut Gilles li Muisis ; ou bien, les rédacteurs 

(') Je comprends les hésitations que M. Callewaert éprouve à 
considérer des expressions comme « vor noene » accompag^nant des 
actes donnés le Vendredi-Saint comme étant une preuve certaine du 
renouvellement du millésime après la messe des présanctifiés (Cf. 
AuÉm. 1905, p. 14, notes). Ces doutes me paraîtraient fondées si 
« ante^ post, voor, naer », etc. se rencontraient dans des chartes de la 
fin du douzième et du commencement du treizième siècle où ces 
mots n'ont pas la signification déterminée qu'ils possèdent au siècle 
suivant. A cette époque ces mentions sont usitées uniquement dans 
les actes notariés et dans quelques chartes d'échevinages ruraux. 
Il n'est donc pas téméraire d'attacher un grand prix aux locutions 
« devant » ou « après le siervice » ou encore « post » ou « ante cerei 
benedictioneM » puisque nous savons qu'elles avaient une importance 
nettement établie au point de vue chronologique dans des documents 
rédigés le vendredi et le samedi de la semaine sainte. 

(*) Gr^e échevinal de la Cité de Tournai, layette de 132i, Archives 
communales de Tournai» 



11 

des quatre chirographes ont compté le début de l^année 
nouvelle à partir du 25 décembre et dans ce cas nous 
avons quatre exemples, non douteux, de Temploi du style 
de la Nativité. 

Mais cette dernière hypothèse n'est pas recevable et 
n'a point la valeur qu'on lui attribuerait à première 
vue. Il est très vrai qu'à Tournai, de même qu'ailleurs 
dans les pays de style gallican, certains rédacteurs de 
chartes échevinales ont employé par exception le style 
de Noël ; toutefois, rien ne démontre irréfutablement 
que ce soit le cas ici. Qui croira, en effet, que les quatre 
chartes données le Vendredi-baint, doivent être rangées 
précisément toutes les quatre parmi les rares actes des* 
échevins de Tournai où s'observe le style de la Nativité ? 
Cette coïncidence fortuite et extraordinaire permet de 
conclure avec quelque vraisemblance que ce style chrono- 
logique n'a pas été employé dans los quatre exemples 
signalés. Il existe donc des raisons sérieuses pour admettre 
qu'on a affaire dans le cas présent à des chartes où le 
millésime de l'année a déjà changé le Vendredi-Saint 
(ex. n^* 1, 2 et 4) et où cette mutation est indiquée par 
l'expression « devant le siervice n (ex. n* 3). 

Mais de tout ceci résulte-t-il néce'ssairement que cette 
fête religieuse ait été prise au quatorzième siècle comme 
point de départ invariable d'une année nouvelle? Évidem- 
ment non, car voici trois preuves irrécusables du contraire : 

1) Chirographe des Voirs-jurés : 

« L'an M. CGC. et XIII le nuit de paskes apries 
nuesncn (*). 

Hone est l'heure de la bénédiction du cierge pascal et 
les mots « après nuesne «sont l'équivalent de l'expression 



f') Gr^^ de l'éehevinage de la Cité de Tournai, Archives de VÉtat 
à Jfons. 



12 H. NBLIB 

• posi cerei benedicHonem > ; le 14 avril 1313 est la date 
réelle de Pacte. 

2) L'exemple suivant est analogue au précédent: « L*an 
M. CGC. XI le nuyt de paskes apries nuene » (*) et la 
date correspond au 10 avril 1311. 

3) Un chirographe des Voirs jurés du 18 avril 1310 
(n. st.) est libellé ainsi dans sa date: « M. COC. et IX 
le nuit de grandes paskes devant nuene, X VIII jors en 
avril n (*). 

« Devant nuene n indique une heure du Samedi-Saint 
avant la bénédiction du cierge et la date est encore de 
Tancieu style, puisque le 18 avril est la veille de Pâques 
.de l'année 1310 (n. st.) et qu'en 1309 la fête de Pâques 
tombait le 30 mars. Le millésime de l'année doit être 
augmenté ici d'une unité et la date se lire : 18 avril 1310. 

Une conclusion découle de l'enseraWe de ces exemples, 
c'est qu'au quatorzième siècle on a compté, à Tournai, 
l'année civile à partir de deux jours différents de la 
Semaine-Sainte,, à savoir du Vendredi-Saint et de la 
matinée de la veille do Pâques après nonc. Mais il est 
impossible de déterminer, en outre, lequel de ces deux 
jours a été choisi de préférence pour changer le millésime. 
Des quatre chartes avec mutation du millésime au 
Vendredi-Saint et des trois au Samedi-Saint, il n'y a 
aucune règle positif à déduire puisque des recherches 
entreprises demain peuvent mettre au jour plus d'un 
acte montrant le renouvellement du millésime après la 
bénédiction du cierge pascal. Cette question est d'ailleurs 
purement oiseuse et sans intérêt au point de vue des 
recherches historiques sur les annales de Tournai au quator- 

(*) OreJ'e de Véchevinage de la CHây layette de 1311. Archives com- 
munales de Tournai. 

(*) Gr^e de Véchevinage de la Cité de Tournai. Archives de VÉtat 
à Mons, 



COMMENCEMENT DE l' ANNÉE 13 

zième siècle. En effet, la liste des échevins de la cité, 
inscrite dans les registres de la loi, permet facilement de 
contrôler si une charte émanée des juges urbains, donnée 
le Vendredi-Saint ou la veille de Pâques d'une année 
quelconque, est réellement de cette année, ou si la date 
qu'elle porte doit être réduite au nouveau style. Pour 
le quinzième siècle, toutes les lettres. échevinales que j'ai 
examinées m'ont permis de constater que l'usage de fixer 
au Samedi-Saint le commencement de l'année a prédominé 
à cette époque. Jusqu'ici on n'a pas encore relevé un 
seul acte prouvant que l'office du Vendredi-Saint ait été 
pris comme point de départ d'une année nouvelle. 

Si l'on admet maintenant que dans les quatre exemples 
le millésime de l'année a varié au jour indiqué par la 
date qu'ils portent, on se convaincra facilement aussi 
que Gilles li Muisis savait très bien ce qu'il disait quand 
il a affirmé qu'à Tournai l'année commençait à courir 
dans la matinée du Vendredi-Saint. Certes, ses affirmations 
sont erronées quand il fait de cette coutume particulière et 
locale l'usage général des pays de style gallican et qu'il 
ne dit pas que dans sa ville natale même le millésime 
changeait parfois a un autre jour. Mais à tout prendre, 
il ne faut pas jeter la pierre au bon abbé de S*-Martin 
d'avoir été si mal renseigné sur les styles chronologiques 
de son époque, alors que nous — mieux outillés que lui — 
nous le sommes encore si peu aujourd'hui au sujet des 
usages d'alors. Quant k son ignorance sur ce qui se prati- 
quait de temps à autre, de son vivant à Tournai, elle 
est moins compréhensible; mais nous savons trop, que 
li Muisis s'est trompé trop souvent et trop grossièrement 
pour que nous nous étonnions beaucoup de l'inexactitude 
manifeste d'une partie de ses dires concernant le début 
de Vannée au Vendredi-Saint. 

Bruxelles. H. Nelis. 



NOTE ■ COMPLÉMENTAIRE 



SUR 



LE COMMENCEMENT DE L'ANNÉE 



Je suis heureux de pouvoir rendre hommage aux mérites 
de l'étude si précise de M. Nelis, en déclarant que malgré 
mes hésitations antérieures, je souscris des deux mains 
à ses conclusions : les faits qu'il allègue me semblent 
concluants. 

En outre, — et c'est ce que je désire surtout signaler 
à l'attention de nos lecteurs, — les textes cités par notre 
savant collaborateur corroborent la portée et précisent le 
sens des deux exemples signalés autrefois, pour Bruges, 
par MM. L. Gilliodts et R. Shéridan, exemples que j'ai 
rappelés dans ma précédente étude sur Les origines du 
style pascal en Flandre (*). 

Les doutes que j'avais exprimés au sujet de la mention 
« in Goeden Vridaghe vor noene » provenaient de la signifi- 
cation obvie et naturelle que j'attribuais à ces mots : « avant 
midifi. D'après ce sens, le changement semblant 'devoir 

(') AnÉm.t. LV, 1905, p. 14, note. 



COMMENCBMENT DE l' ANNEE 15 

se faire à midi, je ne voyais ui la raison déterraiaaate 
du changement, ni son attache avec le texte de Gilles 
li Muisis affirmant que le millésime changeait « post 
officium missse n. 

Heureusement, les expressions « apries » ou « dei^ant 
neune » (p. 11 s.), « devant le siervice » (p. 9) données par 
M. Nelis nous montrent que la formule « vor noene n doit 
se traduire « avant None de l'office ». Voilà l'attache 
liturgique. L'heure de None se chantait immédiatement 
avant le service du Vendredi-Saint et la messe des 
Présanctifiés: et le millésime changeait après cette messe. 
La charte signalée par M. Shéridan confirme donc, en 
partie, pour Bruges, les dires de l'abbé de Saint-Martin. 

Notre mot flamand noene avait parfaitement cette 
signification au XIV® siècle. Il dérive évidemment du 
latin nona, qui désignait à la fois la neuvième heure du 
jour ancien (trois heures de l'après-midi) et la partie 
de l'office canonial qui se chantait primitivement à cette 
neuvième heure, mais qui, déjà au XIV' siècle, était 
chanté, le Vendredi-Saint, avant le service solennel du 
jour. 

Dans le premier sens, nous lisons dans Van Maerlant, 
Rijmbijbel, v. 26525: « Van der sester wilen... dat men 
middach nomen hoort, toler noenen ward demsterhede » ; 
V. 26578 : « Omtrent noene so riep Jhesus... mijn God, 
twi heefstu mi ghelaten ? » 

Comme désignation de l'heure canoniale de Natte, voici 
un texte du Haagsche Bijbel, 2, 12 a. : « Sdages loven wy 
seven werven, dats te lauden, te primen, te tierce, te 
sexte, te noene, te vespertide ende te completen n (*). 

C. Callewaeet. 



(') Voir le Dictionnaire de Vbbwys en Ybbdam . 



Be Hongersnood in de Pliddeleenuien 

tot de XIIP^ eeuw. 



't Is een lange, treurige bladzijde in Let boek Tan ons 
verleden, het verhaal van de hongersnooden, die in 
vroegere eeuwen ons land en ons volk geteisterd hebben. 
Deze rampen opzoeken en beschrijven ware gewis belang- 
wekkend. Doch, nader onderzocht, kunnen ze nog een 
hooger belang opleveren. Hongersnood ontstaat, wel is 
waar, veelal toevallig ten gevolge van onweders, over- 
strooraingen, van 't mislukken van den oogst, al oorzaken 
die in de natuur zelf liggen en onafhankelijk zijn van 
's menschen wil en werk. Als men echter bedenkt dat 
dergelijke onheilen, hun toe- en afnemen, hun uitgebreid- 
heid, hun gevolgen, dat de pogingeu, aangewend om zo 
te voorkomen of te keer te gaan, in nauAv verband staan 
met den huishoudelijken en maatschappelijkeu toestand, 
dan is 't licht te begrijpen hoe een geschiedenis van den 
hongei snood, aldus opgevat, van aard is een blik te laten 
werpen op het leven van ons voorgeslacht en.kan bijdragen 
tot hot beter kennen van de volksontwikkeling. 



HONGBBBNOOD IN DE MIDDELEEUWEN 17 

Weinig, zeer weinig is over dit onderwerp geschreven 
geweest, 't zij hier, 't zij elders. Enkele afzonderlijke 
bijdragen zijn in plaatselijke tijdbladen te vinden. Aldus 

Ch. Moeren. Notice sur les famines en Belgique. 
Bulletin de TAcad. de Belg. IIP vol. 

E. Van Migen. De Hongersnood van 't jaar 1044. 
Belgisch Museum, 1838, 2^* deel. BI. 419 en volg. 

P. C. Vandeb Meeesch. Notice sur les grandes famines 
qui ont désolé la Belgique depuis les temps les plus reculés 
jusqu*à nos jours. Messager des sciences et des arts. 
Gand, 1847, p. 247 en volg. 

Ze geven ofwel een dorre opsomming van feiten ofwel 
uitgebreide beschrijvingen, grootendeels ontleend aan de 
verbeelding of aan Meyer, Despars, enz. 

L. Wassermann. Die Hungerjahre und die Klöster in 
alter Zeit. Der Katholik. 72 Jahrgang, Dritte Folge. 
V Band. 1892. — Deze studie behandelt ook ons land ; 
doch ze verliest veel van haar weerde, daar ze gesteund 
is op voorbeelden aan alle landen en tijden ontleend. 

L. ToRFS. Fastes des calamités publiques survenues 
dans les Pays-Bas et particulièrement en Belgique depuis 
les temps les plus reculés jusqu^ à nos jours, Paris-Tournai, 
1859, 2 deelen. 

Dit was het eenige uitgebreid werk dat tot hiertoe 
verschenen was. Hoe verdienstelijk het weze, de weerde 
ervan is gering ; het is niet wetenschappelijk bewerkt, 
vervalt in allerhande uitweidingen en wat de geschied- 
gronden betreft, zeer zelden zijn ze vermeld en dan nog 
zijn het enkel compilation uit de 17®, 18® eeuw. 

\oor het eerst is dit onderwerp ernstig en grondig 

behandeld geweest door Fritz Curschmann, Uungersnöte 

i'm MiifelalfeTy Leipzig, 1900. (Leipzigerstudiën aus dem 

Gebiet der Geschichte, herausgegeben von G. Bnchholz, 

K. Lamprecht, E, Marckx, G. Seeliger, VI. 1.), 



18 B, YAK CAPFBL 

De schrijver heeft de geschiedgrondea uit dien tijd 
nauwkeurig onderzocht, al de gegevens eruit getrokken 
die op zijn onderwerp betrekking hebben en aldus een 
waren en voUedigen schets gegeven van den hongersnood 
in de hoogere middeleeuwen. Daarbij, in een aanhang, 
die het grootste deel van het boek beslaat, geeft hij een 
« Chronik der elementaren Ereignisse n, waar hij over- 
drukt, jaar voor jaar, al de uittreksels uit de verschillende 
bronnen, betrekkelijk niet alleen de hongersnooden, maar 
andere openbare rampen, als ziekten, sterften, overstroo- 
mingen ; zelfs onweders, veldverwoestingen en ongewone 
luchtverschijnselen. 

De verhandeling strekt over geheel Midden- en Noord- 
West-Europa, en behelst dus ook ons land. Zelfs speelt 
ons land een voorname rol, daar, onder al de schritteu 
uit dien tijd, deze uit ons land gewis het talrijkst zijn. 

't Ware dus jammer geweest, ware dit boek, dat ons 
zoo zeer aanbelangt, onbekend gebleven. — Niemand ook, 
hopen we, zal het ons ten kwade duiden, dat we ons 
hebben laten overhalen om, op onze beurt, de geschiedenis 
voor te stellen van den hongersnood alhier. Curschmann's 
Chronik der elementaren Ereignisse is ons van zeer groot 
nut geweest en menig gezichtspunt hebben we van hem 
overgenomen. We hebben er naar getracht, benevens 
eenige wijzigingen en nieuwe bijzonderheden die wij 
hebben aangebracht, deze geschiedenis nader toe te 
passen op onze gewesten ; en willen steunen, veel meer 
dan Curschmann het doet, op het innig verband dat 
bestaat tusschen den hongersnood en de maatschappelijke 
en huishoudelijke toestanden. 

* 

Behalve de Kapitulariën der Frankische koningen, zijn 
er geen oorkonden die rechtstreeks gewag maken vaa 



HONOEB8NO0D IN DE MtDDELEEUWBN 19 

hongersnooden. Liggers, inkomst- en rekeningboeken, die 
zeer nuttige inlichtingen kunnen verschaffen nopens de 
werking en de gevolgen, ontbreken voor dit tijdstip. 
We beschikken dus enkel over verhalende geschied- 
gronden. En dan nog mag men de Heiligenlevens onverlet 
laten. Zelden wordt er een geval van hongersnood 
aangestipt en doorgaans is het zeer onduidelijk voorgesteld, 
zonder bepaling van tijd en plaats en oorzaak. Natuurlijk 
moet hier uitzondering gemaakt worden voor de gewichtige 
levens van Graaf Z. Karel de Goede. Blijven nog over 
de Annalen en Kronyken, vooral deze die in de kloosters 
zijn opgesteld geworden ; de andere immers houden bijna 
uitsluitend hun aandacht gevestigd op het staatsieven van 
hun tijd. Wat in de annalen aangestipt staat is echt en 
nauwkeurig, doch zeer bondig.... Zulk jaar : fames valida^ 
een hevige hongersnood, en wat ze er soms bijvoegen is 
iets wonderbaars, doch van weinig belang. De Kronyken 
zijn uitvoeriger en weiden uit over omstandigheden die 
den hongersnood voorafgaan of vergezellen : Annalen en 
Kronyken voUedigen malkaar. 

Om een genoegzaam getal gegevens bijeen te hebben, 
was het noodig dezelve te ontleenen aan bronnen uit 
verschillende gewesten. Ook, als we spreken van den 
hongersnood alhier^ moet dit in ruimen zin verstaan 
worden. Ten andere, wat hier en daar en ginder vermeld 
staat over oorzaken, werking en gevolgen van een eenigs- 
zins uitge breiden hongersnood, mag gemakkelijk veral- 
gemeeod worden en toegepast op gansch eene streek waar 
lucht- en grondgesteldheid en maatschappelijke ontwikke- 
liog nagenoeg dezelfde zijn. 

Het tijdperk dat hier behandeld wordt, loopt van de 
VHP*" eeuw, - uit dien tijd immers dagteekenen onze oudste 
annalen, — tot de XHP*, tijdstip waarop een gansche 
ommekeer plaats grijpt op huishoudelijk en maatschappen 



20 B. VAN OAPPEL 

lijk gebied, hetgeen een groeten inyloed uitoefent op de 
geschiedenis der hongersnooden. De schrikkelijke honger- 
ramp van 1315-16 sluit dit tijdperk (*). 

Achtereenvolgens zal er sprake zijn van het ontstaan van 
den hongersnood, — van den duur, de uitgebreidheid en 
het getal, — van de uitwerkselen en gevolgen, — van de 
middelen aangewend om de hongerlijdenden ter hulp te 
komen. 

Ontstaan van den hongersnood. 

De menschen uit dien tijd wisten, zoo wel als wij, dat 
regen en hagel, vorst en hitte, storm en overstroomiog den 
hongersnood voorafgingen en teweegbrachten, maar in 
hun geest van geloof speurden ze dieper in naar de 
hoogste oorzaak en zagen in die rampen het werk van 
Gods handen ; ze zegden en schreven : « 't zijn al straffen 
Gods » — « Het zweerd van Gods gramschap woedt allent- 
henen, de paleizen der rijken evenals de hutten der armen 
worden door den hongersnood getroffen n (*). « De Heer 
zond dus zijn geesels van hongersnood en sterfte over al 
die in ons land woonden » Q) Jan de Klerk in Brabantsehe 
Yeesien beschrijft den hongersnood van 1315 en besluit : 

« Dus wrac God onze Here 

In ertrike des menschen zonden 

Daer si met weelden in stonden » (*). 

God nochtans sloeg niet onverhoeds. De menschen 
werden vooraf verwittigd door schrikkelijke voorteekenen 

(») PiBENNE. Histoire de Belgique. 1 (2« éd.) 1903. bl. 290. 

(*) G esta abbatum Gemblacensium ; Contin. auct. Godbschalco, 
anno 1095. Monumenta Grnnanine (MG), Scriptor es (SS). VIII, 547. 

(=) Passio KaroH comit. auct. Galberto. Cap. 2. MG. SS, XII, 562. 

(*) Collection de chroniq. Belges, éd. Willems et Bormans, V*'* boek, 
JC'' hoofdst. I. 442. 



HONGEBBNOOI) IN 1»E MIDDELEEUWEN 21 

en wondere Inchtverschijnselen, ten einde aan tijden boete 
te doen voor hun zonden, zoo dachten ze. 

Aldus de zonverduistering. Zoo lezen we bij Galbertus : 
« Maar vooraf behaagde 't den Heer de menschen door 
schrikkelijke teekenen tot boetveerdigheid te roepen... Ten 
jarc 1124 in Oogstmaand verscheen rond de noen een 
verduistering in de zou. En daar de menschen, 't zij heeren, 
't zij dienstlieden, hun leven niet beterden, brak plotseling 
een hongersnood uit gevolgd door sterfte » (*). « Dit jaar, 
1310, schrijft Li Muisis, was 't zonverduistering den 
laatsten dag van Januari en ditzelfde jaar was er schaarsch- 
heid aan graan en wijn » (•). 

't Zijn vooral de steertsterren die rampe voorspellen. 
« Daar verscheen een steertsterre en de hongersnood 
volgde » lezen we in verscheiden jaarboeken op 't j. 941 ('). 
De groote hongersnood van 1316 werd aangekondigd door 
een steertsterre : « Visa est stella comata ; aldus de 
jaarboeken van Park ; en dan volgden : pest, hongersnood 
en sterfte » (*). Voor ditzelfde jaar dicht Jan de Klerk in 
Brabantsche Yeesten : over « die drie plaghen,... die God 
sende den menschen ieghen (te weten : regen, sware 
dieren tijt en sterfde) n en hij besluit (') : 

« Ende onlanghe, eer dit ghevel 

Sachmen die cometen fel 

In die lucht die hat den staert 

Rechte staende Noord-West waert, 

Die van naturen altoes bedieden 

Doot van princen oft plaghen van lieden. » 

(•) Pmsïo Kar. comiL Fl. c. 2 et 3. 

(') JEaimi Li Muisis Chron. Ds Smet. Corpus chron. Fland. II , 176. 

(*) Ann. Laubienses, SS. IV, 16. 

(*) Ann, ParcAens. SS. XVI, 608. 

(*) Jak DB Klkbk, boek V, cap. X. v. 783-820. 



22 E. VAN CAPPEL 

Ë6Q ander wonder yerschijnsel, te weten het Noorderlicht 
staat vermeld bij Baldwija van Ninove. « Te dien jare 
(1192) zag men bij nachte een vier in de lucht zoodat 
iedereen dacht dat 't brandde in de nabijheid » (*). En 
een ander schrijver : « Den 18*^° van de kalenden van 
Februari (15 Jan.) bij 't vallen van den nacht, zagen velen 
een schrilckelijk vuur, dat laaide over geheel 't aardrijk 
al den noordkant n ('). En onmiddelijk daarop voegt Bald. 
van Ninove « En daar volgde een hongersnood van 
ongeveer zeven jaar. n 

Die volksopvatting over de hooger redenen van 't ontstaan 
van den hongersnood nu daargelaten, welke waren eigen- 
lijk de werkelijke naaste oorzaken van den hongersnood ? 

In de bronnen uit dien tijd vinden we, dat in de meeste 
gevallen de onmiddclijke oorzaak was : het mislukken van 
den oogst. 

Daartoe werd veelal aanleiding gegeven door lange, 
harde winters. Een treffend voorbeeld daarvan is de winter 
die den groeten hongersnood van 1125 voorafging. Reeds 
in 1124 vermeldt Anselm van Gembloux een buitengewoon 
strengen winter met schrikkelijk veel sneeuw. Daarop 
volgde gestadig slecht weder : overbands sneeuw, regen en 
vorst en dat duurde tot t'halven Maart, 't En was maar in 
Mei dat er bloei en wasdom te bespeuren was (^). In zulk 
geval kon 't zaaien niet op zijn tijd geschieden ; zoodat 
reeds van in 't begin van 't jaar de akkerbouw ten achteren 
stond. Was nu daarbij de zomer ongunstig of volgde 
daarop een nieuw slecht jaar, dan moesten de gevolgen 
onvermijdelijk noodlottig zijn. 't Is hetgeen inderdaad dit 
jaar gebeurde. De regen die regelmatig iedere maand bij 
stortvlagen viel, verzwond om zoo te zeggen het zaad in 

(») Bald. Ninov. Chron. SS. XXV, 53 p. 
(') Continuatio Aqnicinctinay SS. Yl, 423. 
(») Anselmi Contin. Sigeberti. SS. VI, 379, 



H0NGEB8N00D IK DE MIDDELEEtTWEK 28 

den grond, zoodat de rogge en de haver bijna niets 
opbrachten (*). Dit jaar reeds was er een algemeene 
hongersnood (*). Deze toestand verergerde nog het 
volgende jaar, daar de winter opnieuw streng en langdurig 
was ('). Geen wonder dat Walter van Terenburg, in 
't leven van Graaf Karel, boekte : « 't Was nu twee jaar 
dat de groud onvruchtbaar was en de oogst uiterst gering, 
ook was er groote schaarscheid aan levensmiddelen » (*). 
Voeg daarbij dat het vee, dat in den winter veel buiten 
bleef, toen eveneens erg te lijden had. Dit ook werkte 
noodlottig mede, vooral in onze streken, waar de veekweek 
zeer uitgebreid was en in ruime mate moest voorzien in 
het levensonderhoud der bevolking. 

Wat het meest nog slechten oogst en vervolgens honger- 
snood veroorzaakte, was het ongunstig weder tijdens de 
lente en den zomer : groote droogte, aanhoudende regen, 
herhaalde zware hagel vlagen ('). 



(•) Anselmi Continuatio Sigeberti, SS. VI, 379. 

(•) Ziet nog : Ann. Canurac. SS. XVI, 513. 
Ann. Fassenses. SS. IV, 30. 

Ckronicon Elnonetue S, Amandi. Recueil des Historiens de France. 
Xm, 454. 

O Annal. Blandinienses, SS.V, 28. — Anselmi contin. Sigeb, SS. VI, 379. 
— Galberti Passio Kar. com. cap. 273, SS. Xll, 562. 

(*) Walieri Vita Karoli comit. Fland. cap. 11, SS. XII, 544. — 
Herimannide Restauratione S. Martini Tornac, cap. 13. SS. XIV, 323. 

(') Ziet nog voorbeelden van slecht weder ais oorzaak van honger- 
snood : 

't jaar 874. Lange strenge winter, gevolgd door droogte. Annal, 
Bertiniani, SS. I. 
't jaar 973. Regenachtige, koude zomer. Ann. Laubien. SS. IV, 17. 
't jaar 1076-77. Lange winter (November-Maart), daarna groote 
droogte. Annal. Elnonenses majores^ SS. V, 13. 
't jaar 1315. Gestadige regen, 

« die in die maent van Meie began 
ende dnerde een jaer voert an. » 

Jan de Klbbk, Brabantsche Teesten, I, 442. 



24 E. VAN CAPPEL 

Andere oorzaken zijn er die meer zelden voorkwamen en 
wier uitwerkselen doorgaans min uitgebreid waren, zooals : 

Stormen. Den 30 Juni 1185, ontstond er een storm 
vergezeld van zwaren hagel, in de omstreken van Anchin. 
De oogst lag verwoest en er volgde hongersnood (*). 

Overstroomingen. Ten jare 1183, ten gevolge van den 
aanhoudenden regen, ontstond er overstrooming langs 
verscheidene watervlieten en wa§ de oogst bedorven (•). 
In 1309, na een harde vorst overstroomde de Schelde en 
vernielde de vruchten in de omstreken van Doornijk ('). 
In 1287, groote zeeoverstrooming, die langs de kust groote 
schade aanrichtte {*). 

Ziekte en sterfte onder het vee, al zijn ze op hun eigen 
niet rechtstreeks oorzaak van hongersnood, maar eerder 
het gevolg ervan, helpen er toe om de ramp te verergeren, 
daar het vee toen ter tijd een voornaam levensmiddel was 
en een groot deel uitmaakte van de have der landelijke 
bevolking. 

Een gansch bijzondere en buitengewone oorzaak vinden 
we eenmaal vermeld, te weten de verwoestingen aan- 
gericht door sprinkhanen, 't Was in 873. Bij geheele 
zwermen kwamen ze uit 't Oosten afgezakt al over 
Duitschland, Frankrijk. Alhier ook werden ze gezien en 
overal brachten ze groote schade teweeg. Het jaar daarna 
was er hongersnood. Hoe nauw echter het verband is 
tusschen beiden kan men moeilijk uit de toenmalige 
schriften opmaken, te meer dat die verschijning vooraf- 
gegaan is door groote droogte en gevolgd door een harden 
winter ('). 

(*) Sigeberti eontin, Aquicinctina, SS. VI, 424. 

(") Amtal, Egmundani, SS. XVI, 469. Ann, Floref. SS. XVI, 625. 

(') jSgid. Li Muisis. De Smet. Corpus chron. Fland. II, 176. 

(*) Annal, Blandin, SS. V, 33. — Bald. Ninov, chron, SS. XXV, 546. 

n Annales Vedastini, MG, SS. II, 196, 



HOîCGEBbKOOD IN DE MIDDELEEUWEN 25 

Eindelijk dienen nog vermeld de menigvuldige oorlogen 
en rooftochten tijdens de hoogere middeleeuwen. Dat de 
invallen der Noormannen hongersnood tot gevolg hadden, 
valt niet te betwijfelen, daar we weten hoe ze vee en 
Truchten roofden en de velden verwoestten ; of nog hoe de 
bevolking weggevlucht of met vrees geslagen het land 
onbebouwd liet. Daarover evenwel hebben we weinig of 
geen berichten, immers in die woelige dagen werd weinig 
geboekt. Er zijn nochtans voorbeelden. Zoo lezen we in 
de Hisioriœ van Richer van Reims (*), hoe in 889, na 
langen strijd, de Noormannen verdreven werden en hoe 
alsdan een hongersnood ontstond, omdat de aarde drie 
jaar lang onbewerkt gebleven was. In 852 woedde aan 
den Neder-Ryn een plaatselijke hongersnood, ten gevolge 
van den inval der Noormannen (*). Mag men hetzelfde 
niet vermoeden alhier, na de invallen in 879-80 ? 

Wat de kleine inlandsche oorlogen aangaat en de roof- 
tochten der edelen ondereen tijdens de leenroerigheid, 
is 't algemeen bekend hoe talrijk ze waren en hoe die 
strijdlustige lieden hun veete koelden door onderling het 
vee te ontvoeren en de velden te verwoesten, zoodat 
nogmaals de arme plattelandbewoners het meest te lijden 
hadden ('). Zelden nochtans vernemen we dat ze hongers- 
nood veroorzaakten, 't Is wellicht dat, zoo er nood was, deze 
op eene kleine uitgestrektheid beperkt was en zich niet 
liet gevoelen in de nabijheid der kloosters, waar de kronijk- 
schrijvers leefden, en die van dergelijke aanvallen en 
strooperijen gevrijwaard bleven. Eenmaal lezen we hoe 
ten gevolge van inwendige oorlogen en verwoestingen 
« vastante passim cuncta raptore • de menschec op vele 

(*) Bickeri Historiarum Liè. I, cap. 5. MG. SS, uitgave in-8. 
O Annales Xantenses. SS. II, 229. 

{*) Ziet voor Vlaanderen, H. Van Houtte. Essai sur la civil, flam, 
au commencement du XII* s, Louvaia, 1891, bl. 49 eo 170. 



26 E. VAN CAPPEIi 

plaatsen genoodzaakt waren aarde te eten, gemengd met 
wat meel en in Torm yan brood gekneed (^). 

Onder de gevallen die we in de bronnen uit dien tijd 
aantreffen en die aangestipt zijn als min of meer 
aanleiding gevend tot hongersnood, zijn er die, zooals 
stormen, overstroomingen, oorlogen, min sterk op hun 
ontstaan schijnen ingewerkt te hebben, 't Is dat ze meer 
zelden voorkwamen en doorgaans geheel plaatselijk 
waren, zoodat hun invloed zich in engeren omvang en 
min beduidend liet gevoelen. De gewone, de voorname 
aanleiding was het ongunstig weder. In onze streken 
komt dat zoo dikwijls voor en alleszins waren de gevolgen 
ervan noodlottig en uitgebreid ; immers ze strekten zich 
uit over gansch een grondgebied, waar grond- en lucht- 
gesteldheid en levensaard dezelfde waren. 'Het onmiddelijk 
gevolg van 't ongunstig weder en de rechtstreeksche 
oorzaak, de eigenlijke oorzaak dus van den hongersnood 
was het mislukken van den oogst ; het noodzakelijk 
gevolg hiervan was scbaarschheid of volkomen gebrek 
aan wat het hoofdzakelijk bestanddeel uitmaakt in de 
voeding van den mensch. 

* 

Hier rijst nu de vraag op hoe 't uit te leggen is, dat 
slecht weer in dien tijd altijd zoo noodlottig was voor 
den oogst, en dat 't mislukken van den oogst altijd, 
onvermijdelijk den hongersnood tot gevolg had ; bij 
zooverre dat, in de jaarboeken, storm en vorst en natte 
en droogte regelmatig als iets geheel belangrijks vermeld 
worden, alzoo belangrijk en 't vermelden weerd als 't 
afsterven en verkiezen van pauzen en prinsen, als 
veldslagen en vredeverdragen, enz. 

(») Annal. Bertiniani^ auct. Pbudbntio. MG. uitgave in-S. 29, op 
't jaar 843. 



HONQEBSNOOD IN DE MIDDELEEFWEN 27 

Dit moet worden verklaard door de gesteldheid van den 
grond, door den aard van den akkerbouw, door den 
ganschen huishoudelijken en maatschappelijken toestand 
in die eeuwen. 

Tot de XIIP eeuw, tijdstip der groote ontginningen, 
bestond ons land ten grooten dcele uit onvruchtbaren 
grond. Geheel het kustlaud, schier onbedijkt nog en 
zonder waterafleidingen, aan herhaalde overstroomingen 
blootgesteld, stond veelal onder water en bleef onbenuttigd. 
Noordwaarts was 't een zandachtige vlakte slechts 
onderbroken door bosschen en poelen; in 't Zuiden was 
de grond meer vruchtbaar en beter bewerkt, hoewel men 
daar ook lijk elders, tal van bosschen, woestijnen en 
moeren aantreft. En daar nog waar de grond bewerkt 
en vruchtbaar gemaakt was, 't zij in de kleine afzonderlijke 
hoerenhoven, 't zij in de uitgestrekte groudbezittingen, 
bestond een deel, en hier in Vlaanderen een vrij groot 
deel, uit weiland ; zoodat slechts een zeer gering deel 
overbleef om bezaaid en beploegd te worden en een 
betrekkelijk kleine hoeveelheid veldvruchten kon voort- 
brengen (*). 

De akkerbouw zelf was heel gebrekkig en zeer weinig 



(*) Ziet over de grondgesteldheid in ons iand : 
V. Bbajïts. Histoire des classes rurales aux Pays-Bas jusq, fin du 
iriIIs.(Uém, de l'Acad. royale. Collection in-8, t. XXXU, 1881.) 
p. 205. 

F. Db Pottbb en J. Bbobckabrt. Geschiedenis van den Belgischen 
Boerenstand. (Aldaar), bl. 102-103, 

Ch. DuviviEB. Hospites. Défrichements en Europe et spécialement 
dans nos contrées aux J/", X//« et XIW siècles, (Revue d'Hist. et 
d'ArchéoL Bruxelles, 1859); bl. 131 en volg. 
En voor Yiaanderen in 't bijzonder : 

f, y^ur DB Putte. Esquisse sur la mise en culture de la Flandre 
Oecid. (AohbI. de Ia Soc. d'Émul. Bruges, t. 111) p. 187-191, 
?iÂftm%. Histoire dé Belgique^ I (2<*« uitg.), bl. 139. 



2B E. VAN C APPEL 

ontwikkeld. Vooreerst was het getal vruchtsoorten veel 
kleiner dan heden (*). Daarbij, daar het onderling verkeer 
en vervoer zeer moeilyk was, moest men overal al de 
vruchtsoorten kweeken (*). Hieruit volgde dat 't niet 
mogelijk was de gepaste vruchten op te doen naar den 
aard van den grond, hetgeen de opbrengst nog verminderde 
en bovendien den grond spoedig verarmde en uitputte ('). 
Deze verarming van den grond moest dus tegengewerkt, 
de verloren natuurkrachten hersteld worden. Men bezigde, 
wel is waar, mergel, gekorven en gedroogd lisch en wied (*) 
en stalmest, maar die vette was onvoldoende in opzicht 
van hoeveelheid en van gewenschte toepassing (^). De mest 
uit de steden werd nog niet benuttigd en kunstmatige 
vette was natuurlijk onbekend. De intensieve akkerbouw, 
zooals hij nu bestaat, was toen niet mogelijk. Daarom, 
daar .waar de grond bewerkt werd, vindt men nevens een 
stuk bouwland, een groote uitgestrektheid weiland. 
Weiland was toen onmisbaar. Daarop kweekte men vee, 
dat doorgaans de voornaamste have uitmaakte van den 
landbouwer, en voor een groot deel tusschenkwam in 
zijn levensonderhoud en vette leverde voor zijn bouwland. 
Veelal worden wei- en bouwland beurtelings gewisseld 
vooral voor mageren en pas ontgonnen grond. Als 't deel 
dat bezaaid en beploegd werd uitgeput geraakte, liet men 

(*) V. Bbants. Gemeld werk, bl. 206. H. Sj^e. Les classez rurales et 
le régime domanial en France au Moyen Age, Paris, 1901, p. 542. 

Ziehier de vruchtsoorten die wij in de verschillende bronnen hebben 
aangetroffen : haver en rogge het meest ; spelt was meer eigen aan 
't Luiksche en 't Namensche ; tarwe vooral in onze zaidergouwen, in 
Henegouwen en Artesië ; nog : gerst, millie, erwten en boonen, wijn- 
gaarden en fmitboomen, zoowat overal. 

(') Aldus is 't wellicht uit te leggen hoe in dien tijd zooveel 
wijngaarden gekweekt werden. 

(») H. Sée. Aldaar. 

(♦) Vak DB PuTTB, p. 194. 

C') Db Pottbb en Brobkabbt, bl. 184 en volg. 



HONGERSNOOD IN DE MIDDELEEUWEN 29 

het rusten ; aan zijn natuurlijken wasdom overgelaten, werd 
't weder tot weiland (*). 

Al vroeg echter, — men vindt er alhier reeds in de 
IX* eeuw sporen van, — kwam een beter landbouwstelsel 
in zwang, te weten : de driejaarsche wisselbouw. Het 
eerste jaar zaaide men horfstkoorn, 't tweede jaar maarte- 
koorn, het derde liet men de aarde rusten en braak liggen. 
Op sommige plaatsen paste men het stelsel der afwisselende 
vruchten toe : beurtelings zaaide men bijvoorbeeld rogge en 
haver. Braak vruchten zullen nog lang onbekend blijven (^). 

Voeg daarbij dat het landbouwallaam nog zeer gebrekkig 
was en dat de groote tuigen niet in 't bereik waren van 
den kleinen boer, die dus genoodzaakt was alles met de 
hand te verrichten ('). 

Dit alles maakt dat de akkerbouw zeer weinig ontwikkeld 
was en de opbrengst zeer gering, ja wel den helft jof de 
twee derden minder dan nu. Het groot aantal vee, dat toen 
gekweekt werd en de vischvangst in de vlieten en langs 
de zeekust konden maar in kleine mate de geringe 
opbrengst van veldvruchten vergoeden. 

Tevens mag men niet uit het oog verliezen dat de 
bevolking rap aangroeide, zoodat de grond nog slechts 
met groote moeite in het onderhoud der bewoners kon 
voorzien. Ook zien we hen gedurende gansch de XU* eeuw, 
uitwijken om in den vreemde onderstand te zoeken (*). 

(") Bbants, p. 205. DePottbb en Beoukaebt. bl. 183. 

(•) V. Brakts, p. 206. — De Potter en Bbobckaeet, bl. 182 en 206. 
Meermalen steanen de kronijkschrijvers op het volkomen mislukken 
Tan den oogst. « Segetes autumnales detuerunt simul et vernales. » 

In Sigeberti auctarium ajligemense (MG. SS. VI, 418). « Messis 
triticea solito fait rarior ; porro avena sui tercii mensis semina supra- 
scripta repara vere dampna i». Hetgeen aantoont dat de driejaarsche 
boQwwijze in gebruik was en dat de ter we met den haver gewisseld 
werden. 

(•) H. SiE, p. 542. 

(*) PiBXKKS, Siêi. de Belg. I (2<>« uitg.), bl. 136 en 286-287. 



30 E. VAN CAPPEL 

Geviel er nu eeu eenigszins slecht jaar, zoo was terstond 
de oogst outoereikead, en toen volgde natuurlijk 
schaarscheid oi volkomen gebrek aan levensmiddelen, 
hongersnood. 

Dit wordt nog gemakkelijker verstaanbaar, wanneer 
men den toestand der maatschappij nagaat in dien tijd. 
Doorgaans leefde elk met wat hij op eigen akker opdeed. 
Deze, — de vrije boeren daargelaten, — lijfeigenen of 
andere dienstbare lieden, die op een heerlijkheid gevestigd 
waren of op een afhankelijk hof woonden, moesten op 
gestelde tijdstippen een groot deel van hun opbrengst aan 
den heer afstaan. Eerst en vooral vielen de verplichtingen, 
censen, tienden, te betalen ; ze hadden maar te zorgen 
dat ze van ^t overige leven konden. Te kunnen toekomen 
was hun eenige bekommernis en dit was hun genoeg ; 
overschot van vruchten te hebben was niet alleenlijk 
bijna onmogelijk, maar dat beoogden ze zelfs niet, ze 
hadden er immers maar weinig bate aan gehad ; omdat ze 
van hun overschot geen geld hadden kunnen maken : 
geld was niet in ieders bereik ; aan uitvoer of verkoop 
op stadsmarkten viel voor H meestedeel niet te denken. 
Kwam er nu 'nood, dan hadden ze noch voorraad, noch 
geld om levensmiddelen aan te schaffen en vervielen dus 
noodzakelijk in de ellende (*). 

Merkelijk beter was het gesteld met de grooté grond- 
bezitters, en in 't bijzonder met de kloosters, daar de 
opbrengst het verbruik overtrof. Ook hadden deze min 
spoedig en 'min zwaarte lijden van den hongersnood en 
waren dan ook de voorzienigheid van de streek. Doch, 
was het weder langen tijd ongunstig en sloeg de oogst 
herhaalde malen tegen, dan geraakte de voorraad al ras 
uitgeput en zij zelf verkeerden in nood ; immers voor hen 

(') CuBBCBUAMK, Hungennöte int Mittelalter^ bl. 18. 



H0NGEB8N00D IN DE MIDDELEEUWEN 31 

ook was de grondslag van het levensbestaan gelegen in 
hetgeen hun eigen akkers opbrachten (*). • 

Het eenige redmiddel dat overbleef, was, voor plaatselijke 
hongersnooden, de invoer uit naburige streken, waar 
overvloed was ; en in geval van algemeenen, wijduitge- 
strekten nood, uit den vreemde. Âan invoer uit het buiten- 
land hebben wij te allen tijde behoefte gehadi In Vlaanderen 
was ^t meestal uit Henegouwen en Ârtesië, later uit de 
Oosterlanden, dat men invoerde (*). Welnu de invoer uit 
afgelegen streken was, voor het tijdstip dat we behandelen, 
niet mogelijk, daar het uitgebreid, internationaal handels- 
verkeer, 't zij op zee, 't zij te lande, niet bestond. We 
lezen wel soms van invoer uit naburige gewesten. Aldus, 
ten jare 1155, ontstond er een plaatselijke hongersnood in 
de omstreken van Âfflighem. « Na verscheidene onvrucht- 
bare jaren, was de voorraad van het klooster uitgeput. Te 
einden raad, besloten de paters geld te leenen en broeders 
te zenden naar een andere streek om er levensmiddelen 
te koopen. Deze keerden terug — uit Noord-Frankrijk 
wellicht — met een volgeladen schip tot aan Audenarde », 
langs de Schelde dus {^). Doch deze betrekkingen, zelfs 
tusscheia naburige landen, waren zeer moeilijk. Men hoeft 
slechts te bedenken hoe schaarsch en hoe gebrekkig de 
wegen en de vervoermiddelen waren ; hoe de wegen schier 
gestadig onveilig gemaakt werden door baanstrooperijen 
en door de menigvuldige kleine oorlogen der edelen en 
slotheeren ; hoe eindelijk het onderling verkeer belemmerd 
was door tol- en doorgangsrechten allerhande (*), 

(•) Bijv. de hoDgersnood in S. Maartens te Doornijk in 1095. Herim. 
Be restauratione S. Martini Tornac, cap. 70 seq. MG. SS. XIV, 307 etc. 

In de abdij te Afflighem in 1155. Sigeberti auct, AJflighemnense. 
MG. SS. VI, 402. 

(•) V. Brants, bl. 303-204. — F. Van db Putte, bl. 195. 

(*) Sigeberti Auetarium Affligemense. MG. SS. VI, 402. 

(«) V. Bbaktb, bl. 221-223. H. Van Houttb. Bssai^ur la civilisation. 
U. 49. 



32 E. VAN CAPPEL 

Bij gebrek dus aan voorraad, aan geld en aan invoer, 
moest elk zijn levensbestaan vinden op den grond zelf 
dien hij bewoonde en bewerkte. Daar nu, zelfs in de goê 
jaren, de opbrengst uiterst gering was, zoo waren slecht 
weder of eenig ander ongeval voldoende om den oogst 
geheel ontoereikend te maken ; en zoo is het te begrijpen 
hoe, in die eeuwen, de hongersnooden zoo licht ontstonden 
en zoo talrijk waren. 

Hoe eindigde nu de nood? «Deo miseranten, zeggen 
de godvreezende kronijkschrijvers ; wanneer het Gods 
bermhertigheid behaagde een einde te stellen aan de 
plagen, die Hij het zondige menschdom overzond. Deze 
plagen duurden, zoo lezen we meermalen « usque ad 
litanias majores», tot aan S.- Marcusdag (25 April) (*). 
Doorgaans niet vóór een nieuwen goeden oogst. Soms 
worden buitengewone gevallen vermeld, waardoor de nood 
ophield of ten minste verstilde, 't Gebeurde, dat, na langen 
hongertijd, ten gevolge van sterfte en uitwijkingen, de 
bevolking zoodanig verminderd was, dat de overblijvenden 
gemakkelijk in hunnen nood konden geholpen worden (*). 

Duur, uitgebreidheid en getal der hongersnooden. 

Kronijkschrijvers zijn doorgaans niet te betrouwen, als 
het de door hen aangegeven getallen geldt. Wanneer ze 
bijvoorbeeld spreken van een twaalfjarigen nood ('), voor- 
zeker overdrijven ze ; er is natuurlijk geen sprake van een 
aanhoudenden eigenlijken hongersnood, maar wel van 
langdurige schaarschheid en duren tijd ; of van mindere of 
meerdere hongersnooden, die met tusschenruimten op 

(*) Aldus bij V. in Anselmi Continuatio Sigeberti^ op 't jaar 1128. 
MG. SS. VI, 381. 
(•) Sigeberti Continuatio Aquicinctina, op 't j. 1196. SS. VI, 483. 
(•) Sigeb. AuctaHam AJligmeme, op 't j. 1139. SS. VI, 400. 



H0N6EBSN00D IK DE MIBBE LEE UWEN 8S 

elkander volgen ; of ook van de noodlottige gevolgen die 
zich langen tijd nog na een zwaren hongersnood laten 
gevoelen. Nog al dikwijls vermeldt men zeven honger- 
jaren (*), ook hier is het te doen om een rond getal op te 
geven, gesteund wellicht op de herinnering aaa de zeven 
magere jaren in Egypten. Een hongersnood van zeker 
bedied duurde gewoonlijk twee, drie jaar. En dan nóg 
waren het niet altijd volle jaren. Als er sprake is van 
twee jaar, beteekent dit heel dikwijls dat de ellende 
aanvang nam op het einde van het eerâte jaar, na H mis- 
lukken van den oogst, en natuurlijk voortduurde het 
volgende jaar — het eigenlijke noodjaar — tot den 
nieuwen oogst. De nood kon nochtans twee, zelfs drie 
gansche jaren aanslepen. Zulks gebeurde wanneer twee 
of meer jaren achtereen de oogst ontoereikend was of 
volkomen mislukte, ten gevolge van aanhoudend slecht 
weder. Evenwel was dit niet altijd het geval. Niet zelden 
is het gebrek aan levensvoorraad gedurende het tweede en 
derde jaar toe te schrijven aan den schrik, de moedeloos- 
heid, de verwarring onder de bevolking teweeggebracht 
door den hongersnood van 't eerste jaar of door hetgeen 
ertoe aanleiding had gegeven. Al het graan werd reeds 
het eerste jaar verbruikt ; en menigeen soms bekom- 
merde er zich niet om te zaaien voor 't volgende jaar ? 
Alzoo lag weldra de akkerbouw gansch verwaarloosd, 
^t Is waar, de bronnen berichten hoe telkens, na een 
eerste hongerjaar, of na de verwoesting van hun akkers 
tydens oorlogen en landstrooperijen, tal van hoeven leeg 
stonden te lande ('), doch dit was niet altijd een ontlasting 

(') Chron, S. BavonU^ op 'tj. 1139. Db Smet. Corpus chron, Fland. 
I. sai. _ Chronicon Bald. Ninov. op 't j. 1192. SS. XXV, 537. 

(*) Annal. Vedastini^ op Hj. 892. SS. 11.206.— Rodolf van S. Truiden. 
OeUa abbatum Trudonentium, 't jaar 10(M5, SS. X, 229, — Galb, Passio 
Karoli Comit, cap. 2. SS. XII, 5(52, 



84 E. VAN CAPPEL 

voor de yolgende jaren, integendeel. De boeren verlieten 
niet altijd .hun land voor goed, maar zochten bescherming 
of tijdelijken onderstand bij een bijgelegen abdij of burcht ; 
zoodat ondertusschen de velden onbewerkt bleven en er 
het volgende jaar nogmaals gebrek was aan oogst en 
levensmiddelen ('). 

" Wat nu de uitgebreidheid van den hongersnood betreft, 
de bronnen laten niet toe de nauwkeurige begrenzing 
vast te stellen. Ofwel stippen ze slechts aan wat in de 
onmiddelijke omgeving gebeurde ; ofwel wanneer ze willen 
steunen op de groote uitgestrektheid, dan gebruiken ze 
algemeene, overdreven bewoordingen, als « per totam 
Galliam et Germaniam », «per universas terras». Soms 
kan men uit den aard der omstandigheden afleiden hoever 
de nood uitstrekte. Een voorbeeld. In 1302 hield Gent het 
met den koning van Frankrijk, terwijl de omstreken 
Gwijde en Willem aanhingen. Men belette graan en andere 
levensmiddelen binnen de stad te brengen. Als we nu 
lezen (^) dat daardoor een hongersnood ontstond, 't blijkt 
klaar dat deze zich tot de stad bepaalt. Insgelijks, is de 
ramp verwekt door overstroomingen of andere dergelijke 
oorzaken, dan ook is de uitgestrektheid van de ramp in 
verhouding met de uitgestrektheid van de oorzaak. In 
andere gevallen, is het uit de vergelijking der gegevens 
ondereen, dat de uitgebreidheid kan afgemeten worden. 
Als we alleeulijk melding vinden over een hongersnood in 
de Annales Vedastini in 982 ('), in Sigéberti GemUaeensis 
Chronographia in 1090 (*), in Sigéberti auctarium Affligent 
enseiü. 1153... Q), terwijl de bronnen uit de omliggende 

(*) F. CüRSCHMANN. Hupgersfiöte im Mittelaltcr, bl. 25-28. • 
(•) Annales Gandenses, uitgave van F. Funck-Brentano, Paris, 1895. 
bl. 29. 
(») MG. SS. II, 206. 
(♦) MG. SS. VI, 366. 
(») MG. SS. VI, 401. 



HONGERSNOOD IN BB MIDDELEEUWEN 85 

gewesten, yoor dienzelfden tijd, er niet Taa gewagen, 
wanneer ze 't anders voorzeker zouden doen, dan mag 
men besluiten, dat U daar enkel plaatselijke hongersnooden 
geldt, die geheerscht hebben in dé omstreek van Atrecht, 
Gembloux, Afflighem... 

Wanneer tezelvertijde berichten voorkomen uit Gent, 
Doornijk, Gembloux, S*-Truiden, Luik,... en dat bovendien 
de oorzaak uiteraard algemeen is, als langdurig slecht 
weder, dan is ^t aan te nemen dat de hongersnood zich 
uitstrekte over gansch een grondgebied, dat een aardrijks- 
kundig geheel uitmaakt en aan dezelfde luchtgesteldheid 
onderhevig is. Zoo was de hongersnood in 1095 een 
landelijke hongersnood voor België alleen. 

Eindelijk zijn er grootc algemeene hongersnooden, over 
geheel West- en Midden-Europa verspreid. Dit waren de 
hongersnooden in 1044-45, 1125-26, 1144-46, 1195-96, 
1225, 1315-16. 

Uiterst belangrijk ware 't nu, na te gaan het aantal 
hongersnooden, die malkaar zijn opgevolgd, om aldus hun 
toe- en afnemen te onderzoeken en te zien of en tot hoever 
er verhouding bestaat tusschen hun meerder of minder 
getal eenerzijds en de huishoudelijke en maatschappelijke 
ontwikkeling anderzijds. Gereedelijk zal men aannemen 
dat 't onmogelijk is een volledige optelliug te maken van 
al de hongersnooden, die in deze eeuwen ons land geteisterd 
hebben. Meestal de berichten die tot ons zijn gekomen 
zijn getrokken uit kloosterschriften. Welnu, de klooster- 
lingen boekten wat ze op hun gebied, in hun omgeving 
ootwaarden. Zijn het nu niet juist de kloosters die het 
minst en bet laatst van den honger hebben te lijden gehad? 
Vooraleer de nood tot daar gedrongen was, wat al ellende 
had de landsche bevolking, van de kloosters verwijderd, 
niet te doorstaan gehad? Hoeveel kleine, plaatselijke 
hongersnooden zijn er niet geweest die ongeboekt en 



86 E. VAN CAPPEL 

onbekend zijn gebleven ; zulke te weten die door heel 
plaatselijke oorzaken zijn ontstaan of door ongevallen, als 
oorlogen, rooftochten, waarvan de kloosters gevrijwaard 
werden ? 

Nochtans, als men, bij het doorbladeren van annalen 
en kronijken bemerkt met welke bezorgdheid alle onweder 
en schaarschheid zelfs zijn aangeteekend, mag men wel 
vermoeden dat een hongersnood van eenig belang en van 
zekere uitgestrektheid niet onopgemerkt voorbijging en 
dat we dus voldoende ingelicht zijn ten minste over groote 
gewestelijke of algemeene hongersnooden. Algelijk dient 
er eene uitzondering gemaakt te worden voor de VIII"** en 
voor de X**® eeuw, voor dewelke genoegzame inlichtingen 
ontbreken. Beperken we ons tot de XP% XIP* en XIIP' 
eeuwen. We vinden : 

Voor de XP* eeuw : 4 groote hongersnooden. 

Voor deXIP^eeuw : 4 groote en een zevental plaatselijke. 

Voor do XIIP* eeuw : slechts een algemeene ; en daar- 
buiten is nergens van hongersnood sprake (*). 

Wat terstond in het oog valt is het schielijk dalen van 
de XII^* tot de XIIP* eeuw. Daarbij dient gevoegd dat 
tusschen dezen eenigen uit de XIIP® eeuw (in 1225) en 
den eerstnavolgenden (in 1315-16) een tijdverloop is van 
negentig jaar' ; dât, na dezen laatsten, geen hongersnood 
zich nog voordoet, tenzij in heel buitengewone omstandig- 
heden ; eindelijk dat, in Midden- en Oost-Duitschland 
bijvoorbeeld, het getal eerder toeneemt, 't Is dat intusschen 
de huishoudelijke en maatschappelijke toestand alhier zoo 
ontwikkeld was, dat ons land deze andere landen ver 
overtrof ; dat het in stand, was aan de storingen der 
natuurelementen hoofd te bieden en zijn bewoners met 
zijn voortbrengst kon voeden, of ten minste de middelen 

(») Zie de « tabellen n bij F. Curschmann, bl. 82-85, 



H0N0EB8K00D IN DB MIDDELEEUWEN 37 

in 't bereik had om gemakkelijk ea spoedig in hua onder- 
houd te voorzien. 

Inderdaad, een veel grootere uitgestrektheid grond 
wordt thans benuttigd. De XIIP"^ eeuw is het tijdperk der 
groote ontginningen. De vereenigde landbouwers, de 
Torsten en heoren, maar vooral de nieuwe Cistercienser- 
kloosters, met hun talrijke moniken en werkbroeders, 
hun afhangende kloosterhoeven en proostdijen, leggen er 
zich op toe do bosschen uit te roeien, de dorre woestijnen 
en zandige heiden vruchtbaar te maken, de moeren droog 
te trekken, het kustlaud aan de zee te onttrekken, door 
dijken en watergangen tegen de overstroomingen te 
vrijwaren en tot veien poldergrond té veranderen. Te allen 
kante strekken zich uitgebreide « nieuwe landen » terrœ 
novœj die van jaar tot jaar de opbrengst en den levens- 
voorraad vermeerderen (*). 

De kruisvaarten en de betrekkingen met andere volkeren 
hebben nieuwe vruchtsoorten leeren kennen (•). Beter 
dan vroeger wordt de vruchtteelt geschikt naar den aard 
van den grond. Waterwegen worden overal aangelegd en 
geregeld om het poelwater af te leiden en tevens den grond 
te bevochtigen en vruchtbaar te maken. Meer dan ooit 
wordt 't weiland uitgebreid, vooral in Vlaanderen, en de 
veekweek komt tot hoogen bloei. De noodzakelijkheid 
van de vette wordt hoe langer hoe meer gewaardeerd en als 
bestanddeel eener goede cultuur wordt ze met gcondiger 
kennis aangewend. Het oude landbouwstelsel ook wordt 
verbeterd ('). Het land behoeft niet meer een jaar lang te 

i*) F. Vandbpüttb. Essai sur la mise en culture,,, bl. 492. 
— Ch. Düvivibb. Hospices. DéfrichefnenCs... bl. 77. — Pibbnnb. 
ffisünre de Belg. I (2*** uitgaaf) bl. 286. 

f') Armeen wordt aangenomen dat de boekweit door de kruis- 
vaarders alhier werd ingebracht. 

(*) V. Bbants. Hist. des classes rurales... p. 56. — Db Pottbr en 
Bbobckabbt. Geschiedenis van den Belgischen boerenstand... bl. 105 
en Yo\g. 



38 E. VAK CAPPEL 

rusten en braak te liggen, de driejaarsche wisselbouw 
heeft plaats gemaakt Toor de intensieve cultuur (*). 
Nogmaals is 't op de uitgestrekte landerijen der Cister- 
cienser kloosters dat de betere landbouwwijze 't eerst en 
't meest wordt aangewend. De graanvruchten worden er 
gekAveekt in 't grootte ; molens rijzen te allen kante en 
ruime schuren bergen rijken voorraad ('). 

De verbetering van grond en landbouw gaat gepaard 
met de verbetering van den boerenstand. Immers is deze 
zeltde XIII* eeuw, de eeuw der volksontvoogding ; het 
meestedeel der bevrijdingsakten dagteekenen uit dien tijd. 
Lijfeigen- en dienstbaarschap verdwijnen en maken plaats 
voor cijns- en rentepacht ; de vroegere " hospites » zijn 
vrije crfpacliters geworden ; de groote grondeigendom is 
aan 't verbrokkelen ; en de kleine eigenaars, voornamelijk 
in Vlaanderen, Avorden hoe langer hoe talrijker ("*). 
Werkten de boeren vroeger zonder vooruitzicht, nu dat 
ze een vrij, onafhankelijk bestaan hebben, kunnen ze 
arbeiden voor eigen rekening en leggen er zich op toe hun 
land te verbeteren en den opbrengst ervan te vermeer- 
deren ; nu ze zeker zijn de voordeden zelf te mogen 
genieten, kunnen ze zorgen om overschot te hebben en 
tot een zekeren welstand te komen, waardoor ze schaarsch- 
heid en duren tijd niet zoo zeer meer moeten duchten. 

Middelerwijl ook zijn de gemeenten tot hoogen bloei 
gestogen. Tal van landslieden zijn uitgeweken naar de 
steden, waar ze benevens de vrijheid, in de nijverheid 



(*) Z. PiRRNNK. Le Sonîèrrment de ta FUtitdre htaritime. Bruxelles. 
1900. Introduction p. V et suiv. Ouder de landiroederen, ia deu inven- 
taris, op hl. 20^5, veruoeind, komt o. a. een stuk land voor, bcstaando 
uit 24 iremeten : 8 gem. tarwe, 8 haver en 8 Imonen. Geen braakiand 
dus ; wat een bewijs is van intensieveu akkerbouw. 

(*) PiRKNNE. Hist. de Belg. 1. bl. 2S()-87. 

(') V. Bbants. bl. ÎÎ7 en vol^r. De Cutter ep Brpekaert. bl. 14 
euvolir. 



HONGEBSNOOD IN DE MIDDELEEUWEN 89 

nieuwe bestaansmiddelen vinden. De boeren voortaan 
weten hunne Yoortbrengsekn op de stadsmarkt tot geld 
te maken, en aan een anderen kant, het weven te lande' 
verzekert hun bestaan en vermeerdert hun welstand (*). 

De godsvrede en de km isv aarten hebben een einde 
gesteld aan de inwendige veeten en kampen en aan de 
strooptochten en hebben rust en veiligheid teruggeschonken. 
Het binnenlandsch verkeer neemt uitermate toe ; heer- 
wegen en kerkstraten worden aangelegd in alle richtingen 
en de waterloopen geleid en geregeld en bij middel 
<" overdrachs » bevaarbaar gemaakt. De groothandel als- 
mede de internationale betrekkingen op zee en te lande 
hebben een uitgebreiden omvang aangenomen ('). Zoo nu 
in sommige streken de opbrengst der graanvruchten nog 
gering en ontoereikend is, daar wordt in voorzien door 
regelmatigen invoer uit naburige of afgelegen landen. 
Vroeger, wel is waar, lazen we ook soms van inkoop en 
invoer van levensmiddelen, maar 't was enkel als de nood 
reeds heerschte en om hem te keer te gaan ; nu integendeel 
geschiedt de invoer regelmatig en overvloedig, zoodat men 
den nood weet te voorkomen {^). 

£enerzijds dus zijn zekere oorzaken, die in vorige 
eeuwen zoo dikwijls hongersnood verwekten, als : over- 
stroomingen, land verwoestingen, enz. ten groeten deele 
verdwenen. Anderzijds heeft de plotselinge omkeer, in den 
huishoudelijkcn en maatschappelijken toestand teweeg- 
gebracht, het land in 'staat gesteld zijn bewoners te voeden 
of althans de middelen ter hand gesteld om in hun onder- 
hond te voorzien. Eindelijk dient men nog in aanmerking 
te nemen het verminderen van het bevolkingsgetal in 
de XIP* eeuw. 

(') PiBEiTKE. msi. de Belg. 1, bl. 287. — Bbants. bl. 47. 

O FiBEriCE. Tbtd. — Béants, bl. 58. 

(^ F. CüBSCHMANH. ffuncetstiöte im MiiUlaHer, bl, 43-45, 



40 E. TAN CAPPEL 

't Is geweten boe ons land overbevolkt was in 't begin 
van de Xn* eeuw. Doch, de achtereenvolgende uitwijkingen 
naar het buitenland (*), de kruisvaarten ('), de talrijke 
hongersnooden, ziekten en andere rampen die ons land 
teisterden, verminderden spoedig en in hooge mate de 
bevolking. De bewoners, nu veel kleiner in getal, konden 
gemakkelijker op eigen grond vinden wat ze om te leven 
behoefden. £n daarin mogen we wellicht nog een reden 
zien van het plotseling afnemen der hongersnooden van 
de XIP tot de XIII* eeuw (»). 

Ct Vervolgt,) 

Kortrijk. E. Van Cappbl. 



(') Ch. DuviviRR, bl. 78 

(«) V. BRAÎÎTS,bI.53. 

(') F. CüRBCIÏMaNN, bl. 40. 



EEN INVENTARIS VAN *T JAAR 1V52 



Teb inleiding. 



Deze iuTentaris, alhoewel minder nauwkeurig opgesteld 
dan die van H jaar 1632 ('), is daarom niettemin leerrijk 
en vol belang. 

Wij zien hierbij hoe, na verloop van ruim eene eeuw, 
(1632-1752), gansch de inboedel van onze rijke huizen den 
machtigen invloed ondergaan heeft van het iransche hof. 
Twee net afgelijnde tijdstippen zijn het, niet enkel op 
staatkundig gebied, maar ook voor wat aangaat gebruiken 
en gewoonten, en alles wat er mede, zooals huisraad 
vooral, in verband staat. 

In 1752 is geen spraak meer van die menigte stoelen 
allerlei, wel verschillend voor mans en vrouwen, zooals de 
wellevendheid dit vergde in 1632. Men zit, of men ligt 
hier op canapés^ bergères^ fauteuils, lits de repos. Ge 
krijgt onder uwe voeten, niet de thans verouderde scabelle, 
maar een tabouret^ gezeid, bij algemeene dwaling, 

O Zie BieJtùrfi 1906 : Ben Inventaris van 7 Jaar 1632, 



42 A. DE POOBTEB 

tambourin. Nu schrijft ge, niet aan een scrïbaeney maar 
aan een bureau, secrétaire of schrijftafel, 't Is uit met 
Jcannébard of Jcannereck ; bewondert in plaats de talrijke 
consólen, (trant Louis XV), niet met het oude- tin of 
zilverwerk, maar vol Chineesch of Japaansch poreeleyn. 
Geen bahuwen (*) meer. 

De zware dressoor (fr. dressoir) staat vervangen door het 
veel lichtere buffet. Hot spaansch leder (fr. cuir de Cordoue) 
ligt afgerukt en telt als prondeiing ; nu behangt men de 
muren met tapijten, (die nog wel, voor een deel, uit vorigen 
tijd bewaard zijn), met allerhande gekleurde stoffen, zelfs 
reeds met toile cirée en engelsch papier. 



(^) Bahutve, fr. bahut. Dit woord beduidt eerst en vooral een koffer. 
« C'était le meuble domestique le plus usuel du Moyen-Age », schrijft 
Viollet-Le-Duc. 

In Yrankrijk waren deze koffers met leder overtrokken en. met 
koperen nagels versierd, die erop in allerhande figuren uitkwamen. 
In Vlaanderen waren zij met ijzeren banden omgeven, en in grooten 
getalle werden zij, gedurende de XVI® en XVII® e., naar Vrankrijk 
uitgevoerd, waar zij dan ook den naam kregen van bahuts de Flandre. 

Dit meubel is zeer belangrijk, want door verdere volmaking en 
vervorming, werd het een oorsprong van andere. Men plaatste het 
op vier pooten, men voegde er een bord aan toe, van onder, ofwel 
twee kaskens met openslaande deuren, van boven werd het insgelijks 
bewerkt met ijzeren banden, 't kreeg uitstaande pilaarkens op zijne 
hoeken, en zoo bekwam men den dressoor, (fr. dressoir), die vrij 
algemeen te vinden was in de middeleeuwen. Alzoo had men, als 
't ware, twee bahuwen, de eene op de andere. Het zal wel om die 
reden zijn dat wij nog bahuwe zeggen om zulke meubels aan te 
duiden. Wij vinden, in een stuk van 1616, de volledige beschrijving 
die volgt : Een dressoor met twee pilarketts ende twee duerkens boven, 
ende twee groote dueren nederwaerts, onder met een schof. 

Men maakte ook soms borden van boven, trapsgewijze, om er 
kostelijke pronkstukken op uit te stellen, maar hoe meer borden er 
waren, des te grooter heer moest de eigenaar zijn. Dat was wet 
geworden. 

De dressoor stond overdekt met rijk laken of tapijt. Hij diende wel 
ook tot ^huisaltaar. Zie M. Soil, Un inventaire de i5i7, Atmales de 
VAcad67nie d^ Archéologie, XLII, 4« série, tome II, p. 166 ; en 
Biehorf, 1905, bl. 95, nota 2. 



INVENTABIS VAN 't JAAB 1752 43 

De kleedij verandert mede. Weg met passementen^ 
kanten en oude spellewerk. Jacques de Fevre droeg er tot 
op zijn slaapmuts, maar dat was in 1632. Nu houdt men 
meer vau silver vringen^ van silver en goude guarniiure, 
falbalas, broderie en wat dies meer zij. 

De wereld is veranderd : ook de bewoording om al dat 
nieuw goed aan te duiden, en hier wordt menigen 
franschen naam den nek gekraakt. 

Onder al dat kaf, valt toch hier en daar een graan- 
korreltje uit te lezen. 

Ia deze inventaris treffen wij eene lauge rei schilderijen 
aan. Nu toch geeft men den naam op van de kunstenaars, 
wat men vroeger niet plag te doen. Er is spraak van 
vlaamsche en italiaansche schilders : Michel-Ange des 
HatailleSj Brauwer, Rubens, Erasmus Quelinus, Bredael, 
Ureugel, Mostaert, TenierSy Van Dychy Boekhorst, 
Michel^Ange van Sienna, Snijders, Vanden Kerckhove, 
Jireijdel, Fourbus. 

In 1632 waren bijua alle onderwerpen christelijk, of 
aan de gewijde geschiedenis ontleend. In 1752, benevens 
godsdienstige en stichtende schilderijen, in klein getal, 
ziet men er vele die heidensche fabels voorstellen, Herders 
en Herder innekens, Orpheus, Vénus, Diana op jacht, 
Nymphen, Bacchanalen, enz. 

Nochtans was baron de Bette geen ongodsdienstig man, 
gezien Iiij op zijn kasteel, te Dudzeele, genoemd het 
Schottekasieel, eene kapel hield, waar de IL Mis gelezen 
werd. 

Onder de voorwerpen hier nog vermeld, vinden wij eeue 
OTergroote hoeveelheid porceleijn, en dit wel in alle 
plaatsen van het huis, op de schouwen, aan de mureu, op 
kassen, boven de deuren, overal, 't Is een echte winkel. 



44 A. DE ]^OOBTEB 

Men heeft zelfs een bijzonder meubel, pyramide geheeten, 
uitsluitelijk bestemd om al dat breekbare uit te stellen, 
en dat tot 15 stuks bevatten kan. 

Men bedenke hierbij dat baron de Bette geleefd heeft 
in den tijd van de groote wel\Mart onzer Oost-Indische 
Mnaisehappij voor Scheepvaart^ gesticht in 1723, bij keizer- 
lijke vergunningsbrief van Karel VI uit Oostenrijk (*). 
Onze schepen vaarden op Indië, en voerden in Vlaanderen 
over een ontzagelijke groote hoeveelheid Japaansch en 
Chineesch porceleijn. In menig huis te Brugge, maar te 
Oostende vooral, waren rijke verzamelingen bijeengebracht. 
Het tin en zilverwerk kreeg dan een ondergeschikte plaats, 
en ging soms wel den smeltkroes in. Van dan af wilt men 
meer porceleijn, gleyers uit Delft, kristaal uit Venetiën 
en Milanen, enz. 

De scheepvaarders hadden nog thé^ chocolade en andere 
vreemde kruidenierswaren uit het verre Oosten mede. 

Dank aan hen, kent men nu ook Indiaansche figuren 
(fr. figurines, statuettes des Indes), en voor de kleedij, 
nieuwe stoffen, als broderie des Indes, Indiaansche damast 

Deze inventaris werd opgemaakt bij het afsterven van 
Mevrouw Maria Adriana de Fevre. Zij liet geene kinderen 
na. Beurtelings was zij in huwelijk getreden met : 

V Willem de Leflye, 

2^ Frans du Ghambge, 

3*^ Graaf Delval, 

40 Bron Karel de Bette («). 

Bij den inventaris van het woonhuis te Brugge, is deze 
gevoegd van het Schottekasteel te Dudzeele, dat diende 
tot het zomerverblijf. 

(*) Zie A. R0N8B, Les Ports belges^ 2« ódit. Bruges, 1874, pp. 39-42. 
(') AanteekeDingfen gpetrokken uit de papieren van M. A. Ronse. 



INVENTABIS VAN 'T JAAB 1752 45 

Het geschrift is schoon, maar de spelliugregels ziJQ heel 
en al verwaarloosd. Een zelfde woord komt dikwijls in 
twee, soms drie en meer verschillende gedaanten voor. 
De saamgevoegde letteren gh^ dt^ ck^ staan allengskens 
vereenvoudigd ; ende wordt en, ofte of^ enz. 

Het oorspronkelijke handschrift berust bij den heer 
A. Ronse, voordien volksvertegenwoordiger en schepen 
van Brugge. 

Het is een zeer aangename plicht voor ons hem hier te 
bedanken voor zijne vriendelijke dienstwilligheid, alsook 
voor de kostelijke hulp die hij ons heeft verleend in het 
opmaken der aanteekeningen. 

Ter toelichting hebben wij vooral het boek van Havard 
in handen gehad, met opschrift : Dictionnaire de V Ameu- 
blement ei de la Décoration^ depuis le XIII^ siècle jusqu'à 
nas jours. Paris. — Dit meesterwerk is, voor het grootste 
deel, uit inventarissen opgemaakt. 

Weinig werd gedaan tot hiertoe, in Vlaanderen, voor de 
studie der oude meubelen. Het werk ware de moeite waard 
nochtans. De bewoording zelf om de voorwerpen aan te 
duiden is dikwerf bij ons verloren geraakt en uit geene 
woordenboeken op te maken ('). 

Tot die studie, meenen wij, kan het uitgeven van oude 
inventarissen wel iets bijbrengen. 

A. De Pooetbb. 



(') Twee belaDgrijke inventarissen zijn uitgfegeven geworden : 
1^) door M. CüvBLiBR, La garde-robe, les bijoux et Ie mobilier d'une 
fêtrieienne Jl amande sous le règne de Charles-Quint. Bulletins de la 
Commission Royale d'Histoire^ 5» série, tome VIII, 1898 ; 

2®) door B*"*»" J- Bbthtjnb, Documents concernant Olivier de Wree, 
IVredius). Inventaire successoral de Jeanne MarysaeU épouse de 
Fredius (1630)^ Annales delà Société d^ Émulation, Bruges, 5"»« série, 
tome lY. 



46 A. DE POOETEB 



IX HET WOONHUIS TE BRUGGE. 



Inventaris van alle de meubelen, huyscatheylen, 
schilderyen, silverwerck, contante penninghen, 
papieren, en de documenten, bevonden ten sterf- 
huyse van Vrauw Marie Adriana Defevre, Doua- 
riere van Mher François Charles Albert baron 
de Bette, den selven inventaris genomen ten ver- 
soucke ende ter ontlastinghe van Jacques Henry 
Suvee, procureur deser stadt, in qualiteyt als 
reddant testamentaire ten voorseyden sterf huy se, 
naer dien in d'absentie van Mher Charles 
de PoUinchove, raet van Staeten ende eersten 
president van het Parlement van Vlaenderen, 
erfgenaem ten voornoomden sterfhuyse, den 
voorseyden Suvee hadde doen cacheteren de 
principaelste camers, buffetten, cassen, papieren, 
ende andere effecten, de gonne, hedent tween- 
twintighsten Ought seventhien hondert tween- 
vyftich, geopent syn geworden soo ter presentie 
van den voornoomden heere de PoUinchove, als 
degonne van Jouffr. Anna Marie Defevre, weduwe 
van D'héer Bartholomeus Tomboy, d'heer Jan 
Antone Haegens, agierende over syne kinderen, 
ende Jouffi*. Catherine Keigniâert, insgelyckx 
erfgenaeme ten desen sterfhuyse, ende eerst : 



INVENTARIS VAN 'T JA AU 1752 47 

IN EENE SALETTE (') 
GOMMENDE TEB STBABTE. 

Alvooren de selve bevondea behangen met tapiten ('). 

1 canapet ende coussin becleet met geelwe ende roodt 

damast (^) ; 1 ander canapet met geelwe gebloemt damast ; 

(^) Salette, Havard g^eeft den naam Sallette of Salette aan eene 
kleine plaats, une petite salle , dienende tot spreekkamer, en waar men 
de bezoekers inbracht. Dat woord, zegt hij, is nu verloren geraakt, 
maar het werd gebruikt in de XVI« en tot in de XVII* eeuw. Elk 
bargerhuis had alsdan eene salette» — Daàr toch is de beteekenis niet 
Tan de salette bij ons, in Vlaanderen. Hier gaf men dezen naam aan 
een der voornaamste plaatsen van het huis beneden. Wij zouden nu 
zeggen den salon. 

Alzoo is onze salette een mime plaats, waar men de prachtmeubeLs 
talrijk aantreft. In àeu Inventaris van463S is zij behangen met spaaqsch 
leder, cufr de Cardoue, verdeeld in « acht stucken. » Men vindt er een 
gitx>t getal schilderijen, waaronder de portretten der bloedverwanten, 
1 buffet, I groote « uuttreckende tafel n (vlaamsche tafel), nog 
1 andere « viercante tafel » met zijne langsels, meer dan 20 stoelen, enz. 

Soms 'onderscheidt men de groote en cleene salette, In 1500 en 1600 
kent men ook bij ons de zale. Dat is de eerste plaats bij het inkomen 
. in een huis, fr. vestibule. Wij lezen duidelijk in den inventaris van 
Meckelyne P^cXe (1547); In de zaele ofte voorvloer. 

Het woord kamer werd vroeger nooit gebruikt voor de plaatsen 
van omleeg, maar op den boven heet het altijd camer, 

(■) Tapijten. Het tapijtwerk was vroeger zeer vermaard in 
Vlaanderen. Van daar zegt men in Frankrijk tapis de Flandre, of 
gobelins^ naar den naam Jan van Gobeelen, eenen behendigen 
ambachtsman die uit Brugge naar Parijs zou overgegaan zijn, en er 
onze schoone nijverheid aan de Franschen overmaakte. 

Ten tijde van den Spanjaard gebruikte men veel het spaansch 
leder, coud leer, cuir de Cordoue, dat, niet als nu nagelvast was, maar 
verdeeld in stukken, die men uitnemen en verplaatsen kon. 

Bij B'^^ de Bette zijn de kamers behangen met tapijtwerk, of andere 
stoigoederen ; zelfs een met toile cirée en een met engelsch papier, zoo 
wij verder zallen aanmerken. 

(') Damast, werd gebruikt voor zetels, beddegordijnen, muur- 

behangse/s en kleederen. De rijkste damast was in zijde, en kwam 

eerst, zooals de naam het aanwijst, uit de stad Damas, in het Oosten. 

De grond en de bloemen die erop gemaakt werden, waren van één 

CD dezelfde kleur. De inventaris spreekt van roode, geluwe, blauwe, 

fcüle, cramoisi en Indiaansche Damast. 



48 A. DE POORTER 

6 fauteuillen becleedt met blauw en wit damast ; 5 tam- 
boerins (') met geelwe damast ; 1 console met 3 stuckx 
porceleyn (*) ; 1 piramide met 15 stuckx porceleyn; I idem 
oock met 15 stuckx oudt porceleyn ; 1 console met 3 stuckx 
porceleyn ; 2 idem, op yder een porceleyne pot ; 1 ander 
console met 3 stuckx porceleyn; 1 piramide met 13 stuckx 
porceleyn ; 1 idem met ghelycke nombre van stuckx ; 
.1 console met 3 stuckx porceleyn ; 1 idem met een stuck ; 
5 idems met 11 stuckx porceleyn. 

1 stuckx schildcrye met vergulde ende roode lyste, 
representerende de ghevanghenisse Christi door Michiel 
Angelo de Bataille ('). 

1 ander stick met gelycko moluren, een gevecht^ door 
den selven. 

2 kleyne stuckx idem, verbeeldende 2 toebackroockers^ 
maniere van Brouwer. 

1 landtschap niet stoffatie (*), copie naer Rubens. 
1 bachanal van kinderJcens^ door Erasmns Quelinus de 
jonge C). 



(*) Tf^mbourins = tabourets. 

(') Het porceleyn werd nooit op de bloote muren gfehangen, zooals 
men het heden doet. 

(') Cerquozzi (Michel- Ange), gezeîd Michel- Ange des batailles ou 
des bambockadeSj geboren te Rome in 't begin van 1600. Daar had hij 
voor eersten meester eenen vlaming, Jacob d'Asé, te Rome gevestigd, 
maar die geen talentvol schilder was. De leerling vloog hooger dan de 
meester, en werd zeer beroemd. Men vindt van zijne werken in 
menige museums van Europa. Zie Sibet, Dictionnaire historique des 
Peintres, Paris, 1874. 

(*) Met stoj^'itie, fr. étoffé, te zeggen met personen. De schilders 
werkten soms aan een schilderij met twee te saam. De eene schilderde 
den grond of landschap, de andere bet leven. 

(^) Erasmus Quellinus is een schilder der vlaamsche school, 1607-1678. 
Hij was geboortig uit Antwerpen, en leerling van Rubens. Zie Sibet, 
Dictionnaire. 



I1ÏTENTABI8 VAN 'T JAAR 1752 49 

1 lantsehap met sioffatie op coper plaete Tan Bredael 0), 
maniere van den fluweelen Breugel (*). 

8 kleyne stucksckes op koper plaete iu 2 van de hier- 
vooren genoomde piramiden, door Gillis Mostaert ('). 

2 idem op paneel met zwarte lysien^ op de goeste vaa 
Brauwer. 

1 portrait met besuede goude moluren, wesende waepen 
getuygh. 

2 schilderyen verbeeldende een herder en herderinne, met 
roode ende goude moluren, in de goeste van David Teniers. 

1 idem in swarte molure representerende Flora met 
ander nimphes, in de goeste van Van Dyck. 

1 idem swarte molure, representerende eene slaepende 
Diaene, met veel jacht honden, copie nacr Rubens. 

1 idem schilderye, goude molure, representerende 
St. Hubrecht, door lange Jan (*). 

1 idem schilderye, goude molure en coper plaete 
representerende Orpheus, 

1 idem met goude molure representerende S. Rochus. 

1 schilderye wesende een heylige famïllie, door Michiel 
Aogelo Da Siena ('). 

1 ander schilderye met swarte molure, representerende 
een leger passagie op een brugge, door Snyders (*). 

(*) Pieter Bredael, de oude, 1630-171U. Hij schilderde vooral land- 
schappen, en werkte J. Breugel na. 

(*) Jan Breugel, gezeid de fluweelen Breugel = fr. de velours^ te 
Brassel geboren in 1568, gestorven te Antwerpen in 1625. Hij is de 
linteder van den hehchen Breugel, Pieter, die uitmuntte in het schil- 
deren van duveïryen. Beide zijn zonen van Pieter Breugel, den oude. 

(*} Gilli3 Mostaert, 1525-1001, broeder van Frans. 

(*) Jan Boekhorst, gezeid langen Jan, geboren te Munster, in 
AVestphalen, leerde bij Jordaens. 

(*) Michel-Ange Anselmi, gezeid Michel-Ange de Sienne of de 
Lucques. Italiaansche school, 1491-1554. Z. Siret, Dictionnaire, 

(*) Frans Snyers of Snyders, leerling van Pieter Breugel, den jonge. 
Hij muntte ait in het schilderen van dieren en wildjachten. 



50 A. DE FOOBTEB 

2 portraiten mignature op silver plaeten onde in goude 
molure, representerende wylent den heer Baron de Bette 
ende Jouft. Wouters^ syne eerste geselnede, door Joseph 
Vanden Kerc^hove (*). 

2 portraiten van prince Albertus en Isabélla in goude 
moluren. 

1 koppel stuckxkens op koper plaete, wesende bataillenj 
met vergulde moluren, door C. Breydel ('). 

1 schilderiken op koper plaete met goude mouluren 
wesende een Byn geskhte met een wintmeulen en eenige 
schipkenSy etc. 

1 vrauwe portrait op doeck, met goude moluren; 

1 stuckxie met goude moluren representerende een 
cabinet met 10 cleene portraitienSy gemailleert en andere, 
en 2 kleyne stuckxkens Bataille ('); 

1 geborduert lantschc^pken in goude molure ; 

1 bachanal in ivoir gesneden, op eene swarte paene 
gront met bruyne molure ; 

1 geesselinge Christi in coper figuren ; 

1 Ventis koper figure ; 

1 item in bout gesneden ; 

2 peerdeJcens in coper ; 

2 satyren en een ander figtierîcen in houdt gesneden ; 

1 commode met marbre plaete ; 1 posteleyne vase ; 
1 cabaret met 21 tassen en teelkens porceleyn ; 
1 getapisseert tafelken ende een idem met groen bekleet ; 



(») Jo5ef Vanden Kerckhove, 1667-1724. Was een der stichters der 
Âkademie te Brugge. Hij bleef er leeraar tot aan zijnen dood. 

(■) Karel Breydel, gezeid Ie Chevalier, 1677-1744. Uit Antwerpen. 
Hij schilderde dieren, landschappen en gevechten. Ook nog Àyn- 
gezichten, zoo dat wij hem het hier volgende nummer ook kunnen 
toekennen. 

(') Te zeggen : geschilderd door Michel -Ange des Batailles, 



INVENTABI8 VAN 'T JAAB 17&2 51 

4 piautre aermkens (<) ende 2 hout haensTOgelkens (*) ; 
6 roo gordynen. 

IN DE EETPLAETSE (»). 

In 't buffet : . 

30 silver fourcetten ; 29 silver lepels ; 18 messen met 
silver nechten, 14 idems, 1 kleyn idem ; 12 decert fourcet- 
tiens ; 12 lepels ; 12 messen ; 2 soupelepels ; 3 ragoulepels(*) ; 
1 kaffékanne silver ; 2 silver forcietten ; 1 groot silver 
koffoir ("•) ; 2 kleyne idems ; 4 groote silver kandelaers ; 
4 idem, minder ; 4 kleyne idems ; 1 silver keirssnuyter (•) ; 
1 porte mouchette silver ; 1 silver hantmarck ; 1 silver 
kaffékanne ; 2 silver suyckerbussen ; 1 idem minder soorte ; 
1 silver peperbusse (') ; 1 silver mostaertpot ; 4 kleyne 
peperbuskens ; 3 schinck taillooren (®) ; 1 porte assiette ; 

(*) Piautre* Kiliaen = Peauter, Speauter : een soort van tin of wit 
metaal. Wij zouden het nu ruols heeten. Aei^mkens, Verder vinden 
wij : Silver aerms, versilverde brunchen, 
(■) fr. Canards. 

(ƒ) De inventaris van lüBi, hoe nauwkeurig ook opgesteld, maakt 
geene melding van eene eetplaats. Misschien wel omdat men nog de 
gewoonte had, meesters en dienaars te samen, alhoewel aan ver- 
scheidene tafels, in de keuken te eten. 
(*) Ragou, fr. Ragoût. 
(*) Ri^chaud ? 
(*) fr. Mouchettes. 

(') Peperbnssfi. In de inventarissen uit de XVII* eeuw vindt men de 
z^vaten talrijk, maar weinig peperbussen, en die komen eerst voor 
onder den naam van poerbussen, poerdoozen. Men heeft de peper 
gebrnikt in het eten sedert lange eeuwen, maar hij was vermengeld 
met de spijzen, ofwel ingesloten in de schuyte, boot, (fr. nef, barque), 
het kostelijk juweel dat men oj> tafel voor den heer des huizes plaatste 
en dat in vorui van schip gemaakt, allerhande voorwerpen bevatte 
dienstig tot het eetmaal. 't Is maar later dat men de peperbus uitvond, 
oipepervat, dat ook verschillige vormen aannam. 

{^) Schincktaillooren zijn wat zwaarder dan ander tellooren» met 
een tuit om uit te schinken. Andere hebben eenen dobbelen grond, en 
langs den tuit bracht men warm water in, om het eten op de telloor 
warm te houden. Deze zijn in porcelein ofgleiers, 



52 ' A. DE POOBTEB 

4 silver aerms ; 1 silver schotel ea decssel ; 1 silver kroes 
ea goblet ; 1 silver kommeken ; 6 porte tassen ; 1 silver 
porte karaffe ; 1 silver kommeken ; 3 silver dopperkens (*) ; 
.1 silver theepot; 1 becken('); 1 theepot; 1 schotel ; 1 silver 
sack orlogie ; 1 silver limonade lepel ; 6 confituer forcet- 
kens, silver, en 6 idem lepelkens ; 4 thee lepelkens ; 
2 suyckertangen ; 1 silver wywatervat ; 1 tennoille (') ; 
1 silver olyflepel ; 1 silver brilkasse ; 1 tabatière, silver 
vergult (*) ; l silver taerterolde ; 1 houtte doos met eenige 
silver medaillien ende andere kleyne stuckx silver ; 

5 porceleyne schotels, ouden back ; 7 minder idems ; 
5 porceleyne salladieren ; 37 porceleyne taillooren, geheele 
ende gebroken ; 5 sucolate thassen ; 2 porceleyne spoel- 
kommen ; 13 stuckx thee porceleyn ; 1 porceleyne kanne 
met silver goudt beslagh. 

Op de schau we : 13 stuckx porceleyn. 

Aen de selve schauwe : 4 consolen met 12 stuckx porce- 
leyn daer op. 

Boven de deure : 20 stuckx porceleyn in thee buffetken 
met 50 stuckx porceleyn daer op en daer. in. 

7 portraiten met goude moluren ; 3 stuckx schilderyen ; 
1 coper bassin met syn veise en yser voet ; 1 spiegel (') ; 



(*) DopperXens, Het woord dop beteekent een knoop, eene ronde 
verhevenheid, meestal van edele metalen, dienende als versiersel op 
kleederen, gordels, paardetuigen, banden van boeken, enz. B. v. Een 
dosiine zelvere croesen met doppen aan de voeten ; — zelvere soutoaten 
met doppen ende vergulde boorden, Verwys- Verdam, Middeltteder- 
landsch Woordenboek, 

(■) Becken, fr. bassin, rafraïchissoir. 
. (^) Is het niet tenaille = pincettes ? 

(*) Tabatière. Wij meenen hier te mogen verstaan eene snuifdoos. In 
de XVI1<^ eeuw maakte men deze doozen zeer 'fraai op ; zij dienden 
niet zelden tot geschenk. 

(*) In den inventaris van 163% vinden wij de spiegels aleen op den 
boven, in de slaapkamers. Dit zijn nog kleine spiegels, die niet dienden 
om uitgesteld te worden. Hier na komen er grootere voor, die men op 



INVBNTABIS VAN 'T JAAE 1752 53 

2 witte ende 2 groene gordynen; 10 matte stoelen en 
1 fauteuïUe ; 2 branders, tanghe en schuppe in yser ; 
1 bureau ofte schryftafcl (*) ; 2 deillie Koutte tafels. 

In een kaskcn neflfeus 't buffet : 

1 farde met papieren ; 1 farde met quittantien on ander 
ba<;atellen. 

IN DE GROOTE SALETÏK. 

De selve bevonden bebaugen met tapiten. 
1 lit de repost van geelwe en root damast (*); 1 canapet, 
silver tissu ; 1 schoon stuckx schUderye door Poerbusse (') ; 

1 rabot en dessein {*) ; 1 heertyser met koper hanthave ; 

2 fauteuillen getapisseert ; 10 fauteuillen groen en wit 
damast; 6 stoelen op biesems; 1 matte; 7 roo gordyneu; 

schouweo plaatst of aan de muren vasthecht, gelijk het nog heden 
ge<1aan wordt. De schouwen, in Louis XV, zijn vol teekeningen en 
monlenren, en in 't midden, van onder, maken die als 't ware eenen 
kader, waarin de spiegel past. 

Die oudere kleine spiegels waren zeer kostelijk opgemaakt, met 
lijsten in metaal, verguld koper of ebbenhout omzet. Men droeg ze 
in rijke kokers, soms in pane, en er waren sloters aan, gelijk men er 
aan de boeken maakte. 

Vóór men het kwikzilver kende om den eenen kant van het glas of 
kristaal te beleggen, gebruikte men daartoe zeer dunne bladeren 
zilver, lood of tin, en, tegen den roest, omsloot men den spiegel met 
de scheede. Het verzilveren met kwik begon maar in het begin der 
XVII « eeuw. 

(*) Burgnu stamt af van het fr. woord bure, ruwe stof die men op de 
schrijftafels legde tegen het plekken. 

(') LU de repps, is een klein bed, zeer laag, om binst den dag te 
rusten, een soort van sofa, als men nu zegt, of chaise longue. Het 
blijkt echter uit dezen inventaris verder dat een iü de repos een 
gewoon bed kan zijn, met behangels, matras, lakens, enz. 

(') Poerbusse. Naar het schijnt, was de ware nçiam van den beroemden 
scbililer niet Pourbus, maar Poerbusse. Zie in Annales de la Société 
€ Émulation^ tome L, année 1900, een artikel van den heer A. Ronse, 
met opschrift : Quel est Ie véritable nom defanixUe de Pierre Pourbus ? 
(*; Is dit een rabat en dessin (fr.) ? Een soort van bewerkt 
.schouwkfeed ? Wij lezon in den inventaris van Jean du Chambge 
(16451 : 2 rabatteaux de saye bleuze avecqfringes, travaillez à Vesguille, 



54 A. DE POOBTEB 

1 staende orlogie ; 2 tafels met schoven ; 2 speeltafels met 
groen overtrokken ; 1 luyster met goudt verguldt, contre- 
poix, 2 branchen. 

IN DE GROOTE EETPLAETSE. 

De selve bevonden behangen met cramoisie damast. 

4 platte . Iiiysters met hun spiegel goudt verguldt ; 
12 stoelen. bekleedt met cramoisie damast; 1 taefelken 
bekleedt alsvooren ; 3 fauteuillen van bevrochten riet met 
hunne boussins ; 1 canapet bekleedt met geelwe damast. 

1 buffet : daarin bevonden 9 chapaensche porceleyne (*) 
schotels ; 4 grauwe porceleyae idem ; 4 porceleyne spoel- 
kommen ; 1 komme ; 10 schotels, onder groot en cleen ; 

15 stuckx theeporceleyn ; 2 terrinnen, witte, met hun pat- 
teelen; 1 pot à œille ende schotel (*); 1 witte schotel, decksel 
ende tailloore ; 6 porceleyne schotels ; 22 taillooren ; 

16 salladieren ; 12 porceleyne soupe thaillooren ; 6 crabo- 
netten ; 7 groote schotels ende eenigh glas. 

Op de sclmuwe : l stelsel van 6 stuckx porceleyn. 

6 sucolaté tassen ; 2 porceleyne kannen, 2 spoelkommen ; 
1 ander stelsel van 5 stuckx minder ; 20 stuckx porceloyn ; 
4 saladieren ; 2 indiaensche figuren ('•) ; 4 consolen met 
4 stuckx porceleyn daerop. 



(*) Fr. Porcelaine du Japon. 

(■) Pot-a-OiiU. Een hoylle schofelf (1632). 

Havard schrijft : Oüle = « liag-ont des Espaii^nols qui consiste dans 
« un mélange de toutes sortes de viandes et de légumes, et qu'on fait 
« cuire dans une largo marmite. 

« Pot-à-oille = le vase de forme spéciale dans lequel on prit 
« l'habitude de servir ce ragoût quand il fut devenu :i la mode, n 

En verder : <* Lps premiers pots-à-oille ou yxircelaine qui parurent 
** k la cour, furent offerts, le 2.) Décembre 173i^ à Louis XIV, pour 
«ses étrcnnes ... Sous la Restauration le pot-à-oille disparut de nos 
« tables et fut remplacé par la soupière, n 

Men heeft nog de fransche (!) uitdrukking : Olia-podrida, (pot- 
pourri), om dien spaanschen hutsei)ot te lieduiilen, en, van daar, 
eenen mengelmoes allerhande, vooral in letterkundige voortbrengselen. 

(*) Deux tigurines des Indes. 



INVENTARIS VAN 't JAAR 1752 55 

1 commode : daerin bcYonden een deel couppons van 
kleedinge ende kleyn lynAvaet in de 3 eerste schoven. 

In een ander schof, een witte daraaste rock met silver 
vriogen ; 1 asschrauw zijde cappe ; 1 ander witte damaste 
rock ; 1 rock cramoisie in silver blomme ; 1 roo satyne 
rock met silver boort coin d'Espagne. 

In een ander schof : 3 lappen (gemolcke) lynwaet ende 
een deel coupons. 

IN DE SLAEPKAMER. 

1 commode daer inne bevonden : 

1 silter waterpot ; 1 silver bourdalou ende custode (*) 
1 silver becken en l'épine (*) 5 2 silver toilette doosen ; 
1 paer silver kandelaers, keersmuyter en porte raouchette ; 
3 toilette bustels ; 2 kleyne tolette doosekens ; 1 silver 
spelleback ; 1 silver mande tolette spiegel met silver 
moulure ; 1 tolette kleedt. 

Voorts in het selve buflfet bevonden eenighe ongestevene 
engagentes (') ende opgedaene coeffuren. 

De voorseyde camer behangen bevonden met geelwe 
damast. 

(*) Bourdalou, is ook een süver waterpot, gelijk hier voorgaat, die 
in een kasken of koker zit. Dit voorwerp is zuiver fransch. Zie 
Havard. 

(■) Beckén en Vépine. Wij vinden in den inventaris van Diego 
Davila (1616): Ben tinnen becken met lippijn; elders nog: Een becken 
en lepijn ; in 1629 : Een zetter verguit becken met het lampet daertoe 
dienende, £n Kiliaen geeft : Lepifn = Lampet, hant-vat, guttus, 
imvacrum manuarium. 

Het is das : un bassin ou rafraichissoir avec aiguière. Geen wonder 
dat wij die beckens met lepyn zoo talrijk ontmoeten. Immers, als 
wanneer men vroefi^r het dagelij ksch gebruik nog niet had van de 
forcbetten, moest men noodzakelijk zijne handen wasscben vóór en 
na eten. A/zoo is het becken ende lepyn bewaard gebleven als pronk- 
joiree/. 

(*; EngagenteSy en verder : / paer dobbel engasanten, fr. engageant, te 
zeggen l^Dge en breede mauwen die de vrouwen droegen. 



56 A. DB FOOBTJSB 

1 lidange (*) yao geclwe damast ende spree ; 6 fau- 
teuillen bekleedt met geelwe damast, 1 ander fauteuille 
met geelwe en roo damast ; 1 lit de repos en fauteuille 
ofte bergère. 

Voor de schauwe : 

1 groote spiegel ; 7 stuckx porceleyn ende 1 schilderye 
representerende de H. Magot mot haer kinderkeu ; 
2 versilverde branchen ; 2 tambourins (') ; 1 toilette tafcl 
bekleedt met zyde stoffe ; 1 platte luyster in goude raolure 
ende spiegel ; 1 porceleyne vase ; 1 crucifix op swarte 
paenc ende goude molure. 

1 bureau : daerbovcu bevonden 10 stuckx porceleyn. 

Ende in de 6 eerste schoven eenige syde kousseu, 
médiocre eugageutes, linten, ende andere prondelinge. 

In een ander schof vanden selven bureau bevonden 
de naervolgende goude ende silier speciën (^) : 



(*) Lidange = lit d^atigcy een soort van bed zonder staanders, 
waarvan de hemel 7.cev kort is. De oorsprong van dien naam is 
onbekend. 

(*) Zie bl. 41. 

(') De geldstukken waren vroeger van zeer verschilligen aard en 
waarde. In Vlaanderen vond men geld uit alle gewesten van het 
Noorden, Frankrijk, Engeland, Spanje, uit de zoo talrijke kleine 
staten van Duitschland, uit Italio, Tarki(*n zelf en het Oosten. 
Daaronder waren er oude en ;»>M;r^ munten. Alzoo komt het dat men 
hier, l)ij delvingen of anderszins, soms geld ontdekt uit alle landen 
en van alle tijden. 

Daaruit ontstond eene groote moeilijkheid om te rekenen. Men 
vond eene soort van penuiugen uit, en men trierp er zooveel van op 
tafel als een gegeven muntstuk eenheden telde. Op het einde nam 
men al de penningen samen en zoo kreeg men de uitkomst der 
optelling. Dat heette legghen met tegh penning hen ^ en het werd 
geleerd in de scholen. Zt)o lezen wij in de rekening die opgesteld werd 
bij de meerderjarigheid van Karel Van Marievoorde, (1591) : betaelt 
M^ Jan De Waele van hem te leeren legghen ende cyfferen...,, 

In den inventaris van Jan de Fevere, (15i>9) : Een dosekin met 
leghpenninghen. 

Die penningen waren in koper, soms in zilver. De inventaris 
opgemaakt bij het afsterven van Martinus Lem, burgemeester van 



INVEKTABIS VAN 't JAAB 1752 57 

1 gouden Ducaton (*) ; 10 oude Souveraioen ; i nieuw 
dobbel souverain ende 6 enckel ; 7 Guineen ; 20 oude 
croonen ; 13 alve idem ; 5 quarten ; 44 Ducatons, soo in 
enckeie, dobbele als triple ; 5 fransche Pattacons en half ; 
20 Navarren ende 1 halve idem ; 8 nieuwe stucken van 
seventbien en half ; 7 stnckxken van negen min een oortje ; 

1 hollantsche Pattacon ; onderhalve (*) nieuwe cróone ; 

2 quarten van Carambolen (*) ; 6 nieuwe schellingen ; 
85 oude schellingen ; 8 stucken van 5 stuyvers. 

Gebülionneerde speciën (*) : 

20 spaensche Pattacons ; 7 quarten van Navarren ; 1 halve 
fransche pistole ende een ander vremt goudt stuckxken. 
Voorts de naervolgende medaillen en penningen : 
Het portrait van Pere Quesnel (*) ; 1 ander medaille 
silver verbeeldende Carel den sesden en aen d'anderkant 
(Je waepens vanden lande vanden Vryen ; 3 silver lot 
penninghen C') ; 6 ander silver penninghen ; 1 penninck 
goudt ofte verguit ; 1 tassche (") met silver beslagh. 

Bruggre, (1597), vermeldt : 49 zilver leghpenninghen, weckende 7 oneen 
18 yngkelsche en half. 

Wij kennen nog een dergelijke soort van penningen, meest in been, 
die (lianen voor sommige spelen. Leggen is dus rekenen. Kiliaen zegt : 
legghen ende rekeneti niet penngnhen. Yan de gelijke heet het in het 
fraosch : jeter ^ jetons. 

(*) Ducaton. Een ducaat was altijd een gouden munt. De ducaton 
was io zilver, en zeer verspreid in ons land onder den Spanjaard, en 
later nog. 

(*) Een en half. 

if\ Carambolen, een fransch geldstuk. 

1*) E-jp^Kjesen billon, kopergeid. 

{') Vermaarde Jansenist, die Arnould als leider opvolgde. Hij 
vluchtte naar Belgenland, werd gevangen te Mechelen, en vertrok 
nadien naar Holland. 

i*) Is dit silver verlot, te zeggen lood dat versilverd is, of zijn het 
sileer lotpenninghen, en wat is dan een lotpenmng ? 

O Tasnchey fr. bourse. 



58 A. DE POORTER 

Voorts ia een dooseken bevonden de naervolgende 
juweél^en : 

Alvooren een diamante charlotte eude diamante cnoop ; 
2 diamante pendalotten ; 1 rinck met 5 diamanten ; 1 idem 
met 3 diamanten ende roo steen (*). 

IN DE KAMER ALWAER D'OVERLEDENE HAER WAS 
KLEEDENDE. 

1 waegeschotte (') kasse, daer in bevonden : 
Eerst 47 vrouwhemden ; 1 blauwe tissu rock ; 1 idem ; 
1 ander rock, broderie des Indes ; 4 koeffuren ; 4 schroon 
van koeffuren ; 24 silver livrey knopen ; 22 kleyne idems ; ' 
5 silver bellekens ende 4 silver pointen van schoen ; 1 paer 
silver schoen gispen ; I pack coupons soo van cameryckx 
als neteldoeck (') ; 2 schoven met slaepcornetten ; 2 witte 

(M Wij gaan hier voorbij de papieren van B«° de Bette, als zijnde 
van klein belang. 

(') Waeghe-schot is bij Kiliaen : lignum scn'niarium, tabula quercea, 
te zeggen : eikenhout voor meubels. 

Het eikenhout bleef lang gebruikt in de Noorderst reken. In den 
inventaris van i63a zijn het bijna al eikenen meubels. Wij vinden 
nochtans eenige uitnemingen, en voor kleine voorwerpen gebruikt 
men alreeds cyprès en ebbenhout. Een grooter meubel nochtans 
vestigt de aandacht. Het staat beschreven als volgt : Op de zelve tafele. 
een groote zwarte gheconterfeite ebbenhoutte scribane, es ghepresen op 
8 pond grooten. Dit schijnt eene namaking aan te duiden ; de scribane 
zal met ebbenhout opgeleid geweest zijn. Zij is nochtans een der 
eerste meubels welke men in een bijzonder huis tegenkomt uit 
vreemd hout vervaardigd. 

Als wanneer de vreemde houtsoorten inkwamen in de XVII* eeuw, 
verdween ook de eik of waegheschot. Ebbenhout, acajou, enz. zijn 
immers, zoo men zegt, meer kortbrake en dienvolgens gemakkelijker 
om in te leggen met metaal, been of ivoor, gelijk het alsdan de mode 
werd. Dat werk heet in 't fransch marqueterie. 

Van de jaren 1600 voort werden de ingeleide meubels zeer rijk 
vervaardigd en verspreid in Vlaanderen. Ook ontleenden onze meubel- 
makers hunne noodige teekeningen, niet enkel aan gewone teekenaars, 
maar dikwijls aan ervaren kunstenaren. Kunst en nijverheid gingen 
alzoo gepaard en leverden meesterstukken op die nog bewonderd 
worden. 

O Mousseline. 



INVENTABIS VAN *T JAAB 1752 59 

rocken ; 3 mantelinnen ; 13 camesolen ; 3 witte schorten ; 
1 pack met ondermutsen ; 33 witte sack nensdoecken (*) ; 
7 paer meuotten; 7 paer oüderkoussen ; 7 paer idem; 
3 paer ondermouwen ; 6 paer schoen. 

Beneffens een deel cort lynwaet bestaende soo in 
ondermutsen en handtdoecken. 

Beneffens een deel coupons van roben, rocken, etc. 
Eyndelinge een paar siiver gispen met pierre d'Estrages. 

1 garde-robe daer in bevonden de daegelycksche roben 
ende rocken by d'overledene gelegaleert aen Isabelle 
Dehou. 

1 waegeschotte bureau oft secretaire vervelt met linten, 
gaeren ende koussen ende audere prondelinge. 

1 toilette spiegel; 1 staende oriogie; het portrait van 
Mevrouw de Ruisseau; 1 stuck schilderye verbeeldende 
het kindeken Jesus ende St Jan ; 1 houte staender ; 
3 paignez; 1 siège percée; daraasto gordyne voor de 
Tensters. ' 



(*) Zakiieusdoeken, Men heeft beweerd dat de zakneusdueken 
tauielijk nieuwerwetsch ziju, en dat men zeer lang, aan het hof 
van Vrankrijk zelf, in hunne plaats de vingers gebruikte. Wat 
daar ook van zij, wij weten stellig dat men in Vlaanderen 
neiudoekfn gekend heeft in de XVI*' eeuw, en die noemden dan 
snitutdoucken, fr. mouchoirs. Zij waren zeer keurig opgemaakt, soms 
met kanten en fringen omzet, en werden dikwijls, met nieuwjaar 
b. V., tot geschenk gegeven. 

Zie Testament de Jacques de H eer e ^ in Annales de la Société 
ttÊmuiation, 1901, Ll« volume. Daar vinden wij, onder talrijke 
andere, in artikel 38 : 

Ben SHuytdouck met spellewerch. icesende mijn niewtjaer, a^ 4o78j 
van mijn nickte.... 

Snuutdouckenmet frynghen, ende een werck ande twee zyden. 

Waren dat ^^Aneasdoeken, fr. mouchoirs de poche? Waarom die 
frynghen, en vooral dat 'icerch ande twee zyden ? 

Zoo hebben wij nog heden neusdoeken welke men om den hals en 
op dB borst draa^, die toch geen 2:^4 neusdoeken zijn. Onze inventaris 
onderscheidt verder beide soorten en geeft elke soort in een verschillig 
aoinmer op. 



60- A. DE POORTER 

Voorts soo in eene kasse in de sale, als in de bottelrye, 
bevonden liet naer volgende ihin: 

21 platteelcn zoo groot als kleyn; 29 idem; 179 tinne 
tailloorcn ; 4 nieuwe schoteltiens : 2 tinne salven (*) ; 

1 tinne camerpot ; 1 hamme schotel, 1 soupe lepel ; 

2 gleyersche potten ; 1 tinne mostaert pot ; 6 sypers ; 
1 schincktailloore; 3 tinne cannen; 1 pinte; 1 mostaertpot ; 

3 waterpotten. 

IN DE ZALE VANDEN SELVEN HÜYSE. 

Buyten het tin, bevonden in een schaprae vande selve 
aaele, noch gevonden eenighe rekeningen raekende de 
commisserie van wylent ra'her Baron de Bette ende 
eenighe prondelinghe. 

1 waegeschotte kasse waer in berusten alle de filassea 
van quittantien gediend hebbende tot de rekeningen vaa 
m'her Baron de Bette, mitsgaders ander oude papieren. 

4 groote stuckx schilderye. 

1 waegeschotte kasse, daer in bevonden : 

1 robe van syde geelwe ende roo strypkens ; 1 idem robe 
van satyn geelwe en bruyn ; 1 sitze robe geelwe gront (*) ; 
1 violette rock met fabulans(-^) ; 1 robe van Indiaens damast 
met silver garniture ; 1 fluweele robe met goude garniture ; 
1 sitze robe blauwe gront. 



(*) Tinne saloen. Elders vinden wij : ƒ silver salve, 1 doorluchtige 
zalve. Wat is een salve ? 

(■) Sitze, beduidt eene kleerstof. Wij vinden nog het woord terug, 
in het opzeggen der kinderen, te Brugge ; 

« Kramer is gekommen ! » — 

— «En wad etjie ol meegebrooht ? » 

— « Nol den en spaUen, 
tf Klinkers en ballen, 

« Aken en oogen 
« Pyletjies en boegen, 
<< Sitzen en kattoen, 

« Ifrou, menheere, eije nieinendolle vandoen ? n 
(•) Falbala, te zeggen plissé op vrouwekleederen of op gordynen. 



IÎÏVE»TARIS VAN ^T JAAR 1752 61 

Voorts de beste arnasseuren, 2 ander arnasseuren en 
2 gorreelen met nieuwe stringen. 

1 ander schotel ; 3 tafel blaeren ; 1 taefel ; 6 branders 
ende iser schippe ; 2 oude blaeckers ; 6 stooven ; 7 blasons ; 
I kiste. 

OP DE ROODE CAMER 
COMENDE OP DEN BASSE-COTJB. 

Alvooren de selve behangen met tapiten. 

1 lidauge met root behangen, daer in ligt een maltrasse, 
pluymen bedde ende hoofteynde, mitsgaders een witte 
gestickte spreede. 

1 swarten bureau daer in bevonden een deel prondelinge. 

1 wageschotte kasse daer in bevonden : 

19 paer beddelaeckons ; 15 paer laeckens van 2 breeden ; 
15 hammelaeckens soo daniaste als andere ; 5 idems ; 
111 servecten soo damaste als andere; 37 flowynen, soo 
groote als kleyne ; 3 idems ; 1 witte gordyue met syn 
fabala (\) ; 1 stelsel van 5 stuckx gleyers. 

Op de selve kasse : 1 porceleyne waterpot met syn 
decksel. 

Op de schauwe: 1 porceleyne becken ; 2 witte porceleyne 
potten ; 6 porceleyne schotelkens ; 10 porceleyne potkens ; 
1 spiegelken met goude molure ; 2 versilverde branchen ; 
1 taefelken met marbol bladt ; 1 met groen bekleedt ; 
1 nacht taefelken ; 1 fauteuille ; 8 biesem stoelen met 
geel we kussens ; 2 oude portraitten ; 2 toilette spiegels ; 
1 geborduert scliilderykeu ; 4 witte gordynen. 

OP ep:ne andere kamer 

COXfiXDE OP DEN BASSE COUR, GENAEMT DE GROENE KAMER. 

Alvooren de selve behangen met tapiten. 
(') FalbalOj zie bl. CO. 



62 A. DE POOKTER 

1 lidange met iniliaensche broderie ende groene 
gordyuen, daeria light een stroosack, pluymen bedde 
ende hoofteynde met 2 maltrassen ende 1 groene gestickte 
zyde spreede. 

2 spiegels met goude moluren ; 3 witte gordynen ; 
2 glaese biaeckors. 

Op de schaiiwe : 33 stuckx porceleyu. 

11 trypestoelen (*) ; 3 fauteuilleii ; 1 siège percée met 

1 tinne pot ; 2 taefels. 

Boven de deure : 13 stuckx porceleyn. 
1 portrait ; 2 staenderkens. 

OP DE CATÏOEXE KAMER. 

Alvooren de selve behaogen met root cattoen. 
1 ledange met blauw damast behangen ende Haer- 
lemsche lynwaete gordynen, daer in light een stroosack, 

2 maltrassen en pluymen hoofteynde ; 1 paer laeckens ; 

2 gestickte sargiën. 

1 lit de repos met camelotte (*) behangen ; 1 stroosack ; 

3 maltrassen ; 2 woUe hoofteyuden ; 1 sargie ; 1 paer 
laeckens. 

Voor de schauwe : 1 spiegel met swarte molure ; 5 stuckx 
gleyers werck ; 1 schilderye verbeeldende een gekruysten . 
Godt. 

1 commode daer in ligt : 3 syde roben in 't eerste schof. 

In 't tweede schof : 2 syde roben ; 4 nacht paquetten ('). 

(*) Trype^ was een soort van pane. Men miek er veel in Vlaanderen, 
zoowel voor kleederen als voor meubelg-oed. 

(■) Camelotte. Deze stof werd eertijds vervaardigd in het Oosten met 
het haar van den Ca/jielus, kemel. Hier werd zij nagemaakt in geiten- 
haar of ander. Brussel vooral stond vermaard om deze nijverheid, en 
voerde veel dezer stoflfen naar Frankrijk uit. Men bezigde camelot voor 
behangsels op muren eu aan bedden, voor gordijnen, stoeien, enz. 

(') Paquette, is dat niet = pakshe, te zeggen, de geheele kleedij ? 
Zoo hoorden wij eens te Oostende : een visschers pakske. 



INVENTABI8 VAN 'T JAAB 1752 63 

In het derde schof : 4 witte onderrockeD. 

1 waegeschotte schaprae, daer op staen 2 gleyersche 
potten. 

1 strycktafel met groene sargien ; 2 tambourins (*) ; 
6 matte stoelen ; 1 deel manden ; 22 hemden ongegarniert ; 
34 hemden gegarniert ; 26 sackneusdoeken witte ; 23 neus- 
doeken ; 9 halve neusdoeken ; 15 platte mouwen ; enckel 
mansetten ; 28 cour de gergen (?) ; 8 cornetten de Ia foire ; 
18 nachtcornetten ; 4 ronde coeffuren ; 17 paer dobbel 
engasanten ; 10 sacken ; 28 mutsen, gestrekte en ander ; 
12 communie kleetjeus ; 11 busquieren ; 2 toilette cleers ; 
2 pignoiren ; 8 witte schorten ; 12 paer witte koussen ; 
15 camesolen ; 9 witte rocken ; 4 paer hantschoen ; 4 paer 
menotten ; 15 flowynen ; 7 paer groote laeckens ; 4 paer 
mindere; 19 paer domestique laeckens; 11 mindere; 
8 servietten à bords ; 63 servietten a rosetten ; 89 servietten 
geteekent D. F., rose d'hollande fine ; 12 servietten 
pauwoogen (•) ; 14 groeve idem ; 17 servietten à service ; 
12 cerferons (') ; 6 coIsoqs {*) ; 5 slichte servietten ; 12 witte 
hautdoeken ; 2 witte keucken ammelaeckens ; 17 disch 
cleers ; 20 blauw amlaeckens ; 62 blauwe serveeten ; 
28 blauw hantdoecken ; 16 grauwe idem ; 15 hals serveeten ; 
2 frotoirs (*) ; 5 thee doecken ; 9 cattoene schorten. 



(•) Zie bl. 41. 

(') Pauivoogen^ dnidt een soort van weefsel aan in vorm van de 
oogen van eenen pauw. Men kende ook daemwerky volgens de 
vierkante verdeelingen op het daamspel, fr. damier. 

(*) Is dat niet serres-front j wat men vroeger noemde een passe? 
Zie hl. 64, nota 2. 

(*) Caleçons. 

(•) Frûtûiff of gratteerder = een voorwerp, doek of borstel, om 
te ürotten. 



64 A. DE POORTEB 

OP ISABELLEN'S CAMER. 

2 lit derepotieiis met potas (*) behangen, daerin liggen 

2 stroosackeo, 2 pluimen bedJen, 2 pliiyrae oorkusseas, 
4 sacrgien, 2 paer laeckens. 

2 stoelen ; 1 deillie houte tafelken ; 1 deillie houte 
kasken. 

OP DE VUYL LYNWAETCAMER. 

1 passe (*) ; 3 coffers ; 1 deel quae ('') manden ; 3 matte- 
stoelen. 

OP DE GANCK. 

5 placke bardels ; 2 schilderietiens. 
OP DE KAMER BOVEN DE KLEYNE EETPLAETSE. 

1 Ut de repos, met katoen behangen, daer in ligt : 

3 maltrassen ; 2 sargien ; 1 paer laeckens ; 1 hooft eynde. 

15 stuckx schilderye ; 1 waegeschotte tafel ; 1 pluime 
bedde ende cattoene spree ; 1 staenderken ; 3 saelstoeleu ; 
3 waefelysers. 

OP D'ACHTER SOLDER. 

1 yser pot ; 3 koper ketels ; 1 tarto panne ; 1 yser spit ; 
1 deel lynwaet persen (*) ende ander prondelinge. 

(*) Potns zal hier een soort van stof beduiden, waarmede deze 
kleine lit de repos behanffen waren. 

(■) Passe. Dit fransch woord beteekent hei deel van eene vromDemuts 
dat het hoofd bedekt, tusscken het voorhoofd en den schedel. Idioticon, 
Db Bo. Nochtans stellen wij dit woord hier jrelijk met presse oï perse, 
om dit tuig aan te duiden, waarin men het lijnwaad preste of plooide. 
Onder de pres, was jrewoonlijk ren kaske gfemaakt, om er het lijnwaad 
in te leggen. Wij lezen verdor : / passe met Sf/n kasken, en elders, 
(1616), Een bufetken wesende een faille passe ; (1032), een lymvaet passe 
van icaghenschot. 

(') Slechte. 

(*) Wij kennen te Brugge meer dan een huis waar die persen nog 
bestaan, op den zolder, en dienen om het lijnwaat te hangen droogen. 



INVBNTAEI8 VAN 'T JAAE 1752 65 

OP DE VOORSOLDEU. 

1 deillie hoiitte taefel met een deel lynwaet persen. 

IN DE KEUCKEN. 

7 casserollen ; 6 coper ketels onder groot en kleyn ; 
5 idems; 12 koper decksels; 2 tourtepanne (*); 4 idems; 
3 coper sypers ; 1 coper coffékaane ; 2 sucolaté potten ; 
3 coper moeren ; 5 yser schuppen ; 4 tangen ; 2 roosters ; 
2 idem ; 1 yser randel ; 1 yser draeyspit met 4 yser speten ; 
1 carpelspit ; 3 coper pannen ; 1 coper candelaer ; 1 coper 
haspe (*) ; 1 fruytpanue ende een deel aerdewerck ; 1 coper 
mortier; 1 deille houten disch. 

IN DE GANCK VANDE KEUCKEN. 

4 roo coper ketels en casserollen ; 7 geelwe coper casse- 
rollen ; 8 coper decksels ; 1 bedtpanne ; 2 coper ketels ; 

1 coper braetpanne ende een deel aerdewerk, gleyers 
werck ende glas; 1 passe met syn kasken ('). 

OP DE KOÜTSIERS KAMER. 

3 waepens; 1 stoeldraeyers koutse; 1 maltrasse en 
stroosack; 2 sargien; 1 schrooback met syn mes; wat 
vdel botteillien. 

OP DE KAMER VAN BRUNO. 

1 stroosack en maltrasse ; 1 paer laeckens ; 2 sargien ; 

2 oorkussens. 

IN T PEERDESTAL. 
1 swarte ruynpeert; 1 idem raerriepeert ; 1 graender. 

(') Taartepanne. 

(') Basp, dat is de mnd^ zelf die rond draait. Kiliaen g'^eft : ro({^ 
gïomeratoria quàjtla rotando congJomerantur^ 
Fan daar : Toi iyk^ een haspe. 
O Zie bl. 64, nota 2, 



66 A. DE POOBTEE 

IN DE REMISEN (»). 

1 slee ; 1 wippe ; 1 coutse met bruyne gront, becleedt 
met geelwe trype ; de beste coutse becleet met 7 glaesea 
en geelwe trype ; l reep met syii catrol ; 3 goede leerren ; 

1 berline becleedt met blauwe trype. 

IN DEN HOF. 

1 oraigneboom ; 7 granaetboomen ; 5 coulianders {*) ; 

2 seseminen ('). 

IN DEN ACHTERKELDER. 
Eenige ydel fustagie. 

IN DE BIERKELDER. 
10 derdendeelen (*) ; 5 stellingen. 

IN DEN HOÜTKELDER TER STRAETEN. 
Een deel hout soo blockens, fasseel als spaenders (*). 



(*) Hier leeren wij de namen der rijtuigen : slee, coutse, berline, 

(•) Couîiander, oleander = laurier rose. 

(*) Seseminen, dat is*brugsch = fr. Jasmins. 

(*) Derdendeelen. Ziedaar eene onderverdeeling van de ton, die wij 
niet meer kennen. ,^ 

(*) Blokken, dat is hout voor den heerd, voor een houtvuur. De 
blokken worden gewoonlijk op een voeten Aff^/* lengte gekapt. 

Fasseel, lang bout, voor de stèren = 1 meter lang. 

Spaenders, of houtspaenders = fijn gespleten hout om het vuur te 
ontsteken. Ook nog : stoof hout. 

fiufschen^ samengebonden wissen of rifsels. 



INVENTARIS VAN 't JAAR 1752 67 



OP HET SCHOTTEKASTEEL ('). 

Op den 24»^®'^ x\ugu8ti 1752, ter presentie van den 
heer van PoUinchove ende den heer Grave van 
CoUins geinventorieertde naervolgende meubelen 
ende effecten bevonden op het Schotte Casteel 
gelegen ter prochie van Dudzeele, d'overledene 
gecompeteert hebbende. 

O Het SchotUkasteel, te Dudzeele*, bestaat nu niet meer. 

Het werd in de jaren 183()-I8i0 afgebroken, toen het eigendom was 
van den heer de Lichtervelde. Er wordt door K. de Vos, destijds 
onderpastoor van Dudzeele, in zijn Parochieboek van die gemeente, 
verteld dat gemeld kasteel door eenen heer uit Caledonié of Noord- 
Schotland gesticht werd. Ook nog dat tijdens Maximiliaan, zekere 
Pieter van Westervoorde, koopman in laken, het Schottekasteel, op 
13 October 1490, verliet, en dat het den dag daarna door de 
duitsche soldaten geplunderd en in brand gestoken werd. Het kasteel 
dat in Sanderus' werk afgebeeld staat, was dus al een tweede bouw. 

De naam van het Schottekasteel vind ik op de kaart van 
J. Drubbele (1838), en op die van Popp (1880). Op de kaart van het 
Institut cartographique belge (1880), komt hij niet meer voor. In zijne 
beschrijving der vereenigde wateringen van Eyensluys en Groot- 
JCeygharsvliet zegt J. Drubbele het volgende : « In dit begin van 
e zayden heeft gestaen het zoo genaemde Schottekasteel, zedert eenige 
« jaeren afgebroken, wordende het overige der gebouwen nu gebruykt 
« voor woning van den pachter der hofstede,... » (1838). 

Dat de kaart van Popp den naam van het kasteel nog vermeldt 
is te wijten aan de omstandigheid dat die kaart circa 1855 opgemaakt 
geweest ïs, ingevolge de kadasterplans van circa 1835, dus van toen 
het Schottekasteel nog bestond. 

^'u kennen de lieden ter plaats den naam van Schottekasteel nog 
en passen zij hem toe op de hofstede die er van overgeschoten is. 
YergeWjk ten andere wat J. Drubbele getuigt. — {Mededeeling van 
M. K. de Flou, ^verkend lid der Vlaamsche Akademie.) 

Saudbrvs, Flandria illustrata, geeft de namen op der vorige 
eigenasirs van het Schottekasteel. Jacques dé Fevre verschijnt er in 
IHl. 't Is door de familie de Fevre dat dit goed in 't bezit kwam van 
B»» de Bette, 



68 A. DE POORTEB 

IN DE SLAEPKAMER 

1 lit de repos met gestrypt lyowaet behangen daeria 
eeu stroosack, pliiyme bedde, 2 matrassen, hoofteynde;. 
3 pluyme cusseus ende 2 gestrekte cattoene sargien; 
1 bollauts vertrek xken ; 1 toiletté taefel ende cleet ; 
1 toilette spiegel ; 1 ander spiegel met goude moulure ; 
1 stiick schilderye verbeoldeude de H. Famille ; 1 russis 
mesienet (*); 2 gordynen, root cattoeu; 1 ander tafelk^en. 

1 schapraeken daer in bevonden : 4 gegarnierde hemden ; 
1 lynwaetsack ; 5 witte neiisdoecken ; 4 paer witte haat- 
schoen ; 3 paar engageauten ; 4 slaepcornetten ; 3 paer 
gaeren cousseu ; 7 hantdoecken en feyfels. 

4 versilverde candelaers. 

1 overtrocken bureau, daerin bevonden : 1 swarte 
mnntelc ; 1 roo idem ; 1 silver pomade dooseken ende 
domyns (*) ; 1 ctiiy ; 20 serveeten ; 3 hantdoecken. 

In een ander schof : I raissaei (') ; 1 paer slaeplaeckens ; 
1 netteldoecken coiffe ; 15 flowynen ; 1 witte ende 
geperckte schorte, 14 witte hantdoeken ; 2 borstkens. 

In 't derde schof: 

4 silver voetkens van .... ; 1 paer slaeplaeckens; 5 tafel- 
cleers, 4 hantdoeken ; 1 chasuple ; 1 tambourin ; 1 setel 
stoelken en cusken ; 2 gordynen voor de vensters ende 
spiegel voor den heert. 

INDE CAMER 

NEVENS DB VOORGAENDE. 

Deselve bevonden behangen met zeyldoeck. 

1 spiegel ende vergulde moclure ; 1 ledikant (*) met 



(*) Mcnenet = fr. moii«<tiquaire, façon russe ; russisch mu^^çennet. 
(*) Domym (?) Men kende onder den fr. naam dôme een soort van 
glas of klok, waarooder men kostelijke voorwerpen legde. 
(•) 't Is het eenigste boek waarvan spraak is. 
(*) Lit-de-camp. 



INVENTARIS VAN 'T JAAR 1752 69 

groen behangsc], stroosack, maltrassen, hoofteyndc ende 
gestickte cattoene sargien ; 2 cattoene gordynen voor de 
vensters ; 6 matte stoelen ; 1 schilderye portrait. 

IN DE SALETTE. 
Deselve behangen met toile cirée (*). 
3 cadril taefelkens ende dose met factons (*) ; 
1 taefelken met marbel bladt ; 1 deillie houtte taefelken 
overtrocken met tapit ; 12 matte stoelen ende cattoene 
gordynen. 

IN DE CAPPELLE CAMER. 

1 canapet ; 12 printen ; 1 stuck schilderye verbeeldende 
den Pays ; 1 ander representerende een dochter voedende 
haren vader (') ; 2 bloemstucken ; het portrait van duc 
d^AWe ; 7 cleyne stuckx schilderye ; 5 stiickx figuere ; 

1 stroosack, maltrasse, paer laeckens ende witte sargie ; 

2 stoelen ; 4 leerren ; 3 taefel blaers. 

IN DE CAPPELLE. 
. . . Romeynschen .... ende . . . 
1 dwaele ; 1 hooft Christi ; 4 stoelen ; 1 knielbanck. 

IN EEN CAMER BOVEN. 
1 lidekant met catoen behangen, daerin 1 stroosack, 
2 maltrassen, hoofteynde, 2 pluyme cussens, 2 gestickte 

(') Toile dréé. Havard zegt dat men niet alleen de meubels bedekte 
met toile cirée, maar ook de muren, en hij toont dit laatste door 
Toorbeelden uit 1770, 1779 en 1782. Beletten wij hierbij dat een kamer 
in het Schottekasteel alzoo behangen was reeds in 't jaar 1752. De 
ioile cirée was geschilderd. 

De inventaris vermeldt de vol^nde muurbehangsels : tapiien^ 
geelite damast, roo Xattoen, zeildoeckj toile cirée j engelsch papier. 

(') Men noemde quadrilfe, een soort van kaartspel tusschen 
4 personen, waarvoor men, in de XVIII« eeuw, bijzondere tafelkens 
maakte, met, er bij, doozen die de jetom oïteekens bevatten. 

{'} Dit onderwerp vinden wij ook in 1632. Het noemt er Patricius 
Hmanus. Zie BieJtorf, 1905, bl. 160. 



70 A. DB POOBTBB 

cattoene sargien ; 6 raatte stoelen ; 1 deillie houtte tafel 
ende taefelcleedt ; 1 ander taefelken met toile cirée ; 
1 spiegelken. 

IN EEN ANDER CAMER. 

Deselve behangen bevonden met groen engels papier (*). 

1 ledckant met gewaeterde stoffc, daerin stroosack ende 
pluyme hoofteynde. 

5 cattoene gordynen ; 1 ezel ; 6 matte stoelen ; 1 saol- 
stoel ; 1 ront taefelken ; 1 spiegelken. 

IN EEN ANDER KAMER. 

1 ledikant met lynwaete behanghsel, daer in stroosack, 
maltrasse, 2 hoofteynden, 2 pluyme cussens en een geelwe 
sargie. 

1 ledikant met duyts lynwaet behangb, daerin stroosack, 
maltrasse, 2 hoofteynden, pliiymen bedde, 2 witte sargiea 
ende 1 paer laeckens. 

I Hollants vcrtreckxken ; 5 matte stoelen ende 1 sael- 
stoel ; 1 schapraeken ; 1 taefelken ende toilette spiegel. 

IN DE VESTIBULE BOVEN. 

II stuckx schilderye ; 2 saelstoelen ende 2 matte stoelen. 

OP DE NOORSOLDER. 

1 deel houtte werek, oudt yser, netten ende pronde- 
linghe. 



(*) Engelsck papier. 

De l)ehang'sels in fjoudleer, tapijt werk, stoffen zooals damast, zijde, 
katoen, waren kostelijk. In 1700 komen dan ook p^eschilderde papierea 
vóór. Men zaj? ^aarn, in H bijzonder, het ^.ngelsch pa pier ^ dat op 
pane geleek. Havard ze^'^t dat de beroennie Mevr. de Pompadour, ia 
1754, het voorlieeld gaf van dll gebruik, dat alzoo algemeen werd» 
Iliér toch zijn wij in 1752, en 't Schottekasteel telt reeds eene kamer 
behangen met groen engeUch papier. 



INVENTABIS VAN 'T JAAE 1752 Tï 

OP DE KAMER VAN DE DOMESTIQUE. 

1 ezel, maltrasse, hoofteynde, sargie, kussaa ende 
1 paer laeckea, soo passe (') eude windeweer (^). 

IN DE EETPLAATSE. 
1 taefel buffet ; 1 schipetaefelken ; 1 hoUants verlackt 
taefelkea; 7 matte stoelen; 2 stoelen met lenen; 1 taefelken; 

1 roo coper fonteyne ; 1 houtte porte caraffe ; 7 gleyersche 
stelsels van 5 stucken. 

IN DE SALLE. 
8 stuckx sehilderye ; 1 passe ; 1 tafelken en ta&lbladt ; 

2 stroo hoeden ; porte mouchetten. 

IN DE KEUCKEN. 
10 schotels groot eu cleyn ; 2 schinck taillooren : 3 tinne 
taillooren ; 2 kandelaers ; 1 kanne ; 1 soupelepel ; 3 for* 
cetten ende 2 lepels ; 4 sypers ; I waterpot. 

(') Paue, zie bl. 64, nota 2. 

(*> Winderveer, fr. paravent. 

In den inventaris van 163i vonden wij twee windefveeren, genoemd 
gckerauy op den boven van het huis : een op de bijzonderste alaap- 
kamer, een tweede op den gang : 

Item een scherm van vier sticken, becleet met groen laecken, gheboort 
met roode benden ende meiaele naeghels, ghepresen op 2 p. 10 s, (Un 
paravent de quatre pièces, revêtu de drap vert, bordé de bandes 
ii>uges et garai de clous de cuivre.) 

Item een scherm van drie sticken becleet met groen laecken, gheboort 
ende gheaccommodeert als U voorgaande, es ghepresen 36 s, 4 g. Hier is 
het voorgaande een koffer met 2 ijzeren banden. De drie sUcken van den 
scherm waren waarschijnlijk verbonden met ijzeren banden die, 
schoon bewerkt, op het groen laken uitkwamen. Altijd telde men de 
scherms bfj sticken. 

Ilavard zegt dat de windeweeren eerst rond 1625 in voege kwamen 
in de bijzonder woonsten. Het is te verwonderen dat dit gebruik zoo 
laat ontstond, als men overdenkt hoe men vroeger moest blootgesteld 
zijn aan trek in die oude huizen, waar deuren en vensters vooral, 
niet dicht slooten, waar het open houtvuur u op de eene zijde ver- 
warmde en kond Jiet op de andere. De menschen waren niet zoo teer 
ab nu, maar als zij te bed gingen, daar ten minute .hitidden zij ^r^aan 
bevrijd te zijn tegen wind en koude. De bedden, zoo wij zien, zijn 
met hemels, staanders en gordijnen, gelijk gesloten doozen. 



72 À. DB POOETEE 

Koper : 

3 thee mooren ; 1 chucolate pot ; 1 mortier stamper ; 
cleyne themDiers(?) ; 2 casserolieu ; 1 taerte paane ende 
decsel ; zypers ; 1 schuymspaeu ; 1 melckpanne ; 4 kande- 
laers ; 1 peckele ; 3 hantpannen. 

Voort de naervolgende ptej/er5 ende porcelleyn : 

32 groeve taillooreu ; 53 idem fine ; 5 groote patteclen ; 
30 idem, onder groot en cleyn ; 1 becken ende TEpine (*) 
met froytmande ; 1 kanne ende comme ; 2 spoelbacken ; 

5 sceaux a ver (*) ; 6 waterpotten ; 4 bruyne schotels ; 
15 stuckx wit aerde the goet ; 6 suycker potten ; 2 steene 
kannen ende 2 pinten ; 8 saladierkens ; 3 the potten ; 
40 stuckx thee porceleyn ; 42 idem ; 3 porceleyne spoel- 
commen. 

Voorts 1 pappot ; 1 staende spit ende gewichten ; tanghe ; 
blaespype ; schippe ; rooster ; brander ; 3 yser coffooren ; 
4 yser potten ; 1 deel bier en wynglaesen ; 2 taefels ; 

6 stoven ; 1 disch ende 1 deel ander prondelinge ; 21 piautre 
lepels ('). 

Ontrent de 60 bottels ende pinten wyn, 25 à 30 pinten 
roo wyn ; stellingen en 2 alven bier. 

BIERKELDER. 

3 stellingen ; 9 pullekens met bier ; 1 idel halve ; 1 iser 
croone (*). 

ANDER KELDER. 

1 deel busschen. 

(») Zie bl. 55, nota 2. 

(■) Seaux à verre. Nu zegt men : sous -verres. Havard schrijft 
hierbij : « Ces seaux consistaient en de petites soucoupes profondes, 
f* généralement de porcelaine, quelquefois de métal, dans lesquelles 
« on posait les verres pour ne pas toucher la nappe, n 

(*) Ziebl. 51, notai. 

(*) Brugsch voor crâne. 



INVENTARIS VAN 't JAAE 1752 73 

Aldus den voorschreven Inventaris gemaeckt ende 
genomen ten versoeke, presentie ende interventie, mits- 
gaeders alle respective daegen, maende, ende jaere, als 
hierboven vermeit, toorconden den onderschreven Notaris 
tot Brugge residerende. 

(G.) BOONB. 

1753. 



COMPTES RENDUS 



Edouard Jonckheere. L'origine de la côte de Flandre 
et le bateau de Bruges, Deux volumes in-S**; première 
partie 79 pages; 2* partie 34 et 13 pages; 3" partie, 
huit planclies. Bruges, L. De Haene-Bodart, lithographe. 
1903. 

Quelle est l'origine de la côte de Flandre et quelles sont les vicissi- 
tudes qu'elle paraît avoir subies ? Pour résoudre cette question, il est 
nécessaire de posséder quelques notions sur la géologie de la plaine 
maritime et de les avoir constamment devant les yeux. 

M. Rutot nous servira de guide (*). 

A Ostende on atteint le roc primaire, à la profondeur de 300 mètres. 
Les dépôts crétacés ont une épaisseur de ÎK) mètres ; les étages 
tertiaires, le Landénien et l'Yprésien se développent sur 166.5 m. 
Le quaternaire flandrien est épais de 26 mètres ; les dépôts modernes 
ont une épaisseur de 5 mètres. 

Le quaternaire est donc représenté par l'assise flandrienne, couche 
de sables marins, étendus sur notre pays par la Mer du Nord, qui par 
suite d'un affaissement a pu envahir environ le tiers de la Belgique. 

A la fin des temps quaternaires ou pleistocènes, la mer flandrienne 
se retira et le rivage était plus au large que dans les temps actuels. 
Cette invasion marine cessa pour deux causes : l'apport des cours 
d'eau ensabla la mer, et celle-ci fut refoulée en outre par le relèvement 
du sol. 

(*) A. Rutot. Sur les antiquités découvertes dans la partie belge de 
la Plaine maritime. Extrait des Mémoires de la Société d* Anthi'opologie 
de Bruxelles. Tome XXI, 1903. Bruxelles, 1903. 



COMPTES BS1TDU8 75 

Avec le retrait de la mer flandrienne, commence l'époqae moderne ; 
dans la plaine maritime se sont accumulées, pendant cette époque, 
les couches suivantes : 

!• Une couche de tourbe s'est formée dans le vaste marécage des 
régions littorales ; elle a souvent de un à deux mètres d'épaisseur, 
mais elle (>ent avoir, en certains cas, six h sept mètres de puissance. 
Les 30 centimètres supérieurs renferment des antiquités préromaines 
et des vestiges de l'époque romaine. 

2® Une dépression du sol a. ramené la mer jusqu'à l'extrême limite 
de la plaine maritime et cet envahissement marin a étendu, sur la 
plaine tourbeuse, une couche d'alluvions marines, qui constituent ce 
que M. Rutot appelle Palluvion marine inférieure. 

8® Vers SiO, un nouveau soulèvement fit émerger le territoire 
envahi, tandis ({ue la haute marée, pénétrant par certains chenaux, 
déposait, en se retirant, dans les fonds les plus bas, l'argile inférieure 
des Polders. 

4** Après l'an 1000, un nouvel affaissement du sot, se fit sentir et' 
vers 1170 la résultante de l'afifaissement du sol, combinée avec de 
violentes tempêtes, produisit un nouvel envahissement de la mer : 
d'où le dépôt de l'alluvion marine supérieure. 

5^ Grâce h ce dépôt, la mer prit un mouvement de recul, vers le 
rivage actuel. Ce recul permit aux habitants de l'endiguer de nouveau 
et de s'établir sur de petits monticules, appelés tet*pen en Frise et 
sielUn en Flandre; les flots furent repoussés vers une ligne de 
rivage, concordant à peu près avec celle du littoral actuel. Des 
iaoadations artificielles, causées par les guerres, déposèrent une 
anpie grise, fine, dure, plastique, qui est l'argile supérieure des Polders. 

Le déplacement de notre ligne de rivage est exposé de la même 
façon dans le grand traité de géologie de M. de Lapparent (^) Un fait 
indéniable, sur lequel tout le monde est d'accord, se dégage des 
observations et des études, auxquelles on s'est livré ; la côte était 
plus au large que le. rivage actuel, depuis la formation de la tourbe 
josqn'à la fin de l'époque romaine. 

Comment faut-ii interpréter, d'ai)rès les principes de la géologie, ces 
modifications de la ligne de rivage? Les géologues se contentent 
d'enregistrer les conditions réciproques de la terre ferme et de la mer, 
sans se prononcer sur la cause qui vint modifier ces relations. Ces 



('i A. DJt Lappabbnt. Traité de Géologie. 4« édition. Paris, 1900, 1. 1, 
p. 571-572, 



76 COMPTES BENDIFS 

déplacements, résultent-ils de lentes oscillations de Técorce solide ? 
Y a-t-il des plages affaissées et d'autres soulevées? On bien les 
déplacements constatés, proviennent-ils des changements qui affectent 
Péqnilibre de la masse marine? M. de Lapparent affirme qu'il faut 
examiner chaque cas en particulier (*). 

M. Jonckheere s'est livré à cet examen dans son mémoire et voici 
en quels points ses conclusions diffèrent de celles que nous venons 
d'exposer d'après M. Rutot : 

Il n'admet pas le relèvement du sol, à la fin de l'époqne quaternaire, 
pour expliquer le retrait de la mer flandrienne. Il nie également 
l'affaissement du sol, qui aurait amené l'invasion marine, vers l'an 300 
de notre ère : la cause de cette submersion, n'aurait pas été la 
dépression du sol. M. Jonckheere fait en outre valoir ses raisons, 
pour contester le second envahissement marin de 1170: en somme 
trois propositions, que M. Jonckheere est parvenu, croyons-nous, à 
démontrer dans son travail et qui peuvent se résumer en la thèse 
'suivante : le jeu des marées suffit à expliquer tous les phénomènes, 
sans recourir aux mouvements de bascule de la terre ferme (*), 

Abordons la première proposition. 

La rupture de l'isthme, qui reliait l'Angleterre au continent, suffit 
pour rendre compte des phénomènes, qui se sont passés à la fin du 
quaternaire. Avant cette rupture, la marée de la Mer du Nord ne 
devait pas dépasser 0.50 m. (') ; grâce à la rupture qui forma le 
Pas-de-Calais, la marée, s'éleva à 4.40 m. et les géologues nous font 
toucher du doigt, comment l'action des vagues, quand les côtes sont 
plates et les marées très fortes, parvient à constituer un cordon 
littoral et comment cet appareil, qui se profile en ligne droite, 
détache du domaine maritime proprement dit, nne région de lagunes : 
ces lagunes, qni occupent les anciennes échancrures du rivage, sont 
«lestinées a être comblées par la tonrbe, affermies et conquises par 
la terre ferme (*). 

(') A. DB Lapfabbnt. Ouv, cU.y 1. 1, p. 569. 

(') M. Boule. Les invasions marines historiques du Nord de la France 
et d€ la Belgique^ dans V Anthropologie. Tome XVI, 1905, p. 241. 

(') M. le chanoine A. Duglos croit le contraire dans son travail, 
De oude kuste van Vlaanderen, Brugge, 1873, p. 57. Cette notice était 
très méritoire, pour l'époque où elle parut, de même que le travail du 
Docteur Mbtnnb : Lectures de la Plage, Des t rançonnât ions du 
Littoral des Flandres, Bruges 1876. 

(*) A. DE LfApPABE^T. Ouv. cit.^ t. I, p. 243 et suivantes. 



cSmptes eendus 77 

11 n'est donc pas nécessaire de recourir h l'hypothèse d'un soulève- 
ment dn sol pour expliquer la formation de notre première côte des 
temps modernes et Témersion de la plaine maritime, qui fut habitée 
depuis l'âge néolithique jusqu'à la fin de l'époque romaine. 

Nous arrivons à la seconde proposition de M. Jonckheere et nous 
nou9 demandons, comment la plaine maritime a été submergée, vers 
la fin de réjioque romaine. Cet envahissement marin s'explique par 
des brèches, qui auront été ouvertes, à travers la dune et qui 
auront permis h la mer d'inonder la plaine des tourbières. Ce qui 
le prouve, c'est la constatation suivante: la hauteur delà limite de 
la zone inondée coïncide avec la hauteur que la marée pouvait 
atteindre ; si, au contraire, le sol avait bougé, la hauteur de la limite 
de la dépression et de l'invasion marine, n'aurait pas correspondu 
d'une manière précise avec l'élévation de la marée haute ; c'est le 
mérite de M. Jonckheere, d'avoir mis ce fait en lumière et d'en 
avoir déduit la stabilité de la région maritime. Ce qui vient corroborer 
cette preuve, c'est qu'à la cote 5 et 6, on constate la présence de 
colonies franques, dont le souvenir persiste dans les noms de villages, 
qui s'échelonnent sur les promentoires sablonneux, qui longent la 
plaine maritime. 

Cette invasion marine a laissé un dépôt d'alluvion dans la plaine 
maritime et ce relèvement tendit à affranchir la plaine de la marée par 
un nouveau cordon littoral, qui doit coïncider avec le rivage actuel ; 
cette action naturelle fut encore accélérée par l'érection de digues ; 
la plaine maritime fut de nouveau conquise sur la mer et occupée par 
des colonies frisonnes, dont l'histoire atteste la présence et dont les 
noms de lieux comme les types d'habitations rurales, ont conservé le 
souvenir (*). Il n'est pas nécessaire de l'aire intervenir un exhausse- 
ment du sol, pour expliquer l'émersion de la plaine maritime; et 
comme la colonisation, dont nous venons de parler, est antérieure à 
1170, il est permis de nier, avec M. Jonckheere, l'importance d'une 
seconde invasion marine, qui aurait englouti cette plaine. Il est 
vrai que les digues défensives subirent fréquemment des ruptures 
accidentelles ou artificielles (*), qui permirent à la mer d'amener des 
sables marins ; mais Thistoire des peuplades du littoral proteste 
contre an second envahissement marin, qui aurait eu lieu vers 1170. 

i*) On pouvait voir à l'exposition de Liège, au salon de l'anthro- 
pologie, le pian de la ferme frisonne, de Goudèloem, de Dudzeele. 

(*} P. BoflMANS, S. J. L' Apologie de Coeck, Mercx et Janstens, dans 
ASS, Tome XXVIII, p. 63 et suiv. 



78 COMPTES EENDUS 

La toponymie vient confirmer les données de la géologie et les 
témoignages de l'archéologie et de l'histoire ; mais la toponymie doit 
être interprétée avec discernement ; certaines étymologies, fournies 
par M. Jonckheere sont sujettes à caution. Citons quelques exemples : 
Westcapelle (*) est vraisemblablement Waescapelle, conformément 
à ce que nous lisons dans un document de 1409 ; chapelle établie^ dans 
un terrain vaseux, après le retrait de l'invasion marine, ou à la suite 
d'une submersion partielle de la région. Snaeskerke (') n'est pas 
Neuskerke, le promontoire sablonneux, affectant la forme d'un nez ; 
la commune est située dans la plaine maritime et son nom est une 
contraction de l'ancienne forme Snelgirherke vers 1100 et Snelghiers- 
kerke en 1227. Sneîgir est le prénom frison, Snelger^ Snelliger^ 
conservé dans le nom de famille, Snelgersma (') ; il nous présente un 
témoignage précieux de la colonisation frisonne, après que la terre 
eût été reconquise sur les flots ; citons, à l'appui de cette interpréta- 
tion, l'existence de plusieurs habitations rurales, du type frison le 
plus pur, situées à proximité de cette église, établie sur le domaine 
du colon frison (*). L'étymologie du nom de Wareghem (*) et des 
noms patronymiques francs est trop connue, pour qu'elle soulève 
encore le moindre doute et qu'il soit nécessaire de l'exposer ici. 

Quelques inexactitudes de ce genre n'enlèvent rien à la valeur 
scientifique du mémoire de M. Jonckheere et elles n'infirment en rien 
ses conclusions, quant h la formation de la plaine maritime et à 
l'ethnogénie de notre province (*). 

J. Claebhout. 



(') Fragmenta^ Tweede Reeks, p. 12. 

(•) Biehorf, 1898. Bijblad, p. vu. 

(•) J. WiNKLKR, Friesche Naamlijst. Leeuwarden, 1898, p. 861. 

(•) G. KuRTH, La frontière linguistique. Bruxelles, 1896, p. 342 : 
« un certain nombre d'agglomérations doivent leur nom à leur église, 
kerk en flamand... Le radical désigne tantôt une circonstance maté- 
rielle, tantôt le fondateur de l'église, je veux dire le riche propriétaire, 
qui l'a élevée sur son domaine et qui a continué d'en rester le patron. ». 

(^) Errata, 2« partie, à la fin d a mémoire. 

(*) M. Jonckheere a eu l'heureuse inspiration de faire un fascicule 
spécial, contenant huit belles planches, qui servent k élucider son 
mémoire et qui font honneur, tant à la sagacité de M. Jonckheere, 
qu'au talent de l'habile lithographe qu'est M. Léon De Haene. Cet 
ensemble de travaux est dédié à Mgr. de Béthune, archidiacre da 
chapitre et nrésident de la Société d'Archéologie de Bruges. 



COMOTJÎS RENDUS 70 

H, Pirenne. Une crise industrielle au XVP siècle. 
La draperie urbaine et la « Nouvelle draperie » en 
Flandre. — BARBI. 1905, pp. 489-521. (ABelges. 1905, 
t. VU, pp. 178-179). 

De Ylaamscbe stadsweverij was langea tijd alleen om prachtweef^els 
te verveerdigen, en er, £aropa door, ter markt te brengen. Wie ging 
er wel om mededingen? Geen toch van de twee die haar de wolle 
leverden ! Engeland bedroomde 't aleens niet ! £n 't Ylaamsche 
platteland, dat w^el reeds vrij en in 't wilde woef, liep nog bot op de 
steile en afgunstige inricbtinge der stadsambachten en -nijverheid. 
Zoo kon het de Ylaamsche stad uitzien tegen de mogelijkheid van 
twee ernstige medestrevers : ze hield het vol om de werkeloosheid 
van den eenen, en de oningerichtheid van den anderen. Twee redens 
uit den toeval ontstaan, en wankelbaar van aard. 't Was tweemaal 
gevaarlijk. 

Van de XIV* eeuw voort, zou 't veranderen. 

Engeland kwam van lieverlede bewust van zijn krachten : van den 
rijkdom die uit hem groeide, en van de bedrijfmacht van zijn handen. 
Het durfde het aan om te weven : in 't eerste wat grove stoffe, en 
laterfaand fijn laken. Daar men te Brugge eenhandelig was, vaarde 
het, om te lossen, over naar Antwerpen. Van daar bedolf het Europa 
onder eenen vloed van waren. Zoodanig dat het weldra voor een 
oogenblik bovenstond bij heel de weverij van Vlaanderen 1 Niet te 
verwonderen ; want, wat aan deze niet toegelaten was, immers door 
hare keuren, dat mocht Engeland vrij : nl. zooveel vportbrengen als 
"t wilde, en handelen met zijn hoofdvermogens naar beliefte. 

De slag viel hard voor Vlaanderen ; voor heel Vlaanderen, want 
't moest ieven met zijn weverij. 

Die jammerlijke toestand moest geweerd wonien. 

Doch hoe ? Niemand in de steden, die aanstonds de grondreden 

van 't verschijnsel vattede. Men ging de schijnbare redens aan 't lijf : 

men schold op do staatkunde der Burgondiërs, die te Brugge engelsch- 

bateod, en te Antwerpen engelschlie vende was ; dan spaarde en 

spijkerde men op de hoedanigheid der gewrochten ; dan nog ook 

bedwinge/andde mea de kleine nijveraars van 't omliggende buiten- 

geÏHed. Alles verloren gedaan; en 't en hielp tot niets, dan om 

ïDeer en meer naze havens, die daarbij stilaan verzandden, te doen 

schüweD. 



'80 



COMPTES EBNDUS 



Die meest te beklagen waren, *t is niettemin de steden. Want 
boven dezen eersten algemeenen tenrenslag^ kwam voor hen nog een 
andere aangedaagd. Zij ze lagen beketend en verlamd diwr hun 
eigene dwangwetten en -keuren. Doch nevens hen wemelde een leven, 
dat huishoudkundig vrij was, het buitenleven. De kwalijkte die over 
Vlaanderen woog, neep de eersten hunne keel toe, maar zweepte het 
tweede vooruit, 't' Was te vroezen geweest. En voor de Vlaamsche 
groote steden on trees weldra de tweede mededinger, zooveel te 
wreeder daar hij meer naderbij woonde : nl. na de nieuwe nijverheids- 
roeringe in Engeland, was 't nu een dergelijke in 't platteland van 
Vlaanderen. 

Om te weven, goed komt het uit? om dat te doen, lijk in Engeland 
zonder dat er van ambtswege naar hoedanig- of hoeveelheid van 
bedrijvers of bedrijf gekeurd werd ? daar was onze boerenweverij 
voor bestand. — Eu wel zij alleen hier, ten auderen, 't spreekt ! — 
De buiten gevoelde het. De velden bleven in den brand ; en alles 
wat beenen had, liep weven. De wolle, die men bezigde, 'n kwam 
van Engeland niet ; ze 'n was zoo kostbaar niet. 't Was wol uit de 
àtreek, of ook Spaansche wolle. Maar ze viel erom juist te goedkooper. 
Ten anderen men hield het in stoffen van een lichte maak, en van een 
klein geld. Ten langen einde was de uitslag voor den buiten over- 
heerlijk t Voorgoed 'n mocht de Engelsche nijverheid niet meer om 
iets denken dan om fijne lakenweverij. En de Vlaamsche stadsnij ver- 
heid, reeds aan 't kwijnen, was nu rad heel den adem af. 

Daarmee was de maat over. 't Was een rampe voor deze laatste, 
inet een lesse erbij. Onze groote steden begrepen ze eindelijk. Ze 
poogden dan om boven te scharten, al bescheiden den buiten 
nadoende. Doch 't was te laat bedacht ; en alle stappen verlamden 
ze nog daarbij hun vooruitstreven door, met herdenkingen aan de 
oude keuren, achterwaard te mennen. Er was eene macht van volk 
de poorten-uit, en 't land-in geweken. En 't en keerde niet meer weóre. 

Deze uitwijkelingen waren even 't woelige deel geweest van de 
oude stadsbevolking. Dat wat nu en dan zijnen kop opstak, tot het 
dien terug ncôrgedrujit wierd. En dien woelgeest samen met den 
wrok om vele vorige neerlagen, hadden die uitwijkelingen tegader 
met hun huisraad meeverhuisd. Ongelukkiglijk waren ze daarenboven 
in nu hun jongst midden minder bewaakt, en beschikten ze er over 
meer krachten. Voor langen tijd, dwarrelde 't zoo wanordelijk dooreen 
in die nieuwe samenscholingen van werklui; nl. meest rondom 
Hondschoote, S. Winnoxbergen en Armentiers. 



COMPTES EENDTT8 81 

't Was voor heel het land eea beweenelijke daadzaak dat» heel de 
XV*^ eenwe door, de steden dat voiksken hadden leeren staatknnde 
voeren: 't was ten voordeele van de steden geweest, tegen de 
vorsten, en aleens gewapenderhand... Wie moest erom verwonderd 
slaan? Op zijne beurt, binst de XVP'« eeuwe, tijdens de beeid- 
stormerij, was dat eigenste volksken, in zijnen toestand zoo we hem 
boven beschreven, bewust van zijn veerdigheid, en dra was 't beslist 
om na staatkunde te bedrijven voor eigenen zak, naar eigenen drift, 
en op eigene wijze .... gelijk het gedaan heeft, zoo 't geweten is. 

Dat ia onzes inziens, de korte inbond van het heerlijk opstel waarin 
beer Pirenne onlangs de geschiedenis samenvatte der « crise indus- 
trielle au XVI« siècle.... en Flandre », en van haar gevolgen. » De 
même, zegt hij, que la psychologie moderne a établi qu'il n'existe 
point d'idée sans image, de volition sans émotion sensible, l'histoire 
découvre, de son côté, k mesure qu'elle avance, que les phénomènes 
sociaux sont tous dépendants les uns des autres et qu'il est indispen- 
sable de les étudier dans leurs rapports réciproques ». (p. 490.) 

Of Heer Pirenne, de bekwamQ ontginner van de KuUurgeschichte 
in ons land, deze zijne stelling heeft weten sterk te steunen, nl. al niet 
Terder springende dan de zeldzame gegevens het hem toelieten, dat 
behoeft nu niet gevraagd. Voor ernstig werk, staat zijn name* borg. 
Mocht de hand die deze zijne schoone gissing dieper zal doorgronden, 
en b. V. die bniteninrichtingen zal ontleden, even knap als de zijne 
tot in 't binnenste van 't oud Vlaamsch leven gaan dringen om meer 
en meer de ziel ervan te leeren kennen. 

L. Dk Wolf. 



A. Van de Velde. Het Schüdersgild ie Brugge^ van de 
XIV» tot de XIX^ eeuw. Brugge, Vaa Mullem, 1905, 
in-S*», 120 bl. 

M. Arthur Van de Velde heeft in een lief boekdeeltje eone.... studie 
uitgegeven over de Brugsche Unie der ambachten van de Beeldemakers 
(zie verder), Huiiscrivers (schilders die op effen gronden schilderden, 
hl. 311, CleerscnVers (die op stoffe schilderden, bl. 32), Boomhauwers 
(die de zadelhonten vergaarden, bl. 66), Zadelaars en Gareelmakers 
(die de zadelhoutea valden en bekleedden, bl. GG), Glazemakers 
(g/jfschiiders) en Spiegelmakers. Hij noemt die Unie het Schüdersgild^ 



82 COMPTES RENDUS 

omdat al die ambachten aaneenhingea door 't gebruik van eenzelfde 
werktuig : het penseel, dat zijnen dienst leende tot het schilderen op 
paneel, op doek, op hout, op steen, op glas ; tot het versieren van 
wagens, breidels, zadels en spiegellijsten (bl. 115). 

Schrijver heeft de taak opgevat << het keurboek en de proces- 
** stukken, op het stadsarchief, de keuren en het rekeningboek, op 
<< het staatsarchief » (bl. 8), die met die Unie in verband staan, te 
bespreken. Ongetwijfeld was er moed toe noodig om al die stukken te 
doorlezen en de schrijver heeft het bewijs geleverd dât hij met de 
oude schriften en hunne taal vertrouwd is. Hulde dient hem ook 
gebracht om de bouwstoffen die hij de beoefenaars van de geschiedenis 
onzer gilden aan de hand doet. 

Men denke nochtans niet, dat het hier eene uitgaaf van oorkonden 
geldt. Dat bet bewaarde Keurboek in XVIII eeuwschen band gestoken 
is en begint met een afschrift van de Keur van 1444, is wellicht de 
eenigste inlichting die schrijver over zijne bronnen geeft. Benige van 
deze schrijft hij ten deeleaf; andere ontleedt hij of duidt er enkel 
den inhoud van aan. Hij doorloopt de stukken meestal volgens 't jaar 
hunner dagteekening en 't ambacht waarop ze betrekking hebhen. 
Eenige stukken ook bespreekt hij die handelen over de Heilig Bloed- 
processie, het Ambachtshuis, de Feestdagen, de St Lukaskapel en 
enkele schilderijen. In 't meerendeel der gevallen zoeken wij te 
vergeefs naar den regel dien schrijver volgt in 't uitschrijven of niet 
uitschrijven van de oorkonden. Bij een welverzorgde studie zou die 
regel natuurlijk 't belang zijn dat het stuk oplevert voor 't bestudeerde 
vraagstuk. . 

Of echter het hier besproken boekje als een welgeleide studie mag 
doorgaan, zou ik betwijfelen. Aaneenhangende beredeneering is er 
geen vijf bladzijden ver te vinden, 't Gebeurt wel, dat schrijver eene 
bevestiging neerschrijft die hij zegt te zullen bewijzen ; doch in de 
volgende bladzijden is er van alles sprake, volgens 't onderwerp der 
stukken die hem onder de handen vallen, maar de bevestiging blijft 
vergeten of komt, half bewezen, soms onder een anderen vorm bij 
gevalle nog eens voor den dag. 

Ëen voorbeeld daarvan is het hoofdstuk aangaande de Beelde- 
makers. Hier en daar een woord over hetgeen de Beeldemakers waren 
en daartusschen opmerkingen van allen aard over taal, over 't leven 
van bij zonderen, bedenkingen over de handelingen der ambachten, 
over de processen enz. En wat vernemen we over 't werk der Beelde- 
makers? Bl. 11 schrijft hij «dat niet alle Beeldemakers paneelen 



COMPTES beudus 83 

leverden 9, en bl. 32, « dat de Beeldemakers, ten minsten in den 
« beginne, uitslaîtelijk op paneel werkten ». 61. 31 « de Beeldemakers 
« schilderden met teekenkanst naar de zeer Juiste uitdrukking van 
« het verzoekschrift van 1716 » en bl. 21 waar hij over dit verzoek- 
schrift zal spreken, stelt hij Beeldemakers en Huusscrivers tegenover 
degenen die in het ambacht het fijnschilderen beoefenden, d. w. z. 
met teekenknnst schilderden. Bl. 31 lezen wij als besluit van geheel 
het hoofdstuk : « Beeldemaker beduidt dus iets ingewikkelder, iets 
«( vollediger dan hetgeen men heden onder de benaming van schilder 
« verstaat. » Met dit alles wordt ons begrip over de Beeldemakers 
niet heel duidelijk ! 

De stukken handelen meestal over de verhoudingen tusschen 
de verschillende leden der Unie en over de verdediging van de 
belangen der ingelijfden tegen vreemdelingen of ook tegen 
stadsgenooten die hetzelfde ambacht wilden uitoefenen. In die 
ingewikkelde zaken, die over 't gildewezen van vroeger eeuwen 
zooveel duisterheid werpen, heeft schrijver in menig geval klaarte 
gebracht, waarover de geschiedschrijvers hem dank mogen betuigen. 

Ongetwijfeld zal 't lezen van al die processen een slechten indruk 
nalaten en zal de lezer na dit alles maar moeilijk verstaan hoe ^ in de 
*> middeleeuwen de gilden van den weldadigsten invloed geweest zijn 
« op de ontwikkelingen van nijverheid en volksvlijt » (bl. 117^. Wij 
zijn er ver van af, de waarheid van dit laatste gezegde te betwisten ; 
doch als M. Van de Velde die woorden van M. Ter Gouw tot de zijne 
maakt, dan moeten wij hem zeggen dat zij geenszins kunnen dienen 
als besluit van zijn werkje. Door zijne eenzijdigheid en onvolledigheid 
geeft dit boekje een verkeerd denkbeeld over de middeleeuwsche 
gilden. 

A. LOGGHE. 



Baron de Bethune. Gouverneur van West-Vlaanderen, 
werkend lid der Koninklijke Vlaamsche Academie voor 
Taal en Letterkunde. Erasmus Causse^ een Kortrijksche 
schrijver en "kunstenaar^ 1660-1738. — Uitg. der 
Academie, Gent 1905 ; 8**, 333 bidz. 

"la de XVII* eeaw en in de XVIII* werd weinig, ja te weinig 
âcbt gegeven op degenen die het wel meenden met hei bewaren eq 
bewerken van onzen Dietschçn taalschat. » 



84 COMPTES RENl^TTS 

Heden tea dage is het daarmede veel beter gesteld. Keer op keer 
worden nu gewrochten en levensberichten van merkweerdige 
dichters of schrijvers uit die tijden van geringen kunstmin, aan het 
licht gebracht, door ijverige kunst- en taalvorschers ; zoo het leven 
en de werken van Michiel de Swaen, door D*" M. Sabbe, en die van den 
Duinkerkschen dichter Dom. de Jonghe door Jhr. Dr. K. de Gheldere. 

Het werkje dat we hier voorhanden hebben, is evenzoo eene 
bijdrage tot de kunst-en letterkundige geschiedenis van de tweede 
helft der XVII« eeuw en de eerste helft der XVlH«. Erasmus Causse, 
een kortrijksche schilder, boekte het verhaal een er tienjarige reis 
die hij in 1687 ondernam, door Vlaanderen en Vrankrijk, Bourgogne, 
Savoyen en Piémont en gansch Italie; van zijn zesjarig verblijf 
te Rome en van zijno terugreis over Tyrol, Hoog-Duitschland, 
door 't zuiden van Bohemen, geheel Holland en Zeeland, naar 
Kortrijk. Hier huwde hij, had vijftien kinderen en, om in 't onder- 
hond van dit talrijk kroost te voorzien, wijdde hij zich aan den 
lijnwaadhandel toe ; hij overleed en werd begraven in 1738. 

Dit reisverhaal heeft Erasmus Causse opgeluisterd met gekleurde 
teekeningen en schetsen van zijn eigen hand ; drie in aard en weerde 
verschillende exemplaren bestaan er van. 

Baron de Bethune, levert eene studie over Causse als schilder, 
teekenaar en schrijver: De aangehaalde plaatsen uit het handschrift 
laten vermoeden dat hij als schrijver niet zonder een zeker talent 
was, vooral zeer gemoedelijk beschreef hij. De schetsen zijn met 
smaak en bekwaamheid uitgevoerd. Een bekwaam en tamelijk 
beroemd schilder -moet hij geweest zijn, doch bij de wete van hoog- 
edelgeb. boeksteller, ontbreken teenemaal bepaalde bijzonderheden 
nopens Causse's kunstbekwaamheid, en van zijno gewrochten 
is niets tot ons overgekomen, behalve de teekeningen die zijn 
reisverhaal versieren, daarom is er bezwaarlijk een oordeel over den 
man als kunstenaar te vellen. 

Kortrijk CiES. Gbzelle. 



CHRONIQUE 



Société d'Émulation. 

M. le chanoine A. Gauchie, professeur à PIlDiversité de Louvain 
et M. W. de Yreese, professeur à l'Université de Gand, ont été nommés 
membres honoraires de la Société. 

Sociétés savantOB et Congrès. 

Koninkl^ke Vlaamsohe Académie. — Op de plechtige openbare 
Tergadering, den 29 Juni 1905, heeft M. Be Vreese een belangrijke 
redevoering gehouden over « Be gedenkstukken onzer middeleeuwse he 
Letterkunde, n Pas heeft spreker de drie vierde van het opzoekings- 
werk voor zijn breedaangelegde : Bibliotheca N'eerlnndica Âfanuscripta, 
Toltrokken ; en reeds heeft hij, alle geschriften die een officieel of 
juridisch kenmerk dragen daargelaten, nagenoeg 5000 handschriften 
ait bijna aile landen van Europa opgespoord, onderzocht en beschre- 
ven : alzoo uit Spanje, Zwitserland, Zweden elk 10, uit Italië 20, uit 
Denemarken en Oostenrijk elk 46, uit Frankrijk 171, uit Engeland 
meer dan 200, uit Duitschland 724, uit Holland 1542, uit België 
ongeveer 1900. 

Indien men bedenkt dat tot nog toe niet meer dan 1000 dezer 
oorkonden werden benuttigd, kan men besluiten welk onafzienbaar 
stndieveld hier openligt over de letterkunde, de geschiedenis, de 
kunst en vooral over het godsdienstig leven van ons vlaamsche volk. 

Werd immers al wat maar wereldsche vooral fraaie letteren was, 
tame/fjk nagevofscht en bestudeerd, men heeft de kennis der gods- 
dienstige letterkunde nagenoeg gansch verwaarloosd. En toch zullen 
niet de oorkonden te kort geschoten hebben. Laten wij even opsom- 
men : dOO handschriften met bijbelvertalingen, een hondertal met het 
Psalmboek of Soater, 100 over Jezus' leven, 100 over zijn Passie, 
100 over het ie ven der H. Maagd Maria en der Heiligen. 



86 CHBONIQÜE 

Daarbij vertalingen van <|e werken der kerkvaders : 165 hss. van 
den H. Bernardus, 145 van den H. Augustinns, 58 van den H. Bona- 
ventura, 37 van den H. Gregorius, Verders hss over mystiek : de 
werken van Jan van Rüusbroec (150 hss.), van Hadewyck, van 
Hendrik Mande, van Geert Groote, benevens honderden dergelijke, 
meestal naamlooze werken, en de vertalingen uit het Duitsch van 
Tauler (83), Suso (74), Jordanis (40), Ëckart (22). Ëvenrijk is de 
practische godgeleerdheid vertegenwoordigd ; maar het talrijkst nog 
zijn de gebeden en getijdenboeken waarvan er bijna 900 met 
onschatbare miniaturen, randversieringen, gehistorieerde letters, 
opgeluisterde handschriften bewaard blijven. 

De tijd is gekomen, zegt D' De Vreese dat de Vlamingen — voegen 
wij er bij dat inzonderheid de vlaamschis geestelijken — in dit vak uit 
de schaduw kunnen en moeten treden. Ëen zeker getal der gemelde 
handschriften staan beschreven in de cataJogen van boekerijen 
zooals deze der bibliotheek van Brussel (') ; de Bibliotheca tnanuscripta 
Neerlandica van D*" De Vreese zal ze ons vollediger laten kennen. En 
om de talrijke moeilijkheden op te lossen die in deze studie voorkomen, 
is daartoe niet alleen Zuidnederlandsch taalgevoel en kennis van 
Zuidnederlandsch als levende taal noodig, grondige kennis van de 
katholieke kerkleer is ook onmisbaar. 

Wie van onze jonge vlaamsche priesters slaat er de handen aan 
't werk om althans een hoekjen — dit der mystiek of der gebeden- . 
boeken bij voorbeeld — van dat uitgestrekt braakliggende veld met 
aanleg en taai geduld te ontginnen ?... 

c. c. 

— Société des Amis de Musées de Bragea. — L'assemblée 
générale, qui a eu lien le 12 février, avait attiré l'élite du monde 
artistique brugeois à la salle des conférences de la rue 8^-Jacques. 
Le Baron H. Kervyn de Lettenhove, l'âme de la société et l'auteur de 
tous ses succès, a remis à l'administration communale, au nom des 
Amis des Musées, sept tableaux acquis pendant l'exercice 1905. Trois 
beaux panneaux appartiennent à l'école Brugeoise du XVI« siècle ; 
les quatre autres toiles sont dues au pinceau de quatre artistes de 
notre époque et dont la renommée n'est plus à faire. 

En voici l'énumération : 

(*) Zie ook K. Db Flou en Kdw. Gailliard. Beschtifving van 
middelnederlandsche en andere handêchriften die in Engeland beivaard 
worden. Uitgave der Vlaamsche Academie, Gent, A. Siffer, 1896, 264 bl. 



CHBONIQUE 87 

!•) Le Portrait de Don Juan Lopez GtHlo, baron de Maele, entouré 
de set trois fils, peint par P. Fourbus en 1561 et qui a figuré 
à l'exposition de tableaux organisée k Bruges en 1867. (James Wbalb, 
Catalogue de tableaux de l'ancienne école néerlandaise. Bruges, 1867, 
p. 101-103). 

La partie supérieure de ce tableau en ogive, représentant un ange 
qui porte des armoiries, manque, ainsi que le revers en grisailles 
avec Teffigie de S^ Jean-Baptiste. Le premier fragment a été coupé 
poar donner k ce panneau la forme rectangulaire ; on Ta scié ensuite 
dans son épaisseur, pour utiliser les grisailles. Ces mutilations ont été 
effectaées dans un but mercantile par un antiquaire d'Outre- ' 
Manche. Le portrait de Don Juan Lopez Gallo et celui de Catherine 
Pardo, sa femme, formaient les volets d'un triptyque donné à 
l'église des Frères Prêcheurs k Bruges en 1568. Les époux y 
avaient fait élever un beau mausolée, dont quelques fragments ont 
été acquis l'an dernier par la Société archéologique. 

2^) La Vierge et VEttfant, attribué par M. G. Hulin k Ambboisi 
Benson. Ce peintre fut admis comme franc maître dans la gilde de 
S<-Lac en 1519, fut doyen en 1537, gouverneur en 1540 et juré de cette 
confrérie en 1521, 1539, 1545 (*). 11 mourut vers 1558, époque k 
laquelle sa veuve Jossine Michiels épousa Pierre Yseur. (Arch. de 
l'Etat à Bruges. Prévôté n« 633, f. 418). 

M. Hulin a fait erronément de ce peintre un Lombard ('). 11 est 
originaire de Lombaertsyde : « ende wat kut Lombar die ». Lombardie 
est le nom donné k cette commune, comme en font fof les sceaux 
de 1313, 1332 et 1502, dont les empreintes et les moulages sont 
conservés aux archives de l'État k Bruges. (Collection de sceaux 
et de moulages de sceaux). Cette dénomination est d'ailleurs encore 
employée couramment dans le langage populaire de la contrée. 

'^) Un repos de la Vierge, du même maître que le n^' 2200 du 
Catalogue du musée de Madrid, attribué par MM. Friedlander et 
Justi à un maître Brugeois, qui a signé deux tableaux des initiales 
A. B. Ce tableau appartient comme le précédent k l'École de Gérard 
David. Outre Ambroise Benson, plusieurs peintres Brugeois de cette 
période, portant les mêmes initiales, sont inscrits au livre des 
peintres. Ce sont notamment Antoine Baroens, Adrien Becaerty 

C) ÂDÉsiBy 3»* série, t. I, p. 165 et ss. 

(*) Catalogue critique de Vexposition de tableaux flamands du X/F«, 
XV et Xr/« siècles. Bruges, 1902, P. xxviii. 



88 CHRONIQUE 

Antoine Beyttj Adrien Bosêckaerti Arnold vanden Boêke, Adrien 
Braenuy Augustin de Binine et Adrien Vanden Busiche, 

4°) Le portrait de Madame Vander BeecK-Bouvy^ œuvre du peintre 
Brupfeois Bruno van Hollrbekb, dont la ville de Bruges possède 
plusieurs belles toiles. Ce tableau a été offert par le B<>" de Maleingreau 
d'Hembise, en souvenir de cette généreuse donatrice, qui a légué 
ses collections à la ville de Bruges. 

h^) La Coquette, due au pinceau de Florent Willbm^( 1823-1905) 
une des gloires de la peinture belge, dont plusieurs tableaux ont 
figuré Pan dernier à l'exposition rétrospective et qui a été le peintre 
de l'impératrice Eugénie. La Coquette a fait l'admiration de tous 
à l'exposition universelle de Paris en 1855. Elle y avait été exposée 
en même temps que Les Trentaines de Berthal de ffaze de U. Lbys, 
dont une étude a été donnée à l'administration communale par la 
Société des Amis des Musées en 1U04. 

6^) Le quai des ménétriers à Bruges, peint d'une, façon magistrale 
par Albrrt Babtsoxn. Né k Gand en 1856, c^ peiûtre débuta en 1886 
k l'association artistique PBssor, de Bruxelles. Son art est vrai et 
sincère. Il traduit la mélancolie des béguinages, l'intimité des quais 
déserts où il a passé de longues heures. Bruges, Gand, Nieuport, les 
bords de l'Escaut, l'île de Walcheren^ sont les sujets ordinaires de ses 
méditations. Le tableau ci-dessus est une des pages les plus étudiées 
de ce maître, qui promet un avenir brillant et dont deux œuvres 
ornent le musée du Louvre. 

7^) Une pêcheuse portuguaise. Œuvre de L. Maeterlinck offerte par 
lui aux Amis des Musées de Bruges. Gantois de naissance et conservateur 
du musée de cette ville, il a cultivé la peinture où il a remporté de 
nombreux succès et s'est fait connaître comme historien d'art. 11 fit 
plusieurs séjours en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Portugal. 
Sa Péf heuse date de son voyage dans ce dernier pays, où il fut appelé 
k faire le portrait de la reine Maria Pla, au palais de l'Ajuda, vers 1880. 

Après avoir fait, dans un magnifique discours, l'historique des 
tableaux et retracé la carrière de leurs divers autours, le B^^ Eervyu 
de Lettenhove entretient spn auditoire de la construction du nouveau 
Musée de Peinture et de l'exposition d'Art ancien organisée k l'hôtel 
Gruuthuuse (*). A cette occasion, il adresse un éloquent appel aux 
membres de l'administration des Hospices de Bruges et leur demande 
instamment de revenir sur leurs dernières décisions et de prêter 

(») Voir notre article AnÉm., t. LV, pp. 338-341. 



CUEOMQUE 89 

momentanément les meubles necessaires pour l'organisation d'an 

musée permanent dans ce palais, jusqu'à leur remplacement par des 

meubles, acquis snccessivement par la société d'archéologie. 
Cette remarquable séance se termina par les remerciements adressés 

au président par le C^" Visart de Bocarmé, bourgmestre de Bruges. 

Il adressa des compliments flatteurs h la Société sur le choix des 

œuvres dont elle fait don k la ville de Bruges et annonça une solution 

prochaine de la question des musées. 
Le discours prononcé par le B^*^ Kervyn de Lettenhove est sous 

presse. £n vue de compléter la bibliographie de la Société (*), nous 

donnons ici le titre de cette brochure : 
Discours prononcé par le B^^ If, Kervyn de Lettenhove, président 

de la Société des Amis des Musées à rassemblée générale annuelle le 
fi février 4906, Bruges. Imprimerie Popp, 1906. 

Signalons enfin une brochure qui a été omise dans la même biblio- 
graphie: Quelques r^exions sur la nécessité et l'utilité d^une Société 
des Amis d^s Musées de Bruges par B^» H. Kebvyn db Lbttbkhovb, 
Bruges, L. De Plancke, 1902. In-S», 22 p. 

B°° A. VAN ZUÏLEM VAN NtEVELT. 

Commission royale d'histoire. — MM. les abbés Ch. Scheys et 
J. Warichez proposent ii la Commission d'éditer sous ses auspices le 
Cûrtulaire de r Église de Tournai. Nous espérons que cette proposition, 
sur laquelle la Commission délibérera dans une séance ultérieure, 
recevra un accueil favorable. La publication sera de la plus haute 
importance pour l'histoire de Flandre. 

— Conoonrs des bourses de voyage. — Parmi les mémoires qui 
ODt été jugés dignes d'une bourse de voyage, les deux premiers intéres- 
sent nos études. Ce sont ceux de : M. L. Yandbb Ëssbn, Êtuéle sur les 
ries des saints belges de l'époque mérovingienne ; et du R. P. Willàbbt 
(de Bruges), Étude sur les relations diplomatiques de V Angleterre et 
des Pays-Bas espagnols sous le règne des archiducs. 

Les deux lauréats sont docteurs en histoire de l'Université de 
Louvain. 

— Ck>nooiirs des bourses de voyage. — Parmi les thèses 
proposées par les docteurs dont les mémoires ont été jugés dignes 
d'une bourse de voyage, nous relevons los deux suivantes : 

('J AdEid., t. LV, 1905, pp. 107-210. 



W CHHONIQUE 

De M. L. Van dbb ëssbn : A rencontre d'une opinion courante, 
on ne peut pas identifier saint Gudwal, dont les reliques furent 
apportées à Gand vers 059, avec saint Gurval, evêque d'Aleth en 
Bretagne. 

De M. R. Wbbmabs : Le style pascal n'a pas été en vigueur en 
Flandre avant la seconde moitié du XII* siècle, contrairement à ce 
qu'affirment certains auteurs. Depuis cette époque, son usage souffre 
encore des exceptions. 

Qu'il nous soit permis d'ajouter qu'à notre avis, ces exceptions 
sont demeurées la règle jusqu'à la dernière dizaine d'années du 
XII" siècle (AnEm, t. LV, 1905, pp. 121 ss.). 

Expositions. 

Exposition de la Toison d'or. — On organise pour Tété prochain 
à l'hôtel Gruuthuuse, à Bruges, une exposition de tout ce qui se 
rapporte au célèbre Ordre de chevalerie de la Toison d'Or, institué 
à Bruges même par Philippe le Bon, le 10 janvier 1429. Inutile de 
rappeler que les sires de Gruuthuuse étaient membres de cet Ordre 
princier. M. le Baron van Zuyien van Nyevelt a d'ailleurs rappelé 
l'an dernier le procès de Louis de Gruuthuuse qui se déroula pendant 
une quinzaine d'années (1484-1500) devant les chapitres et les 
assemblées de l'Ordre (*). 

Pórlodiques. 

Fódóration d'art et d'histoire locale. — Tel est le titre d'un 
bulletin mensuel que l'active Société d^ études de la province de Cambrai 
commence — bien modestement, par 4 pages ! — et dans lequel elle ' 
donnera les renseignements et les nouvelles qui peuvent être de 
quelque utilité pour les travailleurs et les amateurs d'histoire locale : 
indications de travaux parus ou en préparation (sociétés savantes, 
revues et journaux ; travaux divers ; nouvelles) questions et réponses ; 
fiches bibliographiques d'histoire locale. 

La nouvelle publication fera partie intégrante du Bulletin de la 
Société détudes, mais on peut s'y abonner séparément, à raison de 
0.30 f. la feuille d'impression. S'adresser à M. Th. Leuridan, président, 
60, boulevard Yauban, Lille. 

(*) Quelques notes sur V hôtel Gruuthuuse et ses possesseurs. Bruges, 
De Haene,'1905, p. xvi ss. 



CHBONIQUB 91 

Uheareuse naissance de ce nouveau confrère prouve, une fois de 
pins, qu'il est de toute nécessité pour ceux qui s'occupent d'art et 
d^histoire locale, d'avoir un organe qui les t^ tienne au courant du 
mouvement des études et des travaux d'histoire régionale ». C'est le 
but qu'a eu en vue la Société <ff Emulation^ en introduisant dans ses 
Af(mU9\^ Comptes rendus^ la Chronique et la Bibliographie de Vhiêtoire 
de Flandre. 

c. c. 

Notes taibliographiques. 

Nous venons de recevoir le Rapport sur les travaux du Séminaire 
kiftorique pendant l'année académique 1904-l90rt [Extraii de P Annuaire 
de r Université Cathol. de Louvain], Louvain, 1905, Van Linthout, 
in 12*, 117 p. 

Sous la modeste apparence d'un Rapport, ce petit livre fournit une 
contribution très précieuse à la solution d'une foule de questions 
historiques. Sans compter les travaux qui sont simplement signalés, 
il 7 a là le sommaire méthodique, clair, substantiel d'une trentaine 
d'études poursuivies avec talent et méthode, sous la sage et savante 
direction de M. le professeur Â. Gauchie. Tous les sujets, dont 
quelques-uns (p. ex. sur l'abbaye de Yillers, la question Franciscaine, 
l'Inquisition) sont traités avec ampleur, sont enrichis d'une précieuse 
bibliographie de sources et de travaux faite avec discernement. 

Nous devons, à regret, nous contenter de signaler ici les questions 
qui peuvent concerner la Flandre. Telle est l'étude de M. l'abbé 
G. BuYSscHASBT, sur Les polémiques dogmatiques en France au sujet 
dm Luthéranisme (p. 14-16). Parmi les principaux chefs qui tinrent 
tète à la Réforme, Se trouve le Flamand Clichtove de Nieuport, « Le 
conférencier s'attache à l'œuvre et aux doctrines de Clichtove. La 
réfatation des hérétiques amène ce dernier k affirmer fortement 
l'autorité de l'Égliso et de sa hiérarchie, la valeur de ses préceptes, 
Forï^ne divine du célibat ecclésiastique. II relève le mérite des bonnes 
oeuvres et leur rôle dans la justification, le caractère de véritable 
sacrifice de la messe n ('). 

Dans son étude sur VAugustinus de Cornélius Jansenius, c'est le 

(V Les Notitiee çenealogicœ de Ch. Dk Yisch, manuscrit conservé 
aux archives da Séminaire de Bruges, n. 137/22, fournissent sur la 
famille de Ch'chtove des détails intéressants, qui pourront être utilisés, 
un jour dans les Annales, 



dâ CBBOKIQÜE 

livre, l'homme, le miliea intellectael qae M. Tabbé NoâL analyse 
avec talent (pp. 27-30). La dernière déclaration de Jansenius au 
sujet de son Âagustinus est-elle authentique et fut-elle sincère ? Nous 
aimons à citer à ce sujet quelques lignes* qui résument bien cette 
question \^). 

« Pressentait-il l'opposition qui devait accueillir son œuvre ? La 
religieuse qui l'assista à ses derniers moments a rapporté plus tard 
que l'évéque mourant avait demandé son manuscrit et y avait écrit 
en latin quelques lignes qu'elle prit pour une soumission au jugement 
de l'Église. La pièce qu'on peut appeler le testament littéraire de 
Jansenius, est -elle authentique au sens critique de ce terme ? M. Noël 
penche pour l'affirmative, et y distingue deux parties. Le mandat 
d'imprimer donné aux éditeurs : rien ne prouve que ceux-ci l'aient 
forgé ; ils n'en avaient nul besoin, et n'en ont point fait uiage. Les 
lignes qui soumettent l'Augustinus au jugement de l'Église ont pour 
elles le témoignage cité, et sont d'ailleurs contenues équivalemment 
dans l'ouvrage. Les hésitations de l'auteur se trahissent dans sa 
correspondance : celle-ci manifeste les tâtonnements d'un esprit qui 
cherche la vérité et arrive graduellement à une persuasion sincère. 
S'il prend des précautions au sujet de la pubhcation de l'œuvre, ses 
défiances ne semblent pas impliquer, qu'il ait eu conscience de 
s'écarter de la foi. » 

Signalons enfin, parmi les travaux pratiques sur les institutions du 
moyen âge, celui du R. P. Maurice Lsgraiid 0. C. sur l'origine, les 
doctrines, le culte, et la propagation des Cathares ou Albigeois, dont 
la secte était assez répandue, aux XIP-XIII^ siècles, dans la 
Flandre, sous le nom de Pif els (pp. 4d-51). 

C. C. 

-- Codioes Belgioi seleoti. — Tel est le titre d'une collection 
de fac-similés des principaux fnanuscrits des bibliothèques belges^ qui 
sera publiée sous le patronage du R. P. Van den Ghoyn, par la librairie 



(') Voir Jansenius, evéque d^Ypres^ ses derniers mojnents, sa soumis- 
sion au S. Siège (Étude du Séminaire d'histoire ecclésiastique) 
Louvain, 1893. Nous y avons exposé et défendu les mêmes opinions. 
M. Alph. Vanden Peerel^oom a exposé sous iin faux jour, dans son 
Cornélius Jansenius (pp. 75-98), l'histoire de l'enlèvement de la 
première épitaphe de Jansenius. Comme nous avons recueilli tous les 
documents concernant cette affaire, nous referons prochainement ici 
l'histoire de cet enlèvement. 



CHBONIQUE 93 

Misch et ThroD, rue royale, Bruxelles. Parmi les codices dont la 
reproduction photocoiiographique est déjà annoncée se trouvent : 

La chronique de Gilles H Muisis (original, du XIV* s., 128 planches 
in-8**), par le R. P. Van den Gheyn ; la Chronique! de Sigebert 
de Gembloux (autographe du XII* s., 124 planches in-4^), par 
M. A. Gauchie. 

— En vue de la rédaction du Liber memorialis et des mooographies 
paroissiales, il y a de bonnes indications sur les origines et une précieuse 
bibliographie dans les articles publiés depuis quelques mois par 
M. D. L[esconhier] dans la OazeUe van Brugge : In Belgenland. 

— La OazeHe van Dixmude publie, depuis près d'une année, une 
suite d'articles soignés E enige bijzonderheden uit de geschiedenis der 
Si Ifikolauskerk van Dixmude, Nous nous permettons de signaler ces 
notes intéressantes à l'attention de nos amateurs d'histoire et 
d'archéologie locales : ils ne les liront pas sans fruit. Nous formons le 
vœu de voir suivre, ailleurs encore, cet exemple donné par 
M. £. Hosten, le jeune et actif archiviste de la ville de Dixmude. 

— De Leuvensche hoogleeraar L. Scharpé laat, met de medewerking 
van andere uitstekende taalgeleerden, een nieuwe reeks oude 
Tiaamsche teksten verschijnen onder de benaming : Leuvense Tekst- 
uitgaven. Alhoewel hoofdzakelijk voor het hooger onderwijs bestemd, 
znllen deze uitgaven met veel vrucht door leeraars aan het middelbaar 
onderwijs benuttigd worden. 

De Eerwaarde Heer J. Dbcock, professor te Leuven, leidt in met 
d« fabels van Esopei, (Leuven, bij Bomans, 98 biz., prijs 2 fr). Een 
^root aantal andere gewrochten, waaronder meer dan één uit 
West- Vlaanderen herkomstig, zijn ter pers of in bewerking. Wij laten 
hier de lijst volgen: 

tSpel van tRegne Maecwsele, en de Spelen van den VeHooren Zoone, 

dfior Lawbt, een Roeselaars Rederijker uit de tweede helft der 

16* eeuw; — Castrlbin's Const der Rhetorychen ; — een overzicht 

over HorwABBT's leven en werken, bewerkt als bloemlezing uit die 

werken ; — Anthonis db Rooveke's Rethoricale werken ; — 

Ds Dexe's Warachiige Fabulen der dieren ; — een ontleding, tegelijk 

a/s hfoeinIpzin«;r opgevat, uit De Denb's Testament Rethoricael ; — 

een bloemlezing uit Poibtbrs ; — een herdruk van den bundel 

Oudvlaemsche Liederen en andere Gedichten naar het hs. verbeterd en 

roilciIfg-J ; — Abraham De Koningh's Bijbelspelen ; — de zes' Histo- 



94 CHEONTQTTB 

riaelspelen uit het hs. der Hasseltse Rode Roos ; — het Leven van de 
U. Godelieve^ naar de verschillende hss. ; — Velüeke's Sertatim ; — 
een keus van oude geestelike liederen ; enz. 

La question des Êolithes. 

Comme M. Rutot, Ie plas ardent protagoniste des éolithes, a trouvé 
les premiers silex de cette nature, dans la Flandre Occidentale, il 
convient d'en dire un mot ici. 

Qu'est ce qu'un éolithe, d'après M. Rutot ? 

C'est un éclat de silex, portant les traces évidentes de l'utilisation, 
soit pour la percussion, soit pour le raclage. 

Voici maintenant comment M. Rutot développe sa théorie : 
« Quelles sont les traces évidentes de l'utilisation ? Ce sont, pour le 
rognon naturel ayant servi à percuter, les étoiiures et le çrenu spécial 
localisé, dus à la percussion plus ou moins prolongée snr un ou 
plusieurs points du rognon. Ce sont, pour les éclats naturels tranchants, 
de forme quelconque, la retouche^ action régulière, méthodique et 
intelligente, due à la volonté de raviver, à plusieurs reprises, la même 
arête tranchante, utilisée pour le raclage, au fur et à mesure qu'elle 
s'émousse par le travail. Il s'agit donc là d'un véritable mode tout 
particulier d'aiguisage de l'arête, qui se fait tot^ours de la même 
manière : l'enlèvement d'esquilles, autant que possible de même 
étendue et parallèles, opéré d'un seul cd/^ deM'arête et entamant dès 
lors toujours la même face. Quant au procédé d'enlèvement des 
esquilles, il peut différer selon l'industrie à laquelle la pièce considérée 
appartient. Cette retouche d'utilisation ou avivage peut se faire soit 
par percussion, au moyen d'un silex allongé, dit retouchoir ou éclateur 
ou fabricator (terme anglais), soit par pression, au moyen d'instruments 
divers en os, ou en bois de renne ou de cerf. Mais la retouche 
d'utilisation ou d'avivage n'est pas la seule que l'on puisse remarquer 
sur les éolithes. Beaucoup d'outils portent, en effet, une autre 
retouche, que j'ai proposé d'appeler retouche d'accomodation. 

Cette retouche se fait même toujours préalablement à Vutilisatùm, 
car son but est de rendre l'éclat brut, dont on désire se servir, 
aisément maniable et bien en main, de manière que des arêtes 
tranchantes ne blessent, pendant l'usage, ni les doigts, ni la paume de 
la main.... La retouche d'accomodation consiste soit dans l'abatage^ 
soit dans le martelage, Vécrasement par percussion, des tubercules, 
aspérités, pointes, tranchants, empêchant la bonne préhension. Il 
devient dès lors évident que, puisque ce n'est jamais par la partie 



CHRONIQUlî 95 

agissante que l'on prend l'outil, la retouche d'accomodation, dans un 
instrument utilisé, se trouve généralement à VoppoU du côté agissant, 
portant la retouche d'avivage.... Pour que les éclats deviennent 
effectivement k nos yeux des racloirs, des grattoirs, il faut qu'ils 
portent, en plus de la forme, les signes évidents qu'ils ont servi à 
racler, à gratter^ pendant asse2 longtemps pour que l'ouvrier ait été 
forcé d'indiquer l'usage prolongé de l'outil par la superposition des 
retouches d'avivage qui donnent à l'instrument ainsi utilisé un aspect 
taillé (*). » 

Les éolithes ont reçu le nom de silex reutéliens, du mot reutel^ nom 
d*un hameau de la commune de Becelaere, où il y a des mines de 
cailloux, destinés ù empierrer, les routes et où M. Rutot a remarqué 
jusqu'à 50 tonnes d'éolitbes! Voilà le nom d'un modeste hameau 
flamand, devenu célèbre du coup- et en train de faire son tour du 
monde ! 

M. Rutot recueille les silex reutéliens dans les cailloutis qui se 
trouvent à la base du Quaternaire, à la terrasse supérieure de la 
vallée des rivières. Il affirme qu'ils ont servi pendant la période 
d'avancement du premier Glaciaire quaternaire, et il estime à vingt- 
cinq mille ans la durée de c^tte progression et le développement de 
l'industrie reutélienne. 



Dès 1902 nous exprimions toutes nos réserves relativement aux 
éolithes et aux nombreux travaux, que M. Rutot, un savant d'une 
activité dévorante, leur a consacrés dans les Mémoires de la' Société 
d'Anthropologie de Bruxelles (*). 

La plupart des préhistoriens français n'ont jamais admis la valeur 
des éolithes comme produits de l'activité d'un être intelligent et 
M. Boule vient de leur porter, dans Y Anthropologie ^ un coup dont ils 
auront quelque peine a se relever, si cette étude n'amène pas le 
déclin de leur vogue (*). 

M. Boule ne peut admettre les silex reutéliens, antérieurs à l'époque 

(') A. KcTOT. Sur la cause de Véclatement naturel du silex dans 
Mémoires de la Société d^ Anthropologie de Bruxelles. Tome XXIII, 
1904. Prem. Mémoire. 

J. Claebhout. Le Préhistorique de la Flandre occidentale, AnÉm. 
Tome ÎAL Bruges, 1902, p. ö et suiv. 

{*}M. BocjLB. L' origine des éolithes^ dans V Anthropologie, tome XVI, 
im, p. 257 et suivantes. 



96 CHEOKIQUE 

Cbelléenne, comme témoignages de l'existence de 1'homme tertiaire ; 
il róclame des documents ostéologiques et il rejette les éolithes, parce 
qu'il paraît certain qu'ils peuvent être produits par des causes 
naturelles. 

Il y Ay au Sud-Est de Mantes, dans la commune de Guerville, une 
usine, où l'on fabrique du ciment, en mélangeant de la craie et de 
l'argile plastique. La craie, qui renferme des rognons de silex, est 
versée avec l'argile dans des cuves circulaires, appelées délayeurs et 
dans ces bassins elle est soumise au mouvement tourbillonnaire de 
Peau. Ces cailloux, qui subissent dans les délayeurs, les actions 
dynamiques d'un tourbillon artificiel, comparables aux actions 
dynamiques d'un cours d'eau naturel et torrentiel, offrent tous les 
caractères des anciens graviers des rivières et un grand nombre 
d'entre eux présentent des retouches identiques a celles qu'on observe 
sur les éolithes. M. Boule a pu recueillir une belle collection d'échan- 
tillons, semblables à ces pièces, qu'on désigne sous les noms de 
percuieurSf grattoirs^ retouchoirê, sUex à encoches, 

*\ 

Il sera prudent toutefois de se tenir sur la réserve et de ne pas 
opiner que la partie soit gagnée. 

M. Rutot est tenace et il a déjà relevé le gant, k la Société 
d'Anthropologie de Bruxelles, en qualifiant les silex de M. Boule de 
pseudo-éolithes: Les éolithes se voient toujours dans les vitrines 
du British Museum et du Musée d'histoire naturelle de Londres. 
L'Allemagne aussi est entrée dans le mouvement et les membres de 
la Société d'Anthropologie de Berlin recueillent des éolithes dans 
diverses contrées de l'Allemagne et jusque dans la vallée du Nil en 
Egypte. 

J. Claebhotjt. 
Nos archives. 

Destmotion d'archivea. — Sous ce titre, M. J.Cuvelier écrit dans 
la Revue des bibliothèques et archives de Beigique, t. III, 11K)5, p. 509. 

« Etant donné Ténorme quantité de paperasserie administrative 
qui, chaque année, vient accroître les archives des communes, il est 
à craindre que le moment soit proche où les administrations commu- 
nales ne trouveront plus assez de place pour héberger toutes leurs 
archives. Ce jour-là les archives anciennes, ou des documents impor- 
tants parmi le3 archives modernes, risquent fort d'être reléguées au 
grenier ou dans quelque coin oublié. Afin de prévenir leur destruction. 



CHRONIQUE 97 

rassocîation des archivistes néerlandais, d'accord avec les secrétaires 
des trois plus grandes villes de la Hollande, des comités des asso- 
ciations pour les intérêts communaux et des fonctionnaires commu- 
naux, a envoyé au Ministre de l'Intérieur une requête pour prier ce 
haut fonctionnaire de fixer l'attention des administrations commu- 
nales sur les papiers qui peuvent être détruits, sans inconvénient, 
à partir de certaines époques, une liste judicieusement dressée, 
contenant la description du genre de papiers a détruire est jointe h 
la requête. Cette question devant se poser un jour, en Belgique aussi, 
nous croyons bien faire en signalant ici la requête et la liste. (Voyez 
Sederlandsch archievenbiad, t. 14 (1905-1906). pp. 107-116). » 

Serait-il permis de signaler, à cette occasion, l'annonce suivante 
que nous découpons d'un journal ? « On demande 50 ouvrières de 
« 12 k 18 ans, pour trier rognures de papier ; ouvrage assuré pour 
«l'année. S'adresser usine Destruction archioeSy 354, avenue van 
■ Volxem, Midi ». 

— Llohtervelde. — Dans une maison mortuaire on procédait au 
nettoyage et — naturellement — on avait commencé par brûler « les 
vieux papiers i», quand survint un amateur des choses du passé, qui 
obtint facilement la cession de ce que le feu n'avait pas encore 
détruit : un nombre respectable de documents sur parchemin et sur 
papier, renfermant de très intéressants détails d'histoire locale. 

Hélas ! en combien d'autres localités ne laisse-t-on pas détruire des 
pièces qui peuvent avoir une réelle valeur et qu'un peu de soin 
pourrait sauver de la destruction ? 

— Le journal de la même commune De Veldbloemy édité par 
M. Siatobin, avait publié quelques articles d'histoire locale, qui 
furent très goûtés. A la suite d'un appel adressé à ses lecteurs, la 
rédaction reçut, dès la semaine suivante, aine quinzaine de documents 
qui remontent jusqu'au milieu du Xyil** siècle. Depuis lors, de 
nouveaux dons sont venus enrichir notablement ce premier fonds, 
qui permet de donner régulièrement de nouvelles études d'histoire 
et de topographie locales. 

Nous félicitons nos amis de Lichtervelde de cette heureuse initiative ; 
elle mérite de trouver de nombreux imitateurs. 

Vos andens objets d'art dispersés. 

- Tabiean de la Frósentation de l'égrllse St. Jacques à 
Bmgea. — La Patrie du 21 novembre 1905, signale à l'attention des 



98 CHBOMQUE 

Brugeois l'existence, dans la collection du duc de Deronshire, d'an 
tablean du XYI^ siècle, qui est en même temps ane remarquable 
œuvre d'art et un important document archéologique et historique. 11 
nous semble hors de doute que la scène représentée est bien la 
Présentation de la S'« Vierge: les anges qui descendent — un peu 
lourdement — du ciel, pour apporter une couronne; le S^ Esprit 
planant au-dessus do l'autel sous la forme d'une colombe, et la figure 
du Père céleste apparaissant dans une gloire nébuleuse et étendant 
la main pour bénir la future Mère de Dieu, déterminent le sens de la 
scène qui se passe devant l'autel. La S^« Vierge est reçue par le 
grand-prétre debout sur la marche inférieure de l'autel ; de chaque 
côté, en partie presque derrière l'autel, un groupe déjeunes personnes: 
les vierges consacrées à Dieu qui vivaient retirées dans le temple. 
Une jeune fille s'est détachée d'un des groupes pour s'approcher sur 
le premier plan, de S*« Anne et de S^ Joachim ; elle leur montre la scène 
qui se passe au pied de l'autel. A senestre, à l'écart se tient un jeune 
homme qu'une des vierges du groupe voisin désigne de la main. 
Serait-ce une représentation symbolique du vœu de virginité et de la 
renonciation au mariage ? On en serait d'autant moins étonné que la 
S*« Vierge est représentée à l'âge adulte ; ce qui est moins conforme 
à la tradition. 

Le tableau doit avoir été peint, entre 1516 et 1580, pour la confrérie 
de la Présentation de la S^« Vierge, érigée en l'église S*-Jacques à 
Bruges, en 1498. L'artiste a transporté la scène du temple de Jérusalem 
dans le chœur de l'église S^-Jacques, dont on reconnaît immédiatement 
toute l'architecture, y compris la voûte en bois de chêne, qui ne fut 
placée qu'en 1516-1518. La scène se passe devant l'ancien maitre 
autel, détruit en 1580 par les Iconoclastes. Ceux-ci démolirent en 
même temps la magnifique tourelle eucharistique que nous retrouvons 
ici très nettement représentée, à dextre de l'autel, avec les canceUi 
qui l'entouraient. 

A en juger d'après les costumes, le panneau doit être rapproché 
de 1516 plutôt que de 1580. Deux des vierges notamment portent 
le hennin à cornet pointu, orné d'un long voile, une coiffbire qui était 
plus commune au XV« qu'au XVI« siècle. Viollet-Lb-Duc, Dictionn, 
du mobilier^ t. III, p. 238, croit — erronément — que le hennin 
n'aurait subsisté que jusqu'en 1470. Marie de Bougogne est la dernière 
de nos princesses qui en est coiffée dans la galérie de grisailles des 
comtes de Flandre, peintes en 1480 ,et conservées au • Séminaire de 
Bruges. 



CHBOKIQÜE 99 

Ce fut entre les années 1520 et 1625, nous écrit M. le caré 
Â. Dierick, que la confrérie de la Présentation obtint l'autorisation 
de s'ériger un autel, dont les frais furent supportés par un des 
membres, Jean Bacljn (*). On sait qu'un autel de confrérie comportait 
presque toujours, comme retable, un panneau (souvent un triptyque) 
représentant le patron de la confrérie. Aussi sommes-nous très portés 
à croire que notre tableau n'est autre chose que cet ancien retable : 
il aurait donc été peint vers 1525. 

La confrérie de la Présentation fut érigée en 149S et approuvée 

en 1514 pour les « prêtres habitués du chœur » ou « du commun » de 

S^-Jacques. On désignait par ce nom la communauté de tous les prêtres 

agréés pour chanter régulièrement, au chœur de l'église, les sept 

heures de l'office canonial, « ad modum collegiatae ». Leur nombre 

pouvait varier d'après les revenus du «< commun », et comprenait 

souvent p. ex. les titulaires des différentes chapellenies érigées dans 

Féglise (•). Notre tableau représente 15 prêtres, en surplis, dévotement 

agenouillés dans ou devant les stalles du chœur : ce sont, à n'en pas 

douter, les portraits des membres de la confrérie. L'au musse et le 

livre que quelques-uns portent, ont-ils une signification? Quels sont 

les cinq i)ersonnage8 (4 femmes et 1 homm^) agenouillés à senestre ? 

SoDt-ce peut-être les bienfaiteurs de la confrérie ? 

Le maître autel, représenté sur notre tableau, porte comme retable 
un double triptyque superposé. La photographie ne permet pas de 
juger du sujet du triptyque inférieur ('). Mais le panneau central 
supérieur semble bien représenter l'arche d'alliance avec un person- 
nage debout de chaque côté : l'apparition de l'ange « stans a dextris 
altaris incensin annonçant à Zacharle la future naissance de 
S. Jeau-Baptiste ? L'auteur de l'article de la Patrie se demande si ce 
nest pas «le retable de la vie de St Jean-Baptiste, peint par 
Roger vander Weydon et donné à l'église en 1476 [ou plutôt 1477] par 
Baptiste del Âgnello, négociant de Pise. (*) n 

(M Voir d'ailleurs la monographie que M. Dierick a consacrée à la 
confrérie : Hêt jubelboekake 1498-1898, De Presentatie van 0. X. Vr. 
€H het broederschap van O, L. Vr. Presentatie, Brugge, 72 bl. 

('I Voir A. DiBRiCK, o. c. : E. Rbmbsy, De bekende pastors van 
St.Gillù, Brugge, 1898, p. 38 ss. 

(') On semble distinguer une croix. Serait-ce le tableau de Huoo 
VijfDXB Go«s La descente de la croix ? Voir J. Wealb, Bruges et ses 
environs, (4« edit) p. lî^. 
{*)J. y^'M^LE o, c. p. 134. 



100 CHRONIQUE 

Plusieurs faits sont favorables à cette hypothèse : le même donateur 
avait fondé en outre deux anniversaires à exonérer par le Commun an 
chœur, aussi que d'autres services et une messe quotidienne à célébrer 
k son autel. Après sa mort, Tautel avec tous ses accessoires et les 
rentes avec leurs charges de messes sont cédés par ses héritiers, en 
1486, à la gilde des tourneurs de chaises et des blanchisseurs de cire, 
qui avaient pour p-itron S. Jean-Baptiste. 

Mais en 1491 la dite gilde se déchargea do Tobligation de la messe 
quotidienne en cédant la rente au Commun du chœur, au profit du 
chapelain de Tautel de S. Jean -Baptiste, à condition que la messe en 
question fut célébrée journellement pour Jean-Baptiste del Agnello 
au maître autel du chœur. (*) Il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce 
que le retable du fondateur eût suivi sa fondation, et eût été placé 
peut-être au-dessus du retable primitif, peint par Hugo Vander Goes. 

Nous espérons que des plumes plus compétentes pourront trancher 
définitivement plusieurs des questions que nous avons soulevées. 

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que M. le chanoine 
Duclos reproduira cet intéressant tableau dans l'étude, richement 
illustrée, qu'il prépare sur Bruges^ ses monuments et ses rues. Histoire^ 
esthétique et souvenirs. Le tableau lui-même sera d'ailleurs exposé cet 
été-ci à Londres, où M. James Weale pourra l'examiner à loisir. 

C. Gallewaebt. 

Orfóvrerio brngpeoise. — L'église Saint-Servais, à Schaerbeek, 
possède un ostensoir en vermeil qui est l'œuvre de l'orfèvre Brngeois : 
Guyllyaume van Neyukerke, 1614. Il provient de l'ancien couvent 
des Dominicaines à Bruges et porte l'inscription : Jacopinesse in 
Brugghe, C'est par erreur que {^Inventaire des objets d^art existant 
dans les édifices publics des communes de V arrondissement de Bruxelles, 
publié en 1905 par le Comité des Correspondants de la Commission 
royale des Monuments, p. 35, affirme qu'il provient de l'ancien couvent 
des Dominicains, et qu'il a figuré à l'exposition de Malines en 1864. 

— Le couvent des RR. PP. Capucins, rue des Tanneurs, h Bruxelles, 
conserve également deux pièces d'orfèvrerie d'origine brugeoise. 

Un calice, en vermeil repoussé, à base 6, soit présentant six lobes, 
faces ou cotes, au pied, à la tige, au nœud ; et décoré de palmes, 

(*) Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. le prof. 
M. Van Dromme, qui a patiemment et soigneusement compulsé les 
archives de St- Jacques. Voir le registre n° 24 p. 96^ 97 ss. et 29 y» ss. 



CHJIOKIQUE 101 

feuillage et rosaces. Il est TcBuvre de Daneel Landtsocht, orfèvre à 
Broges en 1618. Nous y trouvons les poinçons : W (lettre du décanat 
de la corporation des orfèvres) ; un calice entre les initiales D et L 
(poinçon de l'orfèvre) ; une tôte couronnée de lion (?) de Flandre ; la 
lettre b couronnée (marfiue de Bruges). Il fut probablement transporté 
de l'ancien couvent des Capucins (gare), au couvent de Bruxelles, lors 
de la fondation de celui-ci. ou 1H52. 

Uneorolxen cristal opalin, sertie d'argent en partie doré, repoussé, 
ciselé et gravé. Les bras de la croix sont rehaussés de 4 médaillons 
circulaires mobiles, entourés d'une torsade ciselée, gravés : sur la 
face, des symboles ailés des 4 évangélistes ; sur le revers, de la figure 
de S. Nicolas, du millésime (ano, d'un côté, 1662, de l'autre) et d'un 
écusson émailié (émail translucide) : coupé : en chef d'argent an demi- 
iion, de gueules ; en pointe, de gueules, h l'autre moitié du lion, 
d'argent. 

Les branches de la croix s'amortissent en massives palmettes 
ciselées, caractéristiques de la seconde moitié du XVl" et du com- 
mencement du XVII* s. (On les retrouve au crêtage de l'entablement 
deTOstensoir de S'-Servais à Schaerbeek, prémentionné). 

La croix porte comme poinçon une sorte de canette d'où s'épanouit 
QDe branche à 3 fenilles. Hauteur 0'"18ö sur0'"135 de largeur. 

D'après un billet manuscrit du XVII 1« s. conservé dans la custode 
en cuir du XVI* s. qui protège cette croix, celle-ci, (le cristal seul) 
est un don des souverains Charles et son épouse au.' métier des 
^ Wollelakeverwers », à Bruges. C'est sur cette croix, dit lé manuscrit, 
que les membres de la corporation juraient d'en observer les statuts. 
Selon J. Gailliard, Ambachten en nenngen van Brugge y 1854, le 
blason ci-dessus est celui des Cultensteckers ou Culstickers (fabricants 
de pourpoints), qui avaient Saint Nicolas pour patron. 

P. Sylvain, 0. C. 

— La Jieuue de Vart chrétien^ Janvier 1906, pp., 47 et 5(i, nous 
apprend que les produits des ateliers flamands de tapisserie sont 
noinbreax en Italie ; en outre, des ouvriers flamands auraient tissé, 
en liaMemèmey sur des modèles de peintres Italiens. 

Ainsi on conserve à l'église de Pienza (Toscane), huit tapisseries 
flamandes portant la marque d'Audenarde : *< une paire de lunettes 
et iesigle dn fabricant, un A et un B, suivis d'un peigne de tapissier ». 

H. H. 



102 CHRONIQUE 

NouvelloB d'hiitoire locale. 

Ghlstelles. — Avant les destructions perpétrées par les Iconoclastes 
au XVI* siècle, il existait k l'église de Ghistelles un mausolée érigé 
k la mémoire de S^' Godelieve. Nous en retrouvons la description dans 
un épitaphier composé par Jacques le Boucq (M» héraut d'armes de 
Charles-Quint, entre les années 1521 et 1560, dont le manuscrit 
original est la propriété de Messire Art. Merghelynck, à Ypres. 
Voici cette description (p. 89 v®, et 90 r°.) : 

« Au costé dextre du cœur est la chapelle de Saincte Godelieuve qui 
fut estranglée. La sépulture est a dextre de la dicte chapelle, qui est 
de marbre, haulte eslevée. Dessus est couchée la dicte Saincte 
Godelieuve, accoustrée en Religieuse. La dicte sépulture est toute 
enclose de colonnes de cuivre. Ses os sont en fiertre en une abbaie de 
dames à une lieue du dict Ghistelle. A Pentour de sa sépulture est 
ceste escripture et à ses pieds sont ses armes : 

Godelyeve, f[ili]a Heyne/roites core, te Lundtfort geboren^ 
ghemaHerlyzeert buten Ghùtele in LXX, mach me hoorerty in 
LXXXIIII binnen Gkistele tonser oorbren Santyne verheven e te hudaer 
eert bi Gregorius paus den sevenste Canonizeert n^ 

Cette notice complète les renseignements donnés par M. le Baron 
DE Bethünb, Èpitaphes et monuments des églises de la Flandre, p. 362 
(Bruges, L. De Plancke, 1900), où l'intéressant texte épigraphique est 
simplement désigné par les mots : Godelyvve etc, 

J. Opbebbinck. 

Foperinghe. — On a mis la dernière main à la reconstruction de la 
flèche de l'église Notre-Dame ii Poperinghe. Elle remplace celle qui 
avait été refaite, il y a une cinquantaine d'années, ii l'encontre des 
principes architecturaux et archéologiques. Les plans ont été bien 
conçus par l'architecte Coomans d'Ypres. 

Souhaitons à la nouvelle flèche une vie plus longue que ne le fut 
celle de sa con^pur décédée. 

H. HosïE. 

— S'®-Walburge à Fumes. — L'ancienne partie de cette église- 
est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, une « mine n de déc(»rs 
muraux polychromes. Les savants et les artistes en attendaient avec 
impatience « l'exploitation » méthodique, ordonnée par la commission 

(*) Cf. Biographie nationale, t. XI. 



CHBONIQUE 103 

royale des monuments. Or, nous apprenons que cloisons et échafau- 
dages ont dispara définitivement ! 
Adieu, veau. Vache... 

H. H. 

Questions. 

— Le D' Otto Driesen, un savant folkloriste de Berlin, s'occupe 
d'une monographie sur la chanson flamande de Heer Haîewyn. Cette 
chanson, connue par toute l'Europe, a été imprimée pour la première 
fois seulement en 18'J6, par Willems. Beaucoup de variantes inédites 
sont connues encore dans nos villages, sous le nom de Heer Halewyn 
ou de Jan Habrecht. Nous serions heureux si les lecteurs des Annales 
voulaient nous signaler les personnes qui connaissent ce vieux lied. 

J. Claebhout. 

— Au chant des grandes antiennes 0, avant la fête de Nocl, se 
rattachaient anciennement diverses coutumes spéciales concernant 
Je nombre de ces antiennes, la manière de les chanter, la sonnerie des 
cloches, certaines festivités connexes. Quelles étaient ces coutumes en 
Flandre ? iîn ex i s te- 1 -il encore des traces ? 

C. Callewaebt. 

— Qu'fîst-ce xiue le Cercle de Polymnie existant à Bruges, en 1809? 
QaeJ était son objet ? Quand a-t-il commencé ? Quand disparu ? 



BIBLIOGRAPHIE 

DE 



I. SCIENCES AUXILIAIRES. 

1. MÉTHODOLOGIE. 

1 [LV, 246] A. KB.hQtB. Niffuwe banen in het geschiedenisonderwijs. 
. (ABelges, llK)o, t. VII, p. 261 = L. Goffin.) 

(*) La bibliographie renseignera les lecteurs, le plus compU»tement 
possible, sur les ouvragées (libres et articles de revues) intéressant 
l histoire et les autiquités de la Fiaudre. 

L'indication bibliographique sera fréquemment accompagnée d'une 
notice objective et sommaire, avec renvoi (entre parenthèses) aux 
comptes rendus parus dans les périodiques dépouillés. 

Tout ouvrage ou article de revue, rentrant dans le cadre de la 
bibliographie des Annales et dont un exemplaire aura été envoyé aux 
Bureaux de la Revue (Bruges, rue Neuve, w" it) sera l'objet d'un 
compte rendu ou d'une notice. 

Les titres des Revues sont indic|ués par sigles, dont l'interprétation 
est donnée dans une liste imprimée sur la couverture des Annales, 
Un sigle précédé d'un trait indique un article ; mis entre parenthèses, 
il indique un compte rendu. Les comptes rendus d'ouvrages précé- 
demment annoncés sont renseignés sous les diverses rubricpies de 
la bibliographie. Le nom d'auteur ou le premier mot du titre sera 
précédé d'un chiffre romain suivi d'un chiffre arabe, en caractoros 
gras et mis entre crochets. Le chiffre romain renvoie au tome des 
Annales, le chiffre arabe au n^ de la bibliographie où l'ouvrage en 
question a été signalé. 

Les ouvrages et articles qui pourraient trouver place sous plusieurs 
rubri<iues du cadre bibliographique, ne seront indiqués qu'une fois. 



BIBLIOGBAPHIE 105 

2. BIBLI06BAPHIES DES 80UBCE8 ET DBS TBAVAUX. 

2 J. Flnot. Liste des diplômes des rois carolingiens et des premiers 
rois capétiens, conservés dans les archives du Nord, — CHNBull. 
1Ü04, t. XXVI, p. 139-162. 

3 H. V. Sauerland. Vatikanische Urhunden und Regesten zur 
Gesckichte Lothringens, 2*« Abteilung : vom Anfange des 
PoDtiûkats Cieniens VI bis zuin Knde des Pontifikats Urbans V. 
(20 mai 1342-24 décembre 1370). Metz, Scriba. 1Ö05, crr. in-S, 
xiv-373 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 245-256 = Dom Ü. Berlière.) 

Quelques documents intéressent nos anciens diocèses. 

4 A. Hooqaet. Inoentaire analytique des archives de la ville de 
Tournai, l*" fasc. Tournai, Delcourt-Vasseur, 1905, in-8, xvi-140 p. 
(ABelges, 1904, t. VII, p. 247-248 = A. Dutron.) 

5 fIjV, 3 : 141] Dom U. Berlière. 0. S. B. Inventaire analytique 
des Libri obligationum et solutionum des a^xhives vaticanes, au 
point de vue des anciens diocèses de Cambrai, Liège, Thérouanne 
et 7'oirrnai. (Revue critique d'histoire et de littérature, 1905, uouv. 
sér., t.XL,p.377-378=L.-n. L.; Deutsche Literaturzeitung, 1905, 
t.XXVI,c.l318-1319=E.Göller ; BEC. 1905, t. LXVI, p. 306-307 
=A.d'Herbomez ; Bulletin critique, 1905, 2« sér., t. XI, p.405-406 
= G. Mollat ; RHist. 1905, t.LXXXVIlI, p. 328-329 = Ph. Lauer ; 
Historisch-politiscbe Blâtter fur das kathoïische Deutschland, 1905, 
t. CXXXVI, p. 512-519 = A. Bellesheiia ; AnEN. 1905, t. I, 
p. 449-450 = H. Dubrulle ; MA. 1905, 2 sér., t. IX, p. 146-147. 
Ch. Samaran ; RQH. t. LXXIX, 1906, p. 296 = J. Besse.) 

6 H. Dnbrnlle. Les bénéficiers des diocèses d'Arras, Cambrai, 
Thérouanne, Tournai, pendant le Pontificat de Martin F, d'après 
les documents conservés aux Archives de l'Etat a Rome. — 
AHEB. 1905, t. XXXI, p. 9-41, 258-321, 373-482. 

Cette publication constitue un premier complément au livre du 
R. P. BxBLiBBB, Inventaire analytique des Libri obligationum et . 
sotutionum des archives vaticanes. 

Comme celui-ci, c'est un inventaire analytique de documents 
d'ordre financier, provenant de la chambre apostoUque. Parmi 
eax se trouvent les registres des annales, des quittances, des 
obligations pour services communs ou petits services, des 
collectories etc., qui nous fournissent de précieux renseignements 
pour l'histoire générale et locale. Au point de vue de Thistoirc 
générale, ils permettent d'étudier l'organisation des finances 
pontificales, de reconstituer le régime bénéficiaire, de constater les 
abus qui j régnaient etc. Au point de vue de l'histoire régionale, 
locale et corporative, ils fournissent les noms d'un grand nombre 
de bénéficj'erSy de façon à permettre de reconstituer la succession 
cbrofloiogiqae des curés et dignitaires ; ils établissent la valeur 



106 BIBLIOÜEAPHIE 

relative des bénéfices, ils sont une source de précieux détails sur 
Phistoire des paroissos et la géographie des anciens diocèses. 

De bonnes tables des noms de personnes et de lieux permettent 
aux chercheurs de se retrouver dans l'analyse de ces 845 documents. 
M. D. qui s'est limité approximativement au pontificat de Martin V 
(1417-1431), a l'intention de continuer ce travail pour tout le 
XV* s., et môme de le poursuivre jusqu'en 1559. 

une foule de villes, paroisses, abbayes de notre diocèse y sont 
mentionnées : Autryve, Beernem, Bruges, Cuerne, Courtrai, 
Damme, Dixmude, Dranoutre, Furnes, Ghistelles, Handzaeme, 
Ilarlebeke, Hooghelede, Houthem, Houitave, Ichteghera, Kemrael, 
Lauwe, Lisseweghe, Locre, Lombartzyde, L<>o, Lopheni, Meet- 
kerke, Menin, Moorsele, Moorslede, Nieuport, Oostkerke, Ostende, 
Pollincove, Snelleghem, Steene, Sweveghem, Swevezeele, ïer- 
'Doest, Thérouanne, Werwic<i, Ypres, Zedelghem, etc. 

A. D. M. 

7 J. Vannérua. Le dépôt des Archives de VÉtat à Anvers. Accrois- 
sements de Vannée 190 i. — KBAB. 1905, t. III, p. 462-497. 

Ces accroissements proviennent surtout du transfert aux 
Archives de l'Ktat, des archives du gouvernement provincial, 
antérieures à 1794. 

Parmi ces documents, un groupe se rapporte aux Chartreux de 
Lierre. Nous y relevons un ms. de la passion (XV*^ siècle) intitulé 
Passio dominica, ab ipso D, Joanne Harlemio conscripta. 

Au verso de la couverture une note du XVI« s. porte : Hune 
librum compilavit dilectus frater noster Dominus Johannes de 
Haerlem, monachus professus domus hujus ac sacerdos, qui alias 
fuit vicarius et procurator domus antedicte et subvicarius domus 
monialium Sancte Anne extra Brugas, Cartusiensis ordinis. 
(p. 496.) 

8 Th. BuBsemaker. Verslag van een voorloopig onderzoek te 
Lissabon, Sevilla, Madrid^ EscoriaL Simancas en Brussel naar 
arrhivalia, belangrijk voor de geschiedenis van Nederland, 
's Gravenhage, lï)()5, in-8o, 207 p. (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 246-247 = H. Nelis ; HBAB. 1905, t. III. p. 899-400 = 
J. Cuvelier; RHE. 1906, t. VII, p. 224-225 = G. Brom.) 

9 F. De Bas. Repertorium voor de Nederlansche krijgsgeschiedenis 
bewerkt onder toezicht v>an den chef van den generalen staf. 
La Haye, 1905, in.8% 669 p. (RBAB. 1905, t. III, p. 507-508. 
H. Nélis; RHE. 1906, t. VII, p. 224 = (i. G. 

10 L. Petit. Repertorium der verhandelingen en bedragen betreffende 
df geschiedenis des Vaderlands in tijdschriften en mengehrerken 
tot op 1900 versche7ien. Fase. I-II. Leiden, Brill, 1905. (ABelges, 
1ÏK)5, t. VII, p. 249 = J. Laenen.) 

Intéresse directement la Hollande, indirectement la Belgique 
surtout à l'époque espagnole. 



BIBLIOGBAPUIË 107 

11 E. Boaobet. Tablei du Comité Jlamand de France {i8ö3'l904). 
Lille, Dncoulombier, VJOb, in-8<», 92 p. 

3, ABCHÉOLOGIE. 
Voir la rubrique Histoire de Vart. 

12 J. Claerbont. Examen de Poteries trouvées à Roulers. — AnAB. 
1905, t. XIX p. 272-273. 

Quand on a construit les égouts, à la place S^*Michel à Roulers, 
on a exhumé de nombreux tessons de poterie du moyen âge et de 
curieux tuyaux en terre cuite trc's anciens. 

13 B«» A. de Loe. Fouilles à Lisseweghe. — AnAB. t. XIX, 1905, 
p. 262-265. 

M. le baron de Loe a retrouvé dans le tertre, qui s'élève 
400 mètres à Fouest de l'église de Lisseweghe, les vestiges du 
manoir de ce village, bâti probablement au Xlll* siècle. 

J. Clabkhout. 

U B«» de Maere d'Aertrycke. Recherches à Ichteghe^n. — AnAB. 
1905, t. XIX, p. 277-278. 

M. le baron de Maere d'Aertrycke a recueilli à Ichteghem, trois 
boulets de canon, trouvés sur le champ de bataille de Wynendaele 
(28 sept. 1708). Il a récolté en outre, au même endroit, un assez 
grand nombre de balles en plomb de 27 grammes, et deux boulets 
en fonte de 24 livres de balle. J . C. 

4. DIPLOMATIQUE, CHRONOLOGIE. 

15 Joostlng. De jaarst\jl der bisschoppen van Utrecht. 3 p. — 
Overdruk van NAB. 1905-1906, n. 1. 

16 S. Muller Fz. De jaarstijlen in het sticht Utrecht gebruikt voor 
het synodaal-besluit van 13tO. In -8**, 33 p. — Overgedrukt uit de 
Verslagen en mededeelingen der Koninklijke Akademie van 
Wetenschappen, Afdeeling Letterkunde, 4« reeks, VII deel, 
bl. 309-341. 

Deux bonnes contributions à la connaissance du style chrono- 
logique suivi dans l'ancien diocèse d'Utrecht, dont dépendait 
anciennement une partie du Nord de la Flandre (AnÉm. 1905, 
t.LV, p. Î88). 

En se basant sur six chartes relatives à Pabbaye de 
Dikoinge, M. Joosting montre que, de 1139 k 1226, les évêques 
d^Utrecbt ne suivaient ni le style pascal, ni celui de VAnnonciation 
(25 mars) mais bien celui de Noël, comme une charte au moins le 

prouve; à moins qu'il ne fftille supposer, ce qui est moins 

probable, le style de la Circoncision (1 janvier). 



108 BIÜLIOÜKAPHIB 

Cette thj'jje est continuée et précisée par l'étude de M. Muller, 
. qui porte sur une collection de près de ÎKKX) chartes, réunies 
par M, G. Brom. 

Le st3'le de Pâques apparaît pour la première fois en 1224 ; à 
partir de ce moment, il est suivi — mais pas exclusivement — par 
les évoques ; entre 1248 et 1287, il est adopté dans les diverses 
corporations religieuses, que Fauteur étudie en particulier, tandis 
que dans les chancelleries des autres autorités il faut supposer — 
sauf preuve du contraire — l'emploi de l'ancien style. 

Cet ancien style, qui pourM. Joosting^ et la généralité des auteurs 
est le style de Noël, est pour M. Muller le style du^ l*"* janvier. 
Il n'en cite qu'un seul exemple diplomatique. Mais il en appelle 
à l'usage de nommer le 1*' janvier « nyejaerdach », de commencer, 
ce jour-lîi le calendrier, de fêter le renouvellement de Tannée, 
etc. Ces derniers arguments ne sont pas suffisants, car tout cela 
se rapporte au renouvellement de l'année civile, qu'on commençait 
toujours au l**" janvier, même sous le régime universel du style 
chronologique de Pâques ; la question des styles ne concerne que 
le seul changement du millésime dans les dates des actes et 
documents, et il semble qu'on ne puisse pas conclure de l'un k 
l'autre. Nous avons nous-même attaché peut-être trop d'impor- 
tance à une charte d'Etienne de Tournai (Anftra. 1905, t. LV, 
p. 140 ; coll. ABelges, 1905, t. VII, p. 225). C. C. 

17 H. Nélis. Le cainmencement de Vannée au Vendredi-Saint à 
Tournai au XIV* siècle, — AnÉm. 1906, t. LVI, p. 5-13. 

Prouve qu'à Tournai on changeait parfois le millésime de 
l'année, le Vendredi-Saint après l'office. Il en cite quatre exemples. 
Trois autres documents prouvent que le changement se faisait 
d'autres fois le Samedi-Saint. 

18 C. Callewaert. Note complémentaire sur le commencement de 
l'année à Bruges. — AnÉm. UKXi, t. LVI, p. 14-15. 

Le changement du millésime h Bruges, a été rattaché parfois 
à None ou îi l'office du Vendredi-Saint. 

5. GÉOGRAPHIE, ETHNOGRAPHIE. 

Nous donnons sous cette rubrique les publications relatives 
à la Préhistoire. 

19 J. Lion. La question du Portus Itius. Lettre ouverte adressée en 
IHOH à MM. les membres de la 33* session du congrès scie^itifique 
de France. Amiens, liK)5, in-8, 19 p. 

20 R. Blanchard. Sur la date de V invasion marine dans la plat ne 
maritime de la Flandre à V époque historique. — AnEN. liK)5, 
t. I, p. 534-541. 



BIBLIOGBAPHIK 109 

Kn raisonnant sar ia date des médailles trouvées dans nos 
parages, Tantear conclut que c^est au début du cinquième siècle 
qu'il faut placer Tévénement de cette invasion. Celle-ci d'ailleurs 
a été lente. Les deux assertions sont nouvelles. 

21 B**" A. de Ijoë. RappoH général sur les recherches et les fouilles 
exécutées par la société d'archéologie de Bruxelles pendant V exercice 
de !90i. — AnAB. 1905, t. XIX, p. 253-281. 

Rapport sur les recherches effectuées entre autres kVlisseghem, 
Lisseweghe, Crombeke, Proven, Dudzeele, Westcapelle, Wervicq, 
Clemskerke, Tieghem, Pitthem, Hulste, Roulers, Wercken, La 
Panne et Ichteghem. 

22 J. Claerhout. La question des Eolithes. — AnÉm. 1906, t. LVI, 
p. 94. 

Expose rétat de cette question très actuelle. 

23 A. de Lapparent. La^ fable éolithique. — Cor. 1905, t. CCXXI, 
p. 1073-1093. 

Contrairement à l'opinion de M. Rutot et d'accord avec 
MM. Boule et Laville, l'auteur refuse d'admettre la taille 
intentionnelle des silex reutéliens, mesviniens ou autres éoUthiques. 

Les prétendues retouches méthodiques se sont produites par 
l'action de chocs renouvelés, dans les périodes de crues des 
rivières quaternaires. 

24 J. Glaerhont. Recherches dans les stations néolithiques de 
Pitthem. — AnAB. 1905, t. XIX, p. 272. 

La station du mont de Pitthem a procuré, dans le courant de 
l'année 1904, des nuclei, des lames, des silex craquelés et une 
espèce de pointe de lance en silex gris, longue de 0™075. La 
station de la route été Wynghene a fourni des lames, des grattoirs, 
le tranchant d'une petite hache polie et deux pointes de Hëches, 
manies de deux ailerons et d'un pédoncule. 

25 M. Sohweisthal. Histoire de la maison rurale en Belgique et 
dans les contrées voisines, — AnAB. 1905, t. XIX, p. 431-447. 

Seul, le premier chapitre de cette étude vient de paraître. 11 
traite de l'habitation préhistorique et de la maison celtique. Nous 
rendrons compte de ce travail, quand il aura entièrement paru. 

J. Claebhout. 

96 B°"A. deLoë. Découverte de pilotis à Wercken. — AnAB. 1905, 
t. XIX, p. 273-274. 

Description du gisement avec pilotis, découvert a Wercken, 
qoand on a construit le pont sur le canal de Handzaeme, entre 
Zarren en Wercken. J. C. 

27 Baron A. de Ix>ë. Fouille et une sorte de terp ou monticule de 
refuge au hameau du Cocq-sur-mer, à Vlisseghem. — AnAB. 1905, 
t. XIX, p. 254.262. 



110 BIBLIOGRAPHIE 

Le terp, dont il s'agit, était an monticule artificiel très peu 
élevé, reposant sur le sable jaune de l'alluvion marine. Il n'avait 
guère plus de 0"60 de hauteur, mais s'étendait par contre, sur 
une très grande surface. Il constituait cependant un point 
culminant et était formé de terre meuble noirâtre contenant, 
par-ci par-là, des ossements d'animaux brisés ou entaillés aux 
extrémités ; des fragments de poterie : des ustensiles en fer, ainsi 
que des traces de foyer. A la base du monticule, était un Ut de 
coquilles de moules pictinées. Quelques-uns des objets recueillis 
sont plus anciens que la date assignée par M. Rutot à la dernière 
invasion marine et remettent en question la géologie de la plaine 
maritime. J. C. 

28 [LV, 408] Boa Ch. GHUèB de Péliohy. Notes sur les fonds de 
cabanes de la vallée de la Màndel. (Zentralblatt fur Anthropologfie, 

1906, t. XI, p. 41 = Ernest Doudou.) 

Les fonds de cabanes de la Mandel offrent une certaine 
analogie avec ceux explorés en Hesbaye par M. Marcel De Puydt. 

J. C. 

29 B*»» de Maere d'Aertrycke. Fouilles à la Panne, — AnAB. 
1905, t. XIX, 274-277, 

Découverte de poteries du premier âge du fer et de l'époque 
romaine. Récolte de nombreux exemplaires du briquetage, dit de 
la seille. J. C. 

90 J. Glaerhout. Découverte d^ossemetits et d'antiquités au bord 
d'un ruisseau à Pitthem. — AnAB. 1905, t. XIX, p. 272. 

Les alluvions d'un ruisseau, appelé Bekhembeeky contenaient 
des ossements d'urus et des débris. de tuiles romaines, dont un 
fragment avait servi apparemment de poids de filet. 

31 J. Glaerhont. Découverte des vestiges d'une villa Belço^romaine 
à Tieghem. — AnAB. 1905, t. XIX, p. 271. 

M. Vital Moreels a trouvé dans un champ, dépendant de la 
ferme de M. Rich. Verbeke, et situé à proximité du chemin de 
Tieghem à Avelghem, des pierres en calcaire carbonifère, des 
débris de tegulœ, de nombreux morceaux de mortier romain 
et des traces de cendres de bois, qui constituaient vraisemblable- 
ment les ruines d'une villa Belgo-romaine. 

32 H. Riganz. Découvertes gallo-romaines à Courtrai. Leur intérêt 
au point de vue lillois. — ClINBull. 1904, t. XXVI, p. 163-70. 

Croit pouvoir conclure qu'une voie publique passait, à l'époque 
gallo-romaine, par Lille, Courtrai, Gand. 

33 Gantineau-Gortyl. Cassel. Notes archéologiques et déductions 
historiques à propos des constructions découvertes et des terrains 
reconnus pendant les travaux exécutés en avril 490A dans la partie 
est de la butte du castellum. — CHNBull. 1904, t. XXVI, p. 217-222. 



BIBLIOGJIAPHIE 111 

7. GÉNÉALOGIE, HEBALDIQÜË. 

34 J. Dalle. Rechetxhes généalogiques sur la familie Dalle-Lepercq 
de Bausbecque. Bousbecque, 1Ö05, in-8, 206 p. 

35 C. de Boxman. Les origines belges de notre dynastie. Bruxelles, 
Weissenbruch, 1905, gr. in-S, 56 p. (ABelges, 1W)6, t. VII, 
p.2âO.) 

Tables góiréalogiqaes sans documentation, 

II. PUBLICATIONS DE SOURCES ET CRITIQUE 
DES SOURCES. 

1. 80ÜBCES MONUMENTALES. 

Textes épigraphiques. 

Pour les autres sources monumentales voir les rubriques : 
Archéologie. Histoire de Part, 

2. POUBCES d'abchives et cbitique diplomatique, 

36 [LV, 416] J. Ferrant. Un diplôme du roi Philippe I de France 
pour le chapitre (CHarlebeke. (RBAB. 1905, t. 111, p. 407 = 
Hfubert] Nfélis]. 

37 Contâmes des pays et comté de Flandre. Quartier de Qand. 
T. Vil : Coutumes du Vieuxbourg de Qand. Introduction par 
D. Bbbtbn. Bruxelles, Goemaere, 1904, in -4, 684 p. (ABelges, 1904, 
t. VI p. 199-200 = H. Coppieters Stochove.) T. IX : Coutumes des 
seigneuries enclavées dans le Vieuxbourg de Qandy éd. D. Bertbn, 
1904.714 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 54 = II. Coppieters Stochove.) 
T. XI : Coutumes de la ville et de la chàtelknie de Court r ai ^ 
t. I. Ville de Cou rirai, éd. C*» de Limbourg-Stirum, 1906, 
xxvi-600 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 276-277 = H. Van Houtte.) 

38 E. Gailliard. De keure van Hazebroeh van 13S6 met aanteeke- 
ningen. (Publication de l'Académie royale Hamande.) T. V. Gand, 
Siffer, 1905, in-12, 536 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 277-278 = 

V. F[ris].) 
Supplément au glossaire du tome IV. 

39 [LV. 410J là. Gilliodts-van Severen. Cartulaire de l'ancienne 
estaple de Bruges. T. III. (ABelges, 1905, t. VII, p. 274-276 = 
J. Cuvelier. 

40 Lettres plantiniennes, éd. A. Fayen. — RBAB. 1905, t. III, 
p. 433-462. 

Edition de 11 documents provenant de la Bibliothèque Vaticane 
(zDs. Beg. iat. 2023) et des archives du Musée Plantin à Anvers, 



112 BIBLIOOBAPHCE 

précédée d'uue introduction substantielle. Le premier groupe de 
documents concerne la Bible de 1574. Il comprend : une lettre de 
Plantin au P.Manriquez, maître du sacré palais, qui avait proposé 
certaines suppressions a faire h la Bible de 1569 ; les lettres par 
lesquelles Plantin lait hommag^e au cardinal Caraffa et au Pape 
Grégoire XIII, de la nouvelle édition de la Bible. La lettre 
adressée au Pape a été publiée par M. le chan. De Schrevel dans 
ses DocumenU pour servir à la biographie de François Lucas, dit 
Lucas Bruçfnsis (AnKra. 1889, t. XXXIX, p. 191 ss.\ d'après 
le même manuscrit de la Bibliothèque Vaticane. L'édition de 
M. Fayen donne certaines variantes. 

Le quatrième document, du 23 novembre 1576, est une lettre de 
François Lucas de Bruges ù Balthasar Ansidei, bibliothécaire de 
la Vaticane, où il s'efforce de justifier les citations de certains 
auteurs suspects d'hérésie, admises par lui dans son célèbre 
ouvrage « Xotationes in Sacra Bibïia rt. 

Le travail de M. Fayen constitue une contribution importante 
à la biographie du célèbre théologien brugeois. 

A. Db Meester. 

41 Une enquête sur V immunité fiscale du clergé des Pays-Bas (i393) 
éd. R. Maere. — AUEB. 1905, t. XXXI, p. 482-507. 

Dans l'introduction, M. Maere reconstitue les faits qui furent 
l'occasion de cette emiuête, instituée ù la demande de la Cour 
Romaine par Ottavio Mirto Frangipani, nonce de Cologne. 

Les documents publiés sont les réponses de la plupart des 
évêques ou chapitres ecclésiastiques, à la demande d'informations 
du nonce. Leur exposé nous apprend où en était, dans les 
différentes provinces, la question de l'immunité fiscale du clergé 
et comment celui-ci envisageait la situation à son propos. 

On pourra relever dans quelques-unes de ces réponses, des 
détails sur la désolation des églises des Pays-Bas, à la fin du 
XVI* s.; notamment, dans la réponse de Remi Drieux, évoque de 
de Bruges, k Frangipani. 

Les documents proviennent des Archives Vaticanes, Fonds 
Borghese. A. D. M. 

42 Donatien De Bruyne, 0. S. B. Correspondance inédite échangée 
entre deux Mauristes et Charles De Visch, prieur de l'abbaye des 
Dunes, — AnÉm. t. LV, 1905, p. 404-423. 

Onze lettres importantes se rapportant surtout aux recherches 
et publications patristiques de Luc d'Achery et de Jean Mabillon 
(1664-1665). 

43 [LV, 170: 279.] A. De Poorter. Een inventaris van 't jaar 463Î. 
(RBAB. 1905, t. 111, p. 398 = J. Cuvelier). 

44 A. De Poorter. Een inventaris van 't jaar 17 oi, — AnÉm. 
t. LVI, 1906, p. 41. 



BIBLIOGBAPHIE 113 

Inventaire des meubles trouvés à la mort de M* M. De Fevre, 
veuve du B**» de Bette, dans la maison en ville et dans le 
SchotieJuuteel à Dudzeele. — Introduction, texte et notes. 
45 Joe. Wils. La congrégation des théologiens campinois de V ancienne 
ünitersUé de Loutain. — AHEB. 1906, t. XXXI, p. 360-420. 

Quelques étudiants campinois de la faculté de théologie 
fondèrent, en 1703, la Congregatio dominorum theologorum Campi- 
mensium. Un registre conservé a la Bibliothèque de TUniversité 
contient le règlement et les noms des membres de la Congregatio, 
qui subsista pendant un siècle. M. Wils, reproduit in extenso 
le titre et la préface du manuscrit, les statuts, les noms des mem- 
bres. Il complète très heureusement, par d'abondantes notes 
explicatives les indications de différentes mains que contient 
le registre. Parmi les membres de la Congregatio plusieurs 
occupèrent des fonctions ecclésiastiques en Flandre ; notamment 
k Bruges, Buiscamp, Cuerne, Ghistelles, Heyst, Menin, Merckem, 
Thielt, Waereghera, Wervick, Wytschaete, Ypres etc. 

A. D. M. 

46 A. de Saint-Léger et Ph. Sagnao. Les Cahiers de la Flandre 
Maritime en 4789, avec une Introduction et des Notes. (Publicst- 
tions de la Société Dunkerquoise.) T. I. Dunkerque-Paris, Picard, 
iy06, in-8«, Lxm-472 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 273-274 = 
Y. Fris.) 

3. SOURCES LITTÉBAIRE8 ET CRITIQUE D'ÉBUDITION. 

47 D*" Willem de Vreese. De gedenkstukken onzer middeleeuwsche 
letterkunde. — VKVA. 1905, p. 431-448 (AnÉm. 1906, t. LVI, 
p. 85 = C. Callewaert ; GB. 1905, t, II, p. 436). 

48 Robert! G^aguini, Epistolae et Oràtiones, éd. L. Thuasne. 
(Bibliothèque littéraire de la Renaissance.) Paris, Bouillon', 1904, 
2 vol in-8, 407 et 594 p. (AnEN. 1905, t. I, p. 447-449 = 
L. Delaruelle.) 

Cette édition se recommande autant par la valeur des notices 
dues à la science de M. Thuasne, que par l'importance des ren- 
seignements que le texte contient sur la vie littéraire à la fin du 
XV* siècle. Détail : Gaguin était en rapports suivis avec Pierre 
Borry et les frères Fernand, tous trois de Bruges. 

49 L. Pastor. Die Jieise des Kardinals Lutgi d'Àragona durch 
Deutschiand, Frankreich und Ober-Italien, fSf7-f*%t8, beschrieben 
von Antonio de Beatis, (Erlaiiterungen und Ergànzungen zu 
Janssens Geschichte des deutschen Volkes. IV, 4). Fribourg en Br., 
Kepler, 1905, in-S«», XIM86 p. (ABelges, 1906, t. VIII, p. 6-7 = 
D. U. B/erlière]; Hist. Pol. Blfttter, 1905, t. CXXXVI, p. 711-714 
= A. Belfpsheim.) 

\j^ Cardinal a passé par Bruges, Mieuport et Gravelines. 



1 14 BIBLIOOBAPHIE 

50 R. Villa. El emperador Carlos V y $u Corte^ segun las cartas de 
don Martin dfi SalinaSy embajador del infante don Fernando 
(t 522-1539), Con introdaccion, notas e indices. Madrid, Fortanet. 
1903-1905, in^, 990 p. 

51 Ghroniole of the english Augustinian canonesses regular qf the 
Lateran, atSt.Monica's in Louvain (now at St.Aagustinc^s Priory, 
NewtoQ abbot), 1548-1625, éd. A. Hamilton, O. S. B. Londres, 
Sands, iü-8«, xx-277 p., Sh. 10.6. (RHE. 1ÏK)5, t. VI, p. 140-142 = 

L. WiLLABRT, S, J.) 

Lors de la persécution religieuse en Angleterre, plusieurs 
chanoinesses régulières de Saint-Augustin se réfugièrent à Lou- 
vain, où elles fondèrent, en 1609, le Prieuré de Sainte-Monique: 
La nouvelle fondation prospéra si rapidement qu'en 1629, dix 
religieuses allèrent établir à Bruges une maison filiale, actuel- 
lement le Couvent des Dames Anglaises. 

Le décret de proscription des couvents de la fin du 18« siècle, 
força ces communautés à émigrer en Angleterre. La maison-mère de 
Louvain y resta et forme aujourd'hui le Prieuré de Saint- Augustin 
à Abbotsieigh, près de Newton-Abbot dans le Devonshire. 

La chronique anonyme de ce monastère publiée par Dom 
Hamilton intéresse en première ligne l'histoire du catholicisme 
en Angleterre ; mais les nombreux rapports que Je Prieuré de 
Saint-Augustin conserva avec les institutions religieuses de notre 
pays, en font aussi une source importante pour notre histoire 
religieuse. A. D. M. 

52 P. Préderioq. Antoine d^ Montchrétien comme source de l'histoire 
économique des Pays-Bas au commencement du XYW siècle. — 
ARBBull. 1905, p. 287-271. 

Cite avec quelques commentaires de longs extraits du Traicté 
de Vœcononiie politique (1615) de Montchrétien pour montrer le 
puissant — et indéniable — essor économique des Provinces 
Unies, au sortir de leur lutte avec l'Espagne. Mais oublie 
complètement de faire la critique d'autorité de cet écrivain 
Normand qui avait longtemps résidé en Hollande. Pour le 
contraste, l'auteur choisit un texte où la misère des provinces du 
sud est décrite sous des couleurs exagérées. C. C. 

58 Th. Learidan. Relation d'un voyage dans les « Pays-Bas n en 
1660. ~ SEPCBuU. 1904, t. VI, p. 237-254. 

54 C. Bemelmans. Notice sur le manuscrit n^ iH52 de la bibliothèque 
royale de Belgique. Une œuvre inédite de Jean Ooms. — RBAB. 
1905, t. III, p. 374-378. 

Le travail conservé dans ce ms., est intitulé Tractaet van het 
Ghebedt. M. B. en donne la division et la composition. Jean Ooms, 
natif de Ghecl, étudia à Louvain, enseigna la théologie au 
séminaire épiscoi)aI de Gand, fut successivement curé, chanoine 
et archipn'»tre de l'église Saint-Bavon. Il mourut à Gheel en 1710. 



BIBLIOGRAPHIE 115 

m. TRAVAUX HISTORIQUES PROPREMENT DITS. 

1. HISTOIRE GENERALE. 

Histoire régrionale, locale et corporative. 

51 G. Kurtli. Manuel SHUtoire de Belgique. 2« éd. rev. et corr. 
Namur, Lambert, s. d., in-S», 192 p. (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 288-289.) 

52 H. Vander Linden. Geschiedenis van de latere middeleeuwen 
en van de nieuwe tijden. Gent, van Goethem, s. d., in-8<^, 192 p., 
m. (ABelges, 1905, t. VIT, p. 287-288.) 

Excellent, sauf en matière religieuse. 

53 Kan. Davids Vaderlandscke Historie. Geschiedenis van Belgiè'. 
Tweede uitgave^ met voortzetting van A. Habets. T. XI, 1" livr. 
LouYain, van Linthout, 1905, in-8°, 215 p. (ABeiges, 1905, t. YII, 
p. 249-250 = J.L[aenen].) 

54 E. QoBsart. Espagnols et flamands au XVI* siècle. L'établissement 
du régime espagnol dans les Pays-Bas et V insurrection. Bruxelles, 
H. Lamertin, 1905, in-8, xii-331 p. F. 6 (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 93-95 = H. Lonchay : MBBull. 1906, t. X, p. 74-76 = R. De 
Schepper ; flJ. 1905, t. XXVI, p. 869-870 = P. Schr.) 

55 A. Habets. Twee belangrijke jaren uit onze vaderlandscke 
geschiedenis j to76 en 4577. Proeve van historiesche critiek — 
De Katholiek, 1905, t. CXXVIII, p. 118-135; 221-243; 837-856. 

56 P. L. Muller. Bijdragen tot de geschiedenis der scheiding van 
Noord en Zuid-Nederland. — BVG. 1904, 4« sér., t. IV, p. 1 ss. 

Continuation de 1'étude que l'Auteur a commencée précédem- 
ment, 3« sér., t. VII, VIII, 4« sér., t. II, p. 42, 272. 

Il conclut que l'histoire de l'intervention d'Anjou dans les 
affaires des Pays-Bas, s'identifie avec l'histoire de la séparation 
des deux pays. 

57 E. QoBsart. L^ auberge des princes en exil^ anecdotes de la cour de 
Bruxelles au XVII* siècle. Bruxelles, Weissenbruch, 1905, in-12, 
230 p. (RQH. 1906, t. LXXIX, p. 316-317 = Max. de la 
Rocheterie). 

Histoire des princes qui ont reçu l'hospitalité à la cour de 
Bruxelles, et de la vie qu'on y menait. 

58 0^ M. de Villermont. Grands seigneurs d^ autrefois: le duc et 
la duchesse de Bournonville et la cour de Bruxelles» Paris, Retaax, 
1901, in-8, vii-428 p., F. 6. (PPL. 1904, t. CIII, p. 353 = A. H.) 

Beaucoup de faits intéressants pour l'histoire des Pays-Bas 
fspagDo/s dans la première moitié du XVll* siècle. 
59 Sautai. Une opération militaire d: Eugène et de Marlborough. Le 
forcement du passage de l'Escaut en ilOH. Paris, Chapelet, 1905, 
ia-8, IJ5|). 



] 16 BIBLI06BAPHIE 

60 A. de Saint-Léger. Un chapitre des relatioru entre la France 
et V Angleterre. La question de Dankerque et du canal de 
Mardyck, à la fin du rèpne de Louis XIV (1709-1715). (Extrait 
du Bulletin de l'Union Faulconnier.) Paris et Lille, Tallandier, 
1904, in-S, 111 p. (RHist. 1905, t. LXXXVllI, p. 126-127 = 
H. Hauser). 

61 J. Laenen. Etude sur la suppression des couvents par V empereur 
Joseph II dans les Pays-Bas autrichiens et plus spécialement dans 
le Brabant {1783-/794), — AnABAX. 1905, t. LVIl, p. S43-418 
(à suivre). (ABelges, 1906, t. Vil, p. 218-219 = J. L[aenen].) 

Examen politique du décret du 17 mars 1788. 

62 R. Pioavet. ITet Onafhankelijke België. 1880-1903, Gent. 1905. 
2 deelen. 85 en 85 blz.'Pr. 0.50 f. en 0.50 f. 

Ce petit ouvrage expose sommairement la révolution de 1830 
et les principaux faits des règnes de Léopold I et de Léopold II, et 
fait connaître les progrès réalisés dans les domaines de l'industrie, 
du commerce, des arts, des lettres, etc. 

L'ouvrage est destiné aux enfants des écoles primaires. 

63 [LV, 443.] H. Ck>lenbrander. De Belgische omtrenteling, 
(ABelges, 1905, t. Vil, p. 250-251 = J. L[aenen].) 

64 Matter. Bismarck et son temps. T. IL L'action. 486t-1870. Paris, 
Alcan, 1906, in-8, 684 p. (ABelges, 1906, t. VllI, p. 10-11 = 
A. De Rfidder].) 

Une fois de plus on trouve exposée dans ce volume, la poli- 
tique annexionniste de Napoléon III au détriment de la Belgique. 

65 [LV, Ö1.J A. de Saint-Léger. La légende de Lydéric et des 
forestiers de Flandre. (AnEN. 1905, 1. 1, p. 602-603 = H. Rigaux.) 

66 [LV, Ö2.] R. Giard. Baudouin Bras de fer. (AnEN. 1905, t. I, 
p. 459 = A. de Saint-Léger.) 

67 L. König. Die Politik des Qrafen Balduin V von Hennegau. — 
CRHBull. 19a'>, t. LXXIV, p. 195-428. (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 227-228.) 

68 N. de Panw. L'assassinat d'Arteoelde et V insti*uction de ce crime. 
Gand, Hoste, 1905, in-8, 38 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 251-252 
= V. Fris.) 

Fixe définitivement la date de cet attentat au 17 juillet, et 
apporte de nouveaux motifs h. la justification du tribun. 

69 D'Atbaumont et Onrsel. Notes sur Vassassinit de Jean sans 
Peur. Dijon, Jobard, 1905. 

70 J. Carpentler. L'Artois pendant la Révolution des Pays-Bas, 
depuis ^origine des troubles Jusqu^â la réconciliation des provinces 
wallonnes (f565't579). — Mémoire présenté pour le diplôme 
d'études supérieures d'histoire (juin 1905). Résumé dans AnEN. 
1905, t. I, p. 470-475. 



BIBLIOGHAPHIB 117 

71 L. Vati der Essen. Het ontstaan van Antn:erpen (Uîtgpayé der 
Katholieke Vlaamsche Hoogeschooluitbreiding n' 76). Antwerpen, 
Nederiandsche boekhandel, 1905, in-12, 59 bl. F. 0.25. 

A la légende du géant, coupant les mains et les jetant à l'Ëscant 
(Hantwerpen), qui n'est qu'un épisode de la légende de Brabo, 
laquelle se rattache elle-même au cycle des légendes de Jules 
César, M. V. d. E. oppose Vhistoire des origines d'Anvers. 

Il donne d'abord une bonne étude d'ensemble, groupant les 
résultats les plus pn>l)ables des dernières recherches sur la situa- 
tion physique de toute la partie flamande de notre patrie aux 
époques préhistorique et celtique, sur les peuples de Celtes qui 
résidaient sar notre sol, sur l'occnpation et la civilisation romaines 
et sur les invasions des Francs, des Frisons et des Saxons. 

Quant à Anvers, le nom est d'origine celtique; les découvertes 
d'antiquités romaines rendent au moins très probable l'occupation 
effective romaine. La première mention certaine se trouve dans 
la Vita Eligii du VHP siècle, basée elle-même sur une antre Vita 
da VII* siècle, d'après laquelle S. Éloi ** jugi instantia Andoverpis 
decertavit » c'est-à-dire qu'il lutta à Anvers et non pas contre une 
peuplade à^Anversois, S. Amand y fonda une église en l'honneur 
des SS. Pierre et Paul. Cela résulte de deux documents par 
lesquels Bohingus et sa femme Bebelina, en 726, dgnnent à 
S. Wiliibrord cette église « bâtie par S. Amand dans le Castrum 
d'Anvers n. Si l'aathenticité de ces pièces n'est pas absolument 
au-dessus de tout soupçon, on peut du moins se fier à l'exactitude 
des données qu'elles contiennent. C. C. 

72 Robert Beauoourt de Noortvelde. William d'Ypres (1087?? 
1162} (parfois dénomma: Guillaume de Loo) — Comte de Kent — 
rpres en Angleterre (The Ypres Cast le), accompagné d'une notice 
historique sur les villes d! Ypres et de Loo [abbaye de, St-Piej're) 
avec planches, Ypres, E. Lambin, 1904, in-12, 104 p. 

Sous ce titre peu banal, l'auteur nous offre un spécimen très 
réussi des résultats auxquels on arrive grâce au mépris absolu de 
toutes les règles de la méthode historique. 11 ne néglige pas de 
tirer de ses élucubrations une <* leçon de sagesse ». Voici sa 
conclusion finale, après des variations sur William d'Ypres, 
l'affaire Dreyfus en France et la condamnation de Thomas Beck 
enAngleterre: «Saluons respectueusement l'homme sage, pondéré, 
circonspect et tolérant : que celui-là seul règne toujours ! » Suit 
la signature de l'auteur. C. C. 

73 [LV, 462.] O. C. A. Juten. Sluis. (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 296-297 = H. V. H[outte].) 

74 Z. T. X. Ganmerages, Waarmaarde. — BGHB. 1906, t. V, 
p. 11-19. 

A ces deux communes, situées l'une en Brabant, l'autre dans la 
Flandre Occidentale, l'autour trouve, à travers le moyen âge, 



1 16 BIBLIOGRAPHIE 

une communauté de nom et de destinées, et leur suppose une 
communauté d'origine. 
A certains endroits sa méthode relève de la fantaisie. 

75 E . Boissonnet. Études sur le paiement de Flandres, I Le» 
premiers Présidents de Po/linchove. — Mémoires de la Société 
d'Agriculture, Sciences et Arts, centrale du département du 
Nord, séant h Douai. Douai, 1904, t. VIII, p. 479-492. (ABelges, 
ISKtô, t. Vil, p. 205 = E. M[atthieu].) 

Notice biographique. 

76 J. Ter Gouw. Pater Brugman. — Noord en Zuid, 1905, 
t. XXVIII, p. 125-129. 

Nouveaux détails sur Corneille- Ad rien Brugman. Cf. B. 1901, 
t XII, p. 874-378; 1902, t. XIII, p. 1-8, et les références y 
jointes. 

77 Colonel Arnould. les Du Portai. CFFBull. 1905, p. 427. 

Notice généalogique et biographique concernant la famille du 
Portai dont un membre, le chevalier Antoine Jean Louis, figure 
comme secrétaire dans l'assemblée des nobles, tenue à Bailleul 
du 6 au 9 avril 1789, pour protester contre la déUbération de 
l'Assemblée nationale et le décret du 29 juin 1789 qui supprimaient 
la noblesse héréditaire. J. 0. 

2. HISTOIRE SPÉCIALE. 

A. Histoire des Institutions et du droit. 

78 L. Vander Kindere. La première phase de révolution consti- 
tutionnelle des communes flamandes, AnEN. 1905,, 1. 1, p. 321-367. 
(ABelges, 1905, t. VII, p. 258-259.) 

79 L. Vander Kindere. La politique communale de Philippe d^ Alsace 
et ses conséquences. — ARBBuU. 1905, p. 749-783. (ABelges, 1905, 
t. VII, p. 292-293; MBBuU. 1906, t. X, p. 88= A. Dutron.) 

DeuiL articles très importants dans lesquels l'auteur remonte 
le courant des opinions en vogue. L'origine du droit urbain ne 
doit ))as être cherchée dans une transformation du droit personnel 
marchand, comme le prétend M. Pirenne (cf. t. LV, n. 200); les 
organes de l'autonomie communale sont les jurés et les prévôts, 
jugeant les bourgeois d'après leur statut privilégié, ce ne sont 
pas les échevins. Ceux-ci sont les représentants du pouvoir 
princier. Mais avant l'arrivée de la dynastie d'Alsace, les 
communes avaient presque transformé ces agents de l'autorité 
du prince en magistrats communaux. Par ses chartes, Philippe 
d'Alsace, tout en étendant leur juridiction, comme le désiraient 
les communes, les a replacés complètement sous la dépendance 
du prince. Loin d'avoir été donc un promoteur des libertés 



BIBLIOGBAfiHIB 119 

communales, Philippe aurait été an centralisateur autoritaire, 
dont l'œuvre a subi de notables modifications après sa mort. 

C. C. 

80 L. Verriest. ImtUutions judiciaires de Tournai au XIIP siècle. 
Les Registres de justice dits Registres de la loi. Tournai, Casterman, 
1905, in-8, 128 p. (RBAB. 1905, t. III, p. 398-399 = H. Nelis.) 

Ces registres de la loi les plus anciens de ce genre qu'on trouve . 
en Belgique, concernent les années 1275-1276, 1279- 'i280, 1280-1281. 
Ce sont avant tout des registres actant les condamnations pro- 
noncées par les magistrats de la ville, pour toutes espèces d'in« 
fractions aux règlements communaux. 

Une table des noms de personnes serait le complément néces- 
saire de cette importante publication. 

81 M. Bauchond. La justice criminelle du Magistrat de Valen- 
tiennes au Moyen Age, Paris, Picard, 1904, in-8, 314 p. (AnEN. 
1905, t. I, p. 439-44(i = G. Espinas.) 

Oqptnisation judiciaire et procédure ; pénalités. 

82 A^ Vande Velde. Het Schildersgild te Brugge qf de Unie der 
Atnlkachten van de Beeldemaekersy HuisscriverSy Cleerscrivers, 
Zadelaars, Gareelmakers, Boomhouwers, OHzemakers en Spiegel- 
makers van de XIV^ tot de X/JT" eeuw. Bruge.s, Van Mullem, 
[1905], in-12, 120 p. (ABelges, 1905, t. VII, p. 122-123 = V. 
F[ris] ; AnÉm. 1906, t. LVI, p. 81 = A. Logghe.) 

83 Q. Des ICarez. Communication d'une étude sur l'évolution 
corporative à Ypres à la fin du XIII^ siècle, — faite ù la société 
pour le progrès des études philologiques et historiques, — 
résumée dans ABelges, 1905, t. VII, p. 269-270. 

84 P. De Pelamaeker. Le courtage à Ypres aux XIII^ et XIV* 
siècles. — CRBBull. 1905, t. LXIV, p. 439-484. 

Étude sobre, claire et bien documentée sur cette institution 
destinée à aider les marchands dans les transactions et les 
débats judiciaires. L'auteur examine d'abord les sources, de 1239 
à 1418; la plupart sont données en appendice (p. 460-484); 
pnis il expose toute l'organisation du courtage, spécialement en 
ce qai concerne le con^merce du drap. 

A Ypres, Je courtier n'est pas fonctionnaire public, mais sa 
profession est réglementée. Il est toujours hôtelier ou valet 
d'hôtelier. Ses fonctions : acheter ou aider à acheter pour autrui 
et attester, comme témoin en justice, la réalité et les conditions 
du marché. Il doit être bourgeois (au moins depuis Torganisatiou 
corporative), prêter serment et aussi verser un cautionnement, 

car il est personnellement responsable du paiement du prix dans 

les achats à terme. 
Son ministère ne doit pas être demandé, sauf pour les trans- 

aetiODB de drap et de guède ; il a le droit et l'obligation d'exiger 



120 ^IBLlOa&AFHIB 

ie courtage tel qu'il a été établi par la ville. 11 doit observer les 
interdictions édictées en vue de garantir la loyauté de la 
profession et la spécialisation des fonctions : défense d'être 
personnellement engagé dans l'affaire qu'il traite, de faire le 
commerce, etc., doit déclarer aux receveurs des assises tous les 
draps qui arrivent dans sa maison ; il a enfin une série d'obliga- 
tions vis-à-vis des parties, en ce qui concerne la délivrance de 
l'objet vendu et le paiement du prix. Pour ce dernier point, 
notamment pour les achats à terme, il y a un régime spécial, 
de faveur, pour les négociants allemands. C. C. 

85 J. Pinot. L'espionnage militaire dam les Pays-Bas entre la France 
et V Espagne aux XVJ^ et XV W siècles, — CHNBulJ. 1004, 
t. XXVI, p. 1-43. (AnEN. 1905, t. 1, p. 600-601 = A. de Saint- 
Léger.) 

86 H. d'Arbois de Jubainville. La famille celtique. Étude de 
droit comparé. Paris, Bouillon, 1905, in-8°, XX-221 p. (RQH. 
1906, t. LXXIX, p. 279-280= P. L. L.) 

Livre I : composition de la famille, sa responsabilité pour 
crime, législation des successions. Livre II, mariage, épouses 
légitimes, concubines. — Riche en faits nouveaux. 

87 Léo Verriest. La preuve du servage dans le é'oit coutumier de 
Tournai. — CRHBull. 1905, t. LXIV, p. 521-542. 

. A la mort d'un serf, le seigneur avait le droit de prélever la 
totalité ou une partie des biens de la succession du défunt. En se 
basant sur des documents inédits (1070-1412), qu'il publie tn extenso, 
M. Verriest montre qu'à Tournai, le seigneur qui prétendait 
exercer son droit, devait rigoureusement prouver la condition 
servile du de cujus. La production d'une charte de servitude ne 
suffisait pas : la seule preuve juridique admise était le témoignage 
d'un certain nombre de parents par consanguinité ou appartenant 
au << costé duquel le siervage vient ». Encore devaient-ils être 
« bien et soufiisammcnt interroghié, oy et examiné n. Le servag^e 
ne se présumait pas, tout homme étant réputé libre. C. C. 

88 J. Sohramme, H. Limbourg, F. Van de Wattyne. Des 
Polders. Bruxelles, Larcier, 1904, in-8, 312 p. Fr. 7,50. (AnEN. 
1905, t. I, p. 454 =R. Blanchard.) 

B. Histoire économique et sociale. 

89 D*" C. Te Lintnm. De Merchant Adventurers in de Nederlanden • 
Een bijdrage tot de geschiedenis van den engelschen handel iHei 
Nederland, 's Gravenhage, M. Nyhoff, 1905. (GB. 1905, 1. 1, p. 424- 
431 = K. J. Derks.) 

90 J. Flnot. Relations commerciales entre Géftes et la Flandre. — 
Communication résumée dans GHKBuU. 1904, t. XXVL. 



BIBLIOGBAFHIE 121 

91 [LV, 461.] H. Plrenne. Une crise industrielle au XVI' siècle. 

(AnÉm. t. LVI, 1906, p. 79 = L. De Wolf.) 
U2 J. Finot. Étude sur le commerce de Pal un dans les Paps- Bas et 

sur Vintervention des papes à ce sujet, — Communication résumée 

dans CHNBull. 1904, t. XXVI. 

93 G. Le Gtentil. La Flandre jugée par un Castillan. — AnEN. 1905, 
1. 1, p. 542-553. 

Commentaire de quelques passages de R. dk Mzsonkro 
RoMAVOB, Recuerdos de viaje por Francia y liélgica, (Ilustracion 
espanola y americana.) Madrid, 1881. 

On trouve quelque analogie, au point de vue du caractère et 
des mœurs, entre les habitants de la Flandre et de l'Espagne. C'est 
bien h tort cependant qu'on verrait des influences espagnoles 
dans nos villes flamandes. Il serait plus naturel de dire qu'à leur 
retour, les soldats importèrent en Esjiagne les usages et les 
coutumes de la Flandre. 

94 Olympe Gilbart. A propos de l'âme Belge. — W. 1905, t. XIII, 
p. 334-338. 

La magistrale brochure de M. Godefroid Kurth, La p^Jrie 
belge [LV, 446] empêche M. Olympe Gilbart de dormir tout 9on 
somme. Se basant sar la différence de caractère entre Flamands 
et Wallons, il nie l'existence d'une âme Belge. 

*« Ne travaillons plus, dit M. Gilbart, à fusionner les sensibilités 
flamandes et wallonnes ; mais ù les développer séparément. Â ce 
compte nous travaillerons à la grandeur et à la prospérité du 
pays. « J.-B. D. 

G. Histoire des soienoes et des lettres. 

95 W. Golther. Xordische Literaturgesckichte. Erster Teil. Die 
islàndische und norwegische Literatur des Mittelalters. Leipzig, 
(iôschen, 1905, 123 p. M. 0.80. (MBBull. 190(5, t. X, p. 73 =: 
Wagner.) 

96 M. Sabbe. Het leven en de iverken van Michiel de Swaen. Bruxelles, 
Hayez, 1905, in-4, 235 p. 

97 Dr. K. de Gheldere. Rymwerken tan Dominicus De Jonghe, 
heeltfieester te Duin\er\e (1(554-1727), met levensbericht en aan- 
teekeningen. (Uitgave der K. VI. Academie). Gent, Siffer, 1905, 
iD-8, 118 p. 

Cette étude rend un hommage mérité à un poète de talent : 

Ditminique De Jonghe. Il naquit, en 1(554, ii Nieucapelle-lez- 

Dïjmnàe et décéda, en 1717, ù Dunkerque, où il s'était établi 

comme chirurgien. Il fut membre de la Chambre de Rhétorique 

^lui-yLicYiel de cette ville, et fut pendant de longues années un 

co/iaborateur du poète Michel de Swaen. 



122 BIBLIOGRAPHIE 

L'oubli se ut sur sa mémoire et sur ses œuvres. 

Toutefois, en 1904, le D^ de Gheldere réussit à mettre la main 
sur un des manuscrits de De Jonghe. Ce manuscrit porte la 
date de 1708 et contient plusieurs poèmes, dont les quatre 
premiers sont intitulés : Aeu de haetei's der Rym-const; Inleydingh; 
Aen de minnaers van de dicht-const\ Het geluk van Nieupoort. 
L'auteur publie de larges extraits de ces poèmes. 

Kn somme, notre poète-chirurgien fut un disciple de l'école 
de la Rederij\ersco7\ste. Non licet omnibus adiré Corinthum : 
Chacun n'est pas né pour la gloire. Cependant, quoique Dominique 
De Jonghe n'eût pas le talent de Michel de Swaen, au moins peut- 
on dire que dans ses poèmes il fait preuve de qualités., qui le 
distinguent des autres Rhétoriciens de son époque. 

E. Hosten. 

98 [LV, 471.] Baron de Bethune. E rasmus Causse, (AnÉm. t. LVI, 
1906, p. 83 = C. Gezelle.) 

99 P. Frederloq. Professor Thorbecke te Gent (1 8 tS -1830),— GOGBull. 
1905, t. XIII, p. 186-189. 

Né à Zwolle. Professeur h. l'Université de Gand. 

D. Histoire de l'art. 

100 J. De Waele et A. Van Werveke. Château des Comtes cU 
Flandre à Gand, Guide du Visiteur, Gand, Hoste, 1905, in-S**, 
68 p. (ABelges, 1905, t. VII, p.285 = V. F[risJ.) 

Données archéologiques et historiques. 

101 [LV, 216] J. De Waele. Vancien château des Comtes de Flandre 
à Gand, (AnEN. UX)5, 1. 1, p. 437-439 = E. Théodore.) 

102 [LV, 377]. E. J. Soil de Moriamé. Vhihitation toumaisienne 
du J/« au XVIIF siècle, (RAC. 1905, 5 sér., t. I, p. 121-122 = 
L. Cloquet.) 

M. Cloquet, en rendant compte de l'ouvrage de M. Soil, 
reproduit quelques dessins inédits et fait remarquer la prédo- 
minance du parti horizontal qui s'est maintenu dans les façades 
tonrnaisiennes k toutes les époques. H. H. 

103 B<>" Joseph Béthune. Les anciennes façades de Courtrai. 
Inventaire des façades anciennes de la ville de Courtrai. — BGOK. 
1905-1906, t. III, p. 31-70, 18 pi. hors texte. (MABuIl. U»05-1906, 
t. V, p. 196-197 = E. G[evaert].) 

Description soignée des types les plus intéressants (peu nombreux 
malheureusement) de l'architecture domestique courtraisienne. 
II n'existe qu'un spécimen de la période gothique : il date de la 
fin du le** ou du commencement du 17* siècle. Suivent plusieurs 
façades remarquables en style de la renaissance. 



BIBLIOGKAPHIE 123 

A partir du 13""-* siècle, la corniche saillante détrône le pignon 
et hormis quelques détails, les façades courtraisiennes rentrent 
dans le type classique plus ou moins pur, c'est-h-dire présentent 
des fenêtres encadrées d'ordres classiques. H. Hostb. 

1C>4 F. Ck)ppetjans. Peinture murale domestique. — RAC. 1S05, 5« sér., 
t. I, p. 265-266. 

üopie et description d'une peinture murale découverte récem- 
ment dans une maison de la rue de la Monnaie, h Gand. Elle 
représente la dernière cène. Curieux détail iconographique ù 
noter : la table est servie par des anges. H. H. 

105 H. Hoste. A Fumes. Découverte dti peintures décoratives à T église 
^*^- Walburge. — RAC. 1905, 5' sér., 1. 1, p. 399-401. 

Le débadigeonnage des voûtes et d'une partie des murs de la 
chafielle de la S^«-Croix, à l'église susdite, a amené la découverte de 
peintares décoratives très intéressantes. La description détaillée 
de ce décor polychrome fait le sujet de l'article de M. H. H. 

1(K> Eduard Firmenioli-Riohartz. Exposition de Vhistoire de Part 
à Diisseldorf — Les tableaux Flamands, — AAF. 1905, t. 1, 
p. 120-135. 

La valeur supérieure de la peinture flamande est démontrée. 
A dater de l'Exposition de Bruges, on commence à établir de 
rigoureuses distinctions dans l'histoire de l'art flamand et à 
écarter les productions françaises. L'Exposition de Düsseldorf 
fat une heureuse occasion de faire une comparaison entre les 
productions des arts allemand et néerlandais. Sur la base commune 
d*an âpre réalisme et d'une expression analogue se manifeste la 
divergence des tendances, de la conception et du tempérament. 

J.-B. D. 

107 L. Rosenthal. Primitifs Jlimands et primittfs italiens. Dijon, 
Darantière, 1905, in-8, 42 p. 

106 C. Revillon. Recherches sur les peintres de la ville de Saint-Omer. 
Saint-Omer, d'Homont, 1904, in-8, xii-207 p. 

109 W. H. J. Weale. Popular opinions concerning the van Eycks. — 
The Burlington Magazine, January, 1904, p. 26-38. 

tiUcore une lance rompue en faveur de la reconstitution de 
Tœuvre d'Hubert van Eyck. M. Weale cherche à montrer quand 
et comment est née la légende qui nous présente les frères van 
P>ck vivant cxite à côte et exécutant d'un commun travail leurs 
chefs-d'œuvre, sans en excepter le retable de l'Adoration de 
l'Agneau. 

Cette légende, née vers 1560, trouve son origine dans les 
prétendus portraits des van Eyck, qui figureraient parmi les 
juges intr^re.s, sur un des panneaux du retable de Gand. Lucas 
de Heere, le premier, fait mention de ces portraits dans une poésie 
qui date de 1559 ; cette affirmation est reprise plus tard, vers 1604, 



124 BIBLIOGRAPHIE 

par Van Mander. Entretemps, Tinscripiion du retable, couverte 
par la peinture, était tombée dans l'oubli, ce qui favorisa singu- 
lièrement le développement de la légende. 

Selon M. Weale, Hubert van Eyck, par l'ordonnance de la 
composition, l'expression des figures et l'élégance des draperies, 
surpasse de loin son frère Jean. Celui-ci n'a eu qu'une part très 
restreinte dans l'exécution du fameux retable de Gand, et rien 
ne prouve qu'il y ait travaillé avant la mort de son frère 
Hubert. A. Soetakrt. 

110 Edgar Baes. Sur quelques œuvres de Rogier Van der WeydeK. -^ 
AAF. 1905, 1. 1, p. 13Ü-141. 

Après une bien courte description de la caractéristique du 
maître et une comparaison plus que brève avec d'autres primitifs, 
l'auteur examine quelques œuvres de Ro;fer Van dt-r Weydeu. 
Somme toute, très peu de neuf au sujet de ce maître <* k peine 
élucidé, dont la vie est encore trop voilée d'obscurité, r» 

J.-B. D. 

m Levé. È(udf sur le caractère français de P œuvre deJ^an Hfflegambe. 
— Communication résumée dans CHNBull. 19J4, t. XXVI. 

112 L. Dimier. Peintres de Portraits Flamands en France à la fin du 
XVI* siècle, — AAF. 1906, t. I, p. 108-119. 

Il y eut à la cour de France, à la fin du XVI* siècle, toute une 
génération d'artistes dont personne n'a parlé jusqu'ici, dont les 
noms n'ont été réunis nulle part et dont à peine quelques 
œuvres authentiques commencent a être connues. — L'auteur 
communique ce que des études récentes et des recherches person- 
nelles lui ont permis de découvrir au sujet de Corneille Ketel, 
Jérôme Franck, Georges Boba, Herman Van der Mast, Georges 
Van der Straeten, Lucas de Heere. J.-B. D. 

113 A. Helns. A propos d'un curieux tableau de V école Jl aman de du 
XT7« siècle, — GOGBull. 1905, t. XIII, p. 177-180. 

Tableau du Musée de Tournai. Paraît appartenir à l'école de 
Quintin Metsys. 

114 D»" loillo Guaresohi. Storia délia chimica, V. Sui cofori degli 
anticki, Introduzione, parte prima. Dalla remota antichit^i al 
secolo XV. ^ De arte illumijiandi n- Torino, Uuione tipografico- 
editrice, 1905, gr.-in-8, pp. 288-402, fig. et planches hors texte. 
(RBAB. 1905, t. m, p. 504505 = J. Vanden Gheyn, S. J.) 

Cette partie du grand ouvrage de M. Guareschi traite princi- 
palement de la nature des couleurs employées par les enlumineurs 
du moyen âge. Il analyse les traités sûr les couleurs, que nous ont 
légués l'antiquité et le moyen âge. Au XIII* siècle il rencontre le 
traité de Pierre de S^-Omer; au XIV» siècle, le traité de arte 
illuminandij dont il donne une réédition accompagnée de notes 
très développées et très instructives. 



BIBUOGBAPBIX 125 

A propos des traites d'Alcherius, M. G. adopte l'opiaion de 
MM. Bouchot, Courboin et Reinach qui voient un Van Eyck en 
Jacques Cône ou Goene. 11 leur a été fait justice. (AnÉm. 1905, 
t. LY, p. 216 a. et n° 352 de la bibliographie.) 

115 Médard Verkest. La Satire dan* le *^Kuerbouc d^Tpresn.— AAF. 
1905, 1. 1, p. 95-107. 

L^auteuT commence par retracer I^historique du livre, et cette 
partie de Fétu de est suffisamment documentée. 

Dans la seconde partie, l'auteur donne la description et 
l'explication des figuras et ornements du célèbre manuscrit. 
Il y a ici des réserves à faire. Nous espérons trouver sous peu 
le temps de remettre bien des choses au point. Nous regrettons 
que les délicates miniatures aient été reproduites, dans l'article 
par des croquis affreux qui ne donnent aucune idée des originaux. 

J.-B. D. 

116 A. Kleinolanaz. Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au 
XF* siètle. Collection « Les maîtres de l'art ». Paris, librairie de 
l'art ancien et moderne, 1905, grav. F. 3.50. (Études Francis- 
caines, 1906, t. XV, p. 221.222=: A. Germain). 

Originaire des Pays-Bas, Sluter se fixa, vers 1380, à Dijon, et y 
porta k l'apogée de la gloire la célèbre école de sculpture 
bourguignonne. M. K. étudie la biographie, le milieu historique, 
les œuvres du maître, spécialement à la Chartreuse de Champmol, 
ainsi que les travaux de ses continuateurs, notamment les 
tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans peur. Enfin il 
caractérise l'école bourguignonne en gardant une prudente réserve 
sur la question des origines de cette école, «< Les statues de 
Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre font de Sluter le 
premier des portraitistes connus en sculpture, le précurseur dos 
maîtres florentins». 

117 C. Enlart. Sur les pleureurs des monuments funéraires du 
XV^ siècle. Douai-Dijon, — Mémoires de la Société d'agriculture, 
sciences et arts, centrale du département du Nord, séant à Douai. 
Douai, 1904, 3« sér., t. VllI, p. 813-318. (ABelges, 1905, t. VU, 
p. 264 = £. M[atthieu].) 

L*auteur croit se trouver devant une œuvre de l'école flamande. 

118 Ad. SoheUekens. Les fonts baptismaux de l'église Notre-Dame 
à Termonde. (Tiré-k-part des AnAT. 2« sér., t. XI.) 3 pi. 

Ces fonts qui sont de provenance tournaisienne datent de la 
première moitié du XU^' siècle. Une des faces porte une curieuse 
représentation de la dernière Cène : le Christ à table avec douze 
apôtres et un personnage qu'on croit être Judas couché devant la 
table. H. H. 

119 Paiil Hartaïaiin* Ba>position de l'Histoire de l'art à DUsseldorf 
1904. I. Les Tapisseries Flamandes. — AAF. 1905, tl» p. 80-91. 



126 BIBLIOOBAFHIE 

Examen de deux groupes de tapisseries flamandes se rapportant 
ü deux siècles différents. Le pins récent datant du premier tiers 
du XVIII« siècle et appartenant au C*" de Mervelot, consacre dans 
sou ensemble, le passage du style décoratif Baroque à celui du 
Hococo. Le plus ancien, constitué par la tapisserie de S. A. S. 
Mgr. le Prince de Wied et les deux œuvres de S. A. S. Mgr. le Duc 
d' Arenberg (le château de Phonneur — le jardin des vertus) date 
probablement de 1520-1Ô27 et témoigne de la brillante mise en 
scène de l'art du moyen âge, k la veille de la révolution que la 
Renaissance allait provoquer. J.-6. D. 

120 P. G. de Maessolialok. Deux plaques tumulaires en cuivre, 
Termonde, Ducaju-Beeckman, in-8, 16 p., 4 pi. (UAC. IHKS, 
5«sér.,t.II,p. 65=À.S.) 

L'auteur décrit soigneusement deux lames funéraires conservées 
H l'église de N. D. k Termonde ; l'une de Barthélémy Pennemans, 
datant de 1539 ; l'autre de Pierre Ësscherie, exécutée à la fin du 
XV< s. L'auteur a tort, croyons nous, d'attribuer cette seconde 
dalle k l'école brugeoise. H. H. 

121 J. B. Dugardyn. Un cofre qui n*est pas unique en son genre. — 
MABull. 1906-1906, t. V, p. 155-160. 

Ce coffre est conservé k la cathédrale d'Ypres. L'auteur en 
donne une description détaillée. Il porte des vestiges importants 
de polychromie. Sa face antérieure représente la légende de 
S*-Georges. 

122 [liV. 496] G. Canllet. Une nouvelle reliure de Pierre Caron. 
(ABelges, 1905, t. VU, p. 261 = P. B[ergmans] ; RBAB. 1905, 
t. III, p. 508-509 = A Delstanche. 

E. Histoire religieuse, 
a) Histoire générale. 

HISTOISB RÉGIONALB, LOCALB BT COBPORATIYB. 

123 [LV,124] H. Debout. Jeanne d'Arc et les villes cTArras et de 
Tournai. (HJ. 1906, t. XXVI, p. 879-880 = G. A[llmang].) 

124 P. Kalkoff. Das Womiser Edikt in den Niederlanden. — HVJS. 
1905, t. VIII, p. 6S)-80. 

L'auteur nous donne une étude sur l'origne et les diverses 
traductions du texte latin de l'édit de Worms. Il examine tout 
spécialement les altérations de la version flamande et sa publica- 
tion dans les Pays-Bas. Le 18 juillet 1521, l'édit est proclamé à 
Anvers par Nicolas de Lierre, en présence du conseil et du collège 
échevinal ; à l'instant même on procède à la destruction générale 
des livres visés dans les articles. Semblable promulgation et 
exécution eut lieu à Gand le 25 juillet suivant. 



BIBLIOGBAPHIE 1 27 

£q ce qui concerne la ville de Bruges, le nonce Aléandre crut 
pouvoir se dispenser d'intervenir personnellement dans la publi- 
cation de l'édit. Fort de l'orthodoxie de la ville, il se contenta 
de transmettre la pièce à Jacques d'Halnin et aux deux conseils. 

IIbnbi Callbwabrt. 

125 H. Hubert. Notes et documents sur Vhistoire du protestantisme à 
Tournai [et aux environs] pendant le dix-huitième siècle, 280. p.; 
Une page de Vhistoire religiettse de Ut Flandre au dix-huitième 
siècle. Le jn-otestanttsme à Doulieu-Estaires en 17 30-17 3i. 42 p. — 
Mém. couronnés et mém. des savants étrangers publiés par 
i'Acad. Roy. de Belg. 1903-1904, t. LXII, in-4. (AnEN. 1905, 1. 1, 
p. 452-453 = G. S.) 

136 L'Ordre de Prémontrô en Belgique. L'abbaye de Grimbergen. — 
BN. 1906, t. Vin, p. 27-37. 

Humbert, premier abbé de Grimbergen, envoie quelques 
religieux à l'église S^-Nicolas de Fumes pour y introduire la 
règle Norbertine. 

127 Bernois. Etienne de Tournai (1128-1203). Orléans, Gout et C'«. 
In-8*», 110 p. 

126 R. P. Andró de S. Marie C. D. Dans VInde Malabare. Souvenirs 
et récits de nos missionnaires belges. Ypres, F. Tyberghein, 1905, 
in-8», 248 p. 

Bêle vous parmi les biographies, celles du R. P. Victor Verleure, 
d'Ypres, 1834-18y?, (p. 26-50) et d'Eustache de Lannoy, un jeune 
flamand qui an XVIII* siècle devint grand capitaine des milices 
de Travancore (p. 169-189) ; et signalons le récit que fait le 
B. P. Denis Haysman de Cuerne, de son récent voyage aux Indes 
(p. 50-168). L'ouvrage est abondamment illustré. 

b) Histoire spéciale, 

y) CULTE, HléRARCHIE. 

129 D. Leaconhier. Explication des principales cérémonies et fêtes 
religieuses d<! ^Église Romaine. Bruges, Beyaert, 1906, in-12, 
p. xvi.263. 

Nou3 ne signalons ici cet excellent manuel que parce qu'il relève 

bon nouilire d'usages locaux et de faits se rapportant à l'histoire 

de la F/andrc, p. ex. h la relique du S. Sang à Bruges, de la S^** Croix 

k Furnes, à la prcicession de Furnes, etc. 

130 A. Dnsautolr. Vn dernier mot sur les roses meroeilleuses de 

rancienne abbaye de Saint- Bertin à Saint-Omei\ — Bulletin histo- 

nooe de la Société des antiquaires de la Morinie, 1904, t. XI, 

p. 385-400. (AB. 1005, t. XXIV, p. 496-497 = A. P[üncelet].) 



128 BIBLlQGRArailS 

131 Geschiedkundig overzioM aaagartnéU het mirakuleus beeldeken 
pan O. L. V, van Karmelusberg vereerd ter kerk der ongeschoeide 
Karmeh'étersen te Brugge, Brugge, Barghgrave, 1905, 42 bl. 

Getrokken uit het werkje Drij Roozen voor Moeders bloenien- 
kranSj door E. P. Avertanus van de H.Theresia,C. D. I. Oorsprong" 
van den eeredienst. II. Jahelfeesten van 1796. III. Afschaffing 
. en herstelling van het klooster der Karmelieterseu. liet heilig 
beeld is teruggegeven aan de Theresianen in 1855 en aan de 
godvruchtigheid der geloovigen in 1880. 

8) VIRS DK SAINTS. 

132 C. G. N. De Vooya. Meister Bckart en de Nederlandsche 
Mystiek. — NAKG. 1904-1Ü05, nouv. sér., t. III, p. 176-194, 
265-290 (suite et fin). fLV, 134]. 

L^auteur étudie 1'inilaence que la mystique d'Ëckart ensemble 
avec celle de Ruusbroec a pu avoir sur la mystique des Pays-Bas. 
Il édite en annexe plusieurs manuscrits, entr'autres, p. 280, un 
extrait du ms. n« 408 de la bibliothèque de la ville de Bruges : 
« Van een devooten vraukin. » H. C. 

183 A. F. J. De Laet. Vrankerijk onder Turnhout, Opzoekingen, 
Turnhout, Jacobs-Brosens, 1905, in-ö, 76 p. (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 210 = J. L[aenen].) 

Travail de seconde main. 

L'aatenr croit avoir des raisons pour affirmer que Domlinus, 
le saint pn^tre qui assista S^-Bavon dans ses derniers moments 
aurait habité Tnrnhont et non Torhout. Nous reviendrons sur cette 
intéressante question. A. Looohb. 

134 Dr. L. van der Essen. MiddeUeun^sche HeV.igenlitteratuur, De 
H. Willibrordus en zijne levensbeschrijvingen. — GB. 1905, 1. 1, 
p. 371-387. 

Il y a deux parties dans cette étude : d'abord, une biographie 
de S. Willibrord, esquissée à grands traits, d'après les documents 
qui nous restent ; ensuite une étude sur ces documents : les 
Vitne Willibrordi ne sont pas nombreuses, mais elles ont une 
réelle valeur historique. Cette seconde partie se trouve donc être 
la confirmation de la première. Entre les deux parties, l'auteur a 
placé une courte étude sur le testament de S. Willibrord : cette 
pièce, datée de 726, aurait été fabriquée au XII* s. par le moine 
Théodéric d'Echternach. M. Van den Essen pourrait bien avoir 
raison; mais quelle valeur attache-t -il au silence des auteurs da 
XVII« s., cités p. 382 ? J. Mahibu. 

f) HISTOIRE DES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES. 

135 J. A. Butler. The origin qfthe Douay Bible. — American Ëccle- 
3iastical Review. 1905, t. XXXII, p. 585-599. 



Deux chartes de Charles le Bon pour Tabbaye 

de S^-Bavon. 

Signature autographe du comte. 

(-1 i 22.) 



Le chartrier de l'ancienae abbayo bénédictine de 
S*-Bavou, conservé en partie aux Archives de l'Etat à 
Gand, contient deux chartes de Charles le Bon, datées 
de Tanoée 1122. Le comte do Flandre y confirme un 
accord fait en 1070 par un de ses prédécesseurs Robert 
au sujet des droits d'avouerie sur le monastère gantois 
Le texte des deux chartes paraît être, l\ une première 
lecture, d^une teneur identique (sauf d'insignifiantes 
modifications), à tel point que leurs éditeurs, le professeur 
Serrure (*) et le baron J. do Sainî-Genois (*) ont pu 
tenir Tune des deux pièces pour l'original et l'autre pour 
la copie. Ainsi le document B (édité) serait; antérieur 
au document A (non publié) ('). En examinaut les pièces 
de près, on constate qu'en réalité il n'en est rien et 

(') [Sbbrure]. Cartulaire de S^-Baoon à Gand: ^ ...comme on Ut 
dam une copie de cette charte [Uit] qui paraît être faite à la même 
époque que V originale, p. 2^, note 1. 

J. DB Saint-Génois. Histoire des avoùeries en Belgique, p. 200, 
note 1 : « Dua chartœ hujus diplomatis servantur in archiois Flandriœ 
Orientalis ; altera vero copia esse videtur, desant quœdam ». 

I*) Le texte de B est publié par Serrure, idetn, p. 27-29, n<* 22 et 
par J. DE Saint-Genois, idem, p. 200-202, pièce n^" 5. 



130 H. NBLI8 

qu^oD u^est pas encore fixé sur la nature des deux, 
chartes au point de vue diplomatique. 

De plus, une particularité intéressante est attachée 
à Vuu de ces documents et mérite d'être mise en relief. 
C'est la présence — singulière pour qui connaît le style 
des chartes du douzième siècle — de la signature Karolus 
à la fin du texte. Un fait aussi étrange est de nature à 
éveiller des soupçons sur la sincérité de l'acte et il est 
tout naturel de so demander si la souscription et le 
corps de l'acte ne sont pas apocryphes (*). 

Je voudrais montrer brièvement : P que le document A 
est parfaitement authentique ; 2^ que sa rédaction est 
antérieure à la mise par écrit de la charte B et que 
celle-ci a remplacé l'acte A ; 3° Que la marque Karolus 
peut être considérée comme une signature autographe 
de Charles le Bon. 

Voici comment les chartes se présentent. 

L'acte A est écrit sur une grande feuille de parchemin, 
mesurant 0.70 X 0.24. La forme très allongée de la pièce 
rappelle la dimension ordinaire des actes d'asservisse- 
ment et des chartes privées des abbayes de S*-Pierre et de 
S'-Bavon à Gand. 

L'écriture est la grande et belle minuscule diplomatique 
de l'époque et présente tous les caractères distinctifs de 
la gothique à la première phase de son développement. A 
mesure que le scribe avançait dans sa tâche, il s'est eôorcé 
de resserrer les lignes les unes contre les autres de façon à 
laisser moins d'espace blanc entre elles. Quand il s'est 
aperçu qu'il lui serait impossible de mettre tout le texte 

(') Dans la discussion qui va suivre, on s'en tiendra surtout à 
l'acte A , parce que le document B est d'une authenticité non atta(|uaMe 
et n'offre rien de remarquable. Quant k la signature Karolus dont il 
est pourvu, il saute aux yeux qu'elle n'est pas de Charles le Bon 
et qu^elle a été tracée par une main autre ([ue la sienne. Voyez le 
fac-similé phototypique. 



CHABTE8 DE GHABLES LE BON 131 

sur sa feuille de parchémiu, en conservant son écriture 
du début de la charte, il a fortement amoindri les lettres 
à partir de l'énumération des témoins. 

Quelques petites incorrections se constatent dans la 
rédaction du document. C'est d'abord, au-dessus de la 
Tingt-sixième ligne, Taddition des mots : << id est udfang » 
qui doivent s'intercaler après « aut forinsecis excepiio- 
nibus » ; puis, à la fin du corps do Tacte, un grattage à 
la place du prénom Desiderius, efiectué vraisemblable- 
ment pour remplacer le mot Desdir qui s'y trouvait 
auparavant (*). 

Dans la teneur de la charte il y a deux parties nettement 
distioctes : un texte nouveau et un ancieu. 

Le premier morceau, en dehors des formules introduc- 
tives d'usage, relate les difficultés suscitées à l'abbaye de 
S^-Bavon par son avoué Daniel et stipule les droits auxquels 
celui-ci peut prétendre en qualité •de défenseur du mona- 
stère (*), 

Le texte ancien, qui forme ici le corps de la charte, 
comprend, à peu de chose près, l'accord du comte de 
Flandre, Robert, de l'année 1070. On remarquera que 
l'acte de Charles le Bon n'est pas un vidimus, bien qu'il 
se borne pour le fond à répéter le diplôme de 1070. 
C'est une confirmation et par conséquent un titre nouveau 
pour S*-Bavon, lui renouvelant le privilège d'un de ses 
prédécesseurs. 

Examinons maintenant le document B. Comme la pièce 
précédente, if est également écrit sur une très longue 
feuille de parchemin d'une mesure de 0.68 X 0.25. A 

(') Ce grattage est postérieur h. la mise par écrit de Pacte B, puisque 
!<* texte de celui-ci doone, au lieu de Desiderius^ Desdir et qu'il est 
certain, comme on le verra, que le rédacteur de la charte B a copié 
le texte du document A. 

H D'après J. de Saint-Génois, ce Daniel serait le seigneur de Ter- 
moDde. Voyez Histoire des avouer ies en Belgique, p, 106. 



182 



H. NE LIS 



gauche, se lit la moitié de la Jégende chirographaire : 
Cyrographum Karoli comitis Flandriœ, 

L'écriture est régulière et a bel aspect. C'est la 
grande minuscule gothique du début du XIP siècle. La 
comparaison entre les caractères paléographiques de A et 
de B permet d'affirmer, sans trop de crainte de se tromper, 
que les deux actes n'émanent pas d'un même scribe. 
Notons encore que tous deux n'ont pas été fabriqués par 
des notaires attachés au comte Charles, mais sortent, très 
probablement, du scriptorium de S*-Bavon. 

Au bas de la charte se trouve, comme le montre le 
fac-similé, une incision dans le parchemin avec deux 
morceaux de lanières en cuir blanc auquel le sceau comtal 
a été attaché, mais qui est perdu aujourd'hui. 

Le document B reproduit fidèlement le texto de A, à 
part les additions et les modifications suivantes : 



A. 



Hanc igitur ecclesia lïber- 
iaiem ab avo meo sicut hic 
recHatum est confinnatam. 



B. 



Hanc igitur cccl^sie liber- 
tatem ab avo meo Rotbebto 
sicut hic recifatum est con- 
firmatam. 

A la fin de la charte, le scribe a ajouté dans la formule 
d'anathème un membre de phrase important qui ne se lit 
pas dans A, mais qui ne rend pas pour cela B suspect 
d'intorpolition. 



A. 

Si quis hanc affîrmationis 
cartam,... infr ingère temp- 
taverit, Dei omnipotentis et 
sancti Bavonis omniumque 
Sanctorum incurrat offen- 
sam. 



B. 

Si quis hanc affîrmationis 
cartam.... infr ingère tcmp- 
taverit, Dei omnipotentis et 
sancti Bavonis omniumque 
Sanctorum incurrat often- 
sam et ab honore depri- 
vetur advocatie. 



CHABTES DE CHABLES LE BON 



133 



La juxtaposition des noms des témoins qu'où trouve de 
part et d'autre dans A et dans B indique nettement les 
changements et transpositions que le rédacteur de ce 
dernier a fait subir à la pièce  qui lui a certainement 
senri de modèle. 



A. 

Hujus rei testes sunt : 
BertulfusBrugensis praepo- 
sitas. Otgerus Sancti Audo- 
mari praepositus. Otgerus 
TiruQciniensis praepositus. 
Reinerus le Wingene. Abbas 
Gislebertus de Eham. Hun- 
radus decanus de Gandavo. 
Fromoldus Furnensis prae- 
positus. Willelmus de Ipre 
comitis Philippi filius. 
Advocatus de Betune Rot- 
bertus. Balduinus de Gand 
et Yvvain frater ejus Wal- 
tenis Alardi filius de Eina. 
Waltems deTornaco. Gerar- 
dns Kamerling. Baldumus 
Constabels. Rothulfus de 
Viggensele. Hackcct castel- 
lanns de Brugge. Froolfus 
castellanus Gandensis. Sy- 
mon castellanus de Ynkers. 
Walterus scultetus de Cur- 
traco. Walterus de Lokre. 
Walterus de Nivelé et Lant- 
bertns frater ejus. Arnulfus 
do Wiodeke. Gislebertus de 



B. 

Hujiis rei testes sunt : 
Gislebertus abbas de Eham. 
BertulfusBrugensis praepo- 
situs. Otgerus Sancti Audo- 
mari praepositus. Otgerus 
Tyrunciniensis praepositus. 
Fromoldus Furnensis prae- 
positus. Reinerus de Win- 
gine. Hunradus decanus de 
Gandavo. Helyas decanus 
de Brugge. Willelmus de Ipre 
Philippi comitis filius. Ad- 
vocatus de Betune Rotber- 
tus. Balduinus de Gand et 
Yvvain frater ejus.Walterus 
Alardi filius de Eina. Wal- 
terus de Tornaco. Gerardus 
Kamerling. Halduinus Con- 
stabels. Rothulfus deViggen- 
sele. Hackect castellanus de 
Brugge. Albertus-Desiderius 
etisaac frater ejus. Lantber- 
tus Muruvater. Rotbertus- 
Walterus Sigebodi filius. 
GervaysetLantbertus frater 
ejus. Lantbertus Lidwigis 
filius. Beruvold de ladbeka. 



1S4 



H. NELIS 



Reingotus Scelve. Wlfricus 
Cnop. Ascricus de Ostkerta. 
Hiddo de Eggenuverf . Wlfri- 
cus et Desdir deMaldengem. 
Froolfus castellanus de 
Bergen. Gislebertus-Symon 
castellanus de Inkers. Wal- 
terus de Lokre. Wal te rus 
scultetus de Curtraco. Sige- 
rus de Hule. Bernardus de 
Rosbays.Winemarus castel- 
lanus de Gandavo. Thidric 
de Beverne. Dirman de 
Lokren. Goszuinus de Niv- 
vekerka. Walterus de Nivela 
et Lantbertus frater ejus. 
Goszuinus de Vive. Willel- 
mus de Vorsiar. Godefridus 
de Lathem. Arnulfus de 
Windeke. Arnulfus de Ysen- 
gem. Albertus et Onulfus 
Hundingi. Rothulfus de 
Melne. Meinzo Laban. Wal- 
terus et Balduinus frater 
ejus de Somergem. 



Uexamen paléographique des deux chartes ne permet 
pas de supposer qu'elles aient été falsifiées à une date 
postérieure à 1122. L'écriture est bien de cette époque 
et n'est pas contrefaite. La nature même des documents 
n'indique pas qu'on ait affaire à des pièces non authen- 
tiques. Le fond est repris de la charte de 1070 et n'a 
rien de suspect. L'acte de 1122 fut confirmé, en outre, 
une année plus tard, par l'archevêque de Cologne dans 



Bergen. Arnulfus de Yseu- 
gem. Willelmus de Vurslar. 
Goszuinus de Nivvekerke. 
Goszuinus de Vive. Albertus 
de Brugge. Lantbertus Lid- 
wigis filius Desiderius et 
Isaac frater ejus. Gervasius 
Walterus Sigebodi filius. 
Desiderius de Maldengem. 
Walterus Govent. Beruvold 
deladbeka. Reingotus Scel- 
ve. Ascricus de Ostkerka. 
Hiddo de Eggenuverf. Wlfri- 
cus scultetus de Maldegem. 
Theodericus de Beverne. 
Dirman de Lokre. Rothulfus 
de Melne. Meinzo Laban. 
Walterus etBalduinus frater 
ejus de Somergem. 



CHA.BTBS DE OHABLES LB BON 13ü> 

une charte qui est eutièrement sincère, et par le comte 
de Flandre Thierry d'Alsace en 1145 (*). 

Quels sont les rapports entre les deux documents en 
question et quelle est la nature de la charte A ? 

Notons d'abord que cette pièce ne semble pas être 
la copie de B, mais que sa rédaction est antérieure à la 
mise par écrit de ce dernier acte. Des raisons sérieuses 
rendent cette hypothèse fort vraisemblable : 

1) Le fait que le scribe de B a placé en premier lieu, 
parmi les témoins, Gilbert, abbé d'Eename, est un indice 
sérieux que la rédaction de A s'est faite ayant celle de 
B. Dans A le nom de cet abbé suivait ceux de plusieurs 
préYÔts de la Flandre. Si dans la pièce B, Tabbé 
d'Eename Tient en première ligne, c'est que le scribe 
aura été persuadé qu'un abbé ne pouvait céder le pas, 
dans un acte officiel, à des prévôts et qu'il méritait d'être 
mentionné avant eux. Il faut en dire de même des autres 
modifications qui ont été apportées dans l'ordre des noms 

• des témoins. 

2) Les mots « id est udfang » qui se trouvaient inscrits 
entre les lignes dans A, comme étant une note explicative, 
ont été inserrés par le rédacteur de B au milieu du 
corps de l'acte. Il saute aux yeux, me semble-t-il, que 
B esc plus correct, et plus soigné que A et que sa 
rédaction pourrait être postérieure à la composition de 
celui-ci. 

3) La fin de la charte B qui porte : et ab honore 
deprivetur ctdvocatie a certainement été ajoutée au texte 
A ; en supposant que A soit postérieur à B, on ne com- 
prendrait pas pour quel motif le scribe de celui-ci aurait 
pu laisser de côté un membre de phrase de cette impor- 
tance. 

(V [Srrbïtrm:] Cartulaire de l'abbaye de St-Bavon, pp. 29-30 n» 23, 
p. ««33,00 32. 






136 H. NBLI8 

4) ËDÊQ, le documeut B a toujours été considéré comme 
ayant été rédigé eu dernier lieu et comme unique 
document émanant du comte Charles. Ce qui le montre, 
c'est que son texte a été confirmé en 1145 par Thierry 
d'Alsace. La confirmation ne s'inspire pas de A mais bien 
de B et reprend mot à mot tous les termes de sa pièce (*). 

Si la charte A n'est pas une copie de B, elle ne constitue 
pas davantage la minute de ce document. L'ordonnance 
particulièrement soignée de l'acte ainsi que ses caractères 
paléographiques propres à une expédition authentique 
empêchent, en effet, de lui donner ce caractère. 

Dans ces conditions, il ne reste plus qu'à supposer que 
nous avons devant nous une charte originale de Charles 
le Bon, rédigée et composée à S*-Bavon et qui a été 
remplacée par une autre également originale pour des 
motifs particuliers. Ces raisons, dans le cas présent, me 
paraissent faciles à deviner, si l'on veut hien considérer 
de près la disposition matérielle du document et se rendre 
compte de certaines négligences qu'on découvre dans son 
texte. 

Il est certain que si la première confirmation du comte 
Charles a été refaite par les moines de l'abbaye, c'est 
qu'apparemment ils avaient des raisons sérieuses pour 
agir ainsi et qu'ils jugeaient le texte A défectueux dans 
sa composition. 

Le scribe de la charte comtale de 1122 avait rencontré, 
après l'achèvement de son œuvre, une sérieuse difficulté 
qu'il n'avait, sans doute, pas prévue en commençant à 
écrire. La souscription Karolus avait été mise tellement 
près de l'endroit où devait se trouver l'incision pour le 
sceau, qu'il n'était plus possible de couper le parchemin 
pour y introduire les lanières de cuir, sans endommager 

(») [Sbrbuke]. Cartulaire de V abbaye de S^-Bavon, p. 36-38, n<» 32. 



CHABTS8 DE CHABLSS LE UON 137 

en même temps la signature du comte. D^autre part, le 
peu de place laissée libre sur le diplôme ne permettait 
pas Don plus d^y appliquer un sceau en placard dont la 
mode n^avait pas encore entièrement disparu à cette 
époque. Que faire alors, si Ton voulait à tout prix donner 
à l'acte un supplément d'authenticité par l'apposition du 
sceau comtal ? Il fallait bien se résigner, en conséquence, à 
rédiger nue autre charte munie du sceau de Charles le Bon. 
Cest ce qui fut fait et Ton s'avisa pour la recomposition 
d*uQ nouveau documeut qui n'est autre que la charte B. 

Telle est, je crois, la seule explication plausible à donner 
pour rendre compte de la présence dans le chartrier de 
S*-Bavon des deux actes originaux de 1122 accordés par 
le comte de Flandre à l'abbaye gantoise. 

En composant le nouveau document, le scribe de B eut 
soin d'écrire la souscription Karolus à droite du sceau de 
façon à ne plus gêner son application sur le parchemin. 
Il profita de l'occasion pour corriger, au point de vue 
diplomatique, certaines fautes qui s'étaient glissées dans 
le texte A. C'est ainsi que s'explique la place d'honneur 
accordée, dans l'énumération des témoins, à l'abbé Gilbert 
d'£eDame. Le rédacteur inséra, en outre, dans le corps de 
son factum, le nom d'un témoin, Godefroid de Lathem, 
qui avait été laissé de côté, on ne sait trop pourquoi, dans 
le premier original de 1122. La formule d'anathème se 
trouva également complétée au moyen d'une clause 
nouvelle : ^ ei ab honore deprivetur advocaiie » et les 
mots : « forinsecis excepiionibus » furent expliqués par la 
glose : ' id est udfang. » 

Va dernier point reste encore à éclaircir. C'est celui de 

l'aotlieiitjcité de la souscription Karolus. La signature du 

saÎDt comte a-t-elle été écrite par Charles le Bon même, 

00 bien a-t-elle été mise sur le parchemin par le moine de 

S^-Bavon qui couiposa l'acte de 1122? 



188 H. NELIB 

Avant d^émettre un avis à ce sujet, rappelons Textréme 
rareté des souscriptions autographes de princes laïques 
au (fouzième siècle {*) et signalons la témérité qu'il y 
aurait à soutenir le caractère d'entière certitude de la 
plupart de ces marques personnelles (*). On doit s'en tenir 
ici — comme bien souvent en matière d'érudition — à 
des probabilités fondées sur des hypothèses vraisemblables 
et qui ne sont pas contredites par des faits bien établis. 

La supposition que le mot Karolus émanerait du comte de 
Flandre paraît être, de toutes les opinions qu'il est permis 
de faire à son propos, la plus justifiée et celle à laquelle on 
peut se rallier, après mûr examen, avec le moins de doute. 

Quelques arguments de valeur doivent être mis en avant 
pour asseoir un jugement vraisemblable. L'écriture de la 
signature n'est pas de la même plume que celle du corps 
de la charte. Autant le texte de celle-ci a été écrit par une 
main habile, ferme et sûre d'elle-même, autant la marque 
KaroliÂS, (ainsi que le montre le fac-similé) dénote une 
main hésitante et peu experte. Comme beaucoup de 
souscriptions autographes de l'époque, la signature du 
comte est tracée en lettres majuscules très espacées les 
unes des autres ('). On objectera peut-être que si la 

(^) Cf. A. GiRT. Manuel de diplomatique, pp. 600-601. Oa a^a pas 
encore sif^nalé jusqu'à présent de signatures autog^raphes de grands 
•vassaux laïques du XII« siècle de nos provinces belges au moyen âge. 
Pour des personnages ecclésiastiques, les seules souscriptions que 
j'ai rencontrées dans des chartriers abbatiaux du X« au XII* siècle, se 
trouvent dans une charte de 1154 donnée par le cardinal Gérard, 
léguât apostolique au chapitre de Binche. Okartrier du chapitre de 
S^'Ursmer de Binche. Carton n° I, Archives de VÉtat, à Mans, 

(*) Muiée des archives nationales. Paris, 1872, p. 53. 

(') Comparer les signatures données par le Musé^ des Archives 
nationales, p. 68 : signature d'Ermen^aud, comte d'Urgel (28 février 
1027): p. 83: signatures d'Ives de Chartres et d'autres dignitaires 
ecclésiastiques (1113). Voyez aussi dans Stbffens. Lateinische 
Paldoçraphie, planche n^ 64, la signature de la comtesse Mathilde 
(1106). Ici la souscription est combinée avec le monogramme. 



CHASTES DE CHABLEB LE BON 189 

signature porte Tempreinto visible de Thésitation, c'est 
à cause de la nature particulièrement mauvaise et rugeuse 
du parchemin au bas de la charte. Mais cette considéra- 
tion perd toute sa force si Ton observe que celui qui a 
écrit les deux dernières lignes de Tacte avec la belle 
régularité qu'il y a mise aurait pu tracer, une ligne plus 
loin, avec autant de calligraphie et avec une égale sûreté 
de main le mot Karolus de la signature. Ou conviendra que 
dans les deux circonstances les difficultés à vaincre étaient 
les mêmes pour le rédacteur et Ton ne se rend pas compte 
pourquoi dans Tun cas il a écrit au courant de la plume 
et pourquoi il a hésité dans Tautre. 

Une preuve très importante en faveur de l'authenticité 
de la signature de Charles le Bon peut être tirée de la 
façon même avec laquelle elle a été exécutée. Le fait que 
les lettres de Karolus sont inclinées à droite avec cette 
allure personnelle que leur donne un homme peu habitué 
à tenir la plume, semble indiquer que c'est bien Charles 
qui a signé le diplôme de 1122. En traçant des souscrip- 
tions des souverains les scribes du moyen âge avaient 
généraJenient l'habitude de les écrire d'une façon droite et 
Fou peut croire que le rédacteur de  aurait agi de même 
s'il avait dû mettre la marque du comte de Flandre. Le 
tracé inégal et incliné de la plupart des signatures de cette 
époque est un détail paléographique caractéristique qui 
plaide, selon toute vraisemblance, pour leur authenticité (*). 
Deux exemples particulièrement frappants de cette 

(') Comparer le tracé de quelques signatures autographes dans 
Musée des Archives nationales, pp. 68, 65, 83, 84. Recueil de fàc-sinUlés 
à Vusage de V École des chartes, plauches n' 34 (Ü89); 36bî« (v. 1010), 
Stbffsns. Lateinische paléographie, pi. n®» 63 (1102;; 64 (1106), 
Vak Sickkl. Mouumenta graphica medii aevi, t. I, fasc. I, pi. XVI, 
faac. If, pi. XV, fasc. III, pi. V. Musée des Archives départementales. 
Recueil de fac-similés héliographiques, pi. XI (950) ; pi. XV (856) ; 
pi. XVIII (10ÖO). 



140 H. KEL1S 

vérité me sont fournies par des chartes du douzième 
siècle (*). Le premier est précisément l'acte B de 1122 pour 
S^-Bavon. Là et le texte et la signature émanent de la 
même main et la souscription est tracée en lettres droites 
et régulières. Le chartrier de l'abbaye de S*-Ghislain pos- 
sède deux bulles papales de 1 118 (9 et 12 Avril) ; dans la 
première pièce les signatures sont régulières et n'ont aucun 
cachet personnel ; dans la seconde bulle, au contraire, 
elles n'ont pas ce caractère d'uniformité et l'écriture de 
chaque marque des cardinaux est fortement penchée.. 
Or, le premier document est un faux et les signatures 
sont apocryphes ; par contre, l'autre acte est authentique 
et les souscriptions sont autographes (*) ! 

Dans l'hypothèse où le nom Karolus serait l'oeuvre 
d'un moine de St-Bavon, on s'explique difficilement que 
celui qui a écrit la charte A ait pu être assez distrait 
pour ne pas remarquer qu'il plaçait la signature du comte 
presque à l'endroit où devaient trouver place les attaches 
du sceau. Que Charles le Bon n'ait pas remarqué le fait 
et ait tracé de sa main sa propre signature là où il ne 
devait pas la mettre, la chose parait très vraisemblable 
et fort naturelle. La méprise du comte n'a rien qui 
étonne et de pareilles erreurs arrivent tous les jours à 
des personnes n'ayant pas l'habitude d'écrire et devant 
mettre leur signature sur un acte officiel. 

Les partisans de Tinauthenticité de la marque du comte 
ne manqueront certes pas d'objecter qu'elle ne peut être 

(•) DE RsiFFENBKBG. MoHuments pour servir à Vhisioire des pro- 
vinces.,., t. VIII, pp. 339, 3^3. 

(■) Ces bulles seront étudiées dans un travail sur les Chartres 
fausses de V abbaye de St-Ghislain qui sera publié dans un procbain 
fascicule dos AnaUctes pour servir à Vhisioire ecclésiastique de 
Belgique, Un fac-similé permettra de se rendre un compte exact 
de la diiféreuce d'écriture entre les signatures véritables et celles qui 
sont contrefaites. 



CHABTE8 DE CHABLES LE BON 141 

de Charles le Bon, pour ce motif que le mot Karelus 
constitue, eu quelque sorte, le monogramme du prince 
qui n^était jamais tracé par la main du souverain, mais par 
un de ses notaires. Quelle invraisemblance y aurait-il, en 
effet, à ce que Pacte A de 1122 ait été muni d'un mono- 
gramme (inachevé il est vrai), comme Tont été, en 1115, 
une charte du comte Baudouin de Flandre pour Tabbaye 
deNinove('), et une autre charte, de Tannée 1146, pour 
Tabbaye de S*-Nicolas-des-Prés, lez-Tournai, par Thierry 
d'Alsace («) ? 

En réalité, la difficulté qu'on oppose n'en est pas une. 
Il suffit, pour la détruire, d'observer : P que le nom 
Karolus n'est pas disposé en forme de monogramme, 
mais constitue bel et bien une signature. 2** Si l'on 
avait tenu à mettre sur l'acte A un monogramme du 
comte, à plus forte raison l'aurait on fait sur le document 
B, qui est plus soigné et plus achevé que A. Or, on 
constate qu'il n'en a pas été ainsi et que le scribe de B 
s'est contenté d'y apposer une simple signature fictive 
de Charles le Bon. 

* 

En résumé : 1^ la charte A du comte de Flandre. 
Charles de l'année 1122 est à l'abri de tout soupçon de 
falsification ; 2° elle ne constitue pas une copie de l'acte B, 
comme on l'a prétendu jusqu'ici, mais bien une charte 
originale dont les moines de S^-Bavon ont réclamé une 
seconde expédition au comte parce que la première leur 
semblait défectueuse dans sa composition. 3® Le mot 
Karolus peut être considéré comme la signature auto- 
graphe du comle. 

(')Charte originale dans le chartrier de l'abbaye de Niuove. Carton I. 
Archives de VÊiat à Oand. 

(*j Charte originale dans le chartrier de l'abbaye de S*-Nicolas-de3- 
^rés. Archiver de l^ÉUal à Mom, 



142 H. KELIB. CHABTES DE CHABLES LE BGK 

' Le document accroît encore en intérêt pour une double 
raison : d^abord parce que la marque dont il est muni 
est'la seule souscription authentique d'un souverain laïque 
de nos contrées qui soit connue jusqu'à présent ; enfin 
parce que cette signature, étant autographe comme je 
le crois, constitue une relique, puisque la piété populaire 
a voué un culte au saint comte de Flandre et que TÊglise 
catholique a élevé celui-ci sur ses autels. 

Bruxelles. H. Nelis. 



144 E. VAN CAPPEL 

werd, hij telkenkeer oniDiddeliJk door hongersnood 
getroffen werd. Maar toen bet ouderling verkeer zich 
uitbreidde en de handelsbetrekkingen Termeerderdcn en 
dat meteen het geld begon in zwang te komeu, toen wordt 
in de jaarboeken een tot dan nog onbekend woord 
gebezigd, te weten : « Caristia » of « dieren tyt n. En 
van toen voort worden gewoonlijk de prijzen opgegeven 
der verschillende eetwaren. Zoo bijv. de oogst mislukte... 
en daar was dure tijd, zoodat << dit jaar te Brugge een hoed 
tarwe xl sol. gold n ('). üe hoogte, het klimmen en dalen 
der prijzen dienen voortaan tot maatstaf van de hevigheid, 
het toe- en afnemen van den hongersnood. Ziehier een 
voorbeeld daarvan getrokken uit Reiner (^). De gewone 
prijs was te Luik voor een muid rogge, 5 sol., voor een 
muid spelt 2, 3 sol. Tijdens den hongersnood van 1197 
werd de rogge 18 sol. en de spelt 10 sol. verkocht en dit 
duurde tot S. Barnabasdag (11 Juni), 's Anderendaags 
waren de prijzen plotseling gestegen tot 32 en 17 sol., 
en ze klommen gestadig, naarmate men voorzag dat de 
oogst zou "voorspoedig zijn. Op S. Jacobsdag (25 Juli) 
stonden ze 40 en 20 sol. De nood verdween en het 
volgende jaar daalden de prijzen tot 15 en 7 sol. 't Is 
waar, « dieren tyt n is een zachtere uitdrukking voor 
hongersnood en dikwijls wordt een « Caristia » aangestipt 
met een verhooging van prijzen, zonder dat er van eigen- 
lijken hongersnood sprake is. Nochtans, daar de honger- 
snood zelf natuurlijk en altijd vergezeld is van duren tijd, 
zijn beide weldra en voorgoed wisselwoordeu geworden. 
Er valt echter op te merken dat deze verhooging vao 
prijzen niet altijd rechtstreeks en uitsluitend het gevolg 



(*) Chron. 6\ Bavonis op 't jiiar lUÜ. Da Smbt, Corput cAromcorum 
Fiandria, I, 588. 

(*) Reineri Annales S. Jacobi Leod. Monumenta Oermania Historica. 
Scriptores. XVI, 652. 



HONGBB8N00D IN DE MtDBELEEUWEN 145 

is van de schaarscheid of het gebrek van leyeosvoorraad. 
Men dient nog rekeaiog te houden met den in- en uitvoer 
en met de willekeur der handelaars. Alzoo in 't Luiksche 
Tan 1212 tot 1225 zijn het goê oogstjaren, schielijk stijgen 
de prijzen zeer hoog ; omdat ringsom in Duitschland en in 
België de hongersnood hcerscht en de levensmiddelen naar 
daar uitgevoerd worden (*). Insgelijks verhaalt Hocsem (*) 
over de ellende tijdens den hongersnood in 1315, « en noch- 
tans, voegt hij erbij, staken tle schuren vol graan, maar 
't werd vervoerd naar de zeestreken, waar de nood, ten 
gevolge van do overatroomingen, grooter was dan alhier ». 
't Waren er dus toeii die uit de ellende hunner mede- 
menschen hun eigen bate trokken eu zich aan woeker 
plichfig maakteu. Van deze die in nood verkeerden, wisten 
ze tegen geringen prijs have . en erve af te koopen en 
terzelvertijd hun schuren op te hoepen met graan, om het 
later of in andere gewesten, wanneer of waar de nood het 
nijpendst was, zeer duur voort te verkoopen ('). Zooeven 
hebben we aangetoond hoe tijdens den hongersnood van 
1197 te Luik, de prijzen omtrent verdubbeld werden van 
den eenen dag tot den anderen, en hoe er gerekend werd 
op het wellukken van den volgenden oogst om de prijzen 
nog te verhoogen ; dit was wel te wijten aan de willekeur 
Tan baatzuchtige kooplieden. « De woekeraars ook ver- 
drukten op alle wijzen hun schuldenaren. Als ze op 
gestelden tijd niet konden betalen, bekwamen ze uitstel 
op Toorwaarde dat ze onder eed beloofden dubbel terug te 
geven n (*). 

(*) F. CuRSCHMAXN. HutiffersnöCc im Mittelalter, bl. 48 en 50. 

<*) Joh. Hocsemi Oesta Pontificum Leodiensium. üitg. Chapbavillb, 
Gesia Paniif. Leod. II, 373. 

{*) Dit getnigrt Sigebert van Gembloux. Oesta abbatum Oembh MGH. 
SS. nu, Ô39. 

{*) GeMta abb. OembL auchre Oodâschalco. SS. VIII, 547. 



146 E. VAN CAPPEL 

Geen wonder ook had de hongersnood telkens een 
algemeene verarming tot gevolg. In de vroegere middel- 
eeuwen werd het grootste deel der bevolking, die in 
dienstbaarheid te lande en van het land loefde, terstond in 
de zwartste armoede gedompeld. Niets bezittend om den 
nood te bestrijden, bleef hun niets anders te doen over 
dan met bedelen of met de hulp van liefdadige lieden hun 
leven wat te verlengen en dan eindelijk van honger om te 
komen. 

Niet alle maatschappelijke standen werden evenzeer 
door den nood getrofiFen. Nergens vernemen we dat een 
vorst of een kerkvoogd van den honger te lijden gehad 
heeft. Doch heel dikwijls vervielen begoede lieden, rijken 
en edelen zelfs, in armoede en werden genoodzaakt te 
bedelen (*). De kleine landelijke grondbezitters zagen 
zich van het begin af verplicht hun eigendom te ver- 
panden of te verkoopen. We lezen hoe, tijdens den 
hongersnood van 1197, de wijngaardkweekers uit het 
Noorden van Frankrijk, geld leenden op den wijnoogst van 
het volgende jaar ; doch de oogst mislukte, en het geleende 
geld niet kunnende terugbetalen, moesten ze vluchten (*). 
Zoo verging het doorgaans. Na al wat ze bezaten verkocht 
en verteerd te hebben, verlieten de hongerlijdenden het 
land om elders hun nooddruft te zoeken. Vele vrije lieden 
werden wederom tot lijfeigenschap gebracht ; velen gingen 
zich verhuren bij rijke grondbezitters, waar ze werkten, 
niet voor geld, maar voor wat brood en wat bier, genoeg 
om in hun dagelijksch onderhoud te voorzien ('). 

Wat de stadsbevolking aangaat, zij vooral verzonk 
weldra in armoede en ellende. De stedelingen schaften 

(») Sigeberti Continuatio Gembiacénsis, op *t jaar 1146. SS. VI, 389. 
(■) Sigeberti Continuatio Aquicinctina. SS. VI, 4:J:i. 
(») Guielmi Chronicon Andrense, SS. XXIV, 724. 



HONOEB8N00D IN DE MIDDELEEUWEN 147 

zich hunne levensmiddelen aap in winkels en op markten. 
In de dure tijden stegen de prijzen zoo hoog, dat 't voor 
het meereudeel onmogelijk was eetwaren aan te koopen. 
Vele welstellende burgers werden ten onder gebracht. 
Te Doornijk, in 1.315, moesten velen, om in hun onderhoud 
te voorzien, de huizon, die zij in de stad bezaten, 
verkoopen ('). De arme ambachtsliedeu, tot het uiterste 
gebracht, doorliepen bedelend de straten of gingen zich 
nederleggen vóór de huizen der rijken (^). 

AUeén deze, die groote rijkdommen of overvloedigen 
voorraad bezaten, te weten de groote grondheeren kouden 
bestaan; zelfs was de algemeene verarming voor sommigen 
voordeelig, daar zij dïiarin een gelegenheid vonden om 
hun eigen bezittingen uit te breiden. Kloosters en 
bisschopskerken bezaten uitgestrekte heerlijkheden. Zij 
hadden dan ook veel min te lijden van den nood en waren 
het toevluchtsoord voor de hongerlijdenden uit den 
omtrek. Doch dit was op verre na de toestand niet van 
alle kloosters. Vele gestichten van niinder aangelegen- 
heid, na alles verkocht, na al hun voorraad uitgeput 
te hebben, voor hun eigen onderhoud en om de armen ter 
hulp te kooaen, vervielen zelf in armoede en moesten door 
aoderen geholpen worden. Een der eerste zorgen van 
Bisschop Wazo van Luik, gedurende den hongersnood 
Tan 1143-44, was te voorzien in de behoeften van de 
kloostergemeenten uit zijn bisdom ('). En van den abt 
van Gembloux in die zelfde jaren, wordt gezegd dat hij 
vele andere kloosters onderhield (*). De moniken van 
St Maarten te Doornik hadden met volle handen hun 
voorraad aan de armen uitgedeeld, dan werden ze 

(') Jacobi Muevini Chronicon, Ds Smet, Cof'pus Chr. Fl. Il, 457. 
f») Pauio Karoli ConUtis Flandria, SS. XII, 663. 
(') AruelmiGesta abbatum Leodiensium. SS. YII, 221. 
(*) Sigeberti Qetla abb%tum Oemblac. SS. VlII, 539. 



148 E. VAN CAPPEL 

plotseling gewaar dat hun niets meer overbleef. De 
burgers kwamen overeen om hen ter hulp te komea en 
zonden de eeue tarwe, een andere rogge, een andere 
boonen. Een vtionJ van het klooster schonk 40 mark 
zilver. Kort daarna hadden ze nog tot eenig voedsel wat 
haver, dat ze deden malen ën bakten zouder het te 
ziften. Dit onhebbelijk voedsel werd door de hongerige 
kloosterlingen tot den laatsten brijzel verslonden (*). 

Haverenbrood, wanneer er noch tarwe noch rogge meer 
te krijgen was, diende tot gewoon voedsel tijdens den 
hongersnood. Graaf Karel de Goede gebood ha veren brood 
te bakken, opdat de armen ten minste met water en brood 
het leven konden behouden (*). Geen brood meer hebbende, 
nam de hongerlijdende menigte al wat eenigszins eetbaar 
was of scheen. Boonen, stroo met allerhande gewassen 
werden dooreen gemengd en gebakken {'). Erwten en 
boonen waren het dagelijksch eetmaal van rijken en 
edelen (*). Karel de Goede gaf bevel dat al wie twee 
gemeten land bezat, ten minste één gomet met boonen en 
erwten zou bezaaien, omdat deze vrucht spoedig groeit en 
rijpt, en opdat de armen spoedig voedsel zouden hebben (*). 
Graan en brood waren uiterst schaarsch geworden en de 
schrijver van Graaf KareFs marteldood bekent als met 
tegenzin dat sommigen, ouder den Vasten van 112Ô, 
vleesch aten (**). Nochtans, 't gewone slachtvee ontbrak 
alras; en de menschen, door honger gedreven, doodden 
allerhande dieren en aten zelfs het vleesch van dieren, 

(') Herimanni liber de restauratitme S, Martini Tornacensis op 't j. 
109Ô. SS. Xiy,!807 en 308. 
(») Pasiio Kar. Com. Fl. SS. XII, 563. 

(») iEo. Li Muisis op 't j. 1815. Db Smet, Corp, Ckr. Fl. II, 207. 
(*) Canonici Leodiensis Ckronicon rythmicum. SS. XII, 416. 
(=) Pasêio Kar. Com. Fl. SS. XII, 5G3. 
(•) Aldaar. 



H0NGEB8NOOD IN DE MIDDELEEUWEN 149 

die vaa honger ea ziekte doodgevallen en half bedorven 
waren (*). Ze leefden raet wortelen en met de kruiden der 
aardeen aten 't gras der weiden, rauw lijk de ossen (^), of 
zelfs aarde, met wat meel in vorm van brood gebakken ('). 
Evenwel, niet één maal treffen we eene melding aan van 
menscheneterij in onze streken. Was de toestand alhier 
nooit zóó erg ? Waren de zeden alhier meer beschaafd ? 
Heeft het toeval gewild dat zulke gevallen onbekend en 
oogeboekt bleven ? In Oost-Frankrijk en Duitschland 
komen niet zelden gevallen voor van menscheneterij tot 
de XIP eeuw, terwijl er in de verdere gewesten van 
Oost-Europa bij iederen hongersnood aangestipt worden 
eo zulks nog in do XIV' eeuw (*). 

Wanneer het nu zooverre kwam dat alle voedsel ont- 
brak, dat van nergens nog hulp te verwachten was, dan 
stonden ze radeloos, wanhopig. En ze verlieten hun hoeven, 
hun dorpen, bij gansche gezinnen ; een ordelooze menigte 
mannen, vrouwen, kinderen, ouderlingen doolden langs 
velden en wegen, meestal niet wetend waaruit noch 
waarin. Sommigen vluchtten in de bosschen, andereu zag 
men rondzwerven bleek en uitgemergeld, bedelend van 
hoi tot hof, of een laatsten toevlucht zoekend in de steden, 
bij kloosters en burchten ('). Waarlijk, 't valt te ver- 
wonderen dat niei méér gewelddaden gepleegd werden. 
Slechts tweemaal vernemen we dat « de armen de rijke 
heeren kwelden door diefte en brandstichting » (•) en dat 
« velen, door honger gedreven, tegen hun gewone levens- 

(») RHiur. SS. XVI, 652. 

(*) Sigeb. Coniin. Aquie. SS. VI, 433. 

O Atmaies Bertiniani. Kleine uitgave, bl. 29. 

(') F. CUBSCHMAIIN, bl. 59-6Ô. 

\f) Pauio Kar. Com. FL, gem. pi. — Gesta abbatum Trud. SS. X, 
416. 

(•) Sigeb. Chron. op 't j. 1095. SS. VI, 367. 



150 B. VAN GAPFEL 

wijze in, dieven en baanstroopers geworden waren en door 
't strop verhangen werden » (*). 

Uit de schetsen van de hongersnooden ons door de 
kronijkschrijvers nagelaten, kan men afleiden dat de 
gewone, algemeene gemoedsteoiniing van de volksaienigte 
was : een neerslachtige moedeloosheid. «< Elkendeen ging 
aan 't verkwijnen, de gezonden evenals de zieken, oaidat 
zij zelve die welvarend waren naar 't lichaam, toch ziek 
werden door 't zien van de ellende hunner stervende 
medemenschen » ('). « Allen hadden den dood in 't voor- 
uitzicht, en wanhopend over hun leven, vervielen ze in 
neerslachtigheid en verkwenen... Elk was bekommerd 
met zijn eigen lot en niemand was bezorgd over het 
lijden en den dood van zijnen vriend » ('). Daar was noch 
vreugde, noch vroolijkheid meer. 

Dat woert vant men nu waer 

Dat die tyt noch soude comen 
Dat men in ertrike soude scouwen 
Sonder bliscap bruden trouwen, 
Ënde sonder seer ter liken ghaen. 



Danse, spele, sanc al riveel 

Wart afgheleeght in desen daghen (^). 

Veeten ook en twisten werden afgelegd in deze dagen. 
Alzoo was 't dat de hongersnood van 1315 voor lang een 
' einde stelde aan den bloedigen burgeroorlog die sedert 
jaren het prinsbisdom Luik verwoestte (*). 

(») Sigéb, Contin. Aquic. op 't j. 1197. SS. VI, 433. 
(■) Passio Kar, Com. Fl. SS. XII, 562. 
(■) Annales Parehemes. SS. XYI, 608: 

(*) Jan de Klkbk, Brab. Teesten, Vd« B., X^* Hst. — Collection de 
Chroniques Belges^ I, 443. 
(') PiBENNB, Hist. de Belg., U, 87. 



HONGEBSKOOD IN DB MIODELEEÜWJ N 151 

Zoo groot werd weldra de algemeene verslagenheid der 
hoDgerlijdende scharen, dat ze moêgedoold, uitgeput van 
krachten, bleven liggen langs wegen en straten, vóór de 
huizen der rijken, Lij de poorten van kloosters en burchten^ 
tot dat de dood hen van het lijden kwam verlossen. 
Tvolc was in soe groter noot, 
En mochte vertellen man en gheen ; 
Want dat ghecarm ende dat gheween, 
Dat men hoerde van den armen, 
Mochte enen steene ontfermen, 
Daer si achter straten laghen 
Met lammere ende met groten daghen, 
Ende swoUen van honghere groot, 
Ende bleven van armoeden dooi... {*) 
Dood en ziekte waren de onafscheidbare begeleiders 
Tan den hongersnood. « Daar was hongersnood, en er 
ontstond zware peste en er volgde groote sterfte onder 
de menschen. » Zoo luidt het bijna telkenkeere (*). Ten 
gevolge van 't gebrek aan levensmiddelen en veel meer 
nog ten gevolge van slecht, onverteerbaar voedsel, ont- 
stonden en verspreidden zich allerhande kwade ziekten. 
Talrijk waren de slachtoffers, die doodgevonden werden 
in de straten der steden, in de velden, in de bosschen ('). 
De lijken verpestten de lucht, en de pest op hare beurt 
maakte tallooze slachtoffers. « Door H gure getij en den 
zwaren hongersnood begonnen de lichamen te verzwakken 
en krank te worden. En daar was een sterfte zoo groot 
dat 't nog nooit gehoord noch gezien geweest was ; en 
mannen en vrouwen, jong en oud, rijk en arm, stierven 

(*) Jak ds Klxbk, aldaar. 

(•) 't Jaar 874. Folcwini gesta abbatum 8. Bertini Silhin, SS. XIII, 
®1.- 1124. Araelmi Coniinuatio Sigtberti. SS. VI, 379.— 1196. Contin. 
Aquie. SS. VI, 4S3 en andere. 
• l') Getta abbatum Qetnblac. auetore Godeschalco. SS. VIII, ö47. 



152 B. VAN CAPPEL 

alle dagen in zoo groot getal dat de lucht algeheel verpest 
werd en dat de parochiepriesters niet wisten waar eerst 
naartoe gesneld ; en daarbij, zooveel armen vielen al 
bedelen overal in alle wijken, dat het magistraat besloot 
mannen aan te stellen en te betalen om de lijken over 
de Schelde te voeren en te begraven » (*). 

Aan regelmatige begravingen en kerkelijke uitvaart- 
plechtigheden viel niet te deuken. « £n twee tot driemaal 
daags trok, uit het ziekenhuis te Leuven, een wagen met 
6 of 8 lijken, verspreidend alom verpestenden reuk, naar 
een nieuwgemaakt kerkhof buiten de stad n (*). Weldra 
waren de kerkhoven niet meer genoegzaam. Op vele 
plaatsen werden breede en diepe kuilen gedolven^ waar 
men de lijken in nederliet ('). 

Soe dat menze warp bi ghetale, 

In enen putte tenenmale 

Tsestich ende oec mere (*). 
Hoe zeer wellicht de chronijkschrijvors geneigd schijnen 
om te overdrijven, als ze spreken van « vele duizenden » 
en dat « verstorven was van den volke dat derden deel », 
doch is het licht aan te nemen, dat, toen er onder die 
halfvcrhongerde menigte een ziekte uitbrak, de gevolgen 
moesten schrikkelijk zijn, vooral in de steden, waar de 
bevolking in ruime mate aangroeide door den toeloop der 
vluchtelingen uit het ommeland. 

Zooals we het reeds aangetoond hebben, had bijna 
iedere hongersnood tot gevolg dat de noodlijdenden hun 
heerdstede en hun land in den steek lieten om elders hulp 

(^) Dit voor Doornijk. tijdens den iiongersnood van 1316. Z. JKq. 
Li Muisis. Db Smbt, Corp. Ckr. FL II, 207. 

(•) Joh. Hocsem. Gesta Pont, Leod. Lib. II, Cap. VI. Uitg. Cuapea- 
viLLB, II, 373. Ziet ook Passio Kar. Com. Fi, 

(») Gesta abb, Gembl. contin. auct. Godeschalco. SS. VIII, 647. 

(*) Jan de Klbbk, ter gem. pi. 



H0NGEB8N00I) IN DE MIDDELEEJWEN 153 

en redding te vinden {*). En dit was niet alleen het gesval* 
bij arme boereu, maar ook bij begoede lieden (*). Zelfs 
kloosters werden soms gedeeltelijk ontvolkt. Aldus werden 
ia 1142 een aantal moniken uit de abdij te Lobbes naar 
andere kloosters gestuurd ('). Groot moet het getal der 
Tliiclitelingen geweest zijn, aangezien er vermeld staat hoe 
soms vele hoven, ja gansche dorpen leeg stonden, en hoe 
de orerblijvendeu konden ondersteund eu gered worden, 
omdat een overgroot deel der bevolking de streek verlaten 
bad {*). Dit heengaan was niet altijd doelloos, 't Is waar, 
velen zwierven rond zonder te weten waar naartoe hunne 
stappen gericht, doch meestal vluchtten zij naar een 
bijgel^en stad of abdij. Waarschijnlijk zijn ze, na tijdelijke 
afwezigheid, wanneer de nood voorbij was, teruggekeerd. 
Doch, waren er ook geene die het land uittrokken Qm 
zich voor goed in den vreemde te gaan vestigen ? £n als 
de kronijkschrijvers spreken van uitwijkingen, door honger- 
snood veroorzaakt, « multi coacti sunt e regione egredi, 
alio emigrare », moet men niet daardoor echte volks- 
verhuizingen verstaan ? Uitdrukkelijke gegevens ontbreken 
en met zekerheid is het niet vast te stellen. Ons is bekend 
hoc in de middeleeuwen een uitwijkingsbeweging bestaan 
heeft naar Oostland, en anderzijds weten we dat de landen 
Tan over de £lbe : Holstcin, 't aartsbisdom Bremen, 
't markgraafschap Brandenburg, door Vlamingen ontgonnen 
eu vruchtbaar gemaakt worden. Deze uitwijkingen ge- 
schiedden het meest tijdens de XIP eeuw, ^oen juist de 
hongersnooden alhier het talrijkst waren, 't Was ook in 

0) Ziet o. a. Annales Vedastini, 't j. 892. SS. Il, 206. — Pa$sio Aar. 
Cobt.FL — CAron. S, Bavonis^ 't j. 1144. Db Smet, CotT>. Ckr, FL, 
1,586. 

1') Contin, QenibL, 't j. 1144. SS. VI, 388. 

(*) Qesta abbat. Trud., 't j. 1006. SS. X, 229 en and. 
.(•) CoMin. AquieincL, 't j. 1196. SS. VI, 433. 



154 B. VAN CAPP£L 

deze eeuw dat de bevolking zeer aangroetde en op eigen 
grond iiec bestaan niet meer kon vinden en dus door den 
nood tot uitwijken gedreven waren. In hoever nu de 
hongersnood daartoe rechtstreeks heeft bijgedragen, is uit 
de goschiedgronden niet op te maken ; toch mag men met 
recht veronderstellen dat de hongersnood een groote 
drijfveer is geweest tot de landverhuizing in deze dagen. 
Een kronijkschrijver van ginder, Berr» hardi, in zijn JcJir- 
hüchem KonrcLds III^ brengt de Ylaamsche volkszetting in 
Holstein, ten jare 1143, in verband met de Jumgersnooden^ 
ziekten en overstroomigen in onze gewesten (*). 

Hetzelfde dient gezegd van de toenmalige uitwijkingen 
van Vlamingen naar Engeland en namelijk hun deelname 
aan den veroveringstocht van Willem van Normandie (*). 

Dat de rampen uit dien tijd, en in 't bijzonder de 
hongersnood, invloed uitgeoefend hebben op de kruis- 
vaarten, dit valt ook niet te betwijfelen. In 1095 heerscht 
in ons land een groote hongersnood en het volgende jaar 
vertrekt de eerste kruisvaart, waaraan de Belgen een 
overwegend aandeel namen. De tweede kruisvaart insge- 
lijks is voorafgegaan van een algcmeenen hongersnood 
in 1145-47. Ten andere, Ekkehard zegt het uitdrukkelijk: 
• De inwoners uit West-Frankrijk konden gemakkelijk 
overhaald worden om hun land te verlaten, daar Gallië 
verscheidene jaren verwoest was geweest door burger- 
oorlog, hongersnood en sterfte » ('). 



(*) Aangehaald bij F. Cubsc^mamk, bl. 67. Ziet ook DbBobchg&avb, 
Histoire des Colonies belges qui s'établirent en Allemagne pendant les 
XII'' et XIII'' siècles, Mém. de l'Acad. royale de Belg., 1866, bl. 38. - 
Ch. DuviviBR. Hospites. Défrichements en Europe^ spécialement dans 
nos contrées aux //*, t$* et 13^ siècles. Revue d'hist. et d'arch."^ 
Bruxelles, 1859, bl. 78. — Pirknnb, Hist, de Belg., 1, 136. 

(') PmsNiiB, aldaar. 

(») Chron. Univ. SS. VI, 263, aangehaald bij F. Cub8Chma»n, bl. 68. 



H0XU£fi8N00D IN UE MIDDELEEUWEN 155 

Hulp aan de hongerlijdenden verleend. 

Iq den algemeenea uood kwam Tan nergens hulp 
0])gedaagd, xras van nergens leniging te verwachtea, tenzij 
Tan de christelijke liefdadigheid, 't V^as immers een 
christenplicht armen en kranken te helpen. De christelijke 
liefde is de beweegreden geweest en do 4)ezieliug van de 
maatregelen en pogingen door Landbehccr en eenliogen 
in 't werk gesteld. Midden die akelige somberheid die 
over de lijdende menigte gespreid lag, glanst, als een 
helder licht, de edelmoedige zelfverloochening van velen, 
die, ter liefde Gods, al wat ze hadden, ten beste gaven 
Toor hun ellendige broeders. << Hij die slaat en geneest, 
stortte den goeden geest in de herten zijner dienaren, die 
een milde hand toereikten tot al die in nood verkeerde » {*). 

Helaas, de hul))veerdigheid, hoe ijverig, hoe buiten- 
gewooQ ook, kon doorgaans niet opwegen tegen de uitge- 
strektheid van den nood. Ën vooreerst, zelden zien we 
middelen beramen en aanwenden om den nood te voor* 
hmen, en zelfs in het bestrijden van den voorhanden 
zijaden nood, zooals ten andere in vele instellingen en 
ondernemingen uit dit tijdperk der middeleeuwen, ontbrak 
het niet zelden aan overdachte schikking en welberaamde 
inrichting. 

Tot een doelmatige bestrijding, om genoegzame hulp 
uit te reiken, regelmatig eu voortdurend, tot alle deelen 
des lands en der bevolking, was een ingerichte maat- 
schappij noodig, hebbende aan haar hoofd een bewind 
dat beschikte over het uoodige gezag en het noodige 
vermogen. 

Zulk een staatsiurichting, alhoewel gebrekkig nog, liet 
Karel den Groote toe krachtdadig den hongersnood te 

l*) Sigeherti auctarium AJligtmense, 't j. 1162. SS. VI, 405. 



15Ô B. VAN CAPPBXi 

keer te gaan. Eerst nam hij zijn toevlucht tot geestelijke 
middelen en legde openbare gebeden op. In 780 moest 
ieder bisschop drie missen lezen en drie psauters zingen 
voor den koning, voor het leger en voor den hongersnood; 
ieder priester moest drie missen lezen, ieder moaik, 
kloosterzuster en kanonik drie psauters zingen. Daarbij 
schreef hij een algemeenen vasten voor van twee dagen. 
Dan zorgde hij den uitvoer van levensmiddelen te beletten. 
Hij zelf stelde de verkoopprijzen vast, opdat niemand zijn 
eetwaren te duur verkoopen zoude. Aan zijn « miasi « 
beveelt bij dat ze de behoeftigeu ter hulp komen, opdat 
niemand van honger verga. De « beneficiarii » zullen, 
zooveel zij het vermogen, al hunne lijfeigenen ondersteunen. 
Ieder bisschop, ieder abt, iedere abdis zal vier nood- 
lijdenden voeden tot aan den volgenden oogst. Een andere 
maal schikt hij de aalmoezen die elk te storten heeft 
voor de behoeftigen : bisschoppen, abten en graven elk een 
pond of ten minste een half pond ; de mindere. geestelijken 
vijf solidi ; de koninklijke ^ vassi » naar gelang van het 
getal hunner onderhoorigen. De daklooze zwerveliugen 
staan onder de bescherming des koniugs ; ze mogen zich 
neerzetten waar ze willen ; niemand zal ze verdrukken 
of tot slaven maken. Ook nog ontslaat hij de armen van 
de verplichtingen, die te betalen waren voor de heere- 
vaart (*). 

Van dergelijke wetten onder zijn opvolgers hooren we 
niet meer. De staat vervalt en verbrokkelt weldra geheel 
en gansch. Zeer zelden nog treffen we berichten aan over 
maatregelen door eeu wereldlijk bestuur genomen om in 
tijd van nood hulp te verschaffen. Ook komt als iets zeer 
buitengewoons voor hetgeen de graaf van Vlaanderen doet 

(') Z. F. CuRSCHMANN, bl. 70-74, met de verwijziDj^en naar en de 
uittrckselen uit de Kapita laren door Karel den Groote ter gelegenheiti 
van hongersnooden uitgeveerdigd. 



HONOEB8NOOD IN DF MIDDELEEUWEN 157 

tijdens deu hongersnood, die in 1125 in het graafschap 
woedde. Met lof en vereering spreken de chrontjkschrijvers 
oTer zijn bcwonderensweerdige oflFerveerdigheid en lief- 
dadigheid en over de wijse en krachtdadige pogingen die hij 
aanwendde om de ellende zijner onderdanen te lenigen (*). 
De verkoopprijs van een vierendeel wijn stelt hij op ten 
hoogste zes « nummi ». Zijn doel was tijdelijk een einde te 
stellen aan den wijnhandel en de handelaars te dwingen 
voortaan geen wijn meer in te koopen, maar andere nood- 
wendiger levensmiddelen, 't Brouwen van bier wordt 
verboden, opdat al het graan diene om brood te bakken ; 
« 't is immers beter dat de rijken water drinken, dan dat 
de armen van honger sterven, n De bakkers, in plaats vaa 
één gewoon brood, dat éénen « nummus n verkocht wordt, 
moeten twee kleine broeden bakken; alzoo kunnen de 
armen, die geen « nummus n bezitten, toch voor een 
■ obolus » brood koopen. Verders beveelt hij den helft van 
het land, met erwten en boonen, in plaats van met koorn 
te bezaaien, om het volk des te spoediger levensmiddelen 
te verschaffen. Met hetzelfde doel doet hij honden en 
kalveren slachten. Gansch het graafschap door gebiedt hij 
àiïi elk naar zijn vermogen de armen helpe. Deze van Gent 
berispt hij strengelijk omdat ze armen hebben laten om- 
komen vóór hunne woning, 'wanneer ze nochtans hen 
koDden helpen. Hij zelf geeft het voorbeeld. Zijn behoeftige 
onderboorigen ontslaat hij van hunne verplichtingen. Te 
Brugge schenkt hij dagelijks onderstand aan honderd 
armen. Hetzelve doet hij op zijn andere hoven- en burchten. 
Oreral waar hij is, komen ontelbare armen naar hem 
toegestroomd ; nooit gaan ze ongeholpen heen. Met eigen 

(*) Sigeberti Continuatio Prœmonstratansis. SS. VI, 449. — Herimanni 
liber de Restaur. S, Mart. romtK. SS. XIV, 823. — Chr. S. Bar. 
Dl Smkt, Corp. Chr. Fl. I, 578. Vooral. P(u$io KaroU Com. Fl. auctore 
Galherto. 2^« ea S**» hoofdst. SS. Xll, 562, en M'aUer, rita Karoli Com. 
fltnd. 11^« hoofdst. SS. XII. 544. 



158 E. TAN OÀVnh 

handen deelt hij levensmiddelen uit en geld en kleeding- 
stukken. 

In 1118, werd door het magistraat van Luik de verkoop- 
prijs van graan vastgesteld ('). In 1317 stichtten de 
schepenen van Dowaai een « commune aumosne » en 
belastten vijf mannen met bet inzamelen en het uitdeelen 
der giften, door de burgers voor de behoeftigen bestemd (*). 
Dit is het weinige dat wij vooralsnu achterhaald hebben 
over hetgeen de stadsbesturen in deze eeuwen deden voor 
de hongerlijdenden ('). 

De hulp van wege de besturen was dus doorgaans 
gering. Hoe de wereldlijke rijken te werk gingen jegens 
de armen, daarover bezitten we weinig inlichtingen. 
Wellicht is zulks te wijten aan den aard van de geschied- 
gronden uit dien tijd, die meest allen kloosterschriften 
ziju. Doch is menigmaal geboekt, hoe ze vol mensch- 
lievendheid de armen ter hulp kwamen ; hoe vele edele 
ridders milde aalmoezen uitdeelden (^), hoe niettegen- 
staande den nood, weinig menschen omkwamen, omdat 
ze door de geloovigen ondersteund werden {^). Evenwel, 
niet altijd was de menschlievendheid de eenige beweeg- 
reden van hun mildheid. Om hun dienstbare gezinnen op 
hun heerlijkheid te behouden en het uitwijken te beletten, 
waren de edelen soms wel genoodzaakt groote uitgaven 
te doen om deze gezinnen te onderhouden (*). Wanneer 

(») Canon. Leod. CAtml r^tAm. SS. XIl, 418. 

(•) L. Lalljemand, Histoire d^ la charité, III, bl. 311, Paris, 1906. 

(') De H. Oeesttafeh en Armendisschen komen hel eerst tot stssd in 
de XIII« eenw. Z. P. Albbrding Thym, De gestichten van tiefdadigheid 
in België. Mem. de 1'Acad. 1888, bl. 106-106. 

(♦) Sigeb. Contin. Aqutcinct, 't j. 1175. SS. VI, 416. — SerinuuuDe 
Jtestaur, S. Nast. Torn. 't 1095. SS. XIV, 907. 

{^) BaldwiïU JVinov. Chron. 't j. 1196. SS. XXV, 538. 

(«) Gesta abb. Gembiac. Contin, auct, Godeschalco. 't j. 1095. SS. 
VIII, 547. 



HONGERSNOOD IN DE MIDDELEEUWEN 159 

echter de hongersnood over een groote uitgestrektheid 
woedde en lang aansleepte, en dat het getal der armen 
hoe langer, hoe meer aangroeide, waren yele rijken en 
edelen niet meer in staat de behoeftigen te helpen ; zij zelf 
konden nog slechts met groote moeite in hun eigen bestaan 
voorzien, of zelfs vervielen in de grootste armoede (*). 

Veel gewichtiger, veel uitgebreider en algemeener was 

de hulp, die de kerkelijke gestichten, voornamelijk de 

groote abdijen en bisschopskerken, aan de hongerlijdenden 

verleenden. Zij waren de rijken, de machtigen in dien 

tijd. Zij bezaten uitgestrekte, wijdverspreide landerijen ; 

bij hen overtrof de opbrengst grootelijks het verbruik ; bij 

hen was er voorraad in overvloed, als bij elke andere de 

levensmiddelen uitgeput waren. Zij dan ook waren in 

staat om, zelfs in uitersten nood, onderstand te verschaffen. 

Zij vooral waren bezield met den geest van christelijke 

liefdadigheid, die hen aandreef om al wat ze bezaten ten 

beste te geven en zelfs de grootste ontberingen te verduren, 

ten einde hun lijdeqde medemenschen ter hulp te komen. 

Zij waren de voornaamste toevluchtsoorden. In hun 

ruime bergplaatsen was er graan in overvloed. « Abt 

Albertus van Gembloux, voorzienig als een tweede Joseph, 

had den overvloedigen oogst van de vorige jaren in 

schuren en zolders geborgen, om er nu de armen mede te 

spijzen » (*). « En bisschop Wazo, onze Joseph, zorgde 

er voor om langs alle kanten graan te koopen en in veilige 

plaatsen te yerzamelen, om het, toen de hongersnood 

ODtstond, kosteloos aan zijn noodlijdende kudde uit te 

deeJen » (^). Aldus was ook de gewoonte in de abdij van 

Lobbes. £n de kronijkschrijver drukt er zijnen spijt over 

/'; Continuatio Gembl. 't j. 1146. SS. VI, 389. 

/'i Gesia abbaium Qemblac. auctore Sigeberto. SS. YlII, 539. 

/•; Anteimi Gesta Episc. Leod. SS. Vil, 221. 



160 B. VAN CAPPEL 

uit, dat ze dit jair (1142) de gewone alraoezen niet geven 
konden, omdat de voorraad graan, die op een hunner 
hoven verzameld lag, door een brand geheel vernield 
geweest was (*). 

't Was dan ook eerst en vooral naar de kloosters dat de 
hongerlijdenden hun toevlucht namen. Aan de klooster- 
poort werden gold en levensmiddelen uitgedeeld door den 
poortier, die meteen aalmoezenier was. « Ze kwamen van 
heinde en verre, mannen en vrouwen, kinderea en 
ouderlingen (*) » » Ze lagen voor den iagang onzer kerke, 
kermend en stervend, nog vóór er geluid werd voor de 
metten, wachtend naar de aalmoes, die hun met het 
eerste morgenkrieken uitgereikt werd (^). » Ieder uur 
van den dag kwamen ze bedelen en nooit gingen ze 
ongeholpen heen (*). In de abdij van S. Truiden werd, 
tijdens den hongersnood van 1316, << in het huis van den 
aalmoezenier een oven gebouwd met oen groeten ketel, 
waarin op gestelde dagen een soort erwtsoep « pottagium 
ex pisis et condim^entis » gekookt werd, die dan aan de 
arme bedelaars uitgedeeld werd {^), » Soms was de 
toeloop zoo groot, dat het niet mogelijk was de ontelbare 
menigte die zich in wanorde aan de poort verdrong, ter 
hulp te komen. Alzoo geschiede het onder andere te 
Sint-Truiden in 1006. Daarom werd hun gevraagd : « Wiens 
dienstman, en gij, wiens dienstvrouw zijt gij ? En als ze 
antwoordden : Ik beu van S. Lambrecht, [Luik] ot van 
S. Pieter, [Leuven] of van S. Servaas, [Maastricht] of 
S. Kemakel [Stavelot] (*; of gelijk welken heilige, dan 

(') Gestt abbatum Lobbiensium. SS. XXI, 229. 
(*) Rudolfi Gesta abbatum Trudon. op 't jaar 1006. SS. X, 229. 
(») Reiner. Annal. S. Jacobi Leod. 't jaar 1197. SS. XVI, 652. 
(*) Qesta abb. Gembl. aucL Sigeb, 't j. 1044. SS. VIII, 5S9. 
(») Oesta abb. Tmdon. SS, X. 416. 

(*) Deze kerken immers bezaten grond en dienstbare lieden in den 
omtrek van Sint-Truiden. 



HONGEBSKOOD IN DE BaDDELEEUWEN. 161 

werd geantwoord : Wat hebt gij te maken met het gezin 
van Sint-Truiden ? Dat de heer, wiens dienstbare gij zijt, 
u voede. Bekenden ze van S. Truiden te zijn, dan werden 
ze vaderlijk onthaald met deze woorden : Heden zal u 
voeden onze Heer S. Trudo, omdat gij onze medebroeder 
zijt C). » 

Doch men vergenoegde zich niet met de zwervende 
menigte bij te staan. Doorgaans begon men met de 
dienstbaren, die aan het klooster of aan de kerk gehecht 
waren van de gewone verplichtingen te ontslaan (*). Aan 
de schamele armen, die niet durfden bedelen, deed 
bisschop Wazo in 't geheim graan ten huize bestellen, 
door lieden daartoe aangesteld, aan elk volgens behoefte, 
aan de eenen 10, aan anderen 20, 30, 60 tot 100 muiden : 
Voor de vrije lieden, die al hun levensvoorraad uitgeput 
hadden, zorgde hij dat ze er niet toe genoodzaakt waren 
zich ook te ontmaken van hun huwelijksjuweelen, hun 
kleederen, al hun have en erve. Vooral de platteland- 
bewoners waren het voorwerp van zijn bezorgdheid. Met 
wijs vooruitzicht schonk hij aan eiken boer wekelijks 
twee denaren, opdat ze niet door den nood gedwongen 
waren geweest hun ossen te verkoopen en in 't vervolg 
hun land onbewerkt te laten ('). Maar ook deze, die niet 
tot het kloostergezin behoorden, de geburen, zelfs de 
edelen kregen onderstand (*). Dikwijls werd het aan de 
arme hongerlijdenden toegestaan hen te komen vestigen 
op den grond van het klooster, waar ze, zoolang de 
hongersnood duurde, onderhouden werden. Toen was de 
toeloop zoo groot, dat dikwijls het klooster, na alles 
gegeven te hebben wat het bezat, weldra zelf in nood 

O Sudolji Gesca abb, Trudon, SS. X, 229. 

{'') Qfsta abb. Geniblac. auct. Sigeb. SS. Vil, 539. 

(*) Ans, Q. Bp. Leod. SS. VII, 221. 

(*) Gesitt abb, Qemb. auct, Sigeb. SS. VIII, 539. 



162 E. VAN CAPPBL 

verkeerde (*). Om zulks te vermijden, dienden maatregelen 
genomen : Bisschop Reginard van Luik nam een bepaald 
getal noodlijdenden aan, te weten 1200, welke hij op vier 
plaatsen verdeelde ; 300 te Luik, 300 te Hoei, 300 te 
Dinant, 300 te Fosse ("). 

't Is een algemeen verwijt, dat men de middeleeawsche 
liefdadigheid ten laste legt te weten : dat de armen- 
verpleging geschiedde, zonder vooruitzicht, zonder beleid. 
Inderdaad, in vele gevallen schijnt het dat men alleen 
bekommerd was om den voorhanden zijnden nood te 
bekampen. Evenwel, zooeven hebben we aangetoond hoe 
men gedurende de overvloedige jaren, het graan verzamelde 
en in de schuren borg, met het oog op den toekomenden 
nood. Insgelijks zagen we hoe Bisschop Wazo, met te 
zorgen dat de velden niet onbewerkt bleven, de verlenging 
van den hongersnood en meteen de ontreddering van den 
landbouw te keer ging. Wat meer is, hier kan men vast- 
stellen hoe deze maatregel ook de werkloosheid belette. 
't Is immers een ander verwijt tegen de middeleeuwsche 
liefdadigheid gericht, dat men aalmoezen deelde goed- 
kome-'t-uit, zonder in acht te nemen dat men alzoo het 
bedelen en het ledigloopen aanmoedigde. 

Het valt niet te ontkennen dat het over 't algemeen 
ontbrak aan inrichting en vooruitzicht. Doch midden die 
menigvuldige zware rampen en algemeene ontreddering, 
was het zaak eerst en vooral de dolende uitgehongerde 
scharen het leven te redden ; en daarom kon het niet 
anders of men moest aalmoezen en levensmiddelen schen- 
ken zonder berekenen, aan al wie zich aanbood. Ten 
andere, hoe was het mogelijk, op een tijdstip waarop de 
nijverheid nog in haar kindsheid was, aan zooveel werk- 

(*) Herimanni. De Restauratione S. Martini Tornacensis. SS. XIV, 
307. 
(*) Ans, Q. Ep. Leod, 



HONOBBBNOOD IN DE MIDDBLEEüWEK 163 

loosen een winstgeyenden arbeid te bezorgen(^)? Nochtans, 
rerscheiden voorbeelden toonen aan dat de liefdadigheid 
niet altijd uitsluitelijk bestond in het bloot uitdeelen van 
aalmoezen. Behalve het geval van Bisschop Wazo, zooeven 
vermeld, zoo lezen we nog hoe bisschop Reginard van 
Luik werken liet uitvoeren, om aan de noodlijdenden 
arbeid en brood te verschaffen. Alzoo deed hij eene brug 
bouwen, zuiveruit met een liefdadig inzicht, wat door den 
kronijkschrijver genoemd wordt « de aalmoes der groote 
brug (*). n Nog verder ging Simon, abt van Gembloux. 
Al de oude kloostergebouwen deed hij afbreken en herop- 
richten, hij voltrok de onlangs begonnen kerk, bouwde 
een nieuwe kapel, enz. ('). 

Hoe H ook zij, een dingen staat vast; 't is. dat de 
geestelijken in die tijden van algemeene ellende aan 
tallooze scharen hulp hebben verleend door al de middelen 
die toen in hun bereik waren en dat zij met bewonderens- 
weerdige hulpveerdigheid en zelfverloochening menigeen 
van gewissen dood en ondergang gered hebben. Ze gaven 
al wat ze bezaten, al hun voorraad, al hun geld, tot dat ze 
zelf niets meer hadden en honger leden en genoodzaakt 
waren te bedelen. « In die jaf en (1 106) hadden we gebrek 
aan levensmiddelen en ons klooster was in grooten angst 
en nood n (*). « In de kelder en in de schuur bleef er niets 
meer over... Zoo groot was de nood (in Sint Maarten te 
Doomijk in 1095) dat we niets hadden om ons te voeden 

(') L. Lallsmand, lil, bl. 343. 

(') Rypertiehran. S, LaurerUii Leod. MGH. 88. VIII, 274, aangehaald 
bij F. GcBSCHMANN, HungtrsnöU im MittelaUer, Leipzig, 1900, 
bl. iXKSl. 

{^) AnselmiGemblac, chron. in Putor, MGH. SS. I, 1013, aangehaald 
bij L. Wasskrmann, Die Hungerjahre und die Klöster in alter zeit. 
JkrKathoUh, 1892, bl. 52-53. 

(') RudoyiGesta abbatum Trudon, MGH. SS. X, 229. 



164 E. VAK CAI'PEL. fiONGEBBNOOD IN DE laDDELEEinrEK 

dan haverenbrood n (*). Om in hua eigen levensonderhoud 
te voorzien en hun lieve armen niet hulpeloos te laten, 
verkochten ze hun kostbaarheden, de zilveren vatea en 
kerksieraden (*), verpandden de prebenden van het 
klooster (^), soms waren ze gedwongen den kerkschat aan 
Joden te verpanden (*). Om graan te koopen leenden ze 
geld (^), en maakten zelfs groote schulden, zoodat langen 
tijd nadien nog het klooster in verlegenheid en nood 
verkeerde (*). 

Kortrijk. E. Van Cappel. 



(') Herimanni Liber de Restauratione S, Martini Torn. MGII. SS. 

xiv,:}07.:ni. 

(*) Evendaar. BI. :}23, op 't jaar 1125. 

(*) Gesia abbntum Oemblac, Contin. auct. Godeschalco, MGIï. SS. 
Vlll, 547, op 't jaar 1095. 

(♦) Sirnonis Gesta nhbatnm S, Bertini Sithiu. MGH. SS. XIII, 651, 
aan^^ehaald bij Curschmann, bl. 78. 

(*) Sigeberti auctarium AJfigemense. MGH. SS. VI, 402, op H j. 1155. 

I") Gesta abbatum Lobbiens. MGH. SS. XXI, 321), op 't j. 1143. 



L'ÉGLISE NOTRE-DAME 

et la chapelle castrale des châtelains 
au Bourg de Bruges. 



L'histoire archéologique de la monumentale église 
Notre-Dame, à Bruges, est encore à faire. Les données 
historiques tirées des documents écrits, qui doivent préciser 
les conclusions archéologiques et servir de guide dans les 
restaurations, sont relativement rares et peu sûres. 

L'étude de certains documents, qui seront publiés 
prochainement ('), nous permet de rectifier une erreur 
admise couramment et d'établir une date nouvelle précise, 
concernant la reconstruction de la collégiale Notre-Dame. 
Du même coup, nous ferons sortir de l'ombre une modeste 
chapelle de la Sainte Vierge, située au Bourg, qui est 
restée presque inconnue, parce qu'elle a eu la malchance 
d'être confondue, dans une partie de son histoire, avec la 
grande église du même nom. 

Nous passons sur les origines obscures de la primitive 
chapelle de Notre-Dame, bâtie, dit-on, par S. Boniface, 
sur sa destruction lors de l'incendie de 1116 et sur les 
remaniements qu'elle aurait subis, en 1120, sous Charles 
le Bon. 



* 



Les historiens de Notre-Dame semblent d'accord pour 
admettre une nouvelle reconstruction, au moins partielle ; 
qui aurait été faite, de 1180 à 1185, aux frais de Gertrude, 

(^) Dans le volume LIV des Annales de la Société d^ Émulation, qui 
est ea retard, mais paraîtra sous peu. 



166 G. CALLEWAEBT 

veuve du châtelain Raoul de Nesle. En 1185, la nouvelle 
église aurait été consacrée en l'honneur de la Sainte Vierge 
par Evrard, évêquQ de Tournai. 

A l'appui de cette assertion, M. Beaucourt de Noortvelde 
reproduit (*) la charte suivante, qu'il a copiée dans Miraeus. 

Ego Everardus, Dei gratia Tornaceosis Episcopus... 
Notum fieri volumus omnibus Christi fidelibus quod Ger- 
thrudis, Brugensis castellana, et filius ejus Johannes 
castellanus, hasïlicae suae in Bragis, cum consecraretur 
in honore Beate Marie Virginis, in dotera, ad usum Roberti 
capellani in vita sua et subsequentium, de proprio suc 
decimam de Lophem... (suivent d'autres donations)^ voto et 
rogatu mariti sui pie recordationis Radulfi obligata, in 
memoriam anime ipsius R[âdulfi] et filii sui, comitis 
Gon[onis] et omnium predecessoruta suorum, ipsa et filius 
ejus Joh[annes] libère contulerunt. 

{Suit Vattestation de nombreux témoins). 

Anno Dominice Incarnationis MCLXXXV, consecrationis 
nostre XIIL Actum Brugis IIII idus septembris ('). 

M. J. Weale semble bien, lui aussi, se baser sur cette 
même charte (') que MM. Wauters (*) et Vanderkindere {^) 

(*) Description historique de V église de Notre-Dame à Bruges^ Bruges, 
1773, p. 18-19. 

(') MiRAüs BT Foppens, Opera diplomatica, I p. 717. Dans les deux 
publications, la charte est notablement tronquée. Elle sera publiée 
intégralement dans le tome LIV (sous presse) des Annales de l'Ému- 
lation d'après l'original, sur lequel nous avons corrigé la partie du 
texte que nous donnons ici. 

(*) Bruges et ses environs, Bruges, 1884, p. 109 : « En 1180-1185, 
l'église fut reconstruite, au moins en partie,, aux frais de Gertrude 
d'Alsace, veuve de Raoul de Nesle, châtelain de Bruges n. « Une 
reconstruction nouvelle se fit de 1180 à 1185 » dit M. db Flou, Prome- 
nades dans Bruges p. 186. « Reconstruite de 1180 à 1185, elle fut 
achevée vers 1225 » ajoute M. le Chan. A. Duclos, Bruges en. unjour^ 
p. 52. Cf. M. J. Gailliard, Inscriptions funéraires et monumentales 
de la Flandre Occidentale, t.- 1, 2« part. p. V. 

(*) Table chronologique, t. II, p. 641. 

(*) La chronique de Qislebert de JHons, Bruxelles, 1904, p. 56f note 7. 



l'église notbe-dahe 167 

rapportent, à leur tour, à la collégiale Notre-Dame. Pour 
prouver une reconstruction et consécration de cette église 
en 1185, on n'a d'ailleurs allégué, que nous sachions 
aucune source écrite autre que le document en 
question. 

Or cet argument historique unique porte à faux. 

Dans la charte citée d'Evrard, Gertrude de Montaigu (*), 
Teuve du châtelain Raoul de Nesle, et son fils Jean, disent : 
■ basUieam saam in Brugis^ cum consecraretur in honore 
beate Marie Virginis n. Dans une autre charte de la même 
date, Elisabeth, femme du châtelain Jean, approuvant la 
dotation faite par la charte précédente, se sert à peu près 
des mêmes termes (*). C'est probablement le terme un 
peu prétentieux de hasilica qui a. donné le change à nos 
historiens. 

De 1214 à 1218, la dîme de Lophem en question fait 
l'objet d'une contestation et d'un procès, dont le dossier 
presque complet, mais inédit, nous a été très obligeamment 
communiqué par M. l'abbé H. Hoornaert, curé du Bégui- 
nage. Dans la quinzaine de pièces formant ce dossier ('), 
l'édifice religieux dont il sagit n'est appelé qu'une seule 
fois " hmlica » ; partout ailleurs il est qualifié de » capella 
domini castellani Brugensis», tout comme on parle 
couramment du « capellanus » et de la « capellania ». 

(') La châtelaine Gertrade, veuve de Kaoal de Nesle, n'est pas 
Gertrade d'Alsace, belle-fille de Thierri d'Alsace, comme le croit 
M. J. Weaie, mais Gertrade de Montaigu, comme le montre M. Van 
DiuuKDnx, ouvr. citéy p. 56, note 7 et p. 124 note 6. Elle était 
cependant parente de Thierri qui dans une charte de 1143 l'appelle 
« mea neptis 9. 

n Charte publiée, en partie, par Mib;eub et Foppens, op, diplom.f 
p. 717. Une copie prise sur l'original, se trouve dans le Cartulaire de 
la eàapel/enie de Saint-Liévin au Béguinage, fol. 5, conservé aux 
Archives de l'État à Bmges, Archives ecclésiastiques, n. 168. 

(1 La plupart se trouvent copiées dans le Cartulaire que nous 
Tenons de mentionner. 



168 C. CALLEWAEBT 

Ge n'était donc pas une grande église, une collégiale. 

Dans le même dossier, on désigne de plus près rem- 
placement de la dite chapelle : « capella beate Marie site 
Brugis in curia cc^tellani n dit une des pièces ; « basilica 
beate Marie Brugensis in curia castellani n répète un 
autre document. C'était donc la chapelle castrale des 
châtelains de Bruges. 

En 1224, la comtesse Jeanne de Gonstantinoplo se fit 
vendre par Jean de Nesle la châtellenie de Bruges. £u 
passant entre les mains des comtes de Flandre, qui avaient 
leur chapelle comtale, la chapelle des châtelains n'avait 
plus la même raison d'être. Mais la chapellenie dotée 
en 1185, c'est à dire le bénéfice ecclésiastique, était de sa 
nature perpétuelle. La comtesse Jeanne songea donc à 
transférer la chapellenie et à la rattacher à une institution 
où le service du chapelain pouvait être d'une plus grande 
utilité, au Béguinage. Le projet, — nous ne savons pour 
quel motif — ne fut mis à exécution que par la comtesse 
Marguerite, sœur de Jeanne de Constantinople. Elle s'en 
ouvrit à l'évêque de Tournai, Walter de Marvis, qui 
approuva le projet, mais proposa de transférer en même 
temps que la chapellenie, l'édifice lui-même avec tout son 
mobilier. Il écrivit à ce sujet à Marguerite de Constan- 
tinople en 1244, une lettre dont nous extrayons le passage 
suivant : 

Gum bone memorie sororis vestre piam voluntatem 
devotione débita prosequentcs, capéllaniam quae fuit de 
castellania Brugensi ad locum in quo manent Beghine 
Brugenses qui dicitur Vinea velitis deinceps deserviri, ne 
capella consecrata, in qua hactentis dicium deserviebcUur 
beneficium, sine cultu divine remaneat, videtur nobis 
expédions, licitum et honestum ut et ipsam capellam cum 
anmi suo edificio ligneo et lapideo, libris et omnibus orna- 
mentis ctd ipsam capellam spectantibus ad prefatum locum 



l'église NOTRE-DAME 169 

Beghiaarara transferre cum omni houestate débita faciatis, 
ne Tel dictus locus, ut premissum est, remaneat sine Dei 
cultu vel ad prophanos usus conservati lapides procedente 
tempore redigantur, et nos dicte translationi nostrum 
adhibemus assensum (*). 

Dans la charte par laquelle Marguerite de GoDstantinopIe 
opéra ce transfert, en Janvier 1245, remplacement de la 
chapelle — et par conséquent de l'ancienne résidence des 
châtelains — est mieux déterminé : » capellaniam que 
quondam castellanie Brugensi appendebat, sitam in Burgo 
Brugensi, juxta sandum Donatianum » (*). Et Tévêque de 
Tournai attestant le transfert, le 18 avril 1245, répète à 
son tour : « capellaniam que quondam castellanie Brugensi 
appendebat, silam in Burgo Brugensi, juxta ecclesiam 
Sandi Ihnatiani n ('). 

Nous concluons : 

1"* La charte de 1185 — la seule qu'on ait alléguée 
pour prouver par documenfe écrits une reconstruction et 
une nouvelle consécration de Notre-Dame — ne nous 
apprend rien sur l'histoire de ce monument. 

2^ Les châtelains de Bruges de la famille de Nesle 
possédaient, dans la cour de leur résidence, une chapelle 
dédiée elle aussi à la Sainte Vierge. C'était un édifice 
séparé, construit en pierre eten bois. La chapelle remontait, 
semble-t-il, au moins en projet, à Raoul de Nesle (^), qui 

(M D'après l'original sur parchemin, conservé aux archives du 
Béguinage. Le texte donné par Mir^eus et Foppens, Opera diplomatica^ 
717, est tronqué. 

(*) Original sur parchemin, aux archives du Béguinage. 
(') Original sur parchemin aux archives du Béguinage. Ëdit. MiRiEUS 
etFopFEXs, o»r. citéj p. 717. 

(') Voir la charte de 1185: << veto et rogatu mariti sui pie recorda- 
tioais Radulfi obligata n. 11 est possible cependant que cela ne porte 
qae lar la dotation de la chapellenie. 



170 o. CALLEWABBT 

signe comme châtelain pendant les années 1135 à 1153 ('); 
mais elle ne fut dotée qu'en 1 185, parGertrude et Jean, veuve 
et fils de Raoul, et consacrée, le 10 septembre de la même 
année, par Evrard, évèque de Tournai. La chapellenie, 
fondée dans la chapelle, resta annexée à la châtellenie de 
Bruges jusqu'au moment où celle-ci passa, en 1224, entre 
les mains de la comtesse de Flandre. En 1245 elle fut 
transférée au Béguinage. La chapelle elle-même fut 
abattue et transportée au même endroit avec tous les livres, 
les ornements et les meubles qu'elle contenait. 

3® Les châtelains de Bruges avaient leur résidence au 
Bourg, pai<?que leur chapelle castrale, située « in curia 
castellani » se trouvait « près de l'église Saint-Donatien n. 
C'est donc bien à tort que M. Beaucourt de Noortvelde (*) 
conclut des documents de 1185 que les châtelains occu- 
paient l'ancien hôtel Gruuthuuse, attenant à l'église 
Notre-Dame. 

Nous laissons à des plumes plus compétentes le soin de 
préciser l'emplacement exact de la résidence des châte- 
lains et de leur chapelle. 

* 
* * 

En ce qui concerne l'église Notre-Dame, notre première 
conclusion est purement négative. 

Heureusement, M. le chanoine Gauchie, professeur à 
Louvain, a eu l'amabilité de nous signaler un document 
inédit qui fournit un précieux élément positif pour 
l'histoire archéologique de Notre-Dame de Bruges. Il s'agit 
d'une bulle de Nicolas IV, datée du 15 mars 1289. 

Le prévôt (Drixius) et le chapitre de Notre-Dame ont 

(*) Voir H. CoppiETBRS Stochove. Regestes de Thierri d'Alsace, 
£a 1183, Hacket est encore châtelain (n. 28). En 1163, Conon, fils de 
Kaottl, signe déjà comme châtelain (n. 168). 

(■) Ouvr. cité, p. 19 et 173. 



l'église notbe-bame 171 

commencé une reconstruction très coûteuse de leur église, 
qui menaçait ruine, et ne possèdent pas les ressources 
nécessaires pour mener à bonne fin Tœuvre commencée. 
A leur demande, le Pape engage tous les fidèles des diocèses 
de Tournai et de Cambrai à soutenir cette œuvre par des 
aumônes et des subsides charitables. A tous ceux qui y 
contribueraient il accorde, pour cinq ans, une indulgence 
d'une année et de quarante jours. Il défend, sous peine 
d'invalidité, de faire colporter ces lettres d'indulgence 
par des quêteurs. 

M. £. Langlois a analysé ce document dans les Registres 
Pontificaux de Nicolas /F (publication de l'École Française 
de Rome) p. 174, n** 784. Nous donnons ici le texte de la 
bulle, que M. l'abbé H. DubruUe a eu l'obligeance de nous 
faire copier dans les archives Vaticanes. Reg. Vatic. 44 
(Nicolai PP. IV), epist. 92, folio 131 verso et seq. 

« Uoiversis Christi fixlelibus per Tornacensem et 
Cameracensem civitates et diocèses constitutis présentes 
litteras inspecturis. 

Quoniam, ut ait Apostolus, omnes stabimus ante tribunal 
Christi, recepturi prout in corpore gessimus sive bonum 
fuerit, sive malum, oportet nos diem messionis extreme 
misericordie operibus prevenire, ac eternorum intuitu 
seminare in terris, quod, reddente Domino, cum multipli- 
cato fractu recolligere debeamus in celis, firmam spem 
fiduciamque tenentes quod qui parce seminat parce et 
metet, et qui seminat in benedictionibus de benedictionibus 
et metet vitam eternam. Cum itaque, sicut ex parte 
dilectorum filiorum.. prepositi et capituli ecclesie beate 
Marie Brugensis, Tornacensis diocesis,fuit expositum coram 
nobis, ipsi ecclesiam ipsamj que minaturruinam, de novo 
edificare inceperint^ opère plurimum svmptuoso^ et ad 
ipsias consummationem eis proprie non suppetant facul- 
tates, universitatem ^estram rogamus et hortamur in 
DomJao, in remissionem vobis peccaminum injungentes, 



172 C. CALLEWABBT 

quatinus de bonis vobis a Deo coUatis, eis ad hoc pias 
elctnosinas et grata caritatis subsidia erogetis, ut per 
subventionem vestram ecclesia ipsa valeat consumniari, 
et vos per hoc et alia bona, que Domino inspirante feceritis, 
ad eterne possitis felicitatis gaudia pervenire. Nos ergo 
de Omnipotentis Dei misericordia^ et beatorum Petri et 
Pauli apostolorum ejus auctoritate confisi, omnibus vere 
penitentibus et confessis, qui eis ad hoc manum porrexerint 
adjutricem, unum annum et quadraginta dies de injunctis 
sibi penitentiis misericorditer relaxamus. Presentibus post 
quinquennium minime valituris. Quas mitti per questuarios 
districtius inhibemus, eas, si secus actum fuerit, carere 
viribus decernentes. Datum ut supra. » 

Datum ut supra indique la même date que la bulle 
qui précède dans le même registre, ep. 91, donnée Idïbus 
Martii anno secundo, c.-à-d. le 15 mars 1289. 

L'église Notre-Dame, qui menaçait ruine, a donc été 
rebâtie vers la fin du XIII* siècle. La reconstruction a été 
importante et très coûteuse. Nous laissons aux archéo- 
logues le soin de déterminer quelles sont les parties con- 
servées qui datent de cette époque. Mais nous constatons 
que les historiens sont muets sur cette reconstruction de 
l'église. Sanderus, Weale, De Flou, Duclos ne parlent, au 
XIIP siècle, que de la construction de la tour qui fut 
achevée, dit-on, en 1297. 

* 
* * 

A la même date du 15 mars 1289, en vue d'augmenter 
la dévotion envers Marie, qui amène toujours un grand 
concours de fidèles à l'église Notre-Dame aux jours de 
fôte de la Mère de Dieu, le Pape Nicolas IV accorde une 
indulgence de cent jours à tous les fidèles qui visiteront la 
dite église aux fêtes de Noël, de l'Annonciation, de la 
Purification et de TAssomption. 



l'église notbb-damb 173 

Bien que cette seconde bulle ne se rapporte pas à 
rhistoire de la construction de Notre-Dame, nous nous en 
Youdrions de ne pas ajouter ici le texte de ce document, 
qui nous est encore communiqué très gracieusement par 
M. H. DubruUe et qui contient un témoignage éclatant 
de la grande dévotion de nos pieux aucêtres à Tégard de 
la Sainte Vierge. Le texte s'en trouve, à la suite de la 
bulle précédente, dans le même Registre du Vatican, 44, 
epist. 93, folio 132. 

« .. preposito et capitule ecclesie beate Marie Brugensis, 
Tomacensis diocesis. 

Gloriosus Deus in sanctis suis, in ipsorum glorificatione 
coQgaudens, in veneratione beate Marie semper Virginis 
eo jocundius délecta tur quo ipsa, utpote mater ejus effecta, 
meruit altius sanctis ceteris in celestibus collocari. 
Cupientes igitur ut ecclesia vestra, que in honore beate 
Marie Virginis est constructa, et ad quam ob ipsius Virginis 
devotionem, in ejus festivitatibus magna populi confluit 
multitudo, congruis honoribus frequentetur ; omnibus vere 
penitentibus et confessis qui ecclesiam ipsam in Nativitatis, 
Annuntiationis,Purificationis et Assumptionis festivitatibus 
ejusdem Virginis, annis singulis devote ac venerabiliter 
visitarint, suorum peccatorum veniam humiliter petituri, 
de Omnipotentis Dei misericordia, et beatorum Pétri et 
Pauli apostolorum ejus auctoritate confisi, centum dies de 
injunctis sibi penitentiis misericorditer relaxamus. Datum 
ut supra ». 

La date est donc encore : 15 mars 1289. 

C. Callewaebt. 



I^eehetîehoûs 

les anciens cartulaires de la Flandre. 



Des milliers de chartes furent octroyées dans nos pro- 
vinces au moyen- âge. Ces poudreux parchemins scellés, 
si avidement recherchés par les historiens modernes, 
étaient doublement précieux pour les institutions anciennes 
qui les avaient reçus. Ces actes d'achat, de donation 
ou de fondation, d'accensement ou d'asservissement, 
ces exemptions de tonlieu ou de juridiction, ces conces- 
sions de privilèges ou d'indulgences, ne contenaient pas 
seulement les éléments de l'histoire de l'institution à 
laquelle ils se rapportaient, ilS ' constituaient en même 
temps les titres légaux de leurs propriétés ou rentes, de 
leurs droits ou devoirs, de leurs privilèges spirituels ou 
temporels. 

Aussi, pour les conserver soigneusement, on les réunissait 
dans les chartriers des archives, on cherchait à les 
dédoubler, à les multiplier en s'en faisant délivrer des 
vidimus ou des copies authentiques ; on ne résistait même 
pas toujours à la tentation de fabriquer des pièces 
apocryphes destinées soit à remplacer les originaux perdus 
ou détruits, soit même à se créer des titres nouveaux. 
Souvent leurs détenteurs jaloux les enfermaient dans des 
armoires ou coffres verrouillés et cadenassés; les clefs en 
étaient confiées à plusieurs personnes dont la réunion 
était nécessaire pour la visite des archives. 



AKCIBN8 CABTXTLAIBB8 DB LA FLANDBB 175 

Pour obTÎer à cet inconTénient et pour faciliter les 
recherches, toujours malaisées quand toutes les pièces 
sont séparées, on chercha, surtout à partir des XII* et 
Xni* siècles, pendant lesquels les chartes se multiplaient 
rapidement, à copier les documents, en vue de Tusage 
journalier, sur des registres ad hoc que nous appelons des 
cartulatres. 

Le scribe chargé de cette mission examinait le dépôt 
des archives, classait toutes les chartes selon le groupe- 
ment qu'il trouvait déjà établi (*) ou d'après un ordre qu'il 
jugeait plus pratique (*) ; ensuite il les transcrivait avec 
plus ou moins de fidélité (') l'une à la suite de l'autre, 
laissant au besoin des espaces blancs après chaque divi- 
sion. Le recueil ainsi formé était souvent tenu à jour ou 
du moins complété de temps à autre, par des scribes 
successifs, qui ajoutaient à la fin ou intercalaient à leur 
place convenable les nouveaux documents qui venaient 
enrichir le chartrier. 

(') Le classement des archiveïT^sitT lequel se modelait souvent l'ordre 
des pièces dans le cartuiaire, était généralement basé — tout naturelle- 
ment — sur l'organisation^ les divisions et subdivisions des branches 
de l'administration à laquelle les archives appartenaient. Dans une 
grande abbaye, p. ex., on groupait ce qui se rapportait à la maison- 
mère, aux divers prieurés qui en dépendaient, aux grandes fermes 
qu'on exploitait ; on mettait ensemble toutes les pièces concernant une 
niéme terre, etc. On annotait parfois au dos des chartes le cartulaire 
et la page où on en pouvait trouver copie. 

(*)Dans certains cartulaires d'institutions de moindre importance 
on s'en tenait parfois à l'ordre chronologique des chartes ; ainsi en 
est-ii dans le cartulaire de la chapellenie de Saint-Liévin au Béguinage 
de Bruges. D'autres fois, comme dans le cartulaire de Saint-Donatien, 
conservé au Séminaire, on donnait successivement les bulles pontificales, 
les chartes épiscopales, les privilèges des comtes de Flandre, les statuts 
sjnodanx et antres actes. 

Comme rutilité immédiate qu'on avait en vue était la facilité des 
recherches sur Ja teneur des chartes, il est arrivé bien des fois qu'on 
Aibrégé les formules initiales et supprimé ou raccourci la liste des 
témoins. Son vent aussi on a rajeuni l'orthographe des documents. 



176 C. CALLEWAEBT 

Quelque cent ans plus tard, un autre copiste composait un 
nouveau cartulaire. Il copiait tout d'une traite le contenu 
de l'ancien recueil ; ou bien il supprimait les pièces qui 
avaient perdu leur valeur juridique et transcrivait à 
l'endroit voulu les pièces ajoutées après coup ; ou même, 
se plaçant à un point de vue nouveau, il renouvelait tout 
le classement et composait son cartulaire dans un ordre 
différent du premier. 

Les cartulaires pouvaient ainsi se succéder à des inter- 
valles plus ou moins rapprochés ; et beaucoup d'anciennes 
institutions importantes, chancelleries princières ou épis- 
copales, abbayes ou villes, possédaient des séries de 
cartulaires très différents d'âge, de format, de conception 
et de contenu. 

Les recueils de cette nature no contenaient générale- 
ment que les copies des documents anciens, qui existaient 
séparément et servaient à établir des droits ou privilèges, 
et à délimiter des obligations ou des compétences, etc. 
Accessoirement cependant on y ajoutait des pièces d'une 
autre nature, ou même, dans certains cartulaires de gildes 
ou de confréries, toute espèce de pièces intéressant la 
société. 

Le titre, s'il y en a un, indique d'ordinaire assez claire- 
ment la nature du recueil. Voici quelques-uns de ces 
titres : Üartularium, Copiae cartarum^ Registrum charta- 
rufHy Jura et 2>rivilegiaj Transcriptay primhgiorum^ Liber 
privilegiorum, Registrum bonorum censuum privilegiorum, 
Charterboehy Privilegieboek, Keurboèk^ Ordonnantid)0€ky 
Documentregister, Privilegiën en statuietiy etc. (*). 

On voit par là combien les cartulaires différaient des 
livres de comptes ou de rentes, des registres aux delibéra- 

(*; Quand il y avait plusieurs cartulaires, on les dénommait souvent 
par la couleur de la reliure: Roodenboek, Zwartenboek, Wittenhoek, 
etc. ; parfois on les distinguait par des lettres A, B, etc. 



ANCIENS CABTULAIBB8 BE LA FLANDBE 177 

tîoiiSy des terriers, liggers ou descriptions de biens, deç 
chroniques ou dagboeken^ des obituaires ou nécrologes, etc. 
dans lesquels on inscrivait certaines catégories de faits con- 
cernant Tadministration ou Thistoire de Tinstitution, mais 
qui ne servaient pas comme recueils de copies de chartes 
ou de documents diplomatiques existant séparément (*). 

Il est aisé, après ce qui précède, de juger quelle est 
l'importance des cartulaires au poiat de vue de l'histoire, 
de la toponymie, de la linguistique, etc. Les milliers de 
documents diplomatiques qu'ils renferment sont la source 
la plus objective et la plus riche de l'histoire du moyen âge. 

Un nombre déjà très respectable de chartes sont 
publiées. Qu'il nous suffise de rappeler que la Table 
ehronologique des chartes et diplômes imprimés concernant 
rhistoire de la Belgique par feu M. Wauters compte dix 
gros volumes in-4® et s'arrête à la date 1350. 

Dès sa fondation en 1839, la Société d'Emulation de 
Bruges a compris la nécessité de mettre à la disposition 
des historiens de la Flandre les trésors immenses contenus 
dans nos anciens cartulaires. Sa grande collection du 
Mcnasticon Flandriae qui, malgré ses imperfections, passe 
pour la plus importante publication de ce genre en Bel- 
gique, compte déjà une série de cartulaires d'abbayes ou 
d'iustitutions religieuses flamandes. Néanmoins la masse 
des chartes qui n'ont pas vu le jour n'est pas moins consi- 
dérable et il ne sera jamais possible de tout publier. 
Cependant, pour éclaircir bien des points obscurs, le 
recours aux documents diplomatiques est indispensable. 

Où les trouver? Beaucoup d'originaux ont disparu, et bien 
des chartriers restent cachés ou furent dispersés. Il faut, 
de toute nécessité, pouvoir recourir aux cartulaires, qui 
ont conservé et groupé le texte des anciennes chartes. Il 

f') On trouve cependant parfois des documents importants h la suite 
derertains de ces recueils. 



178 C. CALLEWAEBT 

.Dous faut donc avant tout des répertoires^ aussi complets 
que possible, des cartulaires conservés. C'est dans ce but 
que la Commission royale d'histoire a publié successive- 
ment un Inventaire des cartulaires conservés dans les 
dépôts des archives de VÉtat en Belgique^ 1895, in-8'', 
128 p.; Inventaire des cartulaires conservés en Belgique 
ailleurs que dans les dépôts de VEtai^ 1897, in-8**, 66 p.; 
Inventaire des cartulaires Bel'Çes conservés à Vétranger, 
1899, iu-8% 87 p. 

Mais ces répertoires sont forcément incomplets. Il 
existe, surtout dans les dépôts d'archives qui ne dépendent 
pas de l'État, et chez les particuliers, bien des cartulaires 
qui n'ont pas été inventoriés. Il s'agit donc de compléter les 
inventaires existants. Et en vue de ces recherches, les 
sociétés locales d'histoire peuvent rendre les plus signalés 
services. 

C'est dans ce but que dès la première réunion du Cercle 
brugeois d'études historiques, le 1 1 avril 1903 , nous appelions 
l'attention de nos amis sur la nécessité de rechercher 
les anciens cartulaires de la Flandre non encore inven- 
toriés. Nous signalions à cette occasion, l'existence d'un 
certain nombre de ces recueils, qui ne figurent pas 
dans les inventaires publiés par la Commission royale. 
Depuis lors, nous en avons rencontré plusieurs autres. 
Dans une réunion plus récente, notre Cercle a pris des 
mesures pour poursuivre les recherches avec plus de 
méthode et d'esprit de suite. 

Mais comme les moindres indications peuvent mettre 
sur la piste d'excellentes découvertes, et que toutes les 
bonnes volontés peuvent coopérer à cette œuvre, nous 
nous permettons d'adresser un pressant appel à tous 
nos lecteurs et amis. Nous les prions iustamment de 
vouloir nous faire connaitre les cartulaires flamands qu'ils 
connaissent, en dehors des dépôts des archives de l'État, 



AKCISN8 CABTÜLAIRE8 DE LA FLANDBB 179 

et s'il De leur est pas posible de nous fournir tous les 
renseignements désirés, qu'ils veuillent ou moins avoir 
Vobligeance de nous signaler l'existenoe de pareils 

recueüs{^). 

* 

Quelles sont les indications que doit fournir un bon 
répertoire de cartulaires ? 

l"" L'institution dont il contient les chartes et à Tusage 
de laquelle il a été composé : p. ex. comté de Flandre, 
Franc de Bruges, châtellenie, ville, abbaye, couvent, 
chapitre, église, table des pauvres, hospice, gilde, métier. 
2^ Le contenu. La nature . des actes qu'il contient. 
S'il porte un titre, transcire celui-ci exactement et inté- 
gralement. Indiquer la date de Pacte le plus ancien, et 
celle du document le plus récent. 

Ajouter la langue dans laquelle les actes sont rédigés : 
latin, flamand, français. 
3* L'âge du cartulaire. 

Ceci s'applique évidemment avant tout au noyau primitif 
du cartulaire, qui est écrit d'une seule main. Si on découvre 
Tanaée de sa confection et le nom du scribe, on ne 
manquera pas de les annoter. En dehors de ce cas, on 
devra se baser sur l'écriture ou sur d'autres indications 
(parfois sur la date des actes les plus récents du noyau 
le plus ancien). Pour les ajoutes postérieures, on peut se 
contenter d'indiquer d'une façon générale si elles sont 
nombreuses et à quels siècles appartiennent les actes. 

i"" Une description sommaire du volume : le format, 
la nature des matériaux (parchemin, papier) et Te nombre 
des feuillets. 



(') Nous serions heureux de connaître aussi les anciens obitnaires 
ooaécrologes ainsi que les ohroniqnes. Nous donnerons plus tard 
des renseignements sur ces intéressants documeifts. 



180 C. CALLXWAEBT 

5"^ Le dépôt et le fonda d'archives où le cartulaire 
est conservé. 

6*" Les publications qui auraient reproduit un nombre 

considérable des pièces contenues dans le cartulaire. 

♦ 
* * 

Voici deux exemples de ces notices : 

Eeckhoutte (abbaye de chanoines réguliers de Saint- 
Augustin). 

Transcripia privilegiorum ordinata per Dominum Hu- 
hertum Hauscilt abbcUetn, scripia per manus Joh. Vulre 
diaconi^ anno JDomini 1396, 

Actes de 1130 à 1402 ; quelques ajoutes jusqu^en 1711. 

Latin, flamand et français. 

Ecriture : XIV« s. et suivants. 

In folio, sur parchemin, de 11 feuillets. 

Aux archives du Grand Séminaire de Brodes, 
fonds Eeckhoutte n. 179/151. 

Zoxmebeke (abbaye de Chanoines réguliers de Saiot- 
Augu^tin). 

Jura, privilégia et statuta abbatiae et conventus motui- 
sterii ecclesiae B. Marias Sinnebekensis^ primum quidem 
escripta ex originalibus instrumentis anno 1294, quibtis 
successu temporis alia accesserunt, omnia iterum auteniicaia 
anno Domini 1^12, et nunc demum ex arUiquissimo iUo 
autenticato, charactere item vetustissimo descripto librOj 
excopiatis noviier instrumentis anno 1632. 

Actes de 1072 à 1295, avec quelques ajoutes jusqu'à 1512. 

Ecriture : XVIP siècle : 1632. 

Latin, flamand, français. 

In folio sur papier de 60 feuillets. 

En voie de publication. 

Archives du Grand Séminaire de Brug^es, 
fonds ZonneV)eke. 

C. Callewaebt. 



L'EXPOSITION DES PRIMITIFS A BRUGES 

EN ^902. 



On m*a demandé, à diverses reprises, quelques notes sur 
r£xposition des Primitifs Flamands, quelques détails 
rétrospectifs sur son organisation, quelques renseignements 
sur ses résultats... La réponse à ces questions me 
paraissait longue et difficile : aussi étais-je très hésitant. 
Pour vaincre mes scrupules, on me fit remarquer que cette 
Exposition de 1902 avait été pour Bruges un véritable 
événement, qu^il importait donc, au point de vue de notre 
histoire locale, d'en recueillir les documents, et que leur 
place tout indiquée se trouvait dans les Annales de la 
Société d'Emulation. 

Me parler histoire, me demander une collaboration aux 
travaux de la Société d'Emulation, c7était évoquer des 
souvenirs toujours bien chers et éveiller ainsi en mon âme 
des sentiments qui me désarmaient absolument... 

Je cédai donc. Et, dn exécution de cette promesse, 

j'apporte aujourd'hui à cette Société d'Emulation pçur. 

Vétude de Vhistoire et des antiquités de la Flandre dont 

mon père fut l'un des fondateurs, longtemps le président et 

toojours le collaborateur dévoué, non pas, hélas! une étude 

historique ou le résultat de quelque découverte de nature à 

jeter une lumière nouvelle snr un point obscur de nos 

iiuiales, mais simplement quelques souvenirs personnels 

sur an fait tout récent et encore présent à la mémoire de 

chacun. 



182 B°° H. KBBVYN DE LETTENHOVE 

£q efiét, cette Exposition, tout le monde i^a vue, et je ne 
puis dire des tableaux rien qui n^ait été éprouvé par les 
visiteurs. 

Pourquoi donc venir en parler ? Et quels sont auprès des 
lecteurs de TEmulation, mes titres à les entretenir des 
œuvres de nos Primitifs? Ces tableaux, je ne les ai ni 
conquis, ni découverts. La plupart étaient glorieux déjà. 

Certains d'entre eux avaient même une vraie cour 
d'admirateurs. Ceux qu'on ignorait alors, sont connus 
maintenant et célèbres aujourd'hui. 

Eh bien I quoique que cela puisse paraître paradoxal, 
c'est précisément cette célébrité qui est la seule excuse de 
ces modestes et très simples notes. 

Les tableaux célèbres ne sont-ils pas comme ces 
personnages illustres, pour lesquels l'histoire met à 
contribution les détails les plus familiers et à première 
. vue les plus insignifiants ? 

Des écrivains éminents, membres de nombreuses acadé- 
mies, n'ont-ils pas mis au pillage, pour écrire l'histoire d'un 
homme qui identifie une grande époque, les petits cahiers 
de Joseph, le valet de chambre de Napoléon I ? C'est que 
tout ce qui précède les combats et ce qui suit les victoires, 
est intéressant et souvent instructif dans ses moindres 
anecdotes. 

Ayant été mêlé de très près à' la cuisine préparatoire 
de l'Exposition, j'ai appartenu un peu, comme le Joseph 
de Bonaparte, à l'office ; je lui ressemblai encore plus 
pendant la durée de l'Exposition, puisque j'en fus en 
quelque sorte le concierge, en ayant surveillé l'entrée 
et dirigé moi-même la garde pendant cent onze jours 
sur les cent douze jours de son existence (') ; plus tard, 
au moment d'un départ qui me fendait le cœui:, lorsque 

(') M. K. Goppieters t'Wallant me seconda dans cette besogne avec 
le zèle le plus grand. 



EXPOSITION DEB PBIMITIF8 188 

je fis à nos chers Primitifs, avec les soins les plus minu- 
tieux et la déférence la plus grande, leur toilette de 
Toyage, j^ai approché de plus près encoro mon modèle... 
Je vais donc, des salles superbes de T Exposition, vous 
faire descendre à des sous-sols, et là vous donner quelques 
recettes ! Peut-être serviront-elles un jour ? Car, dans 
quinze ou vingt ans, il se trouvera bien un téméraire pour 
entreprendre une nouvelle Exposition des Primitifs à 
Bruges. Il le faut. Qu^il ne craigne pas; quUl soit jeune 
et enthousiaste, et il la fera bien plus belle que ne 1|S 
fut celle de 1902. Lui donner, à ce cher inconnu, quelques 
renseignements qui pourront lui être utiles et Taider 
ainsi dans cette nouvelle et plus complète apothéose de 
Tart Flamand, voilà une des raisons qui m'ont le plus 
engagé à livrer à la publicité ces modestes souvenirs. 

Ces notes me permettront aussi de soulever quelques 
Toiles et de trahir quelques secrets. Et cette perspective 
m'a séduit et beaucoup encouragé. J'aurai, en effet, un 
Trai plaisir à divulguer aux nombreux lecteurs des Annales 
de rËmulation la connaissance de faits que le public 
ignorait ou connaissait mal et que les intéressés cher- 
chaient à lui cacher ! 

Cette publicité et ces indiscrétions seront même pour 
moi la manière, depuis longtemps désirée, d'acquitter 
quelque chose de la grande dette personnelle que j'ai 
contractée envers certains personnages qui ne cessèrent 
de m'apporter leur haut ou amical appui. Ce sera, d'une 
manière plus générale, l'occasion d'accomplir un devoir 
de justice et de rendre à César ce qui revient à César. 
Le public ne pense trop souvent qu'à ceux qui s'agitent 
de?ant lui : il ne songe pas assez à ceux qui travaillent, 
dans le silence et l'ombre. Il voit le succès : il ne recherche' 
pas ceux qui Pont rendu possible. Les qualifications données 



184 B**" H. KBRVYN DE LETTBNHOVE 

par un catalogue font recueillir par quelques personnes 
qui y figurent avec des titres ronflants, les honneurs qui 
revenaient à des membres protecteurs, dont la haute, 
dévouée et constante intervention a cent fois décidé 
d'une victoire cent fois compromise. 

Et puisque je parle de membres protecteurs, deux noms 
se pressent sous ma plume. Au point de vue de la justice 
comme sous celui de la gratitude personnelle, j'ai hâte 
d'en tracer les lettres : M. Beemaert, Ministre d'État, 
le Comte Charles d^Ursely le regretté Gouverneur de la 
Flandre Occidentale ! 

L'un vis-à-vis du Gouvernement, des administrations 
comtnunales, fabriciennes ou de musées, puis hors de 
Belgique, partout où la renommée de son éloquence et de 
son illustration politique avait pénétrée, c'est-à-dire dans 
l'Europe entière, me vint sans cesse en aide, à tel point 
qu'un jour, ce Ministre d'État, que rien pourtant ne lasse 
lorsqu'il s'agit de son pays et de l'art national, m'écrivit : 
« Décidément être président d'honneur de l'Exposition 
de Bruges n'est pas une sinécure n. Ceci était un post- 
scripium. La première partie de la lettre m'annonçait 
qu'il avait fait à l'instant les démarches que je le priais de 
tenter. Quelques jours après, comme toujours en pareil 
cas, j'apprenais le succès de la négociation. Et, c'est ainsi 
que nos plus beaux Primitifs nous arrivèrent... 

Ce fut à Bruges — le croirait-on — que l'Exposition en 
préparation eut le plus d'obstacles à surmonter, et personne 
ne serait parvenu à les vaincre si le Comte d'Ursel ne 
s'était trouvé providentiellement à la tète du Gouverne- 
ment de la Flandre Occidentale. 

Le regretté Comte d'Ursel avait été zouave pontifical, 
et ce passé avait laissé sur son âme une double et 
ineffaçable empreinte. Ses convictions profondes avaient 
pris à Rome une grandeur et une hauteur de vues toutes 



EXPOSITION DES PRIMITIFS 185 

ebrétiennes. D'autre part, le métier militaire avait mis au 
service de ces idées élevées une énergie toute militaire. 
On retrouvait toujours le zouave sous l'habit du Gouver- 
near. Et naturellement, la difficulté n'effrayait pas ce 
cœur de soldat qui battait sans cesse pour les causes 
les plus nobles! On peut dire, en toute vérité, qu'il ne 
craignait ni les batailles, ni les longues campagnes, quand 
le but à atteindre était de nature à rehausser l'éclat de 
sa province, à servir ses intérêts, à glorifier son passé... 

Ah! qu'on me permette cette parenthèse, qui est comme 
une couronne que je veux déposer sur une tombe vénérée : 
qu'on me laisse rappeler combien le Comte d'Ursel aimait 
notre Flandre et les aspirations élevées qu'il avait pour 
Bruges !... Que de fois il me fit part de ses beaux projets, 
de ses patriotiques espoirs, de tout ce qu'il aurait voulu 
faire de grand et d'utile ; que de fois je le vis à l'œuvre 
pour réveiller des énergies, secouer des apathies, susciter 
des enthousiasmes, appeler des progrès I... 

Il est facile de deviner d'après tout ceci, le secours que 
je trouvai à Thotel du Gouvernement à Bruges. 

Cependant, au premier abord, le C^* d'Ursel s'était 
montré assez sceptique : une semblable entreprise lui 
semblait irréalisable. Mais lorsqu'il vit que, malgré ses 
appréhensions et ses doutes, nous voulions la tenter, avec 
quelle énergie, quelle constance, quelle bienveillance il 
nous aida ! 

Aux noms de MM. Beernaert et d'Ursel, membres de 
notre comité d'honneur, je dois ajouter toute une liste de 
membres effectifs de nos comités belges et étrangers. 

En Belgique, que de concours dévoués je trouvai ! Le 
B" de Vinck de Winnezeele, MM. Cardon, Hulin, Verlant, 
Wauters, Koch, de Witte, B^*» Alb. van Zuyleu, le R. P. 



186 B°" H. KEEVYN DE LBTTBNHOVB 

van den Gheyn, M. R. Coppieters t' Wallant, des dames 
mêmes, comme Madame Paul Errera, mirent le zèle Ie plus 
grand à faire réussir nos projets. 

 Tétranger, il me faut citer MM. Weale, Spielmann, 
Friedlànder, Firmenich-Richartz, le D' Bredins, etc- , etc. 
car bien d'autres encore mériteraient d'être nommés, 
mais mon énumération serait interminable. Je me borne 
donc à ces noms principaux. J'adresse un hommage 
tout particulier et l'expression d'une reconnaissance 
spéciale au B^° de Vinck et à M. Gh. L. Gardon qui 
« travaillèrent n — c'est le mot — avec une ardeur et 
un dévouement inégalés. Le merveilleux arrangement de 
Gruuthuse fut l'œuvre du B®° de Vinck. M. Gardon, après 
s'être mis en quatre pour m'obtenir des tableaux et des 
œuvres d'art, prît une part importante au travail difficile 
et ingrat du placement de nos Primitifs. 

Mais avant de parler du placement des tableaux — ce 
qui nous mettrait à quelques heures de l'ouverture de 
l'Exposition — il serait peut-être logique de raconter sa 
genèse et de montrer comment l'idép même d'une Exposi- 
tion de Primitifs prit naissance. 

Elle eut son origine dans le succès d'autres entreprises 
similaires. Ge furent, en effet, les résultats des expositions 
Rembrandt à Amsterdam et Van Dyck à Anvers qui 
suggèrent à Monsieur Wytsman de Bruxelles l'idée d'orga- 
niser, dans la capitale de la Belgique, une Exposition de. 
Primitifs. 

M. Wytsman s'assura quelques concours, obtint même 
quelques adhésions et, continuant sa tournée, vint demander 
les tableaux de Bruges pour Bruxelles. 

Pour nous autres brugeois, la réponse qui fut faite à sa 
demande est facile à deviner. Ge refus rendait évidem- 
ment l'Exposition de Bruxelles impossible ; toutefois M. 



EXPOSITION DES PBI1CITIF8 187 

Wytsman ne renonça pas à son idée. Il se dit que puisque 
la montagne ne venait pas à lui, il fallait aller à la 
montagne. La montagne, c^était Bruges. Il arriva donc 
à Bruges et rencontra dans les salons du Gouverneur, qui 
était alors M. le B^° Ruzette, des délégués de Tadministra- 
tion communale, des hospices et quelques amateurs d^art. 

M. Wytsman exposa son nouveau projet qui consistait 
à faire TExposition à Bruges même. Tout alla bien jusqu'au 
moment où il demanda un subside. On lui répondit, mV 
t-on raconté, qu'on lui accorderait 300 francs. M. Wytsman 
qui évaluait la dépense à 100,000 francs et espérait un 
subside de 15 ou 20,000 francs, plia ses papiers et partit 
sans esprit de retour. 

Complètement découragé et ayant renoncé définitive- 
ment à rien tenter à Bruges, il passa la main, sans se 
faire prier, à un brugeois, M. Tulpinck. Celui-ci, une 
fois en possession du dossier Wytsman, demanda et obtint 
de M. Ruzette la convocation d'une nouvelle réunion 
pour examiner de rechef la même affaire. 

C'est donc bien M. W^ytsman — je tiens à lui rendre 
une seconde fois cette justice — qui fut le véritable 
* promoteur m de l'Exposition des Primitifs. Je lui avais 
déjà reconnu cette qualité dans mon discours de clôture 
de l'Exposition. Et, lui-même, dans une brochure imprimée 
à Bruxelles, avait revendiqué à son tour ses droits à ce 
titre. Il est vrai qu'après le succès de l'Exposition, cela 
n'a pas empêché une autre personne de prendre sur des 
circulaires et des imprimés français et flamands répandus 
à profusion, les noms ronflants et devenus glorieux de 
' promoteur j organisateur ^ ontwerper n y etc. de l'Exposi- 
tioD ! 

La seconde assemblée qui fut réunie chez le B^° Ruzette, 
eut lieu le 17 décembre 1900. Elle était fort nombreuse : 
le Collège échevinal 'de la ville de Bruges y était 



188 B"" H. KEEVYN DE LETTENHOVE 

représenté, ainsi que les administrations fabriciennes et 
hospitalières, les sociétés archéologiques, les artistes et 
les amateurs d'Art. 

M. Tulpinck développa de nouveau le projet de 
M. Wytsman, c'est-à-dire l'idée de réaliser à Bruges même 
et d'y organiser l'Exposition des Primitifs, décidée d'abord 
à Bruxelles. Il déclara que cette entreprise pouvait se faire 
avec des frais bien moins considérables que ceux indiqués 
par M. Wytsman, et que par conséquent l'obstacle qui avait 
tout fait échouer disparraissait. 

A l'appui de cette aiSrmation, il produisit le devis des 
dépenses qu'entraînerait selon lui cette Exposition. Ce 
devis était loin d'atteindre les 100.000 francs indiqués par 
M. Wytsman. 
Le voici, du reste : 

Assurances sur 6 millions fr. 3,000 

Surveillance 15 hommes (100 jours à 2 fr.) . » 3,000 
2 chefs surveillants à fr. 2.50 par jour . . » 500 

Transports et assurances de transport ...» 2,500 

Caisses » 1,500 

Menuiseries n 4,000 

Aménagement » 1,500 

Déballage et emballage » 1,000 

Publicité, frais de voyage, de bureau et 

divers » 1,500 

Imprévu » 2,800 

2 Pompiers n 500 

Total. . . fr. 23,800 

C'est-à-dire moins du quart de la somme prévue par 
M. Wytsman. Nous verrons plus tard combien ce nouveau 
calcul était peu sérieux. Qu'il me suffise de dire, pour le 
moment, que les frais de l'Exposition s'élevèrent à plus de 
160.000 francs! 



EXPOSITION DBS PBIMITIPS 189 

Cependant ce chiffre de 23.800 francs avait jeté un froid 
sur rassemblée. M. Tulpinck assura alors qu^il était plutôt 
exagéré et très probablement au dessus de la réalité. 
Malgré cela, quand il fallut trouver les moyeng de con- 
stituer cette somme, le froid devint glacial. Un membre du 
Collège se leva pour dire qu^il ne savait pas ce que Tadmi- 
nistration communale déciderait, mais qu'il pensait que 
son subside ne pourrait dépasser 2000 fr. Un membre de 
la Députation permanente ajouta que le subside de la 
province ne serait probablement pas supérieur à 500 francs. 

Les choses allaient, très mal... Ce fut alors que le Gou- 
Terneur, avec un grand à propos, pour empêcher un 
naufrage complet, déclara qu'il allait constituer un comité 
de trois membres qui ferait une nouvelle étude du projet et 
tenterait des démarches auprès du Gouvernement et de 
la ville de Bruges afin de savoir exactement quels sub- 
sides on pourrait obtenir. 

Mais lorsqu'il fallut nommer cette commission, personne, 
sauf naturellement M. Tulpinck, ne voulut en faire partie. 
Chacun avait un prétexte pour s'y soustraire. Le Gouver- 
neur, de rang en rang, arriva jusqu'aux places du fond. 
Venu en retard, j'occupais la dernière chaise de la der- 
nière ligne, et ce fut à ce hasard, je pense, que je dus d'être 
désigné. En effet, le B®° Ruzette, appuyé par tous ceux 
qui désiraient échapper à cette mission plus que douteuse, 
ne voulut pas accepter mes excuses, car elles l'eussent 
obligé à recommencer toute la tournée. M. De la Genserie, 
directeur de l'Académie des Beaux-Arts, dut à ce titre de 
subir la même violence. 

A quelques jours de là, le Baron Ruzette était brusque- 
ment et mortellement frappé. Ce fut un deuil général, 
dont chacun de nous a gardé le triste souvenir. 

Pour la future Exposition, cette mort, qui lui enlevait 
un partisan convaincu et un puissant protecteur, était 
un coup terrible. 



190 B**° H. KBBVYN DB LBTTBNHOVE 

De longues semaines se passèrent avant que Ie Comte 
d'ürsel ne fût nommé. Celui-ci voulut bien confirmer le 
mandat que nous avions reçu de son prédécesseur ; mais 
le temps perdu était trop considérable pour qu'il fut encore 
possible de faire TExposition en 1901, comme cela avait 
été préconisé par M. Tulpinck. 

£n la reculant d'un an, nous gagnâmes un délai qui fiit 
même trop court à mon avis. Car, si j'avais eu quelques 
mois de plus, il est bien des démarches que j'aurais encore 
pu tenter et des tableaux que j'aurais obtenus ! 

Lorsqu'on refera une exposition de Primitifs, qu'on s'y 
prenne trois ans d'avance et que durant ces trente six 
mois, on travaille chaque jour ! 

Aussitôt après l'audience, pendant laquelle le C^* d'Ursel 
nous avait continué notre mission, je me mis à l'ouvrage. 

Mon premier soin fut d'examiner sérieusement les 
prévisions de dépenses. J'eus aussitôt la conviction que 
M. Wytsraan, dans ses calculs, devait être bien près des 
probabilités. J'estimai que sans 10,000 francs de subside 
de la ville, 25,000 de l'État et 5,000 de la province, il 
était impossible de rien tenter. On m'objecta, avec de 
grands désespoirs, que j'allais tout ruiner et que je voulais 
obtenir des choses impossibles. Je répondis que si l'on ne 
voulait pas nous donner les moyens de mener à bien 
l'entreprise, il valait mieux ne pas la commencer. 

Mais avant de demander des subventions, il était de 
bonne diplomatie de nous assurer de hauts concours 
moraux. Et c'est là un point extrêmement important, sur 
lequel j'appelle l'attention de tous les organisateurs 
d'expositions de tableaux à venir. 

Ji$ partis donc pour Bruxelles, et naturellement je me 
rendis en premier lieu chez M. Beernaert, ministre d'État. 



EXPOSITION DBS PBIMITIFS 191 

Il se montra d^abord assez mal disposé pour notre entre- 
prise bmgeoise. N'était-ce pas Bruges qui avait fait 
échouer l'Exposition projetée à Bruxelles, qu'il avait plus 
que tout autre patronée? M. Wytsman qui était allé à 
Bruges sur sa recommandation, n'y avait-il pas été si mal 
reçu qu'il avait jeté le manche après la cognée ?... 

Que faisait-on, du reste, à Bruges pour les arts? Où 
pourrait-on y exposer des tableaux en grand nombre, alors 
qu'on n'avait pas même un local décent pour les chefs- 
d'œuvre de l'école des Van Eyck appartenant à la ville ?... 

Tout cela était bien vrai, hélas I... Je dus plaider les 
circoQstances atténuantes, évoquer les souvenirs du passé, 
parler d'un avenir meilleur, insister sur le caractère 
artistique et patriotique de ce projet. Ces dernières con- 
sidérations furent décisives. Patrie, Art, sont deux mots 
magiques pour M. Beernaert, et les gloires du passé comme 
les espérances de l'avenir en ce qui concerne Bruges, lui 
sont, malgré tout, particulièrement chères. Il l'avait déjà 
montré dans la question de Bruges port de mer, il devait 
le prouver encore plus, si possible, dans l'entreprise de 
r£xposition des Primitifs Flamands. 

Il daigna donc accepter le titre de Président d'honneur 
de l'Exposition de Bruges que je lui offrais. Ce fut ma 
première et plus importante victoire. 

De chez M. Beernaert, j'allai chez M. le baron van der 
Bruggen, ministre de l'Agriculture et des Beaux-Arts. 

M. van der Bruggen m'arrêta dès les premiers mots 
de mon exposé : « Est-ce l'administration communale de 
Bruges qui organise cette affaire ?» Et sur ma réponse 
n^ative, il me déclara que le gouvernement ne pouvait 
pas subsidier des entreprises particulières; que, du reste, 
un projet aussi difficile était irréalisable si la ville de 
Bruges ne lui donnait pas un caractère officiel et n'en 
prenait pas Tiaitiative et les responsabilités auprès des 



192 B^*** H. KBEVYN DE LBTTBNHOVE 

prêteurs. J'eus la maladresse de parler de TËxposition 
Van Dyck à Anvers. Cela permit au ministre d'appuyer 
sa théorie d'un exemple. Et non seulement, il me fit 
remarquer que l'Exposition Van Dyck était officiellement 
organisée par la municipalité, mais que malgré cela, elle 
avait laissé un déficit. Or, à Anvers, on avait des locaux 
tout aménagés, alors qu'à Bruges nous aurions à en 
arranger et à en décorer à grands frais... 

Hélas ! à aucun, prix, le Bourgmestre de Bruges ne 
voulut prendre le rôle et assumer les responsabilités 
indiqués par le ministre. Bien plus, il ne croyait pas à la 
possibilité de cette entreprise : « Je manque un peu de 
confiance, m'écrivait-il, dans la possibilité de réaliser ce 
projet. Je suis effrayé des difficultés, des charges, des 
risques qu'il entraîne, même pour les organisateurs, n 

Ce fut là un moment critique. De tous les côtés, nous 
recevions des conseils do ce genre, vrais douches glacées 
tombant sur la flamme de notre premier enthousiasme. 
Personne ne voulait même accepter la présidence de cette 
hasardeuse entreprise I 

Nous ne nous laissâmes cependant pas décourager, 
et la suite nous donna raiâon. C'est encore une consta- 
tation qu'il est utile de faire, dans l'intérêt des expositions 
à venir. 

Je retournai donc chez M. van der Bruggen. Celui-ci, 
sans rien modifier à sa manière de voir, me renvoya au 
Directeur du Beaux- Arts « qui, me dit-il, me prouverait, 
en me montrant le dossier de l'Exposition d'Anvers, le 
bien fondé de ses craintes et de ses objections. » 

Je n'avais pas l'honneur de connaître M. Verlant. 
Dispensateur éclairé et tout puissant de la manne gouver- 
nementale aux artistes, son bureau est sans cesse assiégé 
de quémandeurs qui tous se disent artistes. 

Il est donc tout naturel qu'il fronce ses noirs sourcils 



XZP081TI0K DES PBIMITXF8 198 

et preune son air le plus grave et son regard le plus 
sombre quand il voit entrer un inconnu. Cet accueil 
séTèrc se dissipa après quelques instants de conversation, 
et M. Verlant me montra bientôt qu'il s'intéressait à 
notre entreprise et qu'il serait heureux de pouvoir la 
soutenir officiellement. Mais la chose lui paraissait bien 
difficile. Et de même que le ministre, il me répétait 
saos cesse : « Pourquoi la ville de Bruges ne fait-elle pas 
comme la ville d'Anvers et ne donne-t-elle pas une 
estampille officielle à l'Exposition? Dans tous les cas, 
ajouta-t-il, le Gouvernement ne pourra faire plus que de 
doubler le subside accordé par la ville de Bruges* » Or, il 
résultait d'une conversation que j'avais eue avec un membre 
influent du Conseil communal que nous ne pouvions espérer 
que deux ou trois mille francs au maximum, comme sub- 
side de la ville. Cette somme doublée par le Gouvernement, 
nous donnait comme total cinq ou six mille francs I 

Cela eût paru peut-être possible à certaines personnes, 
avec le devis de 23,800 francs dont on avait donné lecture 
à notre réunion chez le B®° Ruzette ; cela me semblait 
absolument dérisoire avec des prévisions de dépenses se 
rapprochant du total indiqué par M. Wytsman, chiffre que 
je croyais réel. 

Il fallait donc coûte que coûte obtenir de la ville un 
subside beaucoup plus considérable. C'était la base de 
tout: si l'administration communale ne l'accordait pas, 
eh bien ! on renoncerait à l'Exposition. Se désister valait 
mieux, me semblait-il, que d'arriver à une débâcle ou à 
un pitoyable échec. 

Cette manière de voir n'était pas partagée 'par tout le 
monde ; mais elle prévalut néanmoius et j'adressai aussitôt 
une requête au Conseil communal pour obtenir un subside 
de 10,000 francs, puis un même exposé au Conseil provincial 
pour lui demander 5,000 francs. 



194 B®° H. KBBVYN DE LETTBNHOVB 

Ges deux subsides — à rétounement de tout le monde — 
nous furent accordés. II serait trop long de .raconter 
toutes les démarches qui les précédèrent, mais aucun 
moyen pour réussir n'avait été négligé. Et ce principe 
avait été appliqué : qu'une requête écrite et collectiTe doit 
toujours être accompagnée de visites personnelles. 

'Dès que le subside de la ville nous fut acquis — sans 
attendre celui de la province qui ne pouvait être voté que 
plus tard — je retournai au ministère des Beaux^Arts. 

M. Yerlant était d'accord avec moi sur le principe, mais 
non encore sur le quantum du subside ; après des discus- 
sions qui durèrent toute une journée et dans lesquelles 
je me montrai entêté comme un Breton, puis après de 
longues conférences avec le Ministre, j'obtins un subside 
de 25,000 francs. Quel triomphe I 

Encouragé par ce succès, je fis aussitôt des démarches 
du même genre auprès de la Compagnie des chemins de 
fer de la Flandre occidentale qui m'accorda 1,500 francs. 

Enfin, des concitoyens généreux se firent membres pro- 
tecteurs de l'Exposition et me versèrent chacun une somme 
de cent francs. C'est un devoir pour moi de citer leurs 
noms; les voici : MM. le B*" P. van Caloen de Basscghcm, 
C. van Caloen de Basseghem, le B"" E. van Caloeo, le 
B*° M. de Crombrugghe, L. DeMeulemeester, V. De Meulc- 
meester, G. Baert, J. Dobbelaere, G. Eloi, Empain frères, 
R. Fraeys, F. Ganshof, A. Ganshof, Janssens de Bisthoven, 
Jooris, Joos de ter Beerst, le Baron Lambert, A. Kervyn, 
vauOckerhout, le Baron Peers de Nieuwburg, van derRenue 
de Daoleubroeck, A. Rouse, le Baron Ruzette, L. Ryelandt, 
J. Schramm'e, A. Solvay, D. Van Caillie, Van der Ghiust, 
M* Van dcr Mecrsch, A. van de Walle, van Ruymbeke, 
C. Verhaeglie, E. Verstraete, E. Visart de Bocarmé, 
le Baron Prosper van Zuylou van Nyevelt, Van deo 
Bogaerde. 



EXPOSITION DES PBIMITIFB 195 

Les subsides obtenus se composaient donc de : 
10,000 fr. de la ville de Bruges 
5,000 fr. promis par laDéputation permanente 
25,000 fr. de l'État 
1,500 fr. de la C'« de la Flandre 
3,800 fr. de nos membres protecteurs; 

total 45,300 francs I 

Tant d^argent augmenta mes ambitions et me décida à 
greffer tonte une série d'autres expositions sur celle des 
tableaux. 

Cette pensée me poursuivait depuis longtemps : aux 
tableaux, je voulais adjoindre les miniatures, les 
orfèvreries, les sceaux, les monnaies et le mobilier. Je 
désirais compléter notre projet de façon à donner au visi- 
teur une idée, aussi approximative que possible, de la 
civilisation artistique qui régnait à Bruges, sous les ducs 
de Bourgogne: 

Plusieurs de mes collègues trouvaient bien imprudent et 
peu raisonnable de compliquer ainsi l'entreprise déjà 
difficile et aléatoire des tableaux. Je persistai néanmoins 
daas mon idée ; et comme nous avions décidé de con- 
voquer une réunion de toutes les personnes qui avaient 
adhéré à notre projet, je me promis d'en profiter pour 
porter devant l'assemblée cette question et pour y poser 
le problème. 

Voici en quels termes j'exposai et défendis ma thèse : 

« Ne devons nous pas, à Bruges même, faire revivre 
dans son ensemble cette époque si glorieuse des ducs de 
Bourgogne?... Ne devons-nous pas l'y faire revivre toute 
entière?... 

« Est-il une entreprise plus digne de notre zèle, que 
de chercher à reconstituer, par la réunion de ses chefs- 



196 B** H. KBBVYN DE LBTTENHOVE 

d'œuvre de peinture, de sculpture et d'orfèvrerie, le 
caractère d'uae époque où les arts atteigairent un si haut 
développement? 

« Est-il, pour une semblable Exposition, un cadre 
comparable à celui de Bruges? N'est-ce pas à Bruges 
que fleurirent, au XV* siècle, tous les arts, sous la double 
influence du génie industriel des communes flamandes 
et du faste royal des ducs de Bourgogne ? 

« Si Jean Van Eyck n'est pas né à Bruges, c'est 
Bruges qu'il adopte... Et n'est-il pas plus glorieux d'avoir 
été choisi par ce grand peintre pour être le séjour de 
sa gloire, que de lui avoir donné le jour ? N'est-ce pas 
sous le nom de Jean de Bruges, que sa renommée s'étend 
dans toute l'Europe? 

« N'est-ce pas à Bruges que tous les chefs d'école 
viennent, comme à une source unique, puiser les enseigne- 
ments de l'immortel maître? 

« N'est-ce pas enfin par les peintres de Bruges que 
l'école Flamande exerce, à cette époque, sur le monde 
entier, une influence prépondérante ? 

« Bruges a donc un devoir de reconnaissance à remplir 
vis-à-vis de ses plus glorieux enfants. Ce qu'Amsterdam a 
fait pour Rembrandt, ce qu'Anvers a fait pour Van Dyck, 
Bruges le doit à Van Eyck, à Memling, à G. David, et 
même à ses Claissens et à ses Fourbus. 

« Laissez-moi, à ce propos, vous rappeler les paroles 
d'un savant étranger (*) qui s'est beaucoup occupé des 
ducs de Bourgogne. Parlant des Maîtres primitifs de 
l'Ecole de Bruges, il disait, il y a longtemps déjà : « Je ne 
crois pas que la Belgique puisse reculer devant la tâche 
si belle de mettre un jour sa gloire et son art du XV"* 

(») M. de la Borde. 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 197 

siècle en éTldence... On doit attendre d^elIe cet effort de 
déTouement patriotique I » 

« Il est impossible, Messieurs, que ces justes paroles ne 
trouvent pas enfin un écho dans la vieille cité, berceau 
de toutes les merveilles du moyen-âge, au milieu surtout 
de cette élite, réunie aujourd'hui dans les murs mêmes de 
ce palais de Gruuthuse, dont le fastueux seigneur, grand 
protecteur des arts, s'appelait Jt^an de Bruges ! 

" Non, Messieurs, nous entendrons cet appel patriotique; 
car, comme le disait souvent une voix qui m'était particu- 
lièrement chère : « les sociétés qui ne savent pas honorer 
leur passé, ne méritent pas un glorieux avenir ! » 

■ Cette noble fierté du passé, gage certain de l'avenir, 
est — je le constate avec joie — un sentiment que Ton a 
toujours eu à Bruges. Vers la fin du XV* siècle déjà, un 
des griefs principaux contre Maximilien, fut la dispersion 
des richesses artistiques réunies par la maison de 
Boargogne. 

« Cherchons donc à refaire, au moins d'une manière 
momentanée, ce que les Brugeois d'alors réclamaient avec 
tant d'énergie. 

« Reconstituons cette page d'histoire, glorieuse eutre 
toutes, et nous n'aurons pas seulement servi Bruges, mais 
bien la Belgique entière, mais l'art dans sa conception 
la plus élevée ! 

« Il y a bien des années déjà, l'Académie royale de 
Belgique inscrivait parmi ses concoure la question suivante : 
« Quel a été Je point de départ et le caractère de l'art 
flamand sons les ducs de Bourgogne. Quelles sont les 
causes de sa grandeur et de sa décadence ? « Notre 
Exposition de tableaux et d'enluminures résoudra, en 
mettant sous ros yeux tous les éléments réunis d'une 
sérieuse étode, cette question, d'un intérêt capital. 
« Et à coté de cette galerie, si instructive pour tous, où 



198 B*** H. KBBVYN DB LETTENHOVE 

Ton pourra voir les sources, Téclosiou, Tépaaouissement 
et les causes d'affaiblissemeut graduel de Técole primitive 
flamande, nous chercherons, dans ce merveilleux palais 
même, si plein de souvenirs artistiques, à reconstituer, 
avec des tapisseries de toute lisse, tissées à Bruxelles, 
avec les belles étoffes de Gand, avec les joyaux ciselés à 
Anvers ou venus des rives de la Meuse, avec les miniatures 
des précurseurs de Van Eyck, avec quelques exemplaires 
de la belle « librairie n des seigneurs de Gruuthuse, nous 
chercherons avec tous ces précieux trésors, à reconstituer 
la demeure d'un des plus puissants et des plus éclairés 
parmi les nobles protecteurs des arts au XV' siècle. 

« C'est ce but, plein d'intérêt et d'enseignements, 
c'est ce but élevé et patriotique, que je vous propose, 
Messieurs, et c'est pour y atteindre que je réclame avec 
instance votre précieux et plus dévoué concours, d 

Ce projet fut accepté par toute' l'assemblée. Le comte 
d'Ursel qui la présidait, était enchanté de la façon dont les 
choses s'étaient passées et commençait à avoir foi dans 
le succès de notre entreprise. 

Cependant tout ceci n'avait pas l'importance qu'on 
pourrait croire. Un seul membre de notre futur comité 
des tableaux assistait à la séance et d'autres notabilités 
encore s'étaient excusées. C'était là un mauvais symptôme 
et j'en eus bientôt l'explication. 

A ces personnages haut placés dans la direction de nos 
musées nationaux, par une impardonnable négligence, on 
avait simplement envoyé, pour leur demander leur parti- 
cipation la plus active, un bout de circulaire imprimée. 

De là un légitime froissement et une hostilité dont 
M. Verlant eût la bonté de me signaler les dangers. 

Je ne connaissais pas les personnes envers lesquelles on 
avait ainsi manqué d'égards et qui, pour cette raison, 
n'avaient même pas répondu à notre convocation, mais je 



XXP08ITX0M BE8 PBIHIT1F8 109 

ro*empressai cependant de leur écrire longuement pour les 
prier d'agréer mes excuses. 

C'étaient des hommes aimables et bienveillants ; ils me 
le montrèrent par les lettres qu'ils m^adrcsèrent aussitôt. 

Mon impression fut encore meilleure lorsque, quelques 
jours plus tard, chez M. Beernaert qui avait la bonté de 
nous réunir, je fis la connaissance de MM. Cardon et 
Wauters du Musée de Bruxelles, Koch du Musée d'Anvers, 
Maeterlinck du musée de Gand, etc. 

Nous eûmes ainsi, de nombreuses réunions chez 
M. Beernaert, qui les présidait toujours lui-même. 

C'était intéressant, instructif, charmant. Tout le monde 
prenait des engagements, faisait des serments ; mais la fois 
suivante M. Beernaert constatait que peu de chose avait 
été fait. Les tableaux n'arrivaient pas... 

La besogne lapins utile qui fut accomplie, se résume en la 
formation de comités étrangers de membres protecteurs. 

Car, ces comités constitués, je pus me mettre à corres- 
pondre directement avec eux, et ce fut seulement alors 
que les choses avancèrent un peu. 

En Angleterre et en Allemagne, j'avais trouvé des cor- 
respondants d'un zèle et d'une compétence remarquables. 
A Londres, c'étaient MM. Weale et Spielmaun. 

En Allemagne, MM. Friedlaiider et Firmcnich-Richartz. 

Pour donner une idée du zèle de M. Is. Spielmann, il me 
suffira de dire que je conserve de lui plus de cent cinquante 
lettres remplies de renseignements utiles. 

Tout le monde connaît l'amour de M. Weale, le 
réoérable père de G. David, pour les Primitifs ; aussi 
n'étonnerai-jc personne en disant qu'il se dévoua de tout 
son cœur à leur apothéose. 

Il était également un excellent correspondant, et parmi 
plus de deux mille autographes, intéressantes réponses 



200 B^*" H. KERVYN DE LETTENHOVE 

à des lettres que j^ai écrites à Toccasioa de TExposition 
des Primitifs, les siennes occupent une place d'honneur. 

Tous ces autographes réunis forment une précieuse 
collection. Je ne regrette donc pas d'avoir tenu pendant 
les dix-huit mois qui ont précédé l'Exposition, à écrire 
moi-même toutes les lettres de quelqu'importance. Que 
ceci soit un encouragement ! La besogne est un peu rude 
et demande de la persévérance ; mais que d'avantages à 
négocier sans intermédiaire, à préparer soi-même le 
terrain, à poursuivre un plan avec suite ! Â chaque per- 
sonne, il faut un argument spécial et souvent on ne peut 
procéder que par étapes. Avec chacune, il faut tenir compte 
des renseignements obtenus sur elle. Avec toutes, il faut 
des formes, mais ces formes doivent varier naturellement 
suivant le rang et la situation. Gomment cela peut-il se 
faire dans un bureau ? 

Je crois donc que le succès d'une Exposition difficile 
dépend en grande partie de la correspondance qui doit 
s'établir ainsi, directement, entre les futurs prêteurs et 
celui qui a la conduite de l'entroprise. Je pense même que 
c'est là un bon conseil — une bonne recette si vous voulez — 
que je donne à ceux qui auront la patriotique pensée de 
réunir encore quelque jour les chefs-d'œuvre de nos 
maîtres flamands dans ce Bruges qui est l'endroit tout 
indiqué pour leur glorification. 

Je viens de parler du zèle de plusieurs de nos distingués 
correspondants de l'étranger. 

Il n'en fut cependant pas partout ainsi, et à S*-Peters- 
bourg notamment, nous ne trouvâmes pas le concours qui 
eût été nécessaire pour obtenir certains tableaux qui par 
leur muîtrise, tels les Van Eyck, ou leur provenance, tel 
un Q. Metsys ayant appartenu autrefois à l'église de 
S*-Donat, avaient leurs places tout indiquées à Bruges. Le 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 201 

Trai moyen, si le temps ne nous avait pas fait défaut, eut 
été d'aller soi-même à S'-Petersbourg. Que le président 
de la future Exposition des Primitifs prenne sur ce point 
de meilleures dispositions que moi et... un billet pour 
S*-Petersbourg... 

Pour faire compensation, certains autres de nos corres- 
pondants péchaient, au contraire, par excès de zèle. 

C'est ainsi qu'une grande dame de Paris, à laquelle un 
de nos présidents d'honneur avait bien voulu recommander 
notre entreprise, répondit aussitôt à ma requête avec un 
tel enthousiasme qu'il lui fallut seize pages pour en résumer 
les impressions, rédigées cependant en style télégraphique ! 

La lettre se terminait par quelques questions *» destinées 
à lui permettre de continuer des démarches déjà com- 
mencées, n Elle n'avait pu faire grand'chose encore, 
mais cette charmante et irrésistible protectrice des Arts, 
m'annonçait qu'avec les renseignements demandés, elle 
arriverait, en peu de jours, à nous former à Paris un 
comité d'une trentaine d'hommes dont elle m'énumérait les 
noms et les qualités qui, dans la plupart des cas, n'avaient 
aucun rapport avec nos Primitifs. Elle ajoutait qu'elle 
s'occupait déjà d'adjoindre à cette compagnie des trente, 
une armée de deux cents dames patronesses, choisies 
parmi les plus élégantes de Paris, ainsi qu'elle avait fait 
dans une autre Exposition. « A ces trente personnages 
et à ces deux cents dames, disait en terminant ma 
correspondante, vous écrirez vous-même « en leur aflSr- 
mant que ce que vous leur demandez ne les engage à 
rieo. 9 « C'est ainsi, ajoutait-elle finement, qu'il faut 
toujours faire en commençant... Aux propriétaires de 
chefs-d'œuvre ne parlez surtout pas de leurs tableaux... 
dites leur qu'il ne s'agit que d'un patronage moral... Plus 
tard, s'ils ne se montrent pas très disposés à prêter? 



202 B**" H. KERVTN DE LEMBNHOVE * 

faites paraître des articles dans les journaux, où vous 
mettrez en vedette les noms des exposants futurs. Pour les 
hommes, la vanité et aussi, si vous le pouvez, Tespoir de 
quelque décoration... Pour les dames, si vous avez Tame 
poétique, les lettres les plus poétiques possibles et puis 
des prospectus de TËxposition sur un papier élégaut, 
encadrés d'un joli motif de l'époque... » 

Cette grande dame connaissait le cœur humain, et ses 
conseils ne sont pas à dédaigner. Quant à moi, j'avoue 
que plus d'une fois j'en tirai le plus grand profit et que 
bien souvent j'en remarquai la justesse. 

Cependant l'impression que me fit cette lettre, au 
moment de sa réception, a'avait rien de philosophique. 
Cette lecture, au contraire, me bouleversa... Dans ces seize 
pages, je ne voyais qu'une chose : deux cents amazones 
commandées par trente oiEciers de toute espèce, de tout 
grade et de tout âge et lancées dans mon arène, sans me 
prévenir et sans crier gare ! Quelle avalanche ! Quelle 
invasion ! Comment l'éviter ? 

Je pensai qu'il n'y avait pas à hésiter et qu'il fallait 
partir sur l'heure pour Paris. J'arriverais peut-être encore 
à temps pour empêcher cette nouvelle croisade de se 
constituer ? Et cela était d'autant plus important 
pour moi, que j'avais déjà écrit à divers personnages 
éminents, à Paris, précisément pour leur demander de 
former un comité. Voyez-vous ma position entre ces deux 
comités: celui des deux cents daines avec leurs. trente 
caporaux, et celui composé chez M. Beernaert et com- 
prenant M. le B^° d'Anethan, notre ministre à Paris, 
M. Berger, député, membre de l'Institut, président des 
Amis du Louvre, M. Roujon, directeur dos Beaux-Arts, 
M.Gruyer, membre de l'Institut et conservateur du musée 
de Chantilly, M. Denys Cochin, député, M. Ch. Ephrussi, 



EXPOSITION DBS PBIMITIFS 208 

directeur de la gazette des Beaux- Arts, M. Bonoat, 
membre de Tlnstitut, le C^* G. de la Rochefoucauld, 
président de la société des artistes-amateurs, M. Beuoist, 
conserFateur au musée du Louvre, M. G. Dreyfus, l'érudit 
et aimable collectionneur, etc. etc. 

J^ayais déjà reçu de toutes les personnes que je viens 
de citer, des réponses favorables aux lettres personnelles 
que je leur avais adressées. Je m'étais même donné beau- 
coup de peine en cherchant pour chacun d'eux des arguments 
ad hominem, et le succès avait recompensé mes efforts 
puisque tous ceux auxquels je m'étais adressé — sauf 
deux — m'avaient envoyé très aimablement leur adhésion. 

Deux avaient refusé : M. R. Kahn et M. Goldschmidt. 
Le premier était fort dangereusement malade ; le second 
counaissait trop bien la recette que ma correspondante de 
Paris m'avait indiquée. « Vous me demandez de faire 
partie de votre comité, m'avait-il écrit, puis une fois que 
je serai des vôtres, vous me demanderez mes tableaux. 
Comme j'ai pour principe de .ne jamais les prêter, vous 
m'excuserez de décliner l'honneur que vous jne pro- 
posez... n 

C'était court, mais juste ! 

Le président de notre comité français était M. G. Berger, 
c'est-à-dire l'homme le plus aimable et le plus dévoué 
aux arts qui se puisse trouver. Il m'avait adressé une 
lettre charmante me promettant tout son concours. Et ce 
ne fttreat point la de vaines paroles. Je suis très heureux 
de pouvoir le remercier publiquement de tout ce qu'il 
fit pour l'Exposition de Bruges. 

Me voilà donc en route pour Paris, me demandant tout 
le temps de mon voyage comment je m'y prendrais pour 
empêcher, sans la froisser, ma trop ardente correspon- 
dante de procéder au recrutement de ses deux cents 
dames ou, si le mal était déjà fuit, ce que je pourrais 



204 B^" H. KEEVYN DE LETTBNHOVB 

inventer pour obtenir d'elle le licenciement de ces 
troupes ! 

Arrivé à Paris à 5 heures du soir, à 6 heures je sonnais 
à la porte de son superbe hôtel. Elle me reçut le plus gra- 
cieusement du monde, et je trouvai que sa réputation de 
beauté était aussi méritée que le renom de son affabilité. 

Deux académiciens et un ténor illustre étaient dans 
son salon. Elle leur parla aussitôt de TExposition de 
Bruges avec un superbe enthousiasme et... leur proposa 
illico d'entrer dans notre comité. Vous devinez mon état! 
J'arrivais pour arrêter la nomination de trente personnages, 
et à peine débarqué à Paris, à la suite de mon entrée dans 
ce salon, il y en avait trois en plus ! Trente trois au lieu 
de trente ! Décidément, pensais-je, j'aurais mieux fait de 
rester à S*-Michel. 

En cela je me trompais, et je le vis lorsque mes académi- 
ciens se retirèrent enfin. J'expliquai alors à ma zélatrice 
les avantages qu'il y aurait à ne pas appeler, en ce mameni^ 
sous les armes toutes ses amies... Et cela, pour cette raison 
très- simple que nos armes n'étaient pas prêtes, nos armes 
c'est-à-dire « nos prospectus avec de jolis motifs » qui 
n'étaient pas dessinés; je n'avais pas non plus trouvé 
encore le poète à l'âme sensible et à la plume facile qui 
aurait pu dignement me servir de secrétaire pour entre- 
tenir le feu sacré de cette légion!... 

La grande dame comprit et m'approuva. « Ce délai me 
permettra peut-être de trouver encore quelques noms 
à ajouter, » me dit-elle, comme pour me consoler de ce 
retiird! Ah, si elle avait su combien peu j'avais besoin de 
pareille consolation ! 

Ce premier voyage à Paris me donna l'occasion de me 
mettre en rapports directs avec la plupart de mes corres- 
pondants et de prendre de précieuses informations sur les 
collections contenant des Primitifs. 



EXPOSITION DES PBIMITIFB 306 

J*eas plusieurs entrevues avec Monsieur G. Berger, qui, 
comme protecteur des Arts, est à Paris ce que M.Beernaert 
est chez nous. Je fus reçu par M. Denys Cochiu et le 
Marquis de la Mazelière. Je vis M. Bonnat dans son atelier 
et cela formait un superbe et impressionnant tableau. Je 
rencontrai MM. Lafenestre et Benoist au Louvre qui est 
lear domaine. Par contre, c'est dans un modeste apparte- 
ment que M. Gruyer, qui est maître au château de 
Chantilly, me fit Thonneur de me recevoir, mais avec 
quelle affabilité ! L'accueil de MM. Epfarussi et Dreyfus 
fut également plein de bienveillance pour notre entreprise. 

Je fis encore beaucoup d^autres visites, mais toujours 
pour étuidier mon terrain, chercher des appuis, trouver des 
alliés, préparer mon plan de campagne. Je ne voulais 
engager la bataille, c'est-à-dire faire les démarches 
décisives chez les collectionneurs que lorsque je serais à 
même de mettre en mouvement toutes les influences 
qu'on m'indiquait et tous les concours qu'on me promettait. 

Je me bornai donc à planter des jalons, les plus nombreux 
possible, bien sûr de les retrouver en grande partie quand 
le moment psychologique serait venu. 

Il ne faut toucher à un fruit que quand il est mûr : il en 
est de même du collectionneur. Ce ne fut que le 15 Mai 
1902, c'est-à-dire un mois à peine avant l'ouverture de 
TËxposition, que je retournai à Paris pour demander, 
ouvertement cette fois, les tableaux dont j'avais dressé 
la liste : c'était l'assaut suprême après d'innombrables 
travaux d'approche. 

Si la besogne que j'avais assumée me paraissait bien 
pénible à certains jours, où j'avais d'interminables lettres à 
écrire et des négociations compliquées à conduire, j'avoue 
que ces mêmes fonctions me procurèrent des jouissances 
et des satisfactions d'art qu'on devinerait difficilement. 



206 B°° H. KBEVYN DE LETTBNHOVB 

En dire un mot doit être de nature à encourager les 
organisateurs d^exposition à Tenir, et cette raison me 
parait un motif suffissant pour les indiquer rapidement. 

On ne peut pas se figurer d'abord, comme en général les 
vrais amateurs d'art, protecteurs ou collectionneurs, sont 
aimables, charmants et bienveillants. Je n'étais à Paris, 
qu'un pauvre « petit belge » arrivant sans mission officielle, 
sans aucune estampille gouvernementale, sans autre man- 
dat que celui que quelques amis indulgents de Bruges 
m'avaient donné. Et cependant, dès que je parlai d'art, 
et que j'invoquai la grande solidarité qui sur ce terrain 
crée des devoirs réciproques, unit les peuples et fait 
de la Belgique un centre privilégié, mes paroles trouvèrent 
un sympathique écho et mes requêtes un haut appui. 

Tous ces hommes étaient des personnages : ils brillaient 
aux Académies ou illustraient la tribune. Mais l'art qu'ils 
cultivaient en même temps, avait ajouté à leur science et 
à leur vaste intelligence un charme et une bonté que je 
ne saurais décrire, tant les nuances en étaient délicates 
et fiucs. 

Cet amour de l'art, comme toute vraie charité, se 
traduisait chez eux en indulgence pour leur prochain, 
c'est-à-dire pour leurs confrères, pour les petits comme 
moi surtout. 

Ce n'est que de cette façon que je puis expliquer 
l'accueil si aimable que me firent MM. Berger, D. Cochin, 
Gruyer, Bonnat, Lafenestre, Roujon, Benoist, de la Maze- 
lière, Bapst, le P*'* d'Arenberg, Aynard, etc. etc. Un de 
mes meilleurs souvenirs de cette année 1902, se rapporte 
aux conversations si intéressantes que j'ças l'honneur 
d'avoir avec ces hommes distingués. 

Une autre bonne fortune m'attendait encore : c'était la 
visite de toutes les grandes collections de Paris. 

J'avais été bien des fois à Paris, dans un but d'art. 



EXPOSITION DBS PEIMITIPS 207 

Jamais, je n'avais osé chercher à pénétrer dans les 
galeries privées de personnes que je ne connaissais pas. 

En 1902, ma situation était la même ; mais la fièvre de 
TExposition de Bruges me donna une hardiesse que je 
n'avais jamais eue et, sans hésiter, j'allai sonner de porte 
en porte, aux plus belles portes... 

Je vis ainsi quantité de collections particulières parmi 
lesquelles je citerai comme les plus remarquables celles 
de MM. Martin Leroy, Porgès, Kahn, R. Kahn, Rothschild, 
Steurs, G. Ureyfus, M*"* Arconati- Visconti, C**"" de Pour- 
talès, B®" de Schikler, Madame André, M. Léopold Gold- 
schmidt, etc.. etc.. 

J'eus beaucoup de peine à entrer chez Madame André 
et à rester aussi longtemps qu'il le fallait chez M. Gold« 
schmidt. 

Madame André habite un merveilleux palais, boulevard 
Hanssmann, mais ce palais est gardé par un terrible cerbère 
qui ne laisse pénétrer aucun inconnu. Ma carte, puis ma 
carte avec quelques lignes écrites dessus, puis un nouveau 
message ne firent rien changer aux ordres donnés. Il fallut 
une vraie supplique, un cri de détresse adressée à .une 
artiste, au nom de l'art, pour que Madanae André me reçut 
après une demie heure d'attente sous le porche. Et quel 
accueil ! 

Heureusement que Nattier était là, et ce peintre aimable 
et charmant, représenté par un délicieux portrait, vint à 
mon secours! Madame André vit dans mon regard l'hom- 
mage que je rendais au chef-d'œuvre de ce maître qu'elle 
aimait, et ce témoignage la toucha. Rembrandt n'était pas 
loin, ni Rubens, ni Van Dyck non plus, et tous se mirent de 
la partie. Grâce à eux, j'eus les honneurs de la grande 
galeriey de tous les salons et — faveur insigne — des salles 
réservées aux Priaiitifs Italiens. 
J'avais passé deux heures inoubliables, au milieu des plus 



208 B*** H. KEEVYN DB LBTTENHOVE 

admirables chefs-d'œuvre, avec une grande artiste, et je 
partais de ce palais féerique avec deux précieux Primitifs 
Flamands — une vierge de Técole des Van Eyck de la plus 
grande valeur et un superbe Q. Metsys. Ah! ce brave 
Nattier, comme il m'avait repêché!... 

Chez M. Goldschmidt, j'entrai au contraire très facilement, 
mais j'eus toutes les peines du monde à ne pas sortir après 
trois minutes d'entretien. « Je me rappelle parfaitement 
votre nom. Monsieur, et je devine le but de votre visite... 
Comme je vous l'ai écrit, je suis absolument décidé à ne 
vous prêter aucun tableau et votre démarche est absolu- 
ment inutile », me dit immédiatement le propriétaire des 
trois Memling que je voulais avoir à tout prix. 

— Mais Monsieur... 

— Oh ! je vous en prie, n'insistez pas. Vous m^avez 
écrit de fort longues lettres, vous m'avez fait travailler 
par mes amis, vous m^avez même envoyé en ambassadrice, 
une de mes nièces qui est charmante et que j'aime 
beaucoup, et je suis resté inexorable- C'est vous dire que 
mon parti est bien pris et que je serais désolé de vous 
voir perdre votre temps... » 

Il m'était difficile de ne pas me lever après cette 
dernière phrase ; j'allais passer la porte lorsqu'un peintre 
vint encore me sauver. Ce n'était plus Nattier: c'était 
Memliug lui-même ! 

Le miracle qu'il opéra dans le cœur de M. L. Goldschmidt 
serait trop long à raconter, mais il se résume en ceci : 
M. Goldschmidt m'accordait ses trois inestimables Memling 
et en plus un Simon Marmion ! C'était si bien un miracle 
que lorsque j'annonçai cette nouvelle à M. Ephrussi, un 
des amis les plus intimes de M. Goldschmidt, il ne voulut 
jamais me croire. «* Il m'a encore refusé ces tableaux ce 
matin et il ne peut pas vous les avoir donnés à vous qu'il 
ne connaît pas, alors qu'il me les refuse à moi ! n 



EXPOSITION PE8 PBIMITIFB 209 

Ab! il faut avoir Memling et Nattier pour soi, quand 
on organise des Expositions. N'oubliez pas ce précepte : 
il est capital. 

Il est Trai que M. Goidschmidt était aussi le meilleur 
liomine du monde ; grâce à Memling, j'avais trouvé le 
défaut de sa terrible cuirasse de non préteur et, sous 
cette cuirasse, se cachait un très aimable collectionneur. 

Chez M. Goidschmidt aussi, je serais volontiers resté une 
demie journée à admirer des merveilles de toutes sortes, 
mais le temps me pressait. Depuis trois jours déjà, j'étais 
à Paris et le soir même je devais repartir pour Bruges 
où m'appelaient mille besognes plus urgentes les unes 
que les autres — c'est-à-dire tout encore à faire, à 
trois semaines de l'ouverture de l'Exposition ! 

Avant de m'embarquer, je dressai le bilan de ce dernier 
voyage à Paris. Voici cette petite liste que je lus et relus 
bien des fois entre Paris et Bruges, avec une douce 
satisfaction : 

Tableaux obtenus : 

1 Patenir appartenant à M. G. Dreyfus 

1 Gérard David » à M. Martin Leroy 

1 ËQgelbrechtsen » » » n 

i Maître de la mort de Marie » » « » 

1 Scorel 7> à M. de Steurs 

l Marinus Romers wael » à M. Porgès 

1 Maître de la mort de Marie » » » 

1 École de Q. Metsys » » ». 

1 Bles » à la C*«"* de Pourtalès 

1 Quentin Metsys » » » » 

3 Memling » à M. Goidschmidt 

1 Simon Marmion s » » 

l Maître de la mort de Marie » à M. Kleinberger 

1 Gossaert » » » 



210 B'° H. KBBVYN DE LETTENHOVE 

1 École de Vaa Eyck appartenant à Madame André 

1 Q. Metsys » s > » 

1 Ëcole de Memling » à M*. Paccully 

1 G. David > > i. 

1 École de Memling » » » 

1 Maître des demi-figures » » » 

1 J. Bosch » » s 

1 Memling » à M. Nardus 

1 R. tan der Weydcn n » » 

1 P. Christus «us 

1 Koffermans » à M. Schloss 

1 P. Christus » » » 

1 École de Q. Metsys » » » 

2 Luc de Leyde s » » 

1 G. David n à M. B*^» de Schikler 

1 Q. Metsys » » » 

1 Buste » Il • 

1 G. David » à M. Sedelmayer 

1 B. De Bruyn » » • » 

1 Maître de la mort de Marie » » » 

1 B. Van Orley > i. » 

1 ÉcoledeR.vanderWeyden n n w 

Au total 1 buste sans prix pour Bruges (puisqu'il était 
le portrait de Marie de Bourgogne) et trente sept tableaux ! 

C'était là le contingent de Paris. 

Les Départements nous donnèrent encore quelques 
tableaux parmi lesquels une œuvre hors de pair : le 
G. David du musée de Rouen (*), Tœuyre la plus exquise, 
si pas la plus belle, de ce peintre rare dont notre Exposition 
devait tant grandir la renommée. 

(*) Ce tableau avait en outre pour Bruges une valeur de souvenir. 
G. David, s'inspirant d'un tableau qui était alors à Notre-Dame, l'avait 
peint et donné aux Carmélites de Sion à Bruges, en 1Ô09. Il resta 
dans leur chapelle jusqu'en 178S et fut vendu alors pour 51 florins' 



EXPOSITION DES PRIMITIFS 211 

Dans une de nos premières réunions, J. Weaie m'avait 
signalé ce tableau comme étant une des merveilles vers 
lesquelles devaient tendre nos plus énergiques efforts. 

Le siège de Rouen fut immédiatement décidé et entre- 
pris. Il fut long et difficile. M. Beernaert, ici encore, 
eut une influence décisive sur le conservateur 'du Musée, 
M. Le Breton, son collègue à Tlnstitut. Mais il fallait 
encore obtenir Tautorisation du Maire de Rouen et de 
tout son Conseil. M. Le Breton, devenu notre allié, eut 
la grande bonté de m'indiquer les arguments à faire valoir 
auprès de chacun d'eux. J'écrivis à tous. Je gagnai le 
Maire et ses adjoints ; et l'envoi du tableau fut voté par 
le Conseil municipal avec quelques voix de majorité. 

Le jour où je reçus la pièce oflicielle, mettant le tableau 
à ma disposition, fut marqué d'une pierre blanche, comme 
on le devine. Je ne me doutais pas alors, du danger 
qui me menaçait et que j'appris avec stupeur, quelques 
semaines plus tard, par un avis secret envoyé en toute 
bâte de Rouen et émanant d'un ami que j'avais heureuse- 
ment là-bas. Voici cette lettre : 

« Le Maire et ses adjoints, à la suite d'un vote du 
Conseil municipal, ont donné leur démission. De nouvelles 
élections viennent d'avoir lieu. Le parti du Maire a été 
battu. Le nouveau Maire est l'ancien membre du Conseil 
municipal qui a fait une si vive opposition à l'envoi du 
G. David à Bruges. Je sais positivement qu'à la première 
séance du nouveau Conseil, c'est-à-dire vendredi prochain, 
il proposera au Conseil de revenir sur la décision prise 
antérieurement. • 

Quel désastre que cette lettre pour notre Exposition I 
Quel coup pour moi personnellement, qui m'étais déjà tant 
Tante du succès remporté à Rouen et qui avais joué de 
renvoi de ce tableau auprès de plusieurs propriétaires 
de 6. David, pour obtenir également les leurs ! 



212 B^" H. KEBVYN DE LBTTENHOVE 

Nous étions un lundi. J'avais donc encore trois jours 
pleins avant la réunion du nouveau Conseil municipal et 
j'étais en possession d'une autorisation en règle de l'ancien. 
Pourquoi ne pas essayer un petit enlèvement? 

Je télégraphiai donc à M. Le Bretoa: « Ferai chercher 
tableau mercredi : vous prie bien vouloir faciliter son envoi 
pour ce jour. Son arrivée à Bruges est indispensable et 
urgente pour arrangement de l'Exposition. Lettre suit, t 

J'envoyai une seconde dépêche à Chenue, le grand em- 
balleur de Paris ; elle portait : « Envoyez sur l'heure 
escouade ouvriers Rouen préparer emballage grand tableau 
6. David du musée. Tableau doit quitter Rouen mercredi 
au plus tard et être expédié le jour même Bruges. Ferez 
accompagner tableau jusque Bruges par homme expéri- 
menté et de confiance. » 

Cela fut fait point par point. Le mardi, M. Chenue 
m'envoyait le dépêche suivante : « J'ai conduit mes 
ouvriers à Rouen; ils emballent en ce moment le tableau 
qui sera expédié demain Bruges avec tous les soins 
nécessaires, n Le vendredi, au moment où le Conseil 
municipal de Rouen se réunissait sous la présidence de 
son nouveau Maire, le tableau était à Bruges ! 

Combien peu de visiteurs, en s'arrêtant devant la Vierge 
et les Saintes de Gérard David, ont songé aux difficultés 
que l'envoi de telles œuvres avait dû offrir ! 

Je n'ai encore parlé que de la France. L'Allemagne 
devait nous fournir un appoint aussi considérable, l'Au- 
triche également, l'Italie racheter en qualité une quantité 
moins grande, l'Angleterre joindre le nombre à l'excelleDce 
et à la rareté. 

Enfin, il y a la Belgique où nous rencontrâmes aussi bien 
des obstacles et où certaiucs oppositions presque qu'io- 
compréhensibies nous donnèrent les plus grands soucis, 



EXPOSITION DES PBIMITIFB 213 

mais dont, en fiu de compte, la participation fut absolu- 
ment surprenante et éminemment glorieuse. 

De tout cela, il me faut dire quelques niuts et donner 
quelques détails pour remplir à la fois des devoirs de 
reconnaissance, des obligations de justice et la promesse 
qu^on m^a arrachée. 

{A continuer,) 

B**" H. Keevyn de Lettenhove. 



COMPTES RENDUS 



Ernest Gtossart. EspcLgnols et Flamands au XV P siècle. 
Rétablissement du Régime Espagnol dans les Pays-Bas 
et l'Insurrection, Bruxelles, Lamertin. 1905, XII-331 bl. 

Honderdmaal zijn de godsdienstonlusten der XYI" eeuw behandeld 
en beoordeeld geweest ; zou er dan nog wel iets over te zeggen 
vallen? Die opmerking heeft M. Gossart voorzien en laat ons daarom 
in zijn voorbericht hooren,' hoe hij, de zoo dikwijls behandelde 
regeering van Filip de 11^ uit een nieuw oogpunt beschouwende, 
in staat meent te zijn enkele bevestigingen te voUedigen of te 
wijzigen nopens peràonen en feiten uit die woelige tijden. Filip de II* 
is tot nog toe al te uitsluitend aanschouwd geweest als voorstaander 
des katholicismus, als ware zijne handelswijze door zijne godsdienstige 
overtuigingen alleen ingegeven geweest; M. Gossart vindt bij hem 
andere bedoelingen en beweert, met reden ten anderen, dat Filip even 
als zijn vader, bekommerd was om de 17 Provinciën niet alleen in de 
ware kerk, maar ook in het huis van Oostenrijk te behouden; 
Vlaanderen was immers voor hem eene voorwacht, een uitgangspunt, 
een schild waarop, jammerlijk genoeg maar al te dikwijls, de eerste 
slagen terecht kwamen ; en daarom was het voor hem van 't grootste 
belang zijn gezag in de Nederlanden te verzekeren en te vermeerderen. 
Dat die inzichten bestonden, wil M. Gossart doen uitkomen in 
eene reeks studiën, welke hij met den algemeenen titel bestempeld : 
Espagnols et Flamands au XV 1^ siècle \ het boek welke wij beoordeelen 
brengt ons slechts van het begin van Filips regeering tot aan het 
vertrek van hertog Alvâ (1555-73). 

De zeven eerste hoofdstukken maken een eerste deel uit : l'établisse' 
ment du régime espagnol^ 't ii de bereiding van den algemeenen opstand, 



COMPTES BENDU8 215 

die in 1572 Yoor goed begon, en in een tweede deel (ch. YIII-XI) 
Whandeld wordt. 

Na eerst het gevaar afgekeerd te hebben, dat hem van Frankrijk 
en Rome dreigde, meende Filip geen beter werk te verrichten te ' 
hebben, dan voor goed de Nederlanden naar zijne politiek ie schikken. 
Om zijn gezag te versterken, had hij twee middels in 't oog : de 
re^eering in de Nederlanden verspaanschen en kost wat kost de 
eenheid van geloof bewaren. Maar buiten het oneindig verschil van 
karakter, dat tusschen Vlamingen en Spanj aards bestond, buiten de 
vijandige gevoelens, die ze tegenover elkander koesterden ('), en alle 
betrekkingen tusschen beide moeilijk mieken, zou Filip meer dan één 
tegenkanting ontmoeten in de verkleefdheid der Nederlanders aan 
hunne oude voorrechten en in hunne vrijheidsgezindheid. In den 
schijn behield Filip zooveel mogelijk de oude vegeeringsvorm, 
maar in den grond kreeg de spaansche geest de overhand: alle 
vlaamschgezinden wierden stelsehnatig verwijderd en Margareta van 
Parma, Gran veile en later Alva en zijn gevolg verijdelden alle 
pogingen van weldenkende Nederlanders, die, 't zij in de verschillige 
gouwen, 't zij in den middenraad eene bediening hadden. Granvelle 
was daarom zoodanig hatelijk geworden, dat zijn vertrek in 64 
noodzakelijk wierd. Op godsdienstig gebied ontstonden andere en 
nieerdere moeilijkheden. Ook in den schijn was niets veranderd : 
't waren de oude plakaien van Keizer Karel, die weder voor den dag 
kwamen; maar de wijze, waarop hunne uitvoering van hooger 
hand geeischt wierd, miek ze hatelijk. De stichting der nieuwe 
bUdommen en der hoogschool van Dowaai, wierd slecht verstaan 
en uitgelegd, het Concilie van Trenten met tegenzin aanveerd ('), 

(') Die vijandige gevoelens, volgens mijn inzien, worden bij 
M. Goisart, al te veel ten laste der Spanj aards gelegd, 't Ware 
misschien niet overbodig hier te herinneren — om elk zijn recht te 
geven, zooals 't in de geschiedenis past ~ dat de vlaamsche heeren, 
wanneer ze met Filip de Schoone en keizer Karel naar Spanje 
kwamen, daar geen goede faam verdiend en gelaten hadden. 

(') Het Concilie van Trenten wierd in de Nederlanden verplichtend 

verklaard onder enkel voorbehoud, dat niets nieuws zoude ingebracht 

worden in 't geen betrek had op de «régales, droits, hauteurs, 

prééminences de Sa Majesté, de ses vassaux et sujets » M. Gossart 

üoemtdit « une réserve de pure former ; ten onrechte volgens mij, 

waot meer dan eens in den loop der XVII" eeuw wierd op die 

üitoemmg ge»ieund in ongeschillen met Rome. Men herinnere zich de 

moeüijkheden ontstaan op rechtsgebied en nopens de Placet regium 



> 



216 COMPTES BBNDÜ8 

maar bovenal was de Vlamingen hatelijk de tusschenkomst der 
Spanjaards in de bestaande Inquisitie en de werking van die inrich- 
ting tegen alle voorrechten en gebruiken. Sommige edelen wilden 
'Filip den staat van zaken voor oogen leggen, om hem tot beter 
gevoelens te brengen : verloren moeite : Ëgmont kwam terug van 
Spanje met ijdele beloften ; het Verbond der Edelen verkreeg niets meer, 
toen almeteens de beeldstormerij in 1566 Margareta van Parma ver- 
plichtte tijdelijke verzachtingen toe te staan. In die omstandigheden 
zond Filip hertog Âlva met volle macht naar de Nederlanden : de 
edelen die hadden durven spreken, en zooals Willem van Oranje het 
land niet hadden verlaten, wierden vastgezet, door den troebelraad 
veroordeeld, en gehalsrecht. Alva deed hierin niets anders dan den 
wil volbrengen van zijnen koning, die in Spanje om dezelfde slaaU- 
redens, met volle gerustheid van geweten de jonge Montigny, ook 
gekomen om verzachtingen te vragen, deed ter dood brengen. 
Willem van Oranje was het gevaar ontvlucht en bereidde in Dnitsch- 
land een gewapende weerstand ; hij moest er slecht van af komen. 
Alva's welingericht leger bracht zijne teugellooze beuden te niet en 
liet hem in groote schulden ; zijn oproep ten anderen aan de Neder- 
landen had weinig weerklank gevonden. De Zwijger achtte daarom 
alle kans niet verloren en zocht in Duitscbland en England partij- 
gangers op te doen ; maar in Duitschland bleven 't meestendeel der 
prinsen onverschillig. De betrekkingen, die van rechtswege bestonden 
tusschen het Dnitsche Rijk en de Nederlanden, schenen den keizer 
eenig recht van tusschenkomst te geven, Willem van Oranje steunde 
erop ; maar toen aartshertog Mathias naar Madrid kwam, om de ziens- 
wijze van den Keizer uiteen te doen, wist Filip hem zoowel te weer- 
leggen, dat hij niet aandrong en liever vrede behield met het hoofd 
van het huis van Oostenrijk. Het vijfde hoofdstuk, waarin M. Gossart 
deze diplomatische tusschenkomst van Duitschland verhaalt, is zeer 
belangwekkend ; in het zesde hoofdstuk worden de verschillige moei- 
lijkheden verteld, ontstaan tusschen Spanje en England. Meer dan 
eens kwamen de zaken slechtte staan, namentlijk, wanneer Elisabeth, 
ver van de zeeschuimerij te bedwingen, zelf de schepen van Genua, 

en raadplege onder ander Caüchib et Maere. — Recueil des instruc- 
lions générales aux nonces de Flandre Io96'f625. Bruxelles, Imbrechts, 
1904 en de werken van Van Espen passim. Handschriften door mij 
onderzocht hebben mij daarvan nog meer overtuigd: nl. : 2 boek - 
deelen uit de aartsbisschoppelijke archieven van Mechelen. De Placeto 
regio L^ en E*. 



COMPTES BENDITS 217 

die aan Âlra greldelijke middels brachten, in hare haven hield en ze 
Tan hunnen schat ontlastte; of nog wanneer zij te wete kwam dat 
Filip en hertog Alva deel namen in de samenz weering, ten voordeele 
Tan Maria Stuart; maar niettegenstaande dorst noch de een, noch 
de andere de wapens nemen, tot groot spijt van Willem van Oranje ; 
alleen de vlaamsche nijverheid had door die moeilijkheden' veel te 
lijden, daar de handel tnsschen beide landen onmogelijk gemaakt 
wierd. Zoo kon duif hertog Alva, na den opstand van Willem be- 
dwongen te hebben, en zonder te moeten vreemde tnsschenkomst 
vreezen, de Nederlanden meer en meer onder het spaansche juk 
dwingen. Te vergeefs verwachtte men de sedert lang beloofde komst 
ran den koning af; na uitstel kwam er belet: de lang bedwongene 
opstand was immers ai met eens uitgeborsten, toen noch Filip, noch 
Alva eraan dachten. 

I>e onmiddelijke oorzaak van die onwenteling, in het 2* deel ver- 
haald (ch. VllI-XI), was de heffing der tiende penning in 1572. Die 
hatelijke belasting, zoo nadeelig aan de nijverheid, geeischt niettegen- 
staande de opspraak der raadsheeren en zelfs der bisschoppen, bracht 
eerst eene werkstaking te weeg te Brussel en elders ; de inneming van 
Briel door de watergeuzen, miek den opstand algemeen : van alle 
kanten kwamen uitwijkelingen de wreede en welingerichte bende der 
watergenzen vermeerderen. Willem de Zwijger in 't Noorden en diens 
broeder Lodewijk van Nassau in 't Zuiden stelden zich aan 't hoofd 
der opstandelingen. De tnsschenkomst van Frankrijk, door Lodewijk 
nn Nassau bemiddeld, kwam de zaken nog verergeren (ch. IX, 
hoogst belangrijk); maar dit gevaar wierd afgekeerd, dank onder 
anderp, aan de Bar tolomeus nacht : de zuiderprovinciën konden door de 
spaansche troepen behouden worden, in 't Noorden echter was de 
strijd voor de onafhankelijkheid voor goed begonnen. M. Gossart 
verhaalt het irebeurde tot aan het vertrek van hertog Alva 18 Decem- 
ber 1573 ; bij sluit zijn boek met eene beschrijving der akelige 
gevolgen der spaansche politiek. 

Dit kort overzicht geeft enkel den draad waarmee M. Gossart de 
verschillige gebeurtenissen samensnoert; 't is ons onmogelijk in bij - 
2oaderheden te treden ; men bemerke nochtans dat de schrijver niet 
enkel feiten aanhaalt : hij' beoordeelt ze, vorsclit hunne oorzaken na, 
doet de gevolgen ervan uiteen, en bovenal toont ons de personen die 
erin gewrocht hebben, trachtende aan elk zijn aandeel te geven in 
de verantwoordelijkheid. In die karakterschetsingen echter, heeft 
M. Gossart, die anders zoo gematigd schijnt, de vereischte onpar- 



218 COMPTES BENDUS 

tijdigheid niet altijd kannen behouden : hij beoordeelt ten onrechte de 
Hervorming der XVI" eeuw, volgens de hedendaagsche beginselen en 
overtuigingen, en durft daarbij, — zonder erg meenen wij, maar onder 
den invloed van vooroordeelen, — twee maten en twee gewichten* 
gebruiken. £enige uitleg daarover : het staat M. Gossart vrij de over- 
tuiging te deelen van M*" Guizot (Cours d'histoire moderne) en de 
Hervorming te aanschouwen als *^ un grand élan de liberté de Pesprit 
humain, une grande tentative d'affranchissement de la pensée humaine, 
enz. » ; maar dit was de overtuiging niet van Fiiip de II'; volgens hem 
was het Protestantismus heel wat anders : eene scheuring in de kerk, 
waaraan hij verkleefd was en wiens verdediger hij meende te moeten 
zijn, en daarbij nog kon het een oorzaak van scheuring zijn in zijn 
eigen rijk, zooals 't bleek in naburige landen. Het doel, 't is waar, 
wettigt de middels niet — ook willen wij noch Filip, noch zijne 
trouwe mannen van alle vlek witwasschen — doch het einddoel goed 
begrepen en gezien in het waar licht des tijds en der omstandigheden 
geeft niet zelden uitleg nopens de gebruikte middelen. Die stelling 
ten anderen heeft de schrijver zelf toegepast sprekende van Lodewijk 
van Nassau, die hem zoo sympathiek is : om de wille van zijnen ijver 
voor de gewetensvrijheid, wordt hem alles vergeven of beter ten 
goede geduid : zijne mededeeling in den opstand der edelen, en zijne 
onderhandelingen met Frankrijk, waarin de verdeeling van ons land 
besproken word. Waarom dezen vreemdeling zoo zacht en Spanje zoo 
hard behandelen? De broeder van Lodewijk, Willem de Zwijger, 
wordt niet min wel behandeld, die beide broeders ten andere zijn de 
eenige schier, die met eer van onder schrijvers pen komen. De 
Schrijver vindt Willem van Oranje « animé toujours de sentiments 
loyalistes y, (bl. 102.) Dit is wat al te zeer overdreven : 't zij ons 
genoeg Willem's huichelarij te herinneren op godsdienstig gebied : na 
protestant, dan katholiek volgens dat het nuttigst scheen ; « maar 
in beroerde tijden, zegt daarop de schrijver, neemt de tegenpartij 
de wapens die best den vijand treffen, n (bl.106) Weerom toegevend- 
heid, die aan den anderen kant geweigerd wordt ! 

Zeker heeft M. Gossart goed werk gedaan met de godsdienst- 
onlusten onder een nieuw oogpunt te beschouwen, alhoewel hij juist 
de eerste niet mag gezegd worden die zulks gedaan heeft (*) ; jammer 



(») Men vergl. bijv. Martin Hume, The spanish People, Londen, 
Heinemann, 1901. Van denzelfden schrijver bestaat eene geschiedenis 
van Filip de II^« welke ik niet heb kunnen nazien. 



COMPTES RENDUS 219 

Dochtans dat hij, te veel den politieken kant ziende, andere belang- 
rijke zaken uit het oog verliest, zoo bijvoorbeeld : de ontwikkeling 
en den aard van het Protestanti smus in de Nederlanden. Want welk 
ook het politiek doel geweest zij van Filip de II*, zeker is het dat 
hij liever de Nederlanden had verloren dan ze te bezitten ^ zonder dat zij 
katkoiieh f paren ; en volgens die eigene woorden van Filip mogen wij 
besluiten dat de godsdienstige bedoelingen misschien' wel op eersten 
rang" kwamen ; daarom hadden wij de Hervorming, Filips ware vijand, 
beter willen behandeld zien in dit werk. 

Men zon de lijst boeken door M. Gossart geraadpleegd met veel 
andere knnnen aanvallen, doch in 't algemeen heeft hij goede 
keus g-edaan ; men bemerke nochtans dat hij aan onuitgegeven 
bronnen niet g^eput heeft, zoodat zijn boek ons slechts op de hoogte 
houdt van 't geen hedendaags nopens de godsdienstomwenteling 
bekend is. De K'roote verdienste dus van den schrijver is, volgens mij, 
van ons bondig maar klaar, in keurige stijl en in 't algemeen genoeg- 
zaam, het ontstaan der omwenteling en de ingewikkelde toestanden 
dier woelige tijden uiteengcdaan te hebben, 't geen zijn werk nuttig 
maakt voor alwie afschrik heeft van in-folio's briefwisselingen of 
uitgebreide monographien (*). 

Madrid. R. Descheppeb. 



(H Deze onze beoordeeling was reeds naar België opgezonden toen 
wij in het Februarinummer van Vlaanderen eene bespreking over 
hetzelfde boek door M. Fris te lezen kregen. Om der waar beid wille 
kannen wij niet laten te bemerken dat M. Fris slechten dienst 
bewijst aan M. Gossart, met hem onpartijdig te noemen en het tegen- 
oveigestelde in zijne hevige bespreking te toonen. M. Gossart is veel 
bezadiger ! Aan M. Fris zij het ons genoeg te zeggen : 
Ija vérité n'a point cet air impétueux. 



CHBONIQUE 



Société d'ËmulatiLon. 

Le volame LIY des Annales de la Société d'Émulation, qui était 
resté en souffrance, paraîtra sous peu et sera distribué aax membres 
de la Société pour 1904. II comprendra, entre autres articles, le 
Bulletin d^ histoire linguistique et littéraire française des Pays-Bas par 
G. DouTRKPONT et le B®" F. Bethune ; Slusana sacra par M. l'abbé 
Juten, ainsi que les documents concernant la dotation, Phistoire et le 
transfert de la chapelle des châtelains de Bruges, dont il est question 
plus haut, p. 165. 

Congrès. 

Het JX/X* Nederlandsch Taal- en Letterkundig Congres dat te 
Brussel vergadert, den 26^-30" Augustus 1906, zal in zijn tweede 
afdeeling verscheidene vragen van Mederlandsche Geschiedenis, Oud- 
heidkunde ne Folklore behandelen. 

Notes bibliographiques. 

Biographie nationale. — Le 2"><' fascicule du t. XVIII de cette 
publication vient de paraltre. Nous continuons (') d'en signaler les 
notices qui intéressent la Flandre. 

Radbod II, évéque de Tournai-Noycn, fondateur du chapitre de 
Notre-Dame à Bruges, f Bruges 10i>7 (J. Warichez). — IIodb ou 
Raye, Roidbs (Gilles van), imprimeur, originaire de Gand, f vers 
1617 (Victor Vander Haeghen). — Raedt (Pierre de), compositeur de 
musique, maître de chant k Notre-Dame et à S'-Douatien à Brupres, 
f vers 1541 (Florimond Van Duyse). — Rabpuorst (Barthélémy vak), 
sculpteur, f Anvers 1485 (Fernand Donnet). — Raepsabt (Henri- 

(») Voir AnÉm. t. LV, 1905, p. 214. 



CHRONIQUE 221 

Marie), avocat, archéologue, Audenarde 1816, f Lokeren 1871 
(V. Fris). — Rabpsàet {Jean-Joseph), antiquaire et homme politique, 
Audenarde, 1750-1832 (V. Fris). — Rabt (Adrien de), dit Vrblant, 
miniaturiste, f Bruges 1534 (Paul Bergmans). — Raetmolbn (Jacques) 
OQ RiiMOLANüs, par corruption Ketmolanüs, théologien, poète latin, 
Gand, XV" siècle, f Rome 1508 (Paul Bergmans). — Rolb (Hubert) 
DU RoELRii', théologien, Gand 1656, f Forest 1721 (Léonard Willems). 
— Raxai't {Louis) ou Ramault, sculpteur, Ypres 1688, f ? (Edmond 
Marchai). — Ramact (Pierre-Martin), poète flamand, Yprec 1719-1788 
(J. Vercoullie). Raoul, Radulphe, Hadulphe ou Adulp, évêque de 
Tournai-Noycn, f 977 (J. Warichez). — Raoux (Louis-Alexis), 
compositeur de musique, Courtrai 1814, f Evere-lez-Bruxelles, 1865 
(Florimond Van Duyse). — Rapaebd (François)^ médecin à Bruges, 
1550 {G. Dewalque). — Rapaert de Grass (Frédéric- ThoMas), 
publiciste, Bruges, 1799-1881 (Alfred De Ridder). — Rappé (Jean- 
Baptiste), violoncelliste, Grammont, 1836, f Gand 1889 (Edmond 
Marchai). — Rasseghek (Adrien Vilain 11, dit le Sire db), homme 
politique gantois, vers 1450, f 1490 (V. Fris). — Ratabon (Martin de), 
évéi^ue d'Ypres, Paris 1654-1728 (A. C. De Schrevel). — Ratohbbb 
\Walter), homme de guerre du Franc de Bruges, f Basse velde 1325 
(Y. Fris). — Rave (Jean), peintre brugeois, vers 1490, f après 1548 
(A. J. Wauters). — Raverick (Daniel), peintre, originaire dç Gand, 
7 1585 (Victor Vander Hacghen). — Ravbnstey» (Josse van), 
théologien, Thielt, vers 1506, f Louvain 1570 (Alph. Roersch). — 
RiY5XBiU8 ou RÉGNIER DE Bruges (Vénérable), religieux dominicain, 
vers 1250 (P. Vinc. M. van Caloen). — Régnier (Jean-Désiré), peintre, 
OosUcker 1801, f Paris 1870? (L. Maeterlinck). 

— Les Handelingen en Mededeelingen van d'^ Maatschappij der 
NeifHansche letterkunde! te Leyden (Leyde, E. J. Brill, 1905, in 8<>, 
15() -f 28 pp.) contiennent une conférence de M. Ie professeur 
J. Tb Winkel, intitulée De Verbreiding der Frankische tongvallen over 
de Xederlandén. Voici, d'après M. le professeur Lecoutere, les idées 
développées dans cette intéressante communication : << L'examen des 
difiérentes tribus qui se sont fixées dans nos contrées et leurs relations 
réciproques amènent l'auteur à distingupr, parmi les dialectes francs, 
trois dialectes « purs », correspondant à ceux de la Vel uwe, du 
Limbourç et du Brabant ; les autres sont mêlés, c'est-à-dire que 
l'éiément franc y apparaît plus ou moins comme élément principal. 
Us caractères de ces différents types, leurs ressemblances et différen- 



222 CHRONIQUE 

ces, lenr contact avec d'aatres dialectes (saxons, frisons), etc., toi là 
autant de questions sur lesquelles s'étend M. Te Winkel ; mais il est 
impossible d'en donner ici une analyse plus détaillée. » (MBBull. 1906, 
p. 146). 

— La MaatsohappU der Nederlaiisohe Letterkunde de Leyde 
a entrepris la réimpression d'une série de livres populaires (Neder- 
lansche volksboeken) du XV* et XV1« siècles. 

Cette édition critique confiée à des spécialistes reproduit scrupuleu- 
sement la version la plus correcte de ces légendes. Le texte est pourvu 
de notes explicatives ; divers appendices traitent des éditions connues 
du volksboek et apprécient leur valeur respective, fournissent les indi- 
cations bibliographiques et contiennent la justification des change- 
ments apportés au texte. 

Voici les titres des volumes parus : 

I. Den droêfiichen stryt die opten berch van Roncevale in Hispanien 
ghesciede daer Rolant ende Olivier metten fluer van Kerstenryc verslagen 
waren. Naar den Antwerpschen druk van Willem Vorstersman uit het 
begin der XVI* eeuw, uitgeg. door Di^ G. J. Bobkbnoogbn. Leiden, 
E. J. BriU, 1902. Fl. 0.90. 

II. De Historie van Floris ende Blancheur, Naar den Amsterdam • 
schen druk van Ot Barentsz Smient uit het jaar 1642, uitgeg. door 
G. J. BoRKENOooBN. Ibid., 1908, met elf afbeeld. Fl. 1. 

IIL frenoechlijcke History van den schricklycken ende onvervaerden 
Reus GiliaSy etc. Naar den druk van 1641, uitgeg. door G. J. Bobkbv- 
ooGBN. Ibid., 1903, met afbeeld, van het titelblad. Fl. 0.35. 

IV. Dit is die historie ende leven van den keilyghen heremij t Sint Jan 
van Beverley, etc. Naar den Brusselschen druk van Thomas van der 
Noot uit het begin der XVI« eeuw en den Antwerpschen van Jacob 
van Liesvelt uit het jaar 1543, uitgeg. door G. J. Bobkbkoogek. Ibid., 
1903, met acht afbeeld. Fl. 0.80. 

V. Die schoone hystoire van Afelegys, etc. Kaar den Antwerpschen 
druk van Jan van Ghelen uit het jaar 1556, uitgeg. door Ë. T. Kuipbr. 
Ibid., 1903, met zeven afbeeld. Fl. 2.90 

VI. Een schoon historie van Tyrias ende Floreta seer ghenuechlijck 
om lesen, etc. Naar den Antwerpschen druk van de W« J. van Liesvelt, 
uitgeg. door C. Lecoutbhb en W.-L. de Vbebsb. Ibid., 1904, met 
zeven afbeeld. Fl. 1.10. 

VII. Een suverlijc exempel hoe dat Jhestts een Leydensche maghei een 
Soadaens dochter wech leyde wt haren lande. Naar den Delftschen druk 



CHRONIQUE 223 

tan Fr. Sonderdanck nit het begin der XVI« eeuw uitgeg. door 
G. J. BoEKKNOOOEN. Ibid., 1904, met een afbeeld. Fl. 0.70. 

yni. Van den jongen geheeten JacTie : die syns vaders beesten wachte 
int velt, ende vanden brueder dye daar quant om Jacke te castten. 
Naar den Antwerpschen druk van M. Hillen (1528) en den Amster- 
damschen drak van H. J. Maller uit het laatst der XVI^ eeuW uitgeg. 
doorG. J BoBKENOOGBN. Ibid., 190ö, met twee afbeeld. Fl. 0.90. 

Cf. TBB. 1905, t. m, p, 107-142 [AnÉm. LV, 467J ; MBBuU. 1903, 
t VII, p. 34-35 ; 1904 ; t. VIII, p. 124-125 ; 1906, t. X, p. 200-201. 

—Monsieur Prosper Verheyden a publié dans les Annales du Cercle 
êrchéologique de MalineSj 1905, t. XV, p. 247-355, une série de trois 
articles relatifs à Phistoire du Livre, lis sont intitulés: Boekbanden 
met blinddruk uit de /.5* en 16* eeuw in de Stadsbibliotheek en Archieven 
tê Meckelen; Mechelsche Boekbinders in de i4«, ^.5« en 16* eeuw; 
Boekhandelaars te Mechelen in de 46* eeuw. Ces études savamment 
docamentées peuvent servir de modèles à ceux qui entreprendraient 
des publications analogues. Au reste, elles intéressent notre histoire 
dans certains de leurs détails : ainsi le l*'' relieur malinois connu 
(1378-1381) s'appelle : Brueder Jan van Thorout. Nous attirons surtout 
Tattention des spécialistes sur les quelques pages d'introduction du 
premier de ces articles. Ils y trouveront une ample bibliographie sur 
rh»t«re de la reliure. A. De Mebstkb. 

— Dans le 18* fascicule du Dictionnaire de théologie catholique, 
C4)l. 23S-243, a paru un article consacré k Josse Cîichtote (1472?-1543), 
le célèbre docteur de la Sorbonne, natif de Nieuport. L'article est divisé 
en trois parties : 1. Vie -, II. Œuvres ; III. Influence. Il est dû k la plume 
de M. A. Clerval, l'auteur d'une monographie sur Josse Glichtove : 
* De Judoci Clichtovaei vita et operibue ». Paris, 1895. Voir plus haut, 
p. 91. 

— Liber memorialia. L'intérôt se fixe de plus en plus sur les 
études d'histoire locale et les moi^ographies paroissiales. Nos lecteurs 
conaaissent le décret prosynodal de VM) (*) par lequel M^"" Waffelaert, 
évéque de Bruges, prescrivait à tous les curés de son diocèse de 
r'Miger et de tenir à jour un Liber memoriilis, dans lequel seraient 
annotés tons les faits de quelque importance concernant la vie et 

I') Foir Co/lationes Brugenses, t. IX, (1904), p. 45, où nous, avons 
expliqué le décret, donné des indications sur la méthode à suivre et 
tracé Qji questionnaire -programme pour le registre moderne. 



224 CHRONIQUE 

Tadminist ration actuelles de la paroisse. Sa Grandeur engag< 
vivement MM. les curés à consigner dans une autre partie du Zi 
memorialiê tout ce qui se rapporte au passé de la paroisse. M*?** l'évêc 
de Namur vient de prendre pour son diocèse la même mesure. 

Afin de rendre la tâche plus facile à ses confrères, M. Pal 
M. J. Lenoir a publié un opuscule : Liber memonalit des piroisses 
diocèse de Namur. 3fé(hode simple et pratique, (Namur, Delvaux, lîi 
in-Ö, 15 p.). Ce petit guide pourra rendre de sérieux services, mai 
est, h notre avis, trop sommaire pour des personnes peu familiaris 
avec la méthode et les recherches historiques. 

C. Callbwaebt. 
Chronologie. 

Le renouvellement de l'année au Vendredi-Saint à Bmg< 
— M. le Prof. H. Pirenne nous adresse à ce sujet l'intéressai 
communication que voici : 

Parmi les chartes contenues dans le Recueil de documents relatif, 
l'industrie drapière en Flandre que M. G. Ëspinas et moi allc 
publier très prochainement, j'en trouve une (tome I, n*> 168, p. 5( 
ainsi datée : 

«... in Goeden Vrindaghe na den dienste, den XXVI»*»» dach v 
Maerte, int jaer ons Heren als men screef zijn Incarnation dusenti 
drie hondert neghen ende dartich. » 

Les mots na den dienste indiqueraient déjh que ie millésime 
l'aiviée avait été modifié le jour du Vendredi-Saint, si Ton ne savî 
d'autre part que le « goede vrindaghe n en 1310 tombait le 14 avril 
non le 26 mars. Il faut donc de toute nécessité dater cette charte i 
138U, le jour même du Vendredi-Saint où Tannée fut renouvelé 
Ce qui la rend particulièrement intéressante, c'est qu'elle est donn 
à Bruges ^i s'ajoute ainsi aux exemples assez rares de l'usagée chroo 
logique qu'elle atteste, que l'on connaissait pour cette ville (*). 

A propos de l'assertion de Grotefeud relative au Brabant et qi 
M. Nelis a relevée (plus haut) p. 6, n. 2 de son intéressante étude, 
pout être utile de faire remarquer qu'au XVI« siècle, Guichard 
affirme que l'année se renouvelait en Brabant (■) le Vendredi-Sain 
{Description des Pays-Bas, p. 56, édition d'Anvers 1582). 

H. PlBENNE. 

(») Voir AnEm., t. LV, 1905, p. 13, note ; et LVl, p. 14. 
(*) Pour la Flandre, il dit que c'est le veille de Pâques. 



CHRONIQUE 225 

— Aa Congrès archéologique et historique tenu à Bruges au mois 
d'août 1902, nous avons signalé la grande utilité qu'il y aurait de 
compléter, au point de vue chronologique, les listes des principaux 
dignitaires ecclésiastiques et civils de la Flandre au moyen âge, afin 
de pouvoir les réunir ensuite en tableaux synchronistiques successifs 
qui rendraient les plus grands services au point de vue de la 
chronologie (*). 

Dans une étude bien documentée, basée sur les sources diploma- 
tiques, M. Ch. Duvivier (*) vient de dresser la liste des archidiacres 
do Brabant, au diocèse de Cambrai. Voici cette liste qui peut avoir 
son utilité même pour d«s recherches au sujet de la Flandre : 
I. Gérard, de 1047 environ à 1076. 

II. Gérard, de 1076 à 1090 ou 1091. 

III. Mascelin, de 1090 environ à 1092. 

IV. Gaucher, de 1092 à 1093. 

V, Raoul, de 1093 environ à 1109. 

VI. Raoul et Gaucher, de 1109 à 1126 environ. 
Yll. Anselme, de 1126 à 1132 environ. 

Vin. Thierry, de 1132 à 1177 environ. 

IX. Gautier du Maisnil (?), de 1179 environ à 1192 environ. 

X. Siger d'Arras, de 1196 environ a 1210 environ. 

XI. Jean, de 1216 environ à 1224 environ. 
XII. Thierry ou Thomas, cité en 1225 et 1227. 

XIII. Gautier de Condé, de 1230 environ à 1233. 

XIV. Guillaume de Bigard, de 1234 à 1259 environ. 
XV. Gérard de Ligne, cité en 1270. 

Xn. Gérard d'Abbeville, de 1271 à 1272. 

On le voit, il y a encore bien des dates qui flottent indécises. 

Notre Flandre était partagée entre les diocèses de Tournai et de 
Téroaanne, qui avaient chacun un archidiaconé de Flandre. La liste 
des archidiacres de Térouanne est donnée assez complètement dans 
Blid, Regestes des évéques de Théromnne, S. Omer, 1902, p. 15-19. 
Malheureusement, l'auteur ne distingue pas entre les archidiacres de 
Flandre et ceux d'Artois. Qui nous donnera une liste aussi complète 
et aussi exacte que possible des archidiacres de Flandre dans les 

(•) Compte rendu du Congrès, p. 371-880, Bruges, L. De Plancke. 

(•) Varchidiaconat de Brabant dans le diocèse dt». Cambrai, jusqu'à la 
division de Varchidiaconé de ce nom en i27i, dans CRHBull., 
t. LXXIV, 1905, p. 485-520. 



226 CHRONIQUE 

diocèses de Térouanne et de Tournai ? Ce serait un vrai service rendu 
aux historiens de la Flandre du moyen âge. 

C. Callewaebt. 

Nouvelles d'histoire locale. 

Visite d'un Ciateroien hongrois à l'abbaye des Dunes en 1780. 
— Le F. Etienne Schenk, de l'abbaye d'Ossegg, où il avait rempli les 
fonctions de bibliothécaire, de sous-prieur et de prieur, entreprit en 
1780 le voyage d'Ostende. Il logea chez ses confrères des Danes. 
Après la messe le P. Prieur raconta à son hôte trois guérisons merveil- 
leuses obtenues par l'intercession du bienheureux Idesbald, pais le 
conduisit à la bibliothèque où il lui parla de quantité de manuscrits 
précieux que !a rage des Calvinistes avait détruits. <« Nous pleurons 
surtout la perte d'un manuscrit de l'Évangile, un autographe de 
Saint Luc(*). n Ni Charles de Visch, prieur des Dunes, ni Martëne et 
Durand qui firent un voyage littéraire en Flandre en 1717, ne connais- 
sent encore cette fable de l'autographe de Saint Luc. En 1780 le sens 
critique avait beaucoup baissé. 

F. Donatien De Bruyne. 

— Une ouriosité généalogique : Le dernier évêque <f Ypres, Mgr 
de Wavrans, apparenté au poète Corneille et à Charlotte Corday. 

Jacques de Wavrans, seigneur de Lichtervelde, avocat au conseil 
de Flandre, conseiller pensionnaire et greffier de la ville d'Yprcs, né 
le 24 avril 1626, époux de Jeanne Claire van Overwaele, fille de 
Gérard, avocat au conseil de Flandre et de Jeanne van der Heyden, 
eut un fils (Jacques, né le 14 février 1657, échevin de la salle et 
châtellcnie d'Ypres, puis conseiller pensionnaire de la même ville) et 
3 filles dont la plus jeune, Geneviève-Thérèse, née le 24 mars 1666 f le 
28 janvier 1737, épousa le 27 avril 1696, François-Marie Corneille^ 
trésorier-général des domaines au quartier d'Ypres pour le Roi de 
France. 

François-Marie Corneille est né îi Rouen le 10 avril 1660 et mourut 
le 16 octobre 1731. Il était fils de Thomas Corneille et par conséquent, 
neveu du grand poète tragique. 

Du mariage de François Corneille avec Geneviève de Wavrans, 
naquit une fille unique, Marguerite Geneviève, née le 28 mai 1697, 

(») Von Ossegg nnch Ostende und zu7ilck im Jahre 1780, dans la 
Cistercieuser-Chronik, XVII, 1905, p. 212. 



IM 



CHRONIQUE 227 

f le 30 novembre 1720, mariée le 2 janvier 1714 h Joseph-François 

Xavier de la Tour du Pin, comte de Ciarce, baron des Plan tiers 

d'Aléirac, fils de René et de Jeanne Isabelle de la Croix. 
Le grand poète Pierre Corneille (dont le père avait été annobli en 

1(537), né à Rouen le 9 juin 1606, f le 1 octobre 1684, avait épousé en 
1638, Marie L'Amperière, sœur de la femme de son frère Thomas. 

Il eut 3 fils et une fille : 1° Pierre qui continua la postérité, capitaine 
de cavalerie ; 2^ Nicole, lieutenant de cavalerie f à Graves en 1674 ; 
3<» Thomas, abbé d'Aiguessis f 1699 ; 4® Marie, née le 5 janvier 1642, 
mariée en premières noces & N. Guenebault et en secondes noces à 
Jacques de Farcy. 

Lia fille de ce second lit, Françoise de Farcy, épousa N. Corday, dont 
elle ent Jean François Corday d'Armans, marié k Charlotte Grodier et 
père de Marie-Anne-CAur/o^^i? Corday, l'héroïne de l'histoire révolu- 
tionnaire bien connue. 

Jacques de Wavrans, dont il est question ci-dessus, appartenait à la 
seconde branche de la famille. 

Le dernier évéque d^ Ypret était issu de la troisième. 

Lt'auteur commun des 3 branches était Jacques, né à St-Omer, 
bourgmestre de Nieuport, f le 9 mai 1584, époux de Laurence Praet 
f en 1606, dont le Jacques en question descendait à la 4« génération 
et l'évéque à la sixième. 

Nos monuments. — Bestanrations. 

Bruges. — « Le programme du Gouvernement concernant la ville 
de Bruges comporte la reconstitution complète de la place du Bourg, 
telle qu'elle était au XYI*" siècle et avec la belle façade du Palais du 
Franc dont l'ouvrage de Sanderus reproduit une vue. Les maisons 
modernes qui défigurent cette place superbe seront démolies et 
remplacées par des constructions artistiques qui cadreront avec ces 
joyaux que sont l'hôtel de ville et la chapelle du Saint-Sang. 

Sur an autre point, il faut léviter que le célèbre quai du Rosaire 
oe soit déparé par la disparition de divers immeubles antiques ; je suis 
d'accord avec la ville de Bruges pour les racheter. Il y a aussi les 
abords de J'hôtel de Gruuthuuse et l'aménagement de la Grand'PIace n. 
Ces parofes du chef du Gouvernement, M. le Comte de Smet de 
Nacrer, seront accueillies avec la plus vive satisfaction par tous les 
^n^eois et tous les amis de l'art. 



BIBLIOGRAPHIE 



DE 



I. SCIENCES AUXILIAIRES. 

1. MÉTHODOLOGIE. 

136 W. M. Van Elten. Nieuwe boeken bij het onderwijs in de geschie- 
denis. — GB. 1905, t. II, p. 388-404 ; 1Ü06, t. III, p. 95-120. 

(*) La Bibliographie renseignera les lecteurs, le plus complètement 
possible, sur les ouvrages {livres et articles de revues) intéressant 
l'histoire et les antiquités de la Flandre. 

L'indication bibliographique sera fréquemment accompagnée d'une 
notice objective et sommaire, avec renvoi (entre parenthèses) aux 
comptes rendus parus dans les périodiques dépouillés. 

Tout ouvrage ou article de revue, rentrant dans le cadre de la 
bibliographie des Annales et dont un exemplaire aura été envoyé aux 
Bureaux de la Revue (Bruges, rue Neuve, «° iî) sera lobjet d'un 
compte rendu ou d'une notice. 

Les titres des Revues sont indiqués par sigles, dont l'interprétation 
est donnée dans une liste imprimée sur la couverture des Annales. 
Un sigle précédé d'un trait indique un article ; mis entre parenthèses, 
il indique un compte rendu. Les comptes rendus d'ouvrages précé- 
demment annoncés sont renseignés sous les diverses rubriques de 
notre bibliographie. Le nom d'auteur ou le premier mot du titre sera 
précédé d'un chiffre romain suivi d'un chiffre arabe, en caractères 
gras et mis entre crochets. Le chiffre romain renvoie au tome des 
Annales, le chiffre arabe au n** de la Bibliographie où l'ouvrage en 
question a été signalé. 

Les ouvrages et articles qui pourraient trouver place sous plusieurs 
rubriques du cadre bibliographique, ne seront indiqués qu'une fois. 



BIBLIOGRAPHIE 229 

Son article sur la méthodologie. Actuellement d'un manuel 
d'Ijistoire, comme d'un professeur, on exige P qu'il soit au 
courant des principales découvertes et solutions nouvelles dans le 
domaine historique ; 2^ qu'il expose l'histoire génétique, c.-k-d. 
non seulement les faits mais leurs causes, leur connexion, leur 
évolution complète, sans négliger les lecteurs économiques et les 
influences sociales; 3° que l'enseignement soit mis à la portée 
des élèves p. ex. par des comparaisons avec des situations actuelles, 
(lu il soit rendu vivant par des anecdotes, des mots caractéristiques 
etc., qu'il soit rendu intuitif au moyen de l'atlas, de l'image, de 
la projection lumineuse. Ici M. V. Ë. se sépare de M. Uabets 
(voirt. LV, n. 246) et estime que le manuel destiné ù l'élève ne 
doit pas être illustré, mais que le professeur fera mieux de 
présenter pour chaque leçon de nouveaux tableaux qui intéres- 
seront davantage et fixeront mieux l'attention. 

En Hollande ont paru dans ces derniers temps, deux nouveaux 
manuels historiques destinés à l'enseignement moyen catholique : 
C.P.A. WiLLBMs en L. M. van Hees, On^^^^^cAi^^ww, Tilburg; 
D^CDk Wilde, Leerboek der algemeene geschiedenis ten dienste 
vnn ketHooffer en Middelbaar onderwijs, Leiden, Théonville. Dans 
une critique détaillée, M. V. E. montre que ce dernier ouvrage, 
dont deux volumes (histoire moderne et contemporaine) ont paru, 
répond beaucoup mieux que le premier aux desiderata exprimés 
plus haut. C. C. 

2. BIBLIOOBAPHIES DB8 SOURCES ET DES TRAVAUX. 

187 [LV, 140.] H. Dubrulle. Buîlaire de la Province de Jteinu sous 
U Pontificat de Pie IL (KHE. 1906, t. VU, p. 375-377, = E. Van 
der Mynsbrugge.) 

138 A. Clergeao. Inventaire analytique et chronologique de la série 
des Archives du Vatican dite « lettere di Vescovi w. — AnSLF. 1906, 
t. X, p. 215-268. 

Dépouillement de lettres entre autres de Louis de Berlaymont 
archevêque de Cambrai, de Jean Richardot évêque d'Arras, de 
Goillaume de Lomelle abbé de S*-Bertin, etc.. 

139 [LVI, 6.] H. Dubrulle. Les bénéficiers des diocèses d'Arras, 
Cambrai, Thérouanne, Tournai, (RBAB. 1906, t. IV, p. 48-49 = 
A. Fayen.) 

l^L.Verriest. Un Inventaire du XV'' siècle du Trésor des Chartes 

de Tournai. — KBAB. 1905, t. III, p. 368-374. 

l^ifi. Solioorman. Inventaire sommaire des greffes scahinaux et 

uigneuriaux de la Flandre orientale. Bruxelles, Hayez, 1905, in-12, 

\&^, (ABeJges, 1906, t. VIII, p. 18-19 = V. Fris.). 

Listas alphabétiques et chronologiques d'une foule de documents 

de taota nature : résolutions, comptes, statistiques, enquêtes, etc. 



230 BI-BLIOUBÂPHIE 

La pi apart de ces pièces ne sont pas antérieures à la fin di 
XVI1« siècle. 

142 L. D. Petit. Repertorium der Verhandelingen en Bijdrage 
betre fende de Geschiedenis des Vaderlands in tijdschriften e 
mengelwerken tot in 1900 verschenen. Fase. 3. Leiden, Brill, 1905 
(ABelges, 1906, t. YIII, p. 57 = J. Laenen). Cf. [LVI, 10] 

Indispensable. 

3. ARCHÉOLOGIE. 
Voir la rubrique : Histoire de Vart. 

143 L. Morillot. La question des restes de Jean-sans-Peur (caveaux 
cercueils^ ossements et épitaphes des ducs, duchesses et princesses 
de Bourgogne, inhumés dans les caveaux de Téglise de is 
chartreuse à Dijon). (Extrait des Mémoires de la Commission de: 
antiquités de la Côte d'Or, t. XIV). Dijon, Jobard, in-4, 49 p. 

4. DIPLOMATIQUE, CHRONOLOGIE. 

144 L. Verriest. Les devises des chartes-parties des greffes scabinaux 
de Tournai, — CRHBull. 1906, t. LXXV, p. 7-15. 

A Tournai les actes privés, passés sous l'autorité des échevina 
ont invariablement la disposition des chartes-parties : « l'acte était 
écrit, autant de fois que de besoin, sur une même feuille de 
parchemin, les différents exemplaires étant matériellement séparés 
par une inscription en lettres capitales, une devise, qui, dans 
l'espèce, constituait le seul signe de validation » (p. 6). On 
employait comme devises : le mot chirographum ; le nom d'une 
des parties intéressées ; des mots ou des phrases rappelant la 
nature de Pacte : counissance, aumosne, quittance, etc. ; plusieurs 
lettres M réunies par un trait, des ovales accolés, ou une série 
de lettres majuscules, enfin à partir du XIV* siècle le nom du 
scribe. 

C. C. 

145 R. F[ruin]. Eet verband tusschen den Paaschstgl en den titulus 
cereipaschalis. — NAB. 1905-1906, t. XIV, p. 177-179. 

On sait qu'on attachait souvent au cierge pascal, le samedi saint, 
une pancarte contenant les principales données chronologiques 
de l'année courante. Cet usage constaté dans une église ne prouve 
pas que cette môme église suivait le style pascal dans la manière 
de dater ses documents. Telle est la thèse — certaine — en faveur 
de laquelle M. Fruin apporte quelques bons arguments. Mais ne 
croyons pas à une découverte. L'auteur considère à tort l'opinion 
contraire comme communément admise. 

C. C. 



BIBLIOGRAPHIE 231 

5. GÉOGRAPHIE, ETHNOGRAPHIE, LINGUISTIQUE. 

Nous donnons sous cette rubrique les publications relatives 
à la Préhistoire. 

146 Ck)nitd F. de Montessus de Ballore. Relations géologiques des 
régions stables et instables du Nord-Ouest de V Europe, Seconde 
partie. CetUre et Nord de la France, Allemagne et Bohême. — 
AnSS. t. XXX, 1905-1906, p. 1-66. 

L'auteor, qui jouit d'une grande autorité en sismologie, 
s'occupe des relations entre les séismes et la nature géologique 
des répons. 11 étudie aussi, dans son savant mémoire, les secousses 
qui ont ébranlé le sol de la Flandre. 

J. Clasbhout. 

147 Sophus Ifûller. Urgeschichte Europas, Deutsche Ausgabe von 
0. L. JiRiczKK. Strassburg, Verlag von K. J. Trübner, 1905, in-8, 
2(Hp. 

Ce magnifique ouvrage est un aperçu général des découvertes 
préhistoriques faites en Europe. Le savant directeur du musée 
national de Copenhague ne discute pas les gisements en détail ; il 
n'a pas pour but d'en vulgariser la connaissance, mais il en donne 
la liaison et la synthèse et il déduit les conclusions certaines ou 
probables, auxquelles la science est arrivée. Chose importante à 
noter : il ne s'égare pas dans des évaluations fantaisistes, quand 
il suppute la chronologie des temps préhistoriques. 

J. Claeshout. 

148 Georges Engerrand. Six Leçons de préhistoire. Bruxelles, 1905, 
iû^, vii.2()3 p. (RQS. 1906, t. LIX, p. 310-314 = J.G.; Zentralblatt 
fur Anthropologie, 1906, t. XI, p. 166-166= G. Buschan.) 

L'auteur traite surtout de la préhistoire de la Belgique. Il 
admet les éolithes et le pithecanthropus de Dubois. Pour l'époque 
néolithique, il ne mentionne pas les découvertes faites dans la 
Flandre occidentale. Pour l'âge du bronze et du fer, il ne donne 
qu'une page. Ce livre nous présente avant tout la synthèse et 
i'apoiogrje des théories de M. Kutot, sans qu'il soit tenu compte 
des nombreuses critiques qu'elles soulèvent en Allemagne et en 
France. 

J. Clabbhout. 

149 George Grant Mao Curdy. The eolithic problem. — American 
Anthropologist, 1905, t. VII, p. 425-479. 

L'auteur, qui a étudié sur place les collections de M. Kutot et 
qui a effectué quelques fouilles sous sa direction, reconnaît dans 
les éolithes, les produits du travail d'un être intelligent. 
150 Jy Hans Hahne. Ueber den Stand der sog, Eolithenfrage, — 
^orrespondenzbl. der deutsch. anthrop. Gesch., 1905, t. XXXVI, 
h 108.111. 



232 



BIBLIOGRAPHIE 



151 H. Obermaier. Is it certain tkat Eolitk» are made by man? • 
Man, 1905, n» 102, p. 177-179. 

152 S. H. Warren. On the origin qf Eoliths, — Man, 1905, n*» 10 
p 179-183. 

153 Ballet. Quelques r^exions à propos, des éolithes. Bulletin de 
société préhistorique de France, 1905, t. Il, p. 116-127. 

154 £. Hennig. Die Eolitken. — Die Umscbau, t. X, p. 133-134. 

155 M. Verwom. Zur Frage der attesten Steimcerkzeuge. — D 
ümschau, t. X, p. 134-137. 

156 Thieullen. Sur les éolithes. — Bulletin de la société préhistoriqu 
de France, 1905, t. II, p. 179-183. 

157 J. Claerhout. Analyse des objets en bronze recueillis dans l 
station palustre de Denterghem. — AnSS. 1905-1906, t. XX^î 
p. 83-86. 

La teneur métallique des objets en bronze, recueillis dans ] 
station palustre de Denterghem, est analogue à celle des bronze 
lacustres de PËurope centrale. 

158 J. Deolève. Le Wallon montois et le vieux français. Le glossair 
de Philippert Delmotte. — MSSAH. 1904, t. LVI, p. 1-149. 

Dans un chapitre d'introduction, Fauteur s'étend brièvemen 
sur les vicissitudes historiques qui ont amené le dualisme de 
langues en Belgique et la délimitation de leurs frontières. 

6. NUMISMATIQUE, SIGILLOGBAPHIE. 



159 A. O. Van Kerwyk. OoldmUnzenfund von Zuyndrecht. - 
Frankfurter Münzzeitung. N« 58. (ABelges, 1905, t. Vil, p. 233. = 
A. de Witte.) 

160 M. de Man. Tteee derde groot van Reinald 11^ graaf van Gelre, 
met het opschrift « Moneta gandensis. » — Tijdschrift van hel 
Koninklijk Nederlaudsch Genootschap voor Munt- en Penning- 
kunde, 1906, p. 45-51. 

La monnaie décrite par Mademoiselle de Man constitue une 
imitation servile du type monétaire liamand; pour assurer une 
circulation plus facile à son numéraire, Renaud II, comte de 
Gueldre, allait jusqu'à y inscrire le Moneta gandensis que noua 
trouvons sur les monnaies de Louis de Crécy. (Gaillard, pL XXIi 
n^ 187). L'existence près de Nimègue d'une localité assez impor- 
tante appelée Gent servait peut-être d'excuse à ce procédé peu 
scrupuleux. 

II est H observer néanmoins que Gent en Gueldre se traduit 
Qannita en latin. 

A. YlBABT DE BOOABICE. 



BIBLIOGBAPHIE 233 

161 J. Jnstioe. Patagon des archiducs Albert et Isabelle frappé à 
Maestriekt, — GN. 1905-1906, t. X, p. 49. 

Découverte d'un exemplaire unique de cette monnaie. 

162 J. TerGonv. De munten uit de spelen van Gerbrand Adriaensz, 
Bredero. -"Soord en Zuid, 1905, t. XXVIII, p. 464-474. 

Utile au point de vue de la terminologie. 

163 Ch. Gillemaii. La médaille commétnorative de la pose de la première 
pierre des écluses de SlyXens (t672), — GN. 1905-1906, t. X, 
p. 21-28. 

Identification de la pièce et recherche de l'auteur : les frères 
Roettiers d'Anvers (?). 

164 E. Ponoelet. Sceaux et armoiries des villes, communes et juris- 
dictions du Hainaut ancien^ et moderne. Sceaux communaux 
conservés aux Archives de l'État, à Mons. — AnAM. 1903-1904, 
t. XXXUI, p. 129-241 ; 1904-1905, t. XXXIV, p. 112-305 (à suivre). 
(ABeJges, 1904, t. VI, p. 252 ; 1906, t. VIU, p. 32-33). 

Cette étude contient jusqu'ici, outre une monographie de 
valeur sur la sphragistique du pays, i'énumération, la description 
et souvent la reproduction des sceaux de toutes les communes 
jusqu'à Merbes-le-Ghâteau. • 

165 A. de Witte. Quelques sceaux-matrices de ma collection, — 
RBN. 1906, t. XLII, p. 186-192, avec 5 pi. 

Dans ce travail, M. de Witte étudie, entre autres, deux sceaux- 
matrices du Couvent de Wilhelmites de Beveren-Waes, gravés 
sur des tiges de fer de 13 centimètres de longueur, et qui paraissent 
avoir servi à timbrer des rondelles de plomb. Toutes deux portent 
une représentation de la S" Trinité, et la légende: Sigillum 
prioratus Beverensis. Elles semblent dater de la fin du XVIP siècle. 
L'hospice de Beveren-Waes, fondé en 1445, par Josse Vydt, 
seigneur de Pamele en Brabant, fut desservi d^abord par des 
frères de l'ordre de la Trinité ; il fut donné aux Wilhelmites par 
on acte du 8 avril 1461. La communauté fut supprimée par 
l'empereur Joseph II en 1784. A. Yisabt de Bocàssié. 

7. GÉNKALOGIE, HERALDIQUE. 

166 Le O* P.-A. du Cliastel de la Howarderie. Causerie sur les 
noms de famille. — RT. 1905, 1. 1, p. 223-230. 

Observations intéressantes sur les modifications subies par les 
noms de familles. Parmi les exemples cités h l'appui, nous trouvons 
les noms de van Kolleghem, van Belleghem. Division d^s noms de 
familles d'après leurs origines, en vingt catégories bien tranchées. 
Bon nombre de ces noms sont flamands. 



234 BIBLIOGBAPHIE 

IL PUBLICATIONS DE SOURCES ET CRITIQUE 
DES SOURCES. 

L SOURCES MONUMENTALES. 

Textes épigraphiques. 

Pour les autres sources monumentales, voir les rubriques 
Archéologie. Histoire de Vart. 

2. SPUBCES B'aBCHITES et critique DIPLOMATIQUp. 

^^7 [LV, 4ââJ L. Halphen. Le manuscrit latin 7i% du fonds de i 
reine Christine au Vatican et la LamenMio de mûrie Karo 
comitis Flandriœ. (MBBulI. 1906, t. X, p. 191-U)2 = J. Cloaon 

168 [LVI, 88] Bdw. G-ailUard. De Keure van Hazebrouck van 133i 
met aanteekeningen en glossarium. (RPE. 1905-1906, t. > 

. p. 59*.64*.) 

169 A. de Ghhellinok d'Elseghenl VaemewJJok. Chartes et doet 
nients concernant la famille Van Vaerneivgck, 2« partie. XV* siî 
de. Gand, Siffer, 190§, in-fol., 561 p. (ABelges, 1906, t. VIL 
p. IQ = V. F[ris].) 

170 [LV, 31.] A. Oauohie et R. Maere. Recueil des instructions au, 
Nonces dç Flandre. (MBBall. 1906, t. X, p. 187-188 =£ Ch. Tbe 

LItfOBV.) 

171 Testament de Dame Marie Lovell éd. L. Willabbt, S. J. - 
AHFB. 1906, t. XXXII, p. 70-77. 

Marie Roper, veuve de Sir Robert Lovell of Harling, a jou 
un rôle considérable dans le mouvement religieux qui s'ppén 
au début du XVII* siècle, parmi les catholiques anglais réfugie 
aux Pays-Bas espagnols. Elle mourut à Bruges en 1628. La claus 
de son testament, qui présente le plus d^intérct pour nous, est cell 
par laquelle la testatrice donne sa maison aux Jésuites Anglai 
établis à Gand. Cette n^aison fut cédée par eux aux Dame 
Anglaises, cbanoinesses de Saint- Augustin et est encore actuelle 
ipent occupée par ces religieuses. Cette pièce d'archives complet 
donc au point de vue de cette fondation, la série de document 
publiés najfuère-par M. Gilijodts-van Severen [LV, 29]. Le trava 
du E. P. Wiilaert est une édition modèle, accompagnée de note 
explicatives particulièrement intéressantes. A. D. M. 

172 J. De le Court. Recueil des Ordonnances des Pays-Bas autrichiem 
3« série, 1700-1794, t. Kl (14 janvier 1775 — 30 décembre 1780.; 
précédé d'un aperçu srénéral de l'œuvre législative et administra 
tive du règne de Marie-Thérèse. Bruxelles, Goemaere, 1905 



BIBUOGSAPHIE 236 

in-fol., ixxv-476 p. (ABelges, 190IB, t. VllI, p. 55-57 = H. Vand«r 
Linden.) 

Imparfait, autant comme édition de textes que comme mono- 
graphie. 

173 Mémoire prétenté à sa Majesté Ip Rçi des Pays-Bas par le ministre 
de Injustice le 18 décembre 1816 à Vffét de justifier sa proposition 
relatidement aux charges portées contre l'évéque de Gand, éd. 
Ch. Tbrlindb». — AHÈB. 190?, t. XXXII, p. 86-104. 

M^r le prince de Broglie passait pour l'auteur principal da 
Jugement doctrinal des éoéques du royaume des Pays-Bas, sur le 
serment prescrit par la nouvelle Constitution, C'est la charge 
principale relevée contre lui par le ministre Yan Naamen. Les 
antres chefs d'accnsation dont le ministre examine la repréhen- 
sibiiité en égard aux lois et arrêtés en vigueur, sont siirtout : 
que l'évéque de Gand avait, au mépris des ordres du Gouverne- 
ment, formé et maintenu une réunion d'ecclésiastiques et qu'il 
entretenait des correspondances avec la Cour romaine sur des 
affaires ecclésiastiques. 
Slosieon des faits incriminés se rapportent 'à notre province. 

3, QpUJlCp IiITT^^P^ES ET CByTIQUB d'ÉBUDITION. 

).74 [LIT, 4^] C. PfMleTftert. La Continuatfo Valcellensis de la 
Clrmque de Siçebert de Gemklonœ. Fragments et notes. (ABelges, 
la», t. VIU, p. 6? = ,f. Cuypliei-j A^. IftOP, t. XXV, p. 215, 

==E.fiocede2.) 

175 Mémoires de Jean^ Sire de Haynin et de Louvignies, 4465'1477y 

éd. Dp. Bbouwbes. (Public^^on de I» Société d^s Bibliophiles 

liégeçif). Liège, Copm^ux, WO^, t. J, in-S, xyi-2^ p. (ABelges, 

im. t. VIII, p. 17-18 = s. Balau ; W. Jj9q6, t. X)[V, p. J05-107 == 

J. Feller.) 

Ces mémoires — fai^t-il le rappeler ? — relatent les événeipei^l^ 
dn règne de Philippe le Bon et de Charles le [jpén^éraire. 

176 A- ^SèJ^l''WptiQ^ Vida de J). Luis ds Heque$»nf y £4niga, commen- 
dador mayor de Castilla (1528-1570). — Bulletin hispanique^ 1904, 
t. n, ?7(H309 ; laqP, t. VIÏ, p. a3&-îJ79 (snite et fin). [LV, 436] 

177 T. De Deoker. JReisaanteeKeningen van den eximius Van de 
r//&. — AnAW. 1905, t. XXIII, p. 119-144. 

Eu I77ôf Yan de Valde, professeur à l'Université de Louvain, 
se vit forcé d^entreprendré un voyage h. S^-Nicolas, Gand, ThieIt, 
Thoufont, Dixmude, Fumes, Dunkérque. Ostende, Bruges. 

Uautenr p^blii» cerjt^ines .nptes de yoyage, qui présentent d^ 
i'iotérée .t|int ppur ù biographie da Van de Vjelde, que pour 
• l'histoire générale et surtout locale. 



236 BIBLIOGBAPHIE 

III. TRAVAUX HISTORIQUES PROPREMENT DITS. 

1. HIBTOIBE OEKÉBALE. 

Histoire régionale, locale et corporative. 

178 Robert Fmin's Verspreide geschriften éd. P. J. Blok, P. L 
Muller en Sam. Mullkr. La Haye, Nijhoff, 1899-1905, 10 vol. 
in-8, avec 1 fasc. de tables et une liste chronologique des travau 
de R. Fruin, par L. D. Petit. (ABelges, 1906, t. VllI, p. 57-5 
= V. Fris.) 

L^édition est relevée par des annotations, additions et correc 
tions tirées des papiers délaissés par l'auteur. Plusieurs de ce 
œuvres, on le sait, regardent notre histoire. Rappelons en parti 
culier les études sur la bataille de l^ieuport. sur Francis Ven 
. commandant d'Ostende, sur les Dix-sept provinces des Pays-Bas 
sur l'érection des nouveaux évéchés en 1559. 

179 J.-L. Eggen. De Zuid-Nederlindsche ballingen der XVI* eeun 
in Noord'Nederland. — GOGBull. 1906, t. XIV. p. 58-60. 

Résumé d'une conférence. 

180 [LVI, 64] E. Gossart. Espagnols et flamands au XVI* siècle 
(RQH. 1906, t. LXXVIII, p. 677-678 = A. d'Herbomez ; AnEm 
1906, t. LVI, p. 214-219 = R. De Schepper; RIPB. 1906, 
t. XLVIII, p. 207-209 = A. Dutron.) 

181 [LV, 443] Ooienbrander. De Belgische Omwenteling, (W. 1906, 
t. XIV, p. 58-59 = Gr[ojean] ; DWB, 1906, p. 516-517 = 
L. Van der Essen.) 

182 L. de Béthnne. L élection du premier roi des Belges par Ie 
congrès national. — RG. 1905, t. LXXXII, p. 364-387 ; 512-528. 

183 Loon dn Bus de WamafTe. L'Évolution du parti libéral. — 
RG. 1906, t. LXXXIII, p. 771-785. 

184 L. Van Hoorebeke. Histoire de la politique contemporaine de 
Belgique depuis 1884. T. I (10 juin-23 octobre 1884). Gand, Siffer, 
1905, in-8, xxiii-385 p. F. 3.50. (ABelges, 1906, t. VUI, p. 19-20 
= G. Knrth). 

Écrit dans un sens catholique, avec des garanties d'impartialité 
suffisantes. 

185 E. Galland. Oeschichte der Frankenherrschaft in Griechenland. 
T. H. Qeschichte des latein. Kaiserreiches v, Konstantinopeh 
l*** partie. Geschichte der Kaiser Balduin I undHeinrich. 1204-1216. 
Hambourg, v. d. Hohe, 1905, -n-8, vii-264 p. M. 6.50. [LV, 289]. 

186 [LV, 432] B®» de Maere d' Aertryoke. Mémoire sur la guerre 
de Flandre, de /30i-f304. (RPE. 1905-1906, t. X, p. 37*-40*.) 



BIBLIOGRAPHIE 237 

187 [LV,308.]H. Dubmlle. Cambrai à la fin du moyen âge. (MBBall. 
1906, t.X, p. 190-191 = A. Dutron ; RHE. 1906, t. VII, p. 373-375 
= E. Van der Mynsbru^ge.) 

188 Th. Sevens. Kortrijk in de omwenteling van 18S0, — BGOK. 
1905-1906, t. III, p. 71-79. 

Les chap. III-V, renferment des détails intéressants concernant 
la participation des Courtraisiens an mouvement en faveur de 
rindépcndaoce. L^ag^itation commença le 28 août ; les couleurs 
brabançonnes furent arborées le 6 septembre. L'auteur donne 
la liste des volontaires partis en septembre 1830. 

189 A. Blomme. Termonde. Notice sommaire des principaux monu' 
ments et des curiosités y 1904, in-8, 4 p. 

Simple inventaire, très sommaire. 
IW M. de Troostembergh. Louvain féodal. — BGHB. 1905, t. IV. I. 
Le manoir de Boutsvoord, p. 3-14. IL Le Tijmpel-hof, p. 289-304. 
III. Le mamir f^opde Biest », 488-514, {à suivre ?). 

Incidemment une biographie de Guillaume-Charles-François de 
Bourgogne, comte de Wacquen, introduit par son mariage avec 
dame Marie-Anne-Scholastique van den Tij m pel dans la famille 
Louvanisteet... dans «< Louvain féodal n (p. 298-299). 

191 [LV, 185J G. Van Hoorebeke. Biographie du fameux Olioier 
leDain. (MBBull. 1905, t. IX, p. 393-394 = A. De Ceuleneer.) 

192 P. Hymans. Frére-Orban, T. I (1812-1857). Bruxelles, Lebègue 
et DS 1905, in-8, xv-570 p. F. 7.50. (ABelges, 1906, t. VUI, 
p.l-5=G. Kurth.) 

2. HISTOIBE SPECIALE. 

A. Histoire des institutions et du droit. 

liiâ L. De Wolf. Nog Brugsche keuren vermoedelijk geschonken in 
im en ± H68. — AnÉm. 1905, t. LV, p. 393-403. (ABelges, 
1906, t. VIII, p. 69 = H. V[an] H[outte].) 

La confirmation par Thierry d'Alsace de la charte, octroyée 
par Guillaume Cliton à Bruges en 1127, se trouvait rapportée 
JQsqu'ici k la date du 30 mars 1128. L'auteur a en vue de 
démontrer, qu'il faut plutôt dater du 31 de ce mois la concession 
oflScieile de cette confirmation. En outre, il trouve probable que, 
depuis 1128 à ±: 1190; Bruges n'a plus reçu de ses comtes des 
chartes innovatrices d'une nature générale ; tout au plus serait -il 
possible, qne, lors de l'intronisation de Philippe d'Alsace en 1168, 
elle ait obtenu une nouvelle confirmation, mais rien qu'une con- 
finnation, des privilèges précédemment acquis : comme ce fut le 
cas à S. Orner en 1165. 

IM H. RomlMtat. Bssais sur les terres franches de la Flandre wallonne. 
Thèse de doctorat en droit. Lille, Giard, 1905, in-8, 200 p. 



288 BIBLIOGBAPHIE 

195 G. Willemsen. Les « Vrye Landen » du Polder de Ca 
{i649'f738). - AnAW. 1905, t. XXUI, p. 165-184. 

La présente notice, résamé saccint des registres contenant 
résolutions des adhérités du Polder de Calloo, est limité 
l'examen des points suivants : l^ Origine des « vrye landen v 
Polder de Galloo. 2° « Les « vrye landen » farent-ils exempts 
payer des geschotten ? 

B. Histoire éoonomiqae et soolale. 

196 E. Van Cappel. De hongersnood in de Middeleeuwen M 
Xiri^^ eeuw, — AnEm. 1906, t. LVI, pp. 16-40, 143-164. 

Étude d'histoire sociale et économique d'après les sourr 
Donne la bibliographie, examine la valeur des sources ; indique 
soi-disant s signes précurseurs, les causes prochaines de la fam 
et leur influence, vu la situation de l'agriculture, de la populati 
et des* relations commerciales. Étudie la durée, l'extens 
géographique, le nombre des famines et les causes économiqi 
et sociales de leur diminution au X1II<^ siècle dans nos contré 
Dépeint l'action et les conséquences des famines : augmentât! 
du prix des denrées, appauvrissement général, maladies et mor 
lité, émigration. Expose enfin les mesures prises pour prévenir 
calamités et les secours accordés aux affamés surtout par 
abbayes et les églises épiscopales. 

197 R Carette. Eerste invoer van aardappels in Europa. Courtr 
Beyaert-Sioen, 1904 (1906), in-8, 184 p. (ABelges, 1906, t. VI 
p. 64-65 = H. Van Houtte.) 

198 A. Behaegel. Servantes et serviteurs d^ autrefois (16«, 17* 
18» siècle). — AnAW. 1905, t. XXllI, p. 145-165. (ABelges, 19( 
t. VIII, p. 34 = H. V[an] H[outteJ.) 

Article qui n'est pas sans mérite, sur la condition faite h 
domesticité par les Ordonnances des souverains des Pays-Bas 
de la Hollande. Quasi un complément à l'article de G. Willkhsb 
De loonquaestie in Vlaanderen op het einde der XVI^ eeun. [L 
202]. (ABelges, 1904, t. VI, p. 280-281 = H. Van Houttb). 

199 Willemsen et Dllis. Un épisode de la lutte économique entre i 
villes et Ie Plat-Pays de Flandre dans la seconde moitié du IVIl 
siècle, — AnAW. 1905, t. XXIII, p. 272-322. 

Parmi les causes qui, au commencement du XVIII* siècle, enip 
chèrent le développement normal du commerce du Pays de Wae 
vient en premier lieu la tendance des villes closes u ruiner 1 
foires, les marchés et par conséquent le commerce du Plat-Pay 
Quelques documents inédits publiés dans la présente étui 
établissent qu'entre 1764 et 1774, il y eut, sur ce terrain, lut 
ouverte entre les Hauts-Échevins du Pays de Waes, soutenus pi 
les «minder wetten n et le pouvoir central, aidé par les États ( 



BIBLIOGBAPHIE 289 

Flandre. Le présent travail décrit les péripéties de cette bataille 
écODomique qai se termina par la victoire du Plat-Pays. 

A. D, M. 

C. Histoire des soienoes et des lettres. 

30O J. Kalff. Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde. Eerste deel. 
Groningue, J.-B. Wolters, 1905, in-S», iiii-576p. Fl.6.50 (MBBulI. 
1906, t. X, p. 127-129 = C. Lecoutere.) 

201 J. Franok. Bene literarische Persönlichkeit des XlIIJahrhunderts 
in den Niederlanden. — Neue Jahrbûcher fur das klassische 
Altertum. 1904, t. XIII, p. 424-442 (AB. 1906, t. XXV, p. 126-127 
= V. O.) 

II s'agit de Guillaume d'Afiiighem, mort en 1297, abbé de Saint- 
Trond, et qui est peut-être i^auteur d'une vie flamande de Sainte 
Lotgarde (f 1246). M. F. examine cette vie au point de vue de la 
grammaire et du style. 

202 D^ G. Leooutere. Een nieuw fragment van Maerlant's Spieghel 
Historiael. — VKVA. 1906, p. 29-65. 

2QS [LVI, 96]. M. Sabbe. Het leven en de werken van Michiel de Swaen, 

(ABelges, 1906, t. VIII, p. 26-28 = L. Willems.) 
204 a. Van Doorslaer. Altnanachs Malinois. — AnAM. 1905, t. XV, 

p. 355-363. 
Étnde complémentaire à l'article de M. Caullbt, Une collection 

d^almanachs placards (i 060-17 86). [LV, 210] . 

D. Histoire de l'art. 

206 A. V. Warzbaob. Niederldndische Kunstler- Lexicon, Fase. 6. 
Vienne, Halm et C^». M. 4. 

206 [LV, 478] H. Fierens-Oevaert. La Renaissance septentrionale 
et les premiers maîtres des Flandres, (ABelges, 1905, t. VII, 
p. 281-234 = M. Laurent ; W. 1906, t. XIV, p. 53-54.) 

207 Fierons Q^vaert. Le rôle des maîtres wallons dans la première 
Senaissance des Valois, Jean-Pépin de Huy, — Jean de Liège. — 
André Beauneveu. XIV^ siècle, — W. 1905, t. XIII, p, 177-187. 

Trois sculpteurs de renom, qui sont en partie redevables de 
leur vogue en France, à la faveur dont ils jouissaient auprès 
des comtes de Flandre. L'un d'entre eux d'ailleurs, Beauneveu, 
fat chargé de travaux d'art à Courtrai, à Gand et à Ypres. 
Ils occupent une place eminente parmi les imagiers wallons qui 
eurent une part si prépondérante dans le mouvement de « Renais- 
sance » de l'art au XI V« siècle. 

203 A. Hooqnet. Roger de la Posture. Son origine tournaisienne ; 
tMnom,sa nationalité. — RT. 1905, 1,1,^.9^-97 ; 117-119; 140-142. 
(RAC. 1906, 5« sér., t. II, p. 63 = L[ouis] C[loquet] ; W. 1906, 
t. UV, p. 54-66 ss A. DelBtanche.) 



240 BIfiLIOGBAPHIE 

« En résumé, le peintre du XV* s. que l'on a pris Thabitud 
dénommer Roger van der Weyden, est un artiste wallon d'as 
dance, tournaisien d'origine et français de nationalité, q 
devrait toujours désigner sous son véritable nom de famille 
est de la Pasture n (p. 141). 

209 A. Heins. A propos d'un curieux tableau de V École Jtamand 
XVIUiècle. — RT. 1905, 1. 1, p. 213 s. Planche. 

Œuvre d'un auteur inconnu. Trois noms sont avancés : Mam 
Metsys, Huys. M. H. incline à penser que le tableau en que^ 
est de ce dernier. [LVI, 113] 

210 O. Wattez. A propos d'un curieux tableau de l'École Jiamand 
Xr/« siècle, — RT. 1906, t. 11, p. 12-13. 

Discussion philologique de l'inscription qui se trouve su 
tableau dont il s'agit au n^ précédent. 

211 A. Boinet. U'n manuscrit à peintures de la bibliothèque de Sa 
Orner. — Comité des travaux historiques et scientifiques. Bull 
archéologique. Paris, 1904, p. 415-430, pi. XLVII-LIII. . 

212 B^" J. Bethane. Les fouilles Jaites au portail de l'Eglise Ni 
Dame à Courtrai. — BGOK. 1905-1906, t. 111, p. 2-6. 

Ces fouilles ont fait apparaître un portail du XIII* siècle, c; 
sous le porche construit par les chanoines du XVIII* s., ainsi 
les contreforts des tours. Ces contreforts présentent une pi 
cularité très rare : ils étaient évidés à rez-de-chaussée de faç< 
former passage. 

213 A. Hooquet. Le tombeau des Castagne, — RT. 1906, t. 
p. 13-14; 35-37. 

A propos de la découverte du tombeau de Jakemes Casta 
(f 1327), M. H. donne la description de ce monument et ava 
certaines considérations concernant l'influence exercée par Té 
de scnlpture toumaisienne sur ' la formation artistique 
sculpteurs de Bourgogne et de Flandre. 

214 Ernest Glossen. Chansons populaires des provinces bel 
Anthologie: Introduction, harmonisations et notes. Bruxel 
Schott. Un cahier grand format de xv-223 pp. F. 6. (RG. lî 
t. LXXXm, p. 169-174 = Charles Jtfartens; ABelges, li 
t. VII, p. 257 = P. Bergmans.) 

L'auteur a condensé la matière contenue dans les reçu 
scientifiques régionaux comme ceux de Lootens et de Feys, 
curé Bols et surtout le monumental recueil de Van Duyse, pou 
chanson néerlandaise ; dans les recueils de cramignons et 
collections de WalloniUfpouT la chanson wallonne. L'enseigaen 
scolaire et les sociétés locales peuvent, à l'aide de ce ii^ 
redresser le goût public et remettre en honneur les charms 
refrains que chantaient nos pères. 



BIBLIOGBAPHIE 241 

E. Histoire religieuse, 
a) Histoire générale. 

HI8T0IBB BÉGIONALBi LOCALE BT COBPOBATIYE. 

215 [LV, Uöj P. Kalkoff. Die Anfànge der Qegenreformation in 
den Jitederlanden. (REE. 1907, t. VII, p. 377-379 = É. Tobac.) 

216 L. Willaert, S. J. Ifigociations politico-reliffieuses entre V Angle- 
terre et les Pays-Bas catholiques (1098-1625) d'après le» papiers 
d'État et de FÂudience conservés aux Archives générales du 
royaume de Belgique. — RHE. 1905, t. VI, p. 47-54 ; 566-581 ; 
811-826 (à suivre). 

Ces pages d'histoire générale, richement documentées et d'une 
lecture captivante, présentent un intérêt tout spécial pour la 
Flandre, où furent fondés la plupart des établissements pour la 
formation du clergé anglais, et l'éducation de la jeunesse. 

£n voici le résumé, d'après la table de la Mevue d'histoire 
ecclésiastique : 

Notice sur les « Négociations d'Angleterre », p. 48. 

PsBsnÈBE PARTIE. — Intervention des archiducs en faveur du 
catholicisme. Note préliminaire. Informations des ambassadeurs 
des Pays-Bas à Londres sur les affaires religieuses et les contro- 
Terses théf^logiques en Angleterre, p. 566. 1® «Avvisi » concernant 
les affaires religieuses d'Angleterre : Nombre des catholiques — 
Robert Cecil — Bye Plot — Conspiration des Poudres— Le serment 
d^allégeance — Persécution — Le roi et le parlement, p. 568. 
^ Questions théologiques. Discussion de Jacques P'' avec 
Ferdinand de Boischot sur la vraie religion. Controverse de 
Jacques I»'' avec Bellarmin, p. 811. A. D. M. 

217 Ch. Terlinden. Guillaume P^ roi des Pays-Bas et /Église 
catholique en Belgique [1814-1830). T. L La lutte entre l'Église et 
rÉtat (1814-1826). (École des sciences politiques et sociales [de 
Louvain].) Bruxelles, De Wit, 1906, in-8o, xxi-523 p. 

218 J. P. Scholte. Bijdrage tot de hennis van de godsdienstige 
rerdraagzaamheid van Prins Willem I. — NAKG: 1905, nouv. sér., 
t. IV, p. 26-53. 

219 Alph. De Poorter. La prévôté Saint Amand-lez -Courir ai. — 
BGOK. 19:>5-1903, t. III, p. 105-205. Prix du tiré à part: 1.50 fr. 

L'actif et intelligent professeur, auteur de cette étude, ne prétend 
pas nous donner une monographie complète, mais des Notes et des 
Documents pour servir k l'histoire de la prévôté Saint-Amand à 
Coartrai. Après une notice sommaire sur l'histoire des bâtiments, 
qui abritent actaellement le collège patronné, l'auteur reproduit 
sans changement les pages qu'il avait déjà publiées dans le même 
BulletiHy t. I, p. 205-211, sur les premières origines de la prévôté. 



242 BIBLIOGRAPHIE 

Il est regrettable que T auteur n'ait pas profité de c 
réédition pour reprendre et préciser les solutions de cette ques 
très intéressante. La prévôté proprement dite ne fut fondée, o 
semble-t-il, que postérieurement h, la bulle de 1119, avani 
charte donnée, vers 1130| par la comtesse Clémence. Mais 
extraits, trop écourtés, de diplômes de 847 et 899 nous appreni 
que Tabbaye de Saint-Amand (France), dont dépendait la pré^ 
de Courtrai, possédait « in Curtriaco mantos IL Iteni villae Bom 
Hardoya, etc. n II serait sans doute difficile de prouver que, 
IX* siècle, in Curtriaco peut se resteindre au quartier ac 
Overleye, Nous aurions voulu voir l'auteur comparer les dipiôi 
du IX* siècle avec les documents postérieurs (p. ex. de 110' 
1119, rapportés dans Mirjbüs, Opera dipL III, p. 1151 et 1155 
établir d'une façon plus peremptoire que la villa Bonart était \ 
située k Cuerae lez-Courtrai. Cette identification, qui nous pa 
exacte, est très importante au point de vue de la délimitation 
pagus Ftandrensiê et du Mempiscuè et apporte un élément nouv 
qu'il ne faudra pas négliger dans une question controversée es 
M. Piot et M. Vanderkindere (Le Capitulaire de Servais et 
origines du comté de Fîand7*e, dans CKHBull. 1897, 5« sér., t. \ 
surtout p. 121-188). Espérons que la question sera repi 
eX'pr<ifesso et traitée intégralement. 

Successivement, M. De Poorter examine la situation féodale, 
revenus, les charges de la prévôté ; expose les arguments qa'4 
faisait valoir en faveur de ses droits de prévôté foraine avec mei 
propre, distincte de celle de l'abbaye ; il termine cette premii 
partie par une liste provisoire des prévôts. A la p. 107 on trouvi 
une précieuse indication de sources d'archives. 

La seconde partie comprend une bonne publication de 39 do( 
ments, la plupart inédits, qui vont de 1130 k 1771. Nous nous p 
mettons de signaler à l'auteur que les documents XI et XII so 
en style nouveau, de 1509 et 1514, au lieu de 15(% et lôl3, et qi 
eut été préférable de donner plus complètement le titre de 
pièce XIII. C. Callewarrt. 

220 G. Deoamps. L'abbaye de G roetunçke-ief -Courtrai et ses poss 
sions dans le Uainaut. Quelques souvenirs sur ia bataille 
Courtrai. — AnAM. 1904-1905, t. XXXIV, p. 57-81. (W. !« 
t. XIV, p. 107-108; BGOK. 1905-1906, t. III, p. 236-250 
J. Bethune.) 

Le titre de cette étude ne correspond point adéquatement 
sou objet. L'auteur relève d'abord la part importante que i 
seigneurs et citoyens du Hainaut prirent à la bataille de Courtn 
ainsi (jiie d'autres faits relatifs k cet événement et qui intéresse 
le Hainaut. Ensuite il refait l'histoire des bieus que l'abbaye < 
Miroir de la Vierge de Groeninghe possédait k Dour, Braine 
Neufville-lez-Soignies. Les nouveaux documents que M* ^ 



BIBLIOGRAPHIE 243 

analyse et publie en appendice, complètent les données consignées 
dans FouTrage du chanoine Van de Puttb. Chronique et cartulaire 
defabbaye de Qroeninghe à Courtrai, (Public. in-4<> de la Société 
d'Émulation de Bruges, V sér., 1872). A JNeufvilles existait encore 
il y a quelque trente ans une chapelle dédiée à Notre-Dame de 
Groeninghe. La fin de l'article rappelle le souvenir de plusieurs 
abbesses de l'abbaye de Groeninghe, originaires du Hamaut. Les 
brèves notices qui leur sont consacrées sont solidement docu- 
mentées et révèlent chez l'auteur d'amples connaissances généa- 
logiques. Le nécrologe de Groeninghe commémore un grand 
nombre de religieuses appartenant à des familles hennuyères. 
luutile de noter que bon nombre de noms cités dans le corps de 
cet important article se rapportent k l'histoire de nos anciennes 
institutions religieuses, notamment h l'abbaye des Dunes. 

Le compte rendu consacré à ce travail par M. le baron Joseph 
Betbune n'a pas seulement le caractère d'une simple analyseï 
mais grâce à de nombreux documents d'archives extraits de la 
bibliothèque de Courtrai, il constitue un véritable article complé- 
mentaire k l'étude de M. Decamps sur l'abbaye de Groeninghe et 
ses relations avec le Hainant. A. D. M. 

221 Pr. De Ridder. Thienen. Het Kapittel van S.-Oermanus' kerk. = 
BGHB. 1904, t. III, pp. 280-293, 387-395, 557-568; 1905, t. IV, 
pp. 81-97, 131-139, 173-180, 389-353, 438-447, 471-479, 525-532. 

A remarquer deux biographies. L'une de Petrus Reyloff, natif 
de Bruges, devenu doyen de S^-Germain, chanoine k Bruges et à 
Tournai, où il mourut le 12 Juin 1688 (t. IV, p. 525-526). 

L'antre de Joannes Theodorus de Schoth, originaire de Malines, 
et qui fut le prédécesseur présumé du précédent au canonicat de 
Bnipes (t. IV, p. 526). 

222 G. G. A. Jaten. De Orde van den H. Guilieimus in Noord- en 
Zuid-Nederland. — AFIEB. 1906, t. XXXII, p. 44-67. 

Contribution importante k l'histoire peu connue de l'ordre des 
Guillelmites. Auprès une notice substantielle sur la personnalité 
de S* Guillaume, la fondation, les vicissitudes et l'extinction de 
l'ordre, M. J. donne la liste des couvents établis dans les Pays-Bas. 
On sait que le couvent qui avait nom « De Woestyu der H. Maagd » 
fondé entre Biervliet et Bouchante, se transporta k Bruges. 
L'année de ce transfert est inconnue. D'autres maisons étaient 
établies en Flandre : celle de Niçuaarde ou Nieuwland, transférée 
àOudezeele, puis à Peene : celle de S^-Ursmer près d'Alost ; celle 
de la S*«-Trinité à Beveren (Waas). M. J. publie en appendice 
7 documents (1256-1784) inédits relatifs k ces institutions ; enfin 
il établit la liste des Provinciaux connus (1261-1711.) A. D. M. 

223 L. Willaert. A catholic college in the seventeenth century [Collège 
de S* Orner]. — The american catholic quartely Review, 1905, 
t. XXX, p. 745-758. 



244 BIBLI06BAPHIB 

224 E. MattUea. Un évéque Enghiennois au XVI^ siècle, — Ad^ 
1905, t. VI, p. 212-216. 

Ce fat Ie Car m e Jean van der Heet velde, évêque saffrag; 
d'Utrecht en 1523. Il avait été prieur da couvent de Bruges, 
mourut en cette ville en 1528. 

225 V. M. van Caloen. Le père Henri-Marie Iweins à^Eeckhtndte 
Frères-Prêcheurs. Ouvrage précédé d'une lettre préface par 
Père Ollivier. Bruxelles, Vromant et C*«, 1906, in-8«, 216 p. 

b) Histoire spéciale. 

7) CULTE, HliRABCHIE. 

226 A. J. A. Flament. De vereering van Sint Nicolaus bizonder 
Nederland en vooral met het oog op de vraag qf zij in verband sti 
met de Germaansche Mythologie. — GB. 1906, t. II, p. 1-15. 

Origine et développement de ce culte aux Pays-Bas. L'aute 
s'appuie sur ces faits pour répondre négativement à la questi 
posée. 

227 A. Do Cook. Kerstening van heidensche zahen^ vooral in verba 
met boom- en bronvereering in België. — VG. 1905, 1. 1, p. 155-K 
245-284. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 77 = J. L[aenen].) 

Nombreux faits de vénération d'arbres et de sources. Mais 
thèse s'applique-t-elle k tous ? Le travail toutefois est des p] 
sérieux. 

228 £. Lesne. La hiérarchie episcopale. Provinces, rt^étropolitaii 
primats en Gaule depuis la réformé de S. Bonif ace jusqu'à la mi 
d'Hincmar (742-882). Paris, A. Picard, 1905, in-8, p. xv-S 
F. 5 (HJ. 1906, t. XXVII, p. 879 = G. A. ; RQH. 19( 
t. LXXIX, p. 664-665 = J. Besse.) 

L'organisation de la hiérarchie episcopale laissait beaucoup 
désirer en Gaule sous les Mérovingiens. Une réorganisation, coi 
mencée par S. Boniface, fut soutenue par les fils de Charles Mari 
et menée à bonne fin sous Charlcmagne et Louis le Pieux, p 
le groupement des évêchés en provinces ecclésiastiques se 
l'autorité du métropolitain. Telle est la première partie de l'ouvrai 
très documenté de M. Lesne, qui montre, dans la dernièi 
l'organisation métropolitaine d'après les fausses décrctalc 
Torigine des primats et la situation politique des évèque^ penda 
le IX^ siècle. D'après M. Lesne, les fausses décrétales auraient é 
fabriquées dans la province de Reims, dans le but de s'oppos 
aux tendances de l'archevôque Hincmar qui voulait exagér 
les droits des métropolitains. Comme on le voit, un ouvrai 
important pour l'histoire ecclésiastique du haut moyen âge dai 
nos régions. 



Paaiclikeere en Paaaebboon. 



De Paaschkeers îs het zinnebeeld van den verrezen 
Verlosser. Het plechtig ontsteken en de glans van haar 
licht stellen ons zijne glorierijke verrijzenis voor. De 
keers met do vijf wierookgranen verbeeldt Christus 
lichaam met zijne vijf wonden, hetwelk de heilige Vrouwen 
kwamen balsemen. Ook zal dit licht van Christus ons 
blijren verlichten tot na het evangelie van zgne Hemel- 
vaart. 

Eertijds was de paaschkeers gewoonlijk prachtig 
versierd. Op de miniaturen der exultetroUen (*) uit de 
XU' en de XHI^ eeuw ziet men ze dikwijls met een 
heerlijk blocmenkleed opgetooid (*). 

Gewoonlijk was ze zeer groot : cene zuil, cólumna, zoo 
ze het Exultet noemt : te Rhiemen woog ze 30 pond, te 
Chartres 72, te Roanen 40 ; daar was ze 25 voet hoog. 
In S*-Jan van Lateranen te Rome, beklom de diaken een 
rollend gestoelte om ze te ontsteken. Te Coutances, werd 
ze Tan uit het triforium ontstoken ; te Durham door cene 
opening van het koorgewelf ('). Het licht van zulk een 

(') De lange perkamenten schróoden waarop het Exultet geschreven 
stond en die men onder het zingen ontrolde, komen sedert ongeveer 
het midden der XIIP eeuw buiten gebruik. Zie J. Bbaun, S. J., 
OsUrpraconium undOst€rkerienw€ih€,(stimnien ausAfaria-Laach, 1899, 
bl.286.) 

<•) Aid., bl. 274. 

O In Engeland was ze dikwijls verhoogd met ze te laten rusien op 
een valscbe keers, Judas geheeten. Deze was ait hout, beschilderd, 
of met groen was bekleed. {American ecclesiastical review , 1906i 
nXlV, bJ. 364 en vlg.) 



246 M. VAN DBOMME 

keers was dus, geheel de kerk door, te midden den d£^ 
zienlijk ('). 

Aan do paaschkeers zelf werd een blad papier vast 
gemaakt waarop de pactschtafél geschreven stood (*). 

Twee voorbeelden van dergelijke paaschtafels in Vlaan 
deren zijn ons overgebleven in de Hs. der oorkondenkame 
van bet groot Seminarie te Brugge. 

I. Zoo schrijft C. De Visch, Varia curiosa, (hs. uit dez( 
oorkondenkamer n./106 in 't begin) : 

Sequentia hsec olim appendebantur cereo paschali, ii 
monasterio Dunensi : 

Gereus iste Dei summi celebratur honore, 
Gujus morte rei surgunt a morte redempti. 
Annus erat nonus solis, lunseque secundus, 
Quando fuit Dominus sacra de Yirgine natus. 
Ista soient scribi Paschalis tempore festi : 
Giclus, et ipsa Dei lux, lunaque, littera qualis. 
Gereus iste rubum désignât, sive coluranam, 
Qude fuit Hebraeis lux noctis, et umbra diei. 
Laus tibi sit Ghriste, quem sigoat cereus iste. 

Annus Dominicse lucarnationis MV^'LXXXVI. 
Annus fundationis Gisterciensis Ordinis IIII*' LXXXVIII. 
Annus fundationis monasterii de Dunis HIP XLVIII. 
Annus obitus Beatissimi Bernardi HIP XXXIII. 
Aureus numerus ........ X. 

(*) E. Rbüseks, Manuel â^archéologic chrétienne, II, bl. 420 en vig. 
(■) Aid.; zie ook, aangehaald door J. Braun, in bovengemelde bij- 
drage (bl. 274), de vermelding van dit gebruik bij Udalrich (omstreeks 
1086), Cofuueiudines Cluniacenses, I, 14; Rupebt von Dkütz (f 1135). 
Dedivino offlcio^ VIII, 4; Hokobiub van Aütuk, (f omstreeks 1150), 
'Qemma animœ^lll, 101; Dübandüs (omstreeks 1275), Rntionale dèvi- 
'iiùrum qficiorum, VI, 80; MAKTàirB,Z)f antiquU Bcclesiœ riiibus, L. IV, 
c. 24, n. 7, waar drie uitgebreide tafels opgegeven worden. 



PAAàCHKEEBS Ëlt PAASCHBOOlt 2i1 

Littera DomiDicalis E. 

Dies Paschœ Sexta Aprili*. 

Epacta X. 

Concurreos V. 

Indictio Xmi. 

Ex autiquo ms. musœi nostri (*). 

In licnd den Heerd yinden we nog een tweede paasch- 
tafel ook uit dezo abdij : 

Cereo Paschali Tabula affigenda in die Paschae. 

Cereus Istc benedictus est in bonorem Domini nostri 
Jesu Christi, et Beatse Virginis Marise, matris ejus, patron» 
hujus monasterii et totius Ordinis Cisterciensis. 

Anno Domini 1696 : 

A creatione mundi 

A fundatione cistercij 

A fundatione clarse vallis 

A fundatione hujus monasterij N. 

Ab inaugura tione R. adm. D. abb. nostri N. 

Epacta xxvj. 

Aurec numero 6. 

Littera Dominicali A-6. 

Littera Martyrologü 6 Majus, 

Indictione Romana . 4. 

Pascha occurrente 22 Aprilis. 

Ascensione 31 Maij, 

Pentecoste 10 Junij. 

Festo Corporis Christi 21 Juny. 

Dominicis post Pentec 24. 

Dominica I adventus 2 Xbris (*). 

(') Hierin volgt men de Gregoriaansche hervorjniog in 1Ô88 inge- 
bracht. Volgens de oude Juliaansche tijdrekening zou Paseben gevallen 
zijo op den d<> April. Al de gegevens zijn juist, voor 't jaar 1586. 

l') R. D. H., II, bl. 158-159. 



24Ô If. VAIÏ DBOltME 

Eertijds las de diaken dezo tafel luid op na het Exulte 
waar zij deel van maakte (*). 

* 
* * 

Zooals de paaschkeers, zoo placht ook de paaschkandc 
laar yersierd te zijn. Hoe kostelijk deze in de middeleeuwe 
was, zien we best door de prachtige stukken die ons ui 
die tijden overgebleven zijn. In het Noorden schijnen z 
veelal uit ijzer of koper gesmeed of uit hout gesneden {^] 
In Italie werden ze uit steen gekapt ('). Die van O. L. V 
te Tongeren (1372) was 2,595 m. hoog zonder de naaide 
bad een lessenaar eraan vastgemaakt, en zes takken on 
koersen erop te zetten (*). Die van Zoutleeuw (1483) i 
5,68 m. hoog ; een lessenaar is er insgelijks aan vast ei 
zes takken. Erboven staat een kruis met Christusbeeld 
Hij is uit geel koper (*). Die van Nieuwpoort (eerst gekeni 
in 1458) was uit metaal (•), terwijl die van de H.-Walburgi 
te Veurne (1596) uit hout was. 

Doch in Vlaanderen schijnt die kandelaar een nieuwer 

(^) E. Rbüskns, ald.f bl. 421. — In het Pontificale Romanum (Ântw 
1627), bl. 889) staat er dat deze plechtigheid geschiedde op Drie 
Koningendag. De tafel werd gezongen op den zang van het BxuHet 
Het gebruik dó feestdagen op dezen dag af te kondigen is uit d( 
Oostersche Kerk, waar het reeds in de IV' eeaw bestond, naar hei 
Westen overgebracht. (Dok Cabbol. Dict, ^archéoU chrét, et (k 
liturg, ^ op 't w. Annonce desfétes.) — Bemerkt dat men in het Oosteii 
bp dezen dag Christus' geboortedag vierde en dus het begin van hel 
liturgisch jaar. 

In Vlaanderen begon het jaar met Paschen : dit zal wel de reden zijn, 
waarom men deze tafel op Paaschavond aüas. — Zie AnEm. 1905, LV, 
bl. 1 en vlgg. ; en LVI, bl. 290. 

(') Een prachtig staal ervan is die van Zoutleeuw, uit koper gesmeed. 

(») J.BKAUH,iï/rf.,bl. 275. 

(*) E. Rbusbhb, ald., bl. 424. 

(•) Ald,, bl. 425. 

(•) Kerkrek. van O. Z. V.-kerk te Nieuwpoort 1457-1458 en 1487-H88. 
Een laatste maal is ervan sprake in de rekening van 1491. — Zie 
Biekorf, XVII, 48. 



VAABCHKRBJBL^ EN PAAÔOHBOOM 24d 

vorm en een anderen naam gekregen te hebben. Het is de 
paaschboom (*). Naar mijn weten, werd hij elders nergens 
zoo gemaakt noch genoemd ; althans melden het ons geen 
boekou. 

Werd het woord paaschboom soms gebruikt om de 
vorUekeers of paaschkeers zelf aan te duiden, zooals te 
ËesscD (*), dit was toch zeldzaam. 

Een tamelijk goed gedacht over don paaschboom, geeft 
ons een stuk uit de resolutieboeken van de H.-Walburga^ 
kerk te Veurne ('*). Hot dagteekent uit 1596. Het is cene 

n AnÉm. 1905, LV, bl. 219-220. 

(*) J. Wbale, Xm églises du doyenné de Diœmude, II, bl. 222 : Kerkr. 
▼an Eessen (1574-75) : «* Voor zes ponden was om een Paesboom ofte 

▼ontekeerse te Paesschene met de stoffatie 4L. IG s. » « Van een 

ijsere met ii ooghen daar den Paesboom teghen rust. 6 s. 8 d. »» 

f) Om reden van zijne nieuwigheid laat ik dit stuk, dat PI H. 
Db Vos, overste van 't college te Veurne, mij welwillend gezonden 
heeft, in zijn geheel overdrukken : 

Sabsequitur contractus initus cum Petro Patvoort ratione erec- 
tionis arboris paschaüs, tenons sequentis : 

Den v° January 159G heeft P"^ Patvoort ghenomen te maeken van de 
hneren deken en caneunycken van S** Wouburghen eenen paesch- 
boom, metgaeders de candelaere in der voughen zo hier naer volght : 
Eerst den paeschboom up syn sescante, de panneelen elck XVII 
daymen en half breet, compt overghemetcn drie voeten en half, elck 
panneel hooghe twee voeten, en up elcken houck een sprancke VIII 
dnymen uitstaende, omme met looverie en blommen te bewercken ; 
Item een basement onder met een cnoop synckende up een pinoe up 
den pilaer en een pyramide boven oock up syn sescante, de voyen 
onder en boven vier duymen uitstaende om oock met ioovers en 
blommen te becleeden; Item boven de pyramide een cnoop van houtte, 

omme 't werck te gheven syne vuile (?) ende om een pin up te 

maecken daer de paeschkersse in staen moet; Item noch moet hij 
maecken een wijndaes boven de vauterynghe van den choor om 
't voors. stiök np ende neder te laeten ; Item eenen pilaer met een voet 
daer de paeachbom up rusten moet, up elcken sydo hebbende twee 
DotspryDghende houten om vier kerssen up te stellen, den pilaer 
gffoot naer den heesch van wercke neghen voeten hooghe, VIII 
daymen viercant becleet met banden onder en boven en in 't middele, 
beneden " vie rcant en naer de eerste moleure rondt, boven wederom 
riercant met uiolcuren bequamelyck ghevrocht-, Item moet leveren 



25Ô M. YAK DBOMME 

overeenkomst gesloten « tusschen de heeren dekenen en 
caneunycken van S** Wouburghen » en P' Patfoort, cm 
het raaken van een « paeschboom metsghaeders de 
candelare » of voetstuk waarop de paaschboom staat. 
Dit voetstuk was 9 voet hoog, of 2°*50. De paaschboom zeil 
is, voor het onderste deel, een zeskante blok, waarvan 
ieder paneel ongeveer 0""44 breed is en 0°*o6 hoog. Op 
eiken hoek van dezen blok steekt een tak 0"*20 uit ; deze 
takken moeten met loovers en bloemen versierd worden. 
Boven deze paneelenis een pyramide, ook zeskante, die 
knoop- of bolwijsde eindigt en waarboven eeue pinne of 
naaide is waarop de paaschkeerse moet staan. Op elke 
zijde van het voetstuk steken stukken hout uit, waar 
keersen moeten opgezet worden. Soms was er boven den 
paaschboom een kruisbeeld onder de paaschkeers. Zoo 
is het met den gekenden paaschkandelaar van Zoutleeuw ; 
zoo was het ook met den paaschboom van Dixmude (*). 

Hoe was nu do paaschboom versierd? Deze zeskaute 
blok met pyramide, zooals we hem beschreven vinden in 
de handvesten van de H.-Walburga te Veurne, schijnt maar 
weinig met snijwerk versierd te zijn. We weten dat hij met 

aile tyserwerck dienende tot ten selven wercke, met{?aeders den reep 
om den paaschboom up en af te laeten. Voor al Hwelcke te leveren en 
maeken van goeden gaven eecken houtte en wagheschot sullen de 
Yoors. heeren hem betalen de bomme van twee hondert dertich ponden 
par. Ende es besproken dat tselve al vulvrocht zal wesen te Lichtmesse 
naerstcommende, immers (?) drie weken daernaer onbegrepen. Dit was 
ghedaen ter presentie van de heeren en mij onderscreven als secretaris. 

Torconde. J. De wulp, secr. capitali 

1596. 

(Uit : Liber Resolutionum et actontm capituli ecclesie coUegiate 
8^ Walbui^ge in oppido Furnensij incipiens ab anno 1375.) 

(») J. Wkalb, ald., bl. 28, Keikrek; 1562-63: « Betaelt Pieter 
de Vriese over twerschilderen van don crusefixce staende l?ooven den 
Paescheboom. » — Kerkrek. 1566-67, bl. 33: «Betaelt Amand Claeys 
voor tliimen ende tmaken den God die boven den Paescheboom staet.n 



PAA8GHKEEBS EN FAASCHBOOM 251 

looverie en blommen moest bewerkt worden. De kerkreke- 
aingeo van Dixmude zullen het ons klaarder uitwijzen 

De zes perken of Telden of paneolen der pyramide 
(misschien ook wei van den blok) waren geschilderd (*) 
Ze waren beschilderd « zoo van figueren als ghescrifte » (') 

Takken en hagen in was waren erop verbeeld (') ; onge 
twijfeld stonden die hagen op de voyen, en op de voegen 
der pyramide ; de zes takken op de zes hoeken van den 
boom. De loovers en do bloemen van de voyen, takkeu, en 
hagen waren « van diversche coeluren van wasse n (*). 

De « mootaelen boom » van Nieuwpoort had ook looveren 
die men er moest aan saudeeme ('). 

(*) Aid., bl. 18, Kerkrek. 1551-52 : « Betae't Pieter Ogier, scilder, van 
den nieawen Paescheboom te scilderen, de vi pereken, ix 1. » — Aid., 
bl. 9, Kerkrek. 1489-90 : « In de weke uuigaende derden April, betaelt 
Jacob Janssone, scüdere van vi velden van poyutraturen (schilderwerk) 
i^emaect aen den Pascheboom nietten liiwaede,al tsamen xxxi 1. uu s. » 
— BL 27, Kerkrek. 1561-62 : u Betaelt Pieter Ogier over tschilderen de 
doucken van den nieuwe Paescheboom medtschaders tleveren van den 
liwaede van de voornoemde doucken, te zaeme x 1. n 

[*)Ald., bl, 41-42, Kerkrek. 1575-76: « daerinne begrepen aJle de 
schilderje zoo van figueren als ghescrifte. v 

I*) Aid., bl. 11, Kerkrek. 1490-91 : « Betaelt den selven van al de 
tacken ende haghen te verlappene an den Pascheboom dat bedorven 
eode verbarrent was van den Paschecaerse ende van den hunlen ont- 
sticken ghevloghen, iiu 1. n 

(•) Aid., bl.27, Kerkrek. 1561-62: « Betaelt Margriete, de dochtere 
van Gheraert Lootvelt, over tmaeken van den nieuen Paesche boom, 
eode die versiert van diversche coelueren van wasse, bii voerenwardo 

XXXV In 

O Kerkrek. van O. L. V. te Nieuwpoort, 1457-53 : « Clays Allem 
van saudeeme an de paesscheboom de lo veren bet. 4 s. » — 1477-78 : 
«Itemeenen iandekenare van dat hij heeft vermaect ende ghesaudeert 
denhaerne den evangeliaris, ende de paescheboom bot. 24 s. — Aid., 
14>â-83: «Pieter Blonckebile van dat hij heeft verspart een ledere 
daermeede men up ende of doet de paesscheboom bet. 6 s. » — Aid., 
1487-88 : « Willekyn Lancelood van dat hij heeft besleghen met ysere 
een driehouc ome de zeven mootalen candclaren up en af te doene ende 
mootalen paesscheboom ap en af te doçne, bet. 14 s. n — Zie Biekorf^ 
XVII, bl. 48. 



252 m;, vak bbomme. paascheeebs en paabchboom 

Hoe lang heeft dit gebruik bestaan ? De H. Bernardin 
te midden de XIP eeuw, klaagt reeds over het gebruik i 
de kerken reusachtige stevige koperen boomen op te richte 
die tot kandelaars moesten dienen (*). In ons land kom€ 
dergelijke prachtstukken meest voor in de XIV* en voorj 
in de XV* eeuw. Daar we mceuen dat onze paaschboa 
een verscheidenheid is van die vertakkende kandelaar 
mogen we vermoeden dat hij ook niet vroeger geken 
was. De oudste der oorkonden die ik er over gevonde 
heb, is uit de kerkrekening van O. L. V. te Nieuwpooi 
in 't jaar 1457-58, (de oudste bewaarde rekening van dez 
kerk dagteekent enkel uit 1456). Laatst spreken dez 
rekeningen ervan in 1491. 

Te Dixmudo wordt er eci*st gewag van gemaakt i 
1489-90 (het is de oudste bewaarde rekening der kerk) 
J. Wbale vermeldt hem laatst voor 't jaar 1575-76. T 
Veurno wordt er nog een nieuwe gemaakt in 1596. 

Bemerkensweerdig komt het voor dat al de oude aai 
duidingen die wij over den paaschboom gevonden hebbe 
uit Veurne-ambacht afstammen. In andere landen worc 
er, bij onze wcte, niets van vermeld. Is dit eigeuaardi 
gebruik uitsluitelijk eigen aan die streek ? 

Kenden we meer kerkrekeningen, ongetwijfeld zoude 
wc nog nadere inlichtingen kunnen geven. Deze kort 
aanduidingen zullen, hopen we, voldoende zijn om op d 
woord de aandacht der talrijke liefhebbers te trekken, di 
de kerkrekeningen en andere hs. de kerken aanbelangend 
onderzoeken. Nieuwe mededeelingen daarover zoude 
uiterst welkom zijn. 

M. Van Dbommb. 



(•) H. Bernabdus, Âpologia; XII, 28, 



DE DEKENIJ GHISTEL ROND 1732. 



Deo 31 Augusti 1574 richtte Bisschop Driutius drie 
nieuwe dekenijea op : Sluis, Thorhout en Ghistel. 

Kaaonik De Schrevel geeft 18 parochien op, die bij do 
eerste inrichting aan de nieuwe dekenij Ghistel toe- 
behooren ('). Voor later tijd noemt de Histoire du diocese 
de Bruges er 20 ('), en een handschrift, waarover wij 
straks zullen handelen, meldt er ook 20 in het jaar 1732. 

Het zijn de volgende : 

Beerst, Bovekerke, Couckelaere, Eerneghem, Ghistel, 
Keyem, Leffinghe, Leke, Lombardzyde, Mannekensvere, 
Middelkerke, Moere, Schoore, S. PieterscapeUe, Slype, 
Stuyvekenskerke, Westende, Wilskerke, Zande en Zeve- 
ede (»). 

(*) Zie Kan. A. Db Schrevbl, Notes et documents pour servir à la 
biographie de Remi DrieuXy AnÉm. 1896, t. IX, p. 506 ss. 

Die parochien zijn : Beerst, Ghistel, Keyem, Leffinghe, Leke, 
Lombardzyde, Manneken svere. Middelkerke, Moere, Schoore, 
S. Pietcrscapelle, Slype, Snaesherke, Stuyvekenskerke, Westende, 
Wilskerke, Zande en Zevecote. 

(') [Vasdb Putte]. Histoire du Diocèse de Bruges, publiée sous les 
auspices de Mgr Boussen,.. ouvrage illustré par Canneel, s. 1. ni date. 

(') Tot de XV1« eeuw lagen al die parochien in het voormalig 
bisdom Doornijk, onder de dekenij Oudenburg. 

De onderlijnde behooren nu nog toe aan de dekenij Ghistel. 

Bovekerke, Couckelaere en Eerneghem gingen van de dekenij 
Thorhout naar de dekenij Ghistel over in 1693, en Snaeskerke wierd 
in de dekenij Oudenburg ingelijfd» 



254 L. 8LOS8E 

Er bestaan twee uitgaTen van do Levensschets ofgedach 
tenis der bekende Heeren Pastors en Dekens van Ghistel 
opgesteld door 6. F. Tanghe, Kanonïk, Brugge, de Schee 
maecker-Vaa Windekens, 1865 en 1870. 

Onder de dekens koint Mijnheer Arents {*), waarove 
M. Tanghe schrijft als volgt : 

« Donatianus Joannes Arents, S. T. en J. C. L. wa 
deken van 1731 tot in 1755 (*). 

« Geboren te Brugge den 23 September 1690, was iiy zooi 
van Leonardus en Anna Roelof. In 1718 bekwam hy de 
pastory van Lophera, alwaar hy stichtte een nieuw pastors- 
huis, waervan hy den eersten steen legde den IG No 
vember 1718. Insgelyks deed hy groote herstellingen aer 
de kerke, welke hy met eenen nieuwen vloer verhoerlykte 

« Mgr. van Susteren beloonde zyncn iever en bekwaem 
heid met hem, in 1721, pastor van zyne kathedrale t( 
benoemen, en hem, in 1723, te verheffen tot het 27'** kano 
nikaet, hetwelk bestemd was voor de priesters, die eenei 
graed in de regten hadden. In 1742, sprak hy de lykrode 
uit van Mgr. van Susteren, onder het uitvaert, hetweli 
gedaen wierd door Z. H. Giilielmus Delvaux, bisschop vai 
Yper. Hy wierd, door het kapittel, onder de vier kapitu 
laire vikarisseu gekozen om het bisdom, gedurende dei 
openstaenden stoel, te bestieren. 

« Eindelijk vond hij den loon van zijnen arbeid, binner 
de bezoeking van zijne dekeuy : hij overleed te Beerst 
den 5 Oktober 1757. n 



(*) Zijn broeders zoon, Guido Arents, Heer van Beertcghem, wierd 
tot den adelstand verheven den 28 April 1776. De geslachtboom dci 
Arents is te vinden in den Annuaif^e <ie la noblesse de Belgique^ publit 
par Ie Baron Isidore de Stein d' AUenstein. Bruxelles, Dec<i et Duheut, 
1879, XXXIII, 36. 

(•) In beide uitgaven van M. Tanghe'ns Ghistelbocksken staat er 
gredrukt 1755 in stede van 1757. 



DE DEKEMJ aHISTEL BOND 1732 255 

Te Beerst luidt zijne doodakt als volgt: 

« AnnoDomiai 1759. 

« 5* 8**"* hora 3' pomoridiana subitauea morte obiit et 7» 
ante summum altare (*) in cornu Ëvangelij sepultus est 
Reverendas adm. Dominus Donatiauus Joaunes Arents, 
sacraï theologiœ et utriusque juris Licentiatus et Ecclesiae 
CatliedralisSancti Donatiani, Brugis, canouicus graduatus, 
fftitis 67 annorum, filius Leonardi, dilato officie summo. 
Erat Brugensis, baptizatns in Ecclesia B. Marise Virginis. » 

Deken Arents begon eenon lijvigen handboek met 
hoofJingo : Status viginti Ecclcsiarum FarochiaUum 
DistrictCis Gistellensis, exhibitus lllustrissimo ac Rcveren- 
dissinw Dno Hcnrico Josepho Van Sustercn^ Episcopo 
Bmgensi^ perpetuo ac hereditario Flandrie Cancellario, 
eic.y etc, per me in frascriptum ejusdein Distr ictus Gistel- 
knsis Decanum christianitatis. Bmgis hac 23 die mensis 
Oclobris anno 1732. 

lia est; quod attester. 

D. J. Arents, 

Decan. Christ. Distr. Oistell. 

Die handboek^ waaruit wij de volgende bijzonderheden 
overnemen, rust nu, wie zou het gelooven? onder de 
oorkouden der gemeente, op het wethuis van Hooglede ('). 

(/) Eaoonik de Molo liet een handschrift achter, dat het Compendium 
CkromïogicumEpiscoporum Brugensium, necnon... Canonicorum ecclesiœ 
calkedralu S. Donatiani^ BrugevsiSy van Foppens, voortzet en voUe- 
di^'t. In dat handschrift wordt er bij misslag aangestipt dat deken 
Arents vóór den O. L. Y. autaar ligt. 

I') Mijnheer D. De Laey, in zijne Geschiedkundige aanteekeningen 
ocer Hooglede (Rousselare, J. De Meester, 1902), heeft het mis op, als 
hij op bladz. 43 schrijft: « Henricus Aerts was vermoedelijk de neef 
van den Z. E. Heer Petrus Aerts, die Deken van Ghistel was van 
16d^) tot 1B83, want het register der akten van het bestier der dekenij 
TSD Ghistel, onder dezen laatste, is te vinden in de archieven van het 
L'f^meeatehais te Üooghlede, alwaar het zal overgebracht geweest zijn 



256 L< SL088E 

Beerst. « Beerst, Kcyem en Leke 

Liggen op dezelfde streke. » 

Zoo luidt eene volksspreuk. Zij wierden in twee dag€ 
tijds bezocht, Beerst bepaaldelijk den 23 Oogst 1731. 

De patroon is de abt van S. Pieters, nevens Gent. 

De tiendeheffers zijn de abdij van Vicogne ; de kapite 
van S. Donaas en van S. Salvators, te Brugge ; de abdis, 
van Burburg ; de abt van AncHin, en de kapellany \i 
het kasteel van Dixmude. 

Cornélius Vercruyce (*), van Brugge, is sedert 31 ja; 

met de overige kerkregisters van Hooghlede tijdens het fraas 
bewind. » 

Deken Petrus Aerts, S. T. L., van Brugge, overleed den 29 Ap 
1683, en zijn vijfde opvolger, D. Joannes Arents begon zijnen han 
boek den 23 October 1782. 

Die boek, verdoold op Hooglede, is er van geener weerde, en dien 
welhaast naar de handvesten der kerke van Ghistel terug te keeren. 

(*) M. Vercruyce was onderpastor te Winghene tot het jaar 17(X). ( 
zijnen zerksteen, liggende voor O. L. V. autaar, vindt men te lezei 

Sépulture van H^ en M^ Cortielius Vercruyce, pastor getceest drz 
prochie van Beerst 4Sjaeren, en den welchen heeft zorgvuldig geda 
z^ne herderlycke plicht en daertoe met uitnemende eloquentie gepredic 
het moordt Oodts. OoerL den 2 Maert Uit, 

De kerke van Beerst bezit eenen zerk met de namen van al 
pastors erop. 

Ilij begint met Joannes Scha delin anno liO'ó, Joannes Lenden Ui 
Petrus de Palude 1550, Antheunis Roeland 1607, 

Ten behoeve van den schrijver der Geschiedenis van Beerst, voeg 
wij erbij Jacobus de Monte of Vanden Berghe, capellanus de greth 
choriS, Walburgœ, Brugis, die overleed den 10 Mei ir)21, verders tw 
pastors van de twaalfde eeuw, wiens name wij aantreffen op bladz. 1 
van Vandb Putte's Annales Abbatiœ Sancti Petri Blandiniens 
Gandavi, Annoot-Braeckman, MDCCCXLll: "Anno 1161 ...preshit 
quidam de Berst, Folcravanus nomine, Jerosolimam petcns ojitu 
Deo et sancto Petro-tres optimos libros : Psalterium, spéculum eccles 
et alium librum sermonum, domumque suam cum varia supcUectili 
Actum coram bis testibus.... Hugone, presbytcro do Berst ; Waltei 
domino de Flardselo.... n 

Petrus de Palude of Vander Moere, hooger vermeld, was sam 
deken van Oudenburg, en toog later als pastor naar Couckelaere. 



DE DEKENIJ GHISTEL BOND 1732 257 

pastor. Henricus de Blonde is er koster, eu leert met 
iever de kinders, die bem yaa aile kauten toekomen. 

De kerk toegewijd aan den H. Wandregisilus, abt, is 
van een derde verminderd met do laatste troubels, en de 
parochianen steegeren om den tweeden beuk te herstellen 
onder voorwendsel dat de middenbeuk alleszins voldoende 
is voor de bevolking. 

Op de 300 communicanten is er één te Paschen achter- 
gebleven, een Hollander. 

De kinders doen hunne eerste Communie op den 
Hoogdag van Paschen. 

Kersten- en trouwboeken beginnen met 1624 ; de dood- 
booken 't jaar nadien (*). 

Te Beerst en overal elders in de dekenij blijven de 
honden buiten de kerk, de honden waarover Mgr. Van 
Susteren den 19 April 1734 nog naar sommige pastors 
moest schrijven : « Cura non sine gravi animae nostrœ 
iodignatione conspiciamus canes et canicules in templis 
spurcitiis suis castos oculos lœdere, fidelium vestes et 
illarum ornamcnta conspurcare, imo concionatores in 
cathedris et sacerdotes ad aras interturbare, parochiani 
moneantur ut domestica hsec animalia penatibus occlu- 
daut, et villarum suarum custodes relinquant, dum ad 
domum Dei, quam decet sanctitudo, vadunt sacris et 
otBcio divine vacaturi aut audituri Verbum Dei ('). 

Bovekerke. De kerk van S. Gertrudis bezocht 30 Juli 
1731. De Bisschop van Brugge vergeeft de pastorij. De 

(M De oudste dood boek, nu voorhand en in Beerst, is den 27 Juni 
1742 begonnen door pastor Roberse : waar mogen de andere belonden 

zijo? 

(*) Hier voortijds komen de « hondenswepers n in vele kerkreke- 
liintfen te voorschijn. — Te Ploegsteert heet de kerkbalju nu nog Ie 
f'asse-tjifj dat is Ie chasse-chieriy — en op sommige kerkdeuren zoo 
als te Raml>eke, Handzaeme en Oostende, vond men een opschrift : 
de honden buiten. 



2^8 L. ôLosdE 

tienden komen kerk en pastor toe. Aatonius Francise 
Van Bambeke is pastor sedert 31 Oogst 1728 (•); Matthe 
Vande Walle bedient de kosterij. 

Met toelating van Z. H. heeft de pastor cene schu 
gebouwd om de tienden te bergen. 

Er zijn 180 communicanten, waaronder een goddeloo 
jongeling van rond de twintig jaar. Sedert 20 jaar i 
daarboven is er niemand meer gevormd. 

Grooto toeloop naar Sinte Gertrudis, gevierd d( 
17 Maart ('). 

Het kerkhof is gesloten en met boomen beplant. 

Couokelaere. Bezoek van S. Maartenskerk op 31 Ju 
1731. 

De Bisschop van Brugge bezit het patronaat on de \i 
zesde der tienden. De abdijen van Oudenburg en Vicogm 
benevens het kapitel der hoofdkerk van Doornijk deelc 
het overige. 

Sedert 27 Mei 1716, bekleedt hier de pastorij Hoerene 
Meester Alexander Vander Kinderen ('), S. T. B. F 

(') M. Van Bambeke, geboren tot Haringhe den 25 Maart WJ 
kwam in zijne pastorij van Bovekerke te overlijden den 15 Maart 17.*^ 
Zyn broeder, J. B., die met hem woonde, kon latijn, en stelde 'te( 
en 't ander op voor de kerke. 

(') Sedert meer dan eene eeuw geschiedt de toeloop den 25 Jan 
Dienaangaande vinden wij in een handschrift van kanonik Tan^l 
het volgende, getrokken uit de oorkonden van 't Bisdom Brii^e : f7 9^ 
14 Octobris, ad instantiam pastor is et parochianorum Episcopus tran 
tulitfistum 8, Gertrudis 17 Martii in 25 Junii ob inconvenientia. 

M. Tanghe voegt erbij : « In dry woorden : eene goede seef va 
volk, veel armoede, weynig rykdora, dat is Bovekerke. Men vinde di 
niet wonder dat de H. Gertrudis, te Bovekerke, als patrooners tege 
de muyzen en ratten aenroepen wordt ! n 

Ter loops stippen wij aan dat Bovekerke de eenigste prochie va 
Vlaanderen isj die de Franschen over honderd jaar nooit gevende 
hebben, zoo ongelegen was ze en verscholen in de bosscheu. 

(') A. Vander Kindereu was eerst pastor te Zerkeghem, en verlie 
Couckelaere in 1737 om te Brugge S. Jans Hospitaal te gaan bediener 

M. Vander Kinderen genoot de achting van zijne geestelijke oyti 



DE DEKENIJ GHISTEL ROND 1732 250 

geboortig van Brugge ; de zeer voorbeeldige onderpastor 
is Ambrosius De Busschere (*), van Ardoye. 

De kerk heeft drie autaren en drie biechtstoelen. 

De 800 communicanten voldoen aan de paaschtplicht. 

Eemeghem. S. Mcdarduskerk bezocht den 1 Oogst 1731. 

Het patronaat is in handen van den bisschop van Brugge, 
die de tienden heft samen met den abt van Oudenburg en 
den pastor, Arnoldus Daems ('). 

h^iJ. Ten bewijze hetgeen wij lezen in ecuen ouden handboek berus- 
Wde in 't bisdom, te Bmgge : 

a 3 Aug. 1709 comparens nobilis Dominas Ferdinandus deCricq, 
toparcha de Meulevelt, scultetus Brugensis, exposait quod habeat 
procuratorinm a Domino Abbate S. Vedasti ad prsesentandam ad 
pastoratnm de Zerkeghem, enixe rogans at Domini de Vicariatu 
(iirrneotur concedere ut sine concursu possit preescntare Alexandram 
Vaader Kinderen... Attentis bonis moribus et diligentia dicti D"*^ 
Vandor Kinderen et quod jam dudnm astiterit pastori S. Catharinse in 
catecbisando diebus dominicis et festivis, annuerunt».(Reg.46,bl. 102.) 

(*) M. De Busschere, priester gewijd den 17 September 1728, toog 
aU pastor naar Bekeghem in 173G, en naar Thorhout in 1739i In zijn 
eerste sermoen te Thorhout drukte hij zijne vrees uit over den zwaren 
last der zielen : hij vond er immers 3000. Wat zou de man nu zeggen, 
DU dat er gewillig 10.000 zijn ! 

Ten jare 1778 kreeg hij tot opvolger zijnen neef, Ambrosius 
De Busschere, geboren tot Ardoye den 10 Februari 1745, en overleden 
te Thorhout den 18 Juli 1821. 3ien bemerkt dat de twee De Busscher's 
op Thorhout den herderlijken last droegen den tijd van 82 jaar. 

De oudste De Busscher was drie jaar bediender geweest van Ettel- 
chem en tevens pastor van Bekeghem. Zijn doodakt vervolgens is 
niet nauwkeurig opgesteld. Hij luidt in dezer voegen : 

* Die ro* Deceuibris 1778, hora nona Vesperi obiit et 13^'* sepultus 
est in choro B. M. Virgin is ante sedem confessionalem Reverendus 
admodum Dominus Ambrosius De Busschere, ex Hardoye, filius 
légitimas Joannis et Judocae Messelis, pastor et canonicus Ecclesiae 
paruchialis et collegiat» S*' Petri ïhoralti per annos 89 cura medio, 
antea pastor in Ettelghera per annos tres, setatis suse 78*'® officio 
sammo. » 

l') Heer ende Meester Arn. Daems, S T.B. F., geboren te Keer- 
bergen, in Brabant, ten jare 1694, wierd in 1738 naar Oostcamp 
vffvoorderd. Hij overleed er den 17 Maart 1759. In hoedanigheid van 
deken van Thorhout, wijdde hij do nieuwe klokken van Lichtervelde 
in 1743. 



2 co L. 8L0SÔE 

De onderpastor is een Autwerpeuaar, die bij den paste 
woont, en de koster licet Aiigustinus Houtekeete. 

De drie autaren zijn den 12 Mei 1719 gewijd onder d 
aanroeping van S. Medardus, O. L. V. en Sinte Anuii. 

Er zijn « twee kelckeu met silvere cuype ; een velum a 
scapulas, en een voor 't Venerabel. n 

De 625 communicanten houden liunnen Paschen. 

Qhistel. Bezocht den 20 Maart 1732. 

De kerk is aan de II. Maagd toegewijd. 

De pastorij wordt overhands vergeven door den bi.sscho 
van Doornijk en den abt van S. Andries, bij Brugge. Z 
lichten de tienden over geheel de parochie. 

Van over ouds waren er tw^ee pastors. Nu is er maa 
één, immers M. Guilielmiis Rootsaert (*), die ten onrecht 
den name van deken van Ghistel voert, en daarom ee 
rokket onder zijn overslop draagt. 

Zijn onderpastor is M. Cornélius Vande Walle (•) vai 
Brugge, en zijn koster J. B. De Smet. 

Pastor en onderpastor onthouden zich van het jagen 
hetzelfde mag gezeid worden van al de priesters de 
dekeuij. 

Er zijn hier zeven kapellanijen gesticht, bezeten doa 
Antonius Van Bambeke, oud-onderpastor alhier, eu hedei 
pastor van Bovekerko ; Petrus Hugo Rycquaert, vai 
Dixmude, diakeu ; M. Vande Kerckhove, van 't aarts 
bisdom van Mecheleu, enz. 

De voorkant van de kerke is sedert lange jaren afge 
breken, en de achterkant is bouwvallig. 

De hooge autaar is toegewijd aan O. L. V. en S. Rochus 
de tweede aan Sinte Anna; de derde aan de HH. Godelieve 

(*) Guill. ArnoM. Rootsaert, van Oostende, stond hier van 1723 tól 
1762. Hij wierd priester gewijd te Brug-pjo den 22 Mei 1717. 

(*) Cornélius Guilielmiis Vande Walle wierd priester gewijd te 
Brugge den 19 Mei 1731. 



DE DEKBNIJ ÖHlSTEL BOîlD 1732 261 

en Sebastiauus. Een lorrewijstle tabernakel in wit steen 
rijst al den Evangeliekant op : het is kunstig gemaakt, met 
volerhaude beelden versierd en van eene kloeke ijzeren 
deiire voorzien. Het kerkhof is goed afgesloten en met 
boomen beplant. 

Er ziJQ 550 communicanten, die allen hunnen Paschen 
houden. 

De overblijfsels van Sinte Godelieve worden hier in eene 
kostbare houten rijve bewaard ; de beêvaart ter harer eere 
duurt veertien dagen. 

Keyem of Eeyhem. S. Nicolauskerke bezocht den 
23 Oogst 1731. 

Patroon, de abt van S. Pieters, nevens Gent. De abt van 
Vicogne licht vier vijfden van de tienden, en het kapitel van 
Doornijk een vijfde. 

De pastor is Melchior Schuyf, S. T. B., van Ant- 
werpen (*); de koster Jan Baillie, die de kinders niet 
leert. 

De kerk heeft drie autaren, die niet gewijd zijn. De 
i). L. V. beuk gaat te kwiste, en het water druipt er door 
<le goten : de parochianen willen hem weg, zeggende dat de 
kerke anderzins voor hare 280 communicanten ruim groot 
gonoeg is. De kerk heeft maar eene klok met naam Anna. 
Zij wierd van O. L. V. kerke van Brugge gekocht in 1679 
voor 68 pond groeten. 

Op den grond van Keyem stond er eertijds een prioraat 
van de abdij van Vicogne met eene kapel. 

Gillis Dieusart, van Merckem, komt aleens om te ont- 
tooveren. 

De Carmelietcn van Nieupoort komen hier dienst doen 

('j M. Schuyf was eerst onderpastor te Vlailsloo en te Wyo^rhene ; 
later deservi tor te Beerneni. Ilij wierd pastor van Keyem in 1723, 
kracbtens benoeming van de Hoof^escliool van Leuven. Hij ging van 
lijveter dood den 27 Mei 1769, oud 68 jaar. 



262 



li. SLOÖSB 



op eiken eersten zondag der maand en op de voornaamst 
dagen des jaars. 

Leffinghe. De O. L. V. Kerk bezocht den 7 Oogst 1731 

Patroon en tieiidcheirer over geheel de parochie is d 
Commandeur van Slypc. 

De voorkant van de kerke wierd verwoest in de vooi 
gaande oorlogtijden : alleen de grondvesten blijven over 
de achterkant hoeft herstelling. Er zijn drie autareu : va 
O. L. V. Hemelvaart ; van O. L. V. van den Roozenkrari 
en van het II. Kruis. In den hoogen choor staan er schoon 
houten zetels voor de priesters, en een zitbank voor eeue 
wereldschen heer. Het tabernakel, flink gemaakt, star 
al den Evangeliekant. 

Er is een broederschap van den H. Roozenkrans. 

Onder de 550 communicanten is er maar één verdacli 
van slecht te leven. 

Op de berechtingen gaan er altijd een zeker getal fakke 
dragers mede tot groote stichtinge van de parochianen, e 
de pastor roept, bij het wederkeeren, de aflaten af. 

De pastor heet Christofi*el Verhulst ('), van Temsche 



(') C. Verhulst was onderpastor van 0(»stemle in 1G92; pasU 
van Steene in 1700 ; pastor van Loffinghe rond Kerstdag 1702 ; h 
overleed er den 2U Januari 1733. 

De pastors van Oostende en van Temsche, en raeest al huuc 
onderpastors waren van het Oratorie van den II. Phi lippus Neriu 
't En blijkt niet ol" M. Verhulst het ook zou pfcweest zijn. Ziet hi( 
zijn grafschrift : 

S. 11. 

lapidi* 

quiescit 

R. D. 

Chrùfophorus Verhuist 

Thainisieusis 

ex curato in Steene 

hu fus ecclesïœ 

Sex lustris pastor vigilautissimus 

vir prisci candoris 

vixit annos LXVlll 



DE DEKENIJ OHIBTEL BOND 1732 263 

(le onderpastor is Dominicus Bollein, van Yper : bij staat 
hier sedert 1730 ; de koster, een N. Van Lerberghe met 
naam, komt zijn bediening op te geven, en is door Jan 
Vaa Kietvelde vervangen. 

De zeven getijden plachten van over ouds in deze kerk 
onderhouden te worden : onlangs bleven' zij achter om het 
ontbreken der inkomsten. 

Iieke. Bezocht den 22 Oogst 1731. 

De patroon is de abt van S. Pieters, nevens Gent. 

De tienden komen toe aan de abdijen van S. Amand 
en vaa Vicogne ; gelijkelijk aan het kapitel van Doornijk. 

De autaren zijn toegewijd aan S. Nicolaus, patroon ; 
0. L. V. en S. Sebastiaan. 

Sedert 21 Juni 1725 is pastor J.-B. Snouck, S. T. B. F., 
van Nieupoort (') ; de koster heet Keter de Stercke : hij 

deoixit quarto KaL Febr. 4733. 

Dffttncto bene precare 

et mortis memor 

abi, 

Amicus amico 

pos uit. 

Dat opschrift staat gedrukt, doch niet heel nauwkeurig, op bladz. 51) 

van de Oeschiedkundige schets van de gemeente Lejinghe door 

K. Db Vos, pbr. (overleden pastor van Zevecote). 

(*) Kanonik G. F. Tanghe zegt in zijnen Parochieboek tan Leke, dat 
Al. Snouck vaca Brugge was, en naar zijne geboortestad wederkeerde 
ali pastor van Sint-Donaas. Hij stierf erin 1737. Hij studeerde nog te 
Leuven, toen hij in 1712 tot het diakenschap verheven wierd. Rond 
1720 stond hij als pastor te S. Pieterscapelle. 

De Snouck's waren uitgang de jaren 1(500 aanzienlijke lieden in 
Xieupoort, en Jicbben er in de kerke eenen zerksteen, die eindigt, met 
deze woorden : ^nde van d'Heer Joannes Corneïis Snouck overleden den 
16 Febr. 1693, ende van Jou f. Anne de Rochus, f^ steur Frans, syn 
kufsvrouwe, overleden den f7 April 169i. R. I. P. Ik vermoede dat 
pastor Snouck hun kind zal geweest zijn, en dat hij, aan den ouderdom 
Tan twee of drie jaar naar Brugge gedaan, aldaar zijne opvoeding zal 
ODtrangen hebben. 

M. Snouck's bibliotheke eu was niet groot: Een Bijbel, de beraad- 
slagingen van de kerkvergadering van Trenten, De RoomscheCate- 



264 L. SLOSSE 

draagt wel zijiiea name, het is trouwens een kloek ei 
oppassend man en een deftige schoolmeester. 

En zijne twee kapellanijen : de kapcllanij van Gyselcn 
thans in bezit van M. de TEspée, kauonik der hoofdkerl 
van Doornijk ; en de kapellanij van Ketcne, gesticht dooi 
Willem van Ketene, en door Mgr Triest met de pastori 
vereenigd den 24 April 1620. 

De 350 communicanten zijn allen brave meuschen, biiitei 
één die veel te wenschcn laat. Er wordt nooit geuachtuih, 
en de herbergen zijn 's zondags binst de goddelijke dienstei 
gesloten. 

Lombardzyde. De O. L. V. kerk bezocht den 19 Oogs 
1731. 

Patroon, de bisschop van Brugge; tiendeheffer, de ab 
van Ouden burg. 

De pastor, Arnoldus Snoeck, van Brugge, staat hie 
sedert 20 Oegst 1724 (*). Hij beneerstigt zijn werk, ei 
trekt van Lombardzyde en Westende 30 pond; vai 
pastorij land 5 pond ; van het bedienen der HH. Sacra 
meuten aan de vreemdelingen, die hier in overvloed U 
beêvaarde komen, 12 pond, samen 47 pond. 

De koster heet Judocus Franciscus Verraes. 

De kerk heeft drie autaren en drie biechtstoelen ; vee 
missekleêren en lijnwaad; drie zilveren kelken en lampen 
en meer diergelijke. Er bestaat een broedersch.ip vai 
O. L. V. van de VII Weeën, opgericht onder pastor D( 
Mystère, door Mgr. de Quinquere, bisschop van Brugge 
Onder de eerste ingeschrevenen, vindt men « Petrus d( 



chismus; Tirinus over de H. Schriftuur; La Croy's en Yan Roy' 
werken over GoilsgeleerdheiJ en de sermoenen van Bax. 

Heer Maximiliaan van Auwcghem, van 't Gentsche. ouderpasto 
van Oüstkerke, volj^de M. Saouck in de pastorij van licke. Dekei 
Arents installeerde hem den 29 Mei 17*32. 

(*^M. Snoeck kwam van Nieuwmunster en overleed in 1740. 



DE DEKENIJ GHI8TBL ROND 1732 265 

Mystère (*), pastor ; Willeminken V* Pétri de Mystère ; 
Steplianus Vanden Dorpe, custos hujus loci. » 

Aile 60 de communicanten houden hunnen Paschen. 
De eerste communie pleegt op O. H. Hemelvaart te 
geschieden. 

Mannekensvere, bezocht den 21 Oogst 1731, heeft 
125 communicanten en eene kerk, toegewijd aan O. L. V. 

üe patroon en tiendeheffer is de Commendatarius van 
Slype. 

Koster en schoolmeester sedert 1680, Cornélius Lecot, 
en bij gevalle zijn schoonzoon, Hubrecht Maes. 

Er bestaat eene kapellanij, gesticht door Nicolaus 
Lauwcrs : zij bezit 42 roeden lands. Aan pastorij en 
kapellanij behoorden in 1698 toe : 2 gemeten en 90 roeden 
weiland, bij 's Gravenbrugge ; één gemet zaailand bij de 
Buschbrugge, gebruikt door Michiel Van Hille; gewillig 
ééü gemet zaailand en gars, noord van Sparraaillen hofstede, 
gebruikt bij Adriaan Cloosterman ; 1.1.41 roeden proost- 
land, zijnde zaailand, gebruikt door denzclven ; een half 
gemet gars noord van de Meulebrugge, en « 0.1.25 roeden 
proostlant synde de plaetse daer dat het pastorie 'huys op 
staet met het hoot daeraen. n 

Do pastor Benjamin Joseph Bellinck ('J van Veurne, 
komt te overlijden. Hij wordt vervangen door Jacobus 



(*) 51. De Mystère was van 't Ypersche, zegt kanonik Tanghe 

m zijnen Parochieboek van Loniharihyde. Ik meen dat hij broeder 

was Tao Jao de Mystère, filins Pieters, burf^meester van Nieupoort, 

wiens zerksteen met twee wapens versierd, nog te zien is in de 

kerke aldaar, in den noordrauur tegen de verwezene sacristie. Gezeide 

Janst/erf den 25 Juni 1GS6, en Joanna Moens, zijne huisvrouw, den 

lö Januari l(i87. Hot wapen van De Mystères, op wit marbel gekapt, 

vertoont eenen keper met 2 sterren en eene zon, het wapen der 

.Voens eenen koper en drie klaverbladen ; kleuren onbekend. 

(*; M. BeJIynck was eerst onderpastor van Slype. 



266 L. SLOSSE 

Deghels, van Houttave, sedert vier jaar ouderpastor v 
Ghistcl (*). Hij zingt hoograisse ten tien ure. 

Er is hier eene zeer oude en gebrekelijke remonstranti 
dewelke diende door eene andere vervangen te worden. 

Er is maar één schamel huisgezin dat van den dis 
mag trekken. 

Middelkerke of Middelkerke-ter-Streep. S. Wil 
brordskerke bezocht den 9 Oogst 1731. 

De patroon is do hertog van Nieuburg, de tiendcheffe 
de abdisse van S. Clara, te Potoghem, bij Audenaerd( 
M'IIer vander Beke de Cringen, te Brugge, en de abi 
van Oudenburg voor het « Streepthiendeken ». De ker 
voldoende voor de 200 communicanten, bezit eene kost 
lijke zilveren remonstrantie. 

De pastor heet Cosmas Damianus Boissonnade (*), iii 
benoemd den 16 Oogst 1730; de koster, Adriaon Pollaer 
is benoemd in 1712. 

De pastoor doet de hoogmisse ten tien ure. 's Namidda, 
houdt hij leeringe ; daarna zingt hij vespers en lof. 

Te lande staat er eene kapelle, die sedert langen ti 
verlaten is en heden tot schure dient ('). StuyvekenskerI 
en Slype hebben ook dicrgelijke kapellen, nu in schun 
veranderd. 

Meere of Qhistelmoere, alzoo geheoten omdat k 
eene moerassige vlakte is uit Ghistel getrokken. 

Bezocht den 24 Oogst 1732. 

Patrooncn beurtelings do bisschop van Doornijk en ( 
abt van Sint-Andries. 

(') Jac. Frans Deghels, zoon van Jacobus en van Maria Jacol 
wierd priester gewijd den 21 December 172ü. Hij was deservitor vj 
Mauncivcnsvere, toen hij van lijve ter dood ging den 9 Oogst 1733. 

(*) M. Boissonnade overleed in 1736. 

(') Dat zal wel Ravensyde wezen, waarover 7?o«rf d^« Heerd handei 
188^, bl. 350 ; alsook het werk van M'Her Robrecht de Beaucou 
deNoortveldc : Raves y -suy- vier. Ostende, Büuchery^ 1898, 



PB DEKENIJ GHISTEL BOND 1732 267 

Pastor Jacobus Ciitsaert (*), van Cassel; koster Jacobus 
La HeÎD. 

De hooge autaar is toegewijd aan Sint Nicolaus, pa- 
troon (*j, en do zijaiitaar aan 0. L. V.; er is een zilveren 
en tinnen kelk en eene koperen ciborie met verguldsel. 

Er zijn 270 communicanten, die allen hunnen Pascheh 
iioaden. 

Schoore. Onze Lieve Vrouw kerk bezocht den 21 Oogst 
1731: zij is veel te groot voerbare 160 communicanten. 

De abt van S. Pieters, nevens Geut, vergeeft pastorij en 
kosterij. 

Tiendeheffers • de abten van Vicogne en S. Andries, 
mitsgaders het kapitel van Doornijk. 

Pastor sedert 1720, Dominicus Van Vyve ('), van 
Rnigge ; koster en sc)ïoolmeester, Adrianus De Clercq. 

De kerk bezit eenen kunstig bewerkten zilveren kelk. 

De pastorij staat ellendig en eischt dringende herstelling, 
<^n raet de kerk gaat het niet beter. 

Er zijn twee broederschappen van de Alderh. Drievuldig- 
heid en van de Geloovige Zielen. 

De Recolle tten, van Dixmude, en de Carmelieten, van 



(*) Den 2 September 1731 wisselde M. Cutsaert met M. Augustijn 
Verraeersch voor de pastorij van Snaeskerko. M. Cutsaert stierf te 
Snaeskerke in 1746. 

!*} De hnidicre kerk is op 23 September 18f)l door Mij^r. Malou toc- 
é'e wijd aan God Almachti*?, onder de aanroeping der II. II. ^'icolaus 
CQ Petrus, eersten en tweeden patroon. 

De reliquien van den II. Petrus kwamen hier toe op S. Pieterï^dap: 
173S on gaven aanleiding tot eene groote feeste: deken Arents zong de 
h'^OL'misse, bijgestaan door de pastors van Ghistel, Zande, Couckelaere, 
t^rnei^hem en den hulppricster van Zeverote. 

(') Dominicus Joanncs Van Yyve, zoon van Joannos en Maria 
Carette, overleed dezer wereld in 1740. Hij wierd priester gewijd den 
IS Sept. 1717. De VanVyve'n hebben een wapen, immers op blauw 
veld eenen zilveren keper en drie zilveren sterren, met leuze: Vire 
\it ticas. 



268 L. SLOSSE 

Nieupoort, houden hier hunne statie. De eerste commui 
geschiedt op den derden Paasclidag. 

De kerstenboeken beginnen met het jaar 1618, 
wierden onlangs heruitgeschreven door pastor Norberi 
AUemeersch (*J. De loopende kcrkregisters beginnen n 
Nieuwjaar 1704. Sedert 1693 bestaan zo in 't dobb 
volgens voorschrift van Mgr. Bassery : een register bl 
immer voort in de pastorij, en een andere gaat, bij I 
sterven van iedercu pastor, naar den aartspriester \ 
't bisdom. 

S. Pieters-Capelle, in oude tijden Onckevliet 
Honckervliet. Bezocht 22 Oogst 1731. 

Patroonen overhands, en (iendeheffers de bisschop v 
Doornijk en de abt van Sint-Andries. 

89 communicanten, waaronder één die niet en deu^ 
hij leeft gescheiden van zijne vrouwe, die te Maastri< 
woont. 

Het kcrksken, toegewijd aan S. Pieter, apostel, hc 
twee autaren, en bevindt zich in deerlijken toestand ( 
gelijkelijk de pastorij, die aan do kerke toebehoort. 

De pastor heet Lucas Dionysius De Vlieghe ('), n 
Oostende ; de koster en schoolmeester Laurentius Pers; 

Slype. Bezocht den 13 Oogst 1731. 

De patroon en tiendeheffer is de Commandeur v 
S. Jan van Jérusalem. 



(*) 'Norbertus AUemeersch, geb. te Egjfewaertscapello (i Juni H 
overleed pastor van Vladsloo den 21 Sept. 1720. 

(*) In dat nederig kerksken gaf bisschop Driutius de kniine 
eeui^e jongelingen, gelijk hij overigens ook deed in de navolire 
parochien van de dekenij Cihistel : Couckelaero, Ghistel, Leffiuii 
Leke, Middelkerke, Slype en Zevecote. Zie het nog onvoltooide w 
van kanonik De Schrovol : X-Ues et dociuitents pour servir à 
biographie de liemi Drieux, 11" évoque de BrugeSjhl. iV2. 

(^) Denijs Vlieghe, deservitor in 1726, pastor hét jaar nadien, st 
31 Maart 1750. 



DE DEKBNIJ GKfôTSL BOND 1732 269 

S. Nicolauskerkc heeft drie autaren. Er ziJQ 380 com- 
municanten. Sedert S. Jansdag 1725 is hier pastor Francis 
Spittael(*), van Eecloo, « vere egrcgius «. Hij placht eenen 
onderpastor te hebben. Nu ter tijd komt de pastor van 
Wilskerke alle Zondagen de eerste misse doen en prediken, 
waarover hij 30 pond 's jaars ontvangt. 
De koster ea schoolmeester is Jan Ramaiilt. 
De kerk bezit eene groote on schoone zilveren ciborie ; 
een zilveren zeinsel van S. Nicolaus, bisschop en belijder 
ea eene nieuwe remonstrantie geleverd door De Mey 
in 1732. 

Do kerkhofmuur al S. Sebastiaans Hof vervalt en gaat 
weg. 

Het schijnt dat er in « het Tempclhuys n dagelijks misse 
wierd gelezoa. De pastors van Slype en Maunekensvorc 
kligen vau zekeren pater Elias, GArmoIiet te Nieupoort, 
(lic tegen hunnen dank op zon- en heiligdagen in de 
sterkte van Nliouwendamme komt mi3se lezen. 

In de beschrijving van het kerkgewaad vinden wij : 
* Alvoorcn een wit autipendium met vier spegliels, te 
weten, root, groen en violet al gheheel sicght » (*). 

Stayvekenskerke of Stuvekinskerke. Bezocht den 
29 Juli 1731. 

De patroon der kerk is S. Pieter, en do abt van S. Pieters, 

uevcns Gent, bezit het patronaat. Tiendoheffers : de abt 

vïiQ Vicogne; de abdisse van Burburg eu de Heer van 

Warabrcchies. 

Sedert Sint-Jansmesse 1721 is hier pastor M. Engelbertus 

i'l M. Frans Jac. Spittael, zoon van Joannes en Helena Boxstael, 
pripster gowijd don 21 Dec. 1720, tooq- in 1737 naar Zarron. on stierf 
tcnjarel7üO, oud <>5jaar. Hij was 27 jaar oud, toen hij in 1722 de 
piâtorij van Wilskerke bekwam. 

<'l Wat mogen die speghels wel bedieden ? 



270 L. SLOBSE 

Pennaert (*) van Middelkerke, die van den abt van Vicoj 
59 pond ontvangt, tot een bestaan. Guill. Jac. Gbysda 
is koster, 't Is een man van jaren, die te geern met 
kaarte speelt, en 's winters het onderwijs der kinde 
yerziiimt. 

De hooge autaar, aan S. Pieter toegewijd, is maar 
langs nieuw. Het tabernakel, tamelijk schoon bewerkt, 
is niet kloek, en zit in den muur langs den Evangelieka 
Het kerkedak is slecht, en het regent er door, boven de U 
autaren. Üe pastorij is goed in stand en rondom bewald 

Op zon- en heiligdagen zijn er twee missen. 

De 170 communicanten houden hunnen Paschen. 

Zekere Gillis Dieusart, van Merckem, wareert [ 
somtijds bij nachte om te onttooveren. Bij dage roert 
niet : hij vreest trouwens de Wet van Veurne. 

Westende. S. Laureinskerke bezocht den 6 Oogst 17 

De patroonen zijn do hertog van Nieuwburg eu 
hertog van Cleef ; de tiendeheffe rs M^Her van Capryi 
en de abdij van Oudenburg. 

De kerk heeft herstelling van noode ; de toren i 
meer; autaar en biechtstoel zijn deerlijk; de voute 
onlangs nieuw, doch komt weinig te passe, daar er ra 

(*) Pastor Penaaert wierd priester gewijd te Bragge dea 24 S 
1718. Hij was van Oostende, zegft kanonik G. F. Tanghe ia 
Bijvoegsel aan het Leoen van den H. Donatianus. Deken Arents. 
met den pastor sprak in de pastorij van Stuyvekenskerke, zal 
nader de waarheid zijn. 

M. Pennaert wierd in 1737 pastor van S. Donaas, te Brugge, en 
jaar nadien, immers den 14 April 1738, ingehuldigd als pastor 
S. Jans-Hospitaal. Hij verwisselde het tijdelijke met het eeuwig' 
Brugge den 25 Oogst 1743. 

(*) Over. de pastorij staat er in de kerkrekeningen : « Anno ] 
hebben de prochiaenen geiond 12 p. vlams in courant geld, alsoo 
in Veurneambacht gaet, te weten de schellinghen tot XVI sch., tot 
opmaecken van het Presbyteriehuis, in de laetste belegering van 1 
mude van binnen grootelycks beschaedigd. » 



BE DJEKENIJ GHISTEL BOND 1782 271 

120 communicanten zijn, en dat de pastor Arnoldus 
Saocck, de kinderkens van Westende liever te doopen 
beeft in Lombardzyde, hetgeen waarover de parochianen 
klagen. Het wordt verdors opgeleid den onbetaraelijken 
kelk te vervangen door eenen nieuwen in zilver. 

De koster, Joseph Ryquaert, is, zonder iemand iet 
te zeggen, naar het leger getrokken ; de koster van 
Lombardzyde stelt zich ten dienste om Ryquaert's werk te 
doen. 

Hier zijn er noch reliquien, noch broederschappen. 

Wilskerke over een paar eeuwen Willekenskercke. 
Bezocht den 21 Oogst 1732. 

De Commandeur van Slype bezit het patronaat en licht 
de tienden over gansch de parochie. 

Sedert 1726 is hier pastor Guilielmus De Grave (*), van 
het Ypersche ; zijn broeder dient hem ; zijne zuster is met 
den koster getrouwd, Lodewijk De Scheeraaecker. Hij 
bewoont een ellendig huis, dat heden zeer rainderachtig 
herbouwd wordt. Op zon- on heiligdagen doet hij de eerste 
misse in Slype. 

De kerk heeft twee autaren, de eene toegewijd aan den 
H. Guilielmus, patroon ; de andere aan O. L. V. van den 
berg Carmelus. Van de twee beuken is er een die in 
puinen valt, en dien men beweert niet meer te willen 
vermaken, één beuk genoeg zijnde voor de geringe bevol- 
king. Die vcrvallene beuk heeft eene toegemetste deiire ; 
eene balke met ecuigc namen van weldoenders erop, en 
5 schoorstukken van dwcersbalken dragen het jaartal 1630. 

Zande, of Kruïszande. Bezocht den 22 Oogst 1731. 



('I Gui//. Jac. De Grave overleed in 1737. Heer endo Meester Victor 
Coofoaert pastor van Dottenys, is bezig met het opmaken van den 
<ULinhooiDdec De Grave'n van Veurne-Ambacht. Hun wapen is, zoo 
bij bevesti^'t, een galden keper op blauw veld met drie zilveren halve 



I 



272 L. SLOSSE 

De bisschop van Doornijk en de abt van S. Andri 
vergeven bij beurt do pastorij. De tiendeliefifers zijn 
twee voornoemden ; de abdissc van Spermalie en de grn 
van Vleteren. 

De pastor heet Francis Van Afferden (*), van DixmiKJ 
de koster Adriaans Jac. Locaque. 

Er is maar cén verdraagbare gewijde sleen voor de di 



(*) Francisciis Oswaldus Van Afferden was onderpastor tot Ilar 
zaeme, toen hij in 1727 naar Zande kwam. Hij overleed in 17 
priester zijnde sedert 29 Maart 1720. 

De stamboom der van Afferden staat in den Annuaire de ia Xoble 
de Belgique par de Slein d'AHenslein^ Bruxelles, Decci, 1875. XXIX, : 

Hij diende met het volg-endc peslachtlijstjen volledifjd de worde 

Heer Oswald Francis Van AJferden^ geboortig van ?, was bail 
der stad Dixmudo. Hij trouwde er den 16 Mei 1690 met Maria Fraïici,^ 
De Leeuwe^ en stierf er den 27 October 1701K Hij lig-t in de ker 
begraven. 

Hij won te Dixmude : 

1*^ Pieler Francis, peb. IG Juni 1()91 ; 

2*> Elisabeth Francisca Perpétua, geb. 31 Dec. 1694 ; peter E. 
Bieter ühyselen, pastor van Clercken ; 

3^ Philippa Theresia^ geb. 30 April 16% ; meter Anna Isabe 
Bezerra, vrouw van Nicolaus la Gatta, legeroversten te Nieupoor 

4'* Jan'Mathijs, geb. 24 April 1697; peter Joos Valcke, ruwas 
der stad Dixmude ; 

5° Oswald Francis, geb. 31 Jan. 1699; overl. pastor van Zan 
17 Oogst 1744 ; 

6o Antone Oswald, geb. 13 Nov. 1700; priester on pitancier 
Dwcmude ; er overl. 25 April 1735 ; peter Antone Gobert, raad cl 
stad Dixmude ; 

7^ Elisabeth Francisca, gezeid Elisabella en Isabella, geb. 3 (K 
1702 ; begraven 27 Mei I7;ï0, getrouwd zijnde met Bened ictus I.oovo< 
Haar meter was Mevrouw Birgitta de Beer, vrouw van gezeiilt 
Antone Gobert. 

Het wapen der van Afferden vertoont, op een gulden veld, dr 
roede vossen, loopende de eene boven den andere. 

Geleden eene halve eeuw was er een burggraaf van Affenlt 
ontvanger op Hooglede. Hij was getrouwd met Mathildc baroni 
de Rospu de Dilscn, en stierf te R(»erni(>nd, zijne geboortestad, il<^ 
14 October 1S92. 

Zijn zoon, Ernest, wierd geboreu t' Hooglede den 1 Mei iS'i^i, e 
stierf ook te Roermond den 4 Maart lS9(j. 



De DEKENlJ GHISTEL EOND 1732 273 

autaren. Buitea een deeltje van het H. Kruis, zijn er geene 
reli(|uiec. 

De 200 communicanten zijn goede christenen. 

Zevecote. Bezocht den 31 Oogst 1731. 

Patroonen en tiendeheffers : de bisschop van Doornijk en 
de abt van S. Andries. 

De pastor heet Petrus De Bruyne (*) ; de koster 
Jac. Vander Vecht. 

De kerk, toegewijd aan O. L. V., is met de drie altaren 
gewijd den 8 September 1719. Er bestond hier vroeger 
eone kapellanij, thans met de pastorij vereenigd. Tijdens 
een nieuw bezoek op 22 Oogst 1732 waren ze bezig met 
eene nieuwe pastorij te bouwen. 

250 communicanten, allen brave menschen. 

De eerste communicanten worden afzonderlijk onder- 
wezen eiken Donderdag van den Vasten, en de laatste 
twee weken alle dagen. Zij doen hunne eerste communie 
op Wittea-Donderdag(*). 



I ') Op den zerk van M. De Bruyne leest men : 
D, O. M. 
Hier ligt begraeven 
Heer ende Meester 
Petrus de Bruyne 
geboortigh hayt het landt ijan 
Aelst denwelcken naer 
geweest te hebben 23 jaeren 
Pastor deser parochie 
overl^^ den 4 Maert 17 ât 
In vrede moet syn ziele rusten. 
't Schijnt dat M. De Bruyne van Voorde was. Van een zijner 
hroederi stamt af Mijnheer de deken van Ronse, L. A. M. De Bruyne, *. 
S. T. D., geboren te Temsche den 6 Jan. 1859. 

(*) Men zal oemerkt hebben dat de eerste communie gedaan wierd 
N^ Beerst op Paaschdag; te Lombardzyde op O. H. Hemelvaart; te 
h( lniore op den derden Paaschdag en te Zevecote op Witten-Donder- 
da'^. Zoo geschiedde het in den omtrek van Ghistel; zoo geschiedde 
Let over het gaasche bisdom : er was geene eenheid. 




274 L. SLOSSE. DE DEKENIJ GHJÖTEL ROND 1732 

De handboek vaa de kerkelandeii wierd iu 1657 doo 
Françhoys Vau Elverdynghe geschreven, en deze vau d 
dischhmden door Rykaard Ilaverboudt ten jarc 1545. 

t' Einden den opstel over Zevecole liggen er loss 
bladen papier, waarop lijsten met handteekens van pastor^^ 
Daaruit blijkt dat de knape van den deken, even als uu 
de vastenbulle van parochie tot parochie droeg, en z 
eingenhandig aan de pastors bestelde. 

Runibeke. L. Slosse. 



Eerst in 1781 kwam er dienaangaande cone bisschoppelijke bepalini 
uit, luiden«le als volgt : 

« III. Op dat de Ileeren Pastors met meerderen tyd en oplettentheyi 
hunne eerste Communicanten zouden konnen bereyden, wy bebbei 
goedgevonden te ordonneeren, zoo wy ordonneereu mits dezen, da 
die door geheel ons Bisdom gepleegt worde op den vyfden Zondai 
naer Paessclien, declareerende dat de eerste Communicanten h\e 
mede zullen vuldoeu voor dat jacr, aen het gebod der heylige Kerke 
nopende de Paesch -Communie, n 

Uit eeneu herderlijken brief van Mgr Brenart, gegeven te BruijLr 
den 14 Februari 1781. 



Prêtres français réfugiés en 1793-1794 
à Saint-André-lez-Bruges. 



Par les décrets des 18 mars, 23 avril et 21 octQi)re 1793, * 
la Convention condamna à la déportation tous les prêtres 
français qui avaient refusé de reconnaîlre la schismatique 
Constitution civile du clergé. Beaucoup d'entre eux 
cherchèrent à se soustraire à l'impitoyable persécution en 
se réfugiant à Pétranger où ils allèrent rejoindre ceux de 
leurs confrères qui avaient déjà été bannis par l'Assemblée 
législative. L'heureuse issue de la bataille de Neerwinden 
(18 mars' 1793) venait de soustraire nos provinces à * 
Podieuse domination française pour les replacer sous 
l'autorité autrichienne. 

La Belgique fut de tout temps une terre hospitalière 
pour les proscrits et c'est ainsi qu'un certain nombre de 
prêtres français ne tardèrent pas à se réfugier dans notre 
Flandre. 

Un dossier qne M. le vicaire général Rembry nous 
a signalé et gracieusement communiqué et dont nous 
publions les deux documents les plus importants, nous 
apprend que plusieurs de prêtres français furent recueillis 
^'n 1793 et 1791 au château de M. de Pruyssenaere, situé 
près (le l'abbaye de Saint-André-lez-Bruges, 



276 C. CALLEWAERT 

Ils y formèrent une sorte de communauté pour laque 
M. le chanoine Caytan, qui devint plus tard vicai 
capitulaire du diocèse de Bruges, rédigea et écrivit — 
sa plume caractéristique (*) — un engagement à souscri 
par tous les membres de la communauté (n. 1), et 
règlement de vie auquel ils devaient se conformer (n. I 
On remarquera que deux points de ce règlement n'ont i 
été définitivement arrêtés par M. Caytan, qui a voulu 
laisser la détermination ultérieure aux chefs de la co 
munauté. L'une et Tautre pièce porte la signature t 
treize prêtres dont nous publions les noms à la suite 
premier acte. 

D'autres pièces nous font connaître: P les recettes 
argent, faites par l'établissement: 340 flor. 18 den. 12 
depuis le 27 décembre 1703 jusqu'au 5 juin de Tann 
suivante; 2" l'état des effets prêtés ou donnés à Tétabl 
sèment, depuis le 20 janvier 1794 jusqu'au 2 mars suivai 
par différentes personnes charitables de Bruges; ^ 
ornements très pauvres destinés au service de la chape! 

Ces documents nous laissent deviner aisément Télat 
dénûment dans lequel vivaient les malheureux proscr 
et les privations qu'ils eurent à s'imposer. 

L'occupation de nos provinces par les armées françai; 
en juin 1794 dispersa sans doute la petite communaut 
la dernière date mentionnée dans les documents est ce 
du 5 juin 1794. 

C. Callewaert 



(') M. le chanoine Caytan écrivait de la main gauche ; une parah 
ui avait enlevé Fusage de la droite. 



PBÉTBBS FBANÇAIS BEFÜGIÉS 277 



Nous sousslgués désirants être admis à rétablissement 
formé daus le château de Monsieur Pruyssenaere près 
Vabbaye St. André, par la bienfaisance des iiabitants do 
Bruges, promettons 

1** De nous conformer au règlement de la dite maison. 

2^ Nous nous obligeons solidairement les uns pour les 
autres à remplir tous les engagements pris ou à prendre 
par Messieurs Duperrier et Bureau, Commissaires du dit 
établissement, soit pour l'argent, les meubles et les autres 
effets qui auront été prêtés à la dite maison. 

A cet effet nous nous engageons de remettre à Messieurs 
les Commissaires de la dite maison, lors de notre sortie, 
un billet de la somme due par chacun de nous en raison 
du temps qu'il aura passé dans le dit établissement, et de 
la dépense qui aura été faite, tant pour l'argent prêté que 
pour les réparations des meubles et effets prêtés, lequel 
billet sera payable es mains des dits sieurs à leur domicile 
an Mans, trois mois après notre rentrée. Fait à Bruges en 
Flandre, le 27 Janvier 1794. 

Signatures : 

C. Remond, c[uré] de BouUay. 

R. Heurtebise, curé de Champhreraont. 

J. R. F. Le Marchand, vicaire de Montaudin. 

De la Forge, c[uré] d'Acquebon. 

Philippe-François-Joseph Cappe, prêtre curé de Liestres. 

Hecquet, chanoine et trésorier de Picquigny, diocèse 
dWraiens. 

Buffard, curé de Coramerveil. 

Xicolas-Philippe-Joseph Chaufteux, curé de Brôville, 
en la vallée d'Itoo, diocèse et près d'Evreux. 

Boisard, prêtre du diocèse d'Amiens. 

Vcrdelin, curé de la Poste. 

Walbin, prêtre français de la ville d'Abbeville, diocèse 
(IWmiens. 

Berioger, curé de St. Agnan. 

Pierre-François-Marie Blondeau, prêtre du diocèse 
d'Amiens, 



278 C. CALLEWAEBT. PBETEES FRANÇAIS EÉPÜGIÉS 

II. 

Bèglement de la journée pour les prêtres logés dans 
château de Monsieur Pruysscnaere. 

La prière du matîa et méditation à sept heures Pbyvre 
et à six heures Tété. 

La Messe de communauté pour les bienfaiteurs à se] 
heures et demie. Il sera dressé un tableau, toutes h 
semaiues, dans lequel seront inscrites toutes les messe 
qui devront être acquittées pendant la semaine par chaci: 
des prêtres au profit du dit établissement, et on y marque] 
l'heure à laquelle messe sera célébrée. 

Tous les vendredis à dix heures il sera célébrée ui 
messe pour les personnes mortes en défendant la religie 
et la patrie depuis le commencement de 

A midi la lecture d'un chapitre du nouveau Testamen 
ensuite le Bencdiciie. Après le diné les grâces et 
pseaumc Miserere à l'intention des bienfaiteurs. 

A sept heures et demie la lecture d'un chapitre t 
l'Imitation de N. S. J. C. ensuite le Benedicite, Après 
souper les grâces et le pseaume Miserere comme au diiie 

La rentrée en la dite maison sera en hyver avant 

La prière du soir à neuf heures, après quoi chacun 
retirera. On ne fera aucune invitation aux confrères, s( 
pour boire, soit manger. 

La porte d'entrée sera fermée à l'heure du souper ta 
en été qu'en hyver, et la clef sera remise chez Monsie 
le Président. 

Les dimanches et (êtes l'assistance à la grande Mes 
et aux Vêpres de la paroisse de S* André. 

Les personnes du sexe qui se présenteront à la di 
maison, pour raisons relatives soit au ministère, soit 
l'avantage de l'établissement, seront conduites à la ch 
pelle, ou au sallon de compagnie. 

Suivent les mêmes signatures que ci-dessus. 



\ 



L'EXPOSITION DES PRIMITIFS A BRUGES 

EN -1902. 

Suite (2" ïivr. 1906, p. 181-213). 



Parmi les pays étrangers, l'Angleterre est certainement 
celui dont le contingent de tableaux fut le plus élevé et le 
plus imporLint. 

Sa participation comportait plus de soixantc-quinzo 
œuvres de tout premier ordre, sortant des galeries les plus 
riches et les plus fermées du Royaume-Uni. Il me suffira, 
pour donner une idée de la valeur de cet envoi, do citer 
Tadmirable et impressionnante composition de Van Eyck 
représentant les « trois Marie au tombeau du Christ », les 
superbes Memling du duc de Devonshirc et de M. Salting, 
ToBUTre exquise de Geertjen Van S' Jans dont le musée de 
Berlin devait précipitamment s'emparer, le délicieux 
portrait de P. Christus, la tragique composition de Jean 
Gossart nous montrant Saint François d'Assise quittant ses 
parents et renonçant au monde, la charmante Vierge de 
Mabuse envoyée par Lord Northbrook, etc. 

Ce fut en grande partie à M. Isidore Spielmann que nous 
dûmes ce superbe résultat, et c'est pour ce motif que son 
nom s'est trouvé de suite sous ma plume, lorsqu'on com- 
mençant ces « notes sur l'Exposition des Primitifs n j'évo- 
quai le souvenir de ces collaborateurs infatigables et 
modestes, dont le haut dévouement ne sera jamais assez 
loué à mon gré et auxquels je voudrais rendre dans la 
reconnaissance du public les belles places que d'autres 
ont souvent usurpées. 



280 B**" H. KEEVYN DB LETTENHOVE 

J'aurai d'autant plus de plaisir à mettre M. Spielma 
au premier rang qu'il y fera fort bonne et aimable figui 
C'est un gentleman des plus parfaits et des plus considén 
L'amour de l'Art et le zèle pour la chose publique l\ 
transformé en un des grands organisateurs des expositie 
anglaises. Dans cette matière difficile, il est devenu rapic 
ment un virtuose : une méthode excellente et des princi[ 
rigoureux se joignent en lui à un travail opiniâtre et à u 
extrême délicatesse de toucher. Mais sous le doigté 
velours, on sent la puissance d'un homme maître de s 
instrument, et il ne faut pas longtemps pour s'apercev 
que, s'il est incapable d'une fausse note, il ne les tolérer 
pas non plus chez les autres. 

En 1901, lorsque j'entrai en relations avec 1 
M. Spielmann était dans tout l'éclat de ses succès 
l'Exposition de Paris. Qui, parmi les visiteurs de ce 
féerie mondiale, no se rappelle le pavillon Anglais 
ses incomparables trésors? L'organisateur en avait < 
M. Spielmann, et le Prince de Galles ne lui avait i 
ménagé les témoignages publics de sa satisfaction... 

Tel fut mon grand et aimable collaborateur 
Angleterre. En repassant ses états de service et 
revoyant tous ses titres, je me sens très fier d'avoir 
obtenir sa coopération. Il est vrai que ce ne fut { 
sans peines. 

Car M. Spielmann, lui aussi, ne pouvait pas comprcn( 
que le Gouvernement ou au moins l'Administrât! 
Communale de Bruges ne voulût pas donner « au gra 
événement artistique que je préconisais » un caract( 
officiel. 

« On se demande, ni'écrivait-il, comment il peut se fa 
qu'une exposition qui doit avoir lieu à Bruges et ( 
intéresse le pays tout entier, se fasse sans la direct! 
du Gouvcrnemeut Belge et surtout sans l'interventi 



EXPOSITION DES PBIMITIÏS 28 1 

officielle de la cité de Bruges... Cela donne lieu à des 
méfiances, qui s'ajoutent malheureusement à d'autres 
récriminations ou regrets vis-à-vis de la Belgique chez 
beaucoup de mes compatriotes... n 

Ce billet contient en quelques lignes l'histoire des 
(lifficaltés que nous rencontrâmes dans tous les pays et 
qui rendirent notre tâche si ardue. En Angleterre, en 
Autriche, en Italie, en Allemagne, la première objection 
est toujours la même ; elle se présente toujours avec une 
terrible force et de désastreuses conséquences : « Les 
collectionneurs, m'écrit de Berlin M. Firmenich-Richartz, 
ne veulent pas envoyer leurs tableaux à Bruges, parce 
qu'ils trouvent que des personnes privées n'offrent pas 
assez de garanties. Il faudrait que vous fassiez faire la 
demande par les bourgmestres de Bruges... » 

Cet honorable et excellent M. Firmenich-Richartz était, 
on le voit, plein d'illusions sur les dispositions de notre 
municipalité, mais du même coup, il m'enlevait les 
miennes sur nos chances en Allemagne. Et comme si cela 
ne suffisait pas, il ajoutait : « On craint aussi le retour 
d'émeutes et de troubles en Belgique, n 

En même temps beaucoup d'Anglais, dans leurs réponses 
à mes demandes, se plaignaient de la campagne menée 
par les Belges en faveur des Boers et me déclaraient que 
dans ces conditions « l'abstention s'imposait. » 

Plusieurs fois, dans ces correspondances, il fnt même 
question de l'affaire Sipido, de cette tentative de meurtre 
commise contre le Roi d'Angleterre, par un méchant 
gamin dont on avait armé le bras, et qu'on eut dû enfermer 
de suite dans une maison de correction, au lieu de le faire 
acquitter en cour d'assises et de le laisser échapper 
ensuite. 

L'erreur du parquet, la faiblesse du jury et la mala- 
dresse de la police furent, je crois, avec quelques griefs 



â82 B*"** H. KEEVYN DE LETTENHOVB 

plus personnels, les raisons pour lesquelles le Roi d'Ang 
torre, à peine naonté sur le trône, nous refusa le prêt i 
importants tableaux d'Hampton-Court et d'Edimbourg c 
nous lui avions demandés. 

Ce fut là une déception cruelle et un coup très dur. 
effet, la Reine Victoria s'était toujours montrée ti 
accueillante pour des demandes de ce genre, notammi 
pour l'exposition Van Dyck, et son exemple avait entrai 
l'adhésion de nombreux grands seigneurs anglais. Ne 
espérions que son héritier aurait des idées au moins au 
larges, surtout au moment de sa joyeuse entrée. 

Hélas, il n'en fut Fien et l'attitude tout opposée pr 
ainsi par le Roi, contrairement à notre attente, dev 
naturellement un mot d'ordre pour beaucoup de pers( 
nages de sa Cour ! 

£n ajoutant à l'exemple royal, le mécontentcmc 
suscité par la campagne très bruyante et certainemc 
inconsidérée menée à propos du Transvaal par la prei 
belge contre l'Angleterre, notre alliée naturelle et noi 
protectrice dans tous les moments critiques de noi 
histoire; en y joignant la stupeur produite à l'étranger r 
les tentatives ouverteraout révolutionnaires des socialisi 
et par les bagarres sanglantes de Bruxelles et de Louvai 
il est facile de comprendre combien la partie à jouer 
Angleterre se présentait mal pour nous en 1902. 

Aussi, comme je viens de le dire, plusieurs des letti 
que M. Spielmann m'avait demandé d'écrire, restère 
sans réponses ou rencontrèrent des refus formels. 

Chez d'autres collectionneurs, heureusement, des sen 
ments plus généreux prirent le dessus et les argumei 
que je faisais valoir en faveur de Bruges parurent l'ei 
porter sur les rancunes politiques et sur l'appréhensi 
de nouvelles émeutes. 

Notre ministre à Londres, Son Excellence le B^ Whei 






EXPOSITION DES PBIMITIFS 283 

Dali, voulut bien s'y employer, lui aussi, avec le zèle le plus 
grand, à dissiper ces malenteudus et à appuyer mes 
requêtes auprès des personnes que M. Spielman m'avait 
iDdiquées. Il consentit même à accepter la présidence 
de notre comité Anglais, dont Lord Balcarres fut le 
«cliairman 9.' 

Deux autres membres éminents de l'aristocratie anglaise, 
le comte de Northbrook, ancien vice-roi des Indes et 
Lord Windsor, daignèrent à leur tour entrer dans le 
comité, et bientôt j'obtins les adhésions non moins pré- 
cieuses de grands collectionneurs, tels que MM. H. F. Cook, 
G. Salting, Lady Wantage, lord Nortfolk, lord Crawford, 
Willett, Turner, etc., et de hauts personnages dans la 
science ou la critique de l'art, comme MM. L. Cust, 
Humphry Ward, Cl. Phillips, A. G. Temple, etc. 

Le Baron Whettnall, notre Président, fut un des amis les 
plus dévoués de notre entreprise. J'ai gardé de son affabilité 
et de sa bienveillance le plus reconnaissant souvenir et 
j'adresse à sa mémoire un hommage emu. 

Il a été remplacé à Londres par le Comte de Lalaing 
et personne ne semble plus fait pour y continuer ses 
traditions. « Vivent les Primitifs, me répondait le Comte 
(le Lalaing, ministre à Berne en 1902, dont je réclamais à 
ce moment le concours auprès de collectionneurs suisses, 
vivent les Primitifs puisqu'ils me donnent l'occasion de 
te rendre service et m'apportent de tes nouvelles. » 

Avec le C**de Lalaing, des Lord Balcarres, des Spielmann 
et des Weale, l'Angleterre peut nous ménager encore bien 
des surprises ! 

Lorsqu'au mois de mars de 1902, notre Comité anglais 
se trouva définitivement constitué, M. le B"** Whettnall 
m'écrivit lettres sur lettres pour me demander de venir 
Tiûstaller à Londres, ce qui me permettrait de passer 



284 B'" H. kebvyK de LETTENHOVE 

une revue des tableaux déjà obtenus. Le nombre 
ceux-ci Tenait précisément de s'accroître encore par 
bons offices du conservateur de la « Art Gallery n de 
ville de Londres, M. A. G. Temple, auquel je suis heun 
de rendre ici un reconnaissant témoignage. 

Aller à Londres? Mais on me demandait en même ter 
à Berlin, et notre ministre à Vienne, le B**** de Borchgr 
insistait plus vivement encore pour que je me rendi 
sans tarder à Vienne!... Or, j'avais, avec les résistan 
que je rencontrais à Bruges, à Louvain, à Namur, e 
avec l'organisation matérielle de l'Exposition, avec 
mise sur pieds de l'Exposition d'art rétrospectif à Grt 
huuse (qui comprenait trois sections et trois comités), a 
une correspondance chaque jour plus nombreuse et p 
importante, de la besogne plus que je n'en pouvais fai 

Je priai donc M. Hulin de me remplacer à Londres 
M. Wauters de se charger de Berlin. 

L'un et l'autre, avec cette affabilité dont ils devai< 
me donner tant de preuves, voulurent bien céder à n 
instances. M. Hulin revint enchanté de tout ce qi 
avait vu à Londres et émerveillé du zèle qu'il av 
rencontré chez tous les membres du comité angla 
M. le B®° Whettnall, M. Is. Spielmann, notre « honora 
secretary » Lord Balcarrès, MM. Weale, Temple rival 
saient, en effet, de dévouement. 

Malgré toutes mes sollicitations, M. A.-J. Wauters 
partit pour Berlin que vers le 10 Mai. 

Nous avions déjà à ce moment les adhésions les pi 
importantes en Allemagne. 

Parmi celles-ci,je citerai en premier lieu celles de S. A. 
le Prince de HohenzoUern et de S. A. le Duc d'Anha 
C'est à S. A. R. la Comtesse de Flandre — j'ai hâte 
le dire — que je devais ce grand succès. 



EXPOSITION DES PRlBHTlPS i85 

Pavais obténa, non sans quelque travail et grâce à 
une très aimable intervention, que S. Â. R. écrivit à son 
frère, pour appuyer la requête que je lui avais adressée, 
mais la Princesse, en daignant accéder à mon désir, ne 
m'avait pas caché que son frère n'était guère prêteur 
et que j'avais peu de chances de réussir. Ma main 
tremblait donc tout naturellement en brisant, quelques 
semaines plus tard, le grand cachet aux armes des 
Hohenzollern qui scellait sa réponse. C'était ma première 
démarche en Allemagne, celle dont je savais que dépen- 
drait le succès de presque toutes les autres... Ëtait-ce oui, 
était-ce non?... 

Quelle joie ! Le Prince consent à m'envoyer ses deux 
G. David et le portrait d'un bourgmestre de Bruges du 
XY' siècle, dont j'ignorais la présence dans ses galeries. 

Quant an Duc d'Anhalt, il me promet onze tableaux de 
sa superbe collection I Et par dessus le marché, il accepte 
la Présidence d'honneur du Comité Allemand. 

Avec ces deux adhésions princières et avec le concours 
dévoué d'hommes tels que M. M. Friedlânder et Firminich- 
Richartz, je me considérais comme ayant acquis une 
grande force en Allemagne, et je ne me trompais pas. 
En voici la preuve : presqu'aussitot, j'obtins de S. A. S. le 
Prince Radziwill le plus délicieux tableau que Memling 
ait jamais peint, une Annonciation, œuvre exquise et 
délicate, que ce Prince si aimable avait cependant refusée 
à une exposition organisée à Berlin même, et qui n'était 
jamais sortie du salon de sa femme. J'avais osé demander 
ce Memling malgré tout cela et bien que M. Friedlânder 
m'eût écrit que c'était peine inutile ; une fois de plus, il 
me fat ainsi prouvé que : Audaces fortuna juvat. 

Puis vinrent les adhésions du Comte Arco-Valley, du 
musée de Strasbourg, de celui d'Aix-la-Chapelle, du consul 
Weber, de M. Clemens, de Madame Castanjean, etc., etc., 



286 B*'^ H. KEEVYN DE LETTENHOVE 

et enfin celle du Baron Alb. Oppenheim, auquel il a'^ 
fallu faire une douce violence, en le prenant en quel 
sorte, — au figuré bien entendu — par la cravate, p 
le décider à nous prêter le plus merveilleux Christus 
existe et ses Memling, Van Eyck, Bouts, etc., etc. 

Cependant, malgré tout cela, il y avait encore à Be: 
quelques collectionneurs hésitants, notamment M. "^ 
KauiFmann et Madame Hainauer. 

J'avais depuis longtemps, avec ces deux personnes, 
correspondance des plus courtoises et si suivie que lors 
M. Wauters arriva à Berliu, Madame Von Kauffmaua 
put s'empêcher de lui dire : « Votre président ne doit 
avoir grand'chose à faire pour nous écrire si souveni 
d'aussi longues lettres ». Elle eut la charité d'ajoi 
comme correctif : « II est vrai qu'elles ne sont pas s 
intérêt. » Madame von Kauffmann — ce dernier trai 
prouverait asse» — est la plus aimable femme du mor 
et elle donna à M. Wauters son gracieux appui pour déci 
son mari, encore un peu indécis, à nous confier de ' 
précieux tableaux, parmi lesquels figurait un tripty 
de Memling qu'un incendie a détruit récemment, mais 
heureusement a été vu à Bruges par 35.000 visiteurs et 
y a été admirablement photographié par Braun. 

On voit, par ce détail, que les expositions ont du bc 
bien des points de vue. 

Je ferme cette parenthèse pour revenir à Mads 
Hainauer (*) et dire qu'elle suivit, grâce à M. Waut 
l'exemple de M. Von Kaufmann. 

M. Wauters, en m'annonçant les succès de son ambasss 
me faisait part d'une nouvelle bien plus importante enc( 

(*) La collection de Madame Hainauer a été vendue dernicTcr 
pour l'Angleterre au prix de Ib. 250,000, soit 6,250,000 francs; 
chiffres suffisent h démontrer l'importance des tableaux dont le 
nous fut consenti par Madame Hainauer. 



EXPOSITION DEB PfilMITlFS 287 

(I^a ne chose qui depuis de longs mois était Tobjet constant 
de mes pensées.... Je copie ce passage de sa lettre : 

« J'en arrive, mon cher Président, à une communication 
sensationnelle : il ne serait pas impossible d^obtenir du 
musée de Berlin les- volets de V Agneau mystique des 
Van Eyckj si nous voulons reconstituer à Bruges le 
polyptique dans sou entier ! ! ! 

■ Mais il faut que Gand prête la partie centrale. Il me 
semble qu'on ne peut nous la refuser si le musée de 
Berlin et celui de Bruxelles envoient les volets à Bruges... 
Qael événement artistique ce serait... » 

Cette lettre de M. Wauters m'était parvenue à Paris, où 
je la trouvai, un soir, dans ma chambre en rentrant à l'hôtel. 
Je la lus et la relus et, avant de m'endormir, je la mis sous 
mon oreiller. Je ne sais si cela eut une influence sur mon 
sommeil, mais j'avais à peine fermé les yeux que de 
douces mélodies s'élevèrent, des voix pures et célestes 
s'auissant aux sons graves et doux des orgues, puis je vis 
s'avancer leatement de longues cohortes d'hommes aux 
figures séraphiques et de graves patriarches fouler des 
gazons si fleuris qu'on eût dit un parterre. Et tout cela se 
passait à Bruges, non loin du Beffroi, dont tous les 
alentours étaient envahis par une foule cosmopolite 
bruyante et enthousiaste qui, à ma grande joie, louait 
magnifiquement la Flandre et ses illustres enfants. Les 
applaudissements répétés et les acclamations frénétiques 
de tous ces gens, venus de tous les points du monde, 
auxquels se mêlait la grosse voix du bourdon, sonnant à 
toute volée comme en les jours de grand triomphe, ne 
parvenaient cependant pas à étouffer le chant si doux des 
admirables et pieux cantiques des anges d« Van Ëyck 
qui glorifiaient Dieu, et semblaient inviter la foule à 



288 B^" H. KEftVîTN DE LBTTENHOYB 

l'adorer avec toute la procession céleste, rangée maintei 
autour de Pau tel de T Agneau mystique... 

Quel beau rêve I Et cependant il n'aurait pas été 1 
difficile de le transformer eu réalité. 

Il eut suffi pour cela d'obtenir l'acquiescement à 
Fabrique d'église de S*Bavon. De ce côté, hélas ! to 
les influences, toutes les combinaisons furent inutile 
vaines. J'avais proposé le transport du tableau par 
pour éviter les secousses et les transbordements, prc 
l'assurance la plus élevée et la surveillauce la plus stri 
rien n'y fit. 

On ne comprit pas à Gand, à ce moment, toute la gi 
deur de ce projet. On a voulu le réaliser depuis et a 
c'est Berlin qui n'a plus consenti à prêter ses volets. 

En 1902, la participation de Berlin dépendait de 
Ei:c. M. Schoen et de M. Bode, et l'un et l'autre me dii 
à Bruges : « Pour une Exposition de l'importance de c 
de Bruges, nous eussions envoyé et nous enverrions enc 
nos volets de Van Eyck pour reconstituer, à coté des ' 
Eyck de Bruges, le polyptiqu^de l'Agneau mystique, j 
fis de nouvelles démarches après cette conversation ; hé 
toutes mes peines furent perdues : Gand resta inexon 
et cette reconstitution, qui eût fait accourir le monde en 
à Bruges et qui eût été la plus belle glorification de n( 
ancien art Flamand, ne put avoir lieu. 

En Allemagne et dans tous les pays, j'avais touj( 
commencé par m'adresser au personnage le plus ira] 
tant parmi tous ceux dont la collaboration me semb 
désirable. J'avais agi ainsi par principe. Comme les gra 
gourmands, je visais d'abord, en ce régal d'oeuvres primiti' 
les plus gros morceaux. En enlever un, c'était s'impos( 
l'attention de tous les collectionneurs. Et cette adhés 
capitale obtenue, on atvait les meilleures chances d 



EXPOSITION BES PBIMIT|FS 289 

traîner les hésitants et même do convertir les opposants, ce 
qui récompensait de toutes les peines de ce premier travail. 
Je me suis toujours bien trouvé de ce système et je le 
recommande à mes successeurs avec une grande confiance. 
Pour l'appliquer en Autriche, il fallait à tout prix 
s^adresser en premier lieu au Prince de Liechtenstein. 
Mais comment arrivtT à ce grand personnage? Une santé 
délicate et des goûts d'étude éloignent le Prince de 
Liechtenstein des réunions de la Cour et du monde. 
Ni notre ministre à Vienne, ni d'autres amis ayant habité 
longtemps l'Autriche ne le connaissaient. On me le 
dépeignait comme n'ayant guère d'amis... 

Étant donnés ces renseignements - que j'ai actuellement 
mille raisons de croire erronés — que devais-je faire? 
Je ne cessais d'y penser sans trouver une solution. 

En désespoir de cause, l'idée me vint de lui écrire 
directement. Mais quel accueil ferait le Prince à la lettre 
d'un étranger, d'un inconnu, sollicitant à . titre privé 
le prêt des perles de sa riche collection?.. Avant de 
prendre ce parti si risqué, et pour mettre ma respon- 
sabilité à couvert, je demandai à M. Beernaert ce qu'il 
trouTait de ce projet. M. Beernaert m'ayant répondu : 
■Je crois que vous ne pouvez mieux faire que d'écrire 
vous même au Prince de Liechtenstein », je n'hésitai plus 
et je pris ma meilleure plume. 

Je savais par des Viennois que le Prince s'intéressait 
beaucoup à l'Art en général et à ses tableaux en parti- 
culier. D'autre part, M. Hulin, qui avait visité avec soin sa 
galerie, voulut bien me donner une petite note sur certains 
tableaux dont les attributions lui paraissaient fausses. 
Je profitai de ces renseignements pour insister longue- 
ment dans ma lettre sur le côté scientifique qu'offrirait 
notre Exposition, sur les précieuses découvertes qu'amè- 
nerait l'étude comparative des tableaux, sur les rectifi- 



290 B^** H. KBEVYN DB LBTTBNHOVB 

cations d'auteurs qui suivraient cos recherches et ■ 
même, à mon avis, dans la galerie Liechtenstein, chan 
raient les attributions données actuellement à tel et 
tableau».... 

Presque courrier par courrier, la réponse du Pri 
me parvint. Ah ! la bonne et agréable lettre 1 La voi 
c'est son secrétaire qui écrit : 

« Monsieur le Président, 

« Son Altesse a reçu la lettre que vous lui avez euvo 
concernant l'Exposition des Primitifs à Bruges. 

« Très honorée de tout ce que vous lui disiez dam 
première partie de votre lettre, Soa Altesse hési 
cependant, mais les renseignements scientifiques que \ 
donnez sur ses tableaux ont agréablement surpris 
Altesso. Cette perspective a dissipé ses doutes. 

« Son Altesse a donc décidé d'exposer quelques table 
à Bruges. Je suis chargé par Son Altesse de vous infor 
de cette décision... » 

J'annonçai aussitôt cette bonne nouvelle au B**' 
Borchgrave qui me répondit en ces termes : 

«* Merci de votre aimable lettre... Je ne puis a 
vous féliciter de ce grand succès dont tout l'honi 
vous revient, que je n'osais espérer et dont Timporca 
est capitale, non seulement en lui-même, mais a 
par les conséquences énormes qu'il aura auprès 
autres collectionneurs à Vienne... » 

De M. Wauters, aussi étonné de la réussite de n 
tentative hardie que le B®° de Borchgrave, j'avais reçi 
télégramme : « Bravo, c'est admirable et tout-à 
inespéré ». 

Il fallait absolument aller recueillir à Vienne les fr 
de cette victoire, et ne pouvant y songer moi-même 






EXPOSITION DES PRIMITIFS 291 

^5 de nouveau appela robligeance de M. Hulin. C'est à 
^^ique nous dûmes les autres tableaux expédiés de Vienne 
par le C»* Wilczeeck, le C** Harrach, M. Rott, Jurié de 
Lavandal, Miethke... 

Pour bien faire, il eût fallu envoyer un délégué en 
Italie aussi. J'avais obtenu à Rome la participation du 
Prince Doria, dont le Memling fit sensation à Bruges. 
Or, l'exemple du Prince Doria était de nature à en en- 
traîner beaucoup d'autres. Malheureusement nous n'eûmes 
pas le temps d'en profiter et ce fut par correspondance 
que je décidai M. Tbiem à nous confier ses tableaux. 
Mais que do misères nous fit lo fisc italien avant d'en 
aotoriser la sortie ! Il fallut aller jusqu'au Ministre des 
Finances et verser un gros cautionnement. 

En Hollande, un tableau offrait pour nous un grand 
intérêt : c'était le Memling du Musée royal de La Haye ; 
malheureusement tous les règlements s'opposaient à son 
envoi à Bruges. Toutefois cela ne m'arrêta pas. 

Les résultats que j'allais obtenir à La Haye sont la 
preuve la meilleure qu'il nb faut jamais désespérer. Nous y 
avions tout contre nous. Tout, sauf le D^ Brédius, le con- 
servateur érudit de ce musée. Car j'avais été assez heureux 
pour conquérir sa confiance. Malgré cela, il mê fallut 

— à cause de ces malheureux règlements — mettre en 
mouvement toute notre légation de la Haye, puis décider 
notre Ministre des Affaires étrangères à se jeter dans 
là mêlée, — ce qui lui était naturellement désagréable 

— en même temps poursuivre de visites le Ministre de 
Hollande à Bruxelles et enfin écrire à quantité do person- 
nages influents à la Cour et au ministère à La Haye... 
Et tout cela pour un tableau de 26 centimètres de large 
sur 27 de haut. 

Ab uno disce omnes ! 



292 B®° H. KBBVYN DE LETTENHOVE 

De semblables victoires demandent natarellemeat b 
coup de temps et de travail. 

Le temps me fit défaut — et pourquoi ne Tavouera 
pas — j'eus le tort aussi de ne pas mettre asse: 
persévérance dans mes efforts — pour obtenir du Goi 
nement Américain une tolérance qui eût permis le 
de merveilleux tableaux. Un collectionneur dcThiladel] 
M. Joimson, m'avait répondu qn'il m'enverrait avec « { 
pleasure n deux tableaux de Van £yck, deux Mem 
un Roger van der Weyden et un H. Van der Goes. 
tableaux étaient de premier ordre et m'avaient été sigi 
par M. Weale. 

Il ajoutait qu'il lui faudrait obtenir une autorisatio 
Ministre des Finances afin de ne pas payer de d 
d'entrée au retour de ses tableaux, mais qu'il pe 
résoudre facilement cette difficulté. 

Hélas I il n'en fut rien, et le fisc avertit M. Johnson 
si ses tableaux sortaient do l'Amérique, ils paierai( 
leur rentrée un droit de douane équivalant à 20 ^i 
leur valeur. L'un des Van Eyck était évalué à lui 
à 17000 & ! 

J'écrivis à notre Ministre aux Etats-Unis, mais j 
sais la suite qui fut donnée à mes réclamations... 

En tous cas, la mesure sollicitée par M. Johnson n 
pas prise... et les précieux tableaux restèrent en Ameri 

J'ai la conviction — c'est un mea cnJpa — que si j'î 
multiplié les démarches, on eût fait droit à une dem 
aussi justifiée. 

Malheureusement le meilleur de mon temps était 
par des difficultés que je rencontrais en BelqiqiK 
spécialement à Bruges. 

C'est surtout ici qu'il est vrai de dire que lorsq 
organise une Exposition, il faut ne reculer n'i devan 



EXPOSITION D£8 PBIlflTIFS 293 

règlements, ni deyant les commissions, ni devant les 
coQserTateurs des musées. 

Ceux qui ont la garde de collections publiques semblent, 
il est vrai, à première vue dans leur rôle en refusant de 
confier toute parcelle de ces dépôts à des expositions 
temporaires. Il est évident que les expositions ne doivent 
pas s^organiser avec des emprunts faits aux musées, ni les 
masées exister pour permettre à des particuliers de faciles 
entreprises de ce genre. Des expositions comprises de la 
sorte n^auraient aucune utilité, mais beaucoup d'incon- 
vénients. 

Le but d'une exposition doit être de développer le goût 

public, de faire progresser la science, de glorifier l'art 

d'une époque ou d'une région, par la réunion judicieuse 

d'objets peu connus, sortant en grande majorité de 

collections privées et choisis judicieusement pour donner de 

cet art déterminé une idée aussi complète que possible. 

Il est inutile d'énumérer tous les avantages qu'un peuple 
recueille d'expositions ainsi comprises. Il trouve dans les 
leçons du passé qu'on lui met sous lès yeux, une direction 
pour l'avenir. Il y conserve ou y reprend les traditions qui 
font sa nationalité et sont le propre de son génie. La 
contemplation de chefs-d'œuvre lui ouvre l'âme à la beauté. 
Le respect dont on entoure ces objets recherchés avec tant 
de soins, le rend plus fier de ses ancêtres qui les ont 
produits et du pays qui les a vus naître. De là l'enthou- 
siasme, l'émulation, l'éducation qui font les bons citoyens, 
les savants, les poètes, les artistes et même les artisans 
habiles i 

Une grande moitié et peut-être davantage de l'héritage 
de beauté laissé par les générations qui nous ont précédés, 
se trouve éparpillée dans des collections soit privées, 
soit i§norée9f soit fermées absolument au public par des 



294 B'^" H. KBBVYN DE LBTTENHOVE 

propriétaires égoïstes ou des administratioiis ennein 
de tout progrès et intraitables. 

Faire sortir de chacune de ces oubliettes des obj 
ayant entre eux certains rapports ou certaines affinités, 
façon à créer momentanément un prodigieux ensem 
d'art et un centre de science, est évidemment faire \ 
chose des plus utiles. A ceux qui en doutent, je demande 
de parcourir la liste des ouvrages scientifiques pa 
après l'Exposition des Primitifs, livres qui constatent t 
avec la Grande Revue que « cette Exposition n'était 
seulement un charme pour l'esprit, mais qu'elle a été 
enseignement qu'aucune étude, qu'aucun enseignement 
peuvent remplacer ». 

Mais il se peut que pour cette reconstitution d'i 
époque, un document manque ou que pour ce monum 
élevé à tel ou toi artiste, une pierre fasse défaut et qu 
ne puisse la trouver que dans une collection publique. 
Faudra-t-il renoncer à élever ce phare lumineux 
nécessaire à la foule, parce que telle partie de sa base n 
est refusée par une administration qui n'existe préc 
ment que pour l'utilité publique ? Poser la question, c 
la résoudre. 

Les prétextes conservatoires qu'on invoquerait en v 
ici, ne s'expliqueraient que par les vues les plus born 
ou un parti pris contre tout progrès démocratique 
matière d'art. 

Très souvent le prêt consenti par un musée a non sei 
ment des avantages pour l'éducation du public mais enc 
pour les intérêts particuliers du musée-préteur. .Conib 
de musées de province qui ne sont visités que depuis ( 
certains objets leur appartenant ont été vus ailleurs, à 
une Exposition temporaire ! Le musée de Rouen n'est il 
devenu plus célèbre parce qu'il a envoyé à Bruges sa Vie 
et ses Saintes de Gérard David? Quelle réclame n'a ; 



V 



EXPOSITION DBS PBIMITIFS 295 

faite à THópital de Bruges le prêt de ses Memling, si 
péoiblement consenti en 1902? Leur recette n^est-elle 
pas montée de 11.000 à 17.000 francs par ce fait? Et 
cependant de pareils résultats n*ont pas converti ceux qui 
par ane singulière contradiction se réjouissent d^en être 
les bénéficiaires ! Depuis lors, ils ont, au contraire, fait 
preuve envers de nouvelles tentatives artistiques de pré- 
ventions que ni le conseil communal, ni les protestations 
de toute la ville de Bruges n'ont pu dissiper jusqu'à ce 
jour. Je dis jusqu'à ce jour, parce que je sais que de 
nombreux et fervents amis de l'art sont décidés à ne pas 
abandonner cette lutte entreprise dans un but d'utilité 
publique et de vérité. Je ne puis assez les en féliciter et 
souhaiter qu'une entente facile après tout couronne leurs 
généreux efforts. 

Mais si après l'Exposition des Primitifs, 0)i rencontre 
encore de semblables résistances, il ne faut pas demander 
à quels obstacles les promoteurs de cette entreprise se 
heurtèrent, en 1902, à Bruges et ailleurs I 

Les membres des commissions de musées do tous pays et 
leurs conservateurs peuvent se classer en trois catégories. 

Les hommes à idées larges et à conceptions élevées, 
tels que les membres des commissions des Musées de 
Bruxelles, d'Anvers, de Glasgow, de Strasbourg, etc., 
tels que les conservateurs dos musées du Cinquantenaire 
à Bruxelles, du musée de Rouen, d'Aix-la-Chapelle, de 
La Haye etc., etc.. 

A côté de conservateurs aimables et de suite bienveil- 
lants comme le D' Brédius, il y en a d'autres qui com- 
mencent par vous recevoir très mal. Ils prennent aux 
premiers mots un air féroce, jettent de hauts cris et 
ouvrent d'antiques règlements qu'ils agitent en levant 
les bras ! 



296 B®° H. KBRVYN DB LETTENHOVB 

Ne VOUS effrafez pas de ce tapage et de cette m 
en scène et tenez bon. Avec un peu d^adresse et 
diplomatie, vous vous ferez: de ces hommes des amis 
des collaborateurs. Ils brûlent en une heure toutes le 
munitions et font feu de partout parce qu'ils voudrai 
donqer le change sur leur faiblesse : ils sont en réai 
tout prêts, après cette défense, nécessaire pour sauvegari 
les principes, à mettre bas les armes. 

Méfiez-vous, au contraire, de ces conservateurs dou 
reux qui se disent « grands partisans de vos idées, » 
« ne demandent qu'à vous rendre service », qui « déclar 
brûler pour TArt du feu le plus vit » mais qui ont ensi 
mille petites objections de détail, pour vous contrecar 
en tout. 

Les fleurs dont on vous a couvert, cachent un parti-j 
irréductible. Ce sont le plus souvent dos hommes qui 
font rien et veulent empêcher les autres de faire, ou b 
des gens qui n'ont jamais quitté leur petite ville et d 
l'esprit rétrograde s'effraie de tout. 

Les uns craignent des confiscations basées sur je 
sais quel prétexte, les autres vous parlent révolutioi] 
pillage. Il est difficile de croire à la sincérité de semblât 
raisons ! 

Hélas! chez bien des gens, il existe encore une so 
de prévention contre les Expositions, basée le [ 
souvent sur les motifs les plus extraordinaires. Je 
rappelle qu'en 1902, un monsieur de S., homme fort let 
ne voulut pas me donner un tableau de Th. Bouts, pa 
qu'en 1850, à une exhibition mondaine, on avait cass 
un de ses amis une... potiche I 

La raison alléguée par madame de D., pour me refu 
un G. David relégué et perdu en Bourgogne, est enc 
plus extraordinaire ; « Gérard David, m'écriyait-e 



EXP08ITI0ÎÎ DEÔ ^BIlIlTlFd 291 

n'aime pas les voyages en chemin de fer... Gela le 
révolte et le soulève au point que son mécontentement se 
traduit par des soufflures et des craquelures... L'air de 
Belgique ne lui convient pas... il ne se porte bien qu'en 
Bourgogne. » « Pardon, Madame, lui répondis-je, Gérard 
David aime Bruges par dessus toutes les villes puisqu'il 
en avait fait sa patrie et qu'il a voulu que ses cendres y 
restassent; mais G. David n'a jamais supporté les grands 
feux qu'on fait à Bruxelles et la place brûlante qui se 
trouve près des foyers... A Bruges, il n'y aura ni feu. ni 
soufflures... » 

Il est nécessaire de savoir pour comprendre ma réponse 
que vingt ans auparavant, Madame de D. avait fait venir 
son G. David à Bruxelles et l'avait placé au-dessus d'une 
cheminée. Madame de D. étant fort frileuse et adorant 
le rayonnement brûlant de ces grands feux devant lesquels 
certains causeurs aiment à se faire griller les mollets, avait 
soumis G. David au même traitement. Au bout de peu de 
mois, les jambes des personnages peints par G. David 
étaient couverts de cloches, ses Saints étaient tous devenus 
des martyrs et le tableau tout entier avait tant souffert 
qu'il fallut le réparer entièrement ; n'osant plus le montrer 
avec ces cicatrices accusatrices, Madame de D. le fit 
réexpédier dans un coin perdu de la Bourgogne. 

La commission des Hospices civils de Bruges mettait en 
avant des motifs du même genre pour refuser le prêt de 
ses ^ Menlling ». 

Bien que tous fussent en bon état, que tous, sauf un, 
fussent sous verre et d'un transport aisé, étant données 
leurs petites dimensions, on soutenait que le voyage, 
comprenant quelques centaines de mètres, de l'Hôpital 
jusqu'à l'hôtel du Gouvernement, offrait pour les tableaux 
des dangers certains. 

Pourquoi M. Wytsman avait-il renoncé à faire TExposi- 



2â8 B°" H. keeVyn dk lettënhove 

lion des Primitifs à Bruxelles? Pourquoi avait-il vc 
l'organiser ensuite à Bruges? Parce quUI estimait que, s 
les tableaux des Hospices et ceux du musée de Bruge 
des églises, il n^y avait pas d'exposition possible. 

J'étais absolument du même avis, mais j'avais touj( 
pensé que les Hospices feraient preuve de dispositi 
généreuses. 

Leur adhésion était d'autant plus importante qu' 
devait évidemment entraîner celle des églises. Car 
Hospices nous refusant leurs Memling, à cause de danf 
de transport, toutes les églises et le musée même invo( 
raient la mémo raison. J'avais d'autant plus d'es] 
d'obtenir gain de cause dans cette question capitale, 
deux des cinq membres de la Commission des Hosp 
touchaient de très près à la Régence de la ville. Que 
fut pas mon désappointement lorsque je constatai 
c'étaient les deux membres les plus irréductibles! J< 
me laissai pas abattre et je ne renonçai pas à la lu 
J'écrivis une longue requête collective à là Commiss 
J'écrivis des lettres personnelles, dont plusieurs restèi 
sans réponses; j'allai voir successivement chacune 
personnes de cette commission ; je restai des heur( 
discuter, à expliquer, à implorer. Rien n'y fit pour troL 
ces messieurs sur cinq. On me répondait : « les étrauj 
n'ont qu'à aller à l'Hôpital et dans les églises en son 
de votre Exposition ; on leur donnera un billet circula 
et si le musée de Bruxelles et d'Anvers, ainsi que i 
le craignez basaient leur conduite sur celle de Bruj 
eh bien ! le mal ne serait pas grand, la Belgique es 
petite... avec un billet circulaire... » Toujours le b 
circulaire! Mais, disais-je à un de ces obstinés, quej'a 
l'avantage de beaucoup connaître : « Le parti que 
Hospices prendront ne sera pas seulement, dans un s 
ou dans l'autre, la règle des autres administrât! 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 299 

charitables ou fabricienncs de Bruges et de Belgique, 
votre exemple pour ou contre l'Exposition de Bruges ne 
sera pas seulemeut suivi par nos églises et nos musées, 
mais aussi par les musées do Tétranger et par les pro- 
priétaires de galeries privées... 

« Et comment voulez-vous que nous allions frapper à des 
portes étrangères alors qu'à Bruges on nous éconduit ? 

« Comment voulez-vous que nous fassions faire par 

chemin de fer des centaines.de kilomètres à des Memling, 

alors qu'à Bruges on proclame qu'on ne peut sans danger 

les porter à bras de l'Hôpital à la Grand' Place?... Il en 

résulte que si les Hospices refusent leurs tableaux, toute 

TExposition est à l'eau... Et votre responsabilité sera 

d'autant plus grande que votre opposition repose sur des 

craintes imaginaires. Vos Memling peuvent être transportés 

dans « un fauteuil » et quant aux autres dangers, ils seront 

évidemment bien moindres au Gouvernement qu'à l'Hôpital, 

ceci est de toute évidence (*)»... 

Voyant que mes raisonnements n'avaient aucun effet sur 
les membres de la Commission des Hospices, j'allai trouver 
des personnes qui devaient avoir sur cette administration 
une influence certaine et que la réussite de l'Exposition 
aurait dû intéresser. Mais l'accueil que je reçus fut encore 
plus décevant. Personne, hormis M. d'Ursel, ne voulait 
intervenir. — « Je no puis, me disait-on, blâmer les 
Hospices de leur refus ». — « J'aurais agi de même à leur 
place, n — « On ne prête jamais un Memling ». — 
« L'argument que vous faites valoir et qui consiste à dire 
qae si Bruges ne prête pas ses Memling, vous ne pourrez 
en obtenir à Tétrangcr, n'a aucune portée... En tous cas, 



/') A /'Hôpital, le musée est adossé à rhabitation des religieuses, 
d^où de grands risques d'incendie, et les tableaux, en été, sont exposés 
aa 8o/ei/ à la moindre inattention des gardiens, ainsi que je l'ai constaté 
plaiiears fois- 



âÔO B""^ H. KBBYtK DE LBTTSKHOYË 

pu ne VOUS enverra de l'étranger que de faux Memli 
des'Memling comme on en vend chez M. Beyaei 
Comment avez vous jamais pu croire que vous obtiend 
un seul vrai lAernlingl » Tout cela était dit avec des 2 
de commisération pour ma naïveté et des sourires de p 
pour mes prétentions, qui rendaient encore plus crue 
mes déceptions ! 

Mes efforts furent donc vains, et je reçus, quelques je 
après, une lettre officielle des Hospices refusant catc 
riquement leurs Memling. 

Honnêtement, je ne pouvais pas hésiter ; et sans 
laisser arrêter par d'autres considérations et des instao 
fort pressantes et faciles à deviner, j'adressai au Gou^ 
neur la lettre suivante : 

« Monsieur le Gouverneur, 

« Les Hospices viennent de me notifier leur refus. G< 
décision détruit toute la base de l'Exposition et annil 
tout mon travail. Il rend impossible ma tâche de Présida 
Je considère, en efifet, comme un devoir de dégager 
responsabilité d'une entreprise que j'ai conscience 
ne pouvoir conduire à bien, dans les conditions que 
Hospices lui font. 

« En vous remettant ma démission, je tiens encor 
vous remercier du concours si puissant, si dévoué 
si éclairé que j'ai toujours trouvé auprès de vous.... 

« Je ferai porter au Gouvernement tous mes dossi< 
Peut-être pourront-ils servir à un autre, car je sais < 
tout le monde ne partage pas ma manière de compren 
l'Exposition. Je souhaite pour Bruges qu^elle puisse 
réaliser de la façon qu'on prétend. 

« Je pense, du reste, que ceux qui ont fait échouer n 
plan et qui affirment que l'Exposition est possible et fa< 
sans les tableaux des Hospices, voudront prendre 



ll^ 



EXPOSITION DES PBIltlTlFS 301 

respousabilité de Tentreprise nouvelle et tiendront à 
donner la preuve de la réalité de leur système et du bien 
fondé de leurs théories. 

« Parmi eux, je crois devoir vous signaler, comme le 
plus qualifié et le plus convaincu, Monsieur M 

« La foi absolue quMI a en une « exposition circulaire n, 
foi qui fera peut-être des miracles, puis la mission dont 
il est ioTesti aux Hospices et qui concerne spécialement 
les tableaux et enfin sa situation de famille et ses alliances 
les plus proches semblent le désigner spécialement pour 
me remplacer... » 

Dès le lendemain, M. d'Ursel m'appelait au Gouver- 
nement. Il me demanda si ma résolution était définitive. 
Sur ma réponse affirmative, il me dit qu'il ne pouvait 
me blâmer, bien que cela le mit dans une position des 
plus difiBciles, car il venait, dans une audience à Ostende, 
d'obtenir le haut patronage du Roi pour cette exposi- 
tion... qui ratait, alors que les choses les plus inespérées 
avaient été obtenues, tels les 50.000 francs de subsides 
si péniblement réunis et toutes les adhésions superbes 
déjà acquises... » C'était, à ses yeux, un si grand malheur 
pour Bruges qu'il me demanda un sursis de quarante huit 
heures ; « je veux, me dit-il, tenter auprès des Hospices 
une dernière démarche, n 

Deux jours après, j'étais de nouveau dans le cabinet du 
Gouverneur : « J'ai obtenu, me dit M. d'Ursel, grâce à 
M. F., homme conciliant entre tous, que le litige fût 
soumis à un arbitrage, mais la Commission des Hospices 
exige que le choix de l'arbitre lui soit laissé ». 

— Cela n'est pas un arbitrage alors. 

— C'est certainement un arbitrage assez extraordinaire, 
mais, je vous vous en prie, acceptez-le. 

— Et quel serait ce juge choisi par une des parties ? 

— M. de Vriendt- » 



302 B®° H. KERVYN DE LETTENHOVE 

Je réfléchis un moment. Un des membres de la C 
mission des Hospices m'avait dit, quelques sema 
auparavant, que les de Vriendt leur avaient recomms 
de ne jamais laisser déplacer leurs tableaux. Je n'a 
pas oublié ce détail, et il expliquait tout. 

Cependant M. de Vriendt était un artiste ; et je 
demandai s'il serait possible à un artiste de sang flami 
et belge d'âme, d'empêcher par son veto l'apothéose 
ses grands aocêtres du XV* siècle... Je connais 
M. de Vriendt: il était incapable d'un tel crime co 
l'art, d'une telle injustice contre Memling et toute Vé 
de Bruges. 

J'acceptai donc l'arbitrage. M. de Vriendt vint 
regarda et il se prononça pour moi: Venit, vidit.,. 

J'avais gagné la première manche avec les Hosf 
de Bruges et cela me donna un beau courage pour enta 
une lutte presqu'aussi longue et aussi difficile avec Té] 
de S^-Pierre à Louvain afin d'avoir ses incompara 
Bouts ; puis avec les sœurs de N. D. à Namur 
lesquelles j'emmenai même Monseigneur Sir 
l'onctueux et aimable aumônier de la Cour, enfin 
M. Fétis, conservateur de la Bibliothèque Royal 
Bruxelles, dont je ne pus vaincre la résistance que g 
à l'énergique intervention de M. de Trooz qui... « me 
les pensées généreuses au dessus des raisonnem 
étroits n et qui trouva en le R. P. van den Gheyn 
idées absolument semblables aux siennes ; puis en 
avec M. Picqué, conservateur du musée des médaille 
monnaies, puis... Je pourrais allonger beaucoup ma 
et il faudrait, pour raconter chacune de ces luttes, 
pages et des pages. Je m'arrête donc, mais non sans 
que si j'arrivai, dans tous les cas que je viens de clt< 
triompher, ce ne fut pas par mes propres forces mais 




EXPOSITION DES PBIMITIFU 303 

par la haute intervention d'hommei toU que S. £. le 
Cardinal de Matines, MM. de Trooz, ScboIIaert, Helleputte, 
et surtout M. d'Ursel et M. Beernaert. 

Jo ne me suis étendu sur ces difficultés avec les Hospices 
civils de Bruges, que pour montrer combien dans chacun 
de ces cas il fallait de démarches et surtout quels puissants 
appuis m'avaient été nécessaires. 

Et après cet épisode, laissant de coté le récit de tous les 
autres, je dirai encore une fois : ab uno disce omnes! 

{A continuer.) 

B"^ H. Kebvyn de Lettenhovb. 



COMPTES RENDUS 



V. Fris. Blavotins et Ingherkins. Une guerre privée c 
la Flandre Maritime au XIP siècle. — GOGBull. V 
t. XIV, p. 135-185. 

Cette guerre a donné naissance à deux légendes, — la lé^ 
historique de la lutte sociale des Blauvoeten-démocrates, et la lé^ 
philologique des Isengrins et Kenardins du Roman du Renard. 

L'auteur étudie Information des deux légendes. 

1. La légende historique» On en trouve les premières données 
Adrien de But ; puis, on voit le développement progressif ( 
légende dans les chroniqueurs et annalistes des 16« et 17« siè 
Wielant, Meyere, Oudegherst, Despars, Marchant, Gramaye, Sand 
Malbrancq, qui tous reproduisent et amplifient les données de 
prédécesseurs. Enfin, Kervyn de Lettenhove condensa toute 
données et devint le véritable auteur de la légende d^une 
démocratique, voire même d'une guerre de race dont les Saxoi 
Westland furent les héros. Les fantaisies de Kervyn furent avide 
adoptées par les étudiants West-flamands, qui virent dans la lut 
XII* siècle le type de leur mouvement national, la Blauvoeterie. 

2. La légende philologique. Plusieurs écrivains modernes ont ch( 
l'explication des mots Blavot et Ingherkins. Les uns prétendent 
le mot Blavot est un sobriquet, signifiant épervier ou faucon de 
allusion k Tancienne vie de pirates des Saxons. 

Selon d'autres ce sobriquet serait emprunté au Roman du H< 
et signifierait Renard {2MZi pieds bleus) par opposition au mot Ingh 
qu'ils confondent avec Tseng rin, loup, sobriquet adressé aux pari 
d'un pouvoir avide et rapace. 

Cependant un historien local du 18* siècle, Paul Hindericx, da 
chronique manuscrite de Fumes, avait replacé l'histoire de Ti 




COMPTES RENDUS 305 

rectioQ de la West-Flasdre dans son véritable cadre et montré qae 
Btavot et Ingherkin sont tout simplement deux noms de famille. 

Suit II La discussion des hypothèses, où l'auteur écarte succes- 
sivement les différentes interprétations philologiques et finit par 
prouver que Blavotins et Ingherkins sont des noms* d'individus, de 
chefs, qui ont été adoptés par leurs partisans. Quant à la légende 
historique, pour la détruire, M. Fr. se propose d'étudier à nouveau 
rhistoire de ces luttes. 

Dans une III« partie, il reproduit et critique les documents histo- 
riques contemporains ; afin, dans la 1V« intitulée ta Conclusion historique, 
il réduit le récit à ses justes proportions. Dès (e XII* siècle, des 
luttes barbares ensanglantèrent à diverses reprises le pays de Fumes. 
Une de ces guerres privées éclata, on ne sait pour quelles causes, sous 
le règne de Philippe d'Alsace. Les deux factions ennemies emprun- 
tèrent leurs noms h deux familles puissantes du pays, celle des Blavot 
et celles des Ingherik. A la mort du comte (1191), sa veuve Mathilde, 
reçut à titre de douaire la Flandre Gallicante et la Flandre Maritime. 
Elle essaya vainement de dompter les Blavotins qui lui étaient hostiles. 
De plus, par ses lourds impôts, elle avait gravement indisposé contre 
elle la population de ces régions. Celle-ci s'insurgea avec les Blavotins 
contre Mathilde ; les Ingherkins se rangèrent du parti de la princesse. 
Des combats sanglants furent livrés. Une première réconciliation eut 
lieu à Bouvines (1214), lors de la bataille contre l'ennemi commun. 
Enfin, Gilles de Leeuw, abbé de Middelbourg, parvint à leur faire 
déposer leurs armes fratricides età les entraîner à la cinquième croisade. 

Excellente étude, bien documentée. 

E. V. C. 



D* P. H. Van Moerkerken J'. De Satire in de Neder- 
landsche Kunst der Middeleeuwen, Academisch proef- 
schrift. Amsterdam, 1904, in 8**, 243 bldz. 

•Het beeld dat de Satire, waar en wanneer ook, ons geeft, kan een 
volk en een tijd natuurlijker wijze niet van de schoonste zijde doen 
zien.... Men behoort echter te bedenken dat eenzijdigheid en beperkt- 
heid van blik inden aard zelve der Satire gelegen zijn. Wij, die uit 
de verte die oude tijden beschouwen, mogen hierin geen reden vinden 
om op on^e beurt eenzijdig te blijven en ons blindelings over te geven 



306 COMPTES BENDUS 

aan den indruk, door een klein deel der middeleeawsche levensait 
op ons gemaakt.... Wanneer wij echter... toch geneigd zocCde: 
de eeuwen, waarvan de slechts platheden schilderende litter 
eene der uitingen is, als onbeschaafd, duister, onzedelijk ei 
veroordeelen, laten wij dan onze blikken wenden tot die andere 
blijfselen van 13<**, U^*, 16^* en begin 16^* eeuw : de schoone, 1 
meerendeels ontluisterde, gothische kathedralen n enz., « laten w 
denken aan de diepten van gemoed en godsdienstig leven, 
vrome bespiegelingen van mannen als Ru usbroeck en Thomas aK 
voor ons opengelegd... ('). 

Na zulke woorden van eenen schrijver, mag men verwacht< 
hij zal allerminst eenzijdig zijn zelf, in zijn oordeel over stand 
misstanden van den ,tijd waar hij 't over heeft; nochta 
D*^ Van Moerkerken, in zijne aanteekeningen bij Satiren in ^ 
of beeld, van eene zekere eenzijdigheid niet vrg te pleiten, 
namelijk, waar het de Roomsch -katholieke kerk geldt, hare geest 
hiërarchie en hare kloosterorden, verduikt hij moeilijk een 
welgevallen waarmee hij zulke getuigenissen als handelen o^ 
bedorven zeden der geestelijkheid, der monniken, der kloosterzi 
over bijgeloof en wangeloof en simonie, in zoo grooten getalle 
lijk, aanhaalt, en er de breedst mogelijke gevolgtrekkingen uit a 

« Een overzicht », zoo noemt hij zijn werk, « van wat er 
litteraire en beeldende kunst der middeleeuwen hier te land 
satirieke of met het satirieke verwante, uitingen is overgebl 
hopend daarmede tevens eene. kleine bijdrage te hebben geleverc 
de kennis van het uiterlijk en innerlijk loven onzer voorvade 
Het zou de vervulling van deze hoop wellicht geene s 
gedaan hebben, ware den lezer de vrijheid gelaten geworden om 
besluiten en het werk zou er in prijzensweerdigc objectivité 
gewonnen hebben. Er zijn, bij voorbeeld, veel menschen di 
gemakkelijk niet zullen aannemen dat Jacob van Maerlant, een 
socialist was, en Luther een moedige hervormer ; Erasmus eei 
lichte en Anna Bijns daar tegenover, eene blind geloovige, 
gedachtenloos vertrouwende in de zaligheid der Moederkerk, 
middelmatige dichteres ; zulke, en andere beweringen meer, zij 
een tendentieuse geest, en 't zij den lezer dus geraden zich r 
bepalen bij de citaten van den schrijver, om eene Juiste beken 
met de zeden onzer middeleen wsche voorouders op te doen. 
■ ■ - ■ - - . ' 

(*) BI. 120. 



k^ 



COMPTES RENDUS 307 

« Over de definitie van de Satire loopen de meeningen zeer aiteen . 
of zijn maar al te vaa^^. n Daarom wordt in de inleiding het begrip 
Smtire begrensd zooals de schrijver het zich heeft gedacht, en een 
historisch overzicht volgt, van de oudste tijden tot ver in de 
16^« eenw, om te bewijzen dat de Satire in allo tijden en onder alle 
vormen der maatschappij haren reinigenden invloed heeft verricht. 

Het eigenlijke werk zet in met Jacob van Maerlant, Jan Boendale 
en Jan Be Weert. « Van Maerlant.... door de gelijkheidsidee.... 
bezield, heeft zijne statig toornende liederen den aanmatigenden adel 
en de onchristelijke Christenheid zijns tijds tegengeslingerd. » Minder 
algemeen van beteekenis en misschien meer met de waarheid overeen- 
stemmend zou 't geweest zijn te zsg^en : « tegen wat er onchristelijks 
woekerde in de Christenheid van zijnen tijd n ; en verder « de 
onzedelijkheid van geestelijken » in plaats van de onzedelijkheid der 
geestelijken. » Haarklieverij ! zal men zeggen. Maar het boek door, 
zit de tekst doormaaid met zulke hatelijkheid jes tegen geestelijkheid 
en paters en nonnen, die aan het werk een anti-Koomsche kleur 
geven, en den niet ingelichten lozer zouden doen twijfelen of alle 
geestelijkheid en alle kloosteroorden, alle kerkinstellingen enz. waren 
in dé middeleeuwen gladweg bedorven. Maerlant zelf en de andere 
Satirieken waren misschien niet minder algemeen in hunne uitdruk- 
kingen; maar zij waren katholioken, schrijvend tot stichting van 
geloofsgenootcn, immers was te dien tijde alles Roomsch, en zij 

hadden niet de bedoeling om de Moederkerk van Rome, tot haar 
nadeel, te vergelijken met andere kerkgenootschappen. Indien het 
op vergelijking had aangekomen, dan zouden « streng-zedelijke 
christenen» als een Maerlant wel geweten hebben wat geschreven 
en ze hadden liever hunne pen onder de voeten getrapt dan nog één 
misbruik van enkele menschen aan de kaak te stellen, immers als het 
moest ten laste gelegd worden van de gansche christenheid huns tijds. 

De benamingen communist en socialist passen zoo ongelukkig op 
deo vromen Maerlant — een middeleeuwer met een zijden hoogen 
hoed op! — Maerlant ijverde voorde echt cristelijke opvatting der 
gelijkheid voor God, die met het moderne socialisme of communisme 
weinig uitstaans heeft, en wil men hem dan toch eenen hedendaagsch- 
kliokenden naam toepassen, zoo noeme men hem dan liever christen- 
democraat in den goeden zin van 't woord. 

De Satire in het dierenepos, in het twaalfdeeuwsch latijnsch gedicht 
hengrimus en in de wereldbekende Reinaert de Vosj uit de 13**« eeuw, 
19 meental bespotting van hoogere kissen der samenleving : een 



808 COMPTBS RENDUS 

getuigenis van de bewustwordii^^ in de IS''^^ eeaw van eene opkoi 
klasse, den middenstand, de naar boven strevende duizenden. 

Uit den tijd dat de macht van den eersten stand gebroken was 
poortersklasse naar boven gekomen, dagtoekent die andere vor 
Satire, meer direct persoonlijk hekelend, van gelijken geest tot g€ 
geest, te weten de liederen j boerden, sproken enz... Adel, gees 
heid, monniken en kloosterzusters, de boerenstand, molenaa 
vrouwen en hunne ijdelheid, hunne vuilheid, bijgeloof, nijd en 
alles wordt over den hekel gehaald door de stem van het vo 
groote en machtige ongenoemde. 

In drama en feesten, schijnt de Satire het vliemendst en oo 
meest onbeschaamdhaid erop los te gaan. In de sotterniêo, d 
na- of tusschenspel voor de abele spelen moesten dienen, v 
beelden uit het volksleven voor het volk zelf vertoond ter verm 
Hierbij wordt de Brugscbe Cornelis Everaert besproken en zija 
Verders Tafelspelen, alleen- of tweespraken zooals « Aemout's 
ders, n reizend op het schip der armoede. Uilenspiegels lev 
schiedenis, volksfeesten, en optochten zoo de Langhe- Waghen, B 
vastelavondspel en Brants Narrenschip. 

Behalve in lyrische uitlogen van toorn en spot en in dram^ 
voorstellingen, uitte zich de middeleeuwsche Satire in de behan 
en voorstelling van den Dood en den Duivel, in woord-, en scb 
en beeldhouwkunst, met een zeer opmerkelijk verband. De ber 
vlaamsche duivel-phantasie schilder Hieronymis Bosch, wordt 
de eemte plaats aangehaald en naar aanleiding van de duiveii 
overgaat schrijver ook de verbeeldingen van Deugden en Zonde 
het laatste oordeel en de schilderijen ervan door Van £yck, Mc 
en anderen, van des duivelfs verblijf: de Hel. Het duivels*ide( 
van uit de oude Grieksche tijden overgeleverd aan de Romeii 
leefde voort, verchristend, in de middeleeuwsche kunst. De voors 
van Satan in de vroegste middeleeuwen is eerst vol ernstig, a 
een verschrikkelijke kwaaddoende macht. Later wordt er lue 
over gesproken, en allengakens daalt de koning der duisternis 
rol van Kar; somtijds laat hij, als een onbeholpen idioot, m< 
sollen, zich bedriegen en zich uitlachen, in de dramas, legenden, 
pelen, heiligenlevens, sagen, enz. Om zijn hoofdstuk over den 
te sluiten en om over te gaan tot de beschouwing van de Sa 
Dood- en Doodendansbewerkingen, geeft schrijver zijne oven 
ten beste, als zou de Dood een machtiger schrikbeeld zijn c 
Duivel, en van langduriger werking als zijnde « niet louter eçQ 
brengsel der menschelijke verbeelding, « 



i. 



COMPTES B£KBU8 

Dft Dood wordt voorgesteld in ronn van «ea oiitviâe«d menscbelijk 
geraamte eq << de ironie die duidelijk uit die ToorsteUiog spreekl is 
gericht tegen «1 wie ^an zgn vergankelijk bestaan de krachten wijdt 
die slechts Yoor het onvergankelijke werden bestemd, n Reeds de 
onden beeldden het menschelijk gerajunte af, « ais het jammerÜjk 
overblijfsel eens dooden, niet als do personnificatie van het begrip. 
Het christendom veranderde de beschouwing van den Dood. t» De 
doodendansen, uit de gedachte aan den Dood afgeleid, verkondigden 
de gelijkheid van alles in den Dood, en de nietigheid van allen aard- 
schen praal. 

In de letterkunde worden ze gevonden in tweespraken, vastelavond- 
spelen, en in velerlei uitingen van litteratuur en beeldende kunst. 

De twee laatste hoofdstukken geven een overzicht der satire iu de 
beeldende kunst. Tweërlei soort onderwerpen worden in de satirieke 
scalptuar vooral uitgebeeld, langs de wanden en pilaren van mona- 
mentale gebouwen, op kerkmeubelen, in miniaturen ter verlichting 
van handschriften : « het leven der burgerij en eene fantastische 
wereld van wonderlijke wezens, half mensch, half dier, somtijds 
samengesteld uit heterogene dierledematen, en evenwel steeds een 

zeer logisch geheel gevend. Na eene aanhaliug van de roeeningen vóór 

en t^n de al of niet symbolieke bedoeling van zulk beeldwerk, 

wordt eene reeks satirieke' voorstellingen uit de beeldende kunsten 

aangegeven, en hunne beteekenis uiteengezet. 
Het slot is een neven elkander stellen van Ërasmus en Anna Bijns 

met een woord over den ouden Brueghel. Kenteekenend eruit is de 

volgende zinsnede : 
■ Desiderins Erasmus en Anna Bijns.... de eene.... verspreider der 

niea we gedachten,... de andere.... de trouwe geloovige die met smart 

en wanhoop de beminde traditiën zag verbleeken onder het gehate 

licht der, in hare oogen, duivelsche ketterij. » 
Aona Bijns heeft immers tegen Maarten Luther den befaamden 

regel geschreven : 

Noch schijnt Merten van Rossum de beste van tween. 

Die kleinigheid nu, over de tendenz van het werk daargelaten, ver- 
dient het, ons inziens, onvoorwaardelijk aanbeveling. Vooral het deel 
over 4e Satire in de middeleeuwsche woordkunst getuigt van ernstige 
studie, die den schrijver heeft gebracht tot ruime bekendheid met 
de letterkundige voortbrengselen der middeleeuwen. 

Kortrijk. C^s. Gezblle. 



310 COMPTES BENDUS 

Joseph Laenen. Étude sur la suppression des couvt 
par VEptpereur Joseph II dans les Pays-AtUrichiem 
plus spécialement dans le Brabant j 1783-1794. 
AnARAN. 1905, t. LVII, p. 343-418; (ABelges. IS 
t. VII, pp. 218-219 = J. L[aeneQ]). 

Cette intéressante et substantielle étade nous retrace, daas 
grandes lignes, la lutte entreprise par le Gouvernement aatricl: 
sous l'inspiration du chancelier de Kaunitz et des idées philosopha 
de l'époque, contre la ^ religion catholique. Comme le titre l'indi< 
elle concerne spécialement le Brabant ; mais les caractères génér 
le décret de Joseph II du 17 mars 1783 et ses conséquences, 
mesures prises pour la suppression des communautés religieuse 
rétablissement de la Caisse de religion concernent toutes les provi 
Belges (% 

Ce décret a été précédé de diverses mesures concernant les coni 
nautés religieuses sous le règne de Marie-Thérèse et dont le but ( 
d' « englober dans une perte commune tous les monastères des Pays-B 
L'édit du 18 mai 1771 défendit aux couvents et maisons religieuse 
recevoir k quel titre que ce fût aucune somme, soit en argent soi 
valeurs, pour la réception ou l'admission des novices de l'un ou l'a 
sexe. Un autre édit du 18 avril 1772 n'autorisait plus l'admission 
novices h. la profession religieusd avant l'âge de 25 ans. Les évè 
usèrent de représentations pour obtenir la révocation des deux é 
qui avaient eu les conséquenses les plus désastreuses au point de 
religieux et avaient été suivis d'une diminution considérable du i 
bre des vocations. 

Après la mort de l'Impératrice, l'esprit philosophique de 

(') Divers fonds ont été mis k contribution, notamment les archi 
1» du comité de la Caisse de religion (1783-1787); 2° du Consei 
Gouvernement général; 3° du Conseil des finances; 4** de l'Archev 
de Malines (actes de l'archevêque J. H. de Frankenberg et des évé 
d'Anvers, Wellens et de Nélis : carton intitulé : suppression 
couvents); 5» Archives vaticanes (correspondance des nonce! 
Bruxelles et de Vienne). Notons aussi les ouvrages suivants: 1 
Hubert, Voyage de V Empereur Joseph II dans les Pays-Bas (31 
178t'27 juillet 4781), Étude d'histoire diplomatique et poUti 
Bruxelles 1900, in-4o de 483 pp. et Hans Schlitter, Die Regiei 
Josef II in den Osterreichischen Niederlanden. I Theil. Wien, 1 
in-8o. 






COMPTES EENDüS 311 

successeur ne s'arrêta pas devant les protestations des populations 
Be^s. Le 28 novembre 1781 parut l'édit de Joseph II supprimant 
«/« dépendance des ordres religieux aux Pays-Bas de toute autorité 
étranffèren et créant les congrégations nationales pour toutes les 
communautés ne relevant pas de TOrdinaire. Chaque congrégation se 
composait « des supérieurs des différentes maisons et d'un religieux 
choisi capitulairement pour chaqae monastère ou couvent ». Elle 
devait se réunir tous les quatre ans et devait « dans l'intervalle, 
déléguer les pouvoirs à un visiteur général assisté de quatre consul- 
leurs et d'an secrétaire». Les ordres ne comptant qu'une on deux 
maisons furent soumis directement à la juridiction des évoques; ce 
fut le cas pour les abbayes bénédictines. Les réunions des diverses 
congrégations se tinrent pour la première fois à Bruxelles du 15 avril 
au 2() juin 1782 et leurs élections furent approuvées par le cardinal de 
Frankenberg. Une dépêche du 19 août de cette année autorisa toute- 
fois les nouveaux visiteurs à faire part de leur élection aux généraux 
d'ordre résidant à Rome. Lesi archevêques de Vienne et de Malines 
firent des démarches, mais sans résultat, afin d'obtenir soit pour 
eax-mèmes une délégation apostolique, soit l'établissement de vicaires 
généraux délégués par les généraux d'Ordre. 

Dansles pays héréditaires d'Allemagne plusieurs monastères avaient 
Mé supprimés sous le prétexte que les couvents qui ne s'occupaient ni de 
Finstruction de la jeunesse ni du soin des malades étaient inutiles tant 
à rÈtat qu^à l'Église. Craignant de subir le même sort, plusieurs 
maisons Belges s'occupèrent de l'instruction et de l'éducation des 
enfants et des classes s'ouvrirent dès le 4 février 1782. 

Les conseils du gouvernement discutèrent la suppression des com^ 
Dinnautés pendant assez longtemps. Le 21 janvier 1782 une dépêche 
ordonna aux conseillers fiscaux de former une liste exacte de tous les 
ceutents des ordres religieux de Vun et Vautre sexe qui mènent une vie 
purement contemplative sans contribuer d'une manière visible au bien- 
être du prochain. Une première consulte du conseil privé désigna 
ÎW couvents; ce nombre monta k 170 lorsqu'on résolut la suppression 
des Clarisses, des Capucines et des Carmélites. De toutes les provinces 
arrivèrent des protestations, faisant valoir les idées économiques 
d^alors et montrant les avantages que procuraient les monastères. 
Les doléances étaient des plus vives. Lors de la confection des 
inventaires de tous les biens mobiliers et immobiliers des couvents 
menacé», les États de Brabant réunis à Bruxelles, envoyèrent une 
dépotation solennelle aux gouverneurs généraux. Les évêqucs im- 
plorèrent à diverses reprises la clémence de l'empereur. Rien n'y fit. 



312 ' COMPTES BENDUS 

La gestion des biens des commanautés supprimées fut confié< 
1783 à un comité spécial, qui prit le nom de Comité de la caisse 
religion ; il devait constituer un budget du culte et de la bienfaisa 
et subvenir aux nécessités paroissiales et aux besoins des anc 
religieux. Le comité se composait de quatre membres, présidé 
le conseiller d'État et privé de Külberg (dépêche du 12 mars 1783] 
Baron de Feltz fut nommé caissier de la caisse centrale de BnixeJ 
il avait des receveurs spéciaux commissionnés en province, lie cor 
composé le 25 mars 1783, fonctionna tous les jours sauf le diman 
jusqu'au 5 mars 1787. Ses attributions passèrent au conseil 
gouvernement général, qui remplaça les trois conseils coUatér 
Le 18 janvier 17Ü1, lors de la restauration autrichienne, l'adminis 
tion de la Caisse de religion fut cédée à une commission spéciah 
comité des finances. Après la première invasion française, les I 
reçurent dans plusieurs provinces la gestion des fonds ; dans d'ai 
des commissions furent chargées de travailler au rétablissemenl 
ordres religieux. 

L'article de M. Laenen entre dans des détails intéressants coi 
nant la situation matérielle réservée aux communautés supprii 
et l'usage qui fut fait de leurs biens mobiliers et immobiliers. Il i 
montre, que le but de cette suppression ne fut nullement utilil 
comme les spoliations qui ont eu lieu naguère en France. 

Elle fut le résultat des tendances philosophiques de l'époque et 
mesure de défense économique contre l'absorption de la propi 
privée par les gens de main-morte. Il y a pourtant une réserve à f 
reconnaît l'auteur, si on étudie Tédit de Marie-Thérèse du 13 mai 
et l'estimation des revenus des couvents destinés à disparaître, 
fut faite en 1782. Notons aussi qu'en 1785 les bâtiments de cerl 
monastères furent proposés pour le service de l'armée. Cepen 
Joseph II opposa un refus au prince de Kaunitz, tolérant simplei 
l'établissement d'hôpitaux militaires dans ces locaux (*). 

En septembre 1784, ordre fut donné aux évéques d'extrain 
reliques, qui se trouvaient dans les autels fixes. Les objets rcligiev 
les vases sacrés furent envoyés à la monnaie ou donnés aux paroi 
Les pierres précieuses, livres, tableanx furent mis en vente publiqu 

(') Ces principes furent appliqués h Bruges et a Nieuport, Cepen 
dans la première ville nous verrons que les couvents des Chartr 
des Chartreuses et de Sarepta furent occupés par l'intendance i 
taire qui y établit une école régimentaire et une boulanger 
l'insu de l'Empereur. 



COMPTES RENDOT 313 

La tare, qni jusqu'à nos jours, malgré toutes les déclarations du 
Saint Siège, s'attache aux biens noirs, ne semble pas, du moins jusqu'en 
1787, avoir affecté les biens des couvents supprimés par Joseph II. Les 
communautés religieuses, du consentement des évoques, occupèrent 
les immeubles mis à leur disposition. Les paroisses acquirent les 
orfèvreries et les particuliers achetèrent ù leur valeur réelle les biens 
des monastères. Cependant en 1793 le Cardinal de Frankenberg appelle 
la 'restitution de ces biens (< une obHgation que Justice impose ». 

I/avenir des religieux supprimés avait été assuré non sans une cer- 
taine générosité, et les instructions données de ce chef devaient être 
laes aux communautés rassemblées, avant leur dissolution. 
11 y avait quatre classes : 

1**/ ceux qui voulaient s'expatrier recevaient un viatique, mais pas 
de pension ; 

2^/ ceux qui désiraient entrer dans d'autres ordres jouissaient d'une 
pension allant de 210 ù 420 florins, argent courant. 

3^/ ceux qui demandaient à rentrer dans le monde touch(?raient une 
pension annuelle, de 300 à 350 florins pour les religieuses et de 420 à 
480 ilorins pour les religieux ; 

4^ enfin, on permettrait à ceux qui le désiraient de continuer ii 
saÎTre les règles de leur institut dans un couvent d'un autre ordre 
on dans un couvent supprimé désigné à cet effet. 

De plas, ù sa sortie du monastère, chaque religieux recevait 
120 ilorins, de quoi s'acheter un habit décent. Plusieurs dispenses de 
vœux durent être accordées à la suite de la suppression susdite, mais 
le Pape condamna toujours la sécularisation en masse des religieux. 
Lesévêques conseillèrent à beaucoup de religieuses de se retirer dans 
les béguinages et prescrivirent des règles de conduite concernant 
lliabillement, le bréviaire, l'abstinence et les jeûnes ; ils ordonnèrent 
aux religieux de ne pas abandonner le lieu de leur résidence sans 
l'autorisation de leur supérieur diocésain. 

Les innovations de Joseph II occasionnèrent la Révolution Braban. 

çonne. La réaction se fit sentir partout. De nombreux couvents se 

reconstituèrent. Plusieurs des communautés avaient continué à 

sobsister. et l'archevêque de Malines les avait encouragées dans cette 

roie le 26' juin 17^. A partir du mois d'octobre de cette année, l'évéque 

d'Anvers réiDstalIa plusieurs couvents. L'évéque de Gand forma une 

jo'iDtej composée de membres du clergé et de laïcs, pour le rétablisse- 

ment des monastères. La restauration autrichienne n'apporta pas de 

modifications à cet état de choses. La convention du 27 juin 1790 



314 



COMPTES RENDUS 



ne comportait cependant pas le rétablissement des ordres relif^( 
Le 18 avril 1791, le prince de Kaunitz écrivait encore qu'il 
fallait avoir aucun égard pour les mofnes rentrés dans leurs couv 
pendant la révolution ; mais une dépèche du gouvernement géi 
du 15 mai 1793 portait le rétablissement intégral des ordres religi 
Après avoir examiné les caractères généraux de cette péri 
M. Laenen passe en revue divers épisodes de la suppression 
ordres religieux dans le duché de Brabant et le marquisat d'An^ 
Cette partie, comme la première, est entièrement neuve. 



Un travail similaire pour notre Flandre jetterait un jour nou^ 
sur l'histoire religieuse sous le Gouvernement autrichien. Quel< 
notes et quelques renseignements sur les sources montreront Tint 
que revêtirait cette étude (*). 

En Flandre le décret de Joseph II fut exécuté dès Tannée 1 
Parmi les couvents proscrits se trouvaient les Annonciades, les 
cines, les Carmélites chaussées et déchaussées, les Chartreux et 

(*) Outre les documents conservés aux Archites oénéralbs 
Royaume a Bruxelles, consultés par M. Laenen, nous citerons p 
culièrement, pour les diocèses de Bruges et d'Ypres, les Archive 
Conseil du gouvernement n»» 695, 729-734, 737 et 748-749. (E. 
Bretnb. Inventaire sommaire des Archives du Conseil du gouvet^ei 
général.) • 

Archives de l'État a Bruges : 1° Documents envoyés par 
Archives du Royaume en 1866 y n^ 210-211. Correspondance 
Maréchal de Bompré, administrateur des couvents supprime 
Bruges, 1783-1792. Le même fonds contient de nombreux li^ 
journaux de plusieurs institutions supprimées en cette ville. 

2<> Fonds des acquisitions, V. n°* 461-471 : Dossier de la suppres 
des Chartreux anglais et des Annonciades à Nienport. 

3^ Fonds ecclésiastique, n° 171 : Dossier contenant les bénéficii 
des bénéfices et confréries supprimés par Joseph II dans les égi 
hôpitaux et chapelles à Bruges. 

4" Même fonds, n^ 163 : Procès-verbaux de la jointe i^our le i 
blissement des ordres religieux dans le diocèse de Bruges, 1790. 

Archives de la ville de Bruges : Gildes et coi\fréri6S, n° 
Dossiers relatifs ii la suppression des confréries érigées dans les ég 
et chapelles, prononcée par l'édit de l'empereur Joseph du 8 avril 1 
N° 83. Inventaire des biens de ces confréries, 1786. (L. Gilliodts- 
Severen. Inventaire des Archives de la ville de Bruges. Introduct 
pp. 31-32.) 






COMPTES BENDUS 315 

Chartreuses, les Dominicains ou Jacobins, les Pauvres Claires, les 
RécoUectines, les Pénitentes, les Urbanistes, Bethanie et Sarepta h, 
Broies, les Annonciades et les Chartreux anglais à Nieuport, les 
Norbertiaes et les Pénitentes à Fumes, les Clarisses et Ter Bundcren 
à Ypres. 

L'administratioa des biens des monastères à Bruges fut confiée h 
trois receveurs. Le chevalier Maréchal de Bompré, échevin de la ville, 
fut chargé de la gestion des biens des Annonciades, des Chartreux, 
des Chartreuses, de Bethanie et de Sarepta ; Joseph de Zuylen de 
. Xyevelt-de Waepenaert, échevin du Franc eut celle des Dominicaines, 
des Pénitentes dites d'Aerdenbourg et des Sœurs grises ; Joseph- 
Laurent de Colnet de la Gloriette fut chargé de celle des Carmélites 
chaussées et déchaussées, des Capucines et des Urbanistes. Les 
papiers concernant l'administration des deux derniers manquent, 
mais la correspondance et la plupart des documents concernant celle 
de Maréchal de Bompré sont conservés et abondent en renseignements 
curieux. 

.Le conseiller Maroncx, procureur général du con3eil de Flandre, 
annonça le 15 avril 1783 (*) à M. Maréchal de Bompré sa nomination en 
quaUté d'administrateur du couvent supprimé des Chartreux» gestion 
pour laquelle il donna en caution sa maison, sise rue Haute à Bruges 
Il annonça en même' temps son arrivée en cette ville. Il y vint le 
24 avril (■) pour procéder à la suppression du couvent des Chartreux ; 
la même année les Chartreuses, les Carmélites, les Jacobines et les 
Urbanistes subirent le même sort. 

L'inventaire de l'église et du couvent des Chartreux fut exécute 
d'après les ordres donnés le 1 mai, et envoyé le 10 du même mois ('•) 
avec celai des biens des Chartreuses au Comité de la caisse de 
religion. Le 2 juin et le 19 septembre 1783 (*) les argenteries furent 
envoyées à Bruxelles. On fit encore un envoi de perles et de pierres 
fines au directeur de la Monnaie le 11 février 1784 (^). Les préparatifs 
de la vente du mobilier furent activés : les enchères eurent lieu le 

(') Archivas de VÉtai à Bruges, Fonds ecclésiastique. Documents 
envoyés en 1866 des archives générales du Royaume, n° 210-211 
correspondance de Maréchal de Bompré. Lettre n^ 1. 

(•) Afew. Lettre n<> 3. 

('j Idem. Lettre n°« 5 et 10. 

i*) Idm, Lettres n«- II et 57. 

{'j/d^m. Lettre no 96. 



âl6 CÔMl^SS ftEKDUS 

14 jatllet 1788; les objets provenant des Cbortreaz ruppor 
fi. 4416»2i,6 ; ceux des Chartreuses montèrent a il. 5493nll>»9 ( 
19 août les inventaires de livres et de tableanz de ces convents, 
lesquels nn missel de toute beauté, furent adressés an comité 
caisse de religion ('). Les recettes de ia vente des autels, des tabi 
des pierres tombales, des blasons, des épitapbes des Annohciad 
Bethanie, des Chartreux, des Chartreuses et de Sarepta, furent in 
à Bruxelles après leur aliénation faite lf»s 15-16 décembre 1784 (') 

Joseph van Praet, libraire à Bruges, fit le catalogue des livre 
couvents supprimés à Bruges et à Nieuport. La vente des oni 
des lô couvents réunis eut lieu les 14, 15 et 16 mars 1785 et ra{ 
fl. ia56„ll«10(*). 

Le 4 mai, Maréchal de Bompré reçut le décret du 30 âTril 171 
les effets h fournir aux religieux sortants {*). La plupart quit 
vers la fin de juin leurs couvents respectif. Les Chartreux 
Chartreuses eurent de la peine à se décider à qnittef leurs monaa 
Le 12 juin, l'administrateur du gouvernement écrivait qu'il avai( 
de manifestations populaires ; ces religieux et ces religieuses désii 
rester jusqu'après l'octave du SVSacrement; le départ définit 
lieu le 4 juillet 1783 ('). En 1784 il y eut une série de soppre 
nouvelles ; le 21 mai, les Kécollectines dites Sœurs grises de S^*£lis 
durent quitter leur couvent; le 82, ce fut le tour des Pénil 
dites d'Âerdenbourg; le 24, celui des Capucines; le 2ô, cek 
Annonciades ; le 26, celui du couvent de Sare|pta et le 27, cel 
Béthanie («). 

Une dépêche du 1 mai 1783 avait ot^donné aux administratei 
continuer les aumônes et les distributions de "pain et de soup< 
pauvres faites auparavant par les couvents supprimés C). 

Les bâtiments des diverses communautés furent repris pi 
Gouvernement ou aliénés au profit de la Caisse de religion. Le s 
plus intéressant fut celui réservé à ceux des Chartreux, des Chartr 
et da Sarepta. 

(*) Archives de VÈtat à Bruges^ etc. Lettres n«* 25 et 80. 

(•) Idem, Lettre n» 43. 

(') Idem, Lettre du même jour. 

(*) Idem. Lettre n® 4. 

(^) Idem. Lettre n« 29. 

(•) Idem. Collection du Franc. Triage n«> 560. 

(') Idem. Fonds ecclésiastique, n<> 210-211 susdits. 



COMÎ>TfiS *tBiiDtrs 317 

Lé ccloB^ tlu régftment de Yrerset visita liB couvent dés Chartreux 
le 30 octobre 1783 (') pour voir le parti qu'il pourrait en tirer au point 
de vue militaire : quatre maisons, vis-^-vîs de Té^lisiB, furent désignées 
comme habitations pour les chirurgiens de Tarmée; l'église elle- 
teéme devait servir d'hôpital militaire ; la cuisine et hi quartier des 
ètnaigers fhfc^t destinés à l'érection d'une école régimentaire. Les 
pians furent envoyés au Comité général à Bruxelles. Une lettre du 
S3 décembre 17B4 relate l'installation de l'école de garnison. Une 
secoüde, du 92 décembre 1785, rapporte que, sur les bollicttations 
du colonel Baron de Schroder, les chariots de la garnison furent 
réalisés dans l'église. 

Quelques incidents se prodnisirient h l'époque de l'introduction des 

inieiidances. Ces fonctions furent confiées à Bruges h. P. 3, de Mahieu. 

Ce personnage, qui, lors de sou entrée en charge le 3 mai 1787, avait 

été reçu au mîKeu dès acclamations populaires, fut sur le point d'être 

^asaédë lavilie le 24 juillet suivant ('). Sur la proposition du colonel 

de Broa et de J. P. Maliiea, alors seulement capitaine du génie, lé 

5 Shrrier de cette année, on avait décidé de 'construire des casernes 

dans ]>!Qclos des Chartreux. Leurs altesses Albert et MArie-Chriistiue 

avaient donné leur agréation le 21 février [^). Le nouvel intendant 

dMdi, fe 22 mai. diR commencer les tk-àvaux et ordonna à Matréchal 

de Bompré de Hvi^r au capitaine de Lopez, lieutenant ingénieur, les 

defs du couvent. L'administrateur n'ayant reçu aucun ordre dé 

gouvernement, refusa et réclama une estimation préalable dé l'iinmeu- 

ble. Le 24 mai, devant les objurgations de l'intendant, il se soumît, 

mais envoya une requête à l'empereur pour savoir s'il pouvait donkier 

suite à la construction des nouvelles casernes : il envoya une seconde 

requête en ce sebs le 18 juin (*). Entrètemps l'ititendant de Mahibu, 

malgré une défense du 9 du même mois faite par le magistrat, avait 

&it commencer les travaux et porter à t>ied d'œuvre les matériaux 

prorenaot de la démolition de la Waterhalle à la Grand'plac^. Une 

sommation notariale de cesser l'ouvrage fut faite an nom de Maré^&l 

de Bompré aul entrepreneurs: cedx-oi voulaient continuer malgré 

(•) Archives de VÉtat à Bruçes, etc. Lettre ü<» 82. 
C) Idem, Acquisitions, n® 3929 : Chronique et événements mémo- 
rables qni se sont passés à Biruges de 1735 à 1788. 
('j Archives générales du Royaume, Conseil des finances. Cart. 1187. 
(*) Archives de VÈtat à Bruges. !^onds ecclésiastique, n^* susdits 
2mih Lettres n?- 147, 149, 151% 154, 174, 179, 252. 



318 COMPTES BSNDUS 

tout. Ils durent céder à la suite d'une dépêche de TËmperei 
date du 28 juillet suivant (*). 

L'école régimentaire resta installée aux Chartreux jasqa'j 
départ pour Termonde. Le premier lieutenant Uanman en < 
direction jusqu'à l'insurrection de 1787 et la reprit après le retou 
troupes impériales. Il remit les locaux entre les mains de Mai 
de Bompré, le 30 avril 1792 (■). 

Le couvent des Chartreuses servit provisoirement de boulai 
militaire. Le 11 mai 1783, le plan du couvent fut envoyé au c 
h Bruxelles. Le 30 juillet, on décida d'y établir un four à 
M. de Moor, lieutenant ingénieur, fut chargé de la constructie 
fut achevée le 18 septembre ; on y fit des expériences pour la ci 
à la houille. Le colonel de Brou donna à l'officier des vivres 1 
de vendre le four le 12 mars 1787. En effet le 4 janvier 1785 le co 
de Sarepta avait été désigné définitivement pour la boulangei 
l'armée. Il avait été repris en 1784 pour le compte du Gouverne 
Outre la boulangerie on y construisit des magasins. Mais le 30 
1792 le couvent fut évacué et l'officier qui en avait la direction 
les clefs à Maréchal de Bompré après le départ du régime 
Kinsky (»). 

Parmi les autres couvents supprimés en Flandre, notons encon 
de Nieuport, dont. l'administration fut confiée à Charles Emm 
Coppieters, pensionnaire de cette ville. 

Le couvent des Chartreux anglais, fut supprimé le 13 mai 17dî 
charge d'économe en fut remise à P. J. de Brauwer, notaire. Le 
même mois on dressa un inventaire des reliques et ornement: 
gieux. Bertram, curé de Nienport, en vertu de l'autorisatic 
l'évêqne d'Ypres, en date du 18 mai, en reprit une grande pi 
mais l'administration se réserva trois 'châsses et cinq reliqa 
Après l'avis du comité de religion, ils furent cédés au curé pc 
somme de fr. 395. Le couvent et les immeubles furent vendi 
1785 à 1788 (*). 

Le couvent des Annonciades fut supprimé à son tour le 28 mai 

(*) Archives générales du Royaume, Conseil du gouverne) 
Cart. 506. 

(■) Archioes de l'Etat à Bruges, Fonds ecclésiastique, n*» 2 
susdits. Lettre du 30 avril 1792. 

(») Idem. Lettre du 4 janvier 1785 et 30 avril 1792. 

(*) Idem. Acquisitions, u. 461-466. 



COMPTES HENDUS 319 

li existe égaiement un inveatairo des reliques et autres ornements 
religieux, une partie fat remise à Tévéque d'Ypres; les autres furent 
mis à prix et acquis par le curé de Nieuport, Téglise de Leke et les 
chapelles de la Vierge et de S^-Jean. Une partie du couvent des 
Ânnoncîades ainsi que les immeubles furent vendus de 1784 à 1788. 
L'autre partie fut démolie ; on y fit un hôpital militaire ('). 

Un fait assez curieux au point de vue de la Flandre est cité par 
M. Laenen; c'est la requête des Pénitentes RécoUectines de Poperingbe 
en vue d'obtenir leur dissolution. Le prince de Kaunitz la présenta à 
la Cour le 3 octobre 1782. Le 26 mai 1783 la Sœur Pétronille de Clercq 
réitéra ses iostances au gouvernement et demanda à l'Empereur l'envoi 
d'an député pour entendre les membres de la communauté. ('). 

Lors de la révolution Brabançonne, de nombreux couvents rentrèrent 
en possession de leur biens. Bans plusieurs parties du pays, les Ëtats 
établirent des commissions spéciales, bientôt rebiplacées par des 
comités officiellement reconnus par le gouvernement. La restauration 
autrichienne ne modifia pas cet état de choses. Lors de la séance 
d^ États de Flandre, le 19 janvier 1790 C^), on décida d'écrire aux 
évèques de Gand et de Bruges, en vue de prendre des mesures pour 
le retour des religieux. Le 9 février, l'évêque de Gand proposa de 
nommer une commission pour examiner les demandes des divers 
monastères (*). Le 26 février, l'évêque de Bruges réunit en son palais 
MM. de Schietere de Caprycke, bourgmestre de Bruges, Pol, pension- 
naire de la ville, van de Walle, ancien échevin, Coppieters de la 
Bramerie, échevin, l'archidiacre de Gryse, le chanoine Beerenbrouck 
et les avocats Yscnbaert et van Parys. On y lut les lettres des États 
de Flandre du 22 février, contenant la résolution d'établir une jointe 
pour le rétablissement des couvents supprimés. La jointe fut constituée 
et on décida de se réunir le lundi et le vendredi de chaque semaine à 
Févéché. Le Bourgmestre de Schietere fut chargé de prendre à Gand 
des informations sur l'organisation de la jointe fonctionnant en cette 
ville et CD fit avertir les administrateurs des couvents supprimés de se 

C) Archives de VÉtat à Bruges, etc., n« 468471. 
(*) Archives générales du Royaume. Chancellerie aatrichienue des 
FzjiBsA. Répertoire n® 306, p. 338. Conseil privé, carton 330. Lettre 
du 6 ïïm 1783. 

{') Archives de VÈtai à Bruges. Collection du Franc, n° 988 à la 
date sosdite. 
[')Idem. 



3M COHi^TBS BEKDUB 

préflenter à la réanion suivante. Le 1 mars, Maréchal de Bomf 
Zuylen et de Coinet assistèrent k ia séance. Les 5, 9, 12 et 26 
les administrateurs présentèrent les tableaux, les comptes, lei 
naux et les vérificatoires de leur administration. Le 22 mai 
coitomission avait été déléguée pour la vérification des compi 
reçurent successivement décharge de leur gestion antérieure et 
continués dans leurs fonctions. 

J. de Zuyién fut chargé de dresser la liste des pensions pay^ 
religieux et de consulter à ce sujet les papiers conservés à Gai 
Bruxelles. Le chanoine Caytan reçut la mission de faire un t 
général de la gestion des biens des 13 couvents depuis leur disse 
jusqu'à la formation de ia jointe ('). 

A partir de ce moment on s^occupe du rétablissement des n 
religienses, ce qui ne se fit pas sans peine : car le sort des ima 
avait subi bien des vicissitudes. Le couvent des Urbanistes av 
cédé à une société commerciale, qui avait abbattu l'église 
établir une fabrique dans les autres locaux; les Conceptioi 
avaient fait un échange avec le Gouvernement et repris le mot 
des Jacobines; le couvent des Sœurs grises avait été vendu 
particuliers, qui ne voulaient pas entendre parler de rétréci 
enfin les Apostolines s'étaient installées dans le monastèi 
Thérésiennes (*). 

Le 9 avril on envoya une requête aux États de Flandre p 
réouverture des couvents des Pauvres Claires, des Capucines, de 
tentes et des Carmélites. Le 19 avril on envoya nue autre requét 
les Chartreuses. Le 90 du. même mois, l'évêque de Bruges ^ 
l'adhésion des États au retour des susdites religieuses. Le 
mestre de Schietere fut chargé de rétablir les Colettines dao 
couvent; le 7 mai, la même mission fut donnée au chanoine E 
bronck pour les Chartreuses ; le même jour et le 16 du mènx 
la charge de réintégrer les Pénitentes fut confiée aux chanoiui 
Bamme et Matthys. Le 10 mai Téchevin van de Walle avait a 
question des Thérésiennes et des Apostolines : celles-ci firei 
difficultés pour quitter le cou vent dont elles avaient obtenu la ] 
sion, mais le 2 juillet les Carmélites furent autorisées à revenir de F 
Enfin le 19 de ce mois on autorisa les religieuses de Sarepta h rep 

(•) Archives de l'État à Bruges. Fonds ecclésiastique, n*» 163. F 
verbaux delà jointe pour le rétablissement des ordres religieux, 
(') Idem, Fonds ecclésiastique. Mélanges d'Hoop, n** 1108. 



■ki^^ 



C0BIPTE8 BBNDirS 321 

possession de lears biens et on décida de faire évacuer leur convent 
par les militaires. Le même jour le chanoine de Blaeuwe demanda 
r acquisition de la maison dite « Latijnsche school » pour les Annon- 
ciades ; le local fut examiné et estimé â. 1600 le 28 juillet. 

Lae 30 juillet on décida que la réunion de la jointe n'aurait plus 
Ueu qu^uD jour de la semaine (*). 

L»a réinstallation des couvents suivait son cours et tendait à sa un ; 
malheureusement la bataille de Fleurus, suivie de la retraite des 
armées autrichiennes, arrêta cet élan. Les hordes révolutionnaires se 
jetèrent sur notre pays et la conquête amena la suppression de tous 
les couvents et momentanément de la religion et du culte catholique. 
Il serait désirable à tous points de vue de reconstituer complètement 
l'histoire de la suppression et du cétablissement de toutes ces commu- 
nautés. Comme on le voit, les éléments ne manquent pas et nous 
espérons qu'un des nombreux jeunes travailleurs de notre Flandre 
reprendra ce sujet si bien traité pour le Brabant. 



L'ouvrage de M. Laenen se termine par un appendice contenant 
les documents les plus intéressants, notamment la liste de tous les 
conventi supprimés dans les Pays-Bas, le décret du 12 mars 17S3 
c^tnstitoant la Caisse de Religion, le bilan de celle-ci fait le 31 décembre 
1737 et les instructions de Tarchévêque de Malines sur la rentrée des 
ordres religieux en date du 24 septembre 17Ü3. 

La compétence historique de Tauteur, son esprit si sûr et si impar- 
tial donnent une grande valeur à ses jugements. Son exposé 
raétbodîqae et bien ordonné rend la lecture facile et son ouvrage a une 
p/ace marquée dans la bibliothèque de tous ceux qui s'occupent de 
cette période si troabiée de l'histoire de Belgique. 

B*° A. VAN ZUYLBN VAN NyEVBLT. 



(') Archives de VÉtai à Bruges, Fonds ecclésiastique, n<> 163 susdi^i, 



CHRONIQUE 



Société d'Émulation. 

Lundi 30 juillet dernier, la commune d'Huldenberg (Br 
était en fête à Toccasion des noces d'or de M. le Comte et de l 
Comtesse Thierry de Limburg Stirum. Une messe solennelle d'à 
de (grâces fut célébrée, à 11 heures, en Téglise paroissiale, en pr 
des vénérés jubilaires, de leur famille, et d'une foule dei 
sympathique. 

Le Comité de la Société (TÉmulation s'estime heureux d'offi 
félicitations à son distingué président ainsi qu'à M™« la C*^ 
Limburg Stirum. 11 les remercie vivement du précieux souvenii 
ont eu la gracieuse attention de lui remettre et qui restera ( 
dans le médaillier de la Société, en son local de la rue Neuve à B 
C'est une belle médaille en bronze, que les enfants des jul: 
ont fait frapper ù l'occasion du mémorable anniversaire de 
parents. £lle est l'œuvre d'un artiste éminent, M. F. Vern 
de Louvain,. k qui son travail fait vraiment honneur. On } 
d'un côté, les portraits, forts ressemblants, des deux conj 
et puis, au revers, en dessous d'un ange qui soutient les 
armoiries, nous trouvons la date : i9 JuiîL t856'4906, 
noms : Thierry C * de Limburg Stirum, Marie 0«*"« de Tkien 
Rumbeke. 

— Les membres de la Société d'Émulation pour 1906 ont r 
quatrième volume du Cartulaire de Vancienne estaple de Bruges 
par M. GiLLioDTS-vAN Sbvkrin, grand in-8", de 670 pages. Ce i 
tome comprend (nn. 2318 à 2536) la continuation des textes 
analyses de 1721 à 1792, un supplément de pièces omises (nn 
à 2584), une série d'annexés, une carte relative au rétablissemc 
écluses de Slyckens-lez-Ostende, une conclusion (pp. 571-643) \ 
table analytique générale des quatre volumes, 



OHBONIQITB 323 

:JBxpo6ition. 

Hôtel de Granthnuse. — L'exposition d'art ancien, organisée l'an 
dernier à l'occasion du 75« anniversaire de l'Indépendance Nationale 
dans le somptueux palais des seigneurs de Grnutbnuse, a montré tout 
llntérét que présentait la reconstitution de Pintérieur d'une ancienne 
demeure seigneuriale du XV* «iècle. Aussi la presse tout entière, se 
faisant l'écho de l'admiration des visiteurs, avait -elle exprimé le vœu 
de Toir rester telle cette exposition, la « perle de Bruges », la « couronne 
de cette ville r. Liège, entrant dans la môme voie, convertissait en 
mnsée communal l'hôtel d'Âlsembourg avec son bel ameublement du 
XVIII* siècle. U restait à notre ville de suivre son exemple et c'était 
le désir de tonte la population Brugeoise. 

Avant la clôture de Texposition, des négociations furent entamées 
dans ce sens avec la société archéologique et la commission des 
Hospices civils de Bruges. 

Dès le 13 octobre 1905 la société archéologique décida de répondre 
à ces vœnx, en laissant ses collections à l'Hôtel de Gruutbuuse. 

Après de nombreux pourparlers, le conseil communal posa les bases 
d'an accord entre la ville et le comité-directeur. Les conditions 
proposées, par le conseil, en sa séance du 24 février 1906, furent 
admises avec quelques modifications parle comité, le 20 mars suivant^ 
il était stipulé que la société archéologique obtenait la jouissance des 
locaux de THôtel de Gruutbuuse, qui restaient disponibles, dans le 
bai de les meubler en donnant a Gruuthuuse l'aspect d'un hôtel 
seignearial. Ces locaux seraient distraits de la commission des musées 
et administrés par le comité-directeur de ladite société. Dans les 
négociations préparatoires, on avait émis l'idée d'adjoindre au comité 
Téchevin des beanx-arts et deux conseillers communaux, avec un 
mandat égal en durée à celui des membres du comité-directeur. Mais 
on décida finalement de nommer un conservateur spécial pour Gruut- 
hnose, élu pour un terme de trois années et agréé par le conseil 
communal. Le 15 février, le Baron Kervyn de Lettenhove, l'orga- 
oisatenr de Texpositiqn de 1905, fut nommé conservateur et reçut 
l'agréation de la ville le 10 niars suivant. 

D'autre part, une convention a été faite avec le Baron Liedts, à la 
laite de laquelle les collections de dentelles restent la propriété de la 
nlle. L'administration en est confiée aux autorités communales, mais 
l'entrée doit rester payante. Pour couvrir les frais de surveillance et 
d'entretien de ces collections, la ville prélève une somme de 1200 francs 
sor le produit des entrées. Si celles-ci produisaient une somme supé- 



324 GHBONIQUE 

rieure à 5000 fraDcs, la société s'est engagée à pay.«r 10 «/o s 
surplus. 

Le conseil commuDal a fait à la société d'archéologie une a' 
de 2}500 francs pour couvrir les frais d'installation. 

L'Hôtel de Gruuthuuse a été ouvert au public le 15 avril, 
grande affluence de visiteurs s'est rendue à l'exposition depuis 
date. Il n'y a qu'une voix pour louer l'arraDgement du noi 
musée ; mais il y a aussi un regret, c'est de n'y plus retrouv 
intéressantes collections des Hospices civils de la ville de Bruges 

B**" A. VAN ZüYLBN VAN NyBVBI 

Sociétés savantes et Congrès. 

Commission royale d'histoire. — « La Commission désirant 
pléter les trois inventaires des cartulaires belges publiés par elle 
réunir dans un recueil général, rédigé d'après ud plan unifom 
indications qu'ils renferment, décide que ces trois inventaires : 
fondus en un seul. Elle coofie cette tâche à M. Léopold Deviller 
se charge de lui faire rapport dans une prochaine séance sur U 
qu'il compte suivre. » 

Nous espérons que la Commission ne songera pas uniquem 
refondre les Inventaires, mais cherchera surtout à les complète 
preuve qu'ils ne sont pas complets, c'est qu'en peu de temps 
avons obtenu connaissance d'une trentaine de cartulaires coni 
dans la seule Flandre Occidentale. 

C. Callewaei 

— Académie roytUe de Pelgique. — Qli^siiedes beaux-ar 
Questions di; concours pour Tannée 1908. 

Faire, à Vaide det sources authentiques, V histoire de la peintu 
XVni'^ siècle, dans les provinces formant la Belgique a*:tuelle. 

Prix : 600 francs. 

Déterminer à l'aide des constructions existantes, des documem 
phiques et autres, le principe de V architecture privée dans Us c 
urbains de la Belgique aux X VI* et X VII* siècles. Indiquer les ij^t 
et les rapports caractéristiques de ville à ville, en désignant, auta 
possible, les principaux constructeurs. 

Prix: 800 francs. 

p Voir plus h^ut y, 325, 



b 



OHBONIQÜE 325 

Faire VhisCoit^, au point de vue artistique , de la sigillographie dans 
Vanden comté de Flandre et le duché de Brabant, 

L'autenr ajoatera à son macnscrit des reprodactioos graphiques 
des sceaux les plus remarquables de chaque série. 

Prix: 800 francs. 

— M. Léoo Van der Essen, docteur en philosophie et lettres de 
J'Uaiyersité de Lonvain, qui a déjà publié sur l'hagiographie mérovin* 
gienne plusieurs études remarquées et dont quelques-unes intéressent 
la Flandre, vient d'être proclamé, le 90 juin dernier, premier au cou- 
conrs universitaire en histoire, pour la période 1901-1906. 

— Le prix quinquennal d'histoire nationale pour la période de 
19OI-1905 à été attribué à M. Léon Yan der Kindere, membre de 
TAcadémie, professeur à l'Université de Bruxelles, pour son livre : 
La formation territoriale des principautés belges au moyen-âge, dont 
M. £. Yan Cappel a donné un compte rendu détaillé dans les Annales, 
t. LY, p. 66-74. 

Périodiques. 

La Revue des Flandres qui paraît tous les mois depuis janvier 
1^106 comme « organe de la vie flamande en France et en Belgique » 
sous la direction de M. Alb. Croquez (89, rue de Turenne, Lille) contient 
de temps à autre un article qui peut nous intéresser : 

Une tradition flamande : Sainte Godelieve, reproduction de quelques 
corieux dessins tirées d'une ancienne vie flamande de la sainte 
« Wonderlgh leven van de Heilige Godelieve, maegd en martelaeresse n 
éditée en 1623 k Gand « bij J. Begyn, op d' Appelbrugge in den Engel ». 
M. A. Cboqubz consacre h. cette vie une étude iconographique dans 
le numéro de juin de la Bévue du Traditionisme, 

M.ËR5BST HosTBN expose le curieux Procès du Comte J. F. Thesaw^o. 
Le procès est occasionné parle mariage contracté par cet Italien aven- 
turier avec une jeune fille de Dixmude, au temps où il était en garnison 
dans cette ville. 

Hannscrits, archives et bibliothèques. 

Cftrtnlaires de l'ancienne Flandre. — Nous sommes heureux 
dspoQ voir annoncer que notre appel invitant à rechercher d'anciens 
cartalaires non encore inventoriés, a été entendu par plusieurs de nos 



326 OHBO^IQüE 

amis ; noas les remercions bien sincèrement de lears précie 
commanications. 

Noas connaissons dès maintenant l'existence des cartulaires suiv 
qai ne sont point catalogués dans les Inventaires publiés par la ( 
mission royale d'histoire de Belgique : collégiales de Saint-Donatie 
de Saint-Sauveur à Uarlebeke, de Sainte-Walburge k Fumes 
Saint-Martin h Courtrai et de Notre-Dame h. Bruges (4) ; église 
Saint-Sauveur, Saint-Jacques et Sainte-Anne à Bruges; abbaye 
Zonnebeke (un cartulaire et un inventaire avec description dipl< 
tique des chartes et copie de quelques documents), d'£eckh< 
(2 cart.), d'Eversam, des Dunes, de Vormezeele, de Spermalie (2 cj 
Béguinage de Bruges (2 cart.) ; hospice de la Potterie k Bruges 
la table des pauvres de Saint- Jacques k Ypres ; de la Gilde de S 
Nicolas k Ypres ; de la confrérie der « Zeven ghetyden » k Ypres, 

On nous a également signalé Pexistence d'un certain nombre c 
tuaires et d'anciennes chroniques manuscrites. Nous reviend 
d'ailleurs dans un prochain fascicule sur ces intéressants docum 

Plusieurs revues d'histoire ont eu l'obligeance de faire connaît 
leurs lecteurs notre appel ; nous les remercions de leur confrater 
collaboration. 

Qu'il nous soit permis d'insister auprès de nos amis pour qu'i 
perdent pas de vue ces recherches, qui ne manqueront pas d'être 
tueuses pour Tétude de l'histoire de Flandre. 

C. Callewabr' 

— Vente de mantisorlts. -— A la vente de manuscrits 
a eu lieu, du 3 au 6 avril dernier, en la salle des ventes Fréi 
Muller k Amsterdam, la bibliothèque royale de Belgique a ace 
les deux superbes volumes des Wetten van Brugge (n® 352 
catalogue) payés 88 florins; le beau manuscrit du peintre Lee 
(n<^ 363), contenant les armoiries des membres de la magistratui 
Bruges depuis le XIII" siècle, acquis pour 145 florins ; les huit voli 
des inscriptions sépulchrales de Bruges, recueillies par van Tiej 
de ten Berghe de ter Hooye, Soenens et J. Gaillard (n** 365) acl 
310 florins; deux intéressants volumes pour l'histoire du monastèi 
Saint-André près de Bruges (n°» 1008 et 1009) pour 3 et 23 flo 
(RBAB. 1906, t. IV, p 107. ss.) 

— Fragment van Maerlant's Spieghel historiael. — Onl 
werd door D"* Lecoutere aan de koninklijke Vlaamsche Acad 



GHBONIQUB 327 

kennis gegeven van het bestaan, op de boekerij der Leavensche 
hoogeschool, van een dubbel folioblad perkament, van 32 ctm. hoog 
bij omtrent 25 breed, waarop een gedeelte van Maerlant's Spieghel 
historiael voorkomt, namelijk : 1*^ van hoofdstuk 36, vers 83, tot 
hoofdstuk 43, vers 15, van het Eerste boek der Eerste Partie; en 
2^ van hoofdstuk 25, vers 11, tot hoofdstuk 32, vers 9, van het 
Tweede boek der Eerste Partie. 

Dit nieuwontdekt fragment heeft behoord tot eenen nog niet 
V«k enden codex. De tekst, die reeds door De Vries en Verwijs in het 
licht gegeven werd, is in het fragment Lecoutere niet beter en ook 
niet slechter, maar sommige lecties komen toch beter met het 
oorspronkelijke latijn overeen dan de tot heden verspreide. Het 
schrift van het nieuwe fragment klimt op tot de tweede helft der 
XIV* eeaw. 

K. DE Flou. 

— Déoonverte d'un Brito. — L'église S*-Martin de Courtrai, 
comme tant d^autres églises, possédait d'ancienne date une ^ librarie », 
à Tusage des chapelains et des curés. Au XVIIP siècle, on en vantait 
encore Vimportance; au XIX«, on l'avait reléguée sous les combles, 
avec les archives ! C'est là qu'en 1862, l'incendie de l'église fit subir à 
Il collection d'irréparables dommages. Il en reste aujourd'hui 
une centaine d'épaves, la plupart des impressions du XVI® siècle et 
quelques incunables. 

Parmi ces derniers, a été trouvé un exemplaire insoupçonné de la 
Défense de JW. le duc et M^ la duchesse d Autriche alencontre de la 
guerre que le roy a suscita, sortie de l'atelier de Jean- Brito de Bruges 
vers 1477-1480. Aux Archives de la ville de Bruges, on peut voir de 
08 même incunable, conservés tout religieusement sous vitrine, 
quelques feuillets dépareillés et avariés, provenant de deux exemplaires 
dépecés et employés comme doublure de reliure. L'exemplaire de 
Coartrai est conaplet et parfaitement conservé : il constitue de ce 
chef un monument typographique unique, dont la valeur est excep- 
tionnellement grande. 

L'étude que M. LK)uis Gilliodts consacra, il y a quelques années, à 
Jean Brito, protoiypographe Brugeois et les sérieuses objections et 
dénégations qu'elle suscita, sont encore présentes à l'esprit de 
beaucoup. M. Caullet, auteur de la découverte, vient de présenter dans 
la séance de juin du Cercle historique et archéologique de Courtrai^ 
l'iacanable en question. Son étude sera publiée dans le Bulletin de la 
Société Courtraisienne. 



328 CHRONIQUE 

A la description défiaitive et transcription intégrale du docum 
— car il présente aussi an intérêt diplomatique trop ignoré — s 
joint un examen minutieux de la question Brito. 

Notes bibliographiques. 

La Belgique et la Curie romaine au XV« siècle. — Un 
résultats les plus m.arquants de la mise au jour, depuis une vingts 
d^années, des Registres des papes du moyen âge (surtout o 
d'Avignon), entreprise par TÉcole française de Rome et par 
chapelains de S^-Louis-des-Français, est la constatation du cui 
effrayant des bénéfices par les membres de la Curie romaine ; 
XIV* et XV« siècles. Au siècle suivant, ce mal dont souffre l'Égl 
s'étend davantage encore et fait des progrès vraiment alarmants d 
toute l'Europe chrétienne. La Belgique ne resta pas étrangère à 
mouvement et les plus beaux bénéfices de ses diocèses furent conf( 
à des cardinaux italiens, ti des camériers, à des chapelains, à 
neveux de pape et de cardinaux et à des employés à la cour pontifie 
Toutefois, si l'Italie s'enrichit ainsi d'une part importante de 
revenus ecclésiastiques, un certain nombre de Belges, par con 
prirent au moyen âge le chemin des Alpes et nos provinces fournil 
alors un bon contingent de clercs attachés h. la Curie romaine k 
" titre quelconque. Il y eut Ik un petit exode sur lequel perso 

n'avait jusqu'à présent attiré l'attention des érudits. 

Ces deux faits viennent récemment être mis en lumière, pou 
XV* siècle, d'une manière remarquable et à l'aide d'une docum 
tation riche et neuve, par M. l'abbé H. DubruUe, dans un tra 
(encore inachevé) intitulé : Les membres de la curie romaine dam 
province de Reims sous le pontificat de Martin F, paru dans les Anm 
de Saint-LouiS'des-FrançaiSy 1906, t. X, pp. 269-302, 377-407. L'histc 
religieuse de la Flandre a plus d'un détail important k relever d 
cette étude qui se rapporte surtout aux diocèses de Tournai et 
Cambrai. Dans les bénéfices conférés k ou résignés par des niemt 
de la Curie, on remarque les suivants relatifs aux deux Flanc 
actuelles : 

Archidiaconé de Bruges : 29 Juillet 1423 (p. 279). 

Chapitre de S*-Donatien de Bruges: 1408 (p. 273); 5 juillet 1 
(p. 387). 

Chapitre de Notre-Dame k Bruges (pp. 296, 392). 

Chapitre de S*-Sauvour d'Harlebeke (pp. 295,301). 



CHEONIQTTE 329 

Chapitre de S^-Hermès de Renaix : 28 janvier 1418 (294) ; 28 jain 
1424 (p. 386). 

Chapitre de S^-Walburge de Faroes : 16 décembre 1439 (p. 276), 
(p. 2»)-291) ; 18 août 1419 (p. 3Ü4). 

Eglises de S'-Sauveur à Bruges: 24 juin 1421 (p. 381); de Locre 
(p. 38Ô) ; de Lophem (p. 391) ; de Licbtervelde : 27 décembre 1419 
(p. 291) ; de Kemmel (p. 292) ; de Haeltert 1431 (p. 275) ; 1432 (idem) ; 
le Notre-Dame de Messines (p. 294) ; de Zuyenkerke (p. 294), etc. etc. 

La note suivante empruntée au travail de M. Dubrulle (p. 287), 
peut donner une idée assez exacte du cumul des bénéfices ecclé- 
siastiques entre les mains d'un même clerc : « Michel Bernardi ne 
« devait pas avoir une fortune moins brillante dans le diocèse de 
^ Tournai. Le 29 janvier [1423] il obtient, à 19 ans, une expectative 
« à la collation de Tévèque et du chapitre. Chapelain à l'autel S^^-Marie- 
*■ Madeleine dans l'église de S^-Piat et dans l'église S^-Jacques de cette 
B ville, il approuva plus tard dans cette dernière la fondation de la 
•^ chapelle appelée le Dieu Pitculx. Devenu maître es arts, il obtint 
<i également un canonicat et une prébende sacerdotale dans la cathé- 
•i drale, à la mort de Jean Derlecqne (31 mars 1424). Chanoine de 
6 Cambrai, il acquit la chapelienie d'Arnauld de Wamel, Ix l'autel 
'^ S^Michel dans l'église de Tirlemont. Il devint ensuite chapelain h. 
- Paatel N.-D. dans l'église S^-Quentin de Tournai et céda la cure de 
« Blandain moyennant une pension de 30 florins. Il succéda comme 
« doyen da chapitre de Tournai à Guillaume Arnaldi (9 mai 1429)... 
« Il mourut en 1448 d. 

Quant aux Belges attachés à la Curie romaine comme scribes et 
B abbréviateurs », il suffit, pour connaître leurs noms, de parcourir 
les pages 377 à 407. 

H. Nblis. 

— Dans ane de ses dernières sessions, la Chambre de commerce de 
Bilbao a pris ane décision de nature à intéresser les historiographes 
da commerce de notre pays et tout spécialement de Bruges. Justement 
fiers du renom de leurs aïeux dans le monde mercantile, surtout aux 
XV* et XVI* siècles, les commerçants bilbanais ont décidé de faire 
écrire k leurs frais l'histoire des institutions commerciales de leur 
TÎlle, l'histoire de leurs banques, de leurs consulats et tribunaux. 
(Casa de contratación de la nacion Yizcaya — Consulado y Juzgado de 
les hombres de negocio de mar y tierra). La tâche sera confiée à 
Thistorien de la ville Don Teofilo Guiard Larrauri, déjà bien au 
courant des archives du pays. 



ââÔ CHftONKjÜB 

La Revista Bascougada (Euskal Erria, 15 mai 1905, p. 406-409) 
donne cette notice, semble insinuer, que cette décision a 
prise ù la suite des publications de M. Louis Gilliodts, concer 
l'ancien consulat d'Espagne ù Bruges et elle engage vivei 
M. Guiard à compléter ses informations par des recherches dan 
archives des villes de commerce des Pays-Bas, surtout de Bruges. 

Nous souhaitons bon succès h cette entreprise, d'autant plas 
.'histoire de notre Flandre ne sera pas la dernière h en profiter. 

R. Descheppe] 

— Le Libei' tradîtionum Sancti Pétri Blandiniensis, publié en 
d'une façon peu critique par M. le chanoine Vandeputte, vient d 
réédité par M. Arnold Fay en, membre de l'École historique bel 
Rome. Le texte rétabli d'après les deux manuscrits anciens qu 
subsistent est soigneusement annoté et muni d'une table excellent 

Cette nouvelle édition a paru dans la collection Le Cartulaire i 
ville de G and. 

— On annonce que l'ouvrage consacré par M. G. Des Marez 
lettre de foire (La lettre de foire à Y pres au XIIT^ siècle ^ Brux( 
1900) recevra prochainement une seconde édition revue et augmei 

Nouyelles d'histoire locale. 

Boeainghe. — Le village de Boesinghe s'appelle Bosinga dan 
document de 1119 (*). Ce nom, qui est de par lui-même un nomi 
pluriel, signifie littéralement : descendants de Boso et Bqso est un 
germanique bien connu ('). Bosinga est le nom d'un lignage, q 
l'exemple de beaucoup de noms de personnes et de familles, a [ 
dans la toponymie, en devenant alors un datif pluriel ('). 

Le village de Boesinghe a conservé d'une manière frappante, 
cachet du \S^ siècle ; nombre de ses maisons sont bâties dan 
style de cette époque et les auberges y sont encore munies de 1 
originales enseignes peintes du temps jadis. 

(•) Vandeputte. Histoire de Boesinghe et de sa Seigneurie. Bru 
1846, p. 85. 

(■) Ernst Förstemann. Alldeutsches Namenbuch, Ersier B 
Personennamen. Nordhausen, 1856, p. 227. 

(') W. Arnold. Ansiedelungen und Wanderungen Deutscher Stan 
Marburg, 1881, p. 293 et suiv. 



Chbouiqtje 331 

Ka soivant la chaussée qui conduit au hameau do Luzerne, nous 
apercevons à gauche une beile maison franque ; avec son toit 
élancé, ses fenêtres percées très haut dans la façade et ses murs en 
torchis, elle est la reproduction fidèle du type ïraac, figuré dans 
Heoning ('). 

A droite, une ferme qui ne présente aucun trait caractéristique dans 
raménagement de ses bâtiments, nous montre Veiiîenloch bien connu, 
au sommet du pignon de la grange. Croirait-on que cette ouverture, 
qui S'appelle uilengat, n'est notée dans aucun de nos recueils de 
dialectes et que Loquela en donne une mention inexacte (') ? Ce petit 
exemple prouve quel vaste champ reste ouvert aux travailleurs pour 
l'étude des traditions populaires, qui est une des sources de l'histoire. 
On recoQuait généralement des traces de colonisation saxonne, daos le 
Sud-Oaest de la province, dans les régions de Furnes et de Poperinghe : 
serait-il téméraire de supposer que Veuîenloch de ces régions, qui se 
Toit aussi dans les contrées saxonnes de l'Allemagne, est une rémini- 
scence saxonne? 

Plus loin, au hameau de Luzerne, nous atteignons le diverticulum 
de Cassel à Bruges ; fréquemment on recueille encore des fragments 
de grès, provenant de l'empierrement de co chemin. La Belgique 
romaine était sillonnée de grandes routes militaires, de voies inter- 
médiaires et de diverticules, qui reliaient les exploitations agricoles les 
plus recalées. Le hameau de Luzerne doit peut-être son origine à un 
relai établi le long de cette route. Une auberge porte une enseigne bien 
suggestive : ket hof van Lazern. Nous trouvons une simple mention de 
ce hameau, dans l'Histoire de Boesingbe, citée plus haut. Est-ce une 
ancienne seigneurie féodale? Date-t-il de plus loin encore? Que de 
particularités intéressantes continuent à dormir dans les archives ! 
Que de secrets h arracher encore à l'antique sol de la Flandre 1 
Paissent la lecture et la diffusion de nos Annales susciter partout 
d'utiles recherches. 

J. Claerhout. 

— Oostdninkerke. — Quand on suit le chemin empierré, qui 
m^'oe du village d'Oostduinkerkc h. la plage, on voit à gauche, h 
quelques centaines de mètres, l'estaminet S^-ldesbald. Prenant, à côté 
de ce débit de boissons, une direction perpendiculaire à la route pavée, 

(') R. HxNNiiro. Das Deutsche Haus. Strasbourg, 1882, p. 10. 
H Loquela. N° 12. Avril 1891. 



V 

I 



I 



3à2 CHBONIQÜE 

OD arrive, après quelques minutes, à une espèce de cirque, form 
les monticules, h un endroit, appelé de Spelleplekke. Le soi, soi 
étendue de plusieurs mètres, est jonché de petits hame^ns ei 
de débris de briques et de tessons de poterie qui paraissent se 
porter à la fin du moyen âg^e. C'est, ti n'en pas douter, l'emplace 
d'un village disparu, muni autrefois d'un petit port, ce que 
suggère le lieu dit, de Ryde, (ter yde?), situé k proximité d 
emplacement. Peut-on retrouver le nom et les traces de ce v 
dans les documents historiques? 

J. Claerhoi] 

— Beloken t^d te Brugge. — Een vriend deelt on» het vol| 
briefken mede, dat wij letterlijk uitschrijven omdat het eenig l 
heeft voor de geschiedenis van den « beloken tijd n te Brugge 
geschrift is wonderschoon, en het handteeken, waarvan wij alle 
de eerste letters hebben, moet den naam aanduiden van den 
eerw. heer Cornélius Fredericus de Langhe, kanonik der voorn 
collegialekerk van Sint Salvators, die te Brugge stierf den 18 1 
1820. 

Het huis van Borsele is de tegenwoordige muziekschool. 

Wij hebben voorzeiden brief overhandigd aan den zeer 
kanonik Rembry, vicaris generaal, een welbekenden verzamelaa 
allerhande oude oorkonden, bij wien hij wel zal bewaard blijven. 

Brugge den ij febr, I80i 
Mijnheer, 

Laete U-l weten dat ik op de zondagen en heiflig-dagen voortae 
meer en zal Vhu\js misse lezen, te beginnen met zondag toekon 
H dito. Ik ben voor eenen (onzekeren) t\jd Vhuijs b\i r< 
s^ Henricus Coùckey baes wever, eenen zeer braeven, christei 
goedher tigeti, en wei-hebbenden jongman, die vele goede dingen i 
heeft en nog doet, in faveur van de verdrukte dienaers des lieert 
h{f woont op H hoogste van Brugge, recht over de straete va 
verloren arbeijd. Den Numero van 7 huijs is C. 3, N^. 41. A 
gelieft daer te komen om misse te hoor en, zult wei-gekomen zijn 
ook op de zelve uer e gelijk het was in mijn huijs, te weten, ten 7 
en alf. Ik hebbe nievrau?ve Quillo ook geadverteert. 

Voorders, mijnheer, ik betrauwe dat ik de gewoonelijke inlenti 
mogen continuéeren op de zondagen en heijlige dagen, tot m 
order. 



CHBONIQÜE 333 

Wser mede ik ageert Kehbe van mij t'onderschr^'ceny met alle 
veneratie en qfer van diensl sans reserve. 

Mijnheer, U-L oodmoedigen en 

wei-bekenden dienaer, 
C: F: del 

Op de keerzijde van den brief staat het volgende adres : 
Mijnheer 

Mijnheer van Borsele, 
ivoonende in S^, Jacobs-straete, 

tot 

Brugge, 
met vriend, 

H. R. 

— Le pilori de Maele..— D'après la « Patrie n du 16 août 1906, 
l'ancien pilori de Maele qu'on croyait anéanti, se trouve reconstitué 
dans la cour d'une maison du voisinage. 

« C'est un des rares édicules de ce genre qui subsiste encore en 
Belgique. Il est à espérer que l'on conservera cette curiosité qui 
anjonrd'hui n'offusque plus personne. C'est un obélisque en pierre de 
taille à trois faces, posé sur un piédestal qui lui-même repose sur 
quelques marches. Au château Henri lY à Pau (France) il y a une 
tenture représentant le pilori de Maele. La tapisserie porte au bas : 
Van Becke, Brugge, » 

— Les piloris d'Oudenbonrg. — Il y eut autrefois à Oudenbourg 
trois piloris, un à chaque coin du marché, qui forme une place 
triangulaire. Ils étaient taillés en colonne octogonale de pierre bleue, 
genre Ëcaussines, et portaient en haut les armes d'Oudenbourg 
sculptées en relief. 

Quand on jugea opportun de faire disparaître ces restes d'un autre 
âge, on prit soin de les enterrer dans la partie non bénite du cimetière. 
En y entrant par la grille du côté sud, on doit trouver les piloris, 
sur la gauche, à environ deux mètres de la clôture, à 50 ou 60 centi- 
mètres soos terre. 

Il sevMe pcartant qu'il ne reste plus là que deux des trois anciens 
liûoTis, Le troisième aurait été mis en pièces, et son écusson enlevé 
aurait été placé au dessus de la porte Louis XVI de la maison contigue 
sa Pensionnat de S,-D, h Oudenbourg. Il y reste encore aujourd'hui. 

A. De Poobtbe. 



334 Chboniqüb 

— Le Petit Séminaire de Roalers a célébré le 30 juillet dernier 
de grandioses solennités, la fête du centenaire de sa fond 
Dans un rapport dont tout le monde a admiré rélégance litt< 
M. le chanoine Devroe, supérieur du Petit Séminaire, a rapi 
grands traits les changements << que l'histoire et la géographie 
maison n ont subis surtout dans ces cinquante dernières années. 

M. le chanoine De Schrevel, archiprétre de Bruges et aateui 
connu de VHistoire du Grand Séminaire de Bruges, vient de pul 
cette occasion le tome premier d'un ouvrage dont nous ren 
compte prochainement : Histoire du Petit Séminaire de Ro 
précédée d'une introduction ou coup d'œil sur Vétat de Venseign 
moyen dans la région correspondant à la Flandre Occidentale aa 
Ce tomo. comprend 330 pages et s'étend de 1806 h 1830. 

Nécrologie. 

Le 4 mai dernier est décédé, k la fleur de l'âge, M. le cha 
Charles Schbys, docteur en théologie de l'Université de Louvî 
professeur d'histoire et de droit canonique au Grand Séminai 
Tournai. En novembre dernier, la commission royale d'histoii 
avait confié officieusement le soin de préparer, en collaboration 
le savant archiviste de la cathédrale de Tournai, M. Warichez, l'é^ 
du moDumental cartulaire de l'église cathédrale de Tournai 
publication qui sera des plus précieuses pour l'histoire de Flandn 

— La Société d'Émulation vient de perdre un de ses membr 
plus anciens et les plus méritants. M. Feys, qui fut son Vice-Pré: 
pendant plus de vingt ans, est décédé à Bruges le 27 juillet de 
il l'âge béni de 86 ans et demi. 

Ses obsèques ont eu lieu le 31 juillet, au milieu d'un grand con 
d'amis, désireux de lui rendre un dernier témoignage de symp 
Avant la levée du corps, des discours furent prononcés par \ 
Professeur De Meyer, au nom du corps professoral de l'Atl 
royal de Bruges, et, au nom du Comité Directeur de la Société d' 
lation, par M. Léon de Foere, secrétaire. 

Le premier de ces discours a été inséré dans la Pattie du 1 aoùl 

Nous donnons ci-dessous le texte du second. 
Mbssibubs, 

Après les paroles éloquentes que vous venez d'entendre, perm( 
nous, au nom de la Société d'Émulation pour l'étude de l'histo 
des antiquités de la Flandre, de rendre un dernier hommage de r 
naissance et d'affectueux souvenir à notre cher et vénéré collègui 




CHBONIQUE 335 

Au corps professoral de l'Athénée royal de Bruges, il appartenait de 
faire ressortir les mérites scientifiques et littéraires qui ont assuré, 
pendant plus de *S0 ans, au regretté Eusëbe Feys, une place eminente 
au sein de ce corps enseignant. A nous revient la tâche plus modeste, 
mais non moins digne d'être prise à cœur, de remémorer la grande 
part que le défunt prit à nos travaux historiques et à la direction de 
notre Société. 

Nommé membre effectif de la Société d'Émulation, en 1873, M. Feys 
fut, dès l'année 1876, appelé h faire partie du Comité Directeur. Le 
12 avril 1832, il fut élu Vice-Président de la Société. 

Depuis lors, et jusqu'au moment où ses forces le trahirent, il ne 
cessa de veiller avec la plus grande sollicitude k nos multiples intérêts 
et de contribuer activement à enrichir, tant par se» recherches et ses 
étades personnelles, que par ses conseils éclairés, la collection de nos 
AntvUes et de nos grandes publications in-4°, particulièrement du 
Monasticon Flandriœ. 

Ses principaux ouvrages historiques sont : « L'histoire et le cartulaire 
de la ville d'Oudenbourg i», publiés de 1873 à 1878, en 2 volumes, en 
collaboration avec M. Désiré Van de Casteele. 

« Les Cartniaires de la Prévôté de S*-Martin, à Tpres y», avec une 
notice historique, publiés de 1881 à 1881, en 4 volumes, avec la 
collaboration de M. Aloïs Nelis. 

Quant aux articles et notices insérés 'dans les Annales, la liste en 
serait longue. 

Dès l'abord, par l'aménité de son caractère, par le charme de ses 
relations, par la sûreté de sa culture classique, par la variété des 
connaissances qu'il savait mettre au service des études historiques, il 
conquît les sympathies et Testime de tous ses collègues, et ce fut pour 
eux une séparation sensible et, en quelque sorte, prématurée, lorsque, 
en 1903, ils se virent dans la nécessité d'accepter sa démission de 
Vice-Président et de membre du Comité Directeur, qu'il avait offerte 
déjà en 1901. 

Privilège rare, de nos jours, sans se soustraire ostensiblement aux 
devoirs et aux obligations qu'imposent les conventions sociales du 
monde moderne, surtout dans une position officielle, il avait su garder 
une simplicité de foi et de mœurs vraiment antique. C'est bien ce qui 
valut an regretté défunt les sympathies universelles dont il jouissait 
parmi ses concitoyens d'adoption. Car, il ne paraîtra pas inopportun 
de le rappeler ici : M. Feys était d'origine française. Il était né en 
Lorraine. Néanmoins, il s'intéressa toujours avec une prédilection 
marquée à i'àfstoire de la Flandre, et il ne négligea aucune occasion 



336 CHRONIQUE 

de rehaasser le lastre du pays flamand et même de faire résoan 
Dote patriotique, en célébrant les fastes historiques de notre v 
Flandre. Sous ce rapport, l'on pourrait dire qu'il avait conserve 
âme française, chaude et vibrante, tout en reportant sur sa p 
d'élection ses élans et ses enthousiasmes, restés presque juvc 
jusque sous les glaces de l'âge. 

A la cité de Bruges aussi, il avait voué une affection toute pai 
lière. Il aimait ses monuments, ses traditions, son histoire. N'est*c 
lui qui, de concert avec M. Adolphe Lootens, a coUigé et édité av< 
soin pieux les vieilles chansons flamandes, directement recueillie 
grande partie, de la bouche des dentellières brugeoises ? Cette pul 
tion, qui forme le tome 29 de la collection des Annales de la Se 
d'£mulation, constitue une importante contribution au Foiklor 
mand, et elle est justement estimée. N'est-ce pas lui qui, en 
dictait cette phrase typique : « Bruges la Morte, dit-on ; dites \ 
Bruges la Vivante, car elle vil de cette vieille vie des temps anciei 
la vraie vie flamande, bien préférable à l'existence agitée et tourm 
de tant d'ambitieux de nos jours n ? N'est-ce pas lui encore qui di 
«Au premier abord, Bruges étonne et éblouit; après quelques ai 
de séjour, on ne peut plus la quitter n ? Lui aussi ne put se 1 
d' « admirer ses monuments splendides, ses églises, ses musées re 
de chefs-d'œuvre n. «Dans cette ville si éloignée des agitations 
dernes de nos capitales n, où « vit un peuple aux mœurs douce 
doux langage, passant tranquillement ses jours, inconscient et dis 
.au milieu de toutes les splendeurs », lui aussi, après avoir pi 
retraite comme professeur de rhétorique latine ti l'Athénée i 
coula paisiblement le restant de ses jours, non pas « inconscie 
distrait », mais en admirateur averti, en archéologue érudit, en c 
vateur attentif à noter et à faire valoir le moindre détail, à cons 
le plus fugace souvenir prêt à s'effacer de la mémoire du peuple. 

Maintenant ses jours sont accomplis. Il a bien mérité de la \ 
flamande, de la ville de Bruges, de la Société d'Émulation pour Vi 
de l'histoire et des antiquités de la Flandre. 

Au revoir, cher et vénéré collègue, dans une vie meilleure, 
Seigneur vous aura réservé, nous en avons la pleine confiance 
place de prédilection parmi ses élus ! 

— M. Roersch, professeur k l'Université de Gand, consacrei 
vénéré défunt une notice biographique, qui paraîtra dans i 
prochain fascicule. 



BIBLIOGRAPHIE 

DE 



I. SCIENCES AUXILIAIRES. 

1. MÉTHODOLOGIE. 

2S9. C. Callewaert. Recherchons les anciens cartulaires de la Flandre. 
— AnEm. 1906, t. LVI, p. 174-180. (ABelges, 1906, t. VIII, 
p. 104 = J. Cuvelier;) 

Nature d'un cartulaire ; ordre sairi dans sa coofection ; 
coaten a ; titre. Répertoire de cartniaires; indications que doit 
fournir nn bon répertoire de ce genre. 

(V) La Bibliographie renseignera les lecteurs, le plus complètement 
possible, sur les ouvrages (livres et articles de revues) intéressant 
Thistoire et les antiquités de la Flandre. 

L'indication bibliographique sera fréquemment accompagnée d'une 
notice objective et sommaire, avec renvoi (entre parenthèses) aux 
comptes rendus parus dans les périodiques dépouillés. 

Tout ouvrage ou article de revue, rentrant dans le cadre de la 
Uhliographie des Annales et dont un exemplaire aura été envoyé aux 
Bareanx de la Revue (Bruges^ rue Neuve, «® 2i) sera l'objet d'un 
compte rendu ou d'une notice. 

Les titres des Revnes sont indiqués par sigles, dont l'interprétation 
est donnée dans une liste imprimée sur la couverture des Annales, 
Un sigle précédé d'un trait indique un article ; mis entre parentheses, 
il indique un compte rendu. Les comptes rendus d'ouvrages précé- 
demment annoncés sont renseignés sous les diverses rubriques de 
notre bibliographie. Le nom d'auteur ou le premier mot du titre sera 
précédé d'un chiffre romain suivi d'un chiffre arabe, en caractères 
gras et mis entre crochets. Le chiffre romain renvoie au tome des 
.\nnale8, le chiffre arabe au n^ de la Bibliographie où l'ouvrage en 
question a été sig'nalé. 

Les ouvrages et articles qui pourraient trouver place sous plusieurs 
rubriques du cadre bibliographique, ne seront indiqués qu'une fois. 



338 BIBLIOUSAPHIE 

2. BIBLIOGRAPHIE DES SOUECES ET DES TBÂVAXJX 

230 [LV, 140; LVI, 137] H. Dubrulle. BuUaire (U In provin 
Reims sous le pontificat de Pie IL (RIPB. 1905, t. XLVIII, i 
= A. Hansay. 

281 E. Sohoolmeesters : Les Regestes de Robert de Thourotte, p 
évéque de Liège. — SAHLBull. 1905, t. XV, 1« part. 1-126. 

D'après le Chronicon Alberici, a» 1240, le priace-évéque 
le 24-25 décembre 1240 à Huy un grand Synode auquel assist 
comte Robert de Flandre, le comte de S*-Pol et beaucoi 
seigneurs, de chevaliers, de prêtres et de bourgeois — une c 
extraite du Cartulairc de Grandpré (p. 109) est un vidimt 
même Robert ; le vidimus d'une charte de Baudouin, herit 
l'empire Romain et comte de Namur qui confirme la doi 
<^ de decem libris Fiandrensis monetee pro una capeilania» 
en l'année 1238 par son frère Philippe, h l'abbaye de Grandp 

282 Analeota vaticano-belglca, publiés par l'Institut hisii 
belge de Rome. Vol. 1. Suppliques de Clément F/ (1342-1352). 1 
et analyses publiés par D. Uksmbr Bsrlièrb, 0. S. B. — I 
Bruges et Lille, 190G, in-8», xxxviii-952 p. (RBAB. 1906, 
p. 119-120 = J. Cnvelier ; RHE. 1906, t. VU, p. 464 = H. Dub 
RBén. 1906, t. XXIll, p. 323-324 = R. Thibaut ; ABelges, 
t. VllJ, p. 85-S8 = K. Hanquet). 

Analyses de 2511 requêtes adressées au Pape par les q 
diocèses de Cambrai, Liège, Tbérouanne et Tournai et cont 
dans les vingt-deux registres de suppliques de 1342-1352. 

300 pages de tables: Index noniinum personarum et locc 
Index rerum notabilium. 

Nous reviendrons» plus longuement sur cette impoi 
publication. C 

233 Th. Sevens. De negende rekening van Git ij de Ouilbaut (1426- 
~ BGOK. 1915-1906, t. 111, p. 224-235. 

G. Guiibaut était receveur général de Philippe le Bon. II a 
dix comptes (1419-1428), qui sont conservés aux archiva 
département du Nord k Lille, h l'exception du neuvième coi 
qui se trouve \\ Courtrai k la Bibliothèque Goethals-Vercn 
C'est ce dernier qui est décrit et analysé par M. Sevens. 

234 L. V. Goemans. Vatikaansche Oorkonden. Tien geïnventon 
nummers der Nunziatura di Fiandra. — BGHB. 1906, 
p. 230-252. 

A maints endroits de cet inventaire (signalant chronolog 
ment des correspondances allant de 1553 à 1599), sont renseij 
des pièces importantes pour notre histoire régionale. 

235 Catalogus van het Archief der bisschoppen van Ut] 
door M. S. Muller Fz., Utrecht 1906, in-8, XLy-72 p. (R 
1906, t. IX, p. 117- n9 = J. Cuvelier.) 



BIBLIOGRAPHIE 339 

296 J. Denuoé. Une visUe aux archivée de Lisbonne et de Séville. — 
RIPB. 1Ü06, t. XLIX, p. 94-100. 

Les archives des Indes à Séville et surtout celles de la Torre de 
Tombo à Lisbonne ont une importance toute spéciale pour l'histoire 
économique des Pays-Bas, au XVI* siècle. C'est à cette époque, 
particulièrement brillante pour le commerce portugais, que fut 
créée, en 1503 ù Anvers, la factorerie portugaise. A sa tête se 
trouvait \e facteur royale un agent commercial et diplomatique à 
la fois, «t le pivot des affaires commerciales et consulaires avec nos 
pays. M. D. est parvenu h reconstituer la liste presque complète 
de ces facteurs royaux de Flandre pour les 20 premières années 
du XVI* siècle. Leur correspondance et les livres des comptes de 
leur gestion financière contiennent une foule de renseignements 
sur rorganisation des factoreries, sur les attributions des agents 
royaux, sur la vie économique et politique de Tépoque, le com- 
merce d'Anvers, de Bruges, etc. 

Les archives de Séville contiennent des informations précieuses 
sur les marchands espagnols qui eurent le siège de leurs puissantes 
maisons à Bruges et h, Anvers. A. D. M. 

237 [LVI, 9] F. De Bas. Bepertorium voor de Nederlandsche hrijgs- 
geschiedenis, (ABelges, 1906, t, VllI, p. 97-98 = J. L[aenen].) 

Excellent pour l'histoire des Pays-Bas septentrionaux; insuf- 
fisant pour la nôtre. 

23S fLV, 149] Th. Goopman en Jan Broeckaert. Bibliographie 
van den Vlaamschen taalstrijd. (MBBulL 1906, t. X, p. 293 = 
Adolf De Ceuleneer.) 

3. ABCHÉOLOGIE. 
Voir la rubrique : Histoire de Vart, 

4. DIPLOMATIQUE, CHBONOLOGIE. 

239 H. Balieus. Notice sur une charte de Charles le Bon^ d%tée de 1120. 
— GOG Bull. 1906, t. XIV, p. 223-228. 

Charte inédite, reposant aux Archives de Tévéché de Gand. 
Détail curieux : la charte se compose de deux parties : dans la 
1" le comte restitue à l'abbaye St-Pierre à Gand 450 mesures de 
terre usurpées par un certain Everwarker; dans la 2^« il retire ce 
qu'il a octroyé et accorde, moyennant une rente, le terrain con- 
testé à Everwarker. E. V. C. 
210. Blie Berger. Les lettres closes de St.-Omer, — BEC. 1906, 
t. LXVIl, p. 512. 

Procédés de diplomatique mis en usage dans les lettres closes de 
h comtesse Mahaut d'Artois, retrouvées récemment par M. l'abbé 
Bled, 



340 BIBLIOGRAPHIE 

241 [LVI, 144] L. Verriest. Les devises des chartes-parties des g 
scabinaux de Tournai (IXBKB, 1906, t. IV, p. 125 = H. N[eHs 

242 [LVI, 16], S. Mnller, Ta. De jaarstijlen in het Sticht Ut 
gebruikt door het synodaal besluit van 43/0. (RBA6 1906, t 
p. 122-124 = H.N elis). 

248 [LVI, 17]. H. Nelis. Le commencement de l'année tu Venc 
Saint à Tournai au XIV* siècle. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 10 
= J. Cuvelier). 

244 [LVI, 18] . C. Oallewaert. Note complémentaire sur le eon 
cernent de Vannée à Bmges. (ABelges. 1906, t. VllI, p. K 
J. Cuvelier). 

5. GÉOGRAPHIE, ETHNOGRAPHIE. 

245 Manrioe Herlant. Passé et avenir de la plaine maritit 
Belgique. — RUB. 19051906, t. XI, p. 689-702. 

L'auteur nous retrace en ces quelques pages l'histoire gén 
des empiétements de la mer sur notre plaine maritime. Ri 
neuf. 

246 L. Vander Kindere. Sclusas, Clusas dans les diplômes 
lingiens. — CRHBull, 1906, t. LXXV, p. 1-6. 

M. Vander Kindere reprend ici Tétnde de M. Schabfkb. Si 
im Strassburger Zollprioileg von 831 {LV, 253]. Ce dip 
accorde aux hommes de réglis*î de Strasbourg i'exempti< 
tonlieux dans tout Pempire « excepto Quentovico, Dorestado 
Sclusas », on mieux Clusas comme le porte le texte. Pour Iv 
Dorestado est certainement Wijk-bij-Duurstede, Quentotric 
probablement Etaples, k l'embouchure de la Canche. Foi 
qui concerne la troisième localité, il fait d'abord remarqu 
d'accord du reste avec M. Schàfer — que dans les chroniq 
du XII^ et du XllI' siècle, comme dans un acte donné par Jean 
Flandre, en 1238 environ, Sclus, l'Ësclusa se rapporte non ai 
de l'Ecluse, mais k la petite forteresse située au sud de I 
Quant au Clusas carolingien, M. V. motive plus soUdeme 
solution avancée par M. Schàfer et la précise davantag-e. ( 
towico et Dorestado délimitent le littoral maritime, la froi 
Nord-Ouest de l'empire ; Clusas c'est la frontière méridi< 
Ce mot indique conséquemment non une localité, mais les C 
les cois ou passes des Alpes, où des Clusarii percevaien 
péages. . A. D. 

247 A. Rntot. Géologie et préhistoire. Essai de comp'iraison en 
série glaciaire du professeur A. Penck et les divisions du ter 
supérieur et du quaternaire* de la Belgique et du nord de la Fi 
Bulletin de la société belge de Géologie. Tome XX. 



BIBLIOOBAPHIB 841 

ai8 A. Ratot. BolUhes et pseudo-éolUhes. — MSAB. 1906, t. XXV, 
p. 1-43. 

M. Kutot défend les éolithes contre les objections qu'ils joa- 
lèvent. 

249 A, Rntot. Toujours les éolithes, — SABBuIl. 1905, t. XXIV, 

p. CLZIII-CLXXXI1I. 

250 H. Hirt. Die Indo-gemianen, Ihre Verbreitung, ikre Urheimat 
und iAre Kultur. Erster Band. Strassburg, 1905, in-S^, 407 p. 

Quel fut le berceau des Aryens? Quelles furent leurs migrations? 
Quel rôle faut-il leur attribuer daos Fethnogénie de l'Europe? 
Que savons-nous de leur civilisation? 

M. Hirt, professeur k l'université de Leipzig, essaie de nouveau, 
de répondre h ces questions et il le fait avec une grande compé- 
tence. Il décrit d'abord les groupements ethniques qui ne relèvent 
point de la souche indo-européenne. Considérant chaque rameau 
de l'arbre indogermanique, il poursuit les pérégrinations de 
chaque peuple aryen, à la lumière de la linguistique; l'ensemble 
de ces investigations le mène à la patrie primitive des Aryens, 
qu'il place en Europe, ce qui est communément admis de nos 
jours. Les découvertes de la préhistoire permettent à l'auteur de 
retracer le tableau de la civilisation aryenne. Le principal mérite 
de ce beau livre consiste en ceci, qu'il coordonne les données, 
souvent disparates, qui se dégagent de la linguistique, de la 
préhistoire, de l'ethnologie et de l'anthropologie. L'étude des 
textes et des sources est réservée à un second volume. 

J. Cl. 

251 K. MüUenhoff. Deutsche Aitertumskunde II. Neuer verbesserter 
Abdr. bes. d. M. Rodigkr. Berlin, 1906, XXII, 415 p. 

Nous saluons avec bonheur la réédition du second volume du 
célèbre ouvrage de MüUenhoff, qui est capital pour tous ceux 
qui s^occupent de i*ethnologie de nos régions. J. Cl. 

252 J. L. Pic. Z>e Hradischt de Stradonitz en Bohème. Tiaduit du 
Tchèque par Josbph Déchblettk. Leipzig, 1906. 

Ce précieux ouvrage nous intéresse en ce sens qu'il décrit la 
civilisation celtique, dont le Hradischt de Stradonitz fut un puis- 
sant centre d'expansion. J. Cl. 

2Ô3 A. Schoop. DieJtÖnische Besiedlung des kreises />«;v;i.— Zeitschrift 
des Aachencr Geschichtsvereins, 1905, t. XXVII, p. 129-172. 
(ABelges, 11W6, t. VIII, p. 115.) 

Incidemment l'Auteur rompt une lance pour la thèse de 
Torigine radicalement germanique des Belges, mélangés, il en 
convient, d'éléments celtiques. 

254 W. Lndowioi. Stempelbilder römischer Töjifer ans meinen Aus- 
§rahungen in Kleinzabem nebst dem II Teil der Stempelnamen, 
Mûncbea 1905, 



342 BIBLIOGRAPHIE 

Les sigles de cette provenance se sont aussi répandus dans les 
contrées belgo -romaines et nous en avons rencontré un à Denter- 
ghem.. J. Cl. 

255 J. Maertens. Découverte à! une station palustre à Melie. — 
GOGBuU. 1906, t. XIV, p. 251-252. 

Rapport sur les fouilles faites en cet endroit. 

256 L. Manon vrier. Crânes de V époque mérovingienne. — Bulletin de 
la Société d'anthropologie de Paris, 1905, t. VI, p. 361-362. 

257 Zaborowsky. La taille des chevaux chez les Germains et dam 
V Europe préhistorique, — Bulletin de la Société d'anthropologie 
de Paris, t. VIT, p. 6-11. 

258 Willi Peszlér. Das altsachsische Bauernhaus^ in seiner géogra- 
phischen Verbreitung. Braunschweig, 1906, ia-8, 258 p. 

Ce beau travail, qui contient plus de 170 figures et qui est 
accompagné de quatre cartes, constitue une monographie des plus 
détaillées sur le type si original de la ferme saxonne. Ce type doit 
être étudié partons ceux qui abordent la question si intéressante 
des formes typiques et traditionnelles de l'habitation rurale en 
Belgique. J. Cl. 

6. NUMISMATIQUE. 

259 A. Lnsohin von Ebengrenth. Âllgemeine Miinzkunde und Oeld- 
geschichte des Mittelalters und der Neueren zeit. (Handbuch der 
Mittelalterlichen und Neueren Geschichte herausgeben van G. vos 
Bblow und F. Meinbcke). Munich-Berlin, Oldenburg, 1904, in-^», 
xvi-286 p. (RIPB. 1906, t. XLIX, p. 41-42 : H. Pirenne.) 

Manuel de numismatique écrit spécialement à l'intention de^ 
historiens. Deux parties : la l^^ est un traité de numismatique 
générale ; la 2<*«, Geldgeschichte, comprend des données sur l'aloiet 
le pied de la monnaie, les monnaies de compte, la valeur de la 
monnaie, la politique monétaire. 

260 A. Danllé. Un méreau inédit (Saint-Quentin), — Bulletin historique 
et littéraire de la Société de l'histoire du Protestantisme français, 
1906, t. LV, p. 69-70. 



II. PUBLICATIONS DE SOURCES ET CRITIQUE 
DES SOURCES. 

1. SOUKCEB MONUMENTALES. 

Textes épigraphiques. 

Pour les autres sources monumentales, voir les rubriques : 
Archéologie, Histoire de Vart^ 



BIBLIOGRAPHIE 343 

2. SOURCES d'archives et critique diplomatique. 

261 H. Nelis. Deux chartes de Charles le Bon pour V abbaye de S^-Iia, 
von. Signnture autographe du comte (llti). — AnEm. 1906, t. LVl- 
p. 104 = J. Cuvelier.) 

Ces deux chartes A et B étaient considérées jusqu'ici respec- 
tivemeot comme la copie et l'original du même acte. L'auteur 
établit que A, parfaitement authentique, n'est pas la copie de B, 
ni la minute de ce document, mais bien une charte originale dont 
les moines de S*-Bavon ont réclamé une seconde expédition au 
comte, parce que la première leur semblait défectueuse. Ce qui 
en augmenterait encore singulièrement la valeur serait le fait que, 
selon l'Antear, elle est revêtue de la signature autographe du 
B. Charles le Bon. 

262 P. Fredericq en zUne leerlingen. Corpus documentorum 
inquisilionis hœretica pravUatis Neerlandica. Verzameling van 
slakken betreffende de pauselijke en bisschoppelijke inquisitie in 
de Nederlanden. 3« deel. Stukken tot aanvulling van doelen 1 en 2 
(1236-1513). Algemeene registers op do drie eerste deelen. Gand, 
J. Vuyisteke, lUOö, in-8, xLVin447 p. F. 12. 

263 G. Sspinas et H. Pirenne. Recueil de documents relatifs à 
Vkistoire de IWndustrie drapière en Flandre. (Publication de la 
Commission ro^^ale d'Histoire de Belgique). Première partie : des 
origines à l'époque bourguignonne. ïom. I. Bruxelles, Imbreghts, 
1906, in-4, xx-694 p. (ABcIges. 1906, t. VllI, p. 88 = H. Vander 
Linden.) 

Les documents sont groupés d'après l'ordre alphabétique des 
villes. Ce premier volume va de Aire-sur-la-Lys à Courtrai. 
Nous reviendrons sur cette importante publication. 

264 [LVI, 38,168.] Edw.GailUard. Keure van Hazebroeck van 1336. 
T. r. (MBBull. 1906, t. X, p. 293-294 = A. De Ceuleneer). 

265 G. Doutrepont. Inventaire de la *i Librairie n de Philippe le Bon 
(UtO). (Publication de la Commission royale d'Histoire de Bel- 
gique). Bruxelles, Imbreghts, 1906, in-8, xLviii-191 p. (ABelges, 
1906, t. VllI, p. 9J-91 = J. Van den Gheyn). 

Edition critique du catalogue manuscrit de 1420 ; identification 
dps volumes cités. Historique des différents inventaires de la 
bibliothèque de Bourgogne. Ouvrage capital. 

266 E. Teilhard de Chardin. Comptes de voyage d'habitants de 
Montferrand à ÂrrasenU79. — BEC. 1906, t. XLVII, janvier- 
avril. (RQH. 1906, t. LXXX, p. 283 s. = A. Isnard.) 

Apres la mort de Charles le Téméraire (1477), Louis XI s^empara 
de la ville d'Arras. Mais les habitants restaient attachés à la 
maison de Bourgogne. Aussi Louis XI se crut-il forcé de changer 
la population de la ville ; les récalcitrants devaient être expulsés 



344 BIBLIOOBAPHIB 

et remplacés par de « bons et loyaux sujets n (édit du 2 juin 1479). 
Les nouveaux citoyens vinrent de diverses villes de la France, 
entre autres de Mon tferrand; c'est le compte de ce voyage que 
M. E. T. vient de publier, en l'accompagnant d'une notice 
historic^ue. 

267 R. Frnni. Ordonnantie van Willem F, hertoç van Kieef, cocr de 
heerlijkheid Breskens (entre 1539 et 1555). — Verslagen en 
mededeelingen van de Vereeniging tot uitgave van de bronnen 
van het oude vaderlandsche recht, 1904, t. V, p. 15-25. 

268 R. Dnpont. De Paescheboom te Nieuwpoort. — B. 1906, t. XVIÏ, 
bl. 48. 

Quelques extraits de comptes au sujet du Paesckboom à 
Nieuport. 

269 F. J. Vandenbranden. La furie espagnole (documents) AA. 
t. XXIII, p. 353471. Voir AnEm. LV, 36, 427. 

Dans une série de documents concernant la « Furie Espagnole ^ 
est comprise une lettre du fonds Briefwisseling van het Magistraat. 
Elle date du 14 janvier 1577 et est écrite par les « Borgeraeesteren, 
Scepenen ende Raidt der Stadt van Antwerpen aux « Eerweerdige 
gedeputeerden der Stadt van Antwerpen wonende te Brussel, n 

Les magistrats déplorent les funestes conséquences du délai 
continuel de la pacification ; toute la ville en souffre, les bourgeois 
et les commerçants la quittent «< te meer dat die natie van Engelant 
met alle heure goeden bij consente van de voors. Hoocheyt van 
Don Jan van hyer naar Brugge zijn vertreckende ende wel te 
presumeren is, dat, ingevalle den pays niet cortelinge voorts en 
gaat, dat alle d'andere natiën zullen volgen ». 

270 Th. Sevens. Iets uit de rekening der stad Roeselaere over het jaar 
1519-80. — BGOK. 1905-1906, t. Xlï, p. 250-256. 

Ces comptes se trouvent aux archives de la ville à Courtrai. 
M. Th. Sevens en donne quelques extraits. 

271 [LVI, 42]. Dom Donatien De Brnyne, O. S. B. Correspondance 
inédite échangée entre deux Mauristes et Char /es De Vise h ^ prieur 
de Vabbaye des Dunes. (ABelges, 1906, t. VIII, p, 69-70 = 
J. C[uvelier].) 

272 [LVI, 44.] A. De Poorter. Een inventaris van 't jaar 1752. 
(ABelges, 1906, t. Vlll, p. 103-101 = J. Cuvelier.) 

273 L. Gilliodts-van Severen. Cartulaire de Vancienne estaple de 
Bruges. Recueil de documents concernant le commerce intérieur 
et maritime, les relations internationales et l'histoire économique 
de cette ville. T. IV. (Publications grand in-8 de la Société d'Ému- 
lation de Bruges.) Bruges, De Plancke, 1906, 680 p. 

Nous reviendrons ultérieurement sur ce volume qui comprend : 
le texte et l'analyse de 218 documents (1721-1792) ; une série de 
pièces publiées en supplément et dans une suite d'annexés se 



BiBLIOGBAtHtE 345 

rapportant à des sujets spéciaux ; les conclasions qui se dégagent 
de cette monumentale édition ; enfin une table des noms et une 
table analytique générale des quatre volumes, une table des 
errata. 

3. SOÜECE8 LITTÉBAIBES ET CEITIQUE d'ÉBUDITION. 

274 f LV. 34] Léon Vander Kindere. Li chronique de Gisîeherl de 
Mons (RIPB. 1905, t. XLVllL p. 37-89 = A. Hansay). 

275 Lodew^'k van Velthem 's voortzetting van den Spiegel historiael 
{ti48-1316), Nouv. édit. par H. Vanderlinden et G. de Vreese, 
l" partie (Commission royale d'histoire.) Bruxelles, Imbreghts, 
1906, in4, XIV-486 p. 

27Ö R. Lawet : Gheestelick Meispel van *t Reyne Maecxsele gheseyt 
de ziele, uitgeg. door L. Scharpé (Leuvense Tekstuitgaven n' 2). 
H- Bomans en Van Brusselen, 1906. 

Dit handschrift met verschillende andere rederijkersspelen 
berust op de Koninklijke Bibliotheek te Brussel. Alle zijn van de 
zelfde hand; buiten één dragen ze alle de kenspreuk « Al qwaelcke 
ghewedt j» en dagteekenen van 1571-1583. Enkele verschijnen in 
een volgende uitgaaf. 

Het Geestelick Meispel (1356 verzen) is een uitgebreide Tooch 
die uit 2 deelen bestaat : 

a) De kortstondige paradij s weelde en den zondenval. 

b) De verlossing der menschen door Christus. 

Het spel wordt besloten door het glorierijk schouwspel van 
Christus' zegepraal over dood, hel en duivel, en de verlossing 
der ziel. 

Een oud paaschspel hebben we hier dat. vcrallegoriseerd tot 
een spel van zinnen, is bewerkt geworden, tot een spel « den Mey 
ter eeren » met afwisselende zinspeling op den Mei als de Maand 
van het jonge groen en van het lustige herleven en op den Mei- 
boom als Kruissymbool. 

Wat de wijze van uitgave betreft wordt het hs. heel trouw 
weergegeven. Niets werd gewijzigd aan de spelling. De ingelaschte 
letters of lettergrepen zijn tusschen haakjes geplaatst, de verkor- 
tingen worden cursief opgelost. De schrijver dezer verschillende 
spelen is Robert Lawet, lid van de Koeselaersche kamer van 
Rhetorika « De Zebaer Herten ». Waarschijnlijk was hij kastelein 
of gasthofhouder. Als componist stond hij in hooge achting bij 
zijn mede-Barbaristen. K. Lawet schijnt te Brugge vóór 1590 te 
zijn gestorven. 

Heel belangrijke mededeclingen bevatten de " Aanmerkingen» 
over de Koeselaersche Rhetorika: « De zeegbare Herten ». 

Uit andere spelen treffen we enkele brokken aan in Aanteeke- 
ningen iv-v-vi-vu-viii. F. D. W. 



346 BIBLIOGRAPHIE 

277 C. Van Mander. Das Leben der niederlàndischen und deutschen 
Maler. Textabdruck nach der Aus^abe von 1617. Uebersetznnr; 
und Anmerkung^en von H. Flobrkk. (Kunstg^eschichtliche Sta- 
dion. DerGailericstudien. 4« sér., éd. Th. von Friumel). Manicb, 
G. Muller, i:X)6, io^, 460 p. avec 20 pi. M. 6. 

III. TRAVAUX HISTORIQUES PROPREMENT DITS. 

1. HISTOIRE GENERALE. 

Histoire régionale, looale et corporative. 

278 fliVI, 51] G. Knrth. Manuel d'histoire de Belgique, 2« édit. 
(RIPB. liX)6, t. XLIX, p. 152-153 = Em. Dony.) 

279 Vlaamsch België sedert 1830. (Uitgave van bet Victor De 
Iloon-fonds). Studiën en scbetsen bijeengebracbt door het Alge- 
meen Bestuur van het Willems-fonds ter gelegenheid van bet 
jubeljaar 1905. 1« Deel. Gent. J. Vuyisteke. 1905. 232 biz. 

Cette I« partie comprend les études suivantes ; 

1. Belg iè in vogelvlucht door G . D, Minnaert : Description géo- 
graphique et ethnographique de la Belgique. 

Aperçu général sur les villes Flamandes* et leurs monuments 
(bl. 1-68). 

2. Een blik op de geschiedenis der Vlaanische gewesten tot Water- 
loo door Paul Fredericq (bl. 69-84). 

3. De regeertng van Koning Willem I door V. Fris (bl. 85-143). 

4. De Belgische Ontfrenteling door V. Fris (bl. 145-187). 

5. Dé Stichting van het Koninkrijk België^ door F. Fris 
(bl. 188-232). 

Ces trois dernières études, sans doute les plus importantes du 
présent volume, se lisent avec le plus vif intérêt. L'autenr ne se 
contente pas d'nne énumération sèche de détails et de faits; mais 
par l'exposé des situations et de l'état des esprits, par l'analyse 
des sentiments et des actes des individus et des partis, il s'eflForce 
d'expliquer les faits et d'en donner Tenchaînement. 

Toutefois, il y a des réserves h faire au sujet de certaines opi- 
nions émises par Tauteur et Ton peut regretter Pabsence de 
références au bas des pages ; cette absence n'est pas compensée 
par la longue bibliographie qui suit chacune de ces études. 

E. V. C. 
2S0 Vogel. Die Norynannen und das frànkische Rei'ih bis zur OrUndung 
der Norma7tdie(7'3^'^n). Ch^p.l (Diss.), Berlin, 1906, in-8, 48p. 
281 K. Wenk. Philipp der Schone von Frankreich, seine Persönlichkeü 
und (las Urteil der Zeitgenossen, 1905, 74 p. 

(< Un examen des sources plus complet et plus pénétrant que 
f* ceux de ces devanciers, a amené Tauteur ù reconnaître dans le 



BIÖLIOOBAPHIE 347 

« grand Capétien un prince appartenant encore an moyen âge 
*> par sa piété, mais annonçant déjà les temps modernes par son 
« ferme et clairvoyant génie politique. » (RIPB. 1906, t. XLIX, 
p. 62 = H. P[irenne].) 

282 F. Wodzak. Die Slacht bei Korlrpcl, 11 Juli 130i. (Diss.). 
Berlin, 1905, in-8, 93 p. 

283 R. Czeppan. Die Slacht bei Crécy (iiff August 1346), £in Beitrag 
znr Kriegsgeschichte des spàteren Mittelalters. (Diss.) Berlin, 

1905, in-8, 115 p. 

2â4 F. Mohr. Die Slacht bei Rosebeke am 27 November 1382. Ein 
Beitrag zur mittelalterlichen Kriegsgeschichte. (Diss.) Berlin, 

1906, in-8, 87 p. . 

285 A. Hollander. Wilhelm von Oranien und Strassburç, 1568 und 
1569. — Zs. f. d. geschichte des Oberrheins, 1906, t. XXI, p. 50-98. 
(ABeïges, 1906, t. VllI, p. 115-110.) 

Campagne de Guillaume d'Orange contre le duc d*Albe. 

286 [LVI, Ö4J E. Gossart. Espagnols et Flamands au XVI'' siècle. 
V établissement du régime espagnol dans les Pays-Bas et l'insur- 
rection. (RHE. 1906, t. VII, p. 676-678 = Theissen). 

287 [LV, 443; LVI, 63] H. Colenbrander. De Belgische Omwenteling. 
(W. 1906, t. XIV, p. 186-190 = F. Magoette ; RIPB. 1905, 
t. XLVIIÏ, p. 317 = H. P[irenne] ; 1906, t. XLIX, p. 161-167 = 
F. Magnette.) 

288 V. Fris. Blavotins et Ingherkins. une guerre privée dans la 
Flandre Maritime au XIT^ siècle. — GOGBull. 1906, t. XIV, 
p. 135-185. (AnEm. 1906, t. LVI, p. ). 

2^ V. Fris. Een Gentsch politicus: Jan van Coppenhole. — GOGBull, 
1906, t. XIV, p. 93-114. 

Fait connaître la situation politique de la Flandre k la fin du 
XV* siècle et la lutte communale soutenue par la ville de Gand 
contre Maxi mi lien. Le chef et l'âme de cette lutte fat Jan Van 
Coppenhole de Gand. Vrai génie politique, doué d'une prodigieuse 
activité et d'un courage héroïque, il parvint à sauvegarder, 
pendant quelques années, Fancienue autonomie communale et ii 
tenir en échec la politique absolutiste de Maximilien. Il personnifie 
la lutte du parti communal flamand contre la centralisation et 
l'absolutisme des ducs de Bourgogne. 

Cette étude est un extrait d'un travail que M. Fris se propose 
de publier et qui aura pour objet: la lutte des Gantois contre 
Maximilien E. V. C. 

290 Tfa. Sevens. Bene aardbeving in Vlaanderen, (1756). — BGOK. 
1905-1906, t. III, p. 216-222. [M. A. D. y ajoute une note (p. 223) 
sur on tremblement de terre à Bruges, le 6 Avril 1580. 



â48 BliBLIOGBAl^HtE 

2. Histoire spéciale. 

A. Histoire des institutions et du droit. 

21)1 [LVI, 78, 79], L. Vander Kindere. La première phase de Vécolu- 
tion constitutionnelle des communes flamandes ; — La politique 
communale de Philippe d'Alsace et ses conséquences. (RIPB. 1905, 
t. XLVIII, p. 388-399. = H. Vanderlinden). 

292 M. Banohond. La justice criminelle du Magistrat de Vaienciennes 
au moyen âge, Paris, Picard. 1904, 314 p. (RIPB. 1905, t. XLYIIl. 
p. 205-207 = G. Des Marez). 

Se basant sur le texte des lois, privilèges et coutumes, sur des 
documents de la pratique judiciaire, et sur des actes privés, 
M. B. traite dans la première partie de la procédure et de 
PorganisatioQ judiciaire, toile qu'elle fooctionoait dans cette Tille 
des anciens Pays-Bas. Le chapitre traitant des modes do preuves 
est particulièrement intéressant. La seconde partie est consacrée 
au droit pénal et à ses transformations. 

293 [LVI, 84] P. De Pelsmaeker. Le courtage à Ypres aux XIII* et 
X/r« siècles. (RIPB. 1906, t. XLlX, p. 158-159 : G. D[es] M[arez].) 

294 H. C. Différée. De geschiedenis van den fiederlandschen handel. 
1« Deel. Amsterdam, A. Akkeringe, 1905, in-8, vii-123 p. (ABelges, 
1906, t. Vlll, p. 63-64 : J. L. 

295 G. Espinas. Jehan Boine Broke, bourgeois et drapier douaisien 
(?-1310 env.). — Vierteljahrschrift fur Social-und Wirtschafts- 
geschichte. t. II, 1904. (RIPB. 1VK)5, t. XLVIII, p. 118-124: 
G. Des Marez). 

Excellent article qui jette une vive lumière sur le patriciat 
urbain de cette époque, en nous décrivant, en Boine Broke, un 
type du bourgeois flamand anobli, h. la fois propriétaire, magistrat, 
commerçant-industriel. Boine Broke était chef-drapier et teinta- 
rier et c'est surtout en ces qualités qu'il fait l'objet de l'étude de 
M. Espinas. D'où l'intérêt de cet article, surtout au point de vue 
des relations du chef-industriel avec ses employés. 

296 A. Hansay. Une crise industrielle dans la draperie hasseltoise au 
jr/« siècle. — RIPB. 1906, t. XLVIII, p. 261-272. 

Étude qui confirme pour une partie du pays de Liège \es 
conclusions auxquelles M. Pirenne est arrivé pour la Flandre 
dans son travail : Une crise industrielle au 46^ siècle. La draperie 
urbaine et la nouvelle draperie en Flandre (AnÉm. LV, 461, 
LVI, 91). Elle contient aussi certains détails intéressants sur les 
relations commerciales de Hasselt avec la Flandre et spécialement 
avec Bruges, où la cité se fournissait de laine espagnole. 

A. D. M. 



BlBLIOOBÀPfilE 349 

B. Histoire óoonomiqne et soolale. 

297 Ij. Vander Kindere. Liberté et propriété en Flandre du /X« au 
XIl^ siècle. — ARBBull. 1Ö06, n^ 3, p. 151-173. 

D'après M. Pirenke (ffist. de Belg., I, p. 126) il n'y avait, au 
débat du IX« siècle, de paysans libres que dans la Flandre mari- 
time et dans les bruyères du Brabant septentrional et de la 
Campine. Partout ailleurs les hommes libres avaient cédé leurs 
manses aux dynastes laïques et aux monastères. Voici que 
M. Vander Kindere, en se basant sur les donations du Liber 
iraditionum S, Pétri Oandensis, montre que sur les bords de la 
L<yset de PEscaut, la propriété rurale avait gardé, jusqu'à la fin 
du IX*^ siècle, son caractère primitif. Les compagnons d'une 
marche agricole n'avaient perdu ni leur habitation propre, ni la 
participation aux diverses zones de culture du territoire, non plus 
qu'aux droits d'usage des biens demeurés en commun ; nulle part 
on n'aperçoit le manse seigneurial, auquel ressortissent les manses 
tributaires. — Au X* siècle commence l'ère des donations de 
grands domaines, ce qui témoigne de l'existence de la seigneurie 
foncière. Mais les donations d'étendue restreinte, parmi lesquelles 
beaucoup sont qualifiées d'alleux, ne disparaissent point. Preuve 
évidente de l'existence de petits propriétaires, de paysans libres. 
— Enfin, aux XI* et XII* siècles, un grand nombre de personnes 
s'offrent comme tributaires h. l'autel de Saint-Pierre. Toutes 
auparavant étaient libres et possédaient au moins une petite 
maison, une petite terre. 

Donc, il existe sur les rives de l'Escaut et de la Lys, depuis 
Chariemagne jusqu'à l'époque des communes, des traces de liberté 
et de propriété. E. V. C. 

2118 [LVI, 196.] £. Van Cappel. De hongersnood in de middeleeuwen 
tot de IIII* eeuw. (ABelges, 1906, t. VIII, p. 103 = J. Cuvelier.) 

299 G. Desmarez. Les luttes sociales à Bruœelles au moyen âge. — 
ROB. 1905-1906, t. XI, p. 287-323 (MBBuIl. 1906, t. X, p. 188-189 
=: J.-B. Goetstouwers, S. J.) 

300 A. de l'Arbre. Le salaire tarifé du bourreau de Gand, opérant hors 
ville. - GOGBull. 1906, t. XIV, p. 237-241. 

301 Dr. J. Prinsen. Armenverzorg te Leiden in 1577.— BMHG. 1905, 
t. XXVI, p. 113-160. 

La Commission pour les publications d'histoire nationale à 
conseillé, dans son dernier rapport, d'examiner l'influence des 
projets réformateurs de l'humaniste Vives et de la fameuse 
«aroienordonnantie » d'Ypres, sur la manière de prêter secours 
aox indigents en Hollande. Notons d^abord que Louis Vives a écrit, 
en 1526, à la demande des magistrats de Bruges, le De subventione 
pauperum, réédité en 1130 à Paris, en 1132 à Leiden et traduit en 



3ôO BIBLIOOBAPHIE 

Néerlandais à Anvers en 1566. L'auteur fait l'examen désiré d'après 
le rapport du secrétaire Jan van Hout, daté de 1577. Ce rapport, 
conservé aux archives communales de Leiden, intéresse hautement 
rhistoire de la vie économique et sociale du pays. Il est publié in- 
extenso à la suite de la courte étude de M. Prinsen. Conformément 
aux réformes préconisées par Vives, le rapport du secrétaire van 
Hout, établit que l'assistance des pauvres est laissée au pouvoir 
temporel, qui prépose a cet effet des surveillants et des distributeurs, 
et fournit du travail aux indigents. Seules les idées du réformateur 
sur l'instruction des pauvres n'ont point été admises dans le 
rapport. L'auteur constate que la suprématie du pouvoir temporel 
sur le pouvoir des prêtres, en cette matière, qui a soulevé des 
difficultés en Belgique, a été aussitôt admise en Hollande. A. D. 

C. Histoire des scienoes et des lettres. 

302 A. Hoersch. Quelques considérations générales sur la Renaissance 
des Lettres en Belgique, — GOGBull. 1906, t. XIV, p. 220-222. 

Résumé d'une conférence. 

303 A. M. J. J. Binnenwiertz, pr. Letterkundige opstellen. Eerste 
bundel. Utrecht, Wed. J. R. van Rossum, 1905, in-8, viii-210 p. 
(MBBull. 1906, t. X, p. 245-246 = C. Lecoutere.) 

P. 86-171. Une étude consacrée à Gezelle. 

304 J. Broeokaert. Frans de Potter en zijne werken. (Verslagen en 
mededeelingen der Koninklijke Vlaamsche Academie. Extrait.) 
Gand, A. Siffer, in-8, 72 p. F. 0.75. 

D. Histoire de Tart. 

305 J. Reinach. Répertoire des peintures du moyen âge et de lu 
Renaissance (1280-1580). T. I, Paris, E. Leroux, 1905. in-8*', 
1046 gr. Fr. 10. (BEC. 1905, t. LXVI, p. 707 = A. Boinet; 
MBBull. 1906, t. X, p. 297 = A. De Ceuleneer). 

Ce répertoire contient la reproduction de 1046 tableaux dont 
beaucoup sont peu connus. Les gravures sont accompafçnées de 
brièves notices renseignant les lecteurs sur la date, la patrie, 
l'auteur de l'œuvre. D'excellents index ajoutent encore à Tutilité 
de ce répertoire. 

306 A. V. Wurzbach. Niederlandische Künstler-Lexikon. Fase. 7-8. 
Vienne, Halm et C'«. M. 4 le fasc. 

307 E. Moes. Handzeichnungen der holland, und vlàm. Schule, Fasc. 5-7. 
Leipzig^ Hiersemann. Le fasc. M. 34. 

308 Ch. Didier. Musées régionaux et locaux. — W. 1905, t. Xlll, 
p. 420-425. 

On devrait s'efforcer de créer des musées populaires et régio- 
naux. Il n'y a pas d'art national dans le sens moderne du mot : 



BtBLiOOBAPHIE 351 

art français, allemand, anglais, des mots que tout cela. Les 
expressions géographiques actuelles ne correspondent pas h des 
nationalités véritables, aux races qui malgré tout perdurent et 
conservent leur génie propre. Ainsi pourrait-on parler d'un art 
austro-hongrois ? 

National, de nos jours, voudrait dire : de telle nation politique. 
Donc mieux vaut dire : régional, J.-B. D. 

309 Gand. Ouide illustré, publié sous les auspices de la commission 
locale des monuments. Avec plan et illustrations. Gand, A. Vander 
Haeghen, ISW, in-12, lvi-175 p. F. 3. (ABelges, 1906, t. VIII, 
p. 9-10 = V. Fris; KAC. 1906, 5« sér., t. II, p. 204-206 = 
L. qioquet]). 

Premier guide complet de Gand. Il constitue une innovation, en 
ce sens que les différents chapitres sont écrits par des membres 
spécialistes de la commission locale des monuments. Nous citons 
MM. Pirenne qui en compose l'introduction historique, Vander 
Haeghen, Van den Gheyn, van Werveke, Bergmans, Heins, 
Biegerijck, etc. Le livre est abondamment illustré. Regrettons 
toutefois l'absence du plan terrier des principales églises. 

H. H. 

310 J, De Waele et A. van Werveke. Château des comtes de Flandre 
èGand. Guide du visiteur, Gand, ad. Hoste, 1905, 5S p., 1 pi. 
F. 0.50. [Voir AnEm. LVI, 100], 

Excellent gnide muni d'un plan terrier numéroté, facilitant 
beaucoup la visite du très intéressant château que Philippe 
d'Alsace bâtit vers 1180 sur les restes du «novum castellum n, 
du X* siècle. — Philippe « n'avait destiné son château qu'à la 
surveillance de la turbulente* cité n de Gand. Il comprend surtout : 
le châtelet d'entrée et le chemin de ronde — le donjon et ses 
dépendances — la maison du comte et de la comtesse — et les 
écuries. 

Le gnide débute par l'histoire de la forteresse dans laquelle, 
dès 1350, la Monnaie et l'Audience du Comte furent établies. De 
1407 a 1778 le Conseil de Flandre y résida. Tous les bâtiments 
furent vendus ti la fin du XVIII* siècle, et en 1807 on y installa 
nue filature de coton. La ville parvint à racheter ce modument 
historique eu 1872 et en 18)^2. La restauration en fut faite par 
M' De Waele de 1894-1899 et de 1903-1905. 

Les auteurs nous promènent ensuite dans les différentes parties 
du monument, en nous faisant remarquer tous les détails archéo- 
logiques et en citant de nombreux textes d'archives concernant 
entre antres les prisonniers enfermés dans le château, les tortures 
qu'ils eurent à subir, etc. 

Snit une notice sur la place S^« Pharaïlde, s'étendant devant 
le château. H. Hobtb. 



352 BIBLIOGRAPHIE 

311 C. Callewaert. VÈglise Notre-Dame et la chapelle castrale det 
châtelains au Bourg de Bruges. — AnÉm. 1906, t. LVI, p. 165-173. 
(ABelges, 1906, t. VIII, p. 104 = J. Cuvelier.) 

Importante contribution à Tbistoire archéologique de ré$^li>e 
Notre-Dame k Bruges. La charte de 1185 ne se rapporte pas à 
i'église N.-D., mais k la chapelle de la cbâtellenie de Bruges.— 
Bulle du 15 mars 1289, qui prouve que l'église fut reconstruite 
vers la fin du XIll* siècle. — Concession d'indulgence par le Pape 
Nicolas lY k ceux qui visiteront la dite église, à certains joars 
de fêtes. 

312 L. Snbat. VÉglise Notre Dame-la-Orande à Valencieunes. — 
RAC. 1906, 5« sér., t. II, p. 9-21. 

La suite d'un article paru dans RAC, 1903. Dans cette f''i,'ii-e 
existait une chapelle de la confrérie de Notre-Dame de Hal établie 
k Valenciennes. On y remarquait aussi la chapelle de la gilde Je 
S'-Luc. Valenciennes fut un centre d'art, principalement aux 
XIV* et XV^ siècles. Un grand nombre d'artistes étrangers vinrent 
s'y fixer. Parmi eux Simon Marnion. J.-B. D. 

313 E. Q[evaert]. Une ancienne porte Brugeoise. — MBBnll. 1905- 
1906, t. V, 345-347. 

Description d'une porte fort remarquable, trouvée il y a deux 
ans dans une maison de la rue Haute k Bruges. 

314 L. Cloqiaet. La cheminée gothique en Belgique, — RAC. liX)6. 
5« série, 1. 1, p. 113-122. 

L'auteur consacre une partie de son article aux cheminées 
flamandes. 

315 E. G[evaert]. Un peu de sculpture. — MABull. 1905-06, t. V, 
p. 323-331. 

On y trouve la description de quelques clefs de voûtes et des 
figures d'apôtres qui ornent l'église de Damme. 

316 [LVI, 116] A. Kleinolansz. Claus Sluier et la sculpture bour- 
guignonne au A'P'« siècle. (MBBull. 1906, t. X, p. 296 = A. Dutroni. 

317 Ootave Teissier. Peintres et sculpteurs provençaux. Paris, 1905. 
Champion, in-4<^, 38 p. 

318 H. Kervyn de Lettenhove. L'exposition des Primitifs à Bruges, 
en 1902 (k suivre). — AnEm. 1906, t. LVI, p. lSl-213 ; 279-303 
(ABelges, 1906, t. VIII, p. 104-105 = J. Cuvelier). 

Histoire de son organisation. 

319 J.-B. Dngardyn. Les Primitifs. — MABull. 1905-1936, t. V, 
p. 287-297. 

C'est k propos du livre de M. G. Lafenestrb : Les Primitifs à 
Bruges et à Paris n que l'auteur publie un article concernant 
l'histoire des maîtres anciens. L'école italienne au midi, /école 
flamande au nord furent, parmi toutes, les plus célèbres et les plus 
fécondes. La dénomination: École de Bruges, est incorrecte. 



BIBLIOGRAPHIE 353 

Brnges n'eut pas son école distincte. Elle fut le grand centre 
artistique du Nord, le séjour préféré des primitifs Flamands. En 
suivant M. G. Lafenestre dans sa promenade artistique, M. J.-B. D. 
donne quelques notes très instrnctives sur Tinfiaence que 
subirent les diverses écoles, sur la part qui revient à chacun des 
frères Van Eyck dans le polyptyque de Gand, sur les peintres qui 
illustrèrent l'école de France. Une comparaison fort remarquable 
entre Jean Van Eyck et Hans Memlinc comme peintres de sujets 
religieux et portraitistes, termine cette étude. A. V. 

320 P.-A. X«eino7ne. Notes sur V exposition des primitifs français, — 
Revue des bibliothèques de Paris, 1905, t. XV, p. 155-195. 

321 J. van den Oheyn. Cône et van Eyck. — Revue archéologique 
de Paris, 1905, 4* sér., t. VI, p. 349-350. [Voir AnÉm. 1905, 
t. LV, p. 216 s. et n° 352 de la bibliographie]. 

322 Fierena-GKevaert. Les frères Van Eyck et le polyptique de 
l'Agneau. Compte rendu du Congrès de l'Enseignement moyen 
tenu à Bonne-Espérance 12 et 13 Sept. 1905, Tournai, Casterman, 
p. 26-36. 

Résume d*une conférence donnée au Congrès de Bonne-Espé- 
rance par le professeur d'esthétique et d'histoire de l'art h l'Uni- 
versiié «le Liège. 

Le conférencier traite d'abord de la famille Van Eyck et de son 
berceau ; puis il s'occupe successivement d'Hubert et de Jean van 
Eyck et de leurs œuvres et aborde dans un quatrième point 
l'histoire et la discription du polyptique V Adoration de V Agneau. 
Pour finir M. F.-G. donne une bibliographie substantielle du sujet. 

323 A. Heins. La plus ancienne vue de Gand: le carrefour de la t*ue 
courte du Joisr (alors Vierwegscheedé) vers la Walpoorte^ représentée 
sur un volei du rétable de l'Agneau mystique des frères Van Eyck. 
- GOGBull. 1906, t. XIV, p. 115-126. 

Il s'agit du panneau détaché du rétable conservé au Musée 
royal de Bruxelles, où il est visible derrière la figure de l'Adam. 

Contredit l'opinion de M. Weale, d'après laquelle la vue du 
volet reproduit un coin de Bruges : la rue de la Main d'or. 
321 A. Heins. Essai d^ identification de vues de ville (Gand ?) dans les 
miniatures des Heures de Turin attribuées aux Van Eyck. — 
GOGBull. 1906, t. XIV, p. 246-250. 

M. H. annonce que M. Weale se rauge de son avis à propos de 
l'identification de la vue de ville, reproduite sur le rétable des 
Van Eyck; maintenant il se propose d'identifier certains paysages 
panoramique.*! décorant des pages de ces heures célèbres (voir 
numéro précédent). 
325 a. Hulin. Notes sur quelques tableaux gantois. ~ GOGBull. 1906, 
t. XIV, p. 61-74. 

M- H. fournit des renseignements nouveaux au sujet de certains 



354 BIBLI0GBAPH2E 

tableaux conservés à l'égalise Saint-Bavon et au. musée de peinture 
à Gand. 

Ensuite, M. H. traite de la célèbre école des miniaturistes 
Gantois de la fin du XV* siècle et du commencement du XVP. 
« Brugjes n'a pas produit de grands miniaturistes. Tandis que, 
dans les autres villes (Gand, Tournai), les miniaturistes devaient 
faire leur apprentissage dans la corporation des peintres; à 
Bruges, les cailigrapbes obtinrent le droit de peindre, non seule- 
ment des lettres plus ou moius multicolores et ornementées, mais 
encore des sujets, des « ystoires n, dans les manuscrits, v C'est 
donc au manque de contact avec de véritables artistes, à des 
conditious défectueuses d'apprentissage, qu'il faut attribuer 
l'infériorité de la miniature brugeoise. 

Suivent quelques détails sur les miniaturistes gantois de cette, 
époque, notamment sur les Benning ou mieux : Binnink. On vieut de 
découvrir, en Angleterre, une miniature, représentant le portrait 
de Simon Binnink, exécuté 'par lui-même. £. V. C. 

326 L. Solvay. P.-/. C/tf.yj,pfiw/r^rf^wtfrmtf (1819-1900) — ARBBull. 
1906, t. LXXII, p. 47-62. 

11 était natif de Bruges. 

327 Ghan. van den Oheyn. Félix de Vigne, peintre Gantois. 
GOGBull. 1906, t. XIV, p. 77-86. 

328 Emile Mâle. Vart français à la fin du moyen âge. Vidée de la 
mort et la danse macabre, -- Revue des deux mondes, 1900, 
V^ avril. 

Au XIII« siècle la représentation de la mort est pleine de 
gravité; au XIV-XV elle tend à inspirer l'horreur; au XVI* 
elle devient un cadavre d'un réalisme effrayant, le ventre roogé 
par les vers. 

C'est la légende ou le dit des trois morts et des trois vifs qui 
semble avoir inspiré l'idée de la danse macabre et qui apparaît 
au XiV^ siècle : des personnages de toute condition se plaignant 
do devoir mourir et contraints néanmoins de marcher à la mort. 
A ce drame religieux joué d'abord dans les églises, puis sur la 
place publique, s'ajoute bientôt la représentation de la danse 
macabre par la peinture et la sculpture. La plus ancienne repré- 
sentation se retrouve sur la fresque du cimetière des Innocents 
de 1424. La danse macabre serait donc d'origine française. La 
première édition est celle de l'imprimeur parisien Guy Marchant 
en 1485: le cadavre desséché qui conduit chacun des trente 
personnages vivants ne serait pas une personnification de la mort, 
mais la figure posthume du vivant. Comme la danse macabre 
tendait à perdre son caractère chrétien, l'Église y opposa l'irj 
moriendi qui édifia toute l'Europe, en exprimant en même 
temps que les terreurs de la mort, les espérances chrétiennes. 
Dieu et io démon se disputent l'âme du moribond, mais la lutte 



BIBLIOGRAPHIE 355 

se termine h la confusion de Satan. Ce traité si populaire est 
l'œuvre d'un prêtre, probablement français, dit Tanteur. Les 
gravures sur bois qui ornent cet ouvrage, dont il existe des 
édifeions dans toutes les langues, sont attribuées à des artistes des 
Pays-Bas. M. Mâle croit plutôt qu^elles sont d'origine française. 

C. C. 

329 F. De Ménil. V école contrapuntique flamande au Xr« et au 
JF/« siècle. Étude historique et critique. Paris, Desmets, 1905; 
in-30, 322 p. (ABelges, 1906, t. VIII, p. 156-161 = Cl. Charlier ; 
W. 1906, t. XIV, p. 190 = E. Closson). 

S'aidant des monographies et des recueils d'œuvres musicales 
publiés par ses devanciers, M. De Ménil a entrepris avec succès 
de retracer l'histoire de l'École contrapuntique néerlandaise et des 
maîtres qui l'illustrèrent par leurs œuvres et leur enseignement. 
Après quelques chapitres d'introduction qui traitent du milieu où 
s est développée cette forme d'art et de la chapelle-musique au 
moyen âge, et exposent certaines notions techniques indispen- 
sables, fauteur abordant le sujet proprement dit, divise son étude 
en trois parties correspondant à trois écoles successives. 

L'harmonie polyphonique est créée par Dufays et Binchois ; elle 
est perfectionnée par Okeghem, Agricola, Obrecht, Josquin des 
Près ; enfin Willaert, Gombert, Jannequin, Cyprien de Rore et 
Palestrina lai donnent l'expression. 

Étude claire et érudite, tout 2i la glorification de notre école 
Néerlandaise qui produisit les plus célèbres musiciens du 
XVI* siècle^ et de laquelle dépendent les écoles française, napoli- 
taine, vénitienne et romaine. 

330 J. Destrée. De la Restauration de V industrie de h Tapisserie 
en Belgique, Tlrlemont, Claeys, 1905. 

Opuscule traitant en général des gobelins et de la tapisserie 
d'art, en particulier des anciens tapis belges. 
'<âl J08. Berthelé. Archioes campanaires belges et rhénanes. Notes 
sur divers Tondeurs de cloches ambulants du Bassigny, ayant 
travaillé à Druges, h Tournai, à Mons, à Liège, à Malmidy, à 
Aii-la-Chapellê, etc. — ARABAn. 1905. 5« sér., t. VIL p. 465-618. 

I. Les fowideurs. Courtes biographies d'une quarantaine de 
fondeurs du Bassigny (Haute-Marno), qui sont venus couler des 
cloches, sur place ou dans des ateliers momentanés, en Belgique, 
pendant la première moitié du XIX^ siècle. 

II. Les cloches. Enuroération dans Tordre alphabétique des 
localités où se trouvent ces cloches. Notons pour la Flandre : 
Bruges (cathédrale et couvent des Sœurs Redemptoristines), 
Coxide, Dadizeele, Fumes (Saint-Nicolas), Heestcrt, Houthem, 
Ichteghem, Kerkhove, Messines, Moorseele, Ooteghem, Paschen- 
daele, Pitthem, Pollinchove, Rousbrugge, Ruddervoorde, Thou- 
roat,Tîeghem, Vinckhem, Warnèton, Zonnebeke. 



356 BIBLIOOBAFHIB 

E. Histoire religieuse, 
a) Histoire générale. 

HISTOIRE RÉOIOKALB, LOCALB ET CORPORATIVE. 

332 H. von Sjbel. Tke history and littérature of tke erutadei. 
Traaslated from the ^rmaD and edit. by Ladt Duff Gobdos. 
With an index. (New universal library.) Londres, Routledge, lUOO, 
in-18, 276 p. Sh.1. 

333 A. Cartellierl. Philipp II August, Konigvon Frankreich. T. II. 
Der Kreuzzug (1 187-1191). Leipzig, Dyk. 1906, in-S. M. 18. 

334 J. Sohmidlin. Geschichte der deutschen Nationalkirche in Rom. 
S. Maria deW Anima. Frihourg. e. Brisgau, Herder, 1906, in-8, 
XX — 815 p. (ABelges, 190'j, t. VIll, p. 92-95 = U. Berlière). 

Histoire sociale, économique et juridique d'un hospice national 
fondé à Rome par Jean Pétri de Dordrecht à la fin du XIV' s., 
et entretenu dans la suite aux frais de bienfaiteurs néerlandais 
liégeois et allemands. Cette étude met en lumière le phénomène, 
si important dans notre histoire, de la nombreuse participation 
des Belges, Liégeois et Flamands, aux postes de curie. Nombreux 
renseignements biographiques. 

335 Ch. Terlinden. Outllaume i*% roi des Pays-Bas et VÉglise 
catholique en Belgique (1814-1830), T. II. Le Concordat. Bruxelles, 
De Wit,. 1906, in-8. 

336 E. Foumier. Pierre de Colmieu était-il prévôt de Saint-Omer en 

arr ? — kqh. i906, t. lxxx, p. 227-230. 

Bien qu'on Tait cru généralement, P. de Colmieu — qui devint 
plus tard archevêque de Rouen et cardinal — n'était pas prévôt 
de Saint-Omer en 1227. La dignité prévôtale était occupée par 
Pierre de S. Aldegonde, à qui Pierre de Colmieu ne succéda 
qu'en 1229. C. C. 

337 Arnold Fajen, L'élection de Foulque, comme abbé de Saint- Piern 
au uMont-Blandin, à Gand. - GOGBuU. 1906, t. XIV, p. 229-237. 

Différend jugé devant la.cour pontificale d'Avignon (1317-1320). 
Kn annexe, trois documents des archives du Vatican. 

338 [LV, 382]. J. Thonon. Un évéque d:Tpres de la Heshup 
w illonne, Guillaume Delvaulx, de Bleken, (ABelges, 1906, t. VIII, 
p. 43 = J. Closon.) 

339 [LV, 236, 603]. B. Rembry. François-Joseph De Mulder, le 
dernier esclave brugeots. (RPE. 1905-1906, t. X, p. lö^-17*.) 



BIBIilOGBAPHJB 357 

b) Histoire spéciale. 

y) CULTE ET HIÉEABCHIE. 

340 André Bonnefons. Le culte de la RaUon pendant la Terreur. — 
RQH. 19(Xi, t LXXX, p. 199-222. 

Un iüt?pessaut article sur la préparation, l'introduction et la 
maDirVrc de célébivr celte abomination, que la llépublique 
française chercha a introduire méoae chez nous.. C. C. . 

311 (LVI, 228J E. Lesne. La hiérarchie episcopale, provinces, 
métropolitains, primais en Gaule et en Oermanie, depuis la rtfM^me 
de Saint Boni/ace jusqu'à la mort d'Hincniar (74^-882), (RHE. 
löTJö, t. VII, p. 633-6aU = M. Vaes.) 

M. Vaes soutient contrairement ii l'opinion de M. Lesne, que le 
tableau des pouvoirs métropolitains tracé par Hincmar n'est pas 
confumie au dmit réjrnnnt au IX* si^cle, mais correspond aux 
idées personnelles de l'archevêque de Reims. Il relève aussi 
plusieurs inexactitudes dans le premier chapitre de l'étude de 
M. Lesne, où il est question de la ruine de l'organisation provin- 
ciale à l'époque mérovingienne. 

S) ASCETISME ET VIES DE SAINTS. 

SIS Ia. Van der Essen. Études d'hagiographie médiévale. — AHËB. 
1906, t. XXXIl, p. 5-48. (ABelges, 1906, t. VIII, p. 100-101 = 
A. Poncelet, S. J.) 

Le D' L. Van der Essen commence une série d'études sur les 
Saints Mérovingiens de Belgique, en s'occupant de ces Vitae qui 
n^oot pas encore été jusqu'ici suffisamment passées au crible de 
la critique. La première livraison des Analectes contient trois 
études: 1. La plus ancienne Vila de Saint-Bertuin de Malonne ; 
II. Les biographies de Saint-Mommelin, évèque de Noyon-Tournai 
(f vers 686); III. Les biographies de Saint-Monon, solitaire dans 
la forêt d'Ardenne, à Nassogne. Dans la seconde étude, qui seule 
rentre dans le cadre de cette revue, Fauteur montre que des 
deux biographies de Saint Mommelin, que nous possédons, la 
Vita Vailicellensis, éditée en partie par Ghesquière, est la pre- 
mière en date et remonte à la fin du IX« siècle ; la Vita Novio- 
tnensis, éditée par le P. Van Hecke, serait du IX« ou du XII* siècle. 

J. M. 

313 JCenrisset. Saint Eîoiy évéque de Noyon. Considérations sur sa 
▼ie et son temps. Cbauny, Ronat, 1905, in-d, IV-242 p. avec pi. 

314 K. Dupont. Eene « cluseneghe n te Nieuwpoort. — B. 1906, 
t. XVll, p. 110-112. 

Au moyeri-âg-e, existait en beaucoup d'endroits un ermitage 
Ifttf sur le cimetière attenant à l'église. Ces « cîusen » étaient 



358' BIBLIOGftAPHiB 

habitées par des religieuses ou de pieuses femmes, qui, après avoir 
fait des vœux solepaels, s^y enfermaient avec l'autorisation de 
ràutorité ecclésiasti<jae. Les comptes delà viMe de Nieuport nous 
font connaître quatre recluses en cette vill<s dejmis 1410. La cime 
fut démolie en loOö. 

Dans la Gazette van Brugge, (n. 28 Juli, 190r») M. D. L. nous 
donne quelques indications sur d'autres cniiitjijres m Flaiulre. 

JU. V. 1>. 
845 Belgische Jesiïiëten ^i> ^/i>rr^/t voor hun geloof en hunnen roep. 
— B. 1906, t. XVII, bl. 96. 



JEAN BERNIER DE FAYT 

ABBÊ DE SAINT-BAVON DE QAND 

1360-1395 

D'APRÈS DES DOCUMENTS VATICANS. 



Ea publiant cette notice sur un des abbés les plus 

iiüirqnauts do l'abbaye de Saint-Bavon à Gand, mon 

intention n*est pas d'écrire une biographie complète de 

Jean de Fayt. Les matériaux font défaut pour une partie 

de sa vie. Les renseignements fournis par Van Lokcren 

sor son administration à S^-Bavon sont trop parcimonieux 

ou inexacts. L'exposé de l'état économique, religieux et 

social de cet important monastère gantois réclamerait un 

examen minutieux des archives, assez riches, qui se 

trouvent dispersées à Gand. Son rôle politique et religieux 

peudaot le grand schisme d'Occident no sera connu que 

le jour où nous posséderons un dépouillement systématique 

Jes actes pontificaux de cette période et une étude plus 

foaillée encore que le travail, d'ailleurs si méritoire, do 

3/. Noël Valois^ sur les vicissitudes des deux obédiences 

d<ws notre pays. 



360 URSM. BERLIÈBE 

Eq attendaut que ce trarail d'enserablö soit en voie 
d'exécution, il m'a semblé qu'une étude de détail serait 
une contribution utile à riiistoire du schisme eu Flandre 
autant qu'à ccUe dos relations de nos pays avec la 
Papauté d'Avignon. Ses lacunes mêmes, en frappant 
davantage ceux qui liront ces pages, les engageront à les' 
signaler et, au besoin, à les combler. L'appoint que !• s 
documents Vaticans apportent à l'histoire do Jean deFayt 
est assez important; ils permettent de faire mieux cou- 
naître sa famille, son élection, ses relations avec la Cour 
d'Avignon, et l'intervention directe de la Papauté dans l:i 
direction des monastères au XIV*^ siècle. Jean de Fayt 
dut sa nomination à la faveur dont il jouit auprès de 
Clément VI ; il fut imposé par le pape, malgré les instances 
du comte de Flandre, qui patronnait un membre d'une 
famille distinguée de Gand. Il fut agréé malgré tout, et son 
abbatiat fut un des plus longs dans la série déjà longue 
des abbés de S^-Bavon (*). 

(*) Les auteurs qui ont ti-aité de Jeau de Fayt, presque tous d'une 
façon incomplète ou inexacte, sont ïrituèmb, De sa ipt. eccl.i c. iV^l, 
et Catal. vir, ill, Gcrmaniœ, c. 142, reproduit par Fabricius et antres 
compilateurs anciens; Sanderus, Gandavum^ 1627, pp. 3<>5-'Aii): 
FoppBNS, BibUolheca beîgicn, t. II, pp. 63Ü-637 ; Gallia christ., t. V, 
col. 182; Paqvot, Mf'uiovrsy t. Vlll, pï>. 170-171; I). Fbakvoih, Bihi 
gén. (U'S écrivains de l'ordre de S. Benoit^ 1777, t. I, pp. 4(i, 311: 
Van Lokbren, Histoire de Cabbaye de S^-Bavon à Gand. Gaud, ISôô, 
pp. 127-134 ; B'^" de S'-Genois dans liiographie nationale de Belgique 
t. X, col. 414-415; B. Hauréau dans le Jour.nal des savants, ll^i^, 
pp. 235-237 ; Jules Desilvb, Note sur la vie et les œuvres de Jeun 
du Fag^ abbé de Saint- Bavon (Annales du Cercle archéologique lU 
Mons, t. XXXII, 1903, pp. 301-304); Paul Fredericq, Deux sermons 
inédits de Jean de Fayt sur les Flagellants (5 octobre 1349) et sur le 
Grand Schisme d'Occident (1378) dans Ballet, de la classe des Lettra 
de VAcad. royale de Belgique, 11)03, pp. 683-718. 

La notice manuscrite donnée par D. Landelin Delacroix daos st»n 
Relatio historica abbatum monasterii Elnonensis, datant de l^iW 
(ras. 480 de Valenciennes, T 83, publiée par Manoeart, Catal. des 
mss, de Valenciennes. Valenciennes, 1800, p. 720) n'est pas plus exacte 
que les notices imprimées. 



JEAN BEBNIEB DE FAYT 361 



La première fois qu^on rencontre, à ma connaissance 
du moins, le nom du futur abbé de Saint-Bavon, c'est le 
l*" août 1346. Jean de Fayt était alors moine de l'abbaye 
béuédictine de S*-Amand, au diocèse de Tournai, et 
bachelier en théologie de l'Université de Paris. Dans un 
rouleaiT de suppliques présenté au pape Clément VI par 
rUuiversité, on sollicitait pour lui la collation d'un 
prieuré, dignité, office ou bénéfice à la collation du mona- 
stère de Marmoutiers. Peut-être l'iutóressó visait-il les 
prieurés de Beaurain et de Maintenay situés dans l'ancien 
PoDthieu ou celui d'Œuf-en-Ternois, qui dépendaient du 
grand monastère Tourangeau. Le pape répondit par la 
collation d'une expectative de bénéfice, d'un revenu de 
cent livres, à la collation de l'abbaye de S'-Amand (*). Je 
ne sais si Jean de Fayt obtint cette faveur. Une aulre 
dignité autrement importante ue devait pas tarder à lui 
échoir. 

Le moine de St-Amand n'était pas un inconnu à Avignon. 
Dès 1346 il avait publié une table des Morales d'Aristotc, 
que Clément VI avait fait transcrire pour sa bibliothèque, 
diuis laquelle on signale également la table des sermons 
do S* Augustin connposée par Jean de Fayt (*). 

Trois ans plus tard le moine de S*-Amand se retrouvait 
à Avignon, faisant partie de la délégation envoyée par 
rUniversité de Paris pour mettre Clément VI au courant 
des excès comoiis par les Flagellants. 

Le 5 octobre 1349 il prononçait contre cette secte un 

(') Archiv, Vktic, -^r^. SuppL, t. XI, f. 156^; Dbnifle, Chartular, 
Univers, Parisien. y t. Il, p. 596; Beblièbë, Suppliques de Clément VI 
làttaîecia Valicano-Belgicay 1. 1.) n. 1035. 
(*) L. P*i*iSL.B, Cabinet des manuscrits, 1. 1, p. 488. 



362 URSM. BEBLIÈBE 

sermon en présence du pape et de la cour ppntificale (*). 
Le souvenir de cette réunion extraordinaire a été conservé 
dans la chronique d\in contemporain, Jean de Noyai, abbé 
de S*-Vincent de Laon : « et quant ces nouvelles furent 
venues à la congnoissance du pappe, il fit une grant 
convocacion de prelas, en laquelle fit le sermon, préseut 
le pappe, au propos de oulx condempner, maistre Jeau 
Bernier, maistre eu théologie, moinnes de Saint Amand, 
qui lors fut fait abbes do Saint Bavon de Gand. Et en 
iceste convocacion fut du pappe, par grant délibéracion, 
iceste esmeute et assemblée condempnée et exco- 
muniée » ('). . 

La distinction, dont Jean de Fayt avait été Tobjet en 
cette circonstance, appela Tattention sur sa personne. 
L'abbé de S*-Bavon de Gand était mort le 15 mars précé- 
dent, laissant à la disposition du pape, en vertu de h 
réserve générale des bénéfices, la nomination à cet im- 
portant monastère. Clément VI jeta Ips yeux sur le moine 
de S*-Amand pour le préposer à la grande abbaye gantoise. 

Cette nomination n'était pas sans offrir des difficultés ; 
c'était imposer un étranger à l'un des monastères les plus 
puissants de Flandre, où déjà, à j)lusieurs reprises, on 
avait eu l'occasion de subir le contre-coup des réseiTcs 
pontificales. Peut-être les contestations des moines de 
S^-Bavon dans les élections abbatiales avaient-elles été 

(*) Le sermoDy conservé dans deux manuscrits de Douai et de Mods, 
a été publié intégralement par M. Paul Fredericq (Buf let, de la classe 
des Lettres de l'Acad. de Belgique, liK)3, pp. 694-703); cL FRBDBBic«i. 
Geschiedenis der Inquisitie in de Nederlanden t. II, p. 87 ; Corpus docu- 
ment, inquisit., t. II, p 303; De Seclen der,Geeseïaers, 1897, p. 32. 
D. François, qui parle correctement de ce sermon (BibL gen.y 
I, p. 311) l'attribue d'abord h un certain Amand, abbé de S*-BavuQ 
(I, p. 46). 

(') Auo. MoLiNiBR, Fragments inédits de la Chronique de Jean de 
JSoyal (Annuaire- Bulletin de la Société de V histoire de France, 1S83, 
p. 352 ; tiré-à-part, Paris, 1883, p. 7). 



JEAN BEBNIEB DE FAYT 363 

cause de cette immixtion de la curie. A la mort de l'abbé 

Gérelme Borluut, les moines s'étaient divisés en deux 

catnps ; Tun s'était prononcé pour Jean VanderMoere 

{de Moro), l'autre pour Jean d'Outrelys. En dépit des 

démarches tentées par les deux compétiteurs à Avignon (*), 

et, à la suite de la cession spontanée du premier, comme 

le secoDcl manquait de «littérature», le choix du pape 

Benoit XII se porta le 10 octobre 1341 sur un étranger, 

Pierre Emmenant d'Alcwaigne, bachelier on théologie, 

moine de l'abbaye do S'-Bertin ('). 

Iwie 21 novembre suivant, le nouvel abbé s'engagea par 
procureur à payer les senices dus pour sa promotion (^), 
ce qu'il exécuta les 15 octobre 1342 et lö 23 juin 1343 (*), 
Le 13 janvier 1343, il obtenait l'autorisation de contracter 
un emprunt de 1000 florins d'or pour les nécessités de son 
monastère ('). Une lettre de Clément VI du 2 avril de cette 
annce explique les raisons de cet emprunt nettement 
personnel en dépit des formules de la chancellerie. Jusqu'à 
ce jour, le nouvel abbé de St-Bavon n'avait pas quitté 
Avignon, où le pape le retenait à ses ordres. Il avait beau 
écrire au prieur et au couvent de son abbaye pour en 
obtenir de l'argent ; les moines gautois faisaient la sourde 
oreille. Le pape intervint, mais sans effet. C'est alors qu'il 
enjoignit à l'abbé de S'-Amand, au doyen du chapitre de 
Tournai et à l'archidiacre de Bruges, de rappeler les 



f*^ Jean Van der Moere s'était rendu lui-même à Avignon pour 
défendre sa cause; il obtint Tautorisation de rentrer au pays le 
14 jaiUet 1340 {H^ç. Aoin, 64, f. 108; Vidal, Lettres communes de 
B^font m, n. 8118 ; annexe I). Les élections des successeurs de 
O^retme JîorJuut sonfmal renseignées par Van Lokeren. 
(*; )?^/. Apùi, 55, f. 201^; Vidal, n. 8139; annexe II. 
f'; BEBtiÊREy Invent, analyt, des libri ohligationum^ n. 123. 
i*) /&., n°* 127, 137. IjC 15 novembre 1342, Tabbé Pierre fut autorisé 
k concéder le tabellionat à un clerc (Reg. Avin. 61, f. 48*). 
('} i??ïr. . 4 ri>/. 61, fF. 239^-240. 



364 ÜBSM. BEBLIÈBE 

délinquants à robéissancc due au siège apostolique et de 
les citer à comparaître à Avignon pour répondre de leur 
méfait (*). En httcudant que cette lettre pût sortir son 
effet, le pape avait cru préférable de donner à Pierre 
d'Alewagne une autre abbaye, et, en vertu d'une réserve 
pontificale, il le nomma le 30 mai 1343 à celle de 
S'-Riquier, écartant le candidat des moines, Bernard de 
Fenquières, lequel eut la malchance d'apprendre cette 
nomination lorsqu'il était en route pour Avignon, à Teffet 
d'y faire confirmer sou élection ('). 

Clément VI fixa alors son choix sur Jean Van der Mocre 
et le nomma le 15 mars 1344 ('). Le 20, l'élu, qui devait 
se trouver à Avignon, signa l'obligation de ses services (*j, 
qu'il acquitta les 9 décembre de cette année, le 11 décem- 
bre 1345 et le 28 février 1347 ('). il reçut la bénédiction 
abbatiale des mains d'Anibald, cardinal-évôque deFrasciili, 
le 17 avril 1344 ou peu avant cette date(^*). 

La mort de l'abbé Jean Van der Moere, survenue le 
15 mars 1349 ('), fournit à la Cour romaine l'occasion 
d'intervenir de nouveau dans les affaires de l'abbaye de 
S'-Bavon. On u'était guère habitué à ces procédés daus 



(») /*., fiF. 467-468; v. annexe III. 

(■) Reg. Avin, 74, f. 527; Reç, Supph 3^ f. 80^; Berlière, Suppliques 
de dément F/, n. 576, n. 1. 

(») Reç. Vatic, 161, ff. 74-74^ 

(*) B£BLi£RB, Inventaire^ u. 145. 

{») Ib., n«» 153, 157, 164. 

(•) Reg, Avin, 74, f. 317. Le 8 mai 1344, il obtint rautorisatioQ de 
lever 1000 florins (ta., ff. 284-284^). Le 4 juin 1345, il reçut la faculté' 
d'accepter ù son gré une douzaine de postulants dans son monastère; 
il se fit eu outre octroyer dos conservateurs contre les usurpateur 
des biens du monastère et obtint des induli^^ences pour son monastî-re 
et pour les fîdMes qui assistaient h la procession de S. Liévin et la 
faculté de créer deux "notaires (Suppliques de Clément fV, n"' 83l-i?3(>. 
Reg, Avin. 85, f. 53()*'; Reg. Vatic. 168, f. 255). 

(') OalUa christ., t. V, col. 182 ; Van Lokeren, p. 125. 



JEAN BBÊNIER DE FAYT 366 

notre pays, çt les réserves générales des bénéfices y 
provoquaient des critiques fondées, dont l'abbé de S*-Martin 
tic Tournai, Gilles li Muisit, qui avait failli lui-môme être 
évincé au profit d'un candidat agréable en curie, s'est 
fait l'interprète discret dans sa chronique (*). 

Les moines de S'-Bavon avaient choisi pour remplacer 
Jean Van der Moere un des leurs, Baudouin Borluut, 
issu d'une des familles les plus notables de Gand, et qui 
occupait en ce moment la charge de prévôt de PapingIoo(^*). 
L'élu reçut aussitôt la confirmation des vicaires-généraux 
de l'évùque de Tournai ('), et fut béni le 11 avril 1350 (^). 

Cependant Clément VI, usant de son droit de réserve, 
avait, de son côté, fait choix d'un autre candidat, Jean 
de Fayt, moine de S*-Amand et maître en théologie, et 
Tavait nommé abbé de S*-Bavon le 14 avril 1350 (^). Le 
nouvel abbé signa son obligation le 8 mai suivant (**). 

ha nouvelle de celte nomination ne tarda pas de se 
réx^andre et parvint à Gand dans le courant de mai. 

(*) Db Smet, Chroniques de Flandre, t. II, pp. 31)6, 436; H. Lbmaîtrb, 
Chronique et Annales de Gilles le Muisit, Paris, 1906, p. 267, Guillaume 
de Ventadour, évêfjue de Tournai, aucicn doyen du monastère 
tx;Dédictin de Carcnoac, au diocèse de Cahors, proposait un de ses 
compatriotes et ancien religieux, Pierre de Viers, lequel, après avoir 
pas<é par différents bénéfices réfifuliers, obtint la crosse de Lobbcs le 
Il février 1343 (Beruère, Pierrede Viers, abbé de Lobbes dans An- 
naJes du Cercle ar-:héologique de Mons, t. XXXIII, 1901, pp. 241-254). 

{*) Le moine Baudouin Borluut figure comme prévôt de l'abbaye 
daoj des actes du 8 septembre 1335 (Van IjOkeren, Docum., pp. 60-61), 
1336 (Acta S/incL, t. 1 januar., p. 173) et en 1330 (Van Lokeren, 
p. 67); comme prévôt de Papiiigloo le 23 octobre 1342 (lô., p. 63), et 
le 20 mai 13ôO (i^., p. 66), mais cette dernière pièce doit se rapporter 
à un acte antérieur. IjB 1 avril 1340 figure comme prévôt de Tabbaye 
Jean Zoete rie (iô., p. 64). 
r) Gilles li Mlisit, 1. c. ; éd. Lemaître, 310. 
(*) A tutoies S. Baronis ap. Chroniques de Flandre, t. I, p. 451 et 
MoM. Germ. hisC, t. Il, p. 191. 
(*) R&^. Apin. 105, ff. 283-233^; v. annexe IV. 
l') Bbrljèrb, Inventaire, n. 185. 



366 UBSM. BEBLIEBB 

L'abbé Baiulouia Borluut et Ie couvent de S'-Bavon firent 
appel au comte de FJaudre, et, Ie 17 mai, Louis de Male 
chargeait quelques persouncs de défendre les interets du 
monastère contre Ie candidat d'Avignon, qu'il considérait 
comme un intrus (*). Tandis que les moines en appelaient 
en Cour de Rome, le roi de France écrivait des lettres au 
pape en faveur de Baudouin Borluut, et le comte adressait 
une nouvelle supplique au Roi de France : 

« Au Roy, no seigneur. Supplie le conte de Flandre que, 
comme à la supplication doudit conte, le Roy ait par 
pluiseurs fois escript et prijé à nostre saint Père pour 
la provision dam Bauduin Borlut, prévost del abbeye 
Saint Bavon de Gand, compère don dit conte, à ce que il 
lui pleuist yceli prouveoir de la croche d'icelle abbaye 
à laquelle il avoit esté esleus par tous ceux dou couveut 
d'icelle, quant il pleut nostre dit saint Père ordener d'icelle 
en la personne de dam Jehan dou Fayt à présent abbé : 
Il plaise de rechief au Roy cscrire et priier à Xostre Saiut 
Père, par les milleurs manières que on porra, aflîu que 
ycelli dam Bauduin voclle promouvoir et créer eu abbé 
d'icelle abbeie, en translatant le présent abbé en autre 
lieu soffissant, si comme par pluiseurs fois espérance en 
a esté donnée au dit conte n (*). 

De son côté Jean de Fayt, qui avait sollicité une 
indulgence plénière « in articule mortis » pour lui et pour 
tous ses moines le 4 novembre 1350 ("), peut-être eu vue 
d'obtenir lui-même une indulgence plénière lors de sa 
joyeuse entrée, voyant sa provision contestée en Cour do 

(*) DE Limburg-Stikum, Cartulaire de Louis de Maie, t. 1, pp. 1^1* 
182. 

(*) Archives du Nord. Chambre des Comptes de Lille. Art. B. 2«>j^. 
n^ 7703 du trésor des Chartes, bande do parchemin, 'non daté (vers 
1351), écriture du temps. 

(») Reg. Jrin. 112, f.465^ 



JEAN BEEKIEB DE FATT 367 

Rome, prit soq recours au papo et lui demanda d'intervenir 
iVirectement. 

Uue abbaye, comme celle de S'-Bavon, n'était pas une 
aubniue journalière ; placée entre l'Empire et la France, 
elle offrait plus d'un avantage. Le 13 novembre. Clément 
VI chargea l'évêque de CIcrmont, Pierre d'Aigrefeuiile, 
celui de Cambrai, Pierre André, et le chantre de Seclin, 
probablement Pierre de Loupsault (*), de faire reconnaître 
Jean de Fayt comme véritable et légitime abbé de Saint- 
Bavou en dépit de l'appel interjeté par les moines auprès 
du siège apostolique (*j. Devant une volonté aussi nette- 
ment marquée, il fallut s'incliner, et Jean de Fayt tut 
reconnu comme abbé. 

Il restait à solder les services assez élevés pour la 
provision. Il est à supposer qu'on le fit attendre lui aussi 
pour toucher quelque argent de Saint-Bavon. Le 23 juin 
1551, il réclama une prorogation de terme pour le paie- 
ment ('). Il commence à verser le 27 juillet suivant la 
miuime somme de 80 florins (*). Le 26 septembre et le 
23 novembre il obtient de nouveaux sursis (^). Le 28 janvier 
1352, il paie 115 florins ("j, et ses versements se poursuivent 
graduellement jusqu'au 30 mai 1354, jour où il obtient 
quittance du total de sa dette Ç). 

Jean de Fayt, comme on peut l'établir par les lettres 
pontificales qui lui sont adressées et par se§ relations de 
famille, appartenait à l'ancien diocèse de Cambrai. Nous 

(■) I! est cité en cette qualité le 22 mai 1349 (Berlièrb, Suppliques 
de Clément VI, n° 1712. 

(*) Reg. Avin, 113, ff. 352^-353 ; v. annexe V. 

(^1 BsRLiKRE, Invenlairey n« 199. 

(•) Ib., n« 201. 

(^) /^., n<>» 20i, 210. 

(•) Ib., n« 2\6. 

(V là., n** 306. 



368 ÜBSM. BEBLIÈBE 

voyons cités dans les registres pontificaux deux de ses 
frères : l'un qui portait le même nom que lui, Jean, ou, 
comme le dit une lettre de Grégoire XI, Jean Bernerii (*), 
l'autre du nom de Baudouin, qui avait deux fils clercs, 
Jean et Baudouin (*). Une supplique du 27 mars 13G3 
signale encore un neveu de l'abbé, Henri Petitfrère, clerc 
du diocèse de Cambrai ('). Plusieurs de ses parents sont 
mentionnés dans les suppliques présentées par l'abbé do 
Saint-Bavon : Gilles Diijardin (de Gardino), du diocèse de 
Cambrai, chanoine de S. Ursmer de Lobbes eu 13C3 (*). 
Jacques de Blaugies {Bliagyes) et Nicolas du Hamel, clercs 
du diocèse de Cambrai en 1357 (^), Nicolas d'Hirsou 
(Hyrchon), chanoine de Hny en 1361 (*"•). Le fait qu'en 
1352, Jean de Fayt sollicitait pour des parentes des lettres 
d'admission dans les abbayes de Denain et de Ghislenghieu, 
semble insinuer que sa famille n'élait pas une des 
dernières du pays ('). 

Le nom de l'abbé et de ses parents est généralement 
orthographié de layt^ rarement Fay^ une foisdeFayo; 
le nom correspond au latin fagetum. Les lettres pontifi- 
cales citent le 26 avril 1318 un Guillaume don Fayt, 

(*) Heç. suppl, 23 f. 114 ; 27, f. 13Ü ; Heg. Avin, 177, f. 415. 

(") Rag. suppl. 23, f. 159 ; 33, f. 307 ; Reg. Avin. 147, f. 47^ J5l, f. 555^ 

(») Reg. suppl. 36, f. 112^ 

(*) Reg. suppl 27, f. 175^; 31, f. 112; 30, f. 120. 

(») Reg. suppl. 27, ff. 175-175^ ; 33, f. 27ü^ 

(') Reg. suppl. 33, f. 307. JMgnore s'il y a quelque relation de famille 
entre ce personnage et Thierry d^Hirson, prévôt d'Aire et chanoine 
d'Arras et de Lillers, chapelain du pape cité en 1309 et 1318 (Dbmiv, 
Sceaux d'Artois, n"» 2393, 2394 ; Mollat, Lettres communes de 
Jean XX//, .n°" 1305-1307, 2405,2815, 11713 Pierre d'Hirson signalé 
comme chanoine de S^ -Orner en 1316 (Mollat, n° 1354), uu personna^je 
du même nom, procureur en cour d^Avi^jnon en 1361 (Berlière, 
Invent, des libriobligat., n°507), et Jean d'Ilirson, procureur de l'ablié 
de Vaucelles en 1352 (ih., n^ 219). 

.{;') Reg.Suppl.2^,ï.2n. • 



JEAN BEBNIEB liE FAYT 369 

chanoine avec expectative de prébende de S^-Quentin à 
Maubeuge ('), et un Jacques de Fageto^ familier du 
cardinal Pierre d'Ostie, nommé chanoine de S'-Géry à 
Cambrai le 25 juin 1361 (*). Ou connaît un chanoine de 
Cambrai du nom de Julien dou layt en 1354 ('*). Il est 
impossible de dire si ces personnages appartiennent à la 
fuîuillc de notre abbé, non plus que ce Godemar dou Fayt, 
qui exerça jusqu'en 1340 les fonctions de gouverneur 
de Tournai (*). 

Ce nom de Fayt est-il celui d'une localité d'où serait 
originaire la famille de l'abbé de Saint-Bavon, ou un 
simple nom indépendant de toute propriété de famille? 
Impossible de le dire. Je suis cependant tenté de croire 
que c'était un lieu de localité, d'où la famille tirait son 
origine. Mais de quel Fayt s'agit-il ? Il y avait dans 
l'ancien diocèse de Cambrai trois localités de ce nom : 
Fayt-Château, Fayt-Ville et Fayt-Ie-Frânc dans les anciens 
doyennés d'Avesnes et de Bavai. Encore une fois impos- 
sible de se prononcer en faveur de l'une ou de l'autre. 
• Deux indications très-nettes et contemporaines per- 
mettent d'établir que le vrai nom patronymique de l'abbé 
de Saint-Bavon et desa famille était Bernier. Parlant d'un 

(*) Reç, A vin. 9, f. 399^ Mollat, n. 7017. 
(») Jieç. Avin. 146, f. 221^ cf. 133, f. 231^ 

(*) HoüDOT, Cathédrale de Cambrai, p. 46. Un religieu* de Bonne- 
Espérance, nommé Henri de Fayt, cnré de Haine-S.-Paul en 1352 
{Caritti. de l'abbaye de Bonne-B^pérance, t. XII, f. 318) doit être natif 
de Fayt-lez-Sedeffe. 

(•) De Shet, Chroniques, de Flandre, t. II, p. 463. Il existait une 

famiflerdu Fay à Cambrai, à laquelle doit se rattacher un personnage 

bien connu, Guillaume du Fay, chanoine de S^«-Waudru de Mons, 

iïécjéùé le 27 novembre 1474 (IIoudoy, pp. 85-1)2). Une famille de Fay 

est signalée en 1293 en Picardie et en Artois (Hautcokub, Cartulaire 

de l'abbaye de Fiines, p.34G; Dru ay, Sceaux d' A r lois et de Picardie, 

Picardie, n**" S08y 954) ; une autre, au commencement du XIV* siècle, 

possédait le fief de Boutancourt (Saiqe, Chartes du comté de Héthel, 

1. 1; p. 089), 



370 UBSM. BEBLIÈBE 

sermou prononcé en 1349 à Avignon par Jean de Fîiyt, 
Jean de Noyai (ou Des nouelles), abbé de S*-Viiicent de 
Laon de 1368 à 1396, personnage distingué par ses connais- 
sances, qui probablement avait connu le moine de S^-Amand 
à Paris, et, en tout cas, eut Toccasion de le rencontrer dans 
les chapitres généraux de Tordre, l'appelle « raaistrc Jean 
Dernier n ('). Une collation de bénéfice, accordée le 27 jan- 
vier 1371 au frère de Tabbé, Tappelle Johannes Tiernerii 
de Fayt (*). L'attribution de cette lettre au frère de TabbtS 
comme nous le dirons plus loin, nous semble certaine. 
Voilà donc deux documents indépendants l'un de l'autre, 
qui se rencontrent dans une même appellation. Le deu- 
xième document laisse libre champ à une hypothèse. 
C'était un usage assez général, et qu'on retrouve à tout 
instant dans les actes pontificaux, de voir le nom du père 
accolé à celui des enfants. Sous la forme du génitif, Bernier 
serait dans ce cas le nom du père de Jean de Fayt, mais 
cette suppositioa ne peut s'appliquer aussi facilement au 
texte de l'abbé de S^- Vincent de Laon. Jusqu'à plus ample 
information, je crois devoir retenir le nom de Bernier 
comme nom patronymique de l'abbé de Saint-Bavon. 

{A continuer) D. Ursmer Bebliî:be 0. S. B. 



(') AuG. MoLiNiER, Fragments inédits de îa Chronique de Jean de 
Noijaïy abbé de Saint-Vincent de laon (Bulletin d^ la Société àe 
V Histoire de France, Paris, 1883, p. 352; tiré-à-part, p. 7). 

(*) Reg. Avin. 177, f. 415. 



JEAN BEBNIER DE FAYT 371 



ANNEXES 
I. 

Benoit Xll autorise Jean van der Moere^ moine de 
S^-Bavon de Gand, à quitter Avignon. 

1310, 14 juillet. 

Dilecto filio Jobaiiûî de Moere, monacho tnonasterii 
S. Bavonis Gandensis, ordinis S. Benedicti, Tornacensis 
dîocesis, salutem. Petitio tua nobis exhibita continebat, 
quod tu, qui electionem de persona tua a certa parte 
clilectorum filiorura conventus monasterii S. Bavonis 
(iandensis, ordinis S. Benedicti, Tornacensis diocesis, ad 
abbati<ani dicti monasterii celebratara, contra dilectum 
filiam Johannem de Ultralisani, dicti monasterii mona- 
ciium, asserentcm se a reliqua parte dictorum conventus 
ail eandem abbatiam electum, apud apostolicam sedem 
coram dilecto filio nostro Guilielmo, tituli S. Stcphani in 
Colioraonto presbitero -cardinali, auditore per nos in 
negotio electionum hiyusmodi specialiter deputato, prose- 
queris, propter aerem istarum partium, tibi, ut asseris, 
|*ropter debilitatcm tui corporis minime competentem, et 
ctiam propter certa negótia tibi ac illis qui te clegcruut 
Incumbentia, et plurima alia tuum statum et .honorem 
tangentia, ad partes proprias habes necessario te conferre. 
Quare nobis bumiliter supplicasti, ut tibi quod usque ad 
certum tempus ad dictas partes redire valeres pro dictis 
expediendis negotiis licentiara concedere dignaremur. Nos 
itaque tuis in bac parte supplicationibus bcniguius 
anoucntes, tibi ut de Romana curia recedcre et ad dictas 
partes ire, ac extra dictam curiam usque ad fostum 
S. Micliaelis proxime futurum commorari valeas, fel. ree. 
\icoiai pape III, predecessoris nostri, et qualibet alia 
coDStitutione contraria non obstante ; auctoritate prcsen- 
iium liberam liccntiam elargimur. 
Datuoï Avînione II idus julii anno sexto. 

jReff. Avin. 54, f. 108 ; Reg. Vatic. 128, n. 87 ; Vidal, 
Jjeitres communes de Benoit XII, n. 8118. 



372 UBSM. BEBLIÈBE 

II. 

Benoit XII nomme Pierre EmmenatU iVAlewaigne à 
r abbaye de St-Bavon. 

1:ï4I, 10 octobre. 

Dilecto fiUo Pctro Emmeuaut de Alevvaigae, abbaü 
motiasterii S. Davoiiis Gaudeusis, ordiuis S. -Beucdicti) 
Toruacensis diocesis, salulcm elc. Apostolicc solicitu- 
diüis... Dudiim siquidem moiiasterio S. Bavonis Gandeusis, 
ordinis S. Beuedicti, Toriiaceusis diocesis, per obitum 
quondam Getenliiii (*), ejusdem monasterii abbatis, qui in 
partibus iilis dicm clausit extremum, abbatis rcgimine 
destituto, due fuerunt iu co, una videlicet de dilcctis filiis 
Johaone de Moro, et altera de Johanne de Ultralisam dicti 
mooasterii mooacliis a dilectis filiis conventu ejusdem 
monasterii eiectioues in discórdia célebrate, ipsisque 
Johanne de Moro et Johanne de Ultralisam electiooibus 
eorum hujusmodi, ad instantiam corum qui ipsos elegeraut, 
consensum prestautibus^ dictus Johannes do Moro ab 
elcctione ipsius Johannis de Ultralisam facta ex ccrtis 
causis ad sedem apostolicam appellavit, et tam Johauncs 
de Moro quam Johannes do Ultralisam predicti ad sedem 
eandem accesserunt et proponi fecerunt hujusmodi elec- 
tionum et appellationis negotium in consistorie corani 
nobis, in hiis omnibus statutis a jure temporibus observalis, 
ac nos negotium electionum predictarum dilecto filio 
nostro Guillelmo, tituli S. Stepliani in Celiomontc pres- 
bitero cardinali, audiendum [202] vive voois oraculo com- 
misiinus et nobis posttuodum referendum, et tandem 
prefatus Johannes de Moro, postquam aliquandiu iu hujus- 
modi negotie coram dicto cardinali processum fuerat, 
voicns obviare dispendiis, que dicto monasterio propter 
liiigiorum anfractus ex vacationo diuiina potcrant pro- 
veniro, omni juri quod sibi ex clectione sua hujusmodi in 
abbatia dicti monasterii competebat libero ac spontc çessit 

\^) On avait écrit : Gecilini, qu'oa a corrigé en : Getenlini. 



JEAN BEBNIER DE FAYT 373 

in manibus dicti cardinalis, de mandato nostro vive vocis 
•oraculo sibi facto cessîoueni hujusmodiadmittentis; iiosque 
postmodum mérita persone dicti Joliannis de Ultralisam 
per prefatum cardinalem et dilectum filiutn nostrura 
Guillelmum, tituli SS. quatuor coronatorum presbiterum 
cardiDalem, cxaminari fecimus diligenter, et facta nobis 
super hiis ab eisdem cardinalibus relatioae plenaria et 
fiJeli, quia iuvenimus ipsum Johannem de Ultralisam pati 
evitlenter ia litteratura dcfectum, electioaem suam cassa- 
vimus jiistitia exigonte, ac subsequcntcr de proyisioue 
céleri et felici dicti monasterii, de quà nullus prêter nos 
se hac vice iutromittere potest, pro eo quod nos, diu ante 
vacationeni liujusniodi dicti monasterii, provisiones mona- 
sleriorum omnium quorum electos electionibus corum 
apud dictamsedem cedereac ccssiones hujusmodi admitti, 
seu eoruni clectioncs per nos cassari contingeret, dispo- 
sitioni nostre réservantes, decrevimus ex tune irritum et 
inane si secus supor hiis per quoscunque, quavis aucto- 
rltiite, scienter vel ignoranter contingeret attcmptari, 
cogitare cepimus diligenter, et demum post deliberationem, 
qnam ad preficiendum ipsi raonasterio persorîam utilem et 
etiam fnictuosam, per quam mouasterium ipsum posset 
silubriter dirigi et féliciter gubcrnari, eu m nostris f rat ri- 
bus hâbuinins diligcntem, ad 'te monachum monas*erii 
S. Bertini, dicti ordinis, Morineusis diocesis, in sacra 
theologia bacallarium, ordinem ipsum expresse profcssum 
et in saccrdotio constitutum, cui de rcligiouis zelo, 
Utterarum scicntia, vite munditia, honestate morum, 
conversatione laudabili et aliis multiplicium virtutum 
raeritis fidc digna tcstimonia perhibentur, convertimus 
oculos nostre mentis, quibus omnibus débita méditât ione 
disciissis, de persona sua dicto monasterio S. Bavouis, 
de ipsorum fratrum consilio auctoritate apostolica provi- 
demus, (cque illi preficimus in abbatem, curam et admi- 
üistrationcm ipsius tibi tani in spiritualibus quam in 
temporalibus plenarie committendo, firma conceptafiducia 
cjuod dirigente Domino actus tuos prefatum mouasterium 
S.Bavoois per tue industrie ac circumspcctionis fructuosum 



374 UKSM. BEBLIÈEE 

studium tuuraquo miuisterium studiosutn regetur utiliter 
et prospère dirigetur, et grata iu eisdein spiritualibus et 
temporalibus auctore Domino suscipiet iucremcnta. Quo- 
circa discrctioni . tue per apostolica scripta raandamus 
quatenus onus regiminis dicti mouasterii S. Bavouis 
suscipiens revcrenter sic te in eo salubriter exercendo 
fidelcm exhibeas ac etiam studiosum, quod idem mona- 
sterium per laudabilo tuc diligentio studium gubernalori 
provido et fructuoso admiujstratori [202'] gaudeat se 
commissum, tuquc prêter rotributionis eterne premium, 
nostre ac dicte scdis favoris et gratie exinde mcrearis 
percipere incrementum. 

Datum Avinione VI idus octobris anno septime. 

In eodem modo, dilectis filiis conventui mouasterii 
S. Bavonis Gaiidensis, ordiuis S. Benedict i, Tornacensis 
diocesis [utpracFatum abbatem suscipiaut eique obediant.] 
Datum ut supra. 

In cod. modo, dilectis filiis univcr^isvassallismonastcrii 
S. Bavouis Gandcnsis, [ut praefato babati fidelitatera ac 
consueta servitia et jura exhibeant.] Datum ut supra. 

In eod. modo, vcnerabili fratri... cpiscopo Tornaccnsi 
[ut eidem abbati ac monastcrio S. Bavouis praefato in 
ampliandis et conscrvandis juribus eorundem favere vclit]. 
Dat. ut supra. 

In cod. modo. Dilecto filio nobili viro Ludovico, comiii 
Fiandrie, salutem etc. In amore virtutum et illarum operi- 
bus presertim circa ecclesias et monasteria eoruniqne 
ministres favorabiliter exercendis decet devotionem tuam 
se liabere continue studiosam, maxime cum ex hoc ei 
procul dubio et divine benedictionis premium et laudis 
humane precouium acquiratur. Dudum siquidera etc, 
usquc : suscipiet iucremcnta. Quocirca nobilitatcm tuam 
rogamus et hortamur attente, quatenus eundem Petrum 
abbatem et monasterium sibi commissum liabens pro 
nostra et apostolice sedis reverentia propensius commcn- 
data, in recuperandis, ampliandis et conservaudis juribus 
suis sic te ipsis favorabilem exhibeas quod idem abbas 
per tue auxilium gratie in commisse sibi monasterii 



jéun bebnieb de fayt 375 

predicti regimine se possit utilius exercere, tuque miseri- 
cordiam divinam ac nostratn et dicte sedis benedictionem 
exiade valeas uberius promereri. Datum ut supra. 

Iq eodem modo. Carissimo in Christo filio Philippo, regi 
Fraucorum illustri, salutem. In amore virtutum (etc.)...- 
Dudum siquidem etc. usque : suscipiet increraenta. Cum 
igitur ut idem abbas in exercenda dicti monasterii admi- 
nistratiouc facilius proficere valeat, favor regius sibi cssc 
noscatur plunmum oportunus, serenitatem regiam rogamus 
et liortimur attente quatenus eundem abbatem et commis- 
sum sibi roouasterium habens pro diviua et apostolice sedis 
revercntia proponsius commendata, iti arapliandis et con- 
.servandis juribus suis te reddas ipsis favorabilem et in 
cunctis oportunitatibus gratiosum, ita quod idem abbas 
tue celsitudinis fuUus auxilio ia exccutione coraraissi sibi 
monasterii predicti regiminis q)Ossit Deo propitio pros- 
porari, ac tibi exinde a Deo perenuis vite retributio et a 
Qobis condigna proveuiat actio gratiarum. Datum ut supra. 

Reg. Avin. 55, ff. 201^-202^; Reg. VaL 
129, n. 425; Vidal, n. 8439. 

III. 

Clément VI charge l'abbé de S^-Amand, Ie doyen de Tournai 
ei l'archidiacre de Bruges d'obliger les moines de S^-Bavon 
à avancer de V argent à leur, abbé et à recevoir les officiers 
établis par lui. 

1343, 2 avril. 

Dilectis filiis*. abbati monasterii Saocti Amandi in 
Pabula, Toroacensis diocesis, et., decano Tornacensis 
ac. archidiacouo Brugensi (*). Tornacensis ecclesiarum 
salutera, etc. Dudum dilecto filio Pelro, abbate monasterii 
Saucti Bavonis Gandensis, ôrdinis Sancti Benedicti, Torna- 
censis diocesis conquerendo coram nobis graviter expo- 
nente quod ipse licet, quem ex eo apud nos retinuimus 

1') Burgen. Cod. 



376 ÜRSM. BEBLIÈBE 

hactcnus et etiam retineraus, quod ejus presentia pro 
nostris et ecclesie Romane negotiis nobis existere noscitur 
oportuna, priori et convcntui dicti sui monasterii sepe 
scripsisset ut de provontibus ad mensam siiam abbaiialeni 
spectantibus, siiblatis et amotis impedinientis que ipsi 
prior et conventus apposuisse dicebautur, sibi apud sedeni 
apostolicam nostris et ejusdcni ecclesie Romane insistendo 
obscquiis residcnti necessaria transniitti permittereqt et 
etiam procurarent, ipsi tarnen hoc f^icere in ejusdem abbatis 
et sui predicti monasterii, cujus négocia et utilitates pro- 
movere apudsedem prefatammemoratusaibbas non desioit, 
neglexerant seu etiam recusarant, nos tantara inhumaui- 
tatem et inobedientiam aborrentes supradictis priori et 
conventui per litteras nestras in virtute obediencie iujun- 
gendum duximus et mandandum ut abbati predicto tot de 
dictis proventibus per procuratores et administratores 
ipsius pcrcipi et eidem transmitti ad eandem sedem per- 
mitterent et etiam procurarent, quantum esset in eisquoJ 
ipse posset exlnde juxta docentiam status sui susteatari 
congrue [467] negociaque apud eandem sedem proraovere 
predicta, quamdiu do beneplacito nostro moraretur ibidem. 
Cum autem, sicut intelieximus displiceuter, prefati prior 
et conventus litteras nostras h'ujusmodi presentatas eisdem, 
deducentes dampnabiliter in contemptum nöu solnm cou- 
tenta in eis rationi et equitati utique congrua recusaruat 
contumaciter adimplere, quin potius ne possent ad effectura 
deduci exquisitis coloribus et fraudibus procuraverunt in 
sue dampnacionis ac nostri et dicte sedis contcmpUis 
cumulum, in bonis et proventibus ipsius abbatis perlaicalem 
potenciam impedimenta prestari et appopi, procuratoribus 
et administratoribus prelibatis ejeciis ab administratione 
ipsorum turpiter et expulsis. Nos volontés ejusdem abbatis 
in liac parte providere indempnitatibus ac super taotis 
tamque gravibus inobedienciis et rebellionibus ac exces- 
sibus, ne in perniciem aliorum in succedentia temporura 
secula sine correctione débita pertranseant, justitiara 
exhibere, discrétion! vestre per apostolica scripta cora- 
mittimus et mandamus quatenus vos vel duo aut unus 



JEAN BFBNIER DE FAYT 377 

Ycstrum pcr vos tel alium seu alios prelibatos prioretn et 
convcntum ex parte nostra moneatis et ctiam rcquiratis 
cisqiie sub excomniuoicatioDis la pcrsonas singulares 
ipsorum et suspensioûis in conventum predictum pcnis et 
scnteuciis mandotis et districtius injungatîs ut infra certum 
percraptorium termioum corapcteotem, qucm eis duxcritis 
snper hoc prefigendum, impedimenta liujusniodi do dictis 
bonis et proventibus amoveri procurent penitus, dictis 
procuratoribus et administratoribus ejusdem abbatis ad 
officia de quibus, ut premitütur, amoti fuerunt et admini- 
straciones suas restitutis pleno ac libère sicut prius et 
contenta in nostris predictis lilteris adirtiplere quantum 
in eis fucrit studcant cura effectu, non impediendo iilterius 
procuratorcs, administratoros vei officiales abbatis prefati 
nec impediri procurando pcr se vel alium seu alios directe 
vel indirecte, publiée vel occulte, qnominus ipsi admini- 
stracioncin bononim et jurium ad eundeni abbatem 
spcctantium gererc valeant ac etigtin exercere. Alioquin 
ad promulgationem dictarum penarum et sententiarum ac 
publicaciouem et aggravacionem ipsarum, prout rebellionis 
inobedieucia ac contnmacie ipsorum protervia exegerit et 
rationis faerit procedatis. Non obstantibus etc. privilegiis... 
Seu si eis vel eorum aliquibus communiter vel divisim 
etc.... Rursus quia parum prodesset humilibus humilitas, 
si contemplas contumacibus et rebellibus non obesset, 
priorem et convcntum predictos nec non specialiter illos 
ex eis quos rcbellionum, inobedienciarum et excessuum 
predictorum per inforraacionem simpliciter et de piano, 
sine strepitu et figura judicii faciendam a vobis fuisse 
repereritis principales et precipuos patratores peremptorie 
citare curetis, ut ipsi conventus per procuratorem seu 
sindicum ydoneum, ceteri vero principales patratores 
predicti personaliter infra certum alium terminum peremp- 
torium compctentem apostolico conspectui se présentent 
super dictis inobedienciis, rebellionibus et excessibus 
responsuri, facturi et recepturi quod justicia suadebit ac 
mandatis et beneplacitis apostolicis humiliter parituri. 
Diem autem iiujusmodi citationis et formam et qufcquid 



378 UB8M. BEBLlÈaS 

inde feceritis nobis per vestras littoras vel instrumentum 
publicum harum sériera contiaens fideliter iiitiraetis. 
Porro si forsan pro preraissis monitioDibus, reqiiisitioüibus, 
mandatis et publicatiouibus facieudis et exeqiiendis ad 
villam de Gandavo, dicte diocesis, et monasterium supra- 
dictura tutus non pateret accessus, ut fraudi et dolo quibus- 
libet super hiis obvietur, volumus quod in synodis ecclesie 
Tornacensis et locis alils part iumearum publicis, de quibus 
vobis videbitur, et verisimilis existât presumptio quod aJ 
eorum quos tangunt premissa possint noticiam perveuire 
[468], per publici propositionera edicti ea exequi et com- 
piere sicut oportunum fuerit studeatis, decerneutes in casu 
predicto nioniciones, requisitiones, mandata, citationes et 
alia supradicta perinde Valere ac ilios quos contingunt 
adeo artarc ac apprehendere ac si eis presencialiter facta 
essent. Coustitutione quacunque contraria nou obstautc. 
Datur Aviniono lui nonas apriiis anno primo. 

Reg. ipt«. 6I,ff. 467-4(>8. 

IV. 

Clément VI nomme Jean de Fayt à Vdbhayc de S^-liavon. 

1350, U avril. 

Dilecto fiiio Johauni Défait, abbati monasterii S. Bavonis 
Gandensis, ordiuis S. Bcnedicti, Tornacensis diocesis, 
salutem etc. Inter solicitudines varias.... Dudum siquidom 
quoudam Johanne, abbate monasterii S. Bavonis Gandeu- 
sis.... regimiui .ejusdem monasterii presidente, uos 
intendeutes eidom monasterio, cum vacaret, per apostolice 
sedis providentiam ydonoara preesse personam, provi- 
sionem ipsius monasterii ea vice disposilioui nostrc 
duximus specialiter rescrvanJam.... Postmodum vero 
prefato monasterio per obitum Johannis abbatis predicti, 
qui in partibus illis diem clausit extremum, abbatis 
regimine destituto, nos vacationc hujusmodi fidedignis 
relatibus intellecta..., demum ad te monachum monasterii 
S. Araandi in Fabula, ordinis et diocesis predictorura, ia 



JEAN BEENÎEB DE FAYT 379 

Uioologia magistrura, ordinem îpsum expresse professum, 

îï\ sacerdotio consfitutiim, cui de religionis zelo, vite 

munditia, et aliis multiplicium virthtum meritis apud nos 

fide digna testimonia perhibentur, converlimus oculos 

nostre mentis, quibus omnibus attenta meditatione pensa- 

tis, do persona tua eidem monastcrio S. Bavonis, de 

dictorum fratrum consilio, auctoritate apostolica provi- 

deinus, teque illi preficimus in abbatem, curam et 

admiuistrationeni ipsius monasterii tibi, tam in spiritua- 

libus quam in temporalibus plcnarie coramittendo.... 

Datum Avinione XVIII. kal. mail, anno octavo 

[233^]. In eodem modo. Dilecto filio nobili viro Ludovico, 
coraiti Flandne. Salutem etc. Gratie divine premium etc. 
Dudum siquidem etc. usque dirigetur. Quocirca nobili- 
tatem tuam rogamus et hortamur attente quateuus eundem 
abbatem, et commissum sibi monasterium habens pro 
nestra et dicte sedis revercntia propensius commendata, 
dicto abbati in recuperandis ampliandis et conservandis 
juribns eorundcm, te favorabilem exhibeas ac ctiam libe- 
ralem, ita quod idem abbas tuo favore subfultus in com- 
misso sibi monasterii antefati regimine se possit utilius 
rxercere, tuque proinde diviuam ac sedis ojusdem beni- 
volentiam uberius consequi merearis. Datura ut supra. 

Reg. Avin, 105, fiF. 233-233'^; Reg. Vatic. 
192, f. 83% n. 231. 



Clémcrd VI charge les écêques de Clermont et de Cambrai 
et le cluinire de Scclin d'Installer Jean de Fayt à 
Si'liavon. 

1350, 13 novembre. 

VencrabîJis fratribus... Claroaiontensi et... Cameracensi 
episcopis et dilecto filio... cantori ecclesie Sicliniensis, 
Tornacensis diocesis, salutem etc. Dudum quondam 
Johâone, abbate monasterii Sancti Bavonis Gandensis, 



380 ÜBSM. :b£BLl£BE 

ordiuis sancti Benedicti, Tornacensis diocesis, regimiui 
ejusdem monasterii presidente, nos cupientes eidejn mona- 
sterio, cnm vacaret, per apostolice sedis provideutiani 

preesso personam, provisioncra ipsius monasterii 

ea vice dispositioni nostre duximus specialiter reservaa- 
dam, decernentes extunc irritum et inane si secus super 
hiis a quoquara quavis auctoritate, scienter vel ignoranter, 
contingerctattemptari. Postmodum vero prefatomonasterio 
per obitum Jobannis abbatis predicti, qui in partibus illis 
diem clausit extrenium, abbatis regimine destituto, nos 
vacatione hujusmodi fidcdignis relatibus intellecta, de 
persona dilecti filii Jobannis, abbatis dicti monasterii 
prefato monasterio tune, ut prefertur, vacanti auctoritate 
apostolice duximus providendum,preficientes ipsum eidem 
monasterio in abbatem, curani et administrationem ipsius 
tam ii\ spiritualibus quam in temporalibus plenarie com- 
raittendo. Verum, sicut nuper ejusdem Jobannis abbatis 
conquestione percepimus, Balduinus Bourluut, monachus 
dicti monasterii, pretextu cujusdam electiouis de ipso 
Balduino per dilectos filios conventum ejusdem monasterii 
per obitum dicti Jobannis predecessoris tune vacautis et 
confirmationis ejusdem electionis per lóci ordinarium 
post et contra reservationem et decrctum hujusmodi 
presumptarum de tacto in eodem monasterio temere se 
intrusit ipsumque occupavit et detinuit, prout detinet 
indebite occupatum, fructus, redditus et proventus dicti 
monasterii ad eumdeni Jobanuem spectantes percipiendo 
temere ex eodem, ac nichilominus tam ipse quam prefiiti 
conventus ab hujus provisione et prefectione dicti Jobannis 
et ejus occasione ad sedem apostolicam Heet frivole appel- 
lasse dicuntur. Cum [353] autem appellationis remedium 
alicui non debeat in sua nequitia patrocinium exhibere, 
nos volentes ut bujusmodi provisie par nos facta de persona 
ipsius Jobannis superstitis suum debituni sortiatur effec- 
tum, discretioni vestre per apostolica scripta mandamus 
quatenus vos vel duo aut unus vestrum per vos vel alium 
seu alios prefatum Johannem tanquam verum abbatcni 
ipsios monasterii per dictos conventum et alias personas 



JEAN BERNIEfi DE FAYT 3Ô1 

ipsîus monasterii faciatis auctoritate nostra recipi et 

admilti ipsiusque monasterii et administrationis ejusdena 

pacifica possessione gaiidcre ac sibi de omnibus juribus 

dicti monasterii Saucti Bavonis ad abbatiam ipsius spec- 

tautibus intègre responderi et tam ab ipsis quam ab aliis 

ejusdem monasterii subditis obedieutiara et revercntiam 

debitam exhiberi ac cjus pareri efiicaciter sahibribus 

moiiitis et raaudatis, eundem Balduinum intrusum a 

l>ossessione ipsius monasterii" pcnitus expellcndo ac de 

iVuctibus perceptis per eum dicto Joiianni abbati plenam 

et debitam satisfactionem irapendi, coutradiciores per 

ceusnram ccclesiasticam enppellatione postposita compes- 

cendo. Non obstanto si eisdeni Balduino et conventui vel 

qulbusvis aliis conjunctim vel divisim ab eadem sit sede 

indultum que interdici, suspcndi vel encommunicari non 

possunt per litteras apostolicas non facientes pleqam et 

cxpressam ac dc.verbo ad verbum de indulto liujusmodi 

meationem. Quod si dictas Balduinus intrusus mandatis 

uostris hujusmodi parère forte contempscritjipsumperemp- 

torie auctoritate nostra citetis ut infra cerlum tcrminum 

sibi per nos statuendo apostolico se conspectui personaliter 

représentât facturus et recepturus super hiis quod justitia 

suadebit, dieni vero citationis et formam et quidquid super 

hiis feceritis nobis per vestras litteras seriem continentes 

fideliter rescribatis. Datum Avinione id[ibus] novembris 

anno nono. 

Reg, Avin. 113, ff. 352^-353. 



De handschriftelijke kronijji van ]. B- RybeM 

OVER NIEUPOORT (*). 



I. Boek. 



Dit boek berusC bij, en behoort toe aan M*^ Polydor 
Rybens. 

Het draagt als titel op den buitenkant: « Beschrijviüg 
der stad Nieuportjï, op den binnenkant: « Deezen boek, 
inhoudende de beschrijving der stad ende haven van 
Nieuport in het graefscap van Vlaeiideren, benevens alle 
-de niercweerdigheden er in begrepen, voorgevallen zoo 
binnen deze stad als in de omliggende plaetsen ende landen, 
is gemaeckt, opgesteld ende bijeenverzamelt door Bacs 
Joannes Baptista Rijbens, meester bakker ende sekretaris 
der redenryke guide van rhetorica, geboortig ende 
woonende binnen deeze stad ». « Eerste Deel ». . 

Er zijn twee deelen van dit werk. Wij hebben maar het 
eerste ter hand ; het tweede deel is thans in bezit van deu 
Heer notaris De Brauwere van Veurne. 

Do kronijk ligt in karton ingebonden. Zij beslaat 
523 enkele bladzijden op groot P papier, eigenhandig (*) 

(*) 't Zijn de hl. over den Franschen tijd, die wij in de bespreking 
dezer kronijk bijzonder in 't oog hebben : van bl. 69 voort. 
(■) Zie het handteekcn van J. B. Rybens in den doopregister van 17S3. 



Ê. DUPONT. HANDSCHRIFTELIJKE i^BÔNIJK 383 

en net geschreven. Van bl. 423 is er een licht verschil in 
't geschrift waar te nemen, en wat verder nog verschilt dit 
van bladzijde tot bladzijde of beter van stuk tot stuk. 

Thomas Carolus De Roo vader, zette waar 't noodig was, 
en ouderteekende ze meestal, kauttcekeningen, dieRijbens 
verbeteren en aanvullen (*). 

Taal en schrijftrant zijn eenvoudig, bezorgd en staan 
aan: bet verhaal is enkele malen afgezet door eene 
daverende ontboezeming. 

n. Schrijver. 

De schrijver, J. B. Rybcns, werd den 25 September 1757 
geboren te Nieupoort waar liij bleef wonen tot zijn sterfdag 
den 24 Juli 1818. Hij was, volgens liooger staande titel, 
meester bakker en secretaris van de rederijkersgilde 
voorzeker sedert 179G. Zijn vader ook Joannes Bapt., was 
uit Duinkerke afkomstig ('). De' familie Rybens was te 
Nieupoort van de welstellendste, en hare leden telden 
onder de bijzonderste schecpsreeders. 

Nochtans voor zoover wij konden onderzoeken, oefende 
hijf de schrijver dezer kronijk, in den franschen tijd, niet de 
minste openbare bediening uit : was het om zijne gezind- 
lieid of om het vreemdelingschap der familie ; wij weten 
het niet. 

Waaneer Rybens zijn boek schreef staat niet aange- 
ieekead ; enkel kunnen wij vaststellen dat hij het niet vóór 
1800 begoa C). 

{'} Thomas Garolus De Roo, vader, 1768-1852, teekentals ambtenaar 
Tan den burgerstaad en greffieklerk in 1819. 11« chartersboek op dit 
jaar. Stadsarchief n. 164. 

/'/ Zie de doop- en doodregisters van die jaren en de kerkrekening 



384 E. DUPONT 

't Waro niet zonder belang te weten of het werk iu ééu 
trek werd geschreven naar een voorafgemaakt klad, of 
efienaan en bij stukken. We meenen dut bij ver het 
grootste deel in eens werd afgemaakt ; van bl. 423 echter 
voort schijnen, nevens het verschil van schrift, sommige 
plaatsen (o. a. bl. 478, 502, 514 en meer) aan te wijzen 
dat schrijver slechts van tijd tot tijd aanvulde. 

Zijn ambacht bracht hem in betrekking met bet volk, 
en aan den toog eener goed-gekalante bakkerij is er wel 
't een en 't ander te vernemen. Aan een andereu kant, 
door zijn ambt in het rederijkersgild, vond hij het gezel- 
schap der meer begoede, verstandige en bezadigde klas 
der burgerij. Ongetwijfeld was zijne geleerdheid en ont- 
wikkeling niet vreemd aan de keus van Rybens tot het 
schrijversambt. Ten anderen, er staat in zijn boek een tal 
van kennissen over aardrijkskunde, kunst, godsdienst, 
geschiedenis, die hem boven het gewoon peil verheffen. 

Hij. was kristen-katholiek en hield het met de trouw- 
gebleven priesters : bewijzen hiervan liggen talrijk het 
boek door. 

Hij was vijand van de Franschen, die vreemde indria- 
gers,*en uitbuiters van zijn volk en dezes welstand, en bij 
valt soms in hevige bewoording tegen hen uit (*). 

(*) Zoo (bl. 225 : 28 Nov. 1793) ; ter gelegenheid van het feestmaal 
opgediend bij het weggaan der jonkheden van de eerste reqaisitie 
<< aerm warm broot, en caffie. Het waere beter dat sij mogteu tbays 
blijven, met minder gedoen, om voor hun en hunne ouders den kost 
t' helpen winnen, als te moeten gaen dienen onder sulke godt ver- 
geeten menschen en hun leven te gaen waegen voor soo slegte saeke. 
Ongelukkig Nederlant, uwe voorregteü en privilegiën siJQ u 
ontnoomen, men siet op heden weg voeren uwe priesters en het 
schoonste uwer jonkheden, daar onse vaderen sig seo op roemden, 
maar voor nu; nu zijn wij gekeetent en in slaevernie gebragt, ver- 
vloukte franschen met uwe gewaende liberteyt, wij waeren liber en 
vrij voor uwen inval in het land, dat selfs alle natiën der waereM 
jalours waeren over ons geluk ; maer wat wilt men doen, den straffen- 
den hand Godts heeft ons geraekt, het sal ook eens onsen tour wesefl.» 



HANDSCHBIPTELIJKB KBONIJK 385 

Zooals lict blijkt, waren deze zijne gesteltenissen niet 
zouder invloed op zijn stijl; raaar heeft hij . daardoor do 
zaken verkeerd of Yaïsch wcôrgegevco, of erg overdreven: 
dat betwijfelen wij, en bemerkten het niet. 't Is hem 
voldoende bij gelegenheid en in afzonderlijke'uitvallen, ot 
met een paar tusschengeworpen woorden, zijn zin uit te 
spreken over de hoog geprezen weldaden van 't Fransch 
bestuur (*). 

Daarbij eenieder krijgt het zijue, waar 't pas geeft, zonder 
oudcrscheid van volk, staat of raug, lof of verwijt. 

Dan nog de opstel van 't boek zelf is eene verzekering : 
't is eene opteekeuing beschrijvender wijze, van feiten, 
eenvoudig, zonder verband, bloiot weg aangehaald om ze 
« aen de naerkorainers bekent te maekeii ». 
Wat hij schrijft weet hij van hooren, zien en lezen. 
Te Nieupoort woneude kon het ruclitbarend nieuws hem 
niet ontgaan. Ilct nieuws uit het omraelaod kloegeu de 
\hichtelingen of de landbouwers o^) markt, gerecht en 
' tolhuis luid gCQoeg uit. Het groot buitenlandsch nieuws 
werd aangeplakt en openbaarlijk gevierd of bejammerd ; 
misschien was de waarheid soms bewimpeld onder de 
woordenweelde der fransche opstellers (*). NieupoorT; was 
ook nog eene krijgsplaats van belang en had tolhuis en 
gerecht. Zijn gewoon begin is: « Wij vernaemeri — niet 
zekerheid — met veel zekerheid (dit op elke bl. omtrent) ; 
« een mare is verspreid, er is te zien, heb met eigen oogen 
gezien, is alhier gebeurt, wiert er afgeropen, geordouneert,» 
enz. 

{') ÜYer dcQ vrijheid sboom, bl. 186. Vrij heidsboom «bij hun alsoo 
penaemt, inacr,het was wel den boom der slavernie, voor alle menschen, 
want geen broedt, geen geldt, geen werk, dit bragt die vrijheid bij n» 
Woorden als « tiran en zijn gebroet », « godtvergeteu schelmen », 
^grijpTogels » gebruikt hij dikwijls. 

(') Dit wist schrijver: op bl. 423, spreekt hij van manifesten uit- 
gegeven door de Franschen en « opgevolt van hunne gewone 
rodomoQtaden ». 



386 fi. DtJPONT 

Veel nieuws uit deu vreemde én uit afgelegen streken 
van België, haalde hij uit de brieven « der conscrieu », 
bl. 291, 371, uit gazetten en nieuwspapieren, bl. 356, 426, 
428, 47ï<, 522, en uit bijzondere brieven, bl. 428. 

Daarbij de schrijver verzamelde en benuttigde archief- 
stukken en ging te rade bij « geloofbare persoonen n zoo 
hij zelf zegt en toont. Voor het deel dat oud-Nieupoort 
behandelt, had hij ter hand de « Chronycke endc oprecht 
verhael van den oorsprongh... tot den jaere 1680: » hij zegt 
het niet, maar 't blijkt bij vergelijking. Op versehillcuJe 
plaatsen gebruikt hij, en zegt het, zekere bronnen. 

Zoo tusschen bl. 18 en 19 verbetert hij hetgeen hij 
schreet over de pastorie van Nieupoort in 4 bl. « Aanmer- 
kingen getrocken uyt de archiven der pastorie der stede 
ende port van Kieuport ». Op bl. 115 geeft hij do 3 somma- 
tien van generael Vandamme tijdens het beleg vaa 
Oktober 1793 «van woort getrocken uyt het fransu; 
bl. 126 geeft hij den staat van schade veroorzaakt door 
gemeld beleg en de nota zegt « ziet hiernevens inliggende 
den staet van schatting der schaede enz ; « bl. 443 deelt hij 
bijzonderheden mede over Napoleons ongeluk kigen velJ- 
tocht van Rusland « volgens de officieele opgaeve, aen ons 
toegezonden uit het solve ryck ». Op bl. 489, geeft hij ons 
de feest aen spraek « in varsen » ter eere van den comman- 
dant gehouden woord voor woord weder. 

We mogen dus reeds a priori zeggen dat Rybens een 
welingelichte, rechtzinnige en bijgevolg betrouwbare ge- 
tuige is. 

Daarenboven, uit 't geen we met archief- en verhalende 
bronnen tot nu vergelijken konden, blijkt dat zijn schrijven 
ermede overeenstemt en soms ten eenen male. Zoo l»ijv. 
het verhaal in dit HS. gegeven van het beleg Oktober 1793 
komt geheel en gansch overeen met liet verslag van liet 
« Journal des attaques de Nieuport, par les Français, 



HANDSCHBIFTELIJKE KRONIJK 387 

durant le siège de cette" ville en octobre 1793. Signé le 
Chevalier de S' Paul, capitaine de génie à la suite de 
Tarmée brittanique » (*)• Hetzelve mogen wij zeggen daar- 
omtrent voor de beschrijving van beleg en inneming in 
Juli 1794, vergeleken met « Victoires, conquêtes et 
désastres, revers et guerres civiles des Français de 1792 à 
1795 par une société de militaires et do gens de lettres. — 
Siège et prise de Nieuport 19 Juillet 1794 n (*). De archief- 
stukken die we lazen, spreken Rybens nooit tegen : alleen 
nu en dan, eene onnauwkeurigheid van minder belang in 
het dateeren. 

Daarbij Thomas Carolus DeRoo liceftde kronijk overgaan 
en waar schrijver mis of onvolledig was, zijne verbetering 
gezet ; en dit is zelden : slechts 13 kantteekeningen. Deze 
zijn opgemaakt met verwijzing naar zekete bronnen. 

Ons dunkens mag dit Hs. bijzonder voor den Franschen 
tijd^ de stad en het omliggende als betrouwbaar aanzien 
en benuttigd worden. 

m. Inhoud. 

Deze kronijk behandelt in do 44 eerste bladzijden de 
geschiedenis van Nieupoorts verleden tot 1780 ; van 
bladzijde 44 tot G9 de regeering van Josef Hen opvolgers ; 
't overige wordt besteed aan den franschen tijd. 

Zij geeft al wat 't melden weerd is : politiek, economisch, 
verstandelijk, godsdienstig en sociaal nieuws. Sedert 1782 
reeds, maar bijzondorlijk van 1792 voort is zij met nauw- 
keurigheiden tal van bijzonderheden afgemaakt van maand 
tot maand, dag voor dag en uur voor uur als 't noodig is. 

(M La Flandre, III b. 43 en vg. 

<■) Afischrift daaraf werd ons welwillend gegeven door Mijnheer Pe 
Roo, bargmeester. 



388 . B. DUPONT 

De plaatsen, benevens het buitenland, waarvan gebeur- 
tenissen hier geboekt staan : Bergen (S*-Winuox) Brugge, 
Coxyde, Duinkerke, Elsendamme, Eversam, Ghistcl, 
Ghyvelde, Ilontschoote, Hoyenkerke, Sint-Jooris, Lom- 
bartzyde, Loo, Mariakerke, Oost-Duinkerke, Oostende, 
Pervyse, Ramscappelle, Schoore (Schorbacke), Stavele, 
Veurne, Westende, Wulpen. 

Oücr algemeene geschiedenis: de kronijk geeft ons do 
oorlogen, belegeringen, veldtochten, de omwentelingen in 
't binnen- en buitenland ; de troepenbeweging door en te 
Nieupoort, de middels van verweer en verdediging, zeldzame 
levensberichten van bevelhebbers. 

Over bescliavings-gcbied : zij spreekt : 

Op politiek gebied: over regeering van land en stad, 
instellingen en heVvormingen der Franschen^ gestclteuisscu 
van 't volk daartegenover .en beroerten daaruit volgende. 

Op economisch gebied : . over het rijzen en daleiL van 
welvaarten voorspoed, met oorzaken ; rooverijen, armoede 
en ellende, met oorzaken, hulpmiddels en gevolgen ; wind 
en weer, vloeden, oogsten, markten, ziekten onder volk 
en vee; staat van handel en visscherij, middels van bestaan. 

Pp verstandelijk gebied: over schoolinrichting, toonecl- 
maatschappijen, bekroon ing van Nieuwpoortnaars ter 
Akademie. Hierover mochten wij meer verwachten. 

Op godsdienstig gebied : over afschaffing der kloosters ; 
verkoop van klooster- en kerkegoed, koopbons, beëcdigde 
en onbecedigdo priesters, verbanning, volbrengen van 't 
priesterwerk, valsche priesters, gesteltenis van 't volk, 
tegenover die twee soorten priesters, en in 't algemeen \n 
zake godsdienst ; Godtergende doening der soldaten, heilig- 
schcnderijen en maatregelen daartegen ; godsdienstige 
plechtigheden, kerkewerken, kerkvoorwerpen. 

Op sociaal gebied: over bevolkingsbeweging met oorzaken, 
ongelukken, vermakelijkheden, volksgebruiken en volks- 



HANDSCHBIFTELIJKE KRONIJK • 389 

geloof (jubileen, feestrieringen, liichttcekous, spokerij) ; 
gildelevcn ; "vijj^ndclijke houding tegenover 't fransch 
bestuur uitkomend door troebels, twisten tiisschcn burgers 
ondereen, of visschers en soldaten, door spot- en schimp- 
schriffea en liedjes; réquisition, lotingen, kiezingeu; 
nieuur ingerichte fransche feesten, enz. 

Talrijk zijn ook de ordonnantien van allerlei aard, en de 
lierTormin^en der Franschen op alle gebied met do houding 
der bewoners daartegen. 

Uit het eerste deel teekencn wij ook aan eene beschrijving 
der processie en der processiedieren, bl. 14-16, ecnige 
gegevens over de rhetorikagildo, bl. 13, en over do 
kloosters, bl. 22 en 23. 

R. DüPONT. 



Le sceau du chancelier de Flandre Guillaume 
(1205-1231) avec contre-sceau du chanoine 
Guillaume de Capella. 



Dans Les plus anciens documents des archives du 
Béguinage de Bruges (*) nous avons signale brièvement à 
l'attention des sigillographes le sceau de Guillaume, prévôt 
de Saint-Donatien et chancelier de Flandre. Outre que ce 
sceau est, croyons-nous, inédit, il oflfre cette particularito 
qu'il porte comme contre-scel lo sceau d'un autre chanoiue 
de Saint-Donatien, Guillaume de Capella. 

Les sceaux des anciens chanceliers de Flandre, n'ont 
été étudiés que très incomplètement. M. De May (*) décrit 
(n. 369) celui de Gérard d'Alsace (1183-1205) appendiià 
une charte du 31 juillet 1205 : « Sceau ogival de 82 milliin. 
Personnage debout, de profil à gaucho, recevant un livro 
des mains d'un jeune clerc. 

t S.GaRRRDI BRVG... RRDRie aRRaeiiLRBU 
contre-sceau : un lion. 

t seaBarrvoj wsvw wiai-ji ». 

Le chancelier Gérard avait en outre un sceau duQ 
tout autre type, qui est appendu, entre autres documents 
à une charte du mois d'avril 1203, donnée en faveur de 

(») Annales, t. LIV, p. 253. 

(") Inventaire des sceaunp de la Flandre, Paris, 1873. 



C. CAliliEWAEBT. SCEAU DU CHANCELIEB DB FLANDBE 391 

l'abbaye de Saiot-André (*). Aux archives du Grand 
Séminaire de Bruges, nous possédons un exemplaire mieux 
conservé de ce même sceau. Il est attaché à une charte 
de 1187 accordée en faveur de l'abbaye des Dunes (*). 
C'est un sceau ogival de 77 raill. Le chancelier de profil 
à gauche est assis, tenant la plume dirigée vers un 
phylactère qui descend vers le bas. 

t SIGIIiLV GaRRBDI PRaPOSirW... GSTiB aw 

Ce dernier sceau n'a pas de contre-scel, tandis que le 
premier porte au revers un contre-sceau rond de 30 mill. : 

un lion : f saaBarTvoî ffievw oîiai^i- 

Le même type a été conservé par le successeur de 
Gérard, le prévôt Guillaume (1205-1231). 

Nous avons vu quatre exemplaires du sceau de ce 
chancelier (*). Le mieux conservé — celui que nous 
reproduisons — est détaché d'une charte des archives 
des Dunes. 

Sceau ogival do 77 millim., moins large que celui de 
Gérard. Le chancelier y est représenté dans la même 
position, sauf que les deux mains apparaissent ; sur le 
phylactère, on lit clairement le mot CCRRTR. La légende 
porte : 

t S WlIilJ. BBVGn PPO>SI....RDRie: 

aRRaeciiiiRBii. 

Les quatre exemplaires que nous avons vus ont tous 
le même contre-scel rond de 32 mill., portant une sorte 

{') Alix Archives de TÉtat à Bruges, chartes mélangées, numéro 
bien 7248. 

{*) Inventaire n^ ^9S. La charte est scellée d'un second sceau assez 
fruste: celui du chapitre de Saint-Donatien. 

(*) Les plus anciens documents nn. 6 et 7 ; Inventaire des archives 
du Séminaire de Bruges n. 615 ; le quatrième est détaché de sa charte. 



392 C. CALLEWAEBT 

de château avec donjon ou de chapelle avec tourelle, et la 
légende : f WILL DS ttRPaiiljR. 

Il serait tout naturel de coaclure de ce fait que le 
Guillaume qui s'intitule sur l'avers prévôt de Saiot-Dona- 
. tien et chancelier de Flandre n'est autre que Guillaume 
qui s'appelle JDe Capella sur le revers du sceau. 

Mais d'après une charte citée par Eeusens ('), le 
prévôt de Saint-Donatien était Guillaume dit l'Oncle, fils 
de Baudouin IV de Hainaut et oncle paternel de 
Baudouin IX de Constantinople. Il succéda à Gérard 
d'Alsace en 1205 et mourut chancelier de Flandre en 1231. 

Dans aucune des nombreuses chartes qu'on connaît de 
Guillaume l'Oncle (*), celui-ci ne prend jamais le titre de 
De Capella, 

M. Demay (') signale un sceau de Guillaume. TOnclc, 
mais qui diifère totalement de celui du chancelier. « Sceau 
rond de 55 mill. Écu semé de France, parti d'un baudé 

do six pièces, t S. wiiiiiaLOJi KvoRaiii aois 

PliRD 9T l'jïïin. Mais ce sceau, apposé à une charte 
de février 1204, est antérieur à sa dignité de prévôt de 
Saint-Donatien. Il est reproduit par Vredius (*). 
Il semble ressortir avec certitude de plusieurs chartes 



(*) Les chancelleries inférieures en Belgique dans Analecles pour 
servir à Vhistoire ecclés, de Belg.y t. xxvi (18%), p. UO ss. cf. L. Vak 
DER KiNDBBB. La chronique de Gislebert de MonSy Brux. 1904 ; table 
analytique. Les anciennes listes des prévôts p. ex. de la Galtia 
chrisliana, de Beau court de Noortvclde, Beschryving van den Proos- 
schen, (Foppens) Compendium chrofwlogicum episcopor, Brugens, se 
contentent d'appeler le prévôt Guillaume tout court. 

(■) Cn. DuviviKR. Actes et documents anciens. Nouvelle série. Brnx. 
19)3, en publie onze, nu. 185 ss. La liste des chartes de Guillaume, 
chancelier, donnée par Reusbns art, citéy pourrait être notablemeut 
allongée. 

(») Ouv, cité n. 144. 

(*) Oenealogia comitum Flandriœ, fol. 4, a. 



SCEAU DU CHâNCELÎEB DE FLANDBB 393 

que nous avons publiées récemment (*) que Guillaume De 
Capella est un personnage différent du prévôt Guillaume. 
Dans les chartes n. 5 et 10 il ne prend que le titre do 
clianoinede Saint-Donatien et n'est nommôqu'ensecondlieu, 
après Gérard d'Oostcamp et Lambert, simples chanoines 
eux aussi. Dans la charte n. 7 le prévôt Guillaume, chan- 
celier de Flandre, atteste que des arbitres ont été constitués 
pour trancher un litige, et parmi ces arbitres il nomme 
Guillaume de Capella. Celui-ci est donc bien un personnage 
différent du prévôt Guillaume. 

D'ailleurs le sceau par lequel il a scellé la charte n. 5 
(du 15 nov. 1216) diffère de celui qui sert de contre-scel 
au sceau du chancelier. Il est rond, de la même grandeur 
que l'autre, mais la légende diffère : f S. WlIiliSIiCUI 
Da CRPeLIiR (»). 

D'ailleurs la construction qui couvre le champ de ce 
sceau-ci diffère notablement de celle du contre-scel 
précédent, et semble accuser bien plus une chapelle vue 
sur le côté : elle porte une tourelle surmontée de deux 
croix; deux autres petites croix surmontent l'extrémité 
de la nef et du cœur, qui est plus bas. La porte d'entrée 
est très nettement accusée à gauche, tandis que sur le 
contre-scel elle apparaît clairement au milieu. La chapelle 
conviendrait beaucoup mieux que le château à un person- 
nage ecclésiastique et ferait allusion au nom : de capella. 
Nous nous trouvons donc devant ce phénomène assez 
curieux d'un sceau, portant à l'avers et au revers l'em- 
preinte des sigilla dé deux personnages différents. 

fV Les plus anciens documents des archives du Béguin, nn. 5, 6, 7, 10. 

(') « WilXélmus de Capella » a donné et scellé, après les abbés de 

SaioModré et d'Eeckhoutte et. le doyen de chrétienté do Bruges, 

\e 2S octobre 1205, une charte attestant une donation faite à Ter 

doest. Le sceau de Guillaume a disparu. N. 509 de VIncentaire des 

archives du Séminaire. 



394 C. CALLÉWABRT. SCEAU DU CHANCELIER DE FLANDRE 

Nous savons que le chancelier Guillaume ne fréquentait 
pas la cour de Jeanne de Constantinople (*) et qu'à un 
moment donné, celle-ci doit avoir enlevé la garde de son 
sceau au prévôt Guillaume, puisqu'elle le lui restitue par 
une charte du 14 juin 1223 (*). Mais parmi les documents 
conservés qui sont scellés du sceau du chancelierGuillaume 
avec le contre-scel de Guillaume de Capella, deux chartes 
sont du 24 janvier 1217 (n. s.) {^) et la troisième est de 
juillet 1228 (*), donc postérieure à la restitution du sceau 
comtal. 

L'explication de ce fait nous échappe : nous nous 
contentons de le signaler à l'attention des sigillographes 
de profession. 

La planche ci-jointe donne en simili-gravure une repro- 
duction : 

1® du sceau de Gérard d'Alsace (1187); • 

2** du chancelier GauUaume de Hainaut; 

3*^ du sceau isolé du chanoine Guillaume de Capella 
(1216); 

4** du sceau du même, servant de contre-scel au sceau 

de Guillaume de Hainaut. 

C. Callbwakrt. 



(*) Voir la charte Jeanne, du mois de mars 1226, dans L. Gilliodts- 
VAN Sbvbren, Coutumes de la prévôté de Bruges, t. II, p. 35. 

(") E. Reusens, art. cité p. 116 ; L. Gilliodtb-van Sbvbbbn, 
Coutumes de la prévôté de Bruges, Brux., 1887, 1. 11, p. 35. 

{^) Les plus anciens documents des archives du Béguinage, nn. 6 et 7. 

(*) Inventaire des archives du Séminaire de Bruges, u. 615. 





I. Sceau de Gérard d'Alsace. 

2 Sceau du chancelier Guillaume. 

3. Sceau de Guillaume de Capella. 

4. Sceau du même servant de contre-scel au sceau 
du chancelier Guillaume. 




L.ES ORIGINES 

DE Là 

COLLEGIALE SAINT-DONATIEN 

A BRUGES 
Deux chartes inédites du XI'' siècle. 



Les origines et les premiers développements de nos 
anciennes collégiales — de Saint-Donatien et de Notre- 
Dame (*) à Bruges p. ex. — demeurent entourés de 
beaucoup d'obscurité. Et cependant c'est riiistoirc de la 
première civilisation et de la première expansion du 
cbristianisme qu'il faudrait pouvoir lire sur les pierres de 
leurs églises, dans les documents de leurs archives efc dans 



(*j Voir Annales, li>06, p. 165 ss. N'est-il pas regrettable que nous eu 
soyuDs réduits encore aujourd'hui k devoir récourir surtout ii un 
ouvrage de 1773 : Beaucourt dk Noortvelde, Description historique 
de l église Notre-Dame à Bruges, 



396 C. CALLÈWAËBT 

la vie de leur clergé. Nous croyous donc que toute con- 
tribution à rhistoiro ancienne do ces vénérables institutions 
sera favorablement accueillie. 

Le chartrier du chapitre de Saiut-Donatien — le plus 
ancien de notre Flandre — est malheureusement dispersé. 
Si on ne peut songer à le reconstituer, il serait cependant 
souverainement deîsirable qu'on puisse connaître au moins 
où se trouvent les débris d'un trésor aussi précieux pour 
notre histoire. 

En attendant qu'on retrouve peut-être quelque jour les 
originaux, nous désirons aujourd'hui attirer l'attention sur 
deux chartes anciennes, que nous croyons inédites, et qui 
sont copiées dans deux cartulaircs de Saint-Donatien 
conservés à l'Évèché et au Grand Séminaire de Bruges. 



I. 

Uévêque de Tournai^ Radbod //, aliesie avoir consacré 
Vairium et le cloître de Saint- Donatien à Bruges pour 
servir de cimetière et détermine les droits et conditiotis de 
sépulture. 

25 juin 1086. 

Copie au Cartulaire de PÉvêché, f. 27 : de consecratione atrii nostri 
ab episcopo fada ; au Cartulaire du Séminaire, f° 8^'°. 

In nomine Sancte et individue Trînitatis etc. 

Ego Rabbodus, Dci misericordia Noviomensis episcopus, 
consecravi atrium Sancti Donatiani cum claustro in castello 
Brugensi, in sepulturam fidelium, canonicorum quidem 
omnium ejusdem loci absque conditione, parrochianorura 
autem Sancti Saivatoris et Sancte Marie si in supradicto 
atrio sepeliri voluerint, ea conditione ut episcopo vol ojus 
vicario septem solidos solvant. 

Actum anno Dominice Incarnationis MLXXXVI, indic- 
tione IX, VII kalendas Julii. 



COLLÉGIALE BAINT-DONATIBN 397 



IL 



Uévêqtêe de Tournai, Radbod II ^ détermine de plus pres les 
droits des chanoines de Saint-Donatien de recevoir à la 
sépulture dans l'atrium de leur église^ des paroissiens de 
Sainte-Marie du Bourg. 

Tournai, 28 décembre 1089. 

Copie au Cartulaire de Tévéché, f*^ 27 : De parrochianis Sancte Marie 
a uobt's recipiendis nd jura visilationis et ad sepuîluram ; copie au 
Cartulaire du Grand Séminaire g. P 8. 

In nomine Sancte et hidiviclue Triiiitatis, etc. 

JEgo Ilabbodus, Dei gratia Noviomensis scu Toroaccnsis 
epîscopus, notum ficri volo cunctis fidelibus tam fiituris 
quam presciilibus, hoc nostri jaris et potestatis canonicis 
Saneti Donatiani Bnigensis ccclesie mo coQcessisse, coû- 
scnsu et consilio per son e ccclesie Sancte Marie que est iiL 
burgo Brugeusi et clericoriim meonim, ut quicuniqite de 
parrochia ecclesie ejusdem Sancte Marie in atrio Saneti 
Donatiani pro societate fraternitatis sepeliri voluerit, eum 
suscipiant cum licentia omnimode visitationis, scilicet 
înuncttonis et sacre communiouis ceterorumque que ad 
salutem anime pertinent, ea ratioue ut, ad respectum juris 
parrochie, vji solidi de siugulis persolvantur. Ut autera hoc 
ïnstitutum ratum maneat, sigiili nostri impressione contra 
onines infestationes confirmamus, cum subscriptorum testi- 
niouio. S. DominiRabbodi episcopi. Et infra (*), 

Actum Tornaci, V Kalendas Jannuarii, anno Dominice 
Incarnationfs M XC, indictione XII, régnante rege Fran- 
coram Philippe anno XXX, domino Rabbodo episcopante 
XXII anno. 



* 
* * 



Au poiut do vue chronologique, le second de ces docu- 
menta est tvè^ important. Il est excessivement rare qu'une 
charte, antérieure à l'introduction du style de Pâques ou 
de rAüüonciationy permette de déterminer avec précision 



/') IjCS Doms de la plupart ou de tous les témoins sont généralement 
supprimfU dans les deux cartulaircs. 



398 C. CALLEWAEET 

si elle e&t datée seloa lo style de Noël (25 décembre) ou 
diaprés celui de la Circoncisioa (1 jauvier). La seconde 
charte, de même qu'ime autre qui est publiée par Miraeus 
et Foppens {*) et qui porte exactemeut les mêmes données 
chronologiques, fournit la preuve qu'à la chancellerie 
episcopale de Tournai, le changement du millésime se 
faisait à la Noël et pas au premier jauvier. Ces deux 
documents portent le millésime 1090 et cependant il est 
sûr qu'elle est bien du 28 décembre 1089 (*). 

Au point de vue de Vhistoire de Saint-Donatien les deux 
documents sont d'un intérêt capital et méritent toute notre 
attention. 

La première charte prouve que l'atrium de Saint- 
Donatien, entouré de son cloître ou ambulacre a été 
consacré, le 25 juin 1086, par l'évêque de Tournai, 
Radbod II, pour servir de cimetière. D'après le plan levé 
par le chanoine Molo et publié par M. le Vicaire Général 
Rembry ('), l'atrium était situé du côté Nord de l'église. 
On y avait accès par la porte dite f Gat van Sint Donaas, 
vers la rue actuelle Philipstockstraat. Le côté méridional du 
cloître adossé à la nef de l'église, s'ouvrait dans le portail 
latéral septentrional ('). Cette construction assez importante 
semble accuser la prospérité du chapitre et l'intensité de 

(*) Opera diplotnalica, III, p. 19. Cf. Wacters, Tabfe chronologique, 
1. 1, p. 574. 

(•) Voir plus bas, le premier des comptes rendus. 

(•) Le culte de S. Charles JBorromée à Bruges dans Annales de 
VÈrnulation de Bruges, t. 49 (1899) et 50 (1900). Voir le plan t. 49. 
p. 200-201. L'atrium occupait précisément la place que M. Pi renne 
assigne aux écoles dans la carte de Bruges insérée dans son Histoire du 
meurtre de Charles le Bon, Paris, 1891. 

(*) Voir le plan de Molo et le texte de Galbert de Bruges. De muHro, 
traditione et occis ione gloriosi Karoli comitis Flandriarum. § 43, éd. 
Pirenne, p. 70. 



CÔLLÉGULB ÔAINT-BONATIEN 399 

la vie religieuse dont uous trouvons la preuve dans les 
documents de Tépoque. 

Dans le même document, Radbod fixe le droit de 
sépulture dans le nouveau cimetière. Les chanoines du 
chapitre peuvent être inhumés dans l'atrium de Saint- 
Donatien sans condition. Les paroissiens de Saint- 
Sauveur (*) et de Sainte-Marie peuvent être admis au 
même cimetière s'ils y ont choisi leur sépulture et à 
condition de payer sept solidi à l'évêque ou à son vicaire. 

Trois ans plus tard, Radbod revient sur la question du 
droit de sépulture des paroissiens de Saint-Sauveur et de 
Sainte-Marie, dans deux chartes du 28 décembre 1089, 
celle que nous publions ici, et une seconde éditée par 
Mirseus, Foppens et d'autres. Par cette dernière, la plus 
importante, dont l'original a été acquis récemment par les 
archives de l'Évêché de Bruges, Radbod confirme les 
privilèges de l'église « in houore sancte Dei Genitricis 
Mabiae sanctique Donatiani archiepiscopi in castello 
Brugensi a principibus Flandrie fundatam ». En outre, il 
accorde ou confirme à la dite église les droits paroissiaux 
et fixe comme limite de sa juridiction l'enceinte même 
du bourg de Bruges (*). Ensuite il revient sur le droit 
d'ensevelir les paroissiens de Saint-Sauveur. Ce droit est 
non seulement confirmé, sous les mêmes réserves que celles 
de l'acte de 1086, mais encore étendu en ce sens que les 
chanoines peuvent même visiter les malades qui ont choisi 
leur sépulture au cimetière de Saint-Donatien et leur 
administrer TExtrême-Ouction, pour laquelle ils doivent 

(*) Otte église était déjii paroissiale en 961. Voir le diplôme d'Arnoul 
le Grand de 9U1 dans L. GiLLiODTS-van Sbvbbsn, Coutumes de la 
•préoôté ûjt Bruges, t. II, p. 7. 

(*) «Concedinius etiam eidem ecclesiae atque libère confirmamus 
qaicqnid intra claustrum vel munitionem castelli continetur, in. 
parrochiam n- Nous citons les textes d'après l'original. 



400 C. CALLEWAEET 

cependaot appeler le clergé paroissial de Saint-Sauveur (*). 

Il n'est pas question du droit de sépulture des chanoines, 
qui reste absolu comme on 1086, ni du droit d'admettre 
à la sépulture des paroissiens de Sainte-Marie. Ce dernier 
point est réglé par une charte spéciale du 28 décembre 
1089 (n. II). Ce qui est accordé ici, ce n'est plus le simple 
jus sepeliendiy comme en 1086, ce n'est pas seulement le 
droit de visiter et d'administrer l'Extrême-Onction, avec 
les restrictions indiquées plus haut pour les paroissiens 
de Saint-Sauveur ; c'est le droit d'administrer tous les 
sacrements, c'est la cura animarum complète qui est* 
accordée à l'égard de tous les paroissiens de Sainte-Marie 
qui auront choisi leur sépulture dans l'atrium de 
Saint-Donatien, à la seule condition de payer sept 5o/i(î/. 
Ceci nous indique une relation plus intime entre le 
chapitre de Saint-Donatien et la paroisse Sainte-Marie. 

Effectivement Radbod déclare n'avoir réglé ce droit que 
« consensu et consilio persane ccclesic Saucto Marie que 
est in burgo Brugensi ». M. H. Schaefer, qiii s'est attaché 
récemment à éclaircir la signification du mot persotia (*), 
établit que sous cette dénomination, on désigne un curé 
titulaire, spécialement lorsque, investi du bénéfice parois- 
sial, il n'en exerce pas lui-même les fonctions, mais confie 
le soin de la cura animarum à un autre prêtre. Il met en 
relief (p. 71) que les expressions persona^ personatus sq 
rencontrent d'abord et surtout dans les documents relatifs 
aux chapitres de chanoines. L'un de ceux-ci était nommé 

(*) « Preterea canonici ipsius loci nostre potestatis licentiam habeant, 
parrocliianos œcclesiae Sancti Salvatoris visitandi, inimgendi (advo- 
catis tameo ad ipsam inunctionein clericis predictam parrochiaui 
Sancti Salvatoris custodientibus), insuper et sepeliendi eos qui apuJ 
illos sepiliri voluerint in atrio Sancti Donatiani, ea conditione in 
episcopo seu vicarîo ejus vu solidi solvantur w. 

(*) Pfarrkirche und Stift im deutschen Mittelaîter, Stuttu^art, 
1903, § 19. 



COLLEGIALE 8AÎNT-D0NATIEN 4Ô1 

titulaire de la paroisse, mais en confiait souv.ent Tadmi- 
ulstratioQ à un yicairc perpétuel, soit parcoque lui-même 
n'était pas encore prêtre, soit surtout parce qu'il devait 
résider au chapitre. Nous avons ici un exemple de cette 
situation, un exemple plus ancien que ceux que M. Schaefer 
a signalés (*). La persona de l'église Sainte-Marie était 
certainenaent curé titulaire de cette paroisse et proba- 
blement chanoine de S. -Donatien. 

TâcboQs maintenant de déterminer quelle était cette 
église paroissiale Sande Marie que est in hurgo Brugensi. 

Ce n'est pas l'église actuelle de Notre-Dame, l'ancienne 
collégiale, celle qu'on désignait sous le nom de « Sancte 
Marie ad Roiam » ou « que aptid oppidum Brugense est n (^) 
ou « Saacte Marie in Brugis que erat prius in Sissela » (') : 
celle-ci était située en dehors de l'enceinte du Bourg. Ce 
n'est pas davantage la chapelle de la Sainte Vierge, dont 
nous avons dernièrement signalé l'existence et retracé 
rhistoire (*), et- qui était érigée dans la cour du châtelain 
au Bour^ : elle n'était pas église paroissiale et n'a été 
construite et consacrée qu'en 1185. 

En dehors de cette chapelle castrale, il n'existait pas 
d'autre église au Bourg de Bruges, que la collégiale de 
Saint-Donatien. Ce ne peut donc être que cette église-là 
que nous trouvons ici désignée sous le titre de Sainte-Marie. 

Effectivement, dans la charte de Radbod, publiée par 
Miraeus, du 28 décembre 1089 (^), de même que dans les 

(') Ouo. cUéy p. 71. Nous en trouvons d'aatres exemples dans l'autre 
charte de Radbod, publiée par Mirœus, ainsi que dans plusieurs 
documents de la fin du XL*' et du commencement du XIl^ siècle. 

(') Bulle de Pascal II de 1102, dans Bbaucoviit de Noortveldk, 
Descripiion historique de V église Notre-Dame à Bruges, 1773, p. 13. 

(') Charte de lllG, de Godesbald, évêque d'Utrecht. Ibidem^ p. 15. 

{*) Annales de P Émulât., t. LVI, 1906, p. 165-170. 

(^) Voir plus haut le texte cité, p. 399. 



4Ô2 C. CALtEWAEET 

documents autérieurs, notamment dansles deux diplômes(<) 
de Robert de Jérusalem, du 31 octobre 1089 et d'Arnoiil Ie 
Vieux, du 31 juillet 961, cette église est dédiée à un double 
titre : ^ sub honore beatissime Dei Genitricis Marie 
sanctique patris nostri arcliipontificis Donaiiani cou- 
structam » comme dit le diplôme du comte Robert. 

Après la charte de Radbod, du 28 décembre 1089, 
réglant les droits paroissiaux do la collégiale, le premier 
titre {Sancie Marie) n'apparaît plus que dans uu seul 
document diplomatique : dans la suscription d'une bulle 
du pape Pascal II, datée du mois de mars 1104, bulle qui 
se réfère aux documents antérieurs. 

Dans la partie dispositive de la même bulle, l'église est 
désignée simplement sous le vocable de Saint-Donatien. 
Il en est de même dans tous les documents postérieurs, 
qu'ils émanent des papes (p. ex. Pascal II, Innocent II, 
Eugène III, Alexandre III, Célestin III, etc), des comtes de 
Flandre (Robert de Jérusalem, Thierri d'Alsace, etc.), des 
évoques successeurs de Radbod, ou du chapitre lui-même. 

L'église du Bourg était donc connue et dédiée sous un 
double vocable : Sainte-Marie et Saint-Donatien. Elle 
servait à la fois d'église collégiale au chapitre et d'église 
paroissiale pour les fidèles soumis à la juridiction du curé. 

Le lecteur aura peut-être remarqué que toutes les fois 
que les documents font une distinction entre l'éghse de 
Sainte-Marie et celle de Saint-Donatien, la dénomination 
et les droits de paroisse sont rapportés à l'église sous le 
titre de Sainte-Marie, tandis que tout ce qui concerne les 
chanoines, le prévôt ou le chapitre est attribué à la même 
église sous le vocable de Saint-Donatien. Dans les chartes 

(*^) Voir ces deux diplômes dans L. Gilliodts-van Severbn, Coud'- 
mes de la prévôté de Bruges, Bruxelles, 1887, t. Il, p. 3 ss. Malgr/» les 
objections qu'on a fait valoir, nous croyons que le diplôme d'Aru«>ul 
est authentique. 



COLIiiSGIALE SAINT-DONATIEN 403 

que nous publions, il s'agit de T" atrium Sancti Donaiiani n 
des « cauouici Sancti Donaiiani », en même temps qu'il est 
«question des « parochiani Sande Marie n, de la « persona 
ecclesie Sande Marie », do la « parochia ecclesic ejusdeni 
Sande Marie, » 

Il en est de même dans les deux diplômes de Robert de 
Jérusalem, de 1089, et d'Arnoul le Vieux, de 961. Dans 
rénumération des biens qui servent de dotation aux 
prébendes des chanoines, nous lisons : ' in parochia Sande 
MariCy terra Prat, XXXII mensure diurne. » Et parmi 
les biens assignés au prévôt, nous trouvons : « In parochia 
Sande Marie Brugensis (ou lirf$gis)y IIII curtilia et 
I pratum ; in parochia Sancti Salvatoris in castello 
foricseco, II curtilia. » La comparaison avec les autres 
documents, Tépithète Brugensis et la juxtaposition de la 
paroisse de Saint-Sauveur « in castello forinscco », ne 
permettent pas de douter qu'il s'agit de l'église Sainte- 
Marie au Bourg de Bruges. 

Cette dualité de nom et d'attributions,' qu'on peut 
poursuivre en remontant jusqu'aux documents diplomati- 
ques les plus anciens, est très suggestive et nous semble 
devoir dater des origines. Elle ne peut s'expliquer raison- 
nablement, semble-t-il, que par la réunion de deux insti- 
tutious qui auraient existé indépendantes l'une de l'autre, 
ou mieux encore par la fondation d'un chapitre en l'honneur 
de Saint Donatien, dans une église qui préexistait comme 
église paroissiale dédiée à la Sainte Vierge. 

Cette déduction se trouve corroborée par la phrase dans 
laquelle le diplôme d'Arnoul de 9G1, retrace incidemment 
les origines de l'église de Saint-Donatien : « cappellam 
in honore gloriose Virginis et Domini nostri Genitricis 
Marie et Sancti Donatiani archiepiscopi, a dive memorie 
Balduino avo meo, zelo divini amoris accenso, constiiutam 
etc6an/iguo iempore fundaiam^ magnificare volens..., n 



404 C. CALLEWABRT 

La double expression ^ a Balduino constitutam » et « ai 
aniiquo tempore fundatam n, iodique clairemeut que 
Baudouia Bras-de-fer n'est pas considéré par son petit-fils 
comme lo premier fondateur de cette église ou capella^ qui 
existait déjà avant lui « ab antique tempore, n 

Nous savons d'ailleurs que Baudouin déposa au Bourg 
de Bruges vers 863, les reliques de S. Donatien qu'il avait 
reçues d'Ebbo, archevêque de Reims. 

Les chroniqueurs ajoutent que les reliques fureut 
déposées dans une chapelle de la Sainte Vierge qui fut 
agrandie à cette occasion. Nous espérons avoir roccasion de 
revenir sur ces faits. Il nous suffit pour le moment de 
montrer que l'examen des sources objectives, des documents 
diplomatiques .confirme admirablement les assertious des 
ancienpes chroniques, . auxquelles certains historiens 
étaient tentés de n'accorder que peu de crédit. 

S'il était permis d'insister sur la signification précise de 
ce mot capella, nous devrioos en conclure que l'église 
Sainte-Marie était, avant 863, une église publique, 
paroissiale, mais avec une autonomie restreinte, dépendant 
dans des limites plus ou moius étendues, d'une autre 
« ecclesia » paroissiale, qui était l'église-mère (*). Hincmar 
de Reims établit nettement, au IX® siècle, dans son traité : 
De ecclesiis et capellis, la distinction entre églises et 
chapelles. Cette distinction apparaît clairement, pour la 
Flandre, dans les diplômes d'Arnoul et de Robert de 
Jérusalem (') aiusi que dans différentes chartes du XP et 
du XIP siècle. 

Dans ce cas, l'ancienne chapelle de Sainte-Marie dcpen- 

(*) Voir à ce sujet : Imbart db la Tour, Les paroisses rvmlfs àM 
IV\au X/« siècle. Paris, 1900, p. 166 ss. 

(■) Qu'il nous suflBse pour le moment de citer ce texte des deui 
diplômes : " Ecclesia de Esna (Bessen) cum capellis suis Dicasmuta 
(Dixmude) et Clarc (Clercken) ». 



COLLÉGULE SAINT-DONATIEN 405 

dait de Saiüt-SauTeur (*). II y a dans ce fait une coiifir- 
matioUy semble-t-il; des assertions de nos chroniqueurs^ 
qui considèrent Saint-Sauveur comme la plus ancienne 
église de Bruges. Elle aurait été fondée par S. Eloi. 

Quoi qu'il en soit, Téglise Sainte-Marie apparaît dans le 
diplôme d'ArnouI le Vieux avec le titre de paroisse, tout 
comme Saint-Sauveur. Le voisinage du château des comtes 
et la possession du dépôt sacré que lui avait confié Baudouin 
et qu'elle gardait sans aucun doute religieusement, doivent 
évidemment avoir donné une plus grande importance à la 
chapelle primitive, qui aura probablement acquis sa pleine 
autonomie. A la suite de la fondation de douze prébendes 
canoniales, faite par Arnoul, la paroisse aura été naturel- 
lement unie au chapitre, si bien qu^un des chanoines sera 
devenu régulièrement curé titulaire, ^ persona » de la 
paroisse. 

Jusqu'en 1086, le cimetière de la paroisse Sainte-Marie 
aura servi sans doute aux paroissiens et aux chanoines. 
Mais le chapitre acquiert, en 1086, son propre cimetière, 
avec faculté d'y enterrer des paroissiens de Sainte-Marie 
et de Saint-Sauveur; en 1089, il est érigé ou confirmé 
comme paroisse avec juridiction restreinte aux limites du 
Bourg de Bruges (*;. Dès lors, il est tout naturel que ce 

(M Dans les chartes d^Arnout et de Robert nous trouvons men- 
tioQQée ea outre la « capella sancti Christophori juxta forum n ; mais 
la déoooniaation de capella montre qu'elle n'était pas cg^lise-mcre, ce 
•{ui n'empêche qu'elle n'eût au moins certains droits paroissiaux, puis- 
qu'elle avait son cimetière adjacent. Voir J. Gailliard, Ephémérides 
Bruçeoises, Bruges, 1874, p. 812. 

C) Nous ignorons quelles étaient les limites de l'ancienne paroisse. 
Il serait naturel de supposer qu'elles étaient les mômes que celles qui 
sont assignées par Radbod en 108Ü. D'autre part, les « IIII curtilia et 
I pratnm » places par les diplômes d'Arnoul et de Robert dans la 
•iparochia Sanetc Marie Brugensis n indiquent que la paroisse s'étendait 
au dehors du Boarg*, qui ne comprenait ni curtilia, ni prés. D'ailleurs 
la « terra Prat » ou Praet, située « in parochia Sancte Marie » (p. 403) 
se trouvait en dehors de l'enceinte de la ville. Voir la carte citée 
de M. Pirenne. 



406 C. CALLEWAEBT 

soient le chapitre et le vocable Saint-Donatien qui aient 

prévalu et que celui de Sainte-Marie ait été omis, surtout 

que vers la même époque, l'église Notre-Dame sur la Reie 

entrait davantage dans l'agglomération brugeoise et 

acquérait, en 1091, une nouvelle importance par TérectioQ 

d'un chapitre de chanoines. 

Une situation analogue à celle de Tcglise Sainte-Marie 

et Saint-Donatien se retrouve également dans Thistoire 

de la cathédrale actuelle de Bruges. Elle est à la fois 

église paroissiale et église du chapitre cathédral. Jusqu'en 

1834, elle était dédiée au Saint Sauveur et à S. Eloi, le 

premier vocable mettant le second complètement dans 

l'ombre (*). Mais à la suite de la bulle d'érection du diocèse 

de Bruges, en date du 27 mai 1834, elle fut élevée à la dignité 

d'église cathédrale ; l'ancien titre de Saint-Eloi fut supprimé 

et canoniquement remplacé par celui de Saint-Donatien, 

dont les reliques y furent solennellement transférées lors 

de l'inauguration de M^' Boussen comme évèque de Bruges, 

le 23 juillet 1834 (•). 

* 

Les droits paroissiaux du chapitre de Saint-Donatien ont 
subi dans la suite des temps bien des changements (') et 

(*) Les chroniqueurs expliquent d'ailleurs ce double titre par 
l'histoire même de Péglise) qui aurait été primitivement fondée par . 
S. Eloi en l'honneur du S. Sauveur, et dédiée en outre, après la mort 
du saint fondateur, kS. Ëloi lui-même. 

(■) Voir Edm. De Vos, Sint Donatianus^ patroon der kathedrale^ wi 
de stad en 't bisdom van Brugge, Brugge, 1901, bl. 59 w. 

(') Le nombre des paroissiens était primitivement très restreint: 
« parocbiani ejusdem sancti Donatiani qui infra castri ambitum 
perpauci continentur » dit la bulle dé Pascal II du 29 mars 1104. Pins 
tard il s'amplifia notablement, parce que une foule de personnes se 
rattachant à la collégiale ou à la cour des comtes de Flandre, quelle que 
fût la paroisse qu'ils habitaient, furent censés être de la paroisse de 
Saint-Donatien et relevaient de la juridiction du chanoine qui était 
Pastor laicorum. Voir A. C. De Schrbvel, Histoire du Séminaire de 
Bruges, 1. 1, 1« part., p. 6. 



COLLÉGIALE SAINT -DONATIEN 407 

notamment le droit de sépulture a donné lieu à des 
différends avec les autres curés de la ville (*). Nous ne 
voulons pour le moment signaler qu'un seul point, parce 
qu'il se rattache aux trois chartes do Radbod que nous 
avons étudiées. 

Dans les trois actes, Tévèque exige que les paroissiens 
de Sainte-Marie ou do Saint-Sauveur qui veulent se faire 
enterrer dans le cimetière de Saint-Donatien, paient à 
révéque on à son vicaire la somme de sept solidi, afin de 
reconnaître ainsi ses droits sur la paroisse lésée. 

Cette prescription ne subsista pas longtemps. Le 29 mars 
1104, le pape Pascal II octroyait aux prévôt et chanoines 
de Saint-Donatien une bulle confirmant leurs privilèges (*). 
L'acte pontifical blâme et supprime la redevance exigée 
par révêquo : « Sepulturam ejusdem'loci omnino liberam 
e^se decreviraus ut eorum qui illic sepeliri deliberavcrint 
devotionî et extreme voluntati, nisi forte excommunicati 
siat, nullus obsistat, prava illa septem soUdorum qui 
episcopo debebaniur exadione seposita ». 

La stipulation des sept solidi^ qui déplaisait certaine- 
ment au chapitre, comme à ceux qui désiraient profiter de 
la liberté de sépulture accordée à Saint- Donatien, et la 
désapprobation si énergique du souverain Pontife, n'ont 
peut-être pas été sans influence sur la réputation d'évèque 
siraoniaque (*), que quelques chroniqueurs ont faite à 
Radbod, qui mourut à Bruges en 1097, frappé d'une attaque 
d apoplexie. « On raconte diversement la fin de Radbod, 



I') Voir p. ex. L. Gilliodts-van Severbn, ouvr. cité, t. II, p, 85 ss. 

(*) Copie aux Cartulairesde l'Évêché et du Séminaire. 

1') Uq antre fondement de cette mauvaise réputation se trouve dans 
le fait rapporte dans la bulle do Grégoire VII, du 5 mars 1075, diaprés 
laquelle RadHod, au dire des délê«fués de l'évoque d' Utrecht, aurait 
-vendu» l'église Notre-Dame (le bénéfice ecclésiastique) à un de 
sts clercs. 



408 C. CALLEWAEUT. COLLEGIALE BAIKT-BONATISN 

dit M. Warichez dans im récent article (*). La plupart des 

historiens ont chargé sa mémoire et dramatisé sa mort 

£n réalité, il ne faut admettre ces détails que sous bénéfice 
d'inventaire. Comme beaucoup d'évêques du XI* siècle, 
Radbod aura été accusé de procédés simoniaques. Et 
rimpitoyable chroniqueur, comme Pirréductible opinion 
publique, auront trouvé dans sa mort accidentelle et fou- 
droyante l'irrécusable preuve de sa culpabilité. » Les deux 
faits que nous relovons dans les bulles de Grégoire Vil 
et de Pascal II devaient être suffisants pour servir de base 
à une accusation qu^on rencontre assez fréquemment à 
cette époque. 

C. Callewabbt. 



(») Biographie Nationale, U 18, v« 'Radbod II. 



L'EXPOSITION DES PRIMITIFS A BRUGES 

EN -1902. 

Suite (3* livr. 1906, p, 279-303). 



Je ne m'étais pas trompé lorsque j'avais écrit que le 
parti que prendraieat les Hospices de Bruges au sujet du 
prêt de leurs cableaux, aurait une ioflucuce capitale sur 
les réponses des .autres administratious de musées et 
d'églises. 

Il était certain que les musées et les églises atten- 
daient cette décision ; et la plupart de leurs adminis- 
trateurs eussent, je pense, été très heureux à ce moment, 
de trouver une raison plausible pour motiver un refus et 
d'avoir un exemple sérieux à invoquer pour refuser les 
œuvres demandées. £t personne n'aurait pu leur jeter la 
pierre, car Tabsence des Memling de THôpital à notre 
Exposition eût été pour notre entreprise une si incontes- 
table, si irréparable et si formidable capitis diminution 
qu'elle eût, de ce seul fait, perdu tous ses droits à 
réclamer de n'importe qui des envois importants. 

J'avais encore eu raison en disant que l'adhésion des 
hospices de Bruges serait un précédent tellement puissant 
et Ufl argument si irrésistible qu'il entraînerait les hésitants 
et désarmerait les opposants. 

La preuve de cette double affirmation fut faite très 

rapiJemeat. Commençons par Bruges, où elle apparaît 

d^abord et avec une force particulière. Car la décision de 

k Commission des Hospices y fit un effet d'autant plus 



410 B**" H. KBEVYN DB LETTENHOYE 

considérable et y eut un écho d'autant plus retentissant 
que personne ne croyait à une pareille solution. 

Et voilà que brusquement le bruit se répand que tous 
les tableaux de l'Hôpital iront à l'Exposition! Ce fut à 
Bruges, dans certains milieux, un coup de foudre. 

Ah ! l'Exposition devenait donc sérieuse ? Et s'il on était 
ainsi, les églises justifieraient avec peine une opposition. 
Puis, les tableaux des Hospices étaient infiniment plus 
précieux et plus délicats que ceux conservés dans les 
églises ; il on résultait que là où il n'y avait pas de dangers 
pour les premiers, il ne pouvait y en avoir pour les 
seconds. 

L'exemple parlait évidemment fort et haut. Il imposait 
leur conduite aux autres. 

Aussi les églises de Notre Dame, de S*-Sauveur et de 
S*-Jacques à Hruges consentirent-elles sans difficultés à 
nous remettre tous les tableaux que nous demandions. 
Et cela de la manière la plus largo, sans réclamer aucune 
indemnité. 

Je suis heureux de pouvoir remercier ici publiquement 
MM. les Doyens, Curés et Membres des Conseils de 
fabrique de ces églises des dispositions bienveillantes 
et généreuses dont ils firent alors preuve à notre égard. 

La noble confrérie du S^-Sang ne voulut pas faire moins 
bien, et là aussi, l'accueil le plus favorable et le plus 
désintéressé fut réservé à notre requête. 

Enfin, sans avoir pu obtenir une réponse officielle du 
Collège écbevinal de Bruges, je savais qu'on ne me refu- 
serait pas maintenant les tableaux du musée Communal. 

Les tableaux de THôpital — (six Memling) — les tableaux 
de S'-Sauveur — (un superbe Th. Bouts, deux tableaux 
très anciens fort précieux, un Van der Moire et six autres 
œuvres gothiques) ; ceux de Notre Dame (la Mater dolorosa 
attribuée jusqu'alors à Mostaert, un G. David qui avait 



EXPOSITION DES PBIMITIFd 411 

toujours été don ué à d'autres msdtres); ceux de S^-Jacques 

(le Cornelis, tableau unique du maître, la précieuse légende 

de S'^-Lucie d'un inconnu, un superbe Fourbus); ceux du 

S'-Sang, (la Piéta attribuée jusqu'à ce moment à G. David, 

deux tableaux de maîtres inconnus, deux superbes volets 

de Fourbus) ; ceux du musée communal (deux Van Eyck, 

un Memling, trois Gérard David, des Privost, des Fourbus, 

des Claessins, c'est-à-dire encore 18 tableaux) ; mais cela 

faisait un ensemble formidable de prêts consentis par des 

administrations publiques I 

Le moment était donc bien venu do jouer, à Bruxelles et 
à Anvers, les grosses parties que je préparais depuis si 
longtemps. Certes, je n'étais pas sûr de les gagner, toute- 
fois j'avais pour moi tous les atouts possibles et mes 
chances ne pouvaient être plus grandes. 

Je priai donc M. Beernaert de bien vouloir convoquer 
notre comité des tableaux. 

Avec sa bienveillance habituelle, le ministre d'État- 
Mécèno nous réunit aussitôt chez lui. 

J'annonçai, dès le début de notre séance, la grande 
oouvelle : les Hospices consentaient à nous prêter leurs 
Memling ! Tout le monde s'exclama. Les uns, avec 
M. Beernaert, proclamaient que c'était un immense succès, 
tandis qne d'autres, avec M. Yerlant, un peu sceptique, me 
soupçonnaient d'être le jouet de mes illusions. N'était-ce 
pas une promesse en l'air qu'on m'avait faite ? Je rassurai 
mes collègues, et ce fut d'une voix unanime qu'ils décla- 
rèrent alors que cette décision faisait le plus grand 
honneur aux membres de la Commission des Hospices, qu'il 
7 avait une vraie grandeur à revenir sur des décisions 
pr/ses, à reconnaître une erreur commise et à mettre 
aiBsi fin à nn regrettable conflit. 
Li pooséo do pouvoir grouper nos autres Memling 
. autour do ceux do l'Hôpital, avait illuminé tous les 



412 B** H. KfiBYYN DE LBTTENHOVE 

visages. Car avec les susdits Memliug, le succès de TExposi- 
tiou paraissait certain à tous mes collègues. Une telle 
perspective avait mis tout le monde d^une humeur on 
ne peut plus charmante, qui se traduisait par de chaleu- 
. reuses félicitations et un ardent enthousiasme. 

S'il est vrai qu'il faut battre le fer quand il est chaud, 
c'est dans des moments pareils à celui-ci qu'il faut emporter 
les situations. Mais j'avais si peur d'échouer que je voulus 
faire rougir le fer encore davantage. « Ce n'est pas tout, 
dis-je à mes collègues, vous ne m'avez pas laissé le temps 
d'achever. Toutes les églises de Bruges et le musée com- 
munal suivent l'exemple des Hospices... Leurs tableaux les 
plus précieux sont à notre disposition. En yoici une liste 
qu'il ne tient qu'à vous d'allonger ; mais vous \errez 
qu'elle est déjà d'une belle importance ! » 

Je n'en pus dire plus long : tout le moude parlait à la 
fois et la joie débordait ; c'était une réaction, assez 
naturelle à toutes les séances où, comme le faisait remar- 
quer M. Beernaert, on émettait d'excellentes idées, mais 
où on n'apportait pas la moindre œuvre d'art. Aujourd'hui 
les tableaux pleuvaient, et quels tableaux I La maune ue 
fit certainement pas aux Israélites un plaisir aussi grand 
que celui que ressentit notre comité en voyant desceudie 
du ciel, pour tomber sur la table de M. Beernaert, tous 
les Memling de l'Hôpital, celui du Musée et tous les 
tableaux que j'ai énumérés I 

Il me sembla donc que l'instant solennel de placer mon 
petit discours était venu ; je continuai en ces termes : 
« Nous sommes certains maiutenant d'avoir au moins une 
douzaine de Memling, ce qui ne s'est jamais vu réuui, et 
cela suffirait déjà à faire notre Exposition très belle, mais 
il ne dépendrait que de nous ou de vous, MM., que ce 
nombre fût doublé et que l'Exposition devint un événement 
unique dans l'histoire de l'Art... Le musée do Bruxelles 



EXPOSITION DES PBIMITDTB 413 

n^a-t-il pas trois Memliag et celui d'Aavers deux ? Nous 
passerions donc de 12 à 17 Memliag et certainement que 
l'exemple des musées de Bruxelles et d^Anvers déterminerait 
le musée de La Haye et d'autres après lui. Pour Gérard 
David le même raisonnement peut-être fait... Et il s'impose 
encore davantage pour . les Van Eyck. Ce serait même 
ane occasion unique de comparer le faire de TAdam et de 
TEve du musée de Bruxelles avec celui du grand tableau 
du musée de Bruges. J'ai, du reste, Tintention de demander 
un Van Eyck au musée de l'Ermitage à Pétersbourg, un 
antre au musée d'Herrmannstadt, etc.; et partout je 
voudrais pouvoir invoquer l'exemple du musée de 
Bruxelles;... Si le musée de Bruxelles nous donnait ses 
Yan Eyck, le musée d'Anvers, ne pourrait pas faire 
autrement que d'ajouter à ses Memling une œuvre de 
Roger van der Weyden... Vous voyez, MM., quelles con- 
séquences immenses votre adhésion aurait dans l'Europe 
entière... a 

J'observais, tout en parlant, les pbysionnomies des 
membres de la Commission du musée de Bruxelles, repré- 
sentée par MM. Beernaert, Wauters et Cardon, et celle 
de M. Eoch, conservateur du musée d'Anvers. 

H. Beernaert n'avait rien dit jusqu'au moment où je 
pariai des Yan Eyck, mais alors il n'interrompit : « Oh ! 
Adam et Eve I mais vous nous demandez ce que nous 
.avons de plus précieux ! » Ce n'était pas là un vrai refus, 
et c'est tout ce qi^e je pouvais espérer pour le moment. 
Je savais d'ailleurs par expérience que la haute bien- 
veillance de M. Beernaert finit toujours par prendre le 
dessus sur toutes les autres cousidérations. 

Les dispositions de M. Wauters m'inquiétaient beaucoup 
plas. A une de nos premières réunions, il avait déclaré 
iormellement qu'il s'opposecait à toute espèce de prêt de 
la part du musée de Bruxelles. Et voici comment cet 



414 B®» H. KEBVYir DE LETTKNHOVE 

incident s'était produit. Un de mes collègues, auquel j'avais 
eu la présomption de dire que j'obtiendrais par mes 
démarches la participation du musée de Bruxelles, voulut 
probablement m'éviter cette peine et prit sur lui, quelques 
heures plus tard, de demander ex abrupto à notre comité 
de déterminer quels seraient les tableaux du musée de 
Bruxelles qui devaient venir à Bruges ;... il ajouta qu'il eo 
avait préparé la liste dans une visite qu'il venait de faire au 
musée et qu'il demandait donc, tels et tels tableauii 
d'ailleurs mal catalogués^ au nom et pour la ville de 
Bruges, n — M. Wauters, un éloquent méridional, né à 
Bruxelles, a sursauté. Je crus que comme uu lion qui 
secoue sa crinière avant de s'élancer, il allait bondir. 
Il est, en effet, l'auteur, du catalogue du musée de Bru- 
xelles, mais ce point est secondaire, dit-ik « La question 
est plus grave... que fait-on de la Commission du musée de 
Bruxelles?... A-t-on oublié, d'autre part, que la ville de 
Bruges a refusé d'envoyer ses tableaux à Bruxelles 
en prétextant la distance, et qu'elle a ainsi fait échouer 
l'Exposition des Primitifs qui devait avoir lieu daus là 
capitale ?... Or, il y a aussi loin de Bruxelles à Bruges que 
de Bruges à Bruxelles !...}» La discussion s'échauffe ; 
M. Cardon vient à la rescousse de son collègue ; elle se 
termine par cette énergique déclaration de M. Wauters : 
« Je m'opposerai toujours et de toutes mes forces au prêt 
de tout tableau du musée de Bruxelles. Jamais vous ne 
les aurez à Bruges ! » 

Depuis lors, il est vrai, je n'avais rien négligé pour 
tâcher d'enlever jusqu'au souvenir de ce déplorable 
incident; mais, bien que M. Wauters se fut toujours 
montré fort aimable, je ne savais si j'avais réussi. 
M. Cardon qu'il avait ;été plus facile de ramener, en 
doutait comme moi et avait bien voulu joindre ses efforts 
aux miens pour calmer une irritation assez nalurcllc. 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 415 

Ceci explique rémotion que je ressentais en revenant 
sur cette question. M. Wauters n'avait pas bougé pendant 
que je parlais ; et à ma grande joie, non seulement il ne 
fit aucune objection à Tenvoi des Van Eyck, des Memling, 
etc., mais il proposa d'y joindre d'autres tableaux fort 
importants !... M. Hulin intervint aussi pour allonger la 
liste. Et M. Gardo)! également. Bref, de 10 tableaux 
demandés, nous arrivâmes à 13 ! 

Cependant la décision ne dépendait pas de MM. Beer- 
naert, Wauters et Gardon seuls, mais de toute la Commis- 
sion du musée qui comprend dix ou douze membres et il 
fallait pu outre l'autorisation ministérielle. 

D'accord avec nos collègues, j'adressai donc une requête 
à la Commission du musée de Bruxelles et au Ministre des 
Beaux-Arts. . 

La décision de la Commission du musée nous fut heureu- 
sement favorable, mais grâce à l'intervention énergique 
de MM. Beernaert, Gardon et Wauters. 

Le 4 juin je recevais, en effet, de M. Beernaert le billet 
suivant : 

« Non sans opposition, on vous a tout accordé, même 
Adam et Eve. « 

Avec Tappui de M. Verlant, l'autorisation ministérielle 
ne se fit pas attendre et rendit définitive cette grande 
victoire. 

A Anvers, M. Koch, ce conservateur toujours aimable, 
que la mort a prématurément enlevé à ses nombreux 
amis, me danna tout son appui ; toutefois, ce qui eût 
l'influence la plus considérable auprès de la Commission 
da musée, fut l'intervention de M. Beernaert. Oui, lui ' 
encore 1 

Il avait, d^ailleurs, pour demander qu'on envoyât à 
Bruges le grand Memling de Najera, les meilleures 
raisons, puisqu'il avait généreusement mis 25,000 francs 



416 B** H. KEBVYN DB LBTTENHOVE 

à la disposition de la TÜle d'Anvers pour permettre, par 
cette importante contribution, Tachât de cette œuvre 
capitale. De mon coté, j'avais écrit à tous les membres de 
la Commission des Beaux-Arts, puis à Tochevin des Beaux- 
Arts et enfin au Bourgmestre d'Anvers lui-même : car il 
fallait encore un vote du conseil communal approuvant l'avis 
de la Commission du musée. Après quelques semaines de 
fiévreuse attente, 'à quarante huit heures d'intervalle, je 
reçus les deux télégrammes suivants signés de M.. Koch : 

« Commission musée a émis avis favorable envoi portrait 
au médaillon et grand triptyque Memliug, Vierge van £yck 
ot diptyque abbé Dunes, n 

Puis : 

« Ville Anvers a autorisé envoi à Bruges quatre tableaux 
demandés, n 

Voilà les effets prodigieux que produisit la décision 
prise par les Hospices de Bruges. Voilà les brillants 
résultats que nous dûmes au changement d'attitude que 
cette Commission avait prise. Je serais injuste en u'insistaut 
pas sur ce point. 

Et ce n'est pas tout. 

Bien d'autres succès reviennent encore de cette façon à 
ces Messieurs des Hospices de Bruges. J'arguai, en effet, 
de leur exemple et de ceux (résultant du leur) des musées 
d'Anvers et de Bruxelles auprès des musées de Rouen, de 
Glasgow, d'Hcrmannstadt, d'Aix-la-Cbapelle, deStrasbourg, 
etc. etc. qui tous nous envoyèrent des tableaux de premier 
ordre. Les conséquences si heureuses de cette conversion 
se firent donc sentir dans toute TPlurope ! 

Plusieurs de ces derniers envois étaient inespérés ; le 
musée de Strasbourg nous confiait un polyptique de 
Memling presqu'inconnu, celui d'Hermannstadt, un mer- 
veilleux portrait de Van Eyck, le musée de Glasgow une 



EXPOSITION DES PEIBIITIFS 417 

œuTrc capitale, reslitiiée du maître de Moulias depuis 

J'Exposition de Bruges. J'ai déjà parlé de la beauté du 

tableau de Gérard David du musée de Rouou. Une œuvre 

du même maître nous vint d'Aix-la-Chapelle, etc., etc. 

L'exposition de peinture prenait dobç brusquement une 

importance et un développement que les plus optimistes 

n'auraient jamais osé espérer; c'eût été parfait et personne 

n'eu eût été plus heureux que moi si nos locaux n'étaient 

pas devenus par là-mémo tout-à-fait insuffisants. 

Les salles très peu décoratives et d'un accès difficile 
de l'école des Beaux-Arts, — bâtiment qui se trouve en 
dehors de la circulation — avaient paru à M. Tulpinck 
et à d'autres le seul local possible pour y installer 
l'Exposition, Et comme réclame de l'Exposition, on avait 
même fait figurer la façade de ce bâtiment sur une affiche 
si gigantesque qu'on refusa de l'apposer dans les gares et 
presque partout ailleurs. 

Quanta moi, j'avais toujours désiré pour notre Exposi- 
tion le palais du Gouvernement provincial, situé sur la 
Grand'place, mais sans oser parler ouvertement de ce 
projet audacieux. Ne fallait-il pas, pour le rendre réali- 
sable, en déloger d'abord la Députation permanente et en 
faire sortir ensuite tout le Conseil provincial, qui devait 
précisément y siéger pendant la durée de l'Exposition 
projetée ? Même à M. d'Ursel, j'avais toujours craint de 
dévoiler des visées aussi révolutionnaires. 

Mais maintenant, avec tous ces Van Eyck, ces Memling, 
ces G, David, etc., la chose s'imposait. Il fallait loger ces 
princes comme ils le méritaient. 

Puis, n'était-ce pas dans un palais placé au pied do ce 
beffroi qui avait sonné toutes les heures de sa gloire, sur 
cette Grand'place où s'étaient déroulés les plus grands 
évéacments de son histoire, sur ce forum encore illuminé 



418 B^ H. KEBVYN DB LETTENHOVE 

de la grandeur du passé, que Bruges devait donner 
l'hospitalité aux oeuvres nombreuses et précieuses de ses 
plus illustres enfants? 

M. d'Urscl parut un peu étonné de mon audace. J'insistai 
sur rinsuffisance des bâtiments de Técole des Beaux-Arts. 
« C'est peut-être très vrai, me dît le comte d'Ursel, mais 
où réunir le Conseil provincial? ■ —«A riiôtel-de-villei» — 
« Mais c'est bien difficile « — « Je vous assure que non... » 
Et me vojlà arrivant tout essouflé, quelques minutes après, 
dans le cabinet du comte Visart de Bocarmé : « Monsieur 
le Bourgmestre, lui dis-je, vous consentez, n'est-ce pas, à 
céder pendant un mois votre hôtel-de-ville au Gouverneur?! 
— « Quoi... Que dites-vous ?» — «Je viens vous demander 
de bien vouloir mettre à la disposition du Gouverneur, pour 
tout le mois de juillet, la grande salle de l'hôtel de ville 
et deux ou trois autres salles moins grandes pour les 
réunions du Conseil provincial? » — « L'hôtel du Gouver- 
nement a-t-il donc brûlé de nouveau ?» Je calmai les 
appréhensions de M. Visart et je lui expliquai les motifs de 
cette requête. Il eût bien quelque peine à croire à l'énu- 
mération que je lui faisais de tous les Memling attendus 
et qui réclamaient leur logement sur la Grand'place, mais 
il se montra tout disposé à favoriser la combinaison dont 
je venais de m'entretenir avec M. d'Ursel. 

Restait la Députation permanente; restait Te Conseil 
provincial. J'écrivis à chacun des membres de la Députa- 
tion permanente. J'adressai une requête au Conseil 
provincial. M. le Gouverneur voulut bien la soutenir de sa 
grande et sympathique autorité. £t quelques semaiaes 
après, grâce à ce double appui, l'hôtel du Gouverncmcat 
provincial était mis à ma disposition. 

Ceci se passait à la fin d'avril, c'est-à-dire six semaines 

à peine avant Touverture de l'Exposition. Il y avait de 

; très grands travaux à faire dans les galles de ce palais 



EXPOSITION DES PilIUITIFS 419 

pour Tapproprier à sa nouvello destination. Tous los 
ritraux de couleur des vastes fenêtres de la grande salle 
devaient disparaître. Les murs devaient tous être repeints, 
des cloisons établies, etc. Tout cela à organiser, à surveiller 
et à payer.: un grand trou dans notre bourse et beaucoup 
(le temps pris 1 

Les salles du premier étage étaient destinées aux 
tableaux. Pour y arriver, on devait traverser un immense 
vestibule, suivi d^un grand hall et monter un escalier de 
pierre monumental mais d'un aspect très froiJ. 

II me sembla qu^il était absolument nécessaire de donner 
une décoration artistique et en rapport avec nos beaux 
Primitifs, à ces salles du rez-de*chausséo et à cet escalier. 
Le visiteur ne devait-il pas avoir une impression de beauté 
et être émerveillé dès ses premiers pas dans notre 
Exposition ? 

Tout bien examiné, je calculai qu'avec sept ou huit 
grandes tapisseries, je pourrais m'en tirer pour les vesti- 
bules, et que dix tableaux étaient nécessaires pour 
lescalier. Pour décorer celui-ci, je songeai de suite à la 
belle série de grisailles, œuvre du XV® siècle, représentant 
les anciens comtes de Flandre, qui se trouve au grand 
Séminaire. M*^ Tévêque doBruges avait bien voulu accepter 
d'être un de nos présidents d'honneur, MM. les Président 
et Econome du Séminaire m'avaient déjà témoigné toute 
leur bienveillance en m'accordant le prêt de leurs superbes 
manuscrits, d'un tableau dans le genre de Th. Bouts et d'un 
Claeissîns; je pouvais donc espérer de ce côté. En effet, 
les belles grisailles vinrent prendre place dans l'escalier. 

Mais les tapisseries, où les trouver? Bien entendu, ce 
(levaient être des tapisseries gothiques, c'est-à-dire, celles 
qui sont les plus rares. Et il m'en fallait sept ou huit, rien 
que pour le rez-de-chaussée... et encore quatre pour la 



420 B**" H. KEIl\YN DE LETTENHOVB 

grando salle. da P' étage. AGruutbuse aussi, deux tapis- 
series étaient indispensables. Cela faisait quatorze! 
Comment réunir cette précieuse et nombreuse série?... 

M. Cardon, toujours dévoué, put décider M. Nardus à 
m'en confier deux fort belles. MM. de Somzéo, après 
bien des instances, m'en promirent cinq ; mais il m'en 
manquait encore sept I 

J'allai voir Madame Lambert de Rotschild qui eut la 
gracieuseté d'en faire décrocher une d'un de ses salons. 
Encore six à trouver. Mais où? C'est que ces tapisseries 
gothiques sont introuvables. Et trouver des choses introu- 
vables c'est de la sorcellerie. Or, je n'avais aucune 
prétention de ce genre. 

-Il y avait bien le musée du Cinquantenaire; mais je 
savais de très bonne source que le Comité était très opposé 
à toute espèce de prêt. Des demandes lui parvenant sans 
cesse, il avait décidé de ne plus jamais laisser sortir aucun 
objet des galeries de ce musée, sous quelque prétexte que 
ce fût. 

M. Van Overloop, le conservateur en chef du musée du 
Cinquantenaire, était absolument dans ces idées. C'était 
cependant un homme à vastes conceptions, aimant les aris 
et s'intéressant à tout ce qui se fait pour en développer 
le goût. Je me dis qu'avec des personnes ayant des idées 
aussi élevées, il y a toujours quelque espoir. Je m'adressai 
donc à lui. Je. lui montrai le travail déjà fait, les résultats 
déjà obtenus... l'importance do l'entreprise, etc. Je 
parvins, en un mot, à le convaincre, et il voulut bien me 
promettre de transmettre ma requête à son Comité, noo 
sans me cacher les difficultés que cela soulèverait 
M. Cardon, heureusement pour moi, était l'un des membres 
do ce comiîé et il appuya énorgiquemcnt M. Van Overloop. 
M. Verlant, directeur des Beaux-Arts, intervint de son 
côté et, grâce h tous ces dévoués concours, j'obtins quatre 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 421 

belles tapisseries gothiques, dont deux étaient destinées à 
rhôtel Gruuthuse. 

Le duc d'Arenberg devait, comme nous le Terrons un 
peu plus loin, mettre le comble à toutes ces bonnes fortunes 
en complétant la série de mes tapisseries. 

Puisque le nom de Gruuthuse viçnt de se trouver sous ma 
plumo, j'eu profiterai pour m'occuper, pendant quelques 
instants, de ce palais et des expositions qui devaient y 
être installées. 

Aucun palais n'était plus indiqué que celui-ci pour y 
organiser une Exposition d'œuvres d'art du XV* siècle. 
Louis de Gruuthuse qui l'avait bâti en grande partie, 
n'avait pas seulement fixé à ces murs quelque chose de la 
gloire des services rendus à son pays et à ses princes, 
laissé dans ces salles un peu de la mélancolie de ses 
iofortunes, mais il y avait aussi attaché le souvenir de 
son culte pour l'art. C'est là notamment qu'il avait réuni 
cette précieuse « librairie » qui pouvait rivaliser avec celle 
des ducs de Bourgogne. 

Cette << librairie v nous allions la reconstituer, dans une 
salle du premier étage, avec les manuscrits les plus 
précieux de la bibliothèque de Bourgogne, obtenus par 
rénergique intervention de M. de Trooz et par l'appui si 
bienveillant du R. P. van der Gheyn. Nous étions sûrs, 
grâce au concours dévoué de M. de Witte, que je suis 
heureux de pouvoir remercier ici publiquement, de réunir 
les monnaies, jetons et médailles lés plus précieuses do la 
même époque. 

La grande salle et le Hall du rez-de-chaussée étaient 
destinés à recevoir les meubles, orfèvreries et autres 
bibelots du XIV* et du XV® siècle, taudis qu'une autre 
petite salle, située en face de celles-ci, était réservée aux 
broderies, vêtements et tissus de la même époque. 



422 B**" H. KEBVTN DB LETTENHOVB 

Cette dernière petite salle devint le ttiéàtre des exploits 
et du zèle de Madame Paul Errera. 

Madame P. Errera, aime surtout les chiffons des XIII% 
XIV", XV®, XVP siècles et elle se sent même des attraits 
pour ceux que des mains impies dérobent aux tombeaux 
de quelque Pharaon de Pancienne Egypte et arrachent sous 
la voûte d'une pyramide à quelque momie royale qui y 
reposait depuis cinq ou six mille ans I 

La jeunesse de Madame P. Errera se plaît dans Tétudo 
et la recherche do ces reliques poudreuses, dans ces 
velours déteints, dans ces soies vieillies. Son éléganee 
s'entoure volontiers d'étoffes aux nuances passées, et un 
tel contraste est loin d'être déplaisant... 

A ce goût très vif qui lui fait acheter aux prix les plus 
élevés d'antiques ornements et des tissus de soie, d'or 
ou do laine, Madame Errera joint une grande générosité. 
Cette générosité, dont, en 1906, Bruges devait bénéficier(*), 
je commençai par* la maudire en 1902. 

Car, malheureusement, peu de temps avant l'époque où je 
me présentai, alors en inconnu, dans son hôtel à Bruxelles, 
Madame Errera avait fait don au musée du Cinquantenaire 
de Bruxelles de toute sa collection ! 

Elle me l'apprit elle-même. J'arrivais donc trop tard ! 
Heureusement, il lui restait quelques doubles qu'elle voulut 
bien m'offrir. J'acceptai avec empressement et je mis une 
salle de Gruuthusc à sa disposition. Elle vint la voir et 
fut' enchantée. Elle revint (xvec ses doubles et bientôt après 
avec... une grande partie do ses plus belles chapes qu'elle 
avait été reprendre au musée du Cinquantenaire !... 

Puis, elle se mit elle-même à l'ouvrage, avec un goût 
dont tous les visiteurs de Gruuthuse ont témoigné, et 



(*) Madame Errera a fait doti, en 1906, de toute une série de 
précieuses étoffes au musée de Gruuthuse, 



EXPOSITION DES PBIMITIF8 .423 

aussi avec une énergie et une intrépidité dont je n*ai pas 
perdu le charmant et reconnaissant souvenir. 

Restaient le Hall et la grande salle du rez-de-chaussée, 
que nous avions réservés pour les objets mobiliers et les 
orfèvreries, c'est-à-dire pour la partie la plus importante 
et la plus décorative de notre Exposition de Gruuthuse. 

M. le B**" de Vinck do Winnezeele, conservateur en chef 
du musée du Steen à Anvers et président de notre section 
du mobilier et de Torfèvrcrie, avait bien voulu me promettre 
d'en dirigea lui-même l'installation et l'arrangement. 

Le B**" de Vinck avait très nettement déterminé son 
intervention éventuelle en acceptant, au mois de novembre 
précédent, la présidence de la IIP section. 

Il avait consenti à diriger le placement des objets mobi- 
liers que nous aurions obtenus, mais il avait refusé de se 
charger de nous trouver toutes les merveilles dont j'avais 
parlé dans notre réunion générale. Et cela pour de très 
bonnes raisons qu'il m'exposait en ces termes, dans une 
lettre datée du 2 décembre 1901 : 

« Votre plan est réellement superbe, mais je le crois 
inexécutable. Pardonnez-moi ma franchise et un peu mon 
expérience. Que nous reste t-il de meubles du XV® siècle? 
Le mobilier de cette époque a quasi disparu. Pensez donc : 
à l'Exposition du Trocadéro à Paris, en 1878, il n'y avait 
que deux meubles de l'époque que nous cherchons; à 
l'Exposition de Bruxelles, en 1880, encore deux pièces 
également; à celle de 1888, quatre meubles seulement! 
Voilà trois Expositions importantes qui ne produisent que 
huit pièces d'ameublement ! Pour les armures, c'est encore 
pis... L'argenterie a, peut-on dire, disparu... Que pourrons- 
nousavoîr?... Je suis sûr, mon cher ami, que vous trouvez 
que je joue un singulier rôle, puisque je parais vouloir 
démolir vos projets. N'en croyez rien cependant. Je désire 



424 B®° H. KEEVYN DE LBTTBNHOVB 

beaucoup, au contraire, tous aider, mais je crois deroir 
TOUS exposer en toute sincérité la difficulté de la tâche 
que TOUS Toulez tous imposer... n 

J'aTais répondu au B^ de Vinck de Winnezeele que nous 
nous livrerions à des efforts plus énergiques que nos 
devanciers, que nous étendrions plus loin nos investigations 
et que j'aTais le meilleur espoir d'arriTer ainsi à réunir un 
nombre de meubles et d'objets du XV® siècle suffisant 
pour former une belle exposition. 

NouTelle lettre, où le B^° de Vinck me déclare que du 
moment où je puis lui garantir le lièTre, il se chargera 
Tolontiers d'accommoder le civet. 

J'aTais alors relevé dans dÎTors catalogues toute une 
série d'objets à demander et dressé des listes de collec- 
tionneurs auxquels on doTrait également s'adresser. 

Surchargé de lettres se rapportant aux tableaux, obligé 
d'aller constamment à Bruxelles, sans parler de plusieurs 
Toyages à Paris, à Lille, à Aix-la-Chapelle, etc., etc., 
j'aTais crus pouToir remettre à d'autres le soin de pour- 
suivre cette affaire. 

De temps en temps, je demandais, des nouTcUes des 
négociations en cours et toujours je recoTaisles assurances 
les meilleures. J'étais donc parfaitement tranquille et je 
croyais le B®° de Vinck au courant de cette situation 
faTorable. Il fallut une lettre de lui pour me faire sortir de 
ma trop douce quiétude et me montrer combien je m'étais 
illusionné ! 

Cette lettre me fut adressée Ters la fin de mai. 

Le B**" de Vinck m'y déclarait que depuis le 11 fóTrier, 
époque à laquelle il aTait écrit pour demander si les 
circulaires et prospectus de sa section n'étaient pas encore 
imprimes, il n'avait reçu aucune nouToUe de Bruges, que 
ces circulaires ne lui aTaient jamais été eiiToyécs h, lui 
président de la IH*^ section, mais que d'autres personnes à 



EXPOSITION DES PiilMITlFd 425 

Aa\ers même en avaient reçu... Lo B^° de Vinck s'en 
iBontrait très froissé; puis il me demandait la liste des 
objets obtenus en dehors de lui, et il terminait sa lettre eu 
disant: « J'aimerais à savoir ce qui en est de tout cela et 
Je l'Exposition elle-même, pour ne pas continuer à rester 
ie bec dans Teau. » 

Je n'en pouvais croire mes yeux ! Comment, le B®° de 

Vinck n'avait été tenu au courant de rien I Gomment, il 

n'avait reçu aucune nouvelle depuis le 11 février! Comment, 

on ne lui avait même pas envoyé les bulletins d'adhésion 

et les circulaires imprimées I 

Que faire ? Des excuses, des excuses bien humbles, car 
après tout, le coupable c'était moi. Je résolus donc de lui 
écrire dans ce sens, mais en réparant en même temps les 
négligences dont il so plaignait si légitimement et en lui 
envoyant les renseignements qu'il réclamait à bon droit. 
Je pensai même que rien ne serait plus propre à calmer 
son mécontentement et à faire accepter mes ex*cnses que 
réuumération de la belle série d'objets précieux dont le 
prêt nous était acquis. 

J'allai donc à Bruges demander la liste exacte des 
meubles et objets du XV' siècle déjà obtenus. Nouvelle et 
plus cruelle déception ! Rien, presque rien, ou plutôt 
quelques objets parmi lesquels la plupart sont très 
postérieurs au XV*^ siècle et ne pourront même pas — 
ainsi que l'avenir devait le démontrer — être exposés I 

Ou n'avait pas demandé et obtenu ce qu'il fallait; on avait 
demandé et obtenu, hélas, des choses do qualité médiocre 
et d'une époque peu ancienne. 

AL ! que j'en voulus à ce moment à ces obstinés et 

méchants tableaux, qui no m'avaient pas laissé un 

moment de répit, qui m'avaient causé tant de soucis et 

qni m'avaient ainsi empêché de m'occuper moi-mémo de 

la m* section. 



426 B*"" H. KERVYN DE LETTSKHOVE 

Mais toutes ces pensées étaient des « regrets tardifs et 
superflus » : il fallait répondre au Baron de Vinck, calmer 
son mécontentement et éviter surtout que Taveu de notre 
négligence ne fût suivi de sa démission ! 

Cette crainte était si forte que je lui écrivis sans rien 
avouer du tout, me bornant à des excuses pour les 
manques de forme dont il se plaignait et lui demandant 
pour le reste de venir lui-même se rendre compte. Je 
rinvitais en même temps chez moi, mais pour la semaine 
suivante seulement, sous le prétexte de divers empêche- 
ments. 
J'avais donc huit jours devant moi. 
Dès le lendemain je partis pour Bruxelles. J'allai voir 
le Duc de Croy, un ancien camarade d'uuiversité, bon, 
obligeant, serviable, qui voulut bien me prêter son plus 
précieux manuscrit (*) et qui me rendit surtout Tiuappré- 
ciable service de parler de moi dans les termes les 
meilleurs à son beau-frère le Duc d'Areuberg. 

Or, le Duc d'Arenberg a une des plus belles collections 
d'orfèvreries et de manuscrits qui se puisse imaginer. 

Cette collection était par surcroît presqu'inconnue et 
toujours fermée. Elle me fut ouverte. J'y puisai à pleines 
mains ; j'en emportai plus de vingt pièces d'orfèvreries de 
la plus haute valeur et une dizaine de manuscrits qui 
pouvaient rivaliser avec ceux venus de la Bibliothèque de 
Bourgogne. 

Ce n'est pas tout ; au cours de ma visite, j'aperçus 
deux magnifiques tapisseries gothiques et un merveilleux 
antependium de la même époque, tissé d'or et de soie. 



(*) Ce manuscrit qui contenait les portraits de divers Croy, chevaliers 
de la Toison d'or, était au château de Duimen, en Westphalie. Le Doc 
de Croy, n'osant le confier à la poste, me l'envoya par un portear 
spécial. Ce trait peint le grand seigneur qu'une mort prématarée a 
•nlevé tottt récemment à ses nombreux amis. 



EXPOSITION DES PR [MIT IFS 427 

Je les demandai. Le Duc, en graad seigneur dont la 
générosité n'a pas de limites, voulut bien me les accorder 
aussi. 

Le lendemain, je partais pour Namur avec Monseigneur 
Simou, aumônier de la Cour, que j'étais parvenu à décider 
à ra'accompagner et dont Tassistance m'était indispen- 
sable. Car Monseigneui* Simon connaissait depuis fort 
longtemps et très intimement l'Evêque de Namur. Et 
rintcrvention de Monseigneur Heylen était absolument 
nécessaire pour obtenir le tfjésor, unique en Belgique, si 
pas unique au monde, que possèdent les Sœurs de Notre- 
Dame à Namur. Ce trésor est presqu'entièrement l'œuvre 
du Frère Hugo, le Memling de l'orfèvrerie, et il remplit 
toute une immense vitrine. Les bonnes Sœurs n'ont 
qu'un défaut : elles ne sont pas prêteuses, mais pas 
du tout. * Je le savais par M. Bcquet, qui m'avait donné 
beaucoup de preuves de son extrême obligeance, et qui 
venait de m'écrire en parlant des Sœurs de N. D. : «je 
crois que toutes les démarches que vous ferez seront 
inutiles ». 

Me voilà donc à Namur avec Monseigneur Simon. Un 
Prélat est toujours bien reçu dans un couvent et, dans 
le cas actuel, le titre d'aumônier de la Cour ajoutait 
encore au prestige du manteau violet. Aussi les Sœurs 
ne ménagèrent-elles à Monseigneur Simon ni les marques 
les plus flatteuses de leur respect, ni les témoignages de 
la ^ive satisfaction qu'elles éprouvaient de Thonneur de 
sa visite. Lo prélat était onctueux on ne peut mieux 
et habile diplomate ; les Sœurs doucereuses on ne peut 
plus et encore plus fines. Ce fut un long duel ; une lutte 
qui ne se termina que par l'intervention de rEvèqué. 

Une douzaine de pièces d'orfèvrerie furent mon butin. 

Puis, Monseigneur Simon, qui était lui-même un grand 
collectionneur, voulut bien mettre le comble à sa bonté 



428 B"'* H. KEEVYN DE LETTENHOVE 

en me permettant de choisir chez lui aussi les objets 
qui me convcnaieut. 

Enfin, à Bruxelles encore, j'allai voir M. Cardon II habite 
dans la vieille ville ; sa demeure y est bien dans sou cadre, 
car elle constitue un merveilleux musée, qui évoque de la 
façon la plus prestigieuse notre glorieux passé artistique. 
M. Cardon dont j'ai déjà plusieurs fois cité le nom, est à la 
fois amateur, connaisseur et collectionneur : qualités qui 
se trouvent bien rarement réunies. Et prêteur par dessus 
le marché. Les bibelots préqpux, les tableaux de maîtres, 
M. Cardon a la gloire de les trouver, l'honneur de les aimer 
et le plaisir de les prêter et souvent de les donner, comme 
nous le savons à Bruges ('). En efifet, alors que le collec- 
tionneur est en général méfiant, égoïste et jaloux, M. Gardon 
est cordial, désintéressé, généreux et prêteur. 

J'allais en avoir la preuve immédiate. Tout ce qu'il 
avait de plus précieux me fut accordé : bibelots comme 
tableaux. Ah ! quelle reconnaissance est la mienne envers 
ce dévoué et toujours aimable collaborateur ! 

Quelques personnes à Bruxelles, notamment le Comte 
Ed. d'Assche et le Comte de Limbourg-Stirum, me con- 
fièrent encore divers objets. 

J'étais parti, comme les Anglais quand ils vont aux 
Indes, avec une malle vide et, comme eux, je revenais 
chez moi avec plusieurs malles pleines. 

Et j'avais encore deux jours devant moi : je les em- 
ployai à Bruges. Je demandai et obtins une entrevue avec 
le comité de la Société d'archéologie qui voulut bien, par 
exception, me laisser emporter toute une série d'objets et 
divers meubles. 

Les membres de la Fabrique d'églhe de S* Sauveur 
eurent la bonté de m'ouvrir leur trésor et la Commission 

(^) M. Cardon a donné au musée de Bruges un superbe Leys. 



EXPOSITION DES PBIMITIPS 429 

des Hospices — je suis heureux de pouvoir le relater — 
se montra, pour ses collections do meubles, fort bien 
disposée. J'eus même le bonne fortune de découvrir (•) 
à la Poterie, un superbe meuble du XVP siècle, qui se 
trouvait dans un couloir inaccessible au public avec six 
ou sept bnhuts du XVIP siècle. 

En même temps les réponses à diverses lettres que 
j'avais écrites m'arrivaient, et, ici aussi, la série était à la 
blanche. MM. Soil à Tournai, H. Iweins d'£eckhoutte et 
Liégeois à Yprcs, m'annonçaient notamment de précieux 
envois. 

Le Biron de Vinck pouvait arriver, j'avais une liste de 
nature à le surprendre très agréablement. 

Il vint on cfiFet, mais lui aussi, sans rion me dire, avait 
réuni toute une série do superbes objets! 

Je voyais à ce moment le B^° de Vinck pour la seconde 
fois; mais il est des sympathies qui s'établissent vite, des 
natures dont la générosité se devine sur l'heure et des 
amitiés qui se cimentent en peu de jours. 

A ces quilités morales et aimables, le B**" de Vinck 
joignait une très grande science et une chose qui est plus 
rare encore que la science, le goût. 

Tout cela, je le savais par ouï dire, mais ce que j'allais 
voir dépassa cucore mon attente. 

Sous son habile direction les salles de Gruuthuse se 
transformèrent en quelques jours et elles devinrent un 
des grands attraits de l'Exposition. 

Cependant une déconvenue m'attendait encore. Pendant 
que jo montrais, triomphalement au B**" de Vinck les 
orfèvreries du Duc d'Arenbcrg, des Sœurs de N. D. etc., 

(*) Ce monbte doit être déraonté, car il ne pouvait passer ni par les 
feoétres, ni par l'escalier. Ce fut au cours d'une seconde visite que je 
fis à la Poterie avec le B**™ de Vinck que nous le découvrîmes. 



480 B°° H. KEEVTN DE LETTENEOVB 

et que lui de son cô'é mo faisait admirer les merveilles de 
SCS propres collectioas, il me dit tout à coup : ^ Mais où 
sont donc vo3 vitrines ? » 

Je m'informe. On n'y a pas pensé, il n'y en a pas ! Et 
nous sommes à quinze jours do l'ouverture de rExposition! 

Il n'y a pas à songer à en faire fabriquer, le délai est trop 
court : que faire ? 

Me voilà réparti pour Bruxelles. Je cours chez M. Van 
Overloop. « Encore vous, ne put s'empêcher de s'écrier 
son conservateur, et peut-être pour me demander quelque 
chose ?» — « Mais parfaitement et même quelque chose 
que vous ne pouvez pas me refuser : le musée du Cinquan- 
tenaire n'a t-il pas quelques vitrines dont il peut disposer? a 
Quel bonheur, oui ; mais il faut l'autorisation du Ministre. 
Vite chez M. Verlant. C'est obtenu. Et encore plus vite, 
retour à Bruges. 

Le B^° de Yinck peut déballer, ranger maintenant. Il 
est aidé dans cette besogne par le concierge de Gruuthuse 

— une figure typique que tous les Brugeois connaissent 

— dont le zèle est tel qu'il ne peut s'empêcher de donner 
les appréciations les plus hâtives et les plus téméraires 
sur les objets qu'il retire des caisses et passe au Baron. 
Ses qualificatifs appartiennent à un vocabulaire très imagé 
et amusant, mais trop peu académique pour passer à la 
postcrité et ils sont soulignés par d'extraordinaires jeux 
de physionomie. 

Mais si parfois je ris en écoutant, je suissurtout émerveillé 
on regardant comme tout se place, s'arrange, s'orne, se 
transforfue. Et je me dis : Qj'aurais-je fait sans le Baron 
de Vinck ? 

C'est par cette même phrase, que je veux terminer le 
rócit (le l'arrangement do l'Exposition de Gruuthuse, car 
elle renferme non seulement beaucoup d'admiration pour 
ce qu'il y fit, mais aussi beaucoup de reconnaissance. 



EXPOSITION DES PBIMITIFS 431 

Je n*ai qu'un regret — le même que j'éprouvai en 1902 
— c'est de ne pouvoir rester en si bonne et aimable 
compagnie à Gruuthuse, de ne pouvoir parler de lui plus 
longuement, et de devoir en toute hâte retourner à d'autres 
et absorbantes occupations ou plutôt à la narration do 
tous les soucis, de tous les embarres et de tous les travaux 
qui s'accumulèrent en 1902, dix jours avant l'ouverture de 
l'Exposition, pour m'accabler sous la plus écrasante 
bes(^iie et me faire craindre que rien ne fût prêt pour 
l'inauguration solennelle que le Roi devait faire le 15 Juin 
et qui par conséquent no pouvait absolument pas être 
remise. 

(A continuer.) 

B*"" H. Kbevyn de Lbttenhovb. 



ANCIENS CARTULAIRES 

DE LA FLANDRE. 

(Voir AnncUes^ p. 174 ss. et 325 s.) 



Nous doDcons ci-dessous la liste des cartulaires de notre 
Flandre qui ne sont catalogués dans aucun des trois 
Inventaires publiés par les soins de la Commission royale 
d'Histoire et qui sont venus à notre connaissance. 

La liste eu est déjà respectablement longue. Nous 
adressons un cordial merci à nos aimables collaborateurs: 
c'est surtout à leur zèle éclairé et bieuToillant que nous 
devons ce résultat, qui dépasse les prévisions les plus 
optimistes. Puisse ce premier succès stimuler Tardeur de 
tous ceux qui sMntéressent au glorieux passé de notre 
Flandre ! La liste s'allongera encore notablement. Car 
nous avons acquis la convictiou qu'il reste bien des 
cartulaires à inventorier. 

Bbuoib, Saint-Donatien, collégiale, 2 cartulaires. 

Saint-Sauveur^ collégiale. 

Notre-Dame, collégiale, 4 cart. 

Sainte-Anne, église paroissiale. 

Saint-Jacques, église paroissiale et confrérie « Com- 
mun van den choor ». 

Saint-Gilles, église paroissiale et confrérie «Commun 
van den choor », 3 cart. 



ANCIENS CABTITLAIBES DE LA FLANDBE 433 

Béguinage, de la Vigne, 2 cart. 

Maddeine, léproserie, 4 cart. 

Lépreux Agrestes, lez-Bruges, léproserie, 2 cart. 

Saint-Julieny hospice, 3 cart. 

Paierie', hospice du Saint-Esprit, dit de la, 2 cart. 

Saint-Nicolas, hospice, 2 cart. 

yazareih, hospice Notre-Dame de. 

Elisabeth Zorghe, hospice. 

Spermalie, couvent de Cisterciennes, 2 cart. 

Eeckhouite, abbaye do chanoines de S*-Augustin, 2 cart* 

Table des pauvres de la paroisse de Saint-Gilles, 2 cart. 
CouBTBAi, ville, 6 cart. 

Saint-Martin, collégiale. 

Notre-Dame, collégiale. 
Ddn£8, abbaye de Cisterciens. 
EvEBSAM, abbaye de chanoines de S^- Augustin. 
FiTBNES, Sainte- Walburge, collégiale. 
Hablebeke, collégiale. 
Loo, abbaye de chanoines de S*- Augustin. 
Voobmezeele, abbaye de chanoines de S'- Augustin; 
WEYELGHEMy Mont d'or, abbaye de Cisterciennes. 
Ypbes, vUle, 2 cart. 

Saint-Pierre, église paroissiale, confrérie « Zeven ghe- 
tyden ». 

Notre-Dame^ hôpital. 

Table des pauvres de Saint-Jacques. 

Confrérie été Saint-Nicolas. 
ZoRNBBEKB, abbaye de chanoines de S^-Augustin, 2 cart. 

Qu'il nous soit permis d'appeler en même temps Talten- 
tîoQ sur les obituaires et les chroniques locales. Nous avons 
pris ou reçu notification concernant un certain nombre : 
nous en publierons prochainement une première liste. 

C. Callewaebt. 



COMPTES RENDUS 



B. Muller Pz. Le style de la Circoncision. — Bévue des 
Bibliothèques et Archives de Belgique, t. IV, 1906, 
p. 259-271. 

H. Nelifl. B^nse de M. H. Nelis. — RBAB., t. IV, 1906, 
p. 272-280. 

Nos lecteurs se rappelleront peut-être pourquoi, en rendant conipte('i 
de l'intéressante étude de M. Mullsr, De jaarstylen in kei Sticht 
Utrecht voor het synodaal-besluit van iSiO, nous refusions de souscrire 
à sa thèse principale, d'après laquelle il faudrait, sauf preuve da 
contraire, supposer l'emploi du style païen du 1*' janvier, au lieu du 
style de Noël, dans tous les documents diplomatiques du moyen â^ro, 
au moins jusqu'à l'époque pour laquelle (XI1-XI1I° s.) rintroductioo 
du style de Pâques ou de l'Annonciation est dûment prouvée. 

Dans un judicieux compte rendu ('), M. H. Nelis présentait des 
objections analogues aux nôtres et trouvait que l'hypothèse nouvelle 
de M. Muller était bâtie sur du sable mouvant. 

Cette loyale critique n'eut pas l'heur de plaire à M. l'archivisle 
d'Utrecht, qui vient de répondre à M. Nelis par un article do 13 pages, 
où la courtoisie n'apparaît pas toujours avec le même soan'rc. 
M. Muller avoue franchement qu'il «. n'a pas autre chose à dire que ce 
qu'il a dit dans son précédent travail n, Uélas ! on ne le voit que trop! 
Mais il nous semble se faire illusion quand il estime « qu'il n'est oblig« 
k rien dire de plus». N'avait-il pas à prouver le droit — qu'on lui 
conteste — de déduire Aes prémisses posées par lui, la conclusion qu'il 

(•) AnEm, t. LVI, 1906, p. 107-108. 
(*) RBAB, t. IV, 1906, p. 122-124. 



COMPTES EENDUS 435 

en tire ? Ne devait-il pas démontrer que de l'usage de fixer au premier 
janvier, dans le langage courant, dans la vie ordinaire, dans les 
calendriers, même dans les comptes, le commencement de Tannée 
ciriV^ ou usuelle, on peut inférer l'emploi du style chronologique de la 
Circoncision, c*est-à-dire le changement du millésime au l^^^ janvier 
dans la date des documents diplomatiques (*)? C'est Ih que gît le fond 
lia débat. M. Muller ne l'a pas touché. Et toutes ses << nouvelles 
ronsidératioDs plus étendues » sur « l'influence puissante et irrésistible 
de la glorieuse civilisation romaine » et « sur les efforts inouïs de 
r(]glise catholique » pour la détruire, ne parviennent pas à voiler ce 
défaut capital de sa réplique. 

La Réponse de if. ff. Nelis au contraire — en dehors de quelques 
redites inévitables — apporte des éléments nouveaux pour montrer 
que la coQcIosion susdite n'est pas logique. Car ceux-là même qui 
commençaient leur année liturgique au premier dimanche de l'Aven t, 
l'année chronologique, dans leurs chartes, h Noël ou h. Pâques et 
Tannce administrative, dans leurs registres, au V^ août (p. ex. à Liège), 
ceax-Ià mêmes — comme tout le monde d'ailleurs — appelaient le 
l^** janvier njffjaersdach, an reneuf , commençaient à cette date leur 
calendrier ou leur martyrologe, et célébraient ce jour comme le 
renouvellement de l'année civile et usuelle. Ce sont des ordres de 
faits tout à fait différents, qu'il ne faut pas confondre ('), comme le 
montre an texte judicieusement emprunté par M. Nelis au Rationale 
de Durand de Mende (1230-1296), texte qui mérite d'autant plus 
d'attirer l'attention des chronologistes — pour le dire en passant — 
qu'il ne mentionne pas le style pascal, mais bien celui de TAnnonciation 
425 mars). 

Quant aux preuves tirées de la date même des chartes, M. Muller 
n'en avait allégué qu'une seule : une charte du 1 juillet 1294, vidimée 
[»arrofiicial d'Utrecht le 28 décembre I2di (De j'aarstylen p. 333, note). 
M. Nelis fait observer que cette date se concilie parfaitement avec 
remploi du style pascal, qui était la coutume en usage à Utrecht, h 
la fin du XIII* siècle. Il faut même raisonnablement supposer l'emploi 

(') Cest bien cela qn^on entend par style chronologique. A ce point 
de vue les deux textes de GHlles le Muisit cités plus haut p. 7, sont 
très remarquables : tabelliones et scriptores in instrumentis et litteris,.. 
mutant datas .. mutantur datae litterarum. — Notarii et scriptores 
ponimt in suis scripturis : Datum anno.,., 

(*) Comme il ne fant pas conclure de l'usage liturgique de la pancarte 
chronologique pascale à l'emploi du style pascal. Voir plus haut, p. 230. 



436 COMPTES BANDITS. 

de ce style (oa de celui de P Annonciation), puisque le vidimus émane 
de l'officiaUté d'un évèque qui, de l'aveu de M. Muller (ibid. p. SU, 
note), protégeait le style de Pâques (ou de l'Annonciation), et d'an 
officiai qui suivait probablement lui-même le style de l'Annonciation (*). 

M. Muller ajoute cependant dans sa réplique (p. 267) une note qai 
nous intéresse spécialement : « J'ai trouvé un exemple de l'emploi 
du style de 1«' janvier pour l'histoire très ancienne des Pays-Bas. 
L'évêque de Tournai, Etienne (1171-1203), date une charte comme 
suit : Aclum Tornaci, anno Incarnati Verbi 1496 y eodem anno incipiente, 
kalendis januarii. Cf. Callbwabrt, les origines du style pascal en 
Flandre, p. 33. Beaucoup d'exemples pareils de chartes émanant de 
la chancellerie tournaisienne des XI« et XII<^ siècles, rassemblés par 
Callewaert (I. c.) et datés du style de la Nativité, devront donc aossi 
être réduits au style du 1«' janvier. » 

Nous avons effectivement attiré l'attention de nos lecteurs sur cette 
date (Annales, t. LV. p. 140) et nous l'avons expliquée, avec hésitatioa 
toutefois, comme étant donnée d'après le style de la Circoncision. Hais 
les bienveillantes observations de M. Cuvelier( ^rcAïc^^ Belges^ t. VII, 
1905, p. 225) et de M.Nelis, nous ont convaincu que « anno incipienU - 
n'a pas plus de valeur que nyej'aersdach, an renet^f, et autres expres- 
sions analogues dont se servaient les scribes qui suivaient, au 
XIV* siècle le*style de Pâques. Aussi n'avons-nous pas manqué de 
rectifier notre appréciation à la première occasion, dans la ootice 
consacrée au précédent travail de M. Muller (Annales, t. LVI, p. W). 

De cette donnée, pour le moins très douteuse, le savant archiviste 
d'tJtrecht tire, pour les aut^s chartes tournaisiennes que nous avons 
signalées dans nos Origines du style pascaly une conclusion qui est 
certainement erronée. Nous pouvons en fournir aujourd'hui la 
preuve. M. Wauters, Table chronologique, t. I, p. 574, signale, 
diaprés Mibjeus et Foppens^ Opera diplom ittca^ t. III, p. 19, une 
charte de l'évêque de Tournai, Radbod II, datée comme suit : Actum 
Tornaci» V kal. januarii, anno Dominice Incarnationis MXC, indictme 
XII, régnante rege Francorum Philippo anno XXX, domno autm 
Radbodo episcopante anno XI IL Nous donnons cette date d'après 
l'original conservé aux archives de l'évêché de Bruges. En outre nous 
avons trouvé, dans deux anciens cartulaires de Saint-Donatien, con- 
servés à l'évêché et au Séminaire de Bruges, la copie d'une autre 

(') En effet, en supposant l'emploi de ce style dans les diverses 
chartes signalées par M. Muller (De jaarstglen, p. 383-334) on évite 
les continuelles incohérences que l'auteur fait ressortir. 



COMPTES BENBüS 487 

charte inédite ('), octroyée par le môme Radbod en faveur de Saint- 
Donatien, et datée exactement de ia même manière. Il n'y a donc pas 
à craindre une erreur de copiste, comme il s'en rencontre beaucoup 
dans les dates des anciens documents. 

Eh bien, ces deux chartes ne sont pas, comme Wauters et d'autres 
rindiquenty da 28 décembre 4090y mais bien du 28 décembre tOS9. 
EHles sont donc datées, non d'après le style de la Circoncision, mais 
bien diaprés celui de Noël. En effet, d'après ce style, une charte du 
28 décembre 1089 (n. s.) devait porter le millésime i090; Tindiction 
suivie d'ordinaire dans nos contrées changeant au 25 décembre ou 
au U janvier, pouvait être la XII<^ (correspondant à 1089) et ne doit 
pas être la XIII^ (correspondant a 1090) comme le pense M. Wauters. 
Philippe I commençant à compter ses années h partir du 29 août 
1060, sa trentième année courait du 29 août 1089 au 23 août 1090, 
et ne comprenait donc pas la date du 28 décembre 1090 ; enfin Radbod 
étant devenu évêque de Tournai en 1068 — avant le 28 décembre, 
sans doute — , sa 22* année comprenait le 28 décembre 1089, mais 
ne s'étendait pas jusqu'au même jour de l'année suivante. 

Voilà donc, croyons-nous, une preuve diplomatique certaine, h 
opposer h celles que M. Muller n'a pas trouvées et à ajouter à celle que 
M. Joosting à relçvée dernièrement dans son étude De jaarstffl der 
bissekûppen van Utrecht , p. 3 (voir Annales , 1906 p. 107.) Les preuves 
de cette nature sont d'autant plus précieuses qu'elles sont plus rares 
à trouver- 

C. Gallbwâebt. 



L. Vanderldndere. La première phase de révolution 

amsiittUiùnneUe des communes flamandes, — AoËN. 

1905, t. I, p. 321-367. Tiré à part, Naocy, Berger, 1905, 

in-8, 49 p. 
L. Vanderkindere. La Politique communale de Philippe 

d'Alsace et ses conséquences. — ARBBull. 1905, p. 749- 

788. 

(') Yu son importance pour l'histoire de la collégiale de Saint Doua'- 
tteo, nous publions plus haut p. 397. cette charte de 1089 et une autre de 
1086, octroyée par le même Radbod. 



iS6 cöltPtËé ÉBi^tJS 

L. Tanderkindere. La notion juridique de Ia Càm$nune. 

— ARBBull. 1906, p. 193-218. 

Een drukbesproken vraagstuk in Belgen's geschiedkandige wereld, 
is wel, in onze dagen, dat van den oorsprong onzer middeneeuwsche 
gemeenten. Nieuw is het niet, als vraagstuk te minsten ; echter de 
antwoorden -erop gaan op nieuwere begrippen gesteund, en werden 
door nieuwere werkwijzen aangebracht. Twee zulke nieuwere ant- 
woorden zijn nl. de twee gissingen, vooruitgezet door de twee Hglrs. 
Heer Pirenne van Gent, en Heer Yanderkindere van Brussel. De 
eerste deed het in enkele studieën aangewezen alhier, bd. LY, tk. 200. 
De tweede onderander in de drie bovenstaande opstellen. 

H. P. veronderstelt dat, binnen een gewissen tijd van algemeene 
ontbinding in handel en samenleving (nl. van de IX*, X* eeuw voorO, 
er alhier en aldaar^ op een welgelegen en veeltijds ook welbeschut 
vlek, samenscholingen ontstaan zijn van anderszins uitgeschudde 
vrije lieden die nu doolden als kooplui. Hun zwerversbelangen dedeo 
hen betrachten naar plaatselijke « vrede n in hun vlek, dan naar 
waarborgen daartoe, en vaneigen naar bestaking ervan en verweer- 
middels. Juist ook genoten ze wellicht een persoonlijk lijfeigen 
koopmansrecht, dat ze droomen zouden plaatseigen te maken. Uit die 
betrachtingen en dien droom ontstond bij hen een zucht naar 
onafhankelijkheid in rechtswezen en bestuur, krijgsmacht, geldwezen, 
eigendom en staatkunde. En om tot de vervulling van dezen zocht 
te kunnen overgaan, stichtten ze samen een samenzwering daar waar 
't nood gaf, m. a. w. een « commune », ofwel ook soms stichtten ze 
geene, daar waar het genoeg was luidop te spreken en dat de vorst 
hun wenschen gereedelijk involgde. Uit alle die pogingen bcdeeg 
eindelijk : de middeneeuwsche gemeente, en nadien de laterhandscbe 
stad. 

H. Ydk. liever wil van geen algemeene volksontbinding uitgaan. 
Samenscholingen zijn er wel geschied, of zijn er niet geschied, 't Is 
eender. Maar in vlekken, waar cenigermate volk verbleef, zijn de 
menschen (koopmans of geene) uit zucht naar vrede, — daargelaten 
dus de zwervers- en koopmansbelangen (in hoofdzaak te minsten), 
daargelaten ook het boven veronderstelde koopmansrecht — over- 
gegaan tot 't samenzweren van de « commune ». Deze was nu niet 
zoozeer een middel om door te wegen in 't vastezetten van een nit 
de lucht gegrepen recht eu in 't daarstellen- van koopmansachtige 
inrichtingen en bestu ursmannen j neen, ze was liever de inricbtingo 



GOMrâSS BBl^DÜS 4^9 

zelf, geschetst op H heerscheiiâe landsrecht, en die door geschied matige 
ontwikkeling is geworden: de middeneeuwsche gemeente, later de 
stad. Hierover verder. 

H. P. 's gemeente zou ontstaan zijn, dank aan de dwingende macht 
die de gemeenschappen onder den drang der haishoudkundlge nood- 
draden altijd aanzet, en even toen aangezet heeft. Ook geeft hij zijn 
stelsel uit als toepasselijk aan alle de streken waar dezelfde stoffelijke 
omstandigheden voorkwamen : nl. waar de bovenbesproken ontbinding 
ontstond, met de koopmansdolingen en samenscholingen enz. Aan 
alle de streken dus gelegen tusschen de Seine en de Elbe. Aan een 
anderen kant stennt hij ook meest op het uitleggen van den rechter- 
en maatschappelijken aard der daders, en den redematigen aard hunner 
doenwijzen ; veelmeer daarop dan op den geschiedkundigen aard en 
de tijd vervolgende indeeling der stadsontwikkelinge zelf. H. P. is 
boog gaan staan om ver te zien, en om deze reden ook schijnt zijn 
stelsel meer uit de lucht gevat, meer beredend, meer wijsgerig van 
trant, dan wel ondervindelijk. Voor hem, — is 't geweten, — bestaat 
^een wetenschappelijke geschiedkunde zonder beredening (zelfs als 't 
past, eene à priori). 

H. Vdk. bleef naderbij het stipt aanschouwelijke : naderbij de 
geschiedgronden, naderbij ook bestaakte streken en tijdstippen. Zijn 
gemeente stamde meer over bij toevallige ontwikkeling en uit het 
losse werk waartoe liever zielkundige nooddruften de eenlingen, en 
BJet de gemeenschappen, toen aandreven en nog aandrijven : rapper 
soms of trager, in Vlaanderen was 't aleens onder den overwtgenden 
invloed van een of anderen graaf. Om dezen laatsten invloed acht hij 
het genoegzaam te spreken alleen van Vlaamscho gemeenten. Van 
eigen is hij ook zoo erg niet bekommerd over den gemeenschappelijken 
aard der daad zaakplegers en de dracht hunner doeningen. De beko- 
mené, niet de wordende, ontwikkeling ontleedt hij ; en liever de 
ontwikkeling van stads recht dan van stads algemeen maatschappelijke 
toeneming. Hij stelt deze algemeen maatschappelijke toeneming voor, 
zooals we ze boven aangaven ; en deelt de rechterlijke ontwikkeling 
ervan in, als volgt : in drie tijdstippen. 

Het zoogezegd eerste tijdstip der grondwettelijke ontwikkeling in 
de Vlaamsche gemeenten (binnen de X1I« eeuw nog) was dit van 

* Padaptation dn droit de la communauté rurale à une société de 

* marchands n (Vgl. 't eerste bovenstaande opstel, bl. 367 ; in 't afdruk 
bl. 49). De l>ewind5chap ervan waren niet de « scabini v, maar de 
« coremanni » of « coratores n (de keure belichaamde de « commune n) 



440 COMPTES^BBNBUS 

of « selecti jadices ». Hun werk? 't Was: « de pace tractent et de 
utilitate communitatis villse et de foris factor am emendatione ». Han 
bestaan nam aan met de gfemeente zelf. De « scabtni « daarentegen 
waren 's graven gerecht, het oude « mallas n van de Franken. (Ze 'n 
doen, zegt H. P., ze waren " une création nouvelle n. Vgl. Orig, da 
contt, urb. au m. âge, RH. 1895, t. LYII, p. 60). Aleventwel waren de 
schependommen sedert dat Frankentijdvak zeer vermenigvuldigd. 
Langen tijd echter waren de zoogemeende stadschepenen niets anders 
als «scabini terrte», schepenen van den lande, d. i. van het rechts- 
gebied waarbinnen de stad lag. Aldus te Brugge bij de dood van 
Karei den Goede. Van lieverlede, (doch dit is niet geweest in 't bier 
zoovermeend eerste tijdvak der stadsontwikkeling) zal de stad het 
schependom binnenslorpen, en zal de vorst dit laten gebeuren. Zelfs 
zal het belang der keurmannen krimpen in omgekeerde verhouding 
van 't meer-verstedelijken der schepenen. (In Vlaanderen ja ! zegt 
.H. P. maar elders niet. Ygl. Orig. ald. bl 62). Doch altijd zal blijven 
wat eerst was: dat de keurmannen (het laterhandsche «consilium») 
de oude gemeente verbeeldden, en zij alleen. (Neen, meent H. P., de 
<<judices » verbeeldden alleen «Ie droit de paix ... commun à toutes 
les villes », de ^ scabini » « le droit communal » eigen aan de gemeen- 
ten. Vgl. ald. bl. 61). 

Het tweede tijdstip besloeg de twintig laatste jaren der XII* en 
daaromtrent de drie eerste vierden der XUI« eeuw (VgL 't tweede 
bovenstaande opstel, bl. 785). « Dépouillant, zegt Steller (ald.), leor 
u caractère rural, les grands centres, enrichis par le commerce et 
« Tindustrie, sont devenus des villes à loiSy steden van wette, dotées 
« d'un échevinage, dont l'autorité complexe et exclusive rejette dans 
« l'ombre les anciens organes de la commune ou, pour le dire plus 
« exactement, abolit la commune elle-même ». Dit door de doorwegende 
tusschenkomst van Filips van £bsaten. Dezes staatkunde was tot 
heden bijna algemeen aangezien als uiterst voordeelig geweest am de 
gemeenten. (Vgl. H. P. Geschied, van Belg. vert, door Delbccq, bd. I, 
bl. 191). Niet door Warnkönig of Wauters. Hier vat Hgl. Vdk. vast- 
beslist het stelsel aan dat het huis van Elzaten tegen den vrijheidszin 
der Vlaamsche gemeenten ingegaan is. In 't bezonder: « Il (Phil.)a 
« récupéré 1'échevinage, abrogé la commune jurée et condensé toutes 
« les forces urbaines en un corps unique de magistrats n (bl. 758). 
Filips' doel was de steden te kort vlerken ; zijn middel bestond in de 
schependommen te versterken, ze te doen alleen heerschen boven alle 
andere gemeentehoofden, en ze dan onder den vuist te vatten. Zijn doel 



COHPTXB RENDUS 441 

evenwel bleef onderweg steken. Want het middel lakte 'nu ook juist 
maar tot aaa 't pont van de yersterking der schependommen. Eenmaal 
dat deze de kcurmaonen- orerkeken hadden en alleen de gemeente 
▼erte^nwoordigden, streefden ze op hunne beurt naar onafhanke- 
lijkheid, en verwierven die. 't Schoonste was dat na tijd van. jaren, 
de menschen Filips' doel vergeten waren ; den (ongewilden) uitslag 
zijner betrachtingen alleen nog daarzagen; en Filips lieten overgaan 
tot de nalatenschap als een weldoener der gemeenten ... wat hij dus 
wd geweest is metterdaad, zooniet met den doele. 

In 't derde tijdstip : van de XIV* eeuw voort, « la notion juridique 
e de la commune s'était troublée et tendait à disparaître » (Vgl. 't derde 
bovenstaande opstel, bl. 207). « Mais au-dessous de ces divergences, 
« on aperçoit le cadre ancien des institutions corporatives, et d'un 
a boat à l'autre de son évolution, la commune du moyen âge, si con- 
« stamment battue en brèche par les princes et par l'Eglise, est restée 
« fidèle à son type primitif» (ald. bl. 217). De «type primitif» was 
geweest : « l'association jurée des bourgeois formant une personne 
« morale qui revendique le droit de garantir la paix de tous par ses 
« propres juges et par sa propre milice (ald. bl. 209). Nu scheidde de 
« « commnne n uit, en de stad was ontstaan. » 

Deze drie tijdstippen zijn voorgesteld geweest door H. Ydk. al 
gedurig steunende op de bestaande geachiedgronden, en al gissende 
met buitengewone kracht en eenheid van opvatting, 't Is ook 't inzien 
weerd dat, in 't behandelen van 't eerste tijdstip, — benevens andere 
verschillen die hem afbrengen van II. P. 's beslui tselen, (en waar 
nochtans bij H. Ydk. meer aandacht aan den rechterlijken en huis- 
houdelijken toestand der gemeentestichters diende toegewijd) — hij 
een werkwijze toepaste die zeer afwijkt van H. P. 's, en daarom toch 
niet slechter voorkomt. Immers. Daaromtrent alle zijne gegevens en 
besluitselen verneemt U. Ydk. uit de keuren van vreemde of van 
kleine Ylaamsche gemeenten ; de gegevens over groote Ylaamsche 
gemeenten zijn minder talrijk en minder ontleedbaar. De schrijver 
getroost hem daarover, al zeggende dat de kleinste gemeenten het 
traagst ontwikkeld zijn, en dus iançst en best den eersten toestand aan 
9HS fpeérgeven. Doet Hgl. P. niet het tegenovergestelde? Legt hij het 
teerden der kleine gemeenten niet uit naar de wording e der grooten? 
Welkeen van beide beginsels zal best zijn : dat van H. P. of dat van 
H. Ydk.? 't Gevaar voor dat van H. P. ligt hierin dat inderdaad van 
't ontstaan der kleinen meer oorkonden overgebleven zijn dan van 
dat van de grooten; zoodanig dat 't beginsel zelf van H. P., zooals 



442 COMPTES BENDUS 

ziJQ uitleg daareven aaDgaaade de wordiug van de groote gemeenten, 
beide wat uit de lucht gegrepen schijnen. H. Vdk. heeft liever dat 
gevaar ontmeden. 

Het tweede tijdstip is meest behandeld geweest al steunende, met 
reden, op een vijftal daadzaken die bekend staan; ook en inzonder- 
heid al wijzende op een zesde, nl. de daadzaak der beruchte keure 
« Ilaec est lex » (noemen we haar HL) welke door Filips, binnen 
nagenoeg eenzelfdon tijd (op 't einde der XII* eeuw), aan leperen. 
Gent, Atrecht, Brugge en Audenaerde is opgeleid geweest. Deze 
zesde daadzaak was uit haarzelven weinig overtuigend. Nochtans 
neemt eens aan dat het bewezen zij — wat H. Vdk. voorhouden wil—, 
dat HL van bedwingenden en terugwerkenden aard was ; aanschouwt 
Tlaarbij dat HL in alle de groote steden ingebracht werd door Filips 
van Ëlzaten, en binnen een beperkten tijd ; wie en zal er dan niet als 
vast aannemen dat inderdaad Filips (daarom nog niet heel het hai« 
van Ëlzaten) een beteugelende staatkunde voorhad? Enkel zou er dan 
nog moeten bij bewezen worden dat deze doorvoering van HL niet 
een toevallig tuchtbetreffend middel was, maar een vastgewiid alge- 
meen middel van bewindschap. Deze zesde reden alleen, zoo doorge- 
werkt, kon dus reeds voldoende zijn om alles te bewijzen wat H. Ydk. 
over Filips' inzichten beweert. En in dit geval waren de vijf eerste 
redens krachtiger redens van bevestiging dan nu. Welaan, zoo staat 
het me voor, Hgl. Ydk. en steunde niet genoeg op den aard van HL: 
■hoe en waar en in welke omstandigheden HL ingebracht of gewijzigd 
werd. Hieruit ging anderszins beter aan den dag gekomen zijn hoe 
eenerzij ds HL inderdaad uit eene richtinge van vaste staatkunde 
voortkwam, en anderzijds hoc HL weinig van aard was om aan de 
gemeenten veel voldoeninge te verschaffen. 

Betreffende 't derde tijdstip, hadden we geern nog de volgende 
vraag opgelost gezien. Toestaande dat 't fvoord «communio» (niet 
« communitas n, zegt H . Ydk., d. i. liever 't gepeupel, «het volk><) 
alleen maar sedert de XII*^ eeuw voorkomt, vragen we of daarom de 
instelling zelf niet ouder kan geweest zijn ? En als nu de poorters 
instelling en woord maar tezamen mochten verkrijgen, waarom, in 
de oude keurverleeningen, staat het woord niet altijd uitgedrukt daar 
waar op de instelling duidelijk gedoeld wordt ? Hebben ze integendeel 
de instelling vóór het woord bezeten, hoe heette alsdan vroeger deze 
instelling, en wat heeft het woord erbij van nieuws ingebracht ? Het 
woord is uit 't Zuiden gekomen. Heeft het hier een nieuw begrip of 
een vreemde instelling ingeplant, en was alsdan onze « commune n wel 
van zielkundigen oorsprong ? 



COMPTES BENDI78 443 

Alle deze laatste opmerkingen zijn enkel kleine vraagskens die we 
eerbieiiig aan Hgl. Vdk. voorstellen. Niet minder blijft daarom de 
hoogachting die we voor zijne leering gevoelen. 

De lezer zal het met ons 's eens zijn dat beide stelsels, hierboven 
aiteengezet, verleidelijk voorkomen. Zeker en vast zal het nochtans 
eeuwig blijven dat de waarheid een is ; en dat twee onberispelijke 
werkwijzen, uitgaande van twee wel verkozen inzetpunten, en in 't ' 
werk gesteld door twee knappe beoefenaars, niet lange kannen op 
twee tegenstrijdige eindpunten Uitkomen. Daarom late Hgl. Vdk. ons 
toe, om te sluiten, den wensch uit te drukken dat Hij en Hgl. 
Pirenne bovengaande algemeen vraagstuk nog verder door- en uit- 
twisten, zooals ze het beide door meesterlijke gissingen nu ingetwist 
hebben. Dank aan beider pogingen is het nader van de oplossing als' 
het ooit geweest was (*). 

L. De Wolf. 



D. Ursmer Berlière O. S. B. Suppliques de Clément VI 
(1342-1352). Textes et analyses. (Analecta Vaticano- 

• * Belgica publiés par Tlnstitut historique Belge de Borne). 
'* Rome, Institut historique ; Bruges, Desclée De Brouwer 
et C«, 1906. In-8, 954 p. 

Idem. Inventaire analytique des Diversa Camcralia des 
Archives Vaticanes {1389-1500) au point de vue des 
anciens diocèses de Canibrai^ Liège, Thérouanne et 
Tourtiai. Rome, Institut historique, Namur V. Delvaux, 
1906, Ia-8, 323 p. 

Il devient presque banal de rappeler, à l'occasion des publications 
da R. P. Ursmer Berlière, l'adage connu : bis dat, qui cito dat. À peine 
placé à la tête de l'Institut historique Belge, qu'il avait à organiser en 
même temps qu'à diriger, il a trouvé le temps de puiser aux Archives 
Vaticanes la matière d'une série d'ouvrages et d'articles qui ont réjoui 
le monde des historiens et dont les lecteurs de nos Annales ont pu 
apprécier la valeur. Et quand le maigre budget, dont l'Institut est 

(^) Op den oogenblik dat deze bladzijde moet gedrakt worden, 
vernemen wij dat Hoogleeraar L. Van der Kindere op 10"*<»» November 
oTerleden is. 



444 COMPTES BBNDÜS 

doté par le gouvernement Belge, se trouve épuisé, il n'en continue pas 
moins de publier (c'est le cas pour le second ouvrage mentionné) grâce 
au généreux concours de l'abbaye de Maredsous. 

— Les suppliques adressées au Saint-Siège forment une des mines 
les plus riches en renseignements historiques de toute nature. Quoiqae 
la plupart tendent à l'obtention de quelque bénéfice ecclésiastique, elles 
contiennent souvent des demandes de cumul, de légitimation, de dis- 
pense d'âge ou do résidence, etc. Dans leur ensemble, elles nous per- 
mettent de nous rendre compte, jusqu'à un certain point, de la situation 
générale du clergé. Elles ont sur les bulles de concession Pavvntage de 
nous faire connaître le nom des parrains qui appuyaient la demande 
des solliciteurs. 

Le fonds des suppliques conservées au Vatican, de Clément YI à 
Pie VU, ne comprend pas moins de 7011 volumes! Dom Berlière a 
extrait des 22 premiers volun^es, contenant les suppliques adressées % 
Clément YI, toutes celles qui concernent nos quatre anciens évéehés 
belges : Cambrai, Liège, Thérouanne et Tournai. Elles sont au nombre 
de 2511. 

Dans une substantielle introduction, l'éditeur donne toutes les 
indications nécessaires pour saisir le sens et la valeur des documents 
publiés : il y traite des formulaires et de la forme des suppliques, de la 
manière dont elles étaient présentées- au Pape et enregistrées; et 
il trouve ainsi l'occasion d'expliquer la plupart des formules qui 
pourraient être embarrassantes pouY* les historiens non familiarisés 
avec ce genre de documents. 

L'annotation, sobre encore, est plus abondante que dans les autres 
publications : c'est une amélioration dont les travailleurs sauront gré à 
Téditeur. Ces courtes notes permettront d'identifier plus facilement les 
personnages et de les retrouver dans d'autres documents. Car, pour ce 
qui est des suppliques de Clément YI, l'heureuse disposition des tables 
fournit toutes les facilités imaginables. Étant donné le nom ou le 
prénom d'un personnage ou une quelconque des localités citées, où il 
a occupé quelque fonction, les 800 pages de tables — vrai travail 
de Bénédictin — permettent de retrouver immédiatement tout les 
renseignements contenus dans l'énorme volume du savant auteur. 

— Les 253 volumes des Diversa Gameralia des Archives Yaticanes 
contiennent des documents très divers, qui en raison même de leur 
variété ont été exclus des autres collections de la Chambre apostolique, 
pour être réunis dans les « registres diversorum (negotiorum) came- 
ralia »» « C'est un fouillis de documents devons genres, où Ton trouve 



COMPTES BSNDÜS 445 

les correspondances des camcriers avec leurs agents, des mandats et 
des décisions en matière financière, des nominations d'employés, 
ordres de paiement, passe-ports et franchises, des lettres de recom- 
mandation, des actes concernant l'administration des donanes, des 
engagements militaires, des visites ad limina, des lettrés de sacre et 
d'ordination, » etc. 

L'auteur a compulsé les 58 premiers volumes, qui vont de 1389 à 1500. 
II donne une brève analyse des 813 documents qui concernent nos 
quatre anciens diocèses belges. 

Parmi les 57 documents publiés intégralement, quelques-uns se 
rapportent à notre diocèse. Par le n.. XIV, Gérard Faydit est rois en 
possession d'une chapellenie non pas dans Fcglise de Saint-Donatien, 
comme l'auteur le dit par distraction, mais bien dans celle de Saint- 
Sauveur de Bruges. 

Cette publication fait suite à V Inventaire analytique des Libri obliga- 
tionum et solutionum dont les Annales (t. LV, 1905, p. 76) ont fait 
ressortir l'importance pour l'histoire ecclésiastique de la Flandre. Les 
historiens trouveront dans ces deux nouvelles collections une mine 
qui n'est pas moins riche en renseignjements de toute nature. 

En même temps qu'elles justifient pleinement la création de l'Institut 
historique belge à Rome, dont la première idée fut imposée au public 
belge par M. le chau. Gauchie, l'incontestable utilité et la perfection de 
ces publications, qui seront suivies, au commencement de 1907, de 
rédition des Lettres de Jean XXII^ par M. A. Fayen, prouvent 
Texubérante vitalité de notre jeune Institut, qui s'est acquis en peu 
de temps une place très honorable parmi les anciennes institutions 
similaires des autres nations. Si le passage de Dom Berlière à la 
direction de l'Institut historique n'aura été malheureusement que de 
courte durée, il aura été cependant merveilleusement fécond et aura 
témoigné d'une activité qu'on ne peut s'empêcher d'admirer et qui 
pourra servir d'exemple à ses successeurs. 

C. Callewaebt. 



Jy A. Habets. Twee belangrijke jaren uit onze Vaderland- 
sehe geschiedenis. Rcgeeriog vau don Raad vaa State eu 
DoD Juao vaa Oostenrijk 1576 en 1577. Proeve van 
historische critiek. Overdruk uit do Katholiek,. Deel : 
CXXVIII, blz. 118-135, 221-243, 337-356, 411-432. 



446 C0HPT£8 BENBUS 

D' A. Habets. Benige jaren uit onze Vaderlandsehe 

geschiedenis. Proeve van historische critiek. Leuven, 
J. Van Linthout 1905 (voortzetting van kan. Davids 
Vadorl. Historie, laatste aflevering van bl. 79 tot 275. 

In die twee « proeven van historische critiek » — die samen een 
geheel uitmaken — heeft D*" Habets de belangrijke gebeurtenissen 
geschetst, voorgevallen in de Nederlanden sedert de dood van 
Requesens (6^ Maart 1576) tot op het einde van 1781, 't is te zeggen 
tot aan de verheffing van Oranje tot Uooge Overheid van Holland, 
verheffing die te samen met de afzweering van den Spaanschen 
Koning mag aanzien worden als de grondvest der Hollandscbe 
Republiek. Wij kunnen hier onmogelijk in eene korte ontlediog, 
zelfs niet de hoofdzakelijke daadzaken weergeven, die D' Habets in 
zijne beide studiën, met een waar talent en in aangenamen schrijftrant 
verhaalt ; 't zij ons genoeg te zeggen dat de schrijver ons de geschie- 
denis geeft van Don Juan's ongelukkige regeering, van de beroemde 
Bevrediging van Gent en hare gevolgen, de geschiedenis vooral van 
Oranje's immer klimmende macht, die zegeviert eindelijk in het 
Noorden, terwijl zij in het Zuiden eene tegenbeweging veroorzaakt. 

Als wij die beide werkjes op hun eigen nemen, zooals ze bier in 
afdruksels voor ons liggen, zijn wij genegen ze overbodig te noemen, 
omdat ze zonder iets nieuws mée te brengen de reeds zoo uitgebreide 
reeks studiën nopens de Nederlandsche Omwenteling nog komen 
vermeerderen. Maar wij hoeven ze op hun eigen niet te aanschouwen ; 
die studiën immers, althans de tweede, hooren thuis in de algemeene 
« Vaderlandsehe historie » van kan. David en als dusdanig mogen wij 
ze verdienstelijk heeten. De voortzetting, welke D' Habets begint te 
ondernemen} zal zelfs bij het voorgaande uitmunten ; want welk ook 
kan. David's vernuft en geschiedkundige bekwaamheid geweest zij, 
't is bekend dat zijne « historie n niet aan alle vereiscbten der heden- 
daagscho wetenschap voldoet. D^ Habets is wat beter op de hoogte 
der huidige critiek : zijn werk, 't is w^aar, is maar van tweeder hand, 
eene synthesls van 't geen reeds gekend is, maar hij weet toch bet kaf 
uit het koorn te weeren. Zijn critiek bestaat in de best gestaafde 
beoordeelingen en bevestigingen der geschiedschrijvers te aan veerden 
om andere te verwijzen, steunende niet alleen op de geloofbaarheid 
van huidige schrijvers, maar ook, alhoewel zelden, op geschiedkondigpe 
bronnen. 

Twee bemerkingen ! Zou de innere geschiedenis der. Hervorming, 



COMPTES RENDUS 447 

in de vaderluidsche historié geen plaats mogenvindeB ? Wij treffen ia 
Tele boeken breedvoerige verhalen aan over de politieke onderhande- 
lingen en moeilijkheden, over allerhande wapenfeiten en wreedheden, 
maar over den vooruitgang, de middels van ailbreiding, de schriften, 
de kerkelijke tegenkanting der Hervorming, daar weten wij weinig 
of niets van. Zouden wij ook niet mogen eischen dat de algemeene 
« Vaderlandsche historie n ons niet alleen de boofdfeiten en den 
algemeenen samenhang der geschiedenis geve, maar ook nog eene 
bibiiographie van gekende bronnen en ernstige monographiën zoo 
tolltdig mogelijk ? Dan zou ze niet alleen gretig gelezen worden, nuar 
ook mei vrucht geraadpleegd. 

Madrid. R. Descheppeb. 



Victor Vander Haeghen* La corporation des peintres 
et des sculpteurs de Gand. Matricules, comptes ét docu- 
ments (XV P et XVII l'' siècles}. Bruxelles. Librairie 
nationale d'art et d'histoire. G. Van Oest et C**. 1906. 
1 vol. in-8**, XIV et 379 pp. 

Ce travail a pour base le livre des peintres (Schüdersboek) de Gand, 
falsifié pendant la première partie du XIX* siècle. On sait que M. De 
Bnsschere avait entrepris, en 1857, la publication d'une série de 
renseignements empruntés aux archives gantoises. Le matricule des 
peintres ei des sculpteurs fit l'objet d'une communication dans la 
Société Royale des Beaux Arts et de Littérature de Gand (t. IV, 1851-52) 
et fut imprimé k la suite du liure de la eorpofalion des peintres et des 
sculpteurs gantois dans le Bulletin de TÂcadémie Royale de Belgique 
et dans les Recherches sur les peintres gantois du XIV^ au XF* siècle 
(Gand, 1859). Malheureusement l'auteur avait accepté « sans contrôle 
suffisant et sans l'indispensable défiance que de telles contributions 
doivent éveiller» les notes transmises par M. Th. Schbllinok, qni 
avait dressé une liste imaginaire d^artîstes (*) gantois et falsifié le livre 

O Mémoires de V Académie Royale de Belgique, t. LVIII. Y. Yanbsb 
IIajmhbn, Mémoire sur les documents faux relatifs aux anciens pein- 
tres, sculpteurs et graveurs flamands. Bruxelles, 1899. — GOGBull. 
d'année, 1897, pp. 116-125. V. Vandbr Haeghbn, Le livre de la 
corporation des peintres gantois, — GOGBolI., 4^ année, 1896, pp. 85-101. 
Hbbx. Vah Dütsb, Rapport concernant la peinture de la Grande 
Boucherie attribuée erronément à Nabur Martens, 



448 COMPTES BENDUS 

des peintres de cette Ville. Ces falsifications nécessitaient une étude 
snr des bases critiques concernant cette intéressante corporation et 
M. y. Vander Haeghen s'est proposé d'offrir au public une série de 
publications à ce sujet et notamment sur: 

1^1 Le matricule» les comptes et les documents de la geilde de S^ Lac 
à Gand. 

2^1 Les renseignements qui se rapportent aux œuvres produites par 
les artistes qui en faisaient partie et les documents généalogiques 
concernant quelques familles importantes de peintres, sculpteurs et 
verriers. 

3^/ Les pièces ayant rapport h Tépoque primitive, depuis le 
XIV* siècle jusqu'à la concession Caroline. 

Il nous offre aujourd'hui l'exécution de la première partie de ce 
programme. 

Après une introduction où il expose son plan et un vocabulaire des 
professions exercées par les suppôts de la corporation gantoise da 
XVI* an XVIII* siècle, nous trouvons une excellente édition da 
matricule. Il comprend des listes des peintres et verriers avant et après 
la concession Caroline, h partir de la fin du XV^ siècle jusqu'à 1773, 
époque où les peintres devinrent indépendants de toute association, 
par suite du décret de Marie-Thérèse. Le texte est soigneusement 
annoté à l'aide des actes relatifs à la corporation inscrits dans les 
registres scabinaux de Gand et de nombreux extraits de comptes 
corporatifs. Nous y trouvons de multiples détails biographiques sur 
les noms cités, les mentions des textes ajoutés à la rédaction primitive 
et l'indication des surcharges et des ratures. Des renseignements , 
puisés à d'autres sources et les comptes, qui forment une série iointer- 
rompue de 1652 jusqu'en 1773, complètent le registre, qui s'arrêtait en 
1713. Un de ces comptes dressé pour l'exercice 1652-1654 est publii' 
in extenso. L'auteur n'a repris dans les autres que les mentions 
consernant les membres et le régime corporatif et les a présentés en 
notes. 

La seconde partie comprend les documents ayant rapport k l'orga- 
nisation de la gildo des peiatres gantois et des métiers qui en dépen- 
daient, leurs prérogatives et les innombrables procès qui en forent 
la suite, et qui jettent une vive lumière sur la vie corporative de 
l'ancien régime. 

Après la concession Caroline les peintres furent compris dans nn 
même groupe de métiers avec les merciers, les fabricants de ceintures 
et les chapeliers. Chacun de ces divers métiers pris isolément, avait 



COMPTES BENDÜS 449 

néanmoÎDS ses deux jarés. une ordonnance spéciale fut décrétée en 
1M2 par le magistrat pour les peintres, sculpteurs, verriers, etc. Elle 
était mise en rapport avec la charte de Cbarles-Quint et contenait des 
dispositions techniques intéressantes. En 1577 les États -généraux 
prescrivirent le rétablissement des coutumes et des privilèges existant 
en 1539 ; et Tannée suivante le métier obtint la restitution de ses 
archives, qui avaient été confisquées et conservées depuis 1540 k la 
chambre des comptes de Lille. En 1600 la corporation réclama la mise 
en vigueur de l'article 3 du règlement du 6 avril 1542, en vertu duquel, 
poar être admis un métier, il fallait être bourgeois de Gand et avoir 
fourni un chef-d'œuvre. On voulait relever le niveau artistique dans la 
capitale de \a Flandre. Le magistrat accéda à ce désir et approuva, le 
2S octobre de cette année, les divers points d'une ordonnance faite à 
ce sujet. Le règlement fut révisé et sanctionné h nouveau par le 
magistrat le 30 juillet 1657. Quelques années plus tard, en 1676, les 
brodeurs d'or furent incorporés dans la confrérie des peintres ; mais 
par contre, en 1734, les peintres en bâtiments prirent la résolution de 
se séparer des artistes peintres et formèrent, depuis 1735, une associa- 
tion séparée. En 1749 le magistrat autorisa la publication, à son de 
trompe, de Tordonnance donnéejaux peintres en 1657. Cette publication 
avait été négligée jusqu'alors et fut exécutée en même temps que celle 
d'une ordonnance de 1690 concernant la vente des tableaux par des 
marchands on des artistes étrangers après la foire de la mi-carême. 

La vente des tableaux à Gand a fait l'objet de nombreuses contesta- 
tions. La corporation fut toujours opposée à la vente des œuvres 
exécutées en dehors de la ville et voulut de prime abord en conserver 
le monopole aux artistes gantois. 

Dès 1575 nous trouvons une requête au magistrat pour demander 
la répression des abus, l'interdiction des loteries de tableaux et de 
sculptures importés de Malines et des entreprises d'œuvres d'art à bas 
prix par des personnes n'ayant pas la franchise de la corporation. Les 
échevins se firent délivrer, le 7 juillet de cette année, l'ordonnance du 
métier et le nom des personnes chez qui les loteries avaient lieu ; et 
le 20 août ils s'engagèrent h faire un règlement h propos des loteries 
susdites, qui se tenaient d'ordinaire après la foire de la mi-caréme. 
En 1615 Jehan Haeck.x était venu à Gand avec des tableaux exécutés 
à Anvers et avait demandé de pouvoir les exposer. Cette permission 
ne lui fut octroyée qu'au moment de la ioire. Plusieurs tableaux, qui 
n'avaient pu, en 1619, trouver acquéreur à Bruges, furent exclus du 
marché gantois. Au mois d'octobre 1636, la corporation requit la 



450 COMPTES BENDUS 

même exclusion pour des tableaux venant d'Anvers et d'ailleurs, et 
portés à Gand par Jean van den Plassche, qui n'avait pas acquis la 
franchise du métier. Le 20 mai 1653| h la requête des artistes de Gand, 
le magistrat de cette ville et lo prévôt de S^ Pierre-Iez-Gand conclurent 
un accord pour empêcher la vente des tableaux venant des mêmei 
villes, en dehors du temps des foires annuelles. Les peintres allèrent 
jusqu'à offrir un tableau au prévôt pour l'inviter h mettre obstacle 
à la vente des œuvres étrangères sur son» territoire et k donner une 
gratification au sous-bailli de Gand pour les efforts qu'il avait faits en 
vue d'empêcher cette vente. Un conflit survint en 1654. Julien Tenier» 
fut accusé d'avoir enfreint la défense des échevins et d'avoir voala 
vendre des tableaux à la Byloke et au besoin môme dans le château 
espagnol, en menaçant de faire appréhender à Anvers le sous-bailli de 
Gand. On en vint même à des voies de fait. Pendant les années 1G61-06, 
1667-66 et 1676, on fit opérer la saisie des tableaux vendus, en dehors 
des foires, par des peintres étrangers. Le gouverneur français de 
Montbron reçut en 1679 une requête sur les ventes faites h ce moment 
par les Anversois. C'était de leur .ville qu'étaient importés lo pins 
grand nombre de tableaux ; ci en 1683, 1688 et 16SK) on édicta des 
prescriptions h leur égard ainsi que pour les marchands des antres 
villes. Le magistrat les avait d'abord autorisés h vendre publiquement, 
après la foire, leurs marchandises h Tbôtcl de ville, alors qu'auparavant 
ils ne pouvaient les vendre que dans la seigneurie de S^-Pierre. La 
corporation s'opposa h cette innovation. La vente publique par bâton- 
nier fut interdite en dehors do la micaréme, sauf en cas de mortuaire 
et après le décès des artistes. Malgré cette ordonnance, les Anversois 
introduisirent des tableaux en fraude; pendant Tannée 1694 ils forent 
en butte h des représailles. En 1704 le bâtonnier reçut la délense de 
continuer les enchères des tableaux anversois a l'issue des foires de 
S*-Pierre et de la Byloke; et jusqu'en 1749 la corporation demanda 
la réédition des mesures de 1690 relatives à la vente des tableaux 
étrangers. 

Ce régime draconien devait avoir une fin. En 1772 on fit une enqac-te 
h An.vers, à Bruges et h Bruxelles. Dans toutes ces villes la vente des 
tableaux étais permise en tous temps. Le 20 juin les échevins de Gand, 
après avoir consulté la direction de l'académie et examiné les réponses 
des diverses villes au sujet du commerce des œuvres artistiques, 
statuèrent que désormais chacun serait libre de vendre, n'importe 
quand, toute espèce de tableaux, l'ordonnance de 1690 étant nuisible 
aux intérêts de la cité et contraire aux usages suivis dans les princi- 
pales villes des Pays-Bas. 



COMPTES BBNBÜ8 461 

£a 1691, un iatéresseot débat avait surgi entre les villes de Gond et 

Tournai concernant l'admission h la maîtrise d'un métier dans ces 

villes, après an apprentissage fait dans une autre localité du pays. Les 

prérôt et jurés de Tournai firent savoir par lettre du 30 juin de cette 

aooée «que les villes qui s'affranchissent l'une l'autre étaient — 

« d'après la liste d'un vieux registre des archives touruaisiennes 

« fol. 183 où se trouve la date de 1964 — au nombre de 17, savoir. 

«Beanvais, Amiens, Abbeville, Montreuil-sur-mer, S^ Orner, Ypres, 

«Dixmude, Bailleul, Bruges, Gand, Aubenton, Huy, Valenciennes, 

« Tgoraat, Lille, Douai, Arras, Péronne-en-Vermandois, S^ Quentin, 

« Cambrai, Reims, Châlons. Orcbies. tr 

Il suffisait dY^tre apprenti dans Tune do ces villes pour devenir 
maître dans l'antre, d'après les conditions d'usage. Les échevins de 
Gand, de leur côté, constatèrent, le 8 juillet 1691, que, pour l'admis- 
sion aux métiers gantois, existait également, en fait et de temps immé- 
morial, un accord réciproque entre diverses villes, notamment Gand, 
Tournai et Lille. 

Le travail de M. Vander Ilaeghen se termine par une note addition- 
nelle sur les exhibitions de tableaux et objets d'art h la foire si célèbre 
de la mi-car^me gantoise, et qui datait de l'époque Bourguignonne. 
Les tableaux furent d'abord exposés à la chapelle de la grande 
boucherie. Vers 1611 ils se trouvaient dans la balle aux viandes. En 
1674 les peintres installèrent leurs œuvres h l'hôtel de ville. Ce local 
leur servit pendant une grande partie du XYIIP siècle. En 1722 la 
cour de S^ Georges fut également occupée par les marchands de tableaux. 
La mention de ces exhibitions se retrouve jusqu'en 1761. La première 
exposition officielle d'objets d'art, qui donna naissance aux salons 
de Gand, date du 30 mai 1792. une intéressante liste de noms de 
marchands, peintres, sculpteurs, etc. ayant pris part a ces foires 
annuelles,* comprend les dernières pages de ce volume. Nous y trouvons 
la mention de Melchior Dassonneville, sculpteur (1593-1610), Gérard 
Pieters, peintre (1593-1611), Théodore Penseel, étoffeur (1628-1663), 
Charles Van Hove, scribanier (1663-XVIII* siècle), tous venus de 
Bruges. Citons également, parmi les noms d'origine Brugeoise inscrits 
dans la liste des peintres gantois, le môme G. Pieters en 1590, Melchior 
Dassonneville en 1660, Pierre Vander Meulen en 1634 et Arnold 
Gravier en 1662. 

Les inventions de Th. Schellinck avaient pénétré partout et se 
retrouvaient dans la plupart des livres écrits sur l'histoire de la 
peinture flamande. Les critiques et les historiens d'art s'y étaient 



462 O0HPIK8 BrariHm 

laissés prendre. Aussi la révélation de ces supercheries faites dans la 
Biographie nationale (Yo Martins t. XIII, 1894-95 col. 906 et 909) et 
dans les Bulletins de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Gand 
(GOGBulI. 1897, p. 116-125 : Le livre de la corporation dès peintres 
çantoii) par M. Y. Yander Haeghen, jeta l'émoi dans le monde savant. 
Dès 1901 l'auteur avait annoncé une publication nouvelle et épurée des 
documents concernant les peintres et les sculpteurs gantois. La 
première partie de cette étude sera la bien venue et l'on sera heareoz 
de voir paraître, traitée avec la compétence de l'éminent archiviste de 
la ville de Gand, les pièces ayant rapport h. l'époque primitive, depuis 
les origiq^s de la corporation jusqu'à la concession Caroline. 

B*^" A. VAN ZUTLEN VAN NyEVBLT. 



Ohan. A. 0. De Schrevel. Histoire du Petit-Séminaire 
de Roulers précédée d'une introduction ou coup-d^œil sur 
Vétat de l^ enseignement moyen dans la région correspon- 
dant à la Flandre Occidentale. T. I (1806-1830). Roulers, 
J. De Meester, 1906, in-8, viii-328 pp. a^^ec illustra- 
tioas. 

La série des savantes publications de M. le chan. De Schrevel s'est 
enrichie d'un travail remarquable, sur le plus important établissement 
d'enseignement moyen libre de la West-Flandre. 

Le Petit-Séminaire de Roulers s'apprêtait à célébrer en 1906 le 
centième anniversaire de son érection. Il a paru que le monument le 
plus durable destiné à commémorer ce souvenir, serait une étude stricte- 
ment historique retraçant les jours de gloire et de deuil de l'Institation 
jubilaire. Déférant aux désirs exprimés par sa Grandeur Mgr rËvéqae, 
M. De Schrevel s'est mis courageusement h la besogne, et consacrant 
tous ses loisirs à la reconstitution ardue de cette histoire, il a réassi 
à en achever la première partie à la veille de la célébration da 
centenaire. 

Ce qui caractérise cette monographie, c'est tout d'abord sa richesse 
de documentation. Mettant à contribution de nombreux dépôts d'ar- 
chives civils et ecclésiastiques belges et certaines collections privées, 



COMPTES BENDÜ& 453 

Tauteur a en la bonne fortune de mettre la main sur des documents 
inédits et pleins d'intérêt, de sorte qu'on peut avancer sans crainte 
de démenti, que le livre de M. De Schrevei contient une collection 
quasi-complète des sources du sujet. Une seconde caractéristique 
de cette œuvre, c'est son importance pour Pbistoire générale. M. De 
Schrevei voit plus loin que les limites strictes d'un travail de ce 
genre; il connaît l'influence réciproque de l'histoire générale sur 
rhistoire locale ; il sait faire rentrer les données de celle-ci dans le cadre 
de celle-là, et éclairer l'une par l'autre. Aussi les historiens de l'ensei- 
gnelnent avant et sous.l'empire ainsi que pendant la période hollan- 
daise, comme ceux qui s'occupent de l'histoire de la religion en 
Flandre ou des maisons d'enseignement de notre province auront 
beaucoup à emprunter à l'œuvre de M. le chanoine De .Schrevei. 
On en pourra juger par l'analyse qui suit. 

L'ouvrage débute par un conp-d'œil général sur l'état de l'enseigne- 
ment dans la région correspondant h la Flandre occidentale actuelle, 
avant l'érection du Petit-Séminaire de Roulers. La suppression de la 
Compagnie de Jésus dans les Pays-Bas autrichiens signala le début de 
l'action envahissante du pouvoir civil en matière d'enseignement. 
Plusieurs collèges royaux furent érigés et organisés d'après les vues 
méthodologiques du Pian provisionnel. Ils n'eurent cependant pas le 
succès qu'on en avait espéré et ne firent point décroître la confiance 
dont jouissaient à juste titre les collèges privés du pays. M. De Schrevei 
esquisse brièvement le tableau historique des maisons d'enseignement 
moyen de notre province, en insistant spécialement sur l'état du 
collège des Pères Augustins de Roulers. — Par haine contre l'Église, 
le Directoire détruisit tous nos collèges catholiques et remplaça l'en- 
seignement soi-disant superstitieux et fanatique par un enseignement 
athée et répablicain. Il supprima les établissements religieux ; il 
Ordonna la fermeture de toutes les écoles tenues par les prêtres 
insermentés et il institua h leur place Vécole centrale de Bruges, 
conformément à la loi de Brumaire an IV. Mais cet unique établisse- 
ment officiel laïque ne rencontra que le mépris de notre population et 
tous les efforts, tous les moyens de pression mis en œuvre pour le 
foire prospérer, échouèrent. — Napoléon entreprit de réparer les 
mines de la période révolutionnaire. La restauration de l'enseignement 
fat pénible. Le lycée de Bruges resta dans un état précaire; les écoles 
secondaires communales et privées, à part celles d'Ypres et d'Harie- 
beke, n'eurent guère plus de succès. Enfin, à l'aube du XIX* siècle, 
nous assistons à la renaissance de nos établissements religieux 



454 COICFEBS i^KBUB 

d'édneatioa (^). Cet aperça sabstantîel est aocompaj^é de préeieutes 
référenees bibliogniphiques et de nombreux renvois aaz sovrces 
officielles et inédites de Tépoqne ('). 

Trois chapitres constituent le premier volame de l'histoire dn Petit- 
Séminaire de Roalers. La première s'étend depuis son érection en ld06 
jasqu'à la suppression des Pères de la Foi en 1807. L'article X do 
Concordat avait reconnu aux évèques le droit d'avoir un séminal rs 
complet. Gr&ce aux diligences de Mgr Faliot de Beanmont, l'ouver- 
ture solennelle du Grand-Séminaire de Gand eut lieu le 5 novembre 
18(H. Mais il fallait ccmipléter cet établissement par une section 
d'humanités, qui, dans l'intention de l'Église, doit être une TéritaUe 
pépinière de vocations sacerdotales. C'est à Monsieur Caytan, ancien 
vicaire ci^Httlatre du diocèse de Bruges, que revient rhonnovr 
d'avoir conçu le projet d'ériger le Petit-Séminaire à Roulers dans 
l'ancien couvent des Ermites de St-Augustin, et aidé des conseils de 
son ami le R. P. Leblanc d'avoir tracé le premier les grands traits de 
son organisation future. La proposition plut h l'Évèque et les négo- 
ciations entamées sur son ordre pour l'achat de l'établissement en vue 
réussirent à souhait, grâce à l'activité de Messieurs Cajtan et De 
Simpel. Mgr Fallot de Beaumont confia la direction de la maison ao 
P. Bruson des Pères de la Foi ; il lui adjoignit M. De Simpel comme 
directeur spirituel et un corps de professeurs mixte, composé de Pères 
Je laFoi et d'ecclésiastiques du diocèse de Gand. Des travaux (Je répi- 
ration et d'aménagement furent aussitôt entamés et l'ouverture du 
Petit'-Séminaire se fit le 27 mai 1806. Dès l'année suivante, Mgr l'Évè- 
que de Gand eut la consolation de voir progresser son cher établisse- 
ment et de pouvoir transmettre à son successeur, Mgr de Broglie, une 
maison d'éducation prospère, où régnaient avec une sainte émulation 
Tesprit de travail et de piété, et qui répondait pleinement aax 
espérances de ses fondateurs. La seconde année scolaire s'annonçait 
sous les plus heureux auspices, lorsque les Pères de la Foi, indigae- 

(') Quoique cette introduction soit une étude pleine d'intérêt, et par 
l'importance de son objet et par son caractère d'originalité, nous 
croyons cependant que certains actes officiels auraient pu être résumés 
et même que certains points auraient pu être moins largement initési 
d'autant que l'auteur nous avertit en note, que certaines questions 
— l'école centrale de Bruges — feront l'objet d'études ultérieures. 

(■) L'auteur aurait du citer, ne fut-ce qu'une fois, la Pasinomû. 
La même remarque s'applique, pour la période suivante, au Journal 
oficiel du Royaume des Pays-Bas. 



CÖÜVSEB KBSBTJB 456 

ment calomniés, forent sapprimés par décret de l'Ëmperettr. M. De 
Simpel recueiftit la Succession da R. P. Bruson ei devint supérieur 
da séminaire. 

A la lamîère de docaments authentiques, l'auteur a rétabli dans leur 
réalité les parts respectives qu'ont eues, dans l'érection et la première 
organisation de l'établissement, Messieurs Coytan et De Simpel» les 
RR.PP. Brason et Leblanc. L'amour de la vérité l'a contraint également 
à réfuter dans le détail certaines assertions erronées du P. Guidé, 
asseitioDs reprises et amplifiées par les Pères Bogaerts et Butaye, dans 
le récit des origines et des premières années du séminaire. 

Un second chapitre poursuit le récit des vicissitudes historiques de 
la nooveUe fondation, jusqu'à sa suppression en 1812. Le départ 
des Pères de la Foi avait certes été une perte sensible pour la maison 
de Roalers; mais, quoi qu'en dise le P. Lebrocquy, il n'arrêta 
ressort croissant du collège, qui, sous la direction éclairée de 
M. De Simpel, compta en 1812 près de trois cents élèves. Mais entre- 
temps de graves événements menaçaient son. existence. La loi du 
10 mai 1806, en instituant V Université impérùUe^ avait établi le monopole 
de l'État en matière d'enseignement. Successivement parurent les 
décrets du 17 marset du 17 septembre 1808, portant l'un organisation, 
l'autre règlement de l'Université. Ces mesures absolutistes et atten- 
tatoires aux prérogatives de la société religieuse jetèrent le trouble et 
le mécontMitement parmi les membres du clergé belge et flamand, 
et provoquèrent de leur part un mouvement de résistance que rien 
ne put briser. Elles empiétaient, disaient-ils, sur le droit incontestable 
de l'Église de former la jeunesse à la religion ; elles méconnaissaient 
le droit des évêques de régler l'enseignement théologique; elles 
supposaient le principe de l'indiffërentisme religieux ; elles imposaient 
aux membres dé l'Université un serment inique ; elles mettaient 
tes grands et petits séminaires sous la dépendance de cette institution. 
Mgr de Broglie, qui appréhendait les suites désastreuses de la destruc- 
tion des collées catholiques et surtout de ses petits séminaires, 
chercha le nooyen de concilier ses devoirs de défenseur de l'Église 
avec les intérêts des familles et de son diocèse. Il conseilla anx 
supériears des maisons d'éducation leur agrégation provisoire à 
l'université impériale, dans l'espoir d'obtenir entretemps des expli- 
cations et des amendements qui tranquiliseraient les alarmes de ses 
prêtres. La plupart des supérieurs se conformèrent ù son désir ; 
M. De Simpel et ses collègues de Roulers crurent qu'il était de leur 
devoir de prendre la résolution contraire. Alors le prélat poursuivant 



456 COMPTES BENDÜS 

son œuvre de conciliation, partit pour Paris. Les évoques français, 
habitués au despotisme de l'Empereur, s'étaient soumis sans récla- 
mation à l'Université. Mgr de Broglie, porte- voix du clergé flamand, 
fut le premier à leur ouvrir les yeux ; ii en gagna un certain nombre 
à la cause qu'il défendait avec une énergie admirable, sans cependant 
réussir à combiner une action commune de ses confrères dans l'épis- 
copat et à assurer ainsi le triomphe de l'Église. Seul, il entama une 
lutte vraiment héroïque pour réaliser les modifications impérieuse- 
ment exigées. Il réussit partiellement. 11 obtint du grand msdtre de 
l'Université, M. de Fontanes, des concessions qui seraient capables, 
croyait-il, de vaincre les préjugés des Flamands et qu'il s'empressa 
de communiquer à son diocèse. Ces déclarations, non officielles, ne 
purent calmer l'agitation du clergé, surtout que la question de 
l'absorption des petits séminaires dans l'Université restait en sus- 
pens. Ces craintes n'étaient que trop fondées. Une série de décrets 
et de mesures administratives, en plaçant les petits séminaires sous 
le régime de l'Université, et en exigeant le paiement du 20' de chaque 
pension d'élève, confirmèrent les prêtres flamands, notamment M. De 
Simpel et ses confrères, dans leur résistance au despotisme de 
Napoléon. Mgr de Broglie, grâce aux bonnes dispositions de 
M. de Fontanes, réussit encore à écarter le danger de la fermeture 
de ses chers établissements. Il prescrivit aux supérieurs de maison 
une règle de conduite quant au paiement du 20', qui pouvait se 
concilier avec leur volonté expresse de ne pas vouloir être considérés 
comme membres de l'Université. Mais la fermeté et la persévérance 
de l'Évêque au concile de Paris, précipita le dénouement fatal. Le 
prélat fut interné et exilé ; on lui extorqua la démission de son sièji:e, 
et le 15 novembre 1811 parut le funeste décret, convertissant les 
petits séminaires en simples pensionnats, et fes incorporant aux lycées 
officiels. Le Petit-Séminaire de Roulers fut supprimé le l**" juillet 
1812 ('). M. le chanoine De Schrevel signale à la fin de cette seconde 

(') On aurait pu désirer des renvois un peu plus nombreux an 

Recueil des mandemenU, lettres pastorales , publiés par S. A. le 

prince de Broglie^ précédé d^une notice sur la vie du Prélat (Gand, 
1843), et aux autres documents édités. Une bibliographie un peu plus 
développée de la question générale de FUniversité serait un complé- 
ment très utile à cette étude faite sur les sources ; notamment on 
aurait lu avec plaisir l'appréciation de M. De Schrevel sur le livre 
de M. Gh. Schmidt : la réforme de V Université impériale en iSU 
(thèse de doctorat, Paris, 1905, 129 p.), qui a fait un certain bruit. 



COMPTES BENBUS 457 

partie, ie rôle glorieux qui revient au Séminaire de Roulers dans 
répiaode célèbre de la persécution des séminaristes de Gand, ainsi 
que les rapports de cet établissement avec la restauration de la 
Compagnie de Jésus en Belgique. 

Ce chapitre émouvant, écrit d'après les lettres autograpbês et les 
mémoires de Mgr de BrogUe, est tout d'abord une apologie admirable 
du zèle apostolique, de la vigueur de caractère, de la tendpe BoHicitode 
du courageux prélafc ; il est une contribution importante à l'histoire 
de l'Université, à l'histoire religieuse de la Belgique et de la Flandrei à 
laquelle sont intimement liés les faits glorieux des directeur, professeurs 
et élèves du Petit Séminaire ('). 

Le succès et les revers du Petit-Séminaire pendant la période 
hollandaise font l'objet du troisième chapitre. La chute de Napoléon 
en 1814 amena la réouverture de l'établissement ecclésiastique- Bous 
la direction de M. Nachtergaele et la vigilance de Mgr de Brogiie, il 
traversa pendant 10 ans une période d'exceptionnelle proppériié* 
L'excellence des méthodes d'instruction et d'éducation qui y étaient 
appliquées, la solidité des études qui s'y faisaient, les talents des 
. professeurs qui l'illustrèrent, ie nombre d'hommes remarquable^ qu'il 
produisit sont une réponse peremptoire aux calomnies tendancieuses 
du GouTernement hollandais. Celui-ci avait résolu de centraliser dans 
ses mains toute l'instruction publique, y compris l'enseignement des 
séminaires. L'arrêté organique du 25 septembre 1816 mit à nu les 
intentions du Souverain des Pays-Bas. Les chefs des diocèses adres- 
sèrent au Boi des représentations respectueuses qui restèrent lettre 
morte. Tout au contraire, le Gouvernement usant de représailles, 
accusa Mgr de Brogiie de sédition et de désobéissance aux lois et le 
condamna à la déportation. Le prélat, prévenu du mandat d'arrêt 
lancé contre lui s'était réfugié en France, après avoir fait une dernière 
visite k son cher établissement de Roulers. Il mourut à Paris le 
20 juillet 1821. Les négociations Ouvertes en 1822 en vue de la con- 

(') Quelques notes ajoutées au bas des documents, abondamment 
transcrits dans le corps de l'ouvrage, en auraient précisé la portée et 
fait valoir Texactitude. Ainsi, l'appréciation de Mgr de Brogiie sur 
rhosttlité irréductible du clergé et des fidèles flamands h l'Université 
n'est-elle point un peu sévère? 11 est vrai que la question de l'influence 
du cleigé et du peuple dans la lutte contre ^iapoléon et Guillaume 1 
mériterait d'être traitée dans un ouvrage spécial, et suppose le 
dépouillement des journaux et brochures de l'époque, dépouillement 
qui n'est pas encore réalisé. La bibliothèque du Grand-Séminaire de 
Bruges, en possède un nombre assez considérable. 



458 COHFTBS SBBDUfi 

clasion d'an concordat pour régler les affaires roligieases en litt^ 
n'aboutirent pas ('). Elles avaient montré à l'éTidence que le Gouver- 
nement n'avait pas renoncé à son projet de détruire les établissements 
d'enseignement libre et les petits séminaires. Les deux arrêtés do 
26 juin 1826 — relatifs aux écoles latines et au collège philosophique 
— leur donnèrent le coup de mort. Le 1 octobre 1826, le Petit- 
Séminaire de Roulers ferma ses portes. Le supérieur M. Naehteigaeie 
y érigea un pensionnat d'instruction primaire, qui à l'heure de la 
délivrance, en 1829-18H0, va se fondre dans le Petit-Séminaire nouvelle- 
ment érigé. Les mesures despotiques et tracassières du roi Guiltaame 
ne purent venir h bout de la résistance de nos populations catholiques; 
aussi plutôt que de confier leurs en fonts à des institutions officielles, 
les parents les envoyèrent poursuivre leurs études à l'étranger. 
M. I>e Schrevel publie en appendice les états des jeunes gens étudiaot 
h l'étranger, état que le gouverneur de notre province était tena 
d'envoyer à l'administration centrale. Nous y relevons les noms 
d'hommes célèbres dans les annales religieuses et civiles de notre 
pays; nous y voyons la preuve de l'attachement de nos fiimiUes 
catholiques h la cause de l'orthodoxie et h l'enseignement chrétien. 

Tel est le rapide résumé de ce beau livre. Celui-ci n'est pas senlement 

une œuvre de recherches érudites et de profond savoir historiqae ; 

mais il instruit et encourage, il édifie et inspire Tespérance dans 

^ l'avenir. Les historiens et tous les partisans de la vraie liberté doivent 

à M. le chanoine De Schrevel un large tribut de reconnaissance. 

Â. De Mejestsk. 



(') Nous nous permettons de corriger une faute, assez commune du 
reste. Le grand négociateur des concordats au début du XIX« siècle 
avait nom Consalvi et non Gonsalvi. 



CHRONIQUE 



Société d'Émulation. 

Le président de la Société d'Émulation de Bruges, M. le comte 
de Limbai^-Stirum, sénateur, vient d'être nommé, par arrêté royal 
du 21 juin 1906, président de la Commission royale pour ia publication 
des anciennes lois et ordonnances de la Belgique, 

— Le tome LIV des Annales, qui est toujours en retard, sera 
dbtriboé aux membres de la Société pour 11)01, pondant le mois 
de Décembre. 

Le volume comprendra : Bulletin d^ histoire linguistique et littéraire 
françaiie des Pays-Bas ; G.C. A. Jutkk, Slusana Sacra ; H. Hoornabbt 
et C. Callbwabbt^ Les plus anciens documents des arckioes du Bégui- 
nage de Bruges ; Nécrologe : MM. E. Neelemans, chanoine De Lejn 
et Ch. De Wulf, notices bio-bibliographiques. ' 

— Kaiii£93tatioii en l'honnenr de M. Canoliie. — << Au cours de 
Tannée académique 1905-1906, il j a en dix ans queMonsieur le chanoine 
Caachie a réorganisé le Séminaire historique do l'Université de 
Louvain. 

« Les immenses services rendus à la science pendant cotte période 
dé<5MDale par l'émtnent professeur ont engagé quelques-uns de ceux 
qui eurent le bonheur de recevoir leur formation scientifique sous sa 
direction, à faire un appel h tous les membres et anciens membres du 
Séaioaire en vue d'organiser, en l'honneur de leur Maître, une mani- 
festation de respectueuse gratitude. 

«La manifestation aura lieu le dimanche 16 décembre, et comprendra, 
le matin, à 11 heures, une séance solennelle au cours de laquelle on 
ofirira à Monsieur Gauchie son portrait, et, l'après-midi, à 1 heure, un 
baaqaet. » 






460 CHRONIQUE 

La Société ^Smuiaii^n et Iw coUaborateurs aaz Ânnaiiê se font m 
bonnear et un plaisir à s'asaocîer k cette naniCwtatioa. iMÈwmiêtm 

est heureuse et fière de compter rémioent professeur parmi ses 
membres honoraires. La partie bibliographique des Annales^ dont le 
programme a été rajeuni d'après le modèle de la Revue tPHishire 
ecclésiastique de Louvain, est rédigée diaprés des Instructions em- 
pruntées en grande partie à celles que M. le chanoine Gauchie doona 
lui-même h, ses élèves et h ses collaborateurs. Parmi les rédacteurs des 
Annales la plupart s'honorent d'être les amis ou les anciens élèves du 
savant professeur et s'efforcent d'appliquer les principes de méthode 
historique, que son enseignement a mis en lumière et vulgarisés en 
Belgique. 

Nous souhaitons que M. le chanoine Gauchie puisse cootinaer 
longtemps encore k se dévouer k ses élèves et^ diriger les études 
d'histoire ecclésiastique et médiévale au sein de l'Université catho- 
lique de Louvain. 

Lb CoVITi DE BEDAGTION. 

Sociétés BavanteB et Congrès. 

M. Karel de Flou, lid der Société (TÉmulatiùn en medewerker 
onzer Annales is tot bestuurder gekozen der Eooioklijke Ylaamsche 
Akademie. 

— E. II. H. Verriest is tot lid denelfde Ylaamsche Akademie 
gekozen. 

— La Société pour le progrès des études philologiques et 
historiques a tenu sa première séance annuelle le 13 mai 1906. 

Section de philologie germanique. — M. Van Hàuwaert traite du 
théâtre flamand, sujet trop négligé par les historiens d^ la littérature. 
MM. Hamelius et Logeman présentent certaines observations. — 
M. Rudelsheim lit un poème « farci » du XVI* siècle, dont le texte 
lui a été communiqué par le bibliothécaire-archiviste de l'abbaye 
d'Averbode, le chanoine Evers. Ce poème est un pamphlet à tendances 
catholiques. Le conférencier étudie l'origine du mot smousjas^ qui 
désigne un jeu de cartes connu en Hollande, en Belgique, dans les 
pays du Rhin et en Suisse. — M. De Cock s'occupe du conte bien 
connu « Hansje met zijn gansje » et en étudie les différentes versions. 

Section d'histoire et de géographie. — - M. Pirenne donne à l'assemblée 
quelques renseignements sur les archives royales et impériales de 
Vienne, qu'il a visitées récemment, et signale à l'attention des histo- 



CHBONIQÜE 461 

néns ane série de documents relatifs à l'histoire de Belgique, des XV^ 
et XYl* siècles. — M. Des Marez communique les conclusions d'une 
étude sur V Apprentissage à Tpres à la fin du XIII^ siècle. Il montre 
comment l'apprentissage a évolué, et d'institution purement privée 
est devenue une institution réglementée par les pouvoirs publics. 
(RIPB. 1906, t. XLIX, p. 267). 

— Aa 29« Congrès Néerlandais qui s'est tenu à Bruxelles, du 
26 au 30 août, on a traité les points suivants : 

« N^ 14. Il est désirable que les archives ecclésiastiques soient 
Tobjet d'un .examen et d'une description attentifs. » 

« N** 15. Où en est la question de l'application des lois, toujours 
en vigueur, de la République française, par lesquelles il fut ordonné 
que toutes les archives {ksovenant des établissements et institutions 
supprimés par la Révolution française seraient transférées à l'admini- 
stration des districts? Quelles mesures pourrait-on prendre pour 
assurer l'application de ces lois? „ 

« La question des archives ecclésiastiques a été traitéô magistrale- 
ment par M. le chanoine Evers, bibliothécaire-archiviste de l'abbaye 
d'Averbode, qui a demandé que la loi — tombée en désuétude depuis 
longtemps — qui ordonne le dépôt aux Archives de l'État des archives 
provenant des établissements ecclésiastiques supprimés à la Révolution 
française, fût abrogée, dans l'intérêt même de la bonne conservation 
et surtout de la publicité de ces archives, n 

<< Il exprime en outre le vœu de voir placer h la tète des archives 
ecclésiastiques de chaque diocèse un archiviste compétent, qui exerce 
une surveillance sérieuse sur toutes les archives ecclésiastiques de son 
ressort (système DofFelbaner dans le diocèse de Linz, en Autriche, 
voir RBAB^ 1906, p. 186), que cet archiviste s'entende avec les archi- 
vistes de l'Etat et que des inventaires soient élaborés partout, suivant 
le système des archivistes hollandais, que nous n'avons cessé de pré- 
coniser depuis l'existence de cette revue. » (RBAB. 1906, t. IV, p. 278 
et 339 s.) 

Périodiques. 

Bévue Bénédiotine. — Tablée des matières^ années I-IXI, 1884- 
1904. La Revue Bénédictine, qui paraissait primitivement sous le titre 
de Meuagtr des fidèles et se proposait d'édifier et d'instruire les amis 
de l'ordre de S. Benoit, prit dans la suite un caractère plus nettement 
scientifique et plus universel, si bien qu'elle s'est acquis dans ces 



462 CHBOHIQUA 

dernières années une incontestable autorité. Les trois indices que ia 
rédaction vient de publier : une Table générale^ une Table analftùpH 
des articles et nue Table de la bibliographie^ permettent de retronTer 
facilement et d'utiliser les richesses d'érudition contenues dans les 
21 premiers yolumes. Signalons spécialement la seconde de ces tables, 
qui est faite avec beaucoup de soin (pp. 20-228). C'est dans la Reeue 
Bénédictine qu'ont paru plusieurs des articles de Dom ürsm. Berlière 
dont les Annales ont rendu compte. 

.ce. 

— L'art à l'óoole et au foyer. Bulletin de la société de même nm, 
se publie depuis janvier 1906 (10 fascicules de 8 pages, à deux colonnes, 
par an) au prix de 2 fr. pour la Belgique (16ô, chaussée de Namurii 
Ueverlé-Louvain). Se propose de. « contribuer à faire rédacation du 
sens esthétique, à l'école et au foyer. » 

Notes bibliographiques. 

La preuve nous est fournie des anciennes relations pommerciales 
existant entre Tlle Majorque et les Flandres, par un inventaire qne 
nous trouvons dans le Bolletin delà Societad arqueologiea luliania de 
Palma fjanv. et fév. 1905). Il s*agit des biens meubles et immeubles, 
délaissés en 1383, par un certain Berenger Vida, fils de Berenger Vida, 
marchand majorcain. Et d'abord, parmi les propriétaires dont les 
biens joignaient celui du défunt, nous relevons le nom d'Antoine 
Morgat, dont la désinence flamande ne saurait être niée. I^armi le^^ 
nombreux objets mobiliers, dont la nomenclature compose l'inventaire, 
nous trouvons mentionné : Item vnam balatn de roge quant dictus 
Berengarius recepit de Flandres, Nous croyons que par roge il faut ici 
entendre la garance (ro^^-en latin du moyen-âge). Plus loin: item duo 
scanna par va qperis Flandriarum — item unum scannum parvum operù 
Flandriarum, Nous supposons que ^^v scannum il fant entendre ici 
des sièges, sans doute recouverts de tapisseries des Flandres. — 
Compte rendu analytique des principales publications parvenues à la 
bibliothèque depuis août 4905, par P. Donnet. ÀBÂnBull. 1906, 
p. 15-28. 

— Nous nous plaisons à signaler un article posthume de Monsieur 
le chevalier de Burbure, publié par les soins de M. L. Theunisseas 
dans les Annales de V Académie royale d Archéologie de Belgique^ 1906, 
5 sér., t. VIII, p. 160-206. 



.CHJ20MIQÜ9 03 

îl est mtiiuXé La ifiusique à ÀnVers auX: JT/.p, XF* ^ J^jVf vffiHf. 
Il contient une foule de détails des plus intéressants sur la réforme du 
chant en décfaant, opérée au début du XV« siècle, au chapitre de 
l'Église Notre-Dame à Anvers j sur l'organisation de là maîtrise; sur 
les attributions et rétributions des chapelàinis et des choraux ; sûr le 
carillon et le carillonneur; les orgues et Porganiste; la bibliothèque 
(la chapitre; les offices, spécialement les origines des saints; sur une 
foule de musiciens célèbres de l'école flamande, notamment sur Jean 
vanOckeghem, que l'auteur prouve être originaire de Termónde. 

On regrette cependant que M. Theunissens n'ait pas ajouté à 
rédition do ce manuscrit certaines notes explicatives qui n'auraient 
fait qu'accroître le valeur très réelle de cette publication. ' ' 

A. De Meesteb. 

— M. Henri Lemaître vient de publier pour la Société â^EUtoirè de 
France une nouvelle édition d'une Chronique et des Annales de Gilles 
le Muisit (Paris, Renouard, 1905). Cette excellente édition, qui ne 
comprend que les parties proprement historiques des œuvres de 
Le Maisit est faite d'après les deux manuscrits originaux de Bruxelles 
et de Courtrai, elle est abondamment annotée et pourvue d'une intro- 
duction substantielle sur la vie et les sources du chanoine de Tournai 
et de tables excellentes. (Voir plus loin Bibliographie n. 392.) 

— M. Alfred D'Hoop a commencé la publication de VInventairé 
général des archives ecclésiastiques du Brabant. Le tome premier 
coQCPrne les églises collégiales. A titre d'introductions le judicieux 
archiviste' a donné sur chacune des collégiales dont il a dépouillé 
les archives, des notices historiques qui constitueront un précieux 
secours pour guider les recherches des historiens. Ces notices, il les a 
réunies et publiées à part sous le titre « Aperçu historique sur les 
églises collégiales de Brabant r> (Bruxelles, E. Guyot, 1905, in -0, 82 p;). 
Bien qu'elles ne concernent pas directement l'histoire de la Flandre, 
nous ne pouvons qu'engager ceux qui ont à s'occuper de nos collégiales 
deriandre, h parcourir ces substantielles notices. Malgré leurs laöunes 
— l'auteur n'a pas songé à faire une histoire complète des chapitres du 
Brabant — elles serviront à éciaircir, par analogie, bien des points 
ohscurs dans la vie de nos collégiales flamandes, dont la plupart 
malheureusement en sont encore à attendre leur historien. On pourrait 
désirer un peu plus d'ordre dans l'exposé de M. D'Hoop et de>ci de-l& 
nu peu plus de précision dans les notions canoniques. ■ ' 

C. C» ' 



464 CHMNIQÜE 

Nouvelles d'histoire locale. 

Un anoien Tantail de porte. — Les lecteurs des Annales savent 
que dUmportaots travaux de restauration et d'appropriation s'exé- 
cutent en ce moment à Phôpital de Bruges, sous la direction éclairée 
de M. l'architecte Delacenserie. 

Ce fut d'abord le tour de la partie à front de rue, comprise entre 
la grande porte d'entrée et la cure ; grâce au bon état de la maçonnerie 
et aux soins particuliers de l'architecte» cette façade a pleinement 
conservé l'air ancien et vénérable que les Bnigeoîs lui connaissent 
depuis si longtemps. La porte d'entrée elle-même a été munie d un 
vantail en chône superbement exécuté par l'entrepreneur De Bisschop 
et inspiré en partie par l'ancienne porte de l'hôtel des princes de 
Bavière, rue du Vieux Bourg. 

Pour le moment on travaille à la fois k l'aménagement de l'entrée 
vers la cour et à la restauration du bâtiment situé derrière l'église et 
qui en faisait anciennement partie. 

Il n'est point possible avant l'achèvement de ces travaux d'en donner 
la description et un aperçu critique. Aussi nous nous contenterons de 
dire quelques mots au sujet d'une découverte hautement intéressante 
faite au cours des recherches préliminaires. 

' Dans le mur sud, séparant le prolongement de l'église de la salle 
contigue, on avait remarqué des traces de deux rangées de petits arcs 
disposés plus ou moins régulièrement au-dessus des arcades inférieures. 
. On entreprit de les ouvrir, et on se trouva devant une série de petites 
baies à plein cintre (') — cinq à la rangée inférieure, et trois à la ran^ 
supérieure — dont la battée était ménagée vers le côté sud* 

La baie centrale de la rangée supérieure était encore garnie d'an 
vantail extrêmement curieux et très bien conservé, malgré un emmu* 
rement peut-être séculaire. Ayant eu l'occasion de l'examiner de 
près et d'en prendre un croquis, nous nous permettrons d'en offrir 
un dessin aux lecteurs des Annales et d'7 ajouter quelques mots 
explicatifs. 

Cfi vantail, d'une hauteur de 1™39 sur une lai^ur de 0%0, se 
compose de six feuillets, de largeur un peu différente, assemblés « 
rainure et languette, de la très curieuse façon que laisse voir notre 
dessin. Les planchettes ainsi réunies sont serrées et raidies sur la face 
intérieure au moyen de trois traverses légèrement arrondies, et 

(') L'une des baies porte au dessus du premier rouleau un second 
rouleau de briques posées & plat. 




0,50 



IM 



466 CHRONIQUE 

pénétrant dans les -planchettes de manière h former ane espèce de 
queae d'hironde. 

Trois pentures attachées an vantail, chacane par dix clous k grandes 
têtes plates, s'emboîtaient sur trois gonds, de la très ingénieuse façon, 
que montre notre dessin, et qui fait l'admiration des hommes da 
métier. Les pentures se terminent en pointe de lance, d'où sortent 
, deux petites branches d'une largeur moyenne de quatre millimètres, 
s'enroulant à leur extrémité de manière à donner prise à un cloa. 

Nous voîci donc devant un petit chef-d'œuvre: une porte où le 
bordage est assemblé au bâti sans l'aide du moindre clou. 

Espérons qu'il sera transporté au musée archéologique, où il pourra 
instruire nos menuisiers et nos forg[erons désireux de se perfectionner. 
14-8-06. HuB. Hoste. 

— Brugge. Prinselijk Begynhof.— De Commissie der Burgerlijke 
Godshuizen heeft, in den kunstig gelijsten gedenksteen die boven de 
nieuwere ingangpoort van het Begijnhof zit, het volgende opschrift 
laten beitelen : 

prinfclfjk / Seaijnbof / ten mijnaaaK^ / aest(cbt ten iare / ACCfffT». 

Dit jaartal 1245 wijst op de volledige kerkelijke stichting van het 
Begijnhof (^). Vroeger reeds hadden godvruchtige vrouwen in de stille 
eenzaamheid van den Wyngaerde een toevluchtsoord gezocht om zich 
door onderlinge stichting en verwijdering van de wereld gezamentlijk 
beter te kunnen toeleggen op gebed en goddelijke beschouwing ('). 
Keeds in 1242 gaf de gravin Joanna van Gostenobelen een bevel uit, 
ter bescherming van de «jonge dochters die zich tot den Heer 
bekeeren» bij de Begijpen gaan en in hun woonstede willen verblijven 
om godvruchtig en heilig te leven. » ('). 

Wanneer en hoe de eerste dier godvreezende vrouwen hier bijeen- 
kwamen en den naam van Begijnen aannamen (*) is moeilijk t« 
bepalen. Of dit vroeger dan in de jaren 1290 zal gebeurd zijn, valt 
te betwijfelen. Immers de Predikheeren, onder wier geestelijke leiding 

O Zooals blijkt uit H. Hoobnabbt en C. Gallbwabbt, Les pltts 
anciens documents des archives du Béguinage de Bruges. (Overdruk 
uit Annales de VÉmulationy t. LIV, 1904). 

(■) Oorkonde van Walter van Marvis, mei 1245, Voorn, werk, n. 21. 

{■) Voorn, werkf n. 23, nota. 

{*) Te vergeefs hebben sommige geschiedschrijvers gepoogd de 
eerste stichting der Begijnen toe te schrijven aan de H.Begga. 



CHiONIQÜB 4M- 

de Begijnen ten Wyngaerde stonden ('), kwamen slé&htsin Brng^ge' 
ten jare 1233; ait de oorkonden van 124i en 1245 mag men — althans* 
met waarschijnlijkheid — heslaiten dat de << ireligiose malieres que 
Beghine Tocantur » geen kapelaan ('), misschien géén kapel, en 
zeker geen kerk en geen afzonderlijk parochiaal bestaan (') bezaten. 
Ook kennen wij geen andere ondere oorkonden die van de Brugsche 
B^jnen gewag maken. 

In 1244 en 1245, werd de kapelanij, die gevestigd was in de Onze- 
Lieve Vroawkapel, binnen het hof der burggraven op den Burg opge- 
richt, door de zorg van gravin Margareta van Costenobelen en bissehop 
Walter Tan Doornijk, overgebracht ter plaats « gezegd 'TTyn^tf^'rf op- 
de Reie, bij het Sint-Jansbuis ». De kapelaan werd belast de goddelijke* 
diensten te plegen voor de Begijnen (*). - i 

Eveneens werd de hofkapel der burggraven, op den Burg a%é' 
broken, en met houten en steenen bouwmaterialen, toebehoorten,' 
menbelen en boeken overgebracht en herbouwd ten Wyngaarde (')/• 
De bisschop van Doornijk deed kerkhof (•) en kerk wijden, onttrok de 
Begijnen aan de juridictie der pastors van O. L. Vrouw, Sint-Saivators 
en Sint-Michiels, welke alle drie beweerden parochiaal recht te bezit- 
ten, en richtte het Begijnhof tot afzonderlijke parochie op; wier 
juridictie uitstrekte tot alles wat gelegen was binnen den gracht die 
den Wijngaard omringde (^). 

't Is dus wel in 1244-1245 dat men het vast en kerkelijk ontstaan 
van het huidig Begijnhof mag vaststellen. Het ware de moeite weerd 
eens te onderzoeken wat er misschien van de eerste kerk van 1245^ 
no^ overgebleven is. • 

C. Callewaebt. 

~ Cathédrale de Saint-Sanvenr. — On a procédé dernièrement 
an déplacement des autels qui se trouvent dans les deux dernières des 
chapelles rayonnantes du chœur, dédiées k S. Joseph et à l<iotre-Dàme 

(') Zie ooorn, tterl^ oorkonde n. 19. 
n /Wrf., n. 19. 
(') iJwl, n. 21. 
(*) /»«., nn. 19, 20. 

(•) iWcf., n. 18. Zie C. Callïwabkt, LÈglUe Notre-Dame et la. 
ik§pelU castrale des châtelains au Bourg de Bruges (Annales, p. 165 ss.). 
(•) Uid., n. 18. 
rt Ibid., n. 21. - 



468 OHBOKIQUE 

de Lorette. Les autels, qaî aupararant étaient orientés comme 
réglise, sont placés maintenant dans l'axe des chapelles. 

La disposition générale de ces chapelles semble avoir gigné aa 
changement. Mais on peut se demander si la position actaelle des 
aatels correspond à l'emplacement primitif. Car on a été obligé non 
seulement de déplacer des dalles tumulatres, mais encore d'enlever des 
ossements de certains tombeaux qui se seraient trouvés sous l'emplsce- 
ment actuel des autels. 

A la Commission royale des monuments on a discuté la question de 
savoir si les autels des chapelles rayonnantes du choeur étaient pUoés 
anciennement dans Taxe de chaque chapelle ou si elles snivaiefit 
autant que possible Toriontation générale de l'église. Les avis étaient 
partagés. Aussi bien n'a-t-on probablement pas suivi une régie 
uniforme dans toutes les églises. Il conviendrait donc d'examiner 
chaque cas en particulier. A Bruges p. ex., si on peut en croire les 
anciens plans, tous les autels de Saint-Sauveur et de Saint-Donatien 
(sauf dans deux chapelles latérales de cette dernière collégiale) se 
trouvaient strictement orientés, dans le sens de l'orientation même 
de l'église. 

Sauvegardons, dans la mesure du possible, le respect des traditions. 

c. c. 

— Ooat-Dulnkerke. — De Hyde. — Uit hetgeen wij bij hebben, 
kunnen wij over de Hyde, waaraf sprake AnÉm. bl. 382, het volgende 
mededeelen, waaruit de ligging, de nijverheid en de « jurisdictie n dier 
plaats eenigerwijze kan opgemaakt worden. 

Deze komt eerst voor onder den naam Vioedçad, in een stuk van 
1246, waarbij gravin Margareta de macht der schepenen uitbreidt tot 
die plaats (*) « qui dicitur Vloedgad, juxta mare, sito in parrochia de 
Ostdunkercka „. 

Op 1*^ Januari 1275, stellen de schepenen van Nieupoort vast hoe de 
visschers van Nova-Hyda^ in de parochie van Oost-Duinkerke, de 
haringtienden zullen betalen ('). 

Den lO^" September 1280, geeft Graaf Gwyde van Dampierre aan 
zijn zoon Gwyde al de aanslibbingsgronden « gisant entre nostre 
ville dé Nuefport et une autre nostre vilete kon claime UNetttfekeide ('). 

(*) GiLLiODTB-VAN Sbvbbbn. Coutumâs de la viile de Hieuport, 
bl. 167 d. 
(') Stadsarchief van Nieupoort. 
(') GiLLiODTs voorn. bl. 166. 



CHBOMIQÜB 469 

Wij lezen in d% Stadsrekening 1394, f> 6 : « Joris Vanden Clichthove 
van qnarelen te iiailne ter Nieuwer Hyde ». 

1397, r>8 : « item ghesonden ter daan en ter ydc ome den schil tas- 
schen dan en zetters van dhyde ». 

1407, f>8: «item ghesonden ter Nieuweryde als men den dune 
afpaelde ». 

1413, einde : « Yenat Scile van 17000 steenen ter y de te redene... » 

lu eene keure der XY* eeuw : << Item so es ghecuert dat so wat 
visschen siin, sy groot of clene, dat die van der Hyde vanghen zullen, 
binder vasterne, dat zij dien nieuwer vercopen ne mueghen dan binder 
stede van der Nieupoort...» 

Uit een stuk dat, ten voordeele van Nieupoort, een einde stelt aan 
de geschillen tusschen Nieupoort en Yeurne, nopens den eigendom 
der Hyde, teekenen wij op : dat die plaatse « ghenaempt de Yde ofte 
Vloetgat » gelegen was « in een myle of daer omtrent buiten der stede 
en jurisdictie van der Nieupoort up den zeecand en binnen den dunen, 
ende contigue den lande van Yuernambocht » ; ze wierd afgepaald 
«>met stecken... van der breede endo lingde... zulc als die nu ter tyt 
es, ende daer zonder prejndicie van den rechte van partien an beede 
zyde, indien naermaets eenighe vermeersen of extensie gebeurde van 
zelve Yde » ('). 

Niettemin bleef Yeurne aan dat gehucht houden en gelastte die van- 
der Tde tot wapening, daarof deze dan klachte deden aan de stad 
Nieopoort « waeronder zy sorteerden » t')* 

M. Meynne maakt verschil tasschen Yloedgat en Nieuwe-Hyde, ten 
onrechte zeker. Hij stelt het Yloedgat ter plaatse der latere West- of 
Yeume-Sluis (') en zegt dat de Nieuwe-Uyde thans de « Groenendijk » 
is. Dit laatste schijnt zoo (*). 

R. Dupont. 

— De kerk van Westcapelle. — In een vroeger nummer (ÂnÉm., 
t. LY, 1905, bl. 220) bespraken wij de herstellings- en vergrootings- 
werken dezer kerk. Een artikel door de Patrie^ van 11 October 1906, 
overgenomen uit de Chronique des Travaux publics, bevestigt hetgeen 
wij schreven over den toren en voegt er eenige jbijzonderheden bij. 

(•) GiLLioDTS, voorn. bl. 260 Yg^. 

(•) Register 1551-1552, fol. 343 v« en Camerboek 1552-1554, f» 348 d. 
(*) Op een oa4 plan staat het « Yloedgat » op deze plaats aangeteekend. 
(•) A. MzYNNB. Histoire de la ville de Nieuport, 



470 CHRONIQUE 

Iii het Bruçich HandeUblad van 25 Aug-astus 1906, deelt M. Y[aQ- 
deTeide] over dezelfde kerk de volgende geschiedkundige weteos- 
waerdigfaeden mede : 

« Op de wanden treft men sporen van oude... maarschüdering aan, 
doch onnóodig een specialist ter plaats te zenden : 't geldt geen kunst- 
werk. De kerk is inderdaad eens op twee meters hoogte «geteerd» 
gewordeui waarschijnlijk om de vochtigheid te weren ; want na oog, 
nadat plaasteren teer zooveel mogelijk van de kolommen afgeschrabt 
zijn, treft men hier en daar plaatsen aan met groen bedekt, .'t Is 
waarschijnlijk om de leelijkheid van deze muurschildering te duiken, 
dat de koor tot aan den voet van den toren in 1647 gelambrisseerd 
werd. De kerk rekeningen vermelden verscheidene uitgaven des- 
aangaande. 

Overigens, rond het midden der 17' eeuw, heeft men veel uitgaven 
gedaan om de kerk op te schikken. 

In 1649 betaalde men 24 p. 6 se. 8 gr. aan Jan Moes voor het maken 
« van de autaertafel in den hoogen autaer ». Tqfel beduidt hier lafereel, 
schilderij. 

De schrijnwerker Jacques du Blon ('), leverde in 1648 twee gebeiteld 
lóeehtstoelen» waarvan nog één in de kerk is bewaard gebleven, en 
die weer naar beneden gebracht werd nadat hij verwezen was geweest 
en op den zolder geborgen. Het snijwerk is fijn en de vorm eigen- 
aardig (een St-Nicolaasbeeld in een fronton bovenop). 

Rond hetzelfde jaar werd het nieuw dozaal opgericht, niet op de 
plaats waar het nu staat, maar op eene andere. In het jaar 1800 gaf 
men inderdaad 1400 guldens uit om het dozaal al achter te plaatsen. 
Het orgel weH gemaakt door Aemout Afedart. orgelmaker, en kostte 
69p.gr. 

De predikstoel dagteekent van 1745 en werd 68 p. gr. betaald aan 
Joannes Clauwaerty een brugsche schrijnwerker, vinder van het 
ambacht in 1743, 1744, 1748, 1749 en doken in 1747. 

Pieter de RoOy een ander brugsche schrijnwerker, leverde in 1752-54, 
een nieuwen biechtstoel voor 31 p. gr. Daar er aan den rechterkant 
twee biechtstoelen van hetzelfde maaksel staan, mag men veronder- 
stellen dat P, de Roo een tweede exemplaar leverde. 

De communiebank, in Louis XV-stijl, is ook van de hand van 
Pieter de Roo en werd hem in 1755-27 zes en twintig ponden grooten 
wisselgeld betaald. P. De Koo was elf maal vinder van het ambacht 
(1737-1759) en een maal deken (1743). 

(•) Ook vermeld bij Kabjsl Veescheldb, De kathedrale twJi Sint 
Salvators te Brugge ^ blz. 40. 



ChaoniQuï! -itl 

't Is niet geweten van wie de twee merkwaardige koorzhsels in 
Louis X V-stijl ziJD, die nevens het hooge altaar staan. ' 

De plafonds in de banken werden in 1782-84 door J. S. Sassenbrouck 
gestéken en duur betaald. De kerkrekening van dat jaar (fol. 69 y^) 
vermeldt eene uitgave van 359 p. 10 se. 4 gr. ««Dver het plafonneren 
van vijf beacken in de seive kercke». Deze plafonds zullen weg- 
gebroken en de oude gewelven met hout betimoHrd worden. 

Het kouten kruis en het « doodtbeendershuys s op het kerkhof 
dagteekenen van 1705-8. 

Het gebouw en het kerkhof dienden eens goed opgeknapt te 
worden. Het is te hopen dat de tuin, waar men vroeger altijd veel 
zorg aan besteedde, na het gebouw, ook zijn beurt zal krijgen* Het 
mag niet anders op eene plaats waar zooveel vreemdelingen, in de 
trams van Sluis en Knocke, voorbijkomen, n 

Kécrologie. 

Le 9 novembre 1906 vient de mourir à Fâge de 64 ans. M. Léon 
Vanderkindere professeur h l'Université de Bruxelles, membre de , 
l'Académie royale de Bruxelles et de la Commission royale d'histoire, 
ancien député, bourgmestre. d'Uccle. C'était dans le monde des histo- 
riens une personnalité marquante, dont l'autorité était considérable et 
dont la carrière fut particulièrement féconde en œuvres historiques 
parmi lesquelles plusieurs marquent une étape dans le mouvement 
des études d'historiographie nationale. 

Contentons-nous de rappeler son livre sur Le siècle des ArUvelde 
(1879), son Introduction à l'histoire des Institutions de la Belgique au 
moyen âge (1890), et plus près de nous, La formation territoriale des 
principautés belges au fnogen âge (voir AnEm. 1905, t. LV, p. 66 ss.) 
puis son édition de La chronique de Qislebert de Mons (AnEm. 1905, 
t. LV, p. 198's.). Dans ces derniers temps, il s'attachait spécialement 
à mettre en lumière le« origines et le régime des communes belges. Ses 
récents articles, tous très remarquables sur cette matière aussi impor- 
tante qu'obscure, indiquaient nettement les grandes lignes d'une étude 
d^ensemble, dont les conclusions tendaient à modifier radicalement des 
opinions qui jouissent actuellement d'une vogue considérable. 

« Ce qui distinguait, disent les Archives belges ('), ii un haut degré 
le talent et la science de Vanderkindere, c'était la rare et précieuse 
alliance des dons du juriste avec ceux de l'historien, c'était la netteté 

(') T. VIII, 1906, p. 288. 



472 CHBONIQUB 

des conceptionSi ia justesse du coup d'oeil, la fermeté de la critique et, 
en nn mot, ce don particaliërement précieux que les Grecs désignaient 
par le mot d'acribie. Cette qualité ne se laissait mettre en défaut qae 
lorsqu'il s'agissait de traiter des questions d'histoiire religieuse : alon 
le coup d'oeil d'ordinaire si clair s'obscurcissait, les notions toujours 
si nettes deyenaient confuses, la sérénité scientifique de l'historien 
faisait place à la passion de l'homme de secte, et de grandes taches se 
répandaient sur l'œuvre dont elles altéraient la beauté. Le tiède det 
Artevelde serait un chef-d'œuvre sans deux chapitres finaux qui, par 
leur manque d'information, par leurs généralisations illégitimes, par 
leurs préoccupations extra-scientifiques, terminent de la manière la 
plus vulgaire ce beau travail. Â plus de vingt années de distance, ces 
mêmes préoccupations se révèlent, plus désastreuses encore, dans nne 
lecture académique, qu'elles ont entièrement faussée» sur La Tribu- 
taires ou serfs d^églises en Belgique au moyen âge, qu'on voudrait 
presque biffer du catalogue de ses écrits. « 

Question. 

Nous venons de lire dans l'ouvrage posthume de M. J. Hblbio: 
Vart Mosan depuis Vintroduetion du christianisme jusqu'à la fin du 
XriII'^* s., tome 1 (Bruxelles, Van Oest et C*«, 1906), à la page 112, 
le passage suivant emprunté à ân^tolb de Momtiiolon : Antiquités 
et curiosités de la ville de Sens. Paris, Détaille 1881. Il s'agit d'un 
tombeau qui se trouvait à la cathédrale de Sens. 

« Le marbre noir de Dinant a été si usité en France pour les tom- 
beaux, que celui-ci doit en venir; mais il y a plus: je serais volontien 
d'avis que toute la partie architecturale a été exécutée en Belgique. 
Le goût des moulures des bases et des chapiteaux sent absolument 
a Flandre, et l'on en rencontre d'analogues aussi bien dans l'archi- 
tecture de ses hôtels de ville que sur les panneaux et les triptyques de 
ses peintures. Pour les matériaux durs et très lourds, comme le marbre 
de Dinant ou la pierre bleue de Belgique, il y a deux raisons de les 
tailler et de les sculpter complètement 'sur place et de les envoyer 
terminés, sans dangers d'épaufrure, à cause de la dureté de la matière; 
on n'a ainsi à transporter que le moindre poids possible, et Ie| travail 
est plus facile à la carrière au moment de l'extraction, qui se fait sur 
les dimensions données. C'est l'usage actuel ; il ne devait pas en être 
autrement au moyen âge. n 

Qui peut me donner des renseignements sur ce tombean on d'autres 
ouvrages similaires ? 

H. HOSTB. 



BIBLIOGRAPHIE 

DB 






I. SCIENCES AUXILIAIRES. 

1. MÉTHODOLOaiE. 

346 Actes du Congrès international pour la reproduction des manus' 
critSj des monnaies et des sceaux^ tenu à Liège les Si, SS et 
iS août 4905. Bruxelles, Misch et Thron. 1905, in-8, xxyiii-338 p. 
(ÂBelges. 1906, t. YIII, p. 122-123 = U. Berlière.) 

347 J. CnveUer. L'éducation des archivistes. — RBAB. 1906, t. lY, 
p. 42-47. (ÂBelges. 1906, t. Vni, p. 188-189 = £. Fairon.) 

(*) La Bibliographie renseignera les lecteurs, le plus complètement 
possible, sur les ouvrages (livres et articles de revues) intéressant 
rbistoire et les antiquités de la Flandre. 

^indication bibliographique sera fréquemment accompagnée d'une 
notice objectire et sommaire, avec renvoi (entre parenthèses) aux 
comptes rendus parus dans les périodiques dépouillés. 

Tout ouvrage ou article de revue, rentrant dans le cadre de la 
hhîiographie des Annales et dont un exemplaire aura été envoyé aux 
Bareaax de la Revue (Bruges^ rue Neuve^ n^ it) sera Tobjet d'un 
compte rendu on d'une notice. 

Les titres des Revues sont indiqués par sigles, dont l'interprétation 
est donnée dans une liste imprimée sur la couverture des Annales. 
Ü0 sigle précédé d'un trait indique un article; mis entre parenthèses, 
il iodiqne un compte rendu. Les comptes rendus d'ouvrages précé- 
demment annoncés sont renseignés sous les diverses rubriques de 
DOtre bibliographie. Le nom d'auteur ou le premier mot du titre sera 
précédé d'un chiffre romain suivi d'un chiffre arabe, en caractères 
gns et mis entre crochets. Le chiffre romain renvoie au tome des 
Anules, le chiffre arabe au n® de la Bibliographie où l'ouvrage en 
question a été signalé. 

Lesoarrages et articles qui pourraient trouver place sous plusieurs 
rabriqaes du caJre bibliographique, ne seront indiqués qu'une fois. 



474 BIBUOGBAPHIB 



2. BIBLIOOBAFHIES DB8 SOUBCXS £T DES TBAVAUZ. 

;)48 Dom U. Berlièr&O. S. B. Inventaire des Diversa Cameralid ia 
Archives Vaticanes (1389- f SOO)^ au point de vue des anciens diocèses 
de Cambrai, Liège, Thérouanne et Tournai, Rome, Institat histo- 
rique beige; Namur, Delvaax; Paris, Champion, 1906, io-^, 
ifc327 p. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 197-200 = K. Hanquet; 
KBAB. 1906, t. IV, p. 324-326 = J. Gavelier ; AoÉm. 1906, t. LYI, 
p. 443-445=0. Callewaert; RBén. 1906, t.XXlII, p.628=D.Amb. 
Clément.) 

349 Dom U. Berlière O. S. B. Miscellanea Vaticana concernant les 
anciens diocèces de Cambrai, Liège, Thérouanne et Tournai, I. Pro- 
visiones ProêiatTum (UlO-im), — BGHB. 1906, t. V, p. 443-461. 
Quelques noms nous intéressent. Citons au hasard : Jacques, 
abbé de Wameton (17 déc. 1410); Victor de le VeI[Iem], abbé de 
Zonnebeke (11 mars 1412); Jacques Coc, abbé d'Ondenbourg 
(28févr. 1414); Pierre Volbrand, abbé de S*-Nicolas de Furaes 
(5 mars 1414) ; Jacques Scaep, abbé de Ter Doest (24 jsnTier 
1427); Antoine Mil, abbé d'Ëeckhoute (22 septembre 1427); 
Jacques de Vuala (Walle), abbé de Warneton (22 mars 1428) .. etc. 

850 Inventaire analytique des archives des États de Hainaut, éd. 
LâoPOLD Dbvillbrs, t. III. Mons, Dequesne-Masqnlllier et fils, 
1906,in4,yii-552. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 249 s. =£. Matthieu.) 
Ce troisième et dernier volume de l'inventaire de M. D. s'ourre 
avec le règne de Marie-Thérèse et finît avec l'entrée des troupes 
françaises à Mons, 1 juillet 1794. Dans la table nous leleToos les 
noms de Bruges, .Courtrai, Ypres, etc. 

351 Pagart d'Hermansart. Inventaire sommaire des archives du 
bailliage de Saint-Omer, transportées en 1889 aux Archives du 
département du Pas-de-Calais, — SAMBull. 1905, t. XI, p. 525 s. 

352 H. DubroUe. Études ^histoire provinciale à Rome, — Congrès 
des soc. sav. tenu h Arras les 7, 8, 9 et 10 juillet 1904. Arras, 
Rokard, 1905, p. 109-111. 

Projet d'explorations à faire aux Archives vaticanes, à propos 
de Phistoire des anciens diocèses du Nord de la France. 

353 R. P. Van den Gheyn S. J. Catalogue des manuscrits de la 
bibliothèque royale de Belgique, T. V. (Histoire et hagiographie.) 
Bruxelles, Lamertin, 1905, in-8<», 701 p. (ABelges. 1906, t. VlU, 
p. 12M22 = Ü. Berlière.) V. AnÉm. [LV, 11]. 

354 R. Van den Gheyn S. J. Notes sur quelques manuscrits de la 
Bibliothèque royale de Bruxelles, — RBAB. 1906, t. VI, p. 315-319. 

P. 316 : note complémentaire sur Jean Ooms (Ms. n*' 12731-34], 
relative à des difficultés provoquées par une omission, dont il a été 
victime, en n'ayant pas été convoqué à l'élection d'un chanoine 
gradué. V. AnÉm. [LVI, 54]. 



BIBIiIOGBAPHIE 475 

355 Ij. I> Petit. Repertorium der Verhandelingen en Bijdragen betref- 
Jende de geschiedenis des Vaderlands in tijdschriften en mengel- 
werken tot in 1900 verschenen. Fase. 4. Leiden, Brill. 1906. 
V. AnÉm. [LVI, 142]. 

Ce fascicule contient le Catalogne des publications relatives à 
l'histoire locale et à la biographie. 

356 J>* Bailliez. Taffles générales des Mémoires de la Société d'Èinula- 
lion de Cambrai, imprimés pendant les 100 premières années de son 
existence. Tomes 1 à LVIII inclus. — SECMém. 190Ö, t. LIX, 
p. 149-312. 

%7 IJniTersité oatholiqae de LouTaiii. Bibliographie, Troisième 
supplément, 4903-1906. Louvain, Ch. Peeters, 1906, in-8, vi-88 p. 
(ABelges. 1906, t. VIII, p. 129 = P. Bergmans.) 

35d Bulletin d'histoire linguistique et littéraire française des Pays-Bas, 
publié par G. Doutbbpont et le baron Fb. Bbthctnb, avec la 
collaboration d'anciens membres de la conférence de philologie 
romane de l'Université catholique de Louvain et d'autres 
romanistes. Années 1902-1903. Bruges, De Plancke, 1906, in-8<*, 
216 p. (RBAB. 1906, t. lY, p. 216 = 0. Grosjean; MBBull. 
1906, t. X, p. 243 = J. F. ; ABelges. 1906, t. VIII, p. 175-177, 
A. Counson.) 

399 B. Xonod. Publications relatives à V histoire de l'Art. — RHist. 
1905, t. LXXXVIl, p. 821-340. 

Compte rendn de plusieurs ouvrages qui ont paru à l'occasion de 
l'exposition des primitifs français, à Paris, en 1905. Dans plusieurs 
de ces études, les primitifs français sont étudiés comparativement 
aux primitifs flamands. 

P. VAN DB Wallb. 

360 R. P. L. Goovaerts 0. Praem. Écrivains, artistes et savants de 
VOrdre de Prémontré, Dictionnaire bio-bibliographique. Vol. II, 
fftsc. 1-4. 1903-1906, in-8, 1-384 p. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 142-144 
= Ü.Berlière.) 

Certaines notices intéressent directement Saint-Nicolas de 
Furnes. Travail consciencieux. 

361 G-. Beftime et J. Sergeant. Dictionnaire biographique de la 
ville dAr ras et de son arrondissement, Arras, Théry et Plouvier, 
1906, in-8, 188 p. 

362 Hanok's Realencyhlopàdie fUr Protestantische Theologie und 
Kirche^ 3 éd. T. 17 et 18. Leipzig. Henrisch'ssche Buehhandlung, 
1906. 

Bio-bibliographies de Raysbroeck et de Simon de Tournai. 

363 VaoantrHangenot. Dictionnaire de théologie catholique, T. II 
fasc. 15-17. Paris, 1904-1906. (ABelges. 1900, t. VIII, p. 144rl45.) 

Bio-bibliographies de J. Car^muel et G. Cassandre. 



476 BIBLIOüBAPHIE 

3. ABCHEOLOaiE. 

Voir la rubrique : Histoire de VarL 

S64 Sauvage. Les Figurines en terre cuite gallo-romaines du mutée 
de Boulogne^ur-Afer, Boulogne 'Sur-Mer, Hamain, pet. inS, 16 p. 
7 fig. 

365 Sauvage. Sépultures franques et carolingiennes du Boulonnais. 
BouIogne-sur-Mer, Hamain, in-8, 26 p. 

366 P. Boyé. Le Butin de Nancjf (5 janvier 1477). Étude d'histoire cl 
d'archéologie. Paris, Berger-Levrault, 1905, 100 p. (RHist. 1905, 
t. LXXXVIII, p. 338 = Ph. Lauer.) 

Après le désastre de Nancy, le camp du duc Charles-le-Téméraire 
fut mis au pillage par les Nancéiens, les Suisses et les Alsaciens. 
Qu'est-t-il advpnu des trésors du camp bourguignon? Cette étude, 
basée sur une critique éclairée, a pour but de répondre à cette 
question, et d'identifier les objets ayant yraiment appartenu ad 
duc Charles, d'avec ceux que la légende lui attribue faussement. 

P. TAN DE WaLLB. 

367 Jules Beok. Le Musée Flamand du Trocadéro, — CFFBull. I»6» 
p. 41-47. 

Catalogue des meubles, ustensiles de ménage^ outils, orne- 
ments, objets de fêtes, jouets, objets d'habillement conservés so 
Musée Flamand du Trocadcro.' 

4. DIPLOMATIQUE, CHBONOLOGIE. 

368 S. Muller Fz. Le style de la Circoncision. — RBA6. 1906, t. IV, 
p. 259-271. (AnÉm. 1906, t. LVI, p. 434-437 = C. Callewaert.) 

369 H.Neli8. Réponse de Jf.ff.Nelis.—B,BAB. 1906, t. IV, p. 272-280. 
(AnÉm. 1906, t. LVI, p. 434-437 = C. Callewaert.) 

370 [LVI, 243] H. Nelis. Le commencetnent de Vannée au vendredi 
saint à Tournai au XIV* siècle. (AnEN. 1906, t. Il, p. 558 = Leo 
Verriest.) 

Dans ce compte rendu nous lisons : « Nous signalons à M. NeUs 
une contradiction : p. 12, 1. 20, il écrit : '...la matinée de la veille 
de Pâques, après none\ Voilà qui est incompréhensible, car none 
correspond à 3 heures de l'après-midi (cf. Du Canos), et du reste, 
la nuyt d'une fête (p. 11-12, n°« 1-2-3) se dit de l'après-midi et de 
la soirée de la veille de cette fête, et non pas, que je sache, de li 
matinée de ce même jour. » 

M. Verriest nous permettra do lui faire observer qu'il se trompe 
sur la portée de ces expressions empruntées à la liturgie. None 
signifie tout à la fois la neuvième heure^ c'est-à-dire 3 heures de 
l'après-midi^ et les Nones du Bréviaire, c'est-à-dire cette partie 



BIBLI06SAPHIE 477 

de l'office canonique, qui se chantait primitivement à la neuvième 
heare mais qaî le vendredi et le samedi saints était chantée 
éoani le service et la mette de la matinéey comme nous Fav^ns dit 
dans la Note complémentaire .que noai avons publiée à la suite 
de rarticle de M. Nelis (AnÉm. 1906, p. 15). La phrase de M. Nelis 
est donc parfaitement compréhensible et exacte. 

La nuyt d'une fête, comme le flamand avond (Paescha&on^ p. ex.) 
correspond à la viçilia, et il ne faut pas la confondre avec les' 
premières Vêpres d'âne fête, qui d'ordinaire ne s'étendent pas à 
Tavant-midi de la veille. Primitivement sans doute, la vigile ou 
la taillée se célébrait pendant la nuit précédant la fête. Mais dans 
le cours des temps, l'office de la vigile ou de la nuit a été anticipé, 
si bien que déjh an moyen âge il se célébrait an jour qui précédait 
la fête, même le matin. L'office du samedi saint p. ex. est l'ancien 
office de la nuit de Pâques : VBxsuHet qui maintenant se chante 
souvent de bon matin, fait encore clairement allusion à l'usage 
ancien : « Haec nooi est... j» De la langue liturgique, nos aïeux, 
qni suivaient plus assidûment les offices de rÊglise,.ont fait passer 
ces expressions dans le langage courant. Aussi est-il & souhaiter 
qne les historiens du moyen âge se mettent au courant d'une 
foule jd'anciens usages liturgiques. G. C. 

5. QBOOBAPHIE, ETHNOQBAPHIE, LINGUISTIQUE. 

371 R. Blanchard. La Flandre. Étude géographique de la Plaine 
Jtamande en France^ Belgique et Hollande, (Publication de la 
Société Dnnkerquoise pour l'avancement des Lettres, des Sciences 
et des Arts.) Thèse de doctorat. Lille, Danel, 1906, in-8, viii-590 p. 
gravures, cartes et photographies. F. 12. (ABelgcs. 1^, t. VIII, 
p. 211-213 = H. Van Houtte ; CFFBull. 1Ü06, p. 61-66 r= 
£. Boachet ; soutenance relatée dans An£N. 1906, t. II, p. 4Ö9-462 
=:A.Crapet.) 

Ëtade de géographie générale. A un point de vue spécial, 
Paatear s'était déjà fait connaître par une étude signalée plus 
haut : LVI, 20. 

372 G. Delépine. Les cordons littoraux delà Flandre Française, — 
CFFBull. 1906, p. 9-16. 

L'auteur traite des Dunes situées à l'est Je Dunkerquc, vers 
la Belgique et cite les particularités que présente le double cordon 
de dunes, que l'on remarque sur cette côte- V. AnËm. [LV,15]. 

373 C>« de Lolsne. Origine des communes et hameaux du Pas-de-Calais 
dP après Informe primitive de leurs noms, (Congrès des Soc. sav. 
tenu à Arras les 7, 8, 9 et 10 juillet 1904.) Arras, Rohard, 1905, 
Wp, 



Hlê .BlBLIOaBilPHiE 

•874 . O^ ée I^otona. £a colonisation saxonne dans le Boulonnait, Paris, 

1906,22 p. 
U7Ö £. Gallliard. De dubbele aa in oorkonden van Bruçscken oorsprong 

win Ji82. ^ VKVA. 1906, p. 197.20a (ABelges. 1906, tVllI, 
, p. 190-191 = L. Goemans.) 

* 6. 1ÏUMI8MATIQÜE, MÉTBOtOGIB. 

376 A. Visait de Booarmé. Jetons et méreaux du Franc deBng». 
- Extrait de la RBN. 1906, t.LXlI, in-S, 56 p., 4 pi. (ABdgw. 
1906, t. Vni, p. 185-186 = A. De Witte.) 

Comme introductioa M. V. donne une courte mais très sabstaft- 
tielle notice sur le Franc de Bruges qui constituait le quotrièm 
membre de Flandi*e, Il nous fait connaître son territoire; ses 
diverses Keures; son collège d'échevins divisé en deux sections 
qui siégeaient à tour de rôio par «/ii^on^ ; se^ deux boargmettres 
a) de la commune et b) des échevins, avec leurs droits respectifs: 
les divers officiers du greffe ^réjiers et teekenende clercken) et de 
la vierschare (taeîmannen et procureurs) ; les officiers du comte 
{ffrand'bailUf crickhóuder, ammans, beryders et stockhoudert) et les 
cinq sortes d'impôts que le magistrat du Franc pouvait lever. 

Pour la vérification ' des comptes, on ee servait de jetoos 
(leghpenningken). Des jetons banaux sont mentionnés depuis 13% 
jusqu'en 1780; toutefois, au XVIII<* siècle au moins, ils n'oot 
probablement pas été fournis réellement. A partir de 1623, des 
jetons de présence étaient distribués aux commissaires chargés de 
Taudition des comptes. Ils étaient en argent et constituaient une 
** dépense somptuaire très considérable, qu'on essaya plasieur« 
fois, mais en vain, de réduire. Ils étaient frappés à la MoDDïie 
de Bruges, d'Anvers ou de Bruxelles et l'empreinte changeait 
en règle générale à chaque année. M. Visart reproduit et décrit 
une vingtaine de ces jetons, de 1651 à la fin du XYIU* siècle. 
Au moyen des livres de comptes et des Resolutieboeken ^ il corrige 
plusieurs erreurs de Dugniolle, et retrace toute l'histoire des 
jetons du Franc, qu'il remet dans leur milieu historique. 

Les diverses « commissions » chargées d'affaires spéciales étaient 
désignées par le sort. A cet effet, chaque magistrat avait son 
jeton d'argent {lotpenningh) portant son nom et ses armes. 
Quelques-uns de ces jetons sont également reproduits et étudiés. 
de même qu'un des méreaux (teecken), dont on se servait pour les 
distributions à faire aux indigents, comme on se sert actuellement 
de « bons n de papier. Pour finir, quelques mots sur la confrérie 
pieuse de Saint- Yves (1591-1791) à laquelle le méreau de 1774 
appartenait. 

Étude Intéressante autant que soignée. Une seule remarque tn 
sujet des textes anciens : au lieu d'indiquer soigneusement les 



BIBLI0GBA1 HIB 479 

abréviations, ne vaudrait-il pas mieax suppléer les lettres 
manquantes, conformément aux règles de la Commission royale 
d'histoire (voir AnÉm. t. LV, p. 80). C. C. 

377 Cl. Bavé. La métrolojie agraire et la géographie ancienne (avec 
carte). — AnABAn. 1906, 5 sér., t. VIII, p, 257-284. 

Division de Partiele : 1^ Les bases de Tancienne mesure agraire : 
le pied et la toise, leur variabilité ; 2° Les circonscriptions 
métrologiquos du Brabant ; 3<^ Stabilité des mesures agraires et 
ses Cluses ; iP Concordance des circonscriptions niétrologiques et 
des anciennes circonscriptions civiles et religieuses ; 5^ Origine 
des mesures agraires, qui dateraient d'une époque où les anciens 
pagi subsistaient encore. 

L* auteur en terminant fait le vœu de voir continuer la présente 
étude pour les autres provinces et h cet eifet il attire l'attention 
des chercheurs sur les questions qu*il importe de résoudre. 

7. QÉNEALOGIE. 

378 Comte P.-A. dû Chastel de la Howarderie. Les d'Ennetières 
après leur anoblissement. Étude d'archéologie généalogique suivie 
d'un essai d'une cpigraphie des Dennetières. — AnlIAT. 1906, 
nouv. sér., t. X, p. 81-18Ö. 

Le Rameau de ilarlebois et des Mottes, marquis d'Ennetières, 
comtes de Mouscron, d'Ilust, barons de Heu le, seigneurs, de 
Luingne, Rolleghem, Acibeke, Bisseghem, etc. ; — le Rameau 
dit des comtes d'Hust et du dernier marquis intéressent spéciale- 
ment Phistoire généalogique de iaPlandre. 

II. PUBLICATIONS DE SOURCES ET CRITIQUE 
DES SOURCES. 

1. SOURCBS MONUMENTALES. 

Textes épigraphiques. 

Pour les autres sources monumentales, voir les rubriques : 
Archéologie, Histoire de Vart. 

iJ70 ÉpigTapMe dn Nord. T. 111. Arrondissement de Lille, 2« partie. 
(Mémoires de la Société d'études de la province de Cambrai. T. X.) 
Lille, Lefebvre-Ducrocq, 1905, in-8, p. 773-1087. 

2. SOURCES d'archives et critique diplomatique. 

5S*) A. Fayen. Liber traditionum Sancti Pétri Blandiniensis. (Cartulaire 
de la ville de Gand, 2« sér. Chartes et Documents. T. I.) Gand, 



480 BIBLIOGRAPHIE 

F. Meyer-Van Loo, 1906, in-12, 310 p. (ABelges. 19CK). t. VIU. 
p. 125-127 = V. Fris ; AnEN. 1900, t. II, p. 555 ~ H. Dubrulle! 
RIIE. 1900, t. VIT, p. 931 = U. N[elisJ.) 
Nous en rendrons compte dans le prochain fascicule. 

331 Cartulaire de la chartreuse du Val de Sainte- Aldegondfrprh dt 
Saint-Omerj éd. J. de Pas. (Publications diverses de la Société des 
antiquaires de la Morinie.) 1905, in-i", accompag. de 4 pi. et de? 
listes des digoitaires du couvent. F. 10. 

Ce cartulaire comprend l'analyse ou la transcriptiou de 
761 documents allant de llbl à 1792. Publication de grand inér.te. 
au point de vue de l'histoire de la chartreuse et de l'histoire locai'-. 
Les analyses sont très bien faites; les listes des prieurs et 
procureurs seront d'une incontestable utilité ; de bonnes talil«'> 
facilitent les recherches dans ce volume, qui intéresse évidemment 
l'histoire de notre Flandre. 

382 Cartnlariom der abdij van St-Michiels te Atittrerpe», éd. 
P. J. GOBTSCHALCKX. — BGHB. 1905, t. IV, p. 519-000; 1906, t.V, 
p. 297-361. 

Au t. V, p. 331-333 deux actes de Ferdinand comte et de Jeanne 
comtesse de Flandre, en faveur de l'abbaye en question. Les deux 
actes sont datés du mois d'août « 1231 », et signés Tun a Gaod. 
l'autre k Courtrai. 

383 Obitnaire de l'abbaye d'Argenton de V Ordre de CUeaux, ni. 
• V. Barbirr. — AIIEB. 1905, t. XXXlï, p. 196-241, 345-306. 

En appendice quatre chartes inédites. Par la troisième, Thomas 
et Jeanne, comte et comtesse de Flandre et de Hainaut a]>prouveui 
une donation faite à l'aiibaye, par Baudouin héritier de l'empire 
de Komanie et comte de Namur, 2 juin 1240. 

384 [LVI, 262] P. Fredericq en zyne leerlingen. Conni 
documentorum Tnquisitioim haereticae pravitatis Neerlamhcae. 
(ABelges. 1906, t. VIU, p. 124-125 = J -L. M. Eggen.) 

Îtô5 [LVI, 263] G. Espinas et H. Pirenne. Recueil de documents 
relatifs à l'histoire de lUnduslrie drapiâre en Flandre. (RIPB. VM>. 
t. IV, p. 250-252= J. Cuvelier^ AnEN. 1906, t. IJ, p. 558-3:)^ = 
A de Saint Léger.) 

386 [LVI, 38, 168] Edw. Qallliard. De keure van Hazebrouck un 
1336. (AnEN. 1906, t. II, p. 405-407 = E. Cortyl.) 

387 J. Vannérns. Le dépôt des archives de l'État à Anvers. Accroisse- 
ments de Vannée 1905. Deux actes de 1397 concernant un pret fatt 
au Duc de Bourgogne. — RBAB. 1906, t. IV, p. 204-229. 

Le prêt dont il s'agit est destiné au rachat du comte Louis de 
Nevers, tombé en 1396 entre les mains du sultan Bajazet. 

388 [LVI, 266] Inventaire de la f^Librairier, de Philippe-îe-bon {ti*fh, 
éd. G. DouTRKPONT. (RBAB. 1906, t. IV, p. 326-327 = C. Liégois ) 



BIBLIOGBAPHIE 481 

3^ V. Vander Haeghen. La corporation des Peintres et des Sculp- 
teurs de, Gand. Matricules, comptes et documents (XVI«-XV11I« 
siècles) publics et annotes. Bruxelles, Van Oest, 1906, in-8, xiv- 
379 p. (ABel«res. UX)Ü, t. VIII, p. 213-217 = H. Hymans ; AnÉm. 
1ÎJ06, t. liVJ, p. 447452 = B»»» A. van Zuylen van Nyevelt.) 

3Ö0 C. Callewaert. Prêtres français réfugiés en 1793'179i à Saint- 
André'lez-Bruges, — AnÉm. 1900, t. LVI, p. 275-278 (ABelges. 
lUUi, t. VIII, p. 272= J. Cuvelier.) 

Ces treize prêtres ont' mené pendant quelques mois une sorte 
de vie commune au château de M. de Pruissenaere h. Saint- André. 

3. SOURCES LITTÉttAIRES ET CRITIQUE D'ÉRUDITION. 

391 [LVI, 275] Lodewijk van Velthem's voor/zetlinç van den 
• Spiegel Historiael (1248-1310) opnieuw uîtgregeven door Herman 

Van der Linden on Willem de Vrebse. Eerste deel. (ABelges. 
19ÎJ0, t. VIII, p. 203-201 = J. Cuvelier.) 

« Deze nieuwe uitt^ave van Lodewijk van Velthem's vijfde partie 
« van den Spiegel Historiael^ die philoloog en historicus beiden 
« hoopt te dienen, zal verschijnen in drie deelen, waarvan het 
» laatste zal vergezeld gaan van de Inleiding... De text is afge- 
« drukt naar het eenig volledige handschrift dat nog bekend is, 
« nl. Codex n° 14 E van de bibliotheek der Rijksuniversiteit te 
* Leiden.... 

« Wij vestigen de aandacht op de hierachter volgende ver- 
« beteringen en toevoegsels (hl. xi-xv), alsook on inzonderheid 
« op hot als Aanhangsel in extenso medegedeeld uittreksel uit het 
« eerste boek (vss. 1396-1534), waarin o. a. een in het Leidsche 
« handschrift ontbrekend vers voorkomt, en waardoor verschil- 
« Iige tekstverbeteringen worden bevestigd. » (Uit het voorbericht^ 
bl. vi-x). 

Bedoeld uittreksel komt voor in het handschrift 175 uit de 
bibliotheek van het Bisschoppelijk Seminarie te Brugge. 

392 Chronique et Annales de Gilles Ie Muisit, abbé de Saint-Martin 
de Tournai, (1272-13.Ü2), publiées pour la Société de l'histoire de 
France, par H. Lbmaîtrb. Paris, Laurens, 1900, in-8, xxxiii-843 p. 
(ABelges. 1ÎX)0, t. VIII, p, 201-202 = L. Verriest ; RÏIE. 190(i, 
t. VII, p. U43-i>44 = II.N[elis].) V. AnÉm. LVI, p. 403. 

393 Ch.-V. Ijang:lois.JVb/«c<?5 et documents relatifs à l'histoire du 
Xnp et XIV^ siècle. Nova Curie. — RHist. 1905, t. LXXXVII, 
p. .55-7S>. 

Monsieur Ch.-V. Langlois publie plusieurs lettres de personnages 
anglais, résidant en cour de Rome, et conservées dans les archives 
de la ChaDcellerie et de l'Echiquier d'Angleterre à Londres. 

Une lettre d'Henri Ffykeis, procureur en cour romaine, écrite 



482 BIBLIOOBAPHIE 

de Vienne en Danphinc, h John Salmon, évéque de Norwick, le 
27 décembre 1311, nous fait connaître la mort d'Etienne de Saisi, 
ancien archidiacre de Bruges dans Téglise de Tournai, conseiller 
intime du roi de France et cardinal de Saint-Cyriaque in Thorniis, 
que l'on appelait « le cardinal de Bruges », décédé le 12 décembre 
1311 in Curia. P. v. d. W. 

394 LVI, 202] C. Leoontere. Een nieuw Jragment van Ifaerlanls 
« Spieghel Historiael ». (ABelges. 1906, t. VllI, p. lUO = 
L. Goeman.) 

395 Ëpître à la maison de Bourgogne sur la croisade Turque projfUe 
parPhilippe'le'Bon(U6i), éd. G. Doutrepont. — AHEB. 1906, 
t. XXXII, p. 144-195. (ABelges. 1906, t. VllI, p. 1^.) . 

M. Doutrepont poursuit ses études préliminaires au travail 
d'ensemble qu'il prépare sur la littérature française à la cour des 
ducs de Bourgogne. L'épître qu^il publie dans le présent article, 
est un discours pour engager l'entourage, la noblesse, les États 
du grand duc d'Occident à la croisade contre les Turcs. Dans une 
savante introduction, il retrace l'histoire très complète du 
manuscrit, depuis le XV* siècle jusqu'à nos jours; il en donne la 
description et le contenu. Des quatre textes qu'il renferme, le 
premier est Vordonnance du banquet ou la cérémonie du Vœu dn 
faisan, qui a fait l'objet d'une précédente étude de M. Doutrepont 
{Le banquet du Faisan et la littérature de Bourgogne^ Revue 
Générale, 1899, décembre; 1900, janvier); vient ensuite le Registre 
des vœux qui ont été présentés h Lille, à Arras, h Bruges, en 
Hollande etc. par des seigneurs pour s'engager à partir en 
croisade avec Philippe-le-Bon ; le troisième document est une 
copie de la bulle de Pie II, du 22 octobre 1463, «traduite par 
l'évêque de Tournai, Guillaume Fillastre ; le quatrième est l'Épitre 
susdite. Cette description savamment annotée est pleine de détails 
intéressants pour l'histoire de Flandre. M. D. est d'îivis que 
l'Épitre date des premiers mois de 1464; il avance l'hypothèse 
très plausible, qu'elle a Georges Chastellain pour auteur. 

A. D. M. 

396 Lettres de Pierre Arétin à Charles-Quint {23 Janvier fSot); du 
métne à Vévéque d'ArraSy Antoine Perrenot de Oranvelle {f8 octth 
bre 4Ö50); de r historien Paul Jovius, évéque de Nocera^ à Gmn- 
velle(13 août 15ao\ avec réponse de ce dernier; du nonce Poggio 
à Granvell^. (Madrid, 19 novembre lOot) ; (^ Honora to Junn au 
même ( Valladolid, '6 juin 1S37) ; du cardinal dé Carpi à l'érfque 
d^ Arras {6 août, 19 septembre , 18 octobre , i novembre, 18 décem- 
bre 1548, 17 décembre 1550); et du cardinal de Jaen au même 
(7 novembre 1551). — Revista de archivos, bibliotecas y museos. 
1905, t. IX, p. 138-141 ; 273-280. 

397 M. Van Vaernewyok. Troubles en Flandre au XV P siècle. Trad. 
de H. Van Duysb, publiée par M. db Smbt db Natbb. T. II. 



BlBLIOÔttAPHIS 48â 

Gaod, N. Heios, 1906, iD-4<', 618 p. avec 25 pi. hors texte et 
• 290 gravoros. F. 20. (ABelges. 1906, t. VllI, p. 127-128 = V. Fris.) 
V. AnÉm. [LV, 426J. 
*3^ fLVI, 234]. Vinoentins de Zeelander. Benige brieven met 
k4trdinaal Pietro Aldobrandino gewisseld, 1596-1598 Éd. L. 
GosMAKS. Vaticaansche oorkonden. — BGRB. 1906, t. V, p. 361-381. 
{à suivre) V. AnÉm. [LVI, 234]. 

Ce soi-disant protonotaire apostolique, qui se dit Jésuite et 
Flamand, nommé un jour prévôt de l'église S*-Pierre de Lille, est 
avant tout un personnage remuant, dont heureusement les bavar- 
dages ne sont pas sans jeter quelque lumière sur les événements 
diplomatiques, politiques et militaires de son époque. 

399 Eng. Ck>rtyl. Impressions d'un jeune bourgeois flamand visitant 
Paris et Versailles sous Louis XIV, — CFFBulI. 1906, p. 17-22. 

Extraits des lettres adressées par J. Angillis à son père Josse 
Angillis. Celui-ci, originaire de Menin, s'était établi h Ypres vers 
1670. Il avait épousé Jeanne Bubbe, née à Bailleul le 28 octobre 
1639. En 1684, il avait transporté d' Ypres à Lille le siège d'une 
importante maison d'importation. Les armoiries des Angillis 
étaient : d^azur à un chevron d'or, accompagné en chef de deux 
chérubins de même et en pointe un lis au naturel. E. Hosten. 

400 P. Bergmans. O and décrit par un voyageur brugeois du XVIII^ 
siècle. Gand, Vyt, 1905, in-8, 7 p. 

401 E. J. De Saegher et M. Jaoqnin. Le général don Juan Van 
Halen. Histoire authentique des Quatre Journées de Bruxelles, 
(Septefnère 1830), Renaix, Leherte, 1905, in-8°, 59 p. (ABelges- 
1906, t. yill, p. 137-138 = F. Magnette.) 

Mélange de documents. 

m. TRAVAUX HISTORIQUES PROPREMENT DITS. 

1. HISTOIBE GENEBALE. 

Histoire régionale, locale et corporative. 

402 A. Van Dorpe. Vaderlandsche Geschiedenis in Tabellen. Hoogste 
graad. Oostacker, Glorieux, 190G. 

403 G. Thlrifày . De Geschiedenis van ons Vaderland verteld aan den 
middelgraad der lagere school 9<*« uitgaaf. Gent, L. Vanderpoorten, 
1906. 

404 O. Knrth. Sommaire d: histoire de Belgique à V usage des écoles 
primaires. Namur, Lambert, [1906J. 

405 W. Vogel. Die Xormannen und dos Frankische Reich bis zur 
GrUndung der Nonnandie (799-911), (Heidelberger Abhaudlungen 



4Ö4 BIBLIOGBAPHIE 

zur mittlcren u. neueren Geschichte, cd. K. Hampe, ë. Mabcks, j. 
u. D. ScHAPEE. Fase. 14.) Heidelberg, C. Winter, 1906, in-S, 
xv-442 p. M. 12. V. AnEra [LVI,230]. 
40G G-aiUard Thomas Lapsley. The Flemings in Eastern England 
tn the Reign of Henry IL — EHR. 1906, t. XXI, p. 509-513. 

Nombreux furent les Flamands qui, comme soldats on comme 
colons, partirent pour l'Angleterre pendant le règne du roi Henri 11 
d'Angleterre. Il y avait des Flamands à la prise d'Alnwick en 1171 
L'année précédente, Robert de Leicester avait de ces soldats 
parmi les troupes du comté de Suffolk. Hugh Bigod, comte de 
Norfolk, en avait enrôlé trois cents, envoyés par le comte de 
Flandre. L'évêque de Durham engageait, lui aussi, quarante che- 
valiers français et cinq cents soldats flamands, qui débarquèrent à 
Hartiepool le 13 juillet 1174. Beaucoup de ces soldats sont tomln-^ 
sur les champs de bataille. D'autres ont été repatriés. Mais, 
demande M. Lapsley, quelques'uns de ces soldats ne se sont-ils 
pas établis en Angleterre ? Ce sont peut-être eux qui furent les 
fondateurs de ces gildes de tisserands anglais, qui plus tard üreat 
un si grand tort à l'industrie flamande. D'après les Gesta Henrici 
Secundi^ Tévéque de Durham permit ù ses soldats flamands de 
regagner leur patrie à la dérobée, pennisU iiios clam repatriare. 
Ont-ils tous réintégré leurs foyers? Le docteur Cunningham, 
dans son ouvrage, Qrofvth qf EngHsh Industry and Commerce 
(Cambridge, 1905, quatrième édition) semble croire que ces soldats 
se sont fixés en Angleterre. M. Lapsley cite plusieurs extraits du 
Oreat Pipe Roll for the T/venty-second Year of Henry 11^ {Pipe 
Rail Society, 1905) pour démontrer que, dans les comtés de Test 
d'Angleterre, il y avait à cette époque des relations suivies entre 
Anglais et Flamands : mais ces derniers setrouvaient-ils alors eu 
Angleterre ? D'iiprès la citation suivante, il parait que dans le 
comté de Lincoln il y avait de ces Flamands : Idem vîcecomes debet 
xvi l. pro Eslresiis qui habuerunt cataîla Fiandrensium et voîue- 
runt ire in Flandriam, {Pipe Roll 22 Hen. II, p. 82.) Qui étaient 
ces Estresii ? demande notre auteur. Et il répond : « Ils semblent 
être les représentants et peut-être les compatriotes de ces Flamands 
qui faisaient alors le commerce avec PAngleterre. » 

W. C. ROBINSOîî. 

407 [LVI, 67] L. König. Die Politik des Grafen Balduin V ron 
. Hennegau. (AnEN. 1906, t. II, p. 284-288 = G. Smets.) 

408 [LVI, 185] E. Gerland. Geschichte des lateinischen Kaiser reiches 
von Konstantinopel, V^ Teil. Hamburg. 1905, 264 p. (ABelgcs. 
1906, t. VIII, p. 210-211 = V. Fris.) 

Aventures politiques d'un de nos comtes en Orient. V. AnÉra. 
[LV, 289 j LVI, 185] où il faut lire Gerland au lieu de Galland. 

409 [LVI, 282] F. Wodzak. Die Slacht bei Kortrijk. (RIPB. 1906, 
t. XLIX, p. 242-247 = V. Fris.) 



BlBLIOOBAPHIE 4^5 

D'après le compte rendu de M. Fris, l'étude de M. Wodzak 
fourmille d'erreurs ; elle est le produit d'un manque absolu de 
préparation, de critique et de connaissances générales ; elle dénote 
une connaissance insuffisante des sources et des travaux. Nous 
nous permettons de faire remarquer que la bibliographie donnée 
par M. Fris retarde également. A. D. M. 

410 [LVI, 68.] N. de Panw. Vassassinat d'Arlevelde et Vinstruction 
de ce crime. Gand, Eloste, 1905, 48 pp. (ABelges. 1905, t. VII, 
p. 251-252 = V. Fris.) 

Cette brochure contient le discours prononcé le 2 octobre 1905 
par le savant procureur général, îi l'audience solennelle de rentrée 
«le la cour d'appel de Gand. C'est une étude pleine d'intérêt et 
qui fixe définitivement deux points d'histoire. L'auteur y démon- 
tre, en effet, (fuo la date exacte de l'assassinat d'Artevelde est le 
17 juillet 1345 ; il y établit aussi que la politique du grand 
communier fiamand tendait non pas h soustraire la Flandre îi 
Tautoritê du comte, mais ù obtenir la soumission de la dynastie 
rt^nante ù son souverain, le roi d'Angleterre. Les villes de Bruges 
rt d'Ypres travaillaient dans le même sens qu'Artevelde et refu- 
saient oboissânce au comte, jusqu'à ce qu'il eût prêté serment au 
roi d'Angleterre comme roi de France. A Gand, la popularité 
d'Artevelde avait beaucoup diminué ; pendant son absence, son 
ancien protégé, Gérard Denis, l'accabla de calomnies et l'accusa de 
félonie envers le comte ; le peuple ameuté l'assassina dans sa 
maison, h son retour. P. Babbe. 

411 J. Finot. La paix d'Arras, (iH4'fi/5), — AnEN. 190Ö, t. II, 
p. 33-8r), lGl-218 (à suivre). 

Expose des négociations. 

412 J. Marc. V avènement du chancelier Rotin (décembre làii). 
(Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire. 
1905, t. XXÏ. Extrait). Dijon, Nourry, 1908, 58 p. (ABelges. 1906, 
t. VIU, p. 209= G. Doutrepont.) 

Raisons et résultats financiers et politiques du choix de Nicolas 

Rolîn comme chancelier de Philippe-le-Bon. 
41*3 [LVI, 28GJ V. Fris. Een gentsch politicus : Jan van Coppenhole. 

(ABelges. 1906, t. VIII, p. 239= H. Coppieters Stochove.) 
114 [LVI, 179] L. Eggen. De Zuid-Nederlandsche ballingen der 

XVI'' eeutt in Noord-Nederland. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 238 

= H. Coppieters Stochove.) 

413 Rossigrnot. Jean Richardot^ chef-président du conseil privé des 
Pays-Bas (1597-1609). (Mémoires de la Société d'Émulation du 
Doubs, 1Ü05. Extrait.) Besançon, Dodivers, in-8, 9 p. 

416 J. De Pangre. Chamacé et V Alliance franco-hollandaise (1633- 
1637). Préface du marquis de Charnacé. Paris, Picard, 1905, in-8, 
xiv-158 p. (AnEN. 1906, t. II, p. 411-412= F. Bouchet.) 



486 BÎBLIOGBAPHIS 

Très iatéressant, le tableau de la Société hollandaise h cette 
époque. Très suggestive, la partie où il««st traité des conToitises 
qu'excita notre Flandre chez Richelieu. 

417 Pr.-O. Wlttiohen. Die Politik des Grafen Hertzbefg. 17*5-1790. 
. — HVJS. 1906, t. IX, p. 174-204. r ABelges. 1906, t. VIII. p. 239-240 

= H. VanHoutte.) 

C'est ce comte qui a mené» et d'ailleurs a fait échouer, la poli- 
tique de Frédéric Guillaume II de Prusse dans nos provinces 
belges, lors de la révolution brabançonne. Le savant auteur a 
donné l'histoire générale de tous ces événements dans un ouvrage 
cité plus haut : LY, 440. 

418 V. Dnpuis. La campagne de i793 à Vannée et des Ardennes. De 
Valenciennes à Hondtschoote, (Publication de la section historique 
de l'état-major de l'armée.) Paris, Chapelet, in-8, 512 p. 

419 J. Tessler. Les relations anglo-françaises au temps de Louis- 
Philippe. L'élection du Roi des Belges (novembre 1830-juület 1SSI). 
— (Extrait des Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, 
Arts et Belles-Lettres de Caen, 1905v) Caen, Delesques, 1905, in-ö, 
77 p. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 136-137 = F. Magnette.) 

Kien de nouveau, après le travail de l'Abbé Dr Lakkoy : Les 
origines diplomatiques de Vindépendance belge. Louvain, Peeters, 
1903. (ABelges. 1903, t. V, p. 90-92 = F. Magnette.) 

420 J. C. C. Den Beer Fortugael. iSBi. De Tiendaagscke Veldtocht. 
's Gravenhage, Nyhoff, 1906, in-4, vu-472 p. (ABelges. 1906, 
t. VIII, p" 204-207 = H. Van Houtte.) 

La présence de documents inédits importants compense 
quelque peu les défectuosités de construction. 

421 Robert de Beanoonrt de Noortvelde. Nieuport. Documents 
historiques. T. II. Sigillographie, Topographie, Comptes, Cadastre^ 
Èpitaphier^ etc. Ostende, A. Bouchery, 1904, 288 p. F. 4. 

Dit boek zonder de minste orde of eenig achtgeving naar de 
vereischten van de huidige geschiedkunde opgemaakt, is een 
samenstel van allerhande, zonder verband elkaar opvolgende 
zaken, waar nevens vele ten onpas aangebrachte aanmerkingen, tal 
wetensweerdigheden voor geschiedvorschers gesloten liggen. Zoo 
geeft Boek II belangrijke aanmerkingen over de Rederij kersgi 1de, 
uit gildeboek en stadsrekeningen. Boek III biedt ons uittreksels 
uit het handschrift van Rybens, 1^ en 2® deel ; dan nog gegevens 
over d'halle, deels aan de stadsrekeoingen ontleend, verders 
over 't stadhuis, 't begijnhof, uerclocke, stadshondeslager, enz. 
Boek IV is een afschrift van een kadastralen staat van 1313 
rakende Nicuwpoort en berustende in 's rijksarchief te Brussel. 
Volgen dan eene verzameling van 382 grafschriften en eenige 
stukken over familien afkomstig van Nieuwpoort of daar 
gevestigd. 



BifimoGâAPfiiE 487 

Van eesen ernstigeo geschiedschrijver mocht men verwachten 
dat hij zich voor wat den godsdienst aanbelangt, buiten den 
invloed hield van zijn << ieenheeren ». Daarvan is schrijver niet 
heel vrij te pleiten. Het IP deel dat nog verschijnen moet zal ons 
misschien eene teleurstelling «ten goede» bezorgen, en daarbij de 
noodige zaak-, persoons- en naamlijsten aangeven, die het bijzon- 
derste nut zullen uitmaken van een werk dat hoogst gebrekkelijk 
opgesteld is. R. D. 

422 A. Hocquet. Tournai et ie Toumaisis au point de vue politique et 
social. Bruxelles, 1906, in-i«, 418 p. (ABelges. liX)6, t. VIII, 
p. 220-221 = L. Verriest.) 

Important surtout pour Thistoire de notre XVI® siècle reli- 
gieux. 
423 F. Desmons. Études historiques, économiques et religieuses sur 
Tournai durant le règne de Louis XIV. La conquête de Tournai. — 
AnHAT. 1Ü05, nouv. sér., t. IX, p. 1-281. 

Ëtude originale, basée sur les sources d'archives, les sources litté- 
raires et les imprimes de l'époque. Quatre chapitres. I. Agonie de la 
souveraineté espagnole et prétentions de Louis XIV à la sou- 
veraineté des Pays-Bas. II. Expédition de 1667. État de la ville 
de Tournai. III. Siège et capitulation de Tournai. IV. Réduction 
du nombre des magistrats de Tournai. V. La fin de la guerre 
et la paix d'Aix-la-chapelle. Plusieurs notes, documents et pièces 
justificatives sont publiés en appendice. 

Bien que ce travail soit consacré spécialement à l'histoire de 
Tournai, il intéresse en plusieurs points l'histoire de notre province 
et des villes flamandes investies et conquises pendant la campagne 
de 1667. A. D. M. 

424 B. F. B. et B. J. B. Oammerages- Waatmaerde. — BGOK. 1905- 
1906. t. m, p. 315-817. 

Dans une notice, parue dans les Bijdragen tot de geschiedenis 
van het aloude hertogdom Brabant^ 1906, t. V, p. 11-19 (AnÉm. 
fLVI, 74]) il est dit : « Non seulement les noms des deux localités 
(Gammerages en Brabant et Waarmaerde en Flandre) sont les 
mêmes, mais nous savons qu'à certaine époque, celles-ci apparte- 
naient au même seigneur » ; deux preuves qui établissent l'origine 
commune des deux localités. 

A ce propos, il faut remarquer que de fait Walmaarde, Gai- 
mardia, Walmarage sont des noms identiques, dont le radical est 
ie nom propre Gaimar; et que les deux seigneuries ont appartenu 
à une même famille, à savoir aux Ricbardot au XVI^ siècle et non 
h celle du fondateur Gaimar. 
425 Th. Iiauridan. Histoire de Seclin, Roubaix, 1905, in-8, 253.p. 
426' Jfostennis. Histoire de Leers, Lille, Lefebvre, 1906, pet. in-8, 
xiv-337 p. 



488 BIBLIOGEAPHIB 

2. HISTOIBE SPÉCIALE. 

- A. Histoire des institutions et dn droit. 

427 F. Lot. Fidèles ou vassaux? Essai sur la nature juridique du lien 
qui unissait les grands vassaux à la royauté^ depuis le milieu du 
IX^ siècle jusqu'à la fin du XII^. Paris, Bouillon, 1904, xxxiv-28üp. 
F. 7. (RHist. 1Ü05, t. LXXXVII, p. 95 = Chr. Pfister.) 

F. Lot, dans sa thèse doctorale, basée principalement sur des 
sources d'archives, s'attache h. prouver, que même au temps des 
derniers Carolingiens et des premiers Capétiens, les grands 
feudataires et les pairs du royaume, ont toujours prêté Thommage 
au roi et l'hommage sans restriction. Ce n'est qu'à [»artir du 
XII** siècle, qu'il y a eu une distinction entre l'hommage lige et 
l'hommage simple. Un chapitre est consacré aux rapports de droit 
public existant entre le royaume d« France et le comté de Flandre. 
M. Lot prouve que les comtes de Flandre, dès Torigine, ont prêté 
l'hommage au roi de France, de môme que les autres pairs laïques 
du royaume. La généalogie des comtes de Flandre est aussi Tohjet 
des recherches de l'auteur. P. v. d. W. 

428 [LVI, 78, 291] L. Vanderkindere. La première phase de 
l'évolution constitutionnelle des communes flamandes^ (AnÉm. 1906, 
t. LVI, p. 437 ss. = L. De Wolf.) 

429 [LVI, 79, 291] L. Vanderkindere. La Politique communale de 
Philippe d'Alsace et ses conséquences. (AnÉm. UX)6, t. LVI, p. 437 ss. 
= L. De Wolf; IIQII. 1906, t. LXXX, p. G;3.8 = C. Callewaert.) 

430 L. Vanderkindere. La notion juridique de la commune. — 
ARBBull. 1906, p. 193-218. (ABelges. UK)6, t. VIII, p. 172-173; 
AnÉm. 1906, t. LVI, p. 433ss.=: L. De Wolf; ABAnBuIL 1906, 
p. 188-189 = F. Donnet.) 

431 Armand de Behanlt de Dornon. La commune de dfons a-l-elle 
été acquise au prix du sang de ses bourgeois '* — AnABAn. 1906, 
ö« sér.,t.VIlI, p. 117-137. (AnEN. 1906, t.ll, p.557 = L.Verriest.) 

Le I|ainaut a toujours été un fief de l'Empire, quoique ses 
habitants aient joui sans cesse d'une liberté très étendue. 
Quelle est Torigine des libertés communales de la ville de Mons ? 
Ces origines ne doivent point être cherchées dans les chartes de 
l'an 1171 et 1200, mais la liberté communale est k la fois la cause 
et l'effet du progrès matériel et moral des habitants, elle se 
développa sans luttes, progressivement et d'un commun accord 
entre les comtes et leurs sujets. L'appréciation de M. Vêrriest 
qui qualifie ce travail de bien- peu sérieux, nous semble trop 
sévère. A. D. M. 

432 J. de Pas. Véchevinage de S. Orner [11 i i-1790). Listes des membres 
qui l'ont composé, avec l'historique des élections échevinales... 
Saint-Omer, Ilomont, 1906, in-8, 346 p. 



BIBLIOGRAPHIE 489 

433 J. Fourgons. V arbitrage dans le droit français aux XI II* et 

X/F« siècles. Paris-Toulouse, 1906, 214 p. avec pièces justificatives 

et 3 gravures. F. 6 (RIPB. 1906, t. XLIX, p. 247-249 = G. Des 

Marez.) 

Parmi les pièces justificatives, quelques-unes sont empruntées 

à la colIectioQ des chirographes, conservée aux archives de la 

ville d'Ypres. 
4:U C. Boulanger. Le droit de marché [coutume des environs de 

Péronne). Recherches sur son origine. Saint-Quentin, impr. générale; 

Paris, Pedone, 1ÎX)6, in-8, 217 p. 

B. Histoire économique et sociale. 

435 [LVI, 106] E. Van Cappel. De Hongersnood in de middeleeuwen 
tot de XIII'' eeuit. (ABAnBull. 19D6, p. 155 = F. Donnet.) 

436 [LVI, 297J L. Vanderkindere. Liberté et propriété en Flandre 
du 7X« au XII* siècle. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 172; ABAnBull. 
Iil06, p. 188 s. = F. Dounet.)- 

437 E. Daenell. Die Blatezeit der deutschen Hanse. Hansische 
Geschichte von der 2 Hal/te des XIV. bis zum l etsten Vier tel des 
XV. Jahrh. Berlio, Reimer, 1906, 2 vol., iu-S, xvii-474 çt xv-561 p. 
M. 20. 

438 F. Kentgen. Hansische Handelsgesellschqften votmehmlich des 
4 S Jarhhunderts. — VFSW. 1906, t. IV, p. 278-324 ; 461-514. 

4:î9 j. b. Weckerlln. Le drap « escarlate n au mogen âge. Essais sur 
rétymologie et la signification du mot ccarlate, et notes techniques 
sur la fabrication de ce drap de laine au moyen ûge. Lyon, 
Kcy et O', 1905, in-8, 90 p. (ABelges. 1905, t. VII, p. 173 = 
H. V. H[outte].) 

4^10 G. Bigwood. Gand et la circulation des grains en Flandre du 
XIV au XVIII* siècle.-^YFSW. 1906, t. IV, p.397-460. (ABelges. 
190G, t. VIII, p. 246-247 = H. Van Houtte ; AnEN. UKX), t. II, 
p. 57Ü-580 = G. Lespinas ; RQH. 1906, t. LXXX, p. 627 = E. 
Ledos.) 

Située au confluent de la Lys et de l'Escaut, Gand était un 
centre tout indi(|ué pour le commerce des grains, que la ville 
chercha à fixer chez elle. Elle- voulut accaparer le monopole du 
transit par eau, et dès le milieu du XIV<^ siècle, le marché se 
transforma en étape pour le blé et le seigle. Celle-ci fut étroite- 
ment réglementée. Mais cette politique d'accaparement lésait les 
intérêts des villes voisines et amena de nombreux conflits. Les 
princes durent intervenir plus d'une fois, pour restreindre la 
rigueur du privilège de Gand et faire accorder des exemptions 
qui finirent par amener la suppression de l'étape, au début du 
XVin« siècle. C. C. 



490 BIÈLlOOBAi?HIfi 

441 H. Firenne. ffote sur la fabrication det tapisseries en Flandre lu 
XVI^ siècle. — VFSW. 1906, t. IV, p. 325-339. (ABelges. 1906, 
t. VIII, p. 192-193 = H. Van Houtte; AnEN. 1906, t. II, p. 578- 
579 = G. Lespinas.) 

La tapisserie se développe en Flandre sartout après l'immign- 
tton des tapissiers d'Arras, exilés par Louis XI en 1477. Audenanle 
devient un grand centre de fabrication. M. P. nous montre sar- 
tout comment cette industrie, au début urbaine et soumise à U 
forme corporative du moyen âge, se transforme au cours da 
XVI* siècle en s'étendant ù la campagne, et prend une organisition 
plus moderne et plus capitaliste. La transformation est analogue à 
celle que l'auteur a signalée dernièrement dans l'histoire de la 
draperie flamande (voir AnÉm. LVI, p. 79 ; et [LV, 461].) 

442 Pr. Claeys. Les Associations d'ouvriers débardeurs auforlffaix, 
aerbeyders, à Qand au XVI W siècle. (AnGOG. 1906, t. VUI. 
Extrait.) Gaod, 1906. (ABelges. 1900, t. VIII, p. 217 = 
V. Fris.) 

443 A. de St. Léger. Venquète industrielle de 1781-nSi ans 
l'Intendance de Flandre et d'Artois. — Congrès des soc. sav. tenu 
h Arras les 7, 8, 9 et 10 juillet 1904. Arras, Rohard, m, 
p. 249-263. 

444 P. Verbouwen. JSeniçe bladzijden uit de çeschiedfnis der 
Oentsche wevers. Gent, Van den Iloeck, 1905, in-4, 40 p. 

445 L. Stroobant. Les Dépôts de mendicité en Belgique. Xoiict histo- 
rique. Torino, Unione tipographico-editrice, in-8, lip. 

446 P. Lefebvre dn Prey. Cortèges historiques des comtes de Flandre, 
Jean-sans-Peur et Phitippe-le-Bou à Douai. Saint-Omer, d'Homont, 
1906, in-S, 43 p. 

447 B. de Bertrand. Faits et usages flamands de France. — UFBali. 
1906, t. IX, p. 253-296. . 

Article inédit, écrit en 1863, qui rappelle la disparition de la 

langue flamande et des vieux usages flamands à Dankerqae, 

depuis le début du XIX*^ siècle. Voici quelques sous-titres de cette 

étude. Les clinqueurs. — Les pannekoeken. — Les tablettes. - 

Dernières annonces en flamand. — Affiches électorales en flamand. 

— Enseignes flamandes. — Les jeux. — Cris de rue. — Chansons 

et danses flamandes. — Les carnavals, etc. L'autear insiste sur 

l'utilité du flamand au point de vue de la linguistique et applaudit 

à l'œuvre du Comité flamand de /^rtffictf. — Plusieurs transcriptioDS 

et versions auraient dû passer par les mains d'un correcteur 

flamand. 

A. D. M. 

448 Deoroos. La langue Jl amande dans les faubourgs de Saint-Omer. - 
CFFBull. 1906, p. 81-83. 



BIBLIOGRAPHIE 491 



C. Histoire des soienoes et des lettres. 

449 Cohen Gustave. Histoire de. la mise en scène dans le théâtre 
religieux du moyen âge. (Académie Royale de Belgique : Classe 
des Lettres et des Sciences morales et politiques et classe des 
Beanx-Ârts. Mémoires. Collection in-S**, tome I, fascicule VI). 
Bruxelles, flayez, 1906, 304 p., 6 planches. (AnEN. 1906, t. II, 
p. 557-558 = A. S.) 

Ouvrage des plus intéressants, solidement documenté et lumi- 
neusement ordonne. L'auteur fait un voyage cyclique par le 
moyen âge, et examine successivement les détails de la mise en 
scène, dans le drame liturgique, dans le drame sémi-liturgique et 
dans les mystères, en faisant ressortir l'évolution naturelle de 
l'un k l'autre genre. Cette histoire de la mise en scène dramatique, 
bien que traitée d'une fa<;on toute générale, a cependant un 
intérêt historique spécial pour tous les pays occidentaux de 
l'Europe, en raison de l'uniformité des œuvres et des mœurs 
théâtrales du moyen âge. Ceci explique comment l'auteur va 
chercher les preuves et les faits a l'appui de ses thèses en Flandre 
comme en Italie, en France comme en Angleterre. 

A noter la très remarquable discussion concernant l'influence 
de la mise en scène du drame sur les imagiers du moyen âge et 
sur les peintres primitifs. L^histoire de la mise en scène dans 
le théâtre et dans .a représentation du mystère flamand, pourrait 
fournir des données très précises, pour l'étude et la compréhension 
des œuvres de nos primitifs et même de nos peintres postérieurs. 
M. L. Maeterlinck, dans un article de la Revue de Vart^ a d'ailleurs 
constate cette influence pour deux triptyques du musée de Gand. 
Cette étude mérite d'être remarquée, continuée et généralisée. 

Alfrbo De Meester. ' 

450 L. Lefebvre. Le Théâtre à Lille ^au XV IW siècle. Commédieits 
de campagne et théâtre régulier. Lille, Lefebvre, 1906, in-8, 38 p. 
V. AnEm. fLV,315; LVI,468]. 

451 K. Rnelens. Jan van RuysbroeTi en Blommardine (dans J. Ybb- 
couLUB, Werken van Zuster Uadewych, t. III, p. xxi-xcvi). 
(Publication de la Société « der Vlaamsche Bibliophilen »). Gand, 
Hoste, 1905, in-8. (ABelges. 1905, t. VII, p. 252-253 = V. F[ris].) 

Réédition par J. Vercoullie d'une ancienne notice de feu 
K. Ruelens. Zuster Blommaerd et Zuster Hadewyck sont elles une 
seule et même visionnaire, que van Ruysbroek eut à combattre? 
Cette question, Ruelens ne la vida pas, après Ruelens, MM. N. de 
Pauw et L. Willems ne la tranchèrent pas non plus, et M. Ver- 
coullie la laisse encore ouverte. 

452 L. Jordan. Die Sage von den vier Haimonskinderen, Erlangen, 
Junge, 1905, x-198 p. M. 7. — Résumé dans W. 1906, t. XIV, 



492 BIBLIOGRAPHIE 

p. 289-301. (Revue des Traditions populaires, lUÜG, t. XXI, 
p. 110-111 = A. Van Gennep.) 

La version primitive,— IKX) vers assonnancés en o{on\— remonte 
au début du XII" siècle, et est originaire de ia région de Bordeaux. 
Elle se rattache au cycle légendaire des « Outlaw n (exilés ou 
bandits de France et de Germanie) ; et a été remaniée en ^f'["i 
versions juxtaposées, déjà pendant le cours du XII* siècle. 
403 K. de Gheldere. De oude Thor hout sche Kamer ta/i RhHorim, 
met keuspreuk : Door Geest en Arbeid. Geut, Siffer, 1905, iu-12. 
109 p. (ABelges. 1906, t. VllI, p. 219-220 = L. Goemans; AdEX. 
1906, t. II, p. 409-410 = F. de Cfousscmaker].) 

454 fLVI,97J K. de Gheldere. Rijm werken ran Domieu De Jongke, 
heelmeester te Duinkerke, (AnEN. 19(X), t. II, p. 409-410 = F. J.' 
Cfousscmaker].) 

455 Chanoine Looten. L'n Poète Dunkerquois inconnu: Dominvi^e 
De Jonghe. CFFBull. lOOü, p. 49, üO. V. numero précédent. 

L'auteur examine et criti(iue les poésies de Dominique De Juniih»' 
(1654-1727), le rhétoricien dunkerquois, dont le nom presque 
entièrement oublié viejit d'être remis en honneur par le D' 
de Gheldere, membre de l'Académie Flamande. 

De Jon^rhc est né eu 1654, à Nicucapelle près DixmuJe. Il 
s'établit comme médecin à Dunkerq.uc, probablement vers 107^, 
et y décéda le 5'février 1727. 

M. Looten communique une pièce de vers inédite, adressée par 
De Jonghe au poète Michel De Swaeu, à l'occasion de la fi'U'ile 
Pâques do 1697. E. II. 

D. Histoire de Tart. 

456 A, V. Wurzhach. Niederlündischcs Kinistler-Lexikon. Fasc.D. 10. 
Vienne, Ilalm et Goldmann, 1906. 

457 J. Helbig. L'art mosan depuis l'introduction du christiamm^ 
jusqu'à ia in du XVIIl"^ siècle^ publié par M. J. Brassin^îe. T.I 
Bruxelles, Van Oest et 0^% 19Ü6, in-4», p. F. 20. 

L'ouvrage formera deux volumes in-4<». L'illustration. très arti<- 
tique, comporte près de 200 reproductions dont plus de 60 planches 
hors-texte. Le tome 1 qui vient de paraître s'étend des oripiii''^ 
de l'art mosan à la fin du XV® siècle. Le prix de souscriiition a 
l'ouvrage complet est de 40 francs. 

Cet ouvrage est de première importance pour Tbistoire de la 
peinture flamande. Il contient de superbes reproductions des chof- 
d'œuvres des Van Eyck, Patenier etc. 

458 H. Parenty. La Renaissance d^ Artois et BouUenois. Le châleau 
d'Hesdin en Artois. Berceau effectif' des artistes et des arts de in 
Renaissance flamande, — Congrès des sociétés savantes tenu à 



BIBLIOGRAPHIE 493 

Arras les 7, 8, i) en 10 juillet 1904. Arras, Rohard, 1905, p.'4I-57. 
(ABeiges. 1900, t. VIII, p. 123.) 

459 [LVI, 207 J Fierens-Gevaert. Le 'rôle des maîtres wallons dans 
la première Jienaissatice des Valois, (ABelgcs. 1906, t. VllI, 
p. iy3-195 = J. Kerkhof.) 

460 A. Hallays. Les villes d'art célèbres. I^ancy. Paris, Lanrens, 
1906, 144 p., ill. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 153-154 = Fierens- 
iievaerfr.) V. p. h. n**366. 

Quelques notes sur ics célèbres tapisseries flamandes, dites de 
Charles-le-Tómóraire. Citation d'un Brugeois du XVIIP siècle, 
Cyfflé, <jui se serait fait remarquer ii Nancy, comme sculpteur de 
talent. 

461 Battifol. La vie intime d^une reine de France au XV 11^ siècle. 
Paris, Calman-Lévy. 1J)06, in-8,.iii-564 p. (ABelges. 1906, t. VllI, 
p. 164-165 = A. De Ridder.) 

Cette reine, Marie de Medicis, aimait h s'entourer d'artistes, 
comme les sculpteurs flamands Pierre de Franqueville et Lintlaer, 
et de fournisseurs d'œuvres d'art, comme le marchand de 
peintures Pierre De Brun [De Bruin?], et le joaillier Hélie Fruit, 
également flamands tous les deux. 

462 Ij. Maeterlinck. L'art et les rhétoriciens famands. — Bulletin du 
bibliophile et du bibliothécaire, 1906, p. 293-2US. 

46*3 H. Hymans. Belgische Kunst des Neunzehnten Jahrhunderts. 
Leipzig, Seemann, [19(M>], in-8, 253 p. ill. (ABelgcs. 1906, t. VIII, 
p. 150-151 = Fiereus-Gevaert.) 
Travail objectif. 
404 C. Enlart. Nos cathédrales disparues. Térouanne, Arras, Boulogne. 
— Congrès des soc. sav. tenu à Arras les 7, 8, 9 et 10 juillet 1904. 
Arras, Rohard, 1905, p. 291-311. 
Conférence. 

465 fLV, 377; LVI, 102] E. J. Soil de Moriamé. L'habitation 
tourmisienne du A'/* au XV II I^ siècle. (ABelges. 1906, t. VllI, 
p.221-224=H. Ilymans.) 

466 J. Roeglers. Les peintures murales de l'église Saint-Martin à 
Alost. — AnAA. 1905-06, pu 1-34. 

Etude consacrée à la description de plusieurs fresques, . 
découvertes dans l'église primaire de Saint-Martin îi Alost, lors 
du décrépissage de cette ancienne collégiale en 1900. 

Ces fresques datent de la fin du XV« siècle et occupent les 
tympans de la voûte de la chapelle absidale du fond. Elles représen- 
tent douze anges ailés, aux longs cheveux blonds flottant sur les 
épaules, célébrant les louanges de la Mère de Dieu, inscrites sur 
des banderoles. Ces fresques rappellent celles qui furent décou- 
vertes, il y a quelques années, en l'église Saint-Pierre ù 
LouvaiD. 



494 BIBLIOGRAPHIE 

La s ai te dos travaux a mis au jour, dans la chapelle de la 
Sainte-Vierge, des peintures murales du XV* siècle, représentant 
Parbre de Jessé; et, dans l'ancienne salle capitulaire, un jugement 
dernier, qui fait songer h celui de Jean Prévost, exposé an 
musée communal de Bruges. Le gouvernement a chargé notre 
concitoyen M. C. Tulpinck d'en prendre une copie, qu'on peut 
voir au musée du Cinquantenaire à Bruxelles. P. v. d. W. 

467 C. Tulpinok. La peinture décorative religieuse et civile en Bel- 
gique aux siècles passés. Bruxelles, Vromant et C'*, in-4, 24 p. 
avec 24 pi. F. 25. 

468 Handzelohnungen alter Meister der vlàmischen Schuif y IV j 
XVI. u. XVIIJahrh. 1« sér., fasc. 2-3. Haarlem, Kleinmann et 0% 
in-8, 8 pi. M. 4. 

469 L. Maeterlinok. Le genre satirique dans la peinture fiamandf^ 
2 édit. Bruxelles, Van Oest et C*«', 1906, in-8", plus de 300 p., 
250 illust. dont 60 pi. hors-texte. F. 10. 

470 K. Voll. Die alt-niederlàndiscke Malerei von Jan van Eifck bis 
Memling. KÏQ entwicklungsgeschichtl. Versuch. Text. u. Tafelh. 
Leii)zig, Poeschel et Krippenberg, 1906, in-S, v-328 p. avec 57 pi. 
M. 13. 

471 E. Durand-GréviUe. Hubert Van Bgck, son œuvre et son in- 
fluence (3'"« et 4'"« art.). — AAF. 1905-06, 1. 1, i>. 18S-198; 1906^)7, 
t. II, p. 28-43. 

I/éminent critique d'art continue, dans ces deux articles, Pctade 
qu'il a consacrée à Hubert Van Eyck. V. AnÉm. [LV, 353. 482], — 
Pour reconstituer l'œuvre d'Hubert Van Eyck, il prend, comme 
pomt de départ, une miniature conservée au musée de Turin, 
et il conclut qu'on peut attribuer k Hubert plusieurs tableaux des 
musées de Berlin, de Vienne et du Louvre. 

L'étude du célèbre polyptyque de Gand, l'adoration de l'Agneau, 
est aussi l'objet de recherches et de déductions intéressant<»5. 
Quelle a été la part d'Hubert et de Jean Van Eyck dans cette 
composition. Se basant sur ses études comparatives des œuvres 
attribuées à Hubert et îi Jean, M. Durand-üréville croit pouvoir 
revendiquer pour Hubert, les volets conservés au musée de 
Berlin ; quant au panneau central en possession de l'é^Wise 
Saint-Bavon à Gand, il est d'avis que les anges musiciens sont 
l'œuvre d'Hubert, tandis que le reste du tableau serait du 
pinceau de Jean Van Eyck. P. v. n. W. 

472 E. Durand-GrévlUe. Note sur V inscription latine du retable de 
Gand, par les Van Eyck, conservé au musée de Berlin, — Bulletin 
de la Société nationale des Antiquaires de France. Paris, lOtV). 
p. 258-260. 

473 [LVI, 323.] A. Heins. La plus ancienne vue de Gand, (KM^^^- 
1906, t. VIII, p. 239 = H. Coppieters Stochove.) 



BIBLIOGBAPHIfi 495 

474 Chan. Van den Gheyn. VexposUion van Eyck à Gand, — 
ABAnBull. 1906, p. 43-50. 

Raisons pour lesquelles les panneaux du polyptyque de l'Agneau, 
conservé à Gand ne purent figurer à Texposition de Bruges. — 
C'est la reconstitution du retable de S' Bavon qui est l'origine et 
la raison d'être de la future exposition de Gand. Nous lui souhai- 
tons ane prompte réalisation et un franc succès. 

475 Ck>mte F. Dnrrien. Jacques Coene, peintre de Brug es y établi à 
Paris sous Je règne de Charles VI(1398'U0iY — AAF. 11)06-1907, 
t. Il, p. 5-22. 

M. Durrieu, dans la première partie de son article, nous fait 
connaître la vie du peintre et miniaturiste brugeois Jacques Coene. 
Celui-ci quitta sa patrie pour aller travailler à Paris, sous le règne 
de Charles YI. Suivant l'exemple de beaucoup d'artistes de cette 
époque, il voyagea en Italie, et séjourna assez longtemps à Milan, 
où il fit le plan d'une église ; de retour en France, en 1401, il 
travailla pour le duc de Bourgogne, Jean-sans-Peur. 

Dans une deuxième partie, l'auteur s'applique à rechercher, si 
noQS possédons encore des œuvres de Jacques Coene. Il attribue h 
ce maître, les miniatures du Livre d'Heures du Maréchal de 
Bouciçant, faisant partie des collections de Madame André à 
Paris. Partant de ces prémices, il croit pouvoir restituer à Jacques 
Coene, de nombreuses miniatures, et particulièrement le Livre 
d'Heures du Duc de Berry, conservé h la section des manuscrits 
de la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Jacques Coene n'aurait 
pas été seulement un miniaturiste. M. Durrieu voit en notre 
artiste, l'auteur d'un triptyque peint sur bois, appartenant au 
musée provincial de Bonn, et ayant figuré en 1904, sous le N® 88 
k Texposition d'art ancien de Dusseldorf. P. v. n. W. 

476 M. Hontart. Les peintres tournaisiens du XV^ siècle. — AnHAT, 
1906, nouv. sér., t. X, p. 12-34. 

Analyse d'un article de J. Weale paru dans le Burlington 
Magazine (1903, mars, et ss.) sous le titre Early painters of the 
Neïkerlands. 

4lTJ W. Cohen. Studiën zu Quinten Metsgs. Dissertation inaugurale 
de Strassbourg. Munich, Brackmann, 1904, in-8«, 75 p. (ABerges. 
1906, t. VIII, p. 228 = Ü. Berlière.) 

478 [LV, 364.] W. Cohen. Studiën zu Quinten Metsgs. Ëin Beitrag 
zar Geschichte der Malerei in den Niederlanden (ABelges..l906, 
t. VIII, p. 229 = Ü. Berlière.) 

Autodidacte ? Metsys ne l'est pas. Il a subi les influences des 
écoles de Louvain et de Bruges et de la Renaissance italienne. — 
Le second ouvrage de M. C. est la reproduction du premier, outre 
qu'il contient un essai de catalogue de ses tableaux authentiques 
et de ses oeuvres certaines, conservées en copie ou on origrinal. 



496 BIBLIOGRAPHIE 

470 P:''J. Gûetsohaloz. Eenige inlichUngeH over de schilders Michieî 
en Raphdèl van Coxcyen, — BGHB. 1906, t. V, p. 409-422. 

Michel, le père — Malinois comme son fils, — fut élève de 
B. van Orley et de Raphaël Saozio. 

480 [LVI, 111.] Levé. Caractères français de V œuvre du peintre Jean 
Beîlegambe. — Congrès des soc. sav. tenu à Arras les 7, 8, Ü et 
10 juillet 1904. Arras, Rohard, 1905, p. 59-64. (ABelges. 1906, 
t. VIII, p. 123.) 

481 Pol de Mont. Pieter Breughel^ dU le Vieux, V homme et son œurre, 
Livr. X. Haarlem, Kleinmann et D% s. d. [1906], in-folio, 5 pi. 

482 René Van Bastelaer et Georges H. de Loo. Pierre Bruegel 
r ancien, son œuvre et son temps. Bruxelles, Van Oest et C'*, 1906, 
in-40. 

L'œuvre paraît en cinq fascicules, contenant chacun, outre le 
texte, de 18 ii 20 planches hors texte. Quatre fascicules ont paru. 
Le cinquième paraîtra en décembre. Le prix de souscription est 
de 75 francs. Le texte comprend quatre parties: 1° Une étude 
sur Bruegel, son art, son œuvre et son temps ; 2** L'œuvre peint 
de Bruegel ; *S^ L'œuvre dessiné de Bruegel ; 4° Une étude et un 
catalogue des estampes gravées par ou d'après Bruegel. M. Yan 
Bastelaer s'est. chargé de la 1% 3^ et 4« partie; M. Hdlin de la 
seconde. 
488 G. Ganllet. Un épisode de la vie du peintre Théodore Rombouis. 
— BGOK. 1905-1906, t. III, p. 310-314. 

M. C. publie deux documents, conservés aux archives du mont- 
de-piété de Courtrai. On y trouve la spécification de certains 
objets, qui avaient été dérobés à la mère Kombouts et mis en 
gage au mont-de-piété de Courtrai. « Ces documents permettent 
d'évoquer une image de ce qu'à dû être le home entier où le 
talent du maître anversois (1597-1687) put éclore. » E. V. C, 

484 r^VI, 326] G. Hnlin. Notts sur quelques tableaux gantois. 
(ABelges. 1906, t. VllI, p. 238 = M. Coppieters Stochove.) 

485 R. Mnther. La Peinture belge au dix-neuvième siècle. Trad. 
J. DE Mot. Bruxelles, Misch et Thron, 1904, in-8, 133 p., 
XXXII pi. h. texte. (AnEN. 1906, t. II, p. 290-292 = M. Dafour.) 

Strictement didactique et analytique. 

486 C. Lemonnier. VEcole Belge de peinture, 1830-1905. Bruxelles, 
Van Oest, 1906, in-4, 239 p. et pi. (ABelges. 1996, t. VIII, 
p.* 151-153 = Fierons -Gevaert.) 

Œuvre d'allure littéraire. 

487 Robert Hénard. UArt Jlamand à la Collection Dutuit. — AAF. 
1905-1906, 1. 1, p. 149-168. 

11 y a quelques années, MM. Dutuit donnèrent leurs impor- 
tantes collections d'art rétrospectif au Gouvernement français. 
Celui-ci les exposa au Petit-Palais ù Paris. M. Hénard, dans uoe 



BIBLIOGRAPHIE 497 

série d'articles, va s'attacher à faire connaître les principales 
œuvres ttamandes que ces collections renferment. 

Cette première étude est consacrée ù Tanalyse de deux chefs- 
d'œuvres d'enlumineura de l'école flamande^ Le premier est 
un livre d'heures, datant du milieu du XV* siècle, orné de 
miniatures représentant les diverses occupations des douze mois 
de Tannée. On y trouve des détails curieux sur la vie privée des 
bourgeois, et la vie champêtre des paysans flamands de l'époque ; 
le même ouvrage renferme aussi plusieurs miniatures à sujets 
religieux. L'auteur attribue les plus parfaites à un élève de 
Memling. 

Plus -intéressant encore est le Roman du bon roi Alexandre, 
splendide manuscrit provenant de la Bibliothèque du Duc Philippe 
de Bourgogne. Jean Wauquelin, l'auteur de l'ouvrage, représente 
Alexandre sous les traits d'un prince féodal, entouré de ses pairs 
et de se^ vassaux. L'histoire du roi de Macédoine est un roman 
de chevalerie, se passant en Bourgogne au milieu du XV<> siècle ; 
il est rempli de détails sur les mœurs et coutumes des grands 
de cette époque. 

Ce manuscrit est orné de nombreuses miniatures intéressantes, 
tant au point de vue de l'art, qu'à celui des mœurs, des coutumes, 
des usages de la vie civile et militaire, du milieu du XV*» siècle 
en Flandre. Plusieurs de ces miniatures, d'après M. Hénard, 
seraient l'œuvre du Brugeois Guillaume Vrelant. P. v. d. W. 
4ti8 Ed. lialolre. Le Livre cP Heures de Philippe de Clèves et de la 
Marcky seigneur de RavensUin. — AAF. 1905-1900. 1. 1, p. 172-187. 
(RBAB. 1Ü0G, t. ly, p. 322-324 = A. Bayot.) 

Description d'un manuscrit richement orné de miniatures, 
faisant partie des collections du Duc d'Arenberg à Bruxelles. 
De l'avis de M. Laioire, ce Livre d'Heures a appartenu sans aucun 
doute 21 Philippe de Clèves, et il aurait été écrit au prieuré de 
Rouge-Cloître vers 1480. L'auteur s'efforce de prouver, que 
certaines miniatures dont le livre est orné, ont été composées par 
Hugo van der Goes et d'autres par Jérôme Bosch. M. Bayot, dans 
le compte rendu cité plus haut, estime que la description du 
Livre d* heures est trop sobre et aurait gagné h être accompagnée 
d'une étude comparative, faite sur les nombreux manuscrits qui 
ont appartenu au sire de Ravenstein. Il ne croit point prouvé 
que lems. soit antérieur à 1485; il nie qu'il se rattache à l'école 
de Rouge-Cloître et que Van der Goes et Bosch aient collaboré 
à Tenluminure du volume. P. v. d. W. 

4H9 G. Canllet. Le relieur au Monogramme /. É, : Jean Ryckaert, de 
Gand. — RBAB. 1906, t. IV, p. 102-176. 

Étude parfaitement menée et pleine d'intérêt, de trois reliures, 
trouvées par M. C. dans la Bibliothèque Goethals-Vercruysse et 
dans celle de l'église Saint-Martin de Courtrai et attribuées avec 



498 . BIBLIOGBAPHIB 

cerlitude au relieur Jean Ryckaert de Gand. £a les décrirant, 
M. C. nous donne une idée exacte d'un atelier de reliure u 
XYP siècle. Il énumère aussi d'autres œuvres sorties de rofficine 
de Jean Ryckaert. Ouvrant une parenthèse, Fauteur examioe k 
problème de l'identification d'un nommé John Richardson — qoe 
M. Weale a fait connaître le premier — avec le relieur gantois. Il 
conclut que cette identification n'est pas encore établie. Enfin, il 
acte la grande expansion de l'art flamand de la reliure, qui va da 
milieu du XV* siècle, k l'extrême fin du XVI*. Notons pour finir 
que cette contribution très importante k l'histoire de la reliure 
rappelle certains noms d'hommes remarquables de notre Flandre, 
tel celui de Pierre Adornes, de Jean d'Hondt, etc. A. D. M. 

490 O". CanUet. Pterre Bouoet, premier typographe Courlraîsih 
(1623-1629). — BGOK. 1905-1906, t. III, p. 274-309. 

Après avoir signalé les assertions erronées ou hasardées, émises 
jusqu'ici sur les débuts de l'imprimerie k Courtrai, M. C. établit 
que le prototypographe Courtraisien fut Pierre Bouyet. Il fixe 
la date exacte de l'établissement à Courtrai de la firme Bouvet 
(9 octobre 1623); fjait connaître la patrie et la famille de l'imprimeur 
(originaire peut-être d'Enghien, il avait résidé à Anvers avant de 
venir k Courtrai); communique les lettres patentes d'octroi con- 
cédées on 1626 ; donne des détails sur les officines de Bouvet, sur 
son séjour k Courtrai et son départ (1629); enfin, passe en revae les 
impressions de Bouvet : après avoir signale celles qui sont men- 
tionnées dans diverses archives, il décrit minutieusement les 
impressions conservées. E. V. C. 

491 B6i\). Linnig. Bibliothèques et Ex^Libris d^ amateurs ^belges au 
XVII^, XVIII^ et XIX^ siècles, Paris, Daragon, 1906, vin-189p. 
77 reprod., 3 pi. grav., 1 pi. en couleurs. (RBAB. 1906, t. IV, 
p. 248-249 = R. Van Bastelaer ; ABelges. 1906, t. Vlli, 
p. 128-129 = L. Naveau.) 

Histoire incomplète et peu fournie. 

492 B*»» du Sart de Bonland. Quelques Ex-Libris tournaisiens, — 
AnHAT. 1905, nouv. sér., t. IX, p. 435-465. 

Bref aperçu de l'histoire des ex-libris en Belgique. 

Parmi les familles dont M. le baron du Sart décrit les Ex-Libris 
il faut citer les : de Béthune, d'Ënnctières, Gilles de Pélichj, de 
Pollinchove, de Wravans, etc. 

493 L. Lefebvre. Notes pour servir à l'histoire de la musique à LiUe. 
Lille, Lefebvre, 1906, in-8, 14 p. (ABelges. 1906, t. Viil, p. 147 = 
H. Dubrulle.) 

Genre de vie des ménestrels assermentés, du XIV* au XV11« 
siècle. Étude documentée. . 

494 Chansons populaires des provinces belges ^ Anthologie, Intro- 
duction, harmonisation et notes par E. Closson. Bruxelles, Schott, 
in-8, xx-225 p. F. 6 (W. 1906, t. XIV, p. 322-326 = 0. Colson.) 



BJBLIOGBAPHIE 499 

4^ J. Ramon Mellda. Les Tapisseries Flamandes en Espagne, — 
I^kF, 1905-1U96, 1. 1, p. 169-171. 

Description de hait tapisseries flamandes du XYI* siècle, repré- 
sentant des- sujets mythologiques et appartenant à Madame la 
Dachesse de Dénia, à Madrid. 

496 ICadame Isabelle Errera. Catalogue de broderies anciennes des 
musées royaux des arts décoratifs et industriels, Bruxelles, 
Lamertin, lUOö, in-4, v-64 p., 2 pi. et 104 photogravures. Couver- 
tare cartonnée illustrée. Fr. 30. (RHE. 1906, t. VII, p. 845-848. = 
G. Des Marez.) 

« Parmi les numéros décrits dans le Catalogue, plusieurs inté- 
« ressf^nt directement la pratique de l'art de la broderie dans nos 
<< contrées. Le n® 9 — chape provenant de l'église collégiale 
« d'Harlebeke, XI11«-XIV« siècle, est peut-être flamand; le n» 23 
<c — armoiries d'Antoine d'Enghien et de sa femme — est flamand ; 
« de même les numéros 29, 33 et suivants que l'auteur qualifie de 
« travsûl flamand et boui^uignon n (extrait du compte rendu cité). 

E. Hiatoire rellglenae. 

a) Histoire générale. 

HISTOIRE BÉGIONALK, LOGALB BT OOBPORATIVB. 

497 L. Laanay. Histoire de V église gauloise depuis les origines jusqu'à 
la conquête franque (SU), Pour servir d'introduction à l'histoire 
de l'église de France. Paris, A. Picard, 1906, 2 vol. in-12, 506 et 
540 p. F. 8. 

498 Dom H. Quentin S. B. Le Concile de Cologne de 346 et les 
adhésions gauloises aux lettres synodales de Sardique, — RBén. 
1906, t. XXIU, p. 477-486. (ABelges. 1906, t. VllI, p. 244-245.) 

Ce concile, dont l'authenticité est très discutée et rejetée par un 
grand nombre de critiques, pourrait bien avoir eu lieu et avoir 
déposé réellement l'évéque de Cologne, Euphratas, qui ne semble 
pas avoir joué, au concile de Sardique, le rôle important qu'on 
lui attribue en faveur de l'orthodoxie. A cette occasion on aurait 
recueilli les adhésions de 22 évêques de Gauld en faveur des 
décisions dn Concile de Sardique, et S. Athanase aurait trouvé 
dans ces souscriptions et dans un antre document, la liste des 
noms qa'il reproduit. Telle est l'ingénieuse hypothèse de Dom 
Quentin dont il faudra tenir compte. C. C. 

499 [LVI, 333] A. Cartellieri. Philipp II August, König von 
Frankreick. T. IL Der Kreuzzug (1487-1191), Leipzig-Paris, 1906, 
in-12, 370 p. (ABelges. 1906, t. VllI, p. 138 = V. Fris.) 

On y trouve l'histoire de la participation de Philippe d'Alsace à 
la troisième croisade. 



500 BIBLIOQBAPHIE 

500 H. Dubrnlle. Les membres de la Curie Romaine dans la provincf 
de Reims sous le pontijcat de Martin V. — AnSLF. 1906, t. X, 
p. a6«-302; 377hW7; 471-483. (ABelges. 1906, t. VIII, p. 31^, 
169, 287.) V. AnÉm. t. LVI, p. 328 s. 

501 H. Boussemart. Deux conciles inconnus de Cambrai et de LilU. 
— SECMém. 1904, t. LVII, p. 19-35. 

602 P. Boardon. Le concordat de François I et Vindult de ChnrUs- 
Quint. Leur conflit en Artois 1518-1521. — Mélanges d'archéologie 
et d'histoire, 1906, t. XXVI, p. 143-166. 

Débats auxquels donnèrent lieu la nomination de Jean Tablart ii 
l'abbaye Saint-Jean-au-Mont près de Thérouanne et de Jean de 
Feucy h l'abbaye du Mont-Saint-Eloi. 

503 [LVI,217; 33Ö] Ch. Terlinden. Guillaume ƒ" roi des Pays-Bas 
et l'Église catholique en Belgique (181i'1830). Bruxelles, Dewit, 
1906, 2 vol., in-8, XXII-53(5 et 470 p. (ABelges. 1906, t. VIll, 
p. 202-204 = P. Poullet; RBén. 1SX)6, t. XXIII, p. m-^l 
= D. U. B.) 

501 J. Hoegiers. Alostum Christianum ou histoire ecclésiastique 
d'Alost, — AnAA. 1904, p. 10-56. 

L'auteur a eu pour but de nous faire connaître l'histoire de 
l'introduction du christianisme dans le pays d'Alost. Son travail 
entièrement base sur des ouvrages de seconde main, ne jette 
aucun jour nouveau sur la question des origines du christianisme 
dans notre pays. P. v. d. W. 

505 £rn. Hosten. Benige bif zonderheden uit de geschiedenis dfr 
S^ Nikolauskerk van Dixmude. Dixmude, Q. Backeroot-Capoeo, 
1905, in-8, 128 bl. 

M. H. a réuni dans ce volume les articles qu'il avait antérieure- 
ment publiés dans la Gazette van Dixmude (voir AnËm. 19i)6, 
t. LVI, p. 98). Dans la première partie l'auteur s'occupe des origines 
de l'église, du chapitre de prêtres (pitanciers), des curés, ainsi qne 
des confréries et institutions religieuses érigées dans Téglise. La 
seconde partie est consacrée aux diverses parties du monument, 
ainsi qu'aux meubles et objets artistiques que l'église renferme. 
Si la première partie tralût parfois une. certaine inexpérieuce, on 
trouve. cependant partout, mais surtout dans la seconde, une foule 
de renseignements inédits que le jeune archiviste a tiré du dépôt 
confié h ses soins et qui sont d'un réel intérêt, non seulement pour 
l'histoire locale mais encore pour l'histoire générale. C. C. 

506 J. Lorldan. Monographie des Récollets de Valenciennes, —Études 
Franciscaines, 1906. t. XV, p. 313-327 ; t. XVI, p. 163-183. 

, Le couvent lui-même date du XIII*' siècle. 

507 P. Fr. Steph. Bohoutens, Minderbroeder. Het klooster der 
G rauw zusters te Loo, Hoogs traeten, L. Van Hoof-Roeians, 1900, 
in-8, 77 bl. 



BIBiiIOGBAPHIE 501 

Eerw. schrijs'er beeft enkel 's kloosters « archieven onderzocht» 
en « eenvoudig de oorkonden naar tijdsopvolgiag gerangschikt 
en vertaald of ia den oorspronkoÜjken tekst of een beknopt 
verslag ervan gegeven.. » Bij deze methode is den schrijver veel 
moeite gespaard. Maar, zijn er in de archieven van 't klooster 
groote leemten — die wellicht uit andere bronnen zouden kunnen 
aangevnkl zijn — , handelen de bewaarde stukken breedvoerig 
over min belangrijke zaken en toestand